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Les Echos - 11 12 2018

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Les Echos START
Le défi de la diversité
// NOTRE SUPPLÉMENT DE 12 PAGES
L’ESSENTIEL
CLIMAT : L’EUROPE PEINE
À MONTRER LE BON EXEMPLE
Selon l’indice de performance climatique publié ce mardi à la
COP24, aucun des 28 Etats membres de l’UE ne s’est mis en ligne
avec l’Accord de Paris. // P. 8
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // MARDI 11 DÉCEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
Pouvoir d’achat : les
réponses chocs de Macron
ENTREPRISES
& MARCHÉS
l Heures sup défiscalisées, baisse de la CSG des retraités et hausse de la prime d’activité en 2019.
l « Nous n’avons pas pu apporter une réponse assez rapide et forte », admet le chef de l’Etat.
GRANDES MANŒUVRES
DANS L’AUTO-PARTAGE
U
ENGIE MAINTIENT SA
PARTICIPATION DANS SUEZ
L’énergéticien français a décidé
de conserver sa participation de
32 % dans le groupe de services
à l’environnement. Il exclut d’en
prendre le contrôle. // P. 22
DIRECTIVE DROIT D’AUTEUR :
LE DERNIER ROUND
Les institutions européennes
engagent jeudi la finalisation de
la directive sur le droit d’auteur à
l’ère numérique. Deux visions
s’affrontent. // PP. 24-25
n mea culpa – « Nous n’avons pas pu apporter une
réponse assez rapide et forte » – et des mesures pour
concrétiser « l’état d’urgence économique et sociale »
décrété lundi soir par le chef de l’Etat face à la crise des
« gilets jaunes ». Pour améliorer le pouvoir d’achat dès 2019,
Emmanuel Macron a annoncé que les heures supplémentaires seront exonérées de charges et d’impôt sur le revenu.
Pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois, la
hausse de CSG appliquée cette année sera annulée. Quant
aux personnes au SMIC, elles verront la prime d’activité
Brexit : Theresa May
dans l’impasse
EUROPE Faute de majorité, la Première ministre repousse
le vote au Parlement et veut renégocier avec l’UE.
Les levées de fonds dans le monde ont
atteint 219 milliards de dollars cette année.
BOURSE Les fonds levés par les
introductions ont atteint 219 milliards de dollars dans le monde, en
hausse de 5 % par rapport à 2017.
Depuis deux ans, la part des opérations transfrontalières est en forte
croissance. Hong Kong est devenue
la destination favorite des sociétés
chinoises voulant faire leurs premiers pas sur les marchés. Les volumes auraient été plus impressionnants encore si 17 % des projets de
cotation n’avaient pas été annulés. A
la Bourse de Paris, seulement 1,1 milliard d’euros a été levé. En dehors de
Neoen, Paris n’a attiré que des PME.
De plus en plus d’artisans d’art
veulent maîtriser la chaîne de
production. Un rapport montre le
poids de ces métiers dans les territoires et l’action des élus. // P. 27
FINANCE DURABLE : LA GESTION
D’ACTIFS SOUS SURVEILLANCE
Les investisseurs affichent leur engagement en faveur du climat mais la
cohérence entre leurs discours et
leurs actes est de plus en plus surveillée. // DOSSIER PP. 33 À 35
// PAGE 30 ET L’ÉDITORIAL DE
GUILLAUME MAUJEAN PAGE 10
CARNET // P. 38
Theresa May n’a pas donné de calendrier pour le vote, mais celui-là doit impérativement
avoir lieu d’ici au 21 janvier. Photo AFP
Cela a été un moment humiliant et cruel, lundi. Les députés
n’ont pas manqué de rire ouvertement de la Première ministre
britannique qui a dû reconnaître qu’elle n’avait pas la majorité
pour faire adopter l’accord de
divorce péniblement négocié
avec Bruxelles. Le vote est donc
reporté. Dans les prochains
jours, Theresa May va tenter
d’obtenir de ses partenaires
européens – peu conciliants en
la matière – de nouvelles garanties sur la question de la frontière irlandaise. Tous les scénarios restent sur la table.
// PAGE 7
Etats-Unis
et Chine :
les autres
bras de fer
La Bourse de Hong Kong est la
première place financière pour
les introductions en Bourse.
L’analyse de
Michel De Grandi
Si les tensions commerciales ont diminué d’un cran, la Chine et les Etats-Unis
ont encore d’autres terrains d’affrontement. Les questions géostratégiques sur
la péninsule coréenne, Taïwan ou la mer
de Chine du Sud en font partie, car il en
va de leur influence respective. De façon
plus immédiate, l’accès aux technologies
de pointe est un autre chantier auquel
s’attèle Washington pour freiner la
Chine dans son expansion. // PAGE 10
// P. 17 ET « CRIBLE » P. 39
SUR
Imaginechina/AFP
Philippe Lopez/AFP
29, L’ÉDITORIAL DE DOMINIQUE SEUX PAGE 10
ET LA CHRONIQUE DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 11
Introductions en
Bourse : l’année faste
LES MÉTIERS D’ART PÈSENT
DANS LES TERRITOIRES
Brevets La plupart
des iPhone interdits
de vente en Chine
augmenter plus vite que prévu, ce qui conduira à une
hausse de revenus de 100 euros par mois en prenant en
compte la hausse légale du SMIC. // PAGES 2 À 4, 19,
Kin Cheung/AP/Sipa
Les opérateurs, trop nombreux
sur un créneau encore embryonnaire, sont quasiment tous déficitaires. Un vaste mouvement de
consolidation se prépare. // P. 18
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
En Chine, où l’usage du smartphone est intensif,
Auchan et Carrefour testent le supermarché de demain.
Auchan et Carrefour
au pays du « new retail »
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22842
110e ANNÉE
40PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
La Chine est le laboratoire de l’innovation pour les distributeurs français.
DISTRIBUTION Partenariats avec les géants de la tech Alibaba ou
Tencent, livraisons à domicile express, supermarchés sans personnel H24, scan des courses et paiements via smartphone : Auchan et
Carrefour expérimentent en Chine un modèle de distribution abolissant la frontière entre e-commerce et magasin en dur. // PAGE 14
RÉVOLUTION OU ÉVOLUTION ?
Osez le management de transition.
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02 //
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
FRANCE
Reprendre langue
Il n’y a pas que les mesures sociales pour retrouver
l’oreille des Français. Emmanuel Macron tente aussi
de remanier un langage qui l’a trop éloigné d’eux.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
P
eut-on se parler ?
Au point où en est
arrivée la crise des
« gilets jaunes », la question
n’est pas de savoir si la parole
présidentielle peut
la désamorcer. Le processus
sera long, Emmanuel
Macron le sait. A ce stade,
il veut d’abord reprendre
langue, recréer ce fil rompu
avec l’opinion, qui seul
permettra d’espérer une
concertation au long cours.
Bousculer le « cap »
économique pour seulement
créer un fil ! On en est là. ..
D’où l’extrême attention
portée aux mots, presque
autant qu’aux gestes, dans
cette intervention télévisée.
« Je les ai vues, ces femmes de
courage, pour la première fois
disant leur détresse », a-t-il
égrené. Des mots « simples »,
pour « parler au cœur »,
disent ses proches.
Le langage a, de fait, joué
un rôle inédit dans cette crise
de confiance. A Paris comme
sur les ronds-points, les
« gilets jaunes » sont devenus
les hommes (et femmes)sandwichs des petites
phrases détournées
du président.
Le langage avait pourtant fait
son succès. A l’heure d’une
« langue de bois » éloignant
les citoyens des dirigeants,
Emmanuel Macron avait
voulu les accrocher par son
parler non formaté. Arrivant
à Bercy, il avait inventé
une sorte de langue de verre,
comme le papier
du même nom, décapante et
différenciante. Parler comme
on pense tout bas, comme
dans la vraie vie.
A ceci près qu’on ne regarde
pas un président comme
on regardait un candidat.
La langue de verre est, depuis
dix-huit mois au pouvoir,
devenue tranchante
pour bien des Français
qui la recevaient. La coupure
visible aujourd’hui s’est
d’abord installée là. Dans des
discours sophistiqués et une
« pensée complexe » vécus
comme humiliants pour qui
n’y accédait pas. Dans l’usage
répété de mots anglais,
y compris pour évoquer
le pays (la « start-up
nation »). « Un mépris pour
la langue que nous parlons »,
a-t-on entendu. Dans
les petites phrases enfin
(sur le « pognon », les
« Gaulois réfractaires », la rue
« à traverser »…) que certains
ont vu comme la vérité d’un
« président qui ne nous aime
pas ». Celle de bois était
désincarnée, celle de verre
était le contraire : la langue
qui réconciliera les
dirigeants avec les Français
n’a pas encore de nom.
LA CRISE DES « GILETS JAUNES »
Macron lâche des mesures
chocs pour le pouvoir d’achat
l Le chef de l’Etat a annoncé lundi soir une série de mesures pour gonfler
le pouvoir d’achat des salariés et des retraités.
l Pour répondre à la crise, le chef de l’Etat a promis de lancer une nouvelle
forme de débat au plus près du terrain.
l
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
C’était l’une des interventions les
plus attendues de son quinquennat,
pour essayer de sortir de la crise
révélée par le mouvement des
« gilets jaunes ». « Il y aura un avant
et un après », estimait un proche du
chef de l’Etat avant son allocution
télévisée. Après plus d’un mois de
crise, le président de la République
avait décidé de « s’adresser à la
nation » lundi soir. Et sous forte pression, comme l’ont encore montré les
déclarations de tous les responsables – syndicaux, patronaux, d’associations d’élus – reçus le matin à
l’Elysée, quatre heures trente
durant. « C’est un fusil à un coup »,
estimait le président de l’Association
des régions de France Hervé Morin.
« Il faut un blast social », avançait
un ministre avant l’allocution. Et
face à cette crise sociale, politique,
démocratique, Emmanuel Macron
a décidé de faire tapis, avec des
mesures fortes et claires, quand sa
gestion technocratique a souvent
été critiquée et l’image de « prési-
dent des riches » brandie plus haut
que jamais pendant cette crise.
Le chef de l’Etat, qui voulait à la
fois répondre de manière « concrète
et immédiate » pour calmer la
colère de nombre de Français – et
notamment les plus modestes – a
ainsi annoncé un geste pour les
salariés au SMIC, de 100 euros par
mois en 2019 via l’accélération de
l’augmentation de la prime d’activité et donc, a-t-il souligné, sans
qu’il en coûte un euro de plus à
l’employeur. Ceci, pour « vivre plus
dignement de son travail ».
Toujours pour le pouvoir d’achat,
Emmanuel Macron a tranché en
faveur de la défiscalisation des heures supplémentaires et non plus
seulement de leur désocialisation,
« L’état d’urgence
économique et
social [est]
décrété. »
EMMANUEL MACRON
dès le début 2019. « C’est une bonne
réponse, qui fait que le travail paie
davantage », souligne un proche,
rappelant que c’est toute la philosophie de la politique du chef de l’Etat
depuis le début de son quinquennat.
« Je veux qu’une amélioration soit
immédiatement perceptible », a-t-il
souligné. Aussi, alors qu’elle était
travaillée depuis plusieurs jours et
que le patronat s’y était montré favorable, à partir du moment où cette
prime était basée sur le volontariat,
le chef de l’Etat a confirmé la mise en
œuvre d’une prime de fin d’année
défiscalisée et non chargée, pour les
« employeurs qui le peuvent ».
Alors que nombre de partenaires
sociaux et de responsables d’associations d’élus reçus lundi matin à l’Elysée par Emmanuel Macron, demandaient des gestes en faveur des
seniors, le chef de l’Etat est allé audelà sans doute de leurs espérances.
La hausse de la CSG sur les retraités
empoisonne depuis le début son
quinquennat. Le président de la
République a finalement décidé, là
aussi, d’annuler la hausse de la CSG
en 2019 pour les retraités gagnant
entre 1.200 et 2.000 euros (pour une
personne seule). Une facture globale, avec l’annulation de la hausse
des taxes sur les carburants pour
2019, d’au moins 10 milliards d’euros.
Emmanuel Macron a de nouveau
justifié la réforme de l’ISF mais s’est,
en revanche, prononcé pour davantage de « justice fiscale », déclarant
que les dirigeants des grandes entreprises françaises devront payer
leurs impôts en France et que les
grandes entreprises qui réalisent
des profits en France devront payer
l’impôt français.
Enfin, afin de répondre à la crise
démocratique, Emmanuel Macron
a proposé une nouvelle forme au
grand débat national pour bâtir un
« nouveau contrat pour la nation » ;
évoquant le vote blanc, l’équilibre de
la fiscalité, le quotidien et le changement climatique et l’organisation de
l’Etat. Il fera un tour de France des
maires par région pour construire
le socle de ce nouveau contrat.
(
L’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 10
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Le mouvement lycéen ne faiblit pas
ÉDUCATION Le mouvement de contestation n’a pas faibli lundi
dans les lycées, avec 450 établissements perturbés, dont 50 bloqués, selon le ministère de l’Education, alors que s’ouvre ce
mardi une nouvelle journée de mobilisation. Au total, un peu
plus de 10 % des lycées ont été concernés lundi par des blocages,
barrages filtrants ou rassemblements. Des incidents (feux de
poubelles, jets de projectiles...) ont conduit à des dizaines d’interpellations. Des perturbations ont notamment été signalées en
banlieue parisienne, à Grenoble, Saint-Etienne, Strasbourg,
dans l’académie d’Aix-Marseille ou encore en Loire-Atlantique.
Cinq universités ferment leurs sites
face à la mobilisation d’étudiants
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR Dans le sillage du mouvement
lycéen, alors que des étudiants se mobilisent contre la hausse
des frais de scolarité annoncée pour les étudiants étrangers
extracommunautaires, contre Parcoursup et contre la réforme
du lycée, cinq universités étaient fermées lundi, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Il s’agit de Paris-1 (le site de
Tolbiac et le bâtiment historique), Paris-3 (le site de Censier),
Nanterre, Rennes-2 et Avignon. L’université de Nantes a, pour sa
part, rouvert lundi après-midi.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Emmanuel Macron lors de son intervention lundi soir pour tenter de dénouer la crise des « gilets jaunes ». Photo Ludovic Marin/Pool/AFP
Le chef de l’Etat décidé à présider autrement
La réunion des organisations
syndicales et patronales et
associations d’élus, et son
intervention à la télévision
marquent une rupture dans
le quinquennat.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Le 14 novembre dernier, interviewé
par TF1 sur le porte-avions « Charles-de-Gaulle », Emmanuel
Macron avait avoué un échec
depuis son élection en mai 2017 :
celui de ne « pas avoir réussi à
réconcilier le peuple français avec ses
dirigeants ». Un mois plus tard, le
constat reste criant de vérité. « Nous
n’avons pas su apporter depuis un an
et demi une réponse rapide et forte.
Je prends ma part de responsabilité », a-t-il concédé lundi soir.
La persistance de la crise des
« gilets jaunes » l’oblige, certes, à
ouvrir une nouvelle page de son
quinquennat en annonçant de nouvelles mesures sociales. Elle l’oblige
aussi à modifier en profondeur sa
façon de présider pour faire face à la
défiance des Français et tenter de
répondre aux « Macron démission », plus petit dénominateur
commun des revendications, nombreuses et disparates, des « gilets
jaunes ». Lundi soir, il a marqué sa
volonté d’associer les corps intermédiaires et les élus. Il rencontrera
prochainement les maires, « région
par région », pour « bâtir le socle
d’un nouveau contrat pour la
nation ». « Nous pouvons trouver
une voie pour nous en sortir tous
ensemble », a-t-il insisté.
Compréhension, empathie
Tout l’enjeu de l’intervention télévisée du chef de l’Etat lundi soir était
là : arriver à se faire entendre des
Français. Car s’il doit éteindre la
crise des « gilets jaunes », Emmanuel Macron doit aussi préserver la
suite de son quinquennat pour
mener à bien les réformes structurelles qui sont dans les cartons.
Emmanuel Macron a reconnu ses
erreurs, ses propos qui ont pu
« blesser ». Tout en dénonçant les
violences qui ont entaché les journées de mobilisation des « gilets
jaunes », il a aussi admis que leur
colère était « juste », car oubliée
depuis de trop nombreuses années.
Silencieux depuis son retour
d’Argentine le 2 décembre, laissant
Edouard Philippe monter en pre-
mière ligne la semaine dernière,
Emmanuel Macron s’est retrouvé à
son tour obligé de monter au créneau pour tenter de calmer une
grogne qui porte autant, si ce n’est
plus, sur sa personne que sur sa
politique. Ce week-end, l’ancien
Premier ministre Alain Juppé lui
avait demandé de tenir « un discours d’autorité, mais aussi de compréhension et d’empathie ».
La journée avait commencé par
une longue réunion – 4 h 30 – à
l’Elysée avec les syndicats et organisations patronales, les associations
d’élus, les présidents des Assemblées – Assemblée nationale, Sénat
« Emmanuel Macron
doit montrer sa
vraie personnalité,
mais je ne sais pas
comment
il pourrait faire. »
UN SOUTIEN
D’EMMANUEL MACRON
et Cese – et pas moins de douze
membres du gouvernement ainsi
que le Premier ministre. Du
jamais-vu depuis le début du quinquennat, signe d’une véritable rupture tant l’heure est grave.
Les représentants des corps
intermédiaires n’ont pas boudé leur
plaisir d’être revenus au centre du
jeu et, de l’avis de plusieurs participants, les discussions ont été franches. « L’ambiance n’était ni désagréable ni tendue, mais les
participants ont dit ce qu’ils avaient
sur le cœur », confirme un ministre
présent à la réunion. Les participants déclarent avoir trouvé un
Emmanuel Macron à l’écoute, prenant des notes, et qui a eu des mots
pour évoquer – comme il l’avait fait
par le passé – le nécessaire « nouveau compromis national » ou pour
acter « la fin de cycle d’un modèle
économique et social ».
Perçu comme trop éloigné des
Français, trop arrogant par ceux
qui lui reprochent la multiplication
des phrases polémiques, Emmanuel Macron tente aujourd’hui de
montrer une autre image. Un vrai
pari. Mais pour le gagner, il faudra
beaucoup plus qu’une seule allocution télévisée. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
3
Les heures supplémentaires à nouveau exonérées d’impôt
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
C’est le grand retour du « travailler plus pour gagner plus ».
Mesure phare du quinquennat de
Nicolas Sarkozy, l’exonération des
heures supplémentaires avait été
supprimée dès les premières
semaines du mandat de François
Hollande. En plein mouvement
des « gilets jaunes », cette mesure
est revenue en force dans le débat.
Emmanuel Macron a annoncé
lundi soir qu’elles seraient à nouveau défiscalisées.
Le gouvernement avait déjà inscrit une exonération des heures
supplémentaires au budget de la
Sécurité sociale, à compter de septembre 2019. Mais son application
portait uniquement sur les cotisations salariales, et non sur l’impôt sur
le revenu. Face à la contestation, l’exécutif a décidé que les heures supplémentaires seraient également exonérées d’impôt sur le revenu. Ce virage
est loin d’être neutre pour le budget
de l’Etat. Aux 2 milliards d’exonérations de cotisations salariales s’ajouterait environ 1,5 milliard de moinsvalues d’impôt. L’accent mis sur les
heures supplémentaires se justifie
par le fait qu’elles concernent avant
tout les classes populaires. Le taux de
Le virage de l’exécutif
est loin d’être neutre
pour le budget.
Aux 2 milliards
d’exonérations de
cotisations salariales
s’ajouterait environ
1,5 milliard de moinsvalues d’impôt.
recours est de 66 % chez les ouvriers
et 46 % chez les employés. Il n’est que
de 20 % chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures.
La « désocialisation » cible
davantage les bas revenus que la
Pouvoir d’achat : l’exécutif promet
100 euros de plus au niveau du SMIC
Emmanuel Macron a
annoncé que les salariés
au niveau du SMIC seraient
payés 100 euros de plus
par mois à partir de 2019.
Cela passera notamment
par la prime d’activité.
Marie Bellan
@mbellan1
Il y a encore vingt-quatre heures, la
ministre du Travail, Muriel Pénicaud, se refusait à toute augmentation du SMIC pour 2019. « Le coup de
pouce au SMIC, on sait que cela
détruit des emplois, cela n’est pas la
bonne méthode », avait-elle expliqué. Lundi soir, Emmanuel Macron
a joué les équilibristes. Le chef de
l’Etat a annoncé que les salariés au
niveau du SMIC toucheraient, par
mois, 100 euros de plus. Mais il ne
s’agit pas d’un coup de pouce au
sens classique du terme, au-delà de
la hausse légale qui sera proche de
2 %. Le calendrier de la hausse de la
prime d’activité est avancé. La reva-
lorisation de ce complément d’activité pour les travailleurs pauvres et
modestes était une promesse de
campagne ; elle devait s’échelonner
jusqu’en octobre 2021.
La revendication d’un coup de
pouce au SMIC, qui a émergé avec la
montée de la problématique du
pouvoir d’achat, n’a donc pas été
vraiment retenue, même si la
mesure faisait partie des revendications récurrentes des « gilets jaunes ». Elle a été relayée plus particulièrement par la CGT et Force
ouvrière.
Pas de coût supplémentaire
pour l’entreprise
Depuis 2012, date du dernier coup
de pouce, les salariés au bas de
l’échelle des revenus ont dû se
contenter de revalorisations automatiques. Cette hausse de 100 euros
pour le salarié, selon l’annonce du
chef de l’Etat, ne coûtera « rien » à
l’entreprise et sera totalement prise
en charge par l’Etat dans des conditions qui restent à définir.
La hausse directe du SMIC n’a
pas été retenue car elle est décriée
par une grande partie des économistes, jugeant que le salaire minimum est aujourd’hui supérieur à la
productivité d’un salarié. La conséquence d’une hausse du SMIC est
d o n c d ’a b o r d , s e l o n e u x , d e
détruire des emplois et de sortir les
salariés les moins qualifiés du marché du travail.
Jusqu’ici, le gouvernement espérait pouvoir faire pression sur les
entreprises et les branches professionnelles pour négocier les salaires et les minimums conventionnels à la hausse sans avoir à toucher
au SMIC ou à la prime d’activité.
Le chef de l’Etat a aussi annoncé
le versement d’une prime exceptionnelle de fin d’année défiscalisée
et non chargée, sans indiquer de
montant maximum (Bruno Le
Maire avait évoqué 1.000 euros).
Cette prime sera facultative. Elle a, à
ce titre, été bien accueillie par le
patronat, qui avait lui-même poussé
cette idée ces derniers jours. n
« défiscalisation ». L’évaluation du
budget 2019 de la Sécurité sociale
montre que le gain net pour un salarié au SMIC (1.185 euros net mensuels) est de 155 euros par an en cas
d’exonération des cotisations salariales (sur la base de 109 heures supplémentaires par an). Pour un cadre
rémunéré 3,5 SMIC (4.148 euros net
mensuels), le gain s’élève à 530 euros
par an.
Caractère antiredistributif
Qu’en est-il lorsque les heures supplémentaires sont également exonérées d’impôt sur le revenu ? Les
évaluations publiées en 2012 lors de
la suppression de cette exonération
donnent quelques indications. A
l’époque, le rapporteur du Budget, le
socialiste Christian Eckert, estimait
que cette exemption rapportait
165 euros par an aux 10 % des ménages les moins aisés et 1.055 euros par
an aux 10 % des ménages les plus
aisés. Le gain annuel moyen se chiffrait à 432 euros par an, contre
250 euros par an pour la seule exonération de cotisations salariales.
C’est d’ailleurs le caractère « antiredistributif » de cette mesure qui
avait poussé les socialistes à revenir
en arrière. Son coût paraissait élevé
au regard du bénéfice pour la croissance. Le comité d’évaluation des
dépenses fiscales et des niches
sociales, constitué en 2011, estimait
que cette défiscalisation représentait 0,23 % de PIB, alors que son efficacité pour la croissance était évaluée à seulement 0,15 % de PIB,
essentiellement à travers la hausse
de consommation des ménages.
La difficulté, si les heures supplémentaires avaient été unique-
Photo Shutterstock
Les heures supplémentaires
concernent avant tout
les classes populaires
mais l’exonération d’impôt
bénéficiera davantage
aux classes aisées.
Mesure phare du quinquennat Sarkozy, l’exonération des heures
supplémentaires avait été supprimée par François Hollande.
ment « désocialisées » et pas
« défiscalisées », c’est qu’une partie
du gain aurait été récupérée par
l’Etat via l’impôt sur le revenu.
Avec le risque de créer un senti-
ment chez les contribuables que
l’Etat reprend dans une poche ce
qu’il a donné de l’autre poche.
Redoutable en pleine période de
fronde fiscale. n
Un geste fort sur la CSG des retraités
revenus du capital) qui ont financé
cette réforme conçue pour que le
travail paie. Depuis, nombre de
retraités en veulent au gouvernement et au chef de l’Etat. « L’effort
qui leur était demandé était trop
important et n’était pas juste », a conclu Emmanuel Macron lors de son
allocution télévisée lundi soir. Pour
les opposants de droite et de gauche,
cette mesure est le péché originel du
macronisme ; tandis que le gouvernement la revendique.
La sous-indexation
des pensions maintenue
La moitié des retraités
payant le taux plein de CSG
va bénéficier d’un taux
réduit à 6,6 %. La mesure
coûtera 1,5 milliard en
année pleine.
Solveig Godeluck
@Solwii
Accroître le pouvoir d’achat des
retraités en diminuant leur CSG.
C’est finalement la voie qu’a retenue
Emmanuel Macron pour calmer la
colère des personnes âgées lundi.
Il a annoncé la création d’une
tranche intermédiaire de CSG à
6,6 %, pour près de la moitié des
retraités qui paient actuellement le
taux plein, ceux dont la pension est
comprise entre 1.200 et 2.000 euros
par mois. Ce sera un nouveau palier
entre le taux réduit de 3,8 % et le
taux plein de 8,3 %. Et cela alors
même que lundi matin, au micro de
RTL, le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, assurait que le
gouvernement ne reviendrait pas
sur la hausse de CSG des retraités
effective depuis un an. La mesure
coûtera 1,5 milliard d’euros en
année pleine.
Péché originel
L’augmentation de la CSG de
1,7 point intervenue en janvier 2018
est très critiquée. Elle pèse sur tous
les revenus, dont les pensions. Mais
alors que pour les actifs, la hausse
était plus que compensée par une
baisse des cotisations, il n’y a pas eu
de geste pour les 7 millions de retraités suffisamment aisés pour payer la
CSG à taux plein. Ce sont eux (et les
En revanche, l’autre sujet de mécontentement pour les retraités, la sousindexation des pensions, qui vient
juste d’être votée avec effet en janvier,
a été maintenue. Comme bon nombre de prestations, les retraites ne
progresseront que de 0,3 % l’an prochain alors qu’elles auraient dû être
revalorisées d’au moins 1,6 %. L’opération doit se reproduire en 2020. Au
total, le gouvernement compte économiser 5,2 milliards d’euros sur
deux ans, dont 2,8 milliards en 2019.
Cette mesure a été décriée jusque
dans les rangs de la majorité parlementaire. En octobre, elle souhaitait moduler l’indexation, afin de
ménager les retraités modestes,
mais y a renoncé par discipline.
La réindexation partielle ou totale
des pensions était délicate à mettre
en œuvre, sauf à trouver une source
d’économies équivalente pour financer la branche vieillesse de la Sécurité sociale. L’exécutif compte toujours refonder le système de retraite.
« La réforme n’est pas repoussée », a
fait savoir lundi le Haut-Commissariat à la réforme des retraites. n
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04 // FRANCE
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
3 LA CRISE DES « GILETS JAUNES »
Un sérieux coup de frein à la croissance
Le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, estime
les conséquences du
mouvement des « gilets
jaunes » à 0,1 point de PIB
au 4e trimestre, la Banque
de France l’évaluant
à 0,2 point. L’objectif d’une
croissance de 1,7 % en 2018
apparaît impossible.
acteurs de la distribution qui sont des
employeurs importants dans l’économie, explique Denis Ferrand,
directeur général de Rexecode. En
ce qui concerne la consommation,
une partie, probablement faible, sera
irrécouvrable, notamment les pertes
de recettes touristiques. Mais la
majorité devrait être rattrapée au
L’impact serait
de 0,2 point de PIB,
soit autant que les
grèves de 1995 et deux
fois plus que les grèves
du printemps dernier,
à la SNCF.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
« Les événements actuels devraient
faire perdre 0,1 point de notre richesse
nationale au dernier trimestre. […]
Ce sont des emplois en moins, de la
prospérité en moins pour les Français. » Le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, qui, ce week-end,
avait parlé de « catastrophe pour
notre économie » à propos des violences en marge des manifestations
des « gilets jaunes », a été plus précis lundi matin au micro de RTL.
Grande distribution et commerce, logistique et industrie agroalimentaire, tourisme ont tous été
affectés par les barrages de ces trois
dernières semaines, sans parler de
l’attractivité de l’Hexagone aux yeux
des investisseurs étrangers. Or les
entreprises étrangères emploient
1,8 million de salariés en France.
La Banque de France est plus pes-
simiste que le ministre sur les conséquences économiques. Elle a
ramené sa prévision de croissance
pour le quatrième trimestre de 0,4 à
0,2 %. Une révision en très grande
partie attribuable au mouvement
des « gilets jaunes ».
L’impact serait donc de 0,2 point
de PIB, soit autant que les grèves de
1995 et deux fois plus que les grèves
dans les transports au printemps
dernier, lors de la réforme de la
SNCF. L’objectif du gouvernement
d’une croissance de 1,7 % cette
année, apparaît désormais inatteignable. « En novembre, le mouvement actuel a affecté la production
industrielle de la plupart des secteurs. L’agroalimentaire, du fait des
difficultés rencontrées par une partie
des commerces, et l’automobile ont
été particulièrement impactés »,
détaillent les économistes de la
Banque de France. L’activité dans
les services décélère aussi, particulièrement dans les transports, la
restauration et la réparation automobile. « Ce mouvement intervient à
une période critique en matière de
consommation, il peut fragiliser des
Le débat piégé sur la taxation des hauts revenus
Brocardé pour être le
« président des riches »,
Emmanuel Macron se
retrouve à gérer un débat
sur la fiscalité des successions qu’il voulait au départ
éviter.
impôt anti-économique, mais tout le
reste peut être sur la table : impôt sur
le patrimoine via les successions, ou
impôt sur le revenu », a assuré lundi
matin Gilles Le Gendre, le chef du
groupe En marche à l’Assemblée
nationale.
Renaud Honoré
et Isabelle Ficek
Esprit du macronisme
C’est un sujet dont il n’arrive pas à se
débarrasser depuis près de deux
ans. Le sujet de la taxation des hauts
revenus empoisonne Emmanuel
Macron, lui qui est brocardé par
l’opposition pour être le « président
des riches » après avoir été attaqué
durant la campagne présidentielle
pour ses très aisés donateurs. Au
point que cela devrait être l’un des
dossiers les plus discutés de la
grande consultation sur la fiscalité
lancée par le chef de l’Etat. « On ne
restaurera pas l’ISF car c’est un
La majorité espère ainsi rouvrir un
débat qui lui avait été brutalement
refusé il y a trois mois seulement.
En septembre, le président de la
République avait brutalement rappelé à l’ordre Christophe Castaner,
alors patron d’En marche et qui
avait évoqué la possibilité de durcir
la législation sur les droits de succession, en visant les gros patrimoines. « Emmanuel Macron se méfie
de ce débat, car il ne veut pas donner
l’impression qu’il veut emmerder les
vieux », résume un de ses soutiens.
Pour autant, malgré cette ferme
injonction à ne pas ouvrir le dossier,
l’idée a continué de faire son chemin
chez certains d’entre eux. « La fiscalité des successions, c’est une boîte à
baffes politiquement. Mais si on est
choqué par le principe d’une révision
En septembre,
Christophe Castaner
avait évoqué
la possibilité de durcir
la législation sur les
droits de succession.
Le rappel à l’ordre
avait été brutal.
méthodique des droits de l’héritage,
on n’est pas dans le macronisme »,
estime un député LREM de poids.
Car pour des marcheurs de la première heure, une telle réforme serait
fidèle à l’esprit du macronisme, qui
prônait de sortir d’une société de statuts hérités ou de rentes.
L’économiste Philippe Martin,
qui avait travaillé au programme
présidentiel d’Emmanuel Macron,
reste ainsi « favorable à une taxation
des plus grosses successions afin de
remplacer l’ISF », plus qu’à un relèvement de l’impôt sur le revenu.
« Il faut insérer cette question dans
le débat plus large des Assises de la
fiscalité, afin que les Français puissent bien comprendre que ce sont les
seuls gros patrimoines qui sont concernés », complète l’actuel directeur
du Centre d’analyse économique.
Néanmoins, une telle réforme n’est
pas aisée : pour retrouver les
3,5 milliards évaporés dans la
réforme de l’ISF, il faudrait relever
très fortement le taux de taxation
dans les successions de patrimoines supérieurs à 1,3 million
d’euros. n
Les syndicats prennent acte du changement de méthode
Les organisations
de salariés font le pari
que le chef de l’Etat n’a plus
d’autre choix désormais
que de travailler avec eux.
« A votre arrivée,
vous bénéficiiez
d’un formidable
capital de confiance.
Il a été dilapidé dans
des mesures
inégalitaires et dans
une perte de sens
du projet collectif. »
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Le 17 juillet, Emmanuel Macron
s’était engagé auprès des syndicats
et du patronat à mieux les associer
aux grandes réformes sociales. Puis
jusqu’à ce lundi matin, ce fut silence
radio. Même lorsqu’a commencé
à enfler le mouvement de contestation des « gilets jaunes », soutenu
massivement par les Français, le
chef de l’Etat a ignoré les organisations de salariés.
Emmanuel Macron a fini par se
résoudre à renouer avec les corps
intermédiaires − syndicats, patronat, élus − et a décidé de mettre en
scène ce changement de pied
avec une réunion à l’Elysée en ce
début de semaine. Dont acte, ont
reconnu les syndicats, qui ont pris
note du changement de méthode.
L’événement avait toutes les allures d’une grand-messe, mais « ce
n’en était pas une, car l’ambiance était
grave, et le chef de l’Etat n’a pas
papillonné comme à son habitude,
mais noirci des pages pendant les quatre heures de discussion », souligne
LAURENT BERGER
Secrétaire général de la CFDT
Emmanuel Macron a réuni, lundi, à l’Elysée syndicats, patronat,
élus et les présidents des Assemblées. Photo Hamilton/RÉA
un participant. Et il lui a fallu encaisser. Notamment quand est venu le
tour des syndicalistes, notamment
celui du numéro un de la CFDT.
Travailler sur des mesures
concrètes à court terme
« A votre arrivée, vous bénéficiiez
d’un formidable capital de confiance.
Il a été dilapidé dans des mesures inégalitaires et dans une perte de sens du
projet collectif. Beaucoup pour la
liberté, peu pour l’égalité et une fraternité qui nous abandonne », a
asséné Laurent Berger. « Les classes
populaires, les territoires délaissés,
les services publics et ceux qui les rendent, l’écologie ont été négligés,
réduits au rang de mesures compensatoires », a-t-il poursuivi non sans
rappeler l’absence d’« attention portée aux partenaires sociaux ». Et le
syndicaliste a demandé au chef de
l’Etat rien moins que d’assumer « ce
diagnostic sans concession », « en
affirmant sa volonté de restaurer le
contrat social » qu’il a, selon lui, largement contribué à détricoter.
Si Laurent Berger est allé plus
que les autres dirigeants syndicaux
sur les enjeux sociétaux, tous
ont pointé la gravité de la situation
actuelle et la nécessité de travailler
sur des mesures concrètes à court
terme, mais aussi à des mesures
plus structurelles. « Grâce à la
réforme de l’ISF, le pouvoir d'achat
des plus riches a augmenté, mais on
nous refuse d’augmenter le pouvoir
d’achat des salariés », a ainsi critiqué
Yves Veyrier, le leader de FO.
François Hommeril, le président
de la CGC, a listé, lui, le « décrochage » du pouvoir d’achat, le logement, la fiscalité. « Ces trois talons
s’enfoncent en même temps sur les
gens qui travaillent », a noté le représentant de l’encadrement. n
cours des prochains mois par deux
canaux : une partie de la consommation sera reportée et une autre sera
substituée des commerces classiques
au commerce électronique. »
En attendant, la confiance des
ménages est en chute libre. Elle a
retrouvé son niveau de début 2015
en novembre dernier, les Français
considérant que les perspectives
d’évolution de leur pouvoir d’achat
sont au plus bas depuis près de quatre ans. Et cela, un mois après la
suppression des cotisations maladie et chômage pour les salariés. n
Les prix
des carburants
en légère
hausse
Le prix des principaux
carburant était en très
légère hausse en moyenne
la semaine dernière, selon
les statistiques du ministère de la Transition écologique publiées lundi.
En moyenne, le gazole
cotait 1,4312 euro à la
pompe (+0,2 % sur une
semaine), l’essence sans
plomb 95, 1,4352 euro
(+0,3 %). Depuis le pic
atteint début octobre,
les prix du super SP95
ont reculé de 8,5 %, ceux
du diesel de 6,7 %. Ce repli
s’explique par la forte
chute du prix du baril
de pétrole. La baisse a
été toutefois moins forte
pour le gazole que pour
l’essence en raison d’une
divergence des prix
de gros sur le marché
européen. Les taxes représentent maintenant 59 %
du prix du gazole et 65 %
de celui de l’essence.
Radars vandalisés :
une lourde facture
Sur les 4.500 radars automatiques installés, 2.250 seraient
aujourd’hui inutilisables. Photo Nicolas Tucat/AFP
Selon Europe 1, la moitié
des radars automatiques a
été mise hors de service
par les « gilets jaunes ».
Jean-Michel Gradt
@ogrady99
Monstres froids, incarnations du
« racket fiscal », les radars automatiques sont régulièrement pris
pour cible par les « gilets jaunes ».
Quel est le bilan des dégâts
depuis le début du mouvement,
le 17 novembre ? Au moins
250 radars automatiques ont été
détruits, incendiés ou dégradés
sur les routes de France et la moitié des radars automatiques a été
mise hors de ser vice, selon
Europe 1. Sur les 4.500 radars
automatiques installés,
2.250 seraient aujourd’hui inutilisables. Un chiffre que la Délégation à la sécurité routière (DSR)
refuse de confirmer aux
« Echos ». Officieusement,
l’administration n’avait pas
démenti, le 28 novembre, le chiffre de 600 machines dégradées
ou mises hors service depuis le
début du conflit.
Aucun montant ne circule non
plus pour les réparations qui
seront nécessaires. A titre indicatif, en 2012, « année normale », le
coût du vandalisme avait été
estimé à 22,86 millions d’euros,
pour une dépense globale de
79,4 millions pour l’entretien du
parc. La facture s’annonce bien
plus élevée cette année. Le temps
que le matériel soit remis en état,
le manque à gagner sera important pour l’Etat. L’an dernier
1,01 milliard d’euros a été collecté
(contre 579 millions d’euros en
2013), et la quasi-totalité des
amendes (91,2 %) est allée à la
lutte contre l’insécurité routière,
notamment à travers l’amélioration du réseau routier.
Destinataires des recettes
Hormis les 8,8 % (88,7 millions)
affectés au désendettement de
l’Etat, trois destinataires se répartissent les recettes générées par le
contrôle sanction automatisé :
l’Agence de financement des
infrastructures de transports de
France (405,5 millions d’euros),
les collectivités territoriales
(270 millions) et enfin la Délégation à la sécurité routière
(249 millions). Dans le projet de
loi de finances pour 2019, il était
prévu une nouvelle hausse à deux
chiffres de la contribution des
amendes aux caisses de l’Etat. A
savoir : 1,23 milliard d’euros au
total. Une estimation qui semble
désormais très optimiste.
Les radars ont permis de sauver plus de 40.000 vies depuis
2006, selon la Sécurité routière.
En 2016, le coût des accidents de la
route a représenté 2,2 % du PIB et
l’Etat a déboursé 38,3 milliards
d’euros à cause des accidents corporels, selon les dernières données publiées par l’Observatoire
national interministériel de la
sécurité routière. n
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FRANCE // 05
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
Orientation scolaire :
la France est en retard
ÉDUCATION
Deux études menées
auprès des élèves et
des chefs d’établissement soulignent les
faiblesses de l’Hexagone en matière
d’aide à l’orientation.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
La France est « très en retard » en
matière d’éducation à l’orientation :
« On n’a pas encore compris qu’il se
passait des choses radicalement différentes à l’étranger », déplore Nathalie Mons, présidente du Conseil
national d’évaluation du système
scolaire (Cnesco), qui publie ce
mardi deux études sur le sujet. L’une
porte sur les 18-25 ans et le vécu de
leur parcours d’orientation (1.158
jeunes interrogés entre le 24 septembre et le 13 octobre derniers).
L’autre a été menée auprès des chefs
d’établissement (1.271 d’entre eux
interrogés en juillet 2018).
Le constat est inquiétant. Un
jeune sur deux (48 %) déclare ne
pas avoir été bien accompagné dans
son établissement. « On est loin des
chiffres catastrophistes souvent
entendus », relativise Nathalie
Mons. Les élèves des lycées professionnels affirment aussi avoir été
« mieux accompagnés » que ceux
des lycées généraux. Pour s’orienter, les jeunes interrogés suivent
leur goût pour un métier ou pour
une discipline. « Ils s’accrochent à
leur rêve », se félicite Nathalie Mons.
Seuls 15 % des élèves interrogés
n’ont participé à aucune activité liée
à l’orientation (forum, ateliers…)
« L’institution scolaire s’est mise en
mouvement, il se passe beaucoup de
choses dans les établissements »,
approuve Nathalie Mons.
Le rôle des familles
D’autres chiffres sont préoccupants. Pour deux tiers des jeunes
interrogés, l’orientation est « source
de stress ». Un jeune sur cinq affirme
qu’il n’a pas eu le choix de son orientation (19 % des enfants d’ouvriers
contre 10 % des enfants de cadres).
Les filles renoncent davantage à
leur choix (36 % de filles contre 20 %
de garçons), en raison du coût des
études. En milieu rural, c’est un
jeune sur quatre, pour des raisons
d’éloignement géographique.
Pour s’orienter, 60 % des 18-25 ans
disent avoir besoin de mieux se connaître et de comprendre leurs pro-
Les chiffres clefs
48 %
Près d’un jeune sur deux
déclare ne pas avoir
été bien accompagné
dans son établissement.
20 %
Le pourcentage de jeunes
entre 18 et 25 ans ayant
recours à un coach privé.
pres envies. Or, dans le système scolaire, l’orientation ne répond pas à
cette attente. Elle se limite souvent à
des présentations classiques des
filières. Résultat : un jeune sur cinq
entre 18 et 25 ans a recours à un
coach privé. Dans l’aide à la décision,
les familles sont aussi les premiers
interlocuteurs des jeunes. « L’école
est loin derrière », souligne le Cnesco.
Le ministre de l’Education, JeanMichel Blanquer, avait annoncé des
mesures sur l’orientation l’an dernier
en lien avec la mise en place de Par-
La mise à disposition des deux professeurs principaux est désormais en place dans 89 % des établissements interrogés. Photo Castelli/Andbz/Abaca
coursup. La mise à disposition des
deux professeurs principaux est
désormais en place dans 89 % des
établissements interrogés. En revanche, seuls 50 % d’entre eux ont mis en
place les deux semaines promises
pour l’orientation.
« Des choix cornéliens »
pour les établissements
Le Cnesco préconise d’aller plus loin,
pour une vraie politique d’éducation
à l’orientation. Il cite des expériences
étrangères qui méritent « débat » et
« réflexion ». En Finlande, par exemple, l’orientation est intégrée à l’enseignement ordinaire dès l’école primaire. Les collégiens bénéficient de
deux heures par semaine obligatoires dédiées à l’orientation, avec un
enseignant spécialisé qui s’occupe de
visites d’entreprises, de films sur les
métiers, d’entretiens individuels avec
l’élève et ses parents sur ses centres
d’intérêt. En Californie, l’éducation à
l’orientation commence par des programmes d’éducation à l’esprit
d’entreprise dès l’école primaire.
« A l’étranger, on équipe les jeunes
d’une compétence à gérer leur carrière future, car ils vont avoir plusieurs métiers dans leur carrière »,
insiste Nathalie Mons. En France, la
réforme du lycée a prévu 54 heures
pour l’orientation. « Mais elles seront
prises sur la marge d’autonomie des
établissements qui devront faire des
choix cornéliens, par exemple entre
l’orientation d’un côté et le dédoublement de certaines classes de mathématiques de l’autre », met en garde
Nathalie Mons. n
Les inégalités d’accès à la formation continue passées au crible
ENTREPRISES
Les premiers résultats
de l’enquête Defis
sur la formation
et les parcours invitent
à aller au-delà
des stéréotypes.
Alain Ruello
@AlainRuello
Que l’on ait plus ou moins de
50 ans, que l’on soit cadre ou
ouvrier, diplômé ou non, l’accès à
la formation continue est une réalité ou non. Ce constat d’inégalité,
unanime, figure au cœur de la loi
Pour la liberté de choisir son avenir professionnel comme toutes
celles (nombreuses) qui l’ont précédée. Il cache pourtant un grand
nombre de cas de figure qui
brouillent un peu les lignes de
fracture, comme le montrent les
premiers résultats de la grande
étude Defis.
Lancée en 2014, financée par les
partenaires sociaux et menée par le
Centre d’études et de recherches sur
les qualifications (Céreq), cette étude
s’avère une mine d’informations par
son ampleur et les croisements
qu’elle permet de faire : 4.500 entreprises de plus de 10 salariés interrogées en 2015 et 16.000 salariés suivis
entre 2013 et 2019. « C’est un dispositif significativement innovant », a
confirmé Florence Lefresne, la
directrice du Céreq, vendredi lors
d’une journée de restitution.
Généraliser les entretiens
professionnels
Premier constat majeur : même si
les motivations varient, la très
grande majorité des salariés (près
de sept sur dix) souhaitent se former dans les cinq ans à venir
quelle que soit leur catégorie
socioprofessionnelle. Las, entre
souhait et demande formulée
auprès de son employeur, c’est le
grand écart : de 72 % à 50 % pour
les cadres ; de 60 % à… 19 % pour
les ouvriers non qualifiés !
Tout dépend du contexte de
l’entreprise. En particulier de la réalisation, comme la loi l’oblige,
d’entretiens professionnels, dont
ne bénéficie qu’un salarié sur quatre dans les très petites entreprises,
contre… trois sur quatre dans les
très grandes. « Quelle que soit la
taille de l’entreprise, l’entretien professionnel reste essentiellement un
outil de management interne »,
selon les chercheurs du Céreq,
pour qui sa généralisation reste un
« enjeu majeur ».
Un autre versant des études permet de mieux cerner ceux (près de
six sur dix des 16.000 salariés suivis)
qui n’ont eu aucune formation
depuis janvier 2014, ou qui n’ont
suivi aucune des formations qu’ils
ont demandées durant les 12 derniers mois. Les chercheurs du Céreq
les ont classés en cinq profils selon
qu’ils aient ou non demandé une formation, leurs conditions de travail,
ou encore leur situation familiale.
Conclusion : la variété des situations de non-accès à la formation
ne reflète pas strictement les inégalités d’accès. En clair, ceux qui ne se
forment pas ne sont pas le calque
inverse de ceux qui se forment.
Exemple avec le profil des « très
mécontents » (travail pas intéressant et sans perspectives) : quatre
sur dix n’ont pas demandé de formation alors qu’ils pouvaient le
faire. Au-delà des stéréotypes,
nombre de facteurs entrent en
compte, et l’amélioration des conditions de travail compte beaucoup pour réduire les inégalités
devant la formation. n
Trois
configurations
de TPE
En matière de recours
à la formation, le volet
employeur de l’enquête
Defis dessine rois configurations de TPE selon leurs
stratégies de développement. Les TPE « managériales et formatrices »
visent avant tout la croissance et sont les plus
proches des grandes
entreprises. Les TPE peu
formatrices sont réparties en deux. Les « traditionnelles » se limitent
aux formations réglementaires. Spécialisées,
les TPE « entrepreneuriales » privilégient
l’apprentissage au travail,
faute de trouver les formations recherchées
sur le marché.
Le rendez-vous politique
le plus suivi du matin*
Présenté par Caroline Roux
Du lundi au vendredi à 7.40 dans Télématin
* Source : Médiamétrie – Médiamat /Audience TV - Individus 4 ans et plus
© Delphine Ghosarossian / FTV
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06 // FRANCE
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
Dialogue de sourds sur
le budget 2019 de la Ville de Paris
Ile-de-France :
le tarif du passe
Navigo gelé
COLLECTIVITÉ
TRANSPORT
L’exécutif a voté lundi
un budget conforme
aux normes de dépenses fixées par l’Etat.
La droite et le centre
pointent, eux, la
hausse des charges.
Le prix de l’abonnement mensuel
restera fixé à
75,20 euros en 2019,
a annoncé lundi
Valérie Pécresse.
Matthieu Quiret
@MQuiret
Dominique Malécot
@DMalecot
Le dialogue de sourds sur le budget
entre la Mairie de Paris et son opposition a atteint un paroxysme lundi.
Le Conseil de Paris a commencé
l’examen ce début de semaine du
budget 2019, le dernier significatif du
mandat. L’opposition municipale
dénonce, comme les années précédentes, la progression de l’endettement qui, entre le début de mandat
et la fin 2019, sera passé de 3,7 à
6,5 milliards d’euros. Mais c’est
désormais une aggravation de la
situation au prochain mandat qui
inquiète Florence Berthout.
La présidente du groupe LR
dénonce « plusieurs bombes à retardement ». « Le remboursement de la
dette va peser de plus en plus dans le
budget. A partir de 2021, celui des intérêts atteindra 150 millions d’euros
et celui du capital 300 millions
d’euros », fustige-t-elle, pointant
aussi la hausse de 15,5 % des charges
de personnel sur le mandat et la
menace des 235 millions d’euros que
la fin d’Autolib’ fait peser indirectement sur la Ville.
Voilà qui sera bon pour le pouvoir d’achat des Franciliens et
les entreprises. La présidente de
la région Ile-de-France, Valérie
Pécresse, a annoncé lundi dans
« Le Parisien » que le prix du
passe Navigo n’augmentera
pas l’an prochain. L’abonnement de transport mensuel
« toutes zones » restera donc
fixé à 75,20 euros. Après deux
années de forte hausse, Valérie
Pécresse avait déjà renoncé à
l’augmenter cet été, principalement en raison de la longue
grève de la SNCF du printemps
qui a fortement pénalisé les
banlieusards.
Equilibre « factice »
Selon Jérôme Dubus, président du
groupe des macronistes de droite, le
remboursement de la dette deviendra même, après 2020, le premier
budget, au-delà des 400 millions
d’euros du logement social. « L’équilibre du budget est factice », enfoncet-il, rappelant qu’en quatre ans, la
technique des loyers capitalisés aura
permis de prélever plus d’un milliard
d’euros sur les bailleurs sociaux :
« Sans cela, la capacité de remboursement serait passée à quatorze ans. »
Le représentant des centristes,
Eric Azière, cite un avis publié cette
année par Michel Prada, le président du comité des normes comptables, pour qui cette technique
s’apparente à un contournement de
la règle d’or des collectivités. « C’est
un trucage du budget depuis quatre
ans », insiste l’élu UDI.
L’opposition dénonce
la progression
de l’endettement
qui, entre le début de
mandat et la fin 2019,
sera passé de 3,7 à
6,5 milliards d’euros.
Pourtant, à première vue, le projet
de la Mairie s’inscrit dans la continuité des précédents. Les dépenses
d’investissement atteindront 1,9 milliard d’euros, en hausse de 2 %. Les
taux d’imposition ne bougent pas. Le
premier adjoint Emmanuel Grégoire revendique même des efforts
de sobriété pour passer sous la toise
du contrat financier avec l’Etat. Ce
dernier lui impose 1,1 % de hausse des
dépenses de fonctionnement maximum alors que la Ville va à peine
dépasser 0,38 %, à 7,9 milliards
d’euros. La Mairie a même réussi à
caler 1,8 % de hausse des dépenses de
personnel due pour moitié à la création de 250 postes exigés par la livraison de nouveaux équipements. Le
premier adjoint se targue d’un niveau
d’épargne brute en amélioration, de
570 millions d’euros, contre 500 millions en début de mandat. Ce qui
place la Ville à 11,5 années de capacité
de remboursement de la dette, sous
la norme de douze ans de l’Etat.
Emmanuel Grégoire affirme enfin
avoir actionné depuis 2017 trois
leviers d’ajustement de l’emprunt :
baisse du prix des achats, réduction
de 30 % des programmes de construction et économie sur les services
support : « Sans cela, l’augmentation
de l’emprunt en 2019 de 172 millions
d’euros aurait atteint 500 millions. »
L’entourage d’Anne Hidalgo laisse
toutefois entendre que le prochain
mandat ne nécessitera certainement
pas autant d’investissements. Une
façon de reconnaître que cette trajectoire budgétaire n’est pas durable. n
Gratuité
des transports
pour les jeunes
Anne Hidalgo a accordé
le week-end dernier à ses
alliés communistes de
donner aux jeunes la priorité dans ses réflexions sur
la gratuité des transports
publics. Le groupe communiste voulait inscrire
dans le budget
2019 la gratuité aux Parisiens de moins de 10 ans
et le remboursement
de la moitié de la carte
Imagin’R des collégiens,
lycéens et étudiants.
Trois mesures à plus
de 25 millions d’euros.
Anne Hidalgo a refusé
de telles décisions
avant le rendu du rapport sur la gratuité
au début d’année 2019
mais s’est engagée
à cibler en premier
ces publics-là.
L’indemnité
de covoiturage
risque d’être
plus complexe
à mettre en œuvre.
« Deux ans sans augmentation du passe Navigo d’affilée, ce
n’est quasiment jamais arrivé »,
se félicite-t-elle, en annonçant
également la gratuité dès mars
prochain de 27.000 places de
parkings relais près de gares où
les automobilistes peuvent laisser leur voiture pour prendre le
train. Ils économiseraient ainsi
quelque 500 euros par an. Déjà
évoquée, la troisième mesure
annoncée par la présidente de
la région capitale, la création
d’une indemnité de covoitu-
La présidente de la Région,
Valérie Pécresse, avait déjà
renoncé à augmenter
le passe cet été. Photo Sipa
rage, jusqu’à 700 euros par
mois, risque d’être plus complexe à mettre en œuvre du fait
des autorisations à obtenir.
Le versement transport
pas affecté
Interrogée fin novembre sur
une éventuelle hausse, Valérie
Pécresse avait déclaré « si augmentation il y a, elle sera la plus
faible possible ». Elle avait expliqué alors que la multiplication
des contrôles, de meilleures
ventes de tickets, l’installation
de barrières de contrôle à la
gare Saint-Lazare et l’augmentation de l’offre de transports
« laissent prévoir une bonne
dynamique des recettes qui permettrait d’absorber les hausses ».
Ces annonces sont aussi une
bonne nouvelle pour les entreprises qui remboursent au
moins la moitié du passe à leurs
salariés. Mais cela ne change
rien pour le versement transport. Or, sur les 6,2 milliards
d’euros de recettes de fonctionnement des transports inscrites
au budget 2018, le versement
transport représente 4,4 milliards d’euros. Il devrait augmenter en 2019 pour certaines
entreprises afin de financer le
métro du Grand Paris. n
en bref
JEU CONCOURS
LR et RN fustigent l’approbation
du Pacte mondial sur les migrations
POLITIQUE Le Rassemblement national et Les Républicains
ont dénoncé lundi l’approbation du Pacte mondial sur les
migrations des Nations unies par quelque 150 pays réunis à
Marrakech, dont la France, représenté par le secrétaire d’Etat
Jean-Baptiste Lemoyne. « A nouveau, les Français sont tenus à
l’écart d’une décision qui va changer à jamais le visage de notre
pays », a critiqué Marine Le Pen, parlant d’« ignominie immigrationniste ». La porte -parole de LR Lydia Guirous a
dénoncé « un texte qui promeut un appel d’air migratoire et le
multiculturalisme ».
Bientôt dans la vie active ?
À l’occasion de la sortie du guide
« Décrocher son premier job »,
tentez de gagner un exemplaire
en édition limitée avant le 21 décembre* !
Des Marseillais demandent
« des comptes » à Gaudin
POLITIQUE Des centaines
*Conditions et règlement sur start.lesechos.fr/concours-guide
Gérard Julien/AFP)
Pour participer, rendez-vous sur
start.lesechos.fr/concours-guide
de manifestants ont marché lundi jusque sous les
fenêtres du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin
(LR), pour exprimer leur
colère et lui « demander des
comptes », après le report
du conseil municipal initialement prévu dans la
matinée. « Qu’il annule le
conseil municipal est révélateur de la situation de
panique de la Mairie », a
dénoncé Fathi Bouaroua,
président d’Emmaüs
Po i n t e R o u g e , q u i ve u t
« demander des comptes » à
la Mairie: « Comment pendant cinquante ans ont-ils
pu laisser pourrir des
immeubles ? »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
MONDE
en
chiffres
FORT RALENTISSEMENT
DE L’ÉCONOMIE TURQUE
ALLEMAGNE : EXCÉDENT
EXTÉRIEUR STABLE
La Turquie a vu sa
croissance ralentir
drastiquement à 1,56 %
au troisième trimestre
sur un an, selon
les chiffres publiés lundi,
à cause notamment de
la chute de la livre turque
en août. Le PIB s’est
contracté de 1,1 %
par rapport au trimestre
précédent.
L’Allemagne a enregistré
en octobre un excédent
commercial de 17,3 milliards
d’euros, en recul de
0,3 milliard par rapport
à septembre, selon Destatis.
Les exportations ont
progressé de 0,7 % sur un
mois, mais moins que les
importations (+1,3 % sur la
même période), d’après des
chiffres de l’office fédéral.
1%
C’est le niveau de l’inflation en
Grèce en novembre. L’indice
des prix s’établissait à 1,1 % en
novembre 2017. Sur un an, les
hausses les plus importantes
concernent les communications (+4,3 %) et le logement
(+2,5 %). Les biens ménagers
et les services baissent de 1,8 %.
Acculée, Theresa May reporte le vote
du Parlement sur l’accord de divorce
l La Première ministre a dû reconnaître lundi que son
accord avec Bruxelles était loin de recueillir une majorité.
l Elle a annoncé qu’elle allait rencontrer ses homologues
européens pour obtenir des « garanties supplémentaires ».
ROYAUME-UNI
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
La bataille n’aura pas lieu. En tout
cas, pas tout de suite. Alors que tout
indiquait qu’elle s’apprêtait à
essuyer une cuisante défaite au Parlement britannique, Theresa May a
été contrainte, à la veille du vote crucial qui devait s’y tenir ce mardi sur
l’accord conclu avec Bruxelles sur le
Brexit, de le reporter sine die. Elle
n’a pas donné de calendrier, mais le
vote doit impérativement avoir lieu
d’ici au 21 janvier.
Dans une opération de sauvequi-peut qui montre combien elle
se trouve désormais en position de
grande faiblesse, la Première
ministre conservatrice a dû reconnaître devant les députés que le
texte était, en l’état, loin de recueillir
une majorité à la Chambre des
communes. Et d’annoncer qu’elle
allait rencontrer dans les jours qui
viennent ses homologues européens pour tenter d’obtenir non pas
une renégociation de l’accord − les
Européens s’y refusent −, mais des
« garanties supplémentaires » sur la
clause de « backstop » relative à la
frontière irlandaise, sur laquelle
s’est cristallisée ces dernières
semaines la colère des députés.
L’opération de sauvequi-peut montre
combien la Première
ministre se trouve en
position de faiblesse.
Une manière de se donner de l’air,
faute de pouvoir reprendre réellement la main. Reste à savoir quelle est
sa marge de manœuvre pour discu-
ter avec l’UE et si « de simples garanties », pour reprendre l’expression du
chef de l’opposition travailliste
Jeremy Corbyn, suffiront à inverser la
vapeur au Parlement britannique en
emportant in fine l’adhésion des
députés. « Je ne vois pas ce qu’on peut
changer à l’accord de Brexit. Nous
avons un accord qui est soutenu par les
deux parties », a prévenu lundi le
ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, depuis Bruxelles,
où doit s’ouvrir jeudi un Sommet
européen.
Theresa May, lundi, devant les parlementaires britanniques à la Chambre des communes. Photo AFP
tion des députés aux seules critiques
sur le « backstop » en prétendant
« qu’il y avait un large soutien à de
nombreux aspects clefs de l’accord ».
Après avoir résisté à la pression
pendant plusieurs jours, Theresa
May a visiblement dû se résoudre à
reporter le vote en désespoir de cause
lundi en fin de matinée. Le tout dans
une belle cacophonie. Elle a informé
son gouvernement de sa décision à la
mi-journée. Or, son porte-parole
avait affirmé en fin de matinée que le
vote aurait bien lieu et le ministre du
Cacophonie générale
Une chose est sûre : la Première
ministre britannique est en position
difficile. Venant notamment des
rangs du Labour ou du Scottish
National Party, les rires ont souvent
ponctué son discours, notamment
lorsqu’elle a dit « avoir écouté très
attentivement ce qui s’était dit à la
Chambre et en dehors ». Ou lorsqu’elle a tenté de ramener l’opposi-
Brexit : les différents scénarios possibles…
Theresa May a annoncé lundi le
report du vote des députés britanniques sur l’accord avec Bruxelles.
L’objectif : obtenir de l’UE de nouvelles garanties sur la fameuse
clause de « backstop », sur laquelle
se sont concentrées depuis quinze
jours toutes les critiques. Si cela suffisait in fine à obtenir le feu vert des
députés, le texte partirait immédiatement au Parlement européen où
son adoption ne devrait être qu’une
formalité. Si, en revanche, il devait
être rejeté par la Chambre des communes, le pays ferait un véritable
saut dans l’inconnu. Tous les scénarios seraient alors de nouveau sur la
table, avec leurs avantages… mais
aussi leurs inconvénients.
ROUVRIR LES NÉGOCIA•TIONS
AVEC BRUXELLES
Certains députés britanniques en
semblent persuadés : renégocier
réellement l’accord avec la Commission européenne reste possible. En
particulier pour obtenir mieux que
de simples garanties sur la clause de
« backstop ». L’ex-ministre des
Affaires étrangères Boris Johnson a
ainsi estimé qu’un échec de Theresa
May à faire approuver l’accord la
contraindra à partir… pour Bruxelles en rediscuter les termes avec
l’Union européenne. Encore faudrait-il que la Commission européenne y soit prête. Les Européens
ont répété ces derniers jours qu’il
n’était pas question de rouvrir les
pourparlers – une manière d’aider
Theresa May à faire pression sur la
Chambre des communes. Toute la
question est de savoir s’ils accepte-
de leurs frontières, il ne mettrait fin
ni à la liberté de mouvement ni aux
contributions de Londres au budget de l’UE ! Tout en faisant du
Royaume-Uni un « rule taker » contraint d’appliquer les règles européennes sans pouvoir participer à
leur élaboration… Une pilule qui
s’annonce difficile à faire avaler aux
Britanniques.
raient quand même quelques aménagements si l’accord devait être
rejeté à seulement quelques dizaines de voix près.
« NO DEAL »
•OÙLELONDRES
PARTIRAIT
SANS ACCORD AVEC L’UE
C’est le scénario sur lequel retomberait mécaniquement le Royaume-Uni en cas de rejet de l’accord
par la Chambre des communes,
pourrait-on croire. Mais les choses
sont en réalité plus complexes. Le
risque de voir le Royaume-Uni
quitter l’UE sans accord de divorce
à l’amiable a reculé, la semaine
dernière, quand le Parlement britannique a approuvé un amendement lui donnant voix au chapitre
sur la suite des événements dans le
cas où il rejetterait l’accord conclu
avec Bruxelles. Un camouflet pour
le gouvernement, qui devait initialement fixer le cap seul en pareil
cas de figure.
Si le texte devait être
rejeté par la Chambre
des communes, le
pays ferait un véritable
saut dans l’inconnu.
Tous les observateurs en ont fait
le même décryptage : le Parlement
reprend le contrôle de la situation
pour éviter le pire. Autrement dit, il
se donne les moyens de peser pour
permettre au pays d’échapper à un
« no deal » que seule une petite poignée de députés (sans doute moins
d’une dizaine) appelle de ses vœux.
Y parviendra-t-il pour autant ? Le
risque de « no deal par accident »,
lui, demeure. Certains parlent
Daniel Leal-Olivas/AFP
Après le report du vote
au Parlement britannique,
plusieurs cas de figure
sont envisageables.
Certains députés semblent
persuadés que renégocier
l’accord avec la Commission
reste possible.
aussi, à Londres, d’un « managed
no deal », où certaines mesures
seraient prises pour permettre au
pays de gérer une telle situation
sans trop de casse.
L’APPARTENANCE
•À L’ESPACE
ÉCONOMIQUE
EUROPÉEN
Le scénario a eu le vent en poupe ces
dernières semaines, comme solution de repli si l’accord avec Bruxelles était rejeté par les députés. Il a
l’avantage d’être facile à l’emploi,
puisqu’il existe déjà – c’est notamment le modèle choisi par la Norvège. Autre atout, il bénéficie d’un
soutien assez large chez les tories
comme chez les travaillistes. Reste
à savoir si cela suffirait à recueillir
une majorité. Et une telle solution a
un inconvénient politique majeur :
là où les Britanniques ont voté le
Brexit pour reprendre le contrôle
de leur souveraineté et notamment
UN SECOND RÉFÉRENDUM…
•VOIRE
UN « NO BREXIT »
L’hypothèse d’un second référendum, au départ farfelue, ne cesse de
gagner en crédibilité. Elle pourrait
même s’imposer, dans les jours qui
viennent, comme la meilleure solution pour sortir le pays de l’ornière,
surtout si aucune autre voie n’est viable et que la situation se bloque.
L’idée n’est cependant pas facile à
mettre en œuvre : elle a pour l’instant
été rejetée par Theresa May comme
par Jeremy Corbyn (qui préférerait
provoquer des législatives anticipées), tant l’organisation d’un tel
scrutin pourrait être vécue comme
une provocation par les 17 millions
de Britanniques qui ont voté « leave »
au référendum de juin 2016.
La solution est évidemment poussée par ceux qui, galvanisés par la
décision lundi de la Cour de justice
de l’UE sur la réversibilité de l’article 50, croient encore possible de
maintenir finalement le RoyaumeUni dans l’UE. Mais le résultat d’un
second référendum est loin d’être
assuré. Pour certains observateurs,
le « leave » l’emporterait de nouveau. Pour d’autres, le « remain »
gagnerait avec aussi peu d’avance
que le « leave » il y a deux ans et
demi. Ce qui ne ferait que relancer
les divisions entre les deux camps et
rendrait le pays plus difficile encore
à gouverner. — A. C.
Brexit, Stephen Barclay, avait même
assuré dimanche matin que c’était
« 100 % certain »… Sans compter les
fuites dans la presse jugées « profondément discourtoises » par le speaker
de la Chambre, John Bercow.
Ses opposants politiques ne l’ont
pas ratée. « Le gouvernement a conclu
que l’accord de Brexit de Theresa May
était si désastreux qu’il a pris la décision désespérée, à la dernière minute,
de repousser son propre vote », a réagi
Jeremy Corbyn. La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon y a vu,
de son côté, « un pathétique acte de
lâcheté » de la part d’un gouvernement qui « s’effondre en plein chaos ».
Relançant le risque de « no deal »
aux yeux des marchés, ce report a
immédiatement entraîné une
chute de la livre, qui lâchait dans la
foulée de l’annonce plus de 1,77 %
face au billet vert, à 1,2506 dollar,
son plus bas niveau depuis
avril 2017. La devise britannique a
cédé jusqu’à 1,5 % en séance face à la
monnaie unique, à 1,1210 euro, au
plus bas depuis fin août 2018. n
L’avis de la Cour de justice
qui pèse sur les débats
L’institution européenne
a fait savoir, lundi, que
Londres pouvait unilatéralement changer d’avis.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
A la veille de ce qui s’annonçait
comme un vote historique du
Parlement britannique , mais qui
a été finalement repoussé, la
Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un avis
capital, lundi matin. Elle y affirme
qu’un Etat-membre ayant enclenché le processus de sortie de
l’Union européenne peut unilatéralement revenir sur sa décision
tant que le divorce n’a pas été acté.
Clarification capitale
« Lorsqu’un Etat membre a notifié le
Conseil européen de son intention de
se retirer de l’UE, ainsi que l’a fait le
Royaume-Uni, cet Etat membre est
libre de révoquer unilatéralement
cette notification » ont fait savoir les
25 juges de l’institution, en précisant que ce revirement ne peut en
aucun cas faire l’objet d’un appel.
La conséquence est capitale :
on sait désormais que Londres
peut, jusqu’au 29 mars prochain,
décider de revenir sur son choix
de quitter l’Union européenne.
C’est en effet le 30 mars 2017 que
Theresa May avait enclenché le
divorce. Ce processus doit durer
deux ans, selon l’article 50 du
Traité de l’Union européenne,
mais son éventuelle annulation
n’avait pas été envisagée explicitement dans les textes officiels. D’où
la clarification de la Cour.
Même si les modalités qui permettraient de déboucher sur un tel
scénario sont encore obscures, cet
avis de la Cour de justice pourrait
avoir un impact important sur la
dynamique politique au RoyaumeUni. Il promet de galvaniser le
camp des « Remainers ». Le rejet
de l’accord par le Parlement britannique ne déboucherait pas forcément sur un Brexit sans accord : il
pourrait aussi ouvrir la voie à
l’alternative opposée d’un maintien
du pays dans l’UE. Cela nécessiterait, malgré tout, la tenue d’un
second référendum, ou « people’s
vote » comme on l’appelle outreManche.
L’avis de la CJUE peut
avoir un impact sur
le vote au Parlement
des Brexiters
en les dissuadant
de rejeter le projet.
Mais cet avis de la CJUE peut
également avoir un impact sur le
vote au Parlement des « Brexiters »
en les dissuadant de rejeter lors du
prochain vote au Parlement le
projet d’accord de divorce proposé
par Theresa May. Ils sont désormais avertis : au lieu d’emmener
leur pays sur le chemin d’un
Brexit sec, un tel vote pourrait
ouvrir la porte au scénario qu’ils
redoutent le plus, celui d’une
annulation pure et simple du
divorce. Dans le camp européen, il
ne fait guère de doute qu’un éventuel revirement de Londres serait
accueilli positivement. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
Climat : l’Europe peine à montrer l’exemple
l Selon l’indice de performance publié mardi à la COP24,
aucun des 28 Etats membres de l’Union européenne
ne s’est mis en ligne avec l’Accord de Paris.
l Les résultats diffèrent fortement selon les pays.
dernier, les trois premières places
qui correspondent à ce niveau
d’excellence sont vides.
La Lituanie (6e), la Lettonie (7e),
le Royaume-Uni (8e), la Suisse (9e),
Malte (10e), la Norvège (12e) et la
Finlande (13e) se placent dans le
peloton de tête de ce classement et
obtiennent la mention « bien ».
Par contre les performances de
l’Allemagne (27e), du Luxembourg
(19e), de l’Italie (23e), de la France
(21 e ) et des Pays-Bas (28 e ) sont
« passables ». Les résultats de
l’Espagne et de la plupart des pays
d’Europe centrale, comme la Pologne (41e), pays hôte de la COP24,
sont qualifiés de « mauvais », leur
note n’atteignant pas la moyenne.
L’Irlande, avec 40 points sur 100,
fait partie des pays mentionnés
comme « très mauvais » au terme
de ce « scoring » qui prend en
compte quatre critères : les émissions de gaz à effet de serre,
les énergies renouvelables, la
consommation énergétique et la
politique climatique. L’Union
européenne s’est fixé l’objectif de
PLANÈTE
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
On ne peut pas dire que l’Europe
des Vingt-Huit brille au firmament en matière de lutte contre le
réchauffement. Le dernier indice
de performance climatique (IPC),
publié mardi par Germanwatch
dans le cadre de la COP24 de
Katowice, la place en 16e position
parmi 56 des 197 pays signataires
de l’Accord de Paris dont cette
ONG a analysé les actions engagées pour contenir l’élévation des
températures à 1,5 degré.
La Suède, souvent érigée en
modèle, se classe 4e, ce qui la place
en tête de tous les Etats. Mais sa
note (76,28) n’est pas assez haute
pour lui permettre de décrocher la
mention « très bien » délivrée par
cet indice coproduit par le Climate
Action Network (CAN), une ONG
internationale, et le NewClimate
Institute de Cologne. Comme l’an
réduire de 55 % ses émissions de
gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2030. Cet engagement « est
trop faible », estime Wendel Trio,
directeur du CAN pour l’Europe.
« Il faut aller bien au-delà, comme
le Parlement européen et plusieurs
Etats membres le préconisent. »
Un Maroc performant
Hors Europ e, ce clas sement
réserve quelques bonnes surprises. A commencer par le Maroc
qui se place en 5e position. La raison ? « Avec la connexion de la
plus grande centrale solaire au
monde et de plusieurs nouveaux
parcs éoliens au réseau électrique,
le pays est sur une bonne voie
d’atteindre son objectif de 42 % de
capacités d’énergie renouvelable
installées en 2020 et de 52 % en
2030 », explique l’étude. L’Inde,
classée 11e, obtient également une
mention « bien », sensiblement
pour les mêmes raisons. « Les
projets de construction de nouvelles centrales au charbon risquent
de contrecarrer » les « évolutions
positives » du sous-continent,
signalent cependant les experts
de Germanwatch.
A noter que la Chine figure
pour la première fois, même si
c’est en dernière place, dans le
groupe des pays à performance
intermédiaire, celui des mentions « passable ». « Ses niveaux
d’émissions n’ont pas augmenté
entre 2014 et 2016 », note l’étude.
Ce qui n’a plus été le cas l’an dernier. Enfin, comme lors de la précédente livraison de l’IPC, les
Etats-Unis, le Canada et l’Australie se partagent « le fond de la
classe » avec la Corée du Nord,
l’Arabie saoudite et l’Iran. La Russie, elle aussi, continue de faire
partie des pays « très mauvais »,
mais elle progresse. n
« 100 % de nos investissements dans
l’énergie vont dans le renouvelable »
Les Etats sous-évaluent
l’impact des incendies
de forêt
Propos recueillis par
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Les grandes puissances
forestières que sont
le Brésil, l’Indonésie
et la Russie ont tendance
à sous-évaluer les
émissions de CO2 dues
aux incendies de forêt.
1
Le changement
climatique est
l’un des principaux défis
planétaires, mais
surtout africain.
Comment y faites-vous face ?
L’Afrique est le continent qui contribue le moins aux émissions de gaz à
effet de serre, 4 % environ, et c’est
celui qui en souffre le plus des conséquences : sécheresses, inondations,
migrations… Le changement climatique est donc notre priorité. D’ici à
2020, 40 % de notre budget sera consacré à relever ce défi. C’est le ratio le
plus grand au niveau des banques de
développement régionales. Nous
investissons massivement dans les
3 QUESTIONS À
AKINWUMI
ADESINA
Vincent Fournier/Jeune Afrique-R
L
a Banque africaine de développement a lancé un programme pour permettre à
250 millions de personnes d’accéder à l’énergie. Son président
estime qu’il ne faut pas craindre
la Chine.
Président
de la Banque africaine
de développement
énergies renouvelables : 12 milliards
de dollars sur la période 2016-2020.
Il y a trois ans, elles ne représentaient
que 14 % de nos investissements
dans le secteur énergétique. A présent, c’est 100 %. Nous aidons les
pays à s’assurer financièrement contre les catastrophes naturelles liées
aux sécheresses et aux inondations
par exemple, nous avons mis sur
place un réseau baptisé « African
Financial Alliance on Climate » dont
le comité de pilotage est composé
d’acteurs clefs du secteur financier
sur le continent avec des représen-
VENTE
tants de ses places boursières et de
ses banques centrales. Le Maroc,
l’Egypte et l’Afrique du Sud sont
parmi les pays en pointe dans les
énergies renouvelables. En tant que
BAD, nous avons lancé le programme « Desert to power ». Il vise à
faciliter l’accès à l’énergie pour
250 millions de personnes dans la
zone sahélo-saharienne et de la
Grande muraille verte par l’intermédiaire de l’énergie solaire.
2
Comment abordez-vous
les questions migratoires
PRIVÉE
Cave des fêtes
S
& SECOND
VINS
NOS COUPS DE COEUR
&
CHÂTEAU BEAUREGARD 2013
LE BENJAMIN DE BEAUREGARD 2013
Bordeaux - Pomerol
Bordeaux - Pomerol
32,00€
au lieu de 35.00€
21,90€
au lieu de 26.00€
qui représentent l’autre grand
défi du continent ?
Les migrations sont un phénomène
normal qui a toujours existé. Les opinions publiques pensent que l’Afrique se vide. C’est faux. Plus de 90 %
des déplacements de population se
déroulent sur le continent. Pour
régler le problème du désespoir qui
sous-tend souvent les migrations, il
faut trois choses : créer de l’emploi
qualifié en Afrique pour que la jeunesse y reste, une approche globale
pour affronter ce phénomène et
gérer les flux, enfin il faut favoriser la
stabilité et la paix. La BAD veut favoriser la création de 25 millions
d’emplois ces dix prochaines
années. Nous investirons dans l’agriculture en tant que business, dans le
soutien aux PME-PMI et dans les
technologies. En s’attaquant sérieusement au chômage des jeunes,
l’Afrique gagnera 10 à 20 % de croissance annuelle. Son PIB augmentera de 500 milliards de dollars par
an durant les trente prochaines
années et le revenu par habitant de
55 % par an jusqu’en 2050.
3
La Chine est devenue
l’un des principaux
investisseurs. Comment
réagissez-vous à la hausse
des investissements chinois ?
La Chine aide l’Afrique en étant l’un
de ses plus importants partenaires
commerciaux et en investissant
massivement dans les infrastructures. Dans ce secteur, notre déficit est
d’environ 100 milliards de dollars
par an. Les pays africains apprécient cette aide de la Chine, mais
nous devons faire attention à ce que
les contrats signés soient équitables. La BAD les conseillent sur le
plan juridique notamment. Nous
avons ainsi permis au gouvernement de Guinée-Bissau de réduire
de 94 % son endettement vis-à-vis
de la Chine. Mais il ne faut pas se
reposer uniquement sur le secteur
public. Il faut favoriser et développer les partenariats avec le secteur
privé. Nous avons par exemple organisé en novembre un forum sur ce
thème à Johannesburg pour favoriser les contacts. Quelque 38,7 milliards de dollars de contrats ont été
signés en moins de 72 heures. Nous
ne devons pas craindre la Chine, les
pays africains ne sont pas des petits
pays. Nous les aidons et continuerons à les aider. n
C’est un cercle infernal dont les
Etats les plus concernés auraient
une fâcheuse tendance à sous-estimer l’ampleur et les impacts.
Les incendies de forêt contribuent puissamment au réchauffement climatique, lequel participe en retour à leur expansion et
à leur apparition de plus en plus
fréquente. Un fait établi dont
une étude publiée la semaine
dernière par Greenpeace International, lors de la COP24, organisée à Katowice (Pologne),
s’emploie à rappeler l’ampleur.
En 2016, la part des émissions de
CO2 scientifiquement imputables à ces catastrophes s’est élevée à 7,7 gigatonnes. Un chiffrage
dans lequel il faudra de plus en
plus inclure les « méga-incendies » qui ravagent la Californie
et où ils sont en passe de devenir
la norme.
Ils représentent d’ores et déjà
« plus du double de ce que toutes
les ressources fossiles utilisées par
les industries européennes ont
rejeté de CO2 et près de 25 % des
émissions mondiales annuelles »,
selon les auteurs de l’étude. Fort
heureusement, ces rejets issus de
la combustion des forêts alimentent la croissance de la végétation. Mais pas tous et pas suffisamment pour éviter certains
effets délétères sur le climat.
Beaucoup des « suies lourdes » (Black Carbon) libérées par
les incendies qui frappent les
forêts boréales sibériennes finissent sur l’immensité glaciaire de
l’Arctique. Avec pour effet de
réduire son pouvoir réfléchissant et de maintenir au sol la chaleur produite par le rayonnement solaire. Autre
conséquence, ces sinistres
amputent durablement la capacité de stockage de ces puits naturels de carbone que sont les
forêts. Tous ces facteurs viennent
aggraver le réchauffement. Une
situation dont le Brésil, la Russie
et l’Indonésie, grandes puissances forestières, n’auraient pas
pris l’exacte mesure. Selon le rapport de Greenpeace International, qui consacre à chacun une
étude de cas, ces Etats « sous-estiment sérieusement les émissions
de CO2 dues aux incendies, les procédures de contrôle n’étant pas
opérantes et celles de suivi manquant de précision ».
Dans ses rapports d’émissions
de CO2, le Brésil ne précise pas la
part des incendies non imputables à la déforestation et ne fait
pas mention de ces suies. Si tel
avait été le cas, c’est près de
1.600 mégatonnes qu’il lui aurait
fallu déclarer et non pas
740 mégatonnes, selon l’ONG.
L’Indonésie ne s’embarrasserait
pas davantage de ce genre de
détail. En 2014, si le pays s’était
appuyé sur les chiffres de la base
mondiale de données sur les
émissions dues aux feux de forêt,
Beaucoup des
« suies lourdes »
libérées par les
incendies qui
frappent les forêts
boréales sibériennes
finissent sur
l’immensité glaciaire
de l’Arctique.
le GFED, il lui aurait fallu annoncer 1.740 mégatonnes au lieu de
1.608 mégatonnes de CO2. Tout
aussi étourdie, la Russie aurait
omis de faire figurer plus de
100 mégatonnes dans sa déclaration en 2015 (1.031 mégatonnes
annoncées). Les objectifs de
réduction de CO2 de ces pays sont
à la hauteur de ces estimations et,
comme elles, insuffisants. La
nécessité pour les représentants
des 200 Etats réunis à Katowice
d’y finaliser le « mode d’emploi »
de l’Accord de Paris n’en est que
plus forte. Ce manuel doit contenir des méthodes transparentes
et universellement reconnues de
mesure et de « reporting » des
efforts des pays pour diminuer
leurs rejets. Un outil indispensable au respect de l’objectif, très
improbable, d’être à 1,5 degré de
réchauffement d’ici à 2100.
— J. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 09
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
En Inde, le gouverneur de la Banque centrale,
Urjit Patel, claque la porte
ASIE DU SUD
Depuis plusieurs mois,
Urjit Patel, gouverneur
depuis 2016, subissait
des pressions gouvernementales pour le
forcer à infléchir sa
politique monétaire.
Son mandat de trois ans devait
s’achever en septembre de l’année
prochaine. Urjit Patel, le gouverneur
de la Banque centrale indienne, a
décidé d’y mettre un terme de façon
anticipée. Dans un message posté,
lundi, sur le site de la Banque centrale, le gouverneur a préféré invoquer des raisons personnelles à l’origine de sa décision plutôt que de
dénoncer les pressions constantes
des autorités pour infléchir sa politique monétaire.
Les quotidiens économiques
indiens ont en effet rapporté en octobre et novembre que le gouvernement avait envoyé au moins trois
courriers au patron de la Banque
centrale afin d'influencer ses prises
de décision. Dans son communiqué,
ce dernier préfère souligner les progrès « considérables accomplis au
cours des dernières années » par
l’organisme régulateur. Arun Jaitley,
le ministre des Finances, a affirmé
lundi dans un tweet que le gouvernement « salue » l'action d’Urjit Patel à
la tête de la Banque centrale.
Le Premier ministre et son parti, le
BjP, sont actuellement en campagne
à quelques mois d’un scrutin qui doit
permettre au leader hindouiste de
briguer un deuxième mandat. Il
importe donc au Premier ministre
d’avoir une économie la plus en
forme possible afin de valoriser au
mieux son bilan. La consommation
Dhinaj Singh/Bloomberg
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Son mandat de trois ans devait s’achever en septembre de l’année prochaine. Urjit Patel, le gouverneur de la Banque centrale, a décidé d’y mettre un terme de façon anticipée.
étant une composante forte du PIB,
l’un des points sur lequel insistait le
gouvernement auprès de la Banque
centrale était d’obtenir un assouplissement de la politique de crédit aux
ménages, afin que ces derniers disposent de liquidités en quantités suffisantes pour faire tourner l’économie.
Plus largement, le gouvernement
souhaiterait que l'institut monétaire
abaisse les taux et injecte des liquidités dans l'économie. Cela paraît
d’autant plus fondamental que les
performances économiques déclinent, même si l’Inde reste l’une des
croissances les plus fortes au monde.
Seulement, les chiffres du dernier trimestre sont passés sous la barre des
8 % annuels, un niveau en deçà
L’économie ne
parvient plus à créer
suffisamment
d’emplois pour
absorber les nouveaux
venus sur le marché
du travail.
duquel l’économie ne parvient plus à
créer suffisamment d’emplois pour
absorber les nouveaux venus sur le
marché du travail. Cette pause dans
la croissance s’accompagne d’un glissement tendanciel de la roupie, dont
la performance apparaît comme
l’une des plus médiocres en 2018,
comparée aux autres monnaies
d’Asie. Lundi, la devise indienne a
accusé le coup de la démission,
cédant 1,6 %, sa plus forte baisse
depuis août.
Ce n’est pas la première fois que la
Banque centrale essuie les critiques
du gouvernement. Arun Jaitley, le
ministre des Finances, avait tenu la
Banque centrale pour responsable
d'une accumulation de mauvaises
créances de plusieurs milliards de
dollars qui pèse sur l'économie. Arun
Jaitley avait accusé la Banque centrale d'avoir « fermé les yeux » quand
les banques indiennes ont, de 2008 à
2014, émis des prêts qui sont ensuite
devenus des créances douteuses. n
Les exportations françaises stagnent
vers le monde arabe
COMMERCE
La Chambre
de commerce francoarabe prône l’instauration d’un conseil
pour fédérer les efforts
de promotion des
entreprises françaises.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Ça stagne. Les exportations françaises vers les quelque vingt pays
arabes ne progressent plus depuis
trois ans, aux alentours de 27 milliards d’euros, a déploré Vincent
Reina, président de la Chambre de
commerce franco-arabe, lors du troisième Forum France-Pays arabe, la
semaine dernière à Paris. Ces exportations (qui ont atteint 6.655 milliards
d’euros au deuxième trimestre de
cette année) plafonnent ainsi à environ 6 % du total des exportations de
l’Hexagone. Une déception quand on
sait que l’image de la France est très
bonne dans cette région du monde
forte de 370 millions de consommateurs (dont 15 % de francophones) et
la qualité de ses biens et services
reconnue.
Projets d’infrastructures
Ces exportations sont aussi excessivement concentrées, puisque cinq
pays concentrent les deux tiers des
ventes françaises, dans l’ordre, l’Algérie, l’Arabie saoudite, le Maroc, la
Tunisie et le Qatar. Vincent Reina
prône la « large diffusion des outils et
possibilités de financements sur les
pays arabes, avec la participation de la
Banque publique d’investissement par
exemple », ainsi que « la création
d’une instance transversale de concertation et de promotion pour fédérer les
institutions en charge des relations
entre la France et les pays arabes ». Ces
derniers constituent un marché
d’autant plus prometteur qu’ils ont
pour la plupart adopté des agendas
Vision 2030 ou 2040 pour, notamment, s’émanciper de leur dépendance envers des hydrocarbures
représentant généralement plus des
deux tiers de leurs exportations. Des
programmes impliquant des achats
massifs de biens d’équipement.
Le secteur des biens mécaniques et
électroniques représente le principal
débouché (24 %) des entreprises
hexagonales, devant les produits
agroalimentaires (14 %). Les produits
pharmaceutiques et cosmétiques
(10 %) viennent en troisième position.
Patrick Couzinet, directeur général
de Veolia Water Technologies Afrique, a souligné pour sa part que les
projets d’infrastructures, grâce aux
nouvelles technologies, sont beaucoup moins lourds et coûteux à installer et entretenir. n
Les réformateurs
confortés en Arménie
ASIE
Le parti
du Premier ministre
a obtenu 70 %
des suffrages.
Les sortants ont été sortis en
Arménie. Le parti républicain
de l’ex-président Serge Sarkissian, renversé en mai dernier
par un soulèvement populaire
aussi prompt qu’inédit, a été
balayé aux législatives anticipées de dimanche. Il disposait
de 58 députés sur 101, il n’en
aura… aucun dans la nouvelle
Chambre, n’ayant pu franchir le
seuil de 5 % des suffrages.
Porté au pouvoir il y a six
mois par des manifestations
massives qui avaient paralysé le
pays, le Premier ministre, Nikol
Pachinian, un ancien journaliste de 43 ans, a réussi son pari.
Confronté à un Parlement
dominé par les partisans de
l’ancien régime, il s’était mis
d’accord en septembre avec ces
derniers pour obtenir la dissolution de la chambre des députés afin d’éviter une impasse
politique.
Son parti a remporté dimanche 70 % des suffrages, ce qui lui
permettra de faire adopter les
réformes indispensables dans
cette ex-république soviétique
du Caucase de 3 millions
d’habitants. « Le parti de Pachinian va probablement […] avoir
tous les leviers nécessaires pour
accélérer les réformes économiques et politiques promises »,
indique à l’AFP l’analyste Guevorg Pogossian.
Le chef du gouvernement a
lancé une offensive tous azimuts contre la corruption – de
l’armée ou des douanes jusqu’aux écoles –, et prône une
« révolution économique ». Il y
a en effet urgence puisque le
revenu moyen des Arméniens,
à 310 dollars en moyenne, stagne quasiment depuis dix ans et
qu’un habitant sur trois vit sous
le seuil de pauvreté. Sur le plan
géopolitique, le leader de la
« révolution de velours » arménienne semble vouloir maintenir une alliance avec la Russie,
Le revenu moyen
des Arméniens,
à 310 dollars en
moyenne, stagne
quasiment
depuis dix ans.
qui a fait preuve d’une neutralité inhabituelle lors du mouvement semi-insurrectionnel du
printemps dernier, tout en coopérant avec les Etats-Unis et
l’Union européenne.
La Constitution prévoit qu’un
tiers des sièges soit réservé aux
partis d’opposition. Les observateurs de l’Organisation pour
la sécurité et la coopération en
Europe (OSCE), ont salué un
scrutin « respectant les libertés
fondamentales » et jouissant
d’une « large confiance du
public ». Un satisfecit rare dans
la région. — Y. B.
24 %
LE SECTEUR DES BIENS
MÉCANIQUES
ET ÉLECTRONIQUES
représente le principal
débouché des entreprises
hexagonales.
Le Premier ministre, Nikol Pachinian, un ancien journaliste de 43 ans, a réussi son pari. Photo Karen Minosyan/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 //
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Réinventer notre Etat providence
des Echos
La Chronique
L’introuvable démocratie
des « gilets jaunes »
Le Point de vue
Réveiller l’Europe, c’est maintenant !
Art et culture
Belles BD, beau Noël
Prospective
L’édition du génome doit-elle tout miser
sur CRISPR ?
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
« Gilets Jaunes » :
croissance, alerte rouge
Sur le terrain strictement économique, la
crise sociale et politique qui secoue le pays et
occupe les esprits depuis un mois constitue
un événement dont il se serait bien passé. Le
ministre de l’Economie, Bruno Le Maire,
estime à 0,1 point de croissance le manque à
gagner, quand la Banque de France l’évalue
au double. Ce n’est pas rien. C’est même
Par Dominique
d’autant plus regrettable que la France
Seux
connaît déjà une croissance inférieure à celle
de la moyenne de la zone euro. Les esprits
Si le
révolutionnaires (aux extrêmes) et
mouvement revanchards (ceux qui n’ont pas digéré 2017)
s’en moquant peut-être, il appartient aux
continue,
raisonnables de le rappeler : il est
l’activité sera esprits
temps que le mouvement des « gilets
pénalisée
jaunes » cesse, à charge pour le pouvoir
durablement d’apporter les bonnes réponses. L’économie
tricolore se tire doublement une balle dans
le pied. Directement, avec un mois de
décembre qui va être difficile pour le commerce. Indirectement,
avec une image internationale qui se dégrade à vitesse grand V. Les
images qui tournent en boucle chaque samedi sur les médias ne
vont de toute évidence en aucun cas inciter les investisseurs à miser
sur un pays décidément si bizarre, qui considère que les colères
doivent se manifester entre les rendez-vous électoraux davantage
que dans les urnes. Dommage : la France manque une occasion au
moment où le Royaume-Uni (avec le Brexit) et l’Italie (avec une
étrange coalition) lui ouvraient un boulevard.
Cette alerte économique est lancée à un moment peu propice. La
conjoncture internationale émet de moins bons signaux, qu’il
s’agisse des conflits commerciaux, des marchés financiers ou du
ralentissement chinois. Dans cet environnement, il suffit de peu
pour que l’économie française, plus que d’autres, passe du vert au
rouge. Avec les prélèvements fiscaux, les dépenses publiques, les
déficits et un taux de chômage déjà parmi les plus élevés du monde,
elle a peu de marges de manœuvre. La contrepartie de tous ces
particularismes, un mode de vie plus agréable pour une partie
importante des Français (temps de travail et de retraite
notamment, prise en charge de la santé) pèse peu quand le vent se
remet à souffler. Une croissance autour de 1,5 % cette année comme
en 2019 n’aurait apparemment rien de dramatique. Sauf qu’elle doit
être rapportée à l’évolution démographique, qui reste importante.
Par habitant, on n’est plus très loin de la décroissance, peut-être
rêvée ici ou là, mais désastreuse pour l’emploi et les revenus. Si le
mouvement continue, les géants de l’e-commerce en sortiront
gagnants au moment de Noël, ce qui ne sera pas le moindre des
paradoxes. Mais surtout, l’activité sera pénalisée durablement.
Ce que personne ne peut se permettre.
(
Lire nos informations
Pages 2 à 4, 11, 19 et 29
Qu’est-ce qui pourrait
sauver la Bourse ?
Par Guillaume Maujean
Vendredi, le Club Med va faire son grand retour en Bourse. Mais
son propriétaire chinois, Fosun, a décidé de coter le groupe à Hong
Kong, pas à Paris. Comme un triste symbole de la désertion de la
place financière française par ses fleurons… Seules une quinzaine
d’opérations d’« IPO » ont eu lieu cette année sur les marchés
d’Euronext, et presque aucune de grande envergure. Année après
année, le constat est sans appel : la Bourse de Paris ne fait plus
rêver les entreprises. Le phénomène n’est pas propre à la France.
Sur beaucoup de places financières, les sociétés qui quittent la
Bourse sont plus nombreuses que celles qui y entrent. Trop de
contraintes, trop de frais, trop de pression à court terme. Pour
beaucoup d’entrepreneurs, le jeu n’en vaut plus la chandelle.
Même Elon Musk ne cache plus sa volonté de sortir Tesla de la
Bourse… et se fait taper les doigts par son régulateur. La Bourse a
pourtant des atouts indéniables. C’est un excellent moyen de lever
des fonds pour mener à bien un projet de croissance évidemment.
Mais cela peut être aussi une opportunité pour structurer sa
société, mettre « au carré » son organisation, sa gouvernance. Pour
se faire connaître auprès d’un public plus large et à l’international.
Mais la cote vieillit à vue d’oeil, particulièrement de ce côté-ci de
l’Atlantique. Les jeunes pousses préfèrent souvent chercher leur
argent auprès des banques, des entrepreneurs à succès ou des
fonds d’investissement professionnels, les acteurs du private
equity. Notre économie reste très dépendante de la dette, quand
nous devrions accélérer notre transition vers une économie de
fonds propres. Les privatisations auraient pu relancer l’appétit
pour la Bourse. Pas sûr que cela soit encore à l’ordre du jour…
(
Lire nos informations
Page 30
Anne-Lise Boutin
La bataille Pékin-Washington
va bien au-delà du commerce
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Cessez-le-feu. Xi Jinping et Donald
Trump disposent désormais d’un
peu moins de quatre-vingt-dix
jours pour enterrer la hache de
guerre sur les questions commerciales. Même si, depuis leur rencontre de Buenos Aires et les jours qui
ont suivi, la tension est retombée, ils
sont loin d’avoir gommé toutes les
aspérités de leur relation. En ont-ils
seulement envie ?
Leurs moues réciproques sur la
photo de famille à Buenos Aires en
dit long sur le climat qui a prévalu
lors de leurs échanges. Plus question de lune de miel entre les deux
chefs d’Etat, leur rivalité exacerbée
s’affiche. Elle dépasse à présent le
simple cadre des relations commerciales. C’est la lutte pour le leadership mondial qui les met face à
face, et qu’il faut garder à l’esprit
désormais.
Les Etats-Unis sont encore K.-O.
debout de ne plus être la seule puissance mondiale, une place qu’ils
occupaient depuis la fin de l’ère
soviétique. Ils sont d’autant plus
irrités que la Chine leur mène la vie
dure jusque dans des domaines où
on ne l’attendait pas forcément. Elle
crée des tensions institutionnelles
lorsqu’elle développe ses propres
organismes multilatéraux ; elle
cabre les démocraties occidentales
lorsqu’elle se pose en modèle de
gouvernance auprès de nombreux
pays en développement.
C’est surtout sur le terrain des
questions stratégiques que les susceptibilités sont à fleur de peau.
Pour ne considérer que la zone asiatique, Pékin et Washington livrent
des analyses diamétralement opposées au moins sur trois points : la
péninsule coréenne, la mer de
Chine méridionale, et bien entendu
Taïwan, qui revient au centre du
jeu. Face à la revendication de
Pékin, l’île continue à revendiquer
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Passé le bras de fer
sur les questions
commerciales, Pékin
et Washington sont
loin d’avoir résolu
tous leurs différends.
Les questions
stratégiques
restent au cœur
de leurs rivalités.
D
Les points à retenir
rivalité qui oppose Pékin
•et La
Washington dépasse
le cadre strict des relations
commerciales.
C’est surtout sur le terrain
géostratégique que les
susceptibilités sont à fleur
de peau, en particulier
concernant Taïwan,
la péninsule coréenne
ou la mer de Chine du Sud.
L’accès aux technologies
de pointe est un autre terrain
d’affrontement, dans lequel
les Etats-Unis veulent freiner
l’expansion chinoise.
•
•
son indépendance protégée par le
Taiwan Relations Act, par lequel
les Etats-Unis garantissent sa sécurité depuis 1979. Depuis, flotte
dans l’air comme un parfum de
provocation chaque fois qu’un
bâtiment de guerre américain
croise dans le détroit de Formose,
large de 180 kilomètres. Or cette
année, pas moins de trois missions
de l’US Navy ont eu lieu entre juillet
et novembre, renforçant la pression américaine et déclenchant, à
chaque fois, les protestations des
autorités chinoises. Pour elles, une
telle présence étrangère reste forcément perçue comme une
atteinte à la souveraineté de
l’empire du Milieu.
Pékin peut cependant gonfler le
torse depuis que les élections du
24 novembre à Taïwan ont permis
au KMT, le parti pro-Chine, de
reprendre notamment les villes de
Taichung (deuxième agglomération de l’île) et de Kaohsiung, au
sud. Avec cette dernière, « la Chine
dispose d’une enclave qu’elle peut
utiliser à présent pour pénétrer
davantage Taïwan », analysaient
récemment des experts spécialisés sur la Chine, réunis chaque
mois à l’initiative du think tank
français Asia Centre.
Taïwan rend inflammable la
relation entre Pékin et Washington,
et Trump ne se prive pas d’appuyer
délibérément sur ce levier. Un cran
supplémentaire a été franchi en
mars de cette année avec l’autorisation de reprendre des visites américaines de haut niveau à Taïwan et
vice versa. Récemment, les propos
tenus par Mike Pence, le vice-président américain, qui a redit son soutien total à Taïwan, ont ravi les autorités de l’île. Et énervé un peu plus
encore Pékin, d’autant que Pence
n’y est pas allé par quatre chemins : « La mer de Chine méridionale n’appartient à aucune nation, et
les Etats-Unis vont continuer à naviguer partout où les lois internationa-
les le leur permettent », a-t-il
déclaré. Pour se parer de toutes les
vertus, Pékin mène des consultations avec les pays de l’Asean dans le
but d’aboutir d’ici trois ans à un
« code de conduite » en mer de
Chine méridionale. Il n’y a pour
l’instant aucune garantie.
Au total, « Xi Jinping fait tout ce
qu’il peut pour affirmer le leadership
de son pays sans pour autant franchir le seuil d’un affrontement armé,
non seulement avec les Etats-Unis,
mais aussi avec ses voisins les plus
immédiats », écrit Jean-Pierre
Cabestan, de l’université baptiste de
Hong Kong, dans la dernière édition de la revue « Le Débat » (n° 202,
novembre 2018, Gallimard). En
2016, Steve Bannon, alors patron du
média ultraconservateur Breitbart News, déclarait : « Nous irons à
la guerre dans la mer de Chine méridionale d’ici cinq à dix ans. Il n’y a
aucun doute là-dessus », rappelle
l’historien Pierre Melandri dans le
même numéro.
Pour éviter de tomber dans le
piège de l’affrontement direct, il
existe une troisième voie, à mi-chemin entre le commerce et les questions géostratégiques. Elle consiste
à freiner l’autre dans son expansion. C’est tout le sens donné à la
maîtrise des technologies et, par
extension, aux mesures déployées
par les Américains pour éviter que
la Chine n’atteigne les objectifs de
son plan Made in China 2025. Dans
sa course à l’acquisition de technologies, pour Pékin tous les moyens
sont bons : depuis le non-respect de
la propriété intellectuelle jusqu’à
l’espionnage, en passant par l’acquisition de fleurons technologiques.
Chacun a appris à se protéger à sa
façon par des actions ciblées. La
récente affaire Huawei avec l’arrestation au Canada de la fille du président du groupe est le dernier épisode d’un coude-à-coude qui dure,
et dont les rebondissements sont
loin d’être achevés. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
opinions
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1. Direct : « Gilets jaunes » : Macron en « a pris pour son grade »
2. Brexit : le vote du Parlement sur l'accord de divorce est reporté
3. « Gilets jaunes » : la France regardée avec stupeur à l'étranger
4. L'enquête de Nissan contre Ghosn s'étend bien au-delà du Japon
5. « Gilets jaunes »: Macron appelé à bâtir un « nouveau contrat social »
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Réinventer notre Etat
providence
Les trottinettes
électriques marquent
le pas aux Etats-Unis
A l’origine de la crise des « gilets jaunes »,
on trouve une pression fiscale record et un
modèle social à bout de souffle.
Aujourd’hui, il faut réinventer un Etat
providence autour de quelques principes.
Revue de détail par William Thay,
président du think tank Le Millénaire.
SERVICES PUBLICS « Il est nécessaire de
rapprocher les services publics des
territoires ruraux […]. La loi d’orientation
sur les mobilités (LOM) devrait permettre de
renforcer les liens entre les territoires grâce à
un grand plan d’aménagement autour des
lignes ferroviaires du quotidien et le
développement à venir des voitures
autonomes. Ensuite, redonner des moyens à
la déconcentration permettrait de renforcer
la présence des services publics dans ces
territoires plutôt que d’avancer vers une
décentralisation difficile à financer. »
FONCTIONNAIRES « La baisse du nombre
de fonctionnaires ne peut coïncider qu’avec
une simplification de l’administration
(numérisation), une augmentation du
temps de travail et la redéfinition du statut
de la fonction publique. […] Le changement
de priorité des politiques publiques amène à
changer ce statut, en le concentrant sur des
fonctions de long terme de conception, et en
recourant davantage à des contractuels. »
FISCALITÉ « Si le prélèvement à la source
est décrié, il peut permettre d’entamer une
simplification de l’impôt sur le revenu en
fusionnant celui-ci avec la CSG pour
permettre d’élargir l’assiette et d’instaurer
une progressivité pour assurer plus de justice
fiscale. La France doit ensuite améliorer la
lisibilité de l’impôt, avec plus de 300 impôts
et taxes et une multiplication des niches
fiscales dont le coût pour les finances
publiques dépasse les 100 milliards d’euros. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle
investisseurs semblent faire preuve
d’une baisse d’appétit. Selon le « Wall
Street Journal », les deux entreprises
leader du secteur, qui planchent sur des
levées de fonds, ont dû revoir à la baisse
leurs ambitions. Créé il y a un an à peine,
Bird Rides aurait renoncé à obtenir une
valorisation plus élevée que les 2 milliards de dollars évoqués il y a quelques
semaines, alors qu’elle espérait encore
récemment un chiffre supérieur. Lime,
l’autre acteur du secteur, a aussi revu ses
ambitions à la baisse, et travaillerait sur
une valorisation comprise entre 2 et
3 milliards de dollars, contre 4 milliards
initialement. Bird, Lime et d’autres opérateurs ont développé à la vitesse de
l’éclair leurs services dans les grandes
villes du pays, en particulier en Californie. Les trajets coûtent généralement
1 dollar, puis 15 centimes par minute. Les
trottinettes, débloquées via un smartphone, peuvent être laissées n’importe
où à la fin du trajet. Les promesses de
rendement ont d’abord provoqué une
ruée des investisseurs. Certaines entreprises affichaient des revenus par trottinette de plus de 20 dollars par jour, pour
des appareils coûtant 500 dollars
pièce. En septembre, 17.000 trottinettes
circulaient dans les rues de Los Angeles.
Mais le secteur a rapidement fait face à
des difficultés. Les trottinettes tendent à
s’abîmer facilement. Les vols et dégradations volontaires se sont multipliés. Certaines villes prometteuses, comme New
York, ont interdit les trottinettes,
d’autres en ont plafonné le nombre en
circulation. Ces obstacles n’ont pas dissuadé d’autres grands acteurs de se lancer sur ce marché. Notamment des constructeurs automobiles comme Ford, ou
les sociétés de VTC comme Uber ou Lyft.
—E. C. (Bureau de New York)
Le kaléidoscope
de la France
L’INTÉRÊT En cette période
agitée, se plonger dans ce qui
constitue la France de manière
intemporelle aère l’esprit.
L’ouvrage se veut un « reflet de
notre mémoire commune ».
Pendant les fêtes, après les
libations, ce sera l’occasion de
confronter les points de vue sur
les films inoubliables du cinéma
hexagonal autour des dix
sélectionnés – allant
de « La Grande Vadrouille »
à « Hiroshima mon amour » – et
de relancer les conversations.
Photo Sylvain Thomas/AFP
Après des mois d’intense engouement
•pour
les trottinettes électriques, les
LE LIVRE
DU JOUR
LE SUJET A chacun sa France.
Dans l’ouvrage que préface JeanSébastien Petitdemange,
chroniqueur à la télévision et à la
radio qui connaît bien les régions
françaises, il y en a pour tous les
goûts. D’hier à aujourd’hui, du
tourisme à la langue, de la cuisine
à l’art, des sciences au sport, tout
est passé au crible. Les entreprises
ne sont pas oubliées. Les géants du
luxe occupent une double page.
Tout comme les PME, avec la
parfumerie Fragonard à Grasse, la
fabrique de cannes Fayer à Orléat
ou les pinceaux Léonard à SaintBrieuc.
Les « gilets jaunes »
rejettent avec autant
de vigueur les impôts
et les élus.
« A la française !
Petit inventaire amoureux
de ce qui fait la France »
Larousse, 320 pages, 29,95 euros.
LA CITATION « Lorsque l’on
envisage un ouvrage sur le meilleur
de ce qui fait la France, la première
pensée venant à l’esprit reste
naturellement la cuisine. Au pays de
Rabelais, rares sont les sujets plus
fédérateurs que les histoires de table.
Les étrangers sont totalement
fascinés par la capacité que les
Français ont à parler de
gastronomie dès qu’ils sont à table. »
— Clotilde Briard
L’introuvable démocratie
des « gilets jaunes »
La démocratie représentative a été construite sur la volonté de maîtriser
l’impôt. Les « gilets jaunes » s’inscrivent dans une vaste remise en cause de
cette forme de démocratie. Mais, pour l’instant, on n’a rien inventé d’autre.
LA
CHRONIQUE
de Jean-Marc
Vittori
A
vec les « gilets jaunes », la
démocratie est en question. Ce
n’est pas que les « GJ » veulent
l’abattre ou la confisquer. C’est tout simplement qu’ils en veulent une autre (du
moins la grande majorité d’entre eux,
pas les manipulateurs des extrêmes qui
rêvent au grand soir). Leur mouvement
rejoint ici une lame de fond qui se
retrouve dans d’autres pays sous
d’autres formes.
Tout est parti d’une révolte contre la
hausse des taxes sur le gazole. Est venue
ensuite la revendication d’impôts
moins lourds et plus justes. Puis
l’expression d’une haine du président
de la République, Emmanuel Macron.
Or, le contrôle de la recette publique est
au fondement même de la démocratie,
avec un jeu mouvant entre les gouvernants et le peuple autour de l’impôt. Pas
la démocratie en général ou la démocratie athénienne, mais la démocratie
représentative bâtie en Europe depuis
des siècles. Il faut bien sûr être prudent.
Le mouvement des « gilets jaunes » est
difficile à saisir. Ceux que l’on entend
dans la rue et sur les plateaux des
médias réclament tout et son contraire.
Les catalogues de réclamations circulant sur les réseaux sociaux n’ont pas le
moindre souci de cohérence. L’émotionnel l’emporte sur la logique. Et chaque commentateur plaque ses a priori
sur cette réalité impalpable. Mais il
semble bien que la question fiscale y
joue un rôle majeur. Tout comme la
contestation des élites – politiques, économiques, médiatiques.
Pouvoir fiscal
Pour comprendre ce qui se joue
aujourd’hui, il est donc éclairant de
remonter dans le passé, voir comment
s’est organisée la relation entre le pouvoir et l’argent, entre le roi et l’impôt.
Cette histoire-là commence en
Angleterre au XIIIe siècle, avec la signature par Jean sans Terre d’une charte.
Les nobles en ont marre des impôts pré-
levés par ce roi qui les taxe à volonté
après ses défaites militaires en France.
Ils lui imposent la Magna Carta, créant
un Conseil de 25 barons chargé d’encadrer le pouvoir fiscal du monarque. Le
but est de limiter la puissance d’un
homme seul par un pouvoir collégial.
La dépense publique augmente
cependant au fil des siècles, pour cause
de révolutions militaires. L’armée de
métier émerge, la poudre rapportée de
Chine sert à construire des armes à feu
plus efficaces mais plus coûteuses que
les épées d’antan, et il faut construire en
face des forteresses à la Vauban pour
résister aux boulets.
Comme il faut de plus en plus
d’argent et donc d’impôts, il faut légitimer les prélèvements. Le Conseil
devient peu à peu Parlement. En 1689, la
Glorieuse Révolution anglaise engendre la Déclaration des droits qui renforce le Parlement. Lui seul peut créer
des impôts et ses membres sont désormais élus (au suffrage censitaire).
Les « gilets jaunes »
veulent une autre forme
de démocratie, mais la
confusion est grande.
La rue n’est pas la foule,
qui n’est pas la majorité,
qui n’est pas le peuple.
En France, le roi garde les rênes. Mais
début 1789, après de trop maigres récoltes, Louis XVI convoque les Etats généraux pour légitimer des hausses
d’impôts : « Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour nous
aider à surmonter toutes les difficultés où
nous nous trouvons relativement à l’état
de nos finances. » La Révolution commence. Le roi en perd la tête et la France
prend à son tour une route sinueuse
vers la démocratie parlementaire.
Cette forme de démocratie s’épanouit
au XIXe siècle et triomphe au XXe. Le
corps électoral s’élargit peu à peu (en
France, il faudra attendre 1946 pour que
les femmes votent). Cet élargissement
s’accompagne d’une forte poussée de la
dépense publique qui, de militaire au
départ, devient administrative et
sociale. Les électeurs élisent leurs dépu-
tés au suffrage universel, pour représenter officiellement non pas leur circonscription mais la nation. Dans un
pays encore très rural, les électeurs
choisissaient le plus souvent leurs
députés dans la mince frange de la
population qualifiée. Les paysans élisent des professeurs, des avocats, des
industriels non parce qu’ils leur ressemblent, mais parce qu’ils portent
leurs idées ou leurs intérêts.
Eloignés de la moyenne
Mais cette forme de démocratie est
aujourd’hui récusée. Les députés sont
les personnalités politiques en lesquelles les Français ont le moins confiance.
Dans un pays de mieux en mieux formé,
ils n’ont plus le monopole de l’expertise.
Dans un pays de plus en plus diversifié,
i l s s’é l o i g n e n t f a t a l e m e n t d e l a
moyenne. Et ils ne maîtrisent plus les
finances publiques, à l’origine de l’institution parlementaire. Leur pouvoir sur
le budget est devenu marginal.
Le président de la République est
encore plus contesté. Si les Français
aiment en élire un, ils adorent ensuite le
haïr. Emmanuel Macron atteint ici des
sommets. François Hollande comme
Nicolas Sarkozy furent aussi profondément rejetés. Et si Jacques Chirac le fut
moins, c’est seulement parce qu’il
incarna l’inaction à la perfection.
Les « gilets jaunes » s’inscrivent très
exactement dans cette remise en cause
de la démocratie représentative. Ils
rejettent avec autant de vigueur les
impôts et les élus. Ils veulent une autre
forme de démocratie. Mais la confusion est grande. La rue n’est pas la foule,
qui n’est pas la majorité, qui n’est pas le
peuple. Dans son incapacité à désigner
des interlocuteurs du gouvernement,
le mouvement des « gilets jaunes »
montre toute la difficulté de trouver
une autre voie. La démocratie directe
n’est pour l’instant qu’un rêve. JeanJacques Rousseau nous avait prévenus : « Il n’y a pas de gouvernement si
sujet aux guerres civiles et aux agitations
intestines » (cité par l’historien Jacques
de Saint Victor dans « Le Figaro »).
Internet n’y change pas grand-chose.
La démocratie du XXIe siècle reste à
inventer.
Jean-Marc Vittori
est éditorialiste aux « Echos ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
art&culture
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
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3. L'abus d'écran nuirait au cerveau des enfants
4. Prime mobilité, taxe d'habitation, taxation des hauts revenus : ce que prépare l'exécutif
5. EN DIRECT - « Gilets jaunes » : « Aucune mesure annoncée » par Macron lors de la
réunion à l'Elysée
d’ Olivier Klein
L
es élections européennes approchent, alors que nous connaissons un moment de défiance à
l’égard de l’Europe et une phase de
retour en force des nations.
Pour la première fois un pays de
l’Union veut la quitter. Le développement de l’illibéralisme de quelques pays
pose la question de la signification de
l’appartenance à l’Union européenne.
Les tensions Nord-Sud au sein de
l’Union sur fond de méfiance réciproque
ne permettent plus d’avancer dans la
construction d’une zone euro, pourtant
aujourd’hui encore bancale.
En outre, on assiste partout en Europe
à la montée de mouvements populistes,
recherchant des solutions simplistes à
des problèmes réels et des boucs émissaires faciles. Ces mouvements sont la
manifestation politique et électorale
d’une demande d’identité, de sécurité et
de protection. Conséquence elle-même,
en Europe comme ailleurs, de la peur
d’un affaiblissement des classes moyennes et d’une réponse perçue comme inadéquate ou insuffisante de la part des
gouvernements. Mondialisation, révolution technologique, immigration mal
maîtrisée et terrorisme islamiste sont les
ferments de cette inquiétude. Le tout sur
fond d’une déconstruction progressive
des organisations multilatérales et des
règles et principes de la communauté
des nations établis après-guerre. Donc
d’une montée de jeux non coopératifs
potentiellement très dangereux.
Il est donc urgent de bien s’interroger
en Europe sur la bonne façon de réagir à
cette défiance. Il serait vain de nier les
LE POINT
DE VUE
de Carlos Moedas
et Hans Joachim
Schellnhuber
J
usqu’à la fin de cette semaine,
190 pays se réunissent
à Katowice pour renforcer
l’action contre le changement climatique. La pression est forte car nous
savons maintenant que nos émissions
nettes de CO2 doivent être réduites à zéro
d’ici à 2050, si nous voulons éviter des
dommages irréversibles à notre planète.
Lorsque Paul Romer a reçu le prix Nobel
d’économie, il y a quelques mois, il a
averti que « le danger des scénarios très
alarmistes — qui ont un fondement réel —
est de rendre les gens apathiques et désespérés ». Il a également ajouté qu’il était
possible, dans un avenir proche, de
réduire ces émissions tout en améliorant le niveau de vie. Nous partageons
son optimisme. Bien que le temps
presse, la bonne nouvelle est que nous
savons déjà comment décarboner notre
économie. Les solutions sont la recherche et l’innovation. En voici quelques
exemples concrets :
Premièrement, générer de l’énergie
propre. La consommation d’énergie,
dans toutes ses utilisations, est responsable de 75 % des émissions de gaz à effet
de serre en Europe. Dans de nombreuses régions d’Europe, les coûts liés aux
énergies solaire et éolienne sont désormais comparables à ceux des combustibles fossiles. Un nombre record de nouvelles installations utilisent des énergies
renouvelables. Cependant, nous devons
encore améliorer nos réseaux énergétiques et notre capacité de stockage, développer des infrastructures et des
réseaux intelligents et investir dans des
solutions telles que l’électrolyse de
l’hydrogène.
Deuxièmement, utiliser judicieuse-
Réveiller l’Europe,
c’est maintenant !
Belles BD,
beau Noël
David Barroux
@DavidBarroux
défauts intrinsèques de l’Europe. Il faut
regarder en face les véritables problèmes et nommer les questions d’immigration mal gérées au niveau communautaire, les effets de l’élargissement
européen qui a fait perdre de la lisibilité
et a dégradé l’efficacité de la gouvernance de l’Union. De même, doit-on
pointer la mise en place d’une zone euro
qui, parce qu’incomplète, a engendré un
certain nombre d’effets indésirables.
Face à l’entropie actuelle,
il est urgent de rappeler
avec force ce qui réunit
les peuples européens et
ce en quoi l’Europe leur
apporte un mieux-vivre.
Même si elle est bien difficile, la seule
voie possible est de rechercher inlassablement à mettre en place et à renforcer
les jeux coopératifs en Europe. Face à
l’entropie actuelle, il est urgent en premier lieu de rappeler avec force ce qui
réunit les peuples européens et ce en
quoi l’Europe leur apporte un mieux-vivre : la protection et l’efficacité d’une économie sociale de marché ; l’importance
cruciale de l’Etat de droit, avec le caractère inaliénable de la liberté de la personne et de la liberté de la pensée critique, qui va de pair avec celle de la presse ;
la laïcité qui permet le vivre-ensemble ;
les bienfaits du marché unique et de la
libre circulation des personnes ; sans
oublier la paix bien entendu.
Nous assistons aujourd’hui à un
gigantesque combat entre les Etats-Unis
et la Chine pour un nouveau partage du
monde. Ouvrons vite les yeux, nous
autres Européens, si nous voulons que
nos peuples conservent la maîtrise de
leur destin et pèsent encore sur le cours
de l’histoire. Pour exister entre les deux
géants du nouveau monde, il nous faut
une Europe forte.
Industrie à forte valeur ajoutée, nouvelles technologies, transition écologique, défense commune comme vient de
le proposer le couple franco-allemand,
flux migratoires, etc., tels sont les thèmes
qu’il nous faut travailler ensemble au
plus vite. Pour peser davantage sur le
nouvel ordre du monde. Il nous faut, en
outre, une vision propre de l’organisation du commerce international. Enfin,
sur la base d’une zone monétaire complète et solide, recherchons une plus
forte internationalisation de l’euro.
Appuyée sur une Europe stratège, un
euro plus utilisé mondialement est en
effet utile pour éviter les inacceptables
règles unilatérales d’extraterritorialité
imposées par les Etats-Unis.
Rien ne se fera sans que nous partions
pragmatiquement de projets concrets
sur les différentes thématiques précitées, en nous alliant avec nos voisins allemands. Ni sans que tous, où que nous
soyons et qui que nous soyons, y concourions à notre mesure !
Olivier Klein est président de
la Ligue européenne de coopération
économique-France et professeur
affilié à HEC en économie et finance.
Décarboner l’économie
n’a rien d’une utopie
ment l’énergie. Notre secteur de transport reste fortement axé sur les combustibles fossiles. La solution évidente est de
passer aux véhicules électriques alimentés par des énergies propres. Paradoxalement, cette transition se produit
plus rapidement en Chine qu’en Europe.
Pour le trafic aérien, l’horizon du changement est encore plus éloigné, mais il
est encourageant de voir qu’un pays
pétrolier comme la Norvège veut utiliser
l’électricité à l’horizon 2040 pour tous
les vols domestiques court-courriers.
Si nous voulons
pérenniser nos emplois
et nos entreprises dans
un monde décarboné,
nous devons investir
dans la recherche
et le développement.
Troisièmement, boucler la boucle.
Dans nos systèmes de production pour
l’alimentation, la santé, la construction,
etc. la réutilisation et le recyclage sont à
l’ordre du jour. Pourquoi extraire le gaz
naturel du sous-sol pour développer des
engrais pour l’agriculture alors que
nous pouvons recycler les éléments
nutritifs des déchets urbains ? Pourquoi
utiliser de l’énergie pour extraire le cuivre des mines pour fabriquer des téléphones portables alors que nos sites
d’enfouissement sont remplis d’anciens
appareils dont le cuivre peut être
réutilisé ?
Quatrièmement, penser en systèmes.
Le fait de jouer, même de façon ingé-
nieuse, avec des parties peut endommager le tout au lieu de l’améliorer. Nous
devons démontrer que la décarbonisation est une vraie réussite, notamment
sur les sites miniers. À long terme,
ceux-ci ne pourront survivre qu’en se
réinventant. Cela nécessite des approches complexes et de l’innovation
sociale.
Les progrès scientifiques rendront les
alternatives zéro carbone moins chères
que les options basées sur les combustibles fossiles. Cela se produit déjà pour
les énergies renouvelables. Ceux qui
sont en tête de ce changement ont un
avantage certain en termes de croissance et de création d’emplois. Une analyse récente montre que le nombre
d’emplois augmentera si nous passons
au transport électrique en Europe, à
condition que la fabrication de batteries
ait également lieu ici et non en dehors de
l’UE. Pourtant, actuellement, la majeure
partie de la capacité de fabrication se
trouve en Chine et en Corée. Au lieu de
sombrer dans l’apathie, nous devons
nous mettre au travail. La dure réalité
est que, si nous voulons pérenniser nos
emplois et nos entreprises dans un
monde décarboné, nous devons investir
davantage dans la recherche et le développement aujourd’hui. Après la
Renaissance et les Lumières, c’est notre
prochain big bang.
Carlos Moedas est commissaire
européen chargé de la Recherche,
de la Science et de l’Innovation.
Hans Joachim Schellnhuber
est le fondateur de l’Institut
de recherche sur le climat à Potsdam.
•
« MALATERRE »,
DE PIERRE-HENRY GOMONT
Peut-on ne pas devenir dingue quand on a
un père plus qu’un peu fou ? Dans « Malaterre », roman graphique très autobiographique, Pierre -Henr y Gomont s’est
replongé dans son adolescence et nous propose un album en forme de thérapie. Esprit
libre et aventurier, Gabriel Lesaffre a repris
sur un coup de tête une exploitation forestière dans une ancienne colonie africaine.
Incapable de la gérer correctement, il
s’entête. Mauvais père, il n’hésite pas toutefois à réclamer après un divorce la garde de
ses aînés. Mathilde et Simon, vont profiter et
même abuser de la liberté que leur offre une
vie d’enfants expatriés sans surveillance.
Une histoire tendre et cruelle, pleine de
rebondissements, qui se lit comme un
roman mis en images par un trait très loin
de la ligne claire, mais qui reste très lisible.
•
« NE TIREZ PAS SUR L’OISEAU
MOQUEUR », DE FRED FORDHAM
Adaptation fidèle d’un des plus grands classiques de la littérature contemporaine amér i c a i n e , « Ne t i r e z p a s s u r l ’o i s e a u
moqueur » est de ces albums qui peuvent
plaire de 7 à 77 ans. Dans les Etats-Unis des
années 1950, dans un Sud qui reste ségrégationniste, un père avocat qui élève seul ses
deux enfants prend la défense d’un jeune
Noir accusé de viol. Jern n’est qu’une enfant
mais elle se pose déjà les bonnes questions.
Pourquoi est-on si injuste avec son père et
avec elle alors qu’ils n’ont rien fait de mal ?
Pourquoi est-on condamné d’avance quand
on est Noir ? Pourquoi l’homme, quel que
soit son âge, est si souvent si mauvais ? Fred
Fordham a trouvé le bon ton pour illustrer
ce livre culte.
VANIKORO »,
•DE«PATRICK
PRUGNE
En 1788, deux frégates de la Marine royale
quittent l’Australie et voguent vers les îles
Salomon. Une tempête va se dresser sur
leur route et la « Boussole » et l’ « Astrolabe » n’atteindront jamais leur destination.
Elles vont échouer sur les récifs coralliens
de Vanikoro. Beaucoup des 220 marins succomberont à la tempête. Et les rescapés
auront du mal à survivre sur cette île en
apparence paradisiaque, mais peuplée
d’autochtones hostiles. Ce récit d’aventures
est servi par un superbe dessin très lumineux. Patrick Prugne, qui avait déjà
mélangé vérité historique et récit imaginaire dans « Iroquois » et « Pawnee »,
prouve une fois de plus qu’il sait dessiner
sans cliché ceux que l’on qualifia sans vergogne de « sauvages », sans se demander de
quel côté étaient vraiment les sauvages. Un
must pour tous les passionnés de la mer.
L’ÂGE D’OR »,
•DE«PEDROSA
& MOREIL
On peut réinventer le conte de fées. La
preuve dans « L’Age d’or ». Dans un monde
médiéval mystérieux, un roi se meurt. Sa
fille devrait hériter du trône, mais sa mère,
son frère et les intrigants vont tout faire
pour capter le pouvoir. Le peuple, déjà à
bout, va se révolter mais les forces du bien
ne renoncent pas. Si la trame est classique,
le dessin onirique de Cyril Pedrosa (à qui
l’on doit l’autobiographique « Portugal ») et
les rebondissements font de cette allégorie
sur le pouvoir des puissants un récit très
moderne. On peut évoquer le passé tout en
parlant du présent. On peut parler aux jeunes et séduire des lecteurs qui ne le sont plus
autant.
« LE GRAND HOMME »,
•D’HUBERT
& GATIGNOL
Dans un monde imaginaire gothique, des
peuples s’affrontent. La plupart des hommes sont mauvais et n’ont qu’une idée, conquérir pour mieux asservir. Lours, qui a
sans doute plein de choses à se faire pardonner, a vieilli et cherche à se racheter en
défendant le bien face au mal qui domine.
Mélangeant le récit littéraire d’un conte et
un dessin en noir et blanc très épuré, ce
« Grand Homme », tome 3 de la série des
« Ogres » nous baigne dans un univers et
une aventure à la « Seigneur des Anneaux ».
Une BD de près de 200 pages d’une très
grande originalité.
« COOPER. UN GUERRIER
•À HOLLYWOOD
»
DE FLORENT SILLORAY
Tout le monde connaît « King Kong », mais
peu savent qui se cache derrière ce monument Hollywoodien. Dans « Un guerrier à
Hollywood », Florent Silloray mène
l’enquête et nous fait revivre l’incroyable
parcours du producteur cinéaste Merian C.
Cooper. Pilote de chasse lors de la Première
Guerre mondiale, impliqué à nouveau lors
de la Seconde Guerre, entrepreneur, aventurier, espion, cinéaste, Cooper fut un
homme hors normes. Dingue d’aviation,
d’action et de films, précurseur dans l’utilisation d’effets spéciaux, Cooper connaîtra
un succès fou avec « King Kong », qui fera
date dans l’histoire du cinéma, et avec les
westerns de John Ford dont il sera le producteur. L’histoire retiendra aussi que cet
ancien de la CIA n’hésita pas à combattre le
communisme de façon hystérique. Comme
dans son précédent album qui racontait
l’histoire de Capa, « Cooper » repose sur un
dessin sépia qui donne un côté rétro à cette
plongée historique. n
Dargaud, Grasset, Daniel Maghen, Dupuis, Soleil, Casterman
LE POINT
DE VUE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
ÉCHECS : KASPAROV
FÉLICITE ALPHAZERO
Dans la revue « Science », l’un
des meilleurs joueurs d’échecs
de l’histoire analyse la
domination de l’intelligence
artificielle sur le jeu.
bit.ly/2RG0yLg
Machines à créer ou
machines à copier ?
LA
CHRONIQUE
d’Olivier Oullier
L
e mois dernier, un portrait réalisé
uniquement à l’aide d’algorithmes s’est
vendu aux enchères chez Christie’s pour
la somme de 432.500 dollars, soit 45 fois plus cher
que son estimation la plus haute. Une première.
Afin d’obtenir ce résultat, le collectif Obvious, basé
à Paris, a eu recours à une méthode lui ayant
permis d’analyser 15.000 portraits peints entre
les XIVe et XXesiècles. La performance technique
est stupéfiante et constitue le dernier épisode d’une
longue série de travaux, qui depuis les tout débuts
de l’intelligence artificielle ont essayé de reproduire
ce que l’humain peut produire de plus fascinant,
de notre capacité à raisonner et prendre des
décisions complexes à celle d’écrire des poèmes,
de composer des mélodies ou de peindre
des chefs-d'œuvre. En tant que geek assumé, je suis
fasciné par les prouesses techniques. Mais en tant
que musicien qui aime se croire artiste, je suis
quelque peu perplexe. Je repense à Zeuxis, ce
peintre Grec du Ve siècle avant J.-C. Il peignait
des raisins de manière si réaliste, paraît-il, que
les oiseaux essayaient de les manger. Mais son
talent n’aurait-il pas été mieux employé à créer
plutôt qu’à copier ? C’est précisément la question
que je me pose chaque fois que j’entends parler
de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour
créer des peintures à la manière de Picasso, ou
des interprétations de Bach à la manière de Glenn
Gould. Arrivera-t-on à introduire les souffrances
et les joies qui ont jalonné la vie de nos artistes
préférés dans nos algorithmes ? Et est-ce bien
nécessaire ? Ne devrait-on pas aspirer à autre chose
que faire du Zeuxis 4.0 ? J’aimerais pouvoir profiter
de créations artistiques qui me fassent ressentir
des choses que seule l’intelligence artificielle
pourrait m’apporter. Une dizaine de dimensions
dans lesquelles je pourrais voir les notes, toucher
les couleurs, ou sentir les mots tel un synesthète.
Quelque chose que seule mon imagination peut me
faire vivre pour le moment. En attendant, je m’en
retourne écouter sur ma platine vinyle le dernier
enregistrement des suites pour violoncelle de Bach
par le génial Yo-Yo Ma, en espérant ne jamais avoir
affaire à son avatar IA ou à une reconstruction
digitale de son Stradivarius.
Olivier Ouiller est président de la société
de neuro-informatique Emotiv.
– 23 °C
GÉNÉTIQUE // Après l’emballement autour de la technologie CRISPR-Cas9 arrivent les premiers
doutes. Mais quelle que soit la technique utilisée, l’édition du génome a de beaux jours devant elle.
L’édition du génome doit-elle tout miser sur CRISPR ?
Catherine Ducruet
@CDucruet
L
es jumelles chinoises Lulu et Nana
ont-elles été génétiquement modifiées au stade embryonnaire grâce
à la technique d’édition du génome CRISPRCas9 ? Compte tenu de l’absence de publication scientifique et des déclarations floues
de He Jiankui, l’auteur revendiqué de cette
plus que discutable prouesse, on ne peut
pas l’affirmer. Mais la communauté scientifique s’en est émue.
Non seulement pour des raisons éthiques
évidentes de refus de l’eugénisme, mais aussi
parce qu’elle considère que cette technologie, inventée il y a seulement six ans, n’est pas
assez fiable dans l’état actuel des choses pour
être utilisée chez l’homme. Des expériences
menées en 2015, en Chine déjà, sur des
embryons humains non viables, avaient mis
en évidence que sa mise en œuvre entraînait
des modifications non désirées, sur des
régions du génome qui n’étaient pas la cible
de la manipulation. Cette fois-ci, pour autant
qu’on le sache, les apprentis sorciers se sont
trouvés confrontés à d’autres problèmes.
L’inactivation du gène cible n’a fonctionné
que sur une des deux copies et encore pas
dans toutes les cellules.
Mais, au-delà de cette annonce ultra-médiatique, se repose la question de la pertinence des applications médicales de CRISPR-Cas9, tout à fait louables dans leur
principe. Et c’est une nouvelle pierre jetée
dans le jardin de la poignée de sociétés de
biotechnologie, telles qu’Intellia Therapeutics, Editas Medicine ou CRISPR Therapeutics, qui ont levé quelque 5 à 6 milliards de
dollars auprès des investisseurs pour
l’exploiter à des fins thérapeutiques.
En juillet dernier, en effet, une publication de la revue scientifique « Nature » avait
fait l’effet d’une douche froide. Elle montrait
que CRISPR-Cas9 provoquait des modifications incontrôlées du génome. Dans la foulée, ces sociétés avaient perdu 20 % de leur
capitalisation boursière. Depuis cet article,
d’autres publications dans des revues de
notoriété plus ou moins grande ont mis en
évidence que CRISPR n’est pas, dans sa configuration actuelle, un outil aussi précis,
spécifique et efficace que le prétendent ses
promoteurs. S’agit-il d’une simple péripétie
ou d’une vraie remise en cause ?
Report de l’essai
o
L’ÉTUDE
L’Europe en tête
des publications sur l’IA
L
es publications scientifiques
sur l’intelligence artificielle (IA) pour
la période 2013-2017 viennent à 30 %
d’auteurs localisés sur le Vieux Continent,
devant la Chine (24 %) et les Etats-Unis (17 %).
Tel est l’un des principaux enseignements d’une
étude de l’éditeur Elsevier publiée ce mardi,
« Artificial Intelligence : How Knowledge is
Created, Transferred, and Used ». Les auteurs
ont passé au crible un total de
600.000 documents (avec l’aide de l’intelligence
artificielle, bien sûr) de 1998 à 2017. Alors que le
nombre d’articles sur l’IA était inférieur à
10.000 en 1998, on en comptait plus de
60.000 l’an dernier. Les établissements français
de l’université Paris-Saclay, de l’Inria et de
Sorbonne Université apparaissent en bonne
position au niveau européen, puisqu’ils se
situent respectivement en première, deuxième
et quatrième places de ceux qui publient le plus.
Les auteurs étudient également la répartition
des champs de recherche. Les Etats-Unis se
focalisent beaucoup sur la santé, tandis que la
Chine accentue son effort davantage sur
l’agriculture. L’Europe, quant à elle, se
concentre sur ces deux secteurs, mais ne ressort
pas particulièrement dans un autre domaine.
— Rémy Demichelis
prospective
SUPRACONDUCTIVITÉ :
ÇA CHAUFFE !
Des chercheurs allemands ont
réussi à rendre un matériau
supraconducteur à une température presque normale.
Normalement, il faut – 250 °C.
bit.ly/2PvN1UD
Selon un investisseur de longue date dans
les biotech, « CRISPR est une technologie qui
a un potentiel comparable à celui de la PCR
[sigle de « polymerase chain reaction »,
NDLR], qui a révolutionné la biologie moléculaire à la fin des années 1980, permettant
notamment l’essor du séquençage ». Pour de
nombreux biologistes, c’est un outil de choix
pour la recherche car il est accessible à tous,
et facile à mettre en œuvre. Mais ce qui est
vrai pour la recherche ne l’est pas forcément
pour le stade industriel. « L’écart est le même
qu’entre jouer au foot dans le club local et
jouer au PSG », résume Sandy Macrae, le
patron de l’américain Sangamo Therapeutics, fin connaisseur du foot français depuis
qu’il a racheté la société de biotechnologie
française TxCell. Et Sandy Macrae est bien
placé pour le savoir, car sa société vient
d’administrer pour la première fois chez
l’homme un traitement contre une maladie
génétique rare (maladie de Hunter), en utilisant sa technologie concurrente d’édition
du génome, dite « doigts de zinc ».
Or, après une vingtaine d’années de travail, le compte n’y est pas encore. « CRISPRCas9 est un outil, rappelle Stéphane Altaba,
responsable du développement chez le
français Genomic Vision. Quand on veut en
faire une thérapeutique, ça se complique. » Son entreprise a développé une technologie permettant de visualiser les
« erreurs » sur le génome, en particulier les
grands réarrangements, ceux qui inquiètent justement le plus avec CRISPR. D’où sa
collaboration avec Editas Medicine, une
société de biotechnologie américaine qui
exploite CRISPR-Cas9 pour cerner les effets
collatéraux possibles de la technologie au
stade de la production.
Gregor Fischer/dpa Picture-Alliance/AFP
SUR
LE WEB
De nombreuses publications ont mis en évidence que CRISPR n’est pas, dans sa configuration actuelle,
un outil aussi précis, spécifique et efficace que le prétendent ses promoteurs.
CRISPR
en 5 dates
1987 Un chercheur
japonais de l'université
d’Osaka, Atsuo Nakata,
découvre dans l'ADN de
la bactérie Escherichia
coli des séquences qui se
répètent de loin en loin :
les « CRISPR » (acronyme
anglais pour « courtes
répétitions
palindromiques groupées
et régulièrement
espacées »).
2012 Emmanuelle
Charpentier (université
d'Umeå, Suède) et
Jennifer Doudna
(Berkeley, Etats-Unis)
expliquent dans la revue
« Science » comment,
dans les bactéries, les
« CRISPR » s'associent à
une enzyme découpeuse
d'ADN, Cas9, pour
neutraliser un virus.
2014 En février, des
chercheurs chinois
(université de Nanjing)
utilisent pour la première
fois l'outil CRISPR-Cas9
sur des primates. Le mois
suivant, une équipe du
MIT l’emploie pour
corriger une maladie
génétique incurable du
foie chez des souris.
Entre fin 2013 et fin
2014 Lancement des
trois start-up rivales dans
la course à l’exploitation
industrielle de CrisprCas9, Editas Medicine,
CRISPR Therapeutics et
Intellia.
Novembre 2018 Un
chercheur chinois de
l’université de Shenzen,
He Jiankui, annonce la
naissance de deux
jumelles génétiquement
modifiées (pour les
rendre plus résistantes
au sida) à l’aide de
CRISPR-Cas9.
Editas aurait dû être la première entreprise à démarrer en 2017, un essai clinique
avec son traitement d’une cécité génétique
rare (l’amaurose de Leber). Un report à 2018
avait ensuite été annoncé en raison de
« problèmes de production », mais à ce jour,
aucun calendrier précis n’a toujours été
fourni. Quant à l’essai annoncé par CRISPR
Therapeutics associé à Vertex contre une
maladie rare des globules rouges, il a été
suspendu en juin dernier à la demande des
autorités américaines qui l’avaient initialement autorisé, sans explication officielle.
Péché originel
Pour André Choulika, patron de Cellectis,
une société qui exploite Talen, une technique d’édition du génome concurrente, « le
péché originel » de CRISPR, c’est son recours
à un « guide ARN » – une molécule proche de
l’ADN, mais constituée d’un seul brin au lieu
d’une double hélice. « Car, explique-t-il, des
petits fragments d’ARN, il y en a partout dans
la cellule et ils sont susceptibles d’interférer ».
Sans compter la difficulté de la « coupure »
réalisée dans le génome à se refermer, car la
protéine Cas9 gêne le mécanisme dit de
« recombinaison homologue ». « La reconnaissance des bases n’est pas assez spécifi-
que », confirme Matt Kane, patron de Precision Biosciences, une société américaine qui
utilise également une technologie concurrente dénommée « Argus ». « Et ça, il y a peu
de chances que ça s’améliore », conclut-il.
Ce qui est vrai pour
la recherche ne l’est pas
forcément pour le stade
industriel.
Alors, faut-il tirer un trait sur CRISPR ?
Pour Craig Mickanin, qui travaille dessus
chez Novartis, un des premiers industriels à
l’avoir utilisée, les problèmes rencontrés ne
sont pas intrinsèques à la technologie, « mais
plutôt liés aux types de cellules utilisées ». « Il
faut qu’on étudie ce qui module la réponse à
CRISPR », estime-t-il, tout en reconnaissant
que la recombinaison homologue ne marche pas très bien. Péché de jeunesse donc. A
moins que, comme le prédit Matt Kane, « on
ne découvre une nouvelle technologie qui sera
aussi facile à mettre en œuvre mais plus spécifique ». En tout cas, quelle que soit la technique utilisée, l’édition du génome a de belles
perspectives devant elle. n
De la brebis Dolly aux jumelles OGM
Si l’annonce de la naissance de jumelles chinoises génétiquement
modifiées a entraîné les condamnations attendues des instances officielles, son écho médiatique a été bien moindre que celui de la naissance de Dolly, la première brebis clonée, qui avait fait la une en 1996.
Et cela parce qu’on avait vu, à juste titre, dans la naissance de ce clone
animal, la porte ouverte au clonage des êtres humains. Pourtant,
l’eugénisme – puisque c’est bien de cela qu’il s’agit – est tout autant
condamné que le clonage par la Déclaration universelle sur le génome
et les droits de l’homme de l’Unesco et par les lois de nombreux Etats.
Comment alors expliquer ce deux poids, deux mesures ? En vingt ans,
le recours aux biotechnologies s’est banalisé. Les interventions sur le
génome des plantes, par exemple, ne font plus peur à grand monde –
l’hostilité persistante aux OGM dans certains pays est surtout dû à des
positions politiques ou de société. « Mais c’est aussi notre conception de
l’enfant et de la procréation qui a changé avec une attitude de plus en plus
consumériste qui nous conduit à vouloir un enfant à la mesure de nos
désirs », estime le philosophe Jean-Michel Besnier, spécialiste d’éthique
médicale. Aux Etats-Unis, on peut ainsi, dans certaines cliniques, choisir le sexe ou la couleur des yeux de son futur enfant. Combiner les
technologies d’édition du génome avec les techniques de PMA, comme
pour les jumelles chinoises, constitue un pas supplémentaire, mais ce
n’est pas forcément très clair pour le grand public. Et quand, de surcroît, c’est pour les protéger du sida, qui trouverait à y redire ? Même si
cela impacte, au-delà de l’enfant OGM, toute sa descendance.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
enquête
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— A Shanghai
C
hacun avec un smartphone, ils sont
postés en différents points stratégiques de l’hypermarché. Quand
tombe la commande sur leur écran, les vendeurs filent sans tarder dans les rayons de
cet Auchan du quartier de Yangpu à Shanghai : fruits du dragon, pamplemousses ou
boîtes de mouchoirs sont rapidement placés dans des sacs, avant d’être accrochés sur
un rail qui court sur le plafond au-dessus
des étals avant de disparaître derrière le
mur. De l’autre côté, dans l’entrepôt, une
armée de coursiers en deux-roues électriques se tient prête à accomplir la promesse
de l’enseigne : livrer la commande en moins
d’une heure dans un rayon de 3 kilomètres.
Plus à l’ouest de la ville, dans le Carrefour
du quartier de Gubei, les livreurs sont également dans les starting-blocks. Ici, il n’y a pas
de rails pour accélérer le « picking », mais les
1.000 produits les plus demandés sont tous
rassemblés dans un même espace. L’heure
du déjeuner approche et les commandes de
nouilles instantanées, de chips ou de bouteilles de thé s’enchaînent. De chez eux ou de
leur bureau, les clients ont tous passé commande depuis leurs téléphones mobiles via
l’appli de l’enseigne ou, plus généralement,
celles des spécialistes de la livraison de
repas, dont l’activité explose en Chine.
Ici, plus que partout ailleurs, l’usage
intensif du smartphone a fait voler en éclats
le modèle classique du supermarché
inventé aux Etats-Unis dans les années
1920. Ultraconnectés, les Chinois sont à la
pointe d’un nouveau modèle de distribution abolissant la frontière entre l’e-commerce et les magasins en dur. « Il ne s’agit
plus d’opposer mais de fusionner le digital et
le commerce physique, au service d’une expérience d’achat sans couture et personnalisée
pour le consommateur », explique Edward
Tse, président de la société de conseil Gao
Feng. Pour qualifier cette révolution en
marche, les spécialistes parlent de « O2O »
(online to offline) ou encore de « new
retail », comme l’a conceptualisé le géant de
l’e-commerce Alibaba, lors de l’ouverture
de son premier supermarché ultraconnecté Hema il y a trois ans. Encore très théorique en France, ce commerce « phygital »
est déjà une réalité en Chine.
Payer n’importe quoi, n’importe
quand et de n’importe où
Les acteurs traditionnels comme Auchan,
Carrefour ou Wallmart sont aux avant-postes pour observer cette mutation. Après
avoir ouvert des supermarchés à tour de
bras et profité de l’hypercroissance du
géant asiatique au tournant des années
2000, ces derniers ont pris de plein fouet la
vague de l’e-commerce, un véritable tsunami dans un pays comptant quelque
800 millions d’Internautes, surfant essentiellement sur leur mobile. Le coup a été
rude pour des acteurs soudainement
confrontés à une stagnation de leur chiffre
d’affaires, bien de loin de 15 % à 25 % de croissance affichée à la fin des années 2000.
Les consommateurs chinois pouvant
commander et payer n’importe quoi,
n’importe quand et de n’importe où avec
leur mobile, beaucoup ne donnaient pas
cher des vieux supermarchés. Surtout
quand les géants de l’Internet Alibaba, Tencent et JD.com ont commencé à vouloir
entrer de plain-pied dans le commerce physique, où se réalisent encore près de 85 %
des ventes de détail !
Mais plutôt que de tuer la grande distribution, les mastodontes chinois de la tech
l’ont poussé à se réinventer, à se dépoussiérer en intégrant à marche forcée les nouvelles technologies. « La Chine est un laboratoire grandeur nature », assure Ludovic
Holinier, le patron d’Auchan Retail Chine.
Pour accélérer cette mutation, Auchan s’est
allié il y a un an au géant Alibaba, entré au
capital de la coentreprise Sun Art, dont le
français est le premier actionnaire. « C’est
comme si nous avions pris un pack de Redbull
pour accélérer notre transformation “phygitale” ! », sourit Stéphane Boënnec, chargé de
l’innovation chez Auchan Chine. Avec
Hema, à la fois supermarché haut de
gamme spécialisé dans les produits frais,
espace de restauration et centre de livraison, Alibaba est à la pointe de ce nouveau
Le minimagasin Auchan Minute propose 500 produits. Ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, le client scanne un QR Code avec son mobile qui lui ouvre la porte
et l’identifie puis paie ses articles avec WeChat ou Alipay. Il en existe 335 en Chine. Photo Wang gang/Imaginechina/AFP
Auchan et Carrefour
au pays du « new retail »
REPORTAGE // Ultraconnectés, les Chinois sont à la pointe
d’un nouveau modèle de distribution abolissant la frontière
entre e-commerce et magasin en dur. Un laboratoire grandeur nature
pour les enseignes françaises.
commerce. L’idée d’accrocher les sacs au
plafond pour accélérer la préparation des
commandes Internet vient de chez
Hema. « Nous avons un an d’avance sur le
planning initial de notre alliance », souligne
Ludovic Holinier, dont la coentreprise Sun
Art qu’il dirige gère 461 hypermarchés en
Chine, le deuxième marché d’Auchan derrière la France.
De son côté, Carrefour a conclu en janvier
Le « new retail », c’est
surtout la promesse
d’un service sur mesure.
Il repose sur la
connaissance très fine
des consommateurs.
un partenariat avec Tencent, propriétaire de
l’appli WeChat au milliard d’utilisateurs,
dans l’espoir de relancer une filiale chinoise en perte de vitesse et sujette à des
rumeurs récurrentes de cession. Inauguré
en mai dernier au sous-sol d’un immeuble
de Shanghai, Carrefour Le Marché (indiqué
en français) est la première matérialisation
de la collaboration de l’enseigne avec Tencent. Ici, deux caisses testent le paiement par
reconnaissance faciale via l’appli WeChat.
Une fois le visage enregistré, plus besoin de
sortir son porte-monnaie pour régler ses
achats. Un regard à la caméra suffit. Le procédé relève encore du gadget, dans un pays
où le paiement mobile est largement utilisé,
mais il pourrait à terme remplacer la validation par code ou empreinte digitale.
Une autre innovation est la solution Scan
& Go permettant d’éviter le passage en
caisse. Le principe ? Avec son mobile, le
client scanne directement, via une mini-application intégrée dans WeChat, les articles
et les ajoute au fur et à mesure dans son
panier électronique. Le paiement s’effectue
sur le mobile, n’importe où dans le magasin.
Seule exigence avant de quitter les lieux :
présenter son ticket électronique à une
machine ou un vendeur pour prouver que
les courses ont bien été payées. « En quelques mois, 15 % des clients du magasin ont
déjà opté pour cette solution de paiement,
souligne Thierry Garnier, patron de Carrefour en Chine. A côté des caisses classiques et
des caisses automatiques, ce système préfigure les solutions de paiement du futur. »
Cette solution est aussi en train d’être
déployée chez Auchan.
L’amélioration du parcours d’achat ne
s’arrête pas à la digitalisation des caisses,
aux étiquettes électroniques ou encore aux
QR Codes que l’on peut scanner avec son
mobile sur certains fruits et légumes pour
s’informer de leur provenance. Le « new
retail », c’est surtout la promesse d’un service sur mesure reposant sur la connaissance très fine des consommateurs grâce
au traitement des immenses bases de données d’Alibaba et de Tencent. « Avec le digital, nous passons d’un commerce de masse à
une individualisation de l’offre, s’enthousiasme Ludovic Holinier. Le O2O permet de
fidéliser le client mais aussi de l’inciter à revenir en magasin pour profiter de conseils produit, d’une dégustation de vin ou bien d’une
promotion sur les fruits de mer dont on sait
qu’il est friand. » Fini, les catalogues impersonnels à l’entrée du supermarché. Les
offres commerciales ciblées tombent directement sur le téléphone du client.
Pour convaincre le consommateur chinois de revenir en magasin, l’expérience est
le maître mot des distributeurs. « Le supermarché de demain ne peut pas être qu’un
endroit où l’on fait ses achats mais un lieu de
vie où l’on aime passer du temps », explique
Thierry Garnier. Comme chez Hema, les
clients de Carrefour Le Marché peuvent
demander qu’on leur cuisine les crustacés
vivants qu’ils viennent d’acheter et les
déguster sur place dans l’espace restaurant
à proximité. Les produits alimentaires
représentent 80 % des articles du magasin.
La galerie marchande, au design soigné, fait
également la part belle aux cuisines de
monde. Restaurants, salons de coiffure,
cabine de karaoké, etc., il faut donner au
client ce qu’il n’a pas sur son mobile. Le plan
du supermarché a également été entièrement repensé : terminé le parcours interminable à travers les rayons. Pour les clients
les plus pressés, chaque niveau a désormais
sa sortie.
Magasin sans personnel
Poussant la logique à son paroxysme,
l’hypermarché Auchan de Yangpu a installé
une supérette sur chacun de ses parkings.
Baptisé « Auchan Minute », ce minimagasin de 18 mètres carrés aux allures de conteneur, conçu avec le groupe chinois d’électronique Hisense, propose 500 produits,
essentiellement alimentaires. Ouvert
24 heures sur 24, 7 jours sur 7, il fonctionne
sans personnel : le client scanne un QR
Code avec son mobile qui lui ouvre la porte
et l’identifie puis paie ses articles avec
WeChat ou Alipay, les solutions de paiement mobile de Tencent et d’Alibaba. Les
articles n’ont pas de puces RFID : pour éviter
les vols, la petite boutique est équipée de
caméras et un gros autocollant sur la porte
rappelle au client que la zone est sous la
vidéosurveillance de la police.
Un an après leur lancement, déjà
335 Auchan Minute sont déployés en
Chine. « C’est un concept qui permet de baliser une zone de vie avec la marque et d’être
dans les flux de circulation quotidiens des
habitants », indique Ludovic Holinier.
L’objectif est d’installer ces Auchan Minute
dans un rayon de 3 kilomètres autour d’un
hypermarché de manière que les consommateurs croisent l’enseigne toutes les
sept minutes à pied ! « L’hypermarché
devient la plate-forme logistique des magasins de proximité », poursuit-il.
Les hypermarchés, dont on annonce
régulièrement la mort en France, ont-ils
trouvé la martingale en Chine ? « Depuis l’an
dernier, non seulement les magasins traditionnels se redressent mais le commerce électronique continue d’afficher une forte croissance, constate Jason Yu, directeur général
de Kantar Worldpanel en Chine. Tous les
acteurs de l’e-commerce aident et permettent
aux détaillants physiques de retrouver leurs
activités. » Pour la première fois depuis
Restaurants, salons
de coiffure, cabine
de karaoké…
Il faut donner au client ce
qu’il n’a pas sur son mobile.
longtemps, la croissance des acteurs traditionnels est remontée à 8 % en 2017, selon
l’association chinoise des chaînes de magasins et des franchises. Mais elle est surtout le
fait des magasins de proximité, les grandes
surfaces continuant de tirer la langue.
La Chine est une source d’apprentissage
et d’inspiration pour les autres pays,
conviennent Auchan et Carrefour. « Les distributeurs occidentaux se sont implantés en
Chine en répliquant leur modèle de magasins
existants. Maintenant, certaines innovations
chinoises pourraient être répliquées en
Europe et aux Etats-Unis », poursuit Jason
Yu. Le premier Auchan Minute ouvrira en
mars au siège du groupe, à Villeneuve-d’Ascq. Et Carrefour va tester la solution
Scan & Go au Brésil, après une visite des
équipes à Shanghai.
Mais le marché chinois a aussi ses propres spécificités, marqué par un fort usage
du paiement mobile, une densité urbaine et
une main-d’œuvre bon marché réduisant
considérablement les coûts de livraison sur
le dernier kilomètre ou encore un cadre
légal peu contraignant sur la protection des
données privées. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Mardi 11 décembre 2018
Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
VIOLS UN ENTRAÎNEUR
DE ROLLER DEVANT LES ASSISES
YÉMEN PROPOSITION DE L’ONU
NON-CUMUL LE DÉPUTÉ
MAURICE LEROY VA QUITTER
LA VIE POLITIQUE NATIONALE
A Oslo, la remise des prix Nobel de la paix
SUÈDE NOUVEL ÉCHEC
À FORMER UN GOUVERNEMENT
Jacques Witt / Sipa
Le député UDI Maurice Leroy, ex-ministre de la Ville, a annoncé lundi sa décision de démissionner de l’Assemblée et
de se retirer de la vie politique nationale,
après son élection comme vice-président en charge du tourisme au Conseil
départemental de Loir-et-Cher. Le viceprésident de l’Assemblée, bientôt sexagénaire a aussi dit vouloir se consacrer à
un projet professionnel, sans autre précision. Il dispose de 30 jours pour mettre
un terme à ses fonctions de député.
LA PHOTO DU JOUR
L’ONU, à l’initiative de consultations de
paix sur le Yémen en Suède, propose
l’abandon par les rebelles du port stratégique de Hodeïda dans le cadre d’un cessez-le-feu, pour le placer sous contrôle
conjoint avec le gouvernement. La coalition militaire pro-gouvernementale
sous commandement saoudien cesserait ses opérations militaires contre
Hodeïda, par où transite l’essentiel de
l’aide humanitaire, en échange d’un
retrait des combattants houthis de la
ville portuaire. Ce conflit a fait plus de
10.000 morts depuis 2014.
Le procès d’un homme de 42 ans, exdirecteur des équipes de France de
roller artistique, s’est ouvert lundi
devant les assises du Val-d’Oise. Deux
championnes l’accusent de les avoir
violées pendant plusieurs années
alors qu’elles étaient adolescentes.
Pour l’une des avocates de la défense,
« le monde du patin a couvert cet agresseur qui avait le pouvoir de hisser des
très jeunes filles sur les podiums et
l’utilisait à des fins dévoyées ».
// 15
La dirigeante du Parti du centre, Annie
Lööf, a déclaré lundi que sa formation
ne soutiendrait pas une reconduction
du chef de file des sociaux-démocrates,
Stefan Löfven, au poste de Premier
ministre, après l’échec de négociations.
A la mi-octobre, c’est le leader du parti
conservateur qui avait renoncé à constituer une coalition après les élections
du 9 septembre. La balle revient entre
les mains du président du Parlement
suédois qui a quatre essais pour former
un exécutif.
ÉTATS-UNIS INCERTITUDES SUR
LE SUCCESSEUR DE JOHN KELLY
En recevant leur Nobel de la paix lundi, le Congolais Denis Mukwege et la Yazidie Nadia Murad (au centre) ont appelé à protéger les victimes de violences sexuelles. Le gynécologue de 63 ans et l’Irakienne de 25 ans, ex-esclave des djihadistes devenue
porte-drapeau de sa minorité, ont reçu le prix des mains de la présidente du comité Nobel à Oslo.
Photo : Tobias Schwarz/AFP
RUGBY UN ESPOIR DU STADE
FRANÇAIS DANS UN « ÉTAT
GRAVE » APRÈS UN PLACAGE
RYTHMES SCOLAIRES
STRASBOURG RESTE
AUX QUATRE JOURS ET DEMI
La ville de Strasbourg a décidé de
conserver un rythme scolaire de 4 jours
et demi d’école hebdomadaires, avec
cependant un aménagement: un aprèsmidi par semaine sera réservé à des
activités éducatives, a annoncé lundi le
maire (PS) Roland Ries. La municipalité a pris cette décision après avoir
mené un vaste sondage auprès des
parents d’élèves, des enseignants et des
personnels périscolaires notamment.
BOULOGNE-BILLANCOURT
LE DOMICILE DU RAPPEUR
BOOBA CAMBRIOLÉ
Le rappeur Booba a été victime d’un
cambriolage, dimanche soir, à son
domicile de Boulogne-Billancourt,
a-t-on appris lundi de source policière.
Le montant du préjudice est estimé
à environ 450.000 euros et le butin est
principalement constitué de montres,
selon le parquet de Nanterre.
ON EN PARLE À MARRAKECH
AFP
Le joueur de l’équipe Espoirs du Stade
Français Nicolas Chauvin, victime d’un
arrêt cardiaque dimanche en plein
match à Bègles, se trouve toujours en
« réanimation, dans un état grave » a
indiqué lundi le club. Le troisième ligne
aile, âgé de 19 ans, « a été opéré en
urgence d’une fracture de la deuxième
cervicale ». Cet accident intervient quatre mois après la mort, pendant un
match, d’un jeune joueur d’Aurillac,
Louis Fajfrowski.
Nick Ayers, 36 ans, un haut fonctionnaire de la Maison-Blanche, présenté
par les médias comme un successeur
potentiel de John Kelly au poste de secrétaire général de la présidence, a annoncé
dimanche qu’il allait quitter l’administration pour s’engager dans l’équipe de
campagne de Donald Trump en vue de
l’élection présidentielle de 2020. Le président américain a annoncé samedi le
départ de son plus proche conseiller,
John Kelly, 68 ans, dans le cadre d’un
processus de renouvellement de son
équipe en vue de la campagne de 2020.
SYRIE DÉMOBILISATION
PARTIELLE
L’armée syrienne a démobilisé lundi des
conscrits effectuant leur service militaire sous le grade d’officier ainsi que des
réservistes mobilisés depuis cinq ans, la
seconde décision du genre en quelques
mois. En plus de sept ans de guerre,
l’armée syrienne a perdu, selon des
experts, plus de la moitié de ses effectifs,
estimés à quelque 300.000 soldats.
IRAK BAGDAD FÊTE UN AN
DE VICTOIRE SUR DAECH
L’Irak a célébré lundi le premier anniversaire de l’annonce de sa victoire sur le
groupe djihadiste Etat islamique
(Daech), lors d’une cérémonie au cours
de laquelle le Premier ministre irakien
Adel Abdel Mahdi a promis de s’attaquer
à la corruption et de faire rentrer chez
eux des centaines de milliers de déplacés.
L’ONU a adopté le Pacte controversé sur les migrations
Par une simple proclamation saluée d’un coup de marteau, l’ONU a validé lundi
matin le Pacte sur les migrations, qui reste dénoncé par une quinzaine de pays.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
l’Autriche a emboîté le pas, suivie par la Hongrie, la Pologne, la
Slovaquie, la République tchèque, la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie et, hors d’Europe, l’Australie, Israël et le Chili. L’Italie et la
Suisse veulent un débat au Parlement avant d’éventuellement
ratifier le Pacte, les Pays-Bas ont
voulu y ajouter une déclaration
interprétative, et la coalition au
pouvoir en Belgique a explosé
dimanche sur cette question. Le
Premier ministre belge, Charles
Michel, a opposé lundi « le repli
sur soi égoïste » ayant ensanglanté l’Europe au siècle dernier
au multilatéralisme du Pacte,
« seule voie d’avenir ».
C
’est donc par une simple
proclamation saluée
d’un coup de marteau
que l’ONU a validé lundi matin le
Pacte sur les migrations, à Marrakech. Une cérémonie minimaliste, sans vote, en présence
officiellement de 160 délégations (le site de la conférence ne
listait toutefois que 115 pays
représentés sur 193 membres de
l’ONU).
Un Pacte dénoncé par une
quinzaine de pays, qui l’assimilent à un véritable droit mondial
à l’immigration : les Etats-Unis
avaient été les seuls à refuser de
signer en juillet le premier pacte
de l’histoire censé assurer des
migrations « sûres, ordonnées et
régulières » par une coopération
mondiale. Le mois dernier,
son secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste
L e m oy n e) , e n A l l e m a g n e
(Angela Merkel était présente à
Marrakech), au Danemark et au
Canada. Cette controverse a
poussé le secrétaire général de
l’ONU, António Guterres, à
exhorter lundi à ne « pas succomber à la peur ou aux faux narratifs » sur la migration, et à
dénoncer les « nombreux mensonges » diffusés par les nationalistes. L’ONU souligne que le
Pacte reconnaît la souveraineté
nationale sur les questions
migratoires et n’est pas contraignant juridiquement : il se
contente de recenser des principes de défense des droits
humains des migrants et de
leurs enfants, en listant les
mesures permettant d’améliorer leur intégration et de réduire
l’immigration « irrégulière ».
« Faux narratifs »
Le Pacte a aussi été vivement critiqué au dernier moment par
l’opposition de droite en France
(Emmanuel Macron a dépêché
Les critiques affirment que,
même non contraignant juridiquement, le Pacte constituera
une référence morale et politique que pourrait évoquer un
juge lors d’un recours contre
une décision gouvernementale. Ils reprochent aussi au
Pacte de présenter la migration
comme un phénomène par
essence positif, puisqu’il la qualifie en préambule de « source
de prospérité, d’innovation et de
contribution au développement
durable » des pays d’accueil.
Ils s’alarment de ce que le
Pacte ne préconise l’arrestation
de migrants irréguliers qu’en
dernier recours et qu’il interdise toute discrimination
envers les migrants, y compris
irréguliers, en matière de droits
humains, notamment en
matière de soins, logement et
emploi. n
7
6
7
8
5
7
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0
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8
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MERCREDI
CREDI
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1/5
1/3
-3/4
-2/3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MUST BE MOËT & CHANDON*
MHD SAS, 105 Bvd de la Mission Marchand, 92400 Courbevoie – B 337 080 055 RCS Nanterre
*MOËT IMPÉRIAL, À L’ÉVIDENCE MOËT & CHANDON
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Mardi 11 décembre 2018
www.lesechos.fr
Aux difficultés
des enseignes
traditionnelles
s’ajoute l’impact des
actions des « gilets
jaunes » sur les
achats de Noël. // P.19
DEVISES EUR/GBP 0,9052 EUR/JPY 1,2847 EUR/CHF 1,1249 GBP/USD 1,2556 USD/JPY 1,1301 USD/CHF 0,9896 TAUX EONIA -0,359 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,315 OAT 10 ANS 0,619 T-BONDS 10 ANS 2,9514
INDUSTRIE & SERVICES
TRANSPORTS
Ouicar
DERNIÈRE HEURE
Grandes manœuvres sur le marché de l’auto-partage. // P. 18
La justice chinoise interdit la vente
de certains iPhone
DÉFENSE
Le géant danois
du nettoyage ISS
va se séparer de
100.000 emplois
Blindés : Rheinmetall s’invite dans
le couple franco-allemand. // P. 20
Martine Robert
@martiRD
ÉNERGIE
ISS prévoit de se séparer de
100.000 emplois, en vendant certaines
activités d’ici à 2020, et de lever jusqu’à
381 millions de dollars (334 millions
d’euros), a annoncé lundi le géant
danois des services externalisés. Cette
restructuration d’envergure s’accompagne d’un recentrage sur ses gros
clients. La multinationale, spécialisée
dans le nettoyage, l’entretien et la prévention dans les entreprises, va se retirer de 13 pays et se priver ainsi de 12 % de
son chiffre d’affaires. Sont visés des
pays d’Europe de l’Est (Estonie, République tchèque, Hongrie, Slovaquie,
S l o v é n i e e t R o u m a n i e) , d ’A s i e
(Thaïlande, Philippines, Malaisie, Brunei), d’Amérique latine (Brésil, Chili),
ainsi qu’Israël.
L’Ademe lance le débat sur la
compétitivité des EPR. // P. 21
ENGIE
L’énergéticien maintient le statu
quo sur sa participation dans Suez.
// P. 22
RESTAURATION
Les Américains privilégient de
plus en plus les repas à la maison.
// P. 23
HIGH-TECH & MÉDIAS
DROITS D’AUTEUR EN LIGNE
Bruxelles et les Gafa se préparent
au round final. // PP. 24-25
CELLNEX
L’espagnol se développe en France
grâce à Bouygues Telecom. // P. 25
Cette restructuration
d’envergure s’accompagne d’un recentrage
sur ses gros clients.
START-UP
HARDWARE CLUB
La société d’investissement
accélère. // P. 26
PME & RÉGIONS
ARTISANAT
La Chine représente un cinquième des ventes du fabricant de l’iPhone. Photo Philippe Lopez/AFP
Quand les artisans d’art produisent
leur matière première. // P. 27
Qualcomm marque
une victoire judiciaire
d’ampleur.
CÉRÉALES
Un nouveau groupe coopératif
pour le Nord-Ouest. // P. 28
Le fabricant de semiconducteurs accuse Apple
depuis 2017 d’enfreindre
ses brevets.
FINANCE & MARCHÉS
BNP PARIBAS
La banque étoffe ses activités
en Chine. // P. 29
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Shutterstock
INTRODUCTIONS EN BOURSE
Une année faste dominée par
l’Asie. // P. 30 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN P. 10
BOURSES EUROPÉENNES
Une semaine à haut risque. // P. 31
AMF
L’ autorité donne son feu vert à la
création de Napoleon AM. // P. 32
GESTION D'ACTIFS
INVESTISSEMENT DURABLE
Climat : des gestionnaires d’actifs
sous surveillance // PP. 33 À 35
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET// P. 38
Un tribunal chinois a donné raison à Qualcomm, le fabricant de puces californien qui
accuse Apple d’enfreindre certains de ses
brevets. Et la cour de Fuzhou n’y est pas allée
par quatre chemins : elle interdit purement
et simplement la vente sur le territoire chinois des smartphones concernés : les
iPhone 6, 6 Plus, 7, 7 Plus, 8, 8 Plus et X.
Dans la lutte judiciaire sans merci auquel
se livrent les deux géants américains, ce dernier coup est le plus rude. Certes, la décision
épargne les modèles les plus récents (XS, XS
Max et XR) qui n’étaient pas encore commercialisés au moment où la plainte a été
déposée. Mais c’est la première fois qu’une
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Une bataille judiciaire homérique
Qualcomm avait jusqu’à présent échoué à
obtenir de tels gels. Aux Etats-Unis, la firme
voulait faire interdire les iPhone dotés des
puces de son grand concurrent Intel. Un
juge a rejeté cette demande, renvoyant la
décision sur le fond au printemps prochain.
En Allemagne, après une première défaite
en octobre, Qualcomm attend d’autres décisions dans les prochains jours. Vu le nombre de fronts ouverts, cette bataille judi-
ciaire homérique entre les deux géants
californiens n’est pas près de s’arrêter.
Les deux parties ont sorti l’artillerie
lourde. Qualcomm réclame 7 milliards de
dollars d’impayés à la pomme pour ses brevets. Apple estime au contraire que son expartenaire lui doit un milliard de dollars de
dédommagements. La pomme ne paie plus
et traîne Qualcomm en justice pour abus de
position dominante, emboîtant le pas à plusieurs gendarmes de la concurrence à travers le monde. Cette lutte acharnée pèse sur
les deux groupes. Les résultats de Qualcomm s’en ressentent lourdement.
Quant à Apple, l’annonce récente de
l’interdiction chinoise des iPhone a pesé sur
le cours de l’action au point qu’Amazon est
repassé devant Apple en Bourse pour devenir la deuxième capitalisation mondiale
lundi, derrière Microsoft. Pire, la brouille
pourrait forcer le fabricant de l’iPhone à ne
pas avoir de modèle 5G avant 2020, faute
d’avoir accès aux modems de Qualcomm.
En dépit de ces dégâts croissants, aucun cessez-le-feu n’est en vue entre les frères ennemis de la côte Ouest.
(
Lire « Crible »
Page 39
« Nous devons concentrer notre capital et nos ressources sur les clients, les services et les régions géographiques qui peuve n t v ra i m e n t b é n é f i c i e r d e n o s
investissements futurs », a justifié le
directeur général du groupe, Jeff Gravenhorst. Un quart du produit de la
vente de ces filiales ira aux actionnaires
via un plan de rachat d’actions ou un
dividende spécial.
Le groupe, dont les clients vont du
ministère danois de la Défense à l’opérateur Deutsche Telekom, estime que
cette restructuration va réduire de 50 %
le nombre de ses clients (les grands
comptes représentent 56 % de son chiffre d’affaires) et de 20 % ses effectifs. ISS
passera de 490.000 personnes
employées dans le monde à 390.000.
« Ces 100.000 personnes ne perdent pas
leur emploi. Ils restent dans les filiales qui
vont être cédées » selon le porte-parole
du groupe Rajiv Arvind. La stratégie
d’ISS s’explique par la multiplication
des acteurs sur de petits contrats de
nettoyage.
Succession de retraits
Le fonds activiste Elliot au capital
de Bayer
Catherine Ducruet
cducruet@lesechos.fr
SUR
telle interdiction est validée par une autorité
judiciaire. Et dans un pays clef pour Apple :
la Chine représente environ 20 % des revenus du groupe de Cupertino. Apple a aussitôt réagi et minimisé l’impact de la décision.
Quoiqu’en dise la partie adverse, la firme à la
pomme assure que les brevets en cause ne
concernent que iOS 11, la précédente version
de son système d’exploitation. « Tous les
modèles d’iPhone restent disponibles pour
nos clients en Chine », écrit Apple dans un
communiqué. « Les efforts de Qualcomm
pour faire interdire nos produits sont un nouvel acte désespéré de la part d’une entreprise
dont les pratiques illégales font l’objet
d’enquêtes de régulateurs du monde entier »,
s’agace encore le fabricant de l’iPhone.
La multinationale va se
retirer de 13 pays
et se priver ainsi de 12 %
de son chiffre d’affaires.
La pression va s’accentuer sur Bayer. Le
fonds activiste Elliott Management a pris
une position au capital du géant allemand,
indique un professionnel aux « Echos »,
confirmant des informations de Reuters et
de Bloomberg. Le fonds de Paul Singer possède des actions du géant allemand de la chimie depuis plus d’un an, mais sa participation reste inférieure à 3 %. Au-delà de ce
seuil, une déclaration serait en effet obligatoire dans le droit boursier allemand. Selon
Bloomberg, Elliott entend pousser le mana-
gement de Bayer à explorer l’hypothèse
d’une scission, mais le fonds pourrait aussi
décider de vendre sa participation.
Une période noire
Bayer traverse actuellement une période
noire, après le rachat de Monsanto, compte
tenu du risque juridique que fait peser sur
lui le groupe américain, après qu’un tribunal
d’outre-Atlantique a reconnu la responsabilité de son herbicide glyphosate dans la
maladie d’un jardinier. Après avoir perdu
40 % de sa valeur en Bourse, le géant allemand a annoncé la semaine dernière
12.000 suppressions de postes et la cession
de son activité vétérinaire et de certains produits grand public. Mais cela pourrait être
insuffisant pour assainir la situation. La division pharmacie devrait aussi encaisser dans
les cinq prochaines années la perte des brevets de deux blockbusters et le contenu du
pipeline, à ce jour, ne paraît pas capable de
compenser ces pertes. Or, l’argent que Bayer
aurait pu investir dans ses médicaments a
été englouti dans l’acquisition de Monsanto.
D’où l’idée qu’il vaudrait peut être mieux
donner à la pharmacie son indépendance.
Pas sûr que le management soit prêt à une
telle décision, mais Elliott pourrait l’y pousser s’il se renforce dans la place. n
Du simple nettoyage des entreprises au
Danemark, ISS s’est étendu progressivement au niveau mondial en diversifiant ses services, de la préparation de
repas au gardiennage de bâtiments en
passant par la gestion des centres
d’appels. Aujourd’hui, le géant pèse
10,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. En se concentrant davantage sur les
clients les plus importants et les plus
rentables, le groupe veut porter à partir
de 2019 la croissance de son chiffre
d’affaires courant autour des 4 à 6 % par
an, contre 1,5 à 3,5 % attendus cette
année, après 2,4 % en 2017.
L’an dernier déjà, ISS s’était séparé
d’activités ou de filiales dans les pays
scandinaves, aux Pays-Bas, en Espagne
et cette année en Belgique, Hongrie,
Grèce. En France, il a revendu sa filiale
ISS Hygiène et Prévention (120 millions
de chiffres d’affaires d’euros) à Ortec
l’été dernier. n
Shutterstock
Les « gilets jaunes » gâchent la
fête des professionnels du jouet
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
AÉRIEN La compagnie aérienne colombienne Avianca
a annoncé dimanche soir qu’elle allait entamer des négociations
avec Airbus en vue de diviser par deux la commande de
100 appareils qu’elle avait passée en mai 2015 avec le constructeur européen. Elle avait commandé 100 A320 neo, pour un
montant estimé alors à près de 10 milliards de dollars pour
moderniser sa flotte. Les représentants d’Avianca se rendront
en France dans les jours qui viennent pour renégocier avec Airbus. « Nous recevrons probablement entre 50 et 80 avions sur ces
100 appareils », a indiqué le directeur général, Hernán Rincón.
l Les opérateurs sont trop nombreux sur un créneau encore embryonnaire.
l Un vaste mouvement de consolidation se prépare.
En forme, la CDA conclut
un partenariat avec le chinois Fosun
TRANSPORTS
LOISIRS A l’occasion de la publication de ses résultats annuels
pour 2017-2018, la Compagnie des Alpes (CDA) a officialisé
lundi, après Bourse, un partenariat industriel avec le conglomérat chinois Fosun, le propriétaire de Club Med. Comme attendu
(« Les Echos » du 30 novembre), il porte sur un projet de « ski
dôme » près de Shanghai. La CDA a annoncé avoir enregistré un
profit part du groupe de 57,2 millions d’euros, en hausse de
82,6 %, pour un chiffre d’affaires de 801,2 millions (+6 %).
Lionel Steinmann
@lsteinmann
Aussi encombré que le périphérique parisien à l’heure de pointe, le
marché de l’auto-partage se prépare
à une sévère phase de consolidation.
Le secteur est, en quelque sorte, victime de son succès annoncé. Depuis
des années, les experts du marché
de l’automobile décrivent des
clients de moins en moins attachés à
la possession d’une voiture et de
plus en plus enclins à se convertir à
un usage à la demande, pour des trajets de quelques minutes ou pour
une escapade en fin de semaine.
Cette évolution est encouragée par
les maires des grandes villes, qui y
voient une solution à leurs problèmes de congestion et de pollution.
Pour ne pas rater ce virage, de nombreuses entreprises ont investi ce
Nouveau retard pour l’inauguration
de Crossrail, le futur RER de Londres
TRANSPORTS Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour
Crossrail, la future ligne de RER qui doit traverser d’est en ouest
l’agglomération de Londres, et dont le chantier a démarré fin
2009. Les autorités ont annoncé lundi que l’inauguration, déjà
reportée d’un an à fin 2019, n’était plus garantie à cette date. Surtout, le coût des travaux, initialement estimé à 14,8 milliards de
livres, a encore dérapé, et devrait dépasser, selon une évaluation
du cabinet KPMG, les 17 milliards (19 milliards d’euros).
Sipany/Sipa
AGROALIMENTAIRE Le fabri-
cant du Nutella pourrait acheter
le pôle international de Campbell
S oup, qui inclut les biscuits
Arnott’s, selon Reuters, confirmant une information initialement rapportée par «Il Sole
24 Ore ». L’opération pourrait,
selon le quotidien italien, dépasser 1,7 milliard d’euros. Ferrero se
serait adjoint les conseils de
Rothschild.
SUR
RETROUVEZ ETIENNE LEFEBVRE
DANS « LE DUEL ECO » du
présenté par FRANCIS LETELLIER
chaque mardi dès 22h45 en direct sur France 3
créneau de l’auto-partage. S’y
côtoient aujourd’hui des pionniers
(comme Communauto), des jeunes
pousses (Koolicar, Clem’…), des filiales de loueurs de voiture (Zipcar,
lancé en France par Avis en 2014, ou
Ubeeqo, contrôlé par Europcar), ou
encore de grands groupes automobiles, qui au-delà des voitures veulent désormais vendre des services
de mobilité, tel PSA (qui vient de lancer Free2Move à Paris), mais aussi
Renault, Daimler, BMW…
Par ailleurs, les frontières sont de
plus en plus perméables avec le
marché de la location de voitures
entre particuliers, et des sociétés
comme les français Drivy et OuiCar
ou le suédois GoMore se présentent
désormais comme des opérateurs
d’auto-partage.
A l’évidence, ces acteurs sont trop
nombreux à se partager un marché
qui, même en progression, reste
embryonnaire : selon l’Observatoire des mobilités émergentes, pré-
senté mi-novembre, seulement 5 %
des Européens ont eu recours à
l’auto-partage dans les douze derniers mois. Dans le même temps, les
investissements à consentir sont
lourds, qu’il s’agisse d’auto-partage
« en boucle » (il faut ramener la voiture à son stationnement d’origine)
ou surtout des systèmes en libreservice, dont les coûts peuvent vite
exploser, comme l’a montré feu
Autolib’.
Des sociétés prêtes
à jeter l’éponge
Conséquence, la quasi-totalité des
sociétés perdent de l’argent et un
certain nombre d’acteurs, pour
limiter l’addition, cherchent à
s’allier avec des concurrents. « Ce
sont les grandes manœuvres », confirme un dirigeant. Fin mars déjà,
Mercedes et BMW ont décidé de
fusionner leurs filiales dédiées à la
mobilité, Car2Go et DriveNow.
L’opération doit être finalisée en
2019. De la même manière, le
groupe SNCF, qui contrôle OuiCar, a
mandaté la Banque Rothschild
pour lui trouver un partenaire.
La rumeur prête également à certaines sociétés la volonté de réduire
drastiquement la voilure, voire
d’arrêter les frais. Selon un dirigeant
du secteur, Avis réfléchirait à retirer
Zipcar de Paris et de plusieurs
autres pays, pour se concentrer sur
ses deux principaux marchés,
l’Amérique du Nord et le RoyaumeUni. Sollicité, le groupe a démenti
lundi « tout retrait du marché français » et assure que « Zipcar, fortement implanté dans plus de 500 villes
réparties dans 12 pays [...], continue de
se développer ».
Par ailleurs, le français Koolicar,
qui compte l’assureur Maif et PSA
à son tour de table, envisagerait
de cesser son activité. Interrogés
par « Les Echos », la Maif et PSA
n’ont pas souhaité faire de commentaires. n
La Suisse, seul territoire rentable du car-sharing
DPA Picture-Alliance/AFP
Ferrero convoite
Campbell
PHARMACIE Boehringer Ingelheim a confirmé, lundi, les craintes du syndicat CFE-CGC et a
annoncé « son intention de réorganiser ses activités en France ».
Avec, à la clef, 327 suppressions
de postes dans ses deux entités
francaises en 2019 : 130 en santé
animale et 197 en santé humaine.
Cela représente 10 % de l’effectif
du groupe familial allemand
dans l’Hexagone. Le plan prévoie aussi la modification de
180 contrats de travail.
OuiCar, initialement positionné sur la location de voitures entre particuliers, a fait évoluer son positionnement vers l’auto-partage.
Grandes manœuvres
sur le marché de l’auto-partage
Avianca envisage de réduire de moitié
sa commande de 100 Airbus A320 neo
Réduction
d’effectifs chez
Boehringer
Ingelheim
Ouicar
Eric Cabanis / AFP
à suivre
Dans les villes helvètes,
Mobility, qui s’est lancé dès
1997, fait figure de précurseur de l’auto-partage
et dégage des bénéfices.
dans toute la Confédération. Ils se
partagent quotidiennement
2.930 véhicules répartis en neuf
catégories, de la petite citadine
au gros monospace.
Denis Fainsilber
dfainsilber@lesechos.fr
Complémentarité
avec les transports publics
De l’avis de plusieurs experts de
l’auto-partage, un seul acteur parvient à être rentable sur ce métier
difficile en Europe : le suisse Mobility. Des profits certes minimes
(2,04 millions de francs suisses l’an
dernier, soit 1,8 million d’euros, pour
un chiffre d’affaires de 76 millions de
francs suisses), mais un bénéfice
tout de même. De quoi donner à
réfléchir au regard de l’ardoise de
près de 300 millions d’euros laissée
par Autolib’ au bout de sept ans.
Quelles sont donc les recettes de la
société aux voitures rouges pour se
hisser au-dessus de la ligne de flottaison ? Créé dès 1997, Mobility a
patiemment construit sa croissance, et sans dépendre ni d’une
grande métropole ni d’un grand
loueur ou d’un constructeur automobile. « Nous sommes une société
coopérative, on a toujours été financé
par nos sociétaires et nos abonnés »,
explique aux « Echos » son porteparole, Bernard Sauterel. L’entreprise compte 177.000 clients, dont
plus de 4.700 entreprises, répartis
Point important, le maillage géographique est axé sur les mobilités
« combinées ». Les stations sont souvent proches des gares afin de jouer
la complémentarité avec le train, sur
les derniers kilomètres. « La Suisse a
des transports publics plutôt efficaces.
Pour que les gens renoncent à leur voiture personnelle, il faut offrir d’autres
possibilités de déplacement. Actuellement, 60 % de la population a accès à
un véhicule près de chez lui, et nous
sommes les seuls à couvrir tout le
pays », remarque Bernard Sauterel.
Basé non loin de Zoug, Mobility a
construit sa croissance sur le
modèle du car-sharing « en boucle ». Le client est contraint à reconduire le véhicule emprunté à son
point de départ, ce qui facilite grandement la régulation du système. La
société explore depuis peu de nouveaux segments de marché. Elle a
lancé dans deux villes, Genève
et Bâle, un service urbain sans
emplacement fixe et sous une autre
marque, Catch a Car, qui exploite
250 voitures. Autre diversification,
des scooters électriques en libre-
« Les modèles
électriques sont un
peu moins utilisés
que les autres. Pour
aller beaucoup plus
vite, il faut que les
clients n’aient plus
aucune crainte vis-àvis de ces véhicules. »
BERNARD SAUTEREL
Porte-parole de Mobility
service également sans bornes fixes,
depuis avril dernier à Zurich
(200 machines).
Concernant la motorisation de
ses véhicules, Mobility avance là
encore prudemment, malgré la
pression des écologistes très prégnante en Suisse. Fin 2017, la firme
ne comptait que 44 voitures électriques (Renault ZOE), soit 1,5 % de son
parc. Elle vise un seuil de 130 véhicules pour 2020. « Les modèles électriques sont un peu moins utilisés que les
autres. Pour aller beaucoup plus vite,
il faut que les clients n’aient plus
aucune crainte vis-à-vis de ces véhicules », remarque le porte-parole. En
revanche, des Toyota Yaris Hybride
remplacent peu à peu des petits
modèles diesel. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
Les « gilets jaunes » gâchent la fête
des professionnels du jouet
l Aux difficultés des enseignes traditionnelles s’ajoute l’impact des actions des « gilets jaunes » sur les achats de Noël.
l Le secteur pourrait afficher sa plus mauvaise année depuis 2012.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Y aura-t-il moins de jouets sous le
sapin ? C’est en tous les cas un Noël
semé d’embûches qui se profile
pour les professionnels du jouet.
D’abord confronté aux difficultés
de La Grande Récré et de Toys “R”
Us (placés en redressement judiciaire, puis relancés en octobre), le
secteur subit de plein fouet le mouvement des « gilets jaunes ».
Les blocages partout en France
ont perturbé ces dernières semaines les achats de jouets, alors que
novembre et décembre sont des
mois clefs pour le marché. Ce qui a
provoqué leur report, alors qu’ils
sont déjà très tardifs. Un phénomène commun à toute l’Europe. Et
le Black Friday n’a pas profité au
secteur. Conséquence, entre janvier et fin novembre, le marché affiche un chiffre d’affaires en recul de
106 millions d’euros, dont 61 millions pour le seul mois de novembre. En 2017, les ventes s’élevaient à
3,4 milliards d’euros, en léger repli
de 0,8 %. Selon une enquête réalisée par le cabinet NPD, 17 % des personnes interrogées ont repoussé
leurs achats à cause des manifestations. « On savait que ce serait une
année difficile. Mais c’est pire,
remarque Mikael Berthou, directeur général de Hasbro France.
Nous misons beaucoup sur les deux
dernières semaines de l’année pour
rebondir. En 2012, où Noël était aussi
un mardi, les ventes avaient bondi de
50 % la veille ». Les jours à venir
vont donc être décisifs, le mois de
décembre pesant à lui seul 37 % du
chiffre d’affaires annuel. Du coté
des enseignes, on se prépare à une
fin d’année intense. « Notre activité
a été sévèrement impactée, mais
nous restons en progression, relève
Philippe Gueydon, le patron de
King Jouet. A fin novembre, le marché était en recul de 6 points. Ce qui
veut dire que la perte s’est creusée
comparé à fin septembre (–4 %). Si
les mouvements sociaux se calment,
nous avons la capacité de remonter
la pente. »
Dans ce contexte troublé, les
sites marchands devraient en profiter. Inévitablement, les achats
vont se reporter sur les tablettes et
autres smartphones. Déjà, les ventes en ligne représentent 29 % du
marché des jouets, « pure players »
(Amazon, Cdiscount…) et distributeurs compris. Elles devraient passer la barre des 30 % cette année,
estime NDP.
Selon certains fabricants, elles
auraient progressé de 3,6 % à fin
novembre, tandis que l’activité
reculait de 8 % dans les magasins
physiques, les hypers étant les plus
touchés. Amazon joue à fond la
carte des promos. Le site propose
106
MILLIONS D’EUROS
La baisse du chiffre d’affaires
du secteur entre janvier
et fin novembre.
des jouets 20 % moins chers en
moyenne à ceux d’Amazon UK et
d’autres marchés européens, selon
des relevés du cabinet de conseil
Diamart. « Malgré toutes ces tensions, le marché reste résilient, constate Philippe Gueydon. Mais, il sera
compliqué de rattraper le retard
accumulé. » Même si leur pouvoir
d’achat est restreint, les parents ne
vont pas sacrifier les cadeaux pour
leurs enfants. « En général, les crises
n’impactent pas le budget des plus
petits, assure Frédérique Tutt,
expert du marché chez NPD. Les
parents vont se serrer la ceinture et
ne pas se faire de cadeaux, mais ils
vont préserver leurs enfants. Les
grands-parents représentent aussi
une grande part des achats. Ce qui
explique la solidité du marché. » Les
Français dépensent en moyenne
114 euros par enfant, soit presque
six cadeaux.
Patrick Allard/RÉA
JOUETS
« Pas d’affolement »
« Il n’y a pas d’affolement des industriels, relève Michel Moccio, directeur général de la Fédération française des industries du jouet. Ils
sont confiants sur la demande. Mais
il y a des risques de rupture dans les
rayons. » Mikael Berthou, chez
Hasbro, note que « Toys “R” Us et la
Grande Récré ont retrouvé une belle
dynamique ». Toutefois, ajoute-t-il,
« avec ces nouvelles difficultés,
et une consommation tardive, on
ne pourra pas sauver l’année ». Les
professionnels estiment que le
marché pourrait reculer de 3 à 4 %.
Ce qui ferait de 2018 sa pire année
depuis 2012, où il avait accusé une
baisse de 2 %.
Malgré les tensions sur le pouvoir d’achat, les parents ne sacrifieront pas le budget jouets.
4
À NOTER
Les fabricants lancent une
campagne diffusée à la télévision, sur le thème « Merci les
jouets ». « Il s’agit de reparler
du jouet d’un point de vue
émotionnel, et pas comme une
marchandise, qu’on achète en
deux clics sur Internet », explique-t-on à la Fédération du
secteur. Autrement dit, de
récréer la magie de Noël.
L’hôtellerie et le tourisme de plus en plus impactés
La baisse des réservations
est désormais de l’ordre de
20 à 25 %, selon le groupement des chaînes hôtelières. Les professionnels du
tourisme redoutent un repli
d’activité en 2019.
Christophe Palierse
@cpalierse
Les répercussions du mouvement
des « gilets jaunes » s’aggravent
pour l’hôtellerie-restauration et le
tourisme en général. « Il est temps
que cela s’arrête », s’exclament les
professionnels désormais inquiets
quant à leurs perspectives d’activité
pour 2019… « La baisse du niveau des
réservations par rapport à l’an passé
s’accentue. La tendance est désormais plutôt à – 20 %, –25 %, et non
plus à – 10 %, –15 %. La fin de l’année
va être fortement affectée, avec, en
particulier, moins d’étrangers à Paris
le 31 décembre, mais le début de
l’année prochaine aussi sera touché », indique le président du Groupement national des chaînes hôtelières (GNC), Jean-Virgile Crance.
Absence de visibilité
« Nous sommes passés de l’incident
au phénomène qui s’inscrit dans le
temps, et personne n’a de visibilité sur
la suite », ajoute-t-il. S’il a, un temps,
été surtout question de l’hôtellerie
haut de gamme parisienne, qui
dépend pour beaucoup des clientèles étrangères, toutes les catégories
d’établissements sont désormais
touchées. Le groupe B&B Hotels
constate ainsi une diminution de 3 à
4 points du taux d’occupation, avec
une situation « presque normale en
province », selon son directeur
général, Fabrice Collet.
Au-delà de la situation à l’instant T, les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie s’alarment
sur le coup porté à la destination
Le commerce ne
rattrapera pas ses pertes
La plupart des enseignes
ont enregistré samedi
d’importantes pertes
de chiffre d’affaires.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Les pertes de samedi sont sévères,
même si quelques ventes ont été
rattrapées dimanche. Les « gilets
jaunes » ébranlent les commerçants français, dont beaucoup
sont déjà fragilisés par l’e-commerce et une forme de « déconsommation ». Les hypermarchés
connaissent un lent déclin. Les
blocages de samedi ne le freinent
pas avec une baisse des ventes de
15 % à 20 %, selon les spécialistes.
Les deux week-ends précédents
c’était plus encore. Les groupes
cotés en Bourse, Carrefour et
Casino, ne donnent pas de chiffres précis. Chez Auchan, on n’a
pas les mêmes contraintes de
communication et on annonce
100 millions de pertes de chiffre
d’affaires en trois semaines.
Hypers en difficulté
Au-delà de l’hôtellerie, c’est tout un écosystème – restauration, musées… – qui est concerné
par la baisse d’activité. Photo Arnaud Poilleux/« Les Echos »
France, bien partie à la fin de l’été
pour atteindre de nouveaux records
en termes de fréquentation et de
recettes en 2018. « Nous assistons à
un massacre de l’image de la France
en général. Il faudra tout reprendre de
zéro en matière de promotion », se
désole le président de la Confédération des acteurs du tourisme,
Roland Héguy, par ailleurs président de l’Umih, la principale organisation patronale de l’hôtellerie-restauration.
« Beaucoup de tour-opérateurs
étrangers appellent pour avoir des
informations », relate Jean-Virgile
Crance, et des annulations de voyages en groupe sont d’ores et déjà
Les voyagistes français
aussi touchés
Le mouvement des « gilets jaunes » pèse sur l’activité des
voyagistes français. Après avoir renoué depuis plus d’un
an avec la croissance, bénéficiant notamment du retour
des Français en Tunisie, le secteur a subi « un recul sensible des prises de commandes depuis la deuxième quinzaine
de novembre », selon le président du syndicat professionnel Seto, René-Marc Chikli. Certains parlent d’une dégringolade de 20 % des réservations. Le PDG du groupe Voyageurs du Monde, Jean-François Rial, fait état d’une baisse
des ventes de « 10 % en moyenne depuis trois semaines ».
constatées. Au dire des professionnels, une franche désaffection de la
part des Japonais et Américains,
très sensibles aux questions de
sécurité, est à prévoir.
« Répercussions
sur les salariés »
« Il va y avoir des répercussions pour
les salariés », prévient Roland
Héguy. Au-delà de l’hôtellerie, c’est
tout un écosystème qui est frappé.
Ainsi, le spécialiste des locations de
vacances entre particuliers Locasun annonce, dans un communiqué publié lundi, « une chute de 13 %
des ventes depuis le durcissement du
conflit des “gilets jaunes” et les dégradations à Paris du 1er décembre »,
après trois mois de croissance de
près de 20 %. Ce retournement
porte non seulement sur les vacances de Noël et d’hiver (–7 %) mais
aussi sur celles de l’été prochain
(–42 %). n
Les investisseurs sont fébriles. Le
cours de Carrefour est remonté
lundi. Il a baissé de 17 % en un
mois. Casino, qui possède moins
d’hypermarchés, fait mieux, mais
perd 7 % sur la même période.
Chez Système U, on évoque plusieurs magasins « très impactés »
et, chez Intermarché, des points
de vente « vraiment en difficulté ».
Les grands magasins Printemps estiment avoir perdu de
25 % à 30 % de chiffre d’affaires
depuis le début du mouvement.
La baisse a atteint 30 % à Paris, où
le magasin historique du boulevard Haussmann était fermé
samedi, a indiqué lundi le directeur général, Pierre Pellarey. En
province, la chute a été de 25 % et
d’environ 30 % dans certaines villes, comme Marseille, Lyon et
Bordeaux. Noël représente 20 %
de l’activité de l’enseigne.
Chez le concurrent Galeries
Lafayette, certaines sources indiquent pour samedi une perte de
5 millions d’euros environ. C’est
beaucoup, même si juillet et août
sont devenus les meilleurs mois
de l’année. L’Alliance du commerce, l’association des grands
magasins et des grandes ensei-
gnes de l’habillement comme
Zara ou H&M, évoque pour
samedi à Paris « une perte de chiffre d’affaires de plusieurs dizaines
de millions d’euros ».
Pour les boutiques restées
ouvertes en province, les ventes
ont fléchi de 25 % à 35 %. Yohann
Petiot, le directeur général de
l’organisation professionnelle,
dresse une longue liste de villes,
dans lesquelles les commerces
ont été obligés de fermer totalement ou partiellement leurs portes : Marseille, Toulouse, Bordeaux, Saint-Etienne, mais aussi
Saint-Avold, Poitiers, le Puy-enVelay, Carcassone, Maubeuge et
Montargis…
Pour certaines enseignes, la
logistique est aussi touchée. Système U connaît des problèmes
dans le Sud, comme Auchan,
dont l’entrepôt de Saint-Césaire à
Nîmes est bloqué sans interruption depuis trois semaines. Des
mesures de chômage partiel sont
engagées. Plusieurs Intermarché
ont eu recours au chômage technique. La saison de Noël est partout menacée. L’ouverture le
dimanche a permis quelques rattrapages dans les grands magasins parisiens, mais pas supérieurs à 20 % des pertes de la
veille. « Les pertes de chiffre d’affaires sont colossales et ne seront pas
rattrapées », tranche Pierre Pellarey. Chez FNAC Darty on espère
un report vers le Web. Noël ne
sera peut-être pas très joyeux
pour les commerçants. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
La Russie devient
le deuxième plus
gros producteur
d’armement
DÉFENSE
Si Washington reste,
de loin, sur la
première marche
du podium, Moscou
relègue Londres
à la troisième.
Claude Fouquet
@ClaudeFP
C’est une pilule que Londres,
qui entretient des rapports tendus avec Moscou depuis
l’affaire de la tentative d’assassinat de Sergueï Skripal sur son
territoire, aura sans doute du
mal à avaler. Selon le dernier
rapport de l’Institut de recherche sur la paix internationale de
Stockholm (Sipri), publié lundi,
la Russie vient en effet d’évincer
le Royaume-Uni de son rang de
deuxième plus gros producteur
d’armement de la planète.
Selon ce rapport qui ne prend
pas en compte la Chine, faute de
statistiques officielles ou fiables,
la Russie déloge en effet le
Royaume-Uni qui occupait,
depuis 2002, la deuxième marche du podium. Les Etats-Unis
restent numéro un mondial et la
France conserve sa quatrième
position.
A eux seuls, les producteurs
américains ont représenté 57 %
du total des ventes en 2017, avec
42 entreprises parmi les cent
plus gros producteurs mondiaux, pour un chiffre d’affaires
cumulé de 227 milliards de dollars. Bien loin devant les autres
compétiteurs de ce secteur.
L’industrie de l’armement
russe, forte de sa deuxième position, n’a représenté que 9,5 % des
ventes du Top 100 avec un chiffre
d’affaires de 38 milliards de dollars, en hausse de 8,5 % par rap-
port à 2016. Le Royaume-Uni a,
pour sa part totalisé 9 % des ventes, et pu se consoler en demeurant le plus gros producteur
d’armes d’Europe de l’Ouest. La
France, de son côté, a totalisé
5,3 % des ventes.
Cerise sur le gâteau pour
Moscou, pour la première fois
une entreprise russe, AlmazAntey, qui produit notamment
les missiles S-400, figure dans le
Top 10 du classement du Sipri.
Des ventes en hausse
pour la 3e année d’affilée
Ce Top 10 demeure largement
dominé par les entreprises
américaines. Au nombre de
cinq, elles trustent les trois premières places et occupent aussi
les cinquième et sixième rangs.
Lockheed Martin, qui vient de
décrocher un contrat de
225 F-35 auprès du Pentagone,
reste le numéro un mondial.
Outre Airbus, qui occupe la
septième place, la France est
présente via Thales (9 e ), le
Royaume-Uni via BAE System (3e) et l’Italie grâce à Leonardo (9e).
Au total, les ventes mondiales d’armes et de services à
caractère militaire ont atteint
398,2 milliards de dollars en
2017, soit une hausse de 2,5 %
par rapport à 2016. « Il s’agit de
la troisième année d’affilée
d’augmentation des ventes »,
souligne le Sipri.
Cette hausse est largement
liée à la volonté de nombreux
Etats de se renforcer ou de
moderniser leurs forces armées,
ou tout simplement de devenir
moins dépendants d’achats
étrangers. Ainsi, dans le cas des
Etats-Unis, « les entreprises américaines bénéficient directement
de la demande constante d’armes
du ministère américain de la
Défense », explique le rapport. n
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
Blindés : Rheinmetall s’invite
dans le couple franco-allemand
l Rheinmetall souhaite racheter son concurrent allemand Krauss-Maffei Wegmann.
l Il pourrait devenir ainsi l’interlocuteur numéro un du français Nexter au sein
d’un géant franco-allemand de l’armement terrestre.
DÉFENSE
Anne Bauer
@annebauerbrux
avec Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Le mariage franco-allemand dans
les blindés va prendre un nouveau
virage. Le 26 novembre, le groupe
industriel allemand Rheinmetall
confirmait des pourparlers pour
racheter son éternel concurrent en
Allemagne, le groupe Krauss-Maffei
Wegmann (KMW). Depuis toujours, les deux frères ennemis se
répartissent la fabrication des principaux véhicules militaires de
l’armée allemande. Le châssis du
char Leopard est ainsi fabriqué par
KMW, tandis que la tourelle et les
munitions sont produites par
Rheinmetall.
En s’alliant en 2015 avec le fabricant de blindés français Nexter (exGIAT), le groupe familial KMW
espérait se mettre à l’abri des ambi-
Les gouvernements
français et allemand
ont affirmé vouloir
réaliser ensemble
le char du futur,
qui remplacera
les Leclerc et Leopard.
tions de son concurrent national.
Le holding KNDS, détenu à 50 % par
KMW et 50 % par Nexter, était alors
créé pour former un groupe de
quelque 6.000 employés et d’environ 2 milliards d’euros de chiffre
d’affaires. Un mariage célébré en
grande pompe, mais qui trois ans
plus tard n’a toujours pas été réellement consommé, faute de programmes communs.
A l’armée allemande les chars
Leopard, les blindés Boxer et Puma.
A l’armée française les chars Leclerc
et le tout nouveau programme de
blindés Scorpion (Griffon et Jaguar).
Des équipements qui ne partagent
rien, sinon la métaphore animale.
S eul p oint de rencontre programmé : la volonté affirmée par les
gouvernements français et allemand de réaliser ensemble le char
du futur, qui remplacera les Leclerc
et Leopard.
Rheinmetall, leader allemand de
l’armement terrestre, veut jouer le
rôle de numéro un dans ce projet
placé sous leadership allemand. En
novembre, la ministre des Armées,
Florence Parly, et la ministre de la
Défense, Ursula von der Leyen, ont
ainsi confirmé qu’elles attendaient
de Rheinmetall, KMW et Nexter une
proposition industrielle afin de
mener avec succès les études et les
activités de recherche et développement à partir de la mi-2019.
Neutralité du gouvernement
A Berlin, le gouvernement fait mine
de ne pas vouloir se mêler du possible rachat de KMW par Rheinmetall,
en affirmant qu’il s’agit d’une affaire
entre sociétés privées. La famille
Bode Wegmann, qui détient KMW et
donc les 50 % du groupe franco-allemand, serait vendeuse depuis le
décès il y a quelques semaines de son
aïeul. Reste à savoir si aucun des
27 membres de la famille ne voudra
faire jouer son droit de préemption.
En France, on se déclare ouvert à
cette rationalisation de l’industrie
européenne de l’armement, en soulignant toutefois que l’actionnariat
de KNDS est figé jusqu’à la fin 2020,
s a u f s i l e g o u ve r n e m e n t e s t
d’accord pour un changement.
Paris souhaite s’assurer que le
mariage ne soit pas trop déséquilibré. Rheinmetall (5,8 milliards
d’euros de chiffre d’affaires, dont
3 milliards dans la défense) est en
KNDS présentait en juin dernier au Salon Eurosatory un blindé
hybride avec un châssis de KMW et une tourelle de Nexter préfigurant le char franco-allemand du futur. Photo Romain Beurrier/RÉA
effet bien plus diversifié que
l’ensemble Nexter-KMW (8,6 milliards de carnet de commandes).
Joël Barre, directeur de la DGA, a
rencontré récemment son homologue allemand pour faire le point. Plusieurs scénarios sont sur la table. A
Paris, certains rêvent d’un scénario
type Airbus, où la parité des actionnaires reste fixée à 50-50, même si la
part des business apportés n’est pas
Le casse-tête
des coopérations
industrielles
ANALYSE
A. B.
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équivalente. Pour équilibrer le plateau, Rheinmetall pourrait déconsolider certaines activités. A l’inverse,
les Français pourraient racheter des
actions de KMW pour renforcer
leurs apports. Paris et Berlin ont en
tout cas une occasion réelle de pousser à la consolidation de l’industrie
européenne de défense en faisant
émerger un grand groupe d’armement terrestre et de munitions. n
’Europe a besoin de davantage de coopération pour
mieux doter ses armées.
Premier investisseur militaire derrière les Etats-Unis, l’Union européenne investit de manière si dispersée qu’elle ruine tous ses espoirs
d’autonomie stratégique. La coopération industrielle, minuscule dans
le naval, balbutiante dans les blindés, n’est significative que dans
l’aéronautique. Sur 120 navires de
guerre actuellement en service au
sein des marines européennes,
70 % ont été construits par des
chantiers purement nationaux, a
évalué le chercheur Daniel Fiott
pour l’European Union Institute
for Securities Studies.
Sur une flotte de 4.800 blindés
majeurs en service dans les Etats
membres, près de la moitié sont des
produits nationaux, le reste étant
acheté auprès de fournisseurs
européens (30 %) ou tiers (20 %). Et
sur 1.800 avions de combat en service au sein des Vingt-Sept, 30 %
seulement sont le fruit d’une coopération européenne.
Pour construire l’Europe de la
défense, la Commission européenne propose de passer par
davantage de coopération industrielle. Seuls les projets menés par
un minimum de trois entreprises en
provenance de trois pays seront éligibles aux nouvelles aides financières de Bruxelles. Mais l’enveloppe
d’aides (13 milliards d’euros sur 20212027 pour la recherche et le développement) n’est pas encore votée que
déjà les industriels se déchirent.
Les groupes britanniques veulent rester éligibles au futur Fonds
européen de défense, malgré le
Brexit. A peine la France et l’Allemagne annonçaient-elles la coopération de Dassault et d’Airbus pour
réaliser ensemble un « système de
combat aérien futur » (SCAF) que la
Grande-Bretagne présentait un
projet concurrent avec BAE et le
suédois Saab. De leur côté, les entreprises américaines mènent à
Bruxelles un lobbying d’enfer pour
réclamer un accès aux futurs fonds
européens pour leurs filiales européennes. Avec l’appui de l’Otan, qui
se félicite de la hausse des investissements européens, mais veut garder la haute main sur la programmation militaire européenne.
Coalition
des bonnes volontés
« En mettant pour la première fois de
l’argent sur des recherches militaires,
la Commission européenne bouscule
la donne, car cela signifie qu’à long
terme, c’est elle qui détiendra le pouvoir pour harmoniser les capacités
d’armement et non l’Otan, explique
un haut fonctionnaire. Mais toute la
difficulté est d’orienter les investissements de manière à pousser à une
rationalisation industrielle, sans
donner le sentiment de ne jouer que
les grands groupes et en laissant la
place aux PME. »
La France et l’Allemagne ont à cet
égard une responsabilité particulière pour organiser une coalition
des bonnes volontés. Mercredi, les
présidents d’Airbus et de Dassault,
Tom Enders et Eric Trappier, ont
appelé l’Europe à s’unir autour d’un
seul programme de futur avion de
combat européen, tout en revendiquant la conduite du projet. La coopération, oui, mais en restant
numéro un… A cet égard, la gestion
par Paris et Berlin du dossier Rheinmetall sera un bon test de la volonté
ou non de rationaliser l’industrie
européenne de la défense. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
L’Ademe ouvre le débat
sur la compétitivité
des futurs EPR
ÉNERGIE
L’optimum économique du système électrique serait assuré avec
une électricité à 85 %
renouvelable en 2050,
selon l’Ademe.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
De l’électricité verte et moins coûteuse qu’aujourd’hui : en plein débat
sur la flambée des prix de l’énergie et
le pouvoir d’achat des Français, une
étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
(Ademe) promet une transition
énergétique sans douleur – au
moins à long terme. « Si on cherche
un optimum économique pour la production d’électricité et la protection du
pouvoir d’achat, c’est un scénario
avec une part très importante d’énergies renouvelables qui l’emporte »,
estime Arnaud Leroy, président de
l’Ademe.
Selon cette étude, l’optimum
serait atteint avec une part des énergies vertes dans la production d’électricité « à 85 % en moyenne en 2050 et
à plus de 95 % en 2060 », indique
l’agence – contre environ 17 % l’an
dernier et 40 % prévu en 2030. A
l’horizon 2050, le parc nucléaire
actuel, mis en service dans les
années 1980 et 1990, sera largement
en extinction, même dans l’hypothèse d’une prolongation d’une part
du parc à 60 ans d’exploitation –
la programmation pluriannuelle
de l’énergie (PPE) prévoit de réduire
la part du nucléaire à 50 % de la
production d’électricité à l’horizon
2035.
Plus besoin de subventions
Alors qu’Emmanuel Macron a évalué le soutien public aux énergies
vertes entre « 7 à 8 milliards d’euros
par an » ces prochaines années, contre 5 milliards aujourd’hui, les nouveaux projets solaires, dont les coûts
de production baissent régulièrement, n’auraient plus besoin de subvention à compter de 2030, estime
l’Ademe. Idem pour l’éolien terrestre, à partir de 2035.
Cette rentabilité des énergies vertes sans subventions dépendra toutefois en partie du rythme de fermeture effec tive des réa cteurs.
« Une prolongation trop forte du
nucléaire historique, couplée avec le
développement de nouvelles capacités
renouvelables, maintiendrait les prix
de marché à un niveau bas et déséquilibrerait la rentabilité de tous les
moyens de production », pointe
l’Ademe. Dès lors, le seuil de rentabilité des énergies vertes pourrait être
décalé à 2045, estime l’étude.
Elle prend en outre comme hypothèse un développement fort de
l’éolien terrestre, aujourd’hui con-
fronté à de fréquents contentieux. Si
l’Ademe estime que la prolongation
d’une partie du parc nucléaire permet d’assurer une transition « efficiente » d’un point de vue financier,
« le développement de la filière EPR ne
serait pas compétitif », conclut
l’étude, qui a pris comme hypothèse
le coût sur lequel table EDF pour un
EPR en série (70 euros/MWh).
Alors que le premier EPR en construction en France, à Flamanville
(Manche), subit retards et surcoûts,
le gouvernement a demandé à EDF
de lui présenter en 2021 un dossier
sur la faisabilité et la compétitivité
du nouveau nucléaire, en vue d’une
décision l’année suivante. L’Ademe,
qui avait présenté il y a trois ans un
scénario 100 % renouvelable à l’horizon 2050, parie sur une flexibilité
importante des moyens de production (batteries, « power to gas », effacements…) pour compenser la part
décroissante du nucléaire. « L’intégration des ENR a un coût, lié notamment à la nécessité de développer des
capacités flexibles, du réseau ou aux
pertes d’utilité », reconnaît l’Ademe,
mais « ce coût, croissant au cours du
temps, est inférieur à l’économie réalisée grâce à la baisse progressive des
coûts de production des ENR ».
Une analyse qui reste à consolider.
« Toutes ces analyses sont fragiles tant
qu’on n’a pas une description technique précise de ce qu’est le système électrique avec autant d’énergies renouvelables », estime un expert. n
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas L1
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg : N° B 32.327
Site Internet : www.bnpparibas-am.com
POUR LE COMPARTIMENT « EQUITY NETHERLANDS »
ET
PARVEST
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg : N° B 33.363
Site Internet : www.bnpparibas-am.com
POUR LE COMPARTIMENT « EQUITY BEST SELECTION EURO »
AVIS AUX ACTIONNAIRES DE BNP PARIBAS L1 ET PARVEST
FUSION EFFECTIVE A COMPTER DU 18 JANVIER 2019
Luxembourg, le 11 décembre 2018
Chers Actionnaires,
Nous vous informons par les présentes de la décision des Conseils d’administration de BNP Paribas L1 et de PARVEST (les Sociétés) de fusionner, sur la base de l’Article 32
des Statuts des Sociétés, les classes d’actions suivantes (la Fusion) :
Code ISIN
LU0043962355
LU0270761140
LU0531768959
LU0757564454*
*
Compartiment absorbé BNP Paribas L1
Compartiment
Classe
Classic - CAP
Classic - DIS
Equity Netherlands
Privilege - CAP
Privilege - DIS
Devise
EUR
EUR
EUR
EUR
Compartiment absorbant PARVEST
Classe
Devise
Classic - CAP
EUR
Classic - DIS
EUR
Equity Best Selection
Euro
Privilege - CAP
EUR
Privilege - DIS
EUR
Compartiment
Code ISIN
LU0823401574
LU0823401731
LU0823402036
LU0823402119
Cette classe d'actions au sein du compartiment absorbé n’est pas enregistrée en France.
1) Date d’entrée en vigueur de la Fusion
La Fusion entrera en vigueur le vendredi 18 janvier 2019.
La première VNI après la fusion des portefeuilles sera calculée le lundi 21 janvier 2019 dans le Compartiment et les classes absorbants, lors de l’évaluation des actifs
sous-jacents prévue le vendredi 18 janvier 2019.
2) Contexte et motivation de la Fusion
- L’actionnaire institutionnel principal qui détient près de 98 % des actifs a racheté la totalité de sa position dans le Compartiment absorbé.
- Après ce rachat, les actifs sous Gestion du Compartiment absorbé se situent actuellement à un niveau critique (moins de 16 millions EUR) pour une gestion efficace
dans le meilleur intérêt des autres actionnaires.
3) Impact de la Fusion sur les Actionnaires absorbés
Veuillez noter que la Fusion aura les impacts suivants :
- Les derniers ordres de souscription et de rachat concernant le Compartiment absorbé seront acceptés jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres le vendredi
11 janvier 2019.
Les ordres reçus après ces heures limites seront refusés.
- Les actionnaires du Compartiment absorbé qui ne font pas usage de leur droit de faire procéder au rachat de leurs actions, tel qu’exposé au point 8) ci dessous,
deviendront des actionnaires du Compartiment absorbant.
- Le Compartiment absorbé est dissous sans liquidation par le transfert de l’ensemble de ses actifs et passifs dans le Compartiment absorbant.
Le Compartiment absorbé cesse d’exister à la date effective de la fusion.
- La stratégie d’investissement du Compartiment absorbant n’est pas la même que celle du Compartiment absorbé, comme l’expose le tableau au point 6) ci dessous.
Tous les actifs du Compartiment absorbé seront par conséquent vendus plusieurs jours (en principe cinq jours ouvrables) avant la Fusion, en fonction des conditions
de marché et dans l’intérêt des actionnaires. La Fusion sera ainsi effectuée en numéraire. Les frais de transaction liés à cette opération seront à la charge de la Société
de gestion.
- Comme lors de toute fusion, cette opération peut comporter un risque de dilution de la performance pour les Actionnaires absorbés, en raison, notamment, des
différences de stratégies (cf. point 6) ci-dessous) et du rééquilibrage des portefeuilles (alinéa ci-dessus).
- Les niveaux SRRI du Compartiment absorbé et du Compartiment absorbant dépendent de la volatilité de ces véhicules. La volatilité du Compartiment absorbant est
légèrement supérieure (15,43 %) à celle du Compartiment absorbé (14,18 %). Par conséquent, le SRRI du Compartiment absorbant est plus élevé.
4) Impact de la fusion sur les Actionnaires absorbants
Veuillez noter les points suivants :
- La fusion n’aura pas d’impact pour les actionnaires du Compartiment absorbant.
5) Organisation de l’échange d’actions
- En tant qu’actionnaire du Compartiment absorbé, vous recevrez un nombre de nouvelles actions dans le Compartiment absorbant calculé en multipliant le nombre
d’actions que vous détenez dans le Compartiment absorbé par le rapport d’échange.
- Les rapports d’échange seront calculés le vendredi 18 janvier 2019 en divisant la valeur nette d’inventaire (VNI) par action des Classes absorbées par la VNI par
action des Classes absorbantes sur la base de l’évaluation des actifs sous jacents réalisée le jeudi 17 janvier 2019.
Les critères adoptés pour l’évaluation des actifs et, le cas échéant, des passifs à la date du calcul du rapport d’échange seront les mêmes que ceux utilisés pour le
calcul de la VNI, tels que décrits dans le chapitre « Valeur nette d’inventaire » du Livre I des prospectus des Sociétés.
- Les actionnaires inscrits au registre recevront des actions nominatives.
Les actionnaires titulaires d’actions au porteur recevront des actions au porteur.
- Aucun montant en espèces ne sera versé au titre de la fraction de l’Action absorbante attribuée au-delà de la troisième décimale.
6) Différences importantes entre les Compartiments absorbé et absorbant
Les différences entre les Compartiments absorbé et absorbant sont les suivantes :
Caractéristiques
Objectif
d’investissement
Politique
d’investissement
« BNP Paribas L1 Equity Netherlands »
Compartiment absorbé
Increase the value of its assets over the medium term.
« PARVEST Equity Best Selection Euro »
Compartiment absorbant
Increase the value of its assets over the medium term.
At all times, this sub-fund invests at least 75% of its assets in equities and/
or equity equivalent securities issued by companies that have their
registered offices or conduct the majority of their business activities in the
Netherlands.
At all times, this sub-fund invests at least 75% of its assets in equities
and/or equity equivalent securities denominated or traded in euros issued
by a limited number of companies that have their registered offices in one
of the member states of the Eurozone and are characterised by the quality
of their financial structure and/or potential for earnings growth.
The remaining portion, namely a maximum of 25% of its assets, may be
invested in any other transferable securities, money market instruments,
financial derivative instruments or cash, provided that investments in
debt securities of any kind do not exceed 15% of its assets, and up to
10% of its assets may be invested in UCITS or UCIs.
After hedging, the sub-fund's exposure to currencies other than EUR will
not exceed 5%.
This sub-fund is suitable for investors who:
- Are looking for a diversification of their investments in equities;
- Are willing to accept higher market risks in order to potentially
generate higher long-term returns;
- Can accept significant temporary losses;
- Can tolerate volatility.
The remaining portion, namely a maximum of 25% of its assets, may be
invested in any other transferable securities, money market instruments,
financial derivative instruments or cash, provided that investments in
debt securities of any kind do not exceed 15% of its assets, and up to
10% of its assets may be invested in UCITS or UCIs.
Profil type de
l’investisseur
SRRI
Principales
différences :
Un nouveau PDG pour relancer
la croissance de Gilead
PHARMACIE
Le laboratoire américain a nommé Daniel
O’Day au poste de PDG
lundi matin.
Enrique Moreira
et Catherine Ducruet
Gilead s’est trouvé un nouveau
patron pour remplacer son fondateur, John Milligan, qui quittera ses
fonctions au 31 décembre prochain. Le laboratoire américain a
annoncé, lundi matin, la nomination de Daniel O’Day, jusqu’à présent à la tête de Roche Pharmaceuticals, division pharmaceutique du
groupe suisse qui réunit à côté de
Genentech son activité médicaments. Un nouveau défi pour cet
homme de la cinquantaine qui
quitte le confort d’un grand groupe
pour un poste plus aventureux à la
tête d’une grosse biotech. D’autant
qu’au sein de Gilead, Daniel O’Day
va devoir s’atteler à trouver des
relais de croissance après le fléchissement du chiffre d’affaires des
blockbusters contre l’hépatite C. Le
Sovaldi et le Harvoni avaient permis
un quasi-triplement des ventes du
groupe américain de 11,2 milliards
de dollars en 2013 à 32,6 milliards en
2015. Mais cette année, Gilead ne
devrait pas dépasser les 25,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires,
selon les analystes.
Une première incursion
Pour John Martin, président du conseil d’administration du laboratoire
américain, « Daniel O’Day est particulièrement qualifié » pour relever le
défi, notamment en cancérologie,
puisqu’il a fait toute sa carrière au
sein du groupe suisse, jusqu’au
poste de directeur général de Roche
Pharmaceuticals qu’il occupait
depuis 2012. A ce titre, il a réussi le
lancement de plusieurs nouveaux
a n t i c a n c é r e u x . O r, G i l e a d a
bien tenté une première incursion
dans ce domaine à fort potentiel
avec le Zydelig, un médicament contre certains cancers du sang, mais
ses ventes plafonnent à moins de
200 millions de dollars après des
problèmes de toxicité.
Plus récemment, en octobre 2017,
Gilead a fait un gros pari, en rachetant pour 11 milliards de dollars, Kite
Pharma. La société a mis au point
une thérapie cellulaire contre le
cancer (dite « CAR-T »). Son produit
phare, le Yescarta, a réalisé des ventes de 813 millions de dollars sur les
neuf premiers mois de 2018. Mais
l’avenir de cette approche, dont les
traitements coûtent des centaines
de milliers d’euros, reste à écrire.
De son côté, Roche a nommé à la
tête de sa division Pharmaceuticals
William Anderson, actuel dirigeant
de sa filiale Genentech. n
This sub-fund is suitable for investors who:
- Are looking to add a single country holding to an existing diversified
portfolio;
- Are willing to accept higher market risks in order to potentially
generate higher long-term returns;
- Can accept significant temporary losses;
- Can tolerate volatility.
5
6
• Politiques
d’investissement
• Stratégie
d’investissement
• Allocation d’actifs Frais « Classic »
Frais courants, dont
• Gestion
• Autres
• TAB
Frais « Privilege »
Frais courants, dont
• Gestion
• Autres
• TAB
Les investissements du Compartiment absorbant « PARVEST Equity Best Selection Euro » sont plus diversifiés et répartis sur plus de 10 pays.
Les Pays-Bas ne représentent qu’environ 10 % des actifs (données du 30 juin 2018) du Compartiment absorbant.
Les critères de meilleure sélection décrits dans la politique d'investissement du Compartiment absorbant « PARVEST Equity Best Selection Euro »
ne représentent pas plus de 30 % des actifs du Compartiment absorbé.
2,01 % (comme indiqué dans le DICI actuel)
maximum 1,50 %
maximum 0,40 %
0,05 %
1,97 % (comme indiqué dans le DICI actuel)
maximum 1,50 %
maximum 0,40 %
0,05 %
1,13 % (comme indiqué dans le DICI actuel)
maximum 0,75 %
maximum 0,25 %
0,05 %
1,08 % (comme indiqué dans le DICI actuel)
maximum 0,75 %
maximum 0,25 %
0,05 %
Le Processus de gestion des risques (approche par les engagements), les Risques de marché spécifiques, la Devise comptable, le Jour d’évaluation et le cycle de VNI sont
les mêmes pour les deux Compartiments.
7) Conséquences fiscales
Cette Fusion n’aura pas de conséquence fiscale au Luxembourg pour vous.
Conformément à la Directive européenne 2011/16, les autorités luxembourgeoises sont tenues de transmettre aux autorités fiscales de votre État de résidence le produit
brut total résultant de l’échange d’actions dans le cadre de cette Fusion.
Nous vous recommandons de contacter un conseiller professionnel ou votre autorité fiscale locale pour tout conseil fiscal ou toute information supplémentaire
sur les conséquences fiscales possibles liées à cette Fusion.
8) Droit de rachat des actions
Vos options :
- Si vous approuvez cette Fusion, aucune action n’est requise de votre part.
- Si vous êtes en désaccord, vous avez la possibilité de demander le rachat sans frais de vos actions jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres, le vendredi
11 janvier 2019.
- En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 / AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
9) Autres informations
- Tous les frais liés à cette Fusion, dont les frais d’audit et de transaction, seront supportés par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société de gestion.
- La fusion sera validée par PricewaterhouseCoopers, Société Coopérative, réviseur d’entreprises de la Société.
- Les rapports de fusion seront indiqués sur le site Internet suivant dès qu’ils seront connus : https://www.bnpparibas-am.com/en/
- Les Rapports annuel et semestriel et les documents légaux des Sociétés, les DICI des Compartiments absorbé et absorbant et les rapports du Dépositaire et du Réviseur
d’entreprises agréé au titre de cette opération sont disponibles auprès de la Société de gestion. Les DICI du Compartiment absorbant peuvent également être consultés
sur le site Internet https://www.bnpparibas-am.com, où les actionnaires sont invités à en prendre connaissance.
- L’avis sera également communiqué à tout investisseur potentiel avant toute souscription.
- Veuillez consulter les Prospectus des Sociétés pour tout terme ou toute expression non définis dans cet avis.
Bien à vous,
Les Conseils d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // INDUSTRIE & SERVICES
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
Engie maintient le statu quo
sur sa participation dans Suez
L’énergéticien a décidé
de conserver sa participation de 32 % dans
le groupe de services
à l’environnement.
Il exclut d’en prendre
le contrôle.
Vincent Collen
@VincentCollen
et Laurence Boisseau
@boisseaul
Engie a tranché : sa participation
dans Suez ne bougera pas pour
l’instant. Le groupe énergétique
doit formellement décider, lors
d’un conseil d’administration ce
mardi, qu’il maintient inchangée
sa part de 32 % au capital du groupe
de services à l’environnement. « Il
n’y aura ni cession d’actions ni à
l’inverse de rachat de Suez », explique une source au fait du dossier.
Cette décision, pour peu spectaculaire qu’elle soit, vu qu’elle entérine le statu quo, est importante
néanmoins parce qu’elle exclut
clairement, pour la première fois,
le lancement d’une OPA. L’idée
d’une fusion des deux groupes
était défendue par certains, dans
le but de créer un géant des services, présent à la fois dans l’énergie
et dans l’environnement. « Cela
mettra un terme aux rumeurs »,
souligne-t-on.
Aucune logique stratégique
La directrice générale d’Engie, Isabelle Kocher, et le nouveau président, Jean-Pierre Clamadieu, n’ont
pas retenu l’option d’une prise de
contrôle, les bénéfices d’une intégration des deux groupes n’étant pas
évidents. « Une collectivité locale ou
une entreprise n’aurait aucun intérêt
à confier tous ses besoins à la même
entreprise », estime un observateur.
Les analystes du Credit Suisse écrivaient ainsi, l’été dernier, qu’ils ne
voyaient « aucune logique stratégique » à un rapprochement.
Avec cette annonce, Engie
informe aussi le marché qu’il ne
compte pas céder sa participation
dans Suez, valorisée 2,5 milliards
d’euros aux cours actuels. Il s’agit
d ’u n e p r e m i è r e é t a p e av a n t
l’annonce très attendue, en février
prochain, d’un nouveau plan stratégique du groupe pour les années
à venir. Engie estime pouvoir mettre en œuvre certaines synergies
toutefois, sans avoir besoin de
prendre le contrôle de Suez, par
exemple dans le domaine du dessalement de l’eau de mer, où les deux
groupes sont présents au ProcheOrient, ou encore dans le gaz vert,
une activité qui intéresse l’un
comme l’autre.
Processus de succession
Aujourd’hui Suez et Engie sont
plutôt concurrents dans certains
domaines. L’an dernier, Dijon a
attribué un contrat à Suez associé
à EDF pour développer un projet
de « ville intelligente », alors
REDUCTION DES EMISSIONS
DE GAZ A EFFET DE SERRE,
OU EN SONT LES SOCIETES COTEES ?
Limitation du réchauffement planétaire à – 2°C :
où en sont les sociétés cotées ? Adopté lors de la
COP21, l’Accord de Paris engage les états signataires
à lutter contre le dérèglement climatique pour
limiter le réchauffement planétaire à +2° Celsius
maximum d’ici la fin du XXIe siècle.
Alors que le texte préconise de viser un maintien
en dessous des + 1,5°C, il ne mentionne aucune
réduction chiffrée des émissions de gaz à effet de
serre (GES).
Dans un récent rapport, le GIEC (Groupe d’Experts
Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)
considère qu’atteindre cet objectif nécessiterait une
réduction des GES de 70 à 80 % avant 20501. 195
parties signataires ont formalisé leurs Contributions
Climatiques Nationales (nommées NDC) détaillant
les efforts de réduction des émissions de gaz à
effet de serre et les efforts d’adaptation aux risques
climatiques.
S’il est extrêmement difficile de séparer les émissions
dues aux entreprises, de celles liées aux Etats et aux
consommateurs, il est indéniable que les acteurs
économiques doivent se tenir en première ligne
dans la lutte contre le changement climatique. Selon
une étude publiée par la Revue Climatic Change2, 90
multinationales seraient responsables des deux tiers
des émissions de CO2 et de méthane entre 1854 et
2010, désignant les entreprises comme la première
source d’émissions de gaz à effet de serre dans le
monde.
Or, la raréfaction de l’eau et des matières premières,
la hausse du niveau des océans, les catastrophes
climatiques et la disparition de la biodiversité
menacent directement le modèle économique des
entreprises. Dès le début du 21ème siècle, elles ont
Hamilton/RÉA
ÉNERGIE
De gauche à droite, Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil
d’administration, Isabelle Kocher, directrice générale
et Gérard Mestrallet, président du conseil d’administration d’Engie.
qu’Engie était dans un consortium
concurrent qui n’a pas été retenu.
Cette décision intervient à un
moment clef pour Suez, qui
s’apprête à nommer un nouveau
directeur général et un nouveau
président pour succéder respectivement à Jean-Louis Chaussade et
Gérard Mestrallet. Selon plusieurs sources, Engie chercherait
à placer l’un des siens à la présidence, Pierre Mongin, son secrétaire général qui siège déjà au conseil d’administration de Suez.
Novembre 2018 - COMMUNIQUÉ
- Marie-Sophie Pastant Responsable de la Gestion ETF
et indicielle chez
BNP Paribas Asset Management
commencé à agir en conséquence définissant des
politiques de réduction des émissions de gaz à effet
de serre, et en créant des départements dédiés aux
enjeux RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises).
Une prise de conscience aujourd’hui fondée puisque
le rapport du Forum économique mondial a confirmé
en 2016 que le changement climatique est le
premier des risques auxquels sont confrontées les
entreprises.
Désormais, de plus en plus d’entreprises intègrent
directement le risque climatique dans leur stratégie.
Elles déterminent le coût de la transition énergétique,
via la fixation d’un prix du carbone interne, et
anticipent les règlementations pouvant affecter
leurs activités, comme les normes sur les émissions
de CO2 pour les véhicules. Elles réfléchissent aussi
à des alternatives pour leur production et pour la
distribution de leurs produits, en réduisant par
exemple la consommation d’énergie nécessaire ou
en développant des circuits courts.
D’autres entreprises vont encore plus loin, en
apportant des solutions d’efficacité énergétique aux
autres entreprises ou aux particuliers, ou encore
en leur fournissant directement des énergies
renouvelables. Ces business model apportent des
réponses concrètes à une problématique de taille
car tôt ou tard, toutes les entreprises seront obligées
de prendre en compte le risque climatique que cela
soit au niveau fiscal, réglementaire, opérationnel ou
encore business. Une aubaine pour les entreprises
les plus vertueuses à qui la transition énergétique
devrait bénéficier.
1 GIEC, Résumé à l’intention des décideurs politiques, 2018.
2 Revue Climatic Change, «Tracing anthropogenic carbon dioxide and methane emissions to fossil fuel and cement producers, 1854–2010», 2013.
Les investissements réalisés dans le fonds sont soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en valeurs
mobilières. La valeur des investissements et les revenus qu’il génère peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les
investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. . Les fonds décrits présentent un risque de perte en capital. Pour une définition
et une description plus complète des risques, merci de vous reporter au prospectus et DICI des fonds. Avant de souscrire, vous devez lire la
version la plus récente du prospectus et DICI disponibles gratuitement sur notre site www.easy.bnpparibas.fr
L’asset manager
d’un monde
qui change
« Engie a évidemment un rôle
important dans le processus de
nomination en tant que premier
actionnaire, mais il n’est pas le seul
décisionnaire », relève une source.
Le groupe compte quatre administrateurs sur dix-neuf au conseil
de Suez.
C’est dans ce contexte que le
fonds activiste Amber Capital a
déclaré au groupe Suez détenir
0,2 % de son capital et de ses droits
de vote. Selon nos informations,
cette participation ne ferait pas
partie des positions « activistes »
d’Amber, mais de ses prises de
participation « classiques ». Le
fonds dirigé par Joseph Oughourlian a profité d’une forte baisse du
cours de Suez en janvier après un
avertissement sur résultat pour
constituer une partie de sa ligne.
Le titre avait alors chuté de près de
17 % en une seule séance.
Nul doute que l’avenir de la
participation d’Engie dans Suez
intéresse grandement le fonds
londonien tout comme la nou-
velle gouvernance du groupe de
services.
Amber a récemment fait parler
de lui en France. Il a publiquement
indiqué que SCOR avait eu raison
de rejeter l’offre de Covéa, le prix
de 43 euros par action lui semblant très bas. Au printemps dernier, il a proposé la nomination de
deux nouveaux membres au conseil de surveillance de Lagardère.
Une proposition rejetée par la
majorité des actionnaires du
groupe. n
Plongeon historique
en Bourse pour Eramet
MINES
Des dysfonctionnements
ont été découverts
au sein de la branche
alliages.
L’impact sur les résultats
du groupe pourrait
dépasser 25 millions
d’euros.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Jamais Eramet n’avait accusé une
telle chute en Bourse. L’action a
décroché lundi de plus de 24 % après
avoir cédé jusqu’à 28,7 %. La cause
est venue d’une vive inquiétude des
investisseurs concernant les résultats annuels, après que le groupe a
révélé des problèmes « dans le système de management de la qualité »
au sein de sa branche alliages.
Les dix-neuf administrateurs du
conseil d’Eramet, dispersés un peu
partout dans le monde, ont été informés samedi. Dans la foulée, le
groupe minier et métallurgique
publiait un communiqué sur son
site Internet. Eramet explique que
ces dysfonctionnements ont été
découverts lors d’une revue interne
que la nouvelle direction générale de
la branche alliages, menée depuis
neuf mois par Jérôme Fabre, avait
lancée dans l’ensemble des sites
d’Aubert & Duval et d’Erasteel.
Les conséquences financières que
le groupe a encore du mal à évaluer
avec précision pourraient être
importantes puisque « les résultats
pourraient être impactés d’au moins
25 millions d’euros », indique aux
« Echos » une porte-parole du
groupe.
La société doit encore calculer les
coûts liés au travail des experts
externes auxquels elle a fait appel,
au plan de remédiation, à l’améliora-
En 2017, Eramet a dégagé des profits pour la première fois
depuis 2012. Photo Bloomberg
tion de la capacité d’audit interne ou
aux nouvelles normes à mettre en
place. Elle communiquera à nouveau au marché « lors de la prochaine
présentation des résultats annuels ».
Le rendez-vous est donc fixé dans
plus de deux mois, le 20 février 2019.
Le groupe français
affirme qu’il n’y a
aucun impact sur la
fabrication des produits
de la branche alliages,
ni sur la production.
Les résultats du premier semestre, publiés en juillet, avaient déjà été
sévèrement sanctionnés. Les chiffres étaient relativement conformes
aux attentes, mais la remontée des
coûts dans la branche nickel et des
difficultés persistantes dans la branche alliages avaient été pointées par
les analystes. En 2017, Eramet a
dégagé des profits pour la première
fois depuis 2012. Il a réalisé un résultat opérationnel de 608 millions
d’euros et un résultat net de 217 mil-
lions d’euros. La branche alliages,
qui regroupe 40 % des effectifs de
l’entreprise, a représenté un peu
moins de 30 % du chiffre d’affaires
global l’an passé.
Mesures immédiates
La direction se veut néanmoins rassurante. « Eramet a immédiatement
pris des mesures, à commencer par
l’arrêt sur le champ des non-conformités », selon la porte-parole. Un plan
« d’actions correctives » a été défini et
son déploiement engagé, relate le
groupe. « Et les clients ont été mis au
courant », poursuit la porte-parole.
Le groupe français, dirigé depuis
mai 2017 par Christel Bories, affirme
qu’il n’y a aucun impact sur la fabrication des produits de la branche
alliages, ni sur la production : « Les
analyses internes conduites à ce jour
n’ont pas mis en évidence d’atteinte à
la sécurité des produits en usage. » En
soi, la conception des aciers à hautes performances, des produits en
aciers rapides, des superalliages ou
du titane utilisés par l’aéronautique, l’énergie, le nucléaire, le médical ou l’automobile, n’est donc pas
touchée. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
Les Américains privilégient de
plus en plus les repas à la maison
l La fréquentation des restaurants ne cesse de reculer aux Etats-Unis.
l Une évolution liée à un abandon de la pause-déjeuner, aux prix
et à la volonté de manger plus sainement
RESTAURATION
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
STRATÉGIE
A la tête d’une dizaine
de centres de bien-être, les
deux frères Andrea et Saverio
Quadrio Curzio ont ouvert
à Chamonix leur premier
établissement en France.
Valérie Leboucq
@vleboucq
Les émissions de cuisine à la télévision remportent un franc succès et incitent les Américains
à préparer eux-mêmes leurs repas. Photo shutterstock
L’an dernier, un Américain moyen
a pris 185 repas hors de chez lui,
loin du pic de 216 atteint en 2000.
Parmi les autres explications avancées : l’abandon de la pause-déjeuner chez les salariés, le boom du
streaming, qui favoriserait les plateaux-télé ou même… les divisions
politiques du pays, qui décourageraient certains de sortir entre amis !
Le facteur prix
Les indépendants s’en sortent un
peu mieux que les chaînes, de fastfood notamment, qui masquent
leur perte de popularité par des
hausses de prix qui leur ont permis
jusqu’ici de continuer à générer de
la croissance.
Pour combien de temps ? Le
prix reste l’un des facteurs dissuasifs pour le grand public. « C’est
l’une des variables d’ajustement,
confirme Bob Goldin. L’écart de
prix entre la restauration à l’extérieur et les supermarchés s’est
accru ces dernières années. De
nombreuses familles ne peuvent
plus se permettre d’aller au restaurant. » Certains commencent
donc à mener des promotions
agressives. L’équilibre est précaire, d’autant que le secteur a de
plus en plus de mal à recruter, sur
un marché de l’emploi tendu.
sions des applications tierces peuvent être élevées, jusqu’à 30 % du
prix parfois. »
Certains explorent enfin des
modèles alternatifs. La chaîne de
restauration rapide Chick-fil-A a
ainsi lancé un test à Atlanta. Ses
clients peuvent retirer dans leurs
points de vente des kits à préparer
eux-mêmes, à la maison. Le prix est
nettement moins élevé qu’en restaurant. D’autres réfléchiraient à
faire de même. n
Modèles alternatifs
82 %
Les restaurateurs développent
aussi leur présence en ligne et la
livraison. « C’est le sujet qui occupe
tout le monde en ce moment, ajoute
Bob Goldin. Cela génère de l’activité
supplémentaire, même si les marges
y sont moindres, car les commis-
DES REPAS
pris par les Américains sont
aujourd’hui préparés à domicile.
Aux Etats-Unis, les surgelés s’offrent
une seconde jeunesse
On doit déjà aux bars italiens
l’aperitivo où, pour le prix d’un
verre de vin, les clients ont en
fait accès à une vraie collation ;
QC Terme a inventé l’« aperiterme », un concept de forfait
bien-être (sauna, massage,
spa…) couplé à de la restauration. Le premier établissement
de ce type a récemment ouvert
à Chamonix en face du glacier
des Bossons.
A l’origine du projet, les deux
frères, Andrea et Saverio Quadrio Curzio, héritiers des thermes de Bormio, en Lombardie.
Ils sont aujourd’hui à la tête
d’une dizaine d’établissements
centrés sur le bien-être au quotidien (80 millions d’euros de
chiffre d’affaires attendus cette
année). Plutôt que de proposer
des cures classiques de plusieurs jours, leur formule
repose sur le principe du forfait à la demi-journée « sans
parcours obligatoire assisté »,
explique le directeur général
Francesco Varni, qui parle de
« day spa ».
A la manière d’une salle de
sport, les clients ont le choix
d’une large palette de traitements d’hydrothérapie, sauna,
bain de vapeur, bain à remous,
chromothérapie, bain japonais,
massages personnalisés en
option, qu’ils peuvent faire sui-
TENDANCE
Le boom de la mixologie
a donné l’idée à deux jeunes
entrepreneurs, épaulés par
un cuisiniste, de proposer aux
cafés-restaurants un concept
de bar prêt à l’emploi.
Aux Etats-Unis, la pizza côtoie désormais des plats plus élaborés et parfois exotiques
comme le tikka masala indien. Photo Sipany/Sipa
des plats plus élaborés, parfois
exotiques pour les palais américains, du tikka masala indien au
curry vert thaïlandais. Une nouveauté sur un marché qui n’avait
pas eu jusqu’ici son « Picard ». Des
gammes ont aussi vu le jour, vegan,
végétariennes ou sans gluten pour
coller aux nouvelles habitudes de
consommation.
Montée en gamme
Pour cela, les leaders du secteur,
Conagra, Kraft Heinz ou Nestlé ont
lourdement investi. C’est ainsi que
ce dernier a lancé sa gamme Wildscape, avec des produits originaux
(quinoa, sorgho, farro, etc.) et un
emballage recyclable semi-transparent, qui va au micro-ondes et
rappelle ceux que livrent les restaurateurs à domicile. Wildscape a
été mis au point chez Foundry
Fo o d s , u n h u b d ’ i n n ov a t i o n
financé par le groupe agroalimentaire. « Notre équipe a eu l’entière
liberté de développer des recettes, un
emballage et une marque, mais avec
les ressources et le savoir-faire de
Nestlé », expliquait Emily Hoffman, cofondatrice de Wildscape,
lors du lancement de la marque, il y
a quelques mois.
« Ces produits sont redevenus
compétitifs, car ils sont montés en
gamme, tout en restant plus abordables par rapport aux produits frais,
estime Dewey Warner. C’est exactement ce qu’il faut, par exemple, pour
les Millennials. » Les plats préparés
ne sont pas les seuls à bénéficier de
cette nouvelle vague : les ventes de
légumes surgelés ou de snacks suivent la même courbe. Les marques
ont, en outre, su créer une nouvelle
image de leurs produits. En témoi-
Le premier QC Terme
français a ouvert cet
automne à Chamonix en
face du glacier des Bossons.
vre d’un déjeuner ou, en fin de
journée, d’un « aperiterme »
inclus dans le forfait. Le tout
pour un montant compris
entre 50 et 100 euros. « Une fois
acquitté le droit d’entrée, vous
avez accès à toutes les installations, seuls les massages sont en
plus », précise le DG.
New York avant Londres
Autre particularité de
QC Terme : à l’exception de
celui de Chamonix et de son
pendant au Pré-Saint-Didier
sur le versant italien du MontBlanc, les autres établissements
du groupe ont ouvert au cœur
des villes, à Milan et Rome
notamment, où ils s’adossent à
un hôtel de luxe (4 ou 5 étoiles).
Francesco Varni, cherche
maintenant à s’implanter à
Londres, Paris et sur la Côte
d’Azur. « Nous recherchons des
lieux remarquables par leur histoire ou par leur situation géographique, unique comme à
Chamonix », dit-il.
QC Terme vient ainsi de remporter un appel d’offres pour un
projet de ce genre à New York
dans le cadre de la rénovation
urbaine de Governor Island, au
sud de Manhattan. n
Agence en Place invente
le cocktail bar en kit
Après des années de chute
libre, les ventes sont
reparties à la hausse grâce
à des offres vegan, végétariennes ou sans gluten
et des plats exotiques.
C’est un retour que personne
n’envisageait. La nouvelle star des
repas américains, c’est… le surgelé.
Après des années de baisse, les
ventes sont reparties à la hausse :
Euromonitor table sur une croissance de 3 % cette année, avec un
chiffre d’affaires de 15,5 milliards
de dollars aux Etats-Unis, après un
premier rebond de 1 % en 2017.
Pour le cabinet spécialisé Spins, la
reprise est même plus nette : les
ventes auraient augmenté de 5,7 %
sur la première moitié de l’année.
« Les industriels ont pris en compte
la demande des consommateurs
pour des aliments plus sains, longtemps associés uniquement aux
produits frais, explique Dewey
Warner, analyste chez Euromonitor. Ils sont désormais un peu plus
exigeants sur la qualité et ont complètement repensé leur offre. »
Car, si la bonne santé de l’économie américaine peut en partie
expliquer ce phénomène (les gens
travaillent davantage et auraient
donc moins le temps de préparer à
manger), c’est bien l’offre qui tire le
marché. Un coup d’œil dans les
rayons surgelés des magasins suffit à comprendre le phénomène : la
traditionnelle pizza n’est plus la
seule option. Elle côtoie désormais
QC Terme déploie
son concept de spa
plus restaurant
DR
L’économie américaine est au beau
fixe, le pays est en situation de pleinemploi, le pouvoir d’achat augmente… Et pourtant, les restaurateurs ne sont pas à la fête. Cela fait
désormais plus de trois ans que,
mois après mois, l’affluence dans
les restaurants décline. Selon le
cabinet MillerPulse, elle s’est
encore repliée de 1,5 % au troisième
trimestre. Du jamais-vu en période
de croissance.
« La raison première, c’est la
multitude de choix qui s’offrent au
consommateur », affirme Bob Goldin, cofondateur du cabinet Pentallect. La principale concurrence
des restaurateurs vient désormais
des familles elles-mêmes. Les
Américains redécouvrent les joies
de la cuisine, par goût (les émissions de télévision de cuisine remportent un franc succès) ou par
volonté de manger plus sainement.
Ils sont aidés en cela par le développement d’offres de livraison de
produits frais. Hellofresh, par
exemple, a livré l’équivalent de
22,4 millions de repas, en produits
frais, lors du troisième trimestre, à
1 million de clients américains. Blue
Apron, qui s’est introduit en Bourse
à Wall Street l’an dernier, continue
de toucher près de 650.000 foyers
avec ses kits comprenant des produits et des recettes, malgré une
légère érosion de ses ventes. Les
grands distributeurs s’y mettent :
Kroger a racheté l’un des acteurs du
secteur, Home Chef, et Walmart
vend les kits de Gobble.
Résultat : selon une étude de
NPD Group, 82 % des repas sont
aujourd’hui préparés à domicile.
marketing
« C’est exactement
ce qu’il faut,
par exemple, pour
les Millennials. »
DEWEY WARNER
Analyste chez Euromonitor
gne le succès des Eggo Waffles, de
Kellogg’s. Un placement produit
réussi dans la série de Netflix
« Stranger Things » a permis à
l’industriel de doper les ventes de
ces gaufres dont raffole l’héroïne :
+14 % au quatrième trimestre 2017
et +9 % au premier trimestre 2018.
— N. R. (bureau de new york)
Le Yacht Club de Monaco, le Barrière de Deauville, le George V, le
Mama Shelter, le Clover Grill et
l’hôtel Molitor à Paris ou le
3 étoiles de Christophe Baquier
à Toulon, ont au moins un point
commun : pour leur bar, ils ont
fait appel à la start-up de Nicolas
Huynh et Frédéric Berthelemy.
Agence en Place, c’est son nom,
vise aussi le marché en pleine
expansion des « street bars ».
Portés par le boom de la mixologie (avec ou sans alcool) et le
succès des pionniers qu’ont été, à
Paris, l’Expérimental Cocktail, le
Curio Parlor ou le Prescription
Cocktail Club, de plus en plus de
cafés, restaurants se lancent.
« Le mouvement, né à New York il
y a dix ans, a gagné la France, où,
jusqu’alors, on consommait les
cocktails surtout dans les palaces.
L’offre s’est depuis considérablement élargie et démocratisée,
poussant tout le monde à en proposer. C’est devenu la pièce maîtresse de nombreux établissements, au même titre que la
qualité des playlists et l’ambiance.
Et comme pour les cuisines de
chef, on cherche à le montrer aux
clients », constate Nicolas
Huynh, fort de sa propre expérience de barman à Londres,
une fois décroché son diplôme
d’école de commerce.
Agence en Place travaille en
général main dans la main avec
les cabinets d’architectes chargés de la rénovation ou de la
construction de ces établissements. « Il en va des bars comme
des cuisines, il faut des professionnels pour concevoir ces espaces de
manière la plus ergonomique
possible tout en respectant l’esprit
de la décoration du lieu », relève le
cofondateur, qui cite deux exemples récents d’intégration réussie sur lesquels l’équipe est intervenue : Le Syndicat, rue SaintDenis, et Le Combat, à Belleville.
La start-up a mené à bien
une soixantaine de projets
depuis son lancement en 2015.
Elle est associée à Yvelinox,
PME de Chargé, près de Tours
(Indre-et-Loire) spécialiste de
l’aménagement de cuisines
professionnelles. — V. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
DR
en
pixels
Selon « Bloomberg », Canal+
serait prêt à mettre plus
de 400 millions de dollars
dans des activités télévision
(du payant, du gratuit
et du haut débit) de PT Global
Mediacom, le plus gros média
en Indonésie. Vivendi ne fait
aucun commentaire.
Canal+ est déjà présent
en Birmanie et au Vietnam.
Netflix va diffuser
sa première série
africaine
DR
Canal prêt à investir
en Indonésie
Netflix, qui veut développer le
contenu local, diffusera en 2019
sa première série africaine,
baptisée « Queen Sono », avec en
vedette l’actrice sud-africaine
Pearl Thusi dans le rôle d’une
espionne. Le groupe américain
prévoit de travailler de plus en
plus avec l’Afrique, notamment
l’Afrique du Sud.
23,5
MILLIARDS DE DOLLARS
Le montant record
que le géant japonais
SoftBank s’apprête à lever
en introduisant en Bourse sa
division télécoms. SoftBank
réaliserait ainsi la plus
grosse IPO depuis celle,
en 2014, d’Alibaba, le leader
chinois de l’e-commerce.
CONTENUS
Droits d’auteur en ligne : Bruxelles
et les Gafa se préparent au round final
l Les institutions européennes
doivent engager jeudi la finalisation
de la directive sur le droit d’auteur.
l Bruxelles est déterminé à pousser
les géants du Web à mieux partager
les revenus publicitaires
avec les ayants droit.
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
En langage eurocrate, c’est un
énième « trilogue ». Pour la presse,
l’audiovisuel et les géants du numérique, c’est un rendez-vous crucial.
Jeudi, les représentants de la Commission, du Parlement et du Conseil
européens se réuniront à Bruxelles
pour tenter de parvenir à arrêter la
version finale de la directive sur la
réforme du droit d’auteur à l’ère
numérique. Comment s’assurer que
les ayants droit et les auteurs, des
éditeurs aux producteurs en passant par les musiciens et les journalistes, touchent une juste part des
revenus que tirent les géants du
numérique, en particulier Facebook, Google et YouTube, du trafic
généré par leurs œuvres ?
Ces dernières semaines, la coalition réunissant les Gafa et les partisans hétéroclites d’un « Internet
libre » a relancé sa campagne
#SaveYourInternet. Une alliance
d’ayants droit de la télévision, du
cinéma et de la musique en France
dénonce un mélange de spam et de
catastrophisme nourri de « désinformation massive ». Les ayants
droit ont notamment peu apprécié
que YouTube mobilise les responsables de certaines de ses chaînes pour
qu’ils reprennent les arguments de
la plate-forme (voir ci-dessous).
Facebook s’est de son côté montré
plus discret, « sans doute en raison de
tous les autres problèmes de relations
publiques qu’ils rencontrent », dit un
représentant des ayants droit.
Un droit voisin
pour la presse
Le projet vise à renforcer les moyens
juridiques des ayants droit pour
négocier des accords de licence, en
créant un droit voisin pour la presse
(article 11) et en durcissant les obligations de contrôle par les platesformes des contenus diffusés par
leurs utilisateurs (article 13). La
« Il est important
pour défendre
le modèle
du droit d’auteur
que la réforme
injecte de la valeur
dans toute
la chaîne. »
VIRGINIE ROZIÈRE
Eurodéputée
presse et les producteurs martèlent
qu’il en va à terme de leur survie
après des années de pillage en règle.
Mais les opposants jugent le projet
« liberticide » car il pourrait imposer
de facto un recours au filtrage automatique des contenus. Dans ce bras
de fer, Google laisse désormais planer la menace de fermer Google
News en Europe.
N’en déplaise aux opposants, un
recul de fond est exclu. Les trois institutions européennes restent décidées à rendre les plates-formes responsables en cas de non-respect par
leurs utilisateurs du droit d’auteur,
ce qui est l’essence du texte et serait
une petite révolution. Mais les discussions sont intenses sur les réglages fins du texte, qui décideront au
final de son impact réel.
L’enjeu des « snippets »
Les négociateurs doivent en particulier décider si les agences de
presse seront couvertes par le droit
voisin. Selon nos informations, le
dernier projet de texte les inclut
bien. Le sort des « snippets », ces
extraits d’articles accompagnant un
hyperlien, reste, lui, très incertain.
« C’est décisif. Si on les exclut trop largement du champ, le texte sera une
coquille vide. Attention à ne pas créer
de voies de contournement », prévient Stéphanie Pochon, de l’agence
GPlus, qui défend les intérêts de
l’industrie créatrice. Une solution
envisagée est de renvoyer la décision à chaque Etat. « Beaucoup de
versions sont à l’étude. Tout le monde
s’arrache un peu les cheveux », confie
un proche des discussions. Il faut
aussi trouver le juste équilibre sur
les hyperliens postés par les internautes. Une distinction est à l’étude
selon que le partage ait ou non un
but commercial.
Les débats sont aussi complexes
sur l’article 13, autour de la souplesse à laisser aux grandes platesformes dans les « mesures techniq u e s » à d é p l o ye r p o u r f a i r e
respecter le droit d’auteur. Au-delà
des Gafa, les plus petits acteurs de
l’univers en ligne pourraient n’être
soumis qu’à des obligations allégées, voire exemptées.
Le sort précis des auteurs est
aussi en débat. Certains veulent que
le texte garantisse qu’une part des
sommes récupérées par les ayants
droit sera reversée aux auteurs.
« Il est important pour défendre le
modèle du droit d’auteur que la
réforme injecte de la valeur dans
toute la chaîne », insiste l’eurodéputée socialiste Virginie Rozière.
D’autres défendent une approche
plus anglo-saxonne, où ayants
droit et auteurs régleraient la question par contrat. n
Dans le bras de fer engagé avec Bruxelles, Google laisse notamment planer la menace de fermer Google News en Europe. Photo Bloomberg
INTERVIEW // DAVID EL SAYEGH Secrétaire général de la Sacem
« Le texte n’aboutira pas à un filtrage généralisé »
puisque les accords couvrent les
actes d’exploitation des internautes.
Une écrasante majorité des
chansons sera couverte. Nous, à la
Sacem, en avons déjà 15 millions :
vous pouvez vous marier plusieurs
fois avec des chansons différentes
pour votre vidéo personnelle !
Propos recueillis
par Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
L
e secrétaire général de la
Sacem, David El Sayegh,
explique pourquoi, postdirective, les internautes pourront
toujours utiliser des musiques
connues pour leurs vidéos personnelles et pourquoi les artistes débutants pourront toujours reprendre
des tubes pour se faire connaître.
YouTube redouble d’effort
de lobbying avant la dernière
ligne droite de la réforme
du copyright. Comment
réagissez-vous ?
D’abord, nous sommes choqués par
cette campagne de propagande.
YouTube est censé être une plateforme neutre. En finançant des
youtubeurs pour qu’ils lisent des
déclarations contre la directive
européenne, il démontre le
contraire, tout est orchestré avec les
énormes moyens de Google. Mais,
surtout, les informations véhiculées
sont inexactes. On cherche à nous
expliquer que tout contenu devra
être filtré. Or c’est faux. La réalité
est qu’il y aura trois situations. La
plupart des titulaires de droits voudront que leurs contenus soient sur
les plates-formes et négocieront des
licences. Il se passera ce qui se passe
aujourd’hui. En plus des vidéos officielles, la licence couvrira aussi les
actes d’exploitation des internautes,
c’est-à-dire les vidéos fabriquées
par les internautes contenant des
œuvres protégées. Deuxième situation, les ayants droit ne veulent pas
que leurs contenus soient postés par
des internautes sur la plate-forme.
Selon David El Sayegh, « la directive donnera [à la Sacem]
un vrai levier de négociation ». Photo Lionel Pagès
Dans ce cas, il n’y aura pas de filtrage
a priori, comme essaie de le faire
croire YouTube. Ce sera aux ayants
droit de se manifester auprès des
plates-formes avec des informations pertinentes (empreintes digitales, métadonnées…) pour que les
« Il serait impossible
de retrouver les ayants
droit de Despacito ?
C’est fou de dire
une ânerie pareille. »
contenus soient retirés. J’ajoute que
les plates-formes n’auront rien à
faire pour les contenus couverts par
des exceptions : les citations, parodies… à des fins scientifiques ou
pédagogiques, etc. Enfin, dernière
situation, pour les ayants droit qui
s’en fichent et ne cherchent pas à
monétiser leurs contenus, YouTube
n’aura rien à faire.
Les gens ont peur qu’un jeune
artiste ne puisse pas faire une
reprise qui va le rendre célèbre
ou que des amateurs ne
puissent pas mettre une vidéo
avec leur chanson préférée...
Le cas du jeune chanteur Kendji
Girac, qui s’est fait connaître grâce à
la reprise d‘une chanson célèbre, a
été évoqué. La directive ne changera
rien à ce genre de situation. YouTube a un accord avec la Sacem et il
en aura toujours un post-directive.
Et cet accord permet notamment à
des jeunes débutants de faire des
reprises des chansons du répertoire
géré par la Sacem. Même chose
pour les musiques en fond sonore
Susan Wojcicki, la directrice
générale de YouTube, dit dans le
« Financial Times » que même
pour « Despacito », il est difficile
de retrouver les ayants droit…
C’est fou de dire une ânerie pareille.
Un Spotify ou un TF1 qui joue abondamment cette chanson ultracélèbre s’en sort très bien avec les
mêmes difficultés. Si les ayants droit
s’estimant floués ne se manifestent
pas avec les bons arguments, YouTube ne sera pas responsable. Il faut
savoir que l’écosystème gérant les
droits d’auteur a l’habitude d’ajuster
les paiements bien après la sortie
d’un disque si de nouveaux ayants
droit se manifestent et fournissent
les bonnes informations.
Les plates-formes craignent
que la directive bouleverse
leur modèle économique…
Nous ne voulons pas la mort des
contenus générés par les utilisateurs et les artistes ont besoin de
YouTube. La seule chose qui va
changer est que les plates-formes
vont devoir être plus transparentes.
La directive nous donnera aussi
un vrai levier de négociation.
Aujourd’hui, le rapport est asymétrique. Or, les plates-formes ne se
contentent pas d’héberger, ce sont
des régies publicitaires. Donc les
auteurs ont toute légitimité à être
correctement rémunérés. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 25
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
GoPro va
transférer
une partie de
sa production
hors de Chine
La Commission australienne de la
concurrence et du consommateur
(ACCC) s’inquiète des volumes
et de la diversité des données récoltées
par les géants du numérique.
Dans un rapport, elle préconise
davantage de régulation. Elle plaide,
par exemple, pour que Chrome,
le navigateur de Google, ne soit plus
installé par défaut sur les téléphones.
VIDÉO
Seules les minicaméras destinées au
marché américain
sont concernées.
INTERVIEW // GIUSEPPE DE MARTINO
Président de l’Association des services
Internet communautaires
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Augustin Detienne
« La directive
sera inapplicable »
Giuseppe De Martino propose un Grenelle de la relation
entre les ayants droit et les plates-formes.
G
iuseppe De Martino, le
président de l’Association des services Internet communautaires (Asic), qui
représente beaucoup de géants
de l’Internet en France sauf
Apple et Amazon, propose un
Grenelle de la relation entre les
ayants droit et les plates-formes.
Pourquoi l’Asic est-elle
opposée à la directive droit
d’auteur européenne ?
L a d i r e c t i ve e u r o p é e n n e
de 2000 sur l’e -commerce
établissant le statut d’hébergeur passif pour les platesformes est une loi visant à instaurer de la confiance dans
l’économie numérique afin de
permettre son développement.
Elle établit que les platesformes de type Google, Twitter,
YouTube ou Facebook contrôlent leurs contenus a posteriori.
Cette logique garde toute sa
pertinence. Une responsabilité
a priori serait inapplicable, tant
sur les contenus haineux que
sur les contenus protégés par le
droit d’auteur, compte tenu de la
complexité à déterminer ce qui
est licite ou pas. Les plates-formes pourraient vouloir tout
censurer par précaution.
Peut-on trouver un nouveau
statut intermédiaire ?
Non. Dans l’état actuel de l’art, le
contrôle des contenus peut être
soit a priori, soit a posteriori.
Aujourd’hui, les plates-formes
ne sont pas irresponsables, elles
sont responsables a posteriori,
un principe réaffirmé par la
Cour de cassation en 2011 qui
fonctionne parfaitement. Il
n’empêche qu’elles ont un
devoir de bonne gestion pour
que leurs membres se sentent à
l’aise. Elles ont d’ailleurs déjà
mis en place des logiciels de
contrôle des contenus haineux
ou protégés par le droit d’auteur
qui marchent et donnent déjà
lieu, dans ce dernier cas, à des
accords de rémunération
(cf. YouTube et Facebook). Sur
le sujet, je constate que les
ayants droit ne sont pas très coopératifs. Ils considèrent que c’est
aux plates-formes de mettre en
place les empreintes pour repérer les contenus problématiques. En toute hypothèse, il ne
faut pas faire porter une obligation de résultat sur les retraits de
contenus par les plates-formes
qui ne doivent pas être chargées
de décider à la place du juge ce
qui a sa place en ligne. Et il faut
responsabiliser les demandes
de retrait abusives par les ayants
droit. Enfin, obliger à renforcer
cet arsenal augmenterait les
barrières techniques à l’entrée
pour les start-up voulant challenger les géants du Web. Ces
outils coûtent très cher.
Que proposez-vous ?
Prenons un peu de recul. L’Internet actuel est une chance formidable. En tant que fondateur du
média Loopsider, je ne peux que
constater que nous avons été
portés par la puissance des
réseaux. Ce sont d’abord les
auteurs de contenus contestés
qu’il faut peut-être mieux responsabiliser. Ensuite, nous proposons plutôt d’augmenter les
moyens de la police et de la justice pour les comportements
haineux. Quant à la contrefaçon, nous proposons plutôt un
Grenelle de la relation entre les
ayants droit et les plates-formes
pour partager les chiffres réels,
les problématiques et les angles
d’amélioration. Ce sera mieux
que de mettre en place une
directive inapplicable.
« Ce sont d’abord les
auteurs de contenus
contestés qu’il faut
peut-être mieux
responsabiliser. »
Regardez le droit voisin pour
la presse. Qui sera éligible ? Sur
quel critère va-t-on le partager ?
Ce sera une usine à gaz. Si les
éditeurs français sont obligés de
passer par un système de gestion collective, qu’est-ce qui les
empêchera de s’installer en
Irlande ou dans un autre pays
européen pour s’en affranchir et
rester mieux référencés par
Google ? Nous pourrions faire
ce choix en tant que Loopsider.
De toute façon, le coût de tout
droit voisin sera répercuté sans
nul doute sur l’ensemble de
l’écosystème et, donc, en dernier
lieu, sur les consommateurs.
Propos recueillis
par R. B, N. M. et F. Sc.
L’espagnol Cellnex
accélère en France
grâce à Bouygues Telecom
L’arrestation de la directrice
financière de Huawei et le regain
de tension entre Washington et
Pékin qui a suivi fait des inquiets
dans la tech. Lundi, GoPro a
annoncé qu’il allait transférer
hors de Chine la production de
ses mini-caméras destinées au
marché américain d’ici à l’été
2019. Mais le groupe va continuer à y faire fabriquer ses produits destinés aux autres pays.
Les raisons de cette décision ?
Les « inquiétudes » du groupe
concernant la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la
Chine. Il y a près d’une semaine,
une trêve de 90 jours, pendant
laquelle les deux parties se sont
engagées à ne pas dégainer de
nouveaux droits de douane,
avait été trouvée. Mais elle pourrait voler en éclats avec l’affaire
Huawei qui fait craindre une
nouvelle escalade.
L’administration Trump
applique des surtaxes de 10 %,
qui passeront à 25 % le 1er janvier
2019, et frappent certains produits de grande consommation
fabriqués en Chine et vendus sur
son territoire. Il y a quelques
semaines, GoPro avait avancé
que ses gammes de mini-caméras et d’accessoires n’avaient pas
encore été concernées.
Le groupe craint
une escalade dans
la guerre commerciale entre les EtatsUnis et la Chine.
Lundi, GoPro disait craindre
« l’impact potentiel d’être inclus
dans une liste de nouvelles
taxes ». La société a préféré
prendre les devants. Dès août,
son PDG, Nick Woodman, avait
prévenu qu’il « recherchait activement » une solution pour
transférer une partie de sa production hors de Chine. Il avait
souligné que ses fournisseurs
actuels possédaient des usines
dans d’autres pays et qu’ils pourraient rapidement se tourner
vers eux. « Aujourd’hui, l’environnement géopolitique autour
de notre business requiert de l’agilité, a avancé, lundi, Brian
McGee, directeur financier de
GoPro. Nous pensons que cette
approche diversifiée de la production peut être bénéfique pour
notre business, indépendamment
des implications tarifaires. »
Wall Street n’a guère semblé
rassuré par cette perspective.
En Bourse, l’action de GoPro
décrochait de plus de 2 % lundi à
la mi-séance. La capitalisation
flirte avec ses plus bas historiques, à un peu plus de 700 millions de dollars. Le groupe vend
aujourd’hui une grande partie
de ses produits aux Etats-Unis.
Début septembre, Donald
Trump avait tweeté à l’adresse
d’Apple : « Les prix d’Apple pourraient augmenter en raison des
augmentations massives des
tarifs douaniers que nous pourrions imposer à la Chine. Mais il y
a une solution simple. Fabriquez
vos produits aux Etats-Unis plutôt qu’en Chine. Commencez à
construire de nouvelles usines dès
aujourd’hui. Excitant ! » Pour
l’heure, cela ne semble pas être
l’option privilégiée par GoPro. n
TÉLÉCOMS
Le groupe catalan va
construire et exploiter
pour l’opérateur
français 88 « centres
stratégiques ».
L’investissement
atteint 250 millions
d’euros sur cinq ans.
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Bouygues Telecom et l’espagnol
Cellnex, l’un des plus gros opérateurs de pylônes de téléphonie
mobile en Europe avec 28.000 tours
réparties sur le Vieux Continent,
renforcent leur collaboration.
L’entreprise basée à Barcelone a
annoncé lundi un investissement de
250 millions d’euros sur cinq ans
pour déployer en France 88 « centres stratégiques », de petits data
centers permettant de mieux traiter
le trafic que va générer la 5G – le
prochain standard de téléphonie
mobile – et de réduire la latence – le
temps de réponse du réseau.
Bouygues Telecom va pouvoir
installer dans ces centres ses propres équipements. L’opérateur évite
ainsi les coûts de construction et
d’exploitation, assumés par Cellnex : recherche du terrain, sécurité,
maintenance, arrivée de l’énergie…
Mais il lui versera en retour un loyer
et paiera pour ces services. Parallèlement, Cellnex pourra aussi louer
30 % de la capacité de ces centres à
des clients industriels et à d’autres
opérateurs, comme « Free et SFR ».
Même si Cellnex affirme pour le
moment que les négociations avec
les concurrents de Bouygues Telecom n’ont pas commencé.
Expansion géographique
Ces 88 sites, les premiers du genre
en France, seront tous déployés en
zones très denses, là où la 5G pourra
répondre à l’explosion des données
qui transitent sur les réseaux. Ils
devront générer, pour Cellnex, environ 19 millions d’euros d’Ebitda supplémentaires d’ici à la fin 2021.
Cellnex est l’un des plus gros opérateurs de pylônes de téléphonie
mobile en Europe. Photo Shutterstock
Avec ce nouveau contrat en
négociation depuis un an, Cellnex
s’installe aussi un peu plus dans
l’Hexagone. L’espagnol a investi
tous azimuts – 3,1 milliards d’euros
en trois ans – pour s’implanter dans
plusieurs pays européens : Italie,
Suisse, Royaume-Uni, Pays-Bas.
Mais c’est en France qu’il veut accélérer. « C’est en tête de nos priorités.
Nous avons réalisé en France la plus
forte croissance en 2018, et nous
allons renouveler l’essai en 2019 »,
explique Patrick Duprat, directeur
général chez Cellnex France.
Dans l’Hexagone, Cellnex a déjà
signé plusieurs acquisitions. Depuis
2016, le groupe catalan a racheté à
Bouygues Telecom 4.100 pylônes,
les hautes tours qui émettent le
signal vers les abonnés, pour
1,2 milliard d’euros. Au total, Cellnex
doit acquérir plus de 5.000 pylônes
appartenant à l’opérateur de Martin
Bouygues d’ici à 2022.
Ce nouvel accord intervient au
moment où les opérateurs télécoms
cèdent de plus en plus leurs infrastructures afin de dégager du cash
pour pouvoir investir dans la 5G ou
la fibre optique. Les opérateurs
deviennent ainsi « locataires » de
leurs infrastructures. Une autre
option consiste à créer une coentreprise dédiée, afin de faire entrer un
investisseur et de partager les coûts.
Guerre des prix
Dans un secteur très endetté et marqué par une intense guerre des prix,
ces opérations, peu importe le
schéma retenu, se multiplient.
« Nous sommes très pragmatiques en
termes d’investissement. Tous les
hôtels ne sont pas propriétaires de
leurs murs et cela ne les empêche pas
d’investir à l’intérieur pour autant.
De cette façon, nous restons présents
sur la partie télécoms et l’on s’appuie
sur un spécialiste pour la partie passive des infrastructures », explique
Christian Lecoq, le directeur financier de Bouygues Telecom. Après
ces 88 sites, d’autres centres similaires pourraient voir le jour en France
en fonction des futurs usages de
la 5G, dont les fréquences doivent
être libérées l’an prochain. n
LE
7/9
NICOLAS DEMORAND
LÉA SALAMÉ
7H / 9H
1re
MATINALE
DE FRANCE*
SUIVEZ LA MATINALE SUR TWITTER
#LE79INTER
*Source : Médiamétrie 126000 Radio – Septembre 2017-Juin 2018 – LV – 13 ans et + - AC/QHM/PDA
© photo : Christophe Abramowitz
DR
L’antitrust australien
met Facebook
et Google dans le viseur
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
START
UP
U
e
500.000
LE BUZZ
REBOND
Nestor ouvre une quatrième cuisine dans
Paris pour améliorer la préparation et la
livraison de ses repas. Installée dans l’est de
la capitale, cette nouvelle cuisine se veut innovante
avec, par exemple, l’installation de caméras et de
capteurs sensoriels pour détecter les ruptures de
stocks et éviter au personnel d’avoir à le compter à
la fin du service. Le dispositif mis en place permet
également une meilleure gestion du flux des livreurs,
dont le temps d’attente ne serait plus que 3 minutes,
contre 10 pour les autres plates-formes de foodtech.
EUROS
L’amour p orte ses fruits p our Loveb ox,
qui vient de boucler un tour de table de
500.000 euros pour développer sa « boîte à
amour connectée » qui rapproche les familles,
et va ouvrir un bureau dans la Silicon Valley.
DataDome vient de
remporter le prix de la
PME innovante du
Forum international de la cybersécurité (FIC). La jeune pousse
glane ainsi son deuxième trophée
de l’année après celui sur l’innovation Big Data, et se donne un peu
plus de visibilité. La solution qu’elle
vend aux entreprises leur permet
de lutter contre le trafic des robots
sur leurs sites Internet.
Hardware Club accélère avec un fonds
à 50 millions de dollars
FINANCEMENT
Trois investissements internationaux à suivre du Hardware Club
La société d’investissement spécialisée dans
les start-up développant des produits
hardware a bouclé
son premier fonds.
Elle compte entrer au
capital d’une vingtaine
de jeunes pousses
en dix-huit mois.
« Accompagner
les jeunes pousses »
Une opportunité qui se concrétise
aujourd’hui, avec la clôture du premier fonds du Club à 50 millions de
dollars. Parmi ses investisseurs,
des fonds français et internationaux, comme Isomer Capital, Draper Esprit ou le fonds French Tech
Accélération, géré par bpifrance
dans le cadre du Programme
Cowboy.bike
Keecker
Avant d’être un fonds d’investissement, le H a r d wa r e C l u b se
présente comme une « communauté » d’entrepreneurs du hardware, composée de plus de
400 membres dans 30 pays différents. « Il y a quatre ans, nous avons
commencé à réunir les acteurs
du hardware, et nous nous sommes
rendu compte qu’ils ne disposaient
pas de suffisamment d’argent pour se
financer, car les fonds historiques
s’étaient désengagés du secteur »,
raconte Alexis Houssou, fondateur du Hardware Club. Ce dernier
y voit l’opportunité d’entrer au capital de ces jeunes pousses « devenues
beaucoup plus agiles qu’elles ne
l’étaient dans les années 2000, et
capables de développer des produits
sans dépenser des millions d’euros ».
Shutterstock
Déborah Loye
@Loydeborah
Keecker, le robot multimédia français
Le produit de cette pépite francilienne est un robot
multimédia qui veut changer radicalement la manière
dont sont consommés la télévision, les films et la
musique. Keecker, disponible pour le grand public
depuis un an, est le fruit d’une R&D de cinq années.
En forme d’œuf et d’un poids de 8 kg, il embarque
un projecteur et un système audio 4.1 et se déplace
dans la maison de manière autonome tout en évitant
les obstacles. Il fonctionne sous Android et intègre
l’assistant de Google. Après avoir convaincu Xavier Niel
et Jacques-Antoine Granjon, la pépite a levé 4,5 millions
d’euros, notamment auprès de SEB.
d ’ i n v e s t i s s e m e n t s d ’a v e n i r
(PIA). Les 28 premiers millions
du fonds avaient été sécurisés
en 2017, notamment auprès
d’Arkéa et de Foxconn.
Dans les dix-huit prochains
mois, le Hardware Club devrait
procéder à une vingtaine d’investissements. Réservé aux start-up
« hardware » et « full-stack », le
fonds injectera des tickets allant de
100.000 dollars à 1,5 million de
dollars. « Nous souhaitons entrer
Cowboy, le vélo électrique belge
Après l’échec de Take Eat Easy, deux de ses fondateurs
se sont relancés dans l’aventure entrepreneuriale avec
Cowboy. En moins d’un an, la jeune pousse a réuni
12,5 millions d’euros, notamment auprès d’Index
Ventures, pour déployer son vélo électrique en France,
aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre, après
un démarrage en Belgique. Un demi-millier d’unités
y aurait été vendues durant les quatre premiers mois
qui ont suivi son lancement, grâce à un positionnement
aussi design que technique. Le vélo en question
ne pèse que 16 kg et son autonomie serait de 50 km,
pour un prix (1.790 euros) médian sur le marché.
au capital au début de la vie des jeunes pousses et les accompagner jusqu’aux troisième ou quatrième tours
de table », explique Alexis Houssou.
Croissance à l’étranger
Ses capitaux seront alloués aux
deux tiers à des start-up européennes « et un tiers ira au reste du monde,
en sachant que nous nous concentrons sur les Etats-Unis, puisque nous
disposons d’un bureau à San Fransicso », indique Alexis Houssou.
Et en entrant au « club », les start-up
accompagnées par le fonds auront
accès à ses partenaires, soit « plus de
200 fabricants comme Foxconn ; des
distributeurs comme Harrods ou la
28
JEUNES POUSSES
font partie du Hardware Club.
Alcatraz AI, le contrôle de sécurité américain
Cette jeune pousse californienne s’est donné
pour mission de rendre le process d’authentification
plus sécurisé et plus souple. Concrètement, Alcatraz AI
développe une technologie de reconnaissance faciale,
de détection 3D et d’intelligence artificielle
pour le contrôle d’accès des personnes,
et ses algorithmes sont entraînés sur la base
du deep learning. L’ensemble de ses solutions peuvent
remplacer les systèmes classiques d’accès, y compris
biométriques. Créée par Vince Gaydarzhiev, cette pépite
fait aussi partie du programme Inception de Nvidia
et a levé un total de 5,8 millions de dollars.
FNAC, et de grands industriels »,
poursuit le fondateur.
Dans son portefeuille, le Hardware Club compte déjà 28 jeunes
pousses dont les françaises Iskn,
qui crée des ardoises numériques,
Aryballe Technologies, qui fabrique des senseurs olfactifs, Keecker,
avec son robot à commande vocale,
et la belge Cowboy, qui fabrique des
vélos électriques (lire ci-dessus).
Outre-Atlantique, le fonds a notamment misé sur le torréfacteur de
café écologique B e l l w e t h e r
Coffee ou le chasse-neige autonome Left Hand Robotics.
Si Alexis Houssou concède que
les besoins en capitaux des start-up
du hardware sont plus importants
lors des premiers tours, il affirme
qu’elles « n’ont pas besoin de lever
plus de fonds que les jeunes entreprises traditionnelles sur la durée ». Et
de citer l’exemple de Fitbit, entré en
Bourse après avoir levé « seulement » 66 millions de dollars. n
D
La machine à noter les start-up
Early Metrics change de braquet
La jeune entreprise
française se développe
avec une levée de fonds
de 5 millions d’euros.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Comment distinguer la start-up qui
va devenir un vrai référent de celle
qui va s’éteindre au bout de quelques mois ? A cette question que se
posent tous les grands groupes qui
sont tentés par une collaboration
avec de jeunes pépites technologiques, Early Metrics apporte un
début de réponse. Son système de
notation de start-up, qui existe
depuis quatre ans, s’est déployé
sans faire de bruit et sans levée de
fonds jusque-là. Mais l’entreprise
parisienne a décidé d’accélérer
en réalisant u n t o u r d e t a b l e
de 5 millions d’euros (Fimalac,
Pléiade, Raise Ventures et la
famille Carle), augmenté d’un
prêt bancaire de 2 millions d’euros.
Analyses comparatives
« Notre schéma de développement
est atypique puisque nous l’avons
quasiment réalisé en autofinancement jusqu’ici, explique Antoine
Baschiera, cofondateur et PDG
d’Early Metrics. Nous avons choisi ces
partenaires pour accélérer et parce
qu’ils ont de fortes capacités d’investissement pour nous accompagner sur
le long terme. » De par sa taille, la
jeune pousse était une proie des
grands cabinets de conseil notamment, qui cherchent à se développer
avec de nouveaux services, dans le
secteur numérique principalement.
Sa croissance n’exige pas de céder la
majorité de son capital, d’autant que
la maturité des grands comptes,
clients d’Early Metrics, est de plus en
plus forte. Ce qui rend son modèle
plus solide, selon son PDG : « Il y a
des enjeux de résultats désormais.
Lorsqu’une entreprise décide de travailler avec une start-up, elle attend
un retour sur investissement, ce qui
est une très bonne nouvelle pour
l’ensemble du secteur. »
Si la jeune pousse ne communique pas son chiffre d’affaires
(qui se compterait en plusieurs
Early Metrics est de
plus en plus sollicité
par des plates-formes
tierces qui se lancent.
millions d’euros), elle concède
qu’il se répartit encore entre de la
notation à la demande (40 %) et
l’abonnement (60 %). Elle assure
DR
ÉVALUATION
Les 5 start-up
les mieux notées
par Early Metrics*
Job and Talent
•(Logiciel
RH/Espagne)
Zenpark
•(Smart
cities/France)
Share
•(Foodtech/Allemagne)
+Simple
•(Assurtech/France)
Shift Technology
•(Fintech/France)
Early Metrics assure avoir évalué 2.400 start-up depuis ses débuts.
* Au dernier trimestre
compter 280 clients et avoir
noté 2.400 start-up depuis ses
débuts. Un total qu’elle voudrait
augmenter de 1.500 pépites
courant 2019, notamment pour
développer ses analyses comparatives. Après avoir démarré
avec un système de notation fixe,
Early Metrics s’attelle désormais à
faire évoluer la note des pépites
qu’elle suit, en prenant en compte
de revenus. Early Metrics est de plus
en plus sollicité par des plates-formes tierces qui se lancent et veulent
afficher une notation pour leurs
utilisateurs, renvoyant à la plateforme payante pour approfondir
l’analyse. Sa future croissance n’en
dépend pas, mais lui donnera
encore plus de latitude pour noter,
au plus juste, les futurs champions
de l’économie numérique. n
de plus en plus de critères, notamment de comparaison des unes par
rapport aux autres.
Le volume des données collectées
lui permet aussi de faire émerger des
tendances, comme celle qui témoigne d’une transversalité sectorielle
plus large. Pour anticiper ces évolutions, la pépite doit automatiser
un plus grand nombre de tâches et
s’appuyer sur de nouvelles sources
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
en
direct
Laboratoires : SGS
investit à Poitiers
ÎLE-DE-FRANCE Riverains, soi-
CENTRE Le groupe suisse SGS,
gnants, patients et étudiants sont
invités à se prononcer jusqu’au
10 février sur le futur hôpital
Grand Paris Nord sur le site de
l’usine PSA de Saint-Ouen. Il
remplacera les hôpitaux de Bichat
(Paris 18e) et Beaujon (Clichy),
mais aussi le site universitaire
d’odontologie Garancière, installé
dans le 6e arrondissement.
François Guillot/AFP
PME
&REGIONS
Hôpital Nord :
le projet se précise
numéro un mondial de l’inspection et de la certification de
produits, va investir 3,5 millions
d’euros sur son site à Poitiers. La
première phase a été achevée en
novembre avec la mise en place
d’un nouveau laboratoire
d’immunoessais de 150 mètres
carrés, où peuvent travailler
jusqu’à 20 analystes. La seconde
phase portera sur l’expansion et
la rénovation du site, avec la
création entre autres d’un nouveau laboratoire, dans un nouvel
espace de 800 mètres carrés.
Cette extension vise à accroître
ses capacités en bio-analyse de
50 % d’ici à 2020 pour répondre
à la demande de l’industrie
pharmaceutique. Le groupe a
également renforcé ses laboratoires aux Etats-Unis dans l’Illinois, à Genève, en Suisse, ainsi
qu’à Mississauga, au Canada.
Quand les artisans d’art produisent
leur matière première
l De plus en plus d’artisans d’art veulent maîtriser la chaîne de production en privilégiant l’approvisionnement local.
l Le rapport du député Philippe Huppé, remis le 11 décembre au Premier ministre, insiste sur l’impact des métiers
d’art dans les territoires et préconise des pistes pour les pérenniser.
ARTISANAT
Marion Kindermans
@MaKindermans
Le phénomène est flagrant chez les
chocolatiers. De plus en plus d’artisans décident d’acheter directement
les fèves de chocolat pour les transformer eux-mêmes en pâte de cacao
plutôt que d’avoir recours aux couvertures industrielles. On en compterait une vingtaine en France qui se
seraient lancés dans la transformation. Torréfaction des fèves, broyage,
ajout des sucres, malaxage… Tout
un processus à maîtriser mais qui
permet de s’assurer de la qualité et
de la régularité de sa matière première dans un secteur, les métiers
d’art, où l’excellence est de mise.
Certains ont même créé leur propre plantation, comme François
Pralus, chocolatier à Roanne, qui a
planté 17 hectares de cacaoyers à
Madagascar. Ou Daniel Mercier,
qui a planté les siennes au Mexique,
dans le Yucatán, et au Vietnam.
Valoriser le made in France
Pour d’autres métiers, où il est possible de développer une matière première locale, la tendance est aussi de
mise. Tuffery a lancé sa propre plantation de chanvre pour assurer la
fabrication de ses jeans. Et l’atelier de
Lodève, qui fournit en tapis les bâtiments de la République, réfléchit à
se fournir en laine auprès des bergers du Larzac. Une façon de privilégier les circuits courts, de mettre en
avant le made in France et de ne plus
être dépendant des fournisseurs.
Cette volonté de maîtrise de la
chaîne de production est un des
nouveaux aspects de l’artisanat
d’art que relève Philippe Huppé,
député de l’Hérault et président de
l’association nationale Ville et
métiers d’art, dans son rapport sur
« Les métiers d’art et du patrimoine vivant ».
Depuis quelques années, ce secteur d’excellence, vitrine du savoirfaire français à l’international, suscite l’attention des pouvoirs publics.
Le dernier rapport ministériel date
de 2009. Commandité par le Premier ministre, Edouard Philippe, le
rapport sur « Les métiers d’art et du
patrimoine vivant » que le député
(LREM) Philippe Huppé remet le
11 décembre donne un coup de projecteur sur l’évolution du secteur et
les actions pour y répondre. Il
pointe le manque d’offre de formation aux métiers rares (plumassier,
solier, perruquier…) menacés de
disparaître. Ou encore aux nouveaux profils, puisque, selon Philippe Huppé « environ 62 % des personnes qui rentrent dans les métiers
d’art sont des gens en reconversion ».
Nouvelle structure
Pour résoudre le problème de l’éclatement des acteurs publics, le manque de visibilité des aides, le rapport
préconise de créer une nouvelle
structure, sous forme de groupement d’intérêt économique (GIE),
France Métiers d’Excellence, qui
piloterait l’ensemble des actions.
Enfin, le rapport propose de maintenir le crédit d’impôt en faveur des
métiers d’art (Cima), qui a été prorogé pour l’instant jusqu’à la fin
2019, et de conserver la taxe affectée. Les professionnels, qui ont
obtenu une meilleure reconnaissance du secteur au fil des années,
réclament toujours un régime fiscal
propre. La liste des métiers d’art qui
a été revue en 2015 détaille 198
métiers et 83 spécialités. Les professionnels peuvent demander à être
labellisés Entreprise du patrimoine
vivant. A ce jour 1. 429 l’ont fait, mais
des critiques se font jour sur le manque de visibilité du dispositif. Les
experts préconisent notamment de
faire évoluer les critères d’attribution du label afin de le rendre plus
exigent, et d’instaurer le principe
d’une part significative du chiffre
d’affaires qui doit résulter directement de la mise en œuvre d’un
savoir-faire rare ou d’excellence.
Dans le même ordre d’idée, il est
envisagé la possibilité de retirer le
label à une entreprise qui ne respecterait manifestement plus les critères d’attribution.
Sur le terrain, les régions ont
développé des mesures visant à
développer les métiers d’art. L’ Occitanie a adopté en novembre un plan
2018-2021 en faveur des métiers
d’art, avec un « pass métiers d’art »
pour aider les professionnels doté
d’une enveloppe de 200.000 euros
en 2019. Grand-Est soutient aussi
financièrement les manifestations
de promotion des métiers d’art. Elle
compte 2.500 ateliers et manufactures dont environ 1500 en Lorraine. Enfin, Paca a développé son
propre label « Métiers d’art Provence-Alpes-Côte d’Azur » qui vise
notamment à développer des
actions touristiques. n
Les jeans Tuffery misent sur la production de chanvre et de laine
Le fabricant lozérien de jeans
s’associe avec des coopératives et des éleveurs locaux
pour maîtriser la production
de laine et de chanvre
à intégrer dans ses toiles.
Hubert Vialatte
— Correspondant à Montpellier
Sortir du joug du coton, en utilisant
les fibres locales naturelles telles que
la laine et le chanvre. Voilà l’objectif
de Julien Tuffery, dirigeant d’Atelier
Tuffery, fabricant de jeans basé à
Florac, en Lozère. « Le coton représente encore 80 % de nos matières premières, explique-t-il. Nous ciblons
50 % dans cinq ans, et une utilisation
exclusive de matières locales dans
quinze ans. » L’idée, pour celui qui
incarne la quatrième génération de
cette PME familiale de 13 salariés, est
de sécuriser l’approvisionnement à
long terme, « quand le coton ne sera
plus supportable, écologiquement,
pour la planète ». Mais aussi de capter une demande croissante des consommateurs urbains et de « donner
du sens » à l’entreprise, en tissant des
liens avec des acteurs de proximité.
Atelier Tuffery s’approvisionne en
chanvre auprès de la coopérative
lotoise Virgo Coop et de fournisseurs
européens. Pour la laine, le territoire
est un beau terrain de jeu : éleveurs et
tondeurs de laine du causse Méjean,
filateur, laveur de laine, tisseur de
toile dans le Tarn ou la Haute-Loire…
Les rouleaux arrivent à l’atelier de
Florac ou aux ateliers partenaires, en
France. « Comparé au coton, qui fait
plusieurs fois le tour du monde, il n’y a
pas photo en termes de bilan carbone », tranche Julien Tuffery.
La démarche a nécessité
150.000 euros de R&D, en lien avec
les établissements Plo à Aussillon,
dans le Tarn : essai sur les typologies de fils, tests de résistance,
méthodes de tissage, équilibre
entre résistance et confort, prise de
coloration… 1.200 mètres de toile
de chanvre ont été commandés cet
été. La démarche cible une clientèle aisée : le jean fabriqué avec du
chanvre coûte jusqu’à 220 euros.
« Mais les fibres sont de grande qualité – thermique, résistance, confort
et esthétique –, et le produit peut
durer une décennie. Et on aime ce
côté végétal, rustique et imparfait »,
décrypte le dirigeant. Environ 10 %
des recettes sont reversées aux
fournisseurs locaux.
Terres agricoles
Pour aller plus loin dans la maîtrise
de l’approvisionnement, Atelier Tuffery pourrait intégrer d’ici à 2020,
sur 400 hectares de terre agricole
qui lui appartiennent, la culture du
chanvre et sélectionner des races de
mouton pour la laine. La PME aura
fabriqué en 2018 12.000 pièces, pour
un chiffre d’affaires de 1,2 million
d’euros, dont 20 % à l’export. L’entreprise espère multiplier par cinq
l’activité d’ici à 2023. Elle veut renforcer ses collaborations avec les ateliers partenaires et investira 1 million d’euros dans le doublement de
la superficie des installations, à
1.200 mètres carrés, à Florac. n
Pariès sécurise sa production de noisettes
L’artisan chocolatier
du Pays basque a planté
six hectares de noisetiers
pour mieux maîtriser la
confection de ses chocolats.
Ce qui permettra à Pariès d’assurer ses besoins en pâtisserie chocolaterie, voire ceux d’autres chocolatiers locaux. « Nous aurons des
produits totalement maîtrisés sur
place et à la traçabilité irréprochable », avance Alain Girardot.
Pierre Etchéléku
— Correspondant à Bayonne
Mieux vaut maîtriser son approvisionnement. C’est avec cette conviction que la maison Pariès, artisan
chocolatier né en 1895 à Saint-Jeande-Luz, a planté des noisetiers il y a
trois ans. « La noisette est un élément
fondamental dans la confection de
nos chocolats, pralines et autres confiseries », explique Alain Girardot,
gérant de l’entreprise.
Avec le pic de La Rhune comme
horizon, six hectares accueillent
des centaines de noisetiers encore
jeunes, qui ne produiront pas avant
quatre ans. « Nous avons installé six
variétés, des pollinisateurs et des producteurs, ce qui garantira une récolte
régulière, assure le gérant. Pariès se
fournit pour l’heure en Italie, avec
Fèves de cacao
Les plantations de noisetiers permettront à Pariès d’assurer ses
besoins, voire ceux d’autres chocolatiers locaux. Photo Studio Waaz
des noisettes du Piémont, de très
bonne qualité mais onéreuses.
Puisque le sol en Pays basque est
similaire dans sa composition à
celui des plantations transalpines,
Pariès tente le pari. L’exploitation
sur la commune d’Urrugne, en
pente et ne retenant pas l’eau,
devrait s’agrandir et atteindre
5.000 pieds (soit 400 arbres à l’hectare). L’artisan, qui a investi dans le
foncier, les plants, des machines
avec tracteur spécial et gyrobroyeur, ainsi que dans un bâtiment, escompte un plein rendement à partir de 2026.
Outre son berceau historique,
Pariès est présent à Socoa Urrugne,
Biarritz, Bayonne, Paris et Saint-Sébastien. Il ouvrira à la fin de l’année à
Bordeaux et en 2019 à Espelette.
Avec ses caramels Kanougas,
muxus aux amandes, ganaches,
tourons, gâteaux basques, tablettes… l’entreprise vise les 8 millions
d’euros de ventes fin 2018 avec
49 salariés. Labellisé Entreprise du
patrimoine vivant (EPV), Pariès est
partie prenante d’une coopérative
de planteurs de cacao à Madagascar. Déjà 7 tonnes de fèves sèches ont
pu être acheminées vers le laboratoire d’Urrugne. L’approvisionnement devrait être pleinement opérationnel en 2020. n
Le jean en chanvre offre plus de confort et de résistance,
son fabricant affirme qu’il peut durer une décennie. Photo Tuffery
Les tapis de Lodève veulent
de la laine du Larzac
L’atelier, qui confectionne
les tapis pour les lieux
de la République, réfléchit
sur un approvisionnement
en laine du Larzac.
Nichée au cœur de Lodève, la
Manufacture nationale de la Savonnerie, qui tourne avec 14 métiers à
tisser, confectionne des œuvres textiles, des tapis essentiellement. Réalisés par 19 salariés, ils sont destinés
à l’Elysée, aux ministères, aux
ambassades. La laine utilisée provient de loin, de Nouvelle-Zélande et
d’Australie. L’approvisionnement
en laine des moutons qui abondent
sur le plateau du Larzac, tout proche, est à l’étude. « Les bergers sont
demandeurs. Jusqu’à présent, leur
laine est jetée, ou utilisée pour l’isolation du bâti, mais ce n’est pas optimal », explique Jean-Marc Sauvier,
le directeur de la manufacture.
L’idée en est pour l’instant « au
stade de projet », insiste de son côté
Marc Bayard, conseiller pour le
développement culturel et scientifique au Mobilier national et manufactures nationales. « Nous envisageons cette possibilité, mais nous
devons organiser une rencontre avec
tous les acteurs, afin d’en préciser
tous les aspects ». Il faut réfléchir à la
répartition des rôles, aux moyens
d’obtenir de la laine filée. Les
besoins du site de Lodève s’élèvent à
environ 4 tonnes par an. Un niveau
insuffisant pour les bergers. « Pour
que ce soit intéressant, la filière doit se
servir du fait que la laine soit intégrée
dans la chaîne de production d’une
manufacture d’Etat pour vendre sa
production à d’autres utilisateurs de
laine », estime Jean-Marc Sauvier.
L’intérêt pour la Manufacture
n’est pas tant le coût – qui devrait
être plus ou moins similaire à la
laine importée – que de mettre en
avant une matière première made
in France et une facilité logistique.— H. V.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // PME & REGIONS
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
150
NOUVELLE-AQUITAINE Un prêt
de 37,5 millions d’euros de
la BEI a été signé avec Bordeaux
Métropole Energies. Objectif :
enclencher la phase d’industrialisation de rénovation énergétique du bâti pour les particuliers
et les entreprises. Sur les
350.000 logements que compte
la métropole, 60 % ont été
construits avant 1974.
l’agence dépasse maintenant les
150, soit un tiers du nouveau programme de l’Anru de 11,3 milliards
d’euros. Au printemps, le gouvernement avait fait une priorité de la
relance de l’Anru, alors très en
retard sur son programme.
Aurimages
PROJETS DE RÉNOVATION DE QUARTIERS
L’Agence nationale de rénovation
urbaine (Anru) a annoncé avoir
validé les projets de renouvellement
urbain de 17 quartiers supplémentaires pour 450 millions d’euros. Le
nombre de quartiers dont la rénovation est inscrite dans le budget de
innovateurs
Un plan énergie
pour la Gironde
GenOway décroche
une licence mondiale
de Merck KGaA
(pomme de terre, betterave, carotte,
lentille) avec six usines en France
employant au total 650 salariés.
NORMANDIE
Les coopératives
Cap Seine et Interface
Céréales ont fusionné.
Débouchés dans
le lin et la distribution
Natup, c’est le nom de la nouvelle
entité issue de la fusion entre les
coopératives agricoles Cap Seine
qui a son siège à Rouen (Seine-Maritime) et Interface Céréales, installée à Dreux (Eure-et-Loir). Elle est
présidée par Jean-Charles Deschamps, président de l’ex-Cap
Seine. Validée vendredi 7 décembre
en assemblée générale par les adhérents des deux coopératives, elle
avait reçu le feu vert de l’Autorité de
la concurrence. Si l’on excepte deux
silos de céréales en doublon à SaintAndré de l’Eure qui feront l’objet
d’une rationalisation, selon la formule de Patrick Aps, directeur
général de Natup (directeur de l’exCap Seine), le nouvel ensemble
va « additionner ses forces et densifier son maillage territorial » dans la
collecte et l’approvisionnement de
céréales (blé, orge, colza).
Jean-François Monnier/AFP
Claire Garnier
— Correspondante à Rouen
Le nouvel ensemble dispose d’une capacité de collecte de 2,4 millions
de tonnes de grain et de stockage d’1,4 million de tonnes.
Le territoire couvre désormais
huit départements : la Seine-Maritime, l’Eure, l’Orne, l’Eure-et-Loir, la
Somme, l’Oise, le Val d’Oise, les Yvelines, offrant une capacité de collecte de 2,4 millions de tonnes de
grain et de stockage d’1,4 million de
tonnes. Mais Natup entend aussi
capitaliser sur les autres métiers de
chacune de ses composantes.
Cap Seine qui a réalisé en 20172018 un chiffre d’affaires de 860 millions d’euros avec 1.450 salariés, a
entrepris une diversification industrielle avec le rachat de Pom’Alliance
en 2012 puis de Lunor en 2013. Objectif, réduire son exposition aux aléas
du cours des céréales et des marchés
à l’exportation. Elle s’est lancée dans
la transformation de légumes
Elle s’est aussi tournée vers le travail
du lin avec deux usines en Normandie et deux en Pologne employant
250 salariés. En 2016, elle a découvert le métier de la distribution avec
la cogestion de 26 jardineries
Gamm Vert. Ces différentes activités, auxquelles s’ajoute la vente en
circuit court de produits fermiers
« Les Fermes d’ici », représentent le
quart de son activité. Pour Interface,
elles sont synonymes de débouchés
nouveaux. « Interface, qui était
monofilière, va désormais pouvoir
offrir à ses adhérents d’autres débouchés dans les légumes et le lin » explique Patrick Aps. De son côté, Interface qui enregistre un chiffre
d’affaires de 400 millions d’euros
avec 120 salariés, réalise la moitié de
son activité avec Simarexport, son
silo de Petit-Couronne sur le port de
Rouen qui affiche une capacité de
200.000 tonnes. Un atout pour Cap
Seine qui va disposer d’une « infrastructure privative » sur le premier
port exportateur de céréales
d’Europe occidentale. n
Date de création : 1999
PDG : Alexandre Fraichard
Chiffre d’affaires : 10 millions
Effectif : 110 personnes
Secteur : biotechnologies
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
C’est le graal des biotechnologies : CRISPR-Cas9, une enzyme
capable de couper l’ADN des cell u l e s e u c a r yo t e s . A p p e l é
« ciseau moléculaire », cet outil,
dont le français Cellectis est l’un
des précurseurs, facilite les
modifications génétiques indispensables à l’industrie pharmaceutique. Outre-Atlantique,
cette technologie révolutionnaire suscite de vives convoitises : le MIT et l’université de Berkeley sont engagés dans une
bataille de brevets depuis 2012.
Mais c’est un troisième américain, le centre de recherche MilliporeSigma, filiale du groupe
allemand Merck KGaA, qui
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Le recyclage se développe dans le
monde industriel. Le leader français
du nettoyage des emballages industriels, le Groupe Duo, ouvrira en janvier une usine à Labruguière (Tarn).
Montant de l’investissement : 6 millions d’euros, dont 1 million d’aides
des collectivités et de l’Ademe. La
Intensifier la collecte
Pour répondre à la hausse des commandes, le Groupe Duo va la remplacer par une nouvelle usine de
5.200 mètres carrés sur la zone du
Causse, qui doublera la capacité.
Elle lui permettra d’intensifier la
collecte, sur un périmètre allant de
Bordeaux à Lyon, et d’élargir sa
palette d’activité. En plus du lavage,
l’usine a une ligne de broyage qui
transformera les fûts plastique
endommagés en granulés vendus
aux plasturgistes. Jusque-là, les
emballages abîmés étaient expédiés dans les autres unités de la
société. Groupe Duo veut doubler
l’activité du site d’ici à la fin 2020, en
portant l’effectif de 18 à 30 salariés.
La nouvelle usine utilise des procédés plus écologiques. Les fûts
sont convoyés automatiquement et
la station de traitement des
effluents recycle l’eau de lavage
dans le circuit pour économiser
80 % de la consommation. Les résidus sont traités par des sociétés
spécialisées. Le recyclage des
emballages industriels est un marché de niche, car beaucoup d’entreprises les font incinérer. « Mais
nous avons de plus en plus de demandes parce que les industriels sont plus
soucieux de l’environnement, que les
incinérateurs sont saturés et qu’il y a
des taxes à l’incinération », explique
Gilles Gamon, directeur du site.
Les aides au recyclage ont aussi
créé le marché. Fondé il y a vingtdeux ans par Thierry et Hervé Obaton, Groupe Duo veut créer un
maillage de sites en France. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 22,5 millions d’euros en 2017, avec 105 salariés, et n’a que des concurrents
régionaux, les groupes de traitement
des déchets préférant sous-traiter le
nettoyage des emballages. n
Castor & Pollux prend le bon côté du Web
LA PME À SUIVRE
ÎLE-DE-FRANCE
Effectif : 45 salariés
Chiffre d’affaires : 5,5 millions
Activité : communication
Dominique Malécot
@DMalecot
Stéphane Clousier et Julien Cocquerel ont monté leur agence Castor & Pollux en 2010 avec une
idée : accompagner les entreprises
sur le Web. Leur expérience leur
avait appris qu’il y avait beaucoup à
faire pour être efficace sur ce
média. « Cela passe par trois métiers,
le conseil en transformation digitale,
le référencement et tout ce qui l’accompagne, relation client, stratégie, branding et, enfin, la production », résume
Stéphane Clousier. En d’autres termes, l’agence installée à Montreuil
(Seine-Saint-Denis) travaille sur le
contexte, le contenu et le contenant
de la communication, Web et
mobile. « Nous avons démarré dans
mon appartement avec deux ordinateurs et un téléphone. Nos deux premiers clients nous ont permis de passer rapidement de 2 à 7 et nous
réalisons aujourd’hui 5,5 millions
d’euros de chiffre d’affaires avec
45 collaborateurs, mais nous espérons aller plus loin, poursuit le dirigeant. La croissance, c’est un résultat,
mais ce n’est pas que cela. » Le déve-
loppement passe par le management et l’organisation interne,
notamment par un fort niveau
d’accompagnement. Chaque collaborateur qui le demande peut avoir
un coach pour être plus efficace. Et
cela s’applique aussi au comité de
direction. « On ne cache rien, affirme
Stéphane Clousier, et nous ne voulons
pas être spécialistes d’un secteur. » La
diversité des domaines abordés permet de sortir des sentiers battus,
d’être plus originaux et de proposer
des solutions plus simples.
Mode projet
C’est d’autant plus important que
l’entreprise fonctionne comme une
agence d’architecte. Les entreprises
expriment un besoin, une équipe de
spécialistes réfléchit et structure ses
idées, une autre s’assure que le projet
issu de cette réflexion est réalisable. « Ça peut prendre un à trois mois
et on gagne ou pas », reconnaît le dirigeant. Ce « mode projet » s’applique
aussi au recrutement. Pas de CV ni
de lettre de motivation. Le candidat
se fait connaître sur le site Internet
de l’agence. On lui propose de faire
un exercice qui ne dure pas plus de
vingt minutes. Réponse garantie
dans la semaine et, si elle est négative, on lui explique pourquoi. « Cela
permet d’avoir des profils très divers et
nous avons 50 à 100 candidatures par
semaine », affirme le dirigeant. Sans
préciser s’il utilise pour cela Joker,
l’appli maison qui aide à trouver des
arguments dans une discussion. n
Elle produit des modèles de souris génétiquement modifiées
pour répondre aux besoins spécifiq ues de la recherche.
« CRISPR-Cas9 induit des réductions de coûts et de délais
importantes », explique Alexandre Fraichard, PDG fondateur
de la société. « Encore plus décisif,
ce gain de productivité permet la
production de modèles génétiques
plus sophistiqués, comme les rats
et les cellules. » Ces perspectives
lui font envisager 10 millions
d’euros de revenus supplémentaires d’ici à cinq ans, soit le double du chiffre d’affaires actuel de
genOway. « Et même un triplement avec le lancement de notre
offre sur catalogue », espère ce
docteur en génétique, qui a
approché MilliporeSigma il y a
plus d’un an. Il estime avoir
obtenu des « conditions avantageuses, avec un droit de sous-licencing, dont on va faire usage en
Asie, et le droit d’attaquer les contrefacteurs », précise Alexandre
Fraichard. Il y a un intérêt
mutuel, « car on sera les ambassadeurs de leur technologie en
amont des applications thérapeutiques, où les enjeux financiers
sont bien supérieurs ». n
ADP finance Innov’ATM
qui optimise le trafic
des avions et drones
ATM
Le leader français du
nettoyage des emballages industriels a construit près de Mazamet
une usine plus grande.
société, dont le siège social se trouve
à Willems (Nord), possède trois
autres unités à Willems, Arras et
Compiègne, et s’était implantée dans
le sud en rachetant la société Rodriguez, à Mazamet, en 2014. Celle-ci
nettoie et remet dans le circuit
70.000 fûts et 30.000 conteneurs
plastique et métalliques par an provenant des industries pharmaceutiques, cosmétiques, chimiques, etc.
Elle a 250 clients, dont Pierre Fabre,
Seppic et Sanofi. Les conteneurs sont
remis en état, rendus ou revendus.
Modèles sophistiqués
LE PARTENARIAT
GENOWAY
Groupe Duo développe le recyclage
d’emballages industriels
OCCITANIE
vient d’accorder une licence
exclusive mondiale à la société
lyonnaise cotée genOway, pour
les applications sur des rongeurs. Cet accord capital, dont
les conditions financières restent confidentielles, va accélérer
son développement.
Margot Raymond
Céréales : un nouveau groupe
coopératif pour le Nord-Ouest
LA LEVÉE DE FONDS
INNOV’ATM
Date de création : 2014
Fondateurs : Stéphane
Bascobert (à droite) et
Amine Karray (à gauche)
Montant : 1 million d’euros
Effectif : 15 personnes
Secteur : trafic aérien
Fondé par deux ex-ingénieurs de
Thales, Stéphane Bascobert et
Amine Karray, Innov’ATM crée
des solutions d’optimisation du
trafic aérien exploitant l’intelligence artificielle. La start-up toulousaine vient de lever 1 million
d’euros auprès du groupe ADP et
du fonds d’amorçage régional
IRDInov, qui avait injecté
500.000 euros en 2016. Elle
pourra ainsi accélérer son développement commercial en Asie
et en Amérique latine, et poursuivre la R&D de ses solutions de
trafic aérien et de surveillance
des drones. Les aéroports étant
menacés d’engorgement, il faut
optimiser les arrivées et les
départs d’avions. Sa solution SkyKeeper fusionne les données de
vols des compagnies, de l’aéroport et du contrôle aérien avec
un logiciel d’optimisation pour
prévoir les atterrissages plus
d’une heure à l’avance, au lieu de
30 minutes avec les outils
actuels. Les contrôleurs aériens
peuvent ainsi changer l’ordre
d’arrivée des appareils avant leur
descente, les turbulences générées par un gros-porteur nécessitant d’attendre 4 minutes entre
deux atterrissages. La société a
vendu sa solution à la DGAC, à
l’aviation civile suisse et au
Groupe ADP qui l’utilise à Roissy.
Sites sensibles
Pour les drones, Innov’ATM
codéveloppe deux solutions
avec le Groupe ADP et la DGAC.
Elles seront prêtes fin 2019. Le
logiciel Hologuard, testé à
Roissy, surveille leur intrusion
sur les sites sensibles, en utilisant des capteurs de radiofréquence, des caméras, des radars
et un algorithme d’apprentissage automatique. « Le logiciel
fusionne les informations, évite
les fausses alertes en distinguant
un drone d’un oiseau et évalue le
niveau de menace », explique
A m i n e K a r r ay, d i r e c t e u r
général. La deuxième solution,
Hologuide, expérimentée aux
aéroports de Roissy et de Strasbourg, permet aux pilotes de
d r o n e s d ’a d r e s s e r l e u r
demande de vol aux autorités et
d’éviter les collisions.— L. M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
FINANCE
&MARCHES
TENSIONS SUR LA DEVISE
EN INDE
La roupie indienne chutait de
1,6 % en fin d’après midi. Sa plus
forte baisse quotidienne depuis
le 15 décembre 2014. Les marchés
ont été surpris par la démission
du gouverneur de la Banque de
réserve de l’Inde (RBI), Urjit Patel.
Les investisseurs évoquent des
tensions avec le gouvernement
Modi, à quelques mois d’élections
générales importantes en Inde. La
roupie a perdu 2,5 % en cinq jours.
les
indices
« Gilets jaunes » : les banques se préparent
aux difficultés des entreprises
l Les banques se disent prêtent à examiner « au cas par
cas » les difficultés de remboursement des commerçants
et artisans touchés par la crise des « gilets jaunes ».
l Mais l’ampleur des difficultés reste difficile à appréhender.
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
et Edouard Lederer
@Sharonwaj
Montrer de la « bienveillance ». Au
lendemain de la quatrième manifestation des « gilets jaunes », la
Fédération bancaire française
(FBF) – à l’instar du gouvernement –
a fait valoir sa volonté de se montrer
à l’écoute des clients artisans, commerçants et entreprises contraints
de baisser le rideau à quelques
semaines de Noël ou qui auraient
subi des dégradations. « Nous
recommandons aux entreprises de se
rapprocher de leur conseiller au plus
vite en cas de difficulté », indique la
fédération dans un communiqué.
« C’est dans notre intérêt de ne pas
envoyer au tapis nos clients qui
seraient en difficulté temporaire »,
confirme un banquier français.
Concrètement, la mise en œuvre
de ces bonnes intentions dépendra
toutefois de la réalité des difficultés
d e s e n t r e p r i s e s c a r, p o u r l e
moment, « il reste très compliqué
d’avoir une idée précise de l’impact de
ces mouvements sociaux sur les différents secteurs, l’hôtellerie, la restauration, etc. » confirme cette source.
Coût du risque
extrêmement bas
Aussi, les banques n’ont pas promis
de traitement spécifique des crédits
des entreprises touchées, mais bien
un traitement « au cas par cas ».
Actuellement, le coût du risque
(provisions pour faire face au risque d’impayés) est extrêmement
faible dans les bilans des banques
françaises, à fin 2017 il atteint 4,1 %
des encours prêtés aux grandes
entreprises et 6,7 % des encours
prêtés aux PME. Et il n’est pas question de le laisser filer. Les banques
surveillent ce ratio comme le lait
sur le feu car le traitement réglementaire des créances douteuses
(les fameux NPL, « non-performing
loans »), rendu plus contraignant
avec les normes comptables IFRS9,
doit encore se durcir en Europe.
Plus de vigilance
sur les garanties
Pour encourager la cession de ces
créances et alléger les bilans bancaires, la Commission européenne
veut en effet contraindre les banques à passer un niveau minimum
de provision dès qu’un prêt passe en
catégorie NPL. La semaine dernière, le Parlement s’est prononcé
en faveur du projet tout en optant
pour une approche plus souple.
« Les banques devraient avoir une
obligation de provision en cas
d’impayé plus stricte qu’actuellement, notamment sur les crédits
sans garantie. Il faut donc s’attendre
à ce que les établissements soient plus
vigilants sur les garanties », avertit
toutefois un autre banquier.
Dans ce contexte, si le rapport
entre les banques et les entreprises
devait se gripper, la Médiation du
crédit aux entreprises pourrait
reprendre du service. Cette institution, qui a vu le jour il y a dix ans,
lorsque les pouvoirs publics ont
craint que la crise financière ne
dégénère en « credit crunch », a
bouclé, depuis 2008, 36.500 dossiers ayant, selon elle, permis de
débloquer 6,5 milliards d’euros de
crédit (hors écrasement de dette).
Mais son activité a marqué le pas
ces dernières années, avec à peine
193 millions d’euros de crédits
débloqués en 2017, la question de
l’accès au crédit étant devenu entretemps moins prégnante.
4
À NOTER
Le nombre de dégradations
enregistré dans les agences
bancaires françaises samedi
8 décembre s’affiche en retrait
d’une semaine sur l’autre,
avec 70 faits enregistrés,
contre 110 dégradations
suite à la manifestation
du 1er décembre.
Au lendemain de la quatrième manifestation des « gilets jaunes », la Fédération bancaire française
a fait valoir sa volonté de se montrer à l’écoute des clients artisans, commerçants et entreprises
contraints de baisser le rideau à quelques semaines de Noël. Photo Olivier Saint-Hilaire
Perte d’activité : difficile d’être bien assurées pour les PME
Les entreprises qui ont vu
leur activité plonger
en raison du mouvement
des « gilets jaunes »
sont loin de pouvoir
être toutes indemnisées
par leur assureur.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Routes bloquées, transports perturbés, rideaux baissés pour éviter la
casse : sans être victimes de dégâts
matériels, de nombreux commerçants subissent indirectement le
mouvement des « gilets jaunes ». A
l’heure où les entreprises devraient
être débordées par la frénésie des
achats des fêtes de fin d’année, tous
les regards se tournent vers les assureurs pour les aider à faire face à la
baisse de leur activité.
A première vue, de nombreuses
entreprises disposent d’une couverture spécifique : l’assurance des pertes d’exploitation. « On estime que
c’est le cas de 60 % des petites entreprises et de 80 à 90 % des grandes »,
explique Stéphane Pénet, à la Fédération française de l’assurance. Ce
type d’assurance doit permettre à
une entreprise subissant une baisse
de son chiffre d’affaires en raison
d’émeutes ou de mouvements populaires de faire face à ses charges fixes
et à certains frais supplémentaires.
Cependant, les entreprises ne
sont couvertes qu’en cas de dommage matériel associé. Autrement
dit, ces contrats ne peuvent pas servir à indemniser un commerçant
dont la boutique est en parfait état,
mais qui a vu ses clients déserter ses
rayons. « Parmi les clients commerçants que nous suivons, moins de 10 %
ont une assurance pertes d’exploitation sans survenance d’un dommage
matériel chez eux ou dans le voisinage
immédiat », explique Frédéric
Durot, directeur du département
dommages chez le courtier en assurances Siaci Saint Honoré.
Bien analyser sa police
avec son courtier
L e s a s s u r e u r s s o n t d ’a u t a n t
moins enclins à offrir ce type de
couverture que le risque peut
paraître difficile à appréhender.
Certaines compagnies se sont
lancées, mais elles servent principalement de grands groupes,
prêts à payer cher. A défaut de
pouvoir faire jouer une assurance spécifique, les commerçants ont intérêt à dialoguer avec
les assureurs. « Ce qu’on essaie
aujourd’hui de faire avec les assu-
reurs, dans notre rôle de courtierconseil, c’est d’avoir une interprétation bienveillante des clauses
d’assurance de pertes d’exploitation, y compris celles qui sont sans
dommages », explique Frédéric
Durot chez Siaci Saint Honoré.
Les commerçants sont cependant invités à être vigilants. « ll faut
bien analyser la police avec son courtier ou son agent d’assurances car il y
a un certain nombre de pièges. Une
recommandation très importante
est de ne pas rentrer dans le débat sur
la caractérisation du mouvement.
Nous sommes dans le cadre d’émeutes, couvertes, et pas dans des faits de
guerre ou insurrection, cas parfois
discutables pour les assureurs »,
explique Michel Josset, de
l’Association pour le management
des risques et des assurances de
l’entreprise. n
BNP Paribas étoffe ses activités en Chine
OBLIGATIONS
La première banque
de la zone euro par
les actifs obtient un
agrément de chef de
file pour les émissions
en « panda bonds ».
Frédéric Schaeffer
fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
avec E. Le. et S. W.
BNP Paribas ajoute une nouvelle
corde à son arc en Chine. La banque
a obtenu des autorités chinoises la
licence lui permettant de conduire
en qualité de chef de file des émissions de « panda bonds », ces obligations libellées en yuans émises en
Chine continentale par des émetteurs étrangers.
« BNP Paribas n’est que la troisième banque internationale à rece-
voir une telle licence », souligne la
banque dans un communiqué. Jusqu’ici, seules HSBC et Standard
Chartered avaient obtenu ce
sésame. BNP Paribas avait précédemment obtenu le droit de participer à des émissions de « panda
bonds » mais pas en tant que chef de
file. C’est pour cela que la banque
française avait dû se contenter d’un
rôle de second plan lors de l’émission Veolia, la première entreprise
française à tester ce marché en septembre 2016 ou lors de celle d’Air
Liquide au printemps dernier.
« Panda » ou « dim sum » ?
Pour BNP Paribas, cette licence de
chef de file s’inscrit dans la stratégie
d’accompagnement global de ses
clients en termes de couverture de
change, de dérivés et de gestion des
flux. Pour les entreprises étrangères
souhaitant financer de nouveaux
investissements ou refinancer de la
dette liée à des investissements antérieurs en Chine, émettre des « panda
bonds » peut offrir des solutions
plus avantageuses que les traditionnels prêts bancaires ou même que
les « dim sum bonds », (obligations
en yuans émises à Hong Kong).
« Cela permet de sécuriser en monnaie locale davantage de fonds et avec
une maturité plus longue que les crédits classiques », explique un expert.
« Cette licence senior nous aidera à
attirer davantage d’émetteurs étrangers sur le marché obligataire
chinois », explique dans le communiqué George Sun, responsable des
marchés internationaux pour la
région de la Grande Chine chez
BNP Paribas, y voyant « un pas en
avant significatif » dans la libéralisation du marché financier chinois.
Pékin n’octroie pas cette licence par
pure générosité mais parce qu’elle y
trouve son compte : les autorités du
pays poussent au développement de
son marché obligataire afin de diversifier les sources de financement de
son économie, très dépendante des
banques. Cette stratégie participe
aussi de la volonté d’internationalisation de la monnaie chinoise. « Il y a
une volonté de Pékin d’ouvrir les secteurs là où les groupes étrangers peuvent aider mais ces ouvertures restent
encore petites », poursuit un acteur
européen à Pékin. Reste que les banques françaises restent discrètes sur
leurs intentions dans le pays. Outre
BNP Paribas, une autre banque
française, sans donner de détails,
indique chercher un partenaire
dans les opérations de marché,
métier qui s’ouvre aux acteurs étrangers en Chine.
Plus largement, BNP Paribas
opère deux activités CIB en propre
en Chine et sept coentreprises pour
la plupart en minoritaire en partenariat avec des acteurs locaux. En
banque de détail, elle détient ainsi
18 % de la banque de Nankin et des
niveaux comparables dans le crédit automobile (en partenariat avec
le constructeur automobile Geely)
ou encore avec Suning, le « Darty
chinois »). n
La banque française a obtenu des autorités chinoises une licence
lui permettant de conduire des émissions de « panda bonds »,
des obligations libellées en yuans. Photo Mark Ralston/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
Introductions en Bourse : une année
faste dominée par l’Asie
l Les fonds levés ont atteint 219,4 milliards de dollars, en hausse de 5 % sur 2017, d’après Baker McKenzie.
l Les sociétés, surtout chinoises, n’hésitent plus à sortir de leurs frontières pour choisir leur place de cotation.
BOURSE
Laurence Boisseau
@boisseaul
2018 sera meilleure que 2017, année
déjà faste, en termes d’introductions en Bourse. Selon une étude
publiée par le cabinet d’avocats
Baker McKenzie, que « Les Echos »
ont obtenue en exclusivité, les fonds
levés dans le monde ont représenté
un peu plus de 219,4 milliards de
dollars, contre 209 milliards l’an
dernier. Un record depuis 4 ans. A
l’inverse, le nombre d’entreprises
qui ont trouvé le chemin de la cote a
baissé de 17 %, à 1.448. Il avait atteint
l’an dernier un niveau record
depuis 2010, à 1.739.
Rôle crucial de la Chine
Depuis deux ans, la part des deals
transfrontaliers est en forte augmentation : 221 sociétés ont choisi
de se faire coter sur une place étrangère, contre 185, l’an dernier, pour
un montant de 62 milliards de dollars (+68 % sur un an). Ces opérations transfrontalières ont représenté plus de 27 % du total des fonds
levés dans le monde, contre 17,5 %
en 2017. La Chine a joué un rôle crucial dans cette tendance, car 8 des
10 plus importantes IPO transfrontalières réalisées cette année concernent des entreprises chinoises.
Hong Kong est la place financière
qui a attiré le plus d’entreprises
étrangères. A l’inverse, les opérations domestiques ont reculé de
11 %. Les Etats-Unis tirent leur épin-
gle du jeu, avec 200 cotations et
41,7 milliards de capitaux levés. Les
élections américaines de mi-mandat n’ont pas dissuadé les entreprises américaines de faire leur entrée
sur le Nasdaq ou le New York Stock
Exchange.
Les opérations ont été les plus
nombreuses en Asie, avec
876 introductions pour 104,3 milliards de dollars levés. Outre
l’entrée en Bourse à venir de la filiale
mobile de SoftBank, la région a concentré beaucoup de méga-deals,
comme China Tower Corp (6,9 mil-
La place de Paris
au point mort
Seulement 1,1 milliard
d’euros a été levé,
contre 2,4 milliards
en 2017. Quatre sociétés
ont renoncé à faire leur
entrée sur Euronext Paris.
L’année 2018 a été une année
noire à la Bourse de Paris. Les
montants levés sur Euronext
Paris ont péniblement atteint
1,1 milliard d’euros, contre
2,4 milliards en 2017. Ces chiffres
se rapprochent de ceux de 2016,
avec 0,9 milliard d’euros, comme
en 2009. Un niveau très bas.
L’opération la plus importante
sur Euronext Paris a été celle de
Neoen, le développeur de parcs
solaires et éoliens, à près de
700 millions d’euros, en octobre.
En 2017, la plus grosse mise sur le
marché avait été celle d’ALD, la
filiale de la Société Générale
spécialisée dans la location de
voitures longue durée, avec
1,3 milliard d’euros.« Dans
l’ensemble, les investisseurs ont
répondu présents », constate pour
sa part Alexis Le Touzé, de la
Société Générale. « Dans le cas de
Neoen, 47 % des nouveaux actionnaires étaient des Français. »
Hormis Neoen,
que des PME
Cette année, la place de Paris a vu
quatre opérations de plusieurs
centaines de millions d’euros
annulées, sur un total de 22.
Novares, Autodis et Consolis ont
jeté l’éponge, respectivement en
février, en mai et en octobre, à
cause des mauvaises conditions
de marché. Quant à Delachaux,
le fonds CVC actionnaire, il a préféré vendre sa participation à la
Caisse de dépôt et placement du
Québec plutôt que de faire coter
le groupe d’équipement ferroviaire. En dehors de Neoen, la
Bourse de Paris n’a attiré que des
PME. Sur les 18 opérations qui
ont eu lieu in fine, 11 se sont
tenues sur Euronext Growth
(nouveau nom d’Alternext), marché alternatif pour les entreprises de taille moyenne qui ne disposent pas des ressources
nécessaires pour satisfaire les
conditions d’un marché réglementé. En moyenne, hormis
Neoen, les mises en Bourse n’ont
pas dépassé les 22 millions
d’euros. La deuxième plus grosse
introduction a été celle de 2CSRI,
qui n’a levé que 50 millions
d’euros.
Opérations décalées
« Pour 2019, nous sommes raisonnablement optimistes, plus que
nous ne l’étions début 2018. Nos
économistes anticipent que les
marchés actions devraient progresser d’une petite dizaine de
pourcents sur l’année », précise
Cyril Revenu, chez HSBC. « En
perspective, nous avons les sociétés
qui ont été contraintes de décaler
leurs opérations, des entreprises
dont les fonds de “private equity”
veulent se désengager, ou bien
encore de potentiels “spin off” »,
ajoute-t-il.
Autodis et Novares pourraient
donc tenter à nouveau leur
chance. Le groupe de logistique
Gefco a indiqué qu’il ferait son
entrée sur les marchés. Française
des Jeux est l’opération la plus
attendue. « La France reste en
Europe un marché recherché.
D’autant que, par comparaison, les
autres pays voisins présentent des
risques. Le Brexit dissuade les
investisseurs. L’Allemagne postAngela Merkel préoccupe les
gérants, tout comme les questions
budgétaires en Italie », commente
Alexis Touzé.
— L. Boi.
liards), Xiaomi (5,4 milliards),
Meituan (4,8 milliards) et Shandong Gold Mining (3,4 milliards).
Le marché européen
au ralenti
Le marché européen des IPO a
tourné au ralenti en 2018. Le nombre de sociétés qui ont fait leurs premiers pas en Bourse est tombé de
209 à 162. Quant aux capitaux levés,
ils ont reculé de l’ordre de 20 %, à
40,5 milliards de dollars. Francfort
ressort leader, avec plus de 13 milliards de fonds récoltés. Et ce, grâce
à trois cotations de taille importante, la filiale de diagnostics et
d’imagerie médicale de Siemens,
pour plus de 5 milliards de dollars,
l’équipementier automobile KnorrBremse, pour près de 4 milliards de
dollars et la filiale en gestion d’actifs
de Deutsche Bank, qui a levé 1,6 milliard. Malgré le Brexit, Londres
reste la place la plus active, même si
les capitaux levés de la part de sociétés étrangères ont reculé de 70 %, à
2,4 milliards de dollars. La finance
reste le secteur le plus actif, avec
290 introductions, soit 18 % de plus
qu’en 2017. Si la plupart de ces opérations ont été réalisées sur les marchés domestiques, leur valeur
totale a baissé de 24 % par rapport à
2017. Les capitaux levés dans le secteur des télécommunications ont
connu une hausse sensible, à savoir
+2.300 % (34 milliards de dollars).
Fait marquant, au niveau mondial, les IPO ont beau bien se porter,
17,1 % des projets ont été annulés.
Depuis 2008, ce pourcentage n’a
jamais été aussi élevé. A l’origine de
ces reports, surtout, les mauvaises
conditions de marché. Mubadala,
le fonds d’Abu Dhabi, propriétaire
de Cepsa, qui prévoyait de lever
environ 2 milliards d’euros en
cédant 25 % du capital de la compagnie espagnole, a fait machine
arrière. Le néerlandais LeasePlan,
l’un des premiers loueurs européens de voitures, avec une flotte de
1,8 million de véhicules, a, aussi,
renoncé à son projet d’introduction
à Amsterdam.
(
Lire l’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 10
Hong Kong se hisse au sommet
Hong Kong est devenu
la destination favorite des
sociétés chinoises voulant
faire leur entrée en Bourse.
La place est numéro
un mondial en termes
de volumes.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Trois ans après son retrait de la cote
parisienne, Club Med vient de
signer son grand retour en Bourse.
A Paris ? Non, à Hong Kong ! C’est là
que son propriétaire chinois,
Fosun, a choisi d’introduire vendredi dernier son pôle tourisme,
l’entité qui comprend le célèbre
exploitant de villages de vacances.
Cette introduction est l’une des dernières d’une année fructueuse pour
la Bourse de Hong Kong.
L’ancienne colonie britannique
devrait avoir retrouvé cette année
son statut de première place financière pour les introductions en
Bourse. Sur les onze premiers
mois, 180 entreprises ont fait leur
entrée sur le marché principal et
secondaire de Hong Kong, selon
l’étude de Baker McKenzie. Le nombre d’IPO est un peu moindre que
sur le Nasdaq, mais Hong Kong
figure devant le New York Stock
Exchange et le Nasdaq en valeur,
avec un total de 36,6 milliards de
dollars américains de fonds levés.
C’est plus du double qu’en 2017
(16,3 milliards) et 46 % de plus qu’en
2016 (25 milliards).
Les trois plus grosses
opérations transfrontalières
Hong Kong est devenue la destination favorite des sociétés chinoises
voulant faire leur entrée en Bourse
(+152 %, à 34,6 milliards). Et la place
financière peut s’enorgueillir
d’avoir accueilli les trois plus grosses opérations transfrontalières de
l’année. L’équipementier télécoms
L’ancienne colonie britannique devrait avoir retrouvé cette année son statut de première place
financière pour les introductions en Bourse. Photo Kin Cheung/AP/Sipa
China Tower a signé, en août, la plus
importante levée de fonds mondiale en Bourse (6,9 milliards de
dollars), le fabricant de smartphones Xiaomi a ramassé 5,4 milliards
de dollars en juillet et le spécialiste
de la livraison de repas Meituan
4,8 milliards en septembre.
L’opération séduction lancée au
printemps aura été couronnée de
succès. En avril dernier, l’opérateur
boursier a lancé une réforme des
règles de cotation, autorisant
notamment la cotation d’actions à
droit de vote double, un outil particulièrement prisé des entreprises
high-tech dont les fondateurs cherchent à conserver le contrôle. Sans
surprise, une large part de fonds
levés cette année sont le fait d’entreprises des télécoms et d’Internet.
Malgré cette activité, l’appétit des
investisseurs n’a pas forcément été
au rendez-vous. L’exacerbation des
tensions commerciales entre les
Etats-Unis et la Chine et les craintes
de sanctions contre la tech chinoise
ont fortement pesé sur les valeurs.
L’indice Hang Seng a chuté de 14 %
depuis le début de l’année. Et, après
des débuts mitigés, les titres China
Tower, Xiaomi et Meituan affichent des replis de – 5 %, –17 %,
–25 % respectivement. « Il y a eu un
accès cette année à un large éventail
de sociétés high-tech chinoises, mais
certaines sont encore loin d’une
profitabilité établie », souligne
François Perrin, gestionnaire de
portefeuilles chez East Capital, à
Hong Kong.
« La priorité des
autorités chinoises
cette année aura
surtout été d’essayer
de rassurer les
investisseurs face
à la chute des
Bourses de Shenzhen
et de Shanghai. »
En Chine continentale, le régime
communiste n’a pas réussi à faire
revenir ses stars de la high-tech
cotées à l’étranger (Alibaba,
Tencent, Baidu…), avec son nouveau système de certificats de dépôt
(CDR). « La priorité des autorités
chinoises cette année aura surtout
été d’essayer de rassurer les investisseurs face à la chute des Bourses de
Shenzhen et de Shanghai », poursuit
François Perrin. Pékin pourrait être
plus offensif en 2019, avec sa
volonté affichée de lancer une nouvelle plate-forme boursière à Shanghai destinée à faciliter les introductions en Bourse des sociétés
technologiques. n
FRANÇOIS PERRIN
Gestionnaire de portefeuilles
chez East Capital, à Hong Kong
Une plate-forme boursière
à Shanghai
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
Semaine à haut risque pour
les Bourses européennes
BOURSE
Brexit, réunion
de la BCE, budget
italien, « gilets jaunes »
en France…
La semaine s’annonce
encore chargée
pour les marchés
européens.
Pierrick Fay
@pierrickfay
En 2018, les marchés européens ont
subi d’importantes sorties de capitaux, preuve d’une défiance très
forte des investisseurs vis-à-vis du
contexte politique, mais aussi économique. Cela s’est traduit par une
sous-performance des indices européens. L’Euro STOXX 50 a perdu
17,84 % de sa valeur depuis son plus
haut du 26 janvier et est retombé à
son plus bas de décembre 2016.
Idem pour le STOXX Europe 600,
qui a perdu près de 16 % sur son
point haut de l’année. Pour 2019, les
investisseurs restent donc prudents
sur l’Europe, mais la semaine qui
s’annonce pourrait apporter quelques raisons d’espérer ou du moins
permettre d’y voir plus clair.
1
LE BREXIT
Ce devait être un temps fort de la
semaine. Finalement, ce sera un
nouveau rendez-vous manqué. Theresa May a annoncé le report du vote
sur l’accord de Brexit et va retourner
discuter avec ses homologues de
l’Union européenne à Bruxelles.
Une issue presque logique alors que
l’accord négocié préalablement ne
suscitait que des mécontentements.
Et maintenant ? La Première ministre britannique déclare que son gouvernement va accélérer les préparatifs en vue d’un Brexit sans accord.
Ce qui constitue l’un des pires scénarios pour les marchés. La nouvelle a
déjà précipité la devise britannique à
son plus bas depuis dix-huit mois
face au dollar.
L’incertitude sur le Brexit est donc
loin d’être levée. « On entend parler
de nouvelles élections, mais cela peut
prendre deux mois. Ou d’un nouveau
référendum, mais il en faudrait cinq
ou davantage. Ou de rouvrir les négociations avec l’UE, mais les dirigeants
européens ont bien d’autres chats à
fouetter », estime Bruno Cavalier
chez Oddo BHF. « Seule certitude, il
n’y a pas de majorité, ni au Parlement
ni dans l’opinion, pour souhaiter un
“no-deal Brexit” ». C’est aussi le sentiment de Maxime Alimi chez
AXA IM : « La probabilité d’une
absence de deal, qui est le plus mauvais scénario, reste très faible », ce qui
est plutôt une bonne chose pour les
marchés. D’autant plus que la Cour
de justice de l’Union européenne a
estimé que Londres pouvait renoncer unilatéralement au Brexit.
Ce pourrait être une issue de
secours pour tous les acteurs de ce
psychodrame à quelques mois de la
« deadline » du 29 mars. Le temps
presse de plus en plus.
2
LA RÉUNION DE LA BCE
Dans un contexte de forte incertitude politique et de ralentissement
économique, Mario Draghi passera
jeudi une forme de grand oral sur
les marchés. Il ne devrait pas y avoir
de surprise concernant la fin du
quantitative easing (QE), mais le
président de la Banque centrale
européenne sera très attendu sur
trois points : les modalités du réinvestissement des titres arrivés à
maturité, le choix de la date pour la
remontée des taux et enfin ses prévisions d’inflation à l’horizon 2021.
« La BCE ne donnera probablement
pas ou peu de détails sur ces trois
points, afin de conserver ses marges
de manœuvre et sa capacité à réagir
en fonction de l’évolution du contexte
économique », estime Allianz GI,
qui n’attend pas de première hausse
des taux avant le printemps 2020. Il
ne faut sans doute pas attendre de
revirement non plus de la part de la
BCE. Pour Maxime Alimi, une
croissance de 1,4 % l’an prochain de
la zone euro serait « suffisante pour
que la BCE poursuive la normalisation lente de sa politique monétaire ».
3
L’ITALIE
Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, pourrait rencontrer
mercredi Jean-Claude Juncker, le
président de la Commission européenne, pour évoquer la question
du budget 2019. La raison l’emportera-t-elle ? Pour Maxime Alimi, un
compromis semble possible, car ce
n’est l’intérêt ni de Bruxelles ni de
Rome d’aller « au clash ». Pour
Le « bear market » s’étend dans le monde
Plus de 50 % des actions de l’indice MSCI
World sont à présent en « bear market »,
c’est-à-dire qu’elles perdent 20 % ou plus par
rapport à leur plus haut sur un an. C’est le
constat d’Andrew Lapthorne chez Société
Générale. Il a comptabilisé 52 % des valeurs
de l’indice dans ce cas, celui-ci perdant à
présent 12,6 % depuis son pic de janvier. Il
constate aussi que ces 52 % représentent
seulement 38 % de la capitalisation boursière
de l’indice. La forte baisse affecte notamment
le secteur des matériaux et les valeurs indus-
trielles, qui perdent respectivement 30 et
26 % sur leur plus haut de l’année. Les investisseurs en action « s’inquiètent depuis quelque temps d’un large éventail de problèmes
macroéconomiques, mais ce n’était pas le cas
de Wall Street. Jusqu’à maintenant ». La
semaine dernière, l’indice S&P 500 a perdu
4,6 % de sa valeur, sa pire semaine depuis
mars dernier. Il se rapproche d’ailleurs de
son plus bas depuis le début de l’année, alors
que les marchés s’inquiètent toujours des
tensions commerciales avec la Chine.
autant, l’Italie demeure « le risque le
plus important en 2019 » pour la
zone euro. Mais, « un risque moins
politique qu’économique. Les données ont piqué du nez, il y a eu un choc
de confiance pour les entreprises ». Si
la croissance fait défaut, l’impact
sera immédiat pour le déficit.
« Nous ne sommes pas à l’abri d’une
dynamique vicieuse, d’autant plus
qu’on voit mal ce gouvernement faire
de l’austérité… » Pour Citi, « la croissance en Italie demeure faible en raison de la demande domestique »,
conséquence, la marge pour « éviter
totalement la mise en place d’une
procédure pour déficit excessif
demeure assez limitée ».
4 LA CRISE
DES « GILETS JAUNES »
Emmanuel Macron a pris la parole
lundi soir. Sera-t-il entendu ? Pour
Serge Pizem chez AXA IM, miser
sur la Bourse de Paris devient « un
pari politique, à un moment où il y a
moins de croissance en France ». La
Banque de France a déjà réduit son
estimation de croissance pour le
quatrième trimestre, en raison des
perturbations liées aux « gilets jaunes ». « La croissance française va
être rabotée », reconnaît Christophe
Donay chez Pictet WM. « Il y a une
perte d’activité économique, de croissance instantanée à un moment clef
qui est Noël. Certes il peut y avoir un
rattrapage début 2019, mais ce qui ne
se rattrape pas, c’est la confiance des
acteurs privés, qui peut peser sur
l’activité économique. Cela peut être
beaucoup plus pénalisant alors que
l’attractivité de la France avait augmenté ces derniers mois. Il y a une
incompréhension des étrangers sur
la façon dont ce pays fonctionne. »
La conséquence est déjà visible
en Bourse. L’indice CAC 40 ne surperforme plus les autres places
européennes, contrairement au
début d’année. Sur ce trimestre,
l’indice CAC 40 perd même 13,7 %,
contre 11,53 % pour le STOXX
Europe 600. Surtout, on constate
un écartement des spreads entre le
rendement du taux à 10 ans allemand et celui de la France. L’écart
de taux est remonté à 45 points de
Les assureurs restent en retrait
dans le financement aux entreprises
ASSURANCE
Les montants investis
par les assureurs dans
les entreprises françaises restent « significatifs » note un article de
la Banque de France.
Mais ils ne représentent
que 13,5 % des montants
investis à fin 2017.
Edouard Lederer
EdouardLederer
Une domination bancaire sans
doute appelée à durer. Malgré leurs
énormes bilans, les assureurs restent – relativement à leur capacité
d’investissement – plutôt en
retrait en matière de financement
aux entreprises. « Si en montant les
financements apportés sont significatifs, ils continuent d’occuper une
place secondaire au regard de la
capacité globale de placement du secteur des assurances », note le Bulletin de la Banque de France dans sa
toute dernière édition, consacrée
aux placements financiers des
assureurs.
Dans le détail, à fin 2017, les placements des assureurs français représentent 2.628 milliards d’euros
s’inquiètent d’une « Europe faible
politiquement, sans leadership »,
selon Serge Pizem, alors que le couple franco-allemand sort fragilisé,
électoralement en Allemagne, et
socialement en France. Pour que les
investisseurs se décident à revenir
sur l’Europe, il faudra une vraie
diminution du risque politique. Dès
cette semaine ? n
L’ACTUALITÉ DU M&A AVEC
WEINBERG CAPITAL PARTNERS SE LANCE
DANS L’IMPACT INVESTING
Selon les informations de « Capital Finance », Weinberg Capital
Partners vient de lancer la commercialisation d’un fonds entièrement dédié à l’« impact investing ». La société de gestion dirigée par
Serge Weinberg souhaite lever de 150 à 200 millions d’euros pour ce
véhicule de capital-développement. Ce dernier aura vocation à
prendre une douzaine de participations minoritaires dans des PME
non cotées officiant dans 9 secteurs – dont la santé, la distribution,
les services aux entreprises, l’éducation ou encore l’agroalimentaire. Tout cela avec l’objectif que les investissements génèrent des
effets positifs, en termes d’enjeux sociétaux et environnementaux.
(+3,3 % sur un an), notent les
auteurs de l’étude. Mais sur ce total,
la part orientée vers les entreprises
– directement ou indirectement –
n’est que de 24 % (hors secteur
financier) – et elle n’est même que
de 13,5 % si l’on ne considère que les
entreprises françaises. Ce sont ainsi
355 milliards d’euros qui sont
apportés par les assureurs aux
entreprises, soit directement (en
actions, en obligations) ou via des
parts de fonds (organisme de placement collectif, dans le jargon de la
Banque de France). Les placements
en fonds propres aux entreprises
françaises paraissent aussi relativement limités puisqu’ils « ressortent
à 132 milliards d’euros, soit 5 % des
placements totaux », note l’article.
21 INVEST FRANCE LÈVE 230 MILLIONS D’EUROS
POUR SON NOUVEAU FONDS
Investissement en actions
La question lancinante de l’orientation de l’épargne des Français vers
le financement des entreprises
reste ainsi entière, alors que les
assureurs français constituent
pourtant des géants à l’échelle européenne : ces derniers ne détiennent
pas moins de 35 % des actifs gérés
par les assureurs de la zone euro.
Cette répartition en défaveur des
entreprises – françaises ou non –
trouve naturellement son explication dans les règles de prudence que
sont tenus de suivre les assureurs :
en particulier, en assurance-vie, les
particuliers optent en majorité
base, en séance, un niveau atteint
en mai 2017, peu après l’élection
d’Emmanuel Macron. Il avait
approché les 80 points lorsque les
investisseurs craignaient une victoire des populistes en France. La
hausse reste donc confinée, mais
elle témoigne tout de même d’un
certain malaise des investisseurs.
Plus globalement, les marchés
La répartition
en défaveur des
entreprises trouve
naturellement son
explication dans les
règles de prudence
que sont tenus de
suivre les assureurs.
pour les fonds dits « en euros » pour
lesquels le capital est garanti.
Pour assurer cette garantie, les
acteurs doivent investir dans des produits réputés très sûrs et très liquides : à fin 2017, les placements des
assureurs restent ainsi à 37 % portés
sur le secteur financier (en direct et
via des fonds) et à 26 % en obligations
publiques. La part d’investissement
en actions – autour d’un tiers – est
logiquement plus importante
pour les fonds dits en « unités de
compte », non garantis, pour lesquels les assureurs peuvent accepter
des actifs a priori plus risqués. n
La société d’investissement 21 Invest France a achevé la levée de son
nouveau véhicule de LBO avec 230 millions d’euros. Celui-ci dispose ainsi d’une taille inférieure à celle du précédent fonds de la
firme de gestion, qui avait été doté de 381 millions d’euros en 2011.
Pour ses futures prises de participation, 21 Invest France pourra
néanmoins compter sur 70 millions d’euros de co-investissements
supplémentaires apportés par les souscripteurs de son nouveau
véhicule – ce qui porte sa force de frappe à 300 millions d’euros. Le
fonds a déjà investi dans l’éditeur de logiciels de gestion DL
Software et devrait annoncer une deuxième opération début 2019.
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32 // FINANCE & MARCHES
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
L’AMF donne son feu vert
à la création de Napoleon AM
CRYPTOMONNAIES
Napoleon Crypto
va lancer une société
de gestion d’actifs
100 % crypto destinée
aux investisseurs
professionnels.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
La correction des marchés n’a pas
entamé l’enthousiasme de tous les
acteurs de la crypto. Au contraire.
Selon nos informations, le français
Napoleon Crypto vient d’obtenir le
feu vert de l’Autorité des marchés
financiers (AMF) pour lancer une
société de gestion d’actifs 100 %
crypto. Une première en France,
même s’il existe déjà des fonds
bitcoins.
Le fonds spécialisé dans la gestion quantitative a obtenu son agré-
ment il y a quelques jours. « C’est la
conclusion d’un long processus de
consultation avec le régulateur »,
confirme Jean-Charles Dudek, l’un
de ses trois fondateurs. L’autorisation de l’AMF est valable pour
Napoleon AM. La structure sera
ouverte aux investisseurs en 2019.
Avec Napoleon AM, Napoleon
Crypto, qui s’occupe de la recherche,
veut offrir des portes aux professionnels. « Il y a une vraie demande pour
des produits financiers avec une exposition crypto », souligne Jean-Charles Dudek, passé par BNP Paribas
AM. La société vise d’abord les petits
« zinzins » comme les « family offices » et les banques privées en
Europe. Avant de voir plus grand.
Sur cette base, le français espère
lever plusieurs millions d’euros sur
sa première année. « Il est encore un
peu tôt pour dévoiler à ce stade nos
ambitions », explique la société, qui a
bouclé avec succès sa levée de fonds
en cryptomonnaies (ICO) en février
(un peu plus de 10 millions d’euros).
Napoleon AM n’est pas la première
société française à proposer aux
professionnels d’investir dans des
produits financiers crypto. Fin 2017,
Tobam avait annoncé le lancement
d’un fonds bitcoins. Toutefois,
Tobam ne propose que des produits
sur le bitcoin, même si la société suit
d’autres cryptomonnaies. « Nous
continuons à développer une recherche dédiée aux cryptoactifs, en
particulier sur leurs caractéristiques
en termes de diversification »,
confirme Christophe Roehri, son
directeur général délégué.
Préparer la future vague
Napoleon AM vise plus large avec
des produits sur plusieurs cryptomonnaies, comme le bitcoin et
l’ether. Une situation notamment
rendue possible par l’évolution de la
législation française. En un an, la
France a régulé et donné un cadre
aux cryptoactifs, notamment avec la
loi Pacte et le projet de loi de finances
(PLF). « C’est un gros changement »,
LA SÉANCE DU 10 DÉCEMBRE 2018
confirme-t-on du côté de chez Napoleon Crypto. Le calendrier est-il pour
autant le bon ? En 2018, le marché
des crypto a connu un krach historique. Le bitcoin a perdu 75 % de sa
v a l e u r, p a s s a n t d e p l u s d e
13.000 dollars à 3.400 dollars. Il est
revenu à son niveau de septembre 2017. Le marché a perdu plus de
700 milliards de dollars en douze
mois. Cette situation n’inquiète pas
Napoleon Crypto : « Les marchés ont
fortement corrigé, mais ce n’est pas la
première fois », explique Jean-Charles Dudek. « Ce que nous préparons
c’est la suite, notamment la tokenisation du monde financier. » Dans ce
contexte, la correction est même
une bonne chose, selon lui : « Le
marché va repartir sur des bases plus
saines et le point d’entrée sera d’autant
meilleur. » A condition qu’il reparte.
a
Pour aller plus loin, rejoignez
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WWW.LESECHOS-ETUDES.FR
La Bourse
de Paris minée
par le Brexit
La Bourse de Paris a débuté la
•semaine
en nette baisse, minée
par le report du vote sur le Brexit
sur fond de tensions commerciales entre la Chine et les EtatsUnis. L’indice CAC 40 a reculé de
1,47 % pour tomber à
4.742,38 points, soit au plus bas
depuis le 8 décembre 2016, dans
un volume d’échanges de 4 milliards d’euros. La semaine dernière, l’indice parisien a perdu
3,81 %. Les annonces de Theresa
May sur le Brexit (lire pages 7
et 31) ont fait remonter d’un cran
l’aversion des investisseurs pour
le risque et ont accentué les pertes sur les marchés européens.
Francfort a terminé en net repli
de 1,54 %, alors que Londres a
cédé 0,83 %. La Bourse britannique qui ne profite même plus de
la baisse de la livre, au plus bas
depuis 18 mois face au dollar. Du
côté des indicateurs, la croissance des échanges commerciaux de la Chine avec le reste du
monde a ralenti en novembre.
Il n’y a eu que quatre valeurs
en hausse sur le CAC 40, quatre
valeurs dites « défensives » :
Carrefour (+0,62 %), Sanofi
(+0,47 %), Sodexo (+0,34 %) et
L’Oréal (+0,24 %). A l’inverse,
TechnipFMC a chuté de 4,57 %,
Société Générale de 3,05 % et
Crédit Agricole de 2,96 %. Les
valeurs automobiles ont aussi
été malmenées. Peugeot a perdu
3,99 %, Renault 3,98 % et Valeo
3,19 %. Hors CAC 40, Eramet
s’est effondré de 24,40 % après
que le groupe métallurgique et
minier a prévenu qu’il pourrait
voir ses résultats dégradés en raison de problèmes de contrôle
qualité rencontrés dans sa branche alliages. Le titre Air FranceKLM s’est replié de 1,15 %. La
compagnie a enregistré une
hausse de 3,3 % du nombre de
passagers transp ortés en
novembre.
L’OPÉRATION DU JOUR
Société Générale ouvre à Paris
une offre de compensation
DÉCOUVREZ NOS
DERNIÈRES ÉTUDES
DU SECTEUR
BTP-IMMOBILIER
que l’on ne sait toujours
•pasAlors
quelle forme prendra le
Brexit, la Société Générale a
pris les devants en matière de
compensation. La banque de la
Défense va créer à Paris un
« hub » offrant une alternative
aux « clearing houses » londoniennes. Elle répond ainsi à une
demande de ses clients, soucieux de pouvoir bénéficier de
service de compensation pour
leurs transactions en euros.
Une activité gérée jusqu’à présent majoritairement à Lon-
LES NOUVEAUX ENJEUX DE LA PROMOTION
IMMOBILIÈRE
Évolution des usages, nouvelles technologies et défis énergétiques transforment
les attentes du marché
Décembre 2018
dres. Cette nouvelle entité va
devenir membre de la chambre
de compensation parisienne
LCH SA pour le traitement des
transactions portant sur les
Credit Default Swap. Les dérivés de taux d’intérêts passeront
par Eurex, à Francfort. Pour les
clients, il s’agit a priori de disposer d’un « plan B ». Les autorités
européennes et britanniques
planchent sur un régime transitoire d’autorisation, afin d’éviter
un blocage du marché, même
en cas de « hard brexit ».
en bref
LE MARCHÉ FRANCAIS DE LA RÉNOVATION
ÉNERGÉTIQUE DES LOGEMENTS
Gérard Lamarche quitte la direction
opérationnelle de GBL
Quels acteurs vont profiter du nouveau plan de rénovation ?
HOLDING Le holding GBL codétenu à plus de 50 % par les
Décembre 2018
familles Frère et Desmarais a annoncé lundi le départ de Gérard
Lamarche de sa direction opérationnelle. Il demeurera administrateur de la société d’investissement, mais Ian Gallienne
assumera seul les commandes de GBL en qualité de CEO. La présidence du conseil d’aministration du holding est également
confiée à Paul Desmarais, qui succède à Gérald Frère. Ce dernier
devient vice-président du conseil et prend la présidence du
comité permanent en remplacement de Thierry de Rudder.
LE MARCHÉ FRANÇAIS DU COWORKING
ET COLIVING
De nouvelles perspectives pour l’industrie immobilière et les opérateurs touristiques
AXA en quête d’acquisitions
sur le marché américain de la santé
Octobre 2018
ASSURANCE AXA s’est dit en recherche de nouvelles acquisi-
LES PERSPECTIVES DES REAL ESTECH EN FRANCE
Avril 2018
SMART BUILDING : L’HEURE DU DÉCOLLAGE A
SONNÉ
Objets connectés, stockage, blockchain, … quelles solutions innovantes pour
l’industrie du bâtiment ?
Décembre 2017
Crédits photos : ©Shutterstock, @fotolia.com
Contech,Protech… les nouvelles technologies redessinent déjà l’industrie immobilière :
quelles seront les prochaines ruptures ? Quelle sera la taille du marché à horizon 2025 ?
tions ou de prises de participation sur le marché de la santé aux
Etats-Unis, a rapporté lundi un dirigeant du groupe. Après avoir
racheté début 2018 la société de gestion numérique des couvertures de santé Maestro Health, l’assureur tente depuis plusieurs
mois de prendre pied sur ce marché complexe et s’intéresse à
des acteurs de la gestion des données, des services de santé en
entreprises ou de solutions coordonnées de santé, a déclaré
Guillaume Borie, le directeur de l’innovation du groupe.
Des conditions de marché toujours
difficiles en 2019, dit Trafigura
NÉGOCE Le trading de métaux et minerais a été le plus gros con-
tributeur aux bénéfices de Trafigura en 2018. La marge brute de
l’activité atteint 1,4 milliard de dollars (+24 %), tandis que celle
du trading de pétrole et produits pétroliers baisse de 10 %, à
1 milliard. Mais le groupe a réalisé une « restructuration rapide
et radicale » de cette division qui a permis une amélioration
« significative » de la rentabilité au dernier trimestre. En 2019,
l’environnement de marché restera toutefois difficile et la volatilité des marchés de matières premières va augmenter.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MARDI 11 DÉCEMBRE 2018
GESTION D’ACTIFS
INVESTISSEMENT DURABLE // Le décalage entre
la rhétorique et les actes des investisseurs est pointé
du doigt par de nombreux observateurs.
Climat : des
gestionnaires d’actifs
sous surveillance
Sophie Rolland
@Sorolland
A
lors que la Conférence des
parties à la Convention-cadre des Nations unies sur
les changements climatiques
(COP24) entre dans sa deuxième
semaine à Katowice en Pologne, le
décalage entre la rhétorique et les
actes des investisseurs et des gestionnaires d’actifs est dénoncé par
de nombreux observateurs. D’un
côté, les conférences, colloques,
déclarations, feuilles de route et
engagements en tout genre se multiplient. Rares sont les gestionnaires d’actifs à ne pas être signataires
des PRI (« principles for responsible investments »). Fin novembre,
la place de Paris s’est dotée d’une
« feuille de route de la finance durable » afin d’encourager la poursuite
du développement de l’investissement responsable en France.
Dernière initiative en date, lundi,
415 investisseurs institutionnels et
gérants pesant 32.000 milliards de
dollars d’actifs sous gestion – dont
AXA IM, BNPP AM, CM-CIC AM,
l’Erafp, Mirova, La Banque Postale,
HSBC GAM ou Allianz GI – ont
publié un appel à tous les gouvernements présents à la COP24 à « mettre à jour et renforcer leurs contributions nationales pour atteindre
l’objectif de réduction des émissions
fixé par l’Accord de Paris, en commençant le processus dès 2018 et en le
menant à bien d’ici 2020 ». Parmi les
sujets visés : l’élimination progressive du charbon thermique et
des subventions aux combustibles
fossiles, ainsi que la fixation du prix
du carbone.
Il y a urgence à agir
Un bilan publié la semaine dernière
en marge de la conférence montre
en effet qu’il y a urgence à agir. En
2018, les émissions de CO2 des énergies fossiles, première cause du
réchauffement mondial, ont enregistré leur plus importante hausse
Le plan d’action de l’Europe
La Commission européenne a publié son plan d’action
pour la finance durable en mars dernier. Parmi
les mesures à en attendre : la création d’un écolabel
pour les produits financiers destinés aux particuliers.
Les discussions sont en cours et les conditions précises
pour obtenir ce label seront publiées d’ici à la fin 2020,
après consultation des différentes parties prenantes. Bruxelles prévoit également d’obliger les investisseurs à publier leur politique d’intégration des risques
ESG dans leur processus d’investissement. Les gestionnaires d’actifs, dont les produits sont présentés
comme des supports d’« investissement durable »,
devront en particulier justifier de cette appellation,
a précisé le vice-président Valdis Dombrovskis en
novembre dernier. Enfin, la Commission envisage
de définir des standards pour les indices de référence
« low carbon » et à impact carbone positif.
depuis 2011 : +2,7 %, après +1,6 % en
2017 et trois années quasiment stables. Autrement dit, le « pic » des
émissions de CO2 s’éloigne.
Le problème est que la réalité
contredit trop souvent les discours.
Et le « greenwashing » (ou écoblanchiment) reste une question non
résolue parmi les investisseurs. Un
rapport publié par l’ONG britannique InfluenceMap, et révélé par le
« Financial Times » lundi, montre
ainsi que les principaux gestionnaires d’actifs (représentant un total de
40.000 milliards de dollars sous
gestion) ont accru leurs investissements dans le charbon thermique
de 20 % entre 2016 et 2018, c’est-àdire après la signature de l’Accord
de Paris. A en croire l’association,
BlackRock est non seulement le
plus gros détenteur d’actifs liés au
charbon thermique – ce qui n’est
pas illogique pour le premier asset
manager mondial – mais, parmi les
dix poids lourds de la gestion
d’actifs mondiale, ses portefeuilles
d’investissement sont ceux qui présentent la plus forte intensité charbon (en tonne par million de dollars
d’actifs gérés).
AXA est également montré du
doigt. L’assureur s’est engagé il y a un
an à exclure toutes les entreprises
dont le chiffre d’affaires est lié à plus
de 30 % au charbon et aux sables
bitumineux. Trois milliards d’euros
ont été désinvestis ces dernières
années. Pourtant, depuis la signature de l’Accord de Paris, il aurait
plus que doublé ses encours liés au
charbon, indique InfluenceMap.
Autre exemple : l’exposition au
charbon de deux ETF de State Street
censés ne pas investir dans des activités liées aux énergies fossiles. Un
décalage lié à des différences de
méthodologie et de données, défendent les gestionnaires d’actifs. n
Un rapport récent de l’ONG britannique InfluenceMap montre que les principaux gestionnaires
d’actifs ont accru leurs investissements dans le charbon thermique de 20 % entre 2016 et 2018.
Photo Shutterstock
VISEZ PLUS HAUT QUE
LA MOYENNE.
L’AMF de plus en plus sensible au sujet
La loi Pacte donne pour
mission à l’AMF de surveiller l’information fournie
par les sociétés de gestion
sur leur stratégie climat.
Bientôt la fin du « greenwashing » ?
Le projet de loi Pacte – qui doit
encore être examiné au Sénat –
charge l’Autorité des marchés
financiers (AMF) de « veiller à la
qualité de l’information fournie par
les sociétés de gestion sur leur stratégie et leur gestion des risques face au
changement climatique ». A l’avenir,
les conditions dans lesquelles les
gestionnaires d’actifs commercialisent des produits dits « verts » pourraient donc se durcir.
« Le projet de loi Pacte est cohérent
avec le renforcement de l’action de
l’AMF en matière d’ISR », commente Philippe Sourlas, directeur
adjoint à la direction de la gestion
d’actifs de l’AMF. Depuis 2010,
l’autorité publie des rapports bi-annuels sur la responsabilité sociale et
environnementale des sociétés et,
depuis 2015, elle procède de même
pour l’investissement socialement
responsable. En début d’année, la
finance durable a en outre été iden-
tifiée comme l’une de ses huit priorités d’action pour 2018 et comme
« un axe structurant » de son plan
de supervision à cinq ans.
Parmi ses missions : s’assurer
que l’article 173 de la loi de transition
énergétique est bien respecté. « Il y a
quelques semaines, nous avons contacté près de 600 sociétés de gestion
françaises pour avoir des détails sur
leur reporting 173 », illustre Philippe
Sourlas. Le régulateur veut s’assurer que l’information fournie par les
L’information
aux investisseurs doit
être « claire, exacte
et non trompeuse ».
sociétés de gestion aux investisseurs est « claire, exacte et non trompeuse ». Ce qui peut vouloir dire
s’assurer du périmètre concerné
lorsqu’un asset manager s’affiche
comme ISR (ensemble des encours
ou certains fonds) par exemple. En
cas de présentation de l’empreinte
carbone, le gendarme des marchés
pourrait également demander des
détails sur le « scope » considéré.
L’AMF considère par ailleurs
les labels comme des « outils utiles,
dans la mesure où notre préoccupation est d’éviter toute confusion sur le
niveau d’ambition des démarches
ESG ». Dans le dernier rapport sur
l’ISR, le superviseur exprimait déjà
son inquiétude. De nombreux
fonds se disent en effet « durables »
ou « responsables », mais cette
appellation non contrôlée recouvre
des réalités différentes. L’AMF n’a
pas pour autant l’intention de rendre la labellisation obligatoire… du
moins tant que les labels européens
n’auront pas été définis.
Quant aux méthodologies utilisées par les différents acteurs pour
évaluer l’impact climatique de leurs
investissements, « elles ont encore
besoin de gagner en maturité ». La loi
Pacte invite l’AMF à renforcer son
action dans ce domaine et à aller audelà de la vérification qu’une information est claire, exacte et non
trompeuse. « Des contrôles thématiques sont en cours au sein de sociétés
de gestion pour vérifier la conformité
des stratégies ISR mises en œuvre
avec l’information donnée aux investisseurs », indique Philippe Sourlas.— S. Ro.
La gestion active autorise les investisseurs à se montrer plus
ambitieux. Après une phase d’analyse très méthodique, nos
procédures d’investissement génèrent les opportunités qui
aident les investisseurs à éviter les écueils, quelle que soit
l’orientation des marchés.
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34 // GESTION D'ACTIFS
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
INVESTISSEMENT DURABLE
LA PERSONNALITÉ
L’empreinte carbone
donne une vision
des enjeux climatiques
souvent incomplète
et parfois trompeuse.
Sophie Rolland
@Sorolland
Comment mesurer l’impact environnemental de ses investissements ? Empreinte carbone, trajectoire 2 degrés, indicateur de
performance environnementale…
Un certain nombre de méthodes de
calcul et d’évaluation ont émergé
ces dernières années, mais aucune
ne s’est réellement imposée. La
méthode la plus répandue et la
mieux connue aujourd’hui est celle
de l’empreinte carbone. Elle permet d’évaluer l’impact climat d’une
activité en comptabilisant les gaz à
effet de serre (dont le CO2) émis en
un an, rapporté au financement en
capital ou en dette. Son mérite :
avoir popularisé les enjeux climatiques dans le monde de la finance.
Mais l’expérience montre qu’elle
donne une vision souvent incomplète – et parfois trompeuse – des
enjeux climatiques.
Les limites
de l’empreinte carbone
Sycomore AM a par exemple comparé les empreintes carbone de Ferrari, Zalando, Veolia et Alstom. Les
résultats sont édifiants. A l’aune de
l’empreinte carbone, la fabrication
de voitures de sport par Ferrari
apparaît 600 fois plus performante
que la gestion de l’eau, des déchets
et de l’énergie de Veolia ! Elle ressort
aussi 100 fois plus performante
que les solutions de transport ferroviaire développées par Alstom.
L’explication ? Le calcul des flux
de gaz à effet de serre se fait la
plupart du temps sur un périmètre
(« scope », en anglais) trop réduit.
Souvent, seules sont prises en
compte les émissions de GES directement liées à la fabrication des
produits de l’entreprise (« scope 1 »)
et les émissions indirectes liées à
la production de l’énergie consommée pour la fabrication des produits (« scope 2 »). Mais, ce que les
spécialistes appellent le « scope 3 »
(les émissions liées à la chaîne
d’approvisionnement ou à l’usage)
n’est pas intégré.
Dans l’exemple donné par Sycomore AM, la fabrication, en amont,
des vêtements commercialisés par
Zalando, et la consommation, en
aval, de carburant des Ferrari échappent ainsi à l’empreinte carbone telle
qu’elle est généralement calculée par
les investisseurs. « In fine, cela ne permet pas de décliner une stratégie de
décarbonation », regrette le Forum
pour l’investissement responsable
(FIR). « Les indices bas carbone incorporent à ce jour les mêmes biais et sont
donc à considérer avec précaution. »
Autre méthode parfois utilisée :
celle de l’alignement des porte-
« Les indices bas
carbone incorporent
à ce jour les mêmes
biais et sont donc
à considérer
avec précaution. »
LE FORUM
POUR L’INVESTISSEMENT
RESPONSABLE (FIR)
feuilles sur une trajectoire 2 degrés
conforme aux objectifs de l’Accord
de Paris. Mirova a en particulier
indiqué que l’ensemble de ses fonds
et de ses mandats étaient compatibles avec un scénario 2 degrés. En
pleine évolution, cette méthode
ne serait toutefois pas totalement
satisfaisante, à en croire le FIR.
« Cette méthodologie est en cours
d’approfondissement et n’est
aujourd’hui disponible que pour
un nombre limité de secteurs. »
Autre option : concevoir ses propres instruments de mesure. C’est
le choix fait par Sycomore AM. « Il
s’agissait de fournir une réponse
simple à une question complexe, à
savoir dans quelle mesure cette activité, cette entreprise, ce fonds ou cet
indice contribue-t-il ou elle à la transition énergétique et écologique ? »
indique Jean-Guillaume Péladan,
gérant et directeur de la stratégie
environnement de Sycomore AM.
La « net environmental contribution » (NEC), d’abord mise en place
sur le fonds Sycomore Eco Solutions, a été étendue à l’ensemble des
fonds de la société de gestion cette
année. « Aujourd’hui, nous avons
constitué un corpus cohérent testé
sur plus de 1.300 valeurs. »
Prochaine étape pour Sycomore : passer à une démarche collaborative et partager la méthodologie et les données de la NEC afin
d’en faire une référence de place.
« Nous avons fait le choix de l’open
source parce qu’il y a une urgence
environnementale et climatique et le
secteur doit trouver des outils fiables
pour mesurer son impact écologique », explique Jean-Guillaume
Péladan. « Seules des méthodes
transparentes, partagées, impartiales et robustes pourront devenir
standards. » Sycomore cherche
donc à fédérer les professionnels
pour financer une plate-forme
collective, sa pédagogie, la mise à
jour des données et la R&D qui permettra d’améliorer l’indicateur.
« Nous aimerions pouvoir publier la
méthodologie et l’ensemble des sources fin 2019 », explique-t-il. n
Faut-il faire confiance
aux ETF « low carbon » ?
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Les encours décollent
depuis l’an dernier.
Ils sont passés de 166 millions d’euros fin 2017 à
430 millions aujourd’hui.
Emmanuel Schafroth
@Em Schaf
Depuis 2015, les fonds « low carbon » fleurissent : un nouvel axe de
rivalité entre gestion active et gestion
passive. Côté ETF, BNP Paribas AM
peut revendiquer le titre de pionnier : l’ETF Easy Low Carbon 100
Europe a été lancé dès octobre 2008.
Après avoir végété longtemps, les
encours décollent depuis l’an dernier. De 57 millions d’euros fin 2016,
ils sont passés à 166 millions d’euros
fin 2017 pour atteindre 430 millions
aujourd’hui. « La collecte vient surtout des institutionnels français qui
doivent communiquer sur leur
empreinte carbone, explique Isabelle
Bourcier, responsable des gestions
quantitatives et indicielles chez BNP
Paribas AM. Mais aussi des banques
privées et d’investisseurs étrangers. »
Les ETF sont-ils un moyen efficace de flécher l’argent des investisseurs vers la transition écologique ?
Sans surprise, certains gérants
actifs s’opposent à l’idée. Rajesh
Shant, gérant actions internationales chez Newton IM, avance un
argument quasi philosophique :
« Investir de manière responsable,
c’est exprimer des convictions, insiste-t-il. Or, opter pour un ETF utilisant des critères ESG revient à une
triple délégation : on s’en remet à un
fournisseur d’ETF, qui lui-même sollicite un fournisseur d’indice, lequel
recourt à une agence de notation
extra-financière. » Un éloignement
coupable, à ses yeux, entre l’investisseur et le produit final.
Une méthodologie
qui évolue
Face à cela, les ETF défendent le
sérieux de leur démarche. « L’indice
Euronext que suit notre produit
s’appuie sur des fournisseurs de données reconnus : Carbon Disclosure
Project et Carbone 4 », explique
Marie-Sophie Pastant, responsable
gestion indicielle et ETF chez BNPP
AM. Le conseil scientifique de
l’indice, où siègent investisseurs,
experts et ONG, fait évoluer la
méthodologie au fil du temps : elle
intègre des notions comme les
émissions de carbone évitées, avec
une poche réservée à des entreprises particulièrement « vertes » et la
révision de décembre 2018 exclura
le dernier acteur des énergies fossiles encore présent.
Autre source de débat : ne plus
investir dans un secteur controversé prive de la faculté d’interagir
avec lui, là où certains gérants actifs
revendiquent justement un « engagement » avec les sociétés, pour les
influencer en direction d’un modèle
plus propre. « Il serait naïf de croire
que le fait d’acheter des actions de
sociétés soucieuses de leur bilan CO2
finance directement la transition
énergétique, pense Mourtaza AsadSyed, cofondateur de Yomoni. On
ne fait qu’acquérir des titres d’un
autre investisseur, sans qu’il y ait un
flux de financement vers l’entreprise. Cette appréciation des sociétés
“vertueuses” a tout de même un
impact : elle abaisse le coût de leur
capital relativement aux autres
acteurs, ce qui encourage le management dans sa démarche responsable,
qui devient financièrement plus rentable. » Dans un tel processus, les
ETF ont autant leur mot à dire que
les fonds actifs : c’est le montant des
sommes déplacées qui compte. n
« La collecte vient
surtout des
institutionnels
français qui doivent
communiquer sur
leur empreinte
carbone. »
ISABELLE BOURCIER
BNP Paribas AM
AMF France
Le casse-tête du calcul de l’impact
environnemental
— Julie Ansidei, secrétaire
du comité exécutif de
l’AMF, est à la tête de la
nouvelle unité « stratégie et
finance durable ».
Mettre en œuvre
la feuille de route
de l’AMF sur
la finance durable
• SON ACTUALITÉ
Julie Ansidei, secrétaire du
comité exécutif de l’AMF, a été
nommée à la tête de la toute
nouvelle unité « stratégie et
finance durable » du gendarme
des marchés. Son équipe, pluridisciplinaire et issue des différentes directions de l’AMF, mettra en œuvre la feuille de route
du régulateur sur la finance
durable.
• SON PARCOURS
Docteur en économie et
finance, Julie Ansidei est titulaire d’un DEA en économie et
finance internationale de ParisDauphine. Elle a commencé sa
carrière chez Deloitte avant de
r e j o i n d r e l ’A M F e n 2 0 0 5
comme directrice des affaires
européennes et internationales.
En 2010, après deux ans comme
conseillère en stratégie auprès
de l’Autorité australienne des
marchés financiers, elle devient
responsable de la politique des
risques, puis adjointe à la division études-stratégie-risques.
De 2014 à 2016, elle travaille
pour l’association brésilienne
des marchés financiers avant de
revenir à l’AMF comme conseillère en stratégie. En
juillet 2018, elle est nommée
secrétaire du comité exécutif.
• SA FEUILLE DE ROUTE
Dans sa feuille de route sur la
f i n a n c e d u r a b l e , l ’A M F
détaille comment elle compte
intégrer cette dernière à
l’ensemble de ses activités. Le
régulateur veut notamment
sensibiliser les acteurs aux bonnes pratiques, encourager l’innovation, renforcer la
supervision pour s’assurer de la
pertinence des informations
données. n
en bref
LE GROUPE SUISSE SYZ
LANCE SYZ CAPITAL
Syz, spécialisé dans la banque privée, la gestion d’actifs
institutionnelle et les services aux gérants indépendants, lance Syz Capital.
Quatrième pôle d’activité
du groupe suisse, il proposera des solutions de placement, de financement et
de structuration du capital
sur les marchés privés
(private equity, dette privée
et immobilier).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
GESTION D'ACTIFS // 35
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
INVESTISSEMENT DURABLE
Les investisseurs ont peu d’influence
sur les entreprises en matière d’ESG
Les entreprises se montrent
critiques, à la fois sur
l’expertise des investisseurs
et sur la multiplication
des sollicitations.
Quoi qu’en pensent les investisseurs, ils influent encore très peu
sur le comportement des entreprises en matière environnementale,
sociale et de gouvernance (ESG).
C’est l’une des conclusions d’une
enquête menée par Indefi à la
demande d’Egamo, la société de
gestion de la MGEN.
L’é t u d e , m e n é e a u p r è s d e
23 entreprises françaises, montre
comment ces dernières perçoivent
et prennent en compte les attentes
des sociétés de gestion et des investisseurs institutionnels en matière
d’ESG et de climat. Elle met en évidence une différence de perception
très nette entre les investisseurs, qui
se disent très engagés, et les entreprises, régulièrement sollicitées par
ces derniers sur les questions de
gouvernance et d’environnement,
mais pour qui ces sollicitations restent de « simples discussions ». « Nos
engagements RSE proviennent de la
volonté du top management et de
l’intérêt de nos clients », voire « des
réglementations qui nous y ont obligés », détaille un émetteur. Tandis
qu’un autre note que les investisseurs et les gestionnaires d’actifs
sont « dans une démarche de dialogue et de compréhension de nos
enjeux plutôt que dans de l’engagement nous poussant à faire évoluer
nos pratiques opérationnelles ».
Les démarches d’engagement
clairement identifiées ? Celles des
clients et des ONG. « En matière
d’impact sur nos pratiques ESG, les
ONG sont plus influentes que les
investisseurs. Leurs demandes sont
parfois farfelues, mais elles sont souvent plus concrètes », indique une
banque du panel.
claire en matière de responsabilité
sociale et environnementale. Il leur
permet également d’améliorer leur
image auprès des investisseurs.
Les entreprises se montrent
néanmoins critiques, à la fois sur
l’expertise – jugée insuffisante – des
investisseurs et sur la multiplica-
« En matière
d’impact sur nos
pratiques ESG,
les ONG sont plus
influentes que
les investisseurs. »
UNE BANQUE DU PANEL
Etude réalisée par Indefi auprès
de 23 entreprises françaises.
tion des sollicitations. « Les quelques demandes que nous recevons
sont assez génériques. Les thématiques plus spécifiques liées à notre
activité ne sont que rarement abordées », indique notamment une
société du secteur automobile. Une
autre pointe le retard des investisseurs, dont le « niveau en ESG »
serait le « même que le niveau en RSE
des entreprises il y a dix ans ».
Dans l’ensemble, les émetteurs
appellent les agences de notation
extra-financières et les sociétés de
gestion à mutualiser et à harmoniser leurs requêtes. « Remplir un
questionnaire d’une agence de notation sur un sujet comme l’eau peut
prendre un mois à un employé. Ce
temps de travail serait certainement
mieux utilisé pour améliorer nos
pratiques de gestion de l’eau », explique un acteur de l’agroalimentaire.
— S. Ro.
Ces dernières années, toutes les grandes entreprises ont noté une
augmentation des sollicitations sur les sujets ESG. Photo Shutterstock
Améliorer leur image
Toutes les grandes entreprises ont
noté une augmentation des sollicitations sur les sujets ESG ces dernières années. « Nous avons toujours
reçu beaucoup de questionnaires [de
la part des agences de notation
extra-financières, NDLR], mais
aujourd’hui nous sommes aussi
beaucoup sollicités directement par
les investisseurs », indique l’une
d’entre elles. Une société de services
aux collectivités évoque même une
« explosion » des sollicitations
« avec la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures), le
Climate Action 100+ et toutes les initiatives de place sur le sujet ».
Les experts de l’ESG et du climat
ne sont plus les seuls à s’intéresser à
ces pratiques. Les entreprises indiquent qu’elles sont désormais aussi
approchées par « des analystes et
des gérants traditionnels ». Le côté
positif de cet intérêt croissant ? Il les
incite à définir une communication
Pionnier des ETF
depuis 2001*
en bref
La première semaine de décembre
marquée par de fortes décollectes
GESTION Le regain d’aversion au risque de début décembre
s’est traduit par des dégagements sur les principales classes
d’actifs, montre la dernière étude hebdomadaire de BofA ML.
La semaine se terminant le 5 décembre a été marquée par un
retour des interrogations sur une entrée en récession des EtatsUnis, par les tensions commerciales et par l’incertitude sur les
politiques monétaires. Les fonds dédiés aux actions ont enregistré des rachats à hauteur de 5,2 milliards de dollars. Une décollecte qui n’a bénéficié ni aux fonds investis en obligations – sorties nettes de 8,1 milliards de dollars –, ni aux fonds en métaux
précieux, qui ont connu leurs plus importants rachats en treize
semaines (600 millions de dollars). Seuls les fonds actions
investis en valeurs émergentes ont enregistré des entrées nettes
à hauteur de 2,7 milliards de dollars.
Les investisseurs plus inquiets
sur les conséquences du Brexit
Shutterstock
BAROMÈTRE Le dernier
Brexometer de State Street
– un indice trimestriel qui
donne le sentiment des institutionnels sur l’impact
économique du Brexit –
témoigne d’une plus grande
prudence des investisseurs.
Selon l’enquête menée au
quatrième trimestre, la part
d’investisseurs ayant
l’intention de renforcer
leurs positions sur les actifs
britanniques diminue de
21 % à 15 %. Celle de ceux qui
envisagent de réduire leurs
positions demeure, elle,
inchangée à 20 %.
Dès le lancement de nos activités en 2001,
nous avons adopté une approche pionnière
en matière d’ETF. Depuis, nous n’avons
jamais cessé d’innover et d’explorer de
nouveaux territoires pour nos clients. C’est
cet esprit pionnier qui continue de nous
animer et qui nous aide à voir toujours plus
loin pour nos investisseurs.
Pour en savoir plus
www.lyxoretf.fr
*Lyxor International Asset Management a été le premier fournisseur européen à lancer un ETF sur le marché dès 2001.
La source pour toutes les données figurant dans ce document est Lyxor International Asset Management, au 31/10/2018. Les ETF comportent un risque de perte
de capital. Lyxor International Asset Management recommande à tout investisseur potentiel de lire attentivement le prospectus et le KIID de l’ETF concerné. Ces
documents sont disponibles gratuitement sur le site internet www.lyxoretf.com ou sur demande auprès de client-services-etf@lyxor.com. Lyxor International
Asset Management, société par actions simplifiée, Tours Société Générale, 17 cours Valmy, 92800 Puteaux (France), RCS 419 223 375 Nanterre, est une société
de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des marchés financiers sous le numéro GP0424 au titre des directives OPCVM (2009/65EC) et GFIA (2011/61/EU).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 10 - 12 - 2018
CAC 40 : 4742,38 (-1,47 %) NEXT 20 : 10506,11 (-2,32 %)
CAC LARGE 60 : 5264,55 (-1,55 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3697,76 (-1,65 %)
DATE DE PROROGATION : 24 DÉCEMBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
37,48
1068406
290.969.205
104,6
1145982
428.328.719
88,61
1787443
776.367.881
18,9
6035109
1.021.903.623
67,4
440355
106.884.219
19,61
13416978
2.439.889.945
41,415
5651231
1.249.798.561
32,84
985851
366.861.216
95,88
688027
168.817.033
14,58
4970299
789.252.839
10,102
9204334
2.866.437.156
63,81
1761133
685.055.200
103,6
282619
261.541.129
12,12
6667469
2.435.285.011
109,95
1064331
426.414.281
480,2
82126
105.569.412
391
274945
126.279.322
246,85
846742
505.028.789
50,36
693515
267.471.813
206,5
553515
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
36,74
37,77
36,74
105,35
106,7
103,8
87,49
89,56
87,39
18,57
19,102
18,514
66,5
67,62
65,8
19,36
19,72
19,162
40,4
41,765
40,385
32,08
32,94
32,08
94
96,32
94
14,67
14,8
14,42
9,89
10,182
9,853
62,97
64,08
62,67
103,45
105,2
103,1
11,99
12,2
11,98
109,3
110,6
109,2
472,3
480,2
470,6
389,3
393,9
387
243,25
248,25
242,3
49,75
50,44
49,51
206,5
209,8
205,9
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 2,39
- 7,69
- 14,72
- 0,1
- 1,22
- 2,32
- 1,77
- 7,59
- 0,32
- 3,77
-16,58
- 29,81
- 2,03
-14,04
- 46,88
- 1,83
-13,2
- 23,39
- 2,87
-12,87
- 37,88
- 2,76
- 2,96
- 27,78
- 2,57
-14,23
- 4,04
+ 0,62
-16,53
- 17,17
- 2,96
-12,92
- 32,58
- 1,3
- 4,02
- 11,23
- 1,24
- 7,47
+ 15,52
- 1,11
- 4,65
- 19,07
- 0,55
- 9,07
- 4,42
- 2,03
- 4,62
+ 7,34
- 1,52
- 0,99
+ 8,57
- 2,51
- 8,55
- 1,68
- 1,45
- 9,84
- 21,12
+ 0,24
+ 0,44
+ 9,61
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 14,56
48,95
36,74
2,86
+ 0,29
115,25
97,12
2,52
+ 5,41
3,4
111,16
25,77
81,33
1,71
- 31,51
30,765
18,514
- 45,2
130,55
65,1
2,56
- 21,73
27,69
19,162
6,51
- 35,1
68,66
40,385 7,48
- 25,93
45,98
30,3
5,3
- 4,94
119,8
94
1,81
- 18,68
19,73
12,955
3,14
- 28,33
15,54
9,853 6,37
- 9,98
71,78
61,16
3,02
+ 16,77
141
87,52
0,56
- 16,36
1,21
14,815 9,94
11,31
3,09
- 4,92
129,55
105,35
1,4
+ 5,84
614,6
417,9
1,61
+ 6,57
522,4
338,263 1,03
- 0,88
313,7
232,5
0,82
- 22,5
67,44
49,51
2,53
+ 11,65
214,9
170,3
1,72
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
85,78
570498
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597.489.393
21,2
4562042
1.305.804.297
SRD
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
AB SCIENCE (AB) g
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,21
- 5,02
- 31,68
- 1,13
- 0,92
- 0,99
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- 3,48
+ 4,13
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+ 1,71
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+ 15,13
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+ 0,67
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- 1,4
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- 18,35
- 1,51
- 2,24
- 5,7
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 28,77
130,85
84,06
4,17
+ 0,14
15,25
13,315
2,07
+ 4,17
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0,98
+ 1,45
25,4
16,455 3,08
- 14,81
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54,65
6,42
+ 19,37
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+ 7,04
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47,505
29,37
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76
3,11
- 36,03
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18,195
+ 2,81
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195,5
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66,48
22,69
5,16
- 17,3
22,29
16,42
4,77
- 15,84
88,8
70,98
1,05
- 6,65
24,87
20,26
2,15
VALEURS FRANÇAISES
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,75
3,634
54913
3,798
40.789.901
3,634
B 6,15
5,98
78892
6,2
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
5,95
ABIVAX (ABVX) g
B 9,8
10,24
62103
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FR0012333284
10.024.182
9,8
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,572
0,546
45928
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FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,522
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,45
3,12
74945
3,45
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
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ADOCIA (ADOC) g
B 11,5
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9759
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FR0011184241
6.916.753
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AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 162,1
161
70427
163,8
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
161
AIR FRANCE-KLM (AF) G
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8,95
2238247
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FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
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B 48,5
47,05
41910
48,5
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
47,05
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B 16
15,8
11419
16,3
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
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ALD (ALD)
A 11,15
10,99
80365
11,15
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
10,87
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 23,7
23
22913
23,75
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
22
ALSTOM (ALO) LR
A 36,95
37,1
887747
37,58
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.058.368
36,83
ALTAREA (ALTA) g
A 176
172,4
2617
176
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
172,2
ALTEN (ATE) G
A 76
76,25
93131
76,25
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
74,85
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 6,95
6,72
1632052
6,99
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
6,63
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
2,72
2,53
14059
2,72
FR0012789667
47.804.841
2,53
AMUNDI (AMUN) G
A 48,8
47,18
EX-DS 15/03/17
249245
48,91
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
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B 16,85
16,25
7869
16,85
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
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FR0000182479
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A 79,04
76,4
313041
79,08
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
76,4
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C 11,36
10,88
19618
11,36
FR0000074783
6.651.515
10,82
ASSYSTEM (ASY) g
B 27,55
27,75
OPA 24/11/17
1451
27,8
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,55
ATARI (ATA)
C 0,301
0,295
909845
0,304
FR0010478248
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0,293
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C 30,7
29,35
10398
30,7
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.136.796
29,3
AUREA (AURE)
C 6,22
6
11041
6,22
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
6
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,175
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FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
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AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 11,7
11,7
4969
11,7
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
11,28
BÉNÉTEAU (BEN)
A 12,16
11,58
137730
12,16
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
11,44
BIC (BB) G
A 90,1
87,5
105646
90,1
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
87,35
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,32
9,24
50225
9,5
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
9,16
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 61,3
61
131656
62,2
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
61
BOIRON (BOI) g
A 51
49,05
7296
51,4
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
48,7
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,596
3,562
1866243
3,62
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,55
BONDUELLE (BON) g
B 31
30
14295
31,5
FR0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
29,9
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 18,32
18,015
699536
18,33
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
17,975
BURELLE SA (BUR)
A 800
802
368
812
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
800
CARMILA (CARM)
C 17
16,84
22214
17,1
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23/05/18 0,75 136.561.695
16,8
CASINO (CO) LR
A 35,7
35,49
450321
36,26
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
35,11
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,62
2,355
535626
2,65
FR0010193052
30.514.178
2,345
CGG (CGG) G
C 1,254
1,078
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1,254
FR0013181864
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1,058
CHARGEURS (CRI) g
C 15,65
14,98
55500
15,77
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
14,96
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 329,6
324,8
EX D OP 08/06/17
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329,6
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
324,6
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A 5600
5600
1
5600
FR0000079659
07/06/18 180 559.735
5600
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
CLOT
+ HAUT
+ BAS
85,16
86,76
85,02
14,495
14,7
14,415
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137,4
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17,875
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57,11
54,65
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105,85
102,55
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29,76
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77,85
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89,52
88
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11,975
11,41
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145,48
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24,79
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20,93
21,3
20,93
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- 8,7
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+ 3,43 + 18,66
+58,76 10,9
+ 16,36
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+ 10,7
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- 4
- 46,25
-18,45 13,681
- 47,88
6,5
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4,4
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- 9,2
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+ 8,55 12
- 5,46 - 49,98
-29,41
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- 49,2
0,311
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- 3,89 - 35,43
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+ 8,4
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- 3,12 - 18,06
-20,49
0,948
- 7,81
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- 2,17 - 15,17
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- 9,91
9,3
- 21,98
6
- 3,33 - 17,14
-21,62
0,477
- 20,91
0,164
- 1,18 - 48,68
-14,85 23,1
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-16,45 23,2
- 38,83
11,44
- 2,89 - 4,54
- 1,74 99,05
- 5,91
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+21,1
16,2
- 32,11
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- 0,49 - 18,33
-10,82 82,6
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- 19,88
3,46
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- 1,99 - 20,95
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- 20,74 17,975
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- 0,36 - 27,46
-11,37 25,35
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- 1,88
3,611
+ 3,85
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1,058
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+ 7,18 291,6
- 1,75 - 21,57
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- 19,19 5600
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,68
9253963
393.613.788
A 18,99
447154
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,79
142046
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
COLAS (RE)
A 135
870
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 86,1
116438
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.404.011
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25,7
724
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1254
7560
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 103,6
282619
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 24,82
119674
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 3,486
884056
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 88
13606
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 5,28
10815
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 31,8
713093
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.411.300
EDF (EDF) LR
A 13,85
EX-DS 7/03/17
2915141
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 77,02
458885
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
2,78
76949
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12
204290
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 15,13
556802
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
EOS IMAGING (EOSI)
C 3,55
35322
FR0011191766
22.683.758
ERAMET (ERA) Gg
A 60,85
587023
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 6,48
34085
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 30
7750
FR0004110310
5.955.072
EURAZEO (RF) G
A 63
158283
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
EURO RESSOURCES (EUR)
C 2,73
3617
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 328,2
40865
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,98
246869
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 17,655
556556
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 72,8
115
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 31,01
566103
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 86,5
13428
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 11,64
16888
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 738
151
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 50,55
46308
FR0011476928
26.792.938
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 63,2
188
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 292
61
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
20744
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,116
859097
FR0000079634
01/10/01 0,1 163.325.030
GECINA (GFC) G
A 123,5
86744
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.225.110
GEMALTO (GTO) L
A 50,52
156680
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 21,74
170274
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 3,63
660421
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,022
145380
FR0011790542
78.777.496
GETLINK (GET) LR
A 11,04
864785
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 16,92
29283
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,34
3,85
0,44
1,49
1,9
5,01
2,17
0,94
1,31
3,57
5,3
1,66
3,01
3,6
0,92
2,5
1,71
2,16
3,94
1,08
0,56
3,26
0,56
1,5
3,11
2
4,4
2
1,05
3,21
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,605
0,68
0,605
18,9
19,14
18,83
7,56
7,86
7,54
134,4
135,8
134,4
85,2
86,4
85,2
25,3
25,7
25,2
1237
1260
1237
103,45
105,2
103,1
24,02
24,82
23,64
3,478
3,596
3,432
84,7
88,6
84,2
4,94
5,28
4,6
31,23
32,05
31,2
13,4
13,875
13,4
74,6
77,24
74,6
2,555
2,78
2,515
11,9
12,12
11,88
14,84
15,13
14,76
3,5
3,74
3,45
48,8
60,85
46
6,36
6,48
6,125
29,15
30
28,3
62,1
63,2
61,95
2,73
2,75
2,7
323,4
334
322,8
7,85
7,995
7,725
17,55
17,71
17,36
72,2
72,8
72,2
30,15
31,43
30,07
81
86,6
80,9
11,14
11,64
11,06
732
748
724
51
51,1
50,05
63,2
63,2
63
292
292
292
1,13
1,14
1,13
0,113
0,121
0,113
122,6
123,9
122,4
50,52
50,58
50,52
20,9
21,8
20,64
3,77
3,97
3,56
0,942
1,056
0,942
10,94
11,12
10,93
16,38
16,94
16,12
- 11,82 + 23,37
-23,09
1,223
+ 40,58
0,491
- 0,79 - 1,84
- 6,99 21,62
+ 1,18
18,41
- 3,94 - 15,19
-13,8
10,76
- 16,46
7,2
- 1,18 - 25,95
- 6,15 192
- 24,62 133,4
- 1,62 - 9,82
- 4,91 97,3
- 8,29 83,05
- 1,56 - 11,6
+ 2,85 29,9
- 11,23 23,6
- 2,29 - 4,69
-11,64 1729
- 8,91 1237
- 1,24 + 16,77
- 7,47 141
+ 15,52 87,52
- 4,3 - 42,67
-29,52 47,38
- 34,19 23,64
- 1,42 - 61,83
-21,13
9,18
- 62,91
3,224
- 4,08 + 13,16
- 8,23 119
+ 13,52 72,5
- 6,79 - 20,96
-19,02 10
- 21,46
4,6
- 2,5 + 29,16
- 8,95 35,95
+ 29,56 23,74
- 3,56 + 28,6
-14,27 15,89
+ 18,58
9,832
- 3,74 - 18,33
-16,2 101,7
- 19,57 74,6
- 8,42 - 45,41
-16,78
5,49
- 46,21
2,515
- 0,67 - 30,91
- 5,03 19,71
- 28,74
11,26
- 2,24 - 35,52
-17,74 23,94
- 31,91 14,76
+ 1,45 - 26,78
-16,07
5,92
- 28,72
3,37
- 24,4 - 50,72
-37,91 167,2
- 41,97 46
- 0,78 - 65,62
-11,05 19,57
- 61,08
5,92
- 2,83 - 37,31
-19,03 48
- 32,21 28,3
- 1,66 - 15,32
- 5,91 82,286
- 13,51
61,25
- 2,5 - 22
- 7,46
3,61
- 20,41
2,68
- 0,74 - 36,29
-26,1 545,5
- 36,43 322,8
- 2,42 - 23,41
- 0,88 11,78
- 25,66
7,17
- 0,99 - 9,04
- 4,52 23,11
- 8,26 15,275
- 0,82 - 37,76
- 4,5 125,5
- 34,51 67,2
- 4,44 - 53,71
-26,43 76,98
- 52,93 30,07
- 7,96 - 19,24
-20,74 120,4
- 17,35 80,9
- 3,97 - 41,03
-10,45 19,5
- 30,38
11,06
- 0,81 - 25,76
- 5,67 1090
- 24,93 722
+ 0,1 - 49,35
-10,6 106,6
- 45,24 49,5
+ 15,73
- 2,77 66
+ 16,41 54,4
- 40,41
-18,89 565
- 39,17 292
1,15
1,125
- 5,44 + 25,56
-21,53
0,32
+ 13
0,09
- 0,73 - 20,34
- 6,84 161,9
- 16,23 119,8
- 0,16 + 2,06
+ 0,04 50,78
+ 55,61 49,1
- 4,91 - 12,63
- 3,69 28,28
- 2,93 17,67
+ 4,14 - 39
+107,14
7,68
- 29,53
1,335
- 8,01 - 43,25
-39,62
2,08
- 43,93
0,942
- 1,44 + 2,05
- 5,16
12,49
- 0,36 10,11
- 3,53 - 31,1
-11,94 27,072
- 34,7
16,12
4,44
4,5
6,1
1,24
0,56
4,03
1,06
28,34
1,99
1,12
2,68
3,53
2,49
4,71
2,01
5,5
0,74
1,93
7,24
2,19
3,65
2,47
0,14
2,4
4,21
11,99
2,74
3,97
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 50,4
50,7
1715
51,2
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
50,3
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,203
0,219
EX D S 13/06/17
1798
0,219
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,203
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 9,15
9,01
7423
9,15
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
9,01
GROUPE LDLC (LDL) g
C 6,5
6,35
NOM.
31498
6,55
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
6,27
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
20,7
20,5
REGR.
949
20,7
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
20,1
GTT (GTT) Gg
A 66,95
67,6
62784
68,3
66,95
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 9,2
8,83
14965
9,26
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
8,83
HIGH CO (HCO) g
C 4,1
4,055
31400
4,13
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,055
HUBWOO (HBW) g
C 0,169
0,158
1410
0,169
FR0004052561
136.345.527
0,158
ICADE (ICAD) G
A 67,35
66,95
66253
67,55
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
66,95
ID LOGISTIC (IDL) g
B 125,6
123,4
1795
125,6
FR0010929125
5.628.475
122,4
ILIAD (ILD) G
A 122,45
120,25
148998
123,4
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
119,3
IMERYS (NK) G
A 46,58
43,44
243156
46,6
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
43,2
INGENICO GROUP (ING) LR
A 57,08
56,46
335289
57,34
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
55,92
INNATE PHARMA (IPH) g
B 7,76
7,675
233537
7,93
FR0010331421
63.932.655
7,61
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,624
1,632
64510
1,688
FR0010291245
44.119.162
1,624
INTER PARFUMS (ITP) g
B 35,45
35
25290
35,45
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
34,65
IPSEN (IPN) G
A 118,45
116,35
106191
118,85
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
116,25
IPSOS (IPS) G
A 20,4
19,9
75845
20,4
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
19,84
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 14,5
13,68
53268
14,6
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
13,56
JCDECAUX (DEC) G
A 27,3
25,84
315192
27,34
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
25,82
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 34,5
32,74
29945
34,58
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
32,74
KLEPIERRE (LI) LR
A 28
27,87
744975
28,29
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
27,87
KORIAN (KORI)
A 32,86
31,86
151382
33,1
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,58
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 36,83
36,27
43929
36,86
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
36,22
LAGARDÈRE (MMB) G
A 23,45
22,48
257077
23,45
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
22,48
LATECOERE (LAT) g
C 2,6
2,55
274805
2,68
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
2,505
LE BÉLIER (BELI) g
C 30,85
29
2807
30,85
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
29
LNA SANTÉ (LNA) g
B 44,9
44,2
5102
44,9
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
44,05
LECTRA (LSS)
B 17,98
18,08
12356
18,08
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
17,58
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 30,55
30,45
139
30,55
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
30,25
LISI (FII) g
A 23,8
21,9
11079
23,9
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
21,85
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 10,5
10,34
9448
10,7
FR0000038242
15.884.557
10,34
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 14,76
14,07
128314
14,76
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
14,06
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 17,61
16,82
172963
17,68
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
16,51
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 31,9
31,2
4693
31,9
31
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 23,1
22,1
13922
23,1
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
22,1
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,04
3,98
9919
4,04
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.338.654
3,98
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,225
2,21
34816
2,295
FR0010609263
23.147.338
2,165
MERCIALYS (MERY) g
A 12,43
12,57
111305
12,7
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
12,39
MERSEN (MRN) g
B 22,8
22,1
35483
22,9
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
21,95
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,7
1,63
70630
1,7
FR0004177046
23.261.500
1,63
NANOBIOTIX (NANO) g
B 11,88
12,17
191996
13,2
FR0011341205
19.633.373
11,71
NATIXIS (KN) LR
A 4,51
4,44
5426653
4,574
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
4,44
NEOEN (NEOEN)
A 18,04
17,72
64225
18,18
FR0011675362
84.957.498
17,72
NETGEM (NTG) g
C1
0,97
3339
1
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
0,97
NEXANS (NEX) G
A 25,15
24,9
165572
25,34
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
24,76
NEXITY (NXI) G
A 42,1
41,82
114033
42,46
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
41,78
NICOX (COX)
B 4,674
4,46
112101
4,75
FR0013018124
22.869.669
4,428
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,38
7,44
3174
7,44
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
7,38
OENEO (SBT) g
B 8,5
8,58
22796
8,67
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
8,5
ONXEO (ONXEO) g
B 0,915
0,888
59916
0,915
FR0010095596
50.892.509
0,888
ORPÉA (ORP) G
A 93
92,76
113446
93,62
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
92,46
PARROT (PARRO) g
B 3,195
3,21
120231
3,23
FR0004038263
30.174.671
3,195
PHARMAGEST INT. (PHA)
49,85
48,25
5210
51
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
48,25
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 15,22
14,8
9730
15,42
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
14,38
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,61
1,54
76805
1,61
FR0011950641
21.606.363
1,52
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 20,16
18,715
404099
20,16
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
18,535
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 7,53
7,41
DIV 8 02/05/17
124353
7,56
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
7,4
PSB INDUST. (PSB)
C 42,3
41,3
805
42,3
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
41,3
RALLYE (RAL)
A 9,23
9,335
60924
9,38
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
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RECYLEX SA (RX)
C 6,09
5,85
51021
6,09
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
5,85
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 99,3
99,95
151235
100,8
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
99,2
REXEL (RXL) G
A 9,5
9,274
1037617
9,544
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
9,274
ROBERTET SA (CBE)
B
/061218
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 32,4
31,65
21974
32,4
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
31,65
RUBIS (RUI)
A 45,98
45,74
DIV 2 28/07/17
202573
46,18
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
45,24
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 88,2
86,7
DIV 6 10/05/16
85918
88,75
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
86,5
SAVENCIA (BH)
B 60,4
60,8
573
61,4
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
60,4
SCOR (SCR) LR
A 40,52
40
401818
40,74
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
39,99
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,17
-11,98
- 33,72
+ 5,29
-12,05
- 12,4
- 0,99
- 3,64
- 40,21
- 3,05
-49,44
- 68,52
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 30,34
95
49,7
8,68
- 15,77
0,34
0,18
- 42,5
19,04
8,9
- 68,23
22,2
5,71
- 39,33
- 6,39 36,5
- 33,66 19,8
1,51
+ 0,75 + 34,93
+ 2,04 69,9
1,97
+ 45,52 47,06
- 3,6 - 45,26
-11,26 19,68
- 44,85
8,83
2,49
- 0,25 - 17,24
-16,82
6
- 14,45
4
3,45
+ 0,64 - 1,25
-11,24
0,204
- 1,25
0,153
- 0,89 - 18,28
-11,09 88,65
- 18,02 66
- 0,16 - 8,73
-16,05 156,6
- 9,16 120
- 3,06 - 39,8
+20,07 214,4
- 41,56 95,18
0,57
- 8,39 - 44,69
-16,7
87,8
- 44,04 43,2
4,78
- 1,95 - 36,57
-14,48 94,34
- 33,58 55,8
2,66
- 2,97 + 61,58
-12,19
9,445
+ 74,04
4,41
- 3,55 - 44,49
-20
3,12
- 36,5
1,624
- 1,13 + 11,43
- 9,56 45,85
+ 11,59 30,727
1,91
- 1,73 + 16,85
- 8,75 155,95
+ 16,65 99
0,86
- 2,64 - 35,18
-13,4
34,5
- 34,08 19,76
4,37
- 5,26 - 50,25
-27,77 32,9
- 48,41
13,56
5,12
- 5,83 - 23,11
-11,26 36,9
- 24,36 25,46
2,17
- 6,46 - 17,39
- 6,62 47,26
- 15,53 32,74
5,65
- 0,82 - 23,99
-10,1
38,58
- 21,71
27,4
- 3,46 + 8,2
- 4,78 35,3
+ 7,33 22,84
1,88
- 2,47 - 22,9
4
-11,73 51,1
- 19,79 35,5
- 4,22 - 15,9
-10,4
27,17
- 19,31
21,99
5,78
- 3,77 - 55,34
-22,96
6
- 53,72
2,32
- 5,23 - 42,01
-12,91 66,3
- 40,21 29
4,07
- 1,89 - 24,96
-10,44 60
- 21,28 41,5
0,53
- 28,11
- 9,6
26,3
- 22,9
16,82
2,1
- 0,16 - 22,54
-10,31 39,45
- 21,82 29
4,43
- 7,98 - 45,39
-15,28 41,75
- 43,51
21,85
2,19
- 3,36 + 57,81
-13,76 16,692
+ 72,22
6,32
- 4,61 - 34,66
-10,5
24,34
- 36,12
14,06
6,75
- 4,49 - 55,44
-27,75 38,58
- 50,48 16,51
2,62
- 2,5 - 47,94
- 4,88 63,9
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5,45
- 5,15 - 27,54
-15
37,95
- 29,48 22
2,81
- 1,61 - 68,36
-11,56 13
- 67,05
3,86
- 1,12 - 53,38
-19,93
5,41
- 47,38
2,165
+ 1,05 - 31,85
- 6,12
18,75
- 30,44 12,05
- 3,91 - 40,81
-25,08 41,9
- 40,29 21,95
3,39
- 4,12 - 28,51
-11,41
2,52
- 24,88
1,63
+ 1,33 - 17,94
- 8,08 18,87
+ 3,57
8,295
- 2,42 - 32,69
-15,94
7,45
- 34,01
4,44
8,33
- 1,77 + 3,63
- 8,38 20,15
+ 7,39 17,1
- 2,41 - 59,92
-15,65
2,9
- 59,24
0,95
51,55
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+ 9,11
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2,81
- 0,67 - 15,72
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- 0,54 - 18,42
- 4,62
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- 19,48
7,36
2,02
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+ 0,7
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-19,05
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- 10,3
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- 0,02 - 5,64
-16,7 125,2
- 10,94 87,5
1,19
- 0,16 - 63,61
-25,17
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- 61,92
1,432
- 3,69 + 9,78
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+ 17,25 44,05
1,35
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-21,59
4,085
- 39,37
1,514
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-25,85 42,21
- 47,57 18,535
2,62
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26,99
- 2,13 - 7,17
-15,02 53
- 10,99 41
3,03
+ 0,59 - 37,05
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- 38,34
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+ 0,45 - 13,46
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- 14,1
98,6
1,65
- 3,09 - 38,66
-12,22 15,58
- 39,23
9,274
4,53
+ 43,33
+ 1,18 477
+ 43,33 330
1,07
- 2,32 + 3,65
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+ 1,18 28,25
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41,32
- 1,7 + 43,8
-25,71 120,5
+ 43,31 59,75
+ 0,66 - 24,68
-10,32 90,8
- 24,05 59,2
- 1,24 + 19,24
- 8,19 43,79
+ 18,52 30,84
2,15
3,28
0,48
2,63
4,13
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
SEB (SK) G
A 117,5
116,4
40886
117,8
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
116
SEQUANA (SEQ)
C 0,231
0,229
92007
0,234
FR0011352590
65.183.351
0,227
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 18,66
18
37014
18,88
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
17,1
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,515
2,45
169650
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FR0013006558
34.623.503
2,425
SIPH (SIPH) g
B
/071218
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
SOITEC (SOI) G
B 48
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180220
FR0013227113
30.311.510
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B 0,57
REGR.
1732923
FR0012938884
583.621.956
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A 62,2
10762
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 85,5
47659
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03/07/18 2,4 20.547.701
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43,1
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20,8
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2,92
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24,3
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104,1
100,9
44,74
45,8
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4,755
4,835
4,7
328
328
308
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,77
- 7,4
- 23,32
- 2,55
-24,92
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-25
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+ 1,23
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% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 24,64
175,9
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1,48
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0,9
0,211
- 39,72
30,95
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- 60,02
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87,9
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0,525
- 24,85
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60,5
9,86
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180
78,9
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+ 6,05
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- 38,42
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+ 1,69
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- 30,06
152,6
100,9
2,62
+ 10,01
57
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- 50,48
11
4,7
+ 27,38
368
242
0,24
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
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A 50,52
156680
22/05/17 0,43 90.920.356
A 4,882
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31/05/18 0,13 5.635.592.159
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23/04/18 0,68 360.037.272
50,52
- 0,16 + 2,06
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50,52
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- 3,68
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4,854 + 25,71
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- 6,82 20,88
17,315 + 17,82 10,55
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11,99
0,3
16,73
3,84
4,59
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
6,2
5,97
- 5,84 - 59,36
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-18,22 16,12
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USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
36,2
- 31,64 36,2
STALLERGENES GREER (STAGR) A 30,4
29,9
- 1,48 - 22,36
8867
30,7
+ 7,94 41,7
GB00BZ21RF93
19.738.742
28,1
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US3696041033
HSBC (HSB)
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52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 37
Les Echos Mardi 11 décembre 2018
euronext//taux&changes//matières premières
EURONEXT HORS SRD
ACTIONS
FRANÇAISES
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
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8,38 + 1,45
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5,62
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32
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32
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1,34
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9,92
510
FR0010193979 CBO TERRITORIAg
C 3,2
3,2
3,11
3,13 - 4,57
99859
FR0000078339 CCA INTERN.
C
4,99
FR0000053506 CEGEDIMg
B 24
24
22
22,1 - 6,75
7171
FR0010309096 CEGEREALg
B 35,6
35,6
35,4
35,4 - 0,56
448
FR0012633360 CELLNOVOg
C 1,308 1,32
1,22
1,236- 8,17
37637
FR0012616852 CERENISg
B 0,527 0,542 0,499
0,504- 2,89 166998
FR0000037475 CFI
C 1,2
1,2
1,2
1,2 - 30,64
200
FR0000060907 CHAUSSERIA SA
C
7,7
FR0000054322 CIBOX INTER.g
C 0,11
0,119
0,102
0,102 - 8,11
201727
FR0000060824 CLAYEUXg
C
0,3
FR0000053399 CNIMg
B 92,2 92,4
91,6
91,6 - 0,44
797
FR0013335742 COGELEC
C 7,121 7,29
7
7
- 1,69
6462
FR0004031763 COHERISg
C 1,7
1,7
1,655
1,655- 2,65
2636
FR0000065393 COURTOIS
C 135
135
135
135
1
FR0000044323 CR ALPES PROV.
C 111,56 111,56 110
111,56 - 0,02
81
FR0000185506 CR ATL. VENDÉE
C 135
135
134,8
134,8 - 0,88
1108
FR0010483768 CR BRIE PICARD.
B 26,15 26,15
25,7
25,7 - 0,48
7385
FR0000045213 CR ILLE VILAINE
C 101,6 102,48 101,5
102,48 + 0,47
314
FR0010461053 CR LANGUEDOC
C 75,29 75,29 75
75
- 0,53
254
FR0000045239 CR LOIRE HTE-LOIRE C 92,99 93,2
92,21
93,2 + 0,01
368
FR0000045551 CR MORBIHAN
C 85,5 86,59 85,5
85,51 - 1,15
835
FR0000185514 CR NORD FRANCE
B 22,95 22,95 22,45
22,45 - 2,39
12948
FR0000044364 CR NORM. SEINE
C 132,1 132,1
132,1
132,1 - 0,02
151
FR0000045528 CR PARIS IDF
B 90,1
90,2
90,1
90,2 - 0,17
1217
FR0000045346 CR RHÔNE-ALPES
C 197,5 197,5 196,6
196,6 - 0,46
77
FR0000045544 CR TOULOUSE
C 114,4 114,98 114,4
114,42 - 0,66
203
FR0000045304 CR TOUR. POITOU
C 110,8 111,68 110,8
111,5 + 0,63
525
FR0000050395 CROSSWOOD
C
4,08
FR0007317813 CS-COM. ET SYST.g
C 4,6
4,75
4,58
4,58 - 0,44
1789
FR0011026749 DALETg
C 12,4
12,4
12,1
12,1
602
FR0000036774 DANE-ELEC MEMORYg C
0,56
FR0010879056 DEINOVE
1,55
1,568 1,424
1,432 - 7,01
66214
FR0013283108 DELTA PLUS GROUP B 34,6 34,6
33,4
33,4 - 2,91
1253
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C 0,72
0,72
0,72
0,72 + 1,41
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C 0,7
0,718
0,7
0,7
2162
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480
480
3
FR0010099515 ECAg
C 11,15 11,2
10,6
10,9 - 2,68
1389
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C 1,45
1,45
1,42
1,435- 0,69
4531
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102
103
+ 0,98
418
FR0012650166 ELECTRO POWERg
C 11,85 11,85
11,35
11,6 - 1,28
6338
FR0004030708 ENCRES DUBUITg
C 5,4
5,4
5,2
5,2 - 3,7
3101
FR0000120669 ESSOg
B 34,55 35,45 34,2
34,2 - 3,93
1673
FR0000061475 EURASIA FONC INV
C
0,246
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6,7
6,5
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287
FR0010490920 EUROPACORPg
C 1,29
1,305 1,21
1,24 + 0,81
96256
FR0000064164 EXACOMPTA CLAIREF. C100
100
100
100
- 3,85
315
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C830 830
830
830
- 1,78
18
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C
865
FR0000062341 F.I.E.B.M.
C
5,8
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C
110
FR0000038184 F.I.P.P.
C 0,3
0,3
0,278
0,3 + 1,7
26308
FR0000063034 FAUVET-GIREL g
C
32,2
FR0011271600 FERMENTALGg
2,87
2,87
2,79
2,825 - 1,57
7647
FR0000062101 FERMIÈRE CANNES
B
1420
FR0000061418 FIDUCIAL OFFICE
C 28,4 28,4
28,4
28,4
1
FR0000060535 FIDUCIAL RE
B 170
170
170
170
1
FR0000076986 FIN. MONCEY
A
5450
FR0000035123 FINATIS
B 41,8 42
41,8
42 + 0,48
293
FR0000074759 FLEURY MICHON
B 40
40,1
39,8
40,1 - 0,99
692
FR0000065930 FONCIÈRE 7 INV.
C 2,02 2,02
2,02
2,02 + 18,13
1
FR0000064362 FONCIÈRE ATLAND
C 112
112
112
112
1
FR0000038499 FONCIÈRE EURIS
B 30
30
30
30
1205
FR0010341032 FONCIÈRE INEA
B 39
39
38,4
38,4 - 1,54
1084
FR0011277391 FONCIÈRE PARIS NORD C 0,031 0,031 0,028
0,028- 5,37
2019
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C
34,97
FR0000053944 FONCIÈRE VOLTA
C
4,12
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10,4
9,3
9,3 - 10,58
2947
FR0010588079 FREY
B 28,2
28,2
28,2
28,2
75
FR0000031973 FSDV
C
36
FR0000030611 GALIMMO
C 24,2 24,2
24,2
24,2
1
FR0000034894 GAUMONT
B 115
117
113,5
116,5 - 0,43
560
FR0000053035 GEA
C 83,2 85,4
83,2
85,4 + 2,89
95
FR0010501692 GENERIXg
C 3,26 3,27
3,24
3,27 - 0,61
18386
FR0011799907 GENOMIC VISIONg
0,446 0,465 0,375
0,379- 2,32 1062591
FR0000061459 GÉRARD PERRIER
C 48
48,9
48
48,1 - 1,84
242
FR0004038099 GFI INFORMATIQUEg B 10,5
10,5
10,5
10,5
43094
FR0000065971 GRAINES VOLTZ
C 35,8 35,8
35,8
35,8 - 5,79
59
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C 25,8
25,8
25
25
- 3,1
1171
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C 1,4
1,54
1,4
1,54
541
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C 19
19,54 18,62
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16975
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C 14,25 14,3
14,25
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496
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C 2,22
2,23
2,15
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31926
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B 55,4 55,6
53,3
55
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3,37
3,3
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7909
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0,208
1
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C 5,52
5,52
5,26
5,4 - 1,82
9973
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C 10,2
10,45 10,05
10,45 - 1,42
235
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6,2
6
6,02
3196
FR0000051393 IDI
B 39,5
39,7
39
39,1 + 0,26
1938
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C
131
- 1,13
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B 53,4 54
53,2
53,2 - 0,38
1356
FR0000036980 IMMO. HÔTELIÈRE
C
1,04
FR0000066219 IND. FIN. ENT.
C
60
FR0000071797 INFOTELg
C 39,9 40,1
39,5
39,5 - 0,75
30493
FR0000064297 INNELEC MULT.g
C 5,3
5,3
5,1
5,1 - 3,77
970
FR0000060451 INSTALLUX SA
C320 320
320
320
60
FR0000064958 INTEXA
C
2,36
FR0013233012 INVENTIVA
B 6,22 6,34
6,2
6,34 + 1,93
878
FR0000072597 IT LINKg
C 6,34 6,42
6,04
6,18 - 4,63
3119
FR0004026151 ITESOFTg
C 3,52
3,52
3,5
3,5 - 0,57
475
FR0000073843 ITS GROUPg
C 4,5
4,52
4,44
4,52 + 0,44
152
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C 5,3
5,32
5,28
5,3 - 1,85
2474
FR0004029411 KEYRUSg
C 4,46 4,6
4,36
4,38 - 4,78
13128
FR0000039638 LA FONCIÈREVERTE C
57
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C 18,7
18,9
18,6
18,65 - 0,27
883
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C 20,8 22,8
20,8
22,8 - 0,87
713
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B 30
30
29,6
29,6 - 1,99
415
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B 94,8 94,8
93,8
93,8 - 0,64
449
FR0000075673 LE TANNEURg
C
1,95
FR0000121295 LEBON
C 125
125
125
125
194
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2,3
2,3
2,3 - 8
3
FR0004023208 LES NX CONSTR.
B 37,6
37,9
36,9
37,9 + 0,8
157
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C 0,926 0,926 0,926
0,926
21
FR0000121352 LOCINDUS
B 24,9 25,1
24,9
25 + 0,4
3633
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C610
610
605
605
42
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B 60
60
58,4
58,4 - 0,34
328
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A 3,645 3,66
3,42
3,43 - 6,28 169952
FR0011742329 MCPHY ENERGYg
3,66 3,68
3,53
3,55 - 4,05
27374
FR0000061244 MECELEC
C 1,41
1,41
1,41
1,41
31
FR0000052623 MEDASYSg
C 0,291 0,291 0,291
0,291- 0,34
6577
FR0000064404 MÉDIA 6
C 13,6
13,6
13,6
13,6
1
FR0004065605 MEDINCELL
C 6,95 6,95
6,85
6,85 - 1,44
1452
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0010298620
FR0000077570
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
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FR0013018041
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FR0012789386
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FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
VALEUR
OUV
+HT
MEMSCAPg
C 1,9
1,95
MICROPOLEg
C 0,896 0,92
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 8,1
8,1
MRM
C 1,45
1,45
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
B 11,88 13,2
NAVYA
B 2,3
2,3
NEOPOSTG
A 24,76 25,12
NEURONESg
B 19,4
19,55
NEXTSTAGE
C 92
93
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,86 0,86
OL GROUPEg
C 2,74
2,75
ORAPIg
C 6
6
ORCHESTRA-PRE.
C 0,558 0,558
OREGE
2,73
2,82
PARAGON ID
C 16
16
PAREFg
C 83,5 83,5
PASSAT
C 3,6
3,61
PATRIMOINE & COM
B 14,1
14,1
PCAS g
C
POUJOULAT
C 35,2
35,2
POXELg
C 5,55
5,55
PRECIA g
C 181
184
PRISMAFLEXg
C 10,3
10,3
PRODWAYS GROUP
B 3,015 3,04
PROLOGUEg
C 0,398 0,4
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 19,5
19,5
RIBERg
C 1,752 1,752
ROBERTET SA
B 516
520
ROCHE BOBOIS
B 18,8
18,8
S.A.M.S.E.
B 131
131
SABETON
C
SCBSMg
C 6,3
6,55
SÉCHÉ ENV.g
B 26,5 26,5
SELECTIRENTE
C 87,5
87,5
SERGEFERRARI GROUP C 6,96 6,96
SIGNAUX GIROD
C 13,65 13,9
SII
C 21,4
21,6
SMCP
A 15,64 15,686
SMTPCg
B 17,48 17,48
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C 16,8
17,6
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C 171
176
SOFT COMPUTINGg C 14,6
14,6
C 18,65 18,8
SOGECLAIRg
SPIR COM.
C
TAYNINH
C
TESSIg
B 118
118
TFF GROUP
B 37,695 37,895
+BS
1,89
0,892
CLÔT ÉCART VOL
1,95
6863
0,9 + 0,45
65202
ISIN
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
645
8,02
1,44
8,02 - 0,99
1,44 + 0,7
55
14149
69
11,71
1,97
24,04
18,6
92
0,855
2,71
6
0,53
2,73
15,5
78
3,59
14
12,17 + 1,33
2,03 - 20,19
24,1 - 3,45
18,6 - 4,12
93
+ 1,09
0,855- 0,58
2,72 + 0,74
6
0,53 - 3,64
2,82 + 3,3
15,5 - 3,13
78
- 7,14
3,59 - 1,64
14
- 0,71
191996
61738
89490
3752
41
3210
14597
1862
30328
526
226
327
6522
2165
VALEUR
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
C
C
C
C
C
B
+HT
+BS
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
35,5
74
30
74,5
30
74
30
74,5
30
2,88
39,7
2,9
39,7
2,88
38,1
2,9
39
- 0,67
67
149
53
40676
61
565
28269
135180
101
6652
- 1,76
21
19
1,65
504
18,7
130
19,5
1,682- 4,54
510
- 0,39
18,7 - 1,58
131
289
219702
916
223
85
20,2
6,3
26,2
87,5
6,9
13,65
19,9
14,742
17,2
6,4 - 0,78
26,2 - 1,5
87,5
6,9 - 0,86
13,8 + 1,1
19,9 - 7,01
14,866 - 5,63
17,44 + 1,4
16,8
17,6
1779
2168
1
206
1231
17770
181638
3066
735
21,6
0,54
22
0,54
20,8
0,53
20,9 - 4,57
0,54
50
50
1,8
1,8
4,33 4,35
3,4
3,4
49,1
1,8
4,17
3,4
49,4 - 1,2
1,8 + 0,56
4,28 - 1,16
3,4 + 8,97
5,4
5,4
7,82
7,96
32,9 33,1
1,49
1,5
5,02
7,75
30,3
1,35
5,02 - 7,04
7,75 - 0,64
30,9 - 6,08
1,395 - 0,36
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
6087
2991
2
4749
1
1232
1000
2,2
729
8329
20974
10939
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
1,91
593
176
14,4 - 1,37
18,65 + 0,27
2,5 + 10,08
14
415
535
1,36
114,5
37,65
118
+ 0,43
37,66 - 0,11
A 23,8
0,717
C 19,1
A 4,06
C 3,82
A 48,5
2,52
58
A 4,882
C
36,94
37,29
23,8
0,717
19,45
4,06
4,2
48,9
2,6
58,8
4,97
23,25
0,717
18,3
3,94
3,82
48,1
2,3
58
4,854
23,36 - 2,83
0,717 - 0,56
131
18,52 - 3,69 34853
3,94 - 2,96
1367
4,15 + 8,07
4525
48,14 - 0,74
98764
2,6 - 5,11
13102
58,8
4,953+ 1,08 986767
36,94
37,29
36,94
37,29
36,94 - 1,57
37,29 - 1,64
739
3741
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
80,4
81
66
59,13
19,91
C
A 132,5
48,2
135,5
131
133
11,04
C
- 0,75
- 1,82
1162
0,02
B 65,5
C
B
OUV
0,13
0,062
7,9
1,53
0,192
5,71
21,2
58,8
22,7
0,07
0,227
16,5
5,44
4,36
0,103
0,165
0,398
1,368
0,201
0,625
+HT
0,137
0,062
7,98
1,532
0,192
5,75
21,35
59
22,7
0,076
0,227
16,76
5,44
4,4
0,11
0,165
0,398
1,368
0,204
0,629
+BS
0,123
0,056
7,8
1,436
0,173
5,65
20,95
56,7
22,3
0,056
0,21
16,48
5,32
4,36
0,092
0,156
0,36
1,274
0,196
0,625
CLÔT ÉCART VOL
0,135+ 3,46 117770
0,057- 4,53 6262378
7,98 + 1,01
95
1,466- 2,91
37869
0,179 - 6,56 195669
5,65 - 2,42
3605
21
- 0,94
5782
58,2 - 0,85
14025
22,3 - 1,76
1094
0,061- 29,02 16376345
0,214 - 5,52 1613208
16,7 + 1,21
97526
5,42 - 0,73
645
4,4
201
0,097- 15,77 2089780
0,156 - 1,89 135284
0,39 + 5,98
24701
1,276- 6,86
88820
0,199 - 1,97 342748
0,626- 0,64
5686
78
11
11
10,65
1,025 1,1
1,025
8,44 8,44
8,34
0,245 0,247 0,223
99,4 101
99
10,65 - 1,84
1,065- 0,93
8,34 - 2,11
0,235- 5,62
101
+ 1,82
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
65,5
63
260
13490
1501
71946
761
64
- 2,29
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
110.8
86.75
-2,38
-3,03
240
690
92,5
+ 0,45
106,5
C
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
8,98
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
0,73
171
14
18,3
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
81
EURONEXT GROWTH (Sélection)
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
80,4
0,41
13
35
35
- 0,57
5,41
5,45 - 1,45
181
184
10,15
10,2 - 0,97
2,94
3,02 - 1,79
0,379
0,379 - 3,07
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
4,02
30,78
31,2
C
B 3,93
30,78
31,055- 0,53
96,5 + 0,99
963
750
3,94
3,92
3,94 + 0,25
1135
48,6
C
15,2
12,95
13,05
12,8
12,95
3633
66,5
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1369
LIVRE STERLING
0,9052
FRANC SUISSE
1,1251
COURONNE DANOISE
7,4646
COURONNE NORV.
9,7167
KUNA CROATE
7,3915
COURONNE SUEDOISE
10,3244
DOLLAR CANADIEN
1,5223
YEN JAPONAIS
128,43
DOLLAR AUSTRALIEN
1,5816
ROUBLE RUSSE
75,619
ROUPIE INDIENNE
82,387
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6531
COURONNE TCHEQUE
25,861
FORINT HONGROIS
323,665
ZLOTY POLONAIS
4,294
LEV BULGARE
1,9564
DOLLAR HONG-KONG
8,8836
WON SUD COREEN
1284,4815
PESO MEXICAIN
23,1664
REAL
4,4678
DOLLAR SINGAPOUR
1,562
RAND SUD-AFRICAIN
16,4159
LIVRE TURQUE
6,0643
RENMIBI YUAN
7,8571
RUPIAH
16546,8528
PESO PHILIPPIN
60,1372
RINGGIT MALAIS
4,7476
BATH THALANDAIS
37,3844
-0,24
0,98
-0,33
0,01
0,32
0,06
0,27
0,28
0,04
-0,29
-0,07
1,29
-0,49
-0,10
0,18
0,03
0,13
-0,25
0,28
0,24
0,33
0,01
1,49
0,19
0,35
0,36
-0,02
0,06
-0,04
-5,30
2,02
-3,82
0,23
-1,36
-0,55
5,12
0,85
-5,14
2,86
9,34
7,47
-2,25
1,25
4,15
2,83
0,02
-5,31
0,28
-1,85
12,38
-2,73
10,47
33,15
0,67
1,74
0,19
-2,73
-4,37
10-12-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
EUR
USD
GBP
CHF
1
1,1369
0,9052
1,1251
10,3244
7,4646
1,2843
1,5223
0,8796
1
0,7963
0,9897
9,081
6,5655
1,1297
1,3391
1,1047
1,2558
1
1,243
11,4045
8,2457
141,864
1,6818
0,8888
1,0104
0,8045
1
9,1751
6,6338
114,155
1,3531
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
10-12-2018
SEK
DKK
0,0969
0,1101
0,0877
0,109
1
0,7231
12,4392
0,1475
0,134
0,1523
0,1213
0,1507
1,383
1
0,172
20,3964
JPY (100)
CAD
0,7786
0,8852
0,7049
0,876
0,0804
5,8124
1
1,1859
0,6569
0,7468
0,5946
0,7391
6,781
4,9028
0,8432
1
10-12-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,37/-0,67 -0,48/-0,78-0,20/-0,50 -0,18/-0,48 -0,09/-0,39
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
10-12-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,35
PORTUGAL
-0,35
FRANCE
-0,09
ESPAGNE
-0,15
ITALIE
-0,40
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,62
0,46
0,07
0,30
1,38
-0,34
0,92
0,19
0,60
2,11
-0,10
1,35
0,27
0,90
2,69
0,18
1,62
0,43
1,21
2,84
EUROMTS
INDICE
VAR %
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
249,09
171,02
235,30
285,20
336,33
347,18
233,95
-0.19
0.13
0.01
0.05
0.37
0.61
0.06
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.27
1.45
-0.39
-0.01
2.24
3.77
-0.18
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1367
1,1370
0,9051
0,9054
1,1250
1,1252
10,3223
10,3280
7,4637
7,4666
128,4200
128,4400
1,5222
1,5224
-0,0077
-0,0077
0,0004
0,0003
-0,0014
-0,0017
0,0008
0,0042
0,0011
0,0027
-0,3255
-0,3596
-0,0063
-0,0066
-0,0131
-0,0131
0,0009
-0,0016
-0,0007
-0,0012
-0,0010
0,0026
0,0033
0,0050
-0,3644 -0,0115
-0,4086 -0,0120
-0,0224
-0,0223
-0,0045
-0,0049
0,0004
0,0000
-0,0047
-0,0030
0,0080
0,0080
-0,3927
-0,4489
-0,0213
-0,0219
-0,0410
-0,0413
-0,0112
-0,0119
0,0030
0,0021
-0,0154
-0,0168
0,0147
0,0140
-0,4184
-0,4853
-0,0417
-0,0424
10-12-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.09 %
fOnds federaux
2.25 %
2 ans
2.79 %
10 ans
2.95 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.15 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
-0.01 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,95
-0,67
-0,64
-0,65
-0,58
-0,48
-0,02
0,66
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
TME
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
02-11
05-11
06-11
07-11
08-11
09-11
12-11
13-11
14-11
15-11
16-11
19-11
20-11
21-11
22-11
23-11
26-11
27-11
28-11
29-11
30-11
03-12
04-12
05-12
06-12
07-12
10-12
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,79
0,79
0,79
0,79
0,79
0,80
0,80
0,80
0,80
0,80
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,71
0,71
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
-0,341
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,361
-0,361
-0,36
-0,362
-0,36
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,363
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,365
-0,349
-0,349
-0,355
-0,369
-0,358
-0,359
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,371
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,368
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,367
-0,368
-0,368
-0,318
-0,318
-0,318
-0,317
-0,317
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,315
-0,315
0,77
0,79
0,78
0,79
0,82
0,80
0,77
0,77
0,77
0,74
0,76
0,78
0,77
0,77
0,75
0,73
0,73
0,73
0,71
0,71
0,69
0,70
0,68
0,66
0,66
0,67
0,69
THOR.
PUB.
PRIV.
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,07
1,07
1,07
1,07
1,07
0,99
0,99
0,99
0,99
0,99
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,07
1,07
1,07
1,07
1,07
0,99
0,99
0,99
0,99
0,99
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
10/12
07/12
COURS PRIME PREC.
LINGOT
35840
0
35820
10 FLORINS
214,9
-0,89
214,9
5 DOLLARS*
310
15,02
310
10 DOLLARS
595
10,38
595
20 DOLLARS
1178
9,23
1178
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1320
-1,79 1324,5
LATINE
208
-0,04
204
NAPOLEON
212,7
2,22
212,7
1/2 NAPOLEON* 115,9
11,4
115,9
SOUVERAIN ELI I* 269,7
2,8
269,7
SOUVERAIN
260
-0,9
260
1/2 SOUVERAIN* 141,5
7,87
134
SUISSE
212,7
2,22
209,9
TUNISIENNE*
213
2,36
205
MARK*
261,8
2,02
261,8
KRUGERRAND
1160
4,06
1160
LINGOTIN 500GRS 18150
1,28
17830
LINGOTIN 250GRS 9070
1,23
9040
LINGOTIN 100GRS 3655
1,98
3655
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
491,13
491,13
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
34 392
34 258
FIX2
34 771
34 143
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 186
22 320
FIX2
22 148
22 301
LONDON BULLION MARKET
10/12
07/12
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 453
1 457
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 245
1 243
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 234
1 208
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
786
789
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
10/12
DÉC. 18
14,53
JANV. 19
14,55
MARS 19
14,68
MAI 19
14,76
JUIL. 19
14,84
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
07/12
14,56
14,62
14,7
14,81
14,87
SETTLEMENT
10/12
DÉC. 18
1245,9
AVR. 19
1257,3
JUIN 19
1263,7
AOUT 19
1270,1
DÉC. 19
1282
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
DÉC. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
10/12
779,4
783,2
788,8
792,5
800
07/12
1249,4
1260,4
1266,3
1272,5
1285,1
SETTLEMENT
07/12
798,8
794,2
799,8
805,3
810,6
CATHODES : 5534 A COMPTER DU 10/12/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
633,65 DEPUIS LE 10/12
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 536,74 DEPUIS LE 10/12
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
545,55 DEPUIS LE 10/12
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
589,6 DEPUIS LE 10/12
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
719,92 DEPUIS LE 10/12
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
691,16 DEPUIS LE 10/12
LONDON METAL EXCHANGE
10/12
07/12
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1420-1430
1410-1420
12300
1400-1410
1410-1420
12300
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1961-1962
1958-1958,5
1042900
1943-1945
1941-1941,5
1043775
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
6172-6173
6162-6162,5
124450
6110-6112
6100-6102
124950
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
18925-18930
18850-18875
2865
18900-18950
18950-18990
2865
10810-10815
10910-10925
210870
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
10/12
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
10850-10855
10925-10930
210876
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1964-1965
1978-1980
104450
1946-1947
1960-1962
104550
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2708-2709
2621-2623
113125
2691-2692
2573-2574
111225
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
DÉC. 18
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
10/12
2,72
2,72
2,74
2,73
07/12
2,75
2,76
2,76
2,75
VOL
128
92
9
44883
BASE JAN 19
BASE FEB 19
POINTE JAN 19
POINTE FEB 19
10/12
62,95
63,06
70,42
70,07
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
10/12
19000
07/12
19020
VOL
CLÔTURE
07/12
40,69
46,28
CLÔTURE
07/12
62,95
63,06
70,42
70,07
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
10/12
52,65
52,83
52,9
52,98
53,1
07/12
53,3
53,58
53,83
54
54,13
380,5
355,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
64,21
70,76
439,5
407,5
63,09
68,93
424,5
392,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
10/12
19,77
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
07/12
28,95
29
29,35
GAZ NATUREL
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
10/12
4,59
4,46
4,2
CLÔTURE
VOL
07/12
4,5
4,39
4,16
CLÔTURE
07/12
22,72
VOL
VOL
10
3
3
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/12
DEC 2018 23,21
JAN 2019 23,37
FEV 2019 23,09
07/12
23,24
23,44
23,15
07/12
80,28
81,86
77,13
07/12
12,85
12,95
13,05
13,29
13,82
25163
9171
4748
2208
335
CLÔTURE
CLÔTURE
10/12
07/12
DÉC. 18
1548
1543
MARS 19 1639
1632
MAI 19
1656
1649
JUIL. 19
1664
1657
SEPT. 19
1672
1661
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
2165
9774
3746
3906
1440
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
10/12
2110
2210
2220
2244
2254
07/12
2135
2230
2235
2250
2259
VOL
12981
3667
820
488
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/12
331,9
338,7
346
07/12
332,3
339
345,9
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/12
07/12
JANV. 19 1523
1531
7164
MARS 19 1549
1553
10535
MAI 19
1560
1565
2275
JUIL. 19
1575
1581
483
SEPT. 19
1592
1598
220
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
7429
661
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
10/12
100,25
104,5
107,65
112,95
07/12
100
104
107,1
112,4
VOL
16
12517
4952
1345
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
10/12
07/12
112,45
115,7
VOL
112.45
VOL
463
183
3
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
5
198
9
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/12
170
173
177,35
VOL
07/12
169
172,5
176,5
93
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
150.6
LE 07/12//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.179
LE 07/12//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD :1.44375
LE 07/12//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.5425
LE 07/12//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
VOL
1289
72384
18772
SETTLEMENT SETTLEMENT
BETAILS
VOL
516
476
130
10/12
07/12
JANV. 19 10,61
10,75
MARS 19 10,8
10,95
MAI 19
10,99
11,25
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/12
07/12
DÉC. 18
375
373,75
MARS 19 385,5
385,25
MAI 19
392,75
392,5
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
VOL
CLÔTURE
88
1
10/12
07/12
JANV. 19 173,75
174
MARS 19 176
176,25
JUIN 19
179,5
180
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/12
07/12
DÉC. 18
522
519,5
MARS 19 526,25
531,25
MAI 19
531,75
536
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
10/12
12,72
12,81
12,92
13,14
13,69
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 101.75
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
VOL
VOL
COTON
10/12
79,74
81,62
78,81
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/12
07/12
MARS 19 203,75
203,75
12629
MAI 19
204,5
204,5
1658
SEPT. 19
189
189
839
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
10/12
07/12
DÉC. 18
287,25
279
MARS 19 289,75
287
MAI 19
290
288,25
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 87,25, LE 10/12//18
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
VOL
2603
1238
404
41
34
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
CLÔTURE
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 06/12/
Prix indicatif : 2178,88
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
10/12
28,95
29
29,35
CLÔTURE
10/12
07/12
MARS 19 343,2
346
MAI 19
348,2
352,3
AOUT 19 355,2
358,2
OCT. 19
358,7
362,4
DÉC. 19
362,6
367,4
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
CACAO
URANIUM
DÉC. 18
JANV. 19
MAI 19
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
VOL
07/12
18,55
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
10/12
07/12
FÉV. 19
562
578,5
40423
MARS 19 562,75
579,5
20551
AVR. 19
563
579,75
12160
MAI 19
563,5
581,25
11079
JUIL. 19
567,5
584,75
2506
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
392
367
SPOT
CÉRÉALES
13 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
533
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
10/12
07/12
JOUR
60,89
61,67
FÉV. 19
60,89
61,67
191840
MARS 19 60,99
61,85
92386
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
10/12
NORD DA 22,54
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
536
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
07/12
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8050
8050
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,3
4,3
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,35
1,35
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33
33
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,8
6,8
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,1
29,1
GERMANIUM (PAR KG)
1400
1400
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1905
1905
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
10/12
10/12
07/12
189,09
190,52
REUTERS COM. 2369,85
2364,56
MOODYS COM. 5700,21
5786,94
OR INDUSTRIEL 35393
35359
LMEX
2874,6
2898,3
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38 // FINANCE & MARCHES
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
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DES VALEURS
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LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
519,81 07/12
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
544,3
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
238,21 07/12
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
356,9
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
501,61 07/12
LU0188501257 PICTET-HEALTH
269,67 07/12
485,16 07/12
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
10/12
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
91,89 07/12
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
164,27 07/12
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
98,94 07/12
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
400,55 07/12
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
92,38 07/12
118,31 07/12
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
143,04 07/12
118,58 07/12
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
89,7
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
143,04 07/12
148,06 07/12
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
147,41 07/12
131,39 07/12
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
277,28 07/12
59,6
07/12
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
139,26 07/12
227,53 07/12
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
141,09 07/12
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
136,18 07/12
233,52 07/12
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
LU0256846139 PICTET-SECURITY
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94,18 07/12
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
673,88 07/12
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14501,15 07/12
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LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
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DIVIDENDE NET
EN EUROS**
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de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
323,33 07/12
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
79,54 07/12
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
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LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
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EN EUROS** VALOR.
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HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
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CLASSIFICATION
sicav//fcp
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294,52 07/12
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1031,63 07/12
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
154,83 07/12
LU0104884860 PICTET-WATER
287,23 07/12
07/12
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Christian
de Portzamparc,
sculpteur de villes
Voilà une « starchitecte »… et parmi les plus primées. Christian de Portzamparc vient de recevoir
le prix Preamium Impérial, mieux encore que le
Pritzker considéré comme le Nobel de l’architecture. Au Japon, où il est allé recevoir cette distinction pour sa contribution au monde des arts, il
était sans doute le moins connu des trois lauréats
français, entre l’actrice Catherine Deneuve et le
peintre Pierre Alechinsky. Mais c’est souvent le
cas… Le grand public connaît des architectes les
chantiers ruineux ou trop longs, mais oublie les
noms de ceux qui construisent les villes.
Rien ne dit pourtant quelles œuvres dureront
le plus, les films, les tableaux ou les bâtiments ?
Ceux de l’architecte marquent le paysage de
nombreuses métropoles… La Cité de la musique
à Paris, celle de Rio de Janeiro au Brésil, la
récente U Arena de Nanterre, bientôt deux opéras en Chine. L’architecte aime concevoir de belles boîtes à musique… Et des milliers de gens travaillent dans les tours qu’il a dessinées. Si sa
première construction en hauteur, en 1974, fut
un modeste château d’eau à Marne-la-Vallée,
végétalisé des décennies avant la mode, ses ambitions ont grimpé depuis, jusqu’au sommet de
tours à la Défense mais aussi à New York : sa One
57 est l’une des plus hautes tours de Manhattan.
A une époque où il est de bon ton de choisir le
ENTREPRISES
MONSTER
Ruth Cernes Fagebaume
est nommée directrice générale
de Monster France et Europe
du Sud.
Ruth Cernes Fagebaume, 43 ans,
ingénieure de formation, est également titulaire d’un master en
intelligence artificielle de l’Ecole
normale supérieure de Cachan et
d’un autre en stratégie d’entre-
Xavier Popy/RÉA
par Catherine Sabbah
@csabbah
bois et la récup, Christian de Portzamparc aime
le béton et ne s’en cache pas. Il assume aussi qu’on
le qualifie de sculpteur. Sa pratique remonte
loin : adolescent déjà, il s’exerçait à façonner des
briques. Ses façades sont rarement lisses, plutôt
accidentées par des angles saillants, des formes
prismatiques qui tranchent… « Les angles ne sont
pas là pour rien, à l’extérieur ils signifient quelque
chose d’impressionnant, de grand, à l’intérieur ils
démultiplient les vues par rapport à une surface
plane, ils dirigent la lumière et la manière dont elle
entre dans les pièces », explique-t-il.
Préserver l’air et la lumière
Formé aux Beaux-Arts, cet architecte né à Casablanca en 1944, où il construit aujourd’hui le
Grand Théâtre, s’est vite éloigné du modernisme.
« En privilégiant la fonction, les modernes ont
oublié les lieux et les ont beaucoup abîmés », dit-il.
Il s’attache à l’échelle, au paysage : sa première
réalisation, les Hautes Formes, proposait un
parti opposé au programme monolithique,
prévu dans le 13e arrondissement de Paris. Lui
recréait une place, des vides entre les immeubles
pour faire dialoguer l’architecture contemporaine avec la ville existante… A l’opposé, sa dernière commande est un centre culturel à Suzhou
en Chine, sur un site de 100.000 mètres carrés au
prise de l’université Paris-Daup h i n e . A p r è s avo i r œ u v r é à
l’étranger comme directrice des
alliances pour l’Europe, le
Moyen-Orient et l’Afrique de
Genesys, elle a travaillé sur des
missions de développement à
l’international pour des start-up
françaises et américaines, dont
RightNow Technologies, Jive
Software et Bonitasoft. Dernièrement, elle était directrice du développement international des activités cloud d’OVH.
bord d’un lac, dans un environnement urbain
récent et qui reste à créer. Ce grand huit dont la
toiture est aussi une promenade s’allonge sur
400 mètres. Un morceau de ville dans lequel
prendront place plusieurs musées, un opéra…
qui rappelle que l’architecte est aussi urbaniste.
Loin de ce genre de méga projets, il a théorisé
dans les années 1980 « l’îlot ouvert », une forme
d’aménagement entre l’îlot haussmannien
refermé sur lui-même et les blocs discontinus
des grands ensembles. Ce plan prend en compte
les vides et les pleins, laissant passer l’air et la
lumière malgré une forte densité dans les étages.
A la tête d’une agence de 100 personnes, très
petite pour concurrencer d’autres stars de
l’architecture américaines ou anglaises, il a laissé
sa particule pour partager la structure
2Portzamparc avec son associée et épouse brésilienne, Elizabeth, elle aussi architecte. Souvent
vêtu d’un costume sombre et d’une chemise
blanche, plutôt discret, il est récemment sorti du
silence pour défendre les concours que la loi Elan
sur le logement a fini par supprimer pour les
logements sociaux. « Le monde entier nous envie
ce système des concours qui donne envie de se
dépasser et permet à des jeunes de se faire une
place. Le secteur public les a inventés, les privés ont
suivi, il ne faut pas faire le chemin inverse », dit
celui qui a connu tous les types de montages :
grands chantiers dont les coûts dérapent, clients
exigeants mais généreux, partenariat publicprivé où l’entreprise est maître à bord.
Christian de Portzamparc regrette de ne pas
avoir construit de maison : « J’ai commencé un
chantier avec un couple à Tel-Aviv, puis arrêté, car
concevoir un logement pour des clients particuliers
tournait à la psychanalyse, la leur, et peut-être la
mienne », sourit-il. Il a néanmoins découvert
récemment, et pour la première fois, les vrais
futurs habitants des logements qu’il conçoit à
New York. Le promoteur lui a demandé de donner de sa personne pour stimuler les ventes à
quelques millions de dollars. « Dans la même
tour, il y a aussi des logements abordables », rassure l’architecte, qui n’a pas détesté, le temps
d’une journée, animer le bureau de vente. n
ATOS
Alexandre Menais
devient secrétaire général
du groupe, membre du comité
exécutif.
Alexandre Menais, 46 ans,
diplômé en droit de l’université
de Strasbourg, titulaire d’un MBA
à HEC, conserve la responsabilité
des fusions-acquisitions, ainsi
que du département juridique,
conformité et gestion des contrats. Il a notamment exercé en
cabinet chez Hogan Lovells et en
qualité de directeur juridique
chez eBay et Accenture. Il avait
rejoint Atos en 2011 en tant que
directeur juridique groupe.
UBS LA MAISON DE GESTION
Johann Rivalland
est le nouveau directeur
général délégué. A ce titre,
il rejoint le comité exécutif.
Johann Rivalland, 38 ans, ancien
élève de l’Ecole polytechnique et
de l’Ensae, a d’abord travaillé au
sein de banques d’investissement,
comme CM-CIC, BNP Paribas et
Credit Suisse à différentes fonctions de trading, de structuration
et de vente. En 2011, il a rejoint
UBS France en tant que responsable de l’équipe de vente de produits structurés, avant d’assurer,
entre 2014 et 2017, la direction des
équipes actions au sein de la salle
de marchés parisienne. Il a également participé au rapprochement entre UBS Asset Management France et Ocea Gestion.
TH REAL ESTATE
Luc Merigneux
rejoint TH Real Estate France
en tant que directeur
des investissements.
Luc Merigneux, 35 ans, est titulaire
d’un Desup en immobilier d’entreprise à la Sorbonne et d’un master
en droit de l’urbanisme et de la
construction. Il a notamment été
transactions manager pour Covéa
Immobilier en 2010, puis pour
AXA IM Real Assets entre 2014
et 2018. Récemment, il était investment manager chez Freo France.
ERAMET
Léod-Paul Batolo
deviendra administrateur
directeur général de Comilog
le 1er janvier 2019.
Léod-Paul Batolo, 53 ans, ingénieur diplômé de l’Ecole polytechnique de Masuku (Gabon) et
docteur en mécanique des fluides, a débuté chez Comilog (au
Gabon) en 1997. Il est devenu chef
de projet à Eramet Ingénierie en
2000, puis à la SLN en 2005. En
2 0 0 8 , i l a r e t r o u vé C o m i l o g
Gabon en tant que chef du département ingénierie – adjoint au
directeur des affaires industrielles. Il a ensuite pris la direction du
complexe industriel de Moanda
e n 2 0 1 1 a v a n t d ’ê t r e p r o m u
adjoint au directeur général de
Comilog en 2016.
PRIX
PRIX FELIX CENTRALIEN LEADER 2018
Bernard Liautaud
se verra remettre ce mardi des
mains de Benoit Potier, PDG d’Air
Liquide et lauréat 2017, ce prix
décerné par l’Association des
Centraliens et qui récompense
un diplômé de l’école reconnu.
Bernard Liautaud, 56 ans, diplômé
de Centrale Paris en 1984, fut notamment le cofondateur et le PDG de
Business Objects. Il est le managing
partner de Balderton Capital.
ILS SONT NÉS
UN 11 DÉCEMBRE
Martin Ajdari, directeur
général des Médias et des
industries culturelles, 50 ans.
Gérard Atlan, bijoutier, 79 ans.
Jean-Claude Boulet,
publicitaire, ex-PDG de
l’agence Boulet Dru Dupuy
Petit (BDDP), 77 ans.
Patrick Braouezec,
ex-député-maire
de Saint-Denis, président
de Plaine Commune, 68 ans.
Philippe Carillon, PDG de
LexisNexis EMEA, 49 ans.
Anne Caron, présidente
de la Maison Caron, 46 ans.
Didier Desert, ex-associé chez
EY, restaurateur, propriétaire
de l’Ambassade d’Auvergne
à Paris, 55 ans.
Nancy Holloway, chanteuse,
86 ans.
Thierry Jadot, président de
Dentsu Aegis Network, 55 ans.
John Kerry, ancien secrétaire
d’Etat américain, 75 ans.
Eddie Misrahi, chairman et
CEO d’Apax Partners, 64 ans.
Ludovic Morlot, chef
d’orchestre, 45 ans.
Yves Poilane, directeur de
Telecom ParisTech, 59 ans.
Bérénice Ravache, directrice
de FIP, 37 ans.
Cécile Réinaud, styliste,
directrice générale
de Séraphine, 45 ans.
Marc Schuller, président
de l’EPCA, directeur général
chez Arkema, 58 ans.
Albert Saporta, ex-PDG
de Stallergenes, 69 ans.
Jean-Louis Trintignant,
artiste dramatique, 88 ans.
,
Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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Mardi 11 décembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Nissan ressortira éclaboussé
par l’affaire Ghosn.
L’INVITÉE
DES « ÉCHOS »
« Il faut commencer par se corriger soi-même avant de vouloir corriger les
autres. » Qualcomm va pouvoir méditer la sagesse confucéenne après la
victoire judiciaire à la Pyrrhus qu’il vient de remporter devant les tribunaux
de la République populaire contre Apple. Le plus chinois des fabricants
américains de semi-conducteurs par la proportion du chiffre d’affaires qu’il
réalise dans l’ex-empire du Milieu (soit environ les deux tiers) n’est pas rancunier : la lenteur de sa police de la concurrence lui a fait abandonner l’été
dernier une acquisition à 44 milliards de dollars, celle du néerlandais NXP,
qui devait l’aider à prendre le virage stratégique de l’Internet des objets. Le
californien n’en a pas moins confié, fin 2017, à la justice chinoise le soin de
trancher son litige avec Apple. C’était certes avant les premières escarmouches de guerre commerciale entre Donald Trump et Xi Jinping, mais on
imagine les délices des juges de Fuzhou, au sud de Shanghai, à départager
un conflit de propriété intellectuelle entre deux icônes de la high-tech américaine. Le résultat ne fera que confirmer ce que pressentent les actionnaires de la firme de San Diego, à travers sa sous-performance en Bourse de
54 % sur ses pairs des semi-conducteurs depuis deux ans. Aussi trompeuse
qu’une ombre chinoise, l’injonction préliminaire, si elle donne raison à
Qualcomm sur la violation de deux brevets, n’empêchera pas Apple de
commercialiser toute sa gamme d’iPhone à partir du moment où ils sont
mis à jour vers iOS 12. Ce jugement symbolise à lui seul la stérilité du combat juridique mené par le spécialiste des puces, qui gagnerait à signer la
paix avec ses clients pour se concentrer sur sa diversification.
« Les Echos »
+
Panneaux et paravents
Nathalie Collin
DG adjointe de La Poste
NOËL « Environ 37 millions de Français font des achats
sur Internet. Une des journées les plus élevées est prévue
à 2,8 millions de colis : une croissance extrêmement
importante. Nous mettons des moyens : nous avons pris
3.000 CDD, 500 camions supplémentaires… »
« GILETS JAUNES » « Il y a bien sûr des difficultés de circulation, comme pour tout le monde. Encore une fois, nous mettons les moyens pour contourner ou surmonter ces difficultés
qui peuvent entraîner un certain nombre de retards. Notre
objectif est que tout soit livré avant Noël. A Noël, deux colis sur
trois vont être livrés par le groupe La Poste. »
DONNÉES DE SANTÉ « La Poste a une position historique de
tiers de confiance : les postières et les postiers font le serment
d’assurer la confidentialité des données qui leur sont confiées.
Nous avons étendu cette position de tiers de confiance
à la santé. Nous travaillons pour le compte de l’ordre des
pharmaciens depuis des années, et nous allons poursuivre cet
effort, en développant notre application La Poste eSanté, afin
d’accompagner les Français dans le stockage de leurs analyses
médicales, pour ne pas avoir besoin de les refaire
par exemple. C’est le rôle de La Poste d’apporter ces grands
services B to B à la totalité de la population. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Eramet 22, 32
Facebook 24, 25
Fosun 30
Geely 29
GenOway 28
Gobble 23
Google 24, 25
GoPro 25
Groupe Duo 28
Hasbro France 19
Hardware Club 26
Home Chef 23
Innov’ATM 28
ISS 17
King Jouet 19
Kraft Heinz 23
Krauss-Maffei
Wegmann 20
Locasun 19
Lockheed Martin 20
L’Oréal 32
Meituan 30
Mobility 18
Napoleon AM 32
Napoleon Crypto 32
« Nous sommes tous Carlos Ghosn. » La campagne d’affichage est libanaise,
l’opprobre demeure japonais. S’il y a aujourd’hui quelqu’un qui souhaite à
tout prix se démarquer du PDG de Renault, c’est bien son numéro 2 chez Nissan et Brutus désigné, Hiroto Saikawa. Qu’il ait fait ou non tomber son patron dans le panneau judiciaire pour éviter de se faire lui-même limoger
pour performance insuffisante, comme l’affirme le « Wall Street Journal », le
directeur général du constructeur nippon ne peut plus se cacher derrière le
paravent de la tromperie. Nissan, officiellement inculpé, lundi, comme Carlos Ghosn, de dissimulation de revenus dans les rapports financiers transmis aux autorités boursières tokyoïtes, s’expose dans cette affaire non seulement à une amende se chiffrant en dizaines de millions de dollars mais aussi
à la remise à plat d’une gouvernance totalement défaillante à tous ses étages
depuis des décennies. Si Saikawa peut incriminer la « concentration des pouvoirs » entre les mains du sauveur de Nissan dans le retard du groupe à nommer des administrateurs indépendants ou dans l’absence d’un comité des rémunérations, les tricheries répétées sur les contrôles de qualité et les inspections dans les usines, apparemment chroniques malgré les mesures prises
depuis un an, montrent que le problème est ancien et profondément enraciné dans une culture d’entreprise à refondre. Un vétéran avec quarante et un
ans de maison comme Saikawa est-il le plus légitime pour le « job » ?
Masayoshi Son a placé haut la main
sa filiale de téléphonie SoftBank.
Ombre chinoise
Natup 28
Neoen 30
Nestlé 23
Nexter 20
Pariès 27
Peugeot 32
QC Terme 23
Qualcomm 17
Renault 32
Rheinmetall 20
Sanofi 32
Siemens, 30
Société Générale 32
Sodexo 32
Suez 22
TechnipFMC 32
Tencent 30
Thales 20
Toys“R”Us 19
Valeo 32
Xiaomi 30
YouTube 24, 25
Il y a toujours une vie après la mort, du moins à la Bourse. Lorsqu’il s’est
hissé à 1.911 yen fin janvier dernier, l’indice Topix du marché japonais
n’a pas battu son record historique, restant même un tiers en dessous
de son sommet de 1989. A l’époque, Masayoshi Son avait déjà créé SoftBank, un simple distributeur informatique, sans être encore devenu
la superstar nippone de la téléphonie mobile et des investissements dans
les pépites de l’Internet (Yahoo! puis Alibaba). Mais les générations d’épargnants qui ont tourné la page du krach immobilier demeurent assoiffées
de rendement, vu les taux obligataires faméliques. En appuyant sur cette
touche sensible, le « Xavier Niel japonais » a réussi son pari de placer
à Tokyo sa filiale télécoms SoftBank Corp. (un rendement de 5 %).
L’« initial public offering » (à 23,6 milliards de dollars) n’est devancée
que par celle d’Alibaba à New York (25 milliards). Le prix indicatif n’était
pourtant pas donné, vu la guerre des prix qui menace. Comme l’espérait
la brochette de banques placeuses, la communication est bien passée avec
les particuliers sollicités jusqu’à la télévision, tandis que la taille imposante
de l’émetteur incitera de nombreux institutionnels à le mettre en portefeuille. Une panne de réseau et la dégringolade de Wall Street n’ont même
pas dissuadé le self-made-man d’origine coréenne de maintenir le prix
de vente indicatif. Soit il croit que sa « baraka » légendaire l’emportera,
soit il pense que les petits porteurs prennent plus volontiers leurs bénéfices
que leurs pertes. Soit même les deux.
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LES ENTREPRISES CITÉES
2CSRI 30
Agence en Place 23
Air France-KLM 32
Air Liquide 29
Alibaba 30
Amazon 19
Apple 17
Atelier Tuffery 27
Autodis 30
B&B Hotels 19
Baidu 30
Blue Apron 23
BNP Paribas 29
Bouygues Telecom 25
Carrefour 32
Castor & Pollux 28
Cellnex 25
China Tower 30
Club Med 30
Conagra 23
Consolis 30
Crédit Agricole 32
Delachaux 30
Early Metrics 26
Engie 22
crible
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Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 10 DÉCEMBRE 2018 : 91.695 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de membre ACPM OJD CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle, est
interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 12 pages « Les Echos Start »
L
Laurent Berger
a mode est à l’expert autoproclamé. Loin d’essayer de calmer le
jeu, celui-ci se plaît à l’envenimer.
La pige à BFM TV est-elle si grasse ? Dans
ce monde-là, un peu débectant il faut le
dire, la CFDT conserve son secret de
fabrication de leaders non démagogues.
Souvenez-vous d’Edmond Maire, Nicole
Notat, François Chérèque. Laurent Berger reste dans leur sillage. « L’incarnation d’une CFDT forte mais paisible », dit
de lui Raymond Soubie. Comme ses prédécesseurs, l’actuel secrétaire général de
la CFDT n’oublie pas que c’est l’entreprise
qui crée l’emploi et qu’elle doit être juste.
Hasard du calendrier, dans la poignée de
ceux qui aujourd’hui s’efforcent d’appeler à la raison, on trouve Daniel CohnBendit celui qui fit sa gloire en 1968,
l’année de la naissance de Laurent Berger. André Santini, le maire d’Issy-lesMoulineaux, est une sorte de prix Nobel
de la formule politique. Qui d’autre eut
pu dire au lendemain des obsèques de
François Mitterrand : « Je ne me souviens
pas qu’on en ait fait autant pour Giscard » ? A soixante-dix-huit ans, Santini
a toujours le mot juste : « Jupiter c’est
bien, mais terre à terre, c’est mieux. »
Le secrétaire général de la CFDT ne dit
pas autre chose au chef de l’Etat lorsqu’il
l’appelle à plus d’« empathie », à comprendre « qu’il y a dans notre pays des
gens qui ont besoin d’être écoutés ».
Emmanuel Macron aurait surtout dû
éviter de prendre le rond-point à contresens et écouter Laurent Berger lorsque
celui-ci lui proposait une méthode, un
« pacte social de la conversion écologique ». Pour une fois qu’il y en a un qui ne
hurle pas « Macron, démission » ! Tout
n’est pas perdu, c’est Berger qui le dit : « Il
est encore temps de rectifier le tir. »
(
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MARDI 11 DÉCEMBRE 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22842 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
Les 10 voyages
pour booster votre CV
Du projet étudiant au service volontaire européen,
en passant par le WWOOfing, chacun sa formule.
Des jeunes partis découvrir
le monde racontent
comment ils ont valorisé
leur expérience.
Des infos pratiques
et des regards d’experts
PP. 9-11
Discriminations :
11 graphes pour dresser
un état des lieux et agir
PP. 6-7
TESTING : LA VÉRITÉ SUR LES DISCRIMINATIONS
À L’EMBAUCHE SELON « L’ORIGINE »
A compétences égales, la consonnance des nom et prénom
marque une différence d’intérêt des recruteurs
LE
POSTER
Photo et illustrations : Shutterstock
Candidature « hexagonale »
sélectionnée dans
47
%
des cas
Entreprises
s
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l
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c
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p
u
t
r
a
st
Le
défi de la
diversité
Repérer les employeurs qui jouent le jeu
Les programmes d’accompagnement
de la French Tech
Les grandes écoles qui misent
sur l’égalité des chances
Fiction : les séries qui dénoncent
la discrimination ordinaire
PP. 2-5
Candidature
« maghrébine »
sélectionnée dans
36
%
des cas
Source : Dares, 2016
L’ÉDITO de Julia Lemarchand
L’inclusion, plus qu’un mot à la mode
Ecole inclusive,
entreprise inclusive,
écosystème start-up
inclusif, mais aussi
ville inclusive, écriture inclusive,
inclusion numérique, économique
ou sociale… Difficile d’échapper
au phénomène. L’inclusion
serait-elle une nouvelle musique
de fond pour masquer l’échec
de la notion d’intégration, des
catégorisations et la stagnation
des inégalités ?
Le changement de paradigme
en tout cas est net : les
Millennials ne veulent plus
taire mais revendiquent voire
célébrent leurs différences.
Pour s’en convaincre, il suffit
de regarder l’industrie du luxe
et de la mode – temple de
l’exclusif – courir après ces
derniers, en affichant dans ses
campagnes comme sur les
podiums de ses défilés cette
nouvelle éthique esthétique de
la diversité.
A travers ce mouvement
sociétal, la norme et l’entre-soi
deviennent caduques.
L’inclusion, c’est accepter que
rien ne soit figé. Sur le papier,
l’entreprise a tout à y gagner.
Une étude du BCG (voir pp. 6-7)
confirme cette intuition : la part
du chiffre d’affaires réalisé
grâce à l’innovation (entendez
nouveaux produits et services)
est quasiment deux fois plus
importante dans les entreprises
où la diversité du management
est plus élevée que chez les
employeurs les moins inclusifs
(45 % versus 24 %). Collaborer
avec l’autre, sans vouloir lui
ressembler, apporter sa
singularité, sans l’essentialiser :
une évidence pour la nouvelle
génération, une gageure pour
l’entreprise et la société
marquées par des résistances
encore tenaces à une culture
plus inclusive.
Pour l’anthropologue Charles
Gardou, auteur de « La société
inclusive, parlons-en ! »,
« la transformation des esprits
et des pratiques prendra du
temps, mais la nécessité est là.
La vie de la Cité ne peut se jouer
à huis clos. Chacun a le droit
inaliénable d’y prendre part,
toute sa part ». Une promesse
à laquelle il est difficile de ne pas
se rallier.
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2 // LESECHOSSTART.FR
Mardi 11 décembre 2018
PAVÉ DANS LA MARE
Help, mon entreprise
SOLUTIONS // Absence de candidats qualifiés ou discrimination inconsciente, les raisons sont multiples pour expli
Comment faire bouger les lignes et repérer les employeurs vertueux ?
Florent Vairet
M
ais où se cache la diversité
sociale ? Depuis vingt ans, elle
est au cœur des discussions mais
à regarder les entreprises
françaises de plus près, on pourrait bien
en parler encore quelques années. La
discrimination à l’embauche reste une réalité.
En 2015, l’Institut Montaigne a mesuré qu’à
compétences égales, votre nom et votre
origine peuvent vous obliger à envoyer quatre
fois plus de CV pour décrocher un entretien.
Résultat : les jeunes diplômés issus de
l’immigration, des quartiers populaires, mais
aussi des milieux ruraux se trouvent sur un
chemin vers l’emploi semé d’embûches.
Rappelons que le taux de chômage des bac+2
et plus dans les quartiers dits « prioritaires »
est presque trois fois supérieur à celui des
grandes villes, selon une étude de
l’Observatoire national de la politique de la
ville, publiée en 2016. chiffres ne signifient pas
cependant que rien ne bouge. Des solutions
sont de plus en plus testées en entreprise.
Cibler les recruteurs qui jouent le jeu
 Les chartes
Il existe également des chartes qui visent
à encourager les entreprises à s’engager.
Le fait de la signer montre une volonté de
l’employeur. On peut citer la Charte de la
diversité, qui rassemble 3.800 organisations,
ou celle de L’Autre Cercle en faveur des LGBT,
qui en compte plus d’une centaine.
 Les labels
Des labels « diversité » peuvent aussi attester
des bonnes pratiques – cette fois – déjà mises
en œuvre. L’Afnor, organisme de certification,
a développé le sien. Parmi les critères de
labellisation, figure la mise en place d’une
analyse des risques liés à la discrimination, d’une
cellule d’écoute, d’une communication externe
ou encore d’une évaluation de la politique
menée. Un bon moyen de savoir si votre (futur)
employeur a mis en action ses engagements.
 Les partenariats
Autre piste : repérer les éventuels
rapprochements que les entreprises ont pu
réaliser avec des associations ou des
missions locales. C’est ce qu’a mis en œuvre
Abdeslam Koulouh, diplômé des Arts et
Métiers et de Neoma Business School. Il a
d’abord choisi d’implanter son entreprise de
services en ingénierie Tisea à Colombes (92)
d’où il est originaire. Son équipe est engagée
auprès d’acteurs locaux et nationaux comme
Mozaik RH et l’Institut Télémaque pour
accompagner vers l’emploi des jeunes
issus de la diversité. « Nous les invitons
dès le collège à découvrir notre entreprise,
par des stages, puis, plus tard, par des
contrats d’apprentissage », confie le jeune
dirigeant. Aujourd’hui, pour lui aussi,
70 % de ses salariés sont issus des QPV alors
que ce patron peinait à en recruter dans
les premières années de l’entreprise.
Shutterstock
 Les prix
Saïd Hammouche, président-fondateur de
Mozaïk RH, préfère voir le verre à moitié plein :
« Ces dernières années, j’ai l’impression qu’il
y a du mieux. » Le 27 novembre dernier,
la fondation de son cabinet de recrutement
spécialisé dans la promotion de la diversité
sociale a décerné ses trophées à 10 entreprises,
des grands groupes comme des PME.
Dans la première catégorie, Suez, par exemple,
a été récompensé pour son initiative
La Maison pour rebondir, qui met en relation
collectivités, acteurs de l’insertion et
entrepreneurs des nouvelles économies
locales. Autre acteur exemplaire : House Eco,
une PME qui a créé en interne sa propre école
pour former des commerciaux, et dont le
recrutement n’est pas fondé sur les diplômes
mais sur la motivation. Résultat : 70 % de ses
salariés sont issus des quartiers prioritaires de
la ville (QPV). Une entreprise qui reçoit un prix
de la diversité est un bon indice pour les
candidats qui souhaitent rejoindre un
employeur proactif sur ces sujets.
Mentoring : rustine ou vrai outil
de promotion sociale ?
À NOTER
Grâce à la plate-forme
de recrutement
Diversifiezvostalents.com
lancée par Mozaïk RH,
les candidats n’ont
plus besoin de CV.
Ils passent un test
de personnalité
de 40 minutes qui
détermine leurs
compétences. Ensuite,
un algorithme fait
matcher talents et
recruteurs, sans risque
de discrimination.
« La discrimination sociale est avant tout
indirecte », rappelle Jacques Galvani, président
du Club XXIe Siècle, une association qui
rassemble des profils exemplaires issus de
la diversité. Bien souvent, les recruteurs ont
des exigences standardisées, et peuvent être
décontenancés par des candidats ne
maîtrisant pas les codes de l’entreprise. Pour
combler ce handicap, tous les spécialistes sont
unanimes : le mentoring est la solution la plus
efficace pour accéder à l’emploi et booster
une carrière. Aussi appelé « parrainage »,
ce dispositif vient donner aux jeunes les codes
que les familles n’ont pas pu leur transmettre.
Depuis 2006, l’association Nos Quartiers ont
des talents (NQT) a accompagné 44.000 jeunes
grâce à 650 entreprises partenaires, qui mettent
à disposition des cadres pour devenir parrain.
Diplômée d’un master 2 en RSE et
environnement, Annabelle a bénéficié de ce
type de soutien grâce à l’association Article 1.
Du côté de son père, ils sont agriculteurs
en Dordogne depuis trois générations.
Côté maternel, c’est plutôt travail à la chaîne
à l’usine. « Dans les campagnes françaises, les
perspectives d’avenir professionnel sont limitées.
Moins d’outils d’information, moins de stages
à disposition, moins d’entreprises qui
recrutent », explique cette jeune mentorée.
« Surtout, le parrain redonne confiance en soi »,
insiste Jean-Jacques Blanc, directeur général
de NQT. Les mentors ne reçoivent aucune
consigne d’embauche, mais dans les faits, 10 %
des jeunes sont recrutés dans leur entreprise.
« Ces cadres deviennent le premier réseau des
mentorés. »
Rejoindre un club, est-ce si efficace ?
« Oui, sans nul doute », affirme Abdeslam
Koulouh de Tisea. Encore faut-il oser toquer
à leurs portes et que les réseaux soient plus
ouverts aux parcours atypiques. « Je suis dans
beaucoup de réseaux mais je suis très souvent
le seul issu de la diversité », regrette-t-il, tout en
admettant que ces structures lui ont beaucoup
apporté. Pour lui, il serait essentiel que chaque
quartier créé son propre réseau. « Ces
microréseaux feraient émerger des potentiels
non détectés », et permettraient de faire
rayonner à plus grande échelle les role models.
L’alternance, un compromis gagnant ?
Taux de succès élevé garanti ! L’alternance
pousse les entreprises à se tourner vers des
candidats qu’elles n’auraient pas
naturellement sélectionnés. Pourquoi ?
Car les risques liés à l’alternance sont limités.
A moindre coût, l’entreprise teste un jeune
sur la durée et ce dernier prend place dans
l’organisation. « L’alternance aide à lever
les tabous liés aux profils sur lesquels
se portent nombre de préjugés », témoigne
Abdeslam Koulouh. Dans son entreprise,
10 % des employés sont recrutés
en alternance, de l’ingénieur au jeune
sans diplôme. Surtout, 9 alternances sur 10
se transforment en embauche. Une formule
gagnant-gagnant puisque le jeune voit
ses frais de scolarité pris en charge tout
en bénéficiant d’une rémunération.
Les managers diversité n’ont pas dit
PIONNIERS // Perçue comme non prioritaire, objectif insaisissable, contenu incertain…
et la sensibilisation des employés à la diversité ne sont pas un long fleuve tranquille.
Clara LeStum
R
esponsable diversité, manager
de la diversité, chargé de mission
diversité… à chaque entreprise son
titre. Au total, LinkedIn en compte
un petit millier en France. C’est à la fois
beaucoup et peu pour une fonction apparue
il y a quinze ans en France, au moment de la
création de la Halde* en 2014, et dans un
contexte d’émeutes des banlieues en 2005.
L’enjeu d’un tel poste : prévenir les risques
juridiques, financiers et d’image. Pour les
pionniers recrutés en interne dans des grands
groupes comme L’Oréal ou Orange, il y avait
tout à inventer. Trois sujets dominent
(encore aujourd’hui) : l’égalité homme/
femme, le handicap et l’intergénérationnel.
Un quatrième axe plus touchy, et vu
davantage comme un critère de
différenciation par rapport aux concurrents,
regroupe les sujets LGBT, lutte contre le
racisme et discriminations selon l’origine
sociale ou ethnique. « Beaucoup de
précurseurs pensaient que la profession allait
disparaître, faute de moyens, ou se diluer dans
la fonction RH. C’est l’inverse qui s’est passé,
elle s’est institutionnalisée », constate
Dorothée Prud’homme, responsable des
études au sein de L’Association française des
managers de la diversité. Une fiche de poste
avec des missions cadrées, des process
standardisés, de la gestion courante…
Tout cela ne ressemble plus à l’accélérateur
de carrière que fut au début la fonction,
même si demeurent les promesses statutaires
(proximité avec la direction, visibilité en
interne et en externe, rémunérations
confortables entre 50 et 80.000 euros**).
La profession s’est d’ailleurs fortement
rajeunie et féminisée.
« Chez les jeunes, la diversité
est déjà intégrée »
Pour autant, les obstacles sont loin d’avoir
été levés. « La caractéristique de notre métier,
c’est de travailler autour des thématiques
sur lesquelles tout le monde a un avis. Il faut
accepter le fait que l’on avance doucement,
et convaincre que diversité rime bien avec
performance et business », témoigne Christine
Bruhat, responsable diversité depuis cinq ans
au sein de Renault. A ses côtés, seulement une
personne en CDI, et bientôt deux alternants,
pour un groupe de 180.000 salariés. Des
moyens très modestes qui nécessitent un fort
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LESECHOSSTART.FR // 3
Mardi 11 décembre 2018
manque de diversité
quer le manque de jeunes issus des milieux défavorisés présents au sein des entreprises.
Le CV anonyme est-il mort ?
« Une grande erreur… Ce ne serait que décaler
le problème… Cacher, c’est dépassé… »
Le CV anonyme ne convainc pas les
recruteurs, ni les politiques qui semblent
l’avoir définitivement enterré. Pourtant
rendu obligatoire par une loi de 2006 pour
les entreprises de plus de 50 employés, le
CVA n’a jamais été mis en place, faute de
décret précisant ses modalités d’application.
Beaucoup de recruteurs s’accordent
aujourd’hui à dire qu’il vaut mieux hisser
le candidat au niveau des autres plutôt
que de masquer son identité. Caroline
Guillaumin, la DRH de Société Générale,
fait exception. « Je suis très favorable au CV
anonyme. Quoi qu’on en dise, les recruteurs
ont des biais. Plus on met d’indications,
plus ils ont tendance à focaliser leur attention
sur le diplôme ou l’adresse de résidence. »
Quotas en entreprise :
bonne ou mauvaise idée ?
Mettre en place des quotas pose
inévitablement la question des critères à
retenir, les statistiques ethniques étant
interdites en France. Alors, le lieu
d’habitation, les revenus des parents… ?
Saïd Hammouche balaie ces considérations
d’un revers de main. « Les quotas sont une
très mauvaise idée. Je ne veux pas être recruté
parce que je viens d’un milieu modeste. »
Pour contourner ce risque de suspicion,
le fondateur de Mozaïk RH propose plutôt
des objectifs d’embauche. « Par exemple,
l’entreprise se fixe l’objectif de réaliser
10 % de ses recrutements dans les QPV.
Et si elle n’y parvient pas, elle doit se poser
des questions sur ses méthodes. »
Pour d’autres spécialistes, les recruteurs
doivent mettre l’accent sur la diversité
des parcours. C’est précisément l’ambition
de l’opération Phénix, lancée en 2007,
par le cabinet PwC et auquel s’est joint
depuis une petite dizaine de groupes
(L’Oréal, Vinci, HSBC…). Le programme aide
à l’insertion professionnelle de jeunes
diplômés universitaires, principalement
en lettres et sciences humaines, en leur
offrant une année d’alternance pour se
reconvertir vers des métiers de l’audit,
de la finance, ou encore du marketing et
de la communication, généralement
réservés à des profils écoles de commerce
et d’ingénieurs. Des cursus très sélectifs
socialement, lorsque l’on sait que les classes
prépas comptent seulement 6 % d’enfants
d’ouvrier contre la moitié d’enfants de cadre.
Seulement 270 jeunes ont été recrutés
en dix ans à travers l’opération Phénix,
qui aimerait changer d’échelle en déclinant
son programme en régions. n
Comment se débarrasser
du syndrome de l’imposteur ?
Le chiffre
Fabiola Dor
C’EST LE NOMBRE
D’ÉCOLES
SPÉCIALISÉES en
intelligence artificielle
que Microsoft va
ouvrir en France
d’ici à la fin de 2019.
Créées en partenariat
avec Simplon, ces
écoles de la seconde
chance accueilleront
200 étudiants, dont
environ 25 % issus
des QPV.
leur dernier mot
La lutte contre les discriminations
investissement personnel. « On en fait beaucoup,
mais ce ne sera jamais assez », explique la manager,
qui s’apprête à lancer début 2019 un serious
game spécial diversité pour aider les employés
à repérer les situations professionnelles
discriminatoires, et savoir quelles attitudes
adopter. Malgré l’ampleur de la tâche, les
responsables diversité se veulent optimistes.
Katherine Schminke, responsable diversité de
Sanofi France, en est convaincue : « Pour les
nouvelles générations, la diversité n’est plus un
sujet, elle est déjà intégrée. » Voilà un soutien
bienvenu pour ces professionnels qui ont encore
dû mal à être audibles face à l’opérationnel. n
* La Haute Autorité de lutte contre les discriminations
et pour l’égalité a été dissoute en 2011 et ses missions
transférées au défenseur des Droits.
** « La fonction diversité. Enjeux, compétences et trajectoires »
de Laure Bereni, Dorothée Prud’homme avec Anaïs Coulon.
FAIRE SON TROU // Pas toujours évident de jongler
entre ses origines, sa propre identité et les milieux
professionnels très standardisés. Pour ne pas finir
schizophrène, suivez le guide !
Apprendre
à lâcher prise
« Dès mon arrivée à l’université à Lyon, j’ai
ressenti un décalage par rapport aux autres
étudiants. Pour éviter d’être stigmatisée, je
n’osais pas dire que je venais d’un quartier »,
se souvient Amina Sellik. Cette jeune
ingénieure de 27 ans a grandi à Rive-de-Gier,
une petite commune dans la Loire.
Apprendre à assumer d’où elle vient lui a
pris du temps. « Pendant pas mal d’années,
j’avais un comportement schizophrène :
j’avais un comportement au boulot
et un autre au quartier, avoue la jeune
femme, membre de Nos Quartiers ont du
talent (NQT). « J’étais aussi partagée entre
plusieurs sentiments : la colère, l’injustice…
et en même temps, j’avais la niaque de
montrer que je suis brillante. » La jeune
chimiste, qui a travaillé en laboratoire et
dans l’enseignement, comprend au fil du
temps qu’elle ne veut « plus être un portedrapeau des quartiers ». Pas facile de lâcher
prise. Pour dépasser le sentiment
de culpabilité, Chloé Planchon, coach
et psychologue invite à s’interroger :
« Comment je peux rester moi-même
et évoluer dans mes études ou dans ma
carrière ? Comment je me positionne dans
cet environnement qui n’est pas le mien ? »
Adopter la « stratégie
du caméléon »
Toutes ces questions, Anthony Bakkine,
fondateur des Diversidays, se les est posées.
Après cet exercice d’introspection, il a opté
pour la « stratégie du caméléon » !
« Au début, c’était difficile de switcher
des quartiers à l’open space léché des grands
groupes », explique l’homme de 31 ans,
qui a travaillé dans la pub avant de se lancer
dans l’entrepreneuriat. « Mais, s’adapter
ne veut pas dire être malhonnête. Bien
au contraire, cela montre notre capacité
à évoluer », revendique-t-il.
Un point de vue que partage Fanny Auger,
directrice de The School of Life Paris,
une école qui propose d’apprendre à de
grands élèves les petites choses de la vie,
notamment tout ce qui tourne autour de
l’intelligence émotionnelle. Pour elle,
« cette agilité est une force, un sacré atout
à valoriser auprès des recruteurs ! »
Prendre du recul
Les voyages peuvent être aussi salvateurs
car ils obligent une mise à distance.
L’expérience multiculturelle rend plus fort,
et permet de mieux se connaître, assure
Fanny Auger, dont l’expatriation à Dubaï
a permis de faire sauter quelques verrous.
« Mon expatriation à Dubai m’a décomplexée !
De retour en France, j’ai décidé de fuir
ensuite les employeurs qui ont du mal avec
les profils atypiques. »
Pour Moussa Camara, le fondateur des
Déterminés, une association qui favorise
le développement économique des quartiers,
il a, lui aussi, beaucoup appris de ses
voyages. « Mon engagement associatif
m’a amené aux Etats-Unis pour rencontrer
d’autres ONG. J’ai vu qu’avec beaucoup de
volonté et peu de moyens, les mecs arrivaient
à faire bouger les lignes dans les quartiers
défavorisés, explique-t-il. A mon retour,
je me suis dit : Ok, je dois faire un truc pour
ma ville à Cergy. » n n n
PROPOSÉ PAR
MANAGEMENT :
CULTIVER LES TALENTS DANS
TOUTE LEUR DIVERSITÉ
Créer des programmes spécifiques et innovants pour accompagner les jeunes
talents dans leurs carrières, c’est la façon la plus sûre pour une entreprise
d’investir dans ses collaborateurs. Les bonnes pratiques de Covivio, acteur de
référence de l’immobilier en Europe.
« Pour peu que l’on montre l’envie
d’aller loin, Covivio accorde une
grande confiance à ses jeunes collaborateurs et leur donne les
moyens de progresser rapidement.»RecrutéeàsasortiedeHEC
en 2011 pour un poste d’Analyste
capital market, Laurie Goudallier
conduit aujourd’hui la transformation numérique de Covivio en
qualitédeChiefDigitalOfficer.Àce
titre, elle siège au comité de direction. Une ascension rapide,encou-
ragéeparl’entreprisequis’engage
dans une démarche d’accompagnement actif de ses jeunes
talents, pour mieux préparer leur
avenir commun.
Cet accompagnement passe
par différents dispositifs de formation et de coaching. Ainsi les
promotions du programme
Campusdejeunestalents s’immergent dans le monde de l’entreprise, grâce à un cycle de formation autour des métiers qui com-
posent le groupe et des valeurs qui
fondent l’entreprise.
Le Leadership program réunit
quant à lui les managers à fort
potentiel, repérés au niveau européen, pour des sessions de coaching, de réflexion et d’échanges
autour de thèmes stratégiques
comme l’innovation et la transformation numérique. Roxane
Maillard, diplômée de l’ESTP,
aujourd’hui Directrice de projet
chez Covivio, a participé à la ses-
sion2018:«Ceprogrammepermet
de créer des communautés au
niveaueuropéenetd’encouragerles
synergies. Nous nous sommes
retrouvés à Tallinn, Berlin, Milan et
Paris et chaque session a été l’occasion de réfléchir ensemble sur des
problématiques actuelles et de se
nourrir de l’expérience des autres.
Pour un manager, c’est très formateur. »
Partager les mêmes droits
et les mêmes chances
— Encourager la réussite des
talents,c’est aussi lutter contre les
discriminations. Et, en particulier,
défendre l’égalité femmeshommes. Par le biais d’actions de
sensibilisation et la mise en place
d’un mentoring, le programme
Ex-aequo joue un rôle décisif pour
offrir les mêmes droits et les
mêmes chances à toutes et à tous.
Chez Covivio, les femmes représentent d’ores et déjà 52 % des
effectifs et la moitié du Comité de
direction. —
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
4 // LESECHOSSTART.FR
Stop à l’autocensure
« Mes expériences m’ont montré qu’on n’avait
pas besoin de tout savoir pour essayer.
Le plus important, c’est d’être dans l’action
et de présenter des réalisations, même si ce
n’est pas parfait », estime Moussa Camara,
qui booste aujourd’hui l’entrepreneuriat
des jeunes dans les quartiers populaires.
« Si tu es vraiment bosseur, le vernis
corporate, les codes viennent avec le temps »,
assure-t-il, très pragmatique. « J’ai des
doutes comme tout le monde, mais j’ai décidé
de ne pas m’autocensurer. Parfois, on se fait
des films tout seul, alors que personne ne nous
calcule ! »
Demandez des feedbacks
« Au lieu de vous imaginez des choses négatives
qui ne sont pas fondées : demandez des
feedbacks. Vous serez conscient de vos forces
et de points d’amélioration », conseille Chloé
Panchon. Echanger avec des personnes qui
sont témoins de vos compétences est aussi un
bon moyen de rebooster la confiance en soi.
Stéphie Gumbs a fini par se débarrasser du
syndrome de l’imposteur en s’ouvrant aux
autres. La jeune femme a intégré Sciences Po
en 2011, grâce à une convention d’éducation
prioritaire (CEP). « Au début, j’avais vraiment
le sentiment de ne pas être à ma place. Puis
en en parlant avec des amis, j’ai vu que je
n’étais pas la seule à ressentir ce sentiment.
Cela m’a permis de réaliser que je n’étais pas là
par hasard, cette grande école était beaucoup
trop dure pour que mon admission soit une
erreur de casting », confie la juriste, diplômée
l’an dernier.
Apprendre à visualiser
et célébrer ses réussites
Comment se débarrasser de ces fausses
idées qui peuvent empêcher d’avancer ?
« Je demande à mes pépites de regarder leurs
réussites de manière rationnelle », nous
raconte Marie Dasylva, coach professionnel
pour les personnes racisées.
« Lister ses réalisations permet de lutter
contre ce sentiment de nullité. Il est important
d’apprendre à parler de votre travail. »
Sans jamais oublier le chemin parcouru. n
Dans les grandes
écoles, la diversité
sociale en progrès
ÉGALITÉ DES CHANCES // De plus en plus
d’écoles proposent des programmes en faveur
de l’égalité des chances. Mais le chemin
vers une éducation plus inclusive reste long.
Camille Wong
E
n France, avant les années 20002005, il n’y avait rien en termes
d’ouverture sociale dans les grandes
écoles. Les objectifs liés à cette
démocratisation étaient surtout l’affaire de
l’université », explique Annabelle Allouch,
chercheuse en sociologie, auteure de
« La Société du concours ». En quinze ans,
les lignes ont cependant pas mal bougé.
Sciences Po est la première à se lancer, en
2001, avec son dispositif des Conventions
éducation prioritaire (CEP), une voie d’entrée
facilitée pour les lycéens des quartiers
prioritaires. Résultat : l’école revendique
aujourd’hui près de 30 % de boursiers en
première année. De même, un effort est
porté sur les frais de scolarité, établis en
fonction du revenu des parents, et un tiers
des élèves n’en payent aujourd’hui pas.
Dans la foulée de Sciences Po, l’Essec a lancé
en 2002 un laboratoire Egalité des chances.
D’abord avec Pourquoi pas moi ?, du tutorat
qui met en lien étudiants de l’école avec des
collégiens et lycéens de milieux modestes.
Mais ce programme destiné à encourager ces
jeunes à faire des études n’a pas amélioré la
diversité sociale au sein de l’Essec. Ce qui l’a
conduit à lancer Cap Essec en 2010 et Cap
BBA en 2013, des prépas pour intégrer l’école
via les admissions parallèles. Aujourd’hui,
une équipe de 16 personnes gère à temps
plein tous ces dispositifs, et l’Essec compte
21 % de boursiers, soit 4 fois plus qu’il y a
vingt ans. Reste que les classes préparatoires
traditionnelles demeurent peu accessibles
aux jeunes issus de milieux modestes. D’où
un MOOC, lancé le mois dernier par de l’ESCP
Europe, Skema Business School et les classes
prépas, pour informer et dédramatiser le
parcours prépas/grandes écoles. Objectif :
éviter à tout prix l’autocensure et informer.
Une initiative qui fait écho au MOOC Trouve
ta voie de l’Essec, sorti en 2015 et destiné
notamment aux professeurs.
La Fémis à la rencontre
des futurs talents
La Fémis, la plus prestigieuse des écoles de
cinéma, a choisi d’intervenir sur le terrain.
Depuis dix ans, elle sensibilise dans les lycées
et organise des stages intensifs pour les plus
motivés. Le taux de réussite à son concours
atteint pour ces derniers 16,7 %, soit quatre
fois plus que la moyenne.
Une méthode, qui lui permet de revendiquer
aujourd’hui 40 % de boursiers dans ses rangs.
Depuis deux ans, la Fémis propose, en outre,
une voie alternative, sans concours.
La Résidence forme pendant un an de jeunes
réalisateurs amateurs sur critères sociaux,
avec ou sans bac. « On est conscient que
le niveau académique à avoir avec le niveau
d’instruction des parents », explique Nathalie
Coste-Cerdan, directrice de l’école. D’autres
écoles ont, quant à elles, choisi de réformer
leur concours pour tenter de limiter les biais
sociaux. En 2013, Sciences Po a supprimé
son épreuve de culture générale post-bac et
en 2017, sa synthèse pour intégrer le master.
Du côté des écoles de journalisme, le Centre
de formation des journalistes a supprimé
les épreuves écrites pour les remplacer
par un dossier de candidature ardu.
Mais les bonnes volontés se heurtent au
niveau d’exigence que les grandes écoles ne
sont pas prêtes à abaisser. « Fondées sur un
ÉCOLES DU NUMÉRIQUE :
LA MOTIVATION COMME PREMIER
CRITÈRE DE SÉLECTION
P
our dénicher des talents,
exit les diplômes.
La motivation suffit.
C’est en tout cas le credo de
nombreuses écoles gratuites dans
le numérique. Elles s’adressent à
des « décrocheurs », mais pas que.
« On a tout un tas de talents qui
sont dormants et qu’on peut faire
émerger. De fait, un sésame
comme le bac, ça n’apporte et ne
prouve rien », assure Sophie Vigier,
nouvelle directrice de l’école 42
qui forme depuis 2013 des jeunes
développeurs, dont 40 %
des étudiants n’ont pas le bac.
Reste l’épreuve redoutée de
la « piscine » – trois semaines
intensives de code –, qui trie les
candidats. « 60 % des étudiants
admis n’avaient jamais codé
avant », assure la directrice.
A l’instar de 42, plus de
400 formations dans le numérique
ont émergé, et sont intégrées
au réseau Grande Ecole
du numérique. Lancé en 2015
par le gouvernement, ce label
veut répondre à la pénurie
de professionnels, principalement
des développeurs mais aussi
des commerciaux. Le Conseil
d’orientation pour l’emploi estimait
l’an dernier à 80.000 le nombre
de postes non pourvus dans le
secteur digital. Une urgence qui
a conduit le gouvernement à
annoncer en avril un objectif de
10.000 formations aux métiers du
numérique en France dans le cadre
du Plan d’investissement dans les
compétences. Date d’échéance :
2022, à la fin du quinquennat.
En attendant, Simplon, Wild Code
School et consorts ouvrent leurs
portes à des jeunes souvent
éloignés de l’emploi. Ces derniers
représentent 65 % des élèves, et
55 % d’entre eux ont un niveau bac
ou inférieur. Les autres sont des
chômeurs ou des professionnels
en reconversion. Ils accèdent à
des formations intensives, souvent
courtes et surtout éligibles
au dispositif de bourse Crous ou
des financements de Pôle emploi.
L’égalité des chances,
c’est accompagner le jeune pour
qu’il puisse aller au maximum
de ses capacités. C’est le suivre
en parallèle de l’école pour qu’il
s’autorise à sortir de chez lui.
L’accès à l’information, bien avant
l’autocensure, est primordial. »
CHANTAL DARDELET,
RESPONSABLE ÉGALITÉ DES CHANCES À L’ESSEC.
QUAND LA RÉALITÉ INSPIRE LA FICTION // Version
à comprendre le vécu de ceux qui ne savent pas toujours
A la clef, les trois quarts
des apprenants ont une « insertion
professionnelle positive » (dont
23 % de CDI, 12 % de CDD et 17 %
de poursuite d’études).
 UN MODÈLE RÉPLIQUÉ
DANS D’AUTRES
INDUSTRIES
Inspirés par les écoles du
numérique, les milieux artistiques,
comme la mode ou le cinéma,
se mettent à imaginer des
programmes de formation
accessibles sans conditions
de diplôme. L’école du collectif
Kourtrajmé en Seine-Saint-Denis
propose depuis novembre
de former pendant neuf mois,
gratuitement, des jeunes au
cinéma. Seules conditions :
avoir dix-huit ans et ne pas avoir
suivi de formation en cinéma.
« Le système scolaire ne leur
permet pas tous les choix. Les
jeunes ne se rendent pas compte
que leur talent et leur créativité
ont leur place », assure Nadine
Gonzales, à la tête de Casa 93,
une nouvelle école de mode
ouverte l’année dernière, toujours
en Seine-Saint-Denis. Là aussi,
pas besoin de diplôme, mais
seulement d’une motivation dure
comme fer.
Camille Wong
À SAVOIR
Pour faciliter
l’accès aux écoles
de journalisme,
l’association
La Chance
accompagne depuis
dix ans de jeunes
boursiers à Paris
comme en régions,
soit 80 élèves
par promotion.
concours sélectif, ces écoles n’ont aucun intérêt
à le remettre en cause, c’est leur capital
symbolique », explique Annabelle Allouch,
sociologue. A l’ENA et ailleurs, on ne renonce
pas à former une élite. En revanche, depuis
2008, la grande école accompagne 24 élèves
issus de milieux modestes chaque année.
La CP’ENA fournit un logement gratuit
ainsi qu’une aide financière pour certains.
Mais attention, c’est une prépa sélective :
le recrutement se fait sur dossier et oral.
Il faut avoir fait des études en sciences
économiques ou en droit, « sinon le retard est
trop dur à rattraper », explique David Foltz,
coordinateur de la CP’ENA. Ce fonctionnaire
au ministère de l’Intérieur, fils d’ouvrier
a intégré l’ENA grâce à cette prépa. Un cas
rare. Il figure parmi les sept étudiants à avoir
réussi le concours sur les 138 accompagnés
depuis dix ans. n
La discrimination ordi
ÉLITE, dans les coulisses
d’une école élitiste
INSECURE, l’histoire d’une
trentenaire qui se cherche
Avec trois acteurs révélés dans la série
« La Casa de Papel », « Elite » est la nouvelle
série phénomène de Netflix, lancée en
octobre 2018. Las Encinas est l’école la plus
élitiste d’Espagne. C’est là que Samuel,
Nadia et Christian, trois enfants de la classe
ouvrière sont accueillis après la destruction
de leur école par un séisme.
Une belle opportunité qui se transforme
en cauchemar. Entre humiliations
et harcèlements scolaires, se produit
le meurtre d’un des adolescents.
Reste à découvrir qui est l’auteur du crime...
L’aventure « Insecure » a démarré sur
YouTube. Issa Rae, une jeune trentenaire
a lancé sa chaîne « The Misadventures
of Awkward Black Girl », dans laquelle
elle raconte ses histoires de cœur,
ses dates Tinder, mais aussi ses
mésaventures au travail. Cette jeune active
employée d’une association caritative
aborde notamment la difficulté à être la
seule personne de couleur dans son service
et son sentiment de transparence.
Elle aborde ces sujets avec de bonnes
répliques bien senties et remplies de
références à la pop culture. Actrice,
réalisatrice, Issa est rapidement repérée
par des producteurs comme Pharell
Williams et des chaînes de télé lui proposent
d’adapter sa série. En 2016, elle choisit HBO
et s’associe à Larry Wilmore (« Le Prince
de Bel Air », « Black-ish »...) pour créer
« Insecure », une version améliorée de sa
chaîne YouTube.
Disponible sur Netflix,
thriller, 1 saison
Fernandez-Valdes Netflix
Entre boom du digital et pénurie de talents, les nouvelles
écoles de la tech ont fort à faire. Autant d’opportunités à
saisir pour les jeunes, qu’elles accueillent sans conditions
de diplôme.
Brice Cauvin
nnn
Mardi 11 décembre 2018
Diffusé sur HBO,
comédie, 3 saisons
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LESECHOSSTART.FR // 5
Mardi 11 décembre 2018
La French Tech en quête
d’un modèle plus inclusif
Amélie Petitdemange
U
n homme, blanc, trentenaire,
parisien et très diplômé : voilà le
profil type du créateur d’entreprise
que toutes les études dessinent
aujourd’hui. Comment, alors, innover pour
tous ? La bonne nouvelle, c’est qu’une prise
de conscience se profile. L’année 2017
a marqué un tournant, en témoigne
le programme French Tech Diversité, lancé
par le précédent gouvernement. Le budget
est modeste, 2 millions d’euros. Cependant
le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire,
s’est engagé à le doubler l’an prochain.
De nouvelles modalités doivent être
annoncées début 2019 alors que le
programme connaît depuis plusieurs mois
une période de flottement. L’appel à
candidatures pour la seconde édition tarde.
Et Salima Maloufi, responsable du
programme, partie en janvier, n’a toujours
pas été remplacée.
Reste que l’ambition d’un écosystème plus
mixte et inclusif ne peut être portée
uniquement par l’Etat. L’autre signal fort
a été donné l’an dernier par un acteur clef
et regardé de l’écosystème, Station F,
avec le lancement de son Fighters Program.
Pour 13 places, le programme d’incubation,
totalement gratuit, a reçu des centaines
de dossiers d’entrepreneurs en herbe aux
parcours non conventionnels (réfugiés,
jeunes habitants des quartiers difficiles
ou de zones rurales…). Preuve de l’intérêt
croissant que suscite l’entrepreneuriat
dans les quartiers.
Des initiatives aussi portées
par des jeunes de banlieue
D’ailleurs dans la foulée des institutionnels,
des jeunes de banlieue ont, eux-mêmes,
lancé des initiatives pour « démocratiser »
l’entrepreneuriat. Comme Anthony Babkine,
qui a grandi dans une famille modeste
à Ivry, et qui a décidé il y a quelques mois
de quitter son emploi dans la pub pour
se lancer à plein-temps dans la création
de Diversidays en août 2018.
« Aujourd’hui dans la tech, on ne voit
pas les visages de la France. Peu de femmes,
peu de non-diplômés, peu de personnes
de couleur… On veut des entrepreneurs
de banlieue, de zones rurales, qui représentent
ce que la France a de plus cher : sa diversité »,
affirme le jeune homme.
Les huit porteurs de projet de la première
promotion ont déjà bénéficié d’un
accompagnement de deux semaines,
un « leadership programme » destiné
à leur donner confiance en eux.
« S’il y a si peu de diversité dans la tech,
c’est d’abord dû à l’autocensure. Ces personnes
ont souvent subi des revers en tant que femme,
personne de couleur ou étranger :
ce sont des choses qui font douter de soi. »
Pour dénicher les talents, Anthony Babkine
et sa cofondatrice, Mounira Hamdi, font
un tour de France. Quatre régions pour
commencer : Occitanie, Auvergne-RhôneAlpes, Hauts-de-France et Paris.
« Avec cette initiative, on donne à voir
la France rurale qui réussit », affirme
Anthony, qui travaille en partenariat avec
l’école Simplon, le cabinet de recrutement
Mozaik RH, Pôle emploi ou l’association
Les Déterminés.
Créer des ponts, des réseaux
Faire émerger des roles models, c’est aussi
l’ambition de Moussa Camara, fondateur
des Déterminés. Depuis 2015, ce pionnier
accompagne les porteurs de projet issus
de la diversité. Il a reçu l’an dernier
plus de 300 candidatures pour 15 places.
Les porteurs de projet ne manquent
pas en banlieue. Le problème est ailleurs,
selon lui : « Ils ne sont pas forcément dans
les réseaux traditionnels, voire ne sont pas
naire vue par
séries
thriller ou comédie, ces séries aident à leur manière
comment assumer leur singularité. Fabiola Dor
DEAR WHITE PEOPLE,
le quotidien d’étudiants noirs
face au racisme
« Cher peuple blanc, le nombre d’amis noirs
requis pour ne pas avoir l’air raciste vient
de passer à deux. Et désolée, non, votre dealer
ne compte pas » ! Cette punchline, ce sont
les premiers mots de Sam White, étudiante,
un des personnages principaux de Dear
White People, une série lancée en 2014 par
Justin Simien. Pendant 30 minutes, on suit
à chaque épisode ce groupe d’étudiants
très attachants, parfois rebels, qui dénoncent
les injustices et les comportements racistes
sur le campus de leur université.
Saeed Adyani Netflix
Disponible sur netflix,
comédie dramatique, 2 saisons
BLACK-ISH, les ressorts
comiques de l’ascenseur social
Pas toujours évident de composer avec
les différentes facettes de sa personnalité.
Tel est le quotidien de Dre Johnson
dans Black-ish, une comédie lancée
par ABC en 2014. Au travail, ce tout nouveau
directeur de la « Urban Division » au sein
d’une agence de publicité s’interroge
dans une scène très drôle sur le sens
de ce nouveau titre, « est-ce qu’ils m’ont
mis reponsable des trucs de noirs? ».
A la maison, ce père de famille de
la classe moyenne s’interroge sur
l’éducation à transmettre à ses quatre
enfants scolarisés dans une école élitiste :
« Faut-il leur apprendre le ‘hotep’
(NDLR: manière de se saluer entre blacks) ?
Comment s’assurer qu’ils aient des amis
noirs ? »…
Sans parler des discussions houleuses
et parfois loufoques avec Dr. Rainbow,
sa femme progressiste jouée par une Tracee
Ellis Ross, qui illustrent bien les discussions
de nombreux parents tiraillés entre
l’ascenseur social et la culture identitaire.
Fou rire assuré !
Diffusé sur ABC,
comédie, 5 saisons et une suite
avec Grown-ish
Romain Gaillard/RÉA
TALON D’ACHILLE // Grande oubliée de la start-up
nation, la diversité est l’objet depuis quelques mois
de toutes les attentions. Des initiatives se multiplient.
Station F a lancé en 2017 le Fighters Program pour « les entrepreneurs qui ne sont pas partis avec les mêmes chances ».
À NOTER
Les programmes
d’accompagnement
en faveur de la
diversité dans la Tech
French Tech Diversité
Willa Boost
Startup Banlieue
Les Déterminés
Fighters Program
Entrepreneurs For
Good
au courant de l’existence d’incubateurs,
tous implantés dans les grandes villes.
Ce qui manque, c’est un pont entre ces
entrepreneurs et l’écosystème tech pour
faciliter la réussite de leur projet. »
Développer les synergies, c’est ce à quoi
travaille l’association. D’un côté avec des
associations comme Start-up Banlieue,
lancée l’an dernier par Loubna Ksibi,
entrepreneuse et membre du Conseil
national du numérique, dont la vocation
est de faire naître l’idée d’entreprendre
chez les jeunes des quartiers. Et de
l’autre avec Station F, par exemple.
Un des « déterminés », Karim Fadloun,
cofondateur d’A2Job, une plate-forme
en ligne de recrutement dans la santé,
a, par exemple, intégré le Fighters Program
en janvier dernier, après avoir été
accompagné par l’association.
Sur la centaine de « déterminés »,
44 ont créé leur entreprise dans des
domaines aussi divers que les objets
connectés, la foodtech, la mode
ou la formation ; une trentaine d’entre
eux sont redevenus salariés ;
et les autres continuent de développer
leur projet. Autant d’ambassadeurs
auprès des futures promotions. Pour
Moussa Camara, ces accompagnements
ne représentent cependant qu’une
étape vers un écosystème véritablement
ouvert : « Nous aurons réussi quand
ces jeunes ne seront plus dépendants de
ces programmes dédiés, et pourront toquer
à la porte de n’importe quel incubateur. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
6 // LESECHOSSTART.FR
Mardi 11 décembre 2018
Mardi 11 décembre 2018 Les Echos
Liberté, égalité... mixité:
quels enjeux pour notre société ?
ZOOM // Un état des lieux des discriminations au travail et les raisons qui doivent nous pousser à agir en 11 graphes.
1
1 ACTIF SUR 10 EN FRANCE
EST IMMIGRÉ
1
PROPORTION D’IMMIGRÉS AYANT UN DIPLÔME
D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Parmi les personnes
âgées de 15 à 64 ans
vivant en France
métropolitaine
10
EST IMMIGRÉ
1998
AVANT
21 %
APRÈS
33 %
39,1 %
Date d’arrivée en France
SOURCE : INSEE, ENQUÊTES EMPLOI 2014 ET 2018
2
TESTING : LA VÉRITÉ SUR
LES DISCRIMINATIONS
À L’EMBAUCHE,
SELON « L’ORIGINE »
IRLANDE D
IRL
CANADA
À COMPÉTENCES ÉGALES, LA CONSONNANCE DES NOM
ET PRÉNOM MARQUE UNE DIFFÉRENCE D'INTÉRÊT DES RECRUTEURS
E
Candidature « hexagonale »
sélectionnée dans
47 %
des cas
5
Candidature
« maghrébine »
sélectionnée dans
4
36
%
des cas
ACCÈS AUX DIPLÔMES :
LA FRANCE, MAUVAISE ÉLÈVE
TAUX DE DIPLÔMÉS DU SUPÉRIEUR DES 26-35 ANS
DONT LES PARENTS N'ONT PAS LE BREVET
MOINS DE 15 %
15 À 25%
25 À 30%
30 À 35%
SUPÉRIEUR À 35%
MOYENNE
OCDE
30 %
LA STIGMATISATION
ENCORE TRÈS
PRÉSENTE
EN ENTREPRISE
... ONT ÉTÉ CONFRONTÉS
SUR CES 5 DERNIÈRES ANNÉES
À DES PROPOS OU COMPORTEMENTS
STIGMATISANTS
CHILI
SOURCE : DARES, 2016
11 %
des hommes
de 35 à 44 ans,
perçus comme blancs
25 %
des actifs
et actives
3
95 %
RH : ENTRE
CONSTAT
ET INACTION
LA NATURE
DES AGISSEMENTS
14 %
40 %
Sexistes
des responsables RH
français observent
des discriminations
dans leur entreprise
Homophobes
... MAIS SEULEMENT
10 %
identifient
la prévention
des discriminations
comme prioritaire
Liés à
leur religion
3%
Situ
Orientat
Apparence
3%
Age
5%
Handiphobes
9%
43 %
Racistes
des femmes
en situation
de handicap
des femmes
de 18 à 44 ans
perçues comme
non-blanches
ont mis en œuvre
une politique en faveur
de la diversité dans
les recrutements
SOURCE : APEC, 2015
S
des hommes
homosexuels
ou bisexuels
54 %
11 %
40 %
des hommes
de 18 à 34 ans,
perçus comme
non-blancs
SOURCE : DÉFENSEUR DES DROITS (2018)
Etat de santé, hand
Caractéristiques génét
Religion, convictions politiq
Précarité de sa situation écono
Le code pénal prévoit
trois ans d'emprisonneme
et 45.000 euros d'amende
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LESECHOSSTART.FR // 7
Mardi 11 décembre 2018
6
7
DES DIFFÉRENCES SALARIALES ET DES ÉCARTS D’ACCÈS À L’EMPLOI INEXPLIQUÉS
SALAIRES (2009-2014 EN %)
Homme sans
Femme sans
ascendance
ascendance
Homme
migratoire
migratoire
né dans
directe
directe
les DOM
Point
de référence
(0)
Femme
née dans
les DOM
-6
-12
Homme
descendant
d’immigrés
d’AfriqueMaghreb
Femme
descendant
d’immigrés
d’AfriqueMaghreb
Hors zone
urbaine
sensible
-13
Point
de référence
(0)
-2
-13
L’IMPACT SUR LE PIB DE LA RÉDUCTION
DES INÉGALITÉS EN MATIÈRE DE...
PIB
GAINS
Zone
urbaine
sensible
CDI TEMPS PLEIN
1
-12
... salaire,
accès à l'emploi,
temps de travail
(temps plein vs. partiel)
et niveau d'éducation
14,1 %
... salaire,
accès à l'emploi et
temps de travail
(temps plein vs. partiel)
11,7 %
... salaire et
accès à l’emploi
6,9 %
... salaire
3,6 %
-7
Point
de référence
(0)
-15
-20
310
milliards d’euros
-5
ACCÈS À L’EMPLOI (2009-2014 EN POINTS DE %)
Point
de référence
(0)
LE COÛT ÉCONOMIQUE
DES DISCRIMINATIONS
260
milliards d’euros
FINLANDE
53,1 %
SUÈDE
DU NORD
LANDE
FRANCE
24,2 %
ESPAGNE
ITALIE
DANEMARK
PAYS-BAS
BELGIQUE
SLOVÉNIE
8
TURQUIE
GRÈCE
BUSINESS : DIVERSITÉ
ET INNOVATION
SONT CORRELLÉES
Entreprises* avec un score diversité
CORÉE DU SUD
EN FRANCE
inférieur
à la moyenne
supérieur
à la moyenne
ISRAËL
41 %
des enfants
de cadres
décrochent
un master
CHIFFRE
D’AFFAIRES
RÉALISÉ
GRÂCE À
L’INNOVATION
26 %
45 %
VERSUS
SOURCE : BCG
4%
* 1.700 entreprises dans 8 pays (Autriche, Brésil, Chine,
France, Allemagne, Inde, Suisse, Etats-Unis).
iers
ts d'ouvr
des enfanqualifiés
non
42,3 %
11
AUSTRALIE
9
10
21 MOTIFS
DE DISCRIMINATION
SANCTIONNÉS PAR LA LOI
ARTICLE 225-1 DU CODE PÉNAL FRANÇAIS
Origine géographique, nom de famille, lieu de résidence
LES ENTREPRISES
PERÇUES COMME
LES PLUS ENGAGÉES
NOUVELLE-ZÉLANDE
SOURCES : RAPPORT OCDE 2018, INSEE 2014
POURQUOI
LES ENTREPRISES
AGISSENT (OU PAS) ?
Grands
groupes
45 %
Appartenance ou non-appartenance, réelle
ou supposée, à une ethnie ou à une nation
Langue parlée (autre que le français)
RAISONS QUI
LES POUSSENT
À S'ENGAGER
Sexe ou identité de genre
RAISONS QUI LES
EN DISSUADENT
uation de famille, grossesse ou maternité
ation sexuelle ou mœurs
Le bien-être
des salariés
e physique
dicap, perte d'autonomie
tiques
1
Respect
des valeurs
de l'entreprise
omique
ETI
Crainte
de gérer
des conflits
1
22 %
3
Difficile
à mettre
en place
Véhiculer
une bonne
image
3%
SOURCE : ENQUÊTE HAYS 2017
LES LEVIERS
VUS COMME
LES PLUS
EFFICACES
La responsabilité
sociétale des
entreprises (RSE)
38 %
30 %
Peu d’impact
sur l’image
de l’entreprise
2
2
3
ques ou activités syndicales
ent
e
80
milliards d’euros
SOURCE : FRANCE STRATÉGIE, 2016
NORVÈGE
ROYAUME-UNI
150
milliards d’euros
-29
SOURCE : FRANCE STRATÉGIE (INSEE)
PME
TPE
Des sanctions
pénales et
financières
31 %
La formation
20 %
11 %
Une communication positive
SOURCE : ENQUÊTE HAYS 2017 (1.000 CANDIDATS ET RH INTERROGÉS)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
8 // LESECHOSSTART.FR
Mardi 11 décembre 2018
role models
pour inspirer de futurs entrepreneurs
PORTRAITS // Dans un écosystème monochrome, « Les Echos START »
ont déniché des entrepreneurs issus de la diversité qui ont réussi.
MÉDIA
pour une autre
image de
la banlieue
Sans études
de journalisme,
il s’est lancé dans
la création
d’un média :
Argot Magazine,
qui a rapidement
trouvé son
business model.
Le rêve américain
Collaboration avec
My Little Paris
E
levé en banlieue parisienne,
Abiola Obaonrin, 30 ans,
s’interroge depuis tout petit
sur « l’image que renvoient les
quartiers ». « Ici, on a deux modèles :
le footballeur et le rappeur. Mais si tu
ne sais faire aucun des deux, tu deviens
quoi ? A quel moment voit-on les gens
des quartiers dans les médias, la
publicité, la politique ? » lance le jeune
homme, qui a suivi des études de droit
à Créteil. Après avoir monté une
agence de com avec des amis, il
bifurque vers le journalisme et
découvre enfin sa passion. A 27 ans,
il entre au Bondy Blog : « Il y avait
une énergie incroyable et on se posait
les mêmes questions. J’allais en
conférence de rédaction comme
un gamin à l’entraînement de foot. »
L’euphorie prend fin quelques mois
plus tard à cause de différends avec
la nouvelle direction. Abiola
se décide alors à entreprendre, à
nouveau. Il lance avec deux anciens
du Bondy Blog le média en ligne Argot
Magazine début 2017. « J’ai toujours
eu envie d’écrire sur l’économie
Très vite, l’équipe fait la rencontre
de Fany Péchiodat, la fondatrice
de My Little Paris, auprès de qui ils
lèvent des fonds. L’entrepreneuse
les prend sous son aile et accueille
la petite équipe dans ses bureaux,
à Barbès. Ensemble, ils montent
le projet Ten Faces, l’histoire de dix
entrepreneurs issus des quartiers
populaires. Depuis, Argot a pris son
envol. Le magazine emploie quatre
personnes à plein-temps et s’est
installé dans un espace de 120 m2
dans le 18e arrondissement de Paris.
Surtout, Abiola a trouvé un business
model grâce au studio de création
de contenus et d’événements, qui
travaille avec la French Tech ou
encore le ministère des Finances pour
valoriser les territoires et la culture
urbaine. Baptisé « BÂTIMENT E »,
il aide les entrepreneurs des quartiers
à développer leurs activités et les
accueille dans un espace de coworking au rez-de-chaussée des
bureaux d’Argot. « La périphérie
urbaine va être au centre des regards
avec les JO 2024 et le Grand Paris. On
encourage les habitants à se saisir des
opportunités », s’enthousiasme Abiola,
qui nous confie être sur le point de
signer des contrats, cette fois avec des
grands groupes. Une dynamique bien
lancée. ■ Amélie Petitdemange
Nicolas Moulard
des quartiers. J’ai été très inspiré par
le reportage “365 jours à ClichyMontfermeil” de Ladj Ly, qui rendait
cool le fait d’habiter en banlieue. »
Quentin Obear Jumeaucourt
ABIOLA
OBAONRIN
CINÉMA
LAURENCE
LASCARY
donne à voir
la diversité
sur nos écrans
Il y a dix ans,
elle a réalisé
son rêve : créer
De l’Autre Côté
du Périph,
une société
de production
engagée.
Un pari risqué.
Défi relevé.
J
eune, femme, noire et
habitante du 9.3.
« Des profils comme le mien,
on en voit très peu dans le
cinéma », ironise Laurence Lascary.
Cette trentenaire d’origine
guadeloupéenne est pourtant à la tête
de DACP (De l’Autre Côté du Périph),
une société de production, qui a
réalisé l’an passé 4,5 millions d’euros
de chiffre d’affaires et emploie
aujourd’hui cinq employés. « Je ne me
suis pas autorisé ce rêve tout de suite,
j’y suis allée étape par étape », se
souvient Laurence, qui a reçu cette
année l’insigne de Chevalier de
l’Ordre national du mérite. Après des
études dans un lycée public de
Bobigny « qui n’avait pas bonne
presse », Laurence renonce à passer le
concours de Sciences Po malgré les
encouragements de ses professeurs.
Exit l’école de commerce, trop chère.
Ce sera un DUT, suivi d’un master en
sciences de gestion. En alternance
chez France Télécom, elle comprend
que ce secteur ne l’intéresse pas et
pense déjà beaucoup au cinéma. Elle
décide de partir un an à Londres et
enchaîne les petits boulots avec un
objectif : revenir bilingue.
A son retour, elle donne une chance
à son projet et souscrit un prêt
bancaire pour financer un master
à l’INA Sup en marketing et
distribution. « Cette formation
m’a ouvert l’esprit. Je me suis alors
autorisé un deuxième rêve : partir à
New York. » Le déclic entrepreneurial
eut lieu là-bas, à 27 ans, alors qu’elle
travaille chez UniFrance, une agence
de promotion du cinéma français.
« Je me suis dit : si je suis capable de
travailler à New York, je peux lancer
ma boîte de production en France ! »
Son projet, qui vise à accueillir une
nouvelle génération d’auteurs
donnant à voir la société française
dans sa diversité, rafle les prix et
obtient des prêts d’honneur, à quoi
elle ajoute un prêt bancaire pour
un total de 60.000 euros. Pendant
qu’elle développe le projet, elle vit
de ses économies.
« Je joue un rôle politique à travers
ce que je produis. La diversité n’est en
aucun cas le sujet de mes films : le but
est justement de la banaliser, à travers
un casting cosmopolite. » DACP a
produit cinq documentaires, une
quarantaine de courts-métrages
et un long-métrage, « L’ascension »,
avec Ahmed Sylla et Alice Belaïdi
(1,2 million d’entrées). « Obtenir le
soutien des investisseurs est difficile.
Ils sont peu sensibles aux points de vue
des minorités, si bien que j’ai parfois
recours au crowdfunding », témoigne
la productrice, coprésidente du
collectif 5050 pour 2020, qui promeut
la diversité et la parité dans la
production audiovisuelle. « Ensemble,
on essaie de rompre l’entre-soi », étape
par étape. ■ Amélie Petitdemange
SHANNON
PICARDO
réinvente le
soutien scolaire
à la sauce
YouTube
Autodidacte,
l’entrepreneur
de 25 ans
s’est appuyé sur
son expérience
personnelle
pour imaginer
la start-up
SchoolMouv.
N
é au Portugal, Shannon
Picardo arrive en France
à l’âge de trois ans. Il suit
toute sa scolarité dans
l’Aveyron en Occitanie. Bac ES en
poche, il intègre le bachelor de la
Toulouse Business School, en 2011.
Jeune étudiant boursier, il s’inspire
de son expérience personnelle
pour lancer à seulement 20 ans
SchoolMouv, une plate-forme
d’accompagnement scolaire.
Son concept ? Proposer des cours
en format vidéo « à la YouTube ».
Avec une mère surveillante dans un
lycée et un père coiffeur, « je n’avais
pas les moyens de me payer des cours
particuliers. J’ai trouvé quelques
vidéos YouTube avec des profs se
filmant devant leur webcam. Cela
m’a beaucoup aidé : j’ai eu 16 à mon
épreuve de géographie », se rappelle
Shannon Picardo, qui décide d’en
faire un projet entrepreneurial.
Autodidacte, il effectue tous ses
stages dans sa propre start-up,
qui est incubée dans son école.
« J’ai lancé la plate-forme en 2015
avec zéro budget », indique
l’entrepreneur. Au départ, il bricole
quelques vidéos. « Ensuite, j’ai été
cherché des financements pour
structurer le projet », ajoute Shannon
Picardo. Pour lui, le manque
de moyen n’est pas un obstacle.
La preuve : SchoolMouv est
aujourd’hui un véritable exemple
de réussite entrepreneuriale avec
25 salariés, 1,25 million d’euros levés
depuis sa création, et 900.000 élèves
utilisateurs, du collège au baccalauréat.
L’abonnement va de 16,60 euros
à 29,90 euros par mois pour garder
le soutien scolaire accessible.
« Quand on part de zéro, on
n’a pas grand-chose à perdre »
Le quotidien du jeune patron, qui a
tout appris sur le tas, n’est pas
toujours évident. « J’ai parfois de gros
moments de doute, notamment quand
la boîte grandit vite, je me demande
si je prends les bonnes décisions »,
confie Shannon Picardo, qui a fondé
AT Home, une association d’entraide
pour les entrepreneurs. Son credo :
« Trouver des solutions pour passer
à la prochaine étape ». Pour nourrir
ses idées, il lit beaucoup de
biographies, et fait une veille active
sur Medium. « Quand on part de zéro,
on n’a pas grand-chose à perdre,
estime le jeune entrepreneur. Et si
tout devait s’arrêter, je suis sûr que
les compétences apprises ces dernières
années me permettront de rebondir. »
■ Fabiola Dor
TÉLÉCOMS
A
DR
DR
EDTECH
TAÏG KHRIS
le selfmade-man
Le triple
champion du
monde de roller
sur rampe
s’est lancé
dans l’aventure
entrepreneuriale
en 2014 avec
Onoff. Un pari
réussi, pour un
homme qui n’a
jamais mis les
pieds à l’école.
u rendezvous, Taïg
Khris arrive
en Gyroroue.
Le triple champion
du monde a troqué
ses rollers pour se
déplacer dans les rues
parisiennes en roue
électrique. « Un gain
de temps formidable »,
commente l’intéressé.
Le temps, il le dévore.
A quarante-trois ans,
ce sportif de haut
niveau à l’allure
d’adolescent touche à tout : sport, télé,
et depuis quatre ans, un projet
entrepreneurial en plein essor.
Sa start-up Onoff permet de switcher
d’un numéro à l’autre dans son
téléphone, sans changer de carte SIM,
grâce à un « cloud number » accessible
via une application. Nul besoin, non
plus, d’avoir un deuxième portable.
Si, aujourd’hui, Onoff se porte bien :
une levée de fonds de 10 millions
d’euros cet été, une équipe de
45 personnes, et une campagne
de publicité lancée le mois dernier,
l’entrepreneur a dû s’accrocher.
Son aura médiatique n’a pas suffi à
rassurer ses investisseurs, au début.
Bien au contraire. Aux premiers
dîners, quand il disait vouloir
« révolutionner » l’industrie des
télécoms, « les gens croyaient que je
faisais une blague », se souvient-il.
Plus qu’un déclic, c’est un challenge
que Taïg Khris s’est lancé : s’attaquer
à un secteur bien gardé qui méritait,
selon lui, d’être bousculé. Alors pour
se financer, il a pêché dans son réseau
personnel. Au total, 130 actionnaires,
pour un pactole accumulé au fil
des années de 10 millions d’euros.
A l’école de la débrouillardise
D’origine gréco-algérienne, il a tout
appris sur le tas. La famille débarque à
Paris quand il a cinq ans. A la maison,
ce sont les parents qui donnent les
cours à Taïg et à Lino, l’aîné. Les dettes
du restaurant familial s’accumulent.
Pourtant, « mes parents n’avaient pas
la peur du lendemain. Ils n’avaient pas
d’argent et, pour eux, le bonheur n’était
pas dans le matériel, mais d’être
philosophiquement évolué », explique-til. De cette éducation hors des sentiers
battus, Taïg Khris a construit une force
indissociable de sa réussite. « II peut
avoir des objectifs irréalistes, mais il
a tellement de discipline et de force
qu’il arrive à les atteindre », raconte
Jonathan Politur, son ex-producteur
TV et ami. Chaque projet paraît
marquer une nouvelle étape de sa vie.
Onoff décolle, mais après ? « Une liste
déjà longue comme le bras », reconnaît
Taïg Khris. Il voit loin : créer une école
inspirée de l’éducation qu’il a reçue,
et puis, pourquoi pas, piquer une tête
dans l’espace… ■ Camille Wong
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
s
e
g
a
y
o
v
s
e
L
qui valorisent un CV
SOFT SKILLS // Il n’y a pas que les stages,
les contrats en alternance ou les petits jobs
pour booster votre employabilité. Et si vous partiez
découvrir le monde tout en valorisant l’expérience ?
Dix jeunes témoignent. Du volontariat
au WWOOFing, en passant par la summer school,
chacun sa formule. Ingrid Falquy et Clémence Boyer
VOLONTARIAT
« Nous avons passé une année au Pérou dans une ONG »
Après une année
d’expérience
professionnelle en
Ile-de-France, nous avons
plaqué travail, sécurité et
confort pour tenter l’expérience
de l’expatriation en Amérique
du Sud. L’idée était de profiter
de notre première année de
mariage pour nous défier
personnellement et nous
former professionnellement
en devenant volontaires
pour une ONG. A l’affût
des propositions de postes,
les quelques pistes de missions
potentielles se sont révélées
toutes stériles. Ni une ni deux,
nous avons décidé d’aller
directement à Buenos Aires
pour continuer nos recherches.
L’audace paie : une ONG
péruvienne nous a proposé
deux postes de volontaire qui
correspondaient à nos
compétences.
L’ONG en question s’appelle
« Social Creativa » et veut
participer au changement social
de la ville à travers l’art.
Nicolas travaillera dans la
gestion financière et Anna
enseignera le violon et
participera à la création
de l’orchestre symphonique
de la ville. L’expérience fut
finalement encore plus
enrichissante que prévu.
Etrangers et voyageurs,
il nous a fallu tout réapprendre
pendant les premières semaines
pour s’intégrer : la langue, les
traditions, la vie quotidienne…
Nous avons appris à nous
contenter de peu, à vivre
chichement mais heureux.
Enfin, professionnellement,
nous avons été confrontés à des
défis que nous n’aurions jamais
rencontrés en France,
notamment en termes de
management interculturel. »
colas, 26
Ni
et
24
ans
Adrien Ducluzeau, fondateur du
cabinet de recrutement La Relève
« Je conseille toujours de
mentionner ce genre d’expérience,
car, au-delà des compétences
et qualités qu’il peut apporter, le
bénévolat montre que le candidat
a certaines valeurs. Or, l’éthique est
un élément auquel les recruteurs
sont de plus en plus sensibles. »
Anna e
t
LE REGARD DU RECRUTEUR
À SAVOIR
 Il faut avoir au moins
18 ans pour partir en
tant que volontaire.
Cependant, plus vous
êtes expérimenté, plus
vous avez de chances
de trouver une mission
intéressante.
 Soyez prudents,
certains organismes
peu scrupuleux font
payer les jeunes
bénévoles pour
les accueillir ! Sur
France-Volontaires.org,
vous trouverez des
offres triées sur
le volet. Vous pouvez
aussi envoyer
des candidatures
spontanées aux ONG
et associations qui
vous intéressent.
 En général, vous
devez prévoir des
frais avant le départ
(vaccins, billets
d’avion, etc.) mais
une fois sur place
vous recevez une
indemnité qui vous
permet de vivre
sans avoir à piocher
dans vos réserves.
Shutterstock
LESECHOSSTART.FR // 9
Mardi 11 décembre 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // LESECHOSSTART.FR
Mardi 11 décembre 2018
SUMMER SCHOOL
« A 18 ans, j’ai étudié un été à Harvard…
avant d’y faire un bachelor »
L’été avant mon année de terminale,
à 18 ans, j’ai participé à la Summer
School de Harvard, la prestigieuse
université américaine. Durant sept
semaines, j’ai suivi des cours passionnants
sur la psychologie du comportement, avec
des professeurs réputés. Ceux que je pouvais
voir en vidéo donner des TED Talks ou dont
je pouvais lire les ouvrages. Ces sept
semaines ont été intenses et m’ont permis
de grandir rapidement. A Harvard, les élèves
apportent autant au cours que les
professeurs. Chacun contribue à partir
de sa propre expérience.
Cécile Jalerton,
doctorante en
psychologie
du travail au Lab RH
« Quand les étudiants
partent étudier à
l’étranger, ce ne
sont pas tant les
cours sur place que
la vie quotidienne
dans un autre pays
qui est porteuse
d’apprentissage,
d’ouverture d’esprit…
Bref, ça se passe
plutôt en dehors de
la salle de classe. »
POUR ALLER
PLUS LOIN
 La majorité des
universités ou grandes
écoles propose des
programmes d’été
pour mettre (ou pas)
un premier pied dans
l’établissement.
Il faut en général
s’inscrire assez tôt
dans l’année, pensez
dès maintenant à votre
été 2019.
A
Au-delà de douze heures de cours
hebdomadaires et des nombreuses lectures,
les journées étaient bien remplies pendant
les temps libres : déjeuner dans l’Annenberg
Hall, après-midi à explorer Cambridge (dans
le Massachusetts, près de Boston) ou à
découvrir les secrets du campus. La Summer
School m’a apporté bien plus que des
connaissances : elle a renforcé ma volonté
d’étudier aux Etats-Unis et a élargi mon
cercle d’amis. Chaque jour, une occasion se
présentait pour rencontrer de nouvelles
personnes : des lycéens, des étudiants et des
professionnels du monde entier, avec qui j’ai
maintenu le contact. Et puis, c’est un bon
tremplin pour intégrer l’université : j’ai
ensuite participé à une deuxième session
d’été avant d’entamer mon bachelor de
psychologie à Harvard. Un enseignement qui
m’a aidé à trouver mon métier puisque
j’accompagne aujourd’hui des juristes, des
consultants, et des banquiers d’affaires à
sentir mieux et à développer leur potentiel
grâce à la psychologie américaine. »
LE REGARD
DE L’EXPERTE
PROJET ÉTUDIANT
« Nous avons parcouru 20 pays pour promouvoir le vivre-ensemble
et le dialogue interreligieux »
Eloi, 21 ans
J’ai décidé de profiter de
mon année de césure en
école de commerce pour
participer à un projet ambitieux,
l’Interfaith Tour. Depuis la première
édition, il y a cinq ans, plusieurs
équipes sont déjà parties parcourir
les 193 pays du monde pour
promouvoir le vivre-ensemble. Pour
participer, j’ai monté une équipe
avec 4 amis étudiants (athée, juif,
musulman et chrétien) et nous
avons réussi à être sélectionnés.
Dix-huit mois ont ensuite été
nécessaires pour rassembler les
subventions et les fonds suffisants
pour couvrir les 80.000 euros
de budget du tour (crowdfunding,
partenariats institutionnels,
financiers ou publicitaires…).
Pendant sept mois, nous avons visité
20 pays : Canada, Sri Lanka, NouvelleZélande, Tanzanie, etc. Nous voulons
montrer qu’il y a des exemples de
société qui survivent aux conflits et
qui se reconstruisent. Ce projet a trois
objectifs : la promotion des initiatives
et des acteurs du vivre-ensemble ;
la mise en réseau de ces acteurs
et de ces actions pour créer une
“peace map” interactive ; et enfin,
la création d’un portfolio de bonnes
pratiques que nous allons proposer
à l’Education nationale pour que
chacun puisse étudier dans le respect
de ses convictions. »
LE REGARD
DU RECRUTEUR
À SAVOIR
N’hésitez pas
à associer votre
établissement à
votre projet pour
obtenir un soutien
financier ou logistique.
Pour vous montrer
convaincant,
expliquez bien les
objectifs du projet
(solidaires,
culturels, etc.)
et ce que vous allez
en retirer pour votre
vie personnelle
et professionnelle.
 Nous vous
conseillons aussi
de créer (ou rejoindre)
une association pour
mener ce genre
de projets : cela
vous sera utile pour
collecter des fonds
par exemple.
Adrien Ducluzeau,
fondateur
du cabinet
de recrutement
La Relève
« Les quatre types
de qualité que ce
genre de voyage
développe sont
la communication
(maîtrise d’une
langue étrangère),
l’ouverture d’esprit,
la créativité (pour
s’adapter aux
imprévus) et la
responsabilité
(budget à gérer,
relations avec des
sponsors, etc.). »
xis, 26 ans
le
SÉJOUR LINGUISTIQUE
« J’ai passé un été à Porto
pour apprendre le portugais »
Léa, 27 ans
J’ai eu un véritable coup de cœur
pour la culture nordique lors d’un
voyage en Finlande. A partir de
ce moment-là, je suis devenue obsédée.
Je voulais en découvrir plus. J’ai bien tenté
d’y aller en Erasmus lors de mes études,
en vain. A 23 ans, ma licence culture
et médias en poche, j’ai entendu parler
du Service volontaire européen, j’y ai vu
l’occasion d’enfin réaliser ce rêve.
J’ai envoyé une centaine de candidatures
et j’ai eu des réponses positives très
rapidement… A peine six mois après avoir
entamé les démarches, je partais pour vivre
un an en Norvège !
Là-bas, j’ai travaillé avec une association
pour laquelle j’animais des ateliers
artistiques pour des adolescents. Avec le
SVE, le salaire n’est pas élevé mais tous les
frais sont pris en charge ! L’association m’a
installée dans une colocation avec d’autres
étrangers qui sont devenus ma “famille”.
Entre ces nouvelles connaissances, mes boss
qui ont été géniaux, le travail enrichissant et
la culture nordique de la gratification, j’ai
passé la meilleure année de ma vie. Choisir
le SVE, c’est une façon assez confortable de
se lancer dans une aventure d’expatriation.
On est guidé du début à la fin. Aller à
l’étranger, j’en avais envie, mais ça me faisait
peur. Grâce à cette expérience, je suis
devenue plus sociable, et j’ai amélioré mon
niveau d’anglais. Aujourd’hui, je n’ai plus
peur. La preuve : après cela, j’ai continué à
voyager. A l’heure où je vous parle, je suis en
PVT au Mexique ! »
LE REGARD
DE L’EXPERTE
Manuelle Malot,
directrice carrière
de l’Edhec
« Je conseille de
mentionner le
bénévolat dans la
partie expériences
de son CV si l’on a
vraiment développé
des compétences
utiles pour l’offre à
laquelle on postule.
Sinon, on peut se
contenter d’en parler
dans la rubrique
Centres d’intérêt.
Mais dans la plupart
des expériences de
bénévolat, il y a une
dimension gestion de
projet, que l’on peut
valoriser pour de
nombreux postes. »
J’ai pu apprendre la langue, découvrir la
culture et rencontrer des gens incroyables
de toutes origines. Je n’avais cours que le
matin, alors je consacrais mes après-midi
aux visites : découverte de Porto, seule à
mon rythme, avec des amis, ou avec un tour
organisé et excursions dans les villes
voisines. Je conseille vivement ce type de
séjour à ceux qui en ont la chance. C’est une
excellente occasion de gagner en confiance
en soi et en autonomie. J’ai appris à
m’adapter à des situations hors de mon
contrôle. D’ailleurs, ça m’a tellement plu
que je suis retournée au Portugal cet hiver
dans le cadre de mes études ! »
n
h-Ja e, 21
ra
s
an
À SAVOIR
 Les volontaires
en SVE sont
accompagnés tout au
long du processus et
ils font partie d’une
véritable communauté.
D’autres contrats
de volontariat sont
possibles (service
civique, VIE, VSI, VIA) :
plus d’infos sont à
retrouver sur la page
Volontariats du site
service.public.fr.
Après avoir étudié le portugais
pendant un an, j’ai eu envie de le
perfectionner sur le terrain. J’ai
choisi de m’envoler pour Porto, ville calme
propice à l’apprentissage, pour suivre des
cours d’été à l’université. Je suis arrivée à
quelques jours du début des cours. Comme
je n’avais pas pu faire le test de niveau en
ligne, j’ai dû commencer au niveau A1, alors
que j’estimais avoir un niveau supérieur. Ça
a été frustrant, mais j’ai décidé d’en profiter
pour perfectionner ce que j’avais déjà appris
et mon enseignante allait toujours un peu
plus loin avec moi ! Ce petit couac
administratif a été le seul point noir de mon
séjour. Pour le reste, tout a été conforme
à mes attentes, et j’ai adoré l’expérience.
Sa
SERVICE VOLONTAIRE EUROPÉEN
« J’ai vécu un an en Norvège et travaillé au sein d’une association »
LE REGARD
DE L’EXPERTE
Manuelle Malot,
directrice carrière
de l’Edhec
« Je conseille souvent
aux étudiants de
cumuler leurs temps
de séjour à l’étranger
dans les pays anglosaxons par exemple
et de mentionner dans
la rubrique langues
de leur CV : X mois
passés dans un pays
de langue anglaise.
Cela dénote auprès
du recruteur d’une
certaine maîtrise de
la langue. »
POUR ALLER
PLUS LOIN
Pratiquement toutes
les universités
du monde offrent
des cours de langues
pendant les grandes
vacances, ouverts
à tous.
 Il existe également
des écoles de langues
privées dans la plupart
des grandes villes.
 De nombreux
organismes
permettent aussi de
faire des séjours
linguistiques en
immersion, pendant
lesquels les inscrits
logent dans des
familles d’accueil.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Mardi 11 décembre 2018
TOUR DU MONDE
« Je vais à vélo à la rencontre des agriculteurs
paysans de la planète »
Quand j’ai commencé
à imaginer ce projet de
voyage à vélo sur les
routes du monde à la rencontre
des agriculteurs paysans, je
travaillais comme directeur de
chantiers d’insertion du Secours
populaire. C’est un métier où
l’on voit directement l’utilité
de ce que l’on fait au quotidien
mais après quatre années, je
crois que ces horizons-là ne me
suffisaient plus. J’avais envie
d’aller voir comment le monde
tourne et de m’ouvrir à d’autres
cultures.
Pour cela, j’ai imaginé le projet
Latitudes Food avec l’aide
de quelques amis. Nous avons
proposé à plusieurs classes
de primaire de suivre notre
aventure. A l’aide de vidéos,
je peux aujourd’hui leur
transmettre, au fil de mon
voyage, quelques-unes des
connaissances apprises sur
l’agriculture paysanne. Un mode
de production respectueux
de notre santé et de la planète,
et qui nourrit 70 % de la
population mondiale. Europe,
Afrique, Amérique du Sud…
Cette aventure autour du monde,
je ne la concevais qu’avec un
moyen de transport permettant
d’aller suffisamment rapidement
tout en me laissant le temps
d’aller à la rencontre des gens.
Voilà pourquoi le vélo est parfait
pour ce tour du monde. »
LE REGARD
DE L’EXPERTE
Cécile Jalerton,
doctorante en psychologie
du travail au Lab RH
« Prendre du recul sur son
voyage en le racontant
(blogs, réseaux sociaux,
groupes WhatsApp, etc.)
permet d’accroître l’apport
de compétences. Réfléchir
à son expérience en
tenant un journal de bord
permet d’avoir davantage
conscience de ce que l’on
est en train de vivre et
d’apprendre. »
À SAVOIR
 En plus du budget matériel
(qui dépend du moyen
de transport utilisé), des
coûts d’hébergement et
de nourriture, prévoyez
aussi un budget assurance/
vaccins/visas.
Des entreprises peuvent
vous aider à financer
votre voyage en tant que
sponsors, et vous pouvez
aussi tenter de décrocher
des subventions auprès des
collectivités locales.
VOYAGE INTERRAIL
« J’ai traversé huit pays d’Europe
avec un seul billet de train »
Début 2016, j’ai vu la vidéo
d’un blogueur, Bruno
Maltor, qui partageait
son voyage en Interrail, un pass
permettant de voyager en train dans
toute l’Europe. Je me suis mis en tête
de me lancer un jour dans la même
aventure. Et puis, par hasard,
en mai 2017, je suis tombée sur un
concours organisé par Interrail.
L’aventure s’est précipitée puisque
j’ai gagné. Deux mois après, je partais
en mode “backpack” avec ma
meilleure amie. Je savais déjà quels
pays je voulais visiter et elle m’a fait
confiance : en vingt-deux jours
nous avons sillonné l’Allemagne,
la Pologne, la Slovaquie, l’Autriche,
la Hongrie, la Croatie, la Slovénie
et l’Italie.
C’était la première fois que
j’organisais un voyage aussi long de
A à Z. C’était également la première
fois que je partais uniquement avec
une amie à l’étranger. Alors,
forcément, j’avais des appréhensions.
J’étais persuadée qu’on aurait de
nombreuses galères. Mais
finalement, tout s’est globalement
bien passé, et on a fait chaque jour de
belles rencontres ! Ce voyage m’a
aidée à avoir un peu plus confiance
en moi. Je recommande vraiment
cette expérience unique. Interrail
permet d’être libre. On peut aller où
on veut et le temps qu’on souhaite.
C’est assez incroyable d’être dans un
pays et de se retrouver dans un autre
quelques jours plus tard. »
J
ifer, 20 a
n
s
n
en
LE REGARD
DU RECRUTEUR
Adrien Ducluzeau,
fondateur du cabinet
de recrutement
La Relève
« 99 % des CV que je
reçois mentionnent
“Voyages” dans la
rubrique Centres
d’intérêt. Pour se
démarquer avec
un voyage type
backpack/Interrail,
il faut donc soit être
capable d’argumenter
sur ce que cette
expérience vous a
permis de développer
en termes de
compétences, soit
qu’il y ait un véritable
lien avec votre projet
professionnel. Par
exemple, si vous
postulez pour un
travail en Espagne,
cela vaut le coup
de mentionner
votre traversée de
l’Amérique du Sud. »
À SAVOIR
Le pass Interrail
permet de voyager
pendant une durée
définie sur les
37 compagnies
de trains et de ferrys
partenaires.
 30 pays européens
sont accessibles avec
le pass.
Il existe différentes
options de passe, dont
des One Country Pass.
En août 2017, avec mon
copain, nous sommes
partis faire un tour du
monde avec un projet : visiter un
pays différent chaque mois
pendant sept mois, et faire dans
chacun au moins deux semaines
de WWOOFing. Le WWOOFing
consiste à travailler dans des
fermes biologiques en échange
d’être logés et nourris. Pour nous,
c’était un moyen d’économiser de
l’argent mais surtout d’apprendre
et de vivre au plus proche de
la population. Pour trouver
des fermes, nous nous sommes
inscrits sur WWOOFing, mais
aussi sur Helpx et Workaway.
En Argentine, en Uruguay, puis
en Australie, et à Hong Kong…
Partout où nous sommes allés,
c’est lors de nos missions de
volontariat que nous avons vécu
nos meilleures expériences.
Le WWOOFing permet de créer
un lien avec les locaux, de
comprendre leur mode de vie,
et aussi de vivre en communauté
avec d’autres volontaires, et ainsi
de grandir.
Pour ceux qui voyagent dans
le but de se retrouver ou de se
découvrir, le WWOOFing est une
très bonne formule. Attention, ce
n’est pas facile tous les jours, c’est
même épuisant ! Mais cela fait
partie du positif. Pour moi, le
meilleur moment de ce voyage
a été le volontariat en Patagonie,
qui a pourtant été particulièrement
dur, car en plein hiver !
Et puis, c’est un bon pari pour
la suite de la vie, pro ou perso :
avec le WWOOFing, on peut
apprendre de nouvelles langues,
on gagne en condition physique,
et en maturité. »
À SAVOIR
Les sites référents :
WWOOFing (un réseau
pour chaque pays,
uniquement dans des
fermes biologiques) ;
Helpx ; Workaway
(plus généralistes,
hébergement contre
services).
 Attention à
choisir des missions
accessibles selon
votre condition
physique.
 C’est un échange de
services sans contrat,
attention aux abus
de certains hôtes qui
cherchent de la maind’œuvre pas chère. Vous
ne devez pas travailler
plus de quelques
heures par jour.
LE REGARD DU RECRUTEUR
Adrien Ducluzeau, fondateur
du cabinet de recrutement La Relève
« Une expérience en WWOOFing
est un bon point à mettre en avant
si vous avez envie de travailler dans
le secteur de l’environnement, de
l’agriculture ou du développement
durable. »
L
Anthony, 30 ans
WWOOFING « J’ai financé mon tour du monde
en travaillant dans des fermes bio »
es
lie, 22 ans
AU PAIR
« Je vis avec une famille australienne
à Perth »
PERMIS VACANCES TRAVAIL
« J’ai travaillé un an en Colombie
grâce au PVT »
Angèle, 25 ans
Après des études en relations
internationales, j’avais envie d’une
expérience professionnelle longue à
l’étranger, je me suis dit : pourquoi
pas un PVT (permis vacances
travail) ? L’intérêt de ce visa est avant
tout de pouvoir s’installer dans un
pays sans avoir trouvé de job.
D’ailleurs, beaucoup de PVTistes
voyagent et vivent de petits jobs
ponctuels, car trouver un travail fixe
correspondant à ses compétences est
très difficile. C’était l’année de
coopération culturelle entre la France
et Colombie, j’avais vu des expos et
des concerts, qui m’avaient donné
envie de découvrir ce pays.
Les démarches ont été un peu
compliquées. Chaque pays a ses
propres règles et dans le cas de la
Colombie, les conditions sont assez
strictes. Mais comme j’étais bien
préparée, j’ai pu partir assez vite. En
plus, j’ai eu de la chance : j’ai trouvé
via un groupe Facebook un poste à
responsabilité au sein d’une start-up
qui organise des tours de Bogota.
J’avais donc un rythme de vie assez
intense, avec beaucoup de travail la
semaine. J’ai pu quand même
découvrir le pays en faisant des
escapades courtes le week-end. Cette
expérience m’a permis de me poser
les bonnes questions sur ce que je
voulais sur le plan professionnel et le
plan personnel. Aujourd’hui, j’y vois
beaucoup plus clair : j’ai pour projet
de travailler avec des ONG ou assos
pour accompagner les étrangers qui
arrivent en France. »
J’habite en Australie
depuis le début de
l’année, où je loge chez
une famille en tant que jeune
fille au pair. Educatrice
spécialisée en accompagnement
psycho-éducatif, je suis en
pause pour découvrir le monde.
Le système au pair s’est présenté
comme une évidence alors que
je voyageais et que je me
demandais : comment
découvrir d’autres pays sans
être bloquée financièrement ?
Je me suis inscrite sur
plusieurs sites pour chercher
la famille idéale, mais c’est
finalement grâce à Facebook
que j’ai trouvé. J’ai été en
contact avec une fille qui
cherchait sa remplaçante.
Trois semaines plus tard, je
décollais, direction Perth.
J’ai choisi l’Australie car c’était
l’assurance du dépaysement,
et surtout le moyen d’atteindre
rapidement un de mes objectifs
de voyage : apprendre l’anglais.
Au début, la communication
n’était pas facile. Mais j’ai
progressé rapidement et atteint
mon objectif. J’en suis très
contente. Je conseillerais
totalement cette expérience
à ceux qui veulent progresser
en langue. Mais attention :
être jeune fille au pair, ce n’est
pas la grande aventure.
Les journées sont très
routinières. Je m’occupe des
enfants avant l’école, et après
15 heures jusqu’à leur coucher.
Et surtout je vis avec la famille,
ce qui signifie beaucoup de
contraintes et peu d’intimité.
Je ne regrette pas du tout de
m’être lancée, mais ce sera
mon unique expérience comme
au pair ! »
LE REGARD DU RECRUTEUR
Adrien Ducluzeau, fondateur du
cabinet de recrutement La Relève
« Si vous visez un poste en finance,
ce n’est pas forcément la peine
de mentionner votre expérience au
pair. Par contre, si vous cherchez
dans le tourisme, l’animation,
la petite enfance, là oui, c’est
pertinent d’en parler et d’insister
sur votre sens des responsabilités
et vos aptitudes à communiquer. »
À SAVOIR
Les sites les plus connus
pour trouver une famille sont
Au Pair World et Find Au Pair.
 Les détails administratifs
dépendent du pays d’accueil.
 Attention à bien communiquer
sur les missions et contraintes
avec la famille avant le départ.
A
ud
e , 28 a n
s
LE REGARD
DE L’EXPERTE
Manuelle Malot,
directrice carrière
de l’Edhec
« Lors d’un permis
vacances travail, on
peut avoir plusieurs
expériences :
des “vrais” jobs
qui permettent
d’engranger des
compétences
techniques liées à son
projet professionnel
et des petits boulots
qui apportent surtout
des “soft skills”. Il
faut réfléchir à ce
que ces expériences
nous ont apporté
et où on les met
dans son CV. Si on
choisit de les ranger
dans la rubrique
Expériences, il y a de
fortes chances que le
recruteur demande
pourquoi. Il faudra
être capable de le
justifier. »
À SAVOIR
Le PVT ou permis
vacances travail
permet de résider
légalement dans un
pays pour une durée
d’un an, et d’y travailler
ou non.
Les Français peuvent
effectuer un PVT
dans un des 15 pays
partenaires.
Trouvez des
renseignements
sur PVTistes.net.
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