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Les_Echos_-_02_03_2018

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AUJOURD’HUI
AVEC « LES ÉCHOS »
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 2, SAMEDI 3 MARS 2018 // LESECHOS.FR
Les Echos
Week-End
Philippe
Grangeon,
vigie de gauche
de Macron
Dossier
Patrimoine
Où placer son
argent à court
terme ?
L’ESSENTIEL
LEVÉE DE RIDEAU POUR
LA RÉFORME DE L’UNÉDIC
Le projet que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dévoile ce
vendredi respecte l’accord des
partenaires sociaux. // P. 3
La France enraye enfin
son déclin industriel
l Le nombre d’ouvertures d’usine dépasse les fermetures, une première depuis 2008.
l Les investissements dans les nouveaux sites restent modestes et créent peu d’emplois.
C’
est une première depuis le début de la crise, il y a
près de dix ans. La France a ouvert plus d’usines
(125) qu’elle n’en a fermé (100) en 2017, selon
l’observatoire du cabinet Trendeo. Le solde positif reste
encore modeste, mais il confirme une amélioration continue depuis quatre ans. Le paysage industriel français res-
sort profondément transformé, neuf ans après le début de la
crise. L’Hexagone compte encore 580 usines de moins qu’en
2008, malgré l’amélioration constatée l’an passé. Trois indicateurs montrent qu’on est encore loin d’un vrai mouvement de réindustrialisation. L’essentiel de l’amélioration
découle d’un recul des fermetures d’usines, plus que d’une
hausse des créations. Les investissements moyens demeurent faibles : moins de 3 millions d’euros par site. Enfin les
nouvelles usines ne créent pas beaucoup d’emplois: moins
de 50 en moyenne pour chacun l’an dernier. // PAGE 16,
L’ÉDITORIAL DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 9
ET LA CHRONIQUE D’ÉRIC LE BOUCHER PAGE 10
PSA au sommet malgré les
difficultés persistantes d’Opel
AUTOMOBILE Surfant sur le renouvellement de sa gamme, le constructeur a réussi
à maintenir sa rentabilité en dépit des pertes de sa nouvelle entité allemande.
LES NOUVEAUX DÉFIS
DE LA SÉCURITÉ PRIVÉE
Le champ d’inter vention des
entreprises de sécurité a été
élargi et leurs vigiles peuvent être
armés. Prochain défi, les Jeux
Olympiques de 2024. // P. 26
Italie : la crainte
d’un pays
ingouvernable
ÉLECTIONS Un paysage politique très
éclaté doublé d’un nouveau système
électoral rendent l’issue des élections
législatives italiennes incertaine.
L’alliance à droite, dominée par le parti
de Silvio Berlusconi, est en tête des sondages, mais son score pourrait être
insuffisant pour décrocher la majorité
des sièges. De plus, son attelage avec
l’extrême droite italienne rend un éventuel futur exécutif fragile. // PAGE 6,
L’ÉDITORIAL DE JACQUES
HUBERT-RODIER ET L’ANALYSE
D’OLIVIER TOSSERI PAGE 9
SOCGEN LANCE SES RUPTURES
CONVENTIONNELLES
La banque a reçu le feu vert de ses
syndicats pour engager des ruptures conventionnelles collectives
dans le cadre de la restructuration
de son réseau d’agences. // P. 30
CARNET // P. 36
« Le macronisme,
c’est un tourbillon »
Le grand entretien
Manfred Schaer/CC by SA 3.0
Raymond Soubie
TV La grogne
monte autour
de l’audiovisuel
public // P. 22
Chiffre d’affaires en hausse de 20 %, marge
opérationnelle maintenue malgré l’intégration d’un Opel déficitaire : PSA a signé une
solide année 2017 grâce à la dynamique de ses
ventes en Europe et à sa discipline budgé-
taire. Désormais, Carlos Tavares, le patron du
constructeur automobile français, doit
remettre d’aplomb son acquisition allemande en négociant une restructuration
avec le syndicat IG Metall. Ce travail délicat,
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22647
109eANNÉE
40 PAGES
Antilles-Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 5,80 €. Espagne 4 €. Grande-Bretagne 6. Grèce 3,70 €. Italie 4 €
Luxembourg 6,10 €. Maroc 28 DH. Suisse
1 0,4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
// PAGE 17 ET « CRIBLE » PAGE 40
Code du travail, SNCF, retraites, l’ancien
conseiller de Nicolas Sarkozy juge les
réformes lancées par le chef de l’Etat :
« La stratégie d’Emmanuel Macron, c’est
comme la bicyclette : tant qu’on avance,
on ne tombe pas. » // PAGE 13
Vingt-quatre
heures dans
la vie d’un
vétéran
de Wall Street
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Carlos Tavares le fera a priori sous le regard
de Louis Gallois. Le renouvellement du mandat du président du conseil de surveillance de
PSA sera soumis aux actionnaires fin avril.
Les détachements n’excéderont pas dix-huit mois. Photo Christian Kaiser/LAIF-RÉA
Accord européen pour encadrer
fortement le travail détaché
La réforme de la directive en négociation depuis 2016
devrait être définitivement adoptée d’ici à mai-juin.
EUROPE En octobre, les ministres du Travail étaient tombés d’accord sur une révision de la
directive sur le travail détaché, rendue plus contraignante sous l’impulsion du président français, Emmanuel Macron. Il s’agissait d’obtenir l’aval du Parlement européen, le colégislateur
européen avec le Conseil. C’est chose faite. Le nouveau texte, qui doit encore être confirmé par
les Vingt-Huit, prévoit une durée maximale du détachement de dix-huit mois. // PAGE 7
BOURSE A Wall Street, Peter Tuchman
est une vedette. Il fait partie des vétérans
du parquet de la Bourse de New York
(Nyse). Depuis trente ans, le visage, les
grimaces et les cravates loufoques de ce
trader servent à illustrer dans la presse
financière les hauts et les bas des marchés. Il court, mène trois conversations
à la fois, s’arrache les cheveux à la lecture des minutes de la Fed… Sa vie est
intimement liée à celle des actions
cotées sur le Nyse. Cet homme au faux
air d’Einstein appartient à une communauté qu’il qualifie d’« espèce en voie de
disparition ». Ceux que l’on appelle
encore la « rue » (« the street »), par
opposition à la finance des banquiers.
Reportage. // PAGE 29
Peter Tuchman est le trader le plus
photographié du Nyse.
Photo Andrew Burton/Getty Images/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
FRANCE
FN-LR : le diable
s’habille en parka
Alors que Marine Le Pen parachève la dédiabolisation
du FN en changeant son nom, Wauquiez se forge une
image inverse pour séduire le même électorat.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
J
ean-Marie Le Pen
noircit des pages
– il publie le premier
tome de ses mémoires –
puisque sa fille Marine tourne
la dernière. Dans une
semaine, l’opération
de « dédiabolisation » entamée
il y a sept ans lorsqu’elle
a succédé à son père sera
achevée. Le Front national ne
se ressemblera plus. Au terme
du congrès de « refondation »
à Lille, Marine Le Pen aura
proposé un nouveau nom. « Le
mot “Front” a une connotation
trop militaire », justifie-t-elle.
Si l’on excepte l’euro, la ligne
restera inchangée, mais
la stratégie, elle, sera
profondément remaniée.
Le FN sera « devenu un parti de
gouvernement », ambitionnet-elle, sa « culture sera celle
du rassemblement ». Après
des années à penser qu’elle
pouvait provoquer seule
dans les urnes une révolution
contre les appareils partisans,
Marine Le Pen revendique
une stratégie d’alliances,
en France comme en Europe,
comme elle a commencé à
le faire avec Nicolas DupontAignan dans l’entre-deuxtours de la présidentielle.
Qui peut répondre à cette main
tendue, notamment pour
les élections européennes
de 2019 ? L’histoire ne le dit pas.
Mais elle assume d’autant plus
sa normalisation politique
qu’elle est, dit-elle, à l’origine
de la « recomposition » qui a
balayé « l’UMPS » en 2017. La
politique au temps de Macron
lui convient bien, elle en adopte
les codes. Tendre la main donc,
s’essayer à la démocratie
participative, paraître
désintéressée. « Je ne resterai
pas accrochée à mon siège »,
assure-t-elle quand le retour
de Marion Maréchal-Le Pen
se dessine. Sans doute faut-il
au moins cela pour ne pas être,
elle aussi, emportée par
la recomposition. Quand le FN
se dédiabolise, LR fait l’inverse.
Laurent Wauquiez vient
de passer deux jours au Salon
de l’agriculture à prendre
Emmanuel Macron de front
et à dénoncer « son mépris
du monde agricole ». « Je dis les
choses tout haut », revendiquet-il, comme on le disait naguère
de Jean-Marie Le Pen. Les fuites
de l’EM Lyon transformées
en stratégie. Il use de mots
tranchants, maudit les médias,
assume un rétrécissement
de LR. Wauquiez se diabolise.
Et suscite, ce faisant, une
inquiétude chez Marine Le Pen,
obligée de crisper la main
qu’elle voulait tendue.
Les deux visent la même
droite, populaire et
provinciale. Les deux doivent
convaincre que leur nouveau
personnage est bien le vrai.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Macron au chevet des prisons
JUSTICE Après le Salon de l’agriculture, samedi dernier,
Emmanuel Macron se déplace sur un autre terrain en crise,
celui des prisons. Le chef de l’Etat se rend ce vendredi dans l’établissement pénitentiaire de Fresnes et effectuera la semaine
prochaine un autre déplacement consacré au monde carcéral,
cette fois à l’Ecole de l’administration pénitentiaire à Agen. En
janvier, Emmanuel Macron avait annoncé, en plein mouvement
social des surveillants, « un plan pénitentiaire global ». Lors de
la campagne présidentielle, il avait défendu la création de
15.000 places de prison supplémentaires.
Compétitivité des entreprises : Woerth
fustige une « entourloupe majeure »
POLITIQUE Emmanuel Macron « dilapide la croissance », juge le
député LR, Eric Woerth, président de la Commission des finances, dans « Le Point ». Sur la « compétitivité des entreprises »,
Macron « va transformer le CICE en baisse de charges patronales.
Nous y sommes évidemment favorables, sauf qu’il en profite pour
baisser son taux et récupérer une partie des baisses de charges par
l’augmentation des recettes de l’impôt sur les sociétés qu’elles vont
générer. Au total, c’est une ponction de 8 à 9 milliards. C’est une
entourloupe majeure », explique Eric Woerth.
RETROUVEZ NICOLAS BARRÉ
LE DIRECTEUR DE LA RÉDACTION DES ECHOS
DANS LE JOURNAL DE 8H D’EUROPE MATIN
PRÉSENTÉ PAR PATRICK COHEN
#E1Matin
La popularité de Macron
profite de la réforme de la SNCF
SONDAGE
Le chef de l’Etat
regagne 3 points,
à 41 %, dans
le baromètre Elabe« Les Echos ».
Edouard Philippe suit
la même tendance.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Un mois en baisse, l’autre en
hausse, et une stabilité sur le long
terme. Selon le baromètre Elabe
pour « Les Echos » et Radio Classique, la cote d’Emmanuel Macron
progresse de 3 points sur un mois
pour atteindre 41 %. La proportion
de Français déclarant ne pas lui
faire confiance pour « affronter efficacement les principaux problèmes » reste majoritaire, mais
recule, dans le même temps, de
4 points, à 52 %.
Cette hausse de la popularité du
chef de l’Etat intervient après une
baisse de 4 points le mois précédent
et lui permet de revenir à son niveau
d’août 2017. A contre-courant de la
tendance des autres instituts de sondage, cette évolution s’explique principalement par l’annonce de la
réforme de la SNCF, lundi dernier.
« Le terrain d’enquête a été intégralement réalisé après l’annonce de la
réforme », commente Bernard Sananès, président d’Elabe. Un sondage
Harris Interactive effectué le lendemain montrait un a priori positif des
Français sur cette réforme. L’analyse
plus poussée de cette hausse confirme que la réforme de la SNCF en
est bien à l’origine. Emmanuel
Macron progresse chez les actifs,
avec notamment un b ond de
13 points chez les 35-49 ans, ainsi
qu’à droite, avec une progression de
8 points chez les électeurs de François Fillon à la dernière présidentielle. « La hausse chez les actifs
s’explique par un sentiment d’équité
liée à l’abandon du statut à la SNCF »,
ajoute Bernard Sananès.
En lançant la réforme de la SNCF,
projet qui n’était pas explicitement
dans son programme de campagne, Emmanuel Macron confirme,
aux yeux de l’opinion, sa volonté de
prendre des risques et de s’attaquer
aux chantiers les plus complexes.
Mener de front toute une série de
réformes structurelles – logement,
assurance-chômage, formation
professionnelle… – alimente également ce sentiment d’un chef de
l’Etat actif. Qu’ils soient pour ou
contre ces projets, les Français lui
reconnaissent cette qualité.
Faiblesse en zone rurale
Les points faibles d’Emmanuel
Macron restent les mêmes : les classes populaires et les habitants des
zones rurales ne lui font pas
confiance. Il progresse certes chez
les premiers (de 8 points) après
avoir lourdement chuté en février,
mais il reste à un niveau faible,
d’à peine 34 %. Malgré la première
baisse des cotisations chômage et
maladie, il n’a pas encore convaincu
sur le thème du pouvoir d’achat.
La cote de Wauquiez en chute libre à droite
La réaction ne s’est pas fait attendre. Comme le redoutaient de nombreux
élus LR, l’opinion est, pour l’heure, très
loin d’apprécier les propos polémiques
tenus par Laurent Wauquiez devant les
étudiants de l’EM Lyon. Selon le baromètre
Elabe, sa cote de popularité chute de
13 points sur un mois chez les sympathisants de la droite, pour atteindre 36 %.
Dans l’ensemble de la population, le prési-
dent du parti Les Républicains recule de
3 points et ne recueille que 15 % d’opinions
favorables. Dans les profondeurs du classement des personnalités politiques, il pointe
à la vingtième place. Au sein du cercle plus
restreint des sympathisants LR, sa chute
est plus impressionnante encore. Elle
atteint 20 %, ce qui le place, dans son propre camp, à 35 % seulement d’opinions
positives.
Chez les seconds, il rebondit également, de 5 points. La très longue
visite – plus de 12 heures – à l’ouverture du Salon de l’agriculture a
sans doute joué, mais sa popularité
reste faible (à 35 %). Emmanuel
Macron reste un président majoritairement apprécié des classes
sociales supérieures et dans les
grandes agglomérations. Géographiquement, c’est en région parisienne que sa cote de popularité est
la plus élevée.
Le Premier ministre Edouard
Philippe voit toujours son destin lié
à celui d’Emmanuel Macron. En
hausse également de 3 points à
37 %, sa courbe se cale sur celle du
chef de l’Etat. C’est Edouard Philippe qui était en première ligne
pour annoncer la réforme de la
SNCF, ainsi que d’autres dossiers
épineux comme Notre-Dame-desLandes ou la baisse de la limitation
de la vitesse à 80 km/h sur les routes
secondaires. Il n’en tire pourtant
aucun bénéfice spécifique auprès
de l’opinion.
a
Tous les résultats du sondage
et l’analyse vidéo de Bernard
Sananès sur lesechos.fr
Les syndicats veulent des actes
sur l’égalité hommes-femmes
demande de « rendre effectives les
sanctions pour les employeurs qui
discriminent » et l’allongement d’un
congé paternité rendu obligatoire
ainsi que du congé maternité (une
demande de l’Organisation internationale du travail).
SOCIAL
Les syndicats
réclament notamment
la transposition
du modèle islandais.
Celui-ci prévoit une
obligation de résultats
et non de moyens.
Pas un sigle
ne manque sur
le communiqué
commun que les
syndicats ont diffusé et
qui porte aussi sur les
violences au travail.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Emmanuel Macron a proclamé
l’égalité entre les femmes et les
hommes grande cause du quinquennat. Le Premier ministre,
Edouard Philippe, qui devait réunir
jeudi les partenaires sociaux sur le
sujet mais a déplacé le rendez-vous
au 7 mars, est prévenu. Les syndicats ont bien l’intention de prendre
l’exécutif au mot.
Pas un sigle ne manque sur le
communiqué commun qu’ils ont
diffusé mercredi soir et qui porte
également sur les violences au travail. Même Force ouvrière l’a paraphé, ce qui est une nouveauté. Son
titre sonne comme un avertissement au gouvernement alors que le
De plus en plus de femmes travaillent dans le BTP.
Photo Berti Hanna/RÉA
flou entoure le « « plan d’action »
que préparent la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité
entre les femmes et les hommes,
Marlène Schiappa. « Nous voulons
des actes », écrivent les confédérations.
Les syndicats réclament en particulier de « passer, comme en Islande,
d’une obligation de moyens à une
obligation de résultats ». Une loi qui
vient d’être votée dans cette île
impose aux entreprises d’obtenir
une certification de leur système de
rémunération, qui garantisse qu’il
respecte les règles édictées conjointement par les syndicats islandais,
la confédération des employeurs et
certains membres du gouvernement. Parmi les autres mesures
réclamées figurent notamment la
Rappelant à demi-mot qu’il a
fallu qu’ils interviennent pour que
la France soutienne l’adoption
d’une norme de l’Organisation
internationale du travail contre les
violences sexistes et sexuelles au
travail, les confédérations demandent aussi au gouvernement que la
prévention de ces violences soit
obligatoirement négociée dans les
entreprises, mais aussi la création
de « référent.es formé.es et indépendant.es de l’employeur » et « l’allongement des délais de prescription en
cas de licenciement ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
Assurance-chômage : le gouvernement va
respecter l’accord des partenaires sociaux
l Muriel Pénicaud doit dévoiler ce vendredi le projet
de réforme de l’Unédic.
l A la clef, un droit à indemnisation en cas de démission
et une couverture a minima pour certains indépendants.
SOCIAL
Alain Ruello
@AlainRuello
Après celle de l’apprentissage il y a
un mois, la ministre du Travail
Muriel Pénicaud lève le voile ce
vendredi sur la réforme de l’assurance-chômage avec, au menu,
la concrétisation de quelquesunes des promesses phares du
programme d’Emmanuel Macron.
L’enjeu ? Après la flexibilité introduite dans le Code du travail
avec les ordonnances, il s’agit de
mieux sécuriser les parcours
professionnels.
Le chef de l’Etat a rendu ses ultimes arbitrages lundi dernier en
présence du Premier ministre et de
la ministre du Travail. Et ce qui en
ressort devrait permettre de calmer
un peu le jeu avec les syndicats,
mais aussi le patronat. Contrairement à ce qui se dessine pour
la formation professionnelle
Saubot quitte la présidence
du patronat de la métallurgie
Un cinquième candidat à la succession de Pierre Gattaz
à la tête du Medef s’apprête à entrer en scène. Alexandre
Saubot, le vice-président du Medef en charge du social,
a annoncé mardi au bureau de l’Union des industries
et métiers de la métallurgie (UIMM) qu’il allait passer
la main à la fin de son mandat de président du patronat
de la métallurgie,en avril. Philippe Darmayan, directeur
général d’Aperam et ex dirigeant du Groupement des
fédérations industrielles, est candidat à sa succession.
– Muriel Pénicaud a promis un « big
bang » qui sera dévoilé lundi prochain –, l’exécutif devrait en effet
rester assez fidèle à l’accord conclu
il y a dix jours par les partenaires
sociaux, ouvrant la voie à sa signature. « Ils devraient respecter
l’accord dans son esprit et, en partie,
dans sa lettre », anticipe une source
proche du dossier.
Ne pas braquer
les syndicats
« Je ne pressens pas de remise en
cause majeure de l’accord », abonde
une autre. Aucun signal en ce sens
n’a été envoyé par l’exécutif, ce qui,
estime-t-il, aurait été le cas si les
arbitrages avaient penché pour un
renversement de table. Qui plus
est, le sujet n’est pas à ce point crucial politiquement pour que l’exécutif prenne le risque de braquer
un peu plus les syndicats, bien
moindre, en tout cas, que les réformes de la fonction publique ou de la
SNCF.
Ce faisant, Emmanuel Macron
pourra cocher les cases sur sa liste
Réunion à Matignon en présence du leader de la CFDT Laurent Berger (à gauche), du Premier
ministre et de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Photo Bertrand Guay/AFP
des promesses tenues, même si, à
l’arrivée, les nouveaux droits s’avèrent moins généreux que ce que le
chef de l’Etat avait pu laisser entendre durant la campagne.
Ainsi, l’assurance-chômage sera
bien étendue aux démissionnaires,
en dehors des cas légitimes déjà
prévus, comme par exemple ceux
qui suivent leur conjoint. Mais elle
sera très encadrée pour éviter les
effets d’aubaine, au moment même
où les comptes de l’Unédic s’améliorent. Il en ira de même pour les travailleurs indépendants. n
Ce que Pénicaud doit annoncer
Indemnisation des démissionnaires, des indépendants ou encore contrats
courts : le projet de réforme
que dévoilera ce vendredi
Muriel Pénicaud reprendra
pour l’essentiel l’accord des
partenaires sociaux.
• DÉMISSIONNAIRES
Dans la feuille de route envoyée aux
partenaires sociaux pour encadrer
leur négociation, le ministère du
Travail demandait de dessiner les
contours d’un nouveau droit à couverture chômage ouvert aux personnes qui démissionnent pour
évoluer professionnellement. Mais
dans des conditions de montant et
de durée d’indemnisation dégradées par rapport au socle commun.
Pas question, ont répondu syndicats et patronat. Muriel Pénicaud
devrait se ranger à leur position.
Pour bénéficier de ce nouveau
droit, il faudra en revanche justifier
d’un projet de reconversion nécessitant une formation et d’une durée
minimum d’affiliation à l’Unédic.
Les partenaires sociaux ont proposé sept ans pour éviter de coûteux effets d’aubaine, même si les
comptes du régime s’améliorent. Le
gouvernement penche plutôt pour
cinq ans. Quel que soit le curseur, la
mesure ne devrait bénéficier qu’à
quelques dizaines de milliers de
personnes par an.
• CONTRATS COURTS
Les partenaires sociaux ont réussi à
converger à l’issue de leur négociation, mais a minima. Des négociations dans toutes les branches vont
être lancées pour trouver les
moyens de freiner le recours aux
contrats de moins d’un mois. Mais,
côté sanctions, l’accord se contente de rappeler la promesse du
gouvernement d’agir si ces négociations n’aboutissent pas. Muriel
Pénicaud devrait prendre acte de
ces négociations à venir et réaffirmer le principe de sanctions qui,
pour pouvoir être dégainées rapidement, passeraient par un décret.
Toute la question est de connaître la
forme et la force de ces sanctions
auxquelles tiennent énormément
les syndicats. Sceptiques, certains
observateurs avancent qu’on serait
bien loin du bonus-malus imaginé
au départ, consistant à faire varier
les cotisations d’assurance-chômage de l’employeur en fonction du
coût pour l’Unédic de sa politique
d’embauche. Qui plus est, Matignon n’y est pas favorable, car cela
risquerait de casser l’image pro-business du gouvernement.
• INDÉPENDANTS
La demande du ministère du Travail
tenait en trois paragraphes ; les propositions des partenaires sociaux en
à peine deux de plus. Sujet très complexe – comme l’a montré le rapport
Igas-IGF –, l’indemnisation des travailleurs indépendants en cas de
perte de revenus n’en était pas
moins une des promesses phares
d’Emmanuel Macron. Cette population – très hétérogène et qui, pour
une grande partie, ne demande rien
– ne cotise pas à l’assurance-chômage. Logiquement, les partenaires
sociaux ont donc renvoyé le sujet à la
solidarité nationale, donc à l’impôt.
C’est ce qu’a retenu l’exécutif dans un
dispositif très encadré. L’indemnisation devrait être plafonnée en montant (de l’ordre de 700 à 800 euros
par mois) et en durée (6 mois), et uniquement en cas de liquidation judiciaire.
• GOUVERNANCE
Emmanuel Macron n’a jamais
caché sa volonté que l’Etat reprenne
le pilotage de l’Unédic, délégué aux
partenaires sociaux depuis 1958.
Mais la piste de la nationalisation
un temps évoquée a fait pschitt. En
lieu et place, on s’achemine vers un
système à deux étages : la définition
des paramètres de l’assurance-chômage resterait à la main des syndicats et du patronat, mais dans un
cadre général impliquant l’Etat.
Reste à connaître les limites de ce
cadre. Les syndicats n’ont en revanche pas obtenu gain de cause sur le
financement de l’Unédic : il n’y aura
pas de retour en arrière sur le transfert des cotisations salariales vers la
CSG. La CFDT, FO et la CGT y
tenaient pour maintenir la nature
assurantielle du régime.
• CONTRÔLE DES CHÔMEURS
Plus de droits, mais donc plus de
devoirs aussi. Emmanuel Macron a
évoqué des sanctions en cas de
refus de deux offres d’emploi (ce qui
existe déjà), ou le renforcement des
contrôles de la recherche effective
de travail. Le ministère du Travail
avait promis un nouveau barème et
de nouvelles modalités de sanctions aux partenaires sociaux (avec
suppression probable du passage
par la case préfet), lesquels n’ont
toujours rien vu venir. Muriel Pénicaud va renvoyer le sujet à une prochaine multilatérale, de même que
celui de la gouvernance. — A. R.
Sous pression, l’exécutif fait un geste budgétaire pour les hôpitaux
SANTÉ
Le gouvernement
annonce le déblocage
de 250 millions d’euros
pour les hôpitaux.
Un geste rendu possible par des dépenses
d’assurance-maladie
inférieures à l’objectif
voté pour 2017.
Renaud Honoré
@r_honore
Le gouvernement fait un geste en
direction des hôpitaux. Alors que
les mouvements sociaux ont pris de
l’ampleur ces dernières semaines
au sein des établissements publics,
l’exécutif a décidé, jeudi, de débloquer une enveloppe supplémentaire de 250 millions d’euros. Dans
le détail, il s’agit de crédits qui
avaient initialement été mis en
réserve l’an dernier. Cette somme
ira pour 200 millions à tous les établissements de santé, et pour
50 millions en aide de trésorerie
pour ceux les plus en difficulté. Cela
devrait contribuer à réduire le déficit des hôpitaux publics, qui était
attendu en forte hausse à fin 2017
(peut-être au-delà de 1 milliard).
Ce montant de 250 millions vient
compléter les 150 millions débloqués à l’automne, si bien que c’est
l’ensemble de l’enveloppe de
400 millions de crédits mis en
réserve en 2017 qui aura donc été
allouée aux hôpitaux. Il s’agit d’un
changement de pied du gouvernement, qui n’avait pas prévu initialement d’aller au-delà des 150 millions.
Les marges de manœuvre dégagées par l’hôpital – qui a fait mieux
que l’objectif de dépenses (Ondam)
qui lui était assigné – devaient normalement servir à combler le besoin
de financement des soins de ville.
Mais le gouvernement a décidé de
faire un geste supplémentaire, puisque le niveau global de dépenses
d’assurance-maladie sera finalement inférieur à l’objectif (2,1 %) :
« Les dernières données disponibles
relatives à l’exercice2017 indiquent que
les dépenses d’assurance maladie ont
moins progressé que l’objectif voté »,
souligne le ministère de la Santé. Cela
s’ajoute à la baisse des tarifs des hôpitaux pour 2018 finalement un peu
moindre que celle attendue.
Fin décembre, la Fédération des
hôpitaux de France (FHF) avait tiré
Les Français divisés sur la réforme de l’offre de soins
Le sondage de l’institut Elabe pour
« Les Echos » et Radio Classique confirme
la prudence des Français sur le système de
santé, alors qu’Edouard Philippe a lancé
mi-février le chantier d’une transformation de l’offre de soins. Premier enseignement, une partie du constat guidant la
réflexion gouvernementale est partagée
par les Français. Ainsi Agnès Buzyn, la
ministre de la Santé, répète souvent qu’un
grand nombre d’actes sont inutiles
ou redondants (entre 20 et 30 % seraient
concernés) et doivent donc être réduits.
Une vision approuvée par 57 % des Français. En revanche, la proposition d’Emmanuel Macron de limiter la part de la tarification au volume d’actes (T2A) à seulement
50 % du budget de l’hôpital, contre 70
à 80 % aujourd’hui, est accueillie avec
méfiance. Seuls 31 % y sont favorables.
la sonnette d’alarme devant le
niveau attendu du déficit. Depuis le
début de l’année, le gouvernement
avait dû aussi faire face à plusieurs
mouvements de grève des personnels soignants. Agnès Buzyn l’a
d’ailleurs éprouvé jeudi lors de son
arrivée aux Etats généraux de la
santé dans la Nièvre : la ministre de
la Santé a été huée par plus de
200 manifestants inquiets de la
désertification médicale. Celle qui a
passé vingt ans de sa vie à l’hôpital dit
avoir conscience de l’importance du
chantier. « Nous sommes arrivés au
bout d’un système », avait-elle lancé
fin 2017. Mi-février, Edouard Philippe a lancé la concertation devant
mener à une réforme du financement de l’hôpital. Cela passera par
une réduction de la part liée à la tarification à l’activité (T2A). n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
Voies sur
berge :
Hidalgo
contreattaque
INTERVIEW // FRÉDÉRIQUE VIDAL Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
« Il existe une sélection par l’échec,
je ne l’accepte pas »
PARIS
l La ministre se dit prête, si nécessaire, à aller au-delà des
22.000 créations de places promises dans les universités.
l Mais elle appelle les syndicats à la « responsabilité ».
La Mairie de Paris
prépare un nouvel
arrêté pour sanctuariser la piétonnisation de la rive
droite.
Propos recueillis par
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
et Etienne Lefebvre
@e_lefebvre
Matthieu Quiret
@MQuiret
Quels enseignements tirez-vous
des débuts de Parcoursup ?
Aujourd’hui, environ 750.000
lycéens – en majorité – et des étudiants en réorientation ont créé
leurs dossiers, soit 100.000 de plus
que l’an dernier à la même époque.
Cela montre que Parcoursup fonctionne bien. Il a certes fallu procéder
à quelques adaptations, mais les
débuts sont très rassurants et en
mesure d’apaiser déjà une partie des
craintes que les uns ou les autres
pouvaient avoir. Les retours sur son
utilisation sont bons de la part des
jeunes et de la part des parents, surtout lorsqu’ils font la comparaison
avec le système précédent.
La maire PS de Paris veut contre-attaquer sur le dossier des
voies sur berge. Ses services
juridiques travaillent d’arrache-pied pour publier, dès la
semaine prochaine, un nouvel
arrêté interdisant la circulation
automobile sur les quais bas de
la rive droite. Cet aménagement
emblématique de la politique
antipollution d’Anne Hidalgo a
été remis en question la
semaine dernière par une décision du tribunal administratif.
Celui-ci a validé le recours de la
droite parisienne, jugeant le
débat public réalisé en amont
de qualité insuffisante.
Beaucoup d’établissements
font-ils encore la grève des
attendus à l’entrée des universités, dénonçant la sélection ?
Parfois, la façon dont les choses sont
perçues et rapportées est très différente de la réalité. C’est le cas de
l’introduction des attendus. Tout au
long de la concertation, nous avons
réaffirmé l’importance que les attendus soient fortement cadrés au
niveau national, parce que les diplômes sont nationaux. Ce que les établissements ont pu faire, c’est ajouter des informations lorsque des
parcours proposés ont des spécificités, comme par exemple un paragraphe sur le droit de la Mer dans
une licence de droit qui y consacre
une large part. C’est une possibilité
offerte, en aucun cas une obligation.
Il n’y a donc pas de « grève des attendus » possible. Je voudrais aussi rappeler une chose : depuis des années il
existe une sélection par l’échec.
D’ailleurs, il était écrit noir sur blanc
dans les objectifs de la loi de finances
pour l’enseignement supérieur qu’il
faut viser 30 % de réussite en première année de licence. Mais 30 % de
réussite, ça veut dire 70 % d’échec ! Je
ne l’accepte pas. L’échec n’est pas forcément un drame, mais il ne peut en
aucun cas être un objectif.
Soutien de Macron
La procédure d’appel engagée
par la Mairi e prendra 8 à
12 mois pour être tranchée.
L’exécutif municipal explique
qu’elle s’appuiera notamment
sur le fait que, depuis le lancement du projet fin 2015, une
évolution européenne dans la
réglementation sur les débats
publics n’impose plus cet exercice pour des voies de circulation de moins de 10 kilomètres
de long, contre 3 kilomètres jusqu’ici. La Mairie, qui refuse
toute réouverture des berges
aux voitures, va prendre un
nouvel arrêté, « dont l’écriture
juridique tiendra compte des
préconisations du tribunal
administratif », promet-on
d a n s l ’e n t o u r a g e d ’A n n e
Hidalgo. Un arrêté en bonne et
due forme la mettrait à l’abri
plusieurs mois, même s’il était
attaqué à son tour par l’opposition municipale. Anne Hidalgo
affirme avoir le soutien du gouvernement dans sa lutte contre
la pollution automobile.
Dans l’opposition, le groupe
municipal PPCI (macronistes
de droite) refuse une réouverture de l’axe aux véhicules mais
propose de relancer un concours international d’architecture pour dépassionner le
débat. Le groupe LR et indépendants, à l’origine du recours,
explique être en réflexion sur la
suite de son action et l’éventuelle attaque du nouvel arrêté.
La maire compte, elle, sur le
soutien des Parisiens. Une pétition réclamant le maintien de la
piétonnisation a recueilli
jeudi 12.000 signatures. n
« Il faut expliquer et
expliquer encore [...]
Aucun étudiant ne
sera forcé d’aller là où
il ne veut pas aller ! »
Pourriez-vous aller au-delà des
22.000 places supplémentaires
promises à la rentrée 2018 ?
Le dépôt des vœux par les lycéens
s’achève le 13 mars mais nous avons
anticipé les choses : 19.000 places
supplémentaires, dont plus de 3.400
en Ile-de-France, ont été identifiées
et sont déjà financées. Cette anticipation se fonde sur les tensions identifiées l’an dernier, et ne tient pas
compte des redéploiements. S’il est
nécessaire d’aller au-delà de 22.000,
nous le ferons, et nous continuerons
à travailler jusqu’à la rentrée universitaire pour faire coïncider au mieux
l’offre de formation avec la demande
des futurs étudiants.
Les capacités d’accueil
seront-elles liées aux
débouchés professionnels ?
J’ai entendu ces craintes. Il y a eu une
proposition du Sénat pour fixer la
capacité d’accueil uniquement en
fonction du taux d’insertion professionnelle. Mais ce n’est pas ce que
contient la loi, telle qu’elle a été votée.
La capacité d’accueil pourra être
fixée en fonction de multiples critères, tels que le projet des étudiants, le
projet de l’établissement et les perspectives d’insertion professionnelle.
Mais aucun étudiant ne sera forcé
d’aller là où il ne veut pas aller ! Il faut
accompagner vers la réussite mais
en aucun cas priver un jeune de la
possibilité d’essayer quelque chose –
ça n’a pas de sens.
Quel est l’effort budgétaire
lié aux places supplémentaires
à l’université ?
Nous avons notifié 25 millions
d’euros de plus pour 2018, au titre de
dépenses qui seront faites durant
les quatre derniers mois de l’année.
En rythme annuel, cela représente
donc 75 millions, et c’est sans compter l’effort financier à peu près équivalent qui sera engagé à la rentrée
2019 pour faire face à l’arrivée d’étudiants supplémentaires, dans des
proportions similaires. Sur le quinquennat, cela représente donc un
effort de 500 millions. A côté de
cela, il y a le plan d’investissements,
avec 450 millions consacrés à la
réforme du premier cycle : 130 millions ont déjà été distribués à 17 établissements, qui ont par exemple
engagé des actions pour favoriser la
souplesse des parcours. Et un
deuxième appel d’offres se clôturera ce mois-ci pour une nouvelle
vague d’établissements.
En 2016, quinze universités
étaient en « situation budgétaire préoccupante » selon la
Cour des comptes. Et fin 2017 ?
La situation budgétaire de certaines
universités est en effet un sujet de
préoccupation, et ce n’est malheureusement pas nouveau. Dans le
budget 2018, j’ai engagé une série de
mesures pour mettre fin aux déficits
structurels en engageant 250 mil-
HF
C
TE OF
par
lions supplémentaires. J’ai fléché les
moyens supplémentaires là où il y a
besoin de davantage de places. La
progression mécanique de la masse
salariale – via le glissement vieillesse
technicité – est incluse dans l’enveloppe budgétaire, alors que quand
j’étais présidente d’université, je
devais trouver chaque année 1,8 million pour compenser cet effet. Nous
augmentons aussi la dotation des
laboratoires de recherche.
Les syndicats jugent
que l’on reste loin du compte…
J’entends bien ces demandes, car
nous sortons de dix ans de sous-budgétisation de l’enseignement supérieur. Mais il faut être réaliste et
régler les problèmes les uns après les
autres. Il faut investir dans l’enseignement supérieur, la recherche et
l’innovation, tout en gardant un
esprit de responsabilité pour ne pas
faire exploser la dépense publique.
« Nous sortons
de dix ans de sousbudgétisation
de l’enseignement
supérieur. Mais il faut
être réaliste. »
Le chantier Action publique
2022 doit permettre des économies. Qu’avez-vous proposé ?
L’objectif est, avant tout, de remettre
l’usager du service public au cœur
du système, et non plus de partir des
besoins du système. A l’arrivée, nous
serons plus efficaces. Un exemple :
les laboratoires mixtes des universités et des organismes de recherche
(CNRS, Inserm, etc.) ont des logiciels
de gestion différents. Pour un chercheur, qui travaille avec plusieurs
tutelles, c’est un casse-tête. Par
exemple, lorsqu’un chercheur a
besoin de matériel, il peut parfois
passer par 3 ou 4 logiciels différents
pour obtenir la même chose.
L’objectif va être de mutualiser les
ressources pour simplifier la vie des
personnes qui travaillent.
Craignez-vous des mouvements sociaux à l’université ?
Le Plan Etudiants a été construit
avec tous les acteurs de l’enseignement supérieur. C’est un projet de
transformation pour mieux
accompagner nos jeunes, pour leur
ouvrir des portes et non pas pour en
fermer, contrairement à ce que je
peux entendre parfois. Tant qu’il y a
de réelles incompréhensions, il faut
expliquer et expliquer encore. Mais
quand il y a, de la part de certains, la
volonté de ne pas comprendre, ou
de faire de l’intox, je le dirai aussi. n
La rédaction des Echos
partage son petit déj’
avec les stars de la French
Tech pour des entretiens
privilégiés à leur domicile.
LE PODCAST DU JOUR
Bertrand Diard
Cofondateur de Talend et Influans,
Président de Tech in France
6 A retrouver sur www.lesechos.fr/tech-off
« Il faut investir dans l’enseignement supérieur, la recherche et
l’innovation, tout en gardant un esprit de responsabilité pour ne
pas faire exploser la dépense publique », estime Frédérique Vidal.
Photo Laurent Cerino/RÉA
Première radiographie des
créations de places en 2018
Plus de 19.000 des 22.000
places supplémentaires
promises aux étudiants par
le gouvernement pour la
rentrée 2018 ont déjà été
financées par anticipation.
C’est une première photographie
des créations de places dans l’enseignement supérieur. Des chiffres très
attendus depuis que le gouvernement a promis la création de
22.000 nouvelles places à la rentrée
2018, pour faire face à l’arrivée de
28.000 bacheliers supplémentaires
(pour des raisons démographiques)
et désengorger les filières en tension
dans les universités et les BTS. A
moins de deux semaines de la fin de
l’inscription des vœux des lycéens, le
13 mars, plus de 19.000 places ont
déjà été financées par anticipation :
plus de 2.000 places de BTS et environ 17.100 en licence, dans les filières
en tension, contraintes de refuser
des candidats ces dernières années.
Il s’agit pour moitié des STAPS
(Sciences et techniques des activités
physiques et sportives, la filière universitaire la plus surchargée, où
3.000 créations de places sont financées), du droit (2.000), de l’écogestion (2.000) et Paces (la première
année commune aux études de
santé ; 1.700).
L’autre moitié concerne, pêlemêle, les sciences humaines et sociales, l’information et la communication, les sciences de l’éducation, etc.
Par régions académiques, l’Ile-deFrance caracole sans surprise en tête
des créations de places, avec déjà
plus de 3.400, soit une sur cinq. Loin
devant les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (plus de
1.800 places supplémentaires chacune), Auvergne-Rhône-Alpes
(1.610) et le Grand Est (1.490). L’enseignement supérieur en France
comptait plus de 2,6 millions d’étudiants à la rentrée 2017, dont presque 1,6 million étaient inscrits à l’université. Sur la plate-forme APB,
prédécesseur de Parcoursup,
130.000 places étaient, la même
année, restées vacantes.— P.-A. F
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
« AVEC GROUPAMA,
L’AMBITION EST DE DEVENIR
L’ÉQUIPE CYCLISTE FRANÇAISE N°1 »
Groupama SA – SA au capital de 2 088 305 152 € - siège social : 8/10 rue d’Astorg 75008 Paris – RCS Paris : 343 115 135 - Photo : Thomas Maheux
MARC MADIOT, MANAGER GÉNÉRAL DE L’ÉQUIPE CYCLISTE GROUPAMA-FDJ
Groupama fait officiellement son entrée dans le monde du cyclisme. Ce sport populaire
porte les valeurs prônées par notre groupe mutualiste : la proximité relationnelle,
l’ancrage territorial ainsi que la modernité et l’innovation. C’est avec une grande fierté
et beaucoup d’ambition que nous soutenons l’Équipe cycliste Groupama-FDJ.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ZONE EURO : LE CHÔMAGE
À UN PLUS BAS NIVEAU
KENYA : L’INFLATION
RALENTIT EN FÉVRIER
Le chômage dans la zone
euro est tombé à son niveau
le plus bas depuis neuf ans,
grâce à la vigueur de la
croissance, selon Eurostat
malgré des disparités.
Le taux de chômage s’inscrit
à 8,6 % en janvier, au plus
bas depuis décembre 2008.
Il s’agit d’un niveau identique
à celui de décembre, révisé
(8,6 % au lieu de 8,7 %).
La hausse des prix à la
consommation au Kenya a
ralenti à 4,5 % fin février sur
un an après +4,8 % fin janvier.
Cette pause dans l’inflation
est due essentiellement
à un ralentissement dans
les produits alimentaires. Ce
poste, qui représente un tiers
du panier servant au calcul
des prix, a progressé de 3,8 %
(+4,7 % le mois précédent).
54,1
L’INDICE DE L’ACTIVITÉ
MANUFACTURIÈRE
AU JAPON
C’est un léger ralentissement
qui s’est produit au Japon du
fait du raffermissement du
yen (+5% depuis le début de
l’année) qui pèse sur l’export.
L’indice ressort à 54,1 en
retrait par rapport à janvier
où il s’établissait à 54,8.
En Italie, la crainte d’un pays ingouvernable
grandit à l’approche du scrutin
l L’Alliance de droite de Silvio Berlusconi est favorite de l’élection de dimanche, mais elle n’est pas assurée d’atteindre
le seuil nécessaire de 40 % des voix pour gouverner.
l De plus, l’attelage politique avec l’extrême droite risque de ne pas tenir longtemps.
ITALIE
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Non seulement les Italiens ne
savent pas à quoi s’attendre à l’issue
des élections législatives, les instituts de sondages ne leur prédisant
aucun vainqueur clair (un tiers des
électeurs se disent encore indécis),
mais le spectre de l’ingouvernabilité plane. L’issue du scrutin pourrait déboucher, selon le président
de la Commission européenne,
Jean-Claude Juncker, sur un « gouvernement qui ne serait pas opérationnel ». Le scénario le plus probable est l’absence de majorité
évidente. La coalition de centre
droit composée de Forza Italia, une
droite berlusconienne de moins en
moins modérée, d’une Ligue qui a
pour modèle le Front national et du
parti néofasciste Fratelli d’Italia est
créditée d’environ 38 % des voix
dans les derniers sondages. Si cette
alliance atteignait le seuil des 40 %,
nécessaire pour obtenir une courte
majorité des sièges au Parlement,
elle pourrait tenter de former un
gouvernement mais il serait fragile,
les programmes des différents partis étant difficilement conciliables.
Ceux de la Ligue de Matteo Salvini
et de Forza Italia de Silvio Berlusconi sont très éloignés sur l’Europe
et la politique économique.
Capables de conquérir le pouvoir, ils risqueraient de ne pas l’exercer bien longtemps. Le titre de première formation politique devrait
revenir au Mouvement 5 étoiles, qui
recueille environ 30 % des intentions de vote. Sa proposition de diriger un exécutif minoritaire en invitant les autres forces politiques à
souscrire à sa plate-forme gouvernementale n’a aucune chance
d’aboutir. S on refus de toute
alliance le condamne à demeurer
dans l’opposition suscitant des tensions en son sein.
La gauche divisée
Quant à la gauche, divisée entre une
frange radicale très minoritaire et
le Parti démocrate (PD), les dernières enquêtes lui prédisent une cuisante défaite. Le PD de Matteo
Renzi mise sur la complexité de la
loi électorale et un sursaut de la
minorité silencieuse. Une série de
bons chiffres économiques publiés
jeudi est venue réconforter la majo-
« La vraie question
est de savoir qui ira
gouverner et pas
comment, car le
prochain exécutif
devra poursuivre
pour l’essentiel
les politiques mises
en œuvre par
le gouvernement
Gentiloni. »
FRANCESCO CLEMENTI
Université de Pérouse
rité sortante : le déficit public est au
plus bas depuis dix ans (1,9 % du PIB
fin 2017), la croissance (1,5 %) au
plus haut depuis sept ans.
Nouvelle loi électorale
Pour le constitutionnaliste Francesco Clementi, de l’université de
Pérouse, « au-delà de la propagande
d’une campagne électorale où les promesses sont irréalisables, tous les
acteurs sont convaincus qu’il faut
poursuivre les réformes et respecter
les engagements pris avec Bruxelles.
La vraie question est de savoir qui ira
gouverner et pas comment, car le prochain exécutif devra poursuivre pour
l’essentiel les politiques mises en
œuvre par le gouvernement Gentiloni, toujours disponible en cas
d’impasse pour rassurer l’Europe et
les marchés ». Tous les partis refu-
sent pour l’instant l’hypothèse d’une
« grande coalition » à l’allemande,
assurant préférer faire revoter au
plus vite les Italiens. Mais la difficulté
à adopter rapidement une nouvelle
loi électorale rend cette solution illusoire. Un gouvernement d’« union
nationale » ou de « transition » pour
appeler les forces politiques à la responsabilité pourrait donc être envisageable. Le président de la République, Sergio Mattarella, sera à la
manœuvre, si nécessaire, comme le
veut la Constitution. Il avait qualifié
de « page blanche ouverte » la fin de
cette législature. Il devra déchiffrer
ce que les Italiens écriront dessus ce
dimanche.
(
Lire l’éditorial de
Jacques Hubert-Rodier
Page 9
Tous les partis refusent pour l’instant l’hypothèse d’une « grande coalition » à l’allemande, assurant préférer faire revoter au plus vite les Italiens. Photo Andreas Solaro/AFP
Inquiétude européenne
avant les élections italiennes
Comment l’immigration a été
instrumentalisée durant la campagne
A Bruxelles, le stress n’est
pas aussi palpable que lors
du référendum qui avait
fait chuter Matteo Renzi.
Mais l’enjeu européen
du scrutin n’en est
pas moins évident.
temps ont changé : la conjoncture
économique est meilleure, et plusieurs facteurs, dont l’élection
d’Emmanuel Macron, ont fait fortement baisser les craintes au sujet
de la survie immédiate de l’Union
européenne.
Malgré la baisse
des arrivées de migrants
sur les côtes et les besoins
de main-d’œuvre pour
l’économie, les partis
politiques jouent sur
la peur de l’immigration.
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
Un enjeu capital
A Bruxelles, les élections italiennes
sont appréhendées avec une
inquiétude moins perceptible que
celle qui prévalait avant l’élection
présidentielle française de
mai 2017. Dans les couloirs de la
Commission européenne, le sujet
n’est pas sur toutes les lèvres,
notamment du fait de la complexité
de l’équation politique italienne :
c’est, dans tous les cas, un gouvernement de coalition qui émergera du
scrutin.
Le stress n’est pas non plus comparable à celui qui se percevait à la
veille du référendum italien de
décembre 2016 dans lequel le Premier ministre de l’époque, Matteo
Renzi, avait mis tout son poids. Les
Sur le fond, pourtant, c’est un enjeu
capital qui se joue, une fois encore,
pour l’Union. Non seulement parce
que l’Europe est un des enjeux clefs
du scrutin. Mais aussi parce que, à
un moment où l’Allemagne pourrait, enfin, disposer d’une coalition
opérationnelle, l’Union européenne ne peut pas se permettre de
voir la troisième économie de la
zone euro basculer dans le camp
des pays ingouvernables. « Je voudrais que l’Italie après le 4 mars
puisse disposer d’un gouvernement
qui gouverne », a lâché Jean-Claude
Juncker, le président de la Commission européenne.
Les Européens ont donc été tentés de mettre leur poids dans la
balance. Le même Jean-Claude
Juncker a soulevé un tollé en Italie,
soupçonné d’avoir voulu influen-
cer les électeurs, en disant craindre
le scénario d’une « réaction forte
des marchés financiers dans la
seconde semaine de mars », après
avoir pointé notamment le risque
italien.
Les soutiens appuyés aux représentants des partis italiens proeuropéens se sont multipliés ces derniers temps. Quitte à dérouler le
tapis rouge à Silvio Berlusconi,
reçu en grande pompe à Bruxelles
par sa famille politique du PPE – et
donc par Jean-Claude Juncker.
L’homme que les Européens ont
poussé vers la sortie durant la crise
financière fait désormais figure de
principale barrière contre le Mouvement 5 étoiles, ouvertement antieuropéen.
Quant à Paolo Gentiloni, l’actuel
président du Conseil italien, il a eu
droit à un traitement tout particulier lors du dernier sommet européen, fin février à Bruxelles, arrivant, devant les caméras, entouré
par Emmanuel Macron et Angela
Merkel, tout sourire. La photo suffira-t-elle à donner un coup de pouce
au Parti démocrate ? Ce dernier est
à la traîne dans les sondages. n
Avant que ne commence la campagne électorale, le gouvernement
pensait avoir enlevé un argument à
ses adversaires populistes. L’action
ferme du ministre de l’Intérieur,
Marco Minniti, sur le dossier de
l’immigration avait permis la
baisse significative des arrivées de
migrants sur les côtes italiennes.
L’an dernier, elles ont chuté de 35 %
en provenance de Libye où des
accords ont été conclus avec les tribus et les milices locales pour
enrayer les départs. Quelque
120.000 migrants sont arrivés dans
la Péninsule en 2017, contre 180.000
l’année précédente. L’image de
fermeté du ministre et la quasidisparition dans les médias des
images de navires des ONG secourant en mer des embarcations en
difficulté donnaient la sensation
que la situation était sous contrôle.
Il aura suffi d’une série de faits
divers impliquant ces dernières
semaines des étrangers pour que
le dossier immigration domine la
campagne électorale. Le climat est
devenu délétère depuis l’automne
et le report par le gouvernement de
l’adoption du droit du sol, pourtant
sous certaines conditions, pour les
enfants nés en Italie de parents
étrangers. Paolo Gentiloni a justifié
sa décision par les divisions de l’opinion et au sein de la classe politique.
Profondes divisions
Elles n’ont jamais été aussi profondes, attisées par des discours xénophobes de la Ligue, imitée par Silvio
Berlusconi. Le « Cavaliere », cherchant à ne pas perdre du terrain
face à un allié qui devient de plus en
plus un rival au sein de la coalition
de centre droit, a stigmatisé « la
bombe sociale que représentent
les immigrés. 600.000 n’ont pas
le droit de rester en Italie et vivent
de petits crimes et d’expédients.
Nous les expulserons. » Un discours
identique à Matteo Salvini, pour
qui « l’immigration incontrôlée
apporte le chaos, la rage, les vols et
le trafic de drogue », et qui ne cesse
de dénoncer « l’invasion » de son
pays « transformé en un énorme
camp de réfugiés ».
Des propos en contradiction avec
les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui recensait au 1er janvier
2017 un peu moins de 6 millions
d’étrangers dont 491.000 en situation irrégulière, soit environ 8 % du
total. Sur l’ensemble de l’année dernière, le nombre d’immigrés en
situation irrégulière n’aurait augmenté « que » de 50.000 personnes.
Ils sont actuellement près de
186.000 dans les différentes structures d’accueil réparties sur
l’ensemble du territoire.
Alors que 70 % des Italiens disent
se sentir en insécurité, la coalition
de centre droit, en tête dans les sondages, fait le lien entre immigration
et délinquance, tandis que la gauche demeure timide sur le sujet.
Aucune proposition, en revanche,
concernant l’intégration alors que
le pays, qui perd chaque année près
de 300.000 habitants, a besoin de
travailleurs aussi bien pour ses
entreprises que pour la viabilité de
son modèle social. — O. T.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
Vers un compromis final limitant
fortement la durée du travail détaché
EUROPE
Un « préaccord »
a été trouvé entre
les institutions
européennes.
La révision de la
directive de 1996
devrait aboutir dans
les prochains mois.
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
La révision de la directive sur le travail détaché, l’un des chantiers les
plus sensibles auquel s’est attachée
la Commission européenne, semble
sur le point de faire l’objet d’un compromis. En octobre, c’est le Conseil
des ministres des Etats membres qui
ava i t e f f e c t u é u n e p e r c é e e n
parvenant à trouver une position
commune sur ce texte. Mais cette
première victoire politique pour
Emmanuel Macron et sa ministre
Nathalie Loiseau ne constituait
qu’une étape : il fallait encore que le
Parlement européen et le Conseil, les
deux « co-législateurs », élaborent
un compromis. Ce dernier semble,
depuis la nuit de mercredi à jeudi, en
bonne voie.
Jeudi matin, les négociatrices ont
en effet annoncé être parvenues à un
« préaccord ». Chaque partie ayant
dû faire des concessions par rapport
au mandat dont elle disposait au
nom de son institution, il va falloir
obtenir, à nouveau, la validation du
Les détachements n’excéderont pas dix-huit mois, la durée est limitée à un an avec une extension possible de six mois. Photo Christian Kaiser/Laif-RÉA
Conseil et du Parlement. Mais
l’accord définitif est en vue, potentiellement pour « mai ou juin », veut
croire Elisabeth Morin-Chartier,
la Française qui, depuis le début,
a poussé ce dossier au nom du
Parlement.
Lâcher du lest
Le principe central du texte est gravé
dans le marbre : il s’agit de fonder la
rémunération d’un travailleur détaché sur le principe « à travail égal sur
un même lieu, rémunération égale ».
Cela implique le salaire, mais
également les primes diverses ou les
indemnités (transport, logement,
repas), à l’exception de celles
éventuellement déjà payées par le
pays d’origine.
Le Parlement a dû lâcher du lest
sur plusieurs paramètres. Cela
concerne le fondement juridique de
la directive, où il aurait souhaité
qu’en plus de la liberté de prestation
de services soit ajoutée la protection
des travailleurs. Il obtient malgré
tout une mention du droit des travailleurs, dans le premier article,
portant sur le champ d’application
du texte. Elisabeth Morin-Chartier
veut y voir, malgré tout, « un signal
extrêmement fort vis-à-vis de la Cour
de justice européenne ».
Autre geste du Parlement : là où
le Conseil souhaitait préserver,
pour le transport routier, les dispositions en vigueur actuellement,
les eurodéputés voulaient, au
contraire, le soumettre à la future
directive révisée, en attendant
qu’aboutisse une autre négociation
en cours, propre au transport. C’est
finalement la première option qui
est retenue, mais avec une clause
prévoyant de revoir la directive
dans cinq ans, en fonction notamment de son impact sur le transport
routier. Une façon, veut croire Elisabeth Morin-Chartier, de mettre la
pression sur les législateurs pour
qu’ils avancent sur la réglementation du routier d’ici là.
Deux points essentiels
Restent deux points essentiels sur
lesquels la France peut se réjouir
puisqu’ils vont rendre concrète cette
nouvelle directive. Le premier
concerne la durée des prestations.
C’est, sur ce point aussi, la position
du Conseil qui a prévalu : les détachements n’excéderont pas 18 mois
(la durée est limitée à un an, avec une
extension possible de six mois), là où
les eurodéputés proposaient deux
ans, avec une possible extension.
« On retrouve là l’accord passé entre la
France et l’Espagne », décrypte un
spécialiste : Paris accepte de lâcher
sur le routier, tandis que Madrid
soutient la France pour limiter fortement la durée du détachement.
Enfin, le Parlement a monnayé
ses concessions en obtenant gain de
cause au sujet du temps de mise en
œuvre de la nouvelle directive. Le
Conseil avait trouvé un compromis
empêchant quiconque d’appliquer
le nouveau texte avant quatre ans. Le
compromis de jeudi matin assure,
au contraire, que tout sera effectif
dans deux ans. A l’Elysée, on salue le
fait que les « avancées essentielles de
la réforme » sont garanties. n
Le SPD table sur un feu vert
des militants à l’alliance avec Merkel
ALLEMAGNE
Une ministre socialedémocrate anticipe
un résultat positif
de la consultation des
463.000 adhérents sur
la « grande coalition ».
Le résultat sera
présenté dimanche.
Thibaut Madelin
@ThibautMadelin
— Correspondant à Berlin
©CRÉDIT FRANCKLODI/SIPA
Bettina Hagedorn avait d’autres
projets jeudi dernier, mais l’enjeu
était trop important. La députée
sociale-démocrate (SPD) est venue
remplacer au pied levé une collègue
au débat de la section locale berlinoise de Schöneberg sur la « grande
coalition » avec l’Union chrétiennedémocrate (CDU) d’Angela Merkel.
Depuis l’accord conclu entre les
deux partis, le 7 février, c’est le lot
quotidien des élus du SPD : battre
la campagne pour promouvoir la
nouvelle « GroKo » auprès d’une
base hésitante.
Les 463.000 adhérents du SPD
sont appelés jusqu’à ce vendredi à
voter pour ou contre cette nouvelle
alliance, qui serait la troisième
depuis 2005. Cinq mois après les
élections, le résultat attendu
dimanche sera le dénouement
d’une crise inédite, qui a précipité la
démission du président du SPD,
Martin Schulz, et écorné l’autorité
de la chancelière. « Je m’attends à
un résultat positif », a déclaré jeudi
la ministre de l’Environnement,
Barbara Hendricks, tablant sur un
taux de 60 %. Un sondage publié
mercredi tablait sur une majorité
de 56 %.
Dans le café Timeless de Schöneberg, les adhérents sont attentifs.
Bettina Hagedorn égraine à sa
façon les mesures prévues par le
« Je m’attends
à un résultat
positif. »
BARBARA HENDRICKS
Ministre de l’Environnement
contrat avec la CDU : 6 milliards de
baisses de cotisations d’assurancemaladie, 2 milliards d’investissements dans les logements sociaux,
14,5 milliards dans l’éducation et le
haut débit, etc. En cas d’élections
anticipées, si le SPD dit non, quelle
campagne ferais-je, fait mine de
s’interroger la députée. « Les gens
vont me dire : “mais pourquoi vous
n’avez pas pris les 14,5 milliards ?” »
Risque d’une débâcle
C’est maintenant au tour de Sinem
Tasan-Funke de faire son pitch.
Vice-présidente des Jeunes Socia-
listes (« Jusos ») de Berlin, elle est
contre une nouvelle « GroKo », qui,
selon son organisation, risquerait
d’accélérer le déclin du SPD. Aux
élections de septembre, le parti a
obtenu avec 20,5 % son pire score
depuis 1949. « Le contrat a été bien
négocié mais j’aurais espéré des tournants, lance l’étudiante. Il n’y a pas
de projet phare, ajoute-t-elle. Les
gens veulent que le SPD ait un profil
clair en faveur de la justice sociale. »
Le débat qui suit est un modèle
de démocratie de base, durant
lequel les militants livrent leurs
arguments avec conviction, mais
« toujours respectueux » comme
l’annonce le chef de section Michael
Biel. Il révèle aussi le désarroi du
parti, tiraillé entre le désir d’opposition pour se renouveler et son sens
des responsabilités, entre sa
volonté d’en découdre avec une
direction maladroite et sa discipline, entre une aile gauche qui veut
rompre avec le « néolibéralisme »
et une aile droite qui se veut réaliste.
Le parti appelé à être dirigé par Andrea Nahles envisage
de présenter une liste de ministres d’ici à la prestation de serment
du nouveau gouvernement. Photo John MacDougall/AFP
Au final, c’est peut-être le risque
d’une débâcle en cas de nouvelles
élections, qui pourrait faire basculer les réticents du côté des supporters. Dans les récents sondages, le
SPD n’a cessé de reculer à mesure
qu’il semblait d’abord préoccupé
par lui-même. Au point de passer,
dans certaines enquêtes, derrière le
parti nationaliste Alternative pour
l’Allemagne (AfD) avec 15,5 %
d’intentions de vote. Même Kevin
Kühnert, le leader des « Jusos » et
redoutable chef de file de la campa-
DIMANCHEDE10H À11H
LEGRANDRENDEZ-VOUS
PRÉSENTÉPARAURÉLIEHERBEMONT,NICOLASBARRÉETLAURENCEFERRARI
ALEXISCORBIÈRE
ENDIRECTSUREUROPE1,CNEWSETLESECHOS.FR
gne « NoGroKo », a baissé d’un ton.
En cas de feu vert, le parti appelé
à être dirigé par Andrea Nahles
envisage de présenter une liste
de ministres d’ici la prestation de
serment du nouveau gouvernement qui devrait alors avoir lieu le
14 mars. Près de six mois après les
élections, l’Allemagne pourrait
de nouveau assumer son rôle et
s’attaquer au « nouveau départ pour
l’Europe » que la CDU et le SPD se
sont engagés à préparer avec la
France. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
Un premier porte-avions
nucléaire pour la Chine
Anthony Wallace/AFP
Brésil : la sortie
de récession
confirmée
Pékin ne dispose que d’un porte-avions opérationnel, le « Liaoning », acheté inachevé à l’Ukraine en 1998 avant d’être réaménagé.
ASIE
Sa mise à l’eau
ne devrait pas
intervenir avant 2025.
Mais elle donne
de la substance aux
ambitions de la Chine
de devenir une grande
puissance maritime.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
C’est un coin du voile qui se lève
sur le programme chinois de porteavions, classé secret d’Etat. Et c’est
une étape majeure dans la volonté
affichée de la Chine de devenir une
grande puissance navale. Le constructeur CSIC (China Shipbuilding
Industry Corp.) a révélé, dans un
document stratégique mis en ligne,
qu’il travaillait à la construction
du premier porte-avions chinois à
propulsion nucléaire. Aucun
calendrier n’a été donné et bien des
étapes techniques restent à franchir. Mais le constructeur se dote
d’une feuille de route laissant
supposer une mise à l’eau en 2025.
« C’est la première fois qu’une entreprise de défense chinoise a ouvertement placé des porte-avions à propulsion nucléaire à son agenda », se
félicite le « Global Times », le très
patriotique tabloïd du Parti communiste chinois.
« Avec Xi Jinping, la Chine s’est
fixé pour objectif d’avoir en 2025 une
marine dite océanique – c’est-à-dire
de haute mer – et un tel porte-avions
en est le symbole », explique Sébastien Colin, géographe et chercheur
au Centre d’études français sur la
Chine contemporaine (CEFC) à
Hong Kong. La propulsion nucléaire
a le grand avantage d’offrir une plus
grande autonomie au porte-avions.
« Cela permet des missions plus longues dans l’océan Pacifique, dans
l’océan Indien, voire en mer Méditerranée », poursuit l’expert. Outre cet
avantage tactique, le porte-avions a
Gerald R. Ford », son onzième porteavions et premier d’une nouvelle
génération à propulsion nucléaire.
Mettant les bouchées doubles, la
Chine s’est lancée, à l’initiative de
Xi Jinping, dans un grand plan de
modernisation de son armée, particulièrement sa marine.
Et ce dans un contexte de tensions
liées à la Corée du Nord et à l’appui
de ses prétentions en mer de Chine
méridionale, une zone dont la souveraineté est contestée par plusieurs
pays riverains. Un porte-avions
nucléaire chinois modifierait considérablement l’équilibre des forces
maritimes en Asie-Pacifique,
notamment en mer de Chine. « La
Chine veut être la puissance incontestée et incontestable dans la région »,
ajoute Sébastien Colin.
Taïwan affirme que deux porteavions sont actuellement en construction en Chine. Pékin reste très
secret sur son programme d’armement nucléaire. Et, depuis jeudi,
CSIC a retiré de son site Web toute
mention au projet de construction
d’un porte-avions nucléaire. n
plus de puissance et plus d’espace
pour stocker du carburant ou des
munitions pour ses aéronefs.
Un vrai bond en avant
Pour l’heure, Pékin ne dispose que
d’un porte-avions opérationnel,
le « Liaoning », acheté inachevé
à l’Ukraine en 1998 avant d’être
réaménagé. En avril dernier, la
Chine a mis à flot son deuxième
porte-avions (conçu en Chine) mais
il n’entrera sans doute pas en service
avant 2020. Avec un porte-avions
nucléaire, la marine chinoise ferait
un vrai bond en avant.
Seuls les Etats-Unis et la France
(avec le « Charles de Gaulle ») disposent de ce type d’armement. « C’est le
chaînon manquant dans la modernisation de la marine chinoise qui essaie
de combler son retard encore important avec la flotte américaine, ajoute
Sébastien Colin. Outre la force du
symbole et les progrès technologiques
induits, la Chine montre qu’elle a les
moyens financiers de moderniser son
armée. » La marine américaine
a inauguré l’été dernier le « USS
Avec un discours militaire martial,
Poutine cible les Américains
toire américain. Mais le chef du
Kremlin a tempéré : « La Russie n’a
aucun projet d’utiliser ce potentiel de
façon offensive. Elle permet de maintenir l’équilibre des forces dans le
monde ». La réaction de Washington ne s’est pas fait attendre : « La
Russie a développé des systèmes
d’armes déstabilisateurs depuis plus
de 10 ans, en violation directe des
traités », a réagi jeudi soir le département d’Etat américain.
RUSSIE
Le chef du Kremlin a
présenté ses nouveaux
armements nucléaires.
Ses propos sur l’économie, à la veille
de la présidentielle,
sont passés
au second plan.
Patriotisme des Russes
Après avoir écouté Vladimir Poutine
pendant deux heures, Andreï Kostine est un banquier et citoyen heureux. « Quel spectacle ! » se réjouit le
patron de VTB, l’un des deux géants
financiers publics russes.
Parmi les 1.500 invités de l’élite
économico-politique, il vient cet
après-midi d’assister à l’adresse
annuelle du chef du Kremlin. Un
rituel d’autant plus attendu que ce
discours à la nation intervient deux
semaines avant la présidentielle. La
première partie, consacrée aux
« tâches » économiques et sociales,
litote pour lister les promesses électorales, est passée au second plan.
Les invités dans la grande salle près
du Kremlin, comme les Russes
devant leurs téléviseurs, retiendront
avant tout l’impressionnant déballage militaire de Vladimir Poutine.
Vidéos à l’appui avec moult explosions, le président a montré la nouvelle gamme de ses missiles nucléaires. Dans un mélange d’images
réelles et 3D, la présentation pêle-
Yuri Kabodnov/AFP
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
Les Russes, devant leurs téléviseurs, retiendront avant tout
l’impressionnant déballage militaire de Vladimir Poutine.
mêle de drones à propulsion
nucléaire, systèmes de défense
hypersonique « suivant sa cible
comme une météorite », missiles au
rayon d’action illimité et arme laser
« dont il est trop tôt pour évoquer les
détails », a tenu en haleine
l’audience. « Personne ne voulait
nous parler. Ecoutez désormais », a
lancé avec fierté Vladimir Poutine.
Nouveaux missiles
La conclusion de Vladimir
Poutine s’est ensuite inscrite dans
son discours développé depuis
l’annexion de la Crimée en 2014 et le
regain de tensions avec les Occidentaux. « A ceux qui ont tenté de
profiter de la Russie, ont introduit
des sanctions internationales illégales pour enrayer le développement de
« Personne
ne voulait nous
parler. Ecoutez
désormais. »
VLADIMIR POUTINE
Le chef du Kremlin
notre pays, y compris dans le
domaine militaire, je vais le dire : ce
que vous avez entrepris pour gêner,
empêcher, entraver la Russie a
échoué ». Les Etats-Unis étaient la
cible d’autant plus évidente des
propos présidentiels que les vidéos
montraient les nouveaux missiles
russes en train de survoler le terri-
A l’issue du discours, hommes politiques et d’affaires ont plus que
jamais loué leur président. « La
guerre ne vient jamais de nous. La
Russie se défend. Autour, les EtatsUnis ont installé 800 bases militaires », assure Andreï Kostine. Le
patron de VTB confie tout sourire
aux « Echos » : « Poutine nous protège ». Dans les couloirs, un communicant du Kremlin décode : la partie
militaire visait les Occidentaux et
doit gonfler le patriotisme des
Russes ; la première partie, économique, était le programme électoral
du président.
Vladimir Poutine n’a pas évoqué
le scrutin du 18 mars, mais, telle une
liste à la Prévert, son discours a
ratissé tous les électorats. Depuis les
familles cherchant des prêts à bas
taux jusqu’aux ouvriers attendant
une hausse du salaire minimum, en
passant par les jeunes des start-up
pleins de talents, le président n’a
oublié personne. Avec une promesse à tous : « Pourvoir à une croissance certaine et à long terme des revenus réels », s’est-il engagé. Avant de
faire défiler ses missiles. n
AMÉRIQUE DU SUD
La croissance du PIB
s’est élevée à 1 % en
2017, après deux ans
de récession.
L’OCDE réclame
davantage
de réformes, alors
que l’issue des
élections d’octobre
demeure incertaine.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
Rien à voir, certes, avec la croissance chinoise ou indienne.
Mais l’économie brésilienne a
enfin réagi – à +1 % du PIB en
2017 – après deux années de
contraction (–3,5 % en 2015 et en
2016). Un rebond modeste, favorisé par ailleurs par un contexte
international porteur et la performance de l’agroalimentaire
(+13 %). « L’année s’est terminée
sur une note beaucoup plus positive que prévu », note Thierry
Fournier, président de la Chambre de commerce France-Brésil
(CCFB). Plus des trois quarts des
membres de la CCFB prévoient
en outre une progression de
leurs ventes en 2018, selon un
sondage Ipsos.
Le secteur automobile, qui a
commencé l’année sur les chapeaux de roues, table désormais
sur une expansion de 10 % (en
volume). « Le scénario d’une
croissance robuste se confirme,
affirme Olivier Murguet, président de Renault Amériques. La
confiance des consommateurs
vient d’augmenter pour le cinquième mois d’affilée. »
Toutefois, l’horizon 2018 n’est
pas totalement dégagé. Et Olivier Murguet reste prudent en
raison des incertitudes liées aux
élections d’octobre. « Ça part très
bien pour l’instant. Mais quelle
sera l’ampleur de la croissance ?
On verra cela au fil des mois »,
dit-il. La corruption a brouillé les
cartes du jeu politique au Brésil
et l’issue du scrutin est totalement imprévisible, ce qui ne
manque pas de préoccuper certains investisseurs. « Mais pour
l’instant l’économie tourne, et
tourne bien, comme si la politique
et l’économie évoluaient sur deux
plans différents », observe
Alberto Mori, associé au cabinet
Trench Rossi Watanabe à São
Paulo.
La conjoncture a beau s’améliorer, les problèmes de fond
demeurent, affirme l’OCDE, qui
table sur une croissance
modeste de 2,2 % et de 2,4 % en
2018 et en 2019. « Pas de quoi se
montrer complaisant », a averti
son secrétaire général, Angel
Gurría, en visite à Brasilia.
Sur la voie des réformes
Et l’OCDE de plaider une nouvelle fois en faveur des réformes.
Or, le Brésil vient justement de
faire une fausse note en la
matière, puisque le gouvernement a enterré un projet de loi
impopulaire pour modifier son
système de retraite. Une
réforme pourtant cruciale,
selon l’OCDE, pour éviter une
explosion de la dette publique
(sans réforme, le rapport dettePIB va atteindre 100 % en dix
ans, selon ses experts). Si le Brésil, qui vient de moderniser son
Code du travail, s’engageait à
nouveau sur la voie des réformes, il pourrait enregistrer un
gain de croissance de 1,4 point
par an durant quinze ans, selon
l’OCDE.
Les experts de l’organisation
pointent d’autres failles : le faible
niveau des investissements, et
notamment des investissements dans les infrastructures
(1,8 % du PIB), une participation
réduite au commerce international, des barrières douanières
élevées et une insertion limitée
au sein des chaînes de valeur
mondiales… Pas sûr que les
futurs présidentiables soient
prêts à prendre le taureau par les
cornes, alors que le Brésil a sollicité son adhésion à l’OCDE. n
en bref
Au Venezuela, Nicolás Maduro
a officialisé sa candidature
ÉLECTION Sans surprise, le président vénézuélien Nicolás
Maduro a officialisé sa candidature à sa réélection lors du scrutin anticipé du 22 avril, condamné par la communauté internationale. Après s’être rendu sur la tombe de Hugo Chavez, son
mentor, il est allé valider sa candidature au Conseil national
électoral (CNE). « Je suis plus que jamais prêt pour les batailles à
venir. Je suis ici parce que je suis un président du peuple », a-t-il
déclaré devant ses soutiens. L’opposition a décidé de boycotter
l’élection : « Ne comptez pas sur l’Unité démocratique ni sur le
peuple pour valider ce qui, jusqu’à présent, n’est qu’un simulacre
frauduleux et illégitime d’élection présidentielle. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur
du Cercle des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Livres
L’œil du philosophe
Le pessimisme français face
à ses contradictions
Le monde à l’envers de Laurent Wauquiez
Objet social de l’entreprise : la pérennité
d’abord !
Ces innovations qui ont changé le monde
Les athées, en prison !
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Un renouveau industriel,
mais pas une renaissance
Pinel pour « Les Echos »
Renzi ou le destin contrarié
du « Macron italien »
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Celui qui promettait d’envoyer la
vieille Italie à la casse serait en passe
de subir le sort qu’il promettait à ses
rivaux. Les derniers sondages prédisent à son parti une cuisante
défaite. Matteo Renzi, l’étoile montante de la vie politique transalpine,
aura donc été une étoile filante. Elle
a brillé puis pâli au fil des 1.000 jours
de son gouvernement de février
2014 au fatidique 4 décembre 2016,
lorsque le référendum constitutionnel l’a éteinte.
Le « démolisseur » avait humilié la
vieille garde de son parti, ignoré des
syndicats décrédibilisés et ringardisé un Silvio Berlusconi au crépuscule de son règne sur une droite
exsangue. Après le triomphe des
élections européennes au printemps
2014 avec plus de 40 % des suffrages,
on lui promettait une longévité au
moins égale à celle du « Cavaliere »
sur la scène politique italienne. Elle
n’avait pas connu depuis l’irruption
de l’entrepreneur milanais un tel
vent d’optimisme et d’espoir. Il devait
gonfler les voiles de sa « révolution »
avec la promesse d’une réforme par
mois pour tirer le navire Italie de
l’immobilisme sur lequel il s’était
échoué. Après la libéralisation du
marché du travail, la simplification
de la justice et de l’administration
publique ou la modernisation de
l’école, le cap était mis sur la réforme
institutionnelle qui donnerait enfin
la stabilité au pays.
Une nouvelle République que
59 % des Italiens ont rejetée, dans un
référendum, dont l’issue était devenue le sort de Matteo Renzi après la
promesse de sa démission en cas de
défaite. Les Italiens sont prompts à
brûler ce qu’ils ont adoré, et la
consultation du 4 décembre a représenté le bûcher des espoirs et de la
popularité dont ils avaient gratifié le
plus jeune président du Conseil de
leur histoire. Suscitant une admiration passionnée ou une rancœur
tenace, il fait partie des personnalités les plus clivantes de la vie politique italienne. Sa polarisation du
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Il avait démarré en
trombe, toisant de
son audace et de sa
jeunesse une classe
dirigeante transalpine
vermoulue. Mais,
depuis sa défaite au
référendum constitutionnel de 2016, le
« Macron italien »,
brillant mais éphémère président du
Conseil, lutte pour
sa survie politique.
D
Les points à retenir
Après des débuts
•triomphants
sur la scène
européenne, Matteo Renzi
a subi un revers cuisant le
4 décembre 2016 en proposant
un référendum constitutionnel
rejeté à 59 % par les Italiens.
Depuis, celui à qui l’on
promettait une carrière
politique au moins égale
à celle du « Cavaliere »
Berlusconi, peine à revenir
sur le devant de la scène.
Son parti, le PD,
fait du surplace dans les
sondages à la veille des
élections législatives.
Ce qui hypothèque son
retour au sommet.
•
•
•
débat public, au centre duquel il s’est
placé, constituait pourtant sa principale force. Elle s’est muée en sa plus
grande faiblesse. Les louanges sur
ses qualités de volontarisme, de
pragmatisme et d’opportunisme
pour mener à bien les réformes se
sont transformées en critiques sur
son autoritarisme, sa versatilité et
son arrogance. Quant à son optim i s m e d é b o r d a n t p o u r va n ter « l’Italie qui gagne et repart », il a
paru, au mieux, comme une banale
méthode Coué pour masquer de
timides résultats et, au pis, comme
une absence totale de sensibilité face
à un pays frappé par la crise économique. Au centre de tout, il a catalysé les espoirs des citoyens en quête
d’un leader pouvant relancer le pays
avant de devenir le bouc émissaire
des frustrations et de la colère de ses
habitants, qui ne voyaient pas assez
vite leur situation s’améliorer.
D’un point de vue politique, s’attaquer avec virulence aux totems de la
gauche lui a aliéné le cœur de son
électorat, quant à celui de la droite,
un moment séduit, il est rapidement
revenu à ses premières amours berlusconiennes. Echouant à devenir le
de Gaulle italien, Matteo Renzi promettait, comme le Général après le
référendum de 1969, de se retirer de
la vie politique. On lui conseillait
plutôt de puiser son inspiration
dans l’histoire romaine. Un Cincinnatus retournant à sa charrue quelques années avant qu’on ne le supp l i e d e r e ve n i r p o u r t i r e r l a
République du chaos dans lequel
elle ne manquerait pas de verser.
Contraint de quitter le devant de la
scène gouvernementale, il est pourtant resté en coulisse, faisant jouer le
premier rôle au discret et fidèle
Paolo Gentiloni, plus habitué à celui
de figurant. L’exécutif qu’il lui a confié, en piaffant d’impatience de prendre sa revanche au plus vite dans les
urnes, est demeuré identique. Faute
de législatives, il s’est contenté des
primaires du Parti démocrate, organisées au printemps dans la foulée
de sa démission de poste de secrétaire. Un PD devenu PDR (parti de
Renzi), suite à la scission de son aile
minoritaire, plus radicale, et de sa
victoire écrasante dès le premier
tour avec 70 % des voix.
Depuis, il a rongé son frein, voyant
s’éloigner au fil des mois le mirage
d’un retour au Palazzo Chigi. Car, si
sa cote de popularité n’a cessé de
décliner, celle de Paolo Gentiloni
s’envole. Celui qui devait lui tenir la
place de président du Conseil au
chaud s’y est confortablement installé. Rassurant, discret, conciliant,
il fait figure d’anti-Renzi. Ce dernier
a dû se résoudre à vanter les mérites
de son successeur, auquel il ne
pourra très certainement plus succéder dans l’immédiat. Plus difficile,
il s’oblige à calmer ses accès de personnalisme en vue des législatives.
Mais si l’emploi du « nous » a fait sa
réapparition dans ses discours, il
entend continuer à se différencier,
ne pouvant changer sa nature. « Si
Paolo est une camomille, a-t-il plaisanté en faisant référence à son
calme légendaire, je me sens plus un
Red Bull. » Une boisson énergisante
qu’il n’a pas fait prendre à sa campagne électorale. Celui qui excellait
dans la com numérique évoque jusqu’à l’ennui la « force tranquille de
Paolo Gentiloni » et les « 100 propositions du programme du PD ». Cela
rappelle plus le PS de François Mitterrand que le mouvement En marche d’Emmanuel Macron, dont il se
réclame pourtant.
Pour l’instant, son parti fait du surplace dans les sondages, quand il ne
recule pas sous la barre symbolique
des 25 %, score déjà historiquement
bas obtenu lors du dernier scrutin. Si
ces prédictions devaient se vérifier,
nul doute que la nuit électorale du
PD se transformera en « Nuit des
longs couteaux » pour tenter d’éliminer Renzi. Au Parlement, il pourra
compter sur un groupe restreint
mais dévoué, ayant peuplé la liste
des candidats de ses plus proches
fidèles. Mais, que ce soit pour baptiser un nouveau parti, enfin social-libéral selon ses vœux, ou pour enterrer la gauche traditionnelle, Matteo
Renzi présidera à la cérémonie à
défaut de présider dans l’immédiat
le Conseil des ministres. n
Tous les trois jours, une nouvelle usine ouvre
ses portes en France. Et il y a désormais davantage d’ouvertures que de fermetures. Ces
constats encourageants dressés par le cabinet Trendeo confirment le paysage d’une embellie industrielle, dont la santé retrouvée des
constructeurs automobiles est le signe le plus
éclatant. La production manufacturière est
Par Jean-Marc
enfin repartie l’an dernier après avoir dévissé
Vittori
de 15 % au cours de la décennie écoulée. L’industrie embauche à nouveau des intérimaiLa politique res et même des salariés en contrat à durée
favorable
indéterminée, après avoir supprimé près
d’un million de postes en quinze ans. Et ce
aux
sans doute pas fini. Avec des machines
entreprises n’est
tournant à 86 % de leurs capacités, proporva dans
tion la plus élevée depuis dix ans, les indusle bon sens. triels ont une excellente raison d’investir. Les
projets qu’ils décident aujourd’hui vont éclore dans les deux ou trois ans à venir. En permettant une organisation
plus souple de la production, les nouvelles technologies industrielles
laissent espérer des relocalisations d’activités plus proches des marchés. La politique plus favorable aux entreprises menée depuis cinq
ans, accentuée depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, va
dans le bon sens. Il y aura encore beaucoup d’ouvertures d’usine en
France. C’est une excellente nouvelle. Sans avoir la nostalgie des cheminées qui fument, force est de constater que les pays qui réussissent sont le plus souvent des pays qui ont su entretenir un tissu industriel solide, voire le régénérer. Et en Europe comme en Amérique, plusieurs économistes ont publié récemment des travaux montrant le rôle favorable de l’industrie dans le maintien d’une répartition des revenus équilibrée entre capital et travail. Mais il serait naïf
de croire que cette embellie augure d’une France qui va miraculeusement se recouvrir d’usines. D’abord, parce que beaucoup de sites
industriels français sont au bout du rouleau. Faute d’investissements efficaces, faute d’avoir pu réduire la voilure quand c’était nécessaire, faute d’avoir su réorganiser la production par le dialogue
social, nombre d’entre eux vont disparaître, en dépit d’un soutien
souvent appuyé des pouvoirs publics locaux. Ensuite, parce que le
renouveau actuel vient surtout d’un mouvement cyclique, d’un rebond finalement limité après une effroyable saignée. Enfin, parce
qu’il faudra mener de nombreux chantiers pour que le pays renforce
sa compétitivité industrielle et attire en masse les usines de demain :
pénétration de l’innovation, efficacité de l’investissement, niveau de
formation, forme et poids de la fiscalité, aménagement des réglementations, etc. Une embellie, oui. Une renaissance, loin s’en faut.
(
Lire nos informations
Page 16
L’Europe et l’inconnue
italienne
Par Jacques Hubert-Rodier
Rarement depuis l’implosion des partis traditionnels dans les années
1990, l’Italie n’est apparue politiquement aussi fragmentée. Les élections législatives de dimanche 4 mars sont jugées par nombre d’observateurs comme « les plus dramatiques » pour la république italienne. Sans être un référendum, les Italiens doivent se prononcer
pour ou contre les partis populistes, xénophobes et hostiles à l’Europe. A l’approche du scrutin, le Mouvement 5 étoiles, dirigé aujourd’hui par Luigi Di Maio, a certes mis en sourdine son discours antieuropéen et anti-euro, afin d’apparaître comme un parti de gouvernement. Mais ce mouvement est divisé, regroupant des personnalités de tout bord. Surtout, le discours contre Bruxelles est désormais
bien ancré. Les Italiens se sont sentis abandonnés par les autres
Européens lors de la crise migratoire, par la France notamment, qui
a interdit le passage de migrants depuis la frontière italienne. De même affleure encore un discours contre l’Allemagne. Nombre d’Italiens lui reprochent d’avoir imposé la rigueur à l’Italie. C’est sur ces
sentiments que les partis d’extrême droite continuent de surfer. Avec
Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, inéligible en raison de sa
dernière condamnation, la Ligue du Nord de Matteo Salvini et des
Frères d’Italie de Giorgia Meloni, un parti descendant en ligne droite
du parti fasciste, le MSI, ont formé une coalition également hétéroclite. Silvio Berlusconi affirme qu’il pourra modérer les ardeurs de ces
mouvements d’extrême droite. On peut en douter. Reste pour l’Italie
une voie plus rassurante : celle présentée par la gauche, celle du Parti
démocrate et de petites formations centristes et radicales. Mais elle
demeure très incertaine. Les élections de dimanche n’auront pas seulement des conséquences pour la péninsule, mais également pour
toute l’Europe. Elles interviennent à un moment crucial pour l’Allemagne. Le 4 mars, les adhérents du SPD (social-démocrate) doivent
se prononcer sur la formation d’une nouvelle coalition de gouvernement avec la CDU d’Angela Merkel.
(
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10 // IDEES & DEBATS
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
les
plus
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Le pessimisme français
face à ses contradictions
Dans la presse étrangère :
retour de bâton en Egypte
Plusieurs indicateurs économiques
indiquent que la France est un pays
dynamique. Malgré cela, trop de Français
considèrent qu’elle décroche, regrette
la tradeuse Maeva Courtois.
NIVEAU DE VIE « Comparé aux autres
pays européens, la France se situe au
niveau des pays scandinaves et de
l’Allemagne, autour de 19.000 SPA
(standards de pouvoir d’achat) par an.
Un des revenus médians les plus élevés
d’Europe derrière la Norvège (26.000 SPA)
et devant le Royaume-Uni (17.000 SPA).
Par ailleurs, le revenu disponible
des ménages a augmenté de 38 % en vingt
ans, une évolution proche de celles du
Danemark et des Pays-Bas (35 %) et plus
élevée que celle de l’Allemagne, de
l’Espagne ou de la Belgique (20 %). »
INÉGALITÉ DE RICHESSE « A la question
“quelle proportion de la richesse totale
des ménages pensez-vous que les 1 %
les plus riches possèdent ?”, les Français
répondent 56 %, soit plus du double de la
valeur réelle (23 %). En réalité, les 1 % des
Français les plus riches détiennent donc
23 % de la richesse totale du pays. C’est plus
qu’en Belgique (18 %) ou au Japon (19 %),
mais moins qu’aux Etats-Unis (37 %), en
Suède (32 %) ou en Allemagne (30 %). »
PRODUCTIVITÉ « La France se situe
environ au même niveau que les Etats-Unis
et que l’Allemagne avec une productivité
moyenne du travail d’environ 55 euros
par heure travaillée, soit plus de 25 %
plus élevée que le Royaume-Uni ou l’Italie.
Notons qu’aucun pays au monde de taille
et de structure économique comparables
ne dépasse de façon significative le niveau
de productivité du travail observé en
France, en Allemagne et aux Etats-Unis. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
de cinq ans après le coup d’Etat
•dePrès
juillet 2013 contre Mohamed Morsi,
issu des Frères musulmans, l’Egypte
resserre les boulons sur la société.
Mardi, raconte le quotidien « AlAhram », un tribunal du Caire a condamné la chanteuse égyptienne Sherine Abdel Wahab à six mois de prison
pour « offense à l’Egypte ». Le motif de
cette condamnation, qui est suspensive
dans l’attente d’un appel : lors d’un concert aux Emirats arabes unis en
août 2016, la star de trente-sept ans avait
chanté sa chanson tube écrite en 2007,
« Vous n’avez pas bu l’eau du Nil ? ».
Pour répondre à un fan qui lui demandait si elle avait bu l’eau du Nil, elle avait
affirmé : « Vous attraperiez la bilharziose. Mieux vaut boire de l’Evian. » Mais
l’affaire ne s’est pas arrêtée là car la vidéo
est devenue virale sur Internet, « déclenchant, écrit le journal, la colère de certains de ses fans ». Et la vengeance de la
justice, qui a finalement porté plainte en
novembre dernier. Toujours d’après
« Al-Ahram », une campagne agressive
est parvenue à combattre cette maladie.
« De 40 % dans les années 1980, le taux
d’infestation a chuté à moins de 0,2 % »,
affirme le journal, citant des chiffres
officiels. La chanteuse, qui a présenté
ses excuses au peuple égyptien, avait été
également interdite de chanter en
Egypte par l’association des musiciens
du pays. Mais il ne s’agit pas du seul durcissement sociétal pour couper l’herbe
sous le pied des fondamentalistes.
Ainsi, selon « Al-Ahram » de janvier, le
ministre des Fondations religieuses,
Mokhtar Gomaa, avait affirmé que
l’Egypte prenait toutes les mesures pour
empêcher « les idées athéistes, hérétiques
et extrémistes et endiguer l’athéisme en
Egypte ». La révolution du 25 janvier
2011 fait bien partie du passé. — J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Le monde à l’envers
de Laurent Wauquiez
La tentative de Laurent Wauquiez, de récupérer le vote FN en se drapant
dans la défense de ces territoires perdus, est une stratégie mal construite.
Elle repose sur des données économiques contestables.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
I
l est définitivement étrange de voir
Laurent Wauquiez flatter la France
rurale, la France des provinces, la
France des territoires périphériques et
reprocher au président de la République
« de les mépriser ». Emmanuel Macron
aurait « une haine de la province ». Carrément, comme disent les jeunes. Il représenterait, dit le leader du parti Les Républicains, la France des métropoles, des
startuppeurs, celle de ceux qui n’ont pas
besoin de voiture, celle des CSP+++, celle
des riches et des gagnants, tandis que lui
défendrait la vraie France, celle qui a les
pieds dans la glaise et qui souffre.
Etrange parce qu’il s’agit d’un complet
retournement. La droite est, dans l’histoire, le parti des possédants, c’est-à-dire
ceux qu’on appelle aujourd’hui les
gagnants. A l’exception peut-être de
l’époque du maréchal Pétain, lui aussi se
voulait un réconfort pour ceux qui
savent que « la terre ne ment pas ». Mais
la comparaison n’est pas très flatteuse
pour un homme politique français, et
surtout pas pour le président d’un parti
lointain héritier du général de Gaulle…
La « vraie droite » de Laurent Wauquiez
est-elle donc celle des régions à fort chômage ? Des perdants de la mondialisation, de l’Europe libérale et du charivari
technologique ? L’étrangeté de ce positionnement amène à une question
redoutable pour le futur candidat à la
conduite du pays : comment faire gagner
un pays en étant le parti des perdants ?
rale pour les régions du Sud et de l’Ouest.
Conséquence : « La lecture gé́ographique
du vote fonctionne mal », résume le think
tank Terra Nova (3). « Les fractures économiques et sociales qu’elle est censée
organiser dans l’espace traversent en réalité la plupart des territoires, métropolitains ou non […] l’électorat de Marine
Le Pen est étendu dans les périphéries
mais il est beaucoup plus urbain qu’on ne
l’a dit. » En clair, la tentative de Laurent
Wauquiez de récupérer le vote FN en se
drapant dans la défense de ces territoires
perdus est une stratégie mal construite.
Encourager la mobilité
Et quand bien même ? C’est là une dernière étrangeté de cette politique défensive de la « province ». Que la carte de
France se soit complètement redessinée
depuis trente ans est indéniable, l’économie nouvelle s’articule autour des métropoles par effet agrégatif (les activités
s’accrochent les unes aux autres, comme
dans la Silicon Valley). Des anciennes
régions industrielles décrochent, Christophe Guilluy a raison. Mais à l’heure où
l’Etat ne peut plus augmenter les transferts, parce qu’il doit faire des économies,
comment y remédier ? La défensive est
néfaste. « Les élus ont tendance à considérer qu’il faut à tout prix essayer de retenir les
jeunes en développant localement l’emploi,
les formations ou le logement, avertit Laurent Davezies. Voilà trente ans qu’on fait ça
et ça ne marche pas ! Il faut au contraire
encourager massivement la mobilité. Ce ne
sont pas les territoires qui comptent mais
les gens. » Or, qui tient ce nouveau discours de la mobilité professionnelle et
géographique ? Emmanuel Macron.
Laurent Wauquiez a un train de
retard. Et c’est le cas de le dire. Il faut lire le
non-abandon des petites lignes de la
SNCF par le gouvernement comme justifié : le train reste un outil structurant de
mobilité et la décision doit en revenir aux
régions parce qu’elles en ont la responsabilité et parce qu’elles sont plus proches
du terrain. A condition qu’elles en aient
les budgets, le gouvernement pas clair se
défausse. Mais le bon angle d’attaque de
l’opposition contre Emmanuel Macron
devrait être celui de la réforme territoriale. Si le président croit à la métropolisation, alors il doit mettre à la corbeille la
réforme Hollande, comble de la vieille
politique, pour réorganiser la carte selon
La « vraie droite »
de Laurent Wauquiez
se résume-t-elle à celle
des régions à fort
chômage ?
Comment faire gagner
un pays en étant le parti
des perdants ?
les attractions économiques
d’aujourd’hui et selon des structures
administratives (la santé, la sécurité, les
écoles) modernes. Un aménagement du
territoire complètement refondu offensivement. Les propositions positives du
président de LR tardent à venir.
(1) « Fractures françaises », Bourin Editeur,
2010.
(2) « La crise qui vient », Seuil, 2012.
(3) « Elections 2017 : pourquoi l’opposition
métropoles-périphéries n’est pas la clef »,
note d’octobre 2017.
« Bullshit » envers les électeurs
De l’importance
de la culture générale
LE PROPOS Pour fêter ses cinq
ans, « L’Eléphant », dont le soustitre est « la revue de culture
générale », nous fait rencontrer
les pionniers de l’aventure polaire,
répond en bande dessinée à la
question : « Pourquoi le ciel est-il
toujours bleu ? », revient sur
l’épidémie de peste qui foudroya
l’Europe il y a sept siècles. Les
articles traitent aussi de Debussy,
de Gustav Klimt, des tabous,
des évolutions de la Turquie.
On pourrait trouver le sommaire
trop bariolé. Il n’en est rien.
Il s’agit de culture générale.
Et dans le sondage commandé
pour ce numéro anniversaire,
sur la couverture duquel
« L’Eléphant » trinque avec
Voltaire, il semble bien que
cette matière globale compte
énormément aux yeux des
Français. S’ils avaient davantage
de temps, ils le consacreraient
d’abord au développement des
connaissances générales.
Et si la culture générale importe
pour réussir sa vie professionnelle
(53 %) et mieux comprendre
le monde (60 %), c’est d’abord pour
bien élever ses enfants (61 %)
lus
1. La popularité de Macron rebondit grâce à la réforme de la SNCF
2. Les négociations commerciales se terminent par des perquisitions chez Leclerc
3. PSA affiche un bénéfice record en 2017
4. Italie : comment l’immigration a été instrumentalisée durant la campagne électorale
5. L’Amérique a fait payer cher la crise aux banques de la planète
« L’Eléphant »,
n° 21, 2018, 15 euros.
qu’un bon niveau de culture
général est primordial.
LA CITATION « L’amour a certes
ses raisons que la raison ne connaît
pas, mais les hommes doivent être
prévenus : 35 % des femmes ont
déjà mis un terme à une relation
amoureuse pour déficit de culture
générale. » — Julien Damon
Il y a deux réponses possibles, aucune
n’est satisfaisante. Ou bien M. Wauquiez est capable d’inventer une divine
politique qui favorise la province sans
nuire aux métropoles, qui maintienne
le diesel en soignant l’environnement,
qui accroisse les emplois aidés (subventionnés) tout en abaissant les dépenses
publiques, qui réalise le miraculeux
mariage de la dépense et de la rigueur,
du perdant et du gagnant. Ou bien il
raconte du « bullshit » aux électeurs et,
sitôt élu, il reviendra illico aux fondamentaux de droite et mènera, exactement comme le fait Donald Trump, une
politique favorable aux (très) riches.
Etrange aussi parce que cette dichotomie de la France des métropoles et des
territoires oubliés s’appuie sur un constat politique faux. Elle a séduit un
moment dans la classe politique (dont
Nicolas Sarkozy) à la suite du livre du
géographe Christophe Guilluy (1) qui
attribuait le vote Front national à cette
France périphérique abandonnée.
Mais, depuis, beaucoup d’auteurs ont
contesté cette vision trop simpliste.
D’abord le nombre. La France périphérique représenterait 60 % de la population, selon Christophe Guilluy, de quoi
gagner une solide majorité électorale.
Mais 25 % seulement selon les autres
dont Laurent Davezies (2). La différence
est grande. Ensuite parce que les régions
« abandonnées » le sont quand on
regarde la production, elles ont perdu
leurs usines, mais pas quand on regarde
les revenus : beaucoup bénéficient de
transferts, soit publics, soit privés,
notamment grâce aux retraités qui s’y
installent. C’est le cas d’une façon géné-
La tentative de Laurent Wauquiez de récupérer le vote FN en se drapant
dans la défense de ces territoires perdus est une stratégie mal construite.
Photo AFP
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
focus
LES BONNES FEUILLES
Par Daniel Fortin
Allemagne : les secrets
d’une incroyable prospérité
Une plongée dans les coulisses et l’histoire d’un modèle
économique et social qui a fait de l’Allemagne la première
puissance économique de l’Europe. Remarquable.
Depuis bientôt cent cinquante ans, l’économie allemande est l’une des plus prospères
du monde. Malgré deux guerres – et deux
défaites – l’afflux de 12 millions de réfugiés
d’Europe centrale dans un pays en ruine et
une réunification, le pays tient plus que
jamais le haut du pavé. En 1820, la France produit encore deux fois plus de richesses que
l’Allemagne. Aujourd’hui, cette dernière en
produit 40 % de plus. Dans ce livre historique, Jean-Marc Holz revisite les grandes heures de ce formidable essor et en dissèque les
ressorts. Un ouvrage passionnant. Extraits
De l’ampoule à la machine
à laver, de la chasse d’eau
aux normes ISO, du fil de
fer barbelé au code-barres,
un inventaire raisonné
des innovations qui ont
vraiment changé nos
façons de vivre, en même
temps qu’un hymne
à l’innovation.
ÉCONOMIE PROTÉGÉE « L’Oktoberfest de
Ces innovations
qui ont changé le monde
LIVRES
Par Julien Damon
T
im Harford raconte des histoires. Et il les raconte extrêmement bien. Son panorama personnel des inventions qui façonnent
notre économie et notre vie quotidienne constitue une grande leçon
de vulgarisation de l’histoire et de
la science économiques.
Chroniqueur au « Financial Times »
et habitué des best-sellers, il a tenu
en 2016 et 2017 une chronique hebdomadaire à la BBC. De ces cinquante épisodes pour traiter des fondements des
économies contemporaines, il ressort
un ouvrage captivant, opportunément
traduit rapidement.
On retrouve quelques classiques du
genre, avec les étagères Billy d’Ikea, le
radar, la pénicilline, le conteneur maritime (« principal facilitateur de la mondialisation »), l’algorithme de Google,
ou l’iPhone. On découvre aussi des
sagas plus originales, comme celles du
fil de fer barbelé ou du code-barres.
Mais bien plus qu’aux origines et
traits de ces innovations, l’auteur s’intéresse à leurs effets. Il s’agit d’inventions
qui lui semblent particulièrement cruciales, en ce qu’elles ont transformé le
monde. Certaines continuent à le faire ;
d’autres ont moins d’importance (qu’il
s’agisse du papier, remplacé par
le numérique, ou du grand magasin.
Quelques-unes sont, bien entendu, des
incontournables. Il en va ainsi de
l’invention de l’écriture et, en même
temps, de la comptabilité à Uruk.
Débutant par la charrue, dont il ne dit
pas s’il faut la mettre avant les bœufs,
mais qu’il place avant son introduction,
et terminant par l’ampoule électrique,
que l’humanité vénère insuffisamment,
CHRONIQUES
L’Economie
mondiale en
50 inventions
Par Tim
Harford, PUF,
512 pages,
22 euros.
Harford ne se veut ni chronologique, ni
hiérarchique, ni exhaustif. Le plan
adopté est analytique. Les essais sont
présentés en sept rubriques. L’auteur,
écrivant que les luddites ne s’inquiétaient pas de l’appauvrissement de
l’Angleterre mais du leur, rappelle qu’il
y a toujours des gagnants et des perdants (première rubrique).
Il montre combien les découvertes
mises en avant, comme le lait en poudre
pour les bébés ou la pilule contraceptive, ont réinventé nos vies. À ce titre, il
tranche. C’est plus le plateau télé que la
machine à laver qui a changé la vie des
femmes, tout en contribuant à l’obésité.
Certaines nouveautés sont d’entières
révolutions. Harford en rend compte
avec un bel art de la formule. C’est le cas
de la sécurité de l’ascenseur (qui déplacerait chaque jour l’équivalent de la
population mondiale) ou de la chaîne
du froid (qui permet aux bananes de
durer plus longtemps, sans effet cependant sur les républiques bananières).
Quelques idées contées sont précisément des « idées sur les idées » : la
société à responsabilité limitée (qui
serait née le 31 décembre 1600), la propriété intellectuelle (pour laquelle se
battait Charles Dickens).
Dans l’une de ses rubriques, celle de
« la main visible », le chroniqueur
range ce qui a été rendu possible par
une conjonction d’intérêts privés et de
présence publique. On trouve là les
paradis fiscaux, le cadastre (avec mise
en valeur des travaux de Hernando de
Soto), ou bien le porte-monnaie mobile
qui, avec le fameux M-Pesa d’abord au
Kenya, révolutionne les échanges et
limite la corruption.
De l’anecdote, forcément savoureuse et bien mise en valeur, le narrateur de talent sait tirer des enseignements généraux. Appuyé sur une
grande consommation de littérature
économique, le propos fait dans la synthèse attachante, autant sur l’importance de la normalisation internationale (de type ISO), que sur celle de la
réfrigération ou de la climatisation. Le
ton, agréablement léger, permet de
faire passer et d’illustrer ce qui est parfois compliqué. Il en va ainsi de l’importance du compilateur en informatique,
ou des coûts de conversion et des tarifs
binômes, expliqués ici par le rasoir et
sa lame jetables.
Techno-prophètes
S’il souligne ingéniosité, habileté et
sagacité chez des personnalités extraordinaires (Elisha Otis, père des freins
d’ascenseur, James McKinsey, père du
conseil en management), Harford ne
tombe pas dans le piège actuel de la
célébration tous azimuts de l’innovation. Il appelle d’ailleurs à la sagesse
et à la simplicité. Ce que devraient méditer les techno-prophètes béats du
monde des start-up, qui pontifient sur
les vertus prétendument « disruptives »
(un qualificatif absent du texte) de leurs
logiciels.
Voici donc un volume où tout vaut le
coup. De l’inviolabilité des messages
électroniques à l’ajustement des horloges pour et par le chemin de fer, en passant par le point crucial des chasses
d’eau et réseaux d’assainissement.
Dire de cet ouvrage qu’il en vaut une
cinquantaine serait exagéré. Mais pas
forcément tant que ça. n
Munich s’est ouverte en septembre 2016 dans
un contexte particulier : la célébration, dans
toute l’Allemagne, des 500 ans de la “loi” sur
la pureté de la bière. Le 23 avril 1516, en effet, le
duc Guillaume IV promulgue à Ingolstadt un
décret stipulant que la bière ne doit contenir
que trois ingrédients – l’orge, le houblon et
l’eau… Le texte de 1516 ouvre une ère nouvelle :
celle de la protection de la production allemande… Un réseau d’institutions publiques
et privées s’est constitué comme un filet protecteur autour de l’appareil productif allemand, invisible, mais très efficace. La puissance économique allemande n’est pas le
fruit d’un libéralisme échevelé, mais d’une
protection multiforme de ses intérêts. »
LA COGESTION « Dès 1949, le Deutscher
Gewerkschaftsbund (DGB) fait d’une loi sur
la cogestion le fer de lance de ses revendications. Il faut admirer cette vision stratégique :
plutôt que d’exiger d’immédiates hausses de
ESSAI
Les Très Riches
Heures
de l’histoire
économique
allemande
Par Jean-Marc
Holz, Presses
Universitaires
de Perpignan,
349 pages, 22 euros.
salaire assez irréalistes, le DGB négocie le partage du pouvoir dans l’entreprise… La loi du
21 mai 1951 “accordant aux salariés le droit de
cogestion dans les conseils de surveillance et le
comité directeur des entreprises minières et
sidérurgiques”, dite “Montan-Mitbestimmungsgesetz”, est la clef de voûte du modèle
social et économique allemand. »
L’ARME MONÉTAIRE« Au cours des deux
années de l’après-guerre, le morcellement de
l’Allemagne en zones d’occupation gêne considérablement le redressement politique,
administratif et économique du pays ; la
monnaie perd de sa valeur, le marché noir et le
troc se répandent, symbolisant la fuite devant
la monnaie, qui rappelle les plus mauvais
souvenirs de la grande inflation de 1923.
Anglais et Américains s’entendent pour rétablir une autorité bancaire commune, chargée
des questions économiques de la bizone... Le
dimanche 20 juin 1948 est créé le deutschemark (DM). Cette loi reste dans la mémoire
collective allemande le véritable acte de naissance de l’Allemagne. » n
Livres en bref
La galère de l’auto-entrepreneur
est un témoi•g nCea glivre
e . C e l u i d ’u n e
femme, Sophie Vouteau
qui, comme plus de
1 million de citoyens, a
embrassé un jour le statut d’auto-entrepeneur
avec la fierté initiale de
créer sa structure, son
activité, d’être son propre patron. A la lecture de ces pages, on
s’aperçoit que le quotidien a très vite posé
son couvercle sur les rêves. Statut pas si
simple qu’on le prétend, défiance des banquiers, clients mauvais payeurs, journées à
rallonge, nuits courtes passées à faitre et
refaire sans cesse ses calculs de tésorerie,
protection sociale
fragile : « l’auto-entrepreneur est la souMa vie d’auto- ris de laboratoire de
entrepreneur
l’économie», écrit
Par Sophie Vouteau, l’auteure. Ce livre est
Editions du Rocher, intéressant en ce
318 pages,
qu’il n’est pas seule18,50 euros.
ment le récit d’un
parcours. Il est ausi
une réflexion – certes désenchantée mais
lucide – sur l’hypocrisie d’une société où
l’on célèbre avec emphase le « désir d’entreprendre » de milliers de personnes sans
leur donner pour autant toutes les chances
de réussir.
—D. Fo.
Les fantassins de la liberté
Gaspard Koenig est un
•philosophe
qui voyage.
Et pas toujours dans le
confort le plus exquis.
L’homme – chroniqueur
aux « Echos » – est sympathique, sa démarche
intellectuelle aussi.
Farouche défenseur des
libertés, il a pris sur lui de
s’extraire de ses livres pour parcourir le
monde, à la recherche de ces poches de vie
où l’homme cherche à tout prix à s’extraire
d’une régulation envahissante. On
l’accompagne donc au Colorado, aux côtés
d’entrepreneurs d’une marijuana en vente
libre. En Finlande, à Vilppula, patrie des
prisons ouvertes.
Dans le village de
Voyages d’un
Quatinga Velho, non
philosophe au
loin de São Paulo, au
pays des libertés Brésil, où l’on expériPar Gaspard Koenig. mente le revenu uniEditions de l’Obser- versel, dont Koenig
vatoire-« Le Point », est l’un des plus fer231 pages, 18 euros.
vents promoteurs.
Parus dans « Le
Point », les reportages rassemblés dans ce
livre sont un bonheur de lecture. Ils ne sont
pas sans rappeler cette époque où les journaux envoyaient de grands écrivains parcourir le monde pour en donner le pouls.
Gaspard Koenig s’inscrit sans aucun doute
dans cette veine. — D. Fo.
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12 // IDEES & DEBATS
opinions
LE POINT
DE VUE
de Alain Bloch
et Geoffroy Roux de Bezieux
L
e débat qui s’installe au sein de la
classe politique et des partenaires sociaux à l’occasion du dépôt
du projet de loi Pacte, qui cherche à clarifier les rôles et devoirs de l’entreprise,
est-il bien engagé ? Il est permis d’en
douter quand, dans une interview
récente au « Monde », le patron de la
CFDT et celui de la Fondation Jean-Jaurès posent d’emblée comme centrale la
question du pouvoir dans l’entreprise,
en proposant son rééquilibrage entre
travail et capital.
Au cœur du débat, l’article 1833 du
Code civil, qui dispose aujourd’hui que
« toute société doit avoir un objet licite et
être constituée dans l’intérêt commun des
associés » : certains du côté de la majorité souhaiteraient ajouter à cette
rédaction : « Elle doit être gérée au mieux
de son intérêt supérieur, dans le respect
de l’intérêt général économique, social et
environnemental. » La communauté
juridique s’inquiète, non sans raison, de
la portée d’un tel texte en matière
d’appréciation de la faute de l’entreprise. La rédaction de la Fondation
Jean-Jaurès va plus loin et propose de
viser « l’intérêt des parties constituantes
de l’entreprise », mais aussi de « prendre
en compte l’intérêt des parties prenantes », en suggérant de définir dans la loi
ces parties prenantes comme rien de
moins que « les clients, fournisseurs,
acteurs de la société civile, territoires et
générations futures »… Les partisans de
cette dernière réécriture se réfèrent à
Robert Freeman qui, en 1984, a introduit cette « théorie des parties prenantes » : il s’agissait pour cet économiste
LE POINT
DE VUE
de Aliza Bin-Noun
A
u matin du samedi 10 février, un
drone iranien a franchi la frontière est d’Israël. Il a été intercepté et détruit par l’armée de l’air israélienne. Quelques minutes après cette
interception, douze cibles de l’armée
syrienne et des forces iraniennes opérant en Syrie ont également été frappées, portant un sérieux coup aux forces iraniennes et syriennes. Par ces
frappes, Israël a fait passer un message
clair et sans équivoque : notre mode
d’action n’a pas changé, nous continuerons de répliquer par des frappes à
toute tentative d’attaque. C’est avec une
urgence grandissante que nous rappelons, en Israël, que nous ne permettrons
jamais l’établissement d’une présence
iranienne continue à nos frontières.
Depuis l’établissement de la république islamique, en 1979, il est désormais
clair que le régime des ayatollahs a fait
de l’un de ses objectifs l’alimentation
d’une tension permanente avec Israël,
ainsi que l’appel continu à son éradication de la surface de la terre. Jamais un
membre des Nations unies n’avait auparavant appelé à l’annihilation d’un autre
membre de l’ONU. Tout cela, à la face du
monde entier et avec une impertinence
grandissante. La communauté internationale sait pertinemment que l’objectif
stratégique de l’Iran est de s’autoétablir
comme puissance hégémonique dans la
région. C’est dans cette perspective que
Téhéran s’est engagé, pendant de nombreuses années, dans le développement
illégal d’activités militaires et de recherche et développement clandestines afin
d’obtenir des capacités nucléaires mili-
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
les plus
partagés
Objet social
de l’entreprise :
la pérennité d’abord !
d’une réponse à la déclaration quinze
ans plus tôt du prix Nobel Milton Friedman qui assénait que la seule responsabilité de l’entreprise était celle d’assurer
le profit. Nous pensons qu’une autre
approche dans ce débat complexe est
possible. Les entrepreneurs savent qu’il
n’existe en pratique que deux types
d’objectifs pour diriger une entreprise :
le projet et le profit. La réussite du projet
est une visée à long terme qui induit la
pérennité de l’organisation. Le profit,
mesure de la performance, est une
nécessité à court terme imposée par le
paradigme de la création de valeur pour
Il n’existe en pratique
que deux objectifs pour
diriger une entreprise :
le projet et le profit.
La réussite du projet
induit la pérennité
de l’organisation.
l’actionnaire, qui peut quelquefois
devenir l’unique objectif du management, dans le sillage des affirmations de
Milton Friedman. Les deux ne s’opposent pas, mais la hiérarchie entre ces
deux objectifs est déterminante. Notons
au passage à l’usage des juristes que la
loi, lorsqu’elle traite de la défaillance de
l’entreprise, se préoccupe de sa pérennité, laquelle n’est donc pas un « objet
juridique non identifié ». Une considération nous paraît décisive : la péren-
Les athées, en prison !
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
nité rassemble les parties prenantes de
l’entreprise, car elles y ont toutes intérêt, quand le seul profit les divise, car il
suppose sa répartition, par nature conflictuelle.
Par Roger-Pol
Résilience organisationnelle
u Caire, la police a fermé le Café des
athées. Et le Parlement égyptien
préparerait une loi pénalisant
l’incroyance. Ainsi, demain, dans ce pays,
peut-être sera-t-il possible d’aller en prison
si l’on pense que Dieu n’existe pas, et qu’on
refuse soit de mentir, soit de se taire. Pareille
éventualité se situe aux antipodes de tout ce
que nous estimons normal, humain et juste.
Trois bons siècles de droits de l’homme –
élaborations de leurs fondements, mises en
œuvre de leurs contenus – nous ont convaincus que les croyances sont à respecter
et l’incroyance aussi. En outre, « ne pas
croire » est devenu pour nous, désormais, si
répandu, si banal et si familier que nous
n’avons plus en tête combien ce fut longtemps scandaleux. Nous oublions que l’évidence inverse existe : en d’autres lieux, en
d’autres temps, incroyance et athéisme sont
objets de scandale et d’horreur. Il ne faut
donc pas considérer cette affaire égyptienne comme purement anecdotique. Elle
l’est aussi : en période préélectorale, le
régime du président Al Sissi souhaite visiblement adresser quelques signes, purement symboliques, à la rue. Simple question de politique locale, de tactique ? Pas
seulement, car si l’on considère ce projet
comme un symptôme, et qu’on ouvre grand
la focale historique, ce qu’on observe est
tout différent. La question de l’athéisme
considéré comme menace à combattre,
délit pénalisable, voire crime inexpiable,
n’est pas nouvelle, ni spécifiquement
musulmane.
Sans doute pensera-t-on d’abord à
l’Eglise – catholique, apostolique et
romaine – et à l’Inquisition, diabolisant le
moindre doute, cultivant l’idée qu’un début
de mise en cause de l’existence de Dieu
signale une emprise du Malin sur les âmes.
On aura raison, mais partiellement. Parce
que ce sont des hérétiques qui se retrouvaient sur les bûchers, c’est-à-dire des gens
qui croyaient à un autre dogme, et non des
athées à proprement parler.
Parce que être athée, au sens moderne,
était pratiquement impossible dans le
cadre mental du Moyen Age et de la Renaissance, comme l’a mis en lumière le grand
historien Lucien Febvre dans une étude
devenue classique (1). En fait, pour trouver
exprimée la volonté explicite de jeter les
athées en prison, il faut scruter en aval et en
amont, avant et après la toute-puissance de
l’Eglise, c’est-à-dire dans la Grèce antique et
au siècle des Lumières. Dans l’Athènes clas-
Qui plus est, l’objectif de pérennité dans
des périodes aussi turbulentes que la
nôtre a de quoi séduire l’actionnaire : on
a ainsi pu démontrer que les entreprises
familiales étaient plus performantes
que leurs homologues à actionnariat
dispersé, cette surperformance étant
surtout avérée en période de crise, et ce,
étonnamment, quel que soit le type de
secteur ou de marché. Or ce résultat,
qui illustre la résilience organisationnelle de ce type d’entreprise dont le seul
point commun est la nature familiale de
leur capital, s’explique essentiellement
par l’objectif de pérennité qui est premier dans ces organisations. Ne peut-on
par conséquent, pour stimuler la lucidité à long terme des actionnaires de
l’entreprise et renforcer la responsabilité de ses dirigeants, préférer aux
rédactions rappelées ci-dessus de la
suite de l’article 1833, si tant est qu’il en
faille une, la phrase suivante, simple,
juridiquement acceptable et utilement
exigeante : « Elle doit être gérée dans la
perspective de sa pérennité » ?
Alain Bloch est professeur
à HEC Paris, où il dirige le master
entrepreneurs.
Geoffroy Roux de Bezieux
est entrepreneur et vice-président
du Medef.
Ne laissons pas l’Iran
imposer son hégémonie
au Proche-Orient
taires et les moyens de les déployer. Les
Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine et l’Allemagne
ont ainsi accepté la signature et l’entrée
en vigueur de l’accord sur le nucléaire
iranien (Joint Comprehensive Plan of
Action, JCPoA), dont l’objectif était de
mettre le programme nucléaire iranien
sous contrôle international. Pourtant, la
communauté internationale reconnaît
qu’il présente de nombreuses failles.
vantables contre son propre peuple, le
peuple syrien, créant des vagues de
réfugiés de Syrie vers les pays voisins et
les côtes européennes. Aussi, une tendance alarmante et dangereuse s’est
développée récemment, consistant en
une série de visites sur la frontière israélo-libanaise par des chefs enhardis de
milices chiites sous contrôle iranien en
Syrie, ainsi que le Hezbollah lui-même.
Ces actions sont dangereuses et déstabilisantes.
L’Iran ne menace pas
uniquement Israël mais
incarne également un
danger pour l’Europe,.
Faire pression sur Téhéran
L’une des failles du JCPoA est qu’il
n’inclut pas de volet suffisamment élaboré qui permettrait d’empêcher l’Iran
de se doter de missiles. En 2016 et en
2017, le régime iranien a accru ses tests
de missiles, montrant au monde entier
la menace que l’Iran incarne pour ses
voisins et dévoilant ses aspirations. Le
danger du programme de missiles
balistiques iranien est désormais largement reconnu et se trouve au cœur des
échanges entre l’Europe et l’Iran. De
plus, l’Iran continue de déployer de
nombreux efforts pour établir une ligne
de front sur les côtes méditerranéennes, à la fois au Liban et en Syrie. Dans
cette démarche, l’Iran utilise des
« proxys », dont le plus important est le
Hezbollah, lequel soutient le régime
d’Assad qui commet des crimes épou-
1. La hausse du prix du tabac devrait rapporter 500 millions d’euros
à la Sécurité sociale
2. La Chine lance dans le secret la construction d’un porte-avions nucléaire
3. Des députés relancent le débat sur la fin de vie
4. ING sous la « curatelle » de la justice et du fisc néerlandais
5. La vague de froid fait près de 50 morts en Europe
Depuis les années 1980, l’Europe a déjà
souffert du terrorisme d’inspiration iranienne. Cette menace n’a pas disparu et
pourrait réapparaître une fois que le cas
de la Syrie sera réglé et que les Iraniens
sentiront le besoin de réaffirmer leurs
ambitions hégémoniques régionales.
Ainsi, l’Iran ne menace pas uniquement Israël mais incarne également un
danger pour l’Europe, que peuvent
atteindre les missiles iraniens. Dans son
discours au Forum économique mondial de Davos, le président Emmanuel
Macron a souligné l’importance de
maintenir une stratégie de pression à la
fois sur l’Iran et sur la Corée du Nord,
deux Etats qu’il considère comme une
source majeure de danger. Ce qu’il faut,
c’est avertir l’Iran, d’une voix déterminée, cohérente et unie, que les pouvoirs
éclairés du monde ne seront pas intimidés par l’impérialisme et le terrorisme
iraniens, mais déterminés à les vaincre.
Aliza Bin-Noun
est ambassadrice d’Israël en France.
Droit
A
sique, on ne saurait oublier que Platon, dans
les « Lois », son dernier dialogue, préconise
le cachot pour ceux qui mettent en cause
l’existence des dieux. Il prévoit même la
peine de mort pour les récalcitrants qui persistent dans leur provocation et se révèlent
impossibles à fléchir. Le motif : de tels
esprits sont des ferments de discorde et de
désorganisation, donc des dangers
majeurs, aux yeux du philosophe, pour
toute Cité juste. Il ne faut pas oublier non
plus combien Voltaire, en plein combat
pour « écraser l’infâme » (le clergé et son
pouvoir, le fanatisme et les superstitions),
ne cesse de s’en prendre aux athées, parce
qu’il les soupçonne de vouloir s’affranchir
de toute morale. Voltaire est libre-penseur,
mais ne juge pas que pareille liberté doive
être partagée par tous. Il préfère que le peuple soit tenu en bride. Et pour cela rien de
mieux que les freins de la religion et la
crainte du châtiment divin. « Si Dieu n’exis-
La question
de l’athéisme considéré
comme menace
à combattre,
délit pénalisable,
voire crime inexpiable,
n’est pas nouvelle.
tait pas, il faudrait l’inventer », écrit Voltaire.
Cette formule célèbre anticipe sur le constat
du Dimitri des « Frères Karamazov » de
Dostoïevski : si l’homme devient « roi de
l’univers », au nom de quoi sera-t-il encore
vertueux ?
Sécularisation du monde
On voit que le symptôme égyptien est plus
qu’une anecdote. Il débouche en fait sur une
nuée de questions. Certaines ont été mille
fois débattues. Par exemple : l’athéisme rendrait-il immoral ? Si ce n’est pas le cas, sur
quoi donc se fonde exactement une morale
sans Dieu ? D’autres commencent seulement à émerger. Ce qui nous paraît irréversible – sécularisation du monde, protection
du droit de ne pas croire comme du droit de
pratiquer une religion ou d’en changer,
coexistence des credo – pourrait-il laisser
place à une tout autre configuration ? Notre
athéisme ordinaire ne sera-t-il, un jour,
qu’une parenthèse dans l’histoire de
l’humanité ? Dans quelle mesure un secteur carcéral réservé aux athées est-il ou
non comparable, en miroir, aux quartiers
pénitentiaires dédiés aux « radicalisés » ?
Nous n’avons pas encore de réponses à ces
questions. Mais nous devrions, au moins,
avoir les questions.
(1) Lucien Febvre, « Le Problème de l’incroyance
au XVIe siècle. La religion de Rabelais » (1942,
rééd. Albin Michel, 2014).
L’ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Libérer l’agriculture de l’administration
IDÉE : L’agriculture française recule (rendements, emplois, surfaces cultivées,
rang dans les marchés mondiaux) et les agriculteurs souffrent. Parmi les
problèmes de ce secteur, qui ne pèse plus que 2 % du PIB, l’Iref souligne
l’importance de la suradministration et de la mal-administration. Les chiffres
publiés par le think tank à la dent souvent dure sont impressionnants :
1,5 point de PIB de financements publics (directs ou indirects), 1 fonctionnaire
pour 20 exploitations. Les agriculteurs sont à la fois trop contrôlés et trop
aidés. L’Iref veut libéraliser en privatisant ce qui peut l’être, en conservant les
contrôles nécessaires et en allant jusqu’à la suppression possible du ministère
de l’Agriculture.
INTÉRÊT : Publié à l’occasion du Salon de l’agriculture, ce dossier contient,
sur plus de deux pages, la liste des institutions publiques et parapubliques
qui traitent d’agriculture, aux échelles européenne, nationale, régionale,
départementale. Ce simple tableau mérite le téléchargement du document !
Les propositions, comme celles de ramener les contrats agricoles dans le
giron du droit civil ou de privatisation des chambres d’agriculture, ne font pas
dans la demi-teinte. Des éléments piquants pour un débat qui ne doit pas
seulement se faire à demi !
— Julien Damon
www.irefeurope.org
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Vendredi 2 et samedi 3 mars 2018
Son parcours
le grand entretien
Raymond Soubie est l’un de ceux
qui connaissent le mieux la scène
et les coulisses de la vie politique
et sociale depuis plusieurs décennies.
Il a été, à Matignon, le conseiller social
de Jacques Chirac en 1976, puis de
Raymond Barre jusqu’en 1981. Mais c’est
pour avoir occupé le même poste à
l’Elysée auprès de Nicolas Sarkozy, entre
2007 et 2010, qu’il a accédé à la notoriété
auprès du grand public. Avec, notamment,
un rôle clef sur la réforme des retraites.
Fondateur de la société de conseil en
management Altedia, ensuite revendue,
il dirige aujourd’hui son groupe de
sociétés de conseil et d’information.
« La stratégie
de Macron,
c’est le
principe de
la bicyclette :
tant qu’on
avance, on ne
tombe pas »
Propos recueillis par
Leïla de Comarmond @leiladeco
Etienne Lefebvre @e_lefebvre
et Dominique Seux @dseux
Huit mois après son entrée à l’Elysée,
avez-vous identifié les gènes
du macronisme ?
C’est d’abord une volonté, un tourbillon : le
nombre de chantiers ouverts est impressionnant, du jamais-vu. Au-delà, les analyses
sur lesquelles Emmanuel Macron s’appuie
pour agir sont, au fond, assez classiques et
correspondent aux analyses habituelles des
experts. Ce qui l’est moins, c’est la volonté de
réformer d’en haut, de façon bien plus verticale qu’horizontale. C’est lui et lui seul qui
donne l’impulsion. Il y a un côté messianique, nouveau monde contre ancien monde,
dans sa façon d’être et de mettre en œuvre
des réformes dont tout le monde parlait
depuis des décennies sans agir.
Sur le fond, en matière économique
et sociale, est-ce un vrai libéral,
un libéral-social ou tout autre chose ?
C’est profondément un social-libéral avec
un fort pilier libéral pour donner davantage
de place au marché. Mais, pour lui, l’Etat
doit continuer à garantir les protections
sociales fondamentales.
A-t-il des points communs avec Nicolas
Sarkozy, que vous avez conseillé ?
Un premier point commun : les deux estiment que tout dépend du chef de l’Etat. Avec
une différence, puisque Emmanuel Macron a choisi un Premier ministre qui
adhère à cette façon de voir, alors que François Fillon a cherché son autonomie, légitimée par son propre poids politique. Autre
point commun : l’actuel président, comme
Nicolas Sarkozy, attaque sur tous les fronts
en même temps, enchaîne les sujets à toute
vitesse. Cela avait été beaucoup reproché à
Sarkozy, pas ou pas encore à Emmanuel
Macron. Mais il y a une autre différence :
Nicolas Sarkozy, au début de son mandat,
était plutôt attaché au rôle des corps intermédiaires, ce qui est, semble-t-il, moins le
cas d’Emmanuel Macron. D’où un problème pour les syndicats.
Lequel ?
La plupart savent qu’ils ont intérêt à ce que le
pouvoir actuel réussisse parce qu’on devine
qui le remplacera si ce n’est pas le cas : les
partis extrémistes et populistes. Mais, dans
le triptyque de l’élaboration des réformes
– rapport, annonce, concertation –, ce troisième volet semble moins essentiel.
C’est un point d’incompréhension fort
et persistant avec la CFDT…
L’ADN de la CFDT, c’est la démocratie
sociale, c’est de faire avancer les sujets par la
négociation. Et elle a le sentiment que ce
n’est pas l’ADN d’Emmanuel Macron, ce qui
n’est pas faux, même si des concertations
sont ouvertes. La CFDT redoute cependant
les conséquences d’un échec du président.
Elle est donc toujours une force de proposition, elle ne jouera jamais la politique du
pire, mais elle reste sur la réserve. Emmanuel Macron n’a donc aucun allié évident
chez les syndicats.
Qu’est-ce qui a changé depuis mai 2017 ?
L’effet sur le regard que portent les étrangers sur la France est prodigieux, c’est indubitable. Depuis un an, les Français euxmêmes sont plus confiants en leur propre
avenir. Et l’économie se porte mieux, même
si c’est un phénomène mondial. Franchement, cela fait du bien.
Donc le bilan est pour l’instant positif ?
Beaucoup de réformes ont été lancées, et
c’est positif. La question importante, qu’on
oublie toujours un peu en France, est de
savoir comment elles seront appliquées.
Prenez la réforme de la santé : Edouard Philippe a redit le 13 février ce que disent les
chefs de gouvernement depuis une bonne
vingtaine d’années. Ce qui compte, c’est que
l’intendance suive. Concernant les ordonnances travail, combien d’années faudra-t-il
pour que les instances du personnel fusionnées jouent leur rôle, ou que la négociation
se renforce dans l’entreprise et la branche ?
Il faudra du temps et un changement de la
culture du dialogue social.
« Le sujet des retraites
est de loin le plus risqué.
Le calendrier a d’ailleurs
été modifié pour qu’il
n’interfère pas avec celui
de la SNCF. C’est sage.
L’addition des deux
aurait été explosive. »
Etes-vous optimiste sur l’utilisation
de ces ordonnances ?
Je suis attentiste. Le succès de l’Allemagne
est plus la conséquence de sa culture de
négociation que des lois Hartz du chancelier Schröder. Les ordonnances Pénicaud ne
marcheront que si les partenaires s’en saisissent, dans les entreprises et les branches.
Ces textes vont-ils créer de l’emploi ?
Leur effet psychologique est acquis, c’est
important ; mais c’est dans quelques années
qu’on verra si les négociations progressent.
La demi-suppression de l’ISF a-t-elle,
chez les entreprises de toute taille
que vous conseillez, un effet
psychologique ou déjà réel ?
Le plafonnement de l’ISF protégeait déjà
beaucoup un certain nombre de chefs d’entreprise. Mais il est manifeste que le climat a
là aussi changé. Emmanuel Macron a osé.
Un autre train de réformes est prévu
ce printemps sur l’apprentissage,
la formation et l’assurance-chômage,
mais aussi, et d’abord, avec la fin
du statut des cheminots. N’y a-t-il pas
un risque de blocage du pays ?
S’agissant du volet de sécurisation de
l’emploi, il n’y a pas de risque pour le gouvernement d’agitation sociale, car ces réformes
ne vont pas générer des pertes de droits, au
contraire. S’agissant de la réforme de la
SNCF, il faut noter que le gouvernement a
pris grand soin d’écarter dans l’immédiat les
sujets les plus sensibles : fermeture des petites lignes, report des décisions sur les retraites à la fin de l’année 2018, suppression du
statut mais pour les futurs embauchés seulement. D’ailleurs, les syndicats n’ont pas
lancé à ce stade de mot d’ordre de grève
immédiat. Ils ont renvoyé leur décision au
15 mars. Le sujet des retraites est de loin le
plus risqué. Le calendrier a d’ailleurs été
modifié pour qu’il n’interfère pas avec celui
de la SNCF. C’est sage. L’addition des deux
aurait été explosive. Au final, c’est l’année
2019, avec la discussion de la loi sur les retraites, qui sera sans doute la plus conflictuelle.
D’autant qu’il y aura en parallèle des
réformes dans la fonction publique…
Sur la fonction publique, ce qui est annoncé
pour l’instant est de pur bon sens : de la
rémunération au mérite, plus de mobilité,
etc. La question est de savoir si, cette fois, ces
principes seront vraiment appliqués. Et si
les fonctionnaires ont changé d’état d’esprit
ou pas. On voit bien que la stratégie
Raymond Soubie dirige le groupe
de presse, de conseil et de services
aux entreprises Arfilia. A côté de
l’agence de presse spécialisée dans
l’éducation AEF, on y trouve les sociétés
Alixio et Taddeo (chiffre d’affaires
global : 180 millions d’euros). Il est
consulté par les pouvoirs publics sur
les réformes en cours et est proche
de nombreux dirigeants de grandes
entreprises. Mais il côtoie aussi les
responsables syndicaux. Passionné
de musique classique et d’opéra, il est
par ailleurs le président très assidu du
théâtre des Champs-Elysées, à Paris.
d’Emmanuel Macron est d’annoncer sans
cesse de nouvelles réformes, ce qui a l’avantage de déplacer sans arrêt l’attention. C’est
le principe de la bicyclette : tant qu’on
avance, on ne tombe pas.
Mais la tension sociale peut monter
très vite, comme sur les prisons…
Le risque est en effet que les mécontentements se cristallisent sur un dossier, sans
que l’exécutif ait vu venir la contestation. Car
une chose me frappe beaucoup : il y a toujours un Français sur deux qui se considère
marginalisé, comme avant le premier tour
de la présidentielle. Comme il n’y a pas
d’espérance politique dans l’opposition, des
mouvements sociaux pourraient prendre le
relais, avec le risque qu’ils ne soient pas maîtrisés par des syndicats eux-mêmes affaiblis.
Stéphane Lagoutte/Challenges-RÉA
RAYMOND SOUBIE
Président de la société de conseil
en ressources humaines Alixio,
de Taddeo et d’AEF
Son actualité
Que pensez-vous de la réforme de
l’assurance-chômage qui se dessine ?
Change-t-on vraiment de système ?
Je remarque que la voilure se réduit nettement par rapport aux promesses d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Les conditions imposées vont
limiter tant la couverture des démissionnaires que celle des indépendants.
Et le bonus-malus sur les contrats
courts, est-ce une bonne idée ?
Tous les économistes de la place de Paris le
pensent. Et, intellectuellement, le principe
du « pollueur-payeur » est séduisant, mais
attention à l’usine à gaz. Le gouvernement
dit qu’il a un modèle sur étagère si les partenaires sociaux n’arrivent pas à se mettre
d’accord. Il faut se méfier des effets négatifs
sur l’emploi dans les secteurs qui ont le plus
recours aux contrats courts.
Est-il souhaitable que les partenaires
sociaux conservent les manettes
de l’Unédic ?
Il y a des vertus à ce que les partenaires
sociaux restent à bord, à condition d’avoir
des règles du jeu qui les poussent à l’esprit de
responsabilité, comme c’est le cas à l’ArrcoAgirc : les gestionnaires des retraites complémentaires n’ont pas le droit d’émettre de
dette, donc ils font des choix plus courageux.
Faut-il élargir l’objet social des
entreprises, au-delà de l’intérêt
des seuls actionnaires ?
Dans l’absolu, ce serait bien de dire que
l’entreprise doit aussi prendre en considération les intérêts des salariés, des clients, de
l’environnement, etc. Mais il y a un risque
réel de judiciarisation de l’activité de l’entreprise. Cette évolution doit rester optionnelle.
Cette réforme n’est pas en tête
des revendications des syndicats...
La CFDT est très présente dans ce débat,
mais elle est davantage focalisée sur la représentation accrue des salariés dans les conseils d’administration. A juste titre d’ailleurs,
car je n’y vois que des avantages. Cela n’a rien
de révolutionnaire en réalité. On pourrait
notamment abaisser à 500 salariés (au lieu
de 1.000) le seuil imposant la présence de
représentants des salariés au conseil. Politiquement, cela renforcerait la « jambe gauche » d’Emmanuel Macron. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
JUSTICE MARINE LE PEN
EN EXAMEN POUR DIFFUSION
D’IMAGES DE DAECH
SYRIE PREMIER CONVOI D’AIDE
HUMANITAIRE À AFRINE
Un convoi d’aide humanitaire est
entré, jeudi, dans l’enclave kurde
d’Afrine, le premier depuis janvier,
date de l’offensive turque dans cette
région du nord-ouest de la Syrie,
a indiqué le Comité international de
la Croix-Rouge. « Le convoi de vingtneuf camions comprend 430 tonnes
d’aides humanitaires, dont de la nourriture, des articles de première nécessité, du matériel de purification de
l’eau, ainsi que des fournitures médicales », selon la porte-parole du CICR.
La présidente du FN, Marine Le Pen, a
été mise en examen jeudi par un juge
de Nanterre pour la diffusion, en
décembre 2015, de photos d’exactions
du groupe Etat islamique sur Twitter.
Ces photos montraient un soldat
syrien écrasé vivant sous les chenilles
d’un char, un pilote jordanien brûlé vif
dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps
décapité et la tête posée sur le dos.
CULTURE LA JOCONDE
POURRAIT SORTIR DU LOUVRE
ET VOYAGER
L’Inde célèbre Holi, la fête des couleurs
CATALOGNE PUIGDEMONT
A RENONCE À LA PRÉSIDENCE
AFP
La ministre de la Culture, Françoise
Nyssen, a indiqué jeudi qu’elle allait
« étudier sérieusement » un déplacement de la Joconde dans le cadre d’un
« grand plan d’itinérance », qui pourrait
voir le célèbre tableau de Léonard de
Vinci quitter les murs du Louvre à
Paris. Dans le même registre, l a France
a déjà accepté de prêter la tapisserie de
Bayeux à l’Angleterre en 2022.
LA PHOTO DU JOUR
L’ancien président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a renoncé jeudi à briguer un nouveau mandat à la tête de la
région pour faciliter la formation d’un
gouvernement le plus rapidement possible. Puigdemont, toujours réfugié à
Bruxelles pour échapper à une arrestation, a proposé comme candidat Jordi
Sanchez, un indépendantiste, en prison pour sédition depuis quatre mois.
« Il faudra continuer à faire de la politique depuis l’intérieur et depuis l’extérieur » du pays, a-t-il dit.
PALESTINE ABBAS SALUE
LA VENUE DU PRINCE WILLIAM
Holi, le festival hindou, également appelé la « fête des couleurs », célèbre l’arrivée du printemps. Il donne lieu à
de nombreuses manifestations... très colorées, comme ici à Calcutta.
AFFAIRE SEZNEC L’ORIGINE
ANIMALE DES OS ÉTABLIE
VAL-D’OISE UN JEUNE JUIF
AGRESSÉ EN SORTANT
D’UNE SYNAGOGUE
Quatre adolescents ont été interpellés mercredi soir dans le Val-d’Oise,
peu après l’agression d’un garçon juif
de 14 ans qui sortait de la synagogue
de Montmagny, dans le Val-d’Oise. Le
garçon a expliqué avoir été encerclé
par un groupe de jeunes qui lui ont
donné des coups, notamment avec
une branche d’arbre, cassé ses lunettes et volé sa kippa, tout en proférant
des insultes antisémites.
CINÉMA TRIBUNE
POUR RÉCLAMER DES QUOTAS
POUR LES FEMMES
Une centaine de professionnels du
cinéma ont réclamé dans une tribune
publiée dans « Le Monde » la création
de quotas dans le financement des
films afin de parvenir à la parité derrière la caméra. « Moins d’un long-métrage sur quatre agréé par le Centre
national du cinéma et de l’image animée (CNC) est réalisé par une femme »,
déplorent ces professionnels.
ON EN PARLE À KABOUL
DR
Les fragments d’os retrouvés dans
l’ancienne maison des Seznec sont
bien d’origine animale, a confirmé
jeudi le procureur de la République à
B r e s t , Je a n - P h i l i p p e R é c a p p é .
« L ’ e x p e r t i s e e n a n t h ro p o l o g i e
médico-légale [.. .] a permis de lever le
doute [...] », a-t-il indiqué. « Il s’agit de
restes de bovidé correspondant à deux
animaux d’âge différent », a-t-il précisé, concluant que « l’enquête de
police va donc être clôturée ».
Photo : Bikas Das/AP/SIPA
Le président palestinien, Mahmoud
Abbas, a salué, jeudi, comme une
« importante visite » la venue du
prince William dans les Territoires
occupés cet été, une première pour un
héritier du trône britannique. Selon
le palais de Kensington, le prince
William, deuxième dans l’ordre de
succession au trône britannique, se
rendra en Israël, dans les Territoires
palestiniens occupés et en Jordanie.
IRAK LE PARLEMENT
VEUT UN CALENDRIER
DE RETRAIT DES TROUPES
Le Parlement irakien a voté jeudi une
résolution demandant au gouvernement d’établir « un calendrier de
retrait des forces étrangères » stationnées dans le pays, en référence à celles de la coalition internationale antidjihadiste. Mise sur pied en 2014, elle
rassemble 74 pays.
CORÉES LE SUD VEUT ENVOYER
UN ÉMISSAIRE AU NORD
La Corée du Sud prévoit d’envoyer un
émissaire à Pyongyang en réponse à
une invitation du numéro un nordcoréen, Kim Jong-un, a déclaré jeudi
le président sud-coréen, Moon Jae-in,
à Donald Trump. Moon et Trump
« sont convenus de poursuivre les
efforts en vue de la dénucléarisation de
la péninsule coréenne en maintenant le
dialogue Nord-Sud », a ajouté Séoul.
Surprenantes négociations en Afghanistan
Kaboul propose des pourparlers à des talibans qui se disent prêts à discuter avec Washington.
Yves Bourdillon
sept années de guerre, la plus
longue menée par les EtatsUnis, dans ce pays. Depuis 1979
et l’invasion soviétique, l’Afghanistan n’a, d’ailleurs, pratiquement pas connu la paix.
Au deuxième jour d’une
conférence rassemblant à
Kaboul une vingtaine de pays,
dont les Etats-Unis, la Chine, la
Russie, le Pakistan et l’Inde,
Ashraf Ghani a proposé un cessez-le-feu, la libération de prisonniers et des pourparlers sans
conditions préalables autres
que la reconnaissance de son
gouvernement. En échange, il
garantirait la sécurité des talibans prêts à s’asseoir à la table
des négociations et s’engagerait
à « considérer leurs propositions », notamment pour réécrire la Constitution de 2004.
Les talibans avaient déjà adressé
L
’impensable peut-il arriver ? Les talibans, le
même mouvement islamiste fondamentaliste qui avait
donné refuge à Ben Laden
quand il préparait les attentats
du 11 septembre 2001, ont convié
mardi les Américains à « discuter directement » avec eux, tandis
que le président de l’Afghanistan, Ashraf Ghani, les invitait à
se transformer en parti politique légal. Certes, cette main tendue du chef de l’Etat afghan aux
talibans ne se prévaut pas officiellement d’un feu vert américain et survient au milieu d’une
reprise des attentats, dont un,
samedi, a fait dix-huit morts.
Mais elle pourrait constituer
une ouverture spectaculaire,
afin de mettre un terme à dix-
le mois dernier une lettre sans
précédent au peuple américain,
lui demandant de faire pression
sur l’administration Trump
pour mettre un terme au conflit.
Dans leur déclaration de mardi,
ils ignorent ostensiblement le
gouvernement afghan, qu’ils ont
toujours traité de « marionnette » et proposent de parler
seulement aux Etats-Unis, car
« eux et nous sommes les vraies
parties » au conflit. Pour la première fois, ils n’exigent pas au
préalable un départ de l’armée
américaine.
Trouver une issue
Leur proposition de négociation
avec Washington vise-t-elle seulement à marginaliser Kaboul ?
Ou reflète-t-elle un désir sincère
de trouver une issue, alors que
des raids américains récents ont
rudement frappé leurs bases et
laboratoires d’héroïne ? Il se
peut aussi que leurs parrains
pakistanais aient fini par se
résoudre à faire pression sur
eux, après que Washington a
décidé de suspendre en janvier
une aide militaire de 2 milliards
de dollars.
Donald Trump avait fait part
de son exaspération devant la
complaisance d’Islamabad
envers les talibans, qui seraient
financés secrètement par
l’armée pakistanaise pour déstabiliser l’Afghanistan et l’empêcher de se tourner vers l’Inde.
Le commandant des forces
américaines au Moyen-Orient,
Joseph Votel, a estimé ce jeudi
qu’il commençait à « recevoir des
signaux positifs » de l’armée
pakistanaise… Un pas en
avant. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Pour 2018, SEB mise sur la Chine
et sa nouvelle marque WMF
// P. 19
ET « CRIBLE » P. 40
DEVISES EUR/GBP 0,8886 EUR/JPY 1,3045 EUR/CHF 1,155 GBP/USD 1,374 USD/JPY 1,0683 USD/CHF 0,9459 TAUX EONIA -0,361 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,327 OAT 10 ANS 0,9207 T-BONDS 10 ANS 2,9158
DOW JONES (*)
24.608,98 points
-1,68 %
(*) À la clôture
INDUSTRIE & SERVICES
INDUSTRIE
DERNIÈRE HEURE
La France ouvre désormais plus
d’usines qu’elle n’en ferme.
// P. 16 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI P. 9
AUTOMOBILE
Opel n’a pas plombé les résultats de
PSA. // P. 17 ET « CRIBLE » P. 40
Fessenheim : EDF prévoit un
démantèlement étalé sur vingt ans
EUROPCAR
Les acquisitions pèsent sur la
rentabilité. // P. 18
Bonne nouvelle pour le secteur des
énergies renouvelables français. GE
Renewable Energy a fait une double
annonce jeudi : l’électricien américain
va c o n s t r u i r e l a p l u s p u i s s a n t e
éolienne offshore du monde et c’est
principalement en France que son
élaboration et sa production seront
effectuées. Baptisée « Haliade-X
12 MW », elle mesurera 260 mètres
de hauteur et ses pales feront chacune
107 mètres de long, soit environ la taille
d’un terrain de football.
Son générateur de 12 MW lui permettra d’atteindre une puissance supérieure de 45 % aux éoliennes offshore
actuelles et elle devrait pouvoir alimenter en énergie 16.000 foyers à elle seule,
affirme GE dans son communiqué. Par
comparaison, c’était l’un de ses principaux concurrents européens, le danois
Vestas, qui annonçait en 2014 l’éolienne
offshore la plus puissante du monde –
le modèle V164 (pour la taille de son
diamètre) –, dotée alors d’un générateur de… 8 MW.
ET « CRIBLE » P. 40
Shutterstock
TERRORISME, CONTREFAÇON
Bruxelles hausse le ton
contre les géants du Web. // P. 20
SOTHEBY’S
La maison voit son bénéfice net
croître de 60 %. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉVISION
L’audiovisuel public de plus en
plus contesté en Europe. // P. 22
PUBLICITÉ
Pour Martin Sorrell, la France
n’est plus le « point noir » de WPP.
// P. 23
START-UP
GLASSDOOR
Tom Harris
Après la phase de préparation au démantèlement d’une durée totale de cinq ans, il est prévu une période de quinze ans
pour déconstruire les deux réacteurs de 900 MW qui composent Fessenheim. Photo Astar/Sipa
Sur la route d’une introduction
en Bourse. // P. 25
PME & RÉGIONS
SÉCURITÉ
Le retrait total
du combustible de la centrale est prévu trois ans
après le début des travaux.
Au bout de cinq ans,
le nombre de salariés
d’EDF passera de 757 à 60.
Les nouveaux défis de la sécurité
privée. // P. 26
Gabriel Nedelec
@GabrielNedelec
OCCITANIE
Après la théorie, place à l’action. La direction de la centrale nucléaire de Fessenheim
a donné jeudi des précisions quant au calendrier de démantèlement de la plus vieille
centrale de France. Conformément à la
décision du gouvernement, Fessenheim
cessera son activité à la fin de l’année lorsque l’EPR de Flamanville, dans le département de la Manche, sera lui chargé en combustible. Dans un premier temps, c’est une
phase de préparation au démantèlement
qui sera enclenchée, a précisé Marc SimonJean, le directeur de la centrale, lors d’une
NGE va poser la fibre dans le
département de l’Hérault. // P. 28
FINANCE & MARCHÉS
WALL STREET
Une journée avec le trader le plus
photographié du Nyse. // P. 29
ARKÉA
Le groupe veut rendre son projet
de sécession irréversible. // P. 30
ACTIONS
Les fabricants d’armes à feu en
chute libre à Wall Street. // P. 31
PATRIMOINE
ÉPARGNE
Choisir les bonnes solutions pour
placer ses liquidités. // PP. 37 À 39
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 36
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
GE va construire
la plus grande
éolienne offshore
du monde
en France
conférence de presse. D’une durée totale
de cinq ans, cette première étape doit
permettre le retrait total du combustible
au bout de trois ans.
Assainir le terrain
Pendant cette période, les effectifs de la
centrale vont être progressivement réduits.
EDF prévoit de passer de 757 salariés
aujourd’hui à 331 au bout de deux ans, avec
une première vague de départs importante
dès septembre 2019. Au bout de trois ans,
la centrale ne devrait plus compter que
224 employés d’EDF sur son site puis 60 à
la fin de la période dite de « pré-démantèlement ». « A la fin de ces cinq ans, un décret
de démantèlement devra être passé », a précisé Marc Simon-Jean. Une période de
quinze ans s’ouvrira alors afin de déconstruire les deux réacteurs de 900 MW qui
composent Fessenheim, puis d’assainir le
terrain afin de le rendre à nouveau « praticable » pour toute autre activité, officialisée
par le déclassement du site. Pendant toute
cette période, la centrale restera dans le
giron de l’Autorité de sûreté nucléaire. Le
19 janvier dernier, le secrétaire d’Etat à la
Transition écologique, Sébastien Lecornu,
a présenté un plan de transition économique aux élus locaux peu enclins à voir
la centrale fermer. La question des emplois
a été mise sur la table à de nombreuses
reprises. Fessenheim représente près de
2.000 emplois (directs et indirects) et
génère des retombées fiscales à hauteur
de 14,3 millions d’euros par an.
Il a notamment annoncé la neutralisation de l’impact fiscal de la fermeture des
réacteurs pour une période de cinq ans
ainsi que la création d’une zone de développement industriel le long du Rhin pour permettre aux 330 sous-traitants de la centrale
de se retourner. L’activité sur le site est
réduite depuis l’arrêt en juin 2016 du réacteur numéro 2, après détection d’une anomalie sur un générateur de vapeur fabriqué
par Areva au Creusot. En 2017, la centrale,
qui a fêté ses quarante ans, n’a produit
« que » 5,8 milliards de kWh, soit son plus
faible niveau de production depuis sa mise
en service. Mercredi, l’ASN a indiqué qu’elle
rendrait sa décision sur le redémarrage de
ce réacteur d’ici au 15 mars. Pour s’éteindre
définitivement en fin d’année. n
Trump déclare la guerre à l’acier importé
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Pour Trump, c’est la mère de toutes les
industries. Après des mois de discussions, le
président américain a annoncé jeudi son
intention de porter les droits de douane sur
les importations d’acier et d’aluminium, à
respectivement 25 % et 10 %, afin de doper la
création d’emplois et la croissance dans
cette industrie très symbolique aux yeux de
son électorat. « Vous allez voir beaucoup de
belles choses se produire, vous allez voir les
entreprises se développer », a-t-il promis. Ces
droits de douane vont les protéger « pour un
bon moment », a-t-il précisé, devant
15 grands patrons du secteur, dont ceux d’US
Steel et d’Arcelor Mittal, convoqués en
urgence à la Maison-Blanche. Sa décision
doit être formalisée la semaine prochaine.
Comme toujours, il a dénoncé des accords
commerciaux déséquilibrés, bénéficiant
davantage aux partenaires des Etats-Unis
qu’à ceux-ci. « Ce qui a été autorisé depuis des
décennies est une honte, a-t-il insisté. Quand
on en arrive à un point où l’on ne peut plus
produire d’aluminium et d’acier, c’est qu’il ne
reste plus grand-chose de votre pays. »
Guerre commerciale
Depuis la prise de fonction de Donald
Trump il y a un an, le sujet suscite d’intenses
débats au sein de son cabinet, entre d’un côté
son ministre du Commerce, Wilbur Ross,
qui a fait fortune dans l’acier et milite pour
de vraies barrières tarifaires, et, de l’autre,
son conseiller économique, Gary Cohn, et
son ministre de la Défense, James Mattis,
partisans du libre-échange. Si Trump n’est
pas le premier à s’ériger en défenseur de
l’acier américain, sa décision ravive le spec-
tre d’une guerre commerciale, en particulier
avec la Chine, d’où viennent seulement 2 %
des importations américaines. Elle intervient, en outre, lors de la visite à Washington
du conseiller économique du président chinois, Liu He. Cette décision a provoqué une
avalanche de réactions : le président de la
Commission européenne, Jean-Claude
Juncker, a promis de « réagir fermement » et
que la Commission présenterait dans les
prochains jours une proposition de contremesures, compatibles avec les règles de
l’Organisation mondiale du commerce,
« pour rééquilibrer la situation ». L’association allemande de la sidérurgie (Stahl) a, de
son côté, dénoncé des mesures qui « violent
les règles de l’OMC ». Enfin, le ministre canadien du Commerce international, FrançoisPhilippe Champagne, a jugé « inacceptable »
la décision de son premier partenaire commercial. n
GE se voit parmi les grands
de l’éolien mondial
Ce projet permet à GE de souligner
sa volonté de s’imposer parmi les
grands du marché mondial de l’énergie
renouvelable. « L’Haliade-X montre
l’engagement dans l’éolien offshore
de GE et va imposer de nouvelles références dans le coût de l’électricité, et
ainsi permettre une plus forte croissance
dans l’énergie offshore », commente
Jé r ô m e Pé c r e s s e , l e P D G d e G E
Renewable Energy.
Baptisée « Haliade-X
12 MW », la plus
puissante éolienne
offshore du monde
mesurera 260 mètres
de hauteur.
Ses pales feront
chacune 107 mètres
de long, soit environ
la taille d’un terrain
de football.
GE s’est relancé sur le marché des
énergies renouvelables en rachetant le
pôle énergie d’Alstom en 2015, puis le
danois LM Wind Power en 2016 pour
1,5 milliard d’euros. C’est d’ailleurs ce
dernier qui sera chargé de la confection
des pales, dans l’usine française de
Cherbourg qui doit ouvrir courant
2018.
Le site de la Manche doit bénéficier
de 100 millions de dollars d’investissements de la part du conglomérat américain. Soixante millions de dollars doivent par ailleurs être injectés dans
l’usine de Saint-Nazaire où les nacelles
seront produites. Le projet doit représenter 550 emplois directs et 2.000
emplois indirects, selon l’électricien.
Mais cette promesse risque tout
de même d’être prise avec des pincettes : GE Renewable avait promis un
millier d’emplois en France après
son rachat du pôle énergie d’Alstom.
Mais deux ans plus tard, il annonçait
un plan social et sa volonté de supprimer 345 postes. La première Haliade-X
devrait en tout cas être livrée en 2021,
affirme GE. — G. N.
SEB
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
www.lesechos.fr
Le spécialiste français du petit
électroménager
a confirmé jeudi
de très bons
résultats 2017.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES La France ouvre désormais plus
d’usines qu’elle n’en ferme
l Cent vingt-cinq ouvertures de sites industriels ont été enregistrées
l’an dernier par le cabinet Trendeo, contre 100 fermetures.
l Le solde est positif pour la première fois depuis 2008.
« Les Echos »
à suivre
Location touristique : les plates-formes
bientôt mises à l’amende
TOURISME Les plate-formes de location de logements meublés
(Airbnb, Abritel, HomeAway...) pourraient se voir infliger de
10.000 à 50.000 euros d’amende, si leurs clients ne respectent
pas la durée maximale de locations de 120 nuitées, imposées par
certaines villes. Julien Denormandie, le secrétaire d’Etat à la
Cohésion des territoires, a annoncé cette nouvelle disposition
de la future loi logement, pour limiter la hausse des loyers et le
retrait du marché de ces logements destinés aux seuls touristes.
Berlin d’accord pour un président
français à la tête d’Airbus
AÉRONAUTIQUE Berlin ne s’opposera pas à une candidature fran-
enregistré des résultats record en
2017 en transformant son offre. Historiquement centré sur les centres
d’appels, l’entreprise qui mise sur
les réseaux sociaux et les assistants
numériques, a vu ses revenus progresser de 9 % l’an passé à données
comparables, pour atteindre
4,2 milliards d’euros. Le résultat
d’exploitation courant de 556 millions, est en hausse de 35,9 %, donnant un taux de marge de 13,3 %,
grâce à l’essor de ses services spécialisés. Le groupe a confirmé son
plan stratégique à horizon 2022.
Shutterstock
SERVICES Teleperformance a
URBANISME Deux associations
d’opposants à la construction de la
To u r Tr i a n g l e , u n p r o j e t d e
180 mètres de haut, Porte de Versailles à Paris, ont saisi le procur e u r d e l a R é p u b l i qu e d ’u n e
plainte au pénal pour délit de favoritisme. SOSParis et ADHAPE
reprochent au conseil de Paris
d’avoir accordé à Unibail un bail à
construction « sans mise en concurrence », alors que des équipements publics seront construits et
que le bâtiment reviendra à la Ville
au bout de quatre-vingts ans.
SUCCESSION :
COMMENT
LA PRÉPARER À 50,
60, 70 OU 80 ANS
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
La semaine qui s’achève a été marquée par deux mauvaises nouvelles
pour l’emploi industriel en France.
L’usine Tupper ware de Joué lès-Tours (Indre-et-Loire), qui
employait 235 salariés, a fermé
définitivement ses portes mercredi. La veille, Ford annonçait qu’il
cessait tout investissement dans
son site de boîtes de vitesses de
Blanquefort (Gironde), où près d’un
millier de postes sont menacés.
Pourtant, dans l’ensemble, la
carte de France des usines commence doucement à se repeupler.
L’an dernier, 100 sites industriels
ont fermé leurs portes alors que
125 ouvertures ont été annoncées,
selon l’observatoire du cabinet
Trendeo. Le solde est donc légèrement positif – 25 créations nettes –,
pour la première fois depuis 2008.
Il était encore quasiment stable en
2016 (+3). « Cette bonne nouvelle
L’alimentaire
tire la croissance
Les industries alimentaires ont tiré
la croissance en 2017, avec un solde
de 15 usines (29 créations et 14 fermetures). Un exemple représentat i f, l ’a m é r i c a i n D e l M o n t e a
annoncé 7 millions d’euros d’investissements sur un site spécialisé
dans la découpe et l’emballage de
fruits et légumes à Croixrault, dans
la Somme. Cent cinquante embauches sont annoncées. Le secteur du
traitement des déchets arrive en
deuxième position avec 7 créations
nettes, suivi par l’énergie. D’autres
industries ne sont pas encore sorties des restructurations, si l’on en
croit la carte des sites français. Le
solde est toujours négatif pour
l’imprimerie, l’habillement, le
papier-carton, les meubles ou
encore la pharmacie.
Des régions comme les Hautsde-France ont tiré leur épingle du
jeu, en particulier grâce à l’automobile et aux investissements annoncés l’an dernier par Renault, PSA et
Toyota. La Nouvelle-Aquitaine,
Auvergne-Rhône-Alpes, les Pays
de la Loire ou le Grand Est sont eux
aussi bien positionnés.
Beaucoup d’ouvertures représentent des investissements très
modestes. Ainsi Castel, une société
spécialisée dans l’interphonie et le
contrôle d’accès, installe de nouveaux ateliers et bureaux sur
3.000 m2 à Neuillé, en Maine-etLoire. L’investissement est de
3 millions d’euros et l’entreprise
prévoit de créer une dizaine
d’emplois. Trois indicateurs de
l’observatoire Trendeo montrent
qu’on est encore loin d’un vrai mouvement de réindustrialisation de la
France. D’abord, les créations de
sites restent très inférieures à ce
qu’elles étaient en 2009 et 2010.
L’amélioration constatée ces dernières années découle surtout d’un
recul des fermetures d’usines.
Ensuite, les investissements
moyens demeurent faibles : moins
de 3 millions d’euros par nouvelle
usine en 2016 comme en 2017, deux
ou trois fois moins qu’au cours des
années précédentes pourtant marquées par la crise. Enfin, ces nouveaux sites ne créent pas beaucoup
d’emplois (49 en moyenne l’an dernier). Depuis le début de l’amélioration amorcée en 2014, les usines qui
fermaient ont systématiquement
détruit plus de postes que celles qui
ouvraient n’en créaient, constate
Trendeo. L’emploi industriel est
cependant reparti à la hausse dans
son ensemble. Plus de 20.000 créations nettes de postes ont été recensées en 2017.
(
Lire l’éditorial de
Jean-Marc Vittori page 9
« Les nouvelles usines sont beaucoup
plus robotisées »
1
Le tissu industriel
français est-il en train
de renaître ?
Tous les indicateurs montrent que
la reprise est là : la production, les
investissements et l’emploi dans
l’industrie rebondissent depuis
2016. Il faut s’en réjouir, même si
les conséquences de la crise se font
encore lourdement sentir. Il faudra des années de progression
pour retrouver le niveau de 2008.
Et le secteur manufacturier a profondément changé entre-temps.
Les usines qui ouvrent leurs portes sont très différentes de celles
qui ont fermé. Elles sont plus
modernes, beaucoup plus robotisées. Les investissements sont
focalisés sur l’amélioration de la
compétitivité et de la qualité.
2
Les nouvelles usines sont
donc moins créatrices
d’emplois ?
Au contraire, les usines continuent de créer de l’emploi. Tout
d’abord parce qu’il faut des personnes pour surveiller, entretenir,
gérer les machines. Certes, la
main-d’œuvre peut être moins
INTERVIEW
ALEXANDRE SAUBOT
Patrick Kovarik/AFP
Tour Triangle :
une plainte
contre la Ville
Vincent Collen
@VincentCollen
Herzog & De Meuron
Résultats
record pour
Teleperformance
est à relativiser car le solde reste
modeste, mais la tendance à l’amélioration continue depuis 2014 est
solide et encourageante », estime
David Cousquer, le fondateur de
Trendeo. En 2009, au plus fort de la
crise, 380 usines avaient été rayées
de la carte et le solde net était négatif de 224. Le paysage industriel
français ressort profondément
transformé neuf ans après le début
de la crise. L’Hexagone compte
encore 580 usines de moins qu’en
2008 malgré la petite amélioration
constatée l’an passé.
INDUSTRIE
çaise pour succéder au président exécutif Tom Enders à Airbus,
pour peu que « ce soit quelqu’un de qualifié », a déclaré la ministre
allemande de l’Economie, Brigitte Zypries. Celle-ci a déclaré à la
presse qu’il serait difficile de s’opposer à un candidat français, après
les années Enders, dont le mandat prend fin en avril 2019. Au conseil d’administration, l’ancien banquier Jean-Claude Trichet laisse
son siège à Jean-Pierre Clamadieu, futur patron d’Engie.
Président de l’Union
des industries et métiers
de la métallurgie (UIMM)
nombreuse pour un volume de
production donné, mais en améliorant la qualité et en contenant
les coûts, la robotisation permet
d’augmenter les ventes. Cela
génère en retour des créations de
postes, par exemple des commerciaux pour vendre les produits.
K-Line, un fabricant de fenêtres
en aluminium qui va créer
300 emplois dans l’Ain, est un bon
exemple. La modernisation de
leur production a réduit temporairement la main-d’œuvre nécessaire pour produire chaque fenêtre. Mais elle a aussi permis une
meilleure qualité et des coûts
moindres, et donc des ventes en
hausse. Au final, l’emploi total a
progressé dans cette entreprise.
Tous ces métiers sont plus qualifiés, mieux payés, plus intéressants et moins exigeants physiquement. La robotisation est donc une
énorme source de progrès ! Ce
rebond de l’industrie pose le défi
des compétences, d’où les efforts
déployés par l’UIMM pour la formation et le développement de
l’apprentissage.
3
La France a perdu près
de 600 sites industriels
en huit ans. Est-il possible
de revenir au niveau d’avant
la crise, selon vous ?
L’amélioration actuelle est le
résultat de la conjoncture économique, d’un regain de confiance
des industriels et de mesures de
compétitivité comme le CICE, qui
ont permis de réduire les coûts
salariaux. Mais il ne faut pas relâcher l’effort maintenant. L’industrie française est encore pénalisée
par une surréglementation et des
prélèvements qui pèsent sur la
production, comme les impôts
locaux ou la cotisation sur la
valeur ajoutée des entreprises
(CVAE).
Sur les coûts salariaux, nous
sommes proches de l’Allemagne
mais notre positionnement en
gamme n’est pas aussi élevé. Nous
n’avons pas rattrapé tout le retard
accumulé ces dernières années
vis-à-vis de notre voisin.
Et puis, il n’y a pas que l’Allemagne. D’autres pays, en particulier
l’Espagne et le Portugal, ont restauré leur compétitivité depuis la
crise. Ils ont des coûts salariaux
inférieurs à ceux de la France et
une qualité qui n’est plus très
éloignée de la nôtre.
Propos recueillis par V. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
Opel n’a pas plombé les résultats de PSA
AUTOMOBILE
Porté par ses bonnes
ventes en Europe, le
constructeur français
a vu sa marge opérationnelle progresser.
Et ce malgré l’intégration de la marque
allemande déficitaire.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
« Il n’est pas honteux d’être un constructeur européen. Ceux qui estiment
qu’on ne peut pas y gagner d’argent
ratent une belle occasion. » Alors que
PSA s’est recentré sur l’Europe avec
le rachat d’Opel, Carlos Tavares a
beau jeu de vanter les vertus du
Vieux Continent. Le patron du constructeur français a présenté jeudi de
solides résultats pour l’année 2017 :
malgré les pertes des deux joint-ventures chinois et de sa nouvelle entité
allemande, PSA a enregistré l’an dernier une marge opérationnelle automobile en légère progression de 0,1
point, à 6,1 %, pour un chiffre d’affaires en hausse de plus de 20 %, à
65 milliards d’euros. Sans Opel, les
recettes auraient augmenté de 13 %
à taux de changes constants, et sa
marge opérationnelle aurait surtout
affiché un niveau historique de
7,3 %. Une performance assez
remarquable qui a fait bondir de 5 %
le titre du constructeur en Bourse et
qui devrait pousser le groupe à
revoir, début 2019, à la hausse ses
objectifs financiers à moyen terme,
affirme Carlos Tavares.
En attendant, le dossier Opel restera en haut de la pile pour plusieurs
années. La marque à l’Eclair a tout
de même perdu 179 millions en cinq
mois l’an dernier, et PSA a entamé de
rudes négociations avec le syndicat
allemand IG Metall. D’ailleurs, le
groupe a passé une provision liée à
la future restructuration supérieure
à 400 millions. Il faut dire que le ratio
masse salariale sur chiffre d’affaires
s’élève à 16 % chez Opel, contre
10,3 % désormais chez le seul PSA.
« Tabous » brisés
en Allemagne
« Le travail à réaliser n’est pas facile,
sinon d’autres l’auraient déjà fait
avant nous », pointe Carlos Tavares,
qui se dit néanmoins « confiant »
quant à la faculté d’Opel de se réformer pour gagner à nouveau de
l’argent, ce qui n’a pas été fait depuis
2000. « Nous allons prendre des décisions impopulaires. La démagogie
tue, c’est un poison. La seule chose qui
protège, c’est la performance », martèle l’ingénieur portugais, qui ne
Renault et Nissan
approfondissent
leur alliance
AUTOMOBILE
Carlos Ghosn explique aux « Echos »
pourquoi il poursuit
l’intégration opérationnelle de l’attelage franco-nippon.
A entendre Carlos Ghosn,
l’Alliance Renault-Nissan,
« c’est irréversible ». Le PDG de
Renault ne voit pas « pourquoi
une entreprise dirait que travailler seul, c’est mieux que travailler ensemble, que vendre
4 millions de véhicules, c’est
mieux que 10 », interroge à voix
haute le dirigeant, à l’heure où
son attelage franco-nippon
franchit un cap dans son intégration avec trois nouvelles
entités communes.
« Certains actionnaires souhaitent qu’il y ait des liens plus
solides que la rationalité économique. La réflexion sur cette
feuille de route sera alimentée
par la convergence opérationnelle : plus celle-ci sera poussée,
plus les initiatives concernant
la structure de l’Alliance seront
facilitées», affirme aux
« Echos » celui qui vient d’être
prolongé pour quatre ans à
son poste.
Après les achats, la logistique, les RH, les plates-formes,
la fabrication, les moteurs ou
l’ingénierie, ce sont les fonctions après-vente, qualité et
« business development » qui
seront dorénavant pilotées au
niveau de l’Alliance. « C’est la
continuité. Nous avançons au
fur et à mesure de la maturité
des parties prenantes », indique
Carlos Ghosn. Le groupe a présenté, jeudi, le programme aux
organisations syndicales.
Bonnes pratiques
En matière de qualité, Renault,
Nissan et Mitsubishi vont
harmoniser leurs méthodes et
mettre en place des indicateurs
communs sous la houlette de
C h r i s t i a n Va n d e n h e n d e ,
l’actuel directeur qualité de
la marque au losange. Dans
Le tandem
Tavares-Gallois
reconduit à la
tête du groupe
l’après-vente, la relation client
et les pièces détachées, Kent
O’Hara – aujourd’hui en charge
du sujet chez Nissan – devra
détecter les bonnes pratiques
de chaque constructeur et
les déployer partout dans le
monde.
Enfin, l’unité « business
development », qui sera chapeautée par l’ex-BCG Hadi
Zablit, coordonnera « la préparation de l’avenir », selon les termes de Carlos Ghosn. « L’efficacité, c’est avoir un point d’entrée
unique avec un seul message
p o u r n o s p a r t e n a i re s , l e s
start-up et les autres constructeurs, précise-t-il. Ce sera une
tour de contrôle, notamment
pour les projets de rupture de
Gérard Detourbet, le numérique
et les services de mobilité. »
Pour le trio,
l’Alliance restera
une sorte de grande
boîte à outils vouée
à faire baisser les
coûts et accélérer
les développements.
Par ailleurs, Mitsubishi, dont
Nissan a pris le contrôle l’an
dernier, va intégrer les dispositifs achats, business development et qualité en avril. Les
fonctions ingénierie, fabrication, logistique et après-vente
arriveront dans un second
temps, en 2019.
Dans les faits, l’Alliance restera toutefois pour ce trio une
sorte de grande boîte à outils
vouée à faire baisser les coûts et
accélérer les développements.
« L’Alliance n’a pas l’autorité
pour imposer des décisions aux
entreprises. Chacune d’entre
elles peut choisir de lui confier
des parties non visibles par le
client. Les parties visibles, en
revanche, lui reviennent »,
détaille Carlos Ghosn. Ainsi, le
design, le produit, le marketing, la stratégie et la vente restent l’apanage des trois constructeurs. Pour l’instant.
— J. D.-C.
veut pas vendre de façon significat i ve d e s vé h i c u l e s O p e l h o r s
d’Europe tant que ceux-ci ne seront
pas lucratifs.
A vrai dire, PSA affirme déjà avoir
brisé un certain nombre de
« tabous » en Allemagne. Ainsi, le
nombre de pièces nécessaires à
l’assemblage de l’Opel Corsa a été
fortement réduit, les dépenses informatiques ont fondu de 39 % et les
frais de voyages de 30 %. Mais la
marche est encore haute : d’après
Carlos Tavares, les usines d’Opel
sont en moyenne deux fois moins
performantes que les usines françaises de PSA. Rien d’insurmontable cependant, à l’entendre. « En janvier, le taux d’utilisation des usines de
PSA était de 110 %. Nous aurions pu
vendre plus de voitures ! Il y a quatre
ans, ce taux était inférieur à 80 %,
comme celui d’Opel aujourd’hui… »,
rappelle l’ancien numéro deux de
Renault.
À NOTER
Pour acheter Opel, PSA
n’a sorti que 26 millions d’euros
en cash.
(
Lire également « Crible »
Page 40
Carlos Tavares et Louis
Gallois vont pouvoir continuer leur numéro de duettiste. Selon nos informations, les trois
actionnaires principaux
de PSA ont décidé de soumettre le renouvellement
du mandat de Louis Gallois à la prochaine assemblée générale des actionnaires, le 24 avril. La
famille Peugeot, bpifrance
et le groupe chinois Dongfeng ont estimé que
l’ancien patron d’Airbus
formait un duo efficace et
sans étincelles avec l’exnuméro deux de Renault.
Arrivé à la demande de
l’Etat en 2013 chez un PSA
alors en pleine crise, le
grand commis de 74 ans
devrait donc rester quatre
ans de plus au sein du
constructeur automobile
en tant que président du
conseil de surveillance.
Plus d’informations
sur lesechos.fr
prêts pour
la révolution de
la ressource
résultats 2017
CHIFFRE D'AFFAIRES
15 871 M€
EBIT
Confirmation des résultats préliminaires annoncés
fin janvier et de l’ensemble des objectifs pour 2018.
1 284 M€
Mise en place d’un plan d’actions pour accompagner
la croissance et améliorer la rentabilité.
WWW.SUEZ.COM
Retrouvez le communiqué et l'intégralité des
résultats sur notre site internet (rubrique Finance).
Jean-Louis Chaussade
Directeur Général
+0,6% (*)
RÉSULTAT NET
PART DU GROUPE
Adaptation du comité de direction à ces objectifs.
« L’année 2017 a été marquée par l’acquisition majeure de GE Water, un
tournant stratégique pour SUEZ, et prometteur pour l’accélération de sa
croissance. En revanche, des éléments spécifiques survenus en fin d’année,
ne nous ont pas permis d’atteindre nos objectifs de rentabilité opérationnelle.
Je tiens à souligner que 2018 sera une année de croissance pour SUEZ. En
effet, 3 des 4 moteurs de croissance du Groupe, Recyclage et Valorisation
Europe, International et Water Technologies & Solutions (WTS), sont en
croissance sur des marchés à fort potentiel.
J’ai décidé de mettre en place un plan d’actions, dont l’objectif est d’accroître
notre dynamique de croissance et notre profitabilité. Il comprend
l’accélération de la transformation et de la réduction des coûts, en particulier
en Espagne et en France, pays dans lequel nous chercherons à accroître les
synergies entre les métiers de l’eau et de recyclage et valorisation. A
l’international, des moyens supplémentaires seront mis en œuvre pour
accélérer notre développement. Pour y parvenir, j’ai modifié l’organisation du
comité de direction du Groupe.
Ces nouvelles mesures ainsi que la matérialisation d’une conjoncture plus
favorable depuis le début de l’année, sécurisent nos objectifs 2018 et
confortent un accroissement de la rentabilité au-delà. »
+4,1% (*)
302 M€
CASH FLOW LIBRE
1 004 M€
DIVIDENDE
0.65€ par action
au titre de 2017 (**)
(*)
à change constant
résolution proposée à l’Assemblée Générale
du 17 mai 2018
(**)
RELATIONS ACTIONNAIRES
Abonnez-vous à la lettre actionnaires
Devenez membre du Club Actionnaires
PROCHAINS RENDEZ-VOUS :
24 mars : salon actionnaires VFB à Anvers
17 mai : publication du 1er trimestre 2018
17 mai : Assemblée Générale
26 juillet : publication du 1er semestre 2018
0 800 207 207
a c t i o n n a i r e s @ s u e z - e n v. c o m
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Croissance externe
soutenue pour
Bureau Veritas
CERTIFICATION
Le français voit son
bénéfice net reculer
de 3,6 %, à 319,4 millions, en 2017,
mais son chiffre
d’affaires croît plus
vite que prévu.
Martine Robert
@martiRD
Bureau Veritas vient d’acquérir
l’américain EMG Corporation,
un leader des services d’évaluation technique et d’assistance à
la maîtrise d’ouvrage, à la gestion d’actifs et aux transactions
immobilières aux Etats-Unis.
L’entreprise emploie 550 personnes, réalise 70 millions
d’euros de chiffre d’affaires et
élargit la palette de services du
géant français de l’inspection et
de la certification, dans le secteur des bâtiments et des infrastructures. Peu avant il achetait
une petite société en Espagne
spécialisée dans l’analyse des
huiles lubrifiantes, réalisant
4 millions d’euros de chiffre
d’affaires.
Des efforts
de restructuration
L’an dernier déjà, 9 acquisitions
avaient été réalisées, représentant un chiffre d’affaires total de
150 millions, et en 2016 le rythme
était similaire. Et depuis 2015,
23 achats ont apporté à l’entreprise plus de 350 millions
d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires.
Globalement l’an dernier,
Bureau Veritas a vu son bénéfice
net reculer de 3,6 %, à 319,4 millions, en 2017, un peu en deçà des
attentes des analystes, mais a
réalisé une hausse de 3,1 % de
son chiffre d’affaires, meilleur
que prévu, à 4,689 milliards
d’euros. Hors effets de change et
de périmètre, la croissance organique ressort, elle, à 2,2 % et s’est
accélérée au dernier trimestre
(3,8 %).
C’est l’activité bâtiment et
infrastructures qui augmente le
plus, avec une hausse de 8,8 % de
son chiffre d’affaires, contre
6,8 % pour la division agroalimentaire et matières premières.
La branche marine et offshore
perd en revanche 6,9 % et
l’industrie 3,2 % ; mais Bureau
Veritas estime avoir mené les
efforts structurels nécessaires
pour améliorer sa marge sur ses
segments les moins performants, enregistrant des charges
de restructuration de 57,1 millions d’euros en 2017, résultant
de réductions d’effectifs. Le
groupe mise aussi sur le numérique et des partenariats clefs. Il
a ainsi lancé jeudi avec le spécialiste des paiements électroniques Worldline ce qu’il présente
comme la « première solution au
monde de traçabilité alimentaire
complète basée sur la blockchain ». n
Europcar :
les acquisitions pèsent
sur la rentabilité
AUTOMOBILE
Le loueur a divisé
par deux son résultat net après une
année riche en
croissance externe.
Il maintient ses
objectifs pour 2020.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Un an après son arrivée, Caroline Parot est sanctionnée par les
marchés. Le titre d’Europcar,
dont elle assure la présidence du
directoire, a affiché l’une des
plus fortes baisses du SBF 120 en
fin de journée avec une chute de
plus de 7 % à la mi-journée. « Les
résultats 2017 sont moyens et le
marché ne semble plus faire
confiance au management », a
indiqué un trader à Reuters
après la publication des comptes annuels. Le bénéfice net a été
réduit de moitié en 2017, à
61 millions d’euros.
La dirigeante évoque pourtant « de solides performances ».
La baisse du bénéfice est attribuable à des charges exceptionnelles atteignant 71 millions et
sur un an le titre Europcar est
encore en hausse de presque
9 %. Mais le loueur de voitures
« paie » les frais liés à de nombreuses acquisitions en Europe,
ainsi qu’un litige au RoyaumeUni.
Le groupe a notamment
acquis l’an passé l’espagnol Goldcar, le français Lor’Rent et
l’allemand Buchbinder, ce qui
représente 700 millions de chiffre d’affaires au total. Le chiffre
d’affaires du groupe est en conséquence en hausse de 12,1 %, à
2,412 milliards d’euros, et la
croissance organique (à périmètre et taux de change constants)
à 3,4 %. La marge brute d’exploitation (Ebitda) ajustée a reculé
de 0,9 point, à 10,9 %, mais elle
reste inchangée à 11,8 %, si l’on
exclut les nouveaux services de
mobilité et l’acquisition du concurrent allemand Buchbinder
(consolidé depuis septembre).
En valeur absolue, ces deux nouvelles activités permettent
cependant de hausser l’Ebitda
lui-même de 7,4 %, à 273 millions d’euros.
Cession de car2go
La direction explique cette stabilité par « la croissance solide des
volumes de location » et « l’efficacité des mesures de réduction des
coûts mises en œuvre après l’été ».
Pour 2018, elle vise une croissance organique supérieure à
3 % et un Ebitda ajusté (sans les
nouveaux services de mobilité)
« supérieur à 350 millions
d’euros ». Goldcar, en particulier, « est dans le low cost une opération très rentable », a indiqué
Caroline Parot.
En 2018, Europcar va concentrer ses efforts sur les sociétés
récemment acquises, la numérisation du parcours client et la
maîtrise des coûts. Le groupe a
confirmé son objectif de dégager
à la fin de la décennie des revenus « supérieurs à 3 milliards
d’euros » et une marge d’Ebitda
ajusté, hors nouveaux services
de mobilité, supérieure à 14 %.
Europcar a annoncé jeudi la cession à Daimler Mobility Services, pour 70 millions d’euros, de
sa participation de 25 % dans
car2go Europe GmbH, qui propose un service de location de
véhicules en libre-service facturée à la minute.
(
Lire « Crible »
Page 40
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
Suez se réorganise
pour redresser la barre
ENVIRONNEMENT
Le résultat annuel
du groupe a été
ramené de 420
à 302 millions d’euros.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
Suez tente de redresser la barre
après l’avertissement sur résultat et
la débâcle boursière de fin janvier.
Comme annoncé alors, le résultat
d’exploitation (Ebit) annuel du
groupe d’eau et de déchets, dévoilé
jeudi matin, a reculé de 2 % l’an dernier hors acquisitions, à 1,3 milliard
d’euros. La rentabilité de son activité
eau en Europe (essentiellement la
France et l’Espagne) s’est fortement
érodée, et cela n’a été que partiellement compensé par la bonne santé
de l’activité de gestion des déchets.
Le résultat de l’international hors
Europe, lui, peine à se maintenir (–
0,3 %) et au final, le résultat net a été
ramené de 420 à 302 millions
d’euros en un an.
Changement de direction
2018 sera meilleur, promet le groupe
qui table sur une croissance de 9 %
du chiffre d’affaires et de 10% du
résultat d’exploitation (Ebit), grâce à
l’acquisition en octobre du géant
américain GE Water. Mais l’opération suscite la défiance des marchés.
L’action de Suez n’a pas regagné de
terrain depuis son effondrement de
16,7 % le 24 janvier. « Si c’était à
refaire je le referais, GE Water est une
formidable opportunité pour Suez »,
assure le directeur général JeanLouis Chaussade. Il fait néanmoins
une série d’annonces.
« Tout d’abord, j’ai écouté le marché, qui m’a dit ne pas comprendre
ma communication financière, et j’ai
décidé de changer le directeur financier », déclare-t-il. Jean-Marc Boursier, directeur financier de 2013 à
septembre 2015, devenu depuis le
responsable du recyclage pour
l’Europe, retourne à la direction
financière. Tout en restant en
charge du recyclage en Europe du
Nord. Christophe Cros, le directeur
financier sortant, qui avait piloté
l’acquisition de GE Water et préside
depuis octobre Suez WTS, la nouvelle division logeant l’Américain,
conserve cette présidence, sans
autre fonction.
La deuxième priorité est de restaurer la rentabilité de l’eau en Espa-
gne et en France. « En France, je mets
les activités eau et recyclage sous le
même management de Marie-Ange
Debon, avec pour tâche de les faire
croître en mutualisant les moyens »,
annonce Jean-Louis Chaussade.
Celle qui était jusqu’à présent la
patronne de l’international contribuera ainsi à un plan d’économies
que Suez a porté de 150 à 200 millions par an, à compter de cette
année et jusqu’en 2020.
Cela entraînera 150 millions
d’euros de charges de restructurations en 2018. Il y aura des départs
mais pas d’autre plan social en
France au-delà de celui mis en place
en 2017, qui se traduira par
550 départs volontaires d’ici à 2019.
Ce n’est pas nécessaire, assure JeanLouis Chaussade, car « sur
30.000 personnes en France, nous
avons 2.300 départs par an, et un certain nombre de contrats à durée déterminée, appelés à se réduire au fur et à
mesure de la modernisation ». Il n’y
aura pas non plus de cessions massives, a affirmé le dirigeant.
Le marché a peu réagi à ces
annonces et semble s’installer dans
l’attentisme. Il est vrai que comme le
président de Suez Gérard Mestrallet, Jean-Louis Chaussade est atteint
par la limite d’âge et leurs mandats
s’achèvent en 2019. Or les transitions
sont des périodes mouvantes. n
Naval Group bute sur les énergies marines
DÉFENSE
Le groupe de défense
affiche une marge
opérationnelle de
4,7 %, pas loin de
l’objectif de 5 % fixé
par son PDG, Hervé
Guillou, il y a trois ans.
Mais les énergies
marines tardent
à décoller.
Anne Bauer
@annebauerbrux
Naval Group, leader français de la
construction navale de défense, a
atteint les objectifs de redressement fixés par son président,
Hervé Guillou, il y a trois ans.
Après une année déficitaire en
2014, l’ex-DCNS a redressé peu à
peu ses comptes pour revenir à un
résultat net de 142 millions, pour
un chiffre d’affaires de 3,7 milliards
d’euros en 2017. La marge opérationnelle s’est ainsi redressée à
4,7 % de l’activité, contre 3,2 % en
2016 et 2,1 % en 2015. Sans les difficultés rencontrées dans ses essais
de diversification dans les énergies
marines, le groupe aurait sans
doute atteint le cap des 5 % fixé par
Hervé Guillou.
« Nos résultats ont néanmoins été
contraints par une dépréciation de la
valeur des actifs de notre filiale Naval
Energies suite à des retards et des difficultés opérationnelles rencontrés
au cours de l’année 2017 », déclare
Naval Group dans un communiqué. Les espoirs du constructeur
naval concernant un décollage des
énergies marines, et notamment
des hydroliennes, pour compléter
son portefeuille d’activité ont subi
L’ex-DCNS a redressé peu à peu ses comptes pour revenir à un résultat net de 142 millions,
pour un chiffre d’affaires de 3,7 milliards d’euros en 2017. Photo Charly Triballeau/AFP
une nouvelle douche froide. Le
groupe a annoncé l’arrêt du projet
de démonstration de Paimpol-Bréhat pour deux hydroliennes, qui
n’ont finalement jamais fourni
d’électricité.
Le constructeur attend surtout
les décisions maintes fois reportées
du ministère de l’Ecologie sur le lancement de la ferme de 7 hydroliennes du raz Blanchard (Normandie).
Un raccordement au réseau électri-
4,7 %
DE MARGE OPÉRATIONNELLE
pour l’activité de Naval Group.
Contre 3,2 % en 2016
et 2,1 % en 2015.
que était prévu dès 2020 ! Naval
Group a quasiment achevé la construction à Cherbourg d’une nouvelle usine d’assemblage pour ces
espèces d’éoliennes sous-marines,
mais le groupe n’a toujours qu’une
commande en stock pour la livraison d’un démonstrateur au Japon…
Aussi la société Naval Energies,
détenue à 55 % par Naval Group
après l’ouverture de son capital fin
2016 à bpifrance, Technip et BNP,
prévoirait la suppression de
100 postes sur 260 emplois.
Cherbourg s’inquiète
L’usine de Cherbourg a été dimensionnée pour produire jusqu’à
20 hydroliennes par an. Une commande pour le Canada pourrait se
profiler à l’horizon 2019. Mais sans
volonté d’Etat pour explorer ces
énergies, Naval Group sera bientôt
confronté à un choix douloureux :
tenir encore longtemps à perte ou
tirer un trait sur les centaines de
millions investis. Heureusement, la
loi de programmation militaire
adoptée par le gouvernement français répond aux attentes du constructeur et lui permet d’envisager
l’avenir avec une certaine lisibilité :
livraison de frégates, rénovation du
porte-avions, programme de sousmarins Barracuda… les principales
commandes de la Marine nationale
sont confirmées.
Le carnet de commandes reste
stable à 11,9 milliards d’euros fin
2017 et Frank Le Rebeller, directeur
général finances, juridique et
achats, a annoncé une nouvelle
hausse de l’ordre de 10 % du résultat
net (part du groupe) cette année. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
SEB mise sur la Chine
et sa nouvelle marque WMF
Feu vert pour
la mégafusion
Essilor-Luxottica
ÉQUIPEMENT
OPTIQUE
Le spécialiste français
du petit électroménager a confirmé,
jeudi, de très bons
résultats 2017.
Les autorités
de la concurrence
ont approuvé sans
condition le
mariage des deux
géants de l’optique aux Etats-Unis,
en Europe et dans
treize autres pays.
Préférant ne faire
aucune annonce
chiffrée pour 2018,
il se dit toutefois
« optimiste ».
Marie Josée Cougard
@CougardMarie
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
En janvier déjà, les chiffres étaient
bons. SEB affichait une croissance
organique de 9,2 %, en 2017, et des
ventes totales qui ont bondi de 30 %,
à 6,5 milliards d’euros. Les chiffres
consolidés, publiés ce jeudi, viennent confirmer la belle performance du géant français l’an dernier. En hausse de 45 %, le bénéfice
net part du groupe s’établit à
375 millions d’euros. Il profite d’un
taux d’impôt exceptionnellement
bas, lié à un « effet de la réforme fiscale aux Etats-Unis et à la restitution
de la taxe sur les dividendes en
France », précise SEB.
Sur l’exercice 2017, le résultat
d’exploitation s’établit à 580 millions d’euros, en hausse de 36 %,
pour une marge opérationnelle de
10,5 %, proche des 11 % visés par le
groupe. De plus, en 2017, le taux
d’endettement de SEB a baissé de
13 points par rapport à l’année précédente, à 97 % des fonds propres.
Et le dividende reversé aux actionnaires au titre de l’exercice sera de
2 euros, en hausse de 16 % par rapport à l’année précédente.
Un « marché dynamique »
De bonnes nouvelles donc, mais
SEB, comme à son habitude, préfère ne fixer aucun objectif chiffré
pour 2018. Si le PDG du groupe,
Thierry de La Tour d’Artaise, admet
volontiers un « environnement vraisemblablement plus tendu sur le
plan des matières premières et des
devises », il assure toutefois avoir de
bonne raison d’être « raisonnable-
Un cuit-vapeur connecté produit par SEB. En 2018, le groupe mise aussi sur l’innovation. Photo SEB
ment confiant » pour l’année en
cours. « Le marché va rester dynamique », assure de son côté Bertrand
Neuschwander, directeur général
délégué du groupe. SEB table
notamment sur le marché chinois,
sur lequel il est leader grâce à
La Chine est le
premier marché
du groupe en chiffre
d’affaires, devant
la France.
Suport, l’entreprise qu’il a rachetée
en 2007. La Chine est d’ailleurs le
premier marché du groupe en chiffre d’affaires, à 1,3 milliard d’euros,
devant la France (800 millions
d’euros). « Il y a encore un monde qui
s’ouvre devant nous », affirme
Thierry de La Tour d’Artaise. Il mise
ainsi sur d’autres pays émergents,
comme le Brésil et l’Egypte, pour
tirer sa croissance.
Pour doper ses ventes, SEB
compte beaucoup sur WMF qu’il a
racheté fin 2016 pour 1,8 milliard
d’euros. La marque allemande haut
de gamme ouvre au groupe les portes de magasins (Galeries Lafayette
à Paris, Corte Inglés à Madrid…)
desquels SEB était jusqu’alors
absent. WMF reste cependant
encore très spécialisé dans le café
professionnel.
En 2018, SEB mise aussi sur
l’innovation. « Nous devons maintenir un flux régulier », explique Bertrand Neuschwander. Des produits
de plus en plus connectés, et plus
petits (pour s’adapter à la nouvelle
mobilité des consommateurs), des
balances intelligentes et des aspirateurs robots plus performants…
Ceux-ci seront vendus aussi bien
chez les distributeurs habituels du
groupe qu’en ligne. SEB reconnaît
en effet l’importance de l’e-commerce dans la croissance de ses
marchés. A la différence d’autres
industriels, le spécialiste du petit
électroménager y voit « plus
d’opportunités que d’inquiétudes ».
« Crible »
( Lire
Page 40
Y
LA VIDÉO
SEB et Orange lancent
une plate-forme pour
attirer les start-up.
C’est un feu vert entièrement
inconditionnel que les autorités
de la concurrence américaine et
européenne, ainsi que celles de
treize autres pays, ont donné à la
méga-fusion des deux géants de
l’optique Essilor et Luxottica. Ce
feu vert a été suivi d’un bond en
Bourse des deux acteurs jeudi.
Les investisseurs ont d’autant
plus apprécié que la décision a
été reportée à maintes reprises. L’action d’Essilor a clôturé
en hausse de près de 5 % à la
Bourse de Paris, tandis que
l’action de Luxottica progressait
de 5,2 % à la fermeture du marché de Milan. Essilor et Luxottica attendent toujours l’autorisation des offices anti-cartel
chinois et brésilien. L’avis favorable du Brésil devrait tomber
sous peu, a précisé le directeur
général d’Essilor, Laurent
Vacherot.
Après enquête approfondie,
la Federal Trade Commission
(FTC) et l’Autorité européenne
de la concurrence ont chacune
de leur côté estimé qu’il n’y avait
pas d’obstacle à l’opération qui
crée un nouveau poids lourd de
plus de 50 milliards d’euros de
capitalisation boursière, totalisant un chiffre d’affaires supérieur à 16 milliards. La finalisation de l’opération devrait
intervenir avant l’été. « Nos préoccupations initiales n’ayant pas
été corroborées par les résultats
de la consultation des acteurs du
marché, nous pouvons laisser
cette concentration se réaliser
sans l’assortir de conditions », a
commenté la commissaire
européenne à la Concurrence,
Margrethe Vestager.
Des groupes
complémentaires
Depuis l’annonce de leur union
en janvier 2017, le groupe français et son partenaire italien
n’ont cessé de répéter que leur
union n’allait pas engendrer de
situation de monopole. Leurs
marchés sont en effet encore
très fragmentés. Les activités
des deux géants sont en fait très
complémentaires. Numéro un
mondial de l’optique ophtalmique, Essilor élabore des verres
correcteurs et de protection de
la vue, avec des marques comme
Varilux.
Le groupe français développe
et commercialise également des
équipements et des services destinés aux professionnels de
l’optique. Il a réalisé un chiffre
d’affaires de 7,5 milliards d’euros
en 2017, en hausse de 5,3 %, a-t-il
annoncé jeudi. Son résultat net a
reculé de 3 %, à 789 millions
d’euros, en raison de coûts
exceptionnels de fusion. Essilor
a 34 usines. Luxottica exerce son
activité dans le secteur du luxe,
comme designer, fabricant et
distributeur de lunettes sous les
marques Ray Ban, Persol, Oliver
People, Alain Mikli. Le groupe
italien est riche de nombreuses
licences commerciales pour la
vente d’Armani, Burberry, Chanel, Prada, etc. Il a totalisé un
chiffre d’affaires de 9 milliards
d’euros (+ 0,8 %) en 2017 et un
bénéfice net record de 1 milliard
avec un réseau de 9.000 boutiques. n
7,5
MILLIARDS D’EUROS
C’est le chiffre d’affaires
du groupe Essilor en 2017,
en hausse de 5,3 %.
Son résultat net a reculé
de 3 % à 789 millions
d’euros.
GROUPE ADP 2017 : RÉSULTAT NET EN HAUSSE DE 31,2 % PORTÉ PAR
LE DYNAMISME DU TRAFIC ET LE DÉVELOPPEMENT À L'INTERNATIONAL
OPTIMISER
ATTIRER
ÉLARGIR
«
2017 a été une année de transformation pour le Groupe ADP tant à Paris
qu'à l'international. 228,2 millions de passagers (+7,4 %) ont été accueillis
dans le réseau d'aéroports du groupe, dont 101,5 millions à Paris Aéroport
(Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly) et 115 millions au sein de TAV Airports.
Grâce à ce dynamisme, à la maîtrise des charges et à l'intégration globale
de TAV Airports, suite au renforcement de sa participation passée de 38 %
à 46,1 %, le Groupe ADP a affiché des résultats 2017 solides et a posé le socle
de sa croissance à long terme.
Le résultat net part du groupe s’est amélioré de 31,2 % pour s'établir à
571 millions d'euros et permet de proposer, au vote de l'Assemblée générale,
un dividende de 3,46 euros par action, en hausse de 31,1 % par rapport à celui
versé au titre de l’exercice 2016.
»
Augustin de Romanet
Président-directeur général du Groupe ADP - Aéroports de Paris S.A
AGENDA
04 . 05 . 2018
Assemblée générale
des actionnaires
08 . 06 . 2018
Paiement du dividende
CONTACT ACTIONNAIRES
N°: 0 800 101 800
(appel gratuit depuis un poste fixe)
Communiqué complet disponible sur
www.groupeadp.fr/groupe/finance
TRAFIC GROUPE
CHIFFRE D’AFFAIRES
(en millions de passagers)
(en millions d’euros)
228,2
3 617
+7,4 % (1)
DONT TRAFIC
PARIS AÉROPORT
101,5
+4,5 %
(2)
RÉSULTAT NET
PART DU GROUPE
(en millions d’euros)
+22,7%
571
E B I T D A
DIVIDENDE
+ 31,2 %
(en millions d’euros)
1 567
+31,1 %
3,46
euros par action (3)
(1) Hors participation dans les aéroports mexicains, cédée en octobre 2016 ; calcul prenant en compte
le trafic de TAV Airports à 100 % sur l'année 2017.
(2) Du fait de l'intégration globale de TAV Airports au 2nd semestre 2017, une variation de périmètre
existe entre les exercices 2016 et 2017.
(3) Soumis à l'approbation de l'Assemblée générale des actionnaires du 4 mai 2018. Pour mémoire, un
acompte sur dividende au titre de 2017 de 0,7€ par action a été versé le 8 décembre 2017. En conséquence,
le solde du dividende au titre de 2017, versé en juin 2018, s'élèverait à 2,76€ par action, sous réserve
d'approbation par l'Assemblée générale des actionnaires.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Fiducial conteste
les comptes
du Stade
Toulousain
SPORT
L’actionnaire minoritaire conteste
la sincérité des
comptes du dernier
exercice.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Le Stade Toulousain va mieux
sur le plan sportif, mais la situation reste tendue avec Fiducial,
qui détient 11,7 % de la société
anonyme sportive professionnelle et aurait aimé monter au
capital l’an dernier. Le groupe
d’expertise-comptable conteste
la sincérité des comptes du dernier exercice arrêté en juin. Il a
commandé un audit à la société
Paper Audit & Conseil et l’a
envoyé au conseil de sur veillance en février, selon le site
Médiacités. Le rapport conteste
des procédures de comptabilité
liées à l’arrivée de la société de
marketing sportif Infront Sports
& Media, qui a obtenu en juin la
régie commerciale pendant dix
ans en échange de 3,5 millions
d’euros (dont une partie a comblé le déficit), et au dédommagement de l’ancienne régie commerciale A la Une, dirigée par
Didier Lacroix, nommé président du directoire en juin 2017.
En perdant la régie, A la Une a
été indemnisée à hauteur de
1,5 million d’euros. Selon l’audit,
cette somme n’aurait pas dû être
comptabilisée comme un actif
incorporel car le club était le seul
détenteur des droits commerciaux. « C’est faux, le club a
racheté la clientèle commerciale à
A la Une et Infront Sports &
Media n’est que le concessionnaire », répond Philippe Jougla,
membre du directoire. Autre
élément contesté, la somme de
3,5 millions d’euros payée par
Infront Sports & Media n’aurait
pas dû être enregistrée à 100 %
en produit dans le bilan, mais
étalée sur les 10 ans du contrat.
Fiducial estime que ces deux
points gonflent artificiellement
les capitaux propres de 5 millions d’euros.
Validé par la DNACG
Les deux opérations « ont été validées tant par les instances de contrôle interne que par […] la Direction nationale d’aide et de contrôle
de gestion de la Ligue nationale de
Rugby » a fait valoir le conseil de
surveillance le 27 février. Jeudi,
Didier Lacroix a relevé que le
président de Fiducial, « aurait pu
donner son analyse au conseil de
surveillance », mais « il a été
absent trois fois ». Sur le fond, le
club a encore besoin d’argent
après un déficit prévisionnel de
2,3 millions d’euros cette saison.
Il prépare une augmentation de
capital de 5 millions, dont une
première tranche sera déclenchée en mars. n
en bref
Carrefour : FO manifeste
contre les suppressions de postes
DISTRIBUTION Environ 1.000 salariés de Carrefour ont manifesté
jeudi devant le siège France de l’entreprise à Massy (Essonne) à
l’appel de Force ouvrière pour « la défense de l’emploi », après
l’annonce de la suppression de 2.400 postes dans les sièges du
groupe, via un plan de départs volontaires et de la sortie du groupe
de 273 ex-magasins Dia, qui affecte 2.100 salariés. Au cours d’une
rencontre avec un dirigeant, la possibilité d’une mesure d’âge a été
évoquée. Elle permettrait aux salariés qui le souhaitent de bénéficier d’une retraite anticipée, afin de libérer pour reclasser 100 % des
salariés des ex-Dia qui fermeront. « On est prêts à discuter », a
assuré Michel Enguelz,le délégué FO, tout en prévenant que « la
prochaine étape, c’est la grève générale, avec le blocage des entrepôts et
des magasins ». Il a évoqué pour cette grève « une date symbolique »,
en précisant que « les délégués centraux » se réuniront le 12 mars.
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
REPUBLIQUE FRANCAISE
PREFECTURE DE LA REGION D'ILE-DE-FRANCE,
PREFECTURE DE PARIS
AVIS D'ENQUÊTE PARCELLAIRE
Projet d'aménagement portant sur les parcelles situées
133-133bis rue Belliard à Paris 18ème arrondissement
Par arrêté de Monsieur le préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris,
une enquête parcellaire, relative au projet d'aménagement de la Ville de Paris
(construction d’une piscine), portant sur les parcelles situées 133-133bis, rue
Belliard à Paris 18ème arrondissement, va être ouverte à la mairie du 18ème
arrondissement de Paris du 5 au 23 mars 2018 inclus.
Pendant cette période, le dossier d'enquête sera mis à la disposition du
public qui pourra en prendre connaissance et produire, s'il y a lieu, ses observations,
à la mairie du 18ème arrondissement de Paris, située 1 place Jules Joffrin, les
lundis, mardis, mercredis, vendredis de 8 h 30 à 17 h, les jeudis de 8 h 30 à 19 h 30.
Les observations seront consignées ou annexées au registre d'enquête ouvert
à cet effet. Elles pourront également être adressées, par écrit, à la mairie du
ème
18
arrondissement, à l’attention de Monsieur Jean-Paul BETI, désigné en
qualité de commissaire enquêteur. Elles seront annexées au registre d’enquête.
Le commissaire enquêteur se tiendra à la disposition du public pour
recevoir ses observations à la mairie du 18ème arrondissement de Paris les
jours suivants :
• Lundi
5 mars 2018 de
9h à 12h
• Samedi
17 mars 2018 de
9h à 12h
• Vendredi
23 mars 2018 de 14h à 17h
En application du code de l'expropriation, à l’issue de l’enquête, le
commissaire enquêteur donnera son avis et rédigera ses conclusions motivées sur
l'enquête parcellaire, dans un délai d'un mois maximum à compter de la date de
clôture de la dite enquête.
EP18-027
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
Terrorisme, contrefaçon :
Bruxelles tacle les géants du Web
RÈGLEMENTATION
La Commission
européenne presse
les réseaux sociaux de
mieux lutter contre les
« contenus illégaux ».
Elle veut des filtres
automatiques et laisse
planer la menace
de futures obligations
légales.
Derek Perrotte
— Bureau de Bruxelles
Les mots sont lâchés et le message
est désormais plus clair : dans une
recommandation présentée jeudi,
la Commission européenne pousse
les réseaux sociaux à développer et
à généraliser les « outils automatiques » de reconnaissance et de
retrait des contenus illégaux, c’està-dire à caractère terroriste, haineux (homophobie, antisémitisme,
etc.) ou pédopornographique.
L’enjeu est sécuritaire, sociétal et
politique, mais également économique : les contenus liés à la contrefaçon (type « cliquez ici pour des
Rayban à 5 euros ») sont aussi
concernés par le projet et une coalition de 80 grandes marques,
l’Alliance TAC, réclame depuis des
mois des mesures fortes à Bruxelles.
Jeudi, au nom de cette alliance,
Antonio Belloni, DG Délégué de
LVMH (par ailleurs propriétaire des
« Echos »), a salué le texte présenté
par Bruxelles : « De plus en plus de
produits contrefaits sont disponibles
en ligne et trompent les consommateurs. C’est inacceptable. Des mesures proactives sont le seul moyen de
traiter efficacement le problème. »
La recommandation n’étant pas
en droit européen un texte contraignant, elle ne constitue pas stricto
sensu une obligation de filtrer les
contenus téléchargés, sujet très
explosif. Mais le vent tourne clairement à Bruxelles : après avoir misé
Le commissaire européen à la Sécurité, Julian King exige désormais « des mesures proactives,
détection automatique incluse ». Photo Georges Boulougouris/EU
depuis 2016 sur l’autorégulation des
réseaux, via un code de conduite
négocié avec eux, la Commission
est de plus en plus tentée de passer à
la manière forte en dégainant une
directive ou un règlement.
Terrorisme :
une heure pour réagir
C’est tout le message adressé en
filigrane à Facebook, Twitter et
autres : s’ils ne parviennent pas à de
meilleurs résultats dans la lutte
contre les contenus illégaux,
Bruxelles a désormais sous le
coude un plan pour les y forcer et a
préparé juridiquement le terrain.
Ce haussement de ton intervient
sous la pression accrue de certains
Etats (dont la France), de l’opinion,
et répond avant tout à une visée
sécuritaire.
Le cas de la lutte contre les contenus terroristes l’illustre : le mois
dernier, la Commission soulignait
avant tout les progrès réalisés par
les réseaux sociaux, avec désormais
90 % de retrait en moins de 24 heures ; dans ses recommandations,
elle exige désormais un retrait
« dans l’heure » via, a bien précisé le
commissaire à la Sécurité, Julian
King, « des mesures proactives, détection automatique incluse ».
Bruxelles n’appelle pas seulement les grandes plates-formes à
mettre l’accent sur ses outils, dont
elles ont déjà commencé à se doter,
mais aussi à aider les plus petits
acteurs à s’en doter en partageant
leur savoir-faire. « Beaucoup des
contenus retirés par les grandes prolifèrent ensuite sur les petites »,
insiste la commissaire au Numérique, Maryia Gabriel. La recommandation préconise également
de renforcer et clarifier les procédures de notification par les utilisateurs de contenus illégaux et d’instaurer une coopération plus étroite
avec les autorités judiciaires.
La Commission donne rendezvous aux géants du Web dans
quelques mois pour mesurer les
progrès effectués et décider
d’éventuelles actions législatives.
En interne, le débat y reste fort
entre les partisans d’une telle ligne
dure et ceux qui sont plus sceptiques sur la pertinence d’une loi.
Au-delà des cas les plus évidents
(propagande terroriste, pédopornographie), certains commissaires, en particulier ceux ayant
grandi dans les ex-républiques
communistes de l’Est, sont
méfiants sur les filtrages automatiques de contenus en raison des risques posés pour la liberté de
parole. C’est pourquoi la recommandation appelle aussi les platesformes à renforcer les garde-fous
et les procédures de recours des
internautes contestant le retrait de
leurs contenus. n
Logement : le choc d’offre s’éloigne déjà
IMMOBILIER
Les achats de logements
neufs des ménages ont
baissé au cours des deux
derniers trimestres.
Le choc d’offre promis
est de plus en plus
compromis, car les prix
ne baissent pas.
Catherine Sabbah
@csabbah
Les promoteurs ont bien fait de
célébrer leurs records annuels : car
« le mois de janvier 2018 n’a pas été
euphorique », constate Alexandra
François-Cuxac, qui préside leur
fédération, la FPI. Elle présentait ce
mercredi les chiffres de 2017 de production et de ventes de logements
neufs. Les signes annonciateurs de
cette inversion de tendance remontent à l’automne, comme le confirme le ministère de la Cohésion
des Territoires : les autorisations de
construire ont baissé de 2,3 % au
cours des trois derniers mois, après
une première inflexion de 0,9 % au
troisième trimestre 2017.
Le marché reste positif : la production de logements neufs a
encore augmenté de 5,9 % en progression annuelle. Mais cette croissance est due essentiellement aux
achats des bailleurs sociaux. Leur
part atteint 34.000 appartements,
soit 21 % de la totalité des logements
produits. Elle a augmenté de 30 %
entre janvier 2017 et janvier 2018 et
même de 34 % au cours des trois
derniers mois. Au contraire, les
achats des particuliers ont à peine
crû de 1,1 % sur l’année, mais baissé
de 3,1 % au cours du dernier trimestre 2017.
Ce n’est pas une bonne nouvelle
pour les promoteurs : alors que le
prix moyen atteint 4.300 euros par
mètre carré en France, les HLM
achètent parfois à moins de
2.000. « La loi SRU oblige les collectivités à rattraper leur retard en
matière de logement social »,
avance la présidente de la FPI. Mais
pas plus que l’an dernier. En revanche, en achetant leurs logements
aux promoteurs, les bailleurs
échappent aux règles de la commande publique. Autre explication : le niveau des prix : même s’ils
n’ont augmenté que de 1,8 % sur
l’année, les acheteurs calent et la
baisse des taux a achevé de produire ses effets : « Notre objectif est de
faire baisser les prix, en tout cas de ne
pas les augmenter », annonce
Alexandra François-Cuxac.
Peu de leviers pour faire
baisser les prix
Peu d’espoir du côté des coûts de
construction tant les entreprises
sont sollicitées ; pas plus du côté du
foncier que les propriétaires, y compris publics, n’hésitent pas à mettre
aux enchères. Reste la fiscalité et c’est
la prochaine bataille que les promoteurs comptent mener, un peu déçus
par la future loi sur le Logement prévue au printemps « qui manque
d’ambition ». « Le logement locatif
intermédiaire acheté par des particuliers est le seul à ne pas bénéficier
d’une TVA à 10 %, pourtant il correspond à une demande forte pour loger
les classes moyennes », déplore
Alexandra-François Cuxac, en
oubliant de préciser que ces investissements « Pinel » bénéficient déjà
d’un copieux avantage fiscal.
Moins d’acquéreurs privés, sans
doute moins d’acquéreurs sociaux,
puisque la réforme des APL fait perdre une partie de leurs recettes aux
HLM. Reste les investisseurs insti-
tutionnels pour soutenir le marché.
Même s’ils sont au rendez-vous, les
promoteurs tablent déjà sur une
baisse de la production cette
année. n
4.300
EUROS
Le prix moyen du mètre carré,
en France.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
mécénat
Sotheby’s voit son bénéfice
net croître de 60 %
Sur le plan des spécialités, ce
patron venu du Madison Square
Garden a également voulu développer les produits de luxe et cela
commence à porter ses fruits. Sur
les bijoux, S otheby’s a le leadership, avec 552,2 millions de dollars de ventes : elle a vendu 4 des 5
lots les plus chers, dont le CTF Pink
Star, cédé pour 71,2 millions de dollars à Hong Kong.
ART
Martine Robert
@martiRD
On attend toujours avec impatience les résultats de Sotheby’s.
La maison de ventes aux enchères
est la seule cotée à la Bourse de
New York. Cela permet de cerner
les marges du secteur et leur évolution. En 2017, le bénéfice net de
l’entreprise a crû de 60 % pour
atteindre 118,8 millions de dollars,
pour un chiffre d’affaires en croissance, lui, de 23 %, à 989,4 millions de dollars. Tad Smith, le
PDG de Sotheby’s, a d’ailleurs souligné que sa stratégie « ne consistait pas à avoir la plus grosse part
de marché mais à être à la meilleure
place pour acheter et vendre les trésors du monde ». La fin d’une
guerre destructrice de marge avec
sa rivale Christie’s ou la justification de résultats inférieurs à la
maison Pinault vis-à-vis des
investisseurs ?
Si les ventes aux enchères de la
maison américaine ont progressé
de 8 % pour atteindre 4,6 milliards
de dollars, on est toutefois loin du
score de 5,9 milliards, en hausse de
33 %, affiché par Christie’s, notamment grâce à la vente du « Salvador
Mundi », à 450,3 millions de dollars. En revanche, alors que la maison Pinault voyait ses ventes privées chuter de 35 %, à 611,8 millions
de dollars, sa concurrente américaine a vu les siennes croître de
28 %, à 744,6 millions. Preuve
Investissements
technologiques
Si les ventes
aux enchères de
la maison américaine
ont progressé de 8 % ,
on est toutefois loin
de la hausse de 33 %
affichée par Christie’s.
que Tad Smith en fait un relais de
croissance depuis son arrivée aux
manettes en 2015.
Parmi ses autres priorités,
l’expansion géographique. Si
Christie’s domine aux Etats-Unis,
en Europe et au Moyen-Orient,
Sotheby’s coiffe sa rivale sur le continent le plus prometteur, l’Asie,
avec 851 millions de dollars de ventes, contre 755 millions. Les clients
asiatiques ont d’ailleurs contribué
à hauteur de 1,6 milliard de dollars
aux ventes publiques de Sotheby’s.
Enfin cet homme du digital poursuit les investissements technologiques alors que 23 % des lots ont
été vendus en ligne en 2017. Après
avoir acquis en 2016 Mei Moses,
une base de données de 50.000
ventes aux enchères dans huit
domaines de collection, il a mis la
main en début d’année sur Thread
Genius, une start-up fondée sur
l’intelligence artificielle pour
recommander des œuvres d’art
aux collectionneurs en fonction de
leurs goûts. Mi-février, il annonçait
encore l’achat de Viyet, une plateforme d’e-commerce en design,
objets décoratifs et accessoires :
commercialisés à prix fixes, ces
lots à prix plus accessibles, compléteront les services proposés en
ventes publiques et privées.
À NOTER
Parmi les ventes phares de 2017
figure la dispersion de la collection du décorateur Jacques
Grange pour 33,3 millions de
dollars à Paris.
Les ventes privées, l’autre activité de l’Américain
A 744,6 millions de dollars,
les ventes de gré à gré ont
atteint l’an dernier leur plus
haut depuis quatre ans.
Alexandre Counis
— Correspondant à Londres
Il y a les ventes aux enchères, souvent spectaculaires. Mais il y a aussi
les ventes privées. Une activité
moins connue du grand public,
mais que Sotheby’s développe fortement depuis une dizaine d’années.
Et qui sont loin d’être négligeables.
A 744,6 millions de dollars, les ventes de gré à gré ont atteint l’an dernier leur plus haut depuis quatre
ans. Et si elles n’ont représenté que
13,5 % des ventes consolidées, elles
ont offert une confortable croissance de 28 %, contre seulement 8 %
pour les ventes aux enchères. Une
progression d’autant plus remarquable qu’elles ont chuté de 32 %
l’an dernier chez Christie’s, à
611,8 millions de dollars.
A Londres, il suffit de traverser
St George Street, à l’arrière de
l’immeuble abritant Sotheby’s,
pour pousser les portes de la galerie
S/2. Comme à New York (où le
groupe a ouvert la première galerie
de ce genre en septembre 2011) et à
Hong Kong, elle permet d’exposer
toute l’année des œuvres promises
AVIS FINANCIERS
AVIS AUX ACTIONNAIRES DU COMPARTIMENT
« EUROPEAN MULTI-ASSET INCOME »
Luxembourg, le 2 mars 2018
Cher Actionnaire,
Nous vous adressons la présente afin de vous informer des changements suivants qui sont reflétés dans la
version du Prospectus datée d’avril 2018 et qui seront effectifs à partir du 2 avril 2018 (Date de transaction).
Gestion d’actifs
BNP Paribas Asset Management UK Ltd. remplacera BNP Paribas Asset Management Nederland N.V. en
tant que principal gestionnaire d’actifs et allocataire d’actifs du compartiment.
BNP Paribas Asset Management Nederland N.V. reste responsable de la gestion des « Titres immobiliers
européens » du compartiment.
BNP Paribas Asset Management France reste responsable de la gestion des « Petites capitalisations européennes »,
des « Obligations européennes » et des « Actions à haut rendement européennes » du compartiment.
Baisse des Autres frais maximums
Veuillez noter que les Autres frais diminueront comme suit :
Catégorie
Classic
Privilege
Actuels
0,40 %
0,40 %
Nouveaux
0,35 %
0,25 %
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
D’autres modifications d’ordre rédactionnel ont été apportées afin d’actualiser et d’améliorer la formulation
générale du Prospectus ou pour être conformes aux nouvelles lois et réglementations.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de
la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation
de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions
effectués via ce type d’intermédiaire.
Veuillez noter qu’à l’avenir, à l’exception des publications dans les journaux imposées par la Loi, le média
officiel pour obtenir tout avis adressé aux actionnaires sera notre site Internet www.bnpparibas-am.com.
En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+352 26 46 31 21 / AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Bien à vous,
Le Conseil d’administration
Avec l’agence BETC,
l’organisme pour l’enfance
mène une levée de fonds
humanitaire inédite
pour la Syrie auprès de
la communauté des joueurs.
Clotilde Briard
@ClotildeBriard
Trouver de nouvelles pistes de
dons devient vital pour les
acteurs de l’humanitaire, alors
que le nombre de donateurs
tend à reculer et que sept personnes généreuses sur dix ont
plus de 50 ans.
L’Unicef et l’agence de publicité BETC ont mis au point un
dispositif inédit permettant de
l e v e r d e s f o n d s j u s q u’a u
31 mars pour aider les enfants
syriens au moyen d’une cryptomonnaie, l’ethereum. Le
principal public visé par l’opération Game Chaingers : les
joueurs. Ce sont eux qui possèdent les cartes graphiques les
plus puissantes susceptibles de
« miner » cette cryptomonnaie,
c’est-à-dire de valider les transactions en laissant les ordinateurs procéder aux calculs
nécessaires. Les gens voulant
faire une bonne action n’ont
donc pas d’argent à débourser
directement. Ils ont juste à aller
sur le site de l’opération, chaingers.io, à télécharger le logiciel
de minage et à le lancer quand
ils le souhaitent en faisant don
des ethereums ainsi gagnés au
Fonds des Nations Unies pour
l’enfance.
« C’est le moyen de lever des
fonds de manière innovante et
PALMARÈS
Carenews a comparé
la dotation des fondations
aux bénéfices des entreprises
qui les portent.
L’exposition Richard Meier, actuellement à la galerie S2 à New York.
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de Commerce et des Sociétés du Luxembourg n° B 145.536
CARITATIF
Avec le site Chainger.io,
l’Unicef espère booster
les dons pour la Syrie.
indolore pour ceux qui y participent », estime Bao Tu-Ngoc,
« head of digital & integrated
production » chez BETC. Après
avoir étudié les applications
possibles liées à la cryptomonnaie et aux blockchains,
l’agence de publicité avait proposé à l’Unicef de les mettre à
son service. Outre les joueurs,
les adeptes des cryptomonnaies y ont vu un moyen de
valoriser leur image.
D’autres donateurs
« Nous avons tendance à solliciter toujours les mêmes personnes. Il faut trouver de nouveaux
modes de collecte et susciter
autrement l’engagement pour
atteindre d’autres tranches de la
population », se félicite Hubert
Chaminade, responsable de la
collecte en ligne chez Unicef.
L’organisme n’hésite pas à
mener des tests pour diversifier ses sources de financement, comme des courses à
pied connectées et sponsorisées par l’entourage des sportifs ou des défis, les « usefool
challenges », lancés aux amis
et réalisés quand la cagnotte au
profit de l’Unicef est atteinte.
Le don s’adapte désormais aux
nouvelles technologies. n
Fondation Carrefour :
la plus généreuse
Photo Sotheby’s
BNP PARIBAS A FUND
L’Unicef ose les dons
en cryptomonnaie
Unicef
l La maison américaine coiffe Christie’s sur le continent le plus prometteur, l’Asie.
l Mais est distancée par sa rivale par les montants obtenus aux enchères en 2017.
à des ventes privées. Le reste
s’échange de gré à gré, la discrétion
étant souvent requise par le vendeur comme par l’acheteur.
Rentabilité comparable
aux ventes aux enchères
L’activité offre plus de flexibilité
que la vente aux enchères, les commissions vendeur ou acheteur relevant souvent du sur-mesure. Tout
marketing est généralement proscrit. Seul le transport de l’œuvre
pour la montrer à un acheteur
potentiel peut générer des coûts.
« Au final, la rentabilité est globalement la même que pour les ventes
aux enchères, et le niveau des commissions comparable, expliquait
cette semaine Isabelle Paagman,
responsable des ventes privées en
art contemporain pour l’Europe
chez Sotheby’s, en marge d’un événement organisé par la Chambre
française de commerce à Londres. Les ventes privées répondent
surtout au besoin des acheteurs
comme des vendeurs de mener des
transactions toute l’année ». La plupart des acheteurs en ventes publiques achètent aussi à l’occasion de
ventes privées.
Les montants atteints n’ont parfois rien à envier à ceux adjugés au
marteau en salle des ventes. En
2016, un Rembrandt, « Portrait de
Catrina Hooghsaet », était cédé
pour environ 35 millions de livres.
La qualité non plus. En juin dernier,
le musée J.Paul Getty de Los Angeles a acquis une œuvre de Parmigianino (XVIe siècle), « Vierge à l’enfant,
St Jean Baptiste et Marie-Madeleine », restée dans des mains privées depuis plus de 400 ans, dont
250 au Royaume-Uni.
Les ventes privées se développent partout dans le monde et
notamment en France, où les acheteurs ont dépensé quatre fois plus
en 2017 qu’en 2016 et acheté deux
fois plus de lots. Même croissance
pour les lots provenant de collections françaises et vendus de gré à
gré : leur valeur a plus que triplé et
leur nombre a doublé l’an dernier. n
Martine Robert
@martiRD
Le site Carenews s’est livré à
une étude portant sur 120 fondations et en a sorti plusieurs
classements. Le premier est
établi en fonction de la dotation annuelle de ces structures. En tenant compte de
l’engagement pris par le président de Total, de doubler le
montant de la dotation attribuée à sa fondation, celle-ci
caracole en tête avec 25 millions d’euros, devant Michelin
(15 millions), EDF et BNP Paribas (10), L’Oréal (8,6), Hermès
(8), Orange (7,9), Carrefour
(7,7), Sanofi et SNCF (5).
Si l’on rapporte la dotation
a u c h i f f r e d ’a f f a i r e s d e
l’entreprise, le classement
change : Hermès prend
l’avantage (0,15 % du chiffre
d’affaires), devant Michelin
(0,07 %), Carrefour (0,04 %),
L’Oréal (0,03 %), BNP Paribas, Total, Orange, SNCF,
Sanofi (toutes à 0,02 %) et
EDF (0,01 %).
Enfin lorsque l’on compare
la part des bénéfices affectée
au mécénat, Carrefour apparaît la plus généreuse, affectant
1,03 % de son bénéfice à sa fondation, devant Michelin et la
SNCF (0,88 % chacune), Hermès (0,73 %), Total (0,48 %),
EDF (0,36 %), L’Oréal (0,28 %),
Orange (0,27 %), BNP Paribas
(0,13 %), Sanofi (0,07 %).
Transparence relative
Selon Carenews, la transparence est néanmoins relative,
le budget d’engagement sociétal global (fondations, mécénat
direct, autres) étant parfois mis
en avant plutôt que le montant
réel de la dotation annuelle.
Par ailleurs le classement traduit mal l’implication des banques, aux structures régionalisées (Crédit Agricole, Caisse
d’Epargne, les Banques Populaires…) ou éclatées par causes
et pays (Société Générale).
Ainsi le mécénat de la BNP
Paribas est plus proche de
40 millions (10 pour la fondation, 30 en régie directe ou
dans des fondations à l’étranger). La Fédération nationales
des Caisses d’Epargne est à
21 millions, la Société Générale
à 20 (mécénat solidarité, mécénat musical et culturel), le
Groupe Crédit Agricole à 18,5
et le réseau des Banques Populaires à 16,3. n
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22 //
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Tarak ben Ammar
mis en examen
Riccobono-Imprimeurs
Fethi Belaid/AFP
en
pixels
Tarak ben Ammar (photo),
producteur franco-tunisien,
administrateur de Vivendi et de
Telecom Italia, est poursuivi au
pénal pour « banqueroute » suite
à la faillite de la société Quinta
Industries (post-production de
films), selon BFM Business. Il a
aussi été condamné par la cour
d’appel de Versailles à une interdiction de gérer de trois ans.
Riccobono :
le centre de Vitrolles
racheté
Pierre-Yves Barroso vient
de signer avec Riccobono Presse
Investissement la reprise
du centre d’impression situé
à Vitrolles, Méditerranée Offset
Presse (MOP). Il avait été
nommé président de MOP en
novembre. Cette cession sera
effective après l’autorisation du
tribunal de Salon-de-Provence.
78 %
DES 18-24 ANS
AUX ÉTATS-UNIS
UTILISENT SNAPCHAT
Le réseau social (187 millions
d’utilisateurs dans le monde)
est désormais presque aussi
populaire que Facebook
(80 %) auprès des jeunes
américains, selon une étude
du Pew Research Center.
L’audiovisuel public de plus en plus
contesté en Europe
l Le vote en Suisse de la suppression ou non de la redevance sera riche d’enseignements.
l La grogne monte un peu partout en Europe à l’égard de la télévision publique.
TÉLÉVISION
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
avec Thibault Madelin
@ThibautMadelin
— Correspondant à Berlin
et Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Dimanche, c’est peut-être l’un des
piliers des médias suisses qui va être
condamné à mort… mais c’est aussi
un coup dur porté à tout l’audiovisuel public européen. Les Suisses
vont, en effet, voter la suppression ou non de la redevance. Un
« oui » à cette initiative, intitulée
« No Billag » – du nom de la société
chargée de recueillir la redevance –
signifierait de fait la fin de la Société
Suisse de Radiodiffusion et de Télévision. « Il n’y a pas de plan B »,
a répété Gilles Marchand, son
directeur général. « Alors, nous
[aurons] une année pour terminer
l’activité et licencier nos collaborateurs, soit 6.000 personnes », a-t-il
redit à la radio belge [sans compter
les emplois indirects, NDLR].
La grande majorité des organismes publics européens
baisse leurs effectifs. Pourtant, l’intérêt du service public
est souvent reconnu. Photo Shutterstock
Montée en puissance
des partis populistes
Si de récents sondages montrent un
certain attachement au service
public (65 % pour le « non » au « No
Billag »), ce référendum témoigne
de la grogne à l’égard des médias
publics. « On assiste à une montée en
puissance des partis populistes et
d’extrême droite, qui ont souvent un
discours radical à l’égard des médias
publics », observe Florence Hartmann, analyste senior à l’Union
européenne de radio-télévision
(UER), alliance de médias de service
public. Par exemple, outre-Rhin,
sous la pression de l’Alternative
pour l’Allemagne, qui demande sa
suppression, la redevance fait l’objet
d’un vif débat. Le parti populiste
reproche notamment aux chaînes
de télévision publiques, qu’il appelle
« chaînes d’Etat », d’avoir une approche moralisatrice sur l’actualité.
Les dirigeants des chaînes privées taxent régulièrement la télévision
publique d’« enfant
gâté » du système.
Un peu partout en Europe, il y a
des débats sur le coût de la télévision,
sur l’utilisation des deniers publics
et ce qu’elle apporte réellement. Y
compris au plus haut niveau. On se
souvient ainsi des mots très durs
d’Emmanuel Macron à l’égard de
France Télévisions, il y a quelques
semaines, devant des parlementaires… Les dirigeants des chaînes privées taxent régulièrement la télévision publique « d’enfant gâté » du
système. Et les Français – comme
d’autres Européens – ne paient pas
leur redevance en chantant. Un
sondage de Médiamétrie, en 2013,
montrait ainsi que 7 Français sur 10
la trouvaient trop chère. « On sent
notamment une incompréhension
chez les jeunes, qui ont tendance à
penser les contenus audiovisuels
comme gratuits, avec l’essor du
mobile, des tablettes, etc. », ajoute un
bon connaisseur du secteur.
Les sujets sur les avantages ou
les salaires – par exemple, en Italie,
il y a eu toute une polémique sur
les rémunérations mirobolantes de
certains dirigeants et présentateurs – ont alimenté les critiques.
Et, plus ou moins partout, les
médias publics ont subi des coupes
budgétaires. Récemment, France
Télévisions a dû trouver 50 millions
d’euros d’économies. La BBC, dont
les coûts opérationnels atteignent
4,9 milliards de livres, s’est engagée
à faire 800 millions d’économies par
an sur la période 2021-2022.
Baisse des budgets
et des effectifs
Selon l’UER, le financement total de
l’audiovisuel public a baissé
entre 2012 et 2016, lorsqu’on tient
compte de l’inflation (à 32,6 milliards d’euros pour les 28 membres
de l’Union européenne, dont
25,6 milliards de fonds publics).
C’est au Portugal que la baisse a été
la plus importante, en termes relatifs (–17 %). Parallèlement, la grande
majorité (59 %) des organismes
publics a abaissé leurs effectifs sur
la période 2012-2016, avec un recul
de 5,8 %. Pourtant, et c’est le paradoxe, l’intérêt du service public est
souvent reconnu. 59 % des Français
se disent satisfaits des programmes
du public, selon un récent sondage
Ifop pour le « JDD ». De même, la
BBC est jugée comme la source la
plus fiable dans l’information, selon
une autre étude. « La montée en
puissance des “fake news” a redonné
de la légitimité aux médias publics »,
conclut Florence Hartmann. n
Petit tour d’horizon des atouts des médias publics
Les médias publics sont
attaqués dans le monde,
mais réussissent
à conserver des pans
de légitimité importants
aux yeux du public.
Il y aura toujours une partie de la
population réticente aux médias
publics, soit parce que certains
citoyens trouvent que ce secteur est
le terrain du privé, soit parce qu’ils
pensent que cela coûte trop cher et
sont mécontents de payer la redevance. Toutefois, partout dans le
monde, certaines télévisions ou
radios publiques ont réussi à garder
une grande légitimité, en tout cas
dans certains contenus – qu’elle soit
mesurée en termes de popularité ou
d’exigence. Petit tour d’horizon avec
les correspondants des « Echos ».
LA BBC, UN MODÈLE
•DANS
L’INFORMATION
ET LES SÉRIES
Ce n’est pas pour rien qu’elle est souvent citée en exemple. Les plus libéraux des Britanniques estiment
qu’elle empiète trop sur les terres de
ses concurrentes privées, mais la
BBC reste une référence solide en
matière d’information, tant en
termes d’audience que d’indépendance et de qualité. Avec des séries
comme « Sherlock » et aujourd’hui
« McMafia », la « Beeb » a aussi
toute sa légitimité dans les séries
télévisées. En la matière, elle est un
grand atout pour faire rayonner le
made in the UK dans le monde. La
BBC est également le leader mondial
dans les reportages animaliers haut
de gamme. Enfin, avec des émissions comme « The Great British
son de production Lux Vide (liée à la
RAI), elle a été tournée en anglais
avec Dustin Hoffman et Richard
Madden, un des acteurs de « Game
of Thrones ».
SAGA ET DOCUMENTAIRES
•ANIMALIERS
AU JAPON
« McMafia » fait partie des séries phares de la BBC.
Photo BBC/BBC Worldwide/AMC/Cuba Pictures
Bake Off » ou « Top Gear », la BBC a
aussi prouvé qu’elle savait faire des
émissions de flux très fédératrices.
•
« TATORT », UN RITUEL
DES FOYERS ALLEMANDS
Malgré le débat sur la redevance,
l’audiovisuel public allemand reste
très populaire (46 % d’audience
moyenne en 2017). Si le journal télévisé « Tagesschau » figure en tête, la
série policière « Tatort » (« Le lieu
du crime ») est un rituel incontournable pour les foyers allemands.
Diffusée tous les dimanches soir
depuis 1970, elle est suivie en
moyenne par près de 9 millions
de téléspectateurs, même si son
audience s’érode. Le synopsis : un
meurtre, une enquête, élucidée en
1 h 30 chrono. Se déroulant chaque
semaine dans une ville différente, la
série est produite selon un système
de rotation par les différentes antennes régionales de l’ARD (ainsi que
l’ÖRF autrichienne et la SRF suisse).
Le Japon possède un média public
fort, la NHK, dont le budget atteint
5,4 milliards d’euros. Lui aussi est
particulièrement apprécié pour une
série de fiction. Il s’agit d’une saga
historique fleuve, « Taiga drama »
(« taiga » voulant dire fleuve), diffusée le dimanche soir à 20 heures.
Chaque année se déroule une histoire différente, essentiellement
basée sur des drames épiques
datant du XVe ou XVIe siècle ou la fin
du shogunat. L’idée est aussi de mettre en scène une province particulière à chaque fois, pour encourager
le tourisme. Les documentaires animaliers ont également la réputation
d’être bons, notamment par l’utilisation de technologies modernes
comme la 4K.
ET PBS, RÉFÉRENCES
•ENNPR
LA RAI ITALIENNE SE
MATIÈRE D’INFORMATION
•MODERNISE
DANS LES SÉRIES AUX ÉTATS-UNIS
La RAI réalise ses plus grands résultats d’audience avec les séries. « Le
Commissaire Montalbano », sa
série phare et familiale, a ainsi rassemblé la semaine dernière plus de
45 % des téléspectateurs. Mais le
média public italien vise de plus en
plus les publics jeunes et le marché
international depuis la série
« Rome », une coproduction de
2005 avec HBO et la BBC. « Les
Médicis : Maîtres de Florence » sont
la dernière-née. Réalisée par la mai-
Les médias non commerciaux américains – National Public Radio
(NPR) et Public Broadcasting Service (PBS) – sont structurés et financés différemment des médias
publics cités précédemment. Ils
comptent notamment sur les dons
des particuliers. En tout cas, ils sont
des références appréciées en
matière d’informations et de documentaires haut de gamme.
— T. M. (à Berlin), Y. R. (à Tokyo),
O. T. (à Rome) et N. M.
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HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
Pour Martin Sorrell, la France n’est plus
le « point noir » de WPP
WPP va
simplifier sa
structure après
une année 2017
difficile
PUBLICITÉ
Le patron de WPP
annonce aux « Echos »
une croissance entre
3 % et 4 % de son
revenu dans l’Hexagone en 2018.
L’année 2017 avait été
marquée par un ralentissement de l’activité
pour le leader mondial
de la communication.
Véronique Richebois
@VRichebois
« Le marché français est notre point
noir », s’est longtemps agacé chaque
année en juin, lors des Cannes Lions,
Martin Sorrell, patron de WPP, leader mondial de la communication.
Un point noir ? Trop de lourdeur
administrative et un tandem Publicis/Havas laissant peu de marge de
manœuvre aux agences anglosaxonnes. De quoi s’irriter, la France
constituant le sixième marché mondial de WPP avec un chiffre d’affaires de 700 millions de dollars et
4.500 collaborateurs.
Aujourd’hui, le discours de
Martin Sorrell a cependant sensiblement évolué. WPP vient
d’annoncer des résultats 2017 décevants avec un chiffre d’affaires
en progression de 1,6 % à taux de
change constant, provoquant une
plongée de l’action de plus de 10 %.
« Nous nous
concentrons sur
la simplification
des structures,
la mise en place
de capacités
intergroupes
plus fortes. »
MARTIN SORRELL
Patron de WPP
Le patron de WPP, Martin Sorrell, prône l’« horizontalité de l’expertise » du groupe. Photo Ben Stansall/AFP
Mais « le marché publicitaire français s’améliore sous l’influence de
nouvelles perspectives de croissance
insufflées par la dynamique créée
par le président Macron », indique
le patron du leader mondial de
la communication aux « Echos ».
« Nos propres anticipations de croissance s’en ressentent avec, en 2018,
une perspective de croissance du
revenu de WPP en France comprise
entre 3 % à 4 %, accompagnée d’une
amélioration de notre marge et de
notre profitabilité. Notre business
réalisé avec les multinationales
françaises a significativement grossi
ces dix-huit derniers mois et les
chiffres Recma [un institut qui fait
office de référence dans le secteur,
NDLR]devraient probablement
bientôt traduire cette tendance. »
De fait, en juillet 2017, le gain, par
GroupM (Kantar/Maxus, MediaCom, Mindshare…), filiale de WPP
spécialisée dans l’achat média, du
budget mondial de PSA (875 millions d’euros brut) lui a rapporté
une manne substantielle. Manne
largement embellie quelques
semaines plus tard, par le gain du
budget médias global de Sanofi,
estimé à 1,5 milliard de dollars brut
en 2015 (soit 1,23 milliard d’euros).
Réduire les dépenses
Nécessité, alors, de se serrer les
coudes entre groupes publicitaires face à la concurrence de moins
en moins déguisée des cabinets
de conseil et celle de Google et
Facebook ? Pour une fois, Martin
Sorrell fait l’impasse sur ses habituels coups de griffe – souvent
savoureux – à l’encontre de ses
concurrents, Publicis et Havas en
tête… et préfère établir ses propres
comptes : « Si nous regardons le dernier classement Recma, GroupM
arrive, avec 24 % de part de marché,
en deuxième position derrière Havas
Media, à 27 %, et Publicis Media, à
22 %. De même, nos agences ont
effectué ce que je qualifierais de travail raisonnablement bon dans un
Spotify : une IPO à environ
20 milliards de dollars
MUSIQUE
Le site de streaming
suédois croît à un
rythme de 1 milliard
d’euros par an.
Il doit continuer
à développer son
segment payant pour
devenir plus rentable.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Spotify a prévenu les investisseurs
que son introduction en Bourse
pourrait être un peu plus chahutée
que les IPO classiques. La société
suédoise, leader mondial du streaming payant de musique, a, en effet,
confirmé mercredi avec un document déposé auprès de la Securities
and Exchange Commission (SEC)
que sa mise en Bourse sur le New
York Stock Exchange se ferait par
cotation directe.
Ses trois banques-conseils (Goldman Sachs, Morgan Stanley et Allen
& Co) ne vont pas bâtir un registre
d’ordres d’achat par des investisseurs pour donner un prix d’équilibre guidé, comme cela se fait traditionnellement. L’expérience est
d’autant plus intéressante qu’en se
basant sur les dernières transactions privées datant de février entre
actionnaires de Spotify, celui-là est
valorisé autour de 20 milliards de
dollars (il a même touché les
22,6 milliards, selon le « Wall Street
Journal »). Les échanges pourraient
démarrer dès le 26 mars.
L e d o c u m e n t d e r é f é re n c e
confirme en tout cas avec de nombreuses données le potentiel « prometteur », selon Chris Hayes, analyste chez Enders, de la société
cofondée par Daniel Ek. Le chiffre d’affaires croît à un rythme de
1 milliard d’euros par an, de 2 milliards en 2015 environ à 4,1 milliards
en 2017. Il ajoute une vingtaine de
millions d’abonnés payants chaque
année, à 71 millions fin décembre
dernier (159 millions d’utilisateurs
mensuels en comptant le segment
gratuit financé par la publicité).
71 millions d’abonnés
payants
Les pertes nettes de Spotify sont passées de 539 millions à 1,2 milliard
entre 2016 et 2017, mais le groupe
réussit en fait à s’autofinancer (avec
un free cash-flow dans le vert),
l’enregistrement comptable des
abonnements étant décalé. Du
coup, Spotify n’est pas sous pression
pour lever des fonds.
Tout le pari de l’investissement
dans Spotify est dans sa capacité à
faire croître son segment payant,
estime Chris Hayes. Il calcule que,
dans les conditions actuelles des
contrats avec les labels et les éditeurs gérant les droits d’auteur, il
faut que le segment payant dépasse
les 60 % du total (contre 44 %
aujourd’hui). A partir de ce seuil, les
La société suédoise
a confirmé mercredi
que sa mise en Bourse
sur le New York Stock
Exchange se ferait
par cotation directe.
Les échanges
pourraient démarrer
dès le 26 mars.
minimums garantis versés aux
ayants droit seront dépassés et cesseront donc de comprimer les marges. Dans son document de référence, Spotify reconnaît par ailleurs
« des faiblesses importantes de son
contrôle interne en matière de reporting financier ». Nul doute que les
investisseurs chercheront à éclaircir ce point. n
contexte économique médiocre, en
particulier Ogilvy et Young & Rubicam. De son côté, Kantar France,
notre filiale dédiée au conseil et aux
études de marché, et notre activité
digitale incluant Wunderman, Geometry et AFQA ont bien progressé. »
Avec l’intention affichée récemment par l’un de ses annonceurs
clef, Unilever, de réduire ses dépenses (notamment publicitaires) de
2,5 milliards de dollars d’ici à 2019,
qu’avaient précédé des décisions
parallèles de Nestlé et Procter &
Gamble, le « business model » de
WPP est sévèrement chahuté. A
ce défi, Martin Sorrell apporte la
réponse dont il use régulièrement.
« Nos annonceurs sont avant tout à la
recherche de croissance. Et la croissance, c’est exactement ce que sont en
mesure de leur apporter nos agences
et leurs services. Notre offre doit être
plus réactive, efficace, agile et flexible
et passer par l’horizontalité de notre
expertise à travers toutes nos disciplines. » D’ores et déjà, Ogilvy a imposé
cette horizontalité dans son organisation interne. De même que le pôle
WPP France, où Pierre Conte, le premier « country manager France »
du géant britannique, parti rejoindre la direction générale d’Editis,
avait commencé à mettre en place,
dès 2013, des équipes intégrant des
talents issus de filiales différentes.
A M a t h i e u M o rg e n s z t e r n ,
patron du pôle à compter de lundi
prochain, de poursuivre la tâche :
« WPP n’a pas vocation à devenir
une marque autonome en France,
même s’il s’agira toujours de la marque dominante, reprend Martin
Sorrell. Nous nous concentrons sur
la simplification des structures,
la mise en place de capacités intergroupes plus fortes. Compte tenu du
background de Mathieu Morgensztern chez Havas, Publicis et Accenture, il porte un intérêt particulier à
la transformation numérique et au
conseil, et il est évident que ce sont
des domaines sur lesquels nous
allons continuer de bâtir. » n
En publiant un chiffre
d’affaires en progression
de 6,1 % (et de 1,6 % à taux
de change constant) à
15,265 milliards de livres
(17,3 milliards d’euros)
– ainsi que des recettes
ayant peu augmenté –,
lors de la présentation,
jeudi, de ses résultats 2017,
WPP, le leader mondial
de la communication
(Ogilvy, JWT, Grey,
Y&R, Kantar, GroupM…),
a signé sa plus mauvaise
performance annuelle
depuis la crise financière.
Le géant britannique paie
les réductions drastiques
des dépenses publicitaires
d’annonceurs clefs comme
P&G, Unilever et Nestlé
et la concurrence accrue
des acteurs du conseil et
des Gafa, qui absorbent
une part croissante
de la publicité digitale.
Pour 2018, le groupe
se montre en outre
prudent et table sur
la stabilité de son chiffre
d’affaires à périmètre et
taux de change constants.
Tout en annonçant sa
volonté de simplifier ses
structures en regroupant
notamment ses platesformes numériques.
La sanction de la Bourse
de Londres a été cinglante
avec une chute du titre
de plus de 13 % qui s’est
progressivement réduite
à un recul de 8,18 %
à 1.280 pence. Mais cette
dégringolade a entraîné
dans la foulée une baisse
de l’action Publicis,
qui a clôturé en baisse
de 3,35 % à 59,96 euros.
AVIS FINANCIERS
La société Aéroports de Paris informe ses actionnaires qu’une Assemblée Générale Mixte
(ordinaire et extraordinaire) se tiendra le vendredi 4 mai 2018 à 15 h,
à la Maison de la Chimie, 28 bis rue Saint Dominique 75007 Paris.
Un avis de réunion sera publié ce jour au Bulletin
des Annonces Légales et Obligatoires. Il contient
l’ordre du jour, les projets de résolutions et les
principales modalités de participation, de vote
et d’exercice des droits des actionnaires. Cet avis
de réunion sera disponible à l’adresse suivante
http://www.groupeadp.fr,
un formulaire de procuration, sans indication de
mandataire, auquel cas le Président de l’assemblée
émettra un vote favorable aux projets de résolution
présentés ou agréés par le Conseil d’administration,
et un vote défavorable à l’adoption de tous les autres
projets de résolution ; ou
Les actionnaires pourront se procurer, à compter du
11 avril 2018, les documents relatifs à cette assemblée
générale, en particulier ceux visés à l’article R. 22583 du code de commerce, auprès de M. Guillaume
MACZKOWIAK– Service communication actionnaires –
La société Aéroports de Paris, 1 rue de France à
Tremblay-en-France (93290) et/ou ceux mentionnés
à l’article R. 225-73-1 du code de commerce à l’adresse
internet visée ci-dessus.
Seuls seront admis à participer à l’assemblée, à voter
par correspondance, à voter en ligne ou à s’y faire
représenter, les actionnaires qui auront justifié de
cette qualité par l’inscription en compte des titres à
leur nom ou au nom de l’intermédiaire inscrit pour
leur compte, au deuxième jour ouvré précédant
l’assemblée à zéro heure, heure de Paris (soit le 2
mai 2018, zéro heure, heure de Paris), soit dans les
comptes de titres nominatifs tenus pour la société
par son mandataire, soit dans les comptes de titres au
porteur tenus par l’intermédiaire habilité.
Modalités de participation : tout actionnaire, quel que
soit le nombre d’actions qu’il possède, a le droit de
participer à l’assemblée.
A défaut d’y participer personnellement, les
actionnaires peuvent choisir entre les formules
suivantes :
1) se faire représenter à l’assemblée générale par
un autre actionnaire, par leur conjoint ou par leur
partenaire avec lequel il a été conclu un pacte civil de
solidarité ;
2) se faire représenter par toute autre personne
physique ou morale de son choix ;
3) adresser
à BNP
Paribas
Securities
Services
4) voter par correspondance ou par voie électronique.
L’inscription des titres dans les comptes de titres au
porteur tenus par les intermédiaires financiers doit
être constatée par une attestation de participation
délivrée par ces derniers, annexée au formulaire de
vote à distance ou de procuration ou à la demande de
carte d’admission établis au nom de l’actionnaire ou
pour son compte.
Une attestation est également délivrée à l’actionnaire
souhaitant participer physiquement à l’assemblée et
qui n’a pas reçu sa carte d’admission le deuxième jour
ouvré précédant l’assemblée à zéro heure, heure de
Paris.
AÉROPORTS DE PARIS
société anonyme au capital de 296 881 806 euros dont le siège social est au 1 rue de France, 93290 Tremblay-en-France.
SIREN 552 016 628 RCS Bobigny.
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24 // HIGH-TECH & MEDIAS
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
Technicolor
a trouvé preneur
pour ses brevets
AVIS FINANCIERS
VIDÉO
SES, société anonyme,
convoque par le présent avis à son
Société Anonyme
RCS Luxembourg B 81267
Assemblée Générale Ordinaire
qui se tiendra
le jeudi 5 avril 2018 à 10 heures 30
au siège social de SES, société anonyme, (la « Société ») Château de Betzdorf, 6815 Betzdorf, Luxembourg.
ORDRE DU JOUR
1. Liste de présences, quorum et adoption de l’ordre du jour
2. Désignation d’un secrétaire et de deux scrutateurs
3. Présentation par le Président du Conseil d’administration du rapport de gestion du Conseil pour l’année 2017
4. Présentation des principaux développements de la Société pendant l’année 2017 et perspectives
5. Présentation des résultats financiers pour l’exercice 2017
6. Présentation du rapport du réviseur d’entreprises
7. Approbation du bilan au 31 décembre 2017 et du compte de profits et pertes pour l’exercice 2017
8. Décision sur l’affectation du résultat net de l’exercice 2017 et transferts entre comptes de réserves
9. Décharge à donner aux administrateurs
10. Election statutaire du réviseur d’entreprises pour l’année 2018 et fixation de sa rémunération
11. Résolution permettant à la société l’acquisition de ses propres FDRs et/ou actions de la catégorie A ou B
12. Fixation du nombre d’administrateurs
13. Nomination de cinq administrateurs pour une durée de trois ans
14. Fixation de la rémunération des membres du Conseil d’administration
15. Divers
Assister à l‘assemblée
Les droits d’un actionnaire de participer à l’assemblée générale ordinaire et d’exercer le vote attaché à ses actions sont déterminés
en fonction des actions détenues par cet actionnaire le quatorzième jour qui précède l’assemblée générale ordinaire, à savoir le
22 mars 2018 à minuit (la date d’enregistrement). Si un détenteur de Fiduciary Depositary Receipts (FDRs) souhaite assister à
l’assemblée en personne, il devra se faire inscrire comme actionnaire dans le registre des actionnaires de la Société avant la date
d’enregistrement. Une personne qui n’est pas actionnaire à la date d’enregistrement ne peut pas assister à l’assemblée générale
ordinaire.
Le spécialiste de
l’image et du son
cède à InterDigital
son activité
de monétisation
de ses brevets.
Les deux sociétés
collaboreront
dans la recherche.
Florian Dèbes
@FL_Debes
Les « négociations avancées »
avec un tiers mystérieux ont bel
et bien abouti : Technicolor a
vendu son activité de concession de licences de brevets à
l ’a m é r i c a i n I n t e r D i g i t a l .
L’accord s’est noué ces derniers
jours. D’après un communiqué
du groupe français, son nouveau partenaire « s’est irrémédiablement engagé » à acquérir
la quasi-totalité de son portefeuille de brevets. L’ensemble
est valorisé 475 millions de dollars par Technicolor, mais
InterDigital ne déboursera que
150 millions de dollars dans
l’immédiat et s’engage à un
partage de revenus pour les
années à venir.
Les deux sociétés déclarent
également devenir partenaires
en matière de recherche et développement (R & D) via la création d’une équipe d’innovation
commune. Technicolor poursuivra en parallèle ses propres
travaux de R & D. « L’annonce
Digital, qui appartiennent respectivement aux cinéastes
George Lucas et Peter Jackson),
de la fabrication de DVD et de la
fabrication de décodeurs pour
maison connectée. En 2017, ces
trois spécialités sur lesquelles
Technicolor se positionne dans
le top mondial ont rapporté
4,23 milliards d’euros de chiffre
d’affaires, en baisse de 6,8 % par
rapport à 2016, à taux de change
constant. Les marges ont aussi
plongé en raison de la hausse du
prix des composants-mémoire,
qui avait déjà expliqué trois révisions des objectifs de rentabilité
au cours de l’année. « Pour des
raisons d’optimisation de nos ressources, nous ne souhaitons pas
poursuivre l’activité licence de
brevets, devenue très imprévisible et qui nécessite beaucoup de
temps et d’argent dans un contexte de guerre des brevets entre
les géants de l’électronique »,
explique Frédéric Rose. Il devenait aussi difficile pour Technicolor de réclamer son dû suite à
l’utilisation abusive de ses brevets par des entreprises clientes
de ses autres métiers.
Technicolor entend
réduire sa dette
Inventeur de technologies et
disposant d’un modèle de vente
reposant sur les brevets, InterDigital n’aura pas ce problème
de conflit d’intérêts. Coté au
Nasdaq, l’acquéreur compte
profiter des licences d’exploitation des technologies vidéo de
Technicolor pour enrichir son
offre de licence en connectivité
mobile (3G/4G/5G). « Nous tra-
Conversion en actions de la catégorie A
Le détenteur de FDRs qui souhaite convertir ses FDRs en actions A doit faire cette demande conformément aux clauses 12 et
16 des Terms and Conditions du Amended and Restated Fiduciary Deposit Agreement du 26 septembre 2001. Ce document est
disponible auprès de la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat, Luxembourg. Aucune commission de conversion ne sera exigée
des personnes physiques qui ne sont pas déjà actionnaires de la catégorie A et qui procèdent à la conversion d’un maximum de
10.000 FDRs en actions A, leur permettant de participer en personne à l’assemblée générale ordinaire du 5 avril 2018.
Pour assister en personne à l’assemblée, la conversion de FDRs en actions de la catégorie A devra être effectuée le 22 mars 2018
à 16 heures 30 au plus tard. Pour plus d’information à ce sujet, merci de bien vouloir contacter la Banque et Caisse d’Epargne de
l’Etat, Luxembourg à l’adresse suivante : corporateactions.sec@bcee.lu
Instructions de vote
Le détenteur de FDRs est en droit, sous réserve des dispositions applicables (la loi luxembourgeoise, statuts de la Société, seuils
de participation et contrat de concession) d’instruire le Fiduciaire en tant que mandataire en vue d’exercer son droit de vote au
moyen d’un certificat de vote disponible sur demande à la banque auprès de laquelle les FDRs sont détenus.
Pour que les instructions de vote soient valables, le certificat de vote devra être complété et dûment signé par le détenteur de
FDRs ou le cas échéant par le bénéficiaire économique. Pour plus d’informations à ce sujet, merci de bien vouloir contacter la
Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat, Luxembourg à l’adresse suivante : corporateactions.sec@bcee.lu
A la réception du certificat de vote comportant les déclarations et documents requis par le Fiduciaire ou la Société, avant ou à la
date déterminée par le Fiduciaire (à savoir le 28 mars 2018 à 17 heures), celui-ci devra transmettre à la Société ledit certificat de
vote accompagné des déclarations et documents requis pour vérifier si les détenteurs de FDRs ou les bénéficiaires économiques
peuvent acquérir la qualité d’actionnaires de la catégorie A de la Société si à la place des FDRs ils détenaient un nombre
correspondant d’actions A.
Si dans un délai de huit jours ouvrables au Luxembourg à partir de la réception du certificat de vote avec les déclarations et
documents requis, la Société n’a pas notifié au Fiduciaire son rejet de la demande du détenteur de FDRs, elle est présumée l’avoir
acceptée.
Après réception de l’accord écrit de la Société quant aux instructions de vote, le Fiduciaire votera ou fera en sorte qu’il soit voté
conformément à ces instructions. Le Fiduciaire pourra désigner et nommer des représentants dûment autorisés afin que ceux-ci
assistent à l’assemblée et votent au nom et pour compte des détenteurs de FDRs.
Les instructions de vote sont considérées comme étant irrévocables et définitives 48 heures avant l’heure d’ouverture de
l’assemblée, à savoir le 3 avril 2018 à 10 heures 30 au plus tard.
Dans le cas où le Fiduciaire n’aurait pas reçu des instructions de vote des détenteurs de FDRs, le Fiduciaire sera supposé avoir
été instruit de voter conformément aux propositions de vote du Conseil d’administration définies lors de sa réunion y afférente.
Aucune résolution ne sera soumise au vote sous le point 15. Divers.
Modifications de l’ordre du jour
Un ou plusieurs actionnaires disposant ensemble d’au moins 5% du capital social de SES, ont le droit d’inscrire des points à l’ordre
du jour de l’assemblée générale ordinaire et de déposer des projets de résolution concernant des points inscrits ou à inscrire à
l’ordre du jour de l’assemblée générale ordinaire. Cette demande devra être formulée par écrit et adressée par voie postale (à SES,
attn. Mme Sarah Gavin, Château de Betzdorf, L-6815 Betzdorf) ou par voie électronique (shareholders@ses.com) et doit parvenir
à la Société au plus tard le vingt-deuxième jour qui précède l’assemblée générale ordinaire (à savoir le 14 mars 2018). Cette
demande doit inclure une justification ou un projet de résolution à adopter lors de l’assemblée générale ordinaire, ainsi qu’une
adresse postale ou électronique à laquelle la Société peut transmettre l’accusé de réception de cette demande endéans 48 heures.
La Société publiera alors un ordre de jour révisé au plus tard le quinzième jour qui précède la date de l’assemblée générale
ordinaire (le 21 mars 2018).
Documents mis à disposition par SES
Les documents mis à disposition par la Société pour les besoins de la présente assemblée (y inclus les propositions du Conseil
d’administration) peuvent être consultés par les détenteurs de FDRs auprès du Fiduciaire - Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat,
Securities Department, 1, rue Zithe, L-2954 Luxembourg, BGL BNP Paribas Luxembourg S.A., 50, avenue J. F. Kennedy, L-2951
Luxembourg et Société Générale, GSSI/GIS/CMO/AGL, 32, rue du Champ de Tir, F-44312 Nantes Cedex 3, pendant les heures
d’ouverture et sont disponibles sur les sites internet suivants www.ses.com et www.bcee.lu
N’hésitez pas à contacter SES pour de plus amples informations à l’adresse suivante : shareholders@ses.com
Frédéric Rose, le PDG de Technicolor, a trouvé preneur
pour le portefeuille de brevets du groupe français.
Photo Jonathan Alcorn/Zuma/RÉA
conclut la transformation de
Technicolor, nous sommes
maintenant une entreprise complètement opérationnelle »,
relève Frédéric Rose, le patron
du groupe coté à Euronext,
interrogé par « Les Echos ».
Aux commandes depuis 2008,
le dirigeant se sépare de l’activité qui avait néanmoins assuré quasiment tous les bénéfices de Technicolor dans la
première partie des années
2010, au sortir d’une situation
de quasi-dépôt de bilan.
Technicolor s’est
recentré sur la
fabrication d’effets
spéciaux, de DVD et
de décodeurs pour
maison connectée.
Entre-temps, les 16.000 salariés de Technicolor se sont
recentrés sur les métiers de la
fabrication d’effets spéciaux (en
concurrence avec ILM et Weta
vaillons déjà avec les fabricants
de smartphones, les standards
vidéo pourront nous ouvrir de
nouveaux marchés comme la
télévision ou les box », dit aux
« Echos » Bill Merritt, le PDG
d’InterDigital. Une soixantaine
de juristes français de Technicolor vont rejoindre InterDigital.
L’entreprise française entend
profiter du produit de sa vente
pour réduire sa dette de
784 millions d’euros. En sus du
paiement initial de 150 millions
de dollars, Technicolor percevra de la part d’InterDigital
environ 42,5 % des flux de trésorerie futurs liés à ses anciens
brevets. Technicolor estime ce
revenu ventilé sur plusieurs
années à 215 millions de dollars.
Par ailleurs, le groupe s’imagine
aussi économiser 108 millions
de dollars puisque l’accord avec
InterDigital lui garantit de pouvoir exploiter les technologies
sorties par le passé de ses propres labos sans rémunérer son
partenaire américain désormais détenteur de leur droit
d’exploitation. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
START
UP
y
y
LE RDV
Pour le troisième épisode de « Tech
Off », le podcast des « Echos » consacré aux entrepreneurs de la Tech française, Bertrand Diard a reçu la rédaction chez lui à
Bruxelles. Cofondateur avec Fabrice Bonan de
Ta l e n d ( i n t r o d u i t a u N a s d a q e n 2 0 1 6 ) e t
d’Influans, il est aussi président de Tech inFrance.
Bertrand nous plonge dans les coulisses de son
aventure entrepreneuriale et livre quelques-uns
de ses secrets de réussite. Le podcast est disponible sur toutes les plates-formes (Soundclound,
iTunes, Deezer, Podcast Addict et Castbox).
LE RDV
115
START-UP
Qui évoluent dans le domaine de
l’intelligence artificielle ont été rachetées par des entreprises américaines
en 2017, selon CB Insights. Ce qui
représente une hausse de 44 % par
rapport à l’année précédente.
Le Salon Laval Virtual se tiendra du 4
au 8 avril prochain. Cette 20e édition
de l’un des carrefours mondiaux
pour les acteurs de la réalité virtuelle et la réalité
augmentée sera notamment l’occasion d’y écouter Mel Slater, professeur à l’université de Barcelone et l’un des premiers chercheurs à s’être penché sur ces technologies. Plus de 300 exposants
en provenance de 45 pays y sont notamment
attendus.
Glassdoor sur la route
d’une introduction en Bourse
Bruno Delessard/Challenges-RÉA
x Tribune //
Bertrand Diard
Président
de Tech in France
RECRUTEMENT
En dix ans, le site de
notation anonyme des
entreprises est devenu
le numéro deux de
la recherche d’emploi
aux Etats-Unis.
Extension
des « décrets
Montebourg » :
stimuler
autant
que protéger !
Rich Barton, son
cofondateur, avait déjà
créé Expedia et Zillow.
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Glassdoor, le site d’évaluation anonyme des entreprises, a pris contact
avec des banques pour s’introduire
en Bourse dans la deuxième moitié
d e l ’a n n é e , s e l o n B l o o m berg. L’entreprise californienne,
dont la valorisation est proche du
milliard de dollars depuis son dernier tour de table en juin 2016, indique ne pas « commenter des informations non fondées ». Mais son
PDG a déjà évoqué à plusieurs reprises sa volonté de mener une IPO. Et
l’ajout d’un directeur financier et
d’un directeur opérationnel le mois
dernier laisse penser qu’il considère
l’option sérieusement.
Créé en 2007 à Mill Valley, au
nord de la baie de San Francisco,
Glassdoor est surtout connu pour
permettre aux employés d’évaluer
anonymement les conditions de travail de leur boîte. Culture d’entreprise, salaires, égalité hommes-femmes, taux d’approbation du PDG…
Ces données permettent à la jeune
pousse d’élaborer un classement
annuel des meilleures entreprises
où travailler, suivi de près par les
chercheurs d’emploi. L’idée est née
Le site compile 38 millions d’évaluations sur plus de 740.000 entreprises dans 190 pays. Photo Tom Harris
dans la tête de Rich Barton, un
serial entrepreneur obsédé par les
asymétries d’information. Après
avoir fondé Expedia pour permettre
aux internautes d’accéder aux prix
et aux horaires des billets d’avion
sans passer par une agence de voyages, il a créé Zillow, une entreprise
qui applique la même transparence
à l’immobilier. En 2007, il imprime
la liste des salaires des employés
avec la machine centrale de l’entreprise au lieu de celle située dans son
bureau. Face à la panique de son
assistante qui court récupérer le
document, il se met à réfléchir sur le
manque de données sur les conditions de travail en entreprise. Il en
discute avec Robert Hohman, un
ancien collègue d’Expedia. Inspiré
par la création de sites proposant
des évaluations anonymes d’hôtels
(TripAdvisor) et de commerces
(Yelp), ce diplômé de Stanford fonde
Glassdoor avec Tim Besse, un autre
« alumni » du géant du voyage de
Seattle. Dix ans plus tard, le site
compile 38 millions d’évaluations sur plus de 740.000 entreprises dans 190 pays. Depuis cet été,
la jeune pousse revendique aussi
le titre de numéro deux de la
r e c h e r c h e d ’e m p l o i a u x
Etats-Unis, derrière Indeed. com.
6.400 employeurs utilisent ses
solutions de recrutement, dont
40 % des sociétés du classement
Fortune 500.
Réparer sa réputation
Une transformation étonnante car
Glassdoor a longtemps été perçu
comme un ennemi par les entreprises. « Glassdoor tient leur image en
otage. Les entreprises ne peuvent rien
faire pour supprimer des commentaires négatifs », explique Kyle
Lagunas, manager en charge des
tendances émergentes dans la
recherche de talents chez IDC.
En 2010, la start-up, cherchant à
mieux se monétiser, propose aux
entreprises de les facturer pour
réparer une réputation écorchée… souvent par son propre site.
Sans pouvoir supprimer les critiques, les sociétés peuvent désormais mettre en avant leur mission,
poster des vidéos ou des photos sur
leur page, ou même se débarrasser
des publicités pour leurs concurrents, pour des prix allant de 6.000 à
plusieurs centaines de milliers de
dollars. Glassdoor propose aussi
des alertes en cas de commentaires négatifs, afin que les entreprises
puissent y répondre rapidement. Glassdoor se met également
à agréger des offres d’emploi et
propose aux entreprises de payer
pour sponsoriser leur annonce, en
leur vendant un taux de rétention
des candidats 30 % plus élevé que les
autres sites. « Les candidats sur Glassdoor ont déjà pesé le pour et le contre
avant de postuler et le font donc de
manière décidée », souligne Robert
Hohman.
Si Glassdoor ne communique pas
son chiffre d’affaires, celui-ci serait
en hausse de 30 % chaque année, et
la start-up aurait atteint l’équilibre,
selon Bloomberg. Elle doit cependant faire face à la concurrence des
autres plates-formes s’inspirant de
ses inventions, comme LinkedIn,
qui a récemment rajouté un outil
d’estimation des salaires. n
Vero, le dernier réseau social à la mode,
déjà boycotté
RÉSEAUX SOCIAUX
C’est l’application
la plus téléchargée
du moment
sur l’App Store.
Mais aussi la plus
détestée, à cause
du passé de l’un
de ses fondateurs.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
C’est la nouvelle application vedette
aux Etats-Unis, mais elle risque
de ne pas l’être très longtemps.
Vero a récemment vu son nombre
d’utilisateurs grimper en flèche.
Cette semaine, elle s’est hissée au
30e rang des applications les plus
téléchargées sur Google Play et
au 22e sur iOS, selon App Annie.
Ces dernières heures, elle était
même première sur l’Apple Store,
devant YouTube, Messenger, Insta-
gram et Snapchat ! Alors qu’elle
revendiquait un million d’utilisateurs avant ce pic, elle en séduirait
actuellement 500.000 nouveaux
par jour.
« Bad buzz »
Lancé en 2015, Vero se décrit
comme un « réseau vraiment
social » (son nom vient de l’italien,
« vrai »). Posture ou révolution ?
L’application mise tout sur le
design, avec un fond noir, la possibilité de partager photos, vidéos,
liens, livres, musique ou localisation rapidement, et de naviguer à
travers les contenus postés par les
autres utilisateurs. « Nous n’étions
pas satisfaits par les options des
réseaux sociaux sur la vie privée et
nous avons remarqué que le comportement des gens était différent sur
Internet, par rapport à la vraie vie.
Nous voulions remédier à cela »,
expliquait, il y a quelques mois,
son cofondateur Ayman Hariri à
CNBC.
Si beaucoup l’assimilent à Instagram, Vero emprunte en fait des
mécanismes à tous les autres
L’application mise tout sur le design, avec un fond noir, la possibilité de partager photos, vidéos, liens, livres, musique ou localisation rapidement, et de naviguer à travers les contenus postés
par les autres utilisateurs. Photo DR
réseaux sociaux : les hashtags
comme sur Twitter, le degré de
connexion à quelqu’un comme sur
LinkedIn, une vaste base de données de films, livres ou lieux comme
sur Facebook… Deux différences
de taille, toutefois : l’a b s e n c e
d’algorithme et de publicité. Les
contenus apparaissent dans un
ordre chronologique, les plus
récents étant positionnés en haut
de l’application. Beaucoup de nouveaux arrivants seraient des déçus
d’Instagram et de son algorithme,
des artistes et des créatifs. Pour le
moment, le service n’est pas moné-
tisé mais, à l’avenir, il pourrait
devenir payant, au moins en partie, pour se financer, et prendre une
commission sur les ventes de
produits de partenaires.
L’avenir est donc encore flou.
Tout comme sa politique de confidentialité. Vero promet de ne conserver qu’un minimum de données personnelles (nom, e-mail
et numéro de téléphone). Mais
certains ont remarqué qu’il était
très difficile de supprimer son
compte… Et l’application est très
mal notée sur les app stores. Ce n’est
pas tout pour le « bad buzz ». Son
patron se retrouve au cœur d’une
polémique. Ayman Hariri, trenteneuf ans, est le fils de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri,
assassiné en 2005. Avant de lancer
Vero, il dirigeait Saudi Oger, une
entreprise saoudienne de BTP
accusée d’avoir fait travailler illégalement des migrants en Arabie
saoudite, puis de les avoir abandonnés sans les payer. Découvrant ce
passé, des utilisateurs ont lancé sur
les réseaux sociaux le hashtag
#DeleteVero (effacez Vero). n
L’intérêt affirmé du gouvernement pour les actifs technologiques français est, en soi, une
bonne nouvelle. Voici un
moment que les observateurs
s’inquiètent de l’incapacité de
notre écosystème à conserver
dans le giron national les
pépites françaises du numérique, qui n’ont d’autre choix
pour continuer de croître et se
porter à l’international que de
s’appuyer sur des investissements étrangers. Pour autant,
on ne peut faire entrer l’intégralité de l’économie numérique dans le régime de l’autorisation préalable. En visant
l’économie de la donnée ou
bien l’intelligence artificielle,
on embrasse en effet 80 % de
l’industrie du logiciel et des
services Internet.
Au flou qui entoure ces
notions s’ajoute en outre celui
d’« intérêt national » qui confère de fait un pouvoir d’appréciation très large au ministre.
Puisque ni les accords ni les
refus d’investissements ne sont
généralement communiqués
publiquement, le dispositif
fonctionne comme une boîte
noire et exerce de fait un effet
dissuasif sur l’investissement.
Mais cette situation pointe
surtout les maillons faibles de
notre écosystème en matière
de financement et que la
régulation n’est qu’une partie
de la vision stratégique. L’intérêt national ou plutôt européen, c’est de disposer de
leaders mondiaux et donc
d’être capable de les faire
émerger pour renforcer le
fonctionnement d’un écosystème efficient.
C’est pourquoi la concertation doit se poursuivre sur le
terrain du financement. Nous
soutenons depuis longtemps la
nécessité de rediriger une
petite partie de l’épargne des
Français, en particulier l’assurance-vie, vers le capital-risque
ou l’investissement productif
et contributif de long terme.
Nous pensons que les fondamentaux de l’économie plaident actuellement pour un
nouveau dispositif, mais que
son attractivité et sa lisibilité
devront être profondes et
suffisantes, car c’est le point
d’achoppement des réformes
précédentes qui a limité leur
efficacité. C’est sans doute
l’occasion pour ce gouvernement de démontrer que le
train des réformes emprunte
aussi cette voie-là. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
en
direct
85 projets pour
le sous-sol parisien
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
ÎLE-DE-FRANCE La deuxième
Grenoble et neuf autres communes de la métropole, soumises à
des pics de pollution récurrents,
ont présenté un dispositif
d’interdiction progressive
des véhicules de marchandises
au diesel d’ici à 2025. En 2019
seront interdits de circulation
les poids lourds et utilitaires aux
vignettes «5», les plus polluants.
Shutterstock
PME
&REGIONS
Grenoble veut
moins de camions
RIVP ou SNCF choisiront
les gagnants à rentrée 2018.
On retrouve par exemple
le distributeur MK2 Cinémas
qui brigue le tunnel de l’Etoile
ou UGC, qui vise la gare
d’Auteuil. Le logisticien Sogaris
investirait la station-service de
Champerret ou le parking Grenier-Saint-Lazare. Winereef
propose un chai dans les réservoirs de Passy. Plusieurs promoteurs immobiliers se disputent
un garage Renault.
édition du programme d’urbanisme « Réinventer Paris » a
sélectionné 85 finalistes sur 217
candidats. Cette édition cherche
à valoriser 31 sites dans le soussol parisien : parkings, tunnels,
stations de métro désaffectées,
etc. La mairie et les autres parties prenantes comme Efidis,
Paris Habitat, RATP, Renault, la
Les nouveaux défis de la sécurité privée
Atao se
renfloue
avec le
conseil aux
entreprises
l Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a confirmé des missions supplémentaires
pour les agents de sécurité privée.
l Mais, épinglé par la Cour des comptes, le secteur doit encore se structurer avant le défi majeur
des JO 2024 de Paris.
SÉCURITÉ
Marion Kindermans
@MaKindermans
L’entreprise de gardiennage
francilienne tire sa rentabilité de l’activité de conseil et
de formation. Elle place
aussi des cadres responsables sécurité dans les
entreprises.
Shutterstock
Des agents privés postés devant les
chambres d’hôpital des détenus, au
sein des brigades fluviales qui surveillent les quais de Seine ou du
Rhône, devant les lycées… Déjà
ultra-présents dans notre vie quotidienne, ces gardiens vont voir leurs
terrains d’intervention se multiplier. La loi sur la sécurité intérieure,
entrée en vigueur en novembre 2017, a permis la création d’une
cinquantaine de périmètres de protection temporaire (événement
sportif, culturel, gare,etc.). « Il y en
aura certainement 200 ou 300 qui
seront ouverts en 2018 », comptabilise Claude Tarlet, président de
l’Union des entreprises de sécurité
privée (UPS).
Durant les 5es Assises de la sécurité privée qui se sont tenues le mois
dernier, Gérard Collomb, ministre
de l’Intérieur, a évoqué un élargissement des missions, citant « la protection de certains bâtiments sensibles ou le transport de scellés
dangereux ». Ou bien encore la possibilité pour les agents de faire des
rondes à l’extérieur des sites qu’ils
surveillent. L’armement des vigiles,
rendu possible depuis le 1er janvier
2018, sous certaines conditions très
encadrées, permet aussi de franchir
une marche de plus. « Cela concernera de 1.000 à 2.000 agents pas plus,
et ce seront surtout des gardes du
corps », relativise Nicolas Le Saux,
patron d’Uniprotect, une des PME
du secteur.
Depuis les attentats de 2015, ces
colosses font partie du paysage.
Fouille des sacs, présence devant les
sièges sociaux d’entreprise, sur les
sites nucléaires…, le secteur privé a
été appelé en renfort des forces de
police et de gendarmerie. L’appel
d’air s’est amplifié avec l’Euro 2016,
qui a mobilisé 13.000 agents de sécurité. Mais l’effet s’est essoufflé. « Certes, le chiffre d’affaires a bondi de 10 %
entre 2014 et 2016, mais la croissance
est retombée », décrypte Claude Tarlet, qui évoque « le fantasme d’un secteur privé qui serait en pleine explosion ». En réalité, le secteur, qui
emploie 160.000 personnes, est fragile. Eclaté entre de petites entreprises – 67 % n’ont aucun salarié – et
une dizaine de gros acteurs (Securitas, Seris…), qui se partagent 80 %
du marché, il est peu structuré et ne
pèse « que » 6,5 milliards d’euros de
chiffre d’affaires (moins que la propreté nettoyage). Travail peu qualifié, salaires peu élevés… Les professionnels dénoncent des prix tirés
vers le bas – ils pointent du doigt surtout l’Etat (un des gros donneurs
d’ordre étant la SNCF), qui représente un tiers des commandes –, qui
font plafonner les marges à 1 %.
« Les clients sont encore sur un système de vente d’heures, davantage
que sur une prestation valorisée »
déplore Pascal Pech, président du
Syndicat national des entreprises de
sécurité privée (SNES). Des failles
dénoncées dans le dernier rapport
annuel de la Cour des comptes de
février, qui pointe les « limites de la
Malgré un élargissement de ses missions, le secteur de la sécurité privée, qui emploie 160.000 personnes, est encore peu structuré.
fiabilité des sociétés privées ». Manque de contrôle des cartes professionnelles délivrées par le Conseil
national des activités privées de
sécurité (CNAPS), l’organisme
public chargé de réguler le secteur
depuis 2011, « manquements déontologiques », peu de sanctions appliquées et dumping sur le prix « au
détriment du service rendu ». La liste
est longue. Sur fond de menace terroriste, les magistrats appellent
Eclaté entre de petites
entreprises et une
dizaine de gros
acteurs, qui se
partagent 80 %
du marché, le secteur
est peu structuré.
à « un renforcement du pilotage de
l’Etat ». Pourtant des avancées ont
eu lieu depuis six ans, que ce soit en
matière de formation des agents –
les salariés doivent suivre tous les
cinq ans au moins 31 heures de
cours – ou d’assainissement du secteur. « Il ne faut pas oublier d’où l’on
part, il y a eu des progrès, mais c’est à
l’Etat de réguler davantage », estime
Xavier Latour, professeur de droit
spécialiste de la sécurité à l’université de Nice.
Un enjeu technologique
L’enjeu de la filière est aussi technologique. L’agent de surveillance
devra composer avec des drones,
des portiques automatiques à
l’entrée des bâtiments, la reconnaissance biométrique. Les acteurs de la
sécurité privée attendent les conclusions, prévues au printemps, de la
mission parlementaire menée par
Jean-Michel Fauvergue, député de
Seine-et-Marne, et par Alice Thourot, députée de la Drôme.
Le prochain défi sera sans doute
les JO 2024 de Paris. Le ton est
donné : éviter à tout prix le fiasco des
JO de Londres 2012, où les entreprises de sécurité avaient été incapables de fournir les 23.500 agents de
surveillance nécessaires. n
Seris reprend le pôle sûreté
aéroportuaire France de Brink’s
Le groupe familial Seris,
un des poids lourds
de la sécurité, consolide
son rang sur la surveillance
des aéroports en reprenant
une filiale de Brink’s.
L’activité est porteuse
à l’international.
est un élément essentiel de notre stratégie », souligne Arnaud Jamet, président du pôle international de
Seris, qui a fondé en 2012 une filiale
ad hoc, Seris Airport, présente sur
une dizaine de plates-formes.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
« C’est aussi une manière d’accélérer
notre déploiement à l’étranger »,
poursuit le dirigeant, qui évoque
une présence dans 30 pays par le
biais d’acquisitions notamment en
Europe, en Afrique et au MoyenOrient. Arnaud Jamet décrit la
sûreté aéroportuaire comme un
marché « technique, mettant en
œuvre un haut niveau d’expertise
pour lequel la France est reconnue à
l’international ». Par opposition, il
La sûreté aéroportuaire est aussi
l’affaire de groupes familiaux.
Après la reprise de Hub Safe, filiale
d’ADP, par le breton Samsic, c’est au
tour de Seris, société de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), d’entrer en
négociation exclusive avec Brink’s,
numéro un français du transport de
fonds, pour la reprise de ses activités dans sept aéroports français.
L’opération devrait se conclure
après la consultation des instances
représentatives du personnel et
l’accord de l’autorité de la concurrence.
Chiens dépisteurs
d’explosifs
évoque les marchés de masse de la
surveillance aux faibles marges.
Dès lors, la stratégie du groupe
est d’aller en quête d’activités à forte
valeur ajoutée, avec une palette
intégrant des prestations technologiques, d’ingénierie, de télésurveillance ou de formation. Seris
vient par exemple d’intégrer ITDC,
petite société développant un
savoir-faire pointu dans la formation de chiens et maîtres-chiens en
dépistage d’explosifs et de stupéfiants.
Le groupe privilégie en outre les
marchés privés aux appels d’offres
publics, à l’exception de marchés
significatifs, tels le site de Balard à
Paris, le siège de l’Otan à Bruxelles
ou la surveillance du Parlement
européen à Luxembourg. n
Des contrats
qui se renouvellent
Sa taille critique lui permet
aujourd’hui de répondre à des contrats s’élevant jusqu’à 5 millions
d’euros. « D’un point de vue économique, il est impossible d’avoir uniquement l’activité de sécurité privée
de surveillance », tranche Nicolas Le
Saux, président fondateur d’Atao et
ancien associé d’Accenture, qui
siège depuis 2012 à la commission
du Conseil national des activités
privées de sécurité (CNAPS). L’équilibre financier se trouve entre la
L’équilibre financier
se trouve entre
la coexistence
du gardiennage,
et le conseil en
sécurité.
Le groupe confie
aussi privilégier
la clientèle privée.
Filtrage et inspection
des bagages
Brink’s est présent sur les aéroports
de Lyon, Lille et, partiellement, sur
ceux de Roissy, Toulouse, Nice et
Pointe-à-Pitre. Cette activité représente un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros avec 1.400 salariés
œuvrant notamment sur le filtrage
et l’inspection des bagages. Cela
permettra à Seris, groupe présidé
par son fondateur, Guy Tempereau,
de dépasser les 500 millions d’euros
sur l’exercice en cours, avec un
effectif d’environ 20.000 personnes.
Premier indépendant français de
la sécurité professionnelle, Seris
disposait déjà d’une activité aéroportuaire. Il conforte ainsi son rang
parmi les leaders français de ce
marché derrière ICTS et Securitas.
Si l’aéroportuaire représente environ 10 % du marché global de la surveillance en France, « cette activité
Difficile pour une société de sécurité privée de grandir en restant sur
la seule activité, peu rentable, du
gardiennage. Créé en 2004, le
groupe Atao, dont le siège est à Versailles (Yvelines), a su se diversifier
au-delà de sa branche historique.
En plus de l’activité de surveillance
humaine, qui emploie 500 agents
dans l’entité Uniprotect, le groupe
s’est orienté progressivement vers
le conseil et l’audit aux entreprises,
intervenant parfois très en amont
dans la conception des bâtiments,
avec Atao Consulting, et à la formation, avec Lasaia. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe s’élève à
21 millions d’euros, avec un résultat
net de 1 %, clairement tiré par les
deux dernières activités.
Avec le rachat de cette filiale de Brink’s, Seris conforte son rang
parmi les leaders français de la sécurité aéroportuaire derrière
ICTS et Securitas. Photo Seris
coexistence du gardiennage, « activité récurrente, où les contrats se
renouvellent sans trop de difficulté
mais qui dégage de faibles marges »,
et le conseil en sécurité, « plus aléatoire mais qui est à forte valeur ajoutée ». Le groupe confie aussi privilégier la clientèle privée plutôt que les
marchés publics, aux contrats
moins avantageux. Depuis les
attentats de 2015, comme dans
l’ensemble du secteur, Atao a enregistré une hausse des demandes
pour protéger les sièges sociaux des
entreprises, des hôtels. Nouvel
angle de développement : le groupe
propose le placement de cadres responsables sécurité, un poste de plus
en plus externalisé par les entreprises du fait de sa complexité croissante. — M. K.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
Emmanuel Hess
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Pour accéder au dossier de présentation, les candidats acquéreurs intéressés sont invités à contacter par écrit :
Maître Rousselet - Administrateur judiciaire : 37, avenue de Friedland - 75008 Paris
joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 13 mars 2018 à midi
ENTREPRISE A CEDER
(Articles L 631-22 et L 642-1 et suivants du Code de Commerce)
Activité : AUTO-ECOLE
Implantation : Essonne (91)
Salariés à ce jour : 3
CA au 30/09/2017 : 222 343 €
Références à rappeler : 2577
Date limite de dépôt des offres :
13/04/2018 à 12h00
Contact :
Engareh ALIREZAI
un dossier de présentation peut être obtenu auprès de
Maître Florence TULIER POLGE sur demande écrite.
Fabrication de savons, détergents et spécialités chimiques
Effectif : 5 salariés
CA 2017 : 420 K€
Située en Seine-Maritime
Zone d'activités de Sainte Anne
61190 TOUROUVRE
ACTIVITÉS : Fabrication de CD/DVD/Vinyles et solutions photovoltaïques.
ACTIFS : bâtiments (13.000m2), 1 presse double vinyles, 1 unité de production
cd/dvd, 1 ligne d’assemblage photovoltaïque.
EFFECTIF :
70 salariés
le 30 Mars 2018 (12h00)
Maître Gérard PIOLLET, Administrateur Judiciaire,
44 rue du jeudi – 61000 ALENCON
contact C. Beaussart - Tel : 02 33 80 39 00 – Mail : alencon@cabinetpiollet.fr
et dossier de présentation auprès de
ROBERT LOUIS MEYNET
Administrateur Judicaire
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
Région : SEINE ET MARNE
Chiffres d’affaires 2017 : 797 K€ (sur 12 mois)
Activité : Restaurant italien
Effectif : 11 salariés
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
Maître Nathalie LEBOUCHER - SELARL FHB - Administrateurs Judiciaires Associés
17, rue du Port – 27400 Louviers
Fax : 02 32 61 45 35 / (e-mail : nathalie.leboucher@fhbx.eu)
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Modalités :
Un dossier de présentation sera communiqué sur demande écrite aux candidats
justifiant de leur identité et de leur capacité économique et opérationnelle. Les offres
de reprise devront être conformes aux dispositions des articles L 631-22 et L 642-2
du Code de Commerce.
Selarl AJILINK LABIS CABOOTER
Administrateur Judiciaire Associé
18 rue de l’Abreuvoir
77100 MEAUX
Email : j.dechanaud@ajilink.fr
Date limite de dépôt des offres : 23/03/2018 à 16h00
RECHERCHE PARTENAIRES / REPRENEURS
RECHERCHE DE REPRENEURS
ECLAIREZ-VOUS
Magasin de luminaires et accessoires de décoration
Adresse : 31 rue Bayen - 75017 Paris
Bail commercial : suface de 81 m2 (dont surface de vente de 51,7 m2, bureau et réserve)
Clientèle : professionnels de la décoration d’intérieur et particuliers
Chiffre d’affaires : environ 145,5 K€ annuel
Effectif : 1 salarié
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au 22 mars 2018.
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du code de commerce) en 6 exemplaires (dont 1 non relié) à
l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé après régularisation d’un engagement de
confidentialité, signature du règlement de data room, et d’une présentation succincte du candidat à la reprise.
Référence à rappeler impérativement : 17 5742
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB - Maître Hélène BOURBOULOUX - Administrateurs Judiciaires Associés
Tour CB 21, 16 place de l’Iris - 92040 Paris La Défense Cedex
Fax : 01 40 97 02 33 / e-mail : benjamin.tamboise@fhbx.eu et louis.nerson@fhbx.eu
LE GROS-ŒUVRE, LE GENIE CIVIL ET LA MACONNERIE
Implantation : Picardie, AISNE (02)
Couverture géographie : Hauts de FRANCE
Chiffre d’affaires HT au 31/12/2016 : 6,6 M€
Personnel : 40
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Maître Stéphane VERMUE
Administrateurs Judiciaires Associés
COMMENTAIRES :
Cette société, bien connue dans le Nord de la France, était initialement spécialisée
dans la construction de batiments industriels pour l’agro alimentaire et de silos de
stockage de céréales. Son activité a ensuite été étendue à la construction de
centres commerciaux et de bâtiments recevant du public (crêches, maisons de
retraite …)
CONTACT :
Me Stéphane VERMUE
35 rue Victor Basch
02100 SAINT-QUENTIN
Date d’ouverture du redressement judiciaire : 16 février 2018
La date limite de dépôt des offres de reprise / partenariat est fixée au :
Tel
: 03 23 05 64 44
e-mail : saint-quentin@reajir.fr
VENDREDI 23 MARS 2018 à 11 HEURES
Tout dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre.
Activité concernée : Charcutier traiteur
CA HT 2017 : 1.237 K€
Effectif : 15 salariés
Siège social : 59320 MOUVAUX
Un accès à la data-room est disponible auprès de la SELARL AJC, représentée par Maître Jean-Luc MERCIER, après
régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les offres devront :
• être écrites et comporter les indications prévues par l’article L.642-2 du code de commerce
• être complétées d’une attestation telle que prévue par l’article R.642-1 du code de commerce
• être adressées à l’administrateur judiciaire au plus tard le :
Lundi 19 mars 2018 à 12 heures, en son cabinet
4 avenue de Flandre – 59700 MARCQ EN BAROEUL
Tél : +33 3 20 983 336 / Fax : +33 3 20 982 982
Contact mail : dataroom@ajc.eu - Data-room : http://dataroom.ajc.eu
Web : http://www.aspaj.fr et http://ventes-actifs.cnajmj.fr
RECHERCHE PARTENAIRES / REPRENEURS
LE NEGOCE DE BENNES « TRANSPORTABLES »
Implantation : Ardennes (08), CHARLEVILLE-MEZIERES
Chiffre d’affaires HT au 31/12/2016 : 144 K€
Personnel : 0
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Maître Stéphane VERMUE
Administrateurs Judiciaires Associés
COMMENTAIRES :
Cette société holding détient les titres d’une autre société (sa filiale à 100
%, toujours In Bonis) spécialisée dans le négoce de bennes «
transportables » (bennes « légères », bennes « ferrailles », bennes « OM »,
multibennes…) située à CHARLEVILLE- MEZIERES (CA : 2 HT).
CONTACT :
Maître Stéphane VERMUE
1 Rue de Lorraine
08000 CHARLEVILLE-MÉZIÈRES
Date d’ouverture du redressement judiciaire : 7 décembre 2017
Tel : 03 24 35 00 28
e-mail : ardennes@reajir.fr
Tout dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre.
La date limite de dépôt des offres de reprise / partenariat est fixée au :
VENDREDI 30 MARS 2018 À 11 HEURES
APPEL D’OFFRES DE REPRISE D’ENTREPRISE
SARL DELATTRE FRERES & CIE
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
REDRESSEMENT JUDICIAIRE DU 6/11/2017
ENTREPRISE À CÉDER
Activité : Fabrication et négoce d’emballage alimentaire
Lieu d’exercice : L'activité est exercée sur 18 départements : le siège social et le site
de production sont basés à CORBAS (69) et les magasins sont répartis à MOULIN
(03), MANOSQUE (04) et LE THOR (84).
CAHT au 31.12.2017 : 6.511.000 €
Effectif : 40 salariés
Les offres de reprise doivent être déposées auprès de l’Administrateur Judiciaire au plus tard le
16 mars 2018 à 12h.
Robert Louis Meynet
128, rue Pierre Corneille
69003 Lyon
www.etude-meynet.com
Contact : Alice CHASLOT
Tél : 04 78 14 57 67
Fax : 04 78 14 57 68
alice.chaslot@etude-meynet.fr
Maîtres Bruno SAPIN, Didier LAPIERRE et Ludivine SAPIN
Madame Lauriane DUFOUR
174 rue de Créqui, 69003 LYON
Tél : 04 78 60 00 30 – Télécopie 04 78 60 70 97
Courriel : lauriane.dufour@ajpartenaires.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS DANS LE CADRE
D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Localisation : Rhône-Alpes
CA HT au 31/12/2016 : 8.234 K€
Effectif actuel : 36 salariés
Valeur nette comptable des immobilisations au 31/12/2016 : 514 K€
Date limite de dépôt des offres : Lundi 9 avril 2018
18 rue Jacquemart
26100 ROMANS
Tél : 04 75 02 86 03 – Fax : 04 75 48 11 47
E-mail : wilfrid.bourcet@ajpartenaires.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS DANS LE CADRE
DE REDRESSEMENTS JUDICIAIRES
Drôme (26)
3 entreprises pouvant être cédées ensemble ou séparément :
Effectif
CA
à l’ouverture (31/03/2017
de la procédure 12 mois)
Activité
Valeur nette
comptable des
immobilisations
corporelles
(31/03/2017)
VALAURIE
Holding animatrice
6 CDI
597 K€
25 K€
VALAURIE
Enveloppe du bâtiment
46 CDI
10.291 K€
369 K€
VALAURIE
Fabrication, production
et commercialisation
de menuiseries (alu et acier)
6 CDI
971 K€
89 K€
Date limite de dépôt des offres :
Vendredi 23 mars 2018 à 17h00
Merci de contacter :
Activité concernée : Négoce de matériaux de construction
CA HT 2016 : 5.538 K€
Effectif : 19 salariés
Siège social : 59480 LA BASSEE
Un accès à la data-room est disponible auprès de la SELARL AJC, représentée par Maître Jean-Luc MERCIER, après
régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les offres devront :
• être écrites et comporter les indications prévues par l’article L.642-2 du code de commerce
• être complétées d’une attestation telle que prévue par l’article R.642-1 du code de commerce
• être adressées à l’administrateur judiciaire au plus tard le :
Lundi 19 mars 2018 à 12 heures, en son cabinet
4 avenue de Flandre – 59700 MARCQ EN BAROEUL
Tél : +33 3 20 983 336 / Fax : +33 3 20 982 982
Contact mail : dataroom@ajc.eu - Data-room : http://dataroom.ajc.eu
Web : http://www.aspaj.fr et http://ventes-actifs.cnajmj.fr
AJ PARTENAIRES
Etude de Maître Bruno SAPIN - M. Wilfrid BOURCET
THÉÂTRE LES DÉCHARGEURS
M Carole Martinez
22 rue de l’Arcade
75008 Paris
www.aj-2m.com
e
Contact
Antoine de Koninck
Tél. +33 (0)1 43 12 30 00
Fax. +33 (0)1 43 87 16 18
a.dekoninck@aj-2m.com
• Activité : Exploitation de salles de spectacles - Production et gestion
de spectacles vivants - Agence de communication.
• Chiffre d’affaires HT : 930 K€ environ.
• Localisation : 75001 Paris.
• Effectif : 7 salariés permanents.
Les offres tendant au maintien de tout ou partie de l’activité de l’entreprise
devront être soumises, au plus tard le 20/04/2018 à 15h.
Un dossier de présentation peut être obtenu sur demande écrite motivée
justifiant d’une capacité financière, industrielle ou commerciale adaptée,
après signature d’un engagement de confidentialité.
APPEL D’OFFRES DE REPRISE D’ENTREPRISE
SAS LA CUISINE PAR ELEMENTS RV
RECHERCHE CANDIDATS A LA REPRISE
OU INVESTISSEURS
REDRESSEMENT JUDICIAIRE DU 8/01/2018
Activité concernée : Fabrication de meubles de cuisine
CA HT 2016 : 3.876 M€
Effectif : 38 salariés
Siège social : 59120 LOOS
Un accès à la data-room est disponible auprès de la SELARL AJC, représentée par Maître Jean-Luc MERCIER, après
régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les offres devront :
• être écrites et comporter les indications prévues par l’article L.642-2 du code de commerce
• être complétées d’une attestation telle que prévue par l’article R.642-1 du code de commerce
• être adressées à l’administrateur judiciaire au plus tard le :
Activité de l’entreprise : Imprimerie de labeur
Ville
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du code de commerce) en 6 exemplaires (dont 1 non
relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé au candidat sur demande écrite
contenant présentation succincte du candidat à la reprise, après justification de son identité, de sa capacité économique et
opérationnelle à intervenir dans un tel dossier et après régularisation d’un engagement de confidentialité et la signature du
règlement. Référence à rappeler : 5799
REDRESSEMENT JUDICIAIRE DU 16/10/2017
SOCIETE NOUVELLE AREACEM
Dépôt des offres en 5 exemplaires au plus tard
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
APPEL D’OFFRES DE REPRISE D’ENTREPRISE
SA MAISON CAQUANT
RECHERCHE REPRENEUR
CA HT 2017 :
8,7 M€
APPEL D’OFFRES
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au 4 avril 2018 à 12h00
En redressement judiciaire
Environ 10.000 membres et 5.000 annonces
Administrateur
Judiciaire
Rue René Cassin
91000 EVRY
Tél. : 01.60.87.36.36
Télécopie :
01.60.87.36.37
etude@tulier-aj.com
RECHERCHE DE PARTENAIRES
ET/OU REPRENEURS
SOCIÉTÉ EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Entreprise exploitant un site internet, dédié aux 12-25 ans,
d’annonces de vente d’objets d’occasion
Maitre Florence
TULIER POLGE
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Mardi 3 avril 2018 à 12 heures, en son cabinet
4 avenue de Flandre – 59700 MARCQ EN BAROEUL
Tél : +33 3 20 983 336 / Fax : +33 3 20 982 982
Contact mail : dataroom@ajc.eu - Data-room : http://dataroom.ajc.eu
Web : http://www.aspaj.fr et http://ventes-actifs.cnajmj.fr
RECHERCHE CANDIDATS REPRENEURS
Entreprise en Conciliation
Activité : Conseil en systèmes et logiciels informatiques
Département : 93 - Salariés à l’effectif : 14
CA 2016 : 2,6 M € - CA 2017 (estimé): 1,9 M €
Date limite de dépôt des offres : 09/03/2018 à 18 heures
Un dossier complet sera adressé sur demande écrite à:
SELARL « Vincent MEQUINION Administrateur Judiciaire »
27 Rue de Champagne à BOBIGNY (93000)
Tél.: 01.85.36.00.33- Fax: 05.56.56.91.92
Mail : stb@etude-mequinion.fr et assistanterj@etude-mequinion.fr
Recherche d’un partenaire en capital ou en cession d’une
entreprise de distribution, équipements industriels dans
le secteur de l’automobile située dans le Val d’Oise
Effectif : 17 salariés - Chiffre d’affaires : 4 M€
(date limite des offres le 19 mars 2018)
Prendre contact avec l’étude de Maître BLERIOT
Pontoise
Tél. : 01.30.75.97.11 Fax : 01.30.75.97.13
E-Mail. : AJ95@bleriot.fr
Sociétés de production indépendante (et agence de presse) qui existent depuis 12 ans et qui
produisent et réalisent des films documentaires, des magazines et des reportages de télévision
tournés dans le monde entier et dont l’une se classe parmi les 10 premiers producteurs français
de documentaire en volume horaire (source CNC 2016) et qui disposent d’un catalogue d’environ
1 300 programmes tous formats confondus qui rencontrent fréquemment des succès d’audience.
Clientèle : Grandes chaînes de télévisions françaises. : Groupe M6, Groupe TF1, Groupe CANAL +
CA 2016 (dont subventions CNC) : 6,1 M€ - RN : 0,1 M€
CA 2017 (dont subventions CNC) : 3,4 M€ - RN -3 M€
CA prévisionnel de cette saison : 6 M€
Effectifs : 7 CDI, 12 CDD, 40 ETP
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au :
Vendredi 16 mars 2017 à 10h
RECHERCHE INVESTISSEURS
Agence de marketing et de communication de premier plan très ancrée (12 ans d’expérience) dans
le domaine du sport « électronique » ou « e-sport ». Dotée d’une expertise spécifique s’appuyant
sur 5 pôles d’expertise (Conseil, Activation, Influence & Amplification, Social Média, e-sport), elle
accompagne les marques et les ayants droits dans leur stratégie d’activation et de sponsoring.
Elle conseille une clientèle exclusivement composée de grands comptes emblématiques du sport.
Chiffre d’affaires clos au 31/12/2017 : 2.3 M€
Résultat de l’exercice 2017 : -4000 €
Causes des difficultés : Ouverture Procédures collectives de l’actionnaire
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au : Vendredi
23 mars 2018 à 10h
Contact : CID & ASSOCIES
Tel: 09 72 62 38 29 - Mail: tamadou@cidassocies.com
RECHERCHE REPRENEUR
TRAVAUX DE CONSTRUCTION D’INFRASTRUCTURES
DE RESEAUX D’ENERGIE ET DE TELECOMS
Etablissement principal situé à EMERAINVILLE (77)
société en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité
CA HT au 31/12/2016 :
6,9 M€
Effectif :
59 salariés
Le délai de réception des offres de reprise dans le cadre des dispositions des articles L.641-10 et L.642-2 du
Code de Commerce a été fixé au :
lundi 19 mars 2018 à 17 heures
en l’Etude de
Maître Gérard PHILIPPOT, Administrateur Judiciaire
7, rue de Caumartin 75009 PARIS
Tél : 01 44 70 75 40 - Fax : 01 45 22 97 13 - Email : mf.neyret@hcgp.fr
Les éléments d’information seront adressés à tout candidat intéressé sur demande écrite et
personnalisée après signature d’un engagement de confidentialité.
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // PME & REGIONS
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
2.000
pour avoir refusé de révéler le nom
d’un internaute ayant usurpé
l’identité du commerçant l’été dernier. La justice somme également le
site américain, qui a tenté de dépayser le procès en Irlande, de livrer
rapidement l’identité du fraudeur.
Grand Hôtel-Dieu
EUROS D’AMENDE
Le tribunal de grande instance de
Clermont-Ferrand a condamné
cette semaine Facebook à verser
2.000 euros de dédommagement et
2.500 euros de remboursement de
frais de justice à un boulanger de
Bourg-Lastic dans le Puy-de-Dôme
innovateurs
Le Grand Hôtel-Dieu
rouvrira fin avril
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES En
rénovation depuis un an et demi,
l’ancien hôpital du Grand HôtelDieu à Lyon rouvrira au public
fin avril, une ouverture initialement prévue fin 2017. Reconverti
en centre commercial d’une
quarantaine de boutiques et
restaurants, il accueillera aussi
en fin d’année un hôtel 5 étoiles et
la Cité de la gastronomie fin 2019.
Zei invente le réseau
social écologique
20 départements qui totalisent un
carnet de commandes de 1 milliard
d’euros. « Cela représente le tiers de
notre activité à venir et l’embauche de
près de 1.500 personnes », anticipe
Antoine Metzger.
OCCITANIE
L’entreprise de BTP
implantée à Arles
décroche le contrat de
déploiement de la fibre
optique dans l’Hérault.
NGE a remporté le marché de la conception et de la construction
du réseau de communication électronique à très haut débit
pour le département de l’Hérault. Photo NGE
construction du premier tronçon de
la future ligne 16 du métro du Grand
Paris. Dans l’Hérault, c’est un contrat à 207 millions d’euros qu’a
décroché le groupe avec son partenaire Covage, qui sera concessionnaire du réseau pendant vingt-cinq
ans. D’ici à 2022, au rythme de
60.000 chaque année, il permettra
de fournir à 255.000 foyers, entreprises et collectivités du département dans 286 communes reculées
du littoral, un accès à Internet à plus
de 30 Mb/s. Les collectivités et l’Etat
ont apporté 30 millions d’euros de
subventions à ce projet qui mobilisera près de 400 agents. Après
l’Alsace fin 2015, NGE a signé plus de
En juillet, le groupe a remporté, avec
Altitude Infrastructure, le plus
grand RIP (réseau d’initiative publique) français pour le déploiement
de la fibre optique dans les 7 départements du Grand Est. Il intervient
souvent comme concepteur constructeur, mais opère de plus en plus
comme concessionnaire en prenant
le risque que les clients ne soient pas
au rendez-vous.
« Nous misons sur la fibre comme
nouveau levier de croissance »,
appuie le président. Déjà présent
dans le bâtiment, la construction de
tunnels, l’aménagement urbain, les
infrastructures routières et ferroviaires, NGE a géré l’an passé près de
8.500 chantiers et réalisé un chiffre
d’affaires de 1,6 milliard d’euros avec
11.000 collaborateurs. 65 % sont
actionnaires du groupe, aux côtés
des dirigeants, de bpifrance et de
CM CIC. Le groupe s’attend à 15 % de
croissance cette année. n
Menuiserie : Sotralu Group s’étend en Europe
OCCITANIE
Déjà implanté en Italie,
le leader français des
accessoires de menuiserie en aluminium
élargit sa gamme et
son périmètre commercial en rachetant
le fabricant portugais.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Sotralu Group, premier fabricant
français d’accessoires de portes et de
fenêtres en aluminium (chariots,
poignées, serrures…), se développe
avec le soutien du fonds Bridgepoint
Development Capital. Après l’acquisition de l’entreprise italienne Erreti
à Bologne en 2012, la PME vient de
racheter 90 % des parts de la société
portugaise GNS à Agueda, les 10 %
restants étant détenus par le dirigeant. Ce fabricant d’accessoires de
menuiserie en aluminium apporte
une gamme complémentaire,
comme les serrures de portes que
Sotralu ne produisait pas. Il a réalisé
un chiffre d’affaires de 8 millions
d’euros avec 100 personnes, contre
27 millions d’euros en 2017 (+ 7 %) et
90 salariés pour Sotralu. L’entreprise portugaise réalise toute la
fabrication, de l’injection plastique
au travail du métal, alors que le français implanté à Muret (Haute-Garonne) sous-traite des activités
industrielles en Europe après avoir
conçu les accessoires avec son
bureau d’études. L’acquisition de
GNS lui permettra de rapatrier
l’injection de matière plastique ou de
Zamak (alliage). « Nous voulons
fabriquer en Europe pour contrôler la
qualité et conserver le statut d’exportateur européen agréé, qui donne
accès à des droits de douane plus faibles dans certains pays », explique
Thierry Sainte-Claire Deville, président de Sotralu Group.
Exportation
GNS lui ouvre les marchés espagnols, portugais et d’Amérique
latine. Après cette opération, Sotralu
Group réalise la moitié de son chiffre
d’affaires consolidé de 35 millions
d’euros à l’exportation, d’abord en
Europe mais aussi en Asie, au
Moyen-Orient, au Maghreb et en
Afrique du Sud. Le groupe a ouvert
un bureau commercial en Inde où le
marché est en forte croissance. Il
prépare d’autres acquisitions avec le
soutien de son actionnaire qui
détient 80 % des parts depuis 2014.
« Nous discutons avec des entreprises
pour former un groupe industriel
plus important, en créant des synergies géographiques ou industrielles »,
affirme le patron. Chaque site a ses
spécialités. La filiale italienne Erreti
réalise les accessoires en aluminium
extrudé et le design des poignées. La
maison mère est spécialisée dans les
accessoires de fenêtres coulissantes
et GNS fabrique notamment des serrures de portes. Le bureau d’études
conçoit les produits en synergie avec
ses clients, les « gamistes » comme
Technal ou Schuco et les fabricants
industriels de portes et de fenêtres en
aluminium. Les ventes de menuiseries en aluminium augmentent
grâce à l’amélioration de la résistance thermique et à la qualité des
produits, même si elles restent un
peu plus chères que celles en PVC. n
Les moteurs Pipo sortent de l’ombre
LA PME À SUIVRE
AUVERGNERHÔNE-ALPES
Effectif : 20 salariés
Chiffre d’affaires : 7 millions
Activité : Mécanique
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
Discrète société de 7 millions
d’euros de chiffre d’affaires, Pipo
Moteurs « détient » sept titres de
champion du monde de rallye remportés par ses clients. Depuis 1973,
elle a conçu et fabriqué des moteurs
de compétition pour BMW, Peugeot Sport, Ford, Bentley et Hyundai. Pipo Moteurs a été repris par le
L’IDÉE
ZEI
Levier de croissance
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
En remportant le marché de la conception et de la construction du
réseau de communication électronique à très haut débit pour le département de l’Hérault, NGE vient de se
hisser dans le club des opérateurs
capables de répondre aux appels
d’offres émis dans le cadre du plan
France Très Haut Débit. Il y a trois
ans, cette entreprise de BTP issue de
la reprise en 2002 du terrassier
Guintoli était absente de ce marché
disputé notamment par Orange,
SFR, Covage et Altitude Infrastructure. « Nous nous plaçons dans le
mode opératoire d’une start-up pour
conquérir de nouveaux marchés »,
explique son président, Antoine
Metzger, qui a remporté avec les
mêmes méthodes – avec Eiffage – la
Zei
NGE va poser la fibre dans
le département de l’Hérault
fonds Eximium et Frédéric Barozier, désormais associé au capital et
bras droit du fondateur Jean-Pierre
Fleur qui partait à la retraite.
L’entreprise qui emploie une vingtaine de salariés à GuilherandGranges (Drôme) évolue sur un
marché de niche mondial, bousculé par les nouveaux règlements
de la fédération internationale de
Sport automobile visant à réduire
les budgets sur les circuits. Le nombre de moteurs de rechange accordés aux écuries durant la saison a
baissé drastiquement depuis 2010.
Et elles doivent désormais conserver le même modèle trois ans.
C’est pourquoi la PME, dans
l’obligation de multiplier ses clients
pour compenser la diminution du
nombre de renouvellements ou les
nouveaux développements, a lancé
l’année dernière son propre moteur
quatre cylindres.
Nouveau modèle
« Notre expertise auprès des constructeurs nous permet de proposer un produit entre 100.000 et 150.000 euros,
ultra-compétitif en termes coût performances », ne craint pas d’affirmer Frédéric Barozier. Il existe en
deux versions, 600 chevaux pour le
Rallycross et 390 chevaux pour le
prestigieux Championnat du
monde des rallyes WRC. L’écurie
autrichienne MJP Racing a étrenné
les trois premiers exemplaires en
2017. Pipo en a prévu une dizaine
pour 2018. Elle prépare un moteur
moins exigeant pour prospecter les
championnats secondaires en
Chine et au Moyen-Orient. La révision et l’entretien, obligatoirement
assurés par le constructeur du
moteur, représentent actuellement
15 % de l’activité. Mais la perspective de travailler avec de multiples
écuries, au lieu de collaborations
exclusives, devrait considérablement modifier l’économie de la
PME, qui cherche à accroître la part
de son chiffre d’affaires récurrent.
De fait, « on révise encore des
moteurs de 1995 », affirme le nouveau directeur général.
Aucun moteur Pipo, taillé dans la
masse d’un bloc de 100 kg d’aluminium, n’a jamais cassé dans un
championnat, selon ses constructeurs. La réalisation des pièces, dessinées à Guilherand-Granges, est
confiée à des fournisseurs de
l’industrie aéronautique aux quatre
coins du monde, avant assemblage
en Ardèche. n
Date de création : 2017
Président : Noël Bauza
Effectif : 7 personnes
Secteur : environnement
Plus de 8 Français sur 10 se
disent prêts à faire un geste
pour l’environnement. Mais
peu passent à l’acte. « C’est parce
que le discours écologique est
rationnel et culpabilisant »,
estime Noël Bauza. Avec sa plateforme sociale Zei, ce jeune
entrepreneur, fraîchement
diplômé de la Kedge Business
School, veut appuyer sur des
ressorts émotionnels pour rendre l’engagement vert plus ludique. Il s’est inspiré des codes des
réseaux sociaux avec la création d’un profil public mis en
valeur par les actions écologiques, et des mécanismes de
gamification et de récompenses
tirés des jeux vidéo. « En participant à l’un de nos événements ou
en optant pour un contrat d’électricité renouvelable, on gagne des
points qu’on peut changer contre
des cadeaux, et on monte dans les
classements », explique son concepteur. « Le défi est de passer les
échelons en s’amusant tout en
apprenant sur l’écologie ». Et ça
marche. Depuis avril 2017,
7.500 bêta-testeurs d’une cinquantaine de nationalités ont
réalisé 84.000 actions : dons,
achats ou location de produits
et de services verts, compensation carbone…
300 partenaires
Avec ces mécanismes émotionnels, ce « LinkedIn des engagements environnementaux » intéresse aussi les entreprises. Dans
quelques semaines, Zei mettra
en ligne un système valorisant
leurs engagements sous la
forme de barres de progression,
qui se remplissent à mesure des
actions menées. Près de 300
sociétés sont déjà partenaires,
dont Enercoop, CitizenFarm,
Treez, Le Basiq ou Infomaniak.
La plateforme fonde son business model sur l’intermédiation, en apportant des offres
écologiques BtoB et BtoC, ainsi
que différents modes de compensation. Elle vise un chiffre
d’affaires de 650.000 euros en
2018 et 2,5 millions d’euros en
2019. — P. M .
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
REPUBLIQUE FRANCAISE
PREFECTURE DE LA REGION D'ILE-DE-FRANCE,
PREFECTURE DE PARIS
AVIS D'ENQUÊTES PUBLIQUES
Projet d'aménagement portant sur l’ensemble
immobilier situé 92, boulevard de la Chapelle
à Paris 18ème arrondissement
Par arrêté préfectoral du 2 février 2018, deux enquêtes publiques
conjointes, une enquête préalable à la déclaration d'utilité publique et une enquête
parcellaire, relatives au projet d'aménagement de la Société de Requalification
des Quartiers Anciens (SOREQA), portant sur la réalisation d’un immeuble de
logements sociaux au 92, boulevard de la Chapelle à Paris 18ème arrondissement,
vont être ouvertes à la mairie du 18ème arrondissement de Paris
du 6 mars au 23 mars 2018 inclus.
Pendant cette période, les dossiers d'enquêtes seront mis à la disposition
du public qui pourra en prendre connaissance et produire, s'il y a lieu, ses
observations sur le projet, à la mairie du 18ème arrondissement de Paris, située
1, place Jules Joffrin, les lundis, mardis, mercredis (sauf jour férié), vendredis de
8 h 30 à 17 h, les jeudis de 8 h 30 à 19 h 30 pendant toute la durée des enquêtes.
Les observations seront consignées dans les registres d'enquêtes ouverts à
cet effet. Elles pourront également être adressées, par courrier, à la mairie du
ème
18
arrondissement, à l’attention de Madame Catherine GINER, désignée en
qualité de commissaire enquêteur et elles seront alors annexées aux registres
d’enquêtes.
De plus, en tant que moyen de communication complémentaire, le dossier
relatif à l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique sera
consultable, pendant toute la durée des enquêtes conjointes, via le site internet
suivant : http://92boulevarddelachapelle.enquetepublique.net. Les observations,
propositions et contre-propositions, concernant l’utilité publique du projet
pourront aussi être déposées, de manière électronique, sur le registre créé à cet
effet via le site internet précité.
Ces observations, propositions et contre-propositions électroniques seront
consultables par le public sur ce registre dématérialisé pendant toute la durée
des enquêtes. Une version imprimée pourra également être consultée, du 6 au
23 mars 2018, au siège de l’enquête, fixé à la mairie du 18ème arrondissement
de Paris, aux jours et heures d’ouverture indiqués ci-dessus. Le registre
dématérialisé sera clos vendredi 23 mars à 17h.
Le commissaire enquêteur se tiendra à la disposition du public pour recevoir
ses observations à la mairie du 18ème arrondissement de Paris les jours
suivants :
• Mardi
6 mars 2018 de 10h à 13h
• Samedi 17 mars 2018 de 9h à 12h
• Jeudi
22 mars 2018 de 16h à 19h
En application du code de l'expropriation, à l’issue de l’enquête, le commissaire
enquêteur donnera son avis et rédigera ses conclusions motivées sur l'utilité
publique du projet et sur l'enquête parcellaire, dans un délai d'un mois maximum à
compter de la date de clôture des enquêtes publiques conjointes.
Une copie du rapport relatif à l'enquête préalable à la déclaration d'utilité
publique, dans lequel le commissaire enquêteur aura énoncé ses conclusions
motivées sera déposée à la mairie du 18ème arrondissement de Paris pour y être
tenue à la disposition du public pendant un an. Les demandes de communication
du document précité, par toute personne intéressée, pourront également être
adressées par écrit à la préfecture de la région d'Ile-de-France, préfecture de
Paris (direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de
l'aménagement - unité départementale de Paris - service utilité publique et
équilibres territoriaux - pôle urbanisme d'utilité publique), 5 rue Leblanc 75911 Paris
cedex 15.
EP18-029
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
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// 29
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
FINANCE
&MARCHES
LE PRIX DU BLÉ CONTINUE
DE GRIMPER
Après un bond de 3,8 % mercredi, le prix du blé continuait à
monter, jeudi, à la Bourse de
Chicago. Il atteint son plus haut
niveau depuis l’été 2017. La
sécheresse persistante, qui
touche la récolte d’hiver aux
Etats-Unis, fait grimper les
cours. Depuis le début de
l’année, le blé à Chicago a pris
plus de 16 %. Les cours du maïs
ont aussi progressé.
les
indices
Le visage de Wall Street : une journée
avec le trader le plus photographié du Nyse
BOURSE
Peter Tuchman
est l’homme dont
le visage illustre
les sautes d’humeur
des marchés.
Trader sur le « floor »
de la Bourse de New
York depuis trentedeux ans, il défend
l’héritage de « la rue ».
Dans l’imaginaire collectif, il y a
deux symboles à Wall Street : la statue du taureau, et Peter Tuchman.
A soixante ans, barbiche blanche et
cheveux fous, il est le trader le plus
photographié de la Bourse de New
York. Dans les journaux du monde
entier, son visage représente littéralement les marchés actions : les
bras en l’air, la bouche ouverte
d’effroi, la mine crispée, la main sur
le front… Son identité est rarement
mentionnée, mais à Wall Street,
tout le monde le connaît. Dans la
rue, les passants l’arrêtent pour le
prendre en photo. Et les célébrités
qui défilent sur le « trading floor »
veulent toutes poser avec lui, depuis
Paris Hilton à Jack Ma, en passant
par Sean Connery, ou Sharon Stone.
Même le secrétaire au Commerce
de Trump, Wilbur Ross, a pris son
cliché.
Xinhua/Zuma/RÉA
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
« J’aime les gens,
j’aime quand ça crie
et quand ça hurle,
j’aime l’adrénaline
du lieu, on dirait un
marché aux bestiaux. »
nence deux ou trois conversations
simultanées, s’interrompant parfois brutalement après avoir levé les
yeux vers un des écrans qui tapissent le « trading floor », avant de
pousser un cri, ou de ricaner tout
seul en tapotant sur son iPad. Et
surtout, il court.
Ce jour-là, la Fed vient de publier
ses fameuses « minutes » qui font
frétiller les marchés. Peter Tuchman est dans tous ses états : il craint
qu’un de ses clients ne soit entré à
contretemps. Il traverse le « floor »
de long en large, tapant dans le dos
de ses collègues. On tente de le suivre, mais le combat est inégal : Peter
Tuchman travaille en baskets. Si le
Richard Drew/AP/SIPA
AFP
Il faut dire que, malgré sa petite
taille, celui qui a choisi « petit
homme poilu » pour adresse électronique, ne passe pas inaperçu,
même au milieu des dizaines de traders qui peuplent encore la salle de
la Bourse de New York (Nyse). Il
semble tout droit sorti de la série
pour enfants « The Muppet Show »
– il a d’ailleurs fait faire une poupée
à son effigie. « J’ai la tête d’Einstein »,
admet-il. Véritable pile électrique,
ponctuant toutes ses phrases de
« 100 % », il ne s’assied jamais. Son
oreillette vissée, il mène en perma-
Timothy A. Clary/AFP
Trader à la tête d’Einstein
Les bras en l’air, la bouche ouverte d’effroi, la mine crispée, la main sur le front… A Wall Street, tout le monde connaît le célèbre trader Peter Tuchman.
protocole du Nyse proscrit le port
du jean, les chaussures de sport fluo
sont admises. Même portées avec
un costume et une cravate à motif
de lapins, l’uniforme de Peter Tuchman depuis trente ans.
Espèce en voie
de disparition
« J’adore travailler ici, c’est le plus
merveilleux bureau du monde, explique-t-il entre deux sprints. J’aime
les gens, j’aime quand ça crie et
quand ça hurle, j’aime l’adrénaline
du lieu, on dirait un marché aux bestiaux ». Le Nyse est une curiosité :
c’est le seul marché actions du
monde qui abrite encore une armée
de traders, les échanges étant informatisés partout ailleurs. Un héritage auquel l’institution est très
attachée, et dont elle a fait un argument de vente. Comme presque
tous les jours, une délégation de
clients est d’ailleurs venue spécialement pour sonner la cloche de clôture des marchés. Les visiteurs
observent les traders comme s’ils
étaient au zoo. L’un d’eux a repéré
Peter Tuchman, et veut son selfie.
Le trader s’y prête de bonne grâce,
avant de reprendre sa course.
« Nous sommes une espèce en voie de
disparition », admet-il. Quand il est
entré au Nyse, en 1985, 5.000 personnes y officiaient contre moins
d’un millier aujourd’hui. Mais Peter
Tuchman « adore être l’image de la
marque ».
La « marque », ce n’est pas la
petite maison de courtage qui
emploie Peter Tuchman, mais le
Nyse, la B ourse elle -même, à
laquelle tous ces traders ont lié leur
sort. Ceux qui portent le célèbre veston bleu ne sont pas des banquiers.
Ils s’en défendent, même. « Ici, vous
ne trouverez pas de Gordon Gekko,
avec les bretelles et les pieds sur le
bureau, explique Peter Tuchman.
Les traders du Nyse sont une grande
famille, tout le monde a commencé
en bas de l’échelle. Il y a des Italiens,
des Irlandais, des juifs, des types qui
sont traders de père en fils, des gens de
Brooklyn, du Queens… C’est une
communauté incroyablement chaleureuse. Ce n’est pas pour rien qu’on
l’appelle “la rue” ». Pour désigner les
banquiers, il dit « ceux d’en haut »
(« upstairs »), car la Bourse est née
sur les pavés de Manhattan. « Tout
ce qui n’est pas ici est en haut », pour-
« Les traders du Nyse
sont une grande
famille, tout le monde
a commencé en bas
de l’échelle. »
suit-il. « Nous n’avons ni la même
éducation, ni les mêmes aspirations,
ni le même caractère que les banquiers. Nous ne faisons pas partie du
même club. »
Cela n’empêche pas la confusion.
Il y a quelques années, le mouvement « Occupy Wall Street », qui a
émergé après la crise de 2008, a élu
domicile à quelques encablures de
la Bourse. « Ça me met en colère
qu’on nous confonde avec les vrais
coupables de la crise, ceux qui n’ont
pas été condamnés parce qu’ils sont
comme du Teflon et que tout glisse
sur eux », s’agace-t-il, affirmant
avoir touché un bonus deux fois
dans sa vie. Dans un moment d’égarement, il confesse même une certaine sympathie pour le mouvement né à New York. Avant de se
reprendre.
Registre signé
par John Pierpont Morgan
Car Peter Tuchman adore Wall
Street. Il se voit, lui et les autres traders du Nyse, comme l’héritier légitime des grandes figures de la
finance new-yorkaise, avec ses
légendes, ses corporations, et ses
rites initiatiques. « Il faut une
dizaine d’années d’expérience pour
devenir trader au Nyse, expliquet-il. Quand vous recevez enfin votre
médaillon, vous signez un grand
registre que John Pierpont Morgan a
signé avant vous. C’est un très grand
honneur, un morceau d’histoire. » Sa
grande fierté : le fait que son fils
Benjamin, qui a grandi sur le
« floor » du Nyse, l’ait rejoint il y a
quelques mois.
Peter Tuchman n’est pas le plus
ancien des traders du Nyse, mais
pas loin. Cela fait trente-deux ans
que ce fils de déportés, qui a travaillé dans le pétrole en Afrique
avant d’être embauché dans la
maison de courtage d’un patient de
son père, travaille sur le « floor ».
Mais c’est la crise de 2007 qui, en
ramenant les photographes à
l’intérieur de la Bourse, a fait sa
notoriété. Curieusement, il se souvient davantage du jour où il a reçu
la facture de la Bat Mitsvah de sa
fille que de la faillite de Lehman.
« L’argent, c’est un drôle de truc.
C’est pour ça que je n’ai jamais possédé une seule action. »
Il est 16h30, la cloche a sonné
depuis une demi-heure. Le bruit de
la ruche reflue doucement, les équipes de nettoyage arrivent. L’indice
Dow Jones n’a finalement cédé que
1,16 %. Mais Peter Tuchman n’est
pas encore calmé. « Aujourd’hui,
c’était le pire du pire de toute ma
vie ! » lâche-t-il à l’agent de sécurité.
Après tout, l’exagération est photogénique. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
Arkéa veut rendre son projet
de sécession irréversible
Société Générale :
feu vert syndical
aux ruptures
conventionnelles
l Dans un entretien aux « Echos », Jean-Pierre Denis, président de Crédit Mutuel
Arkéa, affiche sa détermination à quitter le giron du groupe.
l La décision formelle pourrait être prise en septembre.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Personne n’en doutait vraiment.
Mais la détermination de JeanPierre Denis reste intacte. En marge
de la présentation de résultats
record pour son groupe, le président du groupe Crédit Mutuel
Arkéa ne dévie pas d’un iota dans
son projet de mener à terme l’indépendance d’Arkéa.
Dans ce qui n’est encore qu’un
scénario, le groupe quitterait le
giron confédéral du Crédit Mutuel
(CNCM) et renoncerait à porter la
marque du groupe mutualiste. Ce
qui est plus neuf est l’argumentation choisie : aux commandes du
groupe depuis dix ans, l’homme
cherche à démontrer que ce mouvement est logique, et inéluctable.
La banque de la Défense va s’essayer au dispositif mis en place
par la loi travail, qui permet d’organiser des départs volontaires sans passer par un plan de sauvegarde. Photo Shutterstock
BANQUE
Le projet de ruptures conventionnelles
collectives a reçu
l’assentiment
d’une majorité
de syndicats.
Il s’agit d’alléger
le réseau d’agences
de la banque.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Après PSA et Pimkie, la Société
Générale va s’essayer aux
ruptures conventionnelles collectives, ce dispositif mis en
place par les ordonnances sur
la loi travail qui permet d’organiser des départs volontaires
sans passer par un plan de sauvegarde de l’emploi. Ce jeudi,
trois syndicats représentant
une majorité des salariés de la
Société Générale (SNB/CFECGC, CGT, CFTC) ont en effet
signé l’accord organisant la
suppression de 2.135 postes
dans son réseau d’agences d’ici
à 2020. Et celui-ci prévoit
d’avoir recours à des départs en
transition d’activité (dispositifs
de préretraite), à des reclassements internes et à des ruptures conventionnelles.
Le nombre de départs volont a i r e s a t t e n d u n ’e s t p a s
annoncé d’emblée puisque le
groupe bancaire entend
privilégier les reclassements
internes des salariés dont le
poste serait supprimé. D’ici à
2020, la Société Générale anticipe aussi 1.200 départs à la
retraite ou en transition d’activité. Concrètement, l’accord
signé ce jeudi limite par ailleurs
les départs réalisés dans le
cadre de ruptures conventionnelles collectives et ceux dits
d’aménagement de fin de carrière à un maximum de
2.135 postes d’ici à 2020.
Pour la Société Générale, il
s’agit ainsi d’accélérer la cure
d’amincissement de son réseau,
confronté à la concurrence du
numérique. Sont particulièrement ciblés par les suppressions de postes, les directeurs
d’agences, les chargés d’accueil
ou encore les commerciaux
locaux. Des postes de direction
seront aussi supprimés puisque le groupe va réduire les
strates hiérarchiques de pilotage de ses agences au niveau
régional. Les candidats au
départ se verront proposer de
0,6 à 1 mois de salaire par
s e m e s t r e d ’a n c i e n n e t é .
L’accord prévoit par ailleurs des
mesures financières incitatives
pour pourvoir les postes moins
attractifs ou situés dans le nord
de la France, par exemple.
Dédramatiser le divorce
Sur le plan économique, d’abord, il
s’appuie sur les bonnes performances du groupe. « Cette réussite,
objective et indiscutable, confirme la
capacité du groupe Arkéa à poursuivre son développement en toute indépendance, au service de ses clients et
sociétaires. J’ajoute que nos performances, exceptionnelles en 2017, ne
doivent rien à la Confédération »,
souligne Jean-Pierre Denis. Sur le
plan technique, ensuite, l’homme
s’emploie à dédramatiser le scénario d’un divorce au Crédit Mutuel.
« Nous n’avons avec le CM11-CIC
[principale entité du groupe Crédit
Mutuel, regroupant onze fédérations et le CIC, NDLR] aucune relation de partenariat, aucune filiale
commune, nous ne partageons
aucun projet de développement.
Nous disposons de notre propre
La CFDT s’oppose
au projet
Arkéa annonce un bénéfice
net de 428 millions d’euros,
en hausse de 27,3 %.
Tous ses indicateurs
sont au vert, portés par
les activités de son réseau
et ses diversifications
en marque blanche.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Ambiance au beau fixe à Brest, au
siège du Crédit Mutuel Arkéa, qui
annonce un résultat net de
428 millions d’euros réalisé en
2017 (+27,3 %), « à comparer
aux 296 millions d’euros de bénéfice de l’exercice 2015 », indique
tout sourire Jean-Pierre Denis, le
président de la banque mutualiste. Les indicateurs d’Arkéa sont
au beau fixe puisque son PNBA
la cote hebdomadaire des opcvm
VL au
30/12/2017
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
30/12/2017
Performance
1 an
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
www.federal-finance.fr
Federal Indiciel US (FR0000988057)
Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
275,59
208,68
363,61
66,46
278,12
206,99
370,30
65,69
« Nous sommes
coopératifs
et mutualistes.
C’est notre ADN. »
« Nous sommes coopératifs et
mutualistes aujourd’hui, le projet qui
est soumis aux caisses locales est de
rester coopératifs et mutualistes. C’est
notre ADN et il n’a jamais été question
de s’en éloigner », insiste Jean-Pierre
Denis. La consultation doit s’achever
autour de la mi-avril. « Un premier
vote permettra aux caisses locales
d’exprimer une orientation. Si l’indépendance venait à s’imposer, nous
finaliserons le projet de séparation,
que nous soumettrons au Comité central d’entreprise. Les caisses locales
seront à nouveau consultées à
l’automne sur la base d’un projet
d’indépendance finalisé. »
Autant de manières de cranter
pour de bon le scénario de l’indépendance… qui n’aura rien d’un
parcours de santé. Première difficulté, et pas des moindres, trouver
une solution juridique adéquate
pour cet Arkéa en solo qui souhaite
rester mutualiste. Or, la création
« Un premier vote permettra aux caisses
locales d’exprimer une orientation.
Si l’indépendance venait à s’imposer,
nous finaliserons le projet de séparation. »
JEAN-PIERRE DENIS Président du Crédit Mutuel Arkéa
d’un nouveau groupe de ce type
demande en théorie une loi… que le
gouvernement n’a aucune intention d’écrire.
Sans intervention législative
« Les régulateurs ont, à ce sujet, précisé que la séparation était possible,
dans ce cas d’espèce, sans intervention
législative. Nous examinons actuellement, en relation avec les autorités
bancaires françaises et européennes,
le schéma d’organisation qui préservera, et c’est notre condition première,
notre modèle coopératif et mutualiste », relate Jean-Pierre Denis, qui
veut croire dans le pragmatisme des
gendarmes bancaires.
Autre écueil spectaculaire à éviter : Arkéa est parvenue à faire
interrompre par une décision en
référé une procédure disciplinaire
lancée par la CMCN en janvier à
l’encontre de ses trois principaux
dirigeants. Mais le Conseil d’Etat
doit très prochainement se prononcer – entre autres points – sur la
validité de cette procédure de sanction. Si celle-ci était confirmée, la
machine pourrait repartir, avec en
ligne de mire une éventuelle révocation des dirigeants. n
La banque mutualiste affiche un résultat sans précédent
« Nous avons certes combattu les
ordonnances travail et les ruptures conventionnelles collectives,
mais cet accord offre aux salariés
des garanties similaires à celles
dont ils ont bénéficié lors des plans
précédents, notamment il n’y aura
pas de départ volontaire si les salariés ne présentent pas de projet
individuel », fait valoir Philippe
Fournil, délégué national CGT à
la Société Générale. La CFDT,
seule organisation syndicale à
s’être opposée à ces mesures,
n’est pas de cet avis. « La direction
décide qui est employable et qui ne
l’est plus, ce ne sont pas des mesures qui permettent un réel volontariat », estime Monique Motsch,
déléguée nationale CFDT.
Au total, depuis 2016, la
Société Générale a annoncé
3.450 suppressions de postes
d’ici à fin 2020 dans son réseau
français, soit près de 9 % de ses
effectifs. n
Nom du fonds
système d’information et nous nous
refinançons nous-mêmes sur les
marchés de façon autonome », indique Jean-Pierre Denis.
Reste à faire voter les actionnaires d’Arkéa, c’est-à-dire les 331 caisses locales, elles-mêmes rattachées
à l’une des trois fédérations composant Arkéa. Elles doivent se prononcer à partir du 23 mars sur le projet
présenté comme un choix entre
« indépendance avec sortie de la Confédération qui permet de poursuivre
la stratégie engagée depuis 2008 » et
« un scénario d’intégration dans un
groupe de crédit mutuel centralisé ».
Fred Tanneau/AFP
BANQUE
27/02/2018
28/02/2018
27/02/2018
27/02/2018
0,92
-0,81
1,84
-1,16
1,77
4,95
9,45
3,79
24,15
21,00
13,26
-4,07
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
(équivalent du chiffre d’affaires),
d’un montant de 2,09 milliards
d’euros, progresse de 12,8 %.
S on portefeuille s’étoffe de
176.200 clients supplémentaires
répartis entre son réseau d’agences,
sa banque en ligne Fortuneo et sa
société d’assurances Suravenir. Ses
capitaux propres – 6,4 milliards
d’euros – ont fait un bond de… 37 %
depuis 2012 ! Arkéa présente de plus
une baisse de 48,9 % de son coût du
risque, ramené à 53 millions d’euros
l’an dernier. Près de la moitié de
l’encours des crédits d’Arkéa – 5 milliards d’euros – est constitué de prêts
à l’habitat, un secteur très porteur
dans le Grand Ouest compte tenu de
sa démographie positive.
30 % de part de marché
en Bretagne
Plus de la moitié (55 %) des activités du mutualiste proviennent de
ses 457 points de vente et caisses
locales. En Bretagne, avec une
part de marché de 30 %, « nous
progressons, estime Jean-Pierre
Denis, d’un peu moins de 1 % par
an » et ce malgré la forte concurrence du Crédit Agricole. Le
réseau très serré des agences
d ’A r k é a , ave c u n e p r é s e n c e
autant dans les villes que dans les
zones rurales, lui fait encore
gagner de nouveaux prospects.
Mais Arkéa tire une partie de
plus en plus importante de ses revenus de ses activités en marque blanche, exercées pour le compte
d’enseignes comme Auchan ou
Amazon, qui lui confient, par exemple, la gestion de cartes de
paiement. « 25 % de notre chiffre
d’affaires résulte de ce type de con-
Pour assumer
sa croissance, Arkéa
a besoin de recruter.
trats signés avec nos partenaires
pour un minimum de huit ans. Ils
génèrent 20 % des bénéfices du
groupe », indique de son côté le
directeur général, Ronan Le Moal,
bien décidé à poursuivre cette
diversification rémunératrice.
Pour assumer cette croissance,
Arkéa a besoin de recruter. L’an dernier, il a dépassé les 10.000 collaborateurs et intégré dans ses rangs
700 salariés supplémentaires, dont
la moitié a rejoint les agences commerciales. Il n’est pas question pour
la banque de fermer certaines
d’entre elles, mais d’en revoir le
modèle. Dans le même temps, le
numérique fait partie du quotidien
du mutualiste, déjà actionnaire
d’une dizaine de fintech. Son ambition est d’arriver dans les cinq ans à
numériser 100 % des transactions
de ses titulaires de comptes pour
donner aux agences de nouvelles
fonctionnalités dans « l’accompagnement de l’ensemble du parcours
de vie des clients », insiste Ronan
Le Moal. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
Les fabricants
d’armes à feu
en chute libre
à Wall Street
AVIS FINANCIERS
SES, société anonyme,
convoque par le présent avis à son
Société Anonyme
RCS Luxembourg B 81267
Assemblée Générale Extraordinaire
qui se tiendra
le jeudi 5 avril 2018 à 11 heures 30
au siège social de SES, société anonyme, (la « Société ») Château de Betzdorf, 6815 Betzdorf, Luxembourg.
ORDRE DU JOUR
ACTIONS
Le secteur plonge
en Bourse depuis
la tragédie de
Parkland en Floride.
Il était déjà fragilisé
par une baisse
des ventes depuis
l’élection de Trump.
Pierrick Fay
@pierrickfay
Le drame de Parkland en Floride, le 14 février, sera-t-il la tuerie de trop ? Le lendemain pourtant, les actions des fabricants
d’armes à feu avaient grimpé
dès l’ouverture, suivant le
réflexe voulant que la fusillade
de masse allât entraîner une
hausse des ventes d’armes. Mais
cette fois-ci, ce pourrait être différent. Depuis cette date, les
actions « armes à feu » ont
plongé à Wall Street. Sturm
Ruger a chuté de 13,9 %, American Outdoor Brands (AOB, exSmith & Wesson) de 17,4 %.
Alors que Vista, connu pour ses
marques de sport Bollé ou Cébé,
a plongé de 11,9 %. C’est aussi
l’un des premiers fabricants de
munitions aux Etats-Unis. Une
performance qui tranche avec
l’indice Russell 2000 Leisure
Time (le secteur des… loisirs)
auquel ils appartiennent : lui n’a
cédé que 1,60 %.
Réduire la violence
La planète finance commence
en effet à demander des comptes au lobby proarmes, la NRA,
aux fabricants et à leurs actionnaires. La sénatrice démocrate
Elizabeth Warren a ainsi écrit à
neuf gros gérants de fonds,
dont BlackRock, Invesco et
Vanguard pour qu’ils poussent
les fabricants dans lesquels ils
investissent à « prendre des
mesures pour réduire la violence
par arme à feu ».
Récemment BlackRock, premier actionnaire de Sturm
Ruger (16 % du capital) et
d’AOB (11 %), avait indiqué vouloir contacter les fabricants et
les distributeurs pour « comprendre leurs réponses » à la
tuerie. Tout en reconnaissant
qu’il leur sera difficile d’en sortir, notamment parce qu’une
bonne partie de ces participa-
tions est gérée passivement via
des fonds indiciels.
Décision économique
Plus inquiétant pour le chiffre
d’affaires de la profession, la
distribution commence aussi à
changer son fusil d’épaule.
Dick’s Sporting Goods ne vendra plus d’armes à feu aux
moins de 21 ans, y compris dans
sa filiale spécialisée sur la
chasse. Une annonce saluée par
une hausse de 2,2 % de l’action.
Plus tôt, Wal Mart avait
annoncé son intention de stopper ses ventes d’armes militaires, précisant toutefois qu’il
s’agissait d’une décision économique – liée aux ventes déclinantes de ce segment – et non
politique.
Car le mal semble plus profond. Depuis l’élection de
Trump, en novembre 2016, les
fabricants d’armes à feu sont
touchés en Bourse. Sturm
Ruger a plongé de 33 %, AOB de
68 % et Vista Outdoor de 55 %,
quand l’indice Leisure Time
bondit de 30 %. La firme
Remington Outdoor vient
même de se placer sous la protection de la loi sur les faillites.
Pourquoi ? Le secteur souffre
d’un stock largement excédentaire, alors que les Américains
s’étaient précipités pour acheter des armes avant l’élection,
craignant une victoire d’Hillary
Clinton. Un an après, les
niveaux d’inventaires restent à
un niveau élevé. Sturm Ruger a
ainsi annoncé une chute de
27 % de ses revenus au quatrième trimestre 2017…
Mauvais pour l’image
Cette tuerie entraîne un
« ensemble de vents contraires
sans précédent, pas seulement
pour la demande, mais aussi
pour l’image », estime un analyste de Wedbush Securities,
qui reste malgré tout positif sur
le secteur. « Nous continuons de
penser que ces actions conservent une valeur significative à
long terme, alors que la demande
d’armes ne va pas disparaître. »
L’analyste reconnaît tout de
même qu’un durcissement du
contrôle sur les armes pourrait
avoir un impact négatif sur ces
entreprises, s’il devait déboucher sur une interdiction de
vente des fusils d’assaut ou sur
une augmentation de leur responsabilité en cas de crime. n
Trump durcit un peu sa position
Donald Trump s’est exprimé mercredi soir sur la
question de la législation sur les armes à feu. Après
avoir reçu des élus du Congrès, le président américain s’est dit favorable au relèvement, de 18 à
21 ans, de l’âge minimum requis, pour acquérir un
fusil. Il souhaite aussi un renforcement du contrôle
des antécédents des acquéreurs d’armes à feu. Mais
il reste aussi favorable à l’armement de certains
professeurs chargés de protéger les élèves en cas
de tuerie de masse. Un discours qui a, semble-t-il,
rassuré les marchés, Ruger et AOB ayant regagné
du terrain à Wall Street jeudi matin.
1. Liste de présences, quorum et adoption de l’ordre du jour
2. Désignation d’un secrétaire et de deux scrutateurs
3. Modification de l’article 1 (Siège social) des statuts de la Société (les « Statuts ») afin de permettre au Conseil d’Administration de la Société (le « Conseil ») de
modifier les Statuts s’il décide de transférer le siège social dans un autre endroit du Grand-Duché de Luxembourg.
4. Introduction dans les statuts d’un capital autorisé, basé sur un rapport special rédigé par le Conseil d’administration du 22 février 2018, d’un capital autorisé, y
compris le capital social émis à sept cent quatre-vingt-dix millions huit cent quatre-vingt-un mille trois cents euros (€ 790.881.300) représenté par quatre cent vingtet-un millions huit cent trois mille trois cent soixante (421.803.360) actions A sans désignation de valeur nominale et deux cent dix millions neuf cent un mille six
cent quatre-vingts (210.901.680) Actions B sans désignation de valeur nominale, et modification de l’article 4 (Capital Social) en conséquence.
Limitation de cette autorisation à une période de cinq (5) ans à partir de la date de la présente résolution.
Autorisation au Conseil d’administration d’émettre les nouvelles actions A sans devoir tenir compte d’éventuels droits de préemption des actionnaires existants.
5. Modification de l’article 4 des Statuts (Capital Social) afin d’autoriser le Conseil à attribuer les actions existantes sans contrepartie aux employés de la Société et
de ses sociétés affiliées.
6. Modification de l’article 5 (Forme des Actions – Restrictions à la propriété des Actions – Transfert des Actions) des Statuts afin d’autoriser le Conseil à suspendre les
droits de vote et les droits aux dividendes et autres distributions d’un actionnaire enfreignant les seuils de propriété.
7. Modification de l’article 8 (Augmentation et Réduction du Capital – Droit de Souscription Préférentiel) reflétant la période légale minimum pour l’exercice du droit
préférentiel de souscription et précisant que tous les droits préférentiels de souscription non exercés par les détenteurs d’Actions B au cours de la période donnée,
et dans la mesure qu’ils ont un droit préférentiel de souscription dans le contexte de cette émission, aussi par les détenteurs d’Actions A, s’éteignent à la clôture de
la période de souscription ou, s’il en est ainsi proposé par le Conseil, sont dénoués conformément aux réglementations applicables et aux règles et pratiques de
cotation telles qu’applicables de temps à autre.
8. Modification de l’article 9 (Conseil d’Administration) des Statuts précisant que le Règlement Interne engagera également tous les comités de la Société.
9. Modification de l’article 10 (Gestion Journalière – Mandats Spéciaux) des Statuts précisant la possibilité de déléguer des pouvoirs aux comités créées par le Conseil
et de créer un Comité Exécutif suivant l’article 441-6 de la Loi et de préciser que le Comité d’Audit s’appelle « Comité d’Audit et de Risque ».
10. Modification de l’article 13 (Délibérations du Conseil) des Statuts précisant le concept de conflit d’intérêt et précisant que tout administrateur ayant directement
ou indirectement un intérêt de nature patrimoniale opposé à celui de la Société dans une affaire soumise à l’approbation du Conseil est tenu d’en informer le
Conseil. Est à considérer aussi comme ayant un intérêt opposé sujet au régime du conflit d’intérêt l’administrateur qui occupe un poste d’administrateur, de fondé
de pouvoir ou de conseiller auprès d’une entité ayant un intérêt opposé.
11. Modification de l’article 19 (Réunions de l’Assemblée) des Statuts précisant que sauf disposition contraire des conditions de l’émission obligataire, les détenteurs
d’obligations n’ont pas le droit d’assister aux assemblées générales d’actionnaires. Les membres du Conseil et les réviseurs indépendants peuvent y assister.
12. Modification de l’article 19 (Réunions de l’Assemblée) des Statuts précisant que un ou plusieurs actionnaires disposant ensemble cinq pourcent (5%) au moins du
capital souscrit peuvent demander (i) l’inscription d’un ou plusieurs points à l’ordre du jour de toute Assemblée générale dans la mesure où une telle demande
serait accompagnée d’une justification ou d’un projet de résolution à adopter lors de l’assemblée générale, ou (ii) déposer des projets de résolutions concernant des
points inscrits ou à inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée générale et indiquer l’adresse postale ou électronique de l’expéditeur.
13. Modification de l’article 21 (Contenu de la Convocation à l’Assemblée) précisant qu’alternativement, si les destinataires ont accepté individuellement de recevoir
les convocations par d’autres moyens de communication garantissant l’accès à l’information, les convocations peuvent se faire par ce moyen de communication.
14. Modification des articles 6 (Rachat des Actions), 25 (Modification des statuts) et 35 (Loi Applicable) des Statuts en remplaçant dans la version anglaise la référence
à “law of 10 August 1915, as amended, on commercial companies” par le terme défini “Law” et dans la version française la référence à « loi du 10 août 1915, telle
que modifiée, sur les sociétés commerciales » par le terme défini « Loi ».
15. Modification de la version française des articles 8 (Augmentation et Réduction du Capital – Droit de Souscription Préférentiel),15 (Pouvoirs du Conseil),31 (Paiement
des dividendes) et 34 (Traduction des statuts) des Statuts en remplaçant « Statuts » par « statuts ».
16. Modification dans la version anglaise des articles 7 (Ownership of Shares – Rights and Liabilities of Shareholders), 8 (Increase and reduction of Capital –
Preferential Subscription Right), 10 (Daily Management – Special Powers), 15 (Powers of the Board), 24 (Deliberations of the Meeting), 25 (Amendment of the
Articles of Incorporation, 31 (Payment of Dividends), 34 (Translation of the Articles of Incorporation) and 35 (Applicable Law) des Statuts en remplaçant “Articles of
Incorporation“ par “articles of association”.
17. Modification des articles 5 (Forme des Actions - Restrictions à la propriété des Actions - Transfert des Actions), 6 (Rachat des Actions), 10 (Gestion Journalière Mandats spéciaux) et 25 (Modifications des statuts) pour mettre à jour les références aux dispositions de la loi du 10 août 1915, telle que modifiée, sur les sociétés
commerciales, suite à la nouvelle numérotation de la loi du 10 août 1915, telle que modifiée, sur les sociétés commerciales en vigueur depuis le 19 décembre 2017.
18. Divers
Assister à l‘assemblée
Les droits d’un actionnaire de participer à l’assemblée générale extraordinaire et d’exercer le vote attaché à ses actions sont déterminés en fonction des actions
détenues par cet actionnaire le quatorzième jour qui précède l’assemblée générale ordinaire, à savoir le 22 mars 2018 à minuit (la date d’enregistrement). Si un
détenteur de Fiduciary Depositary Receipts (FDRs) souhaite assister à l’assemblée en personne, il devra se faire inscrire comme actionnaire dans le registre des
actionnaires de la Société avant la date d’enregistrement. Une personne qui n’est pas actionnaire à la date d’enregistrement ne peut pas assister à l’assemblée
générale extraordinaire.
Conversion en actions de la catégorie A
Le détenteur de FDRs qui souhaite convertir ses FDRs en actions A doit faire cette demande conformément aux clauses 12 et 16 des Terms and Conditions du
Amended and Restated Fiduciary Deposit Agreement du 26 septembre 2001. Ce document est disponible auprès de la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat,
Luxembourg. Aucune commission de conversion ne sera exigée des personnes physiques qui ne sont pas déjà actionnaires de la catégorie A et qui procèdent à la
conversion d’un maximum de 10.000 FDRs en actions A, leur permettant de participer en personne à l’assemblée générale extraordinaire du 5 avril 2018.
Pour assister en personne à l’assemblée, la conversion de FDRs en actions de la catégorie A devra être effectuée le 22 mars 2018 à 16 heures 30 au plus tard. Pour plus
d’information à ce sujet, merci de bien vouloir contacter la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat, Luxembourg à l’adresse suivante : corporateactions.sec@bcee.lu
Instructions de vote
Le détenteur de FDRs est en droit, sous réserve des dispositions applicables (la loi luxembourgeoise, statuts de la Société, seuils de participation et contrat de
concession) d’instruire le Fiduciaire en tant que mandataire en vue d’exercer son droit de vote au moyen d’un certificat de vote disponible sur demande à la banque
auprès de laquelle les FDRs sont détenus.
Pour que les instructions de vote soient valables, le certificat de vote devra être complété et dûment signé par le détenteur de FDRs ou le cas échéant par le
bénéficiaire économique. Pour plus d’informations à ce sujet, merci de bien vouloir contacter la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat, Luxembourg à l’adresse
suivante : corporateactions.sec@bcee.lu
A la réception du certificat de vote comportant les déclarations et documents requis par le Fiduciaire ou la Société, avant ou à la date déterminée par le Fiduciaire (à
savoir le 28 mars 2018 à 17 heures), celui-ci devra transmettre à la Société ledit certificat de vote accompagné des déclarations et documents requis pour vérifier si les
détenteurs de FDRs ou les bénéficiaires économiques peuvent acquérir la qualité d’actionnaires de la catégorie A de la Société si à la place des FDRs ils détenaient
un nombre correspondant d’actions A.
Si dans un délai de huit jours ouvrables au Luxembourg à partir de la réception du certificat de vote avec les déclarations et documents requis, la Société n’a pas
notifié au Fiduciaire son rejet de la demande du détenteur de FDRs, elle est présumée l’avoir acceptée.
Après réception de l’accord écrit de la Société quant aux instructions de vote, le Fiduciaire votera ou fera en sorte qu’il soit voté conformément à ces instructions. Le
Fiduciaire pourra désigner et nommer des représentants dûment autorisés afin que ceux-ci assistent à l’assemblée et votent au nom et pour compte des détenteurs
de FDRs.
Les instructions de vote sont considérées comme étant irrévocables et définitives 48 heures avant l’heure d’ouverture de l’assemblée, à savoir le 3 avril 2018 à
11 heures 30 au plus tard.
Dans le cas où le Fiduciaire n’aurait pas reçu des instructions de vote des détenteurs de FDRs, le Fiduciaire sera supposé avoir été instruit de voter conformément
aux propositions de vote du Conseil d’administration définies lors de sa réunion y afférente.
Aucune résolution ne sera soumise au vote sous le point 18. Divers.
Modifications de l’ordre du jour
Un ou plusieurs actionnaires disposant ensemble d’au moins 5% du capital social de SES, ont le droit d’inscrire des points à l’ordre du jour de l’assemblée
générale extraordinaire et de déposer des projets de résolution concernant des points inscrits ou à inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale
extraordinaire. Cette demande devra être formulée par écrit et adressée par voie postale (à SES, attn. Mme Sarah Gavin, Château de Betzdorf, L-6815
Betzdorf) ou par voie électronique (shareholders@ses.com) et doit parvenir à la Société au plus tard le vingt-deuxième jour qui précède l’assemblée générale
extraordinaire (à savoir le 14 mars 2018). Cette demande doit inclure une justification ou un projet de résolution à adopter lors de l’assemblée générale
extraordinaire, ainsi qu’une adresse postale ou électronique à laquelle la Société peut transmettre l’accusé de réception de cette demande endéans 48 heures.
La Société publiera alors un ordre de jour révisé au plus tard le quinzième jour qui précède la date de l’assemblée générale extraordinaire (le 21 mars 2018).
Documents mis à disposition par SES
Les documents mis à disposition par la Société pour les besoins de la présente assemblée (y inclus les propositions du Conseil d’administration) peuvent être
consultés par les détenteurs de FDRs auprès du Fiduciaire - Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat, Securities Department, 1, rue Zithe, L-2954 Luxembourg, BGL
BNP Paribas Luxembourg S.A., 50, avenue J. F. Kennedy, L-2951 Luxembourg et Société Générale, GSSI/GIS/CMO/AGL, 32, rue du Champ de Tir, F-44312 Nantes
Cedex 3, pendant les heures d’ouverture et sont disponibles sur les sites internet suivants www.ses.com et www.bcee.lu
N’hésitez pas à contacter SES pour de plus amples informations à l’adresse suivante : shareholders@ses.com
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32 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
Mario Draghi veut récupérer
l’octroi des liquidités d’urgence
LA SÉANCE DU 1ER MARS 2018
l Suite à la faillite de la banque lettone ABLV, le président de la BCE
veut revoir les règles d’allocation des liquidités d’urgence aux banques.
l Déjà envisagée, la réforme de cet outil n’a jamais abouti.
La Bourse de
Paris entame
le mois de
mars en baisse
BANQUE CENTRALE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Pourquoi la Banque centrale européenne (BCE) n’a-t-elle pas fermé le
robinet des liquidités d’urgence
dont bénéficiait la banque lettone
ABLV quelques heures avant de
déclarer l’établissement condamné
à la faillite ? Interrogé en début de
semaine par les parlementaires
européens, le président de la BCE,
Mario Draghi, a reconnu qu’il
n’avait pas les moyens de le faire.
La B CE ne peut s’opposer à
l’octroi de ces liquidités d’urgence
que lorsqu’elles interfèrent avec la
politique monétaire, a rappelé
Mario Draghi avant de plaider pour
une réforme de cet outil, rendu
célèbre par la crise grecque. « Les
règles des ELA [Emergency Liquidity Assistance, NDLR] doivent
évoluer. J’ai défendu plusieurs fois
une centralisation du mécanisme de
liquidités d’urgence. Il constitue
aujourd’hui un vestige de la souveraineté nationale dont disposaient
les Etats en matière de politique
monétaire. »
Un débat ancien à Francfort
De fait, si la BCE donne son avis sur
la limite des liquidités d’urgence
disponibles dans chaque pays, les
banques centrales nationales gardent la main sur leur allocation. En
Grèce, lorsque la confiance dans le
système financier s’est effondrée,
elles ont notamment permis aux
quatre principales banques du pays
de tenir le choc.
de Paris a terminé
•enLanetBourse
repli, jeudi. Le CAC 40 a
clôturé sur une perte de 1,09 %,
à 5.262,56 points. Les investisseurs sont restés prudents alors
que la deuxième audition au
Congrès américain de Jerome
Powell, le président de la Fed,
n’a pas remis en cause les
spéculations sur une possible
accélération de la remontée des
taux d’intérêt aux Etats-Unis,
un scénario qui continue de
bénéficier au dollar. Le volume
d’échanges a atteint 4,7 milliards d’euros sur les quarante
premières valeurs de la cote.
Depuis le début de l’année, le
CAC 40 perd désormais 0,94 %.
L’octroi des avoirs d’urgence accordés aux banques en difficulté constitue, selon Mario Draghi,
président de la BCE, « un vestige de la souveraineté nationale dont disposaient les Etats en matière
de politique monétaire ». Photo Dario Pignatelli/Bloomberg
Leur dépendance à cet outil était
tel qu’elles en ont bénéficié pendant
plusieurs années. Plus onéreuses
que les liquidités disponibles au guichet de la B CE, ces liquidités
d’urgence offrent de fait des conditions d’octroi plus souples. Relevé
plusieurs fois, le plafond d’ELA a
atteint un maximum de 89 milliards
d’euros en Grèce, à l’été 2015. A
Francfort, le débat sur la légitimité
des banques centrales nationales
d a n s c e d o m a i ne e s t a n c i e n.
« Comme nous avons un seul superviseur [bancaire en Europe, NDLR],
une seule institution de résolution,
nous devrions avoir un seul méca-
tefois été réalisées récemment pour
crédibiliser le mécanisme d’octroi
de ces avoirs d’urgence. En juin, le
Conseil des gouverneurs de la BCE a
approuvé un ensemble de préconisations imposant plus de transparence aux banques centrales nationales lorsqu’elles ont recours au
mécanisme d’ELA.
Les banques centrales ont désormais la possibilité de rendre public
le montant des avoirs d’urgence
accordés aux banques commerciales nationales. La BCE espère ainsi
se protéger contre ceux qui l’accusent de guider son action par des
critères politiques. n
nisme des liquidités d’urgence », avait
déjà plaidé Mario Draghi, devant le
Parlement européen en septembre 2017, avant de reconnaître : « Il
est vrai que les régulateurs nationaux
ont souvent plus d’information
qu’une institution centralisée et c’est
pourquoi ils sont réticents à abandonner cette prérogative. »
Nouvelles préconisations
Aucune tentative de faire bouger les
lignes sur ce sujet n’a abouti jusqu’à
présent. Pour centraliser cette mission, la BCE devra s’assurer de
l’accord de tous les gouverneurs de
la zone euro. Des avancées ont tou-
L’OPÉRATION DU JOUR
La France emprunte 7 milliards
d’euros sur quatre souches
L’Agence France Trésor
•(AFT),
chargée de placer la
dette de l’Etat sur les marchés
financiers, a procédé à l’émission de quatre souches obligataires, jeudi, pour un montant
total de 7 milliards d’euros. Sur
les maturités les plus longues
– 30 ans, 23 ans et 10 ans – le
coût d’emprunt a baissé par
rapport aux récentes opérations comparables. Il est
ressorti respectivement à
1,71 %, 1,47 % et 0,9 %. Mais
l’Etat français a vu son coût de
financement augmenter sur les
ABLV, l’affaire lettone qui révèle les failles de l’Union bancaire
L
’Union bancaire est-elle un
jardin à la française ou un
terrain en friche ? Un peu
des deux à la fois sans doute,
comme en témoigne la récente
mise en liquidation de la banque lettone ABLV.
Côté jardin à la française, les
outils mis en place par les Etats pour
éviter la propagation d’une panique
bancaire en Europe ont bel et bien
fonctionné. Ce psychodrame désormais bien rodé se déroule en deux
actes. Acte I, la Banque centrale
européenne (BCE) considère la
santé d’une banque européenne
comme désespérée ou quasiment
désespérée (« failing or likely to
fail »). Acte II, le tout jeune Conseil
de résolution unique (CRU) instruit
le dossier et décide ou pas de sauver
la banque. C’est la procédure dite de
« résolution », les pertes sont alors
épongées par les actionnaires, les
créanciers, les déposants au-delà de
ANALYSE
d’Edouard Lederer
100.000 euros de dépôts, puis par un
filet de sécurité commun alimenté
par les banques.
Seul exemple à ce jour : Banco
Popular en Espagne, reprise par
Santander, le bon élève de la
classe espagnole. L’autre cas de
figure – celui d’ABLV – est plus
radical : le CRU considère que le
sauvetage de la banque n’est pas
nécessaire. C’est alors une simple
liquidation qui s’impose, selon le
droit des faillites. On quitte à ce
moment-là le bel ordonnancement européen, puisque les liquidations restent du ressort des
législations nationales.
Autre règle européenne désormais bien gravée dans le marbre, les
clients bénéficient d’une garantie
sur leurs dépôts allant jusqu’à
100.000 euros. ABLV ne fait visiblement pas exception, les retraits
étant impossibles depuis le
23 février, la banque indique la marche à suivre pour bénéficier du
fonds letton de garantie des dépôts.
des principales d’entre elles : ce
sont encore et toujours les banques
centrales nationales qui ont la
main sur l’attribution des fameuses
ELA, ces liquidités attribuées en
urgence pour sauver les banques
au bord de l’asphyxie.
Or, la BCE pourrait se servir à ses
yeux de cet outil de façon plus
« impartiale ». Enfin la BCE, géant
sur le plan de la politique monétaire, pèse moins lourd dans le
monde en tant que gendarme bancaire : la débâcle d’ABLV commence par les accusations portées
par le département du Trésor américain, qui estime que la troisième
banque lettone a laissé délibérément ses clients traiter avec le
régime nord-coréen. En l’espèce les
autorités européennes sont intervenues en aval, une fois la crise
déclenchée. n
Par d’autres aspects, l’affaire lettone souligne au contraire la difficulté qu’éprouve l’Europe à devenir
un marché bancaire totalement
intégré. La BCE doit d’abord composer avec les résistances nationales, toujours vives. C’est Mario Draghi en personne qui souligne l’une
Canada : Banque TD
voit son bénéfice
reculer
BCE : la France ne
soutient pas à tout
prix l’Allemagne
CRÉDIT Au Royaume-Uni, les
BANQUE Le deuxième établisse-
BANQUE CENTRALE La nomina-
Ludovic Marin/AFP
Angleterre :
les crédits par carte
bancaire s’envolent
ment bancaire canadien, la Banque
TD, a publié jeudi un bénéfice net
de 2,35 milliards de dollars canadiens (1,5 milliard d’euros) au
premier trimestre fiscal (clos le
31 janvier), en baisse de 7 % sur la
même période. Ce recul s’explique
par la réforme fiscale américaine.
Le produit net bancaire s’est élevé à
9,36 milliards de dollars canadiens
(6 milliards d’euros) entre novembre et janvier, en hausse de 2,6 % sur
un an.
titres à échéance 2026 : le taux
est passé de 0,19 % en août dernier à 0,61 %. La France va
émettre des montants record
en 2018 : 195 milliards d’euros
net des rachats de titres par
l’AFT. La Banque centrale européenne, qui a eu tendance à
surcharger son programme
d’achats de titres français fin
2017, pourrait faire l’inverse, ce
qui peut fragiliser le papier tricolore, selon UniCredit. Les
analystes notent aussi un soutien des investisseurs japonais
moins fort qu’avant.
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Régime nord-coréen
La débâcle d’ABLV
a commencé par
les accusations portées
par le département
du Trésor américain.
en bref
crédits par cartes bancaires ont
augmenté en janvier à un rythme
sans précédent depuis 13 ans, au
moment où les consommateurs
font face à une contraction de
leur pouvoir d’achat, a annoncé la
Banque d’Angleterre. Au premier
mois de l’année, ils ont représenté
746 millions de livres sterling
(842 millions d’euros), un montant qui n’avait pas été atteint
depuis janvier 2005, bien avant la
crise financière.
Carrefour a plié de 6,02 %,
la plus forte baisse du CAC 40,
après l’annonce d’une perte
nette en 2017. Parmi les plus
autres baisses notables, STMicroelectronics a cédé 3,83 %,
Accor 3,03 %, Vivendi 2,54 %.
Publicis Groupe a reculé de
3,42 %, plombé par la chute
boursière du numéro un mondial de la publicité WPP après
l’annonce de ses plus mauvais
résultats annuels depuis la
crise financière.
A l’inverse, PSA a gagné
4,49 %, la meilleure performance du CAC 40. Le marché
a salué les meilleurs résultats
de l’histoire du groupe. Dans
son sillage, Renault a pris
0,58 %. Essilor a pris 4,87 %
après le feu vert de Bruxelles
pour finaliser le projet de
rapprochement de 48 milliards d’euros avec l’italien
Luxottica, qui doit donner
naissance à un géant mondial
de l’optique.
tion de l’Espagnol Luis de Guindos
à la vice-présidence de la Banque
centrale européenne (BCE) ne
signifie pas que le successeur de
Mario Draghi à la tête de l’institution sera un Européen du nord, a
déclaré jeudi le ministre des Finances Bruno Le Maire (photo), qui
s’exprimait en marge du salon de
l’agriculture. L’arrivée de l’Espagnol, soutenu par la France, aurait
ouvert un boulevard à l’Allemand
Jens Weidmann.
REPUBLIQUE FRANCAISE
PREFET DU VAL DE MARNE
PREFECTURE DU VAL-DE-MARNE
DIRECTION DELA COORDINATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ET DE
L’APPUI TERRITORIAL
BUREAU DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PROCEDURES
D’UTILITE PUBLIQUE
AVIS
Prorogation de l’arrêté interpréfectoral n° 2013/1267
du 9 avril 2013 déclarant d’utilité publique l’acquisition des
terrains relatifs au projet de la Coulée Verte de l’interconnexion
« dite TEGEVAL » entre la commune de Créteil et la commune de
Villecresnes, jusqu’au niveau du chemin rural n°10 dit
« des Meuniers » et du chemin rural n°9 dit du « Mont Ezard à
Santeny » et emportant mise en compatibilité des plans locaux
d’urbanisme et plans d’occupation des sols des communes de
Créteil, Valenton, Limeil-Brévannes, Villecresnes, Marolles-en-Brie,
dans le Val-de-Marne et Yerres dans l’Essonne
Par arrêté prorogatif interpréfectoral n° 2018/ 376 en date du 7 février 2018 sont
prorogés pour une durée de cinq ans, les effets de l’arrêté n° 2013/1267 du 9 avril
2013 déclarant d’utilité publique au profit, d’une part, de l’Agence des Espaces
Verts (AEV) agissant pour le compte de la région Ile-de-France et, d’autre part, du
Syndicat Mixte d’Études et de Réalisation de la TEGEVAL, l’acquisition des terrains
relatifs au projet de la Coulée Verte de l’interconnexion dite « Tegeval » entre la
commune de Créteil et la commune de Villecresnes, jusqu’au niveau du chemin
rural n°10 dit « des Meuniers » et du chemin rural n°9 dit du « Mont Ezard à Santeny
» et emportant la mise en compatibilité des Plans Locaux d’Urbanisme et POS des
communes de Créteil, Valenton, Limeil-Brévannes, Villecresnes, Marolles-en-Brie
dans le Val-de-Marne et Yerres dans l’Essonne.
Cet arrêté sera affiché en mairies de Créteil, Valenton, Limeil-Brévannes,
Villecresnes, Marolles-en-Brie et Yerres pendant un mois à compter du 28 février
2018 et également publié au recueil des actes administratifs des préfectures du
Val-de-Marne et de l’Essonne.
Il sera également accessible en ligne sur le portail internet des services de l’Etat
dans le Val-de-Marne à l’adresse suivante :
http://www.val-de-marne.gouv.fr/Publications/AOEP-Avis-d-Ouverture-d-EnquetesPubliques
Le dossier correspondant peut être consulté en préfecture du Val-de-Marne à
Créteil (DCPPAT/BEPUP) et en mairies de Créteil, Valenton, Limeil-Brévannes,
Villecresnes, Marolles-en-Brie et Yerres - service urbanisme - aux jours et heures
habituels d’ouverture au public.
EP18-090
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
ventes aux enchères publiques //
75
93
Vente aux enchères publiques, le Jeudi 5 avril 2018 à 14 H 00
au TGI de PARIS, au Palais de Justice, 4 boulevard du Palais
UN LOCAL COMMERCIAL à PARIS 3ème
74 rue des Archives
de 86,74 m², à usage de RESTAURANT. Bâtiment A, comprenant :
au rez-de-chaussée : grande pièce (salle de restaurant), comptoir ; au-dessus :
mezzanine (salle de restaurant), sanitaire avec lavabo ; au sous-sol voûté : réserve,
office, cuisine, vestiaire, sanitaires (salle d’eau avec w.-c.). Loué
MISE A PRIX : 90.000 Euros
S’adresser à Maître Brigitte GUIZARD, Avocat à PARIS 8 , 29 rue de Miromesnil
Tél. : 01 42 66 60 60 – Au TGI de PARIS où le cahier des charges n° 06/00055 peut être consulté
ème
VISITE sur place le lundi 26 mars 2018 de 9 H 30 à 10 H 30
75
93
VENTE aux enchères publiques, le Jeudi 29 mars 2018 à 14 H 00
au TGI de PARIS, au Palais de Justice, 4 boulevard du Palais
UN APPARTEMENT à PARIS 15ème
57 boulevard de Grenelle
de 50,74 m² (hors balcon), au 2ème étage à gauche, comprenant :
entrée, séjour, 2 chambres, cuisine, salle de bain, w.-c., petit balcon
Au sous-sol : UNE CAVE – Les lieux sont occupés
MISE A PRIX : 60.979,61 Euros
S’adresser à Maître Brigitte GUIZARD, Avocat à PARIS 8ème, 29 rue de Miromesnil
Tél. : 01 42 66 60 60 – Au TGI de PARIS où le cahier des charges n° 01/00562 peut être consulté
Sur les lieux où une visite sera organisée
publiques au palais de justice de BOBIGNY (93),
93 VENTE auxleenchères
mardi 3 avril 2018 à 13h.30 - EN UN SEUL LOT
93
PAVILLON D’HABITATION à GOURNAY S/MARNE (93)
70 bis bd de Noisy le Grand
Comprenant : - au RdC : entrée, bureau, WC, séjour, cuisine, - A l’étage : dégagement,
3 chambres dont 1 avec SdE et dressing, SdB - Au sous-sol : GARAGE, buanderie,
pièce de rangement
Mise à Prix : 42.000 € - Occupé - (Consignation : 4.200 €)
S’adresser
- A Maître Alain CIEOL avocat, 27-29 rue de Carency (93) BOBIGNY
Tél. 01.48.30.11.11, dépositaire d’une copie du cahier des conditions de vente - Au greffe du juge
de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le cahier des conditions de vente est déposé - Sur les lieux
où une visite sera organisée
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114474)
93
93
VENTE aux enchères publiques au palais de justice de BOBIGNY (93),
le mardi 3 avril 2018 à 13h.30 - EN UN SEUL LOT
UN APPARTEMENT de 52,70 M² à BONDY (93)
41 avenue de l’Espérance
agence@immolegal.fr - Tél : 01.42.96.96.72
144595B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
05/01/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
PETIT BOUT
Objet social : Fabrication de petits pots
alimentaires bio pour bébés.
Siège social : 10 route des aqueducs,
69630 Chaponost Nom commercial :
Ducastel Capital : 15000 € Président :
Mme Clémence Ducastel-Adam demeurant : 10 route des aqueducs, 69630
Chaponost élu pour une durée indéterminée Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Lyon
144694B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
19/02/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
RY-MA WEB
Objet social : Commerce de détail, par
correspondance ou par internet (vente à
distance), ainsi que toute activité pouvant
s’y rattacher
Siège social : 1 avenue Jean Cagne,
69200 VENISSIEUX Capital : 1000 €
Président : M. Kamel BEN ABDELJAOUED demeurant : 1 avenue Jean Cagne, 69200 VENISSIEUX élu pour une
durée indéterminée Chaque actionnaire
est convoqué aux Assemblées. Tout actionnaire a le droit de participer aux décisions collectives, personnellement ou
par mandataire, quel que soit le nombre
d’actions qu’il possède. Chaque action
donne droit à une voix. Les actions ne
peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société et même entre associés
qu’avec l’agrément de la collectivité des
associés statuant à la majorité des trois
quarts des voix des associés disposant
du droit de vote. Durée : 99 ans à
compter de son immatriculation au RCS
de Lyon
144749B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte authentique en
date du 05/01/2003 il a été constitué une
SARL nommée :
ABT PROD
Objet social : Production de spectacles
vivants et édition musicale en tout genre
Siège social : 15 Place Carnot, 69002
Lyon Nom commercial : ABT Prod Capital : 7800 € Gérance : M. Benjamin
POUZIN, 15 Place Carnot, 69002 Lyon
Cogérant : M. Thomas POUZIN, 29, rue
Ferrandière, 69002 Lyon Durée : 99 ans
à compter de son immatriculation au
RCS de Lyon
144867B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
28/02/2018 il a été constitué une SAS à
capital variable nommée :
ESN SERVICES
Objet social : Activités de nettoyage.
Services de nettoyage courant des bâtiments. Autres services de nettoyage
courant des bâtiments. Services de ménage à domicile. Autres activités de nettoyage des bâtiments et nettoyage industriel. Lavage, nettoyage et lustrage de
véhicules automobiles. Commerce de
gros de vaisselle, verrerie et produits
d’entretien.
Siège social : 109 RUE DES QUATRES
CHEMINS, 69390 MILLERY Capital minimum : 1000 €, en dessous duquel il ne
peut être réduit Capital initial : 1000 €
Capital maximum : 10000 € Président :
M. Emmanuel PIACQUADDIO demeurant : 14 ROUTE DE MARENNES, 2 LOT
LES GEMEAUX, 69360 COMMUNAY
élu pour une durée indéterminée DG :
Mme SYLVIE VEDRENNE demeurant :
24 AVENUE ZAC DE CHASSAGNES,
69360 TERNAY Admission aux assemblées et exercice du droit de vote :
Chaque actionnaire est convoqué aux
Assemblées. Chaque action donne droit
à une voix. Clauses d’agrément : Les
actions sont librement cessibles entre actionnaires uniquement avec accord du
Président de la société. Durée : 99 ans
à compter de son immatriculation au
RCS de Lyon
144926B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
15/02/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
M.A. SOLUTION SOLS
Objet social : l’exploitation de toute activité concernant : la réalisation de toutes
sortes de Sols, de Bâtiment, des Travaux
Public, de la construction, de la rénovation, du lotissement et des espaces verts.
Siège social : 232 AVENUE FELIX
FAURE, 69003 LYON Capital : 1000 €
Président : M. MAKLOUPHI OUERTANI
demeurant : 13 COURS DE VERDUN,
69002 LYON élu pour une durée indéterminée Admission aux assemblées et
exercice du droit de vote : Chaque actionnaire est convoqué aux Assemblées.
Chaque action donne droit à une voix.
Clauses d’agrément : Les actions sont
librement cessibles entre actionnaires
uniquement avec accord du Président de
la société. Durée : 99 ans à compter de
son immatriculation au RCS de Lyon
144587A – LES ECHOS
Suivant acte sous seing privé établi à
LYON en date du 27/02/2018, il a été
constitué une société à responsabilité limitée présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination :
PRESQU’ILE GROUP
Siège social : 2 rue Grenette 69002
LYON
Objet : L’acquisition, l’exploitation de salons de coiffure, ainsi que l’achat et la
revente de produits de coiffure, la réalisation de formations de coiffure,
Durée : 99 ans
Capital : 10 000 €
Gérance : M Roberto RUFO, 48 rue Docteur Alberic Pont 69005 LYON
Immatriculation : RCS de LYON
144614A – LES ECHOS
Par acte SSP du 28/02/2018 il a été
constitué une SASU dénommée :
METIS MULTISERVICES
Siège social : 20 RUE JEAN JAURES
69500 BRON
Capital : 1.000 €
Objet : Des prestations d’un ensemble de
services administratifs de bureau quotidiens, comme la planification financière,
la facturation la tenue de livres, la gestion
85-87 boulevard Charles de Gaulle
Mise à Prix : 22.000 € - Loué - (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Ingrid FOY, avocat, 13 Mail du Centre-Ville (93110) ROSNY SOUS BOIS,
Tél.01.49.35.70.13 dépositaire d’une copie du CCV - A Maître Lucien MAKOSSO, avocat,
membre de la SELARL MAKOSSO ORHON & FERNANDES BENCHETRIT, 41 rue Pierre Sémard,
angle 18 place Moreau David (94) FONTENAY SOUS BOIS, Tél. 01.49.77.10.04 - Au greffe du
juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter le
mercredi 21 mars 2018, de 10h à 10h30
S’adresser : - A Maître Valérie GARÇON, avocat de la SCP W2G, 21 av. du général de Gaulle (93)
ROSNY SOUS BOIS, Tél. 01 48 54 90 87 dépositaire d’une copie du CCV - Au greffe du juge de
l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter, le vendredi 23
mars 2018, de 14h. à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114334)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114480)
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93),
le mardi 3 avril 2018 à 13h.30 - EN UN SEUL LOT
APPARTEMENT de 59,50 M² à BOBIGNY (93)
3 rue Voltaire
Au 5 étage, par l’escalier et l’ascenseur C, porte gauche en sortant de l’escalier : séjour,
2 chambres, cuisine, cellier, SdB, 2 BALCONS - CAVE
ème
Mise à Prix : 30.000 € - (Consignation : 3.000 €)
Mise à Prix : 30.000 € - Occupé - (Consignation : 3.000 €)
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93),
le mardi 3 avril 2018 à 13h.30 - EN UN SEUL LOT
UN LOGEMENT à DRANCY (93)
138 avenue Henri Barbusse et 1/3 rue Michelet (Bât principal)
Au 4ème étage, face droite, comprenant : entrée, pièce, cuisine, WC. CAVE au sous-sol
Mise à Prix : 20.000 € - (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET avocats, 14 allée Michelet (93) LES
PAVILLONS SOUS BOIS, Tél. 01.48.47.43.47, dépositaire d’une copie du CCV - Au greffe du juge
de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter, le mercredi
21 mars 2018, de 11h à 11h30
S’adresser : - A la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET avocats, 14 allée Michelet (93) LES
PAVILLONS SOUS BOIS, Tél. 01.48.47.43.47, dépositaire d’une copie du CCV - Au greffe du juge
de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter, le jeudi 29
mars 2018 de 10h à 10h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114477)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114475)
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93),
le mardi 3 avril 2018 2018 à 13h.30 - EN UN LOT
UN APPARTEMENT à BOBIGNY (93)
21 rue de Montfort (Bât. A)
au RdC, à droite du hall commun comprenant : séjour avec coin-cuisine, chambre et WC. 4 CAVES
Mise à Prix : 43.320 € - Libres
- (Consignation : 4.332 €)
S’adresser : - A la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET avocats, 14 allée Michelet (93) LES
PAVILLONS SOUS BOIS, Tél. 01.48.47.43.47, dépositaire d’une copie du CCV - Au greffe du juge
de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter, le mercredi
21 mars 2018, de 10h à 10h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114479)
publiques au palais de justice de CRETEIL (94),
94 VENTE auxleenchères
jeudi 12 avril 2018 à 9h.30 - EN UN SEUL LOT
93
APPARTEMENT de 72,78 M² à CHAMPIGNY S/ MARNE (94)
Au RdC, à gauche de l’escalier, Esc. 8, comprenant : entrée, couloir, cuisine équipée,
4 pièces, SdB, WC - CAVE n°1 au sous-sol
Mise à Prix : 150.000 € - (Consignation : 15.000 €)
S’adresser : - A Maître Florence CHOPIN, avocat, membre de la SCP LANGLAIS CHOPIN,
1-5 av. Pierre Brossolette (94) CRETEIL, Tél. 01.42.07.29.56 dépositaire d’une copie du
CCV - Au greffe du juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le CCV est déposé - Sur les
lieux pour visiter, le vendredi 30 mars 2018 de 10h30 à 11h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114478)
69 • RHÔNE
publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93),
93 VENTE auxleenchères
mardi 3 avril 2018 à 13h.30 - EN UN SEUL LOT
93
UN PAVILLON D’HABITATION à PIERREFITTE (93)
Sur TERRAIN de 273 M², comprenant : - au RdJ : entrée, SdE, chaufferie-buanderie, WC,
placard, 2 pièces, 2 chambres, escalier - Au 1er étage : entrée, placard, salon, SàM, séjour,
cuisine, SdB, WC, escalier - Au 2ème étage : 4 chambres, SdB, WC. GRENIER. JARDIN.
GARAGE
Au 1er étage, comprenant : entrée, séjour, cuisine, 2 chambres, salle d’eau, WC,
débarras - CAVE
8 rue de Verdun - 8 Résidence Bel Air
Si vous souhaitez paraître dans cette rubrique :
EN
EN PARTENARIAT
PARTENARIAT AVEC
AVEC
de dossiers et l’archivage, les activités
liées au personnel, l’organisation des locaux et la logistique
Président : M ANKRI MICHAEL, 20 RUE
JEAN JAURES 69500 BRON.
Admission aux assemblées et droits de
vote : Tout actionnaire est convoqué aux
assemblées. Chaque action donne un
droit à une voix.
Clauses d’agrément : La cession des actions de l’associé unique est libre.
Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de LYON
144684B – LES ECHOS
THERMODESIGN
SAS au capital de 55000,00 €
76 avenue Paul Kruger
69100 VILLEURBANNE
804785079 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
27/02/2018 il a été pris acte de la nomination de Mme Nelly SOBRINO, demeurant 4 rue Ouagadougou 33300 BORDEAUX en qualité de nouveau Président,
à compter du 27/02/2018 pour une durée
illimitée, en remplacement de M. Alexandre ROLLAND, Président démissionnaire. Mention en sera faite au RCS de
Lyon
144781B – LES ECHOS
SAGARMATHA
SAS au capital de 57888,00 €
9 et 11 Chemin des Petites Brosses,
69300 Caluire-et-Cuire
383723681 RCS Lyon
Par décision en date du 31/07/2017 il a
été pris acte de la nomination de Mme
Sylviane GIRARDO, demeurant 15, allée
du Vieil Abreuvoir 78480 Verneuil sur
Seine en qualité de nouveau DG, et M.
Alban HUGONNET, demeurant 13 rue
Jarente 69002 Lyon en qualité de nouveau DG, et M. Stéphane POLISSET, demeurant 20, rue Aymon de Viriez 69580
Sathonay Village en qualité de nouveau
DG, et M. Manuel SOLE, demeurant 39,
rue des Bois 92410 Ville d’Avray en qualité de nouveau DG, à compter du
31/07/2017 pour une durée illimitée, en
remplacement de M. Christophe LARRENDUCHE, DG démissionnaire. Mention en sera faite au RCS de Lyon
144801B – LES ECHOS
PRO G.T.O.
SARL au capital de 5000,00 €
09 AVENUE HENRI BARBUSSE, BAT.F,
69250 ALBIGNY SUR SAONE
493483101 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
25/02/2018 il a été pris acte de la démission du Gérant Mme SARAH GROSSO,
à compter du 01/03/2018. M. JOSEPH
ANTOINE GROSSO, Gérant, demeure
seul dirigeant à compter de cette même
date. Mention en sera faite au RCS de
Lyon
144929B – LES ECHOS
DU ALFA AU ZETA
SARL Unipersonnelle au capital de
10,00 €
3. Avenue Louis MOMET
69260 Charbonieres Les Bains
811517051 RCS Lyon
Par décision en date du 28/02/2018 il a
été décidé de transférer le siège social
de la société au 22. Cours de la République, 69100 Villeurbanne à compter du
01/03/2018. Mention en sera faite au
RCS de Lyon
144496A – LES ECHOS
HELIOT
Société à responsabilité limitée au capital
de "20 000" euros
Siège social :
47 Rue Garibaldi 69007 LYON
797 582 301 RCS LYON
Le 26/02/2018, par acte SSP, l’associée
unique a nommé Co-Gérante,
Mme Françoise LATINIS demeurant à
LYON 5ème (69005) – 145, rue Juliot Curie. Modification au RCS de LYON.
144503A – LES ECHOS
LA BONNE PIERRE
Société par Actions Simplifiée au capital
de 53 256 euros
Siège social :
5 rue de Stockholm, 75008 PARIS
808 607 295 RCS PARIS
Il errésulte de la décision du Président du
1 décembre 2017 que le Président era décidé de transférer, à compter du 1 décembre 2017, le siège social du 5 rue de
Stockholm, 75008 PARIS, au 35 rue de
Marseille, 69007 LYON. L’article 4 des
statuts a été modifié en conséquence.
Président : Monsieur Antoine BINARD,
demeurant 17 OP Der Heed, 1747 Cents
(Luxembourg)
En conséquence elle sera immatriculée
au RCS de LYON et elle sera radiée au
RCS de PARIS.
144531A – LES ECHOS
Suivant PV du 26/01/2018 de la SARL
LA FINANCIERE BAYARD au capital de
1.364 €, siège 24 ch des Verrières –
69260 Charbonnières-les-bains, RCS
LYON 537 524 456, il a été pris acte de
la démission de M Stéphane Dunoyer demeurant 17 rue Molière 69006 Lyon de
son mandat de cogérant de la société, à
compter de ce même jour. Publication au
RCS de Lyon
144664B – LES ECHOS
CABINET HABITAT LOGIS
CONSEILS
SASU au capital de 100 €
172 rue Pasteur
69400 VILLEFRANCHE SUR SAÔNE
815307285 RCS Villefranche-Tarare
Par décision de L’AGO en date du
15/02/2018 l’associé unique a :
- approuvé les comptes définitifs de la liquidation,
- donné quitus au Liquidateur, M. ALAMI
FILALI Abderrahim 172 rue Pasteur,
69400 VILLEFRANCHE SUR SAÔNE,
pour sa gestion et décharge de son mandat,
- prononcé la clôture des opérations de
liquidation à compter du jour de ladite Assemblée. Radiation au RCS de Villefranche-Tarare
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 10 avril 2018 à 13 h 30 - EN UN SEUL LOT
APPARTEMENT de 28,50 M² à BAGNOLET (93)
4 rue Babeuf (Bât. D21)
Esc.3, au 3ème étage gauche comprenant : entrée, séjour avec coin cuisine,
SdB, WC - CAVE n° 22A2 au sous-sol
Mise à Prix : 30.000 € - Loué - (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Myriam CALESTROUPAT Avocat, SCPA CALESTROUPAT-THOMAS et
Associés, 8 ter bd. Henri Barbusse (93) MONTREUIL, Tél. 01.48.58.17.06, www.fgtavocats.com.
- A Maître Jacques PAPINEAU, Avocat au Barreau de Paris, 32 Bd Marbeau (75116) PARIS,
Tél. 01.44.17.95.96 - Au Greffe du Juge de l’Exécution du TGI de BOBIGNY où le cahier des
conditions de vente est déposé - Sur les lieux où une visite sera organisée, le mardi 27 mars
2018, de 9h30 à 10h30.
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114518)
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et consultez gratuitement les résultats ainsi que notre newsletter
sur le site
VLimmo.fr
144679B – LES ECHOS
PLUCAS FELIX FAURE
SARL Unipersonnelle au capital de
8000,00 €
51, Avenue Félix Faure, 69003 Lyon
531737096 RCS Lyon
Par décision de L’Associé Unique en
date du 27/02/2018 il a été décidé de la
dissolution anticipée de la société et sa
mise en liquidation amiable à compter du
27/02/2018, nommé en qualité de liquidateur M. Patrice LUCAS, 5 Rue Neuve,
69001 LYON et fixé le siège de liquidation et l’adresse de correspondance chez
le liquidateur M. Patrice LUCAS. Mention
en sera faite au RCS de Lyon
144715B – LES ECHOS
VEKA EXECUTIVE
MANAGEMENT
SARL Unipersonnelle au capital de
1500,00 €
29, route de Strasbourg, 69300 Caluire
818297814 RCS Lyon
Par décision de L’Associé Unique en
date du 28/02/2018 il a été décidé de la
dissolution anticipée de la société et sa
mise en liquidation amiable à compter du
28/02/2018, nommé en qualité de liquidateur Mlle Valerie de Kergorlay, 8, rue
de la Martinière, 69001 Lyon et fixé le
siège de liquidation et l’adresse de correspondance au siège de la société.
Mention en sera faite au RCS de Lyon
144723B – LES ECHOS
ECOGEF CONSEIL
SASU au capital de 100,00 €
119 RUE CHALLEMEL LACOUR
69008 LYON
820493856 RCS Lyon
Par décision de L’Associé Unique en
date du 28/02/2018 il a été décidé la dissolution anticipée de la société et sa mise
en liquidation amiable à compter du
28/02/2018, nommé en qualité de liquidateur M. Helmi HAMADI, 7 Rue du Clos
Fleuri, 69320 FEYZIN et fixé le siège de
liquidation et l’adresse de correspondance au siège de la société. Mention en
sera faite au RCS de Lyon
144724B – LES ECHOS
ECOGEF CONSEIL
SASU au capital de 100 €
119 Rue Challemel LACOUR
69008 Lyon
820493856 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
28/02/2018 l’associé unique a :
- approuvé les comptes définitifs de la liquidation,
- donné quitus au Liquidateur, M. HAMADI Helmi 7 Rue du Clos Fleuri, 69320
FEYZIN, pour sa gestion et décharge de
son mandat,
- prononcé la clôture des opérations de
liquidation à compter du jour de ladite Assemblée. Radiation au RCS de Lyon
144788A – LES ECHOS
SIGNATURE&CO
EURL au capital de 7 500 €
Siège social : 14 rue Professeur Deperet,
Lieudit "Bourg de Tassin"
69160 TASSIN LA DEMI LUNE
478 805 567 RCS LYON
Le 31/12/2017, l’associé unique a décidé
la dissolution anticipée de la société à
compter du 31/12/2017. M. Olivier GAUTHERON demeurant 18 Avenue de la
Paix à CHARBONNIERES LES BAINS
(69260) a été nommé liquidateur. Le
siège de liquidation a été fixé au 18 Avenue de la Paix à CHARBONNIERES LES
BAINS (69260), les correspondances sont à adresser à cette adresse. Modification au RCS de Lyon.
144789A – LES ECHOS
SIGNATURE&CO
EURL au capital de "7 500" euros
Siège social : 14 rue Professeur Deperet
Lieudit "Bourg de Tassin", 69160
TASSIN LA DEMI LUNE
478 805 567 RCS LYON
Le 31/12/2017, l’associé unique a approuvé les comptes de liquidation, a
donné quitus au liquidateur et a constaté
la clôture des opérations de liquidation,
à compter du 31/12/2017. Radiation au
RCS de Lyon.
144640A – LES ECHOS
En date du 12/02/2018, l’associé unique
a approuvé le projet de fusion par voie
d’absorption de la société SELAS MJLEX, SELAS Unipersonnelle au capital
de 142.900 euros, siège social : 9 Boulevard Mendès France – 42000 ST
Etienne, 521.953.430 RCS ST Etienne,
(Absorbée) par la société ACROCHE INVEST, SASU au capital de 1.000 €,
siège social : 33 rue de la République –
69002 Lyon, 832.376.693 RCS LYON
(absorbante). SELAS MJ-LEX a fait apport à la société absorbante, par voie de
fusion, de l’ensemble des éléments d’actif et de passif composant son patrimoine.
Actif apporté : 1.223.902 €, Passif pris en
charge : 156.834 € soit un actif net apporté égal à : 1.067.068 euros au
30/09/2017 et est rémunéré par l’attribution de 10.670 actions nouvelles de 100
euros de valeur nominale chacune, entièrement libérées, créées par la société
ACROCHE INVEST à titre d’une augmentation de son capital de
1.067.000 €. Il n’y a aucune prime de fusion, la valeur nette des biens apportés
et la valeur nominale des titres émis en
contrepartie étant équivalentes. Le capital de la sté ACROCHE INVEST est fixé
à 1.068.000 € ; Le transfert de propriété
est effectif à la date de réalisation définitive de la fusion soit auer12/02/2018 et
avec effet rétroactif au 1 octobre 2017
(date d’effet comptable et fiscal)
144673B – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans Les
Echos (Le Publicateur Légal – La Vie Judiciaire), le 17/01/2018, concernant la société CECILE PEINTURE DECORATION, lire CECILE DECORATION
UNIVERSELLE en lieu et place de CECILE PEINTURE DECORATION
144692A – LES ECHOS
Rectificatif à l’annonce parue dans Les
Echos Sociétés Région Sud le
13/09/2017, concernant la société
ACKSIOM
Il a lieu de lire : « 44 chemin Moulin Carron Les Arcadies Maison 29 » et modification de l’article « 4 »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
euronext
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
séAncE du 01 - 03 - 2018
CaC 40 : 5262,56 (-1,09 %) neXt 20 : 11247,57 (-0,59 %)
CaC larGe 60 : 5818,81 (-1,04 %)
CaC all-tradaBle : 4145,13 (-1,05 %)
Date De ProroGation : 26 mars
CAC 40
srD suite
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
12/05/17 1,05
a
fr0000120073
15/05/17 2,6
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
18/04/17 1,15
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
a
26/05/17 1,6
a
fr0000120628
05/05/17 1,16
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/17 2,7
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
03/05/17 1,6
a
fr0000125338
22/05/17 1,55
carreFour (ca) R
a
fr0000120172
21/06/17 0,7
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
29/05/17 0,6
a
fr0000120644
enGie (enGi) R
05/05/17 1,7
a
fr0010208488
11/10/17 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
KerinG (Ker) R
17/05/17 1,5
a
fr0000121485
l.V.m.H. (mc) R
15/01/18 2
a
fr0000121014
05/12/17 1,6
laFarGeHolcim (lhn)
a
ch0012214059
leGranD (lr) R
08/05/17 2
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
02/06/17 1,19
a
fr0000120321
micHelin (ml) R
28/04/17 3,3
a
fr0000121261
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
24/05/17 3,25
ouv
vol.
nb titres
47
2063815
289.335.970
102,8
1412714
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1760776
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28,11
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1.021.903.623
108,55
382544
105.404.283
25,795
8940154
2.425.235.751
65,11
3389069
1.248.859.386
41,53
744258
366.125.285
102,85
593539
168.483.742
18,12
11741814
774.677.811
14,1
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65,56
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64,3
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773820
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126,7
625618
179.520.987
clot
+ haut
+ bas
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101,4
97,1
98,79
96,14
27,715
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27,625
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106,9
25,79
25,945
25,46
64,71
65,2
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41,66
40,93
101,35
103
101,05
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18,3
17,35
14,035
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13,9
65,24
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12,94
12,65
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115,65
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391,9
383,8
244,1
246,45
241,65
47,82
48,56
47,33
63,44
64,48
63,16
173,3
176,95
172,75
124,25
127,55
124,1
% Veil
% mois
% 52 s.
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+ 0,83
+ 22,76
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+ 23,24
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+ 0,67
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- 5,85
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+ 15,8
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 7,12
48,38
42,1
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97,12
2,56
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99,97 28,60
81,33
1,39
+ 2,21
30,76
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45,98
39,86
3,9
+ 2,49
108,85
97,38
1,53
- 1,27
19,73
17,33
3,93
+ 1,7
15,54
13,385 4,28
- 6,73
71,78
63,23
2,61
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14,79 10,56
12,47
2,75
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115,65
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- 2,16
417,4
363,9
0,52
- 0,53
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232,5
0,66
+ 1,66
4
51,1
45,29
3,87
- 1,17
67,44
60,42
1,88
- 6,3
188,85
170,3
1,9
+ 3,93
130,85
117,4
2,62
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
fr0000133308
05/12/17 0,25
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a
fr0000120693
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20/11/17 1,08
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fr0000121501
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fr0000130577
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fr0000131906
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19/06/17 0,83
saint-GoBain (sGo) R
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sanoFi (san) R
12/06/17 1,26
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16/05/17 2,96
scHneiDer electric (su) R a
fr0000121972
08/05/17 2,04
société Générale (Gle) R a
fr0000130809
soDeXo (sW) R
31/05/17 2,2
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fr0000121220
solVaY (solb)
01/02/18 2,75
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16/01/18 0,97
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18/12/17 0,05
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total (fp) R
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fr0000120271
19/12/17 0,62
uniBail-roDamco (ul)
a
fr0000124711
04/07/17 5,1
Valeo (fr)
a
DiV 3 06/06/16
fr0013176526
30/05/17 1,25
Veolia enV. (vie) R
a
fr0000124141
Vinci (DG) R
24/04/17 0,8
a
fr0000125486
ViVenDi (viv) R
07/11/17 0,69
a
fr0000127771
02/05/17 0,4
ouv
vol.
nb titres
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7588935
2.660.056.599
134,65
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265.421.592
19,45
10170693
904.828.213
60,9
1970251
230.627.725
89,2
1564612
295.722.284
90,68
1091220
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46,525
3438869
553.557.091
64,94
2974078
1.254.019.904
71,38
1805007
596.916.242
46,83
3931493
807.917.739
100,6
400438
150.830.449
113
397113
105.876.416
18,74
2362484
911.117.920
23,93
1623464
465.181.069
46,63
6723051
2.536.077.520
191,1
404469
99.856.676
53,26
1536364
239.653.121
19,965
2638680
563.364.823
81
1634512
591.856.863
21,21
4582747
1.296.058.883
srD
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
aB science (ab) g
% Veil
% mois
% 52 s.
- 0,04
- 3,6
- 3,23
- 1,37
+ 3,54
+ 22,16
+ 4,49
+ 4,29
+ 5,65
- 3,42
+7
- 7,23
+ 0,58
+ 1,84
+ 4,17
- 2,13
- 0,49
+ 30,96
- 0,8
+ 0,1
+ 0,59
- 0,58
- 8,12
- 21,94
- 1,26
- 4,97
+ 8,29
- 1,15
- 0,14
+ 5,94
- 1,13
- 1,52
- 4,39
- 1,42
- 3,55
- 0,09
- 3,83
- 5,16
+ 23,38
- 1
- 9,42
- 24,15
- 1,19
- 1,38
- 2,81
- 0,73
- 6,09
- 12,42
- 1,8
-15,7
- 11,82
- 1,55
- 3,34
+ 24,59
- 1,65
- 7,11
+ 14,7
- 2,54
-11,57
+ 23,79
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 3,73
14,92
13,315
1,79
+ 0,91
136,25
120,05
0,81
+ 14,72
20,15
16,455 2,47
+ 5,77
63,18
52,88
3,09
+ 7,26
91,97
81,53
3,5
+ 3,55
92,36
81,04
0,93
+ 0,85
48,6
42,05
2,72
- 10,02
75,23
63,09
4,58
- 0,25
76,34
68,3
2,89
+ 8,2
47,505
42,73
4,72
- 10,79
113,05
95,36
2,75
- 3,8
7,98
120,65
13,97
108,25
- 0,58
0,23
20,7
79,65
16,935 0,27
- 8,16
28,71
23,14
+ 0,79
48,75
43,09
1,34
- 9,36 10,36
214,2
18,37
184,4
- 15,69
66,48
52,5
2,38
- 7,59
22,29
18,835 4,07
- 6,07
88,8
77,56
1,84
- 7,63
24,87
20,26
1,93
Valeurs françaIses
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
B 8,195
8,03
100125
8,21
40.789.901
8
B 7,16
7,14
39850
7,16
fr0004040608
20/07/17 0,25 58.051.067
7,1
aBiVaX (abvX) g
B 8,02
8,04
5296
8,19
fr0012333284
9.898.829
7,92
acantHe DeV. (acan) g
c 0,592
0,59
14936
0,594
fr0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,586
actia GrouP (ati) g
c 7,56
7,46
7894
7,56
fr0000076655
27/09/17 0,15 20.099.941
7,41
aDocia (aDoc) g
B 14,92
14,84
4199
14,96
fr0011184241
6.910.753
14,74
aéroPorts De Paris (aDp) G
a 165,8
163,6
75933
166
fr0010340141
06/12/17 0,7 98.960.602
162,7
air France-Klm (af) G
a 9,746
9,912
3640188
9,97
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
9,714
aKKa tecHnoloGies (aKa) g
B 56,1
54,9
23944
56,1
fr0004180537
30/06/17 0,6 20.291.990
54,3
alD (alD)
a 13,39
12,99
142569
13,45
fr0013258662
404.103.640
12,94
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 31,8
31,25
3778
32
fr0000053324
14/03/17 0,4 24.362.421
30,95
alstom (alo) LR
a 34,58
34,6
927491
34,89
fr0010220475
07/07/17 0,25 222.145.474
34,25
altamir (lta) g
B 14,98
15,1
16200
15,12
fr0000053837
24/05/17 0,65 36.512.301
14,78
altarea (alta) g
a 202
200
1763
202
fr0000033219
16/05/17 11,5 16.051.842
200
alten (ate) G
a 79,2
79,25
48852
80,15
fr0000071946
28/06/17 1 33.823.497
79
altran tecHnoloGies (alt) G a 14,89
14,33
602789
14,89
fr0000034639
09/05/17 0,24 175.800.265
14,28
amPlituDe surG. (ampli) g
3,61
3,55
35108
3,64
fr0012789667
46.929.852
3,52
amunDi (amun) G
a 66,9
64,6
eX-Ds 15/03/17
288902
67,48
fr0004125920
26/05/17 2,2 201.510.562
64,6
anF immoBilier (anf) g
B 22,3
21,9
oPa 16/11/17
2080
22,3
fr0000063091
06/06/17 1,15 19.009.271
21,9
aPril GrouP (apr)
B 14,4
14,45
432
14,5
fr0004037125
11/05/17 0,26 40.904.135
14,4
arcHos (JXr) g
c 1,122
1,376
8954091
1,418
fr0000182479
42.561.334
1,12
arKema (aKe) L
a 107,1
105,7
227876
107,75
fr0010313833
25/05/17 2,05 75.870.506
104,55
artPrice.com (prc) g
c 15,04
15,24
7845
15,28
fr0000074783
6.651.515
15,04
assYstem (asY) g
B 30,7
30,7
oPa 24/11/17
6094
31
fr0000074148
12/06/17 1 15.668.216
30,5
atari (ata)
c 0,662
0,668
3054144
0,678
fr0010478248
230.408.755
0,66
auBaY (aub) g
c 37,5
37,5
6184
37,6
fr0000063737
08/11/17 0,23 13.094.996
37,45
aurea (aure)
c 8,72
8,7
5714
8,76
fr0000039232
27/06/17 0,1 11.850.669
8,6
aVenir telecom (avt) g
c 0,429
0,418
2173338
0,431
fr0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,401
aXwaY soFtware (aXW) g
B 19,46
19,38
12114
19,48
fr0011040500
13/06/17 0,4 21.210.546
18,8
Bénéteau (ben)
a 19,24
18,48
108309
19,24
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
18,32
Bic (bb) G
a 86,05
85,75
76264
86,5
fr0000120966
22/05/17 3,45 46.615.862
85,3
BiGBen int. (biG) g
c 12,62
12,66
42548
12,76
fr0000074072
04/01/18 0,1 18.363.339
12,42
BiomérieuX (bim)
a 62,4
63,1
360310
63,2
fr0013280286
118.361.220
60,1
Boiron (boi) g
a 68,4
68,7
2294
68,8
fr0000061129
31/05/17 1,6 19.414.756
68,2
Bolloré (bol) G
a 4,62
4,516
2035623
4,638
fr0000039299
08/09/17 0,02 2.921.611.290
4,488
BonDuelle (bon) g
B 35
32,95
90471
35
fr0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
32,85
Bureau Veritas (bvi) L
a 21,46
21,3
1561055
21,88
fr0006174348
18/05/17 0,55 441.670.000
21,25
Burelle sa (bur)
a 1405
1400
123
1405
fr0000061137
06/06/17 11,5 1.853.315
1380
carmila (carm)
c 24,2
24,3
51829
24,5
fr0010828137
28/11/17 0,75 135.060.029
24,1
casino (co) LR
a 44,48
44,91
681398
45,07
fr0000125585
07/12/17 1,56 110.996.996
44,17
catana GrouP (catG) g
c 3,5
3,385
336609
3,51
fr0010193052
29.259.353
3,31
cGG (cGG) g
B 1,43
1,39
2969058
1,44
fr0013181864
201.310.139
1,372
cHarGeurs (cri) g
c 25,24
24,54
47928
25,24
fr0000130692
13/09/17 0,25 23.330.597
24,42
cHristian Dior (cDi)
a 304,6
306,2
eX D oP 08/06/17
21031
308,1
fr0000130403
05/12/17 1,6 180.507.516
303,5
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
clot
+ haut
+ bas
13,935
13,99
13,805
133,15
135,3
132,4
19,45
20,15
19,08
59,92
60,9
58,26
90
90,54
89
88,96
90,7
88,84
46,37
46,91
46,18
64,65
65,26
64,32
70,68
71,52
70,44
46,58
47
46,11
99,96
101,2
99,16
111,5
113,55
111,05
18,1
18,78
17,915
23,74
23,93
23,53
46,41
46,83
46,12
190,35
192,3
188,95
52,5
53,34
52,5
19,66
20,01
19,66
79,98
81,68
79,94
20,71
21,28
20,7
- 2,01
- 8,75
- 44,47
- 0,14
+ 7,21
+ 6,25
+ 0,13
- 8,84
+ 37,44
- 1,01
-28,4
- 3,28
- 0,93
- 4,73
- 16,83
- 0,94
- 7,71
- 20,85
- 1,45
- 2,33
+ 50,09
+ 1,39
-20,19
+ 42,87
- 1,96
+ 8,93
+ 51,24
- 3,13
- 9,79
- 9,16
- 1,26
- 9,02
+ 62,85
- 0,14
- 1,23
+ 34,92
+ 0,8
- 3,82
+ 14,57
- 0,5
- 1,96
+ 13,83
+ 0,06
- 3,18
+ 20,73
- 4,02
- 4,28
- 4,4
- 2,47
- 2,74
- 8,74
- 3,81
-15,4
+ 18,99
- 3,72
11,15
7,9
+ 13,69
7,17
6,27
- 6,84
9,74
7,54
- 31,4
0,87
0,562
+ 6,88
8,09
7,01
+ 3,41
18,3
14,36
+ 3,22
175
156
- 27,01
14,51
9,638
+ 18,57
58,6
46,2
+ 0,58
14,8
12,6
- 4,38
36,1
29,05
- 0,01
37,37
32,79
- 0,92
16,1
14,3
- 3,89
216,5
184,2
+ 13,85
84,5
69,5
+ 3,17
15,2
13,57
+ 0,28
4,14
2,94
- 8,56
77,66
64,6
+ 0,37
+ 4,53 23,7
+ 4,99 19,7
- 1,7
- 9,69 16,4
+ 15,6
14,4
+ 18,62 +111,69
+77,09
1,47
+ 10,97
0,65
- 1,63 + 4,09
+ 3,02 109,8
+ 13,89 94,82
+ 1,33 - 9,55
- 8,85 17,88
+ 19,53 14,42
+ 2,61
+ 2,33 31,15
+ 2,74 28
+ 85,56
+23,02
0,948
+234
0,367
- 0,4 + 8,38
38,45
+ 42,48 33,55
+ 0,93 + 1,05
- 3,33
9,3
+ 31,62
7,8
- 1,42 + 99,05
+40,27
0,477
+364,44
0,21
- 1,12 - 15
-14,63 23,1
- 38,44 18,8
- 3,95 - 7,35
-12,83 23,2
+ 57,28 18,26
- 0,46 - 6,45
+ 2,57 99,05
- 27,21 80,5
+ 0,32 - 8,19
+ 3,26 16,2
+114,58
11
- 0,16 - 15,52
-14,38 79,8
+ 29,85 59
+ 0,29 - 8,22
- 2,97 78,5
- 21,93 66,3
- 2,8 - 0,27
- 1,57
4,798
+ 27,39
4,244
- 8,35 - 25,24
-26,29 47,8
+ 25,86 32,85
- 0,98 - 6,54
- 9,36 24,28
+ 17,87 21,2
- 0,36 + 10,24
+ 1,08 1405
+ 32,2 1255
+ 1,67 + 4,67
24,75
+ 1,63 22,4
+ 0,65 - 11,17
- 4,16 53,48
- 11,23 43,83
- 3,84 + 6,45
- 4,78
3,79
+271,98
2,83
- 2,39 - 9,02
-51,53
4,1
- 61,33
1,372
- 2,77 - 3,04
- 8,3
28,64
+ 22,52 23,4
+ 0,1 + 0,54
- 1,23 319
+ 49,29 291,6
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
cie Du camBoDGe (cbDG)
2,01
1,19
1,09
1,28
0,72
4,31
1,26
1,68
3,41
1,8
1,94
3,26
0,61
1,15
2,06
1,35
4,02
0,79
2,33
0,44
1,37
2,58
0,82
3,47
1,02
0,52
a
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
/060218
12/06/17 48 559.735
c 1,027
1,011
2854900
1,036
fr0004026714
393.443.788
1,009
cnP assurances (cnp) GR
a 19,98
20,04
469693
20,1
fr0000120222
20/04/17 0,8 686.618.477
19,7
coFace (cofa) g
a 9,55
9,55
106603
9,64
fr0010667147
22/05/17 0,13 157.248.232
9,47
colas (re)
a 181,2
178,2
614
182
fr0000121634
27/04/17 2,75 32.654.499
177,2
Dassault aV. (am) G
a 1436
1419
7521
1436
fr0000121725
29/05/17 12,1 8.311.921
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104,8
339979
106,2
fr0000130650
30/05/17 0,53 260.487.147
104,15
DBV tecHnoloGies (Dbv) G
B 34,64
34,54
111417
35,22
fr0010417345
24.990.822
34,02
DericHeBourG (DbG) g
B 7,41
7,375
277005
7,455
fr0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
7,32
DeVoteam (Dvt) g
c 79,1
79
1933
79,4
fr0000073793
29/06/17 0,6 8.332.407
78,2
Dir. enerGie (Dir)
35,8
34,56
59028
37,5
fr0004191674
02/06/17 0,25 45.224.132
34,44
DnXcorP (DnX) g
c 6,1
6,14
707
6,14
fr0010436584
10/07/17 0,37 2.834.575
6,1
eDenreD (eDen) G
a 28,82
28,43
498651
28,95
fr0010908533
12/05/17 0,31 235.402.740
28,14
eDF (eDf) LR
a 10,66
10,58
eX-Ds 7/03/17
2071618
10,705
fr0010242511
16/11/17 0,15 2.927.438.804 10,525
eiFFaGe (fGr) LR
a 89
89,74
554228
91,42
fr0000130452
15/05/17 1,5 98.003.766
88,76
eKinoPs (eKi) g
4,255
4,28
7530
4,29
fr0011466069
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4,25
elior (elior) G
a 17,92
18,01
243848
18,05
fr0011950732
10/04/17 0,42 172.289.164
17,71
elis (elis) G
a 21
20,72
597330
21,02
fr0012435121
29/05/17 0,37 219.370.207
20,52
eos imaGinG (eosi)
c 5,6
5,57
14412
5,6
fr0011191766
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eramet (era) Gg
a 129
127,1
95788
131,7
fr0000131757
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erYtecH PHarma (erYp) g
B 17,48
17
17351
17,48
fr0011471135
17.934.559
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esi GrouP (esi) g
c 43,05
44,5
6086
45,4
fr0004110310
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42,45
eurazeo (rf) G
a 78,25
77,15
110572
78,4
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16/05/17 1,2 72.315.130
77
euro ressources (eur)
c 3,52
3,5
3384
3,55
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3,5
euroFins scientiFic (erf) G
a 462,2
462
23873
465,6
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458
euroPcar GrouPe (eucar) G
a 11
10,51
1621306
11,1
fr0012789949
29/05/17 0,41 161.030.883
10,45
eurotunnel (GrouPe) (Get) LR a 10,56
10,44
1166470
10,595
fr0010533075
24/05/17 0,26 550.000.000
10,36
eutelsat com. (etl) LG
a 19,175
18,95
983576
19,19
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
18,455
eXel inDustries (eXe) g
B 118,5
119
48
119
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
118,5
Faurecia (eo) G
a 69,22
66,36
669557
69,26
fr0000121147
02/06/17 0,9 138.035.801
66,14
FFP (ffp) g
a 101,8
101,4
103
18962
fr0000064784
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101
FiGeac aero (fGa) g
B 17,02
16,9
20041
17,08
fr0011665280
31.839.473
16,44
Fin. oDet (oDet)
a 1060
1080
268
1080
fr0000062234
12/06/17 1 6.585.990
1060
Fnac DartY (fnac)
a 92,2
91,25
37249
92,25
fr0011476928
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90,15
Foncière Des murs (fmu)
a 28,2
28,2
1086
28,4
fr0000060303
18/04/17 1,55 106.252.098
28,2
Foncière Des réGions (fDr) G a 86
85,65
130034
86,75
fr0000064578
17/05/17 4,4 74.863.035
85
Foncière lYonnaise (flY)
a 59,8
60
703
60
fr0000033409
05/05/17 1,05 46.528.974
59,8
FromaGeries Bel (fbel)
a 486
496
22
496
fr0000121857
17/05/17 9,75 6.872.335
486
Futuren (ftrn)
c 1,13
1,13
n/P reGr.
113391
1,135
fr0011284991
277.134.987
1,125
Geci international (Gecp) g
c 0,231
0,227
1200539
0,234
fr0000079634
01/10/01 0,1 108.912.756
0,226
Gecina (Gfc) G
a 144
144,1
147144
145,2
fr0010040865
05/07/17 2,6 75.363.444
144
Gemalto (Gto) L
a 49,4
49,49
517630
49,49
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.423.814
49,27
GenFit (Gnft) G
B 23
22,52
202471
23,1
fr0004163111
31.166.437
22,42
GensiGHt (siGht)
c 7,08
7,04
17526
7,2
fr0013183985
24.234.223
6,98
fr0000079659
claranoVa (cla) g
2,8
ouv
vol.
nb titres
+ 2,24
- 0,68 7550
+ 4,29 7250
- 2,41 +106,33
- 7,92
1,223
+168,88
0,491
+ 0,2 + 4,08
- 4,48 21,4
+ 11,71
19,02
- 0,21 + 7,13
+ 6,58
9,79
+ 37,41
8,18
- 0,22 - 1,82
- 2,41 189,4
+ 14,97 173,8
- 0,56 + 9,33
+ 5,9 1442
+ 30,05 1267
- 1,37 + 18,3
+ 5,86 106,25
+ 36,05 87,52
- 0,17 - 17,56
- 6,14 47,38
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- 8,5
9,18
+ 67,46
7,15
+ 0,64 + 5,54
- 0,75 82,8
+ 26,58 72,5
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+ 0,33 - 1,76
- 1,29
6,8
+ 8,67
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- 1,73 + 17,58
+ 8,76 29,15
+ 32,88 23,74
- 1,17 + 1,54
- 4,56
11,44
+ 22,75
9,832
+ 0,72 - 1,75
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+ 30,76 87
+ 0,59 - 8,55
- 9,13
5,49
- 35,46
4,15
- 0,06 + 4,56
- 3,02 19,71
- 16,17
17,07
- 1,71 - 9,97
- 5,82 23,94
+ 17,46 20,08
- 0,54 + 16,53
+ 7,32
5,92
+ 22,69
4,75
- 1,78 + 28,34
+10,81 131,7
+140,86 98,2
- 1,73 - 8,11
- 7,96 19,57
+ 15,1
16,01
+ 3,37 - 4,3
+ 5,33 47
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- 1,66 + 0,19
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+ 4,17
3,61
- 7,65
3,14
- 0,35 - 8,98
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+ 12,9 458
- 8,05 + 2,54
- 5,91
11,78
+ 5
9,925
- 1,18 - 2,61
- 7,16
11,345
+ 18,85 10,11
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+ 5,02 19,845
+ 0,69 16,19
+ 0,42 + 2,59
+ 1,71 125,5
+ 57,3
113
- 4,22 + 1,89
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+ 57,27 63,72
+ 1,4 + 1,1
- 3,8 106,2
+ 20,56 94,9
- 0,59 - 10,53
- 6,63 19,5
- 17,88 16,06
- 0,92 + 9,54
+ 2,86 1090
+ 40,28 950
- 1,03 - 9,38
- 2,41 106,6
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- 1,47
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+ 4,64 27,7
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-3
94,6
+ 9,79 84,6
+ 9,87
+ 1,69 63,4
+ 25,5
54,4
+ 2,06 + 1,23
+ 2,06 505
- 3,69 476
1,14
+ 28,41
1,125
- 1,73 +152,22
- 1,73
0,32
- 33,24
0,09
- 6,37
- 7,98 161,9
+ 22,85 143
+ 0,26 - 0,02
- 0,36 49,95
- 12,33 49,27
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-18,76 28,28
+ 5,78 22,42
+ 0,57 + 13,92
+ 2,33
7,34
- 5,63
5,5
0,66
3,99
1,36
1,54
0,85
0,51
1,9
0,76
0,72
7
2,18
1,42
1,67
2,33
1,79
1,56
4,29
0,43
3,88
2,49
6,39
1,33
1,36
1,78
0,09
1,97
4,21
11,75
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
Genticel (Gtcl) g
Valeurs françaIses
ouv
clot
% Veil % an
bpa
vol.
+ haut % mois + haut an per
nb titres
+ bas % 52 s. + bas an rDt
1,668
1,648 - 0,72 - 0,72
203008
1,7
- 9,65
2,08
fr0011790542
77.850.006
1,63
- 23,7
1,63
Gl eVents (Glo) g
B 25,35
25,2
- 0,2 + 2,86
4005
25,4
- 8,2
27,9
fr0000066672
30/06/17 0,65 23.402.711
25,15
+ 38,84 24,2
2,58
GrouPe crit (cen) g
74,7
- 0,67 + 2,64
B 75,2
2375
75,5
- 1,84 79,3
fr0000036675
28/06/17 0,4 11.250.000
74,3
- 2,12
72
0,54
GrouPe Flo (flo) g
c 0,269
0,272 + 0,74 + 4,62
eX D s 13/06/17
305719
0,272
- 0,37
0,34
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,267 - 75,05
0,23
GrouPe GorGé (Goe) g
B 17,1
16,66
- 2,35 + 6,32
4921
17,1
- 7,44 19,04
fr0000062671
26/06/15 0,32 13.502.843
16,56
- 16,66 15,86
GrouPe lDlc (lDl) g
c 18,1
18,08
- 9,55
nom.
1603
18,32
- 0,22 22,2
18
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
- 40,92 16,38
GrouPe PartoucHe (parp)
33,8
33,3
- 1,48 - 1,45
reGr.
546
33,8
- 7,24 36,5
fr0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
33,3
- 8,06 32
0,93
Gtt (Gtt) Gg
a 52,3
52,3
- 0,48 + 4,39
66012
53,1
- 6,19 60,15
fr0011726835
27/09/17 1,33 37.028.800
51,85
+ 51,59 49,84
2,54
Haulotte GrouP (piG)
B 18,68
18,5
- 1,49 + 14,69
18727
18,86
- 1,6
19,68
fr0000066755
05/07/17 0,22 31.371.274
18,16
+ 36,63 16,18
1,19
Hermès international (rms) LRa 442,2
441,6
- 0,11 - 1,04
52926
445,6
- 0,94 451,7
fr0000052292
20/02/18 1,5 105.569.412
438,6
+ 5,61 417,9
0,34
HiGH co (hco) g
c 4,625
4,6
- 0,43 - 6,12
1841
4,64
-10,33
5,43
fr0000054231
02/06/17 0,12 22.421.332
4,6
- 30,51
4,3
2,61
HuBwoo (hbW) g
c 0,2
0,2
+ 25
277805
0,202 +25
0,204
fr0004052561
136.345.527
0,2
+ 66,67
0,2
icaDe (icaD) G
a 79,8
79,15
- 0,5 - 3,39
75361
80,1
- 8,97 88,65
fr0000035081
25/04/17 4 74.111.186
79,1
+ 17,09 79,1
iD loGistic (iDl) g
B 138
140,2
+ 1,59 + 3,7
2532
140,8
+ 4,01 148
fr0010929125
5.593.975
137,8
- 1,79 120
iliaD (ilD) LR
a 192,3
192,35
- 0,29 - 3,7
113089
192,8
- 8,23 214,4
fr0004035913
21/06/17 0,44 58.946.268
189,4
- 2,56 189,4
0,23
imerYs (nK) G
a 83,85
82,45
- 1,61 + 4,98
105860
84
- 5,72 87,8
fr0000120859
09/05/17 1,87 79.604.285
82,35
+ 5,71
77,55
2,27
inGenico GrouP (inG) LR
a 71,58
70,14
- 1,93 - 21,2
559836
72,96
-24,82 94,34
fr0000125346
17/05/17 1,5 62.363.114
69,8
- 17,29 69,8
2,14
innate PHarma (iph) g
B 5,6
5,57 + 0,18 + 17,26
114346
5,6
- 3,55
5,94
fr0010331421
57.455.122
5,475 - 45,82
4,714
insiDe secure (insD)
c 2,835
2,77
- 1,25 - 5,78
74267
2,835
- 7,67
3,12
fr0010291245
43.200.393
2,725 - 10,93
2,54
inter ParFums (itp) g
B 35,15
35,05
- 0,28 + 1,45
14654
35,15
- 6,41 38,5
fr0004024222
05/05/17 0,55 39.059.662
35
+ 34,9
33,8
1,57
iPsen (ipn) G
a 121
120,2
- 0,54 + 20,72
128328
122,15
+ 5,76 124,6
fr0010259150
09/06/17 0,85 83.731.547
119,4
+ 38,64 99
0,71
iPsos (ips) G
a 31,64
32
+ 1,52 + 4,23
77287
32,14
- 0,31 34,5
fr0000073298
03/07/17 0,85 44.436.235
31,4
+ 3,93 29,48
2,66
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 29,7
29,15
- 2,18 + 6
7101
29,7
- 1,52 32
fr0000033904
05/07/17 0,5 24.028.438
29,1
+ 34,39 26,7
1,72
JcDecauX (Dec) G
a 31,84
31,16
- 2,5 - 7,28
273546
31,94
-10,61 36,9
fr0000077919
16/05/17 0,56 212.558.386
30,9
+ 1,47 30,9
1,8
KauFman & BroaD (Kof)
B 42,2
41,64
- 1,7 + 5,07
42385
42,2
- 3,97 44,58
fr0004007813
16/05/17 1,85 21.073.535
41,38
+ 16,8
39,34
4,44
KlePierre (li) LR
a 33,94
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- 0,21 - 7,65
783379
34,23
- 5,39 38,58
fr0000121964
21/04/17 1,82 314.356.063
33,71
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Korian (Kori)
a 26,8
26,6
- 1,04 - 9,66
137972
26,88
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fr0010386334
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laGarDère (mmb) G
a 24,16
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fr0000130213
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c 4,895
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215604
4,935
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fr0000032278
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c 61,1
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62
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61
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le noBle aGe (lna) g
B 57,9
58,9
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13694
58,9
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fr0004170017
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57,4
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lectra (lss)
B 23,15
23
- 0,86 - 8,55
20059
23,3
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fr0000065484
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23
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lineData sVices (lin) g
B 36,85
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37
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lisi (fii) g
a 36,55
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a 23,3
23
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B 34,84
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fr0013153541
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20084
8,89
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fr0000060873
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c 2,985
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fr0010609263
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a 16,06
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a 51,35
51,35
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B 8,9
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fr0000121691
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fr0000052680
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7,67
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52,5
52,5
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52,5
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fr0012882389
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2954
41
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fr0000073041
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c 3,14
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29080
3,14
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fr0011950641
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PlastiValoire (pvl)
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DiV 8 02/05/17
19543
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fr0013252186
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PsB inDust. (psb)
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B
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c.D.V. nom.
fr0000045619
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Autres Valeurs de la Zone euro
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52
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41,7
29,5
La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
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c
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abbvie
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
coca cola enter.
diageo
lilly and co
forestière eq.
gds rusal
geneurog
hexcel
infosys
65
64,5
64,5
12
101
117
126,5
126,5
126,5
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60
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3,52
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27,89
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c
800
+ 3,64
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- 1,87
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b 7
7
6,86
3036
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c
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veille
en %
var.
année
en %
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01-03-2018
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eur
usd
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01-03-2018
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investir 10
igs10 - Fr0011630474
a
151.7 -1.480712
LA BOURSE
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6 mois
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01-03-2018
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58
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c
b
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c
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01-03-2018
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achat
veNte
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achat
veNte
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veNte
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veNte
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achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
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taux
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-0,60
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moy.
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fév. 18
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the
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-0,37
-0,328
-0,328
-0,328
-0,327
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,329
-0,329
-0,329
-0,329
-0,329
-0,329
-0,329
-0,329
-0,328
-0,328
-0,328
-0,329
-0,329
-0,329
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,327
0,75
0,79
0,79
0,80
0,88
0,89
0,88
0,93
0,93
0,89
0,88
0,93
0,92
0,96
0,93
0,92
0,97
0,94
0,94
0,95
0,92
0,93
0,91
0,89
0,90
0,89
0,85
thor.
pub.
priv.
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,22
1,22
1,22
1,22
1,22
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,22
1,22
1,22
1,22
1,22
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
2,64
112
39,2
38,4 - 0,78
0,047- 0,42
431
234
243511
34,97
4,12
16,85 - 3,16
25,4
1022
105
47
24
136
+ 1,87
101,5 - 1,93
3,06 + 0,33
2,78 - 2,63
60
7,94 + 0,51
43,6 + 0,93
22,4 + 6,67
1,9 + 11,11
35,65 - 0,14
26,2 + 6,5
3,15
1
611
196
3108
16332
212
659
236
2118
1100
9251
6607
4905
0,91
61,8 - 4,19
3,9 - 1,02
0,348
41,7 - 0,71
9,2 - 0,65
14 + 0,72
8,18 - 0,24
45,2 - 0,44
136
- 2,16
47,5
11005
16511
1
355
979
1419
531
943
254
406
1,04
70
- 4,76
56
+ 0,54
6,58 + 6,13
434
155
1797
13674
70
2,3
6,02
12,6
3,72
6,82
9,28
7,84
- 0,33
- 0,29
+ 1,75
- 0,76
1156
3145
102
551
2626
8488
- 1,57
1972
38,8 - 0,51
97
+ 0,62
1695
395
0,03
37,6
25
2,26
195
132
2,4
52,4 - 0,76
1,405- 1,4
21,1 - 0,94
127
3895
476
545
92,2 - 1,07
3,475 - 1,14
5
- 2,72
2,09 + 4,5
0,415
14,4 + 2,49
2,28 - 1,72
888
87509
26554
2371
18954
3293
9248
MaTières preMières
MéTaux précieux
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
produiTs péTroLiers
sucre
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
01/03
28/02
COURS PriMe Prec.
lingot
34200
0
34700
10 florins
210
1,49
210
5 dollars*
310
20,54
310
10 dollars
588
14,32
588
20 dollars
1150
11,75
1169
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1299
1,29
1320
latine
202
1,73
202
napoleon
207,8
4,65
205
1/2 napoleon*
115,9
16,74
115,9
souverain eli i* 268
7,05
259,9
souverain
258
3,06
262,9
1/2 souverain* 139
11,05
139
suisse
202,4
1,93
200,1
tunisienne*
204
2,74
204
mark*
260
6,18
260
krugerrand
1125
5,76 1139,25
lingotin 500grs 17820
4,21
17500
lingotin 250grs 8910
4,21
8990
lingotin 100grs 3580
4,68
3600
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
516,6
518,91
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
549,5
london daily price:
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
26 924
27 610
Fix2
26 676
27 377
cathodes : 5803 a coMPter du 01/03/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
660,99 dePuis le 01/03
base laMiNé laitoN 1 titre 570,38 dePuis le 01/03
base laMiNé laitoN 70/30
578,61 dePuis le 01/03
base laMiNé laitoN 85/15
619,8 dePuis le 01/03
base laMiNé broNze 94/6
753,09 dePuis le 01/03
base laMiNé broNze 94/4
722,39 dePuis le 01/03
London MeTaL exchange
01/03
28/02
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1820-1830
1830-1840
12800
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2158-2158,5
2137-2138
1324475
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKeT
01/03
28/02
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 620
1 632
etain (en $ par tonne)
1 318
palladium (eN dollars Par oNce troy)
1 049
1 061
platine (eN dollars Par oNce troy)
981
996
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
01/03
Mars 18
16,26
Mai 18
16,28
Juil. 18
16,37
sePt. 18
16,46
déc. 18
16,59
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
28/02
16,33
16,42
16,52
16,6
16,77
settleMeNt
01/03
avr. 18
1305,2
aout 18
1316,8
déc. 18
1328,7
avr. 19
1341,3
déc. 19
1367,6
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
avr. 18
Juil. 18
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
01/03
957,8
962,8
968,3
973,3
974,5
28/02
1319,4
1331,4
1342,6
1355,5
1382
settleMeNt
28/02
985,4
990,5
996,3
1005
0
2171,5-2172,5
2146-2147
1318375
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
25 657
25 821
Fix2
25 568
25 747
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 308
1845-1855
1855-1865
12800
cash
3 Mois
vol.
6952-6953
6988-6989
330800
21765-21775
21625-21645
1795
7027-7028
7065-7068
330425
cash
3 Mois
vol.
13795-13800
13830-13840
335280
2529,5-2530,5
2532-2534
125800
13875-13885
13900-13950
335586
01/03
base Mar 18 50,65
base Jul 18 42,29
PoiNte Mar 18 53,37
PoiNte Jul 18 46,01
clôture
2577,5-2578,5
2578-2580
112875
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
3498-3498,5
3457-3459
134475
3545-3547
3512-3513
135800
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
avr. 18
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
01/03
3,11
3,12
3,13
3,14
clôture
01/03
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
21730-21750
21640-21650
1785
nickel (en $ par tonne)
28/02
3,11
3,13
3,14
3,15
vol
283
108289
73
8834
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
01/03
21550
28/02
21700
vol
clôture
28/02
40,69
46,28
vol
364004
192492
clôture
28/02
50,65
42,09
53,37
45,93
vol
clôture
01/03
28/02
Jour
63,83
65,76
Fév. 18
66,72
66,57
Mars 18 69,05
69,06
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
clôture
Mars 18
avr. 18
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
01/03
61,68
60,99
60,8
60,44
59,98
28/02
61,68
61,65
61,48
61,15
60,68
374,5
347
379,5
351,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
77,25
74,72
394
363,5
78,8
78,09
402
371,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
sPot
01/03
9,92
clôture
28/02
9,99
vol
28/02
22
22,55
23
gaz naTureL
avr. 18
JuiN 18
Juil. 18
01/03
2,7
2,77
2,81
clôture
vol
28/02
2,67
2,73
2,78
clôture
28/02
36,99
vol
vol
19706
500
61
5
settleMeNt settleMeNt
01/03
avril 2018 17,91
Mai 2018 17,63
JuiN 2018 17,57
28/02
18,58
18,09
17,75
Mars 18
Mai 18
Juil. 18
clôture
clôture
01/03
28/02
Mars 18 1602
1574
Mai 18
1610
1581
Juil. 18
1627
1599
déc. 18
1645
1616
Mars 19 1649
1623
new york (eN $ Par toNNe)
vol
6308
16109
8834
6284
7333
Mars 18
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
01/03
2250
2264
2306
2317
2329
28/02
2210
2213
2251
2263
2280
vol
5
29558
4605
4305
831
clôture
clôture
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
12
27289
9835
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
01/03
123,95
128,1
131,3
134,55
28/02
122,1
126,35
129,6
132,9
vol
29207
5152
4715
1267
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
01/03
28/02
Mars 18 12,46
12,41
Mai 18
12,52
12,53
Juil. 18
12,62
12,61
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
settleMeNt settleMeNt
Jou r
01/03
28/02
112,45
115,7
vol
112.45
24
526
38
settleMeNt settleMeNt
vol
14
638
52
settleMeNt settleMeNt
01/03
139,7
142,5
142,5
vol
28/02
138
142,3
142,3
250
250
veau vivaNt - bresil - brl :
145.5
le 28/02//18
betail vivaNt - cMe - usd : 1.23325
le 28/02//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.4505
le 28/02//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.66975
le 28/02//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indices
01/03
rJ crb
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
28/02
516,1
501,7
489,2
settleMeNt settleMeNt
BeTaiLs
01/03
28/02
Mars 18 1807
1754
298
Mai 18
1768
1720
13251
Juil. 18
1794
1751
5979
Nov. 18
1798
1759
201
JaNv. 19 1803
1769
133
new york-arabica (en cents par lb)
193
735
149
01/03
28/02
Mars 18 378,25
374
8440
Mai 18
386,25
381,25
270587
Juil. 18
393,5
388,75
142805
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
londres-robusta (en $ par tonne)
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
vol
vol
jus d’orange
01/03
513
491,7
479,2
settleMeNt settleMeNt
01/03
28/02
Mars 18 155
156
JuiN 18
163,25
163,25
aout 18 169,5
169
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Mars 18
Mai 18
Mai 18
Bois
Mars 18
Mai 18
Juil. 18
vol
caFé
new york (cont. n°2 - cents par lb)
28/02
81,75
82,88
83,27
94928
42851
25422
11891
settleMeNt settleMeNt
01/03
28/02
Mars 18 505,5
484,5
1
Mai 18
515,5
495
536
sePt. 18
541,75
521,25
20
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 113.4
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
coTon
settleMeNt settleMeNt
28/02
13,49
13,35
13,46
13,78
14,55
vol
vol
iNdice cotlook a : 91,7, le 01/03//18
01/03
82,57
81,81
82,11
01/03
13,48
13,71
13,82
14,11
14,83
vol
settleMeNt settleMeNt
01/03
28/02
Mars 18 167,25
167
10123
Mai 18
168,75
168,5
39988
sePt. 18
173,25
172,25
9326
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
01/03
28/02
Mars 18 268
267,25
Mai 18
273,25
270
Juil. 18
276
274
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
powernext gas futures
vol
Mars 18
Mai 18
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
clôture
vol
11810
3259
693
156
56
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 27/02/
Prix indicatif : 2229,72
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
01/03
22
22,55
23
clôture
cacao
uraniuM
Mars 18
aout 18
déc. 18
clôture
01/03
28/02
Mai 18
368,1
361,2
aout 18 365
358,5
oct. 18
368,3
361,6
déc. 18
374,2
367,2
Mars 19 380,3
375,3
new york (eN ceNts Par lb)
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
vol
uranium nymex (en $ par lb)
clôture
01/03
28/02
Mai 18
563,25
574,25
83050
JuiN 18
561,5
572
64458
Juil. 18
560,5
570,75
25618
Nov. 18
556,25
566
2280
Fév. 19
551,75
566,25
1244
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
01/03
Nord da 43,04
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
londres (eN dollars Par toNNe)
566
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
KuaLa LuMpur
28/02
01/03
antimoine 99,65% (par tonne)
8600
8600
bismuth 99,99% (par lb)
5,2
5,2
cadmium 99,95% (par lb)
1,38
1,38
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
38,5
38,5
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,75
7,75
ferro manganese (hc) (par tonne)
1125
1125
ferro molybdene (par kg)
30,25
30,25
germanium (par kg)
1700
1700
selenium 99,50% (par lb)
21
21
silicium (par tonne)
2350
2350
céréaLes
13,61 cts/lb
197,54
28/02
197,53
reuters coM. 2353,21
2367,18
Moodys coM. 6147,43
6137,25
or iNdustriel 34849
35004
lMex
3377,6
3339,7
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHÉS
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
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val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
92,11 01/03
LU0340554913 Pictet-digital
294,12 01/03
LU0255798109 Pictet-emerg lc debt
176,17 01/03
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
383,11 01/03
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
661,73 01/03
LU0128490280 Pictet-eur bonds
548,55 01/03
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
251,92 01/03
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
296,93 28/02
LU0128467544 Pictet-global emerg.debt
372,65 01/03
LU0090689299 Pictet-biotech
721,62 01/03
LU0168449691 Pictet-greater china
629,36 01/03
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0188501257 Pictet-health
252,06 01/03
LU0070964530 Pictet-indian eq.
553,19 01/03
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15549,3
01/03
LU0217139020 Pictet-Premium brands
151,16 01/03
LU1279334210 Pictet-robotics
135,94 01/03
LU0338483075 Pictet-russian equities
61,52 01/03
LU0256846139 Pictet-security
233,97 01/03
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1225,23 01/03
LU0104884860 Pictet-Water
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
284,7
01/03
code isin
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
112,23 28/02
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
196,37 28/02
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
451,44 28/02
LU1048876350 ram (l) sf gb shldr yld eq
132,02 28/02
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
121,54 23/02
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
154,51 28/02
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
302,01 28/02
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
149,04 28/02
LU0419186167 ram (l) tf gb bd tot ret
144,67 28/02
LU0935723782 ram (l) tf ii asia bd tot ret
141,63 28/02
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Nicolas
Jean-Jean,
le sens
de l’étiquette
chez Avery Europe
C’est un retour à Londres pour Nicolas JeanJean, fraîchement nommé directeur Europe de
l’Ouest d’Avery, leader mondial de l’étiquette
adhésive. Il a traversé la Manche, quittant Lyon,
où il était, depuis fin 2013, directeur général
d’Avery France et Benelux, filiale du canadien
CCL. Mais le dirigeant de 42 ans, marié à une Britannique et père de trois petites filles de 9, 7 et
5 ans, connaît déjà l’Angleterre… pour y avoir été
un sportif de haut niveau. Lyonnais, ou presque,
du côté de Tarare, il a joué, entre 1999 et 2003,
comme son père et son frère avant lui, en équipe
de France de hockey sur gazon.
Licencié dès l’âge de 5 ans au FC Lyon Hockey,
dont il était à la fois le libero et l’entraîneur à
25 ans, il a mené ses études (un DEUG administration économique et sociale et un DESS de
management) parallèlement à la compétition,
avec un détour par le Racing Club de France
l’année de sa maîtrise. Sa passion pour la crosse
et le gazon l’a conduit outre-Manche dès 2004
pour jouer dans le club professionnel de Teddington, au sud de Londres. « Pro, mais rien à voir
avec les salaires de footballeurs », sourit-il. Il gagne
donc sa vie en prospectant le marché français
pour Golfbreaks.com, une start-up (devenue
grande) spécialisée dans les séjours de golf. Un an
ORGANISATION
PFA
Marc Mortureux
a été nommé directeur général
de la Plateforme automobile,
par Luc Chatel, son président.
Marc Mortureux, 57 ans, ancien
élève de l’Ecole polytechnique et
ingénieur des Mines, a débuté à la
Drire d’Ile-de-France avant de
rejoindre, en 1989, le ministère de
l’Industrie, où il a notamment été
délégué interministériel aux nor-
Avery
par Léa Delpont
@LeaDelpont
plus tard, il intègre un autre club londonien,
Hampstead & Westminster, cumulant les entraînements avec un petit boulot chez un caviste,
séduit par la French Touch de ce natif du Beaujolais. Mais il décroche bientôt un job plus sérieux :
comptable chez BP Chemicals, puis contrôleur
de gestion chez Chevron. Une petite annonce
parue en France mais rédigée en anglais lui
ouvre la porte d’Avery en 2007. Il est « heureux de
revenir près de Lyon », à Ecully. En grimpant les
échelons, le directeur financier France puis contrôleur de gestion Europe s’éloigne des terrains.
Mais ses vingt ans en « Division 1 » ont forgé sa
« culture du résultat ». Il a aussi coaché, dès l’âge
de 16 ans, des équipes de jeunes. « Je sais et j’aime
fédérer les énergies, motiver les gens, comprendre
leurs ressorts pour leur faire donner le meilleur
d’eux-mêmes », confie l’ancien capitaine.
Toutefois, en 2013, quand il prend la tête
d’Avery France et Benelux, la conjoncture n’est
pas très favorable pour l’entreprise à l’emblématique packaging jaune, longtemps prisé dans les
bureaux. Avec la dématérialisation, le marché de
l’étiquette perd de 3 à 4 % par an. Le patron mondial, Geoffrey Martin, le repère parce qu’il « fait
partie des rares Français toujours optimistes »,
dit-il. Avec son moral d’acier et son esprit
mes. De 2008 à 2009, il fut le
directeur de cabinet de Luc Chatel, alors chargé au gouvernement, de l’Industrie, de la Consommation et du Porte-Parolat. A
ce titre, il pilote les Etats généraux de l’automobile. Il a été
directeur de la R&D Europe Etats-Unis de la Compagnie générale de géophysique, directeur
général de sa filiale Petrosystems,
et directeur général adjoint de
l’Institut Pasteur avant de devenir
directeur général de l’Afssa en
2009 puis de l’Anses de 2010 à
d’équipe, Nicolas Jean-Jean a prouvé en France
qu’Avery pouvait regagner des marchés. A côté
de la gamme professionnelle, ce patron direct,
simple et souriant, a lancé en 2015 une gamme
pour particuliers, reconnaissable à sa couleur
violette. Avec, notamment, des étiquettes stylos
pour les enfants ou des vignettes à marquer les
vêtements, sans fer à repasser, pour leurs mères
– « des produits pratiques imaginés en pensant à
mes proches ».
SOLOCAL
Pubs et hockey sur gazon
Arnaud Defrenne, 46 ans,
diplômé de l’ESA Business
School, a d’abord été directeur
technique des services Internet de
Liberty Surf. Après avoir rejoint
Netbooster en 2001, il a cofondé,
en 2004, un comparateur de prix
en ligne racheté par LeGuide.com
en 2005. La même année, il a
rejoint Business Interactif avant
d’accompagner son rachat par
Publicis et d’entrer chez DigitasLBi. En 2015, il était devenu chief
digital marketing technology officer du groupe L’Oréal.
Le boss a même mouillé la chemise au Auchan
de Saint-Priest pour faire des animations au lancement du produit. Nicolas Jean-Jean, toujours
en polo et baskets (« sauf pour les rendez-vous
importants »), a développé sa filiale « en mode
start-up innovante », rachetant l’an dernier la
société néerlandaise Goedgemerkt, pionnière de
l’étiquette personnalisée sur Internet. Et lançant
labelletiquette.fr, une boutique en ligne d’étiquettes préimprimées en rouleau, « très utile
pour les petits producteurs de bières artisanales, de
miel, de conserves… dans les réseaux de circuits
courts », estime celui qui, dans le sport comme
en affaires, reste persuadé que « la meilleure
défense, c’est l’attaque ».
Grâce à ces relais de croissance, Avery France
a réalisé plus de 20 millions d’euros de chiffre
d’affaires en 2017, pour 50 salariés. Nicolas JeanJean devra reproduire cette success-story dans
trois pays (France-Benelux-Royaume-Uni)
avec 180 personnes et une usine à Maidenhead. Du haut de son 1,87 mètre, il s’est d’ailleurs
familiarisé avec les machines, en découpant et
en emballant les planches pendant une journée.
Désormais inscrit à l’amicale entrepreneuriale
de la Franco-British International Business
Association, il a retrouvé, avec plaisir, en Angleterre, l’ambiance des pubs – feu de cheminée
et bières à la pinte –, les bons restaurants asiatiques et un pays amateur de hockey. Ses trois filles
sont inscrites au club local de Henley-on-Thames. Lui aussi, mais, entre-temps…, il a découvert le golf. n
2015. Il était, depuis 2015, directeur général de la prévention des
risques au ministère de l’Ecologie, du Développement durable et
de l’Energie.
ENTREPRISES
RENAULT-NISSAN-MITSUBISHI
Jonathan Adashek
accède au poste
de vice-président
de l’Alliance (Renault-NissanMitsubishi), chargé
de la communication.
Jo n a t h a n A d a s h e k , 4 5 a n s ,
diplômé de l’université du Wisconsin (Etats-Unis), a débuté à la
Maison-Blanche au bureau du
secrétaire du personnel. Au cours
de sa carrière, il a notamment
été directeur d’Edelman Public
Relations, responsable des relations client au niveau mondial.
Après avoir assuré la direction
générale de la stratégie de la communication de Microsoft Corp., il
a rejoint Nissan, en 2015, en qualité de directeur de la communication.
Arnaud Defrenne
Pascale Furbeyre
Jean-Cédric Costa
sont nommés chief technology
officer, directrice marketing et
chief information officer. Arnaud
Defrenne et Pascale Furbeyre
seront membres du comité
exécutif.
Pascale Furbeyre, 50 ans, titulaire d’un MBA de Columbia Business School et d’un DEA en études
cinématographiques et audiovisuelles de l’université Paris-III, a
été directrice marketing France
de Yahoo! en 2006. La même
année, elle a lancé Yahoo! Questions/Réponses, avant de devenir,
en 2008, directrice marketing
Europe continentale. En 2009,
elle a rejoint le groupe Crédit Agricole en tant que directrice marketing et communication avant de
lancer la banque en ligne BforBank. En 2013, elle est entrée chez
LesFurets.com en tant que directrice marketing.
Jean-Cédric Costa, 38 ans,
diplômé de Mines ParisTech, a
d’abord été en Californie, en 2001,
responsable technique pour Systran. En 2004, il a rejoint TPS-Canal+ pour y être responsable des
systèmes d’information de gestion de la relation client et de facturation. En 2007, il a intégré le
groupe TF1 comme responsable
des systèmes d’information de sa
filiale PiliPili. En 2008, il est entré
chez Poweo-Direct Energie prenant, en 2010, la direction de
l’organisation et des systèmes
d’information. En 2012, il avait
rejoint Criteo, où il a créé la direction des systèmes d’information.
VOLKSWAGEN
Frédéric Durant
est nommé directeur
des ventes de la marque
Volkswagen en France.
Frédéric Durant, 49 ans, titulaire
d’un DUT techniques de commercialisation et diplômé de Sup de
Co Reims, a débuté chez Renault.
Il y a notamment été responsable
grands comptes, France puis
internationaux, mais aussi team
manager réseau en Allemagne,
directeur des ventes occasions,
toujours outre-Rhin, et directeur
des ventes loueurs courte durée
et occasions monde à la division
entreprise. En 2011, il a rejoint le
siège de Volkswagen (à Wolfsburg) où il était responsable de la
stratégie ventes aux entreprises
et véhicules d’occasion monde
pour la marque Volkswagen.
Depuis 2013, il était directeur des
ventes de la marque Volkswagen
véhicules utilitaires en France.
ILS SONT NÉS
UN 2 MARS
Jean-Paul Alibert, président
de T-Systems France, 57 ans.
Marc Batave, directeur général
(banque commercialeassurance) de La Banque
Postale, président du conseil
de surveillance de BPE, 60 ans.
Abdelaziz Bouteflika,
président de la République
algérienne démocratique
et populaire, 81 ans.
Alain Chamfort, compositeur
interprète, 69 ans.
Jean-Frédéric Chapuis,
champion de skicross, 29 ans.
Daniel Craig, acteur, 50 ans.
Dai Sijie, écrivain
et réalisateur, 64 ans.
Mikhaïl Gorbatchev, ancien
président de l’URSS, 87 ans.
John Irving, écrivain, 76 ans.
Diane Segalen, fondatrice de
la société Segalen & Associés,
52 ans.
David Skrela, rugbyman,
39 ans.
Tom Wolfe, auteur, 87 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 2 ET SAMEDI 3 MARS 2018
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
ÉPARGNE // Les taux courts restent très bas, l’inflation repart…
Les conditions ne sont pas idéales pour bien placer son argent à court terme.
LA CHRONIQUE
DU FISCALISTE
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
L
a hausse des taux d’intérêt,
c’est une réalité pour les
emprunts d’Etat à 10 ans ou
les taux directeur outre-Atlantique.
Mais quand un particulier tente de
placer ses liquidités, il s’aperçoit
rapidement que le mouvement n’a
pas encore ruisselé jusqu’à lui.
Entre un Livret A à 0,75 % et des
livrets bancaires à moins de 0,30 %,
faut-il se résoudre à laisser fondre
son épargne liquide ? Face à une
prévision d’inflation de 1,2 %, le
compte est vite fait : le rendement
réel de l’épargne liquide est désormais négatif.
Se tourner vers des fonds monétaires ne procure pas de meilleurs
résultats, bien au contraire. Selon
Quantalys, le rendement sur un an
glissant des fonds monétaires en
euros est de – 0,43 %. De quoi voir
diminuer encore un peu plus vite
son capital. Pourtant, les placements liquides restent indispensables pour conserver un volant de
trésorerie en cas de coup dur ou
investir une somme en attente de
réinvestissement.
Accepter une dose de risque
Face à cette quadrature du cercle,
quelles sont les bonnes solutions ?
Il existe quelques produits spécialement conçus pour la gestion de trésorerie, mais le risque sera bien sûr
supérieur à celui assorti à la souscription d’un fonds monétaire.
Ainsi, un fonds comme Gefip
Invest-Rendement a permis de réaliser une performance nette de
2,8 % en 2017, avec une volatilité de
seulement 1 %, sachant que celle des
sicav monétaires est de 0,5 %. Des
conditions exceptionnelles qui ne
devraient pas se reproduire en
2018. « La volatilité devrait remonter
en 2018, mais notre objectif est de la
maintenir en deçà de 2 % », estime
Arnaud Puiseux, gérant du fonds et
associé de Gefip. Car, pour obtenir
un tel rendement, il est évidemment
nécessaire d’accepter une petite
dose de risque. « Les obligations à 2
ou 3 ans des émetteurs les plus solides
offrent aussi des taux négatifs, expli-
B
— SYLVIE LEROND
Counsel, responsable
du département droit
du patrimoine, CMS
Francis Lefebvre Avocats
Une donation peut
être réalisée par
société interposée
que-t-il. Pour passer en positif, il faut
sélectionner des entreprises un peu
moins bien notées ou de la dette
f i n a n c i è re s u b o rd o n n é e d i t e
“Tier-2”. » Il sélectionne ainsi des
titres d’une échéance inférieure à
4 ans, la durée moyenne des titres
en portefeuille étant de 18 mois,
avec un rendement moyen de 1,2 %.
« Le travail du gérant consiste à
vendre ce qui rapporte moins pour
réinvestir dans ce qui rémunère
mieux, explique-t-il. C’est une gestion très active. Nous avons par
exemple bénéficié des offres d’entreprises comme Faurecia ou Anglo
American, qui souhaitent restructurer leur dette en rachetant celles à
court-moyen terme pour les éteindre
et réémettre des obligations de 7 à
10 ans. » Pour limiter les risques,
le gérant se cantonne à des entreprises disposant de suffisamment
de liquidités au bilan pour rembourser leurs dettes si jamais elles
perdaient leur accès au marché
obligataire.
L’assurance-vie aléatoire
Malgré ces précautions, il ne faut
envisager ce type de placement que
pour une durée d’au moins trois
mois. Mais que faire pour placer son
argent sur des durées plus courtes ?
La solution assurance-vie est
désormais moins évidente. Sur le
plan pratique, comme sur le plan
fiscal, elle reste possible. Le capital
(hors frais) est garanti et à condition
de ne pas payer de droits d’entrée, il
est rentable de placer son argent sur
un contrat, même pour quelques
mois. Certains fonds en euros rapportent toujours plus de 2 % net de
frais de gestion.
Et la fiscalité n’est pas dissuasive,
même pour un placement de court
terme. Les contrats de plus de 8 ans
permettent de bénéficier d’un prélèvement libératoire de seulement
7,5 % sur les intérêts, après abattement annuel de 4.600 euros (personne seule) ou 9.200 euros pour un
couple. La nouvelle fiscalité assujettit les versements réalisés à compter
du 27 septembre 2017 à un prélèvement libératoire plus important
(12,8 %), mais seulement pour les
contribuables dont les encours en
assurance sont sup érieurs à
150.000 euros. Et pour les contrats
de moins de 8 ans, la facture est au
contraire allégée : 12,8 % aussi,
quelle que soit la durée de détention
(contre respectivement 15 % et 35 %
pour des détentions entre 4 et 8 ans
et de moins de 4 ans).
Mais depuis décembre 2016, cette
solution tient moins bien la route.
La responsable ? La loi Sapin II qui,
sur décision du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), permet
de bloquer les mouvements de
retraits. Certes, ce blocage doit être
temporaire (3 mois renouvelables),
mais si la situation est assez grave
pour que les opérations de rachats
soient suspendues, il est probable
que le blocage des fonds soit reconduit. Une perspective fâcheuse pour
qui cherche à gérer sa trésorerie.
« La liquidité des fonds en euros n’est
plus totalement garantie », n’hésite
pas à affirmer Guillaume Dozinel,
associé chez Gefip.
Retour en grâce
des livrets fiscalisés
Alternative intéressante : celle
des livrets fiscalisés. Il est vrai que la
rémunération moyenne est très
peu attractive, mais les épargnants
les plus attentifs et les plus mobiles
peuvent tirer profit des offres promotionnelles régulièrement proposées par les établissements, et
Guy Hoquet Immobilier
Retrouvez l’appartement
la semaine sur
a delesechos.fr/patrimoine
RENDEMENT SUR UN AN
GLISSANT DES FONDS
MONÉTAIRES EN EUROS
notamment par les filiales bancaires des constructeurs automobiles
Peugeot-Citroën et Renault (voir
tableau). « En janvier, PSA Banque a
fait une offre à 3,20 % plus 40 euros
offerts sous condition, observe Frédéric Vergne, fondateur et dirigeant
de cBanque. Et l’offre a rencontré un
grand succès, contrairement à celle
de l’année précédente à la même époque qui était strictement identique. »
La nouvelle fiscalité permet de
bénéficier d’une flat tax à 30 %
(12,8 % d’impôts + 17,2 % de prélèvements sociaux) au lieu d’une imposition progressive au barème de l’lR
plus prélèvements sociaux. Celui-ci
était dissuasif pour les contribuables situés dans les plus hautes
tranches du barème. « Aujourd’hui,
avec une offre brute à 1 %, le rendement net est de 0,70 %, soit presque
autant que le Livret A », souligne
Frédéric Vergne. n
+5%
09e arrondissement de Lyon
Situé dans un quartier en pleine
expansion, le loft de 86 m2, esprit
« maison de ville », est proche
des principaux axes de communication lyonnais.
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Le chiffre
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Très lumineux, il est doté d’un
vaste séjour avec poutres apparentes et cuisine au premier
étage, et d’une belle chambre
parentale au dernier étage.
DR
Choisir les bonnes solutions
pour placer ses liquidités
HAUSSE DES PRIX À PARIS
SUR UN AN GLISSANT
Les prix continuent à grimper
dans la capitale, révèle le baromètre de l’immobilier de février
de MeilleursAgents.com. Ce sont
les studios et les deux-pièces qui
sont les principales responsables
de la hausse (+ 1,2 %). Alors
que les grands appartements
de trois pièces et plus marquent
une légère baisse (– 0,2 %),
contraire à la saisonnalité. Avec
Paris, Strasbourg et Montpellier
sont les villes qui affichent les
plus fortes hausses en février.
En principe une donation
appauvrit le donateur et enrichit corrélativement le donataire. C’est le cas lorsqu’un père
donne directement son entreprise à son fils. Mais que se passe-t-il lorsque le père avantage
une société dont son fils est
associé ? L’écran constitué par
la personnalité morale de la
société interposée est-il un obstacle à l’existence d’une telle
donation ?
La Cour de cassation répond
négativement à cette question
dans un arrêt du 24 janvier
2018. Malgré l’existence de la
société interposée qui a bénéficié de l’enrichissement, elle
considère que le réel donataire
est le fils associé de ladite
société. Au cas particulier, sous
couvert d’un simple contrat de
location-gérance au profit
d’une société créée et gérée par
son fils, un père avait en réalité
transféré la propriété de son
fonds de commerce.
Enjeu civil et fiscal
En conséquence, dans la
succession du père, le fils doit
rapporter l’augmentation de
valeur procurée aux titres
sociaux par ce transfert. De ce
fait, les autres héritiers bénéficieront également de cet enrichissement comme si le fonds
de commerce n’avait jamais
quitté le patrimoine du père.
Cet enjeu civil se double d’un
enjeu fiscal car la donation doit
être rappelée dans la succession pour y être taxée.
La portée de cet arrêt est
considérable car la solution
adoptée est susceptible de
s’appliquer à tous les avantages
que des parents procurent indirectement à leur enfant sous
couvert d’opérations de financement ou de restructuration
de sociétés familiales dont leur
enfant est associé. n
4
À
RETENIR
L’existence d’une
•société
interposée
entre le père et son fils
associé n’empêche pas
qu’une donation puisse
être considérée
comme ayant été
consentie directement
par le père à son fils.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // PATRIMOINE
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018 Les Echos
FONDS ACTIONS INDE
Les fonds de valeurs indiennes
perdent 5,75 % depuis le début
de l’année 2018. Le score de la
catégorie reste positif sur un
Le baromètre
des fonds
an (+ 5,55 %) alors que l’Inde
se hisserait cette année
au 5e rang des principales
économies mondiales.
+3,33 %
FONDS ACTIONS ITALIE
La Bourse italienne reste
bien orientée en dépit
des incertitudes politiques
avant les élections qui auront
lieu le 4 mars. Dans ce
contexte, les fonds spécialisés
gagnent 3,33 % depuis le début
de l’année.
Morningstar
– 5,75 %
PIERRE PAPIER
Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) sont, depuis quelques années, la nouvelle coqueluche
des épargnants. Mode d’emploi d’un produit star en fonction de ses objectifs.
SCPI : comment en tirer profit ?
D
epuis 2014, les société civiles
de placement immobilier
(SCPI) n’en finissent pas de
séduire les épargnants. Publiée il y a
quelques semaines par l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim), la collecte nette 2017 bat un nouveau
record : 6,1 milliards d’euros. C’est
15,2 % de plus qu’en 2016. Quant au
taux moyen de distribution des SCPI
d’immobilier d’entreprise, il s’élève à
4,43 % contre 4,64 % en 2016.
La raison de ce succès auprès du
grand public s’explique évidemment par des performances qui,
même en repli, dament le pion aux
autres produits. Mais ce placement
dans la pierre papier séduit aussi
pour ses usages multiples. « La
SCPI ne doit pas être seulement utilisée à titre de diversification de patrimoine. L’achat de parts doit se faire
régulièrement au fil de l’eau, dans différentes sociétés de gestion, le tout
avec une durée de détention longue »,
estime Jonathan Dhiver, fondateur
du site MeilleureSCPI.com.
DOPER LE RENDEMENT
DE SON CONTRAT
D’ASSURANCE-VIE
1
Face à la baisse irrémédiable du
rendement des fonds en euros, les
assureurs ont choisi de diversifier
leur panier d’unités de compte.
Depuis trois ou quatre ans, c’est la
mode, ils proposent des SCPI. Le
site MeilleureSCPI.com recense
une trentaine de SCPI sur 87 ouvertes à la souscription, proposées
dans certains contrats.
Pour l’épargnant, cette poche
immobilière comporte plusieurs
atouts. D’abord, c’est l’occasion de
doper son contrat avec des investissements affichant des rendements
compris entre 4 % et plus de 6 %.
Ensuite, cette solution permet de
bénéficier de l’enveloppe fiscale
attrayante et si particulière de
l’assurance-vie. « Et en cas de rachats
partiels réguliers, on profite du cadre
favorable de l’assurance-vie et on
évite celui, plus lourd, de l’imposition
sur les revenus fonciers en cas de
détention de parts en direct », souligne Serge Harroch, fondateur
d’Euclide Financement. En logeant
les parts dans un contrat, on adopte
une logique de capitalisation. Tant
que les fonds immobiliers génèrent
de la performance et demeurent
dans le contrat, il n’y a aucun effet
fiscal. L’imposition ne s’applique
qu’en cas de retrait partiel ou total,
selon l’âge du contrat et de la date de
versement des fonds.
Enfin, dernier avantage : la liquidité d’une SCPI détenue via un
contrat est meilleure que celle en
direct car c’est la compagnie qui est
garante de la revente et du remboursement des parts.
Attention, les banques ont tendance à proposer dans leur contrat
leurs SCPI maison, qui ne sont
souvent pas les plus performantes
du marché. Il est donc parfois
impossible d’accéder aux SCPI de
sociétés de gestion indépendantes
affichant des rendements au-dessus
du lot.
L’autre écueil lié à l’investissement SCPI dans un contrat d’assurance-vie concerne l’empilement
des frais annuels de gestion. On paie
ceux de la SCPI auxquels s’ajoutent
ceux de l’assureur, ce qui au final
ampute un peu plus la performance. La durée de détention des
SCPI étant généralement longue,
vingt-cinq ans en moyenne, les
parts ont tendance à se transmettre
des parents aux enfants. « Placées
dans un contrat d’assurance-vie, ces
parts profitent ainsi des avantages
liés à la transmission et à la succession », souligne Anthony Fradet,
directeur développement et support distribution chez Amundi
Immobilier.
6,1
MILLIARDS D’EUROS
La collecte nette des SCPI
en 2017, 15,2 % de plus
qu’en 2016, selon l’Association
française des sociétés de
placement immobilier (Aspim).
PRÉPARER UNE
RETRAITE IMMINENTE
OU LOINTAINE
2
« Pour les épargnants à dix ou quinze
ans de la fin de leur vie active, l’achat
de parts de SCPI de rendement
s’avère un bon moyen de se préparer
un complément de revenu capable de
prendre le relais, à terme, pour compenser la baisse de revenus la retraite
venue », rappelle Arnaud Dewacht e r, p r é s i d e n t d e l ’A s p i m .
Aujourd’hui, compte tenu du bas
niveau des intérêts, la stratégie
gagnante consiste à financer cet
investissement avec un prêt qui se
terminera à la fin de sa vie professionnelle. « Financer avec de l’argent
emprunté entre 1,5 et 2,5 % un placement qui sert en moyenne 4,4 %
donne l’occasion de profiter d’un effet
de levier appréciable », explique
Jean-Christophe Antoine, directeur
général du groupe Voisin.
Dans une première phase, les
loyers encaissés participent du
remboursement de toutes ou d’une
partie des mensualités du prêt.
Dans le même temps, l’épargnant se
constitue un patrimoine immobilier sans les soucis de la gestion
locative de l’immobilier en direct.
A noter que les intérêts d’emprunt
sont déductibles des revenus fonciers et participent ainsi de l’allégement de la fiscalité. Dans une
seconde phase, une fois le crédit
remboursé, ces mêmes revenus
locatifs viennent doper une pension retraite.
Pour éviter de subir une fiscalité
susceptible de culminer à 62,2 % en
comptant les prélèvements sociaux
(45 % + 17,2 %), une parade efficace
consiste à n’acheter, à quelques
années de la retraite, que des parts
en démembrement de propriété. Ce
montage juridique permet d’être
titulaire, pendant de huit à dix ans,
de la seule nue-propriété de la part,
l’usufruit étant acquis par une
entreprise. Atouts de ce scénario ?
L’acquisition de telles parts ouvre
droit à une décote de 15 à 35 % par
rapport à sa valeur en pleine propriété. De plus, cette détention de la
nue-propriété n’a d’impact ni sur
l’impôt sur le revenu ni sur l’impôt
sur la fortune (IFI), car la nue-propriété n’est pas comptabilisée dans
le patrimoine immobilier taxable.
Et en fin de démembrement, la
pleine propriété des parts se
reconstitue sans frottement fiscal.
« En 2017, ce type d’achat a représenté
20 % de notre collecte », indique
Jean-Christophe Antoine.
Pour ceux qui sont proches de la
retraite et disposent de liquidités à
placer pour percevoir rapidement
des revenus réguliers, mieux vaut
cibler des parts de SCPI d’immobilier d’entreprise réputées pour distribuer régulièrement. Une fois
passé le délai de jouissance de trois
à six mois, l’associé est assuré de
percevoir des revenus trimestriels.
« Il est parfois préférable de privilégier des SCPI ayant des immeubles
hors de France (Allemagne, PaysBas, Belgique). Grâce aux conventions fiscales, les investisseurs français sont moins imposés car exonérés
des prélèvements sociaux à 17,2 % »,
souligne Guillaume Eyssette, directeur associé de Gefinéo.
3
DÉFISCALISER
Les SCPI d’habitations donnent accès aux régimes fiscaux en
vigueur pour l’immobilier physique soit le Pinel, le Malraux, le
Monument historique et le déficit
foncier. Pour ceux qui ne peuvent
pas investir dans de l’immobilier
résidentiel en direct, ces SCPI fiscales s’avèrent une alternative intéressante. Il existe une petite dizaine de
véhicules régulièrement commercialisés.
C’est l’occasion de calibrer son
investissement à l’euro près selon
son effort d’épargne, sa capacité
d’endettement et son niveau
d’imposition. « Obligatoirement
détenue sur une longue durée sans
possibilité de revendre ses parts
avant la liquidation du patrimoine
immobilier, la SCPI fiscale adoucit,
voire efface l’impôt sur le revenu »,
rappelle Jonathan Dhiver. Le rendement escompté (hors levier de
défiscalisation) est modeste, proche de 2 %.
— Laurence Boccara
À NOTER
Les bons résultats de SCPI
ces dernières années
ne doivent pas occulter le fait
que ce produit ne garantit
en aucun cas le capital investi.
L’OPCI, concurrent ou complément de la SCPI
Benjamin de la famille
de la pierre-papier,
l’organisme de placement
collectif immobilier (OPCI),
offre une gamme limitée
comparée à celle
foisonnante des SCPI.
A ce jour, seulement 14 OPCI sont
proposés au grand public et le plus
souvent via des unités de compte de
contrats d’assurance-vie. Encore
peu connu, ce produit financier se
développe d’année en année. Selon
l’Aspim, la collecte nette de 2017 s’est
établie à 4,21 milliards d’euros, soit
une progression de 5,5 % sur un an.
• L’OPCI PLUS LIQUIDE
Plus proche du FCP pour sa liquidité, sa souplesse et son fonctionnement, l’OPCI dispose d’une structure particulière. Le capital est
investi dans 60 % à 90 % d’actifs
immobiliers, 10 % de liquidités et le
s o l d e e n va l e u r s m o b i l i è r e s
(actions, obligations, OPCVM). « De
fait, un OPCI est moins pur en termes
de détention immobilière qu’une
SCPI investie à 100 % dans la pierre »,
souligne Serge Harroch, fondateur
d’Euclide Financement.
FINANCEMENT À CRÉDIT
•RÉSERVÉ
AUX SCPI
Cette différence entre les deux sup-
ports n’est pas la seule. La SCPI peut
se financer à crédit alors que ce n’est
pas le cas pour l’OPCI. Comme la
composition de leurs portefeuilles
ne repose pas sur les mêmes supports, les performances sont, de
fait, contrastées.
LES OPCI
•PLUS
VOLATILS
En 2017, les OPCI, plus corrélés aux
évolutions des marchés financiers
et potentiellement plus volatils, ont
servi en moyenne du 3,98 %, soit
moins que les SCPI à 4,43 %. Il n’en
reste pas moins que « l’OPCI constitue une bonne option pour diversifier
un portefeuille d’actifs financiers.
Avec sa détention, on recherche
davantage la valorisation des parts
que la distribution de revenus »,
remarque Guillaume Eyssette,
conseiller en gestion de patrimoine
du cabinet Gefinéo.
DES FRAIS INFÉRIEURS
•POUR
LES OPCI
« D’accès facile, 100 euros suffisent,
ce véhicule à dominante immobilière
connaît une gestion financière plus
active avec des valeurs liquidatives
plus fréquentes », souligne Anthony
Fradet, directeur développement et
support distribution d’Amundi
Compétition fiscale
La fiscalité des produits des SCPI est celle applicable aux revenus fonciers tandis que celle des OPCI
peut être celle des revenus fonciers (pour les FPI
ou fonds de placement immobilier) ou celle des
revenus mobiliers pour les SPPICAV (société
de placement à prépondérance immobilière
à capital variable).
Idem pour les plus-values, elles relèvent soit
des plus-values immobilières soit des plus-values
sur valeurs mobilières. Certains OPCI peuvent
donc désormais bénéficier du nouveau régime
de la flat tax de 30 %, aussi bien sur les dividendes
distribués que sur les plus-values réalisées,
ce qui n’est pas le cas des SCPI.
Immobilier. A noter que les frais
annuels de gestion ne sont pas du
même niveau. Il faut compter près
de 2 % pour les OPCI contre 8 à 12 %
pour les SCPI.
•
DANS LES DEUX CAS,
UNE DÉTENTION LONGUE
Tout comme la SCPI, l’OPCI doit
occuper une part mineure dans un
patrimoine. A noter que, dans la
réalité, les mises consacrées entre
ces deux placements ne sont pas les
mêmes. « Le ticket moyen d’un OPCI
avoisine 7.000 à 8.000 euros contre
25.000 à 30.000 euros en SCPI.
Point commun : la durée de détention conseillée est longue afin d’être
capable de suivre un cycle de l’immobilier qui dure plusieurs années »,
relève Anthony Fradet.
LES DEUX INCLUS
•DANS
L’IFI
Au même titre que l’immobilier en
direct, l’OPCI et la SCPI sont tous
deux pris en compte dans le calcul
du nouvel impôt sur la fortune
immobilière (IFI) en vigueur depuis
le 1er janvier dernier. Toutefois, si
l’OPCI est « moins chargé en immobilier » que la SCPI, est-il pour
autant moins taxé à l’IFI ? A ce jour,
il n’y a pas encore d’instruction fiscale détaillée de l’administration
sur ce point. « Les parts de sociétés
devraient normalement être assujetties à hauteur de la fraction de leur
valeur représentative dans les biens
immobiliers. Donc, en toute logique,
on devrait pouvoir déclarer les OPCI
pour la quote-part d’immobilier
qu’ils détiennent : 60 % minimum
e t 9 0 % m a x i m u m » , av a n c e
Guillaume Eyssette.
Malgré un dénominateur com-
mun axé sur la pierre, ces deux supports affichent des distinctions qui
ne les opposent pas. Non concurrents, ils sont plutôt complémentaires au sein d’un portefeuille. Et tous
deux sont à acheter sous forme
de parts avec parcimonie et toujours à titre de diversification de
patrimoine.
— L. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PATRIMOINE // 39
Les Echos Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
Pour le 50 anniversaire des
événements de Mai 68, 500 affiches seront mises en vente
chez Artcurial le 13 mars à Paris.
Réunies par le collectionneur
Laurent Storch, elles constituent
un témoignage unique de ce
mouvement populaire historique.
e
Artcurial
en bref
VENTE D’UNE FERRARI AYANT
APPARTENU À JOHNNY
Jacques Demarthon/AFP
MARCHÉ DE L’ART
MAI 68 EN 500 AFFICHES
Une Ferrari 512 TR ayant
appartenu à la star décédée
début décembre sera vendue
aux enchères samedi 24 mars
par la maison de vente Osenat,
lors de la sa vente de voitures
de collection à Fontainebleau.
Les arts africains contemporains,
des marchés pleins d’avenir
Du 23 au 25 février se tenait à Marrakech 1-54,
une foire d’art contemporain africain. L’occasion
de faire un point sur ce marché multiple en devenir.
A
rt africain contemporain.
Cette notion trop globalisante pour un si grand
continent semble a priori aussi
absurde que celle d’art européen.
Que trouve-t-on de commun entre
l’art allemand et l’art espagnol ? La
même chose qu’entre l’art d’Afrique
du Sud et l’art de Côte d’Ivoire…
Autrement dit : pas grand-chose.
D’un point de vue français, héritage colonial oblige, l’art africain
connu dans l’Hexagone se limite
souvent à l’art d’Afrique noire des
pays francophones. Il a été mis en
valeur par un spécialiste, en son
temps découvreur, le marchand
André Magnin. Il a conçu la plus
grande collection du genre, celle de
Jean Pigozzi (montrée l’an dernier à
la Fondation Louis Vuitton).
En outre, il a été commissaire de
plusieurs expositions, dont celle
consacrée au photographe malien
Malick Sidibé, qui s’est terminée
le 25 février à la Fondation Cartier
à Paris (1).
Opération militante
Mais l’Afrique est bien plus vaste
que cela. Elle est composée de
54 pays. 1-54, justement, c’est le nom
de la foire d’art contemporain africain née il y a cinq ans à Londres (au
mois d’octobre), puis à New York
l’année suivante (au mois de mai).
D’une taille plus modeste, elle se
tenait pour la première fois à Marrakech du 23 au 25 février dernier,
avec 17 exposants. C’est une Maro-
Le plus connu internationalement des artistes nés au Maroc est
Mounir Fatmi (né en 1970), qui vit
maintenant à Majorque. Une de ses
photos en grand format, où il présente un portrait de Salman Rushdie transformé en un composite
de son visage et de ceux des écrivains Joseph Conrad et Anton
Tchekhov, allusion à son obligation
de se cacher à la suite de la fatwa
lancée contre lui, était à vendre sur
le stand de la galerie Officine
dell’Immagine de Milan pour
13.000 euros. Ordinairement ses
œuvres plus importantes se négocient aujourd’hui en centaines de
milliers d’euros.
La galerie marocaine L’Atelier 21
présentait les peintures poétiques
de Yamou (né en 1959 à Casablanca). Il travaille en parallèle ses
compositions toujours sur le thème
de la flore et un jardin luxuriant non
loin de Marrakech. Si ses toiles évoquent un style japonais, les spécialistes parlent plutôt d’un esprit soufi
dans lequel nature et homme ne
forment qu’un (3). Les peintures
étaient à vendre 9.000 euros.
Abdoulaye Konaté en vedette
La vedette de la foire, et certainement l’artiste le plus cher à 1-54
Marrakech était Abdoulaye Konaté
(né en 1953), un Malien qui utilise le
tissu dans une infinité de couleurs
comme matière première de ses
créations abstraites. Lors de la dernière Biennale de Venise, il était
« Double Ciel », une peinture de l’artiste marocain Yamou, né en 1959 à Casablanca.
Photo galerie L’Atelier 21. Casablanca
exposé dans le pavillon international et, en 2017, le Centre Pompidou
a acquis l’une de ses œuvres anciennes. Une grande composition faite
de lamelles de tissus dans des variations colorées qu’on peut voir
comme une partition musicale était
proposée pour 85.000 euros sur le
stand de BlainSouthern de Londres. Aux enchères à Paris, une
œuvre de ce type a été adjugée
47.400 euros en 2008, son record.
Yossi Milo, connu à New York
comme un spécialiste de la photo
contemporaine, présentait le travail d’un Américain, Kyle Meyer (né
en 1985). Mais ce dernier a séjourné
au Swaziland, où l’homosexualité
est illégale. Il a photographié des
travestis et retravaillé les tirages en
grand format en les tressant littéralement avec le tissu dont ils s’étaient
coiffés. Ces images étaient à vendre
entre 7.500 et 12.000 dollars.
Pour que la vocation de 1-54
s’affirme pleinement à Marrakech,
il lui manque encore des artistes
clefs du paysage de l’art africain,
méconnus ailleurs, comme le peintre marocain abstrait Mohamed
Melehi (né en 1936). Il constitue un
pont parfait entre l’abstraction des
décors de l’architecture arabe et
celle tout aussi géométrique de la
peinture américaine de l’aprèsguerre.
— Judith Benhamou-Huet.
(1) André Magnin participait aussi
à 1-54 Marrakech.
(2) Elle est commissaire à partir du
12 mai prochain dans les nouveaux
locaux du musée Yves Saint Laurent de
Marrakech d’une exposition consacrée à
Etel Adnan, Simone Fattal et Bob Wilson : www.museeyslmarrakech.com/
(3) Le conservateur au Centre Pompidou
Michel Gauthier lui a consacré un livre
aux Editions Skira.
LE GRAPHE
DE LA SEMAINE...
Les hauts et les bas
de l’immobilier
Hélène Dupuy
@helenedupuycp
Quelle est la véritable hausse des
prix depuis vingt ans dans les 17 plus
grandes métropoles de province ?
Regarder dans le rétroviseur permet de faire le point. Globalement,
les prix des appartements et des
maisons suivent la même tendance
depuis vingt ans. Une étude de
Notaires de France note 5 grandes
phases d’évolution : de 1997 à 2005,
hausse des prix et accélération jusqu’au pic de 2005 ; 2006-2007,
hausse des prix et décélération ;
2008-2009, crise des subprimes et
baisse des prix ; 2010-2011, reprise
des hausses puis légère baisse entre
2012 et 2015 ; stabilisation en 2016.
Les villes ont cependant connu
des évolutions disparates. Ainsi Bordeaux a eu une ascension fulgurante, devenant la 2e ville de province la plus chère, avec des prix qui
ont triplé. La métropole de Nice, où
les prix des maisons sont historiquement très élevés, reste numéro 1 du
palmarès depuis 1997. Côté appartements, Lyon est passé de la 11e à la
3e place en vingt ans. Passé de 16e en
1997 à 5e en 2009, Aix-Marseille-Provence se classe 9e en 2016. Côté maisons, Nantes se classe 6e (11e en 1997),
tandis que Dijon a reculé de la 2e à la
11e place. Calme plat à Orléans, Brest
et Nancy avec des hausses de prix
modérées tant pour les maisons que
pour les appartements. n
SCPI de capitalisation à capital variable
Un patrimoine de plus de 660 appartements
situés majoritairement à Paris
TRI 10 ans : 3,91%*
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*Taux de rendement interne au 31/12/2017. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Tout investissement comporte des
risques, notamment de pertes en capital. La société de gestion ne garantit ni la rentabilité ni le capital investi. Ce placement ne présente pas de garantie en capital.
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treizecenttreize
*
caine, Touria El Glaoui, qui a fondé
la manifestation. Elle la conçoit
comme une opération militante. « Il y a cinq ans, il y avait très
peu d’événements concernant l’art
africain. Depuis lors, les choses se
sont améliorées. Cependant, les artistes africains sont toujours aussi mal
représentés dans les grandes foires.
Lorsque ce sera le contraire, je pourrai arrêter 1-54. »
A ce titre, la version marrakchie
de 1-54 doit être soutenue, mais le
niveau général de l’offre y était globalement faible. Il semblerait que
l’un des principaux acheteurs ait été
le roi du Maroc lui-même, qui avait
envoyé très tôt ses émissaires afin
de faire de multiples emplettes dans
toutes les catégories de l’art africain, dont il semble particulièrement féru. Cela dit, au Maroc, le
marché de l’art contemporain n’en
est qu’à ses balbutiements. Mais des
activistes comme l’historienne de
l’art Mouna Mekouar, qui a fait
venir l’an dernier l’artiste et performeur très en vue Tino Sehgal pour
i n t e r ve n i r à M a r r a k e c h ( 2 ) ,
devraient faire avancer les choses.
Idem pour le propriétaire de la
maison de ventes CMOOA (Compagnie Marocaine des Œuvres et
Objets d’Art), Icham Daoudi. Il a
ouvert un remarquable lieu d’exposition-vente à Marrakech, Le
Comptoir des Mines, dans un
immeuble moderniste. Il y avait
cependant peu de stars de l’art
marocain dans la foire.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 2, samedi 3 mars 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
« Les Echos »
+
Chiffres perçants
Peugeot génère toujours plus de cash-flows
que Renault.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
Philippe Dumont DG de Crédit
Agricole Consumer Finance
CRÉDIT CONSO Le marché du crédit à la consommation
a progressé de 4,1 % en 2017, selon l’Association française
des sociétés financières. Un rythme toutefois plus faible
qu’en 2016. « Il s’agit de la troisième année d’affilée
de croissance. Il y a un léger ralentissement à la fois lié
à la consommation des ménages, à l’évolution de leur revenu
disponible, mais peut-être aussi à la fin d’un effet de rattrapage après des années de crise très difficiles », commente
Philippe Dumont, qui dirige la filiale du Crédit Agricole
dédiée aux crédits à la consommation.
SECTEUR « Le secteur a connu une véritable chute d’activité
entre 2009 et 2013. Deux effets se sont superposés : la crise
économique, certes, mais aussi l’effet des réglementations
successives qui ont affecté le secteur, et notamment la loi
Lagarde, qui ont eu des effets très bénéfiques sur
l’encadrement du crédit renouvelable, mais aussi un effet
très impactant sur le niveau de l’activité. »
PERSPECTIVES « Le crédit à la consommation, mais [aussi]
la consommation qu’il sous-tend, représente à peu près 7 %
du PIB, un peu plus de 100 milliards d’encours, détaille
Philippe Dumont. Son évolution est liée à celle de
l’économie et donc assez porteuse pour 2018. »
CA CONSUMER FINANCE « Nous sommes présents dans
19 pays, essentiellement en Europe, mais également en Chine
et au Maroc. Nous sommes un acteur généraliste du crédit
à la consommation. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Comment peut-on être Persan ? Ce n’est pas Carlos Tavares qui posera la
question à la façon de Montesquieu. Le patron de Peugeot-Citroën a judicieusement échangé l’an dernier l’ex-empire du Milieu contre le royaume
des ayatollahs : la chute de 37 % des volumes en Chine et en Asie du Sud-Est
a presque été compensée par leur doublement en Iran. Les vieilles béquilles
persanes, qui avaient permis à PSA de tenir pendant la crise jusqu’aux sanctions internationales, cachent néanmoins la santé revenue de l’ex-homme
malade de l’automobile européenne, même s’il a embarqué à son bord bien
plus souffrant que lui Opel-Vauxhall. Le numéro deux sur le Vieux Continent doit avant tout ses records de résultat opérationnel et de marges (6,1 %
l’an dernier) au renouvellement de ses gammes, aux économies de coûts et
aux pertes deux fois moindres qu’attendu chez l’ancienne filiale de General
Motors. Le miroir offert par les bénéfices historiques de Renault relativise,
certes, leur éclat dans des marchés porteurs. Une différence fondamentale
demeure néanmoins. Si PSA dégage un cinquième de bénéfice d’exploitation de moins que l’ex-Régie avec 11 % de revenus en plus, l’écart sur les cashflows opérationnels, 60 % plus consistants chez le groupe de Rueil-Malmaison malgré le carburant brûlé par Opel, conforte l’airbag au bilan, regonflé
en trois ans de 3,6 milliards d’euros par ses actionnaires. De quoi relativiser
les futures considérations sur les causes de la décadence des Germains…
InterDigital 24
Mitsubishi 17
NGE 28
Nissan 17
Opel 17
PSA 17, 32
Renault 17, 32
Renault-NissanMitsubishi 36
SEB 19
Seris 26
Société Générale 30
Société Suisse
de Radiodiffusion
et de Télévision 22
Solocal 36
Sotheby’s 21
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas AM 21
Groupe ADP 19, 23
SES 24,31
Suez 17
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Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (le crible)
Les eChos exeCUTIves
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tirage Du 1er mars 2018 : 92.054 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.010kg/tonne de papier
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est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
SEB espère bien réussir à grandir avec WMF,
comme il l’a fait avec Supor.
« J’ai fait fortune parce qu’il y avait des grumeaux dans la purée de ma
femme », aimait dire Jean Mantelet, le fondateur de Moulinex. Ses successeurs du groupe SEB regardent davantage vers les Millennials que vers les
femmes des années 1950, mais la même quête de l’embellissement du quotidien les guide. Le rachat de WMF renforce le leader du petit électroménager et des articles culinaires dans le haut de gamme, qui va muscler encore
sa capacité d’innovation. Comme promis, son nouveau fleuron allemand
a eu un effet positif (« relutif ») sur son bénéfice par action (de 22 %) en 2017,
un exercice qui a tenu ses promesses de résultat et de marge opérationnels.
Les investisseurs attentifs à la rentabilité des capitaux investis pourront
patienter en se remémorant les bienfaits de son régime de croissance externe. Le chinois Supor lui a ouvert une base industrielle compétitive et le
premier gisement de consommateurs, sans destruction de valeur vu le prix
moyen de l’action l’année dernière comparé au prix moyen déboursé (de
13 à 40,4 renminbis, +210 % en dix ans). Son patron, Thierry de La Tour
d’Artaise, va faire face à un environnement mondial plus difficile cette année, à cause des matières premières et des devises. Et ses investisseurs supporters devront s’habituer à la plus grande volatilité des ventes de machines à café professionnelles (à cause des grands contrats). Les prises de bénéfices (–3,8 % jeudi) montrent surtout qu’ils ne veulent pas prendre trop
d’avance sur l’une de leurs success-stories favorites (18,5 fois les bénéfices
prévisionnels). Elle n’a jamais confondu vitesse et précipitation.
EN VUE
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lvmh)
présiDent-Directeur général Francis Morel
Directeur général Délégué Christophe Victor
Directeur Délégué Bernard Villeneuve
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et opérations spéciales)
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Parce que je le supporte bien
Europcar fait les frais de sa prudence
compréhensible.
Sotralu Group 28
Spotify 23
STMicroelectronics 32
Technicolor 24
Teleperformance 16
Uniprotect 26
Vivendi 32
Volkswagen 36
WPP 23
Zei 28
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10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
éDitrice Bérénice Lajouanie
éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
Comme d’habitude avec les véhicules boursiers, les apparences peuvent
être trompeuses. La sanction appuyée subie par Europcar après la
publication de ses résultats annuels en a fait la lanterne rouge de la journée
parmi les principales valeurs parisiennes (–8 %), sans pour autant annihiler tout le chemin parcouru depuis un an (+8 %). Ce n’est pas si mal pour
une société paneuropéenne qui a connu un trajet fort accidenté depuis
son arrivée à la cote, à la mi-2015, avec des embardées par nature difficiles
à anticiper en Grande-Bretagne l’année dernière, sur fond de Brexit.
Et en plus, sa cote à l’argus des analystes n’est pas totalement dégonflée,
loin de là, si l’on en croit les commentaires modérés et la proportion
des conseils d’achat. En fait, à la mi- janvier, la présentation stratégique
de la présidente du directoire, Caroline Parot, avait été bien entendue
(un bond supérieur à 10 % en deux séances), pour prendre la voie express
des nouvelles mobilités, un thème de long terme. Il est vrai que Wall Street
a perdu beaucoup de ses certitudes depuis. Or, loin d’en rajouter dans
la conduite accompagnée, le loueur de voitures a laissé ses habitués
un peu sur leur frein. Après avoir rempli ses derniers objectifs 2017,
mais sans plus, il ne guide plus ses passagers avec un objectif de marge
de résultat brut d’exploitation sur chiffre d’affaires, pour 2018, tout
en maintenant l’objectif 2020 dans ce domaine. Compte tenu des grosses
acquisitions récemment réalisées, la Bourse risque, il est vrai, de mal
apprécier la nouvelle tenue de route si elle ne regarde pas assez loin
à l’horizon. Mais la volatilité ambiante ne lui facilite pas la tâche.
Conduite moins accompagnée
LES ENTREPRISES CITÉES
ABLV 32
Accor 32
Airbus 16
Atao 26
Avery 36
BBC 22
Brink’s 26
Carrefour 20
Christie’s 21
Crédit Mutuel
Arkéa 30
EDF 15
Essilor-Luxxotica 19
France Télévisions 22
GE Renewable
Energy 15
Glassdoor 25
crible
S
Matteo Salvini
i la coalition mise en place par
Silvio Berlusconi l’emporte aux
élections législatives de dimanche prochain, on peut compter sur son
encombrant allié de la Ligue pour
revendiquer un très haut poste gouvernemental, sinon le premier – le « Cavaliere », âgé aujourd’hui de 81 ans, ne
pouvant plus briguer une fonction élective. Matteo, lui, n’a que 44 ans, et durant
toute la campagne ce beau parleur a fait
un malheur sur les estrades. Fils d’un
chef d’entreprise dans la chimie et d’une
interprète en allemand, cet « ultra » du
Milan AC a très vite délaissé ses études
d’histoire médiévale – qui reste une de
ses passions – pour militer dans le mouvement d’Umberto Bossi. Le vieil
homme rêve depuis trente ans de séparer la riche Italie du Nord de celle du Sud,
trop pauvre et trop corrompue à son
goût. Mais, malade et lui-même compromis dans des affaires, il a dû céder la
place au bouillant tribun Salvini qui, en
quelques années, a ramené le score de la
Ligue de 4 % à 14 %. Naguère admirateur du Che, « Teo » n’a pas hésité pour
ce faire à flirter avec l’extrême droite,
devenant le « cousin italien » férocement antieuropéen de Marine Le Pen,
tout en se comparant lui-même à
Emmanuel Macron ! Marié une courte
période avec une journaliste des
Pouilles, Salvini aime étaler sans vergogne son torse nu et sa vie sentimentale
mouvementée sur les pages en papier
glacé des magazines. En le voyant se
pavaner avec la pimpante Elisa Isoardi,
une animatrice de la Rai Uno, son exfemme a fait ce constat amer et lapidaire : « Deux seins ne lui suffisent pas. »
En politique aussi, on le soupçonne
d’être prêt à toutes les combinaisons.
(
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N° 112. SUPPLÉMENT AU N° 22 647 DU QUOTIDIEN « LES ÉCHOS » DES 2 ET 3 MARS 2018. NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT. 4,70 €
BUSINESS STORY / CULTURE / STYLE / ... ET MOI
20 ANS D’INFLUENCE
Après avoir conseillé DSK, Delanoë, Hidalgo et Hollande,
Philippe Grangeon est devenu la vigie de gauche de Macron.
Pourquoi sa parole pèse tant.
ALLEMAGNE
Les six mois
de galère de Merkel
JOAILLERIE
Carats
royaux
CINÉMA
Oscars et César :
la cause des femmes
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SOMMAIRE
8
02 MARS 2018
Philippe Grangeon,
spécialiste en
stratégie et
communication,
a travaillé auprès
de ministres
socialistes,
pour la CFDT, pour de
grandes entreprises.
Et s’est forgé une
stature d’éminence
grise de la gauche.
Avant de participer
à la création
d’En Marche.
ESPRIT WEEK-END
14 LE DIMANCHE IDÉAL DE…
Guillaume Houzé, président de
la Fondation Galeries Lafayette.
EN COUVERTURE ET CI-CONTRE : YANN RABANIER POUR LES ECHOS WEEK-END
WORLD HISTORY ARCHIVE /AURIMAGES
SHUTTERSTOCK
BULGARI
LAN TRUONG POUR LES ECHOS WEEK-END
BUSINESS STORY
15 EN COUVERTURE :
PHILIPPE GRANGEON,
VINGT ANS D’INFLUENCE
Inconnu hors des cercles du pouvoir,
ce transfuge de la Hollandie a désormais
l’oreille d’Emmanuel Macron. Pleins
feux sur un conseiller de l’ombre parmi
les plus respectés de France.
22 LE SEMESTRE EN ENFER D’ANGELA
La chancelière allemande espère obtenir
enfin dimanche l’accord du SPD qui
lui permettra d’entamer son quatrième
mandat. L’épilogue d’un chemin de croix
qui laissera des traces.
26 LE CIGARE CUBAIN,
D’UNE RÉVOLUTION L’AUTRE
Malmené par les soubresauts de l’histoire,
le « puro » a retrouvé son prestige, dont
témoigne la vente aux enchères qui
se tient à La Havane ce vendredi. Et ses
producteurs affichent leurs ambitions.
CULTURE
31 CINÉMA : LA PART DES FEMMES
César et Oscars, ce week-end, rendront
hommage aux femmes, affaire Weinstein
oblige. Mais quelle place le monde
du cinéma leur fait-il réellement ? État
des lieux, des deux côtés de l’Atlantique.
36 6 CÉRÉMONIES DES OSCARS
TRÈS POLITIQUES
La grande réunion de famille du cinéma
américain a donné lieu à des coups
de gueule mémorables. Souvenirs.
38 LES NOUVELLES COQUELUCHES
D’HOLLYWOOD
À 22 et 23 ans à peine, ils sont en lice
pour l’Oscar, face à Daniel Day-Lewis
ou Meryl Streep… Qui sont Timothée
Chalamet et Saoirse Ronan ?
40 THÉÂTRE, EXPO, CINÉMA, MUSIQUE, LIVRE
Sélection de l’actualité culturelle.
59 JEUX DE CODES
Sac Dioraddict de Dior.
60 PETIT COUP D’ŒIL DANS LE RÉTRO
Trois montres vintage.
61 ENCORE STRESSÉS ?
La cosmétique a des réponses.
62 GASTRONOMIE
STYLE
43 JOAILLERIE DES ROIS,
ROIS DE LA JOAILLERIE
À l’heure où les Windsor se préparent
à une année riche en cérémonies, les fastes
de la monarchie, portés par une nouvelle
génération, suscitent un attrait inédit.
64 MAGIE DU GRAND ÉCRAN
La nouvelle Classe A frappe fort.
…ET MOI
48 MODERNE REGALIA
65 DEMAIN, TOUS VÉGANES ?
56 LES GRANDS CHANTIERS DU LUXE
70 DÉLICES D’INITIÉS
Rêverie joaillière en attendant
le royal wedding.
Tel Chanel au Grand Palais, les maisons
françaises se font mécènes du patrimoine.
58 MODE LES TÊTES BRÛLÉES DE LANVIN
Lucas Ossendrijver ose une collection
printemps-été expérimentale.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 5
Le véganisme, qui exclut tout produit
d’origine animale, a le vent en poupe.
72 BIEN-ÊTRE
Combien faut-il d’argent pour être heureux ?
74 CLAP DE FIN
La chronique de Marc Dugain.
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ÉDITO
02 MARS 2018
CULTURE
02 MARS 2018
CINÉMA LA PART
DES FEMMES
Ce week-end, les cérémonies des César et
des Oscars, affaire Weinstein oblige, clameront
leur amour aux femmes du cinéma. Mais,
aux États-Unis comme en France, quelle
quel place
leur est réellement faite, à l’écran et derrière
la caméra ? État des lieux.
BUSINESS STORY
STYLE
Par Olivier De Bruyn
02 MARS 2018
02 MARS 2018
Philippe Grangeon
chez lui,
en février 2018.
Elizabeth II d’Angleterre
en 1953, portant le diadème
en diamants créé en 1820
pour George IV.
JOAILLERIE DES ROIS,
ROIS DE LA JOAILLERIE
ET MOI…
Par Gabrielle de Montmorin
LUCY NICHOLSON/REUTERS
02 MARS 2018
Décors en préparation
pour la cérémonie des Oscars,
en 2017, à Los Angeles.
L ES E C H OS W E E K - E ND – 3 1
CECIL BEATON/CAMERAPRESS/RAPHO/GAMMA
PHILIPPE GRANGEON,
VINGT ANS D’INFLUENCE
Par Elsa Freyssenet
Photographe : Yann Rabanier
L E S E CH O S W E EK - EN D – 1 5
DEMAIN,
TOUS VÉGANES ?
L E S E CH O S W E E K -E N D – 4 3
Par Jessica Berthereau
Illustrations : Lan Truong
L'AMI DE LA FAMILLE
En quelques jours, Emmanuel Macron et son
Premier ministre Edouard Philippe viennent
de s’attaquer de front à trois « marqueurs »
identitaires de la gauche française. Le projet
de loi sur l’immigration trouble, et parfois
révulse, ce que l’on appelle « la gauche morale »,
sa plus large composante, et celle dans laquelle
le candidat d’En Marche a puisé pour conquérir
l’Élysée. Au début du mois, le pouvoir n’a pas
hésité à bousculer ce qui constitue la base
historique des partis de gauche en France,
en proposant un plan de départ volontaire
pour les fonctionnaires, vécu comme une
Directeur de la publication,
président de la SAS Les Echos : Francis Morel
Directeur des rédactions : Nicolas Barré
ILLUSTRATION FABIEN CLAIREFOND
RÉDACTION
Directeur : Henri Gibier (7249)
Directeur de création : Fabien Laborde (7273)
Assistante : Maria Lopez-Pissarra (7325)
Rédacteurs en chef : Gilles Denis (7221),
Karl De Meyer (7219), Lucie Robequain (7340)
Rédacteurs en chef adjoints :
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Chef d’édition : Anne-Sophie Pellerin (7322)
Directrice artistique : Cécile Texeraud (7354)
Directrice artistique adjointe:
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Conseillers éditoriaux : Daniel Fortin (7240),
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Rédaction : Philippe Chevilley (7192),
Thierry Gandillot (7246) (chefs de service),
Isabelle Lesniak (7290), Florence Bauchard
(7162), Stefano Lupieri (7295)
(chefs de rubrique), Pierre de Gasquet (7215)
(grand reporter)
Editrice Web : Cécilia Delporte (7218)
Edition : Véronique Broutard (7183),
Emmanuelle Chabert (7187), Annette Lacour (7275)
première entaille dans leur sacro-saint statut.
Et cette semaine, Edouard Philippe défie
ouvertement la partie la plus conservatrice
de la gauche syndicale, en lançant une réforme
par ordonnances de la SNCF qui devra mettre fin
à un autre statut, celui des cheminots,
pour les nouveaux entrants dans le métier.
S’il veut réussir ce triple pari à haut risque,
le chef de l’État se doit de ne pas céder sur
ses ambitions, tout en évitant de se couper trop
profondément d’une sensibilité importante
sur l’échiquier politique, sans laquelle l’équation
macronienne « et de gauche et de droite » perdrait
Maquette : Christine Liber (7291)
Service photo : Clémentine Neupont (7317),
Constance Paindavoine (7320)
Infographies:
service infographie des « Echos »
Documentation : Anne Flateau (7239)
Ont collaboré à ce numéro :
Morgane Aubert (maquette), Judith
Benhamou-Huet, Jérôme Berger, Jessica
Berthereau, Philippe Besson, Ludovic
Bischoff, Vincent Bouquet, Olivier De Bruyn,
Frank Declerck, Marc Dugain, Jean-Denis
Errard, Astrid Faguer, Romin Favre, Cédric
Fréour, Elsa Freyssenet, Laurent Guez,
Laure et Sarah, Thibaut Madelin, Shereen
Mahhouk (iconographie), Cécile Michel,
Gabrielle de Montmorin, Pascal Morand,
Sylvain Ouchickh, Alice d’Orgeval, Edson
Pannier, Jean-Francis Pécresse, Martine
Robert, François Vidal.
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L ES E C H O S W E E K- E N D – 6 5
toute justification. Inconnu du grand public,
Philippe Grangeon, en couverture du magazine,
est sans doute dans l’entourage présidentiel
celui qui connaît le mieux cette famille politique
et ce courant de pensée. Ce proche de la CFDT,
partenaire syndical incommode mais crucial
pour l’équipe en place, tente depuis plus
de vingt ans, et toujours dans l’ombre, de
« réformer » la gauche. À ce moment charnière
du quinquennat, il est à la fois un atout caché
et une précieuse boussole pour un président
convaincu que cela ne pourra se faire sans, « en
même temps », réformer la France. Henri Gibier
Editrice : Bérénice Lajouanie
Editrice déléguée :
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Les Echos Week-End est une publication
hebdomadaire du Groupe Les Echos. ISSN
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Dépôt légal : Mars 2018
Principal associé : Ufipar (LVMH)
Président-directeur général : Francis Morel
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ESPRIT WEEK-END
02 MARS 2018
L'AGENDA EN FRANCE
A blessed
marriage, série
de photos de
Roger Anis (2015)
en Égypte,
à voir au MUba
de Tourcoing.
HAUTS-DE-FRANCE
Au nord, il y a l’Art déco
Ce week-end débute dans une dizaine de
communes de la région le Printemps de l’Art
déco. Plus de 70 événements, conférences,
ateliers et visites vont célébrer ce mouvement
artistique. Et une exposition itinérante sera
présentée d’Amiens à Arras, de Cambrai à
Saint-Omer… Toutes les dates et rendez-vous
sont à retrouver sur le site web. Jusqu’au
30 avril. www.printempsartdeco.fr
Ludovic Bischoff
U
JUSQU’A
IL
29 AVR
TOURCOING
Chrétiens d’Orient
Après son succès à l’Institut du monde arabe
à Paris, l’exposition-événement « Chrétiens
d’Orient, 2 000 ans d’histoire » est présentée
au Musée des beaux-arts de Tourcoing,
à partir de ce week-end. Une traversée
de l’histoire religieuse, politique, culturelle
et artistique des communautés chrétiennes,
de l’Antiquité à nos jours, nourrie de pièces
inédites en provenance d’Irak.
Jusqu’au 11 juin. www.muba-tourcoing.fr
ALENÇON
Artiste oubliée
Bernard Buffet fut son élève. Simone de
Beauvoir son amie. Marie-Thérèse Auffray est
un peintre injustement oublié. Ses peintures
expressionnistes sont d’une modernité totale.
Intellectuelle engagée, homosexuelle, résistante,
Marie-Thérèse Auffray a vécu en marginale
assumée. Raison de plus de découvrir son
travail à l’Hôtel du département d’Alençon
jusqu’au 22 avril. www.orne.fr
AUBAGNE
Art numérique
Le centre d’art Les Pénitents noirs présente
l’exposition-installation « The Nature of
Love », de l’artiste contemporain Charles
Sandison. Son travail consiste à concevoir
un programme informatique complexe
qui génère des mots, des signes et détermine
leur apparition, leur mouvement, leur
collision et leur disparition face au public.
Une expérience physique et spirituelle
à vivre jusqu’au 1er septembre.
www.aubagne.fr
Portrait de femme de 3/4 à droite,
de Marie-Thérèse Auffray (1961).
8 – L E S E CHOS WE E K- E ND
IL EST TEMPS DE RÉSERVER
LE PRINTEMPS DES ARTS
À MONTE-CARLO
Ce festival propose 20 concerts et
une multitude de rendez-vous et
master classes du 16 mars au 29 avril.
Pour ouvrir le bal, l’Orchestre national
de France, dirigé par Yutaka Sado
(photo), donnera la Symphonie n° 2
de Charles Ives, associée au West Side
Story de Leonard Bernstein. La
richesse de la musique contemporaine
sera très présente avec la résidence
du compositeur monégasque
Yan Maresz. En première mondiale :
les créations d’Éric Montalbetti Éclair
physionomique (24 mars) et de Bruno
Mantovani Abstract pour violoncelle
et orchestre (26 avril).
www.printempsdesarts.com
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QUATRE
PREMIER JOAILLIER DE LA PLACE VENDÔME
En 1893, Frédéric Boucheron est le premier des grands joailliers contemporains à ouvrir une boutique Place Vendôme
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ESPRIT WEEK-END
SALLE D'ATTENTE
La revue impertinente
de la presse people
par Philippe Besson
ART CONTEMPORAIN
Madame ou Monsieur ?
« Madame je peux vous appeler Monsieur ? »
aurait demandé un homme à Yvette Chassagne
(1922-2007), féministe et première femme préfète.
Ce à quoi elle aurait répondu : « Je vous en prie,
Monsieur, je vous appellerai donc Madame. »
De cet échange est née cette exposition à
la galerie Mémoire de l’avenir sur la question
du féminin/masculin: dix projets artistiques
(photo, vidéo, installation, sculpture, performance)
interrogent la place de la femme dans la société.
Jusqu’au 24 mars. www.memoire-a-venir.org
ARS
LE 17 M
RAP ET SAPE
NTM, le pop store
Pour leur retour sur scène, et les 30 ans du
groupe, les rappeurs de NTM s’offrent ce
week-end une boutique éphémère en plein
Marais. La galerie l’Imprimerie (16 rue SaintMerri) présente le vestiaire de Joey Starr et Kool
Shen. Avis aux amateurs de hoodies, bonnets
et casquettes ! De 11 heures à 20h.
GUINGUETTE
L’océan aux Abbesses
Nouveau comptoir à fruits
de mer, Bulot Bulot sert
le meilleur de Normandie.
Huîtres, tourteau, bulots,
planches de poissons
fumés, anguille fumée,
lobster roll… Dans le
godet, cocktails de Margot
Lecarpentier (ex-Combat)
et autres vins natures. www.bulotbulot.fr
Alice d’Orgeval
IL EST TEMPS DE RÉSERVER
GILBERTO GIL SUR LA SEINE
MUSICALE
À ne pas rater sur l’île Seguin le 17 mars,
le concert de la légende brésilienne, pour
une seule et unique date en France. Gilberto
Gil sera accompagné de deux autres grands
artistes, le musicien Nando Reis et la
chanteuse Gal Costa. La tournée européenne
baptisée Trinca de Ases s’offre ainsi
sept étapes sur le vieux continent. Guitares,
percussions et mélodies enveloppantes :
de quoi chasser pour de bon le froid et
l’hiver. Le 17 mars www.laseinemusicale.com
DR
FESTIVAL
Le bonheur est dans le met
Pour sa 15e édition, Omnivore dresse le couvert
de la jeune cuisine branchée et responsable. Le
rendez-vous qui attire tous les ans à la Mutualité
environ 10 000 gourmands sur trois jours
a convié plus d’une centaine de chefs, pâtissiers,
producteurs, barmen, à se produire sur ses
six scènes… Jusqu’au 6 mars.www.omnivore.com
Patrick Bruel « partage ses nuits
entre deux jeunes femmes », affirme
Voici : la blonde Estelle, « âgée
d’une vingtaine d’années »
qui l’accompagnait le 3 février dans
les tribunes VIP du Stade de France
et à qui « il donnait à manger avec les
doigts» et la brune Pauline, dentiste
de 26 ans, avec qui « il échangeait un
baiser passionné dans une voiture »
cinq jours plus tard. En revanche,
il a passé la Saint-Valentin avec
Michaël Youn devant le match RealPSG. Le romantisme attendra.
L’événement fashion, c’était
évidemment la présence d’Elizabeth II
à un défilé de mode, celui du couturier
Richard Quinn. Une première, à 91 ans.
Comme quoi, il n’est jamais trop tard.
Mais ce qui a retenu l’attention,
c’est que Sa Majesté s’est assise
aux côtés d’Anna Wintour. « Les deux
reines » ont titré tous les journaux.
Voici précise que la patronne de Vogue
« a souri, et même ri ». Ajoutant :
« Jusqu’alors, les seules fois où
on avait vu ses dents, c’était pour
mordre. » Méchant mais pas
entièrement faux. Anna Wintour a
néanmoins conservé ses éternelles
lunettes noires, ce qui a choqué les
défenseurs de l’étiquette qui y ont vu
un manque de respect. Anna Wintour
sans ses lunettes ? Et pourquoi pas
la Vénus de Milo avec des bras ?
Kylie Jenner, demi-sœur de Kim
Kardashian, écrit sur son compte
Twitter (qui compte 24 millions
d’abonnés) ces quelques mots :
« Est-ce que quelqu’un d’autre n’ouvre
plus Snapchat ? Ou c’est juste moi ?
Euh, c’est tellement triste », et
aussitôt l’entreprise perd 1,3 milliard
de dollars en Bourse. Qu’est-ce qui est
le plus effarant ? Qu’un empire soit
bâti sur du sable ou qu’un mannequin
ait autant de pouvoir ? Je vous
l’avoue : l’époque m’inquiète.
YANN DERET
Florent Ladeyn,
le chef du Vert Mont
et du Bloempot,
en Flandres,
est un habitué du
festival Omnivore.
ILLUSTRATION FABIEN CLAIREFOND POUR LES ECHOS WEEK-END
L'AGENDA À PARIS
10 – LE S E CHOS WE E K- E ND
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CAPTURE-MOI
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ESPRIT WEEK-END
L'AGENDA AILLEURS
BERLIN
Expo Versace
Exceptionnelle rétrospective du travail de
Gianni Versace : contre toute attente, ce n’est
ni à Milan ni à Paris, mais au Kronprinzenpalais,
sur Unter den Linden, que l’exposition
se déroule, avec une centaine de pièces couvrant
toute la carrière du couturier, y compris
quelques-unes de ses principales créations
pour Madonna, Prince, Sting, et la reconstitution
du décorum de sa chambre à coucher de Miami.
Jusqu’au 13 avril. www.berlin.de
FLORENCE
David Bowie période Mod, photographié par
Dough McKenzie en 1966.
NEW YORK
David Bowie, dernier stop
Après cinq ans de succès retentissant de
Londres à São Paulo, en passant par Chigago
et bien sûr Paris, l’exposition itinérante « David
Bowie is » fait une dernière escale au Brooklyn
Museum. Les chanceux pourront y voir
les 400 objets, pièces, costumes, manuscrits,
clips et autres vidéos de concerts qui
ressuscitent une ultime fois l’âme de l’artiste.
Jusqu’au 15 juillet. www.brooklynmuseum.org
Retour en enfance
Incontournable au printemps, la villa Bardini,
qui détient l’un des plus beaux jardins
Renaissance de Florence, fait la part belle
dans sa nouvelle exposition aux héros de notre
enfance… Une présentation pleine de charme
rendant hommage à l’éditeur italien Adriano
Salani qui, depuis cinq décennies, croque
sur papier Pinocchio et ses petits compagnons
de jeu. Jusqu’au 3 juin. www.bardinipeyron.it
peu de places et une entrée masquée.
On y accède par une cabine téléphonique…
Mais, s’il vous plaît, ne le répétez pas.
www.mandarinoriental.com
Alice d’Orgeval
DERNIÈRE CHANCE
RETOUR À SOUTHFORK
Rendez-vous à Dallas, le temps
d’un week-end, les 30 et 31 mars, pour
rencontrer en chair et en os le meilleur
de l'« univers impitoyable » : Sue Ellen
Ewing (Linda Gray), Bobby (Patrick
Duffy), Lucy (Charlene Tilton) et
Ray (Steve Kanaly) seront sur place
afin de fêter le quarantième anniversaire
du premier épisode de la série culte
« Dallas ». Et pour que la commémoration
soit tout à fait réussie, le « birthday »
inclut une halte au ranch de Southfork.
www.visitdallas.com
U
JUSQU’A
S
31 MAR
HONG KONG
« Please don’t tell » sauce chinoise
Le fameux bar façon speakeasy de New York
met le cap à l’Est, avec cette première adresse
asiatique, inaugurée dans la mezzanine
du Mandarin Oriental. Conforme au concept :
LA PLAYLIST DE L'ACTU
Énorme tube en
Italie, ce « Encore
toi » de 1976 met
en scène des
amoureux qui
se sont séparés
et décident de
se remettre
ensemble. Ce qui
résume l’histoire
du peuple italien
et de Berlusconi.
E LUCEVAN LE STELLE
par Pavarotti
« Et les étoiles
brillaient »,
cet air fameux
du troisième acte
de Tosca, de Puccini
pourrait résonner
dimanche soir si,
à Dieu ne plaise,
les populistes
du mouvement
5 étoiles gagnent
ces élections.
12 – LE S E CHOS WE E K- E ND
I’M THE MAN
par Joe Jackson
«Très bientôt
maintenant, tu sais
que je vais faire
mon come-back/Je
parlerai à la foule
à travers tous les
médias/Donne-moi
tout ton fric, je sais
que tu penses que
je suis marrant.»
Prémonitoire ce hit
de 1976?
L’ITALIE
par Christophe
Elle risque
d’être encore
ingouvernable,
flirte avec des
politiques peu
fréquentables, mais
comme Christophe
en 1980, l’Italie
que l’on aime c’est
celle du soleil, des
mandolines et des
gondoles à Venise.
DR
Une fois de plus,
l’infatigable Silvio
Berlusconi se
retrouve à 81 ans
au centre du jeu
politique. C’est
comme si le titre
de Dylan avait été
écrit pour lui
en 1988 : « Stake
my future on a hell
of past. »
ANCORA TU
par Lucio Battisti
COURTESY OF THE DAVID BOWIE ARCHIVE
SILVIO
par Bob Dylan
WENN/SIPA
Dimanche l’Italie vote, mais pas en chantant, et l’Europe redoute une poussée populiste.
Les héritiers
ont bien changé.
Les temps changent, ce que l’on attend d’une banque privée aussi.
On ne la choisit plus simplement pour valoriser et transmettre son patrimoine.
On la choisit aussi pour aider et protéger ses enfants à chaque étape de leur vie :
études, 1er logement, projet professionnel…
Renseignez-vous auprès de votre Caisse régionale ou sur credit-agricole.fr/banque-privee
12/2017 – Édité par Crédit Agricole S.A., agréé en tant qu’établissement de crédit – Siège social : 12, place des États-Unis, 92127 Montrouge Cedex – Capital social : 8 538 313 578 € – 784 608 416 RCS Nanterre.
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ESPRIT WEEK-END
LE DIMANCHE IDÉAL DE…
en sommes les principaux partenaires.
Ma grand-mère, comme toute la famille
d’ailleurs, m’a énormément soutenu dans
le projet de Fondation. J’espère que ce nouveau
lieu sera une destination culturelle pour
de nombreuses autres familles le week-end.
La fondation a dû également absorber
nombre de vos dimanches ?
En effet, d’autant que le projet a été lancé
dès 2013 avec une ambition forte : offrir
aux créateurs internationaux issus de l’art,
du design et de la mode des moyens pour
expérimenter, produire et exposer des œuvres
nouvelles. Nous n’avons pas attendu d’être
confortablement installés dans le bâtiment
réhabilité par Rem Koolhaas pour nous mettre
au travail. Dès la création de la Fondation,
nous avons lancé un programme
de préfiguration pour accompagner de très
nombreux artistes et institutions, affiner
notre programme et vérifier nos hypothèses.
Le bâtiment qui ouvre dans quelques jours (1)
est le fruit de toutes ces recherches.
GUILLAUME HOUZÉ
Directeur de l’image et de la communication des Galeries Lafayette
et du BHV Marais, il préside aussi la Fondation Galeries Lafayette,
centre artistique pluridisciplinaire qui ouvre le 10 mars.
Un collectionneur consacre-t-il forcément
ses week-ends à l’art ?
Dans la mesure du possible, oui. Mais ma
passion pour l’art nourrit aussi ma vie de famille
et mon métier de commerçant. Mon père nous
emmenait tous les week-ends, mon frère et moi,
dans les grands magasins concurrents pour
repérer les nouveaux concepts. Je perpétue
en quelque sorte cette tradition avec mes deux
enfants, en les rapprochant le plus possible
de la création. Je suis convaincu que le pouls
de la société se prend au poignet des artistes.
Pour prendre ce pouls, êtes-vous plutôt
exposition, galerie ou atelier ?
Les trois et plus encore ! À Paris comme lors
de mes déplacements, je profite des week-ends
pour voir des expos, visiter de nouveaux lieux,
rencontrer la scène artistique locale. C’est
une habitude qui remonte à l’enfance. J’ai passé
de nombreux week-ends avec ma grand-mère
Ginette Moulin et je continue à le faire lorsque
je suis à Paris. C’est elle qui m’a fait découvrir
l’art, la littérature, la poésie… Elle m’emmenait
à La Fiac en simple visiteur, aujourd’hui nous
14 – LE S E CHOS WE E K- E ND
Le dimanche est-il sportif ?
C’est parfois nécessaire. L’art et le sport
ont les mêmes vertus : ils m’aident à faire
provision d’optimisme. Je cours essentiellement,
c’est une forme de voyage. J’ai eu la chance
de participer aux marathons de Paris, New York,
Londres et Tokyo et j’espère bientôt courir
ceux de Boston, Berlin et Chicago. Les longues
semaines d’entraînement qui précèdent
une course offrent des moments de ravissement
absolu. Tôt le week-end, on voit la ville
qui s’éveille, tout se fige à l’horizon
et dans chaque pas on voit venir le monde.
On y voit clair et c’est grisant.
Le dimanche, est-ce forcément en ville ?
Je suis un citadin passionné de nature. Je crois
que ma génération verra émerger au cœur
des villes des modes de vie alternatifs très
inspirés par ce qu’on nomme (ou nommait)
la « ruralité ». En tant que leader du commerce
de centre-ville, les Galeries Lafayette, qui depuis
un an sont ouvertes le dimanche, sont sensibles
à ces mutations. Les projets de notre groupe
autour du BHV, avec la Fondation et demain
Eataly, sont très soucieux de créer dans le Marais
un véritable environnement urbain.
Propos recueillis par Martine Robert
Photographe : Manuel Kirszenbaum
(1) Lafayette Anticipations, 9, rue du Plâtre, 75004
Paris. lafayetteanticipation.squarespace.com
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BUSINESS STORY
02 MARS 2018
Philippe Grangeon
chez lui,
en février 2018.
PHILIPPE GRANGEON,
VINGT ANS D’INFLUENCE
Par Elsa Freyssenet
Photographe : Yann Rabanier
LE S E CHOS WE E K- E ND – 15
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BUSINESS STORY
Réforme de la SNCF, réfugiés : au moment
où les contentieux se multiplient entre Macron
et la gauche, les conseils de Philippe Grangeon
sont précieux pour le président, à qui il explique
que son quinquennat est « fragile ». Portrait d’un
homme de l’ombre, un des conseillers stratégiques
les plus respectés de France. Et ce depuis vingt ans.
our parler de Philippe Grangeon, le plus méfiant
des hommes du président sort de son silence.
Ismaël Emelien, le conseiller spécial du chef
de l’État, qui fuit les journalistes, accepte cette
fois une conversation téléphonique. Quarante
minutes sur un homme quasi inconnu.
« Philippe Grangeon a un jugement très sûr,
c’est une boussole qui indique toujours le nord.
Il a une expérience de l’entreprise, de la politique
et du syndicalisme qui lui donne une science
des hommes et des organisations sans beaucoup
d’égal. Il a été là tout le temps et il est d’une
16 – L E S E CHOS WE E K- E ND
solidité absolue. » On reprend notre souffle avant
cette conclusion : « C’est une présence libre
et désintéressée, une présence unique. Personne
n’a le rôle de Philippe Grangeon auprès du
président. » Diantre ! Mais, au fait, Philippe qui ?
Son nom est familier dans les cercles du
pouvoir et identifié par quelques journalistes
spécialisés, mais pas au-delà. Et pourtant,
il peut se permettre, sans se faire rabrouer,
de poser des conditions pour rejoindre l’équipe
de l’Élysée – « l’hypothèse n’est pas fermée »,
dit-il. À près de 61 ans (en avril), il n’est ni jeune,
ni techno, ni élu, un profil peu commun en
Macronie. Bien qu’il mesure 1,92 m, on ne le voit
jamais sur les photos de campagne. Il fut
longtemps un conseiller de l’ombre au sens
propre du terme. Un spécialiste en stratégie
et communication, employé successivement
par des ministres socialistes (Paul Quilès
et Dominique Strauss-Kahn), un syndicat
(la CFDT) et de grandes entreprises (La Poste,
Capgemini). Un homme de gauche, converti
aux exigences de la mondialisation, qui a utilisé
son temps libre à conseiller – gratuitement –
PHILIPPE WOJAZER/REUTERS
François Hollande (ci-dessus, en février 2015) comme Emmanuel Macron (à droite, en mai 2017) ont tous deux pu compter très tôt, dans leur marche
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PHILIPPE GRANGEON
DENIS ALLARD/REA
vers l’Élysée, sur le soutien et les conseils de Philippe Grangeon.
Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo, François
Hollande et Emmanuel Macron. Un transfuge
de la « Hollandie » qui divise les proches
de l’ancien président. Mais aussi un « ami »
commun à l’actuel chef de l’État et à la maire
de Paris – cela arrive – en même temps
qu’un sparring-partner que tous deux veulent
conserver – c’est plus rare. En décembre
dernier, tout juste retraité, il s’est vu confier
par Anne Hidalgo la présidence de Paris & Co,
l’agence de la ville qui accueille les start-up
étrangères. « Philippe compte beaucoup pour
moi », tient-elle à nous dire. Le même mois,
il était entré au bureau exécutif d’En Marche.
« Le président veut que Philippe Grangeon soit
à proximité », souligne-t-on à l’Élysée.
Au vu d’un tel curriculum vitæ, on s’attend
à rencontrer soit une éminence grise aux
propos calculés et mystérieux, soit un conseiller
survitaminé au verbe mielleux, sourire entendu,
anecdotes bien choisies et réponse à tout.
On découvre, sur le pas de la porte, un géant
un peu gauche. Encombré par ses longs
membres comme l’albatros de Baudelaire.
CE QU’IL DIT DE…
François Hollande
« François est
un extraordinaire
clinicien. Tous
les signes bas,
il les voit. Mais
il a un blocage
sur l’ordonnance.
François, c’est
un oxymore :
il pense moderne
et il agit
à l’ancienne,
il sous-estime
la capacité des
gens à évoluer
grâce à un débat
et à une
détermination.
J’aime beaucoup
François, c’est
un honnête homme.
Il était le dernier
sur le manège de
l’ancien système. »
Emmanuel Macron
« Macron a un
côté chevalier
Bayard. Dès que
quelque chose
ne va pas,
il n’hésite pas,
il ne se réfugie
pas, il va dans
le chaudron.
C’est étonnant,
comme si
le chaudron
le rassurait. »
LE S E CHOS WE E K- E ND – 17
À part ça, pas de signe particulier, vestimentaire
ou physique. « On peut ne pas le remarquer »,
note Philippe Besson, qui ne le mentionne
d’ailleurs pas dans son livre, Un personnage
de roman, consacré à la campagne d’Emmanuel
Macron. « Et pourtant, il était très important
dans le dispositif », poursuit l’écrivain, avant
de souligner ce trait marquant : « Macron n’était
pas son patron et cela se sentait. »
Car l’impression initiale change dès que
Philippe Grangeon se met à parler. Sa voix
occupe tout l’espace, sans qu’il hausse le ton.
Un phrasé lent, à l’opposé du débit mitraillette
des collaborateurs du chef de l’État. « Le poids
du monde sur les épaules et une étincelle dans
les yeux », résume un marcheur. Son visage
et son corps s’animent quand il lance :
« Cela n’existe pas, la relation unilatérale avec
le peuple. » En a-t-il discuté avec Emmanuel
Macron, qui cultive la référence napoléonienne
et considère les corps intermédiaires comme
des éléments bloquants ? Oui, et c’est un point
de désaccord entre eux. Philippe Grangeon ne
le dit pas comme ça, il ne parle pas de ses
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BUSINESS STORY
TROIS DÉCENNIES
D’ENGAGEMENT
1984 Participe à la
fondation de SOS
Racisme.
1988 Chargé de
la communication
de Paul Quilès,
qui conduit la réforme
des PTT.
1992 Membre de la
direction de La Poste.
1994 Entre au cabinet
de Nicole Notat,
secrétaire générale
de la CFDT.
2000 PDG de
Mediapost, filiale
de publicité non
adressée de La Poste.
1998 Entre au cabinet
de Dominique
Strauss-Kahn à Bercy.
2001 Conseille
Bertrand Delanoë pour
la conquête de Paris.
2004 Entre dans
l’équipe de direction
de Capgemini.
2011 Conseille
François Hollande
pour la primaire puis la
présidentielle de 2012.
2014 Conseille
Anne Hidalgo
pour sa campagne
municipale à Paris.
2016 Participe
à la fondation
d’En Marche.
conversations actuelles avec le chef de l’État.
Il se contente d’expliciter : « Je ne crois pas
qu’on transforme durablement sans convaincre
les contre-pouvoirs. » Et de conclure, l’air grave
et les bras battant la mesure : « Ce quinquennat
est fragile, fragile, FRAGILE. »
Emmanuel Macron qualifie sa franchise de
« bienveillance exigeante ». « Ce n’est pas quelqu’un
qui fait des circonvolutions, témoigne Nicole
Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT.
Une fois qu’il s’est forgé une opinion, il l’exprime
sans fioriture. » Cela n’empêche pas la mise en
scène. Il compte ses mots et calcule son moment.
« Dans les réunions, il ne participe pas aux joutes
orales où chacun veut prouver qu’il est le plus
intelligent, il attend que cela vienne pour gagner
l’écoute. Et là, il apporte du tranchant. C’est très
stratégique chez lui », explique Jean Pisani-Ferry,
l’orchestrateur du programme présidentiel.
Ils se sont connus au cabinet de Dominique
Strauss-Kahn à Bercy, ils sont toujours amis.
Apparemment, cela fonctionne. Aux dires des
témoins, Emmanuel Macron l’écoute toujours
avec attention, même s’il ne l’entend pas tout
le temps, notamment sur l’exigence de progrès
social. Pendant la campagne, Philippe Grangeon
n’était pas au QG mais il parlait chaque jour avec
le candidat, relisait les discours et a finalement
participé aux réunions les plus cruciales.
LE ROMAN D’UNE CLASSE D’ÂGE
« C’est un formidable conteur », s’enthousiasme
Nicolas Théry (Crédit Mutuel), un autre ex du
cabinet DSK. Ce qu’il nous raconte ce jour-là, à
travers son parcours, c’est quarante ans d’histoire
de la gauche, et vingt ans d’influence. Le roman
d’une partie de sa classe d’âge, qui débute à
l’extrême gauche dans les années 70. Étudiant
18 – L E S E CHOS WE E K- E ND
à Paris XIII-Villetaneuse, il milite à la Ligue
communiste révolutionnaire. Malgré la fébrilité
de l’époque et ses épaules de nageur, il n’est pas
bagarreur, ne s’affiche pas à la tribune dans les
AG. On peut alors le repérer en retrait derrière
Julien Dray – ils sont toujours « copains ». Sa
conversion à la réforme commence par hasard,
avec une rupture amoureuse. C’est l’été 75, les
vacances bretonnes programmées avec la jeune
fille sont annulées, et son oncle, député-maire
de Chateauroux, lui suggère: «Il semblerait que tu
sois révolutionnaire. Alors va voir au Portugal… »
La révolution des Œillets a un peu plus d’un an,
l’élan démocratique est lancé mais le mouvement
s’épuise en débats sur le degré de radicalité
qui convient pour changer la société. Il en retient
« la difficile confrontation à la gestion » et la
conviction qu’« il faut gouverner pour transformer
les choses ». Après les législatives perdues de
GILLES BASSIGNAC/GAMMA
Deux étapes clés du parcours de Philippe Grangeon : sa participation, aux côtés du ministre Paul Quilès (à gauche), à la réforme de La Poste, à partir
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PHILIPPE GRANGEON
CE QU’IL DIT DE…
Dominique
Strauss-Kahn
« Dominique, c’est
le gars le plus
fort, le plus
fulgurant que j’ai
rencontré. Il a un
côté génial mais
je ne suis pas sûr
que ce génie était
adapté à un job de
président. Je n’ai
jamais senti chez
lui cette envie
d’être président.
Vous pouviez la
sentir chez les
autres pour lui,
mais l’important,
c’est lui. »
le service d’ordre de son syndicat, épaulé,
ce jour-là, par François Chérèque et Philippe
Grangeon. Convaincu d’avoir été à ces deux
moments clés du côté de « la gauche de
responsabilité », il en garde une grande méfiance
à l’égard des jeux d’appareils du PS. De ses
quatre ans à la CFDT, il conserve aussi une
connaissance intime de la centrale et un rôle
de prédilection : « coéquipier de gros temps ».
Avec Dominique Strauss-Kahn à Bercy,
à partir de 1998, il va être servi. C’est Paul
Hermelin, le directeur général de Capgemini,
rencontré aux PTT, qui fait l’intermédiaire :
« C’est difficile de passer du cabinet de Notat à
une entreprise. Après le cabinet DSK, ça marchera
mieux », lui conseille-t-il. Et Philippe Grangeon
rejoint la « dream team ». Un bourreau de travail
parmi d’autres. Comme les nuits sont courtes,
il a installé un matelas pneumatique dans son
bureau. Tout va bien, puis tout s’écroule avec
le scandale de la MNEF à l’automne 1999. Il est
à la communication mais ne peut rien maîtriser.
Le patron de Bercy démissionne ; des témoins
se souviennent avoir vu Philippe Grangeon
pleurer. De peine ou de dépit ? Un socialiste
l’assure : « Il était authentiquement mortifié
que Strauss-Kahn lui ait menti les yeux dans
les yeux. » À l’évocation de cet épisode, l’ancien
conseiller se raidit : « J’ai découvert une facette.
Point barre. »
UN BON CAPTEUR DE « SIGNAUX BAS »
MICHELINE PELLETIER/SYGMA/ GETTY IMAGES
de 1988 ; et son passage au cabinet de Dominique Strauss-Kahn (à droite) à Bercy, en 1998-1999.
1978, quand il comprend que l’extrême gauche
se satisfait de l’opposition, il la quitte.
Un Deug d’histoire en poche, il s’essaie
au journalisme. En 1981, quand le PS place
des sympathisants dans l’appareil d’État,
il décroche un poste de chargé de mission dans
l’administration des PTT. Premier moment
fondateur de son parcours réformiste :
le changement de statut de la Poste, conduit
à partir de 1988 par Paul Quilès. C’est la (seule)
réforme structurelle du second septennat de
François Mitterrand, prélude à la privatisation
des télécoms. Il est alors chargé de la
communication du ministre et affûte la
stratégie pour batailler dans l’opinion,
l’administration et au PS. Les mitterrandistes
sont contre, le Premier ministre Michel Rocard
est pour. Philippe Grangeon se rapproche de la
deuxième gauche. À l’hiver 1995, il est à la CFDT
EN 1999, DSK DÉMISSIONNE
DE BERCY. DES TÉMOINS
SE SOUVIENNENT AVOIR
VU GRANGEON PLEURER.
et doit vendre une ligne « compliquée » : la
centrale est opposée à la réforme des régimes
spéciaux de retraite (dont elle n’a pas été
prévenue) mais elle soutient le gouvernement
Juppé – c’est une première de taille – pour
celle de la Sécurité sociale. Dans les cortèges
parisiens, les manifestants grondent et Nicole
Notat est prise à partie. Elle est exfiltrée par
LE S E CHOS WE E K- E ND – 19
« Les silences de Philippe Grangeon ! » Voilà ce qui
marque le plus Robert Zarader, son complice
de toujours, communicant aussi, mais plus
volubile, plus rond. Des silences de toutes sortes :
pour théâtraliser sa part de mystère, pour botter
en touche ou pour surmonter le doute –
structurel chez lui. À ceux qu’il conseille, il sait
dire : « Je ne sais pas. » Face à la journaliste,
il peut reconnaître : « Je me suis trompé. » Ainsi
ne croyait-il pas à la pérennité de SOS Racisme,
dont il fut l’un des cofondateurs avec Julien
Dray en 1984. Il s’éloigne vite mais garde
l’habitude de humer la société. Dévoreur
d’essais et téléspectateur assidu de toutes sortes
de programmes, « il sait capter les signaux bas »,
entend-on dans de nombreuses bouches.
Il fallait du flair pour aller trouver Bertrand
Delanoë en 1999, deux ans avant sa conquête
de la capitale, et lui expliquer qu’il a déjà
prévenu DSK, son patron d’alors : « Sache que
si tu concrétises l’ambition parisienne qu’on
te prête, je soutiendrai Bertrand car il est le plus
légitime. » Delanoë, à 3% d’intentions de vote, a
évidemment été « touché ». Comme l’a sans doute
été François Hollande, à qui Philippe Grangeon
fera la même offre de service précoce, en 2011.
« Il m’a été précieux et il ne m’a jamais rien
demandé, même pas une médaille de la ville
de Paris », souligne l’ancien maire de la capitale.
La gratuité en politique, c’est, pour Philippe
Grangeon, la garantie de garder sa « liberté » de
parole et « [s]a façon de militer » tout en restant
connecté avec ce qu’il appelle « la vraie vie », à
savoir l’entreprise. La gratuité, ce peut-être
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
aussi une manière, pour lui, de donner du prix à
son propos. « J’étais certain de son honnêteté »,
dit ainsi Delanoë. La rétribution de l’homme de
l’ombre, c’est le goût de l’influence. Il l’admet
facilement. Mais son moteur intérieur, il le
définit autrement : « S’engager, se mouiller, ne pas
être dans l’évitement, c’est peut-être se sentir plus
vivant. » Ses credo : affermir toujours la vision
globale, aller au-devant des rumeurs – Macron a
de lui-même démenti publiquement sa
prétendue homosexualité – et surtout, surtout,
ne pas hésiter à s’excuser et s’expliquer si on
s’est trompé ou qu’on a choqué sans le vouloir.
UNE CARRIÈRE JALONNÉE D’AMITIÉS
Évoquer Philippe Grangeon, c’est s’assurer
un concert de louanges. « Un communicant
exceptionnel » (Paul Hermelin, Capgemini),
« un courageux » (Nicolas Dufourcq, BPI),
« absolument singulier » (Frédéric Lavenir, CNP)…
À ce niveau, l’unanimisme est soit tout à fait vrai
soit suspect dans un monde où le réseau compte
tant. Les amitiés de Philippe Grangeon irriguent
sa carrière et vice-versa. C’est le communicant
Jean-Louis Missika qui l’a introduit à la CFDT.
C’est Martin Vial qui l’a appelé à la tête d’une
filiale de La Poste en 2000. Quinze ans plus tard,
c’est Philippe Grangeon qui facilitera la
nomination de Martin Vial à la tête de l’Agence
des participations de l’État, puis introduira
son épouse, Florence Parly, dans le vivier des
ministrables de la Macronie. Il a aussi aidé au
maintien de Nicolas Dufourcq à la tête de la BPI,
malgré ses différends avec Ségolène Royal.
Échange de bons procédés mais aussi
attention réelle à ses amis, qui va de petits
cadeaux réguliers (il échangeait des CD avec
François Hollande) à « une présence extrême »
lors de la maladie du père de l’un d’eux. Les
contradictions de Philippe Grangeon inspirent
à son entourage une forme de tendresse :
il est « drôle » mais « prend tout au sérieux »,
HOLLANDE INVITÉ
À RENONCER, MACRON
ENCOURAGÉ À SE
PRÉSENTER… LUCIDITÉ
OU DOUBLE JEU ?
« superstressé mais paradoxalement calmant
en situation de crise », « un intuitif qui construit »,
« un pessimiste qui adore les gens qui ont de
l’énergie positive ». Lui qui a toujours évolué
au milieu d’énarques et de polytechniciens,
lui qui tutoie la noblesse républicaine est encore
complexé par ses « courtes études » : « J’ai le
syndrome de la petite chose et je l’aurai jusqu’à
ma mort. » Raison pour laquelle il s’est fait une
spécialité d’identifier les talents et de « sonder
le cœur et les reins » de ceux qui se présentent
à lui. C’est Ismaël Emelien qui utilise cette
expression pour illustrer sa première discussion
avec lui, à la demande d’Emmanuel Macron.
Sylvain Faure (la plume du président), Julien
Denormandie (secrétaire d’État) et Jean-Marie
Girier (le conseiller spécial de Gérard Collomb)
ont eu aussi droit à cette expérience et ils en
redemandent. Le porte-parole du gouvernement,
Benjamin Griveaux, retient, lui, qu’« on a
longuement parlé de la notion de risque ». Ah
tiens ! « La prise de risque inouïe » est précisément
EXPERT DU CANULAR AU CABINET DSK
Les anciens du cabinet Strauss-Kahn à Bercy
gardent tous un souvenir presque émerveillé de
leur passage dans ce cénacle. Généralement pour
la qualité des gens qui le composaient. Philippe
Grangeon ne déroge pas à la règle, mais il a une
raison supplémentaire : c’est là qu’il a développé
son goût pour les canulars téléphoniques.
Beaucoup, souvent. Une nuit, celle de la finale de
la Coupe du monde de 1998, ses collègues ont
décidé de lui rendre la pareille. L’un d’eux l’appelle
vers 4 heures du matin en se faisant passer pour
le patron d’un média sportif et lui déclare : « On
sait que DSK a parié sur la victoire du Brésil, on
va en faire la une et on a besoin d’une déclaration
officielle ». Grangeon « dément formellement » et
se rendort. Le lendemain en arrivant au bureau, il
se jette sur le média en question. Ouf, rien en une…
20 – LE S E CHOS WE E K- E ND
ce que Grangeon juge « fascinant » chez Macron.
Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’il ne
retienne que deux faits d’armes de François
Hollande : « la pédagogie de la compétitivité »,
à rebours du PS, et « la capacité à rassembler
le pays » lors des attentats. Et pourtant,
l’ex-président les a consultés, lui et Robert
Zarader, tous les samedis matin pendant quatre
ans. « Je ne sais pas à quoi ça a servi », grince
Manuel Valls. L’ancien Premier ministre a des
raisons d’en vouloir aux deux communicants :
ils ont suggéré de le remplacer lors du
remaniement d’avril 2016. « Un électrochoc pour
redonner du jus. » Ils n’ont pas eu gain de cause
et Manuel Valls ironise aujourd’hui : « François
a cru qu’ils étaient ses agents auprès de Macron
et c’est le contraire qui s’est produit. » Le point est
particulièrement sensible s’agissant de Philippe
Grangeon. Certes, il rêvait de longue date
de dépasser les clivages partisans par l’appel
à la société civile. Hollande n’y croyait pas et
Macron l’a fait. Mais il connaissait le président
socialiste depuis plus de trente ans. Associé
par Macron aux prémices d’En Marche
dès l’automne 2015, il a déconseillé à François
Hollande de se représenter, lors d’un dîner
à trois à l’Élysée avec Zarader au cours de l’été
2016 : « François, quand quelqu’un entre dans
ton bureau et te dit que tu dois être candidat,
demande-toi s’il le fait pour toi ou pour lui. »
Le 21 novembre dernier, Emmanuel Macron
lui a rendu ce bel et troublant hommage
en lui remettant la légion d’honneur : « Quand
je doutais, fugacement, je cherchais quelques
ELODIE GREGOIRE/REA
BUSINESS STORY
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
YANN RABANIER POUR LES ECHOS WEEK-END
ELODIE GREGOIRE/REA
PHILIPPE GRANGEON
regards, quelques approbations, […] il fallait que
quelques jugements s’exercent et celui de Philippe
Grangeon en faisait partie. » Ce passage-là
de la cérémonie a déjà fuité. Mais on ne savait
à quel doute le chef de l’État faisait allusion.
Tout s’éclaire à la lecture de ce passage-là : « J’ai
eu des tempêtes sous un crâne pour savoir s’il
fallait le faire ou pas et au-delà de la capacité de
réussir, s’il était bon de le faire ou pas. » Hollande
invité à renoncer, Macron encouragé à se
présenter… Il y a deux lectures possibles de
cette séquence : la lucidité ou le double jeu.
Grangeon récuse la trahison. Il a dit « deux
choses très claires » aux deux candidats
potentiels : s’ils devaient se présenter tous les
deux, il n’aiderait ni l’un ni l’autre ; si l’un d’eux
risquait d’empêcher la présence de la gauche
au second tour, il devrait se retirer. Deux
ex-conseillers de François Hollande, Gaspard
Gantzer et Vincent Feltesse, confirment et
le défendent : « Il a été clair. » Mais, sollicité,
l’ancien président décline. Son ancien lieutenant,
le député PS Stéphane Le Foll, fait mine de se
retenir : « J’aime pas trop balancer. » Sait-il qu’au
sein du comité qui a validé les investitures LREM
aux législatives, Philippe Grangeon a œuvré pour
qu’il n’ait pas de candidat macroniste contre lui ?
Par « respect pour cet ami indéfectible de François
Hollande » et parce qu’il espérait voir ce socialiste
« raisonnable » conquérir le groupe ou le parti.
Avoir toujours un coup d’avance, donc… quitte
à prendre le risque de se tromper.
Plus d’infos sur www.lesechos.fr/we
Philippe Grangeon s’est engagé auprès de Bertrand Delanoë
(ci-dessous à gauche) dans sa conquête de la mairie de Paris
dès 1999, quand il n’était qu’à 3% dans les sondages. Il conseille
désormais sa successeure, Anne Hidalgo (à droite).
SUR SA PLAYLIST
Philippe Grangeon
partage avec
Emmanuel Macron
et François Hollande
le goût de la chanson
française. Louis Chedid
est son « chanteur
fétiche pour les coups
de mou », notamment
le titre Au fond de nos
corps : « Au fond de
nos corps se cache
une âme, ce petit truc
en plus, cette étincelle,
bonheur fugace, rayon
de soleil… » Il dit aussi
ne « pas passer deux
jours sans écouter
Brassens » : Les
Copains d’abord (on
s’y attendait) mais
aussi Supplique
pour être enterré
sur la plage de Sète.
Il « adore » le dernier
album de Charlotte
Gainsbourg.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 2 1
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS STORY
Sombre dimanche électoral pour Angela Merkel
le 24 septembre : la CDU dévisse.
Si dimanche les sociaux-démocrates valident l’accord
de coalition, Angela Merkel pourra entamer son quatrième
mandat. Mais les six derniers mois ont érodé son capital
politique. Même reconduite, elle va devoir préparer
sa succession. Retour sur son chemin de croix.
Par Thibaut Madelin
Près de six mois après les élections, Angela
Merkel semble toucher au but. Si les sociauxdémocrates du SPD donnent leur feu vert ce
dimanche – ce qui n’est pas totalement acquis –,
elle reviendra à la chancellerie pour tutoyer
les records de longévité de Konrad Adenauer
et d’Helmut Kohl (respectivement quatorze
et seize ans). Mais elle démarrera ce quatrième
mandat affaiblie. La campagne de 2017, l’échec
des premières négociations qu’elle a lancées
avec les verts et les libéraux, une contestation
sérieuse au sein même de sa formation, la CDU,
ont abîmé son autorité. Elle l’avait pressenti.
À l’automne 2016, alors que ses proches la
poussent à déclarer sa candidature au scrutin
de septembre 2017, elle hésite. Elle répond
invariablement qu’elle décidera « en temps
voulu ». Il faut dire que sa décision d’accueillir
près d’un million de demandeurs d’asile, pour
la seule année 2015, a plongé le pays dans
le doute. À la Willkommenskultur, incarnée par
des millions d’Allemands solidaires, a succédé
la peur. Les extrémistes d’Alternative pour
l’Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD)
gagnent des points, notamment à l’Est.
Quand elle se décide enfin, le 20 novembre 2016,
Angela Merkel ne cache pas ses doutes : « J’ai
infiniment réfléchi. Cette élection sera difficile,
comme aucune autre depuis la Réunification. »
Les événements lui donnent vite raison.
La nomination surprise de Martin Schulz
à la tête du SPD, en janvier, propulse
les sociaux-démocrates au niveau de la CDU
dans les sondages. Après, même si « l’effet
2 2 – LE S E CHOS WE E K- E ND
MARDI 29 AOÛT 2017
MEETING DÉSASTREUX À BITTERFELD
Dans cette région d’ex-RDA où prospère l’AfD,
la chancelière se fait huer par les sympathisants
de l’extrême droite qui réclament son départ,
lui présentent un carton rouge et sifflent si fort
qu’ils couvrent sa voix. Les lèvres fermées,
la fille de pasteur protestant ne sait pas réagir
à cette haine. Au fil des semaines, la campagne
lui échappe. Après le duel télévisé qui l’oppose
à Martin Schulz, début septembre, l’asile
redevient un thème central.
DIMANCHE 24 SEPTEMBRE
SOMBRE SOIR D’ÉLECTION
La CDU arrive certes en tête avec 32,9% des voix,
mais elle perd huit points par rapport à 2013.
Son plus mauvais résultat depuis 1949. Surtout,
l’AfD recueille 12,6% des suffrages. L’Allemagne,
jusqu’ici épargnée par la vague populiste,
bascule dans une nouvelle ère. L’entrée du parti
nationaliste au Bundestag n’est pas seulement
un symbole fâcheux, elle fragmente le paysage
politique et complique la formation d’une
majorité. Angela Merkel n’a que deux options
pour rester au pouvoir. Elle peut théoriquement
former une nouvelle (sa troisième) « grande
coalition » avec le SPD, lui aussi sanctionné par
MICHAEL KAPPELER/AP/SIPA
LE SEMESTRE EN ENFER
D’ANGELA
Schulz » s’estompe au printemps et le flot de
réfugiés diminue, quelque chose dans l’air
annonce de sévères complications. À partir
de l’été commence un véritable calvaire, raconté
ici en huit épisodes.
ODD ANDERSEN/AFP
À Bitterfeld, les sympathisants d’extrême droite huent
la chancelière et réclament son départ en août dernier.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ANGELA MERKEL
Christian Lindner, leader du parti libéral, renonce le 19 novembre à la formation
d’une coalition avec la CDU. Certains le soupçonnent de n’en avoir jamais eu l’intention.
les électeurs, à peine au-dessus des 20%. Mais
son président Martin Schulz s’y refuse : « Notre
rôle se trouve dans l’opposition. » Reste donc la
coalition dite Jamaïque, du nom du drapeau de
l’île des Caraïbes qui arbore les mêmes couleurs
que celles des partis concernés (noir pour la
CDU-CSU, jaune pour les libéraux du FDP et vert
pour les écologistes). Celle qui a pu se vendre
comme « chancelière du climat » et a décidé la
sortie du nucléaire après Fukushima a de fortes
convergences avec les verts. C’est plus compliqué
avec le parti libéral. Encore marqué par la
bérézina de 2013, son leader Christian Lindner a
gardé une dent contre Angela Merkel. Les
négociateurs peinent à masquer leur méfiance.
Ils s’écharpent sur le climat ou l’Europe.
MICHAEL SOHN/AP/SIPA
DIMANCHE 19 NOVEMBRE
COUP DE TONNERRE À MINUIT MOINS LE QUART
Christian Lindner jette l’éponge. « Mieux vaut ne
pas gouverner que mal gouverner », déclare-t-il
devant les caméras. Certains éditorialistes
spéculent qu’il n’a jamais eu l’intention de
gouverner, mais simplement de provoquer à
dessein une crise qui emportera la chancelière.
La mine décomposée, Angela Merkel sort à son
tour quelques minutes plus tard, applaudie par
les conservateurs… et les verts. Elle est sonnée,
mais pas KO. Comme elle le fait toujours face
à une grave difficulté, elle donne le lendemain
une interview à la télévision publique et
contre-attaque : si le SPD refuse de participer
au gouvernement, il y aura des élections
anticipées et elle sera candidate. Elle pourrait
former un gouvernement minoritaire, mais
elle préfère une équation stable. Elle fait donc
pression sur Martin Schulz, qui préférerait
certes rester dans l’opposition pour rénover
le SPD dans l’optique de 2021, mais ne craint
rien tant qu’un nouveau scrutin immédiat.
Le président de la République Frank-Walter
Steinmeier, qui connaît très bien Angela Merkel
pour avoir été son ministre des Affaires
étrangères pendant huit ans, pousse dans
son sens, invitant solennellement le SPD à parler
avec la CDU. Emmanuel Macron et le Premier
ministre grec Aléxis Tsípras appellent eux aussi
l’ancien président du Parlement européen
à adopter ce scénario, au nom de l’Union.
JEUDI 7 DÉCEMBRE
SCHULZ DÉGAINE
Le dos au mur, le leader du SPD décide d’y aller.
Pour convaincre les Genossen (camarades) réunis
en congrès que le parti peut faire avancer ses
idées dans des discussions « ouvertes » avec les
conservateurs, il propose la création d’États-Unis
d’Europe. Au Parc des expositions de Berlin, les
délégués ne cachent pas leur méfiance vis-à-vis
de la direction du parti, à qui ils reprochent de
renier les engagements très clairs pris en
septembre. Au final, une large majorité donne
son feu vert à des négociations, mais le parti est
déchiré entre son sens des responsabilités et son
désir profond de se ressourcer dans l’opposition.
« Angie » peut souffler, mais pas pour très
longtemps. Car une rébellion s’organise dans son
propre camp. L’aile droite de la CDU, représentée
LE S E CHOS WE E K- E ND – 23
par son Conseil économique ou le jeune
secrétaire d’État aux Finances Jens Spahn, milite
pour un gouvernement minoritaire. Son calcul :
sans partenaire, les conservateurs auront plus
de postes à se partager, ils pourront faire
leur propre politique et… montrer un jour
la porte de sortie à une chancelière jugée
beaucoup trop centriste. L’intéressée fait le dos
rond. Elle profite des fêtes de Noël pour
rencontrer discrètement Martin Schulz avant
de lancer des discussions officielles qui
s’annoncent tendues. Pour convaincre la base,
qui aura son mot à dire jusqu’à la fin, la direction
du SPD doit arracher des trophées. Décidés
à faire l’inverse de la coalition Jamaïque,
les protagonistes de la « GroKo », ou grande
coalition, mènent leurs consultations à huis clos
pendant une semaine. Elles conduisent à
un marathon durant la nuit du jeudi au vendredi
12 janvier. À l’aube, un journaliste de Reuters,
qui rappelle sur Twitter que Merkel a négocié
dix-sept heures pour le maintien de la Grèce
dans la zone euro et pour les accords de Minsk
sur la paix en Ukraine, note que « ça fait
maintenant dix-neuf heures pour les discussions
exploratoires ». Au final, elles dureront vingtquatre heures…
VENDREDI 12 JANVIER
FUMÉE BLANCHE AU-DESSUS DE BERLIN
Angela Merkel, Horst Seehofer, le difficile
leader de la CSU bavaroise, et Martin Schulz
concluent finalement un premier accord de
28 pages, dont les trois premières portent
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS STORY
DU JAMAIS VU JUSQU’ICI,
UN TROISIÈME ACTEUR VIENT
SE GLISSER ENTRE
LA CDU ET LE SPD :
EMMANUEL MACRON.
DIMANCHE 21 JANVIER
LES JEUNES DU SPD SE REBIFFENT
« Macron m’a appelé hier », lance Martin Schulz
aux 600 délégués et 45 membres de la direction
du SPD réunis en congrès extraordinaire
à Bonn. Mais au lieu de le prendre au sérieux,
l’audience rit sous cape. À la fin de son discours,
dans lequel il a loué les avancées socialesdémocrates obtenues dans les discussions
exploratoires (retraite minimale, investissements
dans l’éducation…), c’est tout juste si la salle
applaudit. Qu’il paraît loin, ce 19 mars 2017
où Martin Schulz était élu président par
les mêmes délégués avec un score inédit
de 100%… Dix mois plus tard, ils sont mal à
l’aise avec son revirement. Ils sont en revanche
électrisés par Kevin Kühnert, le leader des
Jeunes socialistes (« Jusos »). À 28 ans, l’étudiant
veut tourner la page des GroKo qu’il juge
responsables de l’érosion du parti depuis 2005.
2 4 – LE S E CHOS WE E K- E ND
« Être aujourd’hui un nain pour redevenir
un géant demain », propose-t-il aux Genossen.
L’ambiance menace clairement de se retourner
contre la direction. La cheffe du groupe
parlementaire Andrea Nahles doit prononcer
un discours vibrant pour limiter la casse.
Un premier vote à main levée ne permet pas
de déterminer une tendance claire. Un silence
total s’installe dans le Centre de conférence
international. Finalement, tout juste 56%
des délégués votent en faveur de la GroKo :
un désaveu pour les chefs du SPD et
une hypothèque pour Angela Merkel. Les Jusos,
galvanisés par leur succès, appellent les
sympathisants à adhérer au parti pour bloquer
l’accord SPD-CDU, lors de la consultation de
la base qui aura lieu fin février. Leur campagne
marche. Début février, le parti compte 463 000
membres, soit 24 000 de plus qu’en janvier…
À quelque chose malheur est bon :
Martin Schulz sait exploiter la colère de sa base
pour faire pression sur Angela Merkel.
MERCREDI 7 FÉVRIER
LE TRIOMPHE AMER DU SPD
Au terme de nouvelles négociations marathon
entre les trois partis, qui durent cette fois
vingt-cinq heures, Martin Schulz se présente en
grand gagnant. La chancelière, par contraste,
semble avoir payé un prix très élevé pour garder
son siège. Car le SPD a remporté trois
maroquins de tout premier plan : Affaires
étrangères, Affaires sociales et surtout
Finances. Les coffres pleins de Wolfgang
OLIVER BERG/DPA/ABACAPRESS
sur l’Europe. L’Europe, justement, attend.
Cela fait maintenant quatre mois que
l’Allemagne n’a pas de gouvernement en état
de marche. Alors que les députés déambulent
dans le Bundestag sans savoir s’ils sont
dans l’opposition ou la majorité, les partenaires
européens de Berlin sont également
dans le brouillard. L’un d’eux s’impatiente
particulièrement : Emmanuel Macron.
Sa jeunesse et son élan ont soudain donné
un coup de vieux à la politicienne de 63 ans.
S’il aime à se présenter comme son complice,
il a surtout besoin d’elle pour lancer
ses réformes de l’Union alors que se préparent
déjà les européennes de 2019. Bien décidé
à peser sur les affaires berlinoises,
Emmanuel Macron a envoyé début novembre
Bruno Le Maire, son ministre des Finances,
à la rencontre des leaders de la CDU,
des libéraux et des verts. C’est la première fois
qu’un allié s’immisce ainsi dans la constitution
d’un gouvernement allemand. L’objectif
est d’éviter que les partis, à commencer
par le parti libéral (FPD), ne prennent
des décisions incompatibles avec
les propositions de Paris pour la zone euro.
Ravi de voir le projet Jamaïque abandonné
par Christian Lindner, qu’il redoute, Emmanuel
Macron se glisse tel un troisième acteur
entre la CDU et le SPD. Son ombre domine
leurs discussions. Sa vision « a besoin
de se conjuguer avec l’ambition allemande »,
insiste-t-il le 19 janvier, à l’occasion d’une visite
d’Angela Merkel à Paris.
Au congrès du SPD, Kevin Kühnert, le leader
des jeunes du parti, s’oppose à Martin Schulz.
BERND VON JUTRCZENKA/DPA/ABACAPRESS
Une poignée de main qui scelle un premier accord entre la CDU d’Angela Merkel, la CSU
de Horst Seehofer (à gauche) et le SPD de Martin Schulz (à droite) le 12 janvier 2018.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ANGELA MERKEL
KAY NIETFELD/DPA/MAXPPP
LUKE MACGREGOR/BLOOMBERG
KRISZTIAN BOCSI/BLOOMBERG
MICHAEL PROBST/AP/SIPA
Pour protéger son héritage centriste, Angela Merkel intronise
Annegret Kramp-Karrenbauer au poste de secrétaire générale de la CDU le 19 février.
Schäuble confiés à des socialistes ? C’est
l’humiliation de trop pour les chrétiensdémocrates. « Ouf, nous avons tout de même la
chancellerie », ironise un député sur Twitter.
Si la colère gronde à droite, la gauche offre elle
aussi un spectacle assez affligeant. Sigmar
Gabriel, ministre des Affaires étrangères,
s’accroche à son siège que Martin Schulz lui
dispute, contrairement à son engagement de ne
jamais participer à un gouvernement d’Angela
Merkel. Une position intenable. Le 9 février,
Schulz renonce à ses ambitions au Kabinett
pour ne pas mettre en péril le vote très incertain
des adhérents. Deux jours plus tard, il confie
même les clefs du parti à Andrea Nahles.
LUNDI 19 FÉVRIER
UNE DAUPHINE POUR MERKEL
Avec l’ancienne ministre du Travail de 47 ans à
sa tête, le SPD se féminise et se rajeunit. Ce qui
mécaniquement accélère le débat sur la succession
de la présidente de la CDU. Désormais, ce ne sont
pas seulement les détracteurs habituels d’Angela
Merkel qui la pressent de donner des gages,
mais aussi des proches. Celle qui a assisté aux
premières loges à la fin délétère de l’ère Kohl
se résout à mettre en orbite une alliée. Il s’agit de
protéger son héritage centriste face à tous ceux
qui souhaitent revenir aux valeurs traditionalistes
de la CDU. Le 19 février, elle place au poste de
secrétaire générale Annegret Kramp-Karrenbauer,
ministre-présidente du petit Land de Sarre
depuis 2011. Faisant taire tout d’un coup
les critiques. Fière de son coup, l’inoxydable
cheffe du gouvernement ne cache pas sa joie.
Et commet d’ailleurs une sympathique bourde
qui devient virale sur les réseaux. Elle présente
celle qui est déjà devenue « AKK » dans les
médias comme la première femme secrétaire
générale du parti. Avant de se raviser : « Ah mais
non ! La seconde ! » La première, c’était elle… Elle
pouffe de bon cœur. On n’avait plus vu Angela
Merkel aussi détendue depuis des mois.
Retrouvez Karl de Meyer ce samedi à 9h20
dans La Matinale sur
QUATRE ASPIRANTS CONSERVATEURS
À LA SUCCESSION
« AKK », LA KRONPRINZESSIN
Ministre-présidente du Land de
Sarre, où elle mène une politique
compatible avec celle d’Angela
Merkel, Annegret KrampKarrenbauer, 55 ans, aurait pu
entrer dans le prochain
gouvernement. Mais elle a jugé plus
stratégique de devenir secrétaire
générale du parti et acquérir
une visibilité nationale. Le 26 février,
elle a été élue à 98,9% au poste.
JENS SPAHN, LE REBELLE
Secrétaire d’État au ministère
des Finances, il incarne l’opposition
à Angela Merkel. À 37 ans,
cet homosexuel très conservateur
a ouvertement attaqué la politique
d’asile de la chancelière
et n’hésite pas à critiquer sa ligne
européenne qu’il juge laxiste.
La cheffe du gouvernement
a décidé de l’incorporer
dans son cabinet, à la Santé.
DANIEL GÜNTHER, LE « JAMAÏCAIN »
Ministre-président du Land de
Schleswig-Holstein (nord), il a
réussi à former dans son fief une
coalition dite Jamaïque avec les
libéraux du FDP et les verts. Durant
les négociations avec les mêmes
partis au niveau fédéral, qui ont
finalement échoué en novembre,
son expérience a été précieuse pour
la chancelière. À 44 ans, c’est une
étoile montante.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 25
JULIA KLÖCKNER, L’ATOUT GLAMOUR
Leader des conservateurs en
Rhénanie-Palatinat (ouest), Julia
Klöckner a raté en 2016 son élection
à la tête du Land d’Helmut Kohl
après s’être distanciée de la politique
d’asile d’Angela Merkel. Mais
cette blonde de 45 ans au sourire
carnassier est chouchoutée par
la base du parti. Fille de viticulteur,
l’atout glamour de la CDU devrait
devenir ministre de l’Agriculture.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS STORY
L’île de Cuba a failli perdre son expertise
en « habanos » après la révolution castriste
et l’embargo décrété par JFK en 1962.
La reconquête du marché mondial du cigare
est passée par l’Espagne et la montée en gamme.
La grand-messe annuelle du secteur, qui se tient
aujourd’hui à La Havane, témoigne des ambitions
toujours intactes du pays des « puros ».
Par François Vidal
26 – L E S E CHOS WE E K- E ND
ALEXANDRE MENEGHINI/REUTERS
À
première vue, l’événement n’est
pas très différent de tous ceux qui se déroulent
régulièrement dans les grandes capitales
occidentales. Avec son « dress code », ses tables
rondes ornées d’un bouquet et sa vente aux
enchères caritative, ce dîner de gala pourrait
aussi bien avoir lieu à Londres, New York
ou Paris. Mais c’est à La Havane, un des derniers
bastions communistes de la planète, que
se déroule cette soirée pas comme les autres.
Chaque année, au début du mois de mars,
un millier de privilégiés venus du monde entier
s’y pressent dans une atmosphère aux accents
très locaux. Il y a d’abord les guayaberas,
ces chemises traditionnelles cubaines portées
LE CIGARE CUBAIN,
D’UNE RÉVOLUTION L’AUTRE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE CIGARE CUBAIN
Luis SanchezHarguindey,
coprésident
d’Habanos,
société chargée
de commercialiser
les « habanos puros »
dans le monde, dont
la marque française
Quai d’Orsay.
QUAI D’ORSAY, LE CUBAIN À L’ACCENT FRANÇAIS
Dans l’univers du
havane, cette marque
est une curiosité.
Des 27 labels cubains,
c’est le seul qui ait été
créé à la demande
d’un pays étranger.
Lancé en 1973 sous
l’impulsion de Valéry
Giscard d’Estaing, alors
ministre des Finances,
Quai d’Orsay devait
enrichir un certain art
de vivre à la française,
dont la gastronomie
et le vin sont les
symboles. D’où son
nom, qui fait référence
à l’adresse historique
À gauche
et ci-dessous :
l’édition 2017
du Festival del
Habano, qui réunit
chaque année
les amateurs autour
d’un dîner de gala
suivi d’une vente
aux enchères
caritative.
de la Seita. Tombé
en désuétude, il vient
d’être relancé
à l’échelle mondiale
en octobre par
Habanos et pas
seulement pour
la France. « Quai
d’Orsay sera distribué
d’ici fin 2018 dans une
centaine de pays. Et les
premiers retours sont
très encourageants,
en novembre, nous
en avons vendu 20 000
en France », explique
Antoine Bathie,
directeur de Seita
Cigares.
pour les amateurs : 580 Cohiba, la marque
la plus prestigieuse de havanes, dont
20 modules des très recherchés Behike, la ligne
haut de gamme du label. Ce vendredi 2 mars,
pour les vingt ans du Festival, les enchères
devaient monter encore plus haut. Depuis
quelques semaines, il se chuchotait en effet
que, pour marquer le coup, des pièces
exceptionnelles avaient été fabriquées…
ALEXANDRE MENEGHINI/REUTERS
BRUNO CHAROY POUR LES ECHOS WEEK-END
SAUVER UN TRÉSOR NATIONAL
par-dessus le pantalon, qui tranchent avec
les smokings, costumes et robes de soirée
de rigueur en pareille circonstance. L’ambiance,
aussi, rythmée par les airs de salsa et de « son »
interprétés par les grands noms de la scène
locale. Et puis, surtout, ce halo de fumée bleutée
qui enveloppe progressivement l’ensemble
de la salle. Ici, fumer n’est pas interdit,
c’est même… recommandé. De préférence des
« barreaux de chaise » ! Car ce dîner est le point
d’orgue du Festival del Habano, manifestation
qui réunit chaque année, pendant une semaine,
producteurs, revendeurs et amateurs éclairés
de « puros » (comprendre « puros habanos »).
Tous ceux qui comptent dans le petit monde
du havane, la Rolls du cigare. Ces quelques
jours à Cuba sont l’occasion de juger de la
qualité de la production de tabac de l’année,
de déguster en avant-première le dernier-né des
Partagas, Romeo y Julieta et autres Montecristo
et, accessoirement, de passer commande.
L’État cubain y trouve son compte : l’an
dernier, la vente caritative a réuni 1,3 million
de dollars au profit de la Sécurité sociale locale.
Les lots ? Sept coffres en bois laqué
aux couleurs vives, affichant fièrement
les armes des maisons qui en ont fait don.
Le plus cher de ces « humidors » XXL – le nom
consacré des caves à cigares – est parti pour
400 000 dollars. À l’intérieur, un véritable trésor
LE S E CHOS WE E K- E ND – 2 7
Il peut sembler paradoxal que le pays
du socialisme tropical mette les petits plats
dans les grands pour l’un des symboles de
la réussite capitaliste. C’est en fait la traduction
d’un plan stratégique visant à sauver un trésor
national. Car si l’île a longtemps eu le monopole
des cigares « premium », fabriqués à la main
à partir des meilleures feuilles de tabac, la donne
a radicalement changé. Cette production haut
de gamme ne représente plus qu’un quart
des 450 millions de modules vendus chaque
année. Sur le mass market, c’est la République
dominicaine qui fait la loi, avec le Nicaragua
et le Honduras dans une moindre mesure.
Une réaction s’imposait. Aujourd’hui, le havane
de Cuba est devenu un produit de luxe
aux marges à deux chiffres qui, accessoirement,
rapporte 500 millions de dollars par an au pays.
« Nous sommes l’acteur dominant du marché
par la qualité de nos produits et notre capacité
d’innovation. Notre part de marché
hors des États-Unis s’élève à 80% en valeur »,
assène Luis Sanchez-Harguindey,
le coprésident d’Habanos, la société chargée
de commercialiser les « puros » dans le monde.
Pour comprendre le chemin parcouru
au cours du dernier quart de siècle, il faut
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BUSINESS STORY
d’abord faire un peu d’histoire – et d’agronomie.
C’est sur l’île de Cuba que les compagnons
de voyage de Christophe Colomb rencontrent
les premiers amateurs de havanes… Des indiens
Taïnos, qui fumaient des herbes « pour en aspirer
le parfum » ! Au cours du xixe siècle, c’est à Cuba
encore que sont posées les bases du cigare
tel que nous le connaissons : traitement
des feuilles de tabac, bagues, boîtes en cèdre
et « vistas » (les lithographies hautes en couleur
figurant sur le couvercle)… La légende du havane
prend naissance à cette époque-là, quand,
par exemple, le nom de Montecristo est adopté
dans une manufacture où l’on lisait le roman
d’Alexandre Dumas aux « rouleurs » de cigare.
Les Cubains développent à partir de là
une culture du cigare comparable à celle du vin
en France. Le goût et la qualité dépendent
des trois mêmes facteurs-clés : climat, terroir,
processus de fabrication. Exclusivement
composés des meilleures feuilles de tabac
des plantations de terres ocres et humides
de la mythique Vuelta Abajo, les « puros » roulés
à la main dans les manufactures de La Havane
ont la réputation d’offrir une richesse
aromatique et une puissance sans pareil.
« Chaque “jefe de ligada”, l’équivalent du maître
de chai dans le vignoble, détermine le goût
de chaque cigare en choisissant les feuilles
à assembler en fonction de leur plantation
d’origine, de leur variété et de leur hauteur sur le
plant », explique Yves Belaubre, une des grandes
figures du secteur en France. Comme les grands
crus, les marques de havanes ont donc leur
signature. Un Hoyo de Monterrey sera toujours
moins puissant qu’un Partagas, tout comme un
graves l’est moins qu’un saint-émilion. Au sein
même de chaque maison, la taille et le diamètre
influent également sur le goût et la puissance
du cigare. La gamme comptant près de 300
références, la palette est donc très vaste, ce qui
conduit de nombreux aficionados à privilégier
un module, une fois leur éducation faite.
REPÈRES
450 millions de cigares
sont vendus dans le monde
chaque année, dont 330 millions
environ aux États-Unis.
80 à 90 millions de havanes
sont produits
selon les années.
L’Espagne accro
Elle est en tête du Top 3
des pays consommateurs
de havanes, devant la France
et la Chine.
2 8 – L E S E CHOS WE E K- E ND
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE CIGARE CUBAIN
COMMENT FABRIQUE-T-ON UN HAVANE ?
• Récolte et séchage Les feuilles de tabac
de la Vuelta Abajo sont récoltées en mars-avril
et rangées dans les « casas de tabaco »
– les maisons de séchage – en fonction de leur
place sur le plant. Elles vont y séjourner jusqu’à
trois mois et passer du vert au marron.
• Fermentation Elles sont ensuite empilées
et recouvertes d’une toile pour provoquer
la fermentation. Ce processus qui dure un peu
plus d’un mois vise à éliminer l’excès de nicotine
et de résine. Il est doublé pour les feuilles qui
constituent la tripe (le véritable cœur du cigare)
et la sous-cape (qui enveloppe la tripe, sous
la cape extérieure). Il prend fin avec l’arrachage
de la nervure centrale.
• Sélection Les « jefes de ligada » entrent alors
en scène. Ils sélectionnent pour chaque marque
les feuilles qui permettront d’en assurer le goût
et l’apparence. C’est l’assemblage.
• Roulage Il consiste à assembler les deux
demi-feuilles de sous-cape avec les trois feuilles
de tripe, puis à les envelopper dans la feuille
de cape. Après trois semaines de repos, les
cigares sont bagués puis placés dans une boîte
en cèdre. Ils sont enfin congelés pour éliminer
d’éventuels parasites avant d’être exportés.
L’ensemble de ces opérations est artisanal.
Au total, pendant sa fabrication, un havane
passe entre une soixantaine de mains.
Quelques étapes
de la fabrication
d’un cigare, dans
une plantation
de la province de
Pinar del Rio,
au cœur de la Vuelta
Abajo (de gauche
à droite et de haut
en bas) : récolte
des feuilles ;
mise en séchoir ;
assemblage
manuel
des différentes
parties du cigare.
ALEXANDRE MENEGHINI/REUTERS
Source : « Le Petit Larousse des cigares ».
Mais la révolution castriste a percuté
de plein fouet ce monde de traditions. La prise
du pouvoir par Fidel Castro en 1959 a provoqué
un cataclysme qui a failli être fatal au cigare
cubain. Non que les « barbudos » lui aient
été hostiles : le Che en particulier en fumait
tellement que son médecin lui avait ordonné
de se limiter à un par jour – le Comandante
en avait du coup fait fabriquer un d’un mètre
de long… Mais les Castristes, sitôt arrivés
au pouvoir, ont remplacé toutes les marques
de havanes par une seule, Siboney, du nom
d’un patriote cubain. Face à l’effondrement
rapide des ventes, ils sont revenus en arrière,
mais le mal était fait : de nombreuses familles
historiques du « puro » avaient quitté
l’île entre-temps.
Le coup le plus dur viendra de la MaisonBlanche. En février 1962, John Fitzgerald
Kennedy instaure un embargo total
sur les importations cubaines pour protester
contre la politique de nationalisation de l’île.
Grand amateur de havanes lui-même,
JFK avait toutefois pris la précaution
de demander à son porte-parole Pierre Salinger
de lui procurer un millier de H. Upmann Demi
Tasse pour sa cave personnelle avant de signer
le décret ! Toujours d’actualité, malgré
les assouplissements de Barack Obama,
cet embargo a privé Cuba, du jour
au lendemain, de l’accès aux deux tiers
de la demande mondiale. Il a aussi permis à l’île
voisine de la Dominique de se positionner
en rivale, grâce aux capitaux investis sur place
pour fournir le gigantesque marché américain
et au savoir-faire des exilés cubains, arrivés
les poches pleines de semences de Piloto,
le cépage des « puros ». Plus tard, le divorce
entre le pouvoir castriste et Zino Davidoff,
devenu le principal VRP du havane,
et l’incapacité de l’agriculture collectivisée
à garantir la qualité scelleront
la marginalisation de la production cubaine.
PLUS DE 30 000 AMATEURS EN FRANCE
La « reconquista » des années 90 prend
la forme d’une association entre le ministère
de l’Agriculture cubain et Tabacalera, la Seita
espagnole (passée depuis sous contrôle
d’Imperial Tobacco), dont la mission sera
de vendre les havanes dans le monde entier.
Baptisée Habanos, cette joint-venture à 50/50
va conjuguer le savoir-faire local, toujours
sous le contrôle vigilant du ministère
de l’Agriculture cubain, à la compétence
commerciale du partenaire espagnol.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 29
Dans un marché bouleversé par
le durcissement de la législation antitabac
partout dans le monde, sa mission sera de miser
sur la qualité. De quoi séduire une nouvelle
population de fumeurs, qui ne cherche pas
à afficher sa réussite sociale, son goût
du pouvoir, ou même un certain machisme, mais
plutôt un art de vivre. Loin de la représentation
caricaturale du banquier ventripotent
ou du rappeur mâchouillant un gros module.
De nouveaux usages sont donc apparus, dans
lesquels, comme le disait Freud – qui pouvait
fumer jusqu’à 20 havanes par jour –, « parfois,
un cigare n’est qu’un cigare ». Car si 450 millions
de cigares sont savourés tous les ans sur
la planète, c’est que ce plaisir dépasse désormais
largement le cadre de la finance ou des clubs
pour gentlemen. En Espagne, premier marché
mondial, fumer le cigare n’est pas connoté
socialement. En France, deuxième marché
mondial, on compte plus de 30 000 fumeurs
réguliers, une cinquantaine de clubs d’amateurs
et une revue bimestrielle, L’Amateur de cigare.
« Dans les soirées que j’anime autour du cigare,
je ne croise jamais l’archétype du fumeur, plutôt
des amateurs de 25 à 45 ans, qui se passionnent
pour le sujet comme ils le feraient pour le vin
ou le chocolat », souligne Guillaume Tesson,
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BUSINESS STORY LE CIGARE CUBAIN
QUATRE AMATEURS DE LÉGENDE
1964, Fidel Castro fume un cigare artisanal
qui deviendra célèbre sous la marque Cohiba.
la maison phare de l’île – et la plus chère avec
sa déclinaison Behike –, alors qu’elle n’était
ni la plus ancienne ni la plus connue. Mais son
image combine habilement le mythe du havane
avec la geste révolutionnaire – la légende veut
qu’elle ait été créée par Fidel Castro en personne.
Tout commence en 1963 quand, attiré par
le parfum du cigare d’un de ses gardes du corps,
le Lider Maximo en demande l’origine.
Celui-ci lui répond qu’il s’agit d’une « fuma »,
un cigare artisanal, fabriqué par un de ses amis.
Fidel en devient rapidement un inconditionnel
et décide d’en faire une nouvelle marque.
Dès le départ, non seulement les meilleurs tabacs
sont sélectionnés, mais une troisième
fermentation est introduite pour réduire encore
30 – LE S E CHOS WE E K- E ND
la teneur en nicotine et adoucir le goût. Pendant
près de vingt ans, les Cohiba – un mot dérivé
du terme utilisé par les indiens Taïnos pour
désigner le tabac – sont réservés aux dignitaires
du régime et aux hôtes de marque. Ce n’est qu’au
début des années 90 que la marque prendra
véritablement son envol, quand sa gamme sera
étoffée. Elle est depuis devenue le vecteur
de développement privilégié du havane dans
les pays émergents, notamment auprès
des nouveaux amateurs chinois. C’est pour eux
qu’a été créé, au sein de Cohiba, le label haut
de gamme Behike, la Ferrari du cigare, dont
la bague est équipée d’un hologramme pour
décourager les faussaires. Un seul module peut
valoir jusqu’à 375 euros…
Pour parachever son retour en grâce, il ne
reste plus au havane qu’à conquérir le marché
américain. Avec l’élection de Donald Trump,
cette perspective s’est, certes, éloignée. Mais une
rumeur court : les Cubains stockeraient depuis
plusieurs années, dans le plus grand secret, une
partie de leur production. Ils veulent être prêts,
le jour J, à répondre au surcroît de demande.
Plus d’infos sur www.lesechos.fr/we
COSTA/LEEMAGE
George Sand, au nom
de l’émancipation
C’est à la romancière
que l’on doit
les citations les plus
laudatives sur
le cigare. Elle estimait
notamment
qu’il « engourdit
le chagrin et remplit
les heures solitaires
d’un million de choses
agréables ». Amatrice
de havanes, cette
ardente défenseuse
de l’émancipation
des femmes estimait
aussi qu’il était
« le complément
indispensable de toute
vie oisive et élégante ».
GLOBE/ZUMAPRESS/LEEMAGE
LE COHIBA BEHIKE A ÉTÉ
CRÉÉ POUR LES CHINOIS.
UN SEUL MODULE PEUT
VALOIR PRÈS DE 400 EUROS.
Winston Churchill,
fumeur obsessionnel
Il en consommait
jusqu’à une dizaine
par jour, pour un total
estimé à plus
de 150 000 au cours
de sa vie. Il fumait
en toutes circonstances
et notamment dans
les avions militaires
pendant la Seconde
Guerre mondiale. Pour
être sûr de n’être pas
interrompu pendant
ces voyages, il avait fait
fabriquer un masque
à oxygène permettant
d’intégrer un cigare…
Son cigare préféré :
Romeo y Julieta
Julieta N° 2,
rebaptisé « Churchill ».
API/RAPHO/GAMMA
Orson Welles, jusqu’à
l’écran Le cinéaste
aimait tellement le
cigare qu’il introduisait
des fumeurs de havane
dans ses scénarios,
à l’instar de l’officier
de police Hank Quinlan
qu’il interprète dans
La Soif du mal. Il avait
en outre l’habitude
de jeter ses modules
à demi consumés,
ne fumant donc que
le « foin » et une partie
du « divin », jamais
le dernier tiers, le purin
selon l’expression
consacrée, qui
concentre l’essentiel
de la nicotine.
Son cigare préféré :
Wicked Indie Churchill.
RAJAK OHANIAN/RAPHO/GAMMA
Michael Jordan,
même avant de jouer
Le plus grand
basketteur de tous
les temps n’a pas
attendu sa retraite
sportive pour
s’adonner à sa passion
du cigare.
Au sommet de
sa gloire, il fumait
tous les jours et avait
même pris l’habitude
d’allumer un cigare
en allant au stade,
y compris dans le bus
de l’équipe,
en présence
de ses coéquipiers…
Son cigare préféré :
Montecristo N° 2.
OMAR VEGA/AP/SIPA
auteur du Petit Larousse des cigares. Forts
de ce constat, les Cubains concentrent leur
travail sur deux points. Le produit, d’abord,
pour relever la qualité moyenne. Les contrôles
ont ainsi été systématisés tout au long
de la chaîne de production. Le marketing,
surtout. Les 27 marques existantes ont été
classées selon leurs ventes et leur notoriété
internationale. Ce qui a permis d’en faire
émerger six : Cohiba, Montecristo, Romeo
y Julieta, Partagas, H. Upmann et Hoyo
de Monterrey. « Habanos concentre son attention
sur cette sélection de marques globales
qui représentent 75% de nos ventes », explique
Luis Sanchez-Harguindey. Parallèlement,
de nouveaux espaces de vente ou de
consommation sont ouverts. « Notre stratégie
vise clairement à offrir des expériences uniques
aux aficionados. L’année dernière, nous avons
lancé nos concepts Habanos Lounge et Habanos
Terrace. Ils sont déployés dans des établissements
de revente premium, situés un peu partout dans
le monde », poursuit le coprésident d’Habanos.
L’offre s’est aussi adaptée aux nouveaux
modes de consommation avec des formats
plus ramassés, appréciés des amateurs qui
manquent de temps. C’est ainsi que le Partagas
D4, un Robusto dont la combustion prend
une demi-heure environ, est devenu le « puro »
le plus vendu au monde depuis cinq ans.
Les prix, eux, n’ont cessé d’augmenter, aidés
il est vrai par la hausse des taxes.
Cohiba offre la meilleure illustration
de la montée en gamme. C’est aujourd’hui
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
CULTURE
02 MARS 2018
CINÉMA LA PART
DES FEMMES
Ce week-end, les cérémonies des César et
des Oscars, affaire Weinstein oblige, clameront
leur amour aux femmes du cinéma. Mais,
aux États-Unis comme en France, quelle place
leur est réellement faite, à l’écran et derrière
la caméra ? État des lieux.
LUCY NICHOLSON/REUTERS
Par Olivier De Bruyn
Décors en préparation
pour la cérémonie des Oscars,
en 2017, à Los Angeles.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 31
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Hollywood n’admet
que très peu de
femmes derrière
la caméra.
Pourtant, quand
une réalisatrice
met en scène
une superhéroïne,
le résultat est
un supercarton…
La preuve avec
Wonder Woman,
réalisé en 2017
par Patty Jenkins
(ci-contre sur le
tournage avec
l’actrice Gal Gadot).
Dans un style plus
« arty », Greta
Gerwig (ci-dessous),
égérie du cinéma
indépendant,
se taille un beau
succès avec son
premier film en tant
que réalisatrice :
Lady Bird lui vaut
d’être en lice pour
l’Oscar.
V
endredi à Paris et dimanche à
Los Angeles, les « grandes familles » du cinéma
français et américain communieront sur l’autel
de la cause des femmes. Sous le choc de la
sinistre affaire Weinstein, Hollywood semble
avoir pris conscience (enfin !) que quelque chose
ne tournait pas rond dans « l’usine à rêves » où
les actrices, réalisatrices et productrices, depuis
des décennies, ne sont pas logées à la même
enseigne que leurs confrères. En France, où
l’on se félicite, à raison, d’évoluer dans un
environnement plus aimable, la parité est-elle
pour autant de mise ? Petite étude comparative.
DERRIÈRE LA CAMÉRA : LA PLACE EST COMPTÉE
États-Unis. Les mauvaises langues prétendent
que les réalisatrices américaines se comptent
sur les doigts d’une main. Elles exagèrent...
à peine. Cette année – miracle ! – parmi les
nommés pour l’Oscar du meilleur réalisateur,
on trouve une femme : Greta Gerwig, pour
son premier film, Lady Bird (en salle depuis
mercredi, lire p. 41). Dans la longue histoire
des Oscars, elle n’est que la cinquième à figurer
dans cette « short list ». Et une seule a remporté
le graal : Kathryn Bigelow, en 2010, pour
Démineurs. La cérémonie reflète ainsi un état
de fait accablant : aux États-Unis, derrière
les caméras, on dénombre moins de 10% de
réalisatrices. Pas étonnant que les personnages
féminins y soient si peu (et souvent si mal)
représentés. Et, avec les crises successives qui
ont affaibli le cinéma indépendant, ce refuge
pour les artistes échappant au conformisme
hollywoodien, la situation ne s’est pas améliorée
depuis quinze ans. Résultat : de nombreuses
femmes ont émigré du côté des séries où,
désormais, elles forment un quart des effectifs
des scénaristes, réalisateurs et producteurs.
« Il y a vingt ans, Lena Dunham, la créatrice
de “Girls”, aurait probablement été une figure
de proue du cinéma indépendant, note
l’universitaire et spécialiste des séries
Marjolaine Boutet. Aujourd’hui, elle préfère
tourner des séries pour HBO, parce qu’elle y
trouve de l’argent et une vraie liberté de création. »
Un chiffre tristement révélateur : selon
une étude de l’association Women in Film,
le nombre de réalisatrices aux manettes des
1 300 plus gros budgets du cinéma américain
sur les cinq dernières années culmine à… 4,3%.
Néanmoins, des évolutions notables semblent
en cours. Depuis quelques années, les actrices
les plus en vue outre-Atlantique (en premier
lieu les nouvelles stars telles Jessica Chastain,
Emma Stone ou Greta Gerwig) mènent
un combat pour un cinéma plus « mixte »,
32 – LE S E CHOS WE E K- E ND
ATLAS ENTERTAINMENT/CRUEL & UNSUAL FILMS/DC ENTERTAINMENT/WARNER BROS/COLLECTION CHRISTOPHEL
CULTURE
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CINÉMA : LA PART DES FEMMES
MERIE WALLACE/COURTESY OF A24
MARCEL HARTMANN/PYRAMIDE DISTRIBUTION
OSCARS ET CÉSAR : UN BILAN INÉGAL
Victoire française sur toute la ligne ! Depuis
le début du siècle, trois femmes ont remporté
le César du meilleur film – Tonie Marshall
avec Vénus Beauté (Institut), Agnès Jaoui avec
Le Goût des autres, Pascale Ferran avec Lady
Chatterley – pendant que de nombreuses
cinéastes concouraient pour le César du meilleur
réalisateur : Emmanuelle Bercot, Noémie Lvovsky,
Nicole Garcia, Maïwenn, Céline Sciamma,
Valérie Donzelli… Parallèlement, aux États-Unis,
en 88 éditions (la cérémonie est née en 1929),
les Oscars n’ont attribué qu’une seule fois
la statuette du meilleur film à une réalisatrice
(Kathryn Bigelow) et n’ont nommé que cinq
cinéastes femmes pour l’Oscar du meilleur
réalisateur. Même désastre dans les catégories
techniques. Cette année, Rachel Morrison sera
ainsi la première femme à pouvoir prétendre
à l’Oscar de la meilleure photographie pour
son travail sur le film Mudbound, de Dee Rees.
Tonie Marshall
(à gauche) avec
Emmanuelle Devos
sur le tournage de
Numéro une. En
France, le cinéma
fait plus de place
qu’ailleurs
aux réalisatrices.
Et les personnages
féminins
en bénéficient.
où les femmes occuperaient en nombre les
postes à responsabilité. Et elles n’hésitent pas
à passer à l’action en empoignant elles-mêmes
la caméra, comme Greta Gerwig avec son Lady
Bird, qui, sans attendre le verdict des Oscars,
s’est déjà taillé un beau succès aux États-Unis.
Parallèlement, Hollywood a enfin confié à une
femme, Patty Jenkins, en 2017, la mise en scène
d’un film de super-héroïne : Wonder Woman,
une alternative féminine aux blockbusters
testostéronés type Batman, Superman et
consorts. Le triomphe de cette superproduction
(200 millions de dollars de recettes dès le
premier week-end d’exploitation aux États-Unis,
un record pour un film réalisé par une cinéaste)
a donné des idées aux grands studios. Ces
derniers, désormais soucieux de témoigner
aux yeux du monde de leur bonne volonté
antimachiste, ont mis sur les rails plusieurs
projets du même ordre. En tête de liste : Ocean’s
Eight, une variation féministe de la série des
Ocean de Steven Soderbergh, qui ne comptera
que des héroïnes, interprétées notamment
par Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna
et Anne Hathaway.
France. Les réalisatrices ne comptent
assurément pas pour des prunes dans
le paysage du cinéma hexagonal, où elles
représentent plus de 25% des effectifs.
Une exception mondiale ! En dix ans, ce chiffre
a connu une augmentation de… 71%. Une
présence qui a des conséquences sur les thèmes
LE S E CHOS WE E K- E ND – 33
abordés dans les films et sur la représentation
des femmes à l’écran. La preuve – un exemple
parmi d’autres – avec le récent Numéro une,
de Tonie Marshall, et son héroïne (incarnée
par Emmanuelle Devos, nommée pour le César
de la meilleure actrice) en lutte pour devenir
la première patronne à la tête d’une entreprise
du CAC 40. Pour autant, et c’est tant mieux,
les femmes cinéastes refusent d’être cantonnées
au seul registre du féminisme militant.
« Quand je suis devenue réalisatrice, au début
des années 90, explique Nicole Garcia, les
femmes derrière la caméra étaient très rares.
J’ai été une pionnière et j’en ai bien sûr profité
pour mettre en scène des héroïnes dans toute
leur complexité. Cependant, les tourments
des hommes m’intéressent autant que ceux
des femmes. Je me méfie du compartimentage.
Et si je me réjouis de voir que les réalisatrices sont
désormais nombreuses dans le cinéma français,
l’appellation “film de femmes” m’horripile : elle
est réductrice, communautariste et… machiste. »
Un coup d’œil sur le palmarès des dernières
éditions des César (lire ci-dessus) témoigne
de la vitalité féminine qui irrigue le cinéma
français. Du côté de la production, par exemple,
Amour, de Michael Haneke (meilleur film
en 2013), a été produit par Margaret Menegoz
et Timbuktu, d’Abderrahamane Sissako
(meilleur film en 2015), par Sylvie Pialat.
Deux femmes d’influence parmi d’autres,
dans un univers où, contrairement aux ÉtatsUnis, elles sont incontournables. On peut
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CULTURE
ACTRICES : LE COUPERET DE L’ÂGE
États-Unis. La date de « péremption » d’une
actrice à Hollywood ? Son 40e anniversaire, tout
au plus… Pour une Meryl Streep, une Susan
Sarandon ou une Julianne Moore qui échappent
miraculeusement au couperet, combien
d’actrices disparaissent des radars quand
elles flirtent avec l’âge « fatidique » ? En 2016,
Maggie Gyllenhaal, 37 ans, sollicitée pour
un projet à Hollywood, fut recalée car jugée
trop vieille pour incarner la petite amie du
héros, interprété par un acteur qui en affichait…
60. Avec un humour féroce, des comédiennes
réunies autour de l’humoriste Amy Schumer
ont ironisé sur cette funeste réalité en tournant
un clip désopilant – le bien nommé The Last
Fuckable Day – qui clouait au pilori les normes
en vigueur. Des normes qui ont poussé les
actrices à se tourner en masse vers les séries,
où les rôles sont plus divers et plus riches.
« L’industrie du cinéma américain souffre du
formatage, soulignait récemment Robin Wright,
51 ans, l’actrice de “House of Cards”. Alors
que les auteurs de séries bâtissent des récits
surprenants et offrent aux actrices des rôles
dignes de ce nom, quel que soit leur âge. »
Un diagnostic que ne démentiront pas ses
consœurs Jessica Lange, Sigourney Weaver
(68 ans toutes les deux) ou Téa Leoni (51 ans),
qui triomphent dans des séries alors qu’elles
sont dédaignées par le grand écran. Fort
heureusement, l’heure de la révolte semble
avoir sonné. En janvier, la cérémonie des
Golden Globes, qui sert de répétition générale
aux Oscars, a ainsi élu meilleure actrice
Frances McDormand, 60 ans, la comédienne
34 – LE S E CHOS WE E K- E ND
En 70 éditions, le Festival de Cannes n’a décerné
la Palme d’or qu’à une seule réalisatrice : Jane
Campion, en 1993 (La Leçon de piano). Et encore !
Elle dut partager son prix avec le Chinois Chen
Kaige (Adieu ma concubine). Machiste, Cannes ?
Les polémiques, ces dernières années, ont parfois
été violentes et l’institution multiplie les initiatives
pour conjurer sa fâcheuse réputation phallocrate.
Présence féminine accrue dans les jurys,
hommages aux défricheuses (Agnès Varda,
en 2015), partenariat avec le groupe Kering,
qui, en 2017, proposait pour la troisième année
consécutive le programme « Women in Motion »
ayant pour objectif de susciter des
débats sur la présence et la
représentation des femmes des deux
côtés de la caméra. « Une cause qui
mérite l’attention de tous », souligne
Pierre Lescure, le président du
Festival. Pour l’édition 2018, vu le
contexte, on peut parier que les
femmes seront à l’honneur. La
nomination en janvier de Cate
Blanchett (photo) à la tête
du jury n’étant probablement
qu’un signe annonciateur.
L’an passé, on comptait trois
réalisatrices sur 19 concurrents :
l’Américaine Sofia Coppola,
l’Anglaise Lynne Ramsay
et la Japonaise Naomi Kawase.
Elles seront certainement
plus nombreuses en 2018.
exceptionnelle de 3 Billboards, de Martin
McDonagh. L’actrice est aujourd’hui en
compétition pour l’Oscar, tout comme Meryl
Streep, 68 ans, une nouvelle fois admirable
dans Pentagon Papers, de Steven Spielberg.
Le début d’une nouvelle ère, peut-être…
France. Catherine Deneuve (74 ans), Nathalie
Baye (69 ans), Catherine Frot (61 ans), Isabelle
Huppert (64 ans), Sandrine Kiberlain (50 ans),
Karin Viard (52 ans) ou Emmanuelle Devos
(53 ans) triomphent dans des films où elles
incarnent des héroïnes de leur âge, loin
des clichés. « Je me félicite que les films reflètent
de plus en plus la réalité de la société, témoigne
Karin Viard. Les femmes sont désormais
décisionnaires de leur propre vie et, quel que
soit leur âge, elles ne doivent en aucun cas être
cantonnées à ce qu’il reste de leur jeunesse.
Au cinéma, un personnage de femme peut
évidemment être intéressant après 45 ans. Les
réalisateurs français s’en sont aperçus. Tant
mieux ! » Karin Viard, une nouvelle fois nommée
cette année pour le César de la meilleure
actrice, grâce à Jalouse, de David et Stéphane
Foenkinos, n’est pas la seule à dresser ce constat
SHUTTERSTOCK
également citer Mélita Toscan du Plantier,
coproductrice d’In The Fade, de Fatih Akin, qui
a valu à Diane Kruger le Prix d’interprétation
à Cannes. Alors, le cinéma tricolore serait-il le
meilleur des mondes paritaires ? Pas vraiment…
Une étude du CNC (Centre national de la
cinématographie) en dit long sur les progrès
restant à accomplir. La rémunération des
femmes demeure ainsi très inférieure à celle
des hommes : – 42% pour les réalisatrices
et – 38% pour les productrices. De même,
le budget moyen des films tournés par des
réalisatrices s’élève à 3,5 millions d’euros,
contre 4,7 millions pour ceux de leurs confrères.
Le combat continue.
CANNES 2018 : L’ANNÉE DES FEMMES ?
NIKO TAVERNISE/TWENTIETH CENTURY FOX
Meryl Streep,
68 ans, est nommée
aux Oscars pour
la 21e fois pour
sa prestation dans
Pentagon Papers,
de Steven Spielberg.
Une nouvelle fois
admirable,
la comédienne est
l’une des rares
exceptions à la règle
qui veut qu’une
actrice américaine
devienne invisible
– sur grand écran
du moins –
à l’abord de
la quarantaine.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
CINÉMA : LA PART DES FEMMES
positif. « Après 40 ans, les comédiennes
américaines disparaissent des écrans, souligne
Emmanuelle Devos. Autant dire que, là-bas, je ne
jouerais plus depuis bien longtemps… Le cinéma
français, lui, échappe à cette sanction de l’âge. »
Il y échappe… en partie. Car la réalité,
comme toujours, est plus contrastée. Une
commission baptisée « Tunnel de la comédienne
de 50 ans », créée il y a deux ans au sein de
l’association AAFA (Actrices Acteurs de France
Associés), dresse un douloureux constat : alors
qu’une Française majeure sur deux a plus de
50 ans (rapport de l’Insee 2016), cette catégorie
d’âge reste ultraminoritaire à l’écran. Sur les
200 films français qui sortent en salle chaque
année, seulement 8% des rôles sont attribués
à des actrices de 50 ans et plus ! Conséquence :
si parmi les interprètes dans la tranche d’âge
20-35 ans, les femmes sont les plus nombreuses,
en revanche, autour de 50 ans, les hommes
deviennent outrageusement majoritaires. Des
acteurs qui, cela va de soi, restent susceptibles
d’endosser tous les rôles et arborent un capital
séduction inoxydable… « Dans leur carrière,
les actrices deviennent fréquemment précaires
une fois qu’elles ont dépassé l’âge possible de
la maternité, explique la comédienne Marina
Tomé, à l’initiative de la commission. Cela reflète
une réalité sociologique. À cet âge-là, la femme
subit de plein fouet une double peine : sexiste
et “âgiste”. Notre lutte ne concerne pas que
notre profession : on se bat pour que les femmes
de cet âge soient représentées sur les écrans,
hors des clichés. Dans notre société, ce qui n’est
pas représenté n’existe pas et la fiction a une
sacrée responsabilité. »
HÉROÏNES : SUS AUX STÉRÉOTYPES !
États-Unis. La moitié des Américains sont
des... Américaines, mais, à l’écran, les femmes
n’occupent que 29% des rôles principaux.
Et quels rôles ? Corrélat de l’impitoyable chasse
aux plus de 40 ans qui frappe les actrices,
les héroïnes répondent souvent à l’injonction
« Sois belle et tais-toi ! » et peinent à échapper
aux archétypes. « Aux États-Unis, en tout cas
à Hollywood, rien n’est simple pour les
comédiennes, nous expliquait récemment
Catherine Deneuve. La faute à un système
qui vante le jeunisme d’une façon hallucinante.
Et qui verrouille tout, y compris les sujets abordés
dans les films. Ce n’est pas un hasard si Paul
Verhoeven a tourné “Elle” en France avec
une actrice française, Isabelle Huppert, et pas
aux États-Unis avec une Américaine. Là-bas,
l’actrice aurait tout simplement mis sa carrière
en danger en incarnant un rôle aussi dérangeant.
Réjouissons-nous de travailler dans un pays
civilisé ! »
Grâce à l’activisme de réalisateurs et acteurs
des deux sexes, la situation semble néanmoins
(un peu) évoluer, comme en témoigne
la dernière sélection des Oscars. Film le plus
nominé (13 occurrences), La Forme de l’eau,
de Guillermo Del Toro, sorti en France
le 21 février, revendique son féminisme
poétique et offre un rôle ambigu et complexe
à la comédienne Sally Hawkins. 3 Billboards,
avec Frances McDormand dans la peau
SHELLAC
SBS DISTRIBUTION
Isabelle Huppert
dirigée par Paul
Verhoeven, dans Elle.
Le cinéaste américain
a choisi de tourner
en France et avec une
actrice française un
film trop dérangeant
pour Hollywood.
Ci-dessus, Lætitia
Dosch, dans Jeune
Femme, campe une
héroïne borderline,
bel exemple de la
richesse des rôles
féminins en France.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 35
d’une héroïne vengeresse, truste également
les nominations, tout comme Lady Bird,
de Greta Gerwig, campé par la sensationnelle
Saoirse Ronan (lire p. 38-39). Des films
américains passionnants qui, comme d’autres
– The Battle of the Sexes, sur le combat de la
tenniswoman Billie Jean King, ou Moi, Tonya,
sur le destin de la patineuse Tonya Harding –
donnent des raisons d’espérer en des
lendemains moins machistes sur les écrans.
France. Karin Viard en mère de 50 ans rongée
par les frustrations dans Jalouse. Lætitia Dosch,
37 ans, en héroïne borderline dans Jeune
Femme, de Léonor Serraille (en compétition
pour le César du meilleur premier film). Agnès
Jaoui en quinqua qui ne renonce à aucun de ses
désirs dans Aurore, de Blandine Lenoir. Adèle
Haenel, 29 ans, en activiste de l’association Act
Up dans le chef-d’œuvre de Robin Campillo :
120 battements par minute, grand favori des
César 2018 avec treize nominations… Le cinéma
français offre des personnages de tous
pedigrees et de toutes générations à ses
comédiennes, pour le plus grand plaisir de ces
dernières… « Plus je me connais comme actrice
et comme femme et plus je me sens capable
de jouer des rôles différents, témoigne Sandrine
Kiberlain, César de la meilleure actrice en 2014
pour 9 mois ferme, d’Albert Dupontel.
Je maîtrise beaucoup mieux mon puzzle
personnel qu’il y a dix ou vingt ans et je suis
davantage en mesure de déplacer mes propres
pièces psychologiques pour mes interprétations.
Les cinéastes doivent le sentir et me proposent
des films où j’incarne des héroïnes de moins
en moins prévisibles. » Des héroïnes comme
celles que les actrices américaines attendent
depuis longtemps de pouvoir jouer…
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CULTURE
6CÉRÉMONIES
DES OSCARS
TRÈS
POLITIQUES
Ébranlé par le scandale
Weinstein et la chute de stars
accusées de harcèlement sexuel,
le tout-Hollywood se retrouve
ce dimanche pour une soirée
des Oscars qui ne manquera pas
d’être placée sous le signe du
mouvement #MeToo. Ce ne sera
pas une première : depuis des
décennies, ce grand rendez-vous
du cinéma américain sert de
caisse de résonance à toutes
les causes et toutes les colères.
Par Lucie Robequain
01
02
Année : 1973
Acteur clé : Marlon Brando
Années : 1975, 1978, 2003
Acteurs clés : Bert Schneider,
Vanessa Redgrave, Michael Moore
Vietnam, Israël, Irak : on ne compte plus
le nombre de fois où la scène des Oscars
s’est transformée en tribune pacifiste.
En 1975, le producteur du
documentaire récompensé Le Cœur
et l’Esprit, Bert Schneider, profite
de la remise du prix pour
dénoncer l’invasion américaine
au Vietnam. Le maître de
cérémonie, qui n’est autre que
Frank Sinatra, exprime toute
sa réprobation quelques
instants plus tard : « Nous ne
sommes pas responsables des
commentaires politiques qui ont été
faits ce soir et regrettons qu’ils aient
36 – L E S E CHOS WE E K- E ND
pu l’être. » Oscar de la meilleure actrice dans
un second rôle pour le film Julia (1978), Vanessa
Redgrave défend quant à elle la cause
palestinienne en s’attaquant à un
mouvement israélien – la Jewish
Defense League –, qu’elle qualifie de
« petite bande de voyous sionistes ».
On se souvient aussi de Michael
Moore, lauréat de l’Oscar
du meilleur documentaire
pour Bowling for Columbine
(2003), dénonçant
l’intervention américaine
en Irak, une guerre lancée
par un « président fictif »
pour des « raisons
fictives ». « Nous sommes
opposés à cette guerre,
Monsieur Bush. Honte à vous. »
IAN WEST/PA/ABACA
En 1973, l’académie des Oscars consacre Marlon
Brando pour son rôle dans Le Parrain. Mais
l’acteur boycotte la cérémonie, cédant sa place
à une militante apache nommée Sacheen
Littlefeather (Petite Plume). Celle-ci refuse
la statuette que lui tend l’acteur Roger Moore
et dénonce le « traitement des Amérindiens par
l’industrie du cinéma et de la télévision ». Elle
fustige la violence avec laquelle les forces de
l’ordre viennent de réprimer un rassemblement
indien à Wounded Knee, dans une réserve
du Dakota du Sud. Les activistes amérindiens
s’y étaient retrouvés quelques jours plus tôt
pour célébrer le 80e anniversaire du massacre
de centaines de leurs ancêtres par l’armée
des États-Unis. Un massacre qui n’a jamais été
reconnu comme tel par la Maison-Blanche.
STOP À LA GUERRE !
EVERETT COLLECTION/ABACA
LA CAUSE DES INDIENS D’AMÉRIQUE
La militante apache Sacheen Littlefeather,
en 1973, avec Roger Moore et Liv Ullmann.
Ci-dessous, Michael Moore, en 2003.
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CINÉMA : LA LISTE
03
04
Années : 2000, 2015
Acteurs clés : John Irving,
Patricia Arquette
Années : 2002, 2016
Acteurs clés : Halle Berry, Spike Lee,
Chris Rock
Les femmes n’ont pas attendu le scandale
Weinstein pour dénoncer le sort qui leur est
réservé dans l’industrie du cinéma, et plus
largement dans la société. Un combat soutenu
d’ailleurs par certains hommes. Le romancier
John Irving, Oscar de la meilleure adaptation
pour L’Œuvre de Dieu, la part du diable en 2000,
a profité de son discours de remerciements
pour défendre le planning familial et le droit à
l’avortement – un sujet profondément
clivant, jugé tabou à Hollywood. En 2015,
Patricia Arquette, sacrée meilleure actrice
dans un second rôle pour Boyhood,
dénonce les écarts de salaire entre
acteurs et actrices. « Nous nous battons
pour que chacun jouisse des mêmes
droits. Et c’est le moment de réclamer un
niveau de rémunération équitable entre
hommes et femmes aux États-Unis »,
fait-elle valoir. De Meryl Streep
à Jennifer Lopez, elle est ovationnée
par ses collègues féminines…
et une partie de la gent masculine.
Les Oscars sont-ils racistes ? Depuis
quatre-vingt-dix ans qu’ils existent, ils n’ont
récompensé qu’une quinzaine de Noirs,
toutes catégories confondues. Il a fallu attendre
2002 pour qu’une Afro-Américaine remporte,
enfin, l’Oscar de la meilleure actrice. Distinguée
pour son interprétation dans le film À l’ombre
de la haine, Halle Berry délivre à cette occasion
un discours mémorable dans lequel elle rend
hommage aux « femmes de couleur […] qui
ont maintenant une chance, parce qu’une porte
s’est ouverte ce soir ». La polémique ne s’est
pas éteinte pour autant. En 2016, plusieurs
personnalités noires, dont le réalisateur
Spike Lee, ont boycotté la cérémonie pour
protester contre des Oscars jugés encore
beaucoup trop blancs. L’acteur et humoriste
Chris Rock, qui présidait la cérémonie, a joué
leur porte-parole : « Me voici à la cérémonie
des Oscars, alias les récompenses attribuées
par les Blancs. Vous réalisez que s’ils nommaient
les maîtres de cérémonie, je n’aurais même pas
eu ce boulot. »
KEVIN SULLIVAN/KRT/ABACA
JENNIFER GRAYLOCK/SIPA
EVAN AGOSTINI/INVISION/AP/SIPA
DANIAL A. ANDERSON/KRT/ABACA
OÙ SONT LES FEMMES ?
LE RAS-LE-BOL DE LA COMMUNAUTÉ NOIRE
Ci-dessus, Halle Berry. À gauche,
Patricia Arquette et Asghar
Farhadi. En bas, Woody Allen.
05
06
Année : 2017
Acteur clé : Asghar Farhadi
Année : 2002
Acteur clé : Woody Allen
Lauréat de l’Oscar du meilleur film étranger
l’an dernier pour Le Client, le réalisateur iranien
Asghar Farhadi n’était pas venu à la cérémonie,
en signe de protestation contre la décision du
président Donald Trump d’interdire l’entrée aux
États-Unis des citoyens de sept pays musulmans,
dont l’Iran. En 2012, le cinéaste iranien avait
déjà remporté ce prix avec La Séparation.
« Mon intention n’était pas de boycotter
la cérémonie car je sais que beaucoup de gens
dans l’industrie américaine du cinéma et au sein
de l’Académie des arts et sciences du cinéma
sont opposés au fanatisme et à l’extrémisme
qui règnent plus que jamais aujourd’hui, a-t-il
expliqué. Mais il semble que la possibilité même
de ma présence soit soumise à des “si” et des
“mais”, ce qui n’est pas acceptable pour moi. »
Woody Allen n’a jamais aimé les Oscars. Il a
été nommé une vingtaine de fois dans les
catégories du meilleur scénario, du meilleur
film ou du meilleur réalisateur, sans jamais
daigner faire le déplacement. Il a fallu les
attentats du 11 septembre 2001 pour que
le maître du cinéma indépendant se
rende à Hollywood et délivre un vibrant
hommage à New York, sa ville de cœur.
Alternant les moments d’émotion et de rire,
il a présenté un mélange poignant d’extraits
de films tournés dans la ville qui ne dort jamais.
Il y a peu de chances de croiser Woody Allen
à Hollywood ce dimanche : outre qu’il reste
peu enclin aux mondanités, il est surtout
devenu persona non grata avec les soupçons
de harcèlement sexuel pesant sur lui.
BOYCOTT CONTRE DONALD TRUMP
UNION SACRÉE FACE AU TERRORISME
LE S E CHOS WE E K- E ND – 37
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CULTURE
LES NOUVELLES
COQUELUCHES
D’HOLLYWOOD
ls sont tous deux des enfants de la balle.
Et chacun, dans sa catégorie, pourrait être
l’une des sensations de la 90e cérémonie
des Oscars. À 22 ans, Timothée Chalamet est
en compétition pour Call Me By Your Name,
de Luca Guadagnino, récit de l’éveil sexuel et
sentimental d’un jeune garçon dans l’Italie des
années 80. « Un rôle impossible à jouer », mais
auquel Chalamet donne tout son souffle, selon
le New Yorker, tandis que Variety compare « la
précocité intellectuelle » et « l’énergie animale »
de l’acteur à celle d’un certain… Louis Garrel.
Saoirse Ronan, elle, est en lice aux Oscars pour
la troisième fois de sa carrière – à seulement
23 ans – grâce à Lady Bird, de Greta Gerwig,
une fable sur l’émancipation d’une adolescente,
où Timothée Chalamet lui donne d’ailleurs
la réplique… Une actrice « miraculeuse » pour
le magazine Rolling Stone, jugée par le New York
Times comme l’une des meilleures comédiennes
de sa génération. Mais pourquoi ces deux
jeunes acteurs fascinent-ils autant l’Amérique ?
Portraits croisés de ces talents en herbe.
Lire aussi la rubrique « Salles obscures » p. 41.
Né le 27 décembre
1995, d’un père
français et d’une
mère américaine,
Timothée Chalamet
fut formé à la Fiorello
H. LaGuardia High
School, où Al Pacino
et Adrien Brody ont
fait leurs classes.
Les yeux rivés sur
James Dean et Heath
Ledger, l’ado toucheà-tout fut révélé par
la série « Homeland »
et le blockbuster
Interstellar, de
Christopher Nolan.
À 22 ans, il peut
devenir le plus jeune
lauréat des Oscars
depuis 80 ans.
POINTS FORTS
Pour Greta Gerwig, la réalisatrice de Lady Bird,
il est à la fois « Christian Bale, Daniel Day-Lewis,
Leonardo DiCaprio, un bourreau des cœurs,
mais avec de vrais dons d’acteur ». Tantôt lycéen
pervers dans Lady Bird, tantôt jeune homme
évanescent dans Call Me By Your Name, brillant
par son innocence et la limpidité de son jeu,
c’est un enfant terrible… assez sage pour plaire
au grand public. Et bien de son temps : à l’affiche
du prochain Woody Allen (photo ci-dessous),
A Rainy Day in New York, il a réagi aux soupçons
d’abus sexuels entourant le cinéaste en
reversant son salaire à des associations contre
le harcèlement, affirmant ne pas vouloir « tirer
profit » de son travail sur le film.
PESÉE
Sur Instagram, il flirte avec
le million de followers.
Il a été nommé 44 fois pour
un prix et a raflé la mise 25 fois.
STYLE
Il est l’archétype du
jeune premier à la
gueule d’ange et à la
mèche savamment
peignée. D’abord
médiatisé pour sa
relation avec la fille
de Madonna,
Timothée Chalamet
fut ces derniers mois
de tous les talk-shows,
séduisant autant
par son autodérision
que par son charme
adolescent. Une
communication
tout sourire
et très américaine.
Les marques se
l’arrachent déjà : il
joue autant de la veste
en velours Berluti
pour la promotion de
Call Me By Your Name
que du costume Saint
Laurent lors des Bafta.
SHUTTERSTOCK
Par Cécilia Delporte
PREMIERS PAS
MATT BARON/SHUTTERSTOCK/SIPA
Nommés aux Oscars pour leurs
rôles dans « Call Me By Your
Name » et « Lady Bird »,
Timothée Chalamet et Saoirse
Ronan sont les révélations
de la saison des prix du cinéma
américain. Et pourraient bien
décrocher dimanche, du haut
de leur vingtaine d’années,
leur toute première statuette.
LA GUEULE D’ANGE
TIMOTHÉE CHALAMET
Plus d’infos sur www.lesechos.fr/we
38 – L E S E CHOS WE E K- E ND
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
CINÉMA : LES NOUVELLES COQUELUCHES
SAOIRSE RONAN
PREMIERS PAS
REX/SHUTTERSTOCK/SIPA
SHUTTERSTOCK
MARY I (1542-1587). ENGRAVED BY T.W.HUNT AND PUBLISHED IN HISTORY OF ENGLAND, UNITED KINGDOM, 1845.
Née le 12 avril 1994, d’origine irlando-américaine
– d’où un prénom de son propre aveu imprononçable,
Saoirse Ronan a déjà été sélectionnée pour les Oscars
en 2008, à l’âge de 14 ans, pour son rôle dans le drame
Reviens-moi. Suivront des apparitions remarquées
dans Lovely Bones, de Peter Jackson, ou encore
dans The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson.
En 2016, elle est de nouveau en lice aux Oscars pour
le film Brooklyn. À 23 ans, elle cumule donc déjà trois
nominations.
STYLE
PROCHAINE ÉTAPE
Il campera prochainement
un jeune toxicomane dans
Beautiful Boy, de Felix
Van Groeningen, avant de
se glisser dans le costume
d’Henri V pour la fiction
Netflix The King, de David
Michôd. Une omniprésence
qui pourrait tout aussi bien
lasser. À lui de prouver
– selon ses propres mots
dans le GQ américain –
qu’il n’est pas « qu’un
simple feu de paille ».
L’actrice s’inscrit
à l’encontre de son
époque. Car, discrète,
elle n’a le goût
ni du scandale
ni des apparitions
médiatiques. Filmée
sans maquillage dans
Lady Bird, elle se plaît
à représenter « les
adolescents tels qu’ils
sont réellement »,
tout en affirmant
son tropisme pour la
ruralité. Une élégance
toute naturelle, un
teint diaphane et un
style intemporel – sans
strass ni fioritures –
qui lui confèrent des
allures de star de l’âge
d’or hollywoodien.
Sans le glamour d’une
Jennifer Lawrence.
LA DISCRÈTE
PESÉE
Dès 2016, elle apparaît dans
le palmarès Forbes « des 30 artistes
de moins de 30 ans à suivre »,
avec près de 20 films au compteur.
Absente du réseau social Instagram,
l’actrice compte seulement
8 000 abonnés sur Twitter,
un manque de popularité auprès
du grand public qui tranche avec ses
136 nominations et 53 récompenses.
Son plus gros succès en ligne reste
sa participation au clip Galway
Girl du très populaire Ed Sheeran
(photo) en 2017, une vidéo visionnée
300 millions de fois.
POINTS FORTS
Dans Lady Bird, l’actrice
convainc par sa fougue, son
impertinence et un jeu incisif
qui contraste avec son allure
de jeune fille sage du cinéma
hollywoodien. Une maîtrise
résumée par l’acteur et
réalisateur Ryan Gosling, qui
l’avait dirigé dans le drame
Lost River : « Elle est un
génie, un prodige […] Elle est
la relève de Meryl Streep. »
D’autres la comparent à Cate
Blanchett. En a-t-elle l’aura ?
PROCHAINE ÉTAPE
Tout comme Timothée Chalamet,
elle campera prochainement une tête
couronnée, Marie Stuart. Un personnage
qui pourrait enfin offrir son premier
grand rôle charismatique à une
comédienne qui n’apparaît encore,
dans Lady Bird, que comme une jeune
première irrésistible.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 39
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CULTURE
LA SÉLECTION
Par Judith Benhamou-Huet, Vincent Bouquet, Philippe Chevilley et Thierry Gandillot
LE COUP DE FOUDRE
EMMA EST DE RETOUR EN VILLE
THÉÂTRE Tout juste débarqué de son avion
en provenance de Lisbonne en cette matinée
de juin 2016, Tiago Rodrigues n’en revient
pas de se voir remettre, par l’Association
de la critique à Paris, le prix de la meilleure
création d’une pièce en langue française.
Lui, l’auteur-metteur en scène portugais,
directeur artistique du Teato Nacional Dona
Maria II de Lisbonne, est récompensé
pour avoir fait revivre sur la scène du théâtre
de la Bastille, un chef-d’œuvre de notre
patrimoine – et son héroïne : Bovary. Ce spectacle
magnifique dans sa simplicité et sa fidélité
à l’œuvre de Flaubert est de retour deux ans plus
tard, dans le lieu même de sa création. D’aucuns
pratiquent un théâtre spectaculaire, usant
de grands décors ou des dernières merveilles
technologiques en matière de son et de vidéo.
Tiago Rodrigues préfère cultiver un théâtre
de l’émotion, qui va à l’essentiel, frappe le public
au cœur, abat avec une facilité confondante
le « quatrième mur » invisible censé séparer
ce dernier des acteurs. L’artiste est d’abord
un conteur né. Comment dire le grand roman
sentimental du xixe siècle sur des planches
en forcément peu de mots ? Partant du procès
intenté à l’écrivain en 1857 pour immoralité,
l’artiste nous aspire dans le monde de Madame
Bovary en trois cercles concentriques.
FINAL BOULEVERSANT
D’abord, apparaît Flaubert en personne,
qui via une correspondance imaginaire
avec sa maîtresse, s’indigne du traitement
fait à son livre. Ensuite, vient le procès,
où s’opposent farouchement le procureur
– qui n’a d’autre choix que résumer le livre –
et le défenseur. Au gré des plaidoiries,
se rejouent des scènes marquantes du livre…
et peu à peu les héros, Emma en tête,
s’affranchissent des plaidoiries, du livre
et de leur auteur. Jusqu’à ce final bouleversant,
où le public est invité à contempler l’immortelle
héroïne, serrant contre elle les feuilles du livre.
Ces feuilles de papier qui jonchent le sol
constituent le seul élément de décor avec
des loupes suspendues à des paravents de bois.
L’équipe franco-portugaise réunie sur la scène
40 – LE S E CHOS WE E K- E ND
(Mathieu Boisliveau, David Geselson, Grégoire
Monsaingeon, Alma Palacios et Ruth Vega
Fernandez) pratique avec bonheur un théâtre
de plateau mêlant jeu spontané, vraies-fausses
impros, décalages souriants et changements
de rôles à vue. Le tout avec une intensité
et une vérité de chaque instant. Le théâtre
de Tiago Rodrigues a un côté rituel : le spectateur
assiste (et concourt) à la métamorphose quasi
chamanique des acteurs en leur personnage.
On a vu également ce prodige lors de son
adaptation jouée-dansée d’Antoine et Cléopâtre
de Shakespeare. Le metteur en scène habité
n’a pas son pareil pour faire passer le frisson
du mythe, tout en mettant en relief, en sourires
et en larmes, l’humanité du théâtre. Ce Bovary
dit la déprime de la vie bourgeoise, l’hypocrisie
des conventions et des institutions. Mais
il exprime surtout la beauté de l’amour,
la tragédie et la rébellion d’une femme libre.
Bovary pour un soir. Emma for ever… Ph. C.
Bovary, de Tiago Rodrigues. Théâtre
de la Bastille, Paris (Tél. : 01 43 57 42 14),
jusqu’au 28 mars.
PIERRE GROSBOIS
Bovary,
de Tiago
Rodrigues,
d’après Madame
Bovary
et les minutes
du procès
de Gustave
Flaubert.
Au centre :
Alma Palacios
incarne Emma.
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SORTIES
SALLES OBSCURES
L'actualité cinématographique
de la semaine vue
par Thierry Gandillot
Adolescente fougueuse, Christine
McPherson se fait appeler Lady Bird.
Elle cherche un amoureux et à quitter
Sacramento. En attendant, elle se bat.
Contre sa mère qui voudrait qu’elle
soit une petite fille modèle. Elle a des
plans que Lady Bird trouve étriqués.
Placée contre son gré dans une école
religieuse, elle fait les quatre cents
coups. Autre objectif: connaître
l’amour avec un grand A et perdre
sa virginité. Les garçons ne manquent
pas, mais son cœur d’artichaut lui
jouera des tours. Il faut reconnaître
que les prétendants cachent bien leur
jeu. Et, enfin, se faire admettre
dans une grande université de la côte
est. Au vu de ses notes, le combat est
loin d’être gagné. Pour ne pas dire
perdu d’avance. C’est mal connaître
Christine McPherson. Courez voir Lady
Bird, vous en tomberez amoureux.
C’est émouvant, drôle, pétillant
d’intelligence. Mis en scène par Greta
Gerwig et interprété par la piquante
Saoirse Ronan (voir pages 38-39), le
film est nommé cinq fois aux oscars.
Avec quatre nominations, Call me by
your name est l’autre bonne surprise
des oscars dont Thimothée Chalamet
fait aussi figure de révélation. Italie,
été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe
ses vacances dans la villa xviie que
possèdent ses parents. Il est amoureux
de Marzia, flirte, joue du piano,
fait du vélo, nage, bouquine. Vacances
de rêves. Survient un élève de son
père, Oliver, plus âgé et très beau.
Elio découvre alors le trouble, le
désir, puis la passion. Sur un scénario
de James Ivory, Luca Guadagnino signe
une œuvre délicate et touchante, mais
parfois un peu mièvre.
Un tigre dans un décor de feuillages stylisé, de Jean Dunand (1930),
fait partie d’un ensemble de sept panneaux laqués.
LA REDÉCOUVERTE
OSER L'ART DES COLONIES
EXPOSITION « Je voudrais avoir vécu au temps
des vrais voyages, quand s’offrait dans toute
sa splendeur un spectacle encore non gâché,
contaminé et maudit. » Lorsque Claude LéviStrauss parle dans Tristes Tropiques d’un
spectacle « contaminé », il évoque ces territoires
lointains touchés par les ambitions de l’homme
occidental, et ses désirs d’expansion économique
et politique. À Paris, pour la première fois, le
musée du Quai Branly montre, lui, un spectacle
clairement corrompu : les collections de tableaux
conservés par l’institution, conçus du temps des
colonies. Les peintures ont été triées, restaurées
et sont dévoilées de manière à donner
un éventail large des ambitions artistiques
lorsqu’elles se mariaient avec ce qu’on appelait
l’exotisme. Les 220 œuvres présentées
ont été réalisées entre 1830 et 1930. Le titre
de l’exposition est sans doute trop évasif :
« Peintures des lointains ». Mais ses différents
chapitres dessinés par la commissaire Sarah
Ligner sont sans équivoque, car on y parle entre
autres de « Sensualité et exotisme », d'« Imposer
une image du monde » ou de « Dénigrer l’autre ».
La plus grande part des artistes montrés
est inconnue et mérite de le rester, tant ils
cultivent une création plate, dont le ressort est
la démonstration d’un fantasme de supériorité.
Mais on se laisse prendre au charme des
lointains, quand Alcide Liotard peint en 1932
une grande barque à Madagascar, où les
LE S E CHOS WE E K- E ND – 41
passagers enturbannés envahissent le pont.
Ils sont représentés comme dans un rêve :
de fascinants corps sinueux sur fond de mer
d’un bleu profond. Las, le même réalise un an
plus tôt une scène « érotico-raciste » sidérante
montrant une employée malgache sans
vêtement, essuyant, à genoux, le corps nu
de sa maîtresse. La peinture des colonies
est une école à fantasmes en tous genres.
Parmi les rares à s’inscrire dans un esprit
de réelle avant-garde, il y a le marseillais
Charles Camoin (1879-1965) qui dans sa bonne
période, sous influence de Matisse, en 1912
à Tanger, figure le bord de mer par des strates
de couleurs en courbes. On frise l’abstraction.
Au sommet de l’effet décoratif le plus beau
et sans autre vocation, figure le grand panneau
laqué de Jean Dunand représentant en 1930
des antilopes qui s’affrontent (il affectionne
aussi les tigres). Enfin la promenade exotique
pourrait se conclure par ce fascinant portrait
d’homme des années 1850. Il est noir et musclé.
Son corps est recouvert d’un élégant drapé
rouge. Mais ni le sujet représenté ni le peintre
qui l’a immortalisé ne sont connus.
On comprend : c’est à la même époque (1848)
que sera enfin décrétée en France, pour la
deuxième fois, l’abolition de l’esclavage. J. B.-H.
« Peinture des lointains », au musée
du Quai Branly, Paris. www.quaibranly.fr.
Jusqu’au 6 janvier 2019.
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CULTURE
ET AUSSI…
EN VUE
NOS CHÈRES LADIES ROCK
SPECTACLE
Les Bijoux de pacotille
Hagard
FRAÎCHEUR DE REBELLE
de Lukas Bärfuss. Traduit de l’allemand (Suisse)
par Lionel Felchlin. Les Editions Zoé, 159 p., 18 €.
Le ton est léger, le sujet drolatique, mais Hagard
n’est pas un livre de tout repos. Philip, promoteur
immobilier zurichois d’une quarantaine
d’années, est fasciné par les ballerines bleu prune
que porte une jeune femme aperçue dans la rue.
Comme hypnotisé, il va suivre ces pas colorés.
Sa course-poursuite dans les rues de sa ville
va durer 36 heures et se terminer très mal.
Cette descente aux enfers nous est contée par un
mystérieux ami-narrateur, incapable de trouver
une raison à son coup
de tête. Quête d’amour,
d’aventure, de sens ? Avec
Hagard, l’écrivaindramaturge suisse Lukas
Bärfuss signe un thriller
existentiel captivant
et volontiers inquiétant,
qui atteint son but en peu
de pages : rendre le lecteur
« hagard ». Ph. C.
La doyenne, Joan Baez, avait fait sensation
il y a deux ans en offrant un concert d’exception
à New York pour son 75e anniversaire. Mais ceux
qui avaient tablé sur sa retraite en sont pour leur
frais. On l’a vu récemment défier Donald Trump
(en photo et en chanson). Elle sort, ce 2 mars,
un nouvel album studio et entame une tournée
d’adieux en Europe, « Fare Thee Well… Tour »,
qui passera par la France et Paris (dix dates
à l’Olympia, du 4 au 17 juin). Joan Baez a gardé
sa fraîcheur de rebelle folk, qui fait encore
des miracles sur ce « Whistle Down the Wind »,
composé de dix reprises. Pas de grands
standards à la clé, mais des chansons habitées,
signées de Tom Waits ou de la nouvelle
génération folk : Josh Ritter et Joe Henry (qui
coproduisent l’album), Zoe Mulford… Sa voix,
moins fluide que jadis, a gagné en densité dans
les basses, son vibrato est quasi intact : ce dernier
opus acoustique est une superbe épure.
De l’autre côté de l’Atlantique, Marianne
Faithfull, 71 ans, fait encore rêver les gens
de goût, en particulier en France. L’actrice
Sandrine Bonnaire a réalisé en 2017
42 – LE S E CHOS WE E K- E ND
un documentaire magnifique sur la dame,
récompensé du Fipa d’or et qui est diffusé
sur Arte ce vendredi soir. En une heure,
« Marianne Faithfull, Fleur d’âme » nous fait
revivre la carrière sublime et parfois tragique
(les années « junkie ») de la chanteuse. Entre
archives bouleversantes et interviews sans filtre,
Sandrine Bonnaire parvient à récolter
les confidences les plus intimes de l’égérie pop,
à cueillir sa fleur d’âme… Le début
du documentaire (Marianne perdue dans
le succès) et la fin (Marianne retrouvée dans
la musique et l’amour) sont les points d’orgue
d’un portrait ultrasensible.
Samedi 3 mars, on pourra assister, à La Cigale
à Paris, à un concert de Rickie Lee Jones,
la benjamine de notre trio (63 ans seulement).
La virago de Chicago fait moins parler d’elle ces
derniers temps, mais elle « tourne » et elle chante.
La petite sœur de Joan Baez et de Joni Mitchell
joue depuis toujours les électrons libres, flirtant
avec le blues, le rock, la pop et le jazz. De son
premier album, « Rickie Lee Jones » (1979),
au dernier, « The Other Side of Desire » (2015),
en passant par le fringant « Pirates », elle n’a
jamais levé le pied ni transigé avec sa liberté
artistique. Joan, Marianne, Rickie, trois prénoms
et trois raisons de croire que l’histoire du rock
s’écrit autant au féminin qu’au masculin. Ph. C.
« Whistle Down the Wind », album de Joan Baez
(Proper Records/Bertus France). « Marianne
Faithfull, Fleur d’âme », documentaire
de Sandrine Bonnaire (le 2 mars sur Arte
à 23 h 15). Rickie Lee Jones en concert
à La Cigale, Paris, samedi 3 mars.
STEWART VOLLAND/PROPER RECORDS
ROMAN
pu se contenter du rôle de faire-valoir de leurs
prestigieux amants (Bob Dylan, Mick Jagger,
Tom Waits). Mais elles ont choisi de voler
de leurs propres ailes, ont mené une brillante
et longue carrière. Nos chères ladies rock,
Joan Baez, Marianne Faithfull et Rickie
Lee Jones, font encore l’actualité en ce premier
week-end de mars.
PIERRE GROSBOIS
MUSIQUE Malgré leur talent fou, elles auraient
DR
Joan Baez
revient avec
un nouvel
album de
reprises
et une
tournée
européenne.
de et avec Céline Milliat-Baumgartner,
mise en scène de Pauline Bureau, Théâtre
du Rond-Point, Paris (Tél. : 01 44 95 98 00),
du 6 au 31 mars, durée 1 h 10.
D’abord il y a eu l’accident survenu un soir
de juin 1985. Et puis la restitution à la famille
de ces « bijoux de pacotille », uniques reliques
d’un drame qui a emporté les parents de Céline
Milliat-Baumgartner alors qu’elle n’avait que
8 ans. Après avoir raconté son histoire dans
un livre, sorti en 2015, la fille de l’actrice Michèle
Baumgartner a décidé de la porter à la scène
avec l’aide de Pauline Bureau. Sans jamais
tomber dans l’impudeur, la jeune comédienne
y balaie l’intimité de son enfance avec une
grande élégance. Pour l’aider à tenir sur cette
ligne de crête, la jeune metteure en scène agit
avec un pointillisme minimaliste qui ne fait
que sublimer ses mots. Un délicat joyau
à découvrir au Théâtre du Rond-Point. V. B.
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STYLE
02 MARS 2018
Elizabeth II d’Angleterre
en 1953, portant le diadème
en diamants créé en 1820
pour George IV.
JOAILLERIE DES ROIS,
ROIS DE LA JOAILLERIE
CECIL BEATON/CAMERAPRESS/RAPHO/GAMMA
Par Gabrielle de Montmorin
LE S E CHOS WE E K- E ND – 43
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Elizabeth II, coiffée de la couronne
impériale d’État (ci-dessus en couleurs),
le jour de son couronnement.
44 – L E S E CHOS WE E K- E ND
PA/ABACA
Du succès de la série
« The Crown » au futur mariage
du prince Harry, les familles
royales n’en finissent
pas d’enrichir les médias.
Habilement dépoussiérés,
les attributs de la royauté
en profitent, renouvelant ainsi
une curiosité mêlée d’envie
et d’admiration.
l y a plus de deux mille ans,
la poétesse grecque Sappho écrivait : « Les dieux
se détournent de ceux qui se présentent à eux
sans couronne. » Le public aussi. Les souverains
l’ont vite compris. De la tiare babylonienne à
la couronne impériale d’État que coiffe chaque
année la reine Elizabeth II pour l’ouverture du
Parlement, les « regalia » fascinent et inspirent.
Tout comme les parures royales. Depuis
quelques années, ce faste suscite un attrait
inédit, porté par une nouvelle génération
d’héritiers, appelés ou non à régner, qui
embrassent leur statut avec une forme de
décontraction. Grâce à eux, l’étiquette paraît
plus légère, sans pour autant renier sa
solennité. Pour Catherine Fieschi, politologue
française installée outre-Manche et fondatrice
du think tank Counterpoint, « la stratégie
de réhabilitation de la monarchie après la mort
de Diana, lorsque Charles est passé pour un
monstre, a aussi permis une prise de conscience
sur ces princesses qui font vendre des journaux.
À l’inverse de ce qui s’est passé avec Margaret,
dont on estimait qu’elle défrayait la chronique,
la monarchie s’est servie de toute cette jeune
génération de façon très positive, pour continuer
sur la lancée de Diana. »
Il n’est qu’à voir l’année 2018 où, conjurant
le Brexit, population locale et touristes suivent
passionnément les préparatifs du mariage
du prince Harry (le 19 mai), de celui de
sa cousine Eugénie d’York, sans oublier
le 65e anniversaire du couronnement
de leur grand-mère, Elizabeth II. Le
2 juin 1953, à 27 ans, Lilibeth succédait
à son père, le roi George VI. En
acceptant la présence des caméras de la
BBC, la jeune reine permet à 300 millions
de téléspectateurs de suivre l’événement.
Ils seront 750 millions en 1981 pour le
mariage de Charles et Diana commenté
tout en vibrato par Léon Zitrone pour le
public français. Lorsqu’en 2011
le prince William épouse Kate Middleton,
2 milliards de téléspectateurs savourent
le décorum. Le public raffole d’autant plus
de cette monarchie qu’elle se démocratise. Kate
WORLD HISTORY ARCHIVE /AURIMAGES
STYLE
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JOAILLERIE ROYALE
La duchesse de Windsor, ex-Wallis Simpson, arborant un collier Cartier (diamants, améthystes,
turquoises), lors d’un bal a Versailles, en 1953, au côté de son époux, l’ex-roi Édouard VIII.
À droite, la reine Alexandra (1844-1925), qui adorait les colliers spectaculaires.
AGIP/RUE DES ARCHIVES
RDA/RUE DES ARCHIVES
CHRISTIES
est une roturière issue de la classe moyenne,
tout comme la fiancée d’Harry, l’actrice Meghan
Markle. Américaine, divorcée de surcroît,
la jeune femme n’est pas sans rappeler
une certaine Wallis Simpson pour laquelle
Édouard VIII dut abdiquer. « C’est une pièce
de théâtre où chacun a un rôle. Meghan n’y est
que figurante, elle incarne celle qui va aider
le jeune prince fougueux à rentrer dans le rang.
En ce moment, avec l’extraordinaire incertitude
qui pèse sur le pays, les mariages jouent un rôle
psychologiquement extrêmement important
parce qu’ils représentent le seul fil conducteur
qui reste », ajoute Catherine Fieschi.
DES PIERRES HISTORIQUES
Depuis 1969, date à laquelle on a commencé
à la mesurer, la part de la population favorable
à la monarchie n’a jamais fluctué, se maintenant
autour de 81%. Une adhésion confortée par
le remarquable travail des experts engagés
par le palais pour faire de la communication
à long terme. Jamais l’antinomie inaccessibiliténormalité n’a aussi bien fonctionné. Les
2,5 millions de visiteurs qui se pressent chaque
année à la Tour de Londres pour admirer
les joyaux de la Couronne ayant survécu
à Oliver Cromwell le confirment. Serties de
23 000 pierres venues au fil des époques d’Inde,
du Brésil et d’Afrique, les 140 pièces présentées
racontent un faste nourri par des souveraines
friandes de bijoux. Ainsi, Victoria, qui, malgré
son long deuil, ne renonça jamais à ses parures,
dépensa durant soixante ans de règne
l’équivalent de plusieurs millions d’euros chez
le joaillier Garrard, son titre d’impératrice
d’Inde lui valant en plus de recevoir diamants,
rubis et émeraudes par brassées entières.
Parfaitement consciente d’incarner la grâce
édouardienne, sa belle-fille, la reine Alexandra,
adorait pour sa part souligner la finesse de
son cou avec de spectaculaires colliers résilles
qui seront adoptés, de manière plus ou moins
heureuse, par toutes les cours d’Europe. Quant
à l’épouse de George V, Mary, aussi raide que
couverte de bijoux, elle tint religieusement
un registre de la cassette royale qu’elle fit grossir
avec de nombreuses pièces des Romanov.
Impressionnante avec ses 444 pierres,
tourmalines, topazes, rubis, améthystes,
saphirs, grenats, péridots et ses grappes de
perles, la couronne de saint Édouard incarne
la royauté dans tous les sens du terme.
Historique, puisque fabriquée à partir de celle
de Charles II, un Stuart monté sur le trône
en 1661, mais aussi dans son acception littérale.
Ciselée en or massif, elle est extrêmement
lourde, au point que Victoria refusera de
LE S E CHOS WE E K- E ND – 45
DES BIJOUX QUI ONT LA COTE
L’une des plus grandes ventes joaillières de 2017,
orchestrée en novembre par Christie’s à Genève, a
confirmé deux tendances : les diamants de couleur
font grimper les prix, les gemmes de provenance
royale les font s’envoler. Soit le Grand Mazarin
(photo), une pierre rose pâle de 49,07 carats
ayant appartenu au ministre avant de rejoindre
les joyaux de la Couronne. Adjugé 12,3 millions
d’euros, deux fois son estimation, il offre à son
acquéreur, resté anonyme, un vaste pan d’histoire,
de Louis XIV à Eugénie de Montijo. Jouant
sur la magie des origines illustres, les enchères
multiplient les records. En 2008, le diamant
Wittelsbach, une pierre bleue offert en 1664
par Philippe IV d’Espagne à sa fille l’infante, part
à 18,70 millions d’euros, devenant le bijou le plus
cher du monde. Instaurée en 2007 durant la vente
genevoise de haute joaillerie, la section dédiée aux
bijoux de provenance royale et aristocratique de
Sotheby’s connaît un succès grandissant : en 2012,
le Beau Sancy, qui a orné la couronne de Marie de
Médicis, s’est vendu plus de 9 millions. À un niveau
moins vertigineux, le dernier lot issu d’une famille
royale d’Europe mis en vente par Artcurial
a systématiquement doublé son estimation.
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STYLE
porter ses 3,5 kg. Elizabeth II le fera
stoïquement trois heures durant, le poids de
l’emblème
ayant été divisé par deux. Sertie de saphirs,
d’émeraudes, de 3 000 diamants et 273 perles
provenant d’une parure d’Elizabeth Ire,
la couronne impériale d’État est réputée pour
son rubis du Prince noir. Baptisée en l’honneur
d’Édouard de Woodstock, vêtu d’une armure
noire sur les champs de bataille, la pierre
de 170 carats, qui appartient en réalité à la
catégorie du spinelle, orne le casque d’Henry V
quand le duc d’Alençon lui assène un coup
de hache sur la tête à Azincourt. Le roi en
réchappe, faisant naître la légende de la pierre
protectrice qui accompagne depuis tous
les souverains. Juste en dessous d’elle scintille
le Cullinan II, un coussin de 317 carats
provenant du plus gros diamant du monde, le
Cullinan ou Star of Africa. Découverte en 1905
par un fermier sud-africain, Thomas Cullinan,
l’impressionnante gemme de 3 106 carats est
vendue 750 000 dollars de l’époque au
gouvernement du Transvaal. Ce dernier,
désireux de remercier Édouard VII pour
l’indépendance qu’il a accordée aux États
afrikaners, décide de la lui offrir. Elle arrive
à Londres dans un simple paquet timbré
envoyé par la poste – un leurre voyage par mer.
Devenue une question royale, sa taille nécessite
une audience privée à la cour qui désigne
les frères Asscher, de célèbres lapidaires
d’Amsterdam. Le 10 février 1908, la séance
de fragmentation, qui permettra de tailler
105 pierres, débute de manière insolite puisque
Joseph Asscher s’évanouit d’émotion.
DES SYMBOLES MODERNES
Alors que les couronnements et noces
du xxe siècle donnent lieu à une cascade
de commandes, des colliers aux ornements
de corsage en passant par les boucles d’oreilles
et les diadèmes, les festivités du iiie millénaire
génèrent davantage de contrôle. Parfaitement
rodées aux supports de communication
46 – L E S E CHOS WE E K- E ND
BOB THOMAS/POPPERFOTO/GETTY IMAGES
La reine Victoria (ici vers 1895) fut une cliente très assidue du joaillier Garrard.
En 1929, Louis Boucheron se voit confier par
Reza Shah une mission des plus exaltantes :
inventorier et estimer la valeur du trésor
conservé dans les chambres fortes de la Banque
d’Iran. Le joaillier découvre une avalanche de
perles et gemmes énormes, tels ces diamants
ou encore ce rubis de plus de 100 carats. Classé
secret d’État, le montant de l’estimation ne sera
jamais divulgué. Quarante ans plus tard, un
dessin de Van Cleef & Arpels est sélectionné par
le gouvernement iranien parmi 50 projets pour
la future couronne de l’impératrice. Pierre Arpels
s’envole vers Téhéran et établit son atelier à la
source, dans les sous-sols de la banque. Six mois
plus tard, Farah Pahlavi devient impératrice,
coiffée d’une couronne de deux kilos (photo
ci-dessus) ornée de 1 541 pierres, comprenant
1 469 diamants, 36 émeraudes, 36 rubis, 105 perles
et une spectaculaire émeraude centrale de
150 carats. L’ensemble dort toujours dans
les coffres de la banque nationale à Téhéran.
VAN CLEEF & ARPELS
TRÉSOR IRANIEN
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JOAILLERIE ROYALE
GEORGE LUKOMSKI/ESCOOP
NILS HERRMANN/COLLECTION DU PALAIS PRINCIER DE MONACO
©SUDDEUTSCHE ZEITUNG/RUE DES ARCHIVES
BULGARI
Trois broches en
diamants et rubis
montées en diadème
par Cartier : c’est
la parure que porte
Grace de Monaco en
1959 lorsqu’elle est
reçue avec le prince
Rainier à l’Élysée par
le général de Gaulle.
modernes, les nouvelles générations ont appris
à en maîtriser toutes les subtilités pour gérer
leur image. « Pour chaque mariage se posent trois
questions : Westminster Abbey ou non, la robe
et la couronne. Celle-ci est symboliquement très
lourde et toujours analysée dans les journaux.
Prêtée par la reine, elle devient une sorte
d’adoubement », souligne Catherine Fieschi.
Unanimement applaudie, l’allure de la
duchesse de Cambridge lors de son mariage
à Westminster Abbey illustre une volonté
de renouer avec la tradition. Contrairement
à Diana, qui portait un bijou de sa famille, Kate
Middleton rayonne avec un diadème prêté
par la reine, qui l’a elle-même reçu de sa
mère. Serti de plus de 800 diamants
taille brillant et baguette, l’accessoire
signé Cartier rappelle la jolie épithète
que lui décerna le roi Édouard VII,
« joaillier des rois, roi des joailliers ».
Grâce à l’habileté des ateliers, le diadème
ne se contente plus de concilier emblème
du pouvoir et sacrement du mariage, il gagne en
féminité, reflétant l’émergence de princesses
modernes dans les années 60. Olimpia Torlonia
Le Shah d’Iran et
l’impératrice Farah
Pahlavi lors de
leur couronnement,
en 1967.
À gauche, le diadème
créé par Bulgari
en 1935 pour l’infante
d’Espagne, qu’Olimpia
Torlonia choisit pour
son mariage en 1965.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 47
choisit ainsi pour son mariage de faire
remonter un diadème à briolettes
d’aigues-marines créé par Bulgari
en 1935 pour sa grand-mère
l’infante d’Espagne. Il suffit aux
artisans de la maison de retirer
les sept pierres amovibles pour
que le précieux accessoire
devienne pleinement dans l’air du
temps, sans perdre sa personnalité
un brin séraphique. Peu sensible aux
bijoux, Grace de Monaco choisira pourtant de
porter sur son portrait officiel trois broches en
diamants et rubis que les ateliers de Cartier lui
monteront en diadème. Un demi-siècle plus
tard, la princesse Charlène de Monaco fait forte
impression à son dîner de mariage avec une
aigrette furieusement contemporaine. Cadeau
du prince Albert frôlant les 60 carats, le bijou
réalisé par Lorenz Baümer évoque l’écume
de la mer à travers onze diamants détachables
taillés en forme de poire, dont un de 8 carats.
Aussi naturelles dans une salle de bal qu’à
une rencontre sportive, les princesses actuelles
savent jouer avec les codes, du dressing aux
bijoux ad hoc.
SOUVERAINES BIEN DE LEUR TEMPS
Le portrait officiel dévoilé en début d’année de
Carl XVI Gustaf de Suède est à ce titre instructif.
Le roi en majesté pose avec ses héritières, les
princesses Victoria et Estelle, mère et fille tout
de bleu vêtues, la première coiffée d’un diadème
d’aigues-marines de la famille royale. Tout
un symbole pour l’héritière qui a dû affronter
la vindicte familiale avant d’épouser son coach
de gym, avec le soutien du public. Le couple
royal belge, dont l’alliance est nettement plus
classique, paraît lui aussi emblématique de ces
souveraines contemporaines capables de passer
avec panache d’une activité professionnelle
à la couronne – la reine Mathilde a été
orthophoniste. Une expérience qu’elle partage
avec sa fringante voisine Maxima des Pays-Bas.
Ancienne employée d’une banque new-yorkaise,
la jeune femme s’est royalement adaptée à la
cour de Willem-Alexander, portant les gemmes
avec entrain, à commencer par son inestimable
parure de rubis birmans, un chef-d’œuvre
signé Mellerio. La palme revient sans conteste
à ce bijou royal malicieusement détourné
dans la dernière campagne publicitaire de
la maîtresse ès-diadèmes, la maison Chaumet.
Elle rejoint la sagacité pleine d’humour du roi
Harald V. Dans son toast porté au duc et à la
duchesse de Cambridge lors de leur première
visite officielle en Norvège, le mois dernier,
le souverain a résumé l’époque avec l’esprit dont
il est coutumier : « Cher William, chère Kate,
j’admire la façon dont vous remplissez vos devoirs
[…]. La reine et moi savons combien il est précieux
de travailler de concert avec la jeune génération
[…] dans cette étrange profession qui est la nôtre
[…]. » Magister dixit.
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STYLE
MODERNE REGALIA
À l’heure des mariages Windsor,
une réinterprétation des portraits
royaux version joaillière.
Photographe : Emma Hartvig
Réalisation : Paolo Turina
Collier, boucles d’oreilles et bague
Promenades Impériales en or blanc et or rose,
sertis de saphirs Padparadscha de Ceylan
et Madagascar, taille coussin, poire, ovale,
cabochon, et de diamants ovales, navettes
et taille brillant. Diadème Joséphine Aigrette
impériale en or blanc, serti de diamants taille
brillant, le tout haute joaillerie CHAUMET.
Robe en soie et velours rouge, VALENTINO.
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JOAILLERIE
Bracelet en or, platine
et diamants ; bracelet en or
et émail blanc ; boucles d’oreilles
Lynn en or et diamants,
TIFFANY & CO.
Collier Serpenti en or rose
et nacre, serti de diamants ;
bracelet Serpenti en or rose
et nacre, serti de diamants,
BVLGARI.
Veste et pantalon en laine,
PAUL SMITH.
Body, MAISON MARGIELA.
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Boucles d’oreilles en or gris,
pierres de lune et diamants
(4,8 cts), bracelet en or gris,
pierre de lune et diamants
(6,32 cts), collection Blossom,
LOUIS VUITTON.
Robe Palombaggia en lin,
JACQUEMUS.
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Collier Juste un clou
en or jaune,
bague tête de panthère
en or jaune, laque, péridots
et onyx, CARTIER.
Robe bustier découpe pointe
en velours, SAINT LAURENT
PAR ANTHONY VACCARELLO.
Ruban velours, MOKUBA.
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Collier 8°0 en or blanc
et diamants, FRED.
Boucles d’oreilles Cruella
en or blanc, diamants
et aigue-marine ; bague Cruella
en or blanc, diamants et
aigue-marine, AKILLIS.
Bague Lierre de Paris pavée
de diamants sur or blanc ;
bague double doigt Lierre
de Paris pavée de diamants,
sur or blanc ; bague Plume
de Paon, grand modèle, pavée
de diamants, sur or blanc ;
bague Plume de Paon, petit
modèle, pavée de diamants,
sur or blanc, BOUCHERON.
Robe en crêpe avec sur-robe
en tulle et cristaux brodés,
DRIES VAN NOTEN.
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Collier « Diorama »,
or blanc et diamants ;
bague « Gourmande Libellule »,
or blanc, diamants et quartz
rose ; boucles d’oreilles
« Milieu du Siècle », or blanc
et diamants, DIOR JOAILLERIE.
Combi-pantalon
en crêpe georgette rouge
plissée, DIOR.
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Collier Bouton d’or, or rose,
diamants, cornaline, nacre
VAN CLEEF & ARPELS.
Manchette Coco Crush
en or jaune et diamants ;
boucle d’oreille asymétrique
Coco Crush en or jaune et or
blanc serties de 22 diamants
taille brillant ; bagues Coco
Crush en or blanc et diamants,
et or jaune et diamants,
CHANEL JOAILLERIE.
Trench en gabardine, CHANEL.
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Collier multirang perles Akoya,
motifs diamants,
or blanc, MIKIMOTO.
Robe à sequins blancs, CÉLINE.
Modèle : Alice Le Paige @ IMG
Maquilleuse :
Alice Ghendrih @ Artlist
Coiffeur : Olivier Lebrun
@ Call My Agent
Manucure : Béatrice Eni @ ASG
Assistante styliste :
Magali Martin
Assistante photo :
Corinna Schulte
Casting : Corinne Piton
Production : Cécile Michel
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STYLE
L’ANALYSE
LES GRANDS
CHANTIERS
DU LUXE
Après Tod’s, Fendi, Bulgari
en Italie, les maisons françaises
s’investissent à leur tour
dans la sauvegarde du patrimoine,
à l’image de Chanel mécène
exclusif de la rénovation
du Grand Palais.
Mardi 6 mars, la verrière du Grand Palais
servira une nouvelle fois de théâtre au défilé
Chanel prêt-à-porter hiver 2018. Quelques
semaines auparavant, dans ce même
monument parisien, la ministre de la Culture
Françoise Nyssen dévoilait le projet
de rénovation du Grand Palais, la plus
importante de son histoire, pour un montant
total de 466 millions d’euros. Aux côtés
des financements de l’État, de la Réunion des
musées nationaux et du Grand Palais (RMNGP)
et d’Univers Sciences figurait un partenaire
privé, plus connu pour ses vestes en tweed que
pour ses casques de chantier. La maison Chanel
devenait le mécène exclusif de cette rénovation
avec une contribution de 25 millions d’euros,
un montant sans précédent pour un monument
historique en France. « Ce mécénat est
d’un niveau tout à fait exceptionnel dans l’histoire
du mécénat culturel », notait Sylvie Hubac,
présidente de la RMNGP.
En France, à l’inverse des pays anglo-saxons,
l’argent privé n’a pas toujours été en odeur
de sainteté dans le milieu de la culture.
Mais à nouvelle époque, nouvelle donne. Et face
aux déficits publics le mécénat a un nouveau
rôle à jouer, comme le soulignait Françoise
Nyssen lors de son discours : « Toutes les sources
de financement doivent être mobilisées au service
de la culture. L’exigence de réduction des déficits
publics, d’une part, et l’engagement croissant
des acteurs privés, d’autre part, nous invitent
à considérer toutes les sources de diversification
possible. Le mécénat a toute sa place.
En particulier pour les projets comme celui-ci,
qui bénéficient d’une visibilité internationale…
C’est une pratique qui monte en puissance
et que je souhaite encourager. » Si les liens entre
Chanel qui présente ses défilés au Grand Palais depuis plusieurs années devient le mécène
exclusif de sa rénovation. Ici le décor du défilé haute couture printemps-été 2013.
56 – LE S E CHOS WE E K- E ND
OLIVIER SAILLANT/CHANEL
Par Mariana Reali
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MODE
Le Colisée de Rome
n’aurait pas
retrouvé sa majesté
sans les 25 millions
d’euros alloués
par Tod’s. Une somme
inégalée en Italie.
SHUTTERSTOCK
LUDOVIC MARIN/AFP
À Versailles,
la Maison de
la reine, dans
le Hameau, a été
restaurée grâce
au soutien financier
de Dior.
le luxe et les arts sont vieux comme le monde
– que ce soit via le soutien aux artistes,
aux institutions culturelles ou plus récemment
à travers les fondations d’art (Vuitton, Prada,
Cartier…) –, les liens tissés entre le luxe et le
patrimoine sonnent quant à eux très xxie siècle.
En Europe, c’est l’Italie qui a montré
le meilleur exemple. Ces dernières années,
les unes après les autres, les grandes marques
italiennes ont apporté leur soutien financier
aux grands chantiers de rénovation de
la péninsule. En 2012, Fendi engageait ainsi
2 millions d’euros pourla rénovation de la
Fontaine de Trevi ; en 2013, Tod’s octroyait
la somme de 25 millions d’euros pour la
restauration du Colisée – un investissement
privé inégalé pour une rénovation publique
en Italie. Parmi ces nouveaux mécènes de luxe,
Prada, Versace, Bulgari, Ferragamo, Gucci…
n’ont pas hésité à suivre le pas. En 2016, face
à la défaillance du secteur public, le maire
de Rome lançait officiellement un appel
aux entreprises privées pour la sauvegarde
du patrimoine transalpin. Un nouveau – beau –
rôle à jouer pour ces géants du luxe qui voient
aussi dans ces opérations un moyen idéal
de clamer leur italianité. Une manière aussi
d’affirmer une légitimité culturelle. Enfin,
une occasion en or pour ces spécialistes du
storytelling de raconter un peu de leur histoire.
En participant à la rénovation des escaliers
de la Piazza di Spagna, Bulgari rappelait au
LE S E CHOS WE E K- E ND – 57
passage que c’était au bas de ces marches,
via dei Condotti, que le joaillier avait installé
sa première boutique en 1884. De même,
en s’engageant pour la Galerie des Offices,
pour la fontaine de Neptune ou les jardins
de Boboli, les florentines Ferragamo et Gucci
réaffirmaient leur ancrage quasi centenaire
dans la cité des Médicis.
En France, si les liens entre Dior et le château
de Versailles sont noués de longue date,
ils se sont encore resserrés en 2013 avec
la restauration de la Maison de la reine, au sein
du Hameau. Du côté de Chanel, parallèlement
au Grand Palais, la maison est cette année
devenue le mécène exclusif du palais Galliera
en vue de la création de nouveaux espaces
permanents d’expositions – les futures salles
Gabrielle Chanel. « Paris, c’est toute l’histoire
de Chanel. La maison ne serait pas ce qu’elle
est sans Paris. C’est pour s’ancrer dans le Paris
de demain que des opérations comme celles-ci
sont importantes », précise Bruno Pavlovsky,
président des activités mode de Chanel.
Un engagement qui sonne comme
une proclamation d’identité parisienne,
« mais pas seulement », insiste-t-il. « C’est avant
tout un soutien envers la création en général.
Les entreprises doivent aujourd’hui soutenir
des grandes causes et des grands projets.
Il est important de pouvoir faire vivre ces lieux
qui sont des sources d’inspiration et de création.
Il faut les aider à se moderniser. De la même
manière qu’on a beaucoup investi pour
que les savoir-faire continuent d’exister,
notamment avec la construction d’un bâtiment
pour accueillir les métiers d’art, cette opération
avec le Grand Palais prend une forme différente
mais l’objectif est le même. Paris doit rester
la capitale de la création dans le monde
et nous voulons y contribuer. En gardant toujours
un lien avec notre réalité. » Un lien avec la réalité
facile à démêler tant le nom de Chanel
est devenu indissociable du Grand Palais.
C’est en effet sous la célèbre nef, que Karl
Lagerfeld, présente depuis 2005 quatre fois
par an, ses collections prêt-à-porter
et haute couture dans des shows spectaculaires.
On a vu tour à tour se dresser une tour Eiffel,
une fusée prête à décoller, un terminal
d’aéroport, un bosquet versaillais… « Des images
qui font à chaque fois le tour du monde et qui ont
largement contribué au rayonnement du Grand
Palais », rappelle Sylvie Hubac, la présidente
de la RMNGP. Les travaux débuteront fin 2020
pour s’achever en 2024. À cette date, 4 millions
de visiteurs annuels seront attendus dans
un Grand Palais flambant neuf. Ceux qui
se rendront dans la grande nef, emprunteront
dès lors l’entrée baptisée Gabrielle Chanel.
Plus d’infos sur www.lesechos.fr/we
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
STYLE MODE
L’INSPIRATION
LES TÊTES BRÛLÉES
DE LANVIN
LOZOVSKY/BFA/SHUTTERSTOCK/SIPA
4
JAMES BORT
3
JAMES BORT
2
palette estivale que l’on nous sert
d’habitude et font la part belle aux tons
sombres, aux nuances de gris, avec ça
et là quelques teintes vives appuyées,
comme une lueur de folie dans l’habit.
L’homme qui émerge de ce joyeux
capharnaüm n’est pas un, mais
multiple, comme s’il refusait
catégoriquement de se faire dicter
ses choix et préférait garder ouvertes
ses options vestimentaires. « Il est sûr
de lui, élégant, libre avant tout… Il n’a pas peur
de varier les plaisirs », dépeint le créateur.
C’est bien simple, cet été l’homme Lanvin ne fera
que ce qui l’enchante, et qu’on ne s’avise pas de
lui faire remarquer qu’il a boutonné lundi avec
mardi (photo 3), tout cela est savamment étudié.
Ce cardigan en maille bicolore est déjà, nous
dit-on, l’un des best-sellers de la collection. Les
imprimés ont également toute leur importance
dans ce vestiaire, le dragon en ombre
chinoise débarqué des années 90 ou les
portraits d’anonymes croqués par un
artiste dans les rues de Montmartre
ajoutent volontairement à la confusion.
Côté accessoires, on s’interroge aussi sur
les symboles : une flûte rangée
dans un étui à revolver ou des mains
imprimées en 3D recouvertes de cuir
et portées en pendentifs. De la poésie
dans un monde de brutes? Le final du défilé
(photo 1) avec ces mannequins en bande
désorganisée, cavalant dans tous les sens
façon billes de flipper, en avait tout l’air.
Edson Pannier
DR
pprivoiser le chaos, mieux,
se l’approprier, telle fut l’ambition de Lucas
Ossendrijver pour sa nouvelle collection
printemps-été, celle qui s’affiche en ce moment
dans les vitrines de la rue du Faubourg-SaintHonoré. À la tête du studio homme de Lanvin
depuis plus de dix ans, le Néerlandais a tenu la
barre en dépit du marasme financier et critique
dans lequel la plus ancienne maison de couture
française s’est trouvée plongée avant son récent
rachat par le groupe chinois Fosun.
Et a choisi d’opérer un lâcher-prise aussi
inattendu que salutaire, allant à l’encontre
de ses instincts premiers pour mieux aller
de l’avant. « Tout est parti d’un constat. J’ai
réfléchi à notre façon de vivre, au fait d’être
en permanence bombardé d’informations
sur nos smartphones, de passer d’une chose
à une autre sans arrêt. Ce zapping
incessant… D’habitude, je lutte contre ce
genre de choses, cette fois, j’ai décidé de me
prêter au jeu et de voir ce que ça pourrait
donner à l’échelle d’une collection »,
explique-t-il. En d’autres termes,
s’abandonner à l’époque et tenter de donner
du sens à ce qui n’en a pas. Lucas Ossendrijver
s’est donc lancé dans ce que l’on pourrait appeler
une apologie du désordre, sans nostalgie facile,
empreinte d’assurance et d’optimisme.
Au menu, un mélange d’inspirations pas
toujours évident – des obsessions, comme
il les nomme – le workwear, le streetwear
et le sportswear fusionnés à l’esprit tailleur
évidemment, une spécialité maison
(photo 4). En résulte des manches princede-Galles (photo 2) sur un bleu
de travail ou encore des pantalons de
smoking revisités et portés façon jogging.
Maestro de la coupe, Lucas Ossendrijver
s’amuse à déplacer à l’avant l’encolure
d’un sweat-shirt en faille de coton
pour ramener l’essentiel du volume
dans le dos ou à bouger la couture sur
l’épaule d’un tee-shirt pour provoquer
un drapé astucieux (photo 5).
L’asymétrie est la nouvelle norme,
les mariages de matières défient toute
logique. Les couleurs tranchent avec la
1
LA BANDE-SON DU DÉFILÉ
Clara 3000 (photo) aux platines pour faire vibrer
tout en douceur les murs de l’AccorHotels Arena
revue et corrigée par les scénographes de villa
eugénie. Une playlist inspirée, mixant les genres,
piano et électro, narrations mystiques et final
psychédélique signé Jonny Greenwood
de Radiohead… Impeccable symbiose avec
le propos de la collection.
5
58 – LE S E CHOS WE E K- E ND
VIVIANE SASSEN/COURTESY OF LANVIN
A
Lucas Ossendrijver propose pour l’été un vestiaire chargé
en poésie dans une collection ouvertement expérimentale.
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MODE
L’OBJET
LA CHRONIQUE
Pascal Morand remonte aux origines
de la fashion week parisienne.
La fashion week parisienne est devenue
une institution incontournable
en seulement quelques décennies.
En effet, si la couture fut
présentée dès 1858 dans les
salons des couturiers sous
l’impulsion de Worth, il fallut
attendre le début des années
ANS
1970 pour que la présentation
des collections de prêt-à-porter
créatif se structure durablement.
Avant cette date, quelques initiatives
balbutiaient certes hors des
frontières de l’Hexagone : une press
week à New York en 1943, un défilé de
plusieurs maisons de mode italiennes
à Florence en 1952 puis à Milan
en 1957, ou encore une tentative de
fashion week à Londres en 1961. Mais
c’est Paris qui institutionnalisa ce
mouvement peu après l’organisation
de la « Battle de Versailles », montée
dans le cadre d’une collecte de fonds
pour la rénovation du château et
réunissant dans un même défilé cinq
couturiers français et cinq créateurs
américains. Sous la houlette de
Pierre Bergé, la Chambre syndicale
du prêt-à-porter des couturiers
et créateurs de mode, nouvellement
constituée, décida ainsi le
21 novembre 1973 de la création d’un
calendrier regroupant dix marques
de couturiers et de créateurs.
Il s’agissait de faire prendre
conscience aux médias de l’importance
de la mode et de créer « un front uni
pour la défense de la profession ».
Quelques interrogations jaillirent
ça et là, rapidement levées. « Mais
qui est cette Sonia Rykiel ? », demanda
ainsi Pierre Balmain à Pierre Bergé.
Ainsi furent posées les bases de
ce qu’est devenue la fashion week
aujourd’hui : un moteur de l’industrie
française de la mode et un symbole
du rayonnement de notre pays.
* Président exécutif de la Fédération
de la haute couture et de la mode.
ILLUSTRATION FABIEN CLAIREFOND
45
JEUX DE CODES
Première femme directrice artistique de l’univers
féminin de la maison de l’avenue Montaigne
depuis la création de la marque en 1947, Maria
Grazia Chiuri – designer d’accessoires de
formation – conjugue depuis 2016 clins d’œil
au patrimoine maison, thèmes féministes
et savoir-faire des ateliers. Dans cet esprit,
le défilé printemps-été 2018, présenté au musée
Rodin, célèbre Niki de Saint Phalle – femme
artiste et muse du créateur Marc Bohan,
directeur artistique chez Dior de 1961 à 1989.
Une martingale qui se poursuit côté accessoires
où Maria Grazia Chiuri transpose la palette
LE S E CHOS WE E K- E ND – 59
colorée de l’artiste franco-américaine sur les
sacs de la maison. Ainsi, le modèle Dioraddict,
né en 2017 sous l’impulsion de la directrice
artistique, affiche une bandoulière arty en toile
jacquard multicolore ornée de médaillons
et reprend les codes stylistiques de la maison
– entre le cannage emblématique en cuir noir
et le fermoir signature imaginé en métal couleur
or vieilli. Tous les atouts d’un it-bag.
COMBIEN ? Sac à rabat Dioraddict, Dior, 2 900 €.
Texte : Astrid Faguer
Photographe : Marion Maimon
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
STYLE HORLOGERIE
CADRANS
PETIT COUP D’ŒIL
DANS LE RÉTRO
Au royaume des montres vintage, les modèles
de plongée et les chronographes se taillent
la part du lion. Rééditions ou réinterprétations,
ces instruments ne manquent pas d’atouts
pour séduire la gent masculine.
La manufacture Zenith, par exemple, propose
son emblématique El Primero dans une édition
en acier avec le même boîtier de 38 mm
de diamètre que le modèle originel présenté
le 10 janvier 1969. Rappelons qu’il fut le premier
chronographe automatique haute fréquence
(36 000 alternances/heures) autorisant
des chronométrages précis au 1/10e de seconde.
Chez Breguet, le Type XX a d’abord été fabriqué
pour les pilotes de l’armée de l’Air et
de l’Aéronautique navale françaises entre
les années 50 et 80, avant que la manufacture
le propose au grand public en 1995. Aujourd’hui,
cette montre en acier de 39 mm de diamètre
est équipée d’une lunette bidirectionnelle et de
la fonction flyback tout comme l’ancien modèle.
Inspirée des instruments de plongée Tudor
des années 50 et 70, la montre Black Bay
en acier existe également en version chrono.
Sur cette déclinaison, la traditionnelle lunette
tournante a été remplacée par une lunette fixe
à échelle tachymétrique. Cette petite infidélité
aux origines sous-marines, ne remet pas
en question le design réussi de cette référence
qui ouvre un nouveau théâtre d’opérations
à la collection phare de la manufacture Tudor.
Frank Declerck
Photographe : Romin Favre
Tudor, Heritage Black Bay Chrono : 4 440 €.
Zenith, El Primero Chronomaster : 6 900 €.
Breguet, Type XX Aéronavale : 9 200 €.
LE MOT
FLYBACK Également appelée
« retour en vol », la fonction flyback
a été mise au point pour les pilotes
d’avions. Si la manufacture
Breguet en équipait, dès 1954,
les chronographes Type XX
commandés par l’Aéronavale
française, cette subtilité
mécanique doit sa création
à Longines, quelques années
plus tôt. C’est en effet en 1936,
dans l’entre-deux-guerres, que
la maison horlogère, intimement
LA COTE
liée à l’histoire de l’aviation,
a conçu le mécanisme de « retour
en vol ». Celui-ci permet, en
une seule manipulation, la remise
à zéro d’un chronométrage
en cours et le lancement simultané
d’un nouveau. Les pilotes pouvaient
ainsi être beaucoup plus précis
sur le timing lors des changements
de cap. Sur les chronographes
à deux poussoirs (invention
Breitling, 1934), l’opération
s’effectue avec celui situé à 4h.
8 531 EUROS
Le 13 décembre 2017
à Londres, la vente
Bonhams comptait
un modèle Omega
Speedmaster
à remontage manuel
de 1967. Adjugé
8 531 euros,
ce chronographe
tout acier a dépassé
son estimation haute
(8 000 euros).
60 – L E S E CHOS WE E K- E ND
78 568 EUROS
Chez Antiquorum,
le 17 janvier à Monaco,
un superbe
chronographe Rolex
Daytona en acier
de 1965, cadran blanc
à compteurs noirs,
est parti à 78 568 euros,
tout en restant
dans sa fourchette
d’estimation
(50 000-80 000 euros).
24 700 EUROS
Toujours à Monaco,
le 17 janvier,
cette fois
chez Artcurial,
un chronographe
Heuer Autavia en acier
(1960) a fait beaucoup
mieux que
son estimation la plus
haute (8 000 euros)
en s’envolant
à 24 700 euros.
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STYLE BEAUTÉ
LA QUESTION
ENCORE STRESSÉS ?
Pour contrer l’un des grands
maux du siècle, les marques
cosmétiques ont leurs solutions.
DR
SHUTTERSTOCK
SOINS « Détendez-vous, partez en week-end.
Et n’oubliez pas d’appliquer votre crème de nuit »,
suggère une vendeuse d’un grand magasin.
A priori, la recommandation fait sourire.
Pourtant, s’il est un organe qui est en première
ligne face au stress, c’est bien la peau. Et si l’on
se penche sur les 20 à 25% de la population
active mondiale qui se déclarent stressés selon
l’OMS, on devine les enjeux pour le marché
de la beauté… Chacun a sa recette pour entrer
dans la course. Bien sûr, il y a les bienfaits
de l’aromacologie, via des senteurs apaisantes
comme celles de l’Huile Relax de Clarins.
Ou les chaussettes que l’on enfile pour
se détendre, comme les masques pieds
de Sephora. Parallèlement, il y a surtout cette
vague de soins qui ciblent les dégâts occasionnés
De gauche à droite : crème Essential Energy
Shiseido, masque pieds Sephora, masque
Hydra Zen Lancôme, contour des yeux
Nirvanesque Nuxe, Huile Relax Clarins,
démaquillant SciTech Promicea.
par le surmenage ou l’anxiété. Et c’est nouveau.
Car aujourd’hui, on sait qu’avoir « les nerfs à fleur
de peau » correspond à une réalité physiologique.
« Il y a vingt ans, on ne disposait pas des moyens
scientifiques pour expliquer les liens existant entre
l’épiderme et le cerveau. On n’avait pas identifié
le système nerveux cutané », explique Jean-Claude
Le Joliff, ancien directeur de recherche
d’un grand laboratoire cosmétique et consultant.
On sait désormais que le stress entraîne
déshydratation, mauvaise cicatrisation ou
vieillissement cellulaire. Tous ces mécanismes
sont ciblés par la neurocosmétique, qui agit
sur les liens entre la peau et le cerveau
via le système nerveux cutané. Il y a plus
de dix ans, les premiers soins concernaient
l’hydratation, c’étaient Hydra Zen de Lancôme
et la ligne Nirvanesque de Nuxe. Dernièrement
sont arrivés ceux qui régénèrent et relancent
la production de collagène, comme l’Huileen-eau Abeille Royale de Guerlain ou la crème
SciTech de Promicea, mais aussi ceux qui visent
à la fois l’éclat et la vitalité de la peau à l’image
du soin Essential Energy de Shiseido. Cette
nouvelle approche fait de plus en plus d’adeptes
parmi les grands noms de l’industrie. Et quand
on sait qu’un autre type de stress – la pollution –
agit de façon similaire sur la peau, on se dit
que la neurocosmétique n’en est qu’à ses débuts.
Johanne Courbatère de Gaudric
PARIS ET REGION PARISIENNE :
*Paris 3e 68 rue Réaumur / *Paris 4e Le BHV Marais 52 rue de Rivoli / *Paris 7e 85 rue du Bac / *Paris 8e 49 rue de Berri – 165 bd Haussmann / *Paris 9e Printemps de la Maison 61 rue Caumartin /
*Paris 11e 25 rue du Fg Saint-Antoine / *Paris 14e 99 av. du Maine / *Orgeval 1476 rte des Quarante Sous / Bagneux RN 20 – 104 av. A. Briand / *Rosny-sous-Bois c.c. Domus – 16 rue de Lisbonne
*Magasins ouverts les 3 dimanches
LE S E CHOS WE E K- E ND – 61
Opération également valable sur toute la France, adresses sur www.ligneroset.fr
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STYLE
LES PETITS PLATS
DANS LES GRANDS
Correct, sans plus
Bonne adresse de quartier
Très belle table
Cuisine, décor : tout y est
PAR LAURENT GUEZ
PRÉ CATELAN
LA PERFECTION D'ANTON
Attention : table d’exception
Illustrations : Lapin
C’est un personnage, Frédéric
Anton. Une voix claire comme son beurre
aux zestes de citron vert, un tempérament
de feu à vous snacker tout cru, un regard
intense comme une truffe du Périgord.
Sa réputation, il ne la doit pas à TF1 – même
si sa participation à Masterchef de 2010 à 2013
lui a apporté une notoriété de star –, mais à
son talent récompensé dès 2007 par trois étoiles
Michelin. Dans son temple du Bois de Boulogne,
Le Pré Catelan, où il officie depuis vingt-et-un
ans, le cuisinier dirige dans un silence de
laboratoire une brigade d’élite, et soigne ses
assiettes comme si de chacune d’elles dépendait
son destin. Fin janvier, nous avons eu le
bonheur d’y retourner, histoire de vérifier que
l’ancien restaurant de Gaston Lenôtre, abrité
dans un pavillon Belle-Époque, compte toujours
parmi les meilleures tables parisiennes.
À l’évidence, Anton n’a pas pris le melon ni
perdu sa passion, et les plats de cet hiver frôlent
la perfection. Démarrage sur les chapeaux
de roues avec ce petit bijou recouvert de rubans
bruns : c’est une tarte fine aux oignons doux
confits, coiffée généreusement de lamelles
de truffes. À peine le temps de mesurer
son bonheur, voici qu’arrive une voluptueuse
langoustine en ravioli à la crème de foie gras.
Une noix de Saint-Jacques finit sa courte
cuisson à table, sur un galet bouillant
(illustration ci-dessus). Puis c’est le tour du ris
de veau, croustillant et délicat, cuit à la
casserole avec sa crème de genièvre et de citron
vert, une recette inoubliable. La tarte au citron
vue par le chef surprend autant les yeux que
les papilles. Quel repas inouï ! Tant qu’existeront
ces lieux d’exception, la France continuera
de fasciner le monde.
Le Pré Catelan : route de Suresnes, 75016 Paris.
Tél. : 01 44 14 41 14.
À la carte, comptez 300 € par personne.
Menu du Pré à 280 €, menu en 6 plats à 220 €
et somptueuse formule déjeuner à 130 €,
recommandée pour un repérage.
LA RÉDACTION DES « ÉCHOS » A TESTÉ
À ROUEN, D’EUX-MÊMES, FRAIS ET GOURMAND
À PARIS, JACOPO, « BOUILLON » MODERNE
« Rendre la gastronomie accessible à tous » : voilà
la mission du restaurant D’Eux-mêmes. Pari tenu
à la perfection. Dans une salle chaleureuse, on
déguste la cuisine fraîche et gourmande du chef
local Nicolas Deschamps. La carte, très fournie,
satisfera à la fois les fans de terre et de mer. Les
classiques à peine revisités (blanquette comme
chez mamie) côtoient les plats du terroir cuisinés
avec un zeste d’originalité, comme ce must :
un agneau de pré-salé de la baie de Somme confit
72 heures, accompagné d’une purée de pommes
de terre relevée au vin rouge. L’audace du chef
s’exprime surtout dans les desserts : pannacotta
de potimarron ou crumble de poires, chocolat
et gingembre. Rapport qualité-prix impeccable
et service à l’avenant. Isabelle Lesniak
Retrouver l’esprit des « bouillons » dont raffolait
la Belle Époque : c’est l’idée de Jacopo,
qui vient juste d’ouvrir à deux pas de l’Étoile.
Mais rien à voir, côté déco, avec les boiseries
d’un Chartier. Le style est sobre et efficace,
comme le service. Ça se joue sur la carte,
concoctée par Thibault Sombardier (le chef
étoilé d’Antoine). Du classique, donc,
mais habilement revisité et parfaitement
maîtrisé : œuf mayo (très légère), poireaux
vinaigrette, harengs ; blanquette de veau,
joue de bœuf (impec), suprême de volaille sauce
grand-mère ; baba au rhum, tarte au citron,
île flottante. Tout est cuit au feu de bois.
Un plus : le speakeasy du sous-sol, avec fumoir,
bar à cocktails et billard. Claude Vincent
Combien : menu plat + dessert à 19,90 euros.
À la carte, compter entre 30 et 40 euros.
C’est où : 9 place du Vieux Marché, 76000 Rouen.
Tél. : 02 35 71 22 92.
Combien : entrées de 4,50 à 9,50 euros ;
plats de 14,50 à 24 euros ; desserts 6 euros.
C’est où : 5 bis, rue Vernet, 75008. On patiente,
pas de réservations !
62 – L E S E CHOS WE E K- E ND
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GASTRONOMIE
TOP 5 LES MEILLEURS
ŒUFS MAYONNAISE
01 LE PLUS « ATMOSPHÈRE, ATMOSPHÈRE »
Pigalle, 300 places, une clientèle bariolée,
des mets de toujours à la pelle, des prix
au plancher, et un œuf mayo relevé à souhait
(1,90 €). Ambiance. Bouillon Pigalle : 22, boulevard
de Clichy, 75018 Paris. Tél. : 01 42 59 69 31.
02 LE PLUS VARIÉ
À Paris, Xe arrondissement, dans cette épiceriedînette au décor théâtral, l’œuf mayo varie
(en persillade, au tandoori, au paprika…)
suivant l’humeur du chef, tout en restant juste
ce qu’il faut de cuit (5 €).
Le Bel Ordinaire : 54, rue de Paradis, 75010 Paris.
Tél. : 01 46 27 46 67.
03 LE PLUS BACHIQUE
Près de Bastille, un comptoir, des vins finaux
à prix caviste et une batterie de hors-d’œuvre,
dont un œuf bio au jaune coulant
et à la mayo au caractère bien trempé (3 €).
Tomette : 23, rue de Cotte, 75012 Paris.
Tél. : 01 53 17 09 91.
04 LE PLUS POPU
En retrait des cantines chinoises, ce troquet
bellevillois aux allures de cantine ouvrière
délivre un œuf parfaitement cuit sur coussin
de mayo ultragénéreux (4 €).
L’Orillon Bar : 35, rue de l’Orillon, 75011 Paris.
Pas de téléphone.
05 LE PLUS SUR-MESURE
Le vôtre, en cuisant vos œufs 9 minutes à l’eau
frémissante et en montant à la main
une mayonnaise parfumée à votre goût (nature,
persil, citron…). Jérôme Berger
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
LA CHRONIQUE VIN DE JEAN-FRANCIS PÉCRESSE
LES ASSOCIÉS DE CHABLIS
LE GRAIN DE SEL DE
DAMIEN BRUNET
« Même parcours, même vision », s’est dit Nicolas
Scheidt (Café des Spores, La Buvette, Hopla Geiss,
Alimentation) en recrutant Damien Brunet.
Il y a deux ans, à Bruxelles, l’Alsacien, formé
au droit avant de passer aux fourneaux,
engageait ce Rennais, venu en Belgique
pour la musique et converti depuis à la cuisine.
Deux autodidactes donc, non formatés
par de grandes maisons. Des « gastro »
bruxellois (Bouchéry, Va Doux Vent…), Damien
Brunet retient une ambiance pesante,
peu propice à la liberté de création. Cet élan,
il le trouve à La Buvette. L’adresse, fondée
en 2010 par Nicolas Scheidt, compose avec
le marché et les inspirations du moment.
Pas de routine. Promu chef exécutif, le Breton
y veille. Exit les deux plats signatures,
place à plus de légumes et poissons…
Ou comment rafraîchir une table phare
sans être à contre-courant.
La Buvette : 108, Chaussée d’Alsemberg,
1060 Saint-Gilles, Belgique.
Un produit « Les fleurs et plantes au goût franc.
À travailler en huile, sorbet, infusion… »
Une association « Les notes florales de l’anis
vert sur le côté terreux de la betterave. »
Une technique « L’élaboration des sauces,
plusieurs heures durant. Une école
de la patience. » J. B.
Ce fut un spectacle magnifique
et tragique. L’an passé, dans
les nuits glacées de la fin avril,
brillaient, au milieu des vignes,
mille et mille bougies, vaillantes
veilleuses combattant l’invisible
ennemi que, le printemps venu,
nul ne redoutait plus : le gel.
Déjà, il avait frappé l’an
précédent. Aussi, producteurs et amateurs
de Chablis étaient loin d’imaginer que la main
de glace s’abattrait encore. Individualistes
farouches, les hommes et les femmes de la vigne
se serrèrent les coudes dans l’épreuve. Ici pour
disposer, pied après pied, les lucioles chauffantes.
Là pour asperger de l’eau, selon une très neuve
technique, afin de protéger les bourgeons.
Coopérer dans les coups durs, les viticulteurs
associés au sein de La Chablisienne le font depuis
près d’un siècle. C’est en 1923 que des paysans
de Chablis, agriculteurs avant d’être viticulteurs,
réunirent leurs lopins de vignes. L’équation
fut simple: 180 associés, 180 hectares.
Ils sont aujourd’hui près de 300 et cultivent
1 300 hectares, le quart de toute l’appellation.
Si la coopérative ne cesse de grandir, ce n’est
pas seulement parce qu’elle serait une assurance
tous risques. C’est surtout parce que, grâce
à l’ambition d’excellence défendue depuis dix ans
par son dirigeant, le Bourguignon Damien
Leclerc, elle est devenue un bon moyen
de monter en gamme. Leclerc a compris que
pour porter sa cave au sommet de la hiérarchie
coopérative, il ne fallait pas choisir entre valeur
et volume. Mais produire de grandes quantités
de chablis de grande qualité, cela exige
diversification et précision. Alors, chacune
des cuvées de La Chablisienne fait l’objet d’une
définition fine, au plus près des nuances de
cette mosaïque de minéralités qu’est le terroir
de Chablis. Vu d’en haut, Damien Leclerc en fait
LE S E CHOS WE E K- E ND – 63
un résumé saisissant : « Sur la rive droite
du Serein, on a des crus de Ciel, à la minéralité
aérienne, solaire, dynamique; sur la rive gauche,
la minéralité est plus caillouteuse, crayeuse,
austère, c’est celle des crus de racines. » Celle
du premier cru Montmains 2015, poivrée,
profonde, amère, appartient incontestablement
à cette deuxième catégorie.
Chablis premier cru Montmains 2015, 18,20 €
la bouteille. La Chablisienne, 8, boulevard Pasteur,
89800 Chablis. Tél. : 03 86 42 89 89.
www.chablisienne.com
OÙ BOIRE UN CÔTE DE GASCOGNE À AUCH ?
01. Bar L’Angelus
Au pied de la cathédrale, on peut y déguster
des produits locaux avec un vin de la région.
Le choix est assez large. On se laisse facilement
tenter par le vin blanc du domaine de Pellehaut,
cuvée Family Reserve, aromatique et complexe.
4, place de la République. Tél. : 05 62 59 68 98.
02. Lou Troket
Paco Debat cultive l’esprit gascon dans l’ancienne
Cave d’Artagnan. On déjeune, on dîne ou on
accompagne d’une assiette de charcuterie un vin
du domaine de Magnaut, étonnant par sa cuvée
à base du cépage colombard, croquant et riche
sur le plan aromatique. 2, rue de la République.
Tél. : 05 62 06 33 40.
03. Le bistrot des Halles
Une déco étonnante à partir de matériaux de
récupération crée une atmosphère chaleureuse.
À l’apéritif, la cuvée Terres Blanches du
domaine Chiroulet, parfaite par sa vivacité,
s’accompagne d’un large choix de tapas. 5, place
Betclar. Tél. : 05 62 65 02 13. Sylvain Ouchikh
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STYLE AUTO
MAGIE DU GRAND ÉCRAN
« Petite » Mercedes,
la nouvelle Classe A
impressionne désormais
autant qu’une Classe S.
Par Cédric Fréour
NOTRE PRÉFÉRÉE
Mercedes Classe A 250
Puissance : 225 ch.
De 0 à 100 km/h : 7,6 s (estimation).
Longueur : 4,42 m.
Rejets de CO2 : 129 g/km (estimation).
Consommation : 5,9 l/100 km (estimation).
Prix : env. 40 000 euros.
PRÉCIEUSE
Sans doute, comme de coutume,
les finitions d’entrée de gamme
porteront moins de chrome
et n’offriront pas de cuir en série.
Il n’empêche que le dessin
et l’ergonomie de la planche de bord,
la position de conduite ou encore
la préciosité du volant impressionnent.
AÉRIENNE
Quelques-uns lui reprochent un regard
un peu acéré et des feux arrière
sans fulgurance. En revanche, tout
le monde s’accorde sur sa silhouette.
Fuselée à souhait, elle fait montre
d’un aérodynamisme (CX de 0,23)
se rapprochant de l’aviation tout en
respectant la ligne de la précédente
génération qui, aujourd’hui encore,
assure une carrière de best-seller.
ACHEVÉE
Quel que soit le destin de cette nouvelle
Classe A – on peine à imaginer qu’il
tourne mal –, l’histoire mondiale
des berlines compactes s’en trouve déjà
bouleversée. Première automobile
de sa catégorie à oser une immense
dalle en guise de planche de bord,
elle fait entrer ses possesseurs dans
le monde du digital et des assistances
à la conduite autonome… Magistral.
Sous le capot, de jolis chevaux ;
156 extirpés d’un bloc essence d’origine
Renault et 225 signés d’un 4 cylindres
maison qui promet sensations mais
aussi consommations maîtrisées. Plus
techno et sportive (et « écologique »),
la version AMG laisse entendre
qu’elle intégrera un système hybride.
Que demander de plus ? De super boîtes
auto ? Elle les a !
64 – L E S E CHOS WE E K- E ND
DAIMLER AG
HISTORIQUE
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ET MOI…
02 MARS 2018
DEMAIN,
TOUS VÉGANES ?
Par Jessica Berthereau
Illustrations : Lan Truong
LE S E CHOS WE E K- E ND – 65
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ET MOI…
Posture bobo,
conviction
profonde,
ou idéologie ?
Attention à son
alimentation, à
l’environnement,
au bien-être
animal ?
Quels qu’en
soient les motifs,
le véganisme
a le vent
en poupe.
Dis-moi ce que
tu manges,
je te dirais
ce que tu es.
Son déclic date d’il y a plus d’un an mais Adam
s’en souvient comme si c’était hier. Un midi,
il dévorait un burger en compagnie d’un ami.
Le soir même, il prenait la décision d’arrêter
de manger de la chair animale. Entre-temps,
il s’était rendu à une conférence sur
le végétarisme, présentée sous forme de pièce
de théâtre. « J’ai été percuté, se rappelle
ce jeune trentenaire originaire de Montpellier.
Je ne pensais pas que l’élevage avait un tel impact
sur le réchauffement climatique. J’étais dans
une phase de quête de sens et cela m’a semblé être
un geste simple et concret avec lequel j’aurais
immédiatement un impact positif. » Les semaines
qui suivent, cet ancien analyste financier
actuellement en reconversion se renseigne sur
la question. « Dès que l’on commence à creuser,
on trouve plein d’arguments très pertinents
et aujourd’hui l’écologie serait presque devenue
secondaire pour moi. Quand je me suis aperçu
que je n’avais pas besoin de viande ni de poisson
pour être en bonne santé, je me suis demandé :
pourquoi tuer un animal pour me faire plaisir ? »
Sans réponse moralement satisfaisante
à cette question, le philosophe québécois Martin
Gibert n’a eu d’autre choix que de devenir
végane. « C’est un argument hyper-simple : si on
66 – LE S E CHOS WE E K- E ND
peut éviter de faire souffrir des êtres sensibles,
on devrait le faire, expose l’auteur de Voir
son steak comme un animal mort (Lux, 2015).
D’autant que pour une personne qui vit dans
un pays riche en 2018, il est relativement facile
d’éviter de consommer des produits animaux,
que ce soit pour la nourriture, les vêtements
ou les divertissements. » Être végane ne consiste
pas seulement à suivre un régime végétalien,
c’est-à-dire sans aucun produit d’origine
animale ; c’est une véritable « prise de position
morale et politique », assure le philosophe.
Les véganes s’opposent au « carnisme», concept
développé par la psychologue militante
américaine Melanie Joy pour qualifier
« l’idéologie invisible qui nous conditionne
à trouver normal, naturel et nécessaire
de consommer des produits animaux ». (1)
Une véritable révélation pour ceux qui se
convertissent au véganisme. Ils disent d’ailleurs
souvent « avoir ouvert les yeux ». « C’est comme
un voile qui se déchire », témoigne la créatrice
française Lolita Lempicka. Élevée dans
une famille prônant le végétarisme pour
des raisons de santé, elle s’éloigne un peu
de ce régime alimentaire à l’âge adulte,
sans trop y réfléchir, avant d’y revenir il y a six
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
DEMAIN, TOUS VÉGANES ?
ans. Elle décide alors de se documenter sur la
condition animale. « Ça m’a bouleversée, j’ai eu
un électrochoc et je suis très rapidement devenue
végétalienne puis végane, se souvient-elle. Je suis
passée par une période de tristesse infinie où
je m’en voulais de ne pas avoir compris plus tôt.
En fin de compte, devenir végane m’a libérée,
je me sens beaucoup plus en harmonie avec ce que
je pense. » Pour la créatrice de parfums et de
cosmétiques, être végane est une « philosophie
de vie » et c’est donc tout naturellement qu’elle
travaille à rendre véganes ses crèmes et
ses parfums. Elle prête aussi volontiers sa voix
aux campagnes d’associations de défense
des droits des animaux. «Si je peux utiliser
un peu ma notoriété pour faire bouger les choses
et faire changer les mentalités…» Ces dernières
évoluent bel et bien : adopté par de nombreuses
personnalités, comme le prouve la longue,
mouvante et cosmopolite List of vegans de
Wikipédia (Casey Affleck, Pamela Anderson…),
vulgarisé avec humour par des YouTubeurs
comme Gurren Vegan et Jihem Doe, le
véganisme n’est plus perçu comme une secte
mais comme un mode de vie tout à fait légitime.
2015, L’ANNÉE CHARNIÈRE :
LE MOT VÉGANISME ENTRE
DANS LE DICTIONNAIRE ET
LES ESPRITS SONT FRAPPÉS
PAR LES REPORTAGES
DANS LES ABATTOIRS.
Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture (FAO) qui estime que l’élevage
est responsable de 14,5% des émissions de gaz
à effet de serre ; là par le Centre international
de recherche sur le cancer (Circ), une agence
onusienne qui classe en 2015 la viande
transformée dans la catégorie des agents
« cancérogènes pour l’homme » et les viandes
rouges dans ceux « probablement
cancérogènes ». Certains, comme le chef
Jean-Christian Jury qui a tenu de 2007 à 2015
le fameux Mano Verde, première table
LES PROTÉINES ANIMALES POINTÉES DU DOIGT
S’il fallait identifier un moment décisif
en France, ce serait 2015, l’année où le mot
véganisme fait son entrée dans le dictionnaire
et où l’association L214 publie sa première
vidéo tournée dans un abattoir, celui d’Alès.
Les images, insoutenables, ont été vues
1,8 million de fois sur YouTube. « Il y a un avant
et un après Alès », note Brigitte Gothière,
cofondatrice et porte-parole de L214.
Une commission d’enquête parlementaire
est créée et les abattoirs sont contrôlés :
80% présentent des non-conformités,
dont 12% des défauts d’étourdissement.
Et « la question de la légitimité de continuer
à faire tuer des animaux pour les manger
s’installe dans le débat public », constate
la militante. De façon concomitante,
les protéines animales sont de plus en plus
montrées du doigt, ici par l’Organisation des
LA TENDANCE EN CHIFFRES
En l’absence de recensement officiel,
il est difficile d’évaluer la proportion
de végétariens et de véganes dans la population
française. Néanmoins les estimations
font généralement état d’une fourchette
de 3 à 5% pour les végétariens et de 1 à 2%
pour les véganes.
D’après les chiffres de FranceAgriMer,
la consommation annuelle moyenne de viande
par habitant est passée d’un pic de 93,6 kilos
équivalent carcasse (kgec) en 1998
à 84,3 kgec en 2017. Au début du xxe siècle,
on estime que les Français consommaient
40 kgec par an.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 67
Le marché de l’alimentation végétarienne
et végane devrait se développer fortement dans
les prochaines années. L’institut d’études
économiques Xerfi prévoit par exemple que
les ventes en grande distribution sur le segment
du traiteur végétal augmenteront de 25%
par an d’ici à 2020.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ET MOI…
QUI EST QUOI ?
végane de Berlin, n’ont pas attendu le rapport
du Circ pour devenir végétalien pour
des raisons de santé. « Mon deuxième problème
cardiaque m’a cloué au lit pendant six semaines,
raconte-t-il. La veille de ma sortie, le cardiologue
m’a dit que j’avais deux choix : continuer la vie
de dingue que j’avais menée trop longtemps,
manque de sommeil, négligence alimentaire,
taux de stress élevé, un mélange explosif
qui m’amènerait probablement vers une sortie
définitive… ou commencer à m’occuper
de ma santé, changer ma manière de me nourrir
et cuisiner à base de plantes. »
Quand Jean-Christian Jury commence sa
«deuxième vie» en 2004, la cuisine végétalienne
est encore balbutiante. Aujourd’hui, le « veggie »
est en plein boom: livres de cuisine, salons,
start-up de la foodtech, restaurants, cafés,
magasins spécialisés… «Quel progrès phénoménal»,
salue-t-il. « Il ne se passe pas un mois sans une
ou deux ouvertures de commerces véganes à Paris.
Ça explose ! » renchérit Amandine Sanvisens,
autre précurseur puisqu’elle a ouvert en 2011
LE FLEXITARIEN
limite sa consommation de viande
et de poisson.
LE VÉGÉTARIEN
ne consomme pas de chair animale mais
peut manger des produits issus des animaux,
comme les œufs et les produits laitiers.
LE VÉGÉTALIEN
ne consomme ni chair animale, ni produits
d’origine animale (œufs, lait, fromage, miel, etc.).
Les végétaliens doivent se supplémenter
en vitamine B12.
LE VÉGANE
suit un régime végétalien et adopte un mode
de vie qui exclut toute forme d’exploitation
des animaux : il ne porte pas de matières
animales (fourrure, cuir, laine, soie…), n’utilise
pas de produits testés sur les animaux
et condamne les divertissements exploitant
les animaux (cirque, corrida, zoo…).
68 – LE S E CHOS WE E K- E ND
Vegan Folie’s, la première pâtisserie végane de
France dans la rue Mouffetard à Paris, au cœur
du ve arrondissement. Le 12 janvier dernier,
c’est Naturalia qui ouvrait son quatrième magasin
100% végane, rue Richer, dans la « Veggietown »
parisienne. L’enseigne bio a voulu bâtir un « vrai
concept de destination en revisitant le véganisme
pour faire un magasin du quotidien, chaleureux,
avec du plaisir et de la gourmandise, sans
forcément aborder la vision santé ou militante »,
explique Sidonie Tagliante, responsable
marketing chez Naturalia. Avec comme cible
les véganes, qui peuvent y faire leurs courses
sans s’user les yeux à lire toutes les étiquettes,
et « tous ceux qui sont végétariens ou qui réduisent
leur consommation de viande et s’intéressent
aux produits végétaux », poursuit-elle.
DES SALONS QUI ATTIRENT DE PLUS EN PLUS
De fait, ces derniers représentent la majorité
des clients, tout comme la plupart des curieux
qui se rendent aux différents Salons
VeggieWorld consacrés à ce mode de vie.
« Entre 60% et 70% de nos visiteurs sont
des omnivores ou des flexitariens qui viennent
pour découvrir des alternatives alimentaires
mais aussi vestimentaires », indique ainsi
Swantje Tomalak, directrice de VeggieWorld
France. La première édition française du Salon
qui s’était tenue à Paris en avril 2016, avait attiré
5 000 personnes. Cette année, 30 000 visiteurs
sont attendus sur l’ensemble des quatre Salons
prévus, dont les prochains seront à Paris
(7 et 8 avril) et à Bordeaux (26 et 27 mai).
Car, si les végétariens et les véganes demeurant
encore largement minoritaires (voir encadré
p. 67), une grande partie de l’offre veggie
– notamment celle développée par la grande
distribution et les marques industrielles – est
essentiellement destinée à ces Français qui ont
décidé de réduire leur consommation de viande.
Ils seraient aujourd’hui entre 25 et 30% de
la population, selon les estimations de l’institut
d’études économiques Xerfi dans une étude
de 2017. Il y a eu un véritable « déverrouillage
sur le fait d’affirmer haut et fort qu’il faut baisser
notre consommation de produits animaux
pour des raisons éthiques, environnementales
ou de santé publique », observe Brigitte Gothière,
qui en veut pour preuve la récente campagne
de Greenpeace France (« Deux fois trop
de viande à la cantine ») ou le rapport de la
fondation Terra Nova recommandant de diviser
par deux notre consommation de chair animale
et d’augmenter celle de protéines végétales.
Ceux qui veulent dépasser l’équation
« viandards ou véganes » avec une approche
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
DEMAIN, TOUS VÉGANES ?
« moins, mais mieux », comme l’écrit le formateur
en cuisine alternative Gilles Daveau (2),
ignorent souvent être des flexitariens faute
de connaître ce mot-valise entré lui aussi
dans le dictionnaire l’année dernière.
Valérie en fait partie. « Aujourd’hui, j’ai une
alimentation prioritairement végétarienne mais
pas exclusivement, et quand j’achète ou
que je consomme des produits d’origine animale,
j’essaye de faire très attention à la qualité »,
explique-t-elle. Cette médecin quinquagénaire,
a été marquée par la lecture l’été dernier
du livre de Frédéric Lenoir, Lettre aux animaux
(Fayard, 2017), mais deux motifs la retiennent
de devenir végane : sa volonté de « n’enquiquiner
personne » dans un contexte social, qu’il soit
professionnel ou personnel, et… son goût
pour les œufs et les produits laitiers dont
elle ne peut « pas se passer! » « On a beau dire,
les faux fromages faits à partir de noix de cajou,
ça ne fait pas du tout le même effet que du vrai
fromage », renchérit l’une de ses amies,
Gaëlle, végétarienne de longue date,
qui lui a conseillé l’ouvrage de Frédéric Lenoir.
Cette Parisienne de 40 ans, chef d’entreprise,
dit qu’elle n’a pas encore « trouvé la force »
de franchir le pas vers le véganisme.
« C’EST UN PEU LE PIÈGE
DE CES RÉGIMES : À FORCE DE
SE SURVEILLER, ON OUBLIE
LE BONHEUR DE MANGER. »
D’autres ont carrément fait marche arrière,
comme la cheffe Angèle Ferreux-Maeght,
à la tête de deux « Guinguettes » parisiennes
(dont La Guinguette d’Angèle) qui mettent
la cuisine végétale à l’honneur. « J’ai été végane
pendant un petit moment, puis j’ai arrêté.
Je me suis rendue compte que ça n’était pas
adapté à mon mode de vie et à mes envies.
Pour moi, l’alimentation doit rester un plaisir.
C’est un peu le piège de tous ces régimes
alimentaires : on se surveille tellement
qu’on en oublie la joie de vivre et le bonheur
de manger. » La restauratrice se définit
aujourd’hui comme végétarienne, même
s’il lui arrive exceptionnellement de manger
de la viande « quand les animaux ont grandi
LE S E CHOS WE E K- E ND – 69
de façon respectueuse et que c’est à l’occasion d’un
moment agréable à partager tous ensemble ».
Les véganes peuvent-ils eux aussi faire des
exceptions ? Oui, admet le philosophe Martin
Gibert dans l’éditorial du numéro d’automne
de la revue Véganes dont il est le rédacteur
en chef, reconnaissant qu’il y a débat autour
de la justification morale d’une tricherie
occasionnelle. Un débat qui a au moins deux
mérites : nous rappeler « combien la réalité
est moralement complexe » et aider à
la promotion du véganisme. « J’ai l’impression
que présenter les règles véganes en tolérant un
certain laxisme moral les rend plus attrayantes.
Incidemment, cela permet aussi de rompre
avec le cliché du végane extrémiste, intransigeant
et obsédé par la pureté », estime-t-il.
Mais qu’on ne s’y trompe pas, même si
les méthodes ont changé, que le ressort
de la culpabilité est de moins en moins utilisé,
le véganisme prône un véritable changement
de société. C’est un « mouvement de justice
sociale visant à terme la libération des animaux
du joug humain », comme le rappellent Valéry
Giroux et Renan Larue dans le « Que sais-je ? »
sur le véganisme (PUF, 2017). Les antispécistes,
c’est-à-dire qui sont opposés à la hiérarchisation
des espèces, plaident même pour l’octroi
de droits positifs aux animaux.
Alors, serons-nous tous véganes un jour ?
Pour l’instant, même les militants concèdent
que la société n’est pas prête. « Elle pourrait
l’être ! Toutes les cartes sont sur la table »,
assure Brigitte Gothière. Il n’est cependant
pas garanti qu’une alimentation 100% végétale
soit plus soutenable à l’échelle planétaire,
certains chercheurs avançant qu’une
production animale moins gourmande
en pâturage n’exercerait pas de pression
sur les surfaces arables. La promotion
d’une révolution alimentaire de type végétalien
« nous semble trop éloignée des préférences
collectives et du pluralisme alimentaire actuel
pour être placée au cœur de nos politiques
publiques », confirme la fondation
Terra Nova. Qui plaide plutôt pour
un « nouvel équilibre entre nos traditions
alimentaires, nos exigences sanitaires
et éthiques, nos impératifs environnementaux
et nos intérêts économiques ». Une végane
attitude raisonnée en quelque sorte.
(1) « Introduction au carnisme », Melanie Joy.
L’Âge d’Homme, 2016.
(2) « Manger moins (et mieux) de viande »,
Gilles Daveau. Actes Sud/Kaizen, 2017.
Plus d’infos sur www.lesechos.fr/we
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ET MOI…
DÉLICES D'INITIÉS
Six idées pour rêver, faire fructifier son argent. Ou dépenser futé.
Par Jean-Denis Errard
02
IMMOBILIER EXPRESS
MISE DE DÉPART :
HIIII
PROFIL DE RISQUE :
Besoin de vendre rapidement votre bien
immobilier ? Allez tester Homeloop.com.
La start-up française, née en 2016 et qui s’est
inspirée de l’américain OpenDoor, propose
une première estimation en ligne fondée sur des
algorithmes de « pricing » croisant une foule de
données diverses (big et open data) : transactions,
commerces, écoles, transports, qualité de l’air…
À vous, si vous donnez suite, de prendre
rendez-vous pour affiner avec leurs experts lors
d’une visite. Homeloop, c’est là sa différence,
envoie une proposition d’offre d’achat ferme sous
48 heures à prix minimum garanti (environ 8%
sous le « scénario idéal », prenant en compte
les classiques marges de négociations et certains
frais, explique l’entreprise). Et elle s’engage
à le racheter elle-même s’il n’est pas vendu
sous 90 jours. Elle cible les 3 ou 4 pièces entre
150 000 et 600 000 euros. Après Paris et l’Île-deFrance, Homeloop devrait s’étendre à de grandes
villes françaises cette année. Claude Vincent
01
03
CAFFI ROMAIN
LA VIE DE CHÂTEAU
MISE DE DÉPART :
HHHHH
PROFIL DE RISQUE :
MM
Le 16 mars prochain, la toute nouvelle maison
de ventes fondée par Elsa Marie-Saint Germain
organise sa première vente aux enchères.
On peut y repérer deux toiles exceptionnelles
peintes à l’huile sur toile par le Vénitien
Ippolito Caffi (1809-1866). Ces deux « vedute »
(des perspectives urbaines) de grandes
dimensions, représentent des vues de Rome
avec La Bénédiction du Pape Pie IX (estimation
80 000 euros) et Le Forum (estimation
50 000 euros). La plupart des œuvres de Caffi
se trouvent conservées au musée Correr,
MISE DE DÉPART :
HHHHH
PROFIL DE RISQUE :
MM
à Venise, mais il n’est pas si rare que ça
d’en voir aux enchères. En mai 2016,
Sotheby’s Paris en a présenté huit à la suite,
dont un étonnant La Place Saint Pierre de Rome
au clair de lune de taille modeste (37 x 47 cm)
adjugé 80 000 euros et, dans un tout autre
registre, un Bédouin sur un chameau,
en pleine course, pour 15 000 euros.
En juin dernier, chez Sotheby’s New York,
Rome, a View of the Forum in Afternoon
Light (56 x 163 cm) a emballé la salle,
à 267 000 euros. À suivre !
70 – LE S E CHOS WE E K- E ND
L’origine de cette propriété dans le Périgord, près
de Carsac, remonte au iie siècle. La « Gazaille »
était alors une villa gallo-romaine appartenant
à la famille Tibère-Pompée, « juges du trésor
des Gaules » (percepteurs). Une famille noble
y érigea en 1440 son château, flanqué d’une tour
circulaire. Celui-ci a subi de gros travaux
d’aménagement en 1640. De larges ouvertures
ont été aménagées sur la façade ainsi qu’une
grande terrasse bordée d’une magnifique
balustrade donnant sur la vallée de la Dordogne.
MARIE-SAINT-GERMAIN/DROUOT
Le Forum, huile
d’Ippolito Caffi
(vers 1835-60),
est estimé entre
50 000 et 80 000 euros.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MON ARGENT
MISE DE DÉPART :
Presque rien
Très faible
Significative
Importante
Très élevée
PROFIL DE RISQUE :
Nul
Très faible
Faible
Le Départ
de Télémaque,
de Charles
Meynier
(1799-1800).
Cette toile,
qui avait
disparu
pendant
deux siècles,
est estimée
entre
150 000 et
200 000 euros.
Significatif
Important
Très élevé
Une grande rénovation intérieure a été réalisée
en 1995 dans l’esprit du xviie siècle, notamment
avec l’aménagement d’un jardin à la française
en contrebas de la terrasse. Le château
comprend sept chambres somptueuses avec
chacune une salle de bains et l’orangerie
en compte cinq. Barnes propose ce superbe
bien classé à l’inventaire supplémentaire des
monuments historiques à 3,2 millions d’euros.
04
AGIPI INNOVE
DR
MISE DE DÉPART :
HIIII
PROFIL DE RISQUE :
MMM
Créée en 1976, Agipi (Association générale
interprofessionnelle de prévoyance et
d’investissement), liée à l’assureur Axa, compte
aujourd’hui 525 000 adhérents à ses produits
de retraite, d’épargne, de prévoyance et de santé.
Son assurance-vie CLER est sans doute l’une des
plus connues ; le fonds en euros – 13,2 milliards
d’épargne – a rapporté 2,1% l’an dernier (avec une
solide réserve de 1,84%), mieux que beaucoup
d’autres. Contrairement à nombre d’assureurs
qui lancent une nouvelle assurance-vie avec
un rendement alléchant (passant sous silence
les anciennes, aux piètres performances), Agipi
rémunère autant les anciens que les nouveaux
épargnants. Les autres fonds de type diversifiés
ont rapporté environ 4%. Agipi propose
désormais d’investir dans des entreprises
régionales non cotées avec Agipi Régions
et a lancé une « gestion pilotée ESG », respectant
des critères environnementaux, sociaux
et de gouvernance. « Deux innovations qui ont
rencontré un vif succès auprès de nos adhérents »,
confie François Pierson, président d’Agipi.
05
MEYNIER, PIÈCE UNIQUE
MISE DE DÉPART :
HHHHI
PROFIL DE RISQUE :
MM
Charles Meynier (1768-1832), peintre
néoclassique très en vue sous l’Empire (il reçut
de nombreuses commandes de tableaux
militaires à la gloire de l’Empereur et réalisa
trois plafonds pour le musée du Louvre),
s’est fait très rare en salle des ventes.
Aussi remarquera-t-on cette œuvre élégante
et crépusculaire, intitulée Le Départ
de Télémaque, une grande toile (149 x 200 cm)
qui avait été dévoilée au Salon de Paris
en 1800, avant de disparaître, restant
dans la descendance de son acquéreur.
C’est la maison Ivoire Nantes qui mettra l’œuvre
aux enchères le 27 mars avec une estimation
haute de 150 000-200 000 euros, « qui devrait
réserver quelques surprises », selon Bertrand
Couton qui tiendra le marteau. On notera
qu’un dessin, Andromaque pleurant Astyanax
(41 x 52 cm) estimé dans les 4 000-5 000 euros,
s’est vu adjugé chez Christie’s New York fin
septembre pour 12 800 euros. La dernière huile
de belle taille (58 x 74 cm) vendue remonte
à juin 2015, chez Sotheby’s Londres, une scène
de mythologie (sans doute Ceyx et Alcyone)
estimée 13 000-20 000 euros et cédée à 26 000.
LE S E CHOS WE E K- E ND – 71
06
PIERRE QUI ROULE
MISE DE DÉPART :
HIIII
PROFIL DE RISQUE :
MM
« 2017 ? Une année réussie pour Épargne Pierre »,
assure Jean-Christophe Antoine, directeur
général de la société de gestion Voisin, dans
le dernier bulletin trimestriel de cette société
civile de placement immobilier (SCPI). C’est
en effet sans doute l’un des meilleurs placements
aujourd’hui pour qui recherche une source
de revenus réguliers puisqu’après 6,03%
de rendement en 2016, cette société a servi 5,97%
à ses épargnants. Une belle performance mais
qui ne surprend pas de la part de ce gérant
réputé dans le milieu professionnel. Épargne
Pierre investit dans les bureaux (58% de l’actif
à fin 2017), les commerces (26%) et la logistique
(16%) sur l’ensemble du territoire français.
Cette diversification et l’importance acquise
par ce fonds (plus de 200 millions d’euros, 26
acquisitions en 2017) permettent de mutualiser
les risques locatifs pour le porteur de parts.
En outre, le patrimoine d’Epargne Pierre, fondé
en 2013, a gagné 3,30% en plus-value l’an dernier.
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ET MOI… BIEN-ÊTRE
COMBIEN FAUT-IL D’ARGENT POUR ÊTRE HEUREUX ?
Par Claude Vincent – Illustrations : Marie Doazan
S
QUAND LE REFLUX REFLUE
Une personne sur trois souffre de reflux gastriques,
ces remontées acides de l’estomac vers
l’œsophage, responsables de « brûlures » d’estomac
mais aussi de toux, d’asthme, de voix cassée…
D’où l’intérêt du petit ouvrage que propose Martine
Cotinat, Petits Plats savoureux contre le reflux,
(Éditions Thierry Souccar, 12,50 €). Cette
gastroentérologue formée à la micronutrition voit
dans le reflux une chance : celle de changer
d’alimentation – progressivement et sans violence –
non seulement pour soulager les douleurs
gastriques, mais également pour résoudre
au passage d’autres problèmes, comme
les douleurs articulaires et intestinales, les kilos
superflus, les troubles du transit… Un livre simple
– 50 questions, 50 recettes de cuisine –
qui a le mérite, en l’abordant par la face bien-être
plutôt que médicale, de dédramatiser
une pathologie qui peut être handicapante.
i l’argent ne fait pas le bonheur,
il y contribue quand même un peu. Mais
combien faut-il gagner pour être heureux ?
En 1964, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura
et Bernard Blier s’écharpaient dans le désert
pour se piquer 100 000 dollars au soleil.
C’est à peu près la somme à laquelle sont arrivés
des chercheurs de l’université de Purdue
(Nature Human Behaviour, février 2018).
Pour eux, un Américain atteindrait la plénitude
du bonheur et le sentiment d’avoir réussi sa vie
à 95 000 dollars de revenus annuels. Et il
estimerait accéder au bien-être plus quotidien
de la joie, de l’excitation et du plaisir de la vie
entre 60 000 et 75 000 dollars. Il s’agit bien
là d’optimum. Car au-delà de ces sommes,
paradoxalement, les ressentis de bonheur et
de bien-être diminuent ! Trop d’argent nuit.
Deux explications à cela, selon les auteurs.
D’abord, l’accumulation de biens matériels que
permet l’augmentation du pouvoir d’achat est,
après une phase d’euphorie, finalement
peu épanouissante. Cela confirme les travaux
plus anciens de chercheurs de l’université
de San Francisco (PNAS, septembre 2010).
Ensuite, la comparaison avec autrui peut
se révéler frustrante quand elle est défavorable.
Car l’argent ne rendrait heureux qu’à condition
d’être plus riche que son voisin. C’est également
ce que concluait une autre étude qui s’appuyait,
elle, sur le fait que le sentiment de bonheur
dans les pays développés n’était pas plus élevé
aujourd’hui qu’hier, malgré quarante ans
de croissance économique, (université
de Warwick, mars 2010). L’étude de Purdue,
conduite sur 1,7 million d’individus de 164 pays,
rappelle bien sûr une évidence : les seuils ne sont
pas les mêmes selon le niveau de développement
des pays. Mais les mêmes déterminants semblent
largement partagés à travers le monde.
CECI N'EST PAS UN ESCARGOT
Appeler un chat un chat n’est pas toujours la bonne
solution. Ainsi, pour un Anglais, « escargot » écrit
en français sur un menu passera mieux que « snail » !
Car le mot crée parfois plus d’aversion que la chose
elle-même. « La langue maternelle a davantage
de charge émotionnelle qu’une langue étrangère »,
explique Janet Geipel, psychologue à l’université
de Chicago (Nature Sustainability, février 2018).
Les chercheurs ont notamment testé la réaction
d’Européens « anglais deuxième langue » placés face
à des intitulés d’aliments repoussants. Près de 40%
et 55% ont exclu l’idée d’avaler respectivement
des mets à base de viande artificielle ou des cookies
concoctés à partir de vers de farine décrits dans leur
langue maternelle. Mais ils n’étaient plus que 25,8%
et 35,5% à les refuser une fois écrits en anglais.
72 – L E S E CHOS WE E K- E ND
CHERCHE VISAGE PÂLE
On a peut-être trouvé l’origine de l’expression
« prendre quelqu’un en grippe ». Nous pouvons
en effet lire sur son visage si notre interlocuteur
est contagieux, deux heures à peine après qu’il
a été infecté ! C’est le résultat d’une étonnante
expérience (Proceedings of the Royal Society B,
janvier 2018). Les chercheurs ont d’abord inoculé
à 16 sujets sains des germes infectieux – mais
désactivés, donc inoffensifs – provoquant
des symptômes similaires à ceux de la grippe.
Ils ont alors construit une image composite
dite « malade » à partir des photographies
des 16 visages. Quelque temps après, les mêmes
sujets ont reçu cette fois un placebo, fournissant
une autre image dite « saine ». Face aux deux
photos, 81% des observateurs ont su distinguer
les « grippés » des autres. Critères distinctifs
mentionnés : la pâleur de la peau, le visage
bouffi, les plis des yeux et les commissures
des lèvres qui tombent, les yeux plus rouges…
Une piste pour l’e-médecine et les applis
de détection automatique.
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CLAP DE FIN
Comme beaucoup d’entre vous il a longtemps lu
Les Échos. Cet homme discret, serein, équilibré
n’a jamais imaginé être le sujet d’un article.
Il se contentait de lire le journal, comme le ferait
n’importe quel cadre dirigeant d’un grand groupe,
Lafarge en l’occurrence. Puis, le voilà expatrié
en Chine où il vit ce statut dans la joie, avec
sa famille, sa femme, ses deux fils et sa fille.
Vient le temps des vacances, sa femme et deux de
ses enfants partent en Malaisie, il en profite pour
faire un rapide aller-retour à Paris. De retour
à Pékin, le consul général de France l’attend
dans l’aéroport, visiblement consterné. L’avion
qui transportait sa famille de Kuala Lumpur
vers la capitale chinoise a disparu. En quelques
secondes Ghyslain Wattrelos comprend que le
meilleur de son existence est derrière lui, et que
la vie qui le réjouissait tant jusqu’ici ne sera plus
que lutte contre l’effondrement. Heureusement
il lui reste un fils qui va l’obliger à cette dignité,
à cette combativité qui le caractérisent si bien.
Aujourd’hui il en fait le récit dans un livre
saisissant qu’il nomme Une vie détournée.
J’ai connu Ghyslain lors de l’enquête que j’ai
menée pour Paris Match sur cet évanouissement
sans précédent dans l’histoire de l’aviation.
Comment un avion, l’un des plus sûrs, a-t-il pu
échapper à la surveillance du monde du
renseignement particulièrement fébrile dans
cette zone de l’océan Indien. Certaines hypothèses
que j’avais émises à l’époque m’ont valu
des menaces de mort des services secrets anglais
qui comme leurs homologues américains
et australiens semblent garants de l’omerta
qui s’est abattue sur cette sombre histoire
dont je parie qu’elle deviendra une des histoires
d’espionnage majeures de ces cinquante
dernières années. Ghyslain y est confronté, seul,
face à des puissants mutiques qui oscillent
entre extrême commisération et mépris pour
cet homme droit, d’une nature particulièrement
QUAND UNE DESTINÉE
FATALE VOUS CONFRONTE
À L’ESSENTIEL, COMMENT
SE DÉFENDRE CONTRE LA
FUTILITÉ ET LE DÉRISOIRE ?
LE TRAIT
74 – L E S E CHOS WE E K- E ND
peu complotiste, qui ne recherche rien d’autre
qu’une vérité susceptible de l’accompagner
dans son deuil. Son livre me fait penser au Procès
de Kafka, on y retrouve des personnages imbus
de leur vide profond issus des hautes sphères
du pouvoir, des fonctionnaires péremptoires
qui lui reprochent d’avoir continué à déduire
de ses impôts les parts de sa femme et de ses deux
enfants alors qu’aucun certificat de décès ne lui
avait été remis, des personnages fuyant autant la
vérité de cette affaire que la vérité de leur propre
insignifiance, et tous ces gens de petite humanité
qui tournent autour du drame authentique
d’un homme et de son fils comme des vautours
affamés autour d’une carcasse providentielle.
Le récit que Ghyslain Wattrelos nous délivre
est la relation intime de la solitude d’un homme
dans un contexte où témérité et courage sont
des exceptions étouffées par le ronronnement de
la société du spectacle et de ses rebondissements
programmés. Quand par une destinée fatale
on se retrouve confronté à l’essentiel, comment
se défendre contre la futilité et le dérisoire?
En s’acharnant sans relâche à mettre en lumière
l’immense masse d’ombre qui recouvre l’océan
Indien et ses arrangements de barbouzes.
Lire ce livre est une nécessité.
ILLUSTRATION PORTRAIT : FABIEN CLAIREFOND
MARC DUGAIN
LA SOLITUDE DE GHYSLAIN WATTRELOS
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EVE RUGGIERI RACONTE…
EVE RUGGIERI
© Cormac Hanley
TOUS LES JOURS, DE 9H30 À 10H00
Vous êtes bien avec Radio Classique
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