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Le Figaro Magazine - 23.02.2018

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Supplément FIGARO - Cahier N°1 - Nos 22872 et 22873 des 23 et 24 février 2018 - CPPAP N° 2000 C 83022 www.figaromagazine.fr
D.R.
F
M
VENDREDI 23 ET SAMEDI 24 FÉVRIER 2018
VITESSE
TABAC
ALCOOL
SUCRE
DRAGUE
ETC.
LA SOCIÉTÉ
DU TOUT-INTERDIT
M I T SU B IS H I
SPACE
STAR
Repoussez
vos limites.
gamme
à partir de
6 990 € (1)
sous
condition
de reprise
Climatisation, radio CD MP3, système
téléphonie Bluetooth, régulateur de vitesse
*Dépassez vos ambitions. (1) Tarif d’une Mitsubishi Space Star 1.0 MIVEC 71 IN, déduction faite d’une remise de 2 000 € et de la prime à la conversion gouvernementale pouvant aller jusqu’à 2 000 €(2). Modèle présenté : Mitsubishi Space Star 1.2 MIVEC
80 AS&G INVITE à 10 529 € avec peinture métallisée en supplément (450 €) et projecteurs antibrouillards avant en accessoires (89 € hors pose) déduction faite d’une remise de 2 000 € et de 2 000 € de prime à la conversion(2). (2) Selon les modalités fixées
par les articles D251.3 et suivants du Code de l’Énergie notamment sous condition de reprise d’un véhicule particulier ou camionnette Diesel immatriculé pour la première fois avant 2001 (2006 pour les ménages non imposables) ou essence immatriculé
avant 1997 (selon décret n° 2017-1851 du 29/12/17). Tarifs France métropolitaine au 02/01/2018. Offre réservée aux particuliers en France Métropolitaine, valable pour toute commande entre le 02/01/2018 et le 31/03/18, non cumulable avec d’autres
offres en cours chez les distributeurs participants. Garantie et assistance : limitées à 5 ans/100 000 km, au 1er des 2 termes échu, selon conditions générales de vente. M MOTORS AUTOMOBILES FRANCE SAS au capital de 10 000 000 € - RCS PONTOISE
n° 428 635 056 - 1 avenue du Fief 95067 Cergy Pontoise Cedex. Consommation mixte Space Star (L/100 km) : de 4,1 à 4,3. Émissions CO2 (g/km) : de 96 à 100. Consommation et émissions homologuées selon réglementation applicable.
www.mitsubishi-motors.fr
Retrouvez-nous sur facebook
MMAF recommande
crédit photo : © gettyimages - shutterstock
7
8
10
12
L’éditorial de Guillaume Roquette
Le making of et le forum des lecteurs
L’actualité du Figaro
Arrêts sur images
JACQUES DEMARTHON/AFP
Semaine du 23 février 2018
42
CES LIBERTÉS QU’ON NOUS ENLÈVE
52
LA MÉMOIRE LONGUE DE LE PEN
62
CÉCILE DE FRANCE,
DANS LE BAIN DU GRAND “BLUE”
72
MAURITANIE : LE CHANT DES DUNES
18
20
22
24
26
28
30
En vue : Dany Boon
Les têtes de Carl Meeus
Le tableau de bord de... Netflix
De notre correspondant... Edouard George
Le match : Coordination rurale vs
Confédération paysanne
Dans la tête de... Claire Griffon
Les week-ends de... Diane Venet
ESPRITS LIBRES
32
38
40
Gilles Kepel : « Le salafisme français étend des
réseaux de pouvoir et d’influence »
Lecture-Polémique
Les insolences d’Éric Zemmour
ERIC GARAULT POUR LE FIGARO MAGAZINE
ENTRÉES LIBRES
GRANDS FORMATS
SPÉCIAL SANTÉ
QUARTIERS LIBRES
92
94
96
98
100
102
104
106
108
112
114
116
118
120
126
En vue : Guillermo Del Toro
L’affiche/Les passe-temps d’Eric Neuhoff
L’apostrophe de Jean-Christophe Buisson/Ecrans
Le théâtre de Philippe Tesson
La page d’histoire de Jean Sévillia
Livres/Le livre de Frédéric Beigbeder
Mode
Techno
La table de Maurice Beaudoin
Voyages
Patrimoine
La grille de Michel Laclos
Mots fléchés, le sudoku de Bernard Gervais
Bridge
Le bloc-notes de Philippe Bouvard
Ce numéro comporte en double page centrale un encart national hors abonnés de 4 pages « Promo
Abonnement ».
THOMAS GOISQUE
72
82
Ces libertés qu’on nous enlève
La mémoire longue de Le Pen
Martin Fourcade, le chasseur d’or
Cécile de France, dans le bain
du grand « Blue »
Mauritanie : le chant des dunes
STEPHANE GLADIEU
42
52
58
62
© Studio PONANT – Lorraine Turci
C O M M U N I Q U É
L’ARCTIQUE, AU COEUR
D’UNE NATURE PRÉSERVÉE
NICOLAS DUBREUIL*,
DIRECTEUR DES CROISIÈRES
EXPÉDITIONS PONANT
« Depuis 25 ans, j’organise et
accompagne des expéditions
polaires. Je suis fasciné par
cette région. La nature y est
rigoureuse, parfois hostile, mais
toujours d’une beauté à couper
le souffle. Nos passagers
sont subjugués par leurs
découvertes : flore adaptée
à des hivers où il fait -50°C,
paysages somptueux où l’on
comprend la géologie comme
jamais dans les livres et une
faune extraordinaire, ours,
baleines, phoques. Ce sont
des rencontres extrêmement
émouvantes, tout comme celles
avec les peuples autochtones
qui nous accueillent avec
bienveillance et curiosité. »
E
En quelques années, cette partie du
monde est devenue le marqueur de la
fragilité de notre environnement. Fragile et paradoxalement, d’une telle puissance.
Tout y est brut, en contraste. La mer, d’encre,
sur laquelle repose ce continent de glace, virginal. Au cœur de ce dialogue terre-mer, la
faune dans ce qu’elle offre de plus sauvage et
de plus grandiose. Pour d’aucuns, ce voyage
en devient initiatique. Dans cette immensité,
il dit à l’homme la place qu’est la sienne et le
rôle qui lui est donné de jouer.
Au travers des jumelles, au milieu de cette
immensité immobile, semblent s’afférer les
natifs de l’endroit. Nous voici au pôle parmi
les siens. D’un nuancier allant du noir et
blanc, une multitude de textures s’agitent :
pelage, plume, peau, la banquise est pleine
de promesses. Comme pour nous inviter, les
espèces bêlent, grommellent, et rugissent.
Retrouvez l’interview
de Nicolas Dubreuil dans
l’émission « 20 000 lieux
sur les mers » en replay sur
video. lefigaro.fr
© Niko photo 2015
*Auteur de « Aventurier des glaces »
et « Mystères polaires » aux Editions
de La Martinière
Les zodiacs sont mis à l’eau. Chacun ressent
le privilège qu’est le sien. On peine à imaginer l’émotion des premiers explorateurs, dont
on embrasse le temps d’un instant, la soif
d’aventure… Et alors qu’on file droit vers ce
spectacle, le souverain des lieux montre ses
muscles. Dressé sur ses pattes, l’ours blanc
fascine. Il est le lion blanc de cette savane immaculée. Un mélange de beauté et de danger,
d’agilité et de puissance. Plus loin, experts,
les phoques applaudissent à pleines pattes
WWW.PONANT.COM
les plongeons des pingouins, qui, si gauches
quand ils marchent, assurent le spectacle.
Véritables torpilles une fois sous l’eau, ils en
jaillissent à pleine vitesse pour atterrir sur
la banquise comme le feraient des enfants !
Lourds et paresseux, les morses, moustaches
en bataille et défenses encombrantes, assistent placides à ce ballet bruyant.
Sous l’eau, se croisent et se toisent, orques
et baleines. Entre respect et mépris, chacun
s’évite et s’épie d’un œil, dans une chorégraphie millimétrée. Pudique, à la faveur d’une
respiration, la baleine n’offre au départ qu’une
infime part d’elle-même : sa queue. Si vaste,
qu’on peine à imaginer la taille du reste !
Mais à force de patience, la belle se dévoile. Et
alors que son chant nous transporte, elle nous
gratifie d’un ballet d’une grâce inouïe, exhibant ses dimensions gigantesques. En dépit
des températures négatives, chacun a chaud
au cœur. Un frisson nous parcourt, celui de
l’émotion.
ZOOM SUR...
PARTEZ SUR LES TRACES DE L’OURS POLAIRE
LORS DE LA « CROISIÈRE À LA DÉCOUVERTE DU
ROI DE L’ARCTIQUE », DU 30 JUIN AU 12 JUILLET
2019. LA PLUS COMPLÈTE DES CROISIÈRES AU
SPITZBERG !
PLUS D’INFORMATIONS SUR WWW.PONANT.COM
Publi-communiqué réalisé par les Ateliers MEDIA.figaro
LE REGARD DE…
L ’ É D I T O R I A L
D E
G U I L L A U M E
L
R O Q U E T T E
DERRIÈRE L’AFFAIRE JOHNNY
a fielleuse succession de Johnny Hallyday captive
autant qu’elle attriste. On aurait tellement préféré
garder indemne le souvenir d’un deuil que la
ferveur avait métamorphosé en un moment rare
de communion nationale. Mais c’était sans
compter avec la trivialité du réel, sans que l’on
comprenne vraiment dans cette triste affaire
ce qui relève des volontés de l’idole et des calculs
de sa dernière épouse. Abasourdis, les Français
ont en tout cas découvert qu’on
pouvait, sous certaines conditions,
déshériter complètement ses enfants.
Et cette famille qui se déchire sous
nos yeux dit quelque chose d’une époque où plus rien
ne va de soi, même pas l’héritage qu’un père léguait
d’ordinaire à sa progéniture.
Où s’arrête le devoir des parents ? Grace à Johnny, on sait
désormais qu’en Amérique la liberté en matière de
transmission est totale, n’offrant aux descendants aucune
des garanties que leur accorde notre code civil. Là-bas, au
nom de la liberté individuelle, chacun peut faire ce qu’il
veut de son argent, même après sa mort. D’un point de
vue philosophique, cette privation d’héritage est d’ailleurs
parfaitement défendable : au nom de l’égalité des chances,
les authentiques libéraux sont ainsi favorables
à la disparition de tout impôt sur le revenu au profit
d’une taxation confiscatoire sur les transmissions, afin
de remettre les compteurs à zéro à chaque génération.
Mais, dans la vraie vie, c’est plus compliqué. La plupart des
parents, contrairement à Johnny Hallyday, sont désireux
de transmettre le maximum à leurs enfants. Il n’est qu’à
voir le faible nombre d’expatriés fiscaux qui sont revenus
en France depuis l’élection d’Emmanuel Macron,
malgré le démantèlement de l’ISF et des prélèvements
sur les revenus du capital nettement moins douloureux.
Le nouveau pouvoir n’ayant pas baissé l’impôt sur les
successions, les retours se font attendre.
Ce n’est pas un hasard si les mots héritage, transmission,
succession ou patrimoine ont tous un double sens :
ils s’appliquent à l’argent, mais pas seulement.
En même temps que leurs économies (s’ils ont été
en mesure d’en faire, évidemment), les parents
transmettent à leurs enfants une part d’eux-mêmes,
de leur travail et d’un patrimoine dont ils ont été les
dépositaires, sans que celui-ci soit nécessairement
financier. Mais cette logique se trouve désormais
remise en question, comme si les déchirements
familiaux reflétaient le trouble d’un pays qui doute
de son identité, quand il ne renie pas ses racines.
L’affaire Johnny est symptomatique d’une société où la cellule
familiale tend à se resserrer sur le couple, même
au détriment des enfants. Où on « refait » sa vie en
s’efforçant parfois d’effacer celle d’avant. Mais ces
bouleversements ne sont jamais anodins : il y a des vraies
souffrances derrière les tractations un peu sordides et les
batailles d’avocats. On aimerait que ceux qui veulent aller
encore plus loin dans la déconstruction de la famille,
via la PMA sans père en particulier, y réfléchissent.
UN CONFLIT PRIVÉ QUI REFLÈTE
LES BOULEVERSEMENTS D’UNE SOCIÉTÉ
GROQUETTE@LEFIGARO.FR
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 7
Semaine du 23 février 2018
L
E
M
A
K
I
N
S
pécialiste de cinéma au Figaro
Magazine où elle est entrée
en 2000, Clara Géliot livre chaque
semaine des jugements avisés
sur les nouveautés et signe des interviews et
des portraits en profondeur sur les stars
ou les artistes en devenir. Reporter dans l’âme,
curieuse des secrets de fabrication des films
et en quête régulière d’aventures dans
le monde entier, elle aime aussi dévoiler
les coulisses du septième art. C’est donc avec
enthousiasme qu’elle a mis entre parenthèses,
l’espace de quelques jours, ses rendez-vous
parisiens. Destination : Tahiti.
L E
THOMAS GOISQUE
CLARA GÉLIOT,
POISSON-PILOTE
Avec le photographe Thomas Goisque,
elle a mis ses pas (et ses palmes) dans ceux
de Cécile de France. Sur place, elle a pu
observer l’engagement – aussi physique
qu’écologique – de la jolie Belge qui prête
sa voix à l’œuvre subaquatique Blue. Un projet
lancé par le PDG de The Walt Disney Company
F O R U M
D E S
G
J
L E C T E U R S
colegram… chaque album est un hymne à la vie.
Cette collection admise au patrimoine de l’Unesco
est une reconnaissance pour ces valeurs
indémodables que sont l’altruisme, la générosité et
la solidarité. Merci pour cette distinction. Que ces
petits joyaux d’humanité accompagnent des
générations et des générations pour des
CÉCILE DANIELLE 59000 LILLE
générations !
LES RETRAITÉS SONT LES OUBLIÉS DU SYSTÈME
J
’ai pris ma retraite
début 2009, il y a
neuf ans. Ma retraite, qui
avait augmenté de 5,6 %
sous Sarkozy et de 0,6 %
sous Hollande, vient de
baisser de 1,8 %. Parallèlement, mes dépenses
ont évolué de la façon
suivante : impôt sur le
F
France, Jean-François Camilleri, dont la sortie
est programmée le 28 mars et dont le produit
final est une totale réussite.
Et pour cause : le savoir-faire des équipes
de Disneynature, déjà à l’origine
de documentaires comme Félins, Chimpanzés,
Grizzly et L’Empereur, n’est plus à démontrer.
D’ici la sortie du film, Le Fig Mag
propose un reportage riche en illustrations
superbes, en témoignages denses,
en rencontres inattendues
(baleines, requins, dauphins, tortues et
bien d’autres animaux des mers aux couleurs
et aux formes parfois très baroques…)
et en informations détaillées sur la sauvegarde
de l’océan. Rarement le terme
« immersion » aura été aussi approprié…
PÈRE CASTOR : L’HYMNE À LA VIE
’ai appris avec émotion l’inscription au
patrimoine mondial de l’Unesco des albums
du Père Castor. Pédagogie, partage, poésie,
sagesse, douceur : ces albums sont des trésors de
sentiments où les histoires contées sont emplies de
tendresse. Les Bons Amis, Boucle d’or, Bravo
tortue, Chante pinson, Poule rousse, Max le
tracteur, La Boîte à soleil, Marlaguette, Pic et pic et
O
revenu et contributions
sociales (+ 43 %), taxe
d’habitation (+ 19 %),
Taxe foncière (+ 22 %)…
Alors, M. Macron, votre
augmentation de la CSG
est particulièrement indécente !
JEAN-PAUL COUTIÉ
COURRIEL
DÉON : UNE TOMBE POUR UN IMMORTEL
Comme Michel Houellebecq, Erik Orsenna, Yasmina Reza et les écrivains-journalistes du Figaro
Etienne de Montety, Jean-Christophe Buisson, Jean-René Van der Plaetsen ou Eric Neuhoff, qui
avaient signé un « appel des écrivains pour la sépulture de Michel Déon » dans les pages du
quotidien, je ne peux que me féliciter de la décision de la Ville de Paris d’accorder enfin à cet
immense écrivain et à cette grande âme le droit de reposer en paix dans un cimetière de la capitale.
MATHIEU DUBOIS COURRIEL
Merci à eux.
ÉDUCATION
NOUVELLE
Sur France 2, le
15 février, Jack Lang
fit remarquer à juste
titre que, en France,
le temps de travail
des élèves en classe
était le plus court
par rapport à l’ensemble de l’Europe. Il
recommandait donc
d’appliquer autoritairement sur l’ensemble
du territoire la semaine de quatre jours
et demi, au lieu de
quatre jours, afin
d’éviter de soumettre
les élèves à une trop
grande concentration
des heures de cours…
qui ne peut que nuire
aux capacités d’attention des élèves !
AIMERY DE LA
ROCHEFOUCAULD
37150 CHISSEAUX
LE FORUM DES LECTEURS LE FIGARO MAGAZINE, 14, BOULEVARD HAUSSMANN, 75438 PARIS CEDEX 09. FAX : 01.57.08.57.81. COURRIEL : FIGMAG@LEFIGARO.FR
’
A
C
T
U
A
L
I
F. BOUCHON-J.C. MARMARA/LE FIGARO
L
T
Q
É
D
U
F
I
G
A
LE FIGARO
PRÉSENTE
“100 CHÂTEAUX
QU’IL FAUT
CONNAÎTRE
À BORDEAUX”
20 h. Salle Gaveau, 45-47, rue La Boétie, Paris VIIIe. Informations au 01.70.37.31.70.
Réservations sur www.lefigaro.fr/rencontres ; 25 €. Placement libre.
A
chaque château,
son vin et son
histoire. Le nouvel
ouvrage de la
collection des
« 100 du Figaro »,
met en exergue
les plus belles
propriétés
de Bordeaux
sélectionnées
pour la qualité
de leurs millésimes
successifs et leur
rôle dans l’histoire
viticole de la région.
Ces 100 châteaux
sont autant de récits
de transmission
de génération
en génération
que de fabuleux
témoins de la petite
et de la grande
histoire de France.
Un livre gourmand
ponctué de récits
qui apportent le juste
nécessaire d’une
culture œnologique…
sans avoir l’impression
de le demander.
AVEC BELINDA CANNONE
es Ateliers d’écriture du Figaro littéraire reçoivent la romancière et essayiste
Belinda Cannone pour animer les six prochaines séances, à compter du mardi
6 mars jusqu’au 10 avril 2018. Egalement maître de conférences, Belinda Cannone
donne des cours de création littéraire à l’université de Caen Normandie où elle enseigne
depuis 1998. Elle est l’auteur de plusieurs essais remarqués dont L’Ecriture du désir
(prix de l’essai de l’Académie française) et Le Sentiment d’imposture (grand prix de l’essai
de la Société des gens de lettres). En 2017, elle a publié S’émerveiller.
Toutes les modalités sur www.lefigaro.fr/ateliers-d-ecriture. Attention, le nombre de places est limité.
6,90 €. En kiosque et sur
www.figarostore.fr
10 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
LES ÉNIGMES DE L’HISTOIRE
DE FRANCE : UNE COÉDITION
PERRIN/LE FIGARO HISTOIRE
L
a grande Histoire est faite aussi de ces incidents,
hasards et affaires qui ont défrayé la chronique et
conservé leur part de mystère tout en influant sur les
destinées du pays. Epopée de Jeanne d’Arc, Masque de
fer, survivance de Louis XVII, exécution du duc d’Enghien,
complot de la Cagoule, bien d’autres circonstances tout
aussi romanesques et le plus souvent tragiques, ont
contribué à façonner la mémoire et la légende nationales,
et continuent d’intriguer ou de
faire rêver. En 20 épisodes, voici
enfin ce qu’il est possible de savoir
et de comprendre. Une autre façon
d’écrire l’histoire de France.
21 €. En librairie et sur
www.figarostore.fr
9,90 €.
Chez votre marchand
de journaux et sur
www.figarostore.fr
PHOTOS DR
D
PHILIPPE DOBROWOLSKA
L
iabète, hypertension, caries, poids… Le nouveau
Figaro Santé lève le voile sur les dangers
du sucre. Celui-ci, si agréable au demeurant, peut
avoir des effets pervers. S’informer est la première
étape pour apprendre à dire oui ou non devant
le succulent dessert de trop ou le verre de soda
qui n’a rien d’indispensable.
Ce numéro vous donnera les clés
pour une consommation juste
et raisonnable. Egalement
dans cette édition, un dossier complet
sur la manière de se soigner suivant
les saisons ainsi qu’un volet psycho
sur les pouvoirs de la parole.
O
INVITÉS PATRICK BUISSON
ET JEAN-PIERRE LE GOFF
ue faut-il garder de Mai 68 ? Etait-ce mieux avant ?
Sommes-nous sortis de cette révolution ? Alexis Brézet
et Vincent Trémolet de Villers recevront le mardi
13 mars, les deux essayistes Jean-Pierre Le Goff, qui publie chez
Stock La France d’hier, et Patrick Buisson, président de la chaîne
Histoire et auteur de La Cause du peuple (Perrin). Ils reviendront
sur ces semaines où la France a basculé d’un monde à l’autre.
TOUTE LA VÉRITÉ
SUR LE SUCRE
DANS “LE FIGARO SANTÉ”
R
LES FORÇATS DE LA MISÈRE. Avec plus de 11 000 briqueteries et 8 000 fours répartis à travers le pays,
le Bangladesh, un des pays les plus pauvres du monde, tente de faire face à une urbanisation ultrarapide de sa population et à une multiplication
de ses constructions. Pour répondre à la demande, chaque année, des milliers de travailleurs rejoignent les usines à briques comme ­
­ ici celle de la capitale, Dacca. Un travail extrêmement dur qui se fait encore sans l’aide de machine et dans lequel se côtoient indifférem-
ment, hommes, femmes et enfants, dans la poussière et une atmosphère irrespirable. Selon les spécialistes, ces milliers de fours bangladais
PHOTO : MOHAMMAD PONIR HOSSAIN/REUTERS
émettraient chaque année 10 millions de tonnes équivalent carbone.
ÉCHAPPÉE BELLE. Un pilote d’hélicoptère audacieux se souviendra longtemps de son survol du phare du Four, au large
de la presqu’île Saint-Laurent, dans le Finistère. Alors qu’il surplombait l’édifice, une vague impressionnante venue s’éclater contre la structure
en granit est montée à 32 mètres, menaçant d’emporter la machine. Inscrit aux monuments historiques par arrêté du 31 décembre 2015, ­
­ le phare du Four, haut de 31 mètres, a été construit entre 1869 et 1874 sur un écueil granitique de 25 mètres de diamètre à 1,6 mille
nautique du port d’Argenton et ne dispose plus de gardien. Son feu blanc actuel a une portée lumineuse de 24,5 milles (45 kilomètres). L’ancien
PHOTO : MATHIEU RIVRIN/SOLENT NEW/SIPA
vibrateur sonore disposé sur la terrasse en 1910 n’est plus en fonction.
COMPLÈTEMENT CHÈVRE. Une étude menée dans le Sud-Ouest marocain par des chercheurs espagnols et
portugais avant d’être publiée en mai 2017 dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment explique pourquoi l’on voit tant de chèvres
grimper dans les arganiers, aidées ou pas par les éleveurs locaux. « Ces bêtes, qui adorent les fruits charnus des arganiers, font ­
­ en fait un vrai travail d’agriculteur. En ruminant la coque dure et la pulpe entourant la noix qu’elles recrachent par terre car elle est
trop grosse pour être avalée, les chèvres participent à la dispersion des graines de l’arbre favorisant ainsi sa reproduction. » Une image
PHOTOS : CHAVEZ/SOLENT NEWS/SIPA
qui fait régulièrement la joie des touristes de passage dans la région.
e n t r é e s
l i b r e s
E N
V U E
DANY BOON, LA FAMILLE D’ABORD
Pour son nouveau film en salles mercredi prochain, « La Ch’tite famille », l’enfant du Nord parie sur le goût du public français pour les
histoires familiales enracinées aux issues heureuses.
EMANUELE SCORCELLETTI/LE FIGARO MAGAZINE
I
Dans son
nouveau film,
Dany Boon
égratigne
les bobos
parisiens tout
en célébrant
les vertus
de la famille
et le bon sens
provincial.
Recette
suffisante
pour dépasser
le succès des
« Tuche 3 » ?
l est le seul, cet hiver, à pouvoir espérer que son film rivalise en nombre
d’entrées avec les Tuche 3. Artiste de scène apprécié, réalisateur-scénaristeproducteur honoré, célébré et gratifié, Dany Boon a, depuis dix ans et le
triomphe interstellaire de Bienvenue chez les Ch’tis, maintenu sa popularité affective et commerciale à un très haut niveau. Si ses choix d’acteur
n’ont pas été tous heureux (Eyjafjallajökull, Lolo, Radin !), les trois films
qu’il a mis en scène lui-même depuis (Rien à déclarer, Supercondriaque et Raid
dingue) ont tenu leurs promesses à défaut d’être des chefs-d’œuvre du septième
art. Et d’ailleurs, a-t-il jamais prétendu en réaliser ? A rebours de ces réalisateurs en quête de statuettes du Festival de Cannes, des César ou de festivals
de cinéma d’auteur poldèves, le Ch’ti de 51 ans ne rêve pas trop grand en termes
de prétention artistique. Sa seule affaire : divertir. Un exercice éminemment plus
difficile qu’ennuyer – le cinéma français le prouve chaque semaine.
Avec son nouveau long-métrage qui sort en salles mercredi prochain, Dany
Boon s’est aventuré dans une tâche délicate : reprendre les recettes d’un film
à 17 millions d’entrées avec l’espoir que les spectateurs trouveront à nouveau
le gâteau à leur goût. Ambition vouée à l’échec – on ne se baigne jamais deux
fois dans la même eau d’une rivière. Le scénario de La Ch’tite Famille a beau
se distinguer considérablement de celui de Bienvenue chez les Ch’tis (l’essentiel de l’action se passe à Paris sur le registre voltairien d’ingénus hurons
des Hauts-de-France débarquant à Boboland avec leur accent, leur naïveté,
leurs gros sabots et leur bon sens provincial), il ne souffrira pas la comparaison et pour cause : le pari originel a déjà été lancé – et réussi. Ni les rares
gags et répliques bien sentis, ni les prestations solides de Boon lui-même,
Laurence Arné et Valérie Bonneton y changeront quoi que ce soit.
Mais Dany Boon, dans sa grande sagesse et sa fine connaissance du spectateur
français qui voit l’écran comme un miroir, sort l’arme fatale : la famille. La famille
d’abord outragée, brisée, martyrisée ; puis la famille réunie, rassemblée,
réconciliée. Dans un pays quasi traumatisé, depuis quelques jours, par le visage
qu’offre celle, explosée façon puzzle, de Johnny Hallyday, et qui, souvent,
plébiscite les œuvres lui rendant hommage (voir un autre récent succès du
genre : Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?), il serait étonnant que ce film, qui
a pour message ultime d’en chanter les mérites et les louanges malgré tout,
n’attire pas nombre d’enfants, parents, frères, sœurs, oncles, nièces, grandsparents ou cousins. Plus de 4 millions d’entre eux sont déjà allés voir le film
(également familial) d’Olivier Baroux. On peut envisager le même engouement
pour les chympatiques Ch’tis 2 que pour les moches Tuche 3…
• JEAN-CHRISTOPHE BUISSON
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 19
T Ê T E S
D E
C A R L
M E E U S
CONTESTATAIRE
GÉRARD FILOCHE
GÉRARD COLLOMB,
LE PILIER DE MACRON
Depuis quarante ans, je suis habitué à tout ! » Gérard Collomb
s’amuse quand on évoque devant lui les critiques qu’il
essuie depuis qu’il est ministre de l’Intérieur. « J’ai vécu
ça à Lyon. Les premiers jours, ça fâche, mais après, on s’habitue », relativise
celui qui va défendre devant le Parlement son projet de loi asile et immigration. « Le plus important, c’est que tout le monde comprenne bien la ligne.
Je me sens le devoir de faire beaucoup de pédagogie », estime le patron de
la Place Beauvau, face à la grogne dans la majorité et même s’il n’est pas
dupe des postures. Il a reçu les députés par petits
groupes au ministère avant d’aller à leur rencontre
le 23 janvier dernier. Les états d’âme de certains
21,9 %
le font sourire. Après tout, la philosophie du texte
avait été expliquée par Emmanuel Macron pendant d’éloignement
la campagne dans son discours de Montpellier, en
en plus en
octobre 2016, et évidemment dans la plaquette
janvier
de son programme. Alors, quand il lit que Jean
Pisani-Ferry signe une tribune pour dénoncer
l’écart entre les promesses du candidat et la politique migratoire du Président, il ne peut s’empêcher de lancer une pique : « On ne peut pas dire qu’il découvre le programme ! » Manière aussi de faire comprendre que ceux qui le critiquent
s’en prennent en fait à Emmanuel
Macron puisque le chef de l’Etat
soutient totalement son ministre,
pilier de son gouvernement. Pour
Gérard Collomb, le texte, présenté mercredi au Conseil des
ministres, vise d’abord à aligner
la France sur la législation de ses
voisins, notamment les Allemands.
En passant la durée de rétention
de 45 à 90 jours, la France restera
Gérard Collomb assure qu’il tiendra bon
d’ailleurs en deçà de certains
sur son projet de loi asile et immigration.
pays européens qui sont à
160 jours. Enfin, le ministre de l’Intérieur insiste sur la « position de bon
sens » qui ressort du projet de loi : « La France peut accueillir ceux qui ont
besoin de protection, mais elle n’accueille pas de manière inconditionnelle. »
C’est dans cette optique que les propositions du rapport Taché sur l’intégration pourront venir enrichir son texte par des amendements des députés. Mais le ministre prévient : il faudra que ces mesures trouvent
leurs traductions budgétaires dans la prochaine loi de finances. Audelà du texte, Gérard Collomb sait qu’il sera jugé sur les résultats.
En janvier 2018, il y a eu, selon l’Intérieur, 21,9 % d’éloignements de plus
qu’en janvier 2017. « Il faut que les chiffres de janvier se répètent toute
l’année. Là, j’aurai gagné. »
«
»
20 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Ce qu’il y a de bien avec Gérard Filoche, c’est
qu’il est prévisible. Ce qui est dommage,
c’est qu’il s’enferme dans la caricature qu’il
donne souvent de lui-même et qui affaiblit
totalement son propos. La critique de gauche
du quinquennat de François Hollande peut
évidemment s’entendre. Le doute de gauche
sur Emmanuel Macron peut naturellement
se comprendre. Mais l’ancien inspecteur
du travail n’a jamais fait dans la dentelle
et on en a une nouvelle illustration avec son
dernier livre (Macron ou la Casse sociale,
aux éditions de L’Archipel). Ses critiques
se transforment en autant d’attaques au
bazooka contre Macron, Hollande, Valls,
le système institutionnel de la Ve République…
« Le quinquennat Hollande est le pire que
la gauche ait connu en cent ans d’histoire »,
assène l’ancien socialiste, qui a été exclu
en décembre dernier pour avoir, sur Twitter,
reproduit un photomontage à caractère
antisémite ayant provoqué l’indignation.
Ses camarades du PS en ont profité pour
se débarrasser de celui qu’ils ne supportaient
plus. Ses outrances sont telles qu’elles
en deviennent presque comiques et font
passer au second plan son « programme
anti-Macron ». Ainsi quand il explique que
l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée
relève du « putsch d’un homme de cabinet »,
« poulain » des puissances financières et de
ceux qu’il appelle « les oligarques, les chefs
des grandes banques, ceux du CAC 40,
du Medef »… Oubliant au passage
les 37 millions d’électeurs qui ont voté
en avril et mai dernier.
C. M.
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PRODUITE EN FRANCE
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PRÈS DE
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DE CAPITALISATION
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DE CHIFFRE D’AFFAIRES EN 2017
ENVIRON
7PRÉVUSMDS
¤
EN 2018 DANS LA PRODUCTION
ET L’ACHAT DE CONTENUS ORIGINAUX
REX/SIPA
L
’été 2017 ne s’est pas déroulé sous les meilleurs
auspices pour Netflix : le Los Angeles Times révélait
que la société créée par Reed Hastings (notre
photo) en 1997 croulait sous 20 milliards de dollars de
dettes ; Disney annonçait retirer la totalité de ses films
d’ici à l’horizon 2019 ; le Festival de Cannes venait de
bannir de la compétition les films diffusés uniquement
sur une plate-forme de streaming et le réalisateur
virtuose Christopher Nolan (Dunkerque, Inception,
trilogie Batman…) jurait ses grands dieux qu’il ne
travaillerait jamais avec le géant américain, assurant que « l’existence même de Netflix [était] une
insulte à la manière dont les films étaient
censés être regardés » – à savoir sur un grand
écran dans une salle obscure. Et pourtant. A
l’aube de 2018, Netflix ne cesse de multiplier les
22 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
LE FILM AMÉRICAIN
“THE IRISHMAN”
PAR MARTIN SCORSESE
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DE BUDGET
ANDRÉ DE CHASTENET
PLUS DE
grandes annonces. En plus d’avoir généré une hausse de
25 % de son nombre d’abonnés sur la seule année 2017
(et de 400 % depuis 2011), la plate-forme courtise les plus
grands noms du cinéma et de la télévision. Martin Scorsese
y produira et réalisera son prochain film avec Al Pacino et
Robert De Niro (qui avaient été réunis dans Heat, de Michael
Mann) tandis que Ryan Murphy (Glee, American
Horror Story) vient d’y signer un contrat de plus de
300 millions de dollars, rejoignant dans l’écurie
l’auteur-producteur vedette Shonda Rhimes. Côté
français, la filiale américaine de Gaumont continue
de surfer sur le succès grandissant de Narcos, et
la nouvelle saison de Marseille vient d’être mise
en ligne. Et, malgré l’avis tranché des critiques
sur la qualité de la première saison, le budget a
VINCENT JOLLY
été revu à la hausse…
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N O T R E
C O R R E S P O N D A N T
ÉDOUARD GEORGE, UN FRANÇAIS EN CORÉE DU NORD
la rénovation d’un hôtel de la ville
historique de Kaesong, ancienne
capitale royale: une maison traditionnelle couverte de tuiles, vieille
de plusieurs siècles. Un projet
sans précédent pour un investisseur étranger, mais aujourd’hui
paralysé par les sanctions internationales faisant suite à la fuite
en avant atomique de Kim
Jong-un. « Ces sanctions sont
contre-productives. Elles frappent
la population et renforcent
l’hyper-nationalisme antiaméricain », déplore Edouard George.
Chez cet ancien du groupe Accor,
es Nord-Coréens ont besoin d’amour. » C’est avec ce manla passion pour les régimes « rouges » vient de loin. Elle date de…
tra désarmant qu’Edouard George mène l’un des multiples
l’élection de François Mitterrand. « En 1981, mon père, effrayé, m’a
combats de sa vie de globe-trotter : ouvrir le pays le plus
envoyé étudier à Berlin-Est » en prévision d’une invasion soviétique.
isolé du monde au tourisme ! Chaque année, il emmène plus de
Le jeune homme est même arrêté dans la Pologne du général
350 touristes français et européens au royaume de Kim Jong-un,
Jaruzelski. Mais c’est au Vietnam, où il est envoyé en 1991 rouvrir
défiant les essais atomiques et balistiques comme les anathèmes
le mythique Sofitel Métropole d’Hanoï, qu’il apprend à travailler
de Donald Trump à l’encontre du « leader suprême ». A l’heure du
avec les régimes postsoviétiques. « Ce sont des sociétés à tiroirs.
spectaculaire rapprochement olympique Nord-Sud, à
Il faut observer, tâtonner. En réalité, on a affaire à des
l’occasion des Jeux d’hiver à Pyeongchang, en Corée du
entreprises privées camouflées dans un système
Sud, cet Alsacien à fleur de peau jubile. La rencontre hisIl emmène plus étatique », explique-t-il. Un réseau et une expérience
torique entre la sœur du leader suprême, Kim Yo-jong, et
précieux pour pénétrer patiemment le royaume des Kim
le président sud-coréen Moon Jae-in est de bon augure de 350 touristes à partir de 2005. « Ce sont les mêmes rouages »,
pour ses affaires. « J’aime la Corée tout entière », par an dans le explique Edouard George. Avec une conviction chevillée
explique le quinquagénaire basé au Vietnam. Patron de
royaume ermite au corps : défendre la diversité culturelle face au rouleau
l’agence Phoenix Voyages, il est fier d’emmener ses
compresseur de la mondialisation américanisée.
clients des deux côtés de la DMZ, la frontière la plus miliUne bataille tous azimuts menée également en Asie du
tarisée du monde, pour découvrir dans son ensemble
Sud-Est, centre de gravité de Phoenix. En particulier au
cette péninsule déchirée par l’histoire. Il faut le voir entonner,
Cambodge, où Edouard George a mis en place un programme de
dans un karaoké kitsch de Pyongyang, la larme à l’œil, la célèbre
formation dans l’hôtellerie pour la jeunesse. Mais le ludion aux
chanson Arirang, puissante complainte à la gloire de la Corée univies multiples a des horizons sans limites, il vit dans un avion. En
fiée pour comprendre qu’il s’agit d’un élan du cœur. L’homme a la
2017, l’homme a enchaîné 119 vols en quête de nouveaux itinépéninsule dans le sang, et il veut tout faire pour qu’elle ne termine
raires de voyage, jusqu’en Amérique latine. Et il est fier d’avoir déjà
pas sous les bombes. Mieux, il veut faire connaître sa culture, son
visité 135 pays. Qui dit mieux ?
histoire, sa cuisine et sa nature inviolée.
Dernier projet fou réussi, l’organisation d’un tour du monde aérien
Depuis treize ans, il laboure son champ, visitant chaque année à
haut de gamme, à bord d’un A340 spécialement affrété allant de
plusieurs reprises le « royaume ermite », tissant des amitiés et
Machu Pichu à Persépolis en passant par l’île de Pâques. Pour
gagnant pas à pas la confiance, pour ouvrir de nouvelles destinal’édition 2019 de sa « croisière aérienne », Edouard George
tions dans ce pays barricadé, comme la station de ski du mont
caresse déjà un nouveau rêve : ajouter une escale hors norme, à
Masik, créée par le « leader suprême ». Au point d’investir dans
À SÉOUL, SÉBASTIEN FALLETTI
Pyongyang…
LAURENT WEYL/ARGOS
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«
»
24 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Cet Alsacien de
55 ans veut faire
du pays le plus
fermé au monde
une nouvelle
frontière
touristique.
Fin connaisseur
de l’Asie
et du monde
communiste,
son agence
Phoenix Voyages
est déjà installée
au Vietnam
depuis dix-neuf
ans. Avec les JO
de Pyeongchang,
il compte bien
saisir sa chance.
Patagonie
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&
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Terre de Feu
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Puerto 5
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12
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1992
PRÉSIDENT
BERNARD
LANNES
AGRICULTEUR
DANS
LE GERS
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Laurent Pinatel
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e Salon de l’agriculture ouvrira ses portes ce week-end jusqu’au 4 mars. L’occasion, CONFÉDÉRATION
PAYSANNE
pour les syndicats agricoles, de faire entendre leur voix. Avec près de 54 % des suffrages lors des dernières élections aux chambres d’agriculture de 2013, la FNSEA ocCRÉATION EN
cupe largement le terrain. Mais la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne,
ses deux challengers, ont bien l’intention d’exprimer leurs différences alors que se profile
la campagne pour les élections de 2019.
1987
PORTE-PAROLE
« Depuis les années 1960, la FNSEA a signé un deal avec l’Etat pour transformer les
LAURENT
agriculteurs en producteurs de matières premières à bas prix, déplore Bernard Lannes,
président de la Coordination rurale, devenu le deuxième syndicat agricole français en 2013.
Que défend la FNSEA : les agriculteurs ou les intérêts de l’industrie agroalimentaire ? » AGRICULTEUR
La CR prône une régulation du marché plus efficace, pour qu’enfin les exploitants retrou- ÉLEVEUR DANS
LA LOIRE
vent des revenus plus décents. « La conjoncture est dramatique, martèle Bernard Lannes :
70 % des exploitations sont aujourd’hui dans le rouge ! » Surfant sur le malaise rural, il
E
ambitionne de ravir entre 5 et 10 points à la FNSEA en 2019. Ce qui reléguerait celle-ci en
dessous de 50 % des suffrages.
PINATEL
3
Mais il faudra aussi compter sur la Confédération paysanne, bien connue pour ses
SYNDICAT
AGRICOLE
coups d’éclat, comme le démontage du McDonald’s de Millau en 1999 (José Bové était à
FRANÇAIS
la manœuvre), ou celui de la salle de traite de la ferme-usine « des 1 000 vaches » en 2014.
(ORIENTÉ À DROITE) « Ces actions font partie de notre ADN, explique Laurent Pinatel, porte-parole du mouve- (ORIENTÉ À GAUCHE)
ment. Ce qui nous distingue des autres syndicats agricoles, c’est l’importance que nous
donnons au volet social. Réclamer davantage de revenus ne suffit pas. Il faut aussi parler
de l’emploi, du temps de travail, du stress des paysans que le système actuel conduit à
DES
DES
s’endetter dans des proportions déraisonnables. »
SUFFRAGES
SUFFRAGES
(DERNIÈRES
(DERNIÈRES
Le gouvernement, qui a présenté dernièrement son projet de loi issu des Etats généraux
ÉLECTIONS EN 2013)
ÉLECTIONS EN 2013)
de l’alimentation (EGA), sait qu’il marche sur des œufs. Emmanuel Macron a beau répéter
qu’il souhaite permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail, la colère gronde
dans les campagnes où l’on redoute que la hausse du seuil de revente à perte des produits
alimentaires et l’encadrement des promotions ne freinent en rien la chute des revenus. Un
tiers des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par mois (subventions incluses), rappelle
une note de l’Institut de recherches économiques et fiscales (Iref, « Libérer les agriculteurs
du joug administratif », février 2018). « On va radicaliser nos actions », promet Laurent Pinatel.
SYNDICAT
AGRICOLE
FRANÇAIS
19,74 %
21,12 %
GHISLAIN DE MONTALEMBERT
26 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
n’est plus ce qu’elle était.
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La vie de château
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CLAIRE GRIFFON : “LE FROMAGE EST TRÈS
IMPORTANT DANS LA VIE DES FRANÇAIS !”
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JEANNE BUISSON/LE FIGARO MAGAZINE
laire Griffon aurait dû être responsable qualité
dans l’agroalimentaire si elle n’avait pas
croisé le « roi des fromages » dans une cave
à Roquefort. Révélation crémière : la fille d’agriculteurs champenois se lance dans l’aventure frometonne. Epaulée dans sa reconversion par Marie
Quatrehomme et Xavier Thuret – meilleurs ouvriers
de France –, elle entre en apprentissage chez un
autre anobli de l’affinage, Laurent Dubois. En 2012,
elle ouvre une boutique chic et sobre, entre les
Invalides et la tour Eiffel. Elle y communique sa passion
pour les camemberts, salers, reblochons et autres
fleurons de l’Hexagone mais propose aussi des recettes
venues d’ailleurs (irish porter – cheddar infusé dans
de la Guiness –, shropshire…) et ses propres
créations : le Damier (biscuits de Reims et roquefort)
ou le Cherry Bibi (fourme d’Ambert et griottes).
Rencontre fro-magique.
Pourquoi le fromage ?
Parce que rien d’autre. C’est un produit tellement riche
géographiquement, historiquement, gustativement,
visuellement…
Fromage au lait cru ou pasteurisé ?
Au lait cru, bien entendu ! Le lait cru permet
d’avoir plus de goût, de texture et de croûte.
Les qualités qui vous ont permis de
réussir ?
Je suis têtue, méthodique, maniaque
et tenace. Quand je n’obtiens pas le
résultat désiré, je peux recommencer
vingt fois. Ma grand-mère disait :
« Claire n’a pas mauvais caractère, elle
a du caractère. »
« Comment voulez-vous gouverner
un pays où il existe 258 variétés de
fromage ? » disait le général de Gaulle…
Cette phrase, je l’entends presque tous les
jours à la boutique ! Le fromage est très
important dans la vie des gens. On est le seul
pays à posséder une si grande variété de textures,
de terroirs et de saveurs. C’est cela, la
France : un grand bazar constitué d’éléments
différents et parfois contradictoires mais qui
finissent par très bien marcher ensemble.
Comment reconnaître un bon fromage ?
A l’œil, tout de suite ! La croûte permet de
voir s’il a des défauts (d’humidité, de
flore…). Et il y a la taille : (un valençay doit
faire environ 12 centimètres de hauteur.
S’il en fait 6, je ne le goûte même pas).
28 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Outre sa boutique
de vente, 23 bis,
avenue de la
Motte-Picquet
(Paris VIIe), Claire
Griffon propose
ses fromages dans
les plus grands
restaurants de
Paris (Helène
Darroze, Lasserre,
Lazare Paris,
Ladurée…).
Pourquoi vous être battue pour obtenir la reconnaissance du statut d’artisan crémier-fromager ?
Nous étions un des rares métiers de bouche à ne pas
être reconnu comme artisan. Ce statut permet la
protection de notre profession, la reconnaissance de
notre savoir-faire et la création d’un CAP crémierfromager. Nous ne sommes pas des revendeurs, nous
transformons le produit avec des gestes et des soins
particuliers.
Les convives d’un dîner idéal ?
Coco Chanel, Vanessa Paradis, Etienne Daho, mon
mari et sœur Emmanuelle. Je leur servirais des
escargots, une poule au riz préparée par ma mère,
du fromage, bien sûr, et une tarte toute simple :
pâte feuilletée, fond de chantilly, fraises saupoudrées de sucre glace. Nous boirions du champagne de l’apéritif au dessert. Ce ne serait pas très
équilibré, mais délicieux.
Un lieu où vous aimez vous ressourcer ?
A l’île d’Yeu, en Grèce et en Champagne, chez mes
parents. J’adore y regarder la plaine, les gens ont
tort de dire que c’est ennuyeux : il y a des milliers de
couleurs différentes qui changent selon la météo.
C’est reposant, on laisse libre cours aux pensées et
aucun élément ne vient les perturber.
Un film à voir et à revoir ?
Tous les Louis de Funès et Le Grand
Bleu : je suis même allée sur les lieux
du tournage.
Une musique à écouter en boucle ?
Etienne Daho, Vanessa Paradis, The
Velvet Underground, The Divine
Comedy, OMD.
Les applis dont vous
vous servez le plus
dans votre smartphone ?
M é t é o Fr a n c e , L e F i g a r o ,
Europe 1. La météo est très importante dans notre métier : le climat influe beaucoup sur le produit.
Qu’est ce qui vous tire des larmes ?
Les oignons.
Que transmettrez-vous à vos enfants ?
Le savoir-vivre.
Votre devise ?
Soyons légers et positifs. Aujourd’hui, on ne met
pas assez les réussites en avant.
Que direz-vous au Bon Dieu en arrivant ?
« Je suis contente de vous rencontrer. On y
va ? »
PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE ROGATIEN
W E E K - E N D S
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DIANE VENET,
POUR L’AMOUR DE L’ART
S
ans être une artiste, elle a dédié sa vie à l’art, semaine et
week-end confondus. « C’est mon milieu naturel »,
s’amuse cette femme qui côtoie peintres et sculpteurs
contemporains, est mariée avec l’un d’entre eux, Bernar Venet, vit
entourée d’œuvres à Paris comme à New York et
a monté une fondation d’art contemporain dans le
sud de la France. Elle qui collectionne depuis
trente ans des bijoux, qui sont autant de miniatu- Des bijoux
res des figures les plus illustres du XXe siècle,
qui
aura d’ailleurs bientôt une exposition à son nom évoquent
– « De Calder à Koons, bijoux d’artistes. La collecun
tion idéale de Diane Venet » – qui commence le
inventaire
7 mars au musée des Arts décoratifs à Paris.
Voir son nom en haut de l’affiche ne la grise pas. du MoMA
« L’idée vient d’Olivier Gabet, le directeur du musée, qui voulait personnaliser l’exposition. »
Mais partager avec le public ses trésors l’occupe
avec bonheur. Elle les a déjà présentés à huit reprises dans des
musées aux quatre coins du monde (de Miami à Venise en
passant par Athènes et Séoul). A chaque fois, les visiteurs
découvrent que Giacometti et Dalí, Braque et Picasso, Chirico
et Lichtenstein, mais aussi Fontana et Villeglé, Julio Le Parc et
Frank Stella ont créé bracelets, bagues et pendentifs. Les boîtes
à bijoux de Diane Venet ressemblent à un inventaire du MoMA.
DAMIAN NOSZKOWICZ
«
Bien qu’elle se défende d’être une collectionneuse obsessionnelle, elle passe ses week-ends à effectuer des recherches, à
guetter les ventes aux enchères, à visiter les expositions, à
courir galeries et vernissages à la rencontre d’artistes auxquels
elle demande de lui réaliser une pièce unique.
Cette passion est née il y a trente ans, lorsque son mari s’est
amusé à lui enrouler autour du doigt une baguette en argent pour
former une alliance. Dans la foulée, il lui offre une broche d’Arman
et une compression de César, deux amis. Grâce à la vente de quelques « modestes » tableaux impressionnistes, peu à son goût et
« reçus d’un héritage familial », elle entame alors une collection
avec l’acquisition de pièces de Max Ernst, de Picasso et de Man
Ray. Des bijoux, souvent créés par les artistes pour des raisons
ÉLODIE BAËRD
intimes, qui entrent aujourd’hui au musée.
»
NOUS
VIVONS
UNE
ÉPOQUE
FORMIDABLE
!
PETITES NATURES
C’est une hécatombe chez ceux qui
font l’actualité : Nordahl Lelandais,
qui a tué la petite Maëlys
« accidentellement » et l’a ensuite
jetée accidentellement dans un
ravin, a eu des « angoisses » ; on
l’a interné en hôpital psychiatrique
« au cas où ». Heureusement que
Francis Heaulme n’a pas eu un
rhume après son arrestation. Quant
à Tariq Ramadan, l’ami des femmes,
pas de chance, une sclérose en
plaques lui tomberait sur le râble
juste au moment où il est écroué
pour des affaires peu compatibles
avec l’islam rigoriste qu’il prône.
Dieu merci, Jawad, lui, va bien ! Il
ne savait pas que ses locataires
étaient daechiens, on ne va tout de
même pas l’embastiller au motif
qu’il a déclaré au tribunal vouloir
« monter un nouveau commerce de
cocaïne ». Son avenir semble radieux,
et les amateurs de programmes
culturels télévisés ont le cœur qui
balance : il ferait un bon chroniqueur chez Ardisson, mais pourrait
aussi remplacer avantageusement
Yann Moix chez Ruquier : son
éternelle bonne humeur et son sens
30 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Nordahl
Lelandais
Tariq
Ramadan
de l’humour feraient les miracles
dont l’autre est incapable.
Côté people, le nouveau magazine
Bdo annonce plusieurs unes
sensationnelles à venir : « Elon os
ourses, Jean le Canuhet tait
annibale. Ous vons galement
écouvert que J. F. Kennedy urait té
EPA/SALVATORE DI NOLFI /MAXPPP
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ssassiné ar Elvis Presley. Nfin,
ous réparons un ros ossier ur
l’omosexualité achée d’André
Pousse. » Le magazine Bdo,
« irrigué par ses lecteurs », rien
que ça, a annoncé vouloir
révolutionner le journalisme,
notamment en simplifiant le ton
et le vocabulaire des articles.
Une « étude quali » a été menée
face à un panel de lecteurs
handicapés mentaux qui ont tous
approuvé : moins de lettres dans les
mots, c’est beaucoup mieux.
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GILLES KEPEL “LE SALAFISME FRANÇAIS
ÉTEND DES RÉSEAUX DE POUVOIR ET D’INFLUENCE”
Alors qu’Emmanuel Macron réfléchit à une
nouvelle organisation de l’islam en France,
Gilles Kepel nous rappelle les spécificités
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d’une religion sans hiérarchie et sans figure
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d’identification en Europe. Il considère que
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la situation géopolitique offre une opportunité
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pour établir « une guidance cultuelle en dehors
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de l’éparpillement doctrinal où se faufilent
des idéologues sulfureux en quête de proies ».
PROPOS RECUEILLIS PAR
VINCENT TRÉMOLET DE VILLERS
ET PAUL SUGY
Professeur à l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL),
où il dirige la chaire Moyen-Orient Méditerranée à
l’Ecole Normale Supérieure, Gilles Kepel est l’un de nos
plus fins connaisseurs du monde arabe et de la religion
musulmane. Il a aussi saisi en profondeur le malaise
d’une certaine jeunesse et la porosité qui existe entre
délinquance et islamisme. Ses travaux sur la banlieue
(Quatre-vingt-treize, Gallimard, 2012), sur la fabrique
du djihad (Terreur dans l’Hexagone, Gallimard, 2015) et la
fracture communautaire sont devenus des références.
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n vous cite comme étant l’un
des conseillers du Président
pour l’organisation de l’islam
de France….
C’est très exagéré de me présenter comme un conseiller
du Président. Contrairement à ses prédécesseurs,
Emmanuel Macron est quelqu’un qui aime maîtriser
personnellement les dossiers
à fond. J’ai pu le constater pour les questions que je suis
depuis une trentaine d’années, c’est-à-dire la politique
française au Moyen-Orient et l’islam de France. Il s’intéresse aux idées : c’est de cela que j’ai eu l’occasion de lui
parler. Mais je ne fais pas partie du processus de décision.
En quoi l’islam est-il un chantier prioritaire ?
La situation de l’islam de France aujourd’hui n’est pas bonne,
en particulier sur le plan de ses relations avec l’Etat. Ce dernier
ne se mêle pas du dogme, mais a besoin d’avoir des interlo-
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32 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
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cuteurs parmi tous les principaux cultes pour s’entretenir
avec eux de questions qui touchent à l’ordre public. En cela,
l’organisation de l’Eglise catholique a servi de modèle : elle a
une structure hiérarchique, à la manière d’un Etat dont le chef
serait le pape ; néanmoins, cette structure est très éloignée de
celle de l’islam sunnite qui n’a ni évêques ni cardinaux. Chaque
communauté y est laissée libre de choisir son pasteur, même si
des regroupements existent, qui sont dictés principalement
aujourd’hui par les pays d’origine des musulmans ou des affinités doctrinales. L’islam en France est constitué de croyants
dont la majorité sont de nationalité française. Bien qu’il prétende le contraire, l’Etat s’appuie souvent sur des chefs de file
étrangers car il pense que ceux-ci sont plus accessibles à une
logique d’ordre, d’Etat à Etat. C’est le dilemme du CFCM,
conçu initialement pour extraire l’islam de France de l’influence
des pays d’origine : celui-ci est devenu une instance à la tête
duquel se succèdent des personnes proches de ceux-ci.
Si l’islam sunnite ne ressemble pas, dans sa structure, à l’Eglise catholique, à quelle religion son organisation peut-elle être comparée ?
L’islam en France, en effet, ressemble plus à la configuration
des Eglises protestantes, qui n’ont pas de pape infaillible
à leur tête, voire au judaïsme, où des synagogues de différentes obédiences fonctionnent selon un réseau relativement souple. Mais le judaïsme ou le protestantisme ne
regroupent qu’un faible nombre de croyants, tandis que
l’islam représente une fraction importante de la population
française qui se chiffre en millions mais demeure encore,
dans bien des cas, relativement marginalisée par rapport
aux institutions. Religion surreprésentée dans les banlieues
déshéritées, elle y compense parfois cette marginalisation
civique à laquelle se substitue alors une identité communautaire. Cependant, du fait de l’accès d’un certain nombre
d’enfants de la troisième génération d’immigrés ou de
nouveaux arrivants aux classes moyennes, il devrait être
possible de trouver les interlocuteurs français musulmans
qui ont fait défaut jusqu’à maintenant et sont à même de
gérer le culte dans une optique française et républicaine. On
devrait identifier également parmi eux des individus qui
pourront abonder le denier du culte, de telle manière qu’il
ne soit plus nécessaire de faire appel à des financements
étrangers liés à des politiques d’Etat.
Faut-il un grand imam de France, à la manière du grand rabbin ?
Cette proposition peut paraître séduisante, mais pose deux
problèmes. Tout d’abord, un grand imam ne peut pas être
identifié comme tel par l’Etat laïc. Mais surtout, cela m’étonnerait qu’une personne unique puisse faire consensus vu
l’éparpillement des sensibilités qui prévalent aujourd’hui
parmi les musulmans de France.
Je crois plutôt que ce sont des structures consensuelles qui
sont envisageables, sans entretenir d’illusions sur le fait ­
LEA CRESPI/PASCO
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23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 33
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GILLES KEPEL “LE SALAFISME FRANÇAIS ÉTEND DES RÉSEAUX DE POUVOIR ET D’INFLUENCE”
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­ qu’elles puissent représenter l’en-
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arabe ou contre l’Iran a pu fonctionner, autant la confusion
semble des sensibilités (puisque les djihaavec le djihad n’a pas mis l’Arabie saoudite à l’abri des terrodistes, et une bonne partie des salafistes, en
ristes. C’est cela que remet en cause le prince héritier
seront exclus). Mais la conjoncture internaMohammed Ben Salmane. Il veut sortir le pays de la trajectionale et française est plutôt favorable à
toire entamée depuis 1979, année charnière (révolution
l’émergence de cet islam du culte et de la foi. En effet, nous
iranienne, prise de la Mecque par des salafistes ultra-radicaux)
venons de sortir d’une période épouvantable, marquée par
qui a vu le royaume s’engager pour allumer un contre-feu
un terrorisme djihadiste dont se sont désolidarisés la pludans le djihad en Afghanistan avec l’appui américain, entraîpart des musulmans. Ceux-là mêmes qui pouvaient être
nant cette spirale désastreuse. Aujourd’hui, avec la baisse des
attirés il y a quelques années dans la spirale de la radicaprix du pétrole, les pétromonarchies sont contraintes à de
lisation ont mis depuis de l’eau dans leur vin. On le voit en
nouveaux arbitrages vitaux : elles sont confrontées au besoin
Syrie où, depuis 2013-2014, les différents courants rebelles
d’un changement de société (comme autoriser les femmes à
s’étaient salafisés : aujourd’hui, le mouvement est inverse.
conduire en Arabie, rouvrir les cinémas, etc.) et se heurtent
Nous ne sommes donc plus dans la période de crise aiguë que
alors au modèle salafiste. Ainsi, la conjoncture actuelle au
nous avions connue. C’est certainement une opportunité
Moyen-Orient indique peut-être qu’il y a un créneau
qu’Emmanuel Macron veut saisir, lui qui a plusieurs fois
d’opportunité pour penser à nouveaux frais l’organisation
rappelé que Daech a été vaincu.
de l’islam de France dans le contexte international.
A côté de Daech, il existe aussi un islam radical qui développe plus
Un autre événement d’actualité est la chute de Tariq Ramadan. Est-ce
pacifiquement sa vision du monde. Y a-t-il en France des structures
que cela va affecter en profondeur nombre de musulmans français,
salafistes suffisamment prospères pour ne plus avoir besoin des
ou bien est-ce que l’on avait exagéré le rôle qu’il jouait auprès d’eux ?
pétromonarchies ?
Je crois que Tariq Ramadan a eu une grande importance
Le salafisme prêche, selon moi, une rupture culturelle fondalorsqu’il est apparu, dans les années 1990, car il a su donner
mentale avec les valeurs de la société française. C’est sur cette
à une certaine jeunesse issue de l’immigration qui entrait
vision des choses, résumée par la formule arabe
dans le système scolaire et universitaire français
« Al Wala wal-bara’a », qui signifie « l’allégeance »
un modèle d’identification. Mais, au cours des
(exclusive aux oulémas salafistes) et « le désaveu »
dernières années, l’offre s’est diversifiée en tous
(d’avec tous ceux qui ne pensent pas comme eux),
sens. Certains mouvements allaient davantage vers
Sous couvert
que reposent aussi bien les doctrines du salafisme
une sorte de radicalisation communautaire : sous
que du djihadisme. A la différence que ce dernier
couvert de lutte contre l’islamophobie, d’aucuns
de lutte contre
passe à l’acte et la traduit dans la violence. En ce
ont cherché à interdire toute critique du dogme le
qui concerne le salafisme, tant qu’il s’agit d’une
l’islamophobie, plus rigoriste au sein de la communauté musuldoctrine qui ne prône pas la violence, y compris
mane ; d’autres s’inscrivent dans une nébuleuse
d’aucuns
celle faite aux femmes dans la vie quotidienne,
« islamo-gauchiste » qui va aujourd’hui jusqu’aux
elle peut être combattue politiquement ou intellecIndigènes de la République et a touché certains
ont cherché
tuellement par ceux qui s’y opposent, mais rien ne
partis comme La France insoumise. On trouve
permet de l’interdire en droit.
aussi, paradoxalement, ces figures d’identification
à interdire
Par ailleurs, le visage du salafisme français a beaujusque dans l’extrême droite, comme chez Alain
toute critique
coup changé au cours des dix dernières années. LorsSoral (Egalité et Réconciliation).
que j’ai écrit Quatre-vingt-treize, en 2010, la littéra- du dogme le plus Justement, l’actualité a mis sur le devant de la scène
ture salafiste que l’on pouvait trouver sur le web était
une autre figure, celle de la jeune chanteuse Mennel
rédigée dans un charabia presque incompréhensible ; rigoriste au sein
qui a quitté l’émission de TF1 après que d’anciens propos
aujourd’hui, elle est beaucoup plus sophistiquée, les
ont ressurgi des réseaux sociaux…
traductions de textes en arabe sont de bonne qualité, de la communauté Le passage de cette jeune fille voilée sur une telle émisce qui atteste de la présence de convertis ou de jeunes
sion est sans doute dû à ses talents artistiques, mais pas
musulmane
issus de l’immigration qui ont suivi un cursus universeulement. Avec la baisse de l’audience de la télévision
sitaire. Cela laisse supposer que le salafisme disdans la jeunesse au profit des réseaux sociaux, TF1
pose de ressources intellectuelles pour se diffuser,
cherche à s’attirer de nouveaux téléspectateurs, et les
mais aussi de plus en plus de ressources matérielles
jeunes musulmans forment un réservoir important de
propres, et qu’il étend des réseaux de pouvoir et d’influence.
consommateurs pour le marché culturel. Ce qui est paradoxal,
J’ai remarqué, dans l’université, la promotion d’un corps
c’est que Mennel représente pour des salafistes l’abomination
de doctrine à l’intersection entre le salafisme et les Frères
suprême : qu’on se rappelle les propos de l’imam de Brest, prêmusulmans parmi les étudiants ou même certains enseignants
chant que ceux qui écoutent de la musique seront transformés
– jusqu’au fameux Hijab Day célébré à Sciences Po l’an dernier.
en singes et en porcs ! Et la voix féminine fait l’objet d’un très
Jusqu’alors, la propagation du salafisme dans le monde était
fort interdit chez les plus rigoristes car elle est porteuse de la
abondamment financée par l’Arabie saoudite et ses satellites,
séduction qui perturberait l’ordre divin… Portant un voile
car cela renforçait sa légitimité contre ses ennemis (le natiomais fort maquillée, chantant un texte de Leonard Cohen aux
nalisme arabe de Nasser, l’attraction révolutionnaire de l’Iran
connotations érotiques en anglais mais très édulcoré ensuite
qui pouvait toucher la jeunesse révolutionnaire sunnite).
dans sa version arabe, elle est au cœur des contradictions de
Mais, autant l’utilisation du salafisme contre le nationalisme
cette jeune génération. Et, les tweets qu’on a exhumés ­
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­ d’elle - pour lesquels elle a fait publi-
LE GRAND CIRQUE
DE L’AFFAIRE BENDAOUD
quement contrition - manifestent sa porosité à une espèce de conspirationnisme qui
est malheureusement assez fréquent dans la jeunesse des
quartiers populaires. Mennel Ibtissem (sourire en arabe)
est d’ailleurs défendue bec et ongles par Alain Soral, et attaquée violemment par Riposte laïque. Cette chanteuse est la
figure d’une jeunesse qui ne sait pas très bien où elle en est.
J’imagine que des instances cultuelles apaisées pourraient lui
fournir une guidance en dehors de cet éparpillement doctrinal
où se faufilent des idéologues sulfureux en quête de proies.
Vous aviez travaillé sur le procès du frère de Mohammed Merah ;
avez-vous suivi également le procès de Jawad ? Qu’incarne ce
personnage extravagant ?
Jawad Bendaoud me semble plus encore emblématique de
cette jeunesse « larguée » qui peut, par manque de confiance
dans les institutions et sous l’influence d’un milieu délétère,
se livrer à des actes dont les conséquences sont dramatiques.
Précisément, si des voix crédibles se faisaient mieux entendre
dans l’islam de France pour indiquer au nom de l’éthique
religieuse les limites à ne pas franchir, on peut espérer qu’un
certain nombre de ces déviances ne seraient pas commises.
En ce qui concerne la justice de manière plus générale, pour
lutter contre le djihadisme, après les errements de 2012 où la
direction du renseignement croyait encore à cette ineptie
des « loups solitaires », la surveillance et la répression se
sont nettement améliorées. Depuis le 4 septembre 2016,
c’est-à-dire la tentative d’attentat à la voiture piégée
contre Notre-Dame de Paris, il n’y a plus eu véritablement
d’attentat d’ampleur commis dans notre pays. En quelque
sorte, le gendarme a nettement rattrapé son retard sur le
voleur. Là où le bât blesse toujours, c’est en matière pénitentiaire, où l’on ne sait pas comment gérer, d’une part, le
prosélytisme djihadiste chez des détenus de droit commun
et, d’autre part, la constitution d’« académies du djihad »
dans certains quartiers de nos prisons. Là encore, la qualité
d’une aumônerie émanant d’instances plus efficaces serait
l’un des éléments de la solution.
Malgré tout, à vous entendre, le ciel s’éclaircit un peu…
En France, nous sortons d’une phase de tensions très vives
autour de l’islam, mais l’essentiel reste à construire. On
peut espérer qu’Emmanuel Macron, qui consulte les universitaires, saura leur donner les moyens matériels et moraux
pour améliorer leur connaissance de ces questions, alors
même que notre pays joue un rôle central dans les relations
entre l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. On l’a
bien vu, du reste, quand le Président s’est rendu à Riyad et
a facilité le retour à Beyrouth du Premier ministre libanais
Saad Hariri, dans un contexte où l’Amérique de Trump
s’est retirée de la région. L’enjeu pour la France concerne à
la fois la paix sociale de notre pays et son
rayonnement dans le monde.
■ PROPOS RECUEILLIS PAR
VINCENT TRÉMOLET DE VILLERS
ET PAUL SUGY
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GILLES KEPEL “LE SALAFISME
FRANÇAIS ÉTEND DES RÉSEAUX
DE POUVOIR ET D’INFLUENCE”
La Fracture, de Gilles Kepel, Gallimard/France Culture,
280 p., 19 €.
36 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Sans les tourbillons de la République du soupçon et de la délation, des affaires Hulot et
Darmanin, la relaxe de Jawad Bendaoud
aurait provoqué un coup de tonnerre dans le
ciel médiatique. On avait tout fait pour ça. A
commencer par la justice. Qui avait dit que le
passage en jugement du « logeur de Daech » à Saint-Denis et
de ses deux coaccusés serait le « premier procès » des attentats du 13 novembre (2015) ? Qui avait préparé l’audience
dans une salle bien plus vaste que celle de la 16e chambre du
tribunal de Paris pour pouvoir accueillir 400 parties civiles et
plus de 100 avocats ? Qui avait prévu trois semaines
d’audience tant il devait y avoir de plaidoiries ?
La machine judiciaire en faisait tant que le cirque médiatique
ne pouvait faire moins. Il y eut au
premier jour du procès, le 24 janvier, autant de journalistes qu’il y
avait d’avocats, autant de caméras
qu’il y avait de greffiers. Et autant
Ce procès
de micros ouverts qu’il y avait de
n’aura pas été
témoins, victimes ou familles de
à l’honneur
victimes à vouloir parler. Tous
attendaient que fussent prononde la justice
cées des peines exemplaires pour
de notre pays
calmer leur douleur et leur colère.
A l’audience, Jawad Bendaoud
paradait à la barre, prenait le
public à témoin, reg ret t ait
d’avoir perdu ses points de vente
de cocaïne, compromis ses trafics, abandonné ses filles ; il
se moquait du tribunal, il avait bien raison. A la fin de la
troisième semaine du procès, le 14 février, il était relaxé,
puis remis aussitôt en liberté. (Le parquet faisait appel). Et
les commentateurs, qui avaient alerté le public sur ce
« premier procès » des terroristes du 13 novembre, se disaient
épatés par le « courage du tribunal » à ne pas suivre l’opinion
publique…
Mais l’opinion ne réclamait rien ! Sauf la justice. Il ne fallait pas
lui faire croire qu’on allait voir ce qu’on allait voir si, faute de
certitudes et de preuves, le principal accusé avait toutes les
chances d’être libéré et même relaxé. Le spectacle de ce grand
cirque judiciaire et médiatique n’aura pas été à l’honneur de
la justice d’un Etat de droit qui veut être respecté - et qui ne
l’est pas par tous ces dealers, proxénètes et trafiquants de droit
commun, travaillés par le djihadisme et ses émules.
«
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PEGGY SASTRE
CONTRE L’OBSCURANTISME
FÉMINISTE
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n a pu entendre récemment une féministe médiatique proclamer qu’un homme sur deux ou trois serait un agresseur
sexuel, en se fondant sur un chiffre extrapolé d’un sondage.
De tels délires prêteraient à sourire s’ils n’étaient assénés quotidiennement par les militantes du nouvel ordre moral. Il ne se passe pas un jour
sans qu’elles nous abreuvent de statistiques tronquées censées démontrer que nous vivons dans un enfer patriarcal. Pour le féminisme
contemporain, ultraculturaliste, les différences sexuelles constatées
(écart salarial, inégalités des tâches ménagères, orientations professionnelles) ne sont que le fruit d’un complot patriarcal. Les différences
biologiques n’existent pas et toutes les inégalités entre hommes et femmes sont construites socialement. Il faut donc s’empresser de les déconstruire pour mettre au jour le monde réconcilié où hommes et femmes seraient égaux car interchangeables. Simple, basique, comme
disent les jeunes. Sauf que c’est faux. C’est ce que démontre avec humour et rigueur Peggy Sastre dans son dernier livre *.
« L’amour est l’histoire de la vie des femmes, c’est un épisode dans la
vie des hommes », écrivait déjà Mme de Staël. Ce surinvestissement
sentimental finement observé par la femme de lettres nous est implacablement démontré par la femme de sciences. A coups d’études sociologiques et scientifiques en tout genre, Peggy
Sastre, qui a fait sa thèse de doctorat de philosophie sur Nietzsche et Darwin, rappelle que
« l’évolution biologique est l’assise de nos strucReconnaître
tures et de nos fonctionnements sociaux ».
Elle pulvérise plusieurs dogmes du catéchisme la pluralité
féministe, à commencer par celui de la « charge
du réel
mentale » popularisé par la dessinatrice Emma,
féminin
qui entendait dénoncer le surinvestissement domestique des femmes non seulement pratique,
mais aussi mental (courses à faire, choses à ranger, vacances à planifier, enfants à vêtir), les
hommes exerçant sur elles une pression aussi sournoise qu’invisible.
Pourtant, les faits sont têtus, et démontrés par une série d’études :
« qu’elles aient ou non des enfants, les femmes sont susceptibles de se
pourrir la tête pour que leur maison soit bien tenue », « pour les mères,
le temps passé avec l’enfant est la première des priorités » (alors que
le père, lui, aura le sentiment de perdre son temps), « les femmes sont
effectivement les plus touchées par la transition parentale ».
Les meilleures intentions du monde n’y changent rien, et les couples les
plus farouchement progressistes deviennent traditionnels dès qu’ils
ont des enfants. Comme le confie un des pères interrogés dans une
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38 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
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NATACHA NIKOULINE
*
Peggy
Sastre.
étude citée par l’auteur : « Mais le truc aussi, c’est qu’elle a des seins
et moi pas. » Simple, basique.
Idem pour les différences salariales entre hommes et femmes, dont on
nous martèle qu’elles sont la preuve que le patriarcat institutionnel n’a
rien perdu de sa vigueur. Diverses études ont démontré que « l’hypothèse du sexisme comme celle des différences cognitives entre hommes et femmes étaient bonnes à jeter à la poubelle pour expliquer les
80 % d’hommes et les 20 % de femmes que l’on croise dans les secteurs
scientifiques et techniques les plus pointus ». Cette différence s’explique principalement par la maternité. Il se trouve que le pic de fertilité
de la femme se situe entre 18 et 31 ans, période où tout se joue sur le
plan de la carrière professionnelle. Dès lors, deux solutions : ou bien on
supprime la maternité et on planche sur l’utérus artificiel (hypothèse à
laquelle Peggy Sastre se dit par ailleurs favorable), ou bien on cesse de
proclamer que le salut passe par la carrière et on trouve des solutions
pour mieux concilier vie professionnelle et vie salariale. Peggy Sastre a
l’avantage de reconnaître la pluralité du réel féminin, nié obstinément
par la plupart des féministes. On n’est pas obligé de s’en tenir à la biologie, mais on ne peut pas la nier.
Cet essai est salutaire pour contrer l’obscurantisme d’un néoféminisme
déconnecté des préoccupations quotidiennes des femmes. Mais un
certain préjugé antisentimental assombrit ces pages pleines de vigueur
par un cynisme parfois asséchant. Certes, il est urgent de rappeler le
fondement matériel de l’attachement humain à ceux qui pensent que
tout est acquis. Mais faut-il pour autant réduire l’amour à une
« hormone », l’amoureux à un « partenaire d’accouplement », et le
coup de foudre à une « synchronie biocomportementale » ?
« Il n’y a rien de magique dans l’amour », nous dit Peggy Sastre qui nous
appelle à nous délivrer de ce poison. Pourtant, ce piège a ses délices.
A tout réduire à la biologie, on finit par oublier la culture. L’amour est peutêtre un instinct, mais la civilisation qu’il engendre est un trésor. L’homme
est plus qu’un rat de laboratoire : il est le seul animal qui a su sublimer
ses pulsions. Cela a donné, à tout prendre, la poésie,
qui est supérieure aux discours militants comme aux
ouvrages scientifiques. On préfère parfois avoir tort
avec Musset que raison avec Darwin. EUGÉNIE BASTIÉ
«
»
PRESSE
S
* Comment l’amour empoisonne les femmes, de Peggy
Sastre, Anne Carrière Editions, 142 p, 16 €.
FINLANDE
SUÈDE Helsinki 395 km Saint-Pétersbourg
Stockholm
DANEMARK
625 km
Copenhague
350 km
BREST
J.1
640 km
J.2
595 km
Océan
Atlantique
Baltique Novgorod
Malmö
320 km
Lübeck
Münster
ALLEMAGNE
PARIS
FRANCE
Yaroslavl Nijni 665 kmPerm
Novgorod
210 km
270 km
540 km
J.12
MOSCOU
270 km
390 km
Souzdal
360 km
Kazan
Tobolsk
375 km
J.20
RUSSIE
252 km
Tioumen
EKATÉRINBOURG
Kemerovo
640 km
660 km
Omsk
530 km
265 km
Novossibirsk
Krasnoïarsk
TRANSSIBÉRIEN
TRANSSIBÉRIEN
Tchita
Lac Baïkal 660 km
1065 km
IRKOUTSK
J.31
450 km
Darkhan
230 km
Belogorsk
Oulan Oude
350 km
Terelj
Océan
Pacifique
1548 km
120 km
CHINE
MONGOLIE OULAN BATOR
Blagovechtchensk
690 km
Oussouriisk
J.49
Khabarovsk
650 km
100 km
VLADIVOSTOK
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L’OTAN, CE GENDARME DE L’OCCIDENT
QUI SE MÊLE DES AFFAIRES DU MONDE
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S
*
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avait un rôle et un ennemi définis : l’URSS. Avec sa chute,
ien ne va plus à l’Otan. En Syrie, les
l’Otan aurait dû disparaître aussi. Mais les Américains
troupes turques combattent les
n’avaient aucun intérêt à voir disparaître une alliance qui
Kurdes, qui ont vaincu Daech aux
légitimait son hégémonie sur les riches nations de l’Ouest
côtés de la coalition occidentale.
européen. Non seulement l’Otan n’a pas été dissoute, mais
Sur le terrain, les états-majors turcs
elle s’est élargie : les anciennes démocraties populaires se
et américains déploient des trésors
sont placées sous le parapluie nucléaire américain, afin de se
de subtilité tactique et de prudence
protéger d’un éventuel retour de l’ours russe.
pour ne pas se retrouver face à face.
Les responsables de l’Otan ont alors inventé de nouvelles
En Europe, l’Est et l’Ouest se déchirent autour de l’accueil des
missions pour légitimer son existence : écrasement de la Serbie,
migrants : chaque camp a sa conception de la nation et de son
coupable d’avoir voulu maintenir l’ancienne
avenir. C’est une querelle philosophique, exisYougoslavie par la force ; écrasement de l’Irak,
tentielle, entre Europe multiculturelle et Europe
coupable d’avoir avalé le petit Koweït. L’Otan
chrétienne. Obama soutenait la conception de
avait muté en gendarme du monde. Et, comme
l’Ouest ; Trump bénit celle de l’Est ; mais, dans
cela ne suffisait pas, les services américains ont
les deux cas, la position du président des EtatsLes Américains
réinventé un ennemi russe en la personne de ce
Unis reste fondamentalement la même : que les
Poutine qui avait l’outrecuidance de ne pas se
Européens paient davantage pour la défense
font la cuisine,
soumettre aux diktats américains à la manière de
commune et laissent les Américains décider.
les Européens
son prédécesseur Eltsine.
C’est, en termes plus choisis, la loi d’airain
En vérité, l’Otan est condamnée : par la puissance
de l’Otan que son secrétaire général a rappelée
font la vaisselle
militaire américaine qui n’a nul besoin de l’aide de
récemment aux Français et aux Allemands, tentés
ses alliés pour intervenir où elle le veut dans le
de s’autonomiser au sein de la fameuse « Europe
monde. Par le jeu de la Turquie, qui se pare des
de la Défense ». Loi d’airain que les spécialistes de
atours géostratégiques de l’ancien Empire ottoman.
l’Otan résument en riant jaune : « Les Américains
Par l’émergence du véritable rival de la puissance
font la cuisine, les Européens font la vaisselle. »
impériale américaine, la Chine, que les Européens, eux, n’ont
Contrairement à ce que prétend la doxa médiatique, les ennuis
aucun intérêt à combattre. Par son inutilité face au vrai
de l’Otan ne datent pas de l’arrivée de Trump à la Maisondanger existentiel qui menace le continent européen, qui
Blanche. Comme souvent, le « Donald » a mis le doigt où ça
n’est plus le communisme, mais l’islamisation. L’Otan est un
fait mal. L’Otan a été créée après la Seconde Guerre mondiale
canard sans tête, mais le canard est toujours vivant !
pour résister à une éventuelle offensive communiste. Elle
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CES KURDES QUE L’ON ABANDONNE
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Le regard abattu de cette
combattante des Unités de
protection du peuple (YPG)
en dit long sur son amertume.
Après avoir participé à éliminer
l’Etat islamique de Raqqa, elle
se bat désormais depuis plus
d’un mois avec ses frères d’armes
du Kurdistan syrien contre une
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OMAR SANADIKI/REUTERS
M
40 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Q U I
F Â C H E
offensive turque dans le secteur
d’Afrin. Ces Kurdes, il y a peu
ovationnés par la communauté
occidentale, cherchent
désespérément des alliés. Erdogan,
le maître d’Ankara, vient d’annoncer
qu’il allait lancer ses troupes
dans une offensive finale. Toujours
dans l’indifférence générale ?
“ Mon métier ?
Maintenir l’autonomie
mais aussi le moral ! ”
Angélique, Aide-soignante
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JACQUES DEMARTHON/AFP
En pointe dans la
mobilisation contre
la limitation de
la vitesse à 80 km/h,
les motards
continuent à mener
des opérations
escargot le weekend. Pour eux,
la mesure est
avant tout destinée
à faire entrer
de l’argent dans
les caisses de l’Etat.
CES LIBERTÉS
QU’ON NOUS
ENLÈVE
Alors que la vitesse sur les routes devrait être bientôt limitée
sans justification convaincante, la liste des usages prohibés
ou fortement déconseillés s’allonge chaque jour. Tandis que,
sur les réseaux sociaux, les gardiens de la pensée dominante
traquent les opinions divergentes et attaquent en meute
ceux qui les professent. La liberté serait-elle si dangereuse ?
PAR CHRISTOPHE DORÉ, CLARA GÉLIOT, PASCAL GRANDMAISON ET JUDITH WAINTRAUB
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 43
L
e gouvernement a tenu bon, malgré les
manifestations et les opérations escargot
encore organisées le week-end dernier : à
partir du 1er juillet, la vitesse
sera limitée à 80 km/h sur
les routes secondaires à
double sens sans séparateur
central. L’annonce du Premier ministre, en début d’année, a suscité un vaste mouvement de colère dans la population, relayé par les élus
des zones concernées. Selon un sondage Harris Interactive, 59 % des Français y seraient opposés (et 67 % des
41 % favorables n’ont pas de voiture…). Les motards et les
automobilistes, déjà pénalisés par la raréfaction et l’envolée du prix des places de stationnement (et des amendes
consécutives), s’insurgent contre cette mesure qui fait
grincer des dents car elle ne s’appuie sur aucune étude rigoureuse. Elle sauverait jusqu’à 400 vies par an, selon le
gouvernement. Pourtant, l’expérimentation lancée voici
deux ans par Bernard Cazeneuve consistant à limiter certaines portions à 80 km/h n’a jamais produit le moindre
bilan. Par quel tour de passe-passe la direction de la Sécurité routière a-t-elle sorti ces chiffres de son chapeau ?
Auditionné par le Sénat le 24 janvier, Emmanuel Barbe, le
délégué interministériel à la sécurité routière, a reconnu,
embarrassé, qu’en matière d’accidentologie, une étude
sur deux n’avait pas de pertinence. Et que, concernant
celle-ci, il y avait un effet statistique qui n’était pas crédi-
Aucun bilan des expériences de
limitation de vitesse à 80 km/h lancées
il y a deux ans n’a été présenté avant
l’extension de la mesure à l’ensemble
des routes secondaires.
Ta b a c
PROTECTEUR OU PERCEPTEUR : LA SCHIZOPHRÉNIE DE
Culpabilisant les fumeurs tout en les taxant allègrement, les
pouvoirs publics ont édifié, à force d’ambiguïtés, une
république d’insatisfaits face au tabac.
J
e trouve qu’aujourd’hui la lutte contre
le tabagisme vire au terrorisme. »
Quand Jean-Christophe Rufin lâche cette phrase, en 2012, dans une
interview pour la revue L’Amateur de cigare, il ne se doute pas de la levée de boucliers que vont provoquer ses propos. Le
fait qu’il précise être un « partisan d’un
monde où chacun garde son libre arbitre
même en matière de risque » n’y change
rien. C’est qu’après l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics, le débat
autour de la consommation du tabac est
devenu explosif, aussi hystérique qu’aux
Etats-Unis. Les derniers repentis sont
44 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
d’ailleurs les plus virulents, prompts à
s’enflammer pour leur mission : sauver
l’humanité de cette drogue légale !
Tous les éléments du scénario sont réunis
pour animer les conversations de comptoir ou, afin d’être plus actuel, « buzzer »
sur les réseaux sociaux. Dernière polémique en date ? Celle autour de l’idée de surveiller l’usage de la cigarette dans les
œuvres culturelles, sujet évoqué dans une
question au gouvernement à l’Assemblée
nationale, fin novembre 2017. La toile
s’enflamme. La ministre de la Santé,
Agnès Buzyn, tweete vite en touche : « Je
n’ai jamais envisagé ni évoqué l’interdiction
de la cigarette au cinéma ni dans aucune
autre œuvre artistique ». Elle s’était juste
interrogée sur la présence de cigarettes
dans 70 % des fictions françaises… Dont
acte. En effet, comment réaliser un biopic
crédible sur Serge Gainsbourg en lui faisant mâcher une brindille ? Absurde.
Autre polémique, récurrente celle-là, la
hausse des prix. Le Premier ministre,
Edouard Philippe, a annoncé une hausse
progressive du coût du paquet de cigarettes jusqu’à 10 € à l’horizon 2020. Utile ?
Non, affirment beaucoup de non spécialistes ainsi que les buralistes, forcément
très concernés. Argument choc : taxer le
tabac remplit les caisses de l’Etat, pas de
raison pour qu’il arrête ! Le nier serait faire
affront à la réalité : 80 % du prix d’un paquet de cigarettes finissent dans la colonne recettes des comptes de Bercy.
SEBASTIEN BOZON/AFP
ble. Nous n’en saurons pas plus ! Sur internet, les usagers
de la route enragent, arguant qu’il serait plus judicieux
d’investir dans la réfection du réseau (signalisation déficiente, lignes blanches effacées, nids-de-poule…) ou
d’appliquer intelligemment ces limitations aux zones
dangereuses. En Suisse, où la vitesse maximale autorisée
hors localité est passée de 90 km/h à 80 km/h dès 1984,
le bilan est mitigé. L’Office fédéral des routes (Ofrou) a
noté une baisse significative des accidents mortels à partir
de 1992, mais il attribue principalement ce phénomène à
la réduction du nombre de kilomètres parcourus. Quant
au Danemark, après avoir succombé aux sirènes des
80 km/h sur les routes secondaires, il a rétabli les limitations antérieures dès 2012. Les progrès réalisés sur les véhicules ces dernières années (airbags, ABS, freinage automatique d’urgence, ESP, carrosseries déformables)
contribuent certainement plus à la sécurité que la baisse
de vitesse. Par un biais dialectique, cette dernière est toujours mise en avant comme première cause des accidents
mortels en France (31 %) alors qu’elle n’est qu’un facteur
aggravant et que les véritables origines sont clairement
identifiées : le non-respect de la signalisation routière et
l’abus d’alcool.
Pour Daniel Quéro, président de 40 millions d’automobilistes, comme pour 82 % des Français, la nouvelle réglementation ne manquera pas d’assurer un surplus de revenus très confortable pour l’Etat, grâce aux amendes
rapportées par les radars. Ce dernier préférerait encaisser,
en mettant en avant le risque pour les vies humaines, que
payer. Comme l’a justement fait remarquer Michel Raison,
sénateur de Haute-Saône, devant le Sénat : en suivant cette
logique, combien de vies épargnées à 60 ou 50 km/h ? Et,
même si l’on interdisait la voiture, il resterait des chutes de
­
cheval ou de bicyclette…
Beaucoup d’experts critiquent par ailleurs
le caractère progressif de la hausse. Elle
n’a pas donné de très bons résultats ces
dernières années. Il faut taper violemment au portefeuille, selon eux, à la manière de l’Australie où seulement 13 % des
adultes restent accros à la nicotine avec un
paquet pouvant coûter jusqu’à 20 € (27 €
prévus en 2020). Cela serait d’autant plus
efficace en France que le nombre de fumeurs à faibles revenus est élevé.
Alors que le tabac tue 78 000 Français par
an et reste la première cause de mortalité
évitable dans le pays, la question en
France reste entière : la liberté de fumer
est-elle devenue un luxe qui enrichit
l’Etat ou un coût pour la santé publique
qu’il n’ose pas combattre ? Le Dr William
Lowenstein, spécialiste en addictologie,
résumait bien la situation dans le Figaro
Le code de la santé
publique punit d’une amende
pouvant aller jusqu’à 450 €
une personne fumant
dans une voiture
en présence d’un mineur.
Santé, évoquant une « posture morale qui
caractérise cinquante ans d’échecs, reposant
sur des réflexes plus religieux que scientifiques, avec comme seule issue l’abstinence en
guise de rédemption ». Taxer sans aider à
décrocher n’est pas suffisant, rappellent
les addictologues. Il faut du « en même
temps » cher à nos gouvernants actuels,
au risque de voir la contrebande s’amplifier… Une sorte d’action complexe qui ne
se résume pas en un tweet et qu’aucun
gouvernement n’a courageusement entrepris… Ce qui laisse insatisfaits les défenseurs du libre-arbitre comme ceux
d’une politique de santé publique plus inC. D.
terventionniste.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 45
GETTY IMAGES
L’ÉTAT
“LES LOIS INUTILES
AFFAIBLISSENT
LES LOIS
ESSENTIELLES”
MONTESQUIEU
­ Eternelle vache à lait des pouvoirs publics, l’automobi-
liste devra en outre, dès le mois de mai, se soumettre à un
contrôle technique renforcé. Avec 139 points de vérification
contre 131 auparavant, il traquera jusqu’à 696 défauts au lieu
de 453 précédemment. Grosse nouveauté, un simple feu stop
défectueux, désormais catalogué comme défaillance critique, imposera un passage illico chez le garagiste. Dans le cas
contraire, le véhicule incriminé n’aura plus le droit de circuler dès le lendemain. On s’attend à un engorgement des centres de contrôle et à une hausse des tarifs de 20 %.
Le 2 février, la Cour de cassation s’y est mise elle aussi : le
conducteur qui téléphonera à l’arrêt, moteur arrêté, sera
puni d’une amende de 135 € et perdra 3 points de permis
de conduire pour trois ans, sauf s’il est dûment garé sur une
place de stationnement. Enfin, le tableau ne serait pas
complet sans le scandale des véhicules diesel. Après avoir
favorisé ce carburant pendant des décennies par des taxes
moindres que pour l’essence, le gouvernement fait un virage à 180 degrés en découvrant soudainement l’existence
d’émissions polluantes. En parallèle, les grandes villes
n’en veulent plus dans leurs rues. Les diesels les plus anciens sont déjà bannis de Paris et l’ensemble du parc ne
pourra plus y circuler dès 2024. Les propriétaires incriminés se sentent aujourd’hui trahis, d’autant que la cote à
l’occasion de leur véhicule vient de s’effondrer.
Le zèle de la puissance publique est particulièrement visible à l’encontre des automobilistes ou dans le domaine de
la santé (lire ci-contre et pages précédentes) parce qu’il touche un grand nombre de Français. Mais aucune activité
humaine ou presque n’y échappe, comme l’a montré en
2013 le rapport de la mission de lutte contre l’inflation normative. Ses deux auteurs, les anciens parlementaires Alain
Lambert et Jean-Claude Boulard, ne manquent pas d’humour. Ils se sont placés sous le « haut patronage » de Montaigne, qui constatait déjà que « nous avons en France plus
de lois que tout le reste du monde » et ajoutait : « Les lois les
plus désirables ce sont les plus rares. » Ce que Montesquieu
résumait d’un limpide : « Les lois inutiles affaiblissent les lois
essentielles. » Alain Lambert et Jean-Claude Boulard ont eu
beau reconnaître que leurs préconisations avaient été largement ignorées, Edouard Philippe a de nouveau fait appel
à eux en les chargeant de proposer « des simplifications du
stock de normes applicables aux collectivités territoriales ». Le
Premier ministre veut que deux normes existantes soient
supprimées à chaque fois qu’une nouvelle norme est créée.
Vaste programme, comme aurait dit le général de Gaulle,
dans un pays où existent près de 400 000 normes !
Interdiction pour les couvreurs d’utiliser des échelles, esca46 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Va c c i n s
UNE OBLIGATION QUI PASSE
Onze, trois ou zéro ? La polémique autour du
nombre de vaccins obligatoires met au jour une
contradiction entre prévention et principe de
précaution.
L
a question est claire :
peut-on renoncer à la vaccination, moyen à l’efficacité reconnue depuis Jenner et Pasteur et qui évite
la mort prématurée de 2 à 3 millions de personnes chaque année, quand 41 % des Français
doutent de l’intérêt de se vacciner et s’inquiètent d’effets secondaires ou de risques potentiellement plus graves pour leurs
enfants ?
Le gouvernement a choisi de répondre en imposant le passage
de trois à onze vaccins obligatoires dans les deux premières années de la vie de l’enfant. Des
sanctions fortes sont possibles
envers les contrevenants : prison, amendes et accès en crèche
ou à l’école refusé aux petits non
vaccinés.
L’argument des pro-vaccins
obligatoires, celui du gouvernement, est simple : on constate
aujourd’hui une baisse notable
de la vaccination avec des ris-
ques d’épidémie, notamment
sur la rougeole, qui a entraîné la
mort d’une jeune femme de
32 ans la semaine dernière à Poitiers. La couverture vaccinale
varie de 71 % à 81 %, alors que
l’OMS recommande une couverture de 95 % pour empêcher
une épidémie. Soit par négligence soit par conviction, certains parents ne vaccinent pas
leurs enfants et cela entraîne un
risque de santé publique qui
n’est plus acceptable.
Les arguments des anti-vaccins
obligatoires sont plus divers.
D’abord une position anticapitaliste consistant à dire que la
vaccination obligatoire ne sert
qu’à remplir les poches de l’industrie pharmaceutique. L’argument est un peu court. Tant
qu’à être cyniques, les laboratoires gagneraient beaucoup plus
d’argent si personne ne se vaccinait et que chacun finissait à
l’hôpital avec rougeoles, tétanos
ou diphtérie, traités aux antibio-
beaux ou autres marchepieds comme poste de travail ; obligation pour les maires de veiller à ce qu’une maison ne soit
pas distante de plus de 400 m d’un point d’eau, ce qui se traduit soit par une très coûteuse installation de bouches d’incendie près des bâtiments existants, soit par un refus de permis de construire ; interdiction pour les employeurs
d’embaucher un CDD pour moins de 24 heures par semaine ;
interdiction aux enseignants d’administrer le moindre médicament aux élèves, interdiction aux enfants de maternelle
d’apporter des goûters … Cette propension bien française à
tout réglementer se traduit en outre par une surtransposition
des normes européennes, elles-mêmes excessivement vétilleuses, sur le temps de pause des chauffeurs routiers, le
classement par catégorie des oranges selon leur degré de
mûrissement, le tempo des clignotants sur les voitures.
VOISIN/PHANIE
Autre arme dans l’arsenal de l’Etat pour empêcher les inconscients que nous sommes de se faire du mal : la recommandation. En plus du désormais célèbre « cinq fruits et
légumes par jour », le consommateur se voit encouragé à
faire ses courses en fonction d’un code couleur qui lui indique l’apport calorique du produit qu’il veut acheter, sa teneur en sucre, en graisses saturées et en sel. Les ministres
de la Santé successifs ont vivement encouragé le développement du Nutri-Score. Une invention française (cocorico) grâce à laquelle on découvre que dîner d’une pizza,
même accompagnée de salade, équivaut dans l’esprit de
ceux qui nous gouvernent à une tentative de suicide alimentaire. Sûrs du bien-fondé de leur croisade, ils ont
choisi d’ignorer l’avis d’une autorité pourtant réputée
compétente en la matière, l’Agence nationale de sécurité
sanitaire. Selon elle, rien ne prouve « en l’état actuel des
connaissances » que ces nouveaux systèmes d’étiquetage
nutritionnel seront efficaces pour faire diminuer les mala­
dies chroniques du type obésité ou diabète.
tiques, médicaments beaucoup
plus chers que des injections à
50 € protégeant à vie. D’autres
arguments sont plus scientifiques : risque d’autisme, de mort
subite du nourrisson, de danger
des sels d’aluminium utilisés
comme adjuvants ou encore de
sclérose en plaque provoquée par
certains vaccins.
Sur tous ces sujets, les chercheurs répondent qu’une corrélation entre les vaccinations en
cause et tous ces risques n’a jamais été scientifiquement établie. Mais, sur le terrain, chaque
camp compte ses troupes. Les
anti-vaccins obligatoires profitent du ralliement de deux professeurs de renom, Luc Montagnier et Henri Joyeux, pour
consolider leurs positions. Des
associations telles Autisme Vaccinations militent activement
contre l’obligation de vacciner
les enfants. Pour elles, le principe
de précaution doit s’appliquer
sur la vaccination des petits.
Les pro-vaccins, eux, argumentent qu’on ne doit pas renoncer à
une prévention efficace à cause
de croyances contestées par l’essentiel du corps médical et d’effets secondaires propres à tous
les médicaments. L’évaluation
régulière des vaccins sur les bases de la pharmacovigilance
permet, selon eux, d’évaluer
leurs effets indésirables.
Les deux camps se battent à coup
de chiffres, d’études contestées
ou contestables, de statistiques
et d’exemples de pays étrangers
choisis, bien sûr, pour servir ses
convictions. A ce jour, cet
étrange dilemme très français
reste entier, opposant prévention (la vaccination empêchant
des épidémies) et principe de
précaution (la vaccination n’est
pas à 100 % sans risque).
Quand elle n’est pas obligatoire,
les Français ont prouvé qu’ils ne
vaccinaient pas leurs enfants
pour atteindre le seuil nécessaire
de 95 % de la population empêchant le risque épidémique. Mais
en imposant plutôt qu’en essayant de convaincre, le gouvernement a pris un risque. Celui de
se voir reprocher l’atteinte aux
libertés individuelles, le « viol de
la démocratie » (dixit le collectif
Vaccins-Liberté), et une collusion avec les grands laboratoires
pharmaceutiques… Reste à savoir s’il est prêt à l’assumer jusC. D.
qu’au bout.
GARO/PHANIE
MAL
L’Agence nationale de
sécurité sanitaire conteste
l’efficacité des systèmes
d’étiquetage nutritionnel.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 47
TWITTER PRONONCE
ET EXÉCUTE
SES PROPRES
SENTENCES
­ L’Etat a le monopole des normes légales, mais via les
réseaux sociaux, des groupes de pression divers et variés
jouent un rôle de plus en plus important dans la restriction
de fait des libertés individuelles.
La première campagne de lynchage d’envergure sur le net
remonte à 2013. Avant de prendre l’avion pour l’Afrique du
Sud, l’Américaine Justine Sacco, responsable de la communication du groupe IAC, publie un tweet qui va changer
sa vie : « Je pars pour l’Afrique. J’espère que je ne vais pas attraper le sida. Je plaisante. Je suis blanche ! » A l’atterrissage,
elle découvre que sa « plaisanterie » lui vaut d’être devenue
la femme à abattre dans la twittosphère, où l’on dénonce
son « racisme ». Son employeur s’exécute et la licencie.
Quatre ans plus tard, l’affaire Weinstein a, cette fois, un retentissement mondial. Les plaintes pour viol, agression
sexuelle ou harcèlement déposées contre le producteur
américain sont encore en cours d’instruction, mais le net
l’a déjà condamné, et avec lui une kyrielle d’artistes, cibles
de la campagne #metoo. Entre la véritable agression, pénalement répréhensible, le geste ou la parole déplacés et les
dénonciations calomnieuses, les réseaux ne font pas le tri
et Hollywood s’incline. Les mea culpa des uns et les dénégations des autres n’y changent rien : des millions de dollars sont en jeu.
La France n’est pas en reste. Le hashtag #BalanceTonPorc
lancé par la journaliste Sandra Muller connaît un franc
succès. Elle accuse Eric Brion, l’ex-patron de la chaîne
Equidia, de l’avoir harcelée sexuellement. Il reconnaît des
« paroles déplacées » et s’en repent publiquement, en précisant s’être mal conduit une seule fois, au cours d’une soirée bien arrosée. Malheur à lui, et à celles qui s’alarment de
voir cette « libération de la parole », selon la formule de ses
zélateurs, virer à la campagne de délation. Pour avoir voulu
faire entendre « une autre parole », celle du refus du puritanisme, Catherine Deneuve, l’écrivain Catherine Millet, la
journaliste Elisabeth Lévy et la centaine de cosignataires
de leur tribune publiée dans Le Monde sont traitées de
complices des violeurs. Qu’importe si elles affirment que
« le viol est un crime » dès la première ligne de leur texte !
Quant à Eric Brion, traîné dans la boue, il a décidé de poursuivre son accusatrice en diffamation. Il compte sur les juges pour faire abstraction du contexte, largement favorable
à la plaignante.
Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, ciblé,
lui, par Ebdo qui a exhumé une plainte classée sans suite
pour des abus sexuels qu’il dément avoir commis, a riposté
en portant plainte pour diffamation contre le journal.
Quant à la plainte pour viol contre son collègue Gérald
Darmanin, elle vient d’être classée sans suite, mais le mi48 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Nouvelles technologies
LA PEUR DES ONDES
Qu’il s’agisse des réseaux Wi-Fi ou du compteur
Linky, le principe de précaution dicte sa loi.
M
aux de tête, vertiges, malaises, douleurs musculaires…
En 2007, suite à de
nombreuses plaintes émanant
du personnel, la Mairie de Paris
décide de supprimer les réseaux
Wi-Fi dans certaines bibliothèques. Même si aucune étude
n’établit de risques sanitaires
liés aux ondes, les autorités préfèrent appliquer le principe de
précaution face aux pressions
des syndicats. Dix ans plus tard,
les réseaux Wi-Fi ont fait leur
retour dans les bibliothèques et
se sont multipliés de façon exponentielle dans les immeubles
où il n’est pas rare de se trouver
à portée d’une vingtaine de signaux à la fois. Et tout le monde
semble aller beaucoup mieux.
Parallèlement, depuis 2015, la
loi Abeille interdit l’installation
de boîtiers Wi-Fi dans les lieux
d’accueil des enfants de moins
Depuis 2015, les boîtiers Wi-Fi
sont interdits dans les
crèches et les garderies par
peur d’éventuels dommages
au cerveau des tout-petits
bue absolument pas à une
exposition aux champs électromagnétiques. Aucune recherche scientifique n’a pu démontrer le moindre lien de cause à
effet. De plus, un compteur
Linky n’émet pas plus d’ondes
P. G.
qu’un téléviseur.
BLORETTE/LA MONTAGNE/MAXPPP
de 3 ans (crèches et garderies).
On saluera l’attention portée
aux plus jeunes mais on notera
que, sauf exception, ce petit
monde utilise sans problème le
Wi-Fi au foyer familial. Alors,
hystérie collective passagère ou
réel problème d’électrosensibilité ? Cette gêne présumée a valu
à Enedis de se voir interdire, en
septembre 2017, l’installation
d’un compteur électrique
connecté Linky chez les parents
d’un électrosensible, qui n’habitait d’ailleurs pas chez eux. Ce
dernier avait produit un certificat médical d’intolérance. Problème : si les symptômes de
l’électrosensibilité sont reconnus par l’OMS, elle ne les attri-
GETTY IMAGES/MASKOT
nistre de l’Action et des Comptes publics maintient sa
plainte pour dénonciation calomnieuse contre son accusatrice. Toujours visé par une enquête pour abus de faiblesse
ouverte à la suite de la plainte d’une autre femme, il s’est dit
« tranquille comme Baptiste ».
C’est peu dire, pourtant, que l’air du temps ne favorise pas
la sérénité des débats et pas seulement en matière de crimes sexuels. Activistes de tout poil ou simples haineux attaquent des institutions puissantes et des personnalités
publiques pour une attitude jugée choquante ou un mot
déplacé. Pris pour cible après s’être grimé en basketteur
noir des Harlem Globetrotters, le footballeur Antoine
Griezmann a été contraint de présenter d’improbables excuses, certainement indispensables à la sauvegarde de ses
contrats publicitaires. Twitter, qui s’est mué en tribunal
populaire, prononce et exécute ses propres sentences.
Est-il possible de résister ? Frédéric Bonnaud, directeur de
la Cinémathèque française, s’y est essayé une fois, puis a
renoncé. Il a maintenu une rétrospective Polanski malgré
les injonctions des néoféministes, mais il a reporté ensuite
sine die une rétrospective consacrée au réalisateur JeanClaude Brisseau, condamné pour harcèlement sexuel envers trois actrices. « La Barbe et Osez le féminisme ! ont gagné, car nous ne sommes pas de taille à lutter : nous ne sommes
que la Cinémathèque française, a-t-il expliqué. Même si j’estime que nous avons été courageux et que nous n’avons pas
cédé à la censure et à l’interdiction (sur la rétrospective Polanski, ndlr), on ne peut pas faire ça tous les mois car mettre
dix gardes du corps dans le hall pour que la personne que l’on
invite ne se fasse pas casser la gueule, ça coûte 10 000 euros. »
C’est Mediapart qui a eu l’honneur de ces confidences.
Frédéric Bonnaud ne garde pas un très bon souvenir de
l’entretien, comme il l’a raconté au magazine Première :
« J’étais seul face à deux journalistes expérimentés, deux amis
mais très éloignés de notre position et dont j’ai découvert avec
effarement qu’ils semblaient prêts à croire par principe toutes
les accusations proférées contre Roman Polanski, même les
plus tardives et les plus loufoques ! »
L’autocensure est la conséquence logique de l’inflation de
ces interdits sociaux. En janvier, la Manchester Art Gallery
a décidé de ne plus exposer Hylas et les nymphes du peintre
John William Waterhouse car, d’après la conservatrice,
présenter le corps des femmes soit en tant que « forme passive décorative » soit en tant que « femme fatale » alimenterait un « fantasme victorien » contraire à la façon « contemporaine et pertinente » dont il conviendrait de montrer les
œuvres d’art. Influencée, de son propre aveu, par le mouvement #MeToo, elle a déclaré que le tableau « pourrait
bientôt être réexposé, mais avec une contextualisation différente ». L’occasion, peut-être, de rappeler que dans cet
épisode mythologique, la vraie victime est l’Argonaute
Hylas (un homme !), enlevé par les nymphes ?
Le même souci de se conformer aux diktats des ligues de
vertu modernes a inspiré au metteur en scène Leo Muscato
une version de Carmen où elle tue Don José au lieu d’être
tuée par lui. C’est le directeur du Teatro del Maggio, à Florence, qui lui avait passé commande, jugeant « inconcevable » qu’« à notre époque, marquée par le fléau des violences
faites aux femmes, on applaudisse le meurtre de l’une d’elles ».
Pour que le message « éthique et social » de son specta- ­
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 49
L’ISLAM EST
LE SUJET
INFLAMMABLE
PAR EXCELLENCE
­ cle soit plus fort, l’auteur a situé l’action dans un camp
de Roms. Lors de la première, le triomphe de la morale a
tourné au fiasco, l’arme de Carmen s’étant enrayée. Au
bout de deux tentatives infructueuses, le pauvre Don José
a choisi de s’écrouler… sans raison apparente, sous les sifflets du public.
Plus encore que les relations hommes-femmes, l’islam est
le sujet inflammable par excellence. Au début de l’année,
le syndicat Solidaires étudiant-e-s a demandé l’annulation d’une lecture du livre-testament du dessinateur
Charb, Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des
racistes, à l’université Paris-VII. Le directeur de Charlie
Hebdo venait de le terminer lorsqu’il a été assassiné par des
islamistes, en 2015. Les étudiants disaient craindre que le
débat prévu après la lecture remette en cause « la lutte
contre les violences racistes islamophobes et la parole de leurs
victimes ». La direction de Paris-VII a tenu bon, contrairement à celle de Lille-II, qui avait annulé la représentation
programmée en mars 2017.
ridicule. Dans Ni juge ni soumise, un long-métrage documentaire réalisé par les auteurs de l’émission culte
« Strip-Tease », la juge d’instruction qui tient la vedette
lance à un récidiviste : « Je ne vais pas demander à ce que
vous soyez déféré cette fois-ci, mais je vous promets que, si
vous trahissez ma confiance, la colère d’Allah, à côté, ce ne
sera rien ! » Dans la bande-annonce utilisée pour promouvoir le film, la « colère d’Allah » est remplacée par « la prison ». Renseignements pris, les paroles de la juge ont été
modifiées par les responsables de la promotion car « sorties
de leur contexte, elles auraient pu choquer ».
La récente éviction de l’émission « The Voice » de Mennel
Ibtissem, la jeune musulmane aux cheveux cachés par un
turban, est révélatrice de l’absurdité profonde des campagnes de dénigrement en ligne. En 2016 et 2017, elle a relayé
sur le net des thèses complotistes sur l’attentat de Nice et
l’égorgement du père Hamel, ainsi que des publications de
Tariq Ramadan. Elle a aussi affiché sa proximité avec Lallab,
une association célébrée par Le Monde comme « le nouveau
visage du féminisme musulman » mais qui se distingue surtout par son combat pour ce qu’elle appelle « le port du voile
par choix ». A cause de l’indignation montante des réseaux
suite aux révélations de ces messages, c’est elle qui est
contrainte de quitter l’émission de TF1 sous la pression, dans
une version moderne de l’arroseur arrosé. La chaîne, qui
voulait donner des gages de son ouverture à la « diversité »,
ne s’en sort pas mieux, puisque les contempteurs habituels
de l’« islamophobie » lui reprochent d’avoir cédé à la « fachosphère ». Personne n’est à l’abri des réseaux sociaux.
■ CLARA GÉLIOT, PASCAL GRANDMAISON ET JUDITH WAINTRAUB
50 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
PIETRO PAOLINI/TERRAPROJECT
La peur d’être qualifié d’« islamophobe » peut confiner au
Dans le spectacle mis
en scène par Leo
Muscato, c’est Carmen
qui tue Don José
pour éviter de faire
applaudir le meurtre
d’une femme.
ROBIN RIVATON
“LES DIKTATS DES MINORITÉS
L’EMPORTENT
SUR LA DÉMOCRATIE”
Pour ce libéral convaincu, la soumission aux normes édictées
par certaines minorités très actives est dangereuse pour la
majorité parce qu’elle réduit la liberté d’action et restreint la
pluralité de pensée.
ERIC GARAULT/PASCO
L
e Figaro Magazine – Est-on de
moins en moins libre ?
Robin Rivaton * – Dans la période moderne, la tendance de
l’Etat ou, le cas échéant, du législateur, est plutôt de restreindre que
d’interdire. Il fixe des plafonds,
comme la limitation de vitesse à
80 km/h sur le réseau secondaire, ou
des planchers, comme cinq fruits et
légumes par jour. Certes, c’est une
prescription, pas une loi ni un règlement, mais ce genre de message fait
partie de l’arsenal dont dispose la
puissance publique pour définir ce
qu’elle considère comme un « bon
usage » de la liberté, pour le bien des
individus. Comme si les gens n’étaient
pas capables d’en user raisonnablement et qu’il fallait établir des normes
pour leur éviter de se nuire.
Comment situer la frontière entre la protection de l’individu et l’atteinte à ses libertés ?
Parfois, la règle découle de faits
scientifiques, mais elle peut aussi être
l’expression d’une morale édictée par
un groupe particulier de citoyens,
sans que son bien-fondé ait été totalement démontré, comme dans le cas
de la limitation de vitesse maximale.
La rapidité de diffusion et la capacité
des réseaux sociaux à surreprésenter
des groupes minoritaires créent de
nouveaux interdits. Ces réseaux provoquent un phénomène d’amplification qui se répercute généralement
dans les médias traditionnels. La
conséquence, c’est que la réprobation publique au nom de cette morale
particulière se fait beaucoup plus rapidement. Et l’Etat ne montre pas une
grande capacité de résistance à ces
mouvements d’opinion…
L’Etat n’est pas le seul à édicter des interdits…
Non, les restrictions qui proviennent
du droit sont même assez limitées, du
moins en ce qui concerne l’essentiel je ne parle pas de l’accumulation de règlements tatillons dans la vie quotidienne, même s’ils peuvent irriter ! En
revanche, on observe un développement exponentiel du « politiquement
correct » qui produit une autocensure
au nom d’une morale édictée pour l’essentiel sans la contribution de la majorité des citoyens. Les diktats des minorités l’emportent sur la démocratie. Ce
phénomène est extrêmement dangereux parce qu’il réduit la liberté d’action et, surtout, la pluralité de pensée.
Or une société qui s’interdit la pluralité
de pensée s’ampute d’une partie de sa
capacité à imaginer le futur.
PROPOS RECEUILLIES PAR J. W.
* Essayiste, auteur de Quand l’Etat tue la nation
(Plon 2016).
Jean-Marie Le Pen
dans son bureau, à
Rueil-Malmaison.
52 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
ÉRIC GARAULT POUR LE FIGARO MAGAZINE
LA MÉMOIRE
LONGUE
DE LE PEN
Alors que le Front national se prépare à changer de nom, le fondateur de ce parti qui a si souvent
fait trembler les autres publie le premier tome de ses Mémoires. Soit le parcours d’un demi-siècle
émaillé de règlements de comptes avec presque tout le monde – la droite, la gauche, mais aussi
A
le politiquement correct, sans oublier le général de Gaulle et… sa fille Marine !
PAR CHARLES JAIGU
89 ans, Jean-Marie
Le Pen a décidé de
s’offrir des obsèques théâtrales.
Ce ne sont pas
les siennes,
mais celles
de son parti
dont le nom va disparaître par la volonté de sa fille, Marine
Le Pen. Publier le premier tome de ses Mémoires à la veille du
congrès qui doit abolir les mots fétiches de Front national est
conforme à ce sens de la mise en scène tragi-comique dont
seul le chef frontiste a le secret. Le voici dépossédé du nom qu’il
chérit le plus. Lui, deux fois père : de sa fille, héritière du patronyme, et de son parti, façonné à la dure et dans l’adversité. Lui,
qui a tout édifié à partir des lambeaux d’extrême droite laissés
gisants après la fin des colonies. Il est bien décidé à maudire
l’ingrate, sauf si « par miracle », elle choisissait la réconciliation. Mais il ne croit pas à une telle péripétie. Il déplore, à
contrecœur, ce « parricide politique ». Il l’écrasera donc, par les
mots, par le verbe, qu’il tient haut, gouailleur, méchant et lettré.
Ses mémoires, en deux tomes – le second en décembre –, sont
un témoignage pour ses fans et pour les historiens ; ils sont un
cadeau empoisonné à sa cadette félonne, qu’il entend vriller
sous son œuvre. Le premier tome, qui se clôt en 1972, quand
elle a 4 ans, parle d’elle pour dire ceci : « Elle est assez punie
comme cela pour que je ne l’accable pas. Un sentiment me domine
quand j’y pense : j’ai pitié d’elle. » Aussi bien, malgré cette pitié
pleine de fausse mansuétude, rien ne s’est arrangé entre eux.
Il nous le concède quand nous l’interrogeons : « Elle est née le
5 août 1968, dans le chaos, et je pense que les effluves de cette
époque l’ont imprégnée », dit-il avec ce rire tonitruant d’ogre
rabelaisien. « Elle était une petite fille très gracieuse… », ajoutet-il la voix tendre, avant de conclure par un « pas du tout
comme maintenant ! », de nouveau noyé dans l’éclat de rire du
chansonnier.
Il faut bien sûr se méfier du côté grand-père de Jean-Marie
Le Pen. « Avec le temps, les politiciens, les vieux immeubles et les
prostituées finissent tous par devenir respectables », dit à propos
de lui-même le personnage très maléfique joué par John
Huston dans le film Chinatown. La respectabilisation de Le Pen
n’est pas en vue. Mais il y a forcément moins d’étincelles
autour du patriarche. On trouvera une boussole involontaire
chez son talentueux conseiller politique, Lorrain de Saint
Affrique, qui l’a rejoint il y a deux ans après une très longue
brouille. Il assure désormais la promotion des Mémoires du
grand homme de la droite extrême. Nous retrouvons une
phrase de son livre de rupture, publié en 1994, qui nous servira
de boussole et de garde-fou : « Le Pen pratique la stratégie de
l’apprenti sorcier, il met en route les forces, libère les énergies, il n’a
pas son pareil pour faire la liste des problèmes, mais il n’apporte
aucune solution crédible, et leur mise en œuvre risque d’aboutir au
chaos total » (Dans l’ombre de Le Pen, Hachette). Peut-être
pense-t-il encore un peu cela. Mais il a été, comme bien
d’autres, réenvoûté par ce conteur-né, ce transgresseur par
vitalité bravache, auquel ont succombé non seulement les
électeurs, mais d’innombrables compagnons de route, y
compris des acteurs et des stars. La vie rocambolesque, la
gaudriole, la bagarre et « un français merveilleux », comme
nous disait d’Ormesson à son propos, le tout mêlé à l’instinct
politique font une matière très riche pour ses Mémoires qui se
lisent d’une traite.
­
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 53
“MARINE ME FAIT
PITIÉ”, DIT LE PEN
À PROPOS
DE LA CRISE DU FN
­ On connaît déjà par cœur l’histoire de cet aventurier qui
n’avait comme atout que son éloquence virale, don naturel
dont il découvrit la portée dans les joutes électorales du
syndicalisme étudiant des années 1950. Soixante-dix ans plus
tard, les journalistes étrangers viennent interroger le « grandpère des populismes ». On voit du Le Pen dans Trump, à juste
titre. Mais aussi dans le Brexit ou chez Viktor Orbán, et même
chez l’autocrate Poutine. Le Pen nous reçoit donc dans la
discrète demeure de Rueil-Malmaison, qui appartient à son
épouse Jany. Tout est neuf, après l’incendie des lieux, il y a trois
ans. Papier peint aux motifs de bambous, rideaux aux étoffes
chatoyantes, tableaux anciens et toiles récentes, dont cette
Asiatique aux seins nus à l’entrée d’un petit bureau, au premier
étage, où travaille le patriarche de la droite nationale. Deux
lévriers d’Egypte se tiennent dans le petit salon. Ces « chiens du
pharaon », avec leurs oreilles dressées sont aux aguets, aux
côtés du maître des lieux. Moins sombres que les dobermans
devenus célèbres, qu’avait photographiés Helmut Newton
dans les années 1980 – ceux-là sont restés à Montretout où ils
ont depuis, dit-on, tué le chat de Marine Le Pen.
Pour répondre à ceux qui l’interrogent sur sa forme du moment,
Le Pen cite L’Habit vert, film oublié de 1937, où l’un des personnages académiciens, le duc de Maulévrier, n’attend jamais
qu’on lui demande comment il va, et proclame par avance :
« Je m’porte bien ! » Le doyen des députés européens prononce
la phrase comme si nous étions déjà au théâtre. Un temps, il
voulait reprendre pour titrer ses Mémoires un vers de
Verhaeren : A contre-flot. Mais il a préféré : Fils de la nation.
Devenu pupille en 1942 après la mort de son père – ce qui lui
vaudra de ne pas être renvoyé du collège des jésuites de Vannes
qui l’avaient surpris en détention de livres interdits –, Le Pen
explique s’être senti « plus français que les autres ».
Ce premier tome des Mémoires de Le Pen campe d’abord l’ambiance d’une France d’avant-guerre. Il décrit une vie lovée
dans une Bretagne marine et rude, que n’atteignent pas les fracas du Paris des années 1930. Le Pen n’a pas encore la tête politique, même s’il refuse en 1943 de restituer un fusil à
l’occupant, ce qui aurait pu lui valoir « la prison ou la déportation », jure-t-il. En 1944, il se précipitera à Auray, près de
Vannes, pour apercevoir de Gaulle : « Je me faufile dans la foule
pour le voir, jusqu’au premier rang, et je lui serre la main : quelle déception ! Il la laissait pendre, toute molle, il était hautain, lointain, et
méprisant de ce monde qui s’esbaudissait autour de lui. » En 1958,
il le rencontre à nouveau, à l’Elysée, avec d’autres parlementaires. Il n’en ressort rien. Ce premier tome se développe sous le signe de l’antigaullisme – physique, stratégique, politique, moral. S’il n’en reste qu’un, ce sera lui. Une détestation très
semblable à celle qu’on entendit chez François Mitterrand, qui
lui aussi a toujours stigmatisé la dureté du personnage, son am54 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Dans son salon,
en compagnie
de l’un de ses deux
lévriers égyptiens.
ÉRIC GARAULT POUR LE FIGARO MAGAZINE
bition implacable et ombrageuse, son refus d’une réconciliation avec la France vichysto-résistante, et surtout jalousé sa
place de héros politique indéboulonnable du XXe siècle. « Je savais n’avoir nul moyen de peser face à lui, rien d’autre à faire que lui
opposer une rébellion de l’esprit, d’être à mon petit niveau un anti-de Gaulle absolu. Lui le mainteneur, bradait l’empire, lui le national, rapetissait la France, lui le rassembleur, divisait les Français
(…) un faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite », lit-on au dernier chapitre de ce livre.
Du Général, Le Pen ne voit que les ombres au tableau. L’effort
titanesque qu’il fallut pour s’ériger en fragile joker d’une
France humiliée et se glisser à la table des vainqueurs n’est
concédé que du bout des lèvres. En 1945, « de Gaulle n’a pas
tenu compte de la complexité du réel », pointe Le Pen, dénonçant
à juste titre – nombre de gaullistes le firent aussi - les exécutions sommaires de « collabos » par des « résistants de la
dernière heure ». Mais cette complexité n’exclut pas jugement
et condamnation. Le Pen est prêt à pardonner beaucoup à tous
ceux qui ont misé sur le maréchal Pétain, « qui n’a pas manqué
à l’honneur en signant l’armistice (de 1940, ndlr) ». On
attendrait au moins quelques sentences sur Pierre Laval, et la
débâcle d’une collaboration de plus en plus veule après 1942.
Mais toute la colère est concentrée sur les résistants de Londres
et leur entente contrainte avec un parti communiste, lui aussi
revenu in extremis dans le camp des vainqueurs. Il dénonce
ainsi la victoire du « résistancialisme », cette entente entre
gaullistes, communistes et démocrates chrétiens, qui sera à
l’origine de « la phraséologie de la décolonisation ». Comme si
un tel phénomène historique n’avait pas sa logique propre,
sortie non des mots mais d’une nouvelle réalité : l’épuisement
moral, militaire et économique de l’Occident après deux
guerres inhumaines.
Le propos, en tout cas, restitue les vraies coordonnées spatiotemporelles du lepénisme, pris entre la nostalgie impériale et
la rage anticommuniste. Deux causes qui n’ont rien d’indigne.
Le tableau d’ensemble est celui d’une génération de « patriotes » sacrifiés par la marche de l’Histoire : « Toute ma vie je me
suis battu en retraite. De Tonkin en Annam, d’Annam en Cochinchine, de l’Algérie à la France : ça a été un mouvement de repli
constant », nous indique-t-il. Ce livre n’est pas le livre d’un
fasciste. Il est un excellent résumé du désaccord profond entre
une droite nationale qui rêve de ne pas brader les colonies et
une droite libérale déjà tournée vers l’Europe.
De Gaulle a abandonné l’Algérie française parce qu’il fallait tourner la page de cette boîte à chagrin. Au passage, il a évité que
Colombey-les-Deux-Eglises ne devienne « Colombey-lesDeux-mosquées ». Mais Le Pen ne lui en donne pas quitus. « Je
ne crois pas que ce soit sa vision de la révolution démographique qui
l’a conduit à se séparer de l’Algérie, je pense qu’il était un officier de
l’est. Un continental, qui n’avait pas le goût de l’empire. Et il ne faut
pas oublier qu’en 1942, cette Algérie avait été pétainiste. »
Qu’en est-il du plaidoyer que fit le député Le Pen en 1958 en
faveur d’une intégration à la France de tous les musulmans à
l’époque ? « Je ne pouvais pas prévoir la formidable l’explosion
démographique partout dans le monde : il y avait 8 millions d’Algériens en 1960, aujourd’hui ils sont 45 millions. Personne ne pouvait
se douter que la déferlante migratoire allait devenir le phénomène
principal. » Et il ne faut pas le pousser beaucoup, en revanche,
pour prolonger les conséquences politiques du big bang démographique. Le Pen regarde de près notre natalité négative ­
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 55
PHILIPPE LEDRU/AKG-IMAGES
PHILIPPE LEDRU/AKG-IMAGES
Ecole de La Trinité : 33 élèves qui marchent à la baguette
laïque et obligatoire.
Indochine. « Turlupinades, garde-à-vous et baisemain,
un Breton hilare célèbre l’armée », écrira Lucien Bodard.
taliste qui devrait aller jusqu’au « salaire maternel ». D’Algérie,
aujourd’hui, il ne voit venir que des problèmes. Il prévoit une
guerre civile après la mort de Bouteflika. « Cela peut nous amener 8 millions d’immigrés qui viendront se réfugier chez nous. »
Bien sûr, ce premier tome revient sur le fameux dossier de la
torture. « Oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour
obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les
moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible. Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation,
rien qui touche à l’intégrité physique », écrit-il, en ajoutant qu’il
s’agissait « surtout de faire peur » à des informateurs qui
avouaient tout de suite. Ces méthodes rudes ne violaient pas
les lois de la guerre, contrairement au FLN qui « coupait « les
parties » des militaires prisonniers, et les leur mettait dans la
bouche » ou « jetait des bombes sur la population civile ».
Mais Le Pen tient à souligner ses bonnes relations avec le
monde arabe. Il nous apprend que lors de l’expédition de
Suez, le général Massu l’avait repéré parce qu’il enterrait les
soldats de confession musulmane selon le rite de leur religion, au lieu de les jeter à la mer. Massu lui demanda de s’occuper des morts musulmans. « Cela s’est su très vite », notet-il. Il se demande même si c’est ce qui lui évita d’être tué par
le FLN. Krim Belkacem, un des leaders historiques du FLN,
demanda à le rencontrer dans les années 1970 et lui fit cette
confidence étrange : « Si t’es vivant, c’est grâce à moi et à
Abdelhafid Boussouf (ministre de la Guerre), nous nous sommes
opposés à Lakhdar Bentobal (ministre de l’Intérieur). Lui, t’avait
mis sur la liste des ennemis à exécuter. » Quelques semaines
plus tard, le même Belkacem sera assassiné.
On retrouve néanmoins chez Jean-Marie Le Pen cette hargne
qui lui fait chercher des phrases d’égout pour dépeindre le
physique de ses adversaires. Cela signe un caractère d’extrême
droite. Ainsi justifie-t-il sa « répulsion patriotique et presque
physique » de Mendès France. « Il était moche à tout point de vue,
il me répugnait physiquement », insiste-t-il dans ce livre, en se
récriant d’y mettre la moindre allusion antisémite. Il remet
cela en s’en prenant à l’humoriste Guy Bedos – qui n’a jamais
manqué de caricaturer le chef frontiste. « Ses lèvres où
s’imprime un mépris dominateur lâchent un vent de paroles
“FOUT-LA-MERDE,
C’EST UN RÔLE !”,
CONFIE-T-IL
56 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES
­ et regrette le renoncement de la France à une politique na-
Pendant la présidentielle de 1965, Le Pen dirige les comités
Tixier-Vignancour (que l’on voit sur l’affiche).
insanes, c’est une bouche en cul-de-poule qui pète. Sa mère ellemême renierait son délire politique », écrit Le Pen. Une page plus
tard, Pompidou est décrit avec « une bonne trogne d’Auvergnat
engraissé chez les Rothschild ». On ne saurait dire si un antisémitisme guide ces allusions, mais on a du mal à écarter cette
hypothèse. Il y a toujours, chez Le Pen, des changements de
ton, et toujours, l’insinuation antisémite, aussi obsessionnelle
qu’inutile. Anachronique, en réalité, tant la géopolitique d’un
Netanyahou - son projet colonial de grand Israël - n’est pas
loin de celle du Front national.
Mais ce joli cœur, grand coureur et bon vivant est d’abord
grisé par le baiser des foules. « En rentrant d’Indochine, je suis un
jeune homme en colère, et c’est à ce moment-là que j’ai l’idée d’un
nouveau parti, national et populaire, dynamique », nous
explique-t-il pour dater le point de départ du projet FN. Dès
PHILIPPE LEDRU/AKG-IMAGES
DOMINIQUE BERRETTY/GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES
En famille en 1970 : Pierrette et ses trois filles, Marine à
gauche, Yann et Marie-Caroline.
pas eu de 1968. Il manquait un mouvement militant de droite nationale pour bloquer la prise de pouvoir dans la rue par les étudiants
gauchistes. »
Les mémoires de Le Pen, qui s’arrêtent en 1972, n’abordent pas
les polémiques sur les chambres à gaz « détail de l’Histoire », qui
sont l’une des justifications de son exclusion par sa fille. Il n’en
nie pas l’existence dans ce livre, ce qui au moins fâchera ses
amis négationnistes. Mais, quand nous l’interrogeons, il
persiste à ne pas s’émouvoir du drame de l’extermination des
juifs d’Europe dont les proportions maléfiques excèdent « le
détail » et révèlent une mutation satanique qui changea la
nature de la guerre.
« Poujade incarnait vraiment la vague populaire. Il n’en a
pas eu les couilles. Il n’était pas assez mégalomane pour
prendre le pouvoir », écrit Le Pen.
Dans sa querelle avec sa fille, le père lui reproche justement
ALAIN NOGUES/SYGMA VIA GETTY IMAGES
d’avoir promu l’anti-européisme au premier plan et négligé le
thème migratoire. L’une des causes de sa défaite en 2017. « Je
pense que sa victoire n’était pas probable, mais pas impossible. Elle
a chuté par une série de fautes stratégiques, décidées par Philippot.
La première erreur fut mon exclusion », avance-t-il. Au total,
nous lui demandons s’il est un chef nationaliste, d’extrême
droite, ou s’il fut un néofasciste ? « Je ne suis aucun de ces trois
termes ; je ne suis pas nationaliste, car je ne souhaite pas l’expansion territoriale de mon pays, je ne suis pas fasciste, car c’est une
réalité politique précise avec laquelle je n’ai jamais rien eu à voir, je
suis un chef patriote, qui a été à la tête d’un mouvement national,
populaire et social. »
On voit passer François Mitterrand à deux reprises dans ce
premier tome. C’est à l’oral qu’il nous parle de la dernière
rencontre, qui eut lieu en 1994, à Strasbourg, après le dernier
discours du président français au Parlement européen, où il
déclara : « Le nationalisme, c’est la guerre. » François Mitterrand
se rendit ensuite à la préfecture. En entrant, il vit Le Pen, en
compagnie de Robert Hersant et se dirigea vers eux pour les
saluer : « Mitterrand avait une main de cadavre, squelettique. Je
lui dis, à propos de son éloge de l’Europe : “Vous nous avez encore
roulé dans la farine.” Et il me répondit en souriant : “Je vous ai
bien eus !” Puis il se tourna vers Hersant pour lui chuchoter
quelque chose dans l’oreille. Il a dû lui dire : “Tu te rappelles à
Vichy en 1943 !” » Et de nouveau, Jean-Marie Le Pen
s’esclaffe. « Il faut prendre la vie par le bon bout. C’est pas monstrueux d’être à Vichy en 1943. » Nous lui rappelons un mot de
Claude Chabrol qui le fréquenta vers 1949 :
« Le Pen, c’était un fout-la-merde magnifique ! » Il
prend un instant pour réfléchir. « Pourquoi pas ?
Emmerdeur, c’est un beau rôle aussi ! »
L’un des premiers meetings du Front national en 1972, à la
Mutualité.
■ CHARLES JAIGU
DR
1956, il crée le Front national des combattants, qui sera dissous
en 1958. Puis c’est le Front national combattant, puis le Front
Algérie française. En 1965, il a 37 ans. Il hésite à se présenter lors
de la première présidentielle. « C’est l’un de mes plus grands
regrets », admet-il. Au lieu de cela, il trouve un candidat plus
expérimenté, l’avocat de l’OAS, Jean-Louis Tixier-Vignancour.
« Il fut catastrophique à la télévision, où les périodes classiques et
les effets de manche ne passent pas. » Résultat : 5,3 %. Le portrait
de l’avocat n’est pas des plus dignes : « Il avait un faible pour les
demoiselles très fardées et très vulgaires, au point que je dus un jour
supprimer d’une liste d’invités trois putes. » C’est ce qui s’appelle
soigner ses amis en politique. Le Pen paya cet échec d’une très
longue traversée du désert, qui passera par la création du Front
national, puis le décollage électoral lors des municipales de
1983. « Si j’avais réussi à faire le Front national en 1966, il n’y aurait
Mémoires. Jean-Marie Le Pen, fils de la nation, Editions
Muller, 444 p, 22,90 € (en librairie le 1er mars).
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 57
DIEGO AZUBEL/EPA/MAXPPP
MARTIN FOURCADE,
C’est le drapeau
tricolore à la main,
et avec une large
avance sur ses
adversaires, que
Martin Fourcade
a franchi la ligne
d’arrivée du relais
mixte en biathlon,
mardi dernier,
à Pyeongchang.
58 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
LE CHASSEUR D’OR
A p rè s to u s s e s ex p l o i t s à
Pyeongchang, il est devenu
l’athlète français le plus titré
aux Jeux olympiques avec cinq
médailles d’or. Entrant dans
la légende.
PAR VINCENT JOLLY
J
e n’ai pas besoin de marquer
l’histoire de mon sport. Il y a
d’autres biathlètes qui arriveront après moi. Les records,
c’est fait pour être battu. » Et
battre des records, Martin
Fourcade en sait quelque
chose. Alors invité sur le plateau d’« On
n’est pas couché » sur France 2 le
30 avril 2016, l’athlète se dévoilait aux
téléspectateurs avec humilité, simplicité et empreint d’une discipline quasi
militaire – il tient d’ailleurs le grade de
sous-lieutenant, et est rattaché à l’Ecole
militaire de haute montagne de Chamonix. Le biathlète y explique entre
autres les rudiments de son sport
méconnu en France et s’indigne que les
sportifs ne soient jamais pris au sérieux
quand il s’agit de s’exprimer sur des
sujets importants.
Mais s’il continue d’affirmer qu’il ne
recherche aucune reconnaissance
particulière, le champion français est
désormais entré dans la légende en
obtenant, mardi dernier, son 5e titre
olympique, un exploit unique dans le
sport français, et ce en décrochant une
médaille qu’il n’avait jamais remportée,
celle du relais qui vient couronner cette
aventure collective d’une équipe de
France qu’il chérit tant.
Sept fois médaillé olympique, onze fois
champion du monde : un succès mérité
pour le maître incontesté de cette
discipline depuis 2012, et qui mène un
combat déterminé contre le dopage
lui ayant valu insultes et menaces,
« essentiellement sur les réseaux sociaux,
racontait le sportif avant l’ouver- ­
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 59
ERIC GAILLARD/REUTERS
60 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
MARTIN RICHARD/PRESSE SPORTS
L’odyssée olympique
de Martin Fourcade
débute aux Jeux de
Vancouver, en 2010
(en haut à droite).
Il a alors 20 ans.
Ce Pyrénéen, initié dès
le plus jeune âge au ski
de fond, y remporte
une médaille d’argent
et se fait rapidement
repérer pour
ses performances
prometteuses… qu’il
transforme, huit ans
plus tard, en sept
médailles – dont cinq
titres olympiques.
MATTHIAS HANGST/WITTERS/PRESSE SPORTS
ROSSIGNOL
UN BOURREAU DE TRAVAIL HABITÉ
D’UNE FORCE MENTALE HORS DU COMMUN
­ ture des Jeux. J’ai dit ce que j’avais à
dire. Il y aura forcément du dopage mais
j’espère que ce ne sera pas un dopage
massif comme à Sotchi. Je parviens à faire
abstraction de ce fléau, sinon, ça ronge ».
Et d’ajouter : « Mes valeurs dictent mes
engagements. » Car cette figure sportive incarne également des valeurs
essentielles au monde du sport, tel que
l’intégrité et le dépassement de soi par
le travail. « J’ai toujours aimé les sports
d’endurance, affirmait récemment
Martin Fourcade dans une interview.
Le biathlon m’a apporté une pluralité et
contraint à un gros travail mental sur
moi-même : car je n’étais pas bon tireur
au départ. J’ai dû bosser, non pas pour
devenir un grand skieur, mais un des
meilleurs tireurs du monde. Et le tir, c’est
du travail, ce n’est pas génétique. »
Cadet d’une fratrie de trois, Martin
Fourcade est, en 2014 à Sotchi, le premier athlète originaire des PyrénéesOrientales à décrocher une médaille
d’or depuis Pierre Jonquères d’Oriola
(sacré en 1952 à Helsinki et en 1964 à
Tokyo). Un destin hors norme qui
semblait déjà tout tracé depuis le haut
des pistes du domaine du lycée climatique et sportif de Font-Romeu, où il
était étudiant, jusqu’à Villard-deLans où il réside encore. Dès l’âge de
10 ans, poussé par ses parents à pratiquer le ski de fond plutôt que le ski
alpin, le jeune Martin suit son frère
Simon (également biathlète de haut
niveau) sur les cimes enneigées du
Haut Conflent, près de La Llagonne où
se trouvait le chalet familial. Fier de ses
racines pour lesquelles il nourrit « un
fort sentiment d’appartenance », le
jeune Fourcade (il n’a que 29 ans),
n’oublie pas non plus celles et ceux qui
lui ont permis d’arriver si haut. Ses
parents et ses proches, évidemment,
mais aussi l’armée de Terre : « ils m’ont
proposé d’intégrer l’équipe de France
militaire de ski, se souvient-il dans les
colonnes du journal L’Indépendant. Et
sans leur soutien, au moment où les
sponsors n’étaient pas encore là,
ça aurait été compliqué de poursuivre.
J ’ a i u n i m m e n s e re s p e c t p o u r
l’institution, ainsi qu’une dette, parce
que ce sont eux qui m’ont permis d’atteindre les sommets. »
Un parcours hors du commun marqué,
le 9 février dernier, par la cérémonie
d’ouverture des Jeux olympiques
d’hiver de Pyeongchang où il officiait
comme porte-drapeau de la délégation des athlètes français. Un honneur
prémonitoire des multiples records
historiques qu’il a déjà battus sur les
pistes de Corée du Sud - et qu’il est
encore en passe de battre. A l’heure où
nous bouclions nos éditions, il lui restait encore à disputer une dernière
épreuve vendredi 23 février. Avec le
vœu qu’il la remporterait. Car, après
tout, les records sont bel et bien faits
■ VINCENT JOLLY
pour être battus.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 61
62 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
PLONGÉE AVEC CÉCILE
DE FRANCE DANS
LE GRAND “BLUE”
Le nouveau film Disneynature mêle des images sous-marines étonnantes
à une histoire émouvante racontée par Cécile de France. Avant sa sortie en
salles, le 28 mars, nous avons accompagné l’actrice à Tahiti pour
découvrir avec elle l’un des éblouissants décors de « Blue ».
DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX CLARA GÉLIOT (TEXTE) ET THOMAS GOISQUE POUR LE FIGARO MAGAZINE (PHOTOS)
Au large de Moorea,
Cécile de France
caresse une raie
pastenague tout en
suivant les
recommandations
de ses deux
partenaires du film
tourné ici : le
réalisateur Keith
Scholey (à gauche)
et le chef opérateur
Denis Lagrange.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 63
HELEN SAMPSON/DISNEY 2018
Pour participer à leur
« session de surf », les
techniciens ont suivi les
dauphins à bord d’un
Jet Ski. Joueurs et
sociables avec les
hommes, ces derniers
peuvent néanmoins se
montrer agressifs
envers des individus
issus d’autres groupes
de leur espèce.
64 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Pour rendre compte de la fonction essentielle
des requins dans l’écosystème, il n’était pas
question de leur donner le mauvais rôle dans
l’histoire. Mais, pour filmer ces prédateurs,
les cameramen se sont tout de même équipés
de lourdes combinaisons antimorsures et de
recycleurs discrets.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 65
KEITH SCHOLEY/DISNEY 2018
LA NATURE A TANT D’HISTOIRES
À NOUS RACONTER…
DANIEL RASMUSSEN/DISNEY 2018
DU DAUPHIN
SAUVAGE,
LE FILM A FAIT
SON HÉROS
En utilisant
l’écholocalisation, une
technique visant à
envoyer des sons et à
écouter leur écho pour
localiser, voire
identifier les éléments
d’un environnement, les
dauphins parviennent à
attraper des poissons
cachés dans le sable.
66 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
L
En prêtant sa voix à ce documentaire, Cécile de
France a pu asseoir des convictions écologistes
qui lui ont été transmises dès l’enfance.
e geste est un peu hésitant mais le visage,
à moitié mangé par un masque de plongée,
laisse apparaître un ravissement enfantin.
Dans les eaux turquoise du
lagon au large d’Haapiti,
sur l’île de Moorea, Cécile de
France caresse, entre ses
deux yeux – et deux rires
nerveux –, la peau visqueuse d’une raie pastenague. L’étonnant poisson plat semblant apprécier le contact avec la star,
il est vite rejoint par une demi-douzaine de congénères aussi
curieux que lui. L’agitation attire soudain l’attention d’un
groupe de requins à pointes noires qui nagent à quelques
coups de queue de là. Leur taille (un mètre environ) n’est pas
impressionnante mais leur morphologie ne laisse planer
aucun doute sur l’espèce menaçante à laquelle ils appartiennent. L’actrice est bluffée par le défilé d’ailerons qui
avancent en file indienne dans sa direction. Mais celle qui
baigne dans le milieu du spectacle depuis vingt-six ans n’a
vraisemblablement plus peur des requins… A moins que ce
ne soit la présence de ses deux « gardes du corps », Keith
Scholey et Denis Lagrange, qui la rassure : le sexagénaire
britannique est un célèbre réalisateur de documentaires
animaliers issu de la BBC et le Français un chef opérateur
sous-marin expérimenté affilié à l’agence cinématographique AFC. Avec ces deux talents de l’image, Cécile de
France forme l’équipe de choc de Blue, le film subaquatique
de Disneynature auquel elle prête sa voix.
Eduquée dès son plus jeune âge à la préservation de l’environnement, la jolie Belge n’a pas hésité une seconde lorsque
l’équipe de Disneynature lui a proposé de narrer l’histoire de
sa nouvelle production. Si, pour elle, l’écologie est « plus une
façon de vivre qu’un combat », ce rôle avait un sens : « A travers
mes choix de films et ce que j’exprime dans le jeu ou par la voix,
selon l’énergie, la sincérité et l’émotion que je vais y mettre, je
peux être amenée à défendre une cause. » En l’occurrence,
dans Blue, la protection de l’océan Pacifique et notamment
des récifs coralliens nécessaires au maintien de la biodiversité.
Avec des moyens techniques toujours plus novateurs et le
procédé de narration qui a fait le succès des documentaires
de la maison, le film invite à suivre Blue, un jeune dauphin
embarqué par ses aînés dans un voyage initiatique. L’occasion
de rencontrer, de jour comme de nuit, des individus aussi
étonnants que cette baleine à bosse qui, après avoir parcouru
des milliers de kilomètres, rejoint ce lieu préservé pour
donner naissance à son petit, ou ces centaines de requins et
d’orques qui patrouillent et surgissent de nulle part. Là est la
singularité de Disneynature : « Emerveiller le public avec des
histoires vraies et touchantes que seule la nature est capable de
créer pour contribuer à éveiller les consciences sur la beauté et la
fragilité de notre environnement. »
Après Félins, Chimpanzés, Grizzly ou L’Empereur, Blue est la
neuvième œuvre du label créé en 2008 par Jean-François
Camilleri. Ecologiste convaincu, le président de The Walt
Disney Company France – qui a, depuis, ajouté à ses fonctions
la direction générale des départements Benelux, Maghreb et
Afrique francophone – avait à cœur de fonder une filiale
dans la lignée des True-Life Adventures que produisit luimême Walt Disney pour la télévision ou le cinéma entre 1948
et 1960. En allant chercher les plus grands spécialistes du
genre, il a fait la connaissance de l’Anglais Alastair Fothergill
qui a réalisé le premier film « maison », Un jour sur terre, et
de son binôme Keith Scholey, avec qui il a noué une amitié
féconde. Ce docteur en zoologie de l’université de Bristol,
qui dirigea les départements sciences, arts, business, ­
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 67
KEITH SCHOLEY/DISNEY 2018
Bien que colossales,
une taille de 15 mètres
pour un poids de 30 tonnes
en moyenne, les baleines
à bosse n’en restent pas moins
vulnérables lorsque les
orques menaçent leurs petits.
LES BALEINES JOUENT UN RÔLE
ÉCOLOGIQUE CRUCIAL
­ histoire, religions et histoires naturelles de la BBC avant
de monter avec son partenaire la société de production Wild
Horizons, voue une reconnaissance sincère à Camilleri.
« Quand Jean-François est venu me chercher pour travailler sur
ses films, il m’a sauvé ! assure-t-il. Comme beaucoup de gens,
à force de gravir les échelons d’une entreprise, j’avais fini par me
retrouver derrière un bureau à gérer ceux qui avaient la chance
d’exercer sur le terrain ma première passion : mettre en scène des
documentaires animaliers. Mais, grâce à lui, sur les cinq films
que nous avons coproduits, j’en ai réalisé trois : Félins (qui est,
à présent, le plus gros succès commercial de Disneynature,
ndlr), Grizzly et maintenant Blue. »
A quelques semaines de la sortie du film sur nos écrans,
l’équipe a embarqué à bord d’un Airbus A340 d’Air Tahiti
Nui pour atterrir, après vingt-quatre heures de voyage, sur
le lieu où Keith Scholey et ses spécialistes ont notamment pu
filmer les baleines à bosse. En cette période hivernale, l’imposant mammifère (sur la balance, il affiche entre 23 et
36 tonnes) explore d’autres fonds que ceux de Tahiti mais
Cécile de France peut compter sur les récits épiques de ses
compères pour revivre avec eux la mise en œuvre de ce projet
qui a nécessité six mois de préparation, un an de tournage et
trois cent cinquante heures de postproduction. Des EtatsUnis à l’Egypte en passant par le Mozambique, la Malaisie,
l’Afrique du Sud ou l’Australie, ils ont fait escale dans une
dizaine de pays pour filmer les scènes de vie sous-marine
dans les meilleures conditions de visibilité possibles. Les
spectateurs auront ainsi la chance d’approcher de très près
68 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
requins-tigres, orques, squilles multicolores, poissonsperroquets à bosse, rascasses volantes ou tortues vertes.
Tous tiennent un rôle comique, énigmatique ou de superhéros dans les aventures que vivront Blue et sa famille.
« Suivre un dauphin sauvage, ne serait-ce qu’une minute, n’est
pas mince affaire, avoue Keith Scholey. Sous l’eau, nous
sommes limités par le temps mais surtout par les animaux. Or,
si un dauphin s’approche volontiers, il peut aussi disparaître en
une seconde et devient impossible à suivre. »
« C’est pour cela qu’on a besoin de temps, renchérit Denis
Lagrange, le directeur de la photographie. Mais Keith,
conscient que c’est la base d’un bon documentaire, nous a
offert ce luxe. Pour décrocher les images des baleines à bosse,
par exemple, il nous a fallu attendre trois ou quatre semaines.
On les suivait des heures durant sans se mettre à l’eau, écoutant
leur dialecte – un chant propre à chaque population. Certains
plongeurs sautaient parfois du bateau, équipés seulement d’un
masque et d’un tuba pour repérer la situation et appréhender
leur comportement. Cela permettait aux baleines de se familiariser à notre présence. Et, une fois que nous avions gagné
leur confiance, nous plongions équipés de recycleurs de 35 kilos,
ces bouteilles spécifiques qui ne libèrent pas de bulles et ne font
pas de bruit, pour les suivre un petit moment. »
La conversation s’interrompt lorsque le trio est appelé à
rejoindre le bateau. Il est attendu sur un motu, un de ces îlots
de sable corallien formés sur la couronne récifale de l’atoll,
pour savourer en pleine nature un déjeuner local. Au menu :
thon cru à la tahitienne, poulet au citron et ananas fraîchement coupé. La végétation luxuriante forme un contraste
HELEN SAMPSON/DISNEY 2018
Assister à un tel spectacle ne peut que renforcer les convictions
de sauvegarde de l’océan, poumon bleu de notre planète
qui, avec son homologue vert et terrestre (la forêt), fabrique
l’oxygène que nous respirons et s’impose comme le berceau
de vie de 300 000 espèces. Pourtant, « la température qui
grimpe, la pollution, la destruction pure et simple, la montée ­
GISLE SVERDRUP/DISNEY 2018
saisissant avec l’eau transparente du lagon. En dégustant
avec appétit son repas, vêtue d’une combinaison de néoprène, Cécile de France parle plongée avec le spécialiste
Denis Lagrange. Ici, l’expérience est incontournable : dans
les fonds marins alentour, les « grosses patates coralliennes »
forment le point de ralliement des plus beaux poissons.
Anges royaux, ratons laveurs, nasons à éperons bleus,
clowns tomates et balistes bleus déambulent à fleur de corail.
Parmi eux, un poisson-perroquet à bosse usine en profondeur. « Cette espèce agit en véritable jardinier pour le récif. Tous
les ans, chaque individu ingère jusqu’à 5 tonnes de corail. Il broie
le squelette calcaire pour en extraire les algues puis le rejette sous
forme de sable pour façonner ces fabuleuses plages coralliennes », explique Paul Collins, l’un des plongeurs. Comme
dans l’écosystème, cet individu tient, dans le film, un rôle
important. Il faut dire que ses airs de Quasimodo en font un
personnage étonnant. Imposant par sa taille (70 à 100 kilos
pour 130 centimètres de long) et étrange par l’excroissance
qui surmonte son front, ce poisson qui naît souvent avec un
sexe féminin avant de se métamorphoser en mâle ne fait pas
dans la dentelle lorsqu’il s’agit, adulte, de trouver les faveurs
d’une femelle.
En haut : malgré sa parure de clown, la squille
multicolore est un prédateur rapide et puissant.
Au milieu : quand Keith, Cécile et Denis sont sur un
bateau, ils n’attendent qu’une chose : se jeter à l’eau.
Ci-dessus : en préservant le corail et en le
transformant en sable blanc, le poisson-perroquet
à bosse fait figure de super-héros.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 69
Soucieux de la dégradation
des récifs qui jonchent son terrain
de jeu favori, l’océan, Titouan,
19 ans, a créé l’association Moorea
Coral Gardeners pour
subventionner le bouturage et la
plantation de coraux sains.
BEAUCOUP, ICI,
ŒUVRENT POUR
LA PRÉSERVATION
DE LA NATURE
­ du niveau de la mer, l’acidification des eaux et la surpêche
sont autant de menaces », assure Gilles Boeuf, biologiste et
conseiller scientifique pour l’écriture des textes du film.
Selon Greenpeace, 100 000 mammifères marins meurent
chaque année à cause de l’ingestion de plastiques ou des
produits chimiques que ceux-ci dégagent. L’occasion pour
Cécile de France de rappeler la règle des 5 R à laquelle elle
tente de s’astreindre le plus fréquemment possible : « Refuser,
réduire, réutiliser, recycler et rendre à la Terre, voilà les maîtres
mots de l’engagement écologique. J’essaie de les respecter en
déclinant les sacs plastiques que l’on me propose, en favorisant
la location de matériel pour réduire mes achats, en recyclant mes
déchets et en faisant du compost, assure l’actrice. Mais je ne
suis pas irréprochable et j’ai encore à apprendre. Ici, par exemple,
j’ai découvert que, si le plastique ne se recycle qu’une seule fois,
l’inox est réutilisable à l’infini. »
L’attrait que la comédienne montre pour la nature n’est pas
feint. En témoigne sa curiosité envers les modes de pré-
servation. Par exemple lorsqu’on lui propose une visite
de Te mana o te moana, cette association qui veille au
maintien des espèces menacées et plus particulièrement
des tortues. Dans l’une des cahutes des jardins de l’hôtel
InterContinental Moorea Resort & Spa qui héberge le
programme, la star est accueillie à bras ouverts par Cécile
70 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Gaspar, la présidente. « Nous menons depuis treize ans des
actions en Polynésie française en fonction de trois domaines :
la conservation, la recherche et l’éducation. » En 2004,
cette vétérinaire titulaire d’un doctorat en écologie marine
et ses fidèles bénévoles ont favorisé l’ouverture d’un
centre de soins pour tortues marines. Elles ont beau être
protégées, le braconnage et la pollution en font encore
des espèces mondialement menacées d’extinction.
Dans une partie de la lagune que l’hôtel a réservée à ses
« patientes », quelques tortues vertes et imbriquées,
blessées par des fusils harpons profitent de leur convalescence avec une tortue olivâtre (le seul individu de
cette espèce recueilli au centre) et une caouanne. Certaines,
comme la doyenne, finiront leurs jours ici mais la plupart
sont vouées à recouvrer la liberté. C’est le cas de Tehoro,
une tortue verte juvénile secourue il y a dix-huit mois
par un pêcheur en poti marara alors qu’elle flottait au
large de Mataiea. Affaiblie, sans énergie et entourée de
requins, elle a aujourd’hui retrouvé suffisamment de
couleur et d’autonomie pour affronter son milieu naturel.
Reste plus qu’à attendre un temps clément pour s’embarquer dans l’aventure. Or, pour l’heure, le vent souffle
et l’orage menace. Rendez-vous est pris avec Cécile de
France pour le surlendemain.
Entre-temps, l’actrice en profitera pour faire la connaissance d’autres bienfaiteurs qui œuvrent au quotidien
pour maintenir la beauté des décors naturels dont le
cinéma de Keith Scholey s’est emparé. Parmi eux, une
rencontre inoubliable avec les créateurs de l’association
Moorea Coral Gardeners. Il faut dire que Titouan, son
président, âgé de 19 ans, impose le respect. Le garçon,
qui a vu le jour sur un atoll de l’archipel des Tuamotu, a
décidé, après un passage en école de commerce à Bordeaux,
d’embarquer ses « boys » (des surfeurs de 15 à 25 ans)
dans une opération visant à replanter du corail. Levée de
fonds, parrainages, communication… En usant des
outils du parfait petit entrepreneur, il contribue à la
préservation de l’océan. Pour tous ces acteurs, Blue
apparaît comme une vitrine essentielle de la beauté et
de la fragilité de notre environnement. Disneynature, de
son côté, multiplie les collaborations avec de nombreuses
associations.
Et, avec ce nouveau documentaire, la firme aux grandes
oreilles clôt une trilogie autour du Pacifique lancée par deux
films d’animation récents : Le Monde de Dory et Vaiana. La
légende du bout du monde. « Les productions successives de ces
trois longs-métrages m’ont inspiré la création d’Oceans by
Disney, qui soutient l’expédition Tara Pacific pour l’étude du
corail », explique Jean-François Camilleri.
Mais revenons à nos poissons. L’heure de remettre Tehoro en
liberté a sonné. En acceptant d’être sa marraine, Cécile de
France a promis d’être au rendez-vous. Sur la plage, la tortue
grosse d’une quarantaine de centimètres de diamètre patiente dans un linge mouillé. Elle a été baguée et la photo de
son profil a été imprimée – comme nos empreintes digitales,
le dessin de ses écailles est unique. L’actrice, un brin intimidée, l’attrape par la carapace et se dirige vers l’eau. En quelques battements de nageoires, l’animal rejoint le large sous
les applaudissements émus des soigneurs qui l’ont choyé
pendant un an et demi. En suivant le courant, elle arrivera
aux îles Fidji où elle restera une douzaine d’années avant de
revenir pondre ici. Peut-être, qui sait, sous les yeux de sa
■ CLARA GÉLIOT
marraine « de France ».
Choisie pour être la marraine
de Tehoro, Cécile de France
s’apprête à remettre à l’eau
cette tortue que l’association
de Cécile Gaspar a recueillie
dans un refuge où elle a été
soignée 18 mois durant.
Une résidence médicalisée de standing à Beausoleil, aux portes de Monaco.
Venez profiter de la douceur et de la sérénité de notre résidence médicalisée sur la Côte d’Azur. Vous apprécierez son
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LE CHANT DES DUNES
Les marcheurs peuvent de nouveau arpenter le massif montagneux de
dix ans pour cette région de l’Afrique occidentale, dont la sécurité est
inspirante dans le sillage d’Antoine de Saint-Exupéry et de Théodore Monod.
Dans l’Adrar, des
océans de dunes
s’offrent aux amateurs
de randonnées.
Ici, lors du passage
du guelb el-Marad,
sur le chemin
de l’oued el-Abiod.
l’Adrar en Mauritanie, joyau du Sahara. Une première depuis bientôt
désormais garantie. Entre dunes, ergs, canyons et oasis, une randonnée
PAR STÉPHANE DUGAST (TEXTE) ET STÉPHANE GLADIEU POUR LE FIGARO MAGAZINE (PHOTOS)
Une caravane passe
dans l’oued el-Tenzzent…
En Mauritanie,
la culture nomade est
toujours vivace.
ON VIENT EN MAURITANIE POUR SES PAYS
Dès le premier jour
de marche, l’ensemble
dunaire de Timinit plonge
les randonneurs dans
la magie du Sahara.
74 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Véritables piscines
naturelles, les gueltas
(ici, celle de Rmaa)
créent des oasis au
cœur du désert.
AGES, ON Y REVIENT POUR SES HABITANTS
Dans le désert,
le thé est servi en trois
tournées minimum
après une préparation
lente et minutieuse.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 75
LE VIEUX
CHINGUETTI
REVIT ENFIN
Dans la société
mauritanienne, les
femmes ont un
statut relativement
élevé. La tradition
les protège, mais
pas encore la loi.
I
Véritable bibliothèque du désert, Chinguetti est dépositaire d’une culture à la fois séculaire mais périssable.
l est arrivé de nulle part, fort élégant dans son
boubou (daraa) beige et noir à carreaux.
D’emblée, il nous a souri, puis il nous a vite
apostrophés comme des amis de longue date :
« Devinette, vous connaissez la définition du
télomère ? » Il a ensuite tout naturellement
poursuivi son monologue dans un français
impeccable : « Si vous ne savez pas, c’est une
grosse lacune ! » Il a alors brandi son smartphone dernier cri à
l’écran cassé, qu’il a glissé sous nos yeux ébahis : « Pourtant, la
réponse à cette devinette est dedans ! Mister Google sait tout. Alors,
le télomère, d’après vous ? » Pas de réseau, encore moins de 3G
ou de 4G. Taquin, l’homme est heureusement beau joueur.
« La réponse est dans notre ADN, le code-barres du vivant. A l’extrémité des chromosomes, il y a de longues séquences répétitives, ce
sont les télomères. Plus ils sont longs, plus on vit longtemps. Les télomères, c’est la clé pour lutter contre le vieillissement », s’enthousiasme celui qui s’appelle Mohamed (« le prénom de 50 % des
Mauritaniens », d’après lui) avant de nous donner quelques
précieux conseils : « Pour que les télomères soient longs, il faut une
bonne alimentation, 30 minutes d’exercice minimum par jour, faire
souvent l’amour et beaucoup méditer. » Pendant ce temps, des
femmes se sont installées à proximité, dépliant de leurs ballots
théières, bijoux et autres colifichets. Au loin passent noncha-
lamment des dromadaires qui se dirigent vers une oasis voisine. Mohamed, notre nouvel ami cultivé et connecté, est décidément intarissable : « Vous connaissez la grande exploration
demain ? Que l’Homme aille enfin habiter dans l’espace ! »
Ainsi bat le cœur de la vie dans le massif de l’Adrar (« montagne » en berbère), au centre-ouest de la Mauritanie. Ici, le
désert est partout. Et pour cause, il occupe 80 % de la superficie de ce pays situé entre le Sahara occidental (Maroc),
l’Algérie, le Mali et le Sénégal, grand comme deux fois la
France et peuplé d’environ 4 millions d’habitants. Quant à
l’Adrar, c’est de nouveau une région jugée fréquentable pour
les touristes français. Une décennie durant, ce territoire a, en
effet, été fermé aux voyageurs adeptes de randonnées dans le
désert, jusqu’à la récente décision du Quai d’Orsay de faire
passer la région de « zone rouge » à « zone orange ». Un changement de couleur qui permet aux voyagistes de contracter
des contrats d’assurance et de proposer de nouveau cette destination, faisant renaître l’espoir au pays des Maures.
Bienvenue à Atar, un temps pressentie pour devenir la future
capitale de la Mauritanie à la veille de l’indépendance. La
capitale de la région (wilaya) de l’Adrar est la porte d’entrée
vers le désert et ses merveilles. Dès la sortie de la ville, la route
sablonneuse ne tarde pas à se transformer en une véritable
piste. Première halte pour contempler un champ de stromatolithes. « Ces pierres du précambrien supérieur et du paléozoïque inférieur que l’on trouve en bordure occidentale du bassin de
Taoudeni sont formées grâce à des algues bleues – des cyanobactéries – vivant dans très peu d’eau », explique doctement Kadi
Mehbi, accompagnateur et importante figure du tourisme local.
La preuve selon lui du riche passé géologique du Sahara,
à propos duquel Théodore Monod disait avec lyrisme : ­
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 77
SUR LES TRACES
DE THÉODORE
MONOD, AU PAYS
DES MAURES
­ « La planète est véritablement à nu et même davantage : elle
n’a plus de peau, on lui voit les os. » Le géologue, naturaliste et
explorateur a dû, à coup sûr, lui aussi ausculter ces stromatolithes, lui qui est venu à maintes reprises dans les parages
entre 1934 et 1996. Lui qui n’a sillonné le pays des Maures qu’à
pied ou à dos de chameau.
Autres temps, autres mœurs, nous filons en 4 x 4 vers la passe
d’Amogjâr afin d’y admirer un fort construit pour les besoins
du tournage d’une superproduction française. Un monument
que les guides nous font néanmoins visiter à distance. Car, du
décor principal de ce long-métrage sorti sur grand écran en
1984, il ne reste aujourd’hui plus qu’une silhouette et des tours
brinquebalantes. Qu’importe, Fort Saganne s’offre à nos yeux
ébahis. Les souvenirs cinématographiques refont surface :
l’intrigue romanesque, les visages de Sophie Marceau, de
Gérard Depardieu et de Philippe Noiret ainsi que des paysages
à couper le souffle. Une folle épopée saharienne et une ode au
désert, univers en apparence si aride, si dur et si âpre. Trois
bruyants coups de klaxon interrompent brutalement ces
rêveries. Le guide s’impatiente, le temps est malheureusement compté ici aussi. Dans deux heures, le soleil sera couché.
Direction la batha de Chinguetti, un véritable fleuve de sable
enchâssé dans un canyon. « Tu n’en reviendras pas, tu verras »,
assure Kadi comme pour mieux se faire pardonner.
Premier bivouac ce soir au pied des dunes. En habitué des lieux,
l’écrivain et aviateur Antoine de Saint-Exupéry ne s’était
donc pas trompé en écrivant dans Le Petit Prince (récemment
traduit en hassanya, la langue des Mauritaniens *) : « J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit
rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en
silence… » A l’unisson, le soleil va d’ailleurs bientôt se cacher
derrière l’horizon, et plonger progressivement la batha dans
un clair-obscur mystérieux et un silence que seul le vent
puissant viendra troubler. A l’heure dite « dorée », une lumière et des tons chauds révèlent toutes les splendeurs du
paysage si envoûtant et attirant. Le lendemain matin, c’est
l’effervescence dans les rues ensablées du vieux Chinguetti
de nouveau ouvert aux voyageurs. La foule des vendeurs est
compacte. Femmes et enfants n’hésitent pas à alpaguer tout
nouveau venu pour proposer des souvenirs. Stratégiquement
située sur la route des caravaniers, comme un trait d’union
entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire, Chinguetti a été
fondée à la fin du XIIIe siècle. Jadis centre culturel et religieux
très actif, la cité attirait les pèlerins de tout l’ouest du Sahara
sur le chemin de La Mecque, ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être
considérée comme la septième ville sainte de l’Islam. De cette
époque glorieuse subsistent aujourd’hui de vieilles maisons
en pierre ainsi qu’une douzaine de bibliothèques privées,
dépositaires d’un savoir aussi ancestral que périssable.
78 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Chinguetti abriterait environ 7 000 manuscrits, dont certains
datent du IXe siècle de l’ère chrétienne. Si la majorité de ces
ouvrages traitent de religion et du Coran, certains parlent de
sciences, de mathématiques, d’astronomie et même de poésie.
Autant de pièces rares, comparables aux manuscrits de
Tombouctou de l’aveu des spécialistes, valent d’ailleurs à
cette cité séculaire le surnom de « Sorbonne du désert ».
Aujourd’hui, quatre bibliothèques sont ouvertes au public,
dont celles de Seif Islam de la maison des Al Ahmed Mahmoud. Sa bibliothèque est certes de dimensions modestes
- 2 mètres de large et 5 de long tout au plus -, mais elle est très
ancienne. « Elle a été fondée par mes ancêtres en 1699. Elle abrite
700 ouvrages, dont un Coran datant de l’an 1000 de votre ère, rédigé sur des peaux de gazelle. » Muni de gants blancs, Seif
prend un soin quasi maladif à ne sortir des boîtes de cartons
que des manuscrits de moindre intérêt. Pour ses pièces rares,
il ne montre finalement que des scans « faits avec les moyens
du bord ». Ici, les conditions de stockage sont peu propices à
la conservation. Il fait chaud le jour, froid la nuit. Surtout, le
Ci-dessus, les femmes viennent à la rencontre
des voyageurs dans l’oued el-Abiod.
Ci-contre, l’exemplaire « école du désert »
de Maaden. Pour assurer son développement
économique et social, le pays mise sur
le tourisme et l’éducation.
vent chargé de sable s’infiltre par les moindres interstices de
cette habitation non isolée. Les termites peuvent également
faire des ravages. « Les manuscrits de Chinguetti sont en danger,
sachez-le ! L’Unesco nous a promis de nous aider, mais les
promesses n’engagent que ceux qui les entendent », enrage le
maître des céans. Mêmes échos à quelques ruelles de là, dans
la bibliothèque d’Abdullah, de la famille Kalame Habate. Plus
spacieuse et moderne, elle abrite 1 400 manuscrits, stockés
cette fois dans des armoires métalliques, ainsi que des tables
coraniques en bois patiné par le temps. Abdullah doit vite
ranger ces trésors, à peine sortis et déballés. « Maudit sable ! Et
le vent est en train de se lever », maugrée le propriétaire. Dehors
retentit l’appel à la prière, lancé depuis un minaret carré
curieusement coiffé de cinq œufs d’autruche…
Le vieux Chinguetti revit. Et ses ruelles envahies par les sables
voient à nouveau déambuler les voyageurs, au grand soulagement de Kadi, notre guide. Avant 1996 et son inscription au
patrimoine mondial de l’humanité, la ville ne comptait que
300 âmes. Puis il y a eu l’engouement pour le désert, le boom
touristique, et la population avait fini par atteindre les
5 000 habitants. « Avec l’arrêt du tourisme, 40 % de la population
s’est exilée, souvent vers Nouakchott, la capitale, et ses bidonvilles.
Aujourd’hui, des familles reviennent s’installer ici. Ces trois dernières semaines, pas moins de trois auberges ont ouvert leurs portes ! »
Un espoir cependant fragile, tant le patrimoine culturel et
architectural s’est dégradé depuis le classement par l’Unesco.
« Inch’Allah » philosophe Kadi, pourtant toujours prompt à
s’enthousiasmer. Appelons cela la sagesse mauritanienne.
Au cœur du désert du pays des Maures, l’Adrar est un massif
rocheux dépassant rarement 600 mètres d’altitude. Ce
matin, la piste rocailleuse est pourtant escarpée lors de la tra-
versée des monts Zarga, rendant la progression en 4 x 4 très
lente et technique. L’occasion d’apercevoir les premiers toits
des khaïmas, ces tentes blanches habitées par des nomades
qui ne représentent désormais plus que 8 % de la population.
En chemin, arrêt quasi obligatoire devant le guelb Aouelloul,
un cratère de 390 mètres de diamètre formé par l’impact
d’une météorite. Un nouveau témoignage du riche passé
géologique de l’Adrar et de présumées météorites géantes qui
auraient atterri dans les parages. Un mystère que Théodore
Monod a tenté de résoudre lui-même. De 1934 (sa première
campagne) à 1996 (son dernier séjour), le géologue-explorateur a consacré plusieurs expéditions à chercher les traces
d’une météorite géante repérée en 1916 par le capitaine
Gaston Ripert, alors résident et représentant de l’administration française de Chinguetti. Marteau et calepin en main, le
scientifique à l’endurance peu commune échouera pourtant
dans cette quête, mais il réussira les autres. Mieux, ses récits,
comme Méharées, feront vibrer le grand public comme, avant
les siens, ceux de Joseph Peyré, Pierre Benoit ou encore de
Saint-Ex. Une littérature dite d’aventures qui a façonné
l’imaginaire et le goût des Français pour cette région de
l’Afrique au fort pouvoir évocateur : le Sahara.
Comme un puissant écho à cette vogue littéraire, notre
bivouac du soir est installé dans l’oued Timinit, au pied d’un
véritable fleuve de dunes. Dès demain, nous serons à notre
tour des piétons du désert, sans moyens motorisés, ni eau
courante, ni électricité, ni réseau téléphonique. Accompagnés d’une demi-douzaine de dromadaires, nous laisserons la civilisation moderne à ses trépidations. Une rareté sur
cette planète (ultra) connectée et un privilège : celui de vivre
comme un nomade au rythme du soleil ardent et des nuits
fraîches.
Aucune route asphaltée ne dessert encore Maaden el-Ervane,
un village du centre-ouest de la Mauritanie, sis à 80 kilomètres
à vol d’oiseau d’Atar. Le décor est ici grandiose. Face aux falaises
abruptes et rocailleuses se dresse un véritable océan de dunes.
A son bord se niche une oasis longue de 7 kilomètres attenante
à cette localité de 700 habitants née au mitan des années 1970
sous l’impulsion d’un érudit adepte des principes du
soufisme. Ici, tout est, en effet, affaire de partage et de solidarité.
La terre de l’oasis est suffisamment fertile pour produire fruits
(dattes) et légumes (carottes, navets) et permettre l’autosuffisance. L’éducation a dès lors été d’emblée considérée comme
prioritaire. Un cadre parfait pour le philosophe, essayiste,
agriculteur bio et fondateur du mouvement Colibris. Pierre
Rabhi a décidé d’établir ici le premier village pilote en agroécologie. Une fierté pour Maurice Freund, son ami voyagiste à
l’origine de cette initiative : « Plus qu’un concept ou une énième
lubie, l’agroécologie de mon ami Pierre repose sur cinq principes
fondamentaux : l’autonomie alimentaire, la construction
écologique, la mutualisation d’espaces et de services, la gouvernance participative, et enfin le partage. »
Ingénieur agronome présent sur place pour établir un premier
diagnostic, Pierre-François Pret est lui aussi très optimiste :
« Il y a ici un gros potentiel. La terre est fertile mais elle est à mieux
irriguer lors des périodes de pluie. Il faut diversifier les cultures,
bannir l’usage des engrais chimiques et permettre un débouché
via l’acheminement de leurs produits maraîchers vers Atar et le
reste du pays. Ainsi, l’activité pourra se développer et faire prospérer
cette communauté déjà très solidaire et très soudée. » ­
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 79
UN UNIVERS
MINÉRAL QUI
REMET L’HOMME À
SA JUSTE PLACE
­ Une dynamique visible à l’école du village où Cheikhany
Ould Sidina, le maire, ne manque jamais d’emmener ses
hôtes, fier de la réussite de cette « oasis des savoirs ». « Grâce à
l’agroécologie, nous remplissons les estomacs. Avec l’éducation,
nous bonifions les esprits et les cœurs. » La preuve en est faite
grâce à l’enfant du pays Mohamed Ould Djibril, docteur en
informatique et télécommunications, enseignant-chercheur
et désormais ministre de la Jeunesse et des Sports de
Mauritanie. « A chacun de ses congés : il ne part ni à Ibiza ni dans
les Canaries, mais il vient chez lui à Maaden où il aime notamment
bêcher son lopin de terre », se réjouit l’édile. Nul doute que
Maaden et son oasis n’ont pas fini d’inspirer les esprits ouverts.
« La Mauritanie ! La première fois, on y vient pour ses paysages.
La seconde, pour ses habitants. Nous sommes une terre d’accueil
et de tolérance », aime à dire à ses clients le guide Kadi, jamais
plus heureux qu’en tenue de nomade, tongs aux pieds malgré
les pierres et les reliefs. A ses côtés, nous avons sept jours durant arpenté le désert de l’Adrar, ne manquant jamais de nous
émerveiller devant cette végétation si rare mais si vivace
(300 espèces répertoriées par Théodore Monod). Nous avons
usé nos semelles au cœur d’ergs, de falaises, de plateaux, de
canyons, de cirques, de dunes et d’oasis au décor majestueux.
Nous avons observé les circonvolutions des scarabées et
lézards, redouté celle des serpents et scorpions. Nous avons
admiré le vol du traquet à tête blanche (appelé ici moulamoula), l’oiseau porte-bonheur du Sahara. Nous avons souri
devant la mastication des dromadaires très friands de feuilles
d’acacia aux branches épineuses.
Avec gourmandise, nous avons apprécié le rite du thé sucré se
faisant tant désirer, servi en trois fois, et dont les « cousins »
touaregs disent que le premier est « amer comme la vie », le
deuxième « doux comme l’amour » et le troisième « suave
comme la mort ». Nous avons mangé ce pain si croustillant cuit
à même le sable au-dessus de braises ardentes. Chaque soir,
nous nous sommes pressés autour du feu pour écouter les
contes de Kadi et de ses amis. Nourris par ces histoires, et
celles de la grande littérature, nous avons vécu jusqu’à plus
soif le désert, cet univers minéral dans lequel l’Homme est
remis à sa juste place. Au sommet des reliefs, nous avons
apprécié l’immensité des lieux donnant un incroyable sentiment de liberté. La nuit, le regard plongé dans la voûte céleste
illuminée, nous nous sommes interrogés sur notre propre
existence. Marcheurs et nomades du désert, nous sommes
ainsi devenus « sahariens » le temps d’une randonnée au
cœur de l’Adrar. Une expérience puissamment inspirante.
« Le désert, il est beau », murmure le Petit Prince assis sur sa
dune de sable. Plus rien ne sera décidément comme avant.
■ STÉPHANE DUGAST
* Pour en savoir plus, lire l’article « Le Petit Prince, deuxième livre le plus traduit
au monde après la Bible » sur Lefigaro.fr.
80 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
C A R
UTILE
Passeport en cours de validité.
Le visa d’entrée est obligatoire
pour les Français. Un système de
délivrance de visas biométriques
a été mis en place à l’aéroport
d’Atar (coût : 55 €/visa).
ORGANISER
SON VOYAGE
Vol charter direct pour Atar
depuis l’aéroport Paris Charlesde-Gaulle (5 h) tous les samedis
jusqu’au 21 avril 2018. Plus qu’un
vol sec, nous vous conseillons
de faire appel à un voyagiste
spécialisé dans la randonnée
pédestre et chamelière. Fortement
engagé en faveur de la reprise
du tourisme dans cette région de
Mauritanie, Terres d’Aventure
(01.70.82.90.00 ; Terdav.com)
propose trois circuits de 8 à
15 jours, dont « Les oasis de
l’Adrar », un voyage de 8 jours
avec 5 jours de randonnée
chamelière, à raison de 4 à 6 h
de marche quotidienne. Niveau
modéré, bonne condition physique
requise. Un voyage à partir de
1 195 € par personne. Ce prix
comprend les vols et transferts,
le transport des bagages,
MAURITANIE
l’hébergement sous tente ou
en bivouac, la pension complète
et l’encadrement par un
accompagnateur mauritanien
francophone.
VOS NUITS
DANS LE DÉSERT
Les nuits s’effectuent sous tente
ou à la belle étoile. L’eau est
rationnée pour une toilette à
minima mais les repas sont pris
sur une natte à l’ombre d’un
acacia (le midi) et sous la tente
commune du bivouac le soir. Des
repas très équilibrés et copieux
(légumes, fruits, viandes).
Les bagages sont chargés sur
les chameaux tandis que chaque
voyageur transporte un petit sac
pour la journée.
S’ÉQUIPER
Prévoir des chaussures de
randonnée hautes (de
préférence) pour ne pas
D E
V O Y A G E
transporter des kilos de sable à
chaque pas, des vêtements longs
et respirants, un chapeau, un
chèche et une bonne paire de
lunettes de soleil contre les UV ;
une veste polaire et/ou un coupevent, un bonnet, et un duvet
chaud car les nuits sont froides
dans le Sahara en plein hiver
(entre 5 et 10 °C selon le mois).
À LIRE OU RELIRE
Terre des hommes (Folio/
Gallimard, 1972) et Le Petit
Prince (Folio Junior/Gallimard,
2007), d’Antoine de SaintExupéry. Méharées et autres
textes, de Théodore Monod
(Actes Sud, « Thesaurus »,
2017). Vent de sable, de Joseph
Kessel (Gallimard, 1997).
Pieds nus à travers la Mauritanie.
1933-1934, d’Odette du
Puigaudeau (Phébus, « Libretto »,
2011) et Sahara. Le grand récit,
de Michel Pierre (Belin, 2014).
MAROC
ALGÉRIE
OCÉAN
ATLANTIQUE
SAHARA
OCCIDENTAL
r
dra
e l’A
d
f
i
Fort Saganne
Mass
Atar
Chinguetti
Massif
Guelb Aouelloul
de Zarga
Oued Timinit
A
H
A
S
Nouakchott
R
A
MALI
MAURITANIE
OLIVIER CAILLEAU
N E T
SÉNÉGAL
.
3 Q u e s t i o n s à L i o n e l H a b a s q u e , P D G d e Te r r e s d ’A v e n t u r e
“L’ADRAR, ÇA REDÉMARRE FORT ET BIEN !”
Pourquoi revenir en Mauritanie ?
Lionel Habasque – Parce que nous sommes
viscéralement attachés à ce pays et à ses
habitants, c’est dans notre ADN. Jusqu’à la
fermeture en 2009, suite à des problèmes
de sécurité, près de 10 000 clients sont
partis avec nous dans l’Adrar. C’est par un
juste retour des choses que nous revoyons
et nous faisons à nouveau travailler nos
amis guides, chameliers et cuisiniers. Il
faut savoir donner après avoir reçu !
Comment y êtes-vous parvenus ?
Le catalyseur, c’est Maurice Freund, le
fondateur de Point Afrique. Il connaît le
Sahel comme sa poche. Il a des amis partout
là-bas. Il est convaincu que la lutte contre
l’islam radical dans ces régions enclavées
du Sahara passe par un fort développement économique. Le tourisme et ses
retombées sont, en effet, un rempart
contre l’extrémisme. Restait le plus dur :
convaincre le Quai d’Orsay de passer la
région de l’Adrar en « zone orange » pour
commercialiser nos voyages. En juin dernier, nous avons rencontré à Nouakchott
les autorités locales et les militaires qui
nous ont rassurés sur les conditions de
sécurité, laissant penser que nous pouvions
redémarrer les randonnées dans la région
en toute sécurité.
La sécurité, justement, c’est le point clé de cette
opération ?
Il est hors de question de mettre en danger
nos clients ! Vous savez, l’Etat mauritanien
a mis en place dans l’Adrar un dispositif
important afin notamment de suivre « en
direct » mais à distance chaque randonnée touristique. Le but ? Garantir une
sécurité optimale. Nous travaillons également main dans la main avec l’ambassade
de France à Nouakchott.
Par ailleurs, sans être un tourisme de
masse mais étant respectueuses de son
environnement, les randonnées dans
l’Adrar bénéficient aux communautés
locales avec des retombées économiques
directes estimées cette saison à 600 000 €.
C’est une saison test mais nous nourrissons
tous, en France comme en Mauritanie, de
grandes ambitions pour la suite.
PROPOS RECUEILLIS PAR S. D.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 81
STRESS, ANXIÉTÉ, SURMENAGE,
COMMENT
S’EN PROTÉGER
Rester calme, éviter le stress, savoir décompresser… Tout cela est devenu
un atout dans un univers où les sollicitations et les contraintes sont
multiples. S’il n’existe pas de solution miracle, l’équilibre passe par des
L
pratiques parfois simples à appliquer au quotidien.
e mauvais jour commence souvent par un réveil difficile. Mais déjà le cerveau est en marche. L’agenda de la journée défile. Très
chargé. Ok. Mais c’est sans
compter avec cette irritation
du pharynx, qui ressemble
étrangement à un début d’angine, et le dernier de la fratrie
qui, en glissant une fourchette dans le grille-pain pour récupérer sa tartine, vient de faire sauter les plombs. Trouver la vitamine C et les pastilles pour la gorge attendra. Après avoir remis
le compteur électrique en marche, premier sermon explicatif
au saut du lit. Rester pédagogue.
Il est temps d’allumer son téléphone portable. La rafale
d’alertes crépite sur le mur de votre vie virtuelle aux allures
de champ de bataille : 218 mails en attente. Une bonne partie
de la journée est condamnée. Comme d’habitude, il faut secouer le grand qui traîne encore au lit. Erreur. Il a dit hier que
le prof de math était malade. Pas de cours avant 10 heures.
Vous avez oublié. S’excuser. Lui demander qu’il se lève tout
de même pour emmener à l’école le dernier de la fratrie, qui
82 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
ne trouve pas ses crayons et soupçonne sa sœur de les lui
avoir volés. Empêcher le conflit des crayons de dégénérer
tout en mettant sa cravate… Nouvelle erreur : la tasse de café
est juste en dessous. Changer de cravate et résister à l’assaut
des questions qui fusent : argent de poche, plombier à relancer pour la fuite du lavabo, imprimer les documents pour
l’assurance, faire le versement pour la location de vacances
et aussi pour la femme de ménage. Au milieu de cet ensemble hétéroclite, un sujet complexe lancé par la supposée voleuse de crayons : est-ce que manger de la viande donne le
cancer ? Rester pédagogue…
Plus pragmatique : où est le dossier sur lequel vous vous êtes
endormi hier soir ? Tout en cherchant le dossier perdu, vous
attrapez quelques infos à la radio : des bouchons un peu
partout. Il en faut plus pour vous arrêter : vous allez marcher
un peu puis prendre le bus. Mais la voix du journaliste
poursuit : « Et, suite à une agression d’un conducteur, les lignes
63, 74 et 114 ne fonctionnent pas. » Là, c’est tout de même un
signe, juste avant qu’arrive, par SMS, un message de votre
directeur général : la réunion prévue à 10 heures est repoussée d’une demi-heure. Une bonne nouvelle en soi. Sauf ­
PASCALE SHIRLEY/GALLERY STOCK/PHOTOSENSO
PAR CHRISTOPHE DORÉ
Faire les choses plus
vite, multiplier les
activités et rester
hyperconnecté présente
des risques. Il faut
savoir s’arrêter,
prendre le temps
de se poser. Sinon, on
risque d’imploser.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 83
GETTY IMAGES/HERO IMAGES
L’environnement
professionnel
ne doit pas
générer angoisse
ou tension
mais au contraire
se révéler une
source d’équilibre.
TRAVAILLER DANS LE BONHEUR
PEUT SEMBLER SUSPECT
­ que vous avez complètement oublié de noter cette
réunion sur votre agenda. Et rien préparé, bien sûr. Le stress
monte : battements du cœur plus forts et souffle court.
La panique n’est pas loin et les pensées négatives en
profitent pour faire surface : avec ces rumeurs de plan de
licenciements qui courent dans les couloirs, ce n’est pas le
moment de faire ce genre d’erreur. Et puis il y a les traites de
l’appartement, l’école privée du grand, la voiture à changer.
Se retrouver sur le marché de l’emploi serait une sacrée tuile.
Il est 8 h 30 et vous rêvez que la journée soit déjà finie. Voire
la semaine, voire…
La surchauffe n’est pas un signe clinique en médecine. Mais
le terme définit bien ce que chacun peut vivre au quotidien
dans les périodes tendues. Ce début de journée catastrophique durant lequel se succède une série d’urgences et de sollicitations et où le moindre oubli peut s’avérer un déclencheur
de stress, de panique ou d’angoisse n’a rien d’inhabituel.
Certains vont le gérer avec une grande habileté, d’autres un
peu moins. Suivant les périodes, la résistance physique et
psychologique n’est également pas la même.
En période hivernale, par exemple, beaucoup de personnes
sont naturellement touchées par ce qu’on appelle la dépression saisonnière et 5 % des femmes en seraient victimes. Les
hommes un peu moins. Les symptômes en sont connus :
envie de dormir, fatigue physique, besoin de sucre et moral
en berne. Recourir aux antidépresseurs est souvent inadapté
à cette pathologie. Les médecins et chercheurs ont décou-
84 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
vert que la luminothérapie, également utilisée pour les troubles du sommeil, se révèle plus efficace face à cette dépression saisonnière. Des séances quotidiennes de trente
minutes à proximité d’une lampe (10 000 lux minimum)
permettent en général de rétablir un équilibre satisfaisant
jusqu’à ce que le printemps s’installe.
Cette pression génératrice de stress ou d’anxiété dépend aussi
du métier exercé et de la situation familiale. Beaucoup d’études scientifiques ont prouvé une inégalité entre les hommes et
les femmes sur ce sujet. En moyenne, les femmes sont plus
sensibles au stress que les hommes. Mais elles sont aussi plus
résistantes face à la surcharge de travail et aux multiples
tâches qui leur incombent. Elles sont aussi plus douées pour
évacuer le stress. Elles verbalisent plus et s’adaptent mieux
que les hommes aux situations déstabilisantes qui provoquent le mécanisme de stress dans l’organisme (montée du
taux d’adrénaline, souffle court, accélération cardiaque).
Quand l’homme fait le chêne, elles savent être roseau.
Côté métiers, des études annuelles, réalisées surtout aux
Etats-Unis, placent logiquement les professions à risque en
tête des classements : militaire, pompier, policier. Mais les
postes à forte responsabilité comme pilote d’avion, cadre
d’entreprise, responsable de communication sont très
exposés. Les conditions environnementales (bruit, chaleur
ou froid, voyages fréquents) sont aussi un facteur stressant
comme la précarité ou le risque financier qui touche par
exemple certains agriculteurs et les personnes sans emploi.
Des enquêtes, notamment celle du cabinet Psya, ­
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c’est-à-dire que le stress devient un facteur de risque pour la
santé.
Que risque-t-on face à ce sur-stress ? A moyen terme, il va
provoquer des troubles du sommeil, des tensions musculaires,
des symptômes de mal de dos chronique. Une plus forte irritabilité et une fatigue s’installent insidieusement, en même
temps qu’une plus grande sensibilité aux virus, des angines ou
des symptômes grippaux plus fréquents. Une baisse de désir
s’ajoute souvent aux signaux qu’envoient le corps et le cerveau
face à la menace. Mais déterminer les symptômes, ce n’est pas
repérer les causes.
Fabrice Midal est philosophe et l’un des principaux promoteurs de la méditation en France. Il analyse dans son dernier livre, Sauvez votre peau ! Devenez narcissique (Flammarion), une
des raisons profondes de cette expansion chronique du stress :
« Dans notre culture, le bonheur est la cerise sur le gâteau. Pour
l’obtenir, il faut d’abord confectionner le gâteau : se sacrifier,
travailler, agir selon la vertu. Cette idéologie a été confortée par
l’obligation de la performance qui prévaut dans nos sociétés.
Ensemble, elles ont formé un cocktail catastrophique. Nous
sommes convaincus que nous pouvons toujours faire mieux, tout
le temps, et que nous ne réussirons que dans la douleur. Travailler
dans le bonheur plutôt que dans la tension, dans l’enthousiasme
plutôt que dans l’angoisse nous semble suspect : cela ne pourrait
être que le fait de ceux qui ne se donnent pas à fond dans leur
travail », détaille-t-il.
Toujours selon Fabrice Midal, les premières avancées de
la psychologie positive ont pourtant prouvé que les victoires
les plus spectaculaires sont portées par l’enthousiasme et
non par l’angoisse. Selon lui, cette angoisse vient, certes, des
contraintes extérieures mais elle est aussi devenue un
moteur personnel pour certaines personnes qui, à force de
STANISLAW STAWOWY-STOCK.ADOBE.COM
­ spécialisé dans la qualité de vie au travail, estiment qu’un
Bien utilisés, les compléments alimentaires apportent les
nutriments ou les substances manquantes pour un bon équilibre.
trop se solliciter, de se contraindre à être l’employé parfait,
le parent idéal, l’ami toujours disponible, la fille aimante,
finissent par succomber à la maladie de l’hyperperformance, ce burn-out dont on peut mettre plusieurs
années à se remettre et nécessitant souvent une reconstruction physique et mentale complète.
Pour éviter d’en arriver à cet extrême, de multiples solutions
sont proposées. Le combat contre le stress et le surmenage
est devenu un véritable marché proposant des médicaments
apaisants, des huiles essentielles et des formations professionnelles de résistance au stress, mais aussi des cours de
sophrologie, de méditation, des diététiques antisurmenage
ou des techniques de relaxation. La plupart de ces solutions,
pour peu qu’elles soient sérieusement réalisées, s’avèrent
bénéfiques. Mais cela ne peut être qu’un cautère sur une
jambe de bois si « la démarche se limite à une stratégie de
l’évitement » selon le psychologue Yves-Alexandre
Thalmann, auteur de On a toujours une seconde chance d’être
heureux (Odile Jacob). En clair, recourir à ces moyens avec la
même stratégie d’efficacité et de rentabilité, le même souci
de réussite et donc de peur de l’échec dans son combat ­
COMBATTRE LE SURMENAGE PAR L’ASSIETTE
86 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
TASHKA2000 - STOCK.ADOBE.COM
L
es découvertes sur le microbiote
(la flore intestinale) permettent
aujourd’hui de mieux comprendre
les liens qui existent entre la manière de se
nourrir et l’équilibre psychologique.
Les probiotiques que l’on trouve
naturellement dans beaucoup d’aliments
fermentés comme les fromages,
les cornichons, les choux fermentés
(choucroute) ou les yaourts se révèlent des
atouts quotidiens. Ils augmentent notamment
le Gaba, un neurotransmetteur très utile
dans la réduction de l’anxiété. Les thés verts
et noirs sont aussi d’excellentes boissons
relaxantes. Contre le stress et la fatigue
chronique, les aliments riches en magnésium
(cacao, sardines, noix du Brésil…)
mais aussi en fibres comme les céréales
ou le pain complet, les fruits secs ou l’ail,
anticancer reconnu mais aussi antistress
et antifatigue, sont très efficaces.
S’il s’avère difficile d’en consommer de
manière régulière, on peut avoir recours à
des compléments alimentaires ou à des
huiles essentielles qui concentrent l’efficacité
C. D.
de ces produits.
Retrouvez votre sommeil
Lorsque vous avez du mal à trouver le sommeil, un bruit, une lum
mière ou n’importe quel autre élément exttérieur peut
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à votre pharmacien. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin. Lire attentivement la notice avant
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LE PLAISIR, PETIT
OU GRAND, EST
UN INHIBITEUR
DE STRESS
ler totalement vain. Yves-Alexandre Thalmann met aussi
en garde contre une quête idéale d’un bonheur plus
fantasmé que réel. Il est plus utile, selon lui, de rester dans la
comparaison pour trouver un véritable équilibre. Il évoque
notamment une expérience réalisée sur des champions
olympiques. « Elle s’est intéressée au bonheur affiché, c’est-àdire aux signes d’émotion, comme le sourire sur la bouche, le
plissement des yeux d’athlètes ayant gagné une médaille,
explique-t-il. Il en est ressorti que les plus joyeux étaient les
champions, suivi par les médaillés de bronze et enfin, seulement,
les bénéficiaires de la médaille d’argent. Ces derniers se comparent au vainqueur. Leur comparaison est ascendante. Dans leur
tête reste l’idée qu’ils auraient pu être sur la première marche du
podium. Par contre les médaillés de bronze se réjouissent d’avoir
gagné une place sur le podium. Ils procèdent à une comparaison
descendante – par rapport aux autres compétiteurs qui ne sont
pas sur le podium. Faire mieux que prévu entraîne la joie et faire
moins bien entraîne de la frustration », conclut le psychologue
avant d’ajouter que « les attentes trop élevées sont rarement des
ferments efficaces pour le bonheur ».
Le plaisir, petit ou grand, est reconnu comme un inhibiteur de
stress et d’angoisse, par le simple fait que l’organisme, dans
un état de bien-être, sécrète des hormones comme l’endorphine, hormone reconnue comme un opiacé naturel après
un effort, la dopamine et la sérotonine, surnommées aussi
hormones du bonheur, l’ocytocine, hormone de la
tendresse, ou l’œstrogène, un régulateur de l’humeur qui
protège contre l’anxiété ou l’irritabilité. Une personne qui se
fait plaisir dans son travail, même si celui-ci est prenant, ne
STANISLAS FAUTRE:LE FIGARO MAGAZINE
­ contre l’anxiété, l’angoisse ou le stress risque de se révé-
Dans la pratique régulière d’activités physiques, se relaxer reste
l’objectif. Vouloir pulvériser des records s’avère contre-productif.
souffrira donc pas d’un sur-stress grâce à ces mécanismes
physiologiques qui sont aujourd’hui largement prouvés par
des études sérieuses.
Ces hormones, pour la plupart, vont aussi être sécrétées au
cours d’une activité physique régulière réalisée dans de
bonnes conditions. Car, là encore, la méthode est essentielle. Si le but est de se relaxer, il ne faut pas se contraindre
avec des objectifs à atteindre, des records à pulvériser.
Répondre à ses mails sur un vélo elliptique, passer ses coups
de fil professionnels pendant son footing ou réviser un
discours en faisant du vélo réduira d’autant l’efficacité
antistress de l’exercice physique que le cerveau ne sera pas
totalement présent dans l’action.
Cette notion de pleine présence est la base de la méditation,
qui a prouvé ses effets extrêmement bénéfiques pour la santé
mentale et physique à condition de ne pas se tromper de
méthode. Méditer, rappelle le psychothérapeute Christophe
André qui est un grand défenseur de la pratique en ­
SOIGNER SON SOMMEIL
88 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
s’accumuler et empêcher le confort
nécessaire pour bien récupérer. Car il faut
dormir de préférence entre 7 à 8 heures
par jour. Le sommeil est en effet le temps
utile au cerveau pour classer et mémoriser
DROBOT DEAN - STOCK.ADOBE.COM
U
n Français sur trois présente des
troubles du sommeil. Les causes
sont multiples. Le professeur
Damien Léger, qui dirige le Centre du
sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu à
Paris, rappelle que l’environnement est
souvent en cause. Dans les villes, le bruit
des transports, celui des voisins mais aussi
les lumières venant de l’extérieur ou les
veilleuses à l’intérieur de la chambre ne
facilitent pas le repos. Ces détails
s’ajoutent à d’autres : des nuits raccourcies
par les assoupissements peu réparateurs
devant la télévision ou l’ordinateur, une
mauvaise literie, des oreillers qui ne sont
pas adaptés ou vieillissants. Tout cela va
ce que l’on a appris pendant la journée,
pour évacuer les neurotoxines également.
Mais sans une bonne qualité de sommeil,
ce travail de ménage et d’autopurification
du système nerveux central se fait moins
bien. L’organisme, au réveil, se retrouve
dans de moins bonnes conditions pour
affronter une journée de travail. Si cette
mauvaise qualité persiste, l’engrenage est
dangereux : fatigue accumulée,
affaiblissement de la concentration, de la
mémoire, du système immunitaire, etc.
Dans le sens inverse, un sommeil solide et
réparateur accroît l’aisance, la réactivité et
le plaisir que l’on prend à travailler dans de
C. D.
bonnes conditions.
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Figaro magazine
LES “BAINS DE
FORÊT” ONT
DES RÉSULTATS
POSITIFS PROUVÉS
au contraire laisser apparaître ce que l’on est vraiment
derrière la montagne de choses à faire, d’informations et de
stimuli qui mobilisent votre temps.
La propension à faire plusieurs choses en même temps, que
les outils comme l’ordinateur et les smartphones accentuent, s’avère à terme une grave menace pour la sérénité et
le calme dont n’importe quel cerveau a réellement besoin.
La méditation tente un autre pari : ne rien faire, juste être attentif à l’instant présent. Pour beaucoup, l’exercice peut se
révéler très déstabilisant. La recherche de performance
revient au galop : essayer à tout prix de ne penser à rien,
chercher le calme, avoir peur de ne pas y arriver. « La méditation n’est pas un état spécial, confirme la psychologue et
professeur de yoga Laurence Luyé-Tanet (1). Vous allez
d’abord vous retrouver face à tout ce qui vous encombre et ce
face-à-face est le processus normal de tout méditant »,
rassure-t-elle.
Au Japon, un homme s’inspirant des pratiques de méditation et de relaxation est devenu célèbre par sa manière
originale de lutter contre le stress et l’anxiété. Au pays du
karo-jisatsu, le suicide provoqué par un épuisement au
travail, Yoshifumi Miyazaki, chercheur et directeur adjoint
du département de sciences pour l’environnement et de la
santé de l’université de Chiba a été un des grands promoteurs du shinrin yoku, le bain de forêt (2). Cette pratique a été
développée dans les années 1980 et consiste à marcher
lentement dans une forêt en respirant pleinement et en
restant attentif à ce qui vous entoure, les arbres, les feuilles
sur le sol, les chants des oiseaux… Le shinru yoku est devenu
un outil de médecine préventive dans l’ensemble de l’archipel
nippon quand les scientifiques ont prouvé ses effets.
Des diminutions notables du taux de cortisol, l’hormone du
stress, mais aussi des indicateurs passant au vert pour la
tension, la dépression, l’anxiété, la fatigue nerveuse sur des
GETTY IMAGES/MINT IMAGES RF
­ France, ce n’est pas chercher à faire le vide en soi mais
Changer d’air c’est, pour les citadins, réussir à se déconnecter le
temps d’un week-end ou d’une simple balade en forêt.
groupes de personnes significatifs, révèlent que la forêt, avec
ses fragrances de cyprès et son esthétique apaisante, s’avère
un médicament relaxant d’une grande efficacité. Pour faire
plus folklorique, certains s’inspirant du shinrin yoku
proposent dorénavant des stages où l’on embrasse les
arbres ! Mais les professionnels de la méditation reconnaissent bien, dans la méthode de Miyazaki, une application, en
marchant, de tout ce qui fait la spécificité de la pleine
présence.
Un remède aussi simple qu’une balade en forêt, cela fait évidemment sourire en France, pays où le médicament est roi
et la culture de la prévention balbutiante. Il n’empêche que
cela a donné des résultats tangibles sur beaucoup de Japonais.
■ CHRISTOPHE DORÉ
A méditer, donc.
(1) Apaisez votre esprit par la méditation, de Laurence Luyé-Tanet, Dangles
Editions, 144 p., 15 €.
(2) Shinrin Yoku, les bains de forêt, de Yoshifumi Miyazaki, Guy Trédaniel Editeur,
224 p., 18 € (à paraître en mars).
PRENDRE LE LARGE
STANISLAS FAUTRE/LE FIGARO MAGAZINE
L
90 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
es personnes qui tombent dans
l’engrenage du sur-stress sont
souvent incapables d’arrêter de
travailler. Elles peuvent même se
révéler hyperactives dans leur
sommeil. Bien dormir et « décrocher »
sont pourtant les seuls moyens de
recharger efficacement les batteries.
Il faut donc résister à la tentation de
l’hyperconnexion, même en vacances.
Si on ne peut y échapper, fixer le
week-end une ou deux heures
consacrées au travail, pas plus.
La stratégie de la rupture s’avère
souvent bonne pour lutter contre
la pression. Partir seul, s’éloigner
du tumulte quelques jours, sans radio,
sans télévision, en allumant le
smartphone le moins possible,
juste pour dire que tout va bien.
Faire le silence autour de soi, c’est
commencer à s’écouter. L’égoïsme
sans culpabilité est un excellent
C. D.
chemin vers plus de sérénité.
Réduit la tension et la fatigue
de la nuque et des épaules
q u a r t i e r s
V U E
GUILLERMO DEL TORO
EN ROUTE
VERS LA GLOIRE
Grand favori des prochains Oscars,
le réalisateur mexicain signe, avec La Forme
de l’eau, une magnifique variation autour du
thème de La Belle et la Bête. Rencontre.
92 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
DR
G
uillermo del Toro, le pape du cinéma
fantastique, le chantre des monstres, est en route vers le grand
chelem. Après avoir décroché notamment le lion d’or à la Mostra
de Venise (festival dont il présidera
le jury en septembre prochain), le
Golden Globe et le Bafta du meilleur réalisateur, sans oublier
le trophée du meilleur cinéaste de la prestigieuse Director’s
Guild of America, son nouveau film est, avec 13 nominations,
le grand favori de la prochaine cérémonie des Oscars qui aura
lieu le 4 mars. Un exploit d’autant plus étonnant que les films
fantastiques sont rarement couronnés lors des festivals et
des grandes cérémonies – il a fallu attendre 2004 et le triomphe du Seigneur des anneaux pour que l’oscar du meilleur
film soit attribué à un représentant du genre.
Amateur de bonne chère, francophile, Guillermo del Toro est
heureux d’être en France pour la promotion de son film. Ce
Mexicain chaleureux, au corps d’ogre et aux yeux rieurs, savoure les louanges que lui tresse la planète cinéma. Elle semble loin l’époque de son enfance dans les rues de Guadalajara,
entre sa grand-mère, femme aussi pieuse qu’intimidante, et
son unique distraction : la fréquentation assidue de ses amis
les monstres via la lecture et le cinéma. Pourtant, cette enfance reste bien présente dans son œuvre, comme souvent
chez les artistes épris d’imaginaire. Qu’il signe des contes
fantastiques pour adultes (L’Echine du Diable, Le Labyrinthe
de Pan), une sombre romance gothique (Crimson Peak), un
film de super-héros (Hellboy) ou un énorme blockbuster peuplé
de monstres et de robots géants (Pacific Rim), del Toro ne
perd jamais de vue le petit garçon qu’il a été, ses films comportant presque toujours un ou plusieurs personnages d’enfants. Sauf dans La Forme de l’eau.
Douze ans après
« Le Labyrinthe
de Pan », qui
détient le record
de longueur
d’une « standing
ovation »
au Festival
de Cannes
(22 minutes),
le réalisateur
mexicain est
annoncé comme
le futur grand
vainqueur
des Oscars
(le 4 mars)
avec « La Forme
de l’eau ».
En racontant une histoire d’amour entre une femme de
ménage muette et un homme-poisson retenu prisonnier dans
un laboratoire américain top secret au début des années 60,
le cinéaste a volontairement choisi de franchir un cap dans
sa filmographie. « Avec ce film, je voulais parler comme un
adulte. Il n’y a pas d’enfants intervenant dans l’intrigue
centrale et le conflit qui anime le personnage principal est
totalement en rapport avec la vie adulte. La Forme de l’eau est
mon premier film qui possède en lui une affirmation de la vie,
qui essaie d’apporter une touche de grâce à ce qu’il montre,
qui dépeint la sexualité comme une force vitale positive et
puissante. Pour moi, ce film n’est pas un film de monstre
classique : ce n’est pas le monstre qui attrape la fille, c’est la
fille qui attrape le monstre. »
Mais le réalisateur ne s’est pas contenté d’inverser les codes
de ce cinéma – notamment L’Etrange créature du lac noir
(1954), dont il est un grand fan. Il les a magnifiés en les faisant s’entrechoquer avec d’autres genres comme la romance
ou le film d’espionnage en pleine guerre froide. Le tout
rehaussé de diverses références qui n’appartiennent qu’à lui
et achèvent de donner au film son caractère profondément
original. Parmi ces influences, le spectateur français notera
avec étonnement la présence, dans la bande sonore de La
Javanaise de Serge Gainsbourg interprétée par la voix
délicieusement surannée de Madeleine Peyroux. Lorsqu’on
lui demande la raison de ce choix, del Toro évoque l’omniprésence de nos chanteurs à la radio mexicaine dans les
années 60, lorsqu’il était enfant, et notamment Serge
Gainsbourg, dont il se met à chantonner en français « Zeu
t’aimeu moi non plou », avant d’éclater de rire et de reprendre
le fil de sa pensée. « Mais il n’y a pas que Gainsbourg dans
mon film comme influence française : on entend aussi de
l’accordéon, mon compositeur Alexandre Desplat est
français, ça parle d’amour, de cinéma, il y a du sexe… Et de
manière beaucoup plus libérale et épicurienne qu’un film
américain. J’ai toujours dit que c’était mon film français et je
ne plaisante pas en disant cela. Quand je voyais mes copains
Alejandro Gonzalez Iñarritu et Alfonso Cuarón durant la
production du film (les trois réalisateurs mexicains sont des
amis de longue date, ndlr), ils me demandaient “alors, tu en
es où avec ton film français ?” » Il y a peu de chances que
Guillermo del Toro rate l’oscar du meilleur réalisateur le
4 mars prochain mais, si c’était le cas, il mériterait largement
un césar en guise de consolation. • ARNAUD BORDAS
MAARTEN DE BOER/CONTOUR BY GETTY IMAGES
E N
l i b r e s
MUSIQUE
CINÉMA
L’ a
f
f
i
c
h
e
CINÉMA
ZITA HANROT,
VRAIE HÉROÏNE
P
romesses
tenues ! Déjà
récompensée
par le césar
du meilleur
espoir féminin, obtenu en
2016 pour sa prestation dans
Fatima, Zita Hanrot
s’impose à nouveau dans
La fête est finie, de Marie
Garel-Weiss (en salles le
28 février), et Carnivores,
de Jérémie et Yannick Renier
(sur les écrans le 28 mars).
Dans le premier, la native de
Marseille interprète avec un
réalisme saisissant une jeune
femme droguée qui trouve
refuge dans un centre de
désintoxication. Dans le second,
elle joue une comédienne à
fleur de peau jalousée par sa
sœur (Leïla Bekhti). Deux rôles
de femmes à la personnalité
affirmée… Pas surprenant
que l’ex-élève du Conservatoire d’art dramatique de
Paris, née d’une mère jamaïcaine et d’un père rémois,
cite Béatrice Dalle comme
premier modèle. « Elle m’avait
beaucoup marquée dans 37°2
le matin de Jean-Jacques
Beineix », confie l’actrice qui
94 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
EXPO
quelques disques décevants,
les Ecossais méritent une
pluie de compliments pour
leur cinquième album *.
Une parution élégante,
traversée de morceaux pop
aussi dansants que plaisants.
Au fil des dix titres qui
composent cet ensemble
plein d’expérimentations et
de fantaisie, on sent que
le chanteur Alex Kapranos
et ses partenaires ont
retrouvé leur énergie et leur
plaisir des années 2000.
Une réussite qui doit beauPIERRE DE BOISHUE coup à leur collaboration
avec le producteur français
Philippe Zdar (Cassius,
MUSIQUE
IMPÉRIAL FRANZ Phoenix…). Leur tournée
française – ils seront
FERDINAND
notamment le 27 février
ls n’ont pas toujours
été à la hauteur de leur au Zénith de Paris –
promet de vrais moments de
immense talent. Après
se dit aussi fan de Lars von
Trier. Ses souhaits ? « Tourner
avec Emmanuelle Bercot et
faire de la comédie. » Un
registre dans lequel cette
grande lectrice, auditrice
assidue de France Culture,
devrait pareillement exceller
si l’on en juge par sa fraîcheur
et sa gaieté. En attendant,
Zita (un prénom choisi en
hommage à la dernière
impératrice d’Autriche, Zita
de Habsbourg) a tourné trois
autres films. De nouvelles
couronnes en perspective.
I
communion. Car ils n’ont
pas leur pareil pour réconcilier les pistes quand ils
ne les brouillent pas. P. B.
*Always Ascending,
Domino.
EXPO
LE PARIS
HOLLANDAIS
ntre la fin du XVIIIe siècle
et le début du XXe,
Paris a attiré des artistes du
monde entier. Parmi eux, les
Hollandais. Le Petit Palais *
les présente, soulignant les
liens qui les unissaient à
leurs confrères français, leur
adhésion aux différents
mouvements picturaux de ces
époques. Voici Gérard Van
Spaendonck (dont on admire
les délicates natures mortes)
ou Ary Scheffer, champion de
E
quartiers libres
L E S
P A S S E - T E M P S
D ’ É R I C N E U H O F F
LISBONNE À
TOUT FAIRE
PHOTOS : ARNO LAM/CHARLETTE STUDIO - DOMINO RECORDS - GALERIE ARTVERA’S - DR
L
SPECTACLE
la peinture romantique.
Le Tout-Paris artistique se
retrouvait chez lui, rue
Chaptal : Géricault, Delacroix,
Liszt, Chopin, George Sand…
Plus loin, dans un petit autoportrait en contre-jour, Jongkind se représente en jeune
dandy bohème. Lui succèdent
Kaemmerer (qui adhère à
l’école de Barbizon), Breitner
(l’impressionniste, avec son
superbe Kimono rouge,
1893), avant d’arriver à
la salle dédiée à Van Gogh,
venu à Paris en 1886 « faire
des progrès ». Il y expérimente
une peinture à essence dont
l’huile, fortement diluée, lui
permet d’obtenir des touches
étonnamment fines et fluides
(Vue depuis l’appartement
de Théo, 1887). Une galerie
qui serait incomplète sans
Van Dongen, au style fauve
révolutionnaire (photo), et
Mondrian, autre novateur,
qui dépassera les fondements
du cubisme pour aboutir à
l’abstraction pure. La conclusion revient à Van Gogh :
« L’air de France éclaircit
l’esprit et fait du bien,
énormément de bien ! »
SYLVIE MARCOVITCH
* Paris VIIIe,
jusqu’au 13 mai.
SPECTACLE
CÉLINE
RESSUSCITÉ
’abord, le spectacle est
excellent. En Céline,
incarnant pleinement Céline,
Stanislas de la Tousche est
très impressionnant. Et la mise
en scène minimaliste de
Géraud Bénech, diablement
D
efficace. Pour ces Derniers
entretiens * (réalisés dans
sa thébaïde de Meudon entre
1957 et 1960), on entend parfaitement le verbe et la pensée
de Céline, ses enthousiasmes,
ses folles contradictions, ses
jugements à l’emporte-pièce,
ses colères, ses révoltes, ses
justifications… Certes, il y a ici
ce qui est inhérent à ce type
de projet construit sur un
texte qui n’est pas du théâtre :
une absence d’évolution
dramatique, un ton atone qui
peut fatiguer à la longue. Mais
ce serait dommage de rester
sur cette impression. Céline
a rarement été si bien servi.
JEAN-LUC JEENER
* Théâtre Les Déchargeurs,
Paris Ier, les mardis
et mercredis. Prolongation
jusqu’à fin avril.
e plus dépaysant à Lisbonne : la gentillesse des habitants. Nous voilà tout désarçonnés.
L’habitude s’était perdue. Les chauffeurs de taxi
demandent d’où vous venez. Si vous dites Paris,
ils parlent en français, s’excusent de leur maladresse linguistique, vous apprennent que Coimbra est la capitale du Portugal. Les Uber arrivent
dans la minute. Le soleil se croit chez lui, même
en janvier. Cela permet de déjeuner dehors. Le
Tage a des paresses d’océan. Sur l’avenue de la
Liberté, l’Eden Teatro est devenu un magasin de
prêt-à-porter. Oui, mais le cinéma Idéal projette
Visages villages d’Agnès Varda. Il y a des librairies
partout. Très peu de scooters : les
pavés sont trop glissants. Beaucoup de tags sur les murs, ce qui
Michel
est un peu déprimant (ah, la saudade, cette mélancolie lusita- Déon avait
nienne !). On vérifiera ainsi que
vécu là.
l’artiste censé sommeiller en chacun de nous n’est pas toujours Il n’avait
inspiré. Au bar de l’hôtel, la bipas tort.
bliothèque contient Papillon en
édition de l’époque et le poche de
La Chartreuse de Parme avec la
préface de Paul Morand. Au zoo, le téléphérique
est en panne. Des paons se promènent en liberté.
Une douceur plane sur le séjour. Le restaurant
Gambrinus a prévu une salle fumeurs. Le bacalhau s’accommode parfaitement des effluves de
nicotine. A la Cevicheria, un poulpe géant pend
au plafond. Il est en carton. Les assiettes contiennent de vrais fruits de mer. Un barbier à l’ancienne officie à la parfumerie Claus Porto. On
ressort de là avec une peau de bébé. La Fondation
Gulbenkian ressemble au décor d’un film des
années soixante, très Alphaville. A l’extérieur de
la ville, le plus grand aquarium d’Europe abrite
de paisibles requins, des poissons inconnus, des
méduses taciturnes. On se souvient que Michel
Déon avait vécu là. Il n’avait pas tort. C’est un bel
endroit pour attendre la fin du monde. Et si on
dispersait ses cendres place Principe Real ?
«
»
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 95
quartiers libres
L ’ A P O S T R O P H E D E
J E A N - C H R I S T O P H E
D E S S I N
B U I S S O N
JEAN-LUC
À LA PLAGE
FILM SOUS INFLUENCE
★ ★ ★ MARY ET LA FLEUR DE LA
SORCIÈRE, d’Hiromasa Yonebayashi.
n vacances chez sa grand-tante,
E
une fillette découvre dans la forêt
une fleur qui lui confère des pouvoirs
étonnants et lui permet d’intégrer
une école de magie située par-delà
les nuages. Pur produit du Studio
Ghibli de Miyazaki, le Japonais
Hiromasa Yonebayashi nous avait déjà
enchantés avec Arrietty. Le petit
monde des chapardeurs et Souvenirs
de Marnie. Ce troisième long-métrage
marque un tournant dans sa carrière
puisque, après avoir quitté Ghibli, il a
créé le Studio Ponoc pour le produire.
Les spectateurs pourront apprécier ce
spectacle grandiose, chatoyant
et gracieux, mais les amateurs
d’animation s’étonneront que
Mary et la fleur de la sorcière
ressemble autant à un film Ghibli,
dans ses thèmes comme dans
son style graphique, d’autant plus
que Souvenirs de Marnie avait
su s’en émanciper. Le réalisateur
a sans doute voulu sécuriser
commercialement son propre studio
d’animation en empruntant ainsi
la voie du déjà-vu.
Si on lui pardonne cette concession,
on espère que son prochain film
lui permettra de prendre un peu plus
ARNAUD BORDAS
de risques.
DR
CHER JEAN-LUC MÉLENCHON, vous êtes le
héros en majesté du film de Gilles Perret,
L’Insoumis, fruit d’un reportage au long cours
durant votre campagne présidentielle de 2017. Honnête en
ce qu’il vous montre parfois sans fard (donc aimable ET détestable), engagé car ne donnant pas la parole à vos
adversaires, on pourrait le taxer de « film de propagande ».
Terme que nous réfutons pour ne pas faire injure au grand
Eisenstein qui, lui, faisait du cinéma et non du documentaire télévisé pour grand écran. Surtout, en le voyant, comment ne pas penser à ces albums
que vous feuilletiez peut-être,
avant d’avaler Hegel et Engels,
Marx et Marcuse : les Martine de
Gilbert Delahaye et Marcel Marlier ? Que voit-on en effet ici ?
Jean-Luc boit de l’eau (au début
de la campagne) et du vin
(rouge, évidemment).
Jean-Luc donne des cours d’histoire avec plein de mots
tirés du catéchisme de gauche : révolution, bourgeoisie,
rapports de production, grève, etc.
Jean-Luc va à Rome pour nous rappeler comment sont
nés, en 494 avant J.-C., les tribuns du peuple (suivez mon
regard…) et combien l’enfant de Tanger qu’il est se sent
mieux au bord de la Méditerranée que sur les terres
d’Europe du Nord (ce dont on ne saurait le blâmer).
Jean-Luc voyage : dans une ferme bio de l’Oise, sur un
chantier naval à Concarneau, sur les plateaux des chaînes
de télévision.
Jean-Luc tient des meetings à Lyon, Marseille ou Paris et
défile (au son de L’Internationale, tant qu’à faire).
Jean-Luc essaie des vestes (brillantes, en cuir ou ressemblant à un uniforme de l’Armée rouge) pour sa prestation
hologrammesque.
Jean-Luc peste contre les journalistes (« C’est l’ennemi,
France 2 », « C’est des ordures ! », etc.).
Jean-Luc cite le président Mao (« Une seule étincelle peut
mettre le feu à la plaine »), ce qui témoigne, de la part d’un
ex-trotskiste, d’un grand esprit de tolérance. Ou de l’influence croissante de Gérard Miller.
Ne manque, à la fin du film, au lendemain de sa défaite,
que : Jean-Luc à la plage.
A N I M É
Post-apostrophum : si Mélenchon est Martine, qui est Patapouf ?
96 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
IMPAIRE ET PIERRE
★ ★ WINTER
BROTHERS, de Hlynur
Pálmason, avec Simon
Sears, Lars Mikkelsen
et Victoria Carmen.
il est accusé de l’avoir
empoisonné…
Pour son premier
long-métrage, l’artiste
plasticien islandais
mil, jeune homme Hlynur Pálmason
en manque d’amour a décidé de jouer sur
et en quête de
les contrastes. Dès les
reconnaissance, travaille premières minu-tes,
avec son frère dans une il expose les difficultés
carrière de calcaire au du travail à la mine
Danemark où il vend
à travers un jeu de
aux mineurs l’alcool
frelaté qu’il prépare.
Mais tout change
lorsqu’un de ses
compagnons meurt :
E
PHOTOS PRESSE
★★★★
EXCELLENT
★★★
TRÈS BIEN
★★
BIEN
★
MOYEN
✖
À ÉVITER
D R A M E
couleurs et d’effets
sonores parfaitement
maîtrisé qui nous
fait passer du bruit
assourdissant des
machines au silence
de la neige qui tombe.
Durant toute la durée
du film, on navigue entre
deux émotions : si la
brutalité des rapports
entre les protagonistes
peut être oppressante,
la nature innocente
du jeune homme est
bouleversante.
TIPHAINE DE LAMBERTYE
RETROUVEZ JEAN-CHRISTOPHE BUISSON CHAQUE SEMAINE DANS L’ÉMISSION
« ON REFAIT LE MONDE » PRÉSENTÉE PAR MARC-OLIVIER FOGIEL ET
BERNARD POIRETTE, DU LUNDI AU VENDREDI DE 19 H 15 À 20 HEURES.
A C T I O N
C O M É D I E
QUAND NOTRE CŒUR FAIT GROOM
★ ★ LES AVENTURES DE SPIROU ET
FANTASIO, d’Alexandre Coffre, avec
Thomas Solivérès, Alex Lutz.
ensuite, l’esprit de l’œuvre originale est
bien là. Le mérite en revient beaucoup à
Thomas Solivérès, dont le physique et la
gestuelle sonnent « vrai », mais aussi
à Alex Lutz (Fantasio), Ramzy Bédia
(le méchant Zorglub), Christian Clavier
(le savant comte de Champignac) et
Géraldine Nakache qui, bien que brune,
incarne une convaincante Seccotine. Dans
ce film, qui incitera la jeune génération
à découvrir en BD l’intrépide rouquin,
il y a aussi de nombreux clins d’œil
bienvenus à plusieurs albums. Un peu
plus de folie n’aurait pas nui à l’ensemble,
mais on embarque volontiers dans
les bagages de ce groom décidément pas
PIERRE DE BOISHUE
comme les autres…
A
près Le Petit Spirou de
Nicolas Bary, récemment
sorti en salles, c’était
l’adaptation de tous les
dangers. Force est de constater que,
contrairement à ses homologues qui
avaient jadis échoué à donner vie à des
personnages comme Tintin ou Michel
Vaillant, le réalisateur Alexandre Coffre a
relevé le défi avec les honneurs. D’abord
parce qu’il a fait le choix de raconter une
histoire inédite : celle de la rencontre
entre Spirou et son complice journaliste.
Une bonne idée de départ. Sans conteste,
L
A
V
I
S
I
O
N
T
É
L
É
D
E
S
T
É
P
★ ★ ★ CRIMINAL
SQUAD, de Christian
Gudegast, avec Gerard
Butler, Pablo Schreiber,
Curtis Jackson.
Merrimen (Pablo
Schreiber).
Malgré un démarrage un
peu lent, Criminal squad
surprend en brouillant
uand le réalisateur la frontière entre le bien
Christian Gudegast et le mal. Les amateurs
s’empare du grand thème d’Ocean Eleven
américain des braquages seront rassasiés puisqu’ils
à Los Angeles, il fait
retrouveront ici des
de nouveau équipe
braqueurs ingénieux
avec Paul Scheuring,
le créateur de Prison
Break, pour le scénario,
et choisit le viril acteur
écossais Gerard Butler
dans le rôle-titre.
Il incarne le personnage
de « Big Nose », un chef
d’unité d’élite américaine
sélectionnés parmi les
corrompu qui tente
meilleurs, une
de déjouer un casse
course-poursuite
à la Réserve fédérale.
haletante suivie d’une
Tous les coups seront
permis pour coincer ces fusillade parfaitement
terribles gangsters menés orchestrée et un happy
T. L.
end déconcertant.
par le redoutable Ray
Q
COURTESY OF STX ENTERTAINMENT
ROGER ARPAJOU
BRAQUAGE
À L’AMÉRICAINE
H
A
N
E
H
O
F
F
M
A
N
N
MERCI PAPA, MERCI MAMAN
GUYON NATHALIE/FTV
M
erci papa, merci maman, merci mon producteur, merci
les techniciens » : les banalités vont encore pleuvoir, ce
vendredi soir, sur les bords du lac Léman, à Evianles-Bains, où se déroulent les 25e Victoires de la musique classique. Tout cela risque d’aller lentissimo. Sur scène, les
lauréats auront la larme andante et le sourire allegro. Quant au
public, il pourrait s’ennuyer fortissimo, voire senza tempo ?
Mais peut-être pas car, de ces lancinantes remises de récompenses corporatistes où chaque profession du spectacle, chauffée
par le vanneur de service, se pavane et se congratule, les Victoires de la musique classique sont parmi les moins insupportables.
D’une part parce qu’on a tellement peu d’occasions, en dehors
des chaînes thématiques câblées, de voir des musiciens à la télévision qu’on en est tout émerveillé. D’autre part parce qu’ils sont
tellement confrontés, depuis leurs premières années de formation, à la pression des prix et concours internationaux que cette
compétition pour rire les amuse. Ils ne la prennent pas au sérieux,
pensent juste à passer une bonne soirée - plaisir contagieux.
La coprésentation par Leïla Kaddour-Boudadi et Frédéric
Lodéon n’est pas pour rien dans ce plaisir. Ils avaient été
merveilleux l’an dernier, on les retrouve ce soir avec une joie
d’autant plus grande que la remise des récompenses est précédée d’un film rappelant quelques-uns des meilleurs moments
des cérémonies précédentes.
« Les Victoires de la musique classique », France 3, vendredi 23 février, 20 h 55.
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 97
quartiers libres
LES VARIATIONS DE
FRANÇOIS DELÉTRAZ
LE THÉÂTRE
DE PHILIPPE
TESSON
O
n n’avait pas vu Quelque part dans cette vie
depuis bientôt trente ans, bien que la pièce ait
été reprise maintes fois depuis lors. A la création, interprétée par Jane Birkin et Pierre Dux, elle connut un énorme succès. C’est
une pièce très forte, dure, virile. Du Horovitz extra, comme on l’aime.
Un drame de la vengeance. La démonstration des ravages que peut
faire sur une vie l’inégalité des conditions. Non pas des conditions
matérielles, mais le savoir, c’est-à-dire l’éducation. La jeune
Kathleen n’a jamais pardonné à son vieux prof Brackish de lui avoir
saboté son avenir en lui barrant, au nom d’une conception rigoureuse
de la sélection, les portes de l’université. Par sa sévérité il l’aura privée,
elle et sa famille, d’une existence sociale décente. Elle attendra la fin
de la vie du vieillard pour venir lui demander des comptes. La
confrontation sera tragique. Elle se déroulera selon un rapport de force
cruel, parfois pervers même, et d’une grande violence, aux limites de
la haine, jusqu’à ce que survienne un moment de grâce,
ou plutôt d’humanité, où se mêlent la nostalgie, la résignation, la raison. Il y aura dans la bouche du vieillard
ce beau mot : « Nous sommes ensemble, quelque part dans
Horovitz
cette vie… »
est d’une C’est une belle pièce, qui dit très bien la confusion des
lucidité sentiments, la méchanceté de la fatalité, le poids des injusimplacable tices. C’est l’univers familier du grand auteur américain,
sans que jamais, et c’est sa force, il ne s’érige en moraliste.
Sa lucidité est implacable. Il campe des personnages dans
leur vérité absolue. A aucun moment le sentiment ne les
submerge. La révolte de la jeune femme et l’intégrité du vieux
professeur sont d’une pureté totale. Ce sont des caractères.
Cette pièce est donc un bonheur pour les acteurs. Bernard Murat a
réuni un duo exceptionnel, qu’il dirige avec infiniment de finesse.
Chacun d’eux a environ l’âge du rôle, Pierre Arditi juste un peu plus
jeune. Aussi feint-il d’être un peu plus vieux. Il y réussit sans difficulté,
et cela lui va très bien. Il a de l’avenir ! Il est parfait, dans la violence
comme dans la froideur. Une force intérieure invincible. L’acteur
résiste à la tentation de ce charme si particulier qu’on lui connaît. Il est
d’une authenticité remarquable, en étroite symétrie avec la merveilleuse Emmanuelle Devos, elle-même tendue par une résolution
farouche. Ils se mènent une guerre, sourde d’abord, puis d’une brutalité
inouïe jusqu’à un dénouement qui pourrait ressembler à l’amour. Filial
et paternel ? Ils forment un couple théâtralement impressionnant au
service d’un texte dense et savamment construit, adapté par JeanLoup Dabadie dans une écriture de grande qualité.
«
»
Quelque part dans cette vie, d’Israël Horovitz. Adaptation de Jean-Loup Dabadie. Mise en scène de
Bernard Murat. Avec Emmanuelle Devos et Pierre Arditi. Théâtre Edouard VII (01.47.42.59.92).
98 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
DEBORAH GALOPIN
CETTE HAINE QUI
RESSEMBLE À L’AMOUR
LOU CASA :
BARBARA AUTREMENT
R
ien n’est pire que la copie conforme ! Surtout quand on a affaire à un monstre sacré
de la chanson comme Barbara. Beaucoup
ont essayé, ont échoué. Avec le trio Lou
Casa, nous sommes dans un autre univers. Celui de
Barbara, bien sûr, mais aussi le leur. Un monde qui
réserve de longs moments musicaux en complément des
chansons.
La réécriture de grands standards, exercice périlleux,
est ici accomplie avec la justesse la plus extrême. Nantes est un modèle du genre. Le titre devient aérien,
prend son temps, s’éloigne musicalement de l’original
pour mieux y revenir. Le reste du récital est composé de
chansons anciennes et peu connues comme La Belle
Amour. Mis à part Le Mal de vivre qui mériterait quelques améliorations, l’ensemble est aussi sublime qu’inhabituel. Car outre les titres du début des années 1960,
Lou Casa a choisi des chansons que Barbara interprétait mais dont elle n’était pas l’auteur comme La Plus
Bath des javas, écrite en 1924 par Georgius (qui constitue la partie rigolote de ce spectacle).
Le groupe reprend aussi Sur la place, de Jacques Brel,
que Barbara aimait chanter, avec ici un fond d’orgue
surprenant qui permet d’imaginer cette fameuse « place
chauffée au soleil ». Quant au style, d’un titre à l’autre
on est un peu reggae, un peu jazz, un peu pop. Rien n’est
abrupt, tout est dans la suggestion et la délicatesse. Et
c’est sans doute pour cela que ce récital consacré à Barbara est le plus juste que nous ayons vu. Au Café de
la Danse, à Paris, qui affichait complet, nous avons applaudi ce trio composé de Marc Casa au chant, géant
à la gestuelle parfois malhabile, de son frère Fred aux
claviers, plus vif mais plus discret, et de Julien Aellion
qui réussit à faire de la basse un élément essentiel. Ils
partent en résidence à Pau puis pour une belle tournée.
Un spectacle qui devrait séduire les programmateurs
car plus qu’un hommage à Barbara, c’est un honneur.
Pau les 2 et 3 mars, La Nouaille le 8, Montignac le 9, Libourne
les 10 et 11, Mouscron (Belgique) le 23, Bruxelles le 24, Salles
le 26 avril et Lège-Cap-Ferret le 28.
C R O I S I È R E S
BERLIN
ELBE
Nedlitz
MAGDEBOURG
PO L O GNE
WITTENBERG
MEISSEN
BAD SCHANDAU
DRESDE
LITOMERICE
PRAGUE
A L LE M A GN E
MOLDAU
RÉP. TCHÈQUE
avec Alain Duault,
conférencier,
directeur artistique
CROISIÈRE MUSICALE
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n proraation ptionnll av :
Melody Louledjan,
soprano
Pierre Genisson,
clarinee
Le Trio
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w w w. c r o i s i e u r o p e . c o m
© O. Asmussen
A UT RICHE
quartiers libres
L A
P A G E
D ’ H I S T O I R E
D E
J E A N
S É V I L L I A
LA BELLE-MÈRE DE SISSI
D
ans la célèbre série cinématographique des
Sissi, face à Romy Schneider qui incarne la
jeune Elisabeth, duchesse « en » Bavière et impératrice d’Autriche, elle est la méchante, la cruelle,
la sadique archiduchesse Sophie, mère de François-Joseph. Depuis plus de soixante ans, les
spectateurs de la naïve trilogie d’Ernst Marischka
retiennent que la tante et belle-mère de Sissi avait
pour objectif de dominer sa belle-fille afin de
conserver son emprise sur son propre fils. JeanPaul Bled, professeur émérite à la Sorbonne et
spécialiste incontesté de l’histoire de l’Allemagne
et de l’Autriche des Habsbourg, aura fort à faire
pour casser une légende noire aussi installée.
Ceux qui liront son nouveau livre – et souhaitons
qu’ils soient nombreux – découvriront le visage
authentique de Sophie, princesse « de » Bavière
et archiduchesse d’Autriche. Pour la première
biographie qui lui est consacrée en français, Bled
a notamment utilisé son journal inédit,
écrit (en français) de 1844 à 1872 et
conservé dans les archives à Vienne.
Fille du roi Maximilien de Bavière, Sophie
épouse à 20 ans le deuxième fils de
l’empereur François Ier , l’archiduc
François-Charles, qui n’a rien de
séduisant mais l’est plus que son frère
aîné, Ferdinand, l’héritier du trône,
BIOGRAPHIE
UN HÉROS
TRÈS DISCRET
★ ★ ★ « LE ROUM ».
LE SPAHI DU GÉNÉRAL DE
GAULLE, Le Cherche Midi,
256 p., 19,50 €.
Sophie de Habsbourg. L’impératrice de l’ombre,
de Jean-Paul Bled, Perrin, 304 p., 23 €.
M É M O I R E S
PARIS VÉCU
★ ★ ★ SOUVENIRS ET
PORTRAITS, du baron de Redé,
Lacurne, 312 p., 65 €.
e baron de Redé (1922-2004) fut
L
une figure du Tout-Paris du siècle
dernier. Dans un livre abondamment
PHOTOS : PRESSE
Il n’est pas le plus connu des
Compagnons de la Libération,
et pourtant, quel destin !
Nicolas Alexandre
Roumiantzoff avait beau porter
les prénoms de deux
empereurs russes et être le
fils d’un général du dernier
tsar, il ne put se battre pour
sa patrie d’origine. Lénine en
avait décidé autrement, et
peut-être aussi Mars, le dieu
de la Guerre, qui le réservait
pour d’autres combats.
Saint-Cyr, la Légion étrangère
et Londres, qu’il rejoint après
un arrêt dans les geôles
espagnoles, valurent
finalement à ce guerrier dandy
de prendre la tête des spahis
de la France libre et d’être
le premier au pied de l’Arc
de triomphe dans un Paris
pas encore totalement libéré.
Le lendemain, il reprenait
ses habitudes au Fouquet’s
et dînait avec le mannequin
Pâquerette dont il ferait sa
femme. De Gaulle en tête,
tous l’appellaient le « Roum »,
diminutif qui sonne comme
un coup de canon. Le beau
livre-album que lui consacre
aujourd’hui son fils Nicolas
Pierre (encore des prénoms
d’empereurs russes !) retrace
avec piété le parcours d’un
homme aussi à l’aise à la
guerre que sous les ors du
PHILIPPE MAXENCE
monde.
intellectuellement limité. Après
la mort de son père, en 1835,
celui-ci régnera, mais la réalité du
p ouvoi r s era a s s u ré e p a r le
chancelier Metternich. Quand la révolution de
1848 secouera la capitale de l’Autriche, Sophie
jouera un rôle de premier plan dans l’abdication de
son beau-frère Ferdinand au profit de son fils
François-Joseph. Catholique fervente, attachée au
principe monarchique, elle était une tête politique.
Ses heurts avec sa belle-fille proviendront
largement du fait qu’elle avait compris le caractère
instable et narcissique de Sissi qui rendrait celle-ci
incapable, les faits le prouveront, de remplir son
rôle d’impératrice d’Autriche.
Mais Jean-Paul Bled le montre bien, sa vie fut loin
de se réduire à cet aspect. L’ouvrage guide aussi le
lecteur dans les coulisses de la cour de Bavière et de
la cour d’Autriche dans les années 1820-1860, mal
connues en France. La malheureuse
archiduchesse Sophie, minée par le
chagrin après l’exécution, en 1867, de
son deuxième fils Maximilien, éphémère
empereur du Mexique, mourra en 1872.
Sans la porter au pinacle, Jean-Paul Bled
lui rend justice.
illustré, il raconte sa vie. Cet
aristocrate d’origine autrichienne, qui
naquit de parents forts
riches et bientôt ruinés, fit
rapidement fortune à New
York avant de s’installer
dans la capitale française
où il vécut comme au
XIXe siècle, dans un hôtel
Lambert superbement
100 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
E T
A U S S I
CIEL, MON TINTIN !
restauré. On ne trouvera pas dans ses
souvenirs de détails sur ses affaires
de banquier, qui ne le passionnaient
guère même s’il y était fort doué,
mais plutôt une galerie de portraits
écrits d’une plume légère et – fait
rare – toujours bienveillante.
On croise ainsi, dans des fêtes
extraordinaires, Cocteau,
Pierre Cardin, Greta
Garbo, Noureev, MarieLaure de Noailles, MarieHélène de Rothschild et
tant d’autres. Toute une
époque…
CHARLES-HENRI D’ANDIGNÉ
Les lectures de Tintin sont comme
ses lecteurs : innombrables. Celle
proposée par Bob Garcia dans Tintin,
le diable et le bon Dieu (Desclée de
Brouwer, 244 p., 17,90 €) est aussi
inédite que convaincante.
L’érudit auteur décrypte
tous les albums d’Hergé
à la lumière de l’influence
du catholicisme sur le
dessinateur belge – dans
ses scénarios autant que
dans l’écriture de ses
personnages –, le vocabulaire
et les valeurs qu’il promeut. Brillant
J.-CH. B.
et passionnant.
San Francisco
à partir de
*
12
L’OUEST AMERICAIN
E N FA M I L L E
Las Vegas // Palm Springs // San Diego // Los Angeles
Santa Barbara // Monterey // San Francisco
JOURS
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NUITS
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P R E M I E R
R O M A N
TROIS ENFANTS
TERRIBLES
Ils ont 25 ans. Une même
peur de l’ennui.
Un même dégoût des
compromissions sociales.
ndreï a fui l’Ukraine Ces enfants terribles
et sa violence
du troisième millénaire
pour trouver à Paris une n’ont qu’une ambition :
rédemption par la
réinventer l’amour.
musique, y parviendra-t-il, Comment ? En dénonçant
sera-t-il violoniste ou
l’impératif catégorique
SDF ? Le brillant Zacharie du couple, « cette mise
cherche son salut dans
en cage », pour tenter
la magistrature et la
de vivre l’aventure risquée
chasteté volontaire ; est-il du trio. Mais Zacharie
fait pour les assises ou
et Andreï sont-ils capables
la sainteté ? La délicate
de conjuguer la légèreté
Elsa veut vivre d’art
et la ferveur ?
et de vérité, ne s’est-elle D’aphorismes ironiques
pas trompée d’époque ?
– « On ne devient pas un
clochard céleste quand on
a une famille à charge » –
en trouvailles poétiques
– « L’enfance est un lit
défait qu’on ne peut pas
réchauffer » –, Nanoucha
Van Moerkerkenland
nous livre une version
désenchantée, mais
non moins envoûtante
de Jules et Jim. Un beau
début. ÉLISABET BARILLÉ
★ ★ ★ LE CŒUR
CONTENT, de Nanoucha
Van Moerkerkenland,
Gallimard, 227 p., 18 €.
ARCHIVES-ZEPHYR/LEEMAGE
A
B I O G R A P H I E
L I T T É R A I R E
★ ★ ★ D’ANNUNZIO LE MAGNIFIQUE,
G
de Maurizio Serra, Grasset, 702 p., 30 €.
abriele d’Annunzio (18631938) a été l’écrivain le plus
admiré de son temps, de
Joyce à Malraux. Mais aussi
le plus caricaturé, en petit faune (1,64 m)
priapique et esthète décadent. Victime de
la jalousie et du personnage qu’il s’était
forgé, l’Abruzzais « se dissimule avant
de resplendir », avait pourtant prévenu
son amie la danseuse Ida Rubinstein.
Le raconter était un défi à la mesure
de Maurizio Serra, diplomate italien et l’un
de nos meilleurs biographes en langue
française. Sa spécialité : les écrivains
masqués. Il avait déjà fait un sort au
caméléon toscan Malaparte et au Triestin
L E
« inapte à la vie » Italo Svevo. Il clôt, dans
une réhabilitation élégante, sa trilogie des
grands auteurs italiens, démêlant le vrai
du faux chez ce prince des lettres et de
l’ambiguïté : poète et affabulateur ; impulsif
et calculateur ; amant sadique ; aventurier
reclus en son palais du Vittoriale, sur le
lac de Garde ; héros de la Grande Guerre
et de l’éphémère Etat de Fiume (1920),
puis dénonciateur du « carnage inutile » ;
nationaliste ombrageux et méfiant à l’égard
du fascisme. Mais D’Annunzio se lit-il
encore ? Faites le test avec L’Enfant de
volupté (Il piacere), où l’aristocrate romain
Andrea Sperelli, artiste dandy, mi-don
Juan, mi-chérubin, se débat entre
érotisme et esthétisme. Une curiosité.
M A R Q U E - P A G E
EMMANUEL HECHT
D E
FRANCESCA MANTOVANI-ÉDITIONS GALLIMARD
GABRIELE !
N I C O L A S
U N G E M U T H
UN CRAN PLUS LOIN DANS LA CEINTURE DE LA BIBLE
C
’est le premier livre qui a fasciné Donald Ray Pollock,
l’un des plus grands écrivains américains en activité,
dont le nom s’affiche en couverture presque aussi gros
que celui de l’auteur, pour une « préface » qui n’en est pas
une mais un vieil article posté sur un blog et amputé de son dernier paragraphe. Un jardin de sable, paru en 1970 et traduit pour
la première fois en France, décrit l’odyssée lamentable
d’un gamin précocement priapique durant la Grande
Dépression. D’abord élevé par ses grands-parents dans
le Kansas, puis en vadrouille avec sa veuve de mère, avec
ou sans son Jules, du Texas à la Floride en passant par
l’Alabama et la Louisiane... D’un point de vue narratif,
le livre ne tient pas la distance (800 pages), la première
moitié est un grandiose Affreux, sales et méchants à la
102 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
sauce Bible Belt, la seconde s’enlise dans un misérabilisme
surdosé (l’inévitable beau-père alcoolique et sadique, la mère
qui se prostitue, et une bonne dose d’inceste pour pimenter
le tout). Un jardin de sable vaut surtout pour son sens du
grotesque et ses personnages folkloriques, dont un nain ultraviolent surnommé « La Mangouste », un cul-de-jatte livreur
de journaux en planche à roulettes qui se fait dépouiller
de ses hot-dogs par des chiens errants, un perroquet
hurlant des obscénités, etc. On voit bien ce qui a dû
plaire à Pollock. Mais avec Le Diable tout le temps,
l’élève a largement dépassé son maître.
Un jardin de sable, d’Earl Thompson, Editions Monsieur
Toussaint Louverture, 830 p., 24,50 €. Traduit de l’anglais
(Etats-Unis) par Jean-Charles Khalifa.
quartiers libres
L E
L I V R E
D E
F R É D É R I C
B E I G B E D E R
LA DOLCE VITA (VINGT ANS APRÈS)
F
ederico Fellini trouvait qu’il ressemblait à
Charles Laughton. Stefan Liberski a réellement traîné ses guêtres sur le tournage de La
Cité des femmes en 1980. Il raconte les coulisses
du dernier chef-d’œuvre du « plus grand
cinéaste vivant ». Marcello Mastroianni glisse
sur un toboggan géant pour atterrir sur une
paire de fesses géantes en caoutchouc rose. Le
sexe est un parc d’attractions pour adultes. On
peut dire de ce livre qu’il tombe à pic : La Cité
des femmes est le dernier baroud d’honneur de
la masculinité hétérosexuelle. La culpabilité y
est omniprésente. Nino Rota est mort pendant
un tournage interminable et souvent improvisé, les acteurs égrenant des chiffres car les
dialogues étaient ajoutés en doublage. Stefan
Liberski décrit un Fellini radin, tyrannique,
capricieux, entouré d’un harem de courtisanes, ancien fumeur interdisant aux autres de
fumer, amant volage sauf quand sa femme
(Giulietta Masina) débarquait sur le plateau.
Par certains côtés, ce reportage cruel rappelle
le portrait terrible d’Andy Warhol par Bob
Colacello. Plus un livre est bizarre, plus il est
beau, n’est-ce pas M. Baudelaire ? Le romandocumentaire de Liberski entrecroise les souvenirs de fan à la Almost Famous de Cameron
Crowe avec une fiction romantique à souhait :
un jeune critique de cinéma moitié belge, moitié
polonais, convié à Cinecittà par une attachée
E S S A I
UNE PLUME
JAMAIS
MASQUÉE
★ ★ ★ POUR EN FINIR
AVEC LA CRITIQUE
DRAMATIQUE,
de Jean-Luc Jeener,
Atlande, 126 p., 15 €.
T H R I L L E R
LE CÔTÉ OBSCUR
DE LA FORCE
★ ★ ★ LES ABYSSES DU MAL,
de Marc Charuel, Albin Michel,
416 p., 21,50 €.
PHOTOS : DR
« Je ne me suis pas plus
ménagé que je n’ai ménagé
les autres. » Jean-Luc
Jeener avait-il besoin
d’apporter cette précision
au début de son nouvel
ouvrage ? Les lecteurs du
Fig Mag et du Figaroscope,
où il est critique de théâtre
depuis plusieurs décennies,
connaissent son haut degré
d’exigence et sa grande
authenticité. En résulte un
livre jubilatoire, au fil duquel
cet esprit libre n’épargne
personne. Dans son viseur :
des créateurs incapables
d’accepter le moindre
reproche, des collègues
aveuglés par leur snobisme…
Ecrits d’une plume
rafraîchissante, ses coups
de griffe claquent autant
que ses coups de cœur
pour cet univers qu’il aime
passionnément, ou ses coups
de projecteur sur
une profession dont le grand
public ignore bien des
aspects savoureux ou plus
désagréables… Fort de ses
autres qualités (metteur en
scène, directeur du théâtre
du Nord-Ouest), Jeener était
assurément le plus qualifié
pour dévoiler l’envers du
PIERRE DE BOISHUE
décor.
Pour son nouveau thriller, Marc
Charuel nous replonge dans
l’univers démoniaque du Jour où
tu dois mourir : celui des snuff
movies, ces vidéos de mort en
direct que les amateurs fortunés achètent à prix d’or
sur le darknet, la face cachée et cryptée du web. Un
marché parallèle contrôlé ici par d’invisibles triades
chinoises qui « passent commande » à Willy, un
ancien sniper anglais, pervers et sadique. Ses proies
de presse sexy, tombe amoureux
d’une folle hystérique qui se refuse
à lui. Ce qui aurait pu n’être qu’un
recueil de souvenirs cinéphiliques
devient un roman de formation, une éducation
sentimentale romaine, du gonzo-Proust au
pays de la dolce vita ! Dans un style agréable,
clair, à la hussarde (« Dormir lui semblait
inutile. Il écrivait et ne s’écroulait qu’au petit jour,
libre comme jamais, anxieux comme toujours,
absurdement joyeux »), Liberski rend hommage
à un cinéma disparu. L’intégralité des films de
Fellini serait impossible à financer aujourd’hui.
Aucun producteur ne serait assez fou, aucune
chaîne de télévision assez riche, aucun distributeur assez inconscient pour laisser un tel
génie mettre en scène ses délires poétiques.
Ne parlons même pas des féministes aux
hashtags tranchants qui se réjouiraient de
castrer digitalement cet obsédé. « Il allait
bientôt falloir filmer utile et vigilant. » Ceci n’est
pas un roman de critique pédant aux Inrocks,
mais un livre tendre sur la gratitude, la rareté
des grands artistes, la folie
bienfaisante qu’ils dispersent
sur tous ceux qu’ils croisent, et
la chance que nous avions
autrefois d’être libres.
La Cité des femmes, de Stefan
Liberski, Albin Michel, 296 p., 19 €.
sont de très jeunes filles, dont il filme le supplice
avant de faire disparaître les corps. Mais, si l’horreur
est humaine, l’erreur l’est aussi : en sélectionnant la
victime de trop, le bourreau est poussé à commettre
des fautes. Un commissaire opiniâtre, en butte
à sa hiérarchie, se saisit du dossier. Une enquête
éprouvante et nauséeuse qui conduira le policier
dans des milieux aussi différents que les clubs de tir
longue distance, les boîtes SM parisiennes ou les
réseaux sociaux clandestins. Comme toujours chez
l’auteur, journaliste de profession et ex-reporter
de guerre, tout y est parfaitement documenté et rien
n’est laissé au hasard. Jusqu’à l’ultime chapitre,
le suspense est total : impossible de deviner qui
triomphera, du Mal ou du Bien. Glaçant mais efficace.
JEAN-LOUIS TREMBLAIS
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 103
quartiers libres
Dirigés par Alain
Zobrist (ci-dessous),
300 chronométreurs Omega,
assistés de 350 volontaires
du Comité olympique veillent
au bon déroulement des
épreuves à Pyeongchang.
Depuis deux semaines,
l’horloger suisse est le
garant du chronométrage
officiel de toutes les
épreuves des JO de
Pyeongchang. Avec une
précision incontestée.
L
es dernières épreuves
des Jeux olympiques
d’hiver 2018 se tiendront ce week-end,
mais une partie de
l’équipe Omega s’est déjà envolée
vers Tokyo pour amorcer la préparation des JO de 2020. En Corée du
Sud, ils n’étaient pas moins de
300 chronométreurs, aidés par 350
volontaires du Comité olympique,
pour assurer la mesure exacte des
performances des 2 925 athlètes
participants. Des kilomètres de câbles (180), des tonnes de matériel
(230), une centaine d’épreuves
différentes, mais surtout des
années d’expérience pour s’acquitter de ce rôle crucial dans un
événement scruté par des milliards
de (télé) spectateurs. Avec cette
drôle d’ambivalence pour l’horloger :
profiter d’une visibilité planétaire,
mais garantir un chronométrage
irréprochable. Donc, ne pas se faire
remarquer.
« L’attention doit exclusivement
tourner autour des athlètes, surtout
pas autour des chronométreurs »,
souligne en effet Alain Zobrist,
directeur général de Swiss Timing,
société du Swatch Group qui opère
au nom de plusieurs marques du
groupe lors des grands événements
sportifs (Omega, donc, pour les JO
ou Tissot pour le Tour de France,
entre autres exemples). « Comme
104 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
PHOTOS : IAN SCHEMPER ; OMEGA WATCHES ; DR
HORLOGERIE OMEGA EN FORME OLYMPI
chez les sportifs, nos équipes sont
formées de spécialistes très performants, qui sont les meilleurs de leur
discipline », ajoute-t-il, rappelant
qu’Omega bénéficie d’une longue
expérience puisque cette édition
était la 28e de son histoire. Et l’aventure, entamée en 1932 aux Jeux de
Los Angeles, va durer
puisque la marque a
re-signé récemment
pour être chronométreur officiel au moins
encore jusqu’en 2032.
2032, c’est donc le
chiffre retenu pour
l’édition limitée de la
Seamaster Jeux olympiques aux couleurs
des cinq anneaux
olympiques, équipée
d’un pulsomètre. Il y a
également une élégante dotée de
trois aiguilles coulées dans les trois
ors – clin d’œil aux couleurs des
médailles – qui rend hommage aux
liens entre Omega et les JO avec la
liste des villes hôtes depuis 1932
gravée sur le fond du boîtier. Mais,
outre ces montres, ce sont surtout
M O D E
QUE
des technologies nouvelles qui ont
été développées par Omega Swiss
Timing pour ces Jeux de Pyeongchang. Elles poursuivent deux
objectifs : être toujours plus précis
– à l’instar des caméras de PhotoFinish ultrasophistiquées prenant
10 000 photos par seconde – et
offrir le plus de données possible aux
téléspectateurs devant leur écran.
Ainsi, cette année, les champions ont
accroché à leurs chaussures des
capteurs de mouvement dernière
génération. Ceux-ci permettent de
récolter une multitude d’informations
entre le départ et l’arrivée, concernant
leurs vitesses, les accélérations,
les freinages, la hauteur… afin que
le public – même à l’autre bout du
monde – vive en direct la devise
de Coubertin « Plus vite, plus haut,
ÉLODIE BAËRD
plus fort ».
B O N N E M E S U R E
T A I L L E U R S C A V I N I
EN BOUTIQUE, LA FIN
DU CLASSIQUE ?
A
partir d’un certain âge, beaucoup d’hommes
arrêtent d’acheter en masse des vêtements.
Essayages ennuyeux, réallocation du
revenu, simple laxisme… Ils se reposent sur une garderobe constituée pendant les années de leur activité
professionnelle. Les costumes, vestes, pantalons et
manteaux deviennent alors les marqueurs d’une époque, l’incarnation d’une jeunesse passée à laquelle ils
sont attachés. Seulement voilà, lorsque vers 70 ans, ils
décident de renouveler un peu leur penderie, à la faveur
notamment d’un changement de mensurations, ils
se rendent compte que la mode ne les a pas attendus.
Tout a changé. Nombre de messieurs viennent alors
me voir pour retrouver – en mesure –
les coupes amples qu’ils appréciaient,
les pinces sur les pantalons, les covertSoutenez coat raglan, les matières solides
comme le whipcord… Evidemment, le
vos
maisons prix affiché chez un tailleur n’est pas le
même qu’en prêt-à-porter.
favorites ! Invariablement, les réactions sont les
mêmes. Pourquoi les boutiques n’ontelles plus les produits classiques qu’ils
aiment ? Mais, c’est
évident, ces adresses ont souvent
disparu parce que la clientèle les avait
désertées depuis des décennies. Les
magasins aux propositions dites traditionnelles ont laissé la place à
d’autres devantures capables de
séduire une jeune génération
qui veut autre chose, voire
tout le contraire.
La problématique est assez similaire pour les
drapiers qui fournissent
les tailleurs. Ils arrêtent tous
de fournir des tissus lourds
avec de la tenue, au profit
de matières plus légères et
moelleuses. Alors messieurs, n’attendez pas. Soutenez vos maisons favorites qui vendent encore des produits
classiques. Achetez par plaisir et
non par besoin !
«
»
FRÉDÉRIC MARTIN-BERNARD
Heritage Messenger, cuir marron
ou noir, 1 095 € (Mulberry.com).
DR
Omega propose des éditions
spéciales comme, cette année, ces
trois Seamaster dotées d’un calibre
automatique Master Chronometer :
une Planet Ocean Pyeongchang 2018
(2 018 exemplaires, 6 400 €),
une Jeux olympiques Or (à partir
de 16 000 €) et une ligne célébrant
les cinq couleurs des anneaux
olympiques (2 032 exemplaires
par couleur, 5 000 €).
L A
D U
LA MAROQUINERIE
EN HÉRITAGE
Les hommes ont toujours
entretenu une relation de
l’ordre du « je t’aime… moi
non plus » avec les sacs.
Depuis quelque dix ans et une
certaine saturation de l’offre
en maroquinerie féminine,
les grandes marques de luxe
ont pourtant essayé de
reproduire le phénomène du
it bag au masculin. Autrement
dit, de leur proposer, chaque
saison, des nouveaux modèles
en variant les formes, les cuirs
et les finitions afin que
ces éditions successives se
démodent les unes, les autres.
Et poussent ces messieurs
à se ruer sur la toute dernière
version. Sauf que les
sacoches, cabas et autres
cartables ont le chic pour les
embarrasser et si, d’aventure,
ils mettent la main sur un
modèle qui leur convient,
ils ne le lâcheront plus pendant
des années. Maroquinier de
naissance, l’anglais Mulberry
a bien saisi la particularité de
ce marché et se repositionne
sur le créneau des accessoires
pour homme en allant
à l’essentiel. Sa nouvelle
ligne Heritage imaginée par
Johnny Coca se concentre
sur des classiques. La besace
de pêcheur, le Backpack ou
le Weekender sont déclinés
dans des beaux cuirs solides,
teintés de coloris chics et virils.
quartiers libres
Très confortable
avec ses grandes
oreillettes
ouvertes.
Impédance
150 ohms, idéale
pour une chaîne
hi-fi. Restitution
homogène de tout
le spectre sonore.
Sennheiser HD
660 S, 499 €
(Sennheiser.fr).
A l’aise avec une
chaîne hi-fi ou
un appareil mobile
(impédance
35 ohms). Très
bonne isolation
sonore. Réponse
en fréquence
de 5 à 40 000 Hz.
Audio-Technica
ATH-MSR7SE,
329 € (Eu.audiotechnica.com).
Réducteur de bruit
variant selon
les nuisances, y
compris la pression
atmosphérique,
en avion.
Personnalisation
audio par
application mobile.
Son profond en
Bluetooth mais
catastrophique
en filaire.
Sony WH-1000XM2,
380 € (Sony.fr).
Design parfait pour
ce modèle Bluetooth
et filaire. Excellent
système anti-bruits
ambiants mais
manque cruel
de clarté dans
les aigus.
Bowers & Wilkins
PX, 399 €
(Bowers-wilkins.fr).
TECHNO LES CASQUES DE SALON SUR
Pour audiophile confirmé ou simple amateur, il est désormais possible de trouver un modèle haut de gamme sans
D
es basses soyeuses, des aigus
doux et cristallins,
une scène sonore
large et détaillée,
une pression modérée sur les
oreilles… Voilà les caractéristiques
principales que l’on est en droit
d’attendre d’une paire d’écouteurs de
salon. Que l’on soit audiophile
confirmé ou simple amateur, il est
possible de trouver des produits de
qualité dans une fourchette comprise
entre 250 et 500 €. Les références
plus coûteuses, supérieures à
2 000 €, n’apporteront de plus-value
qu’à ceux disposant d’un matériel hi-fi
irréprochable de bout en bout.
Plébiscité par les puristes, le casque
ouvert se compose de transducteurs
(les mini haut-parleurs) dits
« ouverts » car ils laissent passer l’air,
et donc le son, vers l’intérieur ou l’extérieur. Cela assure une image stéréo
large et naturelle, idéale pour la musique classique ou le jazz lorsque l’on
cherche à se représenter la position
exacte des instruments. Revers de la
médaille, ce type de produit isole peu
des bruits extérieurs et peut inversement représenter une nuisance pour
les proches. Notre choix ira vers
106 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
l’exemplaire Sennheiser HD 660 S ou
l’étonnant Audio-Technica ATHAD900X (seulement 339 €).
Adapté aux musiques modernes, le
casque fermé dispense des basses
profondes grâce à ses larges transducteurs. Sa conception « fermée »
garantit une bonne isolation acoustique ainsi qu’une compression des
fréquences bas medium qui sied à
merveille au rock, à la pop comme
à l’électro. C’est la meilleure option
pour écouter sa musique dans sa
bulle. Notre préférence se portera
sur l‘excellent ATH-MSR7E d’AudioTechnica qui améliore le très populaire
ATH-MSR7. Désormais à moins de
200 €, ce dernier représente la
meilleure affaire du moment.
Star incontestée de la génération
mobile, le casque nomade, filaire et
Bluetooth à la fois, se distingue par
sa grande polyvalence. A l’aise à la
maison comme dans les transports,
il est généralement livré avec un
cordon incorporant un micro et des
touches afin de répondre aux appels
de son mobile ou gérer sa musique.
Il ne fait aucune concession en matière de qualité sonore mais sa compacité pèse sur son confort. Nous
déconseillons l’écoute en Bluetooth.
SPECTRAL-DESIGN/STOCK.ADOBE.COM
D É C O
PHOTOS : DR
En Bluetooth
ou filaire, bonne
isolation des
basses et des
aigus détaillés.
Bien dans toutes
les situations.
Le meilleur
des casques
nomades. Focal
Listen Wireless,
249 €
(Focal.com).
ÉCOUTE
se ruiner. Notre sélection.
S’il est commode de se libérer du
câble de liaison, cela se fait pour
l’instant au prix d’une perte de
qualité, notamment dans les
fréquences aiguës. Même constat
pour les réducteurs du bruit que l’on
veillera à désactiver en dehors des
transports. Nous avons été bluffés
par l’excellent Listen Wireless de
Focal. En mode filaire, il se hisse au
niveau des meilleures références
fermées de salon. Seul bémol, la
pression importante de l’arceau sur
le crâne l’exclut d’emblée des
longues sessions d’écoute. A bon
entendeur… PASCAL GRANDMAISON
OSONS OZOO
« Il y en a qui contestent,
qui revendiquent et qui
protestent, moi je ne fais
qu’un seul geste : dessiner
un meuble qui reste »,
aurait pu chanter
le designer et architecte
Marc Berthier lorsqu’en
1968 il créait et faisait
éditer par Roche Bobois
la célèbre collection Ozoo.
Cinquante ans plus tard
sont réédités le bureau
et la chaise devenus les
meubles iconiques d’une
époque inspirée par
l’évolution des techniques
et l’accès à de nouveaux
matériaux. Chaque pièce
en plastique était moulée
d’un seul tenant, enduite
d’un gelcoat faisant ressortir
l’éclat d’un jaune ou d’un
rouge revitalisants, à l’image
de la frénésie décoratrice
qui emportait alors
les Français désireux de
bousculer leur cadre de vie,
de chahuter les codes
en apportant un peu de
fantaisie. « Choisir de
les rééditer est, à bien
des égards, une très bonne
démarche, confie l’auteur
de ces deux modèles réalisés
en résine polyester laquée,
dans cinq coloris. Ceci
pour leur forme, leur
fonction, leur couleur, leur
brillance, leur style et
leur esprit. » Avis partagé.
L. H.
Collection Ozoo, en blanc, noir,
jaune, rouge et marron glacé,
bureau 1 480 € et chaise 690 €
(Roche-Bobois.com).
LA TENDANCE DE
LAURENCE HALOCHE
LE TERRARIUM,
ÇA DÉPOTE !
C
iel bas et laiteux, neige et vents coléreux. Après
un hiver rigoureux, la messe est dite. Dans les
jardinières endeuillées de blanc, la vie grelotte,
agonise. En pénitence, les cyclamens crient amen ; les
pensées peinent à réfléchir à leur avenir ; même les
conifères commencent à sentir le sapin, déprimés de
voir d’autres mini-coins de verdure les narguer. Bien à
l’abri sous leur cloche de verre, les terrariums affichent
en toute saison une santé insolente, une assurance
vantarde : ils vous invitent à cultiver votre jardin
intérieur. Rien que ça ! On ne badine pas avec ces
amours de jardinets qui, nés à l’époque victorienne,
sont redevenus à la mode sous une forme plus élaborée,
plus décorative. Leur conception est désormais l’affaire
de spécialistes qui cogitent comme des fous pour offrir
aux urbains en mal de nature des univers de poche aussi
beaux que dépaysants. « Capture d’une émotion en forêt,
poésie de silence et de sève, chaque modèle vous immerge
dans l’atmosphère d’un sous bois ou d’un jardin zen
moussu », lit-on sur le site de Jade Design, présenté
comme l’orfèvre de la joaillerie végétale.
Autre référence en herbe, la marque Green Factory propose des écosystèmes miniatures autonomes. Quelques
gouttes d’eau et
quelques rayons de
soleil suffisent à
l’épanouissement
d’un ficus, d’un asparagus, d’un pépéromia ou d’un
fittonia. Plus orginal est le terrarium
caféier (Nature & Découvertes) ou les plantes carnivores
(Truffaut). Mais la tendance du moment reste l’aventure
d’une création personnelle.
Des ateliers sont organisés pour se faire la main (Leroy
Merlin) avant d’acheter un kit (Le Coin de jardin, Bulle
verte) pour se lancer chez soi. Le chic du chic est alors de
réaliser sa propre composition dans l’un des nouveaux
vases, Plant*(photo), dessinés par le célèbre designer
anglais Tom Dixon. Le site délivre un mode d’emploi et un
outil bien utile pour placer l’ensemble des éléments.
Certains ajoutent même de mini-figurines : un alpiniste,
un cheval, un bouddha... Ces jardins intérieurs là n’ont
plus de secret pour personne.
* Petit modèle 155 €, grand modèle 290 € (Tomdixon.net/catalog).
23 FÉVRIER 2018 - LE FIGARO MAGAZINE 107
quartiers libres
L A
T A B L E
D E
M A U R I C E
S A V E U R S
B E A U D O I N
LE JAMBON DU
COCHON NOIR
Bellota-Bellota est une marque
française de jambon qui a su
tirer profit de deux grands
savoir-faire, espagnol et
français, au service d’une même
passion : le cochon noir. Du
côté espagnol, on affirme qu’il
donne le meilleur jambon du
monde, mais aussi le meilleur
de la cuisine ibérique ; côté
français, on aime l’excellence
de sa chair et son goût de noisette. Le porc de race ibérique
se nourrit d’herbes et de
glands de chêne (bellota)
pendant la saison froide et
traverse les mois chauds avec
les réserves accumulées comme
principale ressource énergétique.
Sa variété est issue de la
péninsule ibérique, dont la
génétique a comme caractéristique de stocker la graisse
entre les muscles. Ces cochons
passent les trois à cinq derniers
mois de leur vie à manger des
glands et de l’herbe, ils en
ingurgitent 10 kilos par jour et
grossissent jusqu’à 1 kilo par
jour. Ils sont menés vers l’abattoir beaucoup plus tard que les
porcs blancs. VÉRONIQUE ANDRÉ
AUX BONS CRUS : UN ROUTIER
ET DES CLIENTS SYMPAS
DR
eunes et jumeaux. A 28 ans, Margot et Félix
(photo) viennent d’ouvrir Aux Bons Crus, un
restaurant dans la tradition des routiers, ceux
que Max Meynier, l’animateur de RTL, a rendus
célèbres dans les années 1980. Les nouveaux
tenanciers ont de qui tenir. Leur père, Jérôme
Dumant, et son frère Stéphane ont eu le culot
d’installer un routier, précurseur, dans le
XVIe chic, au pied du musée d’Art moderne.
Un succès !
Aux Bons Crûs du XIe, c’est la réplique du routier
du XVIe. Même esprit, mêmes plats abordables,
même ambiance chaleureuse. Près de la place
Léon-Blum, c’est le XIe chic. Beaucoup de
beaux immeubles à ce carrefour de la rue de La
Roquette et du boulevard Voltaire, où le métro
est à deux pas.
Sur les tables, on retrouve les nappes à carreaux
rouges et blancs ; au mur, les
menus anciens de la collection
de papa. Deux miroirs gravés,
à la gloire du chinon et du
rhum à travers le monde, ont été
chinés aux puces, quelques tables
tranquilles dans un angle de l’entrée, une rangée
de petites banquettes en vis-à-vis, pour 2 à
4 couverts, face à un alignement de tables.
Le chou farci coûte 14,50 €, la choucroute garnie
16 €, la tête de veau ravigote 15 € ; les quenelles
de brochet, comme à Lyon, 17 €. C’est bon, bien
servi et avec le sourire. Car ce routier du XIe, dirigé
par deux jeunes, compétents et sympathiques,
se veut un lieu convivial, où la clientèle est heureuse. On vient ici pour se régaler de plats du
terroir : terrine maison, saucisson brioché à la
lyonnaise, saint-marcellin rôti et mâche, œufs
en meurette, haricots verts et champignons
crus, avocat vinaigrette, œufs mayonnaise.
Avec ces propositions, Aux Bons Crus va faire
le plein. Voilà un restaurant comme avant, où
l’entrecôte maître d’hôtel peut être servie parfaitement bleue mais aussi un steak tartare où
une omelette au fromage. Le mille-feuille
maison est impressionnant, comme l’île flottante
aux pralines roses. Vins au verre : 4,50 € et belle
carte des vins, à prix doux. Dans le XIe, les
routiers sont sympas et les patrons aussi.
R. HAUGHTON - M. BENNETT
J
Aux Bons Crus, 54, rue Godefroy-Cavaignac, 75011 Paris
(01.45.67.21.13). Formule une entrée, un plat : 16 €. Poulet du samedi :
15 €. Carte : 26 à 32 € (3 plats, sans boisson). Fermé le dimanche.
Le savoir-faire ne s’acquiert pas d’un
claquement de doigts. Voilà plus de
deux siècles que la manufacture Revol
fabrique, dans le nord de la Drôme, à
Saint-Uze, des porcelaines traditionnelles haut de gamme. Fondée en 1768,
elle a vu se succéder à sa direction
neuf générations de la même famille.
Une longévité rare entretenue par une
créativité permanente. Ainsi les nouvelles collections imaginées pour les
250 ans de la maison offrent-elles des
108 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
PHILIPPE BARRET
ARTS DE LA TABLE UN AUTRE SON DE CLOCHE !
propositions originales, et parfaitement dans l’air du temps. On aime,
notamment, le panier à dim sum
– petit mets cuit à la vapeur, en
chinois « cœur à petite touche » – qui,
emprunté à la gastronomie asiatique,
peut aisément trouver une place sur
toutes les tables (photo). Alternative à
l’étuve en bambou, il donne envie de
se lancer dans la préparation de
gyoza, jiaozi et autre siu mai ou d’oser
l’expérience d’une recette nécessitant
un fumage. Plus classique est son
utilisation permettant un simple
service sous cloche. On dévoilera au
dernier moment les bouchées de
poulet, petits choux farcis ou rubans
de légumes vapeur servis et maintenus à la bonne température. Un, deux,
trois, surprise ! LAURENCE HALOCHE
Set panier, cloche et assiette
en céramique, coloris noir,
bleu, gris et blanc, 68 €
(Revol.boutiquesinternet.fr).
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LE CHOIX DU
“FIGARO MAGAZINE”
Les caves troglodytiques
du Clau de Nell.
LA LOIRE SOUS INFLUENCE BOURGUIGNONNE
Domaine en pleine renaissance,
le Clau de Nell, en Anjou,
étonne par la qualité de ses cuvées.
L
es vieilles vignes sont isolées sur le point
culminant de la commune d’Ambillou-Château
(49), à 100 mètres d’altitude. « Il y a beaucoup de vent ici. Cela permet d’assainir
la culture », explique le régisseur Sylvain
Potin, ancien sommelier devenu vigneron, au Chili puis
en France. La Loire coule un peu plus loin, au nord. Sur
ce site sont cultivés 10 hectares en tout et pour tout, dont
la moitié de pieds de cabernet franc quadragénaires à
l’origine de cuvées très élégantes, déjà comparées à
celles du prestigieux Clos Rougeard, à Chacé. L’hectare
de cabernet sauvignon affiche 60 ans. Les deux où
pousse le grolleau en ont dix de plus et donnent un cru
fruité, légèrement poivré, sans rapport aucun avec les
vins de soif souvent associés à ce cépage. Seule une petite
surface de chenin a été plantée récemment. L’ensemble
est cultivé en biodynamie depuis 18 ans. « Ici, toute l’attention est mise sur la vigne. Nous privilégions le végétal.
La base de notre travail, c’est un raisin sain cueilli à belle
P A P I L L E S
E T
maturité. Ensuite, nous intervenons le moins possible.
Nous partons du principe que chaque action peut nuire
au vin, du moins risque-t-elle de lui enlever quelque
chose. Donc, nous ne le filtrons pas. Cela ne nous empêche pas d’obtenir des cuvées brillantes, limpides »,
reprend Sylvain Potin. Ce domaine était en liquidation
judiciaire quand il fut acheté il y a dix ans par les Bourguignons Anne-Claude Leflaive, disparue depuis, et
Christian Jacques. Ils gardèrent le nom (une blague
autour des prénoms de Claude et Nelly Pichard, les anciens
propriétaires) et ajoutèrent un phénix sur l’étiquette. Ces
experts du pinot noir et des chardonnays, persuadés du
potentiel de l’exploitation, recrutèrent Sylvain Potin et se
lancèrent dans la production de cuvées avec un degré
d’exigence très élevé. Le terroir leur rend bien leurs
attentions. La qualité est au rendez-vous. Les millésimes
successifs sont conservés dans de surprenantes caves
troglodytiques creusées il y a plus de trois siècles. Bonne
nouvelle pour les amateurs : si le Clau de Nell est rare,
les prix sont encore très sages. Ce qui pourrait ne durer
STÉPHANE REYNAUD
qu’un temps.
Clau de Nell, cabernet franc 2015, 26,30 € ; Clau de Nell,
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milliers d’exemplaires par an, les flacons
numérotés de la Chartreuse verte VEP
se font de plus en plus rares. Supprimé,
le format 50 cl. Rupture de stock sur de
nombreux sites. On priera bientôt sainte
Rita pour dégotter cette grande dame
au Vieillissement Exceptionnellement
Prolongé, présentée dans son coffret en
bois marqué au fer rouge, le bouchon et
110 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
EMBARGO ANEJO
ESPLENDIDO
Voici un nouveau venu
au nom de cabaret tropical
qui réunit le côté aérien
du rhum dit léger et
les parfums sophistiqués
de sa version agricole.
Assemblage de spiritueux
de Cuba, Trinité-et-Tobago
et de Martinique,
il se montre subtilement
épicé, révèle des arômes
de cardamome, de cannelle,
de miel d’acacia
ou de fleur d’oranger.
Un must du genre. Rond en
bouche, pas rentre-dedans
pour un sou, cet élégant
mérite toutes les attentions
dès le début de soirée.
Les amateurs de cocktails
lui trouveront de grandes
qualités en short drink
comme en long drink. Avec
cet alcool, on croyait entrer
dans un club d’aventuriers
sur l’île de la Tortue et
on se retrouve sur
le pont supérieur
d’un paquebot
de luxe en
partance pour
une croisière
caribéenne.
la contre-étiquette scellés à la cire avec
l’emblème de la Grande Chartreuse.
Seuls deux moines, frère Jean-Jacques et
dom Benoit, détiennent encore la recette
secrète de cette liqueur aux 130 plantes
et fleurs, inspirée par le manuscrit du
maréchal d’Estrées (1605). Sa noblesse ?
Rester dix ans en foudre de chêne dans
les caves de Voiron, en Isère : le temps
d’accompagner une belle concentration
des arômes. « Deux bouteilles éditées
pour les JO de Grenoble en 1968 se sont
vendues 7 000 euros. Mais à part quelques spéculateurs, les vrais amateurs de
Chartreuse sont surtout très attachés à
l’histoire de cette congrégation », précise
Alain Pras, collectionneur (photo, édition
« boîte-livre » de 1964). Son conseil :
la déguster sans glaçon. Ce serait un
sacrilège de dénaturer une VEP à la
Vigueur (54°) Excellemment Préservée.
LAURENCE HALOCHE
L ’ AIR
DU TEMPS
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adeptes du charme mauricien
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A
112 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
550 millions de francs suisses, soit 477 millions
d’euros ! A l’origine du Bürgenstock, il y avait deux hôtels,
érigés en 1871 et 1913 et fréquentés par l’élite mondiale
(de Nehru à Chaplin…). Sans oublier quelques villas
dont celles de Sophia Loren, transformée en restaurant, et d’Audrey Hepburn qui épousa Mel Ferrer
dans la chapelle voisine, encore debout. Demeures
historiques qui cohabitent désormais en parfaite harmonie
avec les bâtiments contemporains dont le Bürgenstock
Hotel et son spa géant, construit au ras du précipice,
offrant à ses nombreux saunas, hammams, piscines et
bassins, une vue inouïe.
Côté chambres, là encore ce 5 étoiles fait un sansfaute : chacune dispose d’une cheminée (au gaz) et
d’une baignoire rectangulaire installée dans une niche
vitrée vertigineuse donnant sur le lac. Nombre de détails
rendent l’occupation des lieux plaisante, comme le sol
chauffé de la salle de bains ou des veilleuses qui, la
nuit, se déclenchent sur votre passage… Le gigantisme
des lieux a aussi ses revers : un manque singulier d’intimité, notamment dans les restaurants. On vient ici
pour se ressourcer et pour profiter de Lucerne, la destination touristique la plus prisée de la Suisse alémanique
et plutôt méconnue des Français. Mais le Bürgenstock
reste d’abord une attraction. Comme un décor de film,
entre James Bond et Les Canons de Navarone. Son
agencement spectaculaire tient de l’exploit et… laisse
PH. V.-D.
sans voix.
Bürgenstock Hotel (00.41.41.612.60.00 ;
Buergenstock.ch). De 560 à 950 € la nuit.
DR
À LUCERNE, L’HÔTEL DE LA DÉMESURE
Près d’un demi-milliard d’euros a
été investi pour métamorphoser le
mythique Bürgenstock en plus
vaste resort de luxe d’Europe.
Visite exclusive au cœur d’un hôtel
de titans.
tteindre le nid d’aigle posé sur la
crête du Bürgenstock, en aplomb
du lac des Quatre-Cantons, à Lucerne, se mérite. Après avoir emprunté un bateau, un funiculaire
privé propulse les hôtes en trois minutes à plus de
900 mètres d’altitude. Là-haut, la promesse d’un paysage époustouflant, mélange de rives brumeuses, de
sommets enneigés et d’alpages verdoyants. Les plus
courageux prendront le plus haut ascenseur d’Europe,
une attraction digne d’un Luna Park : 152 mètres
qu’une cabine transparente gravit en moins d’une minute. Une folie à l’image d’un complexe hôtelier déployé sur plus de 60 hectares, répartis en 30 espaces
différents dont le plus grand spa d’Europe
(10 000 m2). Trois hôtels (un pour les loisirs, l’autre
pour le business et le dernier dédié aux soins esthétiques), 12 restaurants et bars, plus de 380 chambres
(dont une suite royale de 700 m2), un cinéma, un golf
9 trous, un court de tennis couvert aux allures de cathédrale et une patinoire résument en quelques chiffres ce dernier-né de l’hôtellerie helvétique sur lequel
veillent 600 employés. Le plus époustouflant reste le
montant de la facture réglée par Katara Hospitality :
P L A N
sud-africaine Kelly Hoppen, ce
magnifique resort au design très
tendance dispose d’une immense
piscine chauffée de 2 000 m2 en
surplomb du lagon. Le séjour de
5 nuits y est proposé à 1 224 €
au lieu de 1 529 € pour un départ
mi-juin, vols inclus. S’ajoute à ces
tarifs avantageux, la possibilité,
moyennant un surplus de
9 euros, d’échelonner le paiement
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OÙ L’ON REPARLE D’INFLATION
a Banque postale
planche elle
L
aussi sur une banque
L
E
C
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FRANCOIS BOUCHON/LE FIGARO
O
n l’avait oubliée. Après des années de lutte contre
la déflation, de prix contenus, de baisse des taux
d’intérêt et de salaires gelés, l’inflation semblait
avoir disparu. « Les investisseurs et les décideurs politiques
se sont tellement habitués à l’inflation faible qu’une inversion
de tendance pourrait constituer une mauvaise surprise.
L’inflation n’est pas morte. Elle n’était qu’en sommeil », rappelle Patrick Zweifel, chef économiste chez Pictet AM.
Comme souvent, c’est des Etats-Unis que vient le changement. Sur un an, l’indice américain des prix à la consommation a progressé de 2,1 %, un peu au-dessus de la cible de 2 %
de la FED. Ce n’est pas grand-chose, mais les professionnels
s’interrogent. La Banque centrale américaine relèvera-t-elle
plus rapidement ses taux, prenant acte de cette nouvelle
conjoncture ? Les paris sont ouverts et les investisseurs sont
nerveux.
L’économie mondiale est repartie et les taux commencent à
se tendre. Rien d’alarmant : en France, l’OAT 10 ans rapporte
seulement 1 %, mais aux Etats-Unis les bons du Trésor à
10 ans avoisinent 2,8 %. La tendance est en train de s’inverser. D’autres signes le montrent : les salaires des Américains
ont augmenté de 2,9 % en janvier, du jamais-vu depuis près
d’une décennie. Les métallurgistes allemands ont obtenu de
substantielles hausses de leur rémunération et, en France,
les entreprises sont plus enclines à augmenter le salaire des
cadres. Comment les Bourses vont-elles réagir à cette nouvelle ère de remontée des taux ? Et notamment la place américaine ? « Avec un taux de chômage aussi bas, une croissance fortement stimulée par les réductions d’impôts et les
augmentations de dépenses annoncées, l’inflation a toutes
les chances de reprendre. Cela pourrait déclencher de nouveaux retraits sur les marchés alors que les investisseurs
s’inquiètent du niveau des taux d’intérêt américains » expli-
que Luke Bartholomew, stratégiste chez Aberdeen Standard
Investments. Pour beaucoup, un recul des indices, surtout
européens, serait un signal pour réinvestir.
Les experts ne sont pas alarmistes. « La correction des marchés d’actions, aux Etats-Unis et dans la zone euro, pourrait
être modérée » estime Patrick Artus, chef économiste de
Natixis. Pour l’heure, il ne fait toutefois pas bon faire ses
comptes : selon Europerformance, les sicav actions (tous
marchés confondus) ont perdu 4 % depuis le début de l’année (chiffres arrêtés au 9 février), les sicav actions françaises chutant de 3 % et les américaines de 4,6 %, tandis que
les fonds obligataires reculaient de 1,41 % . CAROLE PAPAZIAN
I
F
F
R
E
FABRICE VALLON/NATIXIX
LES CHINOIS REPRÉSENTENT DÉJÀ 30 % DE L’ÉPARGNE MONDIALE
Et s’il fallait tenir
compte d’un nouvel
élément pour prédire
l’orientation des
marchés ? C’est
l’idée de Patrick
Artus, le chef économiste de Natixis
qui a calculé que les Chinois
représentent déjà 30 % de l’épargne
mondiale (contre 8 % en 2002) et
qu’ils pourraient atteindre 50 %
dans dix ans. « Les choix d’investissement de leur épargne par les
Chinois peuvent donc potentiellement jouer un rôle très important
dans la détermination de l’équilibre
des marchés financiers », souligne
Patrick Artus. Pour l’heure, la Chine
contrôle les sorties de capitaux et
ce sont donc les choix de la Banque
114 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
centrale qui comptent (ses réserves
de change). Mais cela pourrait
changer quand le contrôle des
changes sera levé. « On pourrait
avoir de fortes sorties de capitaux
et des mouvements très importants
des marchés financiers causés
par les choix d’investissement
des agents économiques privés
C. P.
en Chine. »
digitale alors que la
plupart des grands
réseaux ont déjà la
leur (Hello Bank !
pour BNP Paribas,
Boursorama pour
Société générale…).
Pour l’instant on ne
connaît encore rien
de l’offre de la petite
nouvelle, mais Rémy
Weber, président du
directoire de La Banque
postale, a annoncé
que cette nouvelle
banque serait testée
à la fin de l’année
auprès de clients et
de collaborateurs.
Le lancement auprès
du grand public est
prévu au printemps
2019. Et le nom est
déjà arrêté. Ce sera
Ma French Bank.
La Banque postale a
d’ores et déjà obtenu
l’agrément nécessaire.
C. P.
ÉTUDE
LES ACTIONS
ONT LA COTE
rès d’un Français
sur deux estime
P
que les actions sont
le placement le plus
intéressant sur le
long terme, selon
l’Autorité des marchés
financiers (AMF).
Diversifier ainsi son
épargne est une
bonne idée pour plus
de la moitié des
personnes interrogées.
C’est surtout vrai
de celles qui
possèdent un
patrimoine financier
de plus de
50 000 euros, et des
cadres. Si les Français
investissent toujours
massivement dans
l’immobilier et l’assurance-vie, ils ont
acheté un peu plus
d’actions en 2017
du fait des faibles
rendements de
l’épargne garantie. M. B.
RUBRIQUE COORDONNÉE PAR CAROLE PAPAZIAN
L’ART DE VIVRE avec
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< MOTS CROISÉS >
R
I
L
L
Horizontalement
1. Guère civile. Rongeur... voisin du lion.
2. Nom d’une pipe. N’apprécie que le
naturel.
3. Lait tourné. Pas lourd... si on le met au
pas. Un corps sans queue ni tête. Renouvellement d’une ordonnance.
4. Retirée par la droite. Editeur clandestin
de Pascal.
5. En feu. Loti dès 1850. Appartient au
passé, mais il reviendra bientôt. Mis en
boîte.
6. Employés dans des galeries. Auxiliaire
d’un chef de bande. Loupe.
7. Vieux plat campagnard. Un tas
désordonné. Celle-là, elle connaissait la
musique.
8. Vase rouge. Plateau à fromages. A fini
son service. Possessif.
9. Le deuxième du 4 horizontal peut
figurer parmi eux. Des gouttes d’eau.
10. Surchargés. Des rires... fous. Possèdent.
11. Déraillements sur la voix. Mauvais jour
pour les Anglais. En piste.
12. A l’envers : pâte à boulets. L’accent du
Puy-de-Dôme.
13. Un peu de marc. Une réponse à la
grossièreté d’Ubu. Galette roumaine.
Au-delà de Rome.
14. Pied à terre. Muse. C’est après son
mariage qu’elle a eu des vents.
15. Dassin en ferait un ferrailleur. Grossier
personnage. A l’envers : retraite de César.
16. Font souvent la haie. Agit en rosse.
Bonne conduite.
17. A la gauche de la droite. S’amuse
quand il est au théâtre. Dernière
en lettres grecques. Fleur bleue.
Article.
18. Fit passer un courant. Pierre d’aire.
Fait des trous, mais pas seulement en 14.
19. Mobiles. Mme de Maintenon l’était
grâce à ses parents.
20. Garde-manger. La connaître est un
enchantement.
Verticalement
1. Apostrophes ou points d’interrogation. Femme en carte.
2. On y serre les miches. Lieu de repos. Ondulation du merlan. Font le
tour des bassins tahitiens.
3. Mode peut-être, commode sûrement. Cercle de jeu. Fièvre de cheval.
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4. Petite pièce d’autrefois avec vues
sur la campagne. Ont fait la réputation d’un « barbier » de Paris. Un mot
d’encouragement.
5. Potentiel d’oxydo-réduction (d’un
corps) défini par le logarithme de
l’inverse de la pression de l’hydrogène
moléculaire. Couvre-lit asiatique. Un
peu trop familier pour une reine
d’Egypte. Une tranche de salami.
6. Vert doux. Se jette deux fois dans
le Rhin. Possessif. Corse à calanques.
7. Un trésor est caché dedans. Tranche dans le temps. Faisait monter à
l’autel. Vague réunion.
8. Est à l’origine de bien des crises.
Barbe. On la préfère pas du tout salée.
9. Est-elle mieux comme ça pour
donner son coup de pied ? Une adresse
enviable. En argot. Resserre.
10. Ses exploits sont assez décourageants. Test.
11. Ancien percepteur passé dans l’illégalité. Coco. Vieux serviteurs.
12. N’est plus ce qu’il a été. On le faisait
sans permission. S’oppose à tout.
Hala. Une jolie fille dans une peau de
vache.
13. Très difficile à supporter. Batteur...
dans la symphonie pastorale. Un dur
dans un sens comme dans l’autre.
Mots croisés
Solution du 16 février
Horizontalement : 1. Biffins. Epistaxis. Va. 2. Illusionnistes. Livie. 3. Elan. Cave. Atteinte. 4. Nénies.
Tourlourou. Id. 5. Fe. Croquis. Inconsolé. 6. Atours. Ein. Es. Clé. 7. IV. Lé. Ve. Sic. Après. 8. Simarre.
Vaseuse. Rass. 9. Aloi. Ermenonville. SE. 10. Narrateur. Ineffables. 11. Cité. Oui-dire. Fêtée. 12. ENA.
Susdite. El. Inule. 13. Elytres. Léandre. 14. Ivan. Empeste. Pi. 15. Lutèrent. Isâ. Drelin. 16. Alès. Moelle.
Heures. 17. Té. Senteurs. Is. Me. 18. Ambiance. Erosion. Mec. 19. Nain. Tendues. Eue. 20. Essor. Stars.
Astreint.
Verticalement : 1. Bienfaisance. Platane. 2. Ille-et-Vilaine. Ulémas. 3. Flan. Mortalité. Bis. 4. Funiculaire.
Yves. Ino. 5. Is. Errer. Star. Sa. 6. Ni. SOS. Retournement. 7. Soc. Véreuse. Nonces. 8. Nature. Muids.
Tètent. 9. Envoi. Verdi. Le. Da. 10. Pieuse. An. Item. Lueur. 11. Is. Issoire. Pierres. 12. Stalinienne. Es.
SOS. 13. Téton. Cuve. Elsa. 14. Astuce. Sifflet. Haies. 15. Eros. Elfe. Aède. Out. 16. Ilion. Latin. Ruiner.
17. Sinus. Prébendiers. 18. VT. Ocra. Leur. Le. Moi. 19. Vieillesse. Lépisme. 20. AE. Déesses. In. Ecot.
116 LE FIGARO MAGAZINE - 23 FÉVRIER 2018
Couv16_Mise
1
7 11:03 Page
en page 1 15/12/201
100 %
14. Mot de la fin. Manifestation de
mauvaise humeur. Ancienne école de
médecine. Appareil de projection.
15. Vieux béguins. A l’envers : dessous
de table. Père et fils... mais pas tel.
16. Leurre. A fait de belles coupes. Est
de l’été.
17. Lettres de Metternich. Commune
en 91. Cardinaux. Petit bois pas sec.
18. Tableau de valeur. Morceau de lapin. Ile grecque. Un colonel très résistant. Cardinal confus.
19. Transpiration. Demi-mal. Amer
comme chicotin.
20. A l’envers : marche de cavalerie.
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Problème n° 1852
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BIEN
BLASPHÉMER
TUYAUTERIE
QUI
CHERCHE
À SÉDUIRE
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CE QUI LE
FAIT SE
DÉCLENCHE
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SUPER
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FER EN
CORNIÈRE
SA TOUR EST
MYTHIQUE
BOÎTE
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ARGENTINE
AFFECTÉ
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ESTAMPILLE
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VIVRE POUR
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DES MINES
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CHEVILLARD
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CŒUR
CONFRONTATION
VIOLENTE
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SA BICHE
SÉCHÉ
FÉTU
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GRÈCE
BORDS
CASSÉS
AJOUTA DE
L’ÂPRETÉ
PARTIE DE
BRIDGE
DONT
ON EST
CONSCIENT
BRUSQUE ET
CASSANT
POSTURES
DE YOGA
ÉLÉMENT
RADIOACTIF
IL DONNE
LES ORDRES
TROP
LONG
EST
INTERDITE
EN SPORT
200
EN ROMAIN
Solution du problème n° 1851
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Rappel des règles du Su Doku : une grille est composée de 81 cases, soit 9 carrés (9 blocs de 9 cases). Le joueur doit compléter la grille avec des chiffres allant
de 1 à 9. Chaque chiffre ne peut être utilisé qu’une fois, et une seule, dans chaque ligne, dans chaque colonne et dans chaque carré.
LES ASTUCES DE LA DIABOLIQUE DU NUMÉRO PRÉCÉDENT :
Difficulté : ✰✰✰✰✰
Un partage simple, A7-A8 = 2-5 (C4-C3 et I9-G9), A9 = 9 est immédiat.
F8 = 9, C9 = 6, C8 = 8, C7 = 4, H9 = 8, H8 = 4, G2 = 4, I2 = 9, I8 = 7,
F9 = 1, F3 = 6. On voit G1-I1 = 6-8 (F3-D3 et H4-H9), ce qui conduit
à B1 = 2 candidat unique. H3 = 2, B3 = 4. Bien visibles sont les couples
binaires A2-B2 = 6-8 et G5-G6 = 2-9. Il reste à pourvoir dans la colonne
C 1-3-7 et dans la colonne H 1-3-5-7. Ce qui met en évidence les cases
binaires H5 = 1-7 (un 5 en H1 ou H2), et C5 = 1-7, de plus H6 = 3-7 et
C6 = 3-7. A4 = 3 est certain (découpage secteur). C2 = 3, A1 = 7, A3 = 1,
I3 = 3, A5 = 4, E4 = 4, C5 = 1, C6 = 7, F4 = 7, E2 = 7, E1 = 1, D1 = 3, F2 = 5,
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Problème n° 553 : Hop là !
Solution du problème n° 552 :
Un quadra qui se porte bien
Contrat : 3SA par Sud.
Entame : 4 de ♠,
pour la Dame d’Est.
♠ A542
♥ A5
♦RD
♣RV743
Les enchères, Nord donneur, personne vulnérable.
S
O
1♦
2♠
3♦
4♣
6♦
1♠
passe
passe
passe
fin
Nord
1♣
contre
2SA
3♠
4♥
E
passe
passe
passe
passe
passe
0
♠D
♥ 72
♦ AV97643
♣A65
Entame : Roi de ♥.
Votre séquence poussive vous a conduit à un chelem fort convenable.
Prenez toutes vos chances.
Ph. C.
Solution la semaine prochaine
♠76
♥D863
♦AV
♣DV987
♠ A 10 8 4 3
♠D92
N
♥75
♥ 10 9 4 2
O
E
♦ 10 6 4 3 2
♦R95
S
♣4
♣R53
♠RV5
♥ARV
♦D87
♣ A 10 6 2
Ce facile exercice est extrait du mensuel Bridgerama qui vient de faire peau
neuve en confiant la responsabilité éditoriale à vos chroniqueurs du
Figaro Magazine, Michel Bessis, Philippe Cronier et Jean-Christophe Quantin.
Et en adoptant une nouvelle maquette.
Si vous prenez la Dame de ♠ du Roi et réussissez les impasses aux deux Rois
mineurs à votre disposition, vous réaliserez sans douleur douze levées.
Toutefois, une impasse perdante à ♦ aboutirait à la chute du contrat pour peu,
ce qui est probable, qu’Ouest possède cinq cartes à ♠. Assurez vos neuf levées
en prenant le Valet de ♥ de la Dame (une levée sacrifiée dans cette couleur)
et en tentant l’impasse au Roi de ♣.
Même son échec vous laissera à la tête de trois ♥, quatre ♣, un ♠ et un ♦ car
vous aurez appelé l’As du mort si Ouest, après le Roi de ♣, a contre-attaqué à ♦.
Comment jouer en tournoi par paires où chaque levée compte ? Question sans
bonne réponse, dépendant de votre goût pour l’aventure.
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Président : Serge DASSAULT. Directeur général : Marc FEUILLÉE. Directeur général adjoint : Jean-Luc BREYSSE. Directeur des rédactions : Alexis BRÉZET. Directeur de la rédaction
du Figaro Magazine : Guillaume ROQUETTE. Directeur délégué de la rédaction : Jean-René Van der PLAETSEN. Directeur artistique : Joseph MAGGIORI. Directeur adjoint de la
rédaction (culture et art de vivre) :Jean-Christophe BUISSON. Directeur de la photo et des reportages : Cyril DROUHET. Conseiller éditorial : AnneSophie Von CLAER.Rédaction en chef (France) :Carl MEEUS. Rédacteur en chef relations extérieures : François DELÉTRAZ. France : Véronique GROUSSET (rédactrice en chef),
Ghislain de MONTALEMBERT (rédacteur en chef adjoints), Christophe DORÉ, Charles JAIGU, Guyonne de MONTJOU (grand reporter). Chroniqueurs : François d’ORCIVAL, Eric ZEMMOUR.
Reportages : Jean-Marc GONIN (rédacteur en chef), Olivier MICHEL, Jean-Louis TREMBLAIS (grands reporters), Cyril HOFSTEIN. Culture :Nicolas UNGEMUTH (rédacteur en chef adjoint),
Pierre de BOISHUE, Valérie LEJEUNE (grands reporters), Clara GÉLIOT. Chroniqueurs : Frédéric BEIGBEDER, Stéphane HOFFMANN, Philippe TESSON. Tourisme : Bénédicte MENU
(rédactrice en chef adjointe), Guillaume de DIEULEVEULT (grand reporter). Art de vivre : Laurence HALOCHE (rédactrice en chef adjointe), Pascal GRANDMAISON, Frédéric MARTIN-BERNARD,
Sylvain REISSER. Chroniqueurs : Maurice BEAUDOIN, Philippe BOUVARD, Eric NEUHOFF. Esprits libres : Patrice de MÉRITENS, Jean SÉVILLIA (rédacteurs en chef adjoints). Patrimoineimmobilier : Carole PAPAZIAN (rédactrice en chef). iPad : Nathalie JÉRÔME. Rédactrice en chef SR-révision : Sylvie MARCOVITCH. Service photo : Marie-Sylvie DEMAREST (chef de
service), Isabelle DUREUIL, Jean-François GUERRI, Wanda SCHMOLLGRUBER. Documentaliste : Annick CHAPPELLIER. Service maquette : Cyril DELABARRE (chef de studio),
François CACHELOU, Sandrine KAUFMANN, Corinne LAGUERRE, Philippe RAILLIER, Bruno SIGNORINO. Chef d’édition : Philippe LACOUDRE. Révision : Véronique DEQUATREMARD (1re SR),
Anne CADET, Hélène FRONI, Pierre ILIAS, Laetitia QUINTANO. Infographie : André de CHASTENET, Olivier CAILLEAU.
Editrice : Sofia BENGANA. Editeur adjoint : Robert MERGUI. Directeur général adjoint : Maurice BEAUDOIN. Administrateur de la rédaction : Nathalie HERVO. Communication et
partenariats : Marie MÜLLER. Droits de reproduction : Valérie THEVENIAUD-VIOLETTE, Valérie SAUNIER, Virginie LE TRIONNAIRE (syndication-service@lefigaro.fr). Gestion des
abonnements : 01.70.37.31.70 - Fax : 01.55.56.70.11. - Courriel : abo@lefigaro.fr - Site internet : www.lefigaro.fr - rubrique : Abonnez-vous. Directrice juridique : Bénédicte WAUTELET.
Directeur industriel : Marc TONKOVIC. Responsable fabrication : Denis IMBAULT. Responsable pré-presse : Alain PENET.
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paritaire du Figaro Magazine (supplément de Le Figaro - N° CPPAP 0421 C 83022) : 2000 C 83022 (édition nationale) et n° 0118C82655 (édition internationale). Imprimé par GROUPE MAURY IMPRIMEUR (45330 Malesherbes).
Numéro d’impression : 18M1948. ISSN 0184-9336. Imprimé en France/Printed in France. Origine du papier : Allemagne. Taux de fibres recyclées : 43 %. Eutrophisation : Ptot 0.003 kg/tonne de papier.
Cahier N° 1 : Le Figaro Magazine - Cahier n° 2 : Le Figaro Magazine TV imprimé par HÉLIO-CORBEIL (91100 Corbeil-Essonnes) et H2D MARY (77440 Mary-sur-Marne).
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LES RECRUES DE MACRON :
MIXITÉ MAIS PAS DE TABAC
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’il veut éviter les confusions ou –
tionaux » comme on les surnommera peut-être
pire – la lassitude, M. Macron
en leur confiant des missions d’intérêt général ?
devrait insérer dans son programme
Par exemple, dans les gares et les aéroports, les
de réformes quotidiennes un jour
factionnaires prendraient la relève des sentipar semaine sans réforme. Pour
nelles et, dans les agglomérations urbaines
l’heure, on sait qu’une remobilisan’espérant plus équilibrer leurs comptes que
tion précoce de la jeunesse est sur le
grâce au stationnement interdit, les recrues de
feu mais on se perd en conjecture sur
Macron effectueraient la collecte des amendes
sa durée. Un trimestre ou un semestre ? Pour
au lieu des sociétés privées qu’on en avait
ceux qui avant que le colonel de réserve Jacques
inexplicablement chargée.
Chirac décide qu’on pouvait tout apprendre sur
Les temps ont changé. Le ministre de la Guerre
la dissuasion nucléaire en une seule journée et
est passé à la Défense puis sous l’autorité d’une
mute chaque année plusieurs dizaines de mildame qui n’a jamais dû porter un fusil, aux
liers d’ados des universités à Pôle emploi,
Armées. Le patriotisme a cédé la place au natio90 jours et 90 nuits en plus ou en moins ne sont
nalisme mais sur les stades et les jours de grands
pas négligeables. Selon qu’ils y trouvent du plaimatchs uniquement. Si l’un des futurs locataires
sir ou qu’ils s’y ennuient. Mais notre juvénile
de l’Elysée n’annule pas la décision d’un prédéPassant
Président qui a, par ailleurs, beaucoup œuvré
cesseur, mes arrière-petits-enfants auront une
des jupes
pour la France connaît le temps politique et le
chance refusée à mes filles (à l’époque, pas
temps judiciaire mais ignore le temps militaire.
encore militarisées) et à mes petits-enfants (acde ma mère
En revanche, votre serviteur auquel l’adoption
tuellement, dispensés). Je dis bien une chance
au fanion
sans scrutin d’une loi par l’Assemblée nationale
indépendamment de la fierté de défendre notre
a souvent rappelé sa classe d’incorporation de
cher et vieux pays. Pas question pour autant de
du régiment
49-3 n’est pas près d’oublier qu’au lieu d’être
céder à la nostalgie sous prétexte que voilà neuf
rendu au bout d’un an à la vie civile, les députés
septennats et trois quinquennats, doté d’un
repoussèrent sa « quille » de trois mois. Qu’imvisage sans rides et d’une chemise aux plis régleporte puisque je garde de cette période un soumentaires, j’ai vécu la seule période de mon
venir globalement positif comme disait Georges
existence dépourvue de tout souci. Pris complèMarchais à propos d’autres sujets. Le nouveau
tement en charge par ma patrie, bien habillé
service sera national, obligatoire et universel. Les conscrits (surtout le samedi soir), bien couché (pour peu que mon lit ait
ne toucheront sans doute pas de solde et sûrement pas de été « fait au carré »), initié sans bourse délier aux drogues
ration de tabac. Mais ils auront droit à la mixité. Or, si les douces par les cigarettes de la marque gratos et bénéficiant (à
adjudants de carrière sont aussi portés sur le sexe que les ma demande) de l’aura des troupes affectées à l’occupation
ministres de la République, ce que le fisc appelle des avan- de nos ex-occupants, j’ai plus appris de la grande muette que
tages en nature vaudra de nombreuses heures supplémen- de mes professeurs. Passant des jupes de ma mère au fanion
taires aux magistrats. En fait, et même si depuis que le du régiment, j’ai pu me familiariser avec le brassage social, la
général de Villiers a été l’un des très rares cinq étoiles à ren- camaraderie, la hiérarchie, la corvée de pluches, le parcours
dre son tablier on a rallongé le budget, c’est surtout l’argent du combattant (mon plus mauvais souvenir est le meilleur
qui fera défaut. Car l’Etat va devoir nourrir 800 000 affamés des copains qui se tenait les côtes en me regardant). En
supplémentaires. Avec, de surcroît, un toit pour la nuit. En prime, on m’a offert les permis de conduire des motos que je
l’absence de cantine, on pourra toujours distribuer des chevauchais avec paraît-il la grâce d’un hanneton posé sur
Tickets Restaurant. Mais quels refuges substituera-t-on aux une boîte d’allumettes, des véhicules de tourisme, des poids
83 casernes bradées par les époux Fillon ? En tout cas, pas lourds avec et sans remorque et des autocars ainsi que l’apun logement chez l’habitant qui risquerait de rappeler les prentissage du métier de journaliste en qualité de rédacteur
dragonnades imposées sous Louis XIV aux familles protes- unique de la gazette de mon unité. Promu sous-officier, distantes. On peut également appréhender qu’il faille choisir posant d’un studio en ville et d’une Jeep, le roi de Prusse
entre les armes et les uniformes et que, si l’on n’a pas les n’était pas mon cousin. A telle enseigne que j’ai hésité un
moyens d’investir simultanément dans les projectiles et certain temps avant de quitter une aristocratie où les demoidans les casques, on ordonne aux appelés de la classe 18-19 selles ne disaient « mon colonel » qu’à des officiers supérieurs
sélectionnés pour défiler le 14 Juillet de se contenter de leurs dont elles avaient de bonnes raisons de croire qu’il servait
habits du dimanche. Pourquoi ne pas rentabiliser les « na- dans un corps d’élite.
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