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Les Echos - 02 11 2018 - 03 11 2018

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Immobilier
La hausse des prix
se poursuit à Paris et
dans les métropoles
ENTREPRISES
& MARCHÉS
Marchés :
les leçons
à tirer d’un
octobre noir
AIR FRANCE ABORDE LA FIN
D’ANNÉE AVEC OPTIMISME
l Simple correction ou retournement,
// P. 12
L’ESSENTIEL
RÉFÉRENDUM HISTORIQUE
EN NOUVELLE-CALÉDONIE
Les électeurs du territoire sont
appelés à se prononcer dimanche
pour ou contre l’indépendance.
Le « non » est donné largement
gagnant. // P. 4
BRÉSIL : LES PREMIERS CHOIX
DU PRÉSIDENT BOLSONARO
Sérgio Moro, le juge devenu symbole de la lutte anti-corruption
rejoint l’équipe de Bolsonaro pour
diriger un super-ministère de la
Justice. // P. 7
Le groupe a vu son bénéfice net
bondir de plus de 22 % au troisième
trimestre. L’accord salarial lui
apporte de « nouvelles perspectives »,
estime son nouveau patron.
// P. 15 ET « CRIBLE » P. 34
EUTELSAT PLONGE EN
BOURSE APRÈS RÉSULTATS
Le troisième opérateur mondial
de satellites, qui présentait mardi
des résultats trimestriels jugés
décevants, a été sanctionné par les
marchés. // P. 18
TECHFUGEES, LA TECH
AU SECOURS DES RÉFUGIÉS
L’entreprise sociale, qui promeut
l’utilisation de la tech pour aider
les réfugiés, a réuni sa communauté à Paris. // P. 20
CATASTROPHES : LEURS
IMPACTS SUR SWISS RE ET AIG
Glyn Kirk/AFP
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 2, SAMEDI 3 NOVEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
Les Echos
WEEK-END
l’ensemble des places a chuté le mois dernier.
l Que faire face à la baisse ? Les conseils des
professionnels dans notre dossier Patrimoine.
O
ctobre 2018 deviendra-t-il dans l’histoire boursière une nouvelle date
à marquer d’une pierre noire ? Le
S&P 500 a réalisé son plus mauvais mois en
7 ans et le CAC 40 a perdu plus de 7 %. Sa pire
performance depuis août 2015. Le rebond du
31 n’a pas suffi à convaincre durablement les
investisseurs. Certains se sont offert des
rachats à bon compte, mais la situation est
encore trop incertaine pour laisser espérer que
la chute soit vraiment enrayée. En Europe, les
péripéties du Brexit et le bras de fer budgétaire
entre les Italiens et la Commission de Bruxelles
entretiennent la nervosité. Mais le nœud du
problème est la guerre commerciale entre la
Chine et les Etats-Unis sur fond de remontée
des taux d’intérêt. La planète finance a les yeux
rivés sur la santé de l’économie américaine. Si
la croissance mondiale est encore globalement en hausse, l’équilibre est de plus en plus
fragile. Dans ce contexte très volatil, quelles
sont les erreurs à éviter ? Peut-on faire des arbitrages profitables ? L’analyse du marché et les
conseils de professionnels pour traverser la
tempête boursière. // PAGE 24, ET NOTRE
l BUSINESS STORY L’AMÉRIQUE ÉCARTELÉE DE
TRUMP PAR LA JOURNALISTE FRANCES FITZGERALD
l CULTURE VISITE À MADRID CHEZ ADAM LOWE,
L’HOMME QUI REPRODUIT LES CHEFS-D’ŒUVRE
l STYLE KEY WEST, UNE ÎLE NOMMÉE DÉSIR
l ... ET MOI PREMIER CONTACT À L’ÉTRANGER :
COMMENT SE COMPORTER ?
DOSSIER PATRIMOINE PAGES 31 À 33
Malgré le poids des catastrophes,
Swiss Re a dégagé un bénéfice de
1,1 milliard de dollars sur neuf
mois. AIG a plongé dans le rouge
au troisième trimestre. // P. 25
Les Etats-Unis durcissent
leurs sanctions contre l’Iran
CARNET // P. 30
PÉTROLE Le nouveau train de mesures décidées par
Football Canal+
reprend les droits
TV du championnat
anglais // P. 18
D’ici quelques jours, quiconque achètera du pétrole
à l’Iran prendra le risque de s’attirer les foudres de
Washington. Les nouvelles sanctions américaines
entrent en vigueur dimanche 4 novembre et risquent de porter un coup très dur à l’économie iranienne, dont 95 % des recettes en devises proviennent des hydrocarbures. Ces nouvelles sanctions
viennent s’ajouter à celles, imposées en août, interdisant tout achat de produits industriels et de
métaux. En somme, les Etats-Unis donnent le choix
aux partenaires économiques de commercer soit
avec eux soit avec Téhéran, mais pas avec l’un et
l’autre. La Chine, la Turquie ou encore l’Inde ont
déjà fait savoir qu’elles continueraient à s’approvisionner en brut ou produits raffinés auprès des terminaux iraniens. Malgré ces fidèles, l’activité pétrolière de Téhéran a déjà commencé à fléchir. Cet
automne, les exportations n’ont été que de 1,8 million de barils par jour, contre 2,8 millions au printemps. Le Japon ou la Corée ont, sans attendre
l’entrée en vigueur, stoppé net leurs achats.
// PAGE 6
sur
DANIEL FORTIN
À 7h12 Du lunDi au venDreDi
Dans le 7h-9h De nikos aliagas
Le patrimoine net de l’Etat français
a fortement diminué en dix ans
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22815
La duperie
des régimes
forts
Washington contre Téhéran entre en vigueur le 4 novembre.
Thierry Meneau / Les Echos
Shutterstock
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
110eANNÉE
34 PAGES
Antilles-Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 5,80 €. Espagne 4 €. Grande-Bretagne 6 £. Grèce 3,70 €. Italie 4 €
Luxembourg 6,10 €. Maroc 28 DH. Suisse
1 0,4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
La valeur des actifs moins le passif est tombée
de 58 % du PIB en 2007 à seulement 8 % en 2017.
FINANCES PUBLIQUES Le patrimoine net de l’ensemble des administrations publiques en
France s’est établi à seulement 8 % du PIB l’an passé, selon une note du site spécialisé sur les
finances publiques Fipeco publiée ce vendredi. Il atteignait encore 58 % du PIB en 2017 avant
l’envolée de la dette consécutive à la crise financière. // PAGE 5
La chronique
d’Eric Le Boucher
Avec le Brésil, la liste s’allonge des pays
qui basculent en faveur de régimes
prétendument « forts ». Les « peuples »
s’en remettent à des candidats qui promettent la fin de la corruption et une
relance de l’économie. Pourtant, l’examen des résultats des régimes forts
laisse voir beaucoup plus d’échecs que
de succès, écrit Eric Le Boucher. Le
plus curieux est le comportement des
marchés financiers, qui devraient connaître les chiffres et les faits, mais qui
ont une tendance, mal expliquée, à gober les fables. Ces mêmes marchés se
félicitent de la « stabilité » qu’installeraient les autocrates et, à l’inverse,
sanctionnent les démocrates comme Mauricio Macri, en Argentine, au
motif qu’il est « trop lent » dans ses
réformes. // PAGE 11
Airbus dans une
course contre
la montre pour
livrer 800 avions
en 2018
AÉRONAUTIQUE Airbus promet tou-
jours de livrer 800 avions en 2018, contre 718 appareils en 2017. A fin septembre, 503 appareils avaient été livrés. Le
groupe se réserve une petite marge par
rapport à sa promesse initiale : il intègre
désormais dans ses prévisions les 18 avions A220 (ex-CSeries) de Bombardier,
entreprise consolidée dans les comptes
depuis juillet. Le futur patron d’Airbus,
Guillaume Faury, joue un peu de sa
réputation sur la nécessaire montée en
cadence. La Bourse a salué mercredi les
résultats du groupe européen d’aéronautique et de défense : Airbus a plus
que triplé son bénéfice net au troisième
trimestre.
// PAGE 14 ET « CRIBLE » PAGE 34
L’augmentation de la cadence
de production des A320neo
et des A350 s’intensifie. Photo Airbus
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
Anciens présidents
mais très présents
Dans une interview au « Point », Nicolas Sarkozy expose
sa vision du monde et de la présidence de la République, égratignant au passage Emmanuel Macron.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Stéphane
Dupont
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
E
mmanuel Macron va
pouvoir mettre à profit
son week-end prolongé
de la Toussaint pour réfléchir
à sa façon de présider aux
destinées de la France. Ses
prédécesseurs l’y incitent en
tout cas fortement. François
Hollande ne manque jamais
une occasion de dire tout le
mal qu’il pense de son action.
Et Nicolas Sarkozy, dans un
entretien fleuve au magazine
« Le Point » de jeudi, ne se
prive pas de lui faire la leçon.
L’ex-maire de Neuilly se
défend bien sûr de toute
volonté de nuire. « Je sais
combien il est difficile de
satisfaire toutes les attentes
nées d’une élection. Je
m’abstiendrai donc de le
critiquer […] Donnons-lui le
temps », affirme-t-il. Mais il
expose dans ses longues pages
d’interview sa vision des
grandes questions
diplomatiques de l’heure, tout
en lançant des piques de-ci delà sur la manière de gouverner
de l’hôte de l’Elysée. « Le
pouvoir est dangereux, il peut
devenir une drogue. Et un peu
d’expérience ne nuit pas face
aux dangers que les vapeurs du
pouvoir peuvent générer »,
prévient-il. Une mise en garde
qui rejoint les remontrances
faites par son adversaire
du deuxième tour de la
présidentielle de 2007,
Ségolène Royal. Dans un livre
publié mercredi, l’ex-collègue
de gouvernement
d’Emmanuel Macron ne se
prive pas de dénoncer son
« exercice solitaire du pouvoir »
et son autorité qui « se
transforme en autoritarisme ».
Drôle de pays que la France,
où les anciens dirigeants
dénigrent leurs successeurs.
Sarkozy assure qu’il est retiré
de la vie politique. « Je n’ai pas
besoin du pouvoir pour vivre.
[…] Croyez-le ou pas, je suis trop
occupé pour être en manque. »
Mais on n’est pas obligé de
le croire. L’ancien président
passe ton temps à recevoir
des élus dans ses bureaux de
la rue Miromesnil, non loin
de l’Elysée. Quand François
Hollande et son ex-compagne
ne rêvent que d’un retour au
premier plan. Les uns comme
les autres donnent parfois
l’impression de parier sur
l’échec d’Emmanuel Macron
et de Laurent Wauquiez ou
d’Olivier Faure, qui ont pris les
rênes de leur famille politique,
pour se poser en recours
face aux populistes et autres
extrémistes. Une fausse
impression, s’insurge Nicolas
Sarkozy. Ce qui est manifeste,
en revanche, c’est que celui-ci
reste très présent dans le
paysage politique national,
comme François Hollande.
Alors que, ailleurs en Europe,
les ex-dirigeants prennent
généralement du champ.
sdupont@lesechos.fr
en bref
Hôpital : Buzyn promet de rendre les
crédits gelés si les dépenses sont tenues
SANTÉ Les crédits gelés en début d’année seront « évidem-
ment » rendus aux hôpitaux « si les engagement sont tenus »,
c’est-à-dire si leurs dépenses ne dépassent pas l’objectif fixé
dans le budget 2018, a assuré mercredi la ministre de la Santé,
Agnès Buzyn. Le gouvernement a « mis en réserve » 625 millions d’euros cette année dans le budget de l’Assurance maladie,
dont 415 millions pour les établissements de santé. « L’idée n’est
pas de faire des économies sur le secteur hospitalier », a-t-elle
assuré sur RMC et BFMTV.
L’Assemblée a adopté le budget 2019
de la culture et des médias
FINANCES PUBLIQUES L’Assemblée nationale a adopté dans la
nuit de mercredi à jeudi les crédits de la Culture pour 2019,
« confortés », selon le ministre Franck Riester, mais en baisse
pour l’audiovisuel public, a déploré l’opposition. Comme l’an
passé, les moyens en faveur de la culture atteindront près de
10 milliards d’euros, selon le ministère. Les crédits budgétaires
du ministère s’établissent en légère hausse à 3,63 milliards
d’euros (+17 millions). Au total, 3,86 milliards sont alloués à
l’audiovisuel public, une somme en baisse de 36 millions.
sur
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7h45
Du lunDi au venDreDi
FO : la succession compliquée
de Pascal Pavageau
gorique de monter à Paris. Difficile
d’imaginer que les trotskistes du
POI s’accordent sur le métallo
Frédéric Homez, chef de file des
réformistes. Le nom de Christian
Grolier est lui aussi évoqué. Ce
quinquagénaire, numéro un de la
fédération générale des fonctionnaires plutôt soutenu par le POI –
dont il dément être membre –, a ses
chances. Mais cela renâcle dans le
camp réformiste.
SYNDICAT
Les deux principales
tendances de la centrale n’arrivent toujours pas à se mettre
d’accord sur un candidat de consensus pour
le poste de numéro un.
La date limite pour
les candidatures est
fixée à mardi.
Emiettement
Si Christian Grolier y va, certains
affirment que les réformistes pourraient présenter leur propre candidat. A défaut d’accord entre les deux
principales sensibilités de FO, il
pourrait donc y avoir trois bulletins
le 21 novembre. Et même quatre...
Car pourrait alors tenter sa chance
Leila de Comarmond
@leiladeco
Ce n’est pas pour rien qu’on surnomme ce syndicat l’auberge espagnole. Francs-maçons, trotskistes
divers et variés, anarchistes, réformistes de tous b ords : Force
ouvrière est traversée par de nombreux courants. Les numéros un
successifs de la troisième confédération française ont réussi à maintenir peu ou prou tout le monde sur
le même bateau. Mais cet équilibre
fragile est menacé aujourd’hui. Les
tractations sont intenses depuis dix
jours entre réformistes et trotskistes du POI pour tenter de s’accorder
sur un successeur à Pascal Pavageau à la tête de la centrale. Ces
deux tendances représentent 80 %
des voix du comité confédéral
national, le parlement de FO, qui va
élire son secrétaire général, les 21 et
22 novembre. Qu’elles s’allient et les
jeux seront faits.
Les tractations
sont intenses depuis
dix jours entre
réformistes
et trotskistes du POI
pour tenter
de s’accorder sur
un successeur à Pascal
Pavageau à la tête
de la centrale.
Serge Legagnoa, qui vient de la fédération des employés et cadres et
dont on disait avant la crise qu’il
pourrait succéder dans quelques
années à Pascal Pavageau. Même
s’il est désormais en situation difficile, car il a soutenu jusqu’au bout
l’ancien secrétaire général.
La perspective d’un tel émiettement ne ravit ni les réformistes ni
les trotskistes. D’aucuns, dans ce
contexte, évoquent la possibilité
qu’ils aillent chercher comme compromis un « pape de transition ». Le
nom d’Yves Veyrier, le plus ancien
membre du bureau confédéral, âgé
de soixante ans, est évoqué.
Une ultime réunion est prévue
lundi matin avant celle, l’après-midi
du dernier bureau confédéral, si
d’ici là aucun accord n’a été trouvé.
Le séisme des révélations
Mais elles n’ont toujours pas réussi à
se mettre d’accord. Alors que la date
limite de dépôt des candidatures est
fixée à mardi prochain, un scénario
qui verrait l’organisation étaler ses
divisions avec trois candidats, voire
plus, n’est pas exclu. Il ouvrirait une
crise sans précédent. Après le
séisme provoqué par la révélation,
le 10 octobre, de l’existence d’un
fichier occulte sur les cadres de FO,
réformistes et trotskistes du POI se
sont accordés pour éviter que Force
ouvrière ne se retrouve dans la
même situation que la CGT, qui, il y
a quatre ans, a traîné pendant de
longs mois l’affaire du train de vie de
Thierry Lepaon, le prédécesseur de
Philippe Martinez. Pascal Pavageau
Francs-maçons, trotskistes, anarchistes, réformistes
de tous bords : Force ouvrière est traversée par de nombreux
courants. Sébastien Ortola/RÉA
a été rapidement poussé vers la sortie. Mais le plus difficile reste à faire :
désigner le nouveau capitaine.
Refus catégorique
Les anarchistes ont tiré les premiers, en présentant la candidature de Patrice Clos. Le numéro un
de la fédération des transports, qui
a, comme eux, soutenu jusqu’au
bout Pascal Pavageau, ne devrait
recueillir qu’autour de 15 % des
voix. Pour succéder à Pascal Pava-
geau, un homme aurait pu faire
consensus entre réformistes et
trotskistes et souder ainsi l’organisation. Il s’agit de Franck Bergamini. Etiqueté réformiste mais non
clivant, le tout juste quadra, secrétaire général de l’Union départementale des Bouches-du-Rhône,
est l’une des sept personnes qui
cogèrent actuellement la centrale
avec son bureau confédéral (direction resserrée). Mais il a confirmé
en début de semaine son refus caté-
(
L’éditorial
de Dominique Seux
Page 8
Une agence nationale à la rescousse
des territoires fragiles
COLLECTIVITÉS
LOCALES
La ministre Jacqueline
Gourault a précisé
mercredi le périmètre
de la future Agence
nationale de cohésion
des territoires.
Matthieu Quiret
@MQuiret
« Ce n’est pas un machin de plus ! », a
promis Jacqueline Gourault. La
ministre de la Cohésion des territoires a passé deux heures mercredi à
tenter de convaincre la commission
de l’Aménagement du territoire du
Sénat de l’utilité de la future Agence
nationale de cohésion des territoires. Les sénateurs cherchent depuis
plusieurs mois à relancer ce projet,
qui s’enlise depuis le début du quinquennat. Annoncé en juillet 2017
par Emmanuel Macron, il vise à
offrir aux élus locaux un opérateur
capable d’accompagner en ingénierie leurs projets.
Peu de temps avant son départ du
gouvernement, Jacques Mézard, le
prédécesseur de Jacqueline Gou-
rault, avait laissé pour testament, via
son groupe RDSE au Sénat, une proposition de loi ad hoc. Elle prévoit la
création d’un établissement public
qui fusionnerait l’Etablissement
public national d’aménagement et
de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux (Epareca),
l’Agence du numérique et une large
partie du Commissariat général à
l’égalité des territoires (CGET). Soit
la majorité des effectifs cumulés de
340 agents. Des conventions
seraient aussi passées avec l’Ademe
(environnement), l’Anah (logement), l’Anru (rénovation urbaine)
et le Cerema (aménagement).
Risques sociaux
Jacqueline Gourault a confirmé
mercredi soutenir la proposition de
loi. Dans chaque département, le
préfet sera le représentant de
l’agence auprès des élus locaux et
les aidera à monter leurs dossiers.
C’était l’un des scénarios esquissés
cet été par le rapport du préfet Serge
Morvan, le dirigeant du CGET, qui
plaidait toutefois pour une fusion
plus large avec les autres opérateurs comme le Cerema. La ministre a écarté ce scénario pour cause
de risques sociaux, évoquant le
début de mobilisation des
2.800 agents du Cerema. L’argument a fait bondir Hervé Maurey, le
président centriste de la commission sénatoriale : « L’agence aurait
eu une vraie utilité si elle avait réuni
toutes les structures. Le périmètre
actuel n’intègre en fait que les petites
administrations car moins gênantes,
ce n’est pas sérieux. D’autant qu’elle
ne disposera d’aucuns moyens supplémentaires. »
A part la proposition de la banque des territoires de mobiliser jusqu’à 5 milliards d’euros de fonds
propres et des prêts, l’agence ne disposera que des enveloppes actuelles (DETR, FSIL, etc.). D’autres sénateurs craignent un affaiblissement
de l’agence numérique avec la perte
de la tutelle de Bercy.
Serge Morvan, pressenti pour
prendre la tête de la future structure, explique aux « Echos » que si
les deux tiers des départements ont
mis en place des agences d’ingénierie ou d’urbanisme pour apporter
aux communes de l’expertise juridique, financière, technique, certains
territoires fragiles n’en disposent
pas ou n’ont pas les effectifs pour y
recourir. « A écouter les élus locaux,
beaucoup de projets ne se font pas à
cause de cela », souligne-t-il. Le
Sénat devrait accompagner le gou-
Il a dit
DR
FRANCE
« Il est inquiétant
de voir que les crédits
de l’aménagement
du territoire baissent
au moment où
l’agence est créée. »
LOUIS-JEAN DE NICOLAY
Sénateur LR de la Sarthe
vernement dans la création de
l’agence, prévue au premier semestre 2019. « Les sénateurs se disent que
ce n’est qu’un premier pas », justifie
Hervé Maurey.
Au ministère des Collectivités, on
admet que la priorité est de créer
l’agence, mais qu’elle sera amenée à
évoluer. Serge Morvan assure
qu’elle généralisera la démarche
innovante du programme Action
cœur de ville de revitalisation des
centres des villes moyennes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
La Nouvelle-Calédonie décide de ses futurs
liens avec la France par référendum
l Les électeurs du territoire sont appelés, dimanche, à se prononcer pour ou contre l’indépendance.
l Le « non » est donné très largement gagnant.
OUTRE-MER
Anne Pitoiset
— Correspondante à Nouméa
C’est l’aboutissement d’un long processus. Le référendum d’autodétermination, qui se déroulera dimanche en Nouvelle-Calédonie, a été
envisagé lors de la signature, en
1988, des accords de Matignon. Il se
concrétise trente ans plus tard dans
un climat dépassionné. Durant toutes ces années, la physionomie économique, sociologique et culturelle
de l’archipel a beaucoup changé,
pas ses équilibres politiques.
Les non-indépendantistes restent largement majoritaires. Les
deux députés, les deux sénateurs, le
député européen, le président du
gouvernement, le président du
Congrès sont tous loyalistes. Les
seuls indépendantistes au pouvoir
sont les présidents des provinces
Nord et des îles Loyauté, dont la
population est très majoritairement, voire exclusivement, kanak.
Les sondages menés ces derniers
mois ont confirmé cette tendance,
ils l’ont même amplifiée. Tous anticipent une large victoire du « non »
à la pleine souveraineté, dans des
proportions allant de 60 à 70 %.
Mais les positions des uns et des
autres ne sont pas aussi tranchées
que le laissent supposer ces intentions de vote. Au contraire, elles se
sont rapprochées à la faveur de la
gestion de compétences de plus en
plus étendues, transférées de
manière irréversible à la NouvelleCalédonie par la France, conformément à l’accord de Nouméa de 1998.
Plus personne aujourd’hui ne
prône une indépendance kanak et
socialiste avec rupture des liens
avec la France. En cas de victoire du
« oui », le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS)
entend négocier avec Paris, mais
pas exclusivement, un partenariat
dans les domaines régaliens que
sont la justice, la défense, la monnaie, la sécurité ainsi que les relations extérieures, dont la responsabilité est d’ores et déjà partagée. Le
principal parti loyaliste, Calédonie
ensemble (centre droit affilié à
l’UDI), prône une autonomie aux
confins de la République.
Edouard Philippe sur place
dès le 5 novembre
Pour contrer la relative apathie des
Calédoniens face à un scrutin, dont
le résultat est considéré comme
acquis d’avance, les partis politiques se sont mobilisés pour s’assurer que tous les citoyens calédoniens seraient bien inscrits sur les
listes électorales et qu’il n’y aurait
pas de contestation possible. Des
magistrats venus de métropoles et
des observateurs internationaux
suivront de près le déroulement du
scrutin. Puis les responsables politiques ont parcouru les quatre
coins de l’archipel visitant une à
une les tribus, même les plus reculées, pour expliquer les enjeux du
vote.
Seul le Parti travailliste, proche
de l’Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités
(USTKE), a plaidé en faveur de l’abstention. Sans donner de consignes
de vote, le Sénat coutumier est sorti
de sa réserve pour appeler les
Kanaks à exercer leur droit de vote
et chacun « à faire preuve d’humilité
et de respect à l’égard du choix qui
sortira des urnes ». Car au lendemain du référendum d’autodétermination, rien ne sera réglé.
L’accord de Nouméa est une disposition transitoire qui prendra fin au
En cas de victoire du « oui », le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) entend négocier avec Paris,
mais pas exclusivement, un partenariat dans les domaines régaliens, dont la responsabilité est d’ores et déjà partagée. Photo Théo Rouby/AFP
plus tard en 2022. Des discussions
devront donc s’engager rapidement
pour définir les contours de la
future organisation institutionnelle
du territoire. C’est dans ce contexte
que s’inscrit la visite, à Nouméa, du
Premier ministre, Edouard Philippe, dès le 5 novembre. « Je serai
en Calédonie pour rencontrer
l’ensemble des forces politiques, pour
discuter de leurs analyses des résultats et pour évoquer les conditions de
l’après-4 novembre », a-t-il expliqué
devant l’Assemblée nationale.
Les échanges risquent d’être animés. Le sénateur Pierre Frogier
(Rassemblement-Les Républicains) a d’ores et déjà prévenu qu’il
n’entendait pas se faire voler la victoire. « Depuis trente ans, l’Etat se
prétend impartial alors qu’en réalité
il joue à deux contre un avec les indép e n d a n t i s t e s c o n t re n o u s . S i
Edouard Philippe vient le 5 novembre, ce n’est pas pour nous, c’est pour
panser les plaies des indépendantistes », a-t-il déclaré dans une interview au quotidien « Les Nouvelles
calédoniennes ». En cas de « non
massif » à l’indépendance, le sénateur loyaliste prévoit de déposer
une proposition de loi constitutionnelle afin d’éviter les deuxième et
troisième consultations référendaires prévues dans l’accord de
Nouméa. n
L’économie glisse
sur une mauvaise pente
L’activité économique
marque le pas depuis
la fin de l’âge d’or du boom
du nickel. Et les lendemains
du référendum s’annoncent
tout sauf radieux.
L’âge d’or du boom du nickel est bel et
bien révolu en Nouvelle-Calédonie.
Les premiers signes de ralentissement économique sont apparus en
2012 et, depuis, la situation se
dégrade lentement mais sûrement.
Selon les Comptes rapides de l’outremer (Cerom), le taux de croissance
s’y est établi à seulement 0,6 % en
2016 (derniers chiffres disponibles),
contre 3,7 % entre 2000 et 2011.
Malgré le maintien des dépenses
de consommation des ménages,
« des points de tension laissent augurer des jours difficiles, avertit un
expert. Jusqu’à présent, l’endettement des collectivités a joué le rôle de
tampon, mais certaines sont arrivées
à des niveaux qui ne permettent pas
de tenir le rythme. A l’horizon 2020,
il n’y a d’autre perspective qu’un
accroissement des tensions mues par
des facteurs de fond ».
Le cri d’alarme du Medef
Ainsi, la résistance du marché de
l’emploi, revenu à son niveau de
2015 avec 93.000 salariés, est essentiellement due à une hausse des
embauches dans le secteur public
compensant la baisse de celles du
privé. Et si les recettes fiscales, en
recul de 5,8 % en 2016, se stabilisent
cette année, elles le devront à une
spectaculaire hausse de 20 % des
taxes sur l’alcool, le tabac et les
boissons sucrées.
Remonté contre la mise en place
« chaotique » de la taxe générale à la
consommation (TGC), qui doit
remplacer sept taxes douanières, le
Medef dénonce « l’hyper-réglementation » voulue par le gouvernement pour encadrer les marges et
faire reculer les prix, 33 % plus élevés qu’en métropole. « L’ensemble
de l’économie est atone et la progression du chômage va s’installer »,
tempête Eric Durand, le vice-président de l’organisation patronale.
Les professionnels du BTP, les
plus touchés par le ralentissement
de l’activité, chiffrent à plus de 2.000
les emplois perdus en trois ans et à
25 % le recul de leur chiffre d’affaires entre 2017 et 2018. « Les carnets
de commandes sont désespérément
vides », disent-ils. Relativisant le
marasme, ressenti par rapport aux
pics historiques du boom du nickel,
le président du gouvernement
local, Philippe Germain, juge
qu’avec « quelque 2,2 milliards
d’euros d’investissements publics et
privés prévus d’ici à fin 2020, la Nouvelle-Calédonie ne manque pas de
chantiers à court terme ».
Car la belle époque des grands
travaux comme la construction des
usines métallurgiques, de l’aéroport international, de structures
hospitalières, sportives et scolaires
n’est pas appelée à se reproduire.
« En termes d’équipements, nous
sommes dans un marché mature,
constate un économiste. Nous
avons épuisé l’essentiel. »
Si le tourisme est un facteur de résilience pour l’emploi, c’est sur l’économie bleue et les énergies renouvelables que reposent désormais les plus
Les cinq points clefs
du vote
L’organisation du vote de
dimanche dans le territoire
est l’aboutissement d’un
long et difficile processus
entamé voilà trente ans.
1 POURQUOI
UN RÉFÉRENDUM
D’AUTODÉTERMINATION ?
L’accord de Matignon conclu à
Paris le 26 juin 1988, à la suite du
drame de la grotte d’Ouvéa, prévoyait l’organisation d’un scrutin
d’autodétermination en 1998. Pour
éviter de nouveaux affrontements,
l’accord de Nouméa signé le 5 mai
1998 a reporté le référendum et
ouvert la possibilité de l’organiser
entre 2014 et 2018. Il a également
instauré une décolonisation progressive avec le transfert aux autorités locales des compétences de la
France dans de nombreux domaines à l’exception du régalien
(défense, sécurité, justice, monnaie
et relations extérieures).
2 QUELLE EST LA QUESTION
POSÉE ?
Les professionnels du BTP, les plus touchés par le ralentissement
de l’activité, chiffrent à plus de 2.000 les emplois perdus en trois
ans et à 25 % le recul de leur chiffre d’affaires entre 2017 et 2018.
Photo Marc Le Chelard/AFP
grands espoirs. Douze projets d’une
puissance totale de 67 mégawattscrête (MWc) ont ainsi été autorisés au
deuxième trimestre 2018, soit 70 %
des objectifs fixés pour 2020. Très
dépendante des cours du nickel et des
transferts de l’Etat, qui représentaient 12 % net du PIB en 2015, l’économie néo-calédonienne est fragilisée
par son caractère auto-centré. Les
réserves seront bientôt épuisées et
seule une hausse des cours du nickel,
0,6 %
DE CROISSANCE EN 2016
selon les Comptes rapides de
l’outre-mer (Cerom). Elle était
de 3,7 % entre 2000 et 2011.
par essence aléatoire, pourrait faire
rentrer des devises et redonner une
bouffée d’oxygène. Or, les trois usines
métallurgiques du Caillou rencontrent toutes des problèmes de production. « Les possibilités de rebond à
l’exportation sont très limitées du fait
du manque de compétitivité », estimait en 2017 le directeur de
l’IEOM-NC, Jean-David Naudet, lors
d’un colloque universitaire. Après
2018 et le référendum d’autodétermination, l’année 2019 sera celle de tous
les dangers. En mai, les assemblées
provinciales, le Congrès et le gouvernement seront renouvelés, tandis
que s’ouvriront de délicates discussions sur la suite à donner à l’accord
de Nouméa, autant de facteurs
anxiogènes peu favorables à
l’investissement.
— A. P.
Les Néo-Calédoniens devront
répondre par oui ou par non à la
question suivante : « Voulez-vous
que la Nouvelle-Calédonie accède à la
pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Cette formulation,
proposée par le Premier ministre,
Edouard Philippe, a été adoptée en
mars 2018 à l’issue d’une réunion du
comité des signataires de l’accord
de Nouméa. Les indépendantistes
du Front de libération nationale
kanak et socialiste (FLNKS) souhaitaient que la question fasse référence à la « pleine souveraineté » et
pas à l’indépendance, tandis qu’une
partie de la droite loyaliste demandait un choix explicite entre « indépendance » et « maintien dans la
France ».
3
QUI PEUT VOTER ?
L’accord de Nouméa prévoit un
corps électoral spécifique. Pour
participer au vote, il faut remplir
plusieurs critères de durée de résidence et de détention d’intérêts
matériels et moraux en NouvelleCalédonie. Les Kanaks de statut
civil coutumier ou nés en NouvelleCalédonie sont inscrits d’office sur
la liste électorale spéciale pour la
consultation (LESC) de même que
les non-Kanaks, natifs de l’archipel,
sous réserve qu’ils soient inscrits
depuis au moins trois ans au régime
unifié d’assurance maladie-maternité (RUAMM). Pour les autres, il
faut attester une résidence permanente en Nouvelle -Calédonie
depuis au moins le 31 décembre
1994. La LESC compte 174.154 inscrits alors que la liste électorale
générale (LEG) en comprend
210.105.
4 QUE VEULENT LES
INDÉPENDANTISTES ET LES
NON-INDÉPENDANTISTES ?
Au sein du camp indépendantiste,
seul le Parti travailliste prône l’abstention. Le FLNKS, qui milite pour
l’accès à la pleine souveraineté et à
un siège à l’ONU, est favorable à la
négociation d’un accord de partenariat avec la France.
Chez les non-indépendantistes,
les positions vont du maintien du
statu quo à la création d’un statut
fédéral avec la métropole ou une
autonomie poussée à l’extrême
avec une « calédonisation » des
compétences régaliennes exercées
par l’Etat.
5 QUE SE PASSERA-T-IL
AU LENDEMAIN
DU SCRUTIN ?
Si le « oui » l’emporte, l’accord de
Nouméa continuera de s’appliquer
jusqu’à la fixation de la date d’entrée
en vigueur de l’indépendance par le
Parlement français. Le FLNKS prévoit une période de transition de
deux ans pour préparer, avec Paris,
l’exercice de la pleine souveraineté
du nouvel Etat. En cas de vote négatif, une deuxième puis éventuellement une troisième consultation
pourront être organisées, d’ici à
2022, à la demande du tiers des
membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, soit 18 élus sur 54.
Calédonie ensemble (droite modérée), la principale formation politique du Caillou, estime qu’il faudra
de toute façon « tendre la main pour
que le dialogue soit renoué » en vue
de la construction d’une nouvelle
solution politique, qui se substituera à l’accord de Nouméa. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a
annoncé qu’il serait en NouvelleCalédonie dès le lendemain du
scrutin « pour rencontrer l’ensemble
des forces politiques, pour discuter de
leurs analyses des résultats et pour
évoquer les conditions de l’après-4novembre. » — A. P.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
La hausse des prix pèse sur
le pouvoir d’achat des ménages
l En octobre, les prix ont grimpé de 2,2 % sur un an,
a indiqué mercredi l’Insee.
l Si l’inflation devrait refluer un peu d’ici à la fin
de l’année, l’impact sur le pouvoir d’achat se fait
déjà sentir.
CONJONCTURE
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Les prix continuent à augmenter
fortement en France. En octobre,
sur les douze derniers mois, ils ont
encore grimpé de 2,2 %, a indiqué
mercredi l’Insee. C’est une hausse
deux fois plus rapide qu’il y a un an.
Environ la moitié de cette progression de l’inflation s’explique par la
hausse du prix de l’énergie, laquelle
est due pour deux tiers à l’augmentation du prix du baril de pétrole et
pour un tiers à la hausse des taxes.
Celles sur le tabac ont aussi participé à l’accélération des prix à la
consommation ces derniers mois.
Comme le prix du baril de pétrole
a augmenté fortement à partir de
l’été 2017 et qu’il a reculé un peu ces
dernières semaines pour se stabiliser aux alentours de 76 dollars,
l’inflation devrait baisser d’ici à la
fin de l’année. Les économistes de
l’Insee tablent sur une hausse des
prix à la consommation de 1,8 % sur
un an en décembre.
Cela n’enlèvera pas le fait que les
Français qui se chauffent au fioul
ou utilisent régulièrement leur voiture ont déjà pris de plein fouet la
hausse du pétrole et des taxes. Et ils
sont nombreux dans ce cas. Selon
une étude de l’Insee, en 2013,
16,7 millions de personnes quittaient quotidiennement leur commune de résidence pour aller travailler et 80 % d’entre eux prenaient
leur voiture pour effectuer le trajet.
Risques sur la croissance
Les ruraux et les périurbains sont
les plus touchés puisque dans les
agglomérations de plus de
100.000 habitants, la voiture ne
représente plus que 43 % des déplacements pour se rendre à son travail. D’où le fort mécontentement
actuel d’une certaine catégorie de la
population, mécontentement sur
lequel surfent les oppositions à
Emmanuel Macron. S’il est politique, le risque est aussi et surtout
économique. « Il y a désormais une
vraie question sur le pouvoir d’achat
en Europe et en France. Avec un baril
de pétrole proche de 80 dollars, les
ménages deviennent très attentifs au
coût d’un plein d’essence », pointe
Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management. « Or, c’est une dépense qu’ils
font chaque semaine. Cela va nécessairement influencer les comportements. Les consommateurs vont
arbitrer entre leurs dépenses parce
qu’ils ne peuvent pas se passer de leur
voiture. Cela peut avoir un impact
sur l’activité », prévient-il. Et toute
nouvelle progression du prix du
pétrole aura un effet négatif sur la
croissance puisque la consommation, représentant environ 55 % du
PIB, est le premier moteur de l’économie française. Selon Bercy, une
hausse de 10 dollars du coût du baril
d’or noir augmente le taux d’inflation de 0,3 point et ampute donc
d’autant le pouvoir d’achat. n
L’inflation continue
de grimper
dans la zone euro
LOGEMENT
Si elle reste sage en Italie
(+1,6 %), l’inflation est
remontée ces derniers mois
en Espagne (+2,3 %),
et a accéléré en Allemagne,
pour atteindre son niveau
le plus élevé depuis
plus de six ans et demi.
« Il n’y aura plus de sans-abri
dans la rue dès 2018 », avait promis Emmanuel Macron.
L’objectif ne sera pas encore
atteint cet hiver, a reconnu
Julien Denormandie, le ministre de la Ville et du Logement,
dans une interview au « Parisien », alors que la trêve hivernale des expulsions débute ce
jeudi. En revanche, il a promis
l’ouverture de 14.000 places
d’hébergement de plus, ce qui
portera le total du parc de l’Etat à
près de 150.000 places disponibles en cas de grand froid.
Le gouvernement assure
avoir « anticipé » les difficultés
cette année en identifiant « en
amont deux fois plus de places
prêtes à ouvrir ». L’hiver dernier,
de très nombreux sans-abri
s’étaient retrouvés sans solution, suscitant l’indignation des
associations. En février, Julien
Denormandie, alors secrétaire
d’Etat, avait été accusé de vouloir minorer le nombre de sansabri après avoir affirmé qu’il n’y
en aurait « qu’une cinquantaine » dans les rues d’Ile-deFrance. Parmi les solutions
trouvées figurent les bâtiments
du gouvernement eux-mêmes.
Sur les 1.400 nouvelles places
qui vont ouvrir en Ile-de-France,
250 se trouvent dans un bâtiment du ministère des Armées
« au milieu du 7 e arrondissement », indique le ministre.
Catherine Chatignoux
@chatignoux
L’inflation a poursuivi au mois
d’octobre son lent et progressif
retour dans le paysage économique
de la zone euro. Elle a atteint 2,2 %
en rythme annuel, après 2,1 % en
septembre et 2 % en août, selon
Eurostat. Une fois de plus, ce sont les
prix de l’énergie qui expliquent
l’essentiel de cette hausse. Ils ont
augmenté de 10,6 % en octobre sur
un an, après 9,5 % en septembre.
Calculée hors énergie, matière volatile par excellence et ne reflétant
« Avec un baril de
pétrole proche de
80 dollars, les
ménages
deviennent très
attentifs au coût
d’un plein
d’essence. »
PHILIPPE WAECHTER
Chef économiste chez Ostrum
Asset Management
donc pas les tensions internes sur
les prix, l’inflation de base augmente, elle aussi, mais reste contenue à 1,3 %. et même à 1,1 % si l’on
retire aussi la hausse des prix des
produits alimentaires et du tabac.
Parmi les composants de l’inflation
de base, les prix des services ont
augmenté de 0,2 % et ceux des biens
industriels de 0,1 %.
La BCE confortée dans son
intention de relever ses taux
Si elle reste sage en Italie (+1,6 %),
l’inflation est remontée ces derniers
mois en France (+2,2 %) et en Espagne (+2,3 %), et a accéléré en Allemagne, à 2,4 %, en octobre pour
atteindre son niveau le plus élevé
depuis plus de six ans et demi. De
quoi conforter, sans la convaincre
totalement, la Banque centrale
européenne (BCE) dans sa décision
de mettre un terme à la politique
ultra-accommodante engagée en
janvier 2015. Elle a justifié son choix
d’interrompre à la fin de l’année ses
rachats d’obligations par la remontée de l’inflation. La baisse du chômage qui ne s’est pas démentie
depuis des mois et s’est stabilisée
à 8,1 % en septembre, selon
Eurostat, ainsi que la hausse des
salaires convergent pour alimenter
l’inflation.
Les économistes restent toutefois
divisés sur le moment que choisira
la BCE pour relever ses taux d’intér ê t . Po u r D a n i e l H a r e n b e rg
d’Oxford Economics, la faiblesse
persistante de l’inflation de base et
la baisse de régime de la croissance
dans la zone euro à la fin de l’été
« pourraient l’obliger à repousser la
première hausse des taux actuellement programmée pour le quatrième
trimestre 2019 ». Jennifer McKeown,
de Capital Economics, reste, elle,
convaincue que ce resserrement de
politique monétaire interviendra
dès septembre 2019. n
La valeur du patrimoine public français
a fortement chuté en dix ans
FINANCES
PUBLIQUES
Le patrimoine net des
administrations
publiques, qui tient
compte des actifs et du
passif de la France,
s’est établi à 8 % du PIB
en 2017…
... alors que
le ratio était de 58 %
en 2007 avant l’envolée
de la dette.
Renaud Honoré
@r_honore
Quand il s’agit de juger de la situation des finances publiques d’un
pays, le premier réflexe est de
regarder du côté de la dette publique, en nette augmentation depuis
dix ans en France. Mais le jugement
serait-il différent si on mettait les
actifs en face de ce passif ? Le site
spécialisé sur les finances publiques Fipeco publie ce vendredi une
note retraçant l’évolution du patrimoine net des administrations
publiques (les actifs auxquels on
retranche le passif) en France.
Le constat n’est a priori pas
meilleur que celui réservé à la seule
dette publique : le patrimoine net a
fortement chuté en dix ans, ne
représentant désormais plus que
8 % du PIB, contre 58 % en 2007.
« On entend parfois l’idée avancée
par certains économistes que le problème de la dette n’est pas si important que cela, si l’on veut bien prendre
en compte les actifs qui existent en
face de ce passif. Mais l’évolution du
patrimoine net montre bien que la
question de la soutenabilité des
finances publiques se pose, quel que
soit l’indicateur », souligne François
Ecalle, ancien de la Cour des
comptes et responsable du site
Fipeco.
Une situation comparable
à celle du Royaume-Uni
Pour mieux comprendre l’évolution de la situation patrimoniale de
la France, il faut donc se plonger
dans les arcanes de la comptabilité
publique. Au total, les passifs des
administrations publiques s’élevaient l’an passé à 3.145 milliards
d’euros, soit 137,2 % du PIB. C’est
plus que le niveau de la dette publique « maastrichtienne » habituellement mise en avant dans le débat
public (2.258 milliards, soit 98,5 %
du PIB). Une différence qui s’expli-
que par des modes de calcul différents : le passif des administrations
publiques s’évalue à sa valeur de
marché – ce qui n’est pas le cas pour
la dette au sens du traité de Maastricht – et prend en compte des éléments supplémentaires.
En face de ce passif, la France dispose déjà d’actifs financiers (participations dans des entreprises, titres
Grand froid :
14.000 places
de plus pour
l’hébergement
d’urgence
de créance, liquidités, etc.), qui s’établissaient à 1.308 milliards fin 2017
(57,1 % du PIB). En rapprochant les
passifs de ces actifs financiers, on
obtient les « engagements financiers nets » d’un pays. En France, le
niveau est voisin de 80 % du PIB,
comme au Royaume-Uni, en Espagne ou en Belgique, alors que ce
ratio est de 120 % pour une Italie
très endettée et bien inférieur (entre
30 et 40 %) pour l’Allemagne ou les
Pays-Bas. La moyenne est de 68 %
en zone euro.
Cette partie financière ne représente qu’une partie du tableau. Chaque pays dispose en effet d’actifs
non financiers (les terrains bâtis, les
infrastructures, les bâtiments non
résidentiels, etc.), qui représentent
2.028 milliards en France (88,5 %
du PIB). En agrégeant ces différents
types d’actifs, et en y retranchant les
passifs, on obtient donc le patrimoine net des administrations
publiques, soit 191 milliards fin
2017. Il faut noter que la situation
n’est pas la même si on regarde
l’Etat (fortement déficitaire, à
–1.312 milliards) ou les collectivités
locales (nettement excédentaire, à
1.348 milliards).
Ce patrimoine net public a beaucoup fluctué depuis 1995. A l’époque, il s’établissait à 28 % du PIB,
niveau resté quasi inchangé jusqu’en 2002 avant que la hausse des
valeurs des terrains tire vers le haut
les actifs. C’est ainsi que ce ratio s’est
établi à 58 % en 2007. Depuis, si la
valeur des actifs n’a guère bougé, la
crise a gonflé la dette et le passif,
contribuant à ramener le
patrimoine net au faible étiage de
8 % du PIB. n
La trêve hivernale
des expulsions
a débuté jeudi.
Gabriel Nedelec
@GabrielNedelec
L’Etat mettra
à disposition des
familles sans-abri
40.000 places
d’hôtels sociaux.
Le ministre
veut aussi donner
des moyens
supplémentaires aux
travailleurs sociaux.
Le gouvernement entend
cette année éviter de concentrer
au même endroit l’ensemble des
centres d’hébergement, en Seine-Saint-Denis notamment,
comme c’était l’habitude auparavant. La maire de Paris, Anne
Hidalgo, a elle-même affirmé
qu’elle allait ouvrir les mairies
parisiennes et une partie de
l’Hotel de Ville à l’accueil des
sans-abri cet hiver. Les places,
évolutives selon « les pics de
froid », seront mobilisables jusqu’au 31 mars, date de la fin de la
trêve hivernale. Autre défi
d’ampleur, l’hébergement des
familles. De plus en plus de femmes et d’enfants se retrouvent
sans-abri chaque année, une
situation « inacceptable » selon
le ministre, qui en fait « une priorité ». L’Etat mettra à disposition
de ces familles 40.000 places
d’hôtels sociaux. Mais ce n’est
pas la panacée, selon Julien
Denormandie : « Quand vous
faites rentrer des familles là-dedans, vous savez très bien qu’elles
n’en sortiront pas parce qu’elles
ne sont pas accompagnées. On y
rencontre des gens qui y vivent
depuis parfois dix ans. » Le
ministre veut donc injecter
5 millions d’euros pour donner
des moyens supplémentaires
aux travailleurs sociaux afin
qu’ils puissent permettre à ces
familles sans-abri de trouver un
logement adapté par la suite. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ZONE EURO : LE TAUX
DE CHÔMAGE STABLE
ITALIE : HAUSSE DES PRIX
À LA CONSOMMATION
Le taux de chômage dans
la zone euro est resté stable
à 8,1 % en septembre en
données CVS, à son plus bas
niveau depuis novembre 2008,
selon Eurostat. Le nombre
de demandeurs d’emploi est
de 13,15 millions. Dans l’Union
européenne à Vingt-huit,
ce même taux de chômage
est stable, là aussi, à 6,7 %
en septembre.
Les prix à la consommation
en Italie ont augmenté
de 1,6 % en octobre sur un
an, poursuivant la tendance
constatée depuis mai, selon
Istat (première estimation).
Cette reprise de l’inflation en
octobre est tirée par l’énergie
(+9,3 %), précise l’Istat.
L’inflation en Italie reste
néanmoins plus faible que
dans le reste de la zone euro.
51,1
L’INDICE PMI MARKIT/CIPS
Les entreprises britanniques
ont subi en octobre leur pire
mois d’activité depuis
le vote de juin 2016 en faveur
de la sortie de la GrandeBretagne de l’UE. L’indice
PMI Markit/CIPS est tombé
en octobre à 51,1
(53,6 en septembre).
L’Iran coupé
du monde
par les Etats-Unis
l Les nouvelles sanctions de Washington
entrent en vigueur le 4 novembre.
l Les importateurs de pétrole iranien encourront
alors les foudres américaines.
l La pression va monter sur le régime islamique.
MOYEN-ORIENT
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Le vrai étranglement de l’Iran commence dimanche 4 novembre. Quiconque lui achètera des hydrocarbures encourra alors les foudres de
l’administration Trump. Deux chiffres suffisent à jauger l’ampleur de
cet embargo sans précédent dans le
monde depuis celui contre l’Irak
dans les années 1990 : pétrole et gaz
bruts ou raffinés fournissent 95 %
des recettes en devises du pays. Et la
moitié de ses recettes budgétaires.
Il s’agit là, après l’interdiction en
août de tout achat de produits
industriels et métaux, de la
« deuxième couche » des sanctions
décidées en mai par Washington au
grand dam des Européens.
Washington a déchiré le traité
nucléaire de 2015 par lequel Téhéran était réintégré sur les marchés
internationaux en échange d’un gel
de son programme nucléaire con-
troversé. L’administration Trump
veut surtout, comme d’ailleurs les
Européens, pousser l’Iran à cesser
ses ingérences en Syrie, au Liban, en
Irak, en Palestine, au Yémen, jugées
déstabilisatrices pour le ProcheOrient. Certains rêvent même d’une
chute du régime des mollahs, sans
Soumis à diverses
formes de sanctions
peu ou prou depuis
2006, Téhéran a
l’habitude de faire le
gros dos et de réduire
son train de vie.
le dire officiellement. Le choix est
simple, a dit Washington, « comm e rc e r a ve c l ’ I ra n o u a ve c
nous ». Investisseurs et négociants
n’ont pas hésité longtemps, vu que
l’économie américaine est quarante fois plus grosse que celle de
l’Iran.
L’Iran est donc menacé d’une
crise économique et sociale gravissime, puisque, en théorie, il devrait
être privé de la quasi-totalité de ses
recettes en devises. Une perspective
qui a fait plonger le taux de change
réel du rial à des planchers historiques. La devise iranienne est passée
de 48.000 contre le dollar en janvier
à 120.000 fin juillet et 186.000 début
octobre. Induisant un renchérissement des prix des produits importés, notamment alimentaires, qui
ont poussé l’inflation à 272 % en
rythme annuel, selon l’économiste
Steve Hanke, de l’Université JohnsHopkins. Le chômage est par
ailleurs élevé, surtout parmi les
jeunes.
Retour vers le futur
Toutefois, les exportations iraniennes, d’encore 2,6 Mbj (millions de
barils de pétrole par jour) en avril,
ne vont pas tomber tout à fait à zéro
(lire ci-dessous). Leur plancher
pourrait être de 1,1 Mbj, selon divers
analystes, « à vrai dire équivalent à
celui atteint lors du dernier round de
Pétrole et gaz bruts ou raffinés fournissent 95 % des recettes en devises du pays.
Et la moitié de ses recettes budgétaires. Photo Atta Kenare/AFP
sanctions internationales, en 20122015 », fait valoir Clément Therme,
chercheur sur l’Iran à l’IISS (Institut
international pour les études stratégiques), qui qualifie la crise actuelle
de « retour vers le futur ».
En 2012, l’administration Obama
avait accordé des « waivers » (dérogations) à ses alliés, la Chine, le
Japon, la Turquie, l’Inde, la Corée
du Sud, et Taïwan pour l’importation de pétrole iranien. Trump
pourrait faire de même discrètement, par exemple pour l’Inde. La
Chine peut aussi défier Washington
et Téhéran vendre un peu de pétrole
en contrebande.
Soumis à diverses formes de
sanctions peu ou prou depuis 2006,
Téhéran a l’habitude de faire le gros
dos et de réduire son train de vie. Et
dispose pour cela de munitions.
Selon le Fonds monétaire international, les réserves officielles nettes
de l’Iran seraient encore équivalentes à treize mois d’importations en
fin d’année, à 98 milliards de dollars. Un niveau équivalent à celui de
fin 2012. Reste à savoir ce que les Iraniens sont prêts à endurer. En jan-
vier, la révolte dite « des œufs », des
manifestations spontanées contre
la vie chère, la corruption et la déliquescence des services publics,
avait inquiété le régime, avant d’être
sévèrement réprimée. Mais on
dénombre en moyenne 17 grèves et
manifestations par jour depuis le
printemps, ainsi qu’une grève perlée des camionneurs, souligne le
service en persan de la BBC. Clément Therme estime que le régime
risque d’être confronté à un choix
entre « assurer sa survie ou celle de la
révolution islamique ». n
Qui pourra encore importer du pétrole iranien ?
Les exportations de brut
ont chuté et vont encore
reculer après l’entrée
en vigueur des sanctions
américaines dimanche.
Mais la Chine, l’Inde
ou la Turquie continueront
à en acheter.
tations. Ils absorbaient à eux seuls
près des deux tiers du pétrole
exporté d’Iran en octobre.
« Leurs achats vont reculer mais
ils ne seront pas réduits à néant »,
prévoit Francis Perrin. Le brut
iranien sera vendu à prix réduit, ce
qui le rendra plus intéressant.
« Il faudra une décote substantielle
pour refléter le risque que prennent
les acheteurs en s’approvisionnant
en Iran », décrypte Denis Florin,
associé fondateur de Lavoisier Conseil. « La Chine a les moyens de tenir
tête aux Etats-Unis, mais est-ce
qu’elle choisira cette voie ? La question du pétrole iranien ne sera qu’un
élément de négociation parmi
d’autres entre les deux puissances, et
un levier d’action », poursuit Francis Perrin. L’Inde se trouve dans
une situation comparable, de
même que la Turquie, qui ne
devrait, elle non plus, pas totalement cesser d’importer du brut
iranien.
Vincent Collen
@VincentCollen
Qui osera encore acheter du brut
iranien la semaine prochaine ? A
l’approche de l’entrée en vigueur
des sanctions américaines, le
4 novembre, une nouvelle donne se
dessine au débouché du détroit
d’Ormuz, le point de passage des
tankers chargés de pétrole iranien.
Les exportations ont commencé à
chuter dès le mois de mai au lendemain de l’annonce de la décision de
Donald Trump. En octobre, l’Iran
n’a exporté que 1,8 million de barils
par jour en moyenne, selon Kpler,
1 million de moins qu’au printemps.
Certains pays ont réduit leurs
achats à zéro sans attendre
l’échéance, se pliant totalement aux
injonctions de la Maison-Blanche.
C’est le cas du Japon et de la Corée,
qui figuraient parmi les plus gros
acheteurs et qui ont cessé toute
transaction avec l’Iran (voir graphique). La pression politique a joué à
plein pour ces deux grands alliés
des Etats-Unis. « Le fait que les compagnies publiques et privées de ces
pays aient tout arrêté aussi vite montre à quel point elles tenaient à
envoyer un signal à Washington »,
analyse Francis Perrin, chercheur
associé à l’OCP Policy Center.
C’est le cas aussi de la France, qui
importait plus de 100.000 barils par
jour en moyenne en début
d’année. Total représentait l’essentiel de ces achats. Le pétrolier fran-
çais a fait savoir qu’il respecterait
scrupuleusement les consignes de
Washington, de peur d’encourir des
sanctions qui pourraient lui interdire l’accès aux financements en
dollars par des banques américaines, de lui faire perdre ses actionnaires aux Etats-Unis ou encore de
mettre en péril ses actifs outre-Atlantique. Les autres pays d’Europe
(Italie, Espagne…) sont eux aussi
tombés à zéro ou s’en approchaient
rapidement fin octobre.
Les maigres espoirs de Téhéran
reposent aujourd’hui sur une poignée de pays qui pourraient encore
lui acheter ses hydrocarbures, à
commencer par la Chine et l’Inde.
Les deux géants asiatiques n’ont
que légèrement réduit leurs impor-
Stratégies
de contournement
Certains acheteurs espèrent encore
obtenir des dérogations de l’administration américaine qui leur permettraient de poursuivre leurs
transactions avec l’Iran, comme ce
fut le cas lors de la précédente
période de sanctions sous l’administration Obama. Le secrétaire
d’Etat américain, Mike Pompeo, a
indiqué que Washington pourrait
« envisager » des exceptions « lorsque c’est approprié ». Mais rien de
concret n’a été annoncé pour l’instant. D’autres acteurs mettraient en
place des stratégies de contournement pour échapper aux sanctions : sociétés-écrans, stockage de
brut sur des tankers en mer et transfert de chargement de navire à
navire, location de capacités de
stockage dans les ports chinois…
Les rumeurs et les spéculations
vont bon train. « Ces dernières
semaines, de plus en plus de navires
ont désactivé leur signal GPS au
départ de l’Iran », observe-t-on chez
Kpler, une société française qui suit
les mouvements des tankers, en
particulier grâce à l’imagerie satellite. Les bateaux tentent ainsi
d’échapper aux contrôles et de
brouiller les pistes sur leur destination finale.
« Mais ces stratégies de contournement ne pourront pas modifier les
flux de façon substantielle car
Washington observera tous les mouvements de très près », juge Francis
Perrin. Rien ne pourra empêcher
les exportations iraniennes de reculer encore d’ici à la fin de l’année.
UBS prévoit jusqu’à 1,5 million de
barils en moins, la Société Générale
table sur un recul de 1,7 million. Les
exportations iraniennes pourraient
donc tomber à 1 million de barils
par jour, presque trois fois moins
que le niveau atteint avant
l’annonce des sanctions. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
Au Brésil, Bolsonaro
gagne le soutien
du juge Moro
AMÉRIQUE LATINE
Après Paulo Guedes,
Jair Bolsonaro muscle
davantage son équipe
en recrutant le juge
Sérgio Moro,
symbole de la lutte
anticorruption.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
Une prise de choix : le président élu
Jair Bolsonaro vient d’obtenir
l’accord du juge anticorruption Sérgio Moro pour diriger un super-ministère de la Justice. Le magistrat
s’est illustré au cours des quatre dernières années dans le grand combat
contre la corruption, à savoir le dossier Petrobras-Odebrecht. Il est également à l’origine de l’incarcération
de l’ancien président Lula. « La
perspective de mettre en place un programme fort contre la corruption et
le crime organisé […] m’ont conduit à
prendre cette décision », s’est félicité
Sérgio Moro. L’arrivée du juge vient
muscler davantage encore l’équipe
qu’est en train de constituer le nouveau président et qui, selon les
informations disponibles, comptera deux fois moins de portefeuilles que le gouvernement de
Michel Temer. Jair Bolsonaro a déjà
avec lui le banquier Paulo Guedes
qui prendra la tête d’un super-ministère de l’Economie, regroupant
les attributions des portefeuilles
des Finances, du Plan, du Commerce extérieur et de l’Industrie.
Fort en gueule, cet économiste
formé à l’école de Chicago affirme
« vouloir sauver l’industrie brésilienne, en dépit des industriels brésiliens », en réduisant le protectionnisme. Son arrivée au pouvoir va
oxygéner le débat, selon certains de
ses anciens collaborateurs. « Il y
aura un dialogue sur toutes les questions qui touchent l’économie
ouverte, la liberté d’expression et la
notion de citoyen responsable »,
assure Priscila Pereira Pinto, de
l’Institut Millenium, un think tank
« Est-ce que Guedes
va faire comme
Nicolas Hulot et
claquer la porte au
bout de huit mois en
disant qu’il s’est
trompé ? Est-ce que
Bolsonaro est
capable de
supporter la
contradiction ? »
CHARLES-HENRY CHENUT
Président de la commission
Amérique latine des conseillers
du commerce extérieur
fondé par Paulo Guedes lui-même.
Plus réservés, d’autres mettent en
avant son caractère « explosif » et
son manque d’expérience dans les
affaires publiques. « C’est un banquier, pas quelqu’un qui met au point
des politiques publiques », affirme
Le magistrat Sérgio Moro s’est illustré au cours des quatre dernières années dans le grand combat
contre la corruption, à savoir le dossier Petrobras-Odebrecht. Photo Mauro Pimentel/AFP
Monica de Bolle, directrice des études latino-américaines à l’Université Johns-Hopkins à Washington. Paulo Guedes a servi de caution
pour Jair Bolsonaro aux yeux des
investisseurs. De fait, il a promis de
prendre à bras-le-corps l’énorme
problème budgétaire du Brésil par
la réduction des dépenses publiques. Mais comment faire ?
L’agence de notation S&P Global se
montre sceptique. « Le Congrès issu
des élections est encore plus morcelé
qu’avant, avec un plus grand nombre
de partis dans les deux chambres.
Cela risque de compliquer la tâche de
construire et de maintenir la cohésion d’une coalition », affirme Lisa
Schineller, directrice de S&P, qui
s’interroge sur « la capacité [du
futur gouvernement] de mettre en
œuvre des politiques économiques ».
Le risque de clash entre un président autoritaire et un superministre existe bel et bien, selon de nombreux observateurs. « Est-ce que
Guedes va faire comme Nicolas Hulot
et claquer la porte au bout de huit
mois en disant qu’il s’est trompé ?
Est-ce que Bolsonaro est capable de
supporter la contradiction ? »
s’interroge, depuis Rio, Charles-
Henry Chenut, président de la
commission Amérique latine des
conseillers du commerce extérieur.
« Avec Guedes et Moro dans son gouvernement, il frappe un grand
coup », assure l’avocat français. En
revanche, Jair Bolsonaro a suscité
une véritable levée de boucliers
lorsqu’il a annoncé sa volonté de
fusionner le ministère de l’Agriculture et celui de l’Environnement.
Selon ses détracteurs, cela lui permettrait de réduire le pouvoir des
organismes de contrôle au profit du
développement des activités économiques en Amazonie. n
Vie des affaires : la France perd encore du terrain
en Suisse (38e), au Japon (39e), en
Belgique (45e) ou en Italie (51e).
En tête du classement, la Nouvelle-Zélande conserve sa première place, tout comme Singapour la deuxième et le Danemark
la troisième. Les réformes entreprises par la Géorgie ont propulsé
le pays du 9e au 6e rang. Les EtatsUnis ont reculé de la sixième à la
huitième place. La palme de la progression revient à l’Azerbaïdjan,
qui passe de la 57e place à la 25e. Les
Emirats arabes unis (11e) gagnent
10 places. La Chine (46 e ) gagne
32 places et l’Inde (77e) progresse
de 23 rangs.
INTERNATIONAL
Le classement annuel
Doing Business
de la Banque mondiale
pointe la France
à la 32e place,
derrière l’Azerbaïdjan
et le Rwanda.
Richard Hiault
@RHIAULT
Il est plus facile de réaliser des affaires aux Emirats arabes unis, en
Malaisie, en Azerbaïdjan ou encore
au Rwanda qu’en… France. Tel est
le constat surprenant du nouveau classement opéré par la Banque mondiale dans son rapport
emblématique « Doing Business »
publié mercredi.
Un classement qui fera encore
grincer des dents au vu de cette réalité dépeinte par l’institution multilatérale. Après avoir perdu
2 rangs l’an passé, la France recule
encore d’une place pour se classer
à la 32 e position. Un recul qui
n’empêche pas une très légère
amélioration de l’environnement
des affaires dans l’Hexagone puisque l’indice global est passé de
76,13 à 77,29 entre 2017 et 2018.
Cette amélioration est essentiellement due à trois facteurs : la France
a raccourci le délai d’enregistrement de la propriété de 64 à
42 jours, elle a réduit son taux
d’imposition et de contribution de
Djibouti et l’Inde
à l’honneur
62,2 % à 60,4 % des profits des entreprises et réduit de 5 à 4 le nombre de
procédures afin d’être raccordé au
réseau électrique. Les réductions
des taxes sur le travail et des cotisations obligatoires mises en place par
le gouvernement d’Edouard Phi-
lippe sont explicitement mentionnées par la Banque mondiale
comme facteur d’amélioration.
Hormis ces quelques progrès
enregistrés, il faut toujours 3,5 jours
pour démarrer une affaire,
183 jours pour obtenir un permis de
Après avoir perdu
2 places l’an passé,
la France recule
encore d’une place.
construire et près de deux années
pour résoudre une faillite d’entreprise. Le pouvoir politique français
se consolera d’apprendre qu’avec ce
nouveau classement de la Banque
mondiale, il est plus difficile de réaliser des affaires aux Pays-Bas (36e),
Dimanche de 10h à 11h
© CAPA/EUROPE 1
Le Grand rendez-vous
Présenté par Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot
De manière générale, « les dix économies où les améliorations sont les
plus sensibles sont l’Afghanistan, Djibouti, la Chine, l’Azerbaïdjan, l’Inde,
le Togo, le Kenya, la Côte d’Ivoire, la
Turquie et le Rwanda », souligne la
Banque mondiale. Avec six réformes à leur actif chacun, Djibouti et
l’Inde sont dans le Top 10 pour la
deuxième année de suite.
L’Afghanistan et la Turquie, qui
figurent pour la première fois parmi
les pays les plus réformateurs, ont
introduit un nombre record de
réformes en un an seulement (respectivement cinq et sept réformes).
« Depuis le lancement du premier
rapport Doing Business en 2003, plus
de 3.500 réformes de l’environnement des affaires ont été engagées
dans 186 des 190 économies » analysées, indique la banque. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
idées&débats
L’ÉDITORIAL DES « ÉCHOS »
Les corps intermédiaires
ne répondent plus
Jair Bolsonaro salue ses partisans, le 28 octobre dernier, juste après avoir voté pour le second tour de l’élection présidentielle
brésilienne. Les régimes populistes ou autoritaires n’ont pas de bons résultats économiques, au contraire. Photo Ricardi Moraes/Reuters
La duperie des régimes forts
GÉOPOLITIQUE // La liste des pays gouvernés par des dirigeants prétendument « forts »
ne cesse de s’allonger. Mais, sur le plan économique comme dans la lutte contre
la corruption, les résultats sont très éloignés des promesses.
LA
CHRONIQUE
d’Eric le Boucher
E
t maintenant, le Brésil. La liste s’allonge
des pays qui basculent en faveur de régimes prétendument « forts ». La Russie
de Vladimir Poutine, la Turquie de Recep
Tayyip Erdogan, l’Inde de Narendra Modi, les
Philippines de Rodrigo Duterte, Jair Bolsonaro
au Brésil… Les « peuples » s’en remettent à des
candidats qui promettent la fin de la corruption
et une relance de l’économie. En Europe, la
Pologne et la Hongrie ont fait ce choix, en Italie
la Ligue de Matteo Salvini a conquis le pouvoir.
La poussée est générale.
En parallèle de ces victoires, la foi dans les
vertus de la démocratie représentative se perd.
En France, près d’un jeune sur deux (moins de
35 ans) estime que la démocratie « n’est pas le
système optimal », selon une enquête de la Fondation Jean Jaurès publiée début juillet. Deux
Français sur trois pensent que le personnel politique est corrompu.
Les « peuples » qui donnent leur vote aux
nationalistes, populistes et autres « hommes
forts » ont des raisons. Le niveau de la corruption est affligeant dans beaucoup des pays en
question et l’économie y stagne. L’euphorie née
de la flambée du prix des matières premières
est loin, et la remontée des taux d’intérêt américains a brutalement asséché les flux d’investissement depuis deux ans.
Le sentiment s’est répandu que la démocratie
était un régime de beau temps mais que, pour
rendre la politique plus efficace en période difficile, il fallait des gouvernements à poigne. Les
exemples de Poutine, de Xi et de Trump sont
avancés pour faire démonstration.
Le plus curieux est le comportement des
marchés financiers, qui devraient connaître les
chiffres et les faits, mais qui ont une tendance,
mal expliquée, à gober les fables. Les voilà
qui s’enthousiasment des baisses d’impôts aux
Etats-Unis, pourtant condamnées par tous les
économistes, qui se félicitent de la « stabilité »
qu’installeraient les autocrates et qui, à
l’inverse, sanctionnent les démocrates
comme Mauricio Macri, en Argentine, au motif
qu’il est « trop lent » dans ses réformes. Le peso
a été puni par une chute de 50 % en un an, alors
qu’en Italie les marchés sont restés (jusqu’ici)
plutôt miséricordieux avec M. Salvini.
Le sentiment s’est répandu
que la démocratie était un
régime de beau temps mais,
que pour rendre la politique
plus efficace en période
difficile, il fallait des
gouvernements à poigne.
L’argument de la corruption est une duperie.
Ne parlons pas du comportement des partis
extrémistes en France, les procès sont en cours.
Mais les hauts militaires brésiliens s’étaient distingués pour s’être enrichis au pouvoir après
1964. La Hongrie de Viktor Orban a perdu dix
points à l’index de Transparency International,
passant de 55 en 2012 à 45 en 2017. L’ONG est
vilipendée par l’intéressé, mais il reste que le
prix des marchés publics est de 25 % supérieur
à celui à l’étranger. La corruption a atteint des
sommets en Chine au point que M. Xi a dû afficher son éradication comme sa priorité et faire
le ménage dans les instances dirigeantes.
L’argument économique est une fable. La
Chine, un modèle non reproductible. L’examen
des résultats des régimes forts laisse voir beaucoup plus d’échecs que de succès. Les taux de
croissance autour de 6 % sont « normaux »
pour des pays en rattrapage, il faut regarder de
plus près. Laissons de côté le Venezuela, au
régime plus fou que fort. Mais aux Philippines,
la croissance dépasse 6,5 % – en grande partie
grâce à l’argent envoyé par les émigrés. Le président Duterte distribue des aides sociales, mais
l’investissement public est insuffisant. Le court
terme l’emporte sur le long terme.
En Inde, le revenu par tête ne s’élève que très
lentement, la bureaucratie continue de paralyser le pays, les investissements étrangers sont
refroidis par le climat des affaires difficile. Le
Premier ministre, Modi, n’a pas su réformer le
système financier pour l’assainir, comme l’illustre le fiasco de la démonétisation des gros billets
de banque en novembre 2016. L’Inde est un pays
difficile à gouverner, personne n’en doute. Mais
le populiste Modi ne réussit pas mieux.
La Turquie bénéficie encore d’une croissance
de 3,5 % mais les fragilités du pays – inflation,
fort endettement, déficit extérieur – s’aggravent
et le pouvoir s’enferme dans l’autoritarisme.
Pour le coup, les marchés ont fini par s’en émouvoir cet été. Vladimir Poutine, le « parrain » des
hommes forts paie aujourd’hui son obsession
de contrôle et sa totale incapacité, au bout de
dix-huit ans de pouvoir, à diversifier son économie hors des hydrocarbures et à laisser fleurir
un secteur privé autonome. Les sanctions pénalisent la croissance (1,7 %), mais Poutine est le
contre-modèle parfait d’un pays qui gâche ses
chances et demeure un nain économique.
Les chiffres et les faits parlent. Contre la corruption et pour l’économie ? Les régimes forts
sont des champions de l’inverse.
(1) « Fractures françaises 2018 », www.jean-jaures.org
Force ouvrière aura un nouveau secrétaire
général dans trois semaines, à l’issue de son
comité confédéral national, qui se réunira les
21 et 22 novembre. Et cela suffirait à repartir
de l’avant ? C’est ce que vont promettre tous
les candidats au poste qui se déclarent jour
après jour. Il faudra pourtant bien plus que
Par Dominique cela pour effacer la crise profonde qui touche
le troisième syndicat français. Car le plus
Seux
grave est là : comme la CGT l’avait déjà
expérimenté en 2014-2015 avec l’« affaire » de
FO
l’appartement de Thierry Lepaon, FO offre un
décapitée,
spectacle à la fois comique et tragique. La
raison de la chute de Pascal Pavageau, son
La CFDT
clandestin et amoral donne peut-être
ne peut pas fichier
envie de rire quand on se souvient de son côté
assumer
donneur de leçons vertueux. Mais l’alliance
contre nature entre les trotskistes et les
d’être le
seul interlo- réformistes pour le renverser n’augure pas un
cap clair pour la suite. Ces happenings et
cuteur de
épisodes successifs de la vie du syndicalisme
l’exécutif.
français ne peuvent en tout état de cause pas
faire oublier sa ligne de pente principale : un
déclin relatif. Le taux de syndicalisation tourne autour de 10 % (8 %
dans le secteur privé, 19 % dans la fonction publique). La
participation aux élections professionnelles est inférieure à 50 %
(43 % dans le privé, 53 % dans le secteur public). Enfin, l’image des
syndicats est dégradée auprès de l’opinion publique en général,
même si elle est plus souvent positive auprès de ceux qui les
fréquentent dans les entreprises.
Au moment où le gouvernement retend officiellement la main
aux corps intermédiaires, le problème est donc qu’ils affichent une
crédibilité bien entamée. Que la CGT soit affaiblie après son échec
contre la réforme de la SNCF n’est ni un atout ni un énorme
handicap : l’hypothèse de compromis avec elle sur l’assurancechômage ou les retraites est de toute façon invraisemblable et elle
sera dans la rue. En revanche, une FO décapitée, la discrétion de la
CFTC et la réserve d’une CFE-CGC, qui considère que l’actuel
président « en même temps » n’est qu’un accident de l’histoire, ne
sont pas pour lui une bonne nouvelle. La CFDT ne peut pas assumer
d’être le seul interlocuteur pour discuter.
C’est une des difficultés d’Emmanuel Macron. Où qu’il tourne le
regard, le paysage offre peu de partenaires alors que le pays a un
besoin vital de continuer à se réformer. Les syndicats sont, on le voit,
affaiblis. Les milieux économiques sont moins avares
d’encouragement que de soutien. La société civile et les ONG
« prennent » le plan pauvreté ou la hausse des taxes écologiques,
mais sans jamais saluer ce qui leur va. Les oppositions politiques
exercent leur rôle mais sans aucune nuance. Et pourtant, tant le
niveau du chômage (9,3 %, contre 6,7 % en moyenne dans l’UE,
données Eurostat de mercredi) que la montée des populismes
devraient inviter tous et chacun à davantage d’engagement pour les
uns et de modération pour les autres.
(
Lire nos informations
Page 2
DANS LA PRESSE ÉTRANGÈRE
« Born in the USA »
Born in the USA » est le titre
•du«tube
de Bruce Springsteen,
sorti en 1984. Naître sur le territoire des Etats-Unis donne en
tout cas automatiquement la
citoyenneté américaine, selon
le quatorzième amendement
de la Constitution, à quelques
exceptions près, comme le fait
d’avoir des
parents
diplomates. Pour le « Wall Street Journ a l » , D o n a l d Tr u m p , e n
annonçant son intention de
mettre fin par décret au droit du
sol, « creuse son propre fossé
constitutionnel ». Pourtant,
estime le journal dont les éditoriaux se font souvent l’écho des
courants conservateurs, le président américain, qui a décidé
de faire de la question de
l’immigration le thème central
des élections de mi-mandat du
6 novembre, « marque des
points aussi longtemps qu’il
tente de s’opposer à l’anarchie ou
qu’il mobilise l’armée pour
empêcher l’arrivée aux EtatsUnis de caravanes de migrants
rassemblées par des gauchistes
en Amérique centrale ». Pour le
quotidien, les Etats-Unis doivent clairement faire savoir
qu’il n’est pas possible de franchir clandestinement la frontière, « fût-ce pour décourager
des candidats à l’immigration de
se lancer dans un voyage qui se
terminera
en déception, voire
bien pire ». « En revanche, écrit
le journal, faire le pari d’abroger
le droit du sol met Trump du
mauvais côté des législations sur
l’immigration. C’est une erreur
politique. » Et le journal conclut
que Donald Trump menace de
saper sa propre crédibilité politique en voulant réécrire le quatorzième amendement. Reste
que nombre d’« Américains par
accident », nés sur le sol américain, aujourd’hui résidant à
l’étranger, se heurtent à nombre de difficultés en raison de
l’extraterritorialité des lois
américaines, notamment en
matière bancaire et fiscale.
— J.H.-R
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
opinions
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5. Vie des affaires : la France perd encore du terrain
LE POINT
DE VUE
d’André Cartapanis
S
’il fallait apporter une nouvelle
preuve des enjeux géopolitiques
que recouvre l’usage du dollar au
titre de monnaie internationale, Donald
Trump vient de nous l’offrir avec sa brutalité coutumière. En décrétant l’illégalité pour les entreprises européennes
des opérations commerciales ou financières nouées avec l’Iran, il a usé à nouveau de l’arme du dollar, par l’application dès le 4 novembre prochain de
l’extraterritorialité du retour américain
à l’embargo avec l’Iran. Mais à l’opposé
du « Make America Great Again » du
président américain, cette arme est à
double tranchant et pourrait bien se
retourner contre le dollar.
Le dollar, plus que toute autre monnaie, répond pleinement aux attributs
d’une monnaie internationale. Son
usage relève, non pas d’un accord international, mais des décisions des acteurs
publics et privés étrangers qui expriment une demande de dollar. Mais pour
que cette demande de monnaie internationale soit satisfaite, encore faut-il
qu’une offre y réponde. C’est le cas du
côté des Etats-Unis depuis soixante-dix
ans. Cela présente de nombreux avantages, un privilège exorbitant dit-on souvent, avec le financement quasi illimité
en sa propre devise des déficits budgétaires ou extérieurs ou la fixation des taux
d’intérêt directeurs par la Fed sans prise
en compte des contraintes externes…
Pour toutes ces raisons, les Etats-Unis
sont très attachés à la fonction internationale du dollar. Mais un autre facteur
intervient dans cet attachement : le dollar est également un vecteur de puissance, adossé à leur position géopoliti-
LE POINT
DE VUE
de Laurence Daziano
L
a guerre commerciale, lancée
par Donald Trump, commence à
produire ses premières conséquences en minant la confiance de long
terme des investisseurs et des marchés
financiers. Après s’être retiré du traité
transpacifique et de l’accord en discussion avec l’Union européenne (Tafta), le
président américain a relevé les droits
de douane sur les produits chinois et
renégocié l’Accord de libre-échange
nord-américain (Aléna). La rupture est
totale avec la doctrine américaine qui,
de manière constante depuis 1945, promouvait le libre-échange et le multilatéralisme. Désormais, Washington privilégie les négociations bilatérales pour
obtenir les meilleures conditions commerciales et peser, avec son hyperpuissance, face à la partie adverse, alors que
les négociations commerciales multilatérales diluent, par principe, la puissance américaine.
Face au défi de la guerre commerciale, qui peut s’annoncer comme un
élément structurel de la prochaine
décennie, tant la contestation des classes moyennes américaines contre la
mondialisation est profonde, l’Union
européenne a réagi en accélérant la conclusion d’accords commerciaux bilatéraux ambitieux, à l’instar de l’accord
UE-Canada (dit Ceta). En juillet dernier,
la Commission européenne a signé un
partenariat économique avec le Japon,
concluant un accord commercial
majeur entre Bruxelles et Tokyo afin de
Trump et l’arme
à double tranchant
du dollar
que. Il fait partie du « hard power »
américain.
Or, la récente décision du président
Trump, s’ajoutant aux pressions protectionnistes, peut se révéler à double tranchant. En décrétant unilatéralement un
black-out financier sur tous les agents
économiques, quelles que soient leur
nationalité et leur localisation, et en y
incluant la finance et donc les activités
bancaires, la décision américaine rend
pratiquement impossible tout commerce avec l’Iran, malgré les efforts
européens de construire dans l’urgence
C’est une mesure limitée
aux relations avec l’Iran,
mais de nature à ruiner
la confiance accordée
au billet vert.
un dispositif de contournement au
moyen d’une structure ad hoc de compensation ou de troc avec l’Iran. Car les
opérations internationales qui s’opèrent
en dollars (conversions de devises, financements internationaux, acquisitions de
titres) ont nécessairement une contrepartie sur des comptes bancaires localisés aux Etats-Unis, et sont donc susceptibles de sanctions, voire de blocages du
côté des autorités américaines. Mais il y
a là une entorse radicale vis-à-vis de l’un
des déterminants de la demande de
monnaie internationale, en l’occurrence
la confiance accordée au respect de la
libre utilisation de ce dollar international (absence de discrimination entre
résidents et non-résidents détenant ou
utilisant des dollars, convertibilité et
libre disposition des avoirs monétaires
ou financiers en dollars…).
La décision du président Trump
déroge à ce principe et met en cause la
souveraineté des détenteurs ou des utilisateurs de dollars. C’est une mesure limitée aux relations avec l’Iran, mais de
nature à ruiner la confiance accordée au
billet vert. Or s’il est difficile, pour un
Etat, de diversifier le parapluie militaire,
les alliances ou les traités assurant sa
sécurité grâce à la puissance américaine,
il est aisé de diversifier de façon progressive et discrétionnaire ses réserves de
change.
Pour les banques et les entreprises, il
est coûteux, mais pas techniquement
impossible, de diversifier les monnaies
de facturation, les devises de financement export et la gestion de leurs liquidités internationales vers l’euro, pour une
large part, également vers la livre sterling, le yen, le franc suisse, demain le renminbi. Si tel était le cas, au-delà des effets
prévisibles à court terme (affaiblissement du dollar, forte hausse des taux
d’intérêt à long terme américains, chute
des cours boursiers, probabilité élevée
de récession aux Etats-Unis, tensions
accrues sur le plan géopolitique), on
serait bien entré dans une défiance irréversible vis-à-vis du leadership américain en matière monétaire internationale. A l’opposé du « Make America
Great Again » de Donald Trump.
André Cartapanis est professeur à
l’IEP d’Aix-en-Provence et membre du
Cercle des économistes.
Ratifier au plus vite
l’accord entre l’Europe
et le Vietnam
constituer le premier espace économique mondial. De même, la Commission
européenne a conclu trois accords commerciaux avec trois pays en forte croissance : Singapour, le Mexique et le Vietnam.
Pourtant, ces accords restent actuellement dans les limbes institutionnels
européens, alors que ces pays cherchent
de nouvelles perspectives à l’export
pour se substituer aux débouchés américains. Dans le cas du Vietnam, Hanoï
veut également contrebalancer les
répercussions négatives de la guerre
La crédibilité
commerciale européenne
est désormais en jeu
dans cette affaire.
commerciale entre Washington et
Pékin sur l’économie chinoise, et donc
sur la croissance vietnamienne, qui se
situe, à 7 %, dans les plus forts taux mondiaux. Le Vietnam réalise un tiers de ses
échanges commerciaux avec la Chine et
a exporté pour 42 milliards de dollars
vers les Etats-Unis sur un total de
215 milliards d’exportations. Or, la ratification de l’accord de libre-échange
entre l’Union européenne et le Vietnam,
conclu en décembre 2015, est toujours
bloquée. Cet accord présente de nombreux avantages pour les pays européens, que ce soit sur la réduction très
substantielle des droits de douane,
notamment pour le secteur des vins et
spiritueux et l’automobile, la reconnaissance des indications géographiques
protégées ou la mise en place de standards environnementaux élevés. La lenteur administrative de la traduction de
l’accord ou la poursuite des discussions
au Parlement européen ne peuvent pas
être des raisons suffisantes pour expliquer l’enlisement de cet accord, érigé en
priorité de la politique commerciale
européenne par Jean-Claude Juncker, le
président de la Commission, et Cecilia
Malmström, la commissaire au Commerce.
L’accord commercial entre l’UE et le
Vietnam doit donc, sans tarder, être ratifié et mis en œuvre, au risque de voir
l’Europe être distancée dans la région
du monde qui présente les taux de croissance les plus élevés, à l’heure où les
pays asiatiques cherchent de nouveaux
partenaires stratégiques face au retrait
américain. La crédibilité commerciale
européenne, qui est désormais en jeu
dans cette affaire, sera un sujet stratégique de la visite au Vietnam, en novembre prochain, du Premier ministre,
Edouard Philippe, avant celle du président Emmanuel Macron en 2019.
Laurence Daziano est maître
de conférences en économie
à Sciences Po et membre
du conseil scientifique de la
Fondation pour l’innovation politique.
Le réveil de la bête
immonde
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
Droit
O
n connaît la formule : « Le ventre est
encore fécond, d’où a surgi la bête
immonde. » On se souvient que ce
sont les derniers mots d’une farce tragique
de Bertolt Brecht, « La Résistible Ascension
d’Arturo Ui » – pièce rédigée dès 1941, mais
célèbre bien plus tard, qui met en scène un
Hitler maffieux, mâtiné d’Al Capone. On
oublie souvent une phrase qui précède la
formule finale : « Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester les yeux ronds. » Car il faut
apprendre à voir. Essayons donc.
Commençons par constater que nous
n’appartenons plus aux temps de l’aprèsguerre qui virent triompher ce théâtre. On y
célébrait l’écrasement de l’antisémitisme,
tout en appelant au maintien de la vigilance.
On mettait en garde sur les risques de retour
du pire – assassinats, persécutions, insultes,
humiliations des juifs. Aujourd’hui, nous y
sommes confrontés, obligés de comprendre que la bête n’est jamais morte. Elle
n’était qu’affaiblie, tenue en bride. La voilà
éveillée. Virulente et transformée.
Car à présent la « bête immonde »
n’incarne plus simplement la haine antijuive version raciale, biologisante, celle du
Troisième Reich. Bien sûr, cet antisémitisme-là vit toujours, on le voit même renaître
en Allemagne, comme on l’a vu parader, l’an
dernier, à Charlottesville, aux Etats-Unis.
Mais d’autres formes à présent s’y ajoutent
et s’y conjuguent. A Pittsburgh, celui qui
vient d’assassiner des juifs dans la synagogue les tenait pour responsables d’organiser l’invasion des migrants. Sur un autre
registre, distinct mais parallèle, Viktor
Orbán accuse George S oros de vouloir « noyer la Hongrie sous un flot de musulmans ». Au Royaume -Uni, le travailliste Jeremy Corbyn ne cesse d’accuser
les juifs de tous les maux du monde.
On objectera que ces faits ne se situent
pas sur le même plan, et l’on aura raison.
Rien de commun, au premier abord, entre
les néonazis et des militants qui boycottent
Israël pour soutenir la cause palestinienne,
quitte à faire l’impasse sur la nature terroriste du Hamas. Rien de commun, sauf une
chose : au bout du compte, les mêmes victimes, rattrapées par l’immonde. Ainsi des
femmes rescapées de la Shoah sont-elles
assassinées aujourd’hui par d’autres que
des SS, pour d’autres mobiles peut-être,
mais toujours parce que juives. Ainsi Rose
Mallinger fut-elle tuée par balles, à Pittsburgh, la semaine dernière. Ainsi Mireille
Knoll fut-elle assassinée, en plein Paris, à
coups de couteau, le 23 mars 2018, par un
voisin musulman fanatisé.
Que nous faut-il apprendre à voir ? Que
les agressions antisémites ont progressé de
57 % aux Etats-Unis depuis le début 2018.
Qu’en France, la population juive, moins de
1 %, subit à elle seule plus de la moitié des
attaques et injures discriminatoires recensées. Au pays de Zola, aujourd’hui, les
enfants juifs vont à l’école sous protection
policière. Les graffitis insultants sont monnaie courante, sans compter les coups et
blessures. Des meurtres qui auraient, il n’y a
pas longtemps, fait descendre dans la rue la
nation entière, se commettent à présent
dans une indifférence quasi générale. Bref,
les digues sont rompues. La bête est là.
Ce qui la nourrit ? Toujours la simplification, plus encore que la haine. Il est si simple
d’imaginer que tous les travers du monde
n’ont qu’une seule cause. Il est si rassurant
de croire que les maux endurés ont toujours
des responsables identifiés, qu’il suffirait
d’exterminer pour que les malheurs cessent. Ce simplisme du bouc émissaire nour-
Les agressions antisémites
ont progressé de 57 %
aux Etats-Unis
depuis le début 2018.
En France, la population
juive subit à elle seule
plus de la moitié
des attaques et injures
discriminatoires recensées.
rit toutes les formes de l’antisémitisme – sa
forme antique comme sa forme chrétienne,
sa forme pétainiste comme sa forme gauchiste, sa forme musulmane comme sa
forme antisioniste… Plus notre monde se
révèle complexe, plus la bête immonde
offre une issue simple.
« Agissez au lieu de bavarder », dit le final
de Brecht. Mais comment ? N’avons-nous
pas, inévitablement, un sentiment
d’impuissance ? Pour agir, chacun à sa
porte, commençons par ne pas détourner le
regard. Ne pas nier les faits. Ne pas faire
comme si tout allait bien. Surtout, ne pas
croire que ces ignominies ne sont que
l’affaire des juifs. Elles concernent chacun.
Depuis quand chaque communauté ne
serait-elle émue que par ses morts à elle ?
Sans souci des autres, sans indignation
indépendante des origines, plus d’humanité. La seule arme contre la bête immonde
est la solidarité – immédiate, sans faille,
sans réserve, sans condition. Mais c’est une
denrée rare, il faut bien le dire.
Roger-Pol Droit est écrivain
et philosophe.
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Contre le soutien public aux congés parentaux
IDÉE Le Cato Institute, think tank libertarien, aime les orientations qui
détonnent. Il s’était prononcé, par exemple, contre l’interdiction du travail des
enfants. Moins polémique, mais toujours incisif, il propose cette fois-ci, dans
une note percutante, de cesser les financements publics des congés
parentaux. Il relève, d’abord, dans le contexte américain, que les salariés
aspirent à des congés parentaux moins amples que ceux que procurent déjà
certains secteurs. De fait, les entreprises privées répondent à cette aspiration
grandissante. Elles n’auraient pas besoin de soutiens publics. Surtout, le Cato
estime que les politiques publiques en la matière induisent plus d’inégalités,
notamment entre hommes et femmes, qu’elles n’en réduisent.
INTÉRÊT Un tel propos, dans le contexte français, où la politique familiale est
très socialisée, peut faire bondir. Il n’en reste pas moins un argument de poids.
L’aide publique à la rémunération des congés parentaux a un impact négatif
sur l’activité féminine. Cette note, signée d’une experte et non d’un expert,
s’appuie entre autres sur une revue de littérature internationale qui souligne
ce point pour la France. Conclusion : il vaut mieux laisser faire le marché.
A suivre ?
— Julien Damon
« Parental Leave : Is There a Case for Government Action ? » www.cato.org
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
PÉDOPHILIE L’ÉPISCOPAT
RÉFLÉCHIT À L’IDÉE D’UNE
COMMISSION INDÉPENDANTE
ALGÉRIE APPARITION PUBLIQUE
DU PRÉSIDENT BOUTEFLIKA
Le président algérien Abdelaziz
Bouteflika, 81 ans, dont les sorties
publiques sont rares depuis un accident vasculaire cérébral en 2013, s’est
recueilli jeudi sur la tombe des « martyrs » de la guerre d’indépendance
d’Algérie, selon des images diffusées
par la télévision nationale. Abdelaziz
Bouteflika, au pouvoir depuis 1999,
est pressé par son camp de briguer un
5e mandat malgré son état de santé.
Il n’a toutefois toujours pas fait part
de ses intentions.
Le porte-parole de la Conférence des
évêques de France, Olivier Ribadeau
Dumas, a annoncé jeudi que l’épiscopat, réuni à Lourdes à partir de samedi,
allait « discuter » de l’idée de créer une
« commission indépendante » sur la
pédophilie dans l’Eglise. « L’épiscopat
demandera », pour la diriger, « une personnalité dont la crédibilité au sein de la
société française est telle que son indépendance et son impartialité ne puissent pas être remises en cause ».
CONGÉS MACRON EN WEEK-END
À HONFLEUR « À TITRE PRIVÉ
ET À SES FRAIS »
VIOLENCES SUR LES ENFANTS
BUZYN APPELLE
À SORTIR DU « DÉNI »
Il faut sortir du « déni » face aux violences sur les enfants, ainsi que d’une
« vision idyllique de la famille »,
estime Agnès Buzyn, la ministre des
Solidarités, dans un entretien au
magazine « Elle » à paraître vendredi. La ministre doit présenter d’ici
à fin novembre les grandes orientations de sa « stratégie de protection de
l’enfance ».
L’Inde inaugure la plus grande statue du monde
ARMÉNIE LE PARLEMENT
DISSOUS
AFP
Emmanuel et Brigitte Macron passent la Toussaint à Honfleur, en Normandie, un séjour « à titre privé » et
aux frais du couple présidentiel, a précisé jeudi l’Elysée. Le couple présidentiel s’est rendu en début d’après-midi
au Bistro des Artistes dans la vieille
ville de Honfleur avant de déambuler
dans les rues de la ville, saluant des
passants et posant pour des selfies.
LA PHOTO DU JOUR
Le Parlement d’Arménie a été dissous
jeudi faute d’avoir réussi à désigner
un Premier ministre, ouvrant la voie
à des élections législatives anticipées
en décembre dans cette ex-république soviétique. La dissolution
intervient à la suite d’une manœuvre
politique du Premier ministre réformateur, Nikol Pachinian, arrivé au
pouvoir en mai à l’issue de manifestations populaires en début d’année. Il
espère désormais obtenir un Parlement le soutenant.
RUSSIE MOSCOU MET LES ÉLITES
UKRAINIENNES AU PAIN SEC
Les autorités russes ont imposé jeudi
d’importantes sanctions visant l’élite
politique ukrainienne, gelant les
avoirs russes de plusieurs centaines
de responsables politiques et de
dizaines d’entreprises appartenant à
des hommes d’affaires ukrainiens de
premier plan. Ces sanctions sont
détaillées dans un décret, signé par
Dimitri Medvedev, le Premier ministre. Sont visées par le texte 322 personnalités et 68 entreprises.
L’Inde a inauguré la plus grande statue du monde en présence du Premier ministre, Narendra Modi. L’ouvrage, intitulé
« Statue de l’Unité » est haut de 182 mètres et représente Sardar Vallabhbhai Patel, l’une des figures de l’indépendance du
pays érigée en modèle par le parti au pouvoir.
Photo : Amit Dave/Reuters
ON EN PARLE À TOKYO
INDONÉSIE UNE BOÎTE NOIRE
DE L’AVION RETROUVÉE
Coup de froid diplomatique entre Tokyo et Séoul
La Cour suprême sud-coréenne vient d’ordonner à un géant de la sidérurgie
japonaise de compenser financièrement quatre Sud-Coréens.
Des boulettes d’hydrocarbure ont été
retrouvées sur plusieurs plages de la
Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône,
dont la municipalité a interdit l’accès,
et dans plusieurs calanques de Marseille, a indiqué jeudi la préfecture.
Celle-ci a mobilisé des moyens nautiques pour récupérer ces résidus, et
des moyens terrestres de ramassage
vont être mis en place.
HALLOWEEN MOINS D’INCIDENTS
ET 116 INTERPELLATIONS
Plus d’une centaine de personnes ont
été interpellées en France mercredi
soir en marge de la fête d’Halloween,
où le nombre d’incidents a été « largement inférieur » aux années précédentes, a déclaré jeudi le ministre de
l’Intérieur, Christophe Castaner. Un
bilan provisoire, fourni à la mi-journée par le ministère, a fait état de
116 interpellations, « qui ont donné
lieu à 82 gardes à vue ».
AFP
POLLUTION DES BOULETTES
D’HYDROCARBURE SUR
LES PLAGES DE LA CIOTAT
Les équipes de recherches indonésiennes ont retrouvé l’une des boîtes
noires de l’avion de la compagnie
Lion Air, qui s’est écrasé lundi avec
189 personnes à son bord au nord de
l’île de Java, selon le directeur général
de l’aviation civile indonésienne.
Cette boîte noire a été retrouvée,
intacte, au milieu des débris.
CORÉES KIM JONG-UN BIENTÔT
À SÉOUL SELON MOON JAE-IN
Le président sud-coréen, Mo on
Jae-in, a annoncé jeudi la visite prochaine du dirigeant nord-coréen, Kim
Jong-un, à Séoul, dernier épisode de
la détente en cours sur la péninsule
malgré l’impasse des négociations
sur la dénucléarisation entre le Nord
et Washington. En septembre, les
deux dirigeants coréens étaient
convenus du voyage de Kim à Séoul.
Yann Rousseau
— Correspondant à Tokyo
et 1943, à une époque où la
Corée était occupée par l’armée
impériale japonaise.
Confirmant un jugement de
première instance datant de
2013, l’institution a décrété
que Nippon Steel & Sumitomo
Metal (NSSM) allait devoir
verser 100 millions de wons
de dédommagements (soit
77.000 euros) à chacun des quatre plaignants (trois d’entre eux
sont aujourd’hui décédés). Un
seul, âgé aujourd’hui de 94 ans,
assistait très ému à l’énoncé de
l’arrêt.
S’opposant à la thèse défendue par le sidérurgiste et l’Etat
japonais, la Cour a expliqué
qu’aucun accord bilatéral entre
les deux nations n’empêchait
D
éjà peu cordiales, les
relations diplomatiques entre Tokyo et
Séoul risquent de se tendre
dans les prochains jours, après
la publication d’un arrêt de la
Cour suprême sud-coréenne
qui réveille un épineux contentieux datant de la Seconde
Guerre mondiale. La plus haute
juridiction de Corée du Sud
vient en effet d’ordonner formellement à un géant de la sidérurgie japonaise de compenser
financièrement quatre Sud-Coréens qui avaient été contraints
de travailler dans les aciéries
du groupe nippon entre 1941
des individus de chercher, par
eux-mêmes, des compensations. Selon NSSM, ces démarches individuelles ne devraient
plus être entendues depuis la
signature, en 1965 par Tokyo et
Séoul, d’un grand traité organisant le rétablissement de leurs
relations diplomatiques.
Shinzo Abe agacé
Très agacé, Shinzo Abe, le Premier ministre, a notamment
c o n d a m n é « u n j u ge m e n t
impossible à la lumière du droit
international ». Mercredi
matin, Taro Kono, le ministre
des Affaires étrangères japonais, a appelé son homologue
sud-coréenne, Kang Kyungwha, pour lui demander de
répondre fermement à l’arrêt
de la Cour suprême.
Si les sommes impliquées
restent faibles, Tokyo redoute
que ce jugement n’ouvre la voie
à des dizaines d’autres procédures coréennes contre près de
300 grands groupes japonais,
également soupçonnés d’avoir
bénéficié du travail forcé pendant les années d’occupation.
Une multiplication des procès compliquerait encore la
relation entre Tokyo et Séoul,
les deux grands alliés des EtatsUnis dans la région, qui ne parviennent déjà pas à mettre fin à
plusieurs différends datant de
cette période et qui s’égratignent aussi régulièrement sur
des enjeux territoriaux. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 2, samedi 3 novembre
2018
www.lesechos.fr
La plate-forme
Mon Séjour en
Montagne
propose une offre
large de services,
été comme hiver.
// P. 17
DEVISES EUR/GBP 0,8778 EUR/JPY 1,2852 EUR/CHF 1,1432 GBP/USD 1,2995 USD/JPY 1,1267 USD/CHF 1,0021 TAUX EONIA -0,366 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,6935 T-BONDS 10 ANS 3,1788
INDUSTRIE & SERVICES
IMMOBILIER
DERNIÈRE HEURE
Les écarts de prix se creusent
dans l’ancien. // P. 12
Siemens-Alstom : les tractations
avec la Commission ont débuté
François Lo Presti/AFP
ASCOVAL
Bercy accorde un nouveau sursis
à l’aciérie. // P. 13
Les deux constructeurs
ferroviaires vont désormais
plaider leur cause
et négocier le périmètre
des cessions d’actifs.
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
AUTOMOBILE
PSA-Opel, la fusion express
des usines. // P. 14
Pour le projet de fusion entre Siemens et Alstom, c’est l’heure de vérité. Après avoir
ouvert une enquête approfondie sur ce dossier en juillet, la Commission européenne a
confirmé, mercredi, avoir transmis en début
de semaine les « griefs » qu’elle avait sur cette
opération, et les deux entreprises vont désormais devoir négocier un compromis acceptable pour pouvoir tout de même mener
l’opération à son terme.
Annoncé en septembre 2017, le mariage
du constructeur ferroviaire français avec la
branche transport du conglomérat allemand doit donner naissance à un champion
européen pesant 15 milliards d’euros de
chiffre d’affaires, capable de résister à la
concurrence chinoise et de s’imposer sur le
champ des nouvelles mobilités. Mais la
Commission a rapidement fait savoir
qu’une telle union risquait à ses yeux de
réduire la concurrence sur la fourniture de
plusieurs types de trains et de systèmes de
signalisation.
Dans un premier temps, pendant que les
fonctionnaires européens instruisaient le
dossier, les deux groupes ont joué la carte de
la pédagogie. Ils ont plaidé que la détermination d’une éventuelle position dominante
sur tel ou tel marché (les trains à grande
vitesse par exemple) ne pouvait se faire à
l’échelle d’un pays, mais plutôt à l’échelle
d’un continent. Ou bien expliqué que le marché de la signalisation ferroviaire ne doit pas
être pris comme un tout, mais décomposé
en plusieurs marchés distincts.
TRANSPORTS
Encore 35 millions de pertes
pour Ouibus en 2017. // P. 15
AVOCATS
Les avocats français fuient
le marché iranien. // P. 16
ART CONTEMPORAIN
La Belgique a aussi ses
collectionneurs engagés. // P. 17
HIGH-TECH & MÉDIAS
FOOTBALL
Canal+ récupère les droits
de la Premier League. // P. 18
SPORT
Orange teste ses solutions sur
les bateaux de la Route du Rhum.
// P. 19
START-UP
ORGANISATION
Techfugees pousse la tech
à concrétiser ses projets
pour les réfugiés. // P. 20
PME & RÉGIONS
PAYS DE LA LOIRE
Ad’Hoc Photographie
Les concurrents plaident leur cause
A l’inverse, un certain nombre d’acteurs du
secteur ont assuré que le futur ensemble
pèserait un poids excessif sur tout ou partie
de leur activité. Selon une source proche du
dossier, c’est ce qu’ont avancé les constructeurs ferroviaires Bombardier, CAF et Stad-
Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence, a entendu les inquiétudes
suscitées par la fusion Alstom-Siemens chez les acteurs du secteur. Photo Aurore Belot/AFP
ler. De même, Network Rail, le gestionnaire
des infrastructures ferroviaires britanniques, a écrit à la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, pour déplorer
que le futur ensemble représente 93 % du
marché de la signalisation au Royaume-Uni.
Comme en témoigne la liste des griefs
envoyée lundi, Bruxelles partage au moins
une partie de ces préoccupations. Toute la
question est de savoir lesquelles, ladite liste
n’étant à ce stade pas publique. Siemens et
Alstom vont devoir y répondre. En développant une contre-argumentation, et quand
cela ne suffira pas, en proposant des cessions
d’actifs. Aux deux groupes de les définir : la
Commission flèche les problèmes de concurrence, pas les opérations pour y remédier.
Le risque, pour les deux entreprises, est
que les cessions demandées par Bruxelles
soient substantielles, et finissent par annihiler l’intérêt de la fusion, en réduisant trop
fortement les synergies attendues, par
exemple. Mercredi, elles se sont surtout
employées à dédramatiser la situation.
« La communication des griefs nous donne à
la fois accès à tous les éléments du dossier
ainsi qu’un droit de réponse à la Commission, a indiqué un porte-parole d’Alstom. Elle ne préjuge en aucun cas de la décision finale de la Commission. » L’entreprise
a indiqué qu’elle allait répondre « dans les
meilleurs délais », et que « la finalisation de
la transaction reste attendue au premier
semestre 2019 ». n
Le Mans s’affirme
en « Cité du son ». // P. 21
MON BÂTIMENT NEUF
SUR-MESURE
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
Octobre noir pour les marchés.
// P. 24
La devise chinoise au plus bas
depuis dix ans. // P. 27
ET VOUS ?
SUPPLÉMENT
PATRIMOINE
// PP. 31-33
sur
Dans
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13h et 17h30
Du lunDi au venDreDi
- Crédits photos : Tim Tadder / Getty Images
CARNET // P.30
Trois ans après les révélations du scandale du diesel, les propriétaires allemands d’un véhicule manipulé par
Volkswagen pour en fausser les émissions vont pouvoir lui demander collectivement des comptes devant la justice.
L’association allemande de consommateurs VZBV a lancé jeudi une action
judiciaire groupée contre Volkswagen,
étrennant ainsi un nouvel instrument,
baptisé « Musterfeststellungsklage »,
entré en vigueur le jour même outreRhin. Le dispositif permet à l’association d’attaquer Volkswagen au nom des
clients qui s’estiment floués, en évitant à
ces derniers des frais de justice.
Pour valider l’action intentée auprès
du tribunal de Brunswick, situé près du
siège de Volkswagen, au moins cinquante consommateurs devront s’y
associer d’ici à deux mois. Sont concernés les propriétaires de voitures des
marques Volkswagen, Audi, Skoda et
Seat (qui font partie du groupe) dotés
d’un moteur EA189 – moteur Diesel
manipulé par le constructeur.
Deux millions
de consommateurs
allemands pourraient
profiter de cette nouvelle
action groupée.
Selon Katarina Barley, la ministre
de la Justice (SPD), deux millions de
consommateurs allemands pourraient profiter de cette nouvelle
action groupée dans l’affaire Volkswagen. Un dispositif mis en place par
la coalition gouvernementale en réaction au « dieselgate ». Le constructeur
avait reconnu avoir manipulé 11 millions de véhicules dans le monde pour
contourner les tests antipollution. S’il
a dû indemniser ses clients aux EtatsUnis, il n’a proposé aux automobilistes européens que des mises à jour
logicielles.
Droit à un dédommagement
JE LE LOUE
MONNAIE
« Dieselgate » :
une action
collective
contre VW
en Allemagne
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La procédure, appelée à durer plusieurs années, reste cependant différente d’une « class action » à l’américaine : en cas de victoire contre
Volkswagen, le tribunal ne fixera pas
d’indemnités à verser mais reconnaîtra aux clients concernés un droit à un
dédo mmag ement . C es derni ers
devront ensuite lancer des procédures
individuelles pour en fixer le montant.
Le dispositif reste intéressant,
explique Katarina Barley dans les
colonnes du « Handelsblatt », car il
serait alors dans l’intérêt de l’entreprise mise en cause d’éviter une série
de procès individuels en proposant un
dédommagement.
Le tribunal peut par ailleurs proposer directement un arrangement financier entre les deux parties. En cas de
jugement favorable à Volkswagen, les
clients n’auront en revanche plus le
droit de poursuivre le groupe individuellement. « La nouvelle possibilité
d’action en justice ne change rien à notre
position », a réagi Volkswagen, pour qui
ses clients en Allemagne n’ont pas droit
à une quelconque indemnisation. n
Shutterstock
Les moniteurs de ski veulent
mieux promouvoir la montagne
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Immobilier ancien :
les écarts de prix se creusent
à suivre
l Le marché de l’immobilier ancien reste vigoureux.
l Les prix continuent à grimper à Paris et dans des grandes villes régionales.
IMMOBILIER
Eric Piermont/AFP
Anne-Sophie Vion
@AnnesophieVION
TechnipFMC signe un contrat de plus
de un milliard de dollars en Egypte
ÉNERGIE Le groupe d’ingénierie pétrolière TechnipFMC a
annoncé mercredi avoir signé un « contrat majeur » auprès de
Middle East Oil Refinery (Midor) pour la modernisation et
l’extension de leur raffinerie en Egypte. TechnipFMC qualifie de
« contrat majeur » une transaction d’un montant supérieur à un
milliard de dollars. Le contrat porte sur « l’ingénierie, la fourniture des équipements et la construction » nécessaires pour
moderniser la raffinerie de Midor, située près d’Alexandrie
(nord). Ces aménagements doivent permettre à la raffinerie
d’augmenter sa capacité de production de 60 % d’ici à 2022.
Mitsubishi Heavy vole au secours
de son programme d’avion MRJ
AÉRONAUTIQUE Le japonais Mitsubishi Heavy Industries
(MHI) a annoncé mercredi un plan de recapitalisation de la
filiale qui conçoit l’avion régional MRJ, un projet très en retard
en raison de problèmes techniques. MHI va injecter 170 milliards de yens dans Mitsubishi Aircraft en situation d’insolvabilité. MHI va en outre renoncer à une créance de 50 milliards de
yens. Au total, cela revient à aider sa filiale à hauteur de 220 milliards de yens, soit 1,7 milliard d’euros. Le MRJ, un avion de
moins de 100 places, est censé concurrencer les appareils des
canadien Bombardier et brésilien Embraer.
Cap sur les 9.600 euros
le mètre carré
Dans la capitale, les investisseurs,
dont le retour est signalé par plusieurs grands réseaux, et les primoaccédants ont jeté leur dévolu sur
les studios et deux-pièces au point
d’en faire augmenter les prix de
0,8 % en un mois. La hausse atteint
même 6,4 % depuis début 2018
pour ces biens très liquides.
De retour de Londres sous l’effet
Brexit, des Français et des Européens contribuent à assécher le
marché parisien et à y faire grimper les prix. En revanche, d’après
MeilleursAgents, les appartements familiaux souffrent
d’un manque d’intérêt saisonnier
et voient leurs prix diminuer de
Ryanair taxé d’abus de pouvoir
JUSTICE Un tribunal néerlandais interdit à Ryanair d’imposer
le transfert de 16 de ses pilotes vers d’autres pays à la suite de la
fermeture de sa base d’Eindhoven, aux Pays-Bas, et dénonce un
abus de pouvoir de la compagnie irlandaise. Celle-ci a prévu de
réduire ses capacités en Europe pour l’hiver 2018 en fermant
cette base et deux autres en Allemagne, à partir du 5 novembre
et annonce qu’elle ne changera pas d’avis. Ses pilotes devraient
être réaffectés vers d’autres villes pour limiter les suppressions
d’emplois. Ryanair a fait état d’une baisse de 7 % de son bénéfice
net au premier semestre.
PHARMACIE La Food and Drug
Administration (FDA) a autorisé
u n e ve r s i on b i o s i m il a i r e d u
Humira de l’américain AbbVie
développée par le suisse Novartis,
selon le site de l’autorité sanitaire
américaine. Humira, aussi
appelé Adalimumab, traite la
polyarthrite rhumatoïde. C’est le
médicament sur ordonnance le
plus vendu au monde. Sandoz,
filiale de Novartis, ne pourra toutefois commencer à vendre ce
biosimilaire aux Etats-Unis qu’en
2023, selon un accord de licence
signé avec AbbVie.
ACHETEZ
LES SOCIÉTÉS
QUI LANCENT
L’OFFENSIVE
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
0,2 % en octobre. La hausse reste
de 3,7 % sur dix mois.
Le prix moyen du mètre carré
parisien s’inscrit à 9.353 euros au
1er novembre, en hausse de 0,4 %
sur un mois (+5,2 % sur un an et
+43,3 % sur dix ans !). Et rien ne
semble pouvoir étouffer cette
flambée. Les notaires anticipent
même une hausse au-delà de
9.600 euros en décembre. La construction neuve n’inversera pas la
tendance. Déjà lilliputien, ce marché se raréfie. A fin juin 2018, selon
l’Adil, moins de 250 logements
Il faut compter en
moyenne 52 jours
pour commercialiser
un logement parisien.
neufs sont en vente à Paris, en
baisse de 49 % sur un an.
En banlieue parisienne, qui fait
de plus en plus office de marché de
report, les prix se stabilisent dans
les Hauts-de-Seine. Ils progressent
de 0,4 % en Seine-Saint-Denis, sur
un mois, au 1er novembre, et recu-
lent de 0,3 % dans le Val-de-Marne.
A fin décembre, d’après les notaires,
la hausse annuelle des prix serait de
6,6 % en petite couronne, dont le
prix moyen s’établit à 4.770 euros le
mètre carré, et de 2 % en grande
couronne.
Lyon caracole en tête,
Bordeaux s’essouffle
Dans les dix plus grandes villes de
France, hors Paris, les évolutions
sont également contrastées en
octobre : de –0,6 % à Marseille, à
+0,5 % à Lyon et à Montpellier,
pour une progression moyenne de
l’IPI Top 10 de +0,1 %.
Lyon continue de caracoler en
tête avec une croissance de 6 %
depuis début 2018 et de 8,8 % sur un
an. « La hausse des prix se poursuit
depuis le début de l’été, remarque
Christelle Crevacore, responsable
de Square Habitat Lyon 7, notamment dans certains secteurs des 6e et
2e arrondissements qui atteignent
5.000 euros du mètre carré en
moyenne. Sur la Presqu’île [partie de
la ville qui s’étend dans les 1er et 2e,
NDLR], très prisée, les biens, rares,
peuvent s’échanger jusqu’à
7.000 euros par mètre carré. » A
l’inverse, Bordeaux, qui avait battu
tous les records l’an passé, s’essouffle. Les prix y ont baissé de 0,2 % en
octobre (–0,5 % en dix mois). « On
observe un retour à la cohérence et à
la stabilité après une année 2017 véritablement sous le signe de la spéculation, affirme Nicolas Prado, responsable de l’agence Stéphane Plaza
Immobilier Bordeaux Chartrons. L’effet nouveauté semble
passé. Les Parisiens sont toujours là
mais moins candides. »
Parmi les autres grandes villes,
Toulouse et Strasbourg (+0,3 %),
Nice et Montpellier (+0,5 %) voient
leurs prix croître sensiblement en
octobre. A l’inverse, Marseille
(–0,6 %), Nantes (–0,4 %) et même
Lille (–0,1 %) s’orientent, sur un
mois, à la baisse.
En zone rurale, l’indice IPI cède
du terrain : –0,2 % en octobre
(+0,1 % depuis le 1er janvier et –7,9 %
sur dix ans). Ces marchés restent
encalminés. Même en Ile -deFrance, relèvent les notaires, les
maisons en zone rurale n’ont pas
retrouvé leur valeur d’il y a dix ans,
avant la crise financière de 2008. n
Le Brexit fait monter les prix des habitats de luxe à Paris
C’est le grand retour des
Français et des Européens
de Londres sur le marché
immobilier à Paris.
DR
La FDA autorise
un biosimilaire
du Humira
La confiance des ménages en la
pierre ne faiblit pas. Le volume des
ventes dans l’ancien est, selon les
notaires, en léger repli, à 947.000
transactions sur un an glissant à
fin août contre 950.000 en juillet.
Mais il se maintient à un haut
niveau, proche du record historique de janvier 2018 de 961.000 ventes. Il faut dire que le moteur du
crédit n’est pas près de caler. Les
taux des prêts à l’habitat sont toujours au plus bas.
Côté prix, la fièvre a peine à
retomber. Au 1er novembre, selon
les indices des prix immobiliers
(IPI) MeilleursAgents-« Les
Echos », l’indice France entière
s’affiche en très légère baisse, de
0,1 % sur un mois, après –0,2 % en
septembre. Le prix moyen au
mètre carré atteint 2.514 euros.
Mais les indicateurs restent au vert
sur un an (+0,9 %), cinq ans (+1,4 %)
et dix ans (+5,9 %). Naturellement,
cette moyenne cache des écarts
importants, qui « se creusent encore
en octobre entre les types de biens et
les zones géographiques », souligne
Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents.
Hélène Dupuy
@helenedupuycp
Cela ne semble plus être un épiphénomène. Les Français qui rentrent
de Londres sont plus nombreux
depuis le Brexit. Ainsi que les Européens de Londres qui s’installent à
Paris. Ils ciblent en priorité les quartiers « familiaux ». Dans les 8e, 16e et
17 e arrondissements ainsi qu’à
Neuilly-sur-Seine, le réseau haut de
gamme Barnes signe 8 % et 12 % des
ventes d’appartements avec cette
clientèle depuis six mois.
Dans le Marais, les 6e, 7e, 9e et 18e,
5 % à 10 % des transactions sont
concernées. Le retour à Paris de ces
ex-Londoniens a marqué le pas en
mai-juin, mais leur intérêt se manifeste à nouveau depuis septembre.
Même constat chez le groupe
immobilier de luxe Daniel Féau :
« Nous avons réalisé une centaine de
ventes avec des acquéreurs ayant
quitté Londres à la suite ou en prévision du transfert de leur activité à
cause du Brexit », note son président, Charles-Marie Jottras.
L’arrivée sur ces marchés de ces
clients spécifiques, au pouvoir
d’achat globalement plus élevé que
celui des Parisiens, contribue à faire
grimper les prix. Ils gonflent aussi
une demande déjà forte. « Dans la
zone Martyrs-Montmartre, il n’est
plus possible de trouver un bien correct à moins de 12.000 euros le mètre
carré », illustre Thibault de SaintVincent, président de Barnes.
« Dans le Marais, le marché est tout
aussi dynamique, avec 22 ventes ce
mois-ci, dont un quart des acheteurs
venant de Londres », poursuit-il.
Une tendance qui reste
marginale
De même, plusieurs nouveaux
paliers ont été franchis par le réseau
Barnes : la barre des 20.000 euros le
mètre carré dans le 18e à Montmartre et les 25.000 euros le mètre carré
dans le Marais pour des appartements exceptionnels.
Parmi ces acquéreurs, la majorité
est issue du monde de la finance au
sens large. « Il s’agit souvent de
ménages entre 40 et 50 ans avec des
enfants. Leur recherche la plus courante concerne des appartements
entre 140 et 180 m² avec un séjour
double et 3 chambres », détaille
Charles-Marie Jottras. Ces ménages
empruntent à des conditions exceptionnelles et beaucoup ont mis en
vente leur appartement à Londres
pour financer l’achat parisien, pour-
L’arrivée sur ces marchés de ces clients au pouvoir d’achat élevé
contribue à faire grimper les prix. Photo Shutterstock
suit-il. Un de leurs critères essentiels
de recherche est la proximité de
bonnes écoles. « Lorsqu’ils n’ont pas
un budget leur permettant d’acheter
dans le 7e, beaucoup se rabattent sur
le 16 e , notamment à Passy ou à
Auteuil, ou encore Neuilly », observe
le président de Féau.
Une tendance que relativisent
certains : « Si des Français vivant à
Londres reviennent peu à peu à Paris
depuis le Brexit, c’est encore loin
d’être la tendance majoritaire », souligne Alexander Kraft, président de
Sotheby’s International Realty
France-Monaco. Et puis ces chiffres
sont à prendre avec précaution car
ils concernent essentiellement le
marché très haut de gamme. Sur ce
dernier, le prix moyen à Paris s’établit à 11.100 euros le mètre carré en
2018, selon Barnes. Celui de l’immobilier standard est de 9.350 euros,
selon MeilleursAgents. Même si la
hausse des prix sur le segment du
luxe se répercute évidemment sur
celui du marché global.
À NOTER
Les prix de l’immobilier
à Londres restent deux fois
plus chers qu’à Paris.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 13
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
Ascoval : Bercy accorde
un nouveau sursis à l’aciérie
l L’expert indépendant a jugé l’offre de reprise d’Altifort « solide ».
l Le repreneur a maintenant jusqu’à début décembre pour consolider
son offre sur le plan commercial, industriel et surtout financier.
Anne Feitz
@afeitz
Soulagement, et en même temps
grande lassitude. Les représentants
des salariés de l’aciérie d’Ascoval
étaient manifestement partagés
entre ces deux sentiments mercredi, à la sortie de la réunion organisée par Bercy sur l’avenir de leur
usine. « On a perdu énormément de
temps, on redémarre de zéro », a ainsi
soupiré Bruno Kopczynski, porteparole de l’intersyndicale de l’usine.
Alors que depuis de longs mois,
le spectre de la liquidation pure et
simple plane sur l’aciérie de SaintSaulve (Nord) et ses 281 salariés, un
nouvel espoir est né avec les conclusions du rapport indépendant
commandé par le ministère de
l’Economie au cabinet Roland Berger. Celui-ci a jugé l’offre d’Altifort,
seul candidat en lice, « solide » et
« crédible », selon les termes du
ministre Bruno Le Maire.
Altifort doit encore beaucoup
travailler pour la consolider, mais
son projet tient suffisamment la
route pour lui donner une chance.
« Nous nous sommes donné jusqu’à
d é b u t d é c e m b re p o u r q u ’ e l l e
devienne une offre réaliste », a indiqué Bruno Le Maire. En fin de journée, mercredi, les salariés qui bloquaient le site ont voté la reprise du
travail à compter de lundi.
Trouver de nouveau clients
Depuis le refus de Vallourec (seul
actionnaire de l’aciérie depuis la
reprise d’Ascometal, qui en détenait
60 %, par Schmolz + Bickenbach)
de participer au sauvetage d’Ascoval, il s’agit de lui trouver de nouveaux clients. « C’est une aciérie qui
pourrait trouver son marché, explique Ambroise Lecat, chez Roland
Berger. C’est une stratégie crédible de
se concentrer sur les aciers spéciaux
ou sur des produits à valeur ajoutée.
Le train à fil envisagé par Altifort permettrait de trouver des débouchés : le
fil est un marché prometteur. Mais il
reste de nombreux défis à relever. »
Un tel train à fil absorberait environ 60 % de la production. Pour le
reste, les repreneurs et le directeur
de l’usine ont commencé à démarcher des clients potentiels pour la
première fois depuis la création de
l’usine – dont la production était jusque-là réservée à ses actionnaires.
Vallourec doit aussi charger
son aciérie en Allemagne
Pour justifier son refus de participer au sauvetage
d’Ascoval, Vallourec a invoqué sa fragilité financière.
Mais il a moins parlé d’une autre contrainte : il doit charger HKM, une aciérie allemande dont il détient 20 %, aux
côtés de ThyssenKrupp (50 %) et de Mannesmann (30 %),
et plus compétitive qu’Ascoval avec des volumes plus
élevés. « Or en vertu d’un contrat “take or pay”, le groupe
doit payer les frais fixes de cette usine à hauteur de sa
participation, même s’il ne prend pas sa part de l’acier
produit », explique un bon connaisseur de l’industrie.
Une contrainte d’autant plus pressante que ses actionnaires ont décidé d’y investir une centaine de millions
d’euros en mai, et que la fusion annoncée entre ThyssenKrupp et Tata Steel va conduire ces derniers à passer au
crible leurs outils de production respectifs en Europe.
« C’est nouveau pour nous, nous
n’avons pas de forces commerciales,
explique Cédric Orban, le directeur
de l’usine. Mais les premiers contacts
ont été fructueux : depuis une
semaine, quatre prospects sont venus
visiter l’usine, susceptibles de prendre des volumes importants. J’ai bon
espoir de la charger à plus de 70 % de
sa capacité maximale au premier trimestre 2019. » Des débouchés qui
restent encore à sécuriser.
Besoins d’investissement
à 180 millions d’euros
C’est peut-être sur le plan financier
que la marche à franchir est la plus
haute. Les besoins d’investissements ont été confirmés par
Roland Berger à au moins 180 millions d’euros. Or Altifort prévoyait
initialement de n’apporter que
10 millions d’euros en fonds propres, plus 25 millions en obligations
par un industriel espagnol, un
niveau jugé insuffisant. Altifort a
indiqué être désormais prêt à investir de « 20 à 30 millions ».
« C’est une stratégie
crédible de
se concentrer sur
les aciers spéciaux
ou sur des produits
à valeur ajoutée. »
AMBROISE LECAT
Associé au sein du cabinet
Roland Berger
Bruno Le Maire a de son côté réitéré son engagement à apporter un
euro de financement public pour
un euro de financement bancaire
privé. La région Hauts-de-France
apporterait 12 millions, a confirmé
son président Xavier Bertrand, et
Valenciennes Métropole 10 millions. Il faudra enfin poursuivre les
efforts engagés pour réduire les
coûts et rendre l’aciérie réellement
compétitive. Objectif affiché, un
retour à l’équilibre en 2020. n
Le cabinet Roland Berger a jugé que l’aciérie Ascoval est une « aciérie
qui pourrait trouver son marché ». Photo Jean-Michel Turpin/Divergence
Derrière l’usine nordiste, un écosystème local
Métiers de la ferraille,
services à l’industrie,
tuberie voisine… : un millier
d’emplois sont liés au destin
de l’aciérie nordiste, selon
les élus et les syndicats.
Olivier Ducuing
— Correspondant à Lille
« Si tout le monde joue le jeu jusqu’au bout, Ascoval peut être sauvé
et nous garderons une filière des
aciers spéciaux en France », a lâché
le président de la région Hauts-deFrance, Xavier Bertrand, à l’issue
de la réunion à Bercy mercredi (lire
ci-contre). De fait, au-delà de la
seule aciérie nordiste et de ses 281
salariés, c’est tout un écosystème
industriel qui serait touché par la
liquidation d’Ascoval. En amont
d’abord, l’aciérie se fournit en ferrailles dans un rayon de 100 kilomètres autour de l’usine. Elle recycle par exemple toutes les chutes
de l’usine Toyota à Onnaing. Phoenix, l’opérateur de manutention de
ferrailles et de laitier (coproduit de
l’acier), est ainsi directement
menacé avec ses 37 salariés.
Au-delà, c’est un modèle d’économie circulaire qui serait remis en
question, au profit de l’acier de
hauts-fourneaux, produit avec du
fer et du charbon venu de l’autre
bout du monde. Autres victimes
directes potentielles, la société de
maintenance industrielle Endel, très
présente sur le site, mais aussi les
entreprises de service, à commencer
par les transporteurs.
Selon les syndicats d’Ascoval, la
disparition de leur aciérie entraînerait presque sûrement celle de la
tuberie voisine de Vallourec, avec
qui elle partage des services. La
tuberie a déjà subi plusieurs cures
d’amaigrissement sévères, dont un
plan social cette année, entraînant
164 suppressions d’emplois. Le site
ne comptera plus que 130 salariés,
contre encore 800 il y a trois ans…
Exigences de qualité
La problématique d’Ascoval concerne aussi très directement la partie aval de la filière. Avec une inquiétude particulière sur Valdunes.
Cette entreprise, rachetée en 2014
par le chinois MA-Steel, compte
deux usines, à Valenciennes et Leffrinckoucke, près de Dunkerque.
Elle fabrique des roues, des essieux
ferroviaires et des axes de trains.
Des pièces stratégiques pour lesquelles les clients comme la SNCF
affichent des exigences de qualité
auxquelles répondent les aciers
spéciaux d’Ascoval, sans véritable
alternative. Selon des estimations
relayées par certains élus et les syndicats, la défaillance d’Ascoval
pourrait mettre en danger un bon
millier d’emplois. A l’inverse, le projet de laminoir à fil porté par Altifort permettrait de sécuriser une
industrie française du tréfilage
aujourd’hui contrainte de s’approvisionner à l’étranger. n
Les bateaux Bénéteau
font mieux que prévu
NAUTISME
Le groupe publie
des résultats supérieurs aux attentes
et en ligne avec
ses objectifs pour 2020.
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
La tempête de la guerre commerciale n’aura pas fait chavirer Bénéteau. A l’occasion de la publication
mardi des résultats de son exercice
décalé 2017-2018, le groupe nautique français affiche même une
croissance supérieure aux attentes.
Sur la période, le groupe spécialisé
dans les bateaux et les habitats de
loisirs a réalisé un chiffre d’affaires
de 1,28 milliard d’euros, en hausse
de 8,5 % par rapport à l’exercice précédent. « Le consensus des analystes,
lui, tablait sur une progression de
8 % », précise aux « Echos » le président du groupe, Hervé Gastinel. De
la même manière, le résultat opérationnel courant s’établit à 87,6 millions d’euros, contre 83 millions
attendus. Enfin, avec 162 millions
d’euros de trésorerie (+ 47,7 %),
Bénéteau n’affiche pas de dette.
PROGRESSION DES RÉSULTATS
À FIN SEPTEMBRE 2018
Lors de l’exercice 2017-2018, le groupe a produit 38 nouveaux
modèles. Photo Gilles Martin-Raget
Cette croissance, « deux fois supérieure à celle du marché », s’appuie
sur trois axes. D’abord le développement de la gamme, avec 38 nouveaux modèles. De nombreux
investissements dans les services et,
enfin, des investissements dans les
outils de production, en France, en
Pologne et aux Etats-Unis.
Objectifs 2020
Certes, les inquiétudes liées aux
tarifs douaniers ont fortement chahuté son cours de Bourse cette
année. « Mais c’est lié à une amplification du risque, alors qu’en réalité la
vente de nos bateaux fabriqués aux
Etats-Unis, destinés au Canada et à
l’Europe, ne représente que 30 millions de dollars (26,5 millions
d’euros) », relativise Hervé Gastinel.
Tandis que le chiffre d’affaires de la
division bateau s’élève à 1,1 milliard
d’euros. Les effets de change pesant
pour 11 millions d’euros sur les résultats sont, quant à eux, parfaitement
« absorbables », estime-t-il. Pour
limiter leur impact, le groupe de
7.500 personnes prévoit notamment de fabriquer certains modèles
Bénéteau et Jeanneau dans son
usine de Cadillac, dans le Michigan.
De quoi réitérer les engagements
pris par le groupe, à l’horizon 2020.
Bénéteau vise un taux de résultat
opérationnel de 9 %, contre 7,5 %
cette année. Ainsi qu’une trésorerie
de 250 millions d’euros. Pour y arriver, le groupe mise sur une montée
en puissance de toutes ses usines. n
Imerys valorise une gamme
unique de minéraux pour apporter
des fonctionnalités essentielles
aux produits et procédés de production
de ses clients dans les biens de consommation,
l’équipement industriel ou la construction.
+ 9,4 %
+ 4,5 %
CHIFFRE D’AFFAIRES
3 464 M€
CROISSANCE
ORGANIQUE
+ 9,1 %
PROCHAINS RENDEZ-VOUS :
Résultats annuels le 14 février 2019
et résultats du 1er trimestre 2019
le 6 mai 2019
RÉSULTAT COURANT NET
266 M€
ISIN : FR0000120859 – NK ; Reuters : IMTP.PA ;
Bloomberg : NK.FP. Une information complète
sur les résultats des 9 premiers mois 2018
est disponible sur le site Internet du Groupe :
www.imerys.com
Contacts : 01 49 55 66 55
actionnaires@imerys.com
Transform to perform : Transformer pour valoriser.
Crédit photos : iStock / Y. Dube, Feellife, Scanrail, Xubingruo. Réalisation :
SIDÉRURGIE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
PSA-Opel, la fusion express des usines
AUTOMOBILE
L’usine Opel-Vauxhall
de Luton, au RoyaumeUni, va fonctionner
en binôme avec le site
PSA d’Hordain.
Les huit usines de PSA
et les six d’Opel
doivent bientôt faire
partie d’un grand tout.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Il a fallu des décennies pour faire
oublier les étiquettes entre les sites
Peugeot et Citroën. Pour greffer les
usines d’Opel à son tissu industriel,
PSA entend aller plus vite, beaucoup plus vite. « A un moment
donné, on va parler du PSA élargi.
On y sera dans quelques petites
années », proclamait lors du Mondial de l’auto Carlos Tavares, le
patron du groupe.
« Côté usines, les choses avancent
à grands pas. La fabrication croisée,
ce n’est plus un sujet », explique
Maxime Picat, le responsable
Europe de PSA. Dans les faits, des
Opel sont déjà assemblés chez PSA
et vice versa. Héritage d’un partenariat avec General Motors, l’Opel
Grandland X est encore à Sochaux
pour quelques mois, tandis que la
Citroën C3 Aircross est produite à
Saragosse, sur une ligne Opel. Fait
nouveau, les moteurs et les boîtes
de vitesses PSA qui seront usinés
chez Opel à Tichy (Pologne),
Aspern (Autriche) et Szentgotthard (Hongrie).
Les huit usines de PSA et les six
usines issues de sa nouvelle propriété allemande doivent donc
bientôt faire partie d’un grand tout.
« Nous affecterons les programmes
selon les disponibilités des sites indépendamment des marques. C’est le
schéma qui deviendra la norme »,
explique Yann Vincent, le patron
industriel de la Maison Peugeot,
qui a donc désigné des sites CMP
(pour les petits véhicules), des sites
EMP2 (pour les plus grands
engins) et des sites dédiés aux véhicules utilitaires. Celui-ci a ainsi
décidé de « coupler » le site de
Sevelnord, près de Valenciennes,
avec celui de Luton, au RoyaumeUni. « Il y aura des Opel à Sevelnord,
et des Peugeot à Luton », dit-il.
Pas d’éternelles discussions
Tout cela arrange bien PSA, dont les
usines européennes tournent à
plein en ce moment, avec des ventes
atteignant des niveaux records sur
le Vieux Continent. « Opel nous
apporte des nouvelles capacités bienvenues et nous permet d’obtenir
davantage de souplesse. Des délestages sont maintenant possibles »,
relève Yann Vincent, donnant
l’exemple de la Peugeot 5008, déplacée de Rennes à Sochaux pour faire
de la place au C5 Aircross, ce qui
provoque le transfert prochain de
l’Opel GrandLand X de Sochaux à
Eisenach, en Allemagne.
« Les SUV de moyenne taille sont
répartis sur trois usines, il faudra
aussi plusieurs usines pour les petits
Les usines de PSA et les usines issues de sa propriété allemande doivent bientôt faire partie d’un tout. Photo London News Pictures/Zuma/RÉA
« Nous affecterons
les programmes
selon la disponibilité
des sites
indépendamment
des marques. »
YANN VINCENT
Patron industriel de Peugeot
SUV. Parfois, un même modèle
fabriqué sur deux sites, pour pouvoir équilibrer les volumes selon le
succès du véhicule en question »,
ajoute Maxime Picat. Une gymnastique bienvenue, alors que la chute
du diesel et la bataille du CO2 obscurcissent la prévisibilité du marché européen, plus que jamais terrain de jeu de PSA. Pour juguler les
aléas de marché, le groupe tâche
depuis l’arrivée de Carlos Tavares,
en 2014, d’abaisser son seuil de rentabilité en compactant ses usines
et en les passant au monoflux –
logique qui s’appliquera bientôt
chez Opel.
Si l’état-major du constructeur
parvient à avancer malgré l’opposition régulière du syndicat allemand IG Metall, c’est que la situation d’Opel est particulière. « La
chance, c’est que nous avons racheté
l’entité à 100 % et qu’en face General
Motors débranche tout : le système
informatique, les moteurs, les plates-formes. Il n’y a pas le choix, on
sait qu’il faut mettre du PSA partout », pointe le dirigeant.
« Nous n’avons pas d’éternelles
discussions entre ingénieurs sur le
thème "ma plate-forme est la
meilleure". C’est une chance incroyable par rapport à Renault et Nissan », juge Yann Vincent, un transfuge de la marque au losange. n
prix, des volumes et des délais sur
les livraisons de cet avion militaire,
les négociations progressent « un
peu plus lentement que prévu »,
constate-t-il, sans écarter la possibilité d’un accord avant 2019.
D’un côté, Airbus se heurte aux
Etats en difficulté budgétaire,
comme l’Espagne, qui souhaitent
revoir à la baisse le nombre de
commandes, et de l’autre, il doit
discuter avec les pays qui, comme
la France ou l’Allemagne, pratiquent des retenues sur les prix,
tant que l’avion ne remplit pas toutes les promesses d’origine. En
attendant, l’export ne démarre pas,
au grand regret du constructeur.
Pour l’instant, Airbus n’a que très
légèrement relevé sa provision
pour refléter ces dérives, de 98 à
105 millions d’euros. L’an dernier,
le groupe avait provisionné 1,3 milliard d’euros sur l’A400M après
2,2 milliards en 2016.
Airbus poursuit sa course contre la montre
AÉRONAUTIQUE
L’avionneur compte
toujours livrer cette
année 800 appareils,
en dépit des difficultés
des motoristes.
Anne Bauer
@annebauerbrux
La course contre la montre continue ! Airbus promet toujours de
livrer 800 avions en 2018, contre
718 appareils en 2017. A fin septembre, 503 appareils avaient été livrés.
L’augmentation de la cadence de
production des A320neo et des
A350 s’intensifie mais, à ce stade, le
groupe reste prudent. Après avoir
annoncé de bons résultats trimestriels mercredi, Airbus se réserve
une petite marge par rapport à sa
promesse initiale : il intègre désormais dans ses prévisions les 18 avions A220 (ex-CSeries) de Bombardier, entreprise consolidée dans les
comptes depuis juillet. Il prévient
aussi que « beaucoup reste à faire
d’ici à la fin de l’année pour honorer
les engagements », tout en rappelant
les difficultés de ses partenaires
motoristes. Pas plus tard que la
semaine dernière, Rolls-Royce a
annoncé qu’il livrerait cette année
moins de moteurs Trent 7000
– équipant les Airbus A330neo –
que prévu, tandis que Safran a
reconnu avoir encore un retard
d’un mois en moyenne sur les
livraisons de moteurs LEAP.
Forte pression
Dans les usines, la pression est
forte. Le futur patron d’Airbus,
Guillaume Faury, joue un peu de sa
réputation sur la nécessaire montée en cadence. Au sein des différents programmes, l’actuel pilote,
Tom Enders, en poste jusqu’en
mars prochain, s’est félicité des
performances de l’A350, dont la
production augmente comme
prévu vers une dizaine d’appareils
par mois, le tout dans une enveloppe de coûts maîtrisée. Il est plus
inquiet pour son marché principal : l’A320. A fin septembre, 222
appareils A320neo avaient été
livrés, contre 90 un an plus tôt et
l’objectif est de passer à un rythme
mensuel de production de 60 A320
Une vente à 5,7 milliards d’euros
Le Premier ministre, Edouard Philippe, ne devrait pas
rentrer du Vietnam les mains vides. Parmi les contrats
probablement signés lors de sa visite ce vendredi, Airbus
devrait confirmer la vente pour 5,7 milliards d’euros
de 50 avions A321neo à la compagnie low cost VietJet.
Ces appareils, négociés en juillet dernier lors du Salon
de Farnborough, devraient être livrés entre 2020 et 2025.
La compagnie opérationnelle depuis 2011 se développe en
alimentant le carnet de commandes de l’avionneur européen comme celui de son concurrent américain à qui elle
a aussi acheté 100 Boeing 737 il y a quelques mois.
mi-2019, contre 55 actuellement.
Pour la famille des gros-porteurs A330 et A380, le directeur
financier, Harald Wilhelm, reconnaît que l’enjeu est d’abord de chercher de nouveaux clients plutôt
que de se préoccuper du rythme de
production. En théorie, le grosporteur A330 est la deuxième
source de revenus pour Airbus
derrière le monocouloir A320,
mais la dernière version de l’avion
souffre pour l’instant de piètres
performances commerciales et de
problèmes de fiabilité des moteurs
en phase de test.
Toutefois, la Bourse a salué mercredi les résultats du groupe européen d’aéronautique et de défense :
Airbus a plus que triplé son bénéfice net au troisième trimestre. Sur
neuf mois, il augmente de 4 %, à
1,45 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires en hausse de 6 %, à
40,42 milliards.
Dans la liste des dossiers à régler,
le patron d’Airbus, Tom Enders, n’a
pas caché que les négociations avec
les Etats clients de l’A400M restaient poussives. Alors que le
groupe espérait conclure en fin
d’année un accord pour refixer des
(
Lire « Crible »
Page 34
Une maladie du sang bientôt combattue par thérapie génique
PHARMACIE
L’Agence européenne
du médicament
examine le dossier
d’enregistrement
du LentiGlobin, conçu
par Bluebirdbio.
Catherine Ducruet
@CDucruet
La biotech américaine Bluebird Bio
sera-t-elle la première à mettre sur le
marché un traitement curatif de la
bêta-thalassémie, aussi dénommée
drépanocytose ? L’Agence européenne du médicament vient en
tout cas d’accepter d’examiner le
dossier du LentiGlobin, un produit
développé par Bluebird Bio, en vue
d’une commercialisation. Cette
maladie héréditaire, affectant les
globules rouges, intéresse beaucoup
les groupes pharmaceutiques
comme Novartis ou Sanofi via son
acquisition de Bioverativ, et les biotech ayant une compétence en thérapie génique ou dans l’édition du
génome comme Celgene, Sangamo
ou CRISPR Therapeutics. Parmi
elles, c’est donc Bluebird Bio qui fait
la course en tête.
La drépanocytose, qui touche
quelque 10.000 personnes en
Europe (500 en France), est jusqu’à
présent traitée, dans ses formes
graves, grâce à des transfusions
sanguines à répétition avec un risque de surcharge en fer, mortelle à
terme, ou par greffe de moelle.
Essais en France
« Bluebird Bio a choisi de privilégier
une approche de thérapie génique
car les formes graves de la maladie,
qui résultent de plusieurs mutations, se prêtent moins facilement à
un traitement par éd itio n d u
génome puisqu’elles supposent la
correction simultanée des différentes mutations, explique Nick Leschly, patron de Bluebird Bio. Nous
étudions cependant aussi cette voie
car nous disposons de notre propre
technologie d’édition du génome,
mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir », poursuit-il.
Le dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché du
LentiGlobin s’appuie sur les résultats obtenus chez une trentaine de
patients dans le cadre de deux études de phase I-II, l’une achevée,
l’autre encore en cours, ainsi que
sur les premières données d’une
étude de phase III. Au total, une
soixantaine de patients devraient
500
PERSONNES
Le nombre de personnes
atteintes de drépanocytose
en France.
être inclus dans ces essais et une
étude de suivi à long terme est également menée. Et la France est largement impliquée dans ce programme. Les premiers travaux
concluants ont en effet été réalisés
en 2009 et 2010 à l’hôpital Necker à
Paris et, à ce jour, plusieurs centres
français participent : l’hôpital Necker et l’hôpital Robert-Debré à
Paris, l’hôpital du Kremlin-Bicêtre
et l’hôpital de la Timone à Marseille.
Capitalisation boursière
de 6,2 milliards de dollars
Outre les atouts de la France dans le
domaine des maladies rares et de la
thérapie génique, Bluebird Bio a un
lien historique avec le pays puisque
le fondateur de Genetix, devenu
Bluebird Bio en 2010, était un Français travaillant au MIT à Boston,
Philippe Leboulch, et qu’il s’appuie
sur plusieurs licences de l’Institut
Pasteur. Aujourd’hui forte de 600
salariés et d’une capitalisation
boursière de 6,2 milliards de dollars, la biotech s’apprête à franchir
l’étape commerciale. Avec des programmes portant non seulement
sur les maladies héréditaires sévères mais aussi sur le cancer. En partenariat avec Celgene, Bluebird Bio
développe des thérapies cellulaires
de type CAR-T. La plus avancée
(phase II-III) s’adresse au myélome
multiple, un cancer de la moelle
osseuse. La société a également
noué des partenariats avec Regeneron ou Medigene. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 15
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
AÉRIEN
Le groupe a vu son
bénéfice net bondir
de plus de 22 %
au troisième
trimestre 2018.
L’accord salarial
conclu avec une
majorité de syndicats lui apporte de
« nouvelles perspectives », estime son
nouveau patron.
Air France-KLM reprend des
couleurs. Le groupe aérien a
enregistré au troisième trimestre 2018 une hausse de plus de
22,6 % de son bénéfice net, à
786 millions d’euros, pour une
augmentation de 4 % de son
chiffre d’affaires, à 7,545 milliards, a-t-il indiqué mercredi
dans un communiqué, soulignant sa bonne performance
commerciale. Le résultat
d’exploitation a reculé de 7,2 %,
à 1,065 milliard, sur la période
estivale, mais a gagné 1 % à taux
de change constant.
Le nouveau patron d’Air
France-KLM, Benjamin Smith,
aux commandes depuis la miseptembre, cité dans un comm u n i q u é , l ’a q u a l i f i é d e
« solide ». Le troisième trimestre 2017 avait cependant été
marqué négativement par les
effets de l’évolution des fonds de
pension au sein de la branche
néerlandaise du groupe, rappelle l’AFP.
Ces résultats trimestriels
constituent néanmoins une
autre bonne nouvelle après la
ratification d’un accord salarial, le 19 octobre, par une majorité de syndicats d’Air France (le
principal syndicat de pilotes
SNPL AF ne l’a cependant pas
signé, dans l’attente d’un accord
sur ses revendications catégorielles). Cet accord prévoit une
hausse générale des salaires de
4 % sur deux ans. Il coûtera
« 51 millions d’euros » au groupe
sur l’ensemble de l’année 2018, a
précisé mercredi le directeur
financier d’Air France-KLM,
Frédéric Gagey. La signature de
ce texte a mis fin à une période
de grèves coûteuse pour la compagnie.
« L’accord salarial conclu
chez Air France apporte de la
stabilité et de nouvelles perspectives pour nos activités et nos salariés, a déclaré Benjamin Smith
dans ce même communiqué. Je
suis convaincu que, dans les prochains mois, nous serons capables de nous appuyer sur les forces et atouts du groupe pour
construire une stratégie ambitieuse et innovante, afin d’assurer le succès de nos compagnies et
de repositionner Air FranceKLM en leader de l’industrie. »
Interrogé par un analyste,
lors d’une conférence téléphonique, sur comment réduire la
La signature de
l’accord salarial, le
19 octobre, a mis fin
à une période
de grèves coûteuse
pour la compagnie.
fracture entre Air France et
KLM, dont le différentiel de performance est important, voire
construire un seul groupe, le
nouveau patron est resté prudent. « Faire le maximum pour
optimiser et faire ce que la plupart des grands groupes font en
termes de consolidation, c’est à
l’évidence notre but », rapporte
ainsi Bloomberg. Par ailleurs, le
groupe souligne les incertitudes « au regard de l’environnement géopolitique actuel et des
tendances haussières sur le prix
du carburant ». Il prévoit ainsi
un alourdissement de 500 millions de sa facture en 2018 comparé à 2017, à 5 milliards
d’euros. Elle devrait atteindre 5,9 milliards en 2019.
(
Lire « Crible »
Page 34
Encore 35 millions de pertes
pour Ouibus en 2017
qu’à atteindre l’équilibre en 2019.
Les comptes de Ouibus devraient à
nouveau s’améliorer cette année,
du fait d’un coup de pouce cette fois
involontaire de sa maison mère.
Avec la grève au long cours de la
SNCF au printemps, le marché du
transport par autocar a battu des
records au deuxième trimestre, et
enregistré une hausse de 40 % du
nombre de passagers transportés.
TRANSPORTS
La filiale de la SNCF
dans les cars Macron
a toutefois réduit son
déficit de 10 millions
par rapport à 2016.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Ouibus, la filiale de la SNCF dédiée
aux cars Macron, a réduit ses pertes
en 2017, mais reste encore largement dans le rouge. Selon les comptes déposés au tribunal de commerce, que « Les Echos » ont
consultés, la société a enregistré un
déficit net de 36,1 millions d’euros
en 2017, pour un chiffre d’affaires
de 55,3 millions. Depuis 2013, les
pertes accumulées atteignent
165 millions.
Ces chiffres relanceront sans
doute les critiques des deux rivaux
de Ouibus, Flixbus et Isilines, qui
estiment que la SNCF fausse la concurrence en soutenant sans broncher une activité qui additionne les
pertes. Roland de Barbentane, le
directeur général de la société, a, lui,
une tout autre opinion : « Ces résultats sont conformes à ce que nous
attendions, plaide-t-il, grâce à un
volume d’affaires en hausse de 45 %,
et une forte réduction des coûts. »
Remplissage des cars
en hausse
Kenzo Tribouillard/AFP
Air France-KLM
aborde la fin
d’année avec
optimisme
Les comptes de Ouibus devraient s’améliorer cette année.
Avec la grève de la SNCF au printemps, le transport par autocar
a battu des records au deuxième trimestre.
L’an dernier, le dirigeant avait en
effet décrit l’exercice 2016 (45 millions de déficit pour un volume
d’affaires équivalent) comme un
tournant : « Nous avons dû investir
massivement en 2015 et 2016 sur le
digital, la marque et le développement de l’offre. Mais aujourd’hui, le
plus dur est fait, indiquait-il. Notre
réseau a atteint la taille critique. »
Il tablait alors sur une réduction de
25 % des pertes en 2017, qui devaient atteindre une fourchette entre –
30 et – 35 millions. Les comptes
montrent que l’objectif est à peu
près atteint. Roland de Barbentane
pronostiquait ensuite une amélioration continue de la situation, jus-
Samsic reprend les gilets rouges de la SNCF
SERVICES
Le groupe rennais
de services aux
entreprises vient
de racheter Itiremia,
filiale de la SNCF.
Elle gère les équipes
chargées de guider les
voyageurs dans certaines grandes gares.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Nouvelle croissance externe pour le
groupe rennais Samsic de services
aux entreprises (« facility management »). Il vient de reprendre à la
SNCF sa filiale Itiremia, qui gère les
fameux « gilets rouges », dont la
marque reste la propriété du groupe
public. Cette société est en capacité
de mobiliser jusqu’à 600 personnes
au moment des départs en vacances
d’été et d’hiver ou pendant les grèves. Elles sont chargées d’informer
et d’orienter les voyageurs, mais
aussi d’accompagner dans les trains
les personnes à mobilité réduite.
Toutes les gares de l’Hexagone ne
sont pas couvertes par les gilets rouges. Ces derniers se concentrent en
Ile-de-France et dans le Sud-Est. Itiremia réalise un chiffre d’affaires
annuel de 25 millions d’euros par
an. Son activité s’inscrit dans la stratégie de Samsic, lequel entend renforcer ses « prestations humaines au
service de la mobilité », indique Guy
Rouleau, directeur du « facility
management ». Il entend dupliquer
ainsi dans les gares son modèle
aérien. Le groupe est en effet très
présent dans plusieurs aéroports en
France, comme à Roissy et à Orly,
mais aussi à Rennes, Mulhouse ou
Nice, pour des activités de sécurité,
de contrôle des passagers ou de gestion des bagages. Cette division rassemble 4.000 salariés et dégage une
recette annuelle de 250 millions
d’euros.
Elle continue de s’étoffer. Vinci
Airports vient de lui confier les activités d’assistance aéroportuaire de
deux de ses plates-formes de la
République Dominicaine, notamment celle de Las Americas près de
Saint-Domingue.
cite le palace La Mamounia à
Marrakech.
Outre la gestion de services aux
entreprises, le groupe Samsic
(2,1 milliards d’euros de chiffre
d’affaires en 2018) est également à la
tête d’un réseau d’agences d’intérim
au nombre de 260 en France, complété d’implantations en Espagne,
en Suisse, au Portugal, toutes principalement intégrées par croissance
externe. n
23
PAYS D’EUROPE
La présence géographique
de Samsic. Le groupe rennais
emploie 83.000 personnes
et affiche un chiffre d’affaires
de 2,1 milliards d’euros en 2018.
pbb Deutsche Pfandbriefbank est un leader européen
du financement des investissements du secteur
public et de l’immobilier professionnel. En France,
pbb accompagne l’investissement public depuis plus de
15 ans, qu’il soit réalisé en maîtrise d’ouvrage publique
ou confié à un partenaire privé. Grâce à l’expertise
de ses équipes en France, pbb offre des solutions de
financement sur-mesure, compétitives et souples, pour
vous permettre de réaliser vos projets.
Entretien de La Mamounia
à Marrakech
Déjà présent dans 23 pays d’Europe,
Samsic, qui emploie 83.000 personnes, vient par ailleurs de prendre
pied au Maroc, où il a racheté la
société de nettoyage et d’entretien
PCS. Principalement basée à Casablanca et à Marrakech, elle réalise
un chiffre d’affaires annuel de
20 millions d’euros. Parmi ses
clients prestigieux, Guy Rouleau
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en bref
Ville de Reims
Reims Activités Evènementielles
Aréna 2021
Région Hauts de France
Investissements de la
région
50 millions €
Co-Arranger & Agent
Octobre 2018
Financement Long-terme
Juillet 2018
Concession
67 millions €
Les retards dans le versement des
aides à l’agriculture bio persistent
Gilles Rolle/RÉA
AGRICULTURE Les aides destinées aux agriculteurs bio ont pris
deux ans de retard. « Le traitement des dossiers 2016 se heurte à
des difficultés inattendues. Un tiers d’entre eux seulement ont été
gérés. Or l’instruction des dossiers 2017 ne commencera qu’une
fois que la totalité de l’année 2016 aura été réglée », dit la Fédération nationale de l’agriculture bio (FNAB). La FNAB déplore, en
outre, que les montants des aides bio aient baissé depuis 2014 et
que l’aide au maintien en bio ait été supprimée. Les agriculteurs
qui s’engagent dans ce type de pratique ne peuvent prétendre au
label bio avant trois ans, mais voient leur rendement diminuer
dans l’intervalle, ce qui a justifié la création des aides.
Conséquence, le taux de remplissage des cars, une variable cruciale
pour l’atteinte de la rentabilité, a
atteint un niveau historiquement
haut (61 % en moyenne), ce qui a
sans doute bénéficié aux trois principaux acteurs du marché. Selon
Roland de Barbentane, les chiffres
de l’automne sont également très
bons, mais le début d’année avait,
lui, été très difficile. Au total, les
résultats 2018 devraient être « en
ligne avec ce que l’on avait imaginé ».
Ceux de 2017 traduisent également l’évolution du modèle de production : alors que le chiffre d’affaires a augmenté de 10 millions, le
poste « salaires et traitements » a
reculé de 11,2 à 9,5 millions. Signe
que la compagnie, comme elle
l’avait annoncé, a mis la pédale
douce sur la production en propre,
pour privilégier le recours à la soustraitance et à des franchisés. n
Itiremia peut mobiliser jusqu’à 600 personnes au moment
des départs en vacances d’été et d’hiver ou pendant les grèves.
Fondation Nationale des
Sciences Politiques
Nouveau Campus
«Artillerie» à Paris
160 millions €
Financement Long-terme
Arranger & Agent, Janvier 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
Les avocats français fuient
le marché iranien
AVOCATS
Lion Capital vend
les magasins
Hema
DISTRIBUTION
Ouverts dès la signature
du traité de Vienne en
2015, les bureaux
iraniens des cabinets
d’avocats français
ferment un à un.
L’enseigne,
emblématique
aux Pays-Bas, est
cédée à Ramphastos
Investments.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Depuis juillet 2015 et la levée des
sanctions économiques et financières relatives à son programme
nucléaire, l’Iran attirait particulièrement les avocats français. Le cabinet Fidal avait ainsi conclu un
accord de coopération avec l’iranien Ferdowsi Legal. Ce type de partenariat lie très peu les deux parties,
les rendant moins dépendantes de
la fluctuation du marché.
Une aubaine lorsque la situation
géopolitique s’enlise. Le premier
cabinet d’avocats d’affaires français est ainsi peu touché par la crise
iranienne. Contrairement au
bureau local du réseau CMS, qui a
fermé officiellement ses portes le
31 octobre dernier. Jürgen Frodermann et Shaghayegh Smousavi,
deux associés précédemment installés en Allemagne, l’avaient
ouvert le 1er février 2016.
Cette implantation posait des
problèmes relationnels avec des
clients issus des pays du Golfe et
d’Israël. A l’heure où les affaires ne
sont plus florissantes en Iran, il était
temps de faire des choix. Sans compter que CMS espère pouvoir ouvrir
un bureau ou conclure un partenariat aux Etats-Unis prochainement.
De son côté, le comité exécutif de
Gide se donne jusqu’au 4 novembre
– date à laquelle les sanctions américaines prendront effet – pour décider de l’avenir de sa succursale iranienne. Lancé en septembre 2017,
La reprise des magasins Hema
s’est enfin concrétisée. Après
plusieurs tentatives de vente
infructueuses, la chaîne de
magasins populaires néerlandaise, exploitant plus de cinquante points de vente en
France, est tombée aux mains
de la société d’investissement
néerlandaise Ramphastos
Investments. Son propriétaire,
le fonds britannique Lion Capital, était en mal d’un repreneur
depuis sept ans.
L’opération de rachat porte
sur le transfert des quelque
750 points de vente exploités
dans dix pays, ainsi que la
reprise de la dette, qui s’élevait à
685 millions d’euros à la fin
2017. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais le
fonds d’investissement belge
Core Equity était prêt à mettre
1 milliard d’euros sur la table
avant de renoncer à ce rachat
en mai dernier. Un conflit avec
les dirigeants des magasins
exploités en franchise avait fait
capoter l’opération.
En difficultés récurrentes,
l’enseigne emblématique
auprès des consommateurs
néerlandais, fondée en 1926, n’a
été bénéficiaire que sur deux
exercices depuis 2007. Son propriétaire a mené depuis 2015
une stratégie d’expansion internationale à marche forcée
ce bureau est géré par Mehrnoosh
Aryanpour, associée de Gide depuis
janvier 2017 et avocate iranienne,
en lien avec Christophe Eck, associé
à Paris.
Gide et August Debouzy
en pleine réflexion
Même si les quatre avocats présents
sur place trouvent d’autres clients,
le problème majeur reste le financement. Les banques françaises
vont au-devant des sanctions, en
refusant d’encaisser les honoraires
et de payer les charges. Elles ne veulent aucun lien avec l’Iran.
La stratégie d’August Debouzy,
qui a d’abord créé un « Iran Desk » à
Paris avant d’ouvrir un bureau à
Téhéran, semble aboutir aux
mêmes difficultés. Dirigée depuis
septembre 2017 par Hassan Razavi,
avocat conseil, l’entité avait vocation à accompagner les entreprises
françaises en Iran et les sociétés iraniennes à l’international. D’après
nos informations, le cabinet serait
en train de réfléchir à la pertinence
de son maintien. L’associée dirigeante de la structure de 150 avocats, Mahasti Razavi, n’a pas donné
suite à notre sollicitation.
Dentons et Cohen AmirAslani restent sur place
Un seul bureau de cabinet français
semble encore fonctionner à Téhéran : celui de la boutique Cohen
Amir-Aslani. Non sans difficultés.
Depuis le 8 mai dernier et l’annonce
du retrait des Etats-Unis de l’accord
de Vienne, le cabinet aide ses clients
à organiser leur sortie et tente d’en
trouver de nouveaux. Récemment,
les sept avocats, dont trois expatriés,
sont devenus conseils d’ambassades, dont celle de la France, et
d’organisations internationales.
Ils démarchent aussi des entreprises chinoises et russes, un peu
moins concernées par le risque des
sanctions américaines. « Je suis convaincu que le marché iranien ne peut
pas fermer ses portes trop longtemps.
Et quand les affaires reprendront,
nous aurons un avantage pour être
restés en Iran à cette période », estime
Ardavan Amir-Aslani, cofondateur
du cabinet et lui-même iranien.
Enfin, et toujours d’après nos
informations, Dentons, considéré
comme l’un des plus grands cabinets d’avocats d’affaires au monde,
maintiendrait aussi son bureau à
Téhéran. Cependant, le premier
réseau international à être entré
en Iran en septembre 2016 ne fait
aucun commentaire sur les affaires encore traitées sur place avec
le cabinet local APP et conduites
par Navid Rahbar-Sato, un IranoJaponais. n
Pénurie des talents : Korn Ferry
tire profit de son modèle plus intégré
CONSEIL
Le chasseur de têtes
et conseil en organisation affiche une croissance à deux chiffres.
Antoine Boudet
@Aboudet
Le cabinet international de conseil en gestion des talents et des
organisations Korn Ferry fait
évoluer son modèle. Connu pour
être l’un des plus importants
chasseurs de têtes au monde, il a
depuis une dizaine d’années multiplié les acquisitions de petites
sociétés de conseil au savoir-
faire unique, comme Lominger,
une référence en matière de référentiel de compétences. Mais
aussi de plus grosses, comme
Hay Group en 2015, société mondiale de conseil en gestion basée
à Philadelphie.
Korn Ferry réalise ainsi désormais près de 45 % de ses revenus
mondiaux (1,76 milliard de dollars à la fin de l’année fiscale 2018)
grâce à ses activités de conseil aux
entreprises. Et « ce n’est pas fini »,
explique aux « Echos » le directeur général France et nouveau
coprésident EMEA (Europ e,
Moyen-Orient, Afrique), Pascal
Gibert. Avec sa coprésidente, la
patronne du Royaume-Uni, Sonamara Jeffreys, qu’il connaît de lon-
gue date, sa mission est d’accélérer la transformation de Korn
Ferr y en cabinet de conseil à
l’intersection de la stratégie, de
l’organisation et des hommes.
Le facteur humain
au cœur des stratégies
« Nous voulons être invités à la table
des discussions stratégiques dans
les entreprises pour y introduire
tous les paramètres humains »,
souligne ce HEC, avec 22 ans de
carrière dans des grands groupes
nationaux et internationaux et 18
dans le conseil, notamment chez
Heidrick & Struggles, avant de
rejoindre Korn Ferry en 2012. Afin
d’entériner cette intégration, décision a été prise de supprimer tou-
tes les marques acquises au fil des
ans. Et ceci dans un contexte particulièrement porteur. Coté à la
Bourse de New York (où son action
a gagné 65 % en un an, au terme de
son exercice 2017-2018 clos fin
mars), Korn Ferry a connu sur
cette période une croissance de
son activité de 19 %. Et la zone
EMEA, comme la France, a fait
encore mieux.
De fait, sur un marché où, après
la guerre des talents, c’est la pénurie, « dans un monde plus fluide,
plus compliqué, plus rapide, nous
sommes convaincus que ce sont les
gens qui vont faire la différence »,
estime Pascal Gibert. En quelque
sorte, la revanche du facteur
humain sur les technologies. n
Heineken grandit à Marseille
BOISSON
Le premier brasseur
en France investit près
de 30 millions d’euros
dans une nouvelle
ligne de production.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Portés par la relance du marché de
la bière en France, les brasseurs
renforcent leurs capacités de pro-
duction. Après Kronenbourg en
septembre, c’est au tour de Heineken d’annoncer un investissement
de 28,9 millions d’euros dans sa
brasserie La Valentine de Marseille
(Bouches-du-Rhône). Le groupe
équipe sa brasserie d’une nouvelle
ligne qui lui permettra de produire
450.000 hectolitres supplémentaires (+35 %). Cette ligne sera mise en
service à compter de 2020, et produira notamment les marques Heineken et Affligem. La Valentine
brassera aussi des Desperados, une
bière qui n’était jusque-là produite
qu’en Alsace, à Schiltigheim.
Cet effort financier couvre aussi
la création d’une installation de biogaz. Pour accompagner ces développements, Heineken va créer une
dizaine de postes supplémentaires,
ce qui portera l’effectif du site à plus
de 140 salariés. Un premier investissement de 4,8 millions d’euros avait
été annoncé en février.
« L’une des zones les plus
dynamiques »
« Fondée en 1872 et acquise en 1988
par Heineken, La Valentine dessert le
grand sud de la France, de Nice à la
côte atlantique, un territoire qui
constitue l’une des zones les plus
dynamiques du pays en termes de
consommation de bière », souligne
Pascal Sabrié, président de Heineken France.
Depuis 2010, Heineken France a
investi 24,1 millions d’euros dans sa
brasserie marseillaise, avec notamment la construction d’une nouvelle salle à brasser en 2014. Une
bouteille Heineken de 25 cl sur deux
vendues en France y est produite.
Le brasseur néerlandais détient
trois brasseries en France dans lesquelles il a investi plus de 145 millions d’euros depuis 2010. n
financée par emprunt. L’ouverture du dernier magasin a eu
lieu voici quelques semaines à
Abu Dhabi. Devenu un boulet,
l’endettement a creusé les pertes d’Hema à 31 millions d’euros
l’année dernière, contre 26 millions un an auparavant, pour
un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros, en hausse de 3,5 %
en 2017.
Investissements
sur les marchés phares
Son marché domestique lui procure cependant encore 80 % de
son chiffre d’affaires, avec un
parc de 500 établissements plus
traditionnels vendant des articles pour la maison à bas prix.
« Le niveau des investissements
sur les marchés phares aux PaysBas et en Belgique et pour assurer
l’expansion internationale, ainsi
que les ventes sur Internet, va être
augmenté », a affirmé Marcel
Boekhoorn, directeur de Ramphastos, dans un communiqué
conjoint diffusé par Hema. n
en bref
Les produits véganes pourront encore
utiliser les mots propres à la viande
ALIMENTATION Le Conseil constitutionnel vient de censurer
l’article 31 de la loi alimentation qui interdisait l’utilisation des
mots propres à la viande par les produits véganes. Cela ouvre la
voie au « steak » de soja, aux « saucisses » de seitan, à la « galantine » de légumes ou au « hot-dog végétal ». Des formulations
ambiguës qui agacent les producteurs de viande. La Commission
européenne a toutefois prévu un texte (le règlement Inco 1169/2011)
qui réserve ce vocabulaire aux produits d’origine animale.
Plus d’infos sur lesechos.fr
Les Etats-Unis redonnent leur feu vert
à un pesticide controversé
AGROCHIMIE Les autorités
Shutterstock
Depuis l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne, les cabinets français
qui avaient investi en masse le marché iranien le quittent petit à petit. Photo Shutterstock
La marque compte une
cinquantaine de magasins
en France. Photo shutterstock
américaines ont renouvelé
leur feu vert au dicamba,
u n p e s t i c i de p o p u l ai r e
m a i s c o n t r ove r s é , e n y
ajoutant toutefois des restrictions, selon un communiqué de l’Agence de protection de l’environnement
(EPA). Le dicamba, commercialisé par Bayer, BASF
et DowDuPont, a tendance
à tuer les plantes qui ne
sont pas adaptées.
Feu vert à la destruction
de deux barrages
BIODIVERSITÉ Deux barrages hydroélectriques situés à
30 kilomètres du Mont-Saint-Michel devraient être démolis
après des années de tergiversation. Le préfet de la Manche a
signé les arrêtés autorisant cette première en Europe, décidée
en 2009, puis annulée, censée contribuer à la reconquête de la
biodiversité. Le barrage de Vezins qui s’élève à 26 mètres de haut
appartient à l’Etat et date de 1916, celui de la Roche-qui-Boit,
propriété d’EDF, a été construit en 1926. Ils contribuaient en
2012 à 0.04 % de la production électrique française.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
mécénat
Les moniteurs de ski veulent
mieux promouvoir la montagne
La Belgique a aussi ses
collectionneurs engagés
ART
CONTEMPORAIN
A la Fondation CAB,
à Bruxelles, l’entrepreneur
Hubert Bonnet accueille des
artistes en résidence, passe
des commandes réalisées
in situ et organise des
expositions de talents
émergents ou confirmés.
Martine Robert
@martiRD
l Le Syndicat national des moniteurs du ski français, dont l’ESF est
une émanation, lance Mon Séjour en Montagne avec une offre large de services.
l La plate-forme aura aussi une vocation estivale dès 2019.
TOURISME
« On voit bien
qu’un acteur
comme Booking
veut s’installer
dans la filière.
Or, il a une force
de frappe
considérable. »
Christophe Palierse
@cpalierse
Plus que jamais, les professionnels
de la montagne doivent batailler
face à la concurrence internationale en matière de sports d’hiver,
mais aussi stimuler sa fréquentation l’été. Le Syndicat national des
moniteurs du ski français (SNMSF),
plus connu du grand public à travers l’Ecole du ski français (ESF), a
ainsi décidé de lancer sa place de
marché, Mon Séjour en Montagne
(mon-sejour-en-montagne.com).
Elle propose une offre large de services et permet, le cas échéant, de
construire un forfait complet.
Le SNMSF vendait déjà des cours
de ski sur le site de l’ESF, ainsi que
des forfaits pour les remontées
mécaniques. Cette fois, il s’agit de
location de matériel, avec un
« pilote » constitué avec une trentaine de stations, et d’hébergement,
avec quelque 25.000 lits commercialisés dans 70 stations. D’ici à un
JÉRÉMIE NOYREY
Directeur général adjoint
du SNMSF
mois environ, le nombre d’opérateurs partenaires devrait passer de
40 à 62, précise le directeur général
adjoint du SNMSF chargé de la plate-forme, Jérémie Noyrey.
« L’ESF, qui existe depuis plus de
70 ans, est dans son rôle d’institutionnel. La place de marché est un
outil mis à disposition des professionnels de la montagne. Nous per-
cevons simplement des frais techniques représentant de 2,5 à 3 % de la
transaction. Pour la clientèle, c’est
un outil pour trouver la solution à
leurs besoins », explique ce moniteur de ski et de snowboard, par
ailleurs formé en école de commerce et ex-ingénieur commercial
chez Sogeti.
Jérémie Noyrey souligne aussi la
nécessité pour les professionnels de
la montagne de se prémunir contre
la concurrence des géants du Net :
« Si nous ne faisons rien, on va finir
par payer nos fichiers clients. On voit
bien qu’un acteur comme Booking
veut s’installer dans la filière. Or, il a
une force de frappe considérable. »
Problématique du transport
Signe d’une mobilisation générale,
la plate-forme a également vocation à proposer une offre pour l’été,
et ce, dès 2019. Les comités départementaux de tourisme, les offices de
tourisme et Club Med, qui pousse la
d e s ti n a t i o n m o n t a g n e h i ve r
comme été, sont notamment
demandeurs. L’exploitant de villages de vacances recherche notam-
ment du personnel qualifié pour
accompagner sa clientèle en randonnée ou en balade à vélo.
Déclinaison en anglais
Par ailleurs, Mon Séjour en Montagne devrait intégrer la problématique du transport à l’horizon 20192020, l’idée étant de couvrir le
déplacement du domicile à la station. La SNCF et la RATP font partie des interlocuteurs naturels, les
bus (Transdev est bien implanté
dans la région Auvergne - RhôneAlpes) et les parkings sont d’autres
composantes à prendre en
considération.
A court terme, Mon Séjour en
Montagne aura d’abord sa déclinaison anglaise, prévue « d’ici à la fin
décembre au plus tard », selon Jérémie Noyrey. « Nous irons vers
d’autres langues », prévient le directeur général adjoint du SNMSF.
Enfin, le lancement de la plateforme fera aussi l’objet d’une campagne de communication. Des partenariats avec France Télévisions et
RMC sont prévus dans la deuxième
quinzaine de novembre. n
« Il faut continuer à investir dans les stations
de montagne »
Propos recueillis par
C. P.
P
3 QUESTIONS À
CHRISTIAN MANTEI
our le patron de l’agence en
charge du développement
du tourisme français,
l’effort d’investissement doit
se poursuivre pour dynamiser la
fréquentation l’été.
Directeur général
d’Atout France
L’Ecole du Ski Français
(ESF) a transformé son site
marchand en place de marché.
Quel regard portez-vous
sur cette initiative ?
estion question question
Cette démarche est très intéressante parce qu’au fond l’ESF est au
cœur des compétences et des services. Avec cette place de marché, on
va au-delà de la seule expertise des
moniteurs de ski. D’une manière
générale, il faut souligner le niveau
très élevé des investissements dans
les stations aujourd’hui. Ils sont
repartis à la hausse depuis au
moins deux ans. Cela vaut tout particulièrement pour l’hébergement.
Je p ense notamment au pro-
DR
1
gramme du Club Med, soit un village par an. C’est énorme ! Cet hiver,
il ouvrira son nouveau village des
Arcs. Club Med est d’autant plus
structurant qu’il s’agit de villages
pour l’hiver et l’été. En outre, il permet de porter l’offre montagne à
l’étranger, et pas seulement en
Europe. On va loin. Nous avons
percé au Brésil. La dynamique
vient de l’investissement, la promotion vient après. Les stations font
des efforts.
2
Ne faut-il pas un plan
Montagne, compte tenu
de la concurrence internationale
autour des sports d’hiver,
toujours plus forte, et de la difficulté des stations à attirer
des touristes l’été ?
Beaucoup est déjà fait. Je rappelle
l e t r av a i l d ’ At o u t Fr a n c e e n
matière d’ingénierie touristique
auprès d’une dizaine de stations.
En matière de promotion, nous
sommes unis avec les comités
régionaux du tourisme, France
Montagne [association regroupant
les principaux acteurs du tourisme
en montagne, NDLR] et les offices
du tourisme, afin de bien cibler les
marchés étrangers. Il y a une
diversité de l’offre, des identités
fortes, il faut les préserver. Je rappelle aussi que Jean-Baptiste
Lemoyne [secrétaire d’Etat auprès
de Jean-Yves Le Drian, en charge
notamment du tourisme, NDLR] a
rencontré les professionnels dans
la continuité du Conseil interministériel du tourisme. S’agissant de
l’été, oui, c’est un sujet. Mais, il y a
une opportunité. La fréquentation
a crû l’été dernier. La solution viendra de l’offre. Il faut continuer à
investir.
3
Comment se présente
la saison d’hiver 2018-2019
C’est un peu tôt pour se prononcer.
Internet a changé la donne en
matière de réservations. Les gens se
calent au dernier moment sur la
météo en dehors des vacances de
février. n
Along the Way est la première
exposition monographique
dédiée à l’artiste britannique
Richard Long organisée en Belgique depuis plus de quarante
ans. Et c’est à l’initiative d’un
collectionneur-mécène qu’elle
a eu lieu : Hubert Bonnet, un
entrepreneur de l’immobilier et
de la finance, qui a créé à
Bruxelles en 2012 la Fondation
CAB. Moins connu en France
qu’Amaury de Solages et la Maison Particulière, à l’origine dans
cette même ville, ou que les frères Jean et Albert Boghossian,
derrière la fondation du même
nom, Hubert Bonnet n’en est
pas moins actif.
Son exposition a rassemblé
pendant un mois et demi des
pièces majeures de l’artiste né à
Bristol et récompensé d’un Turner Prize en 1989. Une installation a été spécialement commanditée et réalisée par Richard
pour les artistes en résidence.
« Nous les recevons généralement deux mois et leur apportons une aide à la création »,
précise Hubert Bonnet.
La programmation s’articule
autour de deux expositions
principales par an, l’une valorisant de jeunes artistes, l’autre
présentant des artistes de
renommée internationale. Par
ailleurs, la Fondation CAB
accueille une série de projets
spéciaux, en s’ouvrant à des propositions de galeries, musées,
commissaires d’exposition,
artistes, du monde entier.
Une librairie Prouvé
« La fondation bénéficie d’un
budget de fonctionnement de
150.000 euros par an. Les dépenses d’acquisitions varient de
250.000 à 500.000 euros par an.
S’y ajoutent une aide de
5.000 euros aux jeunes artistes et
le coût d’un entrepôt de stockage », précise Hubert Bonnet,
soucieux d’inciter ses pairs à
faire de même. « En 2013, j’ai convié 8 collectionneurs français et
belges pour qu’ils agissent en producteurs-mécènes sur le projet de
leur choix. Seule contrainte : que
leur artiste ne soit pas représenté
par une galerie belge, l’idée étant
de permettre à ces talents de réaliser des œuvres qu’ils auraient eu
des difficultés à financer. Le challenge a été de les présenter tous
ensemble et de les faire cohabiter
harmonieusement, que le visiteur
y trouve un sens. »
Hubert Bonnet (à gauche) et Richard Long. Photo DR
Long in situ, un cercle en pierre
blanche évocateur des alignements de mégalithes des civilisations ancestrales. Elle illustre
l’engagement constant de la fondation à défendre l’art minimal
et conceptuel. « Ce projet a
demandé quatre ans de préparation. Richard Long est radical,
acharné et poétique, et son travail
est montré dans les plus grands
musées du monde entier », se félicite Hubert Bonnet, pas peu fier
d’avoir pu mieux faire connaître
l’artiste aux Bruxellois.
Espace à but non lucratif, la
Fondation CAB promeut l’art au
sein d’un ancien entrepôt à
l’architecture Art déco construit
pour l’industrie minière. « Ce
lieu m’a d’emblée séduit, car je
suis né dans une famille de la sidérurgie. On fabriquait de l’acier ;
j’en ai gardé le goût des pièces brutes », confie le dirigeant. Le bâtiment de 800 mètres carrés,
nouvellement restauré moyennant 3 millions d’euros de travaux, est en outre situé à proximité de nombreux lieux d’art
contemporain ; il est ainsi
devenu un incontournable du
circuit des amateurs. L’intérieur de l’édifice, dépouillé,
modulable, flexible, permet
toutes sortes d’expérimentations et abrite un grand studio
Le lieu devrait encore s’enrichir dans l’avenir. Une des maisons démontables, réalisée par
Jean Prouvé en 1944, l’une des
pièces phares de la collection
d’Hubert Bonnet, est censée
devenir une installation permanente à l’intérieur du bâtiment
pour abriter un espace librairie.
L’homme d’affaires, qui se
partage entre la Belgique,
l’Angleterre et la Suisse, après
avoir étudié et travaillé en
Europe et aux Etats-Unis,
recherche un deuxième site
entouré d’un terrain de 2 à
3 hectares, a priori en France ou
en Italie, pour exposer davantage la collection (qui comprend une centaine de pièces,
notamment de Carl Andre,
Daniel Buren, Dan Flavin,
Jenny Holzer, Donald Judd, Sol
LeWitt et Christopher Wool), et
réaliser notamment un parc de
sculptures.
À NOTER
En tant que philanthrope
engagé, Hubert Gonnet a
aussi créé la Bibi Foundation qui offre une aide au
développement et soutient
Womanity, une association
engagée dans l’autonomisation des femmes dans les
pays pauvres.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Netflix allège la politique
d’exclusivité qu’il applique à ses
productions. Le service de
streaming vidéo indique que
trois de ses prochains films
bénéficieront d’une sortie
étendue au cinéma avant d’être
disponibles par Internet. Ils
pourront ainsi être sélectionnés
pour la cérémonie des Oscars.
Carl Icahn poursuit
Dell en justice
Neilson Barnard/AFP
DR
en pixels
Netflix accepte
des sorties en salle
avant le streaming
Opposé à la sortie de Bourse de
Dell en 2013, l’actionnaire
activiste Carl Icahn trouve à
redire sur les conditions de son
potentiel retour à la cote dans les
mois à venir. Jeudi, il a annoncé
poursuivre en justice l’entreprise
Dell Technologies, à laquelle il
reproche un manque de
transparence. Carl Icahn détient
9,3 % du fabricant d’ordinateurs.
Football : Canal+ récupère les droits
de la Premier League
Le Français N’Golo Kanté avec Chelsea face à Liverpool, le 29 septembre 2018. Photo Glyn Kirk/AFP
le football, qui est pourtant au cœur
de son offre. Après le championnat
anglais il y a trois ans, il avait une
nouvelle fois été défait en 2017 par
RMC Sport pour les droits de la
Ligue des champions pour la
période 2018 à 2021. Mais le camouflet le plus retentissant était intervenu en mai dernier. Diffuseur historique de la Ligue 1 et candidat
principal pour la période 20202024, Canal+ avait été battu par le
groupe espagnol Mediapro et était
reparti bredouille.
De puissants moteurs
d’abonnement
La reprise de la Premier League lui
permet de rompre avec cette spirale
infernale. Pour RMC Sport, en
revanche, la pilule va être difficile à
avaler. Avec les principales compétitions attribuées désormais pour
« Ces droits de
la Premier League
ne sont pas
exclusifs et peuvent
être sous-licenciés.
Du coup, nous avons
bon espoir
de trouver un
accord avec Canal
pour que la Premier
League reste
au moins en partie
sur RMC Sport. »
ALAIN WEILL
Patron d’Altice
plusieurs années, la chaîne du
groupe Altice n’aura plus que les
Coupes d’Europe à se mettre sous la
dent à partir de la saison prochaine
et devra s’entendre avec ses concurrents pour élargir son offre.
SFR a d’ailleurs réagi à l’annonce
de mercredi en affirmant « travailler dès ce soir avec le groupe
Canal+ afin de permettre aux abonnés RMC Sport de continuer à vivre la
Premier League anglaise sur ses
antennes après l’été 2019 ». En octobre, un accord avait été trouvé entre
les deux chaînes pour permettre
aux abonnés satellites de Canal+
d’accéder à la Ligue des champions
sur RMC Sport.
« Ces droits de la Premier League
ne sont pas exclusifs et peuvent être
sous-licenciés, explique aux “Echos”
Alain Weill, le patron d’Altice. Deux
diffuseurs pourront même diffuser le
même match. Du coup, nous avons
bon espoir de trouver un accord avec
Canal pour que la Premier League
reste au moins en partie sur RMC
Sport. » L’état d’esprit des relations
entre Altice et Canal s’est apaisé ces
derniers temps. Il semble bien
qu’Altice ne se soit pas montré aussi
agressif que lors de la précédente
enchère perdue par la filiale de
Vivendi.
Les droits sportifs, en particulier
le football, sont très onéreux et difficiles à rentabiliser pour un diffuseur. Mais ils restent de puissants
moteurs d’abonnement. Les opérateurs de télévision payante, qu’ils
soient affiliés à un opérateur de télécoms ou non, tentent de trouver un
équilibre, qui passera sans doute en
France aussi par des regroupements entre les quatre acteurs du
secteur. n
Eutelsat plonge en Bourse après avoir abandonné
ses prévisions de croissance
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
et Anne Bauer
@annebauerbrux
Pour un opérateur habitué à lancer
des satellites dans l’espace, l’atterrissage est violent. Le cours d’Eutelsat, le troisième acteur mondial du
secteur, a plongé mercredi de
14,4 %, à 17,9 euros par action, à la
Bourse de Paris. En cause, la publication, la veille, de résultats décevants pour le premier trimestre (de
l’exercice décalé 2018-2019). Les
marchés ont fortement réagi à
Performance
en demiteinte
pour Criteo
Florian Dèbes
@FL_Debes
Florian Maussion
@Flo_Maussion
avec N.M.
Le troisième opérateur
mondial de satellites,
qui présentait
ses résultats trimestriels mardi,
a été sanctionné
par les marchés.
Le service d’écoute de musique en ligne a annoncé, jeudi,
poursuivre la croissance de
son chiffre d’affaires et
séduire désormais 87 millions
d’abonnés. Son premier rival,
Apple Music, revendique plus
de 50 millions d’abonnés.
La pépite de la
French Tech cotée
au Nasdaq voit son
chiffre d’affaires
baisser de 6 % au
troisième trimestre.
Battue par RMC Sport
en 2015, la chaîne
cryptée va retrouver
le championnat
anglais dès la saison
prochaine.
AÉROSPATIAL
MILLIONS D’ABONNÉS
SPOTIFY
PUBLICITÉ
SPORT
Canal+ signe un retour éclatant
dans la course aux droits télévisés
du football. Mercredi, le groupe a
annoncé qu’il allait reprendre la diffusion de la Premier League, le
championnat anglais de première
division. Celui-ci sera à nouveau
disponible pour les abonnés de la
chaîne cryptée dès l’été prochain et
jusqu’en 2022.
Dans un communiqué, la filiale
de Vivendi précise avoir acquis « en
exclusivité l’intégralité des droits de
la Premier League » anglaise pour la
France et la Pologne, à l’issue d’une
consultation avec la Football Association Premier League (FAPL). Elle
« proposera sur ses antennes et sur
myCANAL les 380 matchs de Premier League ».
« Je suis très fier d’annoncer que le
groupe Canal+ a remporté l’appel
d’offres de la Premier League, qui fera
son grand retour dès la saison prochaine », a tweeté le président du
directoire de Canal+, Maxime
Saada. Si le montant proposé par le
g r o u p e n’a p a s é t é d é v o i l é ,
« L’Equipe » affirme qu’il est similaire à celui qui avait permis à RMC
Sport de remporter la mise aux
dépens de Canal+ en 2015, soit environ 115 millions d’euros par an. La
victoire est d’autant plus significative pour Canal que la chaîne avait
auparavant enchaîné les revers sur
87
l’absence de perspectives de croissance. L’opérateur de satellites basé
à Paris, qui avait promis une « légère
croissance », s’attend désormais à
un chiffre d’affaires annuel « globalement stable ». Jeudi, le cours s’est
légèrement repris de 1,31 %.
Lancement de quatre
nouveaux satellites
Lors du premier trimestre, Eutelsat
a réalisé un chiffre d’affaires de
335 millions d’euros, en recul de 4 %
par rapport au premier trimestre
de l’année précédente et de 2,7 % à
périmètre constant. « Après plusieurs années en retrait, nous visons
une croissance modérée l’année prochaine. L’année 2018 marque donc
un tournant », expliquait pourtant
le PDG d’Eutelsat, Rodolphe Belmer, cet été dans une interview aux
« Echos ».
Depuis, le groupe a perdu un
renouvellement de contrat aux
Etats-Unis pour la fourniture de
communication satellitaire aux
armées. Un revers pour la branche
d’activité « services aux gouvernements », qui représente 13 % des
ventes. « Il s’agit de la perte d’un seul
grand contrat avec un distributeur
spécifique, mais elle n’est pas représentative de la tendance sous-jacente
sur cette activité », plaide Eutelsat.
« Néanmoins, c’est un vent contraire
qui vient impacter nos prévisions de
croissance. » Le groupe déclare toutefois ne pas changer tous les autres
objectifs de l’exercice, sachant
qu’Eutelsat prépare une année 2019
importante avec le lancement de
quatre nouveaux satellites, deux
pour la diffusion vidéo et deux pour
les connexions Internet.
Interrogations sur
les vecteurs de croissance
Les investisseurs s’interrogent toutefois sur les vecteurs de croissance.
Spécialisé dans la fourniture de
signal satellitaire à 7.000 chaînes de
télévision, Eutelsat est contraint de
se diversifier pour compenser la
montée en puissance de la télévision à la demande, incarnée par
Netflix. Au premier trimestre, son
activité « vidéo » (65 % du chiffre
d’affaires) a de nouveau baissé de
1,7 %, à 217 millions d’euros en données comparables. Le segment
« services aux gouvernements » est
en croissance (+4,2 %, à 42 millions
d’euros), mais la perte du contrat
américain montre la difficulté de
prévoir le moyen terme dans ce
domaine souverain.
Reste le secteur du « broadband » (haut débit fixe et mobile),
où les résultats ne deviendront
significatifs qu’à partir de l’an prochain, voire de 2020, après le lancement des satellites Eutelsat Quantum et Konnect. Pour l’instant, le
groupe affiche une quarantaine de
millions d’euros de chiffre d’affaires dans la connectivité fixe et
mobile, pour couvrir les zones
blanches – celles où les opérateurs
télécoms sont peu présents – ou les
liaisons mobiles, par exemple pour
le trafic aérien ou maritime. Un
secteur en croissance mais très
concurrentiel. n
Criteo est sorti par le haut d’une
journée boursière à haut risque.
Alors que ses deux premières
publications des résultats trimestriels en 2018 ont été lourdement sanctionnées par les
investisseurs, la pépite française des technologies de publicité en ligne a livré, mercredi,
une performance en demiteinte pour les mois de juillet à
septembre. Mais le cours de
l’action a cette fois-ci grimpé de
9,16 %, après avoir perdu la moitié de sa valeur en un an.
Toujours impacté par la politique de protection des données
d’Apple qui l’empêche de suivre
la navigation des internautes,
Criteo publie un chiffre d’affaires en baisse de 6 %, à 529 millions de dollars. Mais l’entreprise cotée au Nasdaq
américain s’attendait à pire. Les
recettes hors coût d’acquisition
de trafic – l’indicateur que la
société met en avant en excluant
de son revenu les sommes reversées à des partenaires en vue de
placer ses technologies sur le
chemin des internautes – baissent, elles aussi, de 2 % à taux de
change constant, alors que
l’entreprise craignait de perdre 3
à 5 %. « Le déclin était prévu en
raison des vents contraires, commente aux “Echos” Benoît
Fouilland, le directeur financier
de Criteo, le marché attend que
nous retrouvions de la croissance à moyen terme, mais nous
ne pouvons pas encore lui montrer, car nous sommes en pleine
transformation. »
Diversification de l’offre
Pour l’année en cours, la société
symbolique de la French Tech
confirme son objectif d’évolution de chiffre d’affaires compris « entre –1 et +1 % ». Mais elle
s’attend à une décroissance de
4 à 6 % sur la fin d’année. « Notre
aspiration est toujours de revenir
à une croissance à deux chiffres
dans la deuxième partie de
l’année 2019 », projette Benoît
Fouilland. Revendiquant sa
confiance, il lance un programme de rachat d’actions de
80 millions de dollars.
La transformation de l’entreprise, créée par Jean-Baptiste
Rudelle, passe notamment par
une diversification de son offre.
Historiquement positionné
pour aider les e-commerçants à
« convertir » les internautes en
clients, Criteo développe maintenant des produits pour que
les marques se fassent connaître sur le Web fixe et mobile.
C’est le sens de l’acquisition de la
start-up américaine Manage,
tout juste annoncée dans un
communiqué muet sur le montant de la transaction. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 19
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
Le troisième trimestre du réseau
social confirme la fuite relative de
ses utilisateurs européens. Ils
étaient 377 millions au début de
l’année, 376 millions au printemps
et 375 millions cet été. Au niveau
mondial, Facebook gagne encore de
nouveaux membres mais le rythme
ralentit : 2,27 milliards d’internautes
ont un compte Facebook (+10 % par
rapport à l’année dernière).
1,4
MILLION D’ENTRÉES
« Le Grand Bain », le premier
film réalisé par l’acteur
Gilles Lelouche signe le
sixième meilleure démarrage de l’année au cinéma.
Il a conquis 1,43 million de
spectateurs dès sa première
semaine, d’après le classement CBO Box-Office.
Orange teste ses solutions sur
les bateaux de la Route du Rhum
l Le voilier de Sébastien Desquesses, le skipper du « Spirit of Saint-Malo »,
embarque une solution expérimentale imaginée par Orange.
l Un micro-ordinateur mouline toutes les données récupérées
à divers points du bateau par une vingtaine de capteurs.
« Aujourd’hui, le
public veut vivre lui
aussi ce qui se
passe à bord des
bateaux. »
SPORT
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
— A Saint-Malo
SÉBASTIEN DESQUESSES
Skipper du « Spirit
of Saint-Malo »
Loïc Venance/AFP
Sébastien Desquesses s’est offert un
beau cadeau pour ses quarantesept ans. Au lieu de souffler ses bougies en famille dimanche, ce skipper de Saint-Malo, grand voyageur
et père de deux enfants, va se lancer
sur sa première Route du Rhum, la
célèbre course de voile en solitaire
qui, tous les quatre ans, relie la cité
corsaire à la Guadeloupe. Objectif :
« finir la compétition sans se blesser », dit-il humblement. Si tout se
passe bien, l’arrivée à Point-à-Pitre
est prévue dans une vingtaine
de jours.
Dans cette 11e édition qui réunira
124 voiliers à travers l’Atlantique,
Sébastien Desquesses a un atout de
taille. Son bateau, le « Spirit of SaintMalo », un monocoque de 13 mètres
de long, embarque en effet une
solution expérimentale imaginée
par Orange et deux étudiants de
l’Ecole supérieure d’ingénieurs de
Rennes, l’Esir.
Une montre connectée
A l’intérieur de la cabine, un microordinateur de type Raspberry Pi
mouline toutes les données récupérées à divers points du bateau par
une vingtaine de capteurs : vitesse,
température de l’eau et de l’air,
direction, pression… La montre
connectée que le skipper porte au
poignet renseigne, elle, sur son état
de santé : sommeil, rythme cardiaque, nombre de calories brûlées, etc. Ces données sont ensuite
envoyées et stockées sur le cloud
public d’Orange, grâce à l’antennesatellite fixée au plafond de la
cabine. Puis cartographiées en
La 11e édition réunira 124 voiliers à travers l’Atlantique.
temps réel sur un site Internet dédié
qui s’actualise toutes les deux heures. Le grand public peut ainsi suivre l’avancement du marin mais
aussi son état physique. Une fois
rentré, le skipper pourra, de son
côté, analyser les données et élaborer un trajet plus optimisé pour la
prochaine compétition.
« Aujourd’hui, le public veut vivre lui
aussi ce qui se passe à bord des
bateaux », raconte Sébastien Desquesses, un expatrié de carrière
revenu récemment à Saint-Malo
après quatorze ans passés aux
Etats-Unis, en Italie et en Suisse. Le
projet illustre les ambitions des
opérateurs télécoms dans l’IoT,
l’Internet des objets. Après avoir
connecté les hommes et leurs
smartphones, les opérateurs espèrent pouvoir faire dialoguer entre
France TV s’annonce
à l’équilibre en 2018
eux une multitude d’objets de la vie
personnelle et professionnelle.
Dans le sport, les applications sont
nombreuses. « C’est un dispositif
assez innovant, il faut bien le reconnaître, remarque Pierre-François
Dargnies, directeur technique du
Charal Sailing Team, qui a mis au
point l’Imoca 60, un autre bateau en
compétition et l’un des plus modernes. A bord, on sait enregistrer des
données, c’est un processus bien maîtrisé, mais les envoyer via satellite
reste en revanche assez compliqué et
coûteux. » Même si le prix des communications mer-terre par satellite
a beaucoup baissé en dix ans, la facture p eut toujours atteindre
15.000 euros par an pour l’envoi de
quelques e-mails, photos et vidéos
par jour, selon ce professionnel. Et
malgré les progrès techniques, les
débits sont encore faibles : « Mon
antenne-satellite, là, c’est l’Internet
du Moyen Age ! » plaisante Sébastien Desquesses. Pas idéal lorsqu’il
s’agit, pour Orange, de faire transiter une montagne de données de la
mer vers le « nuage » de l’informatique dématérialisée… L’opérateur
espère malgré tout décliner cette
plate-forme sur d’autres compétitions sportives, et pourquoi pas sur
les bolides sur les circuits de
Formule 1. n
Ludovic Marin/AFP
Le numéro un mondial de
l’affichage publicitaire en extérieur
et le leader de l’affichage en
Australie ont bien obtenu l’aval de
l’autorité de la concurrence
australienne pour cette opération à
715 millions d’euros. Le pays des
kangourous est désormais le
quatrième marché du groupe
français.
Facebook perd des
utilisateurs en Europe
DR
DR
JCDecaux finalise
l’acquisition d’APN
Outdoor
« Nous sommes à l’équilibre depuis
2015 et nous y arriverons cette année
malgré les réductions budgétaires », a
assuré, mercredi, Delphine Ernotte,
la présidente de France Télévisions,
lors de son audition annuelle devant
les députés. Le groupe audiovisuel
public mène un plan de réduction
des dépenses de 50 millions d’euros
cette année, sur un budget total de
2,8 milliards d’euros.
Pic historique
pour les bénéfices
de Samsung
ÉLECTRONIQUE
Le groupe
sud-coréen souffre
sur le marché
des smartphones.
Florian Dèbes
@FL_Debes
Les jours tranquilles au pays du
matin calme touchent à leur fin
pour Samsung Electronics.
Tout en se félicitant pour les
bénéfices record engrangés
lors de son troisième trimestre,
le géant sud-coréen de l’électronique a annoncé mercredi
s’attendre « à un déclin des résultats globaux de la compagnie »
durant les trois derniers mois
de l’année. L’entreprise évoque
des « facteurs saisonniers à
l’œuvre dans le marché des semiconducteurs ».
Sur son marché grand public
du smartphone, le numéro un
mondial est déjà à la peine. Le
résultat opérationnel de cette
activité décline de 33 % par rapport à l’an dernier (à 2.200 milliards de wons), après d’importantes dépenses de marketing
qui n’ont toutefois pas réussi à
redresser les ventes.
Le chiffre d’affaires lié aux
Galaxy S9, Note 9 et autres
smartphones a reculé de 12 %
sur un an, à 23,99 milliards de
wons. En concurrence face à
Apple et à Huawei sur un marché qui commence à stagner,
Samsung compte sur le lancement de modèles innovants,
connectés en 5G ou équipés
d’un écran pliable, pour se
relancer. Microscopiques, ce
sont les puces électroniques qui
ont porté la filiale du chaebol au
sommet d’un pic historique de
profit. Le bénéfice opérationnel
de l’ensemble de Samsung Electronics a ainsi bondi de 21 % sur
un an, à 17.600 milliards de
wo n s (s o i t 1 3 , 6 m i l l i a r d s
d’euros). Au prix d’immenses
investissements dans ses usines, Samsung s’est installé
depuis plusieurs années à la
première place mondiale de la
fabrication de puces mémoire.
Il a profité de la hausse du
prix moyen de ces composants
dont le marché a longtemps été
en pénurie. Présents dans tous
les smartphones, ils sont par
exemple indispensables pour
lancer plusieurs applications
mobiles en même temps.
Mais l’ensemble de l’industrie a pu constater un début de
baisse des prix sur certains
types de puces (la mémoire
flash, notamment) et s’attend à
une chute de 25 à 30 % sur 2019
dès lors que les concurrents de
Samsung augmentent leurs
capacités de fabrication. « Le
prix des mémoires flash (NAND)
baissera encore au premier
semestre de l’année prochaine,
étant donné qu’une nouvelle
ligne de production de Toshiba
démarrera et qu’Hynix commencera la production de masse
d’une de ses lignes NAND », a
commenté à Reuters Song
Myung-sup, analyste chez HI
Investment & Securities.
Des relais de croissance
Dans son communiqué, Samsung prévient : « A l’horizon
2019, les bénéfices devraient être
faibles au premier trimestre en
raison de la saisonnalité, puis se
re n f o rc e r à m e s u re q u e l a
conjoncture s’améliore, en particulier sur le marché des puces
mémoire. » Samsung assure que
la demande en puce mémoire
reste forte. Il compte mettre en
avant le haut de sa gamme pour
maintenir à distance ses compétiteurs. Il souligne par ailleurs
que certains comp osants
mémoire trouvent aussi leur
place sur les serveurs qui forment l’infrastructure matérielle
des « nuages » de l’informatique
en ligne (cloud computing), un
marché en plein boom. n
Le groupe breton, qui
possède notamment
la Route du Rhum,
réalise désormais la moitié
de son chiffre d’affaires
en dehors de la presse.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
La Route du Rhum, dont le départ
est donné le dimanche 4 à 14 heures,
offre une importante vitrine grand
public tous les quatre ans à son propriétaire, le groupe de presse Le
Télégramme. Pendant une dizaine
de jours, ce sont 2 millions de visiteurs qui vont arpenter les pontons
de Saint-Malo. Cette course transatlantique en solitaire compte parmi
les nombreuses activités « hors
cœur de métier » du Télégramme
qui a entamé sa diversification il y a
maintenant plus d’une décennie.
Elle est centrée sur des activités « de
communication, hors de la presse
écrite », explique aux « Echos »
Edouard Coudurier, son président. Cette année, 50 % des 160 millions d’euros de chiffre d’affaires du
Télégramme vont être réalisés dans
le sport, les ressources humaines
ou l’organisation de festivals. Si la
course au large est jugée comme
étant « un créneau de niche » aux
difficiles possibilités de croissance,
Le Télégramme complète son
dispositif piloté par sa filiale
OC Sport, rachetée en 2014, en
misant sur les courses d’endurance,
voire de l’extrême.
OC Sport organise des compétitions cyclistes dans les Alpes, mais
aussi des « trails » dans les Rocheuses aux Etats-Unis et en 2019 dans
les montagnes du sultanat d’Oman.
« Ces événements internationaux
sont vendus sous la forme de licence.
Nous prévoyons d’en signer progressivement une vingtaine avec des partenaires locaux », indique Edouard
Coudurier. OC Sport, qui a déjà
bénéficié de près de 30 millions
d’euros d’investissements financés
par son actionnaire, concentre
désormais le quart des activités du
Télégramme, lequel est aussi associé de la société C2G, à la tête des festivals Les Francofolies de
La Rochelle et Le Printemps de
Bourges. L’autre important pôle de
diversification initié par le quotidien régional concerne les annonces d’offres d’emploi sur Internet de
sa filiale HelloWork (précédemment nommée RegionsJob). Elle
représente 25 % des activités du
groupe et s’est vu octroyer une enveloppe de 30 millions d’euros dédiée
à des acquisitions.
6.000 abonnés Web
Si Le Télégramme va poursuivre
ses diversifications – il vise notamment des acquisitions dans le
numérique –, il n’est évidemment
pas question pour l’éditeur de
délaisser son quotidien régional.
« La baisse de la diffusion payante
(190.000 exemplaires) aura été de
1,8 % en 2018, mais on progresse dans
le numérique », observe Edouard
Coudurier qui fait état de
6.000 abonnés purement Web.
Pour publier en continu des informations sur son site Internet, il
vient d’investir 4 millions d’euros en
vue de moderniser la salle de rédaction de son siège de Morlaix. Elle est
désormais divisée en trois pôles,
l’un pour les actualités chaudes, un
autre pour les informations dites
tièdes et le troisième pour les
reportages.
Face à l’évolution des habitudes
de lecture des jeunes, qui délaissent
progressivement la version papier,
Edouard Coudurier évoque la possibilité, à moyen terme, de créer des
journaux audio, à partir d’un format idoine permettant à l’abonné
d’entendre, partout où il se trouve,
l ’e n s e m b l e d e s d e r n i è r e s
nouvelles. n
Ahn Young-joon/AP/Sipa
Le Télégramme pousse la diversification de ses métiers
Samsung s’est installé depuis plusieurs années à la première place mondiale de la fabrication de puces mémoires.
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20 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
START
UP
y
LE RDV
Les start-up françaises de la santé ont jusqu’au 30 novembre pour candidater au programme d’accélération Pfizer Healthcare
Hub à Station F. Dédié au développement de solutions
digitales pour la santé, il est développé par le laboratoire pharmaceutique Pfizer en partenariat avec l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM). Deux à
quatre start-up seront sélectionnées pour intégrer ce
programme de neuf mois.
U
REBOND
La start-up Shippeo, qui développe une plate-forme permettant aux acteurs de la supply chain de visualiser en temps réel le
transport routier de marchandises afin
d’identifier les problèmes et d’en alerter
rapidement les clients finaux, vient de
signer un contrat de trois ans avec Unimasters Logistics. Un partenariat qui
permettra au prestataire bulgare
d’apporter plus de transparence dans les
opérations logistiques de ses clients.
150
PERSONNES
Basée près de Rennes, la start-up Klaxoon
va recruter 150 personnes et ouvrir une
nouvelle « station » à Lyon où travailleront
un tiers d’entre elles. La jeune pousse développe des outils permettant de rendre les
réunions plus efficaces et amusantes.
Techfugees pousse la tech à concrétiser
ses projets pour les réfugiés
l L’entreprise
sociale, qui promeut l’utilisation
de la tech pour
aider les réfugiés,
a réuni sa communauté à Paris.
l Elle souhaite
permettre à
des projets locaux
de passer
à l’échelle.
ORGANISATION
Deborah Loye
@Loyedeborah
Le sommet
annuel de
Techfugees
s’est déroulé
à Station F
à Paris. PhotoJawad Allazkani
Trois ans après l’appel lancé sur les
réseaux sociaux par Mike Butcher, rédacteur en chef de TechCrunch Europe, pour inciter les
acteurs de la tech à aider les réfugiés, Techfugees veut franchir une
nouvelle étape. L’organisation a
réuni sa communauté la semaine
dernière Station F, à Paris, pour
son deuxième Techfugees Global
Summit. Et dans la Halle Freyssinet,
les mots « concrétisation » et « pas-
et
présentent
sage à l’échelle » ont souvent
résonné au milieu des témoignages
de ceux qui s’engagent pour la
cause. « Nous voulons pousser les
gens à aller plus loin dans leurs projets », affirme Joséphine Goube,
directrice de Techfugees.
L’organisation a ainsi lancé un
concours de pitch, le « Techfugees
Global Challenges Competition »,
au cours duquel des porteurs de
projets visant à aider les réfugiés
ont pu présenter leurs activités.
Le concours était organisé
autour de 5 thématiques : l’accès
aux droits et à l’information,
la santé, l’éducation, l’emploi et
l’inclusion sociale. « Nous avons
reçu une centaine de candidatures,
issues de plus de 53 pays, s’enthousiasme Joséphine Goube. Il y a
notamment eu beaucoup de projets
portés par des citoyens des pays générateurs de réfugiés comme l’Irak,
la S y r i e , le S o u d a n ou encore
le Venezuela. »
25 projets retenus
Seuls 25 projets ont été retenus,
soit 5 par catégorie. « Nous voulions
des personnes qui avaient au moins
développé un “minimum viable product” [un prototype] », indique
Joséphine Goube. Objectif : s’assurer que les lauréats puissent avoir
un impact concret grâce à l’aide de
Techfugees, qui leur offre un accès
direct à son réseau ainsi que de la
le 1er festival des médias de demain
1 date | 3 lieux | des expériences
jeudi 22 novembre 2018
Programme & réservation : maisondelaradio.fr
Les Echos
10 boulevard de Grenelle
75015 Paris
Maison de la Radio
116 avenue du Président-Kennedy
75016 Paris
France Télévisions
18, rue du Professeur Florian Delbarre
75015 Paris
visibilité. « Andura and the letters », un jeu vidéo destiné aux
enfants réfugiés, a gagné le premier
prix dans la catégorie éducation.
Développé par une équipe internationale, le jeu permet aux enfants de
5 à 10 ans d’apprendre à lire l’arabe.
« Le scénario a été créé pour prendre soin de ces enfants, qui ont souvent subi des traumatismes liés à
l’exil », explique Francesco Cavallari, fondateur du projet. Les petits
se voient par exemple demander
comment ils vont. Le jeu est développé en open source par 60 bénévoles dans le monde, et a été téléchargé 90.000 fois. Avec l’aide de
Techfugees, l’équipe espère pouvoir
le rendre accessible à plus de
familles de réfugiés, ainsi que le traduire dans d’autres langues.
Dans la catégorie santé, c’est Shifra qui a remporté les suffrages du
jury. Porté par une sage-femme
australienne, Rebeccah Bartlett,
ce projet vise à procurer de l’information sur la santé sexuelle et
« Nous voulons
pousser les gens à
aller plus loin dans
leurs projets. »
JOSÉPHINE GOUBE
directrice de Techfugees
reproductive aux femmes réfugiées. « Sur notre application Web,
les femmes trouvent des informations, visuelles ou verbales, sur le parcours de soins en Australie, ainsi que
sur leurs droits et les options qui
s’offrent à elles », indique Rebeccah
Bartlett. Cette dernière a développé
Shifra avec une équipe de six bénévoles, ainsi qu’avec des femmes
réfugiées, qui sont rémunérées. Des
versions allemandes et suédoises
de sa plate-forme devraient être
lancées l’année prochaine, et
Rebeccah Bartlett compte sur
Techfugees pour l’accompagner
dans ce développement.
Soutien de Google
Parmi les autres projets primés,
Integreat, qui produit de la documentation à destination des réfugiés et des administrations allemandes ; Refugees Are, mené par
une jeune Syrienne, qui analyse la
manière dont les médias parlent
des réfugiés ; et TaQadam, qui
rémunère les réfugiés grâce à une
application. En plus du soutien de la
communauté Techfugees, composée de 18.000 personnes sur les
réseaux sociaux, « ces projets profiteront du soutien de “Google for
entrepreneurs”, qui leur permettra
de passer leurs produits à l’échelle »,
se réjouit Mike Butcher. L’organisation avait annoncé la signature de
ce partenariat en septembre. n
TaQadam permet aux réfugiés
de travailler depuis leurs téléphones
La start-up développe
un service d’annotation
d’images, effectué par des
réfugiés, pour des sociétés
développant des solutions
d’intelligence artificielle.
« Nous créons le travail du futur :
accessible, flexible, fluide, communautaire et amusant ! » La
start-up TaQadam, basée à New
York, a remporté le premier prix
dans la catégorie « emploi » du
Techfugees Global Challenges
Competition. Elle développe une
solution permettant de faire travailler les réfugiés pour des entreprises internationales… sans même
que ces dernières ne le sachent.
TaQadam se présente comme
une solution « préparant les données
visuelles à l’intelligence artificielle ».
Grâce à une application mobile,
elle permet à des réfugiés de travailler, uniquement grâce à un téléphone portable, depuis l’Irak ou le
Liban. Les clients de TaQadam
confient des sets de données à la
start-up, « et les réfugiés font ce que
l’on appelle de l’annotation d’image »,
explique Karina Grosheva, cofondatrice de la start-up. Les images
annotées sont ensuite renvoyées
aux entreprises, qui les utilisent
pour entraîner leurs algorithmes
d’intelligence artificielle.
100 réfugiés employés
Les réfugiés travaillant pour TaQadam sont payés en fonction du nombre d’objets qu’ils identifient, et pour
« au minimum 4 dollars de l’heure »,
indique Karina Grosheva. Cent personnes, qui ont été formées par un
partenaire de la start-up évoluant
dans le monde des ONG, travaillent
aujourd’hui grâce à cette application. Le fait de pouvoir annoter les
images depuis un téléphone portable sans avoir à se déplacer est un
argument de taille pour les réfugiés,
« et en plus, l’annotation est plus précise depuis les écrans tactiles des téléphones que depuis un ordinateur »,
détaille Karina Grosheva.
La start-up compte deux entreprises françaises parmi ses clients, dans
le secteur de la vidéo surveillance et
des capteurs. Aux Etats-Unis, une
entreprise développant des satellites
lui a confié une mission comprenant
l’identification de 5 millions d’images. TaQuadam est actuellement en
train de chercher des financements
auprès de ses proches, et espère pouvoir entamer un tour de table en
amorçage l’année prochaine « quand
nous aurons une vingtaine de clients »,
projette la cofondatrice. — D. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 21
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
en
direct
Bordeaux : retrait
des trottinettes
PACA Une centaine d’œuvres du
NOUVELLE-AQUITAINE Lime
musée municipal Jean-Cocteau
de Menton (Alpes-Maritimes)
ont été abîmées après une submersion marine intervenue
lundi soir. L’événement violent
a touché le musée construit par
Rudy Ricciotti mais aussi le
front de mer. La ville va déposer
une demande de reconnaissance
de l’état de catastrophe naturelle.
Wikipedia
PME
&REGIONS
Inondation au
musée Jean Cocteau
France a suspendu à Bordeaux
son service de trottinettes électriques en libre-service installé
en septembre sans entente
préalable avec la ville, provoquant la colère de son maire,
Alain Juppé. « Lime propose à la
mairie d’ouvrir un dialogue pour
rendre à nouveau possible l’accès
des Bordelais à ce service dans des
conditions optimales », écrit
Lime dans un communiqué.
La mairie de Bordeaux avait
publiquement regretté ne pas
avoir la possibilité d’interdire
la présence des engins dans
les rues. A Toulouse, trois jours
après avoir déposé ses trottinettes, elles ont été retirées,
la mairie jugeant illégale cette
occupation de l’espace public.
Les engins de déplacement
personnels vont être introduits
dans le Code de la route.
Le Mans s’affirme
en « Cité du son »
l Le pôle explore toutes les dimensions du son, attirant
de nombreux industriels.
l Le futur Technocampus lui offrira plus de visibilité
et de moyens techniques.
PAYS DE LA LOIRE
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
On ne laisse plus au hasard le son
d’une portière de voiture, le bruit
d’un sèche-mains ou celui d’un pot
en plastique que l’on ouvre… Ces
problématiques et bien d’autres ont
été soumises au pôle Le Mans
acoustique, qui mobilise près de
250 chercheurs, à tel point que la
cité sarthoise « commence à être
identifiée comme une véritable “Cité
du son” », témoigne Antoine Charon, créateur de la start-up Sound to
Sight. La création d’un Technocampus acoustique, en 2021, puis d’un
nouveau centre de formation renforcera encore les moyens techniques et la notoriété de ce pôle.
Le Laboratoire d’acoustique de
l’université du Maine (LAUM), principale entité du pôle, est désormais
bien repéré par les industriels tels
PSA, Renault et Valeo, qui a récemment choisi de réunir ses acousti-
ciens au Mans. Teneco, Continental,
Framatome, mais aussi Yamaha,
pour les instruments de musique,
font également partie de ses clients.
Mais le design sonore n’est qu’une
infime partie du vaste monde de
l’acoustique. L’Ensim, école d’ingénieurs liée au Mans Université, travaille en particulier sur le mystérieux
sujet des « trous noirs acoustiques »,
ces dessins creusés dans la tôle
pour piéger les vibrations, sujet
regardé de près par l’automobile.
Des équipements de pointe
Les chercheurs explorent d’autres
pistes, telle l’optoacoustique, ces
vibrations laser à très haute fréquence pour le contrôle non destructif. Une autre voie d’étude est
celle de la thermoacoustique permettant de produire du froid à partir du son, un « frigo acoustique ». Le
LAUM a déjà mis au point des
démonstrateurs en lien avec PSA.
Ils pourraient préfigurer une nouvelle génération de climatiseurs.
Au fil du temps, la structure s’est
dotée d’équipements de pointe, dont
des chambres anéchoïques, vastes
salles hérissées de reliefs de mousse
supprimant le moindre écho ou
bruit parasite. L’une d’elles se trouve
au Centre de transfert de technologie
du Mans (CTTM) réalisant près de
3 millions d’euros de chiffre d’affaires auprès de l’industrie. Olivier
Roinson, le directeur des partenariats industriels du pôle, cite l’exemple de sous-traitants des Chantiers
de l’Atlantique, Mapac et Grolleau,
venus régler un problème de bruit
dans les coursives des paquebots.
La filière attend donc avec impatience son Technocampus. La
région des Pays de la Loire vient
d’acter le financement de ce projet
de 2.700 m², d’un coût de 10 millions d’euros. Il hébergera deux
équipements clefs. L’un est une
plate-forme vibromètre laser, permettant de mesurer sans contact le
comportement vibratoire des pièces, y compris des éléments de très
grande dimension, comme une
voilure d’avion par exemple. Il servira notamment à Valeo sur la
caractérisation de pièces composi-
Le Laboratoire d’acoustique de l’université du Maine (LAUM) est reconnu par des grands industriels
de l’automobile, du nucléaire ou de la musique. Photo Ad’Hoc Photographie
tes courbes. L’autre équipement
touche à l’aéroacoustique, discipline prenant en compte l’écoulement d’air, les sifflements. Il permettra en particulier au motoriste
Le grand défi reste
de faire éclore
davantage de start-up.
Safran de travailler sur la réduction
du bruit des réacteurs.
Le pôle, qui vient de lancer le
projet d’un institut sous la forme
d ’u n e é c o l e u n i ve r s i t a ir e d e
recherche (EUR), dispose égale-
Metacoustic révolutionne
l’isolation phonique
Cette start-up, issue
de l’université du Mans,
développe une expertise
rare dans les matériaux
structurés piégeant
les bruits et les vibrations.
Une cloison peut aussi bien protéger du bruit qu’un mur cinq fois plus
épais. A épaisseur égale, on peut
réduire de 10 décibels les basses fréquences, ces sons graves. De telles
performances sont possibles grâce
aux méta-matériaux ou matériaux
structurés, spécialité de la start-up
Metacoustic, au Mans. L’entreprise
est née en 2015 des travaux de thèse
de Clément Lagarrigue, docteur en
acoustique de l’université du Mans,
laquelle développe « une expertise
unique en Europe dans ce domaine »,
certifie le chercheur.
Pour simplifier, les technologies
développées par Metacoustic
consistent à insérer dans une plaque
en mousse des éléments tubulaires
au design très particulier. Le contraste entre ces deux matériaux crée
un « piège à sons ». La conception de
ces matériaux métaporeux repose
sur une somme de travaux scientifiques et sur des outils numériques
de haut vol, basés notamment sur le
logiciel de modélisation Comsol.
Plafond des trains
Parmi ses clients, Metacoustic cite
la SNCF, pour les plafonds de ses
trains, l’équipementier ferroviaire
Faiveley, les chaudières du groupe
Atlantic, Naval Group, Michelin…
L’allégement des véhicules, recherché à tout prix par les industriels du
transport, engendre de nouvelles
vibrations que les constructeurs
cherchent à éradiquer. « Nous nous
apprêtons à déposer un nouveau brevet lié à la vibroacoustique », mentionne Clément Lagarrigue.
Pour l’heure, l’équipe de Metacoustic, forte de trois docteurs pour
un chiffre d’affaires de 100.000 euros,
en est encore au stade du « proof of
concept », du prototype. Mais l’entreprise a déjà repéré le fabricant prêt à
lancer l’industrialisation des produits en petites séries prototypes ou
par milliers de mètres carrés.
« A l’avenir, estime le dirigeant, presque tous les matériaux
plastiques seront remplacés par des
méta-matériaux aux propriétés particulières. » L’entreprise réfléchit déjà à
des matériaux naturels ou biosourcés, tels la laine et le lin, que l’on pourrait transformer pour leur conférer
les mêmes propriétés acoustiques
que les composites. « On pourrait
alors se passer du plastique », anticipe
Clément Lagarrigue. — E. Gu.
« A l’avenir, presque
tous les matériaux
plastiques seront
remplacés par
des méta-matériaux
aux propriétés
particulières. »
CLÉMENT LAGARRIGUE
Dirigeant de Metacoustic
ment d’une forte dimension formation avec, notamment, l’Itemm,
référence nationale dans la facture
d’instruments de musique. Le
grand défi reste de faire éclore
davantage de start-up, à l’instar de
Metacoustic ou Sound to Sight sur
un marché qui semble prometteur.
« Les entreprises sous-estiment
encore le potentiel énorme de
l’acoustique », estime Jean-Pierre
Dalmont, directeur scientifique du
pôle, estimant que le son et ses nuisances pourraient faire un jour
l’objet de réglementations aussi
drastiques que celles désormais en
vigueur pour l’isolation thermique
des bâtiments. n
Les alertes et signaux sonores
vont proliférer dans les véhicules, une aubaine pour Sound to
Sight. Photo Sound to Sight
sont placés sur le créneau émergent
du design sonore industriel.
D’emblée, leur expertise a été
requise pour travailler sur la bibliothèque sonore de PSA. Plus récemment, l’entreprise a travaillé sur
l’Aurus, la nouvelle voiture de luxe
russe, sur « l’expérience sonore » du
dernier véhicule hybride de Karma
Automotive. Sans oublier le travail
mené sur les interactions sonores
du projet Pop.up Next, le projet de
drone-navette d’Airbus et d’Audi.
Sound to Sight,
créateur pour l’industrie
Cette jeune entreprise,
experte du design sonore,
travaille sur l’identité
et les nouveaux langages
sonores requis par les
constructeurs automobiles,
notamment électriques.
La voiture électrique est une
aubaine pour les spécialistes du son
de la société Sound to Sight. « En
plus d’alerter les piétons, le son est
une signature, l’identité d’une marque pour l’automobile en général »,
explique Antoine Charon, cofondateur de cette start-up du Mans avec
Florestan Gutierrez.
D’une manière générale et dans
tous les véhicules, dont les thermiques, les alertes et signaux sonores
vont proliférer avec l’extension des
fonctions connectées. Car, selon les
deux experts, l’ouïe est l’un des sens
permettant la réaction la plus
immédiate pour l’utilisateur, déjà
bien accaparé par les écrans. Un son
spécifique sera par exemple relatif à
l’angle mort, un autre signalera un
piéton. Et lorsque viendra le temps
des véhicules autonomes, la nécessité de reprendre les commandes.
« C’est donc toute une grammaire, un
langage sonore qui va s’inventer »,
poursuit Antoine Charon.
Voiture russe
C’est à l’issue d’un master de design
sonore de l’Esba Le Mans que les
deux associés, formés aux beauxarts et à la musique concrète, se
Leur expertise a été
requise pour travailler
sur la bibliothèque
sonore de PSA.
L’entreprise a également planché
sur le langage sonore dans la robotique, pour Green Creative, sur des
robots de jeux interactifs pour
enfants autistes ou sur des « paysages sonores » permettant d’apaiser
des salles préopératoires, à l’hôpital
Lariboisière notamment.
Dimension
psychosociologique
Son expertise au carrefour du design,
du marketing, de la compréhension
des systèmes avec une forte dimension humaine et psychosociologique
a permis à la société de dépasser les
200.000 euros de chiffre d’affaires.
Elle repose en partie sur ses outils
graphiques de tests permettant de
mesurer la « cohérence sensorielle »
et la « réponse utilisateur » au son
proposé. — E. Gu.
Equium
fait du froid
avec du son
Cette entreprise née à
Palaiseau veut porter au
stade industriel sa technologie de moteur acoustique.
Le principe est « inspiré des souffleurs de verre », mentionne Cédric
François, fondateur d’Equium, qui
entend porter au stade industriel
une technologie thermoacoustique.
Il s’agit de convertir la chaleur en
ondes acoustiques de très haute
puissance. Amplifiées dans un gaz
neutre sous pression, ces ondes
vibrent et génèrent de l’électricité ou
du froid. Cette technologie a l’avantage de n’utiliser que des gaz non polluants, tels l’hélium et l’argon. Autre
atout : l’absence de pièces mécaniques, d’où peu de maintenance.
Né l’an dernier, Equium est issu
des travaux sur la cryogénie menés
par Maurice-Xavier François, père
de Cédric, qui fut professeur en
mécanique des fluides à l’université
Paris-VI. La société, qui emploie
7 personnes, est de fait issue d’une
société préexistante, Hekyom, qui a
porté sa R&D. Ainsi est né à Palaiseau un prototype de moteur acoustique. L’engin, qui se loge dans un
conteneur de 20 pieds, est capable de
produire 4 kilowatts de froid, capacité qui sera portée à 50 kilowatts au
second semestre 2019.
Chaleur fatale
Depuis 2006, 5 millions d’euros ont
été investis dans cette technologie
protégée par 5 brevets. « Le prochain prototype devrait être fait à
Nantes », indique Cédric François,
dont le projet a reçu le soutien de
bpifrance, de l’Ademe et l’accompagnement d’Atlanpole.
L’enjeu est la récupération de la
chaleur « fatale », les calories perdues. « Ainsi, avec 100 kilowatts de
chaleur à 350 °C, on peut produire
25 kilowatts d’ondes acoustiques et
50 de froid à 5 °C », explique Cédric
François, qui perçoit des usages dans
l’agroalimentaire, mais aussi dans le
refroidissement des turbines électriques, à bord de bateaux. « Notre sujet,
c’est surtout le “off grid”, le hors
réseau », souligne Cédric François,
en négociation avec plusieurs industriels, dont un japonais et, dans le
même temps, avec un investisseur
pour une levée de fonds envisagée à
2 millions d’euros. — E. Gu.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // PME & REGIONS
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
4
OCCITANIE Géant des fermetu-
res pour le bâtiment à Labège
(Haute-Garonne), le groupe Stella
– 900 salariés, 200 millions
d’euros de chiffre d’affaires –
reprend la majorité de son homologue nordiste Flip – 110 salariés,
22 millions d’euros de ventes –
détenue par le fonds Siparex.
Flip devient le point d’ancrage
du groupe dans la région.
compensation de 8 millions d’euros
dont la moitié irait aux communes
d’Erquy, Fréhel, Pléneuf-Val-André, Plévenon et Plurien d’où les
éoliennes seront visibles. La construction du parc et la pérennité de
la taxe ne sont pas acquises.
Stella group
MILLIONS D’EUROS POUR CINQ COMMUNES BRETONNES
Le projet de parc éolien en mer de la
baie de Saint-Brieuc soulève toujours un vent de fronde, surtout
chez les pêcheurs. Selon « OuestFrance », Ailes Marines, la filiale
d’Iberdrola chargée de l’ériger,
pourrait avoir à verser une taxe de
innovateurs
Les volets Stella
s’offrent Flip
Après les hépatites B et C,
Virocovax s’attaquera
au virus Zika
duira trois fois plus de gaz que
l’actuel bioréacteur, mais il devra être
purifié pour le réseau. Un ou deux
digesteurs rapides feront fermenter
les déchets. Le site comprendra aussi
un centre de tri et une unité de transformation des plastiques, textiles et
papiers en combustible solide de
récupération. Il ne restera que 20 %
de rebuts, qui seront enfouis.
OCCITANIE
Le syndicat mixte de
traitement des déchets
du Tarn, Trifyl, va
produire du biogaz
injecté dans le réseau.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
LA TECHNOLOGIE
VIROCOVAX
Nouveau gazoduc
Trifyl
Le syndicat mixte de traitement des
déchets du Tarn, Trifyl, va investir
plus de 60 millions d’euros pour produire du biogaz injecté dans le
réseau. Il vient de signer un contrat
de raccordement avec le transporteur de gaz Teréga pour fournir
600 mètres cubes/heure, soit 10 %
des besoins du Tarn. La production
sera obtenue avec les déchets ménagers de 448.000 habitants. Une
canalisation de 3 kilomètres, d’un
coût de 2,5 millions d’euros, reliera
l’usine de méthanisation au réseau à
Graulhet. L’acheteur du gaz n’est pas
encore choisi, mais l’Etat garantit
l’achat pendant quinze ans à un tarif
préférentiel de 7 centimes le kilowattheure.
Trifyl produit déjà du méthane
avec les déchets enfouis dans des
alvéoles étanches. Ce bioréacteur
Shutterstock
Le Tarn vise 10 % de sa
consommation en biogaz
Trifyl produit déjà du méthane qui alimente une centrale de cogénération, mais la loi de transition écologique l’oblige à changer de modèle.
alimente une centrale de cogénération qui fournit de l’électricité
(24 millions de kilowattheures par
an) et de la chaleur. Mais la loi de
transition écologique l’oblige à
changer de modèle : le stockage des
déchets devra diminuer de moitié
entre 2010 et 2025 et la taxe générale
sur les activités polluantes grimpera
de 19 à 65 euros la tonne entre 2018
et 2025. L’autorisation d’exploiter du
bioréacteur baissera de 180.000 à
80.000 tonnes par an. « Nous devons
donc passer à une usine plus performante et hors sol », explique Daniel
Vialelle, président du syndicat.
Trifyl a lancé un appel d’offres
pour choisir l’industriel qui construira l’usine de méthanisation et
l’exploitera pendant cinq ans. Quatre
groupements autour d’Urbaser, Tiru
(EDF), Vinci et Coved sont présélectionnés et le lauréat sera choisi en
avril 2019. L’usine d’une capacité de
121.000 tonnes de déchets par an sera
mise en service en 2022. Elle pro-
Date de création : 2016
Président : Edouard Sèche
Equipe : 30 personnes
Secteur : biotechnologies
L’investissement s’élèvera entre 60
et 70 millions d’euros. « L’objectif est
que le traitement coûte moins cher
que l’enfouissement à terme, affirme
Daniel Vialelle. Nous voulons arriver
à 100 euros la tonne après la vente du
gaz qui pourra rapporter jusqu’à
40 euros. Notre coût actuel d’enfouissement est de 60 euros la tonne, mais il
passerait à 130 euros en 2025 avec la
hausse des taxes. »
De son côté, le transporteur de gaz
en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine
Teréga vient de renforcer son
réseau. Il a ouvert le 15 octobre un
gazoduc de 62 kilomètres entre les
Landes et le Gers, en investissant
152 millions d’euros. Cette hausse de
la capacité s’inscrit dans la création
de la zone unique de marché du gaz
entre le nord et le sud de la France
avec un tarif identique à partir du
1er novembre. n
Stéphane Frachet
— Correspondant à Tours
A l’université de Tours, l’équipe
du laboratoire Mavivh – Morphogénèse et antigénicité du
VIH et des virus des hépatites –
de l’Inserm, dirigée par le professeur Philippe Roingeard, a
utilisé un vaccin existant contre
l’hépatite B et l’a modifié par
génie génétique jusqu’à lui faire
exprimer des antigènes de
l’hépatite C. Un premier brevet a
été déposé, dès 2009, pour protéger le principe actif de ce vaccin ambivalent, c’est-à-dire agissant sur les deux hépatites. « La
phase suivante sera d’exploiter le
même processus, afin d’exprimer
des antigènes contre le virus Zika
La Normandise se dote d’une nouvelle
plate-forme de stockage
Spécialisée dans
la nourriture pour
animaux de compagnie, La Normandise
s’agrandit et s’organise
pour vendre plus vers
le grand export.
Philippe Legueltel
— Correspondant à Caen
Avec une capacité de stockage portée à 24.000 places de palettes,
La Normandise, spécialiste de la
fabrication d’aliments pour chats et
chiens, vient de doubler la superfi-
cie de sa plate-forme logistique. Un
investissement de 6 millions
d’euros dans le cadre d’un plan
d’investissement plus global de
30 millions sur trois ans. Fondée à
Vire (Calvados) en 1991 par Catherine et Christian Duquesne, qui
s’apprêtent à confier les commandes à leurs deux fils, François et
Jean-Charles, l’entreprise réalise un
chiffre d’affaires de 112 millions
d’euros. Elle est principalement spécialisée dans la production d’aliments pour chats vendus sous marque de distributeur ou en soustraitance. Et a surtout fait partie des
pionniers dès les années 2000, qui
ont misé sur le format pochon.
« Notre force est de privilégier le
travail des viandes fraîches avec un
délai de 96 heures après abattage, ce
qui permet de supprimer les intermédiaires liés à la congélation et au stockage. 60 % de nos matières premières
proviennent du Grand Ouest »,
explique François Duquesne, le
directeur technique. Cette année, la
production devrait atteindre
490 millions de pochons et 200 millions de barquettes.
Présent dans 65 pays
Un nouvel atelier de conditionnement de pochons devrait ouvrir en
janvier 2019, ce qui fera de l’usine de
Vire le plus gros site de fabrication
de ces petits emballages en
France. Après avoir levé 4 millions
d’euros cet été auprès de bpifrance et
du Crédit Agricole Normandie,
l’entreprise ne s’interdit pas non
plus des opérations de croissance
externe. Sur les 23 quais de départ
réalisés sur le nouveau site logistique, 7 ont été dédiés au grand
export. Déjà présente dans 65 pays,
La Normandise entend profiter de
l’expansion des animaux de compagnie. « Dans des pays où le niveau de
vie s’élève, une partie de la population
souhaite adopter des modes de vie à
l’occidentale et les marchés des chiens
et chats sont en plein boom », ajoute
Jean-Charles Duquesne, lui aussi
vétérinaire et directeur commercial
et marketing. Depuis quelques
jours, le Mexique fait partie des nouveaux clients de l’entreprise, qui vise
prochainement la Chine, Taïwan et
la Corée du Sud. n
PayPlug aide les TPE à vendre en ligne
LA PME À SUIVRE
ÎLE-DE-FRANCE
Effectif : 50 salariés
Chiffre d’affaires : confidentiel
Activité : paiement en ligne
Dominique Malécot
@DMalecot
MBA en poche, Camille Tyan et
Arthur Grimaud rentrent d’Harvard avec une idée : proposer une
solution de paiement par carte bancaire adaptée aux microentreprises
et aux PME. Et PayPlug naît en 2012 à
Paris. « Sur les 80 milliards d’euros
qui vont être dépensés en France cette
année sur Internet, 65 % iront à des
entreprises de plus de 10 millions
d’euros de chiffre d’affaires. Or, 99 %
des sites appartiennent à des entreprises qui sont en dessous de cette barre
des 10 millions d’euros », explique
Camille Tyan, cofondateur avec
Arthur Grimaud de PayPlug et son
directeur général.
Analyse de risque de fraude
Pour des deux entrepreneurs, s’il
n’y a pas davantage de PME et de
TPE qui proposent de la vente en
ligne, c’est en très grande partie
parce qu’elles jugent difficile d’équiper leur site d’un système de paiement et qu’elles craignent la fraude.
Les deux entrepreneurs décident
donc de proposer « une plate-forme
spécifique dédiée aux entreprises
de moins de 10 millions d’euros de
chiffre d’affaires, directement gérable
et paramétrable par la PME ou la
TPE », résume Camille Tyan.
Pour le paiement, PayPlug a mis
au point un module intégré à la plateforme et fondé sur l’analyse du risque
de fraude, « smart 3D secure ». En
clair, pour les petits achats, inférieurs
à 100 euros, cela évite au client de
devoir valider son paiement en recopiant un code reçu de sa banque par
SMS. Un module d’intelligence artificielle détermine si la transaction
peut se faire sans risque ou s’il faut
passer par la case SMS du 3D
secure. « Le 3D secure entraîne une
déperdition de 20 % des ventes, soit
parce que les internautes n’ont pas
leur mobile à côté d’eux, soit parce que
le numéro de téléphone enregistré
auprès de la banque est celui de leur
conjoint. Nous ne l’activons dans la
plupart des cas que pour les achats
supérieurs à 100 euros, poursuit le
dirigeant. Nous réduisons la déperdition de chiffre d’affaires sans baisser le
niveau de sécurité. »
PayPlug propose trois formules,
adaptées au volume et au nombre
de transactions, et est agréé établissement de paiement avec les obligations de contrôle que cela implique.
Ces dernières occupent de 15 à 20 %
de son effectif de 50 salariés. De
quoi convaincre quelques milliers
d’entreprises, dont certaines en Italie, et… BPCE Natixis, qui a pris la
majorité de la firme l’an dernier. n
Levée de fonds en cours
Lauréate en juin du concours
national i-LAB 2018, l’entreprise a aussi bénéficié de près
de 600.000 euros de la région
Centre-Val de Loire, à travers le
programme ARD 2020 Biomédicaments. Pour démarrer les
essais cliniques d’ici à 2020,
Virocovax prépare une levée de
fonds entre 500.000 euros et
1 million. A cette augmentation
de capital prendront part cinq
de ces scientifiques de l’Inserm,
qui ont dû obtenir l’autorisation
de leur autorité de tutelle et
vont rejoindre la société.
Les hépatites B et C affectent
400 millions d’individus et provoquent plus d’un million de
décès par an. Si l’hépatite B est
ciblée par un vaccin, il n’en existe
aucun contre l’hépatite C, ni contre le virus Zika, transmis par les
moustiques Aedes. Il est responsable de cas de microcéphalie
chez le nouveau-né et aussi du
syndrome de Guillain-Barré. n
Econick puise le nickel
grâce aux plantes
dière à biomasse. La cendre
obtenue est lavée pour récupérer le potassium, qui peut servir
d’engrais. Un processus de filtration et de purification permet
ensuite d’obtenir, outre le nickel,
du calcium et du magnésium
utilisables dans les industries
alimentaire et cosmétique.
DR
NORMANDIE
[photo] par exemple », projette
Edouard Sèche, président-fondateur de Virocovax, qui a
récemment signé un accord
avec la SATT Grand Centre pour
exploiter deux brevets.
Depuis sa création en 2016, la
société développe des vaccins
en immunothérapie, afin « de
les rendre efficaces et sûrs contre
des pathologies humaines,
notamment virales », précise
Edouard Sèche, qui s’appuie sur
la trentaine de chercheurs de
cette équipe de l’Inserm.
LE PROJET
LIFE AGROMINE
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
La propension de certains végétaux à emmagasiner des
métaux est connue depuis près
de quarante ans. Mais la valorisation de ces plantes, dites hyperaccumulatrices en filière
courte, est très récente. Incubé
par le Laboratoire Réactions et
Génie des Procédés, unité mixte
du CNRS et de l’université de
Lorraine, Econick a démontré, à
l’échelle du pilote, qu’il est possible d’obtenir une quantité significative de nickel à partir de
l’alyssum (photo), une brassicacée proche du colza. Depuis
trois ans, la start-up cultive, en
Albanie, cette plante qui révèle
une concentration de nickel de
20 % dans la cendre de biomasse, soit dix fois la teneur du
minerai extrait d’une mine.
Ses équipes ont ainsi récolté
quelque 150 kg de nickel à l’hectare. Liées en bottes, les alyssum
sont expédiées à Nancy, où elles
sont incinérées dans une chau-
Colorer des vases
de cristal
« En faible quantité, le nickel
obtenu peut colorer des vases de
cristal et des flacons de parfum
ou entrer dans la composition de
batteries nickel – cadmium, qui
restent utilisées dans le domaine
ferroviaire », explique Claire
Hazotte, docteure en chimie
et responsable technique
d’Econick. « En quantité industrielle, il intéresse essentiellement les aciéries. »
Hébergée par l’Ecole nationale supérieure des industries
chimiques de Nancy, la start-up
s’appuie sur l’expertise de six
chercheurs. L’équipe s’inscrit
dans le programme européen
Life Agromine, doté d’un budget
de 2,7 millions d’euros. « La production végétale de nickel ne peut
pas rivaliser avec celle d’une
mine, mais toutes les sources sont
bonnes à prendre et l’agromine
offre des débouchés multiples,
tant dans la production de
métaux que dans la dépollution
des terres », souligne Guillaume
Echevarria, professeur de biogéochimie des sols au sein de l’université de Lorraine. D’ores et
déjà, un industriel a engagé des
pourparlers avec Econick. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 23
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
fusions // acquisitions // cessions // partenariats
ENTREPRISES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Jean-Marc Livolsi
RECHERCHE DE PARTENAIRE
OU REPRENEUR
SARL IBT CONCEPT
Imprimerie familiale depuis 45 ans, studio graphique, offset 5 couleurs 74
Clientèle dans 64 et 40 : réseaux sportifs, culturels et touristiques, entreprises
nationales avec commandes quasi hebdomadaires
Redressement judiciaire du 04/09/2017 – Etablissement situé: 56, chemin Saint Bernard - 64100 BAYONNE
CA au 31/12/2017: 734 K€ – Salariés: 9
Date limite de dépôt des offres : 30 novembre 2018 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du Code de Commerce)
en 6 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique
sera autorisé après régularisation d’un engagement de confidentialité, du règlement de dataroom,
et d’une présentation succincte du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 6109
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB, Administrateurs Judiciaires Associés – Me Sylvain HUSTAIX
3 Rue Bernadou – 64100 BAYONNE – www.fhbx.eu
Fax : 05 24 84 87 40 / E-mail : philippe.paillaugue@fhbx.eu
ERIC AYAIDIA
Courtier de Marchandises Assermenté près la Cour d’Appel de Paris
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(Articles L.642-1 et suivants du code de commerce)
Activité: édition de presse gratuite, de livres et de périodiques – Localisation: Loir-et-Cher
Description de l’actif :
* Fonds de commerce : 800 annonceurs, commerçants
et artisans communiquant dans la presse locale gratuite
* Stock de livres essentiellement régionalistes
* Plusieurs collections de livres et périodiques annuels
diffusés en maisons de presse et librairies
CA HT 2016/17 : 2 M € – CA HT 2017/18 : 1,8 M € – Effectif : 15 salariés
Date limite de dépôt des offres : mercredi 21 novembre 2018 avant 12h
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12, place Jean Jaurès - 41000 BLOIS – Tél.: 02 54 78 62 62 – Fax : 02 54 78 01 56
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Tel: 02 47 20 47 50
Fax: 02 47 66 27 28
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auprès de Maître Robert Louis MEYNET au plus tard le :
Lundi 26 novembre 2018 à 12h00
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du Code de Commerce, devront être déposées chez l’administrateur judiciaire
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leur intérêt par écrit, et sous engagement de confidentialité, auprès de :
Maître Philippe BLERIOT – Administrateur Judiciaire
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Mail : www.ajilink.fr
Une data room virtuelle est mise en place.
L’accès à cette data room peut être obtenu sur demande écrite motivée
justifiant d’une capacité financière, industrielle ou commerciale
adaptée, et après signature d’un engagement de confidentialité
téléchargeable sur le site internet www.ajilink.fr
(rubrique Recherche Reprises) à envoyer à l’adresse suivante :
labis@ajilink.fr ou contact@bma-aj.com
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Tribunal de Commerce de LILLE METROPOLE, 445, bvd
de Gambetta, le 23 novembre 2018 entre 9h30 et 10h. L’ouverture
des enveloppes se fera à 10h, par le Juge-Commissaire du cédant.
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dans le 12ème arrondissement de Paris à proximité de la Gare de Lyon
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 Effectif : 7 salariés
 Région : Seine-et-Marne
Modalités :
 Cession organisée en application des articles L.642-1 et suivants
du Code de Commerce.
 L’accès aux informations sera réalisé par dataroom électronique
après un premier contact auprès de l’étude : j.dechanaud@ajilink.fr
 Les identifiants de connexion seront communiqués après remise
de l’engagement de confidentialité et des pièces mentionnées,
téléchargeables sur le site : www.ajilink.fr.
Date limite de dépôt des offres : 16/11/2018 à 16h00
121, rue Jean Dausset – BP 41250 – 84911 Avignon
Tél.: +33 (0) 432 40 51 00 / Fax: +33 (0) 432 70 05 83
Mail : isabelle@desaintrapt.fr
RECHERCHE DE PARTENAIRES OU DE REPRENEURS
Activité : restaurant et bar à vins
Localisation : emplacement de 1er choix – Centre historique – Avignon
Chiffre d’affaires HT : 740.106 € (exercice clos le 31/12/2017 sur 13 mois)
Nombre de salariés au 18 octobre 2018 : 12 personnes
Locaux d’activité : Loyer de 10,08 K € HT/mois pour une superficie de 548 m2
VNC des éléments corporels au 31/12/2017 : 212,9 K €
Date limite de remise des offres auprès de la SELARL de SAINT-RAPT & BERTHOLET:
Lundi 19 novembre 2018 à 12 heures
Si vous souhaitez des informations complémentaires, merci de contacter :
SELARL de SAINT-RAPT & BERTHOLET – Mme DELFOLIE Isabelle
PH. CONTANT – B. CARDON – A. BORTOLUS
Administrateurs Judiciaires
RECHERCHE DE REPRENEURS
Activité : Transports routiers. Réseau national. Messagerie express.
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www.etude-meynet.com
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A LA CONDUITE EN REDRESSEMENT
JUDICIAIRE
APPEL D’OFFRES DE REPRISE OU PARTENARIAT
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’ENTREPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE DE LIQUIDATION JUDICIAIRE AVEC POURSUITE D’ACTIVITÉ
(Articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
H2AD est un des intervenants précurseurs sur le marché de la télémédecine
et développe depuis sa création des solutions innovantes destinées au suivi
médicalisé à distance des maladies chroniques et de la perte d’autonomie.
H2AD dispose notamment de 3 agréments nécessaires à la pratique
de la télémédecine (ASIP, ISO 13485 et HADS).
Raison sociale : H2AD SAS
Siège social : 7, Parc Metrotech – 42650 SAINT JEAN BONNEFONDS
Activité : Prestation de services et de logistique notamment sur le secteur
de la santé. Recherche solutions médicotechniques sur le maintien à domicile.
Nombre de salariés : 32 salariés.
Actifs : Locaux d’une superficie de 900 m2 répartie sur 2 niveaux
près de l’agglomération de Saint-Étienne. Plateforme technique.
Clientèle : Établissements de santé, laboratoires, associations,
mutuelle/EHPAD et organisme étatique.
Éléments comptables :
Exercice du 31/12/2016 : CA: 1 572 K €
Exercice du 31/12/2017 : CA: 1 193 K €
L’accès aux informations (data-room électronique et/ou dossier de présentation) sera possible après
demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et
financière à intervenir sur cette affaire et après la régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les Candidats intéressés sont invités à déposer une offre avant le
19 novembre 2018 à 18h00 dernier délai en l’étude de :
Maître Éric ÉTIENNE-MARTIN – Administrateur Judiciaire
12, rue Louis Braille – 42 000 Saint-Étienne – E-mail : saintetienne@ajup.fr
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• Implantés à proximité immédiate d’un centre commercial
• Dans l’agglomération troyenne
• CA 2017 : 538.834 €
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DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES : 30/11/2018 À 12H00
Un dossier de présentation sera transmis sur demande écrite motivée auprès
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de l’Étude après signature d’un engagement de confidentialité. [Réf. Étude : N 7693]
PH. CONTANT – B. CARDON – A. BORTOLUS
7, rue Pithou - BP 20080 - 10002 TROYES Cedex
Tél. : 03 25 73 97 98 - Fax 03 25 82 82 29
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d’un engagement de confidentialité, d’un extrait K Bis et d’une note de présentation auprès de
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M Gérard PIOLLET, Administrateur Judiciaire, Résidence Duc Guillaume, 8 Place Gardin, 14000 CAEN
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24 //
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LA LIVRE STERLING
EN HAUSSE
La devise britannique grimpait de
1,11 % jeudi à la mi-journée face au
billet vert, à 1,2907 dollar, soit sa
plus forte hausse journalière depuis
la fin janvier. Une hausse imputée à
un article du « Times » – pourtant
démenti – sur un accord garantissant aux institutions financières
britanniques l’accès aux marchés
de l’UE après le Brexit. Parallèlement, la BoE a maintenu son principal taux directeur à 0,75 %.
les
indices
Octobre noir pour les marchés
l Certains investisseurs jugent
qu’il s’agit d’une simple correction.
l Mais de plus en plus d’observateurs
croient que le « bull market » a pris fin.
BOURSE
Sophie Rolland
@Sorolland
Octobre est souvent le mois des turbulences sur les marchés financiers. Les investisseurs ont été marqués par quelques krachs
automnaux mémorables. En octobre 2008, le S&P 500 avait plongé de
17 %. En 1987, la chute avait atteint
22 %. Et même hors de ces cas extrêmes, les analystes de BNY Mellon
notent que, depuis 1928, « la progression moyenne du S&P en octobre
ressort à seulement 0,5 %, soit
7 points de base en deçà de sa croissance mensuelle moyenne ».
Octobre 2018 pourrait bien dater
la fin du plus long marché haussier
de l’histoire boursière. Avec une
chute de 6,64 %, le S&P 500 a réalisé
son pire mois depuis 7 ans. Le Nasdaq a, lui, lâché 9,20 %, son plus fort
repli mensuel depuis novembre 2008. Les Bourses européennes
ont été entraînées dans la chute. Le
CAC 40 a perdu 7,28 %, sa plus mauvaise performance depuis août 2015.
Et encore, la dégringolade aurait
pu être beaucoup plus douloureuse
sans les dernières séances. Le
S&P 500 a rebondi in extremis les
30 et 31 octobre, porté par les
valeurs à forte croissance, celles-là
mêmes qui avaient le plus souffert
depuis le début du mois. L’indice
des services de communication
Un rebond
in extremis
au cours
des dernières séances.
– qui réunit notamment Facebook,
Netflix et Alphabet – et celui du secteur des hautes technologies, ont
ainsi fini en hausse de 2,10 % et
2,39 % mercredi. Sur l’ensemble du
mois d’octobre, ces deux indices
sont en baisse de respectivement
6 % et 8 %.
Marché encore haussier
ou déjà baissier ?
Si certains pensent qu’il s’agit d’une
phase de correction dans un marché haussier, de plus en plus
d’observateurs estiment que le
« bull market » – le taureau est le
symbole du marché haussier – est
désormais terminé. En début de
semaine, Morgan Stanley estimait
ainsi que le sentiment de marché
avait « pris une orientation baissière ». Une enquête de la banque
d’investissement auprès de plus de
100 gérants de portefeuille et responsables des investissements
montre que 80 % d’entre eux sont
prudents ou baissiers et seulement
20 % optimistes ou haussiers.
A l’inverse, dans une note publiée
jeudi matin, Barclays conseille à ses
clients de « ne pas capituler », estimant que la dernière phase de
baisse offre des opportunités pour
se repositionner sur certaines
valeurs injustement sanctionnées.
« Le marché connaîtra encore sans
doute quelques soubresauts, mais
nous anticipons un rebond d’ici à la
fin de l’année. »
Vendre les rebonds ou acheter
les replis ? Les gérants de portefeuille sont eux aussi partagés. « Les
marchés ne montent plus depuis six
mois. En fait, le point de retournement est déjà passé », estime Catherine Garrigues, responsable de la
gestion actions chez Allianz Global
Investors. « Le dernier bull market a
duré plus de neuf ans. C’est historiquement long. L’économie américaine arrive en fin de cycle. La der-
nière phase d’accélération de la
croissance, surtout liée aux mesures
fiscales, était anormale. Cela ne pouvait pas durer, surtout dans un contexte de remontée des taux et de
réduction du bilan de la Fed. »
S’ajoute la guerre commerciale
avec la Chine, « une bombe à retardement pour les entreprises américaines qui dégagent des marges
importantes en localisant leur production dans les pays à bas coût ».
« La purge est terminée »
A l’inverse, Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement
chez Pictet AM évoque « une consolidation dans un marché toujours
haussier, même s’il ne faut plus
s’attendre à des performances
comme celles que l’on a connues
depuis 2009 ».
Il reconnaît qu’il s’agit du
« deuxième avertissement après
celui de début février. Il témoigne
d’un pessimisme accru, non seulement par l’ampleur de la baisse, mais
aussi parce que la correction intervient après plusieurs mois de performances assez médiocres sur les marchés ». Mais pour lui la purge est
quasiment terminée. n
Un mois agité pour nombre d’actifs financiers
Le pétrole chute malgré
les sanctions contre l’Iran
La dette italienne sous l’œil
des agences de notation
Le 30 ans américain
et le « moment de l’anaconda »
C’est l’un des paradoxes de ce
mois d’octobre. Alors que l’entrée
en vigueur des sanctions américaines contre l’Iran, le 4 novembre, approchait, les cours du
pétrole ont, contre toute attente,
reculé le mois dernier. Le baril de
brent de la mer du Nord a perdu
plus de 8 % sur la période,
s’échangeant mercredi en fin de
journée autour de 76 dollars. La
chute dépasse 10 dollars par
rapport au plus haut atteint
début octobre. Les marchés
s’inquiètent toujours du recul des
exportations iraniennes et de la
capacité qu’auront l’Arabie, la
Russie ou d’autres à augmenter
leur production pour équilibrer
le marché. Mais ces données ont
été intégrées par les investisseurs
et les grands pays producteurs
ont cherché à rassurer. L’Opep
« est en mode “produisez autant
Les taux italiens se sont tendus le
mois dernier. Le rendement
à 10 ans a culminé à 3,68 %
le 18 octobre. Les investisseurs
ont suivi avec attention
le feuilleton du budget
du gouvernement populiste
et du bras de fer avec Bruxelles.
Dans ces conditions, le jugement
des grandes agences de notation
représentait une véritable épée
de Damoclès sur la dette
italienne.
S&P Global Ratings a décidé
de ne pas dégrader la note
de l’Italie mais a abaissé sa
perspective de « stable »
à « négative ». Autrement dit,
une révision de la note peut
intervenir dans les dix-huit
mois. Une semaine plus tôt,
Moody’s avait fait le choix
inverse. L’agence a dégradé la
note italienne à « Baa3 », mais l’a
La fin de l’âge d’or obligataire
a-t-elle sonné ? Le mois d’octobre
n’a pas été favorable aux
emprunts d’Etat américains,
malgré le retour de l’aversion au
risque. Le taux à 10 ans des
Treasuries s’est installé
au-dessus de 3 % et a touché
3,23 % en début de mois.
Le 30 ans, très important pour
le crédit immobilier notamment,
a grimpé jusqu’à 3,4 %. « La
partie long terme du marché
américain a souvent été décrite
comme un anaconda géant »,
explique l’équipe de M&G. « Il
attire peu l’attention car il dort la
plupart du temps, mais dès qu’il se
réveille, tout le monde tremble. »
Pour la première fois depuis
trente ans, le taux est sorti du
couloir – défini par les niveaux
de soutien et de résistance – dans
lequel il évoluait.
que vous pouvez” », a promis
Khaled Al Faleh, le ministre de
l’Energie saoudien. « Il faudra
attendre fin novembre pour avoir
une idée exacte de l’ampleur du
recul des exportations iraniennes,
estime Francis Perrin, chercheur
à l’OCP Policy Center. Dans
l’immédiat, je ne m’attends pas à
un choc sur les cours dès l’entrée
en vigueur des sanctions. » Ces
derniers jours, les marchés se
sont focalisés sur la demande
mondiale de brut et les nouvelles,
de ce côté, ont pesé sur les cours.
Selon les statistiques américaines
publiées mercredi, le niveau des
stocks aux Etats-Unis a augmenté
pour la sixième semaine d’affilée.
« La guerre commerciale et les
perspectives moins optimistes pour
la croissance mondiale jouent plus
que les tensions sur l’offre », poursuit le même expert. n
assortie d'une perspective stable.
Les marchés mesurent le chemin restant avant que la note
ne tombe en « catégorie spéculative ». A ce moment-là, un certain nombre de gérants de portefeuilles seront obligés de se
débarrasser de leurs titres.
« La croissance est l’un des
facteurs de risque les plus importants pour le pays, car elle peut
compromettre la trajectoire
de dette rapportée au PIB dans
les prochaines années et, in fine,
pousser les investisseurs à demander une rémunération plus élevée
pour acheter des obligations
italiennes », explique Nomura.
Les chiffres dévoilés le 30 octobre ont conforté ces craintes :
après plus de trois ans
de croissance, le PIB italien
est resté stable au troisième
trimestre. n
D’un point de vue fondamental, l’équation se présente mal
pour la dette américaine.
La politique menée par Donald
Trump impose d’émettre
davantage d’emprunts d’Etat.
Dans le même temps, la Réserve
fédérale réduit la taille
de son bilan et donc les montants réinvestis en obligations
du gouvernement. Celle-ci est
aussi lancée dans un processus
de remontée de ses taux
directeurs. Or, l’écart entre
les taux de la Fed et ceux
des autres banques centrales
tend à renchérir les coûts de
couverture de change. Autrement dit, les investisseurs
non américains doivent actuellement payer très cher la protection pour le dollar. Ce coût grignote la quasi-totalité du
rendement ! n
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FINANCE & MARCHES // 25
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
Casino : des fonds contestent
l’acompte sur dividende
FONDS
Certains investisseurs
exhortent les membres du conseil d’administration du groupe
Casino à ne pas voter
en faveur du versement du dividende.
Ratio élevé de distribution
de dividendes
La politique du groupe vis-à-vis des
actionnaires – en réalité essentiellement à l’égard de Rallye, la maison
BANQUE Banco Santander a publié mercredi un résultat net en
hausse de 36 % au troisième trimestre, à 1,99 milliard d’euros,
grâce notamment à la baisse de son taux de créances douteuses.
La première banque espagnole dépasse les attentes des analystes
interrogés par Factset, qui tablaient en moyenne sur 1,93 milliard.
BNP PARIBAS EASY
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 20.2012
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Luxembourg, le 2 novembre 2018
Madame, Monsieur,
Nous vous adressons la présente afin de vous informer des opérations suivantes, qui concernent les actions
UCITS ETF de BNP Paribas Easy (la Société) listées ci-dessous.
MODIFICATIONS CONCERNANT LA SOCIÉTÉ
Fractionnement des actions
Veuillez noter que, conformément à l’article 32 des statuts de la Société et aux fins de permettre à l’offre en
classes d’actions UCITS ETF de BNP PARIBAS EASY d’accéder aux nouvelles plateformes de distribution
(telles que les « robo-advisors »), le Conseil d’administration de la Société a décidé de procéder au
fractionnement des actions, selon le Rapport indiqué dans le tableau figurant ci-après, pour la classe
d’actions suivante :
Le bras de fer entre des vendeurs à découvert et le groupe Casino agite la place de Paris
depuis des mois. Photo Pascal Sittler/RÉA
mère très endettée, qui détient plus
de 51 % du capital de Casino – a aussi
été épinglée par Barclays en juin.
Les analystes de la banque s’alarmaient des cash-flows négatifs
enregistrés en France en 2017. Ils
remarquaient aussi que « Casino
semblait s’être imposé de maintenir
un dividende stable malgré la détérioration de sa performance opérationnelle au cours des dernières
années. Ce qui a conduit à une hausse
du ratio de distribution [la proportion du résultat net part du groupe
reversée en dividendes, NDLR] de
58 % en 2011 à 93,1 % en 2017 ».
L’avocate Sophie Vermeille se
démène sur le dossier Casino
depuis des semaines. Elle a, auparavant, saisi le H3C (Haut Conseil du
Commissariat aux Comptes) concernant la valeur des actifs Casino
dans les comptes sociaux de Rallye.
Elle a par ailleurs écrit à l’Autorité
des marchés financiers et à la Banque de France.
Interrogé par « Les Echos »,
Casino se défend. « Dire que nous
n’avons pas assez de cash pour verser
des dividendes est faux. Nous pouvons
le faire, en partie grâce aux cessions
d’actifs, mais aussi grâce au cash que
nous générons. » Le porte-parole
précise que le plan de réduction de
1 milliard de la dette du groupe cette
année tient compte du versement
éventuel du dividende. Il dénonce le
jeu des fonds : « C’est une lettre écrite
au nom des vendeurs à découvert de
Casino. Quand vous êtes vendeur à
découvert, s’il y a un dividende, vous
devez le payer. » Sauf que ceux-ci sont
essentiellement positionnés sur les
obligations du groupe et non sur ses
actions. Le dossier agite la place de
Paris depuis des mois. Au point que
Geoffroy Roux de Bézieux, le patron
du Medef, s’est exprimé dessus la
semaine passée : « La déstabilisation
de Casino pose un énorme problème
dans un secteur qui est quand même
très attaqué par ailleurs avec le changement de business model. »
Deuxième valeur la plus
« shortée » en France
Casino est la deuxième valeur française la plus vendue à découvert
derrière Vallourec. « Le “short-selling” est un outil légal, licite et qui
peut parfois être sain pour un marché », reconnaît le porte-parole du
groupe. En revanche, les « “fake
news” sont interdites ». Casino et
Rallye disent avoir déposé une
plainte contre X pour « manipulation de cours, diffusion d’informations fausses et trompeuses, et délit
d’initié » le 25 octobre. n
Des résultats contrastés pour Swiss Re
et AIG après la série de catastrophes
ASSURANCE
a essuyé une perte nette de 1,26 milliard de dollars au troisième trimestre, ce qui s’est traduit par une perte
ajustée par action de 34 cents. Les
analystes escomptaient en
moyenne un bénéfice ajusté par
action de l’ordre de 6 cents.
Le réassureur suisse a
dégagé un résultat net
de 1,1 milliard de
dollars sur les neuf
premiers mois de 2018.
Une des pires saisons
au Japon
L’assureur américain a
essuyé une perte nette
de 1,26 milliard au
troisième trimestre.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Swiss Re et AIG avaient tous les deux
prévenu que les catastrophes naturelles survenues au troisième trimestre leur coûteraient cher. Mais
leurs résultats – publiés jeudi pour le
réassureur suisse et la veille au soir
après-Bourse pour l’assureur américain – auront tous les deux surpris.
Une année « normale »
Avec un résultat net de 1,1 milliard
de dollars (970 millions d’euros)
pour les neuf premiers mois de
l’année, Swiss Re aura ainsi fait
mieux qu’attendu par les analystes.
Ceux-ci tablaient en moyenne sur
un bénéfice de 919 millions de dollars, selon un consensus fourni par
le géant mondial de la réassurance.
Après avoir gagné jusqu’à 2,20 % en
séance à la Bourse de Zurich, son
titre a fini en légère baisse (-0,53 %).
Entre les catastrophes naturelles
(typhons Jebi et Trami au Japon ou
Banco Santander fait mieux qu’attendu
au troisième trimestre
AVIS FINANCIERS
Laurence Boisseau
@boisseaul
Isabelle Couet
@icouet
Nouvel épisode dans la guerre que se
livrent depuis des mois des vendeurs
à découvert et Casino. Mercredi, des
fonds ont adressé une lettre ouverte
aux membres du conseil d’administration du groupe de Jean-Charles
Naouri. Ils les exhortent à ne pas
voter prochainement la distribution
d’un acompte sur dividende, compte
tenu de la situation financière de la
société. Plusieurs arguments sont
avancés par leur avocate Sophie Vermeille. « Les flux de trésorerie du périmètre France de Casino sont virtuellement nuls après le coût d’endettement
et ne permettent pas de procéder à une
distribution de dividendes, encore
moins à un acompte. » Elle souligne
qu’au versement de dividendes d’un
montant de 350 millions d’euros
s’ajoute un programme de rachat
d’actions de 143 millions.
Autre critique : « Les exigences de
rendement du dividende sont exorbitantes au regard des comparables. »
Selon l’avocate, le rendement du
dividende Casino est égal à 8 % contre 1 à 3 % pour le reste du secteur. Et
ce, sans même tenir compte du programme de rachat d’actions du premier trimestre.
en bref
encore l’ouragan Florence aux EtatsUnis) et les grandes catastrophes
d’origine humaine (en particulier,
l’effondrement du pont de Gênes et
l’incendie d’un chantier naval en
Allemagne), le groupe suisse aura
dû faire face à une charge de sinistre
de 1,6 milliard de dollars. Malgré
tout, « 2018 semble se présenter
comme une année que l’industrie
devrait considérer comme normale
en termes de sinistres », estime Chris-
tian Mumenthaler, le directeur
général de Swiss Re, cité dans un
communiqué. Alors que les discussions sur les tarifs de la réassurance
pour les renouvellements du 1er janvier 2019 battent son plein, « il y a un
besoin pour des hausses de prix continues », a plaidé John Dacey, le directeur financier du groupe lors d’une
conférence de presse téléphonique.
De son côté, AIG – qui communique sur des données trimestrielles –
La facture des catastrophes naturelles a atteint 1,6 milliard de dollars
pour l’assureur new-yorkais. « Nos
pertes reflètent la gravité […] de l’une
des pires saisons de catastrophes
naturelles au Japon en 25 ans », souligne AIG. Les séismes et typhons
ayant frappé l’Archipel ont représenté plus de la moitié de la charge,
tandis que les catastrophes survenues en Amérique du Nord ont
compté pour un peu moins du
total. Acheté cette année par AIG, le
réassureur et assureur Validus aura
supporté une charge de 200 millions
de dollars, principalement au Japon.
« Nous restons en ligne pour dégager un résultat opérationnel » dans
la division d’assurance dommages,
a indiqué Brian Duperreault, le
PDG d’AIG. Le ratio entre les sinistres que doit payer AIG et les primes
encaissées dans cette branche s’est
amélioré, à 63,3 %. Cette amélioration, « attendue de longue date »,
selon un analyste, a visiblement
satisfait les investisseurs. En milieu
de séance à Wall Street, le titre AIG
avançait de 4 %. Mais il avait auparavant perdu 15 % depuis la publication mi-octobre du coût prévisionnel de la charge de sinistres. n
Compartiment
Code ISIN
Dénomination
Rapport
Date de
fractionnement
MSCI Pacific ex Japan ex CW
LU1291106356
UCITS ETF - CAP
22
04/12/2018
Conséquences du fractionnement
En conséquence du fractionnement, le nombre d’actions sera augmenté (multiplié par le Ratio figurant dans
le tableau supra), comme indiqué ci-après.
En raison du fractionnement, les droits de vote des actionnaires de la classe d’actions susmentionnée seront
également multipliés par le Ratio figurant dans le tableau supra. Les droits de vote des actionnaires des
classes d’actions non fractionnées seront de ce fait dilués lors de toute assemblée générale concernant la
SICAV ou un compartiment.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de
la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation
de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions
effectués via ce type d’intermédiaire.
Vos options :
1. Si ces modifications vous conviennent, aucune démarche de votre part n’est nécessaire.
2. Au cas où vous seriez en désaccord avec la modification susmentionnée, vous pouvez demander le rachat
de vos actions, sans frais, jusqu’au 4 décembre 2018.
3. En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 /
AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Les Avis aux actionnaires sont consultables sur notre site Internet www.bnpparibas-am.com.
Bien à vous,
Le Conseil d’administration
BNP Paribas L1
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 32 327
AVIS DE FUSION AUX ACTIONNAIRES
« SEASONS »
COMPARTIMENT ABSORBANT
FUSION EFFECTIVE À COMPTER DU 11 DÉCEMBRE 2018
Le Conseil d’administration de l’OPCVM luxembourgeois BNP Paribas L1 (la Société) décide, conformément aux
dispositions de l’Article 32 des Statuts des Sociétés et au Chapitre 8 de la Loi luxembourgeoise du 17 décembre 2010
relative aux OPC (la Loi), et en accord avec le fonds commun OPCVM français BNP PARIBAS ACTIONS EURO
PROTEGE et BNP PARIBAS ACTIONS MONDE PROTEGE, représenté par sa Société de gestion, d’absorber par
dissolution sans liquidation le fonds commun nourricier absorbé français par le transfert de l’ensemble de ses
actifs et passifs dans le Compartiment maître absorbant luxembourgeois en échange de l’émission à ses porteurs
de parts de nouvelles actions du Compartiment absorbant conformément à l’Article 1, point 20), a) de la Loi.
Fonds communs absorbés
Compartiment BNP Paribas L1 absorbant
Code ISIN
Fonds
Classe
Devise
FR0010077206
BNP PARIBAS
ACTIONS EURO
PROTEGE
« ClassicCAP »
EUR
BNP PARIBAS
« ClassicFR0010077230 ACTIONS MONDE
CAP »
PROTEGE
Code ISIN
Compartiment
Classe
Devise
LU1655321476
Seasons
ClassicCAP
EUR
EUR
1) Date d’entrée en vigueur de la Fusion
La Fusion sera effective le mardi 11 décembre 2018.
2) Contexte et motivation de la Fusion
- Les garanties offertes dans les Fonds communs absorbés expirent et ne seront pas renouvelées.
- La Fusion a pour objectif de fournir une offre de produits garantis en tenant compte des conditions
actuelles du marché.
3) Impact de la Fusion sur les Actionnaires absorbants
La fusion n’aura pas d’impact pour les actionnaires du Compartiment absorbant.
4) Organisation de l’échange d’actions
Les porteurs de parts absorbés recevront de nouvelles actions dans le Compartiment absorbant dont le
nombre est calculé en multipliant le nombre de parts détenues dans les Classes absorbées par le rapport
d’échange.
Les rapports d’échange seront calculés le mercredi 12 décembre 2018 en divisant la valeur nette
d’inventaire (VNI) par part des Classes absorbées calculée le mercredi 12 décembre 2018 par la VNI par
action des Classes absorbantes correspondante calculée le mercredi 12 décembre 2018 sur la base de
l’évaluation des actifs sous-jacents réalisée le mardi 11 décembre 2018.
Les critères adoptés pour l’évaluation des actifs et, le cas échéant, des passifs à la date du calcul du rapport
d’échange seront les mêmes que ceux utilisés pour le calcul de la VNI, tels que décrits dans le chapitre
« Valeur nette d’inventaire » du Livre I du prospectus des Sociétés.
Les porteurs de parts titulaires d’actions au porteur recevront des actions au porteur.
Aucun montant en espèces ne sera versé au titre de la fraction de l’Action absorbante attribuée au-delà de
la troisième décimale.
5) Droit de rachat des actions
Les actionnaires du Compartiment absorbant n’approuvant pas la fusion peuvent demander le rachat de
leurs actions sans frais jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres, le mercredi 5 décembre 2018.
6) Autres informations
Tous les frais liés à cette fusion, dont les frais d’audit, seront supportés par BNP PARIBAS ASSET
MANAGEMENT Luxembourg, la Société de gestion de BNP Paribas L1.
La Fusion sera validée par PricewaterhouseCoopers, Société Coopérative, le réviseur d’entreprises de
BNP Paribas L1.
Les Rapports annuel et semestriel et les documents légaux des Fonds, les DICI des Compartiments absorbé
et absorbant et les rapports du Dépositaire et du Réviseur d’entreprises agréé au titre de cette opération
sont disponibles auprès de la Société de gestion. Le DICI du Compartiment absorbant est également
disponible sur le site Internet www.bnpparibas-am.com où les actionnaires sont invités à en prendre
connaissance.
Les actionnaires qui souhaitent obtenir de plus amples informations sur cette Fusion sont invités à contacter
la Société de gestion.
Cet avis sera également communiqué à tout investisseur potentiel avant toute souscription.
Veuillez consulter le Prospectus de la Société pour tout terme ou toute expression non définis dans cet avis.
Luxembourg, le 2 novembre 2018
Le Conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
Les banques fébriles avant
la publication des tests de résistance
BANQUE
Les résultats du test de
résistance des grandes
banques de l’Union
européenne seront
dévoilés ce vendredi.
Les établissements
français questionnent
la méthode utilisée
par l’Autorité bancaire
européenne.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Des milliers de cases à renseigner
avec minutie, 17.000 données à collecter et à transmettre à l’Autorité
bancaire européenne (ABE), de
multiples dialogues contradictoires à mener avec le gendarme des
banques… Les chiffres du test de
résistance de l’ABE, conçu pour
mesurer la solidité des principales
banques européennes, donnent le
tournis. Ce n’est pas le premier
exercice du genre, mais, à quelques
heures de la publication des résultats ce vendredi soir, la tension est
palpable.
« Cela représente six mois de travail, c’est très compliqué et, dans
l’absolu, c’est un exercice très utile.
Mais cette fois-ci, le test risque de ne
pas représenter toutes les réalités
nationales », prévient un banquier.
En France, la crainte d’être mal
compris est vive : « Il y a des spécificités du marché à prendre en compte
car elles font varier l’impact d’un scénario de stress. Par exemple, contrairement à certains pays européens, les
banques françaises ne rémunèrent
pas les dépôts. Cela fait varier les conséquences d’une hausse des taux
d’intérêt… » explique un autre banquier français. « La méthodologie a
été perçue comme mal justifiée et, par
ailleurs, il y a eu des ajouts de stress
qui ont été perçus comme peu pertinents », confirme un troisième.
Quarante-huit banques
concernées
Il faut dire que globalement l’exercice se veut plus « dur » qu’en 2016.
Il met les banques de l’Union européenne au défi d’une récession de
–1,2 % en 2018, de –2,2 % en 2019,
suivi d’un léger rebond de +0,7 % en
2020. Sur le plan financier, la
Les regards des
investisseurs
devraient se tourner,
comme lors des
derniers tests de
résistance, vers l’Italie.
Banco BPM sera
notamment scruté
car son matelas de
fonds propres est plus
faible que celui
de ses concurrents.
période « stressée » serait marquée
par une hausse abrupte des primes
de risque, rendant la dette publique
et privée moins soutenable et
entraînant un brutal manque de
liquidités sur les marchés.
Autre nouveauté : les normes
comptables IFRS9 seront intégrées
dans l’exercice. « Cela peut peser sur
les calculs de provisions puisque cette
norme est particulièrement sensible
à la dégradation des expositions »,
rappelle Anthony Bréchet, directeur chez Cognizant. Au total, ce
« stress test » concerne 48 banques,
soit 70 % des actifs bancaires européens, et prend comme paramètre
leur santé financière mesurée à fin
décembre 2017.
Les banques qui ont traversé de
lourdes difficultés – l’italienne
Monte dei Paschi ou les banques
grecques – ne sont pas concernées.
Les regards des investisseurs
devraient néanmoins se tourner,
comme lors des derniers tests de
résistance, vers l’Italie. Banco BPM
sera notamment scruté car son
matelas de fonds propres est plus
faible que celui de ses concurrents.
Les performances de l’allemande
NordLB, qui cherche à se recapitaliser, sont aussi attendues, comme
celles de Deutsche Bank.
L’ABE ne dévoilera pas les bulletins de notes individuels, mais le
marché devrait scruter avec attention les marges de manœuvre dont
dispose chaque établissement par
rapport aux exigences minimales
de fonds propres « durs » requis en
cas de scénario très dur. « Quelques
augmentations de capital pourraient
se révéler nécessaires pour certaines
banques », anticipe l’agence de
notation DBRS. En tout état de
cause, les banques bénéficieront
d’un répit de deux jours ce weekend pour faire la pédagogie de leurs
scores aux investisseurs avant
l’ouverture des marchés.
4
À NOTER
La Fédération bancaire
européenne a appelé mercredi
à la mise en place urgente
d’un cadre d’échange de
données standardisé avec
les autorités de régulation.
« Les autorités européennes
doivent revoir la coordination
des reportings demandés
aux banques », fait-elle valoir.
La première banque
danoise a perdu
1.500 clients au troisième trimestre suite
au scandale et s’attend
à d’autres défections.
Thibaut Madelin
@ThibautMadelin
Le scandale de blanchiment laisse
des traces chez Danske Bank. Au
troisième trimestre, 1.500 clients
particuliers ont fermé leur compte
auprès de la première banque
danoise, a reconnu jeudi son patron
par intérim, Jesper Nielsen. « Nous
ne pensons pas avoir vu la fin du
mouvement », a précisé le successeur de Thomas Borgen, débarqué
le 1er octobre, qui est décidé à « augmenter les rencontres avec les
clients ». A l’origine d’un scandale
d’environ 200 milliards d’euros
ayant transité par sa petite filiale
estonienne, le groupe reconnaît
être confronté à une « tâche énorme
pour retrouver la confiance des
clients et de la société ».
Un sujet politique
A quelques mois d’élections clefs,
l’affaire est devenue un sujet politique dans un pays jusqu’ici réputé
pour l’éthique de sa vie des affaires.
« Si on ne peut pas faire confiance à
n o t re s ys t è m e f i n a n c i e r, c e l a
conduira à un manque de confiance
général sur la façon dont notre
société fonctionne », a déclaré
Le siège social de Danske Bank, à Copenhague. Photo Mads Claus Rasmussen/Ritzau Scanpix/AFP
récemment le Premier ministre,
Lars Rasmussen.
Le scandale a déjà un impact sur
la santé de Danske Bank. Sur les
neuf premiers mois de l’année, la
banque a enregistré un bénéfice net
de 11,6 milliards de couronnes
(1,6 milliard d’euros), en baisse de
24 %, suite à un don de 1,5 milliard
de couronnes à une fondation indépendante luttant contre la criminalité financière, un recul des activités
de courtage et une hausse de ses
coûts de conformité.
la cote hebdomadaire des opcvm
nom du fonds
vl au
30/12/2017
Dernière vl
Date vl
performance
Depuis le
30/12/2017
performance
1 an
294,76
212,90
324,25
62,11
30/10/2018
31/10/2018
30/10/2018
30/10/2018
6,96
2,02
-10,82
-6,55
7,88
3,14
-10,80
-8,66
performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
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federal indiciel us (fr0000988057)
federal indiciel Japon (fr0000987968)
federal apal (fr0000987950)
federal croissance p (fr0000987703)
275,59
208,68
363,61
66,46
BANQUE
La grande majorité
des caisses locales
du Crédit Mutuel
Massif Central s’est
prononcée en faveur
d’une sortie d’Arkéa.
A Brest, on estime
toutefois que « rien
n’est fait ».
Nouvel épisode dans la guerre
fratricide qui oppose le Crédit
Mutuel Arkéa (regroupant trois
fédérations : Bretagne, Massif
Central et Sud-Ouest) et le Crédit
Mutuel CM11-CIC (regroupant
onze fédérations sous l’égide de
Strasbourg). Mercredi, le front
auvergnat qui remet en cause
les projets d’indépendance de sa
maison mère – la branche bretonne du Crédit Mutuel – a fait
voter son ralliement au Crédit
Mutuel de l’Est en assemblées
générales extraordinaires.
« Les sociétaires du Crédit
Mutuel Massif Central (CMMC)
ont choisi de rester Crédit Mutuel
en approuvant à une très large
majorité (85 % des suffrages
exprimés) les modifications statutaires permettant leur rattachement à la Caisse fédérale de
Crédit Mutuel », se félicite la
fédération régionale dans un
communiqué. Elle précise que
ce rattachement à la fédération
de Strasbourg « interviendra au
plus tard le 1er janvier 2020 ».
Le sujet n’est pas
tant économique
– le CMMC ne
représente que 3 %
des fonds propres
du groupe Arkéa –
que politique.
Après le scandale
de blanchiment,
Danske Bank perd
des clients
BANQUE
Crédit Mutuel :
le Massif
Central
vote sa sortie
d’Arkéa
30,06
20,99
13,76
-6,06
les performances passées ne préjugent pas des performances futures. elles ne sont pas constantes dans le temps. les documents d’information clé pour l’investisseur et les
prospectus des fcp sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
Son ratio de liquidité, qui mesure
la capacité d’une banque à faire face
à ses engagements à court terme,
est tombé à son plus bas niveau
depuis le premier trimestre 2016, à
135 %. « La dimension du déclin en
soi n’est pas un motif d’inquiétude,
mais une baisse continue pourrait
devenir une source d’attention »,
déclare aux « Echos » Bjorn Norrman, analyste à l’agence de notation
financière Fitch, qui a placé fin septembre la note de la banque sous
surveillance négative.
Danske Bank, qui a ignoré pendant plusieurs années les alertes
liées au risque de blanchiment dans
sa filiale estonienne, a déjà rehaussé
ses besoins en capitaux suite aux
demandes du régulateur. Le groupe
fait l’objet d’enquêtes de plusieurs
pays, dont les Etats-Unis, et pourrait
écoper d’une amende totale allant
jusqu’à 8 milliards de dollars, selon
les analystes. « C’est encore très difficile d’estimer l’impact du scandale
sur son fonds de commerce en termes
de parts de marché, sur son compte
de résultat ou sur ses fonds propres »,
reconnaît une analyste. Mais l’effet
est déjà anticipé par les marchés :
l’action a chuté de 50 % depuis le
début de l’année et l’instrument
financier servant à s’assurer contre
une faillite de la banque (CDS) a pris
250 % sur la même période.
Sous pression, la banque a porté
à 1.275 ses effectifs dédiés à la conformité et au contrôle interne, contre 350 en 2015. Signe de l’importance du sujet, qui dépasse le cas
danois, le néerlandais ING a
annoncé jeudi des « mesures robustes » en la matière après avoir versé
775 millions d’euros aux autorités
néerlandaises pour solder une
affaire de blanchiment d’argent.
Alarme en Europe
D’autres banques ayant des activités importantes dans les pays Baltes, comme Nordea, font aussi
l’objet d’une attention particulière.
Selon l’agence de notation financière Standard & Poor’s, « les banques européennes apparaissent surreprésentées » dans les cas de
blanchiment, comme l’ont également montré cette année les scandales Pilatus (Malte) ou ABLV (Lettonie). Le sujet alarme les autorités
européennes, qui débattent d’une
réforme. Selon un document daté
du 29 octobre cité par Reuters,
l’Union européenne envisage de
mandater la Banque centrale européenne et la Commission européenne pour examiner les cas présumés de blanchiment d’ici à mi2019 et de « possibles actions
complémentaires » pour renforcer
le cadre légal. n
Pour le Massif Central, c’est
un satisfecit politique : sur les
trente caisses de la fédération,
seules trois ont voté contre ce
projet. « Il appartiendra à la
fédération du Massif Central et à
la Confédération Nationale de
définir leur statut futur », prévient la fédération. Chez Arkéa,
on ne s’avoue pas vaincu, bien
au contraire : « rien n’est fait. Le
passage de la fédération du Massif Central vers CM11 nécessite la
modification de l’agrément bancaire et des statuts d’Arkéa, qui
n’a pas été initiée à ce jour », a
déclaré le groupe breton dans
un communiqué.
Le sujet n’est pas tant économique – le CMMC ne représente
que 3 % des fonds propres du
groupe Arkéa – que politique.
Plus tôt dans l’année, les caisses
du Massif Central avaient déjà
été appelées au vote, mais par
Arkéa cette fois-ci, afin de se
prononcer sur le projet
de départ du Crédit Mutuel. La
tête de la fédération avait refusé
d’organiser un vote, mais six
de ses trente caisses y avaient
pris part et avaient approuvé le
projet.
Dialogue avec la BCE
Ce vote intervient à un moment
clef pour Arkéa qui a engagé un
dialogue avec la BCE sur son projet d’indépendance. L’exercice
prend du temps. En début de
semaine « Ouest-France » a cité
un courrier adressé à la direction
d’Arkéa par la BCE, qui pointe les
incertitudes juridiques liées à ce
projet d’indépendance. A ce
stade, la consultation des caisses
locales du Crédit Mutuel Arkéa
sur les modalités pratiques de sa
prise d’indépendance est prévue
avant la fin de l’année.— S. W.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 27
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
La devise chinoise au plus bas
depuis dix ans
qui pourrait encore augmenter les
droits de douane sur les importations chinoises si le yuan baisse trop
contre le billet vert.
Le ralentissement de la croissance en Chine et la guerre commerciale avec les Etats-Unis continuent
de peser sur le renminbi. Le taux de
change global de la monnaie chinoise est plus stable que la paire dollar-renminbi et n’est au plus bas que
depuis mai 2017. Selon Brad Setser,
économiste au Council on Foreign
Relations, la banque centrale gérerait la valeur du renminbi contre un
panier de monnaies, et ferait en
sorte que son indice de change global CFETS évolue dans le corridor
officieux entre 92 et 98 points, et
pour un niveau de 92,3 en début de
semaine. C’est le cas depuis début
2016. Les autorités peuvent accroître la marge de fluctuation du yuan
contre ce panier de monnaies en
tolérant une baisse de son taux de
change sous les 92 points.
La baisse de la devise chinoise
affecterait alors plusieurs devises et
pas seulement le dollar. Depuis
début juin, le renminbi a moins
baissé par rapport à l’euro que par
rapport au dollar, 5,7 % contre 8,5 %.
Une baisse trop prononcée du yuan
contre la devise européenne risquerait de mécontenter l’Europe à
l’heure où celle-ci connaît un ralentissement économique. n
MONNAIE
La devise chinoise,
à 6,9750 renminbis
par dollar, au plus bas
depuis dix ans.
Le dollar est à portée
du seuil des 7 renminbis qui préoccupe
la banque centrale
chinoise.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Comme attiré par un aimant, le dollar, à 6,9750 renminbis, au plus haut
depuis mai 2008 contre la devise
chinoise, s’approche du seuil des 7
renminbis. La banque centrale chinoise est préoccupée par l’impact
qu’aurait sur le marché un franchissement de ce seuil, selon l’agence
Reuters, qui cite des membres de
l’institut d’émission. D’ici à la fin de
l’année, ce niveau psychologique
pourrait être franchi plusieurs fois à
la hausse et à la baisse et dans un
regain de volumes. La banque centrale s’efforcerait de gérer au mieux
cette « cassure » en intervenant et
justifiant son action par la volatilité
des marchés, d’après Craig Chan,
stratège chez Nomura. Elle veut évi-
ter que cette cassure accroisse le
pessimisme des marchés et soit analysée par eux comme le début d’une
correction significative et prolongée.
Si elle parvient à stabiliser sa
monnaie autour de ce seuil, elle inciterait les spéculateurs qui sont vendeurs de renminbis à prendre leurs
bénéfices et à ainsi limiter la pression. La banque centrale montrerait
aussi aux marchés que les 7 renminbis constituaient finalement un simple chiffre sans conséquence
majeure. Elle ne peut pas à elle seule
inverser la tendance de sa monnaie
sur les marchés mais peut agir sur sa
vitesse, et gagner du temps.
Réserves en baisse
La publication des réserves de
change de la banque centrale le
7 novembre sera suivie de près par
les marchés. Elles avaient diminué à
3.090 milliards de dollars en septembre, et une poursuite de leur
recul signifiera que les autorités
monétaires seront encore intervenues en octobre, ce que les analystes
supputent. En pleine guerre commerciale, la Chine veut éviter de trop
contrarier l’administration Trump,
BANQUE
Contraint de se restructurer après une
série de scandales,
Commonwealth Bank
of Australia cède sa
société Colonial First
State Global Asset
Management pour
2,56 milliards d’euros.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondand à Tokyo
Inquiet de la faiblesse historique des
taux d’intérêt nippons et de l’impossible réveil de l’inflation, le plus
grand groupe financier japonais,
Mitsubishi UFJ Financial Group
(MUFG), a annoncé mercredi qu’il
allait prendre le contrôle pour
328 milliards de yens (2,56 milliards
d’euros) de Colonial First State Global Asset Management, l’entité gestion d’actifs de la banque austra-
lienne Commonwealth Bank of
Australia.
Cherchant à s’internationaliser
pour casser sa dépendance au marché nippon et à se diversifier, MUFG
avait annoncé, dès 2017, qu’il avait
mis de côté un budget de 1.000 milliards de yens pour notamment
doper son empreinte globale sur ce
marché de la gestion d’actifs. La banque japonaise se déclarait ainsi
prête à lancer plusieurs acquisitions, notamment dans la zone AsiePacifique, pour atteindre un volume
critique d’actifs gérés proche des
100.000 milliards de yens en 2020,
contre 60.000 milliards en 2016.
« Nous voulons être le leader de cette
industrie au Japon mais aussi un
acteur global affichant une présence
significative à l’international », a justifié dans un communiqué MUFG.
Un prix jugé généreux
En prenant le contrôle de Colonial
First State Global Asset Management, qui gère actuellement l’équivalent de 210 milliards de dollars
australiens d’actifs, MUFG se rap-
Toshifumi Kitamura/AFP
La banque japonaise MUFG s’offre
un géant australien de la gestion d’actifs
Le siège de Mitsubishi UFJ
Financial Group, à Tokyo.
proche de son objectif et s’achète
une présence en Australie, en Asie
mais également au Royaume Uni,
où la société australienne gère le
fonds First State Investments.
Si le marché a été surpris par une
cession si soudaine de Colonial First
State Global Asset Management et à
un prix jugé si généreux (l’équivalent de 17,5 fois les profits nets
annuels de Colonial), les analystes
savaient que Commonwealth Bank
of Australia cherchait à se séparer
de son entité gestion d’actifs. Mais ils
avaient plutôt anticipé une forme de
spin-off en 2019.
Comme les autres grandes banques australiennes, CBA est dans la
ligne de mire des autorités après
une série de scandales financiers,
impliquant des fraudes présumées
aux assurances-vie ou aux prêts
immobiliers ainsi que du blanchiment d’argent. Le gouvernement
australien a ouvert une grande
enquête sur son secteur financier et
pourrait exiger, dès l’an prochain,
une profonde restructuration du
secteur en forçant notamment ses
banques à se replier sur leurs activités traditionnelles de prêt. Ces derniers mois, toutes ont d’ailleurs
multiplié les cessions d’entités pour
éviter un bras de fer avec les pouvoirs publics. Fin 2017, ANZ avait
déjà cédé son activité d’assurancevie au suisse Zurich Insurance
Group pour 2,1 milliards de dollars. n
Brexit : Amsterdam va manquer de moyens
face à l’afflux d’opérateurs boursiers
BOURSE
L’autorité de contrôle
des marchés financiers
néerlandaise recherche des fonds pour
recruter davantage
de personnel.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Passée l’euphorie des derniers mois,
l’inquiétude est de mise sur la place
financière d’Amsterdam en prévision du Brexit. Tablant sur un afflux
de transactions provenant de nouveaux acteurs boursiers cherchant
refuge à Amsterdam avant la date
fatidique du 29 mars prochain,
l’AFM, l’autorité de contrôle des
marchés financiers néerlandaise,
anticipe un manque de moyens et
d’expertise.
Si, dans l’ère post-Brexit, Paris et
Francfort s’avèrent les places financières privilégiées des banques
d’investissement à côté de Dublin et
Luxembourg pour les gestionnaires
d’actifs, Amsterdam attire avant
tout les opérateurs boursiers versés
dans les actions et les obligations.
Les arrivées massives annoncées
ces derniers mois de traders haute
fréquence (Jump Trading, DRW) et
de grands opérateurs boursiers
(Cboe, le London Stock Exchange,
Bloomberg, Tradeweb) se présen-
tent cependant comme un défi pour
la place boursière amstellodamoise.
Bonne réputation
L’organisme de contrôle des marchés financiers néerlandais redoute
d’être confronté à un manque de
moyens en perspective du Brexit.
« Nous allons devoir recruter du personnel et investir davantage dans nos
systèmes informatiques », précise
Merel van Vroonhoven, directrice
générale de l’AFM. Autant d’investissements nécessaires pour mener
à bien le surplus de demandes
d’agrément en cours et le contrôle
les futures transactions. A la recherche de ces fonds, l’AFM est en discussions avec La Haye. Pour l’heure,
l’AFM fonctionne avec un budget
annuel de 98,5 millions d’euros en
employant 642 salariés à temps
plein. « Le nombre de transactions
quotidiennes sur le marché des
actions va passer de trois millions
aujourd’hui à dix millions après la
sortie du Royaume-Uni de l’Union
européenne », indique Sander van
Leijenhorst, directeur en charge du
Brexit auprès de l’AFM. Au global,
Amsterdam anticipe d’attirer plus
d’un tiers du marché des capitaux
européens. Et ce parce que, outre les
infrastructures informatiques performantes dont sont dotés les PaysBas, les régulateurs néerlandais,
dont l’AFM et la banque centrale,
jouissent d’une bonne réputation
pour leur compréhension des marchés d’actions et de dérivés. n
LA SÉANCE DU 1ER NOVEMBRE 2018
La Bourse
de Paris ne
confirme pas
le rebond
de la veille
Le mois d’octobre catastro•phique
(lire page 24) s’était tout
de même soldé par un joli
rebond le 31 octobre. Mercredi,
la Bourse de Paris s’adjugeait
+2,31 % dans un volume
d’échanges important pour finir
la séance à 5.093,44 Points.
Mais dès le 1er novembre, le
c l a n d e s p e s s i m i s t e s l ’a
emporté, il est vrai dans des
volumes moyens (3,6 milliards
d’euros), jour férié oblige. Le
CAC 40 a terminé en léger repli,
perdant 0,15 % à 5.085,78 points.
La bonne orientation de Wall
Street, influencée par des tweets
aimables de Donald Trump, n’a
pas suffi. Le président américain a indiqué avoir eu une
« excellente et longue conversation avec le président chinois Xi
Jinping ».
Gros responsable du recul de
l’indice parisien, Total reculait
de 2,54 % à 50,64 euros, accompagné de TechnipFMC (-1,78%
à 23,14 euros). Le recul des cours
du pétrole et le mauvais accueil
réservé aux résultats trimestriels de Royal Dutch Shell ont
fait chuter le secteur. Egalement à la peine, les constructeurs automobiles : Renault a
vu ses immatriculations chuter
de 3,44% en octobre et a reflué
de 0,15% à 65,97. Et bien que les
siennes aient augmenté de
9,22% le mois dernier. PSA
Groupe perdait 1,05% à 20,81
euros. A l’inverse, Orange
gagnait 1,6%. Tout le secteur
européen des télécoms a profité
de la publication semestrielle
du britannique BT Group.
L’OPÉRATION DU JOUR
Le premier producteur
mondial d’uranium bientôt coté
Le premier producteur au
•monde
d’uranium, le groupe
public kazakh Kazatomprom, a
annoncé mercredi sa prochaine entrée en Bourse à Londres pour une valorisation pouvant atteindre 4 milliards de
dollars. Ce projet est symbolique après des années moroses
pour le nucléaire depuis la
catastrophe de Fukushima en
2011, qui a poussé de nombreux
pays à se détourner de l’atome
ou à réduire leurs ambitions.
Kazatomprom a proposé un
prix entre 11,6 et 15,4 dollars par
titre aux investisseurs, ce qui lui
fait espérer une valorisation
comprise entre 3 et 4 milliards
de dollars. La société va mettre
en Bourse 15% de son capital qui
seront vendus par le fonds souverain kazakh Samruk-Kazyna,
avec pour objectif de débuter la
cotation à Londres le 13 novembre.e Kazatomprom fait partie
d’une série de privatisations
décidées par le président du
Kazakhstan Nursultan Nazarbayev.
en bref
Londres veut encadrer les crypto-actifs
BITCOIN Le gendarme des marchés britannique, la FCA (Financial Conduct Authority) et le Trésor vont consulter sur la vente
de produits dérivés, les ICO, le traitement fiscal des cryptoactifs
et l’application des règles antiblanchiment. Londres évoque en
priorité les enjeux de stabilité financière, de défense du consommateur et de lutte antiblanchiment. Contrairement à
l’approche législative française avec la loi Pacte, le RoyaumeUni compte s’appuyer avant tout sur des réglementations déjà
en place sans en créer de spécifique.
Un hedge fund activiste américain
prend 3 % du capital de Deutsche Bank
BANQUE Le fonds activiste américain Hudson Executive Capi-
tal a annoncé jeudi avoir pris une participation de 3,1 % au capital de Deutsche Bank, devenant l’un des principaux actionnaires de la première banque allemande. Dirigé par Douglas
Braunstein, un ancien directeur financier de JPMorgan Chase,
le hedge fund new-yorkais dit « voir une valeur à long terme
significative dans Deutsche Bank ». Selon lui, la banque dispose
« encore d’une marge significative » pour utiliser ses fonds plus
efficacement afin d’améliorer les rendements. Le président du
directoire de Deutsche Bank, Christian Sewing, a salué l’arrivée
de ce nouvel actionnaire. « Nous apprécions la confiance d’Hudson Executive dans notre capacité à mettre en œuvre nos objectifs
stratégiques », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Malgré un bénéfice en forte hausse,
Credit Suisse déçoit les marchés
BANQUE Credit Suisse a publié jeudi un résultat net en hausse de
74 %, à 424 millions de francs suisses (371 millions d’euros), pour
le troisième trimestre, mais inférieur aux attentes des analystes,
sur fond de performances contrastées dans la banque d’affaires
et la gestion de fortune. Le chiffre d’affaires de la deuxième banque suisse, qui entre dans la dernière ligne droite d’un vaste plan
de restructuration, s’est replié de 2 %, à 4,8 milliards de francs. Le
titre Credit Suisse a baissé de 2,08 % à la Bourse de Zurich jeudi.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 01 - 11 - 2018
CAC 40 : 5085,78 (-0,15 %) NEXT 20 : 11564,93 (0,24 %)
CAC LARGE 60 : 5660,15 (-0,11 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3998,7 (-0,05 %)
DATE DE PROROGATION : 27 NOVEMBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
40,39
800675
290.969.205
106,95
774365
428.301.594
97,64
1878563
776.295.452
21,92
6623990
1.021.903.623
75,38
360558
106.884.219
22,14
5254823
2.423.655.502
45,6
5037962
1.249.798.561
32,14
748061
366.559.868
107,65
524226
168.817.033
17,05
2646036
789.252.839
11,308
5468682
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62,33
1342129
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110,55
414890
261.541.129
11,745
9092633
2.435.285.011
120,8
760818
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505
70606
105.569.412
393,1
334738
126.279.322
268,8
624593
505.028.789
57,74
520168
266.805.751
199,35
610929
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
40,8
41,13
40,24
105,95
107,5
105,7
96,5
98,23
96
22,225
22,625
21,53
76,62
77,38
74,4
22,18
22,37
22,05
46,255
46,695
45,6
32,71
32,98
32,09
108,1
108,8
106,25
17,275
17,495
17,05
11,468
11,51
11,286
62,78
63,56
62,33
109,45
110,9
107,1
11,97
12,055
11,73
122
122,6
120,75
504
507
494,6
399
399,2
390,3
269,8
270,15
264,95
57,52
58,2
57,24
199,8
200,5
197,9
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,94
- 7,9
- 4,48
- 0,98
- 6,78
- 4,12
- 1,24
-10,15
+ 10,44
+ 0,84
-16,46
- 12,19
+ 1,11
-26,68
- 42,65
+ 0,18
- 3,82
- 15,49
+ 0,27
-11,03
- 29,86
+ 1,46
-12,02
- 21,19
+ 0,09
- 3,44
+ 2,9
+ 0,73
+ 4,32
- 0,09
+ 1,24
- 5,52
- 23,29
+ 0,32
- 7,83
- 10,65
- 1,26
-15,45
+ 18,99
+ 1,66
- 5,26
- 17,48
+ 1,04
- 5,24
+ 13,33
- 0,2
-11,73
+ 12,92
+ 1,37
-14,82
+ 8,2
+ 0,37
-12,09
+ 5,7
- 0,38
- 8,7
- 9,79
+ 0,45
- 4,08
+ 3,2
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 5,12
48,95
38,12
2,57
+ 0,86
115,25
97,12
2,5
+ 16,27
3,4
111,16
28,42
81,33
1,55
- 18,03
30,765
20,815
- 36,86
130,55
65,1
2,22
- 10,33
27,69
20,495 5,68
- 25,69
68,66
45,3
6,53
- 24,47
45,98
30,3
5,2
+ 9,31
119,8
95,4
1,57
- 4,24
19,73
12,955 2,66
- 16,9
15,54
10,966 5,49
- 10,25
71,78
61,16
3,03
+ 23,55
141
87,52
0,53
- 16,5
1,21
14,815
9,93
11,31
3,09
+ 6,13
129,55
105,35
1,25
+ 12,94
614,6
417,9
1,51
+ 9,22
522,4
338,263
1
+ 9,94
313,7
232,5
1,26
- 10,39
67,44
54,56
2,19
+ 8,03
214,9
170,3
1,78
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
89,74
716709
178.978.841
13,79
7473204
2.660.056.599
134,45
652747
265.421.592
21
2249823
904.828.213
51,26
477633
235.249.801
66
847606
295.722.284
114,4
1286623
443.680.643
33,17
1533793
552.705.465
79,5
2789275
1.251.758.065
63,88
1478511
579.016.919
32,495
3651690
807.917.739
90,36
309183
147.454.887
13,465
3375183
911.151.920
23,2
1497407
452.633.699
51,5
7819308
2.683.096.135
158,8
344398
138.286.626
28,34
2548268
240.253.100
17,625
1381354
565.593.341
78,92
919318
597.428.682
21,34
3538952
1.305.230.587
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
90,58
92,12
88,96
14,045
14,18
13,785
136,2
136,2
133,65
20,81
21,4
20,7
51,78
52,22
51,2
65,97
67,41
65,76
113,1
115,55
112,85
33,355
33,675
32,875
79,01
79,84
78,18
63,86
64,82
63,12
32,68
32,89
32,37
90,7
90,92
89,94
13,83
13,83
13,36
23,14
23,56
22,92
50,64
51,63
50,33
160,16
160,64
157,7
27,58
28,94
27,55
17,61
17,9
17,54
78,68
79,62
78,54
21,4
21,69
21,25
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,18
-12,53
- 27,91
+ 1,63
+ 3,12
- 0,99
+ 1,04
- 3,61
+ 5,62
- 1,05
- 8,77
+ 0,02
+ 1,05
- 1,07
- 6,4
- 0,15
-11,24
- 23,82
- 0,83
- 6,06
+ 25,32
+ 0,35
- 8,55
- 33,73
+ 0,22
+ 1,9
- 1,89
- 0,16
- 7,42
- 15,14
+ 0,62
-10,7
- 31,63
+ 0,64
-1
- 16,1
+ 3,06
-13,67
- 32,86
- 1,78
-13,82
- 4,91
- 2,54
-10,16
+ 4,89
- 0,08
- 7,3
- 3,4
-24,95
- 53,03
- 0,06
+ 2,12
- 13,66
- 0,25
- 4,05
- 6,56
+ 0,28
- 3,39
- 1,47
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 24,23
130,85
84,06
3,92
- 2,97
15,235
13,315
2,14
+ 3,22
147,75
120,05
0,74
+ 22,74
25,4
16,455 2,55
- 8,6
63,18
48,96
3,86
- 21,38
100,8
62,2
5,38
+ 31,65
122,25
81,04
1,42
- 27,46
48,6
30,525
3,9
+ 9,97
80,06
62,88
3,84
- 9,88
78,56
57,66
3,45
- 24,09
47,505
31,85
6,73
- 19,05
113,05
76
3,03
- 24,03
0,23
22,97 60,86
11,575 0,38
- 10,48
29,17
22,04
+ 9,98
56,82
43,09
1,26
- 16,78
195,5
155,22
- 55,71
66,48
22,69
4,53
- 17,23
22,29
16,42
4,77
- 7,6
88,8
74,06
2,24
- 4,55
24,87
20,26
2,1
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 4,144
4,236
57643
4,288
40.789.901
4,1
B 6,36
6,43
34867
6,45
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,35
ABIVAX (ABVX) g
B 5,8
5,67
5297
5,8
FR0012333284
10.024.182
5,64
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,59
0,574
3902
0,592
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,572
ACTIA GROUP (ATI) g
C 4,26
4,335
47431
4,485
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
4,26
ADOCIA (ADOC) g
B 12,54
12,5
7454
12,76
FR0011184241
6.916.753
12,3
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 184,7
184,7
35205
186,5
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
183,8
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 8,608
9,122
8481356
9,142
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,512
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 58,3
58,3
16576
58,8
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
58,1
AKWEL (AKW) g
B 17,4
17,12
23625
17,84
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
16,9
ALD (ALD)
A 13,15
13
77359
13,34
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
12,98
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 27,05
26,4
5365
27,05
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
26,4
ALSTOM (ALO) LR
A 38,53
38,56
468586
39,02
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.058.368
38,27
ALTAREA (ALTA) g
A 192,6
194,6
1183
195
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
192,6
ALTEN (ATE) G
A 85,3
85,25
60364
87,4
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
84,3
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 8,8
8,845
706561
8,895
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,675
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,21
3,21
9705
3,28
FR0012789667
47.804.841
3,21
AMUNDI (AMUN) G
A 52,32
52,84
EX-DS 15/03/17
129299
53,12
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
52,12
APRIL GROUP (APR)
B 16,05
16,25
6027
17,3
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
16,05
ARCHOS (JXR) g
C 0,451
0,469
280335
0,479
FR0000182479
45.832.542
0,451
ARKEMA (AKE) L
A 92,22
93,6
281445
94,6
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
91,92
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 12,4
12,5
8307
12,6
FR0000074783
6.651.515
12,38
ASSYSTEM (ASY) g
B 25,7
26
OPA 24/11/17
2934
26
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
25,5
ATARI (ATA)
C 0,388
0,383
668125
0,389
FR0010478248
255.105.360
0,376
AUBAY (AUB) g
C 31,9
31,95
7719
32,1
FR0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
31,4
AUREA (AURE)
C 6,7
6,64
301
6,7
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
6,62
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,187
0,188
537285
0,189
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,18
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 14,04
14,06
5341
14,38
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
14
BÉNÉTEAU (BEN)
A 14,56
14,5
137541
14,76
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
14,22
BIC (BB) G
A 84,9
84,65
113052
85,7
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
84,2
BIGBEN INT. (BIG) g
C 7,74
7,78
10426
7,84
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
7,65
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 67,4
68,9
114026
69,3
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
67,3
BOIRON (BOI) g
A 52,9
52,1
17410
53
FR0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
51,1
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,714
3,736
1034295
3,78
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,714
BONDUELLE (BON) g
B 31,35
31,55
10026
31,9
FR0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
31,35
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 19,875
19,68
1154269
20,07
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
19,68
BURELLE SA (BUR)
A 946
956
44
956
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
942
CARMILA (CARM)
C 19,52
19,6
7365
19,72
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
19,46
CASINO (CO) LR
A 38,98
39,38
244714
39,61
FR0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
38,7
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,71
2,63
227321
2,75
FR0010193052
30.514.178
2,52
CGG (CGG) G
C 2,108
2,082
2912274
2,146
FR0013181864
709.942.880
2,068
CHARGEURS (CRI) g
C 19,2
19,53
26029
19,66
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
19,14
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 342,8
337,8
EX D OP 08/06/17
32021
342,8
FR0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
331,9
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/301018
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 1,1
+ 6,97
- 53,45
+ 0,78
+ 1,74
+ 3,71
- 0,53
-16,86
- 51,95
- 2,38
- 7,72
- 22,43
+ 2,36
-26,4
- 33,92
- 1,88
-25,95
- 22,41
- 0,11
- 3,8
+ 25,18
+ 6,57
+ 5,9
- 35,12
- 49,21
11,15
3,86
+ 2,39
7,48
5,95
- 34,3
9,87
5,2
- 33,26
0,87
0,56
- 37,89
9,08
3,71
- 12,89
21,3
10,66
+ 16,53
202,6
156
- 32,83
14,51
6,646
+ 25,92
- 6,42 70,8
+ 13,4
46,2
- 2,84 - 49,21
-12,21 36,8
- 50,78 15,66
- 1,29 + 0,66
-17,88 16,93
+ 3,17
12,54
- 2,22 - 19,22
- 9,9
36,1
- 2,22 23,95
- 0,23 + 11,43
+ 0,36 41,52
+ 10,5
32,79
+ 0,21 - 6,49
- 2,7 218,5
+ 0,23 178,2
+ 0,12 + 22,47
- 5,85 94,4
+ 13,5
69,5
+ 0,86 - 29,25
+17,85 13,681
- 38,06
6,5
- 0,31 - 9,32
+7
4,4
- 24,11
2,9
+ 0,49 - 25,21
-18,31 77,66
- 28,78 50,92
+ 1,56 + 10,54
+26,46 17,95
+ 13,88 12
+ 3,65 - 24,81
-23,52
1,512
- 32,12
0,41
+ 0,88 - 7,83
-13,29 112,9
- 14,29 85,02
- 0,32 - 25,82
- 7,41
17,88
- 32,65 12,02
+ 1,17 - 13,1
- 8,45 33,05
- 21,92 24,5
- 1,03 + 6,39
- 4,96
0,948
+ 9,43
0,355
+ 1,43 - 7,66
-15,03 43,3
- 8,08 28,85
- 0,9 - 22,88
-15,31
9,3
- 24,29
6,46
- 1,05 - 10,48
-14,16
0,477
+ 4,44
0,164
+ 0,43 - 38,33
-14,48 23,1
- 40,04 13,2
- 1,23 - 27,3
+ 0,97 23,2
- 13,48 11,6
+ 0,06 - 7,65
+ 7,9
99,05
- 6,1
71,8
- 0,13 - 43,58
-25,19
16,2
- 43,62
6,9
+ 2,23 - 7,75
- 4,17 82,6
+ 1,77 59
- 1,51 - 30,39
-11,09 78,5
- 32,77 51,1
- 0,16 - 17,49
- 0,16
4,798
- 10,41
3,46
+ 0,64 - 28,42
+ 6,77 47,8
- 22,39 27,05
- 1,35 - 13,65
-12,49 24,28
- 13,76 18,735
+ 1,7 - 24,72
-23,82 1420
- 26,46 884
+ 0,72 - 15,57
-10,71 25,35
- 17,54 18,76
+ 0,97 - 22,11
+ 8,97 53,48
- 19,24 25,37
- 2,95 - 13,2
-13,77
3,611
+ 69,34
2,015
- 2,98 + 36,27
-15,37
4,1
+ 29,78
1,295
+ 2,09 - 22,84
- 7,96 28,64
- 18,66 17,03
- 1,29 + 10,92
- 9,02 383,8
+ 14,66 291,6
- 20,17
-11,63 7550
- 15,56 5600
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
CLARANOVA (CLA) g
C 0,784
0,767
2795696
0,79
393.613.788
0,756
A 19,64
19,77
460775
20,2
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
19,62
COFACE (COFA) g
A 8,83
8,76
149515
8,88
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
8,6
COLAS (RE)
A 155
150,4
869
155
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
150,4
COVIVIO (COV) G
A 88,5
88,55
75048
89,1
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
88,3
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 24,7
24,5
885
24,8
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
24,5
DASSAULT AV. (AM) G
A 1473
1470
3156
1482
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1456
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 110,55
109,45
414890
110,9
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
107,1
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 32,54
33,3
82548
33,48
FR0010417345
30.006.352
32,22
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,264
4,3
784305
4,47
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,202
DEVOTEAM (DVT) g
C 97,6
97,5
5287
100,8
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
95,7
DNXCORP (DNX) g
C 6,04
6,16
1055
6,16
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,04
EDENRED (EDEN) G
A 33,35
32,72
632227
33,85
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
32,56
EDF (EDF) LR
A 14,675
14,6
EX-DS 7/03/17
1964123
14,745
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
14,485
EIFFAGE (FGR) LR
A 86,2
86
256118
87,06
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
85,6
EKINOPS (EKI) g
3,07
3,045
12722
3,105
FR0011466069
21.529.161
3,045
ELIOR (ELIOR) G
A 12,75
13,04
253531
13,15
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
12,7
ELIS (ELIS) G
A 17,88
18,08
329024
18,08
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
17,86
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,18
4,07
13584
4,185
FR0011191766
22.641.483
4,045
ERAMET (ERA) Gg
A 81,7
83,9
66691
84,15
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
80,7
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 6,5
6,74
29462
6,74
FR0011471135
17.940.035
6,49
ESI GROUP (ESI) g
C 35
35,4
1252
35,4
FR0004110310
5.955.072
34,5
EURAZEO (RF) G
A 64,15
64,65
94065
65,35
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
63,85
EURO RESSOURCES (EUR)
C 2,8
2,9
1038
2,9
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
2,8
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 448,4
448,6
19149
453
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
442,6
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 8,395
8,56
290914
8,71
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
8,395
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 17,87
18,145
1019612
18,55
FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
17,87
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 67,6
67,6
275
68
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
67,6
FAURECIA (EO) G
A 42,69
43,43
724110
44,44
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
42,14
FFP (FFP) g
A 103,4
103,8
5207
104,6
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
103,2
FIGEAC AERO (FGA) g
B 11,9
11,9
12133
12
FR0011665280
31.839.473
11,82
FIN. ODET (ODET)
A 780
776
225
784
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
772
FNAC DARTY (FNAC)
A 63
60,9
49756
63,95
FR0011476928
26.792.938
60,55
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 63,6
63
280
63,8
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
63
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A
/311018
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,11
2,77
1,05
1,2
1,75
4,23
1,89
0,91
1,17
2,71
4,73
1,66
2,46
3,85
0,75
2,26
1,42
1,72
4,08
1,29
0,49
3,07
0,54
1,43
2,85
1,67
3,96
1,54
1,01
3,16
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
10987
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,138
1798980
FR0000079634
01/10/01 0,1 151.685.385
GECINA (GFC) G
A 130
97008
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.225.110
GEMALTO (GTO) L
A 50,28
171802
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 20,7
164503
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 1,675
65177
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,498
64016
FR0011790542
78.357.935
GETLINK (GET) LR
A 11,08
953475
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 19
7531
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
1,13
1,14
1,13
0,133
0,138
0,129
130,5
131,3
130
50,4
50,4
50,28
21,3
21,3
20,54
1,64
1,72
1,62
1,498
1,498
1,422
11,08
11,165
11,01
18,98
19
18,88
- 0,13 + 56,53
-26,53
1,223
+ 55,58
0,491
+ 0,36 + 2,67
- 3,84 21,62
- 1,79 18,41
- 0,91 - 1,73
+ 8,96 10,76
- 7,69
7,2
- 2,97 - 17,13
-15,79 192
- 19,55 139,6
- 0,23 - 6,28
- 0,06 97,3
+ 1,44 83,05
- 0,81 - 14,4
- 6,13 29,9
- 14,04 23,6
+ 0,34 + 13,26
- 7,2 1729
+ 9,83 1267
- 1,26 + 23,55
-15,45 141
+ 18,99 87,52
+ 1,77 - 20,52
-11,81 47,38
- 19,08 28,54
+ 0,94 - 52,81
- 5,91
9,18
- 52,29
3,502
+ 0,1 + 30,26
-14,47 119
+ 22,04 72,5
+ 0,65 - 1,44
- 8,61 10
- 10,72
5,8
- 2,42 + 35,32
+ 0,21 35,95
+ 31,75 23,74
- 0,55 + 40,12
- 2,6
15,78
+ 25,65
9,832
- 0,49 - 5,85
-10,51 101,7
- 3,9
81,1
- 1,3 - 34,94
-17,7
5,49
- 42,66
2,82
+ 2,44 - 24,3
- 1,66 19,71
- 46,88 11,26
+ 1,4 - 21,44
-10,32 23,94
- 19,29 16,12
- 2,63 - 14,85
-12,28
5,92
- 17,78
3,49
+ 3,01 - 15,28
- 5,52 167,2
+ 8,61 66,75
+ 2,74 - 63,57
-16,53 19,57
- 73,02
5,92
+ 1,43 - 23,87
- 6,1
48
- 4,32 32,7
+ 0,16 - 11,84
-5
82,286
- 15,19
61,25
+ 1,75 - 17,14
- 5,84
3,61
- 14,71
2,78
+ 0,49 - 11,62
- 7,96 545,5
- 16,08 382,2
+ 2,15 - 16,49
+ 5,16
11,78
- 31,27
7,17
+ 1,31 - 5,96
-11,31 23,11
- 14,59 15,275
- 41,72
-30,17 125,5
- 42,2
67,6
+ 1,21 - 33,32
-14,64 76,98
- 31,96 37,72
+ 3,49
-10,82 120,4
- 1,1
94,5
+ 0,51 - 37
19,5
-19,81
- 35,43
11,5
- 0,51 - 21,29
- 3,48 1090
- 18,32 744
- 3,18 - 39,52
- 8,76 106,6
- 24,51 53,6
+ 15,36
+ 5,7
64,6
+ 14,96 54,4
- 24,08
- 2,11 565
- 25,6 360
- 0,75
-13,64
- 5
+ 0,62
- 9,94
- 5,88
+ 0,08
+ 0,68
+ 42,43
+ 3,3
+ 7,79
- 6,08
- 1,8
-10,14
- 68,34
+ 1,22
+ 1,22
- 15,84
- 0,32
+ 0,91
+ 3,21
+ 0,42
- 3,65
- 25,34
1,15
1,125
+ 47,78
0,32
0,09
- 15,2
161,9
128,5
+ 1,82
50,56
49,1
- 10,95
28,28
17,67
- 73,46
7,68
1,335
- 9,76
2,08
1,312
+ 3,36
12,49
10,11
- 20,16
27,072
17,54
4,25
3,88
5,45
1,04
0,53
3,26
0,92
22,73
1,9
1,03
2,33
3,22
2,05
2,74
1,93
5,17
0,54
1,77
6,67
2,34
2,53
1,93
0,13
1,88
4,21
11,96
2,71
3,43
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
GROUPE CRIT (CEN) g
B 59,3
775
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,205
EX D S 13/06/17
172453
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 9,97
12002
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
GROUPE LDLC (LDL) g
C 12,62
NOM.
3577
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
22
REGR.
1583
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
GTT (GTT) Gg
A 65,35
52465
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 10,1
10748
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
HIGH CO (HCO) g
C 4,75
4235
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
HUBWOO (HBW) g
C
FR0004052561
ICADE (ICAD) G
CLOT
+ HAUT
+ BAS
57,9
59,5
57,9
0,229
0,23
0,205
9,95
10
9,87
12,92
12,96
12,62
22
22
22
64,45
65,9
64,15
10,06
10,24
10,02
4,8
4,8
4,75
136.345.527
A 74,6
74,9
52206
75,5
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
74,2
ID LOGISTIC (IDL) g
B 149
149,2
2897
149,4
FR0010929125
5.628.475
147,2
ILIAD (ILD) G
A 102,25
109,05
216770
109,05
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
101,95
IMERYS (NK) G
A 54,4
54,15
114899
54,85
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
53,75
INGENICO GROUP (ING) LR
A 62,86
64,38
344506
64,8
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
62,86
INNATE PHARMA (IPH) g
B 7,37
7,67
496964
7,745
FR0010331421
63.882.655
7,345
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,14
2,135
32741
2,14
FR0010291245
44.119.162
2,06
INTER PARFUMS (ITP) g
B 36,6
38,05
20185
38,15
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
36,6
IPSEN (IPN) G
A 122
122,3
90932
124,4
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
121,95
IPSOS (IPS) G
A 23,42
23,44
45062
23,9
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
23,34
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 18,36
18,12
15673
18,88
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
18,12
JCDECAUX (DEC) G
A 29,34
29,6
109814
30,12
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,26
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 35,8
35,88
30418
36,38
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
35,62
KLEPIERRE (LI) LR
A 30
29,99
447261
30,38
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,89
KORIAN (KORI)
A 34,8
34,68
72456
35,1
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
34,5
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,98
40,31
33935
41,1
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,17
LAGARDÈRE (MMB) G
A 24,18
24,1
301388
24,41
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
24,04
LATECOERE (LAT) g
C 3,42
3,425
47685
3,485
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,42
LE BÉLIER (BELI) g
C 34
33,15
1389
34
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
32,9
LNA SANTÉ (LNA) g
B 46,45
46,4
2688
46,85
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
46,15
LECTRA (LSS)
B 18,82
19,16
21798
19,16
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
18,76
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 30,3
30,75
1476
31
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
30,3
LISI (FII) g
A 25,95
26,2
5931
26,5
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
25,95
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 11,96
12,2
11073
12,28
FR0000038242
15.884.557
11,96
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 16,99
17,04
115907
17,43
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
16,98
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 22,22
22,6
63298
22,72
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
22,14
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 33,3
33,5
1925
33,8
32,9
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 25
24,75
7629
25,3
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
24,35
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,24
4,205
33677
4,285
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,18
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,74
2,73
24572
2,75
FR0010609263
23.147.338
2,71
MERCIALYS (MERY) g
A 12,9
13,09
82967
13,11
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
12,9
MERSEN (MRN) g
B 29,05
28,65
46606
29,45
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
28,6
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,816
1,828
17712
1,842
FR0004177046
23.261.500
1,81
NANOBIOTIX (NANO) g
B 13,54
13,39
108298
13,86
FR0011341205
19.633.373
13,3
NATIXIS (KN) LR
A 5,16
5,17
3468734
5,234
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,124
NEOEN (NEOEN)
A 18,4
18,5
96885
18,5
FR0011675362
84.919.998
18,2
NETGEM (NTG) g
C 1,13
1,15
3914
1,15
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,12
NEXANS (NEX) G
A 25,62
26,12
150836
26,3
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
25,5
NEXITY (NXI) G
A 42,3
40,74
244613
42,38
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
40,44
NICOX (COX)
B 5,25
5,28
52254
5,35
FR0013018124
22.869.669
5,205
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,78
7,98
5836
8,08
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
7,78
OENEO (SBT) g
B9
8,97
8156
9
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
8,94
ONXEO (ONXEO) g
B 0,98
1,017
198879
1,02
FR0010095596
50.914.722
0,968
ORPÉA (ORP) G
A 109
109,5
93351
110,55
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
108,2
PARROT (PARRO) g
B 4,01
4,295
82818
4,3
FR0004038263
30.174.671
4,01
PHARMAGEST INT. (PHA)
53,8
51,1
2483
53,8
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
51,1
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 19,68
19,5
4361
19,78
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
19,4
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,8
1,79
25014
1,806
FR0011950641
21.606.363
1,762
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 24,5
24,48
194141
25,24
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
24,12
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 11,08
11,5
DIV 8 02/05/17
21218
11,6
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
11,08
PSB INDUST. (PSB)
C 45,9
45,9
276
45,9
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
45,9
RALLYE (RAL)
A 9,85
9,84
51814
10,08
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,79
RECYLEX SA (RX)
C 6,26
6,43
6809
6,435
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.747.482
6,175
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 104,8
105,7
108476
106,9
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
104,8
REXEL (RXL) G
A 11,22
10,86
1645057
11,22
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
10,695
ROBERTET SA (CBE)
B
/311018
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 35,4
35,5
22493
35,7
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
34,9
RUBIS (RUI)
A 45,54
45,66
DIV 2 28/07/17
151403
46,56
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
45,42
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 109,5
111,2
DIV 6 10/05/16
54676
111,4
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
108,9
SAVENCIA (BH)
B 65
65,8
603
65,8
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
64,6
SCOR (SCR) LR
A 40,73
41,35
462343
41,65
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
40,73
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,86
-16,09
- 28,42
+ 2,69
-11,92
- 15,19
- 0,2
-23,11
- 48,23
+ 2,54
-20,25
- 45,16
- 4,35
- 33,17
- 1,45
- 3,66
+ 52,26
+ 0,4
-14,16
- 35,26
+ 0,95
- 6,25
+ 7,14
- 1,25
- 5,95
- 1,25
- 6,14
- 0,29
+ 0,13
- 3,24
+ 1,63
+ 6,65
+ 0,09
- 49,13
- 0,64
-13,15
- 31,87
+ 2,78
- 2,22
- 23,59
+ 3,58
+61,75
- 18,14
+ 0,71
-17,88
- 20,63
+ 4,1
-14,59
+ 28,04
- 0,25
-15,66
+ 16,7
- 0,43
-10,94
- 26,41
- 1,09
-12,25
- 35,57
+ 1,86
- 5,19
- 9,17
- 1,05
-15,02
- 7,5
- 0,03
- 1,32
- 10,94
- 0,46
+ 8,1
+ 26,06
- 1,13
- 5,11
- 15,59
- 0,37
- 9,57
- 14,77
+ 0,29
-13,62
- 38,18
- 2,5
-11,01
- 28,91
- 0,75
-12,95
- 23,1
+ 2,35
-13,11
- 24,09
+ 1,49
-16,89
- 21,6
+ 1,75
-14,94
- 33,25
+ 2,01
- 9,09
+ 90,63
- 0,41
- 2,91
- 14,24
+ 2,08
-10,39
- 38,67
+ 2,13
-13,66
- 44,44
- 0,8
-20,29
- 26,16
+ 0,12
-14,1
- 67,3
- 0,37
- 2,5
- 46,47
+ 1,08
- 5,76
- 21,83
- 1,72
- 5,76
- 25,39
+ 0,77
- 9,5
- 17,29
- 0,15
-16,1
- 13,45
+ 0,08
- 9,68
- 23,51
+ 1,09
+12,12
+ 12,12
+ 1,77
-21,77
- 53,06
+ 2,19
- 1,69
- 53,66
- 3,73
-14,77
- 22,37
+ 1,54
-17,63
- 40,54
+ 2,31
- 1,72
- 25,56
+ 0,34
-20,05
- 4,17
+ 5,06
- 5,4
- 27,87
+ 0,6
- 1,62
+ 7,04
+ 5,53
-10,52
- 60,23
-13,83
+ 8,4
- 0,31
-30,36
- 57,71
- 0,33
- 4,18
- 37,76
- 0,49
-23,52
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+ 4,17
-10,85
- 47,39
- 8,57
- 3,43
+ 0,26
- 1,45
- 32,6
+ 3,71
-14,66
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+ 0,76
- 9,5
- 5,41
- 3,64
-16,11
- 29,14
- 3,88
+ 27,95
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 20,45
95
57,1
7,6
- 11,92
0,34
0,18
- 36,5
19,04
9,5
- 35,37
22,2
12,4
- 34,89
36,5
20
1,41
+ 28,64
68,45
47,06
2,06
- 37,63
19,68
8,9
2,19
- 2,04
6
4,21
2,92
- 1,25
0,204
0,155
- 8,58
88,65
71
+ 10,36
156,6
120
- 45,41
214,4
95,6
0,62
- 31,05
87,8
52,1
3,83
- 27,67
94,34
55,8
2,33
+ 61,47
7,77
4,41
- 27,38
3,12
1,818
+ 21,14
45,85
30,727
1,76
+ 22,83
155,95
99
0,82
- 23,65
34,5
22,36
3,71
- 34,11
32,9
16,16
3,86
- 11,92
36,9
25,46
1,89
- 9,46
47,26
33,52
5,16
- 18,21
38,58
28,34
+ 17,78
35,28
22,84
1,73
- 14,31
4
51,1
35,5
- 9,84
27,17
21,99
5,39
- 40,02
6
3,2
- 33,71
66,3
30,45
3,56
- 21,22
60
42,5
0,51
- 23,82
26,3
16,82
1,98
- 21,78
39,45
29,05
4,39
- 34,66
41,75
25,4
1,83
+ 73,05
17,96
6,8
- 20,87
24,34
16,49
5,58
- 40,13
38,58
20,06
1,95
- 44,1
63,9
31,2
5,08
- 18,85
37,95
22,2
2,51
- 66,57
13
3,86
- 42,41
5,41
2,42
- 29,03
18,75
12,46
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41,9
25,6
2,62
- 19,82
2,52
1,734
- 9,71
18,87
8,295
- 21,62
7,45
4,886
7,16
+ 8,19
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17,1
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2,9
1,1
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1,88
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- 19,82 63,8
+ 1,17 + 23,27
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+ 16,43 30,84
1,92
3,29
0,38
2,43
3,99
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 126,7
73838
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,31
315695
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 25,35
3624
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 4,25
119587
FR0013006558
32.804.103
SIPH (SIPH) g
B
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
SOITEC (SOI) G
B 63,8
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
88099
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,718
REGR.
1915330
FR0012938884
582.684.440
SOMFY (SO)
A 68,3
1155
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 98,3
33939
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 13,83
319296
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
23,05
2318
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.425.786
ST DUPONT (DPT) g
C 0,142
23923
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
STEF (STF) g
B 80,9
2338
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,73
69503
FR0010949404
26.824.657
SUEZ ENVIRONNEMENT (SEV) LR A 12,805
1629936
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,59
32518
FR0010526814
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SWORD GROUP (SWP) g
B 33,8
3103
FR0004180578
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TARKETT (TKTT) G
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A 112,6
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FR0000121329
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B 3,07
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FR0005175080
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A 47,86
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FR0000031775
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VILMORIN & CIE (RIN) G
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FR0000052516
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A 142
6122
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 24
974
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 30
2669
FR0013357621
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FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 46,3
66844
FR0011981968
133.451.173
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A 6,12
127125
BE0974310428
130.781.669
XPO LOGISTICS (XPO) g
A 326
26
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
125,2
127,5
125,1
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0,317
0,301
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26,75
25,1
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38
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113,5
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47,4
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23,6
23,4
6
6,14
5,98
3,09
3,13
3,035
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141,2
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24
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113,5
47,06
47,36
46,3
6,28
6,33
6
324
326
314
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,18
-14,83
- 20,83
+ 3,16
-12,68
- 60,26
- 0,4
-14,48
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+ 4,76
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+ 1,22
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+ 2,53
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+ 1,19
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- 21,74
+ 1,89
-28,68
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% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 18,94
175,9
117
1,37
- 55,07
0,9
0,22
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30,95
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- 30,6
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- 0,66
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+ 9,08
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- 16,96
91
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- 35,93
187,9
84,45
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- 36,1
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2,88
- 0,22 - 33,49
-10
39,22
- 39,06 19,48
+ 1,79 - 5,33
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0,205
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- 12,53 75,2
2,99
- 1,13 - 54,19
-39,9
2,011
- 58,47
0,602
+ 0,94 - 12
+ 4,24 14,925
- 14,11
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- 0,25 - 15,64
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- 14,27
1,508
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2,31
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-15,51 57
+ 13,11
39,74
+ 3,97 - 34,6
- 8,99 11
- 30,76
5,02
+ 25,83
326
+ 35,31 242
0,25
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,28
171802
22/05/17 0,43 90.920.356
A 4,955
458737
31/05/18 0,13 5.839.404.303
18,935
956162
23/04/18 0,68 360.037.272
50,4
50,4
50,28
5,026
5,06
4,955
18,98
19,25
18,935
+ 0,08 + 1,82
+ 0,68 50,56
+ 42,43 49,1
+ 0,2 + 29,07
+ 4,12
5,386
+ 17,29
3,845
+ 0,03 + 45,89
- 1,99 20,88
+ 39,66 10,55
4,21
11,96
0,3
16,97
3,78
4,22
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
8,89
8,69
22289
8,99
USD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
8,69
7,318
7,34
6630
7,342
GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 19.927.790.282
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LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 40,98
40,31
33935
41,1
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,17
SCHLUMBERGER (SLB)
A 45,5
45
2483
45,6
AN8068571086
USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
44,7
STALLERGENES GREER (STAGR) A 27,25
27,7
995
27,9
GB00BZ21RF93
19.738.742
27
US3696041033
HSBC (HSB)
- 0,46
-18,94
- 49,83
+ 0,85
- 4,41
- 11,99
- 1,13
- 5,11
- 15,59
- 2,39
-16,04
- 18,77
+ 2,21
- 9,92
- 37,72
- 40,84
16,12
8,67
- 14,05
8,996
6,75
- 14,31
51,1
35,5
- 19,44
65,4
44,5
- 28,07
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
FR0013341781
FR0000076887
FR0013185857
FR0000076861
BE0974269012
FR0000062978
FR0012821890
FR0004152874
FR0013296746
FR0000053043
FR0000036105
FR0000044612
FR0000062804
FR0000053837
FR0000039216
FR0011051598
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FR0010481960
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FR0000061780
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FR0000064123
MC0000031187
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FR0000062788
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FR0011592104
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FR0000064156
FR0000072894
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FR0000078339
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FR0010309096
FR0012633360
FR0012616852
FR0000037475
FR0000060907
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FR0000060824
FR0000053399
FR0013335742
FR0004031763
FR0000065393
FR0000044323
FR0000185506
FR0010483768
FR0000045213
FR0010461053
FR0000045239
FR0000045551
FR0000185514
FR0000044364
FR0000045528
FR0000045346
FR0000045544
FR0000045304
FR0000050395
FR0007317813
FR0011026749
FR0000036774
FR0010879056
FR0013283108
FR0000035784
FR0012202497
FR0000065260
FR0000052839
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FR0000072373
FR0000031023
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FR0000064164
FR0000037343
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FR0011271600
FR0000062101
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FR0013030152
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FR0000031973
FR0000030611
FR0000034894
FR0000053035
FR0010501692
FR0011799907
FR0000061459
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FR0000065971
FR0000124232
FR0004010338
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FR0004155000
FR0000032526
FR0000066722
FR0004035061
FR0000038531
FR0012821916
FR0000065278
FR0000051393
FR0000030827
FR0000033243
FR0000036980
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FR0000071797
FR0000064297
FR0000060451
FR0000064958
FR0013233012
FR0000072597
FR0004026151
FR0000073843
FR0012872141
FR0004029411
FR0000039638
FR0000066607
FR0000035263
FR0004027068
FR0006864484
FR0000075673
FR0000121295
FR0004165801
FR0004023208
FR0000033599
FR0000121352
FR0000030074
FR0000032302
FR0000051070
FR0011742329
FR0000061244
FR0000052623
VALEUR
OUV
+HT +BS
2CRSI
C 8,74 9
8,74
A.S.T. GROUPEg
C 8,81
8,86
8,4
ABEO
C 29,6
32
29,6
ACTEOSg
C 1,66
1,69
1,63
AD CAPITAL
ADL PARTNERg
C 14,1
14,15
14,1
ADUX (EX:HI MEDIA) C 3
3,04
3
ADVENISg
C 1,675 1,7
1,59
ADVICENNE
C 11,682 11,7
11,682
ADVINI
C 29,4 29,4
29,4
AFFINE REg
C 14,18 14,18
13,94
AFONE PART.
C 9,95 9,95
9,95
ALPHA MOS
C
ALTAMIRg
B 15,4
15,4
15,3
ALTAREIT
B480 480
480
AMOEBAg
C 3,42
3,64
3,3
ANTALIS
B 1,13
1,13
1,11
ARGANg
B 44,7 44,9
44,4
ARTEA
C
ARTOIS
A
ATEME
C 10,9
11,1
10,88
AU FEMININg
B 39,47 39,47 39,47
AUGROS CP
C 7,75
7,75
7,75
AURES TECH.
C 33,5
33,85 33,5
AWOXg
1,295 1,31
1,28
BACCARAT
B
BAINS MONACO
B 50,8
51
50,8
BALYO
C 2,765 2,88
2,72
BARBARA BUI
C
BASTIDE
C 35,5
35,95 34,55
BLEECKER
C
BLUE SOLUTIONSg
16
16
15,9
BOURBONGg
A 5,21
5,3
5,19
BOURSE DIRECT
C 1,24
1,24
1,14
BUSINESS ET DEC.g
C
CAFOM
C 6,35 6,45
6,35
CAPELLI
33,3
33,8
33,3
CARP.DE PARTIC.
C
CASTg
C 3,3
3,4
3,26
CATERING INTER.g
B 12,4
12,45
12,4
CBO TERRITORIAg
C 3,68 3,71
3,68
CCA INTERN.
C
CEGEDIMg
B 22
23
21,9
CEGEREALg
B 36
36
36
CELLNOVOg
C 2,06 2,12
2
CERENISg
B 1,622 1,64
1,618
CFI
C
CHAUSSERIA SA
C
CIBOX INTER.g
C 0,166 0,17
0,162
CLAYEUXg
C
CNIMg
B 88,8 89
88,8
COGELEC
C 8,59 8,649 8,59
COHERISg
C 1,685 1,7
1,685
COURTOIS
C 141
141
141
CR ALPES PROV.
C105,82 105,82 105,82
CR ATL. VENDÉE
C 126,5 127
126,32
CR BRIE PICARD.
B 23,46 23,55 23,46
CR ILLE VILAINE
C 96,49 96,5
96
CR LANGUEDOC
C 71,01 71,01
71,01
CR LOIRE HTE-LOIRE C 87
87,4
87
CR MORBIHAN
C 78,4 78,4
78,4
CR NORD FRANCE
B 20,8
21
20,6
CR NORM. SEINE
C 124,1 124,1
124,1
CR PARIS IDF
B 86,1
86,15
86,1
CR RHÔNE-ALPES
C188,62 188,62 188,62
CR TOULOUSE
C109,4 109,4 109,4
CR TOUR. POITOU
C 101,5 101,8
101,5
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 4,96 5,02
4,96
DALETg
C 12,5
12,5
12,1
DANE-ELEC MEMORYg C
DEINOVE
2,145 2,2
2,115
DELTA PLUS GROUP B 35,6 38
35,6
DIGIGRAM
C 0,75
0,75
0,75
DMS
C 0,73
0,788 0,73
DOCKS PÉTROLES A C
DOM SECURITYg
C 51
51,8
50,8
ECAg
C 14,65 14,65
14,6
EGIDEg
C 1,53
1,555
1,51
ELECT. STRASBOURG B104
104
103,5
ELECTRO POWERg
C 14,35 14,35
13,7
ENCRES DUBUITg
C 5,9
5,9
5,66
ESSOg
B 34,95 36,75 34,95
EURASIA FONC INV
C
EUROMEDIS GROUPEg C 6,85 6,85
6,85
EUROPACORPg
C 1,3
1,39
1,25
EXACOMPTA CLAIREF. C108
108
108
EXPL. PROD. CHIM.
C
EXPL. PROD. CHIM.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.P.P.
C
FAUVET-GIREL g
C
FERMENTALGg
3,265 3,35
3,265
FERMIÈRE CANNES
B
FIDUCIAL OFFICE
C 28,4 28,4
28,4
FIDUCIAL RE
B 169
169
169
FIN. MONCEY
A
FINATIS
B 40,6 40,6
40,6
FLEURY MICHON
B 45,7
45,7
44,7
FONCIÈRE 7 INV.
C 1,89
1,89
1,88
FONCIÈRE ATLAND
C 116
116
116
FONCIÈRE EURIS
B 29,6
29,6
29,6
FONCIÈRE INEA
B 38,9 38,9
38,4
FONCIÈRE PARIS NORD C 0,033 0,035 0,032
FONCIÈRE R-PARIS
C
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 10,15 10,15
9,98
FREY
B 28,4 28,4
28,4
FSDV
C
GALIMMO
C 24,2 24,2
24,2
GAUMONT
B 123
123
118
GEA
C 94
94
94
GENERIXg
C 3,24 3,25
3,22
GENOMIC VISIONg
0,608 0,608 0,589
GÉRARD PERRIER
C 45,6 46
45,5
GFI INFORMATIQUEg B 10,55 10,55
10,5
GRAINES VOLTZ
C 36
36
32,4
GROUPE IRD
C 26
26
26
GROUPE JAJ
C
GROUPE OPENg
C 22
22,85
21,3
GROUPE PIZZORNO
C 16,75 16,8
16,6
GROUPE SFPIg
C 2,7
2,85
2,7
GUERBETg
B 57,3
59,8
57,2
GUILLEMOT CORP.g
C 4,16
4,2
4,16
GUY DEGRENNE
C 0,21
0,21
0,21
HF COMPANYg
C 5,7
6
5,66
HIPAY GROUP
C 10,85 10,9
10,85
HOPSCOTCH GROUPEg C 6,76 6,82
6,7
IDI
B 41,5 42
41,5
IGE + XAOg
C 132
132,5
132
IMMO. DASSAULT
B 52
53
52
IMMO. HÔTELIÈRE
C
IND. FIN. ENT.
C
INFOTELg
C 38
39,7
38
INNELEC MULT.g
C 5,48 5,64
5,48
INSTALLUX SA
C
INTEXA
C
INVENTIVA
B 6,06 6,36
6,04
IT LINKg
C 6,7
7,2
6,7
ITESOFTg
C 3,7
3,74
3,7
ITS GROUPg
C 5,08 5,1
5,06
JACQUES BOGART
C 5,22 6,04
5,22
KEYRUSg
C 4,39 4,5
4,29
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 24,5 24,5
23,9
LAFUMA
C 23
23
21
LANSON-BCC
B 30,4 30,6
30,2
LAURENT-PERRIER
B 90,6
91,4
90,6
LE TANNEURg
C 2,28 2,28
2,28
LEBON
C 133
133
131
LES HÔTELS DE PARIS C 2,48 2,48
2,48
LES NX CONSTR.
B 40,9 40,9
40
LEXIBOOKg
C 0,98 0,98
0,95
LOCINDUS
B 24,9 25
24,9
MALTERIES FR-B
C
MANUTAN INTER.g
B 59,2 59,4
59,2
MAUREL & PROMG
A 4,08 4,08
3,92
MCPHY ENERGYg
4,21
4,28
4,18
MECELEC
C
MEDASYSg
C 0,338 0,343 0,338
CLÔT ÉCART VOL
9
+ 2,51
3255
8,42 - 4,32
16332
31,6 + 8,97
2732
1,635 - 1,51
2226
0,091
14,15 - 0,35
3
- 0,66
1,7 + 0,89
11,7 + 0,17
29,4
14,08 + 0,86
9,95
0,37 + 11,2
15,3 - 1,04
480
3,6 + 5,88
1,12 - 0,53
44,9 + 0,45
541
1426
4733
115
1
3218
263
1454
1
38648
11765
1266
15,1
5700
10,92 + 0,18
39,47
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33,5
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6148
814
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2147
12866
222
51
+ 2
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25
80831
7,35
34,75 - 1
1372
89
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15862
25708
2916
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201
324
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54837
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12187
551
32252
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7,7
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199420
0,25
89
+ 0,45
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1,7 + 0,89
141
105,82 + 0,02
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21
+ 1,45
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36
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1
1
132
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217
1
67
3
3514
1
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1
1
33
4,06
4,96
12,1 - 3,2
136
11128
0,56
2,2 + 4,27
37,4 + 4,47
0,75
0,758+ 8,29
20734
3251
900
27889
510
51
14,6
1,51
103,5
14,2
5,84
35,5
- 1,35
+ 1,72
1357
95
16196
18
7768
580
2693
6,85
1,35 + 5,47
108 + 0,94
1
185335
26
- 0,34
- 2,58
+ 0,98
0,198
ISIN
FR0000064404
FR0004065605
FR0010298620
FR0000077570
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FR0012613610
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FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
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FR0000039109
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FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
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FR0010209809
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FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
VALEUR
OUV
+HT
MÉDIA 6
C 13,9
13,9
MEDINCELL
C 7
7
MEMSCAPg
C 1,93
1,93
MICROPOLEg
C 0,95 0,956
MNDg
1,662 1,896
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,15 10,2
MRM
C 1,45
1,45
MUSÉE GRÉVIN
C 71,5
72
NANOBIOTIXg
B 13,54 13,86
B 4,35 4,45
NAVYA
NEOPOSTG
A 28,5
29,28
NEURONESg
B 21
21
NEXTSTAGE
C100
100
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,22
1,22
OL GROUPEg
C 2,75
2,76
ORAPIg
C 5,84 5,84
ORCHESTRA-PRE.
C 0,788 0,79
OREGE
3,4
3,44
PARAGON ID
C 19,2
19,5
PAREFg
C 84
84
PASSAT
C 3,67
3,67
PATRIMOINE & COM
B 15,5
15,5
PCAS g
C 13,7
13,7
POUJOULAT
C 37
37
POXELg
C 6,04 6,04
PRECIA g
C198
200
PRISMAFLEXg
C 14
14,65
PRODWAYS GROUP
B 3,04 3,09
PROLOGUEg
C 0,491 0,53
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 21,8
21,8
RIBERg
C 1,94 2,27
ROBERTET SA
B522
522
ROCHE BOBOIS
B 20,6 20,6
S.A.M.S.E.
B 123
125
SABETON
C 24,8 24,8
SCBSMg
C 6,7
6,7
SÉCHÉ ENV.g
B 26,1
26,4
SELECTIRENTE
C 87
87,5
SERGEFERRARI GROUP C 8,1
8,1
SIGNAUX GIROD
C 15,65 15,75
SII
C 22
22,1
SMCP
A 20,8
21,245
SMTPCg
B 17,22 18
SOC. FR. CASINOS
C 2,56 2,56
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C 183
183
SOFT COMPUTINGg C 13,9
14
SOGECLAIRg
C 22,3
22,5
SPIR COM.
C 2,53 2,53
+BS
13,9
6,95
1,86
0,92
1,662
CLÔT ÉCART VOL
13,9 + 0,36
1
6,95 - 0,71
325
1,895 - 1,81
430
0,946+ 0,64
57551
1,808+ 9,98 585134
645
9,98
10,2 + 0,49
304
1,45
1,45 + 0,69
1
71,5
72
- 1,37
7
13,3
13,39 - 0,15 108298
4,35
7143
4,401 + 1,17
28,48
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21
+ 0,48
253
100
100 + 2,56
445
1,13
1,2 - 0,83
7827
2,73
2,75
15362
5,84
5,84
230
0,778
0,79
449
3,4
3,44 + 1,18
401
19
19,46 + 1,35
749
83
84
42
3,58
3,67
2459
15,5
15,5
412
13,7
13,7
15
37
37
+ 0,54
15
5,95
6,02 - 0,17
18917
198
200
+ 3,09
56
13,9
14,2 + 4,03
3507
2,99
3
48432
0,491
0,5 + 1,63 273690
21
21,6
21,8 + 0,93
1,938
2,14 + 11,93
512
512
- 2,29
20,2
20,2 - 1,94
120
120
- 2,44
24,8
24,8 + 18,1
6,7
6,7 - 2,9
25,8
26,4 + 1,15
87
87,5 + 1,16
8
8,1 - 0,25
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15,65 + 0,32
21,1
22,1 - 0,45
20,785 21,125 + 1,08
17,22
17,3 - 0,58
2,56
2,56
303
253791
135
71
151
50
451
3672
1286
333
1398
3936
36941
2686
1
18,5
0,79
183
13,8
22,3
2,51
183
+ 1,67
14
22,5 + 0,9
2,51 - 0,79
2
87
171
25
ISIN
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
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FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
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FR0000074197
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FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
865
5,85
118
+ 3,45
32,2
3,31 + 1,85
8029
1480
28,4
169
1
1
5700
40,6
1
45,5 - 0,22
400
1,88 - 18,26
700
116
1
29,6
661
38,9
176
0,033+ 0,61 255006
34,97
3,94
10,15
28,4
1058
196
36,4
24,2
120,5 - 3,21
94
3,25 + 0,31
0,589- 4,23
45,5 - 0,22
10,5 - 0,47
32,4 - 10
26 + 0,78
1
1025
10
3648
162598
1836
89
229
1
1,6
22,15 + 2,78
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10,9
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+ 1,45
132,5 + 0,38
53
+ 1,92
13631
590
11823
2621
1638
1
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387
486
251
120
303
1,04
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5,52
3569
1681
350
2,36
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3774
1261
1172
13188
9038
57
24
- 2,04
21
- 4,55
30,4
90,6
2,28
131
- 1,5
2,48 - 2,36
40,6 - 0,98
0,974+ 3,62
24,9 - 0,4
984
216
827
188
8
263
164
661
1510
422
+HT
+BS
131
39,55
130,5
39
78
32,8
78
32,8
CLÔT
ÉCART VOL
1,36
131
39
86
2828
- 0,89
35,5
78
32,8
10
1
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
C
15,2
12,75
66,5
77,8
12,9
66,5
78,8
12,75
64,5
77,8
12,9 + 1,98
64,5 - 1,53
78,8 + 1,55
1324
137
140
59,13
19,91
C
A140
13,2
C
45
140
13,6
139
13,2
140
- 0,36
13,6
127
168
0,02
0,41
3,1
3,06
43,8
42,8
2,585 2,58
3,1 + 1,31
101
42,8 - 2,06
1562
2,58 + 0,19 2831854
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
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FR0000035818
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FR0010342329
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FR0000077562
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FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
700
27
0,53
26,6
0,5
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0,53 + 0,38
49,6
1,87
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48,7
1,87
4,55
48,7 - 1,62
1,87 - 0,53
4,6 - 2,13
7
9,12
43,5
3,09
6,731
9
41,5
2,82
7
+ 6,08
9,1 + 1,22
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3 + 6,38
1145
6243
1,81
293
1
2354
4,74
2,6
1026
1695
10897
6018
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
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NL0000289817
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
A 30,02
0,744
C 22,34
A 4,1
C 3,97
A 54,55
15,9
53,8
A 4,955
C
38
38,78
31,03
0,744
24,88
4,28
3,97
55,5
16,3
54,4
5,06
29,61
0,744
22,34
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3,92
54,35
15,9
53,6
4,955
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3,92 - 1,01
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54,2 + 1,12
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240
112513
2701
183
56169
650
38
38,78
OUV
0,222
0,062
8,02
1,75
0,236
6,95
22,15
58,6
24,1
0,068
0,268
17,56
5,86
4,46
0,046
0,17
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0,234
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+HT
0,234
0,062
8,08
1,768
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6,95
22,15
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24,1
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0,268
18
5,86
4,46
0,057
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+BS
0,22
0,058
7,8
1,672
0,232
6,84
21,55
58,6
24
0,061
0,26
17,54
5,86
4,46
0,046
0,164
0,332
0,231
0,76
CLÔT ÉCART VOL
0,22 - 3,93 158676
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8,08 + 1,25
400
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59,8 + 1,01
1324
24
- 2,04
51
0,062- 7,46 6445711
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18 + 2,62
20009
5,86 - 0,34
31
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1301
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11,7
11,8
11,7
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1,08
1,025
1,03 8,9
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9,4 +
0,2630,277 0,277 0,26
122,5 124
122
122,5
CERTIFICAT/FONDS
458737
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
38
38,78
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
38
+ 1,55
38,78 + 2,35
0,86
4,63
5,62
2,59
216
11798
7124
68068
671
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
122.5
91.27
0,27
0,19
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
B 64,5
C
B
107
C 3,4
64,5
64,5
107
3,4
C
B 4,11
4,19
64,5
1
350
85,5
107
3,4
107
+ 1,42
3,4 + 2,1
30,345 + 1,02
93,5
- 2,01
7
160
750
4,09
4,09 - 0,49
4656
46
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1401
LIVRE STERLING
0,8778
FRANC SUISSE
1,1431
COURONNE DANOISE
7,4596
COURONNE NORV.
9,523
KUNA CROATE
7,436
COURONNE SUEDOISE
10,3216
DOLLAR CANADIEN
1,492
YEN JAPONAIS
128,5095
DOLLAR AUSTRALIEN
1,5843
ROUBLE RUSSE
74,8637
ROUPIE INDIENNE
83,3396
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,7145
COURONNE TCHEQUE
25,831
FORINT HONGROIS
322,65
ZLOTY POLONAIS
4,3281
LEV BULGARE
1,9561
DOLLAR HONG-KONG
8,9344
WON SUD COREEN
1283,1887
PESO MEXICAIN
22,9298
REAL
4,2071
DOLLAR SINGAPOUR
1,5691
RAND SUD-AFRICAIN
16,5064
LIVRE TURQUE
6,2937
RENMIBI YUAN
7,8927
RUPIAH
17244,594
PESO PHILIPPIN
60,7456
RINGGIT MALAIS
4,7565
BATH THALANDAIS
37,5279
0,74
-0,93
0,19
0,00
-0,18
0,03
-0,43
0,19
0,56
-0,89
0,63
-0,59
-1,13
-0,43
-0,62
-0,33
0,01
0,67
-0,69
-0,33
-0,12
0,08
-1,31
-0,44
-0,03
0,22
0,45
0,45
0,15
-5,03
-1,07
-2,28
0,16
-3,33
0,05
5,09
-1,16
-5,09
3,03
8,25
8,71
1,38
1,14
3,83
3,65
0,01
-4,77
0,18
-2,85
5,82
-2,29
11,08
38,18
1,12
6,03
1,21
-2,55
-4,00
01-11-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1401
0,8778
1,1431
10,3216
7,4596
1,2851
1,492
GBP
CHF
0,8771
1,1393
1
1,2976
0,7707
1
1,0029
1,3012
9,054
11,7495
6,5432
8,4914
1,1272 146,2797
1,3087
1,6982
0,8748
0,9972
0,7685
1
9,0295
6,5256
112,43
1,3051
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
01-11-2018
SEK
DKK
0,0969
0,1104
0,0851
0,1107
1
0,7227
12,4499
0,1445
0,1341
0,1528
0,1178
0,1532
1,3837
1
0,1723
19,9995
JPY (100)
CAD
0,7782
0,8871
0,6836
0,8894
0,0803
5,8049
1
1,1615
0,6702
0,7641
0,5888
0,7662
6,9187
5,0001
0,861
1
01-11-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,36/-0,66-0,25/-0,55 -0,26/-0,56 -0,17/-0,47 -0,09/-0,39
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
01-11-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,31
PORTUGAL
-0,31
FRANCE
-0,02
ESPAGNE
-0,11
ITALIE
-0,44
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,70
0,61
0,13
0,42
2,04
-0,24
0,95
0,14
0,62
2,61
0,02
1,32
0,23
0,91
2,95
0,31
1,57
0,38
1,18
3,05
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
250,71
170,50
232,88
281,11
329,86
338,84
231,42
VAR %
-0.20
-0.09
-0.06
-0.03
-0.14
-0.19
0.01
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.93
0.12
-1.35
-1.31
0.78
2.10
-1.21
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1400
1,1401
0,8777
0,8779
1,1431
1,1432
10,3166
10,3266
7,4592
7,4599
128,5080
128,5180
1,4919
1,4921
-0,0030
-0,0031
-0,0030
-0,0032
0,0010
0,0009
-0,0065
-0,0013
0,0016
0,0016
-0,1022
-0,1054
-0,0043
-0,0051
-0,0100
-0,0102
-0,0028
-0,0056
0,0019
0,0017
-0,0036
0,0023
0,0045
0,0043
-0,1293
-0,1355
-0,0117
-0,0126
-0,0193
-0,0194
-0,0086
-0,0089
0,0031
0,0028
-0,0072
-0,0015
0,0082
0,0076
-0,1572
-0,1720
-0,0214
-0,0223
-0,0394
-0,0396
-0,0154
-0,0158
0,0055
0,0051
-0,0195
-0,0153
0,0151
0,0138
-0,2200
-0,2446
-0,0443
-0,0453
01-11-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
Taux repo (refi)
0.00 %
Taux DepoT
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
Taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.10 %
fonDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.91 %
10 ans
3.18 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
Taux Jour le Jour
-0.20 %
Taux repo (refi)
-0.10 %
10 ans
0.07 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,63
-0,77
-0,67
-0,68
-0,62
-0,43
0,09
0,75
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
SEPT. 18
TMM
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3609
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,319
TME
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
04-10
05-10
08-10
09-10
10-10
11-10
12-10
15-10
16-10
17-10
18-10
19-10
22-10
23-10
24-10
25-10
26-10
29-10
30-10
31-10
01-11
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,86
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,81
0,81
0,81
0,81
0,81
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,365
-0,365
-0,362
-0,362
-0,365
-0,365
-0,367
-0,368
-0,368
-0,369
-0,37
-0,371
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,366
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,317
-0,317
-0,317
-0,317
-0,317
-0,317
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
0,85
0,87
0,86
0,89
0,88
0,85
0,87
0,84
0,85
0,81
0,82
0,81
0,82
0,79
0,76
0,76
0,75
0,74
0,75
0,75
0,77
THOR.
PUB.
PRIV.
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,07
1,07
1,07
1,07
1,07
1,01
1,01
1,01
1,01
1,01
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,07
1,07
1,07
1,07
1,07
1,01
1,01
1,01
1,01
1,01
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
01/11
31/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
34230
34230
10 FLORINS
212,9
212,9
2,8
5 DOLLARS*
305
18,49
305
10 DOLLARS
598
16,16
598
20 DOLLARS
1175
14,08
1175
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1319
2,76
1319
LATINE
203,5
2,4
203,5
NAPOLEON
202,9
2,09
202,9
1/2 NAPOLEON* 115,9
16,64
115,9
SOUVERAIN ELI I* 270,5
7,96
270,5
SOUVERAIN
261,9
4,52
261,9
1/2 SOUVERAIN* 135
7,76
135
SUISSE
203,9
2,6
203,9
TUNISIENNE*
206
3,65
206
MARK*
267
8,94
267
KRUGERRAND
1149
7,92
1149
LINGOTIN 500GRS 17700
3,42
17700
LINGOTIN 250GRS 8850
3,42
8850
LINGOTIN 100GRS 3590
4,88
3590
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
487,66
487,66
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
30 406
30 406
FIX2
30 731
30 731
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
23 571
23 571
FIX2
23 687
23 687
LONDON BULLION MARKET
01/11
31/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 467
1 421
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 231
1 215
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 082
1 082
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
834
834
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
01/11
DÉC. 18
14,72
JANV. 19
14,77
MARS 19
14,84
MAI 19
14,88
JUIL. 19
14,95
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
31/10
14,25
14,31
14,36
14,45
14,6
SETTLEMENT
01/11
DÉC. 18
1234,3
AVR. 19
1245,2
JUIN 19
1252,2
AOUT 19
1258,3
DÉC. 19
1270
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
490
59,4 + 0,68
88
4,06 - 0,86 253635
4,18 - 0,6
26301
1,67 - 0,3
0,343+ 6,52
17334
OUV
C
B 130,5
B 39,35
C
C 78
C 32,8
C
C 3,06
B 43,7
2,58
A
B 27
C 0,528
C
B 49,5
C 1,87
C 4,59
C
C
C 6,99
B 9
C 41,55
2,82
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
BCE
840
0,305
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
DÉC. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
01/11
861
863,1
866,2
860,3
866,7
31/10
1216,1
1226,9
1232,8
1239,8
1253,5
SETTLEMENT
31/10
836,4
839,8
844,6
851,2
855,1
CATHODES : 5514 A COMPTER DU 01/11/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
631,59 DEPUIS LE 01/11
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE
532,7 DEPUIS LE 01/11
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
541,69 DEPUIS LE 01/11
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
586,64 DEPUIS LE 01/11
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
719,39 DEPUIS LE 01/11
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
690,12 DEPUIS LE 01/11
LONDON METAL EXCHANGE
01/11
31/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1430-1440
1395-1415
13560
1380-1390
1390-1400
13560
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1945,5-1946
1966-1966,5
1047950
1951-1952
1972-1972,5
1048825
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
6072-6073
6015-6017
137625
6135-6136
6114-6115
139250
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
19120-19150
19070-19080
3055
19080-19085
19025-19075
3155
11620-11625
11670-11675
218862
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
01/11
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
11695-11700
11795-11800
218970
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1866,5-1867
1886-1887
113250
1915-1916
1936-1936,5
110375
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2589,5-2590
2528-2529
151025
26448-2649
2580,5-2581
152225
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
FÉV. 19
01/11
2,71
2,71
2,71
2,72
31/10
2,66
2,65
2,66
2,67
VOL
535
85515
68
21
BASE DEC 18
BASE JAN 19
POINTE DEC 18
POINTE JAN 19
01/11
63,47
64,7
70,69
71,96
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
01/11
19210
31/10
19170
VOL
CLÔTURE
31/10
40,69
46,28
CLÔTURE
31/10
63,47
64,7
70,69
71,96
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
01/11
63,7
64,73
64
63,9
64,28
31/10
65,88
66
66,05
66,05
66
485
460
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
79,95
89,47
539
507
83
91
537
505
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
01/11
15,85
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
31/10
28,1
28,15
28,2
GAZ NATUREL
DÉC. 18
JANV. 19
FÉV. 19
01/11
3,23
3,27
3,17
VOL
CLÔTURE
VOL
31/10
3,28
3,32
3,23
CLÔTURE
31/10
23,94
VOL
VOL
4
2
4
4
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/11
DEC 2018 24,54
JAN 2019 24,68
FEV 2019 25,09
31/10
24,2
24,66
24,74
31/10
76,81
78,28
80,37
62172
14327
9659
6796
2674
CLÔTURE
CLÔTURE
01/11
31/10
DÉC. 18
1679
1689
MARS 19 1703
1704
MAI 19
1708
1707
JUIL. 19
1711
1710
SEPT. 19
1710
1715
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
11467
11529
5193
2863
1370
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
01/11
2269
2291
2299
2318
2327
31/10
2227
2247
2258
2277
2285
VOL
25564
19570
5176
678
574
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
01/11
31/10
NOV. 18
1689
1651
18
JANV. 19 1699
1675
6042
MARS 19 1711
1690
1734
MAI 19
1720
1703
579
JUIL. 19
1739
1719
125
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
20030
11347
1288
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
01/11
116,65
120,25
122,8
127,3
31/10
112,9
116,6
119,15
123,95
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
31/10
112,45
115,7
VOL
218
173
319
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
01/11
31/10
DÉC. 18
368,75
363,25
179996
MARS 19 380,5
375,75
76552
MAI 19
388,5
383,5
21769
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
01/11
31/10
NOV. 18
10,88
10,41
JANV. 19 10,76
10,51
MARS 19 10,97
10,7
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
11
269
35
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
299
61
14
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/11
171
165,5
169,5
VOL
31/10
171
0
0
6
VOL
35408
21725
5277
1673
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
147.4
LE 31/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.1585
LE 31/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.53475
LE 31/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.5845
LE 31/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
01/11
RJ CRB
01/11
252
17
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
31/10
310,9
311
317,7
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/11
31/10
NOV. 18
168,75
168
JANV. 19 172
171,25
MARS 19 174,5
174,5
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
VOL
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
JUS D’ORANGE
01/11
311,5
311
316,4
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/11
31/10
DÉC. 18
507,25
500,5
MARS 19 523,25
516
MAI 19
532,38
527,5
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 110.81
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
31/10
13,15
13,27
13,34
13,54
14,06
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/11
31/10
DÉC. 18
200
198,25
19096
MARS 19 203,25
201,75
8204
MAI 19
204,75
203,25
2975
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
01/11
79,45
80,83
82,33
01/11
13,28
13,4
13,45
13,65
14,16
VOL
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
01/11
31/10
DÉC. 18
281
277,5
MARS 19 277
273,75
MAI 19
279
274,5
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 86,4, LE 01/11//18
Déc. 18
Mars 19
Juil. 19
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
12927
11436
1046
475
149
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 30/10/
Prix indicatif : 2221,55
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
01/11
28,1
28,15
28,2
CLÔTURE
CACAO
URANIUM
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
01/11
31/10
DÉC. 18
354,9
354,5
MARS 19 358,9
355,3
MAI 19
363,1
359,2
AOUT 19 367,5
363,6
OCT. 19
370,9
367,3
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
31/10
16,87
POWERNEXT GAS FUTURES
01/11
31/10
NOV. 18
685,75
709,25
48871
FÉV. 19
667,25
692
27460
MARS 19 666
690,5
18150
AVR. 19
664,5
688,75
6435
MAI 19
664
688
3257
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
476
451
SPOT
CÉRÉALES
13,28 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
675
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
01/11
31/10
JOUR
72,88
75,47
JANV. 19 72,88
75,04
272082
FÉV. 19
72,94
75,06
84996
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
01/11
NORD DA 23,94
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
663,5
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
KUALA LUMPUR
31/10
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8350
8350
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,3
4,3
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,35
1,35
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,5
6,5
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,1
29,1
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1905
1905
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
01/11
VOL
112.45
197,56
31/10
197,1
REUTERS COM. 2367,41
2386,27
MOODYS COM. 5681,85
5709,81
OR INDUSTRIEL 34801
34801
LMEX
2882,4
2856,6
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
A la recherche d’une gestion active
de conviction ?
Tous les details de nos solutions d’investissement
à disposition ici : www.mirabaud-am.com
Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
513,5
543,27 01/11
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
31/10
SYNCHRONY (LU)
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
240,84 31/10
354,93 01/11
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
92,45 30/10
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
100,41 30/10
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
481,63 31/10
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
159,3 30/10
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
101,89 30/10
LU0188501257 PICTET-HEALTH
266,24 31/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
420,44 30/10
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
92,61 30/10
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
455,25 31/10
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
122,6 30/10
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
150,14 30/10
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
120,35 26/10
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
92,32 30/10
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
14996,16 31/10
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
152,69 31/10
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
150,55 26/10
131,71 31/10
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
288,04 30/10
59,4
31/10
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
142,31 30/10
227,89 31/10
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
141,51 30/10
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
135,83 30/10
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
657,83 31/10
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
LU0256846139 PICTET-SECURITY
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
291,84 31/10
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1102,69 31/10
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
151,78 01/11
LU0104884860 PICTET-WATER
285,5
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
222,78 31/10
79,46 31/10
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
313,36 31/10
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
sicav//fcp
144,67 30/10
31/10
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
ENTREPRISES
UPELA
Roland de Heere
est nommé business director.
Roland de Heere, 28 ans, diplômé
de l’ESC Reims, a passé quatre années dans le groupe Jumia,
devenant tour à tour patron de
l’électronique en Côte d’Ivoire,
directeur de Jumia au Cameroun
et directeur commercial international, basé en Chine.
KTO
Albert Goyet
a intégré l’équipe de direction
de KTO en tant que secrétaire
général.
Albert Goyet, 59 ans, ancien élève
de l’Ecole polytechnique,
diplômé de Telecom-ParisTech, a
commencé au sein du ministère
des Armées. Après un passage
chez Thomson-CSF (devenu Thales), il est devenu membre du
comité directeur d’une PME
d’ingénierie de défense. En 1996,
il a rejoint le groupe Alcatel devenant notamment secrétaire général et directeur général délégué
de la filiale française, puis directeur de l’établissement siège du
groupe. Par ailleurs, il est aussi
membre fondateur de l’Association des secrétaires généraux.
TEREGA
Patrick Hamou
a été nommé en septembre
directeur des opérations, il siège
au comité exécutif de Teréga.
Patrick Hamou, 47 ans, est
diplômé de l’IFP-EN et de l’Ecole
nationale de géologie de Nancy. Il
a débuté à l’international chez
Exxon et Schlumberger avant de
se lancer dans l’aventure entrepreneuriale avec EMGS en Norvège. Il a œuvré chez Engie,
durant une dizaine d’années au
cours desquelles il a piloté la
construction d’infrastructures
pétrolières en mer du Nord. De
retour en France depuis trois ans,
il a géré les équipes sous-sol
d ’e x p l o r a t i o n p é t r o l i è r e e t
gazière de la multinationale, puis
il a piloté le projet de transformation du siège du groupe.
ICF HABITAT
Valérie Bignon
a pris la tête de la direction
de l’organisation
et de la performance
nouvellement créée.
Valérie Bignon, 43 ans, titulaire
d’un diplôme de sciences politiques et d’un DESS développement social urbain, a réalisé
l’essentiel de son parcours au sein
du group e 1001 Vies Habitat
(anciennement Groupe Logement Français), qu’elle a intégré
en 1999. D’abord chef de service
développement social urbain,
elle est devenue responsable
d’agence en 2005, puis directrice
de projet conduite du changement et organisation en 2008 et
directrice de l’organisation en
2011. Depuis un an, elle était directrice de la transformation, de
l’innovation et du digital au sein
de 1001 Vies Habitat.
APPLICATION LES ECHOS
TOUS NOS CONTENUS
PARTOUT ET À TOUT MOMENT
DOMITYS
Bertrand Coté
assure désormais la direction
du patrimoine et de l’organisation
du groupe Aegide Domitys,
direction nouvellement créée.
Il devient par ailleurs membre
du comité exécutif d’Aegide.
Bertrand Coté, 55 ans, ancien
élève de l’ENS, a débuté chez
Saint-Gobain, puis a rejoint Suez
Environnement et enfin Sodexo,
où il était chargé du développement des activités de facility
management. Devenu directeur
général adjoint d’Exprimm (filiale
de Bouygues Construction) en
2009, il était PDG de la structure
property management des services immobiliers aux entreprises
du groupe Nexity depuis 2012.
ET À L’ÉTRANGER...
GROUPAMA EMEKLILIK & SIGORTA
Philippe-Henri Burlisson
est directeur général de la filiale
de Groupama en Turquie.
Philippe-Henri Burlisson,
49 ans, titulaire d’un DEA en
génie chimique, est, par ailleurs,
diplômé de l’Ecole nationale des
industries chimiques de Nancy
et de l’Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs.
Au se i n d e G r o u p am a A s s e t
Management, il a successivement occupé les postes d’analyste financier, de responsable
de la gestion des actions internationales et de responsable
de la gestion des taux. Il a été
nommé directeur des gestions
fondamentales et des relations
groupe en 2009. Trois ans plus
tard, il a rejoint Groupama Assicurazioni en tant que directeur
financier et juridique tout en
assurant également la responsabilité successive du secrétariat général, puis de la direction
des achats en 2014. Il avait pris,
en 2016, la direction des opérations de l’international.
, Envoyez vos nominations à
Analyses de la rédaction,
décryptages, alertes, sélection
d’articles personnalisés.
Téléchargez sur :
carnetlesechos@nomination.fr
ILS SONT NÉS
UN 2 NOVEMBRE
André-Jacques AubertonHervé, cofondateur de Soitec,
57 ans.
Omri Benayoun, general partner
chez Partech Ventures, 42 ans.
Frédérique Bredin, ex-ministre
de la Jeunesse et des Sports,
présidente du CNC, 62 ans.
Dalil Boubakeur, recteur
de la Grande Mosquée
de Paris, 78 ans.
Pascal Buffard, président d’AXA
Technology Services, 60 ans.
Bernard Cassen, journaliste,
81 ans.
Larry Fink, PDG de BlackRock,
66 ans.
Samuel Le Bihan, acteur,
53 ans.
Jean-Jack Queyranne,
ex-ministre des relations
avec le Parlement, 73 ans.
Radwa Reda, taekwondoïste,
25 ans.
David Schwimmer, acteur,
52 ans.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 2 ET SAMEDI 3 NOVEMBRE 2018
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
BOURSE // Les marchés sont de plus en plus volatils. Une période difficile à traverser pour les épargnants.
Quels sont les conseils des professionnels pour limiter les dégâts après ce mois d’octobre dévastateur ?
Que faire face à la baisse des marchés ?
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
« value ». Il recommande « de réinvestir
progressivement de façon à abaisser son prix
de revient ».
L
es épargnants sont inquiets. Comment les marchés vont-ils évoluer ?
Quels sont les bons arbitrages ?
Peut-on tirer profit de la situation ? Réponses de professionnels.
QUELS ARBITRAGES
•DANS
L’ASSURANCE-VIE ?
Pas de miracle avec les options d’arbitrage
automatiques. « Il est trop tard pour les mettre en place. Il ne faut pas regretter le stop loss
qui fera tout vendre au profit d’un fonds en
euros. Cette tactique empêche de profiter d’un
rebond et, avec un fonds en euros, il faudra
attendre très longtemps avant de récupérer
une perte de l’ordre de 10 % à 15 % », estime
Edouard Michot, président d’Assurancevie.com. « Certaines options comme le stop
loss ne conviennent pas à cette configuration,
car à long terme, elle fait payer la volatilité au
souscripteur en le privant de rester durablement investi », confirme Mourtaza AsadSyed. Des parades existent. José Fernandez
conseille de fractionner ses investissements
vers les unités de compte pour « profiter de
ce marché volatil et baissier qui offre une
grosse zone d’opportunités, surtout dans le
cadre d’un investissement progressif ».
• EST-CE LE DÉBUT D’UN KRACH ?
« En réalité, nul ne le sait et nous ne faisons
pas exception, déclare Mourtaza Asad-Syed,
directeur des investissements chez
Yomoni. Va-t-on vers un ralentissement économique ? Pour l’instant, les chiffres ne le
montrent pas. La croissance est encore assez
solide. Il n’y a pas d’indicateur de récession
imminente, mais nous sommes en zone de
risque en raison de la hausse des taux. »
Cette difficulté à anticiper l’avenir boursier est largement partagée. « Impossible de
le savoir, explique José Fernandez, directeur
commercial de l’UFF, mais nous avons déjà
vécu des moments semblables en 2011, 2012,
2015 et 2016… L’important ce sont les fondamentaux et même si les résultats des entreprises sont un peu inférieurs aux attentes, nous
restons en phase de croissance mondiale, certes un peu revue à la baisse. »
Les signaux économiques et politiques
du moment laissent perplexes. « Nous sommes très partagés, confie Jean-Philippe
Muge, directeur des investissements
d’Invest AM, société de gestion du groupe
Cyrus Conseil. D’un côté, les indicateurs sont
globalement bons à l’instar des créations
d’emploi aux Etats-Unis, publiées en début de
semaine. La croissance américaine est toujours en phase d’expansion modeste à modérée selon les termes de la FED. Idem pour
l’Europe, dans une moindre mesure. De
l’autre, nous sommes confrontés à une guerre
commerciale, au Brexit et au problème budgétaire italien. Ce dernier nous semble plus
anecdotique. On devrait en sortir par le haut,
mais il peut durer un certain temps, ce qui a
un impact très négatif en Europe. »
En tout état de cause, les professionnels
scrutent la politique américaine. « Dans le
dernier Livre beige de la Fed, qui rapporte le
moral des entrepreneurs dans les Etats américains, on relève plus de 50 fois le terme de
“guerre commerciale”. C’est dire à quel point
elle est préoccupante, souligne Jean-Philippe
Muge. Pour l’instant, nous subissons une correction malgré le rebond de mercredi. Se transformera-t-elle en crise ? Ce qui pourra faire
basculer le marché dans un sens, ou dans
l’autre, c’est l’évolution macroéconomique
aux Etats-Unis. »
• FAUT-IL VENDRE ?
« Il me paraît pertinent de prendre des bénéfices sur certaines classes d’actifs qui sont très
chères : les technos, les biens de consommation discrétionnaires, l’aéronautique et la
défense, les small caps et le luxe, même si nous
restons très positifs sur ce dernier secteur à
moyen-long terme. A l’inverse, certains secteurs sont sous-valorisés : l’énergie, les
valeurs bancaires, la santé, la construction et
l’industrie », estime Jean-Philippe Muge.
Attention toutefois à ne pas trop désinvestir. Pour José Fernandez : « Tout dépend
du point auquel vous êtes entré. Ce n’est pas la
même chose si vous avez investi durant ces
cinq dernières années (et à quel prix) ou début
2018. Il faut aussi savoir combien de temps
encore vous pouvez rester investi en actions. »
Il conseille : « Quand on est investi pour le
très long terme, en assurance-vie par exemple, il ne faut pas paniquer. Ce n’est pas le
moment de replier totalement la voilure, car
on passerait à côté d’un rebond de marché. »
Tout dépend aussi de son aversion au risque. « Pour ceux que la chute des marchés
empêche de dormir, il est encore temps de vendre, estime Mourtaza Asad-Syed. De même,
celui qui aura besoin de cet argent l’an prochain peut vendre pour sécuriser son capital.
Sur le fond, on ne doit pas se poser la question
de l’allocation d’actifs en période de crise.
C’est en amont qu’il faut définir son niveau
de risque et diversifier son portefeuille en
conséquence. »
PEUT-ON ACHETER DES VALEURS
•INJUSTEMENT
SANCTIONNÉES ?
La prudence est de mise. « Si on peut prendre
des bénéfices sur des titres dont la valorisation
a été multipliée par 2 ou 3 sur les cinq derniè-
L’APPARTEMENT DE LA SEMAINE
res années, il est trop tôt pour acheter. Il faut
attendre que le marché se calme, conseille
Jean-Philippe Muge. On n’attrape pas un
couteau qui tombe… Il est préférable de garder
du cash pour le moment, car la purge peut
durer encore trois jours comme un mois.
Quand on sera revenu à plus de sérénité, on
pourra envisager des achats dans les secteurs
identifiés comme sous-valorisés. »
En termes d’allocation, Mourtaza AsadSyed estime que les actifs de diversification
susceptibles de protéger un portefeuille
sont aujourd’hui essentiellement l’or contre
l’inflation et les emprunts d’Etat européens
hors Italie, seulement le Bund et l’OAT
10 ans. « En revanche, la sélection opportuniste de titres décotés relève toujours un peu
de la loterie », affirme-t-il.
Mais, pour des investisseurs avertis, il y a
un point d’entrée intéressant sur certains
titres. Pour José Fernandez, la bonne tactique est d’arbitrer en vendant des small caps
pour réinvestir sur les « large » et vendre
des valeurs de croissance pour acheter des
PEUT-ON PROFITER DE CETTE
•VOLATILITÉ
SUR LE PLAN FISCAL ?
Pour Edouard Michot, c’est le bon moment
pour transmettre. En donnant, par exemple, un portefeuille d’actions qui valait 1 million il y a six mois et 800.000 euros
aujourd’hui, on économise 100.000 euros,
en supposant que le différentiel aurait été
taxé dans la tranche à 20 % ! Autre bonne
idée : « Procéder à des achetés-vendus sur des
titres en fortes moins-values. On dégage ainsi
une marge pour prendre des bénéfices hors
impôts sur des titres en forte plus-value »,
conseille Edouard Michot. La fiscalité ne
doit pas être le seul guide. « Les achetés-vendus peuvent être une tactique intéressante,
mais se focaliser uniquement sur la fiscalité,
c’est risquer de prendre de mauvaises décisions », met en garde José Fernandez.
Reste que l’on peut en profiter pour optimiser la gestion de son PEA. « Il peut être intéressant de casser un PEA en moins-value pour
en rouvrir un ensuite. On pourra ainsi utiliser
les moins-values enregistrées pour compenser
d’éventuels gains réalisés sur un compte
titres », confie Mourtaza Asad-Syed. n
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•C’est
le grand retour
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Ce loft sous verrière
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privée, dans le cœur historique de Montmartre. Il se
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quartiers s’installentils ? Dans quelle mesure font-ils augmenter
les prix ?
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aujourd’hui se loger à
Paris, dans sa banlieue
et dans les grandes villes régionales ? L’analyse de Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents. com.
Et toute l’actualité
du patrimoine sur
lesechos. fr/patrimoine.
•
•
TAUX : ENCORE
DES DÉCOTES
En cette fin octobre,
les taux se maintiennent
à des niveaux extrêmement
bas, poussés par la concurrence très vive entre
les banques. « Mais les
établissements tentent de
ne plus trop rogner sur leurs
marges et les taux sont donc
sans doute au plancher »,
annonce Maël Bernier,
porte-parole
de Meilleurtaux.com.
Les taux de ce courtier
sont en moyenne de 1,60 %
sur vingt ans, mais souvent
inférieurs grâce aux nombreuses décotes pratiquées
par les banques – fréquentes
pour les bons dossiers.
Par ailleurs, les candidats
aux renégociations
de crédit représentent
un quart des dossiers
déposés sur Meilleurtaux.com.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // PATRIMOINE
PLACEMENT
Le baromètre
des fonds
–13,67 %
FONDS ACTIONS
MÉTAUX PRÉCIEUX
Le marché de l’or sort tout juste
de sa longue léthargie. Les investisseurs commencent à reve-
nir vers la valeur refuge en octobre. Mais si on regarde dans le
rétroviseur, les fonds dédiés ont
chuté de 13,67 % depuis un an.
+7,18 %
ACTIONS AMÉRICAINES
GRANDES CAP CROISSANCE
Si on regarde depuis un an,
les fonds dédiés ont augmenté
de 7,18 %. Mais avec la chute
des valeurs américaines depuis
quelques mois, ces fonds ont
eu une performance négative
de – 4,78 % depuis trois mois.
Morningstar au 30/10/2018
Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018 Les Echos
Les assureurs peinent à convaincre les épargnants d’abandonner les fonds en euros à capital garanti pour des
unités de compte soumises aux aléas des marchés. A fortiori en période de forte volatilité. Tout ce qu’il faut savoir.
Les 10 questions essentielles sur
l’assurance-vie en unités de compte
R
apportant moins de 2 % par
an (avant prélèvements
sociaux et frais sur versements), les fonds en euros peinent
désormais à protéger le capital des
souscripteurs contre l’inflation et
les poussent à injecter davantage
d’unités de compte dans leurs
contrats. Mais le maniement de ces
supports diversifiés appelle de nombreuses précautions d’usage que les
épargnants, longtemps habitués à la
martingale sécurité-performance
des fonds en euros, ont parfois du
mal à intégrer. Plusieurs questions
s’imposent avant souscription pour
éviter les déconvenues.
produits proviennent de primes versées à partir du 27 septembre 2017, le
prélèvement forfaitaire passe (toujours prélèvements sociaux compris) à 30 % quel que soit le moment
du retrait, sachant toutefois que les
épargnants qui détiennent moins de
150.000 euros d’encours d’assurance-vie (tous contrats confondus)
profitent toujours du taux de 24,7 %
après huit ans. L’assuré garde dans
tous les cas la possibilité d’opter
pour le régime classique d’imposition sur les revenus au barème progressif si celui-ci est plus favorable.
Peut-on profiter d’une
avance sur un contrat
libellé en UC ?
Combien rapportent
les UC ?
La performance des supports
en unités de compte est par définition fort variable : elle dépend des
marchés (actions, obligations,
immobilier…) où sont investis les
actifs qui les composent et ne profite pas de l’effet cliquet (rendement
annuel définitivement capté) propre aux fonds en euros. Chaque
année la Fédération française de
l’assurances publie le rendement
moyen des UC, un benchmark qui
témoigne de cette volatilité : –22,3 %
en 2008, +14,4 % en 2009, –7 % en
2011, +11 % en 2012, +3,9 % en 2016,
+6,1 % l’an dernier… « Entre 2013
et 2017, la performance moyenne des
unités de compte a été de 4,6 % », précise la FFA. Mais les résultats boursiers passés ne préjugeant jamais
de ceux du futur, il est fort probable
qu’en 2018, « nombre de gestions
dynamiques indexées sur les marchés actions finissent dans le rouge »,
remarque Edouard Michot, président d’Assurancevie.com.
Quel est l’impact
des frais ?
« Trop important », répond
Sébastien d’Ornano. Le président de
la fintech Yomoni a fait de la question du coût des contrats en UC l’un
de ses chevaux de bataille commerciale. « Si l’on cumule les frais en tous
genres observés dans différents
réseaux (bancassurance classique et
Internet), on grimpe à un total de
3,5 % en moyenne. Nous avons établi
un comparatif entre plusieurs offres
d’où il ressort qu’au bout de trente ans,
un placement initial de 100.000 euros
rémunéré à 7 % par an en moyenne,
vaudra, selon le pourcentage de frais
prélevés, du simple au double : de
219.000 euros à 484.000 euros. »
Lorsqu’on souscrit un multisupport, il convient en effet de bien distinguer les frais contractuels de ceux
propres aux fonds dans lesquels
sont investies les UC. Dans la première catégorie se rangent les frais
sur versements et de gestion annuels
(pris sur l’encours), auxquels s’ajoutent le cas échéant des frais de mandat de gestion pilotée et d’arbitrage.
Tous ces coûts dont détaillés dans le
nouveau DIC, un document d’informations clefs précontractuelles obligatoirement remis aux assurés
avant signature depuis le 1er octobre,
date d’entrée en vigueur de la DDA
(directive européenne sur la distribution d’assurances).
Quant aux frais propres aux
fonds d’investissement sélectionnés dans le contrat, il convient pour
les détecter de se reporter au DIS
(document d’informations spécifi-
ques) qui, calqué sur le DIC, permet
d’évaluer leur impact dans différentes conditions de marché. « Le relevé
de situation annuelle dont le contenu
a été récemment enrichi, est également un bon outil pour apprécier ces
charges », indique Edouard Michot.
attentif, car il peut toujours se solder
par une perte sèche en cas de retrait
avant terme. De même, les multisupports sont souvent enrichis
d’options de gestion automatiques
(sécurisation des plus-values des UC
sur le fonds en euros, stop loss, etc.)
qui, censées amortir les effets d’une
forte baisse des marchés boursiers,
n’en effacent pas pour autant toutes
les conséquences.
Quels sont les actifs
éligibles ?
Sicav et FCP actions, obligataires, monétaires, fonds structurés, flexibles ou profilés, titres vifs,
FCPR (fonds commun de placement à risque), SCPI, SCI, OPCI,
métaux précieux… pratiquement
tous les supports financiers peuvent être souscrits et arbitrés à tout
moment en franchise fiscale dans le
cadre d’un multisupport. Seule
réserve, ces actifs – qui figurent sur
une liste dressée par décret en Conseil d’Etat – doivent être négociés
sur un marché reconnu et offrir une
protection suffisante de l’épargne
investie (articles L 131-1, R131-1 et R
332-2 du Code des assurances).
Il ne peut s’agir d’actifs « physiques » (immeubles, lingots, etc.). De
même, bien que l’accès au private
equity (déjà favorisé par la loi
Macron du 6 août 2015) fasse, dans le
cadre du projet de loi Pacte, l’objet
d’un nouvel assouplissement, il a été
reprécisé à cette occasion que « le
versement de la prime d’un contrat
d’assurance peut être fait uniquement
en numéraire et non par l’apport de
titres », remarque Martin Kruczkowski, juriste chez Utocat, une fintech informatique dédiée au noncoté. « Le projet prévoit néanmoins la
possibilité d’obtenir, en cas de rachat,
le règlement sous forme de titres ou de
parts de société plutôt qu’en espèces »,
précise Olivier Grenon-Andrieu,
président d’Equance. Le texte envisage aussi d’imposer à partir du
1er janvier 2022 une quote-part minimale d’UC (entre 5 et 10 %) systématiquement investie en titres émis par
des entreprises solidaires ou satisfaisant à des critères relatifs à la transition énergétique et écologique.
Qu’apporte la souscription d’un contrat
luxembourgeois ?
Ces offres assurées par les filiales
luxembourgeoises de compagnies
Quelle protection
en cas de décès ?
Plusieurs solutions de prévoyance proposées en option permettent de protéger les bénéficiaires du contrat d’une perte en capital,
en cas de décès prématuré de
l’assuré intervenant en période de
repli boursier : garanties plancher
classiques (elle assure le versement
d’un capital au moins équivalent
aux versements effectués), majorées, indexées (sur l’inflation…), etc.
Leur coût (exprimée en % du capital
sous risque), souvent élevé et fort
variable selon l’âge de l’assuré,
mérite d’être bien soupesé avant
souscription car il n’est pas sans
effet sur la rentabilité globale du
contrat. Certaines offres (celles, par
exemple, de BNP Paribas, de Société
Générale ou de Monceau Assurances) facturent d’emblée une garantie décès plancher dans leurs frais
de gestion contractuels moyennant
un surcoût modéré.
Quelle fiscalité
en cas de retrait ?
françaises (ou européennes) sont
en général plébiscitées par les
réseaux patrimoniaux pour la triple valeur ajoutée qu’elles présentent : une garantie renforcée
(les actifs sont cantonnés et prioritairement protégés en cas de
défaillance de l’assureur), une allocation d’actifs sur mesure qui, au
travers des FID (fonds internes
dédiés), va bien au-delà de ce
qu’autorise le Code français des
assurances et une fiscalité favorable a ux expa triés (le régime
d’imposition qui prévaut pour le
contrat est celui du pays où réside
l’assuré).
Peut-on trouver des UC
sans risque en capital ?
Non. Contrairement aux
fonds en euros dont le capital est
garanti à tout moment par l’assureur, les UC présentent systématiquement un risque de perte qui
repose sur les épaules du souscripteur et dont l’intensité est définie sur
une échelle allant de 1 à 7 dans le DIC.
A noter toutefois, de nombreuses
offres structurées au capital protégé
voire parfois sécurisé à 100 % hors
frais et à échéance, sont régulièrement proposées par les réseaux.
Mais leur fonctionnement coûteux
et complexe exige un décryptage
Les revenus générés par les
supports en UC sont, comme ceux
capitalisés sur le fonds en euros,
soumis à une taxation à plusieurs
vitesses selon la date d’enregistrement des versements et l’ancienneté
du contrat. Si les produits concernent des primes versées avant le
27 septembre 2017, l’assuré sera,
prélèvements sociaux de 17,2 %
compris, soumis à une ponction forfaitaire de 52,2 % si la sortie intervient moins de quatre ans après la
souscription ; de 32,2 % entre quatre
et huit ans et de 24,7 % après huit
ans, échéance à partir de laquelle un
abattement annuel de 4.600 euros
(9.200 euros pour un couple)
s’applique avant imposition. Si les
Oui. Consenti généralement sur
trois ans dans la limite de 60 % de
l’encours du contrat et moyennant
un taux équivalent à celui du fonds
en euros majoré d’un point, ce prêt
se révèle parfois préférable à un
rachat fiscalisé. « L’épargne continue de fructifier et peut générer un
revenu qui amortit le coût réel de
l’opération. Nous avons effectué des
simulations sur la base d’une hypothèse de 100.000 euros prélevés sur
un contrat présentant une plus-value
importante qui montrent que, sous
réserve d’être remboursée avant deux
ou trois ans selon les cas, l’avance se
révèle financièrement plus intéressante que le retrait, y compris pour
un contrat de plus de huit ans »,
remarque Edouard Michot. Cela
suppose bien sûr que le contrat ne
soit pas en moins-value durant le
prêt !
Quel est le calcul des
prélèvements sociaux
pour une contrat comportant un fonds en euros ?
Pour rappel, l’agenda des prélèvements sociaux n’est pas le même
selon que les revenus du contrat
proviennent du fonds en euros
(ponctionné à ce titre chaque fin
d’année) ou des UC (taxées au
moment du retrait). Résultat, en cas
de rachat partiel (ou total) de son
multisupport, il convient « de prendre en compte la plus-value sur la part
de retrait réalisé, d’y appliquer le taux
de prélèvement en vigueur au jour du
retrait tout en déduisant de ce montant celui des prélèvements déjà
acquittés sur le fonds en euros. En cas
de trop-perçu, si la partie UC du contrat affiche une perte importante, la
différence sera alors restituée », explique Olivier Rozenfeld, président de
Fidroit. Cette règle admet cependant
quelques dérogations : les rachats
effectués par des non-résidents ou
des personnes (ou leur conjoint)
souffrant d’invalidité (de deuxième
et troisième catégories) sont exonérés de prélèvements sociaux. Et
pour les contrats ouverts entre le
1er janvier 1990 et le 25 septembre
1997, « les produits acquis durant les
huit premières années du contrat
bénéficient des taux “historiques” en
vigueur chacune de ces huit années »,
précise Olivier Rozenfeld.
Quid des prélèvements sociaux
lorsque le contrat
se dénoue par un décès ?
Ils s’appliquent selon le même
mode de calcul que celui qui prévaut pour les rachats.
— Laurence Delain
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
en bref
Chrities
MARCHÉ
DE L'ART
VENTE DE DESIGN
CHEZ CHRISTIE’S
LA ROMANÉE-CONTI
EN VEDETTE
Des objets Art déco,
des bronzes animaliers, une
dizaine d’œuvres iconiques
du couple Lalanne…
En tout, près de 100 lots
seront vendus
le 14 novembre à Paris.
1.363 bouteilles, 158 magnums et 3 jéroboams du
célébrissime domaine de la
Romanée-Conti (Bourgogne)
seront vendus aux enchères
par Baghera Wines dimanche 2 décembre à Genève.
Baghera Wines
PATRIMOINE // 33
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
Hiroshi Sugimoto : des photos
qui parlent du temps
Christie’s organise le 8 novembre à Paris une vente aux enchères entièrement consacrée à Hiroshi Sugimoto,
star mondiale de la photographie. Son travail est actuellement exposé à Versailles.
L
une position tranchée sur le travail de Sugimoto, à
rebours des prix du marché : « A l’époque, j’ai exposé toutes ses mers. Nous vendions les petits formats à partir de
2.500 dollars. Ils témoignent d’une approche conceptuelle
d’une grande rigueur mentale. C’est un travail de répétition, comme un enregistrement du monde dans le même
esprit que On Kawara (2) lorsqu’il marquait le temps avec
son travail sur les dates. En revanche, pour moi, ses grands
formats ont une vocation avant tout décorative. » Dans un
esprit qui consiste à ranimer les fantômes de l’histoire
en les immortalisant, Sugimoto a pris des personnages
déjà conservés pour l’éternité, les statues de cire qui
« animent » le fameux musée de Londres, Madame Tussauds. Records dans cette gamme : en 2005, une série de
7 photos grand format représentant des personnages de
l’histoire anglaise, dont Henry VIII, a été adjugée
551.000 euros et, en 2006, un grand portrait de l’empereur du Japon Hirohito a été vendu 203.600 euros.
Christie’s propose, dans des petits formats, cinq tirages
représentant une série plus difficile, la reconstitution de
crimes historiques dans le même lieu (aujourd’hui
démantelée), estimée 20.000 euros.
’artiste japonais, qui vit à New York, Hiroshi Sugimoto (né en 1948) est une des stars mondiales de
la photographie actuelle. Il a inventé un style
immédiatement reconnaissable en noir et blanc qui
peut paraître à la fois conceptuel et d’une grande force
plastique. Hiroshi Sugimoto est passé à la postérité avec
ses photos de mer prises sur toute la planète, mais son
œuvre, beaucoup plus vaste, parle du temps.
Sa cote subit peu de variations et elle existe dans une
large gamme de prix. Jusqu’au 17 février, son travail, qui
dépasse d’ailleurs le champ de la photographie, est
exposé au Trianon de Versailles (lire aussi dans « Les
Echos Week-End », Sugimoto à Versailles : voyage
au pays des fantômes). En outre, le 8 novembre,
Christie’s organise à Paris une vente aux enchères qui lui
est entièrement consacrée : 27 lots estimés entre
8.000 et 200.000 euros. Elle est l’occasion de scruter son
marché.
Toujours en deux formats
Sugimoto raconte qu’il veut revivifier le passé à travers
la photographie. Comme s’il désirait convoquer les fantômes de l’humanité, cristalliser le temps, raconter les
grands jalons des découvertes et des progrès de l’histoire humaine aussi. Aux enchères le record, 1,2 million
d‘euros, a été obtenu en 2007 pour une série de trois
images qui montre la mer Noire, la mer Rouge et la mer
Jaune. Comme l’explique l’experte de la vente et respon-
Grande stabilité
Sugimoto utilise un très long temps
de pose en prenant la mer
et ses mouvements. Il en résulte
une image abstraite dans laquelle
l’eau devient une mer « d’huile ».
sable du département européen de la photo chez
Christie’s, Elodie Morel, « les mers sont les sujets les plus
demandés chez l’artiste ». Sugimoto utilise un très long
temps de pose en prenant la mer et ses mouvements.
Il en résulte une image abstraite dans laquelle l’eau
devient une mer « d’huile ». Le cliché en noir et blanc
est divisé en deux parties, à parts égales : la mer sombre
et le ciel plus clair. « Il produit toujours ses images
aux deux formats. Le grand est tiré à 5 exemplaires.
Le petit à 25 exemplaires », observe encore Elodie Morel.
Dans la vente de Christie’s, un grand format (119 ×
148 cm) de la mer du Japon, de 1996, est estimé
200.000 euros. Tandis qu’un petit format (42 × 54 cm),
représentant la Manche en 1989, est estimé
20.000 euros. Pour Jeffrey Fraenkel de San Francisco,
qui possède une des galeries les plus influentes en
Hiroshi Sugimoto, le grand escalier de la Villa Farnèse, 2016. Photo Galerie Jeffrey Fraenkel
matière de photographie dans le monde et qui montre
son travail de longue date (1), « Hiroshi fait de nouvelles
mers lorsqu’il a quelque chose de nouveau à exprimer. En
ce moment, il est particulièrement intéressé par l’idée des
marines depuis son observatoire qu’il vient de construire à
Odawara, au Japon. Les nouvelles vues de mer en grand
format sont à vendre pour 400.000 dollars, tandis que les
petits formats sont proposés à 35.000 dollars. »
Dans la vente du 8 novembre est aussi proposé un
portfolio de 51 lithographies (et non photographies),
tirées à 500 exemplaires, qui représentent 51 images de
mer différentes, estimé 12.000 euros.
En France, le premier à avoir montré le travail du
Japonais, en 1995, est Marc Blondeau, dans la galerie
Renn Espace, qui appartenait au cinéaste Claude Berri.
Aujourd’hui, le marchand privé, qui exerce à Genève, a
L’un des thèmes qui fascinent les collectionneurs
– même si la cote reste en l’occurrence sensiblement
plus basse – est celui des cinémas et des drive-in. La
prise de vue se fait en continu pendant toute la durée de
la projection. Mais la résultante du défilement des images est toujours un écran blanc. En 2012, « Union City
Drive-In », dans un format moyen (51 × 61 cm), avait été
adjugé 97.000 euros, le prix le plus élevé dans cette série.
Le 8 novembre, une vue d’un théâtre du Wisconsin à
Baraboo, d’un format comparable, est proposée avec
une estimation de 18.000 euros. Enfin, Hiroshi Sugimoto a réalisé un grand nombre de photos d’architecture. Les plus chères représentent généralement les
bâtiments les plus connus. Lors de Paris Photo, qui se
tiendra à Paris, au Grand Palais, du 8 au 11 novembre,
Jeffrey Fraenkel montrera le grand escalier de la Villa
Farnèse, réalisé en 2016, à vendre pour 80.000 dollars.
Le marché des photographies de Sugimoto est particulièrement bien organisé, en termes de formats et de
nombre d’exemplaires. Elodie Morel conclut : « Après
un pic de records dans la seconde partie des années 2000,
sa cote est aujourd’hui d’une grande stabilité. »
— Judith Benhamou-Huet
(1) A Paris, Hiroshi Sugimoto est représenté par la galerie
Marian Goodman.
(2) On Kawara (1933-2014) est connu pour ses œuvres marquées à chaque fois d’une date précise qui devient le sujet même
de l’œuvre.
www.christies.com https://fraenkelgallery.com.
LE GRAPHIQUE
DE LA SEMAINE
Immobilier :
où dénicher
du neuf à Paris ?
Ultraconfidentiel, l’immobilier
neuf à Paris se raréfie. Selon une
étude de l’Adil 75, le nombre de ventes dans le neuf y a chuté de 20 % en
2017 par rapport à 2016, passant de
894 à 713 unités. En outre, les mises
en vente s’effondrent : –42 % en
un an, à fin 2017. Et, à fin juin 2018,
moins de 250 logements neufs
sont en vente dans la capitale. En
volume, 80 % des appartements
vendus l’an dernier sont des 3 pièces
ou moins. Pour débusquer un programme, précise l’Adil 75, il faut
viser les 18e, 13e et 15e. Le prix du
collectif s’élève à 10.697 euros/m²,
en moyenne, à fin 2017. La plupart
des logements valent plus de
11.000 euros/m², excepté ceux du
nord-est, où le prix moyen est inférieur à 10.000 euros/m².
Anne-Sophie Vion
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prêts à vivre sont situés dans le Triangle d’Or.
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Concierge Auctions, LLC est le fournisseur de services de marketing pour les enchères et est un courtier agréé par l’État de New York (n° 10991209483 ; courtier Chad Roffers, n° 10491202564) - 800 Brazos Street, Suite 220, Austin TX 78701 (888) 966-4759. Les services visés par les présentes ne s’appliquent pas aux résidents de tout État où ils sont interdits par la loi en vigueur. Concierge Auctions LLC, ses agents et sociétés affiliées, partenaires de courtage, commissaire-priseur et les vendeurs ne garantissent ni l’exactitude ni l’exhaustivité des informations et ne sauraient en aucun cas être
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Vendredi 2, samedi 3 novembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Sanofi compense désormais durablement
la décroissance du diabète.
L'INVITÉ
DES ECHOS
« Les Echos »
+
La chance au grattage
David Lisnard
Maire LR de Cannes
COMMERCES « Il y a une disparition du commerce de proxi-
mité, non pas partout, mais dans beaucoup de villages, de
quartiers, y compris dans des villes moyennes. Ce qui pose un
problème d’emplois et de style de ville, car le commerce de
proximité est un commerce qui éclaire et sécurise la rue. La
ville doit être un lieu d’échanges, de rencontres », estime David Lisnard. « L’e-commerce a toute sa légitimité, apporte un
service. En revanche, je suis pour l’équité fiscale. [...] Il est normal que l’e-commerce de livraison à domicile, qui consomme
beaucoup d’espaces publics [...], ait une participation à l’aménagement de l’espace, la gestion des villes de ces sociétés d’ecommerce qui aujourd’hui n’y participent pas du tout. [...] »
En échange, David Lisnard propose de diminuer la taxe
foncière des commerces de proximité.
LES RÉPUBLICAINS Pourquoi la baisse d’Emmannuel Macron dans les sondages ne profite-t-elle pas à la droite ?
« Aujourd’hui, la droite, comme les autres oppositions, ne
propose pas une offre alternative crédible. C’est une phase
normale après la défaite qui a été vécue. Nous sommes dans
une phase où nous devons travailler le fond, et c’est ce qui se
fait au parti Les Républicains, avec Valérie Pécresse, Bruno
Retailleau… Il y a beaucoup de travail pour savoir quoi dire
sur la France de 2020, 2030, 2040. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos
A la grande loterie de l’industrie pharmaceutique, il suffit d’avoir les reins suffisamment solides pour attendre que la roue tourne, jusqu’à tirer quelques
bons numéros. Après trois années à passer son tour à cause du ticket perdant
de la fin du brevet de son premier produit, l’antidiabétique Lantus, Sanofi a
donc sa chance au grattage : le triplement en trois mois des ventes de son traitement des dermatites, Dupixent, le met sur un rythme de croisière annuel
proche du milliard d’euros, soit à peine un cinquième du potentiel estimé à
l’horizon de 2022 par Bloomberg Intelligence pour ce couteau suisse de l’immunologie, également actif contre l’asthme, diverses allergies et autres troubles des sinus. Si le médicament a des allures de « blockbuster », il n’induira
pas de dépendance. L’apothicaire démontre à travers la première croissance
trimestrielle à deux chiffres de son bénéfice net par action ajusté depuis deux
ans qu’il peut compter sur une trousse plus complète qu’auparavant, incluant
l’ex-Genzyme, les traitements du sang de Bioverativ, les vaccins, les produits
sans ordonnance et les pays émergents. En compensant pour la première fois
au troisième trimestre les revenus perdus aux Etats-Unis à cause des génériques par ceux de ses nouveaux médicaments, le laboratoire, dirigé par Olivier Brandicourt, franchit un cap symbolique. Il confirme le réalignement de
ses perspectives de croissance de résultats avec le reste du secteur européen.
Le malade qui ne s’est pas ignoré redevient mieux portant.
Econick 22
Equium 21
Eutelsat 18
Heineken 16
Hema 16
La Normandise 22
Le Télégramme 19
Life Agromine 22
Metacoustic 21
Mitsubishi UFJ
Financial Group 27
MUFG 27
Opel 14
Orange 18, 27
Ouibus 15
PayPlug 22
PSA 14, 27
INDEX DES
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas AM 25
Imerys 13
eDitorialistes
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (le crible)
Les eChos exeCUTIves
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Les eChos week-end
Directeur De la réDaction Henri Gibier
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PUBLICITÉ Les Echos Team Media tél. : 01 87 39 78 00.
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servICe ABonnemenTs les echos 4, rue de mouchy 60438 noailles cedex
tél. : 01 70 37 61 36. fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
tarif un an : 650 €
ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 31 octobre 2018 : 98.544 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de acpm oJD / cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle, est interdite
sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 12 pages « les echos entreprises et collectivités »
Airbus réussit à enrober la baisse prévue
de son cash-flow disponible.
Faut-il voir la carlingue des résultats du troisième trimestre à moitié
pleine ou à moitié vide ? Les investisseurs mondiaux accrochés au
manche dans les turbulences ont choisi la première option pour la publication trimestrielle d’Airbus, meilleure que prévu de 12 % pour le
bénéfice d’exploitation ajusté. Le fleuron toulousain promet toujours
de livrer 800 avions commerciaux en 2018, un objectif qui comprend
désormais 18 A220, les ex-CSeries de Bombardier. Si l’effet d’optique
est un peu trop gros pour leurrer tous les radars financiers, les oracles
boursiers les plus exigeants se félicitent de voir de leurs propres yeux
dans les chiffres des neufs premiers mois les effets porteurs de la
montée en puissance de l’A350. L’objectif annuel de résultat d’exploitation est donc maintenu, même s’il a bien fallu en rabattre sur le flux
de trésorerie disponible, attendu en repli cette année. L’avionneur
européen ne s’en cache pas, il lui reste énormément de travail sur le
plancher des vaches pour relever ses nouveaux défis industriels
(A320neo, A330neo), sans parler de ses vieux dossiers épineux (A380,
A400M). Pourtant, sa cote boursière a réussi à rester dans le sillage de
celle de Boeing (22,3 fois le bénéfice prévisionnel, contre 23,9 fois). Si
l’inconnu du Brexit met les nerfs de ses actionnaires à rude épreuve,
ceux du rival américain n’ont pas été ménagés par les tensions commerciales mondiales, qui ont fait voler en dents de scie la « blue chip »
de Chicago ces derniers mois.
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lvmh)
présiDent-Directeur général Pierre Louette
Directrice générale pôle les echos Bérénice Lajouanie
Directeur Délégué Bernard Villeneuve
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Daniel Fortin (magazine, opinions, innovation)
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et opérations spéciales)
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et transformation digitale)
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Plancher industrieux
La facture de carburant va mettre Ben Smith
sous pression chez Air France-KLM.
Renault 27
RMC Sport 18
Samsic 15
Samsung Electronics 19
Siemens 11
Sound to Sight 21
Swiss Re 25
Total 27
Vallourec 13
Virocovax 22
Vivendi 18
Volkswagen 11
Directeur De la publication & présiDent De la sas les echos Pierre Louette
edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
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éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
« Comme elles tombent bien ! » Les feuilles trimestrielles d’automne d’Air
France-KLM ont revêtu comme une splendeur nouvelle aux yeux des investisseurs qui portent sur le nouveau patron, Ben Smith, le regard de
Cyrano sur Roxane. La chute de 6,7 % du bénéfice d’exploitation de
juillet à septembre a pratiquement la « grâce d’un vol » étant donné
qu’elle était attendue deux fois et demie plus brutale. La compagnie a
compressé plus fortement ses coûts au siège qu’IAG ou Lufthansa. Ceuxci sont d’ailleurs, en euros sur neuf mois, plus compétitifs que ceux de la
maison mère de British Airways et d’Iberia pour une recette quasiment
équivalente, qui a progressé de 1,8 % sur le trimestre à change constant.
Le regain de 6 % du titre en Bourse en deux séances confirme que tout
n’est donc pas si pourri au royaume des cieux franco-hollandais, excepté
l’ambiance, si l’on en croit l’insistance mise, à moins de la moitié de ses
cent premiers jours, par le nouveau pilote sur les trois valeurs qui font
défaut : « la transparence, la confiance et le respect ». Un peu de sérénité
ne sera en effet pas de trop. Lorsqu’on prend du recul sur neuf mois, la
descente du compte de résultat – une hausse de 2 % des revenus, un effondrement d’un quart du résultat d’exploitation et de 42,5 % du bénéfice net – n’est pas de tout repos. Même sans les grèves qui l’ont amputé de
335 millions, le bénéfice opérationnel serait resté en léger retrait. L’enchérissement du kérosène l’an prochain, représentant, malgré les couvertures, l’équivalent des trois quarts du résultat estimé, ne prolongera
pas l’état de grâce.
Etat de grâce
LES ENTREPRISES CITÉES
AIG 25
Airbus 14
Air France-KLM 15
Alstom 11
Altice 18
Ascoval 13
Bénéteau 13
Bluebird Bio 14
BT Group 27
Canal+ 18
Casino 25
Club Med 17
Colonial First State
Global Asset
Management 27
Crédit Mutuel 26
Criteo 18
crible
EN VUE
D
Armel Le Cléac’h
ans la flottille rassemblée pour
le départ de la Route du Rhum,
on ne voit déjà qu’eux, avec
leurs mâts hauts comme un immeuble
de 12 étages : les Ultime. Mais parmi ces
maxi-trimarans, l’un alimente plus que
les autres les conversations, c’est le
« Banque Populaire IX » d’Armel Le
Cléac’h. Une question trotte dans les
têtes de voileux : « le Chacal », surnom
inspiré par sa ténacité, échappera-t-il
au chat noir qui le harcèle depuis son
passage au multicoque sur cette
course ? En monocoque, tout avait
pourtant bien débuté pour lui sur SaintMalo - Pointe-à-Pitre : une 4e place dans
la catégorie en 2006, puis une 2e en 2010.
Mais sitôt passé sur trois coques, patatras. 2014 : il est vu comme le favori,
mais, quelques mois avant le départ, il
se blesse gravement à la main en… nettoyant sa voiture. Chargé de l’intérim,
Loïck Peyron remportera l’épreuve,
record à la clef. Avril 2018, nouvelle
« scoumoune » : en test au large du
Maroc, Le Cléac’h et son équipage sont
surpris par une rafale de vent scélérate.
Chavirage, démâtage… nouveau forfait ? Non, le Finistérien est résilient – ce
serait consubstantiel à la bretonnitude ! –, et le voici amarré au pied de la
cité corsaire, prêt à en découdre. En particulier avec François Gabart, son frère
ennemi, qui l’avait devancé de peu dans
le Vendée Globe 2013. Un jour où on lui
demandait ce que lui inspire « Armel »,
la réponse de Gabart a fusé tel un
Ultime : « C’est l’un des plus grands, si ce
n’est le plus grand marin de la course au
large aujourd’hui. » Sur l’eau comme sur
les pontons de Saint-Malo ou d’ailleurs,
il ne se trouvera pas grand monde pour
dire le contraire.
(
Lire nos informations
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N° 143. SUPPLÉMENT AU N° 22 815 DU QUOTIDIEN « LES ÉCHOS » DES 2 ET 3 NOVEMBRE 2018. NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT. 4,70 €
BUSINESS STORY / CULTURE / STYLE / ... ET MOI
UNE AMBITION NORDISTE
Élu à la tête des Hauts-de-France, Xavier Bertrand attend
de pied ferme Emmanuel Macron, en visite la semaine prochaine.
Sans parti, mais non sans arrière-pensées.
ÉTATS-UNIS
Les évangéliques,
force cachée de Trump
TRANSPORTS
Les taxis londoniens
à l’assaut de Paris
+ HORLOGERIE : MATIÈRES À RÉFLÉCHIR
ART
Lowe, reproducteur
de chefs-d’œuvre
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Consommation mixte NEDC (l/100 km) : de 3,7 à 5,7. Émissions de CO2 NEDC (g/km) : de 98 à 131.
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SOMMAIRE
02 NOVEMBRE 2018
10 ESPRIT WEEK-END
68 KEY WEST, UNE ÎLE NOMMÉE DÉSIR
Voyage à l’extrême sud des États-Unis,
sur les traces de Tennessee Williams
et d’Ernest Hemingway.
18 LE DIMANCHE IDÉAL DE…
La danseuse étoile Alice Renavand.
72 ENCORE FATIGUÉS ?
Oubliez vos cernes,
l’industrie de la cosmétique
les tient à l’œil.
BUSINESS STORY
21 EN COUVERTURE :
XAVIER BERTRAND,
UNE AMBITION NORDISTE
73 TRILOGIE 2.0
Plongez dans un roman
à « lecture augmentée ».
En déplacement dans les Hauts-de-France
la semaine prochaine, Emmanuel Macron
sera accueilli par un président de région
qui un jour se verrait bien à sa place. Et qui,
en se battant pied à pied contre le chômage
et l’extrême droite, espère poser localement
les bases d’une conquête nationale.
74 GASTRONOMIE
76 LE MODÈLE À SUIVRE
A-t-on déjà autant attendu
une voiture que la Tesla Model 3 ?
30 7 ESPÈCES INVASIVES
REDOUTABLES
LEA CRESPI POUR LES ECHOS WEEK-END
AMÉLIE FALIÈREI POUR LES ECHOS WEEK-END
SHUTTERSTOCK
Les animaux aussi
ont pris le train
de la mondialisation…
et pas les plus sympas.
32 L’AMÉRIQUE ÉCARTELÉE
DE FRANCES FITZGERALD
À quelques jours des élections de « midterm », la journaliste-politologue donne
une interview éclairante sur le mouvement
évangélique, qui a porté Trump au pouvoir.
38 LES BLACK CABS À LA CONQUÊTE DE PARIS
Les taxis londoniens s’apprêtent à traverser
la Manche. En version électrique.
CULTURE
43 ADAM LOWE, UN MYSTÈRE
RENAISSANCE AU XXIE SIÈCLE
À Madrid, cet alchimiste de l’art réalise
des reproductions à l’identique des
plus grands chefs-d’œuvre de l’humanité
tout en jouant les accoucheurs
auprès de créateurs contemporains.
Visite de ses fascinants ateliers.
Xavier Bertrand a claqué la porte
des Républicains il y a bientôt un an.
48 EXPOS, MUSIQUE, LIVRE, BD, CINÉMA
…ET MOI
77 PREMIER CONTACT À L’ÉTRANGER :
COMMENT SE COMPORTER ?
Pour réussir ses voyages, autant
éviter de gaffer d’emblée.
Un petit vade-mecum bien utile.
Sélection de l’actualité culturelle.
82 DÉLICES D’INITIÉS
STYLE
53 MATIÈRES À RÉFLÉCHIR
Fibres de carbone, céramiques, graphène,
composites, polymères… Les boîtiers
de montres rivalisent de technicité, pour
des usages toujours plus exigeants.
64 MODE RETOURS GAGNANTS
On les croyait disparues, elles renaissent
avec succès : de belles histoires de marques.
66 ESSENTIELLEMENT PRADA
La griffe italienne fait du neuf
avec du vieux. Tant mieux.
67 SAC D’INFLUENCE
Sac à dos Zayn by The Kooples.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 7
84 BIEN-ÊTRE
78 CLAP DE FIN
La chronique de Marc Dugain.
POUR ALLER PLUS LOIN
SUR WEEKEND.LES ECHOS.FR
Reportage dans l’Amérique évangélique,
en rebond de l’interview de Frances FitzGerald
● Déambulation photographique dans l’atelier
d’Adam Lowe
● La descente aux enfers de Tesla, racontée
par Anne Feitz
●
MHD SAS, 105 Bvd de la Mission Marchand, 92400 Courbevoie – B 337 080 055 RCS Nanterre
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Le Belvedere est un palais symbolique de Pologne, berceau de Belvedere vodka. Ce sont le terroir polonais et
le seigle de Dankowskie qui donnent à notre vodka son goût et son caractère uniques.
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
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ÉDITO
02 NOVEMBRE 2018
CULTURE
02 NOVEMBRE 2018
ET MOI…
BUSINESS STORY / CULTURE / STYLE / ... ET MOI
02 NOVEMBRE 2018
STYLE
BUSINESS STORY
02 NOVEMBRE 2018
02 NOVEMBRE 2018
N° 143. SUPPLÉMENT AU N° 22 815 DU QUOTIDIEN « LES ÉCHOS » DES 2 ET 3 NOVEMBRE 2018. NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT. 4,70 €
Le boîtier Oyster de Rolex
est taillé dans un bloc
massif d’acier Oystersteel,
appartenant à la famille
des aciers 904L, utilisés
dans le domaine spatial
et l’industrie chimique.
UNE AMBITION NORDISTE
Élu à la tête des Hauts-de-France, Xavier Bertrand attend
de pied ferme Emmanuel Macron, en visite la semaine prochaine.
Sans parti, mais non sans arrière-pensées.
ÉTATS-UNIS
Les évangéliques,
force cachée de Trump
TRANSPORTS
Les taxis londoniens
à l’assaut de Paris
ART
Lowe, reproducteur
de chefs-d’œuvre
+ HORLOGERIE : MATIÈRES À RÉFLÉCHIR
Xavier Bertrand
au conseil régional,
à Lille en octobre.
PREMIER CONTACT
À L’ÉTRANGER :
COMMENT SE COMPORTER ?
ADAM LOWE,
UN MYSTÈRE
RENAISSANCE
AU XXIE SIÈCLE
XAVIER
BERTRAND,
UNE
AMBITION
NORDISTE
Par Jessica Berthereau
Illustrations : Babeth Lafon
Par Cécile Thibaud
Photographe : Pierre-Yves Marzin
En visite dans les Hautsde-France la semaine
prochaine, Emmanuel Macron
rencontrera un président
de région très combatif,
ulcéré par l’affaire Ascoval.
L’ancien LR veut faire
entendre à l’opinion, où sa
cote ne cesse de monter, qu’il
se bat comme un lion contre
le chômage et l’extrême droite.
Non sans arrière-pensées
dirigées vers l’Élysée.
Dans les locaux de
Factum Arte, à Madrid,
la reproduction du
Martyre de saint
Matthieu, du Caravage.
CÉDRIC WIDMER
Par Elsa Freyssenet
avec Olivier Ducuing
Photographe : Lea Crespi
Xavier Bertrand a été
élu président des
Hauts-de-France en 2015.
ILLUSTRATION FABIEN CLAIREFOND
EN COUVERTURE : LEA CRESPI POUR LES ECHOS WEEK-END
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4, rue de Mouchy, 60438 Noailles Cedex
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au 01 70 37 61 36.
serviceclients@lesechos.fr
FABRICATION
Directeur : Jérôme Mancellon (7444)
Responsable fabrication groupe :
Sandrine Lebreton (7442),
assistée de Jean-Claude Lainé (7129)
Photogravure : Key Graphic
Impression : Maury SA, Malesherbes
Origine du papier : Finlande.
Taux de fibres recyclées : 0 %. Le papier
de ce magazine est issu de forêts gérées
durablement. Ptot 0.009kg/tonne
Les Echos Week-End est une publication
hebdomadaire du Groupe Les Echos.
ISSN 2430-7599. CPPAP 0421 C 83015.
Dépôt légal : novembre 2018
Principal associé : Ufipar (LVMH)
Président-directeur général :
Pierre Louette
Directrice générale Pôle Les Échos :
Bérénice Lajouanie
Directeur délégué : Bernard Villeneuve
L E S E C HO S W E E K - EN D – 7 7
Par Frank Declerck
L E S E C H O S W E E K - EN D – 5 3
L E S E C HO S W E E K - EN D – 2 1
Directeur de la publication,
président de la SAS Les Echos :
Pierre Louette
Directeur des rédactions : Nicolas
Barré
RÉDACTION
Directeur : Henri Gibier (7249)
Directeur de création :
Fabien Laborde (7273)
Assistante : Maria Lopez-Pissarra
(7325)
Rédacteurs en chef :
Gilles Denis (7221), Karl De Meyer
(7219),
Lucie Robequain (7340)
Rédacteurs en chef adjoints : Mariana
Reali (7335), Claude Vincent (7361)
Chef d’édition :
Anne-Sophie Pellerin (7322)
Directrice artistique :
Cécile Texeraud (7354)
Directrice artistique adjointe:
Alice Lagarde (7276)
Chef de service photo :
Jany Bianco-Mula (7170)
Conseillers éditoriaux : Daniel Fortin
(7240), Pascal Pogam (7326)
Rédaction : Philippe Chevilley (7192),
Thierry Gandillot (7246) (chefs
de service), Isabelle Lesniak (7290),
Florence Bauchard (7162), Stefano
Lupieri (7295) (chefs de rubrique),
Pierre de Gasquet (7215) (grand
reporter)
Editrice Web : Cécilia Delporte (7218)
Edition : Véronique Broutard (7183),
Emmanuelle Chabert (7187),
Annette Lacour (7275)
Maquette : Christine Liber (7291)
Service photo : Clémentine Neupont
(7317), Constance Paindavoine (7320)
Infographies : service infographie
des « Echos »
Documentation : Anne Flateau (7239)
Ont collaboré à ce numéro :
Morgane Aubert (maquette), David
Barroux, Judith Benhamou-Huet,
Jérôme Berger, Jessica Berthereau,
Félix Besson, Philippe Besson, Ludovic
Bischoff, Sarah Bouchet, Elsa Conesa,
Johanne Courbatère de Gaudric,
Frank Declerck, Sabine Delanglade,
Marc Dugain, Jean-Denis Errard,
Astrid Faguer, Cédric Fréour, Elsa
Freyssenet, Laurent Guez, Aurélie
Lefebvre (iconographie), Clara Le Fort,
Jean-Philippe Louis, Shereen
Mahhouk (iconographie), Cécile
Michel, Philippe Noisette, Laurence
Ogiela, Alice d’Orgeval, Jean-Francis
Pécresse, Nicolas Rauline, Raphaël
Sachetat, Cécile Thibaud.
MATIÈRES
À RÉFLÉCHIR
Avec l’évolution des
usages, les manufactures
de montres ont dû
s’adapter et utiliser
d’autres matières
pour les protéger.
La vie moderne, active
et sportive, a donc
transformé les boîtiers
en minicoffres-forts
high-tech.
L E S E C H O S W E E K - EN D – 4 3
DENTELLE DU NORD
Aussi étonnant soit-il, le succès à l’élection présidentielle
d’Emmanuel Macron a tenu à quelques ingrédients
simples. Il a su proposer avec talent aux Français qui
n’étaient pas acquis aux blocs extrêmes de Marine
Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon l’offre raisonnable
sur le fond, modérée dans la forme, et pondérée dans
son approche de sujets complexes (le « en même temps »)
que les grands partis de gouvernement, UMP d’un côté,
PS de l’autre, en se polarisant à l’excès lors de leurs
primaires, avec François Fillon pour la droite et Benoît
Hamon pour la gauche, ne pouvaient plus incarner.
Curieusement, ces deux formations, longtemps pivots
de notre vie politique, semblent en avoir conclu qu’il
fallait encore plus accentuer leur stratégie mortifère.
Pour ne pas être dévorés par leurs concurrents populistes,
les Républicains se sont droitisés, notamment
sur l’immigration, ligne théorisée par Laurent Wauquiez,
et ce qui restait des socialistes a campé sur une ligne
systématiquement critique de la politique de Macron,
pas si éloignée pourtant de celle de François Hollande.
Pour le moment, c’est l’inverse de leurs attentes
qui se produit, et même les mécontentements actuels
profitent plus au populisme qu’à eux. En revanche, retiré
sur son Aventin régional des Hauts-de-France, et affichant
dans les premiers temps un pragmatisme compatible
avec le macronisme, au point d’être pressenti pour
Matignon, Xavier Bertrand est devenu, grâce
à ce positionnement en dentelle, un chouchou
des sondages. Mais attention, lui aussi semble depuis
peu tenté par la critique tous azimuts du pouvoir
en place, et une surenchère sociale intenable au niveau
national, au risque de se faire rafler la mise par ceux,
sur sa gauche ou sur sa droite, qui sauront toujours
se montrer meilleurs opposants que lui. Henri Gibier
LE S E CHOS WE E K- E ND – 9
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ESPRIT WEEK-END
02 NOVEMBRE 2018
L'AGENDA EN FRANCE
Henry Moore,
The Arch (1963-1969).
TOULON
Art contemporain
L’Hôtel départemental des arts du Var invite
Joana Vasconcelos à investir tous ses espaces.
L’artiste travaille avec des objets de tous
les jours et les traditions artisanales portugaises
pour produire une œuvre critique et joyeuse
de la société contemporaine. « Exagérer pour
inventer », jusqu’au 18 novembre.
www.hda.var.fr
Henry Moore en Bretagne
Il ne reste que ce week-end pour découvrir
le travail d’Henry Moore au Fonds Hélène
et Édouard Leclerc. Sculpteur parmi les plus
influents du xxe siècle, incarnation du
modernisme de l’après-guerre, il a amorcé le
renouveau de la sculpture en Grande-Bretagne,
devenant l’un de ses plus grands ambassadeurs
artistiques. www.fonds-culturel-leclerc.fr
TOULOUSE
Tintin pilote
Les « tintinophiles » doivent se précipiter
au musée Aeroscopia pour découvrir
les avions que le célèbre reporter à houpette
a emprunté durant sa longue carrière.
L’exposition « Tintin et ses avions » présente
de nombreuses planches originales d’Hergé
au milieu des aéronefs de la collection.
Jusqu’au 10 janvier. www.musee-aeroscopia.fr
BOULOGNE-SUR-MER
Attention, requins !
Les Semaines du requin se terminent
ce week-end au centre aquatique Nausicaá,
qui abrite plus d’une centaine de squales
d’une dizaine d’espèces différentes. On se
dépêche donc pour profiter de cette
programmation spéciale : exposition pour
démêler mythe et réalité, rencontres
avec les soigneurs qui effectuent des plongées
dans les bassins, etc. www.nausicaa.fr
10 – LE S E CHOS WE E K- E ND
DERNIÈRE CHANCE
LA BEAUTÉ DU SPORT À LILLE
Dans le cadre de Lille 3000, « Sportfoto »
célèbre jusqu’à dimanche la photographie
de sport. Les expos filent à travers la ville.
On boxe à l’Hospice Comtesse, on est foot
au Tri Postal, on vit les JO et on suit
la petite reine à la Gare Saint Sauveur.
Documentaires, spectaculaires ou
créatives, les signatures sont là, avec
notamment Bob Martin, David Burnett,
Laurent Gudin ou Denis Rouvre. À petites
ou grandes foulées, foncez ! C’est gratuit
et on ne retient pas ses « oh ! » et ses « ah ! »
face à ce vivant hommage à la beauté
et à l’esprit du sport. www.lille3000.eu
GÉRARD RANCINAN
LANDERNEAU
MICHEL MULLER/THE HENRY MOORE FOUNDATION ARCHIVE
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T EC H N I C A L
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ESPRIT WEEK-END
Vincent Delerm
a chanté Deauville.
Il la photographie
maintenant
à l’invitation
du festival
Planche(s) Contact.
À gauche,
Eternal Sleep (2017),
œuvre en cristal
de Damien Hirst.
WINGEN-SUR-MODER
Cristal inspirant
Quand les plus grands artistes contemporains
s’emparent du savoir-faire de la manufacture
Lalique, cela donne une exposition inédite que
l’on parcourt avec curiosité. Damien Hirst, Zaha
Hadid, Anish Kapoor, Terry Rodgers ou encore
Yves Klein s’exposent au musée Lalique, jusqu’à
dimanche. www.musee-lalique.com
SAINT-PAUL-DE-VENCE
Robe en dentelle Leavers, Christian Dior
par Maria Grazia Chiuri, collection
haute couture printemps-été 2017.
CALAIS
Dentelle à la mode
L’exposition « Haute Dentelle », que propose
la Cité de la dentelle de Calais, illustre
la place de cette étoffe ultracréative dans
Jan Fabre en Provence
La Fondation Maeght accueille l’artiste belge
Jan Fabre avec ses sculptures, essentiellement
en marbre, et ses dessins traitant de la pensée,
du corps, de nos rêves et surtout de nos
imaginaires, en dialogue avec les découvertes
scientifiques. Jusqu’au 11 novembre.
www.fondation-maeght.com
BOMMES
S’évader pour déguster
Un escape game dans un premier grand cru
classé de Bordeaux ? C’est la nouvelle animation
proposée par le château de Rayne Vigneau,
dans le Sauternais. Enfermés dans une salle
de réception, vous devez trouver la pierre
précieuse du vicomte Gabriel de Roton pour
12 – LE S E CHOS WE E K- E ND
YANNCHAPOTEL
DIOR
Photos à la plage
Le festival Planche(s) Contact célèbre
la créativité photographique. Sur la plage,
de très grands formats de Roger Schall nous
replongent dans l’atmosphère des premiers
congés payés. Quant à Vincent Delerm,
invité d’honneur de cette neuvième édition,
il reçoit une carte blanche pour faire revivre
ses souvenirs d’enfance en photos.
Jusqu’au 25 novembre. www.indeauville.fr
IR DU
À PART BRE
M
E
V
O
N
15
VINCENT DELERM
DEAUVILLE
vous évader. Et gagner le droit de déguster
trois vins de la propriété ! Un « sweet escape »
qui mêle travail d’équipe et plaisir épicurien…
www.raynevigneau.fr
Ludovic Bischoff
IL EST TEMPS DE RÉSERVER
STOCKHAUSEN, LA TOTALE !
Voilà un défi fou que se lance le collectif
artistique Le Balcon : jouer les sept opéras
du cycle «Licht» de Karlheinz Stockhausen.
C’est la première fois que ce projet hors
norme est monté en intégralité. Il s’agit
de créer sept opéras – 29 heures au total –
qui abordent chacun un jour de la
semaine. Ce cycle débute avec Donnerstag
aus Licht à l’Opéra-Comique de Paris
(les 15, 17 et 19 novembre) puis à l’Opéra
national de Bordeaux (les 10 et 11 janvier
2019). Suivra Samstag aus Licht à la
Philharmonie de Paris (les 28 et 29 juin
2019) et ainsi de suite jusqu’en… 2024 !
www.lebalcon.com
DAMIEN HIRST, SCIENCE LTD AND LALIQUE.ALL RIGHTS RESERVED, DACS/ ADAGP PARIS 2018
la mode contemporaine. Un dialogue
entre artisans tisserands et grandes maisons
de couture qui présentent des modèles
exceptionnels. Jusqu’au 6 janvier.
www.cite-dentelle.fr
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ESPRIT WEEK-END
L'AGENDA À PARIS
HIPPISME
L’art selon Michel Houellebecq
Deux ans après sa carte blanche au Palais
de Tokyo, l’écrivain Michel Houellebecq
revient sur la scène de l’art contemporain,
cette fois à la galerie Air de Paris (dans le
XIIIe arrondissement), avec une sélection
de photographies accompagnées de poèmes
et de chansons. Les fans de l’auteur
des Particules élémentaires iront dare-dare,
ça se termine samedi ! www.airdeparis.com
EDI
CE SAM
L’art d’emballer
Dans le cadre de la saison
Japonismes 2018 (célébrant les 160 ans de
relations diplomatiques franco-japonaises),
la ville de Tokyo installe un « furoshiki » géant
sur le parvis de l’Hôtel de Ville. À quelques
semaines de Noël, on fonce découvrir ce pavillon
éphémère en forme de paquet-cadeau
monumental. À l’intérieur, une exposition sur
cet art traditionnel japonais consistant à plier
un carré de tissu autour d’un objet afin de
le transporter ou l’offrir. Jusqu’au 6 novembre.
www.japonismes.org
Alice d’Orgeval
DERNIÈRE CHANCE
HOMMAGE À LEONARD COHEN
La biographe de Leonard Cohen sera
à la Maison de la poésie, samedi à 20 h,
pour un hommage à l’un des plus grands
poètes du xxe siècle. À la veille des deux ans
de sa disparition, cette soirée, qui convie
donc Sylvie Simmons, journaliste canadienne
et auteur du livre I’m your man. La vie de
Leonard Cohen, à évoquer la personnalité
de l’artiste, se poursuivra par un concert
revisitant son répertoire (avec Barbara
Carlotti, entre autres).
www.maisondelapoesieparis.com
14 – LE S E CHOS WE E K- E ND
ILLUSTRATION FABIEN CLAIREFOND POUR LES ECHOS WEEK-END
GALERIE
JAPONISMES
Prenons des nouvelles de nos aînés,
voulez-vous. Geneviève de Fontenay
est « sous le choc » : son domicile
de Saint-Cloud a été cambriolé
et une quarantaine de robes de
Miss France « qu’elle conservait
précieusement » ont disparu.
En revanche, les voleurs n’ont
pas touché à ses tenues personnelles
ni à ses chapeaux. Il faut croire
qu’ils avaient du discernement.
Vous avez remarqué ? Avec l’âge,
Eddy Mitchell ressemble de plus
en plus au vieux du Muppet Show.
Sur France 2, c’est sur David Bowie
(excusez du peu) qu’il s’est lâché,
le traitant « d’escroc avec une plume
dans le cul et des cheveux en
pétard… » Élégant, non ? Sur Twitter,
Ycare, auteur-interprète, l’a taclé
en retour : « Et chanter en bâillant
depuis 40 ans ? » Franchement,
la vieille canaille ne l’a pas volé.
L’Express revient sur l’éviction
de Patrick Sébastien de France 2,
rappelant que l’animateur menaçait
régulièrement de quitter la chaîne
si on ne lui donnait pas davantage
d’émissions : « Il a raté son grand
bluff ! » À propos de son amertume, le
magazine enfonce le clou: «Quand on ne
sait pas perdre, il ne faut pas jouer. »
Ne jamais oublier les règles de base.
Et maintenant, le vrai drame.
Selon Public, rien ne va plus
chez les Beckham. En interview
en Australie, David est passé aux
aveux : « Notre mariage nécessite
beaucoup de travail. C’est compliqué »
(on croirait un statut Facebook).
Ni une ni deux, Vic a filé en cure
de repos « dans un hôpital médicalisé
à Baden-Baden, pour retrouver
son équilibre émotionnel » (la version
people du départ de De Gaulle en mai
68, en somme). Donc même les couples
soudés par le business ne tiennent
pas ! Après la séparation des Guetta,
c’est un autre mythe qui s’effondre.
DAVID BOSWELL
SCIENCE
Mastodontes du ciel
Le Centre national d’études spatiales (CNES)
part régulièrement à la rencontre du grand
public afin de l’initier à ses thématiques. C’est
à la Cité des sciences et de l’industrie qu’il nous
invite ce week-end pour une découverte de la
météorologie et de l’astronomie. L’occasion de
voir pour de vrai cinq ballons stratosphériques
flotter dans le ciel parisien. « Des ballons pour
la science », jusqu’à dimanche. spacegate.cnes.fr
BALLET FUSION
« Casse-noisette » sauce aigre douce
Pour une version inédite du très traditionnel
Casse-noisette de Tchaïkovski, on court à la
Seine Musicale. La salle de l’île
Seguin reçoit le Ballet national
de Chine en compagnie de
60 musiciens de l’orchestre
Pasdeloup. Au programme,
monstres maléfiques et tutus
asiatiques. Jusqu’à dimanche.
www.laseinemusicale.com
La revue impertinente
de la presse people
par Philippe Besson
DR
Les ballons du CNES font jusqu’à 180 m de haut.
SALLE D'ATTENTE
EMMANUEL GRIMAULT/CNES
Jump en famille !
Adrénaline et frissons à l’hippodrome d’Auteuil
pour les « 48 heures de l’Obstacle », samedi
et dimanche. L’organisateur de l’événement,
qui attire chaque année la crème des chevaux
et des jockeys de haies et de steeple-chase,
se met en quatre pour bien recevoir les enfants :
entrée gratuite, balades à poney, reconstitution
des obstacles mythiques et goûter de rois
(crêpes et gaufres). www.france-galop.com
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ESPRIT WEEK-END
L'AGENDA AILLEURS
Inauguré ce week-end, l’édifice, que l’on doit au
studio d’architecture Johnston Marklee, est dédié
aux arts graphiques. Sa première exposition
s’intéresse aux dessins de Jasper Johns
(jusqu’au 27 janvier). L’occasion de (re)découvrir
ce campus hors du commun incluant le musée
d’Art moderne et contemporain incontournable
de Houston, la chapelle Rothko, une galerie
consacrée à Cy Twombly, etc. www.menil.org
IR DU
À PART BRE
EM
15 DÉC
LONDRES
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ
Le Texas qu’on aime
Fondée par un couple de Français dans les
années 40, la Menil Collection compte une
nouvelle extension : le Menil Drawing Institute.
LA PLAYLIST DE L'ACTU
Flonflons pour le 40e anniversaire rugissant de la Route du Rhum qui part dimanche de Saint-Malo.
NAVIGATOR
par The Pogues
Ils devraient être
123 skippers à
prendre la mer
dimanche sur leurs
voiliers de course,
et la chanson
des Pogues écrite
en 1985 sur les
navigateurs les
incite justement ce
jour-là à « se lever
et être forts ».
IL VOYAGE
EN SOLITAIRE
par Gérard Manset
L’originalité de
cette course c’est
qu’elle consiste à
traverser
l’Atlantique en
solitaire : elle fête
ses 40 années,
quelques-unes de
plus que le titre de
Manset de 1975 qui
« chante la terre».
GUADELOUPE
par Michel
Petrucciani
Avec son épatant
quintet, le pianiste
avait enregistré en
1997, deux ans avant
sa mort, cet
hommage jazzy
à l’archipel créole :
point d’arrivée
de la course gagnée
la dernière fois par
Loïck Peyron.
16 – L E S E CHOS WE E K- E ND
JE REVIENS – LES
AGAINST THE WIND
PORTES DE SAINT-MALO par Bob Seger
par Hugues Aufray
« Je suis plus vieux,
« J’ai souvent cru
que l’orage/Finirait
par avoir ma peau
/Mais j’ai retrouvé
courage/Et le
chemin de SaintMalo » : ce morceau
de 1999 parlera
aux habitués de
la Route au départ
du port breton.
mais je cours
à nouveau contre
le vent » : vent
de face ou arrière,
pourvu qu’il y en
ait, et plus que
Seger en 1980,
ils seront contents
nos Peyron,
Le Cleac’h, Gabart
ou Coville.
FRÉDÉRIC REGLAIN/GAMMA-RAPHO
EXPERIMENTAL CHALET
HOUSTON
BERLIN
La mer dans tous ses états
Expo incontournable de la saison,
«L’Europe et la mer» au Deutsches
Historisches Museum explore
2 500 ans d’histoire maritime via
différents prismes : le commerce, la politique,
l’environnement… sans faire l’impasse sur
la question des migrants. Promenade instructive
le long de nos 70 000 kilomètres de côtes (photo :
tête d’Ulysse). Jusqu’au 6 janvier. www.dhm.de
Alice d’Orgeval
La montagne suisse prend du galon :
les garçons de l’Experimental Group,
réputés de Paris à Ibiza pour leurs
adresses bien ficelées (bars à cocktails,
hôtels, restaurants), ouvrent leur premier
chalet à Verbier. Et on s’en doutait :
ce nouvel « Experimental Chalet »,
dont l’inauguration est prévue en
décembre, proposera aux bons vivants,
skieurs ou pas, bien plus que 39 jolies
chambres. D’abord un restaurant alpin
ouvert aussi à l’heure du goûter, retour
des pistes oblige. Mais également un spa
et une boîte de nuit, le Farm Club, déjà
réputée dans la station.
www.experimentalchalet.com
KUNST-KULTURZENTRUM (KUK) DER STÄDTEREGION AACHEN/MONSCHAU
BÂLE
Balthus sur le gril
Première rétrospective Balthus en Suisse depuis
dix ans : en 40 tableaux clefs, la Fondation
Beyeler offre l’occasion de succomber à la beauté
mystérieuse d’une œuvre qui a parfois fait
polémique. Visite guidée à 13 h dimanche sur
le thème « Qu’est-ce qui vous fascine, vous irrite,
vous surprend dans les tableaux de Balthus ? ».
Jusqu’au 1er janvier. www.fondationbeyeler.ch
IL EST TEMPS DE RÉSERVER
NEIGE BRANCHÉE À VERBIER
MOMA, NEW YORK/SCALA, FLORENCE
Balthus, La Rue (1933).
Jardin, quand tu nous tiens
Fierté britannique, l’immense parc de
Kew Gardens, situé dans l’ouest de Londres,
a rouvert sa Temperate House après cinq ans
de restauration spectaculaire. Splendide édifice,
la plus grande serre victorienne au monde,
qui abrite 10 000 plantes et 1 500 espèces dont
de nombreuses raretés, mérite à elle
seule le voyage. www.kew.org
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BOUTIQUES
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hublot.com
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Tourbillon bi-axial à remontage manuel avec
une réserve de marche de 5 jours. Boîtier en
titane. Série limitée à 50 exemplaires.
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ESPRIT WEEK-END
LE DIMANCHE IDÉAL DE…
on peut trouver dur de se lever un dimanche,
tout s’efface lorsqu’on est en scène. Ce moment-là
ne cesse jamais d’être exceptionnel.
Un dimanche chômé alors ?
J’en profite et c’est souvent placé sous le signe
de la nourriture. J’ai des rituels, dont celui
du restaurant du dimanche midi. L’idéal ?
Une matinée tranquille, puis des huîtres,
des fruits de mer, ou le choix infini du marché
des Enfants-Rouges dans le IIIe arrondissement
de Paris. C’est un temps à deux, avec mon
amoureux – il nous arrive de refuser des brunchs
pour le préserver.
Un moment calme ?
Après le repas, c’est massage, ciné ou musée
– j’ai une prédilection pour Beaubourg –,
des échappées qui me nourrissent. Puis vient
le moment de la paresse. Avant de me mettre en
cuisine, du gratin aux spécialités vietnamiennes
– mes dimanches d’enfant étaient placés sous
le signe du Vietnam, repas compris chez ma
grand-mère. J’aime ce dîner qui s’ouvre aux amis
pour des parties de Cluedo – nous travaillons
entre nous à une version « Opéra de Paris » !
Finalement, le dimanche, c’est le moment
où je me suis réapproprié des codes d’enfance.
En silence ou en musique ?
La musique rythme ma vie d’artiste.
Le dimanche est finalement assez silencieux.
Sauf le soir peut-être : mon compagnon raffole
de musique, et avant de nous endormir, cela
peut-être Mahler ou opéra !
ALICE RENAVAND
L’étoile de l’Opéra de Paris brille cette saison,
de l’hommage à Jerome Robbins à «Cendrillon».
Sans se la jouer : le signe des grandes.
Quel est le tempo dominical d’une étoile ?
C’est le moment du repos et du temps choisi
car c’est le jour de la semaine où ne se tient
pas la « classe » – le cours d’échauffement
quotidien du ballet de l’Opéra. Et c’est un jour
qui échappe au planning hebdomadaire dont
par essence je ne suis pas maîtresse : mon emploi
du temps est établi par la régie de la Danse.
Et puis ce moment de repos est nécessaire
au corps. Quand bien même on peut
paradoxalement se sentir davantage fatigué
le lundi en reprenant la classe. Un sentiment qui
ne dure pas et prouve, si besoin était, que notre
rapport au corps n’est pas que physique mais
également psychologique.
Certains spectacles ont lieu le dimanche,
comment les aborde-t-on ?
La dynamique est différente car on joue alors en
matinée, c’est-à-dire vers 14 heures ; on enchaîne
donc classe, échauffement et ballet. Les publics
sont différents, avec souvent davantage d’enfants
qu’en semaine, ce qui donne une autre énergie,
plutôt sympa. De toute manière, même si parfois
18 – L E S E CHOS WE E K- E ND
Un spectacle pour un dimanche d’automne ?
La danse contemporaine échappe
à la saisonnalité. A contrario, les grands ballets
classiques sont souvent liés dans l’imaginaire
et dans leur histoire même aux fêtes de fin
d’année : imagine-t-on Casse-Noisette en juillet ?
Je n’en suis pas certaine.
En semaine, vous êtes Cendrillon
ou Pina Bausch ?
Les deux. Et je fais tout à l’envers. À l’âge
où parfois le corps se rebiffe, à 38 ans, je suis
distribuée dans les grands rôles du classique
comme Le Lac des cygnes ou Cendrillon, un ballet
que je connais par cœur : sa captation avec Sylvie
Guillem et Charles Jude a été ma première
cassette VHS – enfant, je l’ai regardé des
centaines de fois. Si j’adore le classique, je
n’oublie pas que c’est Pina Bausch qui m’a
repérée et m’a permis de trouver ma vérité
de danseuse. Je m’épanouis autant dans cette
énergie collective qu’est le contemporain que
dans les tutus du Lac des cygnes. Je profite
surtout de la joie d’être choisie pour danser.
Propos recueillis par Gilles Denis
Photographe : Valérie Archeno
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BUSINESS STORY
02 NOVEMBRE 2018
XAVIER
BERTRAND,
UNE
AMBITION
NORDISTE
En visite dans les Hautsde-France la semaine
prochaine, Emmanuel Macron
rencontrera un président
de région très combatif,
ulcéré par l’affaire Ascoval.
L’ancien LR veut faire
entendre à l’opinion, où sa
cote ne cesse de monter, qu’il
se bat comme un lion contre
le chômage et l’extrême droite.
Non sans arrière-pensées
dirigées vers l’Élysée.
Par Elsa Freyssenet
avec Olivier Ducuing
Photographe : Lea Crespi
Xavier Bertrand a été
élu président des
Hauts-de-France en 2015.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 2 1
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BUSINESS STORY
1998
Élu pour la première
fois sur son
nom conseiller
général (RPR)
de l’Aisne.
uelle bande d’enfoirés… Je suis écœuré. » C’est ainsi
que Xavier Bertrand a accueilli, le 22 octobre, le
refus de Vallourec d’aider à la reprise de l’aciérie
Ascoval de Saint-Saulve, dont le groupe est
ancien propriétaire, actionnaire et donneur
d’ordre. Il était sur les routes de l’Aisne et
entrevoyait l’échec de deux ans d’efforts pour
sauver cette usine et ses 280 emplois. De l’issue
de ce dossier dépendra l’accueil qu’il réservera
à Emmanuel Macron lors de sa visite dans
les Hauts-de-France, du 7 au 9 novembre. Ces
dernières semaines, son bras de fer avec l’État,
actionnaire de Vallourec, est devenu public. Dans
les médias, il a dénoncé « un assassinat » et « le
cynisme d’État ». Dans l’Aisne, le 22 octobre, il est
resté suspendu toute la journée à des signaux de
l’exécutif, envoyant des SMS à tour de bras entre
deux visites d’entreprise. Les trajets en voiture
étaient ponctués de silences : réfléchir, ne pas
2 2 – LE S E CHOS WE E K- E ND
2002
Député de l’Aisne.
2004
Première entrée
au gouvernement
exploser tout de suite, mais attaquer quand
même. « Non seulement on ne peut pas compter
sur ces gens-là mais, en plus, ils vous plantent »,
peste-t-il. Et, tout en colère froide, il assène : « Si
cette histoire s’arrête maintenant, ils s’en foutent,
c’est loin des élections. » Excessif ? Voire
irresponsable ? C’est ce qu’on pense au cabinet
du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire :
« Une attitude agressive populiste à la Mélenchon
n’aidera pas les salariés. » Mais depuis son
élection à la tête des Hauts-de-France contre
Marine Le Pen en décembre 2015, Xavier
Bertrand a promis d’être le porte-voix des
habitants de sa grande région. En usant de tous
les moyens à sa disposition.
C’est ainsi qu’il a sauvé le canal Seine-Nord,
qui doit relier la région parisienne au réseau
fluvial du nord de l’Europe – Emmanuel Macron
voulait l’abandonner. Ni une ni deux, il a
AIMÉE THIRION/HANS LUCAS POUR LES ECHOS WEEK-END
1992
Agent général
d’assurances à
Saint-Quentin (Aisne),
métier qu’il exerce
jusqu’en 2004.
MAISONNEUVE/SIPA
EN POLITIQUE
DEPUIS VINGT ANS
21 mars 1965
Naissance de
Xavier Bertrand
à Châlons-sur-Marne.
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XAVIER BERTRAND
comme secrétaire
d’État à l’Assurancemaladie puis
ministre de la Santé
un an plus tard.
2007
Ministre du Travail, sous
Nicolas Sarkozy (il le
sera à nouveau de 2010
à 2012. Photo : avec
Jean-Louis Borloo).
2008
Secrétaire général
de l’UMP.
2010 Maire de
Saint-Quentin (Aisne).
2015
Élu président de la
région des Hauts-deFrance face à Marine
Le Pen. Il abandonne
ses mandats de député
et de maire mais
reste président
de la communauté
d’agglomération
de Saint-Quentin.
STEVENS FREDERIC/SIPA
AIMÉE THIRION/HANS LUCAS POUR LES ECHOS WEEK-END
Le 22 octobre,
Les Échos Week-End
ont suivi Xavier
Bertrand sur les
routes de l’Aisne.
À Sommeron
(page de gauche), le
président de région,
accompagné de
son équipe, discute
avec la famille
Leduc, avant
une visite de la
fromagerie Maroilles
Leduc. À Laon
(ci-contre),
il rencontre
des agriculteurs
à la ferme
d’Allemagne.
organisé un rassemblement d’élus locaux le
jour de la venue du président de la République à
Amiens, le 3 octobre 2017. Et il a obtenu gain de
cause en proposant que la région remplace
l’État comme pilote du projet – une première
pour un ouvrage de cette dimension.
LES COMPLIMENTS DE MARTINE AUBRY
Un élu de droite converti à l’« agit-prop »,
c’est assez rare. « Si c’est pas malheureux... »,
feint-il de regretter. « Il est redoutable », soupire
un marcheur du premier cercle. Pour se faire
entendre sans lasser, tout est dans le dosage :
à rebours de l’opposition systématique d’un
Laurent Wauquiez ou d’un Jean-Luc Mélenchon,
Xavier Bertrand fait son marché dans la politique
gouvernementale. Il a approuvé les ordonnances
travail et la réforme de l’apprentissage chères
aux chefs d’entreprise, il promet d’« abonder » le
plan pauvreté, dont de nombreux habitants de
sa région – la plus pauvre de France – pourraient
bénéficier. Mais il critique la méthode avec des
mots ravageurs : « emprise de la technostructure »,
« déconnexion », « calculatrice au pouvoir »…
« Ce n’est pas une position idéologique, c’est une
posture empathique. C’est en cela qu’elle peut être
efficace », analyse Philippe Grangeon, dirigeant
de LREM très écouté du chef de l’État. L’intéressé
corrige : « Les Français ne sont pas du tout
réfractaires aux réformes, mais l’esprit de justice,
c’est la clé. Les premiers de cordée, le ruissellement,
c’est une folie de penser que cela marche. » En fait,
Xavier Bertrand tend un miroir à Emmanuel
Macron : comme le président (et avant lui), il a
fait vœu de « rassembler » les bonnes volontés
« et de droite et de gauche » pour faire progresser
sa terre d’élection, mais il profite des difficultés
de l’hôte de l’Élysée pour se poser en vrai
LE S E CHOS WE E K- E ND – 23
représentant du terrain. Lui-le-peuple et
le président-la caste-la finance. Un peu facile
peut-être, mais efficace dans l’opinion…
Le socialiste Daniel Percheron, ex-président
de la région, approuve : « Il est sur un chemin
de crête qu’il arpente avec une sûreté de pas
surprenante et une justesse de discours
absolument remarquable. » Bigre ! Martine Aubry,
qui peut avoir la dent dure, le complimente :
« On a des conversations très directes, on a des
désaccords, mais dans un climat apaisé. On refait
vraiment de la politique et c’est assez agréable. »
Ils ne sont pas rivaux puisqu’aucun ne brigue
le poste de l’autre. Ensemble, ils sont allés
défendre à Paris l’installation dans les Hautsde-France d’un festival international des séries.
« Je ne regarde presque jamais de séries », avait
d’abord hésité la maire de Lille. « Il paraît que si
on y va ensemble, cela peut surprendre », l’a
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BUSINESS STORY
CE QU’IL DIT
DE LUI
Éric Woerth,
député LR
de l’Oise et président
de la Commission
des Finances
de l’Assemblée
« Il a réussi
à incarner
la région plutôt
bien. Il est
très curieux
de nature,
il a toujours
beaucoup
de sources
d’information
et il veut garder
sa liberté
tout le temps.
Dans les moments
difficiles,
il est là, personnellement. »
À Vervins, Xavier Bertrand visite Le Démocrate de l’Aisne, dernier hebdomadaire français composé au plomb.
convaincue Xavier Bertrand. Ils l’ont finalement
emporté. Que de grands élus de bords différents
se rejoignent sur des projets locaux est chose
assez fréquente, mais, dans ce cas précis,
ce n’était pas gagné. Il a fallu un changement
express de comportement chez Xavier Bertrand.
Encore politicien au soir du premier tour
des régionales, il coupe court à toute fusion
de sa liste avec celle des socialistes, malgré
les pourparlers engagés par ses partenaires
centristes. « Ils essayaient de me remplacer »,
dit-il. Face à une Marine Le Pen donnée favorite
(plus de 40% au premier tour), les socialistes
se retirent, ils font campagne pour l’ancien
chouchou de Nicolas Sarkozy, les électeurs lui
donnent sa chance… Et voilà qu’au soir de sa
victoire, l’ex-ministre surprend tout le monde.
Lui si longtemps enfermé dans ses éléments
de langage semble parler avec ses tripes et
des mots qui sonnent authentiques. Il promet
de faire de la politique autrement, de toujours
« rester à portée d’engueulade ». Il a tenu parole.
Il va sans cesse au-devant des habitants de la
région. Son expression fétiche : « Dites-moi ce
qui ne fonctionne pas. » Il cajole les figures du PS :
l’ex-tête de liste Pierre de Saintignon est consulté
régulièrement et, chaque fois que cet homme
très impliqué à la fois dans les entreprises
d’insertion et les nouvelles technologies a besoin
d’un renfort, Xavier Bertrand « répond toujours
présent ». C’est son intérêt dans cette terre
traditionnellement de gauche mais force est
de constater qu’il ne mégote pas. À Daniel
Percheron, il a confié une mission pour
la revivification du bassin minier. « J’ai passé
l’âge de penser qu’il faut s’essuyer les pieds sur
ses prédécesseurs pour asseoir sa légitimité »,
explique-t-il. Et encore bing pour Macron…
Entre les deux hommes, c’est l’histoire d’un
rendez-vous manqué. Avec son positionnement,
son parcours d’élu de province monté à Paris
LE SOIR DE SA VICTOIRE
AUX RÉGIONALES, L’EXMINISTRE SURPREND TOUT
LE MONDE. ENFIN, IL SEMBLE
PARLER AVEC SES TRIPES.
2 4 – LE S E CHOS WE E K- E ND
(et pas le contraire), Xavier Bertrand aurait pu
être une prise de choix, un profil
complémentaire à celui du chef de l’État.
Bertrand Premier ministre, le bruit a d’ailleurs
couru entre les deux tours de la présidentielle
et l’intéressé dit avoir reçu des messages
d’émissaires : « Emmanuel Macron va t’appeler. »
À la place, c’est son bras droit Alexis Kohler
qui a décroché son téléphone, sans offre précise.
Mauvais départ avec le président des Hauts-deFrance, connu pour sa susceptibilité, et dialogue
infructueux. « Macron n’a jamais eu envie
que je sois son Premier ministre, mais il a joué
avec cela », dit aujourd’hui Xavier Bertrand. Dans
l’entourage du chef de l’État, plusieurs sources
confirment l’absence d’envie : pourquoi installer
un rival potentiel à Matignon ? Et, contrairement
aux juppéistes, l’élu des Hauts-de-France n’avait
pas réprouvé le candidat François Fillon… « Je
n’ai pas souvenir qu’on ait sérieusement pensé à
Bertrand comme Premier ministre », se remémore
Philippe Grangeon, patron par intérim de LREM.
L’intéressé invoque, lui, des désaccords de fond
avec la macronie, sur la hausse de la CSG,
la sécurité, la laïcité. « Ils ne voulaient pas d’un
projet de coalition. Macron voulait tout à sa main,
un nouveau monde aseptisé avec l’uniforme d’En
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XAVIER BERTRAND
CE QU’IL DIT
DE LUI
Brice Hortefeux
Député européen LR
« Nous sommes
nombreux
à nous interroger
sur ce parcours
tellement
sinueux
de Xavier
Bertrand.
Il l’a conduit
à être secrétaire
général
de l’UMP, puis
élu exclusivement
à la Région
par la complicité
de la gauche,
et tout ceci
pour aboutir à
être nulle part. »
(Sur RTL, en
décembre 2017)
À Athies-sous-Laon, il se rend sur le site de Sodeleg, entreprise spécialisée dans les oignons déshydratés.
marche, le sentiment de toute-puissance. » Et
Xavier Bertrand, lui, ne veut plus de patron : « Ah
ça non ! Personne ne va me bouffer ma liberté. »
AIMÉE THIRION/HANS LUCAS POUR LES ECHOS WEEK-END
UNE PETITE MUSIQUE INTÉRIEURE
Susceptibilité, liberté… il faut ajouter un élu
bousculé par une recomposition politique
à laquelle il ne croyait pas : « Je n’y crois toujours
pas. Macron est une parenthèse. » Pourtant,
d’après ses interlocuteurs de l’époque, il s’est
quand même posé la question. L’un d’eux, qui
le connaît bien, raconte : « Xavier n’était pas clair,
il ne voulait pas envoyer de signaux mais il en
envoyait quand même… Dans les moments clés,
il a beaucoup d’hésitations car il a peur de tout
perdre. » Sa crédibilité régionale, car il avait juré
de rester à son poste jusqu’en 2021. Et un espace
pour bâtir une candidature présidentielle. Oui,
vous avez bien lu… « Il a en lui cette petite musique
qui lui dit qu’il a une voix singulière et un message
qui correspond au pays », confie Christophe
Coulon, son lieutenant depuis vingt ans,
aujourd’hui vice-président à la région. « Je ne
suis pas président de la France, je suis président
des Hauts-de-France », répète Xavier Bertrand
au cours de ses visites de terrain, comme pour
faire infuser l’idée. C’est la raison pour laquelle
beaucoup ne comprennent pas qu’il ait claqué
la porte des Républicains en décembre 2017,
contrairement à Valérie Pécresse qui joue
l’opposition interne à la ligne identitaire
Wauquiez. « Pour la présidentielle, ne pas avoir
de parti est un vrai handicap », lui a dit le député
LR du Nord Sébastien Huyghe. En vain : « Les
partis politiques, je n’y crois plus, dit-il. Tout
se barre de partout, la confiance se disloque dans
toute l’Europe. Les gens ont mille bonnes raisons
de ne plus s’intéresser à nous et on a encore de
la chance qu’ils ne nous jettent pas des cailloux. »
Son enjeu : « Faire réussir la région et repousser,
non pas à cinq ou six ans, mais très loin, l’échéance
« LES PARTIS POLITIQUES, JE
N’Y CROIS PLUS, DIT-IL. ON A
ENCORE DE LA CHANCE QUE
LES GENS NE NOUS JETTENT
PAS DES CAILLOUX. »
LE S E CHOS WE E K- E ND – 25
des extrêmes. Ici, je pense que je peux montrer
que c’est possible. » Son souhait : « Si je réussis, je
change de catégorie : je passe de diseux à faiseux. »
À chaque assemblée plénière, il pointe
« l’incompétence » des élus d’extrême droite.
« Il en fait un théâtre pour s’afficher comme
le premier adversaire du RN », analyse le
politologue lillois Pierre Mathiot. Mais il ne fait
pas que cela. À l’opposé, dit-il, d’« Emmanuel
Macron [qui] nourrit le combat avec les
extrêmes », il veut « s’attaquer aux causes » du
vote extrême, la désespérance sociale, le repli
sur soi, l’isolement… « Le jour où je réussis
à montrer qu’on peut rebondir dans cette région,
les choses auront vraiment changé. » Son credo :
le pouvoir d’achat « car il concerne à la fois les
chômeurs et les salariés ». Ses moyens : des aides
concrètes, tout de suite, pour faciliter la reprise
ou la conservation d’un travail. Certaines ont
trouvé leur public, d’autres non. Mais, face au
chômage, Xavier Bertrand veut tout essayer.
Il a demandé à être jugé sur ses résultats
économiques ; son principal ennemi est moins
la colère que l’indifférence. Pour les entreprises,
il a porté la prime d’apprentissage à 3 000 euros
la première année, fusionné les dispositifs
d’aide à la trésorerie (500 sociétés aidées)
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BUSINESS STORY XAVIER BERTRAND
DES HAUTS ET DES BAS
LES TOPS
Fermeture pure
et simple du site
sidérurgique NMLK
à Beautor (Aisne)
et d’une ligne
de production
de Vallourec
à Saint-Saulve
(différente d’Ascoval,
dont le sort
sera bientôt fixé).
Relance du projet
du canal Seine-NordEurope.
Maintien de l’activité
et des emplois quand
Whirlpool quitte
Amiens. Maintien de
Pentair (robinetterie
industrielle) dans sa
région, sauvetage des
dentelles Noyon à Calais
et des chaussettes
Kindy dans l’Oise.
10 000 personnes
aidées par
Proch’Emploi,
dont 8 800 contrats
de travail.
Échec de la voiture
à 2 euros par jour
(sous condition
des ressources
jusqu’à deux Smic) :
181 remises
de clés seulement
en dix-huit mois.
Démarrage
timide pour l’aide
au permis de
conduire créée
en juillet 2018
(71 demandes,
17 accordées).
et s’active pour développer l’industrie de l’image.
Le patronat applaudit : « Incontestablement,
il réussit à incarner la région en termes de
leadership », salue le président du Medef local,
Frédéric Motte. Sa méthode : rassembler tous
les acteurs d’un dossier, décider vite et assurer
le suivi personnellement. Le cdtiste picard
Frédéric Massez raconte : « C’est une éponge. Il
écoute, il comprend, il analyse, il est très réactif. »
DU COURTISAN À L’AFFRANCHI
Patronat et syndicat notent tout de même
que l’intendance a du mal à suivre. Et les
fonctionnaires régionaux, déjà traumatisés
par la fusion du Nord-Pas-de-Calais et de
la Picardie, grognent. « 43% des employés
des services centraux sont fortement ou très
fortement exposés à des risques psychosociaux »,
a souligné une expertise de Secafi rendue
au début de l’année… Aux dires des uns et des
autres, Xavier Bertrand centralise toutes les
décisions et s’appuie davantage sur son cabinet
que sur ses directeurs de service ou ses
vice-présidents (à quelques exceptions près).
Les syndicats pointent le manque de vision
à moyen terme, tout comme nombre
d’observateurs. « Je sais clairement où sont les
pièces du puzzle, mais tout le monde ne le voit pas
encore », concède le président de région. Il veut
unifier et désenclaver la région par le canal
Seine-Nord et des travaux routiers. Quant à la
conversion à l’économie du futur, c’est le rôle de
la « mission Rev3 » pour la troisième révolution
industrielle théorisée par Jeremy Rifkin (lire
p. 28). Ce dernier est consultant auprès des
Hauts-de-France (pour 102 000 euros en 2018) ;
la mission est pilotée par l’ancien député
de droite et ex-président de la CCI Philippe
Vasseur. C’est lui qui a eu l’idée de ce chantier.
Il l’a démarré il y a cinq ans sous mandature PS ;
il le continue et l’amplifie depuis. C’est ainsi que
le président des Hauts-de-France reprend à son
compte la partie la plus porteuse de l’héritage
socialiste. Pour préparer d’autres conquêtes ?
Il essaie de couper court : « Pendant des
années, je ne me suis pas protégé contre
l’ambition et je vois ce que cela m’a fait faire…
des conneries. » On a effectivement connu Xavier
Bertrand le courtisan, guettant toujours
l’éventuel mépris des hauts fonctionnaires pour
son métier d’assureur. Puis on l’a vu se libérer
du regard des autres après 2015. Modification
vestimentaire : il a banni les cravates puis il a
troqué ses chaussures Mephisto pour des
sneakers tout aussi confortables mais bien plus
à la mode. La légende répandue par ses proches
voudrait qu’il ait « changé ». De comportement
et de chemin, mais pas de personnalité ni
de but. Il dit se moquer de sondages favorables
mais vous les signale quand même. La
Avec Martine Aubry (ici, à Londres, en 2017), Xavier Bertrand affiche une entente cordiale.
Installation d’un
festival international
des séries à Lille.
Choix d’Amsterdam
et non de Lille
pour accueillir
l’Agence européenne
du médicament
de Londres après
le Brexit.
26 – L E S E CHOS WE E K- E ND
SARAH ALCALAY/SIPA
LES FLOPS
SARAH ALCALAY/SIPA
Martine Aubry
Maire PS de Lille
« On a des
conversations
très directes, on
a des désaccords,
mais dans un
climat apaisé. On
refait vraiment
de la politique.
Avec le sentiment
qu’on ne peut pas
s’opposer par
pure politique
politicienne
alors qu’il y a
de vrais combats
à mener contre
l’extrémisme,
la pauvreté,
le chômage. »
PASCAL BONNIERE/LA VOIX DU NORD/MAXPPP
CE QU’ELLE DIT
DE LUI
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BUSINESS STORY XAVIER BERTRAND
CE QU’IL DIT
DE LUI
Philippe Grangeon
Délégué général
par intérim de LREM
« Ce n’est pas
une position
idéologique,
c’est une posture
empathique.
C’est en cela
qu’elle peut
être efficace. »
méfiance est une seconde nature. En 2016,
il a été bousculé par une polémique sur
ses revenus : après l’abandon de ses mandats
de député et de maire, il s’est mis à percevoir
une rémunération pour la présidence de la
communauté d’agglomération de Saint-Quentin.
Il y avait droit mais cela surprenait après ses
plaidoyers pour le non-cumul. Aussi prévoit-il
de faire auditionner sa troisième épouse,
Vanessa Williot, ancienne lobbyiste chez
Rivington, par la commission de déontologie.
Qui est vraiment Xavier Bertrand ?
Cet homme devenu récemment père pour
la quatrième fois qui vous parle, une étincelle
dans les yeux, de sa passion pour les automobiles
et les fêtes foraines, avant de lâcher en riant :
« Je suis un grand enfant, ça oui ! » Ou ce
politique secret, dont les mots redeviennent
Avec Emmanuel
Macron, à Tourcoing
le 14 novembre 2017.
Entre les deux
hommes, l’histoire
d’un rendez-vous
manqué…
calculés, avec les mêmes histoires répétées
et des formules martelées ? On doit revenir à
la charge plusieurs fois pour qu’il exprime son
ressort intime : « Servir à quelque chose », finit-il
par dire. On apprend qu’adolescent il était
« paniqué par l’idée de la mort », de sa « propre
disparition ». Un élu de la région confie :
« C’est un boulimique, il est hanté par la peur
de s’emmerder, la peur du vide. »
Après Bertrand le courtisan puis Bertrand
l’affranchi, il construit en fait une troisième
étape en tissant une toile entre son expérience
régionale et son ambition nationale. Il compte
présenter dans les mois qui viennent son idée
de la réforme des retraites, ses propositions
pour l’emploi et un projet pour l’Europe. Et lui
dont l’ouverture politique s’est arrêtée aux
portes de l’écologie – il est pronucléaire, contre
les éoliennes et la hausse des taxes sur le diesel,
il a confié la présidence de la commission
environnement de la région à un chasseur –
promet de passer à la vitesse supérieure en 2019
sur l’environnement. Toujours à l’affût, toujours
en mouvement... « Pour pouvoir être candidat
à la présidentielle, il faut au moins deux choses,
dit-il. Faire réussir sa région et avoir en tête
les quatre ou cinq réformes majeures qui feraient
du bien aux Français et au pays. Êtes-vous sûr
de les avoir trois ans et demi avant l’échéance ?
Celui qui dit ça est inconscient. » Formuler
c’est s’engager et sa prudence sémantique
serait une forme de protection contre lui-même.
Un « pare-feu », convient-il.
Parce qu’il est d’un naturel pressé et plus
tranché, Gérald Darmanin, resté un proche
même s’il est devenu ministre de l’Action et
des Comptes publics, nous confiait il y a un an :
« S’il veut jouer dans la cour des très grands,
il faudra qu’un jour Xavier prenne un risque
à la hauteur de l’enjeu. Jusqu’à présent, il ne l’a
pas fait, sauf aux régionales de 2015. » Rapporter
ces propos à l’intéressé, c’est le voir bondir sur
sa chaise et vous pointer du doigt. Alors qu’il
déroule longuement son CV et ses faits d’armes,
on se dit qu’on a touché un point sensible.
Comment Xavier Bertrand, devenu
président de la région, a-t-il repris
le projet à son compte ?
Quand il a été élu, il m’a dit : cet effort
dépasse les clivages politiques,
nous allons l’amplifier. Et il l’a fait ! Il y a
aujourd’hui 1 000 projets Rev3.
Maintenant, on doit encore changer
d’échelle et mettre au point de grands
projets (les Hauts-de-France en ont
dix en cours de conception) que l’Europe
pourrait subventionner. J’agis en tant
que conseiller et je passe beaucoup
de temps entre les Hauts-de-France
et Bruxelles.
2 8 – L E S E CHOS WE E K- E ND
Quelle relation avez-vous
avec Xavier Bertrand ? Vous êtes
en désaccord sur le nucléaire…
La relation est très bonne. Récemment,
nous avons eu une heure et demie
de discussion personnelle, presque
philosophique. Il veut accélérer,
accélérer, accélérer et il a raison.
S’agissant de l’énergie, il est à la fois
pour le nucléaire et pour les
renouvelables. Moi, je constate que
de plus en plus de gens veulent
une substitution entre les énergies
du xxe siècle et celle du xxie. Alors disons
que nous sommes sur la voie.
SARAH ALCALAY/SIPA
JEREMY RIFKIN,
LE FUTUROLOGUE QUI
PRÉPARE L’AVENIR
DES HAUTS-DE-FRANCE
Quel est votre rôle auprès
des Hauts-de-France ?
Jeremy Rifkin. Lorsque l’ex-président de
région Daniel Percheron (socialiste, NDLR)
m’avait demandé il y a cinq ans d’établir
un plan pour engager le Nord- Pas-deCalais dans la troisième révolution
industrielle, j’avais posé une condition :
qu’il mette autour d’une table les chefs
d’entreprise, les experts, les chercheurs,
les étudiants, chaque citoyen intéressé,
et qu’il s’engage à suivre les projets.
Mon équipe s’occupe de l’architecture
générale, mais ce sont vraiment les gens
de la région qui imaginent et réalisent.
ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
Plus d’infos sur weekend.lesechos.fr
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L’ADRESSE HORLOGÈRE PARISIENNE
12, B OULEVARD DES CAPUCINES  PARIS 9 E
BUCHERER.COM
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BUSINESS STORY
ESPÈCES
INVASIVES
REDOUTABLES
Bruxelles en a d’ores et déjà
listé 49 dans l’Union européenne.
Mais, au hasard des trajets des
avions et des bateaux, au gré
de la négligence des particuliers,
il en apparaît sans cesse de
nouvelles. Souvent ravageuses
pour la biodiversité, les espèces
invasives peuvent aussi être
dangereuses pour l’homme.
Lutter contre leur avancée
relève souvent de la gageure.
En voici sept, appartenant
au seul règne animal, parmi
les plus teigneuses.
3
5
1
Par Stefano Lupieri
Illustrations : Amélie Falière
01
02
Origine : Asie
Espèces menacées : fruits et légumes
Provenance : sud-est des États-Unis,
Mexique
Espèces menacées : herbiers
aquatiques, écrevisse à pattes blanches
LA PUNAISE DIABOLIQUE
IMPITOYABLE CASTRATRICE
C’est aux États-Unis, où elle a déjà colonisé
41 États, que l’halyomorpha halys a reçu
l’inquiétant surnom de « punaise diabolique »
(« wicked bug »), en raison notamment des
dégâts qu’elle inflige aux cultures fruitières et
maraîchères. Sur le Vieux Continent, elle a été
recensée pour la première fois en Suisse en 2007.
Arrivée en France par l’Alsace en 2012, elle a tôt
fait de s’installer dans le sud de l’Hexagone.
Elle peut voler plusieurs kilomètres par jour
et apprécie les zones urbaines, notamment
en hiver pour hiberner. Quitte à s’inviter
carrément chez l’habitant. Ravageuse pour les
plantes, dont elle cible l’organe reproducteur,
cette punaise d’aspect marbré peut aussi
provoquer des allergies chez l’homme. L’Anses
(Agence nationale de sécurité sanitaire de
l’alimentation, de l’environnement et du travail)
cherche à identifier de nouveaux moyens
de lutte moins nocifs que les insecticides.
2
L’ÉCREVISSE DE LOUISIANE
ÉVADÉE GLOUTONNE
Contrairement à la majorité des espèces
invasives, l’écrevisse de Louisiane a été
importée volontairement, d’abord en
Espagne, puis en France, pour y être élevée
et vendue. On suppose que la colonisation
du territoire, à partir des années 90, s’est faite
après que des individus se sont échappés
des élevages. Ou que des vidanges sauvages
d’aquarium en ont rejeté dans la nature. Très
fertile, la femelle pond entre 200 et 700 œufs
plusieurs fois par an. Résistante aux eaux
polluées, l’espèce peut parcourir plusieurs
kilomètres sur des zones terrestres. Insatiable,
elle affectionne les herbiers aquatiques,
les larves et les petits poissons, et ravage
les milieux où elle s’implante. Qui plus est, elle
est porteuse d’un champignon microscopique
qui décime l’espèce endémique d’écrevisse.
30 – LE S E CHOS WE E K- E ND
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LA LISTE
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04
LE FRELON ASIATIQUE
TERREUR DES BUTINEUSES
LA TORTUE DE FLORIDE
FLÉAU DES ÉTANGS
Provenance : Asie
Espèce menacée : abeille
Provenance : Est des États-Unis, Mexique
Espèces menacées : écosystème
aquatique, cistude
Déjà mises à mal par les pesticides, les abeilles
doivent faire face depuis quelques années
à un nouvel ennemi, animal celui-là : le frelon
asiatique. Cet hyménoptère reconnaissable
à sa casaque et au bout jaune de ses pattes
raffole des belles butineuses. En zone urbaine,
elles représentent 80% de la part protéinée
de son régime alimentaire. L’arrivée de ce
prédateur en France remonte à 2004 : il aurait
fait le voyage depuis la Chine tranquillement
installé dans une poterie importée où
se trouvait un nid. Depuis, il a colonisé 70%
du territoire national. Même s’il n’est pas
spontanément agressif, il attaque l’homme
dès que celui-ci s’approche trop près
de son nid, en général situé dans un
arbre. À partir de 8 piqûres, on risque
un empoisonnement du sang.
6
07
05
06
Provenance : Asie
Espèce menacée : homme
Provenance : Asie
Espèce menacée : buis
Ses striures blanches et noires auraient plutôt
dû lui valoir le surnom de moustique zèbre. Mais
la référence au tigre traduit incontestablement
mieux son tempérament féroce. À l’inverse
de ses congénères, l’aedes albopictus s’attaque
à l’homme y compris de jour, même s’il sévit
de préfèrence à l’aube ou au crépuscule, et
ses piqûres sont très douloureuses. Il est surtout
le vecteur de maladies tropicales comme la
dengue ou le chikungunya. Lui aussi a joué les
passagers clandestins pour s’introduire en
France depuis la Chine. Il serait arrivé à Menton
en 2004 dans une cargaison de pneus où des
femelles avaient pondu leurs œufs : les larves
ont la capacité de ralentir leur métabolisme
jusqu’à ce que les conditions d’éclosion soient
optimales. Il s’est ensuite propagé vers le nord
en se glissant à bord des voitures sur les aires
d’autoroute. Chaque femelle pond près
d’un millier d’œufs en quatre semaines.
Observé pour la première fois en Europe
en 2007, ce papillon de nuit s’est propagé de
façon fulgurante, colonisant la quasi-totalité
du continent. Comme souvent, des plantes
d’ornement ont servi de véhicules. Pour
le malheur de sa principale victime, le buis.
Car avant de faire sa mue, la chenille dévore
les tiges et les feuilles de cette plante. Si on
ne trouve pas de parade, la disparition du buis
n’est pas exclue. La menace pourrait alors se
reporter sur d’autres espèces comme le fusain
ou le houx. Un traitement au bacille de
Thuringe permet de tuer l’envahisseur, mais
il agit en même temps sur tous les autres
lépidoptères. Des lâchers de guêpes parasites
qui pondent leurs œufs dans les larves de
chenilles sont parfois envisagés. Au passage,
on a constaté que le frelon asiatique compte
parmi ses prédateurs. Mais mieux vaut s’en
remettre aux moineaux ou aux mésanges.
LE MOUSTIQUE TIGRE
FÉROCE « DIURNAMBULE »
À partir des années 70, les tortues de Floride,
reconnaissables notamment à leurs tempes
rouges, ont suscité un véritable engouement
en Europe. D’où des importations massives par
les animaleries. Guère plus grosses qu’une pièce
de 1 euro à la naissance, elles peuvent atteindre
à l’âge adulte 30 cm de diamètre pour un poids
de 2 kg. Comme elles peuvent vivre plus de 40 ans
en captivité, beaucoup de leurs propriétaires ont
fini par les relâcher dans la nature, où l’espèce a
pris son essor. Présente dans 24 pays européens,
la trachemys scripta elegans est aujourd’hui la
plus répandue des espèces invasives répertoriées
par Bruxelles. Elle n’a pas son pareil pour vider
un étang de ses amphibiens et de ses végétaux.
Elle déloge manu militari la tortue indigène
(cistude d’Europe), dont la survie est en jeu.
LE VER GÉANT
CAPABLE DE S’AUTOCLONER
Origine : Brésil, Australie,
Asie du Sud-Est
Espèce menacée : lombric
LA PYRALE
CHENILLE RAVAGEUSE
LE S E CHOS WE E K- E ND – 31
7
C’est en 2013 qu’un entomologiste amateur
a repéré pour la première fois en France
un de ces vers géants à la tête semblable
à celle du requin-marteau. Il a envoyé
un cliché au Muséum d’histoire naturelle,
qui a lancé, dans la foulée, une enquête
participative. Les quelque 700 témoignages
recueillis depuis ne laissent aucun doute.
Vilaines bestioles pouvant mesurer plus
de 40 cm de long, les plathelminthes
terrestres sont bel et bien en train
de coloniser le territoire national, avec
une prédilection pour les PyrénéesAtlantiques. On les soupçonne d’être
arrivés via l’importation de plantes. Ils se
nourrissent de petits mollusques terrestres
et surtout des innocents lombrics, auxquels
ils injectent un puissant neurotoxique
avant de les avaler. On ne leur connaît pas
de prédateurs et, pour ne rien arranger,
ils se reproduisent sans partenaire,
par « scissiparité » : un bout de leur corps
se détache et donne naissance à un clone.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS STORY
Frances FitzGerald,
photographiée
en octobre dans son
bureau new-yorkais.
32 – LE S E CHOS WE E K- E ND
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCES FITZGERALD
L’AMÉRIQUE
ÉCARTELÉE
DE FRANCES
FITZGERALD
À quelques jours des élections
de mi-mandat au cours
desquelles les démocrates
espèrent reconquérir au moins
une des deux chambres du
Congrès, nous sommes allés
prendre le pouls de l’Amérique
auprès de la journaliste et
écrivaine Frances FitzGerald,
observatrice de la vie politique
et de la société américaine
depuis plus de cinquante ans.
LOS ANGELES EXAMINER/USC LIBRARIES/CORBIS VIA GETTY IMAGES
Propos recueillis par Elsa Conesa
et Nicolas Rauline
Photographe : Arturo Stanig
ournaliste, elle a contribué
aux plus prestigieux magazines, du New Yorker
à The Atlantic en passant par l’hebdomadaire
du New York Times. Écrivaine, elle publie
en 1972 son premier ouvrage, Fire in the Lake.
Écrit après seize mois d’enquête au Vietnam,
il anticipe la défaite américaine et sera
récompensé par le prix Pulitzer. Ses livres
suivants, presque tous primés, racontent
les années Reagan. Juste avant le scrutin
de 2016, Frances FitzGerald s’est penchée
sur la montée en puissance d’un des
mouvements politiques les plus influents
de l’Amérique d’aujourd’hui : les évangéliques.
Depuis New York où elle est installée, elle a
accepté de nous parler de cette communauté
religieuse qui a porté Trump au pouvoir.
Comment les groupes évangéliques, qui
représentent 25% de la population américaine,
ont-ils pris une telle importance politique ?
Cela s’est fait progressivement. Le phénomène
est ancien, antérieur à l’indépendance du pays.
Leur développement correspond aux phases
du « grand réveil », cette poussée religieuse
au Royaume-Uni et dans ses colonies : d’abord
juste avant la révolution américaine, puis
dans la première moitié du xixe siècle.
Les évangéliques ont bousculé la hiérarchie
anglicane ou presbytérienne existante pour
s’adresser directement aux gens. Dans un pays
en pleine expansion, leur message a été très
efficace car il était simplifié à l’extrême, à
l’encontre de celui qui était professé jusqu’alors.
D’où vient ce terme d’« évangélique » ?
Il a été utilisé à différentes époques, d’abord pour
parler de tous les chrétiens, puis des protestants,
durant la Réforme, enfin de ceux qui ne faisaient
pas partie de l’establishment religieux.
Mais un événement a façonné son sens moderne :
la séparation, durant les années 1910, entre
modernistes et fondamentalistes. Cela n’a pas
vraiment touché le Sud, qui était de toute façon
très conservateur. Mais au Nord, des religieux
conservateurs, très à droite, se sont éloignés
des mouvements traditionnels, méthodistes
ou baptistes, et ont fait de plus en plus d’adeptes.
Puis le pasteur Billy Graham [l’une des
principales figures du mouvement évangélique,
mort cette année, qui s’est fait connaître par ses
prêches à partir des années 50, NDLR] a repris
le terme. Il ne voulait pas être désigné comme
un fondamentaliste, terme trop réducteur à ses
yeux. Il souhaitait être une sorte de compromis
entre les progressistes et les fondamentalistes
et s’est lui-même baptisé « évangélique ».
Comment définir un évangélique aujourd’hui ?
L’historien britannique David Bebbington utilise
plusieurs critères : les évangéliques considèrent
la Bible comme l’autorité ultime, croient que
Jésus est mort sur la croix pour sauver les
pécheurs, reconnaissent l’idée d’une « nouvelle
naissance » et ont le devoir de répandre la foi.
Mais aujourd’hui, il y a toutes sortes de courants :
des calvinistes et des réformés, jusqu’aux
pentecôtistes, à l’autre bout du spectre,
en passant par une branche de l’Église
luthérienne, de nombreux baptistes…
Quand ce mouvement est-il devenu
une force politique ?
Cela date de l’époque Reagan, avec le pasteur
fondamentaliste Jerry Falwell [télévangéliste
mort en 2007, NDLR]. Mais le processus a été
long. À l’origine, il y a eu une réaction contre
la libération sexuelle des années 60 et 70,
contre les manifestations critiquant la guerre
du Vietnam, contre le féminisme, la lutte pour
les droits des homosexuels. Ce nouveau
mouvement, qu’on appelle maintenant la droite
chrétienne, et qui venait presque exclusivement
du Sud, est devenu une force politique,
Le pasteur Billy Graham, l’une des principales figures des évangéliques, en 1951.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 33
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCES FITZGERALD
BUSINESS STORY
QUATRE PERSONNALITÉS À SUIVRE LE 6 NOVEMBRE
Christine Hallquist
État : Vermont
Poste en vue : gouverneur
Beto O’Rourke
État : Texas
Poste en vue : sénateur
Deb Haaland
État : Nouveau-Mexique
Poste en vue : représentante
Alexandria Ocasio-Cortez
État : New York
Poste en vue : représentante
Si elle parvient à s’imposer
face au gouverneur sortant,
le républicain Phil Scott,
la candidate démocrate Christine
Hallquist, ancienne PDG de la
Vermont Electric Cooperative, sera
la première personne transgenre
à diriger un État américain.
Opposé au républicain Ted Cruz,
ce démocrate s’est fait remarquer
par une campagne particulièrement
agressive dans cet État
traditionnellement républicain.
Sa faconde lui a valu d’être comparé
à Ted Kennedy. Même s’il échoue,
il a gagné une belle visibilité.
Entre cette démocrate et la
républicaine Janice Arnold-Jones,
le combat est très symbolique.
Si Deb Haaland est élue malgré
les remarques racistes de son
opposante, elle serait la première
Amérindienne à entrer
au Congrès.
À 28 ans, elle a créé la surprise
en s’imposant aux primaires
démocrates, face à un vieux briscard
de la politique. Et devrait être
la plus jeune politique à avoir
jamais intégré le Congrès, en cas
de victoire face au républicain
Anthony Pappas.
Le poids des évangéliques dans l’élection
de Donald Trump vous a-t-il surprise ?
Pas vraiment, car ils votent de plus en plus
républicain au fil des ans. Autour des années
2000, environ 65% d’entre eux votaient
républicain. Dans les années 2010, c’est monté à
75%. Pour l’élection de Donald Trump, ils étaient
81% ! Ce qui est plus surprenant, c’est le bon
score qu’il a obtenu chez les évangéliques aux
34 – LE S E CHOS WE E K- E ND
Diriez-vous qu’aujourd’hui les États-Unis
ne sont plus un pays séculier ?
Pas complètement. Un quart des Américains
ne se disent affiliés à aucune religion.
Une proportion qui a d’ailleurs augmenté :
23% aujourd’hui, alors qu’elle a presque
toujours été en dessous des 10%. Beaucoup
d’églises protestantes progressistes,
SHUTTERSTOCK
PAUL ZIMMERMAN/REX//SIPA
JUAN LABRECHE/AP/SIPA
Pourquoi les États-Unis sont-ils aujourd’hui
le pays occidental le plus religieux ?
Il y a d’abord eu une sorte de compétition entre
les différents groupes religieux. Pour survivre,
ces groupes, parfois très réduits, ont dû
se mobiliser, tenter de convertir. Cela a débouché
sur une société plus religieuse dans son
ensemble. En Angleterre ou en France, l’Église
anglicane et l’Église catholique n’ont pas subi
cette concurrence. L’échelle de la communauté
n’est pas la même non plus : il est plus facile
pour une petite structure de maintenir
sa cohésion. L’autre raison est sans doute la place
de l’État. En Europe, il fournit un système global
de protection : couverture santé, assurance
chômage, retraite… C’est très différent aux
États-Unis, où la religion a joué ce rôle.
Certains ont aussi assimilé la position de
Donald Trump à celui du pasteur évangélique,
un leader fort au sein de la communauté.
La comparaison est-elle valable selon vous ?
Ce n’est pas toujours vrai, un pasteur n’est pas
forcément un leader autoritaire. Quant aux
pasteurs évangéliques, ils ont expliqué le « deal »
à leurs fidèles : Trump n’est pas parfait, mais il
incarne une sorte de justice conservatrice. Et
Trump a parfaitement compris cet accord
implicite. Il en a joué et s’est sans doute montré
plus pro-évangélique que George W. Bush
lui-même. Les évangéliques sont aussi devenus
plus pragmatiques. En 2008, à la question
« Un candidat qui n’a pas un comportement
personnel exemplaire peut-il vous
représenter ? », seuls 30% des évangéliques
répondaient par l’affirmative. En 2016,
ils étaient 70%. Après avoir longtemps jugé
la personne, ils jugent plutôt un système.
SERGIO FLORES/BLOOMBERG
La question de l’avortement continue d’être
un ciment fort entre évangéliques
et républicains. Cela a-t-il toujours été le cas ?
Non. Avant les années 80, il n’existe pas dans
la population américaine de mouvement
fort contre l’avortement, même chez les
évangéliques, qui le toléraient en cas de viol
ou d’inceste. Les seuls à le combattre ont
longtemps été les catholiques, alors démocrates.
À cette période, les évangéliques sont plutôt
focalisés sur d’autres sujets, comme l’éducation.
Ils contestent par exemple le fait que
le gouvernement interdise la ségrégation
dans les écoles. Le thème de l’avortement
émerge dans les années 70, après l’arrêt
de la Cour suprême Roe v. Wade, qui légalise
l’avortement. Mais la grande majorité des
évangéliques ne se déclarent anti-avortement
qu’à partir du milieu des années 80, plus
de dix ans après l’arrêt de la Cour suprême.
primaires républicaines : environ 40% ont voté
pour lui, alors que d’autres candidats semblaient
mieux armés pour les séduire, comme Ted Cruz.
Je pense qu’ils ont vu en Trump quelqu’un
capable de renverser l’establishment, d’être
de leur côté, même s’il n’est pas l’un des leurs.
Et il y a bien sûr la dimension économique :
beaucoup d’évangéliques vivent dans des zones
rurales ou semi-rurales touchées par la crise.
WILSON RING/AP/SIPA
et s’est traduit pour la première fois au niveau
national par le vote du Sud en faveur
du républicain Barry Goldwater face à Lyndon
Johnson, en 1964. Richard Nixon, ensuite, s’est
inspiré de sa stratégie pour conquérir le Sud.
Puis Jimmy Carter, qui était évangélique, a été
élu, avant que le Sud ne lui tourne le dos car
il était jugé trop progressiste. Peu à peu, le Sud,
historiquement démocrate, s’est ancré du côté
républicain. Mais celui qui relie le politique
et le religieux, c’est Jerry Falwell. Celui qui
a structuré le mouvement, c’est Pat Robertson
[télévangéliste du courant charismatique, NDLR]
avec la coalition chrétienne qui a décidé
de former des évangéliques pour en faire
des candidats aux élections. Le résultat, c’est
une sorte d’unanimité à droite qui traverse
le mouvement évangélique dans les années 90.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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BUSINESS STORY
FRANCES FITZGERALD
électoral était différent, les résultats seraient
moins prévisibles qu’aujourd’hui.
Trump a bouleversé le cœur idéologique
du parti républicain. Pensez-vous que
les républicains lui survivront ?
Oui, il n’est, à ce stade, pas un désastre pour eux.
La question est de savoir ce qu’ils deviendront
après lui. Redeviendront-ils le parti de Paul Ryan
[leader républicain à la Chambre des
représentants, NDLR] ? Est-ce que Trump restera
comme une sorte de figure, à l’image de Reagan,
quoique nettement plus à droite ?
Ces élections semblent avoir ressuscité un
discours socialiste. Est-ce que vous y croyez ?
Les gens ne savent plus ce qu’est le socialisme,
ils en ont été éloignés pendant si longtemps !
C’est devenu une façon de dire qu’on n’est pas
un démocrate ordinaire, comme Hillary
Clinton, qui veut conserver le système tel qu’il
est. On assiste à l’émergence d’une vraie aile
gauche chez les démocrates, comme d’une aile
droite chez les républicains.
actives pour les droits civiques et reconnaissant
la séparation de l’Église et de l’État, ont perdu
des fidèles depuis les années 60. C’est le cas aussi
de l’Église catholique, même si cela ne se voit
pas forcément dans les chiffres, à cause
de l’immigration d’Amérique latine.
Pourquoi est-il si important, pour
un président américain, d’afficher sa foi ?
C’est la formule d’Eisenhower : « La religion n’a
pas d’importance dès lors que vous en avez une ! »
Cela donne aux gens une impression de solidité
morale. Mais peut-être que Trump a fait bouger
les lignes. Les progressistes, même ceux
qui s’identifient comme des protestants,
se disent sans doute qu’il vaudrait mieux avoir
un président athée !
Le fait que le juge Brett Kavanaugh
soit catholique est-il un problème pour
les évangéliques ?
Au contraire. Pour les évangéliques, le problème
c’est que le système judiciaire ne compte
pas encore assez d’entre eux. Les juges
catholiques représentent donc un bon substitut,
surtout quand ils sont de droite car
ils partagent les mêmes convictions.
Vous vous êtes aussi penchée sur la façon dont
l’histoire est enseignée à l’école, et comment
elle a contribué à forger une identité
américaine. C’était à la fin des années 70.
Que diriez-vous sur ce sujet aujourd’hui ?
Cela fait longtemps que je n’ai pas enquêté sur
ce sujet. À l’époque, je décrivais comment
les livres scolaires racontaient les changements
de la société après les mouvements
de contestation des années 60. Ces mouvements
ont créé un fossé avec les évangéliques
et les milieux traditionalistes. Mais les manuels
d’histoire américains n’étaient pas écrits sur
la base du travail des historiens. Le Texas avait,
par exemple, un droit de regard très invasif
sur les livres scolaires, et cela affectait le contenu
dans tous les États, car les éditeurs conçoivent
des manuels pour le pays entier. J’imagine
que ça a changé, mais j’aimerais savoir
ce que disent les livres d’aujourd’hui sur
la religion. Les éditeurs ont toujours considéré
que c’était trop polémique. C’est dommage
car au xixe siècle, la religion alimentait l’essentiel
de la vie intellectuelle.
Le reste du monde devrait-il avoir peur
de l’influence des évangéliques sur
la diplomatie américaine ?
Les deux gros sujets actuels sont l’Iran et Israël.
Les évangéliques s’identifient à Israël, car c’est
la terre de la Bible. Certains sont persuadés
que le monde est de plus en plus mauvais,
et qu’il s’achemine vers l’Armageddon. D’autres
s’identifient avec Israël par tradition judéochrétienne.
Il est beaucoup question de la division du pays.
Mais a-t-il jamais été uni ?
C’est une vraie question ! Je crains de devoir,
à nouveau, faire porter le blâme
aux républicains, qui se sont radicalisés
de façon inédite. L’une des raisons de ce clivage
est la définition des circonscriptions. Elles sont
dessinées de sorte que les villes votent démocrate
et le reste du pays républicain. Cela permet aux
républicains d’avoir plus de voix. Si le découpage
36 – L E S E CHOS WE E K- E ND
Comment expliquez-vous qu’aucun
des scandales concernant Trump ne semble
altérer sa popularité ? Dernièrement,
le « New York Times » a par exemple révélé
les montages fiscaux qui avaient permis
à son père de s’enrichir…
Oui, et les équipes du président ont répondu
que ces histoires étaient anciennes
et ennuyeuses ! C’est vrai, elles le sont !
Ces informations sont techniques, compliquées
à expliquer. Les gens réagissent davantage
aux scandales sexuels. Mais même s’ils sont
sans effet sur les électeurs, ces articles peuvent
influencer les républicains et leurs soutiens.
C’est intéressant de voir que les frères Koch,
gros donateurs républicains, ont pris leurs
distances avec Trump.
En tant que journaliste, comment suivre
un président comme Trump ?
Les reporters doivent se boucher le nez et
être objectifs. Personne ne peut dire ce qu’est
la bonne distance. Certains sujets sont plus
compliqués que d’autres. J’aurais du mal
à le suivre, je dois dire. Tout est en train d’être
défait, les agences fédérales, les impôts,
l’éducation… Ce sont des temps difficiles pour
ceux qui croient à l’idée d’un État.
Les médias sont-ils biaisés contre Trump ?
Les médias, c’est vaste. Il n’y a plus seulement le
New York Times et CBS, il y a les réseaux sociaux,
les blogs… C’est impossible de répondre à cette
question. Avant, le centre, c’était l’endroit où les
gens voulaient être. Aujourd’hui, ça n’aide pas
d’être raisonnable, on a plus de poids médiatique
en faisant du bruit. C’est la même chose
au Congrès. Et cela n’est pas près de changer,
pas tant que Trump sera aussi partisan.
Plus d’infos sur weekend.lesechos.fr
ROBERTO SCHMIDT/AFP
Le jour de son retour de Turquie, où il a été détenu pendant deux ans, le pasteur évangélique
Andrew Brunson bénit Donald Trump dans le bureau ovale.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Faut-il se perdre
pour se trouver ?
#SayYesToTheWorld*
*Dites oui au monde
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BUSINESS STORY
LES BLACK CABS
À LA CONQUÊTE DE PARIS
LEVC, le fabricant des fameux taxis londoniens,
veut les exporter en masse. Après avoir conquis
Amsterdam, Oslo et Hambourg, il entend les installer
dans le paysage parisien au nom de la qualité de l’air
et du confort de la course. Une visite de l’usine
de Coventry où ils sont assemblés.
Par Karl De Meyer
ourra-t-on bientôt traverser la place
de la Concorde, le pont Alexandre-III, l’île
Saint-Louis, ces lieux si éminemment parisiens,
dans un black cab, ce taxi si singulièrement
londonien dans l’imaginaire des Européens ?
C’est très possible, et c’est en tout cas
un des objectifs prioritaires de LEVC,
le constructeur britannique qui a obtenu
de la Mairie de Paris, il y a deux semaines,
un agrément pour la version électrique qu’il a
sortie l’an dernier, baptisée TX. « Connaissant
le niveau de pollution de l’air que supportent
les grandes villes françaises, nous nous
réjouissons de pouvoir offrir aux conducteurs
et aux passagers un nouveau choix à Paris », s’est
alors réjoui Chris Gubbey, son PDG. Le vétéran
de l’industrie automobile, qui a travaillé pour
38 – L E S E CHOS WE E K- E ND
les plus grands noms du secteur (Ford, Toyota,
General Motors), n’a pas manqué de rappeler
que le TX a déjà effectué une percée en Norvège,
aux Pays-Bas et en Allemagne. Une offensive
commerciale suffisamment étonnante pour
qu’on aille lui rendre visite dans son usine
d’Ansty, à quelque 8 km de Coventry, dans
le Warwickshire. Une région historiquement
spécialisée dans l’automobile, berceau
de marques prestigieuses comme Jaguar Land
Rover ou Aston Martin.
En sortant de la gare de Saint-Pancras pour
emprunter Euston Road jusqu’à Euston Station
– d’où partent les trains pour Coventry –,
le piéton ne peut s’empêcher de penser
que la métropole de Londres, en particulier
par cette après-midi d’automne ensoleillée
mais mal ventilée, gagnerait certainement
à l’électrification de sa flotte de quelque 24 000
taxis. À cette heure de pointe, les cabs sont
légion, mais ce sont pour la plupart de lourds
TX4, la version diesel sortie en 2007 par LTI,
l’ancêtre de LEVC. Des moteurs pas vraiment
sobres… À Ansty, l’air est beaucoup plus
respirable. Chris Gubbey, le sourire généreux,
est visiblement fier de faire visiter son usine
flambant neuve, construite de manière
à minimiser l’impact sur la faune locale.
Elle a été inaugurée en mars 2017 en présence
de Greg Clark, secrétaire d’État à la stratégie
industrielle, ravi d’enregistrer un investissement
total de plus de 325 millions de livres
– le premier de cette importance dans
l’automobile au Royaume-Uni en dix ans.
À ses côtés : Li Shufu, patron de Geely,
le constructeur chinois qui a racheté en 2013
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LES BLACK CABS
CHRISTIAN MARTIN
SIMON DAWSON/BLOOMBERG
SHUTTERSTOCK
Chris Gubbey
(ci-dessous), le PDG
de LEVC, dont
le TX électrique
pourrait bientôt
sillonner les rues
de la capitale.
l’entièreté de Manganese Bronze, la maison
mère de LTI en faillite. Il était déjà au capital
depuis la fin des années 2000, avant de devenir
un acteur majeur de l’industrie automobile.
Geely, un fabricant bas de gamme à l’origine,
n’était pas pris très au sérieux jusqu’à ce qu’il
rachète à Ford, en 2010, le suédois Volvo alors
à bout de souffle et le redresse de manière
spectaculaire. Après avoir acquis le contrôle
de Lotus et Proton l’an dernier et s’être emparé
de 10% du capital de Daimler en début d’année,
le Chinois est désormais considéré comme
un visionnaire de l’électrification.
Dans le cas du TX, il fait jouer les synergies
intragroupes puisque Volvo fournit des pièces
du système de propulsion. Notamment
le prolongateur d’autonomie, un 3 cylindres
essence qui porte l’autonomie à quelque 600
kilomètres. Le moteur purement électrique
ne peut parcourir que 130 km environ.
Largement suffisant toutefois pour remplir
les nouvelles exigences des autorités
londoniennes : depuis le 1er janvier de cette année,
elles n’octroient plus de licence aux taxis
qui ne peuvent pas rouler au moins 30 miles
(48 km) en mode « zéro émission ». Le maire
travailliste Sadiq Khan prend la question
de la qualité de l’air autant au sérieux qu’Anne
Hidalgo. « Si on remplaçait la moitié des taxis
diesel parisiens par nos véhicules, on réduirait
de 7 à 8% la pollution atmosphérique
imputable au trafic », affirme Chris Gubbey.
Lequel met en avant les autres atouts
de son TX, à commencer par l’espace
intérieur. Pour avoir traversé la campagne
du Warwickshire à son bord, on doit
reconnaître qu’il est bien agréable de pouvoir
étendre, croiser, décroiser ses jambes comme
on l’entend, même avec six personnes dans
l’habitacle. Le wi-fi permet de travailler pendant
la course, les prises de recharger laptop
et smartphone. Le plafond est toujours aussi
haut – c’est l’héritage de la vieille réglementation
londonienne de 1906, baptisée Conditions
of Fitness, toujours en vigueur même si elle
a évolué. Un gentleman d’1,70 m devait alors
pouvoir prendre place sans avoir à ôter
son haut-de-forme. Dans le TX, le plafond
est désormais en verre, histoire de pouvoir
admirer le ciel et les audaces architecturales
des villes que l’on traverse. C’est encore
de la réglementation de 1906 que découle
le rayon de braquage extrêmement faible
de 24 pieds (7,3 m) : il fallait pouvoir manœuvrer
sans heurt autour du minuscule rond-point
de l’hôtel Savoy – une agilité que les chauffeurs
parisiens apprécieraient aussi sans nul doute
dans les méandres du Quartier latin. Les portes
doivent aussi avoir une largeur suffisante
pour installer une chaise roulante.
Une caractéristique importante de nos jours,
où la mobilité se veut inclusive.
Tout n’a pas été sans à-coups, bien sûr, dans
la fabrication du TX. Au début de la production,
la chaîne d’approvisionnement a dû être
modifiée, puis les taximètres ont connu
des problèmes de logiciel. Alors que le premier
véhicule devait sortir de l’assemblage
en septembre 2017, LEVC a dû patienter
cinq mois de plus. Mais depuis, la société
a connu de beaux succès commerciaux
à l’étranger. Le premier a été noué avec
LE S E CHOS WE E K- E ND – 39
CHAPEAU !
Les Conditions
of Fitness,
règlement
de 1906
toujours
en vigueur,
imposent
aux taxis
londoniens
une hauteur
sous plafond
telle qu’un
homme de
1,70 m puisse
s’asseoir
sans ôter son
haut-de-forme.
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BUSINESS STORY LES BLACK CABS
En 1897 apparurent
les premiers taxis
de l’entrée en vigueur des nouvelles normes,
LEVC doit ailleurs affronter une concurrence
beaucoup plus vive. À Paris, la compagnie
de taxis G7 que nous avons interrogée n’a pas
souhaité se prononcer sur le TX mais a souligné
qu’elle a été « la première flotte professionnelle
à investir dans les Tesla et Nissan Leaf pour
former la plus grande flotte de taxis écologiques
en Europe. Nous avons réalisé plus de 4 millions de
courses “green” en 2017 sur un total de 11 millions,
avec un objectif de 100% d’ici dix ans ». Même
à Londres, où le cahier des charges spécifique
complique la tâche des rivaux, un fabricant local,
soutenu par d’autres capitaux chinois, Metrocab,
a gagné fin 2017 un procès qui l’opposait
à la filiale de Geely sur le design de ses propres
taxis. Il pourrait bientôt proposer ses modèles à
un prix inférieur, sachant qu’Uber a déjà pris une
grosse part du gâteau londonien… À cela s’ajoute
l’épée de Damoclès du Brexit, alors qu’aucun deal
n’est encore en vue entre l’Union européenne
et le Royaume-Uni. S’acheminerait-on vers
une rupture abrupte entre les deux parties, Chris
Gubbey devrait se résoudre « à augmenter
modernes – ils étaient
électriques et on
les surnommait
« hummingbirds »
(colibris) en référence
à leur bruit.
Dès 1906,
l’organisation TfL
(Transport for London)
a fixé des critères
précis pour
l’homologation, comme
le rayon de braquage
ou la largeur
des portes. Les black
cabs ont pris au fil
des décennies une
dimension identitaire
pour les Londoniens.
40 – LE S E CHOS WE E K- E ND
le niveau des stocks, ce qui naturellement pèserait
sur les coûts. Seulement un tiers de nos pièces
proviennent du Royaume-Uni, un tiers vient
de l’Union européenne et environ un tiers du reste
du monde, essentiellement d’Asie. Nous ne sommes
pas un gros acteur, nous ne pouvons pas changer
facilement de fournisseurs. Honnêtement, nous
aimerions avoir des certitudes ».
La partie n’est donc pas gagnée pour LEVC,
dont l’usine tourne aujourd’hui au ralenti, avec
une production qui devrait avoisiner 2 000 unités
en 2018 et 4 000 en 2019, à rapporter à une
capacité théorique de 20 000 véhicules par an.
L’an prochain, la société doit démarrer la
production d’un utilitaire (électrique), qui devrait
arriver sur le marché en 2020 pour rentabiliser
l’outil industriel. Pour l’instant, admet Chris
Gubbey, « nous sommes une start-up. Jusqu’à
ce qu’on atteigne un niveau raisonnable de ventes,
les chiffres n’auront pas bonne mine. » Li Shufu
lui a-t-il fixé un horizon pour atteindre le point
mort ? Grand éclat de rire : « Hier ! »
Plus d’infos sur weekend.lesechos.fr
En 1996, le groupe
Oasis a filmé la vidéo
de son hymne
Don’t Look Back
in Anger dans
l’un d’eux, piloté
par Patrick Macnee,
alias John Steed
dans « Chapeau melon
et bottes de cuir ».
En 2007 sont
apparues les « black
cab sessions »,
des performances
musicales en ligne dans
lesquelles la crème
de la scène indie
(Death Cab for Cutie,
The Kooks) se produit
dans un taxi noir.
SHUTTERSTOCK
UNE BRÈVE HISTOIRE
DU BLACK CAB
C’est en 1662 que
le Parlement anglais a
réglementé l’octroi des
premières licences à
ce qu’on appelait alors
des Hackney Carriages,
tirés par des chevaux.
La silhouette inimitable des black cabs fait partie de l’identité londonnienne.
DR
la société néerlandaise RMC, basée à Rotterdam,
qui est sous contrat avec les autorités locales
pour un service de mobilité sociale et agira
comme distributeur pour tout le Benelux. Même
stratégie en Allemagne : LEVC a passé un accord
avec une filiale de la Deutsche Bahn, ioki,
qui assure des déplacements dans les endroits
où il est difficile de rejoindre le réseau de
transports publics. Le TX roule déjà à Hambourg
et Berlin. En Norvège, LEVC a passé un accord
avec l’importateur Autoindustri et a de grandes
ambitions dans le pays qui a le plus « électrifié »
sa flotte automobile, à coups de subventions
massives. Pour s’assurer que ses TX pourraient
rouler dans des conditions météorologiques
extrêmes, le constructeur les a testés à la fois
près du cercle arctique et… en Arizona.
Compte tenu de l’intolérance croissante
des Européens à la pollution automobile, que
leurs édiles reprennent souvent à leur compte
– de nombreuses villes allemandes ont déjà
décrété l’interdiction des diesels les plus
polluants –, le marché est potentiellement
important. Mais il faudra convaincre
les chauffeurs et les compagnies de la validité
pour leur business model du TX, vendu
en Allemagne autour de 60 000 euros – le prix
d’une berline de luxe. « Nous travaillons à des
solutions de leasing avec une banque européenne
pour lisser le coût d’achat, et les chauffeurs doivent
prendre en compte les économies réalisées
sur le carburant », souligne Chris Gubbey. Ainsi
que les subventions parfois généreuses versées
par les gouvernements aux véhicules électriques.
Reste que, comme l’exprime Rachid, un taxi
parisien avec qui on a longé la Seine récemment,
« il faudrait beaucoup plus de points de recharge
rapide qu’à l’heure actuelle ». À cela, le patron
de LEVC répond que « c’est le principe de l’œuf
et de la poule. Si le nombre de taxis électriques
augmente, les maires feront en sorte d’adapter
les infrastructures ». À l’hôtel de ville de Paris,
une porte-parole d’Anne Hidalgo nous a en tout
cas assuré que « la mairie soutient toutes
les solutions électriques ». Rachid ajoute une autre
condition au décollage des black cabs à Paris :
« Il faut qu’on puisse avoir des réparations rapides,
une maintenance aisée. » LEVC a pu négocier
en Allemagne l’appui du réseau Volvo, mais
il n’en a pas encore en France.
Si, début 2018, le TX était le seul véhicule
homologué disponible à Londres au moment
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CULTURE
02 NOVEMBRE 2018
ADAM LOWE,
UN MYSTÈRE
RENAISSANCE
AU XXIE SIÈCLE
Par Cécile Thibaud
Photographe : Pierre-Yves Marzin
Dans les locaux de
Factum Arte, à Madrid,
la reproduction du
Martyre de saint
Matthieu, du Caravage.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 43
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
CULTURE
C’est un inconnu du grand public
qui compte dans le monde
de l’art et des musées :
à la tête de sa « factory »
implantée à Madrid, Adam Lowe
copie et reproduit les plus
grands chefs-d’œuvre pour
les institutions culturelles
les plus prestigieuses.
« Qu’est-ce que “Les Noces de Cana” que nous
admirons aujourd’hui au Louvre ont à voir
avec le tableau peint par Véronèse dans la Venise
du xvie siècle ? Le fait qu’il s’agisse de l’œuvre
originale est-il vraiment gage d’authenticité ? »
Dans son bureau perché au-dessus du dédale
de ses ateliers dans la périphérie de Madrid,
Adam Lowe joue avec la question et la retourne
dans tous les sens. Le sourcil levé, l’œil ironique
et le cheveu en bataille, il tient l’un de ses sujets
de prédilection. L’art et ses doubles, l’original
et les copies, le sens des œuvres et le regard
du spectateur. Il savoure une tasse de café
à petites gorgées, répond aux questions
de ses collaborateurs et valide un document
présenté sur iPad, avant de descendre discuter
avec un spécialiste en analyse des couleurs ou
d’aller résoudre des dilemmes sur le montage
d’une sculpture.
Bienvenue chez Adam Lowe, un espace qui
est à la fois un lieu d’accompagnement d’artistes,
un atelier d’exécution d’œuvres et un vaste
laboratoire de conservation du patrimoine
culturel. À 59 ans, ce Britannique à la dégaine
d’éternel étudiant a des allures de chef
d’orchestre, contrôlant du bout des doigts mille
projets en même temps. Il est le fondateur de
Factum Arte, une compagnie atypique, née en
2001 pour aider les créateurs dans le processus
de réalisation de leurs œuvres. Il ne s’agit pas
simplement d’imprimer une photo ou d’exécuter
la reproduction d’une sculpture. « Nous
travaillons aussi plus en amont. J’aime aider
les artistes à articuler leurs idées, et à résoudre
des équations impossibles en lançant des solutions
inédites pour donner forme à leur démarche. »
44 – L E S E CHOS WE E K- E ND
L’entrée de Factum Arte ne paye pas de mine,
à peine indiquée, dans une de ces rues trouées
de vieux hangars et de nouveaux sièges
d’entreprises qui poussent entre les terrains
vagues. Une fois franchie la porte, on plonge
dans un vaste capharnaüm. Là, sur le mur,
voilà un Véronèse, caché par une énorme
sculpture en spirale de fibre de verre blanc
de l’artiste japonaise Mariko Mori. Plus loin,
deux lamassus, ces monumentaux lions ailés
à tête humaine qui gardaient l’entrée des
palais de l’ancienne Mésopotamie, fragment
d’un projet en suspens pour replacer un
fac-similé des pièces dans leur environnement
d’origine, en Irak. D’une salle à l’autre se
superposent des vestiges de projets achevés
et des éléments de commandes toujours
en cours, des fac-similés d’œuvres de musées
et des pièces encore en montage, des
prototypes secrets à peine entrevus au passage,
des collaborations tenues confidentielles…
On ne sait plus si on est dans la caverne
d’Ali Baba ou dans l’antre d’un faussaire.
« Les époques s’entrechoquent comme dans
un grand palimpseste », s’amuse Adam Lowe
PIERRE-YVES MARZIN/RIVA PRESS POUR LES ECHOS WEEK-END
Adam Lowe dans son bureau-salon-bibliothèque, au-dessus des ateliers de Factum Arte.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ADAM LOWE
DATES CLÉS
1959 Naissance d’Adam
Lowe à Oxford.
1985 Master du
Royal College of Art
de Londres.
2001 Création
de Factum Arte.
2007 Accrochage
à Venise du fac-similé
des Noces de Cana,
de Veronèse.
2009 Création de la
Fondation Factum.
2014 Ouverture au
public du fac-similé
du tombeau de
Toutânkhamon.
2017 Inauguration
du centre de formation
au scanner 3D
de Louxor.
2018 Exposition sur
le travail de scanner
du tombeau de Sethi Ier
au musée des
antiquités de Bâle. Le
fac-similé devrait ouvrir
à Louxor en 2020.
en continuant d’indiquer ici La Reine MarieLouise à cheval de Goya, à côté une mappa
mundi de la cathédrale d’Hereford, là-bas
des hiéroglyphes…
LA TOMBE DE TOUTÂNKHAMON DUPLIQUÉE
Inconnu du grand public, il est depuis vingt ans
de ces magiciens dont on glisse le nom dans
les milieux artistiques, associé à celui de
créateurs de renom sur la scène internationale
comme Anish Kapoor, Boris Savelev, Marc
Quinn ou Richard Hamilton. Le champ de
ses activités s’est aussi étendu à la conservation
du patrimoine, avec la création en 2009
de Fondation Factum, une entreprise à but
non lucratif qui s’est spécialisée dans l’usage
de technologies de pointe au service de l’analyse
et de la préservation du patrimoine artistique.
« Nous apportons de nouveaux outils pour
déchiffrer les œuvres et savoir ce qui leur est
arrivé au cours de leur histoire, et nous sommes
ensuite capables de les reproduire de façon
absolument identique », affirme le patron de
Factum. Cette fois, il ne s’agit plus de processus
de création mais de la fabrication de fac-similés
parfaits. Il compte à son actif, notamment, la
réplique de la tombe de Toutânkhamon dans la
vallée des Rois, ouverte au grand public en 2014,
et travaille maintenant sur la tombe de Séthi Ier.
Il est aussi immergé dans d’autres grands
projets, en Égypte encore ou à Mossoul, et se
tourne maintenant vers l’Amazonie ou le Nigeria.
Ces grands chantiers ont été rendus
possibles grâce à l’utilisation d’un scanner
spécial, le Lucida, doté d’un système de double
caméra pour lecture laser 3D, conçu et
développé pour Factum par l’artiste Manuel
Franquelo, un temps associé de Lowe. L’appareil
permet de lire les surfaces, textures et reliefs
avec la résolution la plus fine possible. « Nous
Dans le capharnaüm fabuleux de Factum Arte. En haut, le fac-similé de la Flagellation
du Christ, de Sebastiano del Piombo, et une sculpture de la Japonaise Mariko Mori. En bas,
la première version du scanner 3D Veronica, qui permet d’analyser des objets à 360 degrés.
ne touchons pas les œuvres, nous ne les altérons
pas, mais nous sommes capables d’enregistrer
avec une précision inédite les données sur les
matières et les couleurs, explique Adam Lowe.
Cela nous permet de documenter les pièces et de
les analyser de la façon la plus détaillée possible,
afin de restituer l’information et de produire
des fac-similés parfaits. » Parmi les faits d’armes
de Factum, se trouve donc la réplique des Noces
de Cana, en collaboration avec la Fondation
LE S E CHOS WE E K- E ND – 45
Giorgio Cini, qui a permis de resituer le tableau
du Louvre dans son environnement d’origine,
à Venise, en 2007.
Adam Lowe reprend le fil de son
argumentation : « Essayons d’imaginer Véronèse
allant au Louvre… Sa toile avait été créée pour
être méditée quotidiennement par des centaines
de moines bénédictins durant leur déjeuner
dans le réfectoire de San Giorgio Maggiore. Il la
verrait maintenant éclairée par une lumière
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
CULTURE
qui tombe uniformément du plafond, accrochée
au ras du sol entre deux portes, quand elle a été
conçue pour être située à deux mètres de hauteur
et pour dominer l’espace. Il observerait comment
9 à 10 millions de personnes par an se plantent
devant son tableau en regardant, non pas
l’œuvre, mais l’écran de leur téléphone tenu
à bout de bras pour faire un selfie avec la Joconde
derrière eux. » Adam Lowe marque un temps
d’arrêt. « Où est l’authenticité ? », interroge-t-il.
« À Venise, nous avons accroché un fac-similé,
oui. Mais il se trouve dans l’environnement
pour lequel la toile a été conçue, afin de dialoguer
avec l’architecture de Palladio. Ce n’est pas
l’original, certes, mais est-il moins authentique
que le tableau abîmé, déchiré, marqué de traces
de pliures et de couches de vernis, avec les
couleurs réinterprétées au fil des restaurations
successives, qui se trouve au Louvre ? »
Rien n’amenait le jeune homme né à Oxford
en 1959 sur ces chemins-là. Avec en poche un
diplôme de la Ruskin School of Art de l’université
d’Oxford, suivi d’un master au Royal College of
Art de Londres, il fait des débuts prometteurs sur
la scène artistique britannique de sa génération.
Mais il préfère vite explorer d’autres voies.
« J’avais envie d’autres choses que d’un tête-à-tête
avec moi-même dans un atelier. » À partir des
années 90, il se passionne pour les techniques
de reproduction de haute précision et abandonne
sa carrière personnelle en commençant à
travailler pour d’autres artistes. « Je n’ai jamais
vraiment arrêté ni renoncé à rien, insiste-t-il. J’ai
simplement bougé pour continuer à faire ce qui me
passionne, c’est-à-dire donner forme à des idées. »
Sauf qu’il le fait maintenant avec d’autres et pour
d’autres. C’est le principe de Factum Arte :
mettre en commun technologies et compétences
afin d’aider les artistes à réaliser techniquement
leurs pièces, en mettant à leur disposition
un mélange de savoir-faire traditionnels et
de solutions innovantes en matière d’impression,
de scanner, de laser ou d’analyse de données.
C’est à Madrid qu’il est installé depuis
presque deux décennies, « un peu par hasard »,
raconte-t-il. « Je travaillais en collaboration
avec l’atelier de chalcographie national espagnol
et je venais souvent. Je passais mon temps
dans des vols easyJet entre Londres et Madrid
et, à force de retards et d’annulations, l’idée
est venue naturellement : pourquoi ne pas nous
installer ici ? D’autant qu’à Londres, les prix
commençaient à être ridiculement élevés. »
À Madrid, au contraire, il trouve tout l’espace
qu’il veut et la compagnie s’installe dans
un ancien entrepôt de matériel électrique,
sur 8 000 m2 au total, à l’est de la ville.
On passe d’un bâtiment à l’autre par le patio.
Il faut longer un vieil olivier noueux, près des
tables où les employés font leur pause déjeuner
En haut, images de la salle du trône du roi assyrien Assurnasirpal II et une épreuve du
Portement de Croix, de Raphaël. En bas, deux fac-similés d’un lamassu (lion ailé à tête
humaine) du British Museum. Ils sont destinés à retourner sur leur terre d’origine, en Irak.
au soleil. Dans l’atelier de précision, l’équipe
développe des projets d’artistes. Elle exécute des
sculptures complexes, fait venir des matériaux
du bout du monde, les teste, colle, assemble
au millimètre et polit ce qui bientôt sera exposé
dans les meilleures galeries d’art de la planète.
Un peu plus loin se trouve le fameux scanner
laser 3D Lucida qui a rendu possible la
réalisation des fac-similés de Factum, ainsi que
l’autre vedette de la maison, le scanner Veronica,
46 – L E S E CHOS WE E K- E ND
une sphère qui permet d’effectuer une lecture
à 360 degrés d’objets ou de personnes, et ouvre
un nouveau terrain de jeu aux artistes, pour
la réalisation de bustes ou sculptures. Dans les
étages supérieurs, les équipes d’informaticiens,
architectes, archéologues, géologues ou
spécialistes en analyse des couleurs recueillent,
lisent et traitent les données.
De l’autre côté se trouvent les appartements
des hôtes qui viennent en résidence. Parmi eux,
PIERRE-YVES MARZIN/RIVA PRESS POUR LES ECHOS WEEK-END
UN ACCOUCHEUR D’ARTISTES
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ADAM LOWE
l’artiste multimédia Paula Crown qui, chaque
année, fait ses valises et quitte Chicago
pour Madrid. Elle s’y installe durant un mois
ou deux, au-dessus des ateliers de Factum.
Comme le sculpteur El Anatsui ou encore
la performeuse Marina Abramović, elle vient
chercher auprès d’Adam Lowe une oreille qui
l’écoute formuler sa démarche et l’aide à trouver
des solutions pour une mise en forme de ses
œuvres. Elle arrive avec ses carnets et ses
projets pour confronter ses idées. Adam Lowe
joue les accoucheurs. Il aime le défi. « Elle vient
développer son travail, nous l’aidons à progresser.
On essaie, on échoue, on recommence », expliquet-il. « Factum est un modèle exceptionnel
d’échange et de générosité, dit-elle, enthousiaste.
Pour les artistes, c’est un incroyable lieu
de collaboration. Il est unique, car il stimule
les échanges et la réflexion conceptuelle tout
en offrant, aussi, la possibilité de tester toutes les
pistes en disposant des technologies d’impression
et de reproduction les plus innovantes. »
Prototype en albâtre de Terra Forming, cartographie 3D de la surface de la Terre sans eau.
DES ŒUVRES DISPARUES RESSUSCITÉES
Adam Lowe aime définir Factum comme
« une sorte d’atelier de la Renaissance au
xxie siècle », aux antipodes de l’approche de l’art
aujourd’hui, et de « la vision de l’artiste comme
un être qui fait émerger son œuvre dans la
solitude », dit-il. « Nous renouons avec la tradition
des grands ateliers où des dizaines de personnes
travaillaient à moudre des pigments, à mélanger
les huiles et à monter les châssis, ou bien à
préparer les fonds de toile. Ici aussi, c’est une
effervescence de métiers différents. » Au total,
une cinquantaine de personnes travaillent
dans ce phalanstère, dont une bonne part
d’ingénieurs et d’analystes de données. « Je suis
né avant l’ordinateur, mais ceux qui sont nés
plus tard ont des facilités naturelles à apprendre
à scanner en 3D. Nous mettons en commun
nos savoirs, nos intuitions et nos connaissances
techniques. Cela vaut pour notre travail auprès
des artistes et pour nos activités commerciales,
comme pour les projets philanthropiques
que nous développons avec la fondation. »
Pour la chaîne de télévision Sky Arts, il a joué
à résoudre des énigmes de l’histoire de l’art, en
s’appuyant sur l’analyse de photos et de bribes
de documents afin de faire resurgir des œuvres
disparues. Comme ce Caravage, posé contre
un mur derrière des piles de caisses – plus
exactement la réplique d’un tableau volé par la
mafia dans une église de Sicile il y a cinquante
ans et jamais retrouvé depuis. Ou encore ce
portrait de Churchill, détruit par sa veuve qui
n’aimait pas l’œuvre, reconstitué d’après photo.
Et ces Nymphéas de Monet, partis en flammes
dans un incendie au MoMA en 1958…
« Le champ des possibles est infini. Les
nouvelles technologies permettent de recréer l’art
disparu. Il y a quelque chose de vertigineux »,
PRÉSERVER LA VALLÉE DES ROIS
C’est une jeune archéologue égyptienne de
27 ans, Aliaa Ismail, qui dirige le projet de
conservation de la nécropole de Thèbes, lancé
à Louxor par la Fondation Factum, sous la
supervision du ministère égyptien des Antiquités.
Son équipe a pour mission de passer au scanner
3D les tombes de la vallée des Rois (photo : un
détail de la tombe de Toutânkhamon). « Cela nous
permet de comprendre les surfaces et les couleurs
et de capter ce que l’œil ne voit pas, explique-telle. Nous pouvons savoir comment elles se sont
détériorées et apprendre à mieux les conserver.
Les découvreurs des tombes, au xixe siècle,
ignoraient qu’en les ouvrant au public ils faisaient
s’effacer les couleurs. Le tourisme de masse a été
extraordinairement destructeur, mais ce n’est
plus une fatalité. Aujourd’hui, nous pouvons offrir
une alternative aux visiteurs grâce aux facsimilés de très haute précision des monuments.
C’est à nous de convaincre l’industrie du tourisme
d’aller en ce sens. La visite peut être plus facile
pour les voyageurs. Et une partie du prix de leur
billet pourra aller à la conservation du patrimoine. »
LE S E CHOS WE E K- E ND – 47
glisse Adam Lowe. Il veut, de plus en plus,
mettre ces outils au service de la préservation
du patrimoine mondial. L’Égypte a été son
terrain de prédilection depuis 2001. Après la
réplique de la tombe de Toutânkhamon, Factum
documente aujourd’hui celle de Sethi Ier,
la plus grande des sépultures de la Vallée des
rois, un projet financé intégralement par
la fondation Factum, mais qui bénéficie aussi
de l’appui de l’Unesco et de l’université de Bâle.
L’achèvement du fac-similé complet est prévu
pour 2020. « Nous espérons pouvoir mobiliser
à la fois les autorités locales et le secteur du
tourisme sur l’importance des enjeux, insiste-t-il.
Le tourisme est crucial pour la société égyptienne,
les grands flux posent de nouveaux défis et nous
avons les moyens technologiques d’y répondre.
Mais cela ne fonctionnera que si nous arrivons
à impliquer les institutions du pays et à effectuer
un réel transfert de technologie qui bénéficie
directement aux populations locales. »
Adam Lowe évoque avec fierté l’inauguration
à Louxor d’un centre de formation aux
techniques du scanner 3D, financé par Factum,
en février 2017. Ce jour-là, celui qui a montré
aux hauts responsables de l’Unesco comment
assembler le scanner Lucida et comment
opérer pour l’épigraphie était Abduh, un jeune
Égyptien passionné qui avait débuté comme
chauffeur pour les équipes. « Nous avons
les moyens technologiques de préserver
le patrimoine culturel et nous ferons tout pour.
Nous y arriverons si nous parvenons à convaincre
les sociétés, sinon… Nous travaillons à tout
documenter. Comme ça, les générations à venir
sauront ce qu’elles ont perdu. »
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CULTURE
LA SÉLECTION
Par David Barroux, Judith Benhamou-Huet, Philippe Chevilley, Pierre de Gasquet,
Thierry Gandillot, Henri Gibier, Jean-Philippe Louis et Philippe Noisette
LE COUP DE FOUDRE
IRRÉSISTIBLE CLEMENCEAU
EXPOSITION « Monsieur Jaurès, vous promettez
Georges Clemenceau,
Claude Monet
et Lily Butler
sur le pont japonais
de Giverny en 1921.
tout à l’ouvrier, mais vous n’êtes tout de même
pas le bon Dieu !
– Et vous, vous n’êtes pas le diable !
– Qu’en savez-vous ? »
Cet échange à la volée conclut une des joutes
oratoires les plus fameuses de l’histoire
parlementaire, qui opposa, le 18 juin 1906,
Georges Clemenceau à Jean Jaurès. Elle figure
dans le passionnant catalogue accompagnant
l’exposition « Clemenceau, le courage de
la République » qui a commencé cette semaine
et se prolongera jusqu’au 10 février 2019
au Panthéon. Une façon vivante et instructive
de rendre hommage au « père de la Victoire », au
moment où l’on célèbre le centième anniversaire
de l’armistice du 11 novembre 1918. Ce flamboyant
affrontement entre deux des plus grandes voix
de la IIIe République avait été provoqué par
la répression brutale de manifestations
ouvrières, elles-mêmes particulièrement
violentes, ordonnée par le ministre de l’Intérieur,
en l’occurrence Clemenceau, à Denain. « C’est
une grave erreur sur laquelle vous devriez éclairer
les ouvriers, asséna ce dernier au leader
socialiste, de confondre le droit de grève et le droit
à la matraque. » De nombreuses photos
illustrent cette période sociale mouvementée,
sur lesquelles les masses ouvrières réunies
pour protester contre leurs conditions de travail
et leur situation miséreuse semblent tout droit
sorties du Germinal de Zola.
La vie et la carrière de Clemenceau, retracées
ici à travers des peintures réalisées par ses amis,
de Manet à Monet, des caricatures, nombreuses
concernant le Tigre, près de 140 objets réunis
par ce grand voyageur-chineur au fil de ses
pérégrinations, et bien sûr des textes divers,
auraient pu donner matière à maints romans
ou films. Si le fougueux Vendéen avait été
Américain, nul doute que les multiples épisodes
d’une riche existence s’étalant sur 88 ans
se seraient retrouvés dans des biopics à grand
spectacle. Au lieu de quoi, ce personnage hors
norme n’a eu droit qu’à un téléfilm en 2012, dans
lequel il était interprété par Didier Bezace, et a
inspiré Le Président de Georges Simenon et le
long métrage du même nom d’Henri Verneuil.
Grâce à cette exposition, on découvre certains
aspects moins connus de l’homme d’État, fils
d’un médecin qui deviendra lui-même médecin,
et d’une institutrice, né dans le petit village
de Mouilleron-en-Pareds. Durant son enfance
vendéenne, il se forge de solides convictions
laïques dans ce bastion du catholicisme, mais
apprend aussi à garder le contact avec le peuple,
d’où il tirera ses préoccupations sociales.
Défenseur des Communards, après avoir été
maire de Montmartre, jeune loup au Parlement
se faisant une réputation de « tombeur
de gouvernements » en pourfendant la politique
colonialiste de Jules Ferry, politicien embringué
dans des scandales qui l’obligent à une traversée
du désert et une reconversion provisoire dans
48 – L E S E CHOS WE E K- E ND
le journalisme, impitoyable « premier flic de
France » durant la Belle Époque, intraitable chef
de guerre à partir de novembre 1917, esthète et
écrivain dans la dernière partie de sa vie: toutes
ses facettes sont illustrées par le parcours
reconstitué au Panthéon. Celui que l’on se
représente surtout comme un vieux monsieur
impeccablement habillé à grosse moustache
blanche, drôle de chapeau sur la tête, fut aussi
un grand séducteur. À son dernier amour,
l’éditrice de Plon, la belle Marguerite
Baldensperger, il proposa ce déchirant
« contrat » : « Je vous aiderai à vivre, vous m’aiderez
à mourir. » Irrésistible Clemenceau. H. G.
HENRI MARTINIE/MUSÉE CLEMENCEAU, PARIS
UN GRAND SÉDUCTEUR
DR
« Clemenceau, le courage
de la République », au
Panthéon, jusqu’au
10 février 2019. À lire :
Le Courage de la
République, par Sylvie
Brodziak et Jacqueline
Sanson, préface de
Jean-Noël Jeanneney.
Éditions du patrimoine,
Centre des musées
nationaux, 224 p., 29 €.
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SORTIES
PAUL NADAR/ FÉLIX NADAR / ADRIEN TOURNACHON / BNF,DÉPARTEMENT DES ESTAMPES ET DE LA PHOTOGRAPHIE
LÉO DELAFONTAINE
EMMANUEL BOURGEAU
De gauche à droite
et de haut
en bas : Sarah
Bernhardt
en Pierrot, cliché
de Paul Nadar
vers 1883 ;
main du banquier,
photographie
de Félix Nadar,
1861 ; Gustave Doré
dans l’objectif
d’Adrien
Tournachon,
vers 1854.
ET AUSSI…
MUSIQUES
Pitchfork Music Festival
Paris, Grande halle de la Villette, jusqu’au
3 novembre, https://pitchforkmusicfestival.fr
Novembre est le mois du rock indé à Paris. Trois
semaines avant les Inrocks, c’est le site Pitchfork
qui fait son festival à La Villette pendant trois
jours. Jeudi 1er novembre, il ouvrait le bal avec
le parrain de la pop française Étienne Daho. Ce
week-end, on goûtera la prestation funky-groovy
de Blood Orange et le concert de la star « indie »
Bon Iver. On applaudira le presque vétéran
Stéphen Malkmus & The Jicks. On découvrira
les charmants minots Boy Pablo, l’elfe pop
norvégien, et Snail Mail (alias Lindsey Jordan)
toute jeune rockeuse à guitare. Quant aux fans
de dance et d’électro, ils feront la fête toute la
nuit de samedi à dimanche avec Dj Koze, Peggy
Gou, Avalon Emerson et Daniel Avery. Ph. C.
LA REDÉCOUVERTE
NADAR : LA DYNASTIE DES PHOTOGRAPHES
PHOTO Pour remonter le temps jusqu’au xixe
siècle le plus inventif, il faut se rendre dans
le XIIIe arrondissement de Paris.
La Bibliothèque nationale consacre une grande
exposition en 300 pièces à une famille
de photographes, portraitistes mondains
et explorateurs en tous genres, des passionnés
au patronyme qui semble tiré d’une comédie
burlesque : les Tournachon. Dans la famille
Tournachon, on commence naturellement
par Félix (1820-1910), personnage agité,
puissant, talentueux, un écrivain et dessinateur
qui deviendra le plus célèbre portraitiste
photographique du Second Empire alors
que la discipline est toute neuve. Pour exercer
il prend le pseudonyme de Nadar. Félix Nadar
a un frère bohème, un peu perdu effacé mais
talentueux : Adrien (1825-1903). Il obtient pour
lui des cours auprès d’un des génies de la photo :
Gustave Le Gray. Adrien seconde son frère,
se nomme lui-même un temps Nadar jeune
mais l‘aîné n’hésite pas à un lui intenter
un procès qui l’obligera à se renommer
Tournachon. Enfin Paul (1856-1939) héritera
du studio de son père Félix et continuera dans
le sillage des grands portraits mondains
et autres progrès techniques. Pendant
longtemps et jusqu’à la période contemporaine,
le haut en couleurs Félix concentre tous
les titres de gloires. Mais la vaste
documentation de la BNF permet de remettre
chaque Tournachon à sa place dans cette
exposition qui raconte une époque, la deuxième
partie du xixe siècle et une discipline
qui va carrément révolutionner l’histoire
de l’art. Pour résumer, on dira que Félix est une
machine sociale exceptionnelle qui fréquente
les Baudelaire et autres Sarah Bernhardt et les
portraiture. Ses images passeront à la postérité.
Il fait de son studio du Boulevard des Capucines
un point névralgique du Paris créatif des années
1850 au point que même les Impressionnistes
y exposeront. Adrien le sensible sait
parfaitement capter les bohèmes de son genre
comme dans le célèbre cliché du mime
Debureau imitant la posture du photographe.
Quant à Paul, il reprend le flambeau.
Les deux frères ont su créer un système
du portrait dénué de décors surchargés
et de retouches excessives. Ils simplifient
le contexte et laissent une grande part au travail
de la lumière sur le visage et les mains pour
mettre en valeur la psychologie du personnage.
Chez les Tournachon, on croit aussi au progrès.
Félix photographie depuis une montgolfière
ou invente un procédé pour prendre des clichés
à la lumière artificielle dans les égouts
ou les catacombes. Adrien immortalise tantôt
des vaches dont on veut améliorer la race,
tantôt des malheureux patients qui sous l’effet
de l’électricité du docteur Duchenne grimacent.
La photo devient ainsi un art qui remplace
la peinture pour raconter des histoires.
La peinture se libère ainsi de son devoir
de réalisme. Elle peut devenir abstraite. Mais
c’est une autre histoire… J. B.-H.
« Les Nadar, une légende photographique », à
la BNF, Paris, Jusqu’au 3 février.www.bnf.fr.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 49
SPECTACLE
Le Gardien du Temple
de François Delarozière, jusqu’au 4 novembre,
dans les rues de Toulouse. www.lamachine.fr
Le créateur François Delarozière a eu plusieurs
vies, d’abord dans l’ombre de Royal de luxe, puis
à la tête de La Machine, fondée en 1999. Depuis,
il ne cesse de mettre en scène des araignées XXL,
un cheval-dragon à Pékin ou le « Grand
Répertoire », expo-spectacle triomphant. Cet
automne, il s’installe à Toulouse : un nouveau
lieu, La Halle de la Machine, abritant ses
créations, sera inauguré du 9 au 11 novembre.
En prélude, un spectacle tout neuf : Le Gardien
du Temple et son Minotaure (photo ci-dessous).
De quoi émerveiller petits et grands. Ph. N.
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CULTURE
L’INSTANT DE RÉFLEXION
LE GÉNIE CONSOLATEUR DE HOUELLEBECQ
ESSAI Misogyne, « néo-réac », dépressif
et « déprimiste », mais aussi l’un des écrivains
les plus caustiques de sa génération, Michel
Houellebecq reste une énigme fascinante.
Car, comme Balzac en son temps, l’auteur
des Particules élémentaires – l’un des auteurs
français les plus traduits dans le monde
aujourd’hui – séduit autant à droite qu’à gauche.
Et pourtant, comme le souligne Agathe
Novak-Lechevalier dans son subtil essai sur
son œuvre, le positionnement idéologique
de Michel Houellebecq est encore moins clair
que celui de Balzac. À l’instar de la plupart
de ses personnages – notamment François,
l’« anti-héros » de Soumission –, Houellebecq
se sent « aussi politisé qu’une serviette
de toilette ». Une serviette peut-être, mais souvent
aussi décapante qu’un gant de crin. C’est bien
là son talent. Pour Agathe Novak-Lechevalier,
la clef de la force – et donc du succès – de l’œuvre
de Houellebecq résiderait dans son pouvoir
« consolateur ». Ne nous y trompons pas :
il n’y a rien d’édulcoré ou de mièvre dans cette
idée de « consolation ». Car pour elle, comme
pour Michaël Fœssel, l’auteur du Temps
de la consolation, celle-ci ne relève en rien
de la recherche du divertissement
ou de l’exigence de guérison, mais, au contraire,
d’« une forme d’intransigeance, d’exigence de sens
qui constitue un acte de résistance au monde ».
Le Salon du Dessin,
de la Peinture
et de la Sculpture
7-11 novembre 2018
www.finearts-paris.com
En partenariat
avec :
50 – L E S E CHOS WE E K- E ND
de son génie consolateur a le mérite de livrer
une clef décisive de son succès. Pour l’écrivain
italien Umberto Eco, l’un des principaux
mérites de l’auteur des Particules aurait été
de faire redécouvrir l’œuvre de Huysmans.
Petite jalousie de sémiologue ? En tout cas,
en popularisant son nom à travers Soumission,
Michel Houellebecq est à l’origine
de la prochaine publication de Huysmans
dans la Pléiade (à l’automne 2019). P. de G.
Houellebecq, l’art de la consolation, d’Agathe
Novak-Lechevalier. Stock, 304 p., 20 €.
DR
est une composante essentielle de son pouvoir
de consolation. Mais la plus grande force
de ce « prophète amateur », comme il se définit
lui-même, serait, à l’instar de Balzac
en son temps, de faire entrer dans son œuvre
« des thèmes, des personnages (cadres moyens)
ou des espaces sociaux qui n’avaient jusqu’alors
pas droit de cité en littérature ». Le faux banal
forme le fond du roman houellebecquien.
Certes, cette apologie littéraire argumentée
du style de Houellebecq paraîtra parfois un peu
excessive aux agnostiques. Mais l’éloge raisonné
Belle définition qui nous permet de mieux
comprendre pourquoi Houellebecq peut être
perçu, en même temps – comme dirait
Emmanuel Macron – comme un écrivain
romantique et cynique. Ou encore à la fois
décrit comme un pionnier du mouvement
« néo-réac », par l’historien des idées Daniel
Lindenberg, et un héraut d’une critique
insidieuse mais radicale du capitalisme
économique, par feu l’économiste Bernard
Maris. Bien sûr, l’humour houellebecquien
PHILIPPE MATSAS/OPALE
FAUX BANAL
Vive les mariés !
Quianyum Lysis Li
et Michel
Houellebecq
se sont dit oui
le 21 septembre
à Paris.
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SORTIES
EN VUE
LE REBOND
D'EAGLE-EYE CHERRY
SALLES OBSCURES
L’actualité cinématographique
de la semaine
vue par Thierry Gandillot.
Mon père, ce héros ? Pour endormir
son petit garçon, Yvonne (Adèle
Haenel) lui raconte les exploits de son
père, grand flic mort en service. Mais
le jour de l’inauguration d’une statue
à la gloire de son feu son mari, elle
apprend que c’était un ripou. Il avait
envoyé au trou un innocent, Antoine
(Pio Marmaï) en lui faisant porter le
MUSIQUE « Où étais-tu passé durant toutes
Même les Indiens semblent vouloir empêcher
la statue de la Liberté d’arriver à bon port.
LE MOMENT DE PLAISIR
LUCKY PARIS
TED PACZULA
© ACHDÉ/JUL D’APRÈS MORRIS – LUCKY COMICS 2018
VICTOR FLUMÉ
BD Un bon Lucky Luke, c’est comme un bon
chapeau d’un casse dont il avait tiré
les bénéfices. À sa sortie de prison,
Antoine, très perturbé, n’a qu’une
idée en tête : récupérer l’argent du
casse qu’il n’a pas commis. Quand les
routes d’Yvonne et d’Antoine se
croisent, les quiproquos les plus
cocasses s’enchaînent. Avec En
liberté ! (photo), une comédie
hilarante, onirique et tendre, Pierre
Salvadori, après Hors de prix et Dans
ma cour, confirme son talent.
Étienne Roda-Gil a donné 747
chansons, écrit pour les plus grands :
Claude François (Alexandrie,
Alexandra), Johnny Hallyday (Mirador),
Mort Shuman (Lac Majeur), Vanessa
Paradis (Joe le Taxi)… La réalisatrice
Charlotte Silvera a mené de nombreux
entretiens pour dessiner le portrait
aussi pertinent qu’émouvant de celui
qui se disait « poète industriel ». Dans
On l’appelait Roda, de nombreux
artistes apportent leur touche au
piano : Julien Clerc, Philippe Sollers,
Gilles Deleuze, Louis Bertignac ou
Roger Waters : « Il y a un flambeau qui
doit être porté par les générations à
venir, dit le bassiste des Pink Floyd,
il faut le brandir et essayer
d’éclairer les endroits obscurs comme
Etienne nous demandait de le faire de
tout son souffle pendant toute sa vie. »
cocktail. Il faut un dessin fidèle à l’esprit
de Morris, Jolly Jumper, les Dalton, un cow-boy
qui tire plus vite que son ombre, une dose
d’humour et une bonne intrigue. Dans
Un cow-boy à Paris, tous les ingrédients sont
réunis et Achdé (au dessin) et Jul (au scénario)
peuvent revendiquer sans rougir le titre
de dignes héritiers du père de Rantanplan. Leur
tandem avait essuyé les plâtres dans La Terre
promise, il livre cette fois-ci un album plus
simple sans être simpliste et au final plus abouti.
Comme souvent chez Lucky Luke, dans ce 80e
album, l’intrigue est fondée sur des faits
historiques. Ici ce ne sont ni le déploiement du
chemin de fer aux États-Unis ni la vie de Billy the
Kid qu’évoquent Achdé et Jul, mais la naissance
de la statue de la Liberté. Tout le monde sait
que Lady Liberty est un cadeau de la France aux
États-Unis. Certains ont appris que le sculpteur
au cœur de cette œuvre fut Auguste Bartholdi.
Mais qui, à part Jul, savait que sans l’aide
de Lucky Luke cette statue n’aurait sans doute
jamais pu traverser sans encombre l’Atlantique ?
Le duo qui a repris le flambeau de Morris
imagine l’histoire secrète d’un symbole qui finira
par occuper une île en face de Manhattan.
Certains étaient prêts à tout pour empêcher cette
statue d’arriver dans la baie de New York et seul
un cow-boy comme Lucky Luke pouvait s’assurer
qu’elle arrive à bon port. Malin, le scénariste
de Silex and the City, de 50 Nuances de Grecs
ou de La Planète des sages s’amuse à montrer
que Lucky Luke n’est pas parfait (il ne supporte
pas le bateau) et profite de cette aventure mêlant
le faux et le vrai pour immerger le plus doué
des cow-boys dans le Paris
de la fin du xixe siècle. Pour
une fois, ce voyage dans le
temps nous fait redécouvrir
la capitale française plutôt
que le grand Ouest. D. Bx
Un cow-boy à Paris,
de Jul et Achdé. Lucky
Comics, 48 p., 10,95 €.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 51
ces années ? » On lui a tant posé la question
qu’il en a fait un documentaire sur son compte
Instagram. Les réalisateurs y interrogent dans
les rues de Brooklyn et Stockholm des gens qui
ont bien connu ce Eagle-Eye Cherry, célébrité
suédoise des années 90-2000, à l’origine du tube
folk Save Tonight, hymne d’une époque. Le type
de morceau à rester dans la tête et que tous
les guitaristes en herbes ont appris au même
titre que Wonderwall d’Oasis : « Le timing était
le bon. Ça fait partie de ces morceaux qui ont
su capturer un moment, mais je n’en avais pas
idée quand je l’ai écrit », nous confie-t-il vingt ans
plus tard, dans un café de Boulogne-Billancourt.
À 50 ans, sa célèbre coupe afro-bouclée est
toujours aussi dense. Seules les légères teintes
blanches de sa moustache laissent déceler
le temps qui passe. En clair, il n’a pas changé.
Ni son flegme ni sa voix qui lui valut, à sa grande
époque, d’être comparé à Lenny Kravitz.
Ni sa passion pour les guitares et les musiciens :
« Un artiste comme Ed Sheeran réussit à faire
aujourd’hui ce type de morceau intemporel, mais
je n’ai jamais compris pourquoi il n’avait pas
de groupe sur scène… » Eagle-Eye Cherry est
un Ed Sheeran des temps anciens, mais
qui s’est quelque peu fourvoyé en tentant
un virage rock-pop sur ses derniers albums.
Alors, six ans après « Can’t Get Enough »,
l’anonymat et une séparation amoureuse,
il revient aux fondamentaux qui ont fait son
succès : des guitares prédominantes, des refrains
mélancoliques entêtants, auxquels, époque
oblige, il a rajouté quelques effets digitaux.
Enregistré entre Nashville, Los Angeles et
Stockholm, « Streets of You », qui évoque
les déambulations dans les rues où tout rappelle
l’être aimé, est l’album des dernières déprimes
de la rupture, juste avant le rebond. J.-P. L.
« Streets of You », d’Eagle-Eye Cherry.
Play Two.
Eagle-Eye Cherry revient à ses fondamentaux
musicaux avec son nouvel album.
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STYLE
02 NOVEMBRE 2018
Le boîtier Oyster de Rolex
est taillé dans un bloc
massif d’acier Oystersteel,
appartenant à la famille
des aciers 904L, utilisés
dans le domaine spatial
et l’industrie chimique.
MATIÈRES
À RÉFLÉCHIR
CÉDRIC WIDMER
Avec l’évolution des
usages, les manufactures
de montres ont dû
s’adapter et utiliser
d’autres matières
pour les protéger.
La vie moderne, active
et sportive, a donc
transformé les boîtiers
en minicoffres-forts
high-tech.
Par Frank Declerck
LE S E CHOS WE E K- E ND – 53
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STYLE
comme IWC ou Breguet. Biocompatible, il est
insensible aux fluides corporels et aux effets
corrosifs de l’eau de mer, ce qui explique qu’il
soit choisi pour la fabrication des montres
de plongée en particulier. Parce qu’ils sont
les plus résistants, les titanes de grades 2 et 5
sont ceux qui entrent le plus souvent dans
la composition des boîtiers de ces instruments.
Si le titane est apprécié pour ses qualités
intrinsèques, d’autres matières sont plébiscitées
par les marques de montres. À commencer par
la céramique high-tech, que Rado a introduite
en horlogerie dès 1986, avant que Chanel ne la
choisisse pour sa J12 ou que Dior ne la sculpte en
formes pyramidales pour certaines références.
PRESQUE AUSSI DURE QUE LE DIAMANT
Au sein du Swatch Group, Omega utilise
la même technique que Rado pour le boîtier
de la Speedmaster Grey Side of the Moon :
le bloc de céramique est usiné aux bonnes
dimensions par des outils diamantés,
puis chauffé à 20 000 °C pour que sa couleur
blanche devienne grise.
54 – L E S E CHOS WE E K- E ND
La céramique est obtenue à partir de poudre
de zirconium chauffée à plus de 1 200 °C pour
constituer une masse compacte presque aussi
dure que le diamant. Extrêmement résistante
à l’usure, légère, inaltérable et anallergique, elle
est de plus en plus présente en horlogerie car
plusieurs maisons maîtrisent le difficile procédé
de fabrication. Parmi elles, Rado, forte de son
expertise historique, a créé une céramique
« plasma » dont les reflets métalliques sont issus
d’un procédé qui permet de transformer
la matière en surface avec des gaz activés
à 20 000 °C. La manufacture Rolex s’illustre avec
des lunettes en Cerachom monobloc insensibles
aux ultraviolets, dont la bichromie résulte d’une
savante utilisation des pigments et de la cuisson.
Et quand Audemars Piguet la teinte en vert pour
donner au modèle un esprit « camouflage »,
Hublot réussit à mettre au point une céramique
rouge exclusive à l’intensité chromatique inédite.
Plus performante encore, la fibre de carbone
est l’autre matière high-tech en pointe.
Bien connu dans l’univers de la compétition
automobile, et particulièrement en Formule 1,
ce composite ultraléger, ultrarésistant et au
toucher soyeux, est également hypoallergénique
et insensible à la corrosion. La maison TAG
Heuer ne s’y est d’ailleurs pas trompée et a
récemment étoffé son catalogue d’une nouvelle
ligne uniquement constituée de modèles
en carbone. Si le principe de fabrication consiste
à « thermocompresser » des fibres de carbone
imprégnées de résine polymère, les procédés
de fabrication diffèrent d’une marque à l’autre.
DR
n passant de la poche
au poignet, la montre a changé de cadre de vie.
Beaucoup plus exposée aux risques de rayures
et aux chocs, elle n’avait d’autre choix que
de s’adapter à l’évolution des usages. D’autant
plus avec l’apparition de modèles destinés aux
sports extrêmes, à l’exploration ou aux missions
spatiales. De la fonction de l’instrument va donc
logiquement dépendre le choix de la matière
de son boîtier. Voilà pourquoi les manufactures
s’appuient de plus en plus sur les découvertes
technologiques de la compétition automobile,
de l’aéronautique ou l’aérospatiale pour
concevoir des boîtiers toujours plus
résistants, plus robustes et plus légers,
grâce à des matières high-tech.
Céramiques, fibres de carbone ou de quartz,
verres et mousses métalliques, graphène,
saphir, composites et polymères… les nouveaux
matériaux envahissent le monde de l’horlogerie.
Et le phénomène s’accélère au rythme
des découvertes scientifiques qui séduisent
les manufactures en quête de performances.
Certaines trouvant ainsi un moyen de se donner
une image de modernité à bon compte. Tant
et si bien que l’on oublierait presque que
des alliages aussi courants que l’acier et le titane
sont déjà des produits techniques.
Reconnu pour ses nombreuses qualités,
l’acier inoxydable est celui qui illustre le mieux
cette évolution dans l’habillage des montresbracelets. Il est intéressant de noter que
les marques horlogères de luxe, habituées à l’or
et au platine, l’ont vite adopté avec une
préférence pour l’acier 316L – qualifié aussi
d’acier chirurgical. Robuste, anallergique
et résistant à la corrosion, il bénéficie parfois
de traitements de surface qui en améliorent
les qualités, comme le PVD (Physical Vapor
Deposition) ou le DLC (Diamond Like Carbon).
Plus performant mais plus rare, l’acier 904L,
utilisé par Rolex, est par exemple exploité dans
le domaine spatial et l’industrie chimique.
La manufacture taille ses boîtiers Oyster dans
des blocs massifs d’acier Oystersteel appartenant
à cette famille de superalliages.
Aussi solide que l’acier, tout en étant 40% plus
léger, le titane est également issu des secteurs
de pointe (militaire, aéronautique, aérospatial,
chimique, médical…). Ses qualités profitent
aux modèles sportifs de nombreuses maisons,
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19
DR
LUCA PATRONE
DIDIER GOURDON
GRAMMES
MATIÈRES À RÉFLÉCHIR
C’est le poids
de la montre
la plus légère
jamais conçue,
réalisée avec
des nanotubes
de carbone par
Richard Mille.
Chacune a sa recette exclusive, souvent
brevetée. Carbone TPT® (Richard Mille),
Carbotech™ (Panerai), CTP (Bvlgari), Carbone
Forgé® (Bell & Ross), Breitlight® (Breitling), C.F.C
(Oris)… Des noms techniques, parfois exotiques,
apparaissent chaque année et battent
des records de performance avec des ratios
poids/résistance exceptionnels. Si cette quête
profite évidemment en priorité aux modèles
sportifs, les composites carbonés ont parfois
d’autres qualités insoupçonnées. Ainsi, la maison
Bvlgari s’est aperçue du fort potentiel acoustique
que possède le carbone et s’en sert pour
sa montre à répétition minutes la plus fine
du monde. Autre exemple avec Richard Mille
qui utilise des nanotubes de carbone pour mettre
au point la montre la plus légère jamais conçue :
19 g, bracelet compris !
Pourtant, cela ne semble pas suffire
à étancher la soif d’innovation et de performance
que l’on observe aujourd’hui dans ce secteur.
Comme des alchimistes, les marques explorent
de nouveaux horizons pour repousser les limites
en créant ou en utilisant des alliages spéciaux
et des composites inédits. Elles transforment
les ateliers traditionnels en usines du futur,
où l’on pilote sur écran des machines robotisées,
spécifiquement conçues pour façonner
les matériaux inventés par les ingénieurs
parfois même au cœur des manufactures.
Titane, tantale, tungstène, aluminium,
vanadium, zirconium… les mariages de métaux
donnent naissance à des créations étonnantes.
À commencer par la concept-watch ID One
de Cartier en niobium-titane, alliage capable
de se régénérer par oxydation en cas de rayures.
Piaget a eu recours à un composé à base de
cobalt dont l’extrême rigidité garantit la solidité
de la montre mécanique la plus fine de l’histoire
(2 mm). Chez Roger Dubuis, un superalliage
de cobalt et de chrome, 100% biocompatible
et hautement résistant à la corrosion, est obtenu
selon un procédé issu de l’aéronautique
et de l’astronomie où le mélange fondu est
atomisé en poudre, avant d’être compressé
à chaud puis usiné… Et que dire des graduations
en Liquidmetal®, alliage amorphe qui se lie
parfaitement à la céramique sur les lunettes
des montres de plongée Blancpain et Omega ?
Même constat pour le BMG-Tech™ (Bulk
Metallic Glass), un verre métallique utilisé
par Panerai, dont la structure atomique
« anarchique » lui confère des propriétés
hors du commun en termes de robustesse
et de résistance aux chocs, à la corrosion et aux
champs magnétiques. Zenith n’est pas en reste
avec le fameux boîtier en Aeronith, mis au point
par le laboratoire Métallurgie et Matériaux
d’Hublot, maison horlogère appartenant
au même groupe (LVMH, propriétaire du groupe
Les Échos). On dépasse là le concept de l’alliage,
puisque l’on parle d’une matière hybride
constituée d’une mousse d’aluminium rigidifiée
par infiltration d’un polymère spécial. Le résultat
est 10% plus léger que la fibre de carbone tout
en étant très solide.
DES TECHNOLOGIES D’AVANT-GARDE
De haut en bas : boîtier Zenith en Aeronith ;
un procédé de fabrication issu de l’écurie
Williams F1 Team pour le chronographe
Oris en carbone ; éléments de la Hublot Big
Bang Unico Italia Independent en Texalium® ;
morceaux de boîtier Richard Mille
en carbone TPT®.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 55
En matière d’innovation, Hublot n’en est pas
à son coup d’essai puisqu’elle a déjà réussi
à mettre au point un or inrayable, le Magic Gold,
par infiltration d’or 24 carats au cœur même
d’une céramique poreuse. Les combinaisons
de matériaux composites illustrent également
l’avant-garde des technologies développées
par cette maison qui a fait de la fusion son ADN.
Ainsi elle élabore des tissages colorés utilisant
des fibres de carbone et de l’aluminium
(Texalium®).
Également associées à l’esprit de la maison
Richard Mille, d’autres matières du futur sont
imaginées dans les ateliers de la manufacture
située aux Breuleux, dans le Jura suisse.
En ces lieux, les machines CNC façonnent
des boîtiers dont certains sont constitués comme
un mille-feuille de fines couches intercalées
de carbone et de quartz. D’autres, en Graph
TPT™, sont en carbone injecté de graphène.
Un nanomatériau révolutionnaire, six fois plus
léger et deux cents fois plus résistant que l’acier.
Les possibilités qu’offrent les matières
high-tech semblent infinies et promettent un
avenir radieux aux marques qui cherchent sans
cesse à se réinventer pour séduire leurs clients.
Il existe cependant un vrai paradoxe aujourd’hui
dans cette course effrénée à l’innovation. Comme
un pied de nez aux matériaux techniques
inaltérables, les montres en bronze rencontrent
actuellement un immense succès. Leur alliage
ancestral surfe sur la vague du vintage et impose
des boîtiers qui se patinent avec le temps. Faisant
ainsi de chaque montre une pièce unique…
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Oyster Perpetual
GMT-Master II en Rolesor
Everose (acier Oystersteel
et or Everose),
lunette tournante
Cerachrom en céramique
brune et noire, graduation
PVD or rose, certification
Chronomètre Superlatif,
étanchéité 100 m, ROLEX.
Photographe et set design : Benoit Pailley – Réalisation : Frank Declerck
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DE GAUCHE À DROITE :
Slimline Moonphase Manufacture en acier, cadran satiné soleil, phases de Lune et date à aiguille à 6h, bracelet alligator, FRÉDÉRIQUE CONSTANT.
Villeret Quantième Complet GMT en acier, jours, mois et phases de Lune, date à aiguille serpentine en acier bleui, aiguille GMT à pointe rouge, bracelet alligator, BLANCPAIN.
Rendez-Vous Night & Day en acier, cadran guilloché avec indicateur jour/nuit, index diamants et aiguilles en acier bleui, bracelet alligator, JAEGER-LECOULTRE.
Fiftysix Calendrier Complet en acier, jours, mois et phases de Lune de précision, index et aiguilles en or gris, bracelet alligator, Poinçon de Genève, VACHERON CONSTANTIN.
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DE GAUCHE À DROITE :
Calatrava en or rose, cadran laqué avec index en or et date à 3h, dos du boîtier avec fond officier à charnière invisible, bracelet alligator, PATEK PHILIPPE.
Pierre Arpels en or rose, cadran laqué blanc avec motif piqué en relief, chiffres romains en applique, bracelet alligator, VAN CLEEF & ARPELS.
Altiplano en or rose, cadran architecturé sur trois niveaux avec date à 9h et petite seconde à 5h, boîtier extra-plat de 6,36 mm d’épaisseur, bracelet alligator, PIAGET.
Royal Oak Chronographe en or rose, cadran brun avec motif Grande Tapisserie, index et aiguilles en or rose, tachymètre, bracelet alligator, AUDEMARS PIGUET.
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Tambour All Black en acier
PVD noir brillant,
cadran avec index diamants
et Fleur de Monogram dorée,
bracelet interchangeable
en cuir vernis noir Monogram
équipé du système breveté
Louis Vuitton,
LOUIS VUITTON.
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Ballon Blanc de Cartier
en or rose, boîtier en forme
de galet, cadran satiné
soleil avec aiguilles
de type glaive,
couronne à 4h sertie
d’un diamant,
bracelet alligator,
CARTIER.
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DE GAUCHE À DROITE :
Chronographe Defy
El Primero 21 en titane,
affichage des temps
au 1/100e de seconde
et indicateur de réserve
de marche, bracelet
alligator et caoutchouc,
certification COSC,
étanchéité 100 m, ZENITH.
Montre d’Aviateur Mark
XVIII Heritage en titane,
cadran noir avec aiguilles
et index luminescents,
date à 3h, boîte interne
en fer doux antimagnétique,
bracelet veau, IWC.
Marine 5517 en titane,
cadran satiné soleil en or
couleur ardoise,
aiguilles luminescentes
en or, date à 3h,
fond saphir, bracelet
caoutchouc,
étanchéité 100 m,
BREGUET.
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DE GAUCHE À DROITE :
La Mini D de Dior Satine
en acier, lunette et
couronne en or jaune
et diamants, cadran
en lapis lazuli, bracelet
en maille milanaise,
boucle sertie de diamants,
DIOR.
Black Bay S&G en acier,
lunette en or jaune
et aluminium noirci,
couronne en or jaune,
cadran champagne,
aiguilles et index
luminescents, date à 3h,
bracelet acier et or jaune,
étanchéité 200 m, TUDOR.
Clifton Baumatic en acier,
lunette et couronne en or
rose, aiguilles et index
plaqués or, date à 3h,
bracelet alligator,
BAUME & MERCIER.
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DE GAUCHE À DROITE :
Chronographe Big Bang Unico Red Magic en céramique rouge, résine composite noire et titane PVD noir, aiguilles et index luminescents, bracelet caoutchouc, HUBLOT.
Chronographe Carrera Heuer 01 Aston Martin en acier et céramique noire, tachymètre, cadran ajouré motif « hexagone », aiguilles et index luminescents,
bracelet cuir, TAG HEUER.
Seamaster Diver 300 en acier et céramique bleue, valve à hélium, cadran en céramique PVD chrome gravé au laser, aiguilles et index luminescents,
bracelet caoutchouc, certification Metas, OMEGA.
Code Coco en céramique noire et acier, cadran laqué noir serti d’un diamant, système d’ouverture et de fermeture inspiré du fermoir du sac 2.55, CHANEL.
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STYLE
L’ANALYSE
RETOURS GAGNANTS
Spécialisées dans le prêt-à-porter
ou les accessoires, de plus en plus de griffes
disparues renaissent de leurs cendres.
Enquête sur ces marques indépendantes
à l’histoire ancienne.
Par Astrid Faguer
64 – L E S E CHOS WE E K- E ND
GUILLAUME DE LAUBIER
LÉTRANGE
XVIe arrondissement, a choisi Le Coq Sportif
pour habiller et chausser son personnel.
Mêmes arguments chez Le Mont Saint
Michel, dont les artisans de la relance
ont réactivé l’histoire et jouent la carte de
la nostalgie. « Mont Saint Michel, c’est un nom
magique, et une histoire plus que centenaire.
En 1913, la marque habillait artisans, pêcheurs,
agriculteurs… Tous portaient ces tenues,
souvent bleues, pour travailler. Cet héritage
a profondément influencé mon choix de relancer
ce label », raconte Alexandre Milan, qui a
ressuscité la marque en 1998, en l’enrichissant
de son expertise maille (son arrière-grand-mère
a fondé en 1919 le Tricotage de l’Aa, une fabrique
de textile). Et c’est notamment en misant sur
ce patrimoine – le « workwear » – que le créateur
a réussi à donner un second souffle à la griffe
LE COQ SPORTIF
Marque plus que
centenaire, Le Mont
Saint Michel
(ci-contre, publicité
des années 50-60)
a ressuscité en 1998,
remettant au goût
du jour la veste
de travail
(ci-dessous).
MONT SAINT MICHEL
Septembre 2018 : en pleine fashion week
parisienne, on apprenait au même moment
la mise en liquidation judiciaire de la marque
de prêt-à-porter Carven (reprise en octobre par
le groupe chinois Icicle) et la confirmation de
la prise de participation majoritaire de LVMH
(également propriétaire des Échos) chez Patou.
La première a connu un réveil spectaculaire
sous la houlette du designer Guillaume Henry
entre 2009 et 2014 ; et la deuxième s’apprête
donc à réactiver son prêt-à-porter avec le même
Guillaume Henry. Preuve, s’il en fallait, que la
renaissance de marques continue de jalonner
l’histoire de la mode. Hors les grands groupes,
les « vieilles » marques suscitent aussi l’intérêt
des repreneurs. Si, pour des raisons de coût et
de storytelling, il est plus facile de réanimer un
nom endormi que de faire surgir une nouvelle
griffe sur le marché, les stratégies de réactivation
divergent. Notamment selon qu’il s’agit de faire
revivre un label d’accessoires ou de prêt-à-porter.
« Quand on reprend une marque, le principal
est de bien comprendre son ADN et ses valeurs,
et de ne pas occulter son histoire, déclare
Jean-Philippe Sionneau, directeur de la
communication du Coq Sportif. En 2005, nous
nous sommes replongés dans les archives de
la marque et dans son histoire, en reprenant
contact avec la famille fondatrice. L’idée étant
de bien cerner ce qui avait fait sa renommée
et sa force. » Relancée en 2005 par MarcHenri Beausire et Robert Louis-Dreyfus,
la marque née en 1882 était la référence de
l’habillement sportif dans les années 80.
Aujourd’hui, elle a retrouvé de belles
couleurs, en lien direct avec son passé :
en 2012, Le Coq Sportif est devenu
l’équipementier du Tour de France et, en
2018, celui de la Fédération française de rugby.
Par ailleurs, elle a multiplié les sponsorings
avec les grands noms du tennis et du rugby,
tout en poursuivant sa diversification. Témoin
de ce retour gagnant, le Brach, nouvel hôtel
signé Starck qui vient d’ouvrir à Paris, dans le
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MODE
en cuir et en toile à l’imprimé en entrelacements
d’osier, Fedor Georges Savchenko a ravivé
l’histoire de la maison.
De son côté, Sébastien Létrange vient de
relancer la marque de maroquinerie familiale,
qui avait cessé toute activité en 2007. « Au départ,
je voulais juste faire un livre sur l’histoire de la
maison. Et puis, en découvrant les archives, petit
à petit je me suis rendu compte qu’il était possible
de faire plus, et l’idée de faire revivre Létrange
est devenue une obsession. En repartant de zéro,
il aura fallu quatre années pour définir une ligne
directrice, rassembler des fonds, une équipe,
créer une collection, recréer un atelier, fabriquer
les produits, ouvrir des points de ventes… », confie
le nouveau propriétaire de la griffe.
AUTHENTICITÉ ET SAVOIR-FAIRE, VALEURS SÛRES
Ci-dessus, la boutique
Létrange, boulevard de la
Villette, à Paris, en 1889.
Après une décennie de
sommeil, la griffe fondée
en 1838 redémarre,
avec des créations
tel ce sac Égo brodé.
Marque phare des
années 80 relancée
en 2005, Le Coq Sportif
habille le personnel
du Brach, le nouvel
hôtel parisien signé
Starck (ci-dessus),
baskets comprises.
et à pérenniser la reprise. « Nous avons été les
premiers à relancer, dans le secteur de la mode,
l’emblématique veste de travail », poursuit-il.
Côté accessoires, on capitalise souvent
davantage sur la revendication
d’un savoir-faire et de traditions
maroquinières oubliés lorsqu’on est
une maison au nom confidentiel
comme Moreau Paris, Léon Flam
ou Létrange, respectivement réveillées
en 2011, 2012 et 2018. Le savoir-faire français,
c’est justement ce qu’est venue chercher
l’Ukrainienne Veronika Rovnoff, en
relançant Moreau Paris (maison née en
1882, spécialisée dans les articles de voyage
de luxe), avec l’aide de son frère, le directeur
artistique Fedor Georges Savchenko (un
ancien de Goyard). À partir d’une malle
LE S E CHOS WE E K- E ND – 65
Descendant de la septième génération,
il a transformé la marque Létrange, née
en 1838 sous la houlette de son ancêtre
Auguste Lespiaut, sellier des écuries du Palais
du Louvre, en griffe de sacs. « L’accessoire
de maroquinerie est sans doute l’un des objets
de désir et de plaisir le plus fort dans le vestiaire
féminin », souligne-t-il. Pour repenser le style
de la maison vieille de 180 ans, Sébastien
Létrange a recruté Mathias Jaquemet
(ex-Dior et Louis Vuitton). « Nous
avons voulu rester fidèles à l’ADN
d’innovation et d’excellence de Létrange
tout en étant totalement contemporain grâce aux
créations de Mathias. Nous dépoussiérons un
savoir-faire historique pour proposer des produits
d’aujourd’hui », précise-t-il. La première boutique
Létrange ouvre en novembre sur 70 m², au
332, rue Saint-Honoré. C’est dire les ambitions du
repreneur, dont les premiers modèles ont été mis
en vente en mars 2018 aux Galeries Lafayette.
Autre descendant à avoir récemment repris
le flambeau familial, Guillaume Gibault,
qui a relancé en 2012 Léon Flam, entreprise
maroquinière de bagages en toile et cuir fondée
en 1924 par son arrière-grand-père. La marque,
qui avait cessé d’exister pendant soixante-dix
ans, équipait autrefois les pilotes de l’Aéropostale
– Saint-Exupéry et Mermoz en tête. Si les sacs
Léon Flam remis au goût du jour font forcément
écho aux pièces d’archives, la maison, à l’origine
spécialisée dans les bagages pour hommes,
élargit désormais son spectre, entre offre
féminine et petite maroquinerie. Certes, par
définition, la mode est une industrie friande de
sang neuf et de changements, soucieuse de plaire
aux prochaines générations. Mais une histoire
ancienne fascine et rassure investisseurs
et millennials attachés dans leur logique d’achat
aux valeurs d’authenticité, de qualité et
de savoir-faire. Une martingale gagnante.
Plus d’infos sur weekend.lesechos.fr
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STYLE
L’INSPIRATION
ESSENTIELLEMENT PRADA
Miuccia Prada revoit ses classiques et réinterprète, subtilement,
les pièces maison qui ont marqué les deux dernières décennies.
C
1
le renouveau de la ligne sport.
Quand certains pointent un
manque de nouveauté, d’autres
saluent la mise à jour de
l’héritage si riche de la maison
milanaise. Car si l’on en croit
les tendances, il est salvateur
de capitaliser sur son ADN
en période trouble. Revenir
à l’essentiel, aux valeurs
marquant le tempo de la
réussite, est une martingale
souvent gagnante.
GRANDS NOMS DU DESIGN
4
5
LA BANDE-SON DU DÉFILÉ
Signée Frédéric Sanchez, elle alterne
dramaturgie du piano et notes plus technos,
mais pures, presque minérales. Un tempo
rapide, saccadé, tantôt nostalgique, tantôt
bionique, écho au décor tendu de cellophane
et semé de box de stockage.
66 – L E S E CHOS WE E K- E ND
DR
Miuccia Prada se pose la question
de l’importance de l’affect, créant
de nouveaux best-sellers à partir
de pièces ovationnées par le passé.
Pour cette analyse, elle s’est bien
entendu entourée des meilleurs.
Quatre pointures de l’architecture
et du design ont été mandatées
pour imaginer des modèles à
partir du fameux nylon signature :
Rem Koolhaas crée un gilet
multipoche aux allures d’armure
bionique (photo 3), les frères
Bouroullec une version 2.0
du porte-documents, Herzog & De
Meuron un sac imprimé et Konstantin
Grcic une ceinture-tablier hybride.
Plus qu’une simple compilation de
hits, c’est une amorce vers la postérité
que tente la directrice artistique.
Et la recette d’un succès annoncé.
Félix Besson
MANUELA PAVESI
omment définir le style Prada,
qui a engendré, au fil des années, un lexique
qui lui est propre et une certaine idée de
la nouvelle mode italienne ? Chaque saison,
sa dynaste, Miuccia Prada, repousse les
frontières de l’esthétisme, s’entichant de détails
ou d’influences parfois loufoques qu’elle rend
bankables et désirables. Alors que le groupe qui
porte son nom renoue avec la croissance – après
un passage difficile dans un paysage du luxe en
transformation –, les collections automne-hiver
2018-2019 sont, chez l’homme comme chez
la femme, une compilation des
2
codes de la maison et des bestsellers qui ont contribué à son
rayonnement autour du globe.
S’émancipant du siège du 36, via
Fogazzaro, à Milan, où les défilés
Prada avaient leurs habitudes,
les shows de l’automne ont investi
le hangar de stockage des œuvres
de la Fondazione Prada. Côté
masculin, le nylon Pocono
– détonateur qui provoqua l’arrivée
de Prada sur le podium des grands
noms du luxe mondial
3
dès 1984 – ravit la vedette
aux traditionnelles
popelines et draps de laine.
Il dévoile ici sa pluralité
en chemisette matelassée,
coupe-vent (photo 2), bobs
et bermudas (photos 3 et 5).
Mais les références aux
archives de la maison ne
s’arrêtent pas à la simple
accumulation de toile
satinée. Les imprimés
mythiques répondent
présents, du motif banane
à l’hawaïen (photo 1), les
mailles seventies tutoient
les cuirs glacés et dégradés
(photo 4), le logo de la Linea
Rossa ponctue quelques
silhouettes de son trait
graphique. Et annonce
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MODE
L’OBJET
LA CHRONIQUE
ILLUSTRATION FABIEN CLAIREFOND
JACQUELYN MARTIN/AP/SIPA
À la veille des mid-terms, Sabine
Delanglade* analyse la diplomatie
de vestiaire de Melania Trump.
SAC D'INFLUENCE
The Kooples s’est démarqué d’emblée avec
des collections masculines et féminines qui
se répondent. Une particularité qui a donné son
nom à la marque – de la prononciation anglaise
du mot « couple » – et a inspiré les campagnes
de publicité, mettant en scène des couples
de célébrités ou d’anonymes. Dix ans après sa
création par les frères Elicha, la griffe possède un
réseau de 400 points de vente à travers le monde
pour un chiffre d’affaires 2017 de 229 millions
d’euros. Son développement s’appuie entre
autres sur l’offre accessoires (18% des ventes
l’an passé) qui tourne actuellement autour d’une
série de sacs cosignés avec des influenceurs de
la génération des Millennials. À l’instar de ce sac
à dos en toile tartan et cuir imaginé avec
le chanteur anglais Zayn Malik – 29,8 millions
d’abonnés Instagram. Un pari sur l’avenir
pour The Kooples, qui vient d’ouvrir un espace
accessoires rue des Rosiers, à Paris, et prévoit
de hisser les ventes à 30% d’ici à deux ans.
COMBIEN ? Sac à dos en toile tartan et cuir,
Zayn by The Kooples, 358 euros.
Texte : Astrid Faguer
Photographe : Sarah Bouchet
LE S E CHOS WE E K- E ND – 67
Face à l’ouragan de force 4, elle a
choisi du talon de 12. À la différence
de son mari, Melania est adepte de la
riposte graduée : « Flexible response »
contre « massive retaliation », le
b-a-ba de la diplomatie costumière.
Cette modération n’a pas suffi à calmer
les foules à talons plats. Celles-ci ont
détesté voir la First Lady débarquer
en stilettos au milieu des décombres
de Harvey (photo). En son temps,
la pourtant béatifiée Michelle Obama
avait déclenché un petit scandale
en portant des sneakers Lanvin à
520 dollars lors d’une réunion pour
une banque alimentaire. Si en plus
il faut avoir mal aux pieds ! Avoir
été mannequin ne suffit donc pas
à savoir s’habiller. Le casque colonial,
au reste très seyant, n’était pas non
plus l’idéal pour se rendre en Afrique.
Pourtant, Melania fait des efforts et de
son vestiaire, un message. Pour visiter
des migrants, la femme la plus visible
de la planète enfila une veste Zara à
39 dollars frappée du slogan : « Je m’en
fiche complètement. Et vous ? ». Il ne
fut pas alors clair pour tout le monde
qu’elle voulait ainsi se démarquer de
la politique migratoire de son époux,
la réponse de FLOTUS à POTUS. Cela
fit l’effet d’une bombe. D’une
bombasse ? De toute façon,
quoiqu’elle fasse, on le lui
reproche. Couvre-t-elle sa tête
d’une mantille au Vatican que
ça grommelle qu’elle était
restée tête découverte en
Arabie Saoudite. On en a
décapité pour moins que ça.
Et de la veste Dolce & Gabbana,
une marque italienne inspirée
par la culture sicilienne, qu’elle
choisit avec délicatesse pour
honorer ses hôtes siciliens, on ne
parlera que du prix, 51000 dollars.
À quoi ça sert tout ça ?
* Éditorialiste aux « Échos ».
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STYLE
ÉTATS-UNIS
(Floride)
Miami
ey
s
Golfe
du Mexique
Key West
es
el d
Archip
K
BAHAMAS
Océan
Atlantique
La Havane
CUBA
100 km
KEY WEST
UNE ÎLE
NOMMÉE DÉSIR
À l’extrême sud de la Floride,
l’esprit bohème de Key West
a toujours attiré les artistes
et les écrivains. Tennessee
Williams et Ernest Hemingway,
ses hôtes illustres, y ont
chacun laissé leur empreinte.
Par Laurence Ogiela
lle est la dernière des Keys, à l’extrémité
sud de ce mince archipel qui égrène sa centaine
d’îles entre le golfe du Mexique et l’océan
Atlantique. Key West a longtemps été un refuge
– des premiers pirates des Caraïbes qui
la peuplèrent jusqu’à la communauté gay qui
en fit l’un de ses repaires dans les années 70,
en passant par les contrebandiers de rhum du
temps de la Prohibition. Mais elle fut également
un havre pour de nombreux artistes et
écrivains, de Tennessee Williams et Ernest
Hemingway en tête à la poétesse Elizabeth
Bishop via James Kirkwood Jr., auteur de la
comédie musicale A Chorus Line. Attirés par
son atmosphère décontractée, par ses rues
parfumées de bougainvilliers et d’hibiscus,
par ses températures clémentes toute l’année,
ils y ont tous trouvé l’inspiration. L’unique route
qui mène de Miami à Key West, la Overseas
Highway 1, avec ses 42 ponts reliant les îles
de l’archipel, est à elle seule un enchantement.
Le long de ses 160 kilomètres, eaux turquoise,
flore tropicale et dauphins sauvages sont
68 – LE S E CHOS WE E K- E ND
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VOYAGES
GLEN RECOURT/REA JIM PARROTT/TIME LIFE PICTURES/GETTYIMAGES
LAURENCE OGIELA SHUTTERSTOCK
Tennessee Williams
(ci-contre) s’installa
à Key West en 1949.
Il écrivait chaque matin
après être allé nager :
« C’est ici que j’écris
le mieux », disait-il.
Un musée, dans une petite
maison jaune (ci-dessous),
réunit de nombreux
souvenirs personnels
du dramaturge.
5 CHOSES QUE L’ON NE SAIT PAS DE KEY WEST
À l’extrême sud
des États-Unis
continentaux,
Key West,
ancien repaire
de pirates,
déroule ses plages
tropicales à moins
de 150 km des
côtes cubaines.
au rendez-vous. Et, au bout du voyage,
au kilomètre zéro, Key West déroule
ses maisons caribéennes colorées en bois
avec leurs toits de tôle qui rappellent Cuba
ou les Bahamas. Une architecture qui inspira,
dit-on, à Tennessee Williams son célèbre titre
« La chatte sur un toit brûlant ».
Le prolifique dramaturge visita Key West
pour la première fois en 1941, avant d’y revenir
à plusieurs reprises et de s’y installer
définitivement avec son amant, Frank Merlo,
en 1949. Sa maison au 1431, Duncan Street
est restée son adresse officielle jusqu’à sa mort,
en 1983 à New York. Demeurée intacte, on ne
peut toutefois pas la visiter. Un fan de l’écrivain,
Dennis Beaver, lui a consacré un musée abrité
dans une petite maison jaune et blanche sur
Truman Avenue. Une silhouette en carton
de Tennessee Williams tout sourire accueille
le visiteur. Entièrement consacré à sa vie et
à son œuvre, le musée rassemble la plus grande
collection permanente de souvenirs de l’auteur.
On y découvre les premières éditions de
01. L’île possède une
petite Maison-Blanche
(Little White House),
construite en 1890,
qui fut la résidence
d’hiver officielle des
présidents américains,
de Harry S. Truman
à Bill Clinton. Dwight
Eisenhower est venu
s’y reposer après
une attaque cardiaque
en 1956, et John F.
Kennedy y est passé
en 1961 et 1962,
en pleine crise de
la Baie des Cochons.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 69
02. Le 23 avril 1982,
Key West et le reste
des Keys ont déclaré
leur indépendance
des États-Unis en
créant la République
des Conques. C’était
leur réponse à un
barrage routier de
la douane américaine
qui bloquait l’unique
route d’accès aux îles.
Chaque année, au
mois d’avril, un festival
déjanté commémore
l’évenement.
03. La compagnie
aérienne américaine
Pan Am (disparue
en 1991) a été créée
à Key West en 1927.
Son premier bureau
est aujourd’hui le
restaurant First Flight.
04. L’artère principale
de Key West, Duval
Street, est surnommée
« la rue la plus longue
du monde » car elle
relie l’océan Atlantique
au golfe du Mexique.
05. À vol d’oiseau, Key
West est plus proche
de La Havane (145 km)
que de Miami (200 km).
Le monument
Southernmost Point,
au coin des rues
Whitehead et South,
symbolise le point
le plus austral
des États-Unis
continentaux.
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STYLE
ses livres, des affiches de films et sa machine
à écrire, sur laquelle il a tapé ses grands
classiques comme La Ménagerie de verre,
Un tramway nommé désir, La Rose tatouée…
Chaque matin, après une baignade à Rest Beach,
il écrivait dans son studio derrière sa maison.
« Je peux écrire n’importe où, mais c’est ici que
j’écris le mieux », disait-il.
LES « JOURS BRÛLANTS » DE FRANÇOISE SAGAN
CHAQUE ANNÉE, EN JUILLET,
UN CONCOURS DE SOSIES
D’HEMINGWAY EST ORGANISÉ
AU « SLOPPY’S JOE ».
La demeure
qu’Hemingway
acheta en 1931
est aujourd’hui
un musée.
Il abrite toujours
les meubles chinés
par l’écrivain
au cours de
ses voyages.
du monstre sacré auprès de Pablo Picasso,
Francis Scott Fitzgerald ou Salvador Dalí. On le
découvre aussi sur son bateau, le Pilar, avec son
ami cubain Gregorio Fuentes qui aurait inspiré
le personnage du Vieil Homme et la mer, roman
pour lequel Hemingway a remporté le Pulitzer
en 1953 et le Nobel de littérature en 1954.
C’est aussi à Key West que l’écrivain délivra
ses plus grandes œuvres, Pour qui sonne le glas,
Les Neiges du Kilimandjaro et En avoir ou pas.
Son studio, dans lequel il s’installait tous les
matins devant sa machine à écrire Royale,
est resté à l’identique. On s’attendrait presque
à le surprendre en train de travailler parmi sa
horde de chats polydactyles. Son ombre plane
aussi dans une rue adjacente qui mène au Blue
Heaven. Ce bar et restaurant en bois usé et à la
décoration de bric et de broc abritait autrefois
un ring de boxe. Hemingway, grand amateur
de ce sport, y arbitrait des matchs quand il ne
se battait pas lui-même. Mais son fantôme hante
sans aucun doute Sloppy Joe’s, un bar à l’autre
bout de la petite île, sur Duval Street. C’est là
qu’il s’adonnait à ses beuveries et qu’il rencontra
70 – LE S E CHOS WE E K- E ND
sa troisième femme, Martha Gellhorn. Chaque
année, au mois de juillet, le bar accueille
le concours de sosies de « Papa » pendant
le festival Hemingway. Des dizaines de clones
plus ou moins jeunes, plus ou moins trapus, et
plus ou moins barbus viennent rendre hommage
à leur idole. On célèbre la naissance de l’auteur
(le 21 juillet), son œuvre et son mode de vie
exubérant avec, outre ce fameux concours,
des lectures de ses romans, une course loufoque
de taureaux et un tournoi de pêche au marlin.
Ernest Hemingway a quitté Key West pour
Cuba en 1939 et n’a donc jamais rencontré
Tennessee Williams dans leur paradis tropical.
Mais, aujourd’hui, la plus australe des Keys
attire toujours de nombreux écrivains en
résidence et organise de nombreux festivals
culturels. Chaque week-end, un tour guidé
littéraire est même organisé. De quoi y revenir
souvent. D’ailleurs, selon une légende locale,
« une fois entré dans vos chaussures, le sable
des Keys vous y ramène forcément ».
Plus d’infos sur weekend.lesechos.fr
NOVASTOCK / REX FEATURE/REX/SIPA
L’exposition dévoile aussi des photographies
personnelles de Tennessee Williams, aux côtés
de célébrités comme Elvis Presley ou John F.
Kennedy, ou d’autres prises chez lui, décontracté
avec son compagnon, sa meilleure amie
l’écrivaine Carson McCullers, ou encore la
volcanique Anna Magnani. L’Italienne était
venue à Key West en 1956 pour tourner La Rose
tatouée avec Burt Lancaster. Car l’auteur n’aimait
rien tant que de recevoir dans sa maison à
l’ambiance bohème. Françoise Sagan a fait partie
de ses illustres visiteurs. La jeune révélation
de l’époque, en tournée promotionnelle à New
York pour la sortie américaine de Bonjour
tristesse, avait accepté en avril 1955 l’invitation
de Tennessee Williams à le rejoindre dans sa
demeure caribéenne. « Nous passâmes ainsi
quinze jours brûlants et tumultueux dans ce Key
West désert à cette saison-là », raconta Sagan.
Un épisode relaté dans le roman Jours brûlants
à Key West, de Brigitte Kernel, récit solaire entre
fiction et réalité où les protagonistes naviguent
de bains de mer en soirées arrosées. Le genre
de soirées qui ont forgé la réputation de l’île bien
avant la visite du « charmant petit monstre ».
Dans les années 1930, le géant de la littérature
américaine Ernest Hemingway avait déjà donné
l’exemple. Revenu d’Europe en 1928 par Cuba,
il se retrouva coincé sur l’île à cause d’une
voiture non livrée à temps. Il en profita pour
s’adonner à sa passion de la pêche et pour
terminer l’écriture de L’Adieu aux armes dans
sa chambre d’hôtel, au deuxième étage du Casa
Antigua. Aujourd’hui, seule une enseigne
délabrée en bois et une plaque avec son visage
témoignent de ce séjour. Pour sentir la présence
du grand Hemingway, il faut visiter sa maison
transformée en musée. Il avait acheté la
propriété du 907, Whitehead Street en 1931
avec sa deuxième femme, Pauline Pfeiffer.
On y trouve encore les meubles chinés au cours
de leurs voyages et de nombreuses photos
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VOYAGES
Ernest Hemingway,
à Key West, en 1928.
Ici, l’auteur du
Vieil Homme et la mer
a beaucoup pêché,
bu, et écrit.
Dans sa maison,
son bureau, avec
sa machine à écrire
Royale (ci-dessous),
est resté à l’identique.
AKG-IMAGES SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA DR
CARNET PRATIQUE
Y ALLER
Air France propose
toute l’année un vol
quotidien direct
Paris-CDG-Miami
(la porte d’entrée
des Keys).
A/R à partir de 396 €
TTC par personne.
www.airfrance.fr
Voyageurs du Monde
propose des séjours
sur mesure, par
exemple un forfait
7 jours-6 nuits
à Key West
avec vols Paris-CDGMiami A/R, hôtel,
location de voiture,
croisière snorkeling
au coucher du soleil,
et conciergerie
francophone.
À partir de 3 000 euros
par personne.
Tél. : 01 84 17 57 96.
www.voyageurs
dumonde.fr
SE LOGER
H2O : à l’écart
de l’agitation
de Duval Street,
ce petit resort pour
adultes uniquement
propose 22 suites,
la moitié dotées
d’un balcon, l’autre
moitié d’une petite
piscine privée.
À partir de 261 €
par nuit.
www.h2osuites.com
Historic Inn Chelsea
Hotel : ses 48 chambres
sont réparties dans
plusieurs maisons
historiques, idéalement
situées près de
Duval Street. Chambre
double avec petitdéjeuner à partir
de 172 € par nuit.
www.historickeywest
inns.com
Casa Marina Key West :
depuis 1920,
ce luxueux resort,
aujourd’hui membre
de la chaîne Waldorf
Astoria, accueille ses
hôtes avec élégance.
Une plage privée, deux
piscines chauffées,
des jardins luxuriants.
À partir de 230 €
par nuit.
www.casamarina
resort.com
SE RESTAURER
First Flight Island
Restaurant & Brewery :
ce bar et restaurant
(illustration ci-dessus),
dans ce qui fut
le premier bureau
de la Pan Am, sert
une cuisine de
gourmets et propose
LE S E CHOS WE E K- E ND – 71
ses propres bières
de microbrasserie.
301, Whitehead Street.
www.firstflightkw.com
El Meson de Pepe :
cette table cubaine
ouverte par le chef
Pepe Diaz et sa famille
en 1984 ne désemplit
pas. Au menu : des
plats typiques de Cuba
comme la ropa vieja
(lamelles de bœuf
marinées aux poivrons
et tomates), des
mojitos et un orchestre
tous les soirs.
410, Wall Street.
www.elmeson
depepe.com
Café Marquesa :
un restaurant
haut de gamme
qui propose
une cuisine américaine
moderne et inventive
à base de viandes
grillées, poissons
et fruits de mer frais.
Pain et desserts
maison.
600, Fleming Street.
www.marquesa.com
SE RENSEIGNER
Office de tourisme
des Keys :
www.fla-keys.fr
Lonely Planet Floride,
éd. Lonely Planet, 24 €.
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STYLE BEAUTÉ
LA QUESTION
ENCORE FATIGUÉS ?
Contre l’un des grands maux du siècle, l’industrie de la beauté a la parade : son offre croissante
en soins regard défatigants. Cernes, poches, ridules, paupières froissées… tout est passé au crible.
Micro-sérum
de Rose Yeux,
Dior Prestige.
les initiatives se multiplient. Des marques telles
que Guerlain, Esthederm ou Origins utilisent
la caféine, ingrédient star particulièrement
énergisant. D’autres comme L’Oréal Men Expert
l’ont associée à la vitamine C, connue pour
ses vertus éclat et antioxydantes. Et puis, il y a
les bonnes vieilles recettes que l’on réinvente,
comme les cuillères placées au réfrigérateur
pour un effet décongestionnant immédiat. Le
principe est similaire avec les embouts en métal
rafraîchissant conçus par Lierac ou Galénic.
Ce dernier a d’ailleurs conçu un socle spécifique
à placer au réfrigérateur… Autre astuce remise
au jour du jour, les rondelles de concombre.
Les disques yeux de la griffe londonienne NPW
s’en inspirent directement. Tous ces produits
ont un point commun : un design nomade
Essential Energy
Eye Definer
de Shiseido.
Advanced Night
Repair Eye,
d’Estée Lauder.
et perfectionné pour offrir à tout moment une
action quasi instantanée. Certaines marques vont
loin dans cette démarche. Lancôme a décliné en
masque et sérum son soin Advanced Génifique
Yeux, Dior a développé un applicateur étonnant
doté de microbilles de céramique pour Dior
Prestige. Parallèlement, une autre catégorie
de soins se développe. Ils ciblent les méfaits de
la « lumière bleue » produite par les écrans, qui
agirait sur la rétine, la production de mélatonine
et sur les cellules épidermiques. Uriage, Shiseido,
SkinCeuticals et Estée Lauder entre autres, sont
sur les rangs. Cette dernière a repensé la formule
de son soin emblématique Advanced Night
Repair Eye pour renforcer son action protectrice.
De quoi ouvrir l’œil, pour un regard frais
et reposé. Johanne Courbatère de Gaudric
LA THÉORIE DE L’ÉVOLUTION
Outil plus technique qu’il n’y paraît, la pince à épiler a une longue histoire qui vous fera sourciller.
L’ORIGINELLE
Elle remonte à la
préhistoire car son
histoire est liée à celle
du poil. Dans la Rome
antique, la pince à
épiler (« volsella » en
latin) était en bronze
(photo). En Égypte,
où la peau glabre était
signe de pureté,
elle pouvait être faite
en coquillages.
LA PROFILÉE
À la fin du xviiie, l’essor
du rasoir réduit
son usage, mais
dans les années 50,
son utilisation pour
le visage s’étend.
Profilage et matériaux
se perfectionnent pour
plus de précision,
certaines comme
la Rubis sont primées
pour leur design.
72 – L E S E CHOS WE E K- E ND
LA LUMINEUSE
Aujourd’hui, certains
fabricants redoublent
d’ingéniosité pour
optimiser son
utilisation : loupe ou
lampe LED intégrées,
miroir de poche et
brosse à sourcils : elle
en devient presque
multi-usage, à la façon
d’un « couteau suisse »
de l’épilation.
CHRISTIAN DECAMPS/MUSÉE DU LOUVRE, DIST. RMN-GRAND PALAIS SHUTTERSTOCK
COSMÉTIQUES « Du café pour se réveiller ? Avec
la vitamine C, c’est très efficace », pourrait déclarer
l’industrie cosmétique. S’il est un domaine
qui use et abuse des énergisants, c’est bien celui
des soins regard. Car la demande en produits
défatigants ne cesse d’augmenter. En cause,
la fatigue générée par le mode de vie, le manque
de sommeil et les écrans – 20% des Français
laissent leur smartphone en marche pendant
la nuit et parmi eux, 50% sont réveillés par
des messages. C’est une véritable aubaine pour
les marques : peu de produits permettent
de cibler aussi largement que les soins regard
antifatigue. Chez Sephora, on a constaté une
progression de la demande chez les traditionnels
30/40 ans, mais aussi chez les plus jeunes
et du côté des deux sexes. Pour y répondre,
Advanced
Génifique Yeux
de Lancôme.
RICHARD PIERCE
Hydra Energetic
Yeux de L’Oréal
Men Expert.
DR
Ginzing
Refreshing Eye
Cream d’Origins.
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STYLE HIGH-TECH
TRILOGIE 2.0
InCarnatis publie ces jours-ci le deuxième
tome d’un roman hors norme,
qui propose, grâce aux nouvelles technologies,
une lecture plus immersive.
Par Raphaël Sachetat
RICHARD SORBA
’
L
homme a les yeux qui pétillent.
Même après avoir expliqué et réexpliqué
mille fois aux visiteurs ce concept hybride,
sur un coin de table du salon Geek’s Live,
organisé il y a quelques jours à Paris.
L’homme, c’est Marc Frachet, un auteur
et musicien un peu fou. Le concept,
c’est celui de la « lecture augmentée »
– une nouvelle manière de consommer
un roman, avec des « bonus » multimédias.
À la fin de certains chapitres,
des codes QR – ces petits carrés à scanner
avec un smartphone ou une tablette –
apportent un complément d’information
sous diverses formes. Ici une musique
(compositions originales de Jean-Marie
Philibert et Marc Frachet), là une scène
audio jouée par des comédiens,
ou encore des artéfacts qui apparaissent
sur les écrans de votre appareil,
via l’application dédiée. L’ensemble rend
la lecture à la fois plus vivante et interactive
sans pour autant casser les personnages
créés dans l’imaginaire du lecteur
– elle donnera au contraire plus d’éléments
pour se faire sa propre histoire.
L’expérience est captivante, non seulement
grâce à ces « plus » technologiques,
mais aussi grâce à l’histoire même.
Il s’agit ici d’une trilogie, La Vénus d’Emerae,
qui propulse le lecteur au cœur
du xxiVe siècle dans un monde de magie
où s’affrontent gentils et méchants,
avec des personnages hauts en couleur
dans tous les sens du terme. Le premier
tome Le Retour d’Ethelior est déjà sorti,
alors que le deuxième opus, La Prophétie
est en vente ces jours-ci. Un troisième
ouvrage est prévu fin 2019. Une belle
idée en plus d’une belle réalisation
avec des dessins magnifiques d’Étienne
Leroux et Michaël Fabre qui auront
pour autre avantage de redonner sans
doute le goût de lire aux jeunes férus
de science-fiction – et/ou de nouvelles
technologies.
LE PROJET D’UNE VIE
Cela fait vingt-cinq ans que Marc Frachet
réfléchit à ce concept. Féru de jeux
de rôles dès son adolescence,
il crée à 17 ans ses premiers supports
multimédias pour raconter
des histoires, tout en composant
ses premières musiques.
UN CASTING DE STARS
Les bonus audio du deuxième tome
offrent un casting acoustique de rêve :
on y retrouve les voix françaises
de Samuel L. Jackson, Eva Longoria
ou Morgan Freeman.
COMBIEN ? 19,90€.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 73
TOUT PUBLIC
L’avantage de la science-fiction,
c’est qu’elle touche des passionnés
de tous âges – de 9 à 93 ans selon
l’éditeur. L’application est facile
à appréhender et les seniors néophytes
n’auront aucun mal à profiter
des à-côtés multimédias.
LE CASQUE VIRTUEL POUR BIENTÔT
Forcément, la réalité virtuelle
et le monde des casques VR sont
à portée d’histoire et les prochaines
évolutions de l’application verront
sans doute arriver cette forme
d’immersion supplémentaire.
ET AUSSI
L’actualité littéraire hors norme
s’enrichit avec la sortie récente
du premier livre entièrement traduit
de l’anglais par une intelligence
artificielle : L’Apprentissage profond,
de Ian Goodfellow, Yoshua Bengio
et Aaron Courville, 800 pages traduites
en douze heures.
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STYLE
LES PETITS PLATS
DANS LES GRANDS
Correct, sans plus
Bonne adresse de quartier
Très belle table
Cuisine, décor : tout y est
PAR LAURENT GUEZ
BAIETA, LA BOUILLABAISSE
EN HAUSSE
Attention : table d’exception
Illustrations : Amélie Falière
Si vous aimez les produits
de la mer, la grande cuisine et les endroits
simples, cette adresse est faite pour vous.
Baieta (« bisou » en patois niçois) est l’un
des bijoux du moment. Sa propriétaire,
Julia Sedefdjian, s’est illustrée aux Fables
de La Fontaine, dans le VIIe arrondissement
de Paris, où elle fut à 21 ans la plus jeune cheffe
étoilée de France. Deux ans plus, en mars
dernier, elle décidait d’écrire sa propre fable
en ouvrant un restaurant bien à elle,
rue de Pontoise dans le Ve. Nous y sommes
allés en octobre à l’heure du déjeuner,
en réservant une heure avant, ce qui aurait
été impossible pour le dîner. En salle,
son associé Grégory Anelka, lui aussi ancien
des Fables de La Fontaine, assure un service
attentionné et décontracté. L’ambiance
et la déco reposantes nous ont fait oublier
les efforts que requiert en coulisses l’excellence
gastronomique. La carte tient sur une demipage, et la sélection de flacons est elle aussi
courte et alléchante. En entrée, nous avions
le choix entre un tartare de daurade au citron
vert servi avec un lait de coco au homard,
une belle composition autour d’un poulpe
confit, une poitrine de cochon caramélisée
et un formidable jaune d’œuf croustillant
au haddock cru et cuit. Ce dernier, graphique
et explosif, nous a comblés. Ensuite, nous
avons failli commander l’aïoli de lieu jaune
de ligne, avec ses petits légumes et ses moules
croustillantes, mais comme une réunion
de travail était prévue après, nous avons changé
d’avis… Sans regret, puisque nous avons testé
le plat fétiche de Julia, la « bouillabaieta ».
Là encore, l’exécution se révèle bluffante. La
lotte, le saint-pierre, la rascasse et les encornets,
cuits au degré près, sont arrosés d’une soupe
de poisson pointue, et accompagnés
d’une tranche de pain grillée et d’une rouille
veloutée. Une bouillabaisse en hausse !
Baieta : 5, rue de Pontoise, 75005 Paris. Tél. :
01 42 02 59 19. Menu déjeuner (deux plats) à 29 €,
et menu Baieta (sept plats) à 85 €. À la carte,
comptez 60 à 80 € par personne, vin compris.
LA RÉDACTION DES « ÉCHOS » A TESTÉ
À PARIS, YAAI THAÏ, DANS LES RUES DE BANGKOK
À NARBONNE, GAIA, ÉCOLO SYMPA
Envie de manger un morceau après avoir flâné
sur les Grands Boulevards ? Pour une fois,
zappez les brasseries et les fastfoods et entrez
chez Yaai Thaï, à deux pas du Grand Rex.
Dépaysement total dans cette « cantine »
très couleur locale, où presque tout a été chiné
en Thaïlande par le patron Matthieu Soliveres
(Mamie Burger). La chef Jay Wampen
et sa brigade thaï alimentent en cuisine ouverte
une carte foisonnante très street food : nems
aux légumes, gyoza, soupe au lait de coco, pad
thaï (poulet), bœuf à la citronnelle, salade
de papaye, curry rouge ou vert, riz gluant
à la mangue, bo bun, pinto à composer…
Un bon rapport qualité/prix. Une deuxième
adresse doit ouvrir bientôt à DenfertRochereau. Claude Vincent
Cuisine ouverte, déco sobre, accueil convivial,
produits de saison et approche responsable,
menu végane : à deux pas de la Cathédrale
Saint-Just-et-Saint-Pasteur, Gaia (Bib gourmand
2018) est une sympathique alternative
« bobonomique » à l’offre plus touristique
du proche quartier de la promenade
des Barques. Même si les belles intentions
ne sont pas toujours toutes abouties, l’infusion
de crustacés servie comme un thé et ses crevettes
grises, coriandre/menthe/citron ou la tranche
de quasi de veau basse température, courgette
d’Estarac et sauce fèves de tonka, valent
bien qu’on soutienne les maîtres restaurateurs
du lieu. Originale sélection de vins opérée
à l’aveugle par 120 dégustateurs. C. V.
Combien : salades, soupes ou plats de 7 à 19 €.
C’est où : 35, boulevard de Bonne-Nouvelle,
menu végane à 24 €.
C’est où : 8, avenue des Pyrénées, 11100 Narbonne.
Tél. : 04 68 48 36 86.
Combien : menu entrée-plat-dessert à 32 €,
75002 Paris. Tél. : 09 82 46 06 40.
74 – L E S E CHOS WE E K- E ND
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GASTRONOMIE
LA CHRONIQUE VIN DE JEAN-FRANCIS PÉCRESSE
CARTIER LIBRE À LAGRÉZETTE
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
Trente ans d’amitié cette année.
Ou, pour être plus exact,
de collaboration. Aujourd’hui
solide, l’intimité, entre eux,
naquit avec le temps. Deux lions
rugissants, l’un et l’autre ne s’apprivoisent pas
au premier regard. En 1998, vingt ans après avoir
acquis Lagrézette, château médiéval dominant
le Lot depuis Caillac, Alain-Dominique Perrin se
met en quête d’un œnologue capable de faire un
honnête vin avec les vignes entourant sa nouvelle
demeure. Alors PDG de Cartier, l’homme
d’affaires ne sait trop qu’en faire. Et parvient
à grand-peine à retenir le jeune praticien qui
se présente à lui, un certain… Michel Rolland.
Non seulement la vigne est en piètre état mais
le chai quasi inexistant. Les deux en rigolent
encore: « Il n’y avait que deux cuves, l’une de 500
hectolitres, l’autre de 50 ; avec çà, les assemblages
étaient vite faits ! » Perrin promet un chai tout
neuf pour dans trois ans. Et Rolland se laisse
séduire par le tempérament plutôt que par le
terroir. C’est que, il y a trente ans, Cahors n’était
pas une sinécure pour vigneron. Plutôt un
purgatoire. Aussi faut-il mesurer la dose de
volonté et de talent de ces deux-là, qui ont fait de
Lagrézette un paradis du malbec. L’un des coins
de la planète où ce merveilleux mais capricieux
cépage donne le meilleur de lui-même. On peut
bien sûr s’attrister que le malbec, puissant et
fruité lorsqu’il est mûr, ait peu à peu émigré de
Bordeaux mais à cela il y a une bonne raison, que
résume Michel Rolland, « L’Atlantique ne l’aime
pas. » En revanche, il s’épanouit sous les climats
mi-continentaux mi-méridionaux, et jamais
au-dessus du 45e parallèle. À Lagrézette, Michel
Rolland, l’homme qui fit entrer le vin de
bordeaux dans la modernité, n’a pas toujours été
à la fête. Il y eut plus de millésimes difficiles que
de faciles. Mais il y a, depuis toujours, quartier
libre. La liberté de créer de luxueuses cuvées
parcellaires : le Pigeonnier, Paragon… Ou le vin
du patron, dont lui seul détient le secret : Mon
vin, une micro-cuvée hors commerce, hormis de
rares exemplaires réservés à Alain Ducasse. Mais
c’est encore avec le vin principal du domaine,
le Château Lagrézette, que les deux compères
donnent le meilleur d’eux-mêmes. Dans
le millésime 2015, ce 85% malbec atteint son plus
haut niveau, avec un équilibre remarquable,
une grande expression de fruit et un toucher
qui atteste d’une subtile intégration du bois.
Château Lagrézette 2015, cahors. 35 € la bouteille.
www.chateau-lagrezette.com
LE REPAIRE
THE BARCELONA EDITION, SCHRAGER CATALAN
LE GRAIN DE SEL DE
MATHIEU VIANNAY
« La tête commande les mains et non l’inverse ! »
Celle de Mathieu Viannay semble bien faite,
le reste a donc suivi. En témoigne son parcours.
Pas de CV à rallonge, mais des stages chez Henri
Faugeron et Jean-Pierre Vigato, deux expériences
en restauration de gare et, dès 1998, une table
à Lyon, puis une seconde (1 étoile), un titre
de MOF et, en 2008, la reprise de La Mère Brazier
(2 étoiles). En fil rouge, une cuisine d’aujourd’hui
ancrée dans les classiques d’hier. Il s’apprête
à dédoubler son épicerie-comptoir de Vaise
et à ouvrir une brasserie chic à Dubaï. « De quoi
progresser : avec tous ces projets, j’ai moins
de temps, il faut donc réfléchir plus vite… »
La Mère Brazier : 12, rue Royale, 69001 Lyon.
Tél. : 04 78 23 17 20.
Un produit : « Les baies d’automne, afin d’acidifier
une sauce, un jus… »
Une association : « La Saint-Jacques poêlée et la
mangue en voile, avec une duxelles de champignon,
des noix fraîches et une nage au vin jaune. »
Un geste : « Le ciselage de la ciboulette,
pour apprécier le savoir-faire d’un chef. »
Jérôme Berger
Ian Schrager pose ses valises à Barcelone
et la ville se met à danser. La fièvre des nuits
du Studio 54 new-yorkais l’anime toujours : dès
le soir de l’ouverture de The Barcelona Edition
(septième propriété de la marque détenue par
le groupe Marriott), trois DJ régnaient en
maître. Sur le toit-terrasse, dans la Punch Room
et dans la salle de spectacle au sous-sol baptisée
« Cabaret », on retrouvait, aux manettes, la
Canadienne Vivie-Ann Bakos habituée de sets
avec David Guetta ou Bob Sinclair, le mannequin
néo-zélandais Pascal Moscheni et le légendaire
Danny Krivit, fidèle acolyte des soirées
du Studio 54. L’atout d’Ian Schrager est là :
transformer un ancien immeuble de bureaux
en un repaire pour locaux et touristes éclairés.
Modernisé par le studio d’architectes Carlos
Ferrater, l’immeuble de dix étages jouit, depuis
son toit-terrasse, d’une vue à 360 degrés sur
le quartier d’El Born et surplombe le toit coloré
du marché Santa Caterina : chaises longues,
solarium, bougainvilliers, petite piscine
et cuisine latino-américaine, rien n’est laissé
au hasard pour que le rooftop rappelle la vie
à la plage. Côté entrée, la double hauteur sous
plafond donne une dimension théâtrale au
lobby : un lustre bleu saphir d’Éric Schmitt,
des pièces de mobilier signées des maîtres
catalans Dalí et Gaudí confèrent à l’espace
un caractère résidentiel. Dans le prolongement,
le bar-restaurant Bar Veraz, affiche une galerie
de portraits en noir et blanc signée par quatre
LE S E CHOS WE E K- E ND – 75
artistes catalans – la culture locale brille sous
les traits d’arlequins, muses et acteurs. Au
sous-sol, Cabaret réveille les codes de la nuit de
manière décadente : au terme d’une expérience
gastronomique emmenée par le jeune prodige
Sebastian Mazzola, les rideaux de velours rouge
révèlent une scène de spectacle. Barcelone
dévoile son appétit pour la nuit, ses artistes,
ses cocktails et ses performances sensuelles…
jusqu’aux petites heures du matin. Clara Le Fort
Le bon goût : au «Bar Veraz», pan con tomate
et patatas bravas revisités. On y commande
aussi du poulpe des Canaries, des falafels épicés
et labneh ou une authentique pizza romaine.
La bonne chambre : les chambres Deluxe Santa
Caterina donnent sur le toit ondulé, recouvert
de mosaïques colorées, des halles Santa Caterina.
À partir de 550 €/nuit.
Combien : à partir de 360 € la nuit.
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STYLE AUTO
LE MODÈLE À SUIVRE
Certains peinent encore
à y croire. Pourtant, malgré
des ratés à l’allumage, la Tesla
Model 3 s’impose jour après
jour comme la voiture la plus
attendue de ce siècle.
Par Cédric Fréour
NOTRE PRÉFÉRÉE
TESLA MODEL 3 75 KW
LONG RANGE BATTERIE
Puissance : 351 ch.
De 0 à 100 km/h : 4,5 s.
Longueur : 4,70 m.
Rejets de CO2 : 0 (6 000 € de bonus).
Consommation : 0 (+/– 500 km
d'autonomie).
Prix : environ 55 000 €. Lancement
commercial en juillet 2019.
GRISANTE
Sous son capot, le plein de kilowatts !
En tout cas, de quoi, selon les versions
(trois au catalogue), parcourir entre
350 et 500 kilomètres entre chaque
recharge et atteindre 100 km/h plus
rapidement qu’une Golf GTI ;
la version Performance promet même
un chrono de Supercar… Le tout avec
une silhouette plutôt discrète
qui ne manque ni de modernité
ni d’espace à bord. La familiale idéale.
ÉLECTRISANTE
Un bel écran d’iPad, comme
en lévitation au centre de l’habitacle
et c’est tout. Mais c’est déjà beaucoup
pour un véhicule qui fait du
dépouillement son talent. Sans doute
un peu déroutant pour les amoureux
des cadrans, mais comme quelques
secondes suffisent à apprivoiser
l’engin, on s’y fait rapidement ; et puis
c’est plutôt convenablement fini,
contrairement à ce qui est dit.
35 000 dollars ! Un prix d’appel qui fait
tellement mouche qu’aux États-Unis
la Model 3 est devenue la berline
premium la plus vendue de sa catégorie
cet été tout en s’offrant au passage (avec
100 000 modèles produits) le titre de
voiture électrique d’ores et déjà la plus
diffusée de l’année. Un début, puisque
les premières Model 3 européennes
sont attendues l’été prochain…
76 – LE S E CHOS WE E K- E ND
DR
BIENVEILLANTE
JAMES LIPMAN
HYPNOTISANTE
Jusqu’à 30 minutes de queue
au Mondial de l’Auto pour l’apercevoir…
De mémoire, il semble que seule
la Citroën DS originelle ait déclenché
autant de passion. Alors, que
lui trouve-t-on à cette Tesla ? Ce qui
manque à presque toutes les autres :
des batteries efficaces, une taille
humaine, un prix enfin intéressant, un
habitacle révolutionnaire, une conduite
extraordinaire (prémices de la voiture
autonome)… Cinq ans d’avance.
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ET MOI…
02 NOVEMBRE 2018
PREMIER CONTACT
À L’ÉTRANGER :
COMMENT SE COMPORTER ?
Par Jessica Berthereau
Illustrations : Babeth Lafon
LE S E CHOS WE E K- E ND – 77
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ET MOI…
Poignée de main, bise, hug, namaste,
salam aleikoum, abraçao, courbette, hochement
de tête, main sur le cœur, carte de visite…
La façon de se présenter à l’autre
est très culturelle. Autant le savoir
pour ne pas commettre d’impairs.
78 – LE S E CHOS WE E K- E ND
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COMMENT PRENDRE CONTACT À L’ÉTRANGER ?
QUAND ON PART AU JAPON,
MÊME EN VACANCES, AVOIR
DES CARTES DE VISITE
SUR SOI À OFFRIR À SON
INTERLOCUTEUR SERA
EXTRÊMEMENT APPRÉCIÉ.
« Un grand moment de solitude. » C’est ainsi que
Delphine, à l’époque chargée de projet pour
Médecins sans frontières, décrit son premier
contact avec le chirurgien d’un hôpital où opère
cette ONG en Inde. « Extrêmement motivée,
je me suis présentée, très fière de mes quelques
mots d’hindi, tout en lui tendant une main
bien énergique, se souvient-elle. Il n’a réagi
qu’avec un léger “Namaste”, me laissant là
en suspens… alors que son bureau était bondé ! »
En Suisse, pays d’où est originaire Delphine,
la poignée de main est la manière la plus
courante de se saluer. Mais en Inde, il convient
de joindre les deux mains sous le menton
et d’incliner la tête tout en disant Namaste, qui
signifie Bonjour. Pas question de serrer la main
de son interlocuteur, sauf si celui-ci en prend
l’initiative. « Mon histoire finit bien, révèle
d’ailleurs Delphine dans un sourire. À l’occasion
de mon départ neuf mois plus tard, ce chirurgien
me serra la main ! »
Qui n’a pas déjà vécu pareil choc culturel ?
Même dans son pays, où l’on agit de façon
mécanique selon ses propres us et coutumes,
ce genre de mésaventure peut survenir. « Quand
j’ai débuté, j’ai rencontré un agent japonais venu
en France. J’ai tendu la main par habitude
et en réponse la personne s’est inclinée…
J’ai immédiatement compris mon erreur »,
raconte Samy Bailly, qui travaille dans
le tourisme depuis une quinzaine d’années
et s’occupe actuellement des marchés
francophones pour la plate-forme Evaneos.
Au Japon non plus on ne se serre pas la main
et on se fait encore moins la bise ! Pour saluer,
s’incliner est de rigueur, sachant que le degré
d’inclinaison a une signification : plus
la personne a une position élevée par rapport
à soi, plus il faudra se pencher. « Une chose très
simple qui fait la différence quand vous allez au
Japon, c’est l’échange de carte de visite, y compris
dans des contextes personnels », poursuit Samy
Bailly, qui s’est depuis rendu plusieurs fois dans
l’archipel nippon.
Un véritable protocole est à respecter :
la carte de visite, ou meishi, se donne et se reçoit
à deux mains, pincée entre le pouce et l’index
de chaque côté, avec une légère inclinaison
de la tête. « On ne la plie pas, on n’écrit rien
dessus et on ne la laisse pas négligemment
sur une table. Elle fait partie intégrante
de la personnalité de celui qui l’offre », nous
apprend le guide du Routard. « Je conseille
à ceux qui partent pour des raisons personnelles
d’avoir des cartes de visite sur eux car
ils rencontreront des Japonais qui leur en
donneront et offrir la sienne en retour sera
extrêmement apprécié », complète Samy Bailly.
LA NOTION D’INTELLIGENCE CULTURELLE
Quand on se rend à l’étranger, a fortiori dans
un pays où la culture est si différente de la nôtre
comme le Japon, il est particulièrement utile
de se renseigner en amont sur les codes
culturels. « Notre vision, c’est que lorsqu’on part
en voyage, l’étranger c’est nous, rappelle Gavin’s
Clemente Ruiz, directeur du développement
du Routard. Il faut absolument respecter
les coutumes et traditions des endroits que
l’on visite et essayer de faire le moins d’impairs
possible. » Voilà pourquoi le fameux guide
accorde toujours à ce sujet au moins quelques
paragraphes – quatre pages dans le cas du
Japon ! – généralement regroupés sous l’intitulé
« Savoir-vivre et coutumes », à la fin du livre.
De nombreux voyageurs, qu’ils partent pour
leurs loisirs ou les affaires, font d’ailleurs l’effort
de s’informer. Ainsi, selon un sondage mené par
LE S E CHOS WE E K- E ND – 79
le réseau mondial d’agences de voyages
d’affaires FCM Travel Solutions, 55%
d’entre eux se renseignent toujours sur
les coutumes en affaires et la philosophie
du pays avant leur départ, 23% le font parfois.
Seuls 11% ne le font jamais. Sur le site d’Evaneos,
les pages dispensant des conseils de
savoir-vivre et de politesse comptent
parmi les plus consultées.
La connaissance des différences culturelles
est l’une des composantes clés de « l’intelligence
culturelle », ou « quotient culturel » – théorisé
au début des années 2000 par des chercheurs
américains. Il désigne la capacité d’une
personne à s’adapter et à communiquer
avec des personnes de cultures différentes.
Pour les spécialistes du sujet, cette intelligence
se divise en quatre composantes : le degré
d’intérêt envers d’autres cultures, le niveau
de compréhension des différences culturelles,
la faculté à interpréter les signaux culturels
et la capacité à se conduire de façon appropriée
dans un autre contexte culturel.
Bonne nouvelle : « L’intelligence culturelle
n’est pas une disposition innée. C’est un ensemble
d’aptitudes que la plupart des gens peuvent
apprendre et développer », assure David
Livermore, l’un des auteurs américains les plus
prolifiques sur ce concept, dans son livre
Expand Your Borders (CQ Insight Series, 2013,
non traduit). L’une des principales conclusions
de ses nombreuses années passées à étudier
ce sujet est que ceux chez qui l’intelligence
culturelle est particulièrement développée
ont une bonne compréhension au niveau macro
des diverses cultures.
David Livermore s’est donc attaché à les
réunir en dix grands groupes d’après un certain
nombre de caractéristiques partagées.
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ET MOI…
un symbole religieux
sans permission.
QUELQUES GESTES
À ÉVITER PRESQUE
PARTOUT
Ne pas utiliser
sa main gauche
pour donner quelque
chose à quelqu’un.
Dans son livre
The Cultural
Intelligence Difference
(Amacom, 2011,
non traduit),
David Livermore
liste plusieurs choses
à éviter presque
partout, car
offensantes dans de
nombreuses cultures :
Ne pas toucher
quelqu’un sur la tête.
Ne pas prendre
l’initiative d’un contact
physique avec le sexe
opposé.
Ne pas toucher
ou photographier
Éviter de faire
des blagues, elles
Ne pas toucher
ses pieds ou les poser
sur un meuble bas.
Il ne s’agit pas d’un regroupement exact ou
exhaustif des milliers de cultures présentes
dans le monde mais d’un point de départ utile
pour ceux amenés à évoluer dans des contextes
multiculturels, prévient-il. Ainsi, l’une
des principales caractéristiques de l’Asie
confucéenne (Chine, Japon, Corée du Sud…)
est l’importance du Li – notion qui signifie
étiquette, coutumes, cérémonie, courtoisie
ou encore civilité – et la recherche constante
de l’harmonie par le respect du Li dans tous les
aspects de la vie, en famille comme en société.
C’est pourquoi la confrontation directe est si
mal vue dans ces pays-là. « En Chine, il ne faut
pas perdre la face. Il ne faut jamais hausser le ton
ou s’emporter, même si quelque chose vous énerve
au plus haut point », prévient Gavin’s Clemente
Ruiz. D’ailleurs, les Chinois éviteront bien
souvent de vous dire « non », une réponse
qui leur semble trop brutale. Il convient
donc de garder son calme et son sourire
en toutes circonstances, d’autant plus lors
d’une première rencontre, mais aussi d’observer
attentivement la communication non-verbale,
qui peut en dire long sur ce que veut
transmettre votre interlocuteur.
La peur de perdre la face est partagée par
bien d’autres pays d’Asie, où l’on préférera
vous donner une information erronée plutôt que
de vous dire que l’on ne connaît pas la réponse.
« Je me suis plusieurs fois retrouvé perdu
en Thaïlande parce qu’on m’avait indiqué une
mauvaise direction lorsque j’avais demandé mon
se traduisent
généralement
assez mal
d’une culture
à une autre.
Ne pas demander
le salaire de
votre interlocuteur.
Ne pas partir
du principe
que votre interlocuteur
partage vos opinions
sur la politique,
la religion,
la sexualité, etc.
SI VOUS ÊTES
INVITÉ…
À un repas
En Inde, au Maroc
ou encore en Tunisie,
oubliez vos manières
d’Européens et évitez
de proposer votre
aide, c’est offensant
pour la famille qui
vous accueille.
Au Japon,
il convient de se
déchausser avant
d’entrer chez son hôte
chemin », s’amuse le directeur du développement
du Routard. Autre caractéristique commune
à beaucoup de pays asiatiques : la pudeur,
qui implique que les présentations se font
généralement sans contact physique. Il importe
donc de ne pas toucher la tête des enfants,
considérée comme le siège de l’âme.
BELGES ET FRANÇAIS ADEPTES DE LA BISE
« En Asie, les contacts physiques peuvent être
très mal interprétés. C’est un peu le grand écart
avec l’Amérique latine à ce niveau-là, souligne
Samy Bailly. En Argentine par exemple,
les attitudes sont très chaleureuses. Il n’est pas
rare que quelqu’un vous prenne dans ses bras
lorsque vous le rencontrez pour la première fois.
La première difficulté pour un Français est
d’accepter cette attitude et la deuxième est de
EN ARGENTINE, IL N’EST PAS
RARE QUE QUELQU’UN
VOUS PRENNE DANS
SES BRAS LORSQUE VOUS
LE RENCONTREZ
POUR LA PREMIÈRE FOIS.
80 – L E S E CHOS WE E K- E ND
ou dans un ryokan
(auberge traditionnelle
japonaise) et de ne pas
pénétrer dans
une pièce à tatamis
avec ses chaussons :
on les laisse à l’entrée,
devant la cloison
coulissante et rangés
avec la pointe
vers l’extérieur.
En Thaïlande,
il faut aussi retirer
ses chaussures
chez la plupart
des particuliers et
même dans certaines
guest-houses et lieux
ouverts à la visite (dans
les temples et parfois
dans les musées).
Au Brésil,
sachez que manger
avec les mains est
très mal vu, y compris
pour un sandwich
ou une pizza.
À un repas au Japon,
veillez à ne pas planter
vos baguettes dans
le riz. Il faut aussi
éviter de transmettre
de la nourriture
baguettes à baguettes.
À manger en Inde,
au Sri Lanka ou encore
au Népal, il ne faut
pas utiliser sa main
gauche si le contact
avec la nourriture
est direct.
réussir à l’adopter, pour mieux interagir avec
les gens que l’on rencontre. » En Argentine,
comme au Brésil ou en Colombie, c’est donc
une chaleureuse accolade (abrazo en espagnol,
abraço en portugais) qui est de mise.
Valérie, qui a grandi des deux côtés de
la Manche et est mariée avec un Colombien,
se mélange souvent les pinceaux. « Ayant ce côté
anglais, je tends parfois la main à des gens
que je ne connais pas en Colombie et en général,
ils me regardent très bizarrement… À l’inverse,
quand on est aux États-Unis ou en Angleterre,
je dois souvent rappeler à mon mari de faire
attention à ses gestes, lui qui a l’habitude
de mettre la main sur l’épaule des gens, de les
taper dans le dos et de les prendre dans ses bras. »
Dans les pays anglo-saxons, la notion de
personal space – que l’on peut traduire par
espace personnel et même espace vital –
est en effet très importante. « Laissez
suffisamment d’espace personnel, en particulier
lorsque vous rencontrez quelqu’un pour
la première fois. Les contacts physiques
entre hommes anglo-saxons sont limités
et, même si s’embrasser sur la joue entre hommes
et femmes se fait parfois dans des endroits
tels que la côte est des États-Unis, ce n’est pas
la norme dans les cultures anglophones »,
souligne David Livermore.
Imaginez la stupeur et le malaise de cet
Anglais, fraîchement débarqué en Belgique,
à qui les hommes se sont mis à faire la bise
lors d’une soirée amicale. Des années plus tard,
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
COMMENT PRENDRE CONTACT À L’ÉTRANGER ?
il se souvient encore du choc… Même si la bise
est parfois utilisée dans les classes les plus
supérieures de la société anglaise, c’est plutôt
le hug qui est de rigueur entre amis ou en
famille. Tout comme aux États-Unis, d’ailleurs.
Mais attention, le hug n’est pas un câlin.
C’est une sorte d’accolade qui nécessite « toute
une technique que je ne maîtrise pas encore
parfaitement, avoue, légèrement dépitée,
Élodie, une Française qui vit à Washington.
Il ne faut surtout pas se prendre complètement
dans les bras. Selon mes collègues américains,
il faut d’abord avancer son épaule, qui vient
légèrement toucher celle de l’autre, tout en lui
tapotant le dos. Par contre, au travail ou dans
les soirées professionnelles, il faut tendre la main
le plus loin possible. Il y a une sorte de fossé. »
Personnal space oblige, un hochement
de tête peut suffire. « Quand je me rends
aux États-Unis pour affaires, je serre parfois
des mains mais le plus souvent on se met
rapidement autour de la table, on se salue
de la tête et on se présente, relate Stéphane
Donders, directeur général de Traveldoo.
Je serre plus régulièrement la main d’Allemands
que d’Américains. La poignée de main reste
quand même très européenne », observe-t-il.
LES LONGUES SALUTATIONS TRADITIONNELLES
UN HUG C’EST TECHNIQUE !
IL FAUT AVANCER
SON ÉPAULE, QUI VIENT
LÉGÈREMENT TOUCHER
CELLE DE L’AUTRE, TOUT
EN LUI TAPOTANT LE DOS.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 81
Ainsi, dans le monde arabe, l’usage est plutôt
de porter la main droite sur le cœur. Et si vous
serrez la main, veillez à ne pas utiliser la gauche,
qui est considérée comme impure car réservée
à la toilette. Les formules de politesse sont
souvent longues. « Le salut est très important
en Jordanie, souligne le Routard. Les traditionnels
“salamalecs” (“Salam aleikoum”– que la paix
soit sur toi –, “Aleikoum salam” – qu’elle soit
sur toi aussi, etc.) ont tendance à disparaître
au profit du bref salut occidental : raison de plus
pour ne pas hésiter à les utiliser, vous y gagnerez
en considération ! » Parler quelques mots d’arabe
sera aussi très bien vu.
Quel que soit l’endroit visité, connaître
les rudiments de la langue locale
est toujours d’une grande aide lors d’un
premier contact. Même si l’anglais est
sans cesse plus répandu, cela marquera
un signe d’intérêt envers le pays d’accueil
et sa culture. Dans le monde des affaires,
la généralisation de l’anglais a été le vecteur
d’une certaine uniformisation des pratiques,
surtout en Europe et aux États-Unis, note
Stéphane Donders. Mais pour le reste,
« la plupart des pays restent attachés à leurs
traditions », rappelle Samy Bailly. Et d’après lui,
« ce n’est pas le flux de voyageurs qui augmente
qui changera la donne ». Surtout si ceux-ci
prennent la peine de s’adapter.
Plus d’infos sur www.lesechos.fr/we
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ET MOI…
MISE DE DÉPART :
Presque rien
Très faible
Significative
Importante
Très élevée
DÉLICES D'INITIÉS
Six idées pour rêver, faire fructifier son argent. Ou dépenser futé.
Par Jean-Denis Errard
PROFIL DE RISQUE :
Nul
Très faible
Faible
Significatif
Important
Très élevé
01
BEIGBEDER, PRIX D’EXCELLENCE
Si l’homme est très connu, sa société de
capital-investissement l’est beaucoup moins !
Charles Beigbeder, président d’Audacia, fondée
en 2007, fait se rencontrer à travers ses fonds
d’investissement « entrepreneurs de PME
en quête de financement et investisseurs soucieux
de placer utilement leur argent ». Audacia
a investi 750 millions d’euros dans plus
de 300 entreprises avec plus de 15 000
investisseurs. « Nous avons eu la fierté, soulignet-il, de voir cinq de nos participations classées
parmi les 25 champions de la croissance 2018
présentés par « Les Échos » ! » Son bilan :
un retour sur investissement total de 2,1 fois
la mise (avantage fiscal inclus). Il lance
un nouveau fonds, sur sept ans, appelé « IR PME
Croissance I » permettant une réduction
de 25% avec un plafond d’investissement
de 50 000 euros (le double pour un couple).
Charles Beigbeder se veut « à contre-courant des
phénomènes de mode ». Il cible des entreprises
de l’économie traditionnelle « détentrice
de l’excellence française » (agroalimentaire,
hôtellerie, luxe…), un univers qui selon lui
« recèle un nombre incroyable de pépites
et de dirigeants talentueux menant des stratégies
de forte croissance ». Objectif de rentabilité, 10%.
Paysage de l’Îlede-France, d’André
Derain (1904-05),
estimé entre 350 000
et 400 000 dollars.
02
DE KANDINSKY À NOLDE
MISE DE DÉPART :
HHHHH
PROFIL DE RISQUE :
MM
Sous le bel intitulé « The Triumph of Color »,
Sotheby’s va organiser à New York,
les 12 et 13 novembre, une splendide vente
d’art impressionniste et moderne.
Ces 33 œuvres, toutes extraordinaires, toutes
d’une grande intensité de couleurs, justifie
l’intérêt. Portez votre regard sur les trois
superbes chefs-d’œuvre de Wassily Kandinsky
(mais les enchères dépasseront aisément
les 20 millions de dollars !) Remarquez
ces deux sublimes toiles de Maurice
de Vlaminck, Paysage au bois mort et Pêcheur
à Chatou, sans doute ses plus grandes
réalisations, d’un chromatisme stupéfiant.
Exécutées en 1905 et 1906 à l’apogée
82 – L E S E CHOS WE E K- E ND
du mouvement fauve, ces huiles vont sans
doute emballer la cote au-delà des 10 millions
de dollars. Présenté à 2 millions, son œuvre
Rueil, le garage à bateaux, captive également.
Défileront aussi Chagall, deux Miró, trois
Monet, deux Sisley, un Picasso (Iris jaunes),
un Renoir (à 1,2 million de dollars, l’estimation
de La Mer à Bordighera fait sourire !). Du côté
des expressionnistes allemands, Sotheby’s
va présenter de beaux et abordables Alexej
von Jawlensky, Max Pechstein, Emil Nolde
ou Heinrich Campendonk. Et laissez-vous
séduire par ce Caillebotte, Allée de la villa
des fleurs à Trouville, estimé 2 millions
de dollars, de qualité muséale.
SOTHEBY’S
MISE DE DÉPART :
HHIII
PROFIL DE RISQUE :
MMMM
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MON ARGENT
(12,2 milliards) renforcent BD sur ses marchés.
Le titre a été multiplié par 10 en vingt ans
(environ 25 dollars en 1998, et 250 aujourd’hui).
Les ratios de valorisation sont certes très élevés
– le cours pèse 71 fois le bénéfice attendu ! –
mais le potentiel justifie l’intérêt à long terme.
Achetez sur repli vers les 215 dollars.
03
LE MARAIS, RARE
MISE DE DÉPART :
★★★★★
PROFIL DE RISQUE :
MM
Les opportunités dans le quartier du Marais
à Paris sont assez rares pour être signalées.
Et la cote des appartements avec vue sur
la célèbre place des Vosges frise les 30 00035 000 euros du m2, indique Martial Michaux,
directeur de l’agence Émile Garcin du Marais.
Tout près de ce lieu mythique, rue des
Tournelles, voici un appartement situé
au premier étage d’un immeuble du xViie siècle.
Ce trois-quatre pièces rénové de 93,5 m2 donne
sur une cour intérieure pavée et arborée. On
appréciera le beau séjour de 31 m2, lumineux,
avec ses poutres et son carrelage blanc et une
grande bibliothèque en merisier. L’appartement
comporte deux chambres. Évidemment, ce type
de bien n’est pas adapté aux fans de voiture,
en l’absence de facilités de stationnement.
L’appartement est proposé à 1,395 million
d’euros (15 000 euros/m2), ce qui correspond
à l’état du marché dans ce quartier très prisé.
Ou cette Bentley R de 1953, six cylindres de 4,5 l,
pour 20 000 euros. Du côté Ferrari, remarquez
cette 308 GTS de 1979, achetable à 50 000 euros,
et surtout cette 348 Berlinetta, un régal pour
30 000 euros. Visez cette Mercedes 450 SEL 6,9 l
de 1977, à 25 000 euros ou cette Bentley Arnage
de 1998, option Green Label (c’est-à-dire dotée
du V8 BMW 4,4 l bi-turbo développant 354 CV),
une aubaine à 20 000 euros. Nos deux coups
de cœur : l’Aston Martin DB7 Vantage
et son superbe V12, à 50 000 euros. Et le cabriolet
Mustang 289 GT, à 40 000 euros, qui a servi
en 1986 à Claude Lelouch pour la suite
de son film Un homme et une femme, sur
la plage de Deauville.
04
MEDTECH À SAISIR
UN HOMME, UNE FEMME, UNE VOITURE
MISE DE DÉPART :
★★★★✩
PROFIL DE RISQUE :
MMM
ARTCURIAL
Cette Porsche 911 2.4S de 1972
est estimée à 150 000 euros.
Les ventes de voitures anciennes chez Artcurial,
en bas des Champs-Élysées, sont toujours un
grand moment pour les amateurs de belles
carrosseries ou de moteurs rugissants. Laissons
de côté les stars, telle cette Mercedes 300 SL
roadster livrée en 1961 au roi Hassan II du Maroc,
affichée à 1 million d’euros, pour jeter plutôt
un œil du sur les opportunités à moins
de 50 000 euros, comme cette Coccinelle de 1972
(qui a appartenu à Sylvie Vartan), à 15 000 euros.
05
MISE DE DÉPART :
★★✩✩✩
PROFIL DE RISQUE :
MMMM
Depuis sa création en 1897, BD (Becton,
Dickinson and Company) n’a cessé d’innover
pour devenir un des cinq plus gros acteurs
mondiaux des technologies médicales.
L’entreprise américaine, implantée partout
dans le monde, notamment en France (à Pontde-Claix, en Isère), pèse aujourd’hui en Bourse
plus de 66 milliards de dollars. C’est un titre
intéressant pour votre portefeuille d’actions
parce que le secteur de la santé est moins
sensible aux cycles économiques et parce que
BD détient une position de leader notamment
sur les seringues, les soins aux diabétiques,
le diagnostic des infections et du cancer…
Les acquisitions des laboratoires BARD en 2017
(24 milliards de dollars) et CareFusion en 2014
LE S E CHOS WE E K- E ND – 83
06
UN FONDS TECHNO DISRUPTIF
MISE DE DÉPART :
★★✩✩✩
PROFIL DE RISQUE :
MMMMM
BNP Paribas AM Luxembourg propose un fonds
qui mise, à l'échelle mondiale, sur les entreprises
les plus innovantes ou qui vont mettre à profit
des technologies disruptives. Appelé « Parvest
Disruptive Technology » ce fonds pesant environ
260 millions d'euros comporte 45 actions
d'entreprises essentiellement aux États-Unis
(78% du portefeuille) comme par exemple
Apple, Alphabet, Microsoft, Amazon, Rockwell
Automation, Vertex Pharmaceutical. Pamela
Hegarty, basée à Boston, pilote le portefeuille
avec l'idée que « les progrès réalisés dans
les technologies innovantes, comme le cloud
computing, la robotique, l'automatisation,
l'Internet des objets et l'intelligence artificielle
créent des modèles d'entreprise complètement
inédits ». Ces technologies de rupture impactent
de nombreux autres secteurs, comme
les services financiers, la santé, l'industrie,
la consommation et l'énergie. La performance
est impressionnante : plus de 350% sur dix ans,
170% sur cinq ans, près de 70% sur trois ans. Par
rapport à son indice de référence (le MSCI World
Tech), l'équipe de BNP Paribas fait nettement
mieux, notamment sur un an (+26%, contre 12%).
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ET MOI… BIEN-ÊTRE
SAINT-GERVAIS, STATION « HOLLYSTIQUE »
Par Claude Vincent – Illustrations : Marie Doazan
C
GYMNASTIQUE DES MÉNINGES
Tous les neurologues le disent : pour garder son
cerveau en forme, il faut le faire travailler, mettre ses
méninges à l’épreuve. Et afin d’éviter les overdoses
de sudoku – les mêmes spécialistes vous diront qu’il
faut varier les plaisirs cérébraux –, on peut s’offrir
le Grand livre des énigmes et casse-tête logiques,
un ouvrage « collector » publié par Larousse. Plutôt
sympathique et sans prétention dans sa forme, il met
notre sagacité à l’épreuve avec pas moins de 500
problèmes de logique et d’arithmétique. Mais pas
n’importe lesquels. Tous ont été tirés des épreuves
et des ouvrages de préparation… au certificat
d’études : suites infernales, problèmes de baignoire,
devinettes, énigmes… Rien que du lourd pour pas
cher (14,95 €). Fanfarons et vantards, ne vous
gaussez pas : les pièges sont plus nombreux qu’on
ne le pense et les raisonnements que requièrent
certaines énigmes ne nous sont plus familiers.
omment exister, comme c’est le cas pour
Saint-Gervais Mont-Blanc, quand on a pour
voisines deux destinations aussi réputées
que Megève d’un côté et Chamonix de l’autre ?
Pas évident. La commune haut-savoyarde,
positionnée au confluent des deux vallées
et point de départ de l’ascension du plus haut
sommet d’Europe, a décidé de jouer à fond
la carte holistique. Un mot-valise très tendance
mais parfaitement décliné ici sous une forme
bien-vivre complète et équilibrée : glisse,
montagne, thermalisme, gastronomie,
panoramas, bien-être… Connectée à plus
de 400 km de pistes de ski alpin et de randonnée
de par sa position, Saint-Gervais peut aussi
compter sur un atout unique : sa source
thermale, découverte en 1807, dont l’eau
ressurgit à 39 °C après un voyage de 6 500 ans
dans le massif alpin. La concentration très élevée
en minéraux (bore, manganèse, strontium…)
lui confère des vertus thérapeutiques spécifiques
en dermatologie, pour soigner cicatrices et
brûlures. Les Thermes, entièrement rénovés par
L’Oréal, viennent d’ouvrir un spa ultramoderne
pour une simple expérience thermale. La
position de moyenne montagne de Saint-Gervais,
à quelque 1 000 mètres, en fait aussi le point
de départ de balades de difficultés variées. Un
must : une randonnée de pleine conscience, dans
le silence, avec Sandy, jeune coach multicarte :
après une montée calée sur la respiration, on
passe à… une marche à l’aveugle ! Un petit quart
d’heure les yeux fermés sur un chemin plus ou
moins accidenté, guidé seulement par la main de
son partenaire. Pour finir par une séance de yoga
face au Mont-Blanc. Les amateurs de produits
vrais demanderont à Flavie une visite de la
Ferme des Roches Fleuries (gîte possible) pour
finir à la boutique craquer pour les tommes, les
reblochons, les crottins, le miel, les confitures…
SLAM SUR DIVAN
Ses émotions, son trac ? Et pourquoi ne pas
les écrire, poser du rythme dessus et enfin les dire ?
Bref, les slamer, à l’instar d’un Grand Corps Malade,
passé maître dans cet art. Coach, psychanalyste
et écrivaine, Florence Lautrédou a découvert
et pratiqué à titre personnel le slam dans
un café de Saint-Nazaire. C’est là qu’elle a eu l’idée
d’adapter ce mode d’expression et de partage
en forme de poésie libre et rimée à sa pratique
de coach et d’analyste. Un travail guidé en ateliers
individuels ou collectifs : choix d’un thème, écriture
du texte, slam… « La slam-analyse nous aide
à honorer nos émotions, non à les recouvrir ou
les dissoudre. Avec le slam, il ne s’agit pas de faire
beau mais d’être vrai », explique Florence Lautrédou
(www.fhl-consultants.com/slam-analyse).
84 – L E S E CHOS WE E K- E ND
AROMATHÉRAPIE : UN NOUVEAU VENU
Sur le marché français de l’aromathérapie,
il y avait déjà Pranarôm, Puressentiel,
Phytosun arôms… Il va falloir compter
désormais avec Panacea Pharma. Même si
elle a trois unités de production en France
(Nevers, Rennes, Strasbourg), la société
basée à l’île Maurice, y compris sa R&D,
était absente du marché hexagonal. Panacea
Pharma s’appuie depuis sa création en 2007
sur les travaux de Philippe Mailhebiau,
président de l’entreprise et surtout
aromatologue réputé, cofondateur de
Phytosun arôms, revendu depuis. Si, jusqu’à
présent, l’essentiel de la production était
proposé en marque blanche, le nouveau
directeur Jean-François Guidez a décidé de
diffuser les produits en France et en Europe –
avec une approche haut de gamme mais à prix
tenus –, sous le nom du laboratoire. D’abord
via l’e-commerce. « Mais à terme, nous serons
présents en pharmacie, en parapharmacie et en
magasins spécialisés », confie François Guidez.
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Communiqué
Cours de cuisine au Pavillon Ledoyen avec Mauviel1830
Un voyage culinaire au cœur de la brigade de
Yannick Alléno, ça vous tente ?
Chaque weekend, Yannick Alléno ouvre les cuisines
flambant neuves de son restaurant 3 étoiles et cède sa
place aux fourneaux pour des « Moments de
cuisine » avec Mauviel1830.
LePavillonLedoyenvousproposeletempsd'uncoursde
découvrir les cuisines du chef Yannick Alléno, deux
fois triplement étoilé.
Au programme ? Vous passerez un moment
privilégié avec un chef de la brigade de
Yannick Alléno durant lequel vous réaliserez une ou
plusieurs recettes issues de la carte du Alléno Paris***.
Ensuite, place à la dégustation !
QUAND ?
Les week-ends, chaque samedi & dimanche.
OÙ ?
SUR LES CHAMPS-ÉLYSÉES
Les salons du Pavillon Ledoyen
Carré des Champs-Elysées
8, avenue Dutuit - 75008 Paris
M° Concorde ou Champs-Elysées Clemenceau
CONTACTS :
Tel : + 33 (0)1 53 05 10 00
Mail : contact@momentsdecuisine.fr
ACCÉS :
295 euros par personne
RÉSERVEZ VOTRE COURS SUR
WWW.MOMENTSDECUISINES.FR
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CLAP DE FIN
Les premiers signes de l’automne s’avancent.
Pour autant, les cèpes se font rares dans
nos campagnes. Normal, l’été a rarement été
aussi peu pressé de céder sa place que cette
année et, de fait, il n’a pas plu, les nappes
phréatiques sont au plus bas. Les chasseurs
en revanche sont de retour, depuis un moment
déjà. Un chasseur est venu me voir l’autre jour
pour me demander l’autorisation de chasser
autour de chez moi. Je lui réponds que c’est trop
dangereux pour ma famille. Et là, il me dit,
sérieux : « Eh bien, si vous vous promenez autour
de chez vous un jour de chasse, vous n’aurez
qu’à mettre un gilet fluorescent, comme ça
on ne risque pas de vous tirer dessus. » « Donc
si je vous donne mon accord, je suis condamné
à me promener chez moi en gilet fluo. » Il me
regarde sans ciller : « C’est ça. » Moi, je n’en crois
pas mes oreilles, mais le bonhomme est tout
autant sympathique qu’il est roublard : « Et si
je ne vous laisse pas chasser ? » Il met la tête
de côté pour faire passer la question d’un
hémisphère cérébral à l’autre. « Alors là, il y a
un problème, les sangliers qui ne sont pas bêtes
(sic !!!) vont comprendre qu’ils ne sont pas chassés
chez vous et s’y installeront, donc vous serez
responsable des dommages occasionnés sur
les cultures environnantes. » Moi, du tac au tac :
« Si c’est des cultures qui utilisent du glyphosate,
je m’en fous un peu. S’ils passent en bio, je vous
laisse chasser mais quand je ne suis pas là
et à condition que vous m’ayez prévenu avant. »
Du coup, statu quo.
La chasse, c’est un des derniers
divertissements collectifs avec le foot et le rugby
dans les campagnes et c’est un peu sacré.
D’ailleurs, on ne voit pas beaucoup d’élus de la
C’EST PAS TRÈS SPORT
DE COMPARER DES MORTS
LIÉS À UNE TRADITION – LA
CHASSE – AVEC DES MORTS
LIÉS À UNE IDÉOLOGIE
IMPORTÉE – LE TERRORISME.
LE TRAIT
86 – LE S E CHOS WE E K- E ND
France rurale s’y opposer publiquement, pas
plus en tout cas que les élus qui s’opposent
aux islamistes en Seine-Saint-Denis, question
de base électorale. Il reste qu’à chaque nouvelle
saison, environ 50 personnes qui ne le savent
pas vont mourir. D’une balle qui les a pris pour
une proie en fuite. Certains se sont amusés
récemment sur les réseaux sociaux à comparer
le nombre de victimes du terrorisme avec
celui de la chasse et le résultat est clairement
défavorable à la chasse en mobilisant beaucoup
moins de forces de l’ordre. Mais bon, c’est pas
très sport de comparer des morts liés à une
tradition avec des morts liés à une idéologie
importée. Une famille juive persécutée en SeineSaint-Denis demandait récemment quoi faire à
son élu qui lui a répondu droit dans ses bottes :
« Partez, vous n’avez pas d’autre solution. »
Les non-chasseurs à la campagne n’en sont pas
encore là, on peut tuer des non-chasseurs
tout en les respectant. Donc si on veut vivre
sans risque à la campagne, il faut acter que
le dimanche n’est plus le jour du Seigneur mais
celui du chasseur, sauf à passer la journée à
l’Église, une église fortifiée de préférence dont
on ne sort qu’à la nuit franchement tombée.
ILLUSTRATION PORTRAIT : FABIEN CLAIREFOND
MARC DUGAIN
JOUR DU CHASSEUR
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*Le voyage connecté. louisvuitton.com
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