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Les Echos - 23 02 2018

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ASSURANCES
DE PERSONNES
www.henner.com
Santé Prévoyance Retraite Services médicaux
// DOSSIER PATRIMOINE PP. 31 À 33
L’ESSENTIEL
LA RÉFORME DU SOUTIEN
PUBLIC À L’EXPORT LANCÉE
Edouard Philippe doit annoncer
vendredi à Lille la création d’un
guichet unique pour aider les
PME à se lancer à l’étranger. // P. 4
UN SOMMET EUROPÉEN
POUR PRÉPARER L’AVENIR
Deux sujets très politiques sont sur
la table des Vingt-Sept : la méthode
de nomination du prochain président de la Commission et le futur
budget pluriannuel de l’UE. // P. 5
ENTREPRISES
& MARCHÉS
BOUYGUES TELECOM
RETROUVE DES COULEURS
En 2017, l’opérateur télécoms a
gagné des clients dans le fixe et le
mobile. Il a amélioré sa croissance
et ses bénéfices. La consolidation
ne serait plus d’actualité. // P. 18
ET « CRIBLE » P. 34
MIAMI, NOUVEL ELDORADO
DE LA FRENCH TECH
Plus proche de la France, la côte
sud-est américaine attire un nombre croissant de start-up tricolores.
400 entreprises hexagonales se
sont implantées en Floride. // P. 20
PARIS VEUT CHOYER LES
LEVÉES EN CRYPTOMONNAIE
La place de Paris a décidé d’encadrer en souplesse les ICO. Elle prévoit un régime d’autorisation
optionnelle. // P. 24
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 23, SAMEDI 24 FÉVRIER 2018 // LESECHOS.FR
Macron
durcit le ton
sur les
réformes
sa fermeté face aux partenaires sociaux.
l Il veut profiter de la reprise pour accélérer.
R
éformer la SNCF et le faire par
ordonnances. C’est une voie que
n’exclut pas le gouvernement, a
confirmé le secrétaire d’Etat aux Relations
avec le Parlement, Christophe Castaner,
jeudi. Car l’exécutif veut « aller vite » et être
« efficace ». Proposer un texte « en forme de
big bang » pour transformer la formation
professionnelle, quand celui négocié par les
partenaires sociaux est jugé trop faible, c’est
aussi ce qu’a annoncé la ministre du Travail,
Muriel Pénicaud, qui dévoilera ses cartes
mardi prochain. Quant au ministre de
l’Intérieur, Gérard Collomb, il a martelé, en
évacuant la ZAD de Bure, qu’il n’y aura plus
de lieux de « non-droit ». En affichant fermeté et détermination, l’exécutif veut tenter
de profiter de l’embellie économique, de la
difficulté des syndicats à mobiliser jusqu’ici,
de la faiblesse des oppositions et d’une
année 2018 sans élection pour maintenir un
rythme élevé de réformes ambitieuses malgré les doutes et les mécontentements.
Airbnb se lance à l’assaut de
l’hébergement haut de gamme
TOURISME Dans une inter-
view exclusive, son PDG
dévoile sa nouvelle offre et
répond à ses détracteurs.
// P. 27 ET « CRIBLE » P. 34
Shutterstock
CARNET // P. 30
Nissan
Pour rejoindre l’onglet Airbnb Plus, les hôtes doivent passer une inspection évaluant leurs habitations à l’aune d’une centaine de critères.
De nouvelles taxes à
l’étude pour financer
la construction
du métro
du Grand Paris
TRANSPORTS Le métro du Grand
« L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22642
109eANNÉE
34 PAGES
Antilles-Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 5,80 €. Espagne 4 €. Grande-Bretagne 6. Grèce 3,70 €. Italie 4 €
Luxembourg 6,10 €. Maroc 28 DH. Suisse
1 0,4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
l BUSINESS STORY TENCENT, LE MANDARIN DE L’INTERNET
l CULTURE LA FEMME AFRICAINE, AVENIR DE LA PHOTO
l STYLE LE PROJET SLIMANE
l ... ET MOI LE POURBOIRE, UN VRAI CASSE-TÊTE
// PAGE 3
En 2017, l’assureur français a
dépassé pour la première fois les
6 milliards d’euros de résultat
net. Les choix stratégiques initiés
par le nouveau directeur général,
Thomas Buberl, portent leurs
premiers fruits.
SUR
VOTRE MAGAZINE TOUS LES VENDREDIS
l SNCF, formation, retraite... l’exécutif affiche
PROFIT AU ZÉNITH POUR AXA
Auto Renault
et Nissan vont créer
une plate-forme
dans les utilitaires // P. 13
Les Echos
WEEK-END
Paris se fera. Le Premier ministre
Edouard Philippe, en a pris l’engagement jeudi matin. Les lignes nécessaires à la bonne tenue des JO 2024 sont
priorisées. Les autres seront décalées,
même si la réalisation globale du projet
est maintenue à 2030. Ainsi, la ligne 18,
la liaison Orly-plateau de Saclay sera
livrée au plus tard en 2027. Sa jointure
avec Versailles sera réalisée en 2030.
Le Premier ministre demande une
baisse de la facture de 10 % pour un projet global de 35 à 38 milliards d’euros,
soit 10 milliards d’euros de plus que
prévu initialement. Par ailleurs,
Edouard Philippe a décidé de changer la
direction de la Société du Grand Paris,
l’établissement public chargé de réaliser
le projet. Il a en outre demandé à Gilles
Carrez de trouver des recettes supplémentaires via de nouvelles taxes, qui
pourraient porter sur le tourisme et les
bureaux, pour réduire les coûts de
financement. // PAGE 21
Dix ans après sa création, Airbnb ne veut plus
seulement être la plate-forme vers laquelle se
tournent les voyageurs pour trouver un hébergement bon marché. A l’occasion d’une conférence organisée jeudi à San Francisco, l’entreprise, qui doit toujours composer avec les
municipalités sensibles à la santé du secteur
hôtelier, a annoncé un virage vers une offre haut
de gamme pour tenter de séduire une clientèle
plus exigeante. Dans une interview exclusive
aux « Echos », son PDG, Brian Chesky, dit sa
conviction qu’Airbnb peut « atteindre tout le
monde. » L’offre « Airbnb Plus » référence déjà
2.500 résidences haut de gamme, et l’objectif est
d’atteindre le million « dans quelques années ».
Le patron de l’entreprise, qui dispose de 5 milliards de dollars de trésorerie, ne voit pas la
nécessité d’une introduction en Bourse. En
revanche, il reconnaît avoir « une responsabilité
face aux villes ». // PAGE 12
Cette guerre
Est-Ouest
qui menace de
déchirer l’Europe
Geoffroy Van Der Hasselt/AFP
Impôts Contrôle
fiscal : comment le
fisc choisit ses cibles
La chronique
d’Eric Le Boucher
Sur quinze pays d’Europe de l’Est,
sept sont gouvernés par des populistes. Leur projet de « contre-révolution culturelle », beaucoup plus
identitaire qu’économique, vient
heurter de front les valeurs défendues par l’Europe de l’Ouest depuis
soixante ans, écrit Eric Le Boucher.
Hongrie, Pologne, République tchéque considèrent que la nation doit
être défendue car elle est le lieu d’une
identité menacée par les étrangers.
Leur vraie frontière est la barrière
« entre eux et nous ». Le problème
est que ces Etats risquent aujourd’hui de déstabiliser l’Union européenne. // PAGE 7
Le gouvernement invite le monde
agricole à faire sa révolution culturelle
A la veille de l’ouverture du Salon de l’Agriculture,
le chef de l’Etat a reçu 700 jeunes agriculteurs.
AGRICULTURE Dans un discours très incisif, deux jours avant le Salon de l’Agriculture,
Emmanuel Macron a demandé au monde agricole de se remettre en question. Pour le chef
de l’Etat, les aides européennes ne devront plus être vues comme un complément de revenu
à l’avenir, mais comme des outils de gestion de crise et des manières de se prémunir contre
la volatilité ou les aléas climatiques. Le monde agricole devra également trouver des alternatives aux pesticides et être à même de se projeter dans la mondialisation tout en répondant
à une demande de produits bio et locaux de plus en plus forte. // PAGES 14-15
ET L’ÉDITORIAL DE JEAN-FRANCIS PÉCRESSE PAGE 7
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
FRANCE
Macron, gouverner cash
Si les syndicats redonnent de la voix face
à la multiplication des réformes, l’exécutif a décidé
de les prendre de front.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
Q
uatre déclarations
et un enseignement :
Macron ne se
contente pas de multiplier les
chantiers de réformes, il les
conduit d’une main de fer. S’il
reçoit les jeunes agriculteurs
à l’Elysée, jeudi, ce n’est pas
pour les câliner mais pour les
réveiller. Le temps des
hommes politiques
« tapotant les vaches » est
révolu, dit-il, avec un air
de défi à la veille du Salon
de l’agriculture. « Qui peut
dans les yeux me dire que le
Mercosur est la cause de ses
problèmes ? », lance-t-il, alors
que les éleveurs justement
manifestent contre les
négociations.
Quelques heures auparavant,
le gouvernement envoie par
surprise 500 gendarmes à
l’aube évacuer les opposants
au projet d’enfouissement
des déchets nucléaires à
Bure. Christophe Castaner
confirme sur RMC que le
gouvernement envisage
sérieusement de procéder
par ordonnances pour
réformer la SNCF. Muriel
Pénicaud promet aux
syndicats le « big bang » sur
la formation professionnelle
qu’ils n’ont pas su négocier.
Un jeudi en forme
d’offensive. La présidentielle
s’éloigne, les sondages sont
moins favorables, les
syndicats retrouvent un peu
de voix, mais qu’importe,
l’exécutif entre dans la phase
dure des réformes, et c’est à la
dure qu’il les mènera.
Les syndicats malicieux ont
choisi de répliquer à la date
du 22 mars, cinquante ans
jour pour jour après le
lancement par Daniel CohnBendit du mouvement qui
allait conduire à Mai 68. Mais
Macron, lui non plus , ne veut
pas manquer les clins d’œil
de l’histoire.
Autant le général de Gaulle
avait pris tard la mesure
de la mobilisation des jeunes
de Nanterre, autant Macron
anticipe son 22 mars en
ouvrant le feu.
Il embarque la jeunesse
contre les plus âgés (c’était
l’objet de son discours à la
jeune génération des
agriculteurs). Il prend le
vocabulaire du combat,
invitant les mêmes jeunes
agriculteurs à mener la
« révolution culturelle » dont
a besoin leur secteur. Il lance
autant de pavés de réformes
qu’il faut pour désorienter
l’adversaire, casser la
barricade avant qu’elle ne
s’érige. Emmanuel Macron
avait envisagé de
commémorer Mai 68 avant
d’y renoncer. La meilleure
façon de célébrer une
révolution est encore de
mener la sienne, semble-t-il
dire. C’est une stratégie...
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Immigration clandestine : Collomb
veut faire « la guerre aux passeurs »
INTÉRIEUR Gérard Collomb a affirmé jeudi « déclarer la guerre
aux passeurs » qui organisent l’immigration clandestine, au lendemain de la présentation en Conseil des ministres de son projet de loi controversé sur l’asile et l’immigration. « Nous ne pouvons pas laisser prospérer ces trafics d’êtres humains qui sont ce
qu’il y a de plus sordide », a indiqué le ministre de l’Intérieur,
venu s’entretenir avec des fonctionnaires de l’Office central
pour la répression de l’immigration irrégulière et l’emploi
d’étrangers sans titre, à Lognes (Seine-et-Marne).
Voies sur berge à Paris : Pécresse
appelle Hidalgo à travailler ensemble
ENVIRONNEMENT La présidente du Conseil régional d’Ile-de-
France (LR), Valérie Pécresse, a appelé jeudi la maire (PS) de
Paris, Anne Hidalgo, à « saisir la main » qu’elle lui tend pour travailler ensemble sur « un scénario de piétonnisation douce » des
voies sur berge de la capitale. Au lendemain de l’annulation par
le tribunal administratif de Paris de la mesure phare de la maire
socialiste pour lutter contre la pollution de l’air, Valérie
Pécresse a jugé sur RTL que « c’est clairement la brutalité de [la]
méthode » d’Anne Hidalgo qui a été ainsi sanctionnée.
RETROUVEZ DANIEL FORTIN
RÉDACTEUR EN CHEF DE LA RÉDACTION DES ECHOS
DANS LE JOURNAL DE 8H D’EUROPE MATIN
PRÉSENTÉ PAR PATRICK COHEN
#E1Matin
Vers un bac professionnel
moins spécialisé pour 2022
l Un rapport sur la voie
professionnelle a été remis jeudi
au ministre de l’Education.
l Il préconise un regroupement
des filières et une orientation
plus progressive.
FORMATION
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
« Les enseignants de la voie professionnelle doivent sentir un vent de
renouveau » : c’est par ces mots que
le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a accueilli, ce jeudi, le
rapport sur la voie professionnelle,
coécrit par la députée LREM Céline
Calvez et le chef étoilé Régis Marcon.
Un document qui vise à revaloriser
une voie professionnelle qui rime
trop souvent avec relégation et
orientation par défaut pour ses
700.000 élèves. Jean-Michel Blanquer dit faire de ce chantier sa
« deuxième priorité » après l’école
primaire et compte sur « différents
déblocages » pour le faire avancer.
Familles de métiers
Le rapport propose neuf pistes au
ministre pour « changer le regard »
sur cette voie. Il insiste sur l’orientation, couplée à une spécialisation
progressive, grâce à « un projet professionnel beaucoup plus personnalisé ». Avec des étapes très cadrées :
en seconde, l’élève préciserait son
« choix de spécialité » au sein d’une
famille de métiers qu’il aurait arrêtée en troisième ; à l’issue de la
classe de première, il opterait pour
une formation scolaire ou pour
l’apprentissage ; en terminale, il
choisirait un module d’accompagnement (recherche d’emploi ou
poursuite d’études).
Le rapport reprend l’idée de
familles de métiers déjà proposée
dans le cadre de la réforme de
l’apprentissage, et censé permettre
aux lycéens de se réorienter et de
changer de formation. Le risque,
selon plusieurs syndicats d’enseignants, est celui d’une réduction du
nombre de filières professionnelles. Selon Céline Calvez, ces familles
de métiers pourraient être opérationnelles pour la rentrée 2019 en
classe de seconde, avec un bac professionnel rénové pour 2022.
Le rapport propose au
ministre neuf pistes
pour « changer le
regard » sur cette voie.
Il insiste également
sur l’orientation.
La formation des enseignants et
des tuteurs en entreprise est une
autre mesure phare du rapport. En
formation initiale, par exemple,
tous les enseignants de la voie professionnelle feraient un stage d’une
semaine en entreprise. Ils seraient
aussi incités à « des immersions en
entreprise à l’étranger ». Des ateliers
d’innovation pédagogique entre
enseignants et entreprises seraient
mis en place pour échanger sur les
besoins de recrutement des entreprises, les besoins d’information,
d’orientation et de stage des élèves.
« Modèles »
« Nous allons créer de l’envie », a
promis Jean-Michel Blanquer. Le
ministre compte s’appuyer sur
« des modèles », comme celui de
Régis Marcon. « Si on a des personnes inspirantes dans des domaines
inspirants qui proposent des formations, vous aurez cinq candidats
pour une place sur ces formations,
a-t-il prédi. Si vous ajoutez à cela des
créations de campus – les campus
des métiers et des qualifications,
NDLR – avec des passerelles entre les
formations existantes et que vous
vous engagez dans une voie professionnelle qui n’est pas un couloir
étanche mais un tremplin, si l’internationalisation l’accompagne, il y a
un moment où ça va se voir et faire
envie. »
a
Les neuf pistes du rapport
sur la filière professionnelle
et notre dossier
« Le nouveau bac,
mode d’emploi » à lire sur
lesechos.fr
Evolution en douceur pour le bac technologique
Les séries de la voie
technologique seront
maintenues. Le ministre
de l’Education, Jean-Michel
Blanquer, planche
sur des « ajustements ».
Entre le big bang du bac général
dévoilé la semaine dernière et le rapport présenté mercredi pour réformer le bac professionnel, le bac
technologique apparaît comme
l’angle mort de la réforme du lycée. Il
avait été question, un temps, de
fusionner les filières du bac général
et du bac technologique.
Pierre Mathiot, auteur du récent
rapport sur le bac, reconnaît,
d’ailleurs, « avoir eu cette intuition
pour tenter de lutter contre un système de dévalorisation du bac technologique ». Mais, finalement, un
constat s’est imposé : les filières
technologiques ont été réorganisées assez récemment, cela n’a pas
été évalué et les méthodes pédagogiques paraissent assez « bien adaptées » au profil des élèves. « Toutes
les personnes auditionnées me
disaient la même chose, arguments à
l’appui : je ne me suis pas senti légitime à faire des préconisations allant
dans le sens de tout faire sauter, confie Pierre Mathiot. Fusionner les
filières aurait été une erreur. » Le
ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a suivi cette recommandation.
Est-ce à dire que tout va bien pour
le bac technologique ? La réponse
est clairement « non », à en juger ce
qu’en disait un rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale paru l’an dernier. Il décrivait la
gestion, ou sciences médico-sociales (SMS) et sciences et vie de la
Terre (SVT). « C’est peu spectaculaire, c’est de nature à faire bouger les
lignes de façon lente et progressive,
mais c’est peut-être plus efficace, à
terme », commente Pierre Mathiot.
La fin de la stigmatisation qui
frappe souvent les séries technologiques dépendra du travail d’orientation et « de la manière dont on
saura donner le goût de cette filière
aux élèves, estime Marc Renner,
président de la Conférence des
directeurs des écoles françaises
d’ingénieurs (CDEFI). Il faut qu’ils y
aillent avec les yeux qui pétillent ! »
Le président de l’Assemblée des
directeurs d’IUT, Rodolphe Dalle,
L’avenir de la voie technologique dépendra entre autres des évolutions de l’enseignement supérieur et de l’accès aux IUT. Photo Sipa
voie technologique comme étant
« en déclin » et posait clairement
« la question de son avenir ».
certaine stabilité en maintenant
l’organisation en séries.
« Remusclé »
Le gouvernement annonce toutefois « des ajustements pour proposer
un socle de culture commune articulé avec les enseignements de spécialité et l’aide à l’orientation ». Ils pourraient permettre aux lycées –
général et technologique – de proposer des « binômes » ou des
« majeures » associant une discipline générale à une discipline technologique pour, par exemple,
marier informatique et économie-
Le bac technologique n’est pas pour
autant l’oublié des réformes. « Il va
être remusclé, en suivant la même
évolution que le bac général », indique Pierre Mathiot. Avec 60 %
d’épreuves terminales et 40 % de
contrôle continu. Avec, aussi, un
tronc commun comparable à celui
de la filière générale et des heures
dédiées à l’orientation. Quant à la
filière, le ministère fait le pari d’une
« Binômes » ou « majeures »
Le bac technologique
apparaît comme
l’angle mort de la
réforme du lycée.
insiste, lui aussi, sur l’orientation,
alors que les IUT ont « des difficultés à disposer d’un vivier suffisant
de bacheliers technologiques ».
L’avenir de la voie technologique
dépendra également des évolutions de l’enseignement supérieur
et de l’accès aux IUT. En passant de
120 à 180 ECTS – les crédits universitaires – sur trois ans au lieu de
deux, le nouveau DUT doit inciter
les bacheliers technologiques à
rejoindre les IUT, alors qu’ils ne
sont aujourd’hui que 30 % à suivre
ces formations. C’est un autre pari,
de long terme, lui aussi. — M.-C. C.
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
Le gouvernement affiche sa
détermination à réformer vite et fort
l SNCF, formation professionnelle, fonction publique, baccalauréat : l’exécutif multiplie les réformes explosives.
l Il veut profiter de l’embellie économique, de la faiblesse des syndicats et des oppositions pour avancer.
RÉFORMES
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Surtout ne pas ralentir. Ne pas donner l’impression que les mécontentements ou les désaccords pourraient freiner les ambitions de
l’exécutif à réformer. Pis, le faire
reculer devant l’obstacle. Jeudi, le
gouvernement a affiché sa détermination à aller de l’avant. Le secrétaire d’Etat aux Relations avec le
Parlement et délégué général d’En
marche, Christophe Castaner, a
reconnu ouvertement que le
recours aux ordonnances pour
réformer la SNCF – un chiffon
rouge – était « bien sûr une possibilité ». « Oui, il faut aller vite et il faut
être efficace, les ordonnances sont
une des façons d’y parvenir », a-t-il
martelé, alors que la CGT a déjà
appelé à un mouvement de grève
dans le transport ferroviaire le
22 mars. Comme dans la fonction
publique.
Au même moment, le ministre de
l’Intérieur, Gérard Collomb, faisait
montre de sa fermeté à l’occasion
de l’évacuation surprise de la ZAD
de Bure. « Nous ne voulons pas qu’il y
ait en France des lieux qui soient des
lieux de non-droit », lâchait-il, martial. Et tant pis si la méthode à NotreDame-des-Landes n’a pas été la
même, l’important est de montrer
que l’exécutif ne laisse aucune situation s’enliser. « Après les cinq ans
qu’on vient de passer, il y a une
demande bonapartiste qui transcende tous les électorats », estime un
ténor de la majorité.
Et c’était compter sans la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui
a annoncé qu’elle présenterait
mardi un autre texte – en forme de
« big bang » – que celui des partenai-
res sociaux, jugé pas assez ambitieux sur la réforme de la formation
professionnelle. « Sur ce sujet,
comme sur tous les autres, nous tiendrons bon », a prévenu Christophe
Castaner. Les autres sujets ? Ce
sont la réforme de l’assurance-chômage, celle, majeure, du baccalauréat, celle, attendue et délicate, de la
fonction publique, lancée sur le ton
du « plan de départs volontaires »…
Sans oublier la réforme des retraites qui arrive, elle aussi, avant l’été.
« Rester en mouvement »
« L’inertie, l’immobilisme, la tranchée
sont les menaces que nous devons éviter. Nous devons rester en mouvement », rappelait encore le Premier
ministre, Edouard Philippe, la
semaine dernière à l’Ecole militaire,
évoquant « une forme de moment
particulier » ouvert avec l’élection
d’Emmanuel Macron. Moment
durant lequel, selon lui, des réfor-
mes jadis « perçues comme nécessaires mais peut-être irréalisables,
entrent dans le domaine du possible ».
L’exécutif est donc lancé dans
une course de vitesse pour tenter de
profiter de l’embellie économique,
de la difficulté des syndicats à
mobiliser jusqu’ici, de la faiblesse
des oppositions, en pleine reconstruction, tout comme du crédit qui
lui est encore accordé, malgré la
récente baisse de la confiance dans
les sondages, de faire ce qu’il avait
dit. A la rentrée de septembre,
Emmanuel Macron avait souligné
que 80 % des Français lui reconnaissaient sa détermination, le fait
de tenir. « Il veut rester sur cet
item-là. Même s’il y a doute des Français sur la politique menée, à partir
du moment où ils estiment qu’il a
prise sur les choses, c’est bien », rapporte un député LREM.
Et puis l’exécutif veut encore profiter de ce moment sans élection
pour avancer et espérer de premiers
résultats tangibles dans deux ans.
Avoir lancé les réformes avant les
européennes de 2019, premier test
électoral du quinquennat. A ce titre
forcément périlleux. « Il y aura de
vrais combats idéologiques. Il ne faut
pas rater les étapes : réussir la transformation pour retrouver la prospérité, poursuivre la recomposition politique, montrer notre capacité à nous
réinventer en cours de quinquennat,
avance un poids lourd du gouvernement pour lequel les oppositions,
« vont tout faire pour nous bloquer.
A droite sur l’identité, à gauche sur les
combats sociaux. Par souci de revanche plus que de construction. »
Tout l’enjeu pour lui étant de
savoir si ce moment ouvert par
l’élection d’Emmanuel Macron
n’était qu’« un épisode ou au contraire un moment charnière avec la
création de la matrice d’un nouveau
système politique ». n
Il a dit
«Oui, il faut aller vite
et il faut être efficace. Les ordonnances sont une
des façons d’y
parvenir » pour
réformer la SNCF.
CHRISTOPHE CASTANER
Secrétaire d’Etat aux Relations
avec le Parlement, délégué
général d’En marche
Photo AFP
L’évacuation de Bure,
un avertissement
lancé aux zadistes
L’évacuation surprise, jeudi,
du site du projet de centre
d’enfouissement de déchets
nucléaires doit donner
à réfléchir aux opposants
les plus radicaux.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Réforme de la formation professionnelle :
Muriel Pénicaud braque les syndicats et le patronat
Jugeant l’accord entre
les partenaires sociaux
insuffisant, la ministre du
Travail a promis jeudi
un « big bang » pour la
semaine prochaine. Les
partenaires sociaux n’ont
pas apprécié ses propos.
Alain Ruello
@AlainRuello
De l’inquiétude, de l’exaspération,
pour ne pas dire de la colère rentrée. Les partenaires sociaux ont
très mal réagi jeudi après-midi à
leur arrivée au siège du Medef après
avoir entendu Muriel Pénicaud
rejeter une partie du projet
d’accord sur la réforme de la formation professionnelle auquel ils
étaient parvenus très tard la nuit
précédente.
Pour la ministre du Travail, le
compte n’y est qu’à moitié : d’un côté
les droits des salariés en sortent renforcés, mais de l’autre la question de
la « complexité » du système n’a pas
été traitée, a-t-elle jugé. « Pour que
cela marche, il ne faut pas simplement créer le droit. Il faut le rendre
effectif. Mais pour cela, il faut que ce
soit plus simple […] Il y a énormément d’organismes. De modes de gestion différents, d’enveloppes différentes », a-t-elle déclaré sur CNews,
avant de promettre un « big bang »
pour mardi prochain. « Un accord
national interprofessionnel ça nous
appartient […] Si le gouvernement
veut diriger alors il dirigera […] Ce
n’est pas forcément la meilleure
façon de créer le dialogue social, de
respecter les partenaires sociaux
dans ses prérogatives » , lui a
répondu Maxime Dumont de la
CFTC.
Yvan Ricordeau de la CFDT a
noté que la ministre du Travail
avait salué les renforcements des
droits à la formation. Pour souligner ensuite que « simplifier à
outrance » peut conduire à l’effet
inverse. Le syndicat propose une
réunion multilatérale avant toute
« Pour que cela
marche, il ne faut
pas simplement
créer le droit.
Il faut le rendre
effectif. »
MURIEL PÉNICAUD
Ministre du Travail
annonce du gouvernement. Soulignant, lui aussi, les avancées sociales pour les salariés, Michel Beaugas de FO a prévenu Muriel
Assurance-chômage :
accord sur les contrats courts
La négociation sur l’assurance-chômage a débouché
jeudi sur un accord, qui reste soumis à la signatures des
partenaires sociaux. Sur la question des contrats courts,
le texte renvoie à une négociation dans toutes les branches professionnelles pour favoriser l’emploi durable.
Il précise aussi que « l’équilibre » de l’accord repose sur
la mise en œuvre de sanctions financières si ces négociations n’aboutissent pas, en renvoyant à l’engagement du
gouvernement d’appliquer un système de bonus-malus
par exemple. Les syndicats, du coup, conditionnent leur
signature au respect de cet engagement.
Pénicaud : attention que « son big
bang ne lui revienne pas comme un
boomerang ». « Toucher à la tuyauterie, c’est toucher aux droits effectifs
des salariés », a-t-il averti.
Syndicats irrités
Les syndicats étaient d’autant plus
irrités que la ministre du Travail a
dégainé alors que l’accord n’était
pas finalisé, une ultime relecture
ayant été programmée jeudi en
début d’après-midi. « Certaines
déclarations péremptoires et aussi
rapides pourraient être évitées », s’est
emporté Maxime Dumont. « Le
gouvernement nous méprise », a
abondé, encore plus durement,
Denis Gravouil pour la CGT.
Muriel Pénicaud s’est aussi mis à
dos le patronat. « Nous ne sommes
pas dans le temps du big bang qui,
hormis pour l’apprentissage, ne figurait pas dans la feuille de route du
ministre du Travail », a réagi, calme
mais irritée, Florence Poivey pour le
Medef, avant de défendre à son tour
les avancées du projet d’accord.
Primo, il faut bien une instance
pour déployer la politique de formation et gérer les fonds des entreprises, a-t-elle rappelé, et secundo,
mieux vaut que ce soit les partenaires sociaux plutôt que l’Etat qui n’a
pas fait les preuves de ses compétences de « gestionnaire ». n
« Rétablir l’ordre »
Avec un tel déploiement de forces de
l’ordre à Bure, tout indique que l’exécutif entend tuer dans l’œuf le moindre début de « zadisation » du site
Cigéo, contesté depuis plus de
20 ans. Edouard Philippe avait
annoncé la couleur vendredi dernier en se disant déterminé à ne pas
laisser « s’enkyster » les ZAD, ou
« zones à défendre », occupées par
des militants. Une menace pesant
sur une dizaine de grands projets
très controversés, comme le Center
Parcs de Roybon (Isère) ou le centre
commercial Europacity
(Val-d’Oise). Les défenseurs de la
« Zira » (Zone d’insoumission à la
radioactivité) de Bure menaçaient
d’en arriver à ce stade, avec l’installation d’un bâtiment en dur, programmée début mars, selon le ministère
de l’Intérieur. La réalisation de ce
projet aurait pu interdire au gouvernement d’agir. Comme c’est le cas
sur le site de NDDL, où les zadistes
squattent des bâtiments et sont protégés par la trêve hivernale.
« L’Etat reviendra pour maintenir
l’ordre et faire respecter la loi autant
de fois qu’il sera nécessaire », a assuré
Sébastien Lecornu, le secrétaire
d’Etat à la Transition écologique,
présent sur place jusqu’à vendredi
pour rencontrer les acteurs économiques, les élus et les associations
opposées au projet. Son objectif :
faire « que la concertation qui dure
depuis 1990 puisse reprendre »,
maintenant que « le gouvernement a
rétabli l’ordre ». n
Gendarmerie Nationale/AFP
Edouard Philippe, Emmanuel Macron et Gérard Collomb. Photo François Guillot/AFP
Le message est on ne peut plus clair.
En lançant sans prévenir, jeudi au
petit matin, l’ordre d’évacuation du
bois Lejuc, près du projet de centre
d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure dans la Meuse, l’exécutif
veut donner à comprendre que la
page de Notre-Dame-des-Landes,
près de Nantes, est bel et bien tournée. Plus question pour lui de voir
l’autorité de l’Etat foulée aux pieds
lorsqu’il cède le terrain aux opposants de grands projets, fussent-ils
très controversés, comme il l’a fait
pour feu l’aéroport du Grand Ouest.
« Nous ne voulons plus qu’il y ait
en France des lieux de non-droit », a
prévenu Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, quelques heures
après le début de cette opération
coup de p oing. Pas moins de
500 gendarmes ont été dépêchés
sur les lieux pour débusquer la
quinzaine d’opposants qui s’y trouvaient en bivouac. Des moyens
« adaptés et nécessaires pour prévenir les débordements et rassurer la
population », a considéré Muriel
Nguyen, la préfète de la Meuse. A la
mi-journée, une partie de ces effectifs ont perquisitionné la « Maison
de résistance » de Bure, où des
opposants au projet Cigéo s’étaient
regroupés. Un autre rassemblement d’opposants prévu en fin
d’après-midi devant la préfecture
de la Meuse, à Bar-le-Duc, a mobilisé les gendarmes.
500 gendarmes ont été dépêchés à Bure, dans la Meuse,
pour débusquer les opposants qui s’y trouvaient en bivouac.
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
La croissance a
atteint son rythme
de croisière
CONJONCTURE
L’indice du climat
des affaires a reculé
de 3 points depuis
le début de l’année.
L’activité devrait
se maintenir à un
niveau élevé mais ne
devrait pas accélérer à court terme.
Est-ce un point d’inflexion pour
la conjoncture économique en
France ? Trop tôt pour l’affirmer. Mais toujours est-il que le
moral des patrons de l’Hexagone a chuté en février pour le
d e u x i è m e m o i s d ’a f f i l é e .
L’indice du climat des affaires,
calculé chaque mois par l’Insee
auprès de 10.000 chefs d’entreprise, s’est établi à 109 points en
février, en baisse de 2 points par
rapport à janvier. En décembre,
il se situait 3 points plus haut. Et
si le moral des patrons s’est un
peu replié dans le bâtiment et
l’industrie, il a, en revanche,
reculé de 5 points en deux
mois dans les services, le secteur
le plus important en France.
La hausse du prix du pétrole
et l’appréciation de l’euro sont
peut-être en train d’avoir des
effets. Certes, l’indicateur global
reste à un niveau bien plus élevé
que sa moyenne de long terme,
ce qui indique toujours une
phase d’expansion de l’économie. Et l’Allemagne a aussi vu le
moral de ses patrons fléchir en
février. Il s’agit donc d’un mouvement européen. Mais le léger
recul de l’indice français depuis
le début de l’année interroge. Il
semble montrer que la phase
d’accélération de la croissance
est passée. Pas d’inquiétude toutefois. « Ce tassement n’est pas un
signe de retournement de tendance, affirme Julien Pouget,
chef du département de la
conjoncture à l’Insee. Le climat
des affaires reste à un niveau
élevé. » Pour l’économiste,
« l’indice du mois de février suggère seulement qu’il n’y aurait pas
forcément d’accélération de l’activité à court terme ».
Moral au plus haut
Il est vrai que la croissance de
ces derniers mois a été très
rapide. Sur le seul quatrième trimestre de l’an passé, quand on
calcule la croissance du PIB en
glissement annuel, celle-ci
atteint 2,4 %. D’ailleurs, le moral
des chefs d’entreprise était au
plus haut depuis dix-sept ans en
janvier dans l’industrie, et l’indicateur global du climat des affaires a, lui, atteint son record en
dix ans le mois dernier.
Pour Julien Pouget, « la croissance devrait se stabiliser à un
rythme relativement rapide dans
la première moitié de l’année
2018, c’est-à-dire autour de 0,5 %
par trimestre ». C’est ce que prévoit l’Insee dans sa note publiée
en décembre. L’institut table
sur une progression du PIB de
0,5 % au premier trimestre et de
0,4 % au deuxième. Ainsi est-il
probable que la croissance
française dépasse 2 % cette
année. Car il suffirait que le PIB
augmente de 0,4 % par trimestre pour que la croissance atteigne 2 %. Le gouvernement, lui, a
établi son budget sur une hypothèse de 1,7 %. — G. C.
La simplification du soutien
public à l’exportation engagée
l Le Premier ministre annonce une réforme ce vendredi à Lille.
l Un guichet unique, en région et à l’étranger, va être créé pour les entreprises
souhaitant exporter.
COMMERCE
EXTÉRIEUR
Guillaume de Calignon
@gcalignon
C’est devant les étudiants d’une
école de commerce, l’Edhec, que le
Premier ministre, Edouard Philippe, annoncera la réforme du dispositif de soutien à l’exportation à
Lille ce vendredi après-midi. Le
sujet est un serpent de mer à la française. Depuis que la balance commerciale a plongé dans le rouge en
2004, tous les gouvernements en
parlent. Le creusement du déficit
commercial à 62,3 milliards d’euros
l’an passé et l’incapacité de la
France à faire émerger un tissu de
PME exportatrices poussent l’exécutif à agir. Evidemment, les réformes macroéconomiques sont les
plus importantes pour améliorer la
compétitivité. Mais en attendant
que celles-ci portent leurs fruits, il
est aussi nécessaire de simplifier un
dispositif aujourd’hui complexe.
Les acteurs, entre Business France,
les régions, les chambres de commerce et d’autres, sont multiples et,
bien souvent, se font concurrence
pour conseiller les entreprises.
Résultat, les PME sont perdues
dans cette jungle, alors que se lancer dans des marchés étrangers est
anxiogène.
Rationalisation
Le chef du gouvernement va promettre la création du fameux guichet unique tant demandé par les
entreprises, comme le conseillait le
rapport de Christophe Lecourtier,
directeur général de Business
France, rendu à Matignon cet
automne. Avec un mot d’ordre :
« La bataille de l’exportation se joue
d’abord en France », comme le dit
une source proche du gouvernement. Rien ne sert d’avoir des
bureaux à New York ou Kuala
Lumpur si les PME françaises
n’exportent pas. Business France,
l’opérateur de l’Etat chargé de
l’internationalisation de l’Hexagone, va donc créer des joint-ventures en région avec les chambres de
commerce et d’industrie. Ces coentreprises seront chargées de préparer et conseiller les PME dans leurs
développements à l’étranger.
En effet, un des problèmes est
que la France compte des PME qui
n’exportent que par intermittence.
L’objectif est de les aider à exporter
sur le long terme, ce qu’ont réussi à
faire l’Allemagne et l’Italie. Pour
l’instant, la Normandie, ProvenceAlpes-Côte d’Azur et les Hauts-deFrance ont accepté d’utiliser ces
nouvelles structures. A l’étranger,
les missions économiques des
ambassades seront recentrées sur
les grands contrats. De son côté,
Business France va se désengager
de pays et déléguer cette fonction de
conseil à des structures privées,
comme les chambres de commerce
internationales notamment, qui
passeront des contrats d’objectifs
avec l’Etat. Business France aban-
Les PME sont perdues,
alors que se lancer dans
des marchés étrangers
est anxiogène.
donnera notamment ses bureaux
en Russie, au Japon, en Espagne et à
Singapour.
Ensuite, le lien entre le niveau
régional et international se fera via
une base de données que chaque
acteur devra remplir. Ce système
d’information doit permettre à chacun de partager les informations
sur les entreprises et leur avance à
l’international. Parallèlement, le
rôle de bpiFrance doit être renforcé.
La banque publique, qui gère
depuis l’an passé les garanties à
l’exportation auparavant sous la
responsabilité de Coface, devra rendre accessibles ces financements
aux ETI et PME.
Cette réforme ne suffira pas à
redresser le commerce extérieur
français, mais elle va « dans le bon
sens en améliorant la lisibilité du dispositif pour les entreprises », considère un expert. L’équipe de France
de l’exportation est donc encore loin
d’être championne du monde, mais,
au moins, les rôles des attaquants et
défenseurs seront clarifiés. n
Pourquoi le CICE n’a pas eu d’impact
sur le volume d’exportations
CHAQUE MOIS,
CONNAISSANCE
DES ARTS
FAIT DE VOUS
UN EXPERT
EN KIOSQUE DÈS AUJOURD’HUI
Une étude de deux économistes français montre que
la mesure-phare du
quinquennat Hollande n’a
pas eu l’effet escompté sur
la compétitivité.
C’était la grande mesure du quinquennat précédent, mais elle n’a
pas eu l’effet escompté sur le commerce extérieur. Une étude de
deux économistes français, Clément Malgouyres, de l’Institut des
politiques publiques, et Thierry
Mayer, professeur d’économie à
S ciences po, vient confirmer
l’absence d’impact du crédit
d’impôt pour la compétitivité et
l’emploi (CICE) sur le volume
d’exportations de la France ces
dernières années.
C’était pourtant un des deux
objectifs de ce dispositif, annoncé
en décembre 2012 et mis en place
l’année suivante. Depuis cette date,
le déficit commercial hors énergie,
n’a cessé de se creuser. Le CICE, qui
consiste en une baisse d’impôt sur
les sociétés égale à 4 % en 2013 puis
6 % à partir de 2014 des salaires inférieurs ou égaux à 2,5 fois le SMIC,
représente tout de même 20 milliards d’euros par an. Les deux économistes ont cherché à comparer
les entreprises d’une taille semblable et d’un même secteur se diffé-
renciant seulement par la structure
de leur masse salariale et donc par
le montant de CICE. Et ils ne peuvent conclure que la mesure a eu le
moindre impact sur les exportations. Que l’entreprise ait touché
plus de CICE qu’une autre ou pas,
cela n’a pas eu d’incidence sur ses
ventes à l’étranger.
tateurs. Ensuite, Clément Malgouyres et Thierry Mayer émettent
l’hypothèse que les entreprises
n’ont pas considéré le crédit
d’impôt pour la compétitivité et
l’emploi comme une baisse du coût
du travail, mais comme une baisse
d’impôt. Le résultat n’est donc pas le
Des effets sur l’emploi
Les entreprises qui
exportent le moins
en profitent le plus.
Déjà, à l’automne dernier, le
comité de suivi de ce dispositif
jugeait que le CICE était « sans effet
sur le volume d’exportations des
entreprises déjà exportatrices ».
Pourtant, entre 2009 et 2012, l’augmentation du coût du travail avait
p e s é su r l es p e rfo rmances à
l’exportation. On se serait donc
attendu à ce qu’une baisse ait des
conséquences inverses. Pourquoi
cela n’a-t-il pas été le cas ? Parce
que les entreprises qui exportent le
moins en profitent le plus. Ainsi,
les 5 % des entreprises qui ont touché le plus de CICE en 2013 en
pourcentage de leur masse salariale réalisaient des exportations
équivalentes à 17 % de leurs ventes
en 2012.
En revanche, les exportations des
5 % des entreprises qui en ont le
moins profité représentaient 40 %
de leur chiffre d’affaires. La mesure
n’a donc pas été ciblée sur les expor-
La transformation
du CICE en baisse de
charges l’an prochain
mettra peut-être fin
à ce phénomène.
même. La transformation du crédit
d’impôt pour la compétitivité et
l’emploi en baisse de charges l’an
prochain mettra peut-être fin à ce
phénomène.
En attendant, il semble tout de
même que, si ce dispositif n’a pas eu
d’effet sur la compétitivité, il en a eu
sur l’emploi. Dans une étude, la
Banque de France estime que « le
CICE aurait permis la création
d’environ 320.000 emplois jusqu’au
deuxième trimestre 2017 ». — G. C.
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
// 05
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
MONDE
en
chiffres
ROYAUME-UNI : PAUSE
DE LA CROISSANCE
ITALIE : L’INFLATION
À +0,9 % EN JANVIER
La croissance britannique
a finalement ralenti à 1,7 %
en 2017 (1,9 % en 2016), selon
une nouvelle estimation
qui fait apparaître un coup
de frein plus marqué
pour une économie frappée
par les incertitudes
du Brexit. Ce résultat est
le plus faible depuis 2012.
Au quatrième trimestre,
elle n’a atteint que 0,4 %.
Les prix à la consommation
en Italie ont augmenté
de 0,9 % en janvier sur un an,
après une hausse de 0,8 % en
décembre, selon des chiffres
publiés jeudi par l’Institut
national des statistiques
(Istat). Sur un mois, les prix
ont progressé de 0,3%.
L’an passé, l’Italie a vu ses
prix à la consommation
progresser de 1,2 %.
54
L’INDICE MANUFACTURIER
DU JAPON EN FÉVRIER
Le ralentissement est
officialisé par l’indice PMI
Markit Nikkei pour le Japon.
Il s’établit en février à 54,
après 54,8 en janvier. Mais
reste pour le 16e mois d’affilée
au-dessus de 50, signe
de croissance de l’activité.
Les dirigeants européens en opération
déminage pour l’avenir de l’Union
l Un sommet informel se tient ce vendredi à Bruxelles, pour parler des institutions du bloc.
l La question explosive du budget 2021-2027 est, entre autres, au menu des discussions.
UNION
EUROPÉENNE
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Opération déminage. Les dirigeants
européens se réunissent, vendredi à
Bruxelles, pour un sommet informel destiné à ouvrir le débat sur
deux sujets déterminants pour
l’avenir du projet européen. Deux
sujets qui portent chacun en germe
des risques élevés de tensions.
Le premier va opposer les institutions européennes entre elles : il
s’agit de déterminer les conditions
de nomination du futur président
de la Commission européenne, en
2019. Le Parlement européen a
ouvert les hostilités en votant, début
février, une résolution par laquelle
il signifie son intention de répéter la
méthode de 2014 (lire ci-dessous).
Une méthode qui part du principe
que le successeur de Jean-Claude
Juncker sera le chef de file du parti
en mesure de former une coalition.
En 2014, cette méthode avait été
imposée par le Parlement, au grand
dam des Etats membres et notamment d’Angela Merkel. Et pour
cause : les chefs d’Etat et de gouvernement se voyaient dépossédés de
ce qui était, jusqu’alors, l’une de
leurs prérogatives centrales dans la
machine communautaire.
L’OPA du PPE
Si la Commission européenne est,
e l l e a u s s i , f avo r a b l e à c e t t e
méthode, appuyant l’argument
selon lequel la vie démocratique
européenne s’en trouve améliorée,
les dirigeants européens ne l’entendent pas de la même oreille, notam-
ment Emmanuel Macron. Beaucoup y voient une OPA des partis
européens, tout particulièrement
des conservateurs du PPE, traditionnellement dominants au Parlement européen.
« Dans cette affaire, chacun veut
avoir l’air plus démocratique que son
voisin », ironise une source bruxelloise. Les dirigeants devraient donc
s’entendre, vendredi, pour refuser
toute automaticité dans le processus prôné par le Parlement. Même
si Angela Merkel, jeudi, a semblé se
résoudre à ne pas pousser trop loin
ce combat qu’elle sait très difficile, le
Conseil européen fera tout pour se
préserver une marge de manœuvre.
D’un côté, l’Union
se veut ambitieuse sur
de nouvelles priorités
(sécurité, défense,
immigration).
De l’autre, le départ
du Royaume-Uni va
amputer le budget
d’une contribution
annuelle nette estimée
autour de 12 milliards
d’euros.
L’autre sujet est plus explosif
encore, quoique les tensions ne
soient pas immédiates : il s’agit de
l’avenir du budget de l’Union européenne. Comment financer le cadre
financier pluriannuel (CFP) 20212027 ? A ce stade, un seul point met
tout le monde d’accord : le casse-tête
est en vue. D’un côté, l’Union se veut
ambitieuse sur de nouvelles priori-
tés (sécurité, défense, immigration)
et de l’autre, le départ du RoyaumeUni va amputer le budget d’une contribution annuelle nette estimée
autour de 12 milliards d’euros.
A ce stade, il n’est pas question de
sortir les calculatrices pour boucher le trou d’une vingtaine de milliards d’euros annuels anticipé par
Günther Oettinger, le commissaire
européen en charge du budget.
Mais, d’ores et déjà, plusieurs pays
n’ont pas l’intention de payer plus
(à l’image des Pays-Bas, de la Suède
ou de l’Autriche).
Valeur ajoutée européenne
Malgré tout, plusieurs grands pays,
dont la France et l’Allemagne,
entendent pousser à un effort collectif. Le Conseil européen devrait
être l’occasion pour eux d’esquisser
leur approche : parler projets et
méthodes dans l’espoir de mettre
tout le monde d’accord sur une
vision politique. Il sera question
d’investir dans les projets à « valeur
ajoutée européenne » et dans les
« biens publics européens », deux
termes devenus omniprésents dans
la bouche des Européens ces dernières semaines. La notion d’efficacité de la dépense sera aussi mise en
avant, en tirant profit des expériences récentes du plan Juncker.
La douloureuse facture finale ne
viendrait alors que bien plus tard,
comme un aboutissement logique
de ces choix collectifs. Comme le
résume un diplomate européen, la
France et l’Allemagne comptent en
cela sur un coup de pouce paradoxal de l’histoire : « Avec le Brexit,
chacun voit bien la valeur du marché
intérieur. Ne pas en être va coûter aux
Britanniques beaucoup, beaucoup,
beaucoup plus cher qu’une contribution au budget de l’Union… » n
Fiscalité : le Parlement européen
appelle à ne pas se tromper de combat
Un rapport a été adopté
par l’institution au sujet
de « l’assiette commune
consolidée ». Derrière
la technicité, un sujet
hautement politique.
A l’heure où la France met tout son
poids dans la bataille médiatique et
politique pour taxer les entreprises
du numérique, une commission du
Parlement européen a adopté,
mercredi soir, un rapport exhortant l’Union à ne pas perdre de vue
un objectif plus fondamental : une
harmonisation des règles fiscales
appliquées aux entreprises.
Le projet d’une « assiette commune consolidée », baptisé
« Accis » dans le jargon bruxellois, a
été maintes fois esquissé. En 2016, la
Commission l’a remis sur la table. Il
vise à appliquer les mêmes règles,
partout dans l’Union, en matière de
taxation des entreprises, tout en
laissant chaque Etat membre libre
de choisir son taux d’imposition. Le
but : unifier les pratiques et éviter
les techniques d’évasion consistant
à jouer sur les différences entre
Etats membres. Le tout en ajoutant,
via la « consolidation », un mécanisme qui permettrait à chaque
entreprise de ne traiter qu’avec une
seule administration fiscale, une
règle de calcul permettant de répartir l’impôt dans les Etats membres.
Les Pays-Bas épinglés
La négociation s’annonce ardue.
L’unanimité des Etats est requise,
et certains freinent des quatre fers.
A l’image des Pays-Bas, dont le
régime fiscal vient d’être jugé contraire, jeudi, aux règles européennes par la Cour de justice de
l’Union européenne.
Le Parlement européen, dont le
rôle est consultatif, veut pousser les
Etats membres à l’action. Le député
Alain Lamassoure, qui a été l’un
des deux auteurs du rapport
approuvé mercredi, pousse l’idée
de mener de front l’assiette commune et la consolidation, contrairement à la Commission euro-
péenne, qui a présenté deux textes
séparés. Il y voit « un formidable élément de simplification pour les
entreprises ». Pour des motifs
d’équité, il préconise aussi de tendre vers un système qui s’appliquerait à toutes les entreprises, et non
uniquement à celles dont le chiffre
d’affaires annuel dépasse les
750 millions d’euros.
Surtout, il appelle les Européens
à inclure dans le mécanisme de
consolidation un élément relatif à la
présence numérique (calculé avec
les données personnelles, non délocalisables). La taxe spécifique sur le
numérique, que veut mettre en
place la France, apparaît aux yeux
du député européen comme moins
ambitieuse puisqu’elle rapporterait
« peut-être moins de 5 milliards par
an en tout ». Et même comme une
dangereuse distraction : « La fenêtre d’opportunité pour Accis pourrait se refermer, alors que la concrétisation de ce projet constituerait
un pas de géant pour l’Europe. »
— G. G. (à Bruxelles)
Emmanuel Macron, le Premier ministre italien, Paolo Gentiloni, et la chancelière allemande, Angela
Merkel, devraient évoquer, avec leurs homologues deux sujets déterminants. Photo Julien Warnand/AFP
DÉCRYPTAGE // Le président veut rester au centre du jeu institutionnel.
A Bruxelles, Emmanuel Macron
va chercher à gagner du temps
Catherine Chatignoux
@chatignoux
I
l n’a ni parti au Parlement européen ni candidat idéal. Pas la
moindre assurance non plus de
faire un carton aux élections européennes de mai 2019. Aucun des
atouts nécessaires, a priori, pour
imposer le choix du futur président
de la Commission européenne.
Pourtant, Emmanuel Macron veut
peser lorsqu’il s’agira de nommer le
chef de l’exécutif européen, en
juin 2019. Pour y parvenir, il n’a
d’autre solution que de gagner du
temps et de maintenir le jeu le plus
ouvert possible.
Il va d’abord essayer d’écarter le
danger immédiat que représente
pour lui le système des Spitzenkandidat, en en faisant une simple option. Cette pratique, qui a été imposée avec habileté par le Parlement
européen en 2014, prévoit que c’est
la tête de liste du parti vainqueur des
élections qui doit devenir automatiquement le président de la Commission, à l’image d’un classique système parlementaire. Concrètement,
il donne l’avantage au PPE, le premier parti de l’hémicycle européen,
qui regroupe la droite européenne
et dont les élus conservateurs de la
CDU allemande constituent le gros
des troupes. Pour le chef de l’Etat,
c’est la pire des solutions.
L’accepter reviendrait à donner
un chèque en blanc à Angela Merkel
pour choisir le futur président de
l’exécutif européen. Pour convaincre ses partenaires, le président
français fera valoir vendredi à
Bruxelles que cette pratique joue sur
la légalité, car le traité accorde en
Accepter le système
des « Spitzenkandidat »
reviendrait à donner
un chèque en blanc
à Angela Merkel pour
choisir le président
de la Commission.
réalité au Conseil européen une
grande liberté de choix du candidat.
Il peut compter sur le fait que les dirigeants européens voudront exercer
toute la marge de leurs compétences
sur le sujet. Emmanuel Macron ne
devrait pas pour autant condamner
cette pratique. Aller au clash avec le
Parlement serait contre-productif et
il se l’aliénerait inutilement. « C’est le
droit le plus strict des partis d’organiser le scrutin comme ils l’entendent »,
dit-on à l’Elysée. De plus, on ne peut
exclure que le PPE choisisse dans les
mois qui viennent un candidat qui
plaise malgré tout à Macron. Un
Michel Barnier, par exemple.
Le plus important est de gagner
du temps. Puisqu’il ne dispose
d’aucun ancrage politique à Strasbourg, le président français a intérêt
à attendre le résultat des élections
pour évaluer les rapports de force. Si
son propre parti fait un bon résultat,
il a de bonnes chances de pouvoir
agréger au sein d’un même groupe
d’autres partis réformistes proeuropéens, du PD italien au Ciudadanos
espagnol, en passant par des transfuges des Verts, des socialistes et
même du PPE, et de constituer un
pôle assez fort pour peser politiquement dans le futur hémicycle. Il sera
temps alors de plaider pour que le
pouvoir soit donné non pas au parti
européen arrivé en tête – le plus probable est qu’il s’agisse du PPE – avec
une simple majorité relative, mais à
celui qui parviendra à constituer
une coalition plus large autour d’un
programme commun. Le groupe
centriste construit autour des macroniens pourrait constituer le
maillon indispensable d’une future
coalition parlementaire. Et Emmanuel Macron aurait alors toute sa
part dans le choix du futur patron de
la Commission européenne. n
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // MONDE
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
Armes à feu : la responsabilité
des entreprises dans le viseur
l Les sociétés impliquées dans le commerce des armes font l’objet de critiques.
l Banques, émetteurs de cartes de paiement et supermarchés sont concernés.
ONG
Selon le 25e rapport
de Transparency
International,
les journalistes
et la société civile
sont sous pression.
ÉTATS-UNIS
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Alors que Trump promettait, mercredi, d’armer les enseignants
pour prévenir de nouvelles tueries
dans les écoles, un autre débat
émergeait ces derniers jours
autour de la responsabilité des
entreprises, en particulier celles
qui rendent possible le commerce
des armes à feu : banques, dont les
systèmes de paiement sous-tendent les transactions d’achat
d’armes, émetteurs comme Visa et
MasterCard, dont les cartes sont
utilisées dans les magasins, les
assureurs comme le Lloyd’s, qui
couvrent les expositions d’armes à
feu qui ont lieu partout dans le
pays, ou encore supermarchés, où
celles-ci sont vendues librement.
Les entreprises américaines sont
depuis longtemps confrontées à la
question du port d’armes, dans
leurs usines, mais aussi dans leurs
réseaux de magasins. Un sujet aussi
sensible que celui du port de signes
religieux dans les entreprises en
France. En 2013, peu après une
énième tuerie à Washington, Starbucks a ainsi demandé à ses clients
de ne plus porter d’armes dans ses
cafés, provoquant de vives protestations des associations pro-armes à
feu. La plupart des grandes chaînes
préfèrent toutefois s’abriter derrière la réglementation locale, dans
un pays où les Etats interdisant le
port d’une arme en public se comptent sur les doigts d’une main.
Depuis la tuerie de Floride, le
débat a toutefois pris une autre
tournure. Des voix s’élèvent pour
responsabiliser les entreprises
impliquées, directement ou indirectement, dans le commerce des
armes à feu. PayPal, Square, Stripe
ou Apple Pay ont banni l’achat
La lutte contre la
corruption dans
le monde s’étiole
Richard Hiault
@RHIAULT
Le 21 février, Donald Trump a reçu à la Maison-Blanche un étudiant de la Marjory Stoneman Douglas
High School, où a eu lieu une fusillade mortelle quelques jours auparavant. Photo Chine nouvelle/Sipa
d’armes avec leurs moyens de paiement, mais les grandes banques ou
les émetteurs de cartes sont prudemment restés hors du débat,
alors même que JPMorgan Chase,
Citi ou Bank of America ont rendu
impossible l’achat de bitcoins avec
leurs cartes de crédit. Visa, qui avait
suspendu en 2010 tous les virements vers le site WikiLeaks, est
même le partenaire de choix du
puissant lobby des armes à feu, la
NRA, et propose une carte spéciale
« NRA » distribuée par une banque
du Nebraska. MasterCard a de son
côté émis une carte « Cabela », de la
marque d’un magasin vendant des
armes et fusils d’assaut. « Visa, qui a
publié en 2016 un rapport de 71 pages
sur sa responsabilité sociale, pourrait changer ses règles d’utilisation et
décider de ne plus travailler avec les
magasins qui vendent des fusils
d’assaut ou des armes de forte capacité », plaidait récemment un éditorialiste très influent dans le monde
des affaires, appelant les grands
patrons, prompts à prendre position sur l’immigration, le racisme
ou le climat, à également agir sur
les armes à feu.
Crainte d’un boycott
ou de représailles
« Les dirigeants d’entreprise doivent
être impliqués, ils peuvent faire la
différence [pour éviter les tueries,
NDLR], a estimé le gourou du
management Jeffrey Sonnenfeld,
de l’université de Yale. En privé, certains chefs d’entreprise disent
craindre des réactions non maîtrisées – non seulement de boycott
par des amateurs d’armes à feu,
mais aussi de représailles envers
leurs employés. « Les entreprises
peuvent aider à résoudre le problème, mais pas en arrêtant de vendre des armes, cela serait beaucoup
trop dangereux », a argué de son
côté l’ancien patron de Walmart,
Bill Simon, qui plaide plutôt pour
des « vendeurs responsables ». Walmart a cessé de vendre des fusils
d’assaut en 2015, mais demeure le
plus gros vendeur d’armes et de
munitions du pays. n
Quel est le pays le moins corrompu au monde ? La Nouv e l l e - Z é l a n d e , s i l ’o n e n
croit l’indice de perception de la
corruption 2017 calculé par
l’ONG Transparency International. Pour la 25e édition de son
classement annuel des pays,
publié mercredi soir, l’ONG
déplore le manque d’efforts
déployés dans le monde pour
combattre la corruption. « Malgré des actions de lutte contre la
corruption à travers le monde, la
plupart des pays progressent trop
lentement, on constate ainsi que
nombreux sont ceux qui n’ont
fait que peu ou pas de progrès au
cours des six dernières années »,
constate Transparency.
Autre fait troublant, l’ONG a
étudié les liens entre le niveau
de corruption et la faculté dont
jouissent les organisations de la
société civile à peser et influencer les politiques publiques.
Dérive en Hongrie
La plupart des pays qui ne respectent pas les libertés civiques
ont tendance à avoir des degrés
élevés de corruption. « Les campagnes de dénigrement, les actes
de harcèlement, les actions en
justice et les obstacles bureaucratiques sont autant d’outils auxquels certains gouvernements
ont recours pour tenter de faire
taire ceux qui luttent contre la
corruption », explique Patricia
Moreira, directrice de Transparency International. « Nous
exhortons les gouvernements
Les fabricants d’armes souffrent de la présidence Trump
C’est lorsque le risque
d’un durcissement de la
réglementation est élevé
que les ventes décollent.
Remington, le plus ancien
fabricant, compte
se déclarer en faillite.
©CRÉDIT THOMAS SAMSON/AFP
Si la victoire de Trump a été un
grand jour pour les amateurs
d’armes à feu, elle a annoncé des
heures difficiles pour les fabricants. L’industrie des armes à feu
est en effet régie par un paradoxe
étonnant : c’est lorsque le risque
d’un durcissement de la réglementation est le plus vif que les ventes
décollent – typiquement dans le
sillage d’une tuerie comme celle de
Floride. L’élection de Trump – un
président « champion » des armes
à feu et soutenu par le lobby des
porteurs d’armes (NRA) – a mécaniquement fait plonger les ventes
d’armes l’an dernier, tant les amateurs sont convaincus qu’ils sont
protégés. Ce qui fragilise les fabricants d’armes comme Remington,
Colt, ou Smith & Wesson.
En 2017, le nombre de contrôles
d’antécédents menés sur les acheteurs (qui est utilisé comme un
indicateur des ventes) a ainsi
reculé de 8 %, la baisse la plus
importante depuis 1998, alors qu’il
avait grimpé de près de 20 %
l’année précédente. Même les
appels à réglementer lancés dans
le sillage des tueries qui continuent
d’endeuiller l’Amérique ne suffisent plus – les ventes ont reculé de
13 % après la tuerie de Las Vegas
l’an dernier, quand elles avaient
grimpé de 40 % après celle
d’Orlando l’année précédente.
Des jours heureux
sous Obama
Les principaux fabricants avaient
pourtant coulé des jours heureux
sous Obama. En 2012, l’industrie
dans son ensemble fabriquait quelque 8,5 millions d’armes à feu, contre 3,3 millions dix ans plus tôt. Un
pic de 50 % a même suivi la tuerie de
l’école de Sandy Hook, fin 2012. Convaincus qu’Hillary Clinton allait
remporter l’élection, les fabricants
ont augmenté leur production,
avant de se retrouver à la tête de surplus considérables.
Le plus ancien et le plus gros
fabricant d’armes, Remington a
ainsi annoncé lundi son intention
de se placer en faillite, alors qu’il a
cédé une part de son capital à ses
créanciers pour réduire sa dette et
pouvoir poursuivre son activité.
Son rival Colt a passé deux ans sous
Chapitre 11, tandis que les ventes de
la maison mère de Smith & Wesson
se sont effondrées. Tous trois fabriquent des déclinaisons de l’AR-15,
une arme semi-automatique utilisée dans plusieurs tueries de masse.
— E. C. (à New York)
ENDIRECTSUREUROPE1,CNEWSETLESECHOS.FR
PATRICIA MOREIRA
Directrice de Transparency
International
Brexit : May réunit ses ministres
pour définir une position commune
EUROPE Theresa May et les ministres concernés par le Brexit se
sont réunis jeudi à Chequers, dans la maison de campagne de la
Première ministre, pour tenter de s’entendre sur les relations commerciales que le Royaume-Uni souhaite entretenir avec l’Union
européenne après l’entrée en vigueur du Brexit. Les discussions
étaient prévues pour durer de 14 heures à 22 heures. Selon le
« Financial Times », les ministres pourraient s’accorder sur un
modèle de type « Canada plus », c’est-à-dire un accord hybride
plus ambitieux que celui signé par l’UE avec le Canada. Le Royaume-Uni voudrait sécuriser un accès au marché unique en s’engageant avec un système de « reconnaissance mutuelle » des régimes
réglementaires et des instances de supervision des deux côtés de
la Manche, et avec un mécanisme de règlement des différends.
PRÉSENTÉPARDAVIDDOUKHAN,NICOLASBARRÉETLAURENCEFERRARI
GÉRARDCOLLOMB
« Nous exhortons
les gouvernements
qui se cachent
derrière des lois
restrictives
à les révoquer
immédiatement. »
en bref
DIMANCHEDE10H À11H
LEGRANDRENDEZ-VOUS
qui se cachent derrière des lois
restrictives à les révoquer immédiatement et à promouvoir une
plus grande participation
citoyenne », ajoute-t-elle.
Ainsi, la Hongrie, qui a vu son
indice de perception de la corruption tomber de 10 points en
six ans (il est passé de 55 en 2012
à 45 en 2017, un indice 100
témoignant de l’absence totale
de corruption), représente l’un
des exemples les plus alarmants de la réduction de la
liberté d’action de la société
civile en Europe de l’Est.
Seule la Bulgarie fait pire,
avec un indice de 43. S’il est promulgué, le projet de loi hongrois
récemment soumis au Parlement pourrait restreindre l’activité des ONG et révoquer leur
statut caritatif. Les conséquences seraient catastrophiques
pour nombre de groupes de la
société civile déjà affectés par
les contraintes que leur a imposées une loi précédente stigmatisant les ONG sur la base de
leur structure de financement.
Par ailleurs, Transparency
montre aussi que les pays dont
les niveaux de protection des
journalistes sont les plus faibles
sont ceux où les taux de corruption sont les plus élevés. « Aucun
activiste ou journaliste ne devrait
craindre pour sa vie lorsqu’il
s’élève contre la corruption »,
martèle Patricia Moreira. n
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
idées&débats
L’ÉDITORIAL
DES « ÉCHOS »
Un ange
dans nos campagnes
Sur quinze pays d’Europe de l’Est,
les populistes détiennent le pouvoir
dans sept, appartiennent à une coalition
dirigeante dans deux de plus et sont
la principale force d’opposition dans trois.
Photo Wojtek Radwanski/AFP
LA CHRONIQUE
d’Eric Le Boucher
Cette nouvelle guerre EstOuest qui déchire l’Europe
Sur quinze pays d’Europe de l’Est, sept sont gouvernés par des
populistes. Leur projet de « contre-révolution culturelle », essentiellement identitaire, vient heurter de front les valeurs défendues par l’Europe de l’Ouest depuis soixante ans. Au risque de
déstabiliser l’Union européenne.
K
onrad Szymanski, le ministre
polonais des Affaires européennes, a menacé Bruxelles cette
semaine de « représailles énormes » si la
Commission persistait à vouloir priver
de Fonds de cohésion les pays qui ne respectent pas l’Etat de droit. Une procédure a été ouverte en décembre contre la
Pologne, qui est accusée par les capitales
de l’Ouest de s’en prendre à l’indépendance de la justice et à la presse. La Pologne pourrait bloquer les discussions sur
vote du budget européen 2021-2028
post-Brexit qui ont commencé et, plus
largement, paralyser toutes les tentatives de « relance européenne ».
La Pologne, où gouverne le parti
populiste Droit et Justice, a plein d’amis.
En République tchèque, le président,
Milos Zeman, prorusse, a été réélu fin
janvier face au « pro-européen » Jiri
Drahos. En Hongrie, le parti de Viktor
Orban devrait remporter haut la main
les législatives du 8 avril. Sur quinze pays
d’Europe de l’Est, les populistes détiennent le pouvoir dans sept, appartiennent
à une coalition dirigeante dans deux de
plus et sont la principale force d’opposition dans trois (1). Le populisme, inexistant il y a deux décennies, triomphe, il
s’affirme et compte faire entendre ce que
le Hongrois Orban et le Polonais Kaczynski nomment la « contre-révolution
culturelle ». « En 1989 [chute du Mur],
ici, en Europe centrale, nous pensions que
l’Europe était notre avenir ; aujourd’hui,
nous avons le sentiment d’être l’avenir de
l’Europe », dit Orban.
Illibéralisme économique
Le problème, pour les capitales de
l’Ouest, est que cet avenir-là s’écrit
comme l’antithèse de leur projet depuis
soixante ans et de leurs valeurs : une
société fermée plutôt qu’ouverte, le
nationalisme plutôt que la « souveraineté européenne », comme la prône
Emmanuel Macron, un illibéralisme
économique revendiqué, et une culture
traditionnelle de la famille et de l’Eglise
qui fait dénoncer la permissivité multi-
culturelle « de gauche », à commencer
par l’immigration. Donald Trump ne s’y
est pas trompé, qui, à Varsovie, a fait
l’éloge de la Pologne comme rempart de
la civilisation occidentale « combattant
pour la famille, la liberté, la patrie et
Dieu ». Que peuvent faire Paris, Berlin,
Rome devant ce bloc des pays européens de l’Est, aujourd’hui d’autant plus
fermement soudés entre eux que la
Grande-Bretagne n’est plus là ? La cassure est-elle inévitable ? Dans une
Europe à deux vitesses, parce qu’en réalité deux projets, faut-il les retenir
quand même ? Comment les empêcher
de se rapprocher de Moscou avec qui ils
ont tant d’aspects illibéraux en apparence communs ?
La priorité immédiate est d’inventer
des mécanismes qui leur ôtent toute
capacité de blocage d’une relance
comme en menace Varsovie. Ce ne sera
pas simple avec les traités actuels. Mais,
ensuite, il faut pouvoir faire d’un mal un
bien. Les pays de l’Ouest ont aussi leurs
populistes et pour que ces derniers ne
soient pas « l’avenir » ici aussi, les partisans de l’ouverture démocratique et
libérale feraient bien d’y regarder à deux
fois. Il est une différence majeure entre
les populistes de l’Est et ceux de l’Ouest :
l’économie. Le taux de chômage n’est
que de 2,9 % en République tchèque, de
5 % en Hongrie, de 4,9 % en Pologne. Les
électeurs populistes n’y sont pas les
« perdants » de la mondialisation
comme en Italie du Sud ou au nord de la
France. La Pologne n’est pas non plus
une « victime » de Bruxelles, elle est la
première bénéficiaire des fonds structurels, avec 80 milliards d’euros d’aides sur
le budget actuel 2014-2020. C’est dire,
sans doute, que le substrat profond du
populisme n’est pas dans l’économie.
Les partis populistes de l’Ouest qui en
font leur ligne de bataille (l’Ukip, le FN,
La France insoumise) se trompent.
L’autre différence Est-Ouest tient au
passé : ces pays n’ont, hélas pour eux,
que rarement connu la démocratie et
leurs institutions sont fragiles. Un
Trump ne s’attaque pas à la justice, Kaczynski et Orban n’hésitent pas.
Identité menacée
La priorité
immédiate est
d’inventer des
mécanismes qui
ôtent toute
capacité de
blocage d’une
relance.
La Pologne
est la première
bénéficiaire
des fonds
structurels,
avec 80 milliards
d’euros d’aides
sur le budget
actuel 20142020.
Ce qui unit les populistes est leur combat pour l’identité culturelle. La résistance contre les élites n’est pas économique mais identitaire, ces élites sont
responsables d’une dilution des valeurs
traditionnelles du « peuple », elles sont
au service des étrangers. La nation doit
être défendue parce qu’elle est le lieu de
cette identité menacée. La frontière
n’est pas tant l’arme de défense de
l’emploi et des intérêts matériels que la
barrière « entre eux et nous ». Ce besoin
identitaire est plus fort à l’Est, parce que
ces pays ne se sont pas constitués par
l’Etat, comme ce fut le cas à l’Ouest,
mais justement comme communautés
culturelles, souligne justement le politologue Zaki Laïdi. Et cette identité s’est
trempée dans l’histoire : elle a été capable de résister à soixante-dix ans de
domination soviétique.
Pourquoi la gauche et les libéraux
n’ont-ils pas été capables de s’opposer
dans ces pays à la dérive nationaliste et
conservatrice ? demande le politologue
Jacques Rupnik (2). C’est la bonne question qui éclaire ce que doivent faire les
capitales ouest-européennes. Il ne sert à
rien de dénoncer le « projet » d’Orban et
de Kaczynski comme raciste, antidémocratique, superficiel et illusoire. Il
plaît parce qu’il a une consistance. En
face, l’ouverture des frontières et le multiculturalisme ne peuvent pas emporter l’adhésion contre la société fermée.
L’objectif est trop vague, le cadre sans
limite, le but trop imprécis, le tout laisse
grande ouverte la porte aux peurs. Il est
urgent de constituer autrement solidement le projet d’une Europe ouverte,
humaniste, multiculturelle.
(1) « How Eastern European Populism
is Different », Slawomir Sierakowski.
Project Syndicate, 31 janvier.
(2) Revue « Commentaire »,
hiver 2017, no 160.
Le volontarisme affiché par Emmanuel
Macron devant les centaines de jeunes
paysans reçus jeudi à l’Elysée ne suffit pas
à rassurer le monde agricole français sur son
avenir. C’est bien compréhensible, tant, à la
veille de l’édition 2018 du Salon de l’agriculture,
la révolution culturale promise par le chef
de l’Etat se voit percutée, de plein fouet, par
Par Jean-Francis
des réalités contrariantes. Et inquiétantes.
Pécresse
S’il y a bien un reproche que l’on ne peut pas
faire à Emmanuel Macron et à son ministre
L’agriculture Stéphane Travert, c’est celui de la passivité
face à la crise profonde que traversent depuis
prônée
quinze ans les agriculteurs français, quelle
par Macron
que soit leur activité de production. Après un
se heurte
quinquennat pendant lequel le ministre des
à notre
vaches a regardé passer les trains, ce président
des villes a vite élaboré une stratégie de sortie
manque de
le haut. Aller chercher de la valeur dans
compétitivité. par
la production d’aliments de qualité, d’origine
biologique autant que possible, identifiés à un
terroir et à un savoir-faire, et apportant, enfin, une garantie de sécurité
sanitaire : tel est le sillon tracé aux agriculteurs. Il n’est pas virtuel.
Avec la triple promesse d’un relèvement du seuil de revente à perte
dans la grande distribution, d’un encadrement des promotions et
d’une construction des prix de vente à partir des coûts de production
y ont déjà été semées les graines d’une revalorisation des produits
agricoles, au moins sur le marché intérieur. L’ennuyeux est que cette
stratégie un peu angélique se voit malmenée par une réalité que les
paysans connaissent bien, pour l’affronter depuis des années à armes
inégales. Cette réalité est que la France agricole n’est pas seule au
monde. Après l’ouverture de tout le marché européen aux Canadiens
se profile désormais un traité avec les pays latino-américains du
Mercosur qui pourrait porter le coup de grâce à des milliers d’éleveurs
français. Non pas qu’il faille craindre l’invasion de bœuf aux
hormones, comme l’a pointé – pour s’y opposer – Emmanuel Macron.
Le motif d’inquiétude est plutôt la concurrence des beaux morceaux
de viande argentine, comme l’aloyau, précisément sur ce créneau de
la viande de qualité que cherchent à occuper nos éleveurs. Notre blé,
qui fut longtemps la fierté de la République, est aujourd’hui bien
moins nutritif que celui de l’Est… Il faut se rendre à une triste
évidence : même sur l’alimentation de qualité, la France a du mal à
être compétitive. Parce qu’elle produit pour trop cher et qu’elle ne
produit plus assez. Une stratégie agricole réaliste ne peut plus passer
à côté du coût de la main-d’œuvre, cette « vache au milieu du pré »
que les gouvernements successifs ne veulent pas voir. Imaginer que le
haut de gamme ou le bio est le seul avenir de notre agriculture, penser
que le consommateur français va sauver le producteur, c’est faire
preuve d’angélisme. Comme l’est l’objectif d’élimination des produits
phytosanitaires en trois petites années. Aucune autre grande nation
agricole ne s’impose de règle aussi contraignante. Le nouveau monde
est parfois plus terre à terre que ne le rêve Emmanuel Macron.
(
Lire nos informations
Pages 14-15
DANS LA PRESSE ÉTRANGÈRE
Faire rentrer dans le rang la Pologne ?
L’équation pour l’Union euro•péenne,
qui se penche à partir de
la semaine prochaine sur son
budget pluriannuel après 2020,
est complexe. La Pologne, le
principal pays bénéficiaire des
fonds européens, va devenir,
après le départ du Royaume-Uni
en 2019, la cinquième puissance
de l’Union avec plus de pouvoir
en son sein notamment dans la
Commission.
Or, affirme le « Financial
Times », un bras de fer se prépare entre Bruxelles et Varsovie,
alors que le gouvernement polonais, dominé par les nationalistes xénophobes, ne
cesse de
s’éloigner
de l’Etat de droit, au cœur des
valeurs de l’Union. Une question
d’autant plus difficile que les
Vingt-Sept vont devoir compenser budgétairement le départ du
Royaume-Uni. Berlin a souhaité
que le budget soit lié au respect
des règles et des décisions européennes, surtout en matière
d’accueil des migrants. Alors
que l’Allemagne doit supporter
en Europe le plus grand nombre
de réfugiés des pays en guerre, le
parti ultraconservateur Droit et
Justice, au pouvoir en Pologne, a
refusé d’appliquer la répartition
décidée par la Commission.
De même, il a mis sous sa
coupe le Tribunal constitutionnel polonais et modifié en sa
faveur la composition de la Cour
suprême. Et Berlin a souhaité
que l’octroi de fonds régionaux
soit directement lié à la volonté
d’accueillir des réfugiés. Pour la
Pologne, cette question est
importante. En 2016, toujours
selon le « FT », le pays a reçu
10,6 milliards d’euros de fonds
européens, soit l’équivalent de
2,6 % de son
revenu national brut. Mais
il y a un risque à mettre une pression trop
forte sur la Pologne car le parti
Droit et Justice reste très populaire et il faut éviter de renforcer
dans ce pays les sentiments antiBruxelles. Mais, pour le « FT »,
« il est nécessaire de résister et de
ne pas abandonner la défense des
valeurs centrales de l’Union ». Ce
qui, vu l’attitude aujourd’hui du
gouvernement polonais, s’apparente à un exercice de corde
raide. —J. H.-R.
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // IDEES & DEBATS
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
opinions
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LE POINT
DE VUE
d’Etienne Baulieu
L
a grève des personnels des Ehpad
attire l’attention sur ces établissements qui accueillent des personnes âgées en situation de dépendance.
Plus des deux tiers d’entre elles souffrent
de maladies neurodégénératives, dont la
maladie d’Alzheimer est la plus connue.
La crise d’aujourd’hui est analysée en
termes économiques. Quel budget supplémentaire faut-il dépenser pour recruter des personnels afin d’alléger la
charge de travail de salariés au bord du
burn-out ? Ce qui manque, disent ces
derniers, c’est du temps pour faire chaque jour la toilette, pour écouter le malêtre d’une personne âgée, pour tenir une
main, pour calmer une angoisse, pour
informer une famille qui a confié son
aïeul. Du temps, donc des recrutements.
La ministre a réussi à dégager 50 millions d’euros. Somme considérable,
mais somme dérisoire quand elle est
r a m e n é e à l ’u n i t é c o n c e r n é e :
66.000 euros par établissement ou
moins de 100 euros par personne hébergée. Mais surtout, qui peut espérer que la
course entre la spirale des coûts et celle
des recettes aboutisse à un plus grand
confort des patients et de meilleures
conditions de travail des personnels ?
Les personnes qui auront 85 ans dans
vingt ans sont connues : elles ont 65 ans
aujourd’hui ! La progression des soins
médicaux, l’amélioration de la prévention devraient même augmenter l’espérance des gens de 65 ans d’atteindre et de
dépasser 85 ans. De plus, la génération
du baby-boom est très nombreuse, ce
sera donc une population croissante qui
dépassera l’âge auquel plus de 20 % des
LE POINT
DE VUE
de Zaki Laïdi
A
près la recomposition politique
en France, allons-nous vers une
recomposition politique en
Europe ? Ce sera l’enjeu majeur des élections européennes de mai 2019.
Face à la montée du populisme, il faut
impérativement relancer la construction européenne. La seule reprise économique ne suffira pas à convaincre les
Européens de se sentir mieux protégés
face au risque d’une nouvelle crise de
l’euro ou aux défis migratoires. La
reprise économique permet de gagner
du temps, non de différer indéfiniment
des problèmes non résolus.
Cette détermination à avancer passe
avant tout par les Etats, notamment à
travers le pouvoir d’entraînement du
couple franco-allemand. Pendant longtemps, c’étaient les Allemands qui
étaient à l’initiative et les Français dans
l’expectative. Cet écart n’a eu de cesse de
s’étendre, notamment sous François
Hollande, pour qui l’Europe était
d’abord et avant tout une source de problèmes intérieurs. Avec l’arrivée
d’Emmanuel Macron, les choses ont
changé. C’est la France qui est passée à
l’offensive et l’Allemagne qui se retrouve
sur la défensive, notamment en raison
de la crise politique qu’elle connaît
depuis maintenant près de six mois.
La fragilisation de Mme Merkel est
indéniable. Toute la question est de
savoir ce qu’elle fera de cet affaiblissement. Elle peut s’en tenir au statu quo, ce
qui serait bien évidemment catastrophique pour l’Europe. Mais elle peut également prendre une initiative en sachant
qu’elle n’a désormais plus rien à perdre.
Renforcer la recherche
sur Alzheimer pour
soulager les Ehpad
personnes sont aujourd’hui en situation
de « démence sénile ».
Il faut imaginer ce que ces maladies
représentent comme malheur pour le
malade : perdre ses souvenirs, ne plus
reconnaître ses proches, ne plus savoir
son adresse, ni plus pouvoir faire seul sa
toilette… sont une humiliation, une perte
de dignité et d’identité. Et pour une
famille, c’est un demi-deuil et la lourde
responsabilité d’être un « aidant ». Audelà de la douleur affective, il y a les
embarras de la vie quotidienne. Trouver
Les maladies
neurodégénératives
sont négligées et
ne font l’objet d’aucun
financement public
spécifique.
une place en Ehpad relève du parcours du
combattant et le coût mensuel représente
environ le double de la retraite moyenne.
Alors les départements ont mis en place
une aide spécifique pour soutenir le financement de la dépendance. Cela s’appelle
l’aide personnalisée à l’autonomie. Cette
APA, destinée à prolonger le maintien à
domicile des personnes ou à prendre en
charge une partie du coût de leur hébergement, ruine les départements mais ne
parvient que partiellement à soulager
financièrement les familles.
La seule solution est de réussir à détecter et à prévenir ces maladies. On le sait
aujourd’hui, elles se développent pen-
dant quinze ou vingt ans, période pendant laquelle on pourrait intervenir, bloquer le processus délétère, avant même
que les symptômes cognitifs ne soient
manifestes. Ceci implique de consacrer
des moyens importants à la recherche.
Retarder la dépendance ne serait-ce que
d’un an, pour ne serait-ce que 10 % des
personnes concernées, représenterait
(principalement pour les familles) 1 milliard d’euros par an d’économies. Or les
maladies neurodégénératives sont
négligées et ne font l’objet d’aucun financement public spécifique.
L’an dernier, l’Agence nationale de la
recherche n’a attribué aucun financement à ce titre. Le plan Alzheimer était
principalement destiné au suivi des
malades. A l’Inserm, mon laboratoire a
rempli demande sur demande. Aucune
n’a été retenue. Notre recherche est
entièrement financée, à travers l’Institut
Baulieu, par la philanthropie de généreux donateurs et par le crowdfunding
du grand public. Quand on a la chance
d’avoir, ce qui est mon cas, une voie de
recherche originale dont rien n’est venu
contredire la pertinence ni l’espoir d’efficacité, on devrait être obligé par la puissance publique de s’y consacrer à plein
temps pour la conduire à son terme, plutôt que de courir les demandes d’argent.
Seuls les financements rythment
aujourd’hui l’avancée d’une recherche
dont je pense, si ma crédibilité a quelque
poids, qu’elle pourrait changer la donne.
Etienne Baulieu, professeur, est
médecin et chercheur, ancien
président de l’Académie des sciences.
Pour une nouvelle force
politique au Parlement
européen
Mais si le rôle des Etats est décisif,
celui des opinions au travers du Parlement européen ne peut plus être tenu
pour négligeable. D’où l’idée qu’avait initialement Emmanuel Macron de voir
émerger en Europe une force transnationale qui pourrait, par sa force numérique au Parlement européen, imposer
son candidat à la tête de la Commission.
Ce projet est aujourd’hui compromis en
raison du rejet par le Parlement de toute
idée de listes transnationales.
Face à la montée
du populisme,
il faut impérativement
relancer la construction
européenne.
Pour autant, rien n’est perdu. On doit
désormais envisager un scénario en
deux étapes. La première serait l’émergence d’un nouveau groupe politique
rassemblant En marche en France, Ciudadanos en Espagne, le Parti démocrate
en Italie, peut-être les Verts allemands et
une bonne partie des libéraux européens. Ce groupe, qui pourrait atteindre
la masse critique de 120 députés, pourrait ensuite passer des alliances avec les
sociaux-démocrates européens qui
seront très certainement les grands perdants du scrutin de 2019.
Cette Alliance pour l’Europe pourrait
ainsi émerger comme la deuxième force
du Parlement européen, puisque, selon
toute vraisemblance, les eurosceptiques
bien représentés ne parviendront pas à
constituer un groupe homogène et cohérent. Cette force deviendrait ainsi le challenger du PPE, qui devrait rester le premier parti européen. Jusque-là, c’était
avec les sociaux-démocrates que le PPE
nouait des alliances et se partageait les
postes au Parlement européen. Désormais, ce devrait être avec l’Alliance pour
l’Europe que le rapport de force se construira. C’est un changement politique
important, car on voit très clairement
que le PPE ne parvient à s’imposer au
Parlement européen qu’au prix de contorsions politiques de plus en plus difficiles à assumer. Il compte dans ses rangs le
parti d’Orban et se verra renforcer très
certainement par le gros bataillon italien
des amis de Berlusconi que Mme Merkel
voulait bouter hors du PPE !
La porosité entre les conservateurs
européens et les eurosceptiques ne cesse
de s’accroître. Et cela ne sera pas sans
conséquence sur la campagne des européennes en France. En effet, on prête à
Mme Merkel l’intention de voir Michel
Barnier, voire Christine Lagarde, prendre la tête de la Commission. Mais on est
curieux de voir comment ces personnalités à l’engagement européen indéniable pourront défendre une ligne politique aux antipodes de celle que semble
vouloir choisir M. Wauquiez en France.
En tout cas, un des enjeux de la campagne de 2019, en France, sera de forcer les
souverainistes à assumer leurs positions
et leurs contradictions.
Zaki Laïdi est politologue
à Sciences Po.
« Les Misérables »,
nous et Dieu
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
Droit
D
ifficile de trouver roman plus
connu. Depuis un siècle et demi,
« Les Misérables » ont conquis la
planète. Traduite en toutes langues, adaptée plusieurs fois au cinéma, devenue bande
dessinée ou comédie musicale, l’œuvre est
familière à chacun. Fantine, Cosette, les
Thénardier, Jean Valjean, Javert, Gavroche
et les autres sont comme des voisins, des
amis, des cousins, des gens qu’on connaît de
longue date. Mais qui appartiennent, avant
tout, au XIXe siècle.
Qui incarnent et résument un vieux
temps – celui de l’exploitation sauvage et
des révoltes sanglantes. Tous parlent du
passé, pas de nous, présentement. Et si
c’était une erreur ? S’il fallait lire Hugo
autrement, en se disant qu’il parle, plus
qu’on ne croit, du XXIe siècle ?
L’édition des « Misérables » qui paraît
aujourd’hui dans la Pléiade incite à tenter
l’expérience (*). La première parution du
roman dans cette bibliothèque prestigieuse
datait de 1951. La nouvelle, accompagnée de
documents passionnants, débarque donc
dans un univers sans commune mesure
avec celui où l’humanité a vécu. La société
numérisée, mondialisée, technologisée n’a
plus grand-chose en commun, semble-t-il,
avec celle où luttaient les figures esquissées
par le souffle du poète. Et pourtant…
Dès qu’on songe aux souffrances de tous
les démunis, il y a bien plus de proximité
qu’on ne croit. Comment ne pas trouver de
semblables destins entre les personnages
de Hugo et nos contemporains – cohortes
de migrants, miséreux de la France périphérique, paysans au bord du suicide,
enfants violentés, filles prostituées ? Les
vies écrasées des faibles n’ont pas vraiment
changé. L’indifférence et le cynisme des
puissants non plus. Les décors sont différents. Les détresses sont les mêmes.
Toutefois, la corde sensible ne dit pas
tout. Elle existe, et importe, bien sûr. La saga
des « Misérables » est aussi celle du cœur.
Sans ce cœur, le roman n’existerait pas.
Mais pas non plus, pour Hugo, la société,
l’humanité, le cosmos. Dans ses cartons,
l’auteur a en effet laissé une étonnante
« Préface philosophique », rédigée en 1860
pour le roman, finalement écartée. « Ce livre
est religieux », y précise-t-il d’emblée. En
quel sens ? Et pourquoi sommes-nous toujours concernés ?
Hugo se dit à la fois religieux et « étranger
à toutes les religions actuellement régnan-
tes ». Les respectant toutes, n’en partageant
aucune. Et refusant d’adhérer aux superstitions. Ce qui ne l’empêche pas d’être taraudé
par la question de Dieu, devenue pour lui
synonyme de l’inexplicable et de l’infini. Or
l’infini existe, l’inexplicable aussi. Ils ne cessent d’habiter les esprits humains. « La religion n’est autre chose que l’ombre portée de
l’univers sur l’intelligence humaine », continue ce philosophe à l’état sauvage. Il faut
donc commencer par extraire la religion – la
« spiritualité », comme on dit aujourd’hui –
des croyances et des rites institués.
D’où ces lignes qu’il faut citer, parce
qu’elles parlent plus que jamais : « L’assujettissement aux Bibles, la servitude aux livres,
l’idolâtrie des textes, l’obéissance passive aux
Vedas et aux Korans, tout cela est terrestre,
tout cela est artificiel, tout cela est construit
pour les besoins de tel ou tel mode de civilisation […] tout cela n’a, dans l’absolu, nulle raison d’être. Mais l’obéissance aux lueurs intimes, la confiance aux irradiations infinies, la
foi à la conscience, la foi à l’intuition, c’est la
chose sacrée, c’est la respiration de l’air même
du sanctuaire inexprimable, c’est la communication avec Dieu, c’est la religion. »
L’intérêt majeur de Hugo,
c’est d’indiquer le lien, qui
nous fait si cruellement
défaut, entre cette intuition
spirituelle et la politique,
les relations sociales,
l’économie.
Le maître mot de ce lien
est « solidarité ».
L’intérêt majeur de Hugo, de cette préface, de ce que charrient d’immense « Les
Misérables », c’est d’indiquer le lien, qui
nous fait si cruellement défaut, entre cette
intuition spirituelle et la politique, les relations sociales, l’économie. Le maître mot de
ce lien est « solidarité », mais son sens est
étendu à l’extrême. Si la démocratie est bien
avant tout solidarité, pour Hugo, c’est parce
que l’humanité se trouve solidaire avec la
planète, qui est solidaire avec le cosmos, qui
est solidaire avec l’infini. Ainsi s’esquisse
une boucle qui tient ensemble l’insondable,
la nature et la révolte. Qui fait communiquer les sentiments intimes, les galaxies et
l’existence des autres. J’ai la faiblesse de
croire que pareille question ne s’est pas
close, définitivement, depuis 1862.
(*) Victor Hugo, « Les Misérables ». Edition établie par Henri Scepi, avec la collaboration de
Dominique Moncond’huy (Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1.734 p., 72 euros, prix de
lancement 65 euros jusqu’au 30 juin 2018).
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Libérer les expérimentations locales
IDÉE. L’expérimentation locale, que tout le monde (élus, économistes,
statisticiens, laborantins, etc.) célèbre aujourd’hui, a une histoire. Consacrée
dans la Constitution en 2003, l’expérimentation avait été un véhicule (comme
on aime le dire aujourd’hui) de réformes substantielles dans le passé. Qu’il
s’agisse de la réforme des services de l’Etat au début des années 1960 ou, à sa
manière, de la création du RMI à la fin des années 1980. En réalité, le recours
au traitement provisoire sur échantillons est, en matière de politique
publique, très encadré. La Fondation Jean-Jaurès veut « déverrouiller ».
Ce n’est pas la généralisation d’une innovation qui doit être attendue,
mais d’abord l’extension des pratiques innovantes, dans la diversité.
L’expérimentation doit soutenir le principe classique : unis dans la diversité.
INTÉRÊT. Alors que la période est au big bang territorial et au volontarisme,
il s’agit de permettre vraiment la différenciation territoriale en conférant,
en quelque sorte, un nouveau souffle à la décentralisation. La Fondation
Jean-Jaurès et ses experts veulent soutenir la démarche, en renforçant
l’Observatoire de l’expérimentation et de l’innovation locales (l’Œil)
que le think tank socialiste abrite. Un regard exigeant !
— Julien Damon
www.jean-jaures.org
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Les Echos Vendredi 23 et samedi 24 février 2018
Son parcours
le grand entretien
Diplômé de l’école Audencia à Nantes
en 1983 et d’un MBA (HEC 2003),
Thierry Blandinières commence
sa carrière dans la chimie et la cosmétique chez Procter avant de passer
chez Avon.
l Il démarre dans l’agroalimentaire
en 1991 comme directeur marketing
de l’Européenne de Gastronomie puis
devient DGA de Madrange en 1993.
l En 2003, il rejoint la coopérative
Maïsadour, où il prend la tête de Delpeyrat, un acteur du foie gras. Il en
assure le redressement et en élargit
l’activité à la gastronomie du Sud-Ouest
avant de devenir directeur général de
l’union de coopératives InVivo en 2013.
l
Son actualité
Thierry Blandinières a profondément
réorganisé le groupe InVivo. Il s’est fixé
pour objectif de le hisser dans le Top 3
européen du monde coopératif .
l Son ambition est de doubler le chiffre
d’affaires à 12 milliards d’euros d’ici
à 2025 en multipliant les acquisitions
ciblées à l’international.
l Le groupe a quatre pôles d’activité,
le négoce de céréales, la vente de semences, d’engrais et de pesticides, l’alimentation animale et les jardineries
Gamm vert et Jardiland.
l
fiscalité. Nos concurrents ne demandent
qu’une chose, que l’Europe se fragmente. Ne
leur faisons pas ce cadeau ! La France veut
jouer un rôle de leader. A nous de démontrer aux autres que l’union fait la force et que
nous pouvons être plus forts ensemble.
THIERRY BLANDINIÈRES
PDG d’InVivo
Propos recueillis par
David Barroux,
Marie-Josée Cougard
et Emmanuel Grasland
D
ans un entretien aux « Echos », le
patron du groupe InVivo déplore
la logique trop franco-française
des Etats généraux de l’alimentation. Il
plaide pour une politique agricole européenne forte et préconise un changement
d’approche de la filière vis-à-vis de la
mondialisation.
Alors que s’ouvre cette semaine
le Salon de l’agriculture, quel est
votre regard sur le secteur ?
L’agriculture française subit des crises à
répétition depuis très longtemps, qui sont
souvent liées à son regard sur la mondialisation, ou plutôt son absence de regard. On raisonne trop sur une logique franco-française.
Lors de la suppression des quotas, on n’a pas
su faire la pédagogie de la mondialisation
pour accompagner la transformation de la
ferme Europe. Les Etats, la Commission, les
hommes politiques n’ont pas assez expliqué
les avantages mais aussi les inconvénients
de ce changement, l’impact de l’ouverture
des marchés. L’agriculture allemande a
mieux anticipé cette mondialisation.
Comment expliquez-vous cette
différence ?
L’Allemagne a fait de l’intégration des grandes fermes d’Etat de l’Est un levier pour
relancer son agriculture. Elle a eu un plan
de long terme, structuré autour d’une idée
simple : on peut produire plus et mieux, en
prenant en compte les enjeux sociétaux et
environnementaux. Le tout via un consensus à l’allemande. Bilan des courses, la
ferme Allemagne est aujourd’hui un leader
mondial alors qu’elle n’était pas du tout un
acteur majeur auparavant. C’était la France
qui était dans cette position.
Une fois ce constat fait, que proposezvous ?
Nous devons reposer les bases de notre agriculture. J’entends les ONG et les associations de consommateurs, il faut bien sûr
répondre à la demande de produits locaux
et bio. Mais en même temps, nous devons
nous projeter dans la mondialisation et la
voir comme une opportunité.
Est-ce que la France peut être
gagnante dans cette mondialisation ?
N’oubliez pas que l’agriculture, c’était le
pétrole vert de la France dans les années
1970 ! Le secteur a été un moteur pour créer
de l’emploi et de la valeur. Aujourd’hui
encore, les exportations de céréales et de
vins et spiritueux restent un élément majeur
de notre balance commerciale. Ces filières
emploient beaucoup de main-d’œuvre et
ont un ancrage fort sur les territoires.
Mais cet ancrage territorial,
ces petites fermes, ces produits
locaux, ce n’est pas aussi le handicap
de la France ?
Nous disposons tout de même de belles positions à l’international avec le champagne, le
cognac, les grands crus de Bordeaux ou de
Bourgogne. Lors d’une année normale, la
moitié de la production française de blé est
« Il faut bien sûr répondre
à la demande de produits
locaux et bio. »
acteurs d’exprimer leurs potentiels. Prenez
la Nouvelle-Aquitaine, la première région
agricole européenne, en valeur et en
volume. Vous avez là un modèle, qui est
intéressant, avec une montée en gamme
des produits. Dans cette région, vous avez
les vins de Bordeaux, le foie gras, le jambon
de Bayonne, les poulets à label, le cognac…
Ce sont des productions contractuelles à
valeur ajoutée, qui rémunèrent toutes
l’agriculteur dans la durée.
Tout le contraire de la Bretagne…
A la base, le modèle économique breton était
plus fondé sur un rapport volume prix que
sur la différenciation et la qualité. Il a été très
concurrentiel dans les années 1980 comparé
aux modèles danois, néerlandais et allemands, avant de perdre en compétitivité.
C’est vrai de la filière laitière, du porc ou des
bovins. A cet égard, je regrette qu’il n’y ait pas
eu de véritable « benchmarking » des filières
des pays européens à l’occasion des Etats
généraux de l’alimentation pour comprendre d’où viennent les écarts de coûts et proposer des solutions. L’approche est restée
trop franco-française.
exportée ! Ces exportations constituent un
enjeu géopolitique majeur pour la stabilité
des pays du bassin méditerranéen. L’Algérie
ou le Maroc ne pourront pas produire suffisamment de céréales pour leurs populations
avec le réchauffement climatique. C’est la
France la mieux placée pour répondre à
leurs besoins.
Quelles sont les raisons de ces écarts
de compétitivité, selon vous ?
Parmi les facteurs qui nuisent à la compétitivité, la surtransposition des normes européennes revient très souvent. C’est un mal
français. On se tire une balle dans le pied en
imposant plus de contraintes à nos agriculteurs à qui l’on demande d’être les plus vertueux d’Europe. Cela n’a de sens que si l’on
arrive à absorber ces coûts en les valorisant
dans nos prix. Mais ce n’est pas le cas. Si la
France veut aller plus vite que d’autres, en
matière de produits phytosanitaires par
exemple, pourquoi pas ! Mais il faut que
notre pays mette en place des mécanismes
de compensation pour que notre agriculture reste compétitive, le temps que
l’Europe se mette à notre norme.
Entre la demande des marchés
mondiaux et le besoin de produits
locaux, quel mode d’agriculture
faut-il choisir ?
Nous voulons promouvoir le concept de
« l’intelligence alimentaire ». Autrement
dit, il ne faut pas opposer les régions, les
agricultures mais donner les moyens aux
On ne peut pas être un exemple ?
La France peut être à la pointe sur les sujets
sociétaux ou environnementaux. On peut
montrer l’exemple et dire qu’il faut aller de
l’avant mais il faut alors convaincre nos
amis européens que ce combat mérite
d’être mené à l’échelle du continent. Sinon
vous placez notre agriculture dans une
« Mais en même temps,
nous devons nous projeter
dans la mondialisation
et la voir comme une
opportunité. »
situation de concurrence déloyale. Il ne faut
pas s’étonner si dans ce cas les distributeurs
vont se fournir hors de nos frontières. Sur
les grands flux de produits, le prix et la compétitivité restent des éléments clefs.
Cette situation a donné une vision
très négative de la mondialisation
à certains agriculteurs…
Il ne faut pas diaboliser la mondialisation.
Regardez la crise du porc. On n’en sort pas
en demandant à la grande distribution de
payer plus. On en sort quand on a la chance
de voir s’ouvrir un nouveau marché comme
la Chine. Cela tire aussi les prix vers le haut
pour les distributeurs français.
Et la contrepartie, c’est quoi ?
La contrepartie, c’est qu’on a basculé dans
un monde avec plus de volatilité. Du coup, il
faut sans doute imaginer des régimes assurantiels qui sécurisent au moins les coûts de
production, tout en gardant les moyens de
saisir les opportunités de prix quand elles
surgissent. Cela suppose de créer un
modèle hybride, permettant de trouver un
bon équilibre entre les quotas d’avant et une
mondialisation trop sauvage.
Quelle est la bonne stratégie alors
pour les agriculteurs ?
Il faut mieux comprendre les demandes. En
France, en Europe et dans le reste du
monde. Adapter sa production et mieux flécher les produits avec l’idée d’adresser le
marché le plus rentable à moyen terme.
Tous les talents des entreprises agricoles
devraient se concentrer là-dessus.
Certains veulent relocaliser la PAC en
donnant plus d’autonomie aux pays.
Est-ce une bonne idée ?
C’est une énorme erreur. La politique agricole doit rester européenne. Il nous faut des
normes et des règles à l’échelle du continent.
La compétition est mondiale. L’agriculture
américaine est très puissante. La Russie et
l’Ukraine reviennent en force. Et demain
vous aurez la Chine qui a fait de l’essor de
son agriculture un objectif stratégique. La
Chine est importatrice aujourd’hui. Ce ne
sera pas le cas demain ! Pour résister, nous
devons avoir une vraie plate-forme européenne avec un marché et des règles communes. Il faut aligner nos normes et notre
Romain Gaillard/RÉA
« Il ne faut pas diaboliser
la mondialisation de l’agriculture »
Mais rechercher des effets d’échelle
n’est pas non plus la solution à tout…
Cela n’empêche pas d’avoir des approches
différenciées avec des produits locaux ou du
bio. Il y a, d’un côté, une demande de montée
en gamme et, de l’autre, une croissance de la
consommation mondiale. La demande est
multiforme. On doit se donner les moyens
de répondre à ses différents visages.
Cette ambition est-elle partagée
par les autres pays ?
Si les Allemands, les Danois ou les Hollandais ont bien tiré leur épingle du jeu dans le
cadre de la mondialisation, ils peuvent partager le même constat que nous, car on peut
très bien être gagnant aujourd’hui et perdant demain. Ces pays sont pragmatiques.
Ils savent que la concurrence va s’intensifier. Nous devons saisir ensemble cette
chance de la croissance mondiale.
Se projeter dans la mondialisation
impose-t-il l’avènement de fermes
usines, comme en Allemagne ?
On a déjà des fermes de taille compétitive.
Nous avons doublé la surface moyenne des
exploitations en trente ans. La question
n’est pas de faire sans cesse plus grand. Elle
est de se donner les moyens d’optimiser le
« La politique agricole
doit rester européenne. »
« Il nous faut des normes
et des règles à l’échelle
du continent. »
potentiel existant. La force de la France,
c’est d’avoir des agricultures et des atouts
régionaux. Pour autant, il ne faut pas mythifier la petite ferme. Ce n’est qu’au-delà d’une
certaine taille qu’on arrive à enclencher un
cercle vertueux, écologique, en faisant par
exemple le pari de la méthanisation ou du
recyclage. L’économie circulaire ne peut
pas se faire à une toute petite échelle. Mais
chaque région a sa taille critique, en fonction de ses problématiques propres.
Mais peut-on réussir à l’étranger avec
une agriculture française aussi diversifiée ?
La force de la France c’est qu’elle peut aussi
bien faire des grands volumes que des petites séries. Encore faut-il pouvoir tabler sur
une certaine visibilité, faute de laquelle les
agriculteurs hésitent à investir. Les coopératives et les industriels doivent leur fournir
cette visibilité et leur garantir leurs investissements dans des contrats pluriannuels.
Les distributeurs, eux aussi, doivent entrer
dans cette logique et arrêter ces négociations commerciales annuelles dans lesquelles on passe la moitié de l’année à discuter
des tarifs qui ne créent aucune valeur. Cela
n’existe nulle part ailleurs en Europe. Il faut
changer de culture. n
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10 //
Vendredi 23, samedi 24 février 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
IMMIGRATION LE DÉFENSEUR
DES DROITS « S’INDIGNE »
DE LA RÉTENTION DES ENFANTS
SYRIE MOSCOU S’OPPOSE À UN
CESSEZ-LE-FEU HUMANITAIRE
L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily
Nebenzia, a annoncé jeudi qu’il n’y
avait « pas d’accord » entre les quinze
membres du Conseil de sécurité pour
imposer un cessez-le-feu humanitaire de trente jours en Syrie, négocié
depuis plus deux semaines. Le diplomate a dénoncé « les discours catastrophistes » déjà utilisés pour Alep fin
2016. Jeudi, le ministre russe des
Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a
souligné que son pays était prêt à un
cessez-le-feu pouvant durer un mois ,
mais sous condition.
Le Défenseur des droits, Jacques
Toubon, s’est « indigné » jeudi de la
« très nette augmentation » des placements de familles avec enfants en
centres de rétention administrative
(CRA), alertant le gouvernement sur
cette pratique contraire à la Convention internationale des droits de
l’enfant. « En 2017, le nombre d’enfants
placés en CRA s’est élevé à 275, soit
presque autant qu’entre 2012 et 2015 »,
détaille le Défenseur des droits.
CINÉMA BERTRAND BLIER
TOURNE UN NOUVEAU FILM
AVEC GÉRARD DEPARDIEU
Un homme s’est fait exploser devant
l’ambassade des Etats-Unis à Podgorica après avoir jeté une grenade à
l’intérieur de l’enceinte du bâtiment,
dans la nuit de mercredi à jeudi. La
mission diplomatique américaine,
qui restera fermée jeudi, a demandé
aux ressortissants américains d’« éviter jusqu’à nouvel ordre l’ambassade
à Podgorica ». Le Monténégro, petit
p ay s m a j o r i t a i r e m e n t s l ave d e
660.000 habitants où une élection
présidentielle est prévue en avril, a
rejoint l’Otan en 2017.
CHINE PÉKIN ENQUÊTE SUR
UNE VIOLATION DES SANCTIONS
CONTRE LA CORÉE DU NORD
Directement inspirés du film « Three Billboards Outside Ebbing, Missouri » (« Les Panneaux de la Vengeance »), trois véhicules surmontés de tableaux appelant à mettre un terme aux violences en Syrie ont tourné pendant trois heures, jeudi,
devant l’ONU, où se réunissait le Conseil de sécurité.
PIC DE POLLUTION PARIS
DEMANDE LA MISE EN PLACE DE
LA CIRCULATION DIFFÉRENCIÉE
La Ville de Paris a demandé jeudi à
l’Etat de mettre en place la circulation différenciée dans la capitale, en
raison des pics actuels de pollution
aux particules fines. Un troisième
jours de pollution aux particules
fines est annoncé pour ce vendredi.
La circulation différenciée interdit la
circulation des voitures les plus polluantes en fonction de leurs vignettes
Crit’Air, obligatoires à Paris.
SANTÉ LE GOUVERNEMENT
SAISIT L’ANSES SUR LES TERRAINS
DE SPORT SYNTHÉTIQUES
Le gouvernement a annoncé jeudi
avoir saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail (Anses)
sur les éventuels risques liés aux granulats de caoutchouc recyclés. L’Anses
étudiera les principales voies d’exposition : terrains de sport, terrains de jeux
pour enfants, litières pour animaux…
Photo : Timothy Clary/AFP
Manan Vatsyayana/AFP
HOMMAGE MACRON HONORE
CLEMENCEAU ET SON « IDÉE
ÉLEVÉE » DE LA FRANCE
Emmanuel Macron rend hommage à
Georges Clemenceau et à son « amour
inconditionnel de la France », fondé sur
une « idée élevée, noble » mais aussi
« enracinée » du pays, dans une tribune
à paraître vendredi dans le magazine
« Le 1 » et intitulée « Un héros français ». La figure de Georges Clemenceau doit servir de fil rouge aux commémorations du centenaire de
l’Armistice, le 11 novembre prochain.
A New York , une manifestation devant l’ONU en faveur de la Syrie
MONTÉNÉGRO ATTAQUE CONTRE
L’AMBASSADE AMÉRICAINE
Photo Patrick Kovarik/AFP
Après « Les Valseuses », « Buffet
froid » ou « Tenue de soirée », le réalisateur Bertrand Blier (photo) s’associe
de nouveau avec Gérard Depardieu
pour un film en tournage, « Convoi
exceptionnel », a annoncé jeudi le
producteur Curiosa Films. L’anticonformiste du cinéma français, qui
se fait rare depuis une décennie,
tourne ce film en Belgique, avec également Christian Clavier en vedette.
LA PHOTO DU JOUR
La Chine a déclaré jeudi enquêter sur
un potentiel transfert de cargaison
entre un navire portant des caractères chinois et un bateau nord-coréen,
qui aurait été réalisé en violation des
sanctions de l’ONU visant Pyongyang. Le Japon affirme qu’un de ses
avions patrouilleurs militaires a
observé cette scène la semaine dernière en pleine mer, à environ 250 km
au large de Shanghai.
ESPAGNE L’ETA CONSULTE
À PROPOS DE SA DISSOLUTION
Les dirigeants du groupe séparatiste
basque ETA demandent à leurs membres de se prononcer par vote d’ici à
l’été pour ou contre le démantèlement de l’organisation. Fondée en
1959, sa campagne en faveur de
l’indépendance du Pays basque a fait
plus de 850 morts. L’ETA a rendu ses
armes en avril dernier.
ALLEMAGNE L’AFD VEUT
TRAVAILLER AVEC PEGIDA
Un dirigeant du parti allemand
d’extrême droite AfD milite pour que
soit levée l’interdiction pesant sur les
membres du parti de se rendre à des
rassemblements du parti anti-islam
Pegida. Il s’agit d’un nouveau signe
montrant que l’AfD a cessé son entreprise de recentrage. Selon un dernier
sondage,le parti est à 16 % des intentions de vote, devant le SPD.
ON EN PARLE À BUENOS AIRES
Le gouvernement argentin face à la grogne sociale
Mauricio Macri affronte une forte mobilisation syndicale et un mouvement pro-IVG.
Aude Villiers-Moriamé
@AudeVM
— Correspondante à Buenos Aires
che qui intervient dans un climat social déjà tendu, alors que
les syndicats sont en train de
négocier des hausses de salaire
pour faire face à une inflation,
supérieure à 24 % l’an dernier.
M
onsieur le président,
vous ne pouvez pas
poursuivre ces politiques qui affament les plus vulnérables de notre société ! » Debout
sur une grande scène érigée au
beau milieu de l’immense avenue 9 de Julio, Hugo Moyano
s’est montré virulent vis-à-vis
du président, Mauricio Macri.
Le secrétaire général de
Camioneros, le puissant syndicat de camionneurs, a réussi son
pari : cette manifestation contre
les mesures d’austérité du gouvernement libéral a rassemblé
plusieurs dizaines de milliers
d’Argentins mercredi. Une mar-
Une figure controversée
Cette démonstration de force
était pourtant loin de faire l’unanimité : plusieurs syndicats
avaient refusé de participer à la
mobilisation, y voyant surtout
l’expression d’un duel très personnel entre Hugo Moyano et
Mauricio Macri. Hugo Moyano,
figure très controversée dans le
pays, est soupçonné de blanchiment d’argent par la justice,
même s’il rappelle lui-même
n’avoir été mis en examen dans
aucun dossier jusqu’à présent.
« Je n’ai pas peur qu’on me mette
en prison […], je n’ai pas peur
qu’on me tue ! » s’est-il exclamé
devant ses partisans mercredi.
Lundi, c’est devant le Congrès
que s’est manifestée une autre
bronca : plusieurs milliers de
femmes ont brandi leurs foulards verts, symbole de la Campagne nationale pour le droit à
l’avortement libre. A dix jours
de la rentrée parlementaire, les
militants ont annoncé que,
pour la septième année consécutive, ils présenteraient un
texte de loi en faveur de l’interruption volontaire de grossesse.
En Argentine, l’IVG n’est permise qu’en cas de viol ou de danger pour la santé – physique ou
mentale – de la femme. Une
« hypocrisie », dénonce Analía,
médecin généraliste qui s’est
noué un foulard vert autour du
cou, alors qu’on estime que près
d’un demi-million d’avortements clandestins ont lieu chaque année dans le pays, et que
« les praticiens compréhensifs en
viennent à diagnostiquer de fausses maladies à leurs patientes
pour leur permettre de bénéficier
d’un avortement “légal” ». La
mobilisation de lundi laisse
espérer au mouvement féministe argentin que le sujet de
l’avortement sera enfin débattu
au sein du Congrès. Quant à une
légalisation, « ce serait une autre
affaire, estime Marta, une octogénaire militante. Quand bien
même le Parlement approuverait [l’IVG], rien n’empêcherait
Macri de mettre son veto ! ». n
4
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РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 23, samedi 24 février
2018
www.lesechos.fr
400 entreprises
françaises
sont implantées
en Floride
et emploient
15.000 personnes.
// P. 20
DOW JONES (*)
24.962,48 points
+ 0,66 %
(*) A la clôture
INDUSTRIE & SERVICES
AIRBNB
DERNIÈRE HEURE
La plate-forme lance une offensive
dans le haut de gamme. // P. 12
Intermarché épinglé pour
sa promotion sur le Nutella
AUTOMOBILE
Renault et Nissan vont concevoir
leurs utilitaires sur une même
base. // P. 13
AGRICULTURE
Anne Feitz
@afeitz
Macron exhorte le monde agricole
à se remettre en question.
// PP. 14-15 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-FRANCIS PÉCRESSE
On ne pourra pas dire que Jacques
Aschenbroich n’a pas mérité les multiples distinctions qui l’ont couronné l’an
dernier. Elu stratège français de l’année
par « Les Echos », mais surtout
4e patron le plus performant au monde
par la « Harvard Business Review », le
PDG de Valeo a annoncé jeudi de nouveaux résultats record pour l’année
2017, et des taux de croissance à faire
pâlir d’envie plus d’un patron.
Le chiffre d’affaires de l’équipementier automobile a bondi de 12 %, à
18,6 milliards d’euros, et son résultat
opérationnel de 11 %, à 1,5 milliard
d’euros. Le résultat net a, lui, baissé de
4 %, à 886 millions, en raison d’une
charge exceptionnelle liée à la réforme
fiscale américaine. Sans cette charge, il
aurait progressé de 8 %. « Ces très bons
résultats ont été obtenus dans un environnement économique plus complexe,
lié en particulier à la hausse de l’euro et
des matières premières », a souligné Jacques Aschenbroich, qui s’est montré
prudent pour 2018, prévoyant une
marge opérationnelle « du même ordre
que celle de 2017 », et une croissance de
son chiffre d’affaires de 8 %.
VEOLIA ENVIRONNEMENT
Veolia aborde 2018 en forte
croissance. // P. 16
SAINT-GOBAIN
Le géant mondial des matériaux
de construction a signé son
meilleur résultat depuis dix ans.
// P. 17
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉCOMS
Bouygues Telecom confirme
son rétablissement en 2017.
// P. 18 ET « CRIBLE » P. 34
VIVENDI
La campagne italienne du groupe
s’est à nouveau durcie. // P. 19
AFP
PME & RÉGIONS
ÎLE-DE-FRANCE
L’exécutif remet le métro du Grand
Paris sur les rails. // P. 21
Paris s’oriente vers une législation
spécifique pour les levées de fonds
en cryptomonnaies. // P. 24
DEVISE
Ces promotions avaient
provoqué des bagarres.
Déficits jumeaux : le dollar
rattrapé par ses démons. // P. 25
CRÉDIT MUTUEL
Etienne Combier
@etiennecombier
La banque veut accélérer
sa diversification. // P. 26
Un mois après la bagarre déclenchée par
une promotion sur le Nutella, Intermarché est épinglé par la Direction générale
de la concurrence, de la consommation
et de la répression des fraudes. Selon les
Shutterstock
AXA
// P. 26 ET « CRIBLE » P. 34
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 30
LES ÉCHOS PATRIMOINE
INVESTISSEMENT
Financement participatif,
un placement sous surveillance.
// P. 31 À P. 33
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
La Direction générale de la concurrence (DGCCRF) critique Intermarché pour des promotions sur des pots
de Nutella à –70%, qui auraient été vendus à perte. Photo Damien Meyer/AFP
La Direction de la répression des fraudes accuse
l’enseigne d’avoir pratiqué
de la revente à perte avec
ses fortes promotions,
notamment sur le Nutella.
FINANCE & MARCHÉS
RÉGULATION
Le nouveau plan donne
ses premiers résultats.
Valeo toujours
en pleine
forme
informations de RTL, la DGCCRF estime
que l’enseigne n’a pas respecté la loi
concernant la vente à perte. Une information qui a été confirmée par l’AFP.
« Nos agents ont conclu au fait qu’Intermarché n’a pas respecté les dispositions en
vigueur concernant la revente à perte, ce
qui relève d’une infraction pénale », a précisé à l’agence une porte-parole de la
répression des fraudes. La DGCCRF
précise qu’un procès-verbal allait être
transmis dans la journée au parquet
d’Evry.
Une amende de 375.000 euros
au maximum
Au cœur de l’affaire, on trouve des promotions à – 70 % sur des pots de Nutella, des
couches Pampers et des bouteilles de Perrier. Les promotions avaient provoqué des
bagarres dans les Intermarché, retransmises sur les réseaux sociaux. Rapidement
après les événements, Bercy avait lancé une
enquête pour déterminer si cette promotion était en réalité une vente à perte,
interdite par le Code de commerce, sauf en
période de soldes. Comme le décrit RTL, les
agents de la DGCCRF se sont rendus dans
les locaux d’Intermarché le 31 janvier dernier. « Après enquête, il apparaît que l’achat
des produits revendus à prix mini était récent
[moins d’un mois], selon les conclusions de
Bercy. Il ne s’agissait donc pas de soldes »,
explique la radio sur son site Internet.
Au terme d’un mois d’enquête, la
DGCCRF va transmettre ces conclusions à la justice. Si Intermarché est
reconnu coupable, l’enseigne sera passible d’une amende de 375.000 euros au
maximum. n
Une « anomalie notable » détectée
par EDF à la centrale de Flamanville
Vincent Collen
@VincentCollen
Pour l’Autorité de sûreté nucléaire
(ASN), il s’agit d’une « anomalie notable ».
EDF a détecté des « écarts » dans la « qualité de réalisation des soudures » sur le
chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). L’électricien a déclaré cet « événement significatif » à l’ASN le 30 novembre
dernier, a-t-il annoncé jeudi.
L’anomalie concerne le circuit qui
évacue la vapeur des générateurs vers la
turbine. Elle a été dévoilée jeudi à l’issue
d’une réunion de la commission locale
d’information de Flamanville, une instance qui réunit les industriels intervenant sur le chantier, l’ASN, les élus
locaux et les associations antinucléaires. « C’est une anomalie qui est notable.
Le sujet est instruit sérieusement par
l’ASN », a déclaré Hélène Héron, chef de
division de l’Agence pour la Normandie.
Pierre-Franck Chevet, le président de
l’Autorité de sûreté nucléaire qui était
auditionné jeudi à l’Assemblée nationale, a estimé que le problème était plus
mes à la réglementation des équipements
sous pression nucléaire ». L’électricien
procède maintenant à l’analyse des
« écarts » constatés avec les exigences de
« haute qualité » qu’il applique.
EDF assure que ces
problèmes n’auront pas
de conséquences sur
le calendrier du chantier
ni sur son coût.
Greenpeace sceptique
grave qu’initialement estimé. Les soudures doivent être « irréprochables », explique-t-on à l’ASN. Certaines d’entre elles
ne répondaient pas à toutes les exigences du cahier des charges. Alors qu’EDF
avait obtenu en juin la validation de la
cuve de l’EPR de Flamanville par l’ASN,
en dépit d’anomalies, EDF souligne que
les soudures sont malgré tout « confor-
Le groupe assure que ces problèmes
n’auront pas de conséquences sur le calendrier du chantier – le réacteur doit démarrer à la fin de l’année – ni sur son coût, qui
reste estimé à 10,5 milliards d’euros.
Yannick Rousselet, de Greenpeace, n’est pas
du même avis, jugeant qu’il « pourrait y
avoir des conséquences extrêmement importantes ».
Yves Marignac, directeur de l’agence
Wise et membre du groupe permanent
d’experts pour les réacteurs à l’ASN, partage
cet avis : « Prendre le temps de justifier que les
pièces peuvent rester en place ou, pire, devoir
réparer impactera inévitablement les délais
et les coûts ! », a-t-il estimé sur Twitter. n
Le chiffre d’affaires
de l’équipementier automobile a bondi de 12 %,
à 18,6 milliards d’euros.
Son résultat opérationnel croît de 11 %,
à 1,5 milliard d’euros.
Si, l’an dernier, l’équipementier a fait
beaucoup mieux que le marché auto
(5 points de plus sur la première monte),
c’est notamment parce qu’il s’est positionné sur les marchés en croissance de
l’électrification et de la conduite autonome, à grand renfort d’innovation. Et ce
n’est sans doute pas fini. Les dépenses
nettes de R & D ont encore augmenté l’an
dernier, à 1,1 milliard d’euros, soit 6,1 % du
chiffre d’affaires (5,8 % en 2016). Et la
moitié des commandes l’an dernier (qui
ont elles aussi progressé de 17 %, à
27,6 milliards d’euros) ont été prises sur
des produits innovants, lancés il y a
moins de trois ans.
Cap sur la Chine
Le cap mis sur la Chine a lui aussi encore
porté ses fruits : les revenus dans le pays
ont atteint 2,4 milliards d’euros, en croissance de 17 %, soit 15 points de plus que la
production automobile. Les clients chinois ont représenté 31 % des revenus première monte en 2017. Valeo a notamment bénéficié de l’intégration du
japonais Ichikoh, spécialiste des rétroviseurs et éclairages automobiles, qui lui a
apporté 909 millions de chiffre d’affaires
supplémentaire, essentiellement dans la
région. Enfin, Valeo continue de tabler
sur sa coentreprise avec Siemens dans
les moteurs électriques (consolidée par
mise en équivalence). Créée en décembre 2016, elle a enregistré 6,1 milliards de
commandes en 2017, et 10 milliards en
cumulé à fin février. Ayant généré des
coûts de structure l’an dernier mais pas
de revenu, elle a légèrement pesé sur la
marge opérationnelle (tombée de 8,1 % à
8 %). Mais Valeo estime qu’elle réalisera
un chiffre d’affaires de 2 milliards en
2022, et une marge d’Ebitda « du même
ordre de grandeur que celle de Valeo ». n
Shutterstock
Miami, nouvel eldorado
de la French Tech
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Airbnb lance une offensive
dans le haut de gamme
à suivre
Stéphane De Sakutin/AFP
l La plate-forme de location d’hébergements entre particuliers
annonçait jeudi le lancement de « Airbnb Plus ».
l L’offre rassemblera les 2.500 résidences les plus haut de gamme
de son catalogue. L’objectif est d’en avoir 1 million dans « quelques années ».
L’intersyndicale d’Air France se réunit
pour un éventuel durcissement
Réforme de la SNCF : l’hypothèse des
ordonnances ulcère syndicats et élus
TRANSPORTS Le secrétaire d’Etat au Parlement, Christophe
Castaner a admis, jeudi, que le recours aux ordonnances pour
réformer la SNCF (« Les Echos » du 22 février) était « une possibilité ». En réaction, la CFDT-Cheminots a dénoncé « une provocation inutile », affirmant que « cette attaque sans précédent nécessite une réaction immédiate ». Le syndicat a proposé aux autres
organisations le dépôt rapide d’un préavis de grève reconductible.
« Si le Parlement n’est pas sollicité pour débattre d’un sujet aussi
important [...], il y aura un déni de démocratie parlementaire », s’est
lui aussi insurgé le président LR du Sénat, Gérard Larcher.
Arkema signe un exercice record
CHIMIE Le chimiste français Arkema a publié jeudi un bénéfice
net et des ventes en hausse en 2017, portés notamment par des
acquisitions dans les adhésifs et un bon positionnement sur les
plastiques spécialisés. Le groupe s’est montré confiant dans sa
capacité à améliorer ses résultats en 2018. Le bénéfice net
annuel s’est établi à 576 millions d’euros en 2017, en hausse de
près de 35 %, pour un chiffre d’affaires de 8,3 milliards d’euros,
en progression de 10,5 %. Arkema a enregistré un excédent brut
d’exploitation (Ebitda) de 1,39 milliard d’euros en 2017, en
hausse de 17 % et nettement au-dessus de son objectif de 1,3 milliard. La marge d’Ebitda ressort à 16,7 % (en hausse de 0,9 point).
Pour rejoindre cet onglet, les hôtes
doivent passer une inspection évaluant leurs habitations à l’aune d’une
centaine de critères, qui ne sont pas
sans rappeler ceux des chambres
d’hôtels – serviettes et produits de
beauté dans la salle de bains, deux
coussins par personne dans les lits…
L’équipe d’Airbnb peut aussi leur
suggérer des améliorations : les premiers hébergements à rejoindre
cette section ont effectué 5 modifications en moyenne, de l’ajout d’une
lampe de chevet à celle de poêles
dans la cuisine. La société va également mieux segmenter le reste de
son inventaire, en créant des « collections » pour certains types de
voyages (famille, affaires, voyages de
noces…).
également sa stratégie de diversification : après la création de ses propres immeubles avec un promoteur immobilier et l’ajout de
maisons d’hôtes et de « boutiqueshôtels », il lance « Beyond by Airbnb », une sélection de propriétés de
luxe où le client a accès à un concierge organisant son voyage (restaurants, activités…). La majorité des
demeures sont issues de l’intégration des 4.000 résidences du canadien Luxury Retreats, que l’entreprise a racheté il y a un an, mais
Airbnb va également ajouter des
résidences dans une douzaine de villes, comme Paris, Londres, et
Barcelone. n
« Super guest »
Pour attirer plus de « super hosts »,
un label créé en 2009 pour les hôtes
proposant une expérience d’un
niveau supérieur à la moyenne, la
société renforce également les avantages offerts, comme le paiement
dans les 24 heures suivant la réservation. Le géant de San Francisco
veut aussi fidéliser ses clients : il
compte lancer un programme
« super guest » cet été pour 10.000
d’entre eux, leur donnant, par exemple, accès à un service de ramassage
à l’aéroport. Brian Chesky poursuit
« Nous avons une responsabilité face aux villes »
Shutterstock
Pourquoi lancez-vous cette
offensive sur le segment
haut de gamme ? Ne vous
éloigne-t-elle pas
de l’économie du partage ?
Airbnb est en train de devenir une
marque très grand public. Un Parisien sur quatre l’a déjà utilisé ! Malgré tout, notre plate-forme continue à être perçue par certains
comme une manière alternative de
voyager. Ma conviction, c’est
qu’avec quelques petits ajustements nous pouvons atteindre tout
le monde. Airbnb Plus [une sélection d’appartements haut de
gamme, NDLR], c’est tout ce que
vous aimez à propos d’Airbnb. Mais
avec des assurances supplémentaires, car chaque détail est vérifié en
amont. C’est ça le futur de notre produit : toujours la même communauté – nous sommes une plateforme construite par les hôtes,
autour de leurs initiatives –, mais
avec un niveau de qualité élevé.
Qu’allez-vous faire pour mieux
contrôler la qualité
de vos offres ?
Airbnb s’est construit sur l’héritage
d’eBay et de Craigslist : l’idée que
n’importe qui pouvait publier ce
qu’il voulait. Dix ans plus tard, nous
comprenons que non, tout le
monde ne doit pas pouvoir poster
n’importe quelle annonce. Nous
avons refusé la majorité des
100.000 propositions d’expériences
[les activités thématiques lancées
par Airbnb en novembre 2016,
NDLR] que nous avons reçues, pour
en approuver seulement 5.000, car
nous avons des exigences de qualité
très élevées. Pour Beyond by Airbnb
[une offre de résidences de luxe,
NDLR], nous avons repris une ver-
Chester Higgins Jr./NYT-Redux-RÉA
Propos recueillis par A. M.
RÉSULTATS 2017 :
LES GAGNANTS
ET LES PERDANTS
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
Pour rejoindre l’onglet Airbnb Plus, les hôtes doivent passer une inspection évaluant
leurs habitations à l’aune d’une centaine de critères. Photo Shutterstock
INTERVIEW // BRIAN CHESKY PDG d’Airbnb
LUXE Le conglomérat chinois
Fosun International, propriétaire du Club Méditerranée, a
confirmé jeudi le rachat de
Lanvin. L’ancienne propriétaire de la maison de couture,
la Taïwanaise Shaw-LanWang, et un financier suisse,
Ralph Bartel, conservant une
participation minoritaire.
Fosun serait prêt à investir une
centaine de millions d’euros
pour sa relance. Lanvin est en
grandes difficultés financières, avec des pertes supérieures à 30 millions d’euros
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Dix ans après sa création, Airbnb ne
veut plus seulement être la plateforme vers laquelle se tournent les
voyageurs pour trouver un hébergement bon marché. A l’occasion
d’une conférence organisée jeudi à
San Francisco, l’entreprise, qui doit
toujours composer avec les municipalités sensibles à la santé du secteur
hôtelier, annonçait un virage vers
une offre haut de gamme pour tenter de séduire une clientèle plus exigeante. Elle veut d’abord tirer davantage parti de son inventaire à travers
une meilleure classification des
logements, l’introduction de vérifications, et une plus grande mobilisation des hôtes.
« Avec plus de 4,5 millions de logements sur notre plate-forme, nous
avons quelque chose pour tout le
monde, mais jusqu’ici, ce n’était pas
assez bien “packagé” pour que les
clients trouvent facilement ce qu’ils
souhaitent », explique Brian Chesky,
l e P D G d e l ’e n t r e p r i s e , a u x
« Echos ». Première déclinaison de
cette nouvelle stratégie : la création
d’une section « Airbnb Plus », rassemblant les 2.500 résidences les
plus haut de gamme de son catalogue, avant d’atteindre 1 million de
logements dans « quelques années ».
AÉRIEN La grève inter-catégorielle chez Air France jeudi, inédite « depuis 1993 » d’après FO, à l’appel de 11 syndicats, a
conduit la compagnie à annuler bon nombre de vols, comme
annoncé la veille. L’intersyndicale, qui se réunit ce vendredi,
brandit déjà la menace d’un mouvement plus dur « si la direction s’entête » à reprendre les négociations sur les salaires qui
avaient abouti à un accord signé par la CFDT et CFE-CGC, non
grévistes. Le SNPL, majoritaire dans les cockpits d’Air France,
consulte l’ensemble des pilotes jusqu’au 14 mars pour « recourir,
au besoin, à un ou plusieurs arrêts de travail » pouvant dépasser
six jours.
La griffe Lanvin
rachetée par
le chinois Fosun
VOYAGES
« Si fou que cela puisse paraître, j’aime la régulation, car elle
signifie que nous sommes reconnus », explique Brian Chesky.
sion simplifiée de l’inspection en
270 points de Luxury Retreats.
Nous allons garder le principe
d’ouverture pour la place de marché centrale en permettant toujours à n’importe qui de publier une
annonce, mais nous allons aussi
créer des standards plus élevés
pour les personnes voulant aller
plus loin. Et nous allons mettre la
lumière sur ces hôtes-là.
Un peu plus d’un an après
son lancement, quel bilan
tirez-vous d’Expériences ?
C’est un immense succès. Dans
quelques années – moins d’une
décennie –, les réservations d’expériences seront aussi importantes
que celles d’hébergements. La
nourriture, notamment les cours
de cuisine, est ce qui marche le
mieux. C’est intéressant, car cela
arrive en même temps que les
livraisons de nourriture à domicile
du type d’Uber Eats. Parfois, quand
la technologie nous pousse dans
une direction, un rééquilibrage se
fait. Nous ne sommes d’aucune
manière une société technophobe,
nous avons même un petit laboratoire d’intelligence artificielle, mais
nous pensons que, dans un monde
de réseaux sociaux, il y a des choses
profondément humaines et analogues que les gens désirent faire.
C’est pourquoi nous n’avons pas
d’expériences solitaires : toutes nos
activités nécessitent de rencontrer
d’autres personnes pendant plusieurs heures.
Vous avez récemment annoncé
qu’Airbnb ne sera pas
introduit en Bourse
cette année. Pourquoi ?
Nous n’avons jamais eu l’intention
de procéder à une introduction en
Bourse en 2018. La seule chose nouvelle, c’est que je l’ai dit publiquement. Quatre raisons justifient une
IPO : un besoin de lever des fonds,
une volonté de mieux faire connaître sa marque, de réaliser des acquisitions ou de distribuer des dividendes aux actionnaires. Les trois
premières raisons ne nous concernent pas : nous avons plus de 5 milliards de dollars de trésorerie, nous
avons racheté avec succès des sociétés comme Luxury Retreats sans
être coté, et nous n’avons certainement pas besoin de faire connaître
notre marque. Il reste une chose : la
liquidité pour les actionnaires. Nos
investisseurs se montrent patients.
« Nous n’avons jamais
eu l’intention de
procéder à une
introduction
en Bourse en 2018. »
L’étau de la régulation
s’est resserré ces derniers
mois dans plusieurs villes.
Comprenez-vous ce besoin
croissant de régulation ?
Si fou que cela puisse paraître,
j’aime la régulation, car elle signifie
que nous sommes reconnus. Les
gens ne débattent plus de notre
existence, comme il y a encore six
ans, mais de nos modalités d’existence. Nous avons une responsabilité face aux villes, mais je suis parfois en désaccord avec leur
approche. Cela fait dix ans que nous
faisons ce métier et nous avons déjà
passé des partenariats avec 400 villes et des accords fiscaux avec
340 municipalités. J’ai donc un certain sens des processus qui marchent et ne marchent pas. Et ils sont
assez universels. n
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 13
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
Renault et Nissan vont concevoir
leurs utilitaires sur une même base
AUTOMOBILE
Renault et Nissan
vont créer une plateforme commune
pour les fourgonnettes
de type Kangoo.
Anne Feitz
@afeitz
Un cran plus loin. Près d’un an
après avoir annoncé la création
d’une division commune pour les
véhicules utilitaires, Renault et Nissan vont davantage rapprocher
leurs activités dans ce domaine : les
deux partenaires vont lancer une
nouvelle plate-forme industrielle
commune, qui permettra, à partir
d’une même base, de produire des
petits utilitaires de silhouettes et de
marques différentes. « Nous avons
décidé de créer une telle plate-forme
commune pour les fourgonnettes de
type Kangoo », révèle Ashwani
Gupta, directeur véhicules utilitaires pour l’Alliance Renault-Nissan,
dans un entretien exclusif aux
« Echos ». Un moyen supplémentaire de renforcer l’Alliance, alors
que Carlos Ghosn avait promis, lors
de la publication des résultats de
Renault la semaine dernière, « de
nouvelles initiatives dans les prochaines semaines ». Cette plate-forme
commune viendra s’ajouter aux
quatre qui existent déjà (ou ont déjà
été annoncées), sur le segment des
voitures pour particuliers.
Pousser ses pions
dans l’électrique
Pour Renault, les synergies commerciales et industrielles développées avec Nissan et Mitsubishi sont
fondamentales pour atteindre son
objectif, d’une hausse des ventes de
ses camionnettes, fourgonnettes et
autres pick-up, de 40 % entre 2016
et 2022. « Nous couvrons
aujourd’hui, à trois, 91 % de la planète avec 23 modèles », rappelle
Ashwani Gupta. Renault profite
déjà du savoir-faire de Nissan dans
les pick-up : son tout nouveau
modèle Alaskan, lancé en 2015, est
produit dans les usines du japonais
à Mexico et à Barcelone. Nissan a,
de son côté, confié la production de
ses fourgons NV300 et NV400 aux
usines de Renault à Sandouville et à
Batilly, en France, sur les modèles
Renault mise notamment sur son pick-up Alaskan, lancé en 2015, pour doper ses ventes de 40 %
entre 2016 et 2022. Photo Renault
du Trafic et du Master. « Il s’agit d’un
segment stratégique car les marges y
sont plus élevées, de plusieurs points,
que celles des véhicules particuliers »,
souligne Gaëtan Toulemonde, analyste chez Deutsche Bank. Les utilitaires ont représenté, en 2017,
463.000 ventes, en hausse de 4,1 % –
toujours dominées par le Renault
Kangoo (160.000 ventes, +6,5 %) et
le Renault Trafic (105.000 ventes,
+5,9 %), et tirées par le Dacia Dokker (90.000 unités, +16,8 %) et le
Dacia Oroch (31.000 unités, +9,6 %).
« Nous avons réalisé une année
record, nous sommes en ligne avec les
objectifs à moyen terme », assure
Ashwani Gupta.
La croissance réalisée en 2017 est
toutefois inférieure à la moyenne
nécessaire pour atteindre l’objectif
Les touristes se bousculent
en Ile-de-France
TOURISME
Après une année 2017
record, la reprise du
tourisme international
se confirme au vu
de perspectives
favorables pour 2018.
Christophe Palierse
@cpalierse
Le rebond était déjà observé, c’est
carrément un record ! Attendus
comme bien meilleurs, au vu de
divers indicateurs livrés tout au long
de l’année passée, les résultats du
tourisme en Ile-de-France ont
atteint un nouveau pic en 2017, après
l’année noire de 2016. Mieux, l’hypothèse d’un nouveau cycle de croissance n’est pas à écarter, compte
tenu des premières tendances sur
2018. Le Comité régional du tourisme (CRT) d’Ile-de-France, qui a
publié jeudi un bilan sur la base des
seules statistiques hôtelières, et qui
sera ultérieurement complété par
les données tirées des plates-formes
de location d’hébergements privés
et des campings, fait ainsi état d’un
total de 33,82 millions d’arrivées
hôtelières en 2017, soit une augmentation de 9,5 % par rapport à leur
niveau de 2016.
Les hôteliers franciliens ont donc
accueilli 2,9 millions de touristes
français et internationaux de plus.
Cette hausse de la fréquentation a
été de surcroît alimentée par une
progression de l’ensemble des clientèles. Le nombre d’arrivées enregistrées dans les hôtels de clients français, qui constituent les premiers
visiteurs de la région, a ainsi crû de
5,9 % sur un an, à 17,65 millions. La
part des étrangers s’est élevée à
16,16 millions, en hausse de 13,7 %,
portée par le retour des Japonais
(+32,8 %), qui réintègrent au passage
le Top 10 des clientèles internationales, au dixième rang. Le Top 5 ne
varie pas, avec en tête les Américains
(+18,3 %, soit 2,4 millions d’arrivées
hôtelières), les Britanniques (+2,4 %,
1,9 million), les Chinois (+17,8 %,
1,1 million), les Allemands (+19,5 %,
1,06 million), enfin, les Espagnols
(+13,2 %, 0,98 million). S’agissant des
visiteurs chinois, le nombre d’arrivées a crû de 90,1 % depuis 2011,
année record de référence pour le
tourisme francilien. Ce retour en
grâce de la destination Paris-Ile-deFrance s’est en outre accompagné
d’un accroissement de 8,5 % de la
consommation touristique, à
20,8 milliards d’euros, la part des
clientèles internationales s’élevant à
13,2 milliards (+8,6 %).
Meilleure conjoncture
Ce spectaculaire redémarrage du
tourisme francilien s’explique par
l’absence d’attentat, l’amélioration
de la conjoncture en France – facteur
clef pour la clientèle domestique –,
ainsi que la mobilisation des pouvoirs publics nationaux et régionaux, au travers, entre autres,
d’une campagne de communication
commune d’un montant de 8 millions d’euros. Enfin, ce renversement de tendance se confirme au vu
des perspectives pour 2018 communiquées jeudi par le CRT. Ainsi, les
réservations aériennes pour la
période de mars à mai devraient être
en hausse de 11,4 % par rapport à leur
niveau constaté un an auparavant.
De même, 66 % des professionnels
du secteur tablent sur une amélioration de leur activité à moyen terme,
selon le baromètre du CRT. Ce taux a
augmenté de 12 points par rapport à
son niveau de janvier 2017. Seuls 2 %
des professionnels s’attendent à une
dégradation de leur activité. n
BOUYGUES
RÉSULTATS
ANNUELS 2017
FORTE AMÉLIORATION
DES RÉSULTATS ET DE
LA PROFITABILITÉ
Bouygues est très bien positionné
sur des secteurs à fort potentiel.
Martin Bouygues, président-directeur général
2017 est marquée par une forte amélioration des résultats et de la
profitabilité du Groupe.
Tous les métiers ont contribué à cette performance par l’atteinte ou le dépassement
de leurs objectifs. La marge opérationnelle courante des activités de construction
progresse de 0,2 point et celle de TF1 de 2,4 points. Bouygues Telecom a réalisé une
excellente performance commerciale et financière. À 27,2 %, sa marge d’EBITDA
est en forte croissance de 4,6 points par rapport à 2016, dépassant largement
l’objectif de 25 % fixé fin 2015.
CHIFFRES CLÉS CONSOLIDÉS
CHIFFRE D’AFFAIRES
en millions d’euros
32 904
+ 4 %a
RÉSULTAT OPÉRATIONNEL COURANT
en millions d’euros
1 420 + 27 %
Le Groupe s’est renforcé sur ses marchés.
Les activités de construction ont amélioré leurs performances commerciales en
France et à l’international. TF1 a développé son activité de production à l’échelle
européenne et accélère sa croissance dans le digital avec, en particulier, l’acquisition
en cours de aufeminin. Bouygues Telecom a gagné des parts de marché dans le
Fixe, et accéléré le déploiement de son réseau FTTH et la commercialisation de
ses offres Fibre. L’endettement net de 1,9 milliard d’euros à fin décembre 2017 est
stable sur un an. Présentant une structure financière très solide, le Groupe dispose
de tous les moyens pour assurer son développement.
Grâce à ces bons résultats, Bouygues peut proposer à ses actionnaires une hausse
du dividende de 0,10 euro par action pour 2017, soit 1,70 a euro par action.
En 2018, le Groupe devrait poursuivre l’amélioration graduelle de sa
profitabilité.
Bouygues est très bien positionné sur des secteurs à fort potentiel de croissance,
ce qui lui assure des perspectives prometteuses. La marge opérationnelle courante
des activités de construction est attendue en amélioration par rapport à 2017,
tout comme celle de TF1 (hors événements sportifs majeurs). Bouygues Telecom
s’inscrit dans une dynamique de croissance rentable. Sa marge d’EBITDA devrait
être supérieure en 2018 à celle de 2017 lui permettant d’atteindre son objectif de
300 millions d’euros de cash-flow libre b en 2019.
(a) proposé à l’assemblée générale du 26 avril 2018
(b) capacité d’autofinancement moins coût de l’endettement financier net, moins charge d’impôt, moins
investissements d’exploitation nets. Il est calculé avant variation du besoin en fonds de roulement (BFR).
Retrouvez l’intégralité du communiqué
et des résultats sur bouygues.com
Relations Investisseurs : investors@bouygues.com
@GroupeBouygues
Crédits photo : Augustin Détienne/Capa Pictures. Architecte : RPBW
Ce retour en grâce de la destination s’est accompagné d’un accroissement de 8,5 % de la consommation touristique. Photo Shutterstock
de + 40 % sur six ans (+5,8 % par
an). Mais Renault table sur une
accélération à venir. Le constructeur tricolore a conclu mi-décembre un partenariat en Chine avec le
groupe local Brilliance (marque
Jinbei), qui devrait lui apporter
150.000 véhicules supplémentaires
d’ici à 2022. Il mise aussi sur le succès de son pick-up Alaskan en Amérique latine, où il doit être lancé en
Argentine cette année, après la
Colombie l’an dernier.
Enfin, il veut profiter de son
avance dans l’électrique pour pousser ses pions : avec 5.072 ventes l’an
dernier, il détient 32 % de part de
marché en Europe. « Alors que les
utilitaires zéro émission seront tirés
par les limitations des accès aux centres-villes et l’e-commerce, nous
comptons maintenir notre croissance et notre part de marché sur ce
créneau », poursuit Ashwani
Gupta. Renault vient ainsi de lancer
son Master en version électrique,
assorti d’une offre de services
connectés permettant de gérer les
flottes de véhicules – une autre
nouveauté qu’il étendra à toute
sa gamme en Europe, dès
mi-2018. n
RÉSULTAT NET PART DU GROUPE
en millions d’euros
1 085 + 48 %
ENDETTEMENT NET b
en millions d’euros
(1 914) - 48 M€
DIVIDENDE PAR ACTION
en euros
1,70
c
+ 0,10 €
(a) + 4 % à périmètre et change constants
(b) au 31 décembre 2017
(c) proposé à l’assemblée générale du 26 avril 2018
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14 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
SALON INTERNATIONAL DE L’AGRICULTURE
Cette année, le numérique sera présent avec un espace Agri’ 4.0 de 500 mètres carrés, qui devrait réunir une vingtaine de start-up. Photo Constance Decorde/Hanslucas
Macron exhorte le monde agricole
à se remettre en question
l Alors que le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes samedi, le chef de l’Etat demande aux agriculteurs
de changer leur mode de fonctionnement. Il entend les inciter à se prémunir de la volatilité des marchés.
l La plupart des productions vont un peu mieux, mais la question du revenu des agriculteurs reste ouverte.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Dans un discours particulièrement
incisif, deux jours avant le 55e Salon
de l’agriculture, Emmanuel Macron
a remis les pendules du monde agricole à l’heure. « Je ne suis pas là pour
construire l’ambiance de samedi. Je
m’en moque totalement. Je suis là
pour construire le visage agricole des
prochaines années. Il y a des décisions
difficiles à prendre, des discours de
vérité qui ne plaisent pas et beaucoup,
beaucoup d’habitudes à changer »,
a-t-il expliqué devant 700 jeunes
agriculteurs, récemment installés
dans le métier.
Pointant du doigt tous ceux qui
maintiennent un statu quo qui « tue
la filière », le chef de l’Etat a affirmé
avoir « un chantier : la modernisation
de l’agriculture ». Elle reviendra en
bonne partie aux jeunes, puisque
40 % des agriculteurs prendront leur
retraite d’ici à 3 ans. A la clef, un plan
d’investissement de 5 milliards
d’euros sur cinq ans, promis lors de
la campagne présidentielle.
L’accès en sera réservé aux projets qui auront un impact positif sur
l’environnement et le bien-être animal. Ainsi qu’aux activités de transformation et de distribution privilégiant les circuits courts. Cette
enveloppe financera aussi un nouveau dispositif de prêts pour les jeunes, garantis par la Banque européenne d’investissement (BEI).
Ainsi qu’un fonds de prêts de
100 millions d’euros pour dégager
un complément de revenu via la
méthanisation. Il est également
prévu 200 millions d’euros pour
inciter à investir dans les TPE
agroalimentaires.
D’une manière générale, Emmanuel Macron a invité son public à
regarder l’avenir sous un jour radicalement différent. Les aides,
La carte des jeunes
agriculteurs
Le chef de l’Etat estime
que c’est à cette nouvelle
génération d’agriculteurs
que reviendra la « responsabilité immense »
de transformer le secteur.
C
e n’est pas un hasard si le
chef de l’Etat avait choisi
jeudi de parler devant plusieurs centaines de jeunes agriculteurs invités à l’Elysée. Emmanuel
Macron a rappelé que 40 % des
exploitants allaient partir en retraite
d’ici à 2021 et que c’est à cette « nouvelle génération » que revient la « responsabilité immense » de mener la
« transformation » du secteur. Les
agriculteurs représentent à peine 1 %
de l’électorat en France et s’avèrent
de moins en moins nombreux. Mais
leur dimension symbolique reste
forte, alors que la profession vient de
traverser plusieurs années de crises
sévères. Historiquement, ce sont
ceux qui récoltent le plus haut taux
de soutien quand ils lancent un
mouvement social.
S’appuyer sur les jeunes
Qu’on se le dise, Emmanuel Macron
ne passera donc pas sa journée de
samedi au Salon de l’Agriculture
pour « tapoter les vaches ». Alors que
mercredi des manifestations ont eu
lieu dans toute la France contre
l’accord en cours de négociations
avec le Mercosur, alors que la concrétisation des Etats généraux de
l’alimentation se fait attendre, le pré-
ANALYSE
Isabelle Ficek
sident de la République entend
s’appuyer sur les jeunes pour défendre mordicus la « révolution culturelle » qu’il souhaite mener dans le
secteur. Sans avoir peur, a-t-il dit, de
« bousculer les habitudes ».
« Je ne suis pas là pour plaire, je suis
là pour faire », a-t-il martelé, fustigeant ceux qui « se posent en grands
défenseurs de l’agriculture en paroles,
mais travaillent dans les actes à maintenir le statu quo. Et le statu quo, il la tue
lentement et sûrement ». Une saillie à
destination de certaines filières, mais
aussi de ceux qui l’ont précédé.
Quand la droite entretient une
petite musique sur le président des
villes coupé du monde rural, Emmanuel Macron a tenu à montrer que la
transformation du secteur est une
priorité sur laquelle il s’est « engagé
très tôt » via les Etats généraux de
l’alimentation. « D’autres l’ont-ils fait
avant moi ? Je ne m’en souviens pas »,
a-t-il tancé jeudi avant de tenter de
rassurer sur l’accord avec le Mercosur – « il n’y a pas d’abandon, il y a de
la fermeté, nos choix sociaux, environnementaux, on doit les faire respecter » –, sur la future PAC ou le foncier.
Sans oublier de rappeler que le
cœur de sa révolution est « l’émancipation » par la fixation du juste prix,
mais aussi que la transformation ne
se ferait pas « en deux mois ». Bref, en
demandant de faire preuve de
patience pour les résultats. n
notamment européennes, ne
devront plus être vues comme un
complément de revenu, mais
comme des outils de gestion de
crise et des manières de se prémunir contre la volatilité ou les aléas
climatiques. Aux agriculteurs de se
constituer des réserves les bonnes
années et de les réinjecter lorsque la
conjoncture se dégrade. Le chef de
l’Etat s’est engagé à créer un dispositif fiscal incitatif.
Nouveau décor
Le revenu agricole doit désormais
être assuré par la vente des productions des exploitants. Les Etats
généraux de l’alimentation (EGA)
ont de ce point de vue planté un
nouveau décor, en décidant que les
prix alimentaires seraient désormais calculés sur la base du coût de
production agricole, pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur
travail. Une vraie révolution, dont
Le Salon en chiffres
Le Salon international
de l’Agriculture se tiendra du
24 février au 4 mars à Paris,
au Parc des expositions
de la Porte de Versailles.
l L’événement devrait
accueillir 630.000 visiteurs
et rassembler environ
un millier d’exposants.
l Plus de 4.000 animaux
seront présents sur le Salon,
représentant plus de 360 races.
les agriculteurs attendent beaucoup et qui vise à sortir d’une spirale
déflationniste, destructrice de
valeur, tant pour les producteurs
que pour les industriels ou les distributeurs. D’autres mesures
découleront des EGA, parmi lesquelles un plan de réduction des
pesticides attendu fin mars.
Emmanuel Macron a félicité les
agriculteurs pour le travail de réorganisation économique des filières
qu’ils ont présenté à sa demande.
S’agissant de la filière bovine, en
revanche, qu’il tient pour directement responsable de ses difficultés,
il a tenu des propos très virulents en
direction, sans le nommer de
l’industriel dominant le marché
[Jean-Paul Bigard, NDLR], « qui ne
veut pas que le système change,
même s’il est mauvais pour vous ». Ce
n’est pas le Mercosur qui est à l’origine de vos problèmes, mais « ceux
qui jouent sur un marché français
fermé, qu’ils ont organisé pour leurs
intérêts propres, pensant qu’il resterait toujours à leur main. Retroussez-vous les manches pour sortir de
là. Je vous y aiderai ».
Pour rassurer les agriculteurs sur
l’accès au foncier, après l’achat de
terres à blé par un investisseur chinois, le chef de l’Etat a promis « des
verrous réglementaires » pour bloquer les achats des étrangers en
France. S’agissant des 1.400 communes qui vont perdre le bénéfice
de l’indemnité compensatoire de
handicap naturel (ICHN), le président a promis « un accompagnement
financier le temps de la transition ».
L’intervention du président s’est
faite dans un contexte relativement
apaisé au regard des crises vécues
ces dernières années dans le lait ou
le porc. La fragilité de l’agriculture
française n’en est pas moins présente. A fin septembre, près de
1.300 défaillances d’entreprises ont
été recensées sur les douze derniers
mois. Soit une hausse de 7%. Un tiers
d’agriculteurs a un revenu inférieur
à 350 euros par mois, selon la
Mutualité sociale agricole (MSA).
(
Lire l’éditorial
de Jean-Francis Pécresse
Page 7
La politique commerciale de l’Union
européenne dans le viseur de la profession
La filière bovine française
est vent debout contre
les projets de Bruxelles
de signer un accord
avec les pays du Mercosur.
Richard Hiault
@RHIAULT
La mobilisation du monde agricole
français contre les accords de libreéchange négociés par Bruxelles ne
faiblit pas. Après l’échec relatif de la
mobilisation contre l’accord avec le
Canada (CETA), entré en vigueur
provisoirement en septembre, les
négociations en cours entre l’Union
européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et
Uruguay) sont dans la ligne de mire
des éleveurs bovins.
Ces derniers s’insurgent d’une
possible concession européenne
qui, selon ses dernières propositions, laisserait entrer en franchise
de droits de douane non plus
70.000 mais 99.000 tonnes de bœuf
supplémentaires en provenance
d’Amérique latine chaque année.
C’en est trop pour les producteurs
bovins français. Ils s’indignent déjà
du fait que la Commission a
accordé aux éleveurs bovins canadiens le droit d’exporter dans l’UE,
45.000 tonnes de bœuf. Même si le
processus d’ouverture du marché
se fait progressivement sur 7 ans.
Avec le Mercosur, les discussions
ont repris mercredi à Asuncion
(Paraguay) pour deux semaines.
Pour la FNSEA, les calculs sont sim-
ples : pas moins de 30.000 exploitations agricoles sont menacées de
disparaître si l’accord permet
l’entrée de près de 100.000 tonnes
de bœuf sud-américain dans
l’Union.
Une vision qu’a contestée Emmanuel Macron, jeudi, lors d’un déjeuner organisé à l’Elysée pour les jeunes agriculteurs. Le chef de l’Etat a
défendu l’accord en cours de discussion réfutant l’idée que les problèmes de la filière bovine française
viendraient du Mercosur. « Le problème vient d’un acteur dominant
qui tient tout le système en France et
qui n’a pas envie que cela change »,
a-t-il fustigé.
Emmanuel Macron a rappelé
qu’« il n’y aura pas de bœuf aux hormones en France » et que « quels que
soient les quotas négociés avec le Mercosur, il y aura des clauses de sauvegarde » en cas de déstabilisation
d’un marché dans l’Hexagone. Il a
aussi promis qu’il bloquerait la
mise en œuvre de l’accord si aucune
amélioration pour mieux protéger
les consommateurs européens au
niveau de la traçabilité des produits
et des normes sociales et environnementales n’était effectuée au
niveau européen.
Mardi, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, comme en
janvier, avait réaffirmé que « le
compte n’y est pas » pour conclure
un accord. « Aujourd’hui, il y a un
contingent officiel qui est mis sur la
table, qui est de 70.000 tonnes. » La
France souhaite « faire en sorte que
ce contingent de 70.000 tonnes soit
bien séparé entre viande fraîche et
viande congelée, d’une part », a précisé le ministre.
Bruxelles s’étonne
A Bruxelles, dans les couloirs de la
Commission, on s’explique difficilement la position française. « Environ 8 millions de tonnes de bœuf sont
consommées chaque année dans
l’Union. Un quota supplémentaire de
70.000 tonnes ne va pas déstabiliser
le marché », dit un proche du dossier. D’autant que l’Union européenne importe déjà du bœuf
d’Amérique latine. « L’Union
importe de cette zone 185.000 tonnes.
Sur ce total, un quota de 66.000 tonnes à droits nuls a été accordé suite à
la condamnation de l’Union européenne à l’OMC pour son refus
d’importer du bœuf aux hormones »,
poursuit cette source.
La Commission s’étonne que le
monde agricole français ait une attitude défensive, alors que des marchés à l’exportation s’ouvrent. Les
Etats-Unis, l’an passé, ont levé leur
embargo sur la viande européenne. La Chine a promis de le faire
en mars. La Turquie semble un marché prometteur… Hasard ou non du
calendrier, mercredi, la Commission a publié les résultats commerciaux 2017 de l’Union dans l’agroalimentaire. Les chiffres indiquent que
l’an passé, les Vingt-Huit ont accru
leurs exportations de bœuf de 18 %
par rapport à 2016, à 818 millions
d’euros. Parallèlement, les importations ont baissé de 4 %, à 1,7 milliard
d’euros. Une preuve que le bœuf
européen peut aussi s’exporter. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 15
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
Quand les robots s’invitent dans les exploitations
Avec les drones
et les robots de désherbage
ou de labourage, le travail
de la terre est à l’aube d’une
rupture technologique.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes.
L’avenir de l’agriculture passe par
la robotique et le numérique. C’est
la certitude de Véronique BellonMaurel, la directrice du département éco-technologie de l’Irstea,
Institut national de recherche en
sciences et technologies pour
l’environnement et l’agriculture.
Cette spécialiste va plus loin,
elle considère que sans les robots,
les productions agricoles risquent
de progressivement déserter la
France. Un exemple, « l’abandon
de la chimie dans le traitement des
sols nécessite plus de main-d’œuvre.
Compte-tenu de son coût, la France
ne pourra pas suivre sauf si elle
accélère dans la robotique », insiste
Véronique Bellon-Maurel. Elle
met aussi en exergue le poids grandissant des innovations du numé-
rique qui accompagnent les cultures de précision.
Avec la collaboration d’Axema,
le syndicat des constructeurs de
machines agricoles, l’Iresta a
récemment créé l’association
Rob-Agri pour « faire progresser la
robotique agricole ». Plusieurs jeunes entreprises s’y engagent,
comme Naïo Technologies qui a
créé Dino, un robot de désherbage
mécanique des grandes surfaces
légumières déjà vendu à 12 exemplaires. En partenariat avec la
société Effidence, l’Iresta a aussi
développé le Baudet-Rob, un robot
porteur utilisé notamment dans le
transport des cultures de fruits et
légumes.
Le travail de la terre est à l’aube
d’une rupture technologique. Les
engins agricoles sont toujours
plus puissants, plus lourds et
chers. Des projets de R&D sont en
cours pour créer des robots agiles
qui effectueront lab ourages
et semis. Connectés, ils pourront
travailler même la nuit, avec une
précision inégalable et sans
chauffeur !
Le prochain défi :
trouver une alternative
aux pesticides
Les solutions pour réduire
l’usage des pesticides et même
s’en passer ne manquent pas.
Reste à convaincre les ONG.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
C’est le grand défi de la profession.
Les acteurs du monde agricole tiennent à montrer qu’on peut compter
sur eux pour développer des alternatives aux pesticides. Lors du
Salon de l’Agriculture, qui s’ouvre ce
week-end, une trentaine d’organisations (chambres d’agriculture, syndicats, instituts de recherche, organismes de formation, fabricants de
matériel et de produits phytosanitaires, etc.) emmenées par la
FNSEA, livreront un premier point
d’étape du « contrat de solutions »
passé entre elles l’automne dernier.
Ce dispositif, que d’autres partenaires sont invités à rejoindre,
notamment les ONG, doit permettre
d’identifier, d’ici à la fin juin,
250 solutions visant à réduire l’usage
de pesticides, voir même de s’en passer. « Des solutions existent. D’autres
seront prêtes dans les prochains mois.
D’autres encore ne sortiront pas avant
15 ou 20 ans », explique Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de
la FNSEA.
La robotique offre déjà des possibilités. Des robots bineurs, qui permettent de se débarrasser des mauvaises herbes entre les rangs de
culture maraîchère, existent. Mais
ils ne sont pas encore utilisables en
plein champ, entre les pieds de maïs
notamment. « On devrait être opérationnel dans 5 à 10 ans », juge Eric
Thiroin. Différentes options sont à
l’étude. Comme de munir les robots
de caméras et d’un rotofil pour identifier et couper les mauvaises herbes
ou les doter d’une buse pour « sulfater » juste là où il faut.
L’idée de base de ce « contrat de
solutions », c’est le partage de compétences entre des acteurs qui jus-
qu’alors travaillaient en silo. Les pistes d’alternatives aux pesticides s’en
trouvent démultipliées, et ce en
fonction des technologies (machinisme, bio-contrôle, etc.), des types
de terrains ou encore des variétés.
Cette fertilisation croisée, dont chaque retombée est expérimentée sur
une parcelle, a cependant une
limite. « La solution doit être
déployable, c’est-à-dire permettre des
rendement équivalents à ce qui
existe », prévient le représentant de
la FNSEA.
Des dérives à craindre
Les ONG, qu’il est question de mettre dans la boucle pour sortir d’une
longue logique d’affrontement, restent à convaincre. « La robotique est
une très bonne piste. Mais la FNSEA
base tout sur elle, alors qu’il y en a
beaucoup d’autres », juge Arnaud
Gauffier, de WWF France. Et de citer
la rotation des cultures ou encore
les techniques de bio-contrôle, que
celui-ci soit naturel (préservation
des haies et des lisières de bois) ou
artificiel (introduction d’espèces
prédatrices de ravageurs).
Autant de solutions qui vont à
l’encontre des grandes monocultures, juge le responsable de WWF, car
elles ont un impact sur les rendements. A la différence de la robotique, qui propose déjà des premiers
tracteurs sans chauffeur. Cette technologie reviendrait, selon Arnaud
Gauffier, à « plutôt légitimer les grandes cultures ».
Le développement des drones est
une autre solution. Ces engins permettent de détecter les zones de culture en proie aux ravageurs et de ne
traiter qu’elles. Mais leur multiplication augure une explosion du commerce de données recueillies par la
voie des airs. « Les géants du numérique, dont Google, s’y intéressent beaucoup. Mais ils pourraient vendre très
cher leurs informations. Le monde
agricole ne doit pas être dépossédé »,
juge le représentant du WWF. n
Le Digitag, Institut de convergence agriculture et numérique
dont l’Irstea est l’animateur, travaille sur ce thème. Il bénéficie
d’une enveloppe de 10 millions
d’euros sur 7 ans, principalement
des Investissements d’Avenir,
afin de renforcer le Big Data, les
capteurs et l’acquisitions de données, mais aussi la modélisation
agricole.
Triskalia dans le numérique
Les groupes de l’agroalimentaire
ont pris le sens du vent et multiplient les initiatives en faveur de la
robotique et du numérique. La
coopérative Triskalia teste par
exemple un robot de désherbage
avec la société suisse ecoRobotix,
dont la machine peut travailler jusqu’à 12 heures par jour en totale
autonomie. « L’objectif est d’inciter
les producteurs à s’équiper », indique Dominique Blanchard, directeur de l’innovation chez Triskalia.
Avec l’école de statistiques Ensai,
basée près de Rennes, il a aussi
lancé des travaux concernant
l’analyse des données et le Big Data.
Au sein de l’entreprise d’alimentation animale Le Gouessant, ce sont
cette fois une trentaine de ses producteurs qui viennent de s’équiper
de la solution Taméo. Développé par
Météo France et l’Institut de l’élevage Arvalis, cet outil numérique
propose un pilotage de précision des
semis et récoltes sur les parcelles.
Véronique Bellon-Maurel estime
que toutes les activités agricoles
sont concernées par ces nouvelles
technologies de rupture, « même le
bio, insiste-t-elle. Réclamée par le
consommateur, mais aussi les collectivités pour les produits des cantines,
la généralisation du bio ne pourra se
faire uniquement si ses prix de vente
sont contenus. La robotique et le
numérique vont l’y aider ».
12
HEURES PAR JOUR
La capacité du robot
de désherbage d’ecoRobotix
à travailler en totale autonomie.
Démonstration des capacités d’un robot semeur de graines dans
l’un des sites partenaire d’Arvalis, un institut technique, réalisant
de la recherche appliquée agricole. Photo Jean-Christophe Verhaegen/AFP
AXA A RÉALISÉ UNE EXCELLENTE PERFORMANCE EN 2017
Pour la première fois de l’histoire du Groupe, le résultat
opérationnel et le résultat net dépassent les 6 milliards
d’euros, toutes les principales zones géographiques
contribuant à cette réussite. AXA poursuit sa très bonne
progression vers les objectifs de son plan Ambition
2020 et peut s’appuyer sur un bilan solide.
Chiffre d’affaires / 98,5 Md€
Résultat opérationnel / 6 Md€
Résultat net / 6,2 Md€
Résultats annuels 2017
Ratio de solvabilité / 205%
Dividende / 1,26 € / + 9 %
Les cultures bio gagnent
de plus en plus de terrain
Le bio creuse son sillon au sein des exploitations françaises.
Selon l’Agence pour le développement et la promotion
de l’agriculture biologique, pas moins de 33.664 exploitants se sont convertis au bio l’an dernier, soit 13,6 %
de plus qu’en 2016. Une tendance globale, puisque
les transformateurs (12.283 industriels, +15,5 %)
et les distributeurs (4.752 enseignes, +18 %) s’y intéressent
également de plus en plus. Il faut dire que le marché
français du bio, le deuxième en Europe derrière
l’Allemagne, a représenté un chiffre d’affaires de plus
de 8 milliards d’euros en 2017, selon l’Agence Bio.
Retrouvez nos résultats sur axa.com
@AXA
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16 // INDUSTRIE & SERVICES
Gecina porté par
la bonne santé de
l’immobilier parisien
IMMOBILIER
La foncière présente
des résultats
et des revenus
locatifs en hausse.
Elle décide
de conserver 20 %
de logements dans
son patrimoine.
Catherine Sabbah
@csabbah
Un an après sa nomination à la
direction générale de Gecina,
Méka Brunel a présenté jeudi
des résultats logiquement en
hausse : le marché de l’immobilier d’entreprise, comme celui
du logement, sont porteurs,
encore plus à Paris et en Ile-deFrance où la foncière possède la
plupart de ses immeubles. Le
résultat net augmente de 4,6 %,
à 347,4 millions d’euros.
Les revenus locatifs, en
hausse de 3,5 %, atteignent
559 millions. Un chiffre qui traduit les récents changements de
périmètre : Gecina a vendu en
2016 son activité santé et
absorbé Eurosic, ses immeubles parisiens et ses 70 millions
d’euros de loyers en 2017. Un
apport dont l’impact est réduit
par des cessions d’actifs et le
début d’opérations de restructuration qui gèlent les immeubles le temps des travaux.
La hausse est de 2,1 % à périmètre constant. Celui-ci le restera-t-il ? « Que je sache, Icade n’est
pas à vendre et la première chose
que je regarde en cas de possibilité
d’acquisition, c’est la complémentarité des patrimoines et des
entreprises », répond, prudente,
Méka Brunel. Si la foncière a
vocation à conserver l’équilibre
actuel de son patrimoine, cons-
titué de 80 % de bureaux et de
20 % de logements, Méka Brunel a pris un léger virage stratégique, en commençant par restructurer son département
résidentiel : arrêt des ventes aux
occupants, « qui mitent les
immeubles et rendent la gestion
des copropriétés plus compliquée », explique-t-elle ; hausse
programmée des loyers au
moment des renouvellements
de baux, avec un potentiel de
croissance de 4 % des revenus
globaux sur les années à venir ;
et mise en place de services
pour les 20.000 occupants des
7.000 appartements dont la
foncière est propriétaire. Cette
approche client s’appliquera
aussi aux bureaux. Comme
d’autres foncières, Gecina veut
« construire une relation au-delà
du bail » en s’adressant désormais aux salariés des entreprises qui louent ses immeubles, et
non plus seulement à leurs
directions immobilières.
Innovation sans gadget
L’innovation portée ces dernières années par Bernard Michel,
le président du conseil d’administration et de la fondation
Gecina, qui n’a pas renouvelé
son mandat, est toujours à
l’ordre du jour, mais pas partout, ni n’importe comment. « Il
ne suffit pas d’avoir une application sur un mobile. Dans notre
secteur, il faut souvent bâtir une
solide infrastructure derrière »,
constate Méka Brunel. Par
ailleurs, Gecina devrait cesser
son activité de parkings partagés, « qui ne marche pas », pour
des questions de sécurité et
d’accessibilité.
Quant à sa marque de coworking, Second Desk, elle la
réserve pour l’instant à des surfaces situées dans ses propres
immeubles, et réfléchit au co-living, sans précipitation. n
Groupe ADP attend
sereinement une
éventuelle privatisation
AÉROPORTS
Le groupe a publié
jeudi après Bourse
des résultats en
forte hausse.
Antoine Boudet
@ABoudet
Si Augustin de Romanet, le PDG
de Groupe ADP, s’est fixé pour
règle de ne faire aucun commentaire sur la question de la
privatisation, en marge de la
présentation des résultats
annuels 2017 publiés jeudi après
Bourse, le sujet n’en est pas
moins dans tous les esprits.
D’autant que si l’Etat devait bouger sur ce dossier sensible, il
devrait le faire sans tarder. Le
projet de loi sur les entreprises
du ministre de l’Economie
Bruno Le Maire, attendu au
printemps, pourrait être le véhicule législatif pour permettre à
l’Etat de descendre en dessous
des 50 % du capital du gestionnaire de Paris Aéroport (CDG,
Orly, Le Bourget).
Et ce afin d’enclencher le processus avant la fin de l’année.
Après, les conditions ne
seraient pas idéales, souligne un
bon connaisseur du groupe, car
ADP entrera en négociation
avec l’Etat sur le prochain
contrat de régulation économique. En outre, les très bons
résultats de Groupe ADP en
2017, et les bonnes perspectives
pour 2018, seront autant d’arguments pour valoriser au mieux
la participation de l’Etat, à hauteur de 50,63 %. « L’addition du
dynamisme du trafic, du développement de l’international et de la
maîtrise des charges donne un
résultat solide », se félicite le
patron du groupe.
Prévision prudente
Le chiffre d’affaires consolidé, à
3,6 milliards d’euros, s’affiche
en hausse de 22,7 % sur un an
(+1,8 % hors intégration globale
de TAV), pour un excédent brut
d ’ex p l o i t a t i o n ( E b i t d a) à
1,56 milliard, soit +31,1 %
(+7,7 %). La contribution de
TAV est de 280 millions. Pour
l’exercice en cours, Groupe ADP
table sur une prévision prudente de croissance de trafic
entre 2,5 % et 3,5 % pour Paris
Aéroport, plus dynamique pour
TAV (entre 10 et 12 %). L’Ebitda
consolidé devrait connaître une
hausse comprise entre 10 et
15 %, entre 2,5 et 3,5 % hors intégration globale de TAV, la filiale
turque anticipant elle une augmentation entre 5 et 7 %. n
3,6
MILLIARDS D’EUROS
Le chiffre d’affaires
consolidé du groupe, en
hausse de 22,7 % sur un an.
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
Veolia attaque 2018 en forte
croissance
ENVIRONNEMENT
Le groupe d’eau et de
déchets a dévoilé des
performances opérationnelles solides,
et un bénéfice qui
grimpe de près de 5 %.
Il sortira de Transdev
au plus tard fin 2018.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
Veolia se devait de rassurer le marché sur l’état de santé du secteur
après l’avertissement sur résultat de
Suez : mission accomplie. Le leader
mondial de l’eau et des déchets a
dévoilé jeudi des performances opérationnelles solides, meilleures
encore qu’attendu par le consensus
des analystes, car « nous avons enregistré une accélération en fin d’année
sur tous nos indicateurs clefs et nous
abordons 2018 avec élan », a commenté le PDG du groupe, Antoine
Frérot. « La nouveauté en 2017 est la
croissance du chiffre d’affaires, qui
devrait se poursuivre en 2018 »,
s’est-il félicité. Sur l’ensemble de
2017, malgré la hausse de l’euro, et
donc des effets de change défavorables, le groupe est parvenu à faire
progresser son chiffre d’affaires de
3,9 % (3,5 % hors acquisitions).
Croissance hors d’Europe
Comme Bouygues et Saint-Gobain,
Veolia observe une accélération
très nette de son activité en fin
d’année. Son chiffre d’affaires a
bondi de 6,3 % au quatrième trimestre. Mais à la différence de secteurs comme le BTP et les matériaux de construction, pour Veolia
cette croissance doit peu à la France.
Le groupe est allé la chercher hors
des frontières, et particulièrement
hors d’Europe : +24 % en Chine
grâce à des succès commerciaux, et
+22 % en Amérique latine, par
exemple, à comparer à +6 % en
Europe et – 0,1 % en France.
La rentabilité des opérations augmente nettement, avec un résultat
brut d’exploitation (Ebitda) en
hausse de 2 %, en dépit des effets de
change défavorables. L’objectif pour
2018 est une progression encore
plus forte. L’an dernier, Veolia a été
aidé par la remontée des cours des
matières premières, donc de ses
recettes de revente des matières
issues du recyclage, et par l’embellie
économique mondiale, qui accroît
le volume de déchets. Mais
le groupe a aussi réduit ses coûts de
255 millions et il amplifiera cette
année ces économies, qu’il portera à
plus de 300 millions. Au final, le
résultat net grimpe de quasiment
5 %, à 402 millions et « pour 2018,
l’environnement macroéconomique
est plutôt favorable », a estimé
Antoine Frérot.
Le marché a salué
la performance du groupe
Il sera d’autant plus favorable que le
groupe pourrait bénéficier du produit de cession de ses 30 % dans
Transdev, codétenu avec la Caisse
des Dépôts et Consignations. « Soit
les discussions de la Caisse des Dépôts
avec les candidats au rachat de
nos 30 % aboutissent d’ici à la fin de
2018, soit la Caisse nous les rachètera
elle-même, pour 330 millions d’euros » au plus tard début
2019, a rappelé le PDG. Ce sera la fin
d’un dossier au long cours. D’ici là,
les bons résultats 2017 ont été mis à
profit pour augmenter de 5 % le dividende (+ 20 % en trois ans). En 2013,
les capitaux employés par le groupe
dégageaient 5 % de rentabilité, soit
moins que ce qu’ils coûtaient. A la
fin de 2017, leur rentabilité était de
8,4 %, soit nettement plus que leur
coût (5,4 %).
Le marché a salué la performance de Veolia en faisant progresser son cours de Bourse de 2,12 %,
contre un indice CAC 40 peu actif
(+0,13 %). Ironie de l’histoire, les frères ennemis restent liés : tout
comme Suez avait entraîné Veolia
dans sa chute boursière récemment, cette fois Veolia a fait rebondir Suez de 1,52 %… en attendant que
son rival dévoile ses propres résultats annuels le 1er mars. n
TechnipFMC tente de convaincre
du succès de la fusion
Les chiffres clefs
ÉNERGIE
15,1
Doug Pferdehirt,
le patron du parapétrolier franco-américain, juge que la fusion
est « un succès ».
MILLIARDS D’EUROS
Le chiffre d’affaires 2017
du parapétrolier, en recul
de 21 %.
TechnipFMC a amélioré sa rentabilité
en 2017, malgré
un fort recul du chiffre
d’affaires.
3.000
Vincent Collen
@VincentCollen
Un an après la fusion entre le français Technip et l’américain FMC,
Doug Pferdehirt tente de rassurer
actionnaires, salariés et clients sur
les bienfaits du rapprochement.
« Nous sommes plus forts ensemble
et nous le prouvons », explique aux
« Echos » le directeur général de
TechnipFMC, de passage à Paris.
L’intégration des deux entités passe
mal auprès d’une partie des salariés, en France en particulier. Certains dénoncent une prise de contrôle par « les Américains » – les
dirigeants de FMC – alors que l’opération était présentée comme un
mariage entre égaux.
Une majorité des membres du
comité exécutif sont des anciens de
FMC, malgré un rééquilibrage
intervenu en novembre, et des fonctions clefs sont centralisées à Houston, au Texas. Le siège juridique de
l’entreprise a été transféré à Lon-
SALARIÉS EN MOINS
Les effectifs ont fondu l’an
dernier, passant de 40.000
à 37.000 personnes.
Doug Pferdehirt, qui dirigeait
l’américain FMC, a pris la tête
du nouvel ensemble après la
fusion avec Technip en janvier 2017. Photo DR
dres, le centre de R&D de RueilMalmaison a été « vidé de sa substance », estiment certains… Les
représentants des salariés pointent
aussi un flux de démissions important en France, un recul des effectifs, des équipes « démotivées »… «
Ce n’est pas une fusion, c’est une prise
de contrôle et c’est comme cela que
c’est ressenti en interne », critique
l’un d’entre eux.
La rumeur d’une cession d’une
partie importante de l’activité, en
fin d’année dernière, n’a rien
arrangé, d’autant qu’elle n’a pas été
officiellement démentie par la
direction depuis. « Nous ne communiquerions que s’il y avait du concret », justifie Doug Pferdehirt, ajoutant qu’il était normal qu’une
entreprise « examine toutes les
options stratégiques ». « Je comprends que certains salariés aient été
sceptiques au début, explique le
directeur général. Mais nous prouvons que la fusion fonctionne et les
équipes sont maintenant très motivées. »
Les résultats de l’exercice 2017,
publiés jeudi, font état d’un recul du
chiffre d’affaires de 21 %, à 15,1 milliards de dollars, conséquence du
déclin des investissements des
compagnies pétrolières. Mais
l’excédent brut d’exploitation est
stable, signe d’une nette amélioration de la profitabilité, en partie
grâce aux économies de coûts dégagées par la fusion. Et TechnipFMC a
légèrement revu ses perspectives
en hausse pour 2018. L’action s’est
appréciée de 3,91 % à la clôture de la
Bourse de Paris jeudi, signant la
plus forte hausse du CAC 40. Elle
avait perdu près du quart de sa
valeur l’an dernier.
Contrats intégrés
Le directeur général met en avant le
« succès » des contrats réunissant
l’ingénierie de Technip et les équipements de FMC. Preuve de l’intégration des deux groupes, ils représenteront le quart des commandes
de la division sous-marine en 2018,
annonce-t-il. « C’est de l’incantation.
On n’y arrivera pas », rétorque un
cadre dirigeant français.
La France est « au cœur de la stratégie » de l’entreprise, assure Doug
Pferdehirt, au même titre que les
quatre autres pays les plus importants pour le groupe : Etats-Unis,
Royaume-Uni, Norvège et Brésil.
Certains « centres d’excellence mondiaux » restent basés dans l’Hexagone, comme celui du gaz naturel
liquéfié, un marché pour lequel le
directeur général entrevoit un
« redressement ». Les effectifs ont
fondu l’an dernier, passant de
40.000 à 37.000 personnes. Pour
Doug Pferdehirt, c’est le résultat de
la fin de certains grands contrats.
L’effectif « progressera à nouveau »,
dit-il, même si cela ne sera « probablement pas » dès 2018. n
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
mécénat
Saint-Gobain a signé en 2017 son
meilleur résultat depuis dix ans
CONSTRUCTION
La donation, une
manne pour les musées
Le géant mondial des
matériaux de construction a bénéficié
à plein du boom des
logements neufs, d’un
rebond du marché
de la rénovation et
de l’embellie mondiale.
DONATION
Marc Ladreit de Lacharrière
a effectué l’une des plus
importantes donations à
un musée français. D’autres
mécènes ont eux aussi
contribué à enrichir les
collections d’Orsay, de
Pompidou ou d’institutions
en régions.
Il observe une
accélération
de son activité depuis
la fin de l’année.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
L’activité de Saint-Gobain était déjà
bonne à l’automne, depuis elle s’est
tellement accélérée que le groupe a
signé l’an passé sa meilleure performance depuis dix ans en termes de
résultat net : à 1,6 milliard d’euros, il
affiche une progression de 19,5 %
par rapport à 2016. Le bénéfice net
par action a même bondi, lui, de
20,3 %… La baisse des taux d’intérêt
y a contribué, en réduisant les frais
financiers. Mais le résultat d’exploitation, le marqueur des performances opérationnelles, a lui aussi progressé, de quasiment 10 % en un an.
Le tout pour un chiffre d’affaires de
40,8 milliards, en hausse de 4,7 % à
données comparables. « Il aurait
même été en croissance de 5,2 % l’an
dernier sans l’impact de la cyberattaque du 27 juin », souligne le PDG du
groupe, Pierre-André de Chalendar.
Réductions des coûts
L’embellie économique mondiale se fait sentir, et « l’activité a
accéléré en fin d’année », remarque
le dirigeant, partageant en cela le
constat de Veolia. « Il y a eu une très
bonne dynamique dans toutes nos
zones géographiques, poursuit-il. En
France, 2017 est la première année où
Martine Robert
@martiRD
la construction de logements neufs se
fait sentir à notre niveau, car nous
sommes en aval de la chaîne, explique Pierre-André de Chalendar.
Par ailleurs, nous percevons une
claire reprise du marché français de
la rénovation de logements ». Sur
l’Asie et les pays émergents, la
croissance « est à deux chiffres »,
poursuit-il.
Les vents étant porteurs, le
groupe a pu passer des hausses de
prix sur la plupart de ses marchés
pour compenser en partie l’inflation
des matières premières et de l’énergie. Au total, il a augmenté ses prix de
2 % sur 2017 en moyenne, ce qui n’a
pas totalement compensé cette
inflation des coûts. Davantage d’activité permettant de mieux absorber
les coûts fixes, l’autre facteur expliquant le bond de la rentabilité du
groupe a été ses réductions de coûts.
Il a réalisé 290 millions d’euros d’éco-
Surfant sur des
marchés dynamiques,
notamment l’Inde et la
Chine, Saint-Gobain
a aussi accéléré
le mouvement
en matière de
croissance externe.
nomies de coûts en 2017 (dans le
cadre d’un programme de 1,2 milliard d’euros entre 2017 et 2020) et
vise 300 millions supplémentaires
cette année.
Nouveau site marchand
Surfant sur des marchés dynamiques, notamment l’Inde et la
Chine, Saint-Gobain a aussi accéléré le mouvement en matière de
croissance externe. Au final, le
groupe aura réalisé l’an dernier 28
acquisitions pour 641 millions
d’euros et vise 2 milliards d’acquisitions en cumul entre 2017 et 2020.
Par comparaison, l’an dernier il n’a
cédé que pour 213 millions d’euros
d’actifs.
Tout accélère chez Saint-Gobain… y compris ses initiatives dans
le digital. Il n’en parlera pas avant
mars, date de lancement de sa prochaine campagne de publicité,
mais il s’apprête à lancer à l’intention du grand public un nouveau
site marchand, saint-gobain.fr, qui
regroupera l’ensemble de ses produits et sites existants. Un grand
public qu’il courtise et auprès de qui
il veut imposer la marque SaintGobain, conscient qu’avec Internet
il ne peut plus s’adresser uniquement aux professionnels sous
peine de se faire dépasser. n
En offrant au musée du
Quai Branly-Jacques Chirac
36 œuvres de sa collection d’art
africain et océanien, l’homme
d’affaires Marc Ladreit de
Lacharrière a fait l’un des
dons les plus importants reçus
par un musée français. Au
p oint que le président du
musée, Stéphane Martin, l’a
comparé au don effectué par
Nelson Rockefeller au Metropolitan Museum of Art de New
York en 1969.
C’est dire si ce mécénat – non
défiscalisé – a été salué en
haut lieu par les ministres de la
Culture et de l’Enseignement
supérieur, mais aussi par le
président de la République luimême. « Nos collections ont plutôt été apportées par des explora-
dédiée, aménagée par l’architecte Jean Nouvel, et baptisée
du nom du mécène. Car il est
d’usage, aujourd’hui, de chouchouter ses mécènes comme
dans les pays anglo-saxons.
Ainsi, en 2016 déjà, le musée du
quai Branly rendait hommage
à ses grands donateurs – Jean
Paul Barbier-Mueller, Thérèse
Jacoulet-Inagaki, Hélène et Philippe Leloup, Françoise et Alain
de Montbrison – dans un catalogue illustrant « la précieuse
complémentarité de la force
publique et des collectionneurs
qui, grâce à leur audace, permettent de réunir les plus surprenants trésors ».
Quarante années
de budget d’acquisition
En 2016 encore, François
Hollande remettait les insignes
de commandeur de la Légion
d’honneur à Marlene et Spencer Hays, un couple de collectionneurs américains qui a
fait don de 600 œuvres, d’une
valeur de 350 millions d’euros,
au Musée d’Orsay. Dans un premier temps, 187 œuvres – dont
69 nabis – ont été léguées, celles
présentées en 2013 à Orsay dans
l’exposition « Une passion française ». Guy Cogeval, alors à la
tête d’Orsay, n’avait pas hésité
à promettre le déménagement
de la bibliothèque et du centre
Les colis et la banque, principaux
moteurs des bénéfices de La Poste en 2017
lions. L’activité de la branche numérique atteint désormais 672 millions d’euros (+5,7 %), mais sa
contribution aux résultats, lestée
par des dépréciations d’actifs, reste
négative (–20 millions).
LOGISTIQUE
L’entreprise publique
a dégagé l’an dernier
851 millions d’euros
de résultat net.
Stabilité du résultat net
Elle poursuit sa
recherche de relais
de croissance pour
pallier la baisse
du courrier.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
L’an dernier, La Poste a une nouvelle fois pu compter sur l’essor du
transport de colis et sur ses activités
bancaires pour compenser
l’érosion du courrier, son métier
historique. Les résultats 2017 de
l’entreprise publique, publiés ce
jeudi, font état d’une progression de
3,5 % du chiffre d’affaires , à
24,1 milliards d’euros, malgré une
énième chute du nombre de plis
distribués par les facteurs (–6,8 %).
Ce déclin persistant des volumes
de courrier a été compensé en partie par la hausse des tarifs intervenue début 2017 (+3,2 % en
moyenne), qui a rapporté 253 millions d’euros. A l’inverse, le chiffre
d’affaires de l’activité colis augmente de 5,4 %, porté par la santé
florissante du commerce en ligne.
Celui-ci fait également le bonheur de la branche GeoPost (livraison en express sous les marques
L’essor du commerce en ligne fait le bonheur de la branche
GeoPost, dont le chiffre d’affaires a augmenté l’an dernier
de 10,5 %, à 6,8 milliards d’euros. Photo Shutterstock
DPD et Chronopost) dont l’activité
augmente de 10,5 %, à 6,8 milliards
d’euros. GeoPost bénéficie de sa très
bonne implantation en Europe et
devrait poursuivre cette stratégie
d’internationalisation, vers l’Asie
cette fois.
La Banque Postale tire
les profits
Malgré la faiblesse persistante des
taux d’intérêt, La Banque Postale
représente l’autre moteur des
comptes du groupe, avec un pro-
duit net bancaire de 5,7 milliards
(+3,4 % à périmètre constant) et
870 millions de résultat opérationnel, ce qui en fait la première source
de profit.
En comparaison, la contribution
des autres relais de croissance imaginés par Philippe Wahl, le PDG du
groupe, dans le cadre du plan de
transformation lancé à son arrivée,
reste plus timide. A coups d’acquisitions, le chiffre d’affaires des filiales
positionnées sur les services dédiés
aux seniors augmente de 67 mil-
Au total, le résultat d’exploitation
atteint 1,01 milliard d’euros (+6,4 %
à périmètre et taux de change constants), et le bénéfice net reste stable,
à 851 millions d’euros. Des chiffres
plus qu’honorables, mais qui sont
inférieurs à ceux visés il y a quelques années : en décembre dernier,
le conseil d’administration a
ramené de 2 à 1,2 milliard l’objectif
de résultat d’exploitation pour
2020. Les cartes seront toutefois
rebattues si La Poste parvient à
mettre la main sur la CNP, la grande
ambition de Philippe Wahl. Les discussions à ce sujet entre l’Etat et la
Caisse des Dépôts, qui a un rôle central dans le dossier en tant
qu’actionnaire des deux entreprises, sont en cours. n
+ 3,5 %
LA PROGRESSION
DU CHIFFRE D’AFFAIRES
DE LA POSTE
Les résultats 2017 de
l’entreprise publique font
état d’une progression de 3,5 %
du chiffre d’affaires,
à 24,1 milliards d’euros.
Statue protectrice Nkishi Songye, Kalebwe du centre.
Photo Claude Germain/Musée du Quai Branly-Jacques Chirac
teurs, des scientifiques, rarement
par des artistes ou des collectionneurs, pionniers dans l’histoire
du goût pour les arts africains
et océaniens. Cette donation
s’accompagne en outre d’un
programme de recherche et
d’exposition financé par le
mécène pendant cinq ans, à hauteur de 200.000 euros par an »,
s’est félicité Stéphane Martin.
Estimée
52 millions d’euros
Pour Marc Ladreit de Lacharrière, impliqué dans la démocratisation culturelle à travers
sa Fondation Culture & Diversité, un chef d’entreprise qui
réussit se doit de rendre à la
société. « Et la culture est la
meilleure réponse à l’ignorance,
laquelle conduit à l’intolérance
et à la violence » explique-t-il,
soulignant en outre que « le
musée du Quai Branly favorise le
dialogue des cultures ». Estimée
à 52 millions d’euros, la collection représente pour l’institution l’équivalent de quarante
années de son budget d’acquisition. Des expositions seront
organisées à partir d’octobre 2019, dans une galerie
de documentation du musée,
dans un hôtel particulier voisin,
pour accorder tout l’espace
nécessaire à la collection.
En 2012, Daniel Guerlain,
le petit-fils du parfumeur, et
sa femme Florence offraient
une collection de 1.200 dessins,
accumulée en trente ans, au
Centre Pompidou, représentant près de 200 artistes d’une
trentaine de nationalités, enrichissant le cabinet d’arts graphiques du musée de feuilles
très contemporaines.
Et l a p rov i nce n’es t p as
oubliée des collectionneurs. En
2012 toujours, l’Etat récupérait
la donation du galeriste Yvon
Lambert. L’engagement avait
été pris au plus haut niveau de
financer l’extension de l’hôtel
de Caumont en Avignon pour
offrir un écrin à ces 450 œuvres
d’artistes contemporains internationaux (Twombly, Kiefer,
Basquiat, Goldin, Barceló…) et
français (Boltanski, Lavier,
L é vê q u e … ) . U n e n s e m b l e
estimé par Christie’s à 100 millions d’euros. L’équivalent là
encore de quarante années de
crédits d’acquisition du Centre
Pompidou. n
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
RGPD : une étude
souligne les défis
de Facebook
–16,3 %
Jean-Pierre Pernaut a fêté ses
trente ans de 13 heures sur TF1
avec les Tuche. Avec ses
5,6 millions de téléspectateurs
en moyenne depuis début 2018
(plus de 40% du public sur cette
tranche), « on est le deuxième
journal télé d’Europe, », se félicite
le présentateur dans les
colonnes de L’Express.
73% des utilisateurs de Facebook
sont profilés selon leur opinion
politique ou leur orientation
sexuelle, note une étude de
l’Université de Madrid. Ce type
de classification à partir de
données personnelles sera
illégal en Europe à partir du
25 mai prochain. Mais Facebook
assure travailler sur le sujet.
Le fabricant français Ingenico a publié jeudi un bénéfice net en hausse de 5% en
2017, à 256 millions d’euros.
Mais ses nouveaux objectifs
pour 2018 (entre 5% à 8% de
hausse de son Ebitda contre
10% escomptés) ont déçu,
et le titre a plongé jeudi de
16,29 %, à 77 euros.
DR
en
pixels
Martin Bureau/AFP
HIGH-TECH
&MEDIAS
Jean-Pierre
Pernaut : trente ans
de 13 heures
DE BAISSE EN BOURSE
Bouygues Telecom confirme
son rétablissement en 2017
TÉLÉCOMS
L’opérateur télécoms
gagne des clients dans
le mobile et le fixe.
Sa marge d’Ebitda est
en bonne progression.
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
et Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
Bouygues Telecom va mieux, beaucoup mieux même. L’opérateur, qui
avait été fortement ébranlé par
l’arrivée de Free sur le marché, a
publié jeudi des résultats annuels
en très nette amélioration. « On s’est
trouvé dans une situation épouvantable, a confié Martin Bouygues,
patron du groupe de BTP, de télécoms et de médias (TF1), jeudi aux
journalistes. Et on en est sorti alors
que personne n’y croyait. »
Le groupe, qui a pris des mesures
drastiques d’économie et réduit ses
effectifs ces dernières années, voit
sa profitabilité progresser de 27 %
sur un an, totalisant 1,2 milliard
d’Ebitda. La croissance du chiffre
d’affaires (+6,8 %) à 5,1 milliards
reflète la bonne conquête de clients
dans le fixe (3,4 millions de clients),
où Bouygues Telecom pratique des
tarifs très attractifs ; et dans le
mobile (14,4 millions de clients
au total), où il a su percer très tôt
dans la 4G. Les revenus par abonné
sont cependant en recul sur un
an, les tarifs évoluant plutôt vers le
bas dans un marché qui reste très
Celui-ci a imaginé, en 2016, s’adosser à Orange, mais les discussions
ont échoué. « J’aimerais bien faire
les marges de SFR », a aussi lancé le
PDG, relativisant les difficultés de
l’opérateur de Patrick Drahi.
Désormais, la consolidation ne
serait plus du tout d’actualité,
Martin Bouygues considérant que
l’embellie de Bouygues Telecom lui
permet d’envisager l’avenir seul.
« Tout le monde a voulu que le marché soit à quatre opérateurs et c’est
très bien comme ça », a-t-il dit. L’opérateur table sur 300 millions de
cash-flow libre pour 2019, contre
17 millions en 2017 (en réalité
50 millions, hors charge de 33 millions au titre de la contribution
exceptionnelle de l’impôt sur les
sociétés). Même si les investissements restent élevés pour le groupe
cette année (1,2 milliard d’euros
brut, comme en 2017).
Interrogé sur le différend commercial qui oppose sa filiale TF1 à
Orange depuis plusieurs mois,
Martin Bouygues a tenté de calmer
le jeu. « Je ne suis pas inquiet, les discussions ont été plus intenses ces derniers jours. Mais chaque chose se
paie à son prix » a-t-il lancé en direction de l’opérateur télécoms. La
veille, Stéphane Richard, le PDG
d’Orange, s’était aussi déclaré « optimiste » sur les chances de trouver
un accord.
TF1 réclame à Orange une rémunération pour être distribué dans
ses bouquets télé, mais les deux
acteurs ne sont pas d’accord sur le
prix à payer. « Vous avez vu les profits d’Orange ?, s’est insurgé le PDG
de Bouygues. TF1 c’est une toute
concurrentiel. Bouygues Telecom
compte désormais 3,4 millions de
clients dans le fixe, sachant que
42 % de la croissance annuelle provient de la fibre, qui a vocation à
remplacer l’ADSL. Ses performances en la matière sont scrutées à la
loupe, le groupe n’ayant pas la capacité d’investissement d’un Orange
ou un SFR. Or, un opérateur qui
n’investit pas suffisamment dans
cette technologie d’avenir peut être
« sorti » du marché, à long terme.
La marge d’Ebitda progresse
bien (+4,6 points), et devrait être
encore supérieure en 2018, après
avoir atteint 27,2 %, l’an dernier. Elle
reste cependant en deçà de la
moyenne du secteur, ce qui fait dire
à certains analystes financiers que
le groupe pourrait avoir besoin de
s’adosser à un partenaire.
Les revenus
par abonné sont
cependant en recul
sur un an, les tarifs
évoluant plutôt
vers le bas.
Alors que SFR traverse une
période difficile, certains parient
sur un rachat par Bouygues Telecom. « En aucun cas nous ne porterons un projet de cette nature, a
cependant balayé Martin Bouygues. Vous n’imaginez pas à quel
point nos équipes ont souffert ces
dernières années. » L’opérateur a été
la cible de plusieurs offres de rachat
par SFR, que le PDG a rejetées.
« Tout le monde
a voulu que
le marché soit
à quatre opérateurs
et c’est très bien
comme ça. »
MARTIN BOUYGUES
PDG du groupe Bouygues
petite souris face à un mammouth ! »
Il y a quelques jours, Orange a décidé
de retirer ses futures campagnes de
publicité de TF1 en guise de protestation, engendrant un manque à
gagner non négligeable pour la
chaîne de télévision. « Je ne crois pas
qu’Orange fasse de la publicité sur TF1
par charité, s’il le fait c’est qu’il en a
besoin, a cependant ironisé Martin
Bouygues. On n’est pas en train de
demander l’aumône, ni quoi que ce
soit ! » Avant de se montrer menaçant à son tour : « Le groupe Bouygues dans sa globalité est probablement le premier ou deuxième client
d’Orange à qui il apporte chaque
année près de 900 millions d’euros de
chiffre d’affaires, a-t-il expliqué. Il y a
du régulé avec Bouygues Telecom, et
du non-régulé à travers toutes nos
filiales… » Le jeu de poker menteur
n’est manifestement pas terminé.
(
Lire « Crible »
Page 34
La neutralité du Net sur le point
d’être abrogée aux Etats-Unis
RÉGULATION
Le gendarme des
télécoms américain
devait officialiser
jeudi la fin d’un des
principes fondateurs
d’Internet.
PROGRAMME
TRANSFORMATION
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Du 8 mars au 8 juin 2018
Enjeux et logiques émergentes
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Révolution digitale
Éthique des organisations
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Après un vote contesté en décembre
dernier, le gendarme des télécoms
américain, la FCC, devait publier
jeudi le texte abrogeant la neutralité
du Net, rapporte l’agence Reuters. Ce principe, présent dès les
débuts d’Internet et du Web, affirme
que toute donnée en ligne (texte,
image, son) doit être envoyée et
reçue avec la même vitesse, peu
importe son origine et sa destination. Protégée légalement en 2015
par l’administration Obama, la neutralité du Net a été officiellement
considérée comme caduque en
décembre dernier. Entraînant un
mouvement important de mobilisation avant et après le vote, notamment de la part de certains Etats et
villes.
Jeudi, la publication du texte au
Registre fédéral va permettre aux
adversaires de ce projet de saisir la
Protégée légalement en 2015 par l’administration Obama,
la neutralité du Net a été officiellement considérée comme
caduque en décembre dernier. Photo Jacquelyn Martin/AP/Sipa
justice pour empêcher sa mise en
œuvre. Certains points doivent
encore être validés par le Bureau de
la gestion et du budget de la MaisonBlanche avant que le texte ait force
de loi. La publication du texte va
ouvrir une période de 60 jours pendant laquelle le Congrès pourra
encore s’opposer par un vote à
l’abrogation de la neutralité du Net.
Le groupe démocrate au Sénat a
indiqué le mois dernier qu’il ne lui
manquait qu’une voix pour renverser cette décision. Mais, même s’il
parvenait à ses fins, l’annulation de
l’abrogation devrait encore être
approuvée par la Chambre des
représentants, où les républicains
disposent d’une large majorité. De
plus, Donald Trump pourrait au
bout du compte y mettre son veto.
La neutralité du Net vise essentiellement à empêcher les fournisseurs d’accès de limiter ou d’interrompre l’accès de leurs clients à
certains contenus pour des raisons
arbitraires, financières ou juridiques. Son abrogation est réclamée
par les géants du secteur comme
AT&T, Verizon Communications et
Comcast, qui se plaignent de ne pas
pouvoir réguler le trafic Internet
efficacement et se disent ainsi
découragés d’investir pour développer leurs capacités.
— E. C. avec Reuters
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 19
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
La campagne italienne de
Vivendi s’est à nouveau durcie
MÉDIAS
Alors que l’échéance
de la médiation sera
dépassée sans accord,
Vivendi et Mediaset
vont se retrouver
devant la justice.
Le camp Berlusconi
ne veut rien céder.
Nicolas Madelaine
et Olivier Tosseri (à Rome)
Alors qu’un accord avec Mediaset
semblait à portée de la main de
Vivendi ces dernières semaines, il
semble bien que la campagne italienne du groupe français se soit à
nouveau durcie. Au point que certains investisseurs dans Mediaset
commencent à parier sur des dommages et intérêts payés par le
groupe français au groupe italien :
« J’anticipe au moins 500 millions
d’euros », dit l’un d’entre eux.
Il ne fait en effet plus guère de
doute que la médiation de la justice
italienne entre les camps Berlusconi et Bolloré va échouer avant son
échéance – plusieurs fois repoussée – du 27 février. Même si, à terme,
un accord qui serait stratégiquement utile aux deux camps reste
envisageable, les deux groupes
voient resurgir le spectre d’une
bataille judiciaire. Le renoncement
de Vivendi à acquérir le bouquet
payant Mediaset Premium de la
famille Berlusconi, comme le prévoyait l’alliance annoncée du 8 avril
Chez Vivendi, on assure que
l’accord a été repoussé parce
que Silvio Berlusconi serait
obnubilé par les élections
générales italiennes.
Photo Luigi Mistrulli/Sipa
2016, a en effet donné lieu à de multiples contentieux entre les deux
groupes.
Pari sur des dommages
et intérêts
Dans le camp Vivendi, on assure que
l’accord a été repoussé parce que Silvio Berlusconi serait obnubilé par
les élections générales italiennes.
On dit aussi que la justice italienne
est longue et que les négociations
peuvent continuer pendant les
batailles judiciaires. Enfin, on souligne qu’il y avait presque un accord
en décembre et qu’un partenariat a
plus que jamais de sens entre les
deux groupes.
Néanmoins, le camp Mediaset,
qui profite de l’impressionnant
retour en grâce du « Cavaliere »
dans la politique italienne, est bien
plus ferme. Les discussions ont
cessé depuis Noël et aucun accord
n’est en vue, fait-on savoir. Il faut
donc un retour à l’accord original ou
bien des dédommagements. L’idée
du Netflix européen est bonne, mais
Vivendi n’a pas respecté les règles
pour le joint-venture et ne fait pas les
choses correctement, un peu à la vavite et de façon approximative, ajoute-t-on. En concluant que les discussions traînent depuis deux ans et
demi… En fait, les positions entre les
deux groupes sur le dédommagement de l’italien par le français
seraient très éloignées. Vivendi proposerait moins de 100 millions
d’euros quand Mediaset demande
bien plus de 1 milliard. Autre gros
point de désaccord, Mediaset ne
serait pas satisfait des conditions de
sa participation au joint-venture
entre les deux filiales de Vivendi que
sont Telecom Italia et Groupe Canal,
une collaboration qui était censée
aboutir à une sortie par le haut dans
la bagarre concernant Mediaset
Premium.
Du reste, ne « voulant pas que leur
groupe serve de monnaie d’échange »,
dit une source proche du dossier,
notamment dans les tractations de
Vivendi avec Mediaset, des administrateurs indépendants de Telecom
Italia se sont opposés à la création
de cette coentreprise. Dans le camp
Vivendi, on rétorque que ce jointventure n’a jamais été conçue
comme un véhicule pour signer la
paix avec Mediaset. Le problème
pour Vivendi, estime un connaisseur de long terme du capitalisme
italien, est que, pendant que Rome a
grignoté de son pouvoir chez Telecom Italia, qui était une pièce maîtresse dans ses négociations avec
Mediaset, le camp Berlusconi se
sent de plus en plus fort à l’approche
des élections du 4 mars. Tous les
sondages indiquent qu’ils ont raison. Des hommes de Berlusconi
pourraient même être au pouvoir.
« Même si, pour ce qui concerne les
contentieux entre Vivendi et Mediaset, la justice italienne est indépendante, Silvio Berlusconi pourrait être
en position d’influencer fortement les
régulateurs et donc de pénaliser Telecom Italia, poursuit ce connaisseur.
Il aura donc la main dans la négociation. » Il ajoute que Mediaset a historiquement toujours eu des bons
revenus publicitaires quand le
« Cavaliere » était au pouvoir… n
Intel se renforce
dans le transport
ÉLECTRONIQUE
Un an après s’être
offert Mobileye, le
géant mène un tour
de financement de
50 millions de
dollars dans Moovit.
Intel creuse le filon des innovations israéliennes dans l’univers
de mobilité. Un an après s’être
offert la solution anti-collision
Mobileye, sise à Jérusalem, pour
15 milliards de dollars, le géant
américain des puces qui souhaite diversifier ses activités
dans le véhicule autonome,
vient d’entrer au capital du navigateur communautaire Moovit,
une autre pépite israélienne du
transport intelligent. Son bras
financier Intel Capital a en effet
mené le dernier tour de financement de 50 millions de dollars
de cette jeune pousse de TelAviv, surnommée, « le Waze des
transports en commun », qui
a levé 133 millions de dollars
depuis sa création en 2011.
Présente dans 80 pays et
2.000 villes avec un total de
120 millions d’utilisateurs,
cette app mobile gratuite visant
à optimiser les trajets en transports en commun grâce aux
données transmises par sa communauté, avait déjà séduit des
investisseurs tels que Sequoia
Capital, BMW iVentures ou
Sound Ventures (le fonds d’Ashton Kutcher). « La combinaison
de la technologie de Mobileye et
celle de Moovit dans le data permettra de préparer les villes à
l’arrivée des véhicules autonomes », a déclaré Amnon Shashua.
Depuis quarante-cinq ans,
Intel a investi près de 17 milliards
de dollars en Israël pour sa production, comme pour sa R & D.
Et le géant des puces qui emploie
12.000 salariés dans l’Etat
hébreu et fait partie de ses principaux exportateurs (3,6 milliards de dollars de microprocesseurs en 2017), a aussi fait
savoir cette semaine qu’il comptait investir 5 milliards de dollars
supplémentaires dans son outil
de production d’ici à 2020. En
contrepartie, il recevra une subvention de l’ordre de 400 millions. Soit le plus grand coup de
pouce jamais accordé dans ce
domaine par Israël.
— N. H. à Tel-Aviv
Résultats annuels 2017
Ynsect va lever 100 millions
d’euros pour créer son
usine de coléoptères
La start-up française
veut financer
la première usine de
production du genre
à grande échelle
destinée à l’alimentation animale.
Anne Drif
@ANNDRIF
Ynsect passe à la vitesse supérieure.
Selon nos informations, le jeune producteur de coléoptères pour l’alimentation animale a mandaté la
banque américaine Jefferies afin de
lever une centaine de millions
d’euros. L’objectif ? Financer sa première usine de production de scarabées destinés à l’alimentation des
animaux de compagnies et des poissons d’élevage. La start-up de
l’Agtech (nouvelles technologies
dans l’agriculture), qui compte une
unité de démonstration à Innovia, le
parc d’activité du Grand Dole (Jura),
finalise plusieurs contrats de vente
en Europe. « Cette unité de production pourra produire 20.000 tonnes
de protéines par an, la localisation est
en cours de sélection », précise
Antoine Hubert, ingénieur agronome, président et cofondateur
d’Ynsect. Il se refuse néanmoins à
commenter la recherche de fonds.
Après la France, une usine
aux Etats-Unis
Soutenu par un panel d’investisseurs depuis 2011 – Demertec, Emertec, bpifrance, le suisse Quadia, le
singapourien New Protein Capital et
le britannique Future Positive Capital –, Ynsect vise en priorité des fonds
américains et asiatiques, capables
d’investir sur le long terme, proches
de l’Agtech. Ce prisme américain
n’est pas anodin. « Notre objectif dans
un second temps est de construire une
usine aux Etats-Unis, car de nombreux producteurs y produisent la
matière première agricole qui nous
sert à nourrir les insectes », précise
Antoine Hubert. Co fondée avec un
polytechnicien, un ingénieur biomasse et un Essec, la start-up de 75
personnes dont près de la moitié en
R & D, a d’abord levé 1,8 million
d’euros pour tester plus d’une
dizaine d’espèces d’insectes et racheter IPV, le plus gros éleveur français
du genre.
Ces coléoptères sont en effet déjà
utilisés comme appâts pour la pêche
ou pour les animaux domestiques
de type lézards et oiseaux. Puis elle a
levé plus d’une quarantaine de millions d’euros entre 2014 et, fin 2016,
après que la Commission européenne a approuvé l’usage de protéines d’insectes dans l’alimentation
des poissons d’élevage.
Avec 100 millions d’euros, Ynsect
serait assuré de distancer ses deux
« concurrents », le néerlandais Protix et le sud-africain AgriProtein. Il
mise aussi sur sa « spécialité ». Les
deux start-up étrangères s’intéressent davantage aux mouches, une
espèce considérée comme un peu
moins « premium » que les scarabées, « dont les effets positifs sur la
santé et la croissance des animaux ont
été prouvés », selon Antoine Hubert.
L’Agtech intéresse de plus en plus
les investisseurs. Selon Agfunder, les
capitaux déployés dans le secteur
devraient atteindre 8,8 milliards de
dollars en 2017, contre 6,9 milliards
l’année précédente. L’agribusiness
et les nouvelles technologies bio
agricoles sont les troisième et quatrième secteurs les plus ciblés, avec
13 % environ des levées cumulées. n
Résultats 2017
Chiffre d’affaires :
11,7 Mds €
(+7% (1) vs 2016)
Résultat
opérationnel :
357 M€
(+1 % vs 2016)
Résultat net
(part du groupe) :
328 M€
(2)
(-8 % vs 2016)
Carnet de
commandes :
7,6 Mds €
(+9 % (3) vs 2016)
Dividende proposé :
8,20 €
par action,
inchangé par rapport
à 2016
• Reprise de la croissance du chiffre d’affaires après 3 années
consécutives de baisse.
• Légère hausse de la marge opérationnelle à 3% du chiffre d’affaires
contre 2,9% en 2016.
• Nombreux succès commerciaux : contrats routiers et autoroutiers
en Hongrie (330 M€) et au Canada (200 M€), contrats ferroviaires en
France (300 M€) et au Royaume-Uni (255 M€).
• Nouvelle dynamique de croissance externe : acquisitions de sociétés
de carrières en France et en Amérique du Nord. Signature d’un
protocole d’accord pour l’acquisition du groupe de travaux routiers et
de distribution de bitume Miller McAsphalt au Canada.
• Lancement d’une nouvelle innovation, la solution de signalisation
dynamique Flowell.
Le groupe Colas
Sur des marchés porteurs à long terme, Colas détient des positions
de leader dans la construction et l’entretien des infrastructures de
transport, avec une expertise et une marque reconnues. Colas bénéficie
de l’intégration verticale de ses activités de matériaux, d’un fort ancrage
de proximité, d’une force d’innovation et d’une structure financière solide.
Colas entend poursuivre son développement dans les solutions
d’infrastructure de transport, Route et Rail, au service d’une mobilité
responsable. Le Groupe dispose des actifs, des compétences et des
moyens financiers nécessaires à l’atteinte de ses objectifs.
Perspectives 2018
Le carnet de commandes à fin décembre 2017 est en hausse de
9% sur un an. Le chiffre d’affaires de 2018 devrait être significativement
supérieur à celui de 2017, et la marge opérationnelle courante est
attendue en amélioration.
(1) À périmètre et taux de change constants
(2) Dont 72 M€ en 2016 de plus-values nettes sur cession de participations dans les sociétés concessionnaires d’autoroutes Atlandes et Adelac
(3) À taux de change constants
Les comptes ont été audités et un rapport avec une certification sans réserve a été émis par les Commissaires aux Comptes. L’intégralité des comptes et annexes est mise en ligne sur le site www.colas.com.
La présentation à destination des analystes financiers s’est déroulée le 22 février 2018 à 14h30 et est mise en ligne sur le site Colas www.colas.com
Relations Presse : 01 47 61 76 17 – Informations financières : 01 47 61 75 61 – www.colas.com
Crédits photos : © COLAS / Jean-Michel Ruiz / Photothèque COLAS
FOODTECH
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
20 //
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
START
UP
Q
START
56,5
MILLIONS DE DOLLARS
SparkCognition vient de boucler un tour
de table auprès de Verizon et de Boeing
notamment. Cette start-up texane édite un
logiciel de cybersécurité destiné notamment aux réseaux dans les secteurs sensibles de l’énergie et de l’aéronautique.
Citeo, E.Leclerc, GRDF, Le Groupe La Poste,
Unibail-Rodamco et Veolia s’associent à
Paris&Co, l’agence de développement économique et d’innovation de Paris, pour identifier les jeunes
entreprises innovantes avec qui ils pourront lancer des
collaborations opérationnelles. Les candidatures sont
ouvertes pour recruter les start-up qui formeront la
seconde promotion « économie circulaire » de
Paris&Co. L’objectif : booster les collaborations entre
grandes entreprises et les jeunes pousses.
18
MILLIONS DE DOLLARS
Tinyclues, qui a conçu des solutions de prédiction d'achat à destination des e-commerçants, vient de boucler un tour de table
de série B mené par le fonds EQT Ventures,
et auquel ont participé ses investisseurs
historiques, Alven, Elaia Partners et Isai.
Miami, nouvel eldorado de la French Tech
l Plus proche de la France, la côte
sud-est américaine attire un nombre
croissant de start-up tricolores.
l 400 entreprises hexagonales
sont implantées en Floride, elles
emploient 15.000 personnes.
INTERNATIONAL
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Miami, plutôt que San Francisco.
Pour un nombre croissant de jeunes entrepreneurs français, la
capitale balnéaire de Floride présente de plus en plus d’attraits.
« C’est bien moins cher que la Silicon
Valley, plus proche de la France, les
fuseaux horaires permettent de travailler plus facilement entre les
deux continents et la région offre des
débouchés vers les marchés florissants d’Amérique latine », livre
pêle-mêle Laurent Fleuriot, cofondateur de la start-up marseillaise Eeworx.
Des salaires moins élevés
qu’en Californie
Créée en 2012, l’entreprise s’est
illustrée par son application Eezytrace, destinée à la sécurité alimentaire dans les chaînes de restauration collective, et elle est
désormais distribuée par Bureau
Veritas dans le monde entier. Pour
accompagner cette croissance, qui
nécessite de la proximité pour
paramétrer ses applications selon
la manière dont ses clients réalisent leurs contrôles sanitaires,
elle a installé une filiale au cœur
de Brickell, le petit Manhattan de
Mia mi. Et elle ne le regrette
pas : «Nous avons recruté nos effectifs américains sans difficulté et à
des salaires bien meilleur marché
que sur la côte Ouest », poursuit le
startuppeur, qui compte sur 8 millions d’euros de chiffre d’affaires
cette année.
« L’écosystème tech de Miami
enregistre une croissance exceptionnelle depuis le début de la décennie »,
confirme le Parisien David Azar,
président de l’agence de communication digitale Outsmart Labs, qu’il
a ouverte en 2013 dans la deuxième
ville de Floride. De cette base, où il
emploie une vingtaine de personnes, il travaille sur les campagnes
de marketing d’affiliation, le développement Web et la stratégie digitale de dizaines de clients dans le
monde, dont, en France, LVMH, les
Trophées de l’Assurance, ou Century 21. « Miami offre une réflexion
d’avance sur les modes d’utilisation
digitaux. C’est un laboratoire pour
nos clients », assure le patron.
Avantage supplémentaire : une
fiscalité aussi clémente que le climat tropical des Caraïbes. La Floride, comme neuf autres Etats
(mais pas la Californie, qui taxe à
13,3 %), ne prélève pas d’impôt sur
le revenu des personnes physiques,
et les sociétés sont soumises à un
prélèvement de 5,5 % sur les bénéfices nets, contre 8,84 % dans la
Silicon Valley.
La seizième économie
mondiale
« C’est aussi un hub aérien entre les
deux Amériques desservies par plus
de 20 aéroports », insiste Manny
Mencia, vice-président business
chez Enterprise Florida, l’agence
de promotion du territoire, dotée
d’un budget annuel de plus de
60 millions de dollars pour prospecter de nouvelles implantations.
« Il n’y a pas que des oranges et des
touristes ici », aime-t-il rappeler.
Outre l’industrie aérospatiale, cet
Etat majoritairement républicain
Fiscalité, débouchés vers l’Amérique latine, infrastructures… La station balnéaire de Floride dispose de nombreux atouts
pour attirer les startuppeurs français. Photo Shutterstock
« Miami offre une
réflexion d’avance
sur les modes
d’utilisation
digitaux. C’est
un laboratoire pour
nos clients. »
DAVID AZAR
Président de l’agence de
communication digitale
Outsmart Labs
compte plus de 29.000 sociétés
dans les technologies de l’information (il est classé parmi les cinq
Etats les plus dynamiques dans les
emplois tech), et plusieurs milliers
d’autres dans les biotechnologies (il
est numéro deux aux Etats-Unis),
les services financiers (3e cluster
américain), la logistique, la réparation navale, ou encore la cybersécurité. « Cela fait de la Floride la seizième économie mondiale », résume
Manny Mencia.
Ces attraits ont convaincu la ville
de Marseille de se rapprocher
de Miami. En novembre dernier,
Owlmo veut surfer sur la vague du coaching
L’entreprise applique
au marché du coaching
en ligne les recettes
qui ont fait le succès
des plates-formes de gestion
de site d’e-commerce.
« Un climat de rêve, une ambiance
multiculturelle propice aux échanges, des opportunités économiques à
la pelle, de l’immobilier accessible… »
Avec de tels arguments, Charles
Fournier n’a pas réfléchi bien longtemps avant de s’installer à Miami
pour y créer sa start-up Owlmo.
« Cet écosystème est galvanisant »,
assure-t-il après avoir remporté le
Startup Tour organisé par FrenchFounders avec le soutien de l’écosystème entrepreneurial français
aux Etats-Unis.
Un modèle économique
d’abonnement
Fraîchement diplômé de HEC, il a
débarqué en Floride il y a cinq ans
comme agent immobilier avant de
trouver un filon à exploiter : la
consultation en ligne d’experts,
conseillers et consultants. Le mar-
La start-up Owlmo propose à ses 400 abonnés les services
de plusieurs dizaines de coachs. Photo DR
ché explose de ce côté-ci de l’Atlantique : coachs de vie, de mariage,
de diététique, de fitness, de relations sociales… Au total, ce secteur
très atomisé qui compte des milliers de professionnels a facturé
l’an passé plus de 2 milliards de
dollars de prestations.
Avec sa plate-forme de gestion,
Owlmo compte bien en capter une
partie. Son service présenté sous
forme d’abonnement SaaS (« soft as
a service ») permet à ces experts de
planifier et de vendre des consultations vidéo et des webinars sans se
soucier du back-office. « Notre sys-
tème intègre plusieurs fonctionnalités permettant d’interagir avec les
clients, explique Charles Fournier. Un calendrier interactif, un système de paiement automatisé, un
système de vidéoconférence intégré,
un tchat et un partage d’écran qui
seront bientôt enrichis de nouveaux
modules de partage de fichiers et
d’enregistrement vidéo. »
Ses débuts sont encourageants :
mise en ligne depuis la rentrée 2017,
la plate-forme compte déjà plusieurs dizaines de coachs qui paient
entre 29 et 39 euros par mois pour y
être présent, aux couleurs d’Owlmo
ou selon leur propre charte graphique. « Démarrer à Miami a été une
opportunité car, dans cette ville
dédiée au bien-être, les gens sont très
sensibles à l’accompagnement »,
poursuit le jeune patron. Il s’attend
à réaliser 80.000 euros de chiffre
d’affaires avec 400 abonnements
cette année, puis 1 million d’euros
avec plus de 3.000 consultants à
l’horizon 2020 avant de s’attaquer
à d’autres marchés d’expertise
dans les legaltech et la médecine
en ligne.— P. M.
les deux métropoles ont signé un
accord de coopération qui pose les
bases d’une entraide autour du
développement économique, de la
culture et de l’environnement.
« Nos villes sont sœurs, nos ports
sont frères », avait souligné pour
l’occasion le « chairman » du district, Esteban Bovo, devant une
délégation provençale de
120 membres, élus et chefs d’entreprise, conduite par le président
d’Aix-Marseille-Provence Métropole, Jean-Claude Gaudin, et sa
vice-présidente et présidente du
conseil départemental, Martine
Vassal. Les dossiers ne manquent
pas, des solutions de mobilité nouvelles à la culture comme instrument de développement urbain,
en passant par la valorisation économique du parcours des croisiéristes. « Miami est un exemple
inspirant. Nous devons prendre le
meilleur de nos deux territoires
pour construire des projets ensemble », estime Martine Vassal. Le
comté de Miami-Dade a mis en
place des accords de coopération
avec l’Espagne, l’Irlande et la République tchèque. Marseille est la
première en France. n
Byron Group exporte son
laboratoire de test digital
Le spécialiste français
du test qualité d’application
mobile a préféré Miami
à San Francisco pour
implanter sa filiale
américaine.
Si le cofondateur de Byron Group,
Franck Sarfati, a choisi Miami
pour internationaliser son activité
de test d’applis, c’est que le tissu
économique de Floride offre une
base de prospection bien fournie.
« Des croisiéristes, du luxe, des services, Disney… On est arrivé ici sur un
terrain vierge de toute concurrence », sourit le patron. En un an,
avec 100.000 euros d’investissement et des références comme
Cdiscount, Air France ou la BNP
Paribas, l’entreprise n’a eu aucun
mal à convaincre ses premiers
clients américains de l’intérêt du
« testing digital ». « Nous validons
la qualité des applications mobiles
en vérifiant leur compatibilité technique avec les modèles du marché et
leur tenue dans les situations extrê-
mes comme la mémoire pleine ou
l’utilisation dans le métro », explique le patron.
13 millions d’euros
de chiffre d’affaires
Aucune écriture de code n’échappe
aux bugs. Un « tunnel » d’achat en
compte généralement une centaine. La plupart d’entre eux se
limitent à des fautes d’orthographe ou des erreurs de prix sans
grande conséquence. Mais certains peuvent bloquer l’application et casser une vente.
Ce « laboratoire digital » a été
créé en 2010 et a séduit en France
une soixantaine de clients, PME
comme groupes côtés. Il emploie
150 personnes et a réalisé 13 millions d’euros de chiffre d’affaires
l’an passé. « Nos perspectives sont
portées par un souci croissant de
bonne image digitale », explique
Franck Sarfati. Il prévoit d’atteindre
30 millions d’euros de chiffre
d’affaires en 2020, dont 1 aux EtatsUnis. — P. M.
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
// 21
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
PME
&REGIONS
en
direct
Indemnités vélo
à Rennes et Nantes
Les collectivités
empruntent moins
ENVIRONNEMENT Pour leurs
COLLECTIVITÉS Le recours à
agents, les villes et les métropoles
de Nantes et de Rennes viennent
de mettre en place l’indemnité
kilométrique vélo, un dispositif
créé en 2016. Le montant
de cette indemnité est fixé
à 25 centimes d’euro par kilomètre à Rennes. La ville de se fixe
l’objectif de passer la part modale
du vélo à 20 %.
l’emprunt des collectivités locales restera à des niveaux bas en
2018 et en 2019, à moins de
15 milliards d’euros par an
estime l’agence de notation S&P.
A compter de 2018, la stabilisation des dotations après quatre
années de baisses sera bénéfique, affirme l’agence tout en
soulignant que l’amélioration de
L’exécutif remet le métro
du Grand Paris sur les rails
l Le Premier ministre a confirmé la construction de l’ensemble de la rocade de la région parisienne.
l Il reprend les commandes du projet, qu’il juge essentiel pour l’économie nationale.
Les chiffres clefs
ÎLE-DE-FRANCE
40%
Dominique Malécot
@DMalecot
DU TRAFIC FERROVIAIRE
NATIONAL
Le poids du réseau francilien
alors que celui-ci ne représente que 10 %
du réseau ferré.
Trop lent, trop cher, ça ne se fera
jamais. Les Cassandre en ont été
pour leurs frais. Le métro du
Grand Paris se fera, il sera même
terminé à l’horizon 2030 comme
prévu, le Premier ministre,
Edouard Philippe, en a pris l’engagement jeudi matin. Un discours
presque neuf après les atermoiements du gouvernement de JeanMarc Ayrault, qui n’évoquait que
les économies à réaliser sur la longueur des quais, la vitesse des
métros et les tronçons qui pourraient être abandonnés.
Pour la première fois depuis
2010, un Premier ministre évoque
les enjeux économiques et sociaux
de ce métro de rocade de la région
parisienne. Ce sont eux qui justifient ses 200 kilomètres de lignes
nouvelles à construire, essentiellement dans des tunnels, ses 68 gares
et même les 35 à 38 milliards
d’euros qu’il coûtera, soit 10 milliards d’euros de plus que prévu à
périmètre comparable.
La ligne 18 entre
Orly et le plateau de
Saclay ouvrira au plus
tard en 2027 avec trois
ans de retard.
« Le réseau ferré de transport francilien, c’est 40 % du trafic national
sur 10 % du réseau ferré. C’est le plus
grand nœud de mobilité quotidienne
du pays, le plus grand d’Europe continentale avec plus de 8 millions de
voyageurs qui l’empruntent quotidiennement », rappelle le Premier
ministre.
Un projet d’aménagement
Une caractéristique essentielle
pour les habitants et « stratégique
du point de vue collectif », le bon
8
MILLIONS DE VOYAGEURS
empruntent
quotidiennement les lignes
de la RATP ou de la SNCF
en Ile-de-France.
fonctionnement d’un système de
transport constituant l’un des éléments essentiels de l’attractivité
et du développement économique
d’un territoire. « Le Grand Paris
Express a été conçu pour désengorger, décloisonner, pour redonner de
la cohérence, pour aménager une
aire urbaine qui est effectivement à
l’étroit dans ses infrastructures
actuelles », explique le Premier
ministre.
Convaincu de son importance,
le gouvernement a donc décidé,
« sous l’autorité du président de la
République de reprendre en main ce
projet et de tenir un langage de
vérité ». Il faut tenir compte de
contraintes techniques liées à la
profondeur des tunnels (choisie
pour passer sous les couches géologiques les plus fragiles), au nombre de chantiers (300) et au transport des déblais et matériaux de
construction. Le Premier ministre évoque aussi la question des
effectifs qualifiés que suppose un
projet qui va multiplier par quatre
le volume des travaux en Ile-deFrance au cours des douze prochaines années.
« Le rôle du gouvernement, c’est de
rappeler le principe de réalité et de
redonner de la robustesse à un projet
qui, sinon, pourrait trembler sur ses
bases, d’apporter une très forte mobilisation de l’Etat, au plus haut
niveau, à ce projet, de confirmer la
volonté de l’Etat de mener à bien ce
projet à l’horizon 2030, dans toutes les composantes initialement prévues et de le rendre totalement irréversible, parce que la France en a
besoin pour des raisons de développement national », scande le Premier ministre.
Sans surprise, la ministre des
Transports a donc confirmé la
mise en service en 2024 des prolongements, au nord et au sud, de
la ligne 14 du métro actuel, qui
reliera alors l’aéroport d’Orly à la
gare de Carrefour Pleyel en traversant Paris. A la même date, le tronc
commun des lignes 16 et 17 entre
Carrefour-Pleyel et Le BourgetRER permettra de respecter les
engagements pris pour les JO
2024. La ministre souhaite ouvrir
la ligne jusqu’à la station Le Bourget-Aéroport pour desservir le village média des Jeux. Elisabeth
Borne a aussi annoncé la mise en
service du tronçon de la ligne 16
entre Le Bourget et Clichy-Montfermeil au même horizon.
Les autres lignes seront réalisées
selon le « meilleur compromis coûtdélais ». La ligne 18 entre Orly et le
plateau de Saclay ouvrira au plus
tard en 2027 avec trois ans de
retard. Et il faudra trois ans supplémentaires avant de gagner SaintQuentin-en-Yvelines puis Versailles. De même, la ligne 17 nord
d o i t a r r i ve r a u c o m p l exe d e
bureaux que l’Etat veut voir émerger au Triangle de Gonesse, autour
du projet EuropaCity, en 2027. Elle
gagnera son terminus au MesnilAmelot en 2030. Horizon auquel les
tronçons est et ouest de la ligne 15
seront bouclés. n
Des économies et de nouvelles taxes à l’étude
En desserrant les délais, le
gouvernement espère éviter
la surchauffe des prix du
BTP. Il va aussi rechercher
de nouvelles ressources.
La ministre des Transports, Elisabeth Borne, se veut on ne peut plus
claire. En dehors des lignes prioritaires du métro du Grand Paris
annoncées pour 2024, les autres
vont faire l’objet d’un « recalage » en
prenant en compte l’attractivité de
la région parisienne. Autrement dit,
là où il n’y a pas une urgence sociale
forte, on va desserrer les délais pour
éviter « une surchauffe » du BTP évoquée par le Premier ministre et
donc une tension sur les prix. La
présidente de la région Ile-deFrance, Valérie Pécresse, a réagi très
vite, jugeant que le nouveau calendrier risque de porter atteinte à un
grand nombre de projets phares.
C’est le cas de l’aménagement du
plateau de Saclay. En retirant la candidature de la France à l’Exposition
universelle, le Premier ministre s’est
délié de tout engagement à desservir le premier pôle français de
recherche en 2025. « L’objectif reste
le même, faire au plus vite mais en
maîtrisant strictement des coûts à
terminaison et en respectant les délais
qu’on aura fixés », précise Elisabeth
Borne, sans exclure d’éventuels
financements privés. Elle ajoute que
les marchés de toutes les lignes
seront signés dans le quinquennat.
« Cela permettra de valider les coûts à
terminaison et le calendrier de mise
en service », affirme-t-elle.
« L’objectif reste
le même, faire
au plus vite
mais en maîtrisant
strictement
des coûts
à terminaison
et en respectant
les délais
qu’on aura fixés. »
ÉLISABETH BORNE
Ministre des Transports
Parallèlement, la Société du
Grand Paris (SGP), chargée de la
construction du métro, va être autorisée à embaucher une centaine de
techniciens supplémentaires, portant son effectif à 300-330 salariés,
pour être en capacité d’accroître sa
maîtrise des coûts. Sa nouvelle direction – Edouard Philippe a confirmé
qu’il allait changer de pilote –va être
priée de procéder à une « revue générale du projet », qui pourrait déboucher sur « une optimisation des coûts
de l’ordre de 10 % ». Elle va engager de
3 à 3,5 milliards d’euros de travaux
par an d’ici à 2022.
Consolider le modèle
Parallèlement, le Premier ministre
a aussi confirmé la mission confiée
à Gilles Carrez, « pour consolider le
modèle économique de la SGP en
augmentant ses ressources dans le
cadre de la prochaine loi de finances
afin de lui permettre d’emprunter
dans de meilleures conditions ». De
nouvelles taxes pourraient porter
sur les bureaux et le tourisme.
Actuellement, les taxes affectées
pour financer le métro du Grand
Paris sont de l’ordre de 560 millions
d’euros par an.
Enfin, le Premier ministre
demeure conscient qu’un certain
nombre d’« équipements indispensables n’ont pas encore été étudiés ni
financés ». C’est le cas notamment
de quatre gares d’interconnexion
du métro du Grand Paris avec les
réseaux existants. Là aussi, il peut y
avoir des dépassements.
— D. Ma.
la conjoncture pourrait soutenir
la progression des recettes fiscales et contribuer à contenir
certaines dépenses sociales.
En recul depuis 2014, l’investissement devrait repartir à la
hausse de 3 % à 4 % par an à
compter de 2017 et repasser
au-dessus du seuil des 50 milliards en 2019. La Caisse des
Dépôts vient notamment de
prolonger jusqu’en 2020 la mise
à disposition de son enveloppe
de 20 milliards d’euros.
Un carnet de
commandes
bien rempli
pour Bouygues
Le Grand Paris Express lui
a rapporté plus d’un milliard
d’euros de commandes
en 2017. La rentabilité
de son pôle BTP s’améliore.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
La révision du Grand Paris
Express ? Cette perspective n’a pas
bouleversé Martin Bouygues, qui
présentait jeudi les résultats
annuels de son groupe. « J’ai vu que
le Premier ministre avait annoncé un
étalement des programmes, mais les
chantiers de tunneliers ne sont pas
gigantesques en termes d’emplois et
ce sont des chantiers très longs », a
commenté le PDG. Les travaux
n’ont du reste pas commencé sur le
t errai n, l e p l u s g rand p ro jet
d’Europe ne se reflète donc pas
encore dans le chiffre d’affaires de
Bouygues Construction, qui a
reculé de 1 % l’an dernier à 11,7 milliards. En revanche, Bouygues
Construction « a gagné plus d’un
milliard d’euros de projets relatifs au
Grand Paris Express en 2017 », souligne le groupe.
Fait nouveau, ce n’est ainsi plus
l’international mais la France qui
joue le rôle de locomotive pour les
années futures. Les prises de commandes de travaux ont grimpé de
9 % dans l’Hexagone l’an dernier,
contre 7 % à l’international à taux de
change constants. Le carnet de
commandes du BTP, à 31,9 milliards d’euros (+8 % à taux de
change constants) est à son plus
haut niveau depuis trois ans, tant en
construction qu’en travaux routiers, où Colas profite de la reprise
du marché de la route et des commandes publiques… et soutient le
chiffre d’affaires du pôle BTP
(25,8 milliards, en hausse de 3 %) en
attendant que le Grand Paris
Express s’y reflète.
« Tunnel Lab »
L’international va tout de même
monter en puissance en 2018, car
« Colas devrait finaliser dans les
jours ou semaines à venir son acquisition de la société de travaux routiers canadienne Miller McAsphalt » (865 millions d’euros de
chiffre d’affaires), a rappelé Martin
Bouygues. Mais les tunnels resteront les vedettes du moment. Bouygues a récemment gagné le contrat du tunnel du métro de
Melbourne (1,1 milliard d’euros) et
« nous avons actuellement 14 tunnels en creusement dont deux en
France, trois à Hong Kong et quatre
au Moyen-Orient, avec neuf tunneliers actifs », indique le groupe, qui
a créé un « Tunnel Lab » afin de
mieux innover dans ce qui constitue sa grande spécialité au niveau
mondial.
Dans un tel contexte porteur, la
rentabilité du pôle BTP augmente
et « cette amélioration graduelle va se
poursuivre sur les années à venir »,
annonce le directeur financier Philippe Marien. Pour l’heure, le BTP
apporte une contribution stable, de
761 millions, au résultat net du
groupe, qui s’envole de 48 % à
1,1 milliard grâce aux télécoms et à
TF1.
(
Lire « Crible »
Page 34
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22 // PME & REGIONS
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
28
innovateurs
Saint-Malo : la plage
récompensée
BRETAGNE Le site de réserva-
C’est le montant débloqué afin de
relier au réseau routier un viaduc
en attente de raccordement depuis
2015, près de Dieppe. « Les travaux
de la RN27 entre Manéhouville et
Dieppe vont pouvoir reprendre. Une
enveloppe de crédits a été décidée par
le ministère des Transports », a indiqué la préfecture de Seine-Maritime. Les fonds pour la réalisation
de cette route lors de la construction du viaduc avaient été utilisés en
urgence pour la réhabilitation du
pont Mathilde, à Rouen.
Frank Perry/AFP
MILLIONS D’EUROS
tion touristique TripAdvisor
vient de classer la plage du Sillon
à Saint-Malo, célèbre pour ses
brise-lames, plus belle plage de
France devant la Côte des Basques à Biarritz et celle de Palombaggia à Porto-Vecchio. Ce classement est effectué à partir des
avis des internautes du monde
entier.
Christophe Courtin sort
de Santiane et renforce
son fonds éponyme
ÎLE-DE-FRANCE
D’installateur de
téléphonie, ce groupe,
basé à Saint-Maur-desFossés, est devenu
opérateur de télécoms
et compte désormais
une majorité d’ETI
parmi ses clients.
Dominique Malécot
@DMalecot
Opérateur de télécoms pour les
entreprises, Foliateam vient de
reprendre Quonex IDF. « C’est une
très vieille maison de téléphonie
devenue spécialiste des communications unifiées, que le groupe Eiffage
avait vendue en 2016 à un fonds allemand. Il n’a pas réussi et elle était en
procédure collective », explique le
président de Foliateam, Dominique Bayon. Cette entreprise lui
apporte quelque 300 clients dans
l’aéronautique, la banque, le luxe,
l’hôtellerie de prestige et la santé,
tout en lui permettant de continuer
à enrichir son offre.
Des opérations de ce type, le
groupe Foliateam en a réalisé une
petite quinzaine en quinze ans et
Foliateam dispose d’un data center situé en plein cœur de Paris,
à Nation. Photo Edouard Nguyen
d’autres sont prévues. L’acquisition
de Quonex IDF en fait un groupe de
280 salariés, qui devrait clore son
exercice en juin prochain sur
46 millions d’euros de chiffre d’affaires. « A périmètre constant, nous
devrions atteindre 50 millions d’euros
en année pleine, en juin 2019 », indique Dominique Bayon.
Solutions hébergées
De simple installateur de téléphonie
pour les entreprises, ce groupe, basé
à Saint-Maur-des-Fossés (Val-deMarne), a commencé par acheter
d’autres installateurs, puis est
devenu intégrateur de services afin
de proposer toute la gamme de produits nécessaires à l’activité d’une
entreprise. Ce qui l’a amené à 30 millions d’euros de chiffre d’affaires fin
2014, avec 240 salariés. Dominique
Bayon et ses collaborateurs ont alors
décidé de devancer l’évolution du
marché en lançant leur plan Digital
Wings, aujourd’hui à mi-par-
cours. « Les clients ne veulent plus
avoir leur infrastructure informatique chez eux et choisissent des solutions hébergées, autrement dit le
cloud », poursuit le dirigeant.
Pour pouvoir proposer de tels services, il a donc commencé par trouver des financements auprès de bpifrance et du fonds France Valley. Les
5 millions d’euros qu’ils lui ont
apportés conjointement lui ont permis, entre autres, d’acheter deux
opérateurs de services et d’avoir son
propre data center. « D’intégrateur de
services, nous sommes devenus opérateur et intégrateur de services, ça
change tout », s’enthousiasme Dominique Bayon. En clair, avec son
métier d’opérateur, qui assure maintenant près des deux tiers du chiffre
d’affaires du groupe, il peut proposer
des services à ses clients télécoms
et… des télécoms à ceux auxquels il
ne fournit que des services.
Aujourd’hui, une centaine de
grands comptes génère 30 % du chiffre d’affaires, tandis que 500 ETI
en fournissent 40 %. Quelque
4.000 TPE et PME apportent les
30 % restants. Installé parmi la trentaine de gros indépendants de l’organisation Resadia, référencé par
l’Ugap, Foliateam développe aussi
son activité auprès des collectivités
locales et de l’administration. n
Courtin Real Estate
L’opérateur de télécoms Foliateam
enchaîne les acquisitions
LA STRATÉGIE
COURTIN INVESTMENT
Date de création : 2015
Président-fondateur :
Christophe Courtin
Montant : 12 millions d’euros
Secteur : financement
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
L’audace est payante en capitalrisque. Deux ans après avoir
lancé son propre fonds, Courtin
Investment, à la suite de la cession de 80 % de son groupe de
courtage d’assurances Santiane
à BlackFin Capital Partners,
Christophe Courtin annonce, ce
vendredi, sa sortie définitive. Le
montant de ses derniers 20 %
qu’il cède reste confidentiel.
Pourquoi ce timing ? « Au
moment de son investissement
dans Santiane en 2015, BlackFin
m’a demandé de réinvestir 20 % et
de les accompagner, ce que j’ai
accepté. Mais je ne suis plus opérationnel depuis deux ans », raconte
Spécialiste du sport et des loisirs,
Abéo s’offre le hollandais Bosan
Le groupe Abéo,
qui vient de boucler
une augmentation
de capital, annonce
une sixième acquisition en seize mois.
Monique Clémens
— Correspondante à Besançon
Le fabricant et distributeur français
d’équipements de sport et de loisirs
Abéo a annoncé l’acquisition de
Bosan NV, une entreprise du même
secteur aux Pays-Bas. L’entreprise
familiale néerlandaise, qui possède
sa propre unité de production
d’articles sportifs, ainsi qu’une
filiale en Belgique et un réseau de
distribution au Benelux, a généré
en 2017 un chiffre d’affaires d’environ 11 millions d’euros.
Une vingtaine de marques
Depuis son introduction sur le marché Euronext, en octobre 2016, Abéo
a réalisé six opérations de croissance externe, dont trois ces trois
derniers mois. Le groupe spécialisé
dans les équipements sportifs et de
loisirs basé à Rioz (Haute-Saône)
avait d’abord racheté l’allemand
Erhard Sport, spécialisé dans l’équipement de salles de sport, puis le
néo-zélandais Clip’n’Climb Interna-
Le coach
DIGITAL
©Fotolia
Se digitaliser pour se développer
ABONNEZ-VOUS !
abonnement.lesechos.fr/coachdigital
(
tional, une entreprise de modules
d’escalade, et le spécialiste anglais de
maintenance Sportsafe.
Ont suivi, en décembre, l’allemand Meta, concepteur de vestiaires, et en janvier le chinois Shandong
Kangnas, son distributeur en
Chine. « Les sociétés sont des entreprises de petite taille, solides et très organisées sur leur marché. Leur intégration
sollicite peu nos équipes corporate »,
explique Olivier Estèves, le président
d’Abéo. « Nous pouvons donner une
impression de frénésie, mais nous
poursuivons seulement notre petit
bonhomme de chemin, dans la sérénité, à savoir combiner croissance
organique et croissance externe. »
L’acquisition de Bosan a été
annoncée au lendemain de la clô-
ture d’une augmentation de capital
de 28,8 millions d’euros. Cette nouvelle levée de fonds avait été lancée le
25 janvier pour permettre à Abéo de
poursuivre son objectif de doublement de chiffre d’affaires d’ici à 2020.
Le groupe, qui détient les deux leaders des équipements de gymnastique (Gymnova, numéro un mondial, et Spieth, numéro deux),
réalisait 148 millions d’euros de chiffre d’affaires lors de son entrée en
Bourse. L’objectif d’Olivier Estèves,
son président, était d’atteindre
300 millions d’euros en 2020. En
mars 2017, il se montait à 167 millions et devrait passer la barre des
200 millions par le jeu de la croissance externe et organique pour
l’exercice en cours. n
Des experts de la
digitalisation au service
des entrepreneurs
et des TPE/PME !
S’inspirer
Se lancer
Se former
Être accompagné
tion et décider de la conduite à
tenir », explique Serge Deleau,
directeur général de VisioGreen, adossé à la coopérative
agricole SCAEL (20 % du capital). A la clef, des dizaines de milliers d’euros d’économies par an.
250 euros d’installation
LA TECHNOLOGIE
VISIO-GREEN
Date de création : 2016
Directeur général :
Serge Deleau
Effectif : 10 personnes
Secteur : agriculture
Claire Garnier
— Correspondante à Rouen
(
Nouveaux investissements
Tenant à sa liberté d’action, il n’a
toujours pas l’intention de faire
appel à d’autres souscripteurs. « Quand j’ai envie d’investir à plusieurs, je le fais avec des
amis business angels ou via Day
One E&P et Side Capital, dont je
suis partenaire. » Le closing des
deux prochaines participations
de Courtin Investment – Spottt
et Homepilot – est en voie de
finalisation. « En 2017, j’ai réalisé
mes deux premières sorties du
capital de Reach 5 et de OuiTeam,
qui ont bouclé récemment de belles levées de fonds », ajoute Christophe Courtin, qui s’apprête à
réinvestir dans deux start-up de
son portefeuille. n
Visio-Green crée des
capteurs connectés
pour les agriculteurs
Visio-Green
BOURGOGNEFRANCHE-COMTÉ
cet investisseur éclectique.
« Entre-temps, Courtin Investment et Courtin Real Estate – sa
foncière immobilière – ont connu
un très fort développement et
nécessitent un certain niveau de
liquidités. » Lancé en octobre 2015 avec une dotation initiale de 8 millions d’euros, son
fonds d’investissement a déjà
débloqué 4,7 millions pour
financer une vingtaine de jeunes
entreprises, dont Akrone,
Citygoo, One Park, Vide Dressing
ou Digifood. « Avec l’enveloppe
supplémentaire de 4 millions que
je vais attribuer à Courtin Investment, il me restera encore 7,3 millions à déployer dans l’écosystème
des start-up, sachant que chaque
sortie est réinvestie », chiffre
Christophe Courtin.
Autonomes en énergie, les capteurs connectés pour l’agriculture de Visio-Green, basé à
Venon, dans l’Eure, fonctionnent avec de simples piles. Utilisant les réseaux bas débit
déployés pour l’IoT par Sigfox,
Orange et Bouygues Telecom
via sa filiale Objenious, ils prennent des mesures physiques :
température, pluviométrie,
humidité..., peuvent équiper
une station météo ou être installés dans des parcelles, serres,
silos... « A distance de la parcelle
où a été placé le capteur, l’agriculteur peut visualiser sur son
smartphone le niveau d’irriga-
« Les capteurs transmettent peu
de données, toutes les heures ou les
15 minutes, ce qui permet d’utiliser le réseau bas débit », analyset-il. En se substituant au GSM
plus coûteux et énergivore, il permet de proposer des solutions
connectées accessibles. L’installation par Visio-Green d’une station météo coûte 250 euros, plus
un abonnement annuel de
30 euros pour le service.
La start-up a aussi mis au
point un système de traçabilité,
Nuance, pour les exploitations
agricoles des pays en développement. Objectif : permettre au
fermier de disposer d’un reporting rigoureux des tâches
accomplies et du moindre événement. Il repose sur un système de cartes RFID représentant, avec des images, différents
types d’information (maladies,
insectes ravageurs…), que le personnel agricole passe dans un
lecteur après s’être identifié.
Soutenu par bpifrance, VisioGreen, qui bénéficie d’un prêt
bancaire de la BNP, envisage de
lever des fonds d’ici à la fin 2018
pour commercialiser son produit en Afrique. n
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
// 23
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
RECHERCHE REPRENEUR
SARL AMBULANCE NUIT ET JOUR
Philippe CONTANT
RECHERCHE PARTENAIRES / REPRENEURS
APPEL D’OFFRES
3, Rue du Stade - 72610 OISSEAU-LE-PETIT
Groupe spécialisé dans la fabrication d’antennes, de systèmes de contrôles d’accès
et de relais IP (clientèle de professionnels et marchés publics)
ACTIVITÉ : Ambulance, taxi, transport de corps.
Implanté dans les départements de l’Aube (10), de la Marne (51) et de la Moselle (57)
CA 2017 CONSOLIDÉ : 15,3 M€
EFFECTIF :
CA HT 2016
881 387 €
14 SALARIÉS
Nombre de licences de taxis : 4
Nombre d’agréments VSL : 6
Nombre d’agréments ambulances : 3
Une société spécialisée dans la conception et
l’assemblage de contrôles d’accès et réseaux IP
Une société spécialisée dans la conception et
l’assemblage d’antennes électroniques
Une société dédiée à la vente auprès de la Grande
Distribution
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES : 5 mars 2018 à 16h00
Un accès à une data room sera fourni sur demande écrite motivée auprès de l’Etude après signature
d’un engagement de confidentialité. [réf. Etude : n° 7550]
MERCI DE CONTACTER :
Alexandre BORTOLUS
Mail : a.bortolus@contant-cardon.fr
Sophie GAUTIER
A D M I N I S T R AT E U R J U D I C I A I R E
111 bd de Lattre de Tassigny
CS 14235
35042 RENNES CEDEX
Tél. : 02 99 14 40 14
Fax : 02 99 14 40 15
Mail : etude@aj-gautier.com
Internet : www.aj-gautier.com
In
RECHERCHE PRISE DE PARTICIPATION OU PLAN DE
CESSION DES ACTIFS, CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS
DE L’ARTICLE L642-1 DU CODE DE COMMERCE
Activité :
Clientèle :
CA :
Effectif :
Localisation :
Désamiantage - calorifugeage
Marchés publics et privés
13.603 K€
124 salariés
RENNES - BREST - LA REUNION et
7 dépôts en France
Date limite de dépôt des offres : vendredi 16 mars 2018 à 10h00
Une data room électronique hébergée sur notre site www.aj-gautier.com
sera accessible après signature d’un engagement de confidentialité
et présentation du candidat repreneur.
ROBERT LOUIS MEYNET
Administrateur Judicaire
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
CA estimé HT au 31/12/2017 : 6,6
Effectif consolidé : 33 salariés
M€
Le délai de réception des offres de reprise dans le cadre des dispositions des articles L.641-10 et L.642-2 du
Code de Commerce a été fixé au :
vendredi 16 mars 2018 à 12 heures
en l’Etude de
Maître Gérard PHILIPPOT, Administrateur Judiciaire
7, rue de Caumartin 75009 PARIS
Tél : 01 44 70 75 40 - Fax : 01 45 22 97 13 - Email : mf.neyret@hcgp.fr
Les éléments d’information seront adressés à tout candidat intéressé sur demande écrite et
personnalisée après signature d’un engagement de confidentialité.
APPEL D’OFFRES
Activité : Pôle de compétitivité santé/ hébergement de projets de biotechnologies
(11 sociétés hébergées à ce jour)
Site : Lyon Gerland : 6.500 m2 composés d’unités de bioproduction, de laboratoires et de bureaux
CAHT au 31.12.2017 : 2 M€
Effectif : 8 salariés
Les offres de reprise doivent être déposées auprès de l’Administrateur Judiciaire au plus tard le
16 mars 2018
Contact : Malory CHAPON
Tél : 04 78 14 57 67
Fax : 04 78 14 57 68
malory.chapon@etude-meynet.fr
Robert Louis Meynet
128, rue Pierre Corneille
69003 LYON
www.etude-meynet.com
SELARL Jérôme CABOOTER
Administrateur Judiciaire Associé
18 rue de l’Abreuvoir
77100 MEAUX
Email : j.dechanaud@ajilink.fr
APPEL D’OFFRES
RECHERCHE D’OFFRE(S) DE CESSION TOTALE (Art .L 631-13 du Code de Commerce)
SARL UNIVERSAL EFFECTS EUROPE (91160 LONGJUMEAU) / SARL UNIVERSAL EFFECTS
MANUFACTURE (71200 LE CREUSOT) / SARL SFX DESIGNER (71200 LE CREUSOT) /
SARL METAL WORKSHOP (71200 LE CREUSOT)
ACTIVITÉ : Fabrication et distribution de produits et solutions clés en main pour la création d’effets spéciaux atmosphériques et
visuels. Le Groupe dispose d’un bureau d’études et d’ateliers de tôlerie, de câblage, de montage et de fabrication des fluides.
DÉBOUCHÉS : Grands comptes dans le secteur loisirs, spectacles, culturel et événementiel.
CHIFFRE D’AFFAIRES 2017 :
AU 31.12.17 (12 MOIS) : 1 650 K€
AU 31.12.16 (12 MOIS) : 1 890 K€
AU 31.12.15 (12 MOIS) : 2 009 K€
EFFECTIFS :
SARL UE EUROPE : 7
SARL UE MANUFACTURE : 11
SARL SFX DESIGNER : 3
SARL METAL WORKSHOP : 3
La date limite de dépôt des offres : Vendredi 9 Mars 2018 à 12 h
Une note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du candidat repreneur et justifiant de sa capacité
commerciale et financière à intervenir dans une telle affaire.
Tout candidat doit se manifester par écrit auprès de : Maître Maurice PICARD Administrateur Judiciaire
SELAS C.M. WEIL & N. GUYOMARD
Administrateur Judiciaire Associé
28 rue de Lattre de Tassigny
67300 SCHILTIGHEIM
Tél : 03 88 83 06 16
Fax : 03 88 81 67 47
Mail : weil-guyomard@ajilink.fr
RECHERCHE REPRENEUR
Etablissement principal situé à EMERAINVILLE (77)
société en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité
6,9 M€
Effectif :
59 salariés
Le délai de réception des offres de reprise dans le cadre des dispositions des articles L.641-10 et L.642-2 du
Code de Commerce a été fixé au :
lundi 19 mars 2018 à 17 heures
en l’Etude de
Maître Gérard PHILIPPOT, Administrateur Judiciaire
7, rue de Caumartin 75009 PARIS
Tél : 01 44 70 75 40 - Fax : 01 45 22 97 13 - Email : mf.neyret@hcgp.fr
Les éléments d’information seront adressés à tout candidat intéressé sur demande écrite et
personnalisée après signature d’un engagement de confidentialité.
Maitre Florence
TULIER POLGE
Administrateur
Judiciaire
Rue René Cassin
91000 EVRY
Tél. : 01.60.87.36.36
Télécopie :
01.60.87.36.37
etude@tulier-aj.com
Contact :
Engareh ALIREZAI
Date limite de dépôt des offres : 28 mars 2018
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Modalités :
Un dossier de présentation sera communiqué sur demande écrite aux candidats
justifiant de leur identité et de leur capacité économique et opérationnelle. Les
offres de reprise devront être conformes aux dispositions des articles L 631-22 et
L 642-2 du Code de Commerce.
Date limite de dépôt des offres : 16/03/2018 à 16h00
RECHERCHE DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Région : Alsace (67120)
Chiffre d’affaires (au 30/12/2017) : 24 636 634 € (sur 12 mois)
Activité : Fabrication, transformation, vente de produits carnés,
charcuterie, boucherie, volailles, salaisons, poissons,
conserves de tous produits alimentaires
Effectif : 126 salariés (au 28/11/2017)
Date limite de dépôt des offres : 15 mars 2018 à 16h, en 8 exemplaires
RECHERCHE CANDIDATS A LA REPRISE
OU INVESTISSEURS
TRAVAUX DE CONSTRUCTION D’INFRASTRUCTURES
DE RESEAUX D’ENERGIE ET DE TELECOMS
CA HT au 31/12/2016 :
Modalités :
Cession organisée en application des articles L642-1 et suivants du Code de
Commerce
L’accès aux informations sera réalisé par data-room électronique, après un
premier contact auprès de l’étude : labis@ajilink.fr
Région : CENTRE-VILLE DE REIMS (51)
Chiffre d’affaires 2016 : 2.034 k€ (sur 12 mois)
Activité : Librairie générale et universitaire
Effectif : 19 salariés
ACCINOV SASU
22, Rue du Cordier – CS 30107 01003 BOURG EN BRESSE
Tél : 04 74 45 92 00 - Fax : 04 74 45 92 11
Groupe de sociétés situées en Auvergne en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité
CA consolidé HT au 31/12/2016 : 6,1 M€
EBITDA consolidé au 31/12/2016 : +277 K€
Stéphane VERMUE
Mail : s.vermue@reajir.fr
Vincent LABIS
Administrateur Judiciaire Associé
SELARL AJILINK LABIS-CABOOTER
59130 LAMBERSART
www.ajjis.fr
Plateforme de bioproduction unique en Europe
RECHERCHE REPRENEUR
FABRICATION, COMMERCIALISATION ET POSE DE
REVETEMENTS DE SOLS INDUSTRIELS
Région : HAUTS DE FRANCE (PAS-DE-CALAIS)
Chiffre d’affaires : 11.133 K€ au 31 décembre 2016
Activité : Bâtiment/Gros-oeuvre
Effectif : 49 salariés
EFFECTIFS : 168 PERSONNES
Une société spécialisée dans l’injection plastique, le
travail du métal ainsi que la conception et la fabrication
de moules et d’outils d’emboutissage
SOCIETE COOPERATIVE DE BATIMENT
(S.CO.BAT)
Stéphane VERMUE
RECHERCHE DE REPRENEURS DANS LE CADRE
D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Activités de l’entreprise : Etudes et travaux d’installation d’équipements de génie climatique et de
plomberie sanitaire
Localisation : RÉGION LYONNAISE
Chiffre d’affaires H.T. Exercice clos au 31.03.2017 (12 mois) : 32.649 K€
Valeur nette comptable des immobilisations Exercice clos au 31.03.2017 (12 mois) : 741 K€
Effectif actuel : 81 salariés
Locaux d’activité : - Implantation principale : RÉGION LYONNAISE
- Etablissement secondaire : FRANCHE-COMTÉ
un dossier de présentation peut être obtenu auprès de
Maître Florence TULIER POLGE sur demande écrite.
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au :
RECHERCHE REPRENEURS/
PARTENARIATS
ENTREPRISE A CEDER
Implantation : (91)
Salariés à ce jour : 8
CA au 31/06/2017 (projet) : 600 K€
Références à rappeler : 2502
Date limite de dépôt des offres :
30/03/2018 à 12h00
Clientèle : Grandes chaînes de télévisions françaises. : Groupe M6, Groupe TF1, Groupe CANAL +
CA 2016 (dont subventions CNC) : 6,1 M€ - RN : 0,1 M€
CA 2017 (dont subventions CNC) : 3,4 M€ - RN -3 M€
Effectifs : 7 CDI, 12 CDD, 40 ETP
Vendredi 16 mars 2017 à 10h
Date limite de dépôt des offres : Jeudi 1er mars 2018 à 12H00
(Articles L 631-22 et L 642-1 et suivants du Code de Commerce)
Activité :LOGISTIQUE ET TRANSPORT,
SPECIALISEE DANS LES VINS ET SPIRITUEUX
Sociétés de production indépendante (et agence de presse) qui existent depuis 12 ans et qui
produisent et réalisent des films documentaires, des magazines et des reportages de télévision
tournés dans le monde entier et dont l’une se classe parmi les 10 premiers producteurs français
de documentaire en volume horaire (source CNC 2016) et qui disposent d’un catalogue d’environ
1 300 programmes tous formats confondus qui rencontrent fréquemment des succès d’audience.
Interlocuteur :
Arnaud
BACHEVILLE
Dossier n° 5134
18 rue de Lorraine
93002 BOBIGNY
cedex
Tél :
01 48 95 39 39
ASSISTANCE EN ESCALE DANS LES
AEROPORTS TRANSFERT DE FRET(CDG)
Forme juridique et capital social : SA au capital de 6 854 000 €
Effectif : 164 salariés à l’ouverture de la procédure
Chiffre d’affaires 2016 : 7 675 K€
Chiffre d’affaires prévu 2017 : 7 821 K€
Région : Est parisien
Redressement Judiciaire : 05/12/2017
Date Limite de Dépôt des Offres :
Lundi 2 avril 2018 à 16h00
RECHERCHE INVESTISSEURS
Agence de communication et de marketing de premier plan, 40 salariés, créateurs de stratégies
relationnelles multicanales au service de la performance business des marques. L'agence revendique
des valeurs fortes et une sensibilité particulière pour la réalisation de l'ensemble des besoins de
ses clients, allant de prestations sur-mesure à des offres groupées, notamment sur une stratégie de
marque, stratégie digitale, marketing content, campagne media, social media, branding, analyse de
performance, segmentation et parcours client.
Elle conseille une clientèle exclusivement composée de grands comptes.
Redressement Judiciaire du 22/02/2018
Chiffre d'affaires clos au 31112/2017 : 6,5 M€
Résultat net prévisionnel : - 350 K€
Causes des difficultés : dépendance économique, perte d'un marché
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au :
Mercredi 14 mars 2018 à 12h
SCP d’Administrateurs Judiciaires Maître Patrice BRIGNIER
repreneur@brignieraj.com
Maître Florence TULIER POLGE
Administrateur judiciaire
Rue René Cassin - 91000 EVRY
Tél : 01 60 87 36 36 Fax :01 60 87 36 37
E-mail : etude@tulier-aj.com
Contact : Engareh ALIREZAI
ENTREPRISES À CEDER
(ARTICLES L 631-22 ET L.642-1 ET
SUIVANTS DU CODE DU COMMERCE)
Implantation : 92
Société 1 : portage entrepreneurial
CA 2017 (projet) : 650 K€
Société 2 : portage salarial
Salariés à ce jour : 186
CA 2017 (projet) : 1,55 M€
Société 3 : portage salarial
Salariés à ce jour : 93
CA 2017 (projet) : 1,32 M€
Société 4 : management de services informatiques et logistiques
Salariés à ce jour : 6
RECHERCHE REPRENEURS
RECHERCHE DE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
SOCIETE DE LEVAGE
4 SOCIÉTÉS DISTINCTES
Salariés à ce jour : 230
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Administrateurs Judiciaires Associés
CA 2017 (projet) : 550 K€
Références à rappeler : 2552
Date limite de dépôts des offres : 12/03/2018 à 12h00
Un dossier de présentation peut être obtenu auprès de
Maître Florence TULIER POLGE sur demande écrite
CONTACT :
Marion DHALLEINE
23 Rue Emile Zola
08000 AMIENS
Tel : 03 22 92 96 18
Fax : 03 22 92 96 22
e-mail : amiens@reajir.fr
Implantation : SOMME, AU NORD D’AMIENS
Chiffre d’affaires HT au 30 juin 2017 : 2 017 K€
Personnel : 12
Activité : activité de préparation industrielle de produits à base de viande
- Produits : produits cuits
COMMENTAIRES :
- Clientèle : GMS / marques distributeurs / RHD
Cette société est spécialisée (depuis 1982) dans les activités de levage.
L’activité consiste principalement dans le montage de charpentes métalliques et
la réalisation de toutes autres prestations de levage.
- Chiffre d'affaires : 20 M€
SOCIETE DE MAINTENANCE INDUSTRIELLE
- Nombre de salariés : 115
Implantation : SOMME, AU NORD D’AMIENS
Chiffre d’affaires HT au 30 juin 2017 : 249 036 €
Personnel : 1
- Localisation : JOSSELIN (56120)
COMMENTAIRES :
- Date limite de dépôt des offres :
Vendredi 9 mars 2018 à 12 Heures
Cette société est spécialisée dans le montage, l’installation, l’entretien de
piscines et la maintenance industrielle.
Date du redressement judiciaire : 1ER
FÉVRIER 2018
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au :
VENDREDI 9 MARS 2018 À 12 H 00
Tout dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort émanant du
candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter une éventuelle offre.
(accès donné à une data room électronique après signature d'un engagement de
confidentialité et sur justification de la capacité et de l'intérêt du candidat à étudier le
dossier)
Réception des offres : A.J.I.R.E. - Administrateurs Judiciaires - Maître Erwan MERLY
Bureau de Lorient : 39 rue de la Villeneuve - 56100 LORIENT Contact : Dorian LEGOUT
- Fax: 02 99 30 50 10 - etude.rennes@ajire.eu
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saraH Medard : 01 87 39 74 94
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РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
L’EURO GAGNE DU TERRAIN
L’euro progressait de 0,4 %, à
1,2332 dollar, jeudi après publication du compte rendu de la
dernière réunion de la BCE.
L’inflation accélère à un rythme
un peu plus rapide que prévu
dans la zone euro, et la BCE
pourrait ainsi réduire sa politique de soutien plus rapidement
qu’elle ne l’avait anticipée. La
BCE s’est inquiétée de la récente
volatilité de l’euro, une source
d’incertitude supplémentaire.
les
indices
Paris s’oriente vers une législation spécifique
pour les levées de fonds en cryptomonnaies
l Le régulateur français n’appliquera pas aux ICO le cadre contraignant des introductions en Bourse.
l Il prévoit un régime d’autorisation optionnelle avec délivrance ou non d’un visa.
RÉGULATION
Trois exemples d’ICO
Des acteurs satisfaits
Ce choix ne peut que satisfaire les
acteurs des ICO. La plupart des
intervenants qui ont été auditionnés par l’autorité, au sein de l’économie numérique, mais aussi des particuliers, des professionnels de la
finance, des infrastructures de marché, des universitaires et des cabinets d’avocats, ont en effet plébiscité
la mise en place d’un tel régime lors
de la consultation publique lancée
Telegram fait des étincelles. C’est la plus importante
opération de ce type jamais réalisée en prévente. La
messagerie cryptée a réussi à lever 850 millions de
dollars en quelques jours contre un objectif de 600 millions. 81 investisseurs triés sur le volet – dont Kleiner
Perkins, Benchmark et Sequoia , trois fonds historiques
de la Silicon Valley – ont participé à l’opération.
par l’AMF en octobre dernier et
dont les conclusions ont été rendues publiques jeudi matin.
Ils craignaient surtout que,
comme aux Etats-Unis, le régulateur ne soit tenté d’appliquer aux
ICO le cadre juridique des introductions en Bourse (IPO). Un cadre en
effet bien plus lourd et bien plus
contraignant. « Aujourd’hui, pour
monter une IPO, c’est un travail
colossal, dissuasif, qui peut prendre
entre 4 à 6 mois. Il faut rédiger des
centaines de pages ; cela coûte cher,
environ 500.000 euros ; et les entreprises doivent s’entourer de toute une
armada de conseillers. Monter une
ICO est bien plus simple. L’opération
est rapide, coûte moins cher et nécessite simplement la présence d’un avocat », précise un expert en introductions en Bourse.
Il reste encore à l’AMF à définir
les informations et garanties que les
initiateurs d’ICO devront donner
pour obtenir le fameux visa. Le
régulateur devrait demander les
APPEL D’OFFRES
AVIS D’APPEL D’OFFRES INTERNATIONAL
ASECNA/DETD/1802/2018
Dans le cadre de la mise en oeuvre de son Plan des Services et
Equipements (PSE), l’Agence pour la Sécurité de la Navigation
Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) lance un Appel
d’Offres International Ouvert pour la conception, la fourniture,
le montage et la mise en service de systèmes de détection
de cisaillement de vent de basses couches destinés à équiper cinq (5) de
ses sites aéroportuaires.
Le Dossier d’Appel d’Offres (DAO) peut être consulté sur le site web de
l’ASECNA (www.asecna.aero) et retiré à partir du 26 février 2018 à la Direction
des Etudes et Projets (ASECNA) sise à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, BP
8163 Dakar – Yoff, Sénégal, Téléphone : +221 33 869 51 20, à la Délégation
de l’ASECNA à Paris, 75 Rue la Boétie – 75008 Paris – France, Téléphone :
+33 1 44 95 07 07 ou dans les Représentations de l’ASECNA auprès des Etats
membres contre le paiement obligatoire d’une somme non remboursable de
Deux Cent Mille (200 000) FCFA, soit Trois Cent Quatre Euros Quatre Vingt
Dix Centimes (304,9 €).
La date limite de remise des offres à la Direction des Etudes et Projets
(ASECNA) à Dakar, Aéroport Léopold Sédar SENGHOR, Dakar-Yoff (Sénégal)
est fixée au 10 avril 2018 à 12 heures (T.U.). Aucune offre arrivée hors délai
ne sera acceptée. Toute offre déposée à tout autre endroit à l’ASECNA,
se fera aux risques du soumissionnaire et ne sera pas prise en compte.
L’ouverture des offres en séance publique devant les soumissionnaires (ou
leurs représentants) qui le désirent, aura lieu le même jour (10 avril 2018) à 13
heures (T.U.) dans la salle de réunion de la Direction des Etudes et Projets
à Dakar-Yoff (Sénégal).
Le Directeur Général
DR
DR
La France pourrait bien devenir une
des places financières les plus
attractives pour les ICO (« initial
coin offerings »). Ces nouveaux
modes de financement qui font
appel au public ont permis de lever
3 milliards d’euros l’an dernier, très
souvent en cryptomonnaie, à travers la blockchain. L’AMF (Autorité
des marchés financiers) travaille
actuellement à la mise en place d’un
cadre souple et adapté aux ICO, qui
pourrait prendre la forme d’un
régime d’autorisation facultatif,
avec la délivrance d’un visa ou non
de la part du régulateur.
« Un tel cadre permettrait de protéger les investisseurs en attirant sur le
territoire les projets innovants de qualité, tout en décourageant les offres
frauduleuses qui semblent nombreuses à l’échelle internationale », avance
l’AMF. Car, bien évidemment, la délivrance du visa, gage de la crédibilité
de l’opération, serait soumise à
l’obtention de certaines garanties
pour les investisseurs. Les offres réalisées sans visa ne seraient pas illicites, mais devraient contenir un avertissement indiquant qu’elles n’ont
pas reçu de visa et que l’opération est
donc risquée. Cette voie d’un régime
d’autorisation optionnelle, si elle
était suivie par le gouvernement
français puis par le Parlement,
déboucherait sur un texte législatif.
« La loi Pacte pourrait être un véhicule approprié pour accueillir cette
nouvelle réglementation », croit
savoir un avocat.
Bloomberg
Laurence Boisseau
@boisseaul
AriseBank épinglée par le gendarme américain.
L’entreprise texane avait levé 600 millions de dollars en
deux mois. Elle s’était fait passer pour une banque
décentralisée assurée par la Federal Deposit Insurance
Corporation et avait inondé Facebook de publicités.
Cette opération s’est révélée être une fraude. Les actifs
d’AriseBank et ceux des deux dirigeants ont été gelés.
informations suivantes : l’identification des porteurs de l’ICO et une
description détaillée du projet comprenant les risques associés. Le
gendarme pourrait exiger aussi que
soit mis en place une sorte de
séquestre électronique qui permettrait de rendre aux investisseurs
l’argent levé si besoin, ainsi qu’un
dispositif de lutte contre le blanchiment. Des informations et garanties que les initiateurs d’ICO donnent déjà aux investisseurs.
Principalement basées
en Suisse
Pour l’instant, la moitié des fonds
levés en Europe ont concerné des
start-up basées en Suisse, principalement dans la ville de Zoug – une
sorte de paradis fiscal –, qui serait
devenue un véritable carrefour des
innovations liées à la technologie
blockchain. C’est Ethereum qui a
donné l’exemple et lancé la mode en
2014, en passant par une fondation
en Suisse pour gérer les fonds levés.
Les nouvelles règles plus contraignantes édictées par le régulateur
suisse pourraient venir changer
quelque peu la donne.
Quoi qu’il en soit, la France fait
déjà partie des pays qui ont réussi à
attirer des sociétés étrangères pour
leurs émissions de jetons ou de
« tokens », « une douzaine », précise
Hubert de Vauplane, avocat chez
Kramer Levin, et président de la
commission FinTech Paris Europlace. La start-up ConnectJob, fon-
Dombraider, le pionnier français. Il y a eu, en France, un
avant et un après. Dombraider a été la première ICO
réalisée par une entreprise 100 % tricolore. Cette
société, créée en 2013 pour développer un système
d’enchères via la blockchain, a vendu, en septembre,
560 millions de jetons au prix unitaire de 10 centimes
d’euro. Elle tablait sur 350 millions de jetons au départ.
dée par des entrepreneurs israéliens, qui se présente comme le
« Uber des services à la personne », a
pour l’instant réussi à collecter
10 millions de dollars. Naviaddress,
créé par des Russes, a, lui aussi
choisi Paris pour son ICO. La société
a créé un nouveau format d’adresse
et décidé de décentraliser le stockage
de ce référentiel sur la blockchain. n
Les Etats divergent
La Chine et la Corée du Sud ont interdit les ICO, constatant
de nombreuses arnaques. La SEC – le gendarme américain –, qui n’a pas encore mis en place de cadre juridique, a
tendance à considérer qu’un jeton est un actif financier :
les règles des IPO s’appliquent donc aux ICO. Récemment,
la Suisse a mis de l’ordre, en publiant un guide de bonnes
pratiques. Elle différencie les tokens selon leur nature
juridique : paiement, utilitaire ou actif financier. Un jeton
qui est hybride (et c’est souvent le cas) devra respecter la
réglementation en place propre aux IPO.
L’AMF interdit la publicité pour les dérivés
sur les devises digitales
Le régulateur considère
que l’offre de dérivés
sur les cryptomonnaies
nécessite un agrément.
La loi Sapin II s’applique.
La finance innove. Depuis quelques
mois, l’engouement pour le bitcoin
ou l’éthereum a conduit de nombreux sites de trading à proposer
des produits dérivés sur cryptomonnaie. Pour l’instant il s’agit de
plates-formes régulées, opérant en
France grâce au passeport européen. Mais, pour éviter toute dérive
et avant que ne fleurissent les sites
illicites proposant des CFD (contract for difference), ou des options
binaires sur cr yptomonnaie,
comme ce fut le cas avec toutes les
escroqueries sur les devises (Forex),
l’AMF (Autorité des marchés financiers) a décidé de prendre les
devants. C’est la première fois qu’un
régulateur se prononce sur ce point.
Le régulateur a conclu jeudi
matin, au terme d’une analyse juridique, que les plates-formes proposant des produits adossés aux cryptomonnaies devaient se conformer
à des règles d’agrément et de bonne
conduite. Il a estimé que des con-
Le régulateur a estimé
que des contrats sur
bitcoin ou sur
ethereum se dénouant
par un règlement en
espèces devaient être
considérés comme des
contrats financiers.
trats sur bitcoin ou sur éthereum se
dénouant par un règlement en
espèces devaient être considérés
comme des contrats financiers.
Toute la difficulté, pour lui, consis-
tait à définir juridiquement un
dérivé sur cryptomonnaie alors que
la nature juridique de la cryptomonnaie n’a toujours pas été définie
ni par une banque centrale, ni par
les instances internationales. Par
conséquent, et surtout, ces produits
sont soumis à loi Sapin II. Ils ne peuvent faire l’objet d’une publicité par
voie électronique. Une mesure qui
s’est révélée particulièrement efficace contre les sites de CDF.
Au niveau européen, l’Esma, le
superviseur, pourrait peut-être
aller plus loin que l’AMF. En janvier,
il a proposé d’interdire la commercialisation aux particuliers des
options binaires et suggéré des restrictions sur les CFD. Une possibilité que lui donne la directive europ éenne MiFID II. Il p ourrait
éventuellement proposer des restrictions ou des interdictions pour
les dérivés sur cryptomonnaies.
— L. Boi.
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 25
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
Déficits jumeaux : le dollar
rattrapé par ses démons
6 % du PIB, « un franchissement de
seuil qui a coïncidé par le passé avec
un mouvement baissier de long
terme du billet vert », constate Bilal
Hafeez, responsable de la stratégie
sur les changes chez Nomura.
Quand la balance commerciale
américaine se détériore, l’évolution
DEVISE
Les déficits budgétaire
et courant américains
risquent de peser sur
le dollar en 2018.
Affaibli, le dollar est rattrapé par ses
démons, à savoir ses déficits jumeaux abyssaux : déficit budgétaire et déficit de la balance des
paiements courants. Les marchés
les ont longtemps tolérés voire
ignorés notamment lors des périodes fastes pour la croissance. Mais
les craintes relatives à la fin du cycle
économique outre-Atlantique leur
ont redonné de l’actualité. Les phases de détérioration des déficits
jumeaux (début des années 1980,
fin des années 1990…) ont en effet
coïncidé avec des replis significatifs
du billet vert. Depuis le début de
l’année, son taux de change global a
cédé 2,5 %. Depuis l’élection de
Donald Trump, il a perdu 5,8 %,
après avoir bondi dans le sillage de
son accession au pouvoir.
Laxisme fiscal
Les baisses d’impôts décidées fin
2017 vont faire bondir le déficit budgétaire de 1.500 milliards de dollars
sur les dix prochaines années, et
représenter 5,5 % du PIB cette
année. Or, « historiquement, le dollar a souffert quand la politique fiscale est trop laxiste », estime Vasileios Gkionakis, co-responsable de
la recherche sur les changes chez
UniCredit. Depuis la crise de 2007,
les investisseurs étrangers ont
accumulé une masse colossale
Les profits de la
BCE tirés par les
achats de titres
BANQUE
CENTRALE
Le bilan
de l’Eurosystème
dépasse 4.000 milliards d’euros.
Les portefeuilles
obligataires sont
très lucratifs.
En cumulé les deux
déficits, fiscal
et courant, ont
dépassé la barre
des 6 % du PIB.
d’actifs américains, bien supérieure
à celle des actifs étrangers détenus
par les investisseurs américains.
Pour réduire les déficits, les EtatsUnis doivent attirer les capitaux
étrangers grâce à des taux d’intérêt
plus élevés ou grâce à un taux de
change qui relance notamment les
exportations. Pour être incités à
acheter de nouveau des actifs américains, « les investisseurs étrangers
ont besoin d’un dollar faible en compensation des risques liés à une poli-
tique économique peu synchronisée
avec le cycle de croissance américain », souligne Vasileios Gkionakis.
Baisser les impôts au sommet du
cycle revient à brûler ses dernières
cartouches, et perdre des capacités
de relance en cas de chute de l’activité voire de récession. Un piège
pour le dollar.
Effet « boule de neige »
En cumulé les deux déficits, fiscal et
courant, ont dépassé la barre des
Isabelle Couet
@icouet
du dollar n’est plus dépendante des
taux d’intérêt américains et de leur
différentiel avec le reste du monde.
Ce fut le cas au début des années
2000 quand le billet vert recula malgré les hausses des taux de la Fed et
dans un contexte de détérioration
du déficit courant. Une situation
qui pourrait se reproduire en 2018,
et entraîner des remous sur le marché des changes.
Sur les deux critères clefs que
sont les déficits et l’inflation, le yen
est bien « l’anti dollar » : l’inflation
est nulle au Japon et le pays connaît
un excédent courant très confortable, qui favorise la vigueur de la
devise japonaise. Dès lors, le billet
vert, jeudi à 107,40 yens, pourrait
passer sous le niveau psychologique des 100 yens. La Banque du
Japon, qui n’est pas intervenue pour
vendre des yens depuis 2011, pourrait alors menacer verbalement les
marchés avant d’agir si le billet vert
poursuit sa chute.
— N. A.-K.
2017 sera sans doute la dernière
grande année du QE, ce programme exceptionnel mené
par la Banque centrale européenne (BCE) dans le sillage de
la crise. Cette politique s’est traduite par des achats de dette
publique et privée et a fait
exploser le bilan de l’Eurosystème (BCE et banques centrales
n a t i o n a l e s) a u - d e s s u s d e
4.000 milliards d’euros. Elle
s’est avérée très lucrative. La
BCE a dégagé un bénéfice net de
1,3 milliard d’euros, dont la totalité sera distribuée aux 19 institutions monétaires nationales.
La bonne santé financière de
l’institut présidé par Mario Draghi s’explique essentiellement
par les revenus d’intérêts tirés
des portefeuilles financiers : le
portefeuille de titres achetés
dans le cadre du QE a rapporté
575 millions d’euros. Le portefeuille de réserves de change
ventes aux enchères publiques //
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Avec une CAVE et un EMPLACEMENT DE VOITURE - LOUÉ
de 698 m², à usage commercial, élevé sur caves et étages
et comprenant : au rez-de-chaussée, 3 boutiques et l’entrée de l’hôtel,
au 1er étage, 8 pièces, aux 2ème et 3ème étages, 8 pièces
et au 4ème étage, sous combles, 7 pièces – Occupé
MISE A PRIX : 250.000 Euros
Pour consulter le cahier des conditions de vente s’adresser :
au Greffe du Juge de l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé sous la Référence Greffe
17/00238, à Maître Jean Claude FREAUD, Avocat à PARIS (75009), 4 avenue du Coq - Internet :
www.freaud-adj.com, à Maître Olivier FOUCHE, Avocat à CRETEIL (94000), 6 place Salvador
Allende, Tel. : 01 49 80 19 76
MISE A PRIX : 150.000 Euros (outre les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Greffe du Juge de l’Exécution du TGI de NANTERRE, de 9 H 30 à 11 H 30,
où il a été déposé sous la Référence Greffe 17/00168, à Maître Céline RANJARDNORMAND, Avocat à BOIS-COLOMBES (92), 5 rue des Bourguignons,
Tél. : 01 47 80 75 18 (de 14 H 00 à 16 H 00)
VISITE sur place le Vendredi 16 mars 2018 de 9 H 30 à 10 H 30
VISITE sur place le Mardi 20 mars 2018 à 12 H 00
75
93
VENTE aux enchères publiques, le Jeudi 29 mars 2018 à 14 H 00
au Palais de Justice de PARIS, 4 boulevard du Palais
UN STUDIO à PARIS 18ème
74 rue Duhesme
93 VENTE aux enchères publiques sur licitation au palais de justice
93 de BOBIGNY (93) le mardi 27 mars 2018 à 13 h. 30 - EN UN SEUL LOT
PAVILLON D’HABITATION à ROMAINVILLE (93)
30 rue Mirabeau et rue Louis Aubin
de 24,67 m². Bâtiment A, au 3ème étage, porte face gauche,
comprenant : pièce principale en entrant avec cuisine ouverte,
salle d’eau avec w.-c. – Avec UNE CAVE au sous-sol – Occupé
De 104,97 M², sur TERRAIN de 149 M², comprenant :
- Au RdC : entrée, couloir, séjour, cuisine, WC, escalier - A l’étage : 2 chambres, SdB
- Au sous-sol : GARAGE - Au fond de la parcelle, UN BATIMENT comprenant : séjour,
chambre, SdB, cuisine, pièce à usage de rangement
MISE A PRIX : 25.942,21 Euros (outre les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
au Greffe du Juge de l’Exécution du TGI de PARIS (Tél. : 01 44 32 50 50) où il a été déposé
sous la Référence Greffe 17/00197, à la SELARL GRYNWAJC, agissant par Maître
Vanessa GRYNWAJC (AARPI GRYNWAJC – STIBBE), Avocat à PARIS 8ème, 40 rue de
Monceau, Tél. : 01 45 63 55 55
VISITE sur place le Lundi 19 mars 2018 de 10 H 00 à 11 H 00
84
VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES
au Tribunal de Grande Instance de CARPENTRAS (84)
L’Adjudication aura lieu le
JEUDI 5 AVRIL 2018 à 9H
APPARTEMENTS et PARKINGS
dans une résidence de tourisme située à
MALAUCENE (84)
lieudit « Les Plantiers » et « Saint Raphaël »
Mise à Prix : 230.000 € - (consignation : 23.000 €)
Augmentation des
charges de personnel
Côté dépenses, la hausse des
effectifs au sein du pôle de
supervision bancaire de la BCE
est largement responsable de
l’augmentation des charges de
personnel : elles ont grimpé de
14,5 %, à 535 millions d’euros.
Les six membres du directoire
ont touché un total de 1,8 million d’euros. Mario Draghi, le
président, a été légèrement
augmenté, à 396.600 euros
(contre 389.000 en 2016), de
même que son bras droit, Vitor
Constancio (340.000), et les
quatre autres membres (Peter
Praet, Benoît Coeuré, Yves
Mersch et Sabine Lautenschläger). La BCE a par ailleurs
perçu 437 millions d’euros de
commissions auprès des établissements qu’elle supervise. n
EN
EN PARTENARIAT
PARTENARIAT AVEC
AVEC
93
93
VENTE aux enchères publiques, le Mardi 27 mars 2018 à 13 H 30
au TGI de BOBIGNY (93), 173 avenue Paul Vaillant-Couturier
UN LOCAL à usage d’entrepôts à BAGNOLET (93)
23 rue de la Noue - « Les Parcs de la Noue »
A usage d’activités diverses industrielles, commerciales ou artisanales
de 913,18 m². Bâtiment infrastructure, au 3ème niveau général (NFG 105.00),
comprenant : sas, entrepôt, cuisine, vestiaire, réserve, mezzanine partielle
avec long couloir, 6 bureaux, sanitaires, w.-c., cuisine - LOUÉ
MISE A PRIX : 200.000 Euros (outre les charges)
(Caution bancaire ou chèque de banque : 20.000 Euros)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Greffe du Juge de l’Exécution du TGI de BOBIGNY, où il a été déposé sous la Référence
Greffe 15/09658, à la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET, Avocats aux PAVILLONS-SOUSBOIS (93320), 14 allée Michelet, Tél. : 01 48 47 43 47, à Maître Philippe BAUDOIN, Avocat à
PARIS 17ème, 8 avenue Gourgaud, Tél. : 01 40 54 03 33
VISITE sur place le Mercredi 21 mars 2018 de 14 H 30 à 16 H 00
publiques au palais de justice de CRETEIL (94),
94 VENTE auxle enchères
jeudi 29 mars 2018 à 9h.30 - EN UN SEUL LOT
93
APPARTEMENT de 48,74 M² à SAINT MANDE (94)
15 rue Quihou
Au 1er étage à droite, comprenant : entrée, 3 chambres, dressing, dégagement avec placard, SdB/
WC. L’appartement est relié à un autre dépendant de l’immeuble voisin situé au 17 rue Quihou,
le percement étant intervenu au fond du dégagement (selon PV de description) - CAVE au
sous-sol
Mise à Prix : 13.000 €
- (Consignation : 3.000 €)
S’adresser à : - Maître Jean-Claude GUIBERE avocat, 34 rue de Bourgogne (93) BOBIGNY,
Tél. 01.48.969.969, dépositaire d’une copie du CCV - Au greffe des criées du TGI de BOBIGNY
où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter, le mercredi 21 mars 2018 de 14h30 à 15h
S’adresser : - A Maître Ayi D’ALMEDIA, avocat au barreau du Val de Marne, 2 av. Léon Marchand
(94) THIAIS, Tél. 09.81.60.25.47, dépositaire d’une copie du CCV - A Maître Frédéric POIRIER,
avocat au barreau de Paris, 21 rue de Marignan (75008) PARIS, Tél. 01.46.09.10.48 - Au greffe
du juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter,
le vendredi 16 mars 2018 de 15h30 à 16h.30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114337)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114332)
Avec faculté de baisse de ¼, puis de 1/3 puis de ½ et enfin de ¾ à défaut d’enchères
84
VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES
au Tribunal de Grande Instance de CARPENTRAS (84)
L’Adjudication aura lieu le
JEUDI 5 AVRIL 2018 à 9H
APPARTEMENTS et PARKINGS
dans une résidence de tourisme située à
MALAUCENE (84)
lieudit « Les Plantiers » et « Saint Raphaël »
Section AO n°397 - Section AO n°398 - Section AO n°703 - Section AO n°705 - Section AO n°707
- Section AO n°696. Et plus particulièrement : lot 31 - lot 39 - lot 58 - lot 60 - lot 78 - lot 81 - lot
401 - lot 404 - lot 702 - lot 904 - lot 1005 - lot 1202
Cadastrés : Section AO n°397 - Section AO n°398 - Section AO n°703 - Section AO n°705
- Section AO n°707 - Section AO n°696. Et plus particulièrement : lot 27 – lot 51 – lot 56 – lot
59- lot 65- lot 403- lot 405- lot 506 – lot 602 - lot 1006
VISITE : le jeudi 22 mars 2018 de 14 heures à 15 heures avec l’assistance de la
SCP BERTRAND CADI GRAPIN, huissier de justice à ORANGE
Pour tous renseignements s’adresser : à Maître Didier ADJEDJ de la SELASU AD CONSEIL,
avocat, 34, cours Aristide-Briand - 84100 ORANGE, poursuivant la vente au 04.90.11.18.58 ou
sur www.avocatadjedj.fr - Email : didier.adjedj@avocatadjedj.fr
VISITE : le jeudi 22 mars 2018 de 15 heures à 16 heures avec l’assistance de la
SCP BERTRAND CADI GRAPIN, huissier de justice à ORANGE
Pour tous renseignements s’adresser : à Maître Didier ADJEDJ de la SELASU AD CONSEIL,
avocat, 34, cours Aristide-Briand - 84100 ORANGE, poursuivant la vente au 04.90.11.18.58 ou
sur www.avocatadjedj.fr - Email : didier.adjedj@avocatadjedj.fr
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf :114341)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114342)
Mise à Prix : 768.000 €
investi en dollars, lui, a fait
gagner 534 millions, grâce à la
hausse des rendements des
bons du Trésor américains.
Dans les deux cas, les revenus
ont progressé par rapport à
2016. A l’inverse, les gains des
portefeuilles de titres hérités de
la crise de la dette, lorsque la
banque centrale a aidé l’Irlande,
la Grèce, le Portugal, l’Espagne
et l’Italie, ont décliné. Ils représentent quand même 447 millions d’euros, dont 154 millions
pour les seuls emprunts d’Etat
grecs. Ce portefeuille de 91 milliards d’euros pour tout l’Eurosystème devrait expirer dans un
peu plus de deux ans.
Mise à Prix : 640.000 €
publiques au palais de justice de CRETEIL (94),
94 VENTE auxle enchères
jeudi 29 mars 2018 à 9h.30 - EN UN SEUL LOT
93
APPARTEMENT de 71,51 M² à MAISONS ALFORT (94)
8 bis rue Georges Gaumé (Bât. A - Esc. A)
Au 2ème étage, porte 24, comprenant : entrée, dégagement avec placards, séjour, cuisine, 2
chambres, SdB. Le BALCON-TERRASSE est accessible par le séjour, les chambres et la cuisine
- PARKING au 2ème sous-sol
Mise à Prix : 30.000 €
- Occupé - (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Francis RAIMON, avocat, membre de la SCP AKPR 14 rue Lejemptel
(94300) VINCENNES, Tél. 01.43.74.74.94 dépositaire d’une copie du CCV - Au greffe du
juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter le
mardi 20 mars 2018 de 14h. à 15h.
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 114333)
LES MEILLEURES OPPORTUNITÉS AUX ENCHÈRES
Retrouvez le calendrier des prochaines ventes aux enchères
et consultez gratuitement les résultats ainsi que notre newsletter
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26 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
Le Crédit
Mutuel veut
accélérer sa
diversification
l Pour conforter ses positions
en France, le groupe CM11 veut se
déployer dans de nouveaux métiers.
l Sa direction a réaffirmé l’indépendance de la confédération du groupe
alors qu’Arkéa veut engager sa sortie.
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
En préambule de la présentation de
résultats annuels solides, le président du Crédit Mutuel-CM11, Nicolas Théry, a pris soin de préciser
qu’il ne répondrait à aucune question sur son frère ennemi de l’Ouest,
le Crédit Mutuel Arkéa, en pleine
campagne pour sortir de la confédération du groupe mutualiste. Pourtant, au fil de la présentation, tant
Daniel Baal (le directeur général du
Crédit Mutuel-CM11) que Nicolas
Théry se sont attachés à faire la
preuve de l’autonomie et de l’indépendance des entités qui cohabitent
au sein de cette confédération.
« Toutes les caisses de Crédit
Mutuel disposent d’une très large
autonomie. Mais sans la confédéra-
tion il ne peut y avoir d’unité au Crédit Mutuel. La Confédération a un
rôle de garant de la solidarité, de la
solidité et de la marque du Crédit
Mutuel. Sans celle-ci nous serions
moins solides », a martelé Daniel
Baal, avant de préciser : « Nous sommes un groupe non centralisé et la
confédération du Crédit Mutuel se
concentre exclusivement sur ses trois
missions. Les OPA, et encore moins
les OPA hostiles, ne font pas partie de
ma culture. »
La force d’un modèle
décentralisé
Nicolas Théry, de son côté, s’est
employé à démontrer la force d’un
modèle décentralisé : « Chaque
agence du Crédit Mutuel est une
caisse locale. Elle est responsable de
son bilan et de son activité. » Commercialement, ce modèle a fait ses
preuves en 2017. Le Crédit Mutuel-
CNP Assurances
consolide
ses positions
ASSURANCE
Le premier assureur
de personnes français a augmenté
son résultat net
de 7 % l’an dernier,
à 1,3 milliard d’euros.
Nicolas Théry (à droite), le président du Crédit Mutuel-CM11
et Daniel Baal, le directeur général, lors de la présentation
des résultats 2017. Photo Denis Allard/RÉA
CM11 affiche ainsi un produit net
bancaire en hausse de 4,2 %, à
14 milliards d’euros, pour un résultat net de 2,4 milliards d’euros en
recul de 10,5 %. « Tout allait bien jusqu’en novembre, au moment où le
gouvernement s’est mis en chasse de
5 milliards. La progression de notre
résultat a été intégralement mangée
par la surtaxe d’impôt sur les sociétés, qui nous a coûté 300 millions
d’euros », a déploré Nicolas Théry.
D’un point de vue opérationnel,
tous les voyants sont au vert, tant
dans l’assurance que dans la banque de détail. « En assurance-dommages notre croissance est deux fois
plus rapide que celle du marché, en
assurance automobile nos nouveaux
contrats sont en croissance de 6,3 %,
contre 2 % pour le marché français »,
s’est félicité Daniel Baal.
Pour conforter ses positions, le
Crédit Mutuel mise comme ses con-
currents sur la digitalisation de ses
services bancaires, mais il veut
aussi accélérer sa diversification.
« La transformation bancaire doit
s’accélérer au Crédit Mutuel, et pour
cela on doit sortir du cadre strictement bancaire », a plaidé Nicolas
Théry, qui planche sur le nouveau
plan stratégique.
Multiservice
Son ambition ? Tirer au mieux
parti du maillage d’agences du Crédit Mutuel, qu’il conçoit avant tout
comme « un réseau multiservice de
proximité ». Diversifié dans la télésurveillance, la vente d’abonnements téléphoniques ou encore la
vente de logements neufs, le Crédit
Mutuel a d’ores et déjà annoncé
qu’il allait étendre son offre de vente
de biens immobiliers aux logements anciens. Ce n’est sans doute
qu’un début. n
L’assurance, un moteur clef pour les banques françaises
Les activités d’assurance
ont une nouvelle fois
fortement contribué
aux résultats des banques
françaises en 2017.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
L’assurance est devenue plus que
jamais essentielle pour les groupes
bancaires. En 2017, elle a alimenté
de manière substantielle leurs per-
formances. Au Crédit Mutuel CM11,
qui présentait ses comptes jeudi,
l’assurance a ainsi contribué l’an
dernier, à hauteur de 23 %, au résultat net.
Chez BNP Paribas, ce métier a
dégagé un résultat net avant impôt
de 1,87 milliard d’euros, en hausse
de 36,4 % (+9 % à périmètre et
change constants). Alors que sa
compagnie d’assurances BNP Paribas Cardif ambitionne d’augmenter
ses revenus de 400 millions d’euros
sur la période 2017-2020, ceux-ci
ont progressé de 5,6 % l’an dernier, à
2,51 milliards.
Crédit Agricole Assurances affiche, lui, un résultat net part du
groupe stable, à 1,35 milliard
d’euros (+4,6 % après retraitement
de la surtaxe d’impôt sur les sociétés). Pour Société Générale, la contribution du métier assurance au
résultat net part du groupe s’est élevée à 406 millions d’euros (+10,3 %).
« Moteur de croissance durable »
appel à candidatures
AEROPORTS PARIS-CHARLES DE GAULLE
ET PARIS-ORLY
AVIS D’APPEL A CANDIDATURE
Aéroports de Paris lance un appel à candidature, en deux lots distincts, afin de présélectionner la ou les société (s)
qui sera (ont) autorisée (s) à remettre une offre en vue d’exploiter des surfaces de vente multimarques dédiées à
l’activité de vente d’articles solaires.
• Un lot comprenant huit surfaces (environ) sur les terminaux 1, 2AC, 2E halles K, L, M, 2F et futur bâtiment de jonction
de la liaison BD de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle.
• Un lot comprenant trois surfaces (environ) sur les terminaux sud et ouest de l’aéroport de Paris-Orly.
Les dossiers de candidature devront être reçus au plus tard le 5 mars 2018 (jusqu’à 17 heures, délai de rigueur), soit par
lettre recommandée avec accusé de réception, soit par remise directe contre récépissé à l’adresse suivante :
AEROPORTS DE PARIS - Direction Clients-Direction des Commerces
A l’attention de Pascale REBARDY GORGES - 1 rue de France, 93290 TREMBLAY-EN-FRANCE
Pièces à fournir :
1. Une lettre de candidature précisant notamment si la société candidate envisage de remettre une offre sur un ou
deux lots et si elle envisage de constituer un groupement ;
2. Les renseignements permettant d’apprécier la capacité financière de la société candidate à exploiter un ou les lots,
notamment les liasses fiscales des trois derniers exercices clos, ou, pour les sociétés ayant moins de trois ans d’existence,
ces mêmes documents pour le ou les exercices clos depuis leur création. Dans le cas d’une filiale, récemment créée et
détenue majoritairement par une société justifiant de plus de quatre années d’expérience, il est demandé de fournir les
liasses fiscales de la société mère ;
3. Les renseignements permettant d’apprécier l’expérience et l’aptitude professionnelles de la société candidate
et/ou celle du groupe auquel elle appartient, dans le secteur d’activité concerné, en particulier, sa capacité à exercer
cette activité en aéroport. La société candidate fournira impérativement les coordonnées (nom, société, fonction au
sein de la société, numéro de téléphone, courriel) d’au moins trois personnes, non-salariées du groupe Aéroports de
Paris et de la société candidate, pouvant être contactées afin d’attester de son aptitude professionnelle ;
4. Un extrait de K Bis datant de moins de trois mois (ou un justificatif d’immatriculation de la société pour les
sociétés étrangères).
Tous les documents transmis seront en langue française, à l’exception des pièces générales visées aux points 2 et 4
qui pourront être en anglais.
Tous les documents demandés doivent être fournis par l’ensemble des sociétés qui envisagent de constituer un
groupement.
Aéroports de Paris écartera tout dossier remis hors du délai et se réserve le droit d’écarter tout dossier incomplet.
La présélection de la société candidate/des sociétés candidates admise(s) à présenter une offre sera effectuée par
Aéroports de Paris conformément au règlement de présélection qui est disponible sur demande adressée par courriel
à l’adresse suivante : pascale.rebardy-gorges@adp.fr
pour BPCE, l’assurance y a dégagé
un résultat avant impôt en hausse
de 15,5 %, à 331 millions d’euros.
Rien ne semble devoir freiner la
poussée des groupes de bancassurance. Outre les commissions
qu’elle leur procure, « les réseaux
aiment vendre de l’assurance, car
c’est un produit impliquant qui enrichit la relation client », explique
ainsi le dirigeant d’un bancassureur. C’est aussi un ballon d’oxygène
quand l’environnement de taux bas
fait souffrir les activités traditionnelles de banque commerciale.
C’est un ballon
d’oxygène quand
l’environnement de
taux bas fait souffrir
les activités
traditionnelles de
banque commerciale.
Déjà leaders en assurance-vie, les
bancassureurs font aujourd’hui
figure d’épouvantails pour les pure
players en auto et en habitation,
dans le sillage notamment de Pacifica (Crédit Agricole Assurances) et
du GACM (Crédit Mutuel), partis
avant les autres. La poussée de
BPCE se ferait également de plus en
plus ressentir. Mais tous les bancassureurs sont loin d’être à plein
régime. Encore en retrait sur ce terrain, BNP Paribas Cardif attend
beaucoup de sa nouvelle coentreprise avec la Matmut, qui doit commencer son activité prochainement.
Les marges de progression des
bancassureurs dans l’assurance
dommages semblent en tout cas
considérables. « En France, la croissance des taux d’équipement des
clients particuliers dans les réseaux
L C L ( 2 2 , 4 % à f i n 2 0 1 7, s o i t
+5,3 points en cinq ans) et des caisses
régionales (34,6 % à fin 2017, soit
+5,4 points) illustre une très bonne
dynamique d’activité et un potentiel
de croissance encore important », a
ainsi déclaré Crédit Agricole Assurances en détaillant ses résultats. n
Sa réorientation
vers des produits
plus rentables porte
ses fruits.
Si les spéculations sur le devenir capitalistique de CNP Assurances vont bon train, son
directeur général, Frédéric
Lavenir, a souligné jeudi avec
satisfaction « une claire évolution dans le sens d’un enrichissement de notre modèle économique ». Le groupe enregistre un
résultat net en hausse de 7 %
sur l’exercice 2017, à 1,28 milliard d’euros, pour un chiffre
d’affaires de 32,1 milliards
d’euros (+1,9 %). Son résultat
brut d’exploitation (RBE) a augmenté de 9,5 %, à 2,9 milliards.
Pour 2018, l’assureur français
affiche un objectif de croissance organique du RBE d’au
moins 5 %.
De quoi conforter la volonté
de La Poste de rapprocher
l’assureur de sa filiale bancaire.
La Caisse des Dépôts, premier
actionnaire avec 40,8 % du
capital de CNP Assurances,
planche sur la constitution d’un
grand pôle financier public qui
permettrait ce rapprochement
sans le priver des performances
de l’assureur.
Réorientation
du modèle d’affaires
Frédéric Lavenir s’est néanmoins refusé à tout commentaire sur « les rumeurs qui courent », préférant se concentrer
sur l’optimisation du modèle
économique de CNP Assurances. Il s’est félicité de la « très
forte dynamique de nos performances opérationnelles, en particulier sur les segments les plus
rentables ». Le chiffre d’affaires
a ainsi augmenté de 42 % sur
l’épargne-retraite en unités de
compte (UC) et de 12 % en prévoyance-protection.
En France, la réorientation
du modèle d’affaires se voit
dans l’« amélioration continue
de la structure des encours »,
avec une part croissante des UC
et de l’eurocroissance, et une
érosion des fonds euros offrant
la garantie du capital à tout
moment. Un produit dont les
assureurs cherchent à limiter
les ventes en raison de son coût
en termes de fonds propres à
immobiliser.
CNP Assurances bénéficie
par ailleurs de l’extension de
son périmètre de distribution
de l’assurance-emprunteur au
sein du groupe BPCE. Ce qui a
contribué à plus que doubler le
taux de marge sur affaires nouvelles dans l’Hexagone, à 21,5 %.
Le chiffre d’affaires recule
néanmoins de 5,9 % en France,
du fait de l’arrêt des nouvelles
souscriptions de contrats
d’assurance-vie aux guichets
des Caisses d’Epargne. Mais les
vents sont toujours aussi porteurs en Amérique latine
(+47,4 %). Au Brésil, son premier marché à l’international,
sa coentreprise Caixa Seguradora a porté sa part de marché
de 5,9 % en 2016 à 8,1 % l’an dernier. « Cette très bonne performance commerciale s’est faite
sans dommages pour notre rentabilité », précisé Frédéric Lavenir.
Interrogé sur l’état des discussions avec son partenaire
brésilien Caixa Seguridade sur
un nouvel accord de distribution exclusif d’une durée de
vingt-trois ans, le dirigeant indique seulement que les « négociations sont en cours ». « C’est
un peu plus long que prévu »,
reconnaît-il. Fin décembre,
l’assureur disait envisager la
conclusion d’un nouvel accord
début 2018.
A la suite de ces annonces et
la perspective d’une augmentation du dividende de 5 %, à
0,84 euro par action, le titre
CNP Assurances signait l’une
des plus fortes performances de
l’indice SBF 120 (+1,51 % à la clôture, à 20,16 euros). — L. T.
en bref
Fidelity renonce à répercuter le coût
de la recherche sur ses clients
GESTION Fidelity International fait marche arrière et décide
d’absorber entièrement le coût de la recherche externe. La société
se range ainsi au choix de la majorité de ses concurrents. « Nos
clients auraient subi des impacts trop importants sur le plan des
opérations et des reportings », explique Fidelity. Le modèle de frais
de gestion variables annoncé en octobre dernier sera en revanche
bien mis en œuvre. « La réduction des frais de gestion annuels fixes
de 0,10 % pour les classes d’actions à gestion active, combinée à notre
décision d’absorber les coûts de recherche externes, fera de l’offre
Fidelity une proposition encore plus compétitive. »
Barclays enregistre une lourde perte
BANQUE La banque britannique Barclays a annoncé jeudi une
perte de 1,9 milliard de livres au titre de l’année 2017. Celle-ci
résulte du coût de litiges et de la réforme fiscale américaine. La
banque, qui a notamment enregistré une forte baisse de ses résultats dans sa banque d’investissement, a insisté sur le fait que les
restructurations étaient derrière elle. Elle a annoncé une multiplication du dividende par plus de deux pour 2018, à 6,5 pence.
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FINANCE & MARCHES // 27
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
Le nouveau plan d’AXA
donne ses premiers résultats
l Pour la première fois de son histoire, le géant français de l’assurance a dégagé
un résultat opérationnel et un résultat net supérieurs à 6 milliards d’euros.
l Et ce, en dépit d’un poids un peu plus lourd des catastrophes naturelles.
Vers la cotation
de 20 à 30 %
des activités
américaines
ASSURANCE
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Record battu pour AXA. Le géant
français de l’assurance a présenté
jeudi les meilleurs résultats annuels
de son histoire, avec des profits pour
la première fois supérieurs à 6 milliards d’euros. En hausse de 7 %, son
résultat net s’est ainsi élevé à
6,21 milliards d’euros l’an dernier,
pour un résultat opérationnel de
6 milliards d’euros (+6 %). Et ce, en
dépit d’un poids un peu plus lourd
qu’en 2016 des catastrophes naturelles : elles lui ont coûté 231 millions
d’euros en 2017, principalement en
France, au Mexique et en Turquie.
Dans la fourchette haute
des objectifs
Selon Thomas Buberl, le directeur
général aux manettes depuis septembre 2016, le plan stratégique
présenté il y a bientôt deux ans,
« porte déjà ses fruits ». L’an dernier,
les performances se sont situées
dans la fourchette haute des objectifs de son plan Ambition 2020,
avec, par exemple, un ratio de Solvabilité II de 205 %, voire légèrement au-dessus pour la rentabilité
courante des capitaux propres
(14,5 %). Avec la perspective, par
ailleurs, d’une hausse du dividende
de 9 %, à 1,26 euro par action, le titre
AXA a terminé la séance à la Bourse
de Paris sur un gain de 0,63 %.
Si le chiffre d’affaires a globale-
L’introduction en Bourse
des activités d’AXA aux
Etats-Unis devrait porter
sur 20 à 30 % du capital.
« En général, des IPO comme
ça portent sur un pourcentage de 20 à 30 % [du capital] », a déclaré jeudi Gérald
Harlin, le directeur financier de l’assureur. AXA avait
confirmé la semaine dernière viser le deuxième
trimestre 2018 pour procéder à cette opération, dont
le projet avait été annoncé
en mai dernier.
ment baissé de 2 %, à 98,59 milliards d’euros, Thomas Buberl ne
manque pas de rappeler qu’AXA a
décidé de « concentrer ses efforts sur
des segments bien définis ». Parmi
eux, c’est l’assurance-santé qui a été
l’activité la plus dynamique l’an dernier avec un chiffre d’affaires en
hausse de 6 %, du fait notamment
d’une hausse des ventes de contrats
collectifs en France. L’assurancedommages pour les entreprises n’a
pas été en reste (+3 %).
La réorientation de l’activité
d ’é p a rg n e ve r s l e s u n i t é s d e
compte, des produits moins consommateurs de capitaux propres
que les fonds euros offrant la
garantie du capital, s’est poursuivie, avec des affaires nouvelles en
augmentation de 7 %. Autre segment désormais au cœur de la stra-
L’assurance-santé
a tiré la croissance
en 2017.
tégie d’AXA, la prévoyance a, en
revanche, marqué le pas (–1 % pour
le chiffre d’affaires).
« Toutes nos principales zones
géographiques ont contribué à cette
réussite », a par ailleurs souligné
Thomas Buberl. « L’Europe, y com-
pris la France, est le noyau du groupe
AXA et se développe dans la bonne
direction », a-t-il notamment précisé. Dans l’Hexagone, de loin son
premier marché avec 24,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires,
l’assureur s’est donné pour priorité
la rentabilité de ses opérations. En
2017, il a réussi à y améliorer à la
fois sa rentabilité en assurancedommages et sa marge sur affaires
nouvelles (+3,5 points, à 34,5 %).
Globalement, la France a dégagé
un résultat opérationnel en progression de 3 %.
(
Lire « Crible »
Page 34
Priorité au redressement des marges
d’AXA IM
La collecte a nettement
ralenti en 2017 en raison
d’une moindre performance de la coentreprise
avec Shanghai Pudong
Development Bank.
Sophie Rolland
@Sorolland
La collecte d’AXA Investment
Managers (AXA IM) a nettement
ralenti en 2017. Le troisième
gestionnaire d’actifs français (derrière Amundi et Natixis Investment Managers) a terminé l’année
avec 746 milliards d’euros d’actifs
sous gestion. Ce qui équivaut à une
croissance des encours de seulement 4 % alors que les marchés
ont été extrêmement porteurs. En
comparaison, en 2015 et 2016, ce
rythme était de 7 %.
« La baisse de la collecte s’explique principalement par celle des
coentreprises, explique la société
de gestion. Cela avait été anticipé et
est dû en partie par l’arrivée à
maturité d’un certain nombre de
produits qui n’ont pas pour vocation à être remplacés à cause des
exigences réglementaires auxquelles est soumise notre joint- venture
avec Shanghai Pudong Development Bank (SPDB) en Chine. » A 7,9
milliards d’euros, il est vrai que la
collecte est en très net retrait par
rapport à 2016 (56,4 milliards) ou
2015 (41,6 milliards). Elle a été
tirée essentiellement par les
clients tiers. Auprès de ces derniers, elle s’élève à 9,3 milliards
d’euros. Autrement dit, le groupe
a revu à la baisse les montants
confiés à sa filiale. Au 31 décembre, l’essentiel des actifs (58 %) restaient gérés pour le compte du
groupe AXA. Parmi les expertises
qui ont eu le plus de succès auprès
des institutionnels l’année dernière : les solutions alternatives et
multi-actifs et les produits obligataires spécialisés.
En ce qui concerne l’arrêt de
certains produits en Chine, la
société précise qu’il « s’agit d’acti-
Un résultat opérationnel
en hausse de 14 %
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
30/12/2017
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
30/12/2017
Performance
1 an
272,96
205,13
362,48
65,45
20/02/2018
21/02/2018
20/02/2018
20/02/2018
5,33
6,70
16,15
4,10
5,36
6,86
13,43
3,74
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
www.federal-finance.fr
Federal Indiciel US (FR0000988057)
Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
259,15
192,25
312,07
62,87
23,20
24,51
13,28
-2,60
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
La Bourse
de Paris finit
quasiment
stable
La perspective d’une accélé•ration
de la hausse des taux de la
Réserve fédérale américaine
– décelable dans le compte
rendu de réunion qui a été
publié mercredi soir – n’a pas
suscité de violents remous sur
les places boursières européennes. La prudence a néanmoins
dominé la séance. La Bourse de
Paris a terminé sur un léger gain
de 0,13 %, à 5.309,23 points,
après avoir navigué dans le
rouge pendant quasiment toute
la séance. La veille, le CAC 40
avait fini en légère hausse, de
0,23 %.
En Allemagne, la tendance a
été similaire. Le DAX a terminé
à l’équilibre (–0,07 %). La
Andrea Rossi, directeur
général d’AXA IM. Photo
« Notre retour sur fonds propres est
élevé », souligne-t-il. « Au vu des
performances de ces dernières
années, notre maison mère a de
quoi être satisfaite. Le groupe a confirmé que nous étions un actif stratégique. » Ce plaidoyer ne doit rien
au hasard. Il y a quelques mois,
plusieurs sources ont fait état de
la volonté d’AXA de rapprocher sa
filiale de gestion de Natixis Investment Managers. Depuis, le projet
aurait été abandonné.
Une structure lourde
AXA IM garde un handicap. Il
souffre de coûts plus élevés que
ceux de ses concurrents européens et mondiaux. « Le ratio
d’exploitation, c’est-à-dire les coûts
rapportés aux revenus, est encore
trop élevé, à 70,8 %. Je veux que ce
ratio s’améliore », déclare Andrea
Rossi. Un impératif dans un secteur en pleine consolidation. « Il y a
dix ans, on comptait dix acteurs
européens parmi les principaux
“a s s e t m a n a g e rs ” a u m o n d e .
Aujourd’hui, ils ne sont plus que
cinq et, dans dix ans, on en comptera peut-être moins. » n
Bourse de Londres a été affaiblie par les résultats et par la
tendance à Wall Street, et a cédé
0,40 %. L’Euro STOXX 50 a fini
quasi stable, à +0,05 %.
Du côté des valeurs, Technicolor a dévissé de 28,93 %.
Le groupe a été plombé par
une perte nette multipliée par
plus de six en 2017 et une nouvelle réduction de ses objectifs
2020 à l’issue d’une année
« particulièrement difficile ».
Ingenico a plongé de 16,29 %,
Plusieurs analystes ont pointé
du doigt des objectifs 2018
décevants. Vallourec a reculé
de 11,58 %. Le groupe a publié
une p erte nette réduit e à
537 millions d’euros en 2017,
contre 758 millions un an
auparavant. FNAC Darty s’est
replié de 4,42 % malgré la confirmation de ses objectifs à
moyen terme. Arkema a pris
3,63 %, dopé par un bénéfice
net 2017 en forte hausse. Enfin,
Veolia Environnement s’est
apprécié de 2,12 %
SCOR plombé
par les catastrophes
naturelles
ASSURANCE
Le réassureur
français a vu son
résultat net fondre
de moitié en 2017,
à 286 millions
d’euros.
Le titre a
fortement baissé,
jeudi, à Paris.
vités à marge faible ». AXA IM a
obtenu une licence pour distribuer ses produits sur le marché
chinois en 2017 et compte y poursuivre son développement.
Aujourd’hui, plus de 80 % de la
clientèle de la société de gestion
est européenne. « Les dégagements ont eu un impact financier
très limité. »
De fait, si la collecte ressort en
baisse, le résultat opérationnel
(257 millions d’euros) a augmenté
de 14 % l’année dernière. « La progression du résultat opérationnel
est supérieure à l’objectif que s’est
fixé le groupe, à savoir une croissance de son résultat opérationnel
par action comprise entre 3 et 7 %
par an en moyenne pour la période
2015- 2020 », note Andrea Rossi, le
directeur général d’AXA IM.
Autre point fort, selon lui : la faible
consommation en capitaux propres de l’activité de gestion.
LA SÉANCE DU 22 FÉVRIER 2018
L’ampleur des catastrophes
naturelles survenues aux troisième et quatrième trimestres a
grevé les comptes des réassureurs. SCOR a ainsi publié jeudi,
pour l’exercice 2017, un résultat
net de 286 millions, amputé de
plus de moitié par rapport à
l’année précédente (603 millions d’euros). Les ouragans
Harvey, Irma et Maria lui ont
coûté 591 millions d’euros avant
impôt et net de rétrocession
(c’est-à-dire après intervention
des couvertures achetées à
d’autres réassureurs), tandis
que l’impact des incendies en
Californie s’est élevé à 91 millions d’euros.
Dans ce contexte, SCOR a vu
le taux de rentabilité annualisé
de ses capitaux propres (RoE)
tomber à 4,5 % en 2017, contre
9,5 % l’année précédente. Mais,
à 213 % à fin décembre, son
ratio de Solvabilité II est resté
dans le haut de la fourchette
visée dans son plan stratégique
(185 %-220 %). Ce qui, explique
Denis Kessler, son PD G, a
poussé le réassureur à proposer le maintien du dividende, à
1,65 euro par action.
Ces différentes annonces ont
été mal accueillies par les investisseurs. A La clôture, le titre du
réassureur décrochait de
3,04 % à la Bourse de Paris.
« Nous avons des résultats bien
meilleurs que nos concurrents,
dont certains connaissent des
pertes », a voulu relativiser
Denis Kessler. « L’année 2017 ne
met absolument pas en cause le
“business model”, la politique de
souscription, la politique de
rétrocession, ainsi que le plan »,
Il a dit
« L’année 2017
ne met absolument
pas en cause
le “business model”,
la politique de souscription, la politique
de rétrocession,
ainsi que le plan. »
DENIS KESSLER
PDG de SCOR
Photo
a-t-il martelé. Avoir la même
a n n ée t r o i s c a t a s t r o p he s
comme Harvey, Irma et Maria
« se produit tous les vingt ans »,
a-t-il fait valoir.
Croissance
« homogène »
Sur un plan commercial, « le
groupe est en forme », a souligné
Denis Kessler. L’an dernier, ses
primes brutes émises ont ainsi
progressé de 8,6 % à taux de
change constants pour atteindre 14,79 milliards d’euros, avec
une croissance « homogène » et
« de fortes progressions aux
Etats-Unis en réassurance dommages et en Asie, conformément
au plan indiqué ».
L’horizon devrait par ailleurs
s’éclaircir davantage, selon
SCOR. Après plusieurs années
de baisse des prix en réassurance
dommages, Denis Kessler veut
croire que les renouvellements
du 1er janvier dernier ont marqué
« peut-être le début d’un réajustement tarifaire ». De même, « la
remontée des taux d’intérêt va
porter le groupe pendant des
années. […] Il y aura une amélioration progressive, mais certaine,
de notre rentabilité à l’actif »,
annonce-t-il. En 2017, le rendement des actifs de SCOR s’est
élevé à 3,5 %.
— L. T.
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
euronext
séAncE du 22 - 02 - 2018
CaC 40 : 5309,23 (0,13 %) neXt 20 : 11348,96 (-0,62 %)
CaC larGe 60 : 5870,51 (0,06 %)
CaC all-tradaBle : 4186,01 (0,00 %)
Date De ProroGation : 23 FéVrier
CAC 40
srD suite
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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arcelormittal (mt)
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atos se (ato) R
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creDit aGricole (aca) R
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enGie (enGi) R
05/05/17 1,7
a
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11/10/17 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
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a
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l.V.m.H. (mc) R
15/01/18 2
a
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a
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A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
24/05/17 3,25
ouv
vol.
nb titres
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clot
+ haut
+ bas
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125,1
% Veil
% mois
% 52 s.
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% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 10,51
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110
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- 6,06
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- 6,66
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4
51,1
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- 5,14
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ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
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+ 49,39 291,6
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
cie Du camBoDGe (cbDG)
ouv
vol.
nb titres
a
1,93
1,18
1,1
1,28
0,73
4,28
1,22
1,65
3,27
1,79
1,92
3,28
0,61
1,13
2
1,33
4,14
0,81
2,33
0,44
1,26
2,51
0,82
3,42
0,98
0,52
/060218
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c 1,033
1,027
3591358
1,048
fr0004026714
393.443.788
1,02
cnP assurances (cnp) GR
a 19,82
20,16
626474
20,58
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19,82
coFace (cofa) g
a 9,44
9,43
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9,5
fr0010667147
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9,31
colas (re)
a 178
178,6
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182
fr0000121634
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178
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1386
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1397
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104
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B 7,8
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c 79
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79
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37,12
11045
37,2
fr0004191674
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6,1
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6,1
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a 10,405
10,295
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10,42
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16/11/17 0,15 2.927.438.804 10,155
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a 92,8
92,74
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4,32
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a 18,09
18,2
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a 21,7
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c 5,45
5,5
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127,7
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119,7
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B 16,97
16,87
13364
16,97
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c 39,7
39
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c 3,2
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3,2
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euroFins scientiFic (erf) G
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a 10,99
10,97
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10,57
2237292
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fr0010533075
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a 18,34
18,38
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18,47
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B 118
118,5
33
118,5
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118
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a 71,18
70,7
537573
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fr0000121147
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a 100,4
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2407
100,6
fr0000064784
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B 16,52
16,6
13571
16,6
fr0011665280
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16,3
Fin. oDet (oDet)
a 1020
1030
1400
1035
fr0000062234
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1000
Fnac DartY (fnac)
a 94,5
91,9
215764
94,85
fr0011476928
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a 28,6
28,6
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28,8
fr0000060303
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86
Foncière lYonnaise (flY)
a 60
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3599
61,4
fr0000033409
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59
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a
/210218
fr0000079659
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2,82
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
fr0000121857
17/05/17 9,75 6.872.335
Futuren (ftrn)
c 1,13
n/P reGr.
141982
fr0011284991
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c 0,222
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fr0000079634
01/10/01 0,1 107.801.645
Gecina (Gfc) G
a 153
86304
fr0010040865
05/07/17 2,6 75.363.444
Gemalto (Gto) L
a 49,48
441659
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.423.814
GenFit (Gnft) G
B 23,8
121378
fr0004163111
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GensiGHt (siGht)
c 6,98
24105
fr0013183985
24.234.223
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+ 4,29 7250
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+ 0,1 + 16,66
+ 9,97 104,55
+ 34,31 87,52
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- 4,66
9,18
+ 77,76
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-10,09
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19,71
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+141,76 98,2
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-11,63 19,57
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-13,14 47
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+ 40,14 76,5
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-7
3,61
- 11,39
3,14
+ 0,25 - 4,06
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-12,91
19,5
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- 0,4
- 1,61 505
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0,09
152,9
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153,5
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+20,49
7,24
6,78
- 8,08
5,5
0,66
3,97
1,38
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0,87
0,51
1,8
0,79
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7,05
2,15
1,46
1,62
2,31
1,7
1,52
4,7
0,41
3,72
2,46
6,58
1,33
1,27
1,81
0,1
2
4,21
11,72
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
Genticel (Gtcl) g
Valeurs françaIses
ouv
clot
vol.
+ haut
nb titres
+ bas
1,712
1,67
117674
1,716
fr0011790542
77.850.006
1,652
Gl eVents (Glo) g
B 26
25,5
3406
26,05
fr0000066672
30/06/17 0,65 23.402.711
25,1
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74,8
B 74,7
3632
75,1
fr0000036675
28/06/17 0,4 11.250.000
74,5
GrouPe Flo (flo) g
c 0,271
0,276
eX D s 13/06/17
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0,29
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
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B 16,92
16,8
10579
17
fr0000062671
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c 18,02
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nom.
2274
18,02
17,5
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33,5
33,2
reGr.
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fr0012612646
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Gtt (Gtt) Gg
a 54,85
54,85
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fr0011726835
27/09/17 1,33 37.028.800
54
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B 19,2
19,02
13797
19,32
fr0000066755
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443,1
45217
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fr0000052292
20/02/18 1,5 105.569.412
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HiGH co (hco) g
c 4,885
4,88
3524
4,885
fr0000054231
02/06/17 0,12 22.421.332
4,825
HuBwoo (hbW) g
c 0,202
0,2
3196267
0,204
fr0004052561
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0,2
icaDe (icaD) G
a 81,65
81,8
100344
82,25
fr0000035081
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iD loGistic (iDl) g
B 135,8
135,4
631
136
fr0010929125
5.593.975
135,2
iliaD (ilD) LR
a 197,65
198,5
109274
199,25
fr0004035913
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imerYs (nK) G
a 83,75
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75312
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fr0000120859
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inGenico GrouP (inG) LR
a 76,94
77
2948668
83,28
fr0000125346
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73,9
innate PHarma (iph) g
B 5,565
5,49
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5,565
fr0010331421
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insiDe secure (insD)
c 2,81
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2,86
fr0010291245
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inter ParFums (itp) g
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fr0004024222
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a 121,5
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fr0010259150
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iPsos (ips) G
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32,48
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31,78
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 29,55
29,5
5874
29,55
fr0000033904
05/07/17 0,5 24.028.438
29,3
JcDecauX (Dec) G
a 32,68
32,58
167283
32,98
fr0000077919
16/05/17 0,56 212.558.386
32,38
KauFman & BroaD (Kof)
B 43,5
43,36
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La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
1,29
52,19
4
3,45
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FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
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c
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b 40,4 40,4
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b 1,9
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c 2
2
2
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c
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c
0,191
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128
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130
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130
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b 20,9
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c
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6,14
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55
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10
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122
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122
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c
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c 2,17
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115
115
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c
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c
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3,1
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b
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198
197
198
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c
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b 39
39
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b 25
25
25
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c 24,4 24,4
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b 122
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122
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104
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c
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b 47,5
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c
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c
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c 6,98
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c
438
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c
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b 5,42
5,42
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25
25
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38
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99
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b 20,5
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c
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actions
françaises
euronexT hors srd suite
isin
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valeur
ouv
micropoleg
c 1,35
mndg
5,51
moul. strasbourg c
mr bricolage sa
b 14,7
mrm
c 1,72
musée grévin
c
nanobiotixg
b 13,78
neopostG
a 22,5
neuronesg
b 28,1
nextstage
c104
nsc groupe
c 56,5
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c 2,98
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c 10,5
orchestra-pre.
c 3,63
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3,59
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c 1,23
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c 70
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b
passat
c 4,72
patrimoine & com
b 20,8
pcas g
c 18,74
poujoulat
c
poxelg
c 6,5
precia g
c210
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c 19,2
prodways group
b 4,53
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c 0,69
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c
ramsay gds
b 15,8
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c 3,7
robertet sa
b 419
s.a.m.s.e.
b 173
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c
scbsmg
c 7,05
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b 29,5
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c 71,5
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c 25,2
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c 25,2
smcp
a 20,52
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soc. fr. casinos
c
sodifrance
c 17,2
soditech ing.
c
sofibus
c168
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sogeclairg
c 50
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c
tayninh
c
tessig
b 176
thermocompactg c
tipiak
c 88,5
+ht
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1,37 + 1,48
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18,72 + 0,11
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b
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a
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LA BOURSE
avec
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22-02-2018
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22-02-2018
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-0,365
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-0,369
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-0,369
-0,369
-0,369
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-0,328
-0,328
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-0,328
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thor.
pub.
priv.
0,96
0,96
0,96
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,22
1,22
1,22
1,22
1,22
0,96
0,96
0,96
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,18
1,22
1,22
1,22
1,22
1,22
MaTières preMières
MéTaux précieux
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
22/02
21/02
COURS PriMe Prec.
lingot
34640
0
34980
10 florins
209
-0,27
209
5 dollars*
300
15,17
300
10 dollars
580
11,33
570
20 dollars
1150
10,33
1130
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1310
0,85
1324
latine
202
0,44
202
napoleon
204,1
1,48
204,9
1/2 napoleon* 107
6,4
115
souverain eli i* 254
0,17
259,5
souverain
255
0,57
257
1/2 souverain* 139
9,64
139
suisse
202,5
0,69
202,5
tunisienne*
204
1,43
204
mark*
263,5
6,24
263,5
krugerrand
1139
5,72
1139
lingotin 500grs 17600
1,62
17950
lingotin 250grs 8800
1,62
8950
lingotin 100grs 3580
3,35
3580
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
516,98
515,05
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
26 788
26 790
Fix2
26 991
26 816
cathodes : 5901 a coMPter du 22/02/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
671,29 dePuis le 22/02
base laMiNé laitoN 1 titre 579,8 dePuis le 22/02
base laMiNé laitoN 70/30
588,12 dePuis le 22/02
base laMiNé laitoN 85/15
629,7 dePuis le 22/02
base laMiNé broNze 94/6
761,56 dePuis le 22/02
base laMiNé broNze 94/4
731,46 dePuis le 22/02
London MeTaL exchange
22/02
21/02
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1864-1866
1855-1860
12900
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2189,5-2190
2175-2176
1314500
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKeT
22/02
21/02
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 658
1 660
etain (en $ par tonne)
1 331
palladium (eN dollars Par oNce troy)
1 027
1 030
platine (eN dollars Par oNce troy)
994
1 002
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
22/02
Mars 18
16,58
Mai 18
16,64
Juil. 18
16,73
sePt. 18
16,83
déc. 18
16,95
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
21/02
16,48
16,54
16,6
16,74
16,86
settleMeNt
22/02
Fév. 18
1330,6
avr. 18
1332,7
aout 18
1343,8
déc. 18
1355,4
avr. 19
1367,5
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
avr. 18
Juil. 18
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
22/02
999,4
1004,1
1009,3
1014,1
1015,3
21/02
1324,4
1326,6
1337,2
1349
1372,1
settleMeNt
21/02
993
995,9
1006,4
1026,6
0
2238,5-2239
2205-2206
1308525
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
25 820
25 929
Fix2
25 867
26 034
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 328
1830-1840
1840-1850
13000
cash
3 Mois
vol.
7002-7003
7048-7049
337175
21675-21680
21500-21550
1860
7026-7027
7071-7072
337850
cash
3 Mois
vol.
13585-13590
13630-13635
336984
13640-13650
13670-13675
337230
2568-2569
2568-2570
115725
3587-3587,5
3562-3562,5
146675
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
Fév. 18
avr. 18
Mai 18
JuiN 18
22/02
3,24
3,25
3,26
3,27
clôture
clôture
2560-2561
2563-2564
115125
3563-3563,5
3529,5-3530,5
146625
ice
(eN gbP Par MWh)
22/02
base Mar 18 52,35
base Jul 18 42,69
PoiNte Mar 18 55,19
PoiNte Jul 18 46,38
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
éLecTriciTé
22/02
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
antimoine 99,65% (par tonne)
8500
8500
bismuth 99,99% (par lb)
5,05
5,05
cadmium 99,95% (par lb)
1,12
1,12
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
38
38
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,75
7,75
ferro manganese (hc) (par tonne)
1125
1125
ferro molybdene (par kg)
29,5
29,5
germanium (par kg)
1550
1550
selenium 99,50% (par lb)
20,25
20,25
silicium (par tonne)
2258
2258
21450-21500
21325-21375
1860
nickel (en $ par tonne)
21/02
3,18
3,23
3,22
3,23
vol
137
600
47444
53
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
22/02
21530
21/02
21370
vol
clôture
21/02
40,69
46,28
vol
364004
192492
clôture
21/02
51,89
42,8
54,62
46,4
vol
clôture
22/02
21/02
Jour
66,39
65,08
Fév. 18
66,72
66,57
Mars 18 69,05
69,06
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
clôture
Mars 18
avr. 18
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
clôture
21/02
61,68
61,68
61,53
61,2
60,78
379,5
352
375,5
347,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
76,25
75
399
365,5
75,95
74,65
397
366,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
sPot
22/02
9,56
clôture
21/02
9,7
vol
21/02
22
22,55
23
gaz naTureL
22/02
2,62
2,66
51,2
clôture
vol
21/02
2,65
2,67
51,02
clôture
21/02
21,32
vol
vol
14244
174
22
2
settleMeNt settleMeNt
22/02
Mars 2018 19,16
avril 2018 18,58
Mai 2018 18,05
21/02
19,24
18,58
17,93
Mars 18
Mai 18
Juil. 18
clôture
clôture
22/02
21/02
Mars 18 1510
1519
Mai 18
1526
1537
Juil. 18
1544
1556
déc. 18
1566
1579
Mars 19 1576
1589
new york (eN $ Par toNNe)
vol
7706
12160
4946
2266
929
Mars 18
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
22/02
2155
2143
2188
2206
2235
21/02
2154
2147
2190
2207
2245
vol
108
19083
3605
1813
150
settleMeNt settleMeNt
22/02
522,7
515,9
505,4
21/02
526,4
519,2
511,4
settleMeNt settleMeNt
22/02
21/02
Mars 18 153,25
152
JuiN 18
160
159,25
aout 18 167,25
167
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
clôture
vol
22/02
21/02
Mars 18 1801
1806
5301
Mai 18
1759
1768
9420
Juil. 18
1786
1794
1537
Nov. 18
1794
1802
78
JaNv. 19 1801
1808
25
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
257
16478
7016
Mars 18
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
22/02
117,95
120,9
125,25
128,6
21/02
0
118,85
123,3
126,8
vol
vol
24552
4615
3685
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
21/02
112,45
115,7
1172
440
117
settleMeNt settleMeNt
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
22/02
21/02
Mars 18 12,02
11,96
Mai 18
12,26
12,16
Juil. 18
12,48
12,35
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
605
762
24
settleMeNt settleMeNt
vol
284
637
61
settleMeNt settleMeNt
22/02
135,4
139,25
139,25
vol
21/02
135,4
138,75
138,75
90
90
veau vivaNt - bresil - brl :
146
le 21/02//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.2835
le 21/02//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.46
le 21/02//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.71275
le 21/02//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indices
22/02
rJ crb
22/02
vol
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
74
45
2
22/02
21/02
déc. 17
336,25
337,25
Mai 18
374,75
373,75
198048
Juil. 18
382,5
381,5
58079
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
vol
Mars 18
Mai 18
Mai 18
Bois
Mars 18
Mai 18
Juil. 18
28152
67114
17108
7757
2024
settleMeNt settleMeNt
22/02
21/02
Mars 18 451,25
447,25
Mai 18
464,25
459,5
sePt. 18
495,25
491,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
caFé
new york (cont. n°2 - cents par lb)
21/02
78,75
80,26
81,01
21/02
13,41
13,29
13,45
13,82
14,61
vol
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 112.16
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
coTon
settleMeNt settleMeNt
22/02
13,71
13,58
13,67
14
14,76
vol
settleMeNt settleMeNt
22/02
21/02
Mars 18 161,75
161,25
22188
Mai 18
163,5
162,75
20984
sePt. 18
168
167,5
2882
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
iNdice cotlook a : 88,7, le 22/02//18
22/02
80,54
79,47
80,41
Mars 18
Mai 18
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
clôture
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
22/02
21/02
Mars 18 257,75
257,25
Mai 18
260,75
258,5
Juil. 18
260,75
258,25
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
powernext gas futures
vol
clôture
3984
1359
210
11
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
Mars 18
avr. 18
oct. 18
vol
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 20/02/
Prix indicatif : 2187,94
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
clôture
clôture
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
22/02
22
22,55
23
clôture
22/02
21/02
Mars 18 359,6
352,1
Mai 18
362,6
357,1
aout 18 361,8
356,7
oct. 18
365,4
359,9
déc. 18
368,8
365,9
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
Mars 18
aout 18
déc. 18
céréaLes
13,56 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
547
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
22/02
21/02
Mai 18
585,5
577,5
30597
JuiN 18
582,5
574,25
31920
Juil. 18
580,5
572,5
11626
Nov. 18
575
569,5
1564
Fév. 19
570
562,25
146
new york nymex wti (eN $ Par baril)
22/02
61,68
62,77
62,6
62,25
61,78
sucre
london daily price:
22/02
Nord da 22,35
produiTs péTroLiers
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
552
powernext gas spot
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
KuaLa LuMpur
21/02
22/02
vol
112.45
21/02
198,82
197,7
reuters coM. 2342,6
2339,39
Moodys coM. 6096,17
6138,12
or iNdustriel 34870
34927
lMex
3411,2
3425,2
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHÉS
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
code isin
désignation
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LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0090689299 Pictet-biotech
296,45 22/02
292
LU0255798109 Pictet-emerg lc debt
176,77 22/02
22/02
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
378,25 22/02
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
662,67 22/02
LU0128490280 Pictet-eur bonds
546,23 22/02
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
252,93 22/02
LU0168449691 Pictet-greater china
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
92,58 22/02
LU0340554913 Pictet-digital
LU0128467544 Pictet-global emerg.debt
728,95 22/02
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0188501257 Pictet-health
253,2 22/02
LU0070964530 Pictet-indian eq.
545,78 22/02
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15620,68 22/02
LU0217139020 Pictet-Premium brands
150,12 22/02
LU1279334210 Pictet-robotics
134,06 22/02
LU0338483075 Pictet-russian equities
60,47 22/02
LU0256846139 Pictet-security
234,58 22/02
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1229,99 22/02
LU0104884860 Pictet-Water
283,87 22/02
371,28 22/02
628,64 22/02
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
112,7 21/02
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
193,86 20/02
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452,18 21/02
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132,45 21/02
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153
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144,71 21/02
LU0935723782 ram (l) tf ii asia bd tot ret
141,49 21/02
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
16/02
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Renaud Fillioux
de Gironde,
le maître
assembleur
d’Hennessy
Le rituel est immuable, et Renaud Fillioux de
Gironde en est désormais le grand ordonnateur.
Chaque jour à 11 heures précises, le nouveau maître assembleur de la maison Hennessy préside le
comité de dégustation. A 39 ans, il est le huitième
membre de la famille Fillioux à occuper cette
fonction. Une tradition depuis 1803. Yann
Fillioux, son prédécesseur recruté par la famille
Hennessy à l’âge de 17 ans et dans la maison
depuis cinquante ans, n’est autre que son oncle.
« La vigne pour jardin »
Le poste est extrêmement important au sein
de la maison Hennessy qui appartient à
LVMH (propriétaire des « Echos »). « C’est un
peu comme entrer dans les ordres, car c’est un
job pour la vie », reconnaît Renaud Fillioux de
Gironde. Pour la marque qui communique
beaucoup sur le savoir-faire et la transmission, il était important qu’un membre de la
dynastie reprenne le flambeau. Il y a deux ans,
le nouveau maître assembleur a d’ailleurs
ajouté le nom de sa mère, Fillioux, à son
patronyme Renaud de Gironde : « Cela facilitait la compréhension et c’est de toute façon un
nom dont je suis très fier. »
Charentais pure souche, né à Cognac dans
une famille de viticulteurs distillateurs, il a tou-
ENTREPRISES
BEYOND ASSOCIÉS
Anne Bimar
rejoindra, le 1er mars,
le cabinet de recrutement
et d’accompagnement de
dirigeants Beyond Associés
en tant qu’associée.
Anne Bimar, 49 ans, détentrice du
Capa, a débuté, en 1993, en qualité
d’avocate au barreau de Paris. De
1998 à 2011, elle a œuvré comme
directrice associée du groupe
Richard Schroeder
par Frank Niedercorn
— Correspondant à Bordeaux
jours eu « la vigne pour jardin ». Avec un grandoncle, puis un oncle maîtres assembleurs chez
Hennessy, il sait très tôt qu’une carrière chez le
numéro un du cognac constitue une option. « Il
n’y a jamais eu de pression particulière dans la
famille. Ce fut mon choix », insiste-t-il.
En 2001, après un parcours en école de commerce, celle de Reims, il rencontre Christophe
Navarre, le patron d’Hennessy : « Il m’a proposé
que nous fassions un bout de chemin ensemble. » Il complète alors sa formation avec un
master en « wine business » en Australie. Avant
un retour sur les bords de la Charente. « Pendant dix ans auprès de mon oncle, j’ai appris la
dégustation : éduquant mon palais et créant mes
propres références. Vous pouvez être un amateur,
même éclairé, mais chez Hennessy c’est un métier,
exigeant, qui impose un long apprentissage. »
Pendant des années, il travaille alors au sein du
comité de dégustation. Il est chargé des relations
avec les 1.600 viticulteurs auprès desquels la maison Hennessy s’approvisionne en eaux-devie. « Cela me tient à cœur. Il est primordial
d’inciter nos partenaires viticulteurs à maintenir la qualité. C’est sur la vigne que l’on s’est jusqu’à présent posé le moins de questions. C’est
donc là que l’on peut faire le plus de progrès dans
l’avenir », analyse-t-il. Le comité qu’il dirige
ESL & Network. Elle a ensuite
fondé puis développé la société
Cognitions.
L’ORÉAL
Jean-Claude Le Grand
sera directeur général
des relations humaines
et membre du comité exécutif,
à compter du 1er juillet.
Jean-Claude Le Grand, 53 ans,
diplômé de l’IEP d’Aix-en-Provence, titulaire d’un DESS en
management des ressources
désormais a un double rôle. Lors de cette séance
de travail quotidienne, dans l’atmosphère studieuse de la salle de dégustation occupée par une
longue table en bois, on parle peu mais on goûte
beaucoup : cinquante à soixante échantillons. Il
s’agit comme en ce moment de choisir les eauxde-vie que la maison va acheter à ses viticulteurs.
Plus tard dans l’année, on goûte aussi les stocks.
analyste financier chez Calyon
CIB, avant d’être analyste et asset
manager chez DTZ Investors. En
2007, il est devenu associate
director de Cushman & Wakefield Investors. En 2014, il avait
fondé OpenLoge.fr.
10.000 échantillons goûtés par an
Marie-Ange Debon
Alexandre de Juniac
Dans ses chais, la maison Hennessy conserve
400.000 barriques de cognac représentant au
moins 4.000 lots. Chacun doit être goûté une
fois par an pour évaluer s’il a encore un potentiel de vieillissement ou s’il est arrivé à maturité. Le cognac est un savant assemblage de
plusieurs, voire de dizaines d’eaux-de-vie
d’âges et de terroirs différents. L’objectif est de
garder à chaque produit un goût immuable. « Un XO Hennessy doit rester le même. Mon
métier est de recréer année après année les produits, cela n’a donc rien à voir avec celui de sommelier. Nous goûtons 10.000 échantillons par an
que nous jugeons et que nous classons. Il faut
arriver à séparer son goût personnel de ce qui
fait la référence et la qualité Hennessy », explique Renaud Fillioux de Gironde. Le maître
assembleur peut laisser libre cours à sa créativité sur des produits en séries limitées : « On a
alors davantage de latitude pour exprimer sa
touche personnelle. »
L’ancien rugbyman à la carrure imposante a
depuis longtemps troqué les crampons pour les
chaussures de marche portées lors de balades
en forêt ou dans les monts du Cantal, la région
de sa belle-famille. Le temps de méditer : « A
l’issue de ma carrière, on pourra dire que j’ai bien
fait mon travail si j’ai préservé le goût et la qualité
Hennessy. Ensuite si j’ai préservé et renouvelé les
stocks pour que cette tradition se perpétue. La
notion du temps est essentielle dans notre
métier. » Son fils de 2 ans pourrait-il un jour
prendre la suite ? Il évacue la question d’un
geste de la main et entend bien lui laisser la
liberté dont il a profité. n
h u m a i n e s d e l ’u n i ve r s i t é d e
Paris-Dauphine, est directeur du
recrutement et de la diversité. En
1996, il a rejoint L’Oréal aux produits grand public avant de prendre la direction des ressources
humaines de la division France.
Nommé DRH de la division cosmétique active en 2000, il est
devenu directeur international
du recrutement pour le groupe
en 2002, puis responsable de la
DRH de la division pro duits
grand public en 2007. Cette
même année, il a créé la direction
de la diversité qu’il anime. Depuis
2011, il était chargé du développement international des ressources humaines.
ICADE
Alban Beuglet
est nommé directeur nouvelle
offre immobilière, membre du
comité de coordination d’Icade.
Alban Beuglet, 40 ans, diplômé
de Neoma Business School, a été
vendeur en salle de marchés
chez Commerzbank Sec, puis
ARKEMA
seront proposés lors de
l’assemblée générale des
actionnaires du 18 mai comme
administrateurs pour une durée
de quatre ans. Sous réserve
de leurs nominations par
l’assemblée générale, MarieAnge Debon sera membre
du comité d’audit et des
comptes, et Alexandre de Juniac,
membre du comité de
nomination, des rémunérations
et de la gouvernance.
Marie-Ange Debon, 52 ans, titulaire d’une maîtrise de droit,
diplômée de HEC et ancienne
élève de l’ENA, est directrice
générale adjointe du groupe
Suez, chargée de la division internationale (eau et propreté, hors
Europe) et membre du comité de
direction depuis 2013. Nommée
directrice générale adjointe de
France 3 en 1994, elle a intégré,
en 1998, le groupe Thomson, où
elle fut directrice financière
adjointe, puis, dès 2003, secrétaire générale, membre du
comité exécutif. En 2008, elle a
rejoint Suez Environnement en
tant que secrétaire générale, responsable du juridique et de
l’audit, avant de prendre également, en 2009, la responsabilité
des projets eau et propreté, des
systèmes d’information, des risques investissements, des assurances et des achats. Par ailleurs,
elle est administratrice indépendante de Technip et présidente
de son comité d’audit.
Alexandre de Juniac, 55 ans,
ancien élève de l’Ecole polytechnique et de l’ENA, est, depuis
2016, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (Iata). A partir de
1993, il devint conseiller technique, puis directeur adjoint du
cabinet de Nicolas Sarkozy, alors
ministre du Budget. Il a été
nommé directeur du plan et du
développement du groupe
Thomson SA (devenu Thales) en
1995, puis directeur commercial
de Thales Avionics en 1997. Il a été
secrétaire général de Thales en
1999, directeur général adjoint de
Thales Air Systems en 2004 et
directeur général pour l’Asie,
l’Afrique, le Moyen-Orient et
l’Amérique latine en 2008, du
groupe. L’année suivante, il est
devenu directeur de cabinet de
Christine Lagarde, alors ministre
de l’Economie, des Finances et de
l’Emploi. Il fut ensuite présidentdirecteur général d’Air France
entre 2011 et 2013, puis présidentdirecteur général d’Air FranceKLM jusqu’en 2016.
ILS SONT NÉS
UN 23 FÉVRIER
Louis Bertignac, musicien, exguitariste de Téléphone, 64 ans.
Alain Carignon, ancien
ministre, ex-député-maire
de Grenoble, 69 ans.
Jean-Michel Charpin,
économiste, 69 ans.
Hélène Darroze, restauratrice,
51 ans.
Michael Dell, fondateur
de Dell, 53 ans.
Sylvie Guillem, danseuse
et chorégraphe, 53 ans.
Pierre-René Lemas, exsecrétaire général de la
présidence de la République,
ex-directeur général du groupe
Caisse des Dépôts, 67 ans.
Olivier Marcheteau, directeur
général de Vestiaire Collective,
47 ans.
Emilie Mellerio, ex-présidente
du conseil d’administration de
Mellerio International, 41 ans.
Xavier Musca, ex-secrétaire
général de la présidence de la
République, directeur général
délégué du Crédit Agricole SA,
58 ans.
Ernest Pignon-Ernest, artiste
peintre, 76 ans.
Jacques Séguéla, publicitaire,
84 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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VENDREDI 23 ET SAMEDI 24 FÉVRIER 2018
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
INVESTISSEMENT // Les règles de protection des épargnants en matière de crowdfunding
se renforcent. Car les placements proposés via ces plates-formes ne sont pas sans risques…
DR
Financement participatif,
un placement sous surveillance
Anne-Sophie Vion
@AnnesophieVION
D
e plus en plus de particuliers sont attirés par les plates-formes de financement
participatif (crowdfunding). Placer
son argent dans des projets entrepreneuriaux, français ou étrangers
(start-up, TPE, PME, ETI…), est
désormais facile. Une approche ludique et moderne de l’investissement
avec un ticket d’entrée de quelques
dizaines d’euros. Plusieurs formules
sont proposées : le don, le prêt avec
intérêts – on parle de « crowdlending » – ou l’investissement en
actions, dénommé « crowdequity ».
Les particuliers qui ne savent plus
où placer leur argent sont séduits
par les rendements visés. Pour le
seul crowdlending, les taux varient
de 4 % à 12 % brut, sur des durées de
placement relativement courtes, de
trois mois à trois ans. Sauf que,
contrairement au Livret A ou à
l’assurance-vie en euros, tous ces
prêts ou prises de participation
n’offrent aucune garantie sur le capital investi. En cas de fiasco d’un projet de crowdfunding, les épargnantsinternautes peuvent perdre toute
leur mise. Deux risques principaux
menacent leur placement. Celui de
la solidité financière et opérationnelle de l’entreprise qui fait appel, via
la plate-forme, au financement participatif. Et celui du projet lui-même.
Renforcer l’information
Ce qui n’est encore pas suffisamment compris. Les commercialisateurs sont pointés du doigt. L’UFCQue Choisir, a publié, en février 2017,
un rapport très sévère sur l’activité
des plates-formes de crowdlending,
les accusant de minimiser les risques pour les prêteurs.
Pour renforcer la protection des
épargnants, les autorités réglementaires, l’ACPR (Autorité de contrôle
prudentiel et de résolution) et
l’AMF (Autorité des marchés financiers), ont publié, début février, de
nouvelles recommandations à destination des professionnels. Elles
leur demandent de mieux informer
les investisseurs sur à la fois la performance et les échecs (mesurés
par un taux de défaillance) des pro-
B
jets financés. Cette information doit
être homogénéisée pour faciliter la
comparaison d’une plate-forme à
l’autre. « Financement participatif
France [association professionnelle
qui fédère 70 plates-formes] a anticipé cette recommandation, précise
sa présidente, Stéphanie Savel, qui
dirige aussi la plate-forme WiSEED.
Depuis novembre dernier, nous invitons nos membres à publier sur leur
site Internet une grille d’indicateurs
homogènes pour mieux comprendre
et comparer leur activité ainsi que les
rendements effectivement perçus,
nets des incidents et des défauts. »
Les deux superviseurs recommandent aussi que chaque plateforme prévoie une procédure au
cas où elle-même ferait faillite. Il
faut que l’épargnant puisse, par
exemple, continuer à percevoir ses
intérêts pour un projet de prêt à une
entreprise et être remboursé à la fin
de l’opération. Autre sujet de vigilance : la commercialisation des
offres. L’AMF rappelle aux platesformes la nécessité de diffuser une
information claire, équilibrée et
non trompeuse.
Les épargnants qui investissent
dans des projets de crowdfunding
bénéficient déjà de garde-fous
grâce à la loi du 1er octobre 2014. Ce
qui leur permet de s’assurer que la
plate-forme par laquelle ils passent
a pignon sur rue. C’est le premier
réflexe à adopter avant d’investir. Il
suffit d’aller sur le site de l’Orias ou
registre unique des intermédiaires
en assurance, banque et finance
(www.orias.fr) ou du Regafi,
registre des agents financiers
(www.regafi.fr) pour vérifier que le
site Internet est immatriculé auprès
des autorités concernées (AMF,
ACPR). Afin d’éviter d’éventuelles
pertes trop importantes, la régle-
mentation limite aussi, en matière
de crowdlending, l’investissement à
2.000 euros par projet. Ce qui
n’empêche pas le « crowdfunder »
de miser plus que cette somme.
Diversifier les risques
Il est impératif de mieux diversifier,
en saupoudrant le montant que l’on
souhaite placer entre plusieurs
affaires, pour diluer les risques
d’impayés. Car, depuis la montée en
puissance du crowdfunding,
notamment dans le secteur immobilier, des défaillances ont eu lieu.
Celles-ci se soldent par des pertes
pour les épargnants.
La mise en redressement judiciaire l’été dernier du promoteur
immobilier Terlat, financé sur
WiSEED et Anaxago, deux poids
lourds du secteur, en témoigne. Six
programmes avaient fait l’objet
d’une levée de fonds pour un total de
FT&COnsulting
04 chambres
Outre 4 belles chambres, dont
une en duplex, il est doté d’une
pièce de réception lumineuse,
un séjour intimiste et une salle de
bains avec douche et baignoire.
Retrouvez l’appartement
Terlat, l’arbre
qui cache la forêt
— MARYLINE DANIS-DRAY
L’affaire Terlat a jeté une ombre sur
le crowdfunding immobilier. Mais,
nuance Stéphanie Savel, ce segment
n’est pas le seul concerné par les
défaillances. Depuis la création de
WiSEED il y a dix ans, illustre-t-elle,
seuls les 2 projets Terlat sur les 100
financés en immobilier par cette plate-forme ont fait défaut, tandis que
10 sociétés ont été liquidées sur
90 investissements en equity. Parmi
eux, Angeo (système d’aide à l’orientation pour malvoyants). Le projet
est référencé sur la plate-forme « en
sortie négative avec perte partielle »,
en raison du « retard sur l’offre technique [qui] a provoqué un décalage
d’accès au marché, l’arrivée de concurrents et la perte de confiance de partenaire ». Ou encore Multeegaming
(jeux vidéo), cité « en sortie négative
avec perte totale », car « les licences des
jeux utilisés pour les paris ont été achetées par la concurrence et l’édition de
petits jeux en ligne n’a pas suffi ».
Il est donc important que l’épargnant choisisse avec soin la plateforme et les projets à financer. La
vraie valeur ajoutée des plates-formes tient à leur capacité à analyser
et à sélectionner les projets. « En
2017, souligne Stéphanie Salvel,
WiSEED a retenu 80 projets parmi
près de 1.000 reçus. » De son côté,
Olivier Goy, fondateur de Lendix,
plate-forme de prêt qui se développe en Europe, observe : « Pour
maîtriser le taux de défaut, qui n’est
aujourd’hui que de 0,78 % chez nous,
il faut veiller à ne pas grandir trop
vite, avec le risque de sélectionner des
entreprises non qualitatives. »
À NOTER
Le crowdfunding immobilier
propose des rendements élevés,
souvent compris entre 8 % et
12 %. Il est aussi risqué.
a
Plus d’informations sur l’affaire
Terlat sur lesechos.fr/patrimoine
×2
0Au cœur de Montpellier
Situé dans un immeuble XVIIe
du cœur historique, cet appartement de maître de 138 m2 a
conservé le charme de l’ancien,
avec moulures et cheminée.
la semaine sur
a delesechos.fr/patrimoine
LA CHRONIQUE
DU FISCALISTE
Le chiffre
de la semaine
L’APPARTEMENT
DE LA SEMAINE
0Prix
485.000 euros.
2,8 millions d’euros sur ces deux plates-formes de crowdfunding : quatre via Anaxago, pour 1,8 million, et
deux avec WiSEED, pour 1 million.
LA HAUSSE DU PRIX
DU FONCIER À BORDEAUX
ET SES COMMUNES
LIMITROPHES DEPUIS 2012
L’une des villes les plus attractives de France a vu les achats de
maisons bondir de 22 % sur un an
(2017/2016), selon une étude
du groupe IGC sur le foncier en
Gironde. A Bordeaux même, il n’y
a plus de terrain disponible, sauf
à Caudéran ou au Bouscat. Là, les
prix des terrains ont doublé, voire
triplé. En s’éloignant du centre les
prix baissent, mais la situation
reste néanmoins très tendue.
Avocat counsel, CMS
Francis Lefebvre Avocats
Plus-values
professionnelles :
une imposition
plus faible dès 2017
La loi de finances pour 2018
soumet les plus-values mobilières des personnes physiques
à une imposition proportionnelle à l’impôt sur les revenus
au taux de 12,8 % à compter de
2018 (la flat tax de 30 % résulte
de l’addition des contributions
sociales, portées à 17,2 %).
Elle a aussi abaissé, de 16 % à
12,8 %, le taux proportionnel
d’impôt sur les revenus applicable aux plus-values à long terme des entrepreneurs individuels. Mais, alors que l’entrée
en vigueur du nouveau régime
a été fixée au 1er janvier 2018
pour les plus-values sur valeurs
mobilières privées, l’abaissement du taux d’imposition des
plus-values professionnelles à
long terme s’applique dès 2017.
Les plus-values à long terme
des entrepreneurs individuels
sont celles imposables à l’impôt
sur les revenus au titre d’une
activité commerciale, non commerciale ou agricole, exercée
de façon directe ou en qualité
d’associé d’une société de
personnes. Elles correspondent aux gains de cession
d’actifs détenus depuis au
moins deux ans.
Rappelons que, pour les
actifs qui ont un caractère
amortissable, la fraction du
gain de cession correspondant
aux amortissements pratiqués
reste imposable au barème de
l’impôt sur les revenus et que
seul l’excédent relève du long
terme. Enfin, sont également
soumis au régime des plus-values à long terme, sans condition de durée, certains produits
de droits de propriété industrielle comme les brevets,
quelle que soit la qualité de
leurs bénéficiaires, ainsi que
ceux des créateurs indépendants de logiciels. n
4
À
RETENIR
•duL’abaissement
taux d’impôt sur
les revenus des plusvalues professionnelles à long terme
concerne l’année 2017
alors que la réforme
des plus-values mobilières ne s’applique
qu’à compter de 2018.
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32 // PATRIMOINE
Vendredi 23, samedi 24 février 2018 Les Echos
FONDS ACTIONS CANADA
Le baromètre
des fonds
Si la Bourse canadienne semble avoir mieux résisté que sa
voisine américaine à la correction de début février, la crois-
sance a ralenti au Canada au
3e trimestre 2017 avec la baisse
des exportations. Aussi les
fonds actions Canada ont-ils
chuté de 8,28 % en trois mois.
+11,01 %
FONDS ACTIONS AFRIQUE
DU SUD ET NAMIBIE
Avec Cyril Ramaphosa élu à la
présidence de la République en
remplacement du très contro-
versé Jacob Zuma, la Bourse
salue la diminution du risque
politique. Les fonds dédiés
sont en hausse de 11,01 %
en trois mois.
Morningstar
–8,28 %
IMPÔTS
Chaque année, l’administration fiscale contrôle environ 900.000 dossiers de particuliers sélectionnés le plus
souvent à partir de croisement de fichiers informatisés. Êtes-vous dans le viseur ?
Contrôle fiscal : qui est ciblé ?
C
haque année, l’administration fiscale contrôle un
peu moins de 900.000
dossiers de particuliers, sur les
quelque 17 millions de foyers fiscaux imposables. La quasi-totalité
de ces contrôles sont des contrôles
sur pièces, effectués depuis le
bureau du vérificateur. Ces contrôles consistent à analyser les
déclarations déposées par les contribuables, à les recouper avec les
autres informations détenues par
l’administration fiscale, et à
s’assurer de la cohérence de
l’ensemble. Les contribuables n’en
sont informés que si le vérificateur en charge de leur dossier leur
demande une information complémentaire ou leur notifie un
redressement.
A l’inverse, s’il n’a détecté
aucune anomalie, le dossier est
clos sans que le contribuable n’ait
été informé du contrôle dont il a
fait l’objet. Plus exceptionnellement, les particuliers peuvent
faire l’objet d’un contrôle approfondi dans le cadre d’un examen
de leur situation fiscale personnelle (EFSP). Notifiés aux contribuables, ces contrôles suivent des
procédures très encadrées et doivent permettre aux services fiscaux d’obtenir davantage d’informations que le simple contrôle sur
pièces. Ils peuvent porter sur
l’ensemble des revenus et du patri-
Il a dit
« Avec ce texte, on
officialise la délation.
Mais il ne donne
aucune indication
sur la façon de
procéder, ni sur la
protection accordée
à l’aviseur. »
JÉRÔME BARRÉ
Avocat associé chez Franklin
Photo DR
moine et sur tous les impôts dus.
Lorsqu’il s’agit de particuliers, ils
ont plutôt lieu dans les locaux
de l’administration.
Les contribuables
à « fort enjeu »
Le contrôle fiscal ne s’exerce pas de
la même manière pour l’ensemble
Les délais de prescription
Parmi les mesures récentes prises pour lutter contre
la fraude figure l’allongement de certains délais de prescription. On le sait, l’administration fiscale ne peut exercer son
droit de contrôle que dans la limite d’un certain délai dont
la durée dépend de la nature de l’impôt contrôlé.
l Pour l’impôt sur le revenu, ce délai expire en principe à la
fin de la 3e année qui suit celle au titre de laquelle l’impôt est
dû. Pour les revenus de 2017 qui vont être déclarés en 2018, il
expire donc au 31 décembre 2020.
Mais pour les revenus de 2018, ce délai va être exceptionnellement porté à 4 ans et expirera le 31 décembre 2022, pour
cause d’entrée en vigueur du prélèvement à la source.
l Pour le nouvel impôt sur la fortune immobilière
et les droits de mutation à titre gratuit, ce délai est également de 3 ans, voire de 6 ans dans certains cas. Mais il passe
à 10 ans en cas de non-déclaration d’un compte bancaire
à l’étranger.
l Enfin, quels que soient les impôts concernés, ces délais
peuvent être allongés en cas de demande d’assistance administrative à l’étranger, d’agissements frauduleux,
ou d’ouverture d’une enquête pour fraude fiscale…
des impôts et des contribuables. Les
impôts ou les activités pour lesquels des risques ont été identifiés
ainsi que les contribuables présentant des enjeux financiers élevés
sont plus fréquemment contrôlés
que les autres.
Les « dossiers à fort enjeu » doivent en principe être systématiquement contrôlés, tous les trois ans,
pour éviter qu’aucune année ne
tombe sous le coup de la prescription. Pour la période triennale 20162018, sont considérés comme étant
à « forts enjeux » les contribuables
dont le revenu brut est supérieur à
270.000 euros ou qui possèdent un
patrimoine brut imposable à l’ISF
supérieur à 3,9 millions d’euros. Le
seuil de revenus de 270.000 est
relevé à 500.000 euros pour les
foyers dont les salaires ou pensions
de retraite représentent 75 % de
leurs revenus.
Croisement de fichiers
Pour les autres contribuables, la
sélection des dossiers à contrôler
s’effectue à partir de croisement de
fichiers informatisés. Tout changement de situation, variation brutale de revenus ou de patrimoine
ou encore un événement inédit,
comme la vente de l’entreprise,
est propice à un repérage et peut
conduire l’administration fiscale à
interroger le contribuable ou à
effectuer un contrôle sur pièces.
« En cas de cession de parts sociales,
l’application des abattements pour
durée de détention déclenche très
souvent une demande de renseignements de la part de l’administration
fiscale. Elle cherche notamment
à savoir si les conditions pour bénéficier des abattements renforcés
sont bien réunies », indique Stéphanie Auféril, avocate chez Arkwood.
Modélisation des
comportements frauduleux
Depuis la fin de l’année dernière,
l’administration fiscale dispose
d’un nouvel outil de ciblage des
contrôles dénommé « ciblage de
la fraude et valorisation des
270.000
EUROS
C’est le montant de revenus
brut à partir duquel
un contribuable sera considéré
comme « à fort enjeu »
et contrôlé au moins une fois
tous les trois ans.
requêtes », qui devrait lui permettre de mieux préparer et de mieux
cibler les contrôles fiscaux. Mis en
œuvre depuis 2014 pour les fraudes réalisées par les contribuables professionnels, étendu
ensuite aux personnes physiques
impliquées dans le fonctionnement des entités professionnelles
(dirigeants, associés…), cet outil
de traitement automatisé des
données vient d’être étendu, par
u n a r r ê t é p u b l i é e n n o ve m bre 2017, à l’ensemble des contribuables particuliers.
Cette extension est effectuée à
titre exp érimental p our une
période de deux ans. Basé sur des
techniques de « data mining »
(exploration de données), cet outil
permet de modéliser des comportements frauduleux en collectant et
en croisant de nombreuses
données personnelles issues de
sources différentes : informations
issues des fichiers mis en œuvre par
l’administration fiscale – fichiers
des comptes bancaires, base nationale des données patrimoniales,
fichiers des contrats de capitalisation et d’assurance-vie… –, informations issues de fichiers provenant
d’autres administrations françaises
et étrangères et de bases de données privées.
« Aviseurs » rémunérés
Autre nouveauté, en vigueur
depuis le 24 avril de 2017, également à titre expérimental pendant
une période de deux ans : la reconnaissance du statut « d’aviseur fiscal ». Jusqu’à présent, l’administration fiscale se refusait à
prendre en compte les dénonciations anonymes. Mais elle admettait que des signalements qui lui
étaient parvenus de façon non
anonyme pouvaient retenir son
attention, s’il s’agissait de « faits
graves et décrits avec précision »
susceptibles de justifier un début
d’enquête, et le cas échéant, de
déclencher un contrôle fiscal si
leur véracité était établie.
Une étape supplémentaire vient
d’être franchie. La loi de finances
pour 2017 permet à l’administration fiscale d’indemniser toute personne étrangère aux administrations publiques qui lui fournirait
des renseignements ayant amené à
la découverte d’un manquement à
une obligation légale.
Seuls les renseignements fournis
à compter du 1er janvier 2017 peuvent être rémunérés. Cette procédure est toutefois limitée aux pratiques « frauduleuses » contenant un
élément d’extranéité : infractions
liées aux règles relatives à la domiciliation en France, à la répression
de l’évasion fiscale internationale et
à l’obligation de déclarer les comptes bancaires, les contrats de capitalisation et les trusts détenus à
l’étranger par des résidents.
« Avec ce texte, on officialise la
délation. Mais il ne donne aucune
indication sur la façon de procéder, ni
sur la protection accordée à l’aviseur.
La seule chose que l’on sait, c’est que
sa rémunération sera assise sur les
résultats du contrôle. Il a été évoqué
qu’un budget de 2,7 millions d’euros
soit affecté à cette mesure », explique
Jérôme Barré, avocat associé chez
Franklin.
— Nathalie Cheysson-Kaplan
À NOTER
En cas de déclaration erronée
ou incomplète, le projet de loi
« Confiance » adopté par
l’Assemblée nationale prévoit
que, si le contribuable rectifie
spontanément son erreur,
les intérêts de retard seront
réduits de moitié.
L’échange automatisé des données entre les pays a commencé
2018 marque la fin de
l’anonymat bancaire dans
98 pays. Les échanges de
données sont désormais
automatiques, y compris
avec la Suisse.
transmission n’intervenait en pratique qu’à la demande d’une autorité
fiscale dans le cadre d’une procédure
dite “d’assistance administrative” »,
analyse Arnaud Tailfer, avocat chez
Arkwood.
Ayant pris effet en septembre 2017
dans 56 pays « early adopters »,
dont la France, sur la base des informations disponibles en 2016,
l’échange automatique de données
est passé à la vitesse supérieure au
1er janvier 2018, avec le ralliement de
42 pays supplémentaires, dont la
Suisse. Au total, ce sont 98 pays qui
se sont engagés à échanger leurs
données bancaires. « La grande
nouveauté de ce dispositif est qu’il
prévoit une transmission annuelle
automatique entre les pays signataires alors que, jusqu’à présent, cette
Renseignements transmis
Cet échange ne porte que sur les
comptes financiers, au sens large :
comptes bancaires, contrats d’assurance-vie et de capitalisation et
investissement dans des fonds.
S’agissant de la Suisse, cela signifie
que les banques suisses ont désormais l’obligation de collecter des
renseignements sur les non-résidents qui ont un compte ouvert
dans leur établissement et de
les transmettre, une fois par an,
à̀ l’autorité fiscale de leur pays.
A charge pour cette dernière de
les transmettre automatiquement
à̀ l’administration fiscale française.
Les renseignements à transmettre comprennent le numéro du
compte, le numéro d’identification
fiscale, le nom, l’adresse et la date de
naissance du titulaire du compte,
les revenus de capitaux, le produit
total de la vente ou du rachat d’un
actif financier, ainsi que le solde du
compte et les valeurs de rachat des
contrats de capitalisation. En
revanche, aucune information n’est
échangée sur les immeubles situés
à l’étranger.
« Au 1er janvier 2018, l’échange a
porté sur les données collectées en
2017. Cet échange automatique marque la fin du secret bancaire en Suisse
pour les non-résidents qui avaient un
compte ouvert au 1er janvier 2017. Les
comptes fermés au 31 décembre 2016
ne sont pas concernés par cette procédure d’échange automatique »,
explique Philippe Kenel, avocat
a u c a b i n e t P y t h o n à G e n è ve
(Suisse).
Conséquence : ceux qui
n’auraient pas profité de la cellule
de régularisation des avoirs non
déclarés à l’étranger – qui a fermé le
31 décembre dernier – pour se mettre en règle avant l’entrée en vigueur
de l’échange automatisé des données ont toutes les « chances » de se
faire rattraper dès lors qu’ils avaient
encore un compte ouvert en Suisse
à leur nom – ou dans un des autres
pays signataires de l’accord – au
1er janvier 2017.
Quid des anciens comptes ?
Quant à ceux qui auraient fermé
leur compte avant 2017, ils ne sont
pas pour autant à l’abri du fisc.
« L’administration fiscale française
conserve la possibilité d’interroger
son homologue suisse pour la
période allant de janvier 2010 à fin
2016 en utilisant les procédures
d’assistance administrative à la
demande », ajoute Philippe Kenel.
Jusqu’au 1 e r février 2013, ces
demandes ne pouvaient concerner
que des individus nommément
désignés. « Depuis cette date, la
Suisse reconnaît la validité des
demandes groupées portant sur plusieurs personnes sans qu’il soit nécessaire de les nommer personnellement dès lors que la demande permet
de délimiter le cercle des personnes
concernées, sans qu’il s’agisse néanmoins d’aller à la “pêche” aux renseignements », conclut l’avocat.
— N. C.-K.
Il a dit
« L’échange automatique marque la fin du
secret bancaire en
Suisse pour les nonrésidents qui avaient
un compte ouvert
au 1er janvier 2017. »
PHILIPPE KENEL
Avocat au cabinet Python
à Genève
Photo DR
РЕЛИЗ ГРУППЫ "What's News" VK.COM/WSNWS
en bref
Drouot
MARCHÉ DE L’ART
AVIS AUX AMATEURS
DE MODE ET DE CINÉMA
MAÎTRES ANCIENS
ET DU XIXE SIÈCLE
A l’occasion de la Fashion Week et
de la cérémonie des César, une
vente exceptionnelle sera consacrée
le 2 mars à Drouot à la photographie de cinéma et de mode. 350 lots
de tirages de collection entre 150
et 1.000 euros seront présentés.
Le 21 mars, sous le marteau de
Matthieu Fournier, seront dispersés
chez Artcurial 170 lots pour une
estimation totale de 4 millions
d’euros. A noter, une sélection
d’œuvres sur papier, dont un
portrait de Charles Perrault.
La Foire Arco de Madrid dans
une excellente dynamique
Artcurial
PATRIMOINE // 33
Les Echos Vendredi 23, samedi 24 février 2018
LA CHRONIQUE DU
NOTAIRE
Bilbao, Santander, Valence, Madrid… Toute l’Espagne est gagnée
par une nouvelle ambition artistique.
JL Vandevivere
O
n parle souvent d’un effet
Bilbao, celui qui consiste,
en associant le nom d’un
musée prestigieux (le Guggenheim) à une architecture exceptionnelle (celle de Frank Gehry), à changer l’identité d’une ville (Bilbao). Le
Louvre Abu Dhabi en est une parfaite nouvelle illustration.
Mais peut-être existe -t-il
aujourd’hui un deuxième effet Bilbao qui touche précisément l’Espagne. Celui qui consiste désormais
dans ce pays à croire au potentiel de
l’art pour métamorphoser la
société. Evidemment, ce phénomène ne peut qu’avoir un effet
direct sur le marché de l’art local.
Le recours à la médiation dans le divorce
— XAVIER FROMENTIN
Notaire à Nantes, membre
du Groupe Monassier
209 galeries
L’Arco, la grande foire nationale
d’art contemporain, vient d’ouvrir à
Madrid (jusqu’au 25 février). Avec
ses 209 galeries, elle est la plateforme parfaite pour faire le point sur
l’actualité espagnole. Carlos Urroz,
son directeur, avait prévenu : « Nous
sommes dans une excellente dynamique. La situation économique est bien
plus favorable. On a assisté dans les
derniers mois à l’ouverture de plusieurs fondations privées. »
En juin dernier, la Fondation
Botin, financée par la banque Santander, a ouvert à Santander, à 100
kilomètres de Bilbao, un nouveau
bâtiment, signé de l’architecte star
Renzo Piano, comprenant 2.400 m2
d’exposition. Là, le directeur artistique, le Français Benjamin Weil, un
ancien conservateur du MoMA de
San Francisco, fait venir des artistes
d’envergure internationale, comme
l’Américaine Julie Mehretu ou l’Allemand Carsten Holler, et accorde des
bourses à de plus jeunes talents. Les
acquisitions de la Fondation se font
en lien avec la programmation.
A Valence, une fondation familiale, Bombas Gens, créée par
l’homme d’affaires José Luis Soler
Vila, a aussi été ouverte l’été dernier
dans un immeuble Art déco sur
3.000 m2 pour montrer ses acquisitions dans le domaine de l’art
contemporain mais aussi de la
photographie. La collection en croissance permanente comprend
1.800 œuvres par 140 artistes et
l’Arco est, selon la directrice du lieu
Nuria Enguita, une place naturelle
pour leurs acquisitions.
Un des personnages influents de
*
Mélange de sable et autres composantes, ce poisson fondu dans le bleu profond de Miquel Barceló
est à vendre pour 310.000 euros. Photo Miquel Barceló / Adagp Paris 2018, Photo : Charles Duprat
l’art contemporain en Europe, la collectionneuse italienne Patrizia Sandretto Re Rebaudengo, était là dès le
vernissage de l’Arco. La Turinoise,
qui possède une fondation dans sa
ville, s’apprête à ouvrir dans un an et
demi un lieu d’exposition dans la
capitale espagnole. Les locaux sont
fournis par la municipalité. A charge
pour elle de les restaurer et d’y exposer de l’art. « Contrairement à Paris
ou Londres, cette ville a besoin de
nous », explique son fils Eugenio, qui
fait partie du conseil d’administration de la fondation.
Eduardo Chillida en valeur
C’est au cours du vernissage de
l’Arco que la milliardaire d’origine
vénézuélienne Ella FontanalsCisneros annonçait l’ouverture d’ici
à 2020 d’un nouvel espace à Madrid,
en collaboration avec le ministère de
la Culture. Elle possède déjà une fondation influente à Miami, avec
d’importantes collections en particulier d’art cinétique, mais elle a prévenu en janvier qu’elle la fermait.
Faut-il enfin ajouter que le
20 février le Centre Pompidou a
déclaré qu’il étendait jusqu’en 2025
sa collaboration avec la ville de
Malaga, dans laquelle il a ouvert
une antenne en 2015 ?
L’un des mastodontes du marché
de l’art contemporain mondial, la
galerie multinationale d’origine
suisse Hauser & Wirth – qui ouvre
en mars un espace à Hong Kong – ne
s’y est pas trompée.
Même si rien n’est encore signé,
elle cherche depuis un moment
déjà un site pour une galerie dans
les Baléares. Comme l’explique la
directrice Susie Guzman – ellemême d’origine espagnole –, une
collaboration est en discussion avec
la Fondation Isla del Rey dans un
ancien hôpital du XVIIIe siècle, un
site exceptionnel à Minorque. C’est
elle aussi qui est à l’origine de
l’entrée à la galerie, l’année dernière, d’un des artistes les plus
importants de la période contemporaine en Espagne, originaire de
Saint-Sébastien : Eduardo Chillida
(1924-2002).
Le sculpteur, très prolifique, a
travaillé le métal en très grand, mais
aussi d’autres matières comme le
feutre ou la terre cuite. Sa cote avant
son entrée chez Hauser & Wirth
était clairement sous-estimée du
fait, entre autres, qu’aucune galerie,
de longue date, n’ait défendu sa
mémoire. Cela devrait rapidement
changer. Une exposition Chillida
est prévue en avril à New York, chez
Hauser & Wirth. Cette dernière
aide aussi la famille à rouvrir au
public la Fondation Chillida à SaintSébastien. A l’Arco, sur le stand de la
galerie suisse, une terre cuite de
l’artiste est à vendre 300.000 euros.
LE GRAPHE
DE LA SEMAINE
Retraite : la sortie
en capital préférée
à une rente
Hélène Dupuy
Les salariés français qui épargnent
pour leur retraite plébiscitent un
produit d’épargne souple, transmissible aux héritiers et permettant une
sortie en capital plutôt qu’en rente.
C’est ce qui ressort d’une enquête
réalisée par Amundi et Natixis
auprès de plus de 130.000 salariés
épargnants. Ainsi, en prenant
l’exemple d’une épargne retraite
accumulée de 100.000 euros au
départ à la retraite, plus de 77 % des
répondants préfèrent disposer librement de l’intégralité du capital (et
des futures plus-values), avec retrait
possible à tout moment, plutôt que
d’une rente viagère de 325 euros
par mois (hors revalorisation). De
même, plus de 87 % des salariés
interrogés sont favorables à une
épargne régulière pour préparer
leur retraite.
Facilité de transmission
La facilité à transmettre son épargne retraite à ses héritiers (conjoint,
enfant…) est aussi mise en avant par
84 % des épargnants. De même que
sa souplesse. Une fois à la retraite,
près de 1 épargnant interrogé sur 2
souhaite pouvoir continuer à faire
fructifier son épargne retraite tout
en ayant le choix de « piocher »
dedans à tout moment. Et ils sont
43 % à souhaiter garder la possibi-
lité de sortir du produit d’épargne
avant l’âge de la retraite en cas de
besoin (ex : chômage prolongé,
invalidité, incapacité). Pour Xavier
Collot, directeur épargne salariale et
retraite d’Amundi, « cette étude met
clairement en évidence l’importance
de proposer des solutions retraite
souples, de moyen-long terme, transmissibles et permettant une sortie en
capital en une ou plusieurs fois au
gré des choix du client ».
Enfin le trio de tête des solutions
d’épargne préférées demeure
l’assurance-vie (86 % des épargnants), le Perco (82 %) et l’investissement immobilier (76 %). Les
livrets bancaires sont en quatrième
position (65 %). Le PERP obtient la
préférence pour 1 répondant sur 2,
le PERE 33 % et le Madelin 31 %. n
Parmi les « trésors nationaux »
espagnols, on trouve évidemment à
l’Arco le peintre Miquel Barceló (né
en 1957), qui partage son existence
entre Paris et Majorque. Sur le stand
de la galerie franco-autrichienne
Thaddaeus Ropac, une grande peinture de Barceló d’une matière remarquable – mélange de sable et autres
composantes –, représentant un
poisson fondu dans le bleu profond,
est à vendre pour 310.000 euros. Sur
celui d’Elvira Gonzalez de Madrid,
toute une série de ce qu’il appelle des
« peintures pariétales », dans lesquelles la toile est gondolée et recouverte
de formes sombres monochromes,
est proposée à partir de 100.000 euros
pour les plus petits formats.
Une des surprises de la foire est
une nouvelle section, conçue
comme une exposition consacrée
au futur, selon les artistes. D’excellents dessins de mode imaginés par
Salvador Dali en 1965 montrent des
pin-up qui pourraient tout à fait
dater de 2018. La galerie Mayoral
de Barcelone les propose pour
98.000 euros pièce. Il se trouvera
bien une de ces nouvelles fondations pour être intéressée par ces
remarquables prémonitions du
génie fou espagnol.
— Judith Benhamou-Huet
Jusqu’au 25 février,
www.ifema.es/arcomadrid_01.
La loi du 18 novembre 2016 dite
de modernisation de la justice du
XXIe siècle a consacré légalement
(mais faiblement) le recours aux
modes amiables de règlement
des différends. Il s’agit de techniques, mises en œuvre à l’occasion
d’un conflit, destinées à le prévenir ou bien à le régler, en dehors
du cadre judiciaire. La médiation
est l’une de ces techniques. Elle se
développe actuellement dans
le cadre des contentieux familiaux, notamment des divorces,
promue par les juges aux affaires
familiales, les avocats et les
notaires.
Qu’est-ce que
la médiation ?
Selon Justin Lévesque*, « la
médiation est un processus de résolution des conflits dans lequel les
parties font appel à une tierce personne pour les aider à trouver une
solution au litige qui les divise. La
médiation implique l’intervention
sollicitée et acceptée d’une tierce
personne impartiale et n’ayant pas
l’autorité de prendre la décision,
dans le but d’aider les parties à
s’entendre sur une solution
mutuellement acceptable ».
Le médiateur a, par conséquent, pour première mission de
mettre en relation les époux, afin
de leur permettre de renouer un
dialogue, lorsque celui-ci fait
défaut. Par son attitude et ses
interventions dans le débat, il les
conduira à clarifier leur point de
vue et leur compréhension des
véritables raisons qui les ont
menés jusqu’au conflit.
Bien souvent, en effet, les véritables origines d’un contentieux
conjugal ne résident pas dans les
motifs avoués par les époux de
prime abord… Ce constat est donc
une étape cruciale sur le chemin
du compromis, puisqu’il concrétise un accord des époux sur leurs
désaccords ! Ceci fait, le médiateur poursuivra son office afin
qu’une négociation respectueuse
et volontaire mène à des solutions
équitables, de nature à favoriser
une rupture amiable.
Il convient de ne pas faire
preuve d’un optimisme démesuré, et considérer la médiation
comme la solution miraculeuse
garantissant un accord négocié
avec son futur ex-conjoint. La
médiation peut échouer, laissant
les époux dans les affres d’une
procédure judiciaire longue et
aléatoire, engageant pourtant
leur patrimoine, leurs enfants, et
leur avenir.
Le succès d’une médiation
exige tout d’abord que les époux
partagent l’idée selon laquelle il
leur est préférable de régler les
conséquences de leur séparation
amiablement plutôt que de laisser trancher le juge. Il implique
ensuite la volonté partagée de
formuler des prop ositions
mutuellement acceptables, et de
bonne foi. Il suppose enfin que
chacun des époux ait l’envie de
sortir du conflit, ce qui, en pratique, est loin d’être toujours le cas.
En somme, la médiation est
vouée au succès lorsque les époux
parviennent à délaisser leurs
passions, et à partager l’objectif
commun de parvenir à un accord.
Ce succès se matérialise,
in fine, par la signature d’une
convention constituant une transaction : l’accord conclu entre les
époux en médiation sera alors
définitif et aura autorité de la
chose jugée en dernier ressort.
Si la transaction résulte d’un acte
authentique, elle sera même
pourvue de la force exécutoire.
* Auteur de Méthodologie de la médiation familiale
`
•
SUR
LE WEB
Placements Nos
ministres gèrent-ils bien
leur patrimoine ? Les
membres du gouvernement sont-ils de bons
gestionnaires lorsqu’il
s’agit de leurs finances
personnelles ?
Patrimoine Ce qui
va changer chez mon
conseiller. La directive
européenne MIF2 renforce la protection des
clients des gérants de patrimoine et apporte une
véritable transparence.
Et toute l’information
patrimoniale sur
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Vendredi 23, samedi 24 février 2018
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La sortie du tunnel
Bouygues tourne la page des crises
par la première hausse du coupon en dix ans.
L'INVITÉ
DES ECHOS
Anne Boussarie
Vice-présidente de Getty Images
France et Europe du Nord
2018 « Via notre moteur de recherches [d’images et de photo-
graphies, NDLR], un milliard de requêtes sont faites sur notre
site par an. Cela nous permet de définir des tendances », explique la vice-présidente France et Europe du Nord de Getty
Images. « Une des tendances, c’est l’émancipation de la femme.
Un sujet que nous avions déjà détecté il y a trois ans. L’année
dernière, cette tendance s’apellait la détermination féminine :
le fait de montrer des femmes qui sont vraiment engagées
dans leur métier et leurs préoccupations. Cela fait référence
aussi à beaucoup d’éléments en France, comme le rapport
du CSA qui a étudié plus de 2.000 publicités, et s’est aperçu
qu’il y avait une représentation qui n’était pas égalitaire entre
les hommes et les femmes. »
GOOGLE En 2016, Getty Images a porté plainte contre
Google. Un accord a finalement été trouvé en février.
« L’ADN de Getty Images est fondé sur la qualité des contenus
et nos auteurs photos et vidéos. Nous travaillons avec
220.000 contributeurs à travers le monde. Donc si nous
voulons continuer à avoir une qualité dans le contenu, ces
auteurs doivent être reconnus. [...] Google a changé la façon
dont ont peut faire des recherches dans Google Images, et
notamment la mention par rapport aux droits d’auteurs. »
GETTY IMAGES « Getty Images, 160.000 événements
couverts par an », indique Anne Boussarie, évoquant
les Jeux Olympiques ou encore, prochainement, les Oscars.
Interview réalisée par Olivier Harmant
« Les constructeurs de tunnels n’ont jamais eu la foi qui déplace les montagnes. »
Trente-sept ans plus tard, voilà l’almanach de « L’Os à moëlle » penaudement
démenti par l’un des foreurs du Grand Paris. Il n’y avait d’ailleurs que
Bouygues pour croire en sa propre vista il y a quatre ans, lorsque son activité
télécoms glissait sur la pente dangereuse des pertes opérationnelles savonnées en moins de deux ans par le nouvel et quatrième opérateur mobile,
Free. Du jour au lendemain, sa branche la plus contributrice au dividende
du groupe (à hauteur de 365 millions d’euros en 2011, selon AlphaValue)
a dû réduire ses largesses à néant, passant par une recapitalisation
de 700 millions en 2012. La hausse de 6,2 % du coupon (à 1,70 euro par action)
annoncée jeudi, la première en dix ans, signe donc la sortie du double tunnel,
de la crise financière, qui avait anéanti les commandes d’infrastructures
publiques, et des turbulences de la téléphonie. Elle ne tombe certes pas
du ciel des télécoms. En sept ans, le cash-flow libre de sa filiale a été divisé
par huit pendant que la recette par abonné mobile s’effondrait de 40 %.
Mais grâce aux économies de coûts, la marge (27,2 %) est restée stable.
La croissance est repartie depuis deux ans, tandis que le rebond de
la construction et des travaux publics regonfle les cash-flows du groupe.
Martin Bouygues peut prendre tout son temps pour pousser ses pions
sur l’échiquier tricolore. Comme on dit chez TF1, « demain (lui) appartient ».
AVIS FINANCIER
AXA 15
Bouygues 13
Colas 19
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Axa prend de l’avance sur ses objectifs
de rentabilité.
Regarde Saint Christophe et va-t-en rassuré. Le patron des voyageurs
semble veiller d’un bon œil sur la démarche de transformation d’Axa
(le plan Ambition 2020), là où celui des assureurs Saint Yves ne se presse
pas beaucoup d’améliorer les fondamentaux de la profession.
La remontée des taux d’intérêt devrait faciliter la vie de tous les compétiteurs,
mais elle ne changera pas d’un coup de baguette magique les rendements
des portefeuilles gérés en contrepartie des engagements envers les assurés.
Le leader français réussit pourtant à battre un record de résultat en 2017
(+7 % à 6,2 milliards d’euros) à la différence du leader européen Allianz, qui
voit le sien s’effriter (–2,3 % à 6,8 milliards). Bien sûr, la stagnation du chiffre
d’affaires tranche avec la légère croissance des revenus mise en exergue à
Munich (+3 %). Elle n’emporte pourtant pas trop de conséquences délétères
pour l’histoire boursière du dauphin parisien, puisque la nouvelle présentation depuis la réorganisation du patron Thomas Buberl a l’avantage de
faciliter la lecture de ses priorités géographiques et de ses segments cibles
– santé, assurances-dommages des entreprises et prévoyance.
La progression du dividende (+9 %), plus rapide que celle du bénéfice
par action (+7 %), conduit à un rendement plus élevé (proche de 5 % contre
4,2 % pour Allianz) qui en dit long sur la pression boursière pour obtenir
son « return » sans forcément faire monter la cote d’amour.
Comme la volatilité des marchés pourrait se réveiller, la température
de la solvabilité (205 % contre 229 %) peut l’expliquer.
Suez 16
Technicolor 27
TechnipFMC 16
Telegram 24
Vallourec 27
Veolia 16
Veolia Environnement 27
Visio-Green 22
Vivendi 19
Ynsect 19
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éDitrice Bérénice Lajouanie
éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
Deux saints et un patron
Vallourec repousse à nouveau le rebond
de sa rentabilité.
LES ENTREPRISES CITÉES
Effidence 15
FNAC Darty 27
Foliateam 22
Gecina 16
Groupe ADP 16
Hennessy 30
Ingenico 27
Intel 19
L1
Naïo Technologies 15
Natixis Investment
Managers 27
Owlmo 20
Saint-Gobain 17
SCOR 27
Toutes les mers ne sont pas d’huile, comme ont pu s’en rendre compte jeudi
Technicolor, Ingenico et Vallourec. Les voies d’eau boursières ont été
d’autant plus béantes – respectivement –28,9 %, –16,3 % et –11,6 %
à la clôture – qu’aucun capitaine ne semble vouloir naviguer ne serait-ce
que sur le moindre courant contraire. Des prévisions pour 2018 un dixième
inférieures à l’étiage attendu par les analystes ont suffi à couler le titre
du spécialiste des paiements électroniques. L’absence d’investisseur de
long terme pour rattraper les couteaux qui ne devraient pas tomber si bas
est encore plus flagrante chez Vallourec. La chute de quatre cinquième
du cours de Bourse en cinq ans place le Français à la moitié de la coque
de valorisation de son concurrent italien Tenaris sur les ratios de 2020,
l’horizon d’une reprise pourtant désormais visible dans la croissance
de leurs activités au dernier trimestre de 2017. Pour le spécialiste des tubes
sans soudures, c’est justement la soudure à prévoir entre un franc redémarrage des commandes et le rebond de la rentabilité qui a fait fuir les boursiers.
Le premier accentuera la consommation de cash – certes toujours dans
le rouge (423 millions d’euros l’an dernier), mais loin d’être suffisante pour
réanimer le spectre d’une augmentation de capital – avant que les hausses
de prix ne regénèrent un Ebitda symboliquement revenu dans le vert
(2 millions en 2017, bénéficiant toutefois de 81 millions de reprises de provisions). Si l’assainissement des comptes est ainsi repoussé à 2019, la réalisation
de plus de la moitié de l’objectif d’économies de 400 millions en 2020 rend
confiant Philippe Crouzet, le président du directoire, dans le retour au port.
Le problème de la soudure
a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Abéo 22
Airbnb 12
Arkema 27
AXA 27
AXA. 27
AXA Investment
Managers 27
Bosan 22
Bouygues Construction
21
Bouygues Telecom 18
Byron Group 20
Colas 21
Courtin Investment 22
Dombraider 24
crible
O
Stéphane Travert
n sait bien que la terre n’est pas
comme Jérôme Cahuzac. Elle
ne ment pas. En revanche, elle
peut être en colère. On « la » comprend :
normes absurdes, prix de vente au
mieux plats, fournitures qui flambent et
pour couronner le tout cette espèce de
suspicion de ne pas « respecter » la
nature, un comble pour des agriculteurs.
Tout cela, Emmanuel Macron, le
démineur en chef, le sait, lui qui, à trois
jours du Salon, réunit à l’Elysée plusieurs centaines de jeunes agriculteurs.
Dans les soirées il y a souvent un « after ».
Maintenant dans les manifestations officielles il y a un « before ». Souvenez-vous
du raout versaillais avant Davos. Pour
Stéphane Travert, le Salon qui ouvre le
24 février sera son premier, un baptême
du feu pour un ministre de l’Agriculture.
Jusque-là le grand public ne le connaissait guère qu’à travers ses escarmouches avec son collègue de l’Ecolo-
gie, mais depuis les Etats généraux de
l’alimentation il a progressé. Il apprend
vite. Au départ, il ne se destinait ni à la
politique, ni à l’agriculture. Ses parents
étaient imprimeurs. Après un BTS
d’action commerciale et un Deug de
droit à Caen, il a commencé dans
l’emballage. En 2006, c’est le député
socialiste de Caen qui l’emballe. Travert
prend sa suite en 2012, joue les frondeurs
jusqu’à sa rencontre avec l’enjôleur en
chef. Aussitôt, il se met En Marche, sera
le rapporteur de la loi sur le travail du
dimanche, Macron en fera son ministre.
Depuis, tous les week-ends il retrouve sa
femme enseignante et ses enfants dans
son village, 600 habitants. « Je peux affirmer que pour un fils d’ouvrier, Stéphane
fait un sacré parcours », confie son père à
« Ouest-France ». Pas mieux.
(
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