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Le Figaro - 01 12 2018 - 02 12 2018

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2,60 €
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO - N° 23 111 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
BALLET
LOURDES
« CASSE-NOISETTE »,
L’INDÉMODABLE
SUCCÈS DE NOËL PAGE 34
COMMENT LA CITÉ MARIALE
S’ADAPTE AUX PÈLERINS
DU MONDE ENTIER PAGE 19
G20
« Gilets jaunes » :
week-end
à hauts risques
L’Europe fait bloc
face aux trublions
PAGE 8
MEXIQUE
La « 4e
transformation »
du pays, défi du
nouveau président
PAGE 10
PROTECTION
ANIMALE
Les opposants
aux cirques
avec animaux
se mobilisent PAGE 12
RUGBY
SOMMAIRE
Dans les pas de
Thierry Dusautoir
au Japon, à un an de
la Coupe du monde
PAGE 16
SOCIAL
Trente ans après
la création du RMI,
la pauvreté n’a pas
reculé PAGE 25
è LA POLICE VA CADENASSER
LES CHAMPS-ÉLYSÉES
è LES MANIFESTANTS VEULENT
UN SAMEDI « ÉNORME »
è LA PRESSE ÉTRANGÈRE
SCRUTE LE MOUVEMENT
è À QUATRE SEMAINES
DE NOËL, LE CRI D’ALARME
DES COMMERÇANTS
è LES RIVERAINS DES
CHAMPS-ÉLYSÉES REDOUTENT
UN NOUVELLE JOURNÉE NOIRE
è ÉLECTION SOUS TENSION
POUR LE NOUVEAU PATRON
DE LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE
è SUR LE TERRAIN, HOLLANDE
FAIT LA LEÇON
À SON SUCCESSEUR
è LE CONTRE-POINT DE
GUILLAUME TABARD : REPENSER
LE RÔLE DU PARTI DU PRÉSIDENT
è PORTES CLOSES POUR
LES THÉÂTRES ET LES MUSÉES
PARISIENS
èSTANISLAS GUERINI , « PREMIER
DE CORDÉE » POUR DIRIGER
LE MOUVEMENT PRÉSIDENTIEL
PAGES 2 À 7 ET L’ÉDITORIAL
JUSTICE
Carlos Ghosn reste
en garde à vue PAGE 27
COMMÉMORATION
La chronique
de Ran Halévi
La tribune de
Jean-Philippe
Vincent
La chronique
de Mathieu
Bock-Côté
L’analyse de
Charles Sapin
n
pour mettre en œuvre l’accord
de Paris s’annonce plus que
jamais incertaine. Et pourtant,
2018 s’inscrit parmi les quatre
années les plus chaudes du
siècle. PAGES 14 ET 15
Plus de 97 % du trafic Internet
mondial passe par les câbles
sous-marins. Sans eux, le
grand réseau mondial des communications n’existerait pas.
La France dispose d’actifs stratégiques dans le domaine, mais
ÉDITORIAL par Gaëtan de Capèle gdecapele@lefigaro.fr
n
n
PAGES 20 ET 21
@
Réponses à la question
de vendredi :
Approuvez-vous
l’interdiction de la fessée ?
OUI
18 %
NON
82 %
TOTAL DE VOTANTS : 51 750
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
L’intervention de François
Hollande dans le débat sur
les « gilets jaunes » vous
paraît-elle légitime ?
3’:HIKKLA=]UW[U^:?l@m@a@b@a";
Avec des émissions globales de
CO2 en hausse, et l’opposition
de grands pays comme les
États-Unis et le Brésil, l’issue
des négociations qui commencent lundi en Pologne
Internet : la grande bataille
des câbles sous-marins
de nouveaux entrants viennent
bousculer la donne. Google et
Facebook misent sur les câbles.
La Chine déploie sans compter,
multipliant les connexions vers
l’Europe, le Moyen-Orient et
l’Afrique. PAGE 24
n
FIGARO OUI
FIGARO NON
M 00108 - 1201 - F: 2,60 E
En Pologne, la COP24
s’ouvre dans un contexte
difficile
OPÉRA NATIONAL DE KIEV S. GAUTIER/SAGAPHOTO JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP
C
46 avenue Montaigne, Paris
Le grand gâchis
ombien de temps encore la
France pourra-t-elle supporter
le psychodrame des « gilets jaunes » ? Tout a été dit des ressorts
de cette jacquerie numérique.
De cette allergie fiscale généralisée, fruit
de quarante ans de fascination technocratique pour l’impôt. De ce mur d’incompréhension entre la France branchée et
mondialisée des métropoles, et le pays
profond, délaissé, méprisé, gagné par un
douloureux sentiment d’abandon. Née
d’une étincelle sur le prix de l’essence,
cette colère entretient un mouvement irrationnel, que plus personne ne contrôle
et dont nul ne sait où il mène.
Longtemps sourds et aveugles, il faut reconnaître à Emmanuel Macron et à son
gouvernement d’avoir tendu - certes tardivement et timidement - la main aux
protestataires. Au point où en sont les
choses, sans doute seraient-ils bien inspirés d’accepter un gel des taxes sur les carburants, puis d’imaginer d’autres idées
pour la transition énergétique : loin de remettre en cause l’ambition réformatrice
du chef de l’État, cela signalerait surtout sa
volonté d’en finir avec le tout-impôt.
Mais une sortie de crise se négocie à deux.
Or, aussi compréhensif soit-on pour ce
qu’ils incarnent, les « gilets jaunes » sont
engagés dans une surenchère qui conduit
tout droit dans une impasse. Exactions
inexcusables, revendications abracadabrantesques, mépris des institutions… tout
cela déconsidère leur combat. Et disqualifie au passage ceux
qui, de gauche à
droite, aspirent aux
plus hautes responsabilités mais se livrent sans vergogne
à de honteuses tentatives de récupération.
Au bout de deux semaines, ce conflit commence à peser lourdement sur une économie qui n’a pas besoin de ça. Parmi les
principales victimes figurent bien souvent
ces salariés, ces commerçants, ces artisans
que les révoltés prétendent défendre. Il est
plus que temps d’en finir avec ce grand
gâchis. ■
Une sortie
de crise
se négocie
à deux
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CHAMPS LIBRES
Il y a cent ans
mourait
Jean Rostand, père
de « Cyrano » PAGE 36
FEURAY VINCENT/ABACA
Alors que le bras de fer se poursuit avec l’exécutif,
le mouvement joue aujourd’hui son « acte III ».
Une journée sous étroite surveillance, qui suscite
l’inquiétude des autorités et des acteurs économiques.
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
Le débat
a été franc,
intéressant, utile,
respectueux. Si
les « gilets jaunes »
souhaitent
désigner des
représentants,
nous pouvons
continuer ce
dialogue. La porte
de Matignon reste
ouverte
L’impossible dialogue entre
et les « gilets jaunes »
À la veille d’une nouvelle mobilisation, la plupart des représentants conviés à
»
ÉDOUARD PHILIPPE
SUR LE PERRON DE MATIGNON,
À L’ISSUE DE LA RÉUNION
AVEC DEUX « GILETS JAUNES »
DES ÉTUDIANTS
POURRAIENT
DÉFILER
Les étudiants se regrouperont
ce samedi à 12 heures
place du Panthéon (Paris-V).
Ils répondent à un appel
lancé par une quinzaine
d’organisations étudiantes
proches de la gauche
et du centre et protestent
contre l’augmentation des frais
d’inscription à l’université
pour les étrangers annoncée
le 19 novembre.
Officiellement, les responsables
de ces organisations se
dissocient des « gilets jaunes ».
« Nous sommes concentrés
sur la hausse des frais
d’inscription », explique-t-on
à l’Unef. La Fage, organisation
étudiante majoritaire, précise
« ne pas partager l’entièreté
des revendications des “gilets
jaunes” » et ne pas vouloir
fusionner. Mais, dans les faits,
des centaines d’étudiants
proches des mouvements
d’extrême gauche ont déjà
prévu de rejoindre la grande
grogne populaire dès 13 heures
à Saint-Lazare (Paris-VIII),
à l’appel du comité
antiraciste Adama.
Une manifestation, vendredi, à La Seyne-sur-Mer, dans le Var. À droite, Jason Herbert, porte-parole des « gilets jaunes », s’adresse à la presse vendredi après sa rencontre à Matignon avec
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
SAUVER LA FACE. En milieu d’aprèsmidi, vendredi, le premier ministre,
Édouard Philippe, s’est présenté avec
sa bonhomie habituelle devant les caméras pour assurer que « la porte de
Matignon restera toujours ouverte ».
« Si les “gilets jaunes” souhaitent désigner des représentants, nous pourrons
continuer ce dialogue ». Mais comment
« continuer » un dialogue qui n’a pas
vraiment commencé ? Sur les huit invités attendus par le premier ministre,
six ont fait défection. Parmi les deux
présents, l’un est arrivé en retard et le
second est rentré par une porte dérobée. Il n’a pas souhaité dévoiler son
identité publiquement.
Agrément n°2002-84
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Pissaro, Bonnard,
Souverbie, Lebourg,
Lin Fieng Mian,
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conseiller. « Qu’est-ce qu’on peut faire ? Je suis inquiet », renchérit un élu de
poids. La coagulation des mécontentements, que le gouvernement avait
su endiguer, devient un risque possible.
« Le gouvernement se prend aujourd’hui
en pleine face ce qu’il a fait depuis
“
Si on lâche, c’est fini. On
ne fera jamais la réforme
des retraites ni le reste
UN PROCHE D’EMMANUEL MACRON
”
des années - et je l’ai dit au premier ministre -, une forme de mépris des corps
intermédiaires », a accusé, de son côté,
le leader de la CFDT, Laurent Berger,
reçu dans la matinée par Édouard Phi-
lippe. Le syndicaliste a appelé à des mesures en matière « de salaires, de protection sociale et des plus modestes ».
Dans l’adversité, l’unité des macronistes commence à se fissurer. Sur Europe 1, François Bayrou n’a pas ménagé
ses amis de l’exécutif. « À un moment,
on ne peut pas gouverner contre le peuple
et il faut de ce point de vue-là ne pas
ajouter des charges aux charges. » Les
réponses apportées par le gouvernement sont « sans doute des réponses soit
insuffisantes, soit qui ne sont pas encore
trouvées », a asséné le leader du MoDem. « Bayrou joue sa carte solo, il ne
veut pas couler avec le bateau », s’exaspère un élu LaREM parisien.
La gestion de crise du premier ministre fait également l’objet de critiques de
plus en plus pressantes. « Les parle-
La police va cadenasser les Champs-Élysées
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Au même moment, nouvelle humiliation : l’un des porte-parole, Julien
Terrier, publiait sur les réseaux sociaux
les SMS de la chef de cabinet d’Édouard
Philippe. Des textos qui indiquaient que
la rencontre ne serait pas filmée. C’était
pourtant une exigence des contestataires. « Quand il y a une caméra, c’est de
la communication, or le premier ministre
voulait un vrai échange », explique l’un
de ses conseillers. Dans ce contexte, le
gouvernement a préféré reporter à la
semaine prochaine l’annonce des
modalités pratiques de la concertation
de trois mois, voulue par Emmanuel
Macron.
Ce fiasco a provoqué une onde de
sidération dans la macronie. « On est en
face d’un mouvement qui a une autre rationalité, c’est déroutant », note un
HORS de question de revivre de telles
« scènes de guerre », pour reprendre la
formule d’Emmanuel Macron, en plein
Paris. Après le chaos de samedi dernier
sur les Champs-Élysées, qui s’était soldé
par une trentaine de blessés et plus d’une
centaine d’interpellations, le ministère
de l’Intérieur entend tenir la bride courte
aux « gilets jaunes » appelés à défiler ce
samedi par milliers dans la capitale. Pour
« garantir la protection des institutions »,
« assurer le contrôle de l’accès au haut des
Champs-Élysées » et « sécuriser de nombreux événements se déroulant dans la capitale », la préfecture de police (PP) de
Paris prévient qu’elle va déployer une
grosse « capacité de réaction et d’intervention » dans l’espoir de tuer dans l’œuf
« les troubles à l’ordre public et les phénomènes violents ». Au total, près d’une cinquantaine de forces mobiles pourraient
être mobilisées, soit environ 4 000 hommes venant en renfort.
Dès 6 heures du matin, un « périmètre
d’exclusion » va geler toute circulation et
prohiber par un arrêté préfectoral tout
rassemblement dans le secteur du Palais
de l’Élysée, vers lequel plusieurs cortèges
ont déjà tenté de converger, mais aussi
ceux de la Concorde, de la place Beauvau,
de Matignon ou encore de l’Assemblée
nationale. Le haut des Champs-Élysées
sera quant à lui « cadenassé » sur une distance d’environ 1,5 kilomètre entre le
rond-point Marcel-Dassault et la rue de
Presbourg. À la manière d’une grande
« fan zone », comme celles installées lors
de la Coupe du monde de football, la
vingtaine de points d’accès à la célèbre
avenue seront filtrés avec une extrême
rigueur. Sur réquisition du procureur de
la République, les forces de l’ordre vont
contrôler les identités et fouiller tous les
sacs, sachant que certains des émeutiers
passés en comparution immédiate
avaient été surpris en possession de matraques, marteaux et morceaux de métal
susceptibles de desceller des pavés ou
d’être jetés sur les policiers. « Toute personne en possession d’une arme, réelle ou
de fortune, sera systématiquement arrêtée », a prévenu la préfecture de police.
En outre, des équipes en tenue ou en civil
seront injectées au cœur du « périmètre
contrôlé », où des « consignes fermes d’interpellation » ont été données. L’axe, interdit à la circulation, comme l’a annoncé
jeudi soir le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, devrait être « nettoyé »
de tout objet susceptible de se transformer en projectile.
Dans le reste de la capitale, l’ambiance
est aussi à la veillée d’armes. D’abord
parce que les imprévisibles « gilets » peu-
4 000
policiers
et gendarmes
devraient être mobilisés en renfort
dans Paris ce samedi 1er décembre
vent mener un coup d’éclat à n’importe
quel endroit. Ensuite parce qu’une autre
manifestation au moins - déclarée, celleci - doit se tenir durant ce 1er décembre à
haut risque. Prenant la forme d’un rassemblement statique, elle sera orchestrée
par la CGT sur la place de la République.
Par ailleurs, des étudiants susceptibles de
fraterniser avec les « gilets jaunes » se
donnent rendez-vous devant le Panthéon tandis qu’Act Up appelle à battre le
pavé entre les places République et Stalingrad à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida.
Mobilisées pour la jacquerie populaire
qui s’invite pour la troisième fois dans la
capitale, les forces de l’ordre ont prévu
une présence « particulièrement marquée » sur le secteur des grands magasins
et des grands boulevards, où l’on attend
les premières bousculades de Noël. Sur le
terrain, où des unités de maintien de l’ordre seront présentes « en réserve », les
équipages de la « PP » auront notamment
pour mission de « relever les infractions »
et d’éviter le « blocage d’axes structurants ». Alors que des hélicoptères
sillonneront en repérage le ciel de la
capitale, les grilles en fonte, palissades et
autres cabanes de chantier ont été retirées sur les axes « sensibles ». Les commerçants des Champs-Élysées, de l’avenue Montaigne et des grands magasins
ont tenu une réunion vendredi matin
avec le préfet de police Michel Delpuech.
Selon une évaluation de la mairie de
Paris, les dégâts matériels engendrés par
les casseurs samedi dernier se chiffrent à
1 million d’euros. Une réplique serait du
plus fâcheux effet. ■
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LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
l’exécutif
3
Intimidations, menaces… le mouvement
se divise entre radicaux et pacifistes
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
BOUTRIA LUC/PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP,ETIENNE LAURENT/EPA
Matignon vendredi ont fait défection.
MOUVEMENT insaisissable, sans leaders,
aux revendications protéiformes et parfaitement indomptable, les « gilets jaunes », qui bousculent tous les codes du
dialogue, viennent d’adresser un camouflet à Matignon. Alors que le premier ministre avait lancé une invitation aux huit
représentants autoproclamés du mouvement pour ce vendredi, à 14 heures, ils
n’ont été que deux à s’y rendre. Et quasiment jusqu’au dernier moment les services de Matignon étaient dans le flou,
ignorant qui allait grimper les marches
du perron pour engager le dialogue avec
Édouard Philippe.
Mais avec le premier porte-parole, qui
a quitté le bureau du premier ministre
dès 14 h 30, il n’y a même pas eu de discussion. Jason Herbert, 26 ans, chargé de
communication dans une médiathèque à
Angoulême, a vite coupé court au face-àface. Motif invoqué : « Je souhaitais et j’ai
demandé à plusieurs reprises à ce que cet
entretien soit filmé et retransmis en direct à
la télévision, cela a été refusé. »
Ce refus du direct a été l’une des raisons qui ont poussé certains des huit porte-parole à décliner l’invitation. C’est le
cas de Maxime Nicolle, cet intérimaire de
31 ans installé en Bretagne. Après avoir
reçu l’invitation par SMS mercredi vers
16 h 30. Il avait posé cette condition pour
son éventuelle venue. Après un silence de
plusieurs heures, la réponse lui était par-
venue dans la nuit. À 1 h 26 du matin, un
SMS de la directrice de cabinet tombait :
« Votre demande ne peut être satisfaite. »
En tournant le dos à cette invitation,
les six représentants du mouvement se
sont alignés sur la position d’Éric Drouet,
celui qui a initié le mouvement. Adepte
des vidéos, ce chauffeur-routier de
33 ans avait dès jeudi matin fait savoir
qu’il n’irait pas. Pour lui, il n’est plus
nécessaire d’« aller se pavaner à l’Élysée
ou Matignon », car tout a déjà été dit, selon lui. Mardi soir, avec Priscillia Ludos-
“
On va passer au stade
supérieur
”
ÉRIC DROUET, INITIATEUR DU MOUVEMENT,
A REFUSÉ D’ALLER À MATIGNON
ky - l’autre figure importante du mouvement -, il avait accepté l’entretien
avec le ministre de la Transition écologique, François de Rugy. Après cet échange
de plus d’une heure - qu’il avait d’ailleurs
filmé en caméra cachée -, il estime donc
que le premier ministre est suffisamment
éclairé sur les revendications du
mouvement.
Même s’il n’y a pas de leader parmi les
« gilets jaunes », Éric Drouet apparaît
bien comme le meneur. Derrière sa webcam, d’où il lance depuis le début du
mouvement ses diverses consignes aux
« gilets jaunes », il a prononcé dès la fin
de l’entretien à Matignon sa sentence
contre Jason Herbert. Ce sera l’excommunication. Le prix à payer pour être allé
à la rencontre d’Édouard Philippe contre
l’avis du groupe, dont on apprend
d’ailleurs au passage que celui-ci est
passé de huit à trente-deux. « Ce cher
Jason », comme il est nommé par Éric
Drouet, va devoir « assumer tout seul »
son choix. Sur les réseaux sociaux, Jason
Herbert fait désormais l’objet d’un véritable lynchage verbal.
Ce dernier savait à quoi s’attendre. Au
sortir de Matignon, il a aussitôt évoqué
les « énormes pressions » dont il a fait
l’objet avant l’entretien. « Je parle de menaces d’agression, verbales ou physiques,
notre vie est en jeu », a-t-il déclaré en
désignant les « gilets jaunes ». Par peur
d’être agressé et menacé via les réseaux
sociaux, le deuxième porte-parole rencontré par Édouard Philippe n’a pas souhaité faire connaître son identité. « Après
une discussion sereine de près d’une heure
où il a abordé les revendications du mouvement », selon Matignon, il a discrètement
quitté les lieux. Son nom circule déjà sur
la Toile.
Cet épisode révèle indiscutablement la
radicalisation d’une partie du mouvement qui se fracture entre deux lignes,
l’une pacifique et l’autre plus dure, incarnée par Éric Drouet. Dans une autre
vidéo, ce vendredi, celui-ci a lancé un
nouveau mot d’ordre : le blocage total
des raffineries et des stations-service dès
le 4 décembre. « On va passer au stade
supérieur », annonce-t-il. ■
Édouard Philippe et le ministre de l’Écologie, François de Rugy.
mentaires qui essaient d’enfoncer un coin
entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe affaiblissent l’exécutif, regrette le
président du groupe LaREM au Sénat,
François Patriat. Ils sont dans une démarche irresponsable, immature et dangereuse ».
À 11 000 kilomètres de là, depuis
Buenos Aires, où il assiste au G20, le
chef de l’État a voulu montrer son calme et sa fermeté. « Il m’appartiendra de
prendre des décisions supplémentaires
dans les semaines et mois à venir, mais
elles ne seront jamais des reculs », a-t-il
annoncé. S’exposant moins qu’avant,
prenant de la hauteur, le président laisse le gouvernement aux avant-postes
de la colère. Le chef de l’État ne recevra
pas les « gilets jaunes », indique son
entourage. « Le président a le devoir de
s’inscrire dans le temps long », précise
l’un de ses conseillers.
La fermeté présidentielle fait débat, en
interne. « Si on lâche, c’est fini. On ne
fera jamais la réforme des retraites ni le
reste », abonde un proche d’Emmanuel
Macron. « Les “gilets jaunes” ne nous
croient plus, argumente au contraire un
député macroniste. Il faut lâcher du lest.
Si on le fait maintenant, on aura moins à
lâcher que si on le fait plus tard. » Et de
proposer : « Augmentons le smic de
100 euros » et « oublions la hausse de la
fiscalité écologique en janvier ». Un
conseiller a une autre idée : « Tout le
monde veut baisser les impôts. Chiche.
Profitons de la concertation qui va s’ouvrir
pour regarder tous ensemble où on coupe
les dépenses et faire des choix. Alors, cette
crise n’aura pas été inutile. » ■
SUR LES RÉSEAUX sociaux, on bat le
rappel : « Venez nombreux à Paris », est-il
écrit sur l’une des innombrables pages
Facebook. Après deux semaines de mobilisation, les « gilets jaunes » veulent imposer une nouvelle démonstration de
force dans la capitale. Galvanisés par le
soutien massif des Français, ils espèrent
être plus nombreux que la semaine
précédente sur l’avenue des ChampsÉlysées. « Il faut que samedi soit énorme »,
lâche sur l’une de ses vidéos Éric Drouet,
l’initiateur du mouvement.
Alors que le mouvement s’essouffle
dans certaines régions avec une présence
moins visible des « gilets jaunes » sur les
ronds-points, des bus mais aussi des
véhicules en covoiturage devaient, vendredi, partir de province pour rejoindre
Paris. À Lorient, dans le Morbihan,
notamment, où la mobilisation reste
vive, le même nombre de départs était
programmé que lors du samedi précédent. « 72 personnes vont manifester,
certaines y retournent et, pour d’autres, ce
sera une première », raconte André
Bourlard, l’une des figures de la contestation dans la ville.
Appels au calme
Ces tout nouveaux manifestants n’ont pas
le même visage que ceux du 24 novembre. Car, entre-temps, Emmanuel Macron s’est exprimé. Dans ce discours sans
annonce, certains ont puisé un regain de
colère qui les a décidés à se rendre à Paris.
« Ceux qui partent pour la première fois
sont bien plus déterminés qu’il y a une semaine », affirme André Bourlard.
Nourrie d’exaspération, de fatigue,
après deux semaines de mobilisation et
de déception, une partie de cette nouvelle
vague jaune attendue dans la capitale est
annoncée, par certains, comme plus violente. « Si on regarde où on en est, rien n’a
changé. Notre mouvement n’a permis
aucune avancée », lâche un « gilet jaune »
dépité. « Les gens sont prêts à aller plus
loin pour se faire entendre », met en garde
un autre en Bretagne. Les appels au calme
côtoient désormais les appels au coup de
force. Cette radicalisation d’une partie du
mouvement, qui a fait le tour de la sphère
« gilets jaunes », inquiète une partie de sa
frange pacifique. Du coup, à Béziers, dans
l’Hérault, les manifestants ont renoncé
au voyage. Même réaction au Puy-enVelay, en Haute-Loire : la rage au ventre,
décidé cette fois à aller à Paris après le
discours du chef de l’État, Michel Arnal
restera finalement en Auvergne. « On
nous a dit que ça allait chauffer. On ne veut
pas se faire taper dessus », dit-il.
Mais, comme la semaine dernière, ce
sont aussi des retraités, de simples salariés, qui vont rejoindre l’avenue des
Champs-Élysées pour une manifestation
pacifique. Le dispositif de sécurité plus
musclé mis en place par Beauvau a pour
but de leur garantir, cette fois, un défilé
dans le calme. Les contrôles d’identité et
les fouilles des sacs annoncés autour de
l’avenue pourraient contraindre les plus
violents à rebrousser chemin. ■
A. N.
A
Les manifestants veulent
un samedi « énorme »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
À quatre semaines de Noël, les commer
Baisse de la consommation, annulations
touristiques : commerçants et hôteliers
craignent les répercussions dramatiques
du mouvement des « gilets jaunes ».
À L’AUBE d’un troisième week-end de
blocage par le mouvement des « gilets
jaunes », les commerçants perdent patience. Pour éviter les manifestations et
les ralentissements sur les routes, les
ménages décalent leurs achats ou y renoncent. Un coup de frein sur la
consommation qui commence à avoir
des effets dramatiques. « Les établissements fragiles risquent d’être balayées
par cette crise, s’alarme François Asselin, le président de la CPME (représentant les PME). Il faut de la trésorerie pour
tenir le choc. Tous espèrent se refaire un
peu sur les dernières semaines avant
Noël, mais le chiffre d’affaires perdu sera
très difficile à rattraper. » Et ce, en raison de l’imapct de la mobilisation depuis la mi-novembre…
« Le résultat de ces actions est un recul
massif des ventes, de 35 % le premier samedi et de plus de 20 % au cours du dernier week-end, sans espoir de report notamment pour les produits frais. Un
nouveau week-end de blocage serait dramatique pour le commerce », prévient la
Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Et ce d’autant que les reculs ont pu « atteindre 60 % à 70 % pour
certains artisans bouchers, coiffeurs ou
boulangers », avait précisé Bruno Le
Maire, le ministre de l’Économie, en début de semaine. La situation est particulièrement critique pour les vendeurs de
produits frais. « Certaines entreprises
ont perdu jusqu’à 10 % de marchandises,
détériorées et ensuite détruites, car livrées avec un à quatre jours de retard. Au
26 novembre, certains de nos adhérents
annonçaient avoir perdu jusqu’à 2 millions d’euros », avance Dominique
Chargé, président de Coop de France
alimentaire, qui regroupe les coopératives de producteurs de produits frais alimentaires, bruts ou transformés.
Les villes de taille moyenne et les zones commerciales de périphérie, dont
l’accès peut être bloqué par un rondpoint occupé, subissent de plein fouet le
mouvement. La zone commerciale dite
du KM 110, à Montargis, qui héberge
deux hypermarchés (Leclerc et Géant),
un Decathlon, un But ou encore un McDonald’s, est presque entièrement bloquée depuis le début des manifestations.
Dans ces conditions, les commerçants
ont fait remonter au Conseil du commerce de France (CDCF) une baisse de
75 % de leur activité…
« Les répercussions seront encore plus
fortes si la mobilisation empêche à nouveau les ventes ce week-end, s’inquiète
Florent Leroux, le président de la Fédération française des industries du jouet
et de la puériculture. Les gens viennent
de toucher leur salaire et, pour certains,
leur treizième mois, c’est habituellement
un très gros week-end. »
“
Les répercussions
seront encore plus fortes
si la mobilisation empêche
à nouveau les ventes
pour ce week-end
”
FLORENT LEROUX (FÉDÉRATION FRANÇAISE
DES INDUSTRIES DU JOUET)
L’hôtellerie souffre aussi, alors que la
clientèle de loisirs - surtout étrangère est en train d’arbitrer ses vacances de
fin d’année. Le manque à gagner du
secteur depuis le début du mouvement
est estimé à 10 millions d’euros, selon le
cabinet spécialisé MKG. « Nous avons
comptabilisé entre 20 000 et 25 000 nuitées annulées, à Paris et en région, déplore Jean-Virgile Crance, le président du
Groupement national des chaînes (GNC),
associé à l’Umih, le premier syndicat de
l’hôtellerie-restauration en France. En
termes d’image, c’est catastrophique.
Quand on parle de guerre civile et d’état
de siège, des termes qui ont été repris par
la presse internationale, l’impact est irréversible. Si ce week-end se passe encore
mal, notre activité risque d’en souffrir
durablement. » ■
SERVICE ÉCONOMIE
Un supermarché Auchan prévient ses clients des risques de pénuries.
JEAN LOUIS GORCE/PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP
Les riverains des Champs-Élysées redoutent un
STÉPHANE KOVACS £@KovacSt
DES « RENDEZ-VOUS » de « gilets jaunes » chaque samedi aux Champs-Élysées ? Alors qu’une trentaine de magasins et de restaurants ont été
vandalisés, le week-end dernier, sur
« la plus belle avenue du monde », les
commerçants sont vent debout. Pas
question de revivre ces « scènes de
guerre », comme le président de la République les a qualifiées. « On ne va
quand même pas fermer tous les samedis ?, s’alarme le patron de la brasserie
l’Alsace. Ou alors on veut nous faire
mettre la clef sous la porte ? »
La « terrasse de l’hôtel Marriott qui
commençait à brûler », « des vitrines brisées », « du mobilier de restaurant utilisé
comme projectiles » ou « des feux de barricades », tous ont encore en tête ces
« images un peu d’apocalypse » de samedi. Deux boutiques Dior ont été pillées.
Les magasins Louis Vuitton et Givenchy
ont également été touchés. Mais ces enseignes de luxe n’ont « rien à dire » :
« On ne va pas reparler de ces casseurs,
rechigne un riverain. Ça va alimenter les
craintes des touristes étrangers, et donc,
pénaliser encore plus nos commerces. »
La préfecture de police a mis en demeure les commerçants « d’apposer des
panneaux de protection sur les vitres, de
retirer les étalages, terrasses et objets
vulnérables ». À la boulangerie Brioche
Dorée, une responsable rit jaune : « Oui,
merci du conseil, mais on n’en a plus, de
terrasse… » Au Comité Montaigne, qui
déplore une demi-douzaine de vitrines
saccagées dans l’avenue du même nom,
on « a donné comme instruction aux
soixante-dix membres - essentiellement
des boutiques - de protéger leurs devantures ». « Vider les vitrines, les éteindre,
les recouvrir de panneaux de bois, détaille Jean-Claude Cathalan, son président. Évidemment, ça ne va pas être très
incitatif pour les clients… » Au Comité
Champs-Élysées, on se dit « rassuré que
la préfecture organise un filtrage des manifestants ». Avec des contrôles d’identité et des fouilles de sac.
À la pizzeria Vesuvio, à deux pas de
Portes closes pour les théâtres et les musées
BENJAMIN PUECH bpuech@lefigaro.fr
« COMME on le craignait, la préfecture
nous a informés hier que l’accès à toute la
zone sera bloqué. » Comme le week-end
dernier, Mathilde Beaujard, responsable
presse du Petit Palais, déplore que le cœur
de la vie culturelle parisienne cesse de
battre. « Heureusement, nous n’en pâtissons pas trop financièrement car nous
n’avons pas d’expo temporaire », poursuit-elle. Le dommage est bien plus problématique pour les expositions du Grand
Palais consacrées à Michael Jackson, Miró
et Venise au XVIIIe siècle. La journée du
samedi constitue un pic de fréquentation.
Idem pour le Palais de la découverte.
Là-bas, on continue à trembler à l’idée
que des casseurs puissent pénétrer dans
le bâtiment qui abrite actuellement l’ex-
position « Poison ». Il y a quelques espèces de serpents qu’on n’a pas intérêt à
voir quitter leur terrarium…
La crainte d’actions sporadiques
Les employés du Théâtre du Rond-Point
sont encore sous le choc des scènes de
violence du 24 novembre. « Certains de
nos salariés ont été aspergés de gaz lacrymogène. Et côté billetterie, nous avons dû
procéder à des remboursements », explique la direction, qui a décidé de ne pas
ouvrir ce samedi. Même si aucun rassemblement concernant les ChampsÉlysées n’a été officiellement déclaré par
les « gilets jaunes ». La préfecture craint
des actions sporadiques et organise un
contrôle drastique autour de l’avenue.
« De toute façon, les images qui ont circulé
des manifestations ne donnent pas envie
de se rendre dans ce quartier », analyse,
amère, Valérie Dardenne, secrétaire générale de l’Espace Pierre Cardin du
Théâtre de la Ville. Elle a été forcée de
déplacer le spectacle We Are Monchichi
du 24 novembre au mois de mars 2019 au
Théâtre des Abbesses.
À Marigny, on rêvait de meilleures semaines d’inauguration. Après avoir été
contraint d’annuler les deux représentations de Peau d’Âne la semaine dernière,
le théâtre flambant neuf a pris les devants
en renonçant aux spectacles de ce samedi. Pas celui de dimanche. « C’est une
question de bon sens. Nous ne voulons pas
mettre en danger les familles qui viennent
chez nous », explique Thierry Messonnier,
attaché de presse du théâtre, qui précise
que de nouvelles dates seront proposées.
Au Rond-Point, on s’impatiente : « Si cela
continue de semaine en semaine, la situation deviendra vraiment critique. » ■
La presse étrangère scrute le mouvement
A
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
« YELLOW VESTS », « chalecos amarillos », « gilet gialli », « gelbe Westen »…
Quelle que soit sa traduction, le mouvement des « gilets jaunes » est suivi avec
intérêt par la presse européenne et américaine, qui y consacre des articles depuis le
17 novembre. Les images des affrontements, samedi 24, sur les Champs-Élysées
n’ont pas eu l’effet dévastateur redouté. Fi
des « no-go zones » ou des ricanements
sur la France ingouvernable. Les médias
étrangers se penchent au contraire sur
« cette France en jaune que personne n’a vu
venir » (El Pais) et dont la mobilisation,
née sur Internet, « n’a rien à voir avec les
traditionnels mouvements sociaux français » (Wall Street Journal).
Certes, « la France est habituée aux manifestations empruntant à l’imagerie révo-
lutionnaire », mais « l’absence de leaders
et d’affiliation politique rend ce mouvement
difficile à saisir », note The Economist.
Seule la presse italienne semble reconnaître dans les « gilets jaunes » un mouvement spontané et éphémère qu’elle a
connu en décembre 2013, les « forcani »
(« ceux qui brandissent les fourches »).
Macron en première ligne
Les médias étrangers s’accordent pour
dire que l’augmentation du prix de l’essence n’a été qu’un point de départ à
l’expression d’une colère bien plus profonde. « Le mouvement peut être violent,
avec des dérapages racistes et homophobes. Mais il révèle les nouvelles fractures
territoriales françaises » entre « les élites
urbaines » et « une mosaïque de travailleurs venant des périphéries » (The New
Statesman). « Ces deux pays ne se comprennent pas », explique El Pais, qui sou-
ligne « le mépris de classe contre les ringards et les beaufs » (en français dans le
texte). Le parallèle avec les États-Unis est
tentant, et Politico franchit le pas : « Cette
colère fait penser à la fièvre anti-élite qui a
conduit au Brexit, à l’élection de Trump et
à l’arrivée de populistes au pouvoir en Italie. » Plus prosaïquement, Bloomberg
s’interroge sur les conséquences économiques du mouvement.
Une figure centrale revient dans tous
les articles : Emmanuel Macron. « Sa vision à long terme pour la France ne rejoint
pas les besoins, plus urgents, de ses concitoyens », écrit le New York Times. Tous
expliquent que les « gilets jaunes » le décrivent comme « le président des riches »,
déconnecté des réalités du pays. Ce qui
conduit le Guardian à s’interroger dans
son podcast quotidien : « Les Français
sont-ils tombés en désamour avec leur
président ? » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
çants poussent un cri d’alarme
Sur l’avenue des Champs-Élysées, une passante photographie une boutique Christian Dior, qui a été vandalisée le samedi 24 novembre.
KARIM DAHER
5
La situation
est dramatique
à La Réunion
« L’économie de La Réunion est
en train de s’écrouler », prévient Didier
Fauchard, le président du Medef local.
À cause des « gilets jaunes », le port
est bloqué et les ravitaillements
sont très difficiles sur le territoire, les
camions se faisant souvent racketter.
Les Réunionnais eux-mêmes
se déplacent peu, par peur. Beaucoup
ne se rendent plus à leur travail. « Les
pertes des entreprises réunionnaises
dépassent les 500 millions d’euros
de chiffre d’affaires », estime même
Dominique Vienne, le président de la
CPME (représentant des PME) sur l’île.
Et le patron d’ajouter que tous
ses chantiers de BTP sont à l’arrêt.
Pour l’instant, les mesures annoncées
par le gouvernement à l’intention
des entreprises - recours facilité
au chômage partiel, étalement
du paiement des charges fiscales
et sociales, création d’une zone franche
couvrant l’île avec une fiscalité limitée à
7 % - ne satisfont pas les organisations
patronales qui demandent des mesures
plus fortes, comme la constitution
d’un fonds de secours exceptionnel
par filière. Et ce pour éviter les faillites
en chaîne. « Surtout, nous voulons
que la libre circulation des biens
et des personnes soit rétablie. C’est
la condition de tout », souligne Didier
Fauchard, dirigeant d’une entreprise
d’informatique. À La Réunion, le taux
de chômage est de 23 %.
C. C.
nouveau samedi noir
l’Arc de Triomphe, on craint déjà « une
quatrième journée de chiffre d’affaires en
moins ! ». « En trente-huit ans d’existence, on n’avait jamais vu ça !, soupire Laurent Nadim, le patron. Samedi dernier,
ça a fait la troisième fois cette année que
l’on a dû fermer, après deux jours lors de
la Coupe du monde. Alors que les weekends qui suivent les illuminations de Noël
des Champs-Élysées, ce sont les trois plus
importants de l’année ! On n’est pas
contre les “gilets jaunes”, mais de là à
nous prendre en otages… Nous aussi on
doit payer notre loyer et nos taxes. » Plus
bas sur les Champs-Élysées, l’Alsace
déplore « 50 000 euros de perte d’exploitation et 40 000 à 50 000 euros de dégradations ». « On ne peut pas laisser comme
ça les casseurs brûler les terrasses ! »,
tempête le gérant, Lionel Guglieri, qui a
prévu d’ouvrir, mais sans terrasse.
Mardi, le préfet de police, Michel Delpuech, avait adressé une lettre à tous les
commerçants : « Je puis vous assurer
avoir pleinement conscience, affirmait-il,
des conséquences préjudiciables pour vos
commerces comme l’image de la capitale. » Maire du VIIIe arrondissement,
Jeanne d’Hauteserre acquiesce. « Nombre de mes administrés m’ont appelée,
très inquiets, me demandant s’ils devaient se barricader chez eux, raconte-telle. C’est traumatisant pour tout le monde, mais c’est catastrophique pour Paris !
Combien d’étrangers ont vu ces images
d’apocalypse à la télé ? » ■
La CGT appelle aussi
à manifester ce samedi
DÉPASSÉE par l’ampleur du mouvement des « gilets jaunes », la CGT espère
bien maintenant reprendre du poil de la
bête et prendre date pour l’avenir. C’est
pourquoi - même si elle s’en défend elle a appelé « l’ensemble de la population à converger et à manifester contre le
chômage et la précarité » ce samedi partout en France, et particulièrement place de la République à Paris, où un grand
défilé est programmé. Ce rendez-vous
est, il est vrai, prévu de longue date.
Chaque année depuis seize ans, la centrale de Montreuil appelle à manifester
sur ce thème le premier samedi du mois
de décembre. Mais, cette fois, le syndicat a l’intention de capitaliser sur le
mécontentement croissant.
“
On a le souci de ne pas
avoir l’air de récupérer
le mouvement
DENIS GRAVOUIL (CGT)
”
« Nous avons besoin d’un grand mouvement social, reconnaît Denis Gravouil,
responsable confédéral emploi et chômage. Il y a des millions de travailleurs
précaires isolés, et on les appelle à se regrouper. » Parmi les nombreuses revendications, le syndicat exige du gouvernement une hausse du smic mensuel à
1 800 euros brut, contre 1 498,50 aujourd’hui, la prise en charge des transports
par tous les employeurs, la TVA à 5,5 %
pour le gaz et l’électricité et une « fiscalité juste, avec, en premier lieu, le rétablissement de l’impôt sur la fortune ».
Et pour faire passer le message, le
syndicat - qui rêve toujours, comme
La France insoumise de Jean-Luc Mé-
lenchon, d’une convergence des luttes
- n’a pas l’intention de fermer la porte
au mouvement des « gilets jaunes », qui
les dépasse. « Leurs revendications sont
légitimes et rejoignent celles qu’on porte
depuis longtemps. Il peut y avoir une
vraie similitude dans ce qu’on porte ensemble », reconnaît d’ailleurs MarieClaire Cailletaud, responsable industrie
à la CGT, reçue vendredi par Édouard
Philippe à Matignon avec des représentants des autres organisations syndicales. Et ce même si une trop grande
consanguinité avec les « gilets jaunes »
est à bannir. « On a le souci de ne pas
avoir l’air de récupérer le mouvement »,
confirme Denis Gravouil. Et le dirigeant
CGT d’insister : « Il est évidemment hors
de question de manifester avec des gens
qui ont des propos racistes, sexistes et
homophobes. »
À l’occasion de cette journée de mobilisation, la CGT entend également réaffirmer sa ferme opposition à la réforme
controversée de l’assurance-chômage,
qui fait l’objet actuellement d’une négociation entre les syndicats et le patronat.
L’objectif prôné par l’exécutif est d’inciter davantage les chômeurs au retour à
l’emploi, de lutter contre la précarité et
d’économiser entre 3 et 3,9 milliards
d’euros sur trois ans. « C’est une négociation imposée par le gouvernement qui
vise à faire baisser les droits des chômeurs », fustige Denis Gravouil.
Le syndicat s’organise d’ailleurs déjà
pour les prochaines semaines. « Nous
allons tâcher de faire du bruit le 11 décembre », prévient le représentant de la
branche culture de la centrale. La séance de négociation prévue ce jour-là sera
en effet consacrée à la révision des règles d’indemnisation et au sort des intermittents du spectacle. Un dossier explosif qui pourrait rajouter un peu plus
d’huile sur le feu… ■
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3 décembre de 11h00 à 18h00, 4 décembre de 11h00 à 12h00, 5 décembre de 11h00 à 18h00 et 6 décembre de 11h00 à 12h00 pour la vente du 6 décembre
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Siège 16, rue de la Banque • 75002 Paris • Tél. : 01 53 45 92 10 • Fax : 01 53 45 92 19 • contact@fraysse.net • www.fraysse.net
FRAYSSE & ASSOCIÉS SARL • RCS Paris 443 513 643 00017 • Agrément du Conseil des ventes volontaires n° 2002-035 en date du 10/01/02
Commissaires-priseurs habilités : Vincent Fraysse et Christophe du Reau • Vincent Fraysse titulaire d’un office de commissaire-priseur judiciaire à Paris
A
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
6
L'ÉVÉNEMENT
Élection sous tension pour le nouveau
patron de La République en marche
Le « parlement » de LaREM se réunit dans un climat chaotique, marqué par la mobilisation des « gilets jaunes ».
LE RENDEZ-VOUS était prévu de longue
date, mais prend une dimension toute
particulière. Samedi, alors que les « gilets
jaunes » entameront l’« acte III » de leur
mobilisation, le conseil de La République
en marche (LaREM), composé de quelque
740 membres dont des ministres, des parlementaires, des élus, des référents et des
adhérents tirés au sort, se réunira pour
élire le nouveau délégué général du mouvement. Initialement prévu au Palais
Brongniart, place de la Bourse, dans le
IIe arrondissement de Paris, l’événement
a été déplacé en banlieue, au pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne (Val-de-Mar-
ne), pour des raisons de sécurité. Les organisateurs craignaient en effet la
présence à Paris de « gilets jaunes », alors
qu’un défilé est prévu sur les ChampsÉlysées. « Et puis les macronistes place de
la Bourse, déjà qu’on nous parle de “président des riches”, le symbole n’était pas terrible… », grommelle un député LaREM.
Malgré cette délocalisation, plusieurs
élus n’excluaient pas une mobilisation des
manifestants non loin de leur grand-messe. Tout porte à croire que les responsables de la sécurité seront particulièrement
vigilants. « Le dispositif de sécurité sera
lourd parce qu’il y a le premier ministre et
plusieurs ministres, mais pas différents de
ce qui est fait dans ce genre de manifestation », nuance-t-on au siège du mouvement. Alors que le rendez-vous vendredi
entre Édouard Philippe et les « gilets jaunes » a tourné court, que la crise au sommet de l’État s’enlise, le discours du chef
du gouvernement sera particulièrement
scruté.
Donner un nouvel élan
Dans ce contexte de tensions, plusieurs
voix au sein de la majorité se sont élevées
ces derniers jours pour critiquer la « raideur » d’un premier ministre qui n’a tou-
jours pas décidé d’adhérer au mouvement
présidentiel. « Cela nourrit une forme de
hiatus. Un parti, c’est aussi un maillot… »,
glisse un dirigeant du mouvement.
À cette occasion, le délégué général par
intérim Philippe Grangeon, qui a succédé
à Christophe Castaner, nommé à Beauvau
le 16 octobre, cédera son fauteuil. Seuls
deux candidats sont en lice, Stanislas
Guerini et Joachim Son-Forget, après le
retrait de Pierre Person. Le premier, élu à
Paris, cofondateur du mouvement, part
largement favori (lire ci-dessous).
Dans son discours, s’il est élu, Guerini
évoquera évidemment la contestation
des « gilets jaunes ». Le macroniste souhaite que le parti prenne toute sa part sur
le terrain à la contestation territoriale
voulue par Emmanuel Macron. Aussi réfléchit-il à la création d’une application
pour smartphone destinée à vérifier, sur
le terrain, la mise en œuvre des réformes. Le député devra surtout donner un
nouvel élan à un parti qui, dans certains
territoires, a tout simplement disparu.
« LaREM est une pépite qui était devenue
la Belle au bois dormant… mais qui n’est
pas difficile à réveiller », indique un responsable du mouvement qui croit en sa
« renaissance ». ■
M. S.
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Repenser totalement
le rôle du parti du président
L
A
1
a République en marche doit
prendre son nom au pied de
la lettre. Dotée ce week-end
d’un nouveau patron elle doit
rester en mouvement. Se remettre en
marche pour éviter la disparition.
Conçue par un homme et pour un
homme - Emmanuel Macron -,
LaREM n’a pas su passer du rôle de
parti d’un candidat à parti d’un
président. De l’accompagnement
d’un élan à la structuration d’un
courant de la vie politique. Cette
difficulté est criante au moment où le
chef de l’État traverse une tempête
d’une rare intensité. Les Marcheurs
ont peut-être permis de capter les
aspirations des Français en 2017 - et
encore, en serait-on là s’ils l’avaient
vraiment fait ? -, mais ils seraient
surtout utiles aujourd’hui pour
défendre et protéger le président. Cela
suppose d’abord de la part des
dirigeants du parti une capacité à
affronter leurs alter ego des partis des
oppositions. Qui aujourd’hui à LaREM
riposte à Jean-Luc Mélenchon,
Marine Le Pen, Laurent Wauquiez,
Benoît Hamon, Nicolas DupontAignan ? Lorsque avec un culot hors
norme, François Hollande épouse le
ras-le-bol fiscal » des « gilets
jaunes », c’est Emmanuel Macron luimême qui lui répond, depuis
l’Argentine. Or, est-ce au président,
déjà surexposé, d’aller sur toutes les
balles ? Cette mission de riposte en
première ligne, voire de polémique,
revient d’abord au parti. Ce sera celle
de Stanislas Guerini qui devra pour
cela forcer sa nature conciliante. Un
chef de parti doit savoir cogner.
Cela suppose ensuite que les
adhérents de base se transforment en
véritables militants. À quoi sert de
revendiquer plus de 400 000
adhérents s’ils se comportent en
membres d’une sorte de think tank
dissertant sur la France de 2030 ? Ils
doivent se transformer en une sorte
d’armée combattante, formée pour
être à portée d’engueulade des
Français et capable de défendre de
manière argumentée l’action du
gouvernement.
Tout cela suppose enfin que
La République en marche devienne
une plate-forme efficace entre tous
les rouages de la macronie. Songeons
que cela ne fait que deux jours que,
par décision du délégué général
intérimaire, Philippe Grangeon, les
députés LaREM ont accès au fichier
des adhérents de leur circonscription.
Rester en marche cela veut dire
aussi pour le parti être capable
d’inventer une manière nouvelle de
préparer les élections. Car ni les
européennes ni les municipales ne
peuvent se construire directement
autour du parti. Et pas uniquement
en raison du caractère peu porteur en
ce moment de l’étiquette macroniste.
Les européennes, car il s’agit de
construire un rassemblement plus
large ; ce qui veut dire pas forcément
une tête de liste LaREM. Et les
municipales, car, à part le cas
particulier de Paris, il s’agira souvent
de participer à des alliances qui fuiront
toute identification partisane. Là
encore, une manière inédite de penser
le rôle du parti au pouvoir. ■
Ni les
européennes
ni les
municipales
ne peuvent
se construire
directement
autour
du parti
»
Stanislas
Guerini,
un « premier
de cordée »
pour diriger
le mouvement
présidentiel
Stanislas Guerini veut nommer une « équipe de combat » à ses côtés pour muscler La République en marche.
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
STANISLAS GUERINI ne se déplace jamais sans son grand cahier Super
Conquérant à petits carreaux. Armé d’un
Bic, il note, écriture en pattes de mouche,
tout ce qu’il ne doit pas oublier dans sa
journée. Des « to do lists » qu’il raye au
fur et à mesure. À 36 ans, le député La République en marche (LaREM) de Paris est
avant tout un fin organisateur. Une qualité qui n’est pas négligeable pour celui qui
s’apprête à prendre les rênes du mouvement présidentiel (lire ci-dessus). Dans
son petit bureau, à l’Assemblée, tous ses
documents sont minutieusement classés.
« PACTE PJL », « Droit à l’erreur »,
« Autres PJL », « Paris 2020 », peut-on
lire sur les étiquettes collées sur les étagères, du nom des dossiers et textes de loi
sur lesquels il travaille. Son fils Augustin,
5 ans, - il a aussi une fille, Alma, 3 ans - l’a
dessiné avec un sweat gris siglé « En
marche ! ». La feuille de papier est accrochée sur son armoire de bureau. Stanislas
Guerini y est plus corpulent que dans la
réalité : le stress et les courtes nuits ont
tendance à lui faire perdre du poids. La
préparation de l’élection a été dense.
L’histoire de Stanislas Guerini est celle
d’un bon élève à qui tout a réussi. Un
« premier de cordée », comme on dit en
macronie. Son grand-père a fui l’Italie
fasciste pour s’installer en France.
« Comme Macron », il a une grand-mère
qui vit à Bagnères-de-Bigorre (HautesPyrénées), mais il n’a jamais croisé le
président sur les pistes. Lui a grandi en
plein cœur de Paris, élevé par des parents aisés et catholiques. Son frère est
un « artiste et surfeur » qui « travaille le
bois », à Biarritz. Il rit. « Moi je suis celui
qui a paumé ses cheveux et qui doit porter
des lentilles ! » Son parcours est brillant,
typiquement macroniste. Après l’École
alsacienne puis le lycée Henri IV, Guerini finit ses études à HEC. « J’ai eu beaucoup de chance », assume-t-il, mettant
en avant sa « sincérité » comme sa
« meilleure arme » pour piloter le parti.
Dès l’enfance, il « regarde les questions
au gouvernement à la télévision ». Quelques années plus tard, le concept
d’« égalité réelle » développé par Domi-
nique Strauss-Kahn provoque un déclic.
Rue de la Planche, au QG, il devient une
« petite main » pour la campagne présidentielle de DSK, avec Cédric O et Ismaël Emelien, aujourd’hui conseillers
d’Emmanuel Macron à l’Élysée, qui ont
cofondé avec lui En marche !, fin 2015.
« On était les petits jeunes, on se disait
qu’il n’y avait pas une mission qu’on ne
pouvait pas faire. » L’ex-ministre PS
Matthias Fekl et l’actuel porte-parole du
gouvernement Benjamin Griveaux
jouent le rôle de « grands frères » dans le
dispositif, qui périclite le jour de la défaite de DSK à la primaire PS, le 16 novembre 2006, « dix ans jour pour jour »
avant la déclaration de candidature
d’Emmanuel Macron.
Avec le père d’Ismaël Emelien, JeanPascal, son « mentor professionnel »,
Stanislas Guerini crée une entreprise
d’équipements en énergies renouvela-
“
Stan est un gestionnaire,
il sait animer, insuffler
de la joie, de l’envie.
C’est aussi une mécanique
de précision
”
OLIVIA GRÉGOIRE, PORTE-PAROLE LAREM
À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
bles, à Grenoble. La peur du dépôt de
bilan, l’angoisse de ne pas pouvoir
payer les salaires lui valent quelques insomnies. « Je n’ai jamais été aussi stressé », confie-t-il, confronté aussi « à
l’inanité des politiques ». Cinq ans plus
tard, les fournisseurs demandent encore de ses nouvelles. « Stanislas allait sur
les chantiers, montait sur les toits… », se
souvient Jean-Pascal Emelien. « C’est
un vrai entrepreneur, quelqu’un qui ose.
Une personnalité consensuelle qui ne
cherche jamais l’affrontement. »
C’est bien là sa principale faiblesse,
soulignent certains élus Marcheurs.
Pour diriger la machine LaREM, Stanislas Guerini - surnommé « Stan » voire
« Stanny » en Macronie - va devoir
s’endurcir. Car ses amis disent qu’il est
la « quintessence de la bienveillance ».
« Le meilleur ennemi de Stanislas Guerini, c’est Stanislas Guerini, affirme l’un
S. SORIANO/LE FIGARO
de ses proches. Il a un côté teenager, parisien, bobo. Il est toujours de bonne humeur et ça peut agacer. » Un député met
en garde : « Attention à l’indigestion
d’eau tiède ! » En prévision de son élection, le porte-parole s’est donc entraîné
à « jouer les méchants » avec ses compagnons de l’Assemblée dont il est le
plus proche, Olivia Grégoire, Adrien
Taquet et Laurent Saint-Martin. « Stan
est un gestionnaire, il sait animer, insuffler de la joie, de l’envie. C’est aussi une
mécanique de précision. Il est “en marche !” dans le “mindset” (état d’esprit,
NDLR) », encense la porte-parole Olivia Grégoire. Tous soulignent ses qualités de « manager », développées à la
tête du bureau des étudiants d’HEC,
mais aussi pendant la présidentielle, en
tant que référent à Paris.
Aux débuts d’En marche !, son appartement, place des Ternes (XVIIe arrondissement), sert de QG. « Il y avait
trois chips et du Coca, ses enfants qui
hurlaient, la nounou malade, sa femme
pas encore rentrée du boulot… On bossait
quelles que soient les conditions », se remémore Olivia Grégoire. « Certes, c’est
un bon animateur de réseau, mais pas du
tout un poids lourd politique », note un
communicant qui a travaillé avec lui.
Avant le grand saut, il a pris conseil
auprès du premier ministre Édouard
Philippe. Ils ont discuté des débuts de
l’UMP, en 2002. Comme Alain Juppé à
l’époque, Stanislas Guerini veut nommer une « équipe de combat » à ses côtés
pour muscler le mouvement. « Il doit
rester lui-même, il a de l’énergie, de
l’authenticité, il aime les gens », loue
Christophe Castaner l’ex-délégué général de LaREM devenu ministre de
l’Intérieur. Pour l’instant, il fait presque l’unanimité. « La clarté de ses
convictions, son engagement historique,
le volume et la qualité de son travail parlementaire font de lui, s’il est élu, un responsable politique qui a toutes les qualités pour réussir », vante le président de
l’Assemblée nationale Richard Ferrand,
qui l’avait nommé porte-parole. Reste à
faire ses preuves et à s’émanciper, dans
un contexte particulièrement difficile
pour le parti présidentiel, et à l’aune
d’élections décisives pour la suite. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
Sur le terrain, Hollande fait la leçon à son successeur
LAURENT MARCAILLOU
Désignation de porte-parole
Du pain bénit pour l’ancien président qui
en a profité pour faire la leçon à Emmanuel
Macron devant la presse, après la rencontre. « Chacun doit lutter contre le réchauffement climatique, mais ça doit se faire dans la
justice sociale et fiscale, a-t-il déclaré.
Pourquoi deux poids, deux mesures ? Pourquoi demander beaucoup à ceux qui ont le
moins ? Pourquoi avoir fait tant de faveurs à
ceux qui ont le plus ? »
À la vive réplique d’Emmanuel Macron
qui l’a accusé depuis l’Argentine de faire du
« cynisme », François Hollande a répondu
par une leçon sur l’exercice du pouvoir.
En déplacement, jeudi, à Antraigues-sur-Volane (Ardèche), François Hollande
a pris le temps de discuter avec des « gilets jaunes » venus à sa rencontre.
« J’ai moi-même affronté les “bonnets rouges” en Bretagne et d’autres mouvements
sociaux, a-t-il reconnu. À chaque fois, j’ai
fait en sorte de chercher le compromis et le
dialogue. Ça m’a été reproché. Mais je considérais qu’à un moment, quand une mesure
ne peut pas susciter l’adhésion, il n’est pas
utile de la maintenir. » Poussant plus loin sa
critique, il a tenu à montrer la différence
avec sa gouvernance : « Il ne peut pas y avoir
d’adhésion à une politique si elle est injuste.
[…] C’est un gouvernement, un président,
qui ont choisi de supprimer l’impôt sur la fortune et d’augmenter les impôts sur tous les
J’entends
les voix qui
parfois n’avaient
pas même réussi à
bouger les choses,
et qui sont sans
doute plus
à la racine de la
situation que nous
vivons que le
gouvernement, qui
n’est aux affaires
que depuis 18 mois.
Que voulez-vous ?
Le cynisme fait
partie de la vie
politique
»
EMMANUEL MACRON
AU SUJET DE FRANÇOIS HOLLANDE,
EN MARGE DU G20 EN ARGENTINE
Obono : « À LFI, on a été les seuls à ne pas rejeter le mouvement »
PIERRE LEPELLETIER £@PierreLepel
DANIÈLE OBONO sera samedi sur les
Champs-Élysées pour soutenir les « gilets
jaunes ». La députée Insoumise l’a annoncé vendredi au « Talk Le Figaro ». La
plupart des députés et cadres LFI franciliens devraient se retrouver sur la célèbre
avenue parisienne. Mais attention, aucun
d’entre eux ne souhaite donner l’impression de récupérer le mouvement. « Les
“gilets jaunes” ont raison de refuser une
étiquette. L’objectif, comme tout mouvement, est qu’il s’élargisse pour que tout le
monde puisse se sentir représenté », souligne Danièle Obono.
Pas de récupération, donc, mais une
tentative de séduction. « Nous avons été
quasiment les seuls à ne pas avoir eu une
attitude de rejet sur ce mouvement », veut
souligner la députée. Elle estime par
ailleurs que les « gilets jaunes » peuvent se
retrouver sur certains points du programme de LFI. « Quand ils demandent
davantage de service public, je pense que ça
rejoint l’analyse que l’on fait », indique-telle. Avec les communistes, les députés
Insoumis souhaitent par ailleurs déposer
une motion de censure contre le gouvernement « pour sortir de la crise ».
Une période tumultueuse
Alors que le mouvement connaît une période tumultueuse, où les polémiques se
succèdent, Danièle Obono tempère - « les
voix ont toujours été diverses… » - et se
veut rassurante : « Heureusement qu’on
est dans un mouvement où on peut parler,
donner son point de vue. » L’Insoumise insiste pour assurer qu’il n’y a aucun problème de « démocratie interne », comme
le dénoncent pourtant certains en interne. Elle prend pour preuve la désignation
des candidats LFI aux européennes. « Cela
s’est fait avec un comité électoral, tiré au
sort, qui fait un travail depuis des semaines.
La démocratie est clairement à sa place. »
Obono a également nié toute rivalité
entre Mélenchon et Ruffin. Ce dernier
prend la lumière depuis le lancement des
« gilets jaunes », enchaînant les initiatives
personnelles. Jeudi soir, il était encore
place de la République à Paris pour inciter
les Parisiens à soutenir davantage les « gilets jaunes ». « Nous avons tous nos sensibilités. On respecte cela », ajoute celle dont
la nomination au conseil d’administration
de l’UFR de science politique de Paris-I
fait polémique. Certains enseignants rappellent sa proximité avec les Indigènes de
la République, comme le souligne L’Obs
ce vendredi. ■
DANIÈLE OBONO, vendredi, dans
le studio du Figaro. F. BOUCHON/LE FIGARO
A
COMME il l’avait fait dès jeudi en Ardèche,
François Hollande a encore reçu des « gilets jaunes », vendredi, à Montauban
(Tarn-et-Garonne). Il venait remettre une
médaille du Mérite à Claude Mouchard, élu
socialiste et chef d’entreprise, et dédicacer
son livre, Les leçons du pouvoir, (Stock)
vendu à 150 000 exemplaires. L’ancien
président jure qu’il ne veut pas instrumentaliser le mouvement et que la rencontre a
été demandée par les « gilets jaunes »,
mais leur version est différente : « Son entourage nous a appelés pour savoir si nous
étions d’accord pour le rencontrer », affirme
Pascal Serrier, gérant d’un pressing et
membre de la délégation qui s’est entretenue avec François Hollande.
La rencontre, qui a débuté à 11 heures, a
duré une demi-heure dans un local proche de la fédération socialiste du Tarn-etGaronne. Face aux six « gilets jaunes »
- un commerçant, un artisan, une garde
d’enfant, un retraité, un salarié et un
auto-entrepreneur -, l’ancien président
était entouré d’élus dont la députée Valérie Rabault. Elle était fermée à la presse,
mais les manifestants ont filmé les échanges. Les questions ne portaient pas seulement sur les taxes des carburants, mais
aussi sur le pouvoir d’achat, les retraites
et la suppression de l’impôt sur la fortune.
« Comprenez-vous la colère des citoyens
qui meurent de faim et de froid, à qui l’on a
promis, pour justifier la suppression de
l’ISF, qu’il y aurait un soi-disant ruissellement des premiers de cordée ? », l’ont interpellé les « gilets jaunes ».
S. MIZERA/PHOTOPQR/LE DAUPHINE/MAXPPP
MONTAUBAN (TARN-ET-GARONNE)
Français. Aujourd’hui, ils doivent réfléchir
aux conséquences de cette politique. »
François Hollande a reconnu que la taxe
carbone était déjà un engagement de la loi
de transition écologique de 2015, confirmée par l’accord de Paris, « mais la trajectoire était graduelle, modérée et c’est le gouvernement actuel qui l’a rehaussée et rendue
inapplicable ». L’ex-président a aussi donné des conseils aux « gilets jaunes » : « Je
les ai encouragés à trouver des solutions par
la négociation. Ils m’ont demandé si j’étais
favorable à un référendum, j’ai dit non. Il est
important que le mouvement ne soit pas coupé des organisations syndicales, professionnelles et des élus locaux. » François Hollande a conseillé à ses interlocuteurs d’avoir
des porte-parole par région. D’après le
« gilet jaune » Pascal Serrier, « la députée
Valérie Rabault nous a proposé de faire remonter nos revendications à l’Assemblée nationale par un groupe de “gilets jaunes” ».
Mais la désignation de porte-parole est loin
de faire l’unanimité. Jeudi soir, les « gilets
jaunes » se sont disputés devant la préfecture de Montauban pour savoir si une délégation devait être reçue. Finalement, dix
personnes se sont imposées au lieu des
deux prévues, « mais il n’en est pas ressorti
grand-chose », déplore Pascal Serrier. ■
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
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INTERNATIONAL
Au sommet du
G20, l’Europe
fait bloc face
aux trublions
des journalistes ». Sans doute pour montrer à l’opinion française qu’il ne se dérobe pas, Emmanuel Macron s’est très brièvement entretenu avec MBS, affichant un
visage ferme face au prince qui arborait
un sourire mi-gêné mi-moqueur. Le président français voulait lui signifier que
l’Union européenne souhaite « associer
des experts internationaux » à l’enquête
sur le meurtre de Khashoggi.
20 000 policiers et militaires
Les Européens veulent parler d’une même
voix, face notamment à un Donald Trump
qui piétine le multilatéralisme.
FABRICE NODÉ-LANGLOIS £@Fnodelanglois
ENVOYÉ SPÉCIAL À BUENOS AIRES
ARGENTINE Faire bloc. C’est l’image que
les dirigeants européens présents à Buenos Aires s’efforcent d’afficher alors que
le sommet du G20 est bousculé par Donald
Trump et perturbé par Vladimir Poutine
et le prince héritier saoudien Mohammed
Ben Salman. « Aujourd’hui, on le voit
autour de la table du G20, les doutes, les
formes d’agressivité ont repris », commentait Emmanuel Macron jeudi soir, devant plusieurs centaines de représentants
de la communauté française d’Argentine.
« Ce G20 n’a plus tout à fait le même visage
qu’il y a dix ans », lors de sa création en
pleine crise financière, a ajouté le président français.
Face à un Donald Trump qui piétine le
multilatéralisme, les Européens veulent
parler d’une même voix. Et s’appuyer sur
les pays qui partagent les mêmes engagements contre le protectionnisme ou
contre le réchauffement climatique,
comme l’Argentine, pays hôte. À cet effet, Emmanuel Macron a impulsé une
réunion de coordination, vendredi matin, avec le président du Conseil européen
Donald Tusk, celui de la Commission
Jean-Claude Juncker, l’Italien Giuseppe
Conte et l’Espagnol Pedro Sanchez dont
le pays n’est pas membre du G20, mais
invité par la présidence argentine. Theresa May était de la partie. Bien qu’en
pleine campagne pour faire voter l’accord sur le Brexit, la première ministre
britannique est remarquablement alignée
sur les positions européennes au G20, se
réjouissent Jean-Claude Juncker et Donald Tusk. Manquait à cette équipe européenne, celle qu’on a longtemps présentée comme la patronne de l’UE, Angela
Merkel. La chancelière allemande a été
retardée par une rocambolesque panne
de son avion. Elle était attendue à Buenos
Aires en fin de journée.
Au nom de l’UE, le Polonais Donald
Tusk s’est montré particulièrement ferme
à l’égard de la Russie, quelques jours après
l’arraisonnement de navires ukrainiens
Le président américain, Donald Trump, et le prince héritier saoudien, Mohammed Ben
Salman, vendredi au sommet du G20 à Buenos Aires. RICARDO MAZALAN/AP
en mer d’Azov. « La Russie a usé de la force, c’est totalement inacceptable », a-t-il
déclaré, affirmant ne pas douter que les
sanctions contre la Russie soient renouvelées en décembre.
Les Européens souhaitaient aussi montrer un visage uni face à Mohammed Ben
Salmane. Le président turc Recep Tayyip
Erdogan, aussi assis autour de l’immense
table circulaire du sommet, a accusé MBS
d’être responsable de l’assassinat à Istanbul du journaliste saoudien Jamal
Khashoggi. Donald Tusk a appelé les dirigeants du monde à agir pour résoudre « la
situation tragique au Yémen », ainsi qu’à
respecter « la liberté de presse et la sécurité
Trump gêné par son affaire russe
L’avancement de l’enquête a des répercussions sur la diplomatie américaine.
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
PHOTO : F. BUKAJLO/ SIPA PRESS POUR RTL
A
ÉTATS-UNIS Signe de la menace
qu’elle fait peser sur la présidence
de Donald Trump, l’enquête du
procureur fédéral Robert Mueller a
déjà des conséquences sur sa politique étrangère. Après l’aveu de son
ancien avocat, Michael Cohen,
qu’il avait menti au Congrès sur les
relations d’affaires du groupe
Trump avec la Russie durant la
campagne de 2016, le président a
abruptement annulé sa rencontre
prévue ce samedi avec Vladimir
Poutine à Buenos Aires.
Annoncée d’un tweet à bord
d’Air Force One, moins d’une heure après avoir dit que « le moment
était bien choisi pour un entretien »,
sa décision est officiellement justifiée par l’incident naval russoukrainien en mer d’Azov, auquel
les élus du Congrès l’avaient pressé
de réagir plus énergiquement. Sa
volte-face ne s’est même pas accompagnée d’un coup de fil ou
d’un message officiel au Kremlin,
réduit à spéculer sur la tenue
« d’autres rencontres utiles en marge du G20 ». Le président américain et ses conseillers ont préféré
éviter une image d’entente cordiale
comme celle d’Helsinki en juillet –
alors que Mueller venait d’inculper
douze espions russes pour piratage
des élections américaines.
L’annulation du face-à-face a
fait provisoirement diversion après
le plaider-coupable de Michael Cohen devant un tribunal de New
York. L’ex-avocat de la Trump Organization a déclaré qu’il avait
menti au Congrès sur les efforts du
groupe pour s’implanter en Russie
en 2016 « afin de coller aux déclarations politiques » de son patron. Cohen avait affirmé sous serment
avoir mis fin à des contacts exploratoires dès janvier 2016 et n’avoir
évoqué que trois fois avec Trump le
projet de Trump Tower à Moscou. Il
admet désormais que ses efforts
s’étaient poursuivis jusqu’à l’été
2016 et qu’il en avait « régulièrement informé » le PDG ainsi que les
membres de sa famille.
Michael Cohen quitte
la Cour fédérale
de Manhattan, jeudi
à New York.
L’ancien avocat
du président américain,
a reconnu, avoir
menti au Congrès
sur les relations
d’affaires du groupe
Trump avec la Russie
durant la campagne
de 2016.
ANDREW KELLY/REUTERS
La liste des menteurs
La différence est importante, car le
mensonge de Cohen visait à couvrir un mensonge de Trump, lequel
répétait alors – comme depuis –
n’avoir aucun intérêt en Russie. Le
président prétend aujourd’hui que
« tout le monde était au courant » de
ses projets immobiliers et accuse
son ancien collaborateur de « mentir pour réduire sa peine de prison ».
Mais des courriels, échangés notamment avec le porte-parole du
Kremlin, Dmitri Peskov, confirment les aveux. Cohen était sur le
point de se rendre au Forum de
Saint-Pétersbourg le 16 juin 2016,
lorsqu’il avait dû tout annuler : le 14
juin, le Washington Post avait révélé le piratage des serveurs du Parti
démocrate par la Russie.
En 2015, Felix Sater, l’hommerelais de Cohen avec la Russie, lui
écrivait : « Notre gars peut devenir
président, je vais convaincre l’équipe
de Poutine d’investir sur lui. » Selon
Buzzfeed, le groupe Trump prévoyait de « faire cadeau » au président russe d’un appartement de
50 millions de dollars dans la future
Trump Tower moscovite.
Le 9 juin 2016 s’est tenue à New
York une réunion avec une émissaire russe affirmant détenir des
informations compromettantes sur
Hillary Clinton, organisée par Donald Junior, le fils aîné, qui risque
d’être le prochain sur la liste des
menteurs poursuivis par Mueller.
Le procureur vient d’accuser un
autre participant, Paul Manafort,
emprisonné pour malversations financières, d’avoir continué à lui
mentir après avoir promis sa coopération, tandis que son avocat informait discrètement ceux du président de la marche de l’enquête.
Dans une interview au New York
Post, Donald Trump a laissé flotter
la possibilité de le gracier.
C’est peu dire que ces affaires
« distraient » le président sur la
scène internationale. Outre des
tweets furieux vendredi matin, il a
« dégradé » sans explication ses
rendez-vous avec le Sud-Coréen
Moon Jae-in et le Turc Recep
Tayyip Erdogan à de simples
« apartés » au G20. « La chasse aux
sorcières bidon […] se porte très
bien, a dénoncé sa porte-parole Sarah Sanders. Malheureusement, elle
porte certainement tort à notre relation avec la Russie. » ■
MBS et le regain de tension en Ukraine
sont deux sujets venus polluer un G20 en
principe consacré à la coopération internationale au service d’un monde plus
prospère, équitable et durable. Sur ces sujets planétaires, Donald Trump a imprimé
son propre rythme. Là où les uns prônent
le multilatéralisme, le président américain a d’abord imposé une séance de signature trilatérale. Le nouvel accord
commercial qu’il a arraché à ses voisins
canadien et mexicain a été solennellement paraphé vendredi à Buenos Aires
(lire page 26). Autre camouflet : dans
l’après-midi, au lieu de suivre la séance
de travail collective, le président américain avait prévu de rentrer à son hôtel.
De quoi s’interroger sur l’utilité même
de ces grands-messes comme celle de
Buenos Aires qui mobilise 20 000 policiers
et militaires et 2 000 journalistes et place
la capitale argentine en état de siège.
« Sans le G20, sans approche commune,
nous aurions eu une crise profonde » il y a
dix ans, rétorque le commissaire européen Pierre Moscovici, présent à Buenos
Aires pour la séquence « G20 finances »
qui a précédé le sommet.
À l’issue de cette première journée de
sommet, pendant que les sherpas poursuivaient leurs tractations pour rédiger
le communiqué final, les participants
restaient suspendus au tête-à-tête prévu samedi entre Donald Trump et Xi
Jinping. Car, résume une source européenne, « les tensions entre la Chine et les
États-Unis représentent une menace
existentielle ». Là encore, c’est une relation bilatérale qui pèse sur l’avenir de
l’ensemble du monde. ■
Tensions autour
du sort des marins
ukrainiens
Les 24 hommes capturés dimanche par les
forces russes ont été transférés à Moscou.
PIERRE AVRIL pavril@lefigaro.fr
CORRESPONDANT À MOSCOU
RUSSIE Cinq jours après l’arraisonnement par la Russie de trois
navires militaires ukrainiens dans
le détroit de Kertch, un bras de fer
a commencé autour du sort des
24 marins arrêtés par Moscou.
Quelques heures après le transfert
dans la prison moscovite de Lefortovo des militaires ukrainiens
auparavant retenus en Crimée,
Donald Trump a pris prétexte de
l’incident pour annuler sa rencontre du G20 avec Vladimir Poutine. L’UE exige leur libération.
De son côté, Moscou a affirmé
que ces « hommes d’une santé robuste » ont été traités selon « les
procédures standard ». « Chacun a
eu de la kacha au petit déjeuner (céréales, NDLR) et on leur a promis de
leur apporter des livres », s’est félicité Koguerchine Saguieva, membre de la commission d’observation des prisons. « Légèrement
blessés » par des « éclats » pendant
l’assaut, selon les autorités russes,
trois prisonniers ont été hospitalisés dans la capitale.
La présence au sein des équipages de deux officiers du renseignement ukrainien du SBU – confirmée par Kiev – a conduit Moscou à
dénoncer la thèse d’une « opération planifiée ». « Il s’agit d’une
GÉRARD LARCHER
PRÉSIDENT DU SÉNAT
Dimanche 2 décembre • 12H-13H
Benjamin SPORTOUCH • RTL
Alexis BREZET • LE FIGARO Adrien GINDRE • TF1/LCI
provocation destinée à utiliser l’incident comme un prétexte afin de
décréter la loi martiale en Ukraine », a critiqué Vladimir Poutine.
Récitant un texte devant les caméras du FSB (ex-KGB), un capitaine ukrainien a confirmé que son
bateau avait « sciemment ignoré les
appels radio » russes lui enjoignant
de s’arrêter. « [Notre] action avait
le caractère d’une provocation », a
confirmé Vladimir Lessovoï dans
un témoignage relayé dans les
médias d’État. Il s’agit « d’aveux
forcés », conteste le commandant
de la flotte navale ukrainienne,
Igor Vorontchenko.
La version - contradictoire d’un autre officier ukrainien, Oleg
Melnitchouk, confirme la thèse
d’une mise en scène. Selon son
avocat, joint par Le Figaro, ce capitaine a dit avoir attendu « sept
heures » dans le détroit de Kertch,
la venue à bord d’un marin russe
pour accompagner son bateau
dans la passe. De guerre lasse, les
Ukrainiens auraient fait demitour : c’est là que les tirs auraient
éclaté. « Nous allons insister sur le
fait qu’aucune règle n’a été enfreinte », explique son défenseur,
Edem Semeldiaev, qui fera appel
lundi de la détention de son client.
De son côté, l’armée ukrainienne
a affirmé vendredi avoir prévenu
Moscou du passage de ses bateaux
dans le détroit, dans les délais. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
INTERNATIONAL
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L’Andalousie,
premier test
électoral
pour Madrid
L’élection régionale de dimanche est un
baptême du feu pour le socialiste Pedro
Sanchez et pour son opposant Pablo Casado.
FRANCE
OCÉAN ATLANTIQUE
AND.
ESPAGNE
Madrid
PORT.
Andalousie
Barcelone
Valence
Mer
Méditerranée
Séville
Gibraltar
ALGÉRIE
MAROC
Infographie
CDU : l’après-Merkel
se joue à droite
L’immigration et le droit d’asile ont été au cœur de
la campagne au sein du parti chrétien-démocrate.
NICOLAS BAROTTE £@
CORRESPONDANT À BERLIN
ALLEMAGNE L’asile et l’AfD : comme une
obsession, la campagne pour la succession
d’Angela Merkel à la tête de la CDU aura
finalement tourné autour de ces deux thèmes. Depuis 2015, la poussée de la droite
radicale sur fond de crise migratoire domine la vie politique allemande et entache
le bilan de la chancelière, au pouvoir depuis treize ans. Affaiblie, elle va céder son
poste de présidente du parti lors du
congrès de Hambourg les 7 et 8 décembre.
Trois candidats sont en lice pour la remplacer : la secrétaire générale de la CDU
Annegret Kramp-Karrenbauer, qui assume la continuité, l’ancien rival de Merkel,
Friedrich Merz, revenu en politique pour
incarner une rupture, et le ministre de la
Santé Jens Spahn, l’outsider de la compétition, décidé à proposer un renouvellement générationnel. Chacun à leur manière a tenté de répondre à la crise que
traverse le parti depuis trois ans. « La
question est de savoir si la CDU peut survivre en tant que grand parti chrétien-démocrate », assure l’un des candidats.
« Besoin de stabilité et d’unité »
Vendredi soir, ils étaient tous les trois réunis à Berlin pour la dernière des huit
conférences régionales organisées pour
les départager. Après avoir présenté leur
projet, ils ont répondu aux questions des
militants. Même si d’autres sujets sont
abordés, la question migratoire est sur
toutes les lèvres, et elle divise. Dans la salle, les militants s’inquiètent pour la suite :
« Quel que soit le vainqueur, nous avons
besoin de stabilité et d’unité ensuite », explique l’un d’eux.
Pour mener campagne, les candidats
sont cependant obligés de se différencier.
Après Jens Spahn, qui a tenté d’ouvrir un
débat sur le pacte sur les migrations de
l’ONU, un texte qui agite les partis populistes en Europe, Friedrich Merz a brisé un
tabou, la semaine dernière, en évoquant la
possibilité de réformer le droit d’asile en
Allemagne. La frange la plus à droite du
parti, qui veut poser une limite à l’immigration, a apprécié. Mais la proposition a
valu à l’économiste une volée de bois vert
de ses pairs. Annegret Kramp-Karrenbauer a reproché à son rival de vouloir
toucher à un droit fondamental garanti
par la Constitution. Plus modérée que ses
concurrents, AKK ne veut pas perdre
l’électorat modéré de la CDU. Mais elle
aussi s’est démarquée d’Angela Merkel
avec des positions plus conservatrices,
susceptibles de séduire les électeurs perdus au profit de l’AfD. Elle a proposé de
revenir sur le droit à la double nationalité.
La CDU s’était prononcée contre en 2016,
mais Angela Merkel n’avait pas tenu
compte de cette prise de position.
L’enjeu de la succession d’Angela Merkel est aussi d’endiguer la percée de la
droite radicale. Friedrich Merz, qui se tenait éloigné de la politique depuis dix ans,
a reproché à son parti d’avoir accueilli
l’émergence de l’AfD « d’un haussement
d’épaules ». Grâce à l’AfD, la CDU a paradoxalement renforcé sa position, puisqu’elle est devenue le seul parti en mesure
de former un gouvernement. Il aurait
souhaité un ton plus offensif contre l’AfD
et un positionnement à droite assumé.
Annegret Kramp-Karrenbauer a reproché à son concurrent de mépriser l’action
du parti contre la droite radicale. Dans la
dernière ligne droite, la campagne se joue
entre cette dernière et Friedrich Merz. Les
sondages accordent un avantage à Annegret Kramp-Karrenbauer, plus consensuelle. Mais l’ambiance lors des conférences régionales donne à Friedrich Merz des
raisons d’espérer : à Düsseldorf, dans la
plus grande fédération du pays, il a eu
droit à une standing-ovation. ■
Les concurrents
dans un mouchoir de poche
Les sondages sont unanimes sur un
point : le PSOE devrait arriver premier
dimanche soir. Selon la moyenne des enquêtes d’opinion calculée par El País, les
socialistes pourraient séduire quelque
33 % des électeurs et conserver 40 des
47 sièges qu’ils occupent aujourd’hui.
Les trois grands autres partis sont donnés
dans un mouchoir de poche, mais à une
bonne distance du PSOE, et généralement dans cet ordre : PP (autour de 21 %
des voix et 26 sièges), AA (19,5 % et
22 sièges), C’s (18 % et 20 sièges). Vox
pourrait obtenir autour de 5 % des suffrages.
« L’enjeu principal est l’importance de
la chute du PP et celle de la hausse de Ciudadanos, analyse Pablo Simón, professeur de sciences politiques à l’université
Carlos III de Madrid. Ce sont les deux formations pour lesquelles l’enjeu est le plus
important en Andalousie. » Quant à Vox,
selon le politologue, « s’ils accèdent à la
région qui reçoit le plus d’immigrés et le
plus de bateaux de fortune du pays, ils
auront un porte-voix et une capacité inédite de fixer leur discours sur ce sujet ».
Reste un mystère : comment le PSOE,
qui a toujours gouverné la région depuis
la fin du franquisme, se maintient-il à un
tel niveau ? La communauté autonome
est pourtant championne d’Espagne du
chômage, avec 22,9 % de sans-emploi, et
la deuxième en termes de pauvreté,
après l’Estrémadure, en PIB par habitant. Le PSOE est pourtant marqué par
un immense scandale de détournement
d’aides publiques aux chômeurs, à hauteur de plusieurs centaines de millions
d’euros, pour lequel deux ex-présidents
de région ont été mis en examen.
Selon Agustín Rivera, directeur du bureau régional de la publication numérique ElConfidencial.com, « le PSOE est le
grand parti régionaliste que n’a pas eu
l’Andalousie, comme Convergencia en
Catalogne ou le Parti nationaliste basque
au Pays basque. Un système clientéliste à
base de subventions assure les votes
d’électeurs qui, sans être socialistes, ont
peur d’être privés de ces aides en cas d’alternance ». En dépit de sa résilience, le
PSOE n’a cessé de perdre des voix depuis
dix ans. Et sa probable victoire dimanche, sans majorité absolue, ne vaudra pas
reconduction automatique de Susana
Díaz. Adelante Andalucía, le seul allié
possible du PSOE, laisse entendre qu’il
pourrait exiger sa tête pour soutenir un
gouvernement socialiste. ■
COMMUNIQUÉ
EN BREF
Le « défenseur de
Srebrenica » acquitté
de crimes de guerre
L’ex-commandant des forces
bosniaques de Srebrenica,
Naser Oric, a été acquitté
vendredi à Sarajevo, dans son
procès pour des crimes de guerre
contre des Serbes lors du conflit
intercommunautaire de 19921995. Lui et son frère d’armes
Sabahudin Muhic étaient jugés
pour l’assassinat en 1992 de trois
militaires serbes capturés dans
les environs de Srebrenica.
Leur acquittement est définitif.
Syrie : bombardements
au sud de Damas
imputés à Israël
L’armée israélienne a bombardé
jeudi soir plusieurs secteurs
au sud de Damas, selon
l’Observatoire syrien des droits
de l’homme (OSDH). Il s’agirait
des premiers raids de l’État
hébreu depuis septembre
lorsqu’un avion russe avait été
abattu accidentellement
par la DCA syrienne à la suite
de tirs israéliens.
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prix fort le soutien de la gauche à un gouvernement socialiste. Vox, enfin, un petit parti d’extrême droite, qui jusque-là
n’est présent dans aucune institution significative, pourrait faire son entrée à la
Chambre de Séville et acquérir ainsi une
tribune, voire une crédibilité nationale.
Publi-communiqué réalisé par 14HAUSSMANN
ESPAGNE « L’Andalousie doit faire barrage à la droite pour que le Parti socialiste,
après les élections générales, puisse continuer à gouverner l’Espagne ! » lançait
jeudi soir Susana Díaz, la présidente sortante de la région (Parti socialiste,
PSOE). Si les électeurs de la plus vaste et
la plus peuplée des 17 communautés
autonomes du pays avaient encore quelques doutes sur l’importance nationale
du scrutin de ce dimanche en Andalousie, le meeting de la candidate socialiste à
San Juan de Aznalfarache, dans la banlieue de Séville, a achevé de les dissiper.
Le renouvellement des 109 sièges du
Parlement autonome, et par la suite du
gouvernement régional, est évidemment
un test pour Pedro Sánchez. Le président
du gouvernement espagnol affronte ses
premières élections depuis son arrivée au
pouvoir à la faveur d’une motion de censure en juin… et peut-être quelques mois
seulement avant d’hypothétiques élections générales anticipées, dont la possibilité et la date font spéculer tout Madrid.
Mais c’est aussi un baptême du feu
pour Pablo Casado, le nouveau président
du Parti populaire (PP, droite), successeur de Mariano Rajoy depuis sa victoire
aux primaires en juillet. Et pour Ciudadanos (C’s, centristes), c’est le premier
espoir fondé de passer devant le PP, ou
au moins de s’en rapprocher suffisamment pour pouvoir incarner une relève
libérale. Du côté de Podemos (gauche radicale), qui se présente cette fois-ci en
coalition avec le vieux parti néocommuniste Izquierda Unida (IU) sous l’étiquette Adelante Andalucía (AA), on table sur
le scrutin pour s’exercer à monnayer au
© devolo
MADRID
CARLOS BARBA/EFE
© devolo
MATHIEU DE TAILLAC £#$%&'()**(+
L l à à ! !"
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
10
INTERNATIONAL
Amlo et la « 4e transformation » du Mexique
Le nouveau
président mexicain,
qui a de hautes
ambitions, doit
d’abord relever
le défi des caravanes
de migrants.
PATRICK BÈLE pbele@lefigaro.fr
AMÉRIQUE LATINE Andrés Manuel Lopez Obrador, dit Amlo, va être intronisé
président de la République mexicaine
ce samedi 1er décembre. Sa victoire à
l’élection du 1er juillet dernier a été un
véritable triomphe : non seulement il a
recueilli 53,2 % des voix, mais de plus il
a obtenu avec son parti Morena et ses
alliés 303 sièges de députés sur 500 et
70 sénateurs sur 120. Sa première tentative pour obtenir le poste suprême en
2000 s’était terminée dans la confusion,
Amlo contestant la victoire de Vicente
Fox. Ses partisans avaient paralysé pendant plusieurs mois le centre de Mexico.
Sa défaite face à Calderon en 2012 avait
été plus nette, mais il avait à nouveau
contesté le résultat.
Amlo promet de faire la « quatrième transformation » du Mexique, la première étant l’indépendance en 1810, la
deuxième la réforme laïque en 1857 et la
troisième la révolution de 1910. « Amlo
est un fin politique qui a une grande expérience, analyse le chercheur Gilles
Bataillon, spécialiste du Mexique et directeur d’études à l’EHESS. Il a un grand
sens de la symbolique politique, il n’a pas
besoin de communicants. » Il a ainsi promis de transformer le palais présidentiel
en musée, et de continuer à habiter son
appartement personnel, de revendre
l’avion présidentiel, il ne veut plus de
gardes du corps, affolant au passage les
services de sécurité mexicains et va revoir à la baisse son salaire de président.
« Plan Marshall pour
l’Amérique centrale »
« Lopez Obrador est un politique dans la
tradition du PRI, le Parti révolutionnaire
institutionnel, qui a dirigé le pays
pendant une grande partie du XXe siècle
puis qui est revenu au pouvoir en 2012
avec l’élection d’Enrique Pena Nieto,
explique Roger Bartra, sociologue et
anthropologue mexicain. Il est dans cette tradition autoritaire du nationalisme
révolutionnaire. Il rêve de restaurer le régime du PRI d’avant les politiques
néolibérales mis en place en 1992 par
Carlos Salina de Gortari. »
Le nouveau
chef d’État
du Mexique,
Andrés Manuel
Lopez Obrador,
dit Amlo,
le 22 novembre
à Mexico.
REBECCA
BLACKWELL/AP
Le premier défi que devra relever le
nouveau président mexicain est de
trouver une réponse aux caravanes de
migrants venues de chez ses voisins du
Sud. Plusieurs milliers de Honduriens
sont ainsi bloqués à la frontière des
États-Unis où Donald Trump a déployé
l’armée. « Amlo a proposé un plan Marshall pour l’Amérique centrale afin de
créer des emplois pour les candidats à
l’exil », se félicite Gilles Bataillon.
Mais ses défis les plus importants, sur
lesquels se sont fracassés ses prédécesseurs, sont la violence, les mafias, le
trafic de drogue et la corruption. Plus de
29 000 Mexicains ont été tués en 2017
dans le pays. Le procès d’El Chapo, chef
du cartel de Sinaloa à New York, a
montré l’incroyable impunité dont
jouissent les chefs mafieux au Mexique
(lire ci-dessous).
Amlo a proposé une amnistie pour les
petits trafiquants, les cultivateurs de
marijuana et de pavot, et la légalisation
du haschich. « Cette proposition n’a pas
été bien acceptée, mais il lance des ballons d’essai, estime Gilles Bataillon. Il
veut créer un corps de gendarmerie pour
lutter contre les mafias. Il a promis d’éliminer la corruption et ainsi de récupérer
pour les caisses de l’État 22,8 milliards
d’euros, sans préciser comment il fera.
Cela lui permettra d’assurer la gratuité
de la santé et de l’enseignement sans
augmenter les impôts. Car il assure qu’il
veut une politique économique d’austéri-
ALIX HARDY £@Alixhar
MEXICO
TOUT, vous saurez tout sur « El Chapo » :
c’est la promesse du procès de Joaquin
Guzman Loera, l’un des plus célèbres visages du trafic de drogue, qui s’est ouvert
il y a bientôt un mois à New York. Pour la
première fois, un baron de la drogue doit
répondre de ses actes devant la justice
américaine - une opportunité ratée avec
Pablo Escobar, considéré comme le plus
grand narcotrafiquant de l’histoire et
abattu il y a exactement 25 ans lors d’une
opération policière à Medellin, en Colombie. Le procès, qui se déroule sous
haute sécurité, relève autant du spectacle que de la justice, car le tribunal n’a
pas requis le huis clos. Un des jurés potentiels a été écarté après avoir demandé
un autographe de l’accusé. Par sécurité,
les jurés gardent l’anonymat et sont escortés chaque jour au tribunal par des
hommes armés. La liste des témoins est
confidentielle, et il est même interdit de
croquer certains d’entre eux à la barre
par crainte de représailles.
Les quatre mois d’audience promettent d’être riches en révélations. Jusquelà, le public en a pour son argent : mardi,
un ancien pilote à la solde d’El Chapo racontait le train de vie luxueux de son patron, avec villas sur toutes les plages du
Mexique, safari d’animaux exotiques à
domicile, cures de rajeunissement en
Suisse et pistolet pavé de diamants gravé
à ses initiales. « Le meilleur reste encore à
venir », sourit José Reveles, journaliste
mexicain et auteur de nombreux livres
sur le narcotrafic. « Ce procès est important parce qu’il va révéler le mode opératoire du narcotrafic au Mexique, et montrer que les autorités ne sont absolument
pas étrangères à son fonctionnement »,
explique-t-il.
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A
La révolution,
« un concept de droite »
« Amlo est un vieux routier de la politique
qui connaît très bien le système mexicain,
estime Gilles Bataillon. Sa décision de
baisser tous les salaires des hauts
fonctionnaires a été bien accueillie.
Populiste ? C’est de toute façon une bonne
idée. »
Alors que de nombreux observateurs
voient en l’élection d’Amlo l’arrivée de
la gauche à la tête du Mexique, le
sociologue Roger Bartra conteste cette
analyse : « Amlo a fait un virage à droite
très clair si on analyse la composition de
son gouvernement. Alfonso Ramo, son
directeur de cabinet, est de droite. Il veut
poursuivre la militarisation de la lutte
contre les cartels. Il a promis de ne pas
augmenter les impôts », dans un pays où
le taux d’imposition est très faible.
Pour le sociologue mexicain, la moitié
des 30 millions de voix obtenues par
Amlo viennent de priistes, qui voient en
lui un politicien qui pourrait restaurer
« l’ancien régime. Une grande partie de
la population mexicaine adhère encore à
cette idéologie nationale révolutionnaire,
qui est un concept de droite, ce qui peut
paraître paradoxal pour des Français ». ■
Au procès d’El Chapo, les autorités au banc des accusés
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té. Il espère que sa politique économique
permettra une croissance de 4 à 6 % pour
que les 40 % de Mexicains vivant dans la
pauvreté aient une chance de retrouver
une vie décente.
Si la justice américaine a monté un solide
dossier contre El Chapo, qui risque la prison à perpétuité pour avoir présumément dirigé pendant plus de vingtcinq ans le puissant cartel de Sinaloa, la
défense de l’accusé semble avoir décidé
d’orienter les projecteurs vers la corruption généralisée des autorités
mexicaines. L’un des avocats d’El Chapo,
Jeffrey Lichtman, a accusé l’ancien président Felipe Calderon (2006-2012, droite) et son successeur Enrique Peña Nieto,
dont le mandat s’est achevé ce samedi,
d’avoir reçu des millions de dollars du
cartel de Sinaloa. Un des témoins clés du
procès, Jesus Zambada, frère d’Ismael
« El Mayo » Zambada, l’associé d’El Chapo en cavale, a ensuite indiqué avoir offert 6 à 8 millions de dollars en liquide à
partir de 2005 à Genaro Garcia Luna, un
ancien ministre de la Sécurité et à ce ti-
publics que je mentionne ici font partie
aussi de la structure criminelle de ce
pays. »
« On a toujours dit qu’il était impossible
de monter un trafic de drogue sans corrompre des autorités qui te permettent
d’opérer, qui te couvrent, qui ne confisquent pas la drogue et ne te mettent pas en
prison, note José Reveles. Et on dirait bien
que ce procès en apporte la démonstration. » Au Mexique, ces accusations ne
surprennent pas grand monde. La collusion entre narcos et autorités est même
un passage obligatoire dans les séries télévisées qui relatent l’histoire du narcotrafic au Mexique, comme El Chapo, où
l’alter ego de Garcia Luna (renommé
Conrado Sol, ou « soleil », miroir de
Luna, « lune ») est un personnage de
premier plan.
« Pardonner »
les présumés corrompus
Joaquin Guzman Loera, alias « El Chapo »,
le 26 novembre, à l’aéroport
de Long Island MacArthur, dans l’État
de New York. U.S. LAW ENFORCEMENT/AP
tre, chef de la police fédérale. Enfin, le
même Jesus Zambada affirme avoir versé
« plusieurs millions » pour « assurer la
sécurité du cartel » au sous-secrétaire de
la sécurité de Mexico, à l’époque où le
maire n’était autre que Andrés Manuel
Lopez Obrador, le président qui a pris ses
fonctions samedi…
Des déclarations que tous les mis en
cause ont vivement réfutées. Même si elles risquent d’être difficiles à prouver,
« ces accusations sont crédibles », juge
José Reveles. Lui et d’autres journalistes
chroniquent de longue date la corruption
à tous les étages de fonctionnaires publics. Ils révèlent par exemple comment
le président Calderon s’est réuni plusieurs fois au cours de son mandat avec
des barons de la drogue. Ces accusations
sont parfois étayées par les narcotrafiquants eux-mêmes : depuis la prison, le
bras droit des frères Beltran Leyva (dirigeants du cartel du même nom), Edgar
Valdez Villarreal, envoyait en 2012 une
lettre aux médias dans laquelle il accusait
Calderon d’avoir pactisé avec le narcotrafic, terminant sa missive ainsi : « J’ai
fait ce que j’ai fait, mais les fonctionnaires
Coup de tonnerre médiatique, les allégations tenues à New York ne devraient cependant pas avoir d’impact juridique à
Mexico, estime José Reveles, qui souligne
que « la Cour américaine ne fait pas le
procès du gouvernement mexicain ». Le
juge Brian Cogan, en charge de l’affaire, a
d’ailleurs rappelé à l’ordre l’avocat d’El
Chapo, soulignant que toute déclaration
faite sans fondement serait considérée
comme inadmissible durant le procès.
Au Mexique, les accusations ont mis le
nouveau président dans l’embarras.
Lopez Obrador, qui vient de prendre ses
fonctions, a été élu en juillet en grande
partie grâce à un discours dénonçant la
corruption des élites politiques. Aussi at-il laissé ses partisans pantois en déclarant mi-novembre qu’il valait mieux repartir de zéro et « pardonner » aux
présumés corrompus qui ne sont pas
poursuivis. « Si on s’obstinait, il faudrait
commencer par tous ceux d’avant, pas
seulement ceux d’aujourd’hui, parce que
cette crise ne date pas du mois dernier »,
s’est-il justifié. Face au tollé provoqué
par ses déclarations, le nouveau président a annoncé qu’il soumettrait à référendum la question de savoir s’il faut
poursuivre les anciens présidents en justice ou non. Les trois mois de procès restants devraient apporter leur lot d’informations nouvelles : le fils Zambada, « El
Vicentillo », est notamment très attendu
à la barre des témoins. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
12
SOCIÉTÉ
Les opposants
aux cirques
avec animaux
se mobilisent
Ils dénoncent les « souffrances chroniques »
des lions, tigres et autres singes, et
appellent l’État à interdire ces spectacles.
ÉRIC DE LA CHESNAIS £@plumedeschamps
PROTECTION ANIMALE Depuis plusieurs années déjà, la question de l’exploitation des animaux dans les cirques
fait débat. D’un côté, les associations de
protection animale dénoncent un malêtre des bêtes éloignées de leur milieu
naturel. De l’autre, certains professionnels du cirque, de moins en moins nombreux, considèrent que les animaux, domestiques ou non, font partie intégrante
de leur spectacle. Dans tous les cas, les
consciences évoluent.
Ce week-end, un collectif d’une vingtaine d’organisations de protection animale adresse à tous les maires de France
un rapport sur les maltraitances infligées
aux animaux de cirque. Parmi les 35 317
destinataires de ce document de 130 pages figurent plus de 105 municipalités qui
ont déjà pris la décision d’interdire l’accueil des cirques avec animaux, comme
Ajaccio, Grenoble, Montpellier, Nevers
ou Strasbourg.
« En juin 2018, la Fédération des vétérinaires d’Europe a recommandé à toutes
les autorités compétentes […] d’interdire
l’utilisation des mammifères sauvages
dans les cirques itinérants dans toute
l’Europe, compte tenu de l’impossibilité
absolue de répondre de façon adéquate à
leurs besoins physiologiques, mentaux et
sociaux », expliquent l’association Code
Animal et la Fondation 30 millions
d’amis. Déjà 28 pays en Europe (une
quarantaine dans le monde) ont proscrit
partiellement ou totalement les cirques
avec ménagerie.
« La mort de notre métier ! »
En France, les animaux les plus représentés, tels les lions et les tigres, les macaques, les babouins ou les éléphants,
sont encore présents dans une centaine
de cirques. « Les éthologues, qui étudient
le comportement de l’animal dans son milieu naturel, parlent de souffrances chroniques. Ils disent par exemple que les éléphants ont tous des problèmes d’arthrose
et de stress quand ils ne vivent pas en
Une manifestation contre la présence d’animaux dans les cirques, en mai à Mulhouse.
groupe social », ajoute Franck Schrafstetter, président de l’association Code
animal.
Fort de ce constat dramatique, le collectif des associations de protection animale propose des solutions. « Il faut sortir progressivement du modèle animal en
tenant compte du côté humain », met en
avant Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 millions d’amis. Pour atteindre cet objectif, l’association propose
d’« interdire la reproduction en captivité
des animaux sauvages mais aussi d’accompagner les gens du cirque pour qu’ils
puissent créer des spectacles sans animaux ». Par ailleurs, elle attend que « le
gouvernement légifère et prenne des dispositions pour interdire partiellement ou
THIERRY GACHON/PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP
totalement la présence des animaux sauvages dans les cirques ».
Certains professionnels, comme André-Joseph Bouglione, n’ont pas attendu
une loi dans ce domaine. « 70 % de la population française est contre les cirques
avec animaux. Nous nous inscrivons dans
une démarche citoyenne et avons créé un
cirque écologique sans animaux, explique
l’ancien dompteur de fauves. Arrêtons de
faire les guignols avec les animaux de cirque. » Mais ce dernier avoue ne pas avoir
« réussi à convaincre tous ses collègues ».
En effet, une partie d’entre eux a créé
un collectif européen « Animaux de
spectacle ». « Interdire les animaux dans
nos spectacles, c’est la mort de notre métier ! », avertit Gilbert Gruss. Il dirige le
Cirque Arlette Gruss depuis 2006.
William Kerwich, délégué général du
collectif des cirques, estime quant à lui
que « les animaux de cirque ont un rôle de
préservation des espèces. Ils sont tous nés
en captivité, issus de programme de reproduction avec les zoos ». Enfin, Frédéric Edelstein, dompteur de fauves, se dit
« scandalisé […]. Si les animaux avaient
un mal-être au cirque, j’arrêterai mon
métier ». Il ne travaille actuellement plus
pour le Cirque Pinder, celui de son père,
qui aujourd’hui présente un spectacle
sans animaux. Le professionnel est à la
recherche d’un gros cirque qui veuille
bien l’embaucher, car pour lui il est
« inconcevable de faire un spectacle sans
animaux ». ■
En Charente, les Britanniques redoutent les effets du Brexit
Dans le village de Paizay-Naudouin-Embourie, dont 11 % des résidents sont originaires d’outre-Manche, les conséquences de la sortie
du Royaume-Uni de l’Union européenne inquiètent autant les sujets de Sa Majesté que leurs voisins français.
FABIEN PAILLOT £@fabienpaillot
PAIZAY-NAUDOUIN-EMBOURIE
REGION Le Brexit inquiète et résonne
particulièrement en Nouvelle-Aquitaine, où près de 39 000 Britanniques sont
installés. Dans le nord de la Charente, à
Paizay-Naudouin-Embourie, la sortie
du Royaume-Uni de l’Union européenne est même perçue comme un cauchemar. Ce paisible village de 360 habitants, perdu à la limite des Deux-Sèvres,
compte 11 % de résidents permanents
originaires d’outre-Manche. Les sujets
de sa Majesté représentent même 40 %
de la population lorsque les résidences
secondaires ouvrent en été. Les retraités
britanniques ont été les premiers à investir ce bout de campagne au début des
années 2000. Les prix de l’immobilier y
étaient bas, les taux de change favorables et le nord de la Nouvelle-Aquitaine
facilement accessible depuis leur île.
« Amoureux de la France »
Paizay-Naudouin-Embourie a depuis
accueilli des familles anglaises et écossaises, vu naître des couples et des enfants. Les Britanniques y ont créé de solides amitiés, des associations, des
entreprises. Ils s’impliquent assidûment
dans la vie locale. Mike Chishlom est de
ceux-là. Voilà seize ans que cet Écossais
« amoureux de la France » vit en Charente. Ce retraité de 67 ans a travaillé dix
ans ici avant de prendre sa retraite. Une
partie de sa pension lui est ainsi versée
par la France.
« Je suis aussi couvert par la Sécurité
sociale et je paie mes impôts en France
depuis 2002 », détaille Mike Chishlom
avant d’embrayer sur le Brexit et « la
sorcière Mme May. Quel gâchis… Tous les
Britanniques du village s’en inquiètent.
Ici, nous avons tous l’esprit européen… »
Inquiet quant aux conséquences du
Brexit, le sexagénaire a pris rendezvous en préfecture pour obtenir une
carte de résident permanent. « Je veux
rester en France », insiste Mike Chishlom, qui officie à Paizay-NaudouinEmbourie comme porte-drapeau parmi
les anciens combattants. Le retraité qui
se définit comme « un citoyen européen » a même siégé au conseil municipal durant le dernier mandat : « Ça
montre que je suis bien intégré. »
Son siège est depuis occupé par Tim
Crews, 63 ans. À la tête d’une petite entreprise de jardinage, ce Britannique
jongle entre son emploi, la présidence
du comité des fêtes local et son mandat.
Il donne aussi des cours d’anglais et
s’occupe de ses petits-enfants et de sa
fille Lisa, installés depuis peu à PaizayNaudouin-Embourie. « Je n’ai pas envie
de rentrer en Angleterre », résume Tim
Crews. Tant et si bien qu’il tente actuellement d’obtenir la nationalité française. Le Brexit, ce saut dans l’inconnu, l’a
définitivement convaincu. « Beaucoup
EN BREF
« Les sapeurs-pompiers sont
formés au risque et à la menace »
Certains lycées bloqués
vendredi
Une trentaine de lycées ont été
bloqués en France vendredi
et des rassemblements ont eu lieu,
parfois avec des « gilets jaunes »,
pour dénoncer des réformes
dans l’Éducation nationale.
Le général Jean-Claude Gallet, commandant de la brigade des sapeurs-pompiers
de Paris, et le professeur Franck de Montleau, invités du « Talk stratégique ».
A
ALAIN BARLUET £@abarluet
DÉFENSE Sauver ou périr est à la fois la
devise des sapeurs-pompiers de Paris et
le titre d’un film de Frédéric Tellier sur les
« soldats du feu », sorti en salle cette semaine. Franck, un jeune sapeur-pompier
à qui tout sourit, incarné par Pierre Niney, voit sa vie basculer lorsqu’il est grièvement brûlé et défiguré en venant à la
rescousse de ses camarades pendant une
intervention.
Basé sur des faits réels, le film - l’histoire d’un engagement et d’une reconstruction — est « bouleversant par l’intensité du scénario, lumineux par la profondeur du message et exceptionnel par la
sincérité des acteurs », estime le général
Jean-Claude Gallet, commandant de la
brigade des sapeurs-pompiers de Paris
(BSPP). Avec le professeur Franck de
Montleau, professeur agrégé du Val-deGrâce et psychiatre à l’hôpital militaire
Bégin, il participait jeudi au « Talk tratégique Le Figaro », à retrouver en intégralité sur www.lefigaro.fr.
La BSPP (constituée de 8 500 sapeurspompiers) intervient à Paris et dans la
petite couronne sur 30 à 40 feux par jour
en moyenne, dont un majeur (soit 15 000
feux annuels), une toute petite part (3 %)
de ses 520 000 interventions annuelles.
Deux « soldats du feu » sont morts en
opération cette année et 1 453 ont été
blessés, dont 8 très grièvement.
Le défi du Grand Paris express
«La mort, la blessure très grave font partie
de notre engagement », souligne le général Gallet, en évoquant « la double culture » du risque et de la menace des sapeurs-pompiers de Paris, qui ont un
statut militaire. Ils sont formés pour faire
face à un risque courant en constante
augmentation (+5% par an). Avec la densification de la population, 11 000 interventions supplémentaires sont anticipées
annuellement en 2024. « Depuis vingt
ans, les feux deviennent très dangereux »,
estime Jean-Claude Gallet, en soulignant
le défi, « inégalé dans le monde », représenté par le Grand Paris express (tunnels
à grande profondeur, notamment), dont
le chantier est prévu jusqu’en 2030. À
travers des exercices, la BSPP se prépare
à des scénarios intégrant un grand nombre de victimes et renforce son interopérabilité avec les différents acteurs de la
sécurité, sous l’autorité de la préfecture
de police. Des incivilités au terrorisme, la BSSP a été entièrement mobilisée lors
des attentats de 2015 - le spectre des menaces s’est élargi. De plus en plus, le sapeur-pompier est « confronté à une intelligence humaine qui va casser l’intelligence
de sa manœuvre », juge le général Gallet.
Habitué à la prise en charge des pompiers blessés en opérations - l’expérience de l’Afghanistan a beaucoup servi-,
Franck de Montleau pointe, lui, une problématique complexe, et spécifique :
d’amis britanniques ont peur des conséquences, pour la carte Vitale, le statut de
résident…» Lui s’inquiète aussi pour son
mandat et craint de devoir démissionner
à cause du Brexit. « Je n’habite plus en
Angleterre depuis plus de quinze ans. Je
n’ai donc plus le droit d’y voter. Maintenant, je vais aussi perdre ce droit aux
élections locales en France ! Je trouve ça
grave… » Le maire de Paizay-NaudouinEmbourie, lui, ne tarit pas d’éloges pour
« [ses] British ». « Ils ont à cœur de faire
vivre le village et le territoire, explique
Michel Gall. Dimanche dernier, près de
150 personnes ont assisté à la cérémonie
du 11 Novembre. Plus de 50 % d’entre elles
étaient britanniques. Si elles n’étaient pas
là, la commune tournerait au ralenti. » ■
Val-d’Oise : un adolescent
interpellé dans son lycée
avec deux armes
JEAN-CLAUDE GALLET
ET FRANCK DE MONTLEAU,
jeudi, dans le studio du Figaro.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
«Comment faire pour que le professionnel
du sauvetage puisse dissocier la gratitude
qu’il est en droit d’attendre, des actes hostiles auxquels il est confronté. » Les blessures physiques ne sont souvent pas les
plus graves et les plus longues à traiter,
par rapport aux atteintes psychiques. Le
soin, insiste le médecin militaire, doit
passer par une « approche globale »
(médicale, sociale…) et l’accompagnement de l’institution, même si celle-ci a
ses limites. ■
Un adolescent de 17 ans a été
interpellé jeudi dans son lycée
d’Argenteuil (Val-d’Oise) en
possession de deux armes non
opérationnelles. L’élève, scolarisé
au lycée professionnel Le Garac,
était en possession d’un pistolet
Glock 26 approvisionné de deux
cartouches, ainsi que d’un Colt
semi-automatique.
Le département de LoireAtlantique va voter sur son
rattachement à la Bretagne
Après le dépôt d’une pétition
de 100 000 signatures, le président
du conseil général de LoireAtlantique a inscrit à l’ordre du
jour du 17 décembre la question
du rattachement à la Bretagne :
« Les élus pourront s’exprimer puis
voter », a-t-il précisé.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
1
4
SCIENCES
En Pologne, la COP24
s’ouvre dans
un contexte difficile
Il s’agit de la plus importante réunion internationale sur le climat
depuis l’adoption de l’accord de Paris, en décembre 2015.
MARC CHERKI £@mcherki
CLIMAT Une cinquantaine de chefs
d’État et de gouvernement sont attendus
à Katowice (Pologne), lundi 3 décembre,
au lendemain de l’ouverture de la COP24,
la 24e conférence internationale de la
convention-cadre des Nations unies sur
les changements climatiques. Emmanuel
Macron, le « champion de la Terre » de
l’ONU, ne fera pas le déplacement, contrairement au premier ministre français,
Édouard Philippe. La réunion, qui doit se
clore le 14 décembre, est pourtant la plus
importante depuis l’accord de Paris, en
décembre 2015, où 190 pays s’étaient engagés à limiter le réchauffement de la
planète au-dessous de 2 °C par rapport à
l’ère préindustrielle.
Cette nouvelle COP s’ouvre dans un
contexte critique pour le climat et très
difficile sur le plan politique.
D’abord, le contexte climatique. Antonio Guterres, le secrétaire général des
Nations unies, a indiqué qu’il reste deux
ans pour engager des efforts complémentaires et décisifs pour limiter la hausse de
la température mondiale. « Deux processus clés sont attendus à la COP24 pour le
relèvement de l’ambition climatique internationale et l’adoption des règles de mises
en œuvre de l’accord de Paris », résume
Lola Vallejo, directrice du programme
climat de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). À l’instar des 48 pays les plus vulnérables qui ont déjà promis d’accentuer
leurs efforts dès 2020, les autres pays
pourraient se mettre d’accord pour augmenter leurs objectifs la même année. Les
engagements actuels sont insuffisants et
trop tardifs. L’Unep, l’agence des Nations
unies pour l’environnement, a indiqué
cette semaine que les pays doivent tripler
leurs efforts et limiter plus rapidement
que prévu leurs émissions de gaz à effet de
serre afin de respecter l’accord de Paris.
Un premier état des lieux sur les émissions globales est prévu en 2023, avant un
relèvement des ambitions nationales en
2025. Mais cela risque d’arriver bien tard.
D’autre part, les règles de mises en
œuvre de l’accord de Paris doivent être
approuvées pour laisser le temps à chaque pays de revoir ses contributions, savoir quelles émissions sont comptabili-
sées, quels progrès sont obtenus et quels
flux financiers sont disponibles. Par
exemple, les règles de financement doivent être débattues pour s’assurer qu’il
n’y a pas « de double compte entre les aides
au développement et les aides au climat. Il
s’agit d’un débat technique mais important
pour établir la confiance entre les pays »,
explique Michel Colombier, directeur
scientifique et cofondateur de l’Iddri.
Plus de leader crédible
Mais le contexte est très difficile sur le
plan politique. Il n’y a plus de grand pays
leader crédible. Donald Trump a décidé
de retirer les États-Unis de l’accord de
Paris. Le risque de contagion aux pays
producteurs de pétrole augmente. De
plus, après l’élection de son nouveau président, le Brésil, 7e émetteur de gaz à effet
de serre au monde, n’a plus l’intention
d’accueillir la prochaine COP. À l’exception de la Chine et du Japon - qui n’est pas
très moteur dans les discussions -, aucun
grand pays ou grande région ne satisfait
ses engagements volontaires, a indiqué
cette semaine l’Unep.
Dans ce contexte, la Commission européenne a proposé d’atteindre la « neutralité carbone » en 2050, au lieu de viser la
seconde moitié du XXIe siècle, comme le
prévoit l’accord de Paris. L’Europe affiche
des ambitions à long terme, à défaut de
brandir l’arme commerciale pour influencer les États qui menacent d’écorner l’accord de Paris. Mais saura-t-elle fédérer les
pays ? D’autant que la France vient par
exemple de revoir à la baisse ses ambitions
de réduction d’émissions de gaz à effet de
serre. Un mauvais signal en début de COP.
Seule lueur d’espoir, si les négociations
n’aboutissent pas, il y a encore deux
chances en 2019 de s’accorder sur l’ambition des pays : en septembre prochain, à
New York, à l’invitation d’Antonio Guterres, ou lors de la prochaine COP, qui se
tiendra en Amérique latine ou dans les
Caraïbes. ■
Des ouvriers préparent l’ouverture de la COP24 à Katowice, en Pologne, où une cinquantaine de
Des engagements insuffisants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
RÉPARTITION DES ÉMISSIONS
DE GAZ À EFFET DE SERRE
(dioxyde de carbone et méthane),
en 2017, en %
UNION EUROPÉENNE :
Canada
Turquie
9%
Russie
4,6 %
1,6 %
Pays respectant
leurs engagements :
Non
Oui
Incertain
États-Unis
13,1 %
France
Chine
26,8 %
0,9
1,6 %
1,2 %
Japon
3%
Corée du Sud
Les chiffres indiqués sont
ceux correspondant aux
pays du G20
1,5 %
Mexique
1,5 %
Inde
7%
1,1 %
Brésil
2,3 %
Arabie
saoudite
Indonésie
1,7 %
Afrique du Sud
Argentine
0,8 %
Australie
Source : ONU
1,2 %
Infographie
« Sans succès à Katowice, pas de mise en œuvre de l’accord de Paris »
LES CHEFS D’ÉTAT et de gouvernement
sont attendus lundi 3 décembre à
l’ouverture de la COP24, réunion des
pays dans le cadre de la convention des
Nations unies sur les changements climatiques. Francophone, diplômé de l’École
polytechnique, le Polonais Michal Kurtyka préside cette réunion cruciale.
A
LE FIGARO. – Quelle est votre ambition
pour la COP24 ?
Michal KURTYKA. – Il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour mettre
en musique l’accord de Paris, approuvé
par les pays du monde entier il y a trois
ans. Sans règles ambitieuses adoptées à
Katowice lors de la COP24, il n’y aura pas
de mise en œuvre de l’accord de Paris ni
de politique climatique globale, cohérente et efficace. C’est une lourde responsabilité ! Notre ambition est de fixer les règles qui détermineront comment le
monde entier va travailler à cette politique climatique dans les années à venir,
voire les prochaines dizaines d’années. Il
faut à la fois diminuer les émissions de gaz
à effet de serre, aider les pays à s’adapter
aux dérèglements climatiques et débloquer les moyens pour cette politique.
Nous espérons donc créer un paquet de
règles ambitieuses, opérationnelles et
équilibrées entre ces trois objectifs.
Quels éléments vous permettront de dire
que la COP24 a été un succès ?
L’accord de Paris a fixé les grands principes, notamment à propos des contributions volontaires de chaque pays (NDC).
De ce fait, chacun s’est engagé à diminuer
ses émissions de gaz à effet de serre. Mais
le diable se cache dans les détails ! Comment comparer chaque contribution nationale ? Quels secteurs seront couverts ?
Comment va-t-on mesurer les émissions ? Quels paramètres faut-il prendre
en compte au niveau international ? Traiter ces questions est fondamental pour
qu’il y ait une transparence des engagements de chaque pays et pour pouvoir
observer dans quelle mesure chacun tient
ou non ses promesses. Et même si les engagements sont respectés, est-ce suffisant pour atteindre nos objectifs ?
Les experts indiquent qu’il faudrait
augmenter les engagements volontaires
de chaque pays, à partir de 2020, pour
limiter la hausse de la température
moyenne au-dessous de 2 °C…
Justement ! Pour que les pays commencent à déposer leurs futurs engagements
volontaires en 2020, il est nécessaire
d’avoir des règles ambitieuses établies au
niveau mondial. L’ambition de Katowice
est de mettre en place ces règles systémiques pour que chacun fasse son bilan régulièrement. C’est ce qui devrait lancer
l’action globale.
Même si les émissions de gaz à effet de
serre des principaux pays contributeurs
(États-Unis, Chine, Inde, Europe, etc.)
risquent encore d’augmenter en 2018 ?
D’abord, nous espérons réunir tout le
monde autour de la table. Par ailleurs,
le leadership de l’Europe est reconnu sur
parcs solaires photovoltaïques. De plus, la
la scène internationale. Mais notre crédiPologne, aux côtés de la France et de l’Albilité est en jeu. De grands pays du Vieux
lemagne, a soutenu le compromis pour
Continent (l’Allemagne et la France,
32 % d’énergies renouvelables en Europe
NDLR) ont augmenté leurs émissions en
en 2030, dans la consommation finale
2017. Cela doit nous amener à questionner
brute d’énergie. Mais le pouvoir d’achat
l’efficacité des dispositifs européens en
en Pologne est environ la moitié de celui
place. Il ne suffit pas de se doter d’une forde nos voisins allemands, alors que le prix
te ambition, il faut également débloquer
des marchandises est le
les moyens pour satisfaire
même. La part de la facture
cette politique ! Or la part des
énergétique représente 10 %
énergies renouvelables dans
du budget d’un ménage polole mix électrique, prévue en
nais, contre 5 % seulement en
2020, ne sera pas atteinte
Allemagne. Notre potentiel est
dans de nombreux pays euroaussi plus limité pour acquérir
péens. La part grandissante
des voitures électriques.
des énergies renouvelables
dans les réseaux électriques
pose des difficultés aux opéFaudrait-il réguler
rateurs, car le développement
L’objectif de les véhicules équipés
de technologies de stockage
d’un moteur à combustion ?
Katowice est Un moteur électrique est
d’énergie est une condition
de proposer
nécessaire. En France, il y a,
deux fois plus efficace qu’un
en outre, un problème d’acmoteur à combustion, car la
un accord
ceptabilité sociale, notammoitié de l’énergie brûlée sert
global où
ment pour les éoliennes.
à chauffer le moteur et non
chacun pourra pas à propulser la voiture. En
moyenne, dans l’Union euroOù en est la Pologne dans
se retrouver
péenne, un véhicule électriles énergies renouvelables,
MICHAL KURTYKA
que émet deux fois moins de
alors que vous utilisez encore
gaz à effet de serre qu’une
beaucoup de charbon ?
voiture thermique. Mais en Pologne, ce
Après la folie des grandeurs des années
ratio est seulement de 25 %. Car nous
soviétiques, où nous avons construit de
avons hérité de la planification soviétique
nombreuses centrales au charbon, nous
qui nous avait conduits à produire 100 %
avons engagé la transition énergétique et
de notre électricité à partir du charbon.
l’électromobilité. Nous avons en Pologne
Contrairement à nos voisins, la Lituanie
davantage d’éoliennes sur terre qu’au Daet la Tchécoslovaquie, qui avaient eu le
nemark. Nous allons maintenant dévedroit de développer le nucléaire.
lopper l’éolien offshore (en mer) et les
»
Lors de récentes réunions
internationales, les États-Unis et l’Arabie
Saoudite ont semblé peu enclins
à engager des actions complémentaires.
Comment convaincre les pays
plus réticents ?
C’est une question très difficile, surtout
compte tenu de la décision des États-Unis
de sortir de l’accord de Paris. Mais les
pays ne sont plus les seuls acteurs. Les
villes, les régions et les entreprises s’engagent massivement vers une politique
climatique globale. Ces engagements sont
importants, même s’ils ne remplacent
pas ceux d’un pays.
L’objectif de Katowice est de proposer un
accord global où chacun pourra se retrouver. Si c’est le cas, les pays seront
moins enclins à ne pas s’engager. C’est
une question de bonne volonté, de solidarité internationale et de construction
d’une certaine confiance mondiale. Les
règles de transparence pourraient alors
créer un cercle vertueux.
Les fonds pour l’adaptation réclamés
par les pays les moins avancés
et les plus vulnérables seront-ils
débloqués ?
Cette question de l’adaptation au changement climatique, en particulier celle
des pays les plus vulnérables, est très importante. Lors de la COP de Copenhague,
l’objectif de 100 milliards de dollars par
an pour les pays pauvres avait été annoncé. Mais les besoins sont de plus en plus
importants. Après le retrait des ÉtatsUnis, qui étaient un gros contributeur fi-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
SCIENCES
15
La France réduit ses ambitions de baisse
d’émissions de CO2 jusqu’en 2023
chefs d’État et de gouvernement sont attendus lundi.
CZAREK SOKOLOWSKI/AP
EMMANUEL MACRON pourra-t-il
conserver son titre de « champion de
la Terre » qui lui a été attribué en septembre dernier par les Nations unies
pour saluer son action internationale
contre le dérèglement climatique, et
notamment le lancement de l’Alliance
solaire internationale avec l’Inde ? La
question peut sérieusement se poser,
car mardi dernier, en même temps
qu’il présentait sa stratégie pour « la
programmation pluriannuelle de l’énergie » et « la stratégie nationale bas carbone », le gouvernement français a
décidé de relever les objectifs d’émissions de gaz à effet de serre du pays
pour la période 2019-2023. Sans le
claironner sur tous les toits…
Les premiers engagements avaient
été publiés par décret, en novembre 2015, comme cela était prévu dans
la loi sur la transition énergétique, du
gouvernement de Manuel Valls. Ces
chiffres couvraient une période allant
jusqu’à 2028.
Mais le niveau des futures émissions
de CO2 (dioxyde de carbone) de la
France, sur les cinq prochaines années, a été relevé de 6 % par rapport
aux 399 millions de tonnes de CO2 qui
avaient été promises. Il faudra encore
publier un décret pour confirmer ces
nouvelles données. Avec ces nouveaux
chiffres pour la période 2019-2023, les
émissions en France vont diminuer
deux fois moins vite que prévu par
rapport aux cinq années précédentes
(4,2 % de baisse au lieu de 9,7 %). « Les
objectifs qui avaient été annoncés en
2015 ne peuvent pas être atteints car,
dans plusieurs secteurs, les mesures
adéquates n’ont pas été prises à temps
pour réduire nos émissions. Nos engagements à plus long terme sont maintenus, notamment ceux qui ont été pris
dans le cadre de l’accord de Paris pour
2030 », assure-t-on dans l’entourage
de François de Rugy, ministre de la
Transition écologique et solidaire. Mêmes propos rassurants au cabinet du
premier ministre, où cette hausse du
“
On a pris trop
de retard dans
les moyens
accordés pour
le bâtiment, l’agriculture
et les transports
”
CÉLIA GAUTIER, EXPERTE À LA FNH
« budget carbone » de la France ne
mettra pas en cause l’engagement volontaire du pays pour 2030, ni même
les promesses faites à l’Union européenne pour 2020 !
La raison ? Les objectifs publiés par
la France étaient plus optimistes que
les estimations communiquées à l’Europe (qui ne concernent qu’une partie
des émissions soumises au mécanisme
de prix européen, dit ETS). Et les projections s’arrêtaient en 2028, elles ne
concernent donc pas l’accord de Pa-
ris… Pourtant, le premier article du
décret du 19 novembre 2015 précise
tout de même que « les émissions de
gaz à effet de serre comptabilisées au
titre des budgets carbone fixés sont celles que la France notifie à la Commission européenne et dans le cadre de la
convention-cadre des Nations unies sur
les changements climatiques ».
Célia Gautier, experte des questions
climat-énergie à la FNH (Fondation
pour la nature et l’homme), créée par
Nicolas Hulot, confirme que l’objectif
de la France dans le cadre de l’accord
de Paris peut rester inchangé, mais
qu’à court terme on va tout de même
augmenter nos plafonds d’émissions !
Elle précise que cette décision s’explique car « on a pris trop de retard dans
les moyens accordés pour le bâtiment,
l’agriculture et les transports ». Rehausser l’objectif des émissions de la
France revient un peu à raccourcir une
piste de 100 mètres pour qu’un sprinteur fatigué maintienne son temps habituel sur une distance réduite !
En 2017, les émissions nationales ont
été supérieures à ce qui était prévu. Et
il devrait en être de même cette année… Mais à partir de 2019, avec ce
petit tour de passe-passe, la France ne
sera plus à considérer comme un coureur trop lent ! Toutefois, cette décision fait mauvais effet au moment où
Emmanuel Macron souhaite faire
avancer, ce week-end, le dossier
« climat » lors de la réunion du G20 en
Argentine. ■
M. C.
Une tendance globale
à la hausse de 3 °C à 5 °C
nancier, des négociations ont commencé pour combler ce manque d’argent. La
recapitalisation du « fonds vert pour le
climat », qui doit être doté au total de
10 milliards de dollars, sera débattue et
traitée dans le prochain mois.
De plus, le fond d’adaptation, plus petit
et plus ciblé, est bien construit pour les
pays en développement, notamment
pour les aider à lutter contre le manque
d’eau, la sécheresse, la désertification et
d’autres catastrophes climatiques comme les cyclones et les inondations.
Où en est-on sur la mobilisation
des 100 milliards de dollars pour les pays
pauvres prévus pour 2020 ?
Il reste encore difficile de séparer ce qui
est promis entre les financements pour
le développement et ceux pour le climat. Mais certaines promesses ont été
tenues, notamment par l’Europe. Le
commissaire européen Miguel Canete a
précisé que la contribution de l’Europe
était de 20 milliards d’euros en 2016, en
tenant compte des importantes dotations de la France, de l’Allemagne et de
la Suède.
L’objectif de 100 milliards de dollars
par an sera-t-il atteint seulement
avec des fonds publics ?
Certainement pas. Cette enveloppe doit
agir comme une sorte de fonds d’amorçage pour déclencher des investissements privés qui se compteront alors en
milliers de milliards de dollars par an ! ■
PROPOS RECUEILLIS PAR M. C.
ressources connues de combustibles
fossiles sont utilisées.
Comme une température annuelle
n’est pas probante pour dégager une
tendance, les experts du climat observent les moyennes sur plus longues périodes. Là encore, la tendance semble
inéluctable : sur la dernière décennie
(2009-2018), la hausse de la température
était de 0,93 °C et de 1,04 °C sur les cinq
dernières années 2014-2018. Or, le dernier rapport spécial du Giec (Groupe
d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat), publié le 8 octobre, consacré à un réchauffement de
1,5 °C, a démontré que les conséquences
seront dramatiques pour quelques dixièmes de degré de hausse de la température. Les perturbations attendues toucheront notamment les ressources en eau, la
santé humaine, le rythme de fonte des
glaciers, la biodiversité ou encore l’ampleur et l’étendue des catastrophes climatiques. « Toute augmentation supplémentaire a de l’importance », résume
Elena Manaenkova, secrétaire générale
adjointe de l’OMM.
Ce dérèglement de la machine climatique est lié aux émissions de gaz à effet de
serre (dioxyde de carbone CO2, méthane, etc.) qui s’accumulent dans l’atmosphère. La concentration de CO2 a atteint
l’an dernier un nouveau record, à 405,5
ppm (parties par million de molécules
d’air) et la hausse se poursuit.
« Énergie cyclonique cumulée »
Dans ce contexte, le niveau moyen de la
mer monte, avec une hausse de 2 à 3 mm
de janvier à juillet, par rapport à la même
période que l’an dernier, souligne
l’OMM. De ce seul fait, les cyclones
créent potentiellement plus de dommages, car ils peuvent s’enfoncer plus profondément à l’intérieur des terres.
L’agence des Nations unies précise que
70 tempêtes cycloniques ont touché
l’hémisphère Nord au 20 novembre,
contre 53 en moyenne. Dans le Pacifique
Nord-Est, « l’énergie cyclonique cumulée
a été la plus importante qui ait été enregistrée depuis le début des observations par
satellites ». Par ailleurs, d’importantes
inondations ont touché le sud de l’Inde,
l’est de l’Afrique et des zones autour de la
Méditerranée. À l’inverse, les vagues de
chaleur et de sécheresse ont entraîné notamment des feux de forêt en Scandinavie, au Canada, aux États-Unis et en Grèce. Elles ont de plus provoqué de lourdes
pertes agricoles en Uruguay et en Argentine. Des records absolus de chaleur ont
été mesurés au Japon (41,1 °C), en Corée
du Sud (41 °C) et en Algérie (51,3 °C).
Enfin, sur les 17,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre
pays jusqu’en septembre, 2,3 millions
ont fui à cause de catastrophes liées à des
phénomènes
météorologiques
et
climatiques. ■
M. C.
A
HÉLAS, année après année, le constat sur
la dégradation du climat sur Terre devient de plus en plus alarmant. Déjà, 2018
devrait se classer au quatrième rang des
années les plus chaudes, depuis le début
des relevés, à la fin du XIXe siècle, a indiqué jeudi l’Organisation météorologique
mondiale (OMM). Les trois autres années
plus chaudes ont été 2016, 2015 et 2017 !
La tendance au réchauffement se poursuit et accélère même depuis une dizaine
d’années.
Sur les dix premiers mois de l’année,
la température moyenne à la surface du
globe était supérieure de quasiment 1 °C
par rapport aux valeurs de l’époque
préindustrielle. « Nous ne sommes pas
en voie d’atteindre les objectifs fixés dans
le contexte du changement climatique et
d’endiguer la hausse de la température », déplore Petteri Taalas, le secrétaire
général de l’OMM, qui ajoute : « Si la
tendance se poursuit, la température risque d’augmenter de 3 °C à 5 °C d’ici à la
fin du siècle. » Et d’expliquer que cette
prévision risque de s’aggraver si les
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
16
SPORT
Dans les pas de Thierry Dusautoir
au Japon, à un an de la Coupe du monde
« Le Figaro »
a accompagné
l’ancien capitaine
des Bleus sur les
terres du Mondial
de rugby en 2019
et des JO en 2020.
ARNAUD COUDRY £@ArnaudCoudry
ENVOYÉ SPÉCIAL AU JAPON
RUGBY Le stade Ajinomoto de Tokyo se vide tranquillement. Le 3 novembre dernier, les All Blacks viennent de disposer sans forcer du
Japon (69-31) devant 46 000 spectateurs. Au milieu de la foule, Thierry
Dusautoir ne passe pas inaperçu.
L’ancien flanker du XV de France,
qui vient d’assister au match en tribunes, est au pays du Soleil-Levant
pour quelques jours, en qualité
d’ambassadeur d’Eventeam, agence
de voyages spécialisée dans les
grands événements sportifs. Les
supporteurs des « Brave Blossoms », le surnom de l’équipe japonaise, ont reconnu l’ancien capitaine des Bleus - 80 sélections dont 58
avec le brassard de capitaine, un record -, on l’arrête pour demander
un autographe, prendre une photo.
« Je ne m’y attendais pas du tout,
sourit l’ex-troisième ligne casqué. Je
ne pensais pas que les supporteurs japonais aient une telle culture, une telle
connaissance des acteurs du rugby
international. J’ai eu quasiment le
même accueil qu’en France. » Il lui
faudra une bonne demi-heure pour
s’extraire de l’enceinte située dans la
banlieue de la capitale.
Dans moins d’un an, ce stade sera
le théâtre de la finale de la neuvième Coupe du monde (20 septembre-2 novembre 2019). Toute la
planète ovale sera alors tournée
vers le Japon, premier pays asiatique à accueillir un Mondial de rugby. Pourtant, pour l’instant, dans la
capitale nippone, rien ne laisse présager de l’événement à venir. On
voit plutôt fleurir quelques affiches
pour les prochains Jeux olympiques
et paralympiques qui se tiendront
dans la foulée, en 2020. Le ballon
ovale a encore un peu de mal à
trouver sa place au pays du sumo.
Yuichi Ueno, président de la
franchise des Sunwolves, engagée
dans le Super Rugby, et vice-président d’Asia Rugby (l’organisme qui
gère ce sport dans ce continent),
sert de guide à Thierry Dusautoir
lors de son périple nippon. Il pose un
regard sans concession sur la place
du rugby au Japon (lire interview cidessous) : «Ici, les sports populaires
sont le football, le baseball, le basket,
le volley… Ce n’est pas vraiment le cas
du rugby. C’est précisément pour cela
qu’il faut obtenir de bons résultats à
la Coupe du monde, afin d’être soutenus par nos concitoyens. »
Pourtant, lors du dernier Mondial
en Angleterre, le Japon avait signé
le plus retentissant exploit de l’histoire de cette compétition, en faisant chuter l’Afrique du Sud (3432). Dans la foulée, le match contre
l’Écosse (perdu 45-10) avait été suivi par 20 millions de téléspectateurs
nippons, soit près de 15 % de la population du pays. Record mondial
du match le plus suivi par un pays.
Mais, presque quatre ans plus
tard, le rugby n’a pas encore véritablement percé au Japon. Les résultats, sur le terrain, sont pourtant en
nette amélioration, comme le prouve le match nul décroché contre la
France en novembre 2017 (23-23).
L’intégration des Sunwolves au Super Rugby, en 2016, a également
permis aux meilleurs joueurs du
pays de se frotter à ce qui se fait de
mieux en Nouvelle-Zélande, Australie et Afrique du Sud. Mais les
progrès ont besoin de s’inscrire
dans la durée. Tout ne se fait pas en
quelques années… « Nos joueurs ont
progressé, c’est une évidence,
constate Hiroyuki Kajihara, ancien
international nippon (31 sélections), qui a participé aux Coupes du
monde 1991 et 1995. Ce Mondial doit
vraiment donner un coup de projecteur sur ce sport. Pour qu’il franchisse un nouveau palier. »
Ces deux prochaines années, le
Japon sera véritablement le cœur
A
ARNAUD COUDRY/LE FIGARO
4
victoires
Le Japon a gagné
4 matchs
en huit éditions
de la Coupe du monde
(2 nuls, 22 défaites)
de la planète sport. Avec l’organisation conjointe de deux événements
planétaires (Mondial de rugby-Jeux
olympiques), le pays va continuer à
s’ouvrir au monde. Près de
400 000 visiteurs sont attendus
pour assister aux joutes ovales.
World Rugby, la fédération internationale, vient de dévoiler que
plus de 4,5 millions de demandes
d’achat de billets ont déjà été faites,
ce qui devrait en faire la « Coupe du
monde qui accueillera le plus grand
nombre de supporteurs étrangers. »
Un fort engouement également
constaté en France chez Eventeam
(lire encadré ci-dessous).
« Créer des liens »
Du côté de l’ambassade de France au
Japon, on observe aussi une accélération des échanges entre les deux
pays. « Ce double rendez-vous est un
véritable catalyseur de cette coopération, confirme Samuel Ducroquet,
attaché olympique auprès de l’ambassade de France à Tokyo. Au-delà
de ces deux événements sportifs, on
fête le 160e anniversaire des relations
diplomatiques franco-japonaises. Le
Japon est un pays qui fascine beaucoup, mais qui n’est pas encore connu
de l’intérieur par le plus grand nombre. Il y a une volonté de planifier au
mieux la venue des Français et de faire un effort de communication pour
faciliter le séjour des visiteurs. Compte tenu de l’entrain que mettent les Japonais pour accueillir les Français, je
ne me fais pas trop de soucis… »
En amont de la Coupe du monde,
le staff du XV de France était venu
en repérages au Japon et sait désormais où seront ses différents camps
de base. Afin de s’acclimater au
pays avant le début de la compétition, les Bleus se prépareront, dès
début septembre, à Fujiyoshida,
dans la province de Yamanashi, à
une heure et demie de route de Tokyo. Ils disposeront des installations du parc Fuji Hokuroku, un
magnifique complexe sportif, bordé
de verdure, situé au pied du mont
Fuji. « C’est un cadre idéal pour bien
se préparer. L’équipe de France sera
dans les meilleures conditions »,
avance Thierry Dusautoir.
Yuichi Ueno : « Le rugby
pourrait disparaître
au Japon… »
YUICHI UENO, président de la
franchise nippone des Sunwolves, engagée dans le Super
Rugby, et vice-président d’Asia
Rugby espère que la Coupe du
monde 2019 va aider l’essor du
rugby en Asie.
LE FIGARO. - Quel regard portezvous sur le rugby nippon ?
Yuichi UENO. - Jusque-là, les huit
Coupes du monde avaient été organisées soit dans des pays du
Commonwealth, soit en France.
Au-delà du Japon, ce sera une
En France, la demande de billets
pour le Mondial japonais explose
Si World Rugby a annoncé une
explosion des demandes de billets,
Eventeam constate également
un énorme engouement pour
la Coupe du monde au Japon.
« Nous avons déjà vendu 60 %
des 3 500 packages pour cette
compétition, détaille Igor Juzon,
le PDG du tour-operateur
spécialisé dans les hospitalités
pour les grands événements
sportifs (Coupes du monde
de football et de rugby, Roland-
Thierry Dusautoir
avec un moine
bouddhiste du temple
Erin-ji de Koshu,
dans la préfecture
de Yamanashi.
Garros, Ryder Cup). Sur les autres
événements, on n’avait vendu
que 30 % des packages à la même
période. » Et d’expliquer :
« Le Japon est une destination
vraiment à la mode. Les gens
veulent découvrir ce pays, rester
longtemps, pour des séjours
d’au moins une dizaine de jours.
Pour la Coupe du monde en 2015,
ils ne faisaient que de brefs allersretours. Car ils connaissaient
l’Angleterre par cœur… »
A. C.
EN BREF
Foot : Lyon après la fièvre
européenne
Lyon (2e à 15 pts du PSG)
retrouvera la Ligue 1, samedi
à Lille, avec en tête que toute
décompression est interdite.
Montpellier (qui se rend
à Monaco) n’est qu’à 1 point.
grande première pour l’Asie. Le
rugby japonais n’est pas encore au
niveau des nations historiques.
Nous revenons de loin. En 1995,
nous avions perdu contre les All
Blacks sur le score de 145 à 17…
Le Japon a-t-il progressé
depuis la dernière Coupe
du monde et son exploit
contre l’Afrique du Sud ?
Avant 2015, nous n’avions gagné
qu’un seul match en Coupe du
monde (contre le Zimbabwe en
1991). Après avoir battu l’Afrique
du Sud (34-32) lors du Mondial
en Angleterre, nous avions signé
deux autres victoires (contre les
Samoa et les États-Unis). Cependant, le Japon ne s’est pas qualifié
pour les quarts de finale. Est-ce
qu’on peut bâtir une équipe plus
forte pour 2019 ? C’est toute la
question… Mais si on concède
lors de notre Coupe du monde de
lourdes défaites, le rugby japonais n’aura pas d’avenir et il n’est
pas exagéré de dire qu’il va disparaître. Le rugby n’est pas le
sport le plus populaire au Japon.
Beaucoup plus d’enfants doivent
commencer à pratiquer ce sport.
Pour cela, l’équipe nationale doit
rivaliser avec les meilleurs et
transmettre aux enfants cette
émotion, ce rêve.
La FFR n’est pas la seule à avoir
choisi la province de Yamanashi
pour venir répéter ses gammes.
Avant les JO 2020, pas moins de huit
fédérations françaises (handball,
basket-ball, lutte, escrime, triathlon, tennis de table, cyclisme sur
route, beach-volley) rallieront cette
province située au centre de la région
du Chubu, avant d’entrer dans leur
compétition. Pour développer les
échanges et faire connaître la France, la préfecture de Yamanashi avait
organisé, début novembre, une fête
où chacune de ces huit fédérations
françaises était à l’honneur. « Les Japonais ont une culture de l’accueil qui
est très développée, apprécie Thierry
Dusautoir. Et pas uniquement vis-àvis de moi qui suis un ancien athlète. Ils
veulent donner une bonne image de
leur pays, et cela passe par un accueil
sans faille. Ils font le maximum pour
faciliter le séjour des gens qui viennent
au Japon. Ce n’est pas forcément le cas
partout dans le monde… »
« Ces deux événements vont permettre de créer des liens dans tous les
domaines, culturel, linguistique, touristique ou gastronomique. Pour
montrer que le Japon ne se résume
pas aux mangas et aux sushis », insiste l’attaché olympique Samuel
Ducroquet. La France observera de
près ce qu’il va se passer au Japon,
puisque à son tour, elle organisera,
à un an d’intervalle, la Coupe du
monde du monde de rugby en 2023
et les Jeux olympiques en 2024.
En attendant, les Bleus de Jacques
Brunel auront fort à faire au Japon
pour s’extraire de la « poule de la
mort » avec l’Angleterre et l’Argentine. Dans quelles conditions
seront les Bleus qui viennent tout
juste de subir une nouvelle humiliation face aux Fidji (14-21) ? Pour
l’ancien capitaine tricolore, qui
avait tiré sa révérence après le naufrage contre les All Blacks en quarts
de finale du dernier Mondial (6213), le XV de France est au point
mort depuis son départ en 2015.
« On gère toujours nos problèmes de
façon conjoncturelle - on change les
joueurs, les entraîneurs -, alors
qu’on a des problèmes structurels.
Notre rugby n’est plus du tout adapté
à ce que demande le haut niveau international… » L’équipe de France a
moins d’un an, et huit matchs, pour
tenter de se remettre en ordre de
marche. Vaste chantier. ■
15e JOURNÉE LIGUE 1
hier NANTES (10)
sam.
LYON (2)
17 h C+
20 h
CAEN (17)
ANGERS (14)
beIN
GUINGAMP (20)
- NICE (7)
MONACO (19)
- MONTPELLIER (3)
NÎMES (11)
- AMIENS (16)
dim. 15 h
TOULOUSE (15)
DIJON (18)
beIN
MARSEILLE (5) 17 h REIMS (8)
RENNES (13)
- STRASBOURG (9)
BORDEAUX (12) 21 h C+ PARIS SG (1)
ST-ÉTIENNE (6)
LILLE (4)
Yuichi Ueno, président
des Sunwolves
(Super Rugby)
et vice-président
d’Asia Rugby.
NEWSCOM/SIPA
Que manque-t-il au rugby
japonais pour grandir ?
Le rugby dans les nations historiques est professionnel. Au Japon,
les équipes de la Top League sont
soutenues par de grandes entreprises mondialement connues
comme Toyota, Panasonic, NEC,
Yamaha, Suntory…, mais on ne
peut pas appeler cela une ligue
professionnelle. Le rugby japonais est encore un sport amateur.
Que peut apporter cette Coupe
du monde à l’Asie ?
La jeunesse asiatique représente
entre 60 et 80 % de la jeunesse
mondiale. C’est pourquoi cette
Coupe du monde au Japon est d’une
valeur inestimable pour l’Asie. Son
organisation va rendre ce sport plus
populaire dans cette partie du
monde. Le potentiel est énorme.
Responsable du développement du
rugby dans cette région, j’aimerais
créer beaucoup plus d’équipes professionnelles en Asie. ■
PROPOS RECUEILLIS À TOKYO PAR A. C.
Rugby : le grand retour
du choc des Stades
Toulouse (2e), sur une
dynamique de six victoires de
rang, reçoit le Stade Français
Paris (5e), dimanche (16 h 05,
Canal +) pour un classico
qui retrouve son éclat après
quelques saisons ternes.
11e JOURNÉE TOP 14
MONTPELLIER (9)
samedi
CLERMONT (1)
14 h 45
CASTRES (6) 18 h AGEN (13)
LYON (8)
- PAU (10)
LA ROCHELLE (4)
- RACING 92 (3)
TOULON (12) 20 h 45 GRENOBLE (11)
PERPIGNAN (14)
dim.
BORDEAUX (7)
12 h 50
TOULOUSE (2) 16 h 50 ST. FRANÇAIS (5)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
LE CARNET DU JOUR
17
!# !
!! !" %$# "! $ annonces
familiales
Renaud et Catherine
LÉCUYER
ont la joie de vous annoncer
le mariage de leur fille
avec
Marie-Sixtine LÉCUYER
Antoine
d'AVOUT d'AUERSTAEDT
à Fleurie, le 18 août 2018,
et les fiançailles de leur fils
Paul-Enguerrand LÉCUYER
avec
Sixtine LAMIOT
à Paris, le 15 avril 2018.
vœux
monastiques
La comtesse
René de la POYPE
la comtesse Thierry de VOGÜÉ
M. et Mme Frédéric HENRIOT
ont l'honneur de vous faire part
de la profession
des vœux solennels
de leur petit-fils et fils
Louis HENRIOT
moine bénédictin,
en l'abbaye Notre-Dame
de Fontgombault,
le vendredi 28 décembre 2018.
henriot1@yahoo.com
noces de diamant
1958-2018
Aymardine de DAMPIERRE
et Georges MATRAY
sont très heureux de célébrer
leur 60e anniversaire
de mariage.
Ils souhaitent pour cette
occasion que leurs proches
et amis s'associent à eux
dans l'esprit et le cœur,
et les remercient d'être auprès
d'eux depuis toutes ces années.
4, rue Froidevaux,
75014 Paris.
georges.matray@orange.fr
fiançailles
Le comte et la comtesse
Etienne
de BOISGROLLIER de RUOLZ
Mme Anne de LACRETELLE
le comte
de ROQUETTE-BUISSON
en union avec la
Solène et Tugdual
M. Loïc WALLAERT
et Mme, née Angélique Luneau,
M. Yann CAILLOUËT
Mme Catherine CHAUVEAU
ont la joie d'annoncer
les fiançailles de leurs enfants
ont la joie d'annoncer
les fiançailles
de leur petite-fille
Alice de LABRIFFE
fille
du comte Jérôme de Labriffe
et de Mme Gabriella
de Roquette-Buisson
avec
Jean de LA VAISSIÈRE
de LAVERGNE
fils et beau-fils de
M. et Mme Vincent
de La Vaissière de Lavergne
et de M. et Mme
Magaud-Jacoberger.
naissances
M. Thibaud BERGASSE
et Mme, née Laetitia Laplace,
partagent avec Indiana
et Alice, la joie d'annoncer
la naissance de
Balthazar
le 30 août 2018, à Paris.
M. Olivier CHABIN
et Mme, née
Marjolaine de Bonnafos,
ont la joie de vous faire part
de la naissance de leur fille
Augustine
Luxembourg, le 8 octobre 2018.
Les Ailes Brisées
Association reconnue d'utilité
publique depuis 1928,
vous invitent à leur
70e vente d'entraide
placée sous le haut patronage
de Emmanuel Macron,
président de la République,
Jeanne de Raimes,
laissent à Juliette et Agathe,
la joie d'annoncer
la naissance de
Paul
le 22 novembre 2018, Paris.
M. et Mme
Jean-Pierre DUPRILOT
M. et Mme
Jean-Claude MONIER
laissent à Juliette et Diane,
la joie de vous annoncer
la naissance de
Marianne
le 13 novembre 2018, chez
Constance et Florent MONIER
M. et Mme Laurent
LEGRIP de LA ROZIERE
Mme Sylvie VENISSEAU
M. Hubert FRANÇOIS
partagent avec Foulques,
la joie de vous annoncer
la naissance de leur petite-fille
Aliénor
le 31 octobre 2018, à Paris, chez
Ombeline et Tanguy
FRANÇOIS
baptisée le 25 novembre 2018.
Coulisses du mariage
Vendredi 30 noVembre
de 18h à 22h
et samedi 1er décembre 2018
de 13h à 19h
leur fils Ernest
et leur fille Isaline,
La Maison des Polytechniciens
12, rue de Poitiers, 75007 Paris
ont la joie d'annoncer
la naissance de
Inscrivez-vous
sur www.coulissesdumariage.com
Aymeric
Le baron et la baronne
Jean-Baptiste SEILLIÈRE
le 27 novembre 2018.
La librairie Le Parchemin
vous invite à une rencontre
avec
Nadège Forestier
pour son livre,
Henri de ROTHSCHILD
Un humanitaire avant l'heure,
ce samedi 1er décembre 2018
de 11 heures à 13 heures,
176, rue de Grenelle, Paris (7e).
avec le soutien des plus hautes
autorités de l'Aéronautique
civile et militaire,
aux Salons Hoche,
9, avenue Hoche, Paris (8e),
le mardi 4 décembre 2018
de 14 heures à 20 heures,
le mercredi 5 décembre
de 11 heures à 19 heures
et le jeudi 6 décembre
de 11 heures à 19 heures.
La Grande Chartreuse
à l 'Artisanat Monastique
68 bis, avenue
Denfert-Rochereau, Paris (14e)
Vous êtes invités
le samedi 8 décembre 2018
de 14 heures à 19 heures,
à la dégustation des produits
de la Grande Chartreuse.
Vous pourrez profiter
de cette occasion pour
choisir vos cadeaux de Noël :
crèches, art de la table et de
la maison, vêtements et jouets
pour les enfants, maroquinerie,
bougies, chocolats ...
www.artisanatmonastique.com
Œuvre fondée par l'Église
de France en 1951, au service
exclusif de la promotion
du travail monastique.
thèses
Le comte Guillaume
de COSNAC
et la comtesse, née
Capucine et Adrien
Retrouvez le Carnet Blanc 2019
aux
signatures
comtesse de Roquette-Buisson
M. et Mme Renaud LÉCUYER
sont heureux d'annoncer
les fiançailles de leurs enfants
communications
L'Assemblée nationale
décerne
un prix de thèse en droit
parlementaire
et un prix de thèse en histoire
de l'institution parlementaire
Afin d'encourager
et de promouvoir la recherche
dans des domaines intéressant
directement le Parlement
français, l'Assemblée nationale
attribue deux prix de thèse,
destinés à distinguer :
- d'une part, une thèse en droit
parlementaire français,
- d'autre part, une thèse
en histoire parlementaire
depuis la Révolution française.
Seront retenues les thèses
rédigées en langue française
et soutenues entre
le 1er janvier 2017
et le 31 décembre 2018.
Ces prix de thèse ouvrent
chacun droit à une aide
à la publication versée
directement à l'éditeur.
Les étudiants intéressés
peuvent se procurer
le formulaire de candidature
à l'adresse suivante :
Division des Archives,
Service de la Bibliothèque
et des Archives,
Assemblée Nationale,
126, rue de l'Université,
75355 Paris Cedex 07 SP
ou par courrier électronique à :
prixdethese@
assemblee-nationale.fr
Le dossier de candidature
est téléchargeable sur le site
internet de l'Assemblée
nationale :
www2.assemblee-nationale.fr/
informations-pratiques/
bibliotheque-et-archives#node
_8065
Les candidats devront faire
parvenir leur thèse à l'adresse
électronique indiquée,
au format PDF.
L'impression sera assurée
par l'Assemblée nationale.
Ils devront bien indiquer
pour quel prix ils concourent.
La date limite de dépôt
des candidatures est fixée
au vendredi 1er février 2019,
à 17 heures.
Salon du livre
de la mairie
du XVIe arrondissement
Ce samedi 1er décembre 2018
de 14 heures à 18 h 30,
70 auteurs dédicaceront
leurs livres, parmi eux,
Jean des Cars, Eric Roussel,
Olivier Maulin...
Conférence : Hubert Védrine,
Guillaume Durand.
Hommage à Emmanuelle Riva
par Sheila Concari.
Entrée libre
au 71, avenue Henri-Martin.
Plus d'informations sur :
www.mairie16.paris.fr
Le Salon
des écrivains catholiques
aura lieu
ce samedi 1er décembre 2018
de 14 heures à 18 h 30, à la
mairie du VIe arrondissement
de Paris, 78, rue Bonaparte.
Une centaine d'auteurs
dédicaceront leurs ouvrages
dont sœur Bernadette Moriau,
70e miraculée de Lourdes,
Yves-Marie Bercé, de l'Institut,
Albéric de Palmaert,
le père Michel-Marie
Zanotti-Sorkine,
Annie Laurent, Claire Daudin,
François-Xavier Bellamy
(de 14 heures à 15 heures),
Jacques Trémolet de Villers.
À 15 h 30, conférence
d'Aude Mirkovic : « PMA pour
les femmes : quels enjeux ? ».
Entrée libre.
conférences
Le Collège des Bernardins
organise un débat
le lundi 3 décembre 2018,
à 20 heures,
Démocratie : vers quelle
finalité commune ?
Avec les interventions
du père Jean-Rémi Lanavère
et de Pierre Manent.
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
M. (†) et Mme
Patrick Burin des Roziers,
M. et Mme
Thierry Burin des Roziers,
M. (†) et Mme Didier Desmas,
M. et Mme
Christian Burin des Roziers,
M. et Mme Eric de Drouâs,
ses enfants,
Le Collège des Bernardins
organise un débat
le mardi 11 décembre 2018,
à 19 heures,
« Pirater » l'humain.
Données, manipulations
et enjeux éthiques
Avec les interventions de
Claude Castellucia,
Laurence Devillers,
Eric Scherer,
Serge Pajak.
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu de
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
Mme Bernard
BURIN des ROZIERS
née Sabine
de Curières de Castelnau,
le 29 novembre 2018,
à l'âge de 97 ans.
deuils
La cérémonie religieuse sera
célébrée le mardi 4 décembre,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption
de Meudon,
en union de prière avec
M. Bernard
Burin des Roziers (†).
M. Douglas Stuart Allen,
son père,
Mlle Isabelle Stuart Allen,
sa sœur,
ont l'immense tristesse
de faire part
du rappel à Dieu de
Mlle Anne-Laure ALLEN
le 28 octobre 2018.
Moissac (Tarn-et-Garonne).
Les obsèques ont eu lieu
dans l'intimité.
Sabine et Fernand Cancel,
ses parents,
Louise, sa fille,
Joëlle et José Lestrade,
sa sœur et son beau-frère,
Lucile et Fabien, Baptiste,
ses neveux et nièce,
et leurs enfants,
les familles Gerbaud,
Correcher,
parents et amis
La messe du jeudi 6 décembre,
à 18 h 30, en la chapelle
Notre-Dame-de-Consolation,
23, rue Jean-Goujon, Paris (8e),
sera dite à son intention.
Marion, Emmanuel,
Iris et Elinor Monnet
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
ont la tristesse
de faire part du décès de
M. Eric CANCEL
Anne-Marie ARNAUD
survenu à l'âge de 55 ans.
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi
3 décembre 2018, à 15 h 15,
au crématorium de Lafox,
suivie de la crémation.
survenu le 29 novembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy, 10, rue
de l'Annonciation, Paris (16e),
le mardi 4 décembre, à 14 h 30.
Selon la volonté du défunt,
ni fleurs ni plaques, des dons
seront recueillis au profit
de la Fondation Toulouse
Cancer Santé.
L'inhumation aura lieu
le mercredi 5 décembre,
à 15 heures, au cimetière
de Serres (Hautes-Alpes).
Un dernier hommage
peut lui être rendu à la
chambre funéraire de Moissac,
40, avenue du Chasselas.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Ses fils, sa fille,
leurs conjoints,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
M. (†) et Mme Jean Cavalié,
M. et Mme
Bruno Laffont de Colonges,
M. et Mme Philippe Gautier,
M. et Mme François Cavalié,
M. et Mme Laurent Cavalié,
le comte et la comtesse
du Bourg de Luzençon,
font part du rappel à Dieu de
Dominique d'AURIAC
née Le Poittevin.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Pierre-de-Montrouge,
à Paris (14e), le mercredi
5 décembre 2018, à 10 h 30.
ses 22 petits-enfants,
ses 28 arrière-petits-enfants,
Cet avis tient lieu de faire-part.
Le Collège des Bernardins
organise une matinée
36, rue des Plantes, 75014 Paris.
« Graine de philo »
pour les enfants à partir
de 7 ans et leurs parents,
le samedi 8 décembre 2018,
à 10 h 30.
Christine Bernard-Mettil,
née Marchand, son épouse,
Tatiana Bernard-Mettil,
sa fille,
Le thème sera :
ont la profonde douleur
de faire part du décès de
La nature de l'homme
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
Theologicum
la faculté de théologie
et de sciences religieuses
de l'Institut Catholique
de Paris
vous propose
une conférence publique sur
Le projet de loi bioéthique
Où en sommes-nous ?
Qu'en penser comme chrétien
avec Marie-Dominique
Trébuchet,
docteur en théologie,
le lundi 10 décembre 2018,
à 20 heures,
à l'Institut Catholique de Paris,
74, rue de Vaugirard, Paris (6e),
Sur inscription :
https://conf_cyclec.eventbrite.fr
Tarifs et renseignements :
téléphone : 01 44 39 60 00
contact.theologicum@icp.fr
-15€IALE
OF FR E SP ÉC
NO ËL
COD E : FIGN OEL
Frédéric BERNARD-METTIL
HEC 84,
survenu le 22 novembre 2018,
dans sa 58e année.
Les obsèques ont eu lieu
à Bruxelles, dans l'intimité.
Mme Gérard Bouvier,
M. et Mme Patrick Bouvier,
Damien, Frédéric,
Jérôme, Séverine
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Paul BOUVIER
née Antoinette Souchère,
à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le lundi 3 décembre 2018,
à 11 heures, en la chapelle
haute de l'église Saint-Pierre,
1, boulevard Jean-Mermoz,
à Neuilly-sur-Seine.
M. et Mme
de Carayon Talpayrac,
le colonel et Mme Perrier
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme CAVALIÉ
née Anne-Marie Christiane
de Carayon Talpayrac,
endormie dans
la Paix du Seigneur
le 29 novembre 2018,
dans sa 89e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 3 décembre,
à 10 heures, en l'église
Saint-Laurent de Lavalette
(Haute-Garonne).
Guérande. Nantes.
Mme Jean-Pierre Bouin,
née Brigitte Chupin,
le docteur et Mme
Bernard Cebron de Lisle,
M. et Mme Laurent
Cebron de Lisle
et leurs filles,
Bérengère et Charlotte,
Mme Coralie
Cebron de Lisle
et sa fille Eléonore,
vous font part du décès de
M. Christophe
CEBRON de LISLE
survenu à l'âge de 62 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi
4 décembre 2018, à 14 h 30,
en la collégiale Saint-Aubin
de Guérande,
suivie de l'inhumation
au cimetière de La Baule,
avenue Jean-Mermoz.
La famille remercie tout
particulièrement Nathalie
ainsi que l'ensemble du
personnel du foyer Beauséjour
de Guérande pour leur
gentillesse et leur dévouement.
Maria Helena
de Melo e Castro Pinto Soares,
son épouse,
Joanna Pinto Soares,
Jose Pinto Soares,
Leonor et Bertrand Doncieux,
Hélène,
Francisco et Sophie
Pinto Soares,
Constança,
ses enfants et petites-filles,
vous font part du rappel à Dieu
de
Joaquim Renato
CORREA PINTO SOARES
ancien ambassadeur,
le 15 novembre 2018,
à l'âge de 93 ans.
La cérémonie religieuse
a eu lieu à Cascais (Portugal).
Sabine et François Kimmel,
les docteurs Patrick (†)
et Andrée Demont,
ses enfants,
Natacha, Hélène, Romain,
Emmanuel, Laurent,
ses petits-enfants,
Amandine, Capucine,
Mathilde, Clémence,
Alexandre, Jean, François,
Victor, Charles (†),
Benjamin, Théo, Matthieu,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Julia DEMONT
née Durand,
survenu le 28 novembre 2018,
dans sa 95e année.
La messe sera célébrée
le mardi 4 décembre,
à 11 heures, en l'église
Saint-Pierre (chapelle haute)
de Neuilly-sur-Seine.
Une cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 6 décembre,
à 11 heures, en l'église
de Montclus (Gard), suivie
de l'inhumation au cimetière.
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. et Mme
Bruno Lionel-Marie,
M. Charles-Édouard
Desmottes,
ses enfants,
Arthur, Margaux et Victoire,
ses petits-enfants,
sa famille et ses amis
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
Catherine et Eric Fasquelle,
Muriel et Christian Caye,
ses enfants,
ses petits-enfants
et ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Dominique DESMOTTES
le 30 novembre 2018.
Il a rejoint son épouse,
Chantal Desmottes
née Cotton d'Englesqueville,
(†) le 1er juillet 2014.
survenu le 27 novembre 2018,
à l'âge de 92 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 5 décembre 2018,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
à Paris (16e).
La cérémonie religieuse
a été célébrée
le 30 novembre, en l'église
Saint-André-de-l'Europe,
Paris (8e).
L'inhumation aura lieu
au cimetière marin
de Varengeville-sur-Mer
(Seine-Maritime),
le même jour, à 15 heures.
Mme Félix CAYE
née Huguette Pelletier,
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
18
LE CARNET DU JOUR
On nous prie d'annoncer
le décès de
Mme Paul DEL PERUGIA
née Marie-Madeleine Binet,
survenu le 24 novembre 2018.
Les obsèques ont eu lieu
à Pipriac (Ille-et-Vilaine),
dans la plus stricte intimité.
Fabien et Laurence Gaymard,
son fils et sa belle-fille,
Marie-Caroline, Antoine
et Anne-Louise,
Victoire et Juliette (†),
ses petits-enfants,
les familles Bretagne,
Gaymard, Pfersdorff
et Roullot
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Claude GAYMARD
née Croisier-Greff,
Lyon.
Adrien et Roselyne,
Francis et Marie-Alix,
Sophie,
Christine et Philippe,
Rémi et Sophie,
ses enfants,
ses 15 petits-enfants,
leurs conjoints
et ses 11 arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Michel DUPLAY
le 23 novembre 2018,
dans sa 88e année.
La cérémonie religieuse
a été célébrée
en l'église de Coizard (Marne),
le jeudi 29 novembre.
Elle repose dans le caveau
familial aux côtés
de son époux,
Pascal Gaymard
Cet avis tient lieu de faire-part.
31, boulevard Lannes,
75116 Paris.
Il a rejoint
dans la Paix du Seigneur,
son épouse Guillemette.
Bois-Jérôme (Eure).
Ni fleurs ni couronnes.
Marie-Eve Emery,
sa fille,
Jacques Duprilot,
Jean-Pierre et Myriam
Duprilot,
Françoise et Etienne
Mougeotte,
ses beaux-frères
et belles-sœurs,
ses neveux et nièces
Caroline, Bruno, Marine,
Benoit, Margaux, Arnaud,
Apolline, Louise, Basile
et Gustave,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
et toute sa famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Monique HEURTEUX
survenu le 28 novembre 2018,
à l'âge de 90 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 5 décembre,
à 15 heures,
en l'église de Bois-Jérôme.
Pas de fleurs, un don pour
la recherche sur le cancer.
ont la profonde douleur
de vous faire part du décès de
Mme Bernard EMERY
née Marie-Noëlle Duprilot,
survenu dans sa 74e année.
La bénédiction a été donnée
le mercredi 28 novembre 2018,
en l'église Notre-Dame
de Boulogne (Hauts-de-Seine).
3 bis, avenue
Jean-Baptiste-Clément,
92100 Boulogne-Billancourt.
Caen.
Evelyne Fatôme,
son épouse,
Emmanuel et Anne Fatôme,
Stéphanie et Jean-François
Mercury,
Armelle et Bertrand Morin,
ses enfants,
Juliette et Ulysse, Antoine,
Edouard, Alice, Charlotte,
Mathilde, Violette, Jeanne
et Maxime,
ses petits-enfants,
les familles Fatôme, Leveneur
et Simon
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Etienne FATÔME
professeur émérite
à l'université
Paris I Panthéon-Sorbonne,
officier de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 28 novembre 2018,
à l'âge de 75 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi
4 décembre, à 15 heures,
en l'abbatiale Saint-Etienne
de Caen.
L'inhumation aura lieu
le mercredi 5 décembre,
à 11 heures, au cimetière
de Saint-Vaast-la-Hougue.
Inès Laccourreye,
ses fils, belles-filles
et petits-enfants
ont la profonde tristesse
de faire part du décès de
Henri LACCOURREYE
membre de l'Académie
nationale de médecine,
chevalier
de la Légion d'honneur,
survenu le 28 novembre 2018.
Ses proches se recueilleront
le jeudi 6 décembre,
à 10 heures, au crématorium
du cimetière du Père-Lachaise,
71, rue des Rondeaux,
Paris (20e).
Ni fleurs ni couronnes.
Le président
et le secrétaire perpétuel,
les membres de
l'Académie nationale
de médecine
ont la tristesse
de vous faire part du décès
de leur très estimé confrère, le
professeur
Henri LACCOURREYE
membre de l'Académie
nationale de médecine,
survenu à Paris,
le 28 novembre 2018,
à l'âge de 92 ans.
Les obsèques auront lieu
le jeudi 6 décembre 2018,
à 10 heures, au crématorium
du cimetière du Père-Lachaise,
71, rue des Rondeaux, Paris (20e).
ont l'immense tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
colonel (h.)
Jacques-Antoine HAËNTJENS
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
croix de la Valeur militaire,
le 28 novembre 2018,
dans sa 68e année, muni
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
sera célébrée ce samedi
1er décembre, à 14 h 30,
en l'église Saint-Gurval,
à Guer (Morbihan).
docteur Yves LAURENT
attaché d'électro-radiologie
des Hôpitaux de Paris,
survenu le 25 novembre 2018,
dans sa 91e année.
survenu le 28 novembre 2018,
à l'âge de 87 ans,
à Blois (Loir-et-Cher).
Simone Lecointre,
son épouse,
Marc-André Lecointre,
son fils,
et toute sa famille,
le médecin-général des armées
Pierre Jeandel,
les familles Jeandel et Lacombe
ont la douleur de vous
faire part du rappel à Dieu,
le 19 novembre 2018,
dans sa 89e année, du
général
de brigade aérienne (c.r.)
Claude LECOINTRE
officier de la Légion d'honneur,
officier dans l'ordre national
du Mérite.
La cérémonie religieuse
a eu lieu le samedi
24 novembre 2018,
en l'église de Boulouris,
à Saint-Raphaël (Var).
Priez pour lui !
Magali Leteurtrois,
son épouse,
Arthur, Charles, Léopold,
Alfred, Tristan,
ses fils,
Claude et Annick Leteurtrois,
ses parents,
Dominique Leteurtrois
et ses filles,
Jean-Philippe Leteurtrois
et son fils,
sa sœur et son frère,
ses nièces et neveu,
Joël et Marie-José Biseau,
ses beaux-parents,
Bertrand et Chantal Paquet,
leurs enfants et petits-enfants,
Bénédicte Biseau,
Eric e t Armelle Sturtz,
leurs enfants et petits-enfants,
ses beaux-frères
et belles-sœurs,
ses neveux et nièces,
font part du rappel à Dieu de
Michel LETEURTROIS
le 12 novembre 2018.
La messe d'A Dieu
sera célébrée
le mercredi 5 décembre,
à 14 h 30, en l'église
de Pléneuf-Val-André.
M. (†) et Mme (†)
Gérard Le Tourneau,
leurs enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
M. et Mme (†)
Bertrand Le Tourneau,
leurs enfants, petits-enfants
et arrière-petite-fille,
le professeur
Philippe Le Tourneau,
Mgr Dominique Le Tourneau,
M. Christian Le Tourneau,
les docteurs Xavier et Agnès
Le Tourneau,
leurs enfants et petits-enfants,
M. et Mme
Dominique-Jean de Quina,
leurs enfants et petits-enfants,
ont la profonde tristesse
de faire part
du rappel à Dieu de
Gaël et Valérie Le Bourgeois,
l'abbé Pierre Le Bourgeois,
Anne et Damien Schmit,
Gildas et Florence
Le Bourgeois,
ses enfants,
ses petits-enfants
vous font part du décès de
Mme Bertrand LE BOURGEOIS
née Véronique Erulin,
survenu le 29 novembre 2018,
dans sa 80e année.
La cérémonie religieuse sera
célébrée le mardi 4 décembre,
à 10 heures, en la chapelle
des petites sœurs des Pauvres,
9, avenue du
Maréchal-Franchet-d'Esperey,
à Versailles (Yvelines).
L'inhumation aura lieu
le même jour, à 16 heures,
au cimetière
de La Chapelle-Saint-Ouen,
à Bertreville-Saint-Ouen
(Seine-Maritime).
Pierre, Marion, Colombe,
Sophie, Martin, Juliette,
ses petits-enfants,
44, rue de Paris,
78460 Chevreuse.
Julien Le Goc,
Claire et Antoine Harmel,
et ses petits-enfants
ont la douleur
de faire part du décès de
survenu le 28 novembre 2018,
à Crans-Montana (Suisse).
Dominique et Frédérique
Lhospice,
Christine et Jean-Baptiste
Guerry,
Marie-Claire Franck-Lhospice,
Nicolas et Lucie Lhospice,
ses enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
ses enfants, petits-enfants,
arrière-petits-enfants et
arrière-arrière-petits-enfants,
commandeur
de la Légion d'honneur,
Edith Lhospice,
née Sadoux, son épouse,
La cérémonie religieuse
a eu lieu
le mercredi 28 novembre,
en l'église Saint-Martin
de Chevreuse, suivie
de l'inhumation dans le caveau
de famille, au cimetière
de Boussac ( Creuse).
Paris (16e).
Jacqueline LE GOC GRAPIN
Mme Jacques-Antoine
Haëntjens,
son épouse,
M. et Mme François-Xavier
Ruault du Plessis Vaidière,
M. et Mme
Sébastien Haëntjens,
M. et Mme Guillaume
de Cacqueray-Valménier,
M. et Mme
Tanneguy Haëntjens,
le capitaine de corvette
et Mme Antoine Richebé,
M. et Mme Bruno Haëntjens,
ses enfants,
et ses 19 petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
Jacques Gaymard
et de son fils,
le 29 novembre 2018,
à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 6 décembre,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-Saint-Louis,
à Lyon (7e).
Lucette Laurent,
son épouse,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
Mme Jean-Jacques
LE TOURNEAU
née Geneviève Barbe-Abeille,
« Géva »,
le 28 novembre 2018,
dans sa 111e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Pierre-de-Chaillot,
Paris (16e),
le jeudi 6 décembre, à 14 h 30.
Famille le Tourneau,
27, rue de l'Université,
75007 Paris.
Joselyne et Catherine,
ses filles,
Georges, son gendre,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Marie-Thérèse MARX
née Fitte,
survenu le 28 novembre 2018,
dans sa 98e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée à 14 h 30,
le lundi 3 décembre 2018,
en l'église de la Sainte-Trinité,
place d'Estienne-d'Orves,
Paris (9e).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Bernard LHOSPICE
lunetier,
meilleur ouvrier de France,
officier
de l'ordre national du Mérite,
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mercredi 5 décembre,
à 14 h 30, en l'église
de La Chaussée-Saint-Victor
(Loir-et-Cher).
Ni fleurs ni couronnes.
Le comte de Limur,
son cousin germain,
Igor et Marie de Limur,
ses neveux,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mary de LIMUR-CROCKER
survenu le 20 novembre 2018,
à Washington D.C.
La cérémonie religieuse
a été célébrée
dans l'intimité familiale.
4, Bois-Fontaine, 17700 Vouhé.
Mme Patrick Mordacq,
née Marie-Thérèse de Yturbe,
son épouse,
Pauline et Guillaume Delaby,
Pierre et Agathe Mordacq,
ses enfants,
Antoine, Gabriel, Adrien,
Eléonore, Olivier,
ses petits-enfants,
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
Patrick MORDACQ
chevalier
de la Légion d'honneur,
croix de la Valeur militaire,
commandeur
de l'ordre du Mérite
de la République fédérale
d'Allemagne,
survenu
le vendredi 30 novembre 2018.
La cérémonie religieuse sera
célébrée le jeudi 6 décembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Philippe-du-Roule,
Paris (8e),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse.
M. Jehan Morlot,
son époux,
Vorles et Claire Morlot,
Christophe et Alexandra
Bayon de Noyer,
Bruno et Emmanuelle
de Terline,
ses enfants et leurs conjoints,
Inès,
Sixte, Aliénor, Victoria,
Amaury, Guillaume,
Astrid, Stanislas,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Jehan MORLOT
Reims.
née Christine de Urtasun,
Le lieutenant-colonel
Bernard Meric de Bellefon,
son époux,
Mlle Monique
Meric de Bellefon,
M. Jacques Meric de Bellefon
et Mme Christine Larue,
le docteur et Mme
Yves Meric de Bellefon,
ses enfants,
Emilie, Astrid,
François et Audrey,
Philippe et Virginie,
Claire et Matthieu,
ses petits-enfants,
Edouard, Pierre, Paul, Gabriel
et Emma-Jolie,
ses arrière-petits-enfants,
et toute sa famille
ont la grande tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Bernard
MERIC de BELLEFON
née Suzanne Coignard,
chevalier
de la Légion d'honneur,
médaille militaire,
croix de guerre 1939-1945,
le 28 novembre 2018,
dans sa 96e année.
La cérémonie religieuse sera
célébrée le lundi 3 décembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Vincent-de-Paul
de Reims.
Eliane Racine,
son épouse,
Anne-Laure et Grégoire
de Vogüé,
sa fille et son gendre,
Louise et Justine,
ses petites-filles,
Jean-Claude et Marie-Agnès
Racine,
son frère et sa belle-sœur,
ont la tristesse
de faire part du décès du
colonel Michel RACINE
Saint-Cyr,
promotion Vercors,
survenu le 29 novembre 2018,
à l'âge de 80 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en la chapelle de l'Est
du cimetière du Père-Lachaise,
boulevard de Ménilmontant,
à Paris (20e), à 14 heures,
le mercredi 5 décembre.
M. Jürgen Schwarz,
son époux,
le 28 novembre 2018,
à l'âge de 82 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 7 décembre,
à 14 h 15, en la chapelle haute
de l'église Saint-Pierre,
boulevard Jean-Mermoz,
à Neuilly-sur-Seine
(Hauts-de-Seine).
Elisabeth de Saint Maurice,
née Arnoult,
son épouse,
Caroline et Cédric G enton,
Sophie et Thomas
Bruneau de la Salle,
Antoine et Natacha
de Saint Maurice,
ses enfants,
Salomé, Emma, Théo, Eugénie,
Laura, Joanne et Alexandre,
ses petits-enfants,
et toute la famille
ont l'immense tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu,
dans sa 74e année, de
François de SAINT MAURICE
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 7 décembre 2018,
à 14 h 30,
en l'église Notre-Dame
de-la-Résurrection,
au Chesnay,
suivie de l'inhumation
au cimetière du Chesnay.
Asnières-sur-Seine
(Hauts-de-Seine).
Mme Jacques Seigneur de Bast,
son épouse,
M. et Mme Stéphane Tardy,
M. et Mme
Grégoire Seigneur de Bast,
ses enfants,
Mathurin, Pia,
Alphonse et Ferdinand, Antonin,
ses petits-enfants,
sa sœur, ses beaux-frères,
belles-sœurs, cousins,
neveux et nièces
font part du rappel à Dieu de
M. Jacques
SEIGNEUR de BAST
croix de la Valeur militaire,
le 26 novembre 2018,
à l'âge de 86 ans,
à Asnières-sur-Seine, muni
des sacrements de l'Église.
Mme Laurence Deren,
née de Tissot,
Mme Hélène de Fontenay,
née de Tissot,
ses filles,
M. François-Xavier Deren,
M. Geoffroy de Fontenay,
ses gendres,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Sainte-Geneviève,
4, rue du Cardinal-Verdier,
à Asnières-sur-Seine,
le mardi 4 décembre, à 10 h 30.
Louis, Guillaume, Elvire,
Inès et Isaure,
ses petits-enfants,
Alexandre Trigeau
et Blandine Collet,
leurs enfants,
Nathalie et Catherine Trigeau,
Françoise et Philippe Gallon,
leurs enfants et petits-enfants
ont la grande tristesse
de faire part
du rappel à Dieu de
Mme Françoise SCHWARZ
née Donzalat,
le 30 novembre 2018.
La cérémonie religieuse sera
célébrée le jeudi 6 décembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-François-de-Sales,
6, rue Brémontier,
Paris (17e).
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
Jacques TRIGEAU
artiste lyrique,
survenu le 19 novembre 2018,
à Melun.
Selon sa volonté, ses obsèques
ont été célébrées dans la stricte
intimité familiale.
En union avec
Monique Thierry d'Argenlieu,
son épouse
(†) le 11 septembre 2018,
M. et Mme
Xavier Thierry d'Argenlieu,
M. et Mme Olivier de Lagarde,
M. et Mme Emmanuel Callies,
M. et Mme
Hubert Thierry d'Argenlieu,
M. et Mme
Laurent Thierry d'Argenlieu,
M. et Mme
Guillaume Thierry d'Argenlieu,
ses enfants,
ses 26 petits-enfants
et ses 25 arrière-petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu de
Guy THIERRY d'ARGENLIEU
endormi dans
la Paix du Seigneur,
le 25 novembre 2018,
dans sa 96e année, muni
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 3 décembre 2018,
à 10 heures, en l'église
Notre-Dame de Versailles,
35, rue de la Paroisse,
suivie de l'inhumation
à Bailleul-Neuville
(Seine-Maritime).
Cet avis tient lieu de faire-part.
gmdargenlieu@gmail.com
En union avec Paul Wermus,
son époux,
Alice Wermus,
sa fille,
Vincent Wermus,
son fils, et Caroline Wermus,
sa belle-fille,
Arthur et Charlotte,
ses petits-enfants,
ont la douleur
de faire part du décès de
Laurence WERMUS
née Bernard,
chevalier
de la Légion d'honneur,
survenu le 28 novembre 2018.
La cérémonie aura lieu
le mardi 4 décembre, à 10 h 30,
en l'église
Saint-Thomas-d'Aquin,
3, place
Saint-Thomas-d'Aquin,
Paris (7e), dans l'intimité
de sa famille, de ses proches
et de ses fidèles collaborateurs.
remerciements
Le Bouscat (Gironde).
Lætitia Griton,
son épouse,
Alexis et Marie-Elisabeth,
Juliette, Camille, Corentin,
ses enfants et sa belle-fille,
ses beaux-parents
et sa famille,
très touchés
des marques de sympathie
qui leur ont été témoignées
lors du décès brutal de
Edouard GRITON
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Saint-Nom-la-Bretêche.
Josette Michel,
son épouse,
ses enfants et petits-enfants,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
Claude MICHEL
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Cécile et Philippe ROUSSET
Une messe sera célébrée
le samedi 8 décembre 2018,
à 10 heures,
en l'église Saint-Jacques,
167, boulevard Bineau,
à Neuilly-sur-Seine,
à l'intention de
M. Jacques DUPEUX
décédé le 3 août 2018.
En la mémoire de la
marquise de MONTRICHARD
née Douchy,
une messe sera célébrée
le vendredi 7 décembre 2018,
à 19 h 30, en la chapelle
Sainte-Thérèse de la paroisse
Notre-Dame-de-l'Assomptionde-Passy, Paris (16e).
messes
et anniversaires
Le mercredi 5 décembre 2018,
à 12 heures, sera célébrée
une messe à l'intention de
Jean d'ORMESSON
en la cathédrale
Saint-Louis des Invalides,
à Paris (7e). L'entrée se fera
au 129, rue de Grenelle,
à gauche du portail d'entrée.
Pour le 77e anniversaire
du décès de
Louis BERTRAND
de l'Académie française
(1866-1941),
une messe sera célébrée
pour le repos de son âme,
le mercredi 5 décembre 2018,
à 18 h 30, en l'église
Saint-Nicolas-du-Chardonnet,
23, rue des Bernardins,
Paris (5e).
Y sera associé le souvenir
de sa petite-nièce,
Mme Maurice Heck
née Jeanne Bertrand,
décédée le 29 novembre 2008,
il y a dix ans.
Le président de la
Fondation Maréchal
Leclerc de Hauteclocque
et de
l'Association
des anciens de la 2e DB
ainsi que la famille du
général Philippe LECLERC
de HAUTECLOCQUE
maréchal de France,
rappellent que sa mémoire et
celle de ses onze compagnons
seront honorées
ce dimanche 2 décembre 2018,
à 11 heures, en la cathédrale
Saint-Louis des Invalides,
Paris (7e), à l'occasion de la
messe de fondation perpétuelle,
commémorant
le 71e anniversaire
de leur mort accidentelle
survenue le 28 novembre 1947.
Il y a vingt ans,
le 10 décembre 1998,
Dominique LE VERT
entrait dans la Vie.
Mgr Guy Thomazeau célèbrera
la messe à son intention,
le dimanche 9 décembre 2018,
à 19 heures, en l'église
Saint-Pierre-de-Chaillot,
31, avenue Marceau,
Paris (16e).
Ce même jour, le soir venu,
le Seigneur leur dit :
« Passons sur l'autre rive ».
Marc 4, 35.
ses parents,
Corentin et Clovis,
ses jeunes frères,
profondément touchés
des nombreuses et chaleureuses
marques de sympathie
qui leur ont été
témoignées lors de
la disparition soudaine de
Capucine
leur Princesse,
souvenirs
Il y a dix ans,
Pierre DOLIGÉ
nous quittait.
Que ceux qui l'ont connu
et aimé aient une pensée
et une prière pour lui.
le 5 novembre 2018,
à l'âge de 18 ans,
remercient sincèrement
tous ceux qui se sont associés
à leur profonde douleur.
Tu n'es plus là où tu étais,
mais tu es partout là où je suis.
Victor Hugo.
messes
Saint-Sever-sur-Adour.
Une messe sera célébrée
en l'abbatiale de Saint-Sever,
le vendredi 7 décembre 2018,
à 18 heures, à l'intention de
Maylis du PONT
rappelée à Dieu
le 28 novembre 2018.
Les obsèques seront célébrées
dans l'intimité.
Gisèle JACQUEMONT
aurait eu 97 ans
ce dimanche 2 décembre 2018.
Ses filles,
ses petits-enfants,
ses gendres,
ses proches,
ceux qui l'aiment
ont une pensée pour elle.
Elle leur manque
depuis le 2 juin 2013.
Maurice et Léonore Wolff
rappellent avec tristesse
qu'il y a seize ans
disparaissait
leur chère épouse et maman,
Bérangère WOLFF
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
CHAMPS LIBRES
19
ENQUÊTE
Lourdes, un sanctuaire dans
le tumulte de la mondialisation
Confrontée au recul
de la pratique religieuse
en Europe
et à la concurrence
d’autres lieux de dévotion,
la cité mariale peine à se
réinventer. Mais l’arrivée
de nouveaux pèlerins,
venus du bout du monde,
pourrait changer
la donne.
20 km
GERS
PYRÉNÉESATLANTIQUES
Infographie
De nombreux élus et professionnels invitent
aussi les responsables du lieu saint « à avoir une
pastorale plus forte et plus audible » pour réancrer
plus fortement le message religieux de Lourdes. Le
sanctuaire, qui emploie près de 400 personnes, a
de pesantes charges financières à honorer. En
2015, ses pertes se sont élevées à 2,5 millions
d’euros, pour 25 millions de revenus. Pour inverser cette tendance, il organise des événements et
des rendez-vous que l’on n’aurait jamais pensé
voir un jour ici. « Nous voulons être plus proches
des gens, de leur physionomie sociale qui ne cesse de
changer avec l’évolution des sociétés partout dans le
monde », indique l’un de ses employés. Ainsi le
sanctuaire invite-t-il à la Saint-Valentin les couples, homosexuels compris, « à venir à Lourdes
pour se dire je t’aime ».
ENVOYÉ SPÉCIAL À LOURDES
C
Contrairement à Marc Dandré, nombre de restaurateurs ont dû revoir leur carte pour proposer des
mets à même de correspondre aux attentes et
goûts de ces nouveaux pèlerins… essentiellement
en provenance du Sri Lanka mais aussi d’Inde, des
Philippines, de Chine et même d’Afrique noire.
« Il a fallu modifier nos plats pour qu’ils soient en
harmonie avec leur palais, leurs habitudes alimentaires et leurs critères culturels », explique Bruno
Vinualès, propriétaire de plusieurs hôtels-restaurants, conseiller municipal de Lourdes et
conseiller départemental en charge du tourisme
au sein de cette assemblée. Cet élu et hôtelier
mène, avec la municipalité et des professionnels
du tourisme, dont Pierre Barrère, de la Maison du
pèlerin, des actions visant à faire venir dans la cité
mariale davantage de fidèles de ces pays émergents. « Pour faire face à la baisse de fréquentation
des Européens, qui constituent cependant toujours le
gros des troupes, nous avons mis en place des
Friches commerciales
liaisons aériennes low-costs entre l’aéroport Tarbes-Lourdes-Pyrénées et des plateformes aériennes
étrangères comme Malte, où arrivent des vols du
monde entier, dont nombre d’Amérique du Sud »,
indique l’élu, qui regrette « les pertes occasionnées
par la suppression des trains de pèlerins bon marché
et les tarifs trop élevés pratiqués par la SNCF. »
La municipalité travaille aussi à attirer des pèlerins et visiteurs. Mais ce lobbying, ces opérations
séduction ne sont pas toujours couronnées de succès, d’autant que la concurrence est de plus en
plus vive entre cités mariales et villes sanctuaires,
telles que Fatima ou Saint-Jacques-de-Compostelle, qui, comme Lourdes, sont aujourd’hui plus
facilement accessibles. « Ces lieux de pèlerinage
sont plus attractifs, parce qu’on y trouve des hébergements moins chers et des “produits spirituels”
bien plus dans l’air du temps, comme des retraites
religieuses en famille », remarque Bruno Vinualès,
convaincu qu’en « optimisant l’accueil et en surfant davantage sur ces nouvelles attentes et tendances spirituelles mondiales on parviendra à endiguer
pour partie la baisse de la fréquentation ». JeanPierre Artiganave, l’ancien maire, ne partage pas
son avis : «Ce n’est ni en créant des produits spirituels dans le vent, ni en équipant toutes les chambres
d’hôtels de lit king size que nous capterons de nouveaux pèlerins. » Pour celui qui est aujourd’hui
conseiller municipal d’opposition, « cette désaffection est avant tout la conséquence d’une déchristianisation qui touche toute l’Europe. Ce n’est donc
pas si simple de faire revenir les gens ». Jean-Pierre
Artiganave reste persuadé que « la priorité pour
Lourdes, dans cette période de mondialisation et de
dumping religieux, est de rester fidèle à son message
et à ses spécificités. À savoir le catholicisme social,
l’accueil des malades et de leurs accompagnants et à
cette idée de foi révélée au peuple. C’est cela Bernadette Soubirous ! Et cela ne se trouve pas ailleurs ! »,
martèle-t-il. Et l’ancien premier adjoint de Philippe Douste-Blazy de faire remarquer :
« D’ailleurs, malgré cette désaffection, les grands
pèlerinages comme le National, le 15 août, et le Rosaire (en octobre), réunissent toujours autant de
monde. »
Avec la mutiplication des liaisons
aériennes low-costs, une nouvelle
génération de pèlerins originaires
d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique
du Sud se pressent désormais
autour de la grotte de Massabielle.
FERNAND FOURCADE/SIPA
Faute de n’avoir pu s’adapter à ces bouleversements, nombre de pensions de famille de la ville ont
mis la clé sous la porte, incapables de résister à la
concurrence des gros hôtels, plus adaptés à la demande et capables de recevoir des groupes de plus
de cent personnes. Nombre de ces pensions sont à
vendre, mais ne trouvent pas de repreneur. Résultat, les friches commerciales sont de plus en plus
nombreuses à Lourdes. Jacques Barzu, président de
l’intersyndicale des socio-professionnels en compte plus de 200 entre le haut et le bas de la ville.
« Certaines sont proposées à 20 000 euros, murs et
fonds, affirme-t-il. Malgré ces prix au ras des pâquerettes, personne n’en veut. Et ce sont autant de
verrues qui donnent une triste vision de Lourdes. » La
municipalité a avancé l’idée de racheter certains de
ces locaux pour les transformer en logements sociaux. Mais les arrivées successives de Sri-Lankais,
Chinois, Indiens, Syriens, Afghans rebattent les
cartes : ces derniers sont, en effet, de plus en plus
nombreux à reprendre des commerces et restaurants. « Ils sont mieux adaptés que nous à la mondialisation, assure Richard Bragagnolo, gérant de Paul
VI, un magasin d’articles de piété du haut du boulevard de la Grotte. Ils captent de manière naturelle les
pèlerins des pays dont ils sont originaires. Et, pour ce
qui est des restaurateurs, les Sri- Lankais particulièrement, ils proposent une cuisine mondialisée que la
plupart des visiteurs connaissent et mangent aussi
dans leur pays. Ils font le plein, contrairement à des
établissements qui ont à leur carte du magret de canard et des salades au foie gras, des mets qui se perdent peu à peu dans cette standardisation. » Les
marchands de souvenirs souffrent eux aussi de cette concurrence mondialisée. Richard Bragagnolo,
qui fut l’un des grands « faiseurs » de hits en matière de souvenirs, déplore qu’aujourd’hui « il ne
reste plus qu’une seule fabrique à Lourdes. Désormais, tout vient d’Asie et est commandé par Internet.
Et puis, nos ventes se sont totalement effondrées. »
Le jour de Pâques, il affirme avoir réalisé un chiffre
d’affaires de 10 euros.
Même les congrégations religieuses sont mises à
mal par cette mondialisation des produits dérivés
de la foi. La fabrication d’hosties n’est plus du pain
bénit pour les sœurs cloîtrées du monastère de la
Visitation. « Pendant longtemps, cela nous a suffi
pour vivre, mais nous sommes aujourd’hui concurrencées par des entreprises laïques italiennes, espagnoles et même américaines qui ont des machines
plus performantes et peuvent donc vendre moins
cher que nous », révèle l’une de ces religieuses. À
cela, s’ajoute la diminution des fidèles : le sanctuaire lui-même, regrette-t-elle, aurait baissé ses
commandes d’hosties. ■
La priorité pour Lourdes,
dans cette période de mondialisation
et de dumping religieux, est de rester
fidèle à son message et à ses spécificités
JEAN-PIERRE ARTIGANAVE, CONSEILLER MUNICIPAL D’OPPOSITION H.S./LE PETIT JOURNAL
»
A
Une déchristianisation
qui touche toute l’Europe
HAUTE-
HAUTES- GARONNE
PYRÉNÉES
ARIÈGE
Lourdes
ESPAGNE
Alphonse-Jean Guillaume
hose vue, un soir, à Lourdes, au retour de la procession, dans l’hôtel
Saint-Etienne, boulevard de la
Grotte. Un homme en costume gris
s’adresse au veilleur de nuit dans
un anglais dont l’accent n’a rien
d’oxfordien. Assis derrière son
comptoir, l’employé, occupé à établir les factures
des pèlerins qui partiront le lendemain matin, lève
les yeux et répond à son tour, dans la langue de
Shakespeare, avec cette fois une prononciation
toute pyrénéenne. L’homme est accompagné de sa
femme et de sa fille qui portent toutes deux le sari,
la tenue traditionnelle du Sri Lanka, d’où vient
cette famille de pèlerins.
Comme eux, ils sont de plus en plus nombreux à
venir, chaque année, du bout du monde, pour se
recueillir devant la grotte de Massabielle, où la
Vierge est apparue à Bernadette Soubirous en
1858. Il y a quelques mois encore, Jean-Marc Abadie, le veilleur de nuit de l’hôtel Saint-Etienne,
s’avouait « étonné, voir intrigué, de l’arrivée massive de ces nouveaux pèlerins du bout de monde ».
Mais il s’est habitué. « Jusque-là, il n’y avait pas
beaucoup d’Indiens ni d’Asiatiques, ou seulement
ponctuellement, lors de certains pèlerinages, comme
celui des Tamouls qui leur est dévolu en juillet. Pendant des décennies, nous n’avons quasiment eu affaire qu’à des groupes d’Italiens, d’Espagnols,
d’Anglais, de Polonais… Même si des Américains et
des Sud-Américains, bien que nettement moins
nombreux, viennent aussi », détaille-t-il.
Ces nouveaux venus ne permettent pas de ralentir la baisse de la fréquentation à laquelle Lourdes, qui accueille chaque année environ 800 000
pèlerins, est confrontée. Une tendance sur laquelle
ni l’office de tourisme ni la direction du sanctuaire
ne souhaitent communiquer, mais que les professionnels de l’hôtellerie ne manquent pas de
constater. Le recul de la pratique religieuse sur le
Vieux Continent met à mal le modèle économique
de la ville et transforme son quotidien. D’autant
que Lourdes n’échappe pas à la mondialisation.
« L’explosion d’Internet, le développement et la
démocratisation du transport aérien, des voyages
pas chers ont largement contribué à cette véritable
révolution », estime Marc Dandré, le propriétaire
de la pizzeria Da Marco, rue de la Grotte, l’un des
seuls restaurants de la cité mariale à ne pas souffrir
de ce bouleversement. « Les pizzas et les pâtes sont
connues dans le monde entier ! Chez moi, les gens ne
sont pas désemparés. Et donc, toujours au rendezvous », se réjouit le restaurateur
Tarbes
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
20
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Il n’y a pas de dictateur modéré en Orient
est un trait propre
aux gouvernements
démocratiques
que de se méprendre
sur la nature
des régimes
autoritaires ; d’imaginer pouvoir
les modérer, les réformer, par le
dialogue, les bienfaits économiques,
ou l’emploi de la force.
Le « wilsonisme botté »
de l’Administration Bush, comme
l’a nommé Pierre Hassner, n’a avancé
la démocratie nulle part. En Irak,
les Américains ont soutenu un
gouvernement présenté comme
modéré à coup de milliards de dollars
en assistance matérielle et militaire.
Sauf que ce gouvernement à
dominante chiite n’avait rien de très
modéré : son autoritarisme sectaire
allait générer une violente opposition
sunnite et bientôt le djihadisme.
En Syrie non plus, les différentes
factions rebelles qui combattent le
régime Assad ne paraissent guère
disposées à embrasser la démocratie ;
alors que les vrais modérés ont quitté
la scène depuis longtemps.
Les élections organisées en Égypte
après la chute du président Moubarak
ont amené au pouvoir les Frères
musulmans qui s’empressaient
d’étouffer les balbutiements
démocratiques du pays. Avant d’être
balayés à leur tour par un coup d’État
militaire, célébré par le secrétaire
d’État américain d’alors John Kerry
comme une « victoire de la
démocratie » ;
curieuse
dénomination
d’une dictature
POUR « LE FIGARO »
plébiscitaire
implacable, mais
Les efforts des Occidentaux pour distinguer
qui se veut — et
colombes et faucons parmi les dirigeants en Irak,
l’est en effet — un
en Syrie, en Égypte ou en Arabie saoudite n’a pas
bouclier contre
de sens, si l’on entend porter par là une appréciation l’extrémisme :
sur le régime de ces pays, argumente l’historien*.
pour le maréchal
C’
RAN HALÉVI
moyens redoublés, à leurs agissements
subversifs à travers le Moyen-Orient,
au développement de leur programme
balistique et à leur implantation
militaire en Syrie.
La chimère de l’« autocrate
réformateur » a pourtant beaucoup
servi. La tragédie syrienne a fait
oublier le portrait engageant fabriqué
autrefois du jeune Bachar el-Assad,
ouvert, modernisateur, féru d’Internet
et de haute technologie, et de sa
gracieuse épouse toute vouée à des
causes humanitaires. On a pu mesurer
depuis les réserves inépuisables
de férocité que cet homme impassible
savait déployer pour se maintenir
au pouvoir, y compris par le recours
aux armes chimiques.
Le prince héritier Mohammed Ben
Salman d’Arabie saoudite aura mis, lui,
beaucoup moins de temps à dilapider
le crédit démesuré qu’il s’était acquis.
Nous lui avons
prêté l’étoffe d’un
Les États arabes que nous avons pris
réformateur : il a
ramené la police
l’habitude d’appeler « modérés »
religieuse dans les
devaient ce titre moins à leur système
casernes, accordé
de gouvernement qu’à leur plus
aux femmes le
droit de conduire,
ou moins bonne intelligence avec
autorisé
les démocraties occidentales
l’ouverture
des cinémas
et l’organisation de concerts publics.
Voyez l’accord sur le nucléaire
Décidé à contrer l’influence iranienne
iranien. Même rétrospectivement,
dans la région, il a resserré
il y avait de très bonnes raisons
les relations avec les États-Unis,
de le soutenir, parce qu’il suspendait
entamé un rapprochement avec Israël
pour de longues années l’accession
et œuvré à une reprise du processus
de Téhéran à la bombe. Cependant,
de paix avec les Palestiniens. Du coup,
le même John Kerry en espérait bien
le Tout- Washington l’a adoubé sans
davantage, expliquant que l’accord
réserve.
allait renforcer les modérés du régime,
Seulement, cet homme de 33 ans
accroître l’influence des classes
a cru pouvoir exécuter ces grands
moyennes et libérer de vastes
desseins avec une brutalité hasardeuse
ressources, grâce à la levée des
qui en fait une calamité internationale :
sanctions, pour soulager l’économie.
enlèvement du premier ministre
C’est l’inverse qui s’est produit.
libanais dans l’espoir, improbable,
L’accord a surtout permis aux gardiens
d’affaiblir le Hezbollah ;
de la révolution de vaquer, avec des
al-Sissi, la démocratie représente
plutôt un obstacle à son ambition
de remettre l’Égypte sur la voie
de la modernisation, garantir la paix
civile et préserver la stabilité
régionale. Disons que son succès
n’est pas acquis d’avance.
Les États arabes que nous avons pris
l’habitude d’appeler « modérés »
devaient ce titre moins à leur système
de gouvernement qu’à leur plus
ou moins bonne intelligence
avec les démocraties occidentales.
De fait, aucun autocrate ne peut
sérieusement envisager de libéraliser
son régime sans le mettre aussitôt en
péril : il ne peut réformer qu’au prix de
sa propre perte. Et, réciproquement,
toutes les incitations, les concessions,
les bonnes intentions que
les démocraties peuvent prodiguer
à une dictature ont peu de chances
de la faire évoluer.
«
»
bombardement massif au Yémen pour
défaire — sans succès — des rebelles
soutenus par l’Iran, en provoquant un
désastre humanitaire ; isolement forcé
du Qatar, qui l’aura poussé du coup à
se rapprocher des Iraniens.
Le libéralisme du prince héritier
n’a freiné ni la cadence des exécutions
capitales, ni la persécution des
militantes saoudiennes, ni les
arrestations et la torture d’hommes
d’affaires jugés réfractaires, ni enfin
la contribution hautement toxique
de l’Arabie saoudite à l’exportation
et au financement du salafisme
à travers le monde.
L’assassinat de Jamal Khashoggi
à Istanbul, étranglé, démembré,
ses restes dissous dans l’acide,
vient d’ajouter une touche d’horreur
au palmarès déjà bien garni des
mécomptes et des inepties du prince.
M. Khashoggi ne représentait pourtant
aucune menace pour le régime
saoudien. Mais le sens de la mesure
n’est pas la vertu première
des dictateurs. Ce meurtre dessine
en miroir le portrait de son
commanditaire : soupçonneux,
implacable, malavisé.
L’Arabie saoudite joue un rôle
capital pour l’islam comme pour la
stabilité du Moyen-Orient. Mais ce
crime doit être sanctionné. Et pas
seulement pour des raisons morales.
Un régime qui s’abandonne aux
méthodes d’un État voyou risque de
mettre en péril les intérêts de ses alliés.
Certes, la réalité internationale oblige
les démocraties à ménager réalisme et
idéalisme, le droit et les intérêts. Tout
l’art politique consiste précisément à
savoir contenir, et prévenir, avec toute
la fermeté requise, les errements de
nos partenaires intempestifs, même
quand ils se mettent sous la bannière
de la modération.
* Directeur de recherche au CNRS.
Professeur au Centre de recherches
politiques Raymond-Aron.
Un parti conservateur en France ?
Oui, c’est possible !
e mouvement Sens commun
a décidé d’adopter une ligne
politique conservatrice.
C’est une évolution qui peut
contribuer à faire sortir
le conservatisme politique
de l’ostracisme dans lequel il était
maintenu depuis plus de cent ans.
Mais il y a une différence considérable
entre le fait de reconnaître
le conservatisme comme une doctrine
politique qui compte et son émergence
comme un élément partisan
permettant de structurer le débat
politique. Existe-t-il un véritable
espace politique en France aujourd’hui
pour un parti qui se dirait
conservateur ?
La conjoncture politique dans notre
pays est, à la vérité, assez favorable à
l’émergence d’un tel parti. Emmanuel
Macron est résolument un progressiste
et s’affiche comme tel. Or l’opposant
naturel d’un progressiste n’est ni
un populiste, ni un nationaliste, ni un
extrémiste, mais un conservateur.
Du moins si les mots ont un sens.
Politiquement, donc, les difficultés
actuelles des progressistes au pouvoir
devraient servir le camp conservateur.
Pour autant, la constitution d’un pôle
conservateur dynamique et conquérant
n’est pas acquise. Certes, le tabou
intellectuel qui entourait jusqu’à peu
le conservatisme est tombé suite
à la publication, en un court espace
de temps, de livres d’auteurs français
ou étrangers (on pense à ceux de Roger
Scruton) explicitant le conservatisme.
En outre, ces ouvrages ont rencontré
un réel succès auprès du public
français.
D’autre part, il existe un potentiel
d’électeurs conservateurs que l’on peut
considérer comme
substantiel. Au
premier tour de la
présidentielle de
2017 et alors qu’il
Même dans notre pays, le conservatisme peut
était au sommet du
devenir la doctrine assumée d’un grand parti de droite, discrédit, François
pourvu que disparaissent enfin les idées reçues
Fillon a malgré
qui entourent ce mot très noble, plaide l’essayiste*.
tout rassemblé sur
DESSINS CLAIREFOND
L
A
JEAN-PHILIPPE VINCENT
son nom près de 20 % des votants.
Ces électeurs n’étaient peut-être pas
tous conservateurs, car il y avait aussi
des libéraux parmi eux, mais la
sensibilité de l’électorat filloniste
était majoritairement conservatrice.
Depuis, ces électeurs se sont
découragés, démobilisés et dispersés.
Mais ce réservoir électoral n’a pas
disparu. Il peut se remobiliser si une
ligne politique claire, conservatrice
et libérale, correspondant aux attentes
de ces électeurs de droite est adoptée.
À côté de ces éléments favorables,
que de difficultés prévisibles,
néanmoins, pour créer un parti
conservateur susceptible de compter !
Il faut d’abord surmonter les préjugés
de nombreux politiques de droite qui,
intoxiqués par la rhétorique
progressiste, assimilent le
conservatisme à l’immobilisme, à la
réaction, au traditionalisme ou à la
contre-révolution. Tout enseignant sait
que, face aux incompréhensions des
élèves, la bonne pédagogie repose
sur la répétition. Donc, répétons-le :
les conservateurs ne prônent pas
l’immobilisme, tout au contraire,
car ils sont favorables aux réformes.
Historiquement, l’action des grands
politiques conservateurs comme André
Tardieu et Georges Pompidou l’atteste.
Le programme conservateur tient
en trois verbes : hériter, enrichir,
transmettre. Les conservateurs se
reconnaissent ouvertement comme
des héritiers. De quoi ? D’une tradition
sociale, intellectuelle, économique,
philosophique, spirituelle et culturelle.
Cet héritage, les conservateurs veulent
l’enrichir et non le laisser végéter
ou dépérir. C’est pourquoi ils sont
favorables aux ajustements nécessaires.
Et, surtout, les conservateurs veulent
transmettre aux générations futures
les patrimoines de tous ordres qu’ils
ont reçus, y compris d’ailleurs le
patrimoine écologique. Ce programme
est parfaitement décent et pertinent.
Il faut en persuader les hommes
politiques dits de droite.
Un des meilleurs premiers ministres
Dans l’arène politique, la posture
à la fois défensive et agressive
de l’Action française a voué
une telle force à une opposition stérile.
Un mouvement politique majeur
et mature se caractérise par sa capacité
à hiérarchiser ses priorités. Dans
la France de 2018, il n’est pas certain,
par exemple, qu’il soit judicieux
d’ériger l’opposition frontale à la PMA
pour les couples homosexuels et à la
GPA, si légitime soit-elle, en priorité
politique absolue. Il serait plus efficace
de raisonner
de façon politique
Il faut surmonter les préjugés
en insistant sur la
de nombreux politiques de la droite
défense des droits
française qui, intoxiqués par la rhétorique naturels et en
particulier du
progressiste, assimilent le conservatisme droit de tout
enfant à connaître
à l’immobilisme, à la réaction, au
père et sa
traditionalisme ou à la contre-révolution son
filiation. C’est
seulement s’il y a
un accord global sur le projet politique
Ce primat de l’autorité bien comprise,
d’une société conservatrice que des
par exemple dans le domaine
aspects éthiques comme l’encadrement
de l’immigration, les penseurs
rigoureux ou l’interdiction de la PMA
et les électeurs conservateurs
et de la GPA seront compris
doivent là encore en faire la pédagogie
et acceptés.
auprès d’hommes politiques de droite
La politique consiste aussi à faire
dont l’orientation fait parfois penser
des compromis tout en gardant
à ces panneaux indicateurs
un cap doctrinal clair. Des compromis
qu’on voit à la sortie des villes :
avec les libéraux – par exemple
« Toutes directions ».
dans le domaine économique -,
Mais le principal obstacle à
il faudra en faire, car un parti
l’émergence d’un parti conservateur
conservateur ne peut pas avoir
étoffé et solide vient des conservateurs
vocation à avoir raison tout seul,
eux-mêmes. À force d’être cantonnés
dans son coin, avec 1 % des voix.
dans un rôle politique marginal,
Tout sera possible aux conservateurs
certains conservateurs de nuance
s’ils se montrent capables de cerner
traditionaliste ont développé un esprit
l’essentiel et de faire des compromis
parfois étroit qui peut les vouer
sur l’accessoire.
à une opposition sans nuance.
* Ancien élève de l’ENA,
C’est le « syndrome de l’Action
maître de conférences à Sciences Po,
française », ce parti politique
où il enseigne l’économie
(fondé par Charles Maurras)
des grandes questions démocratiques,
ultraroyaliste et autoritaire,
Jean-Philippe Vincent a publié,
influent dans l’entre-deux-guerres
parmi plusieurs ouvrages remarqués,
et qui a égaré dans des voies sans issue
« Qu’est-ce que le conservatisme ?
une partie de l’électorat conservateur,
Histoire intellectuelle
quelle que soit, par ailleurs, la valeur
d’une idée politique »
de certains intellectuels de cette famille
(Les Belles Lettres, 2016).
de pensée, comme Jacques Bainville.
de la Monarchie de Juillet, Casimir
Perier, avait fort bien résumé
un autre axe majeur de la politique
conservatrice dans un discours
à la Chambre des députés en 1832 :
« À l’intérieur l’ordre, sans sacrifice
pour la liberté. À l’extérieur la paix,
sans qu’il en coûte à l’honneur. »
Pour un conservateur, les
préoccupations d’ordre et d’autorité
viennent en premier parce qu’elles sont
la condition essentielle d’une vie en
société dans l’amitié civile et la paix.
«
»
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Non au pacte mondial sur les migrations
l aura fallu un certain temps
avant que le pacte mondial sur
les migrations de l’ONU, qui doit
être adopté à Marrakech
les 10 et 11 décembre, trouve
sa place dans le débat public. Sans
trop de surprise, pourrait-on dire.
Le droit international s’élabore rarement,
pour ne pas dire jamais,
dans les paramètres de la souveraineté
populaire et nationale, mais il s’impose
ensuite aux peuples, qu’on morigène sans
gêne lorsqu’ils rechignent
à se soumettre aux « engagements
internationaux » pris en leur nom.
On leur explique qu’ils ne sauraient
s’y soustraire, d’autant que les grandes
migrations seraient fondamentalement
positives et contribueraient
à l’enrichissement matériel et moral
I
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
de l’humanité, ce qu’affirme aussi sans
rire le pacte. Il ne serait plus possible,
aujourd’hui, de stopper les grandes
migrations, ni même de les contenir :
on pourrait au mieux les encadrer. C’est
dans cet univers mental qu’il faudrait
impérativement évoluer.
Concrètement, avec ce pacte, il s’agit
de jeter les bases normatives d’un futur
droit à la migration. Il s’agit aussi,
et cela n’est pas un détail, d’encadrer
le plus possible les termes du débat public
en le soumettant à une pédagogie
diversitaire de plus en plus contraignante.
Le pacte sur les migrations invite ainsi
les gouvernements à cesser d’« allouer
des fonds publics ou d’apporter un soutien
matériel aux médias qui propagent
systématiquement l’intolérance,
la xénophobie, le racisme et les autres
ENTRE GUILLEMETS
1er décembre 1949 : fin des tickets de rationnement sur le café, le sucre et l’essence en France.
Décret du 1er décembre 1949
WIKIPEDIA
Le Haut-Commissariat
au ravitaillement
est supprimé»
formes de discrimination envers les
migrants, dans le plein respect de la liberté
de la presse ». Quand on sait que,
du point de vue des théoriciens
du multiculturalisme, il suffit souvent
de critiquer leur doctrine pour se rendre
coupable de racisme ou de xénophobie,
il y a de quoi s’inquiéter. L’ONU plaide ici
pour un langage médiatique formaté par
l’idéologie diversitaire – par exemple
en remplaçant la figure de l’immigrant
illégal par celle du migrant irrégulier.
Pourtant, le parti immigrationniste
avance sans assumer son projet,
en prétendant que ce texte est
strictement symbolique et n’a aucune
portée pratique. Pris de panique devant
les critiques qui se multiplient contre
le pacte, ses défenseurs nous expliquent
que chacun pourra l’interpréter à sa guise
dans le plein respect de sa souveraineté.
C’est ce que faisait la Canadienne Louise
Arbour jeudi dans les pages du Figaro.
D’ailleurs, certains exégètes
autoproclamés du vrai et du faux
présentent l’éventualité d’une perte
de souveraineté comme une rumeur
relevant des fausses nouvelles. C’est à se
demander pourquoi la nomenklatura
diversitaire se mobilise autant pour
un texte aussi désincarné. Dans les faits,
elle travaille sans l’avouer à vider
de sa substance la souveraineté nationale,
pour ensuite placer les peuples devant
le fait accompli.
Mieux vaudrait parler un langage
de vérité. La crise migratoire frappe
toutes les sociétés occidentales et même
la propagande la plus sophistiquée
ne convaincra pas les peuples qu’elle
porte en elle un avenir radieux.
La caravane de migrants qui s’est levée au
Honduras, a traversé le Mexique et campe
actuellement à la frontière américaine
donne un exemple convaincant des effets
anxiogènes d’une immigration de masse
non désirée. Il suffirait que l’Amérique
consente à l’ouverture même partielle
de ses frontières dans les circonstances
présentes pour provoquer un appel d’air
qui deviendra vite incontrôlable,
d’autant que nous sommes témoins d’un
détournement à grande échelle du droit
d’asile, qui n’a pas été pensé pour réguler
de tels flux migratoires. Dans les faits,
le droit d’asile a surtout pour fonction
de disqualifier moralement le concept
de frontière, comme si celui-ci avait
seulement vocation à s’effacer – il serait
même inhumain de penser le contraire.
À terme, il faudrait vider de tout contenu
la différence entre le citoyen et celui qui
ne l’est pas pour que naisse une humanité
nouvelle.
Les migrations de masse sont en train
d’atteindre des proportions telles qu’elles
relèveront de la submersion
démographique, quoi qu’en disent
certains statisticiens militants qui jouent
avec les mots et les chiffres pour nous
convaincre que cette grande révolution
qui se déroule sous nos yeux n’a pas lieu.
C’est un thème récurrent de la pensée
progressiste du dernier siècle : le réel
serait une machination réactionnaire.
Mais les États sont en droit de vouloir
reprendre un contrôle politique sur le fait
migratoire. De ce point de vue, on ne peut
qu’applaudir les gouvernements
occidentaux qui, depuis quelques
semaines, annoncent qu’ils ne signeront
pas ce traité. Ils montrent ainsi que le
« sens de l’histoire » n’est qu’une illusion
idéologique dont peuvent se déprendre
ceux qui désirent orienter autrement leur
destin. Et, pour le dire franchement,
Emmanuel Macron ne devrait pas être
un des rares à se sentir obligé de signer ce
pacte. C’est en se délivrant des filets d’un
« droit international » instrumentalisé
idéologiquement que les nations
retrouvent la substance de la démocratie.
ANALYSE
Charles Sapin
csapin@lefigaro.fr
« L’ensauvagement », un mot
entre idées et politique
es mots, comme les concepts
qu’ils renferment, suivent
parfois de bien surprenantes
pérégrinations. La fortune du
terme d’« ensauvagement »
de notre société, désormais
usé d’un côté comme de l’autre de
l’échiquier politique, en est un exemple.
On l’entend dans les discours de Marine
Le Pen, comme dans la bouche de
nombreux cadres Les Républicains :
du député LR Julien Aubert au juppéiste
Maël de Calan. Sans oublier l’ancien
ministre de l’Intérieur socialiste,
Matthias Fekl, qui s’est récemment
converti à l’expression. Mais parlent-ils
tous de la même chose ?
Marine Le Pen voudrait croire
qu’elle a popularisé le terme après l’avoir
découvert en 2013 dans le livre
controversé de Laurent Obertone,
La France Orange mécanique, qui
a obtenu un grand succès. Dans la préface
qu’il avait accordée au livre,
le criminologue Xavier Raufer avait
théorisé la notion d’ensauvagement.
Ce n’était pourtant pas la première fois
qu’il apparaissait dans le débat public.
Dès 2005, la philosophe Thérèse Delpech
avait publié un essai consacré
aux relations internationales intitulé
L’Ensauvagement. Le retour de la barbarie
au XXIe siècle. L’auteur comparait
les menaces perceptibles avant 1914
et la situation internationale
contemporaine. Et elle jugeait que
le monde allait affronter un phénomène
de décivilisation, cause d’un retour
de la violence dans notre société.
Dans l’ordre politique, l’idée d’un
ensauvagement de la société n’est pas
indifférente à Jean-Pierre Chevènement
qui, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur
L
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
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Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
le sujet n’est en rien innocente. « C’est
quelque chose qui nous a interpellés
dès 2013, indiquait récemment au Figaro
Marine Le Pen. Tout le débat porte sur
la gratuité supposée de ces actes
de violence. Je plaide qu’il s’agit en réalité
d’une forme de terrorisme du quotidien.
Une volonté de perpétrer la terreur, dans
un cadre territorial et culturel. » Au risque
d’être accusée de vouloir établir un lien
entre l’immigration et la délinquance.
Quoi qu’il en soit, la présidente du
Rassemblement national s’empare là
d’une notion susceptible d’obtenir un
grand succès dans l’opinion publique.
Les faits divers qui pourraient paraître
susceptibles de l’étayer
ne manquent pas :
À l’occasion d’un colloque organisé
un père de famille
à l’Assemblée, Marine Le Pen
massacré devant
souhaite faire de l’expression
ses enfants pour une
vulgaire place
un des marqueurs de son discours
de parking ; une
professeure « braquée » par un de ses
la philosophe Chantal Delsol, le terme
élèves en classe à Créteil ; des policiers
exprime le constat inquiet « d’un retour
volontairement pris pour cibles à Viryde nos sociétés en deçà de la culture ».
Châtillon… l’actualité offre des exemples
La notion est ainsi, désormais,
de ce « retour à la barbarie »,
largement utilisée.
n’épargnant plus aucun sanctuaire.
Cependant, à l’occasion d’un colloque
Sollicité par Le Figaro, Me Guillaume
organisé à l’Assemblée nationale
ce samedi, Marine Le Pen souhaiterait
Jeanson, porte-parole de l’Institut pour
en quelque sorte faire de l’expression
la justice (un think-tank consacré
un des « marqueurs » de son discours.
à la place et aux droits des victimes),
À l’initiative du Rassemblement national,
reste toutefois très prudent. Il exprime
le criminologue Xavier Raufer, Christelle
ces réserves envers l’expression
Teixeira, la présidente de l’association
d’ensauvagement qui, selon lui,
Uniformes en danger, sans oublier
« installe un prisme immigrationiste dans
l’invité vedette de la matinée, l’auteur
le jugement que l’on porte sur les
à succès Laurent Obertone, disserteront
personnes ». Sans compter l’importance
sur le thème : « De la délinquance
de la question du délitement du lien
à l’ensauvagement ? »
social et de la part essentielle
Si elle peut paraître anecdotique,
de l’éducation, de la culture, dans
la forme interrogative choisie pour poser
la formation d’une société.
de Lionel Jospin, en 1999, fustigeait
les mineurs délinquants récidivistes,
qualifiés par lui de « sauvageons ». Lors
de la présidentielle de 2002, marquée par
le sujet de l’essor de la délinquance,
Jacques Chirac fit campagne contre la
violence gratuite tandis que Lionel Jospin
concéda qu’il avait « péché un peu par
naïveté sur la délinquance ». La notion fut
au cœur des campagnes présidentielles
de Nicolas Sarkozy en 2007 puis en 2012.
Dans la vie intellectuelle, l’idée
d’un ensauvagement de la société nourrit
la réflexion de philosophes comme Alain
Finkielkraut et d’historiens comme
Barbara Lefebvre. Comme l’explique
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
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Éditeurs
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Direction, administration, rédaction
14, boulevard Haussmann
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direction.redaction@lefigaro.fr
VOX
… ÉVÉNEMENT
« Jean-Claude Michéa :
rencontre avec le penseur
de la France des ‘‘gilets
jaunes’’ », portrait
d’un philosophe discret
et influent, par Alexandre
Devecchio, à lire dans
les pages « Esprits libres »
du « Figaro Magazine »
du week-end et sur
FigaroVox
… NOUVELLES
TECHNOLOGIES
« L’intelligence artificielle
est aussi un outil de
contrôle des citoyens.
Et elle vise à prévenir
nos désirs autant qu’à
les susciter »,
par Matthieu Baumier,
écrivain et essayiste
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
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1er cahier 22 pages
Cahier 2 Économie
10 pages
Cahier 3 Le Figaro
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Sur certaine éditions
Supplément 4 Magazine
200 pages
Cahier TV 80 pages
Supplément 5 Madame
156 pages
2 promos portage
Cogédim et Air France
Magazine : diffusion
sur une partie du territoire
national
1
Mathieu Bock-Côté
A
CHRONIQUE
21
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO - N° 23 111 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
LES HÔTELS
MARRIOTT
PIRATÉS
lefigaro.fr/economie
EXCLUSION
TRENTE ANS APRÈS LA CRÉATION
DU RMI, LA PAUVRETÉ
N’A PAS RECULÉ EN FRANCE PAGE 25
GRAND TÉMOIN
Jacques
Gounon.
MALGRÉ LE BREXIT, LE PDG
D’EUROTUNNEL RESTE
TRÈS CONFIANT PAGE 29
Installation de câbles à La Seyne-sur-Mer
(Var), pour une liaison Singapour-France.
Déployés au fond des mers, ils sont un enjeu économique et politique clé
du numérique. La Chine est à l’offensive. PAGE 24
Arrêts maladie : la piste du jour de carence complet
Ce n’est encore qu’une piste de réflexion, mais elle inquiète les syndicats de salariés du privé. Les
trois experts nommés par Matignon pour étudier les moyens
d’enrayer la hausse du coût des arrêts maladie étudient sérieusement l’instauration d’un jour de
carence non indemnisé pour tous.
En clair, en cas d’arrêt maladie,
personne ne serait indemnisé le
premier jour. Cela ne changerait
rien pour les fonctionnaires, pour
qui c’est déjà la règle. En revan-
le PLUS du
FIGARO ÉCO
DÉFENSE
L’équilibre francoallemand dans
les blindés tangue
PAGE 27
LA SÉANCE
DU VENDREDI 30 NOVEMBRE 2018
CAC 40
5003,92 -0,05%
DOW JONES (18h)
25312,20 -0,11%
ONCE D’OR
1217,55 (1226,25)
PÉTROLE (lond)
58,760 (59,890)
EUROSTOXX 50
3169,26 -0,15%
FOOTSIE
6994,45 -0,63%
NASDAQ (18h)
7283,40 +5,67%
NIKKEI
22351,06 +0,40%
che, ce dispositif serait dissuasif
pour les salariés du privé, qui ont
aujourd’hui trois jours de carence,
mais majoritairement remboursés
par leurs contrats de mutuelle.
Cette fois, les institutions de prévoyance auraient l’interdiction de
compenser la perte de revenu.
La mission devrait également proposer à Édouard Philippe la mise
en place d’un forfait unique d’indemnisation. Alors que l’Assurance-maladie verse aujourd’hui des
indemnités journalières maladie
plafonnées à 1,8 smic, elle pourrait
à l’avenir financer un revenu de
remplacement forfaitaire, le même
pour tout le monde. « Le montant
de 0,9 smic a été évoqué », selon le
quotidien Les Échos. Cette solution
obligerait les entreprises à mettre
un peu plus la main à la poche pour
compenser tout ou partie de la différence entre le salaire de départ et
l’indemnisation de la Sécu. Les entreprises avec une main-d’œuvre
à bas coût s’y retrouveraient, tandis que les autres devraient aug-
menter leur contribution. Autre
piste évoquée : l’extension du droit
aux indemnités journalières à
9 millions de personnes qui n’en
bénéficient pas aujourd’hui, à savoir les « travailleurs saisonniers,
intermittents du spectacle, intérimaires, demandeurs d’emploi, salariés de moins d’un an d’ancienneté,
nounous et assistantes maternelles ». Ces propositions devraient
figurer dans le rapport qui sera remis début décembre au premier
ministre.
M.-C. R.
L'HISTOIRE
Le « en même temps » de Darmanin
sur les trésoreries et les économies
G
érald Darmanin (photo) l’assure :
sauver les petites trésoreries
rurales et faire des économies
n’est pas contradictoire.
« Mes prédécesseurs
ont fermé plus de 1 200 trésoreries
en dix ans, a rappelé vendredi, dans
Ouest-France, le ministre de l’Action et des
Comptes publics. J’ai décidé, à la demande
du président de la République,
de ne plus en fermer en milieu rural. »
Mieux, depuis sa nomination
en mai 2017, il en a même
sauvé 79. Mais l’ex-maire LR
de Tourcoing entend
« en même temps » supprimer
en 2019 pas moins de…
2 000 postes dans
l’administration fiscale,
qui emploie toujours
110 000 fonctionnaires.
Et ce parce qu’il a
promis aux Français,
comme
il l’a rappelé en juin
dans l’Eure, de
« tenir un langage
de vérité :
quand on a dématérialisé toutes les
procédures, on ne peut pas laisser en place
toutes les trésoreries existantes ».
D’ailleurs, l’important n’est pas aujourd’hui,
à écouter son entourage, d’en fermer
ou d’en ouvrir, mais de créer de « nouveaux
points de contact physique avec
les contribuables » - Bercy avance le chiffre
de 400 - pour répondre à leurs questions.
Que ce soit grâce à une permanence régulière
dans une mairie, au passage d’un bus
itinérant de service public ou à une
autre solution à inventer. De plus,
des redéploiements sont à l’étude
pour mettre au vert des services
entiers de la Direction des finances
publics dans les petites villes
et à la campagne. Des
expérimentations vont même être
menées rapidement dans
le Nord, la Creuse,
en Corrèze, dans
le Loiret,
le Pas-de-Calais,
la Haute-Vienne
et la Somme. ■
GUILLAUME
GUICHARD
Frédéric Beigbeder
A
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO, BORIS HORVAT/AFP
Internet : la grande bataille
des câbles sous-marins
Les piratages ne sont plus une
chose rare pour les entreprises.
Mais celui-ci marque par son ampleur. Vendredi, le groupe hôtelier
américain Marriott International a
annoncé que des hackers avaient
eu « un accès non autorisé » au réseau informatique de Starwood
Hotels, l’une de ses filiales. Jusqu’à
500 millions de clients dans le
monde sont concernés. Cela représente les personnes ayant effectué des réservations dans les différentes marques de la chaîne,
comme les hôtels Westin ou
Sheraton.
Pour 327 millions de victimes, les
données dérobées consistent en
la combinaison de noms et prénoms, adresse électronique, numéro de téléphone, adresse postale ou numéro de passeport. Pour
d’autres, d’un nombre inconnu, ce
sont des données bancaires qui
ont été dérobées. Elles étaient
stockées de manière chiffrée,
c’est-à-dire protégées. Néanmoins, Marriott « ne peut pas
écarter la possibilité que des éléments pour déchiffrer ces données » aient également été dérobés. La faille de sécurité a d’abord
été détectée au mois de septembre. Néanmoins, d’après l’enquête
de Marriott, le réseau de
Starwood avait déjà été violé à
plusieurs reprises depuis 2014.
Les autorités américaines ont
ouvert une enquête sur le sujet.
L’ampleur de ce piratage est particulièrement grave. En 2017, Yahoo!
avait reconnu plusieurs failles de
sécurité ayant affecté au total les
comptes de 3 milliards de personnes dans le monde. La même année, c’est Equifax, spécialiste de la
cote de crédit aux États-Unis, qui
s’était fait dérober des informations sensibles sur 143 millions
d’internautes. Si des clients européens sont concernés par cet incident, Marriott encourt de fortes
amendes. Depuis la mise en place
du règlement européen des données (RGPD), les entreprises victimes de failles de sécurité mettant
en danger les données de leurs utilisateurs encourent une amende
allant jusqu’à 4 % de leur chiffre
d’affaires mondial.
L. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
24
L'ÉVÉNEMENT
Les câbles sous-marins, au cœur
de la bataille de l’Internet mondial
La Chine prend une place croissante. Elle développe un axe Est-Ouest.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
TÉLÉCOMS L’Internet mondial
joue son avenir 20 000 lieues sous
les mers. Les câbles sous-marins
assurent 97 % des communications
numériques mondiales. « Il n’y a
pas d’alternative à l’utilisation de
câbles sous-marins. Les satellites ne
peuvent répondre aux exigences de
communication de la société et de
l’économie digitale moderne », souligne le think-tank britannique
Policy Exchange dans un long rapport sur l’importance stratégique
des liaisons sous-marines. Sans ses
câbles, le Royaume-Uni irait tout
droit à la faillite.
Disposer de câbles, c’est avoir
une ouverture sur le monde. Les
îles ne sont pas les seuls territoires
concernés, loin de là. Toute la planète est concernée. Les pays qui les
accueillent voient aussi leurs infrastructures techniques se développer, devenant des terres de
prédilection pour l’installation de
data centers et, plus largement, les
infrastructures
technologiques.
Les câbles restent pour longtemps
encore un actif numérique central,
donnant à ceux qui les contrôlent
un véritable avantage économique, stratégique et militaire.
Consciente de l’importance des
câbles sous-marins, la France regarde de près un des dossiers
chauds du moment : l’avenir
d’ASN. Le français est un des rares
fabricants mondiaux de câbles
sous-marins et le seul à être intégré de bout en bout. Il est la propriété de Nokia, qui l’a trouvé dans
la corbeille de la mariée lors du rachat d’Alcatel-Lucent, en 2015.
Depuis, il cherche à se désengager.
La cession de cet actif est un véritable serpent de mer, le dossier a
été ouvert bien avant la vente
d’Alcatel à Nokia. Mais pas question pour le gouvernement de le
voir filer dans les mains d’un groupe étranger. Même l’italien Prysmian, qui a pourtant déjà repris
d’anciens actifs d’Alcatel, a été
écarté du dossier. Orange et
Nexans, le leader mondial du câble, ont jeté l’éponge pour des raisons de stratégie industrielle. ASN
finalement devrait être cédé à Ekinops, une ETI bretonne spécialisée
dans la fabrication d’équipements
optiques pour les réseaux fibres.
Plus précisément, la vente pourrait
se faire au profit des actionnaires
d’Ekinops, dont BPI France et le
fonds d’investissement Aleph Capital, basé à Londres.
Les tensions entourant ce dossier reflètent l’importance croissante accordée aux câbles, dans un
renforcer ses connexions avec
l’Ouest : l’Europe et l’Afrique. Les
câbles font partie d’un plus vaste
programme des nouvelles routes de
la soie », explique un expert. Par
voie terrestre et sous-marine, la
Chine étend son influence. Shenzhen devient un hub central pour
relier l’Indonésie, l’Inde, les Émirat, l’Afrique (via Djibouti, lire cidessous), les pays du contour méditerranéen, dont la France, et,
enfin, l’Europe du Nord. Dans le
contexte actuel, les liaisons vers les
États-Unis ne sont pas à l’ordre du
jour. « La Chine déploie les infrastructures dont les pays émergents
ont besoin. Elle apporte tout, y compris le financement », note un expert français, non sans amertume.
Elle a été la première à déployer un
câble, baptisé Sail, entre l’Afrique
et le Brésil (de Kribi au Cameroun à
Fortazela au Brésil) ; Huawei apporte ses équipements, China Unicom est l’opérateur et Eximbank
China finance le projet… moyennant notamment un accès aux
zones de pêches maritimes du Cameroun.
Outre la pose de nouveaux câbles, la maintenance des anciens
est aussi cruciale. Dans le domaine,
la France dispose d’un atout avec
marché qui reste demandeur.
Contrairement aux idées reçues,
de nouveaux câbles sont posés régulièrement, y compris pour les
liaisons réputées les mieux assurées. « Entre l’Europe et les ÉtatsUnis, de nombreux câbles ont été
posés dans les années 2000. Ils atteignent la limite de leur durée de vie
économique », explique Jean-Luc
Vuillemin, directeur des réseaux et
services internationaux chez
Orange. Ils ne sont plus compétitifs
en termes de coûts de maintenance
et de performance technologique
face aux nouveaux.
Offensive chinoise
De plus, de nouveaux acteurs s’invitent sur le marché. Google déploie désormais ses propres câbles.
En début d’année, il a annoncé investir dans trois nouvelles liaisons,
dont une entre les États-Unis et le
Chili et une autre entre l’Europe et
les États-Unis, cofinancée avec
Facebook et Orange. L’entrée en
lice des géants américains inquiète
certains observateurs. Ils craignent
de les voir s’approprier une partie
du transit des données mondiales.
De même, la montée en puissance des Chinois dans le domaine interpelle. « La Chine est en train de
A
Avec sa situation géographique
exceptionnelle sur la Corne de
l’Afrique, à l’entrée du détroit de
Bab el-Mandeb, et sa stabilité politique, ce tout petit pays de moins de
1 million d’habitants est l’un des
plus grands hubs des télécoms au
monde. Pas moins de 11 câbles
sous-marins (soit largement devant
Marseille, qui en compte 9) aboutissent sur ce confetti coincé entre
la Somalie, l’Éthiopie, l’Érythrée et
le Yémen. Ceci en fait l’un des pays
les plus connectés au monde en
proportion de sa population.
« Sa situation centrale entre
l’Afrique, les pays du Golfe et l’Asie
fait du pays l’un des plus grands hubs
de télécommunication de cette région
du monde », explique Jean-Michel
Huet, associé au sein du cabinet
BearingPoint en charge de l’Afrique.
Et Djibouti Télécom, l’un des
derniers opérateurs en situation de
millards
de dollars
de transactions
financières faites
quotidiennement
via les câbles
sous-marins,
selon la Fed
1,2
million
de kilomètres
de câbles
parcourent
les océans
100
à 150
câbles
sousmarins
sont sectionnés
tous les ans (ONU)
97 % des connexions Internet mondiales passent sous les océans
LA CHINE TISSE SA TOILE VERS L’EUROPE ET L’AFRIQUE
Marseille
CHINE
Karachi
Doha
OCÉAN
ATLANTIQUE
Shenzhen
Djibouti
OCÉAN
PACIFIQUE
Mombasa
OCÉAN
ATLANTIQUE
OCÉAN
INDIEN
EXEMPLES DE CÂBLES CHINOIS
Peace (Pakistan & East Africa Connecting Europe) prévu en 2020
Source : .submarinecablemap.com
Infographie
AAE-1 (Asia Africa Europe-1) ouvert en 2017
Djibouti, un micro-État ultraconnecté
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
Orange Marine et sa flotte de six
navires câbliers. Les chalutiers
sont les grands ennemis des câbles : lorsqu’ils sont pris dans les
filets, le coup de pince est la solution de facilité. Les ancres sont
aussi redoutables. Cent à cent cinquante câbles sont endommagés
chaque année, la plupart par des
pêcheurs, selon l’ONU. Les tremblements de terre et… les morsures
de poissons représentent moins de
1 % des incidents.
Les câbles sous-marins ont beau
être protégés par la convention de
Genève sur la haute mer de 1958 et
par l’ONU, ils font l’objet de sabotage, souvent difficile à démontrer.
Les câbles commerciaux figurent
sur toutes les cartes marines, ils
sont faciles à trouver, tandis qu’il
existerait des câbles militaires non
référencés et soigneusement tenus
secrets. Policy Exchange alerte sur
la vulnérabilité des câbles sousmarins, dénonçant même de récentes attaques russes sur des
connexions sous-marines vers la
Crimée, la Scandinavie et l’Atlantique. Nul besoin de James Bond en
scaphandre pour sectionner un câble, la technique serait très simple… Mais aucun expert ne souhaite en donner le mode d’emploi. ■
10 000
monopole de la planète, utilise cet
avantage géographique pour se développer. L’opérateur africain se
décrit ainsi : « Point de chute des câbles sous-marins d’interconnexion
entre l’Europe et l’Asie, Djibouti
Télécom constitue la voie de transit
des communications de l’ensemble
des pays de l’Afrique de l’Est, centrale et du Sud. »
Sur son sol, l’opérateur a en effet
installé un vaste nœud de raccordement des données sur lequel il
accueille le trafic télécom et Internet d’une vingtaine d’opérateurs
télécoms en provenance de 13 pays
voisins.
« Porte d’entrée
des Gafam en Afrique »
Djibouti Télécom opère aussi les
services de téléphonie mobile de
territoires autonomes comme le
Somaliland et le Puntland, ou de
pays comme l’Érythrée. L’opérateur est, par exemple, le point d’accès à Internet de l’Éthiopie, le géant
économique voisin, totalement en-
clavé. Enfin, il a développé avec le
soutien de l’Arabie saoudite un vaste data center. « Les énormes capacités Internet du pays en font une
porte d’entrée naturelle des Gafam
en Afrique », explique Jean-Michel
Huet. Les géants du cloud computing comme Amazon, Google et Microsoft étudient la possibilité de
s’installer dans ce pays. Tout n’est
pas simple, toutefois. Le principal
souci d’un data center est la nécessité de refroidir les nombreux serveurs qui dégagent beaucoup de
chaleur. Or Djibouti est situé dans
l’un des points les plus chauds de la
planète.
« Djibouti Télécom est aussi un
atout non négligeable pour le développement et la modernisation du
port autonome qui assure la croissance économique du pays », ajoute
Jean-Michel Huet.
Enfin, les ingénieurs de cet opérateur africain ont été formés par
l’ex-France Télécom (devenu
Orange) avant et après l’indépendance du pays en 1977. ■
La France invente une taxe
Djibouti
« Télécom
est aussi
un atout
pour le
développement
et la
modernisation
du port
autonome
du pays
»
JEAN-MICHEL HUET,
ASSOCIÉ BEARINGPOINT
Les câbles sous-marins qui assurent
les liaisons télécoms entre les grandes zones géographiques sont élevés au rang d’actifs stratégiques.
« Certains pays mènent une politique
d’attractivité pour les câbles sousmarins. La Norvège les subventionne. La France les taxe », s’agace
Jean-Luc Vuillemin. La raison de la
colère du directeur réseaux et services internationaux d’Orange tient
en trois lettres : RAP, pour « redevance archéologique préventive ».
Destinée à financer des fouilles
lors de grands travaux, la RAP
concerne par exemple les carrières,
les routes, les voies ferrées, les canaux… et désormais les câbles sousmarins. Elle a été étendue au domaine maritime dans la loi de finances
2017. « Un câble sous-marin fait
30 cm de large. Or, la taxe s’applique
sur une largeur de 100 mètres de chaque côté de celui-ci ! », tempête
Jean-Luc Vuillemin. Multipliée par
des centaines de kilomètres, la facture grimpe rapidement, au point de
menacer l’équation économique qui
prévaut à l’installation de nouveaux
câbles. Ainsi, avec cette taxe, la facture de l’infrastructure pour relier la
Corse pourrait tout simplement
doubler, pour passer de 15 à 30 millions d’euros !
Perte de compétitivité
La France se met à taxer l’installation de ces câbles au moment où la
bataille fait rage entre les pays côtiers pour les accueillir. L’Espagne
et le Portugal sont au premier rang
sur la façade atlantique. Or, qui dit
connexion, dit aussi centre de stockage de données, serveurs… et les
emplois qui vont avec. L’année
dernière déjà, le Cluster maritime
français avait exprimé son inquiétude. L’extension de la RAP ne pénalise pas uniquement les opérateurs télécoms, elle plombe aussi
l’économie des éoliennes offshore,
reliées au réseau terrestre par des
câbles sous-marins, alors même
que le gouvernement cherche à
développer les énergies renouvelables. ■
E. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
ÉCONOMIE
25
Trente ans après la création du RMI,
la pauvreté n’a pas reculé en France
Pas moins de 8 millions de personnes sont considérées aujourd’hui comme pauvres, soit 14 % de la population.
MARIE-CÉCILE RENAULT £@Firenault
SOCIAL Le constat est cruel. Alors
que la France célèbre ce 1er décembre les 30 ans de la création du revenu minium d’insertion (RMI) et les
10 ans de celle du revenu de solidarité active (RSA), le pays n’a jamais
compté autant de pauvres. Selon les
derniers chiffres publiés par l’Insee,
plus de 8 millions de personnes
vivent en effet aujourd’hui sous le
seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec
moins de 1 026 euros par mois pour
une personne seule. Soit un taux de
pauvreté de 14 %, qui n’a pas bougé
en trente ans mais qui grimperait à
21 % sans le système d’aides
sociales.
Les plus précaires restent les familles, les femmes et… les enfants,
dont 20 % en France vivent sous le
seuil de pauvreté, la plupart étant
élevés par un parent isolé. Au
Secours catholique, qui a accueilli
1,4 million de personnes en 2017,
près de la moitié sont des enfants.
S’ils restent minoritaires, les seniors
pauvres sont en forte augmentation, note également l’association
caritative dans son dernier rapport
annuel sur l’état de la pauvreté, publié le 8 novembre. « On assiste à
une précarisation des seniors depuis
une petite dizaine d’années, explique
Bernard Thibaud, son secrétaire général. C’est le fruit du chômage de
longue durée et de parcours de plus
en plus hachés, qui débouchent sur
des retraites difficiles. »
Au final, le mouvement, qui a fêté
ses 70 ans en 2016, note « un creusement des disparités de profils » de ses
bénéficiaires, « avec d’un côté une
population française plus féminine et
vieillissante, de l’autre une population étrangère plus masculine et jeune ». Pour éradiquer la grande pauvreté, le Secours catholique estime
que le RSA devrait être porté à
850 euros, au lieu des 550 actuels.
Un « pognon de dingue »
dénoncé par Macron
Avec 714,5 milliards d’euros de
prestations sociales versées en 2016,
la France est pourtant le pays européen qui dépense le plus en matière
de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, de logement, d’emploi, de
famille, mais aussi de santé et de
retraites. Ce montant représente
32,1 % du PIB, contre une moyenne
de 27,5 % pour l’Europe des VingtHuit, selon les chiffres du ministère
des Solidarités. L’aide et l’action
sociales représentent 10 % de ce
montant, soit 70 milliards.
Au sein de cette enveloppe, les
dix minima sociaux en vigueur en
France (RSA pour les personnes
sans revenu, AAH pour les handicapés, Aspa pour les personnes âgées,
ASS pour les chômeurs en fin de
droits, ATA pour les personnes en
réinsertion, ADA pour les deman-
deurs d’asile, etc.) pèsent 26,2 milliards. Fin 2016, pas moins de
4,15 millions de personnes touchaient au moins l’une de ces prestations, ce qui représente 7 millions
de personnes couvertes au total en
ajoutant les conjoints et les personnes à charge.
Après avoir fustigé mi-juin le
« pognon de dingue » que coûtent les
aides sociales sans réussir à sortir
leurs bénéficiaires de la pauvreté,
Emmanuel Macron a annoncé dans
la foulée une future réforme de
grande ampleur du système. Lors
de la présentation de son plan national de lutte contre la pauvreté, le
13 septembre, le chef de l’État a affirmé sa volonté d’instaurer après
2020 un revenu universel d’activité
(RUA) qui fusionnera « le plus grand
nombre possible de prestations »
L’aide et l’action
sociales représentent
70 milliards d’euros
chaque année. MAXPPP
- du RSA aux aides au logement en
passant par la prime d’activité dont l’État sera responsable. Et ce,
pour favoriser « l’émancipation par
le travail ».
Les bénéficiaires auront « des
droits et des devoirs supplémentaires » : droit à un accompagnement
mais obligation de s’engager dans
un parcours d’insertion « qui empêche de refuser plus de deux offres rai-
sonnables d’emploi ou d’activité ».
Emmanuel Macron a également annoncé une couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C)
à 1 euro par jour, des petits déjeuners gratuits dans les écoles des
quartiers prioritaires, un renforcement des tarifs sociaux à la cantine,
ou encore un dispositif incitant les
crèches à accueillir davantage
d’enfants pauvres… ■
Le Fraternel, un
gâteau à partager
Pendant tout le mois de décembre
à compter de ce samedi, le
Secours catholique-Caritas France
commercialise le Fraternel, une
création gourmande et solidaire
imaginée par Chef Damien.
Ce gâteau marbré et mœlleux
doit permettre de favoriser
les occasions de rencontre et
de partage en famille, entre amis
et de collecter des fonds pour
financer les actions de lutte contre
la précarité des familles.
« Faire un don n’a jamais été
aussi bon », se félicite le Secours
catholique, qui propose son
Fraternel au prix de 7 euros dans
ses 74 délégations régionales,
mais aussi sur le site d’Epicery,
start-up 100 % foodtech
qui ambitionne de révolutionner
les courses alimentaires.
M. L.
Pas un exécutif n’a réussi, depuis 1988, à régler le volet insertion
Il n’est pas
« digne
de notre
passé, ni
concevable
pour notre
avenir, que
tant de gens
survivent
dans
la misère
et se voient
rejetés aux
franges d’une
société qui
les frappe
d’exclusion
sans appel
»
MICHEL ROCARD,
PREMIER MINISTRE,
EN 1988
Face à la montée du chômage de
longue durée en 1988, le premier
ministre Michel Rocard instaure le
revenu minimum d’insertion
(RMI), une allocation qui assure aux
plus de 25 ans un seuil de ressources
minimum (2 000 francs à l’époque).
Après la création de la Sécurité
sociale en 1945, du minimum
vieillesse en 1956, des allocationschômage en 1958, c’est « le dernier
étage pour lutter contre la pauvreté », selon Michel Rocard.
À l’époque, tout le monde applaudit : la loi est adoptée le 1er décembre à l’unanimité. En dix ans, le
nombre de bénéficiaires fait plus
que doubler, de 407 000 en 1988 à
plus d’un million en 1998, un chiffre
supérieur aux prévisions, qui
connaîtra ensuite une croissance
ininterrompue. Mais il apparaît vite
que le volet insertion, symbolisé par
le « I » de RMI, ne fonctionne pas. Si
l’allocation constitue bien un ultime
filet de sécurité pour les sans-ressources, il se révèle insuffisant pour
leur permettre de sortir de la pauvreté et revenir vers l’emploi.
Malgré un discours critique sur le
RMI, dans lequel il voyait « de l’as-
sistance pure et la négation de l’effort », Jacques Chirac l’a maintenu
pendant ses deux mandats à l’Élysée. En 2003, pour faciliter l’insertion au plus près du terrain, le gouvernement Raffarin décide alors de
décentraliser le RMI, désormais
confié aux départements, et lui adjoint aussi le revenu minimum
d’activité (RMA), une aide aux employeurs pour les inciter à embaucher les RMIstes. Mais le RMI fait
l’objet d’une désaffection croissante dans l’opinion, qui lui reproche
de constituer une incitation à ne pas
travailler.
À peine élu, en 2007, Nicolas
Sarkozy nomme Martin Hirsch
haut-commissaire aux Solidarités
actives afin de mettre en place une
solution pour garantir à toute personne que son revenu ne peut diminuer si elle reprend une activité. Le
1er décembre 2008, soit vingt ans
après sa création, le RMI est remplacé par le revenu de solidarité active (RSA) et élargit les bénéficiaires
aux personnes gagnant moins de
880 euros par mois afin de s’adresser, aussi, aux « travailleurs pauvres ». Le RSA se décline alors sous
deux formes : le RSA socle (fusion
de l’ex-RMI et de l’allocation parent
isolé) vise à garantir un revenu minimum aux personnes sans revenu ;
et le RSA activité vient, lui, compléter les revenus des travailleurs modestes. Et ce, avec l’objectif affirmé
de « réduire d’au moins un tiers en
cinq ans la pauvreté». Mais cette
ambition se heurte rapidement à la
crise de 2008 si bien que la pauvreté
augmente de 0,7 point en cinq ans.
Une nouvelle loi en 2020
Nouvelle évolution quelques années
après le retour de la gauche au pouvoir et l’élection de François Hollande. Si le gouvernement Valls
conserve le RSA socle (qui devient
RSA tout court) pour les personnes
sans ressource, la loi Rebsamen
d’août 2015 fusionne le RSA activité
et la prime pour l’emploi (PPE) pour
former une nouvelle allocation, la
prime d’activité (PA), visant à soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs modestes.
La PA, mensualisée, dématérialisée et ouverte aux jeunes, connaît
alors une montée en charge rapide :
le taux de recours atteint 73 % sur
l’année 2016, contre 32 % auparavant avec le RSA activité. Un succès
qui poussera le candidat Macron à la
conforter et promettre sa revalorisation de 80 euros par mois au cours
du quinquennat.
Le RSA, en revanche, demeure
un échec cuisant. Avec la crise, le
nombre d’allocataires a explosé et
atteint 1,8 million de bénéficiaires,
pour un montant moyen de
492 euros mensuels. Mais près d’un
tiers des personnes éligibles ne le
demande pas. Et les départements
sont « asphyxiés » financièrement,
l’État ne compensant plus intégralement la note. Aujourd’hui, sur les
10 milliards d’euros que coûte chaque année le RSA, 6 proviennent de
la dotation de l’État et 4, soit le reste
à charge, des départements.
La question de sa « renationalisation » se pose donc depuis deux
ans mais bloque sur la question financière. Mi-septembre, Emmanuel Macron a annoncé la nouvelle
étape : une loi en 2020 créant un
revenu universel d’activité en
remplacement du RSA, des allocations logement et de la prime
d’activité… ■
M.-C. R.
J’ai une
« vision
MARC LANDRÉ £@marclandre
à 180 degrés
sur
l’accompagnement
des publics
en difficulté
et l’ensemble
des
dispositifs
d’aide
existants
»
CHRISTELLE DUBOS,
DÉPUTÉE LAREM
DE GIRONDE
En 2007, Nicolas Sarkozy avait désigné une star pour lutter contre la
pauvreté : Martin Hirsch, fils spirituel de l’abbé Pierre et ex-président
d’Emmaüs France. Changement de
style avec Emmanuel Macron, qui a
confié mi-octobre la mise en œuvre
de son revenu universel d’activité
- et plus globalement la lutte contre
la pauvreté - à une inconnue de
42 ans : Christelle Dubos, députée
LaREM de Gironde et adjointe au
maire sans étiquette d’une commune de 635 âmes située à 20 kilomètres de Bordeaux.
« Je ne m’y attendais pas », reconnaît cette éternelle optimiste
ordonnée, qui ne grenouillait pas
dans les ministères et dont le fait
d’armes est d’avoir été une excellente rapporteure des titres 2 et 3 de
la loi Elan sur le logement en 2018.
« Je bossais à fond mes dossiers »,
ajoute cette besogneuse retenue en
septembre pour intégrer le groupe
de trente-cinq députés… ambassadeurs de la réforme des retraites.
La force de cette maman d’ados
de 18 et 14 ans, qui a passé toute sa
vie dans le Sud-Ouest et rêvait, petite, de devenir quincaillière, est
son CV long comme le bras dans la
lutte contre la précarité. « Il manquait dans ce gouvernement de techniciens un profil qui représente les
oubliés et connaisse les problèmes des
vraies gens », confie Jean-Marc Borello, proche du président Macron
et patron du groupe SOS, spécialiste
de l’économie sociale et solidaire.
Que l’on ne se trompe pas, cette
diplômée en économie sociale et familiale qui dirigeait jusqu’en juin
2017 le service Emploi et accompagnement de la communauté de
communes de Montesquieu est une
vraie pro de la lutte contre la pauvreté, avec ses vingt ans de pratique
de « travailleur social » aux côtés de
tous les publics en difficulté (handicapés, SDF, migrants, minima
sociaux, prisonniers…).
Sous la tutelle de Buzyn
« Christelle Dubos est une femme de
terrain engagée, extrêmement posée
et toujours à l’écoute », confirme
Laurent Grandguillaume, ex-député PS de Dijon, qui l’a côtoyée dans
le cadre de l’association Territoires
zéro chômeur de longue durée qu’il
préside. « J’aime aller à la rencontre
des gens, c’est naturel chez moi »,
assure-t-elle.
« Elle a une parfaite connaissance
des publics les plus précaires, abonde
Agnès Buzyn, sa ministre de tutelle,
qui lui a appris son entrée au gouvernement. Elle est parfaitement lé-
gitime pour porter, à mes côtés, le
plan pauvreté. » Et que ceux critiquant la « personnalité lisse » de
cette fille d’ingénieur et de couturière qui aime la course à pied, les
balades au bord de l’océan, le chanteur Michel Sardou, les lasagnes et
le vin rouge se rassurent, elle ne
manque pas d’autorité. N’était-elle
pas la seule candidate LaREM aux
législatives de 2017 à ne pas avoir
mis sur son affiche de campagne
une photo du président Macron ?
« Christelle Dubos a beau avoir la
bienveillance chevillée au corps, elle a
un leadership discret mais réel »,
prévient Roland Lescure, le président de la commission des affaires
économiques à l’Assemblée, dont
elle dépendait. Un leadership
qu’elle devra mettre à profit pour
réussir là où tous ses prédécesseurs
ont échoué depuis trente ans : faire
reculer durablement la pauvreté. ■
Christelle Dubos, en octobre
à l’Élysée. BERTRAND GUAY/AFP
A
Christelle Dubos, une pro du social pour lutter contre la précarité
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
26 ÉCONOMIE
L’âge est la première crainte de discrimination en entreprise
Les plus de 45-50 ans se sentent les premiers mal-aimés des organisations. Un sentiment qui progresse.
41 %
des salariés
craignent d’être
discriminés en raison
de leur âge, deux fois
plus qu’en raison
de leur sexe
CORINNE CAILLAUD
£@corinnecaillaud
ENTREPRISE La question de l’âge
est devenue la plus grande crainte
de discrimination des salariés, tant
chez les hommes que chez les
femmes, et se révèle de plus en
plus anxiogène dans l’univers du
travail. Ce constat est l’élément
saillant de la 7e édition du baromètre national de perception de
l’égalité des chances réalisé, pour
le Medef, par l’institut TNS Kantar.
Cette inquiétude, partagée par
41 % des personnes interrogées,
« est même deux fois plus impor-
tante que la question du sexe, et ce
stéréotype sur l’âge est une spécificité française », souligne ainsi l’entrepreneuse Dominique Carlac’h,
porte-parole du Medef.
Cette appréhension était déjà
remontée en 2017, mettant fin à
cinq ans de baisse, mais elle a nettement progressé en un an, enregistrant un bond de 8 points. Et
devance largement les autres peurs
d’être discriminé en raison de son
genre (22 %), de son niveau ou
type de diplôme (21 %), ou encore
de sa situation familiale (20 %).
Dans le détail, cette crainte liée à
l’âge est particulièrement importante chez les ouvriers, où elle
culmine à 61 %, contre 39 % chez
les cadres. De fait, l’indice de facilité de carrière des personnes de
plus de 50 ans recule aussi. Cette
catégorie est, avec les personnes
portant un signe religieux visible et
souffrant d’un handicap visible,
celle qui a le plus de difficultés
pour être recrutées.
La faute à… Macron
De même, être nommé à un poste
à responsabilité passé 50 ans
semble plus compliqué que les
années précédentes. Autre signe
de sinistrose sur le sujet, le scénario justifiant d’un refus de promotion en raison de l’âge est jugé
comme probable par plus de la
moitié des sondés.
La question de l’âge apparaît
donc comme le 2e thème devant
être traité par les employeurs pour
permettre plus d’égalité des chances. « Des salariés intègrent ce
fatalisme de l’âge et se sentent dépréciés, ce qui peut se traduire par
des “je suis foutu, j’attends la retraite”. Nous, entrepreneurs, devons faire un effort pour que les
gens restent motivés », poursuit
Dominique Carlac’h, qui dirige le
cabinet de conseil D&Consultants.
Signe des temps, l’âge reste le
2e sujet de moquerie en entreprise
après les heures d’arrivée et de
départ. « L’âgisme est devenu très
impactant », pointe Laurent Depond, directeur général du cabinet
Valeurs & Développement, pour
qui ce phénomène touchant l’entreprise est un reflet du dégagisme
politique. « Qui est aux manettes
de la société, aujourd’hui ? Un président très jeune et des députés qui
le sont tout autant, avance-t-il.
Dès lors qu’ils s’interrogent sur le
fait de savoir s’ils incarnent le mouvement de la société dans leur entreprise, certains se sentent hors
jeu. » Et ce alors que l’expérience
portée par les seniors, en entreprise comme en politique, est
néanmoins fondamentale. ■
Signature du nouvel
accord de libreéchange États-UnisCanada-Mexique
PIERRE-YVES DUGUA £@PDugua
CORRESPONDANT À WASHINGTON
Nous allons
« bloquer
l’exode
des emplois
à l’étranger
et ramener
chez nous
les emplois
disparus
»
DONALD TRUMP
MONDE La signature solennelle
hier à Buenos Aires, en marge du
G20, du nouvel accord de libreéchange nord-américain n’est pas
l’étape finale permettant son entrée en vigueur. Baptisé « accord
États-Unis-Mexique-Canada »
(AEUMC), le texte ne s’appliquera
qu’après sa ratification par les
Parlements des trois pays. Or le
feu vert du Congrès des ÉtatsUnis est loin d’être acquis.
Donald Trump reconnaît que la
négociation avec le Mexique et le
Canada « a été une bataille », mais
il ne pense pas que « l’adoption du
texte par le Congrès sera trop
problématique ». Ce n’est pas
l’avis de nombreux élus républicains et démocrates. De
longs mois pourraient s’écouler
avant que l’AEUMC soit approuvé.
Jesus Seade, le négociateur mexicain en chef, pense que cela peut
prendre encore un an, ce qui
semble plausible.
Le traité, qui peut être adopté ou
rejeté par le Congrès, mais pas
amendé, a de bonnes chances
d’être ratifié au Sénat, dominé par
les républicains. Un vote avant Noël
faciliterait sa ratification, car les républicains disposent toujours d’une
majorité à la Chambre des représentants. Un avantage qu’ils perdront lorsque le nouveau Congrès,
issu des élections de mi-mandat,
prendra ses fonctions début janvier. Or le délai paraît trop court
pour faire voter le texte d’ici là.
Arme « nucléaire »
Dans l’hémicycle de la Chambre
basse, Nancy Pelosi, la future
speaker démocrate, est tout à fait
capable de faire traîner les choses
avant même qu’un débat s’engage. Ses relations avec Donald
Trump sont très mauvaises. Peu
soucieuse d’apporter à son adversaire une victoire politique,
elle aimerait au moins obtenir en
KEVIN LAMARQUE/REUTERS
Le Congrès américain pourrait tarder à le ratifier.
Vendredi, à Buenos Aires, en marge du G20, le président du Mexique, Enrique Pena Nieto (à gauche), et le premier
ministre canadien, Justin Trudeau (à droite), ont signé un nouvel accord de libre-échange avec Donald Trump.
échange des concessions de la
Maison-Blanche sur l’immigration et le traitement des sanspapiers.
Les démocrates reprochaient à
l’Alena, l’accord de libre-échange
nord-américain en vigueur depuis
vingt-quatre ans, d’avoir incité
les industriels américains à délocaliser leur production au Mexique pour y profiter de la maind’œuvre moins chère et des
réglementations laxistes en matière de protection de l’environnement. Ironiquement, Donald
Trump partageait cette opinion.
Qualifiant depuis des années
l’Alena de « désastre », celui-ci
proclame aujourd’hui les vertus de
l’AEUMC. « Nous allons bloquer
l’exode des emplois à l’étranger et
ramener chez nous les emplois disparus », affirmait-il vendredi en
signant l’accord aux côtés du premier ministre canadien, Justin
Trudeau, et du président mexicain, Enrique Pena Nieto, qui s’apprête à céder sa place à son successeur, Andres Manuel Lopez
Obrador.
La nouvelle administration
mexicaine compte travailler avec
le négociateur commercial américain Bob Lighthizer pour convaincre les démocrates hésitants. En
particulier sur la crédibilité des
clauses du traité encourageant la
création de syndicats indépendants au Mexique. Le nouveau
président est en outre favorable
aux dispositions de l’AEUMC qui
obligent tout véhicule assemblé au
Mexique à contenir au moins 40 %
de valeur ajoutée issue d’une
main-d’œuvre payée au moins
16 dollars de l’heure.
Si aucune majorité ne se dessine
à la Chambre pour approuver le
traité, Trump dispose d’une arme
« nucléaire » : dénoncer l’Alena et
faire sortir les États-Unis de ce
traité qui reste en vigueur tant que
l’AEUMC n’est pas adopté. La Maison-Blanche compte sur cette menace pour forcer la main des plus
récalcitrants. Une sortie brutale de
l’Alena bouleverserait en effet
l’approvisionnement et les débouchés de milliers d’entreprises et
d’agriculteurs des États-Unis. ■
Islande : un petit pays aux grandes ambitions
Première écologiste à la tête d’un gouvernement, Katrin Jakobsdottir veut diversifier et verdir l’économie.
A
CAROLINE DE MALET
£@demaletcaroline
EUROPE Après des années d’alliances nouées et dénouées, la très
volcanique Islande semble retrouver un semblant de stabilité politique avec un gouvernement de
coalition allant des conservateurs
(Parti de l’indépendance) aux
Verts, en passant par le centre
droit (Parti du progrès).
Katrin Jakobsdottir, représentante du mouvement Gauche Vert
propulsée en 2017, à 41 ans, à la tête
du pays, veut en tout cas y croire.
Venue à Paris rencontrer Ségolène
Royal pour préparer la présidence
du Conseil de l’Arctique, la première ministre islandaise a exposé
au Figaro les défis à relever. L’économie islandaise va mieux. Mais
les progrès doivent être mieux
« partagés et se traduire en investissements publics », assure-t-elle.
Le plus dur est passé. La crise financière et son lot de liquidations
bancaires ont laissé un goût amer à
l’Islande, au bord de la faillite en
2008. Mais ne pas être membre de
l’Europe et avoir sa propre monnaie lui ont permis, grâce à une
forte dévaluation, de relever la
tête. Cela a été fait au prix de lourds
sacrifices pour la population qui a
encaissé sans broncher l’alourdissement de la pression fiscale et
l’amputation d’un tiers de son
pouvoir d’achat.
Aujourd’hui, le pays, dont le
taux de chômage est contenu à
2,5 %, a renoué avec la croissance.
Mais celle-ci ralentit : de 7,5 % en
2016, elle est passée à 3,6 % en 2017
et les prévisions sont de 3 % pour
cette année.
Moratoire sur le pétrole
Diversifier l’économie est devenu
un impératif. Reposant traditionnellement sur la pêche et la finance, celle-ci a retrouvé des couleurs grâce au tourisme (2 millions
de visiteurs l’an dernier pour
350 000 habitants), qui plafonne
quelque peu. La production d’aluminium, autre pilier de l’économie, n’a cessé elle aussi de se développer, les géants du secteur
« Nous savons à quel
point nous dépendons
de nos ressources
naturelles et ne voulons
pas les surexploiter »,
explique
Katrin Jakobsdottir,
première ministre,
en fonction depuis
le 30 novembre 2017.
F. BOUCHON/LE FIGARO
étant attirés par les faibles coûts
énergétiques du pays.
Le revers de la médaille est l’impact environnemental de ces activités. Écologiste, Katrin Jakobsdottir y veille. « Nous savons à quel
point nous dépendons de nos ressources naturelles et ne voulons pas
les surexploiter. » Et d’annoncer
deux initiatives. Un parc national
sera créé dans les Highlands, les
hauts plateaux au centre du pays,
entre volcans et glaciers, le plus
grand d’Europe. Par ailleurs,
« l’Islande vise la neutralité carbone
d’ici à 2040 ».
Comment y parvenir ? Reykjavik a annoncé un moratoire sur
l’exploitation pétrolière - très
convoitée - jusqu’en 2020. Au pays
des geysers et des glaciers, l’électricité et le chauffage sont déjà à
100 % renouvelables (entre géothermie et hydraulique) mais les
transports doivent encore opérer
leur mue. « 20 % des nouveaux véhicules mis en circulation roulent à
l’électricité ou l’hydrogène : ce n’est
pas suffisant », estime Katrin
Jakobsdottir.
« Nous devons aussi renforcer
notre système éducatif et notre recherche pour être encore plus innovants dans les secteurs de la pharmacie, de l’alimentaire et des jeux
vidéo. Mais je ne veux pas me focaliser sur la croissance », tempère
cette femme issue de la société civile. Ex-ministre de l’Éducation,
elle figure parmi les responsables
les plus populaires d’Islande, où la
défiance envers la classe politique
a atteint des sommets après plusieurs affaires de corruption, dont
les Panama Papers.
« La population attend que la
croissance se traduise par de
meilleures infrastructures sociales,
comme dans les domaines de l’éducation ou de la santé », alors que le
pays a l’indice de positivité (qui
mesure la prise en compte des enjeux d’avenir) le plus élevé derrière
la Norvège selon le classement de
l’OCDE publié la semaine dernière.
Dans un pays où les déplacements
sont difficiles, la télémédecine est
ainsi promise à un bel avenir.
« Il nous faudra aussi un système
fiscal plus juste», ajoute-t-elle.
Avec Katrin Jakobsdottir qui veut
transformer l’Islande, pays emprunt d’une tradition fortement libérale, en « un modèle d’État providence », un véritable virage à
gauche pourrait s’opérer. À condition que ses alliés au Parlement lui
en donnent les moyens, ce qui est
loin d’être toujours le cas. Suspense. Mais il en faut plus pour effrayer cette spécialiste de littérature policière islandaise…■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
ENTREPRISES
27
Carlos Ghosn reste
en garde à vue
La justice japonaise devrait révéler le contenu
du dossier d’accusation le 10 décembre.
Un délai
« supplémentaire
de dix jours
a été décidé
à la requête
du parquet
»
UN PORTE-PAROLE
DU TRIBUNAL
AUTOMOBILE Carlos Ghosn restera en prison au moins jusqu’au 10
décembre. Le dirigeant est en garde à vue depuis son arrestation le
19 novembre, à son arrivée à l’aéroport de Tokyo. Au Japon, la garde à vue peut durer 22 jours. Mais il
existait une possibilité de sortie dès
le 30 novembre. « Un délai supplémentaire de dix jours a été décidé » à
la requête du parquet, a indiqué un
porte-parole du tribunal. Cette extension est courante.
La prochaine étape est donc désormais fixée au 10 décembre. En
théorie, le procureur devrait alors
soit libérer Carlos Ghosn, soit l’inculper. Il sera alors maintenu en
détention provisoire ou libéré sous
caution. Il est également possible
que sa garde à vue soit prolongée
d’une période maximale de
22 jours, mais il faudra alors que le
procureur japonais étende le
champ des investigations.
Pour l’instant, celui qui est encore dirigeant de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi (mais qui
a perdu ses titres de président de
Nissan et Mitsubishi) est accusé
d’avoir minimisé ses revenus chez
Nissan sur la période 2010-2015.
Les sommes en cause seraient d’un
milliard de yens (7,7 millions
d’euros) et porteraient sur une rémunération différée, versée à Carlos Ghosn après son départ à la retraite. Cette sous-déclaration
n’aurait pas de conséquences fiscales, ce qui en réduit singulièrement la portée.
Fuites dans la presse
japonaise
Ces accusations sont démenties par
Carlos Ghosn, par la voix de son
avocat. Mêmes dénégations du
côté de Greg Kelly, le second homme également en garde à vue, suspecté d’avoir participé à ces montages financiers. Selon le quotidien
japonais Yomiuri Shimbun, il aurait
reconnu l’existence de ce montage.
Mais il aurait aussi déclaré aux enquêteurs avoir consulté l’Agence
des services financiers japonaise
sur cette question précise. Elle
aurait donné son accord.
Le dossier monté par Nissan
contre son désormais ex-patron
semble toutefois bien plus large
que ce seul élément. La presse japonaise a distillé fort opportunément un certain nombre d’éléments depuis le début de l’affaire :
Un écran diffuse des informations sur l’affaire Carlos Ghosn, vendredi dans les rues de Tokyo.
emplois fictifs pour des membres
de la famille de Carlos Ghosn, résidences au Brésil ou au Liban achetées par Nissan pour l’usage exclusif de son ex-patron… Ces
éléments, qui relèveraient en
France de l’abus de bien social, ne
manquent pas. Mais, pour l’instant, la justice japonaise n’enquête
pas sur ce point et personne n’a vu
de preuves de tels agissements. Il
faudra donc attendre avant de
pouvoir se prononcer. Au moins
jusqu’au 10 décembre.
En attendant, le ballet diplomatique a commencé. Le président de
la République français, Emmanuel
Macron, et le premier ministre japonais, Shinzo Abe, se sont rencontrés vendredi 30 novembre, à
Buenos Aires, à l’occasion du sommet du G20. L’Élysée a parlé d’un
« échange succinct » au cours duquel le premier ministre japonais a
rappelé que la procédure judiciaire
devait suivre son cours. Emmanuel
Macron a, lui, pointé son attachement à ce que l’Alliance soit préservée, de même que la stabilité de
Renault.
La presse japonaise évoque, de
son côté, une minicrise entre
Bruno Le Maire, ministre français
de l’Économie, et son homologue
japonais, Hiroshige Seko. Ce dernier aurait envoyé une lettre de
protestation à la suite de propos de
Bruno Le Maire expliquant qu’ils
étaient d’accord pour maintenir la
gouvernance actuelle. Une telle
prise de position publique est inconcevable au Japon. Ce qui n’empêche pas le gouvernement d’intervenir dans la vie des entreprises,
mais jamais officiellement comme
en France. À Paris, on souligne que
cette différence d’appréciation
dans la formulation n’empêche pas
un soutien identique à la solidité de
l’alliance entre les constructeurs. ■
L’équilibre franco-allemand dans les blindés
pourrait être remis en cause
Paris et Berlin discutent de l’entrée d’un nouvel actionnaire dans le holding KNDS.
VÉRONIQUE GUILLERMARD
£@vguillermard
DÉFENSE Bouclée fin 2015, l’alliance entre le français Nexter et
l’allemand KMW dans l’armement
terrestre est-elle déjà menacée ?
Elle est a minima appelée à évoluer.
Depuis plusieurs semaines, le groupe allemand Rheinmetall a entamé
des discussions afin de racheter les
50% que détient la famille BodeWegmann dans KNDS (voir schéma
ci-contre), holding qui détient Nexter et KMW, restées juridiquement
indépendantes.
La famille allemande avait accepté un mariage baroque avec l’État
français, afin de former un champion européen de l’armement terrestre. Trois ans plus tard, elle souhaite se désengager. Le récent décès
de Manfred Bode, président du
conseil de surveillance de KMW, a
sans doute pesé dans cette décision.
Pour Rheinmetall, que la création
de KNDS avait isolé, il s’agit d’une
opportunité unique pour se replacer au cœur du jeu européen en devenant le maître d’œuvre du système majeur de combat terrestre du
futur (MGCS) que Paris et Berlin ont
placé sous responsabilité allemande. En contrepartie, la France a la
responsabilité du Scaf, système de
combat aérien du futur.
Mais l’irruption de Rheinmetall
reste soumise au feu vert français.
« Au titre du pacte d’actionnaires
chez KNDS, une telle évolution nécessite l’accord du gouvernement
français, coactionnaire de KNDS. La
France a donc les moyens de préserver ses intérêts », souligne-t-on au
cabinet de Florence Parly, la ministre des Armées. Des discussions ont
été engagées entre les industriels et
entre les États « concernant d’éventuels schémas de rapprochement ou
de partenariat entre les entreprises
françaises et allemandes du secteur », ajoute l’Hôtel de Brienne.
Interrogé, Nexter n’a pas souhaité
commenter.
Le mouvement de Rheinmetall a
toutefois été accueilli « favorablement » en France, où la coopération
La structure de contrôle du capital
50 %
État français
Via l'Agence des
participations de l'État
KNDS
50 %
Holding franco-allemand,
siège aux Pays-Bas
100 %
100 %
Nexter
Krauss-Maffei
Wegmann
(KMW)
Char Leclerc, blindés VBCI
Jaguar, Griffon, canons
Caesar, munitions
Char Leopard
Sources : sociétés
franco-allemande dans la défense a
été érigée en priorité par Emmanuel
Macron. Florence Parly et son homologue allemande ont récemment
décidé de charger « Rheinmetall,
KMW et Nexter de faire une proposition industrielle afin de mener les
études et les activités de R&D respectives à partir de mi-2019 » sur le
char d’assaut du futur.
Signaux positifs
Malgré ces signaux positifs, les discussions se poursuivent. Une entrée
de Rheinmetall au capital de KNDS
soulève de nombreuses interrogations. Le groupe dirigé par Armin
Papperger se retrouverait propriétaire de 50 % de KMW et de 50 % de
Nexter. Or, les relations entre les
deux groupes sont plutôt fraîches.
Le Français n’a pas oublié que
Rheinmetall a tout fait pour que
l’alliance avec KMW échoue. Les
deux groupes sont en outre en
concurrence frontale sur le marché
des munitions et des canons. Une
redondance qui aura un impact sur
l’emploi, redoute-t-on déjà en
France dans les usines Nexter.
Sur la table des discussions également, l’apport des activités défense de Rheinmetall à KNDS. Il serait de nature à casser l’équilibre
franco-allemand sur lequel est bâtie l’alliance. Le groupe allemand
pèse 5,8 milliards d’euros de chiffre
d’affaires, dont 3 milliards dans
l’armement et 2,86 milliards dans
les équipements automobiles. Dans
Famille
Bode-Wegmann
Infographie
«
Au titre
du pacte
d’actionnaires
chez KNDS,
une telle
évolution
nécessite
l’accord du
gouvernement
français,
co-actionnaire
de KNDS.
La France
a donc
les moyens
de préserver
ses intérêts
»
UN MEMBRE DU CABINET
DE FLORENCE PARLY,
MINISTRE DES ARMÉES
le militaire, il emploie plus de
11 000 personnes et est présent
dans les munitions, les canons, les
tourelles et l’électronique de défense. À cela s’ajoute l’activité militaire de MAN, constructeur détenu par Rheinmetall.
De son côté, KNDS pèse 2,7 milliards d’euros de ventes avec
7 200 salariés. Sur ce total, Nexter,
qui a toujours mis en avant la com-
plémentarité de son activité avec
celle de KMW, à l’exception des
chars d’assaut et des gros 4 × 4 militaires, représente 900 millions
d’euros de ventes.
Avec Rheinmetall, KNDS ferait
plus que doubler de taille et serait
présent sur l’ensemble des spécialités de l’armement terrestre. Il deviendrait numéro un européen du
domaine. Mais la partie française y
serait marginale. Même si Nexter
reprend Arquus, ex-Renault
Trucks Defense, et remonte sa
part, l’équilibre franco-allemand
est brisé.
L’Allemagne
acceptera-t-elle
alors le maintien de la parité au sein
de KNDS ? « Ce n’est pas impossible,
relève un observateur averti. La
France a accepté le 50-50 afin de
donner naissance à EADS (aujourd’hui Airbus) en 2000, alors que Matra-Aérospatiale a apporté 70 % des
actifs. Cela, au nom de la coopération
franco-allemande, de la construction
européenne et de la création d’un
champion européen capable de
concurrencer Boeing. » ■
KAZUHIRO NOGI/AFP
EN BREF
L’INFLATION RECULE
À 1,9 % EN NOVEMBRE
£ La hausse des prix à la
consommation a été ramenée
à 1,9 % en novembre sur un an
après avoir atteint 2,2 % en
octobre, en raison notamment
du ralentissement des prix
de l’énergie.
AIR LIQUIDE RÉDUIT
SON EMPREINTE
CARBONE
£ Air liquide a annoncé
vendredi son objectif
de réduire son « intensité
carbone » de 30 % entre 2015
et 2025. Pour y parvenir,
le producteur de gaz industriels
compte agir sur ses propres
activités grâce à une hausse de
67 % de ses achats d’électricité
renouvelable. Il aidera aussi
ses clients à choisir les bonnes
solutions, ce qui peut être
très efficace dans la sidérurgie
ou l’électronique.
LES VENTES DE
TEXTILE RECULENT
£ Avant que les « gilets
jaunes » ne perturbent
les achats de fin d’année,
les ventes d’habillement
et textile ont rebondi de 5,1 %
en octobre, par rapport
à octobre 2017 qui avait
toutefois accusé une chute
de 13,2 %. Sur les dix premiers
mois de l’année, elles restent
en recul de 2,6 %.
INNOVAFEED LÈVE
QUARANTE MILLIONS
D’EUROS
£ L’entreprise française
InnovaFeed, qui produit des
protéines d’insectes destinées
aux poissons d’élevage,
lève 40 millions d’euros.
En février, 15 millions d’euros
avaient déjà été apportés
par des investisseurs.
» La Freebox V7 sera
+@
présentée le 4 décembre
» Comment louer un logement
avec un bail mobilité ?
www.lefigaro.fr/economie
nouveau
Le cœ
cœur et l’âme d’une entreprise
so
at
sont la créativité
et l’innovation.
Robert Iger, Président de Walt Disney
LE NOUVEAU RENDEZ-VOUS DU FIGARO ECONOMIE
ET DU JOURNAL DU NET CONSACRÉ AUX TRANSFORMATIONS
DIGITALES DES ENTREPRISES ET DE LA SOCIÉTÉ.
• À découvrir un dossier spécial « L’Intelligence artificielle aide les marques à mieux cibler leurs clients » •
Parution le lundi 3 décembre avec Le Figaro
A
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
28 ENTREPRISES
Le virement instantané arrive en France
Ce nouveau mode de paiement vise à remplacer l’échange d’espèces et de chèques entre particuliers.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
BANQUE Transférer de l’argent
en quelques secondes sur le compte bancaire de son enfant en séjour
linguistique à l’étranger. C’est ce
que propose le nouveau service de
paiement instantané lancé vendredi par la Banque centrale européenne (BCE), utilisable n’importe
où dans la zone euro. À l’avenir, il
sera donc possible d’effectuer un
virement (jusqu’à 15 000 euros)
vers un autre compte de façon
quasi immédiate en moins de 15
secondes. Habituellement, il faut
attendre un ou deux jours avant
que la somme soit créditée.
L’objectif ? « Le virement instantané vise à introduire l’habitude
du virement, peu développée en
France et du paiement avec son téléphone mobile », explique Marc
Espagnon, responsable du cash
management et des moyens de
paiement de BNP Paribas. C’est
une manière de tenter de contrer
les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), très en pointe dans
les paiements sur mobile. « Son essor devrait permettre de réduire un
peu l’utilisation de l’argent liquide
et des chèques, une spécificité française. » Des moyens de paiement
traditionnels qui coûtent cher.
Certaines banques ont déjà pris
les devants. Depuis le mois de septembre, le groupe mutualiste
BPCE, par exemple, propose ce
service aux clients des Caisses
d’épargne et des Banques populaires. Pour l’heure, ces virements
(facturés un euro avec certains
forfaits) ne peuvent être effectués
Une borne Paylib
au salon Made in France,
le 10 novembre à Paris.
Au premier semestre
2019, toutes les grandes
banques auront rejoint
cette application
de paiement sur Internet
et sur smartphone.
BRUNO LEVESQUE/
IP3 PRESS/MAXPPP
qu’entre clients du groupe. Car
pour que le virement instantané
soit pleinement opérationnel, il
faut que toutes les banques soient
connectées au dispositif interbancaire dédié (Stet). Or, pour l’heure, ce n’est pas encore pleinement
le cas, les banques avançant en ordre dispersé. « Les caisses régionales du Crédit agricole seront en
capacité de recevoir les virements
instantanés avant la fin de l’année
et de les émettre dans les premiers
mois de 2019 », indique-t-on par
exemple au Crédit agricole. Même
tonalité à la Société générale.
« Début décembre, la banque sera
en capacité de recevoir des paiements instantanés pour nos clients
bénéficiaires. Elle en émettra à partir de janvier 2019. »
Une réalité pour tous
Le déploiement sera donc progressif et il faudra attendre le premier semestre de l’année prochaine pour que le transfert d’argent
instantané devienne une réalité
pour tous les clients des banques
françaises. Ils pourront alors utili-
ser Paylib. Cette application de
paiement sur Internet et sur
smartphone, développée par les
grands réseaux français, permet
aussi de régler des achats par carte
bancaire sur Internet et de payer
dans les magasins avec son téléphone. Pour rembourser un ami
ou payer un artisan, il suffira d’indiquer le numéro de téléphone de
la personne à qui on souhaite
transférer de l’argent. De fait,
chaque compte courant sera rattaché à numéro de téléphone.
« Paylib fonctionne au cœur du
système bancaire et protège les
données personnelles des clients
bien plus que ne le font les start-up
de la finance », fait valoir Vincent
Duval le PDG de Paylib. « Début
2019, toutes les grandes banques
auront rejoint le service de paiement
de personne à personne de Paylib.
Lorsque les particuliers auront pris
l’habitude d’envoyer de l’argent
avec leur téléphone, on peut imaginer qu’ils l’utiliseront ensuite en
tant que porte-monnaie électronique et forcément pour faire un virement instantané, pour régler leurs
courses dans les commerces. »
Le paiement par téléphone mobile reste de fait confidentiel en
France. Dans un premier temps, le
virement instantané sera surtout
proposé pour les paiements entre
amis. « Les particuliers auront certainement moins le désir ou l’intérêt
de payer dans les commerces en
temps réel, avance Marc Espagnon. Il est possible en revanche
que les entreprises soient davantage intéressées. »
Au Royaume-Uni, certaines entreprises paient leurs salariés par
virement instantané. Le groupe
BPCE va déjà plus loin. « Depuis le
mois de juillet, Natixis Assurances
utilise le paiement instantané pour
rembourser les sinistres en assurances auto et habitation le jour de
leur déclaration, explique JeanPhilippe Van Poperinghe, directeur stratégie métiers et offre B2C
au sein du Groupe BPCE. Nous allons aussi généraliser ce mode de
paiement pour les crédits à la
consommation. Aujourd’hui, les
sommes prêtées sont créditées sur le
compte au bout de 48 heures. » ■
SFR ouvre le capital de son réseau fibre pour 1,8 milliard
L’opérateur détenu par Altice poursuit son désendettement en vendant des actifs.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
Nous avons
« divisé
par
deux le coût
de déploiement
de nouveaux
raccordements
en fibre
optique
»
ALAIN WEILL,
PDG D’ALTICE FRANCE
TÉLÉCOMS Après les pylônes, la
fibre. Altice, la maison mère de SFR
profite de l’appétit des fonds d’investissement pour les infrastructures télécoms pour se désendetter.
Le groupe a annoncé vendredi matin la cession de son réseau fibre à
trois investisseurs : Allianz Capital
Partners, Axa Investment Managers et Omers Infrastructures pour
1,8 milliard d‘euros.
La transaction porte sur la cession de 49,99 % de SFR FTTH, la
structure dans laquelle est logé le
réseau fibre de l’opérateur. Il en
garde donc le contrôle, tout en valorisant cet actif à 3,6 milliards
d’euros. L’opération a un double
objectif. D’une part permettre à
SFR de continuer à se désendetter
et, d’autre part, lui donner les
moyens de continuer à investir
dans la fibre en France.
Altice France supporte une dette
de 15 milliards d’euros. La cession
de SFR FTTH va donc permettre de
l’alléger. En juin, l’opérateur avait
déjà procédé à la cession de 10 000
pylônes en France et au Portugal.
Le montage était similaire, puisque
le groupe en conservait le contrôle
avec 50,01 % des parts, KKR disposant du solde. SFR avait engrangé 2,5 milliards d’euros, pour une
valorisation de 5 milliards. « Altice
Europe a été capable de valoriser ses
infrastructures pour 8 milliards et
dégager 4 milliards de cash en quelques mois. Grâce à cette stratégie,
SFR va commencer son désendettement en 2019 », explique Patrick
Drahi, fondateur et principal actionnaire d’Altice.
L’autre volet de l’opération porte sur la capacité de financement
des investissements de SFR dans la
fibre. L’opérateur revendique un
réseau fibre jusqu’à l’abonné
(FTTH) qui dessert 2,5 millions de
foyers. À cela s’ajoutent 9 millions
pouvant bénéficier du très haut
débit. SFR doit continuer à déployer la fibre, pour cela, le groupe
a sécurisé 1,8 milliard de crédit
destiné au financement des ces futures infrastructures pour les quatre prochaines années. Cette nou-
velle dette sera portée par SFR
FTTH et ne figurera donc pas au bilan de SFR.
Rebond boursier
« Nous avons divisé par deux le coût
de déploiement de nouveaux raccordements en fibre optique », précise
Alain Weill, le PDG d’Altice France, soulignant ainsi que son groupe
dispose des moyens financiers nécessaires pour faire face aux investissements. L’annonce a été saluée
par les marchés financiers, avec
une hausse de 15,7 % du titre, à
2,14 euros. L’action reste encore
loin de son plus haut de janvier, à
3,53 euros.
Outre les cessions d’actifs, SFR
devra agir sur un autre levier pour
se désendetter : ses revenus opérationnels. Depuis son rachat par
Numericable en 2014, l’opérateur
n’a pas réussi à gagner des abonnés
tout en augmentant son chiffre
d’affaires. Il lui faut rapidement
trouver la clef de l’équation. Au
trimestre dernier, il a certes fait
croître son parc d’abonnés de 1 %,
mais au prix d’une baisse de 10 %
de son chiffre d’affaires. Baisse directement imputable aux promotions concédées afin d’attirer de
nouveaux clients. Les tarifs étant
accordés « à vie », SFR ne peut
même pas compter sur une remontée mécanique de ses revenus
douze mois plus tard. L’opérateur
n’est pas complètement tiré d’affaires. ■
Les chaussures Jonak enjambent la crise
Sur un marché morose, l’enseigne familiale termine l’année en forte croissance.
A
ANNE-SOPHIE CATHALA
£@Ascathala
MODE Pour finir l’année en beauté, Jonak invite une peintre canadienne, Laura Gulshani, très présente sur les réseaux sociaux, à
décorer ses vitrines et à brosser le
portrait de clientes. Les ventes de
chaussures en France ne sont
pourtant pas à la fête. Elles ont dérapé de 4,5 % sur les dix premiers
mois de l’année et les « gilets jaunes » n’arrangent rien. À contrepied, Marcel Nakam, dirigeant,
avec sa sœur Lisa, du groupe familial Jonak, créé par leur grand-père
en 1964, reste offensif. Il ouvrira
dix nouveaux magasins en France
ces douze prochains mois et surveille avec attention les adresses
qui se libèrent notamment avec la
fermeture de boutiques Heyraud,
filiale d’Eram (lire encadré). En
prenant en compte ses 55 points de
vente, bien situées, près de Sandro
ou de Ba&sh, dans les grands magasins l’e-commerce, le chiffre
d’affaires de Jonak a progressé cette année de 7 %, à nombre de magasins comparable, à 50 millions
d’euros. 80 millions dont visés d’ici
cinq ans.
Au plus près
des tendances
Vingt pour cent sont réalisés à
l’export, en grands magasins et sur
Internet. Une version internationale du site a été lancée en septembre. « Les Américains sont nos
premiers clients étrangers, suivis
des Britanniques, se félicite le
chausseur. La moitié de nos 160 000
followers sur Instagram sont
étrangers. »
Jonak mise toujours sur un haut
de gamme accessible, avec des
nouveautés régulières, des modèles au plus près des tendances. Mais
il n’a pas hésité à réajuster divers
curseurs de son plan de développement, pour que son modèle reste
porteur. Côté prix, cet expert en
chaussures de qualité « made in
Portugal » n’a pas renoncé à son
positionnement à la fois « fast
fashion » et haut de gamme accessible. À cause de la hausse des
cours du cuir, son prix moyen a été
augmenté de 10 % en deux ans,
mais reste à 130 euros. Jonak a aussi proposé plus de pièces plus chères, dont des cuissardes à 300 euros
devenues des best-sellers.
Jonak imagine l’essentiel de ses
créations dans ses bureaux parisiens, avec des séries courtes, aux
multiples couleurs. Il sous-traite la
confection à dix usines au Portugal.
Le chausseur a investi dans la ré-
Le groupe Eram ferme 96 magasins
Eram (1,1 milliard d’euros de
chiffre d’affaires), qui possède
douze marques - Gémo, Eram,
Mellow Yellow, Heyraud,
Texto… - accélère sa
restructuration. Après avoir
revendu Tati en 2017, le groupe
aux 1 100 points de vente, a
décidé de fermer 34 de ses 45
magasins Heyraud en France
et 62 magasins Texto sur 81.
Ces plans de sauvegarde
de l’emploi concernent
274 salariés. Les boutiques
de grandes agglomérations et
rentables seront préservées
au détriment de plus petites,
touchées de plein fouet
par la crise des centres-villes.
Certains salariés bénéficieront
de reclassements, sans
que leur nombre soit encore
précisé. L’avenir d’Heyraud
ou de Texto passera plus par
l’e-commerce et la vente sous
d’autres enseignes, dont Eram.
A.-S. C.
novation des magasins. Après
avoir tenté de les agrandir sur plus
de 100 m2, il a fait marche arrière à 60 m2 pour maintenir la rentabilité, malgré la baisse générale de la
fréquentation des commerces. La
livraison dans la journée par coursier, déjà proposée à Paris, sera
étendue à la France en 2019.
Hors périodes des soldes, pour
préserver sa rentabilité, l’enseigne
limite les promotions à 15 % deux
fois l’an, comme cette année au
Black Friday. Côté image, elle
mise, depuis cinq ans, sur Instagram. Il y a deux ans, « nous avions
des partenariats avec des influenceuses ayant des millions d’abonnés
mais les ventes ont été décevantes,
explique Marcel Nakam. Nous ciblons aujourd’hui celles qui n’ont
“que” des dizaines ou des centaines
de milliers d’abonnés mais aux communautés plus ciblées (citadines, 25
à 34 ans), plus engagées, qui achètent plus nos chaussures ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
ENTREPRISES 29
LE GRAND
JACQUES
GOUNON
TÉMOIN
PDG DE GETLINK
va se produire. Depuis vingt-cinq
ans, notre trafic croit entre une
et demie et deux fois le rythme
de la croissance britannique.
Avec une croissance moyenne
envisagée de 1,5 % au RoyaumeUni, nos flux devraient progresser chaque année de près de
3 %. La nature des produits pourrait changer. Avec le commerce
en ligne par exemple, nous
assistons à une explosion des livraisons d’Amazon UK en
partance pour le continent.
Avant Noël, un million de colis
expédiés par le géant de l’e-commerce franchiront chaque jour la
Manche en empruntant notre
tunnel.
JACQUES-OLIVIER MARTIN
£@jocjom
Jacques Gounon est PDG de Getlink, anciennement Eurotunnel.
LE FIGARO. - Comment
réagissez-vous à l’accord
entre l’UE avec le Royaume-Uni
sur le Brexit ?
Jacques GOUNON. - C’est un excellent accord, que le monde
économique attendait, souhaitait
même. Il faut féliciter Michel
Barnier qui a fait un travail extraordinaire et bien entendu Theresa May. Je salue sa ténacité.
J’espère que cet accord sera ratifié par le Parlement britannique.
Pourquoi êtes-vous si satisfait ?
Si cet accord est validé par le
Parlement britannique et le Parlement européen, ce sera un
Brexit négocié en bonne intelligence. Le Royaume-Uni sortirait
ainsi de l’Union européenne,
mais en restant très proche de ses
partenaires. C’est une très bonne
chose pour tout le monde. La
Grande-Bretagne a besoin de
nous et nous avons besoin d’elle.
C’est évident sur les sujets de défense et de sécurité. Mais c’est
également vrai sur le plan économique. Depuis vingt-cinq ans,
grâce notamment au tunnel sous
la Manche, ces deux économies
n’ont jamais cessé de renforcer
leurs liens. Elles sont totalement
interdépendantes. Je regrette que
ces sujets économiques n’aient
pas été suffisamment au cœur des
négociations de ces derniers
mois. Il a été beaucoup question
de politique, d’immigration,
d’Irlande, de la City, mais pas
assez des 140 milliards d’euros de
marchandises qui transitent
chaque année par le tunnel. Ces
échanges quotidiens représentent 250 000 emplois de chaque
côté de la Manche
Concrètement, que va changer
ce Brexit pour les passagers
d’Eurotunnel ?
Pour les 21 millions de passagers
qui franchissent la Manche chaque année, le Brexit ne va pratiquement rien changer. Très tôt, il
était convenu qu’il n’y aurait pas
de visa pour les Britanniques ni
pour les ressortissants de l’Union
européenne.
Le PDG
de Getlink se
félicite du projet
d’accord sur
le Brexit signé
avec l’Europe il
y a une semaine.
Il est confiant
sur la poursuite
des échanges
commerciaux.
« La Grande-Bretagne a
besoin de nous et nous
avons besoin d’elle »
Et pour les marchandises ?
Partout dans le monde, il y a des
frontières que les États savent
gérer. La Grande-Bretagne n’a
jamais été dans l’espace Schengen. Il y avait déjà une frontière.
C’est la nature du contrôle qui va
évoluer. On est très proche du
contrôle aérien. Des passagers ou
des marchandises embarquent et
débarquent en permanence et
cela se passe très bien. Ce sera la
même chose pour Eurotunnel
après le Brexit. Ce n’est dans l’intérêt de personne de ralentir les
flux qui passent par le tunnel sous
la Manche. Et cela dans tous les
cas, qu’il y ait un accord, ce qui
est la volonté des dirigeants
européens et du premier ministre
britannique, ou qu’il n’y en ait
pas. La différence, c’est que cela
sera immédiat ou mis en place
pendant la période de transition.
Grâce à la dématérialisation et à
la « frontière intelligente », toutes les procédures seront mises
en place de façon invisible et indolore, pour faciliter un franchissement rapide et fluide de la
frontière. Nous nous y préparons
depuis plus de deux ans et nous
avons un total soutien des autorités, que je remercie. Personne
n’a intérêt à réduire ces échanges. Des centaines de milliers
d’emplois sont en jeu d’un côté et
de l’autre du tunnel. Le saumon
LES DÉCIDEURS
â MARC WELINSKI
Lagardère- Mezzo
Retour aux sources pour le normalien. La présidente du pôle TV de Lagardère Active et de la
chaîne Mezzo, Caroline Cochaux, fait appel à
lui pour diriger la chaîne de musique-opéradanse. Nommé directeur de Mezzo et Mezzo
Live HD, Marc Welinski, également romancier,
avait contribué à la création de la chaîne qu’il
avait dirigée pendant quatre ans à la fin des
années 90 avant de rejoindre Orange, Pathé
puis Eutelsat dont il fut directeur marketing de
2011 à 2014.
â XAVIER RIVOIRE
Decathlon
Après quatre petits mois à la direction de la
communication du Comité national olympique
et sportif français (CNOSF), le journaliste de
formation, passé notamment par L’Équipe,
retourne chez Decathlon. Il réintègre le service
communication du groupe nordiste comme
« petit scribe de grandes victoires humaines »,
selon ses propres termes.
â MARIE CANIAC
Klépierre
La foncière promeut cette ancienne du concurrent Unibail-Rodamco arrivée en 2013 à la tête
de la direction commerciale groupe.
d’Écosse par exemple traverse la
Manche pour être fumé à Boulogne avant de repartir pour être
consommé à Londres ou ailleurs
dans le pays. Les pièces des Mini
viennent d’Europe continentale
pour certaines d’entre elles, sont
assemblées en Angleterre et puis
repartent vers le continent avant
de retourner vers les lignes de
production britanniques. À la fin,
les voitures sont vendues partout
en Europe.
Redoutez-vous tout de même
un ralentissement de l’activité
d’Eurotunnel avec ce Brexit ?
Je ne le crois pas et je pense
même que c’est le contraire qui
Le tunnel peut-il absorber
une plus forte croissance ?
Depuis un quart de siècle, le
trafic n’a cessé de progresser,
mais je dirais avec une pointe de
provocation qu’il est toujours
sous-exploité. Eurotunnel transporte un quart des échanges de
marchandises entre l’Europe
continentale et le Royaume-Uni,
nous pourrions prendre jusqu’à la
moitié du marché. Il est possible
de faire circuler une navette toutes les trois minutes contre cinq à
six minutes aujourd’hui et d’allonger les trains, en passant de
l’équivalent de quatre à cinq
TGV. Nous sommes également en
train d’ajouter un nouveau service : le transport de l’électricité.
Getlink investit 640 millions
d’euros pour la mise en place
d’une interconnexion électrique
entre la France et la Grande-Bretagne. Elle permettra notamment
de faire venir de l’électricité
verte des éoliennes offshore britanniques. Cette activité devrait
générer une centaine de millions
d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire avec peu de dépenses de maintenance.
Est-ce que cela suffira à calmer
les inquiétudes de vos clients ?
Il y a énormément de fantasmes à
propos du Brexit. Beaucoup
pensent en effet qu’une muraille
de plomb va barrer le RoyaumeUni de l’Europe continentale.
Nous allons expliquer que cela ne
sera pas le cas. Nous lançons une
campagne « Brexit and Beyond »
afin d’informer nos usagers de
tout ce que nous mettons en place
pour préparer le Brexit. ■
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Mathieu Roland-Billecart, de la City
au bercail familial Billecart-Salmon
« Ma mission est de transmettre Billecart-Salmon à la
huitième génération dans
des conditions encore
meilleures que celles que j’ai
trouvées. » Tradition et ambition. Mathieu
Roland-Billecart a le sens de la famille et le goût
du challenge chevillé au corps. Ancien associé
du roi du conseil EY (Ernst & Young) à Londres,
ce sportif n’a pas hésité à quitter « un job en or à
la City », où durant quinze ans il a fait gagner
« beaucoup d’argent à ses clients », pour revenir au bercail champenois de Mareuil-sur-Aÿ.
Avec une obsession désormais pour l’amoureux du beau et du bon qu’il est : « privilégier la
qualité, viser l’excellence », conformément à la
devise familiale. « Nous ne sommes pas des
vendeurs d’étiquettes », martèle celui qui siégeait au conseil de surveillance.
De EY à Aÿ, après plusieurs mois aux opérations, Mathieu Roland-Billecart, représentant
de la 7e génération, succédera officiellement
en janvier à son oncle François Roland-Billecart comme président du directoire du champagne Billecart-Salmon, en pleine célébration
du bicentenaire. La transmission a toujours été
l’une des clés de l’excellence et de la pérennité
chez Billecart-Salmon. Florent Nys est luimême devenu chef de cave le 1er janvier après
treize ans de maison.
Un cas d’école en Champagne. Mathieu
Roland-Billecart, marié et père de deux
enfants, prend en main une pépite où son
oncle a accompli durant vingt-cinq ans « un
travail exceptionnel ». Sur tous les plans : distribution, marque, vignobles, infrastructures,
export… Avec à ses côtés, un homme clé,
Alexandre Bader, qui reste directeur général.
« Être un romanée-conti
du champagne »
Pour célébrer les 200 ans, chacun a sillonné le
monde pour porter la bonne parole et faire
partager « le goût » Billecart… « La politique de
qualité à tout prix, c’est de plus en plus rare »,
fait valoir le patron, qui veut rester loin de la
grande distribution. Contrôlée à 55 % par la
communauté familiale, au côté de la famille
Frey, la maison (300 hectares de vignes dont
100 en propriété) génère avec 120 salariés et
2 millions de bouteilles par an, 60 millions de
chiffre d’affaires, avec près de 10 % de résultat
net. Alors que le marché stagne, le bon gestionnaire et homme d’idées, qui entend continuer à étoffer son patrimoine, veut jouer à
fond la différenciation. « On veut rester un
acteur de niche super haut de gamme. On voudrait être un romanée-conti du champagne. »
La meilleure stratégie pour rester indépendant, est-il convaincu.
C. B.
«
Il y a
énormément
de fantasmes
à propos
du Brexit.
Beaucoup
pensent
en effet
qu’une
muraille
de plomb
va barrer le
Royaume-Uni
de l’Europe
continentale
»
Bio
EXPRESS
1986
Directeur général
de Comatec.
1991
Directeur
du développement
du groupe Eiffage.
1995
Directeur de cabinet
du secrétariat d’État
aux Transports.
1996
Fonctions
de direction
chez Alstom,
puis chez Cegelec.
2005
PDG d’Eurotunnel,
renommé Getlink
en 2017.
EN VIDÉO SUR
www.lefigaro.fr
www.lefigaro.fr/decideurs
â FRANÇOIS PETRY
LafargeHolcim
Après le départ de Bénédicte de
Bonnechose, cet ingénieur commercial reprend les commandes de la
France et de la Belgique. Soit 400 sites industriels et un centre de R&D mondial. Homme du
suisse Holcim depuis 2008, François Petry,
ingénieur et HEC, a fait ses preuves en dirigeant
la filiale roumaine, puis Aggregates Industries
UK, autre filiale du groupe dédiée aux activités
ciments, granulats, bétons et asphalte.
â STÉPHANE FRATACCI
CCI Paris Île-de-France
La chambre de commerce et d’industrie de Paris IDF a désigné son nouveau
DG. HEC et énarque, Stéphane Fratacci est l’ex-dircab de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur. Il succède à Didier Kling.
â MIA OUAKI
Esprit
Le groupe d’habillement américain, en pleine
restructuration, regroupe la direction de la
marque et celle de l’offre produit en un poste
unique confié à cette transfuge de Tommy
Hilfiger.
A
PROPOS RECUEILLIS PAR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
30
MARCHÉS
La pharmacie
retrouve les faveurs
de la Bourse
QUESTIONS
D’ARGENT AVEC
Oseriez-vous acheter
une maison de vacances
avec des amis ?
Après avoir été délaissés, les laboratoires sont plébiscités
par les investisseurs pour leurs qualités défensives.
fronts. D’un côté, ils ont subi la
concurrence des génériques, ces
copies conformes de médicaments dont les brevets sont tombés dans le domaine public qui
sont vendues moins cher. Et, de
l’autre, ils ont fait face au développement des biotechnologies,
portées par des structures légères
qui innovent et lèvent des fonds
pour financier leur croissance.
Résultat, les valorisations ont
fondu comme neige au soleil. En
une vingtaine d’années, les multiples de résultats ont été divisés
par deux. En mai dernier, à Wall
Street, le secteur est tombé à un
plancher de 14 fois les résultats
estimés à un an. Depuis, ce multiple est remonté autour de 15 fois,
mais le secteur reste bon marché
face au Standard & Poor’s 500 qui
se paie près de dix-sept fois les résultats attendus.
HERVÉ ROUSSEAU
hrousseau@lefigaro.fr
MARCHÉS
Habituellement à
l’approche de la fin de l’année, les
gérants renforcent les positions
sur les titres qui affichent les plus
beaux parcours boursiers. Ce
« window dressing » permet aux
professionnels de présenter un
portefeuille plus attractif au moment de la clôture des comptes et
d’espérer ainsi attirer de nouveaux clients. Cette stratégie,
parfaitement légale, donne un
coup de pouce au marché avant la
trêve des confiseurs, c’est le traditionnel rallye de fin d’année.
Mais, cette année, face à la multiplication des risques sur les marchés, avec la guerre commerciale,
l’approche du Brexit ou encore les
tensions politiques en Europe, ils
préfèrent au contraire se délester
des titres qu’ils jugent chers, pour
se concentrer sur des valeurs plus
abordables et réputées solides par
gros temps. Ce vaste mouvement
de rotation dans les portefeuilles
profite au secteur de la pharmacie, qui effectue un spectaculaire
retour en force.
« L’indice MSCI World Pharmaceuticals, qui regroupe les grands
acteurs du secteur, grimpe d’environ 13 % en euros depuis le début de
l’année, contre environ 1 % pour
l’indice général MSCI World »,
constate Christophe Pouchoy,
chez Trecento AM.
Ces dernières années, les
grands groupes pharmaceutiques
ont été pris dans un véritable étau.
Ils ont été attaqués sur deux
Valeurs décotées
Aujourd’hui, bon nombre d’investisseurs se positionnent sur ces
valeurs décotées, qui offrent des
rendements attractifs. D’autant
que, depuis peu, « les laboratoires
pharmaceutiques ont retrouvé des
perspectives solides. Ils ont réussi à
dépasser la falaise des pertes de
brevets en investissant massivement dans la recherche et en rachetant ou en nouant des partenariats
avec des sociétés de biotechnologie », explique Adeline Salat-Baroux, gérante du fonds Edmond
de Rothschild Healthcare.
Le secteur a ainsi retrouvé du
tonus et les résultats s’en ressentent. Au deuxième trimestre, les
bénéfices du secteur ont bondi de
Le secteur de la pharmacie décolle en Bourse
En base 100
117,2
MSCI Monde Santé
110
MSCI Monde
104,1
100
30 novembre
2018
31 décembre
2017
90
Source : Bloomberg
Infographie
plus de 18 % après déjà une hausse
de 16 % au premier trimestre. Les
résultats du troisième trimestre
ont également été d’excellente
facture pour bon nombre d’entreprises. À cette occasion, Eli Lilly,
AbbVie, Bristol-Myers Squibb,
Merck, Johnson & Johnson ou encore Teva Pharmaceutical ont
tous dévoilé des chiffres supérieurs aux attentes et revu à la
hausse leurs prévisions de bénéfices pour l’ensemble de l’année
2018.
Le français Sanofi a pour sa part
relevé pour la deuxième fois cette
année sa prévision de bénéfice
après avoir signé au troisième trimestre des résultats meilleurs que
prévu grâce à la croissance robuste de sa division vaccin et au
dynamisme de sa filiale américaine Genzyme, spécialisée dans
les maladies rares.
Pour la suite les spécialistes se
montrent optimistes. « Avec le
vieillissement de la population et la
hausse du niveau de vie dans de
nombreux pays émergents, les laboratoires ont de beaux jours devant eux », estime ainsi Rudi Van
den Eynde, responsable de la gestion actions thématiques chez
Candriam. Un avis partagé par le
gérant de Trecento. « Les dépenses
de santé augmentent à long terme à
un rythme supérieur à celui de la
croissance mondiale. »
Pour Adeline Salat-Baroux, audelà de ses qualités défensives, le
secteur de la pharmacie est « également un secteur de croissance
grâce à des budgets de recherche
comparables à ceux des grandes
sociétés de technologie ». En ce
moment, on assiste « à une accélération de la croissance dans le
secteur, avec une nouvelle vague
d’innovation très importante »,
confirme Frédéric Ponchon, gérant chez Sycomore AM.
Avant les élections américaines
de midterms, les investisseurs redoutaient une forte pression sur
les prix des médicaments aux
États-Unis en cas de percée des
démocrates. Ces derniers ont
simplement emporté la Chambre
des représentants, ce qui a largement écarté ce risque. Au contraire, les dernières propositions
d’aménagement du système d’assurance santé américain « sont
plutôt positives pour les laboratoires qui ont des produits innovants », note Frédéric Ponchon. ■
à suivre sur
lefigaro.fr/bourse
n
Les matières
premières et les
produits dérivés
n Le crible
des sicav
et des fonds
n Les portefeuilles
de Roland Laskine
n Les cotations
en direct
sur iPhone
IMMOBILIER Quand on ne possède pas de maison de famille,
l’achat d’un lieu de vacances avec
des amis peut sembler une idée
séduisante. D’autant qu’au facteur
convivialité
s’agrègent
d’autres atouts, financiers ceuxlà. Notamment la possibilité de
disposer d’un logement plus vaste
que celui que l’on aurait pu s’offrir seul. C’est aussi le moyen de
partager les frais : on estime que
le coût annuel (travaux, maintenance, impôts…) d’une résidence
secondaire représente entre 2 %
et 4 % de sa valeur. Mais vous hésitez à vous lancer dans un tel
projet ? Rassurez-vous, la plupart
de vos craintes peuvent tomber
en sélectionnant soigneusement
vos coacheteurs, en choisissant la
bonne structure juridique et, bien
sûr, en misant sur l’amitié.
1
Comment choisir
ses coacheteurs ?
Pour pérenniser votre projet,
mieux vaut investir avec des amis
qui ont un mode de vie et une
sensibilité similaire aux vôtres.
Des éléments que vous pouvez
préalablement vérifier en passant, par exemple, des vacances
ensemble dans une maison…
louée pour l’occasion !
Pour faciliter la vie en commun, il
est conseillé de rédiger un règlement intérieur signé par l’ensemble des participants à l’aventure.
Le document doit être le plus précis possible et tout baliser : les périodes d’occupation de chacun,
l’entretien du jardin, la répartition des frais et jusqu’aux modalités de changement des objets de
décoration ! En résumé, il faut anticiper toutes les possibles sources
de conflits.
2
Quelle structure juridique
choisir ?
L’indivision est la plus fréquemment utilisée. C’est un système égalitaire, appréciable lorsque les acheteurs ne disposent pas
d’une mise de fonds identique.
Chacun est propriétaire du bien à
hauteur de sa contribution financière lors de l’achat, sans que cette quote-part ne soit matérialisée.
Autre avantage, la constitution
d’une indivision est peu coûteuse
(comptez environ 0,4 % de la valeur du bien) et simple. Il suffit, en
effet, de faire rédiger une
convention d’indivision par votre
notaire. Pour prévenir les litiges,
pensez à y intégrer les principales
règles d’utilisation du bien. En revanche, l’indivision pâtit de modalités de fonctionnement com-
pliquées qui peuvent créer des
situations de blocage (les actes de
gestion requièrent l’approbation
des deux tiers des droits indivis et
les actes de disposition, l’unanimité). C’est la raison pour laquelle
elle est déconseillée lorsque les
coacheteurs sont plus de deux.
Pour un investissement à trois familles (et plus), la SCI est une
bonne solution. Avec cette formule, c’est la société qui achète le
bien et chacun des associés reçoit
des parts en fonction de son apport. Cette option offre liberté et
souplesse. Les statuts peuvent, en
effet, être rédigés sur mesure en
laissant plus ou moins de pouvoir
au gérant. Revers de la médaille,
la création d’une SCI est relativement chère. Même si ce n’est pas
obligatoire, faire rédiger les statuts par un avocat ou un notaire
vous garantira d’avoir des clauses
répondant exactement à vos souhaits. Cette prestation revient, en
moyenne, à 2 000 €.
Si vous achetez un ensemble immobilier composé de plusieurs
bâtiments facilement divisibles
(un hameau, par exemple), vous
pouvez créer une copropriété.
Chacun d’entre vous sera propriétaire d’une partie privative
(son logement) et les espaces extérieurs (jardin, voie d’accès…)
pourront être définis comme des
parties communes. Mais c’est la
solution la plus onéreuse : comptez jusqu’à 5 000€.
3
Est-il facile de sortir
d’un tel projet ?
C’est la principale crainte
formulée par les - nombreux réfractaires à l’achat en commun.
La sortie du projet peut, parfois,
se révéler compliquée. Si chacun
est libre de vendre ses parts de
SCI ou sa quote-part d’indivision,
les nouveaux entrants doivent, en
principe, être acceptés par les indivisaires ou les associés. Cette
décision se prend, généralement,
à la majorité des trois quarts ; les
professionnels déconseillant de
prévoir l’unanimité dans la
convention d’indivision ou les
statuts de la SCI car elle peut vite
engendrer une situation de blocage. En copropriété, il est possible
d’insérer une clause d’agrément
dans le règlement pour « adouber » le futur acquéreur du lot mis
en vente. Si elles sont protectrices, toutes ces mesures risquent
toutefois de vous empêcher de récupérer rapidement votre mise de
fonds. À méditer, donc, avant de
vous lancer. ■
VALÉRIE VALIN-STEIN
LA SÉANCE DU VENDREDI 30 NOVEMBRE
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 39,2
♣
AIR LIQUIDE ..................................
106,75
AIRBUS .............................................. 94,62
ARCELORMITTAL SA ..................................
20,015
ATOS .............................................. 75
AXA ..............................................
21,515
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
44,375
BOUYGUES ..............................................
33,96
CAPGEMINI ..............................................
103,05
CARREFOUR ..............................................
15,9
CREDIT AGRICOLE ..................................
10,968
DANONE ..............................................66,06
DASSAULT SYSTEMES ..................................
106
ENGIE .............................................. 12,42
ESSILORLUXOTTICA ..................................
112,15
HERMES INTL ..................................477,7
KERING ..............................................384
L'OREAL ..............................................207,9
LEGRAND ..............................................54,1
LVMH .............................................. 252,55
-1,68
+2,5
-0,25
-0,2
-0,16
-0,09
-0,89
-2,25
+0,19
-3,14
-0,76
+0,79
-1,3
-0,56
+0,45
-1,53
-1,21
-0,24
+0,11
-1,54
+HAUTJOUR
40,06
107,45
95,46
20,17
75,52
21,675
44,915
35
104,05
16,39
11,068
66,44
107,8
12,55
112,25
486,5
389,2
209
54,36
257,65
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
39,19
104,5
94,45
19,59
74,38
21,32
44,02
33,96
102,1
15,865
10,898
65,53
105,55
12,41
110,8
476,6
381
207,2
53,68
249,75
0,525
0,399
0,177
0,209
0,517
0,306
0,276
0,412
0,38
0,746
0,179
0,306
0,636
0,213
1,946
0,158
0,284
0,116
0,296
0,236
-8,84
+1,62
+14
-26,18
-38,2
-13,02
-28,71
-21,59
+4,21
-11,86
-20,52
-5,56
+19,65
-13,36
+7,05
+5,12
+12,41
-15,72
+2,91
JOUR
%VAR.
♣
MICHELIN ..............................................
92,42 +0,52
ORANGE ..............................................15,16 +0,93
PERNOD RICARD ..................................
141,2
+0,61
PEUGEOT ..............................................
19,4
-0,36
♣ 52,36 -0,65
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
62,05 -0,56
SAFRAN ..............................................
110,35 -1,03
SAINT GOBAIN ..................................
32,735 -0,44
SANOFI ..............................................79,81
+1,19
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
64,28 -0,09
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
32,46 -1,13
SODEXO ..............................................91,44 +0,24
STMICROELECTRONICS .............................
12,93 -0,31
TECHNIPFMC ..................................20,48 -1,68
TOTAL .............................................. 49,165 +1,5
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
151,84 -1,82
VALEO .............................................. 25,2
-1,33
VEOLIA ENVIRON. ..................................
18,775 +0,19
♣
VINCI .............................................. 77,1
-0,62
VIVENDI ..............................................22
-1,3
+HAUTJOUR +BAS JOUR
92,42
15,185
141,95
19,51
52,96
62,9
111,9
32,98
80
64,74
32,9
91,74
13,065
20,97
49,255
154,36
25,56
18,835
77,96
22,43
89,98
14,96
139,9
19,09
52,22
60,95
109,5
32,43
78,82
63,92
32,18
88,5
12,745
20,37
48,515
149,08
24,72
18,555
76,74
21,93
%CAP.ECH
0,449
0,61
0,217
0,442
0,392
0,667
0,363
0,397
0,269
0,237
0,505
0,256
0,392
0
0,352
0,61
3,68
0,304
0,279
0,231
A
LES VALEURS AUTOMOBILES REPARTENT À LA BAISSE
Les valeurs du secteur automobile ont
terminé la semaine sur un net repli dans
un contexte marqué par une absence
totale de visibilité sur les décisions commerciales qui seront prises ce weekend, à Buenos Aires, lors du sommet du
G20, par le président des États-Unis,
Donald Trump, et son homologue
chinois, Xi Jinping. L’automobile est au
centre de l’escalade de représailles commerciales entre les deux pays. Les investisseurs ne redoutent pas seulement
les conséquences directes d’un relèvement des taxes dans le secteur. Leur
principale crainte porte sur la contraction actuelle du marché chinois, qui
constitue le premier débouché pour la
plupart des grands constructeurs. Les
31/12
-22,69
+4,73
+7,01
+14,42
-7,57
-26,05
+28,45
-28,81
+11,08
-9,29
-24,6
-18,39
-28,98
-20,77
+6,78
-59,53
-11,75
-9,45
-1,87
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5565
1,5116
0,8907
8,8851
128,99
1,134
1,1359
3,3348
11,103
5,8753
20,3013
7,8897
79,0815
134,8031
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
34530
34700
-0,63
NAPOLEON ..................................................... 205,7
209,8
-0,58
PIECE 10 DOL USA .....................................................
585
575
-0,51
PIECE 10 FLORINS .....................................................
211,8
211
-0,47
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1170
1140
+0,17
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
205
205
+0,49
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
310
310
+1,64
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1298,75
1285
-0,86
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
110
113,7
+0,18
PIECE SUISSE 20F .....................................................
205,7
209
+1,48
PIECE LATINE 20F .....................................................
202
200,5
-0,44
SOUVERAIN ..................................................... 255,9
252,3
-1,84
KRUGERRAND .....................................................1144,5
1143
+2,3
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
257,41
28/11/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
46,51
28/11/18
BELLATRIX C ................................................
320,62
28/11/18
SIRIUS ................................................53,12
28/11/18
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
équipementiers, très présents en Asie,
sont les plus touchés : Faurecia a terminé
la séance de vendredi sur une baisse de
6,26 %, à 34,42 euros, Plastic Omnium a
perdu 2,01 %, à 23,44 euros, et, Valeo
1,33 %, à 225,20 euros. Peugeot et Renault sont parvenus à limiter les dégâts
avec des replis de 0,36 et 0,56 %.
Le secteur a également été secoué
par une étude sectorielle plutôt négative
réalisée par les analystes de la banque
sino-britannique HSBC. Ceux-ci se disent plus inquiets pour le marché automobile européen qu’américain, en raison
des répercussions des nouvelles normes
antipollution WLTP et des risques politiques liés au Brexit. L’intermédiaire financier pointe aussi le potentiel de ralentis-
sement économique en Europe et le peu
d’outils de politique monétaire dont dispose la Banque centrale européenne
(BCE) pour stimuler la croissance. Au final, les experts de HSBC estiment que
les ventes mondiales de voitures resteront faibles en 2019 et que le potentiel
de rebond des principaux marchés, comme l’Europe et la Chine, est limité. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
MÉDIAS et PUBLICITÉ
31
L’« adtech » rebat les cartes de la pub
Le marché
publicitaire
se restructure
profondément à
l’ère numérique.
AT&T LANCERA FIN
2019 SON SERVICE DE
SVOD WARNERMEDIA
£ Après avoir racheté
Time Warner cette année,
l’opérateur télécoms lancera
d’ici à la fin 2019 son service
de vidéo à la demande par
abonnement WarnerMedia.
Trois forfaits seraient créés.
Le premier, axé sur les films
d’entrée de gamme ; le second,
plus premium, proposera une
programmation originale ainsi
que des blockbusters.
Enfin, une troisième option
regroupera les deux premières
offres ainsi que l’intégralité
du catalogue Warner.
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
PUBLICITÉ C’est peu de dire que le
marché publicitaire se transforme.
Il fait plus que cela : il mute. Pour
une simple raison : les investissements des annonceurs se digitalisent très vite. Cette année aux
États-Unis, premier marché de la
planète, le digital devrait représenter 52 % des 208 milliards de dollars
investis en publicité selon Magna.
Ce sera bientôt aussi la moitié sur les
autres grands marchés, comme la
France. Partout, la publicité numérique domine largement, d’autant
que les ressorts digitaux sont en
train de convertir la télévision et la
radio, après la presse.
Les conséquences sont lourdes
pour l’écosystème publicitaire, qui
tenait à Paris vendredi son premier
Adtech Summit organisé par l’IAB
France. La valeur boursière des acteurs historiques (WPP, Omnicom,
Publicis…) a chuté. Problème de logiciel. « Le marketing et la publicité,
c’est devenu de la techno », résume
Mats Carduner, ancien dirigeant de
Google France aujourd’hui associé
de l’aventure de l’ancien patron
d’Havas David Jones, qui constitue
depuis 2015 un champion de la
« martech »
(contraction
de
« marketing » et de « technology »), un terme proche de celui
d’« adtech » (« advertising » et
« technology ») qui désigne, lui, les
EN BREF
LA NOUVELLE BOX DE
FREE SERA PRÉSENTÉE
LE 4 DÉCEMBRE
technos centrées sur la publicité. La
proximité des termes en dit long sur
les enjeux de ce marché « adtechmartech » sur lequel s’engouffrent
les start-up de la Silicon Valley,
comme les « holding companies »
historiques ou les cabinets de
conseil, tels Accenture ou Deloitte,
qui y voient un puissant relais de
croissance.
Vague d’acquisitions
Sur ce marché en plein big bang,
des opérations majeures se sont
nouées depuis l’an dernier. Le rachat de Yahoo ! par Verizon ou celui
de Teads par Altice, ou encore, l’été
dernier, l’acquisition d’AppNexus
par AT&T. Cela montre le besoin de
technologies des géants des telcos
en lutte avec une poignée d’acteurs
ultradominants : le duopole Google-Facebook, qui capte la valeur et
la croissance du marché publicitaire, auquel on peut ajouter Amazon,
Le salon « adtech »
de New York,
qui s’est tenu en 2017.
Cette année aux ÉtatsUnis, premier marché
de la planète, le digital
devrait représenter
52 % des 208 milliards
de dollars investis en
publicité.
SHUTTERSTOCK/SIPA
devenu en un temps record le troisième acteur, et Apple, qui impose
ses règles via iOS.
Les Gafa concentrent les moyens
face à une industrie encore morcelée, surtout en Europe, et qui se
cherche des standards : formats
unifiés, niveau acceptable de visibilité des pubs ou de leur environnement… Toute velléité d’exister en
dehors des règles édictées par les
grandes plateformes est difficile.
Criteo, champion français de l’adtech, inventeur du reciblage en ligne, a tangué après les changements de règles imposés par Apple.
Cette prédation de quelques-uns
rend difficile l’émergence de jeunes
pousses. Le terrain n’est pas sûr.
« Les investissements se font surtout
en data », observe Mats Carduner.
Au-delà de la publicité, ce nouveau
graal des entreprises touche aux organisations commerciales, à la relation client, aux RH… Le marché de
l’adtech/martech évolue dans ce
contexte… mouvant. En octobre, les
investissements dans le secteur ont
représenté en France près de
50 millions d’euros, soit 20 % du total des fonds levés. C’était le premier
secteur investi. Difficile toutefois de
dire si la tendance va se poursuivre.
La mise en place du règlement
sur la protection des données
(RGPD), qui durcit dans l’UE les règles d’utilisation de data à des fins
publicitaires, a bousculé des opérateurs, notamment dans la géolocalisation. « Des acteurs américains
ont quitté le marché, jugé trop compliqué, explique Thomas Pasquet,
cofondateur d’Ogury, une start-up
française qui étudie les parcours
d’achat sur mobile pour faire du ciblage. En Europe, il n’y a pas de problème d’argent mais plutôt de taille.
Difficile de rivaliser avec un marché
de 300 millions de consommateurs
qui est moins régulé. » ■
£ L’opérateur de Xavier Niel
a annoncé le lancement
de sa nouvelle Freebox V7
le 4 décembre prochain. Free
n’avait pas lancé de box haut de
gamme depuis décembre 2010.
» Sur
« L’ACTUALITÉ
DES MÉDIAS »
dans le 17h-19h
par Catherine Pottier
et Enguérand Renault
chaque dimanche
à 17h25
et sur franceinfo.fr
La série
« L’Amie prodigieuse »
triomphe en Italie
L’adaptation TV de la saga d’Elena
Ferrante séduit 7 millions de personnes.
ROME
AUDIOVISUEL
Le best-seller,
vendu à plus de 10 millions
d’exemplaires, est en train de se
transformer en blockbuster. La
sortie le 27 novembre des deux
premiers épisodes de la série
L’amica geniale, tirée de la trilogie
d’Elena Ferrante, sur la chaîne publique RAI 1, et en streaming sur
TimVision, a fait un tabac en Italie.
Attendue depuis des mois, et annoncée comme étant « la série de la
décennie », elle a attiré plus de
7 millions de téléspectateurs sur
RAI 1. La chaîne publique a ainsi
capté près de 30 % de part
d’audience, et même 33 % auprès
du public des 15-24 ans, et 34 %
auprès des diplômés de l’enseignement supérieur.
Les huit épisodes, qui devraient
être portés à 32, sont le fruit d’une
coproduction
italo-américaine,
avec côté italien Fandango, RAI
Fiction et TimVision, et côté américain, Wildside et la télé par câble
HBO, grand spécialiste des séries.
Pour la RAI, explique la directrice de RAI Fiction à Rome, Eleonora
Andreatta, « l’enjeu de cette série
était d’abord de remplir notre mission de service public en offrant une
grande histoire populaire capable de
toucher les sentiments et de répondre aux valeurs de tous. C’est une
belle démonstration de la façon dont
la créativité et la culture italiennes
peuvent porter la littérature et la télévision au plus haut niveau ». Ensuite, poursuit-elle, « l’enjeu était
d’élever la qualité de la production
italienne à un niveau international,
pour vendre cette identité et la cultu-
re italienne dans le monde ». C’est
dans le même esprit qu’en 2019 RAI
Fiction sortira une série tirée du
Nom de la rose, autre grand bestseller, de l’écrivain Umberto Eco,
vendu cette fois à plus de 30 millions d’exemplaires. « Cette série,
L’amica geniale, qui a su porter la
culture italienne à un niveau de qualité international va enfin permettre
au cinéma italien de pénétrer les
marchés étrangers », confirme
Giancarlo Leone, ancien président
de RAI Cinema et président de
l’Association des producteurs pour
la télévision.
Arrivée sur Canal +
Pari déjà réussi, la série ayant été
vendue dans plus de 50 pays, y
compris en France, où Canal + la
diffusera à partir du 13 décembre.
HBO, qui a commencé à la diffuser
aux États-Unis, va la retransmettre
en Espagne, dans l’Europe de l’Est
et du Nord.
La question qui taraudait les fans
était de savoir quelle liberté le réalisateur, Saverio Costanzo, prendrait avec le livre qui raconte l’histoire d’une amitié tumultueuse
entre deux Napolitaines, depuis
leur plus tendre enfance. Le pari fut
celui de la fidélité. Il a choisi de
transposer les grandes scènes du
roman, a conservé la voix off à la
première personne et, surtout, ce
qui a été très remarqué dans un
pays où très peu de films sont soustitrés, il a conservé le napolitain des
années 1950 du premier livre, en le
sous-titrant en italien. Et ce, à la
demande expresse du producteur
américain, HBO, qui aura pour la
première fois de son histoire diffusé
aux États-Unis une série en langue
étrangère sous-titrée en anglais. ■
CHAQUE MOIS, RETROUVEZ
LE NOUVEAU MAGAZINE DU FIGARO
DÉDIÉ À L’ART DE VIVRE
PA R U T I O N M A R D I 4 D É C E M B R E A V E C L E F I G A R O
A
VALÉRIE SEGOND £@ValSegond
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO - N° 23 111 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
GASTRONOMIE
VIN
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À LONDRES, DEUX ADRESSES
POUR DÉGUSTER LES
DERNIÈRES GOURMANDISES
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LES SUBTILS ACCORDS METS-VIN
DU RESTAURANT ITALIEN
DE L’HÔTEL GEORGE V, À PARIS
« Casse-Noisette » : en ballet, c’est Noël !
OPÉRA NATIONAL DE KIEV
Casse-Noisette,
par le Ballet de Kiev,
sera donné au Théâtre
des Champs-Élysées,
à Paris, à partir
du 23 décembre.
Créé en 1892 par Marius Petipa et Piotr Tchaïkovski, représenté dans le monde entier et toujours revisité,
le conte féerique revient sur les écrans et sur scène. La magie continue d’opérer. PAGE 34
La ville où les enfants sont rois
LIVRE Dans son album « La Ville quoi de neuf ? », Didier Cornille fait le tour
des idées qui rendent la vie des citadins plus agréable. Pour les petits bâtisseurs.
Françoise Dargent
fdargent@lefigaro.fr
es fabricants de jouets l’ont compris depuis longtemps. Les enfants aiment la construction. IIs
sont capables de faire des villes
avec des briques multicolores en
plastique et de simples planchettes de bois.
Et les parents d’applaudir devant tant de
créativité. Il est cependant plus rare de
trouver des albums qui parlent de la ville et
de la façon dont on la construit. « Austère ! » s’exclameront certains éditeurs qui
tiennent salon pour la jeunesse ce weekend à Montreuil (93). C’est qu’ils n’ont pas
eu entre les mains l’ouvrage que Didier
Cornille vient de publier. La Ville quoi de
neuf ? est une sorte d’ovni dans le paysage
très formaté du documentaire jeunesse. Le
« Chrysler Building » qui pointe au milieu
de la zone pavillonnaire. Pour Didier
Cornille, ex-designer, nourri à la passion
du dessin, l’architecture raconte surtout
L
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
une histoire, celles des hommes et de leur
ingéniosité.
Il raconte donc les tours du Bosco à
Milan qui ont été recouvertes d’un hectare
de forêt ou le très « grüne » parc de Gleisdreieck à Berlin. L’auteur explique comment les hommes ont inventé une drôle
d’écobox sur palette ou la culture en sac
pour faire entrer l’agriculture en ville,
comment certains bâtiments ou des
visions urbanistiques sont des signatures,
comme ceux d’Haussmann ou le Centre
Pompidou. Son livre regorge d’informations et d’inventions qui
raviront les constructeurs en herbe : le Metrocable de Medellin, la
High Line à New York ou
la Cykelslangen à Copenhague, ruban rouge réservé aux cyclistes qui imprime sa marque écarlate
au milieu des voitures.
« Pourquoi ne pas parler d’architecture aux enfants, on leur explique
bien le corps humain.
L’idée est qu’ils regardent mieux autour
d’eux. C’est d’autant plus important qu’ils
seront prescripteurs un jour », souligne
l’auteur, intarissable sur la curiosité naturelle des enfants.
Pour eux, il a simplifié son trait à l’extrême, déconstruisant son travail de designer pour trouver la ligne la plus simple.
La couleur fait ensuite chanter ses croquis
minutieux où évoluent des personnages
semblables à des Lilliputiens. Tout un
monde brusquement accessible aux plus
jeunes. Il se souvient qu’enfant, il fabriquait des maquettes avec trois
fois rien. Et fait remarquer que
son album, qui parle de villes
vertes et d’écoquartiers, évoque aussi les transports et la
nécessité de s’y déplacer. Pas
forcément dans un mode de
décroissance « slow ». « C’est
aux enfants de faire leur
choix », conclut-il. Avec des
enfants éclairés, c’est encore
mieux.
La Ville quoi de neuf ?, de Didier
Cornille, Hélium, 88 p., 16,90 €.
A
MORCEAU CHOISI
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
34
L'ÉVÉNEMENT
DANSE Alors que
Disney présente
au cinéma une
version sucrée,
ce ballet classique
continue d’attirer
les foules.
D
ARIANE BAVELIER
abvelier@lefigaro.fr
ans les pays anglo saxons,
aller voir Casse-Noisette est un usage aussi
fort que de poser un cadeau sous le sapin.
Disney ne s’y trompe pas qui vient de sortir Casse-Noisette et les quatre royaumes.
L’histoire est joliment revue. La mère de
Clara vient de mourir. Sa famille passe son
premier Noël sans elle. Selon ses vœux,
avant la fête qui a lieu chez Drosselmeyer
(Morgan Freeman), le père donne à chacune de ses filles le cadeau que leur mère
leur a destiné. Clara (Mackenzie Foy), bricoleuse de génie, reçoit un œuf qui la laisse
perplexe. « Tout ce dont tu as besoin se
trouve à l’intérieur », lit-elle sur un message joint par sa mère. Drame absurde :
l’œuf est livré sans la clé qui l’ouvrira.
Clara confie sa peine à Drosselmeyer,
magicien et bricoleur. Alors que Clara va
enfin recevoir la clé, une souris l’emporte. Commence la quête de la fillette, dans
un autre monde couvert de neige. Un soldat en uniforme rouge (Jayden FoworaKnight) garde l’accès aux royaumes. La
recherche de la clé entraîne l’héroïne sur
les traces de sa mère et à la découverte
d’elle-même. L’enjeu est bien celui du
passage de l’enfance à l’âge adulte.
Ce faisant, Clara traverse le royaume de
la neige, celui des fleurs puis des délices sur
lequel règne la Fée Dragée (Keira Knightley), trop sucrée pour être digne de
confiance. La menace rôde, la Mère Gingembre (Helen Mirren) et l’armée des souris - sa figuration en forme de monstre
mouvant est la plus belle invention du
film - sont l’ennemi à abattre. Le tout au
son de la partition de Tchaïkovski. Parce
que, forcément, mettre en film Casse-Noisette implique de considérer le compositeur et le ballet. Tchaïkovski et le chorégraphe Marius Petipa ont travaillé
ensemble à la naissance de l’œuvre.
« L’arbre grandit : 48 mesures de musique
fantastique crescendo grandioso. Les
sentinelles crient : “Qui va là ?” Les souris se
taisent. Deux mesures de musique pour
l’appel et deux autres pour le silence… », intime Petipa, perfectionniste, à Tchaïkovski. Celui-ci opine pour tout sauf pour le
dernier tableau qui se situe au palais enchanté de Confiturembourg. « Comment
voulez-vous que je représente un Confiturembourg en musique ? », s’indigne-t-il,
puisque Petipa réclame pour cette page un
divertissement pur.
« Casse-Noisette »,
la folie de Noël
La version du Casse-Noisette de Disney
inclut à peine quelques minutes du ballet,
interprété par Misty Copeland et Sergueï
Polounine, qui se rattrapent dans le générique de fin. L’immortelle partition de
Tchaïkovski est dirigée par Gustavo
Dudamel. Mais elle est triturée sans pitié
par James Newton Howard, qui dilue des
variations autour des thèmes principaux.
De ce fait, le film, qui, piqué par la partition
classique et ses difficultés, aurait pu dessiner une page charmante des créations de
Disney, se confine dans une vision un peu
trop lisse. Trop sucrée, comme si c’était
une fatalité à Confiturembourg.
Sur les scènes anglo-saxonnes, les
Casse-Noisette en tutu n’ont pas désarmé devant ce rival de pellicule. « CasseNoisette est certainement la pièce favorite
des publics du Royal Ballet et même si nous
ne le programmons pas systématiquement
chaque année, cela reste une de nos productions de Noël qui marche le mieux.
150 000 personnes l’ont vu lors de sa dernière retransmission au cinéma en décem-
bre 2016 », dit Kevin O’Hare, directeur du
Royal Ballet de Londres, qui le reprend et
le remet sur les écrans cette année. « C’est
un ballet magique à regarder. Des séquences du corps de ballet, avec les flocons et la
sublime partition de Tchaïkovski, jusqu’au
décor ravissant », poursuit-il.
« Un régal merveilleux »
Cet engouement traverse l’Atlantique. À
New York, en 1954, George Balanchine,
pourtant allergique au ballet narratif, a dû
créer un Casse-Noisette pour son public
qui n’en démordait pas. Le ballet est depuis
repris pour cinquante représentations
combles au MET chaque Noël. Plus fou encore, depuis 1993, les États-Unis sont parcourus du 25 novembre au 25 décembre
chaque année par le Great Russian Nutcracker Tour. Une puis deux, et aujourd’hui trois compagnies de 40 danseurs
sillonnent tout le territoire nord-américain pour danser Casse-Noisette dans cent
villes différentes, de San Juan à Calgary et
de New York à San Diego. Les enfants pas-
sent des auditions pour monter sur scène.
Aucun tube du ballet ne connaît pareil succès. « Ça n’est pas une surprise, commente
Kevin O’Hare. Casse-Noisette déborde de
l’enchantement et de l’étrange qui en font un
régal merveilleux pour la saison des fêtes. »
Paris n’est pas en reste. Le Ballet de Kiev
vient au Théâtre des Champs-Élysées présenter ce ballet. Il n’avait pas dansé à Paris
depuis 1964. Chorégraphiée par Valeriy
Kovtun, d’après la version originale de
Marius Petipa, la production brille par la
qualité des danseurs, et par son classicisme, même si la chorégraphie bouscule un
peu l’ordre des séquences. Déjà les places
commencent à fondre comme flocons au
soleil, même si le ballet est donné sans orchestre. Quant à la version asiatique, revue par des chorégraphes pékinois dans
un scénario de Nouvel An chinois, elle a
fait salle comble à la Seine musicale début
novembre. Inusable magie de Noël ! ■
Casse-Noisette, Théâtre
des Champs-Élysées (Paris VIIIe),
du 23 décembre au 6 janvier.
« Un conte plein de rites et de croyances implicites »
Casse-Noisette peut bien se donner comme un conte de Noël à succès, il est plein
d’aspérités qui laissent perplexe. Kevin
O’Hare, l’actuel patron du Royal Ballet à
Londres donne quelques pistes pour les
élucider.
LE FIGARO.– Le succès du ballet CasseNoisette est paradoxal, tant le conte qui
lui sert d’argument semble fabriqué…
Kevin O’HARE. – C’est vrai qu’on en sent
les coutures. Il faut considérer le texte
d’Hoffmann et surtout l’adaptation qu’en
réalise Alexandre Dumas. S’y ajoutent la
main de Petipa par-derrière et celle de
Tchaïkovski qui avait une mère et une
nourrice françaises.
D’où vient ce conte ?
Hoffmann place à Confiturembourg l’histoire d’un « brame », en fait un « brahmane » explicite Dumas, brahmane qui se
fait couper la tête et la retrouve aussitôt
après. Que fait ce brahmane au pays de la
confiture ? Tout le monde est en panne.
Hoffmann n’a pas inventé l’histoire, elle
vient d’une ancienne tradition mythique
adaptée et transformée, probablement
d’origine hindoue. Les souris sont des
êtres métamorphosés qu’on retrouve
dans la tradition médiévale galloise, et
que Disney, en inventant Mickey, prolongera. Confiturembourg est le monde enchanté d’Avalon, pays d’abondance de la
littérature médiévale. Le casse-noisette,
envoûté par la reine des souris, y retrouvera sa forme humaine. Le XIXe siècle
s’est distancié du rationalisme classique
pour redécouvrir tout un merveilleux
refoulé depuis la Renaissance.
Et la noisette ?
Elle appartient aux anciens rites nuptiaux. En Bretagne, encore au XIXe siècle,
HYPE FILM ET KINOVISTA
A
PRÉSENTENT
LE 5 DÉCEMBRE AU CINÉMA
BANDE ORIGINALE DISPONIBLE CHEZ
lors des mariages, le garçon d’honneur
passait la nuit de noces à donner des noisettes au marié. « Casser sa noisette »,
c’est avoir des relations sexuelles avant le
mariage. Ces rites et croyances implicites
dans le ballet servent également de base à
Cendrillon. Dans certaines versions du
conte, le noisetier fournit la branche qui
servira de baguette magique chez
Grimm. Dans d’autres versions, alors que
les deux sœurs réclament à leur père de
jolies parures, Cendrillon ne demande
qu’une noisette dans laquelle elle trouvera les siennes. Elle seule pourra accéder
au monde enchanté comme la Marie de
Casse-Noisette et se marier avec son
prince charmant.
Et l’arbre de Noël ?
Tout le ballet se déroule sous l’arbre cosmique (toujours vert) au moment du
solstice, lorsque les jours commencent à
rallonger. Noël comme rupture dans le
temps nous ramène au brahmane décapité. La littérature médiévale connaît un
chevalier vert, géant qui vient se faire
trancher la tête, et revient l’année suivante. Comme le soleil qui, décapité à
Noël, renaît sans cesse. La bascule solaire
du solstice initie pour Marie et le cassenoisette un nouveau cycle de vie.
Et ce grand voyage du deuxième acte
à travers le monde ponctué par
des danses russe, arabe, chinoise… ?
Noël tombe en Carnaval. C’est l’univers
de la profusion et du divertissement. Les
danses exotiques valorisent un autre
monde où tout devient enfin possible.
Lors de ce voyage, il fait toujours beau, la
diversité éblouit. De ces antipodes utopiques surgira le mariage final dans la valse
des fleurs printanières.
PROPOS RECUEILLIS PAR A. B.
Casse-Noisette et les quatre
royaumes, version revue
par Disney du ballet
de Tchaïkovski.
LAURIE SPARHAM/2017 DISNEY
ENTERPRISES, INC.
1892
Année
de création
du ballet. Tchaïkovski
composa la partition
de Casse-Noisette
avec celle de Iolenta,
qui fut présenté
le même soir
au Théâtre Mariinsky
de Saint-Pétersbourg.
LES GRANDS
S’Y FROTTENT
Les plus grands chorégraphes
ne feront pas mentir l’adage
qui dirait que « chacun
veut son Casse-Noisette ».
De Béjart à Jean-Christophe
Maillot en passant par Mark
Morris, ils ont été nombreux
à relever le défi de s’attaquer
à ce monument du ballet
classique. C’est George
Balanchine qui le
métamorphose en
« tradition de Noël » en 1954.
En 1971, John Neumeier
fait danser tous les rôles
par les adultes et en 1985,
Rudolf Noureev fait entrer
son somptueux CasseNoisette à l’0péra de Paris.
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LE FIGARO
CULTURE
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
35
Besançon
à la pointe des
musées français
ARTS Après quatre ans de travaux,
l’établissement retrouve sa place parmi
les grands centres patrimoniaux.
E
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À BESANÇON
n 1694, un siècle avant la
création du Musée du Louvre, un riche
abbé léguait sa collection à Besançon avec
la condition qu’elle soit montrée au public. Depuis, la municipalité s’enorgueillit
de l’institution qui conserve et met en
valeur les richesses archéologiques et artistiques locales. Le 16 novembre, devant
le président de la République, le maire
Jean-Louis Fousseret (LaREM) présentait
d’ailleurs le musée comme « le plus ancien de France ». On en célébrait une rénovation de fond en comble après quatre
ans de travaux. Avec près de 11 millions
d’euros, portés par l’État, la région Bourgogne-Franche-Comté, le département
du Doubs et la Ville (6,25 millions
d’euros), cet effort compte parmi les plus
importants accomplis récemment dans le
domaine (lire ci-dessous).
Il est vrai que la précédente réhabilitation datait de près de cinquante ans. Se
servant de l’ancienne halle aux grains du
centre historique comme d’une enveloppe, Louis Miquel, collaborateur de Le Corbusier, avait conçu une structure interne
en trois niveaux et trois paliers desservis
par une rampe centrale rectiligne. Le tout
en béton brut de décoffrage. « Au fil du
temps et des besoins, des cloisons avaient été
posées qui avaient rendu ce parti pris moderniste illisible et le parcours confus », résume Nicolas Surlapierre, directeur des
Musées du Centre. L’architecte bisontin
Adelfo Scaranello est revenu au travail de
son prédécesseur. On en redécouvre
l’audace et l’intelligence : un cheminement
fluide, chronologique, où l’on admire, entre autres, le triptyque de Notre-Damedes-Sept-Douleurs de Van Orley ou la Déploration de Bronzino, un des grands chefsd’œuvre florentins sur le sol français.
Le rez-de-chaussée a été libéré pour
un déploiement des pièces archéologiques, exceptées celles d’égyptologie (don
Les travaux de rénovation du « plus ancien musée de France », qui abrite notamment le triptyque de Notre-Dame-des-SeptDouleurs (vers 1535) de Bernard Van Orley, auront coûté environ 11 millions d’euros. J.-C. TARDIVON/SIPA
du baron Taylor en 1832) groupées à
l’étage. Sols gris clair, socles gris sombre,
parois blanc cassé et passerelle permettant de marcher au-dessus de la plus
grande des mosaïques présentée. Le
bronze d’Avrigney, magnifique et unique
taureau à trois cornes datant du Ier siècle,
constituant le point fort de cette section.
Grands donateurs à l’honneur
Suivent une présentation des grands donateurs locaux et des sculptures médiévales ponctuées d’œuvres contemporaines. Ainsi la grande couronne d’épines de
Vincent Barré fait-elle mouche, surplombant quelques Vierges à l’Enfant. Ce
dialogue entre ancien et nouveau se
poursuit sous les verrières et fenêtres qui,
nettoyées ou parfois agrandies, laissent
passer un maximum de lumière.
Passées la salle des nus de Cranach,
celle de peintures vénitiennes et deux vitrines évoquant les cabinets de curiosité
d’antan, le public emprunte la rampe.
Elle est également ornée de tableaux, natures mortes ou paysages. Les grands formats ont, eux, été suspendus dans les plus
vastes volumes, dont le puits central. Ils
se découvrent ainsi, au fil d’une progression riche en perspectives et coups d’œil
panoramiques.
La visite s’étend maintenant sur
3 600 m2, soit 1 000 m2 de plus. Résultat :
en ajoutant l’aile XIXe dont les galeries
tranchent avec leurs parquets, leurs
couleurs vert tendre ou aubergine et
leur accrochage à touche-touche académique, ce ne sont pas moins de
1 500 œuvres qui sont montrées en permanence, dont 40 % d’inédites. Ultime
« Joconde » : le monumental Hallali du
cerf de Courbet. La puissance érotique
de cette scène de cruauté sur fond de
neige immaculée se voit redoublée par
Jezabel mordue par deux chiens, marbre
blanc de Léon Auguste Perrey (1889)
posé devant. Ailleurs, réserves externalisées, vaste salle d’exposition temporaire, cabinet d’arts graphiques, auditorium et ateliers de pratique artistique
complètent la métamorphose. ■
1, place de la Révolution, Besançon (25).
Tél. : 03 81 87 80 67.
www.mbaa.besancon.fr
soient rénovées. En outre, début 2019,
pour un coût de 2 millions d’euros, un
bâtiment d’accueil conçu par les architectes portugais Manuel et Francisco Aire Mateus sortira de terre. À
terme, ce sera un hall en pierre blanc
de 180 m2 avec boutique, entre l’entrée actuelle (le portail des Pénitents
noirs) et l’aile Viollet-le-Duc Darcy
donnant sur la rue d’Alsace-Lorraine.
www.augustins.org ■
É. B.-R.
Ouvertures, fermetures de A à Z
des arts de la marionnette (Mam) fait
peau neuve. Il a rouvert le 23 novembre. La scénographie, qui valorise un
fonds de plus de 2 000 marionnettes du
XVe siècle à aujourd’hui ainsi que
3 000 décors, costumes et accessoires,
se veut « didactique et immersive ». Elle
répond à trois questions : d’où vient la
marionnette ? À quoi sert-elle ? Et
comment
l’illusion
opère-t-elle ?
www.gadagne.musees.lyon.fr
uBordeaux
Dans le quartier des bassins à flots,
un musée porté par le promoteur Norbert Fradin, consacré à la mer et à la
marine sur 6 000 m2, devrait être inauguré avant l’été. Depuis le 1er octobre et
jusqu’au 30 avril, on y découvre les travaux de deux photographes de la National Geographic Society, Paul Nicklen et
David Doubilet. mmmbordeaux.com
uDijon
Le 31 décembre, le musée abordera la
dernière phase de sa métamorphose,
avant la réouverture intégrale, arrêtée
au 17 mai. Un écran de compte à rebours a été installé dans la cour. Voilà
cinq ans que les travaux ont commencé. Leur coût ? 60 millions d’euros supportés entre autres par l’État (16,6 millions d’euros), la région (8,4 millions
d’euros), la métropole (8,3 millions
d’euros), avec un mécénat de Suez à
hauteur de 800 000 euros. Cet hiver, les
portes se fermeront, le temps de remettre en place ses 1 500 œuvres.
uMontargis
En mai 2016, le musée qui possède le
plus grand fonds consacré à AnneLouis Girodet (1767-1824) après le
Louvre, mais aussi le fonds d’atelier du
sculpteur Henry de Triqueti (18031874) - deux enfants du pays -, avait été
victime d’une crue du Loing. Il rouvrira
ses portes le 15 décembre. Les galeries
historiques ont été rénovées et une
extension double les surfaces d’exposition,
permettant
de
présenter
3 000 œuvres sur les 5000 qui forment
la collection. www.musee-girodet.fr
uMontauban
La modernisation du Musée Ingres
devrait être achevée dans douze mois.
Plus de 13 millions d’euros y sont
consacrés (dont la moitié par la municipalité). Dans l’intervalle, l’institution
fait rayonner ses collections en France
comme à l’étranger, jusqu’en Chine.
Ainsi, depuis le 1er novembre, JeanAuguste-Dominique Ingres retrouve la
Villa Médicis de Rome, dont il fut directeur : une sélection de ses dessins ainsi
que son violon y sont présentés. Suivra,
en février, une exposition dans les galeries du Palazzo Reale de Milan qui retracera les liens entre l’artiste et la péninsule, où il vécut vingt-quatre ans.
uMorlaix
Estimée à 13 millions d’euros (dont
uToulouse
Toulouse poursuit ses efforts
concernant son Musée des Augustins.
À l’intérieur, les salles de peinture
sont fermées depuis mars et jusqu’en
septembre, le temps que les verrières
5 millions supportés par la Ville), la renaissance du Musée des Jacobins est engagée. Actuellement une campagne de
fouilles archéologiques préventives a
lieu sur une surface de 680 m2 qui correspond à celle de l’ancienne église.
Ouverture espérée en 2021. Pour patienter, animations hors les murs, notamment au rez-de-chaussée de la Maison à Pondalez. musee.ville.morlaix.fr.
uNancy
Le palais des ducs de Lorraine qui
abrite le Musée lorrain est clos depuis le
2 avril. Réouverture dans cinq ans si
tout va bien. Pour patienter, il propose
plusieurs rendez-vous hors les murs
avec ses collections. La célèbre Femme
à la puce de Georges de La Tour a
d’ailleurs été accrochée, avec des douzaines d’autres œuvres phares, au Musée des beaux-arts de la ville. Quelques
sculptures majeures ont aussi été placées dans la chapelle des Cordeliers et
une vingtaine est hébergée au château
de Lunéville. Des céramiques ont été
déposées au Musée du pays de Sarrebourg, d’autres prêtées à Commercy
pour deux ans. Quant aux tapisseries de
la Condamnation de Banquet, elles participeront à des expositions nationales et
internationales. On pourra peut-être
les admirer au Louvre vers 2020.
uParis
Au Trocadéro, le Musée de la marine
est fermé pour les cinq ans à venir. Celui de Carnavalet, consacré à l’histoire
de la Ville Lumière, et en cours de refonte complète, sera rouvert en 2020.
Soit un peu avant le Palais Galliera, Musée de la mode de la Ville de Paris, dont
les espaces d’exposition seront doublés.
uReims
Les collections du Musée des beaux-
arts déménageront du palais de Tau à la
mi-2019 dans des réserves nouvelles,
externalisées. Réouverture en 2020 (au
mieux) avec 6 120 m2 dont des espaces
d’exposition triplés, un café, une boutique, un auditorium de 250 places, un
centre de documentation, des locaux
pour des ateliers pédagogiques, des volumes logistiques et administratifs.
Budget : 60 millions d’euros. Avant
cela, dans douze mois, à 30 km de là,
Épernay ouvrira dans le château Perrier
un Musée du vin de Champagne et d’archéologie régionale.
A
uLyon
Au cœur du Vieux Lyon, le Musée
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
36 CULTURE
Rostand, une passion française
COMMÉMORATION Il y a cent ans mourait l’auteur de « Cyrano », toujours joué, toujours aimé. Un hommage
parisien marque ce dimanche la fin d’une année de célébration en présence de l’académicien Michael Edwards.
ent cinquantième anniversaire de sa naissance, centième anniversaire de sa mort. Edmond Rostand,
né le 1er avril 1868, est mort le 2 décembre 1918, emporté par la grippe espagnole. L’année 2018 a été l’occasion de célébrer un homme et une œuvre qui sont
très chers au cœur des Français et dont la
notoriété dépasse de loin nos frontières.
Ce dimanche 2 décembre, en l’église
Saint-Pierre du Gros-Caillou, 58, rue
Saint-Dominique, Paris VIIe, là où eut
lieu la cérémonie religieuse avant l’inhumation à Marseille, il y a cent ans, les
organisateurs du Festival Edmond Rostand 2018 proposent une rencontre très
intéressante.
C’est Thomas Sertillanges qui a conçu
cet hommage et qui le présentera. Comédien, personnalité forte, débordant
d’énergie, il est un passionné de la vie et
de l’œuvre d’Edmond Rostand. Un
Cyrano vu à l’âge de raison et une petite
statuette du personnage trouvée dans
une brocante, il y a trente ans… Au fil du
temps, il a réuni la matière d’un musée.
Il connaît par cœur l’arbre généalogique
de cette brillante dynastie du Sud qui
compte autant de talents dans la finance
que dans les arts ! Sans la formidable volonté de ce grand caractère à panache,
cette année n’aurait pas été aussi riche. Il
a multiplié les initiatives. Non seulement
des lectures, des mises en scène, des expositions, des concerts, mais aussi des
gestes pérennes, décidés bien en amont.
Ainsi est-ce grâce à lui que la tombe de la
famille, à Marseille, qu’il avait découverte assez corrodée par les météores du
Sud en 2005, a pu être réhabilitée. Les
descendants Rostand se sont engagés au
côté d’autres donateurs publics et privés
et, depuis 2017, la dernière demeure du
poète et d’une partie des siens est belle et
BAPTISTE LOBJOY
C
ARMELLE HÉLIOT
aheliot@lefigaro.fr
Cyrano, l’excellente version signée par Lazare Herson-Macarel, est actuellement donné au Théâtre de la Tempête, à Vincennes.
claire. On peut y lire la devise de la famille : « Egerunt et cecinerunt » : « Ils ont
agi et ils ont chanté. »
Rosemonde, la vraie
Une bien brillante famille que celle de
l’auteur de Cyrano de Bergerac, en effet. L’arrière-grand-père d’Edmond,
Alexis-Joseph (1769-1854), est né à
Orgon, entre Aix-en-Provence et Marseille. Il est le fils d’un marchand drapier
et doit très tôt travailler - son père étant
mort - chez un fabricant et négociant exportateur de bonnets… Patriote, il est
menacé pendant la Révolution, mais retrouve les affaires et devient une personnalité influente de la Cité phocéenne, no-
tamment comme juge au tribunal de
commerce puis président de la chambre
de commerce et maire en 1830. Excellent
musicien, violoncelliste, il avait créé un
quatuor avec ses frères et l’un de ses fils.
Il est très représentatif de cette lignée remarquable racontée dans un livre qui
sera publié en février 2019 et dans lequel
Thomas Sertillanges et d’autres auteurs
connaisseurs, Patrick Boulanger, Agnès
Leduc-Rostand, Pierre Echinard, entre
autres, font revivre Edmond et les siens.
En ce samedi 1er décembre, à Marseille, on va inaugurer un square
Edmond-Rostand et demain, donc, en
l’église Saint-Pierre du Gros-Caillou,
Michael Edwards, qui occupe le fau-
teuil 31 à l’Académie française, celui où
fut élu Edmond, en 1901, prendra la parole. Les comédiens Pierre Santini, Vincent Arnaud, William Mesguich, Pablo
Chevalier, Charlotte Michelin, Édouard
Dossetto, diront des textes. Philippe
Gueit, organiste, sera également présent, tout comme Christophe Barbier et
le père Richard Escudier, curé de la paroisse. Enfin, la chanteuse lyrique Barbara Bourdarel chantera La Marseillaise.
Alexis Rostand sera lui aussi présent,
mais comme spectateur discret. Il a
épaulé Thomas Sertillanges. C’est un
esprit très ouvert et généreux, un vrai
Rostand, qui travaille dans la finance et
qui, comme ses ancêtres, est tourné vers
les autres. C’est sur l’éthique dans le
monde de l’argent qu’il veut agir, dans le
droit fil de ses illustres prédécesseurs et
de certains écrits d’Edmond. La
Samaritaine, par exemple, cette pièce
que créa Sarah Bernhardt et dans laquelle on trouve un épisode de la vie de
Jésus, rapporté par l’évangéliste Jean.
Il est aussi très attentif aux textes
« écologiques » de Jean Rostand, biologiste, fils d’Edmond, et espère la publication de tous ses écrits dans la collection
« Bouquins »
qu’il
aime
particulièrement. Une manière d’éclairer le souci philosophique et politique
qui court au long de cette fameuse
lignée.
Dans la famille Rostand, dans le
cercle des admirateurs, dans l’association des Amis du Musée Cyrano de
Bergerac, chacun est heureux d’avoir
pu raconter fidèlement la vie
d’Edmond. Ainsi l’épouse, la poétesse
Rosemonde Gérard, retrouve-t-elle
son éclat. Rosemonde, la vraie, le
brillant Alexis Michalik l’a un peu malmenée dans Edmond, énorme succès
théâtral. Il n’a jamais prétendu à la
vérité ! Si les amoureux d’Edmond
Rostand ont été, pour certains, un peu
chiffonnés, ils reconnaissent que le
jeune auteur, metteur en scène et désormais réalisateur (son film Edmond
sera sur les écrans le 9 janvier) a revivifié la légende magnifique ! ■
Hommage, dimanche 2 décembre,
16 h 30, église Saint-Pierre du Gros-Caillou
(Paris VIIe). Entrée libre.
Se présenter sur place à 16 heures.
Pour toute information :
info@edmondrostand2018.fr
À voir : Les Rostand par Maude et Philippe
Bulinge, Essaïon (Paris IVe). Se renseigner sur
les représentations au 01 42 78 46 42 ;
Cyrano, excellente version
par Lazare Herson-Macarel et sa troupe.
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie
de Vincennes (Paris XIIe),
jusqu’au 16 décembre. Tél. : 01 43 28 36 36.
Avec eux le déluge
SPECTACLE « L’Arche », comédie musicale
enlevée, relate les déboires d’une troupe d’artistes
fragiles. Burlesque à souhait.
NATHALIE SIMON nsimon@lefigaro.fr
etteur en scène au chômage, Arnaud, surnommé « Nono », a réuni une
troupe d’artistes cabossés
par la vie pas du tout
« bancable » pour monter une comédie
musicale sur l’Arche de Noé. « J’espère
ne pas être pris », chantent les acteurs
lors d’une répétition. Bien sûr, ils le seront tous. Les volontaires pour un spectacle mis en scène sans moyens et en un
temps record ne sont pas légion. Le plateau a des airs de Radeau de la méduse.
Olivier Denizet et Suzanne Legrand
ont écrit une histoire qui marie aventure
et romanesque entre Thé à la menthe ou
t’es citron ?, le succès de Danielle et
Patrick Haudecoeur, et Silence, on tourne !, du même Haudecoeur, pour le côté
faussement improvisé des situations et le
rythme trépidant. Une première partie
désopilante laisse peu à peu place au suspense. Que va-t-il arriver à Léa Crystal
qui joue le rôle de la colombe ? Maltraitée
par son mari qui n’est autre que le producteur du spectacle, la jeune femme
abuse des antidépresseurs.
M
Paul Nadar, Sarah Bernhardt dans Pierrot assassin, 1883. BnF, Estampes et photographie. BnF, délégation à la Communication
A
l’extérieur, on ne compte plus les pannes
de courant -, les prétendants à la gloire
parviendront à former une équipe
soudée. Également à l’origine de la mise
en scène, Olivier Denizet et Suzanne
Legrand se sont appuyés sur la complicité des interprètes et les entraînent avec
maestria dans un tourbillon de folie.
L’Arche est conseillé « à partir de
7 ans », mais long (2 heures), il est susceptible d’ennuyer le jeune public. Si on
est loin des grands musicals de Broadway, cette « fable loufoque, déjantée et
contemporaine » est néanmoins divertissante à souhait. ■
L’Arche, Théâtre 13/Jardin (Paris XIIIe).
Jusqu’au 16 décembre. Tél. : 01 45 88 62 22
Solidarité et fraternité
Avec le soutien de
François-Mitterrand
Paris 13e I bnf.fr I #expoNadar
Dans le cadre de
Ambitieux, les deux auteurs souhaitent
tirer la sonnette d’alarme sur le réchauffement climatique et transmettre
un message écolo, mais le public retiendra surtout les valeurs de solidarité
et de fraternité qui émanent d’un groupe de « galériens » aux personnalités
fragiles et diverses. Un agent de la sécurité côtoie une star de la téléréalité
déchue, un acteur qui a de la bouteille
est sous le charme d’un plus jeune… Les
dix artistes jouent, chantent et dansent
et jouent parfois même d’un instrument de musique.
Malgré les aléas d’une production qui
n’a de production que le nom et l’accumulation de déboires - outre le déluge à
Écrite et mise en scène par Olivier
Denizet et Suzanne Legrand, L’Arche
marie aventure et romanesque.
XAVIER GROUARD
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
À TABLE
37
Londres
ou la folie
des douceurs
GASTRONOMIE Avec l’ouverture ce mois-ci
d’un salon de thé Cakes & Bubbles
par Albert Adria et d’une Chocolaterie
par Alain Ducasse, la capitale anglaise
scelle une année pleine de gourmandise.
L
COLETTE MONSAT
cmonsat@lefigaro.fr
ENVOYÉE SPÉCIALE À LONDRES
e patronyme va vous mettre sur la voie. Dans la famille Adria,
mondialement connue depuis que le
grand frère Ferran, triple étoilé Michelin, a été sacralisé meilleur chef au
monde plusieurs années durant (2002,
2006, 2007, 2008 et 2009) par le classement The World’s 50 Best Restaurants,
je demande le cadet, Albert. Ce dernier
vient en effet d’ouvrir à Londres, au sein
du très chic Hotel Café Royal, un salon
de thé, Cakes & Bubbles. Jusque-là,
rien de très original, le thé et
les Anglais, c’est presque un
pléonasme. Et dans cet
établissement prestigieux, qui appartient,
comme le Lutetia à
Paris et le Conservatorium à Amsterdam, au groupe The
Set, les célébrités ont
toujours eu leur rond
de serviette, Edward
VII et George VI avant
d’être couronnés, bien
plus tard Noël Coward, Cary
Grant, Elizabeth Taylor ou David
Bowie, entre autres têtes d’affiche. C’est
dire si la table y a toujours tenu son
rang. Sauf qu’Albert Adria n’est pas du
genre Wedgwood et apple pies et que,
dans son nouvel écrin, il bouscule totalement les codes de la pâtisserie.
Pour mieux comprendre, il faut savoir que, pendant une quinzaine d’années, ce Catalan pur jus a travaillé aux
côtés de son frère, Ferran Adria, au restaurant El Bulli, à Roses, sur la Costa
Brava. À la grande époque (ce dernier
est fermé depuis 2011), l’adresse n’était
ouverte que six mois par an, les demandes de réservation venaient du monde
entier et les listes d’attente s’étiraient
sur des mois, voire des années. C’est là que les
deux frères avaient
mis au point leur
cuisine moléculaire, à grands
coups d’azote
et d’additifs,
concoctant de
surprenantes
spécialités
comme
les
moules sphériques au bacon, le
caviar d’huile d’olive au jus d’anchois ou
autres caramels à l’huile
Le salon de thé Cakes & Bubbles dans le très chic palace londonien Café Royal à Regent Street.
de courge. L’ombre surréaliste du voisin
Dali semblait planer sur les créations,
souvent controversées. Dans cette
aventure à quatre mains, Albert Adria
prit vite les commandes de la partie sucrée. Et après la fermeture d’El Bulli, il a
développé ses propres établissements,
sous le nom d’El Barri (Le Quartier) tous
les six concentrés dans le cœur historique de Barcelone. Aujourd’hui, quatre
d’entre eux sont étoilés, dont le dernier,
Enigma, inclassable avec ses habits futuristes et ses assiettes mystères, se présente comme une expérience multisensorielle, une parenthèse gastronomique
hors piste de quelque quatre heures…
En 2016, le chef pâtissier, lui-même
élu l’année précédente « meilleur pâtissier du monde » par ledit World’s 50
Best Restaurants, avait passé 50 jours au
Café Royal pour faire découvrir au sein
d’un « pop-up » ses desserts aux Londoniens. Mais déjà, il se projetait dans
son futur Cakes & Bubbles. « C’est un
projet qui m’excite en tant que chef pâtissier. Je n’ai encore jamais ouvert de lieu
spécifiquement dédié à l’univers du sucré.
Notre approche et notre carte seront au
carrefour du classique et du contempo-
rain », déclarait-il alors. C’est en majesté qu’il a donc ouvert, le 8 novembre
dernier, son salon de thé avec entrée
autonome sur la rue gardée par un portier very British en redingote. Le cadre
est somptueux. Superbe bar en marbre
“
Notre approche
et notre carte
seront au carrefour
du classique
et du contemporain
”
ALBERT ADRIA NINA SARKHEL/CAKES & BUBBLES
assorti au plateau des guéridons,
confortables fauteuils en cuir, mur de
bouteilles rétroéclairé et, cerise sur le
gâteau-star, vitrine d’appel avec des dizaines d’exemplaires du fameux cheesecake signature. Conçu « pour les
aventuriers, un nouveau concept de cheesecake au fromage coulommiers, noisette
et chocolat blanc », précise la carte. Une
création très personnelle en effet, plutôt
gonflée, même si, au pays des petits pois
à la menthe et des sandwichs à la banane, le pari n’était pas si risqué. Et contre
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
toute attente - chauvine, il est vrai -, le
gâteau fonctionne très bien. Extérieurement, Albert Adria a reproduit à s’y
méprendre l’aspect d’un fromage avec
sa croûte légèrement bise et, en bouche,
la texture est onctueuse, presque crémeuse, le goût du fromage, subtil, finissant sur la note chocolatée. « Nos clients
adorent ou détestent, reconnaît la jeune
femme au service. C’est un gâteau clivant ! » Mais la prise de risque est maîtrisée, le chef avait déjà conçu la recette
pour Tickets, son bar à tapas revisitées
au cœur de Barcelone, il n’a fait que
l’exporter. Forcément, à côté de cette
curiosité, les autres douceurs sont plus
pâlottes, même si le marshmallow à la
fraise et chocolat « after eight » ou encore la fleur chocolat et noix de coco
glacée ont de la personnalité. Trois semaines après l’ouverture, les clients
sont au rendez-vous, d’autant que les
bulles promises par l’enseigne sont bien
présentes. Sur les murs comme dans les
flûtes.■
Cakes & Bubbles, Hotel Café Royal,
68 Regent Street, London, W1B4DY.
Tél. : 44(0)20 7406 3310. Tous les jours de
10 heures à 20 heures.
À King’s Cross, la Chocolaterie
et le Café d’Alain Ducasse
Grands crus d’arabica
au Café Ducasse
C’est dans cet environnement effervescent qu’Alain Ducasse a inauguré, il y a
quelques semaines, sa première chocolaterie outre-Manche. La huitième
boutique et la seconde à l’étranger
après le Japon. Le lieu reprend les mêmes codes que les autres points de ven-
te parisiens avec de superbes présentoirs mettant en avant les différentes
créations. Elles sont toutes réalisées par
le tandem Philippe Urweiller (chocolatier-torréfacteur) et Quentin FrancisGaigneux (artisan chocolatier) à la manufacture de la Bastille, à Paris, et
livrées sur place deux fois par semaine.
Difficile de connaître dès à présent
les préférences des Londoniens,
l’ouverture est trop récente, mais ils
semblent avoir un « fort faible » pour
les gingembres confits, les mendiants
figues-oranges-noix et l’addictif chocolate spread, une pâte à tartiner à base
de praliné amande et noisette, chocolat noir et au lait.
Dans les prochains jours, le premier
Café Ducasse, jouxtant la chocolaterie
ouvrira ses portes. Un projet porté depuis longtemps par le chef multiétoilé.
Les grands crus d’arabica, également
torréfiés à Paris, seront à vendre ou à
déguster sur place. Londres ? Décidément the place to be ! ■
C. M.
La Chocolaterie d’Alain Ducasse.
Unit 15, Bagley Walk Arches, Coal Drop Yard,
Londres N1C 4DH.
À la Chocolatrie, de superbes présentoirs mettent en avant les différentes créations,
conçues à Paris, et livrées sur place deux fois par semaine. FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
A
Au cœur du quartier de King’s Cross, à
quelques mètres de la gare Saint-Pancras, se poursuit l’une des réhabilitations les plus spectaculaires d’Europe.
Commencée il y a plusieurs années et
prévue jusqu’en 2022, elle redonne vie à
des bâtiments industriels ou des terrains vagues délaissés, privilégiant les
zones piétonnes, mixant les espaces de
vie, les commerces et les lieux de loisirs.
Le Regent’s Canal avec ses péniches à
quai vient même ajouter une touche bucolique à cet ensemble urbain. En 2010,
la fameuse école Central Saint Martins
d’art et design s’était déjà installée dans
un immense espace désaffecté. Depuis,
les bâtiments victoriens ne cessent
d’accueillir de nouvelles enseignes de
mode, de design, de gastronomie.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
38
VIN
Au George, le sommelier Gabriele Del Carlo et le chef Simone Zanoni (à droite) proposent notamment un très bel accord entre Ca’ del Bosco et arancini safranés au tartare de thon.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Les terroirs italiens de Simone Zanoni
DÉGUSTATION Le chef du George, à Paris, a mis au point des accords mets-vin somptueux avec son sommelier
Gabriele Del Carlo. Démonstration.
«L’idée était de sortir des vins classiques, des standards internationaux. Le
premier pas dans ce sens a été réalisé
avec ce franciacorta, un vin blanc effervescent sec et tendu, résultat d’un
assemblage de chardonnay (majoritaire), de pinot noir et de pinot blanc. Le
domaine Ca’ del Bosco, fondé par Annamaria Clementi Zanella, est proche
de Brescia, en Lombardie. Il a été créé
dans les années 1970 au sud du lac
d’Iseo. La bulle est ultrafine. Malgré
toutes ces qualités, ce n’est pas si simple
de proposer des sparkling italiens dans
un monde très parisien, très prochampagne. C’est un peu comme vendre du
riz à un japonais (rires). Depuis cette
année, nous réalisons notre propre assemblage Ca’ del Bosco George V. Pour
l’occasion, le taux de sucre a été réduit
à 3,5 g par litre. Nous le servons en
priorité à l’apéritif ou sur les entrées. Il
fait un très bel accord avec les arancini
safranés au tartare de thon.»
18 € le verre.
Giacomo Fenocchio 2014
uBarolo
et ravioli à la truffe, à la pintade,
sauce parmesan
«Il s’agit d’un vigneron du Barolo, dans
le Piémont, installé à Bussia, avec qui
nous avons un rapport privilégié. En ce
moment, le Barolo est en train d’exploser. Beaucoup de gens se sont rendu
compte de la qualité exceptionnelle de
ces vins réalisés à partir du cépage nebbiolo dont les volumes produits sont
peu importants. On peut comparer la
région du Barolo à la Bourgogne et son
vin au pinot noir. Ce Barolo 2014 est caractérisé par une grande souplesse, des
arômes de groseille et des pointes épicées. C’est le parfait contrepoint aux
saveurs marquées des raviolis.»
24 € le verre.
Superior Oro Marco
uMarsala
De Bartoli et tarte à l’oignon
et glace au parmesan
«Un vin marsala de Marco de Bartoli,
installé sur la pointe occidentale de la
Sicile. Un accord très pointu car, pris
séparément, chacun des trois éléments
est compliqué : la glace peut paraître
trop salée, la tarte aux oignons peut
sembler trop sucrée et le marsala, un
100% cépage grillo, avec ses arômes de
fruits secs, n’est pas évident pour tous
les palais. Mais l’ensemble fonctionne à
merveille. Il traduit aussi ce que peut
être une belle entente entre un sommelier et un chef de cuisine.»
15 € le verre.
qu’à une nuit d’été.»
32€ le verre.
Le George, 31, avenue George-V
(Paris VIIIe). Tél. : 01 49 52 72 09.
À lire : Mon Italie, de Simone Zanoni,
photographies de Jean-Claude Amiel,
Éditions de La Martinière, 45 €.
MONTECARLO
VINSANTO 2001
ET TARTE TATIN
AUX POMMES
« Ce vin est issu d’un petit village
à côté de Lucca en Toscane.
Le raisin est vinifié pendant
di Montalcino 2013
uBrunello
Il poggione et Cabri de 36 heures
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
au tartare de thon
Et aussi
rrivé en septembre
2016 au George, un des trois restaurants de l’Hôtel George V, à Paris, le
chef Simone Zanoni peut se targuer
d’une des plus belles réussites gastronomiques parisiennes de ces deux
dernières années. La carte à forte résonance transalpine, résolument moderne, a séduit une clientèle d’habitués et ne cesse d’attirer plus de
curieux. Le George, une étoile au Michelin, fait salle comble midi et soir.
Simone Zanoni veut maintenant
monter la plus belle cave de vins
Ca’ del Bosco
uEffervescent
et arancini safranés
+
A
STÉPHANE REYNAUD
sreynaud@lefigaro.fr
italiens avec 600 références, dont de
vieux millésimes. «Nous disposons
des classiques et attendus Sassicaia,
Masseto et Solaia, nous achetons aux
importateurs mais nous mettons aussi
un point d’honneur à travailler
directement avec des vignerons
encore inconnus. Près de 40 % de notre cave est ainsi constituée. Notre
vocation est bien de faire découvrir
des raretés italiennes. Bien entendu,
nous donnons une très grande importance à l’accord mets et vin.» Un travail de recherche réalisé avec le
sommelier Gabriele Del Carlo, alter
ego du chef, avec qui il a mis au point
des associations qui sonnent sacrément juste, «honnêtes et tournées
vers le plaisir».
«Le cabri est cuit 36 heures pour aboutir à une viande confite et caramélisée,
servie avec une purée de céleri et de
pomme verte, parfaitement soutenue
par la puissance et l’élégance du Brunello di Montalcino. Voilà un vin qui
fait l’unanimité sur quasiment chaque
millésime. 2013 se révèle exceptionnel,
avec des arômes de cerise noire et
d’épices qui laissent la place à des touches toastées, mentholées. Il s’agit d’un
accord sur la rondeur, très subtil, aussi
bien adapté à une soirée auprès du feu
la semaine sainte. La tarte
est réalisée avec des pommes
que l’on a laissées sécher
pendant plusieurs semaines,
idéales pour la Tatin. »
18 € le verre.
À Chartres, nul n’ignore la Loire
SÉBASTIEN LAPAQUE
slapaque@lefigaro.fr
A
WWW.CALON-SEGUR.FR
L’A B US D ’A LCOO L EST DA N G EREU X PO U R L A S A N T É, À CO N S O M M ER AVEC M O DÉR AT IO N .
Il n’y a ni fleuve ni vignes, à Chartres.
Mais un hôtel-restaurant dont la cave
aux 25 000 flacons a le pouvoir de faire
battre le cœur des amateurs de vins de
Loire : la carte du Grand Monarque assume crânement sa vocation de promotion des vins de Sèvre et Maine, d’Anjou,
de Touraine, de Montlouis, de la Côte
roannaise et même de Vendée, avec le
facétieux et indispensable Thierry
Michon, du domaine Saint-Nicolas.
« J’aime la Loire parce qu’elle a une
capacité à produire de grands vins »,
explique Bertrand Jallerat, qui veille
aux destinées de l’institution chartraise avec son épouse Nathalie. Le
Grand Monarque, c’est un nom qui
résonne et toute une histoire. Héritier
d’un relais de poste bâti à proximité
de la cathédrale au début du
XVIe siècle, transformé en auberge à
la veille de la Révolution française,
puis en hôtel-restaurant, l’établissement figure dans le guide Michelin
depuis 1900 et ne l’a jamais quitté. En
2009, la table de son restaurant gas-
tronomique a regagné l’étoile perdue
quinze ans auparavant.
Dans le beau livre qu’ils publient
aujourd’hui, Nathalie et Bertrand Jallerat ont voulu rassembler tout ce qui
fait la singularité du Grand Monarque : une histoire, une magie, un
nom, une atmosphère, le souvenir des
grands déjeuners du temps jadis et
une inspiration culinaire puisée à des
sources variées. Quelques vieux menus imprimés apportent la preuve
qu’on a toujours bu bon dans cette
maison. Le 12 avril 1914, les convives
se sont ainsi vu servir un vin de seigneur : un corton Clos du Roy 1906.
« Il n’y a pas de repas bien préparé sans
un vrai travail d’accord mets-vins »,
insiste Bertrand Jallerat.
Dîner légendaire
L’hôtel-restaurant Grand Monarque,
à Chartres. LE GRAND MONARQUE, MENU FRETIN
Chaque année depuis 1983,
cet accord est particulièrement soigné à l’occasion du
banquet de la Paulée, un
rendez-vous de vignerons
de Loire à l’ambiance indescriptible. L’album de recettes, de photographies et de
souvenirs des Jallerat fait une
large place à ce dîner légendaire, naguère élaboré par Jean Bardet, Alain
Senderens, Arnaud Lallement, Régis
Marcon, Michel Troisgros, Alain
Dutournier - et par Thierry Marx, cette année. ■
Le Grand Monarque. Une institution
chartraine , de Nathalie et Bertrand Jallerat,
Éditions Menu Fretin, 224 p., 34 €.
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LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
VIN 39
FUTUR Sensibles
à l’environnement,
inquiètes du
bouleversement
climatique,
les distilleries
écossaises
s’engagent dans
le développement
durable. Voyage
à Aberlour,
dans le Speyside.
GUILLAUME JAN
ENVOYÉ SPÉCIAL EN ÉCOSSE
a production de whisky
n’est pas une activité polluante, mais
elle a tout de même des conséquences
sur la nature. » Ainsi s’exprime Ronald
Daalmans, responsable environnement
de Chivas Brothers, groupe rassemblant
plusieurs distilleries écossaises (Clan
Campbell, Ballantine’s, Chivas Regal,
Aberlour, etc.). Même constat pour la
Scotch Whisky Association : depuis dix
ans, cette organisation commerciale,
représentant l’industrie du whisky
écossais, incite les producteurs à réduire leur consommation d’énergie et leurs
émissions de gaz à effet de serre, à proposer des emballages recyclables, à développer une économie circulaire valorisant les déchets de production et à
cultiver les terres de manière plus
durable. Elle encourage aussi une exploitation rationnelle de l’eau – sachant
qu’il en faut entre 40 et 100 litres pour
fabriquer un litre de whisky.
Cette question de l’eau pourrait devenir cruciale, alors que l’Europe du
Nord connaît un épisode de sécheresse
sans précédent depuis plusieurs années
– durant l’été 2018, où la pluviométrie
a été particulièrement faible, des incendies se sont déclarés jusqu’au cercle
polaire arctique.
En Écosse, l’augmentation de la température et le déficit des précipitations
inquiètent les agriculteurs, notamment
les céréaliers qui produisent l’orge nécessaire à la fabrication du whisky. Et
si l’on survole le Speyside, première
région productrice de whisky, on découvre que le niveau des rivières était
encore anormalement bas en début
d’automne. « Si nous manquons d’eau,
cela aura des conséquences dramatiques
pour l’industrie du whisky, s’inquiète
Ken Lindsay, ambassadeur de la marque Aberlour, au pied des murs de
pierre grise de la distillerie. Nous savons déjà que l’orge coûtera plus cher
cette année. Cette accélération du ré-
« Moins d’eau,
plus de whisky ! »
La distillerie Aberlour (ci-dessus) a réduit la quantité d’eau utilisée dans le processus
de fabrication de son whisky et recycle la vapeur produite pour chauffer les alambics.
chauffement climatique, même dans une
contrée réputée humide comme l’Écosse,
est une raison supplémentaire pour
prendre soin de notre environnement. »
Consommation
d’énergie réduite
Sandrine Ricard, directrice du département développement durable du
groupe Pernod Ricard, qui a racheté la
distillerie Aberlour en 1974, renchérit
avec une pirouette : « Notre devise est
désormais : “Moins d’eau, plus de
whisky” ! Nous avons renforcé, en
2015, un programme de réduction de la
quantité d’eau utilisée dans notre
processus de production et voulons
rendre à la Lour (la rivière qui traverse
la distillerie) une eau aussi pure que
celle qui a été puisée. Une fois l’élaboration de nos single malts terminée,
l’eau est filtrée naturellement dans des
tours », larges cuves couvertes emplies de pierres et de basalte dans lesquelles l’eau chemine et se régénère.
Depuis les années 1950, ce procédé
nettoie 100 000 litres par jour naturellement.
Autre geste écologique, la distillerie
recycle la vapeur produite pour
chauffer les alambics, en l’utilisant
pour le chauffage ou d’autres étapes
de la production. « De cette manière,
nous arrivons à réduire notre consom-
mation d’énergie de 40 % », explique
encore Sandrine Ricard.
Cet engagement s’inscrit dans un
mouvement de prise de conscience
écologique plus global des distilleries
écossaises. « Mais, depuis sa création
par James Flemming en 1879, Aberlour a
toujours eu à cœur d’agir de façon responsable, précise Sandrine Ricard. Par
exemple, nous n’avons pas attendu que
la notion d’économie locale et circulaire
soit à la mode pour limiter la provenance
de notre orge à un rayon de 25 kilomètres
et rendre aux agriculteurs des alentours
les résidus des céréales pour nourrir le
bétail. Il aurait été insensé de les jeter. »
Sans être un archétype en matière de
réduction de l’empreinte environnementale, sans être encore engagé dans
l’utilisation d’orge bio par exemple, le
producteur du single malt le plus
consommé en France (2 millions de
bouteilles y sont vendues chaque année) trace tout de même la voie d’un
bon sens salutaire pour les équilibres
écologiques et les générations futures. ■
NICOLE TARBOURIECH
Environ 6,05 €,
chez les cavistes.
www.marrenon.com
ABERLOUR, AMOUNTANAGE, CLUBMAN
L
«
COUP DE CŒUR
MARRENON
AMOUNTANAGE 2017
VENTOUX ROUGE
Il est biologique, et il est bon !
Ce vin rubis foncé affirme
un certain caractère, comme
on peut s’y attendre de la part
de vignes accrochées au mont
Ventoux, mises à l’épreuve
d’un climat pas franchement
serein. Mais c’est précisément
ce soleil claquant traversé
de puissants courants d’air
d’altitude qui lui
donne toute sa
force et incite
les vignerons de
Marrenon - union
de producteurs à travailler
toujours mieux
et avec soin
la vinification.
Construit
autour du
grenache
noir enrichi
de syrah,
ce millésime
2017 se boit
avec joie ;
et là où l’on
pourrait se
préparer à
braver tanin,
amertume ou
acidité, il n’en est rien.
En conclusion, un excellent
rapport qualité-prix pour
ce ventoux, sain,
qui accompagnera très bien
les petits dîners de l’hiver.
+ @SUR LE WEB
» Plus d’un millier de bouteilles
de Romanée-Conti en vente à Genève
» Champagne : la sélection
du « Figaro magazine »
» Vins étrangers : un retour
aux sources olé olé du grenache
avis-vin.lefigaro.fr
millésimé
Haig Club Clubman, un « single grain »
sur les étals français
Une robe claire, un goût vanillé et l’impression, au palais, d’un degré d’alcool
moins élevé qu’un whisky traditionnel :
c’est la première sensation gustative
que laisse Haig Club Clubman, un
scotch que Diageo (Johnny Walker,
J&B, Blue Label…) a lancé en France
voilà quelques semaines. Commercialisé depuis quatre ans au Royaume-Uni,
en Chine et aux États-Unis, Haig Club
Clubman est, en rayon, parfaitement
reconnaissable à sa bouteille bleue et
son design épuré qui tranche face à
celui de ses concurrents.
Avec 200 millions de bouteilles vendues chaque année, le marché français du whisky est éminemment
stratégique pour les marques qui
peinent à rajeunir leur audience :
64 % des acheteurs de ce spiritueux ont plus de 50 ans. Pour
parvenir à ses fins, alors que rhum
et Aperol - base du spritz - ont le
vent en poupe chez les trentenaires et les quadras, Diageo mise
donc sur un whisky relativement
souple en bouche, à mille lieues
d’un J&B Rare… qui sort pourtant
des mêmes barriques.
Haig Club Clubman est un
« single grain ». Un whisky éla-
boré à base de blé (91 %) et d’orge
(9 %), peu commercialisé sous cette
forme bien qu’il ait ses propres qualités
gustatives. « Généralement, le single
grain est associé dans les blends où il
joue un rôle crucial puisque c’est lui qui
donne un équilibre aux malts sélectionnés », détaille Chris Clark, maître assembleur de Diageo. Pour réaliser son
œuvre, ce docteur ès whiskys dispose
d’un énorme terrain de chasse.
Entre tradition et industrie
Étalé au pied des vallons, à environ une
heure de route au nord d’Édimbourg, le
site de stockage de Blackgrange,
sur la commune de Cambus,
abrite quelque 4 millions de
barriques de whisky, soit
20 % de la production
annuelle de scotch ! C’est
dans
cinquante-sept
énormes chais, pareils à
des hangars d’aviation,
que dort le whisky – durant un minimum de
trois ans - avant d’être
transféré d’une barrique
à l’autre ou bien apporté
à l’usine d’embouteillage où sont réalisés les
blends. « Ce n’est pas
parce que le single grain
est un ingrédient d’équi-
libre qu’il est plus économique à produire.
Sa période de maturation est en effet plus
longue », précise le maître assembleur
qui, pour cultiver le goût vanillé de cette nouvelle production, fait vieillir son
whisky dans des barriques de bourbon
venues des États-Unis. Arrivées en
Écosse, elles passent entre les mains de
quelque 150 tonneliers, qui les chauffent, les resserrent, les cerclent, afin de
les reconditionner. Un travail artisanal
qui tranche avec le gigantisme d’un site
dont la sécurité n’a rien à envier à celle
d’une banque centrale.
Entre tradition et industrie, le nom
« Haig » répond à une histoire vieille de
400 ans. C’est en 1627 que ce nom apparaît pour la première fois dans un
écrit en lien avec le whisky. À l’époque,
l’alcoolier Robert Haig est mis à
l’amende pour avoir distillé du grain…
un dimanche ! Un fac-similé de l’arrêté
figure d’ailleurs en bonne place dans
une salle d’exposition du centre d’archives de Diageo, tout près de Blackgrange. Par ailleurs, de nombreux
whiskys de Diageo, dont Haig Club
Clubman, sont aujourd’hui distillés à
Cameronbridge, sur le site même où
s’est installée la famille Haig en 1824
pour y créer sa marque. Comme un pied
de nez à l’histoire, on y distille désormais 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. ■
Haig Club Clubman, 19,40 € (prix conseillé).
champagne-castelnau.fr
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION
A
GUILLAUME MOLLARET
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
40
STYLE
La Nasa
met la mode
en apesanteur
La Station
spatiale
internationale
dont la
construction
a débuté
en 1998.
NASA
DÉCRYPTAGE Alors que la conquête spatiale
fascine la jeune génération, les marques
explorent l’imaginaire et les logos de
l’organisation gouvernementale américaine.
C
VALÉRIE GUÉDON
vguedon@lefigaro.fr
omment s’associer à la
Nasa ? Comment faire apparaître son
logo, l’un des plus connus dans le monde, sur un produit qui n’a rien à voir
avec la conquête de l’espace ? En envoyant un simple mail à l’administration responsable du programme spatial
américain. « Nous examinons tous les
projets, assure Bert Ulrich du département communication de la National
Aeronautics and Space Administration.
Toutefois, nous ne collaborerons jamais
avec une marque d’alcool, de cigarettes
ou n’importe quelle entreprise qui ne serait pas en accord avec nos valeurs. »
Il s’agit aussi de respecter à la lettre le
protocole énuméré (dans le détail) sur le
site de l’organisation. On peut y lire par
exemple : « Dans le cas d’un tee-shirt
avec l’insigne de la Nasa apposé sur le
devant, le logo de la société qui le fabrique
peut apparaître sur l’étiquette du col, à
l’ourlet, sur la manche, […] mais non pas
près de notre emblème, ni à un endroit
susceptible de nuire à son apparence. » Le
fonctionnaire confirme : « Nous avons
un cahier des charges très précis et sommes extrêmement vigilants, car tout ce
qui concerne la Nasa fait partie des biens
publics du peuple américain. Nous ne signons pas de contrat de licence, d’exclusivité ou de cobranding. Nous ne dégageons donc aucun profit sur ces
produits. »
Cette démarche élémentaire, c’est
celle qu’a entreprise avec succès l’enseigne française Celio. Lancée à la fin du
mois d’octobre, sa collection en partenariat avec la Nasa de blousons, sacs à
dos, joggings, etc. a été mise en orbite
dans ses magasins. « L’idée d’une telle
alliance est venue à notre équipe de style
lors d’un voyage de recherches à New
York, au début de l’année. Là-bas, les
produits dérivés, les casquettes, les
sweat-shirts estampillés Nasa, comme
ceux marqués NYPD, sont partout, raconte Aurélie Goapper, responsable
coordination de l’offre de la marque
masculine. L’iconographie américaine
renvoie une image cool et urbaine qui plaît
au public français et que nous souhaitons
décliner dans toutes nos collections. »
37 millions d’abonnés
sur Instagram
Le département communication de la
Nasa gère les demandes de marques,
l’utilisation d’archives pour des documentaires et conseille le cinéma. Récemment, il a été particulièrement occupé par le tournage du film de Damien
Chazelle, First Man : le Premier Homme
sur la Lune, biopic sur la vie de Neil
Armstrong.
Alors que l’organisation américaine
fête ses 60 ans cette année, elle a été donc
aussi largement sollicitée par les gens de
la mode. Ces jours-ci, le « Meatball »
(l’acronyme sur un rond bleu et barré
d’une aile rouge, insigne officiel conçu
en 1959) et le « Worm » (logotype rouge
des années 1970 utilisé jusqu’en 1992)
animent donc des tee-shirts Urban
Outfitters, des baskets Vans, des parkas
Celio et même la collection de streetwear
pour homme du très influent designer
américain Heron Preston (proche de
Kanye West et Virgil Abloh).
L’an dernier, toujours de l’autre côté
de l’Atlantique, la célèbre griffe de sacs
Coach et le fabricant de vêtements militaires du Tennessee, Alpha Industries,
revisitaient ces mêmes codes. En 2020,
des lampes et des tables basses du sué-
dois Ikea, réalisées
en collaboration
avec l’organisme, seront en
vente. « L’espace, la recherche d’un
monde nouveau sont des
thèmes universels,
analyse
Dinah
Sultan,
consultante pour le
bureau de style
Peclers. Le logo Nasa
est parmi les plus reconnaissables de la planète. Autant
d’atouts qui permettent aux
marques d’élargir leur public. »
Au-delà d’un certain opportunisme du marketing, c’est la
force de son imaginaire « interplanétaire » que les créateurs recherchent comme les
jeunes générations. « Enfant,
j’étais fasciné par l’idée d’aller dans l’espace, de devenir
un astronaute et, bien sûr,
par la Nasa, raconte Heron
Preston, 34 ans. Je ne suis
pas né pendant le programme
Apollo ; je n’ai pas vu
Armstrong entrer dans l’histoire de l’humanité, mais j’ai
grandi avec des films cultes
comme E.T. (1982) et Apollo 13 (1995). » Hollywood est
historiquement le meilleur
ambassadeur de la conquête
de l’espace, particulièrement
auprès des plus de 50 ans nourris aux
images de 2001, l’Odyssée de l’espace
(1968) de Kubrick et de Rencontres du
troisième type (1978) de Spielberg. Il l’est
de nouveau pour les millennials, fans de
Pour leurs
collections
en partenariat
avec la Nasa,
Celio (à gauche)
et Heron
Preston
(ci-dessus) ont
utilisé le logo
« Worm »,
tandis que Vans
(à droite)
a opté pour
le « Meatball ».
NASA, HERON
PRESTON, AIMERITO
PHOTOGRAPHY
Gravity (2013), d’Interstellar
(2014), de First Man (2018)… Aujourd’hui, les réseaux sociaux ajoutent
encore à cette popularité, en témoignent les 2 millions de likes qu’a
générés, lundi soir sur Instagram, le petit
film de l’atterrissage de la sonde InSight
lancé par la Nasa sur Mars.
L’organisation américaine possède
d’ailleurs sur le réseau de partage une
communauté de 37 millions d’abonnés.
SpaceX, l’entreprise du vol spatial privé
atteint les 4 millions ! « Les travaux
d’Elon Musk et de SpaceX, l’espoir de
voyages dans l’espace pour les particuliers, l’exploration de Mars, tout cela est
tellement enthousiasmant, reprend
Heron Preston. Nous traversons une
époque fantastique. Le rêve n’a jamais été
aussi proche de la réalité. » ■
LES PERSONNAGES
EN BREF
A
MARTIN BUREAU/AFP, ZOBLER VINCENT FOTOVISION.FR, BESTIMAGE, VALERY HACHE/AFP, SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO, C.CHABAUD
Par Jacques Pessis
Sylvie Vartan : son
album pour Johnny
Les chansons de Johnny sont
tellement présentes dans la
mémoire et le cœur de Sylvie
Vartan qu’elle a enregistré en
direct avec l’orchestre, et le
plus souvent en une seule prise,
l’album qu’elle consacre à son
premier amour. Avec toi réunit
des chansons liées aux souvenirs de leurs jeunes années.
Symbole d’une génération, le
couple avait alors bien du mal à
préserver son intimité. La photo figurant sur la pochette évoque l’un des rares moments où
ils y sont parvenus. Le cliché,
signé Jean-Marie Périer, montre Sylvie sur scène, à Strasbourg en 1964, avec, derrière le
rideau, l’ombre de Johnny. Bénéficiant de permissions exceptionnelles, le soldat Smet
suivait alors sa fiancée en tournée ou la retrouvait dans une
auberge discrète de la ForêtNoire, pour des week-ends en
amoureux. En ce temps-là, il
n’a jamais cessé de la protéger.
À son tour, à travers cet album,
de préserver la mémoire de
l’idole des jeunes, et surtout la
seule image qu’à ses yeux la
postérité doit conserver. ■
Philippe Robinet :
sa Fondation Écriture
Monique Raimond :
Juppé dans son Cercle
Anny Duperey :
photos souvenirs
Créé voici sept
ans, le Labo des
histoires devient
le 17 décembre
une Fondation
pour l’écriture,
placée
sous
l’égide de l’Institut de France.
Fondateur et président d’honneur, Philippe Robinet va pouvoir financer les 4 500 ateliers
qui, en France, permettent à
des jeunes de 7 à 25 ans, de se
familiariser avec l’art de la plume. Avec l’espoir de susciter
des vocations qui feront les
créateurs de demain. ■
Parmi les 37 écrivains que Monique
Raimond
réunit le 5 décembre à l’Interallié figure Alain
Juppé. À l’occasion de la 2e édition du Cercle
des lettres, il dédicacera son
Dictionnaire amoureux de Bordeaux. Il est un habitué des
lieux, puisque, quand il est à
Paris, il vient y faãire du sport
et plonger dans une piscine où,
dans l’eau, on ne risque pas
d’affronter la moindre vague
de sondage. ■
Dès ses jeunes
années,
Anny
Duperey
s’est
passionnée pour
la photographie.
Dans Les Photos
d’Anny (Seuil),
elle a réuni une centaine de clichés pris avec un appareil
acheté voici cinquante ans.
Parmi eux figurent des portraits de famille, d’amis et
d’immeubles de Montparnasse
chers à son cœur. Elle a développé toutes les pellicules dans
sa salle de bains. Discrètement.
Sans se faire mousser. ■
Si la France consacrait la majeure partie de
son budget pour donner un très gros salaire
aux chômeurs, ces derniers deviendraient très
riches. Ils paieraient des impôts très lourds. Ce qui
donnerait le moyen de supprimer le chômage
»
« LE PETIT JEAN YANNE ILLUSTRÉ » - PHILIPPE DURANT - NOUVEAU MONDE PHOTO12
Cécile Chabaud :
l’amour du collège
Professeur de français de la
sixième à la quatrième, Cécile
Chabaud aime son métier et ne
supporte pas qu’on le caricature. C’est ainsi qu’elle a écrit
Bête de collège, dont le titre
s’inspire d’une
expression chère
aux adolescents
(Influences éditions). À partir
d’histoires vécues, elle raconte
avec humour ses difficultés face
à des élèves pour qui le quoti-
dien n’est pas plus facile. Elle
dresse en particulier le bilan
d’une année où sept élèves, soit
le quart d’une classe, sont partis ou ont été renvoyés pour
harcèlement
ou
violence.
« Deux autres nous ont quittés
parce qu’ils étaient bons »,
conclut-elle. ■
STEVE SUISSA, lauréat du
Trophée de la culture pour
avoir créé le Festival du théâtre français à Tel-Aviv. Il a
reçu son prix au cours du dîner annuel de la chambre de
commerce France-Israël.
Van Cauwelaert :
nos amies les plantes
À l’âge de 9 ans, Didier van
Cauwelaert entraînait ses copines d’école dans la serre de sa
mère, horticultrice. Il a alors
vécu ses premiers émois amoureux, mais aussi les chagrins
qui en découlaient. Dans Les
Émotions cachées des plantes
(Plon), il évoque son apprentissage de la nature et ses liens
avec Jean-Marie Pelt, un botaniste qu’il admirait, enfant, en
regardant son émission sur Télé
Monte-Carlo. Régulièrement, il
lui a fait part de ses observations et de ses intuitions sur la
façon dont les plantes nous
perçoivent, nous reconnaissent, nous calculent. Elles réagissent aussi à nos émotions et
nous transmettent les leurs.
Son interlocuteur est toujours
allé dans son sens, en ajoutant
des précisions scientifiques.
Ces confirmations ont donné au
romancier l’envie d’enquêter
sur les conséquences de cette
« conscience végétale » sur notre quotidien. Il a ainsi découvert l’existence d’alarmes végétales qui viennent d’être
testées. Une façon de ne pas
seulement protéger la nature. ■
MYLÈNE DEMONGEOT, racontée par Dominique Besnehard. Un documentaire intitulé
La Milady du cinéma, où l’actrice raconte cinquante ans de
carrière. Il sera prochainement diffusé sur Canal +.
AUDE DE VENDEUVRE a
réuni sous le titre My Bazar Is
Rich des boîtes et des collages inspirés par les objets de
la vie quotidienne dans un appartement. L’ensemble est
exposé à Paris, à la galerie
Le 16 rue Voltaire.
GILBERT BÉCAUD, célébré
le 17 décembre au Zèbre de
Belleville. Dans un spectacle
intitulé Bécaud for Ever, Olivier Sorel lui rend hommage.
En précisant que le gilet bleu,
assorti au costume de « Monsieur 100 000 volts » n’est
pas obligatoire.
PIERRE DESPROGES a écrit
toute sa vie des maximes,
réunies aujourd’hui dans un livre intitulé La Pensée du jour.
Une éphéméride avec, pour
chaque date, une maxime de
circonstance liée à un événement (Seuil).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
41
«Bordeaux,aucœurdesplusbeauxquartiers»
Chaque semaine, quatre professionnels de l’immobilier nous présentent un bien aux caractéristiques exceptionnelles ou atypiques.
Aujourd’hui, notre sélection concerne un superbe bien à Bordeaux, au cœur des plus beaux quartiers.
Par Stéphanie de Balorre
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« de
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« Hôtel particulier »
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appartement de 94 m² (87 m² superficie Carrez) au 3ème et dernier étage a fait l'objet
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commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
Légende des sigles utilisés dans nos annonces : ◆ membre
F.N.A.I.M (Fédération nationale de l’immobilier) membre
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
TÉLÉVISION
Bêtes de dialogues
BIEN VU
François Aubel
faubel@lefigaro.fr
L’étonnante série documentaire de Jérôme-Cécil Auffret « Paroles d’animaux » montre, à travers
les travaux de scientifiques, que de nombreuses créatures, des éléphants aux souris, utilisent un langage.
Voyage en
Giletjaunie
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
es animaux seraient-ils doués
de la parole ? Nos amies les bêtes cacheraient-elles bien leur
jeu au point, pour certaines
d’entre elles au moins, de posséder un vocabulaire ? C’est en tout cas
ce qui ressort de l’étonnante série documentaire en deux parties réalisée par
le Français Jérôme-Cécil Auffret, diffusée sur Arte ce samedi et le suivant. Un
film qui montre que la capacité à vocaliser des bêtes leur permet de communiquer de façon précise et efficace.
« On a longtemps pensé que vocaliser
pour un singe était un simple réflexe
émotionnel, dit le primatologue Alban
Lemasson, de l’université de Rennes.
Pourtant, dans la structure des cris des
singes, on a prouvé qu’il y avait bien plus
qu’une simple décharge émotionnelle : j’ai
faim, j’ai peur. En réalité, chez plusieurs
espèces de primates non humains, on
trouve des propriétés dites langagières
qui ne sont finalement pas
le propre de l’homme. »
On suit le scientifique
français et son équipe en
○○○¡
Côte d’Ivoire. Là, ils
comparent les faits et
gestes de cercopithèques (singes à longue queue) aux vocalises qu’ils émettent. En écoutant et en enregistrant les
cris d’alarme émis par les mâles, ces
scientifiques ont découvert que des
mots étaient utilisés. « Nous avons observé par exemple qu’il y avait des vocalisations différentes quand un prédateur
venait d’en haut ou quand il venait d’en
bas », dit Alban Lemasson. Il nous fait
alors écouter le son « oc », qui, quand il
est émis par un mâle, incite tous les
autres singes à se réfugier sur les branches basses. « “Oc” signifie “aigle”, dit
Alban Lemasson, alors que “crac” veut
dire “léopard” et provoque la fuite des
L
« Deux heures d’info »
Europe 1 | 7 h-9 h | Vendredi
B
Signature sonore
Les éléphants utilisent aussi leur voix.
Ils s’entendent sur de très longues distances, car ils vocalisent dans de très
basses fréquences. « Ils communiquent
pour coordonner leurs déplacements, se
retrouver, se séparer », dit Angela
Stöger, acousticienne à l’université de
Vienne. Dans une réserve d’Afrique du
Les dauphins apprennent aussi un
langage dès la naissance et se donnent
même des noms. Un jeune imite un sifflement entendu, puis le module au
point de le rendre singulier.Les autres
dauphins émettront ensuite cette signature sonore pour s’adresser à lui. Les
baleines, mais aussi les chauves-souris
ou encore les perroquets et les mainates
(étourneaux) ont également cette capacité d’apprentissage vocal. Quant aux
souris, le chercheur américain Erich
Jarvist a montré qu’elles émettaient des
chants pour communiquer entre elles
comparables à ceux des oiseaux, mais
non audibles à l’oreille de l’homme. ■
Adeline Grunberg enquête sur les dérives de la production du cacao en poudre.
provient à 80 % de Côte d’Ivoire et est
majoritairement importé sous forme de
fèves. Problème : les agriculteurs ivoiriens, pour fournir toujours plus de cacao,
Commerce équitable
une matière première qui doit ensuite être
transformée, ont fait disparaître une
Alors que l’Organisation mondiale de la
grande partie de la forêt. Celle-ci a dimisanté recommande un maximum de
nué de plus de 85 % en vingt-cinq ans.
25 grammes de sucre par jour pour un
adulte, les poudres chocolatées en
Selon Mighty Earth, une ONG environcontiennent entre 20 et 27 grammes par
nementale, cette industrie vaudrait plus
bol ! Bien qu’essentiel dans la fabrication
de 100 milliards de dollars par an. Les produ chocolat pour cacher l’amertume du
ducteurs, quant à eux, gagnent en moyenne moins d’un euro par jour. La solution :
cacao, le sucre permet surtout aux industriels de faire d’énormes
le commerce équitable,
garantit la traçabilité
économies dans un marDIMANCHE qui
ché qui s’élève à 176 mildu cacao et de meilleures
lions d’euros.
conditions de vie pour les
○○○¡
En France, le cacao
producteurs. ■
Voilà ce que montre l’enquête édifiante
d’Adeline Grunberg diffusée ce dimanche
sur France 5.
ÉMILIE GEFFRAY £@emiliegeffray
l y a cent quatre-vingt-dix ans, le
Néerlandais Van Houten inventait
un procédé permettant d’extraire
du cacao une poudre facile à délayer. Aujourd’hui, 14 % des Français démarrent leur journée avec un bol
chocolaté et 62 % des foyers achètent du
chocolat en poudre. Parmi eux, de nombreux parents sont convaincus de ses
bienfaits. À tort.
Contrairement à ce que les boîtes colorées et les étiquettes attrayantes laissent
supposer, la grande majorité des poudres
que l’on trouve dans les supermarchés
contiennent principalement du sucre.
© ECLECTIC PRODUCTION
I
Un bol de chocolat au lait, fait à partir
de poudre chcocolatée, contient
entre 20 et 27 grammes de sucre.
Par Louis Morand
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SU DO KU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne,
chaque colonne, et chaque carré de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
GRILLE 2741 FACILE
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Chaque jour un peu plus difficile
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SOLUTION DU PROBLÈME N° 4897
HORIZONTALEMENT 1. Ajustage. - 2. Nélumbos.
- 3. Tamier. - 4. Hn. Ésope. - 5. Ode. Ego. - 6.
Nébo. Ers. - 7. Ylang. Ta. - 8. Qatarien. - 9. Un. Néo.
- 10. Inn. Sumo. - 11. Noël. Lin. - 12. Nymphéas.
VERTICALEMENT 1. Anthony Quinn. - 2. Jean
Delannoy. - 3. Ulm. Ébat. Nem. - 4. Suie. Onan.
Lp. - 5. Tmèse. Grès. - 6. Abroge. Ioule. - 7. Go.
Porte. Mia. - 8. Este. Santons.
SOLUTION DU N° 2740
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A
Sud, la chercheuse enregistre le grondement d’une femelle et le fait écouter à
un jeune mâle qui la connaît. Ce dernier
ne réagit pas. Par contre, quand la
scientifique fait entendre au même individu la voix d’une éléphante inconnue, enregistrée dans un zoo autrichien,
l’animal lève aussi tôt la tête en direction du haut-parleur qui est hors de sa
vue, et il se dirige vers lui. « Les mâles ne
quittent les femelles de leur famille qu’à
l’âge de 14 ans. Une période suffisante
pour mémoriser vocalisations et signatures sonores. Un éléphant peut enregistrer jusqu’à 150 voix de ses congénères »,
dit Angela Stöger.
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VERTICALEMENT
1. Pièges à souris. - 2. Ses jours sont
comptés. A laissé un Lee défait. - 3. Plaisir
réservé aux jeunes. Réussit de beaux
placages. - 4. Personnages pris en conte.
Il fut le premier à donner des noms aux
différentes figures de rhétorique. Annonce
une suite. - 5. Belle sicilienne féconde.
Parti de Faure mais de plus en plus faible.
Poulet coriace. - 6. Ne se remet pas.
À l’extrême sud du Portugal ou dans
les bars belges. - 7. Bricoles. On a beaucoup investi pour cet homme de loi. - 8.
Fromage blanc. Rases avec une scie.
Les éléphants communiquent pour coordonner leurs déplacements et mémorisent jusqu’à 150 voix de leurs congénères.
cercopithèques vers la cime des arbres. »
Plus étonnant encore, à chacun de ces
deux sons que l’on peut considérer
comme des mots, le son « ou » peutêtre accolé, comme un suffixe, ce qui
atténue l’urgence du danger.
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PROBLÈME N° 4898
22.35
Pas de sucre, pas de chocolat
MOTS CROISÉS
HORIZONTALEMENT
1. Dignes d’un Gaston. - 2. A bien profité
de la campagne. - 3. Passer une deuxième
couche de blanc. - 4. Un peu pecnot.
Planches à coulisses. - 5. Poème à lyre.
Des caïmans règnent en maîtres sur ses
cours. - 6. Proche des fauves. - 7. Compte
bien. - 8. Font long feu. Valeur refuge. - 9.
De l’eau pour Buffalo. Chasseur de crimes
en Amérique. - 10. Court toujours. Assassin en liberté surveillée. - 11. Jamais sortie.
- 12. Ne quittent pas les chefs texans.
SAMEDI
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izarre, cette manie chez
Matthieu Noël de savonner
la planche de Nikos Aliagas
à l’heure de lui passer l’antenne,
à 7 heures, en l’affublant du titre
d’« Indiana Jones » de l’info. Cette
prétendue espièglerie discrédite
l’animateur de la matinale, qui a
posé ses micros et son Jean-Michel
Aphatie dans la médiathèque
de Mourenx, au cœur du Béarn.
Europe 1 veut entendre le « pays
réel » comme le dirait Benjamin
Griveaux (en confondant Charles
Maurras et Marc Bloch), dans
cette ville nouvelle qui célèbre sa
création il y a soixante ans, lorsqu’il
a fallu loger le personnel de la zone
industrielle de Lacq. Il est 7 h 34
quand Hélène prend la parole.
Nikos : « Bonjour. C’est votre mari,
à vos côtés ? » « Normalement »,
répond l’épicière. Son époux et
elle gagnent 1 400 euros net par
mois. « C’est compliqué, d’autant
que j’ai deux enfants handicapés »,
avoue-t-elle, avant de proposer à
Édouard Philippe de venir travailler
une semaine avec elle. « Je lui donne
mon salaire d’un mois et lui va me
donner celui d’une semaine », lancet-elle. « C’est un marché équitable »,
reprend Aphatie, natif de
Moncayolle-Larrory-Mendibieu,
à 30 kilomètres de là. « Oui, c’est
équitable, étant donné que le travail
paie », dit-elle. « C’est ce qu’il dit »,
complète, très constructif,
le régional de l’étape à propos du
premier ministre. Hélène poursuit :
« Les gens sont vraiment en colère,
et puis avec ce qui se passe et ce
qu’on dit en plus. » Que dit-on ?
Rien de neuf. Que les « gilets
jaunes » peuvent faire bouger
les choses. « Avec eux, là-haut,
à Paris, ils vont peut-être
comprendre la difficulté de nos vies,
espère l’épicière. Ils vont changer
la vaisselle à l’Élysée, vous croyez
que nous, on peut la changer
la vaisselle ? » Le panier de
la démagogie est plein.
Il n’y aura pas d’invendus ce matin.
Heureusement Carole Ferry
et Théo Maneval assurent le travail
journalistique de cette matinale.
À la maison de retraite, à l’école,
ils prennent la température
de ce « pays oublié », comme
le décrit le maire de Mourenx.
Quand ils interrogent Ginette
qui, son gilet jaune au balcon,
« se mord les doigts d’avoir voté
Macron ». Parce qu’elle a
« vraiment l’impression qu’il finit
ce que les autres ont mis en route ».
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samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
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PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Eloi
Soleil : Lever 08h23 - Coucher 16h56 - Dernier quartier de Lune
19.05 50’ Inside. Magazine 20.00 Le
20h 20.50 Quotidien express. Talkshow. Présentation : Yann Barthès.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.45 Vestiaires.
Série 20.55 Stade 2. Magazine.
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.15 Zorro. Série. Zorro et le drapeau blanc 20.40 Tout le sport
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Divertissement
Divertissement
Série. Policière
19.10 Le Noël où tout a changé.
Film TV. Comédie.
SAMEDI
20.55 Chroniques criminelles
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‰8S8_/CG4 ¢IH/>E>4 ‡7>BGCE8E/IC :
‰8S80/ ŠJCG04 1 Q§R4 J BI118/7G :
«VV8/7G Š8J7GCE 58H8 ? 0G g r e n i e r
DG 0NQI77GJ7b 6 «ŠG 1/00/87D8/7G 8J–
DGJ– F/B8SGBb4
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22.40 Chroniques criminelles. Mag.
Présentation : Magali Lunel.
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Danse avec les stars
Le grand show
‡7>B4 ? W81/00G WI1—80A ‚87/CG .G77/4 de l’humour
2 Q;R4 ./C80G4 ˆC D/7GHE4 WNGBE ‘ p r é -
BGCE 0NQGJ7G DG 08 S78CDG V/C80G !
W81/00G WI1—80 GE ‚87/CG F e r r i
8HHJG/00G7ICE 0GB DGJ– BE87B GCHI7G
T7>BGCEGB D8CB HG HICHIJ7B4
23.15 Danse avec les stars, la
suite D i v e r t i s s e m e n t 0.15 Danse
Commissaire Magellan
‡7>B4 ? ‰4 ƒ7JHMG74 2 Q§:4 CF/E>BA n o E811GCE ? ‚GF D81BA 0G– R a m i 7G_4 ŠGB R: HI1/OJGB T7>V>7>B DGB
.78C`8/B4 C>D/E4 ¤JG0 GBE 0G HI1/OJG
T7>V>7> DGB .78C`8/B GC 9:;“ a
.784 ¢8/BIC P4 FGH K8HOJGB S p i e s BG7A ¢G018 ‚IJHQ^A ‰8EQ/GJ D e l a 7/FG4 ‡7G1/U7G —800G7/CG4 L o r r a i n e
.8—/8CA H7>8E7/HG DG —/•IJ– GE m é HUCG DNJCG —800G7/CG DG ;§ 8CBA 8 >E>
8BB8BB/C>G 8J =G08/B ‰ICB>SJ74
23.40 On n’est pas couché CF/E>A
22.30 Magellan et Mongeville
CIE811GCE ? ­0/F/G7 B e s a n c e n o t
2.35 Mr. Robot. Série. 2 épisodes.
avec les stars. Divertissement.
./01 T V 0.05 Soir/3. CF/E> ? B a r t a b a s
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19.00 C l’hebdo 20.00 C l’hebdo, la
suite 20.20 Zoo Nursery Berlin
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20.50 Échappées belles
‰8S8_/CG4 ƒ>HIJFG7EG4 ‡7>B4 ? J é 7Z1G ‡/EI7/C41 Q\:4 2JC/B/GA 0G BI0G/0
DG 08 ‰>D/EG778C>G4 C>D/E4 J s o m 18/7GACIE811GCE ? « L ’ é c o T u n i s i e »
6 «Š8 2JC/B/G 8J V>1/C/Cb4
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DIMANCHE
22.25 Ghosts. Ballet 23.40 L’œil et
la main. Magazine.
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0.30 Les Victoires du jazz 2018. Gala.
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18.50 Canal Sport Club (C) 19.40
Bonsoir ! Le mag de l’époque (C)
20.40 Groland le Zapoï (C).
18.35 Arte reportage 19.30 Le dessous des cartes 19.45 Arte journal
20.05 28 minutes samedi. Magazine.
19.45 Le 19.45. Présentation :
Nathalie Renoux 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Claire Chust.
21.00
20.50
21.00
Film. Policier
Documentaire. Historique
Divertissement
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18.55 Les vacances des Anges 3 :
viva España ! Téléréalité.
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20.55 The Big Bang Theory
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22.10 The Big Bang Theory. Série.
Avec Jim Parsons. 9 épisodes.
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40
20
18.50 Wheeler Dealers France. Série
documentaire.
Tueurs
Cléopâtre,
portrait d’une tueuse
Le meilleur pâtissier
56.784 9:;<4 =>804 ? J e a n - F r a n ç o i s
H e n s g e n s A F r a n ç o i B T r o u k e n B41 h 2 6 .
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22.30 Hangman ./01 234 0.05 Le
journal du hard. Mag. 0.20 Vacancières infidèles. Film TV. Classé X.
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21.40 Cités englouties D o c u m e n -
23.20 Le meilleur pâtissier : à
vos fourneaux ! D i v e r t i s s e m e n t
22.35 Paroles d’animaux. Doc.
0.35 Incroyables gâteaux. Série doc.
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T (en °c)
20.50 Seuls face à l’Alaska
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22.30 Seuls face à l’Alaska. Téléréalité. Dangereuse mission.
<-10 à 0
19.25 Norbert commis d’office.
Magazine. Prés. : Norbert Tarayre.
18.50 Blue Bloods. Série 19.55 Les
Simpson. Série. 2 épisodes.
19.30 Les Terriens du samedi ! Invité
notamment : Michel Drucker.
21.00 Columbo
20.50 Les Simpson
21.00 Michel Sardou :
«La dernière danse»
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22.45 Les experts : Miami. Série.
Avec David Caruso. 3 épisodes.
22.05 Les Simpson. Série. Animation. 8 épisodes.
23.30 La télé de Laurent Gerra.
Divertissement.
TA KU ZU
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MARINE
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la c h a i n e m e t e o .c
Tous les programmes
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LIVE 24/24
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Sur L
’A P P LI
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La Chaîne Météo
FORCE 3
VEINE
L’ÂME
DE
L’HUMANITÉ
PERÇU
UNE
SECONDE
FOIS
GLISSA
UN ŒIL
PIEDS
DE POÈTES
BUGNE
À LYON
DIVISÉ
EN TROIS
ANCIEN
ORATEUR
GREC
NIVELÉ
présente
FEMME
ENCHAÎNÉE
TANTALE
À DROITE
SUR
LA CARTE
CŒUR
ARTICLE
DE BIJOUTERIE
PUGILAT
POISSON
OSSEUX
CONFER
EN PETIT
ARSENIC
GALETTE
FOURRÉE
MEXICAINE
POT
DE
BORDEAUX
À NANCY
POIDS
MENTION
CONVENABLE
CITÉ EN
CORRÈZE
CARRÉ
VERT
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UN DES
CARACTÈRES
GRECS
CHIEN
CONSERVÉE
EN
BOUCHE
EAU
NORMANDE
EXPÉRIENCE
ÉLÉMENT
DE TERRE
POMPÉ
À LUI LA
COUPE
PASCAL
EN BREF
PLUS
QU’UN
SINGLE
BÉDOUINS
BILLET
À PRENDRE
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DÉPART
PRÉFIXE
PRIVATIF
BON
OU MAL,
SELON
L’HUMEUR
BLANCHE
QUAND ON
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QUESTIONS
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SOLUTION DU TAKUZU
22.50 Hawaii 5-0. Série. Avec Scott
Caan, Alex O’Loughlin. 4 épisodes.
MERCREDI
EFFILÉES
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MOTS FLÉCHÉS N°2142
Remplir la grille avec les chiffres 0 et 1. Chaque
ligne et chaque colonne doit contenir autant de 0
que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1
placés l’un à côté ou en dessous de l’autre.
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MARDI
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HI1TEG DGB 8VV8/7GB /CEG7CGB4
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Hawaii 5-0
18.50 Les mystères de l’amour. Série. Avec H. Rollès. 2 épisodes.
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ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 décembre 2018 LE FIGARO
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Constance Gennari,
allo maman bobo
Hélène Guillaume
hguillaume@lefigaro.fr
n jour, un sociologue se penchera sûrement sur l’influence du
congé maternel sur la création
de start-up dans les années 2010.
Il pourra s’attarder sur le cas de
Constance Gennari, l’heureuse
fondatrice de The Socialite Family, le site de décoration qui
pénètre dans les appartements des « nouveaux parents ». En 2013, comme de nombreuses jeunes mères de plus de 30 ans, enceinte de Brune jusqu’aux
dents, l’ex-journaliste trouve le temps de se poser
des questions sur son job dans une agence de publici-
U
té. Elle cherche le projet qui lui ressemble. « Je voulais mettre en avant la nouvelle génération de parents,
les femmes autour de moi qui travaillent, qui ont eu des
enfants à 30-35 ans. Des urbaines à l’affût de ce qui se
passe, qui n’ont pas une batterie de nounous pour s’occuper de tout et qui arrivent à se créer un intérieur très
personnel. »
La passion de la décoration ne lui est pas tombée
dessus par hasard. Depuis l’enfance, dans sa robe à
smocks, elle suit sa mère aux puces de Saint-Ouen.
« Elle avait, et a toujours, l’œil et le flair d’un antiquaire. Elle sait quand les gens vident leurs caves dans le
XVIe arrondissement. Elle est du genre à trouver dans
la rue des parquets Versailles. » Enfant de la balle, des
beaux quartiers ascendant Drouot, la jeune Constance observe le mobilier, les tapis, les services de vaisselle dans les enfilades des fréquentations familiales.
C’est pourtant une autre sociologie qui va devenir
son terrain de jeu, les bobos avec enfants de l’Est parisien. « Aujourd’hui, j’habite dans le Xe, au milieu de
THE SOCIALITE FAMILY
SUCCÈS Cette Parisienne des beaux quartiers a fait
de son blog The Socialite Family un manifeste de décoration
d’intérieur pour une nouvelle génération de parents.
ces familles cultivées qui donnent une éducation différente de celle qu’elles ont reçue. Nos enfants sont
éveillés à plein de choses, ils vivent avec nous. Le samedi soir, les restaurants sont remplis de petits. »
Une offre entre Cassina et Ikea
Un jour encore, les premières séries photographiques de TSF feront office de datation au carbone 14
d’un certain mode de vie qui ne cesse d’inspirer le cinéma français. Un genre de déco post-Dolto... «De
nos jours, les chambres sont résiduelles et réservées
pour le dodo. Nous sommes loin de l’époque du “File
dans ta chambre ! Pas de jouets dans le salon.” » Son
truc en plus? Une direction artistique léchée, des cadrages décalés, l’intime, le vécu. « Je veux qu’on voie
la vie, les clés qui dépassent, des bouquins… Pas d’intérieur figé et froid. Qu’on se dise : “C’est la porte d’à
côté de chez nous. Ce sont nos copains !” »
Au début, elle fait appel aux amis photographes,
aux appartements amis, aux amis d’amis. Rapide-
Bio
EXPRESS
1979
Naissance à Paris.
2003-2008
Rédactrice en chef
du magazine Milk.
2012
Lancement du blog
The Socialite Family.
2015
Avec son associée
Marianne Gosset, elle
crée son propre mobilier.
2017
Signe l’ameublement
de l’espace de coworking
parisien The Bureau.
2018
Inaugure le pop-up store
Socialite Christmas.
ment, son blog grandit. Elle se souvient de ces deux
associées new-yorkaises qui veulent en faire partie.
De passage à Manhattan, elle se présente à leur appartement avec doormen, équipée de son appareil
photo qu’elle sait à peine manipuler. « Un moment de
solitude ; j’ai essayé de convaincre mon mari de jouer les
faux assistants mais il a refusé. » Au culot, elle multiplie les rencontres, les lieux et les restaurants, suscite
l’intérêt de marques qui recherchent la touche TSF.
En 2015, Constance Gennari s’associe à Marianne
Gosset « ancienne d’HEC, qui venait de Barclays fusions-acquisitions à New York. On se ressemble sur la
capacité à travailler et il y a un an, elle a eu un bébé ! ».
Visiblement, la charge mentale n’est pas un sujet
dans leur bureau du Xe arrondissement, devenu trop
étroit pour accueillir la dizaine de personnes s’activant à la diversification du site. « Au départ je n’avais
pas de modèle économique, ce blog était ma vitrine.
Puis des marques de prêt-à-porter et de VPC m’ont
appelée pour mettre en scène leurs univers, dit-elle.
Par contre, je n’avais pas prévu de devenir éditeur de
meubles. Seulement, les gens me demandaient des infos
sur les objets des reportages. J’ai créé une section “où
trouver” recensant les dix pièces emblématiques du
lieu. » Là, cette tête bien faite comprend qu’il manque
une offre entre Cassina et Ikea, qu’il reste de la place
pour des luminaires, des suspensions, etc. « J’ai eu
l’idée d’éditer des pièces originales inspirées de vintage. Visiter tant d’appartements m’a influencée et
j’avais la chance d’avoir un retour sur les besoins des
internautes qui réagissaient sur tel ou tel meuble. »
Aujourd’hui, l’offre s’est agrandie, des savons normands aux carafes en verre recyclé d’Italie, du chariot de course suffisamment élégant pour plaire aux
hommes au banc en cannage Panchina. « Je n’aime
pas les formes “modernes”, le design pour le design.
Étant milanaise par mon père, je suis imprégnée de cette ville, les années 1930-40, les Portaluppi, Caccia Dominioni, Dino Gavina et l’éditeur Stilnovo.» C’est un
lustre monumental édité par ce dernier à la fin des
années 1950 pour la gare centrale de Milan que
Constance a déniché afin d’éclairer l’entrée du tout
nouveau The Bureau (cours Albert-Ier, Paris VIIIe),
l’espace de coworking cofondé par son mari et décoré par The Socialite Family. Une mise en jambes avant
sa propre boutique courant 2019. D’ici là, un pop-up
store de Noël tout le mois de décembre, au 12, rue
Saint Fiacre, dans le Sentier gentrifié. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Cynisme [si-ni-sm’] n. m.
Conduite impudente.
rançois Hollande ayant encouragé le mouvement des « gilets jaunes »,
son successeur Emmanuel Macron l’a accusé de cynisme.
Le mot vient du grec et, avant une manière d’être déplaisante,
évoque la sagesse antique. Il désignait des philosophes qui méprisaient
les conventions sociales et l’opinion publique. On a peine à voir dans l’ancien président
un Diogène moderne. Son attitude est le contraire du cynisme. Car sa situation
est simple, sa vie depuis son départ de l’Élysée est une parfaite sinécure :
qu’il soit sincère, qu’il soit cynique, il n’est plus à la tête de l’État.
Il peut donc faire son cinéma à loisir.
Descartes parlait de ceux qui font « profession de mépriser la gloire en cyniques… ».
Ce n’est justement pas le cas de François Hollande…
Cynique a une étymologie insolite : kunikos signifie ce qui concerne les chiens.
À cet égard, l’intervention intempestive de Hollande en pleine tourmente
- la chienlit ? - est un coup bas, dont le président en place ne pourra
que lui tenir rancune : lui garder un chien de sa chienne. ■
F
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Le voyage argentin d’Emmanuel Macron
entaché d’une faute protocolaire
Les services de l’Élysée auraient-ils commis une faute de protocole ?
Le chef de l’État n’a pas invité les présidents des groupes d’amitié
France-Argentine de l’Assemblée nationale (Nicolas Forissier, LR)
ni du Sénat (Simon Dutour, PD, et Jean-Claude Requier, RDSE ) pour sa visite
officielle en Argentine. C’est pourtant une tradition républicaine. Est-ce parce
que aucun de ces élus n’est du parti du président de la République ?
A
Christian Jacob veut passer la vitesse supérieure
Le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale a l’intention
de demander l’inscription, dans le cadre d’une prochaine niche parlementaire,
de la proposition de loi récemment déposée par Olivier Dassault (administrateur
du Figaro) et cosignée par 16 députés LR. Celle-ci vise à porter la vitesse autorisée
sur autoroute à 150 km/h et à faire preuve de tolérance envers les petits excès
de vitesse sur les routes limitées à 80 km/h.
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Журналы и газеты
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