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Les Echos - 14 12 2018 - 15 12 2018

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// SUPPLÉMENT DE 20 PAGES
L’ESSENTIEL
UNE PRIME DÉFISCALISÉE
JUSQU’À 1.000 EUROS
Le Premier ministre a confirmé
jeudi que la prime exceptionnelle
q u’a d e m a n d é e E m m a n u e l
Macron aux entreprises serait
exonérée de charges et d’impôts
jusqu’à 1.000 euros. // P. 3
NETTE HAUSSE DU NOMBRE
DE FONCTIONNAIRES EN 2017
Hors contrats aidés en fort recul,
les effectifs des trois fonctions
publiques ont augmenté de
45.000 personnes (+0,8 %) en
2017, a indiqué l’Insee jeudi dans
une étude. // P. 3
COP24 :
démission
planétaire
sur le climat
Les Echos
WEEK-END
VOTRE MAGAZINE TOUS LES VENDREDIS
l Toujours pas d’entente sur la mise
ENTREPRISES
& MARCHÉS
AFFAIRE GHOSN : L’ENQUÊTE
VA S’ÉTENDRE À L’ALLIANCE
Le conseil du Losange a maintenu Carlos Ghosn au poste de
PDG. Ses avocats ont commencé
à travailler avec ceux de Nissan
aux modalités d’une enquête sur
les pratiques de l’Alliance. // P. 14
RENTRÉE LITTÉRAIRE :
LA GRANDE MOROSITÉ
Après une rentrée littéraire ratée,
au point de faire douter les libraires de son utilité, c’est au tour des
« gilets jaunes » de fragiliser le secteur. Amazon gagne des points.
// P. 20
COMMENT AXA VEUT RÉUSSIR
SON PARI AVEC XL GROUP
Le groupe français espère mener
à bien en deux ans l’intégration
de XL Group, la compagnie
d’assurance et de réassurance
achetée 15 milliards de dollars
cette année. // P. 27
CARNET // P. 32
Pascal Sittler/RÉA
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 14, SAMEDI 15 DÉCEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
en œuvre de l’Accord de Paris.
l Le cri d’alarme des experts peu entendu.
L
’inquiétude monte dans la dernière ligne droite de la COP24 à
Katowice, en Pologne. A un peu
plus d’un an de la mise en œuvre effective
de l’accord historique sur le climat conclu
à Paris en décembre 2015, les négociateurs
étaient bien en peine, jeudi soir, de finaliser les règles de sa mise en œuvre. A tel
point que la conférence devra sans doute
se prolonger jusqu’à dimanche. Si onze
Etats européens, dont la France, l’Allemagne et l’Espagne, ont rejoint l’Argentine, le
Mexique ainsi que 47 autres pays au sein
de la « High Ambition Coalition » pour
relever les contributions de chacun et
réduire encore plus les émissions de gaz à
effet de serre, ils ont du mal à entraîner les
autres Etats.
Le secrétaire général de l’ONU revient
exprès ce vendredi pour mobiliser les participants alors que la Pologne, qui préside
les débats, a fait montre de peu d’allant.
l BUSINESS STORY PATRICK POUYANNÉ, PATRON XXL
l CULTURE OFFENBACH FOR EVER
l STYLE EDIMBOURGH, UNE PROMENADE
// PAGE 6 ET L’ÉDITORIAL
DE LAURA BERNY PAGE 7
Les complémentaires santé
de nouveau montrées du doigt
Buzyn dénonce un « sabotage
politique » de sa réforme
du reste à charge zéro.
du PDG d’Accor
HÔTELLERIE A la tête du géant français de
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
l’hôtellerie depuis cinq ans, Sébastien Bazin,
l’ancien patron du PSG, estime que les fondations d’Accor sont redevenues extrêmement
solides, que les briques de base de la stratégie
sont désormais en place et que le groupe a
atteint la taille critique. « A partir de ces fondations, nous pouvons construire un édifice de 10, 15,
50 étages », affirme-t-il après avoir réussi à
contenir les assauts d’Airbnb tout en repositionnant son groupe sur le haut de gamme. Accor se
dit prêt à affronter la concurrence des géants du
Net comme de l’hôtellerie.
// LE GRAND ENTRETIEN PAGE 11
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22845
110eANNÉE
36 PAGES
Antilles-Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 5,80 €. Espagne 4 €. Grande-Bretagne 6 £. Grèce 3,70 €. Italie 4 €
Luxembourg 6,10 €. Maroc 28 DH. Suisse
1 0,4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Sébastien Bazin. Photo Hamilton/RÉA
Le point de vue de
Laurent Guimier
et Guy Birenbaum
La crise des « gilets jaunes » a fait éclater au grand jour la rupture entre un
nombre croissant de Français et les
journalistes, désormais rejetés au
même titre que les politiques. Pour
Laurent Guimier et Guy Birenbaum, les
médias doivent profiter de ce moment
historique pour se réinvestir dans les
missions qu’ils ont oubliées. // PAGE 9
Denis Allard/RÉA
Impôts Comment
déjouer les pièges
du prélèvement à la
source // PATRIMOINE PP. 33 À 35 Les nouvelles ambitions
NICOLAS BARRÉ
Notre
« Media
culpa »
SANTÉ La ministre Agnès
Les mutuelles ont commencé à envoyer leurs appels
de cotisation pour 2019. La ministre de la Santé,
Agnès Buzyn (photo), a vivement réagi, face à des
hausses de tarifs que certains organismes justifient
par les décisions gouvernementales, et notamment
par la réforme du reste à charge zéro en matière de
lunettes et de prothèses dentaires et auditives. En
pleine crise des « gilets jaunes », après avoir rencontré les banquiers et les grandes entreprises, Emmanuel Macron veut parler aux assureurs. // PAGE 26
SUR
DANS LA CITÉ DES LETTRES
l ... ET MOI CINQ PISTES POUR SKIER MALIN
La BCE réduit
son soutien mais
reste l’arme au pied
La banque centrale revoit
la croissance à la baisse.
POLITIQUE MONÉTAIRE « Confiance maintenue
mais prudence croissante. » Tel est l’état d’esprit de
Mario Draghi qui a engagé mercredi une nouvelle
phase de la politique monétaire de la Banque centrale européenne en mettant fin à son programme
de rachats de dettes. Ce dernier a insufflé près de
2.600 milliards d’euros de liquidités depuis
mars 2015 dans la zone euro. Le président de la BCE a
rappelé qu’il lui restait d’autres outils à disposition,
une réassurance discrète alors qu’il constate que
l’équilibre des risques se détériore en raison
d’« incertitudes persistantes ». La BCE a d’ailleurs
revu en légère baisse ses prévisions de croissance.
Dans une interview aux « Echos », le gouverneur de
la Banque de France, François Villeroy de Galhau,
assume cette normalisation progressive mais rappelle la flexibilité de la politique monétaire en cas de
nécessité. A l’instar de « l’urgence économique et
sociale en France » qui justifie, selon lui, « des mesures
exceptionnelles ». // PAGES 4-5 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN PAGE 7
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
FRANCE
Ce que la crise des « gilets
jaunes » a déjà changé
Les « gilets jaunes » ont par ricochet libéré la parole
dans la majorité. Le fonctionnement interne et la façon
de concevoir les réformes ne seront plus les mêmes.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
S
ur les ronds-points
majoritaires, il s’est
passé quelque chose
depuis la crise des « gilets
jaunes ». De nouvelles
habitudes sont apparues,
la parole s’est libérée. François
Bayrou s’est installé comme
doublure du Premier ministre,
faisant ses propositions juste
avant celles d’Edouard
Philippe (comme jeudi à l’AFP,
sur le financement des
mesures sociales), et réitérant
l’exercice tant qu’il n’a pas
obtenu gain de cause.
Les parlementaires
En marche disent tout haut ce
qu’ils pensaient tout bas. Dans
les médias, au groupe et même
devant Emmanuel Macron
lorsqu’il les reçoit, les mots
sont crus, ils auraient dû être
écoutés, pensent-ils,
ils veulent peser. Plus
discrètement, les ministres
défendent leur cahier
revendicatif : « Etre
responsabilisés ! » Matignon
– et Bercy – leur a tenu la bride
courte. « On avait même des
réunions à Matignon pour
arbitrer 300.000 euros »,
se désole l’un d’eux. La belle
organisation ficelée par
les deux têtes de l’exécutif
et leurs bras droits n’est plus.
L’admiration sans borne que
suscitait Emmanuel Macron
autour de lui s’est abîmée.
Edouard Philippe est obligé
à une rondeur qu’on ne lui
connaissait pas. Laurent
Berger (CFDT) ne voulait pas
que l’identité et l’immigration
fassent l’objet d’un thème de
la future consultation
nationale ? Le Premier
ministre vient de lui donner
gain de cause en en faisant
une question secondaire.
Qui dit souplesse sur la forme
le dit aussi sur le fond.
Le programme de 2017 n’est
plus le dogme intouchable
qu’il était jusqu’ici. Il faut
« l’enrichir », affirme l’exécutif.
La révision constitutionnelle
est reportée pour « y insérer
ce qui sortira du débat » sur
la participation citoyenne,
explique par exemple Edouard
Philippe. Au stade des bonnes
résolutions, l’exécutif veut
changer son regard, réfléchir
et construire des solutions
« à hauteur d’homme », et non
plus à partir de grands
raisonnements
macroéconomiques. « Ils
pensaient qu’une juxtaposition
de mesures intelligentes faisait
une bonne politique : je leur dis,
arrêtez de faire les intelligents,
soyez des dirigeants », avance
un poids lourd politique.
Politique, le mot est
d’importance. Dix-huit mois
après avoir gagné contre une
politique à bout de souffle,
Emmanuel Macron cherche
son second… souffle,
en y puisant certains
fondamentaux.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Européennes : le PS veut jouer la carte
de l’union à gauche
POLITIQUE A la peine à six mois des européennes, le PS tente
désormais la carte de l’union à gauche, en contribuant au rapprochement des chapelles qui se partagent l’espace politique
entre LREM et La France insoumise. Son premier secrétaire,
Olivier Faure, proposera au Conseil national du PS, réuni ce
samedi, de lui donner mandat pour travailler à ce rassemblement « faire apparaître une force alternative au macronisme ».
Il se rendra dimanche à une réunion de travail organisée par
Place publique, le mouvement lancé par Raphaël Glucksmann.
Réforme des retraites : la grande
consultation révèle des « inquiétudes »
SOCIAL La grande consultation citoyenne lancée fin mai par le
gouvernement sur sa future réforme des retraites, a mis au jour
les « inquiétudes » de « beaucoup de participants », notamment
sur le « niveau des pensions », selon un bilan présenté jeudi au
ministère des Solidarités. « Nous entendons vos inquiétudes », a
assuré le Haut commissaire à la réforme des retraites, JeanPaul Delevoye. En cinq mois, plus de 35.000 contributions,
20.000 participants et plus de 200.000 visiteurs ont été recensés
sur la plate-forme Internet dédiée.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
LA CRISE DES « GILETS JAUNES »
Face à la « colère », l’exécutif
défend son « plan massif »
l Le gouvernement a appelé les « gilets jaunes » à être « raisonnables ».
l Le Premier ministre a promis un projet de loi mercredi sur les mesures
de pouvoir d’achat dont certaines modalités restent floues.
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Il y a d’abord un contexte qui a
changé. L’attentat au cœur de
Strasbourg a rappelé à ceux qui
l’auraient oublié que la menace
terroriste reste très élevée. Jeudi, le
gouvernement, confronté à des thèses complotistes chez les « gilets
jaunes », n’a pas voulu mettre de
l’huile sur le feu en interdisant, à ce
stade, les mobilisations que prévoient encore des « gilets jaunes ».
Des interdictions qui n’auraient pas
d’effet dissuasif sur ceux « qui souhaitent casser, piller, voler », a
reconnu le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur
CNews. Mais celui-ci a toutefois
jugé qu’il ne serait « pas raisonnable » de poursuivre le mouvement
dans ce climat. Il faut « maintenant
que le mouvement s’arrête », a renchéri le président (LREM) de
l’Assemblée nationale, Richard
Ferrand, sur France Inter. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent
Berger, a aussi estimé « de bon ton »
de ne pas se mobiliser ce week-end,
« pour ne pas surcharger la barque
des policiers ».
« Part légitime de colère »
Surtout, dans l’espoir de calmer la
contestation, l’exécutif a mis en
avant – à l’attention de l’opinion
davantage que des « gilets jaunes »
encore mobilisés –, les mesures de
pouvoir d’achat avancées lundi soir
par Emmanuel Macron. Le chef de
l’Etat a d’ailleurs souligné, à son
arrivée au Conseil européen à
Bruxelles, que la réponse était « à la
fois légitime et importante ». « Aucun
pays n’avance s’il n’entend aussi cette
part légitime de colère de nos peuples », a-t-il lancé.
A l ’A s s e m b l é e n a t i o n a l e ,
Edouard Philippe, face à la motion
de censure déposée par les groupes
insoumis, communiste et socialiste, a lui aussi brandi le « plan massif en faveur des ménages ». « Faire
en sorte que le travail paie mieux,
c’est ce que je retiens d’abord du mouvement des “gilets jaunes”, qui nous
ont parlé de dignité », a martelé le
Premier ministre, ajoutant que
c’était l’objectif poursuivi depuis le
début du quinquennat, mais que
l’exécutif n’est pas « allé assez vite. Il
Face à la motion de censure déposée par les groupes insoumis, communiste et socialiste, le Premier
ministre a brandi le « plan massif en faveur des ménages ». Photo Bertrand Guay / AFP
faut accélérer ». Edouard Philippe a
précisé que toutes les mesures
annoncées par le chef de l’Etat
feraient l’objet d’un projet de loi présenté lors du Conseil des ministres
de mercredi prochain. De quoi,
paradoxalement quand l’exécutif
« Faire en sorte
que le travail paie
mieux, c’est ce
que je retiens
d’abord du
mouvement des
“gilets jaunes”,
qui nous ont parlé
de dignité. »
ÉDOUARD PHILIPPE
A l’Assemblée
nationale
martèle vouloir « aller vite », laisser
encore un peu de temps à l’exécutif
pour rendre un certain nombre
d’arbitrages non seulement sur les
modalités de ces mesures mais
aussi sur leur financement, quand
le flou domine encore. Et que
des luttes d’influence ne vont pas
manquer de s’exercer à l’occasion
des arbitrages. Ce projet de loi doit
être examiné par l’Assemblée et
le Sénat d’ici à la fin de la semaine
prochaine…
Sauver les réformes
S’agissant des mesures, Edouard
Philippe a précisé que pour les salariés au niveau du SMIC, la hausse
serait, entre janvier 2018 et janvier 2019, d’environ 125 euros, comprenant la baisse des cotisations
salariales d’octobre 2018 et l’accélération de la hausse de la prime
d’activité. Il a aussi assuré que l’exécutif irait « plus loin » que les seuls
ménages bénéficiant aujourd’hui
de la prime d’activité, mais sans dire
comment. Quant à la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat versée
par les entreprises, elle pourra aller
jusqu’à 1.000 euros, a-t-il confirmé.
L’exécutif s’accroche à ces mesures
du « quotidien », en espérant que la
pression va un peu retomber et
pouvoir laisser place au débat qui
aura quatre thèmes (transition écologique, fiscalité, démocratie et
citoyenneté), a détaillé Edouard
Philippe. La question de l’immigration, évoquée par Emmanuel
Macron lundi soir et qui faisait déjà
polémique, sera traitée à l’intérieur
du thème démocratie. L’examen du
projet de loi constitutionnel, reprogrammé en janvier, sera encore
repoussé, pour y insérer les propositions issues du débat.
Sans surprise, la motion de censure de la gauche a été rejetée. Ce
qui n’augure pas, loin s’en faut, de la
suite pour l’exécutif qui espère
encore, avec son plan pouvoir
d’achat, tenter de sauver les futures
réformes du quinquennat. n
2,5 milliards d’effort demandé aux entreprises
La seule annulation
pour les grands groupes
de la baisse de l’impôt sur
les sociétés prévue en 2019
rapporterait 1,3 milliard.
Renaud Honoré
@r_honore
et Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Les calculettes chauffent toujours
dans les allées du pouvoir. Le gouvernement s’est donné jusqu’à mercredi prochain – et la présentation
d’un projet de loi mettant en application le plan Macron pour le pouvoir d’achat – pour boucler le financement partiel de ces mesures très
coûteuses (au moins 10 milliards
d’euros). Devant les députés, jeudi,
Edouard Philippe a évoqué les deux
pistes explorées pour compenser le
trou laissé par « ce plan massif en
faveur des ménages » : d’abord « des
mesures d’économies budgétaires »
et ensuite des mesures « de recettes
sur les entreprises ». Les consultations ont continué toute la journée
de jeudi, avec notamment une réunion tenue en début de journée à
Matignon avec les députés de la
majorité influents au sein de la
commission des Finances et de
celle des Affaires sociales de
l’Assemblée. Les arbitrages définitifs restent encore à prendre, mais
un certain consensus semble émerger entre Bercy et les parlementaires sur les mesures idoines. Il y a
d’abord le gel pour les grandes
entreprises de la baisse de l’impôt
sur les sociétés prévue en 2019. Le
taux est censé passer de 33 % à 31 %
en 2019, nouvelle étape d’un processus plus large qui doit l’amener à
25 % en 2022.
de la « niche Copé ». En vue du
retour du projet de loi de finances à
l’Assemblée la semaine prochaine,
la majorité s’apprête à déposer un
amendement qui fera monter à
12 % le niveau de la quote-part de
frais et charges (QPFC), c’est-à-dire
la fraction de résultat effectivement
Le cas de la « niche Copé »
imposée, sur les plus-values de cessions intragroupes, y compris pour
les groupes intégrés. Les députés en
attendent de 300 à 500 millions de
recettes fiscales en plus. Certains au
patronat doutent que ce tour de vis
puisse rapporter autant, les entreprises adaptant leur comportement. Enfin, un nouveau report sur
la baisse supplémentaire de char-
Bercy plaide pour que cette baisse
ne s’applique pas aux entreprises
dont le chiffre d’affaires dépasse le
milliard d’euros, ce qui pourrait
rapporter 1,3 milliard d’euros, selon
nos informations. Il s’agirait d’un
gel seulement pour 2019. Bercy est
aussi prêt à rejoindre les députés
qui souhaitent resserrer les mailles
Un nouveau report
sur la baisse
supplémentaire
de charges de 4 points
au niveau du SMIC
est évoqué.
ges de 4 points au niveau du SMIC
– qui avait déjà été décalée de janvier à octobre 2019 – tient toujours
la corde.
Déficit contenu à 3,2 %
Selon nos informations, cela pourrait rapporter moins de 1 milliard.
En tout, cela donne donc une facture qui pourrait être d’un peu plus
de 2,5 milliards pour les entreprises
(sans compter des recettes éventuelles de la future taxe Gafa qui
devrait être introduite courant 2019). A quoi il faudrait ajouter
des économies sur les crédits budgétaires, qui avoisineraient de 1,5 à
2 milliards d’euros.
Si ces arbitrages devaient être
confirmés, ce sont donc de 4 à
4,5 milliards d’euros qui seraient
trouvés pour le gouvernement,
pour amortir le choc du plan
Macron de 10 milliards. De quoi
contenir le déficit à 3,2 % du PIB, un
peu en dessous de l’étiage à 3,4 %
évoqué il y a deux jours. Cela reste
malgré tout supérieur au seuil
maastrichien des 3 %. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Progression du nombre
La prime Macron défiscalisée de fonctionnaires en 2017
jusqu’à 1.000 euros
FONCTION
PUBLIQUE
Patronat et syndicats ont
rencontré, jeudi, la
ministre du Travail,
Muriel Pénicaud, et le
ministre des Finances,
Bruno Le Maire, pour
« échanger » sur la prime
exceptionnelle promise
par le chef de l’Etat lundi.
Les effectifs ont
augmenté de 45.000
l’an dernier (+0,8 %),
selon l’Insee.
En comptabilisant
les contrats aidés, en
forte baisse, l’emploi
s’est stabilisé.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Jeudi matin, les partenaires
sociaux avaient rendez-vous avec
les ministres Muriel Pénicaud et
Bruno Le Maire pour « échanger »
sur la prime exceptionnelle pour
les salariés annoncée par Emmanuel Macron lundi parmi d’autres
mesures. Ils sont sortis de cette rencontre avec quelques précisions,
mais encore beaucoup de questions. Il a été confirmé que les sommes versées seront exonérées de
cotisations sociales et d’impôt sur
le revenu comme de CSG et de
CRDS. De même que l’existence
d’un plafond de 1.000 euros pour
bénéficier de l’exonération. Serat-il possible de verser plus, le complément étant soumis aux prélèvements fiscaux et sociaux ? « Ce n’est
pas tranché », selon un syndicaliste.
Plafonnement
« Certains au gouvernement voudraient plafonner le bénéfice de
l’avantage social et fiscal à un certain niveau de salaire », raconte
par ailleurs un autre participant.
La somme de 2.500 euros net
mensuels a été évoquée. « Cela
pourrait aller jusqu’à 3.000 euros,
mais le plafonnement n’est pas
gagné, car le patronat et la CGC ont
fait part de leur opposition », commente un troisième. Il est, en
revanche, acquis que la prime
devra être collective. Cela ne veut
pas forcément dire qu’elle devra
être distribuée à tous les salariés et
identique pour tous, mais que
l’employeur ne pourra pas la donner à certains salariés et pas à
d’autres sans justifier ce choix par
des critères objectifs.
Autre point acté : elle ne devra
pas forcément être versée avant la
fin de l’année, mais dans le courant
du premier trimestre. Elle pourra
Alain Ruello
@AlainRuello
Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud. Photo Hamilton/REA
être versée d’ici à « fin février ou fin
mars », selon Alain Griset, le président de l’U2P, « jusqu’en mars »,
dixit François Asselin, son homologue de la CPME. « On s’est attaché
à lever le frein qu’aurait pu constituer une requalification de la prime
en salaire par les Urssaf ; les
employeurs pourront dormir tranquillement », a ajouté le président
de la CFTC, Philippe Louis.
Impréparation
A la sortie de la rencontre, patronat et syndicats s’attendaient à
être fixés sur le contour précis de
la prime « dans 48 heures », soit
samedi, compte tenu des délais de
dépôt d’amendement au projet de
loi de Finances. Ils ont appris dans
l’après-midi que le gouvernement
se donnait un délai de quelques
jours en décidant l’inscription des
mesures annoncées par le chef de
l’Etat nécessitant des dispositions
légales dans un projet de loi présenté mercredi prochain en Conseil des ministres. Pas de quoi rassurer des partenaires sociaux,
inquiets de l’impréparation du
plan du gouvernement. A la sortie
de leur rencontre avec Muriel
Pénicaud et Bruno Le Maire, les
représentants des employeurs ont
insisté sur la nécessité de mainte-
nir un caractère facultatif à la
prime exceptionnelle. On sentait
clairement aussi une inquiétude
de leur côté. « Il faudra gérer les
frustrations de certains de nos salariés face au principe de réalité », a
ainsi expliqué François Asselin.
Si les syndicats n’étaient pas au
départ demandeurs, revendiquant
des hausses de salaires via les
négociations salariales ou une
hausse du SMIC, ils ont mis en
garde le gouvernement. « Il faut
tenir ses promesses, les salariés
attendent une prime de 1.000 euros
ou, en tout cas, une prime exceptionnelle », a rappelé le numéro un de
la CFDT, Laurent Berger, pointant
les dangers d’un « jeu de dupes ».
« Attention à ne pas mettre le feu
en créant des frustrations dans la
mise en œuvre des promesses du chef
de l’Etat », a averti Michel Beaugas,
de FO. Tous deux ont insisté en
outre sur le fait que les fonctionnaires devraient aussi pouvoir bénéficier d’une prime exceptionnelle.
Orange, Publicis, Altice, Iliad,
LVMH, Kering, Total, Michelin… de
grands groupes français annoncent les uns après les autres le versement de cette prime de fin d’année à
tout ou partie de leurs salariés, profitant de la défiscalisation annoncée par le chef de l’Etat. n
Le SMIC en hausse de 1,5 % en janvier
Le SMIC mensuel à temps
plein passera
à 1.524,30 euros brut
au 1er janvier, soit 26 euros
de plus, sous l’effet
de la seule revalorisation
automatique. Le SMIC
horaire brut augmentera
de 9,88 à 10,03 euros.
En attendant de comprendre comment aboutir aux 100 euros net de
plus pour chaque smicard promis
par Emmanuel Macron, on sait au
moins de combien le salaire minimum légal augmentera au 1er janvier 2019 : de 1,5 % exactement.
C’est la conséquence de l’application de la formule de revalorisation
automatique, le gouvernement
ayant fermé la porte à tout coup de
pouce supplémentaire. La formule
est la suivante : l’inflation annuelle
mesurée en novembre pour les
ménages du premier quintile (les
20 % les plus pauvres) hors tabac, à
laquelle on ajoute la moitié de l’évolution annuelle du pouvoir d’achat
du salaire moyen des ouvriers et
employés (SHBOE).
La première partie de l’équation
Philippe : « 100 euros de plus hors
baisses de cotisations déjà actée »
La hausse de 100 euros au niveau du SMIC s’ajoutera aux
baisses de charges sociales de 2018, a assuré Edouard
Philippe jeudi, contrairement à ce qu’avait laissé entendre
le gouvernement. « Cela veut dire qu’entre janvier 2018 et janvier 2019, la hausse sera plutôt de l’ordre de 125 euros », a-t-il
indiqué à l’Assemblée. Il a par ailleurs confirmé que l’exécutif
souhaite aller « plus loin » que « le champ couvert par la prime
d’activité », qui ne concerne pas tous les smicards.
est désormais connue (+1,5 %)
depuis que l’Insee l’a publiée ce
jeudi. La seconde l’était déjà, mais
comme elle donne un résultat
négatif, on n’en tient pas compte.
« Nous n’avions pas connu une telle
situation, avec le terme pouvoir
d’achat du SHBOE négatif, depuis
2008 », fait valoir Gilbert Cette, professeur associé à l’Université d’AixMarseille et président du groupe
d’experts sur le SMIC. En espèces
sonnantes et trébuchantes, cela
signifie que le SMIC horaire brut
passera de 9,88 à 10,028, arrondis à
10,03 euros. Soit pour un mois
complet et après arrondis supérieurs, 1.524,30 euros brut, soit
26 euros de plus.. — A. R.
Après avoir légèrement progressé
en 2016, l’emploi dans la fonction
publique est resté quasi stable en
2017. C’est ce qui ressort d’une première lecture des statistiques
publiées jeudi par l’Insee. Mais cette
quasi-stabilité doit être largement
relativisée. Sans la baisse drastique
dans les contrats aidés, budgétée à
la fin du quinquennat de François
Hollande et confirmée par le gouvernement d’Edouard Philippe à
son arrivée, les effectifs de la fonction publique ont continué de progresser assez fortement.
Contrats aidés inclus, la fonction
publique comptait 5,66 millions de
salariés au 31 décembre 2017. Soit
4.800 de moins ou un recul de 0,1 %
sur un an, après une hausse de
0,4 % fin 2016. Hors contrats aidés
en revanche, les effectifs ont « nettement » augmenté, souligne l’institut statistique national. De 0,8 %
précisément, soit un peu plus
de 45.000.
Ces évolutions contrastées sont
les mêmes dans les trois versants de
la fonction publique : l’Etat (+0,1 %
au global, +0,9 % hors contrats
aidés), la territoriale (–0,4 %,
+0,9 %) ou encore l’hospitalière
(0 %, +0,7 %). Tous versants confondus, le nombre de contrats aidés a
baissé de près de 27 % pour représenter 50.400 postes en moins.
Education et recherche
en tête
Dans le détail, les effectifs des
ministères ont grossi, toujours hors
contrats aidés, de 1,2 %, sous l’effet
du dernier budget de François Hollande, avec près de 23.000 agents
supplémentaires. La très grande
majorité d’entre eux (20.600 exactement) ont rejoint les rangs de
l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. L’Intérieur ou la Justice ont tiré
leur épingle du jeu, mais beaucoup
plus modérément (+5.200 et +1.300
respectivement). A l’inverse, Bercy,
l’Environnement ou le Logement
ont rendu des postes. De même que
les établissements publics.
50.000 suppressions
de postes pour objectif
Dans la fonction publique territoriale, la hausse des effectifs hors
contrats aidés est particulièrement
élevée (+1 %) dans le secteur communal, moindre dans les régions et
départements (+0,3 %). On note
aussi un écart important dans
la fonction publique hospitalière,
toujours hors contrats aidés,
entre les hôpitaux (+0,4 %) et les
établissements médico-sociaux
(+2,9 %).
Emmanuel Macron s’est fixé
comme objectif de supprimer
50.000 postes de fonctionnaires
d’ici à la fin du quinquennat. Le gouvernement a prévu un fonds de
50 millions pour accompagner les
restructurations à venir. Il a également ouvert la voie à l’indemnisation chômage. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
LE CHÔMAGE POURSUIT
SON REFLUX EN GRÈCE
LA CROISSANCE
RALENTIT EN IRLANDE
Le taux de chômage en
Grèce a enregistré une
nouvelle baisse au cours
du troisième trimestre sur
un an, à 18,3 % contre 20,2 %
pour la même période
en 2017, a annoncé jeudi
l’Autorité des statistiques
grecques (Elstat). Le nombre
de chômeurs a baissé
de 10,1 % sur un an
et de 3,8 % sur un mois.
Le PIB irlandais n’a crû
que de 0,9 % au troisième
trimestre après un
deuxième trimestre révisé
à la baisse à 2,1 %.
La consommation
des ménages a ralenti
tout comme l’investissement
public, tandis que les
importations ont davantage
crû que les exportations
sur la période.
1,1 %
SELON IFO, LA HAUSSE
DU PIB ALLEMAND EN 2019
L’institut Ifo s’attend à ce que
l’Allemagne enregistre une
croissance de 1,5 % cette
année au lieu du taux de 1,9 %.
Il a révisé sa prévision de
croissance pour 2019, ramenée de 1,9 % à 1,1 %, et aussi
pour 2020, de 1,7 % à 1,6 %.
UNION EUROPÉENNE
La BCE met fin à ses rachats massifs
de dettes mais reste l’arme au pied
l La Banque centrale européenne mettra comme prévu un terme en décembre à son programme d’achat d’obligations.
l Elle conserve néanmoins des outils puissants alors que les risques qui pèsent sur l’économie s’accumulent.
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
La machine « QE » sera bien
débranchée fin décembre. La BCE a
confirmé jeudi l’arrêt de son programme de rachats massifs de dettes lancé en mars 2015. Le dispositif,
qui appartient désormais de façon
permanente à la boîte à outils de la
BCE, selon son dirigeant Mario Draghi, a permis d’injecter près de
2.600 milliards d’euros sur les marchés pour lutter contre la déflation
et doper la reprise.
Pour rester cohérent avec la décision de mettre fin à ces rachats massifs, esquissée depuis juin, Mario
Draghi n’a pas changé son estimation des risques qui pèsent sur l’économie de la zone euro et qui restent
selon lui « globalement équilibrés ».
« Incertitudes persistantes »
Le dirigeant italien a cependant
reconnu que « l’équilibre des risques penche à la baisse » en citant
les « incertitudes persistantes liées
à des facteurs géopolitiques, la
menace du protectionnisme, des
vulnérabilités dans les marchés
émergents et la volatilité du marché
financier ». En cause : la guerre
commerciale entre Washington et
Pékin, le Brexit ou encore une
série d’indicateurs décevants en
zone euro.
La BCE a donc logiquement revu
ses prévisions de croissance à la
baisse : elle table dorénavant sur
une croissance du PIB de 1,9 % en
2018 (contre 2 % précédemment) et
1,7 % en 2019 (contre 1,8 % précédemment). Sur l’inflation, la BCE
vise 1,8 % en 2021, un niveau conforme à son objectif « inférieur
mais proche de 2 % ».
Poursuite
des réinvestissements
Mais si elle met un terme au QE, la
BCE dispose toujours d’autres outils
de soutien à l’économie – et notamment ses taux directeurs. La BCE n’a
pas changé de communication à ce
sujet : ses taux devraient rester à
leurs niveaux historiquement bas
« au moins jusqu’à l’été 2019 ».
La BCE continue par ailleurs à
réinvestir les montants remboursés sur les obligations de son portefeuille arrivées à maturité. « L’APP
(le programme d’achats d’actifs du
QE) n’est pas terminé, il continue.
Nous nous engageons à maintenir le
stock pendant une période prolongée », a rappelé Mario Draghi. La
BCE a précisé jeudi qu’elle poursuivrait ces réinvestissements après
le début du relèvement de ses taux.
Enfin, la BCE dispose toujours
de l’option des TLTRO (Targeted
longer-term refinancing operations). Si le sujet n’a pas été « discuté en substance » par les gouver-
neurs, Mario Draghi a confirmé
que la BCE y réfléchissait. Ces
prêts à long terme très bon marché accordés en 2014 et en 2016
aux banques pour soutenir le crédit aux ménages et entreprises
expirent à partir de 2020 – ce qui
menace les banques d’une perte
Les taux de la BCE
devraient rester à
leurs niveaux bas
« au moins jusqu’à
l’été 2019 ».
de liquidités à long terme. Une
nouvelle vague de ces prêts permettrait d’amortir le choc.
Interrogé sur le mouvement des
« gilets jaunes » en France, Mario
Draghi a souligné qu’il condamnait
la violence tout en rappelant que le
droit de protester appartenait à la
démocratie. « Je suis sûr que le gouvernement français fera face à ce problème de la meilleure façon possible », a-t-il ajouté.
(
Lire l’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 7
INTERVIEW // FRANÇOIS VILLEROY DE GALHAU Gouverneur de la Banque de France
« L’urgence économique et sociale en France justifie des décisions
Propos recueillis par
Guillaume de Calignon
@gcalignon
et Dominique Seux
@dseux
La décision de la BCE
n’est-elle pas risquée
au moment où l’économie
européenne décélère ?
Les chiffres de la zone euro
aujourd’hui justifient cette normalisation progressive. La croissance devrait rester autour de
1,7 % en 2019 et 2020, l’inflation
revient vers notre cible de 2 %.
Nous mettons fin à nos achats nets
d’actifs, comme annoncé depuis
juin dernier : la politique monétaire est crédible, mais elle reste
flexible face aux incertitudes.
Nous n’arrêtons pas le « QE » [programme d’achat d’obligations],
puisque nous détiendrons toujours un stock de titres élevé grâce
au réinvestissement des remboursements ; les taux d’intérêt resteront inchangés au moins jusqu’à
l’été 2019 ; nous pourrons fournir
si nécessaire la liquidité pour
l’économie via les banques. Nous
disposons donc encore d’un trio
puissant d’instruments.
Quel peut être l’impact
de la crise des « gilets jaunes »
sur l’économie française ?
Les causes profondes de ce mouvement dépassent naturellement l’économie, et les réponses sont donc plus
larges. Néanmoins, les conséquences économiques seront significatives. Nous avons revu notre estimation de croissance pour le quatrième
trimestre 2018 de 0,4 % à 0,2 %. Le
commerce, la restauration, l’agroalimentaire ou encore l’automobile
souffrent. Et nous avons révisé notre
prévision de croissance pour cette
année et l’an prochain légèrement à
la baisse, à 1,5 % par an. Cela intègre
un petit rebond possible de l’activité
début 2019, comme nous l’avons
observé dans le passé, mais n’inclut
pas encore l’effet des mesures annoncées ces derniers jours par le président de la République. Toutefois,
plus le mouvement dure, plus il
s’agira d’une perte pour l’économie
française.
Comment se comportera l’économie française l’an prochain ?
La croissance française devrait rester supérieure à la moyenne de ces
dernières années : la conjoncture
demeure plutôt favorable. Sa com-
par tête devrait croître de 2,3 % en
2019, car l’économie française
retrouve progressivement des gains
de productivité, qui permettent aux
entreprises d’augmenter les rémunérations. Les baisses d’impôts vont
soutenir le pouvoir d’achat. Enfin,
l’inflation, après avoir atteint son
point haut en août à 2,6 %, devrait
reculer grâce à la baisse du prix du
pétrole à 1,6 % en moyenne sur 2019.
« L’économie
française retrouve
progressivement des
gains de productivité. »
François Villeroy de Galhau reste confiant sur la conjoncture
« plutôt favorable » de la France. Photo Marthe Lemelle
position va cependant changer l’an
prochain. Le commerce extérieur
ne devrait pas contribuer à la croissance. En revanche, l’activité devrait
être tirée par la demande intérieure,
et d’abord la consommation. Le
pouvoir d’achat sera en hausse
significative. Par habitant, il devrait
progresser d’au moins 1,3 %, avant
même les mesures récentes : bien
sûr, c’est une moyenne d’ensemble,
et chaque Français est d’abord sensible à sa situation propre.
Il faut être très attentif aux inégalités, mais noter aussi plusieurs évolutions favorables. Le salaire moyen
Comment se situerait la performance française par rapport à la zone euro ?
La France rattraperait progressivement son retard sur la zone euro.
Entre 2014 et 2017, notre croissance
y a été en moyenne inférieure de
0,6 % par an ; en 2019, notre retard
reviendrait à 0,2 %. Notre environnement extérieur devient moins
porteur. Dans les prochaines
années, la France va donc devoir
compter davantage sur ses propres
forces pour dégager de la croissance
et faire reculer le chômage. Tout le
sens des réformes engagées, c’est de
relever la vitesse de croisière de
l’économie française, c’est-à-dire la
croissance potentielle aujourd’hui
trop basse autour de 1,3 %. La clef de
la croissance et des emplois durables en France, cela reste les réformes, comme le montrent les succès
de plusieurs de nos voisins européens. Ce cap vaut à travers toutes
les incertitudes.
Quelles sont ces incertitudes ?
A l’échelle mondiale et européenne,
nous assistons à une décélération
lente de la croissance plutôt qu’à un
retournement. Mais les incertitudes
montent : le prix du pétrole, qui peut
jouer dans les deux sens, ou les mesures protectionnistes, clairement
négatives. La politique économique
américaine reste déséquilibrée, et en
Europe, le Brexit ou la situation italienne sont des inconnues. Sur le
Brexit, les conséquences économiques d’une absence d’accord sont
plus importantes pour le RoyaumeUni – qui verrait 45 % de ses exportations menacés – que pour la zone
euro, dont seulement 9 % sont en jeu.
Toutes les conséquences sur la stabilité financière doivent et peuvent
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MONDE // 05
ÉTATS-UNIS : VERS UNE
RÉCESSION DANS UN AN
SUISSE : POLITIQUE
MONÉTAIRES INCHANGÉE
La Chine va maintenir son rythme
de croissance économique
« dans une fourchette raisonnable »
l’an prochain, s’efforçant de
soutenir l’emploi, le commerce
et l’investissementcomme
ses réformes et en réduisant
les risques, a annoncé le bureau
politique du Parti communiste
chinois. La croissance
économique chinoise a ralenti
à 6,5 % au troisième trimestre.
La courbe des rendements
des obligations du Trésor
américain s’inversera
l’an prochain, peut-être
dans les six mois à venir,
nettement plus tôt que prévu
il y a tout juste trois mois,
une inversion qui sera suivie
d’une récession au plus tôt
un an après, selon une
enquête de Reuters
publiée jeudi.
La Banque nationale suisse
(BNS) a laissé sa politique
monétaire inchangée
face aux incertitudes
qui pourraient affaiblir
l’économie mondiale et peser
sur des monnaies refuges
telles que le franc suisse. La
croissance devrait être solide
sur les prochains trimestres
estime Thomas Jordan,
le président de la BNS.
Stefan Wermuth/
Bloomberg
CHINE : CROISSANCE
RAISONNABLE
Shutterstock
Imaginechina/AFP
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Si elle a sauvé sa tête, May est loin
d’avoir sauvé son accord de divorce
Theresa May était venue
chercher, à Bruxelles, un
peu de soutien pour faire
accepter l’accord outreManche. Ses homologues
cherchent le moyen
de lui donner des gages
sans renégocier.
La victoire de la Première
ministre à l’occasion
du vote de défiance lancé
par les députés de son
parti n’accroît en rien ses
chances d’obtenir le feu
vert du Parlement.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
et Catherine Chatignoux
@chatignoux
— A Bruxelles
Comme un air de lassitude. Pour la
énième fois, les dirigeants européens se sont pliés à un exercice de
communication respectueuse,
jeudi à Bruxelles, à l’égard du
Royaume-Uni. Face à une Theresa
May venue demander à ses partenaires des garanties afin de pouvoir rassurer son Parlement au
sujet du « backstop » qui doit, en
dernier recours, empêcher l’apparition d’une frontière dure en Irlande,
ils ont été nombreux à faire assaut
de bonne volonté.
Aider, mais comment ?
Xavier Bettel, le Premier ministre
luxembourgeois, s’est dit « prêt à
aider ». Mark Rutte, son homologue
néerlandais, a avoué « le plus grand
respect » pour Theresa May et dit
viser un compromis. Donald Tusk,
le maître des lieux en sa qualité de
président du Conseil européen, a
aussi promis d’œuvrer à « aider ».
Concrètement, la voie était extrêmement étroite. Le but de Theresa
May était d’éloigner le spectre d’un
backstop indéfini, au moyen de solides garanties juridiques. Ce mécanisme d’assurance, s’il était déclenché au terme de la période de
transition, obligerait le RoyaumeUni à rester dans une relation
étroite avec l’Union européenne, et
donc à renoncer à une partie de sa
souveraineté.
Les diplomates
européens se sont
passé le mot pour
rester aussi évasifs
que possible sur les
solutions possibles.
La piste la plus
probable était
celle d’un travail
d’explicitation.
Mais les Européens sont catégoriques : il n’est pas question de renégocier quoi que ce soit. « Le backstop
est un élément essentiel de l’accord de
divorce et par conséquent rien ne doit
pouvoir le compliquer, le subvertir
ou le distordre », résume un diplomate. Quant à l’accord global, tous
les dirigeants ont été clairs : pas
question d’y toucher.
Un sujet inflammable
Dans la journée de jeudi, les diplomates européens s’étaient passé le
mot pour rester aussi évasifs que
possible sur les solutions possibles.
« Nous allons d’abord écouter les
demandes de Theresa May avant
d’envisager quoi que ce soit », résumait une source parisienne refusant de spéculer. « Le sujet est tellement inflammable outre-Manche
que mieux vaut tenir sa langue »,
poursuivait cette source.
En réalité, la piste la plus probable était celle d’un travail d’explici-
tation des éléments déjà contenus
dans l’accord et la déclaration
politique qui l’accompagne. Le but
étant d’écrire, noir sur blanc, que
le backstop n’est pas l’objectif final
des Européens et que ceux-ci
visent, au contraire, un partenariat extrêmement ambitieux avec
Londres, qu’ils sont prêts à négocier au plus vite. Pas sûr que cela
suffise à renverser la vapeur au
Royaume-Uni.
Colère des peuples
Theresa May n’est pas la seule à se
dépêtrer d’une situation politique
intérieure explosive. Le président
français devrait s’adresser vendredi
à ses pairs pour s’expliquer sur sa
réponse au mouvement des « gilets
jaunes ». Ses partenaires ont tous
été impressionnés, voire choqués,
par la violence des manifestations
et par la colère exprimée. C’est plutôt, selon un diplomate, une forme
de compassion qui les anime, voire
la crainte, diffuse, de semblables
événements chez eux.
Emmanuel Macron a justement
l’intention de leur faire partager son
sentiment que les révoltes de la
classe moyenne française relèvent
du même malaise que le vote proBrexit des Britanniques en juin 2016
ou le vote pour l’AfD, le parti
d’extrême droite allemand anti-migrants. « Aucun pays n’avance s’il
n’entend pas aussi cette part de colère
légitime de nos peuples qui s’exprime
partout en Europe », a-t-il dit en arrivant au Conseil européen. Avant de
prononcer une forme d’avertissement à ses collègues au sujet du
dérapage budgétaire annoncé de la
France : « Je ne mènerai pas le projet
européen auquel je crois contre des
aspirations que j’estime légitimes. Je
pense qu’elles sont réconciliables. » n
Etant donné les tensions
sociales intérieures et
les incertitudes extérieures,
quelle politique économique
a votre faveur ?
La Banque de France ne décide pas
de la politique économique mais
apporte son éclairage indépendant.
La politique de l’offre menée ces
dernières années, en faveur de la
compétitivité des entreprises et de
l’attractivité fiscale, a des résultats.
La baisse du coût du travail avec
notamment le CICE a favorisé les
fortes créations nettes d’emplois :
plus de 750.000 entre 2016 et 2018.
Seule la persévérance porte des
fruits durables : il ne faut pas
aujourd’hui revenir sur les mesures
en faveur des entreprises, mais les
compléter par des réformes en
faveur de tous les Français.
L’intérêt économique rejoint
l’impératif de justice sociale à travers
deux exemples : favoriser le retour à
l’emploi et aussi la demande en com-
plétant les bas revenus par la prime
d’activité ; et bien sûr, développer
résolument l’apprentissage et la formation professionnelle, pour donner leur chance aux jeunes comme
aux salariés moins qualifiés.
« Il ne faut pas
aujourd’hui revenir
sur les mesures
en faveur des
entreprises. »
Emmanuel Macron a demandé
aux établissements financiers
de faire des efforts sur les frais
bancaires. Est-ce une exigence
légitime et que peuvent faire
les banques ?
Ce sont des engagements forts et
bienvenus : un gel des tarifs pour
tous les Français, et un plafonnement à 25 euros par mois des frais
d’incidents pour les clients en
situation de fragilité financière. La
Banque de France garantira leur
application effective en 2019 ; nous
en avons les moyens, et nous nous
mobilisons aussi sur le terrain
pour la pleine information des tra-
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
C’est une victoire, mais elle est en
trompe-l’œil. Theresa May peut se
féliciter d’avoir survécu, mercredi
soir, au vote de défiance lancé à
son encontre par les députés du
parti conservateur. Mais elle
n’accroît d’aucune manière ses
chances d’obtenir l’aval du Parlement britannique, d’ici au 21 janvier, sur l’accord de Brexit qu’elle a
conclu avec Bruxelles.
La Première ministre conservatrice a, au moins à court terme,
sauvé sa tête. Sur 317 députés
tories, 200 l’ont soutenue, tandis
que 117 votaient pour son départ.
« Elle aurait sans doute préféré
réduire le nombre de ses opposants
en dessous de la centaine, mais elle
l’emporte avec une marge assez convaincante », estime Tim Bale, politologue à l’université Queen Mary.
Un parti conservateur
en quasi « guerre civile »
Aucun nouveau vote de défiance
interne au parti ne pouvant plus
être lancé dans les douze mois, Theresa May a aussi éliminé l’un des
obstacles qui se dressaient sur sa
route : « Les conservateurs hard
Brexiters ont tiré, il n’y a plus grandchose qu’ils puissent faire à moins de
prendre le risque d’un second référendum », ajoute Tim Bale. Un risque que Jeremy Corbyn, le leader de
Theresa May a été soutenue par 200 députés conservateurs
sur les 317 appelés à s’exprimer lors du vote de défiance.
l’opposition travailliste, refuse de
prendre lui aussi, ce qui devrait
pour l’instant le dissuader de lancer
lui-même un vote de défiance contre la Première ministre.
Aucun nouveau vote
de défiance interne
au parti ne pourra
plus être lancé
dans les douze mois.
Mais cette victoire était accueillie
fraîchement, jeudi matin, par la
presse britannique. Pour le « Guardian », Theresa May sort en effet
« fragilisée » de cette séquence. Non
seulement son impopularité dans
son propre camp est apparue aux
yeux de tous, considère le « Financial Times » (pour gagner, elle a dû
renoncer à conduire la bataille des
législatives de 2022), mais le vote a
montré combien son parti était en
état de quasi « guerre civile », ajoute
« The Independent ». « Elle a gagné
avec assez de voix pour rester, mais
pas assez pour être hors de danger »,
résume Stuart Thomson, du cabi-
net spécialisé dans la veille politique BDB Pitmans.
Surtout, cette victoire en demiteinte ne la met pas en position plus
favorable pour obtenir le feu vert du
Parlement à l’accord qu’elle a conclu
avec Bruxelles. La Première ministre va devoir reconquérir le cœur de
117 députés conservateurs si elle
veut faire passer le texte. C’est plus
que les 90 qui se disaient jusque-là
hostiles au texte, selon les chiffres
qui circulaient fin novembre.
Le Parlement s’interrompt jeudi
prochain jusqu’au 7 janvier. Le gouvernement a confirmé que l’accord
ne sera pas soumis au vote des
députés d’ici là. Mais même avec ce
délai, les passions sont si vives, à
Westminster, que l’on voit mal comment la Première ministre pourrait
obtenir à Bruxelles dans les jours
qui viennent de quoi les apaiser. Et à
tout concentrer sur le mois de janvier, Theresa May accroît le risque
d’un blocage qui ferait tout dérailler.
Des opposants plus nombreux,
des passions exacerbées, un calendrier qui se réduit : pas sûr que,
pour faire prévaloir son Brexit, Theresa May se facilite la tâche. Mais
avait-elle le choix ? n
La réforme de la politique migratoire
toujours en panne
exceptionnelles »
cependant être gérées. En Italie, le
dialogue entre le gouvernement italien et la Commission paraît progresser. Mais le vrai débat italien, c’est de
savoir comment retrouver de la
croissance par les bonnes réformes.
Tolga Akmen/AFP
Brexit : soutien poli des Européens
à la Première ministre britannique
vailleurs sociaux et des 3,6 millions
de personnes concernées.
Les annonces faites par Emmanuel Macron lundi soir
devraient faire repasser le
déficit public au-dessus de 3 %
du PIB, au-dessus de l’Italie…
L’urgence économique et sociale justifiait des décisions exceptionnelles,
et le gouvernement n’a pas encore
précisé des mesures de financement
souhaitables ; rappelons aussi que le
déficit 2019 est alourdi par une
charge temporaire sur le dernier
CICE, pour 0,9 % de PIB. Mais, dans la
durée, réduire les déficits et la dette
publique reste indispensable pour
assurer notre développement durable et l’équité entre Français : nous ne
pourrons pas continuer à régler nos
problèmes en reportant les efforts
sur nos enfants et les générations
futures. Puisque nous voulons collectivement moins d’impôts, nous
devons absolument réussir à stabiliser les dépenses publiques en
volume. Sinon, les baisses d’impôts
seraient remises en cause au prochain retournement de conjoncture,
et donc ne seraient pas crédibles :
c’est ce que la France connaît depuis
trop longtemps. n
Après deux ans d’âpres
débats, les Européens
n’ont pas trouvé le point
d’équilibre pour adapter
leur politique d’asile aux
défis du moment.
Sur le papier, les Européens
auraient dû s’engager ce vendredi
pour une politique migratoire
intégrée, solidaire et cohérente.
L’arrivée d’une vague de réfugiés
en 2015 avait pris les dirigeants de
court et ces trois dernières années,
l’Europe a offert le spectacle d’un
continent très mal organisé pour
faire face à ce genre d’événements.
Les gardes-frontières ont été complètement débordés, les règles de
l’asile ont volé en éclats et les
migrants se sont dispersés dans
les pays de l’Union au gré de leur
chance d’obtenir une protection et
un droit de séjour.
Harmoniser
les procédures d’asile
Tirant les leçons du chaos
ambiant, la Commission a mis sur
la table dans le courant 2016 une
demi-douzaine de textes censés
répondre à l’ensemble des défis
posés par le phénomène migratoire. L’un des projets de directive
vise à harmoniser les procédures
d’asile et les critères d’octroi du
statut de réfugié, quel que soit le
pays qui le délivre. Aujourd’hui, à
titre d’exemple, l’octroi d’un statut
de protection varie de 0 % à 100 %
selon les pays pour un Irakien
− avec un taux moyen de 32 %.
Même logique pour les conditions
d’accueil des candidats à l’asile si
l’on ne veut pas qu’ils franchissent
la frontière à la recherche d’un
meilleur traitement. L’amélioration des politiques de retour des
migrants illégaux ou déboutés du
droit d’asile est un autre volet de la
réforme : « le taux de retour » a
même reculé en Europe entre
2016 (226.000, soit 45,8 % des obligations de quitter le territoire) et
2017 (188.900, soit 36,6 %).
La révision délicate
du règlement de Dublin
L’adoption de ces textes butte sur la
révision de l’un d’entre eux, le plus
controversé de tous, le règlement
de Dublin. Il fait l’objet d’une lutte
acharnée entre les pays d’arrivée
qui réclament à juste titre d’être
soulagés du travail d’accueil des
migrants et les pays de l’Est de
l’Europe qui refusent cette solidarité. La présidence autrichienne a
invité pour convaincre ces derniers
un nouveau concept dit de « solida-
rité obligatoire » qui leur permettrait d’échapper à l’obligation
d’accueillir des réfugiés tout en les
faisant contribuer par d’autres
moyens, financiers notamment.
Les dirigeants se donnaient une
dernière chance pour arracher un
feu vert à la Pologne et à la Hongrie, dont la posture radicale antimigrants risque de ne pas s’infléchir à l’approche des élections
européennes. En désespoir de
cause, Bruxelles a proposé de scinder le « paquet asile » et de faire
adopter ceux des chapitres qui
sont mûrs et font l’objet d’un consensus. Mais cette solution priverait d’un levier politique capital les
partisans d’une solution globale.
Les flux de migrants ont considérablement reculé depuis le pic de
2015. L’agence Frontex a répertorié
environ 116.000 arrivées par la
Méditerranée depuis le début de
l’année, en baisse de 30 % par rapport à 2017. Les traversées ont toutefois repris de l’ampleur ces derniers mois avec une recrudescence
des entrées en Espagne (+125 % sur
un an) ainsi qu’en Grèce, par la
frontière turque (+30 %). L’Europe,
qui constitue un pôle d’attraction
majeur, n’est toujours pas prête à
affronter une nouvelle crise migratoire. — C. C. et G. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // MONDE
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
L’inquiétude monte dans la dernière
ligne droite de la COP 24
l A l’approche de la clôture officielle de la conférence sur le climat, à Katowice, aucun texte solide
sur les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris n’était en vue.
l Les ambitions des Etats restaient très insuffisantes.
PLANÈTE
Accord cherche mode d’emploi. A
un peu plus d’un an de la mise en
œuvre effective de l’accord historique sur le climat conclu à Paris en
décembre 2015, les négociateurs
des quelque 200 pays réunis par les
Nations unies à Katowice (Pologne)
dans le cadre de la COP 24 étaient
bien en peine, jeudi, de finaliser la
rédaction de son manuel d’application, le « rule book » dans le jargon
onusien. Au point de devoir peutêtre jouer les prolongations jusqu’à
dimanche, comme certains observateurs l’évoquaient en coulisse.
Aucun des trois points en discussion depuis près de deux semaines
dans la cité silésienne n’a été résolu.
En premier lieu, celui portant sur
l’ambition dont les Etats doivent
absolument faire preuve pour con-
Planet Pix/Zuma-RÉA
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
et Richard Hiault
@RHIAULT
— Envoyés spéciaux à Katowice
La présidence de la COP 24, assurée par Michal Kurtyka, secrétaire d’Etat du ministère de l’Environnement de la Pologne, s’attire beaucoup de critiques sur l’état d’avancement des négociations.
tenir le réchauffement à 1,5 degré.
Le rapport très alarmiste du Giec
publié en octobre impose de rester
sous ce seuil sauf à infliger des dommages irréversibles à la planète. Un
scénario qui peut encore être évité,
mais au prix d’un engagement massif des Etats, bien supérieur à celui
qu’ils ont affiché à l’automne 2015
aux Nations unies, avant la COP21
de Paris.
Une coalition ambitieuse
Certains pays ont pourtant pris conscience de l’enjeu et leurs rangs grossissent. Onze Etats européens, dont
la France, l’Allemagne et l’Espagne,
ont rejoint l’Argentine, le Mexique
ainsi que 47 autres pays, parmi les
moins développés, au sein de la High
Ambition Coalition. Ce mouvement
appelle à relever les contributions de
chacun pour réduire encore plus les
émissions de gaz à effet de serre.
Mais cette position reste difficile à
faire partager, y compris au sein de
l’Union européenne où certains gouvernements rechignent à engager la
décarbonation de leur économie,
compte tenu des impératifs sociaux
sur lesquels ils doivent veiller.
Témoin la Pologne, dont la production électrique dépend à 80 % du
charbon et qui s’est montrée peu
allante pour faire avancer des négociations qu’elle présidait pour la troisième fois dans l’histoire des COP.
La Pologne critiquée
« Nous avons eu une mauvaise gestion politique. Les discussions sont
peu structurées et fonctionnent en
silos, alors que toutes les problématiques sont étroitement imbriquées », regrette Jens Mattias Clausen, de Greenpeace Nordic. Les
discussions sont dans une telle
ornière qu’elles nécessitent le
r e t o u r, c e ve n d r e d i , p o u r l a
deuxième fois depuis l’ouverture
de cette COP, d’Antonio Guterres.
Le secrétaire général de l’ONU va
tenter de remettre de l’ordre dans les
discussions pour finaliser un « rule
book » pour l’heure très imprécis.
Jeudi soir, sa dernière version totalisait encore des centaines de mots
entre crochets sur lesquels aucun
accord n’a pu être obtenu. Le plus
grand flou entoure toujours les
règles de transparence applicables à
tous les pays, que ce soit pour mesurer la véracité des efforts qu’ils vont
déclarer ou pour contrôler la bonne
destination des financements climat pour les pays en développement. Autant de sujets à l’égard desquels la Chine, notamment, ne
manifesterait pas un enthousiasme
débordant. Au grand dam des EtatsUnis, très sourcilleux sur ce point.
Dernière pierre d’achoppement,
les financements. Les pays les plus
vulnérables au dérèglement climatique, notamment les Etats insulaires,
sont prêts à accroître leurs efforts,
mais à la condition d’avoir le soutien
financier nécessaire de la part des
pays riches, pointés comme les premiers fautifs du réchauffement.
(
Lire l’éditorial
de Laura Berny
Page 7
Finance verte : les banques
Le Fonds vert pour le climat joue sa crédibilité
de développement accélèrent
Les institutions financières
de développement du
réseau IDFC ont doublé en
trois ans leurs engagements
dans la finance verte.
Les projets verts ont doublé en
l’espace de trois ans. Les engagements des banques de développement membres de l’International
Development Finance Club (IDFC)
totalisaient 220 milliards de dollars
de financement climat à la fin de
2017. C’est un chiffre qui a été multiplié par deux depuis la fin de l’année
2014 où seulement 100 milliards
étaient comptabilisés. Tel est le
résultat du rapport annuel de
l’IDFC sur la finance verte, publié en
marge de la COP 24 à Katowice
(Pologne) mercredi soir. Présidé
par Rémy Rioux, le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), ce club regroupe
vingt-quatre banques de développement internationales, nationales
et régionales.
Sur ce total de 220 milliards de
dollars, les financements de projets
destinés à promouvoir les énergies
vertes et à atténuer les effets du
réchauffement climatique sont
majoritaires. Ils totalisent 184,3 milliards de dollars.
Ces projets sont consacrés à la
production d’électricité à partir
d’énergies renouvelables (26 %),
aux transports urbains à faibles
émissions de carbone (51 %), à l’agriculture, ainsi qu’à l’exploitation des
forêts et l’utilisation des sols.
La China Development Bank se
taille la part du lion puisqu’elle
assure, à elle seule, 134 milliards de
dollars de projets dans ce domaine.
Un résultat lié à sa taille – elle est
sept fois plus importante que la
Banque mondiale – et au fait qu’elle
s’est vu confier, au sein de l’IDFC, le
mandat politique sur le climat.
Difficultés méthodologiques
Les financements de projets destinés à adapter les économies aux
effets du réchauffement climatique sont bien moindres. Ils totalisent à peine 10 milliards de dollars.
La préservation de l’eau a représenté la part la plus importante des
interventions (58 %). Viennent
ensuite les activités liées à la réduction des risques de catastrophe
(financement de systèmes d’alerte
rapide et surveillance des maladies). Les montants en jeu dans
l’adaptation peuvent apparaître
très faibles comparés à ceux en
vigueur pour l’atténuation. Le
fossé est dû au manque d’harmonisation et de compréhension communs de la méthodologie à adopter pour réellement classifier un
projet comme étant du ressort de
l’adaptation aux effets du réchauffement climatique.
— R. H (à Katowice)
L’enjeu est de faire au moins
autant qu’en 2014 quand
10 milliards de dollars
avaient été annoncés.
« Ne pas passer la barre des 10 milliards de dollars serait un terrible
signal », s’alarme un spécialiste de
l’aide aux pays en développement.
Ses inquiétudes vont au Fonds vert
pour le climat (FVC), décidé en 2009
à Copenhague, lors de la COP 15. Ce
mécanisme financier qui a vocation
à mobiliser les financements des
pays riches pour soutenir les projets des moins fortunés destinés à
réduire leur vulnérabilité au changement climatique, sera bientôt à
court d’argent frais.
Des 7 milliards de dollars de contribution de fonds collectés depuis
2014 par cette institution onusienne, sur les 10 milliards initialement promis, ne restent plus dans
ses caisses que 700 millions. De
quoi boucler les derniers des
93 projets sur le financement pour
lesquels est sollicité le FVC, basé à
Incheon, en Corée du Sud. Actuellement, 39 de ces 93 projets sont en
cours de réalisation, comme celui
de Benban, la plus grande usine
solaire du monde (4 milliards de
dollars d’investissement), mise en
chantier dans le désert égyptien.
Quarante-trois autres projets,
approuvés en 2018, vont être lancés.
Ce mécanisme, qui intervient soit
directement auprès des Etats, soit
via des banques de développement
accréditées, conservera-t-il les
mêmes marges d’action pour la
nouvelle période d’engagements
des pays riches qui s’annonce ? On
ne le saura vraiment qu’en octobre 2019, lorsque les compteurs
seront arrêtés dans le cadre de la
« pledging conference » qui va se
tenir au siège du FVC.
La COP 24 qui se tient à Katowice
n’en est pas moins cruciale. Elle
sonne le top départ de cette campagne d’appel aux financements. Ses
dernières heures peuvent être très
révélatrices de la volonté des pays
riches à remettre au pot. Jeudi, à la
veille de sa clôture officielle, seules
l’Allemagne et la Norvège avaient
fait connaître leurs engagements,
respectivement chiffrés à 1,5 milliard d’euros et 3,4 milliards de couronnes, soit un quasi-doublement
par rapport à la période précédente.
Crise de gouvernance
En revanche, la France, l’Italie, la
Nouvelle-Zélande, la Belgique ou
encore la Suède n’ont pas abattu
leur carte. Pas plus que le Japon,
premier pays contributeur
(1,5 milliard de dollars sur la
période qui s’achève). Et encore
moins les Etats-Unis, dont il n’y a
plus rien à attendre dans ce
domaine pour ces prochaines
années. Le président Donald
Trump a retiré son pays du jeu en
2017, après son élection, et s’est
A Benban, en plein désert, l’Egypte est en train de se doter
de la plus grande centrale solaire du monde. Photo Energy Egypt
assis sur les promesses de son prédécesseur Barack Obama, faites
en 2014. Sur les 3 milliards de dollars annoncés, le FVC n’en a touché qu’un.
Le vide laissé reste difficile à
surmonter par cette institution
qui commence à peine à se remettre d’une grave crise de gouvernance. Un profond désaccord
a v a i t o p p o s é l ’é t é p a s s é l e s
Dimanche de 10h à 11h
Le Grand rendez-vous
© Villard/SIPA
Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot reçoivent
Jean-Michel Blanquer
Ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse
24 membres de son conseil
d’administration comp osé à
parité de représentants des pays
développés et de pays en développement, paralysant son fonctionnement. « L’événement a un peu
effrayé la communauté internationale. La COP 24 est l’occasion pour
elle de retrouver sa crédibilité »,
rappelle un observateur.
— J. C. (à Katowice)
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// 07
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Du bon usage de la fiscalité
des Echos
La Chronique
Crise sociale :
de la responsabilité des élites
Le Point de vue
Notre « Media culpa »
Focus
Plongée dans les conflits du cyberespace
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Le climat attendra, encore
Pascal Garnier pour « Les Echos »
Les cadres, grands perdants
de la justice négociée
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
— Grand reporter
au service Enquêtes
Plus efficaces, plus rapides, sans
être moins sévères, les procédures
négociées ont été saluées comme
un progrès judiciaire. Certes, elles
permettent bien souvent à l’entreprise d’éviter le procès et à l’Etat de
mieux sanctionner et récupérer
plus vite le manque à gagner né de
la fraude ou de la corruption. Mais
elles comportent un angle mort qui
commence à se voir : les salariés et
managers entraînés dans une
a f f a i r e , q u i b i e n s o u ve n t l e s
dépasse, sont parfois laissés sur le
carreau de la négociation. Ainsi, ce
17 décembre devant le tribunal
fédéral du district Est de New York,
une salariée de Société Générale va
contester sa mise en accusation par
la justice américaine dans une des
affaires du Libor. Ces dossiers ont
embrasé la planète financière mais
loin, très loin d’une responsabilité
individuelle : plusieurs banques
avaient manipulé à leur profit ce
taux qui sert de référence à des milliers de contrats dans le monde.
Comme d’autres établissements
financiers, Société Générale a alors
négocié avec le ministère de la Justice américain (DoJ) pour éviter un
procès. Il s’en est sorti avec une
amende de 750 millions d’euros.
Mais Danielle Sindzingre, chargée
de la trésorerie de la banque au
niveau mondial à l’époque des faits,
et Muriel Bescond, alors à la tête de
la trésorerie pour la France, restent,
elles, seules poursuivies outre-Atlantique pour avoir, selon l’acte
d’accusation de 2017, soumis de
fausses informations relatives aux
taux auxquels la banque pouvait
emprunter. Une bien lourde responsabilité pour des managers qui
n’ont eu aucun enrichissement personnel et ont agi sur ordre de leurs
supérieurs. Interrogées plusieurs
fois lors de l’enquête interne, elles
ont coopéré et n’ont pas vraiment
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Perdus dans l’angle
mort des procédures
américaines et
françaises, salariés et
managers sont souvent laissés sur le
carreau des négociations. Ce 17 décembre,
une cadre de Société
Générale est devant
un tribunal
de New York pour
contester sa mise en
accusation dans une
des affaires du Libor.
D
Les points à retenir
Etats-Unis, l’entreprise
•neAux
peut assurer ses cadres
contre les poursuites
judiciaires, pas plus qu’elle
ne peut payer pour eux, sans
craindre d’être poursuivie
pour abus de bien social.
En France, l’amende
négociée par la personne
morale ne concerne en rien
les poursuites engagées
à l’encontre des personnes
physiques.
Les managers n’ont souvent
eu aucun enrichissement
personnel et ont agi sur ordre
de leurs supérieurs.
•
•
compris ce qui leur arrivait en
apprenant leur inculpation.
Certes, aux Etats-Unis, les personnes physiques, comme les personnes morales, peuvent négocier à
un « deffered prosecuted agreement » (DPA), où la reconnaissance
des faits aboutit à une forte amende.
Mais, de plus en plus, la justice cherche des « coupables ». Le « Yates
Memorandum », publié en 2015 par
le DoJ, a clairement voulu replacer
« la responsabilité individuelle au
cœur de [sa] stratégie ». Et la justice
américaine applique pour les personnes physiques les mêmes règles
d’extraterritorialité que pour les
personnes morales. L’entreprise est
donc amenée à « coopérer » avec la
justice américaine, quitte à pointer
les dysfonctionnements de tel ou tel
de ses services.
Un système pervers, car les salariés pris dans la nasse peuvent
encourir plusieurs années de prison s’ils mettent le pied sur le territoire américain, et doivent parfois
payer de fortes sommes. L’entreprise, de son côté, ne peut assurer
ses cadres contre les poursuites
judiciaires, pas plus qu’elle ne peut
négocier ou payer pour eux, sans
craindre d’être poursuivie pour
abus de bien social – la faute pénale
supposée ne pouvant être supportée que par l’auteur(e) de l’infraction. Mais doit-elle pour autant ne
pas les dédommager d’avoir été
entraîné(e)s dans une telle galère ?
Négociations
La victoire remportée récemment
par un ancien salarié d’Alstom
pourrait cependant changer la
donne. Poursuivi aux Etats-Unis
pour des faits de corruption en
Indonésie, Alstom avait versé, en
2014, 772 millions de dollars pour
clore le dossier. Mais un ancien dirigeant d’une filiale de droit anglais
d’Alstom restait poursuivi. Par un
arrêt du 24 août 2018, la cour
d’appel de New York a reconnu
l’incompétence de la justice américaine, en relevant notamment que
l’ex-salarié n’avait travaillé que pour
la filiale britannique. Une première.
« L’arrêt donne les coudées plus franches aux citoyens non américains
poursuivis par le DoJ. Ce dernier, présentant leur condamnation comme
inéluctable, fait habituellement pression sur eux pour qu’ils témoignent
contre leur entreprise, ou les uns contre les autres », note Félix de Belloy,
avocat et expert des procédures
négociées avec les Etats-Unis.
La situation pour les managers
ou salariés n’est guère plus enviable
en France : à chaque audience
d’homologation d’une convention
judiciaire d’intérêt public (CJIP), le
parquet prend soin de préciser que
l’amende négociée par la personne
morale « ne concerne en rien les
poursuites engagées à l’encontre des
personnes physiques ». Ainsi, en
négociant la première CJIP il y a un
an, HSBC Private Bank a accepté de
payer une amende de 300 millions
d’euros. Mais deux de ses ex-managers restent poursuivis. Même
chose pour la CJIP dans l’affaire
libyenne de Société Générale.
La plupart de ces cadres essayent
de négocier un plaider-coupable
qui peut leur éviter le procès, mais
pas la condamnation. Encore faut-il
que celui-ci soit homologué. Ainsi,
dans l’affaire de blanchiment de
fraude fiscale de la banque UBS,
l’ancien directeur commercial français, Patrick de Fayet, a vainement
tenté de négocier. Las, le juge
chargé de l’homologation de la
transaction a refusé l’accord. Et l’excadre s’est retrouvé en novembre
dernier sur le banc des prévenus.
La méthode pourrait même, à
terme, jouer contre la CJIP : quid,
par exemple, d’une convention
négociée par une entreprise dont le
PDG est parallèlement mis en examen dans la même affaire ? La
reconnaissance des faits par l’entreprise plomb era fortement la
défense du dirigeant. Pas certain,
alors, que celui-ci ait envie que sa
société reconnaisse quoi que ce
soit. n
Présentée pourtant comme la dernière
chance de sauver la planète du désastre
annoncé, la COP24 risque de s’achever ce
week-end à Katowice sur un bilan même pas
mitigé, plutôt proche du vide sidéral. Après
deux semaines de débats, les quelque 200 pays
participant à la Conférence ont toutes les
peines du monde à s’entendre sur l’adoption
Par Laura
du guide d’application de l’Accord de Paris,
Berny
qui remonte pourtant à 2015, ou sur la portée
du dernier et très inquiétant rapport du
Va-t-on
Groupement d’experts intergouvernemental
attendre,
sur le climat (GIEC). Quant à une nouvelle
réduction des objectifs d’émissions de gaz
fatalistes,
à effet de serre, pourtant nécessaires pour
que les
éviter l’accélération du réchauffement, elle est
plaies
remise à plus tard… Une impuissance
s’enchaînent qui a conduit António Guterres, le secrétaire
général des Nations unies, à prévenir
sur la
l’assistance que rater cette opportunité ne
planète ?
serait « pas seulement immoral, ce serait
Ou trouvera- suicidaire ». La dramatisation de l’enjeu peutelle encore provoquer un électrochoc ?
t-on les
On en doute tant il y a déjà de signaux d’alarme
moyens
allumés. Qu’ils viennent des scientifiques, qui
d’agir ?
ont pointé les effets désastreux d’une hausse
de plus de 1,5 degré des températures, alors
que l’on va vers une hausse de plus de 3,2 si l’on ne fait rien de plus.
Ou du climat lui-même, puisque chacun peut désormais constater les
effets du réchauffement un peu partout sur la planète. Le temps passe
et l’urgence se galvaude. Va-t-on alors attendre, fatalistes, que
sécheresses, incendies, épidémies, déplacements de population
et autres plaies s’abattent sur la planète ? Ou trouvera-t-on enfin
d’autres moyens d’agir ?
Clairement, le mouvement des « gilets jaunes » en France a
montré les limites de l’écologie punitive : si les obligations trop
contraignantes économiquement ou vécues comme socialement
injustes aboutissent à leur rejet, sans doute doit-on en tirer certains
enseignements et faire autrement. Arrêter de surtaxer l’essence
mais favoriser vraiment les industries et les transports, les énergies
renouvelables, l’isolement des logements, l’agriculture raisonnée,
etc. Peser sur les plus gros pollueurs, notamment les pays
producteurs de pétrole et autres énergies fossiles, en réduisant
drastiquement notre dépendance à leur égard. Aider les économies
émergentes à modifier leur modèle de développement. On le fait
déjà, c’est vrai, mais, à une échelle plus massive, de tels choix
pourraient faire tomber le mercure dans le thermomètre. Ce serait
en tout cas un beau programme pour l’Europe. En attendant, la
COP24 va se refermer essentiellement sur une clause de revoyure.
Rendez-vous dans deux ans… Les Etats ont en effet jusqu’à 2020
pour se mettre d’accord sur l’idée d’une révision de leurs
engagements en termes d’émissions de CO2. D’ici là, les Etats-Unis
auront peut-être un nouveau président, la température aura
encore un peu monté… et l’urgence sera plus grande encore.
(
Lire nos informations
Page 6
Un équilibriste à la BCE
Par Guillaume Maujean
Equilibré. Le mot revient comme un fil rouge dans le message de
Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. Les
risques pesant sur l’économie ? Ils sont « globalement équilibrés ».
La croissance apparaît encore solide en zone euro – un rythme de
1,9 % cette année et de 1,7 % l’année prochaine – tandis que l’inflation
reste contenue. Mais un certain nombre de nuages, du Brexit à la
guerre commerciale, commencent à assombrir l’horizon. La
politique monétaire ? Equilibrée elle aussi. La BCE garde ses taux
d’intérêt proches de zéro pour aider les ménages, les PME et les
grandes entreprises à se financer, et dynamiser ainsi l’économie.
Mais la banque centrale met parallèlement un terme à son
gigantesque programme de rachat d’actifs sur les marchés. La
décision n’est pas mince : c’est un plan de soutien de 2.600 milliards
d’euros, équivalent à 20 % du produit intérieur brut de la zone euro,
qui va progressivement s’éteindre dans les mois qui viennent. Au
fond, Mario Draghi doit réaliser un vrai exercice d’équilibriste en ce
moment. Il lui faut convaincre que la politique monétaire revient
dans le droit chemin. Le président de la BCE a en effet déployé depuis
six ans un arsenal jamais vu. Un véritable « bazooka monétaire »
indispensable pour contrer les effets de la crise financière, renforcer
l’assise de l’euro et stabiliser les marchés, qui a fait cependant
quelques dégâts collatéraux : il a encouragé l’endettement
(notamment des Etats) et les prises de risques excessives (notamment
des acteurs financiers). Mais il lui faut aussi rester l’arme au pied, se
tenir prêt à intervenir en cas de rechute de l’économie. Et les sources
d’inquiétudes ne manquent pas, entre le bras de fer autour du budget
italien, le sévère trou d’air du marché automobile allemand ou
l’impact des « gilets jaunes » en France. Sans oublier les élections
européennes au printemps… et la fin du mandat de Mario Draghi.
D’ici six mois, l’Europe devra trouver un équilibriste aussi habile
que le maestro italien. Ce n’est pas le moindre de ses défis.
(
Lire nos informations
Pages 4-5
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // IDEES & DEBATS
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS. FR
1. A Bruxelles, les Européens otages d’un Brexit de plus en plus hors de contrôle
2. La BCE engage un tournant historique en mettant fin à ses achats de dette
3. Cette crise du pouvoir d’achat qui couvait depuis dix ans
4. Prime défiscalisée : les employeurs dans l’attente du mode d’emploi
5. Le « QE » de la BCE résumé en 5 graphiques
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Du bon usage
de la fiscalité
L’avortement divise
la coalition allemande
Pour Brigitte Adès, directrice du site
Politiqueinternationale.com,
et Jean Dubois, maître de conférences
des facultés de droit, il faudrait
une plus juste répartition de l’impôt
en France afin de calmer la colère
des « gilets jaunes ».
La politique migratoire n’est pas le seul
•foyer
de dissensions au sein de la coali-
TOCQUEVILLE « Nous sommes dans
une crise d'une acuité dont nous avons
perdu l'habitude, et des évolutions
rapides sont indispensables. » « Le vrai
problème fut énoncé par Tocqueville
dans “L'Ancien Régime et la Révolution”
(1856). Il constate que le pays était arrivé
à une situation où l'impôt portait moins
sur ceux qui étaient les plus capables de
le payer que sur ceux qui étaient
incapables de s'en défendre. Le raccourci
historique est angoissant par sa
pertinence. »
RÉPARTITION « Comment ne pas voir
que la crise actuelle exprime le fait que
ceux qui sont le moins capables de le
payer ont trouvé un moyen pour s'en
défendre ? Au fond, le problème
politique qui est en cause n'est pas le
consentement à l'impôt, mais à sa
répartition actuelle, avec pour points
focaux les taxes sur les carburants et le
totémique impôt sur la fortune (ISF).
Même si la colère déborde sur le pouvoir
d'achat en général, la question fiscale est
centrale. »
COMPROMIS « Il convient sûrement de
se tourner vers les réflexions de Jürgen
Habermas et de son école de Heidelberg
sur la démocratie participative. L'idée
centrale est que les citoyens sont
d'autant plus enclins à accepter une
règle qu'ils ont la conviction d'avoir
participé à son élaboration. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
tion gouvernementale allemande. « Si le
groupe parlementaire social-démocrate
(SPD) voulait briser la coalition, il y aurait
une solution éprouvée. Il n’aurait qu’à collaborer avec les membres du FDP, les Verts
et le parti de gauche pour abolir l’interdiction de la publicité sur les avortements »,
écrit non sans ironie l’éditorialiste du
« Frankfurter Allgemeine Zeitung ». Au
printemps dernier, le SPD avait donné à
l’Union chrétienne-démocrate CDUCSU jusqu’à l’automne pour supprimer
l’article 219a du Code pénal interdisant de
telles publicités, passibles de deux ans de
prison. Alors que l’avortement est toléré
sous certaines conditions en Allemagne,
les sociaux-démocrates souhaitent protéger les médecins pratiquant cet acte
médical et permettre aux femmes
enceintes d’être mieux informées. Mais
les conservateurs ne l’entendent pas de
cette oreille et la récente élection d’Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK) à la tête
de la CDU n’a pas amélioré la situation.
Au contraire. « La protection de la vie,
qu’elle naisse ou non, est d’une importance
primordiale pour la CDU. C’est pourquoi il
est bon que l’interdiction de publicité soit
maintenue », a écrit AKK mercredi soir
sur Twitter.
Pour mettre tout le monde d’accord, la
coalition est parvenue à un compromis :
l’article 219a sera maintenu, mais il doit
être complété en début d’année prochaine d’une loi précisant comment les
médecins et les hôpitaux peuvent informer le public du fait qu’ils pratiquent des
avortements. Alors que certains députés
du SPD rongent leur frein pour s’allier
aux Verts, au FDP et au parti de gauche
pour faire purement et simplement sauter l’article de la discorde, les prochaines
semaines promettent d’intenses débats
sur ce nouveau texte.
— Ninon Renaud (à Berlin)
Crise sociale :
de la responsabilité des élites
Le recul d’Emmanuel Macron face aux « gilets jaunes » inquiète les dirigeants.
Ils ont pourtant leur part de responsabilité. Dans une démocratie, un système
économique qui rend malheureux la moitié de sa population dont les revenus
stagnent depuis vingt ans n’en a pas pour longtemps.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le boucher
C
LA REVUE
DU JOUR
La mer sous
différentes facettes
LE PROPOS Regarder la mer
autrement : tel est l’objectif que s’est
fixé l’équipe de « Chasse-Marée »
pour son dernier numéro de
l’année 2018 et 300e depuis sa
création. Et pari tenu, pour cette
revue mêlant, pour le plus grand
bonheur de ses lecteurs, textes et
illustrations – photos et dessins.
Côté navires originaux, on peut
ainsi découvrir des bateaux vikings
bâtis à la hache uniquement et,
selon la rigueur historique la plus
poussée, par des charpentiers de
marine de Roskilde (Danemark).
Ou le Lite XP, un « voile-aviron
d’aventure » en partance pour
l’Alaska. Autre facette de cette
« mer autrement », le récit de
l’immersion à bord du « Nordlys »,
un ancien voilier de pêche
reconverti dans le transport de fret.
L’occasion de dresser le portrait de
chacun des membres d’équipage et
de découvrir leur état d’esprit, leurs
joies, les affres auxquelles ils sont
confrontés… Autant d’occasions de
voyager.
Sheryl Sandberg, directrice des operations (COO) de Facebook, rencontre Emmanuel Macron lors du sommet
« Choose France! », à Versailles, en janvier de cette année. Photo Elodie Gregoire/RÉA
« La Mer autrement »
« Chasse-Marée » n° 300,
décembre 2018
LA REVUE « Chasse-Marée », qui
paraît neuf mois par an, veut faire
« découvrir et partager la culture
maritime du monde ».
LA CITATION « A bord tout est
collectif, sauf les couchettes, jusqu’à
nouvel ordre ! On est dix dans le
poste avant. Dans ma bannette j’ai
mes affaires pour les sept mois de la
saison, sauf les cirés qui sont à
sécher à côté. Il n’y a pas beaucoup
de confort, pas beaucoup d’intimité,
mais bon, il y a quand même des
toilettes à bord. Pour moi c’est ça le
minimum. Le reste, on s’y fait
bien. » (Marine Ferrières, matelot à
bord du « Nordlys »)
— Marianne Bliman
ette crise des « gilets jaunes »
est une catastrophe pour la
France. Sur le front intérieur,
elle redonne du pouvoir d’achat et
replace les hausses de salaire au
devant des priorités, alors que pour
créer des emplois et pour rééquilibrer le commerce extérieur il faut
faire exactement l’inverse, contenir
les coûts du travail. Sur le front européen, elle décrédibilise Emmanuel
Macron en repassant le déficit à
3,4 %, alors qu’il est le seul dirigeant à
croire encore que l’avancée de la souveraineté de l’Union est la seule et
unique réponse aux deux empires
chinois et américain. Sur le plan
mondial, elle permet à Donald
Trump, Viktor Orban et Matteo Salvini de ricaner en voyant que, même
en France, le populisme avance vite
avec l’assentiment quasi général de la
population.
Ce revers d’Emmanuel Macron
provoque un vent de catastrophisme
parmi l’élite, disons pour prendre des
mots d’hier, les cadres de l’économie
et de la nation. Le moral, tant remonté
il y a dix-huit mois, a été brutalement
flanqué à terre. « Décidément, c’est
impossible de réformer ce pays ».
« Macron a perdu tout capital politique
pour la suite des réformes » « Nous
avons vraiment envie de partir dans un
autre pays ». « Heureusement, nos
enfants font leurs études aux EtatsUnis et en Angleterre, qu’ils y restent ! »
En attendant et dans l’immédiat, la
victoire des « gilets jaunes » et leur
popularité risquent de décourager
les investisseurs à (re)croire en la
France, à y faire grossir leurs entrep r i s e s , à y e m b a u c h e r. To u t l e
contraire du plan d’Emman uel
Macron : les élites ayant obtenu une
flexibilité du travail et des baisses de
charges devaient se réconcilier avec
le pays et miser sur lui. Le président
de la République a bien compris que
toute cette stratégie allait échouer
s’il perdait leur soutien, il a, durant
t o u t e l a s e m ai n e , a p p e l é à l e u r
responsabilité.
Cette responsabilité est entière :
les élites mondiales, disons cette fois,
les capitalistes, ont provoqué le
populisme, mais, s’estimant innocentes, elles ont attendu des politiques qu’ils règlent le problème. Quel
est le problème ? Il est simple : dans
une démocratie, un système économique qui rend malheureux la moitié
de sa population parce que ses revenus stagnent depuis vingt ans n’en a
pas pour longtemps.
La répartition des fruits
est faussée en faveur du
capital contre la bonne
logique économique.
La croissance repart,
les salaires ne suivent
pas. Sans solution, le
problème perdure, et fait
le terreau des populistes.
Les capitalistes ne lisent pas les
rapports de l’Organisation du travail
(OIT), ils devraient. On lit : « En 2017,
non seulement la croissance des salaires dans le monde a été plus faible qu’en
2016 (2,4 %), mais elle est tombée à son
taux le plus bas depuis 2008 (1,8 %). […]
En Europe (à l’exclusion de l’Europe
orientale), elle est passée de 1,6 % en
2015 à 1,3 % en 2016 et a continué à
reculer jusqu’à environ zéro en 2017, du
fait d’une croissance plus faible des
salaires dans des pays tels que la France
et l’Allemagne et d’une baisse des salaires réels en Italie et en Espagne. »
L’OIT poursuit : « Etant donné la
reprise de la croissance du PIB et la
baisse progressive des taux de chômage
dans divers pays, la faible croissance
salariale est quelque peu déroutante. »
Déroutante ? Qui déroute, qui projette hors de la route. Voilà l’origine
profonde des gilets jaunes et du
populisme : la croissance repart, les
salaires ne suivent pas. La répartition
des fruits est faussée en faveur du
capital contre la bonne logique économique.
Les explications sont débattues :
baisse de la productivité, perte de
pouvoir des syndicats et basculement vers des emplois de service
d’une qualité très inférieure en salaires comme en promotion. Sans solution, le problème perdure, il fait le
terreau du populisme. Le capitalisme
doit être « plus inclusif », disent le
FMI comme l’OCDE. Certes, mais
comment ? On ne sait pas. On sait
seulement que la réponse doit être
mondiale et coopérative, à l’opposé
de là où nous mènent les souverainistes populistes, comme Trump.
Emmanuel Macron est pris à
revers. Il veut créer des emplois, les
« gilets jaunes » lui disent qu’ils ne
veulent pas de mauvais emplois mais
des bons, bien payés. Il veut que la
France rattrape son retard (taux de
chômage de 9 % contre 5 % en Allemagne), ils disent qu’ils ne veulent
pas aller vers ce monde dégradé. Il
demande la patience pour requalifier
tout le monde, ils veulent revenir à la
politique chiraquienne des aides
immédiates payées par la dette. Il
veut un pays en compétition, ils
disent non. Gageons que le président
saura remonter à cheval et remodeler sa stratégie en faveur de « bons »
emplois. Mais les élites du capital ne
sauveront pas leur peau sans, en
effet, cesser de se laver les mains et
sans prendre en charge leurs responsabilités.
Eric Le Boucher est éditorialiste
aux « Echos ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
opinions
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
1. Les avocats en grève contre la réforme de la justice
2. Cette crise du pouvoir d'achat qui couvait depuis dix ans
3. La crédibilité de Macron entamée auprès de ses partenaires
4. Piloter par temps complotiste
5. Avec un bond de 22 %, le salaire minimum espagnol rejoint-il le SMIC
français ?
LE POINT
DE VUE
Notre « Media culpa »
de Guy Birenbaum
et Laurent Guimier
C
itoyens oubliés, déclassés,
dégoûtés, révoltés, politiques
arrogants, hors-sol, journalistes corporatistes et déconnectés, liens
politique et social rompus, dégagisme
à tous les étages… Depuis près de quarante ans, la France laisse de côté une
partie de plus en plus importante du
peuple. Pas question d’analyser ici toutes les occasions ratées par les pouvoirs
successifs. En revanche, avec humilité,
nous pouvons poser quelques jalons
sur le rôle du « pouvoir médiatique ».
Ne faisons plus comme si la crise ne
nous concernait pas. Car le désaveu par
une majorité de Français de l’objectivité à laquelle nous prétendons est
aussi un des signes de la grave rupture
française. Des citoyens en nombre
croissant n’ont plus aucune confiance
dans la manière dont nous travaillons
et assimilent « les » journalistes aux
politiques, à leur distance, à leurs
erreurs.
Les événements récents ont mis au
jour les racines profondes de cette rupture médiatique : l’irruption de Facebook dans la « vraie vie ». Ce qui restait
cantonné sur Internet a escaladé les
murs de la virtualité, fait irruption dans
nos rues et nos studios. Cette colère,
sans modération, n’a que faire des
habits « convenables » des corps intermédiaires, et s’exprime indifféremment et mot pour mot sur les réseaux
sociaux, sur nos ronds-points, dans nos
micros et sur les plateaux. Il n’y aura
pas de retour en arrière. C’est que la
multiplication des canaux, des chaînes
d’information et les réseaux sociaux
ont bouleversé le rapport des citoyens
aux faits comme au débat. Il ne nous
LE POINT
DE VUE
de Matthieu Courtecuisse
V
ous aviez aimé le Brexit ? Les
Français ont adoré les « gilets
jaunes » ! Attendons la saison 3.
Sous les pavés des manifestations, se
cache une gigantesque manipulation
numérique que certaines enquêtes en
cours sont en train de mettre à nu. A partir d’une revendication légitime d’une
partie minoritaire de la population – en
l’espèce une transition énergétique
déséquilibrée, mal financée, mal expliquée –, on construit l’image « d’influenceurs » à coups de robots et de faux
comptes sur les réseaux sociaux. Chacun doit sortir de sa propre sidération
face au mouvement des « gilets jaunes »
en en analysant les racines numériques.
Le gouvernement français anticipait
des cyberattaques pour le printemps, au
moment de la campagne européenne. Il
a été pris de vitesse par un mouvement
qui a démarré plus tôt, plus fort.
Faute d’un travail journalistique de
fond, des médias avides d’audience
relaient ce bruit frauduleux et labellisent la parole de ces prestidigitateurs.
La caisse de résonance prend forme.
Elle est de nouveau alimentée par de
fausses informations amplifiées par ces
robots et par ces pseudo-influenceurs
grisés de leur influence fraîchement
acquise. Se crée alors une nouvelle
séquence de décrédibilisation des
médias consciencieux et des leaders
d’opinion traditionnels.
Ce qui nous a sauvés pour l’instant,
c’est que le mouvement des « gilets jaunes » agit comme un canard sans tête :
aucun leader charismatique n’a émergé.
Il s’en faut de peu. Tout est prêt pour lancer des opérations de plus grande
suffira plus de nous lamenter sur le
« pire » qui circule ! A l’inverse, profitons de ce moment historique pour
nous réinvestir dans des missions que
nous avons oubliées. C’est de confiance
perdue dont il est question. Il n’y a plus
de promesses possibles, juste des preuves, donc des actes.
D’abord, écoutons et regardons.
Quittons davantage nos bureaux et le
commode « journalisme de commentaire » pour aller au-devant de nos concitoyens. Il ne doit plus exister de zone
de non-média. Mais surtout, quand
nous sommes venus, ne nous conten-
Il nous faut mieux
participer à l’organisation
du débat public.
Nous parlons de débats
destinés à trouver des
solutions, pas de clashs
stériles uniquement faits
pour doper l’audience.
tons plus d’un aller sans retour ! Restons assez longtemps pour comprendre et, surtout, revenons ! Car partir et
ne plus revenir, c’est abandonner une
seconde fois.
Ensuite, ressemblons davantage aux
Français. Diversifions nos talents.
Nous n’offrons pas assez leur chance à
tous ceu x qui ne sorten t pas du
« moule » parisien. Pas assez d’accents,
pas assez de provinciaux, pas assez de
diversité dans les médias nationaux.
Il est également vital de mieux
accomplir nos tâches de vérification
des informations, mais en prenant
garde de ne pas donner de leçons. Si
tant de fake news irriguent les mouvements politiques et sociaux, c’est que
nous n’avons pas encore trouvé les
bons formats pour (r)établir les évidences. Là aussi, faisons preuve de davantage d’humilité. Surtout, cessons de
considérer nos publics comme simplets. Ils perdront leurs préjugés quand
nous abandonnerons les nôtres !
Enfin, il nous faut mieux participer à
l’organisation du débat public. Aidons
ceux qui ne s’entendent plus, ne se parlent plus à se rencontrer en terrain non
piégé. Nous parlons de débats destinés
à trouver des solutions, pas de clashs
stériles uniquement faits pour doper
l’audience. Ayons confiance en l’intelligence de nos publics. Là encore, soyons
intègres et aidons ceux qui n’ont pas la
technique médiatique nécessaire à ne
pas être délégitimés par des « professionnels du débat ». Notre responsabilité est de garantir l’équité et l’équilibre
entre tous. La formation, l’éducation et
l’égalité face aux médias font partie de
nos missions, nous l’avons oublié.
C’est à ces conditions que nos médias
– dont seules les dictatures se passent –
échapperont au sort funeste d’une
« aristocratie médiatique » renversée
par cette révolution IRL [« in real life »,
NDLR]. Il en va non pas de la survie
d’une corporation mais de l’avenir de
notre démocratie.
Laurent Guimier est vice-PDG
d’Europe 1, Virgin Radio et RFM.
Guy Birenbaum est son conseiller.
Cybermanipulations
saison 2
ampleur, si possible violentes, en faisant
croire qu’elles sont majoritaires
dans l’opinion. Tout est prêt, aussi,
pour qu’émerge un parti politique néopopuliste.
Face à l’étendue de la menace numérique, les gouvernements ne sont pas en
capacité d’apporter seuls les réponses
adaptées. Ne pouvant recourir aux
mêmes manipulations de l’opinion, ils
n’osent pas organiser la riposte. La loi
sur les infox – les « fake news » – qui se
concentre sur les périodes électorales
ne répond pas au problème de fond de la
manipulation des opinions dans la
Chacun doit sortir
de sa propre sidération
face au mouvement
des « gilets jaunes ».
Ses racines numériques
doivent être analysées.
durée. Il faut donc que tous les acteurs
responsables de la société civile se mobilisent pour contrer l’émergence des
mouvements factieux ultra-minoritaires. Ils doivent prendre conscience de
leur immense responsabilité. Sans pour
autant soutenir les politiques publiques,
il leur revient de protéger l’essentiel : la
démocratie libérale. En commençant
par deux points d’attention : la lutte contre les phénomènes de contagion dans
les médias traditionnels et la protection
des médias professionnels et des leaders
d’opinion face au harcèlement.
Les acteurs de la tech ont un devoir
d’alerte. Ils doivent développer des outils
d’anticipation et de mesure de ces phénomènes. Google a pris l’initiative
depuis plusieurs années grâce à une
start-up dédiée, Jigsaw, qui observe ces
mouvements populistes mais également le recrutement dans les mouvances islamistes radicales – ce sont des
procédés similaires. Les citoyens soucieux du respect des règles du débat
public doivent exiger et soutenir le
déploiement de ces nouveaux outils
d’alerte et d’autorégulation.
La démocratie française peut s’écrouler face aux cybermanipulations populistes, à l’instar des autres démocraties
libérales. Torpiller la position française
et la posture proeuropéenne d’Emmanuel Macron, est de l’intérêt combiné
des populistes occidentaux et de toute
nation tierce pouvant bénéficier d’une
paralysie de l’UE. Certes, les institutions
de la Ve République sont un rempart
solide mais elles ne sont plus insubmersibles depuis la mise en place du quinquennat. La prise de pouvoir de mouvements factieux est désormais possible.
Les « gilets jaunes » ne sont que la
deuxième saison de cette série dramatique. La première saison était le Brexit
avec une démocratie britannique qui ne
se remet toujours pas des mensonges et
des manipulations qui ont entouré le
référendum. Il revient à chaque citoyen
responsable de faire en sorte d’écrire un
tout autre scénario pour la saison 3.
Réveillons-nous !
Matthieu Courtecuisse est fondateur
de SIA Partners.
« Gilets jaunes »,
mesures et démesures
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
Droit
L
’exécutif dit avoir pris « la mesure »
de la colère et des revendications
exprimées par les « gilets jaunes ».
Il annonce donc « des mesures » voulant
afficher un changement de style, sinon de
cap. Voilà qui pour les uns est déjà trop, et
pas assez pour les autres. Comme si les
décisions pratiques ne pouvaient s’ajuster
« à la mesure » des détresses et des exigences. Les propositions avancées sont jugées,
par ceux qui font de la résistance, « sans
commune mesure » avec les besoins
éprouvés. Leurs adversaires considèrent
que ces irréductibles font preuve de
« démesure », poursuivent des chimères et
sont devenus déraisonnables. A quoi les
obstinés répondront que la démesure se
trouve du côté des profits, des inégalités et
de l’injustice…
Ce ping-pong mesure-démesure n’est
pas un jeu sur les mots et les singularités de
la langue française. En fait, ce couple de
notions se retrouve partout, ces jours-ci,
dans l’actualité et ses commentaires, en
filigrane. Or, il provient d’un très ancien et
f é c o n d c l i va g e p h i l o s o p h i q u e . I l a
d’ailleurs nourri, depuis la Grèce antique,
quantité de réflexions. Pour scruter notre
présent, en avoir en tête les premiers éléments n’est pas inutile.
Les Anciens, Aristote en tête, faisaient
de la mesure (« métron ») l’indice de la
rationalité. Voir le monde logiquement,
dans leur esprit, c’est d’abord le mesurer –
en déterminer largeur et profondeur, en
calculer surtout les lois de fonctionnement. Mais cette mesure est aussi le signe
de toutes les vertus, qui étaient conçues
comme les résultats d’une existence
menée sous le contrôle de la raison. La
mesure n’est plus alors simple constat,
banal décompte. Elle tient activement les
extrêmes à distance. Agir avec mesure,
c’est cheminer entre des excès contraires.
Le courage, par exemple, se situe à égale
distance de la lâcheté et de la témérité,
explique Aristote dans l’ « Ethique à Nicomaque ».
La démesure, au contraire, que les Grecs
nommaient « hubris », constituait à leurs
yeux l’indice d’une forme de folie. Excessive par définition, elle pousse à dépasser
les bornes. Elle entraîne individus ou communautés dans des actions sans frein, des
passions sans limites. Autant la mesure se
tient du côté du réel, du compromis raisonnable et du juste milieu pratique,
autant la démesure débouche sur l’illimité,
qui est impossible à atteindre. C’est pourquoi les désirs sans bornes, ne pouvant
s’assouvir, déchaînent les fureurs.
Idéalement, la démocratie vit sous le
signe de la mesure, même si elle est traversée de tensions et de conflits. La démesure
constitue le propre des utopies et des doctrines jusqu’au-boutistes. Elle alimente, en
fait, toutes les formes de radicalisation. La
Terreur de Robespierre, le terrorisme des
djihadistes, la terrible détermination de
certains « gilets jaunes » sont profondément différents, cela va de soi, et il ne s’agit
en aucun cas de tout confondre. Toutefois,
dans leur dissemblance, ces mouvements
ont bien pour commun dénominateur le
remplacement d’une vision du monde
mesurée et réaliste par une conception
pure, unilatérale, dogmatique, indiscutable. Une démesure de la conviction, qui
rend aveugle et sourd à tout le reste, voilà
ce qu’on nomme « radicalisation ».
Agir avec mesure,
c’est cheminer
entre des excès contraires.
La démesure constitue
le propre des utopies
et des doctrines
jusqu’au-boutistes.
On aurait évidemment bien tort de conclure que le pouvoir est toujours sage, et sa
contestation toujours folle. Car la tension
entre mesure et démesure se retrouve des
deux côtés. Elle traverse aussi bien les gouvernants que les gouvernés. Elle concerne
ceux d’en haut comme ceux d’en bas. La
« démesure d’en haut » s’appelle « technocratie », règne des experts. Elle fait croire
au pouvoir sans limites de la rationalisation. Cette démesure paradoxale accorde
trop au calcul exact. Car il est déraisonnable de croire le monde entièrement rationnel, ou de s’imaginer seulement qu’il
puisse un jour le devenir tout à fait. La
« mesure d’en bas » n’est pas seulement le
bon sens populaire et la vieille sagesse des
nations. C’est aussi le refus de tout accepter, de tout subir, la volonté de marquer des
limites à la société de contrôle qui nous
enserre.
Finalement, ce qui fait basculer dans la
démesure, quelle qu’elle soit, c’est toujours
l’oubli des autres, l’éviction des points de
vue opposés, la certitude arrogante d’avoir
seul raison. Il n’est certes pas commode
d’admettre l’existence de points de vue
adverses, et moins encore de s’y confronter
vraiment, sans perdre pour autant son
identité. Mais il n’y a pas d’autre règle
durable. n
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Mieux maintenir l’ordre
IDÉE Récent et prolifique think tank destiné au « combat des idées à gauche »,
particulièrement investi sur les questions régaliennes, L’Hétairie publie
33 propositions (pas moins) afin à la fois de préserver le droit de manifester
et de mieux assurer la sécurité lors des manifestations. Certaines sont larges,
comme le souci d’améliorer prévention, renseignement et coopération des
différentes forces. D’autres sont plus techniques, comme le renforcement des
sanctions en cas de participation à une manifestation non autorisée ou pour
port de cagoule. Les experts plaident pour l’exemplarité et l’adaptation
des CRS et des gendarmes mobiles, avec des moyens accrus, par exemple,
en lanceurs d’eau.
INTÉRÊT C’est peu dire que le sujet s’avère d’actualité. Publiée le 15 novembre,
cette note est, bien entendu, à apprécier au regard des événements très
récents. Il s’agit d’une contribution de doctrine opérationnelle pour des
évolutions d’un « maintien de l’ordre à la française » aujourd’hui confronté
aux mutations des mobilisations (nouvelle croissance de la violence,
effacement des interlocuteurs traditionnels, omniprésence du numérique).
A lire quand il s’agit donc de maintenir et de rétablir l’ordre.
Une préoccupation démocratique majeure.
— Julien Damon
www.lhetairie.fr
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10 // IDEES & DEBATS
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
focus
BONNES FEUILLES
Par Rémy Demichelis
Manuel de survie
pour l’IA en entreprise
Pierre Blanc, conseiller, publie un livre accessible
et finement ciselé pour les entreprises.
Entre la boîte à outils et le manuel de survie, ce livre du conseiller cofondateur du
cabinet Athling, Pierre Blanc, sera utile
pour quiconque souhaite développer
cette technologie dans son travail ou se
familiariser avec le sujet. Un ouvrage qui
permet de définir les champs où la
déployer, les bonnes questions à se poser
et les techniques susceptibles d’être
implémentées. C’est aussi un texte qui
cherche à dissiper des malentendus, à
commencer par le terme IA, qui, pour
l’auteur, devrait simplement désigner
« l’informatique algorithmique » plutôt
que « l’intelligence artificielle ».
Les capacités des hackers, étatiques ou pas, se sont prodigieusement démocratisées. Photo Eddie Geraldi/Laif-RÉA
Cet essai, qui se lit comme un thriller, détaille les bouleversements causés par
la montée des risques de cyberespionnage, de sabotage et de manipulation.
Plongée dans les conflits
du cyberespace
LIVRES
Par Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
L
a Troisième Guerre mondiale est
en cours. Inutile toutefois de courir vers un abri, mais vérifiez
peut-être vos ordinateurs et vos mots de
passe. Car c’est là que se déroule le
conflit, inédit et méconnu, que chronique « Cyber », essai de Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d’EADS (et
sulfureux protagoniste de l’affaire
Clearstream), mais aussi ex-chef du centre d’analyse du Quai d’Orsay, et Léo
Isaac-Dognin, consultant en transformation numérique. Selon eux, sévit discrètement depuis quelques années un
nouveau type de conflit, « permanent,
sans front et sans règles d’engagement ».
Comme le dit un général américain, « la
cyberguerre est comme un match de foot
où tous les fans sont sur le terrain avec
vous et personne ne porte d’uniforme ».
Avantage à l’offensive
En effet, la cybernétique a prodigieusement démocratisé les capacités d’espionnage, de sabotage et d’influence, les trois
principales activités des hackers, étatiques ou pas. Le recrutement des « taupes » de jadis était long, coûteux et aléatoire, ne serait-ce qu’en raison du risque
de se faire manipuler par un agent double. Aujourd’hui, il suffit d’une clef USB
confiée à un employé négligent, ou d’un
fichier piégé (ver, virus, cheval de Troie…)
envoyé à votre boîte mail en misant sur
votre curiosité, ou en se faisant passer
pour un de vos contacts de confiance. Ces
techniques dites d’ « hameçonnage »
(« phishing » en anglais), ou, plus ciblé, de
« harponnage », pullulent à des fins de
rançon, manipulation, vol de données ou
destruction d’infrastructures.
Les agresseurs agissent généralement
avec impunité, tant il est difficile de les
identifier dans le cyberespace. La dissuasion fonctionne d’autant moins qu’une
riposte militaire classique semble impensable contre un Etat ayant paralysé à dis-
ESSAI
Cyber.
La guerre
permanente
par Jean-Louis
Gergorin et Léo
Isaac-Dognin,
Editions du
Cerf, 324 pages,
21 euros.
tance des ordinateurs sans généralement
tuer personne. Les rapports de force ont
donc changé au profit des attaquants
dans des conflits asymétriques, où des
petits génies peuvent défier des Etats.
Un changement de paradigme peutêtre insuffisamment perçu en Europe,
mais pas en Russie, où le régime mise sur
la cyber-ingérence pour contrer ce qu’il
perçoit comme une tentative d’encerclement de l’Occident. Le livre décrit jour par
jour ce qu’on sait de l’activisme du
Kremlin dans la présidentielle américaine de 2016 et la réaction embarrassée
d’Obama.
Dans un style sans jargon et accessible
à des cyber-ignares, l’ouvrage fourmille
de révélations et d’anecdotes glaçantes ou
surprenantes. Saudi Aramco a dû remplacer du jour au lendemain 35.000 ordinateurs victimes d’un bug, les centrifugeuses iraniennes ont été sabotées par un
logiciel israélo-américain, des centaines
de multinationales ont été paralysées en
octobre 2016 par une attaque DOS (« déni
de service ») menée par un réseau de
robots ayant pris le contrôle de milliers
d’objets connectés (on en dénombre
7 milliards au total), y compris… des
appareils d’écoute-bébé.
On découvre aussi que la Chine
détruit tout message de ses internautes
mentionnant « Winnie l’Ourson » (c’est
le surnom irrévérencieux donné au
président Xi Jinping), que le Kremlin
gère une usine à « trolls » (spécialistes
de la provocation et de la désinformation sur les réseaux sociaux) dans la
banlieue de Saint-Pétersbourg et que le
réseau Tor du « Dark Web », utilisé par
terroristes et trafiquants pour échanger
des messages intraçables via la multiplicité de relais aléatoires, est un jouet
qui a échappé à ses concepteurs, des
chercheurs de l’armée américaine.
On suit aussi la bataille informatique
sans précédent opposant pendant
24 heures les hackers russes de Cozy
Bear et les contre-hackers des services
néerlandais. La palme revient aux gardes à Addis-Abeba du QG de l’Union
africaine, construit par des entreprises
chinoises, interloqués de voir des ordinateurs s’allumer tout seuls la nuit pour
siphonner des fichiers vers Shanghai.
La souveraineté
et la démocratie en jeu
L’ouvrage, qui ne pèche pas par un excès
d’optimisme, décrit l’appareil cybernétique des trois grands acteurs, Chine,
avec ses équivalents des Gafa (Baidu, Alibaba, Tencent…), Russie, Etats-Unis, où la
plus grande crainte est celle d’un « Pearl
Harbor cybernétique » coupant l’électricité, ainsi que des acteurs de second rang,
Royaume-Uni, France, Israël, Iran, Corée
du Nord, Allemagne et Japon.
Il évoque aussi les possibilités vertigineuses des ordinateurs quantiques capables de casser tous les codes d’accès, de
l’intelligence artificielle (en fonction de
vos achats, les algorithmes d’Amazon
vous connaissent déjà mieux que vos proches), ou des « deep fakes » qui permettent d’incruster le visage et la voix d’une
cible sur une vidéo pour faire croire
qu’elle a dit ou fait des choses compromettantes. Toutes méthodes permettant
de décrédibiliser des élus, intoxiquer ou
terroriser une population et accentuer
ses clivages, d’autant plus que « les fake
news se propagent plus rapidement qu’elles
ne peuvent être vérifiées ou démenties ».
Après avoir décrit en quoi « la puissance économique dans le numérique est
facteur de souveraineté » – où sont les
Gafa européens ? –, le livre se conclut
sur la proposition d’un code mondial de
« moins mauvaise conduite » dans le
cyberespace et préconise la fin de l’anonymat absolu sur les réseaux sociaux.
Au risque que les Etats espionnés puissent espionner leurs dissidents ? n
L’HISTOIRE NE FAIT QUE COMMENCER
« L’intelligence artificielle […] est à la fois
un domaine de recherche scientifique, un
ensemble de concepts, un terme impropre
pour désigner une machine qualifiée
d’intelligente, etc. […] L’IA s’inscrit finalement dans la poursuite de l’informatisation de notre société. […] S’il y a une chose
dont votre boss peut être sûr, c’est que l’histoire de l’IA ne s’arrête pas là, et qu’elle continue à s’écrire. Jusqu’où ? Tant que les
chercheurs n’auront pas “cracké” le cerveau humain… si tant est que l’on puisse le
cracker un jour. »
CORRÉLATION N’EST PAS CAUSALITÉ
« Des messages à faire passer à mon boss :
avoir bien en tête la distinction corréla-
ESSAI
L’Intelligence
artificielle
expliquée
à mon boss
Par Pierre Blanc,
éditions Kawa,
2018, 294 pages,
29,95 euros.
tion-causalité. Bien séparer la lecture des
faits et leur interprétation et avoir conscience de ses propres limites et biais pour
agir en connaissance de cause à partir de
la lecture des données. Savoir de quoi l’on
parle et ne pas faire dire des choses erronées aux données. »
ERRARE HUMANUM EST « Très rapide-
ment, [l’humain] extrapole les performances étroites de l’IA pour les appliquer à tous
les domaines. Les experts restent (beaucoup) plus prudents parce qu’ils sont bien
conscients des limites des outils qu’ils développent. L’homme est un habitué du copiercoller. Des modèles utilisés dans un contexte sont plaqués tels quels sur un autre
contexte. C’est exactement ce qui se passe
quand il est question d’emploi, de travail et
d’IA. Ne pas tenir compte des spécificités des
secteurs d’activité et des entreprises qui les
composent est une erreur. »
Livres en bref
Ces douze hommes
qui ont décroché la Lune
dans l’his•t oJamais
ire une nation
n’aura consenti un
tel effort – financier,
humain – pour autre
chose qu’une guerre
mondiale. Et rarement à l’ère audiovisuelle un événement
aura été suivi, avec
une avidité quasi hypnotique, par autant
de centaines de millions de Terriens rivés
à leur poste de télévision, à leur radio, à
leur écran géant : le 21 juillet 1969 – il est
alors 3 h 56 du matin en Europe –, Neil
Armstrong sort du module lunaire et fait
Ils ont marché
sur la Lune
ses premiers pas sur
la Lune. Journaliste
Philippe
à « Ciel & Espace »,
Henarejos,
Philippe Henarejos
Belin, 510 pages,
nous fait revivre
26 euros.
cette mission historique minute par
minute, presque seconde par seconde.
Ainsi que toutes celles qui ont suivi, jusqu’à Apollo 17 en décembre 1972 – après
quoi les Américains, et tout le reste de
l’humanité derrière eux, ont délaissé cette
Lune sur laquelle avaient marché douze
des leurs. Une épopée scientifique, technique, humaine, magnifiquement racontée
et riche en images. — Y. V.
Le ruissellement imaginaire
On aurait aimé un
•argument
aussi sim-
ple que celui de la
« théorie du ruissellement » pour la contredire. Mais comme
bien souvent en économie, ce n’est pas
aussi simple.
D’autant que l’auteur,
Arnaud Parient y,
prend un soin particulier à donner une
chance à cette pseudo-théorie – selon
laquelle baisser les impôts des riches permet de faire redescendre l’argent ainsi réorienté sur les pauvres.
Tout cela pour, au final, se rendre compte
que c’est une idée qui n’est pas suffisamment vérifiée empiriquement pour être sys-
Le Mythe de
la « théorie du
ruissellement »
t é m a t i s é e . C ’e s t
même une opinion
dont se défendent
Par Arnaud
ceux qui la promeuParienty,
vent (malgré eux ?),
La Découverte,
tant elle est connotée
148 pages, 11 euros. négativement et tant
ses fondements
scientifiques sont douteux.
Certes, les chemins empruntés par le
professeur de sciences économiques et
sociales sont parfois ardus pour le béotien ; « Le Mythe de la “théorie du ruissellement” » n’est pas un ouvrage aussi
grand public que l’auteur le souhaiterait.
Ça n’en fait pas moins un texte très instructif à une époque où l’argument
revient sur le devant de la scène médiatique et politique. — R. D.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 11
Les Echos Vendredi 14 et samedi 15 décembre 2018
Son actualité
le grand entretien
Un peu plus de cinq ans après avoir
dévoilé un premier plan stratégique,
l’ancien patron de Colony Capital
en Europe et du PSG a récemment
renouvelé l’exercice devant la communauté financière, et tiré un premier bilan.
Le champion français de l’hôtellerie
(4.681 établissements sous enseigne
à la fin septembre, soit 685.000 chambres) a achevé sa transformation
en cédant son pôle immobilier
et en s’ancrant résolument dans le haut
de gamme avec les acquisitions des
chaînes Raffles, Fairmont et Swissôtel.
AccorHotels doit désormais poursuivre
son développement à un niveau record.
A moyen terme, il ouvrirait de 350 à
375 hôtels par an, soit plus de
50.000 chambres. Le groupe entend
doubler son excédent brut d’exploitation
d’ici à 2022 par rapport à 2017, le portant
à terme à 1,2 milliard d’euros.
Les tensions géopolitiques sont-elles
de nature à affecter la croissance du
tourisme mondial ?
Autant notre industrie est de plus en plus
lisible, autant le monde devient de plus en
plus illisible. Notre chance, une très forte
résilience, puisque les deux tiers de notre
activité sont liés au développement du tissu
économique local. C’est vrai au Brésil, c’est
vrai en Inde, c’est vrai en France… Nous
bénéficions aussi d’une très grande diversité
de nos résultats. La France reste, certes,
notre premier pays représentant 20 % de
notre réseau, devant la Chine, l’Australie,
l’Allemagne et le Brésil, avec une part respective de 7 %. Mais nos vingt premières villes en termes de contribution représentent
ensemble moins 20 % de l’activité. Notre
deuxième atout, c’est que la moitié des voyageurs internationaux viennent en Europe,
où Accor est très largement présent. Et si un
problème se pose dans un pays, le voyageur
change de ville de destination, mais il ne
change pas de continent. Après, en tant que
citoyen, ce qui m’inquiète, c’est le manque de
leadership européen. Il faut que l’on bouge !
Je souhaite qu’Accor joue son rôle à plein.
« Le consommateur
a pris le pouvoir »
Hamilton/RÉA
SÉBASTIEN BAZIN
PDG d’AccorHotels
Propos recueillis par
David Barroux
et Christophe Palierse
@cpalierse
S
ébastien Bazin est confiant dans les
perspectives d’Accor, le champion
français de l’hôtellerie qu’il dirige
depuis cinq ans. Il s’inquiète, en revanche,
du « manque de leadership européen »,
alors que « le monde devient de plus en plus
illisible ».
En cinq ans, qu’est-ce qui
a le plus changé dans l’hôtellerie ?
Le consommateur a pris le pouvoir. Il a
désormais accès de façon instantanée et
transparente à plus d’offres, plus d’informations. Il est en capacité de faire un choix
clair. Le prix reste bien sûr important, mais
les attentes ont évolué et la clef est de plus en
plus l’expérience de la marque. En conséquence, notre métier est devenu beaucoup
plus exigeant et la notion de taille, d’échelle
est devenue plus importante pour réussir.
Pourquoi la taille est-elle
si importante ?
La bataille est aussi devenue technologique
et, dans ce domaine, les enjeux comme les
investissements sont colossaux. Le nerf de
la guerre, c’est désormais la data, l’information sur les clients. Pour les séduire, les retenir et répondre à leurs attentes, nous
devons mieux les comprendre et continuer
à maîtriser notre destin. Nous ne pouvons
pas simplement dépendre de géants
comme Google, Booking, Expedia, WeChat,
AliPay ou d’autres qui nous vendent des
mots-clefs ou perçoivent des commissions.
Et pour collecter un maximum de data, il
faut multiplier les points de contact et
d’interaction avec nos clients, locaux et
internationaux.
C’est pour cela que vous investissez
dans l’Accor Hotel Arena, les services
de conciergerie, la restauration ou
d’autres diversifications ?
Amazon a un contact avec ses clients environ deux fois par semaine. Facebook, trois à
quatre fois par jour. Si vous avez un compte
WeChat Pay, vous allez l’utiliser une dizaine
de fois par jour. Dans l’hôtellerie, nous
n’avons que quelques interactions par an
avec un même client. L’enjeu le plus important est donc d’élargir notre toile. Nous
avons un avantage sur tous ces acteurs digitaux, aussi puissants soient-ils. Eux n’ont
jamais rencontré leurs clients. Nous sommes plus petits et moins technologiques
mais nous avons accès à une information
chaude, humaine, alors que leur donnée est
froide, technologique. Il faut valoriser cette
différence de connaissance et de relation
avec nos clients. Cette stratégie nous a permis de multiplier les points de contact. Il
faut encore faire la preuve que cela peut contribuer de façon significative à notre croissance et notre rentabilité, mais le risque que
nous avons pris est mesuré. Ces métiers
adjacents dans lesquels nous avons investi
représentent moins de 10 % de nos investissements ces dernières années. Cette prise de
risque est assumée et indispensable.
Pourquoi y a-t-il tant de concurrence
dans votre secteur ?
Le secteur du voyage représente plus de
10 % du PIB mondial. Le tourisme, c’est
350 millions de personnes, un emploi sur 10
dans le monde. C’est une industrie d’une formidable visibilité, en croissance, mondiale
et rentable. Et donc beaucoup veulent y participer.
La Chine tire la croissance.
Du coup, les géants de demain
seront sans doute chinois ?
La Chine est en passe de devenir le premier
marché domestique au monde, et, chaque
année, 140 millions de Chinois voyagent à
l’étranger. La croissance chinoise va se poursuivre sur le plan domestique comme à
l’international dans la mesure où seuls 10 %
des Chinois ont aujourd’hui un passeport. Le
fort développement hôtelier en Chine est la
parfaite réplication du marché américain
entre 1970 et 2000. L’hôtellerie mondiale
comporte en fait trois grands blocs
aujourd’hui. Le marché chinois, qui est
encore relativement atomisé et compte trois
grands acteurs domestiques ; un marché
américain qui est, lui, concentré dans les
mains de cinq opérateurs ; enfin, tous les
autres continents où le groupe Accor, présent
dans 100 pays, est le leader incontestable.
« Nous avons un avantage
sur tous ces acteurs
digitaux. Eux n’ont jamais
rencontré leurs clients. »
« Il faut valoriser cette
différence de connaissance
et de relation avec
nos clients. »
La demande a-t-elle changé
de nature ?
Il y a, bien sûr, le développement d’Airbnb,
qui nous a poussés à enrichir notre offre
avec, par exemple, notre concept Jo & Joe
[une version moderne de l’auberge de jeunesse, NDLR]. Nous vendons au lit et nous
proposons une expérience originale. On
assiste aussi au développement du segment
Lifestyle. Des hôtels moins standardisés,
qui ressemblent aux villes dans lesquelles
ils sont. Des hôtels ouverts sur la cité avec
une offre de bar et de restauration qui
n’attire pas que les voyageurs mais aussi les
« locaux ». Ce segment représente 2 % de
l’offre mais 10 % des projets en cours de
développement. Et Accor a su prendre ce
virage beaucoup plus tôt que ses concurrents. Nous avions une marque Lifestyle, il y
a q u a t r e a n s , n o u s e n avo n s d o u z e
aujourd’hui et sur tous les segments de prix.
AccorHotels a-t-il aujourd’hui
la taille critique ?
La transformation du groupe est derrière
nous. Les fondations du groupe sont extrêmement solides : taille du groupe, talents,
marques, leadership, technologie et croissance de ses résultats. Accor a une proposition vis-à-vis de ses propriétaires et de ses
clients sur tous les segments, sur pratiquement tous les marchés. A partir de ces fondations, nous pouvons construire un édifice
de 10, 15, 50 étages.
Vous avez vainement proposé
une alliance avec Air France KLM.
Des regrets ?
Je n’ai aucun regret et notre analyse n’a pas
changé. Air France a tous les atouts et s’en
sortira. C’est la plus belle société aérienne
au monde et l’opérateur de trois des plus
grands aéroports européens. Mais c’est une
société qui souffre d’un manque de vision
claire et d’écoute de son personnel et d’une
gouvernance complexe. Or, nous sommes
dans le même univers, 80 % de leurs enjeux
sont les nôtres. C’est pourquoi, j’ai pensé
qu’il pouvait être opportun de mutualiser
des réponses sans pour autant mettre
Accor en risque, car nous avions un club de
partenaires prêts à nous accompagner. Audelà d’Air France KLM, une alliance avec un
partenaire aérien dans la data, les programmes de fidélité reste toujours pertinente.
Que vous inspire la crise des gilets
jaunes ?
Ces images qui ont fait le tour du monde ne
font de bien à personne, ni à ceux qui entendent porter des demandes légitimes ni à
notre pays qui avait retrouvé sur la scène
internationale une aura et une puissance
aujourd’hui ternies. Dans le monde politique comme dans celui de l’entreprise, il ne
suffit pas de partager un diagnostic, de
séduire des électeurs, des actionnaires, des
partenaires ou des équipes, il faut être capable de convaincre, de faire adhérer, sinon
vous vous retrouvez étrangement seul. Je
crois aux vertus du dialogue, même quand
les points de vue sont éloignés. C’est en
allant vers l’autre, en faisant ces deux
mètres qui nous séparent d’un actionnaire,
d’un collaborateur, d’un propriétaire, d’un
client et qui font toute la différence que l’on
trouve des solutions et que l’on peut régler
les problèmes. Savoir franchir ces deux
mètres de distance fait toute la différence.
Le Brexit doit vous désoler…
C’est un immense gâchis. Je suis de ceux qui
souhaiteraient un nouveau référendum
avec un nouveau projet de traité. Accor n’a
jamais quitté un pays, que ce soit pour des
raisons économiques ou politiques. Nous
sommes souvent un employeur important
et cet ancrage local fort nous confère une
responsabilité de long terme dans les pays
dans lesquels nous sommes implantés, surtout lorsqu’ils traversent des difficultés.
Il y a une forme de protectionnisme
dans le monde. L’Europe n’est-elle
pas victime de son ouverture ?
Nous avons, je pense, été longtemps aveugles, d’une incroyable naïveté en acceptant
de laisser une dizaine de géants du numérique américains et chinois dominer le
monde. Nous n’avons pas su créer les conditions de l’émergence de champions
européens. Pour autant, je suis contre le
repli sur soi et la montée actuelle du protectionnisme est forcément inquiétante.
Que vous inspire l’affaire Ghosn ?
Je n’ai rencontré Carlos Ghosn qu’une seule
fois et je ne peux pas me prononcer sur le
fond de ce dossier que je ne connais pas,
mais j’ai trouvé assourdissant le silence du
monde des affaires et ce lynchage médiatique est honteux. Il a créé le premier groupe
automobile mondial. Il s’est donné un mal
de chien et, du jour au lendemain, il n’est
plus rien. Et tout cela alors que nous
n’avons, à ce stade, aucune information officielle. Il ne faut pas mettre au pilori qui il est
et ce qu’il a largement contribué à créer. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
SANTÉ PREMIÈRE ÉTAPE VERS
L’AUTORISATION DU CANNABIS
THÉRAPEUTIQUE
ONU LES MISSIONS DE PAIX EN
AFRIQUE JUGÉES INEFFICACES
Les Etats-Unis vont plaider pour
« mettre fin » aux missions de l’ONU
en Afrique qui ne favorisent pas « une
paix durable », a prévenu, jeudi, le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton. En présentant la
« nouvelle stratégie » de l’administration de Donald Trump pour le continent africain, il a plus largement
affirmé que l’aide économique américaine serait revue pour faire en sorte
qu’elle apporte des résultats.
Une première étape vers l’autorisation du cannabis thérapeutique a été
franchie en France jeudi avec l’avis
positif du comité d’experts nommé
par le gouvernement. Celui-ci juge
« pertinent d’autoriser l’usage du cannabis à visée thérapeutique [...] dans
certaines situations cliniques et en cas
de soulagement insuffisant ou d’une
mauvaise tolérance des thérapeutiques » existantes.
Au lendemain de la condamnation à
trois ans de prison de Michaël Cohen,
l’ex-avocat personnel de Donald
Trump pendant dix ans, le président
a riposté, jeudi, aux accusations de la
justice qui se font de plus en plus
menaçantes. Il a affirmé dans une
série de t weets n’avoir « jamais
demandé » à son ex-conseil d’enfreindre la loi. Les medias américains spéculent depuis le début de cette affaire
sur une éventuelle inculpation de
Donald Trump.
BRÉSIL BOLSONARO
ET LES PAIEMENTS SUSPECTS
AIDE AUX MIGRANTS JUSQU’À
QUATRE MOIS DE PRISON FERME
POUR LES « SEPT DE BRIANÇON »
Le tribunal correctionnel de Gap
(Hautes-Alpes) a prononcé jeudi des
peines allant jusqu’à quatre mois de
prison ferme à l’encontre de sept militants suspectés d’avoir aidé des
migrants à entrer en France au printemps. Deux des prévenus, déjà condamnés par le passé et également
poursuivis dans ce dossier pour rébellion, ont écopé de douze mois de prison, dont quatre ferme.
EXTRÊME DROITE SORAL
CONDAMNÉ POUR DIFFAMATION
La cour d’appel de Paris a condamné
jeudi l’essayiste d’extrême droite
Alain Soral à 4.000 euros d’amende
pour diffamation, pour avoir publié et
mis en vente sur son site une affiche
visant les juifs, mais l’a relaxé s’agissant du délit de négationnisme. Alain
Soral, 60 ans, a déjà été condamné à
plusieurs reprises, notamment pour
provocation à la haine raciale.
L’avion suborbital SpaceShipTwo, dont la compagnie Virgin Galactic veut faire le premier appareil spatial commercial, s’est
posé jeudi sans encombres dans le désert de Mojave, en Californie, après un vol d’essai qui vient couronner plusieurs années
de difficiles recherches. Premier vol commercial prévu d’ici à mars 2019.
Evaristo Sa/AFP
ROISSY UNE AMENDE REQUISE
CONTRE ADP POUR LA
CATASTROPHE DU TERMINAL 2E
Quatorze ans après l’effondrement
du terminal 2E de Roissy qui a fait
4 morts, des amendes allant jusqu’à
225.000 euros ont été requises jeudi à
Bobigny contre quatre sociétés, dont
Aéroports de Paris, qui porte une responsabilité « écrasante » aux yeux du
ministère public. Le procureur Loïc
Pageot a demandé que l’amende la
plus lourde soit infligée à l’exploitant
du deuxième aéroport européen.
L’avion spatial de Virgin Galactic réussit son vol d’essai
ÉTATS-UNIS DONALD TRUMP
CHARGE SON ANCIEN AVOCAT
Jacques Demarthon/AFP
TERRRORISME UNE PEINE
DE CINQ ANS REQUISE EN APPEL
CONTRE JAWAD BENDAOUD
Une peine de cinq ans de prison a été
requise jeudi contre Jawad Bendaoud, jugé par la cour d’appel de
Paris pour avoir logé deux djihadistes
des attentats du 13 novembre 2015.
Jawad Bendaoud savait « précisément à qui il fournissait l’appartement », a déclaré l’avocate générale
Na ï m a R u d l o f f, q u i n’a « a u c u n
doute » sur la culpabilité du prévenu.
LA PHOTO DU JOUR
Le président élu du Brésil, Jair Bolsonaro, s’est dit prêt à « payer » si une
« erreur » a été commise lors de vers e m e n t s s u s p e c t s d ’e n v i r o n
270.000 euros à un ex-assistant de
son fils député. « Si une erreur a été
commise, [...] nous paierons pour cette
erreur, parce que nous ne pouvons pas
montrer la moindre connivence avec
quelque erreur que ce soit », a-t-il
déclaré tard mercredi, lors d’une
transmission en direct sur Facebook.
YÉMEN ACCORD DE TRÊVE
L’ONU a annoncé jeudi, à l’issue de
consultations de paix sur le Yémen en
Suède, un accord âprement négocié
entre belligérants pour faire provisoirement taire les armes dans plusieurs régions. Cela pourrait préfigurer une solution durable après quatre
ans de guerre qui ont fait environ
10.000 morts et menacent jusqu’à
20 millions de personnes de famine.
KOSOVO PRISTINA VA AVOIR
SON ARMÉE, CE QUI REND
BELGRADE FURIEUX
Le Parlement du Kosovo vote ce vendredi la création d’une armée, attribut à la souveraineté revendiquée par
Pristina, mais motif supplémentaire
de tensions avec la Serbie qui ne
reconnaît pas l’indépendance de son
ex-province. Le problème est ainsi
autant politique que lié aux questions
de défense du territoire.
Photo : Gene Blevins/AFP
ON EN PARLE À WASHINGTON
Le flamboyant baroud d’honneur de Nancy Pelosi
La leader démocrate est parvenue à calmer les oppositions internes et s’affirme
comme la principale voix d’opposition à Donald Trump. Avant de passer la main…
Nicolas Rauline
— Bureau de New York
banalités, elle a répondu du tac
au tac à Donald Trump, qui
accusait les démocrates de mettre en péril la sécurité nationale
en refusant de financer le mur, à
la frontière avec le Mexique.
« Vous avez eu tous les pouvoirs,
la Maison-Blanche, la Chambre,
le Sénat… Et vous n’avez pas
réussi à le faire voter », a-t-elle
envoyé. Et sa sortie de la Maison-Blanche, lunettes de soleil
sur le nez, a enflammé les
réseaux sociaux…
Dans la foulée, elle parvenait
à un accord avec l’aile gauche du
parti, qui contestait sa légitimité.
Elle sera bien la présidente de la
Chambre des représentants,
gagnée par les démocrates lors
des élections de mi-mandat. La
N
ancy Pelosi ne sera sans
doute jamais candidate
à l’élection présidentielle américaine. Mais, en attendant 2020 et alors que les prétendants démocrates affûtent leurs
armes, elle s’affirme, en cette
période de mi-mandat, comme
la principale figure de l’opposition. Sa passe d’armes avec son
collègue du Sénat Chuck Schumer face à Donald Trump, en
début de semaine, a donné une
idée de ce que pourraient être les
deux prochaines années.
Devant les caméras, alors
que l’exercice sert généralement à échanger quelques
nouvelle génération ne voulait
pas d’elle ? Les deux camps ont
finalement trouvé un terrain
d’entente qui devrait limiter son
mandat à quatre ans.
Un « relais »
« Tout au long de l’été, j’ai été
claire : je me vois comme un relais
vers la prochaine génération de
leaders, je suis consciente de ma
responsabilité de mentor, afin de
promouvoir de nouveaux parlementaires, a-t-elle fait savoir dans
un communiqué. Je suis d’accord
avec la proposition qui a été faite
[de limiter le mandat, NDLR]. »
A soixante-dix-huit ans,
Nancy Pelosi, qui a déjà occupé
le poste de présidente de la
Chambre des représentants
sous Barack Obama, se voit donc
offrir un dernier défi politique :
mener l’opposition à Donald
Trump, tout en préparant 2020.
Elle devra déterminer la
meilleure stratégie, entre collaboration, sur des sujets comme
les infrastructures par exemple,
et lutte contre plusieurs projets
de la Maison-Blanche, comme le
mur. Le tout sur fond d’affaires :
la Chambre peut, en théorie,
lancer une procédure de destitution envers Donald Trump.
Mais les démocrates ne s’y risqueront sans doute pas pour le
moment. Le plus probable reste
le lancement de nouvelles
enquêtes et la volonté de protéger celle du procureur spécial
Robert Mueller. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
www.lesechos.fr
Ateliers de
sous-traitants
et maisons de la
place Vendôme
embauchent et
s’agrandissent.
// P. 24
DEVISES EUR/GBP 0,8992 EUR/JPY 1,2912 EUR/CHF 1,1289 GBP/USD 1,2633 USD/JPY 1,1363 USD/CHF 0,9938 TAUX EONIA -0,36 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,312 OAT 10 ANS 0,6809 T-BONDS 10 ANS 2,9668
INDUSTRIE & SERVICES
RENAULT-NISSAN-MITSUBISHI
DERNIÈRE HEURE
Affaire Ghosn : l’enquête
va s’étendre à l’Alliance. // P. 14
L’Etat et les syndicats vent debout
contre la fermeture de Ford Blanquefort
AUTOMOBILE
Le marché chinois signe son
premier repli en trente ans. // P. 15
INNOVATION
Pékin plus discret sur ses
ambitions industrielles. // P. 15
AFP Photo/DCNS
NAVAL GROUP
Sous-marins : le constructeur
militaire français franchit
une étape en Australie. // P. 16
Frank Niedercorn
@FNiedercorn
— Correspondant à Bordeaux
La pression de l’Etat et les efforts demandés
aux employés par Punch Powerglide n’ont
pas suffi. Ford a annoncé jeudi qu’il écartait
l’offre de reprise de l’industriel belge pour
son usine de Blanquefort (Gironde). Le
ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a
dénoncé la « lâcheté » du constructeur américain qu’il n’a pas réussi à avoir au téléphone et son « mensonge », assurant pour
sa part que l’offre de Punch était « crédible et
solide ». Il a également dénoncé la « trahison » du constructeur qu’il accuse d’avoir
rejeté l’offre « pour faire monter son cours de
Bourse ».
PERNOD RICARD
Le numéro deux mondial des vins
et spiritueux défend l’efficacité
de son modèle. // P. 17
VOYAGE
Les voyagistes bouclent
une année record. // P. 18
LOISIRS
Les coffrets cadeaux cherchent
à se donner un nouvel élan.
// P. 19
850 salariés concernés
HIGH-TECH & MÉDIAS
ÉDITION
La rentrée littéraire sur le gril.
// P. 20
Shutterstock
AUDIOVISUEL
Les contenus deviennent
portables en Europe. // P. 21
L’offre de reprise de Punch
Powerglide n’a pas été
jugée suffisante par
le constructeur américain,
qui prévoit un plan social
pour les 850 salariés.
Punch Powerglide, qui a repris début
2013 l’ancienne usine GM de Strasbourg,
était depuis plusieurs mois le seul candidat sur les rangs pour reprendre cette
usine de fabrication de boîtes de vitesses
construite en 1972 et qui emploie encore
850 salariés. Bruno Le Maire avait mis la
pression à plusieurs reprises sur le constructeur auto américain pour le convaincre d’accepter l’offre de la dernière
chance du groupe belge qui n’envisageait
toutefois la reprise que de 300 à 400 salariés. L’Etat, la Région Nouvelle-Aquitaine
et la Métropole de Bordeaux devaient
apporter un « soutien financier de 15 millions d’euros » à ce projet industriel.
Les salariés de Blanquefort réunis devant l’ancienne usine de fabrication de boîtes de vitesses, le 11 décembre 2018.
Photo Georges Gobet/AFP
Pour Punch Powerglide, l’enjeu était
de faire baisser les coûts salariaux afin
de rendre son projet plus présentable.
Mardi, en assemblée générale, les salariés avaient ainsi accepté l’accord négocié entre les syndicats et la direction de
Punch. Celui-ci prévoyait un gel de trois
ans des salaires, une modulation du
temps de travail et un abandon de 3 jours
de RTT. « Ford est le seul à n’avoir fait
aucun effort. Cette attitude est inadmissible », dénonce Véronique Fereira, la
maire de Blanquefort très investie sur ce
dossier.
Pour se justifier, Ford indique que le plan
de reprise présente des « risques significatifs ». Le constructeur américain craint surtout d’être obligé de reprendre l’usine
comme il l’avait fait en 2010 après l’avoir
vendue à un repreneur allemand l’année
précédente.
Arrêt de la production
Ford prévoit désormais un arrêt de la production fin août 2019 et promet un « plan
social complet » comprenant notamment
un congé de reclassement et un redéploiement chez l’industriel voisin GFT.
START-UP
DOTT
Une autre issue est-elle encore possible ?
Bruno Le Maire, Alain Juppé, le maire de
Bordeaux et Alain Rousset le président de la
Région Nouvelle-Aquitaine, demandent
quasiment d’une même voix à l’industriel
de « reconsidérer sa position ». Les syndicats
sont également décidés à jouer cette carte.
« C’est un choc même si l’on s’y attendait un
peu. Mais nous repartons très motivés et Ford
ne va pas s’en tirer comme ça. Il faut trouver
tous les moyens pour que Ford regrette cette
décision en la lui rendant insupportable »,
annonce Gilles Lambersend, secrétaire
CGT du comité d’entreprise. n
FINANCE & MARCHÉS
COMPLÉMENTAIRE SANTÉ
Apple promet 10 milliards
d’investissements
aux Etats-Unis
AXA
Raphaël Bloch
@Bloch_R
La start-up se rêve en leader
européen des mobilités partagées.
// P. 22
Buzyn accuse les mutuelles
de « sabotage politique ». // P. 26
Comment l’assureur veut tirer
parti de l’acquisition de XL Group.
Donald Trump aurait-il
obtenu gain de cause ? Le
géant Apple, mis sous pression par la Maison-Blanche
depuis deux ans, a annoncé
jeudi qu’il injecterait plus de
10 milliards de dollars sur le
sol américain.
Dans le détail, le groupe de
Cupertino va mettre 1 milliard de dollars (878 millions
d’euros) dans la création d’un
nouveau campus à Austin
(Texas). Et 10 milliards de
dollars supplémentaires
pour la construction de nouveaux centres de données.
// P. 27
NOBLE GROUP
Le Français par qui le chaos
est arrivé. // P. 28
CARNET // P. 32
LES ÉCHOS PATRIMOINE
IMPÔTS
Les pièges du prélèvement
à la source. // PP. 33-35
20.000 emplois à la clef
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
P R I N T EMP S H AU S S M A N N  G A L ER I E S L A FAY E T T E H AU S S M A N N
Ces investissements sont
prévus dans le cadre d’un
vaste plan d’investissement
sur cinq ans. A terme, le
groupe de Tim Cook, qui
réalise plus de la moitié de
son chiffre d’affaires en
dehors des Etats-Unis, espère
créer 20.000 emplois. Le
fabricant de l’iPhone a aussi
annoncé qu’il créerait de
nouveaux sites à Seattle, San
Diego et Culver City (Californie), tout en étendant ses activités à Pittsburgh (New York)
et à Boulder (Colorado) au
cours des trois prochaines
années.
Le groupe à la
pomme dit avoir
créé cette année
6.000 emplois
aux Etats-Unis.
Le nouveau campus
d’Austin sera situé à quelques
kilomètres des sites actuels
d’Apple et accueillera à terme
15.000 salariés. Les centres de
données en Caroline du Nord,
en Arizona et au Nevada vont
pour leur part être étendus, a
indiqué le géant qui emploie
plus de 120.000 personnes.
Le groupe à la pomme dit
avoir créé cette année 6.000
emplois aux Etats-Unis et
prévoit de recruter plus de
1.000 personnes à Seattle, San
Diego et Culver City. n
Yves Duronsoy
La bijouterie-joaillerie française
a retrouvé tout son éclat
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
L’enquête interne a conclu à la conformité des éléments de rémunération de Carlos Ghosn chez Renault à la législation sur 2015-2018.
Le projet de drone européen
de longue endurance se confirme
Affaire Ghosn : l’enquête
va s’étendre à l’Alliance
DÉFENSE Airbus, Dassault et Leonardo ont annoncé ensemble
avoir franchi une étape essentielle pour réaliser le drone MALE
(moyenne altitude, longue endurance) à l’étude depuis août
2016. L’étude de conception a été acceptée le 22 novembre par la
France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, et les industriels se
sont répartis les tâches. Airbus, futur maître d’œuvre, coordonnera la réponse industrielle en 2019 en vue d’une mise sur le
marché en 2025 avec les sous-traitants Dassault et Leonardo.
Plastic Omnium bondit en Bourse
après avoir rassuré les marchés
l Les avocats des deux constructeurs ont commencé à travailler
sur les modalités d’une telle investigation.
l Chez Renault, le conseil a décidé de ne pas modifier la gouvernance temporaire.
AUTOMOBILE L’action de Plastic Omnium a bondi de plus de
6,98 %, à 20,61 euros, jeudi, après des annonces lors de sa journée investisseurs. L’équipementier automobile a confirmé un
chiffre d’affaires 2018 en croissance d’au moins 5 %, « soit d’environ 8,9 milliards d’euros » à périmètre constant et « un résultat
opérationnel 2018 comparable à celui de 2017 (615 millions
d’euros) ». Il a aussi annoncé vouloir se concentrer sur la trésorerie et la réduction de coûts pour la période 2019-2021.
AUTOMOBILE
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Anne Feitz
@afeitz
Eurovia double de taille aux Etats-Unis
« Wait and see ». Réuni jeudi à Boulogne-Billancourt, le conseil d’administration de Renault a décidé qu’il
était urgent d’attendre avant de
prendre la moindre décision sur la
gouvernance du groupe. « Empêché », Carlos Ghosn reste donc PDG
du Losange, dont la gouvernance
intérimaire – Philippe Lagayette
pour présider le conseil d’administration, et Thierry Bolloré, comme
directeur général délégué –, avait été
mise en place dès le 20 novembre.
Deux éléments nouveaux ont été
présentés aux administrateurs.
D’abord, les résultats préliminaires
de l’enquête interne chez Renault,
menée par l’ancien préfet Claude
Baland, ex-directeur général de la
police nationale, et Eric Legrand, le
nouveau chief compliance officer
BTP Eurovia, la filiale de travaux routiers de Vinci, a annoncé avoir
finalisé le rachat au groupe de BTP italien Salini Impregilo des activités routières de sa filiale américaine Lane Construction. L’activité rachetée emploie 2.000 personnes et réalise plus de 600 millions de dollars de chiffre d’affaires sur la côte Est des Etats-Unis et
au Texas. Elle double la taille d’Eurovia aux Etats-Unis, où la filiale
routière de Vinci a réalisé en 2017, à travers ses filiales américaines
Hubbard Construction et Blythe Construction, 488 millions
d’euros de chiffre d’affaires pour 1.300 personnes.
MARITIME L’enquête ouverte à
Paris sur des soupçons de corruption autour de l’obtention par le
groupe Bolloré de concessions
portuaires en Afrique de l’Ouest
s’élargit. Le holding Bolloré SA a
annoncé, jeudi dans une communiqué, avoir été à son tour mis en
examen, après celle le 25 avril dernier de Vincent Bolloré, le patron
du groupe. Affirmant n’être en rien
concerné, le holding « a décidé
d’exercer un recours afin d’être mis
hors de cause. »
Plus d’informations sur
lesechos.fr/Industrie-services
LA BOURSE
EN 2019 SE JOUE
MAINTENANT
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
John MacDougall/AFP
Ports africains :
Bolloré SA dans
le collimateur
de la justice
Zuma Press/RÉA
John MacDougall/AFP
à suivre
du groupe. Celle-ci conclut à la conformité des éléments de rémunération (dont ses avantages en nature)
de Carlos Ghosn à la législation sur
la p ério de 2015-2018. « Mais
l’enquête n’est pas terminée », insiste
un porte-parole du constructeur. « Il
faudra aussi traiter la période 20102015, et l’étendre aux autres membres
du comité exécutif. »
Confidentialité
Les avocats de Renault ont aussi
procédé à une première restitution
des éléments de l’enquête de Nissan,
dont ils avaient pu prendre connaissance lundi auprès des avocats du
groupe nippon, venus spécialement
à Paris. Rien n’a filtré à ce stade – le
procureur japonais ayant notamment posé la confidentialité comme
condition à la transmission du dossier aux Français.
Selon une source ayant eu accès
au dossier, « il y a réellement un problème : il contient beaucoup plus que
ce qui est sorti pour l’instant ». Les
administrateurs de Renault ont toutefois préféré ne pas se précipiter : ils
ont demandé aux avocats de poursuivre leur analyse, et de leur « faire
rapidement un nouveau point sur la
situation ». « Il y a beaucoup d’éléments à compléter ou à préciser », dit
un proche de Renault. Ce que confirme Bercy.
Quid de RNBV ?
En attendant, la prochaine étape
devrait être l’ouverture d’une
enquête indépendante sur les pratiques de Renault-Nissan BV (RNBV),
la structure de l’Alliance, basée aux
Pays-Bas et détenue à parité par les
deux groupes. « C’est une sorte de
boîte noire pour nous », constate une
source française. Non cotée, RNBV
pourrait abriter certaines pratiques
posant question et impliquant un ou
des dirigeants de Renault, affirme
une autre source ayant consulté le
dossier de Nissan. Selon cette dernière, RNBV aurait par exemple
financé des projets ou assumé des
frais n’ayant que peu à voir avec sa
raison d’être – coordonner les opérations du duo Renault-Nissan.
Selon nos informations, les avo-
cats des deux groupes ont commencé à travailler sur les modalités
d’une telle enquête chez RNBV,
d’ailleurs réclamée à grands cris par
Nissan. « Tout le monde est d’accord
sur le principe, il faut toutefois
s’entendre sur le cadre et la méthode
d’une telle investigation, ce qui pourrait toutefois prendre un certain
temps », dit une source proche de
Renault. A Boulogne-Billancourt,
un dirigeant affirmait la semaine
dernière être désireux de procéder
par étapes : « D’abord Renault, puis
l’Alliance Renault-Nissan. »
4
À NOTER
Nissan a déposé une plainte
contre la sœur de Carlos Ghosn
au Brésil, pour « enrichissement
injustifié ». Selon la presse
japonaise, elle était
indûment rémunérée
par Nissan et habitait
notamment dans l’appartement
de Rio que Nissan avait acheté
pour son frère.
Un candidat idéal pour diriger Nissan
Bon connaisseur de la
mécanique de l’Alliance avec
Renault, l’ancien directeur
d’exploitation, Toshiyuki
Shiga, pourrait s’imposer
comme le candidat favori
au poste de président
du groupe nippon.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Alors que Renault se refuse pour
l’instant à sanctionner son PDG,
Carlos Ghosn, et demande des éléments complémentaires sur les
accusations portées par Nissan, le
constructeur japonais s’efforce de
réorganiser au plus vite son conseil
d’administration. Le groupe espère
même être en mesure de désigner,
dès lundi prochain, un successeur
au patron franco-brésilien, qui a été
démis de son titre de président le
22 novembre, trois jours seulement
après son interpellation sur le tarmac de l’aéroport d’Haneda. Peu de
cadres sont encore en lice pour
reprendre ce titre délicat. Lundi
prochain, lors d’un conseil à Yokohama, un comité spécial, composé
des trois administrateurs indépendants de Nissan, un ancien haut
fonctionnaire Masakazu Toyoda,
un cadre à la retraite de Renault
Jean-Baptiste Duzan et Keiko Ihara,
qui a fait carrière sur les circuits de
Formule 3, doit proposer le nom de
leur candidat idéal.
Ayant exclu, pour le moment, de
choisir une personnalité extérieure, ils devraient sélectionner
l’un des quatre autres membres
actuels du conseil. Toujours placés
en détention provisoire dans
l’attente d’une seconde mise en examen, Carlos Ghosn et Greg Kelly, ne
peuvent pas être associés au processus de sélection.
Si Hiroto Saikawa, l’actuel PDG,
aurait pu, il y a quelques semaines
encore, être envisagé comme président potentiel, les accusations de
trop grande concentration des pouvoirs qu’il a formulé, lui-même,
contre Carlos Ghosn semblent le
disqualifier. Par ailleurs, la mise en
« C’est quelqu’un
de bien,
très entreprenant,
avec une bonne
écoute. »
UN ANCIEN DE NISSAN
examen, en début de semaine, de
Nissan en tant qu’entité morale
dans l’affaire de rapports boursiers
erronés, reprochés à Carlos Ghosn,
fragilise grandement son avenir à la
direction même du groupe.
Les chances de Bernard Rey, qui
a fait carrière chez Renault, semblent aussi limitées, tant il serait
compliqué, dans le contexte actuel,
d’imposer un autre Français à la
présidence du constructeur japonais. Administrateur depuis 2014,
Hideyuki Sakamoto aurait un profil
intéressant. Anglophone, il a fait
une partie de sa carrière aux EtatsUnis et au Brésil et a travaillé pendant trois ans sur les plates-formes
communes développées au sein de
l’Alliance. Il est toutefois mal connu
des dirigeants de Renault qui vont
peser dans le choix du président.
Sèchement écarté
Par élimination, le favori à la succession de Carlos Ghosn pourrait
dès lors être Toshiyuki Shiga,
l’ancien directeur d’exploitation de
Nissan qui fut, un temps, pressenti
comme l’héritier de Carlos Ghosn
avant d’être sèchement écarté par le
patron franco-brésilien. Agé de
soixante-cinq ans, il a participé au
lancement de l’Alliance à la fin des
années 1990 et connaît bien les
équipes françaises. « C’est quelqu’un de bien, très entreprenant, avec
une bonne écoute », juge un ancien
du groupe. A Boulogne-Billancourt, le personnage est par ailleurs
connu et manifestement apprécié
par la direction de Renault. Où on
l’appelle « Shiga-san ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 15
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Le marché auto chinois signe
son premier repli en trente ans
Pékin plus discret
sur ses ambitions
industrielles
AUTOMOBILE
INNOVATION
Les ventes de voitures
en Chine ont reculé
en novembre de 13,9 %,
pour le cinquième
mois consécutif.
Le plan Made in
China 2025 ne figure
plus dans la liste des
priorités affichées.
Le marché devrait
avoir baissé de 3 %
cette année.
C’est désormais certain. Le marché
automobile chinois, le premier au
monde, s’affichera en repli sur
l’ensemble de l’année. Un phénomène inédit depuis qu’il a surpassé
le marché américain il y a une
dizaine d’années. Et même du
jamais-vu depuis au moins 1990,
quand les voitures ont commencé à
déloger à grand pas les vélos dans
les métropoles chinoises. L’Association chinoise des constructeurs
automobiles (CAAM) anticipe
désormais un repli des ventes
d’environ 3 % sur l’ensemble de
2018.
Le marché chinois s’est retourné
durant l’été et le phénomène n’a fait
qu’accélérer depuis : les ventes de
voitures en Chine ont reculé en
novembre de 13,9 % sur un an, avec
2,55 millions de véhicules écoulés,
accusant leur plus forte baisse
depuis près de sept ans. Il s’agit du
cinquième mois de contraction
d’affilée. Elles avaient reculé de
11,7 % en octobre, de 11,6 % en septembre et de 3,8 % en août, selon les
données publiées par la CAAM. En
conséquence, le premier marché
automobile mondial affiche une
baisse de 1,7 % sur les onze premiers
mois de l’année, avec 25,4 millions
de voitures vendues.
Contrecoup
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce retournement : d’abord,
après un taux de croissance tournant en moyenne autour de 20 %
ces dix dernières années, le marché
a atteint une certaine phase de
maturité. Ensuite, l’année 2018
subit le contrecoup de la fin des
mesures de soutien à l’achat de
Wu Wei/Sipa
Frédéric Schaeffer
fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Le marché automobile chinois s’est retourné durant l’été et le phénomène n’a fait qu’accélérer depuis.
Les chiffres clefs
2,55
MILLIONS DE VÉHICULES
En novembre, les ventes
de voitures en Chine ont
accusé leur plus forte baisse
depuis près de sept ans.
+ 68 %
LA PROGRESSION DES
VENTES DE VÉHICULES
À ÉNERGIE NOUVELLE
sur onze mois.
Pour la première fois,
le cap du million a été
franchi, à 1,03 million
de NEV écoulés.
petits véhicules (moins de 1,6 litre).
La réduction de moitié de la taxe sur
les petites cylindrées a dopé les ventes ces deux dernières années, incitant les consommateurs chinois à
anticiper les achats.
Guerre commerciale
Ce repli du marché automobile
s’inscrit enfin dans un contexte de
ralentissement de l’économie chinoise lié à une restriction du crédit.
Un ralentissement sur lequel commencent à se superposer les conséquences de la guerre commerciale
avec les Etats-Unis qui mine la confiance des consommateurs et des
entreprises, préférant différer leurs
gros investissements.
Frappés de plein fouet, les concessionnaires chinois ont exhorté
Pékin à soutenir le secteur, suggérant que les autorités reconduisent
la baisse de taxes sur les petits véhicules. Mais ce geste a jusqu’à présent été écarté, Pékin privilégiant
des mesures plus générales pour
soutenir sa demande intérieure. Le
coup est rude pour des géants mondiaux qui se sont massivement
tournés vers la Chine ces dernières
années. Dans ce marasme, un secteur tire toutefois son épingle du
jeu : celui des véhicules à énergie
nouvelle (NEV) : il s’en est écoulé
169.000 unités le mois dernier, soit
un bond de 38 %. Et 2018 restera
comme l’année où le seuil du million de NEV a été franchi pour la
première fois (déjà 1,03 million sur
onze mois, +68 %).
Priorité du gouvernement chinois, le développement des véhicules à énergies nouvelles bénéficie
d’importantes subventions à l’achat
(pouvant couvrir jusqu’à la moitié
du prix). Ces subventions doivent
progressivement laisser place à une
politique de quotas de production,
qui débutera l’an prochain. En
attendant leur suppression en
2020, elles ont largement profité
aux groupes chinois, notamment à
BYD, BAIC et Geely qui s’octroient à
eux seuls, plus de la moitié des ventes de ce segment dans le pays. n
Véritable concession ou simple
effet cosmétique ? En pleine
reprise des négociations commerciales avec Washington,
Pékin semble prêt à lâcher du
lest sur son plan Made in China
2025. Dédié à la montée en
gamme de son industrie, ce
plan ne figure plus nommément dans la liste des priorités
que vient d’adresser le gouvernement central aux autorités
l o c a l e s , r e l è ve l e j o u r n a l
« Caixin ». C’est un changement
de pied par rapport aux directives de 2016 où le Conseil d’Etat
indiquait qu’il financerait en
priorité les régions appliquant
avec soin ce plan ou s’évertuant
à réduire les surcapacités
industrielles.
Entre-temps, la guerre commerciale est passée par là. Derrière les augmentations de
taxes douanières, ce plan Made
in China 2025 figure au cœur de
la bataille entre Washington et
Pékin. Il était cité à 126 reprises
dans le rapport d’enquête
publié en mars par l’administration Trump dénonçant les pratiques de la Chine en matière de
propriété intellectuelle et de
transfert de technologies !
10 secteurs prioritaires
Adopté il y a trois ans, le plan
Made in China 2025 vise à faire
passer la Chine du statut
d’« usine du monde » à celui de
« grande puissance industrielle ». Comment ? En se
fixant 10 secteurs prioritaires
(robotique, aérospatial, transport électrique…) et en réduisant la dépendance aux technologies étrangères. L’objectif est
d’arriver à un produit réalisé
avec 40 % de composants et
matériaux clefs chinois en 2020
et à 70 % en 2025. De quoi
déclencher la colère des EtatsUnis, qui y voient une concurrence déloyale à coups de pro-
tectionnisme, subventions
publiques et de vols de propriétés intellectuelles.
Pour éviter de jeter de l’huile
sur le feu, Pékin a déjà demandé
ces derniers mois aux médias
officiels de ne plus évoquer ce
plan. Le gouvernement pourrait aller plus loin en remplaçant Made in China 2025 par un
programme aux ambitions affichées adoucies, indique le
« Wall Street Journal ». Ce nouveau plan pourrait être présenté
au début de l’année prochaine.
Pékin pourrait renoncer aux
objectifs chiffrés de part de marché que doivent atteindre les
entreprises chinoises.
L’autosuffisance
comme objectif
Pékin a revu son projet pour
tenir compte des objections
venues de l’étranger, mais « cela
ne veut pas dire que la Chine l’a
abandonné », a temporisé le
secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross. Le gouvernement chinois a toujours
affirmé qu’il n’entendait pas
renoncer à son plan de développement industriel. Au contraire, le président Xi Jinping a
vu dans la guerre commerciale
une raison de plus pour faire en
sorte que la Chine soit davantage autosuffisante. Et Pékin
sait que la montée en gamme de
son industrie est indispensable
s’il veut éviter de tomber à son
tour dans le piège des pays « à
revenus intermédiaires ».
« La Chine a compris que, tactiquement, elle n’avait aucun
intérêt à trop parler de ce plan de
long terme, mais cela ne veut
absolument pas dire qu’elle va y
renoncer », explique Ding Yifan,
chercheur au Centre de recherche sur le développement, rattaché au gouvernement. Preuve
que la Chine ne compte pas
abandonner ses ambitions
technologiques, les priorités
données aux collectivités ne
mentionnent pas Made in
China 2025 mais incluent
les politiques de soutien à
l’innovation, la haute technologie et la transformation industrielle. — F. S.
GE tire un trait sur ses
ambitions dans le numérique
CONGLOMÉRAT
Le géant américain
regroupe ses activités
logicielles dans une
nouvelle entreprise.
Celle-ci sera gérée de
façon indépendante.
Emmanuel Grasland
@EGrasland
Faute d’avoir trouvé un acheteur,
General Electric crée une nouvelle
société pour ses actifs dans le
numérique. Après avoir investi des
milliards de dollars dans le
domaine depuis 2011, le groupe
américain a annoncé jeudi la création d’une société dédiée à l’Internet des objets. Majoritairement
détenue par GE, elle devrait réaliser un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars par an et compter
dans son portefeuille les logiciels
du pôle production d’énergie,
réseaux électriques et ceux de GE
digital.
Dans le même temps, GE va
céder au fonds Silver Lake Partners
90 % du capital de ServiceMax,
un logiciel de gestion de la
main-d’œuvre racheté voilà deux
ans pour 915 millions de dollars.
C’est visiblement le seul actif à avoir
trouvé preneur. Ce cas de figure est
une surprise pour nombre d’observateurs. General Electric avait
mis en vente la majeure partie des
actifs de GE Digital l’été dernier et
nombre d’observateurs s’attendaient plutôt à un rachat par un
éditeur de logiciels ou par un fonds
d’investissement.
Un boulevard
pour Siemens
Voilà encore deux ans, General
Electric visait 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le
numérique à l’horizon 2020. GE
souhaitait même devenir l’un des
dix premiers groupes de logiciels
du monde. Après la crise financière, l’« Internet industriel » était
d’ailleurs la grande idée de Jeff
Immelt, le patron de GE, qui avait
succédé à Jack Welch. Dès 2011, le
groupe avait recruté Bill Ruh, un
ancien de Cisco, puis commencé à
investir dans Predix, une plateforme mise en place pour accueillir
des applications développées par
GE, des clients ou des tiers. Il s’agissait de tirer parti de l’Internet des
objets et du Big Data, pour reproduire dans l’industrie ce qu’avait
fait Apple avec ses applis dans la
téléphonie mobile. Aujourd’hui,
cette ambition n’existe plus et Bill
Ruh a annoncé son départ.
Voilà encore deux ans,
General Electric visait
15 milliards de dollars
de chiffre d’affaires
dans le numérique
à l’horizon 2020.
Cette situation ouvre un boulevard à Siemens et sa plate-forme
numérique MindSphere. Pénalisé
par une lourde dette et une génération de cash insuffisante, General
Electric doit, lui, agir vite et trancher dans le vif. Le groupe a suscité
beaucoup d’inquiétudes sur sa solidité financière dernièrement. Une
situation qui a poussé l’inventeur
de l’ampoule électrique à céder des
actifs et à enchaîner les restructurations sous la houlette de son nouveau patron, Larry Culp. n
© Agathe Poupeney / OnP
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16 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
Sous-marins : Naval Group
franchit une étape en Australie
TechnipFMC
restera sous
pression en 2019
DÉFENSE
PARAPÉTROLIERS
Canberra a annoncé
la fin des négociations
et la signature d’un
accord en février 2019.
Les marges
du groupe de
services pétroliers
franco-américain
reculent dans les
équipements pour
les projets en mer.
La première pierre
du chantier naval
dédié aux sous-marins
a été posée.
Mais une amélioration est en vue.
Grégory Plesse
— Correspondant à Sydney
Un nouveau cap vient d’être franchi
par Naval Group en Australie. En
avril 2016, l’industriel français avait
remporté « le contrat du siècle »,
portant sur la vente à la marine australienne de 12 sous-marins de type
Barracuda, pour un montant de
34 milliards d’euros. Christopher
Pyne, le ministre australien de la
Défense, et son homologue aux
Finances, Mathias Cormann, ont
posé jeudi matin à Osborne, au nord
d’Adelaïde (Australie méridionale)
la première pierre du chantier
naval, qui assurera la construction
de ces submersibles, dont le premier exemplaire doit être livré au
début des années 2030.
« Ce chantier naval va permettre de
créer des milliers d’emplois à travers
toute l’Australie, parmi lesquels plusieurs centaines dans les secteurs de la
construction et des infrastructures
ici, au chantier naval d’Osborne », a
souligné Christopher Pyne. Dans
l’immédiat, seule une centaine
d’ingénieurs sont mobilisés, mais
Naval Group table sur 1.500 emplois
vers 2025. Le ministre a par ailleurs
Vincent Collen
@VincentCollen
Christopher Pyne, le ministre australien de la Défense (au centre de la photo) lors de la cérémonie
de pose de la première pierre du chantier naval, jeudi matin. Photo Australian Department of Defence
annoncé que les négociations avec
la France et Naval Group sur un
accord de partenariat stratégique
étaient désormais achevées et qu’il
devrait être signé « début 2019, normalement en février ». Une bonne
nouvelle pour le constructeur naval
militaire français, qui pourra passer,
après la signature des 1.500 pages de
l’accord de partenariat, à la phase de
contractualisation pour le design de
base, puis le design détaillé. Depuis
la signature de l’accord intergouvernemental entre Paris et Sydney en
2016, Naval Group a travaillé avec
une première enveloppe de quelque
300 millions de dollars, qui est
désormais épuisée.
Il y a encore quelques mois, les
discussions entre le groupe français
et le gouvernement australien
étaient pourtant au point mort,
Christopher Pyne reconnaissant
qu’il y avait eu des « difficultés » portant sur des sujets sensibles, comme
les transferts de technologies. Hervé
Guillou, PDG de Naval Group, a
même dû se rendre en personne à
Canberra fin novembre pour apaiser les tensions. Les derniers détails
de cet accord ont été abordés en
marge du G20 par Emmanuel
Macron et le Premier ministre australien, Scott Morrison, puis la
semaine dernière par la ministre
des Armées, Florence Parly, et son
homologue, Christopher Pyne.
« Zéro surcoût »
Dans un contexte préélectoral, le
« contrat du siècle » ne fait toujours
pas l’unanimité en Australie. La
semaine dernière, la radio publique
ABC, citant des « sources haut placées », révélait que le gouvernement
australien aurait accordé au groupe
Naval un délai supplémentaire de
deux ans pour la livraison des sousmarins ainsi qu’un surcoût potentiel
de 25 %. Affirmations balayées par
Christopher Pyne, qui a assuré que
« zéro surcoût et aucun délai supplémentaire » n’avaient été autorisés,
dans le cadre des négociations.
Au sortir de discussions qui ont
parfois été houleuses, Jean-Michel
Billig, vice-président du programme
des sous-marins pour Naval Group,
a salué avec la première pierre du
chantier « une étape essentielle pour
la construction de 12 sous-marins en
Australie, dans un chantier naval
australien avec le concours de ressources et d’une main-d’œuvre australienne ». Chez Naval Group, on
affirme que plus de 1.000 entreprises
australiennes ont fait acte de candidature pour participer au programme. n
Le financement des infrastructures de transport
menacé par la crise des « gilets jaunes »
INFRASTRUCTURES
La trajectoire d’investissements pour les dix
ans à venir repose sur
la création d’une
« nouvelle ressource »
de 500 millions d’euros
par an, qui ne semble
plus d’actualité dans
le climat de ras-le-bol
fiscal.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Ce n’est évidemment pas ce que souhaitent les « gilets jaunes », mais
leur mouvement pourrait se traduire par une révision à la baisse
des budgets consacrés aux infrastructures de transport. Ce scénario
n’est certes pas encore acté, mais il
apparaît assez probable. En théorie,
la trajectoire des investissements
dans le rail, la route et le fluvial pour
les dix ans à venir est connue : elle
est inscrite dans le projet de loi
d’orientation sur les mobilités
(LOM) présenté il y a trois semaines
à peine en Conseil des ministres. Le
texte consacre la priorité à l’entretien des réseaux existants, budget
régulièrement raboté ces dernières
années pour faire des économies.
Son montant a donné lieu à des
mois de batailles entre le ministère
des Transports et Bercy. A l’arrivée,
les sommes dévolues à la maintenance du réseau ferré et des routes restent inférieures à ce que
préconisaient deux audits indépendants en début d’année. Mais elles
sont orientées à la hausse, notamment pour le réseau routier national, pour passer de 670 millions
d’euros en moyenne ces dernières
années à 930 millions en 2023.
l’année 2020 ». Cette nouvelle taxe
devait être supportée par le transport routier, la piste la plus fréquemment évoquée étant celle d’une
vignette. Le gouvernement devait
trancher sur ce sujet avant la mi-novembre. Mais face à la fronde des
« gilets jaunes », il a jugé urgent
d’attendre. Le climat de ras-le-bol
fiscal rend désormais très improbable la création d’un nouveau prélèvement à partir de 2020. Ce qui obligerait le gouvernement, privé de
cette ressource, à tailler dans les
investissements annoncés. Une
situation qui s’est déjà produite
durant le quinquennat de François
Hollande, après l’abandon de l’écotaxe.
Ramener le déficit
dans les clous
930
Mais cette trajectoire est menacée
par les « gilets jaunes ». Au niveau
des recettes, tout d’abord : comme le
rappelait il y a encore un mois la
ministre des Transports, Elisabeth
Borne, « cette programmation repose
[…] sur la mobilisation d’une ress o u rc e n o u ve l l e à h a u t e u r d e
500 millions par an à compter de
MILLIONS D’EUROS
Le montant des sommes
dévolues à la maintenance du
réseau routier national en 2023.
Contre 670 millions d’euros en
moyenne ces dernières années.
Ces crédits peuvent néanmoins
être préservés si le gouvernement
choisit de redéployer d’autres budgets. Mais le plus probable est que
l’ensemble des ministères soit mis à
la diète, car les mesures lâchées par
Emmanuel Macron pour désamorcer la crise pourraient coûter jusqu’à 14 milliards.
Afin de ramener le déficit public
dans les clous, toutes les économies
seront bonnes à prendre, et la tentation sera forte de renouer avec une
vieille recette : reporter des opérations de maintenance et de rénovation dûment programmées, au risque que la dégradation des routes et
des voies ferrées ne s’aggrave, et ne
coûte encore plus cher à réparer
par la suite. Interrogé, le ministère
des Transports indique qu’« aucune
remise en cause » n’est à l’ordre du
jour. L’entourage d’Elisabeth Borne
estime au contraire que « la loi
mobilité et sa programmation des
investissements font partie de la
réponse politique du gouvernement
aux préoccupations des “gilets jaunes” ». Il reste à la ministre quelques
mois pour trouver 500 millions par
an supplémentaires. n
L’année prochaine s’annonce
mitigée pour le groupe de services pétroliers TechnipFMC, car
les grandes compagnies continuent à limiter leurs investissements. L’entreprise issue de la
fusion du français Technip et de
l’américain FMC a publié jeudi
ses prévisions pour 2019.
Le principal point noir concerne les équipements pour les
projets en mer. La division subsea de TechnipFMC, qui représente environ 40 % du chiffre
d’affaires, verra ses marges
diminuer sensiblement, passant d’environ 14 % cette année à
« au moins 11 % » en 2019. Cette
prévision est inférieure aux
attentes de la communauté
financière, relèvent les analystes d’UBS. Ce secteur souffre
encore de surcapacités : la flotte
de navires de TechnipFMC, qui
intervient sur les installations
offshore, ne sera utilisée qu’à
hauteur de 50 ou 55 % l’an prochain, contre 65 % cette année.
Les compagnies pétrolières
clientes limitent leurs projets en
mer et font encore baisser les
prix. En conséquence, les marges de TechnipFMC restent sous
pression. Deux autres sociétés
parapétrolières françaises, CGG
et Bourbon, souffrent elles aussi
de cette tendance.
Doug Pferdehirt, le directeur
général, s’est néanmoins montré optimiste, laissant espérer
que la profitabilité de cette activité touchera un point bas en
2019 avant de se redresser
l’année suivante, au fur et à
mesure que les projets reprennent et que les prix commencent
à remonter. « On a probablement
touché le fond, estime Mhairidh
Evans, analyste chez Wood
Mackenzie. Le marché des équipements sous-marins est en train
de repartir et TechnipFMC, leader mondial, est bien positionné
pour en tirer parti. » Le problème, c’est que les commandes
mettent généralement « plusieurs années », avant de se traduire en revenus, souligne cette
experte. L’activité est mieux
orientée dans les deux autres
divisions du groupe, onshore/
offshore (ingénierie de projets)
et technologies de surface (équipements pour l’exploitation à
terre). TechnipFMC bénéficie en
particulier du boom du schiste
aux Etats-Unis, dont la production continue à battre des
records. Le groupe surfe aussi
La division subsea
représente environ
40 % du chiffre
d’affaires.
Ses marges
vont diminuer
sensiblement
en 2019, passant de
14 % à moins de 11.
sur la multiplication des usines
de gaz naturel liquéfié (GNL),
comme celle de Yamal, en Russie, qui a fortement contribué
aux résultats ces dernières
années. « 2019 sera une année
très intéressante pour le GNL », a
assuré Doug Pferdehirt lors
d’une conférence téléphonique.
« De nombreux projets vont
démarrer l’an prochain », confirme Mhairidh Evans. TechnipFMC a annoncé un nouveau
programme de rachat d’actions
de 300 millions de dollars.
Ce programme, qui s’ajoute à
celui de 500 millions de dollars
qui doit être bouclé fin 2018, vise
à soutenir le cours de Bourse, qui
a fondu de près de 30 % depuis le
début de l’année. L’action a
perdu 1,59 % jeudi à la clotûre. n
INSCRIPTION SUR
Plateformisation,
Intelligence artificielle
La nouvelle équation
numérique
INBANQUE.COM
Une conférence
avec le concours de
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INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Pernod Ricard défend
l’efficacité de son modèle
Veolia et Suez
se partagent l’eau et
l’assainissement de
Toulouse Métropole
SPIRITUEUX
Le numéro deux
mondial des vins et
spiritueux souligne
le bond de 11 milliards
d’euros en trois ans
de sa capitalisation
boursière.
ENVIRONNEMENT
Les deux opérateurs
ont proposé un prix
inférieur de 25 % au
tarif moyen actuel
des 37 communes
de la métropole
occitane.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Attaqué dans sa gouvernance et sur
sa rentabilité par le fonds américain Elliott, Pernod Ricard s’interroge et se défend. Le groupe français, numéro deux mondial des vins
et spiritueux, se demande, comme
de nombreux analystes, pourquoi
maintenant, alors que l’action a
atteint un plus haut historique,
après avoir enregistré un bond de
45 % en trois ans, qui a gonflé sa
capitalisation boursière de… 11 milliards d’euros sur la période. Quelle
est en l’occurrence la logique de
l’activiste, qui traditionnellement
s’en prend à des entreprises en
mauvaise posture, comme ThyssenKrupp ou Monsanto ?
Enjeux différents
Le groupe reconnaît bien volontiers
les cinq points de différence de rentabilité avec le leader mondial, Diageo, mais demeure confiant dans sa
capacité à réduire cet écart à terme
et à atteindre ses objectifs de hausse
de résultat opérationnel courant de
5 à 7 % sur l’exercice 2018-2019.
« Nous déroulons notre plan de croissance comme prévu », dit Pernod
Ricard. Très exposé à la brusque
chute du marché chinois il y a cinq
ans du fait de sa position de leader
sur le cognac (Martell) et le whisky
(Chivas), Pernod Ricard a fait de très
gros efforts en termes de marketing
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Le groupe français crée de la valeur sur le long terme grâce à la richesse de son portefeuille
de marques. Photo Pascal Sittler/RÉA. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
pour retrouver son niveau d’activité
antérieur à la loi anticorruption. En
Inde, aussi pour d’autres raisons
liées à la politique du pays. « Résultat, nos dépenses marketing atteignent 19 % de notre chiffre d’affaires
quand elles ne dépassent pas 15 %
chez Diageo », explique encore le
groupe. Le poids de la France (8 %)
dans l’activité participe aussi à la
différence de rentabilité. En
réponse aux critiques de « retour
sur investissement décevant de la
vodka suédoise Absolut », Pernod
Ricard précise que si la marque
continue de souffrir aux Etats-Unis
(–3 %), elle n’en affiche pas moins
une croissance mondiale de 2 %.
« Notre stratégie repose sur notre
capacité à créer de la valeur sur le
long terme. » Cette valeur, le groupe
français la crée grâce à la richesse
de son portefeuille de marques.
Une richesse reconnue d’ailleurs
par Elliott. Pas question donc de
sacrifier cette diversité de produits,
considérée comme un de ses
meilleurs atouts concurrentiels par
Pernod Ricard, même si certains
d’entre eux pèsent relativement peu
dans le chiffre d’affaires ou dans la
rentabilité, comme les vins, avec
l’australien Jacob’s Creek, l’américain Kenwood, le néo-zélandais
Brancott, l’espagnol Campo Viejo
ou les champagnes Mumm ou Perrier Jouët. « Ils nous ont ouvert des
portes qu’on n’aurait pas franchies
sans eux. »
Mouvements de titres
Que la famille et des proches aient
acheté beaucoup de titres récemment ne résulte pas d’une crainte
d’une OPA. Ce type d’opération est
« très habituel » et en tout état de
cause sans lien avec l’irruption dans
le capital d’Elliott à hauteur de
2,5 %. Par contre, les proches de
Pernod Ricard s’interrogent sur les
possibilités de fusion pointées par
Elliot et un possible appétit de Diageo et LVMH pour les actifs du
groupe. Quoi qu’il en soit, la disparition du milliardaire belge, Albert
Frère, à l’origine de GBL (Groupe
Bruxelles Lambert), ami et détenteur de 7,5 % du capital, n’est pas
non plus source d’inquiétude,
affirme le groupe. Ian Gallienne, le
gendre d’Albert Frère, a repris la
direction de GBL. La famille, via la
société Paul Ricard, détient 15,76 %
des parts et 21,9 % des droits de vote.
Reste que la majeure partie des
titres est entre les mains d’investisseurs étrangers, à hauteur de 40 %
pour les Américains et de 11 % pour
les Britanniques. n
Veolia et Suez ont obtenu l’eau
et l’assainissement de Toulouse
Métropole, en proposant le prix
le plus bas des villes de plus de
100.000 habitants en France. La
collectivité a voté jeudi la délégation du service public de l’eau
à Veolia et celle de l’assainissement à Suez pendant douze ans
à partir de 2020. Les deux groupes se partageront un marché
de plus de 1 milliard d’euros,
hors taxes et comptes de tiers.
Veolia, qui avait la concession
de la ville de Toulouse depuis
1990, perd l’assainissement
mais élargit son service de l’eau
aux 37 communes et 770.000
habitants de la métropole. Suez
prend sa revanche en obtenant
l’assainissement, après avoir
perdu celui de Bordeaux au
profit de Veolia cet été…
Avancées considérables
Tous deux ont consenti un
rabais en affichant une marge à
peine supérieure à 1 %. Le prix
fixé en début de contrat de
2,91 euros le mètre cube TTC
(1,54 euro pour l’eau et 1,37 euro
pour l’assainissement) représente une baisse d’un quart du
tarif moyen des 37 communes
de 3,75 euros en janvier 2017. Soit
une économie de 120 euros par
an pour un ménage toulousain
consommant 120 mètres cubes.
« Nous aurons des avancées
considérables avec ces deux contrats, s’est félicité Jean-Luc
Moudenc (LR), président de
Toulouse Métropole. D’abord,
avec un tarif unique sur les 37
communes, avec une solidarité
entre la ville centre et les villes
rurales, en reprenant leur dette
de 141 millions d’euros. Ensuite,
avec une baisse considérable du
prix et une augmentation des
investissements. »
La plupart des élus de gauche,
favorables à une régie publique,
ont voté contre ou se sont abstenus. Parallèlement à l’appel
d’offres, Toulouse Métropole a
confié une étude au cabinet Naldéo pour étudier le coût d’une
gestion en régie. Selon celui-ci,
la régie aurait appliqué un tarif
de 3,46 euros TTC le mètre cube
en 2020, 18 % plus élevé que
celui des industriels. Plusieurs
élus de gauche ont contesté ce
calcul. « Sur l’eau, Veolia affiche
des bénéfices d’un peu plus de
1 million d’euros sur douze ans et
la régie de 74 millions d’euros ; si
l’on recale le résultat de la régie
sur celui de Veolia, le prix de l’eau
chute de 15 centimes », affirme
ainsi Claude Raynal (PS).
Pierre Trautmann, conseiller
métropolitain chargé des marchés publics, répond que « des
excédents d’exploitation sont prévus parce que la régie doit financer les investissements ». Avec ces
nouveaux contrats, Toulouse
Métropole financera 70 % des
investissements, évalués à
606 millions d’euros sur douze
ans, les délégataires investissant
160 millions. Le taux de renouvellement des canalisations sera
doublé de 0,4 % à 0,8 % par an
pour diminuer les fuites. n
Les aides aux agriculteurs suscitent
un bras de fer entre l’Etat et les régions
AGRICULTURE
Les régions revendiquent une gestion
autonome des aides
du second pilier
de la prochaine PAC.
L’Etat pointe la
complexité des
9.544 mesures créées
depuis 2014.
Matthieu Quiret
@MQuiret
La décentralisation de la gestion des
aides aux agriculteurs oppose les
régions et l’Etat. Jeudi, le président
de Régions de France, Hervé Morin,
et le ministre de l’Agriculture, Didier
Guillaume, ont étalé leurs différends, à fleuret moucheté, lors d’un
colloque sur le sujet à Bordeaux.
Au lancement de l’actuel politique
agricole commune (PAC) en 2012,
l’Etat avait confié aux présidents de
région le pilotage politique des aides
du second pilier de la PAC (fonds
Feader de 1,6 milliard d’euros par an
pour la France) lié au développement rural. Tout en conservant l’instruction des dossiers de demandes
des producteurs et le paiement des
subventions, le tout dans un jeu
complexe d’accords entre les préfectures, les régions et l’Agence de services et de paiement.
Quatre ans après, le ministère de
l’Agriculture et les régions veulent
sortir de ce schéma. Le premier veut
une clarification des dispositifs
« pour réconcilier les agriculteurs
avec la PAC » mais aussi pour convaincre Bruxelles de renoncer à son
projet de suppression de l’échelon
régional. Il pointe la création par les
collectivités de 9.544 mesures différentes dont les agriculteurs
n’auraient utilisé que 56 % des dispositifs devant leur manque de lisibilité. Le ministère déplore aussi la
dilution des responsabilités lorsque
Bruxelles remet en cause, après contrôle, la légitimité d’une aide et en
refuse le paiement que l’Etat doit
assumer. Didier Guillaume propose
donc de redécouper la responsabilité des différents dispositifs du Feader, l’Etat conservant notamment le
gros morceau des aides aux territoires moins productifs (744 millions
d’euros).
mique des filières, citant leur
récente réussite dans les projets alimentaires territoriaux.
Le premier vice-président de la
FNSEA, Henri Brichart, estime qu’il
est « nécessaire de minimiser les coûts
administratifs et d’assurer une optimisation des instructions des dossiers
PAC. Nous avons besoin d’une
meilleure coordination à la fois au
niveau national et au niveau régional. »
Veolia et Suez se partageront un marché de plus
de 1 milliard d’euros. Photo Lydie Lecarpentier/ RÉA
AVIS FINANCIERS
PARVEST
BNP PARIBAS
INVESTMENT
PARTNERS LUXEMBOURG
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 33.363
Distorsion de concurrence
Les régions veulent aussi sortir de
l’ambiguïté actuelle mais en demandant à l’Etat de lui transférer les crédits et les agents corresp ondants. Jeudi, Hervé Morin a répété
revendiquer une véritable autonomie de gestion, jugée plus efficace.
Régions de France regrette, ainsi,
qu’une région ne puisse pas soutenir
le passage au bio d’une filière plus
qu’une autre.
Qu’en pensent les agriculteurs ?
Claude Cochonneau, le président
des Chambres d’agriculture,
s’oppose à une décentralisation
complète, craignant de voir des inégalités se creuser entre territoires,
ou deux producteurs voisins mais de
deux régions différentes pâtir d’une
distorsion de concurrence. Pour lui,
les régions doivent toutefois conserver l’aide au développement écono-
Pour conserver un encadrement
national, Hervé Morin propose, lui,
de signer des contrats d’objectif avec
l’Etat et revendique plusieurs arbitrages récents dans ce sens de Matignon et de l’Elysée. Le ministère
dément toute décision du gouvernement mais reste confiant qu’un
accord sur un partage pertinent et
clair des responsabilités sera trouvé
avec les régions. n
Société anonyme
Siège social : 10 rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg n° B 27.605
AVIS AUX ACTIONNAIRES
« Bond JPY »
Catégorie
Code ISIN
Classic-CAP
LU0012182712
Classic-DIS
LU0012182639
N-CAP
LU0107069717
Privilege-CAP
LU0111478524
I-CAP
LU0102014627
X-CAP
LU0107104308
Agissant au nom et pour le compte de
S&P GSCI ENERGY&METALS CAPPED COMPONENT
35/20 THEAM EASY UCITS ETF
Fonds commun de droit luxembourgeois
AVIS AUX PORTEURS DE PARTS
Luxembourg, le 14 décembre 2018
Cher Porteur de parts,
Liquidation à compter du 31 janvier 2019 (Date de transaction)
Chers Actionnaires,
Les actifs de ce compartiment ont atteint un niveau (environ 6 milliards JPY / 47 millions EUR) ne permettant
pas de les gérer efficacement dans l’intérêt des actionnaires.
Les performances du compartiment, inférieures à leur indice de référence JPM GBI Japan (RI) ces 10 dernières années,
ne répondent pas aux attentes.
Le Conseil d’administration décide en conséquence, conformément aux dispositions de l’Article 32 des Statuts
de la Société, de liquider ce compartiment le jeudi 31 janvier 2019 (date de la VNI).
Les souscriptions et les conversions dans le compartiment sont clôturées avec effet immédiat.
La valeur de la liquidation sera calculée et validée par le Réviseur d’entreprises le vendredi 1er février 2019.
Les Actionnaires seront remboursés le mardi 5 février 2019.
Nous vous informons par la présente que les modifications suivantes seront apportées à la prochaine version du
Prospectus datée de décembre 2018 et qu’elles entreront en vigueur le 21 décembre 2018 (Date de transaction).
MODIFICATIONS APPLICABLES AUX COMPARTIMENTS
Gestionnaire d’investissement
Suite à l’absorption de THEAM S.A.S. par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT France, société française sise au
1, boulevard Haussmann, F-75009 Paris, France, le 1er novembre 2017, le Gestionnaire d’investissement du
Fonds est désormais BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT France.
Cette modification sera sans effet sur votre investissement.
D’autres modifications d’ordre rédactionnel ont été apportées afin d’actualiser et d’améliorer la formulation
générale du Prospectus ou pour être conformes aux nouvelles lois et réglementations.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation de
se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions effectués via
ce type d’intermédiaire.
Les frais de liquidation seront supportés par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société de
gestion de PARVEST.
En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 / AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Luxembourg, le 14 décembre 2018
Bien à vous,
Les Conseils d’administration
Le Conseil d’administration
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
Les voyagistes bouclent une année record
l Les tour-opérateurs ont vu leur nombre de clients en France augmenter de près de 9 % sur un an
du 1er novembre 2017 au 31 octobre 2018, enregistrant ainsi leur meilleure croissance de toute la décennie.
l Le retour des Français en Afrique du Nord se confirme avec le retour en grâce de la Tunisie, de l’Egypte et du Maroc.
VOYAGE
Christophe Palierse
@cpalierse
La reprise du marché français du
voyage à forfait s’est confirmée au
cours de l’année commerciale 20172018 des tour-opérateurs. Selon
leur syndicat professionnel Seto,
qui réunit l’essentiel du secteur,
les voyagistes ont en effet enregistré
« la meilleure croissance de l’activité
de toute la décennie » au cours de
la période courant du 1er novembre
2017 au 31 octobre 2018, soit une
saison d’hiver et une saison d’été
consécutivement.
Le Seto, qui a publié jeudi son
baromètre annuel, fait ainsi état
d’une hausse de trafic de 8,6 % par
rapport à l’exercice 2016-2017 (à
périmètre comparable) au titre des
seules ventes de forfaits, après une
progression de 1,8 % un an auparavant, le total de clients avoisinant
désormais 4,35 millions.
Six années consécutives
de baisses
La performance est d’autant plus
remarquable que, pour mémoire,
la précédente plus forte progression remontait à l’année commerciale 2009-2010, soit juste avant
le déclenchement du printemps
arabe, avec une hausse de 2,7 %.
Dans la foulée, le secteur avait
subi six années consécutives de
baisses… Par ailleurs, le volume
d’affaires a, lui, augmenté de 7,4 %
sur 2017-2018, à 4,5 milliards
d’euros environ.
Ces résultats sont d’autant plus
satisfaisants pour les tour-opérateurs qu’ils n’ont pas échappé, une
fois de plus, à divers facteurs défavorables, les affectant plus ou
moins selon leur portefeuille de
destinations et/ou positionnement : les ouragans Irma et Maria
pour la zone Caraïbes/Antilles à la
fin de l’été 2017, la série de catastrophes naturelles en Indonésie, les
grèves du printemps 2018 à Air
France et à la SNCF, mais aussi
la Coupe du monde de football
qui s’est accompagnée d’un coup
d’arrêt dans les réservations.
Cette « année record » s’explique, en premier lieu, par une
demande encore soutenue en
faveur des Canaries et des destinations d’Europe du Sud − Grèce continentale et ses îles, Espagne continentale… Autant de destinations
qui avaient profité − depuis 2011 −
de la désaffection de l’Afrique du
Nord. Mais on assiste aussi, surtout, au retour au premier plan de
ces « grandes destinations » nordafricaines qui tiraient l’activité
avant le printemps arabe : ainsi, le
trafic a crû de 82 % vers la Tunisie,
de 151 % vers l’Egypte et de 14 % vers
le Maroc, lequel avait moins souffert du désamour de la clientèle
française.
Comme le souligne le président
du Seto, René-Marc Chikli, « le
grand gagnant de l’été » pour le
moyen-courrier « c’est l’Afrique du
Nord-Moyen Orient », avec une
hausse de trafic de 48,2 %. Au passage, il constate que le mois d’août a
été globalement « exceptionnel »
avec une augmentation du nombre
de voyageurs de 11,3 %. « On retrouve
nos niveaux d’avant 2009 », précise
le président du Seto. En clair,
d’avant crise et printemps arabe.
Par ailleurs, le long-courrier a été
porteur (+3,4 %), en raison, notamment, du succès des destinations
asiatiques (+12,3 %), en particulier
la Chine (+ 44 %) et le Japon (+43 %).
Effet « gilets jaunes »
à venir ?
Concernant la saison d’hiver 20182019, elle se présente « de façon
positive sur toutes les zones géographiques », a indiqué le Seto, hors
toutefois les conséquences d’un
mouvement des « gilets jaunes »
qui se prolongerait. A ce stade, la
croissance globale du trafic − réservations avec départs jusqu’à la fin
avril − s’élève à 9,3 % au 30 novembre, soit en tenant compte de la première quinzaine des « gilets jaunes ». Dans le détail, cette tendance,
calculée sur un panel de membres
du Seto, se traduit par des progressions de 10 % pour le moyen-courrier, de 5 % pour le long-courrier. La
hausse de 21 % pour la France est un
élément annonciateur d’une bonne
saison de ski. Hors de l’Hexagone,
les professionnels constatent que
le retour des Français en Afrique
du Nord ne se dément pas, en particulier en Egypte (+160 %), qui fut
longtemps une destination d’hiver
privilégiée. Par ailleurs, les Antilles
françaises peinent à séduire (–9 %),
un peu plus d’un an après le passage
des ouragans Irma et Maria.
Ces tendances de réservations
sont toutefois susceptibles d’être
abaissées si le coup de frein consécutif au mouvement des « gilets jaunes » persiste. A l’instar du commerce, les voyagistes sont sous
pression depuis un mois. Dans le
milieu, on parle de baisses des prises de commande de 10 %, 20 %
voire 40 %. « Nous avons un choc,
c’est évident. Nous sommes touchés
mais cela ne remet pas encore en
cause la saison d’hiver », commente
René-Marc Chikli, sachant que les
voyagistes composant ce panel
prospectif pour les réservations ont
engrangé, à ce stade, la moitié du
chiffre d’affaires de leur saison
d’hiver 2017-2018. n
Les touristes sont de retour en Tunisie. Ci-dessus, le musée
du Bardo, près de Tunis, qui avait subi en mars 2015
une attaque terroriste. Photo Fehti Belaid/ AFP
Deux sujets chauds : la distribution
et la consolidation du secteur
Deux sujets de fond animent les conversations des tour-opérateurs (TO) : leur relation avec la distribution, pour ceux qui
dépendent des agences de voyages ; et l’efficience réelle de la
consolidation du secteur. A propos du premier, le poids des commissions aux agences et le partage de la valeur ajoutée font toujours débat. L’achat des capacités d’hébergement sur les destinations phares devient toujours plus coûteux. S’agissant du second,
force est de constater que la consolidation n’a pas tiré les marges
vers le haut. TUI France, qui a absorbé Look Voyages et Vacances
Transat, cherche toujours sa rentabilité. Quant à l’intention
prêtée au groupe Karavel-Promovacances-FRAM de racheter
Carrefour Voyages, ce serait pour accélérer la relance de… FRAM.
Le secteur résiste à la désintermédiation
Promis à une disparition
quasi inéluctable face aux
plates-formes de réservation sur Internet, les
voyagistes regagnent des
parts de marché au prix
d’une profonde évolution
de leur modèle.
Alors que d’aucuns prédisaient, il y
a peu encore, « la mort » des voyagistes sous les coups de boutoir de la
désintermédiation − la capacité du
consommateur à construire luimême son voyage sur Internet −, ils
seraient en fait en train de regagner
des parts de marché. « Le secteur est
mieux repositionné et a su récupérer
des clients », observe notamment le
patron de la filiale française de l’italien Alpitour, Patrice Caradec.
Les tour-opérateurs, bousculés
par une conjoncture défavorable et
la révolution numérique, ont appris
à utiliser de puissants leviers d’amé-
lioration ou à mieux s’en servir,
sachant que leur métier demeure à
faible marge. Gestion des capacités
aériennes, développement technologique, enrichissement du service,
diversification du portefeuille de
destinations, tous ces ingrédients
participent de la nouvelle donne. Le
recours à l’affrètement aérien − le
traditionnel charter − est toujours
plus limité avec le développement
de l’offre des low cost et des compagnies du Golfe notamment. Le
déploiement de nouveaux systèmes d’information permet plus de
flexibilité dans la gestion des
départs et des arrivées, mais aussi
un ajustement fin des achats
aériens.
Expérience client
En parallèle, l’enrichissement de
l’expérience client par le déploiement de nouveaux services a revalorisé un forfait que la désintermé-
diation tend à banaliser. Voyageurs
du Monde a ainsi déployé un carnet
de voyage avec GPS et adresses
exclusives, le wi-fi gratuit partout
− y compris dans la rue −, le sur-mesure en termes d’expériences à destination. Sa marque sœur Comptoir
des Voyages a lancé, de son côté, un
assistant de voyage sur smartphone, Luciole.
Chez TUI France (Marmara,
Nouvelles Frontières, TUI), « nous
avons conclu des accords avec TravelCar [gestion de parkings, NDLR],
LeCab [VTC], SuperShuttle [navette
partagée aux aéroports] », rappelle
son directeur marketing, digital et
experience client, Serge Laurens.
La filiale du géant allemand témoigne de sa volonté de développer le
sur-mesure numérique, le « package dynamique » dans le jargon
des professionnels, tandis qu’il continue de renforcer son modèle
d’intégration verticale. — C. P.
Les tour-opérateurs utilisent
de puissants leviers d’amélioration, comme une meilleure
gestion des capacités aériennes.
Photo Gilles Rolle/RÉA
TUI, le géant allemand du tourisme, tire les fruits de sa transformation
Pour la quatrième année
d’affilée, le leader européen
du voyage enregistre une
progression à deux chiffres
de son bénéfice d’exploitation. Il veut pousser les feux
sur les services de tourisme
sur le lieu de vacances
grâce à l’intelligence
artificielle.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Bureau de Berlin
Entreprise il y a quatre ans, la transformation du voyagiste TUI en
groupe de tourisme intégré avec
une palette de services diversifiés
lui permet de conforter sa domina-
tion dans le secteur. Alors que son
concurrent direct Thomas Cook a
publié deux avertissements sur
résultats depuis la rentrée, le géant
allemand a fait état jeudi d’un bénéfice annuel d’exploitation ajusté
(Ebita) en hausse de 10,9 % sur un
an, à 1,222 milliard d’euros à taux de
change constant, pour un chiffre
d’affaires en progression de 6,3 %, à
19,7 milliards.
« Cela a été une très bonne année
avec une croissance à deux chiffres
pour la quatrième année d’affilée »,
s’est félicité le directeur général du
groupe, Friedrich Joussen. TUI se
dit capable de reproduire cette performance l’an prochain.
Signe de cette confiance, un dividende record de 0,72 euro par
action, en hausse de 10,8 % par rap-
port à l’an dernier, sera proposé.
De quoi doper l’action TUI qui prenait plus de 5 % en début d’aprèsmidi à la B ourse de Londres.
« Notre groupe va désormais se concentrer sur la digitalisation de son
activité et le développement d’offres
de plus en plus personnalisées à
nos 20 millions de clients », a ajouté
le dirigeant.
Dynamisme de l’activité
croisière
Sur l’exercice clos fin septembre 2018, TUI a tiré 70 % des bénéfices de ses trois pôles stratégiques : hôtels et villages vacances,
croisières, et services à destination. Contrairement à Thomas
Cook, qui a souffert de l’impact de
la vague de chaleur estivale qui
19,7
MILLIARDS D’EUROS
Le chiffre d’affaires du géant
allemand du tourisme,
en hausse de 6,3 %,
aurait amené des millions d’Européens à passer leurs vacances chez
eux, le groupe allemand a bénéficié du dynamisme de son activité
croisière mondiale qui attire des
touristes tout au long de l’année.
Quand le chiffre d’affaires de sa
branche hôtellerie a reculé de
10,6 %, celui des croisières a ainsi
progressé de 10,7 % sur un an.
Le troisième moteur, les services
à destination, a, lui, vu son chiffre
d’affaires bondir de 49,9 %, à
303,5 millions d’euros. Cette activité à forte marge représente 16,8 %
du mix des trois pôles mais « c’est
un segment d’avenir pour le
groupe », a souligné Friedrich Joussen. De fait, l’intégration d’une
large palette de services permet à
TUI de suivre ses clients de la réservation d’un vol à leurs achats sur le
lieu de ses vacances. Il connaît
d’autant mieux ses clients et peut
leur offrir des services additionnels
plus personnalisés.
Optimiser ses offres
Le groupe compte d’ailleurs pousser les feux en utilisant l’intelligence artificielle pour optimiser ses
offres. Musement, sa plate-forme
italienne acquise en septembre et
présente dans 49 pays, sera la base
d’une plate-forme digitale mondiale de gestion de la relation client.
TUI va, par ailleurs, faire du Portugal son pôle de développement de
nouveaux outils logiciels basés sur
l’intelligence artificielle. De 20 personnes actuellement, il devrait
rapidement compter plus de
200 personnes.
4
À NOTER
L’application mobile de TUI
fournit 1 % de ses ventes.
Le groupe veut accélérer
sur ce canal afin d’économiser
les frais versés aux moteurs
de recherche sur Internet.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les coffrets cadeaux
cherchent à se donner
un nouvel élan
l Sur un marché français mature, les acteurs misent sur
Internet, une palette de prix plus large et des offres de niche.
l La fin d’année pèse pour près de la moitié des ventes.
Clotilde Briard
@ClotildeBriard
Valorisation des coffrets
Les Français tendent à acheter des
coffrets plus chers, constate GfK.
L e s p r o p o s i t i o n s s ’é l a r g i s sent. Wonderbox vient de lancer
des produits aux deux bouts du
spectre. Ses coffrets Happy donnent accès à un apéritif ou à une
pause bien-être pour 15 à 25 euros.
Les Français tendent
à acheter des
coffrets cadeaux
plus chers qu’avant.
Photos Wonderbox ;
Dominique Cohas ;
Smartbox
« L’achat de coffrets est entré
dans les habitudes de consommation. Il faut répondre
aux occasions comme un
dîner où l’on veut faire de petits
cadeaux », constate Bertile Burel, la
cofondatrice et présidente. La
gamme Prestige propose, elle, des
dîners dans des restaurants étoilés
ou des séjours haut de gamme
pour 500 à 800 euros. « Cela répond
à la demande de cadeaux groupés »,
poursuit la dirigeante.
Le luxe a d’ailleurs le vent en
poupe, comme l’illustre Relais &
Châteaux dont les coffrets ont vu
leurs ventes progresser de 12 % lors
de leur exercice 2017-2018, portées
notamment par les cadeaux
d’entreprise. L’association, dont les
255
MILLIONS D’EUROS
Le chiffre d’affaires annuel,
à fin juillet, du secteur,
selon le magazine « LSA ».
propositions grand public vont jusqu’à 1.500 euros, commercialise
désormais des coffrets plus accessibles comme le « Bistrot de chef »
à 100 euros. « Ces nouvelles offres
correspondent aux évolutions de
nos établissements », note Arnaud
Wielgus, directeur marketing et
commercial. « Nous avons aussi
développé sur notre site un module
permettant à ceux qui veulent offrir
un cadeau commun de créer en ligne
leur cagnotte », ajoute Alexandre
Escolle, directeur commercial sur
le marché cadeaux et entreprises.
Des produits spécifiques se sont
aussi développés comme StadiumBox, dédié au sport, ou LaShootingBox, qui donne droit à des
séances photo chez un professionnel. Mais généralistes ou spécialistes, les entreprises espèrent
que le mouvement des « gilets jaunes » et la fermeture le samedi de
nombreux magasins ne pèsera
pas trop, au final, sur les ventes de
Noël. n
Les coffrets spectacles Otheatro
séduisent un large public
La jeune pousse, créée en
2014, est référencée dans
360 salles et distribuée dans
150 points de vente. Epaulée
par Wonderbox, ses
ambitions vont, à terme,
au-delà du marché français.
La jeune pousse Otheatro séduit un
public de plus en plus large avec ses
coffrets spectacles. Ceux-ci ne référencent désormais pas moins de
1.100 spectacles par mois, dans
160 salles à Paris et 200 en région. Ils
sont disponibles dans 150 librairies
indépendantes et points de vente
Auchan, Leclerc, Cultura et, depuis
peu, Galeries Lafayette.
Son fondateur, Benjamin Bir,
ancien comédien, a voulu partager
sa passion du théâtre en créant en
2014 cette entreprise au positionnement assez unique. La start-up, qui
DISTRIBUTION
Le distributeur
accélère le mouvement lancé en
2016, avec encore
65 magasins à céder
à des franchisés.
Elsa Dicharry
@dicharry_e
LOISIRS
A l’approche de Noël, la bataille
des coffrets cadeaux est lancée.
Les poids lourds du secteur ont
investi le petit écran et la Toile.
Les publicités de Wonderbox vantent la réalisation de nos rêves
d ’e n f a n t , q u a n d l e s s p o t s d e
Smartbox mettent l’accent sur les
100.000 expériences disponibles
et les services proposés. Si les deux
groupes font fortement entendre
leur voix, chacun dans leur style,
c’est parce que les fêtes de fin
d’année pèsent pour près de la
moitié des ventes.
Sur un marché français
mature, les acteurs redoublent
d’efforts pour entretenir l’intérêt
des consommateurs. Le chiffre
d’affaires annuel, à fin juillet, est
estimé à 255 millions d’euros par
le magazine « LSA ». Mais sur
onze mois, de janvier à novembre,
les ventes en magasin sont en
recul de 3,7 % en valeur, selon
GfK. Le mois de décembre n’en
sera que plus crucial.
Les entreprises s’appuient de
plus en plus sur Internet pour vendre mais aussi pour valoriser et
actualiser l’offre. « La transformation numérique des coffrets cadeaux
crée une nouvelle dynamique. Elle
permet de proposer une expérience
client complète », estime John Perkins, PDG du groupe Smartbox, qui
compte neuf marques en Europe et
investit 20 millions d’euros par an
dans la technologie. Les détenteurs
d’une offre de séjour peuvent
aujourd’hui réserver en ligne sans
avoir à appeler l’hôtel. La griffe a
aussi lancé en septembre une application permettant de dématérialiser le bon cadeau ou de faire des
échanges.
Mr Bricolage
ne veut plus
détenir
de magasins
en propre
a bénéficié de deux levées de fonds
totalisant 2 millions d’euros auprès
de Wonderbox, est désormais détenue quasiment à parité par cet opérateur et par son fondateur, resté
maître du jeu.
Elargissement
aux pays francophones
« Etant issu du milieu du spectacle,
je veille à ce que l’offre soit la plus
large possible pour satisfaire tous
les profils, avec du théâtre public,
du théâtre privé et du café-théâtre », explique-t-il. Deux gammes, Découverte et Premium
permettent, à partir de 54 euros
et 89 euros, d’offrir 5, 6 ou 10
spectacles valables un an pour 1 à
2 personnes, en placement libre
dans le premier cas, en 1re ou 2e
catégorie dans le second. Benjamin Bir espère écouler 60.000
places cette année. Mais la moitié
de son activité se fait à No ël
et les perturbations liées aux «
gilets jaunes » lui ont fait perdre
20 % de chiffre d’affaires pour
l’instant.
L’optimisme est néanmoins de
mise. « Otheatro a crû de 7 % à Noël
dernier pendant que le marché du
coffret cadeau, en mal de renouvellement, se rétractait de 1,6 % », explique le fondateur qui prévoit de doubler son chiffre d’affaires l’an
prochain, pour atteindre quatre
millions. Dans les six mois, il mise
sur 500 salles partenaires, tandis
que d’ici à trois ans, les points de
distribution devraient décupler. « Et lorsque nous aurons bien
structuré la France, nous nous attaquerons aux pays francophones »,
conclut-il.
— M. R.
Mr Bricolage avait annoncé en
2016 vouloir se séparer de
l’essentiel de ses points de vente
détenus en propre. Il accélère le
processus. Le groupe de distribution souhaite désormais
céder ses 65 magasins intégrés,
sur un parc total de 781 magasins (325 sont déjà détenus par
des franchisés, 391 sont sous
enseigne Briconautes et affiliés).
Fin 2016, Mr Bricolage prévoyait encore de conserver une
dizaine de points de vente devant
servir de vitrine. Ce n’est plus le
cas. « Le contexte économique
pour le commerce en dur est plus
difficile qu’il y a deux ans. Nous
avons fait le choix de sortir totalement du modèle hybride mêlant
magasins franchisés et magasins
intégrés pour mettre tous nos
moyens dans la franchise », explique Christophe Mistou, son
directeur général. Les évolutions
de concept seront testées dans
des magasins adhérents.
Selon Mr Bricolage, « la sousperformance » de ses magasins
intégrés pèse sur ses résultats et
sur sa situation financière. En
les revendant, en priorité à des
adhérents possédant déjà des
magasins ou à de nouveaux
investisseurs, le groupe entend
« réaffirmer la pertinence du
modèle qui fait [son] succès
depuis ses débuts : l’alliance de la
performance d’un réseau de
magasins détenus par des adhérents-entrepreneurs et la puissance d’une centrale d’achats et de
services compétitifs, entièrement
centrée sur l’accompagnement
des magasins de son réseau ».
mécénat
Comment le Centro Botín
a transformé Santander
FONDATION
Ouvert l’an dernier à
l’initiative de la Fondation
Botín par l’un des actionnaires de Banco Santander,
l’édifice conçu par Renzo
Piano a déjà attiré
230.000 visiteurs.
Martine Robert
@martiRD
A une heure de Bilbao et de son
célèbre musée Guggenheim,
un centre d’art inauguré fin
juin 2017 révolutionne à son
tour la ville de Santander : le
Centro Botín, une construction
de plus de 10.000 mètres carrés, sur pilotis, en bordure de la
baie, imaginée par le célèbre
architecte Renzo Piano. L’initiative en revient à la Fondation Botín : une structure philanthropique créée en 1964 par
Marcelino B otín, l’un des
actionnaires de Banco Santander, puis présidée par le patron
du groupe bancaire Emilio
B o t í n , j u s q u’a u d é c è s d e
celui-ci en 2014.
Erigé sur un terrain concédé
pour 50 ans par l’autorité portuaire, cet édifice imposant a
coûté près d’une centaine de
millions d’euros, entièrement
apportés par la fondation (sans
déduction fiscale comme en
France) ; il reviendra à terme à la
mairie.
Un écran géant installé sur
l’une des façades extérieures
projette des films ou des vidéos
d’artistes, tandis qu’à l’intérieur
du bâtiment se trouvent l’auditorium de 300 places, des ateliers,
et deux salles de 1.250 mètres
carrés entièrement vitrées où
sont organisées de 5 à 6 expositions par an.
« Pas moins de 130.000 passes
illimités au prix symbolique de
2 euros, réservés aux habitants de
la région, ont déjà été vendus,
alors que Santander ne compte
que 150.000 habitants », se félicite Iñigo Sáenz de Miera, directeur général de la Fondation
Botín, soucieux de sensibiliser le
plus large public à l’art.
Une fondation
actionnaire
Depuis l’ouverture, quelque
230.000 visiteurs ont franchi la
porte, dont 40 % venus du reste
de l’Espagne et 10 % de l’étranger.
« Cela a renforcé l’attractivité d’une
région où n’existent pas d’industries, seulement des services et une
tradition culturelle forte », poursuit Iñigo Sáenz de Miera.
Avant la construction du Centre Botín, la fondation du même
nom disposait d’un petit espace
d’exposition dans le centre-ville
où elle faisait tourner sa collection depuis la fin des années
1980. La structure philanthropique s’est toujours investie dans
l’éducation, le social, le développement rural et l’art, distri-
Stéphane Aboudaram | We Are Content(s)
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Moderniser le réseau
Mr Bricolage − créé en 1965 par
un groupement de commerçants indépendants − est prêt à
proposer « des conditions très
avantageuses » pour le transfert
de ses magasins intégrés, a précisé Christophe Mistou. « Nous
allons nous autoriser à définir
une valeur de marché déconnectée de celle que nous avons dans
nos comptes. La priorité est de
conserver ces points de vente sous
la marque Mr Bricolage. » Un
point d’étape de l’avancée des
projets de cession sera réalisé au
premier semestre 2019.
L’enseigne poursuit en parallèle la modernisation de son
réseau, « avec le déploiement
d’un nouveau concept de magasin » axé sur la proximité. Pour
contrer les acteurs de l’Internet,
cinq points de vente ont déjà été
transformés depuis mars afin de
devenir des « lieux de vie ». Les
clients y disposent d’espaces où
ils peuvent lire la presse, travailler, rencontrer des artisans,
des experts, assister à des
démonstrations… « Le magasin
doit devenir un lieu d’échanges,
indépendamment de toute transaction, explique Christophe
Mistou. Vous n’allez plus chez
Starbucks pour prendre un café »,
note-il pour faire un parallèle.
La stratégie engagée en 2016
aurait déjà porté ses fruits. Le
volume d’affaires global des
adhérents et affiliés a crû de 1,2 %
à magasins comparables, à fin
septembre 2018. Dans le même
temps, les points de vente intégrés ont vu leur chiffre d’affaires
consolidé baisser de 4,4 %. n
Le Centre Botín espère renforcer l’attractivité de
Santander, comme le Guggenheim l’a fait pour Bilbao.
Projet à la fois économique,
social et urbanistique, le Centre
Botín a pris la place d’un parking réservé aux ferrys. Renzo
Piano a imaginé un tunnel de
372 mètres pour dévier le trafic
qui séparait auparavant les jardins municipaux de la côte cantabrique et rendre le front de
mer aux promeneurs. L’architecte a scindé la structure en
deux bâtiments reliés par des
passerelles de métal et de verre,
afin de préserver une trouée
vers la mer et a habillé le tout
d’une coque d’aluminium
recouverte de 270.000 disques
de céramique irisée, reflétant
les couleurs changeantes de
l’eau et du ciel.
« Depuis la ville, le centre d’art
se devine peu à peu car sa hauteur
ne dépasse pas celle des arbres voisins », note Benjamin Weil, le
directeur artistique du centre
d’art. Comme au MuCEM, à
Marseille, on peut arpenter gratuitement le toit-terrasse panoramique. Au rez-de-chaussée, la
cafétéria, tout en transparence,
permet de déguster les plats à
petits prix concoctés par un chef
pourtant doublement étoilé,
Jesús Sánchez.
buant, dès les années 1990, des
bourses de 23.000 euros à huit
artistes émergents chaque
année. Parallèlement, elle a pris
l’habitude, deux fois par an, de
convier un talent reconnu à animer un workshop avec une
quinzaine de jeunes créateurs et
à présenter une exposition, fruit
de ce travail.
Tout cela a contribué à dynamiser la scène espagnole et, audelà, la scène latino-américaine,
dont sont originaires la plupart
des artistes. Car la collection de
la fondation, qui compte plus de
200 pièces, est constituée des
œuvres acquises auprès des élèves boursiers ou des animateurs
des workshops.
« Le budget d’acquisition
des œuvres est d’environ
800.000 euros par an », confie
Benjamin Weil. Le Centre Botín,
animé par une dizaine de permanents, dispose d’une enveloppe d’une douzaine de millions d’euros par an pour son
fonctionnement. La fondation
du même nom a pour sa part un
budget confortable, car à sa
création, Marcelino Botín lui
avait légué ses actions, rapportant d’importants dividendes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
Qualcomm veut
interdire les iPhone
XS et XR en Chine
Les salariés de Mondadori
France, numéro trois de la presse
magazine en France (« Science et
Vie », « Grazia », « Télé Star »…),
ont voté jeudi une grève
reconductible pour obtenir des
garanties avant d’être cédés au
groupe français Reworld Media.
« On ne se laissera pas gober sans
rien faire », dit un délégué CGT.
Le leader américain des puces
va déposer une nouvelle plainte
pour que les modèles XS et XR
d’Apple soient eux aussi
interdits en Chine. Qualcomm
accuse Apple d’avoir violé
plusieurs de ses brevets.
La société a déjà obtenu
en novembre une interdiction
pour les iPhone plus anciens.
Noah Berger/AFP
en
pixels
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
Grève à Mondadori
avant la reprise
par Reworld
2.200
MILLIARDS DE DOLLARS
La contribution économique
cumulée de la 5G au PIB
mondial entre 2020 et 2034,
selon la GSMA, le lobby
de l’industrie mobile.
D’ici à 2034, le prochain
standard de téléphonie
mobile représentera entre
40 et 50 % des connexions.
La rentrée littéraire sur le gril
l Avec peu d’auteurs « locomotives » et une baisse de 14 % de la littérature grand format en octobre, la rentrée a déçu.
l Au point que certains libraires remettent en question son existence.
ÉDITION
Véronique Richebois
@VRichebois
Les libraires sont unanimes : la rentrée littéraire et ses 567 nouveaux
romans a été un échec, pour ne pas
dire un flop magistral. Certains blasphémateurs vont désormais jusqu’à
s’interroger sur l’« intérêt » d’une
rentrée littéraire. Avec une chute de
8 % des ventes de romans au troisième trimestre (juillet/août/septembre, source I + C), les chiffres
semblent donner raison à ces
libraires sacrilèges. Dans « Livres
Hebdo », Matthieu de Montchalin
(L’Armitière, Rouen), qui a limité la
chute à un recul de 6,5 % en septembre-octobre dans sa librairie, commente : « La rentrée littéraire n’a pas
eu lieu. C’est la première fois en vingtcinq ans que je vois un tel écroulement
de ce rayon. » Pire, en octobre, on a
assisté à une baisse de la littérature
grand format de 13 % en volume et
de 14 % en valeur. En pleine rentrée !
« Le livre n’était pas au centre du
débat cet automne : le contexte général, social, ne s’y prêtait pas… Et il n’y
avait pas d’œuvre magistrale, de
Houellebecq autour duquel tout le
monde se serait disputé mais qui
aurait fait avancer le débat… »,
estime Juliette Joste, éditrice chez
Grasset. « Nous nous trouvons face à
une concurrence culturelle de plus en
plus forte, analyse pour sa part
Philippe Robinet, PDG de CalmannLévy. Il y a encore quelques années,
nos principaux concurrents se limitaient aux CD et aux DVD… A présent,
un autre type de concurrence est
apparu avec Netflix, les jeux vidéo,
l’arrivée massive de séries très addictives, chronophages… A partir de là, il
faut effectuer des arbitrages, le tout
dans un contexte social anxiogène. »
Mais Guillaume Husson, directeur général du Syndicat de la librairie française, est plus lapidaire :
« Nous avons eu moins affaire à un
problème du livre qu’à celui d’une
rentrée littéraire ratée… »
« Le livre n’était pas
au centre du débat
cet automne :
le contexte ne s’y
prêtait pas. »
JULIETTE JOSTE
Editrice chez Grasset
Pourtant, pas question pour
les grands éditeurs de renoncer au
moment sacro-saint de la rentrée
littéraire, véritable institution française, dont l’expression fut lancée
par Anatole France. Gilles Haéri,
PDG d’Albin Michel, estime que
« c’est précisément parce que la littérature ne va plus de soi qu’il faut absolument préserver l’espace éditorial de la
rentrée littéraire. Septembre et janvier
sont les deux seuls moments où l’on
peut programmer une littérature plus
exigeante, et c’est aussi un espace symbolique, où les romans bénéficient
d’une attention des lecteurs, des journalistes et des libraires plus aiguë ».
L’effet « booster » des prix
Cette question de « zapper » la rentrée littéraire est d’autant moins neutre qu’à l’ombre des 567 nouveaux
romans publiés entre la mi-août
et fin septembre se dissimulent les
prix littéraires, traditionnels déclencheurs de ventes à Noël et d’espèces
sonnantes et trébuchantes.
Mais le prix littéraire demeure-t-il
une caution ? La réponse demeure
un grand « oui ». Témoin « Leurs
enfants après eux », de Nicolas
Mathieu, publié chez Actes Sud
et couronné par le Goncourt, le
7 novembre, qui caracole en tête des
ventes, avec 150.000 exemplaires au
total. Preuve de la puissance du coup
de projecteur que le choix des jurés a
jeté sur lui. Et les grands prix attribués « hors jurés traditionnels »,
Goncourt des lycéens en tête (déjà
38.500 exemplaires pour « Frère
d’âme », de David Diop), continuent
de se révéler les plus prescripteurs.
En témoigne, outre David Diop, celui
du Prix FNAC récompensant « La
Vraie Vie » d’Adeline Dieudonné
(L’Iconoclaste), avec 76.600 exemplaires vendus.
De quoi diviser par trois en
novembre la tendance baissière :
« Alors qu’on a assisté à une véritable
dégringolade en octobre des ventes de
littérature grand format, avec une
baisse de 14 % en valeur, le mouvement de recul a ralenti en octobre
pour ne plus s’établir qu’à 5 % en
novembre », indique-t-on chez GfK.
Sauf que… après le premier
pic suivant l’attribution des prix,
s’ensuit classiquement un second,
lié aux cadeaux de Noël. Un moment
crucial : en 2017, 11 % des ventes
s’étaient concentrées entre le 15 et le
31 décembre. Mais l’évolution, difficile à anticiper, du mouvement des
« gilets jaunes » laisse planer l’incertitude sur ces deux semaines clefs
qui sont sommées de « rattraper »,
comme elles l’avaient fait l’an dernier, une année en dents de scie. n
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Cette année, 567 nouveaux romans ont été publiés entre la mi-août et fin septembre. Photo Romain Gaillard/RÉA
Les « gilets jaunes »
fragilisent les ventes
des libraires
Le mouvement a entraîné
une forte chute du chiffre
d’affaires des librairies
et fait peser une menace
sur les ventes de Noël.
Après une année chaotique, les
libraires pensaient pouvoir enfin
souffler. C’était compter sans le
mouvement des « gilets jaunes »,
qui, samedi dernier, a entraîné un
recul des ventes de livres de près de
14 % tous ouvrages confondus,
selon les données de l’Observatoire
de la librairie (un panel représentatif de 200 librairies indépendantes).
Tantôt pour cause de librairies
fermées, comme la célèbre librairie
Delamain, à Paris, près du PalaisRoyal, samedi dernier. Ou, tout
simplement, par la crainte des
acheteurs de devoir affronter des
encombrements, des rames de
métro fermées ou, comme à SaintEtienne, de véritables émeutes.
Semaine après semaine, ce recul
s’est accentué. Alors que la tendance
de l’année restait légèrement positive avec une hausse de 0,8 %, après
un été et une rentrée compliqués
pour de nombreux libraires, « une
nette dégradation est intervenue
depuis le lancement du mouvement à
mi-novembre », relève Guillaume
Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française. Et, après
une première semaine de novem-
bre dynamique (+7 %) intégrant
ventes en magasin et en ligne, la tendance s’est inversée de façon de plus
en plus calamiteuse et plus large,
s’étendant à la grande distribution et
à de nombreux secteurs économiques français.
Deux week-ends désastreux
A l’arrivée, le bilan global, du
17 novembre au 9 décembre, révèle
une chute en piqué de 8,8 % pour
la littérature et de 4,6 % pour les
romans poche. Avec, à la clef, deux
derniers week-ends particulièrement désastreux, avec une dégringolade du chiffre d’affaires de 8,3 %
sur celui des 1 et 2 décembre… et de
13,9 % sur celui des 8 et 9 décembre.
La situation des libraires semble
n’être pourtant qu’un résumé lapidaire de celle de l’ensemble du secteur du livre (GMS, e-commerce,
enseignes culturelles, librairies,
magasins spécialisés…). Car, après
les sept premiers mois de 2018
caractérisés par une hausse de 1,5 %
des ventes de livres en valeur
(source GfK), septembre a fait l’effet
d’une douche froide avec un recul
de 1 % en valeur des ventes. Octobre
a aggravé la tendance en affichant
une chute de 6 % (toutes catégories
de livres confondues). Et il a fallu
l’effet « booster » des prix littéraires
pour « limiter la casse » à 5 % en
novembre (source GfK).
er
Mais, là encore, l’effet « gilets
jaunes » a frappé. « Toutes enseignes confondues, on relève une forte
baisse des ventes de livres de 9 % en
valeur la semaine du 12 au 18 novembre, de 8 % du 19 au 25 novembre
Amazon conquiert
des parts de marchés
avec une hausse
de ses ventes estimée
à 30 % le week-end
dernier.
et de 4 % en valeur du 26 novembre
au 2 décembre, indique-t-on chez
GfK. Mais il est difficile de distinguer sur cette période ce qui relève
du mouvement social… et de la
comparaison avec l’abondance
de l’offre de l’an dernier. »
Dans ce contexte – et même si,
officiellement, aucun chiffre n’est
publié –, Amazon apparaît comme
le grand vainqueur du conflit, « avec
une hausse de 30 % de ses ventes, le
week-end dernier », confie un acteur
majeur du secteur, qui a souhaité
conserver l’anonymat.
Demeure une consolation : « De
la même manière que les gens se sont
précipités dans les librairies après le
Bataclan pour décrypter ce qui s’était
passé, ils vont faire de même pour
comprendre les sources du mouvement des “gilets jaunes” », reprend
Guillaume Husson. Même s’il semble périlleux de prédire que les ventes de Noël permettront au secteur
de l’édition de récupérer ses pertes.
— V. Ri.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 21
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Les contenus audiovisuels
deviennent portables en Europe
Explosion de la
production de jeux
vidéo en France
AUDIOVISUEL
JEUX VIDÉO
Les producteurs, qui
craignaient l’impact sur
leur écosystème, ont
obtenu que le champ
du projet reste limité.
Le phénomène
s’explique par
l’amélioration de la
santé économique
du secteur.
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
Le bras de fer durait depuis plus de
deux ans. Jeudi, à Bruxelles, les institutions européennes sont enfin
parvenues à un accord final sur la
refonte du règlement européen
« cab sat »… qui sera finalement une
directive, les Etats ayant insisté pour
garder des marges de manœuvre
lors de sa retranscription.
Tout l’enjeu tournait autour de
l’actuelle « territorialité des droits ».
Pour favoriser la diffusion transfrontalière en ligne, la Commission
européenne voulait lui substituer le
principe du « pays d’origine » : au
lieu de négocier et de payer pays par
pays, démarche complexe, un
radiodiffuseur pourrait s’acquitter
dans son seul pays des droits d’un
programme, puis le mettre en ligne
dans le reste de l’UE. Fini le « geoblocking », honni des expatriés.
Un sujet délicat
Problème : pour populaire qu’elle
soit chez les consommateurs, cette
approche risquait de mettre à
mal tout l’écosystème de l’industrie
de la création, alertait cette dernière. « Cela revient à acheter un programme pour un pays et à l’avoir gratuit pour les 27 autres ! » prévenaient
les producteurs et distributeurs, l’an
passé, dans un courrier commun.
Le sujet est très délicat car la vente
des droits pays par pays, avec exclusivité locale de diffusion à la clef,
assure le préfinancement des films
Shutterstock
Florian Dèbes
@FL_Debes
Le bras de fer entre la Commission et les acteurs de l’audiovisuel durait depuis plus de deux ans.
et des séries, mais aussi de programmes moins rentables assurant la
diversité culturelle. Dit autrement,
pourquoi la RTBF cofinancerait-elle
une série française qu’elle diffusera
ensuite si les téléspectateurs belges
peuvent déjà y accéder sur le site de
la télévision suisse ?
Pour rassurer les producteurs, la
Commission n’a eu de cesse de souligner que son projet « ne remet pas en
cause la liberté contractuelle » : un
producteur restait libre d’interdire
la diffusion en ligne dans des pays où
il avait déjà vendu l’exclusivité. Mais
ces garde-fous ne convainquaient
pas la profession, qui craint que cette
liberté contractuelle ne soit bientôt
remise en cause dans le cadre d’une
affaire entre Sky et des studios américains actuellement en cours d’examen chez le gendarme européen de
la concurrence. Au final, le texte instaure en conséquence le principe du
pays d’origine uniquement pour certains programmes : ceux des radios,
ceux « d’informations et d’actualité »
ROBERT LOUIS MEYNET
Administrateur Judicaire
128 rue Pierre Corneille
69003 Lyon
www.etude-meynet.com
LUDIVINE SAPIN
Administrateur Judiciaire
174 rue de Créqui
69003 Lyon
www.ajpartenaires.fr
SAINT JEAN INDUSTRIES POITOU
Activité : experte en fonderie d’aluminium avec pièces fortement noyautées
(culasses, blocs, pièces de châssis)
Clientèle : Renault, Weber, Honeywell, Valéo, Jtekt, Liebherr…
Surface couverte usine : 34.070 m2 sise à Ingrandes-sur-Vienne (86220)
Effectifs : 340 collaborateurs : 14 cadres, 73 ETAM, 253 ouvriers
C.A. HT : 2016 : 63 M € – 2017 : 60 M € – 2018 : 49 M €
Capacité de fonderie : 1,5 Million pièces/an
Capacité d’usinage : 1 Million pièces/an
GRANDE SÉRIE – Procédés : - Moulage Basse pression (latéral & par dessous)
fortement noyauté, avec moule métallique
- Moulage Contre pression (BPC)
Certification : IATF 16949 & ISO 14001 - EN9100
1/ Fusion
3/ Noyautage
5/ Usinage & assemblage
• 4 fours éléctriques (5T)
• 1 four à gaz(1.5 T/h + 10 T
holding)
• 7 machines boîtes froides
• 7 machines Osborn boîtes
chaudes
• Machine de recyclage du
sable
•
•
•
•
2/ Moulage
• 14 machines Basse Pression
(latérale)
• 3 machines Basse Pression
(par dessous)
• 1 Machine CPC
20 centres d’usinage RA
8 centres d’usinage GROB
7 machines de test étanchéité
3 machines de lavage
6/ Contrôles
4/ Finition
• 2 stations de test par ultrasons
• 4 chantiers de inition
• 3 stations de radioscopie
• Traitement thermiqueT5/T6/T7
rayon-x
• 3 machines de mesure 3D
• 1 laboratoire physique-chimie
• 1 laboratoire éléctronique
• 2 spectromètres
Le constructeur RENAULT reste attentif et pourrait être un partenaire
dans le cadre de la transformation et la réindustrialisation du site
sis à INGRANDES-SUR-VIENNE.
La date limite de dépôt des offres est fixée
au 28 janvier 2019 à 12h au plus tard.
Robert Louis MEYNET
Contacts :
Pierre BEURTON / Aurélie PLOTTON
Tél. : 04 78 14 57 67
Fax : 04 78 14 57 68
pierre.beurton@etude-meynet.fr
aurelie.plotton@etude-meynet.fr
Ludivine SAPIN
Contact :
Marine CHOSSONNERIE
Tél. : 04 78 60 00 30
Fax : 04 78 60 70 97
marine.chossonnerie@ajpartenaires.fr
(JT) et les « productions originales
qu’ils financent entièrement ». Selon
la Commission, ce nouveau mécanisme doit « faciliter l’octroi de droits
sur certains programmes que les
radiodiffuseurs pourraient souhaiter
proposer sur leurs services en ligne »,
ce qui constituait une demande
récurrente de la télévision publique
allemande en particulier.
L’accord devrait
favoriser l’acquisition
par des bouquets
nationaux des droits
de diffusion de
chaînes étrangères.
Côté producteurs, le jugement est
mitigé. « Les législateurs ont compris
la nécessité de limiter le champ
d’application, mais on reste opposé
au principe du pays d’origine. Disons
qu’on nous a coupé la main plutôt
que tout le bras… » explique un professionnel proche du dossier, qui
prévient qu’« il faudra être attentif à
ce que contient précisément la notion
de “productions originales” ».
Les auteurs satisfaits
Mesure plus consensuelle, l’accord
devrait en outre favoriser l’acquisition par des bouquets nationaux des
droits de diffusion de chaînes étrangères en généralisant à tout type
d’opérateurs le principe de « gestion
collective obligatoire » des droits, jusqu’ici en place uniquement pour le
câble. Le Gesac, qui représente les
auteurs, a salué cette avancée, tout
comme les mesures devant permettre de clarifier leurs droits, et les obligations communes des radiodiffuseurs et des distributeurs dans le
cadre de la diffusion, de plus en plus
fréquente, par « injection directe ».
La réforme devrait être publiée mi2019 au « Journal officiel » européen.
Les Etats membres auront ensuite
deux ans pour la transposer. n
Merci de contacter: AJ PARTENAIRES
Maître Maurice PICARD, Administrateur Judiciaire
22 rue du Cordier – BP 107 – 01003 Bourg-en-Bresse
Tél.: 04.74.45.91.80 – Fax: 04.74.45.92.11
Email: marion.clair@ajpartenaires.fr
C’est un record historique. Les
studios français de jeu vidéo
n’ont jamais été aussi productifs qu’en 2018, d’après un baromètre annuel présenté mercredi par le Syndicat national
du jeu vidéo (SNJV) et le cabinet d’études Idate. En un an, le
nombre de jeux vidéo conçus en
France a bondi de 43 %. Présentées comme employant près de
80 % des professionnels du secteur, les 227 sociétés répondantes ont travaillé sur 1.200 titres
cette année, contre 830 en 2017
et 730 en 2016. « Pour exister sur
un marché mondial très compétitif et éclaté entre les univers consoles, PC et mobiles, les studios de
développement de jeux vidéo
multiplient les productions originales afin d’augmenter leur
chance de succès », note avec
plaisir Julien Villedieu, le délégué général du SNJV. Les deux
tiers de la cuvée 2018 donnent
naissance à de nouveaux univers et donc à une nouvelle propriété intellectuelle à monétiser.
Mais le phénomène s’explique aussi par la meilleure santé
économique des studios. Plus
de la moitié d’entre eux (52 %)
avait commencé l’année 2018
avec des comptes en excédent.
Ils ont aussi plus fréquemment recours aux financements
publics. Fort de marges de
APPEL D’OFFRES
APPEL D’OFFRES EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Un note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du candidat
repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir dans une telle affaire.
DATE LIMITE DE DEPOT DES OFFRES : LUNDI 21 JANVIER 2019 À 16H00
Une inflation mondiale
Néanmoins, ces 1.200 jeux
n’arriveront pas tous jusqu’aux
joueurs. Certains seront abandonnés faute d’avoir convaincu
un éditeur ou parce que leurs
développeurs estimeront que le
marché est finalement passé à
autre chose. « La moitié sera
commercialisée d’ici la fin de
l’année, mais on estime qu’environ 20 % seront tués par leurs
créateurs avant toute sortie »,
précise Julien Villedieu.
L’inflation du nombre de titre
est mondiale. Dans l’univers du
PC, cette explosion explique
notamment l’émergence de
magasins en ligne concurrents
au dominateur Steam, littéralement noyé sous la masse. Une
autre bonne nouvelle pour les
studios puisque cette compétition entre plates-formes de distribution de leurs jeux leur permet d’obtenir de meilleures
conditions commerciales. n
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR
 Région : LA CIOTAT
Activité : Commissionnaire de transport – Ferroutage
 Chiffre d’affaires : 4.188.544 € au 31/12/2017
 Effectif : 5 salariés
RECHERCHE PARTENAIRES OU CANDIDATS REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
Groupe de 3 sociétés spécialisées dans la menuiserie industrielle située à DIJON
• Société spécialisée dans la menuiserie PVC : Effectif : 136 – CA 2017 : 15 M €
Clientèle professionnelle 75% (privé : 50% / public : 50%) et particuliers 25%.
• Société spécialisée dans l’agencement Bois : Effectif : 32 – CA 2017 : 5 M €
Clientèle professionnelle (privé : 50% / public : 50%)
• Société holding : effectif : 3 salariés
manœuvre plus importantes, ils
ont pu investir sur de multiples
projets. Si la grogne de salariés
surmenés fait beaucoup parler,
les studios seraient aussi nombreux à recruter de nouveaux
collaborateurs pour mener de
front plusieurs projets.
En parallèle, le succès des
figures du secteur rassure les
investisseurs. Par exemple,
Quantic Dream a dépassé les
2 m i l l i o n s d ’exe m p l a i r e s
vendus pour son jeu Detroit :
Become Human (sur PlayStation). Les Bordelais
de Motion-Twin ont été primés
aux Game Awards de Los Angeles – les Oscars du secteur – pour
leur jeu Dead Cells. Et Voodoo,
un spécialiste du jeu pour
smartphone, a levé 200 millions
de dollars au printemps dernier.
Modalités :
 Cession organisée en application des articles L.642-1
et suivants du Code de Commerce.
Frédéric AVAZERI
Administrateur Judiciaire Associé
SCP DOUHAIRE-AVAZERIBONETTO
23/29 rue Haxo
13001 MARSEILLE
 L’accès aux informations sera réalisé par dataroom
électronique après remise de l’engagement de
confidentialité et des pièces mentionnées, téléchargeables
sur le site : www.ajilink.fr.
Date limite de dépôt des offres : Mardi 08/01/2019 à 12h00
Merci de contacter: AJ PARTENAIRES
Maître Maurice PICARD, Administrateur Judiciaire
22 rue du Cordier – CS 30107 – 01003 Bourg-en-Bresse
Tél.: 04.74.45.92.00 – Fax: 04.74.45.92.11
Email: auriane.legrand@ajpartenaires.fr
APPEL D’OFFRES EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE D’OFFRE(S) DE CESSION (Art. L.631-13 du Code de Commerce)
SARL AUCLAIR RESTAURATION (01100 ARBENT)
Activité : Exploitation de cafétéria, sous l’enseigne « restaurant à la bonne heure »
Chiffre d’affaires au 31.09.2018 (8 mois) : 365.144 €
Chiffre d’affaires au 31.12.2017 (12 mois) : 561.710 €
Chiffre d’affaires au 31.12.2016 (12 mois) : 657.472 €
Effectif : 7 salariés
Un note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du candidat
repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir dans une telle affaire.
DATE LIMITE DE DEPOT DES OFFRES : MARDI 15 JANVIER 2019 À 12H00
Administrateurs Judiciaires Associés
Selarl BCM - Maître Alain NIOGRET
APPEL D’OFFRES DE REPRISE EN LIQUIDATION JUDICIAIRE
(Art. L. 641-10 et L.642-2 du Code de Commerce) – DISPOSITIFS MÉDICAUX - ISÈRE (38)
• Activité : L’entreprise est spécialisée dans la conception, fabrication et commercialisation de
dispositifs médicaux visant à lutter contre l’obésité (anneaux et sondes gastriques, ballons
intragastriques) ; elle bénéficie de la certification ISO 13485. Sa forte capacité à innover
et son important réseau de distributeurs (dans plus de 30 pays) sont ses principaux atouts.
• Clientèle : Etablissements de santé publics / privés et distributeurs spécialisés avec une part export
à hauteur de 70% du chiffre d’affaires.
• CA au 31/12/18 (estimé) : 2.083 K € / • CA au 31/12/17 (réalisé) : 1.969 K € / • Effectif : 11 salariés
Les offres devront être soumises à la Selarl BCM, Administrateurs Judiciaires associés, avant le 04/02/19 à 14h00
Un dossier de présentation peut être obtenu
auprès de la Selarl BCM sur demande écrite
motivée justifiant d’une capacité financière,
industrielle ou commerciale adaptée.
Collaboratrice : Madame Anissa NEHACHE
40, rue de Bonnel – 69484 LYON CEDEX 3
Tél : 04.72.84.76.10 – Fax : 04.72.84.76.19
a.nehache@bcm-aj.com
APPEL D’OFFRE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE PARTENAIRES POUR LES ACTIFS OU LES TITRES DE LA
COMPAGNIE EUROPEENNE DE CARTONNAGE (CEC) à Valence (26)
(articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
CEC est un acteur historique du marché du cartonnage
alimentaire, leader dans l’impression de cartons plats (75%) et
pliés collés (25%).
Elle opère sur trois sites :
- Valence (46 salariés, CA 2017 : 13 M €),
- Le Mans (49 salariés, CA 2017 : 8 M €),
- Carmaux (24 salariés et 9 M € de CA en 2017).
Atterrissage 2018 : CA de 27 M € et EBITDA retraité du crédit
bail : 902 K € et 119 salariés à ce jour ERP performant et parc
machine important : pôle pré presse (CAO, PAO, CTP), presse,
découpe, pliage collage et conditionnement.
L’accès aux informations (data-room électronique et/ou dossier de présentation) sera possible après
demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et
financière à intervenir sur cette affaire et après la régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les Candidats intéressés sont invités à déposer une offre avant le
Lundi 7 Janvier 2019 à 12h00 dernier délai en l’étude de :
Me Éric ÉTIENNE-MARTIN – Administrateur Judiciaire
M. Emmanuel Grometto
E-mail : e.grometto@ajup.fr – Tél. : 04.79.70.86.74
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
START
UP
d
VOX POPULI
1,3
Il est encore un peu tôt pour les bonnes
résolutions, et pourtant, la directrice de
Station F, Roxanne Varza, a déjà publié,
sur Medium, un billet sur celles de la Halle Freyssinet. Cette dernière veut notamment travailler à
l’uniformisation de ses 30 programmes, à l’ouverture de son campus et à son amélioration, ainsi qu’à
la mise en avant de ses start-up. Roxanne Varza indique également travailler à ce que les candidatures à
tous les programmes contiennent au moins 30 % de
dossiers féminins.
MILLIARD D’EUROS
Bpifrance va investir 1,3 milliard d’euros dans
les deeptech entre 2019 et 2023. Un milliard
proviendra de fonds, notamment via le Programme des investissements d’avenir (PIA), et
300 millions seront injectés directement par
la Banque publique d’investissement.
12,5
MILLIONS DE DOLLARS
La fintech sud-africaine Jumo a
annoncé avoir bouclé une nouvelle
levée de fonds de 12,5 millions de dollars
auprès du fonds londonien Odey Asset
Management, ce qui porte son financement à 103 millions de dollars.
La start-up Dott se rêve en leader
européen des mobilités partagées
importantes », précise Maxim
Romain. Mais avant cela, Dott commencera un programme pilote au
début de l’année prochaine à Station F à Paris. Des trottinettes électriques y seront déployées afin de faciliter les trajets entre l’incubateur de
start-up créé par Xavier Niel et
l’espace de coliving Flatmates. Une
façon de tâter le terrain sur le marché français.
Alors que presque toutes les
start-up de trottinettes électriques
se fournissent chez le chinois Ninebot-Segway, Dott a mis au point son
propre engin à roulettes. Celui-ci est
conçu pour un usage intensif.
« Pour avoir un modèle économique
rentable, il faut que la trottinette électrique ait une durée de vie de six
mois », détaille Maxim Romain.
Résultat : toutes les pièces sont
remplaçables en cas de dégradation. Dott cherche par ailleurs à se
distinguer avec un modèle de trottinette disponible dans quatre couleurs différentes. Il faudra en revanche attendre le second semestre
2019 avant que la start-up déploie
ses vélos à assistance électrique.
Les 20 millions d’euros levés par
la jeune pousse – auprès notamment de EQT Ventures et Naspers
DEUX-ROUES
La jeune pousse
hollandaise, fondée
par deux Français,
annonce une levée de
fonds de 20 millions
d’euros.
Elle déploiera des
trottinettes électriques
à Station F à Paris
début 2019.
Dans les villes de demain, les mobilités douces vont inévitablement
monter en puissance. Telle est la
conviction de Maxim Romain et
Henri Moissinac. Les cofondateurs
français de Dott annoncent ce vendredi une levée de fonds de 20 millions d’euros afin de développer
leur start-up de trottinettes et vélos
à assistance électrique. « Il existe
une volonté de la part des villes de
réduire l’utilisation de la voiture et les
émissions de gaz à effet de serre »,
Dott mise sur des trottinettes design avec quatre couleurs différentes. Photo Dott
constate Maxim Romain. « La
mobilité sera différente et les trottinettes et les vélos auront un rôle à
jouer pour les trajets de courte distance car ce sont des moyens de
transport plus agréables, plus pratiques et plus flexibles. »
Les problématiques liées aux
nouvelles mobilités urbaines,
Maxim Romain et Henri Moissinac
en connaissent un rayon. Avant de
fonder Dott cette année, les deux
hommes ont travaillé ensemble
chez le spécialiste chinois du vélo en
libre-service Ofo, présent depuis un
an à Paris.
nettes électriques (Lime, Bird) et les
Chinois pour le vélo (Mobike, Ofo).
« On pense qu’on peut apporter une
vision européenne », insiste Maxim
Romain. Dott est basé à Amsterdam
– la capitale européenne du vélo – et
est constitué de salariés issus de
toute l’Europe. De quoi faciliter les
négociations avec les villes du Vieux
Continent où la start-up veut
s’implanter. « Nous sommes en discussions avancées avec trois villes
Programme pilote
à Station F
Cette expérience les a convaincus
qu’il y avait de la place pour faire
émerger un acteur européen dans le
secteur de la micromobilité, dominé
par les Américains pour les trotti-
La French Tech repositionne son
déploiement en France et dans le monde
La mission gouvernementale publie
les appels à projets
destinés aux villes
et communautés
souhaitant bénéficier
d’un label French Tech.
A l’heure où la guerre
des talents fait rage
dans la tech, la French
Tech indique
se positionner sur
le recrutement
des profils
internationaux.
Déborah Loye
@Loydeborah
Le droit au Visa
French Tech va être
étendu.
Shutterstock
Cela fait plusieurs mois que des
changements sont annoncés
autour de la Mission French Tech.
En mai dernier, soit cinq ans après
son lancement, le secrétaire d’Etat
au Numérique, Mounir Mahjoubi,
affirmait qu’elle devait « accélérer »,
et « se restructurer », tout en
balayant l’idée qu’elle pourrait se
détacher de l’Etat. Kat Borlongan
venait alors d’être nommée directrice de la structure. Six mois après
sa prise de fonction, c’est d’un léger
repositionnement dont la mission
French Tech fait preuve, à travers la
publication des appels à projets
visant à trouver les acteurs qui assureront son déploiement national et
international en 2019.
Ces derniers actent, tout d’abord,
les changements de nom des labels
French Tech, annoncés en octobre.
En France, les villes motrices de la
mission ne s’appelleront plus
« métropoles », mais « capitales ».
Alors que 13 villes sont actuellement labellisées, la French Tech ne
devrait cependant en retenir que 10.
Et surtout, la mission gouverne-
TROIS QUESTIONS À
KAT BORLONGAN
Directrice de la mission
French Tech
cependant accès à un nouveau
fonds, qui devrait s’élever à 2 millions d’euros pour 2019, et servira à
financer des projets ponctuels.
ÉCOSYSTÈME
La French Tech souhaite donner plus de place aux entrepreneurs
dans l’animation de ses communautés.
mentale veut redonner la main aux
acteurs principaux de l’écosystème.
Un nouveau fonds pour
des projets ponctuels
Dans les appels à projet, on insiste
ainsi particulièrement sur la présence d’entrepreneurs dans la gouvernance, indiquant qu’« un maximum de 25 % des sièges peut être
attribué à des personnes de l’écosystème des start-up » n’étant pas
fondateur ou dirigeant d’une jeune
pousse. Même critère pour la constitution du board des communautés French Tech, qui englobent et
mettent sur un pied d’égalité les
actuels hubs French Tech à l’international, et les communautés
situées sur le territoire national et
dans le monde. Les postes rémunérés de coordinateurs de hub disparaissent eux aussi, signifiant que
l’animation d’une « communauté »
sera désormais bénévole. Les membres de la French Tech auront
A l’heure où la guerre des talents
fait rage dans la tech, et constitue,
pour les entrepreneurs français, le
premier obstacle à leur développement, la French Tech indique également se positionner sur le recrutement des profils internationaux.
Alors que seulement 150 French
Tech Visas ont été accordés à des
talents étrangers venus travailler
dans des start-up françaises depuis
la création du dispositif, Kat Borlongan souhaite déployer très largement le dispositif, et vise « plusieurs milliers de recrutements »
pour 2019. Une accélération qui
passera notamment par une marge
de manœuvre plus large laissée à la
French Tech : elle sera désormais
libre de caractériser les « entreprises innovantes », critère qui conditionne l’accès au dispositif. n
MAXIM ROMAIN
Cofondateur de Dott
Ve n t u r e s – t é m o i gn e n t d e l a
croyance des investisseurs dans la
micromobilité. Il faut dire que les
exemples des pionnières Lime et
Bird font saliver. Un peu plus d’un an
après leur fondation, ces start-up
américaines sont valorisées 1,1 et
2 milliards de dollars. Dott n’est pas
la seule start-up européenne à se
positionner sur le créneau. Les allemandes Wind et Tier ont levé
récemment près de 20 et 25 millions
d’euros, tandis que la suédoise VOI a
levé 43 millions d’euros. Ce qui promet une bataille féroce dans les prochains mois. n
« Quand une entreprise recrute,
c’est aussi son pays qui recrute »
notamment avec le développement
de dispositifs comme le French
Tech Visa. C’est également le cas en
ce qui concerne les problématiques
réglementaires et les politiques
publiques. Le rôle de la French Tech
est de promouvoir et d’accélérer le
dialogue entre l’écosystème et les
institutions.
2
Bruno Levy Pour « Les Echos »
Adrien Lelièvre
@Lelievre_Adrien
« Pour avoir un
modèle économique
rentable, il faut que
la trottinette
électrique ait une
durée de vie
de six mois. »
S
ix mois après sa prise de
fonction, Kat Borlongan
insiste sur le rôle que peut
jouer la mission French Tech dans
l’attractivité de la France pour les
talents internationaux.
1
Une de vos priorités est
d’aider les start-up à passer
à l’échelle supérieure, mais
l’Etat en a-t-il vraiment le pouvoir, et est-ce bien son rôle ?
La question n’est pas : l’Etat est-il
légitime ? Mais plutôt : que peut-il
faire que personne d’autre ne peut
faire ? L’un des plus grands freins
au développement pour les start-up
aujourd’hui est le recrutement des
talents. Et quand une entreprise
recrute, ce n’est pas seulement elle
qui recrute, mais aussi son pays. Sur
ce sujet, l’Etat a un vrai rôle à jouer,
Mounir Mahjoubi avait
annoncé, en mai dernier,
la création d’un poste de correspondant start-up dans chaque
ministère, cela a-t-il été fait ?
C’est en cours. Nous sommes dans la
phase finale de sélection des profils.
Ce poste de correspondant n’a
jamais existé au sein des cabinets,
donc le créer prend du temps. Leur
rôle sera de faire le lien entre les
start-up ultra-innovantes qui
entrent dans un secteur non réglementé, ou dans lequel la réglementation n’est pas à jour, et les ministères.
La façon dont le dialogue a été établi
entre les acteurs de l’écosystème et
les institutions concernant la blockchain fait pour moi office d’exemple.
3
Quels sont les moyens
alloués à la mission French
Tech pour déployer
ses programmes en 2019 ?
Nous avons un budget de 3,8 millions d’euros, ce qui est particulièrement significatif. Nous allons utiliser 2 millions pour créer un fonds,
French Tech Community, qui servira à financer les projets des membres de nos communautés. Le reste
sera du budget opérationnel, que
nous voulons notamment utiliser
pour attirer les talents étrangers en
France, peut-être à travers une campagne.
Propos recueillis par D. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
AVIS FINANCIER // 23
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
BNP PARIBAS INSTICASH (LA « SOCIÉTÉ »)
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg n° B 65026
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Chers Actionnaires,
À la suite de l’Assemblée générale extraordinaire du 19 décembre 2018 annonçant les modifications apportées aux Statuts de la Société, nous vous informons par les présentes
des modifications qui seront intégrées dans la prochaine version du Prospectus de la Société (le « Prospectus ») daté de janvier 2019 et qui prendront effet le 14 janvier 2019.
Justification des modifications
Le Règlement (UE) 2017/1131 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2017 sur les fonds monétaires (le « Règlement ») qui entrera en vigueur le 21 janvier 2019, introduit
une nouvelle segmentation des fonds monétaires européens (« FM »), qui peuvent être des FM à valeur liquidative constante de dette publique (CNAV de dette publique), à valeur
liquidative à faible volatilité (LVNAV) ou à valeur liquidative variable (VNAV). Ces différents types de FM sont soumis à i) différentes directives d’investissement qui pourraient donner
lieu à un écart entre les rendements ainsi qu’à ii) différentes structures opérationnelles qui pourraient être plus adaptées, dans certains cas, à vos besoins.
Chaque compartiment de la Société investira dans des instruments du marché monétaire éligibles, des dépôts auprès d’établissements de crédit, des instruments financiers dérivés
(tels que des swaps de taux d’intérêt, ci-après « IRS »), des contrats de prise et de mise en pension, des parts ou des actions d’autres FM, tel que stipulé dans le Prospectus, dans
la limite fixée et tel qu’autorisé par le Règlement.
Le Prospectus est par conséquent modifié afin d’appliquer le Règlement au niveau de la Société (I), tandis que les compartiments existants de la Société seront renommés ou
transféreront une partie de leurs actifs dans de nouveaux compartiments afin de se mettre en conformité avec le Règlement (II).
Avertissement :
- Les résultats passés ne sont ni une indication ni une garantie des résultats futurs.
- La Société n’est pas un investissement sans risque. Un investissement dans un compartiment diffère d’un placement dans des dépôts, en ce qu’il comporte le
risque de fluctuation du principal investi dans un compartiment. La Société n’a recours à aucune tierce partie pour garantir la liquidité des compartiments ou
stabiliser la VL par action. Les actionnaires assument le risque de perte du principal.
I. MODIFICATIONS PORTANT SUR LA SOCIÉTÉ (LIVRE I)
Rachats
- Ajout d’un processus multi-batch uniquement applicable aux compartiments RQFII : une demande de rachats portant sur des actions de distribution peut être traitée à
différentes heures pendant le même jour d’évaluation. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter le site www.bnpparibas-am.lu.
- Ajout d’une politique de gestion de la liquidité décrivant les mesures qui seront prises pour garantir que les seuils de liquidité quotidiens et hebdomadaires sont conformes au Règlement.
Valeur liquidative
Les règles d’évaluation sont modifiées afin de tenir compte des exigences du Règlement. Les méthodes d’évaluation par défaut seront la « valorisation au marché » et la
« valorisation sur la base d’un modèle ».
Procédure interne d’évaluation de la qualité de crédit (« PIEQC »)
Une section dédiée indiquant en détail le processus par lequel la Société de gestion créée, met en œuvre et applique de manière cohérente une PIEQC personnalisée est ajoutée
au Prospectus, conformément au Règlement.
Annexe 1 – Restrictions d’investissement
L’Annexe 1 est réorganisée conformément au Règlement afin de tenir compte :
- des actifs éligibles dans lesquels les FM sont autorisés à investir ;
- des activités interdites qu’un FM ne peut effectuer ;
- des règles de diversification ;
- des règles de portefeuille ;
- de la limite pour éviter la concentration de l’actionnariat.
Annexe 2 – Gestion des garanties, tests de résistance, contreparties
L’Annexe 2 est également réorganisée conformément au Règlement afin de tenir compte :
- de la gestion des garanties pour les Opérations de prise en pension et les Instruments dérivés de gré à gré ;
- des processus des tests de résistance surveillés par le Gestionnaire des compartiments ;
- des contreparties et processus par lesquels elles sont sélectionnées par la Société de gestion.
II. MODIFICATIONS PORTANT SUR LES COMPARTIMENTS (LIVRE II)
A. « BNP Paribas InstiCash Money 3M EUR»
Ce compartiment sera renommé « BNP Paribas InstiCash EUR 3M Standard VNAV » et son objectif ainsi que sa politique d’investissement seront adaptés comme suit afin de
satisfaire au Règlement :
Objectif d’investissement
Afin d’obtenir le meilleur rendement possible en EUR en ligne avec les taux du marché monétaire, sur une période de 3 mois, tout en visant à protéger le capital et à maintenir un
haut niveau de liquidité et de diversification, la période de 3 mois correspond à l’horizon d’investissement recommandé du compartiment.
Politique d’investissement
Le compartiment est un fonds monétaire à valeur liquidative variable standard tel que défini par le Règlement 2017/1131.
Le compartiment investit dans les limites fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1 dans un portefeuille diversifié d’Instruments du marché monétaire libellés en EUR, de dépôts auprès
d’établissements de crédit, de contrats de prise et de mise en pension, de parts ou d’actions d’autres FM à court terme ou d’autres FM standards et, à titre accessoire, de liquidités
libellées en EUR.
Les instruments financiers dérivés (par ex. les IRS) sont utilisés aux seules fins de couvrir les risques liés à l’évolution du taux d’intérêt du compartiment. L’impact de ces
instruments financiers dérivés sera pris en compte dans le calcul de l’EMP.
Ces investissements doivent respecter les règles du Portefeuille fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1.
Niveau (proportion d’actifs) d’utilisation d’opérations de prise en pension :
- prévu : 5 %
- maximum : 100 %
B. Scission de « BNP Paribas InstiCash EUR, BNP Paribas InstiCash GBP et BNP Paribas InstiCash USD »
Afin de se mettre en conformité avec le Règlement, le Conseil d’administration décide, conformément aux dispositions de l’Article 32 des Statuts de la Société et au Chapitre 8 de
la Loi luxembourgeoise du 17 décembre 2010 concernant les OPC (la Loi), de séparer les Compartiments scindés avec (i) la fusion des Actions absorbées avec les Actions
absorbantes et (ii) conserver les Actions non absorbées dans les Compartiments scindés qui sont renommés et transformés. Les détails de cette opération sont publiés ci-dessous.
Situation actuelle
Code ISIN
LU0167237543
LU0547770783
LU0167237972
LU0094219127
LU0167238434
Compartiments scindés
BNP Paribas
InstiCash EUR
(qui sera renommé
« BNP Paribas
InstiCash EUR 1D
LVNAV »)
LU0212992274
(1)
Actions absorbées
Classic-CAP
Classic T1-CAP
Privilege-CAP
I-CAP
X-CAP
Actions non absorbées
I -DIS
Situation après la scission
Devise de
référence
Devise de
référence
Compartiment absorbant
EUR
Actions absorbantes
Classic-CAP
Classic T1-CAP
BNP Paribas InstiCash EUR 1D
Privilege-CAP
SHORT TERM VNAV
I-CAP
X-CAP
Compartiment scindé (renommé) Actions non absorbées
BNP Paribas InstiCash EUR 1D LVNAV
I -DIS
Code ISIN
(1)
EUR
LU0167237543
LU0547770783
LU0167237972
LU0094219127
LU0167238434
LU0212992274
Les Compartiments absorbants seront lancés et activés à la Date d’entrée en vigueur de la Scission, et enregistrés en conséquence.
Situation actuelle
Code ISIN
LU0167236651
LU0547771328
LU0167236909
LU0090883421
LU0167237113
LU0167238863
LU0167239168
LU0090884072
LU0167239598
LU0783285330
LU0212992357
Compartiments scindés
BNP Paribas
InstiCash GBP
(qui sera renommé
« BNP Paribas
InstiCash GBP 1D
LVNAV »)
BNP Paribas
InstiCash USD
(qui sera renommé
« BNP Paribas
InstiCash USD 1D
LVNAV »)
Actions absorbées
Classic-CAP
Classic T1-CAP
Privilege-CAP
I-CAP
X-CAP
Actions absorbées
Classic-CAP
Privilege-CAP
I-CAP
X-CAP
Actions non absorbées
Privilege-DIS
I -DIS
Situation après la scission
Devise de
référence
Compartiment absorbant
GBP
USD
Actions absorbantes
Classic-CAP
Classic T1-CAP
BNP Paribas InstiCash GBP 1D
Privilege-CAP
SHORT TERM VNAV
I-CAP
X-CAP
( 1)
Compartiment absorbant
Actions absorbantes
Classic-CAP
Privilege-CAP
BNP Paribas InstiCash USD 1D
SHORT TERM VNAV
I-CAP
X-CAP
Compartiment scindé (renommé) Actions non absorbées
Privilege-DIS
BNP Paribas InstiCash USD 1D LVNAV
I -DIS
Devise de
référence
Code ISIN
GBP
Classic-CAP
Classic T1-CAP
Privilege-CAP
I-CAP
X-CAP
(1)
USD
LU0167238863
LU0167239168
LU0090884072
LU0167239598
LU0783285330
LU0212992357
1) Date d’entrée en vigueur de la Scission
La Scission entrera en vigueur le 14 janvier 2019.
La première VL des Compartiments et des Actions absorbants sera calculée le 14 janvier 2019 sur la base de l’évaluation effectuée ce jour-là.
2) Contexte et motivation de la Scission
- La séparation des actifs décrite dans le tableau ci-dessous a été décidée afin de garantir une transition en douceur vers le nouveau cadre réglementaire et de donner la
possibilité aux actionnaires actuels d’opter pour la solution qui répond mieux à leurs besoins.
- À la suite de ces opérations, les actions à VL stable avec une distribution journalière resteront rattachées aux compartiments existants qui sont transformés et renommés
comme des compartiments LVNAV, tandis que toutes les autres actions seront transférées dans les nouveaux compartiments VNAV à court terme.
3) Impact de la Scission sur les Actionnaires absorbés et non absorbés
- Les derniers ordres de souscription, de conversion et de rachat au sein des Compartiments séparés seront acceptés jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres le
10 janvier 2019. Les ordres reçus passé cette heure limite seront traités le 14 janvier 2019.
- Les actionnaires des Compartiments absorbés qui ne font pas usage de leur droit de faire procéder au rachat de leurs actions, tel qu’exposé au point 7) ci dessous,
deviendront des actionnaires des Compartiments et des Actions absorbants.
- Les Compartiments scindés transféreront sans liquidation une partie de leurs actifs et de leurs passifs aux Compartiments absorbants et continueront d’exister après la
date d’entrée en vigueur de la scission avec les Actions non absorbées.
- En raison des nouveaux seuils de liquidité introduits par le Règlement (UE) 2017/1131 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2017 sur les fonds monétaires, cette
opération comporte un risque de dilution de la performance pour les actionnaires.
4) Organisation de l’échange d’actions
Les Actionnaires absorbés recevront le même nombre d’actions enregistrées dans la même devise des Compartiments absorbants, que celui qu’ils détiennent des
Compartiments scindés et des Actions absorbées.
Les critères adoptés pour l’évaluation des actifs et, le cas échéant, des passifs pour le calcul du rapport d’échange seront les mêmes que ceux décrits dans le chapitre « Valeur
liquidative » du Livre I du prospectus de la Société.
Les actionnaires inscrits au registre recevront des actions nominatives.
Aucun montant en espèces ne sera versé au titre de la fraction de l’Action absorbante attribuée au-delà de la quatrième décimale.
5) Différences importantes entre les Compartiments scindé et absorbant
Les différences entre les Compartiments scindé et absorbant sont les suivantes :
Caractéristiques
Compartiment scindé « BNP Paribas InstiCash EUR »
(qui sera renommé « BNP Paribas InstiCash EUR 1D LVNAV »)
Jusqu’au 11 janvier 2019
BNP Paribas InstiCash EUR vise à réaliser un rendement conforme aux taux du marché monétaire
applicables, à préserver des capitaux conformes à ces taux et à maintenir un haut degré de liquidité.
À partir de la Date d’entrée en vigueur de la Scission (14 janvier 2019)
Afin d’obtenir le meilleur rendement possible en EUR en ligne avec les taux du marché monétaire, sur une
période d’une journée, tout en visant à protéger le capital et à maintenir un haut niveau de liquidité et de
diversification, la période de 1 journée correspond à l’horizon d’investissement recommandé du compartiment.
Politique
Jusqu’au 11 janvier 2019
d’investissement BNP Paribas InstiCash EUR est un fonds monétaire court terme tel que défini par l’AEMF.
BNP Paribas InstiCash EUR investit dans un portefeuille diversifié d’instruments du marché monétaire tels que des
certificats de dépôt,des bons du Trésor,des effets de commerce et des obligations à moyenne échéance émis en EUR.
Le compartiment investit également dans des contrats de pension livrée avec des contreparties de
premier ordre, tel que défini à ce Prospectus.
BNP Paribas InstiCash EUR peut en outre détenir jusqu’à 49 % de ses actifs nets sous la forme de
liquidités, à titre accessoire.
BNP Paribas InstiCash EUR peut également utiliser des instruments dérivés financiers (swaps de taux
d’intérêt) uniquement à des fins de couverture.
L’impact de ces instruments dérivés financiers sera pris en compte dans le calcul de la maturité moyenne
pondérée (risque de taux d’intérêt) de BNP Paribas InstiCash EUR. Ces instruments dérivés financiers seront
utilisés en accord avec la stratégie d’investissement sur les marchés monétaires du compartiment.
À partir de la Date d’entrée en vigueur de la Scission (14 janvier 2019)
Le compartiment est un fonds monétaire à valeur liquidative à faible volatilité court terme tel que défini
par le Règlement 2017/1131. Le compartiment est noté AAAm par S&P Global Rating. Cette note a été
demandée et financée par la Société de gestion. Elle est révisée périodiquement par Standard & Poor’s.
Le compartiment investit dans les limites fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1 dans un portefeuille diversifié d’instruments
du marché monétaire libellés en EUR, de dépôts auprès d’établissements de crédit, de contrats de prise et de mise en
pension, de parts ou des actions d’autres FM court terme et, à titre accessoire, de liquidités libellées en EUR.
Objectif
d’investissement
« BNP Paribas InstiCash EUR 1D
SHORT TERM VNAV »
Compartiment absorbant
Afin d’obtenir le meilleur rendement possible en
EUR en ligne avec les taux du marché monétaire,
sur une période d’une journée, tout en visant à
protéger le capital et à maintenir un haut niveau
de liquidité, la période de 1 journée correspond
à l’horizon d’investissement recommandé du
compartiment.
Le compartiment est un fonds monétaire à valeur
liquidative variable court terme tel que défini par le
Règlement 2017/1131. Le compartiment est noté
AAAm par S&P Global Ratings. Cette note a été
demandée et financée par la Société de gestion. Elle
est révisée périodiquement par Standard & Poor’s.
Le compartiment investit dans les limites
fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1 dans un
portefeuille diversifié d’instruments du marché
monétaire libellés en EUR, de dépôts auprès
d’établissements de crédit, de contrats de prise
et de mise en pension, de parts ou des actions
d’autres FM court terme et, à titre accessoire, de
liquidités libellées en EUR.
Les instruments financiers dérivés (par ex. les
IRS*) sont utilisés aux seules fins de couvrir
les risques liés à l’évolution du taux d’intérêt
du compartiment. L’impact de ces instruments
financiers dérivés sera pris en compte dans le
calcul de l’EMP**.
Les instruments financiers dérivés (par ex. les IRS*) sont utilisés aux seules fins de couvrir les risques liés
à l’évolution du taux d’intérêt du compartiment. L’impact de ces instruments financiers dérivés sera pris
en compte dans le calcul de l’EMP**.
Ces investissements doivent respecter les règles du Portefeuille et l’évaluation de la qualité de crédit
fixées dans le Livre 1.
Niveau (proportion d’actifs) d’utilisation d’opérations de prise en pension :
- prévu : 20 %
- maximum : 100 %
Ces investissements doivent respecter les règles
du Portefeuille et l’évaluation de la qualité de
crédit fixées dans le Livre 1.
Niveau (proportion d’actifs) d’utilisation d’opérations
de prise en pension :
- prévu : 20 %
- maximum : 100 %
À compter de la Date d’entrée en vigueur de la Scission, une heure limite supplémentaire pour la Centralisation des ordres (10h30 GMT+1 le Jour d’évaluation de la VL avant
le 25 décembre et le 1er janvier de l’année correspondante) s’appliquera aux Compartiments scindé et absorbant. La Date d’exécution de l’ordre, la Date de calcul et de
publication de la VL, la Date de règlement des ordres, les Frais des catégories d’actions, le Profil de l’investisseur type, le SRRI (1), le Processus de gestion des risques (approche
par les engagements) et toute autre caractéristique non décrite dans les tableaux ci-dessus sont les mêmes pour les Compartiments scindés et les Compartiments absorbants.
* IRS : Swaps de taux d’intérêt
** EMP : Échéance moyenne pondérée
Caractéristiques
Compartiment scindé « BNP Paribas InstiCash GBP »
(qui sera renommé « BNP Paribas InstiCash GBP 1D LVNAV »)
Objectif
Jusqu’au 11 janvier 2019
d’investissement BNP Paribas InstiCash GBP vise à dégager un rendement en ligne avec les taux du marché monétaire
en vigueur tout en cherchant à préserver le capital en tenant compte de ces taux et à maintenir un haut
niveau de liquidité.
À partir de la Date d’entrée en vigueur de la Scission (14 janvier 2019)
Afin d’obtenir le meilleur rendement possible en GBP en ligne avec les taux du marché monétaire, sur une
période d’une journée, tout en visant à protéger le capital et à maintenir un haut niveau de liquidité et de
diversification, la période de 1 journée correspond à l’horizon d’investissement recommandé du compartiment.
Politique
Jusqu’au 11 janvier 2019
d’investissement BNP Paribas InstiCash GBP est un fonds monétaire court terme tel que défini par l’AEMF.
BNP Paribas InstiCash GBP investit dans un portefeuille diversifié d’instruments du marché monétaire tels que des
certificats de dépôt,des bons duTrésor,des effets de commerce et des obligations à moyenne échéance émis en GBP.
Le compartiment investit également dans des contrats de pension livrée avec des contreparties de
premier ordre, tel que défini à ce Prospectus.
BNP Paribas InstiCash GBP peut en outre détenir jusqu’à 49 % de ses actifs nets sous la forme de
liquidités, à titre accessoire.
BNP Paribas InstiCash GBP peut également utiliser des instruments dérivés financiers (swaps de taux
d’intérêt) uniquement à des fins de couverture.
L’impact de ces instruments dérivés financiers sera pris en compte dans le calcul de la maturité moyenne
pondérée (risque de taux d’intérêt) de BNP Paribas InstiCash GBP. Ces instruments dérivés financiers seront
utilisés en accord avec la stratégie d’investissement sur les marchés monétaires du compartiment.
À partir de la Date d’entrée en vigueur de la Scission (14 janvier 2019)
Le compartiment est un fonds monétaire à valeur liquidative à faible volatilité court terme tel que défini
par le Règlement 2017/1131. Le compartiment est noté AAAm par S&P Global Ratings. Cette note a été
demandée et financée par la Société de gestion. Elle est révisée périodiquement par Standard & Poor’s.
Le compartiment investit dans les limites fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1 dans un portefeuille diversifié d’instruments
du marché monétaire libellés en GBP, de dépôts auprès d’établissements de crédit, de contrats de prise et de mise en
pension, de parts ou des actions d’autres FM court terme et, à titre accessoire, de liquidités libellées en GBP.
Les instruments financiers dérivés (par ex. les IRS*) sont utilisés aux seules fins de couvrir les risques liés
à l’évolution du taux d’intérêt du compartiment. L’impact de ces instruments financiers dérivés sera pris
en compte dans le calcul de l’EMP**.
Ces investissements doivent respecter les règles du Portefeuille et l’évaluation de la qualité de crédit
fixées dans le Livre 1.
Niveau (proportion d’actifs) d’utilisation d’opérations de prise en pension :
- prévu : 10 %
- maximum : 100 %
« BNP Paribas InstiCash GBP 1D
SHORT TERM VNAV »
Compartiment absorbant
Afin d’obtenir le meilleur rendement possible en
GBP en ligne avec les taux du marché monétaire,
sur une période d’une journée, tout en visant à
protéger le capital et à maintenir un haut niveau
de liquidité, la période de 1 journée correspond
à l’horizon d’investissement recommandé du
compartiment.
Le compartiment est un fonds monétaire à valeur
liquidative variable court terme tel que défini
par le Règlement 2017/1131. Le compartiment
est noté AAAm par S&P Global Ratings. Cette
note a été demandée et financée par la Société
de gestion. Elle est révisée périodiquement par
Standard & Poor’s.
Le compartiment investit dans les limites
fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1 dans un
portefeuille diversifié d’instruments du marché
monétaire libellés en GBP, de dépôts auprès
d’établissements de crédit, de contrats de prise
et de mise en pension, de parts ou des actions
d’autres FM court terme et, à titre accessoire, de
liquidités libellées en GBP.
Les instruments financiers dérivés (par ex. les
IRS*) sont utilisés aux seules fins de couvrir
les risques liés à l’évolution du taux d’intérêt
du compartiment. L’impact de ces instruments
financiers dérivés sera pris en compte dans le
calcul de l’EMP**.
Ces investissements doivent respecter les règles
du Portefeuille et l’évaluation de la qualité de
crédit fixées dans le Livre 1.
Niveau (proportion d’actifs) d’utilisation d’opérations
de prise en pension :
- prévu : 10 %
- maximum : 100 %
À compter de la Date d’entrée en vigueur de la Scission, une heure limite supplémentaire pour la Centralisation des ordres (10h30 GMT+1 le Jour d’évaluation de la VL avant
le 25 décembre et le 1er janvier de l’année correspondante) s’appliquera aux Compartiments scindé et absorbant. La Date d’exécution de l’ordre, la Date de calcul et de
publication de la VL, la Date de règlement des ordres, les Frais des catégories d’actions, le Profil de l’investisseur type, le SRRI (1), le Processus de gestion des risques (approche
par les engagements) et toute autre caractéristique non décrite dans les tableaux ci-dessus sont les mêmes pour les Compartiments scindés et les Compartiments absorbants.
* IRS : Swaps de taux d’intérêt
**EMP : Échéance moyenne pondérée
Caractéristiques
Compartiment scindé « BNP Paribas InstiCash USD »
(qui sera renommé « BNP Paribas InstiCash USD1D LVNAV »)
Objectif
Jusqu’au 11 janvier 2019
d’investissement BNP Paribas InstiCash USD vise à dégager un rendement en ligne avec les taux du marché monétaire
en vigueur tout en cherchant à préserver le capital en tenant compte de ces taux et à maintenir un haut
niveau de liquidité.
À partir de la Date d’entrée en vigueur de la Scission (14 janvier 2019)
Afin d’obtenir le meilleur rendement possible en USD en ligne avec les taux du marché monétaire, sur une
période d’une journée, tout en visant à protéger le capital et à maintenir un haut niveau de liquidité et de
diversification, la période de 1 journée correspond à l’horizon d’investissement recommandé du compartiment.
Politique
Jusqu’au 11 janvier 2019
d’investissement BNP Paribas InstiCash USD est un fonds monétaire court terme tel que défini par l’AEMF.
BNP Paribas InstiCash USD investit dans un portefeuille diversifié d’instruments du marché monétaire tels que des
certificats de dépôt,des bons duTrésor,des effets de commerce et des obligations à moyenne échéance émis en USD.
Le compartiment investit également dans des contrats de pension livrée avec des contreparties de
premier ordre, tel que défini à ce Prospectus.
BNP Paribas InstiCash USD peut en outre détenir jusqu’à 49 % de ses actifs nets sous la forme de
liquidités, à titre accessoire.
BNP Paribas InstiCash USD peut par ailleurs utiliser des instruments financiers dérivés (swaps de taux
d’intérêt) uniquement à des fins de couverture. L’impact de ces instruments dérivés financiers sera pris en
compte dans le calcul de la maturité moyenne pondérée (risque de taux d’intérêt) de BNP Paribas InstiCash
USD. Ces instruments dérivés financiers seront utilisés en accord avec la stratégie d’investissement sur
les marchés monétaires du compartiment.
À partir de la Date d’entrée en vigueur de la Scission (14 janvier 2019)
Le compartiment est un fonds monétaire à valeur liquidative à faible volatilité court terme tel que défini
par le Règlement 2017/1131. Le compartiment est noté AAAm par S&P Global Ratings. Cette note a été
demandée et financée par la Société de gestion. Elle est révisée périodiquement par Standard & Poor’s.
Le compartiment investit dans les limites fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1 dans un portefeuille diversifié d’instruments
du marché monétaire libellés en USD, de dépôts auprès d’établissements de crédit, de contrats de prise et de mise en
pension, de parts ou des actions d’autres FM court terme et, à titre accessoire, de liquidités libellées en USD.
Les instruments financiers dérivés (par ex. les IRS*) sont utilisés aux seules fins de couvrir les risques liés
à l’évolution du taux d’intérêt du compartiment. L’impact de ces instruments financiers dérivés sera pris
en compte dans le calcul de l’EMP**.
Ces investissements doivent respecter les règles du Portefeuille et l’évaluation de la qualité de crédit
fixées dans le Livre 1.
Niveau (proportion d’actifs) d’utilisation d’opérations de prise en pension :
- prévu : 10 %
- maximum : 100 %
« BNP Paribas InstiCash USD 1D
SHORT TERM VNAV »
Compartiment absorbant
Afin d’obtenir le meilleur rendement possible en
USD en ligne avec les taux du marché monétaire,
sur une période d’une journée, tout en visant à
protéger le capital et à maintenir un haut niveau
de liquidité, la période de 1 journée correspond
à l’horizon d’investissement recommandé du
compartiment.
Le compartiment est un fonds monétaire à valeur
liquidative variable court terme tel que défini
par le Règlement 2017/1131. Le compartiment
est noté AAAm par S&P Global Ratings. Cette
note a été demandée et financée par la Société
de gestion. Elle est révisée périodiquement par
Standard & Poor’s.
Le compartiment investit dans les limites
fixées dans l’Annexe 1 du Livre 1 dans un
portefeuille diversifié d’instruments du marché
monétaire libellés en USD, de dépôts auprès
d’établissements de crédit, de contrats de prise
et de mise en pension, de parts ou des actions
d’autres FM court terme et, à titre accessoire, de
liquidités libellées en USD.
Les instruments financiers dérivés (par ex. les
IRS*) sont utilisés aux seules fins de couvrir
les risques liés à l’évolution du taux d’intérêt
du compartiment. L’impact de ces instruments
financiers dérivés sera pris en compte dans le
calcul de l’EMP**.
Ces investissements doivent respecter les règles
du Portefeuille et l’évaluation de la qualité de
crédit fixées dans le Livre 1.
Niveau (proportion d’actifs) d’utilisation d’opérations
de prise en pension :
- prévu : 10 %
- maximum : 100 %
À compter de la Date d’entrée en vigueur de la Scission, une heure limite supplémentaire pour la Centralisation des ordres (12h00 GMT+1 le Jour d’évaluation de la VL avant
le 25 décembre et le 1er janvier de l’année correspondante) s’appliquera aux Compartiments scindé et absorbant. La Date d’exécution de l’ordre, la Date de calcul et de
publication de la VL, la Date de règlement des ordres, les Frais des catégories d’actions, le Profil de l’investisseur type, le SRRI (1), le Processus de gestion des risques (approche
par les engagements) et toute autre caractéristique non décrite dans les tableaux ci-dessus sont les mêmes pour les Compartiments scindés et les Compartiments absorbants.
* IRS : Swaps de taux d’intérêt
**EMP : Échéance moyenne pondérée
6) Conséquences fiscales
Cette scission n’aura aucun impact fiscal au Luxembourg pour les Actionnaires absorbés.
Conformément à la Directive européenne 2011/16, les autorités luxembourgeoises sont tenues de transmettre aux autorités fiscales de l’État de résidence des Actionnaires
absorbés le produit brut total résultant de l’échange d’actions dans le cadre de la fusion.
Nous recommandons aux actionnaires de contacter leur conseiller fiscal local ou leur autorité fiscale locale pour tout conseil fiscal ou toute information supplémentaire sur les
conséquences fiscales possibles liées à cette opération.
7) Droit de rachat des actions
Les actionnaires n’approuvant pas la Fusion peuvent demander le rachat de leurs actions sans frais jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres, le 10 janvier 2019.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux
souscriptions, rachats et conversions effectués via ce type d’intermédiaire.
8) Autres informations
Pour garantir le traitement équitable des Actionnaires de chaque Compartiment scindé :
- Les actifs seront séparés et alloués aux Compartiments absorbants et les Compartiments scindés renommés selon un rapport de scission correspondant au poids relatif le
plus récent des Actions absorbées et non absorbées, respectivement ;
- Les passifs (sauf la « Taxe d’abonnement ») seront soustraits des Compartiments scindés avant l’application du rapport de scission. Les passifs seront finalement payés
par les Compartiments scindés sur lesquels ils ont été provisionnés. La « Taxe d’abonnement » sera transférée aux Compartiments absorbants et aux Compartiments scindés
renommés selon le montant provisionné au niveau d’actions respectif ;
- Les dépôts à vue seront alloués aux Compartiments absorbants et aux Compartiments scindés renommés respectifs selon la formule suivante : Actif net total du
Compartiment scindé*rapport de scission – [Actifs + Passifs]
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L’opération de scission et le calcul du rapport de scission seront validés par PricewaterhouseCoopers, Société Coopérative, le réviseur de la Société.
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Les Rapports annuel et semestriel et les documents légaux de la Société, les DICI des Compartiments absorbé et absorbant et les rapports du Dépositaire et du Réviseur
d’entreprises agréé au titre de cette opération sont disponibles auprès de la Société de gestion. Les DICI des Compartiments absorbants peuvent également être consultés sur
le site Internet https://www.bnpparibas-am.com/en/, où les actionnaires sont invités à en prendre connaissance.
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Bien à vous,
Le Conseil d’administration
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24 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
PME
&REGIONS
en
direct
Dockers solidaires
des « charbonniers »
L’énergie, deuxième
secteur industriel
en Ile-de-France
ÎLE-DE-FRANCE Plusieurs cen-
ÎLE-DE-FRANCE La désindustria-
taines de salariés de l’énergie et
de dockers ont manifesté jeudi
à Paris, à l’appel des fédérations
CGT Energie et Ports et Docks,
pour demander un moratoire
sur la fermeture des centrales
à charbon. Les manifestants
se sont rassemblés en fin de
matinée à proximité du ministère
de la Transition écologique.
lisation de l’Ile-de-France
se poursuit. Entre 2008 et 2015,
la région a perdu 60.000 emplois
industriels, pour atteindre
460.000 emplois, soit 7 %
des effectifs selon une étude
conjointe de l’INSEE, l’IAU,
le Crocis et la Banque de France.
« La production d’énergie devient
le deuxième secteur industriel
francilien (en effectifs) à la place de
la fabrication de produits informatiques », note l’IAU qui pointe,
depuis la crise, un recentrage des
activités (production et distribution d’eau...) et une orientation
vers les activités de recherche,
plus qualifiées. En 2017, la conjoncture s’améliore pour les PME
franciliennes. Leur chiffre d’affaires a grimpé de 4 % (contre 1,4 %
en 2016). Les investissements des
PME industrielles ont cru de 4,5 %.
La bijouterie-joaillerie française
a retrouvé tout son éclat
l Boostés par la cote du luxe à la française, les ateliers de sous-traitants
et des maisons de la place Vendôme embauchent et s’agrandissent.
l Durant la crise, les 2.614 entreprises du secteur n’ont connu ni licenciement ni fermeture d’atelier.
MCGP va créer
150 emplois
à Besançon
JOAILLERIE
Fabricant pour les grandes
maisons de la place
Vendôme, MCGP confirme
son implantation dans
le Grand Besançon, où il
emploie déjà 70 personnes.
Monique Clémens
— Correspondante à Besançon
A la Haute Ecole de joaillerie
de Paris, rue du Louvre, l’outil de
formation de la chambre syndicale,
qui fêtait ses 150 ans en 2017 et dont
toutes les promotions sont parrainées par des maisons comme
Boucheron, Piaget ou Chaumet,
deux indicateurs témoignent de la
santé retrouvée de la filière française. D’abord la hausse du nombre de jeunes en alternance. Sur
600 élèves, ils sont 150 aujourd’hui,
contre 40 il y a dix ans. Ensuite, le
fort taux d’employabilité, estimé à
98 % à six mois.
Les métiers les plus demandés
par les ateliers de fabrication maison ou de sous-traitance des Mauboussin, Chanel, Dior, Bulgari et
autres établissements de la place
Les métiers les plus
demandés sont
des bijoutiers-joailliers
en fabrication
ou en création.
On voit aussi arriver
des métiers nouveaux
comme infographiste
prototypiste.
Vendôme appartenant aux groupes
Richemont, Kering ou LVMH (propriétaire des « Echos ») sont ceux
des bijoutiers-joailliers en fabrication ou en création. Mais Michel
Baldocchi, le directeur général de
l’école, voit aussi arriver des métiers
nouveaux comme celui d’infographiste prototypiste. Il perçoit également une tension sur les métiers
d’orfèvre, de lapidaire ou encore de
glypticien – l’artisan qui taille ou
sculpte les pierres précieuses. « Ce
A la Haute Ecole de Joaillerie, quelque 600 élèves sont formés aux différents métiers nécessaires à la création et à la réalisation de bijoux.
Photos Yves Duronsoy
sont des métiers à petits effectifs,
mais on assiste, par exemple, à une
hausse de la demande de lapidaires,
chez les fabricants, pour le travail de
retouche. Nous comptons désormais
4 ou 5 apprentis par an contre 1 seul,
voire pas du tout il y a dix ans. »
Concurrence asiatique
Le dirigeant d’un négociant lapidaire, qui en emploie 15 (dont
3 Meilleurs ouvriers de France) à
Paris et dans le Jura, confirme :
« C’est long et compliqué de former
un lapidaire. Si j’en trouvais, j’en
embaucherais tout de suite. C’est une
profession qui a beaucoup souffert de
la concurrence asiatique, avec des
producteurs de pierres qui se sont
mis à tailler eux-mêmes, et la seule
façon de garder le métier a été d’aller
vers le haut de gamme. »
Car il y a dix ans, la bijouteriejoaillerie française prenait la crise
de plein fouet. Le chiffre d’affaires
avait connu un trou d’air, passant de
1,8 milliard d’euros en 2008 à
1,5 milliard en 2009 (selon le Comité
Francéclat). La filière s’était prise en
main. « Nous nous étions inspirés de
ce qui se faisait dans l’automobile et
nous avons profité de la crise pour
former nos salariés », raconte Bernadette Pinet-Cuoq, présidente
déléguée de l’Union française de la
bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, des
pierres et des perles (UFBJOP).
« Cela a porté ses fruits et, dix ans
plus tard, la filière est très attractive,
avec une chaîne de valeur vertueuse,
des sous-traitants qui travaillent sur
la traçabilité et la sécurité des consommateurs, et des capacités de production en hausse », se félicite-t-elle.
La crise passée, cette activité, qui
compte 2.614 entreprises et n’a
connu ni licenciement ni fermeture
d’atelier, assure l’UFBJOP, va bien.
A 1,89 milliard d’euros, le chiffre
d’affaires 2017 a connu une croissance de 7 % (13 % pour les bijoux
empierrés) et est remonté à son
niveau de 2006. Et la croissance
devrait être encore meilleure pour
2018, estiment les experts.
« On est vraiment dans un secteur
qui a le vent en poupe », confirme le
dirigeant d’un jeune atelier de joaillerie francilien dont le chiffre d’affaires
2018 est en hausse de 15 % environ.
« Les jeunes marques comme Dior ou
Chanel créent une vraie demande
dans le monde de la haute joaillerie.
Nous étions vingt-deux il y a deux ans
et nous serons bientôt 30, ce qui nous
semble la taille idéale. »
Mais, parallèlement à cette
hausse du chiffre d’affaires, l’envolée la plus spectaculaire, qui tire la
production française, est celle de
l’export : entre 2007 et 2017, les ventes hors France sont passées de
1,8 milliard à 5,3 milliards d’euros.
Des chiffres qui s’expliquent par les
mouvements importants d’importation-réexportation des grossistes
et des grandes marques vendant
des produits très haut de gamme.
Portées par cette embellie du
luxe français, certaines maisons de
la place Vendôme investissent dans
leurs propres ateliers. « Elles intègrent la production de la haute
joaillerie et des lignes à haute valeur
ajoutée », indique une étude publiée
en septembre par « Les Echos Etudes ». Vuitton, Cartier et Chanel ont
ouvert les leurs à Paris ces dernières
années. Le groupe Richemont, lui, a
racheté l’atelier turinois Antica
Ditta Marchisio et l’atelier lyonnais
Joïa. Et Bulgari a ouvert en 2017 la
plus grande manufacture joaillière
d’Europe dans le Piémont italien. n
8.553
EMPLOYÉS
Les effectifs de la joaillerie
en 2017, en hausse de 5 à 10 %
par an depuis 2010.
Le grenat de Perpignan, premier bijou protégé par une IGP
Les bijoutiers catalans
veulent contrer la concurrence de fabricants en série
et ont obtenu le label
indication géographique
protégée.
Hubert Vialatte
— Correspondant à Montpellier
Rouge et or. Le grenat de Perpignan
est un bijou symbolique des Pyrénées-Orientales, à la fois par son
ancrage historique (depuis le
XIXe siècle) et ses teintes, reflets des
couleurs catalanes. Depuis le
23 novembre, le grenat de Perpignan bénéficie d’une indication
géographique (IG). C’est la première IG attribuée à des fabricants
de bijoux. Ce signe d’origine et de
qualité, délivré par l’Etat et super-
visé par l’Inpi (Institut national de la
propriété intellectuelle), vient protéger cette fabrication artisanale de
boucles d’oreilles, pendentifs,
bagues et autres colliers : travail sur
l’or, fabrication du chaton (réceptacle de la pierre), montage, sertissage
et poinçonnage. Un savoir-faire de
niche, non enseigné dans les écoles
de bijouterie, et exercé par seulement treize artisans, employant
45 salariés pour un chiffre d’affaires
cumulé de 1,5 million d’euros.
« Nous sommes concurrencés depuis
une dizaine d’années par des opérateurs qui fabriquent sur moulage, et
non pas à la main, explique Gilles
Desaphy, bijoutier depuis vingt-six
ans, coprésident de la Confrérie du
grenat de Perpignan et à la tête de Gil
et Jean. Ils vendent au même prix que
nous, avec un prix de revient moindre.
Ils investissent leurs marges en communication, et nous ont fait du mal en
termes de ventes. »
Conséquence du classement en
IGP : ces concurrents ne fabriquant
pas de façon artisanale, parmi lesquels se trouvent La Manufacture
du Grenat à Prades (PyrénéesOrientales) et Cas Bernard à NeufBrisach (Haut-Rhin), ne pourront
plus utiliser l’appellation grenat de
Perpignan. La provenance est certifiée par un organisme indépendant,
Certipaq, chargé de vérifier le respect du cahier des charges. Concrètement, le bijou homologué « IG
Grenat de Perpignan » est composé
d’or 750 millièmes (18 carats) et
d’une ou plusieurs pierres en grenat. Adapté à la pierre, le chaton
garantit une étanchéité, et donc une
plus grande longévité au bijou. Le
grenat, pierre fine translucide, est
importé de l’Afrique de l’Ouest et de
Madagascar. Il est présent dans les
vallées catalanes, mais ne peut être
exploité pour la bijouterie.
Une filière structurée
En matière de débouchés commerciaux, les bijoutiers catalans souhaitent désormais s’attaquer au
marché national. Un site Internet
marchand va être mis en ligne au
premier trimestre 2019 et, pour la
première fois, la présence à des foires et Salons professionnels est programmée, dont Bijorhca Paris (du
18 au 21 janvier). Un budget d’environ 100.000 euros va être mobilisé,
avec le soutien de la région Occitanie, de la ville de Perpignan et du
Comité Francéclat. « Les bijoux grenat de Perpignan sont d’une beauté
remarquable, et méritent un rayonnement plus large, observe Pascal
Faure, directeur général de l’Inpi. Ce
ne sont que des créations originales.
L’IG protège certes ce savoir-faire
localisé, mais doit aussi permettre de
donner une visibilité nationale, voire
internationale. » Petite et composée
d’artisans concurrents entre eux au
quotidien, la filière est désormais
structurée, comme en atteste la
rapidité – neuf mois – avec laquelle
le dossier a abouti.
L’Inpi a déjà homologué en IG le
granit de Bretagne, la pierre de
Bourgogne, la porcelaine de Limoges et les sièges de Liffol. D’autres
dossiers sont à l’instruction : tapis
et tapisseries d’Aubusson, couteaux
de Laguiole, santons de Provence,
poteries d’Alsace et charentaises de
Charente-Périgord. n
Le chantier de la future usine, un
bâtiment de 7.000 mètres carrés
construit par Vinci, a démarré en
octobre sur la technopole Témis
gérée par le Grand Besançon. MCGP
était déjà présent dans l’agglomération depuis le rachat, en 2012, du
groupe Losange, qui détenait
l’entreprise Franck & Person spécialisée dans l’usinage de pièces de
joaillerie et emploie 70 personnes.
Cette dernière sera rapatriée dans
les nouveaux locaux lors de leur
livraison, à l’été 2019. En 2010, MCGP
avait déjà repris l’atelier de haute
joaillerie parisien Coringer, place
Vendôme. MCGP emploie aussi
70 personnes à côté de Moulins
(Allier), où est implanté son siège.
Avec ses trois sites, le
groupe assure maîtriser
l’ensemble des savoirfaire du secteur.
Spécialisé dans la fabrication de
petites et grandes séries de pièces
pour des clients « de la place Vendôme », le groupe est en croissance
et embauche, indique Laurent Parruitte, son directeur général, qui n’a
pas souhaité révéler le chiffre
d’affaires. Avec ces trois sites, le
groupe assure maîtriser l’ensemble
des savoir-faire du secteur : la gestion de la production par ordinateur, la fonderie, l’usinage, le polissage et le sertissage.
12,4 millions d’investissement
Le besoin de s’agrandir et la proximité, sur Témis, de l’institut
Femto-ST et d’acteurs microtechniques pour accompagner les innovations, justifient ce choix d’implantation durable dans l’ancienne
capitale horlogère. « L’innovation
peut concerner les matériaux ou les
techniques d’usinage, explique le
dirigeant. Nous voulons être capables de nous adapter à la demande et
de sortir des produits dans des délais
de plus en plus courts. » L’investissement total se monte à 12,4 millions
d’euros et vise une certification
Breeam (qualité environnementale
et sociale) pour le bâtiment. Le projet est soutenu par l’agglomération
et la région, qui voient d’un bon œil
toute création d’emploi dans le luxe,
vu ici de plus en plus comme l’héritage du savoir-faire microtechnique et horloger. L’entreprise
annonce la création de 150 emplois
d’ici à cinq ans, qui devraient s’ajouter aux 70 de Frank & Person.
« L’outil de production sera à la hauteur des enjeux de la filière », indique
Bruno Favier, directeur de Témis,
dont l’équipe mobilise déjà l’UIMM,
Pôle emploi et la région pour préparer les recrutements. — M. Cl.
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PME & REGIONS // 25
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
90
La basilique de Saint-Denis en Ilede-France va retrouver sa flèche
Nord, démontée en 1846. La mairie
et le Centre des monuments nationaux ont signé cette semaine les
conventions nécessaires au lancement du projet, selon « Le Parisien ».
OCCITANIE La métropole
De nombreuses entreprises mécènes et des visites payantes du chantier devront financer les 28 millions
d’euros de budget pendant onze ans.
La fréquentation de la basilique
devrait en profiter, elle plafonne à
130.000 visites par an.
Lydie Lecarpentier/RÉA
MÈTRES DE HAUT
innovateurs
Eau : Toulouse
vote pour la DSP
de Toulouse, réunissant 37 communes, a opté jeudi pour deux
délégations de service public
(DSP) confiées à Veolia pour
la gestion de l’eau et à Suez pour
l’assainissement, au terme d’un
vote de son Conseil. Sur 134 élus,
84 ont voté pour, 36 contre,
13 se sont abstenus et une personne ne s’est pas prononcée.
Kurma Partners vise
150 millions pour son
nouveau fonds biotech
HAUTS-DE-FRANCE
A Hellemmes (Nord),
la SNCF a posé
la première pierre du
chantier de rénovation
de son atelier de
maintenance des TGV.
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
Même s’il a été largement rénové
depuis, et même reconstruit aprèsguerre, le technicentre industriel de
la SNCF à Hellemmes, près de Lille,
date tout de même de 1873. Les bâtiments de cet de maintenance et de
rénovation des trains étaient devenus vétustes, et l’outil de production
n’était plus du tout adapté aux
matériels d’aujourd’hui. Il va donc
être reconstruit, en lieu et place de
l’actuel pour devenir une usine
4.0, « ce qui nous a valu le label
vitrine de l’industrie du futur », souligne Jean-Paul Gomaris, directeur
de ce technicentre, le plus grand de
l’Hexagone avec 1.000 salariés,
27.000 pièces réparées et 180 voitures TGV rénovées chaque année. La
SNCF investit là 57,2 millions
d’euros : 37,2 pour l’immobilier et
Illustration du projet de reconstruction de l’Atelier 57 qui devrait
être opérationnel en septembre 2019. Photo Céline Czermak
20 millions dans le processus
industriel.
Plan de modernisation
Cela fait partie d’un vaste plan de
modernisation lancé par la SNCF
en 2013 sur les dix technicentres
industriels qu’elle compte en
France, 360 millions d’euros
d’investissement sur dix ans. Hellemmes, où la première pierre a été
posée fin novembre, est le 4e chantier à être lancé après celui de Ren-
nes, qui a déménagé en 2015. Celui
d’Oullins, près de Lyon, s’installera
à Vénissieux l’année prochaine,
suivi de près par celui de Romillysur-Seine, transféré non loin de son
site actuel. Hellemmes verra arriver
la première rame de TGV à rénover
le 1er septembre 2019. Outre la maintenance et la réparation de pièces de
rechange (boggies, essieux, transformateurs, cartes électroniques…), ce centre est notamment
spécialisé pour les rames TGV, Tha-
lys et Eurostar, dans les opérations à
mi-vie (tous les vingt ans) au cours
desquelles les voitures sont totalement désossées et rhabillées ou
pour des opérations plus légères de
modernisation, comme l’installation d’Internet à bord des rames.
« Dans ce nouveau centre, explique
Jean-Paul Gomaris, il n’y aura plus
ni rail, ni fosse, ni pont roulant. Les
trains seront déplacés par des “mouvers” de gros chariots électriques. Et
de petits robots amèneront directement les pièces au pied de ces trains. »
L’ gagnera en rapidité « permettant
à nos clients une plus grande disponibilité des trains qu’ils nous confient »,
ajoute le directeur.
Ces locaux plus ergonomiques
amélioreront les conditions de travail, la productivité, en optimisant
les coûts et permettront une plus
grande polyvalence. « Demain, nous
pourrons rénover d’autres matériels
tels que des TER ou des Transilien »,
annonce Jean-Paul Gomaris.
« L’Atelier 57 », comme il a été
rebaptisé, totalisera 26.300 mètres
carré contre 47.000 aujourd’hui en
plusieurs bâtiments. Une construction plus respectueuse de l’environnement avec un toit de 8.000 mètres
carrés de panneaux solaires et un
pilotage énergétique numérisé et
centralisé. n
DR
Un technicentre industriel 4.0
pour la SNCF près de Lille
LE FINANCEMENT
KURMA PARTNERS
Date de création : 2009
Associés : Rémi Droller,
Thierry Laugel et Vanessa
Malier (de gauche à droite)
Montant visé : 150 millions
Effectif : 12 personnes
Secteur : biotechnologies
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
Avec son troisième fonds
Kurma Biofund III, dédié au
financement de thérapies novatrices, Kurma Partners veut tripler la mise avec un closing
final qui vise 150 millions
d’euros d’ici à juin 2019. « Nous
avons déjà des engagements audelà de 90 % de ce montant »,
assure Thierry Laugel, fondateur et associé de la société de
capital-risque spécialisée dans
les sciences de la vie, qui a
éprouvé son modèle d’investissement original depuis dix ans
en Europe. Pour finaliser le premier closing, annoncé ce vendredi mais au montant non
Solvay se positionne sur le marché
des batteries de voitures électriques
Sur son site jurassien,
le groupe belge va
augmenter de 35 % sa
production de PVDF.
Monique Clémens
— Correspondante à Besançon
En 2015, Solvay avait cédé ses activités chlorovinyliques à Inovyn, filiale
d’Ineos, dont le siège est en Suisse.
Sur le site historique de Tavaux
(Jura), datant de 1930, les deux entreprises cohabitent désormais et le chimiste belge, qui a gardé ses activités
de spécialités, vient de lancer un
chantier visant à augmenter de 35 %
sa production de PVDF (polyfluorure de vinylidène, polymère à haute
performance), un polymère notamment utilisé dans les batteries électriques. En 2011-2012, quelque 26 millions d’euros avaient déjà été investis
dans cette production stratégique
pour l’augmenter de 50 %. Cette fois,
le montant de l’investissement n’a
pas été révélé, mais « il est à deux chiffres », indique Jean-Philippe Batard,
chef de projet. Selon une source proche, il pourrait se monter à environ
20 millions d’euros.
Avec le PVDC, un emballage alimentaire et pharmaceutique, le
PVDF , est l’un des deux polymères
produits à Tavaux, où l’on fabrique
aussi des produits fluorés. Le PVDF
est utilisé dans l’extraction pétrolière, mais aussi dans les composants électroniques et les batteries
lithium-ion destinées aux véhicules
électriques.
En ordre de bataille
C’est ce troisième marché, en plein
boom, qui justifie l’augmentation de
production. « Il est en hausse de 25 à
30 % par an et il est exigeant, ajoute
Jean-Philippe Batard. Le PVDF améliore l’efficacité des batteries grâce ses
qualités de résistance aux hautes
températures et aux produits chimiques. Il est utilisé au niveau des cathodes et anodes comme matériau liant,
et en couche protectrice. » Solvay, qui
emploie encore 639 personnes sur
le site jurassien (dont 25 en R&D), se
met ainsi en ordre de bataille pour
être prêt au moment où pourrait
être lancé le consortium européen
de fabrication de batteries. L’entreprise (10 milliards d’euros de chiffre
d’affaires) revendique une position
de leader mondial dans la production de PVDF et compte deux autres
sites de fabrication dans le monde,
aux Etats-Unis mais aussi en Chine
depuis 2017. Les trois usines ont
vocation à alimenter le marché
mondial. A Tavaux, les 35 % de
hausse de la production devraient
être atteints par l’investissement et
par l’amélioration des performances industrielles et 35 emplois
devraient être créés d’ici à deux ou
trois ans. n
Cosmolys valorise les déchets médicaux
LA PME À SUIVRE
HAUTS-DE-FRANCE
Effectif : 75 salariés
Chiffre d’affaires : 7,4 millions
Activité : environnement
Santélys, association loi de 1901
reconnue d’utilité publique, spécialiste de la prise en charge de patients
à domicile, a créé Cosmolys en 1997
pour collecter et traiter les déchets de
soins à risques infectieux (Dasri) de
ces patients. L’entreprise a progressivement élargi sa collecte aux centres
hospitaliers, laboratoires d’analyses
médicales ou pharmaceutiques ou
encore aux professionnels médi-
caux. Rayonnant au nord d’une ligne
Orléans-Auxerre, elle traite de 8.000
à 9.000 tonnes de déchets par an sur
deux sites : de 5.000 à 6.000 tonnes
sur son implantation historique
et siège social d’Avelin (Nord), près
de Lille, et le reste à SaintOuen-l’Aumône (Val-d’Oise), site
ouvert en 2014 pour couvrir la région
parisienne. Cosmolys a innové en
2010 en procédant à la désinfection
des déchets broyés (broyats) par
micro-ondes, donc par chaleur
sèche, alors que cela se faisait jusque-là par autoclave, à la vapeur
d’eau. Ainsi, le résidu est désormais
sec, et non plus mouillé, ce qui permet de l’enfouir ou de l’incinérer.
La société, qui cherchait à mieux
valoriser ces déchets, vient à nou-
veau d’innover avec l’acquisition,
pour 700.000 euros, d’une machine
pour trier les broyats. « Nous allons
dans un premier temps récupérer le
polypropylène, un type de plastique
qui sera revendu à des industriels
pour l’extruder, les granulats devenant une nouvelle matière première
pour des emballages », analyse
Arnaud Mary, dirigeant de Cosmolys, pour qui il s’agit d’une première
mondiale dans le domaine des Dasri.
Expérimentation
En l’absence de cadre réglementaire
dans ce domaine de la valorisation
des Dasri, la société a répondu à un
appel à projet de France Expérimentation, un dispositif du ministère de
l’Economie et des Finances permet-
tant aux entreprises de tester de nouveaux cadres législatifs ou réglementaires, ce qui permet de lancer une
innovation plus rapidement. L’autorisation devrait être donnée en début
d’année pour une durée de trois ans.
L’entreprise pense déjà à d’autres
matières à extraire comme la polyoléfine, type de plastique dur, les
métaux ou encore les non-tissés.
« On pourrait à terme aller jusqu’à
70 % de déchets valorisés », ajoute
Arnaud Mary. La PME, qui emploie
75 personnes dont 55 sur son siège
d’Avelin, réalisera cette année un
chiffre d’affaires de 7,4 millions
d’euros en progression de 14,3 % par
rapport à 2017 et table sur 8,1 millions d’euros en 2019.
— N. Bu. (à Lille)
Ticket de 10 millions
Ave c s o n n o u ve a u f o n d s ,
l’équipe de Kurma Partners projette de financer de 12 à 15 sociétés de biotechnologies, dont 5
ou 6 start-up qu’elle va créer en
partenariat avec une entreprise
européenne ou américaine. A
l’instar de Dynacure qui, s’attaquant aux maladies orphelines
graves, a mobilisé 47 millions
en juillet 2018, fort de son
accord avec le californien Ionis
Pharmaceuticals. « On est un
peu frustré de ne pas avoir pu
mettre plus d’argent dans Dynacure, vu la capacité financière
limitée de notre deuxième
fonds », confie Rémi Droller.
Avec Kurma Biofund III, le ticket d’investissement va tripler à
environ 10 millions d’euros. n
L’Ifremer teste le
capteur acoustique qui
protège les dauphins
tion Les Pêcheurs de Bretagne, a
initié un premier programme
de recherche, nommé « PIC ».
Captures réduites de 65 %
DR
BOURGOGNE FRANCHE-COMTÉ
divulgué, Thierry Laugel et ses
deux associés, Rémi Droller et
Vanessa Malier, ont convaincu
deux nouveaux partenaires
emblématiques du secteur :
Ser vier et bpifrance. Déjà
actionnaire de Kurma
Biofund II (55 millions en 2013),
IdInvest leur réitère sa confiance. « Notre modèle de collaboration avec Servier, qui veut
prendre une position plus forte
sur l’innovation et les biotechnologies dans les années à venir,
sera le même qu’avec GSK, partenaire pharmaceutique de
notre deuxième fonds », explique Vanessa Malier, dont le parcours est passé par CDC Innovation, puis le laboratoire Ipsen.
LE PROJET
PIC
Lancement : février 2018
Porteur du projet :
Les Pêcheurs de Bretagne
Partenaires : Ifremer,
France Filière Pêche…
Budget : 75.000 euros
Secteur : pêche
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Les pêcheurs professionnels
sont souvent confrontés à la
prise accidentelle de dauphins
dans leurs filets. Remontés à
bord, ils sont victimes de nageoires cassées ou morts asphyxiés.
Ne pouvant être conservés, les
cétacés sont remis à l’eau et
s’échouent sur les plages. Pour
limiter la disparition de cette
espèce protégée qui a migré,
compte tenu du changement climatique, de la mer du Nord vers
la Manche, la mer Celtique et le
golfe de Gascogne, l’institut de
recherche Ifremer, soutenu par
France Filière Pêche et l’associa-
Il a permis d’équiper de capteurs
acoustiques les vastes filets
remorqués de six bateaux pélagiques. Ils émettent en permanence des signaux qui éloignent
les mammifères, sans gêner les
autres espèces. Pour mesurer
l’efficacité du système, 218 opérations de pêche ont ainsi été
observées au cours de l’hiver et
du printemps derniers. « La
diminution des captures a été de
65 % », précise Thomas
Rimaud, chargé du programme
de recherche au sein des
Pêcheurs de Bretagne.
Chaque année, de 700 à
800 dauphins s’échouent sur les
plages de l’Atlantique. Pour
déterminer avec précision s’il
s’agit ou non d’une capture accidentelle, il est prévu « que tous
les navires pélagiques soient équipés de répulsifs acoustiques pour
la saison hivernale 2018-2019 »,
ajoute Thomas Rimaud. Un
second projet de recherche, baptisé « Licado », qui démarre
pour trois ans, va couvrir toutes
les activités de la pêche, afin de
développer des capteurs acoustiques encore plus performants.
Ils se déclencheront uniquement en cas d’approche des dauphins, ce qui permettra de les
recharger moins souvent, ces
signaux acoustiques fonctionnant grâce à des batteries. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
STABILITÉ DU FRANC SUISSE
L’euro est demeuré stable après
la statu quo de la Banque nationale Suisse (BNS). Depuis le
début de l’année, la devise suisse
a gagné 3,7 % par rapport à l’euro.
La BNS a révisé en baisse ses
prévisions d’inflation en 2019 à
0,5 % contre 0,8 % en septembre,
du fait de la baisse des cours du
pétrole. Elle estime que le franc
« s’inscrit toujours à un niveau
élevé, et la situation sur le marché
des changes demeure fragile ».
les
indices
Complémentaire santé : Buzyn accuse
les mutuelles de « sabotage politique »
l Les complémentaires santé ont commencé à appeler les cotisations
pour l’année 2019, qui sont en hausse.
l La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, critique un « sabotage politique »
de sa réforme du reste à charge zéro.
MUTUELLES
Solveig Godeluck
@Sollwii
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Un « sabotage politique ». Agnès
Buzyn a attaqué bille en tête les
mutuelles, jeudi matin, dans une
interview à France Culture. La
ministre de la Santé s’est emportée contre les augmentations de
cotisations des organismes complémentaires. Elles ruinent, selon elle,
la promesse gouvernementale du
« reste à charge zéro » en matière de
lunettes, d’audioprothèses et de
prothèses dentaires. « Il est hors de
question que les mutuelles profitent
d’une réforme qui a été négociée pour
augmenter leurs prix ; je ne le tolérerai pas », s’est exclamée Agnès
Buzyn, qui se départit rarement de
son calme en public. En pleine crise
des « gilets jaunes », la problématique d’accès aux soins pourrait rapidement se muer en revendication
de pouvoir d’achat. « En ce moment
où les banques s’apprêtent à geler
leurs frais, si les assureurs vont trop
loin, ils vont trouver des interlocu-
teurs ! », explique une source gouvernementale. Emmanuel Macron
a d’ailleurs annoncé aux grands
patrons réunis mercredi soir à l’Elysée qu’il allait recevoir les assureurs
et les mutuelles.
Il semble pourtant qu’il n’y ait pas
eu d’explosion des tarifs. En octobre, les présidents des trois fédérations (assureurs, institutions de
prévoyance, mutuelles) et de leur
maison commune, l’Unocam, ont
En pleine crise
des « gilets jaunes », la
problématique d’accès
aux soins pourrait
rapidement se muer
en revendication
de pouvoir d’achat.
convenu dans le bureau de la ministre de ne les augmenter qu’en fonction de la consommation. Ils pourront aussi lisser les prix sur trois
ans. « Sur 2019, dans nos mutuelles
Aesio, nous avons appliqué une
hausse de 2,30 % à 2,40 %, sans
répercuter le 0,5 % de coût du reste à
charge zéro », plaide Maurice Ronat,
Trois ans pour aboutir
au reste à charge zéro
Scellée en juin 2018 avec la Sécurité sociale, les assureurs privés et les professions de santé concernées
après six mois de tractations, la réforme du reste à
charge zéro, baptisée « 100 % Santé », entre en vigueur
l’année prochaine. Elle se déploiera en trois ans. En 2022,
chaque Français devra avoir la possibilité de s’équiper
gratuitement chez l’opticien, le chirurgien-dentiste ou
l’audioprothésiste. Cela passe par une augmentation
des bases de remboursement de l’assurance-maladie
obligatoire, un alignement vers le haut de la prise
en charge par les complémentaires, et des plafonds
de tarifs imposés aux vendeurs d’équipements.
président d’Aesio et de l’Unocam.
Les tarifs intègrent en revanche le
vieillissement, la demande de soins,
et certaines mesures votées à
l’automne : 50 millions d’euros supplémentaires à investir dans le forfait médecin traitant et 40 millions
dans la revalorisation des consultations médicales.
« Une déclaration de guerre »
En fait, ce ne sont pas les augmentations de tarifs qui ont ulcéré Agnès
Buzyn, mais la façon dont elles ont
été motivées dans les courriers
d’appels de cotisation pour 2019
envoyés par un grand assureur privé
et par des mutuelles de fonctionnaires. Les uns et les autres montraient
du doigt les décisions gouvernementales… « Une déclaration de guerre »,
tranche l’entourage de la ministre.
Même réaction très vive dans la
majorité parlementaire. Olivier
Véran, le rapporteur du budget de la
Sécurité sociale, estime qu’« il faut
agir. Sur les coûts de gestion, la transparence, tout ». « Je reste favorable à
une réflexion sur une complémentaire publique », ajoute le député En
marche. Une menace qui se profile
déjà dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour
2019, qui étend la couverture maladie universelle complémentaire audelà de ses bénéficiaires actuels.
Les débats risquent en tout cas
d’être animés mardi prochain lors
de la première réunion du comité
de suivi de la réforme, en présence
d’Agnès Buzyn. A l’ordre du jour,
l’amélioration de la lisibilité des
contrats. « Nous allons proposer
d’utiliser le même vocabulaire partout, de donner des exemples en
euros… Nous avons un an pour nous
mettre en ordre de bataille », juge
Jean-Paul Lacam, au nom des institutions de prévoyance. La question
des tarifs pourrait s’inviter dans la
discussion. n
Ils ont dit
« Depuis deux ans,
les pouvoirs publics
passent leur temps
à analyser
les dépenses
des mutuelles.
Mais le reste à
charge zéro, le tiers
payant, ça coûte. »
MAURICE RONAT Président
d’Aesio et de l’Unocam.
Photo DR
« On ne pourra pas
revenir sur les tarifs
de janvier. Il y a des
contrats, des délais
de prévenance… Et
puis si on perd à
tous les coups, ça va
devenir pénible. »
JEAN-PAUL LACAM Délégué
général du Centre technique
des institutions de prévoyance
(CTIP).
Photo DR
« Il est hors de question que les mutuelles profitent d’une réforme
qui a été négociée pour augmenter leurs prix ; je ne le tolérerai
pas », s’est exclamée, jeudi, Agnès Buzyn. Photo Denis Allard/RÉA
Finance verte : un plan à 10 milliards d’euros pour la France
FONDS
Un rapport, qui sera
remis vendredi
à François de Rugy
et Bruno Le Maire,
préconise la création
d’un fonds vert.
Il permettera d’investir 10 milliards d’euros
dans l’Hexagone.
Thibaut Madelin
@ThibautMadelin
Faire travailler le public et le privé
pour financer ensemble la transition
énergétique. C’est la recommandation phare du rapport qui sera remis
ce vendredi à François de Rugy et
Bruno Le Maire par Pascal Canfin,
directeur général de l’organisation
de protection de l’environnement
WWF France, et Philippe Zaouati,
directeur général de Mirova, une
filiale de la banque Natixis, et président de Finance for Tomorrow, l’initiative parisienne en faveur de la
finance verte. « La France affiche un
déficit d’investissement de 10 à 30 milliards d’euros par an au regard de ses
objectifs climatiques, déclare aux
“Echos” Pascal Canfin. Pour le combler, il manque un outil de garantie
publique qui puisse favoriser les investissements privés. » En substance,
l’ancien ministre propose de créer
un « plan Juncker vert à la française », qui couvrirait en partie ces
besoins et utiliserait l’effet de levier
pour financer des investissements.
Sur le papier, la recette paraît
simple. Selon les deux auteurs, qui
ont été mandatés l’été dernier par
les ministres de la Transition énergétique et des Finances, il suffirait
en effet de mobiliser 1 milliard
d’euros pour permettre d’investir
un total de 10 milliards avec des
investisseurs privés. Ces fonds viendraient pour moitié (500 millions)
du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) ou
de son successeur, InvestEU.
« France Transition »
La seconde moitié de l’enveloppe
(500 millions) serait issue du budget de l’Etat sur une durée de trois
ans, soit 166 millions d’euros par an.
Un montant certes raisonnable au
regard du potentiel qu’il peut générer au final, mais qui risque
d’éprouver la volonté du président
de la République de traiter à la fois
« fin du monde et fin de mois » sur
fond de colère des « gilets jaunes ».
Mais ce ne sera pas forcément la
moindre difficulté. Pour gérer ce
fonds, les auteurs proposent la
création d’une sorte de guichet unique réunissant une équipe sous le
nom de « France Transition ». C’est
là que commence la complexité :
cette équipe n’aurait pas de structure légale et dépendrait de quatre
acteurs, qui disposent déjà de leurs
propres instruments (CDC, bpifrance, Ademe, Agence française de
développement) et deux tutelles
(ministère de la Transition énergétique et Bercy).
Décidé à lutter contre le réchauffement climatique, l’Etat se dit prêt.
« Personne n’y arrivera tout seul, ni
les citoyens, ni l’Etat, ni les entreprises, ni les gestionnaires d’actifs,
déclarait fin novembre Bruno Le
Maire. Il faut que, tous ensemble,
nous avancions dans la même direction et nous conjuguions nos
efforts… Et je souhaite que la finance
joue pleinement son jeu (son rôle)
dans ce domaine. »
Comme la Banque européenne
d’investissement (BEI), France
Transition aurait vocation à développer des critères communs en
matière de garantie publique. Les
projets financés viseraient en priorité les technologies matures dont
le déploiement apparaît encore risqué aux yeux d’investisseurs privés. Par exemple, les unités de
méthanisation d’exploitations agricoles ou les bornes de recharge
électriques. n
« La France affiche
un déficit
d’investissement de
10 à 30 milliards
d’euros par an au
regard de ses
objectifs climatiques.
Pour le combler, il
manque un outil de
garantie publique qui
puisse favoriser les
investissements
privés. »
PASCAL CANFIN
DG de WWF France
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 27
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Comment AXA veut tirer parti
de l’acquisition de XL Group
Pimco aborde 2019
avec prudence
l L’assureur français a acquis, il y a trois mois, pour plus de 15 milliards
de dollars son concurrent XL Group.
l Le processus d’intégration devrait être mené à bien en deux ans.
Dans un contexte
difficile, Pimco
a privilégié une
approche prudente
pour 2019, en
favorisant les actifs
liquides.
FONDS
Pierrick Fay
@pierrickfay
ASSURANCE
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
— A New York
AXA entre dans le vif du sujet. Trois
mois après avoir finalisé l’acquisition à plus de 15 milliards de dollars
de son concurrent XL Group, AXA a
commencé le processus d’intégration de cette grande compagnie
spécialisée dans l’assurance des
entreprises et la réassurance et
domiciliée aux Bermudes. Ce travail devrait prendre « environ deux
ans », ont déclaré cette semaine les
dirigeants de la nouvelle division
AXA XL, lors d’une rencontre avec
des journalistes dans leurs bureaux
new-yorkais du sud de Manhattan.
« Nous sommes très confiants sur
les synergies de revenus », a souligné
Greg Hendrick, le directeur général
de cette division dédiée à l’assurance-dommages des grandes entreprises et des risques de spécialité
regroupant les activités de XL
Group, AXA Corporate Solutions,
AXA Art et AXA Matrix. L’assureur
en attend à hauteur de 100 millions
d’euros par an, avec notamment la
perspective d’utiliser les réseaux de
distribution d’AXA pour vendre
plus d’assurances aux PME. Lors de
sa journée investisseurs de fin
novembre, AXA avait aussi revu à la
hausse les synergies de coûts, à
300 millions d’euros par an, contre
200 millions auparavant. Le retrait
de la cote de XL Group va notamment dégager des « économies substantielles », souligne Stephen Robb,
le directeur financier d’AXA XL.
Le marché scrutera
les résultats 2019
Pour AXA, il s’agit désormais de
montrer aux marchés que cette
opération s’imposait. L’annonce,
début mars, de cette acquisition
d’un montant inattendu avait fait
réagir violemment les investisseurs. Depuis le début de l’année, le
titre AXA a perdu 21,91 %, baissant
plus que l’indice sectoriel STOXX
Insurance 600 (–9,26 %).
« Cette sous-performance résulte
essentiellement de l’acquisition de
XL. Le marché est encore assez sceptique sur la capacité de génération de
résultat de XL. Il faudra attendre les
résultats du premier semestre 2019
pour mieux mesurer sa rentabilité
structurelle », estime Benoît Valleaux, analyste chez Oddo BHF, qui
reste à l’achat sur AXA. « C’est normal que les marchés réagissent ainsi.
Il faut leur laisser le temps de mon-
trer que cela peut fonctionner. C’est
une question d’exécution maintenant », relève un autre analyste.
Avec cette acquisition et la mise en
Bourse de ses activités financières
(assurance-vie, gestion d’actifs) américaines, AXA ne ressemble plus au
groupe qu’il était naguère. Il revendi-
AXA revendique
désormais le premier
rang mondial pour
l’assurance-dommages
des entreprises,
avec plus de
30 milliards d’euros
de chiffre d’affaires
dans cette activité.
que désormais le premier rang mondial pour l’assurance-dommages
des entreprises, avec plus de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires
dans cette activité. Et il est moins
exposé aux risques financiers.
Mais l’acquisition de XL Group,
qui assure des grandes entreprises
et réassure des compagnies d’assurances dans le monde entier, le rend
aussi un peu plus sensible aux
catastrophes naturelles. Les inves-
Avant l’été, le gérant d’actifs
américain avait mis en garde les
investisseurs, lors de son forum
séculaire sur les « lendemains
qui déchantent ». La suite de
l’année a montré que 2019
s’annonce aussi comme une
année pleine de défis. En ce
mois de décembre, comme il le
fait trois fois par an, le groupe a
réuni de nombreux experts
pour affiner sa vision sur les
marchés financiers dans les six
à douze mois à venir. Parmi eux,
des conseillers prestigieux,
comme Ben Bernanke (ancien
président de la Fed de 2006 à
2014), Michael Spence (prix
Nobel d’économie en 2001) et
Gene Sperling (qui a conseillé
Bill Clinton et Barack Obama
sur les questions économiques)
ou des intervenants, comme
Richard Thaler, prix Nobel
d’économie en 2017.
Leurs conclusions semblent
assez largement partagées dans
la communauté financière :
une économie qui reste en
croissance, mais qui ralentit ;
un soutien des banques centrales qui diminue et enfin un risque politique qui pèse lourd
dans le paysage. Ce constat
pousse Pimco à maintenir une
vue relativement prudente.
tisseurs en ont eu un avant-goût
avec le récent ouragan Michael aux
Etats-Unis et les incendies en Californie. « Il y a un travail d’éducation
à faire sur notre portefeuille de catastrophes naturelles », reconnaît
Alban de Mailly Nesle, le directeur
des risques d’AXA.
L’assureur avait déjà souligné
que la volatilité des résultats est
sous contrôle. « Nous avons acheté
plus de réassurances », explique-t-il.
XL Group, qui avait connu une
seconde moitié d’année 2017 compliquée du fait des nombreuses
catastrophes naturelles, avait lui
aussi commencé à se couvrir
davantage.
Point positif, AXA, qui était avant
tout exposé au risque de tempête en
Europe, se retrouve avec un profil
de risque plus diversifié, XL Group
étant très présent aux Etats-Unis.
Alors que cette opération signe son
grand retour dans la réassurance,
une activité qu’il avait quittée il y a
plus de dix ans, AXA semble ne pas
avoir trop subi la défiance des
autres assureurs qui achètent des
couvertures auprès d’XL. « Pour
l’instant, deux assureurs nous ont dit
qu’ils voulaient moins travailler avec
XL Re. Mais c’est un tout petit pourcentage des primes », affirme Alban
de Mailly Nesle. n
30 % de probabilité
d’une récession
D’abord parce que, si l’économie
reste en croissance, les modèles
quantitatifs de Pimco montrent
que la probabilité d’une récession dans les douze prochains
mois aux Etats-Unis a augmenté, récemment, à 30 %. Un
niveau loin d’être négligeable.
Malgré cela, « les modèles clignotent à l’orange plutôt qu’au
rouge », poursuit Pimco. Ils ne
signalent pas de surchauffe sur
le marché du travail, dans les
stocks, ni d’excès dans le crédit.
C e r t a i n s i n t e r ve n a n t s s e
demandent tout de même si la
récente baisse des actifs financiers ne pourrait pas aussi conduire à la prochaine récession.
Par ailleurs, les experts anticipent une réduction de l’écart
de croissance entre les EtatsUnis et le reste du monde. Ils
tablent sur une croissance américaine comprise entre 2 % et
2,5 %, en dessous du consensus,
avec un ralentissement plus
prononcé en fin d’exercice. Malgré cela, Pimco mise toujours
A l’attaque sur le marché de la santé aux Etats-Unis
coordination du parcours de soins,
la gestion des données ou les services de santé en entreprise. Avant de
jeter son dévolu sur Maestro
Health, il avait regardé plus de
500 dossiers potentiels.
AXA est à l’offensive sur le marché
de la santé aux Etats-Unis, un terrain de jeu encore nouveau pour lui.
Jusqu’au début de l’année et l’acquisition pour 155 millions de dollars
(127 millions d’euros) de la start-up
américaine Maestro Health, une
plate-forme numérique proposant
des services de gestion des couvertures santé, l’assureur français n’y
était pas présent.
Mais il est d’ores et déjà à l’affût de
nouvelles acquisitions dans le secteur, a indiqué cette semaine
Guillaume Borie, directeur de
l’innovation du groupe, lors d’une
rencontre avec la presse à New
York. AXA pourrait ainsi s’intéresser à des acteurs spécialisés dans la
« Nous aurions pu commencer par
l’assurance. Mais ce marché est
saturé avec beaucoup d’acteurs
dominants. Aussi nous avons préféré
y entrer via des solutions innovantes
en matière de services, souligne
Guillaume Borie. Cela sera pour
nous davantage créateur de valeur
sur le moyen terme », affirme-t-il.
Avec cette stratégie, AXA espère
se tailler « une place significative »
sur le segment des entreprises américaines qui font le choix de prendre
en charge elles-mêmes les frais de
santé de leurs employés. Ce marché
est considérable – un tiers des compagnies préfèrent s’assurer ellesmêmes – et riche en opportunités,
selon l’assureur.
Un marché considérable
Les chiffres clefs
155
MILLIONS DE DOLLARS
Coût de l’acquisition par AXA
de la start-up américaine,
Maestro Health
900
ENTREPRISES
Nombre d’entreprises
que compte Maestro Health
dans son portefeuille.
Les entreprises font face à des
coûts croissants et « à la bureaucratie très lourde » du système de santé
local. Résultat, « si elles veulent bien
gérer leur plan de santé, elles doivent
avoir entre 12 et 17 prestataires diffé-
rents ! » explique Guillaume Borie.
Ciblant les entreprises de 250 à
5.000 salariés, Maestro Health met
en avant « une solution tout en un »,
affirme son directeur général et
fondateur, Rob Butler. Cette jeune
pousse – qui compte plus de
900 entreprises en portefeuille –
promet d’aider les entreprises à
maîtriser leurs dépenses de santé et
d’orienter le million d’employés
aujourd’hui couverts vers les bons
médecins au bon moment.
AXA suit par ailleurs de près l’initiative annoncée en janvier par le
géant du commerce électronique
Amazon, la banque américaine JP
Morgan et Berkshire Hathaway, le
holding de Warren Buffett, qui se
sont alliés pour offrir des services
de santé à leurs salariés aux EtatsUnis via une coentreprise. « Nous
échangeons régulièrement avec
eux », indique Guillaume Borie,
sans entrer dans le détail des discussions.
— L. T. (à New York)
Recherche de liquidités
Dans ce contexte, là où de nombreux gérants mettent l’accent
sur les actifs illiquides (immobilier, private equity…) pour
aller chercher du rendement,
Pimco entend focaliser son
attention sur les actifs liquides,
« ce qui nous permettra de
répondre soit à des opportunités
spécifiques, soit à un élargissement général des “spreads” [les
écarts de taux], soit à une hausse
de la volatilité », car « il apparaît
de plus en plus clair qu’une récession n’est pas un prérequis pour
les turbulences sur les marchés
financiers ». L’idée est de pouvoir faire face aux éventuelles
rotations sur des positions très
partagées par les investisseurs.
Le risque serait en effet d’avoir
du mal à sortir de certains marchés en cas de retournement
brutal, comme on a pu le constater récemment sur les marchés obligataires spéculatifs
aux Etats-Unis ou en Europe. n
GAM dans
la tourmente
Le gérant d’actifs GAM
Holding a annoncé son
intention de supprimer
10 % de ses effectifs. Le
Suisse traverse une
grave crise suite à la
suspension d’un de ses
administrateurs. Il a
dans le même temps
émis un avertissement
sur ses résultats et
attend une perte de
819 millions d’euros
cette année. Il a dû
notamment déprécier
52 millions d’euros suite
à l’acquisition du fonds
spéculatif britannique
Cantab Capital Partners. Conséquence, il a
également revu en
baisse sa politique de
dividende. L’action a
chuté de 22 % jeudi.
en bref
Réforme de l’Euribor : le Parlement
européen plaide pour un délai
MARCHÉS L’offensive des
Shutterstock
L’assureur français vise
de nouvelles acquisitions
dans le secteur de la
santé. Il veut se développer
auprès des entreprises
américaines qui ont
leur propre plan de santé.
sur une surperformance de
Wall Street, les entreprises y
étant plus rentables et moins
sensibles aux cycles.
Pimco attend aussi une
réduction des pressions inflationnistes et mise sur une pause
de la Fed avec seulement une à
deux hausses des taux en 2019,
plutôt dans la seconde partie de
l’année. Une pause qui ne sera
pas simple à communiquer au
marché, car elle pourrait être
source de volatilité, a notamment estimé Ben Bernanke.
Enfin, la plupart des participants
considèrent que les tensions
commerciales entre la Chine et
les Etats-Unis vont rester une
source de volatilité et d’incertitude, « même en cas de signature
d’un accord ». Pour Mike Pence,
on assiste en effet à un « choc de
systèmes » entre les deux pays.
banques européennes pour
obtenir un délai supplémentaire avant de remplacer les
taux Euribor ou Eonia porte
ses fruits. Jeudi, la commission des Affaires économiques du Parlement européen
a adopté une motion visant à
prolonger l’utilisation de ces
taux interbancaires jusque
fin 2021 au lieu de début
2020. Accusées d’avoir manipulés ces taux à leur profit,
les banques doivent les remplacer.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
Noble Group : le Français
par qui le chaos est arrivé
l Un ex-employé du trader de matières premières en grande difficulté
est derrière les critiques acerbes de la société d’analyse Iceberg Research.
l Depuis, le trader de matières premières a perdu 99 % de sa valeur en Bourse.
image de vengeur masqué qu’on a
pu lui coller à la peau. « Je ne suis pas
un justicier », assure-t-il. « Je fais
mon boulot. » En fait, l’analyste
explique qu’il n’a commencé à
« regarder ce qu’il se passait » chez
Noble qu’après avoir quitté l’entreprise. « Lors d’une conversation,
quelqu’un a attiré mon attention. » Il
affirme n’avoir eu accès à aucun
document interne.
RÉGULATION
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Au téléphone, « quelque part en
Europe », Arnaud Vagner confirme.
Il est bien l’homme derrière Iceberg
Research, la société de recherche
anonyme dont les rapports accablants publiés en 2015 ont marqué
le début de la descente aux enfers de
Noble Group. Depuis, le trader de
matières premières, qui fut un des
plus grands de la planète, a perdu
plus de 99 % de sa valeur en Bourse.
« Vagner, avec un V », préciset-il, minutieux. Agé d’une quarantaine d’années, cet ancien d’HEC
(promotion 2001) est assurément
loin du drame lyrique. La voix est
grave, posée. Les mots précis et
sobres. Mais sans détour. Arnaud
Vagner a gardé l’anonymat pendant trois ans et demi, avant de
faire discrètement tomber le masque mi-août. « Les mauvaises
entreprises doivent mourir »,
lâche-t-il alors à l’agence Bloomberg. Iceberg Research a lancé un
appel cet été. Il veut inciter les
détenteurs de titres Noble à entamer des poursuites judiciaires
contre la société qui a planifié une
restructuration de sa dette. Pour
adresser ce message aux créanciers et actionnaires, Arnaud
Vagner a préféré sortir de l’ombre.
Enquête d’envergure
Parlant d’Iceberg Research, il dit
« nous », jamais « je », car il ne
souhaite pas préciser s’il est seul
ou pas dans l’histoire.
« Je fais mon boulot »
Fin février 2015, moins de dix jours
après la parution du premier rapport de la société de recherche mettant en cause ses pratiques comptables, Noble avait estimé que ces
allégations (que la firme a toujours
réfutées) étaient l’œuvre d’un
ancien employé « mécontent »,
remercié un an et demi plus tôt.
Dans un document, le groupe citait
le Français comme l’instigateur. Et
portait plainte contre lui. Mais ce
dernier n’avait jamais témoigné
publiquement.
Arnaud Vagner a bien travaillé
chez Noble à Hong Kong où se situe
le siège du négociant asiatique. De
2011 à 2013, il y a été analyste senior,
responsable du risque de crédit
pour la plate-forme d’affrètement
de navires. Il semble à ce
moment-là avoir l’esprit corporate :
on peut le voir dans la revue interne
« Noble World » datée de janvier 2013 participer à un événement
caritatif ou encore, un mois plus
tard, dans une vidéo promotionnelle tournée par le groupe, visionnée par le « Wall Street Journal ».
Sur son blog, en 2015, Iceberg
Research se présente comme un
lanceur d’alerte. La lutte du Français pourrait s’apparenter à une
croisade. Pour autant, il balaie cette
Arnaud Vagner rejette aussi toute
motivation financière. Il n’a jamais
été un « short seller » sur Noble, ce
type d’investisseurs qui tirent profit
de la chute d’une valeur en Bourse.
Il évoque des « frais légaux » dépassant 3 millions de dollars hong-kongais, soit environ 384.000 dollars
américains. « Ça a été dur, mais je
n’ai jamais eu envie de laisser tomber », souffle-t-il.
Après avoir vendu pour des millions de dollars d’actifs, dépréciés
lourdement, réduit ses effectifs et
changé sa direction, Noble Group,
qui a accusé une perte de près de
5 milliards de dollars l’an passé, est
loin d’être sorti de la crise. La police,
le gendarme des marchés et celui de
la comptabilité de Singapour, où le
groupe est coté, ont lancé le mois
dernier une enquête de grande
envergure. En attendant, Noble se
bat pour restructurer sa gigantesque
dette. Il vient d’obtenir un délai supplémentaire jusqu’au 31 décembre. n
La SEC pourrait réduire les primes des lanceurs d’alerte
Le gendarme des marchés
américain envisage
de revoir ses propres
règles. En 2018, les récompenses versées aux
informateurs ont explosé.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Plus de 326 millions de dollars. C’est
la somme totale versée aux 59 informateurs ayant fourni au gendarme
de la Bourse américaine (SEC) de
quoi sanctionner des entreprises en
fraude, depuis la création du programme des lanceurs d’alerte en
2011. Ce système, mis en place dans
le sillage de l’affaire Madoff, a permis à la SEC de collecter 1,7 milliard
de dollars sous forme d’amendes,
selon le rapport annuel 2018 du
bureau des lanceurs d’alerte, qui
vient d’être publié. Mais, sept ans
après sa création, l’agence envisage
d’en revoir les contours.
Victime de son succès
C’est une série de récompenses
record versées en 2018 qui a poussé
les responsables à s’interroger : les
trois primes les plus élevées jamais
versées l’ont été cette année : en
Le bureau des lanceurs d’alerte de la SEC a reçu 5.200 informations
en 2018, contre 3.000 en 2012. Photo Andrew Harnik/AP/Sipa
mars, deux primes de 50 et 33 millions de dollars ont été accordées à
des lanceurs d’alerte ayant attiré
l’attention du gendarme sur des
pratiques au sein de la banque Merrill Lynch. Puis, en septembre, un
autre a touché 39 millions de dollars. De sorte que la moitié de toutes
les récompenses versées via ce programme en sept ans d’existence
l’ont été cette année. En toute logique, le programme commence à
être victime de son succès. La promesse de juteuses récompenses a
attiré une armée d’avocats et autres
experts dont l’activité consiste à
identifier de potentiels informateurs. Ils ont donné naissance à une
véritable industrie. Au terme du
système actuel, les informateurs
touchent en effet de 10 à 30 % des
sanctions totales lorsque celles-ci
dépassent 1 million de dollars. De
quoi attirer les confidences : selon
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
30/12/2017
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
30/12/2017
Performance
1 an
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
www.federal-finance.fr
Federal Indiciel US (FR0000988057)
Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
275,59
208,68
363,61
66,46
291,30
209,31
331,64
61,16
11/12/2018
12/12/2018
11/12/2018
11/12/2018
5,70
0,30
-8,79
-7,97
4,43
-0,82
-7,57
-9,14
31,95
18,29
23,16
-4,00
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
le rapport de la SEC, le bureau des
lanceurs d’alerte a reçu plus de
5.200 informations cette année,
contre 3.000 en 2012. « Cela représente la hausse la plus importante
depuis le début du programme – une
hausse de près de 76 % depuis 2012 »,
constate le régulateur.
Or la moitié de ces informations
ne sont pas utilisables ou pertinentes, selon une enquête du « Wall
Street Journal ». Il arrive que des
individus soumettent de façon
répétée des informations sans intérêt qui ralentissent l’ensemble du
système. L’un d’eux a envoyé
143 informations dont aucune
n’était pertinente, avant de se voir
interdire tout contact avec la SEC.
Chaque dossier mobilisant les équipes de l’agence pendant deux ans en
moyenne, voire davantage, celle-ci
peine à faire face à l’engorgement.
Engorgement
Depuis cet été, la SEC envisage donc
de revoir le système de récompenses pour en maîtriser l’inflation.
Dans une proposition ouverte à
consultation cet été, elle suggère de
réduire les primes les plus élevées
en fixant elle-même le montant de
façon discrétionnaire lorsque les
amendes infligées aux entreprises
dépassent 100 millions. Celles-ci
seraient toutefois supérieures à un
plancher à 30 millions de dollars.
« L’idée consiste à aider et renforcer
le programme des lanceurs d’alerte
en améliorant la capacité de la commission à mieux récompenser ceux
qui fournissent des informations critiques », a promis le président de la
SEC, Jay Clayton.
La proposition a évidemment
suscité beaucoup de critiques, les
défenseurs du système actuel
craignant qu’elle ne décourage les
informateurs susceptibles d’apporter des éléments sur les grandes
entreprises. « Il n’y a pas de plafond
pour les lanceurs d’alerte en matière
de fraude fiscale, a fait remarquer
Kevin LaCroix, un avocat spécialisé.
Pourquoi y en aurait-il un pour les
fraudes aux investisseurs ? » n
LA SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 2018
La Bourse
de Paris
déçue par
les prévisions
de la BCE
Après deux séances de forte
•hausse
(+3,5 % en cumulé), le
CAC 40 a marqué le pas. A la
clôture, l’indice parisien a cédé
0,26 %, à 4.896,92 points. Les
investisseurs ont pris un peu de
recul par rapport au message
prudent de la BCE. L’institut
monétaire a opéré jeudi un
tournant historique en entérinant l’abandon fin décembre de
son large programme de soutien à l’économie. Il a aussi revu
ses perspectives et table désormais sur une croissance de seulement 1,5 % en 2021, en baisse
de 0,2 point par rapport à 2019
et 2020 (1,7 %) et de 0,4 point par
rapport à 2018 (1,9 %). Le taux
d’inflation est attendu à 1,8 %
cette année (contre 1,7 % précédemment). A Londres, le Footsie a terminé tout près de l’équilibre (–0,04 %) et le DAX à
Francfort a reculé de 0,04 %.
Sur le front des valeurs, les
investisseurs retiendront la
hausse de 6,98 % du titre Plastic Omnium. L’équipementier
automobile a confirmé
l’ensemble de ses objectifs
financiers pour l’exercice 2018
et a révélé ses ambitions pour
les trois années à venir. Pernod
Ricard s’est replié de 0,40 %, au
l e n d e m a i n d e l ’a n n o n c e
surprise de l’entrée du fonds
activiste américain Elliott à son
capital. M. Bricolage a gagné
4,50 %, profitant de l’annonce
de la cession de ses 65 magasins
intégrés sur un parc total de 781.
Bic a perdu 2,08 % après avoir
annoncé mercredi avoir entrepris une « revue organisationnelle » de ses activités mondiales, destinée à améliorer sa
performance opérationnelle.
L’OPÉRATION DU JOUR
Natixis IM regroupe trois affiliés
spécialisés en « private equity »
Natixis Investment Mana•gers
annonce le regroupement
de trois de ses affiliés spécialisés
en capital investissement
– Euro-PE, Caspian Private
Equity et Eagle Asia – dans une
nouvelle société de gestion,
Flexstone Partners. Cette dernière gère et conseille un total de
6,7 milliards de dollars d’actifs et
s’appuie sur plus de 40 experts
du « private equity », à Paris,
New York, Singapour et Genève.
Spécialiste du non-coté, elle
investit dans le « private equity »
mais aussi dans la dette privée,
l’immobilier et l’infrastructure
en Améri q u e du Nord, en
Europe et en Asie. Eric Deram,
précédemment fondateur et
directeur général d’Euro-PE, a
été nommé directeur général de
Flexstone Partners. Cette opération permet à Natixis IM de
continuer à structurer son offre
dans les stratégies alternatives et
les actifs réels. Cette année, la
filiale de gestion de Natixis a
acquis MV Credit (dette privée
en Europe) et Ostrum AM a
lancé d’une offre en co-investissement dans la dette privée sur
les actifs réels (immobilier,
infrastructures et aviation).
en bref
Astrid Milsan, nommé secrétaire
général adjoint de l’AMF
RÉGULATION Astrid Milsan succède à Martine Charbonnier à
la direction des émetteurs et des affaires comptables de l’AMF.
Elle a rejoint la direction du Trésor en 2003 au pôle finances de
l’APE. Elle a exercé diverses fonctions au Trésor, notamment
secrétaire générale du Ciri puis sous-directrice du financement
des entreprises et des marchés financiers. Elle a été auparavant
chargée de fusions-acquisitions chez HSBC à Londres de 1998 à
2003. En 2009, elle rejoint l’APE, dont elle est nommée directrice générale adjointe en 2013. Depuis 2015, elle était secrétaire
générale à la Direction générale du Trésor.
Actionnariat salarié : Essilor
récompensé par la FAS
BOURSE La Fédération française des associations d’actionnaires
salariés (FAS) a récompensé, en partenariat avec Amundi et
LHH-Altedia, sept sociétés pour leur démarche en faveur du
développement de l’actionnariat salarié. Le grand prix FAS 2018
revient à Essilor-Luxottica, « champion toutes catégories pour sa
volonté de promouvoir le modèle d’actionnariat salarié Essilor
dans sa fusion » avec le groupe italien. Parmi les sociétés cotées,
L’Oréal et Schneider ont aussi été récompensés. Dans le non-coté,
Pierre Fabre, SoftFluent, Ginger et Eco CO2 ont été distingués.
BPCE fait un effort en faveur
de ses clients les plus fragiles
BANQUE BPCE se plie à la demande de modération des tarifs
bancaires formulée par le gouvernement en réponse au mouvement des « gilets jaunes ». Il n’augmentera pas ses tarifs en 2019.
Pour les clients de l’offre bancaire destinée aux ménages en difficulté, le plafond de frais d’incidents sera ramené à 16,50 euros
par mois au premier semestre 2019. En septembre, Bercy avait
demandé que ce plafond ne dépasse pas 20 euros par mois.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
ventes aux enchères publiques //
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AGENCE@IMMOLEGAL.FR
01 42 96 96 72
VENTE aux enchères publiques sur licitation au palais de justice
d’AGEN (47), le jeudi 24 janvier 2019 à 14h30 - EN DEUX LOTS
47
93
BIENS IMMOBILIERS à TAYRAC (47)
1er lot de la vente : Lieudit « Garissolle »
MAISON D’HABITATION comprenant : cuisine, 3 chambres, pièce, extension
avec dégagement, SdB et WC. GRANGE, BERGERIE, HANGAR, GARAGE
- PARCELLES de terres d’une contenance totale de 3ha 39a 97ca (en friche
et non constructibles)
Mise à Prix : 70.000 € (Consignation pour enchérir: 7.000 €)
2ème lot de la vente : Lieudit « Combes de Garissolle »
Diverses PARCELLES de TERRES d’une contenance totale de 1ha 31a 71ca
Mise à Prix : 2.500 € (Consignation pour enchérir : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Florence COULANGES, avocat, SCP LEX ALLIANCE,
avocat au barreau d’Agen, 9 rue Pontarique (47) AGEN, Tél. 05.53.66.09.83
dépositaire d’une copie du CCV - A Maître Francis RAIMON, avocat, SCP AKPR
14 rue Lejemptel (94300) VINCENNES, Tél. 01.43.74.74.94, www.akpr.com
- Au greffe des criées du TGI d’AGEN où le CCV est déposé - Sur les lieux pour
visiter, le : mercredi 9 janvier 2019 à 14h30 et mardi 15 janvier 2019 à 11h
75
93
Vente aux Enchères Publiques sur Réitération des Enchères au T.G.I. de
PARIS, Palais de Justice - Parvis du Tribunal de PARIS - 75017
le Jeudi 31 janvier 2019 à 14h00 - EN UN LOT
UNE MAISON à PARIS 19ème
70 rue Georges Lardennois
De 136,27 m2 en béton armé sur pilotis réalisée par l’Architecte Raymond FISCHER
dans les années 1930. “Edifice remarquable représentatif du Mouvement Moderne”,
élevée sur : - Rdc compr. : une pièce et une chaufferie. - Un 1er étage compr. : une pièce, WC.
- Et d’un 2ème étage compr. : 3 pièces, cuisine, WC, Sdb. JARDIN autour. Les biens sont libres
Mise à Prix : 580.000 €
Avec possibilité de baisse de mise à prix d’un quart à défaut d’enchères
Le bien ayant été précédemment adjugé à la somme de 1.530.000 € à l’audience du 28/06/2018
Consignation pour enchérir : Chèque de banque à l’ordre de Monsieur le Bâtonnier
Séquestre représentant 10 % du montant de la mise à prix avec un minimum de 3 000 €.
Ses modalités seront indiquées par l’Avocat chargé de porter les enchères
S’adresser : A 1°) Me Virginie LEMEULLE-BAILLIART membre de l’A.A.R.P.I. L & ASSOCIES,
Avocat au Barreau de PARIS - 51 Avenue Raymond Poincaré - 75116 PARIS - T. 01.45.53.02.53.
2°) Le cahier des conditions de vente peut être consulté au Greffe des Criées du TGI de PARIS
ou au cabinet de l’Avocat poursuivant. - www.ferrari.fr
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120938)
75
93
VENTE aux enchères publiques au TGI de PARIS (75017), Parvis du
Tribunal de Paris le jeudi 7 février 2019 à 14h - EN UN LOT
UN APPARTEMENT de 21,70 M² à PARIS 19ème
11 bis rue Eugène Jumin
Au Rdc, sur cour, comprenant : pièce principale avec coin cuisine, pièce à
usage de bureau, et au-dessus aménagement de lit en mezzanine, accessible
par échelle/escalier en bois, SdE/ WC et bac douche. - CAVE au sous-sol
VENTE aux enchères publiques au palais de justice d’EVRY (91)
le mercredi 23 janvier 2019 à 10h30 - EN UN SEUL LOT
91
93
UN APPARTEMENT à VIRY CHATILLON (91)
142 Voie de Compiègne (Bât 2)
(Consignation : 4.000 €)
S’adresser - A Maître Nicolas TAVIEAUX MORO, avocat, SELARL TAVIEAUX MORO
- de LA SELLE, 6 rue de Madrid (75008) PARIS, Tél. 01.47.20.17.48 dépositaire d’une
copie du CCV - Au greffe du juge de l’exécution du TGI de PARIS, où le CCV est déposé
- Sur les lieux où une visite sera organisée, le mardi 29 janvier 2019 de 10h à 11h30.
Entrée D, au 3ème étage, porte de gauche, n°13 D comprenant : entrée, séjour avec
baie vitrée sur BALCON, cuisine, CELLIER, couloir, SdE/WC, 3 chambres - CAVE n°9
Mise à Prix : 55.000 € (Consignation : 5.500 €)
S’adresser : - A Maître Michel MIORINI avocat, « Résidence Le Féray »,
4 rue Féray (91) CORBEIL-ESSONNES, Tél. 01.60.90.13.13, site internet :
www.miorini.com dépositaire d’une copie du CCV - Au greffe du juge de
l’exécution du TGI d’EVRY, où le CCV est déposé - Sur les lieux où une visite
sera organisée par la SELARL CD JURIS le : lundi 14 janvier 2019 à 14 h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120907)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120903)
Mise à Prix : 40.000 € - Loués et occupés
75
93
Vente aux Enchères Publiques le Jeudi 17 janvier 2019 à 14h00
au Tribunal de PARIS, Parvis du Tribunal de PARIS, à PARIS 17ème
UN LOCAL COMMERCIAL à PARIS 12ème
25 boulevard Soult
A usage de bar, de 81,99 m² (hors véranda et cave), comprenant au rez-de-chaussée : pièce
à usage de bar, arrière-salle, véranda, w.-c. homme, w.-c. femme, cuisine, réserve (chambre),
au sous-sol : cave de 23,59 m² . Les lieux sont occupés (à vérifier lors de la visite)
Mise à Prix : 60.000 € (outre les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Greffe du Juge de l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé sous la Référence
Greffe 17/00475, à Maître Frank MAISANT, membre de la SCP MAISANT ASSOCIES, Avocat
à PARIS 16ème, 16 rue Paul Valéry, Tél. : 01 53 81 50 21
VISITE sur place le Jeudi 10 janvier 2019 de 9 H 30 à 10 H 30
93 VENTE aux enchères publiques sur Liquidation Judicaire, au palais de justice
93 de BOBIGNY (93) le mardi 29 janvier 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
TROIS LOCAUX à NOISY LE GRAND (93)
3 Mail Victor Jarra (Bât. A – B et C)
Au 1er ss et rdc, comprenant : couloir, bureau, salle de rayonnages, toilettes,
salle de vente.
Mise à Prix : 100.000 € (Consignation : 10.000 €)
Avec faculté de baisse du ¼, de ½ puis de ¾ faute d’enchères
S’adresser : - A Maître Nathalie GARLIN, avocat, SCPA ROULETTE GARLIN
BOUST MAHI, 9 rue Roger Salengro (93) DRANCY, Tél. 01.48.30.31.31,
dépositaire d’une copie du cahier des conditions de vente – Maître Marie
DANGUY, Mandataire Judiciaire, 2 bis rue de Lorraine (93) BOBIGNY - Au greffe
du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le cahier des conditions de vente
est déposé - Sur les pour visiter, le : jeudi 24 janvier 2019 de 14h30 à 15h00
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120904)
75
93
Vente aux enchères publiques, le Jeudi 7 février 2019 à 14h00
au TGI de PARIS, Parvis du Tribunal de PARIS, à PARIS 17ème
UN APPARTEMENT à PARIS 13ème
130 boulevard Masséna
de 63,49 m² - Bâtiment A8 dit « TOUR RAVENNE », escalier 2, au 7 étage, 2 porte gauche,
comprenant : hall d’entrée, grand séjour, 2 chambres, cuisine, couloir avec placards-penderie,
salle de bain et w.-c. Au 5ème sous-sol, Une CAVE et un EMPLACEMENT de parking – Occupés
ème
ème
Mise à Prix : 20.000 €
Pour consulter le cahier des conditions de vente s’adresser
Au Greffe du Juge de l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé
sous la Référence Greffe 18/00227, à Maître Sophie BILSKI, membre
de la SELARL CABINET BILSKI, Avocat à PARIS 1er, 2 bis, rue du
Bouloi – Tél. : 01 53 29 95 95 – Internet : www.bilskiavocat.com
VISITE sur place le Mercredi 30 janvier 2019 de 10 H 00 à 11 H 30
75
93
Vente aux enchères publiques, le Jeudi 24 janvier 2019 à 14h00
au Tribunal de PARIS, Parvis du Tribunal de PARIS, à PARIS 17ème
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 22 janvier 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
BIENS IMMOBILIERS à TREMBLAY EN FRANCE (93)
30 rue de Reims
- UNE MAISON à usage mixte de COMMERCES et d’HABITATION :
- au Rdc : UN LOCAL COMMERCIAL à usage de BAR (loué) et
UN LOCAL COMMERCIAL à usage de RESTAURANT (loué)
(Surface commerciale totale : 143,67 M²)
- A l’étage : APPARTEMENT (de 56,19 M²) : séjour avec cuisine
ouverte, 3 chambres, Salle de bains/WC, TERRASSE (occupé)
Mise à Prix : 180.000 € (Consignation : 18.000 €)
S’adresser : - A la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET avocats, 14 allée Michelet
(93) LES PAVILLONS SOUS BOIS, Tél. 01.48.47.43.47, dépositaire d’une copie du
CCV - Au greffe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé
- Sur les lieux pour visiter, le : mercredi 16 janvier 2019 de 14h30 à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120940)
UN APPARTEMENT à PARIS 14ème
73/75 rue Raymond Losserand
PROCHAINES VENTES
de 36,10 m². Bâtiment « C », au rez-de-chaussée, comprenant : entrée, séjour,
chambre, cuisine, salle de bain avec w.-c. - Au sous-sol, une CAVE - OCCUPES
Mise à Prix : 30.000 € (outres les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser au Greffe
du Juge de l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé sous la Référence
Greffe 18/00189, à la SELARL GRYNWAJC, agissant par Maître Vanessa
GRYNWAJC (AARPI GRYNWAJC – STIBBE), Avocat à PARIS 8ème, 40 rue
de Monceau, Tél. : 01 45 63 55 55, Email : v.grynwajc@stg-avocats.com
VISITE sur place le Mercredi 16 janvier 2019 de 10 H 00 à 11 H 00
75
93
Esc.D,
Salon,
VENTE aux enchères publiques au TGI de PARIS (75017), Parvis du
Tribunal de Paris le jeudi 17 janvier 2019 à 14h - EN UN SEUL LOT
APPARTEMENT à PARIS 8ème
29 rue Tronchet et 23 rue des Mathurins
à gauche, au 1er
salle à manger, 2
étage comprenant : entrée, cuisine,
chambres, SdB, WC - CAVE n°32
Mise à Prix : 44.000 € (Consignation : 4.400 €)
S’adresser : - Maître Evelyne ELBAZ, avocat, membre du Cabinet ELBAZ
& Associés, 32 avenue Paul Doumer (75016), TEL. 01.42.73.08.29
dépositaire d’une copie du cahier des conditions de vente. - Au greffe
du juge de l’exécution du TGI de PARIS, où le cahier des conditions de
vente est déposé - Sur les lieux pour visiter où une visite sera organisée
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120905)
T. G. I. de PARIS (75)
l Audience du 20/12/2018 à 14H
APPARTEMENT à PARIS (75004) - MISE À PRIX : 790 000 €
Maître TRILLAT
Ref VLimmo 120472
STUDIO DE 41,63 M² à PARIS (75003) - MISE À PRIX : 210 000 €
Maître SIMONNEAU
Ref VLimmo 120178
APPARTEMENT à PARIS (75017) - MISE À PRIX : 60 000 €
Maître DE KORODI
Ref VLimmo 120441
STUDIO à PARIS (75018) - MISE À PRIX : 50 000 €
Maître BEAUJARD
Ref VLimmo 120361
ATELIER à PARIS (75020) - MISE À PRIX : 30 000 €
Maître WOLANSKI
Ref VLimmo 120320
APPARTEMENT à PARIS (75018) - MISE À PRIX : 20 000 €
Ref VLimmo 119937
Maître AUDINEAU-GUITTON
BOX à PARIS (75015) - MISE À PRIX : 3 000 €
Maître CHEVRIER
Ref VLimmo 120466
T. G. I. de BOBIGNY (93) (extrait)
l Audience du 18/12/2018 à 13H30
PAVILLON à LE BLANC MESNIL (93150) - MISE À PRIX : 104 000 €
Maître LEOPOLD
Ref VLimmo 120442
APPARTEMENT à VAUJOURS (93410) - MISE À PRIX : 95 000 €
Maître SEVIN
Ref VLimmo 120283
APPARTEMENT à EPINAY SUR SEINE (93800) - MISE À PRIX : 70 400 €
Maître DOMINIQUE-DROUX & BAQUET
Ref VLimmo 120245
MAISON à AUBERVILLIERS (93300) - MISE À PRIX : 54 000 €
Maître FOY
Ref VLimmo 120415
APPARTEMENT DE 27,80 M² à SAINT DENIS (93200) - MISE À PRIX : 20 000 €
Maître BOUVET
Ref VLimmo 120182
APPARTEMENT à EPINAY SUR SEINE (93800) - MISE À PRIX : 20 000 €
Maître DOMINIQUE-DROUX & BAQUET
Ref VLimmo 120318
LES MEILLEURES OPPORTUNITÉS AUX ENCHÈRES
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91
sur le site
VLimmo.fr
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 22 janvier 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
APPARTEMENT de 60 M² à CLICHY SOUS BOIS (93)
6 Allée la Fontaine (Escalier F)
Au RdC, Bât. LA FONTAINE : séjour, 3 chambres, cuisine, SdB, WC - CAVE n°52
Mise à Prix : 10.000 € - Occupé (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET avocats, 14 allée Michelet
(93) LES PAVILLONS SOUS BOIS, Tél. 01.48.47.43.47, dépositaire d’une copie du
CCV - Au greffe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé
- Sur les lieux pour visiter, le : lundi 14 janvier 2019 de 8h à 8h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120941)
enchères publiques, au palais de justice de CRETEIL (94)
94 VENTE aux
le Jeudi 17 janvier 2019 à 9h30 - EN UN SEUL LOT
93
UN APPARTEMENT à SAINT MAUR DES FOSSES (94)
74 avenue du Bac (Bât A) Quartier LA VARENNE SAINT HILAIRE
De 19,25 M², au 5ème étage, avec accès par le lot n° 36, à gauche sur le palier, porte
au fond, comprenant : pièce principale/coin cuisine, SdB/WC, chambre. - À partir du
4ème étage, donnant accès au 5ème ét., UN ESCALIER et PALIER. Droits 1/5ème indivis
Mise à Prix : 25.000 € - Loué (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Olivier BOHBOT, avocat, 9 avenue du Général de Gaulle (94)
SAINT MANDÉ, Tél. 01.43.28.73.28, dépositaire d’une copie du cahier des conditions de
vente - Au greffe du juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le cahier des conditions
de vente est déposé - Sur les lieux pour visiter, le : mercredi 2 janvier 2019 de 9h. à 10h.
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120935)
enchères publiques au palais de justice de CRETEIL (94),
94 VENTE aux
le jeudi 17 janvier 2019 à 9h30 - EN UN SEUL LOT
93
UN APPARTEMENT de 3 pièces à SUCY EN BRIE (94)
6 rue du Moulin d’Amboile (Bât P)
Esc. unique, au 8ème étage droite comprenant : entrée, dégagement,
séchoir, cuisine, salle de bains, WC, séjour, deux chambres, rangement
- UNE CAVE au sous-sol.
Mise à Prix : 40.000 € (Consignation : 4.000 €)
S’adresser : - A Maître Corinne TACNET, avocat, 60 rue Jean Jaurès (94)
CHAMPIGNY SUR MARNE, Tél. 01.47.06.94.22 dépositaire d’une copie du
cahier des conditions de vente. - Au greffe du TGI de CRETEIL où le cahier
des conditions de vente est déposé - Sur les lieux où une visite sera organisée.
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120788)
94
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de CRETEIL (94)
le Jeudi 17 janvier 2019 à 9h30 - EN UN SEUL LOT
UN APPARTEMENT de 60 M² à ORLY (94)
3 rue des Maçons (Bât. B)
- Au 3ème étage, porte face au fond, à droite en sortant de l’ascenseur, comprenant
: entrée, cuisine, séjour, dégagement, WC, SdB, 2 chambres - Bât. unique, au 1er
ss, esc. A/B – A1/B1 : 2 EMPLACEMENTS de STATIONNEMENT pour voiture
Mise à Prix : 15.000 € (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Lucien MAKOSSO, avocat, membre de la SELARL MAKOSSO
ORHON & FERNANDES BENCHETRIT, 41 rue Pierre Sémard, angle 18 place
Moreau David (94) FONTENAY SOUS BOIS, Tél. 01.49.77.10.04 dépositaire d’une
copie du CCV - Au greffe du juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le CCV est
déposé - Sur les lieux pour visiter le mercredi 9 janvier 2019 de 9h30 à 10h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 120906)
COMMUNIQUÉ
Impayés de loyer et résiliation du bail : les règles
évoluent
Pas moins de 160 000 décisions d’expulsion sont prises chaque
année, soit une hausse de 75 % en près de 20 ans. Derrière ces
chiffres, régler un problème de loyers impayés entre un locataire
en grande difficulté et un propriétaire subissant un préjudice
financier reste complexe.
Avec une entrée en vigueur prévue au 1er mars 2019, la loi portant
sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique
(ÉLAN) entend apporter plus de garanties et de cohérence pour
régler ces situations.
Tout d’abord, elle prévoit de modifier le contenu du
commandement de payer pour mieux informer la CCAPEx
(Commission de coordination des actions de prévention des
expulsions locatives) dans sa mission d’examen de la dette et
d’orientation du locataire débiteur. Désormais, le montant du
loyer, des charges et le décompte des sommes dues au bailleur
y seront indiqués.
Ensuite, si le locataire est assigné devant un juge, celui-ci pourra
prendre en compte les modalités de paiement de la commission
de surendettement. Pour le locataire, plus de chevauchement
et de contradiction entre les échéanciers du juge et de la
commission : le plan conventionnel de la commission prime.
Enfin, les locataires qui ont recommencé à payer leur loyer
et leurs charges et continuent d’occuper le logement sans
préjudice pour le bailleur seront soumis à une période probatoire
de deux ans. En cas de nouvel impayé, le propriétaire peut faire
prononcer l’expulsion immédiatement.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 //
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
ANNLEGALWK
semblées. Chaque action donne droit à
une voix. Clauses d’agrément : Les actions ne peuvent être cédées y compris
entre associes qu’avec l’agrément préalable de la collectivité des associes statuant à la majorité des voix des associés
disposant du droit de vote ; les actions
du cédant n’étant pas prises en compte
pour le calcul de cette majorité. Durée :
99 ans à compter de son immatriculation
au RCS de Lyon
blées et exercice du droit de vote :
Chaque actionnaire est convoqué aux
Assemblées. Chaque action donne droit
à une voix. Clauses d’agrément : Les
actions sont librement cessibles entre actionnaires uniquement avec accord du
Président de la société. Durée : 99 ans
à compter de son immatriculation au
RCS de Lyon
BLUEGOLD INGENIERIE
409809B – LES ECHOS
Objet social : Bureau d’étude et maitrise
d’oeuvre en géotechnique, géothermie,
hydrogéologie urbaine et environnement
Siège social : 112 avenue de la République, 69160 Tassin la Demi Lune Nom
commercial : BLUEGOLD INGENIERIE
Capital : 1500 € Président : M. Florian
MATHIEUX demeurant : 112 avenue de
la République, 69160 Tassin la demi lune
élu pour une durée indéterminée Durée :
99 ans à compter de son immatriculation
au RCS de Lyon
Aux termes d’un acte SSP en date du
22/11/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
Par acte SSP en date du 6/12/2018, il a
été constitué une SARL denommée :
69 • RHÔNE
SOCIETES
408698B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
06/12/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
409021B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte authentique en
date du 30/11/2018 il a été constitué une
SASU nommée :
TENGUE SERVICES
Objet social : Réceptionniste d’hôtel,conciergerie,services administratifs
aux entreprises,achat vents d’articles divers,import export de biens neufs et d’occasion
Siège social : 4 rue pierre audry, 69009
Lyon Capital : 500 € Président : M. Nunangnon Uriel Djaou Ahouiandji TENGUE demeurant : 4 rue pierre audry,
69009 Lyon élu pour une durée indéterminée Durée : 99 ans à compter de son
immatriculation au RCS de Lyon
409329B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
03/12/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
BLUEBERRY ENERGY
CONSULTING
Objet social : Vente à distance dans le
domaine des énergies renouvelables
Siège social : 2 RUE L ET M LOUISE
BAUMER, 69120 Vaulx en velin Capital :
1000 € Président : M. HASSAINE Imad
demeurant : Route du bisse 3, 3963
CRANS-MONTANA élu pour une durée
indéterminée DG : Mme GONCALVES
Camelia demeurant : Route du bisse 3,
3963 CRANS-MONTANA SUISSE Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Lyon
409362B – LES ECHOS
408709A – LES ECHOS
EEM STORE
Objet social : La décoration d’intérieur
et vente d’objets et accessoires se rapportant à l’activité
Siège social : 5 Rue du Chariot d’Or,
69004 LYON Capital : 5 000 € Président : Mme Sandrine GELLON demeurant : 1 Bis Allée Chante-Vent, 69370
SAINT DIDIER AU MONT D’OR élu pour
une durée indéterminée DG : Mme Christine GELLON demeurant : 24 Rue des
Grillons, 73610 SAINT ALBAN DE
MONTBEL Admission aux assemblées
et exercice du droit de vote : chaque actionnaire est convoqué aux Assemblées.
Chaque action donne droit à une voix.
Clauses d’agrément : Les actions ne
peuvent être cédées y compris entre associés qu’avec l’agrément préalable de
la collectivité des associés statuant à la
majorité des voix des associés disposant
du droit de vote. Durée : 99 ans à
compter de son immatriculation au RCS
de Lyon
410248B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
12/12/2018 il a été constitué une SCI
nommée :
KENZIUM
Objet social : acquisition et gestion de
patrimoine immobilier
Siège social : 41 rue du Parc, 69500
BRON Capital : 500 € Gérant : M. Azeddine BAHI, 29 rue du Parc, 69500 BRON
Cessions de parts sociales : les parts
sociales sont librement cessibles au profit d’un Associé. Toute cession à un tiers
de la société est soumise au préalable à
agrément de la collectivité des Associés
réunis en Assemblée Générale Durée :
99 ans à compter de son immatriculation
au RCS de Lyon
410423B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
13/12/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
ALE CONSEIL
CLEMINT
Capital : 20.000 euros
Siège Social : 20, rue Saint-Maximin,
69003 LYON
Objet social : La participation financière
dans tous les groupements, sociétés ou
entreprises, français ou étrangers, créés
ou à créer, et ce par tous moyens, notamment par voie d’apport, de souscription ou d’achat d’actions ou de parts sociales, de fusion ou de groupement ;
l’achat, la vente et la gestion de toutes
valeurs mobilières ; la gestion de ses participations financières et de tous intérêts
dans toutes sociétés.
Gérance : M. Grégory MERMIER-PISSOT demeurant 20, rue Saint-Maximin,
69003 LYON
Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de LYON
408821A – LES ECHOS
Par acte SSP du 28/11/2018 il a été
constitué une SASU dénommée :
CHERITA CARE
Siège social : 70 rue Villon 69008
LYON. Capital : 300 €. Objet : l’aide et
le service à la personne tel, les courses,
le repassage, promenade, lecture et accompagnement sur lieu de vie, douche,
aide à la toilette, aide pour le levé, aide
pour le couché, habillage, coiffure, surveillance des régimes, transfert et déplacement, garde de nuit, grand nettoyage
occasionnel, les préparations des repas,
le petit bricolage ainsi que le petit jardinage. Président : Mme NGASSA MISS
Mary, 40 chemin du Bois Royal 38200
VIENNE. Clauses d’agrément : Actions
librement cessibles entre les associés
uniquement. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de LYON.
408854A – LES ECHOS
Constitution le 05/12/2018, de la SAS dénommée "I-COR TECHNOLOGIES". Capital : 7.500 €. Objet : La conception, la
recherche et la développement dans le
domaine de la santé. Toutes activités
dans le domaine de la santé et notamment dans le domaine de la cardiologie.
Toutes activités commerciales liées à
son activité principale. Toute prestation
de recherche, de développement, de services, de formation, de fabrication, de
commercialisation dans le domaine de la
santé. Siège : 12 Rue de Vendée 69330
MEYZIEU. Durée : 99 ans. Président :
Monsieur Andrei CIVIDJIAN, demeurant
à 12 Rue de Vendée 69330 MEYZIEU. Tous associé est convoqué aux
AG chaque action donne droit à une voix.
Clause d’agrément statutaire. Immatriculation au RCS de LYON.
Objet social : Vente à distance sur catalogue spécialisé
Siège social : 2 RUE L ET M LOUISE
BAUMER, 69120 Vaulx en velin Capital :
100 € Président : M. david Demeure demeurant : 551 route de Bellegarde,
74520 VALLEIRY élu pour une durée indéterminée Durée : 99 ans à compter de
son immatriculation au RCS de Lyon
Objet social : Conseil, accompagnement et assistance opérationnelle aux
entreprises et aux services publics en
gestion, stratégie, création et reconfiguration de processus, gestion du changement, procédures de contrôle, réduction
des coûts et autres questions financières.
Siège social : 6, rue Maréchal Lyautey,
69330 MEYZIEU Capital : 500 € Président : Mlle Audrey LECOMTE demeurant : 6, rue Maréchal Lyautey, 69330
MEYZIEU élu pour une durée indéterminée Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Lyon
409598B – LES ECHOS
410425B – LES ECHOS
ÉDITIONS DELTA
Aux termes d’un acte SSP en date du
03/08/2018 il a été constitué une SARL
nommée :
Aux termes d’un acte SSP en date du
12/12/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
Capital : 10000 €. Siège Social : 70 rue
du Président Édouard Herriot, 69002
LYON. Objet social : Activité de presse,
d’édition, de publicité, de réalisation de
services liés à la communication, la publicité, le studio graphique des événements de relations de presse ainsi que la
communication événementielle. Gérance : Sophie AJELLO, 18 place Xavier
Ricard, 69110 SAINTE FOY LES LYON.
Durée : 50 ans à compter de son immatriculation au RCS de Lyon.
Aux termes d’un acte SSP en date du
03/12/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
BLUEBERRYCOMSERVICE
ISABELLE FALARZ-COFFY
ARCHITECTE DPLG
Objet social : Exercice de la profession
d’architecte et d’urbaniste
Siège social : 18 allée Cazot, 69230
SAINT GENIS LAVAL Capital : 1.500 €
Gérance : Mme Isabelle FALARZCOFFY, 18 allée Cazot, 69230 SAINT
GENIS LAVAL Durée : 99 ans à compter
de son immatriculation au RCS de Lyon
409697B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
15/11/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
SERTRANS
Objet social : Transport routier de marchandises de -3.5T & -14m3, de +3.5T &
+ 14m3. Stockage, logistique & distribution location de véhicules industriels avec
ou sans chauffeur récupération & recyclage d’emballages et de palettes entretien de véhicules industrielles (petite mécanique)
Siège social : impasse Baco, 69800
SAINT PRIEST Capital : 60 000.00 €
Président : Mme KATIA CARAMAZANA
demeurant : CHEZ MME MESSINA Sophie, 8i rue des tilleuls, 38230 CHARVIEU CHAVAGNEUX élu pour une durée
de 99 années Admission aux assemblées et exercice du droit de vote : chaque actionnaire est convoqué aux As-
tre la réalisation de l’objet social. Durée
de la Société : 99 ans à compter de la
date de l’immatriculation de la Société au
Registre du commerce et des sociétés. Capital social : 500 €. Gérance : M.
Louis VEYRET, demeurant 82, route de
Montluzin – 69380 CHASSELAY et M.
Xavier LEVESY, demeurant 55, rue
François Peissel – 69300 CALUIRE-ETCUIRE. Immatriculation de la Société au
RCS de Lyon.
PIZZA BY BOBO
Objet social : Restauration rapide sur
place ou à emporter
Siège social : 2 Rue du Commerce,
69690 BESSENAY Capital : 1000 € Président : M. Yves BAUDIER demeurant :
13 Rue Chambe, 69690 BESSENAY élu
pour une durée indéterminée Durée : 99
ans à compter de son immatriculation au
RCS de Villefranche-Tarare
410426B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
12/12/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
AES INDUSTRIE
Objet social : Notre société a pour objet
d’exercer les activités suivantes : bureau
d’étude (édition de schémas électrique,
pneumatique et hydraulique, dimensionnement de câbles, protections…). Nous
assurons également l’installation, le dépannage et l’entretien de matériels électro-mécanique (armoires, automatismes,
capteurs, moteurs, pompes, chauffage…)
Siège social : 02 avnenue ampere,
69100 VILLEURBANNE Capital : 500 €
Président : M. FAROUK SAYARI demeurant : 12 AVENUE AMPERE, 69100
VILLEURBANNE élu pour une durée indéterminée DG : M. Benjamin MOUROT
demeurant : 02 avenue ampere, 69100
Villeurbanne Admission aux assem-
408882A – LES ECHOS
Par acte SSP en date du 01.12.2018, il
a été constitué une SARL dénommée :
408956A – LES ECHOS
AVIS DE CONSTITUTION
Aux termes d’un acte sous signature privée en date à Lyon du 4 décembre 2018,
il a été constitué une société présentant
les caractéristiques suivantes :Forme sociale : Société à responsabilité limitée (à
associé unique)
Dénomination sociale : NextStage
Siège social : 1-3 Place Giovanni da Verrazzano – 69009 LYON. Objet social : la
prise de participation et d’intérêts sous
quelque forme que ce soit et par tous
moyens dans toutes sociétés, entreprises et groupement français et étrangers
quelque soit leur activité ; toutes prestations de services, notamment en matière
financière, économique, commerciale,
technique, administrative et comptable
auprès des entreprises et notamment
celles susvisées ; l’acquisition, la cession, la prise à bail, la mise en valeur et
l’exploitation sous toutes formes, de tous
biens et droits mobiliers et immobiliers ;
le recours éventuel à l’emprunt, avec ou
sans garantie, ayant pour but de permet-
409099A – LES ECHOS
Par acte SSP du 06/12/2018 il a été
constitué une SCI dénommée :
SCI DAVMAX
Siège social : 17 CHEMIN DES AVORAUX 69250 ALBIGNY SUR SAONE.
Capital : 1.000 €. Objet : L’acquisition,
la propriété, l’administration, l’exploitation directe ou indirecte de tous immeubles. Gérant : M ENTIBI DAVID, 17
CHEMIN DES AVORAUX 69250 ALBIGNY SUR SAONE. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de LYON.
410153A – LES ECHOS
AVIS DE CONSTITUTION
Aux termes d’un acte sous seing privé en
date à LYON du 7 Décembre 2018, il a
été constitué une société dont les caractéristiques sont les suivantes :
Dénomination : BSA IMMOBILIER
Forme : Société Civile Immobilière
Capital : 2.000 Euros.
Siège social : 6, Chemin des Renavelles
– 69850 SAINT MARTIN EN HAUT
Objet :
- L’acquisition, la propriété, l’administration, la gestion, l’exploitation par bail, la
location ou autrement de tous immeubles, terrains et bâtiments affectés à tous
usages.- Plus particulièrement, l’acquisition de terrains à bâtir ou non, et la
construction sur ces terrains d’un ou plusieurs bâtiments à usage industriel,
commercial, artisanal ou d’habitation,
ainsi que leur gestion.
Gérance :
- Monsieur Paul BONNARD,
Demeurant à SAINT MARTIN EN HAUT
(69850), 6 chemin des Renavelles.
Durée : 99 ans.
Transmission des parts : Les cessions de
parts sociales sont libres entre associés
ainsi qu’entre conjoint, ascendant ou
descendant du cédant.
Elles ne peuvent être cédées à d’autres
personnes qu’avec le consentement d’un
ou plusieurs associés représentant les
trois quarts du capital social.
La société sera immatriculée au R.C.S.
de LYON
Pour avis, la Gérance.
408884B – LES ECHOS
Gérance : M. romain saive, demeurant 4
impasse des meurieres, 69780 Mions
DANSES AVEC LA PLUME
La société sera immatriculée au RCS de
Lyon et sera radiée du RCS de Vienne
SARL au capital de 5000,00 €
4 bis rue du Parc à Foulons, résidence Le
Grimpré 2,
91140 Villebon-sur-Yvette
830831889 RCS Evry
Par décision en date du 05/12/2018 il a
été décidé de transférer le siège social
de la société au 4 rue Sala, 69002 Lyon
à compter du 05/12/2018.
Gérance : Mme Amélie Bertrand, demeurant 4 rue Sala , 69002 Lyon
Autres modifications :
- il a été pris acte de la démission pour
ordre de Mme Emmanuelle Bresson, de
ses fonctions de cogérant à compter du
05/12/2018.
La société sera immatriculée au RCS de
Lyon et sera radiée du RCS de Evry
409301B – LES ECHOS
SCM HYDROTHERAPIE
Société Civile De Moyens au capital de
32000,00 €
89 rue de la République, 69330 Meyzieu
419763826 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
03/08/2018 il a été décidé de transférer
le siège social de la société au 10 allée
des cèdres, 69330 Meyzieu à compter du
06/08/2018. Mention en sera faite au
RCS de Lyon
MAZAGAN CONSULTING
SASU au capital de 100,00 €
39 RUE GUILLOUD, 69003 LYON
829181122 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
09/12/2018 il a été pris acte de modifier
l’objet social de la société, à compter du
01/01/2019
Nouvel objet social : L’objet social de la
société est le service de conseil en gestion stratégique, la mise en place d’un
système d’information de gestion, services de conseil en gestion commerciale et
services de conseil en gestion des processus de travail ainsi que toutes opérations commerciales, financières ou juridiques se rattachant à l’objet indiqué
ci-dessus et visant à favoriser l’activité de
l’entreprise. La conception, réalisation de
tous projets de décoration, design, rénovation. Coordination de tous travaux ; et
dans ce cadre exclusivement, fourniture
de tous équipements, meubles, objets et
accessoires s’y rapportant. Et généralement, toutes opérations mobilières et immobilières se rattachant à l’objet social
ci-dessus. Mention en sera faite au RCS
de Lyon
409383B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte ssp du 11/12/2018
il a été constitué la société suivante :
RHONE FERMETURES 69
Capital : 10.000 €. Forme : SAS. Siège
social : 61, cours Lafayette, 69006
Lyon. Objet : Toute activité de marchand
de biens et transactions immobilières, location et administration de biens immobiliers, construction-vente, conseil en investissement immobilier. Durée : 99
ans. Présidente : Nathalie DENIS, 61,
cours Lafayette, 69006 Lyon. Chaque action donne droit au vote et à la représentation dans les AG. La cession d’actions
à quelque titre que ce soit est soumise à
l’agrément préalable de la société statuant en AGE. Immatriculation au RCS
de Lyon.
408759B – LES ECHOS
VENI VAP
SASU au capital de 1000,00 €
59 RUE VICTOR HUGO, 69200
VENISSIEUX
831439013 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
01/12/2018 il a été décidé de transférer
le siège social de la société au 70 rue
Victor Hugo, 69200 Venissieux à
compter du 01/12/2018. Mention en sera
faite au RCS de Lyon
408768B – LES ECHOS
SMART ASSIST
SARL à capital variable de 5000,00 €
124 Rue Bugeaud, 69006 LYON
832973721 RCS Lyon
Par décision de L’Associé Unique en
date du 05/12/2018 il a été décidé de
transférer le siège social de la société au
18/20 Rue Tronchet, 69006 LYON à
compter du 10/12/2018. Mention en sera
faite au RCS de Lyon
BLUE FARMERS
SARL au capital de 11500,00 €
363 rue ayme chalus, 69380 Alix
827926882 RCS Villefranche-Tarare
Par décision en date du 24/08/2018 il a
été pris acte de la nomination de Mme
Mathilde ZEROUAL, demeurant 363 rue
Ayme Chalus 69380 ALIX en qualité de
nouveau cogérant, à compter du
24/08/2018 pour une durée illimitée, en
remplacement de M. Adrien POTIER,
Gérant démissionnaire. Mention en sera
faite au RCS de Villefranche-Tarare
410429B – LES ECHOS
TERRE D’ABONDANCE
SARL au capital de 140000,00 €
37/39 Avenue de Ménival, 69005 LYON
813096633 RCS Lyon
Par décision en date du 30/11/2018 il a
été pris acte de la démission du Gérant
Mme Janique DIET REMAUD, à compter
du 30/11/2018. M. Guy DIET, Gérant, demeure seul dirigeant à compter de cette
même date. Mention en sera faite au
RCS de Lyon
408916A – LES ECHOS
409319B – LES ECHOS
410172A – LES ECHOS
Dénomination : SAS
TOPISSIMMO
410072B – LES ECHOS
SARL au capital de 5000,00 €
5 rue Victor Hugo, 69200 Vénissieux
810742858 RCS Lyon
Par décision en date du 26/11/2018 il a
été pris acte de la démission pour ordre
de M. Romain Navarro, de ses fonctions
de cogérant à compter du 26/11/2018.
Autres modifications : - Mr Navarro Romain à cédé ses parts sociales (50 parts)
a Mr Halegua Sylvain désormais seul associé de la société. statuts modifié en
conséquence. Mention en sera faite au
RCS de Lyon
409403B – LES ECHOS
SCI LANGE GUILLORY
SCI au capital de 1000,00 €
15 rue Cavenne, 69007 LYON
488893744 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
01/12/2018 il a été décidé de transférer
le siège social de la société au 306 A
route d’Alix, 69380 CHATILLON à
compter du 01/01/2019.
Objet : Gestion, Administration de tout
bien immobilier
Durée : 99 ans.
Gérance : M. Pierre-Yves LANGE, demeurant 306 A route d’Alix, 69380 CHATILLON
Gérance : Mme Sandrine LANGE, demeurant 306 A route d’Alix, 69380 CHATILLON. La société sera immatriculée au
RCS de Villefranche-Tarare et sera radiée du RCS de Lyon
409947B – LES ECHOS
ROMAIN SAIVE PLOMBERIE
SARL au capital de 2000,00 €
10 rue de verdun,
38790 Saint georges d’esperanche
792085193 RCS Vienne
Par décision de L’Associé Unique en
date du 10/12/2018 il a été décidé de
transférer le siège social de la société au
4 impasse des meurieres, 69780 Mions
à compter du 31/12/2018.
ESTEVES FRERES PEINTURE
SAS au capital de 5.000 €
Siège social : 87 impasse Pelloutier,
69400 VILLEFRANCHE SUR SAONE
530 013 887 RCS de
VILLEFRANCHE-TARARE
L’AG du 10/09/2018 a pris acte, à
compter du même jour, de la cessation
des fonctions des Commissaires Aux
Comptes Suppléant, FIDUCIAIRE
LYONNAISE.
Modification du RCS de VILLEFRANCHE-TARARE
408994A – LES ECHOS
XIANGWEI
Société à Responsabilité Limité au
capital de "8.000" euros
Siège social : 23 RUE DE SEZE 69006
LYON
522 047 596 RCS LYON
Le 01/12/2018, l’assemblée générale extraordinaire a pris acte de la démission
de M. ZHOU Hongbo de ses fonctions de
co-gérant à compter de ce jour. Modification au RCS de LYON.
409028A – LES ECHOS
SCCV 259-261 RUE MARCEL
MERIEUX
Société civile au capital de 1.000 euros. Siège social : 574, Chemin de
Wette Fays – 69300 Caluire-et-Cuire.
832 728 810 RCS LYON
Le 15/11/2018, l’assemblée générale des
associés a, à compter de cette date,
transformé la société en société en nom
collectif et adopté les statuts de la société sous sa nouvelle forme et maintenu
Monsieur Mickaël Teboul, demeurant 4
rue Bélissen à Lyon (69005), en qualité
de gérant de la société. Sa nouvelle dénomination est « 259 MM ».
Les Associés en nom sont : la SARL
MGA, siège social : 574 chemin de
Wette Fays 69300 Caluire-et-Cuire, RCS
LYON 808 640 064 et la SARL ADAMIA,
siège social : 574 chemin de Wette Fays
69300 Caluire-et-Cuire, RCS LYON
444 577 977. Modification au R.C.S. de
Lyon. Pour avis.
409033A – LES ECHOS
Société civile de construction vente le
Chatelard – Ile Barbe
Société civile au capital de 1.000 euros. Siège social : 574, Chemin de Wette
Fays – 69300 Caluire-et-Cuire. 824
135 461 RCS LYON
Le 15/11/2018, l’assemblée générale des
associés a, à compter de cette
date, transformé la société en société en
nom collectif et adopté les statuts de la
société sous sa nouvelle forme et maintenu Monsieur Mickaël Teboul, demeurant 4 rue Bélissen à Lyon (69005), en
qualité de gérant de la société sous sa
nouvelle forme. Sa nouvelle dénomination est « Le Chatelard – Ile Barbe ».
Les Associés en nom sont : la SARL
MGA, siège social : 574 chemin de Wette
Fays 69300 Caluire-et-Cuire, RCS LYON
808 640 064 et la SARL ADAMIA, siège
social : 574 chemin de Wette Fays 69300
Caluire-et-Cuire, RCS LYON
444 577 977. Modification au R.C.S. de
Lyon. Pour avis.
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// 31
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
409062A – LES ECHOS
L’AGO du 29/10/2018 de la
SCI CHADEV
au capital de 762,25 €, siège social 51
Rue Bellecombe 69006 LYON,
338.095.573 RCS LYON a pris acte de
la démission de M Marcel NIDDAM de
son mandat de Gérant à compter du
31/10/2018 au soir et a nommé en remplacement à compter du 01/11/2018, la
société FACTORY DEVELOPPEMENT
dont le siège social est au 51 rue Bellecombe 69006 LYON , pour une durée illimitée,
409657A – LES ECHOS
410141A – LES ECHOS
SNC KN
GFA LA VIROYLETTE
Société en Nom Collectif
GFA au capital de 137966,36 Euros
30 Quai Claude BERNARD – 69007
LYON
69820 Fleurie
Au capital de 1000 € - RCS Lyon
843 941 410
Selon décision unanime des associés en
date du 11 décembre 2018, il a décidé
de prendre pour nouvelle raison sociale :
« TRUCKS & FREIGHT IMMO ».
Modification au RCS de LYON
409064A – LES ECHOS
409740A – LES ECHOS
FACTORY DEVELOPPEMENT
LE MAUSOLEE
Société par actions simplifiée au capital
de 40 000 euros. Siège social : 144 Avenue Charles de Gaulle 92200 NEUILLYSUR-SEINE. 442 573 812 RCS NANTERRE
Le 15/10/2018, par DAU, la société ayant
pour Président M Marcel NIDDAM demeurant 51 Rue Bellecombe 69006
LYON, a décidé de transférer le siège social au 51 Rue Bellecombe 69006 LYON.
En conséquence elle sera immatriculée
au RCS de LYON et elle sera radiée au
RCS de NANTERRE.
409150A – LES ECHOS
DUBAI, SARL au capital de
1.500 €. Siège : 28 avenue de l’Europe 69140 Rillieux-laPape, 805 295 805 RCS LYON. L’AGE
du 25/10/2018 a changé la dénomination
sociale pour : MOGADOR. RCS LYON.
409162A – LES ECHOS
ALFA LAVAL SAS. SAS au capital de
6.067.000 €. Siège social : Parc Technologique de Lyon, Sequoia 3 -97 Alexandre Borodine 69792 ST PRIEST CEDEX.
RCS 788 262 459 LYON. L’AGO du
15/11/2018 a nommé CAC Titulaire et
Suppléant, respectivement : ERNST &
YOUNG ET AUTRES, SAS à capital variable, RCS 438 476 913 LYON, Tour
oxygène, 10-12 bd Marius Vivier Merle
69393 LYON CEDEX 03 et AUDITEX,
SAS à capital variable, RCS 377 652 938
NANTERRE, Tour first,
TSA14444 92037 PARIS LA DEFENSE
CEDEX en remplacement de KPMG et
SALUSTRO REYDEL, à compter du
18/10/2018. Mention au RCS de LYON.
409439A – LES ECHOS
LA SERRE’NKO
Société à responsabilité limitée au capital de 44 450,00 euros. Siège social : 42,
rue du Président Edouard Herriot 69001
LYON. 442 327 383 RCS LYON
Suivant décision du 10/12/2018, il résulte
à compter du 01/12/2018 :
ANCIENNE MENTION : Siège social :
42, rue du Président Edouard Herriot
69001 LYON
NOUVELLE MENTION : Siège social :
97, rue du Président Edouard Herriot
69002 LYON
409455A – LES ECHOS
Aux termes d’un procès-verbal du
12/11/2018, l’Assemblée générale de la
société SDC - Société desactiv’concept, SARL au capital de
15.000 €, sise à ST LAURENT DE
MURE (69720) - 24, Rue des Combattants en AFN, immatriculée au RCS de
LYON sous le N) 478 004 427 a nommé
Monsieur Wilfried MARTEL, demeurant
SAINT GERMAIN AU MONT D’OR
(69650) – 2 passage Claude Grand, en
qualité de co-gérant, et ce à compter du
12/11/2018. L’article 12 des statuts a été
modifié corrélativement.
Le dépôt légal sera effectué au Greffe du
Tribunal de Commerce de LYON.
Pour avis, la gérance
Société anonyme
Au capital de 100 000 €uros
Siège social : 26, Avenue de la ZAC de
Chassagne 69360 TERNAY
956 505 721 RCS LYON
L’Assemblée Générale Extraordinaire du
10 décembre 2018 a décidé la transformation de la Société en société par actions simplifiée à compter du même jour,
sans création d’un être moral nouveau.
La dénomination de la Société, son objet,
son siège et sa durée demeurent inchangées. Le capital social reste fixé à la
somme de 100 000 €uros. ADMISSION
AUX ASSEMBLÉES ET DROIT DE
VOTE : Tout associé peut participer aux
assemblées sur justification de son identité et de l’inscription en compte de ses
actions. Chaque associé a autant de voix
qu’il possède ou représente d’actions.
TRANSMISSION DES ACTIONS : La
cession d’actions, à l’exception de la cession aux associés, doit être autorisée par
la Société. Sous sa forme anonyme, la
Société était dirigée par : Administrateurs : Mme Nicole LEDAI, Mr Claude
GARGI, Mr Georges CETTOUR-CAVE,
Mme Anne-Marie GARGI.. Président du
Conseil d’Administration et Directeur Général : Mr Claude GARGI. Sous sa nouvelle forme de SAS, la Société est dirigée
par : PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ : Mr
Claude GARGI demeurant 27, Lotissement "LE PLEIN SUD" 38200 CHUZELLES. COMMISSAIRES AUX
COMPTES : Ancienne mention SAS
ORIAL, titulaire, Mr Christian RUYSSEN,
suppléant. Nouvelle mention Néant
409776A – LES ECHOS
lieu du Vivier,
330894874 R.C.S. Villefranche-Tarare
Par décision en date du 07/12/2018 il a
été pris acte de la nomination de Madame Sabine VIEUX ROCHAS, demeurant 161 RUE DE BLANZAT 63000
CLERMONT FERRAND en qualité de
nouveau Gérant, à compter du
07/12/2018 pour une durée de 5 ans, en
remplacement de Mademoiselle Hélène
VIAL, décédée
Mention en sera faite au Registre du
Commerce et des Sociétés de Villefranche-Tarare
410271A – LES ECHOS
AG2P
SAS au capital de 15 549,70 €
Siège social : 36 Chemin de Revaison,
69800 ST PRIEST
Siège social : 2 RUE DE LA GRILLETTE
69250 FLEURIEU-SUR-SAONE
R.C.S : 822 480 141LYON
POURSUITE DES ACTIVITES
Le 30/06/2018, l’associé unique et Président, après avoir constaté que l’actif net
est devenu inférieur à la moitié du capital
social, a décidé qu’il n’y avait pas lieu de
dissoudre la société, et décide également la poursuite de ses activités, conformément aux dispositions de l’article :
L223-42 du code de Commerce. Mentions au RCS de LYON.
409840A – LES ECHOS
CDF
société par action simplifiée au capital de
1 000 euros
Siège social : 45 rue de l’Alma 69400
VILLEFRANCHE SUR SAONE
833 983 703 RCS
VILLEFRANCHE-TARARE
Par décision de l’AGE en date du
15/10/2018, il a été pris acte de la nomination de Monsieur SANCHEZ Serge demeurant 26 rue Pierre Joseph Proudhon
69100 VILLEURBANNE, en qualité de
nouveau Président à compter du
15/10/2018 pour une durée indéterminée, en remplacement de Monsieur EL
AJROUDI Jalal Président démissionnaire.
Mention en sera faite au RCS VILLEFRANCHE-TARARE.
408936A – LES ECHOS
Aux termes du PV de l’AGE du
05/11/2018, les associés de la SOCIETE
CIVILE « SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE DUFFOUX GOIFFON », capital
de 149.247,59 €, siège à VILLEFRANCHE SUR SOANE (69400), 156, rue des
fayettes, 343 674 230 RCS VILLEFRANCHE-TARARE, ont décidé la dissolution
anticipée de la société, à compter de ce
jour. Mme GOIFFON née DUFFOUX Denise, demeurant à NICE (06000), 30, rue
Hôtel des Postes, Le Donatello B, a été
désigné en qualité de Liquidateur, ce qui
met fin aux fonctions de la gérance. Le
siège de liquidation est fixé au siége social, adresse à laquelle devra parvenir
toute correspondance et tous documents
concernant la liquidation. Le dépôt sera
effectué au GTC VILLEFRANCHE-TARARE, en annexes au RCS. POUR AVIS
401034004 RCS LYON
Par décision de l’associé unique du
30/06/2018, la société ACSEP Conseil,
SARL au capital de 1.000 €, dont le siège
social est 44 Ancienne Route d’Irigny,
69530 BRIGNAIS, immatriculée
800522203 RCS LYON, a été nommée
Présidente en remplacement de Patrick
CONSEIL, démissionnaire, à compter du
01/07/2018.
409333B – LES ECHOS
SP CONSEIL
SASU au capital de 1 €
10 impasse Bellevue, 69580 Sathonay
village
812983682 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
09/12/2018 l’associé unique a :
- approuvé les comptes définitifs de la liquidation,
- donné quitus au Liquidateur, M. Denis
Beraud 26, impasse des Trouilleres,
01390 Civrieux, pour sa gestion et décharge de son mandat,
- prononcé la clôture des opérations de
liquidation à compter du jour de ladite Assemblée. Radiation au RCS de Lyon
SMILDON STUDIO
SASU au capital de 1 000 Euros
- donné quitus au Liquidateur, Mme DESCARPENTRIE VIOLAINE 90, avenue Lanessan, 69410 CHAMPAGNE AU MONT
D’OR, pour sa gestion et décharge de
son mandat,
- prononcé la clôture des opérations de
liquidation à compter du jour de ladite Assemblée. Radiation au RCS de Lyon
410108B – LES ECHOS
L2MJ IMMOBILIER
SASU au capital de 5000,00 €
10 rue Pasteur, 69140 Champagne au
Mont D’Or
830442547 RCS Lyon
Par décision de L’Associé Unique en
date du 30/11/2018 il a été décidé la dissolution anticipée de la société et sa mise
en liquidation amiable à compter du
30/11/2018, nommé en qualité de liquidateur Mme Julie SILVY, 10 rue Pasteur,
69140 Champagne au Mont D’Or et fixé
le siège de liquidation et l’adresse de correspondance au siège de la société.
Mention en sera faite au RCS de Lyon
410138B – LES ECHOS
NANOSYS
SASU au capital de 200,00 €
2 chemin des Cèdres Bleus, 69380 Les
Cheres
824239461 RCS Lyon
Par décision de L’Associé Unique en
date du 30/11/2018 il a été décidé la dissolution anticipée de la société et sa mise
en liquidation amiable à compter du
12/12/2018, nommé en qualité de liquidateur Mme Fatima HADDAD, 2 chemin
des cèdres bleus, 69380 Les cheres et
fixé le siège de liquidation et l’adresse de
correspondance au siège de la société.
Mention en sera faite au RCS de Lyon
410428B – LES ECHOS
MAGMA IMMOBILIER
SASU au capital de 1000.00 €
90, avenue Lanessan, 69410
CHAMPAGNE AU MONT D’OR
807968995 RCS Lyon
Par décision de L’AGO en date du
12/12/2018 l’associé unique a :
- approuvé les comptes définitifs de la liquidation,
408993A – LES ECHOS
D.M.L.2, SCI en liquidation au capital
de 137.204,12 €. Siège : 10 rue Benoit
TABARD 69130 ÉCULLY, 387 542 509
RCS LYON. L’AGO du 07/12/2018 a approuvé les comptes de liquidation, donné
quitus de sa gestion au liquidateur, et
prononcé la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de LYON.
409200A – LES ECHOS
JPC
Société par actions simplifiée
en liquidation
Au capital de 100 euros
Siège social et Siège de liquidation :
4 - 6 avenue Joannes
Hubert 69160 TASSIN LA DEMI LUNE
820 556 033 RCS LYON
Aux termes d’une décision en date du 30
septembre 2018, l’associé unique a décidé la dissolution anticipée de la Société
à compter du 30 septembre 2018 et sa
mise en liquidation amiable sous le régime conventionnel.
Monsieur Joël PLANCON, associé unique, demeurant 179 Grande Rue 45220
GY LES NONAINS exercera les fonctions de liquidateur pour réaliser les opérations de liquidation et parvenir à la clôture de celle-ci.
Monsieur Joël PLANCON, ancien Président de la Société, a été nommé en qualité de liquidateur, avec les pouvoirs les
plus étendus pour réaliser les opérations
de liquidation et parvenir à la clôture de
celle-ci.
Le siège de la liquidation est fixé 4 - 6
avenue Joannes Hubert 69160 TASSIN
LA DEMI LUNE. C’est à cette adresse
que la correspondance devra être envoyée et que les actes et documents
concernant la liquidation devront être notifiés.
Les actes et pièces relatifs à la liquidation seront déposés au Greffe du Tribunal de commerce de LYON.
POUR AVIS
Joël PLANCON
Liquidateur
409621A – LES ECHOS
QUI PLUS CONSULTING, SAS au capital de 1500000 €. Siège social : 69 Bd
des Canuts 69004 lyon. 837559855 RCS
LYON. Le 26/11/18, l’associé unique,
FERRA SWISS HOLDING SA, SAS au
capital de 1500000 €, représentée par
REMI-ANDRE BOIFFARD, a décidé la
dissolution anticipée sans liquidation de
la société QUI PLUS CONSULTING par
application de l’article 1844-5 al.3 du
Code Civil. Cette dissolution entraîne la
transmission universelle de patrimoine
de la société QUI PLUS CONSULTING
au profit de la société FERRA SWISS
HOLDING SA à l’issue du délai d’opposition qui est de 30 jours à compter de
cette publication. Modification au RCS de
LYON.
409727A – LES ECHOS
SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE MIFANT. Société civile Immobilière au capital de 350 euros. Siège social : 20, rue
du Crêt, 69390 Millery. 316 110 261 RCS
Lyon. L’AGE du 31/10/2018 a : décidé la
dissolution anticipée de la Société à
compter du même jour et sa mise en liquidation amiable sous le régime
conventionnel ; nommé comme liquidateur M. Joseph MISTRETTA, sis 20, rue
du Crêt, 69390 Millery, fixé le siège de la
liquidation et de la correspondance 20,
rue du Crêt, 69390 Millery. Le gérant. Joseph MISTRETTA
409788A – LES ECHOS
410420B – LES ECHOS
SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE MIFANT. Société civile Immobilière en liquidation au capital de 350 euros. Siège social et de liquidation : 20, rue du Crêt,
69390 Millery. 316 110 261 RCS Lyon. .
L’AGO du 31/10/2018 a approuvé les
comptes définitifs de liquidation, donné
quitus de sa gestion et décharge de son
mandat au liquidateur, et prononcé la clôture de liquidation. Dépôt légal : RCS
Lyon. Pour avis. Le Gérant. Joseph
MISTRETTA
Rectificatif à l’annonce parue dans Les
Echos (Le Publicateur Légal – La Vie Judiciaire), le 17/10/2018, concernant la société IN FIBER, lire SAS au capital variable de 5000 € en lieu et place de SAS au
capital de 5000 €
409852A – LES ECHOS
409201A – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans les
Echos du 05/12/2018, concernant la société ARINELLA 1
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNEUX Nicolas et non
Monsieur CAGNEUX Nicolas
ENZO PIZZA
Société par actions simplifiée
409208A – LES ECHOS
au capital de 9 000.00 €
rectificatif à l’annonce parue dans le journal les Echos le"05/12/2018", concernant
la société ARINELLA 2
Siège social : 88 Rue Mercière
69002 LYON
827 598 798 RCS LYON
Aux termes du procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du
30/09/2018, il a été décidé :
La dissolution anticipée de la Société à
compter du même jour et sa mise en liquidation.
L’assemblée générale susvisée a
nommé comme Liquidateur : M. Nicolas
RIHOUEY demeurant 59 Chemin du Colin, 69370 SAINT DIDIER AU MONT
D’OR, avec les pouvoirs les plus étendus
pour réaliser les opérations de liquidation
et parvenir à la clôture de celle-ci.
Le siège de la liquidation est fixé à 88
Rue Mercière, 69002 Lyon, adresse à laquelle toute correspondance devra être
envoyée, et, actes et documents relatifs
à la liquidation devront être notifiés.
Le dépôt des actes et pièces relatifs à la
liquidation sera effectué au greffe du tribunal de commerce de Lyon. Mention
sera faite au RCS de Lyon.
409855A – LES ECHOS
ENZO PIZZA
Société par actions simplifiée « EN
LIQUIDATION » au capital de 9 000.00 €
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNIEUX Nicolas et non
Monsieur CAGNEUX NICOLAS
409212A – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans les
Echos le"05/12/2018", concernant la société ARINELLA 3
Il a lieu de lire le nom du gérant : Monsieur Nicolas GAGNEUX et non Monsieur Nicolas CAGNEUX
409214A – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans les
Echos le"05/12/2018", concernant la société ARINELLA 4
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNEUX Nicolas et non
Monsieur CAGNEUX Nicolas
409215A – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans les
Echos le"05/12/2018", concernant la société ARINELLA 5
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNIEUX Nicolas et non
Monsieur CAGNEUX Nicolas
Siège social : 88 Rue Mercière
69002 LYON
409217A – LES ECHOS
827 598 798 RCS LYON
Rectificatif à l’annonce parue dans les
Echos le 05/12/2018, concernant la société ARINELLA 6
Aux termes du procès-verbal de l’assemblée générale ordinaire du 30 septembre
2018 :
L’assemblée générale des associés a :
- approuvé les comptes de liquidation arrêtés au 30 septembre 2018
- donné quitus au Liquidateur M. Nicolas
RIHOUEY demeurant 59 Chemin du Colin, 69370 SAINT DIDIER AU MONT
D’OR et l’a déchargé de son mandat ;
- constaté la clôture des opérations de
liquidation à compter du 30 septembre
2018.
Mention sera faite au RCS de Lyon.
409927A – LES ECHOS
PHILA-CROUX
SAS en liquidation
au capital de 1.000 €
Siège social et de liquidation : 8, Place
Puvis de Chavannes, 69006 LYON
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNEUX Nicolas et non
Monsieur CAGNEUX Nicolas
409219A – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans les
Echos le 05/12/2018, concernant la société ARINELLA 7
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNEUX Nicolas et non CAGNEUX Nicolas
409240A – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans les
Echos le"05/12/2018", concernant la société ARINELLA 5
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNEUX Nicolas et non
Monsieur CAGNEUX Nicolas
808 977 672 RCS LYON
409241A – LES ECHOS
Par décision du 23/11/2018 l’associé unique a approuvé les comptes de liquidation, donné quitus au liquidateur Christian ROUSSEL, 8 place Puvis de
Chavannes 69006 LYON, l’a déchargé
de son mandat et a prononcé la clôture
de la liquidation. Les comptes de liquidation sont déposés au greffe du Tribunal
de commerce de LYON.
rectificatif à l’annonce parue dans le journal les Echos le"05/12/2018", concernant
la société ARINELLA 2
410107A – LES ECHOS
Par AGE du 15/05/2018, les associés ont
approuvé les comptes définitifs de liquidation de la SARL FLEXO
WASH FRANCE, au capital de 10.000 €,
domicilié 24 rue de la Mouche, ZI la Mouche, 69540 Irigny, immatriculé au RCS
de Lyon sous le nº 479 205 759, déchargé M. Jean-Paul BARBIER, demeurant La Reine d’Orgeat, 606 avenue Théodore Rivière, 83700
Saint-Raphaël, de son mandat de liquidateur, donné quitus de sa gestion, et
constaté la clôture de liquidation au 15
mai 2018.
Les formalités seront effectuées
au Greffe du Tribunal de Commerce
de Lyon.
Pour avis.
410317A – LES ECHOS
SASU COLLEGE DES MAI
SASU COLLEGE DES MAI en liquidation
au capital de 1000 euros. Siège : 30 boulevard des brotteaux, 69006 Lyon. RCS
Lyon 814461240. A compter A.G.E du
01-06-2016 : Approbation des comptes
de liquidation. Quitus au liquidateur, décharge de son mandat. Clôture de liquidation. Radiation de la société. Dépot
comptes de liquidation au RCS de Lyon.
Il a lieu de lire pour le nom du gérant :
Monsieur GAGNEUX Nicolas et non
Monsieur CAGNEUX NICOLAS
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programme de vente : 75.500 € -3 pièces
64 m2, 2ème étage, lot 465, UG 7568 garage en sous-sol DPE : D. Prix locataire
du département : 77.100 €*. Prix locataire de la résidence objet du présent programme de vente : 74.500 €*. *Hors frais
de notaire et bancaires. Lot soumis à la
copropriété. Nombre de lots dans la copro : 81. Quote part de charges annuelles : 2.050 €. Pas de procédure en cours.
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Mme PEREIRA, 09 79 99 02 15, christelle.pereira@cdc-habitat.fr. Offre réservée exclusivement aux locataires de
SCIC Habitat Rhône-Alpes du département du 69 ainsi qu’aux gardiens de
SCIC Habitat Rhône Alpes pendant deux
mois à compter de l’accomplissement de
l’ensemble des mesures de publicités
prévues par l’article R-443-12 du CCH.
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32 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
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LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
312,44 12/12
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
515,53 12/12
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
545,08 13/12
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
240,04 12/12
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
358,01 13/12
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
505,5
LU0188501257 PICTET-HEALTH
269,37 12/12
480,03 12/12
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
14449,77 12/12
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
163,49 12/12
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
403,85 12/12
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
93,59 12/12
117,98 12/12
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
142,51 12/12
118
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
90,79 12/12
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
142,27 12/12
12/12
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
147,52 12/12
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
147,41 07/12
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
130,79 12/12
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
278,27 12/12
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
668,54 12/12
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
57,86 12/12
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
139,47 12/12
226,26 12/12
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
141
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
136,27 12/12
78,99 12/12
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
294,8
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
154,36 12/12
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
12/12
LU0104884860 PICTET-WATER
1033,95 12/12
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
233,12 12/12
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
DÉSIGNATION
DES VALEURS
93,46 12/12
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
LU0256846139 PICTET-SECURITY
CODE ISIN
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
SYNCHRONY (LU)
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
DERNIER
DIVIDENDE NET
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MONT. DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
12/12
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CLASSIFICATION
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
93,25 12/12
100,11 12/12
12/12
286,87 12/12
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
à des projets locaux comme des écoles, mais aussi
à l’analyse économique des programmes d’investissements. » Un travail d’autant plus délicat que
la crise de 2007 a entraîné un effondrement de
plus de 50 % des investissements dans les infrastructures et la perte de 600.000 emplois et de
120.000 entreprises dans l’ensemble du secteur
de la construction.
par Olivier Tosseri
Correspondant à Rome
Construire des ponts entre la France et l’Italie. A
l’heure où les rapports entre les deux pays sont
parfois houleux, c’est, plus qu’une simple
expression, l’une des missions de Romain Bocognani. Ce Français est désormais directeur des
affaires internationales de l’Ance, l’Association
nationale des constructeurs en bâtiments à
Rome. Les liens qu’il entretient avec la péninsule sont solides et bien plus anciens.
Romain Bocognani voit le jour il y a tout juste
quarante ans près de Grenoble dans une famille
de professeurs d’italien. A la maison règne la
culture de Dante dont il connaît la langue et qu’il
a l’occasion de pratiquer lors de régulières
vacances de l’autre côté des Alpes. Ses parents
fonctionnaires, outre l’amour de l’Italie, lui
transmettent le sens du service. Le jeune homme
s’inscrit ainsi à Lyon à la très prestigieuse Ecole
nationale des travaux publics de l’Etat. L’ingénieur en sort pour intégrer la Direction départementale de l’équipement de l’Essonne.
A Evry, il s’occupe de projets des transports
en commun, routiers et ferroviaires promus
par le ministère de l’Equipement. « En 2005, des
échanges de fonctionnaires entre ministères européens ont été lancés pour améliorer la coopération et se familiariser avec les méthodes des pays
ENTREPRISES
AIR FRANCE-KLM
Bruno Heinrich
accède à la direction générale de
CRMA, filiale d’Air France-KLM.
Bruno Heinrich, 55 ans, ancien
élève de l’Ecole nationale des
ponts et chaussées, a rejoint Air
France en 1986. En 2000, il a intégré la direction entretien avions
comme responsable de production maintenance lourde grosporteurs, avant d’en être nommé
Besoin de maintenance
DR
Romain Bocognani,
« Francese » parmi
les constructeurs
romains
voisins, se souvient-il en évoquant cet « Erasmus » de la fonction publique. Une place était
disponible au ministère des Infrastructures à
Rome, ma candidature a été retenue. »
Comme souvent lorsqu’il s’agit d’Erasmus,
les participants rencontrent leur conjoint à
l’étranger. Romain Bocognani épousera une
Italienne dont il a une fille. Sa vie professionnelle le comble tout autant. « Je travaillais sur le
lancement de grands projets de transport, à commencer par celui de la liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin qui s’inscrit dans une stratégie
européenne. L’accueil de mes collègues a été très
bon et les échanges gagnant-gagnant, rien de
mieux que la rigueur française et l’adaptabilité
française pour faire progresser les dossiers. »
Il s’occupera de ceux traités par l’Ance, venue
le chercher à l’issue de sa mission de trois ans au
ministère des Infrastructrures. En 2008,
Romain Bocognani rejoint sa Direction des
affaires économiques et études. Il y est « Il Francese », le seul Français d’une association regroupant environ 20.000 entreprises privées d’un
secteur essentiel pour l’économie italienne, avec
un chiffre d’affaires annuel de 130 milliards
d’euros. « Je me suis immédiatement attelé à des
projets d’infrastructures allant des gros chantiers
directeur. Il a été responsable des
activités Part M de la direction
entretien avions. Ces deux dernières années, il était directeur
du développement technique
au sein des opérations aériennes
Air France.
SAFRAN
François Lepot
sera administrateur délégué,
directeur général de Safran Aero
Boosters à compter du 1er février.
François Lepot, 49 ans, est ingé-
A cela s’ajoute le besoin urgent d’entretien
comme l’effondrement du pont Morandi à
Gênes, en août dernier, l’a cruellement mis en
lumière. Les infrastructures italiennes sont
vieillissantes et souvent laissées à l’abandon
avec les deux tiers des ponts et chaussées qui
nécessitent une intervention immédiate.
A l’heure où le budget italien fait polémique,
la question des investissements dans les infrastructures attire les regards. « Ce dossier est un
élément central de l’actuel budget négocié par le
gouvernement italien avec Bruxelles, souligne
Romain Bocognani. Il veut augmenter les investissements de 15 % l’an prochain. » Une aubaine
éventuelle pour les entreprises italiennes du
secteur qui travaillent de plus en plus à l’étranger où les financements de chantiers et les
temps de réalisation sont plus sûrs.
Depuis 2003, leur chiffre d’affaires y a été
quintuplé alors qu’il diminuait de 20 % sur le
marché intérieur. Les aider dans leur croissance
hors des étroites frontières de la péninsule est la
nouvelle mission de Romain Bocognani, désormais directeur des affaires internationales de
l’Ance. « Nous sommes l’association européenne
qui apporte le plus d’entreprises sur les marchés,
en particulier les PME-PMI, s’enorgueillit-il en
citant un récent rapport européen. Je ne perds
pas de vue les programmes nationaux, notamment en œuvrant pour la réduction des retards de
paiement de l’administration aux entreprises ou
en perfectionnant les procédures des chantiers. On
regarde et on s’inspire de ce qui se fait de mieux à
l’étranger, en Espagne ou en France, par exemple. » Bâtir des ponts, encore et toujours. n
nieur civil électromécanicien
tendance aérospatiale, diplômé
de l’université de Liège. Il est
entré en 1993 chez Techspace
Aero (devenu Safran Aero Boosters). Responsable de la marque
technique pour les programmes
moteurs General Electric et Pratt
& Whitney en 1998, il a pris,
en 2000, la responsabilité
d ’u n e u n i t é d e p r o d u c t i o n .
En 2006, il était devenu directeur
des opérations chargé de la production, de la supply chain et des
investissements.
OVH
Yann Leca
sera chief financial officer d’OVH
à compter du 2 janvier prochain.
Yann Leca, 51 ans, diplômé de
HEC, a d’abord travaillé chez
Banque Paribas et chez Arthur
Andersen. Il a ensuite assumé
des fonctions financières pour
Saga (group e B olloré), Polyconcept et Salt Mobile. Depuis
2016, il travaillait chez Unit4
où il fut chief financial officer,
puis senior advisor.
BNP PARIBAS
Csongor Csukas
Magali Michel
deviennent respectivement
président et directrice générale
de BNP Paribas Real Estate
Property Management France.
Csongor Csukas, 40 ans, diplômé
de la Budapest Universit y of
Technology and Economics et de
la Budapest University of Economic Sciences and Public Administration, est titulaire d’un master de management de projets
industriels est-ouest de l’Ensam
(Arts et Métiers ParisTech). Il
reste deputy head of international property management, fonction qu’il assume au sein de BNP
Paribas Real Estate depuis 2014.
Il a débuté en 2002, chez AEW
Europ e. C’est en 2010 qu’il a
rejoint BNP Paribas Real Estate
en tant que CEO pour la Hongrie
et la République tchèque. Il était
par ailleurs head of property
management en Roumanie.
Magali Michel, 45 ans, est titulaire d’un DESS d’ingénierie
immobilière. Après des débuts
chez GFF Valorial, elle a rejoint
en 2003 Icade où elle a été promue, cinq ans plus tard, directrice générale déléguée de l’activité property management.
En 2016, elle s’était vu confier la
direction de Foncia Institutional
Property Management.
LABATUT GROUP
Lionel Pierre
est nommé directeur
des opérations au sein
de la filiale logistique Veolog.
Lionel Pierre, 37 ans, diplômé de
Neoma Business School, titulaire
d’un master en logistique à la
Sorbonne-Assas en apprentissage, a notamment été responsable d’activité au sein de plateforme logistique pour le compte
de FM Logistics. Il a intégré Tata,
où il a été chargé de l’optimisation
des approvisionnements des
stations-ser vices sur la zone
M oye n - O r i e n t e t A f r i q u e e n
prestation pour le compte de
Total. Il a ensuite rejoint les Galeries Lafayette au sein de l’entrepôt
amiral du groupe et comme responsable des projets logistiques.
VOYAGES SNCF
Olivier Pinna
est nommé directeur
du marché affaires, entreprises
et agences de voyages
au sein de Voyages SNCF.
Olivier Pinna, 45 ans, diplômé de
l’ESCP Europe, a rejoint la SNCF
en 2000. Pendant près de douze
ans, il a contribué au développement des ventes SNCF à l’international. D’abord directeur des
ventes Europe du Sud et gérant
des filiales Rail Europe en Italie et
en Espagne entre 2004 et 2008,
il devint directeur général de
Rail Europe Continental de 2009
à 2016. Il a alors pris la direction
des ventes B to B au sein du départ e m e n t E u r o p e d e Vo y a g e s sncf.com. De retour en France
en 2017, il était devenu directeur
des ventes agences de voyages
pour Voyages SNCF.
ILS SONT NÉS
UN 14 DÉCEMBRE
Antonin Beurrier, PDG de Vale
Nouvelle-Calédonie, 48 ans.
Jane Birkin, chanteuse
et comédienne, 72 ans.
Pierre Blayau, président
de la Caisse centrale
de réassurance (CCR), 68 ans.
Christophe Bonduelle,
président de Bonduelle, 59 ans.
Nicolas Bordas,
publicitaire, 58 ans.
Robert Covington,
basketteur, 28 ans.
Jérôme Fabre,
président d’Aubert & Duval
et d’Erasteel, 45 ans.
Marc Guillaume, secrétaire
général du gouvernement,
codirecteur de la revue
« Pouvoirs », 54 ans.
Henri Dès, chanteur, 78 ans.
Michael Owen,
footballeur, 39 ans.
Dilma Rousseff, ancienne
présidente du Brésil, 71 ans.
Gérard Terrien, président
de la cinquième chambre
à la Cour des comptes, 64 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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VENDREDI 14 ET SAMEDI 15 DÉCEMBRE 2018
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
IMPÔTS // Fin janvier, les salariés découvriront sur leur fiche de salaire un montant amputé de l’impôt
sur le revenu. Mais le passage au PAS et l’année de transition dissimulent des effets pervers.
Pas sûr que ces innovations permettent au contribuable de mieux maîtriser sa gestion de trésorerie.
Les pièges du prélèvement à la source
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
tant du déficit reportable sur le revenu global)
plus deux fois le montant des loyers 2018.
Dans ce cas, le propriétaire bailleur pourra
déduire 50 % des travaux sur 2019, mais, surtout, il a la possibilité de reporter son déficit
sur les dix années suivantes et d’absorber ses
revenus fonciers. Mais le piège serait de réaliser des travaux en 2019. A cause du dispositif
anti-optimisation, ils ne seraient déductibles
qu’à 50 % », conclut-il.
Piège également du côté des versements
sur un PERP. Sauf s’il disposait de revenus
exceptionnels, le contribuable ne sera pas
imposé sur ses revenus de 2018. Il ne pourra
donc pas déduire ses versements de son
revenu imposable de 2018, comme il le faisait habituellement.
L
e prélèvement à la source (PAS),
censé rendre l’impôt contemporain
des revenus, risque de réserver quelques surprises aux contribuables. Quels
sont les principaux pièges auxquels ils peuvent être confrontés ?
LA PRISE EN COMPTE
DES RÉDUCTIONS D’IMPÔT
1
Les niches fiscales, autrement dit les réductions d’impôt, ne sont pas prises en compte
dans le calcul du taux d’imposition qui viendra amputer vos revenus. Pour pallier cet
inconvénient, il est prévu de restituer aux
contribuables un acompte de 60 % des
réductions d’impôt dues au titre d’un
emploi à domicile, d’un investissement
locatif, d’un hébergement en Ehpad ou
encore de dons aux œuvres ou de cotisations syndicales. Mais il reste des trous dans
la raquette.
D’abord, si vous n’avez pas bénéficié de
ces avantages fiscaux l’année précédente.
Car l’Administration se reportera à vos
revenus 2017 pour savoir à quelles restitutions vous avez droit. Si vous utilisez pour la
première fois en 2018 l’un de ces dispositifs,
elle n’en aura pas encore connaissance,
donc vous n’aurez pas d’acompte. Autre
situation délicate : celle du contribuable qui
avait droit à des réductions d’impôt au titre
de 2017 mais plus au titre de 2018. Il percevra un acompte de 60 % en janvier… qu’il
devra restituer en septembre !
2
LES ÉCUEILS DU TAUX NEUTRE
Autres difficultés, celles auxquelles
seront confrontés les contribuables ayant
opté pour le taux neutre par souci de discrétion. « Dans ce cas, l’employeur va utiliser
pour le prélèvement à la source un taux similaire à celui applicable à un célibataire sans
enfants. Comme il ne tient pas compte du
quotient familial, il peut être supérieur au
taux personnalisé. Si le prélèvement est trop
élevé, la différence lui sera restituée, mais celle-ci n’interviendra qu’en septembre 2020 »,
souligne Marion Capèle, directeur adjoint
5
du pôle solutions patrimoniales chez
Natixis Wealth Management. « Dans le cas
inverse, c’est-à-dire si le montant prélevé à la
source est inférieur à ce qu’il devrait être, c’est
le contribuable lui-même qui devra faire ses
calculs en réalisant des simulations. Il peut
pour cela se rendre sur le site impôts.gouv.fr,
ce qui lui permettra de déclarer le complément et de faire chaque mois un versement
supplémentaire. » Ce versement sera effectué par prélèvement bancaire sur le compte
du contribuable au plus tard le dernier jour
du mois suivant la perception du revenu.
« En tout cas, si le contribuable ne le fait pas, il
s’expose à une pénalité de 10 % », met en
garde Marion Capèle.
3
DES TAUX EXCESSIFS
« C’est une mésaventure qui touchera
ceux qui ont perçu des revenus exceptionnels
en 2017, explique Gervais Morel, ancien
expert-comptable et professeur de l’univer-
sité Lyon-II. L’administration va calculer son
taux d’imposition pour le PAS en tenant
compte de ses revenus exceptionnels alors que
la logique aurait été de recalculer le taux en
tenant compte des seuls revenus récurrents »
(voir exemple ci-dessus).
Certes, début 2019 le contribuable pourra
demander la modulation de ce taux, mais,
selon Gervais Morel, la démarche ne sera
pas simple. « Le contribuable devra fournir à
l’Administration, dès le début de l’année 2019,
le décompte de la totalité de ses revenus de
2018 plus une estimation de ses revenus 2019.
Le taux modulé s’appliquera au plus tard le
troisième mois suivant celui de la décision de
l’Administration et sans tenir compte des versements déjà acquittés. En attendant, il va rester au taux précédent, ce qui peut le contraindre à une grosse avance de trésorerie.
Complexe pour le contribuable, ce mécanisme défavorable se reproduira dans l’avenir
chaque fois que des revenus exceptionnels
L'APPARTEMENT DE LA SEMAINE
entreront dans le revenu imposable soumis
au barème progressif », déplore-t-il.
4
DES DÉDUCTIONS
QUI PASSENT À LA TRAPPE
L’un des principaux écueils du passage au
prélèvement à la source est le traitement
des frais ou versements qui ouvrent droit à
une déduction du revenu imposable du
contribuable. Ici, l’avantage fiscal passe à la
trappe – pour les versements ou dépenses
engagés en 2018 –, car les revenus habituels
de cette année sont neutralisés.
« Les propriétaires qui ont fait des travaux
en 2018 les déduiront de revenus fonciers non
imposables, résume Laurent Desmoulière,
responsable de l’ingénierie patrimoniale du
Groupe Meeschaert. En revanche, ceux qui
ont réalisé d’importantes dépenses sont
gagnants, avec un effet de levier. La condition
est de pouvoir comptabiliser, charges déductibles, au moins deux fois 10.700 euros (mon-
DES PRIMES ASSIMILÉES À
UN REVENU EXCEPTIONNEL
Là encore, la difficulté est liée à la neutralisation des revenus perçus en 2018. Ceux considérés comme exceptionnels ne le sont pas et
restent imposables. « Il appartiendra aux
salariés percevant des primes de les qualifier
ou non de revenus exceptionnels lors de leur
déclaration 2019, explique Marion Capèle.
Le “Bulletin officiel de finances publiques”
(“Bofip”) précise que, si la prime n’est pas prévue dans le contrat de travail, elle doit être considérée comme revenu exceptionnel, mais
admet que, si cette distribution fait partie des
usages de la société et que la prime avait déjà été
perçue l’année précédente, ce n’est pas le cas. »
6
LE DÉPLAFONNEMENT
DE L’IFI
Le changement du mode de recouvrement
de l’impôt pourra avoir des effets sur les
assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Une conséquence étonnante du
traitement des revenus de l’année de transition. « L’IFI ajouté à l’impôt sur le revenu (IR)
et aux prélèvements sociaux (PS) de l’année
précédente ne doit pas excéder 75 % des revenus du contribuable, rappelle Laurent Desmoulière. Or, en 2019, le calcul sera biaisé
puisque l’impôt sur le revenu de 2018 aura été
neutralisé. L’addition IFI+IR+PS sera donc
nettement moins élevée, ce qui réduira
d’autant les possibilités de plafonnement. » n
INDICES DES PRIX IMMOBILIERS (IPI)
MEILLEURSAGENTS - « LES ECHOS »
SUR
LE WEB
•EnImmobilier
cette fin d’année, le
marché de l’immobilier
ancien tricolore
marque une pause.
Prix et transactions
sont en léger reflux,
relèvent les notaires
de France.
Logement
L’augmentation de
revenu de 100 euros
par mois pour les salariés au SMIC aura un
impact certain sur le
pouvoir d’achat immobilier des Français.
Loyer Le Conseil
de Paris vient de voter
le retour de l’encadrement des loyers dans
la capitale.
Et toute
l’actualité du
patrimoine à retrouver
sur lesechos.fr
/patrimoine
Espaces atypiques
•
1Un loft à Lyon
Issu de la rénovation
d’une ancienne usine,
ce loft contemporain
de 90 m2 en rez-dechaussée est situé dans
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DYNAMIQUE
IMMOBILIÈRE
Les vents vont-ils tourner
pour l’immobilier ? Tant
que les Français pourront
emprunter à taux négatif,
il est peu probable que la
dynamique favorable à la
pierre s’inverse. Autre
facteur positif : la hausse du
pouvoir d’achat. Les mesures annoncées le 10 décembre devraient améliorer
la capacité d’emprunt des
acquéreurs et notamment
des primo-accédants. Mais
de l’autre côté de la balance,
quelques nuages s’amoncellent. Le prélèvement à la
source pourrait susciter
un sentiment d’appauvrissement et quelques frémissements de hausse de taux de
crédit sont déjà observés…
2019 pourrait être une
année charnière.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // PATRIMOINE
–18,92 %
TRANSMISSION
FONDS ALLEMAGNE
GRANDES CAP.
Le baromètre
des fonds
A l’issue d’une campagne électorale de six semaines, Annegret Kramp-Karrenbauer a été
élue présidente du parti conservateur allemand. Dans ce
contexte, les fonds spécialisés
chutent de 18,92 % en trois mois.
+8,53 %
FONDS ACTIONS
SECTEUR SANTÉ
Les fonds dédiés à la santé
mondiale tirent leur épingle du
jeu dans des marchés très cha-
hutés. Le caractère défensif du
secteur séduit les investisseurs
en quête de valeurs peu exposées à la guerre commerciale.
Morningstar au 11/12/2018
Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018 Les Echos
Dons et surtout présents d’usage peuvent permettre de gratifier ses proches sans verser un
pourcentage au fisc. Quelles sont les conditions à respecter pour éviter l’impôt en toute légalité ?
Shutterstock
Les solutions pour donner
sans payer d’impôts
R
emettre un chèque à un
enfant ou à un petit-enfant
pour les fêtes de fin d’année,
lui offrir un tableau lors de son
mariage ou une voiture pour son
anniversaire… Ce geste, qui se
caractérise par la remise d’un bien
ou d’une somme d’argent de la main
à la main, peut, selon les circonstances, être qualifié de « présent
d’usage » ou de « don manuel » au
sens juridique du terme. Or la distinction est fondamentale car à la
différence d’un don manuel, « les
présents d’usage échappent non seulement à la fiscalité des droits de
donation mais aussi au droit civil des
libéralités », résume Julien Anderson, avocat associé chez Jaberson
à Marseille.
QU’EST-CE QU’UN PRÉSENT
•D’USAGE
?
Selon la définition donnée par la
Cour de cassation, il y a plus de
trente ans, les présents d’usage sont
des « cadeaux n’excédant pas une
certaine valeur qui sont faits à l’occasion de certains événements et
conformément à un certain usage ».
En clair, pour que la qualification de
présent d’usage soit retenue, il faut
que deux conditions soient réunies.
Première condition : le cadeau doit
être consenti à l’occasion d’un événement pour lequel il est d’usage
d’offrir un cadeau à ses proches : un
anniversaire, des fiançailles, un
mariage, une naissance, la réussite
à un examen, les fêtes de fin
d’année, Hanoukka… « Il faut faire
très attention au timing. S’il s’agit
d’un cadeau de Noël, il faut qu’il soit
effectivement donné aux alentours
de Noël et non pas à la fin du mois de
janvier ! », ajoute Catherine Costa,
directeur du pôle Solutions patrimoniales chez Natixis, Wealth
Management.
Deuxième condition : la valeur
du cadeau doit être modique. Mais
cette modicité est toute relative. Elle
s’apprécie par rapport aux revenus
et à la fortune du bienfaiteur. Le
Code civil prévoit en outre que cette
valeur doit s’apprécier à la date à
laquelle le cadeau est consenti.
« Cette disposition est dérogatoire au
mécanisme de réévaluation des libéralités soumises au rapport. Il ne
faut donc pas hésiter à donner des
biens qui prendront de la valeur »,
conseille Julien Anderson. Pour
preuve ? Huit aquarelles d’une
valeur de 70.000 francs données
par un père à sa fille à l’occasion de
son mariage ont été considérées par
les juges comme un présent d’usage
et non comme un don alors même
qu’elles ont été revendues dix ans
plus tard pour un prix de
5.620.000 francs (Cour de cassation, Chambre civile 1, 10 mai 1995,
93-15.187 P).
A l’inverse, les juges refusent de
reconnaître la qualification de présent d’usage lorsqu’aucun élément
ne leur permet de déterminer à
l’occasion de quel événement le
cadeau a été consenti. Par exemple,
ils ont jugé que deux chèques de
15.000 euros et de 8.000 euros
remis en janvier et octobre par une
mère à sa fille ne pouvaient pas être
considérés comme des présents
d’usage, compte tenu de la remise
d’un autre chèque de 20.000 euros
à l’intéressée en novembre pour
son anniversaire ! « D’où l’importance du rituel, de la petite carte qui
accompagne le geste. Il faut une occasion pour consentir un cadeau
d’usage mais celui-ci ne doit pas res-
Tolérance de l’administration fiscale
L’administration fiscale considère que les sommes versées
par des parents sur un plan d’épargne logement ouvert
au nom d’un enfant mineur constituent un présent d’usage.
Conséquence : aucune taxation n’est encourue
sur les sommes en jeu alors même que les versements
peuvent atteindre 61.200 euros par plan.
Contrairement aux dons, les présents d’usage ne sont jamais taxables, quel que soit leur montant, ni
rapportables à la succession de celui
qui l’a consenti. Conséquence : on
n’en tiendra pas compte pour déterminer la part d’héritage revenant à
chaque héritier. Dans un arrêt
récent du 19 septembre dernier
(Cour de cassation, Chambre civile 1,
19 septembre 2018, 17-24.205, inédit), la Cour de cassation a en outre
tranché la question du calcul de la
réserve et de la quotité disponible.
Elle considère qu’il n’y a pas lieu
d’intégrer les présents d’usage dans
la masse de calcul de la réserve et de
la quotité disponible, en vue de leur
éventuelle réduction s’ils empiètent
sur la part de patrimoine (la
« réserve ») des héritiers réservataires. « Dans l’affaire jugée, les présents d’usage consentis aux petits et
arrière-petits-enfants représentaient
pourtant une somme de plus de
300.000 euros », précise Julien
Anderson.
En principe, aucune formalité n’est
requise pour donner des biens
mobiliers – voiture, bijou, œuvres
d’art, titres cotés, parts d’OPCVM –
ou de l’argent à vos enfants ou à
toute autre personne, y compris par
voie dématérialisée : virement de
compte à compte, chèque… Et le
bénéficiaire du don comme le
donateur n’ont pas l’obligation
d’enregistrer le don. Ce qui permet
d’éviter les frais de notaire et de ne
pas avoir à payer de droits de donation, voire de passer sous silence le
don à l’égard des autres héritiers.
Le revers de la médaille ? Même
non enregistré et même s’il n’est pas
taxable en raison des abattements
ou de l’exonération spécifique attachée aux dons familiaux, un don
manuel a les mêmes conséquences
juridiques qu’une donation effectuée devant notaire. Or ces conséquences n’ont pas toujours été anticipées et peuvent entraîner des
conflits au décès du donateur.
Première conséquence : lorsque
le don a été consenti à un héritier, on
considère qu’il s’agit d’une avance
sur son héritage. Il doit donc être
rajouté fictivement à la succession
du donateur pour calculer la part
devant revenir à chacun, et ce quelle
que soit la date à laquelle il a été
consenti, même s’il remonte à plus
de quinze ans (ce délai ne joue qu’en
matière fiscale). Ceux qui ont reçu
un don ont le droit à la même part
que les autres. Mais au moment du
partage, ils prendront moins que les
autres pour tenir compte de ce
qu’ils ont déjà reçu. Ou s’ils ont reçu
plus que leur part, ils devront
indemniser les autres en leur versant une indemnité.
Deuxième conséquence : en présence d’héritiers réservataires, les
dons manuels p ourront être
« réduits », voire annulés, s’ils
empiètent sur leur réserve. Tous les
dons effectués par le défunt sont
concernés (et pas uniquement ceux
consentis à des héritiers). On commence par réduire les dons les plus
récents et on remonte dans le
temps. Plus un don est ancien, plus
il a de chance d’être maintenu et
inversement.
Troisième conséquence, fiscale
cette fois-ci : les droits de mutation
seront calculés sur la valeur du bien
au jour du partage et non au jour de
la donation, valeur qui risque
d’avoir augmenté entre-temps.
D’où l’intérêt d’enregistrer le don au
moment où il est consenti. Cette formalité gratuite présente plusieurs
avantages. Elle permet de dater le
don de manière certaine et incontestable et de faire courir le délai de
quinze ans au terme duquel les
abattements et exonérations se
reconstituent.
« L’enregistrement du don au service des impôts permet aussi de faire
courir le délai de reprise de trois ans
pendant lequel l’administration peut
exercer son droit de contrôle sur les
droits de donation », ajoute Sophie
Borenstein, avocate associée chez
KGA Avocats. Mais en contrepartie,
si des droits sont dus, il faudra les
payer sur-le-champ, sauf à opter
pour un report de leur paiement
après le décès du donateur (option
possible pour les dons manuels
supérieurs à 15.000 euros).
— Nathalie Cheysson-Kaplan
rence des abattements qui jouent
quelle que soit la nature des biens
donnés et quel que soit l’âge du
donateur ou du donataire, cette
exonération ne concerne que les
dons en argent, consentis avant les
quatre-vingts ans du donateur à un
bénéficiaire majeur ou mineur anticipé. Pour profiter de ces deux dispositifs, le bénéficiaire du don doit
faire une déclaration, en deux
exemplaires sur le formulaire Cerfa
n° 2735 « Déclaration de don
manuel et de sommes d’argent »,
accessible et remplissable sur
www.impots.gouv.fr. La déclaration doit être déposée dans le mois
suivant le don au service chargé de
l’enregistrement du domicile du
donataire.
— N. C.-K.
ter “occasionnel” », poursuit Julien
Anderson. D’une manière générale, on aura tout intérêt à se constituer une preuve pour éviter la
requalification du présent en don
manuel : relevé bancaire ou ordre
de virement indiquant un mouvement proche de la date de l’événement, facture datée, courrier…
D’USAGE
•OUPRÉSENT
DON MANUEL ?
COMMENT FAIRE UN DON
•MANUEL
EN PRATIQUE ?
Dons aux enfants et petitsenfants : profitez des abattements
et exonérations
Pourquoi révéler les dons
manuels à l’administration
fiscale ? Explications
et conseils d’experts.
Dès lors qu’ils ont été révélés à
l’administration fiscale, les dons
manuels supportent les mêmes
droits de donation que les donations effectuées devant notaire. Ces
droits sont calculés sur la valeur des
biens ou des sommes d’argent donnés, après déduction d’un abattement qui dépend du lien de parenté
existant entre le donateur et le
bénéficiaire de la donation. Cet
abattement est de 100.000 euros
pour un don à un enfant, de
31.865 euros pour un don à un petitenfant et de 5.310 euros pour un don
à un arrière-petit-enfant.
Conséquence : à hauteur du
montant de l’abattement, les dons
échappent aux droits de donation.
Comme ces abattements se renouvellent tous les quinze ans, il est
donc possible de donner tous les
quinze ans en franchise de droits
jusqu’à 100.000 euros à chacun de
ses enfants et jusqu’à 31.865 euros à
chacun de ses petits-enfants.
Au-delà de ses seuils, le fait
d’attendre quinze ans entre deux
dons permet également de profiter
à chaque fois des premières tranches du barème auxquelles sont
associés les taux les plus bas. Les
droits sont normalement dus par
les bénéficiaires du don. Mais les
donateurs peuvent les payer à leur
place, ce qui n’est pas considéré
comme un supplément de donation taxable.
Dans la mesure où les droits sont
calculés sur le « net donné », cette
technique permet au donataire de
recevoir davantage que lorsqu’il
paie lui-même les droits lorsque le
don porte sur une somme d’argent.
Illustration pour un don de
100.000 euros après abattement à
un neveu. « Si le donataire paie lui-
même les droits, il va payer
55.000 euros (à 55 %) et garder
45.000 euros. Si, par contre, vous lui
donnez 64.500 euros et que vous prenez en charge les droits au taux de
55 %, soit pour 35.475 euros, vous
aurez dépensé un peu moins de
100.000 euros (99.975 euros exactement), mais votre neveu aura gagné
19.500 euros ! » explique Julien
Anderson.
Exonérations
sous condition
En plus de ce mécanisme, un dispositif spécifique est prévu pour les
dons familiaux, consentis à un
enfant, à un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant et pour les personnes sans descendance, à un neveu
ou à une nièce (ou à un petit-neveu
ou petite-nièce venant en représentation de son parent décédé).
Ces dons sont exonérés à hauteur
de 31.865 euros par bénéficiaire
tous les quinze ans. Mais, à la diffé-
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en bref
Drouot
MARCHÉ
DE L'ART
PIERRE BERGÉ À
NOUVEAU CHEZ DROUOT
BEAU SUCCÈS POUR DES
PEINTURES DE SINATRA
La vente de la bibliothèque
de Pierre Bergé, entamée il
y a trois ans, se poursuit le
14 décembre à 15 heures chez
Drouot Paris. Parmi les lots
phares, un exemplaire de
« Salammbô » de Flaubert.
Cinq tableaux du crooner
américain Frank Sinatra
ont été vendus au moins
100.000 dollars chacun chez
Sotheby’s à New York. Le
chanteur avait plus de 70 ans
quand il a peint ces œuvres.
Sotheby’s
PATRIMOINE // 35
Les Echos Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
Enchères : moins de
3.000 euros pour des
œuvres séduisantes
L
es ventes aux enchères françaises recèlent beaucoup de
petits trésors. Il suffit d’être
curieux ou féru d’histoire de l’art et
d’aller fouiller dans les catalogues
de cette fin d’année pour dénicher
des œuvres singulières, uniques et
précieuses par leur témoignage, qui
sont proposées à moins de
3.000 euros.
Ainsi le couturier Yves Saint Laurent s’est toujours nourri, dans son
univers créatif comme dans son
quotidien, d’art plastique mais aussi
de littérature et de théâtre. On peut
imaginer qu’à l’orée de sa carrière,
vers 1960, alors qu’il vient de diriger
la maison Dior et juste avant de
créer avec l’aide de Pierre Bergé
celle qui portera son nom, il va illustrer un livre pour enfant – « Le Diable à Paris » – à la demande de l’éditeur Jacques Damase.
Manifestement cet épisode de sa
biographie est méconnu. Il est révélé
par une vente aux enchères le
19 décembre à Paris. Cornette de
Saint Cyr disperse une centaine de
dessins de la main du couturier. La
fondation Pierre Bergé - Yves Saint
Laurent, contactée, n’a pas désiré se
prononcer sur le sujet. Le commissaire-priseur, Arnaud Cornette de
Saint Cyr, explique : « L’éditeur Jacques Damase possédait cet ensemble.
Nous avons retrouvé dans ses archives
la mention de ce projet de livre. Ils ressemblent à ceux destinés à un projet
de pièce de théâtre, “Le Diable amoureux”. Ils sont totalement inédits et
sont composés d’œuvres pour certaines très achevées et d’autres à peine
esquissées, regroupées en 57 lots. »
Des esquisses Saint Laurent
de 200 à 1.500 euros
La facture de ces esquisses qui représentent le plus souvent des personnages déguisés, aux lignes ondulantes, tient de l’esprit de ceux, biens
connus, du décorateur de théâtre
Christian Bérard. Pierre Bergé
racontait à propos de Saint Laurent :
« Sa passion naquit vraiment lorsqu’à treize ans, il vit, grâce à une tournée à Oran, une représentation de
“L’Ecole des femmes”, mise en scène
par Louis Jouvet dans des décors et
costumes de Christian Bérard » (*).
Ces charmantes feuilles jamais
dévoilées sont estimées entre 200 et
1.500 euros. Selon la banque de données Artprice, le prix record pour
une œuvre sur papier de Saint Laurent date de 2005 et s’élève à
16.000 euros. Il s’agit d’un projet de
robes dessiné pour Marie-Hélène de
Rothschild. Quant au prix le plus
élevé pour un dessin de costume de
théâtre de la main de Saint Laurent,
7.244 euros, il a été obtenu en 2011 à
New York. Mais plus généralement
la moyenne supérieure des cotes se
limite pour ce genre d’esquisses à
3.000 euros.
Dans la même vente, Arnaud
Cornette de Saint Cyr propose un
ensemble d’œuvres de l’artiste surréaliste d’origine allemande qui
vivait à Paris Hans Bellmer (19021975). Ce peintre, dessinateur et
photographe, est obsédé par les
corps de poupées démembrés et
ligotés. Dans les estimations les
p l u s b a s s e s p o u r l ’a r t i s t e
(2.000 euros), le catalogue contient
un dessin double face de fantasme
sexuel explicite daté de 1951 et une
gravure à la pointe sèche de 1954
représentant un animal à cornes,
constitué d’une multitude de traits
(estimée 80 euros). Deux jours plus
tôt, le même commissaire-priseur
présente, lors d’enchères consacrées à des « Editions limitées » une
affiche signée par l’artiste superstar
de la peinture allemande Gerhard
Richter (né en 1932) figurant une de
ses peintures les plus fameuses, une
bougie allumée, qui est estimée
3.000 euros.
Le 16 décembre à Versailles, le
commissaire-priseur Olivier Perrin
disperse comme chaque fin d’année
des œuvres contemp oraines
importantes parmi lesquels quelques petits lots intéressants. On y
trouve un dessin d’une des vedettes
de la peinture française, connue
d’abord pour sa verve pop des
années 1960, Martial Raysse (né en
1936). Un fusain de 1988 représentant un personnage féminin, intitulé poétiquement « Belle restante
bleue », est estimé 3.000 euros.
Dans le même catalogue une aquarelle abstraite, très colorée du poète
nages en pierre (entre 2,3 et 4,9 cm)
datant de 1400-1500 av. J.-C. sont
estimées 450 euros.
— Judith Benhamou-Huet
www.cornettedesaintcyr.fr ;
versaillesencheres.auction.fr ;
www.binocheetgiquello.com
*Catalogue de l’exposition « Yves Saint
Laurent : théâtre, cinéma, music-hall,
ballet » 2007.
Fabrice Gousset
Dessins d’Yves Saint Laurent, objets
de cérémonie précolombiens…
En cette fin d’année, des œuvres
d’art remarquables à petits prix
sont proposées aux enchères.
Yves Saint Laurent, encre, lavis d’encre et pastel sec sur papier (43 × 30,5 cm) circa 1960.
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(4)
Une affiche signée
par Gerhard Richter,
représentant une de
ses peintures les plus
fameuses, une bougie
allumée, est estimée
3.000 euros.
et artiste surréaliste français Georges Hugnet (1906-1974) qui a été
conçu selon un principe de décalcomanie est estimée 300 euros.
Dans un tout autre répertoire, à
Drouot, Binoche et Giquello cèdent
différentes collections précolombiennes, dont un ensemble
d’œuvres d’un fameux collectionneur, Guy Dulon, dont les plus grosses pièces avaient été vendues en
2015. Il s’agit principalement de ce
qu’on appelle des « objets de vitrines » accompagnés d’estimations
basses. « Ce type d’œuvres en petit
format n’est pas très regardé », explique l’expert Jacques Blazy.
« Les collectionneurs cherchent des
pièces spectaculaires, imposantes
aussi par leur format. » Résultat :
une série de petits objets de pierre
appelés « casse-tête » car ils étaient
brandis au bout d’un bâton lors des
rituels, estim és ent re 30 0 et
600 euros. Réalisés entre 900 et
400 av. J.-C. dans l’actuel Pérou et
Costa Rica, ils sont certainement
issus de la culture Chavin. Ils figurent un condor, un lama, des têtes de
félin stylisées… (entre 4 et 9 cm de
largeur). Dans le même esprit, des
perles de colliers mexicains en
forme d’animaux ou de person-
2, 31%
nets en 2017
Taux net de frais de gestion du contrat, brut de
prélèvements sociaux et fiscaux. Les rendements
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unités de compte éligible(s) au contrat à la date de réception de la demande d’adhésion - hors Aviva Monétaire ISR A (FR0007437546). La prime sera
versée sous forme de chèque, dans les 60 jours après la période de renonciation.
(2)
L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte mais pas sur leur valeur. La valeur de ces unités de compte, qui
reflète la valeur d’actifs sous-jacents, n’est pas garantie mais est sujette à des fluctuations à la hausse ou à la baisse dépendant en particulier
de l’évolution des marchés financiers.
(3)
Pour en savoir plus sur les frais du contrat, consulter la notice et le document d’informations clés du contrat accessibles sur www.assurancevie.com.
(4)
Taux de rendement pour l’année 2017 du support en euros Aviva Actif Garanti net des frais de gestion annuels du contrat Evolution Vie qui s’élèvent à
0,60 %, brut de prélèvements sociaux et fiscaux dus selon la législation en vigueur et hors coût éventuel de la garantie optionnelle cliquet décès.
Evolution Vie est un contrat d’assurance vie de groupe à adhésion facultative de type multisupport souscrit par l’ADER (Association pour le Développement
de l’Epargne pour la Retraite, régie par la loi du 1er juillet 1901, 24-26 rue de la Pépinière 75008 Paris) auprès d’Aviva Vie (Société Anonyme d’Assurance
Vie et de Capitalisation au capital de 1 205 528 532,67 €. Entreprise régie par le Code des assurances. Siège social : 70 avenue de l’Europe 92270 BoisColombes. 732 020 805 RCS Nanterre) et commercialisé par JDHM Vie.
Assurancevie.com est la marque dédiée à la distribution de produit d’assurance sur internet de JDHM Vie, société de courtage en assurance de personnes.
SAS au capital de 2 200 000 €, dont le siège social est situé 13 rue d’Uzès – 75002 Paris. Elle est immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés
de Paris sous le n°478 594 351, ainsi qu’à l’ORIAS (www.orias.fr) sous le n°07 004 394. CIF n°E008169, membre de l’ANACOFI-CIF.
Document non contractuel à caractère publicitaire à jour au 27/11/2018.
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Vendredi 14, samedi 15 décembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
« Les Echos »
+
Supplice chinois
Pierre & Vacances montre la difficulté
de trouver le bon partenaire en Asie.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
Orion Porta
Directeur général de Biocoop
BIOCOOP « Biocoop est une coopérative et un modèle unique
en Europe : 560 magasins, mais aussi 3.600 fermes qui
sont sociétaires de Biocoop, des salariés qui sont également
sociétaires et des consommateurs… Tous ces gens sont autour
de la table du conseil d’administration et décident de l’avenir
d’un distributeur qui est Biocoop. »
RÉSEAUX « Nous allons être à 1,2 milliard d’euros de chiffre
d’affaires d’ici à la fin de cette année sur nos 560 magasins.
[….] Cette année, nous allons ouvrir 73 magasins en 2018,
et nous prévoyons d’en ouvrir autant l’année prochaine. »
CONCURRENCE Les grands distributeurs se renforcent
dans le marché du bio en France. Questionné sur cette
concurrence, Orion Porta répond : « Nous allons continuer
de rester sur nos valeurs, mais nous allons évoluer sur la forme. Nous avons évolué sur notre identité [avec] quelque chose
de plus moderne, de plus compréhensible. Il faut que l’on fasse
comprendre la différence entre notre projet et celui des autres
distributeurs. […] Et nous allons continuer d’innover en allant
sur l’e-commerce en 2019. »
PRODUITS « 80 % de l’offre de nos magasins est d’origine
France. Jusqu’à 20 % – 11 % en moyenne – de notre approvisionnement est local. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Les histoires d’amour finissent mal en général, prévient une célèbre
chanson française. Les investisseurs qui se gardent de trop céder aux
sentiments espéraient néanmoins que la séparation entre Pierre &
Vacances et son partenaire HNA serait l’occasion de mettre les projecteurs sur une « mid cap » française dont le poids à la cote semble devenu inversement proportionnel à sa place de choix dans la saga touristique de l’Hexagone. Le groupe fondé par Gérard Brémond (à l’origine
d’Avoriaz) a vu fondre sa capitalisation boursière à 154 millions d’euros,
son cours ayant dévalé une pente de 65 % en un an. Les modalités de
sortie du géant chinois surendetté – dont les 10 % du capital sont repris
par le holding familial Siti – n’ont pas réchauffé les espoirs (–1 %, à
15,5 euros). Son prix de sortie (15,93 euros) s’avère un gros tiers inférieur
à son prix d’entrée (25,18 euros) en mars 2016. Non seulement l’annonce
de son départ prochain n’avait pas réveillé le cours à la fin du mois
d’août dernier, mais les actionnaires devront encore attendre pour
connaître le sort des 60 % détenus par HNA dans la coentreprise. La
bonne nouvelle, c’est que Pierre & Vacances discutait avec China Development Bank, un interlocuteur solide. Reste à savoir si un acteur public remplacera avantageusement un groupe privé et entreprenant, la
marque de fabrique de HNA avant sa chute due à ses acquisitions.
Bic 28
Bird 22
BNP Paribas 32
Cosmolys 25
Dott 22
Lime 22
M. Bricolage 28
Maestro Health 27
Merrill Lynch 28
Motion-Twin 21
Mr Bricolage 19
Natixis Investment
Managers 28
Ninebot-Segway 22
Flexstone Partners 28
Ford 13
Ofo 22
Otheatro 19
OVH 32
GAM 27
General Electric 15
Gil et Jean 24
Pernod Ricard 28
PIC 25
Plastic Omnium 28
Kurma Partners 25
Quantic Dream 21
Safran 32
Smartbox 19
Suez 17
Tier 22
TUI 18
Veolia 17
VOI 22
Voodoo 21
Voyages SNCF 32
Wind 22
Wonderbox 19
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas AM 17, 23
EDITORIALISTES
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS EXECUTIVES
RÉDACTRICE EN CHEF Muriel Jasor
LES ECHOS WEEK-END
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RÉDACTEURS EN CHEF Gilles Denis,
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 13 DÉCEMBRE 2018 : 90.603 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de membre ACPM OJD CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle, est
interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 20 pages « Les Echos Spécial Vins et Champagnes »
La Bourse se rassure à peu de frais
sur Plastic Omnium, très décoté.
Les algorithmes boursiers sauront-ils un jour éviter le chat mort qui rebondit, comme on espère voir le faire sur la route leurs homologues automobiles ? Ce n’est pas encore le cas, à voir la figure opérée par le titre de l’équipementier Plastic Omnium (+6,98 % jeudi), qui le laisse toujours sur une marche arrière de 42,5 % depuis le début de l’année, après l’ornière d’un point
bas de quatre ans où il était tombé en début de semaine. Le véhicule de la famille Burelle n’est pourtant pas celui auquel les vendeurs à découvert attachent le plus leurs casseroles. A son flottant limité à 39 % du capital, ces
derniers préfèrent en effet la liquidité assurée par Valeo et Faurecia pour
jouer la carte gagnante de cette fin d’année, celle de sous-traitants qui seraient coincés dans de telles impasses qu’une amputation d’environ la moitié de leurs capitalisations serait justifiée. Moins que la vision stratégique à
2021 déroulée depuis l’an dernier par le PDG, Laurent Burelle, la confirmation qu’à très court terme l’objectif d’une stabilité du résultat opérationnel
cette année serait tenu a valu à Plastic Omnium ce très bref coup d’accélérateur en Bourse. Pourtant, les gérants qui, il y a deux ans à peine, cherchaient désespérément des points d’entrée dans cette valeur de croissance
parfois jugée chère, ont sous leurs yeux une décote de 30 % à 40 % sur ses
multiples de valorisation moyens à cinq ans, qu’ils dédaignent maintenant
royalement. Le carnet de commandes, assuré à 90 % à l’horizon 2021, devrait lui permettre de surperformer son marché de 5 points par an en
moyenne. Là, ce n’est même plus une question de pot !
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Pot sans échappement
Verizon réussit à faire passer au second plan
son échec dans Oath.
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« Plus c’est gros, plus ça passe. » Verizon Communications se serait bien
dispensé de passer d’une énorme perte de valeur – une provision de
4,6 milliards de dollars – sur sa division médias Oath, dans laquelle il a dépensé 9 milliards de dollars. Elle regroupe AOL et Yahoo !, deux pionniers
du Web distancés par les nouvelles plates-formes numériques. Sa taille de
géant a toutefois rendu cette piteuse communication financière simple
comme un coup de fil. Après tout, la douloureuse représente moins de 5 %
de sa capitalisation boursière et son action a réussi à gagner près de 7 % depuis le début de 2018, là où l’indice S&P 500 a concédé près de 2 %. Il en faudrait plus pour déranger le nouveau patron, Hans Vestberg, qui n’y est pour
rien, d’autant que les oreilles des gérants sont désormais plus sensibles à la
5G et charmées par son gros plan de départs volontaires : 2,1 milliards
en restructuration mais 10 milliards d’économies. Dès le début la promesse
de Oath (« serment » en Anglais ») semblait quasi impossible à relever, tant
il est difficile de faire du neuf avec de l’ancien. Marissa Mayer, l’ancienne
étoile de Google, avait perdu une partie de son aura en tentant sans succès
de relancer Yahoo !. Le fait que personne ne réussisse à le faire, pas même
les poches profondes d’un « telco », lui évitera une seconde humiliation.
Même l’ancien patron Lowell McAdam a trouvé grâce aux yeux du « Financial Times », son pari industriel perdu n’ayant jamais mis en cause la santé
financière de l’entreprise. Il faudra quand même que les nouveaux engagements se concrétisent pour que l’épisode s’efface complètement des fritures sur la ligne du management américain.
Pas dérangé
LES ENTREPRISES CITÉES
Air France-KLM 32
Amazon 20
Apple 13
AXA 27
crible
C
Bruce Springsteen
haque soir pendant 236 soirs, il
a revécu et raconté au cœur de
Ne w Yo r k s a j e u n e s s e a u
milieu des bikers sentimentaux, des
ouvriers désillusionnés, des foyers
divisés ou des chômeurs à la dérive de
sa ville natale, Freehold dans le New
Jersey. Il a fait revivre sa mère, soucieuse de lui apprendre la musique, ce
père schizophrène si compliqué à
aimer, descendant, comme beaucoup
d’authentiques Américains, de deux
lignées d’immigrés, italiens et hollandais. Il a parlé avec sa grosse voix
éraillée de ses coups de déprime, vers
les 30 et 60 ans, deux caps difficiles à
négocier dans la vie d’un homme, puis
évoqué le phénoménal succès qui lui
tomba sur la tête, en 39 minutes, en
1975, avec l’album « Born To Run ».
Désormais « The Boss » est devenu
une sorte de monument national,
buriné et respecté, à travers lequel, des
stades bondés, lorsqu’ils reprennent à
plein poumons « Born in The USA » ou
« Land of Hope and Dreams », rendent
hommage aux soldats inconnus d’une
hyperpuissance qui, pour maintenir
son rang, creuse sans cesse un peu plus
le fossé avec ceux qu’on appelle l’Amérique profonde.
Apportant seulement sa guitare, ses
petites histoires, la voix de sa femme et
quinze chansons sur la scène de Walter Kerr Theatre, une salle de moins de
mille places, son show à Broadway,
dont on peut découvrir le film à partir
de ce vendredi sur Netflix, a rapporté
2,4 millions de dollars par semaine
– plus que la comédie musicale tirée
de « Harry Potter », à quelques mètres
de là, une production qui en avait
pourtant coûté près de 70 millions.
L’an prochain, il fêtera ses soixante-dix
ans, l’âge de Trump quand il fut élu
président.
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