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Grands Reportages - 10 2018

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
452
SAGA : LE DERNIER MAMMOUTH DE L’EXTRÊME SIBÉRIE
N°ISSN : 0182-0346
ASIE DU SUD-EST / BALI / VIETNAM / LAOS / VANUATU
BALI
UNE ÎLE ET DES DIEUX
VIETNAM
RÊVES
D’ASIE
NOS COUPS DE CŒUR
EN ASIE DU SUD-EST
SPLENDEURS DE
LA BAIE D’HALONG
OCTOBRE 2018
LAOS
LUANG PRABANG
PERLE DU MÉKONG
DOM : 7,50 € – BEL/LUX : 7,50 € – CH : 11 FS – CAN : 11 $CA – MAR : 78 DH
ITA/GR/PORT. CONT. : 7,50 € – NCAL/S : 1200 xpf – POL/S : 1400 xpf
ET AUSSI
CAMBODGE, PHILIPPINES,
CHINE, INDONÉSIE,
PAPOUASIE…
© Marc Dozier
L 19595 - 452 - F: 6,90 € - RD
MÉLANÉSIE : LES MILLE COULEURS DU VANUATU
OCTOBRE 2018
CPPAP : 0319 K 84925
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ÉDITO
LE MONDE DES À-CÔTÉS
Il est étonnant de voir à quel point l’Asie du
Sud-Est demeure une valeur sûre en termes de
voyage. Destination de prédilection des backpackers, entre leur expérience initiatique en Inde
et le renflouement de leurs caisses en Australie,
dans le cadre d’un PVT (programme vacances
travail), cette mosaïque de pays et/ou d’îles est
une véritable fourmilière de cultures et de
langues, d’identités et d’ethnies, de plages et de
jungles, de villes tentaculaires et de lieux de villégiatures idylliques. Le tout, bien souvent, pour
un budget tout à fait raisonnable de quelques
dizaines d’euros par jour, gîte, couvert, transports et visites compris. Ajoutez à cela une
ambiance d’une douceur rare, un climat tropical, un tourisme suffisamment développé pour
offrir un niveau de prestations correct, parfaitement compatible, notamment, avec des
voyages en famille, en couple, en voyage de
noces… En un mot comme en cent, l’Asie du
Sud-Est est un bonheur de voyageur. De tous
les voyageurs.
Sans surprise, nous aimons à la déraison
ce sous-continent asiatique, et à intervalle régulier revenons partager
avec vous nos découvertes. Des
plus intimes, secrètes, jusqu’aux
grands classiques — la baie
d’Halong demeure un incontour-
nable — dont nous nous attachons à revisiter
les à-côtés pour vous offrir la meilleure expérience de voyageur possible. Car sans surjouer
les « vieux cons », notre sentiment d’une pression touristique accrue année après année un
peu partout dans le monde est une réalité palpable. Sans doute avons-nous tous un désir profond de découvrir le temple d’Angkor, le Taj
Mahal, l’Ayers Rock ou le Grand Canyon. Mais
rares sont ceux qui, au final, se satisfont de la
« fête à Neu-Neu » touristique que ces grands
sites sont souvent devenus. Et force est de
constater, dans ce domaine, que le label
« Patrimoine mondial de l’humanité », censé
protéger ces grandes icônes culturelles ou naturelles de toute agression humaine n’arrange
guère les choses. Voire… La reconnaissance de
l’Unesco apporte bien souvent une exposition
nouvelle à une région ou un lieu, préambule au
développement d’un tourisme encore plus
massif. Et si, au final, le bonheur consistait à
se glisser en marge ? Dans une Islande qui
étouffait littéralement sous la pression
touristique cet été, une jeune lectrice
parcourait l’île « sans prévision, en
direction de l’immensité sauvage » (lire
page 98). Bravo à Erell d’incarner
si merveilleusement l’essence de
notre magazine !
ANTHONY
NICOLAZZI
Rédacteur en chef
3
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EN COUVERTURE
P.
32
SPÉCIAL
ASIE
DU SUD-EST
Terre de prédilection des grands voyageurs, l’Asie du Sud-Est mêle l’exotisme et la spiritualité aux senteurs épicées des tropiques. De Bali aux rives du Mékong, de la baie
d’Halong aux îles secrètes des Philippines, nos reporters nous invitent à la contemplation
et au voyage, dans les lieux les plus inspirés du sous-continent asiatique.
P.
P.
48
INDONÉSIE
BALI
UNE ÎLE ET DES DIEUX
Au cœur de l’archipel indonésien,
Bali cultive fièrement son hindouisme.
4
34
L’ASIE DU SUD-EST
EN 10
COUPS
DE CŒUR
Philippines, Cambodge, Chine,
Indonésie, Papouasie, Taïwan…
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SOMMAIRE
P.
64
VIETNAM
LA BAIE
D’HALONG
Les derniers endroits confidentiels
de la plus belle baie du monde.
LE MAG
8
Partages…
POST
→ La Palma, île nature
→ Expo Kalash à Lyon
10 ACTUS
Trois lieux confidentiels
à découvrir aux Philippines
14 FOCUS
La grande aventure
du Ponant
16 LECTURES
Quel est le meilleur
guide de voyage ?
18 Q&R
Notre mode d’emploi
pour recharger vos batteries
20 CONSEILS
À la recherche du dernier
mammouth de Sibérie
24 SAGA
REPORTAGES
32
P.
76
COUPS DE CŒUR
Philippines, Cambodge,
Chine, Taïwan…
LA PERLE
DU LAOS
48 BALI
Les secrets de l’île des Dieux
L’ancienne capitale royale,
un joyau sur les rives du Mékong.
84
ASIE
DU SUD-EST
34 10 LIEUX
LUANG PRABANG
P.
SPÉCIAL
64 VIETNAM
La baie d’Halong,
versant intime
P.
20
76 LAOS
Luang Prabang,
l’âme éternelle du Laos
84 LA SENSATION
VANUATU
Les mille couleurs
d’un archipel au paradis
LA SENSATION
CONSEILS
VANUATU
100% ÉNERGIE
Des îles du bout du monde, entre
volcans actifs et lagons paradisiaques
Comment charger efficacement
ses batteries en voyage ?
96 ILS PARTENT/
ILS RENTRENT
Into the Wild
5
CONTRIBUTEURS
MARC
DOZIER
JEAN-MARC
PORTE
PIERRE
GARCIA
JULIE
LE LOUËR
Directrice artistique
ANTHONY
NICOLAZZI
Rédacteur en chef
BERNADETTE
GILBERTAS
OLIVIER
GRUNEWALD
RAFAËL
PIC
BERTRAND
RIEGER
Rédacteur
Photographe
6
Grand reporter
Rédacteur
Rédacteur
Rédactrice
Photographe
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LE MAG / POST
PENDANT CE
TEMPS LÀ
…
PARTAGES
VOYAGEURS, ASSOCIATIONS, VIDÉASTES… C’EST TOUJOURS AVEC
GRAND PLAISIR QUE NOUS RELAYONS VOS ACTIONS SUR LE TERRAIN,
POUR PARTAGER LES BEAUX PROJETS DE LA PLANÈTE AVENTURE.
@Naturevolution
© Mountain Wilderness
9 septembre
Mountain Wilderness
Pour un Mercantour sans fil !
Les 8 et 9 septembre derniers, les bénévoles de
l’association environnementale Mountain Wilderness ont réalisé une nouvelle opération de
démantèlement d’installations obsolètes. Une
opération menée au pied du Mont Bégo, dans le
parc national du Mercantour, un secteur comportant des gravures rupestres classées « monument
historique ». Les 45 participants ont retiré de
terre 2,5 tonnes de barbelés rouillés, installés
par l’armée italienne dans les années 1930 pour
marquer la frontière avec la France. Après avoir
été regroupés et ficelés dans des grandes bâches,
les déchets seront héliportés en fond de vallée
pour y être recyclés par un ferrailleur. Cette
opération a nécessité des mois de préparation et
de reconnaissance par les bénévoles.
350 TONNES EN 14 ANS
Depuis 2002, Mountain Wilderness enchaîne
les chantiers de démantèlement d’infrastructures et de matériel à l’abandon : anciennes
constructions militaires datant de la dernière
guerre, installations industrielles où édifices touristiques. Des infrastructures souvent bâties sans
que leur démontage ait jamais été prévu. Un
bilan dressé par Mountain Wilderness après 14
ans d’opérations faisait état de 350 tonnes de
matériau retirées du milieu naturel. Cette dernière action porte à 182 le nombre de tonnes
extraites du seul parc du Mercantour. En plus
de leur impact paysager, ces matériaux métalliques coupants et parfois toxiques représentent un danger pour la faune, la flore et l’homme.
8
Alors que l’association Naturevolution a publié les premiers
résultats de sa mission Scoresbysund au Groenland, son président-explorateur Évrard
Wendenbaum, s’apprête à diriger fin 2018 une nouvelle expédition scientifique dans les
karsts de Konawe, la plus
grande forêt primaire du Sulawesi. Durant six semaines il
parcourra cette région avec de
nombreux scientifiques pour
étudier la biodiversité de ce
dernier monde perdu et le faire
classer à l’Unesco.
…
L’association estime à plus de 3 000 le nombre
d’aménagements de tous types abandonnés
dans les montagnes françaises.
UNE ATTITUDE IRRESPONSABLE
Si l’ONG œuvre depuis 16 ans pour le démantèlement de ces structures, ses actions ont aussi
pour but de mettre les acteurs locaux face à
leurs responsabilités : « Les membres et nombreux bénévoles n’ont pas vocation à devenir
des “éboueurs” de la montagne ». Face à
l‘urgence d’une prise de conscience écologique
globale, l’association souhaite « appeler les décideurs locaux à entreprendre des requalifications de site en s’inspirant de la méthodologie
et de la démarche initiée par Mountain
Wilderness et interpeller les aménageurs de site
pour qu’ils conçoivent et provisionnent la réversibilité de leurs aménagements ».
@Oural
14 septembre
Dans les montagnes de l’Oural,
l’écrivain Cédric Gras s’est
lancé à la poursuite de
l’automne. De l’Arctique aux
steppes méridionales, il a
partagé le quotidien des
habitants, sous la caméra de
Christophe Raylat. Diffusé sur
Arte mi-septembre, le film sera
projeté lors des festivals cet
automne. Bande annonce :
www.vimeo.com/289095496
…
@GrandBivouac
Que dit la loi ?
Depuis 2016, un amendement de la loi
Montagne 2 (article 19 l bis) rend obligatoire le
démontage des remontées mécaniques en fin
d’exploitation. Cet article ne s’applique toutefois
qu’aux nouvelles constructions. Avec une durée
de vie moyenne de 30 ans pour ces infrastructures, il faudra attendre 2046 pour que le
démantèlement devienne automatique. Une
éternité face aux défis écologiques actuels.
18 octobre
Salon incontournable du
voyage, le Grand Bivouac se
tiendra du 18 au 21 octobre à
Albertville. Au programme :
projections-rencontres, conférences, tables rondes, concerts,
spectacles, expositions… Infos
et réservation : www.grandbivouac.com
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1 000
La Palma est sillonnée par mille
kilomètres de sentiers. Partie
intégrante de l’histoire, de l’identité et du patrimoine de l’île, ils
font de ce territoire une destination
unique au sein des Canaries.
18
Durant le Festival international
de la randonnée et de la montagne,
18 départs guidés sur des sentiers
balisés sont proposés. Entre autres :
observation des étoiles, spéléologie
ou route du miel. Des itinéraires sont
accessibles aux personnes à mobilité
réduite.
150 000
Grâce à un milieu naturel favorable,
l’agriculture est très présente dans
l’île. Moteur économique, la culture
de la banane occupe à elle seule
50 km2 de terres arables. 150 000
tonnes sont récoltées chaque année.
CANARIES
LA PALMA, L’ÉTOILE MONTANTE
TEX TE VOLODIA PETROPAVLOVSK Y
Plutôt nuit sous la Voie lactée ou marche sur un volcan ? Des forêts verdoyantes
aux plaines volcaniques en passant par les dunes de sables au bord de l’Atlantique,
la Palma recèle, sur un petit territoire, un éventail de bonheurs naturalistes. Paradis
pour les trekkeurs, cette île des Canaries célébrera la 10e édition du Festival international de la randonnée et de la montagne, du vendredi 12 au dimanche 14 octobre.
Par la mise en place d’itinéraires balisés et guidés durant ces deux jours, l’opération
vise à mettre en valeur ce territoire, combinaison d’un espace naturel extrêmement varié façonné par un patrimoine local et culturel ancestral. Une richesse qui a
valu aux 708 km2 de La Palma d’être classés réserve de la biosphère par l’Unesco
depuis 2002. On y trouve l’un des meilleurs sites au monde pour l’observation des
étoiles, loin des grands centres urbains et de leur pollution lumineuse et où 75 %
des nuits sont sans nuages. Les forêts primaires de lauriers, de houx et de fougères,
appelées laurisylves, s’étendent sur les flancs de l’île. Côté montagne, le parc national
volcanique de la Caldeira de Taburiente, à près de 2 500 m d’altitude, surprendra le
randonneur par sa beauté géologique. La grande évasion à seulement quelques
heures de la France.
10
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COUP DE CŒUR / LE MAG
Très escarpée, la côte
nord de La Palma offre
de très belles balades
panoramiques sur
l’Atlantique.
© Van Marty
11
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© Hervé Nègre - Musée des Confluences
© Hervé Nègre - Musée des Confluences
LE MAG / AGENDA
LES DERNIERS KALASH
S’EXPOSENT À LYON
À PARTIR DU 23 OCTOBRE, LE MUSÉE DES CONFLUENCES
DE LYON PRÉSENTE SA NOUVELLE EXPOSITION : FÊTES
HIMALAYENNES, LES DERNIERS KALASH.
Au départ de l’histoire, un trio de voyageurs originaires de Lyon, Viviane
Lièvre, Jean-Yves Loude et Hervé Nègre, fascinés très tôt par les Kalash,
ethnie animiste du nord du Pakistan, dans le massif du Hindou Kouch. Huit
séjours et quinze années d’études auprès de cette population entre 1976
et 1991 leur ont permis de rassembler un fonds exceptionnel qu’ils ont
tous trois souhaité confier au musée des Confluences, pour que soit conservée
la mémoire de la communauté kalash.
Leur donation de photographies, de films Super 8, d’enregistrements sonores,
de quelques vêtements, bijoux, objets usuels et statues funéraires, permet,
pour la première fois en France, à un musée de mettre en lumière ce peuple
méconnu. D’un solstice à l’autre, les saisons se succèdent au fil du parcours,
fidèle à la conception cyclique du temps des Kalash. Leur vie quotidienne
s’organise dans une complicité constante avec la nature. Les Kalash cherchent l’abondance: ils produisent des richesses animales et végétales, pour
les offrir aux dieux. En retour, ils recevront leur protection et s’assureront
de la régénération de la nature et de l’équilibre du monde.
12
© Olivier Garcin - Musée des Confluences
PAR ANTHONY NICOLAZZI
En haut à gauche : Danses de la fête d’été, Utchao.
En haut à droite : Biramor, fête de prestige : un homme
offre sa fortune en échange de prestige.
Il parade sur un cheval. Il est le roi d’un jour,
habillé de robe dorée.
Ci-dessus : Grande coiffe kupas moderne (1998 - vallée
du Rumbur). Prêt de Frédérique et Philippe Vayssac.
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C’est quand ?
Du 23 octobre 2018 au 1er décembre
2019, au musée des Confluences, à
Lyon. 86 quai Perrache, 69002 Lyon.
Du mardi au vendredi de 11h à 19h,
samedi et dimanche de 10h à 19h,
jeudi nocturne jusqu’à̀ 22h.
Plus d’infos sur
www.museedesconfluences.fr
Les Kalash
Cette minorité montagnarde, réduite
à 3 000 membres, vit dans trois
étroites vallées situées à l’extrême
nord-ouest du Pakistan, dans le
massif de l’Hindou Kouch, la partie la
plus occidentale de l’Himalaya. Ces
éleveurs de caprins, cultivateurs de
maïs et de blé, forment l’une des
ultimes sociétés de l’arc himalayen
dont le chamanisme structure encore
la pensée et le mode de vie.
Les auteurs
L’aventure de Viviane Lièvre, JeanYves Loude et Hervé Nègre a peu à
peu transformé leur curiosité initiale
de jeunes occidentaux, nourrie par la
littérature. Témoins d’une culture
vouée à l’effacement, ils ont consacré quatre ouvrages et une douzaine
d’articles au peuple kalash. Devenus
ethnologues, Jean-Yves Loude
et Viviane Lièvre obtiennent leur
doctorat en ethnologie, en couple
et sur publication. Hervé́ Nègre a
constitué un fonds photographique
sur les Kalash, parmi les plus
importants au monde.
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LE MAG / FOCUS
LES PHILIPPINES
EN TROIS LIEUX INSPIRÉS
PRÉSERVÉ DU TOURISME DE
MASSE, L’ARCHIPEL PHILIPPIN
RECÈLE QUELQUES
MERVEILLES POUR LES
AMOUREUX DE NATURE.
TROIS PISTES À EXPLORER
POUR (RE)DÉCOUVRIR UN
PAYS PLEIN DE PROMESSES.
L’île de Coron
© R.M. Nunes. Fotolia
PAR ANTHONY NICOLAZZI
© R.M. Nunes. Fotolia
L’île de Coron n’est plus tout à fait une inconnue depuis qu’une
célèbre émission télévisée y a déposé ses totems, le lieu n’en
demeure pas moins idyllique. À la pointe nord de Palawan, l’île de
Coron dénote dans le paysage des Philippines pour ses reliefs
karstiques découpés, qui ne sont pas sans évoquer des tsingys
malgaches en bord de mer. Au départ de la ville de Coron, sur l’île
voisine de Busuanga, on embarque à bord d’une banca pour
découvrir des criques secrètes (Green Lagoon, Twin Lagoon…).
14
© Christopher Howey. Fotolia
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PUBLI-RÉDACTIONNEL / BON PLAN
Chocolate Hills
Les 1 268 collines de Chocolate Hills, sur
l’île de Bohol, demeurent une curiosité
géologique qui continue d’alimenter les
légendes et l’appétit des grands voyageurs.
Sur un espace de 50 km2, ces sommets
arrondis de trente à cinquante mètres de
haut sont en réalité d’origine sédimentaire,
composés de sable et de calcaire formés
par l’accumulation de couches successives
de corail et de coquillage au fond de la
mer. Par la suite, il y a deux millions
d’années, des mouvements tectoniques
ont élevé la région hors de l’eau et ont créé
ce relief, atypique et très esthétique.
HASDRUBAL
PRESTIGE
UNE ADRESSE COUP
DE CŒUR À DJERBA
PA R PA S C A L M A LT H E R R E
Les rizières
de Banaue
C’est dans le village de Batad, sur l’île
de Luçon, qu’ont été littéralement
sculptées dans la montagne les
rizières de Banaue. Construites
essentiellement à main, grâce à un
savoir-faire transmis de génération
en génération depuis près de 2000
ans, elles couvrent une superficie
impressionnante de 10 360 km2
et sont désormais inscrites au
patrimoine mondial de l’Unesco.
Si la culture du riz se perpétue, le
développement du tourisme laisse à
craindre un abandon progressif des
cultures, et un manque d’entretien
qui risquerait de les mettre en péril.
Bien sûr, lorsque l’on évoque le nom de cette île au sud de la Tunisie,
immédiatement des images familières surgissent ; les magnifiques plages
de sable blanc, le village de Houmt Souk – où il ne faut pas manquer d’aller
dîner –, le marché de Midoun – mon préféré – où les habitantes, enveloppées dans des tissus multicolores, portent fièrement leurs petits chapeaux
de paille comme certaines élégantes leurs bibis au prix de Diane, la synagogue de la Grhiba, la plus ancienne du Maghreb. Avec tous ses atouts, sa
douceur et la gentillesse de ses habitants, Djerba se réjouit de voir revenir
les voyageurs.
Si vous allez à Djerba, il existe une adresse que quelques happy few échangent à mots couverts. Producteurs de cinéma préférant séjourner à
l’Hasdrubal plutôt que d’aller monter les marches du festival de Cannes,
journalistes télé en quête de tranquillité, tous viennent chercher la sérénité dans ce palais que l’on croirait tout droit sorti d’un tableau du peintre
orientaliste Jean-Léon Gérôme. Cet endroit à l’architecture inouïe, qui
pourrait évoquer ce que furent les jardins de Babylone, est un merveilleux
palais, aux chambres de très belle taille ouvrant sur une terrasse délicieuse.
Mais ne vous laissez pas impressionner par la grandeur de l’hôtel. Très
rapidement – peut-être même trop – vous vous y sentirez comme à la
maison… en mieux ! Hannibal, ce grand chef de guerre carthaginois qui
assiégea Rome avant de succomber, avec ses troupes, aux délices de Capoue.
Hannibal avait un frère… Hasdrubal, dont on imagine qu’il a donné son
nom à l’hôtel. Quant aux délices de Capoue, ils auront probablement inspiré le centre de thalassothérapie de l’établissement, qui propose tout ce
que l’on peut espérer d’un endroit de ce standing.
Combien coûte
une semaine à
l’Hasdrubal ?
Nous vous avons sélectionné une offre avec
Royal first Travel
(Tél. 01 56 29 01 01).
D’autres propositions
existent sur Internet.
Le séjour comprend le
vol A/R Paris Djerba, les
transfert 8 jours 7 nuits
en demie pension. 4
jours de cure. Tarif a
partir de 1019 euros.
Restaurant
La tentation de rester calfeutré à l’hôtel
est très grande... Pourtant, nous vous
recommandons de ne pas hésiter a sortir
de l’hôtel pour diner ou déjeuner à l’extérieur. Pourquoi pas chez Haroun, sur le
port de Houmt Souk. Ce restaurant de
poissons qui domine le port est charmant
et – ce qui ne gâche rien – il est bon. Pour
15 euros par personne, vous ferez un
excellent dîner en amoureux.
Compagnie aérienne
Nouvelair, Tunisair, ou Transavia desservent Djerba. Au départ de Paris ou de
nombreuse villes de province.
15
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LE MAG /
LE
LIVRE
DU
MOIS
L’AVENTURE
PONANT
CROISIÈRES
DE RÊVE
De Cécile Maslakian.
Préface d’Olivier de
Kersauson. Éditions La
Martinière, 256 pages, 50 €
LA FARCE DES
HOMMES-FOUDRE
De Loïc Verdier, éditions Casterman,
160 pages, 22 €
Né à Gap, Loïc Verdier a beaucoup
voyagé avec ses parents durant son
enfance, au Pakistan où il a appris à
marcher, à Abu Dhabi, où il apprend
à dessiner, à Singapour où il
apprend à écrire. De retour en
France, il s’éprend de bande dessinée, et signe ici son premier récit au
long cours. La Farce des HommesFoudre relate le grand voyage
d’Albertus à travers le Tibet, aux
côtés des cavaliers Khampas, qui
menèrent, durant les deux décennies qui suivirent l’invasion du Tibet,
une farouche résistance armée face
à l’occupation chinoise.
LE PITCH
Aujourd’hui, les croisières Ponant sont devenues une référence pour les passagers en quête d’authenticité et d’élégance qui recherchent l’esprit de la grande
tradition maritime française. Plusieurs compagnons de voyage, personnalités
de tous horizons, nous livrent également leur vibrant témoignage : Olivier de
Kersauson, Jean-Louis Étienne, Nicolas Dubreuil, Frédéric Mitterrand ou encore
Patrick Poivre d’Arvor. On embarque dans cet ouvrage comme on monte à
bord du Soléal, de l’Austral, du Boréal, du Lyrial ou du Ponant pour découvrir une
nature préservée, loin des routes maritimes fréquentées, des glaces de
l’Antarctique à la quiétude de la baie d’Halong, en passant par les lagons turquoise du Pacifique.
CE QU’ON EN PENSE
Anthony
Nicolazzi
Rédacteur en chef
16
Le monde des croisières croise rarement celui de l’aventure. La Compagnie
des îles du Ponant est l’exception qui confirme la règle. En 1987, JeanEmmanuel Sauvée et Philippe Videau ont respectivement vingt-trois et
vingt-neuf ans lorsqu’ils créent la société, et entreprennent la construction d’un navire hors norme : un voilier, trois-mâts, de 82 mètres de
long, destiné à des croisières de luxe en terre —en mer— sauvage : le
Ponant voit le jour, et embarque ses premiers passagers le 13 mai 1991.
Il navigue depuis sur toutes les mers du globe, et la flotte est désormais
épaulée par d’autres navires, capables de proposer notamment des croisières polaires, en Arctique mais aussi en Antarctique. Comme le résume
parfaitement Nicolas Dubreuil dans cet ouvrage : « Ce magnifique outil
permet de rendre l’exploration accessible ; rien n’est impossible, jusqu’à
poser le navire le long de la banquise pour le simple bonheur d’observer
de près une mère ours et ses petits ».
GÉOPOLITIQUE
DE LA RUSSIE
Par Jean de Gliniasty, éditions
Eyrolles, 180 pages, 16,90 €
Paru dans la collection Géopolitique,
dirigée par Pascal Boniface, cette
Géopolitique de la Russie évoque un
état qui n’a jamais été aussi présent
dans le jeu des puissances. Diplomate de carrière (notamment
ambassadeur en Russie de 2009 à
2013, consul général à Jérusalem,
membre de la Représentation
permanente auprès de l’Union
européenne), Jean de Gliniasty nous
livre ici 40 fiches synthétiques, illustrées de cartes et d’infographies, à
l’intention du plus large public.
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LE MAG / QUESTIONS & RÉPONSES
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Q&R
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d’un matériel précis, etc.), qu’ils soient journalistes, concepteurs de voyages, grands voyageurs ou… lecteurs avertis.
QUEL EST, SELON VOUS, LE MEILLEUR
GUIDE DE VOYAGE POUR PARTIR ?
Anne Lincourt, Paris
Anthony Nicolazzi
Rédacteur en chef
« Je n’utilise des guides que
lorsque je dois me débrouiller
seul. Sinon, il reste dans ma
valise, et me sert en réalité
surtout avant de partir. »
18
Il est difficile de vous conseiller tel ou tel guide sans connaître davantage vos attentes. Car
chaque collection a ses particularités ; certains sont riches en informations pratiques, d'autres
vous mettent l'eau à la bouche par leur contenu culturel. Si vous partez seul sac au dos pour
traverser le Tibet, il vous faudra impérativement un guide truffé d'informations pratiques pour
vous loger, vous déplacer et visiter. Dans ce cas, vérifiez attentivement la date de parution de
l'ouvrage car des conseils de ce type sont très vite obsolètes. Parmi les références des guides
pratiques, on citera les guides Lonely Planet, Footprint ou encore le Routard. Si vous partez en
voyage organisé au Maroc, vous aurez davantage besoin d'informations culturelles... Dans ce
domaine, les Guides Bleus Hachette demeurent une bonne référence, tout comme la Bibliothèque du voyageur (Gallimard) ou le guides Vert (Michelin). Songez également que vous ne
choisirez pas le même guide selon que vous visitez un pays, une région ou une ville. Si vous
partez en Toscane, par exemple, un guide sur l'Italie ne sera pas assez précis mais un guide
sur Florence sera trop restrictif.
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE MAG / CONSEILS
MODE D’EMPLOI
RECHARGER VOS
ÉQUIPEMENTS
Anthony Nicolazzi
TÉLÉPHONE MOBILE, TABLETTE TACTILE, APPAREIL PHOTO…
LES ÉQUIPEMENTS QUE L’ON EMPORTE EN VOYAGE SONT DE PLUS
EN PLUS NOMBREUX, AVEC UNE CONTRAINTE MAJEURE : LEUR
RECHARGE. SI UNE SIMPLE PRISE ÉLECTRIQUE SUFFIT À RECHARGER
SES APPAREILS CHAQUE SOIR, LA SITUATION SE COMPLIQUE
DÈS LORS QUE L’ON S’ÉLOIGNE DE LA CIVILISATION.
TEXTE ET PHOTOS ANTHONY NICOLAZZI
20
Rédacteur en chef
“ On trouve très peu
d’informations fiables et
compréhensibles sur cette
question pourtant cruciale de
l’énergie. Et vous ? Êtes-vous au
point sur le sujet ? ” РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Si la grande majorité
des panneaux solaires et
des batteries ne disposent
que de sorties USB en 5 V,
certains modèles proposent
parfois un voltage supérieur
ou une prise allume-cigare
12 V pour charger les
batteries d’appareil photo
reflex de 7,4 V, par exemple.
ix euros pour recharger un portable dans la vallée de
l’Everest ? C’est possible, et étonnamment, nombreux
sont ceux qui — au risque de ne ramener aucune image
de ce moment inoubliable — sont contraints de passer à la
caisse pour recharger les batteries. D’autres sont plus prévoyants, et emportent une ou deux petites batteries nomades,
une petite réserve d’énergie, pour pouvoir tenir plusieurs jours
en autonomie énergétique. Reste à choisir des modèles adaptés,
sous peine de se retrouver « le bec dans l’eau » le moment
venu.
La première question à se poser pour anticiper ses besoins, est
de passer en revue ses équipements électroniques. De quels
appareils disposez-vous ? Et à quelle fréquence allez-vous
devoir les recharger ? Premier réflexe : lire les spécifications de
ses appareils et ouvrir les compartiments de vos batteries pour
en lire les caractéristiques. Les matériels tels les appareils
photos ou les téléphones mobiles sont désormais tous dotés
de batteries lithium (Li-ion ou Li-Po) rechargeables, qui s’accompagnent parfois d’un chargeur ou d’un câble spécifique.
Certains appareils (plus anciens) sont également parfois équipés
d’accus au format bâton AA ou AAA (piles rechargeables) au
nickel (Ni-Mh ou Ni-Cd) mais ceux-ci sont aujourd’hui avantageusement remplacés par le lithium, qui résiste mieux au
froid, et est beaucoup moins sensible à l’autodécharge.
D
LA TENSION DES BATTERIES
Lithium ou nickel, vos batteries sont, de par leur conception,
dotées de spécificités techniques invariables. Un module
lithium produira une tension de 3,7 V, deux accus en séries
produisant donc 7,4 V (appareil reflex), 11,1 V pour 3 modules
voire 14,8 V pour 4 modules (ordinateurs portables, drones…).
Un module Ni-Mh aura lui une tension de sortie de 1,2 -1,3 V.
Cette tension de sortie sera importante notamment pour le
Économisez !
Avant même de réfléchir à la recharge de vos appareils, il
convient de se poser la question : « Ai-je vraiment besoin de
tout ça ? ». Il est en effet possible d’économiser vos batteries au maximum, en diminuant la luminosité de son écran,
en basculant en mode avion lorsqu’on n’utilise pas son
téléphone (en zone hors réseau, votre téléphone scanne
sans arrêt pour attraper votre opérateur), en évitant d’utiliser l’écran LCD de votre appareil photo le soir au bivouac,
par exemple. Côté photo, plutôt que d’investir dans un
panneau solaire, optez plutôt pour deux ou trois batteries
supplémentaires, qui suffiront généralement à assurer votre
autonomie complète pour tout le voyage. Profitez également toutes les occasions de « refaire le plein » : refuge
électrifié, transfert en véhicule (allume-cigare)… Et pensez à
glisser dans vos bagages un adaptateur de prises universel
et une multiprise, qui vous permettront de vous greffer
facilement sur n’importe quelle installation, même lorsque
toutes les prises sont occupées…
21
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LE MAG / CONSEILS
Panneau léger, batterie tampon
et chargeur à griffe : le combo
idéal du voyageur nomade.
choix de votre panneau solaire ou de votre batterie nomade.
Un panneau ou une batterie équipés d’une sortie USB de 5 V
ne sera en effet pas capable de charger une batterie lithium
de 7,4 V. Mieux vaut le savoir avant…
LA CAPACITÉ DES BATTERIES
Généralement exprimée en milliampère-heure (mAh), la capacité de vos batteries est le second élément à prendre en compte.
Elle pourra être de 2 500 mAh sur un accu Ni-Mh, ou de 1 500
mAh sur une batterie de reflex. En réalité, on parlera plutôt de
l’énergie emmagasinée par votre batterie, exprimée en wattheure, avec la formule Énergie (Wh) = capacité (Ah) x tension
(V). Dans l’exemple ci-dessus, l’énergie stockée par votre accu
bâton rechargeable est de 2,5 Ah x 1,2 V = 3 Wh, tandis que
votre batterie de reflex embarque 1,5 Ah x 7,4 V = 11,1 Wh.
LES PANNEAUX SOLAIRES
Si la recharge solaire vous intéresse, il est primordial de comprendre quelle puissance sera capable de vous délivrer votre
panneau. Celle-ci est exprimée en watts; prenons pour exemple
un panneau 10 watts vendu par une grande enseigne sportive,
équipé d’une sortie USB. Par le biais de la formule Puissance
(en watts, W) = Tension (en volts, V) x Intensité (en ampères, I),
on en déduira que ce panneau est capable de délivrer une tension de recharge de 2 ampères (10 W / 5 V = 2 A). Ce panneau
sera donc parfait pour recharger un smartphone (qui nécessite 1 A) ou une tablette (2 A). Mais il ne pourra recharger un
appareil reflex type Nikon ou un drone comme le DJI Mavic
Pro, qui nécessitent un chargeur différent de l’USB et des ten-
sions de charge plus élevées (respectivement 7,4 V et 11,4 V).
Pour ces appareils, il conviendra de passer par une batterie
tampon de forte puissance, dotée d’une prise allume-cigare
femelle 12 V, sur laquelle on branchera un chargeur allumecigare mâle adapté à l’appareil. Certaines batteries tampons
utilisés par les professionnels (vidéo en expédition, par
exemple), proposent même une sortie 19 V, utilise pour
recharger un ordinateur portable.
22
Utilisateur C :
→ But : alimenter un ordinateur
portable, un GPS, une caméra vidéo
et un téléphone satellite durant un
périple de trois mois en Patagonie.
→ Équipement type : un ou deux
panneaux de 60 W, avec une batterie tampon 120 Wh externe dotée
de sorties USB, 12 V et un adaptateur 12V -220 V.
© GoalZero
Utilisateur B :
→ But : recharger plusieurs
appareils tels qu’un appareil photo
compact, un GPS et un mobile
durant un trek de quinze jours.
→ Équipement type : un panneau
de 3 à 10 W au silicium amorphe,
avec éventuellement une batterie
tampon externe.
© GoalZero
Utilisateur A :
→ But : recharger un mobile
lors d’une course de plusieurs jours
en autonomie.
→ Équipement type : une batterie
nomade de 6 000 à 10 000 mAh ou
un panneau de 0,6 W au silicium
polycristallin, avec éventuellement
une batterie tampon intégrée.
© DR
Quelle solution pour quel équipement ?
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SAGA
À la recherche
du dernier
mammouth
SIBÉRIE ARCTIQUE, 1901. C’EST UN MAMMOUTH ENTIER QUE
LES TOURBIÈRES GELÉES EXHUMENT. L’AFFAIRE FAIT GRAND BRUIT
ET UNE EXPÉDITION DE DEUX NATURALISTES, OTTO HERZ ET EUGEN
WILHELM PFIZENMAYER, PART ILLICO POUR UN LONG VOYAGE D’UN AN
À TRAVERS LA RUSSIE IMPÉRIALE. ILS REVIENDRONT AVEC, DANS
LEURS BAGAGES, LE TÉMOIGNAGE INOUÏ DE NOTRE PRÉHISTOIRE.
Gilles Modica
Rédacteur
Spécialiste de l’histoire
des grandes explorations,
notre auteur apprécie
autant l’héroïsme des
pionniers que leurs
qualités littéraires.
24
Printemps 1901 : les berges
de la Berezovka, affluent de
la Kolyma (Sibérie orientale)
restituent le cadavre d’un
mammouth. La nouvelle
connue à Saint-Pétersbourg
provoque le départ immédiat
d’une mission de deux naturalistes, Otto Herz et Eugen
Wilhelm Pfizenmayer vers
la plus lointaine des terres
du tsar et la plus insolite des
destinations. Saint-Pétersbourg
- Irkoutsk - Iakoutsk Verkhoïansk - la Berezovka et
retour. C’est un animal de la
préhistoire en chair et en os
qu’ils vont exhumer, charger
sur des traîneaux et transporter dare-dare jusqu’à Irkoutsk
en laissant à l’hiver sibérien
(-56 °C dans les monts Verkhoïansk, -32 °C dans la
vallée de la Lena) le soin de
la conservation tout au long
de l’expédition qui durera du
3 mai 1901 au 18 février 1902.
Les os des Géants
Jusqu’au XVIIIe siècle, en
Europe, à chaque fois qu’on
déterrait des ossements monumentaux, on en concluait que
de mystérieux géants peuplaient la terre avant l’homme.
C’est un fémur de mammouth
accroché dans l’église de
Saint-Étienne à Vienne
(Autriche) qui a donné son
nom à l’une des portes de la
cathédrale, la porte du Géant.
Sous la voûte du pont de la
Chapelle, à Lucerne (Suisse),
figure la peinture d’un géant :
non loin de là, dans le village
de Reyden, on a trouvé des os
d’hommes épouvantablement
grands sous un chêne. L’auto-
rité de la ville y a envoyé des
savants qui en ont mesuré
les proportions géométriques
d’où il ressort indubitablement
que, quand ce géant était
debout, il mesurait quatorze
fois ce trait. Cela s’est passé
en 1577. Dieu sait quand il a
vécu ! Bel animal de légende,
la licorne fut souvent
couronnée d’une défense
de mammouth et, en 1663,
lorsqu’un monceau d’ossements et de défenses fut
déterré dans des crevasses
d’argile près de Quedlinburg
(Allemagne), un homme aussi
avisé, aussi perspicace que le
philosophe Leibniz dessinait
la forme supposée de la
licorne en la mettant sur
deux pieds et en lui plantant
une défense de mammouth
sur un crâne de cheval.
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© DR
© DR
Le squelette du mammouth
de Berezovka (ci-contre).
Durant l’expédition
l’équipe avait érigé un
campement en rondins
(ci-dessous), pour
résister aux rigueurs
de l’hiver sibérien.
25
© DR
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L’image du crâne du
mammouth de
Berezovka, partiellement
dévoré par les loups,
a fait le tour du monde
dès sa découverte.
C’est à la fin de ce XVIIe siècle
que la licorne disparut de
l’imaginaire occidental et
qu’on parla d’un animal sibérien dont certains trafiquants
récupéraient les défenses.
Les premières découvertes
apparentaient le mammouth
à un animal souterrain
26
Cet ivoire fossile, connu et
travaillé en Asie dès l’Antiquité, se vendait à prix d’or
en Chine où il soignait toutes
sortes de fièvres. En 1692,
dans son récit Voyage extraordinaire et aventureux vers
la Tartarie du nord-est, le
Hollandais Witsen, ancien
maire d’Amsterdam, précisait
que l’on découvrait des cadavres entiers de bêtes colossales
dans ces forêts neigeuses où
le ramassage de l’ivoire fossile et son exportation vers
l’Europe occidentale prirent
de l’ampleur à partir de 1750.
Ambassadeur accrédité par
Pierre le Grand, parvenu en
Chine en traversant la Sibérie,
le Hollandais Isbrand Ides,
dans sa narration (1704) fait
encore état de cet animal et
le nomme pour la première
fois : mammouth. Le mot
serait emprunté au langage
des populations finnoises de
Sibérie qui pensaient, comme
les Chinois, que le mammouth
était un animal souterrain,
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SAGA
Une odeur comparable
aux émanations d’une écurie
mal entretenue les frappa avant
qu’ils aient aperçu le crâne
une sorte de taupe gigantesque
ou de rat monstrueux qui
vivait sous la glace et expirait
à la lumière du jour.
Un spécimen intact ?
En 1799, le naturaliste
Blumenbach introduisait
son nom scientifique Elephas
Primigenius. Cette année-là,
sur le delta de la Lena, un
cadavre de mammouth fut
révélé en chair, en poil et
en os, par un énorme bloc
de glace fossile. Le Toungouse
qui fit la découverte en vendit
les défenses à Iakoutsk. En
mission dans les parages,
un botaniste, Adams, sut
l’affaire mais lorsqu’il parvint
sur les lieux, chiens et renards
avaient dévoré la presque
totalité des parties molles.
Transporté, le squelette fut
reconstitué dans le cabinet
des curiosités du tsar. Jusqu’à
l’expédition Herz-Pfizenmayer
de 1901, aucun des cadavres
de mammouth signalés aux
autorités russes n’échappa
à la voracité des bêtes de la
taïga, du moins dans leurs
parties molles si précieuses
pour une reconstitution.
D’où l’importance de cette
expédition, de ce voyage vers
les derniers mélèzes de l’Empire, dans la glace de Sibérie
et les forêts de la préhistoire,
aux origines de l’homme.
Notez qu’au même moment
l’abbé Breuil découvrait la
grotte des Combarelles
(septembre 1901). Treize
mammouths, entre autres, y
sont figurés. Cette découverte
confirmait l’existence d’un
art préhistorique et le talent
d’un homme à faire face à
des animaux qui, au même
moment, se manifestaient
tels quels sur une berge lointaine de la Russie asiatique
après plusieurs milliers
d’années de congélation.
Il y a quelque chose de troublant et d’inquiétant dans
la modernité. Notre époque
exhume, embaume, relie et
récapitule toutes les étapes
d’une évolution dont on
n’est plus si sûr qu’elle
ait une fin heureuse.
Éprouvante traversée
Départ le 3 mai 1901. Un
premier épisode confortable
aux vitres du Transsibérien :
Saint-Pétersbourg-Irkoutsk.
Le train roule doucement
(pas plus de 36 km/h, précise
Pfizenmayer) au-delà des
monts Oural. « Le mot hâte a
déjà une signification spéciale
en Russie d’Europe », remarque
le naturaliste, « ici en Sibérie,
il est tout à fait inconnu ».
La taïga se consume au loin
mais la taïga est si vaste
que nul ne s’inquiète de ces
incendies. Durant l’été très sec
de 1915, près de 150000 km2
furent grillés dans la taïga
sibérienne et la fumée se
répandit sur 6 000 000 km2,
soit les deux tiers de l’Europe.
Le dimanche 20 mai, au petit
jour, une tarantass s’ébranle
d’Irkoutsk. Une petite voiture
raide, incassable et bâchée,
La fuite devant le mammouth,
huile sur toile (1885) de Paul
Jamin, exposée au musée de
l'Homme, à Paris.
LE CLONAGE EN QUESTION
À chaque découverte majeure se repose la question du clonage des
mammouths, par le biais de l’ADN excellemment conservé durant des
milliers d’années par le permafrost. Plusieurs équipes de généticiens
travaillent en effet au séquençage de l’ADN (complété en 2015), et
surtout au clonage de l’animal par hybridation avec des cellules d’éléphant d’Asie. Si technologiquement, cette opération s’apparente à un
défi, elle soulève surtout des questions éthiques. Peut-on, doit-on faire
revivre un animal disparu il y a des milliers d’années ? La question
divise, d’autant plus que la chasse pratiquée par l’homme durant la
Préhistoire est, au moins en partie, responsable de cette disparition.
© Musée de l’Homme
Réussira-t-on à faire
revivre les mammouths ?
27
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Les mammouths
congelés de Sibérie
en quelques dates
Si le mammouth de Berezovka
fut le premier à parvenir entier
(ou presque) devant les yeux
des scientifiques et du monde,
il ne se passe guère d’année,
ces dernières décennies,
sans que soit découvert un
nouveau spécimen dans
l’Extrême-Orient russe.
1692-1806
Sur les quatre seules découvertes rapportées, toutes
seront livrées aux animaux
sauvages et aux marchands
d’ivoire. En 1806, le botaniste
allemand Adam rapporte un
squelette entier à SaintPétersbourg.
1901
Le mammouth de Berezovka,
le premier rapporté entier,
par Herz et Pfizenmayer. Il a
fait l’objet d’une reconstitution, visible au musée zoologique de Saint-Péterbourg.
1929
Sur les 34 mammouths avec
des tissus mous congelés
(peau, chair ou organes)
recensés, quatre étaient
relativement complets.
1948
Découverte à Fairbanks
Creek, en Alaska, d’Effie,
composé d’une tête, d’une
trompe et d’une patte avant.
Il sera exposé en 1949 à
New York, lui apportant une
célébrité internationale.
28
2013
Une femelle de 50 à 60 ans
est découverte sur l’île Maly
Liakhovski, en Sibérie, contenant encore une partie du
sang liquide de l’animal.
2007
La carcasse d’une jeune
femelle d’un mois, baptisée
« Lyuba », est découverte
près de la rivière Yuribey, où
elle avait été ensevelie
durant 41 800 ans. Elle pesait
50 kg, pour 85 cm de haut et
130 cm de long.
1997
Une défense du « mammouth
de Jarkov » est découverte
dépassant de la toundra
de la péninsule de Taïmyr
en Sibérie. En 1999, cette
carcasse de 20 380 ans est
transportée par un hélicoptère Mil Mi-26 vers une
grotte glacée de Khatanga.
1977
La carcasse très bien préservée d’un mammouth laineux
de sept à huit mois surnommé
Dima est découverte, près
d'un affluent de la rivière
Kolyma dans le nord-est de
la Sibérie. Un autre jeune
moins complet, baptisé Mascha,
sera découvert dans la péninsule de Yamal en 1988.
Cette région détenait tous
les records de froid (-69,7°C)
jusqu’à la création des bases
russes en Antarctique
pour deux personnes et un
cocher. La tarantass n’a pas
de ressort afin qu’elle garde
la plus grande stabilité dans
les mauvais chemins, et pas
de siège. Les passagers s’assoient ou s’allongent sur des
matelas et des coussins qui
n’étouffent que les bonnes
pistes, inexistantes en Sibérie.
Trois chevaux, qu’on remplaçait tous les 25-30 km, de
poste en poste, tiraient la
tarantass qui abattit 380 km
en trois jours et nuits jusqu’à
Chigalova (Jigalovo), sur le
fleuve Lena. Le voyage continua en barque (360 km) vers
Oustkoutsk (Oust-Kout)
où les deux naturalistes
montèrent sur un vapeur.
Ils descendent la Lena.
Les anges de la Lena
Monotone, magnifique,
la descente du fleuve entre
des rives couvertes de forêts
(mélèzes, cèdres, sapins) fut
marquée par la rencontre
d’une communauté scopte
(du russe skoptzy, castré)
en exil : 138 « frères » et 82
« sœurs ». Les Scoptes sont
l’une des plus étonnantes
communautés religieuses
que la Chrétienté ait enfantée. Comme Origène, un des
pères de l’Église (mais le fait
est controversé) et une secte
gnostique du IIIe siècle (les
Valériens), les Scoptes, inspirés par leur fondateur, un
paysan russe du XVIIIe siècle,
ont interprété certains versets
du Nouveau Testament
dans le sens le plus littéral.
Matthieu XIX, 12 entre autres:
car il y a des eunuques qui
sont nés tels dès le ventre
de leur mère ; il y en a qui
ont été faits eunuques par
les hommes, et il y en a qui
se sont fait eunuques euxmêmes pour le royaume des
Cieux. Que celui qui veut
comprendre ceci le comprenne.
Afin d’obtenir une condition
angélique et d’être prêts pour
le Jugement dernier qu’ils
disent imminent, les Scoptes
se châtrent. Un jeune homme,
aux traits efféminés et spongieux, né dans une famille de
Scoptes ukrainiens et castré
à 11 ans, secrètement révolté
contre une communauté dont
il est le photographe, leur montra le grand album des castrats,
des photos de mutilations et
l’anatomie des « anges ».
L’enfer de Sibérie
La Lena coule du midi au nord,
sur 4 150 km et gèle 200 jours
par an à la hauteur de Iakoutsk.
Ne méprisez surtout pas les
fleuves de Sibérie. Le cours
de la Lena s’élargit en aval
d’Iakoutsk où il s’étend sur
une bonne dizaine de kilomè-
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SAGA
© DR
© DR
C’est attelés à des rennes, des chiens et des
chevaux que les restes du mammouth
rejoindront Irkoutsk, avant d’être acheminés
à Saint-Pétersbourg par le train.
29
© Musée zoologique de Saint-Pétersbourg
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Plus d’un siècle après sa
découverte, la reconstitution
du mammouth de Berezovka
demeure l’une des attractions
du musée zoologique de SaintPétersbourg.
30
tres. Iakoutsk est un grand
marché sibérien. Méfionsnous des grands marchés de
Sibérie orientale. Iakoutsk, en
1901, c’était 6 500 habitants
recensés. Au soir du 1er juin, il
leur reste 3 000 km de taïga et
de toundra à parcourir
jusqu’aux berges de la
Berezovka dans une saison
humide et parmi des nuages
de moustiques que rien ne
peut neutraliser, ni feu fumant,
ni moustiquaire gardée en
toutes circonstances.
Quatre chevaux de bât, sept
de selle, deux cosaques, les
deux naturalistes, un
géologue (Sebastianov) et un
interprète, car les Yakoutes les
reçoivent dans leurs yourtes.
Cavaliers et chevaux, jour et
nuit, sont persécutés par un
nuage de moustiques. Le
9 juillet, heureuse d’avoir
couvert 1 050 km en 19 jours,
la mission Mammouth atteignit Verkhoïansk. Ce trou, le
plus misérable des trous de
la Russie asiatique, détenait
un record, le record du froid
(-69,7 °C) jusqu’à la création
des bases de l’Antarctique.
À Verkhoïansk, dit un proverbe,
l’hiver dure douze mois. Le
reste de l’année, c’est l’été.
Pire que l’hiver…
Un été redoutable, pire que
l’hiver. Quelques maisons dans
des mares et des milliards de
moustiques constituent la
capitale de cet immense
district : 12 182 habitants pour
une superficie égale aux
superficies réunies de la
France et de l’Allemagne.
Dans les monts Tas Haiakh
Takh, sous un ciel pluvieux,
la forêt de mélèzes et de bouleaux disparut après 1 000 m,
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SAGA
“ Nous nous tenions muets
devant ce témoin du monde
passé, dans sa tombe de glace ”
remplacée par une toundra
d’arbrisseaux (airelles, myrtilles) et de mousse dite des
rennes. En hiver, les rennes
grattent la neige jusqu’aux
mousses qu’ils broutent,
contrairement aux chevaux
qui n’en mangent pas, d’où
leur capacité de survie et leur
utilisation. De petite taille,
les tribus paléosibériennes
(Lamoutes, etc.) se servent du
renne comme bête de selle et
montent à cru tandis que les
Yakoutes attellent des rennes
à leurs traîneaux en hiver.
Odeur cadavérique
Toute la région des trois
fleuves, Indiguirka, Alazeïa
et Kolyma, inondée en été,
exigea de harassants détours,
deux semaines et demie de
marche entre des lacs, sur
une piste spongieuse. Le
2 septembre, la mission
Mammouth arrivait à Srednekolymsk (273 habitants dont
83 déportés), et se divisait.
Que restera-t-il du cadavre
du mammouth ? Herz prend
les devants. Quant au groupe
de Pfizenmayer, après avoir
descendu la Kolyma pendant
trois jours, navigué parmi des
îles que blanchissent des milliers d’oiseaux, vu des loups,
contemplé la première neige,
tiré des renards bleus et marché dans une taïga
singulièrement basse et
enchevêtrée, il ne parvint aux
berges de la Berezovka qu’à
la fin du mois de septembre.
Un blockhaus de rondins bâti
à un kilomètre du lieu de la
trouvaille fumait. Encore un
quart d’heure… L’odeur du
mammouth frappa Pfizenmayer avant qu’il n’aperçût
un crâne en forme de tour.
Une odeur peu aimable, comparable aux émanations
d’une écurie à chevaux mal
entretenue, mêlée d’une
puanteur cadavérique. Tombé
dans une crevasse de la
calotte pléistocène et enrobé
de vase à basse température,
le mammouth, grâce à cette
enveloppe de glace persistante, ne s’était pas plus
décomposé, jusqu’à l’éboulement de la berge, qu’une tête
de veau dans un congélateur.
« Nous nous tenions muets
devant ce témoin du monde
passé, resté jusqu’à nos jours
presque inaltéré dans sa tombe
de glace pendant des milliers
d’années ».
-56 °C au thermomètre…
Les Russes conduiront les
travaux de dégagement et
des Lamoutes, qui les assistaient, les préparatifs du
retour sur dix traîneaux en
bois de mélèze qu’ils fabriqueront sur place. On y
chargea toutes les portions
du mammouth : un total
d’une tonne. Des chiens, puis
des chevaux seront attelés à
cette caravane de traîneaux.
15 novembre - 23 décembre :
la Berezovka - Iakoutsk par
des températures qui s’abaisseront (-56 °C un matin) dans
les monts Verkhoïansk où le
nez d’une des femmes qui les
accueillaient prit une couleur
bizarre à l’intérieur même de
la yourte. Pfizenmayer s’enveloppa d’un long boa en
queue d’écureuil qui faisait
cinq fois le tour de sa tête. Un
attelage de rennes couvre dix
kilomètres par heure sur une
bonne piste, mais il faut dételer les rennes toutes les cinq
ou six heures pour qu’ils
broutent. Les rassembler
n’est pas une tâche facile, et
c’est souvent au lasso qu’on
reconstitue l’attelage. Voyager
avec des rennes, c’est se
livrer à des exercices de
patience, écrit Pfizenmayer
qui fit le voyage étendu sur
une peau d’ours et adossé à
un coussin, les traîneaux
n’ayant pas de siège. Après
Iakoutsk, atteint le 23 décembre, les 125 postes qui
s’échelonnaient jusqu’à
Irkoutsk tenaient des
chevaux à leur disposition en
sorte qu’ils voyageront jour et
nuit et couvriront 3 000 km en
16 jours. Le cadavre du mammouth, réinstallé dans un
wagon glacière, entra en gare
de Saint-Pétersbourg le
18 février 1902. Dans l’histoire de l’humanité, aucun
animal mort n’avait atteint
sans doute une telle célébrité,
intrigué et réuni autant de
curieux. Et déçu autant de
monde : le wagon étant
plombé et le demeurant,
cette foule de badauds ne
vit… qu’un wagon.
À lire et relire
Les Mammouths de Sibérie,
de Eugen Wilhelm Pfizenmayer,
éditions Payot, 1939.
Jamais réédité, cet ouvrage
relatant la quête du mammouth
de Berezovka n’existe plus
aujourd’hui que dans de
rares bibliothèques ou sur
le marché de l’occasion.
Carnet de Sibérie : Expéditions
mammouths, de Bernard
Buigues, éditions Glénat, 2002.
La quête du mammouth Jarkov,
menée par Bernard Buigues,
initiateur français des campagnes
d’expéditions Mammuthus,
passionné de préhistoire, de
mammouths et, au-delà,
d'explorations associant
aventure humaine et
recherche scientifique.
Histoires de mammouth,
de Marylène Patou-Mathis,
éditions Fayard, 2015.
Préhistorienne et directrice de
recherches au CNRS rattachée
au Département Préhistoire
du Muséum national d’histoire
naturelle, l’auteure nous livre un
état des lieux des connaissances
et des découvertes.
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Rêves
d’Asie
NOS COUPS DE CŒUR EN ASIE DU SUD-EST
TERRE DE PRÉDILECTION DES
GRANDS VOYAGEURS, L’ASIE
DU SUD-EST MÊLE L’EXOTISME ET
LA SPIRITUALITÉ AUX SENTEURS
ÉPICÉES DES TROPIQUES.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Lors d’une représentation
d’opéra à Taipei (Taïwan).
Importé de Chine au XVIe
siècle, l’opéra chinois mêle
dans un grand spectacle à la
fois savant et populaire, la
musique, la danse, le chant et
le théâtre mais aussi les arts
martiaux et le mime.
© Marc Dozier
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Chine
LES JARDINS TERRESTRES DU SHANXI
DANS LES MONTAGNES DU SHANXI, UNE SOIXANTAINE DE TEMPLES
ISOLÉS, DÉDIÉS À MANJUSHRI, LE BODHISATTVA DE LA SAGESSE,
INCARNENT LA PERMANENCE DE L’UN DES LIEUX LES PLUS SACRÉS
DU BOUDDHISME EN CHINE. LES PAGODES Y COMPOSENT UN
ENSEMBLE CULTUREL UNIQUE, VÉNÉRÉ AUJOURD’HUI DANS TOUTE
L’ASIE, DE LA MONGOLIE À LA CORÉE ET DE LA CHINE AU TIBET.
TE X TE ET PHOTO JE AN-MARC PORTE
L’extension historique du bouddhisme en Asie
est une affaire pour le moins longue et complexe. Mais à plus de 2 000 mètres d’altitude,
sous un ciel d’un bleu presque pâle, au cœur
de l’écrin de verdure enchâssé entre les sommets du Wutai, l’histoire, que ce soit pour le
simple voyageur ou le plus croyant des pèlerins, devient presque très simple. La fraîcheur
légère de l’air. Les étagements doux et harmonieux des collines et des terrasses comme
constellées de temples et de mâts à prière…
Il n’est pas si difficile de comprendre pourquoi
Manjusri, l’un des quatre grands bodhisattvas
du bouddhisme chinois, a tout simplement élu
ce lieu pour résidence terrestre.
UN BODHISATTVA NOMMÉ WENSHU
Revenu volontairement sur terre pour l’éveil
des hommes, prêchant au fil de ses pas les
enseignements du Bouddha, Wenshu (le nom
chinois de Manjushri), touché par la dureté du
climat et des conditions de vie des paysans
des immenses des plaines de lœss balayées
de vent de sable et de poussière, et voulant
soulager leurs souffrances, décida tout simplement de changer la donne climatique. Il
partit sous ses habits de moine vers la mer de
Chine afin de demander au roi des dragons
la permission d’utiliser une pierre, dont les
attributs magiques assureraient précipitations
et fraîcheur. Le roi, réticent, mais diplomate
face à la demande du bodhisattva, finit par
accepter, à condition que le vieil homme se
chargeât seul du transport de la si lourde
pierre. L’astuce ne tint pas, bien sûr, face au
pouvoir du disciple de Sakyamuni: en quelques
incantations, Wenshu diminua la taille de la
34
précieuse pierre magique à celle d’un caillou
et la mit dans sa poche. Et s’en retourna, flottant sur un nuage, vers les hauteurs du Wutai.
Il y déposa la pierre au fond de la vallée et
s’installa pour prêcher jusqu’à la fin de ses
jours, au milieu des pâturages d’une fraîcheur
extraordinaire…
LES CINQ SOMMETS
Il ne faut plus aujourd’hui que quelques heures
de route pour atteindre le cœur des Wutai
Shan. Le site, classé par l’Unesco, accueille près
de deux millions de visiteurs par an. Billets
obligatoires. Péages électroniques aux entrées
nord et sud. Le village de Taihuai et ses
hameaux rassemblent un monde bigarré de
restaurants d’hôtels et de boutiques alignés
dans un mélange pour le moins baroque de
styles, de la fausse pagode au clinquant des
vitrines miroitantes. Sur les routes en fond de
vallée, entre bus et voitures pressées, des prosternants effectuent encore la longue khora qui
relie, en un mois, les temples installés sur les
cinq sommets cardinaux des Wutai. L’immense
majorité des pèlerins choisit désormais de
rejoindre la cohorte des minibus bondés, qui,
en quelques heures, relient les hauts points
de cet itinéraire propritiatoire. Les temples
incarnent quant à eux les liens et la coexistence subtile entre le bouddhisme tibétain et
chinois, mais encore avec le taoïsme. Au fil des
visites, entre pèlerins et simples visiteurs, c’est
toute l’Asie, de la Corée à la Mongolie, que l’on
côtoie dans ce sanctuaire où dominent, dans
toutes les chapelles, les représentations de
Manjusri, chevauchant le lion et pourfendant
de son sabre l’ignorance.
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Cours de briques grises,
murailles ocre, stupas
blancs, toitures parfois
dorées : il faut une bonne
journée pour faire le tour et
visiter le dédale des temples
centraux de Guangdong,
Yuangzhao, Xiantong,
Guangren ou Taiyuan…
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Philippines
L’ESCALIER DES TITANS
IL ÉTAIT UNE FOIS UN PEUPLE DE PAYSANS BÂTISSEURS, LES
IFUGAO, QUI MODELÈRENT LES JUNGLES MONTAGNEUSES, AU
NORD DE L’ÎLE DE LUÇON, EN UN GIGANTESQUE DAMIER DE
RIZIÈRES EN TERRASSES. C’ÉTAIT IL Y A DEUX MILLE ANS…
TE X TE ET PHOTO FRANCK CHARTON
Voir Batad et mourir… La cordillère philippine
a dessiné là un amphithéâtre majestueux, aux
rebords abrupts, que les premiers Ifugao sculptèrent patiemment avec des outils de bois, pour
en extraire une invraisemblable mosaïque de
jardins irrigués, dégringolant en bon ordre au
fond d’un canyon. Chaque gradin, étayé par
des murs de pierre cyclopéens rappelant les
murailles incas, et nourri au sein des eaux de
pluie grâce à un subtil jeu de canaux, épouse
au plus près le dessin parfois fantaisiste des
courbes de niveau. Le résultat est stupéfiant
d’ampleur, de caractère, mais aussi d’équilibre
et de sérénité. Une démonstration de force et
un festival de courbes à la sensualité toute tropicale, camaïeu mordoré ondulant sous la brise,
depuis les maisons sur pilotis en contrebas
jusqu’à l’épaisseur de la forêt coiffant des
crêtes insolentes.
CLASSÉ AU PATRIMOINE MONDIAL PAR
L’UNESCO
Cet agrégat de hameaux dispersés sur les versants luxuriants pourrait n’être qu’un village
comme des centaines d’autres. Sauf que ce
fleuron des rizières Ifugao, appartenant au
groupe Banaue, fait partie des quatre ensembles de terrasses classés au patrimoine mondial par l’Unesco, avec Mayoyao, Nagacadan
et Hungduan. Le site du village, l’un des plus
grandioses et, donc, l’un des plus visités, se
mérite cependant, car d’où que l’on vienne, il
faut l’atteindre à pied. Paradoxalement, il
demeure aussi l’un des plus traditionnels, car
son tissu social est resté fort. Grâce à des leaders tribaux clairvoyants, et aussi à la multiplicité des études ethnologiques et des films
36
documentaires réalisés ici, la communauté a
pris conscience de la richesse de son identité. Les habitants ont su, avec sagesse, résister
à la construction programmée d’une route de
desserte. La plus proche piste carrossable
s’évanouit au sommet d’un col, plus de 400
mètres au-dessus du village; ce qui opère automatiquement une « sélection naturelle » des
visiteurs. Ce n’est qu’au bout d’une heure de
marche, en effet, qu’on aperçoit enfin le village, et surtout l’étourdissant cadre de rizières
échelonnées qui lui sert d’écrin.
SPECTACULAIRE MAIS FRAGILISÉ
Mais derrière la carte postale, irrésistible, se
dégage vite une réalité moins idyllique : guerre
des guest-houses, jalousies et susceptibilités,
appât du gain… un Clochemerle finalement
très ordinaire. Le « bol de riz » de Batad, pour
spectaculaire qu’il soit, n’en offre pas moins
des fêlures : secteurs complètement éboulés
et recolonisés par la végétation, murs (de cinq
mètres de haut parfois !) vacillants. En 1990,
un énorme tremblement de terre a fragilisé
les appareillages pourtant monumentaux. « Il
n’y a plus assez de bras au village pour entretenir les murs, la prolifération des racines disjointe les pierres », se lamente Rita, piochon
en main, juchée sur une échelle de bambou.
Au fil des ans, plusieurs organisations non
gouvernementales, toutes financées par
l’Union européenne, ont tenté d’intervenir,
mais force est de constater que bien peu d’effets sont visibles sur le terrain, faute de moyens
véritables malgré la mobilisation des Nations
Unies.
Classées au patrimoine
mondial, les rizières en
terrasses de Banaue, sur l’île
de Luçon, sont parcourues
de sentiers qui dévalent vers
la vallée. On estime les plus
anciennes à près de 2 000 ans.
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Cambodge
TONLÉ SAP, LA PETITE MER DU PEUPLE
À DEUX PAS DES TEMPLES D’ANGKOR, AU CŒUR DU CAMBODGE, LE LAC TONLÉ
SAP CONSTITUE LA PLUS VASTE RÉSERVE D’EAU DOUCE D’ASIE DU SUD-EST. UN
RÉSERVOIR NOURRICIER INDISPENSABLE À TOUT LE PAYS ET UN ÉCOSYSTÈME
UNIQUE QUI SOUFFRE DE LA PRESSION DÉMOGRAPHIQUE ET ÉCONOMIQUE.
TE X TE ET PHOTO MARC DOZIER
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
« Ici, à force de manger du poisson, on finira
par se voir pousser des écailles et des nageoires! »
plaisante Oen Rosun en jetant son filet dans
l’eau limoneuse aux reflets argiles. Alors qu’il
remonte son épuisette vide, il se fait tout à coup
plus sérieux. « Je suis né dans l’odeur du poisson
et elle me colle à la peau. Alors je mourrai probablement ici sans jamais avoir quitté les eaux
du Tonlé Sap. Mais je n’irai ailleurs pour rien
au monde : ma terre à moi, c’est le lac ! ».
Signifiant « grande rivière d’eau douce » en
khmer, le lac Tonlé Sap n’est pas seulement
une terre d’attache pour les pêcheurs romantiques comme Oen Rosun. Il est aussi, et surtout, d’une importance capitale à l’échelle du
pays. Constituant le plus vaste réservoir d’eau
douce d’Asie du sud-est, cette petite mer intérieure fournit en effet 60 % de l’apport en protéines de la population du pays et plus de 75 %
du volume annuel de sa pêche en eau douce.
Relié au réseau hydrographique
des temples d’Angkor, le lac
de Tonlé Sap représente un
écosystème nourricier pour près
de trois millions de Cambodgiens.
LES SECRETS DU MARAIS
Sur les rives, une cinquantaine de hameaux
seulement, viennent troubler la sérénité de
l’immensité marécageuse. Au fil des années,
une large communauté vietnamienne s’est
installée là, après avoir traversé la frontière en
bateau et remonté le cours du Mékong sur plusieurs centaines de kilomètres. Attirés par
l’abondance poissonneuse, ils se sont définitivement établis dans la région afin de profiter
de l’inversement des courants qui se reproduit à chaque saison. Durant la moitié de
l’année entre novembre et mai, le lac Tonlé
Sap unit en effet son cours à celui du Mékong
au niveau de Phnom Penh, avant que les eaux
ne traversent la frontière vietnamienne et ne
s’évanouissent dans l’immensité de la Mer de
Chine. Avec la saison des pluies qui débute au
mois de juin, le flux du Mékong, gonflé par les
eaux de la mousson s’intensifie et prend le
pas sur celui du Tonlé Sap. Brusquement, le
courant s’annule, finit par s’inverser et 20 %
des eaux du Mékong inonde alors la vaste
dépression géologique des marais du Tonlé
Sap. Un gigantesque système de valves de
sécurité qui évite les crues en aval et constitue
un phénomène hydrologique unique aux
conséquences aussi inattendues que profitables. Prodigieuse, la crue entraîne en effet avec
elle des tonnes et des tonnes de poissons : des
trey pra ke à la robe ivoire, des gobies de sable,
des anguilles… Un miracle !
UN LAC À GÉOMÉTRIE VARIABLE
Élastique, la superficie du lac à géométrie
variable passe alors de 2 500 km 2 à plus de
10 000 km2, et sa profondeur maximale s’élève
de 2,20 à 10 mètres. Avec ce flot providentiel,
les poissons rejoignent leur zone de frai, la
bande intermédiaire de forêt inondée, propice
à la ponte. À la fin du mois octobre enfin,
lorsque s’amorce la saison sèche, les courants
reprennent leurs cours. Et avec la décrue, les
poissons entament leur voyage de retour vers
le Mékong. Une nouvelle aubaine ! « À cette
période, on ne pêche pas les poissons… ils
nous sautent dans les bras ! » exagère Roen
Thear, en coupant des jacinthes d’eau devant
la pagode du village de Prek Toal.
Souvent décrit comme le « cœur du Cambodge »,
le Tonlé Sap insuffle ainsi la vie à toute la
région qui l’entoure avec ses canaux, s’enfonçant dans les terres comme des dizaines
de veines nourricières. Mais à ce rythme, le
cœur symbolique semble pourtant menacé de
tachycardie. Surexploitation des ressources,
pêches et coupes de bois illégales, rejets de
pesticides et pollutions diverses, envasement,
projets de barrages à l’impact imprévisible…
le lac doit en effet faire face aux nombreux
bouleversements qui menacent son équilibre.
Une situation préoccupante qui mobilise,
depuis plus années déjà, associations de
défenses de l’environnement et institutions
internationales.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Papouasie-Nouvelle-Guinée
DANS LE SILLAGE DU HIRI
AU TERME DE SON PREMIER VOYAGE, LE CAPITAINE JAMES COOK EMPRUNTE,
EN 1770, LE CANAL DE TORRES ET LONGE LE SUD DE LA NOUVELLE-GUINÉE.
CONFIRMANT QUE L’ÎLE EST SÉPARÉE DE L’AUSTRALIE, IL MET SON NAVIRE
DANS LE SILLAGE DES VOILIERS PAPOUS EN CHEMIN POUR LE HIRI, UN
GRAND VOYAGE COMMERCIAL ÉPIQUE ENCORE CÉLÉBRÉ AUJOURD’HUI.
TE X TE ET PHOTO MARC DOZIER
3 septembre 1770. Parti depuis plus de deux
ans, le capitaine James Cook se résout à faire
route vers le port hollandais de Batavia sur l’île
de Java au terme d’une campagne d’exploration qui l’a mené de Tahiti à l’Australie en passant par la Nouvelle-Zélande. Des voies d’eau
rongeant son trois-mâts, l’Endeavour, il décide
de mettre le cap au Nord et de longer l’Australie
jusqu’à coudoyer les îles inexplorées de
Nouvelle-Guinée. À l’époque, il n’était pas
encore clairement établi si l’archipel formait
une seule terre avec la Nouvelle-Hollande, qui
jadis désignait l’Australie.
UN VOILIER HISTORIQUE
En empruntant le couloir maritime formé par
la mer de corail jusqu’au détroit de Torres,
Cook mit, sans le savoir, son navire dans l’axe
d’une autre expédition, le Hiri, méconnue mais
tout aussi épique, réalisée chaque année
depuis des générations par les tribus de la côte
sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. C’est là,
non loin de Port Moresby, l’actuelle capitale
du pays, que le petit hameau de Kido - une
poignée de cases perchées sur une armée de
pilotis fragiles - s’active afin de terminer l’un
des grands voiliers utilisés autrefois pour ces
campagnes commerciales. Au centre de toutes
les attentions, un immense navire, fièrement
ancré à l’abri des mangroves, dresse sa voile
en pince de crabe vers le ciel comme pour
retenir les nuages gonflés de pluies tropicales.
Avec ses troncs évidés formant une coque
caractéristique surmontée d’un pont de bambous ligaturés de rotin, le vaisseau, un Lakatoï,
s’apprête à jouer les vedettes du Hiri Moale,
le grand festival qui célèbre à la mi-septembre
l’indépendance rendue au pays par l’Australie
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en 1975. Chaque année, un ou deux villages
côtiers sont mobilisés pour bâtir ce vaisseausymbole traditionnel qui naviguera jusqu’à
la plage d’Ela Beach au pied du centre-ville de
Port Moresby. Quelques heures avant le grand
départ, l’effervescence est à son comble.
L’expérience en bandoulière, les anciens inspectent le navire où résonnent les ultimes
coups de marteau. On peaufine les dernières
jupes de feuilles séchées et prépare les grappes
de buaïs, noix de bétel qui seront distribuées
à la foule. « Demain, nous partirons au beau
milieu de la nuit », annonce Fagu Aguna, un
ancien respecté. « Préparez vos affaires et
tenez-vous prêts, je viendrai vous réveiller à
deux heures du matin lorsque les vents seront
favorables », ajoute-t-il la bouche empourprée
de noix de bétel.
ODYSSÉE PACIFIQUE
Trois siècles après le passage du navigateur
anglais, le paysage caressé par Cook n’a pas
beaucoup changé. Massive, l’épine dorsale de
la Nouvelle-Guinée caracole toujours dans la
brume avant de s’enfoncer en une longue broderie de jungle et de collines herbeuses vers
les profondeurs d’un Pacifique frangé de
plages opalines. En revanche, comme pour
toutes les sociétés polynésiennes et mélanésiennes, croyances, savoirs et coutumes ancestrales ont été profondément bouleversés.
Aujourd’hui, comme dans toutes les capitales
du monde, Port Moresby souffre des embouteillages, de la pollution et de la délinquance.
Mais si le Hiri a disparu, on continue à raviver
le souvenir de ces grandes expéditions qui
comptent parmi les plus belles odyssées du
Pacifique.
Dans le village de Kido, une
troupe de jeunes filles répète
une chorégraphie traditionnelle,
appelée eona. Cette danse était
autrefois réalisée à l’occasion
de la fête du Hiri Moale, au
départ et à l’arrivée du navire.
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Vue du temple Wen-Wa dans
le quartier Shi So San, la tour
Taipei 101 domine la capitale
de Taïwan. Signé par l’architecte
C.Y. Lee, l’édifice futuriste est
aujourd’hui le symbole et la
fierté de l’ancienne Formose.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Taïwan
TOUT D’UNE GRANDE…
MÉCONNUE, L’ÎLE DE TAÏWAN DÉVOILE UN
FORMIDABLE CONCENTRÉ DE CULTURE
CHINOISE OÙ SE MÊLENT MODERNITÉ
FUTURISTE ET TRADITIONS ANCESTRALES.
TE X TE ET PHOTO MARC DOZIER
Made in Taïwan. À force de rabâchage, qui
pourrait imaginer l’île autrement que comme
une petite nation-atelier, urbaine et tentaculaire, polluée, industrielle et laborieuse ? Une
terre sans âme en somme, croisement hybride
entre un Hong Kong high-tech et une antique
banlieue soviétique. « Beaucoup de visiteurs
qui découvrent pour la première fois Taïwan
sont surpris de constater qu’en réalité, notre
île est essentiellement couverte de collines
verdoyantes et de montagnes escarpées… »,
regrette une Taïwanaise amoureuse de son île.
Longtemps boudé par les voyageurs, le pays
est - il faut le reconnaître - victime de son
image. Si les stéréotypes puisent d’ordinaire
leurs racines dans un terreau de vérité, force
est de constater que les préjugés n’ont jamais
autant fait mentir les idées reçues. Désignée
en France sous le nom de Formose jusque dans
les années 1960, Taïwan n’a rien d’une île ready
made, en préfabriqué, ennuyeuse et insipide.
TOUT D’UNE GRANDE…
Grande comme quatre fois la Corse, l’île ancrée
à une centaine de kilomètres à l’est de la Chine
continentale est scindée par une longue épine
dorsale montagneuse couverte de végétation
tropicale dense. Si la majeure partie des vingttrois millions de Taïwanais occupe essentiellement la plaine urbanisée de l’Ouest, le reste
de l’île demeure extrêmement sauvage. Six
parcs nationaux et une kyrielle de réserves
naturelles y protègent près de 20 % de sa surface totale. Un véritable sanctuaire botanique,
ornithologique et géologique. Les amateurs
viennent de loin pour s’enfoncer au cœur des
gorges de marbre de Taroko qui comptent
parmi les sept merveilles d’Asie. Pour flâner
sur les plages argentées de l’île-satellite de
Penghu. Ou pour atteindre le toit de l’Asie du
Sud-Est, le mont Yushan où l’on « peut respirer la couleur du ciel » à près de quatre mille
mètres d’altitude.
ATTACHÉS AUX TRADITIONS
Bien sûr, la capitale, Taipei, comme toutes les
autres villes de la mégalopole du littoral ouest,
souffre de la pollution et des embouteillages.
Évidemment, elle connaît son ballet de scooters pétaradants et une frénésie pour l’architecture ultramoderne dont la tour Taipei 101
(508 m de hauteur) est considérée comme le
fleuron. Malgré tout, les Taïwanais restent plus
que tout attachés à l’héritage de la culture chinoise. Ici, la modernité n’a pas balayé la tradition. Elle s’en est inspirée. Surnommée
« majestueux bambou bleu turquoise », la tour
Taipei 101 emprunte ainsi de nombreuses
formes classiques afin d’élaborer son design
futuriste. À quelques rues de là dans les quartiers anciens, il n’est pas rare que la marée
automobile s’arrête pour faire place au passage d’un cortège taoïste avec son lot de
pétards, ses roulements de tambour et ses huit
généraux, grimés et armés de tridents, tout
juste sortis de l’enfer. Personne ne s’en étonnera. Ici, processions religieuses, calligraphie,
opéra, musique, médecine et gastronomie traditionnelle chinoise font partie intégrante du
quotidien. Un véritable concentré de culture
Han dans un mouchoir de poche de 36188 km2.
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Indonésie
RINCA, LE SANCTUAIRE DES DRAGONS
SI ON CONNAÎT L’ÎLE DE KOMODO POUR
SES CÉLÈBRES VARANS, C’EST À RINCA, L’ÎLE
VOISINE, QUE L’ON EN DÉNOMBRE LE PLUS
DÉSORMAIS. BALADE AU PAYS DES DRAGONS,
GRÂCE À UN RÉSEAU DE SENTIERS
SILLONNANT LES MAGNIFIQUES SAVANES
VALLONNÉES DE CE JOYAU D’INDONÉSIE.
TE X TE ET PHOTO FRANCK CHARTON
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Trop tard ! La mâchoire béante a claqué à deux
centimètres d’un oiseau, qui s’évanouit dans
l’azur. Le mastodonte caparaçonné d’une
armure bourrelée, grumeleuse à souhait,
semble dépité, mais comment interpréter ce
faciès impavide ? Malgré ses airs patelins de
gros lézard feignant, se dorant la pilule au soleil
des îles, l’impressionnant varan, appelé ora
localement ou « dragon de Komodo » en
Occident, peut s’avérer étonnamment agile,
vivace et réactif lorsqu’il a faim ou qu’on l’asticote d’un peu trop près. Gare aux visiteurs
matamores, dont la vigilance est endormie par
son apathie sournoise. Les rangers veillent au
grain cependant, armés de longs bâtons fourchés pour stopper au niveau du cou leurs
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
charges intempestives qui, si elles relèvent
souvent du bluff dissuasif, n’en demeurent pas
moins potentiellement létales.
Séparée de Florès par
un simple détroit maritime
de quelques centaines de
mètres de large, l’île de Rinca
est quasiment inhabitée. Ce
territoire sauvage constitue
un habitat parfait pour le plus
gros des lézards vivant sur la
planète.
ENTRE CIEL ET MER
Ce matin, pourtant, j’étais dans un autre
monde. Plus précisément, dans la baie idyllique de Labuhan Bajo, charmante communauté de pêcheurs et station de villégiature
balnéaire, alanguie à l’extrémité de la côte
occidentale de Florès. Bateaux à balancier et
cases sur pilotis des marins bugis, macassars
ou bajau sédentarisés ourlent un liseré de
plages, disparaissant très vite derrière l’écran
de la forêt tropicale. À l’aube, je m’étais
embarqué sur un petit rafiot de bois, alors que
la mer d’huile prenait des reflets argentés et
que les contreforts montagneux dessinaient
contre le ciel fuchsia des arabesques d’une
grande douceur. Très vite, une flottille de dauphins facétieux était venue jouer contre
l’étrave. Deux heures de navigation seulement
nous séparaient de Rinca, au travers d’un labyrinthe émergé : îles crépues, îlots rocheux et
récifs coralliens, baignés par des eaux turquoise et fardés du blanc étincelant de plages
immaculées. On distinguait des baies frangées
de cocotiers, abritant des bungalows colorés
et des pontons comme suspendus en apesanteur sur un glacis aigue-marine. J’imaginais
des robinsonnades entre ciel et mer, à la découverte de ces humbles îles au trésor. Plusieurs
fois, cependant, j’avais remarqué les tourbillons inquiétants marquant le lieu d’affrontement des courants sous-marins, venus des
mers de Sumba et de Florès, responsables de
multiples naufrages.
JUSQU’À TROIS MÈTRES !
À peine débarqué sur Rinca, long ruban montagneux moucheté d’élégants palmiers lontars, j’avise un énorme varan, tapi au soleil
dans les hautes herbes. Ce varanus komodoensis,
de son nom scientifique, appartient à la famille
des lézards moniteurs à sang-froid. Les plus
gros atteignent jusqu’à trois mètres, pour un
poids de cent kilos, et l’élément le plus spec-
taculaire de leur anatomie, avec leur carapace
et leurs pattes griffues, reste leur gueule
« jurassique », dardant en permanence entre
des mâchoires effrayantes une langue fourchue, effilée et jaune. Je me suis rapproché
doucement, pour le photographier, de ce
pachyderme en train de mettre en route son
métabolisme, les yeux clos et la queue-battoir
en point d’interrogation. Il est sourd comme
un pot, mais son odorat ultrasensible m’a
détecté : un faux mouvement en changeant de
film déclenche soudain son réveil. Il semble
se cabrer et fonce aussitôt sur moi, queue
dressée. Je m’enfuis, le monstre sur les talons,
alors qu’un second, « réveillé » par ma course,
me prend également en chasse. Le ranger qui
tentait de me protéger bat lui aussi en retraite
et tous deux piquons un sprint vers la cabane
du parc, heureusement proche. Ce n’est qu’au
pied de l’escalier que les deux oras stoppent,
en tendant leur cou flasque, encore menaçants.
L’ÎLE DES DRAGONS
Il y a encore quelques années, c’est l’île voisine de Komodo qui recevait la majorité des
touristes désireux de rencontrer les varans
géants. Un site de nourrissage avait même été
aménagé au fond d’un oued où, moyennant
finance, une chèvre venant d’être égorgée était
régulièrement jetée en pâture aux oras,
rameutés parfois en grand nombre. En moins
de dix minutes, la biquette était entièrement
avalée, au terme d’une orgie de sang et de tripailles. Un spectacle nauséabond… mais qui
attirait les foules. Aujourd’hui, ce rituel voyeuriste n’a plus cours et de récents comptages
montrent que la population de varans est
supérieure à Rinca qu’à Komodo. Au cours des
trois heures passées à me promener sur l’île,
grâce à un réseau de sentiers sillonnant ses
magnifiques savanes vallonnées, j’apercevrai
sept « dragons », mais aussi quantité de singes,
buffles d’eau, chevaux sauvages, sangliers et
cerfs ! Un bestiaire inattendu sur ce confetti
tropical, foisonnant microcosme insulaire au
parfum de préhistoire.
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Un jeune Vietnamien fait des
offrandes dans la pagode de
l’Empereur de jade où quatre
gardiens imposants entourent
l’effigie de Ngoc Hoang, le
maître du panthéon taoïste.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Vietnam
LES LUMIÈRES D’HÔ CHI MINH
AUTREFOIS NOMMÉE SAÏGON ET
REBAPTISÉE HÔ CHI MINH-VILLE,
L’EFFERVESCENTE CAPITALE
ÉCONOMIQUE DU VIETNAM
N’A PAS PERDU SON CHARME
COLONIAL ET CULTIVE UNE
SPIRITUALITÉ DU QUOTIDIEN.
TE X TE ET PHOTO MARC DOZIER
En ce dimanche matin, les fidèles se hâtent
vers la cathédrale Notre-Dame de Saïgon afin
de ne rater sous aucun prétexte le début de la
messe. Les croyants les plus pressés garent
simplement leur scooter face à l’édifice religieux et, sans entrer dans la cathédrale ni descendre de leur engin, prient au milieu de la
place et du trafic. « Malgré l’effervescence de
la vie moderne, les Saïgonais sont restés très
attachés à la dimension spirituelle de leur quotidien » explique Sang, un guide touristique
originaire de la cité. « Catholique, bouddhiste,
musulman, hindouiste, confucianiste, taoïste…
La plupart des grandes religions sont représentées à Hô Chi Minh-Ville. C’est l’un des héritages de notre histoire mouvementée. »
CHARME HISTORIQUE
Autrefois surnommé « Le petit Paris asiatique »
ou « La perle de l’Orient », Hô Chi Minh-Ville
a su préserver une bonne part de son charme
historique. Malgré le boom immobilier de cette
dernière décennie, les édifices coloniaux ont
été conservés et entretenus : l’hôtel de ville,
l’opéra, les hôtels Continental et Majestic, le
lycée Marie-Curie… sans oublier la poste, qui
jouxte la cathédrale. Ouverte tous les jours
même le dimanche de 7h à 22h, la poste centrale de Saïgon constitue une attraction touristique à part entière grâce à sa structure
métallique dessinée par Gustave Eiffel, ses
vieilles cabines téléphoniques et son impo-
sante façade jaune citron. Sur la place Cong
Xa Paris, dominée par la poste et la cathédrale,
le ballet des scooters s’intensifie en ce début
de matinée. « Ici, les feux rouges sont seulement indicatifs » plaisante Nguyen Thi Truc
Linh, un motocycliste garé sur le trottoir qui
m’emmène vers les quais Tong Duc Thang.
Quelques Binh Pân, de petits restaurants populaires mobiles, se sont installés et proposent
sandwichs, soupes et beignets frits.
ÉQUILIBRE IMPROBABLE
Changement de décor sur la place de l’hôtel
de ville : trois Mercedes, deux grosses Toyota
tout terrain et une Bentley trônent devant la
statue de l’oncle « Hô », la figure nationale qui
mena la révolution communiste du pays. Les
symboles se télescopent. Dès potron-minet,
curieux, familles, voyageurs étrangers, touristes locaux et hommes d’affaires défilent
devant la sculpture pour une photo souvenir.
Exsangue après la guerre civile, la ville bénéficie du doi moi, la grande réforme de l’économie lancée en 1986. Dynamique et
travailleuse, elle est devenue la capitale économique du pays et représente plus de 25 %
du commerce de détail du pays. L’illustration
est donnée rue Dong Khoi, « les ChampsÉlysées de Saïgon ». Bordée d’arbres centenaires, cette artère historique formait jadis le
centre de la vie saïgonaise et concentre
aujourd’hui la majeure partie des bâtiments
historiques, magasins de vêtements occidentaux et grandes enseignes de luxe. H&M. Louis
Vuitton. Burberry. Chanel. Dior. On se croirait
à Paris, Londres ou New York. « Il y a vingt
ans à cette heure-là, il n’y avait pas une
lumière dans la ville. Le soir, les cyclistes
étaient obligés de rouler doucement et de faire
du bruit pour ne pas se percuter dans l’obscurité » se souvient Benoît Perdu, un Français
installé au Vietnam depuis près de trois décennies. « Aujourd’hui, on roule en scooter à toute
vitesse et il y a tellement de lumière et de boutiques que cela en devient aveuglant. En
quelques années, le visage de la ville s’est radicalement transformé mais les Saïgonais sont
parvenus à conserver leur spiritualité séculaire. Ils trouvent même un équilibre improbable entre communisme et libéralisme » Hô
Chi Minh-Ville se développe à toute vitesse.
Mais nul ne saura dire si Hô-Chi-Minh appréciera.
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Au centre du village d’Ubud,
le Puri Saren Agung, le palais
d’eau qui se reflète dans un bassin,
fut, jusque dans les années 1940,
la résidence des rois d’Ubud et
reste encore aujourd’hui celle des
descendants de la famille royale.
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BALI
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
UNE ÎLE ET DES DIEUX
AU CENTRE DE L’ARCHIPEL INDONÉSIEN, L’ÎLE
DE BALI CULTIVE FIÈREMENT SON HINDOUISME
AU CŒUR DU PLUS IMPORTANT PAYS MUSULMAN DU MONDE. AU FIL DES SIÈCLES, CETTE
RELIGION SYNCRÉTIQUE A PROFONDÉMENT
INFLUENCÉ L’IDENTITÉ DE L’ÎLE DES DIEUX.
TEX TE ET PHOTOS MARC DOZIER
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Ni Luh Nova Sulystia et
Ni Wayan Arcita Utami,
deux danseuses de legong,
l’une des plus célèbres danses
balinaises, se préparent
dans les coulisses.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
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Situé à 20 km au nord de
Denpasar, le temple de Pura
Batu Balong et celui tout
proche de Tanah Lot font
partie des plus révérés de l’île.
Très touristique, le site attire
chaque soir des milliers de
visiteurs qui viennent y
admirer le coucher du soleil.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
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On évoque souvent
l’Indonésie comme
le plus grand pays
musulman du monde,
avec quelque deux cent soixante millions d’habitants, aux quatre cinquièmes de confession
islamique. Mais ce serait oublier que dans cet
État mosaïque — 17 000 îles au bas mot ! —, la
liberté religieuse est une garantie constitutionnelle, et qu’aux côtés de l’islam, cinq autres
religions sont reconnues officiellement: le protestantisme, catholicisme, le bouddhisme, le
confucianisme et l’hindouisme. C’est dans la
petite île de Bali que prospère toujours cette
dernière : l’hindouisme, l’une des plus
anciennes religions du monde, est apparu au
IIIe millénaire avant Jésus-Christ. Magique pour
beaucoup, galvaudée pour certains, l’île
mythique, d’une superficie de 5 620 km2,
compte trois millions d’habitants, dont la
quasi-intégralité est hindouiste. « Autrefois, Bali
était une île animiste. On y vénérait les esprits et
la nature » explique Natih Sudantha, un guide
local originaire du village d’Ubud. « Jusqu’à ce
qu’au IXe siècle, l’hindouisme s’impose peu à peu
avec les négociants indiens et les princes javanais
Sanjaya. » Après une succession de rebondissements politiques, de périodes de guerres et
de paix, d’alliances et de trahisons, de princes
déchus et encensés, de royaumes conquis et
perdus, au XVe siècle, l’empire Majapahit qui
regroupait Java et Bali s’écroule face à l’influence grandissante de l’Islam apporté par
les marchands musulmans d'origine arabe.
CULTE DES ANCÊTRES
En procession, les prêtres, les nobles et leur
cour traversent alors le détroit qui sépare les
deux îles pour se mettre sous la protection des
rois balinais. Intellectuels, musiciens, danseurs, acteurs, marionnettistes, sculpteurs et
artisans de toutes les corporations émigrèrent
ainsi d’un même élan pour trouver refuge sur
ce petit îlot providentiel, terre d’accueil prospère où ils pouvaient continuer à pratiquer
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MARC
DOZIER
Grand spécialiste de
l’Asie, qu’il affectionne
particulièrement, notre
reporter n’a pu résister à
venir éprouver ses
boîtiers à Bali, entre
cérémonies religieuses et
danses traditionnelles.
leurs cultes et leurs arts. Un âge d’or qui
influencera profondément l’âme de l’île durant
des siècles et jusqu’à aujourd’hui. Avec l’élite
de l’Empire, c’est en effet toute une culture
qui s’installe à Bali, déclenchant une explosion créative sans précédent. Considéré par
beaucoup comme à l’origine de nombreux rites
fondateurs spécifiques de l’hindouisme balinais, un grand prêtre du nom de Nirartha
comptait parmi ceux qui s’expatrièrent en
1478. À partir de cette date, Bali devient ainsi
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
l’ultime bastion de l’hindouisme, au cœur d’un
immense archipel converti à l’Islam. Ce qu’elle
restera durant plus de cinq siècles.
Aujourd’hui, seuls 3 % des Indonésiens sont
reconnus comme hindouistes, la plupart résidants ou originaires de Bali. Fiers de leur histoire, les habitants de la minuscule enclave
hindouiste cultivent toujours avec noblesse
leur identité et la singularité de leurs rites. Au
fil des siècles et des influences, Bali a en effet
donné naissance à une forme syncrétique
unique de l’hindouisme, aujourd’hui nommée
« Agama Hindu Bali ». Si les Balinais honorent
les mêmes dieux que les Indiens - la trinité
Brahma, Shiva et Vishnu - ces divinités n’y
sont jamais représentées, contrairement à
l’usage en Inde. À ce panthéon vient également s’adjoindre un culte des ancêtres divinisés ainsi qu’une multitude de dieux, de
demi-dieux, d’esprits et de démons hérités de
l’animisme originel. Les bons génies et les
ancêtres vivent dans les montagnes alors que
Au cœur de l’île,
entre Ubud et le lac Batur,
Made Misi travaille dans
les rizières en terrasse
de Tegallalang, devenues
en quelques décennies
l’un des sites touristiques
majeurs de Bali.
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Indissociable de l’image de l’île,
la pratique du cerf-volant est
courante sur toutes les plages
de Bali, comme ici aux abords
du temple de Tanah Lot.
les géants et les êtres maléfiques résident sous
terre et dans la mer.
DIEUX ET DÉMONS
« Au centre de l’ordre cosmique, l’homme a la charge
d’équilibrer les forces opposées du bien et du mal.
Quel que soit son statut, chaque être humain doit,
par ses actions, contribuer à cette stabilité »
explique Cokorda N. Suyadnya, le fils du roi
d’Ubud. « Que l’on fasse partie de la famille royale,
que l’on soit paysan, commerçant ou artisan,
chacun en faisant des offrandes joue un rôle tout
aussi fondamental que le brahmane lorsqu’il prie.
Pour nous, Bali est un monde peuplé d'êtres
humains mais aussi de dieux et de démons qu’il
faut respecter et honorer »
Foisonnante, cette cosmogonie transcende
ainsi tous les aspects de la vie quotidienne. Il
n’est pas un jour sans que l’on vienne déposer
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C’EST OÙ ?
Située dans les Petites îles
de la Sonde, en Indonésie,
Bali est un trait d’union
entre les îles de Java et de
Lombok. Avec près de
4 millions d’habitants pour
à peine 5 637 km2, elle est
densément peuplée. L’agriculture, et notamment
les rizières en terrasse,
modèle les paysages de
l’île, même si le boom
touristique de la fin du
XXe siècle a déjà marqué
l’île de son empreinte.
COMMENT
Y ALLER ?
La plupart des compagnies
asiatiques et du Golfe
desservent l’Indonésie et
Bali, via la capitale Djakarta,
ou d’autres plateformes en
Asie (Singapour, Bangkok,
Hong Kong) ou au MoyenOrient (Dubaï, Doha) On
trouve des vols en basse
saison à partir de 400 € ;
compter 18h en tout, avec
l’escale.
QUEL
VISA ?
Bonne nouvelle ; aucun visa
n’est plus nécessaire désormais pour un séjour
inférieur à trente jours. Il
vous suffira d’un passeport
valable six mois après votre
date de retour pour entrer
dans le pays. Pour les
séjours entre 31 et 60 jours,
le visa peut être délivré à
l’arrivée, à l’aéroport de
Denpasar.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
L’Agung, le géant sacré
Le 8 mars 1963, alors même que débute la célèbre fête de l’Eka Dasa Rudra, qui ne se déroule
qu’une fois par siècle, un grondement sourd se fait entendre. le Gunung Agung (3 142 m) affiche
depuis plusieurs semaines tous les signes d’une éruption imminente. Mauvais présage, pour les
Balinais, qui y voient une réponse des dieux à tous leurs péchés. Dix jours plus tard, des nuées
ardentes dévalent les flancs du volcan, causant la mort de 1 500 personnes. Considéré comme une
montagne sacrée par les Balinais, l’Agung est sous surveillance permanente. Fin 2017, une nouvelle
crise éruptive a provoqué la fermeture de l’aéroport de Denpasar durant plusieurs jours, clouant
avions et touristes au sol. L’état d’alerte demeure maintenu à ce jour, en niveau 3, ce qui interdit de
s’approcher à moins de 4 km du cratère.
au pied de l’autel familial, ou des grands temples populaires, une offrande en signe de déférence. Une imposante corbeille de fruits frais
ou de simples tressages de feuilles contenant
grains de riz, pétales de fleur et encens.
Dérisoires et éphémères, magnifiques et
éblouissantes d’élégance, ces offrandes apaiseront la mauvaise humeur des démons
jusqu’au prochain cycle lunaire ou, tout au
moins, jusqu’au lendemain.
Il faut dire qu’ici, les monstres, même s’ils
ne sont pas toujours malveillants, n’ont pas
l’air commodes. Pour s’en convaincre, il suffit
d’observer les sculptures qui ornent le fronton
des temples. Au-dessus de la porte trône traditionnellement un Boma protecteur, la
bouche grande ouverte et les mains écartées,
entouré par les grandes figures emblématiques de la mythologie balinaise, le Barong,
Krisna et Garuda, caractéristiques de l’iconographie de l’île. Construits selon une organisation influencée par l’hindouisme, les
temples sont généralement orientés selon une
direction « montagne – mer » et composés
d’une série de trois cours auxquelles on accède
par une haute porte.
UNE CULTURE VULNÉRABLE
« Influencée par l’hindouisme, notre conception cosmique de l’univers est présente partout » considère Oka Anggrimawati, une
danseuse de Legong réputée. « Dans l’architecture et la construction des temples bien
entendu, mais aussi dans l’organisation des
maisons et des villages. Cette représentation
est au cœur de nos danses et nos spectacles,
dans tous nos rites de naissance et de mort et
même jusque dans nos jeux. » Ici, le sacré s’immisce partout et les brahmanes ne manquent
pas d’imagination pour tirer quelques profits
À Bali, les jeux de hasards, appelés
kocok kocok en balinais, demeurent
très populaires, comme ici dans le
village de Taro, au temple de Dalem
Pingit.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
de la ferveur populaire. Strictement interdits
par la loi, les combats de coqs enflamment en
effet la passion des parieurs mais ne sont autorisés que de façon exceptionnelle… uniquement si une partie des sommes échangées
sont reversées au prêtre afin de profiter à l’entretien de son temple !
« Tous les étrangers encensent notre culture et s’ébahissent devant nos temples, nos danses et notre
artisanat. Mais de plus en plus de sculpteurs qui
travaillent dans les villages du centre de l’île sont
en réalité originaires de Java, et musulmans. Même
si notre culture semble éternelle, il faut oser avouer
que Bali est de moins en moins balinaise » regrette
Surata Nyoman, un guide originaire du village
d’Ubud. L’affluence croissante des migrants
originaires des autres îles, la radicalisation de
l’Islam à travers l’archipel et les attentats islamistes en 2002 et en 2005 qui ont fait plusieurs
centaines de morts ont entraîné une forte crispation identitaire. « Depuis les attentats, les
Balinais sont plus que jamais sur la défensive et
leur île est en état de siège. Cette agression a exacerbé le sentiment de leur vulnérabilité en tant que
minorité ethnique et religieuse au sein de l’Étatnation indonésien » expliquait en 2010 l’anthropologue Michel Picard, spécialiste du
phénomène touristique à Bali dans son article
L’identité balinaise à l’épreuve du tourisme.
« La situation critique de Bali n’est pas due seulement à l’attentat, mais au fait que les Balinais ont
perdu le contrôle de leur île, qui est surchargée de
constructions, envahie par les immigrés, exploitée
par les investisseurs étrangers, colonisée par
Djakarta et menacée par l’islam. Aujourd’hui, Bali
est au bord de la destruction et les Balinais sont
en train de devenir des étrangers sur leur propre
terre. »
LE CŒUR DE L’ÎLE
Dans ce contexte tendu, l’île s’interroge ainsi
sur sa propre identité et certains craignent
pour la pérennité de l’enclave hindouiste. La
« Balinité » de l’île serait-elle en danger ? Voire.
Certains osent même imaginer obtenir son
autonomie, espérant ainsi protéger son identité… « Ici, comme partout, le monde change mais
il règne toujours une atmosphère unique. Céleste »
considère Paul Grant, un expatrié anglais installé à Denpasar depuis plus de trente ans.
« Malgré le flot des touristes et les différends entre
les communautés, Bali reste ce qu’elle est.
Hindouiste et balinaise jusqu’au bout des ongles.
Ou plutôt jusqu’au bout des griffes de Garuda, l’oiseau fabuleux de la mythologie hindouiste, symbole de toute l’Indonésie. »
Témoins de cette culture inspirée par la mythologie hindouiste, les spectacles de danses et de
musiques traditionnelles qui se déroulent dans
le village d’Ubud. Réputé comme un hameau
d’artistes et d’artisans, de tradition et d’histoire, Ubud est sans conteste l’axe autour
duquel tourne la culture traditionnelle balinaise. « Ubud est un peu notre conservatoire des
traditions. Comme si les dieux et les arts avaient
trouvé refuge ici » explique Surata Nyoman, un
guide originaire des environs. « La culture y est
encore omniprésente. Ici, les habitants portent tou-
Les meilleurs spectacles de Bali
À Bali, Ubud est, sans conteste, l’endroit où il faut assister à des spectacles de danses et de
musiques traditionnelles. Les représentations y sont extrêmement nombreuses et de grande
qualité. Généralement, le prix varie entre 5 et 8 € par représentation. En arrivant, on peut
se procurer le programme gratuit qui recense toutes les manifestations, édité par l’office
de tourisme afin de pouvoir composer son « programme » en fonction de son séjour. Pour
chaque spectacle, il est conseillé d’arriver au moins 30 minutes à l’avance afin de pouvoir
s’installer aux meilleures places. Les billets sont en vente partout, à l’office de tourisme,
auprès de petits revendeurs dans la rue et à l’entrée des spectacles.
58
OÙ DORMIR ?
L’offre balinaise en termes
d’hébergement est pléthorique, de la petite auberge
pour backpackers aux
luxueux resorts de luxe.
En haute saison, il est
prudent de réserver dans
les grands hôtels ; en basse
saison, ceux-ci vous accorderont des réductions
importantes. La formule
de la location de
villas/maisons est en
hausse, mais mieux vaut
passer par une agence
sérieuse.
SE DÉPLACER
S’il est toujours possible de
se déplacer en bemo (mini
pick-up collectif) pour un
prix dérisoire (quelques
euros), la plupart des
touristes font appel,
notamment pour les principales excursions, aux vans
touristiques, plus confortables. Si vous disposez d’un
permis international, vous
pouvez également louer un
scooter ou une voiture (de
20 à 35 €/j) mais mieux
vaut, par sécurité, une
voiture avec chauffeur
(40 à 50 €/j).
QUAND PARTIR ?
La meilleure période pour
découvrir Bali demeure
notre été, de juin à septembre, avec une eau autour
de 27°C. La saison des
pluies s’étend de décembre
à mars, avec une humidité
souvent très importante et
des températures élevées,
dépassant souvent
les30°C.
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Les représentations de
legong au palais d’eau de
Ubud sont réputées parmi
les plus belles de l’île.
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jours notre costume traditionnel : un sarong (une
pièce de tissu portée comme un paréo), une ceinture
et un chapeau de tissu noué sur la tête ». Oka
Anggrimawati, une danseuse de Legong réputée
renchérit : « Malgré sa croissance effarante, ses
embouteillages, ses salons de massage et ses restaurants à l’occidentale, Ubud est resté Ubud ».
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le
charme demeure en effet. Et d’une certaine
façon, le village cristallise tout le paradoxe
balinais : parvenir à conserver sa culture tout
en succombant aux sirènes du tourisme de
masse. Rien ne semble pouvoir empêcher les
femmes de déposer leurs offrandes, délicates
et éphémères, au pied des petits autels familiaux. Et rien ne semble freiner la dévotion des
crémations, l’élan des artisans, la ferveur de
spectacles. Tout au contraire…
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VISITER L’ÎLE ?
Bus longue distance, vans
touristiques, bemos, taxis,
locations de voiture
avec ou sans chauffeur,
scooter… Visiter Bali est un
jeu d’enfant ; vous n’avez
qu’à choisir votre moyen de
locomotion favori.
Prudence malgré tout sur
les routes, toujours très
encombrées et dangereuses. Notre conseil :
emprunter les vans touristiques et les bemos si votre
budget est serré et que
vous êtes habitués à
voyager ; sinon optez pour
la voiture avec chauffeur
pour voyager serein.
ACHETER DE
L’ARTISANAT ?
Bali est un paradis pour les
amateurs d’artisanat et les
villages autour d’Ubud sont
réputés pour la qualité de
leur travail. La commune de
Batubulan est célèbre pour
ses sculptures en pierre
(nombreuses pièces
exposées au bord de la
route) et pour la sculpture
sur bois, en particulier les
masques de théâtre. Ainsi
que Bono pour le mobilier
en bambou, Celuk pour ces
bijoux en argent et Batuan
pour le tissage. Marchandage de rigueur.
PRÊT À
PARTIR ?
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Nommés tajen en indonésien,
les combats de coqs sont
interdits à Bali, sauf parfois
lorsqu’ils sont autorisés par un
temple (ici à̀ Dalem Pingit) qui
perçoit alors un pourcentage
sur les paris.
Dans le village de
Batubulan, au sud d’Ubud,
la troupe Sahadewa sur
scène, à l’occasion d’une
danse appelée kecak.
Les postures très codifiées
du legong demeurent une
inépuisable source
d’inspiration pour les
peintres, comme sur cette
toile du musée Neka, à
Ubud.
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À voir à faire à Bali
PAR PIERRE GARCIA
1 TANAH LOT
Juché sur un imposant rocher surplombant
les eaux, le Tanah Lot est l’un des sept
temples de la mer de Bali. Des temples
parmi les plus importants de l’île puisqu’ils
ont pour fonction de la protéger de la
fureur des flots. Construit au début du
XVIe siècle par le grand sage hindou
Niratra, le temple Tanah Lot est situé à
environ 1h de route de Ubud et à moins de
20 km de Tabanan. Il ne se révèle accessible qu’à marée basse, lorsque la mer se
retire pour offrir aux touristes une voie
d’accès à pied. Nombreux sont ceux qui
viennent à Tanah Lot pour le coucher du
soleil, c’est à cette heure que le site se
révèle le plus spectaculaire. Compter 60
000 roupies (4 €) l’entrée pour les adultes,
moitié moins pour les enfants.
2 RIZIÈRES DE JATILUWIH
À perte de vue le long de ses routes et
villages, Bali offre parmi les plus spectaculaires rizières du monde. L’île dispose d’un
système d’irrigation unique nommé subak,
véritable emblème du savoir-faire local
inscrit depuis 2012 au patrimoine mondial
de l’Unesco. Au cœur de la province de
Tabanan, les rizières de Jatiluwih comptent
parmi les plus belles avec d’immenses
vallées verdoyantes étagées en une multitude de terrasses qui épousent la forme du
relief à perte de vue. Les fermiers indonésiens plantent et récoltent ici le riz depuis
paraît-il près de mille ans. Un véritable
immanquable de toute excursion à Bali
accessible depuis Ubud (1h30 de route)
pour environ 40 000 roupies (2,30 €).
3 GROTTE DE GOA LAWAH
ET TEMPLE DE BESAKIH
La grotte aux Chauves-souris de Goa Lawah
et le temple Besakih
Situé à l’est de Bali, le village de Pesinggahan abrite l’un des neuf temples directionnels de l’île, le Goa Lawah. Censé protéger
l’île des esprits malfaisants, Goa Lawah est
un lieu majeur de l’hindouisme balinais.
Mais s’il est connu des touristes
aujourd’hui, c’est surtout pour sa célèbre
grotte aux Chauves-souris. Creusée au
cœur de la montagne Bukit Tengah, elle
abrite ces milliers de mammifères volants
qui lui ont donné son nom. Depuis Denpasar, compter une heure de route puis
15 000 roupies l’entrée (moins de 1 €).
S’attacher les services d’un guide vous
reviendra à 50 000 roupies (3 €). À savoir
que Goa Lawah est reliée par un tunnel
(aujourd’hui fermé au public) au temple
Besakih, le plus grand de l’île de Bali, au
pied du mont Agung.
4 LAC BRATAN ET
TEMPLE D’ULUN DANU
Si vous disposez d’un billet de 50 000
roupies indonésiennes, vous pourrez
remarquer au verso la représentation d’un
temple situé au bord d’un plan d’eau. Il
s’agit en fait du temple d’Ulun Danu,
construit en 1663 pour vénérer Danu, la
déesse des Eaux. Un lieu majeur de l’hindouisme balinais qui se dresse devant le lac
Bratan, l’un des plus beaux lacs du pays et
le deuxième plus grand de l’île de Bali. Un
lac d’altitude perché à 1 500 m d’altitude,
tout près du village de Bedugul dont il
irrigue les rizières. Des minibus locaux, les
bemos, permettent de rallier le site depuis
les villes d’Ubud, Denpasar ou Bedugul.
Prévoir 30 000 roupies l’entrée pour les
adultes et 15 000 roupies pour les enfants.
5 L’ASCENSION
DU MONT AGUNG
ALERTE ÉRUPTION EN COURS. ASCENSION
INTERDITE ACTUELLEMENT. Culminant à
3 142 m d’altitude, le mont Agung est le
point culminant de l’île de Bali. Loin de s’en
satisfaire, il a surtout acquis sa réputation
de la vénération que lui vouent les
hindouistes balinais. Ceux-ci voient en lui le
mont Meru, rien de moins que l’axe du
monde dans la religion hindoue. L’ascension peut se faire par le sud et le temple
Pasar Agung, un itinéraire court (3-4h de
marche) mais assez raide. D’autres préféreront grimper par le flanc ouest au départ
du temple Besakih, un parcours moins
vallonné mais plus long (6 à 8 d’efforts).
D’en haut, on peut contempler la quasitotalité de l’île de Bali. Il vous sera recommandé de prendre un guide local (environ
450 000 roupies soit 26 €) car se perdre sur
les flancs du volcan est un jeu d’enfant.
6 LE MONT BATUR
Terre volcanique, Bali offre avec le mont
Batur et ses 1 700 m d’altitude un terrain de
jeu idéal pour tous ceux qui veulent
prendre de la hauteur. Depuis Air Panas,
Pura Jati ou Songan, comptez deux heures
d’effort pour parvenir au sommet. Un
périple souvent réalisé de nuit afin de profiter pleinement des premiers rayons du
soleil qui se reflètent au petit matin sur le
lac Batur. Si la vue est dégagée, il vous sera
même possible de voir jusqu’à l’île de
Lombok située en face de celle de Bali. Seul
bémol, les locaux qui profitent de l’intérêt
touristique du mont Batur pour en faire un
véritable business, imposant à tous ceux
qui veulent le gravir de s’attacher les
services d’un guide moyennant une
quarantaine d’euros. Pour être tranquille,
prendre un guide directement à l’hôtel.
7 MONKEY FOREST
Localisée au cœur d’une magnifique
réserve naturelle qui se déploie tout autour
du sanctuaire de Pura Dalem Agung
Padangtefal, la Monkey Forest d’Ubud est
un incontournable de tout séjour à Bali.
Grâce à des itinéraires de 1 à 2h en pleine
forêt, vous aurez l’occasion de partir à la
rencontre de quelque 600 macaques qui
vivent ici en liberté. Habitués à la présence
humaine, ces derniers n’hésitent pas à
venir faire connaissance avec leurs invités
surtout s’ils ont sur eux de la nourriture,
offrant aux visiteurs des moments de
partage privilégiés avec ces animaux
emblématiques de l’île. Compter 50 000
roupies (moins de 3 €) pour les adultes, et
40 000 roupies pour les enfants (2,50 €).
TIRTA EMPUL ET
8 SA
SOURCE SACRÉE
Tout près du village de Tampaksring, à
équidistance entre Ubud et le mont Batur,
le temple de Tirta Empul offre à ses
nombreux visiteurs une plongée hors du
commun dans la passionnante culture
balinaise. Depuis le Xe siècle, les curieux se
pressent ici pour prier Shiva, Vishnu ou
encore Brahma, mais surtout pour
s’immerger dans les eaux de la source du
temple de Tirta. Une eau considérée
comme sacrée par les hindous, puisqu’elle
aurait le pouvoir de guérir tous ceux qui
viennent à Tampaksring visiter le temple
de Tirta Empul. Pour avoir vous aussi le
privilège de vous baigner dans les eaux
sacrées de Tirta Empul. Comptez 15 000
roupies (moins de 1 €) pour les adultes et
7 500 pour les enfants.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Mer de Bali
Singaraja
10
Lac Bratan
6
Gunung Batur
4
(1 717 m)
BALI
Negara
Amed
Jatiluwih
Besakih
Tirta Empul 8 Bangli
2
Ubud
Tabanan
Tanah Lot
(3 142 m)
5
12
Tirta
Gangga
Amlapura
9
Klungkung
Monkey Gianyar
Forest
7
1
DENPASAR
Benoa
Jimbaran
Presqu’île 11
de Bukit
N
Sanur
Kuta
Océan Indien
Gunung Agung
3
NUSA
PENIDA
Nusa Dua
10 km
© OpenStreetMap
9 UBUD
Avec son patrimoine d’une richesse inestimable, Ubud est sans conteste le centre
historique du tourisme culturel et artistique de l’île de Bali. La ville abrite notamment de nombreux temples hindous qui
comptent parmi les plus sacrés de l’île,
comme celui de Saraswati proche du
centre, ou encore celui de Gunung Kawi
datant du XIe siècle. À Ubud, imprégnezvous aussi de la culture locale en assistant
à l’un nombreux spectacles de danse kecak
(environ 50 000 roupies, soit 3 €), ou
encore en flânant dans le grand marché de
la ville regorgeant de produits locaux
divers et variés. En périphérie, Ubud
propose aussi quelques belles rizières
notamment la superbe Tegallang facilement accessible.
10 LES PLUS BELLES
CASCADES DE BALI
Riche d’une biodiversité exceptionnelle,
l’île de Bali offre à ses visiteurs des
cascades toutes plus belles les unes que les
autres, pour autant d’idées de balade et de
baignade dans un cadre privilégié. La plus
connue est la cascade de Git Git, située
entre Singaraja et Bedugul. Compter
10 000 roupies (moins de 1 €) pour y
accéder. À Sukawati, la très spectaculaire
cascade de Tegenungan est aussi particulièrement prisée des touristes. Elle
présente l’avantage d’être facilement
accessible grâce à de nombreux aménagements tout au long du parcours (prévoir
15 000 roupies pour y accéder). Citons
aussi Nung Nung et Aling Aling, ou les
cascades jumelles de Banymala, plus difficiles d’accès.
11 PRESQU’ÎLE DE BUKIT
ET TEMPLE ULUWATU
Située à une heure de route de Kuta, la
presqu’île calcaire de Bukit reste encore
préservée du tourisme de masse qui
envahit peu à peu Bali. Un lieu qui se
révèle captivant à plus d’un titre, d’abord
grâce à ses plages sublimes qui ont fait une
bonne partie de sa réputation. On pense
notamment à Padang Padang, bande de
sable blottie entre les falaises qui se révèle
être un paradis pour surfeurs, mais aussi à
Uluwatu Beach, l’une des plus belles plages
de Bali. Perché sur une falaise, le temple
d’Uluwatu est un édifice important de
l’hindouisme balinais, devenu au fil des
années le lieu de résidence de nombreux
singes. Un site exceptionnel qui dévoile
toute sa beauté sitôt venue le coucher du
soleil.
12 PALAIS DE
TIRTA GANGGA
Ancien palais royal situé près du mont
Agung, à l’est de Bali, le palais de Tirta
Gangga est un lieu au charme inégalable.
Tirta Gangga, c’est d’abord ce parc de 1,5
hectares avec son palais aquatique et ses
sources sacrées, offrant quelques belles
idées de balade au milieu des nénuphars,
fontaines, statues et autres fleurs de lotus.
Les deux piscines naturelles du palais de
Tirta Gangga sont également ouvertes au
public, permettant aux visiteurs de se
baigner dans une eau remplie de poissons
multicolores. Un cadre d’exception qui
permet aussi de profiter d’une vue unique
sur le mont Agung, tout proche. Compter
environ 20 000 roupies (soit approximativement 1 €) par personne l’entrée.
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Baie
d’Halong
Quelque trois mille îles
calcaires, pour la plupart
inhabitées, composent,
sur un espace de 1 500 km2,
l’incroyable féerie de la baie
d’Halong.
MERVEILLE DU MONDE
64
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
LA BAIE D’HALONG EST L’UN DES SITES NATURELS LES PLUS
CÉLÈBRES DU VIETNAM, MAIS ÉGALEMENT L’UN DES PLUS
FRÉQUENTÉS. FORT HEUREUSEMENT, QUELQUES RARES
SECTEURS DEMEURENT ENCORE PRÉSERVÉS, ET ELLE
POSSÈDE MÊME UNE PETITE SŒUR TERRESTRE, QUI PARTAGE
BEAUCOUP DE SES CARACTÉRISTIQUES.
TE X TE RAFAEL PIC - PHOTOS BERTRAND RIEGER
65
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Sont-elles 1 600,
comme l’annonce l’Unesco ?
ou 1 969 (un chiffre cher aux autorités vietnamiennes car correspondant à la date de la mort
d’Ho Chi Minh) ? Ou 3 000 (comme le prétendent Wikipedia et certains habitants du lieu) ?
Nul ne pourra jamais déterminer le nombre
précis d’îles que contient la baie d’Halong, sur
ses quelque 1 500 km2, au large du grand port
d’Haïphong. Moins d’une centaine sont habitées, les autres n’étant parfois que de simples
rochers émergeant des eaux gris perle, et servant de perchoir aux oiseaux crieurs. Mais sans
ce semis de blocs calcaires, havres chéris des
pêcheurs lorsque les typhons déclenchent des
tempêtes dantesques avec leurs vagues de
quinze mètres, la baie d’Halong ne serait certainement pas ce qu’elle est.
PRODIGE DE LA NATURE
Qu’est-elle, au fond ? L’un des paysages
mythiques de notre planète, sanctifié par deux
classements successifs au patrimoine de
l’Unesco (1994 et 2000) pour « représenter des
phénomènes naturels ou des aires d'une
beauté naturelle et d'une importance esthé-
66
tique exceptionnelles » et pour être un
exemple « éminemment représentatif des
grands stades de l'histoire de la terre ».
L’admiration pour ce prodige de la nature n’est
pas chose nouvelle. Ainsi, Paul Bourde, avant
d’être secrétaire général de Madagascar et
planteur d’oliviers à Sfax, fait-il un voyage au
Tonkin en 1884. Journaliste condescendant
envers les particularités locales, sûr de son fait
en tant que colonisateur apportant les
lumières de la civilisation, il n’est estomaqué
que par cette vision insensée. « Cette merveille
naturelle défie toute description. Qu’on essaye
d’imaginer que tous les monstres, toutes les apparitions dont les banquises des mers du Nord inquiètent l’esprit des marins ont été poussés au fond
du golfe du Tonkin, se sont massés le long de la
côte et qu’on navigue au milieu des troupeaux de
ces énormes colosses, dont le nombre paraît aussi
incalculable que celui des grains de sable au bord
de l’océan. Des milliers et des milliers de rochers de
quatre à cinq cents pieds de hauteur surgissent à
pic du fond des eaux et dessinent des formes si
étranges, si rares, que l’imagination leur découvre
C’EST OÙ ?
La baie d’Halong (ou Along)
est située dans le golfe du
Tonkin, au nord du
Vietnam, à 170 km à l’est
de Hanoï. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco
(en 1994 puis 2000), elle
compte entre 1600 et 3000
îles, selon les sources et le
périmètre de référence.
C’est l’une des attractions
touristiques majeures du
pays.
DÉCOUVRIR
LA BAIE D’HALONG
→ Se rendre à Tuan Chau :
Longtemps localisé à Bai
Chay, le départ des
croisières vers la baie
d’Halong s’effectue désormais depuis Tuan Chua. On
peut facilement s’y rendre
en bus depuis Hanoi.
→ Croisières dans la baie :
pour les croisières en baie
d’Halong, une myriade de
compagnies se font concurrence sur place, dont
certaines sont plus fiables
que d’autres, comme Bhaya
Cruises (www.bhayacruises.com) ou Emeraude
Cruises (www.emeraudecruises.com). Les ferries
et hydrofoils pour Cat Ba,
moins fréquenté, ou
Haiphong, port se prennent
en revanche au port de Hon
Gai, de l’autre côté du pont
qui surplombe le chenal.
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les ressemblances les plus inattendues ; aux pics
pointus, aux ballons arrondis, aux crêtes ébréchées
se mêlent des pyramides renversées en équilibre
sur leur pointe, des tours gigantesques, des châteaux démantelés, des profils de Béhémoths et de
Léviathans à demi-émergés, des dômes de cathédrales, des fûts de colonne, des murailles en ruine
qui font songer à quelque ville que les Titans
auraient habitée. » La logorrhée de l’érudit de
la Troisième République (dans Hanoi, éditions
Magellan) continue ainsi, sans marquer de
signe d’essoufflement.
REVERS DE MÉDAILLE
Le visiteur d’aujourd’hui reconnaîtra aisément
ces profils géologiques originaux mais il aura
bien du mal à en jouir paisiblement comme au
temps du bon Paul Bourde. En effet, autrefois
domaine exclusif des pêcheurs et de quelque
spéléologue audacieux, la baie d’Halong est
devenue une autoroute du tourisme international. C’est, de loin, le site le plus visité du
Vietnam : 200 000 visiteurs en 1995, plus d’un
million en 2002, 6,3 millions en 2016… On
estime que 200 000 voyages en bateau sont
organisés chaque année en baie d’Halong. Soit
plus de cinq cents embarquements par jour :
on se croirait sur les quais de Rotterdam… Avec
une variété qui correspond parfaitement au
capitalisme le plus débridé, embrassé avec ferveur par les entrepreneurs locaux: les arrivants
les plus aisés s’offrent la luxueuse jonque pour
deux personnes, avec capitaine, cuisinier et
maître d’hôtel, tandis que les armées de back-
Aussi beaux qu’une
estampe chinoise sur
papier de riz, les reliefs
inimitables de la baie
d’Halong sont sublimés
par les voiles de jonques
et des sampans qui
croisent dans ses eaux.
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Dans la « contrepartie » terrestre,
de la baie, c’est l’eau douce des
rivières Ngo Dong et Hoang Long
qui se répand par un système de
canaux, autorisant une culture
efficace du riz (ici en juin,
à l’époque du repiquage).
packers sont empilées sur des couchettes en
bois, sans air conditionné, parfois sans vue sur
l’eau ! Il n’est pas rare, dans ces conditions,
qu’une « jonque » (en réalité une coque de
métal sur laquelle on a collé des planches de
bois et des voiles rigides pour un supplément
de couleur locale) s’abîme avec sa cargaison.
Pour subvenir aux besoins de ces pèlerins
innombrables et généralement pressés d’en
découdre avec le paysage, les petits bourgs de
pêcheurs sont devenus des cités-dortoirs où
l’on débite les plateaux-repas à la chaîne. Les
centaines de karaokés et de salons de massage
fréquentés par des Chinois en goguette n’ont
même pas l’excuse de ressembler aux tripots
du Shanghai de l’entre-deux-guerres: formica,
moleskine et plexiglas ne réussissent pas à ressusciter les fantômes des lupanars à velours
rouge et des fumeries d’opium cosmopolites…
68
EN KAYAK ?
Malgré la formidable
expérience que ce mode de
locomotion permettait, le
kayak de mer est hélas
désormais interdit en baie
d’Halong depuis avril 2017.
Il est toutefois possible de
découvrir les îles au sud de
Cat Ba qui, même si elles
n’appartiennent administrativement pas à la baie
d’Halong, en sont la continuité géologique. Et
demeurent encore à l’écart
des grands circuits touristiques !
COMMENT
Y ALLER ?
Vietnam Airlines assure
des vols directs ParisHo Chi Minh Ville et ParisHanoi à partir de 600 €.
D’autres vols avec escale
sont proposés notamment
par les compagnies du golfe
et asiatiques, à partir de
450 € A/R en basse saison.
CIRCUITS
COMBINÉS
Des circuits organisés
permettent de combiner
les deux circuits, d’une baie
d’Halong à l’autre, parfois
avec escale à Hanoï. De
nombreuses agences le
proposent comme Luxury
Travel (www.luxurytravelvietnam.com), Hanoi Tours
(www.hanoitours.com) ou
Voyages Vietnam
(www.voyagesvietnam.com)
Liste détaillée sur
www.hanoitravel.com.vn.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Ninh Binh, la baie d’Halong terrestre
Le point de départ est la ville de Ninh Binh où l’on peut trouver un hébergement correct dans un hôtel
flambant neuf planté au milieu des rizières, le Ninh Binh Legend (www.ninhbinhlegendhotel.com). Les
lieux les plus intéressants se trouvent cependant plus loin : Hoa Lu, l’ancienne capitale à 10 kilomètres
au nord, avec ses temples troglodytes, puis Tam Coc, connue pour ses grottes, que l’on atteint par une
balade en sampan sur la rivière Ngo Dong. Le tour peut être complété par un passage au village fluvial
de Kenh Ga, qui n’est pas accessible par la route.
PÉPITES SECRÈTES
Est-ce à dire que la baie d’Halong doit être
évitée ? Certainement pas, d’autant plus si l’on
s’écarte vers quelques « pépites » méconnues,
comme l’archipel des îles Cat Ba, dont la
découverte est ralentie par leur dépeuplement
(du temps qu’elles furent le principal point de
départ des boat people). Ou que l’on réussit à
s’éloigner du quai et à passer la nuit sur l’eau.
Le silence devient alors souverain et l’on ne
voit plus que le ballet des lanternes qui clignotent sur le golfe du Tonkin. Du pont, on
peut plonger dans le miroir liquide, qui change
de couleur avec les heures, en espérant que le
fameux monstre long de 30 mètres ne vienne
pas nous avaler par le bas. C’est que l’on est
ici en territoire mythologique, comme l’indique le nom – Halong ou « le dragon qui descend ». Autrefois, cet animal sacré vint se
poster sur place pour arrêter les envahisseurs
et, après avoir fait place nette avec sa queue
coupante, décida de s’y établir. Sa progéniture
veille encore dans les profondeurs… Il fallait
bien l’aide de la légende pour expliquer ces
formations karstiques incompréhensibles. La
théorie soutient que c’est le fleuve Rouge, avec
l’aide d’une forte érosion éolienne et pluviale,
qui effectua ces découpages uniques, se faisant un plaisir de modeler comme du beurre
ce calcaire doux, créé il y a 300 millions d’années par accumulation de sédiments marins,
pour produire des fengcong (pitons coniques)
ou des fenglin (karsts à tours). Un effondrement du bassin aurait ensuite permis à la mer
de revenir envahir le décor. Ses allées et venues
ont continué l’œuvre de sculpture, créant des
gorges à la base des falaises, comme on n’en
voit nulle part ailleurs dans le monde.
NUIT D’ENCRE SUR LA BAIE
Deux icônes de l’escalade libre, les Américains
Todd Skinner et Lynn Hill, qui furent les premiers à les escalader en 1996, après l’ouverture du pays, parlaient dans National
Geographic d’une « folle forêt de pierre ». Notre
Un siècle après sa découverte par des
marins français, la grotte des Surprises
(ou de Hang Sung Sot) a été dotée d’une
illumination sophistiquée pour séduire
les visiteurs.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Comme partout, l’école a ses bancs de bois,
ses dessins accrochés aux murs, son globe.
Mais ici, le plancher tangue…
guide, Dong, ne tarit pas non plus d’éloges sur
la spécificité de ces formations. Mais il entend
aussi attirer notre attention sur d’autres
records : « On trouve dans les eaux de la baie
d’Halong plus de 400 espèces de poissons, 160
espèces de corail, 140 espèces d’algues, 40
types différents de mangrove. Même les grottes
y sont exceptionnelles par leurs dimensions.
Celle-ci, dite des Surprises, a été découverte
par des marins français, en 1904. Regardez
leurs graffitis ! » Les Français ne respectent
donc rien, à signer ainsi chacune de leurs
conquêtes… La bousculade au portillon d’entrée, les échos des commentaires qui s’entrechoquent sous la voûte, les éclairages verts ou
bleus comme dans un sons et lumières ne donnent qu’une envie : retourner sur l’eau et
attendre que le crépuscule éclaircisse les rangs
des fausses jonques. Dans les villages flottants,
les polisseurs de perles rangent leurs couteaux
à manche de plastique jaune et l’on ferme la
porte de l’école. Comme partout, celle-ci pos-
sède ses bancs en bois, ses dessins accrochés
aux murs, son globe. Mais le plancher tangue…
La nuit tombe et la lune – forcément – éclaire
le paysage. On déroule le cabestan et l’on jette
l’ancre. La mer est d’encre – forcément – et
l’on se régale de crabes et de soupe de poisson,
de riz et de calamars frits, et du fameux cha
ca épicé. Au petit matin, c’est sûr, on verra le
pêcheur passer sur son embarcation, tirant ses
filets ravaudés tandis que ses hardes sèchent
sur la corde tendue. D’ailleurs, le voici à l’ombre
des bateaux de croisière encore assoupis. On
le croirait sorti du carré de soie Hermès
« Jonques et sampans »… Rien de neuf ! Son
ancêtre faisait les mêmes gestes et vivait la
même existence. Dans un Vietnam en transformation frénétique, voilà un homme qui
tient fermement les fils du passé…
DÉCOUVRIR
LA BAIE D’HALONG
TERRESTRE
→ Se rendre à Ninh Binh :
depuis Hanoi, on peut
prendre le train (5 à 6 trains
par jour, 2 h 30 de trajet)
jusque Ninh Binh (baie
d’Halong terrestre). Réservation recommandée.
www.vr.com.vn ou
12go.asia/en/travel/hanoi/
ninh-binh. Des bus et
minibus sont également
disponibles, avec un trajet
en 1 h 30.
→ Que voir : les lieux
les plus intéressants
se trouvent à Hoa Lu,
l’ancienne capitale, à 10 km
au nord de Ninh Binh, avec
ses temples troglodytes, et
Tam Coc, connue pour ses
grottes, que l’on atteint par
une balade en sampan sur
la rivière Ngo Dong. Le tour
peut être complété par un
passage au village fluvial de
Kenh Ga, qui n’est pas
accessible par la route.
LA BAIE TERRESTRE
Une baie d’Halong, il ne peut y en avoir qu’une.
En réalité, non : il en existe une seconde, avec
À Bich Dong, la « caverne de
la Perle verte », une pagode
du XVe siècle est la principale
attraction de la baie d’Halong
« terrestre ».
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Comme toutes les activités
traditionnelles, la pêche
souffre du tourisme, toujours
plus séduisant et rémunérateur
pour les jeunes générations.
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une surprenante particularité: elle se situe au
milieu des terres. Dénommer un lieu du nom
surréaliste de « baie d’Halong terrestre », n’estce pas un abus de pouvoir, une basse manœuvre
marketing? Pas tant que cela. Si cet épigone se
trouve sur le dur, dans la région de Ninh Binh,
au sud de Hanoi, elle possède le même relief
de pains de sucre calcaires. Et son propre élément liquide: la rivière Ngo Dong, à partir de
laquelle se développe un dense réseau de
canaux qui alimentent les rizières. À Hoa Lu
ou à Tam Coc, encore plus dans le village de
Kenh Ga, les habitants vivent sur l’eau et l’habitude de se déplacer en barque est tellement
inscrite dans les gènes qu’ils rament avec les
pieds pour garder les mains libres… Les visiteurs sont ravis par ces balades bucoliques qui
les emmènent dans de véritables tunnels karstiques, serpentant au milieu des fleurs de lotus,
72
Même omniprésence de
l’eau, même paysage
karstique de pains de sucre.
Du côté de Ninh Binh, on se
trouve devant une « copie »
de la baie d’Halong, mais
loin du rivage…
AVEC QUI
PARTIR ?
De nombreuses agences
d’aventure proposent des
circuits sur le nord
Vietnam, avec ou sans
trekking, qui permettent de
découvrir notamment les
nombreuses ethnies qui
peuplent le nord du pays.
Retrouvez à chaque instant
tous les départs de toutes
les agences sur notre
moteur de recherche de
voyage d’aventure :
bit.ly/departs-aventurevietnam.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
“ On navigue au milieu de ces énormes colosses,
dont le nombre paraît aussi incalculable que
celui des grains de sable au bord de l’océan ”
croisant des colonies de canards ou de buffles,
véritables bulldozers amphibies.
Malgré l’aspect pittoresque et paisible des environs, il s’agit de lieux possédant un pedigree
historique. Hoa Lu a abrité les plus anciennes
dynasties vietnamiennes, celles des Dinh et des
Lê antérieurs, à la fin du Xe siècle, il y a plus de
mille ans, lorsque le pays réussit enfin à se
soustraire à la domination chinoise. Les sanctuaires, avec statues, cloches, leur attirail imposant d’armes et de gongs, leurs jardins
luxuriants, témoignent de cette splendeur
passée.
SANCTUAIRE HISTORIQUE
C’est d’ailleurs de Hoa Lu que les souverains
de l’époque partirent en l’an 1010 pour fonder
une nouvelle capitale, Hanoi, tandis qu’ils faisaient disparaître les traces de l’ancienne,
comme Cortès brûlant ses vaisseaux… Leur
épopée est rappelée lors de la fête du Truong
Yen, au dixième jour du troisième mois lunaire.
Les touristes sont en majorité locaux mais les
hôtels qui poussent comme des champignons
au milieu des prés humides ont d’autres ambitions : attirer autant de pèlerins que la « vraie »
baie d’Halong.
Comment les deux baies d’Halong soutiendront-elles le véritable siège auquel leur beauté
et leur caractère les soumettent ? La « marine »
est certes la plus menacée par la pollution (carburants des bateaux, plastique, eaux usées,
exploitation du charbon déjà commencée au
temps de l’administration française) mais la
« terrestre » n’est pas à l’abri. Cette dernière
est d’ailleurs sous le joug d’une autre menace :
ses cônes calcaires font saliver les grands
cimentiers. Il y a là des réserves faciles à
exploiter, proches de la capitale (Hanoi est à
moins de 100 kilomètres et la Route nationale
1 est une voie royale pour le cortège ininterrompu de camions) dans une période où l’immobilier connaît un boom sans précédent. On
voit de loin en loin ces pains de sucre étêtés,
comme autant de koulitch décapités… « Un
calme de tombeau, un calme de pierre, lourd,
écrasant, enveloppe leur solennelle tranquillité » écrivait Paul Bourde il y a un siècle, à
propos de la baie d’Halong. Elle — et dans une
moindre mesure sa petite sœur — a perdu ce
privilège du silence. Reste à assurer à ce décor
d’anthologie, popularisé sur pellicule par
l’Indochine de Régis Wargnier et par quelques
cascades de James Bond, la survie face à une
invasion pacifique qu’elle n’a jamais connue,
bien différente des flottilles chinoises et des
pirates enturbannés d’autrefois…
En baie d’Halong, le calcaire du Permien,
créé il y a environ 300 millions d’années,
a été littéralement mangé par l’érosion,
créant gorges et grottes à profusion,
avant d’être envahi par la mer.
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À voir à faire dans la baie d’Halong
PAR PIERRE GARCIA
CROISIÈRE SUR
1 LA BAIE D’HALONG
Impossible de découvrir la baie d’Halong
sans monter à bord de l’une des
nombreuses embarcations qui parcourent
ses eaux turquoise. L’occasion rêvée de
découvrir comme il se doit les merveilles
de ce lieu emblématique du Vietnam,
classé à l’Unesco, qui accueille chaque
année quelque 11 millions de touristes.
Vous pourrez embarquer à bord de
jonques, ces bateaux à voile traditionnels
si caractéristiques de la baie d’Halong,
grâce à de nombreuses croisières proposées par des compagnies basées dans le
port d’Halong. Pour une croisière à la
journée (environ 3h), compter minimum
10 000 dongs soit approximativement 40 €.
Les prix grimpent rapidement pour des
formules sur plusieurs jours (1 à 3 nuits),
privilégier donc les jonques collectives,
moins onéreuses.
Parce que la baie d’Halong est
devenue un véritable nid à touristes de
plus en plus pollué par les rejets des
bateaux, faire quelques kilomètres de plus
vous permettra de profiter de paysages
tout aussi beaux dans des conditions
optimales. Moins connue mais non moins
spectaculaire, la baie de Bai Tu Long se
situe à l’est d’Halong, offrant elle aussi
cette mer turquoise et ces îles karstiques
caractéristiques du secteur. Au départ du
port d’Halong, les tarifs pour prendre la
direction de la baie de Bai Tu Long sont
similaires à ceux pratiqués par les compagnies pour la baie d’Halong. Comptez
également 3h pour faire un tour complet
et découvrir les îles, les grottes et les
villages de pêcheurs flottants qui parsèment la baie.
2
LA BAIE DE BAI TU LONG
Au sud de la baie d’Halong, la
sublime baie de Lan Ha représente une
alternative encore méconnue des
touristes, une chance dont il faut profiter
avant qu’elle ne succombe elle aussi au
tourisme de masse. Réserve protégée du
parc national de l’île de Cat Ba, la baie de
Lan Ha regroupe en fait plus de 400 îlots.
Des croisières en jonques sont également
disponibles au départ du port de la ville
d’Halong, même si fatalement le choix de
bateaux est beaucoup plus limité pour la
baie de Lan Ha que pour celle d’Halong.
3
LA BAIE DE LAN HA
Compter environ 20 € pour une croisière à
la journée dans la baie, l’occasion de faire
des excursions en kayak ou encore de
découvrir de nombreux villages de
pêcheurs. Nul doute que la baie de Lan Ha
vaut elle aussi le détour.
GROTTES
4 LES
DE LA BAIE D’HALONG
La baie d’Halong ne vaut pas seulement
pour ses centaines d’îles et ses eaux
turquoise. Elle recèle aussi de nombreuses
grottes, comme autant de trésors vers
lesquelles se pressent en masse les
touristes. C’est sur l’île de Bo Hon que l’on
peut trouver la fameuse grotte Hang Sung
Sot, qui a depuis longtemps gagné le
surnom plutôt flatteur de grotte de la
Surprise. Un lieu magique très bien mis en
lumière, avec ses stalactites et stalagmites
impressionnantes qui se dressent face aux
visiteurs. Si la grotte d’Hang Sung Sot est le
lieu de passage immanquable de chaque
croisière en bateau dans la baie d’Halong,
les grottes d’Hang Dau Go et Hang Thien
Cung valent aussi largement le coup d’œil.
LES VILLAGES
5 FLOTTANTS
Au pied des pitons rocheux, posés tels des
plumes sur les eaux de la baie, les emblématiques villages flottants de la baie
d’Halong ont largement contribué à sa
renommée. Des villages qui sont
aujourd’hui inhabités, seules quelques
familles de pêcheurs demeurant toujours
dans les villages de Cua Van, Sung Sot, Bat
Ham et Vung Vieng. À Kênh Gà, vous
pourrez observer ces pêcheurs et leurs
maisonnettes multicolores pour environ
100 000 dongs (3,50 €), bateau inclus. Pour
partir à la découverte de ces villages
flottants, rien de tel que d’embarquer pour
une croisière à la journée ou sur plusieurs
jours. Les villages flottants sont au
programme de toutes les compagnies.
PARC NATIONAL
6 LE
DE CAT BA
Située à une quinzaine de kilomètres de la
baie d’Halong, l’île de Cat Ba est LA véritable alternative pour éviter le tourisme de
masse dans le secteur. Reconnu comme
réservoir biologique mondial par l’Unesco
en 2004, son parc national est un véritable
paradis pour les randonneurs. En deux
heures de marche depuis la forêt de Kim
Giao, vous parviendrez au sommet du Ngu
Lam et sa vue panoramique sur l’ensemble
du parc. Pour les plus téméraires, d’autre
parcours plus exigeants de quatre à huit
heures sont possibles, entre Kim Giao et
Tùng Di, Mâu Bâu et Hang Quân Y, ou
encore Ao Êch et Viêt Hai (plus difficile,
environ 8 heures de marche). L’occasion
d’arpenter une forêt tropicale luxuriante
regorgeant d’animaux en tous genres
(singes, serpents…) pour une expérience
des plus dépaysantes. Comptez 40 000
dongs / personne (environ 1,50 €).
Activité emblématique de la baie
d’Halong, le kayak est depuis l’an dernier
persona non grata dans le secteur. La faute
à un cadre réglementaire que les autorités
jugeaient jusqu’ici trop mal défini, et
surtout à la croissance exponentielle du
nombre de bateaux dans le secteur faisant
craindre des collisions avec les kayakistes.
Rien n’empêche cependant de s’adonner
au plaisir du kayak que ce soit au large de
la province voisine de Haiphong ou dans
les sublimes baies de Lan Ha et Bai Tu Long.
Depuis l’île de Cat Ba, compter 25 € pour la
location du matériel à la journée avec la
compagnie Asia Outdoors. La plupart des
croisières sur plusieurs jours comprennent
par ailleurs des sorties en kayak pour
s’approcher au plus près des grottes ou des
villages flottants.
7
EN KAYAK DE MER
En plein cœur de la baie d’Halong,
un petit îlot paradisiaque émerge des flots :
l’île de Titop. « Titop », ou alors « Titov »,
le nom qui lui a été donné afin de rendre
hommage à un astronaute soviétique
débarqué sur place en pleine Guerre
Froide. Si les plages de sable fin de l’île
sont particulièrement belles, rien ne vaut
le panorama au sommet de la montagne
qui surplombe l’île. Quelques centaines de
marche afin de gagner le sommet, et
obtenir le privilège de découvrir cette vue
incroyable sur la baie d’Halong dont la
beauté se déploie toute entière sous les
yeux des visiteurs. Un embarcadère au
départ du port d’Halong permet de rallier
l’île de Titop pour environ 50 000 dongs
(approximativement 1,80 €).
8
L’ÎLE DE TITOP
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Ha Long
Bai Chay
11
12
Tuan Chau
BAIE DE
BAI TU LONG
1
2
BAIE D’HALONG
8
4
5
ÎLE DE CAT BA
5
7
10
BAIE DE LAN HA
6
13
3
Cat Ba
10 km
© OpenStreetMap
9
ISLAND
9 MONKEY
Lorsqu’on parle de Monkey Island, ce
n’est pas du jeu vidéo dont il s’agit mais
bien de cette mystérieuse île de la baie
d’Halong. Comme son nom l’indique,
Monkey Island est remplie de singes en
tous genres qui ne se font pas prier pour
venir à la rencontre de leurs très nombreux
visiteurs. Afin de s’y rendre, rien de tel que
d’embarquer à bord d’un bateau depuis Cat
Ba ou, pour les plus courageux, de louer un
kayak moyennant une dizaine d’euros. Une
destination de plus en plus populaire,
devenue un véritable immanquable pour
les touristes. Ceux-ci viennent non seulement découvrir les singes de l’île mais aussi
profiter de son point de vue inégalable sur
l’ensemble de la baie d’Halong une fois
parvenus au sommet, au terme d’une belle
balade de 4h de marche.
Au fur et à mesure de l’évolution des
réglementations toujours plus strictes et
de l’arrivée massive de touristes venant
quelque peu congestionner la baie
d’Halong, les compagnies maritimes font
évoluer leurs itinéraires. Situé sur l’île de
Dau Be dans la baie de Lan Ha, le lac Ba
10 LE LAC BA HAM
N
Ham est l’une des nombreuses merveilles
encore à découvrir dans le secteur. Un lac,
ou plutôt trois, reliés les uns aux autres par
des tunnels sous lesquels ne peuvent
s’engager que des petits bateaux et des
kayaks. C’est uniquement par cette voie
que la grotte de Ba Ham est accessible. Le
secteur de Ba Ham est une excursion qui
s’inscrit désormais dans les programmes
de nombreuses compagnies.
BAI THO MOUNTAIN
11 LA
La découverte de la baie d’Halong se
fait par voie maritime. Mais le fait de
prendre de la hauteur donne une plus
grande perspective sur l’étendue et surtout
l’esthétique saisissante du lieu. On ne peut
ainsi que vous conseiller l’ascension de la
belle montagne Bai Tho, autrement
connue sous le nom de Poem Mountain.
Une ascension de quelques heures, accessible à tous mais malgré tout assez
sportive, qui permet de profiter de l’un des
plus beaux panoramas de la baie d’Halong.
À noter que c’est au pied de cette
montagne que chaque année a lieu la fête
de la pagode, le 24e jour du 3e mois lunaire
dans le calendrier hindou.
Enfoncé dans les terres tout au nord
de la baie d’Halong, le lac Ba Be est l’une
des nombreuses merveilles du Vietnam et
surtout le plus grand lac naturel du pays.
Cerné de falaises calcaires recouvertes
d’une végétation luxuriante, ce lac vert
émeraude s’est en fait constitué de la
réunion de trois lacs (Ba Be signifiant
« trois baies »). La découverte de ce lieu se
fait à bord de petits bateaux mais aussi à
pied, au cœur d’un parc national qui
dispose de plus de 300 km de sentiers pour
le trekking. Pour s’y rendre, privilégier
plutôt la voiture de location ou encore le
moto-taxi moyennant environ 170 000
dongs soit plus ou moins 6,50 €.
12
LAC BA BE
Située au sud de Hanoi, la « baie
d’Halong terrestre » se situe dans le
secteur de Hoa Lu, à 10 km au nord de
Ninh Binh. À voir, les temples troglodytes,
les grottes de Tam Coc, le tout en réalisant
une très belle croisière en sampan sur la
rivière Ngo Dong.
13
NINH BINH
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Construite au début des
années 2000, la pagode de
Haw Pha Bang est destinée
à accueillir le Phra Bang,
une statue du bouddha qui
a donné́ son nom à la cité.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Luang
Prabang
L’ÂME ÉTERNELLE DU LAOS
ANCIENNE CAPITALE ROYALE DU LAOS INSTALLÉE
SUR LES RIVES DU MÉKONG, LUANG PRABANG EST
RESTÉE UN IMPORTANT CENTRE DU BOUDDHISME
THERAVADA. CLASSÉE SUR LA LISTE DU PATRIMOINE
MONDIAL, LA VILLE EST DEVENUE UNE HALTE
TOURISTIQUE PRISÉE MAIS LUTTE AUJOURD’HUI
POUR PRÉSERVER SON AURA ET SON CHARME.
TE X TE ET PHOTOS MARC DOZIER
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
« Sa situation est
des plus agréables,
les montagnes qui resserrent le Mékong au-dessus
comme au-dessous de cette ville forment (…) un
tableau ravissant qui rappelle les beaux lacs de
Cosme ou de Genève… ». C’est ainsi qu’Alexandre
Henri Mouhot, le fameux explorateur à qui l’on
attribua la « redécouverte » d’Angkor Vat, décrit
Luang Prabang en 1860. Premier Français à
avoir visité la cité, alors située aux confins des
terres inexplorées du Laos, Henri Mouhot ouvre
ainsi la voie au protectorat et à une longue
relation franco-laotienne.
FLÈCHES DE FERVEUR
Un siècle et demi après son voyage, le port fluvial, situé à deux cent dix kilomètres en amont
de Vientiane, n’a rien perdu de son charme. Si
Vientiane porte désormais le titre de capitale
officielle, économique et administrative du
Laos, Luang Prabang reste sans conteste sa
capitale culturelle et spirituelle. L’histoire et
la ferveur du bouddhisme ont en effet légué
à la cité une collection de pagodes parmi les
plus remarquables du pays. Plus que nulle part
C’EST OÙ ?
Situé au cœur de la péninsule indochinoise, le Laos
s’étire tout en longueur
sur le fil du Mékong,
entre Thaïlande à l’ouest, et
Vietnam, à l’est. Sur
une superficie égale à la
moitié de celle de la France,
le pays compte 7 millions
d’habitants. Sa capitale
est Vientiane, où atterrissent la plupart des vols
internationaux.
COMMENT
Y ALLER ?
Aucun vol direct sur le
Laos depuis la France.
Les vols font généralement
escale à Bangkok ou Hanoï,
avec des tarifs à partir
de 700 € aller-retour sur
Vientiane (une centaine
d’euros de plus sur Luang
Prabang), voire moins si
vous acceptez des escales
plus lointaines.
Tak bat: la quête sacrée des moines
Nommée tak bat en lao, la quête matinale des bonzes est un rite sacré particulièrement vivant
à Luang Prabang. En silence et avec dévotion, les moines parcourent la ville chaque matin afin de
recueillir les offrandes des bouddhistes les plus fervents. Au lever du soleil, à 5 h 30 en été et à 7h
en hiver, les donateurs déchaussés et à genoux sur une natte remettent leurs offrandes (riz, fruits,
argent…) aux moines qui défilent en procession, guidés par le vénérable de chaque pagode. Devenue
un spectacle touristique depuis l’engouement qui entoure la ville, cette quête sacrée n’en reste pas
moins l’expression authentique de la foi profonde qui anime les habitants de la ville.
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ailleurs sur les rives du Mékong, il règne ici
une atmosphère de dévotion et de paix. Une
sérénité tangible et authentique, loin des clichés et des embouteillages. Ses dizaines de
pagodes offrent en effet à la ville un décor
enchanteur avec leurs toits qui s’élancent vers
le ciel comme des flèches de ferveur.
Si les historiens estiment que Luang Prabang
a compté jusqu’à 65 temples il y a deux siècles, la ville dénombre aujourd’hui encore 32
monastères prestigieux qui occupent près d'un
tiers de sa surface. « Humble et discrète, Luang
Prabang est l’un des hauts lieux du bouddhisme
sud-est asiatique » explique Thong Khom, l’un
des moines du temple de Wat Sene. « On vient
de tout le Laos, et même des pays voisins pour se
recueillir dans les pagodes de Wat Wieng Thong ou
de Wat Maï. ». Avec 1 600 bonzes pour seulement 80 000 habitants, la petite localité est
incontestablement un symbole pour les bouddhistes et particulièrement pour les adeptes
du courant theravada1.
AU PATRIMOINE MONDIAL…
Autrefois, la cité se nommait Xieng Thong, « La
cité de l’arbre de cuivre », jusqu’à ce qu’elle soit
À 25 km en amont de
Luang Prabang, sur les
rives du Mékong, la grotte
de Pak Ou compterait
2 500 bouddhas, dont
certains pourraient dater
de plus de trois siècles.
(1) Bouddhisme theravāda :
courant du bouddhisme
dominant en Asie du Sud-Est,
particulièrement implanté
au Laos, au Cambodge, en
Thaïlande, en Birmanie et dans
certaines régions du Vietnam.
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Situées à 29 kilomètres au sud
de Luang Prabang, les cascades
de Kuang Si constituent un site
apprécié des visiteurs, qui
peuvent se baigner dans ses
bassins d’eau turquoise.
À voir à faire à Luang Prabang
Pagode de
Wat Xieng Thong
Marché de nuit
Musée du Palais Royal
Cascades de Kuang Si
Incontestablement l’une des plus belles de
la ville, construite au XVIe siècle. Le temple
constitue avec ses colonnes laquées, ses
mosaïques et son plafond peint en or, le
fleuron de l’architecture religieuse lao.
Bâti sous le protectorat français, le palais
royal est aujourd’hui un musée où sont
conservés les joyaux de la couronne et
toute une collection d’objets royaux.
80
Tous les jours à partir de 18 heures, les
marchands d’artisanat installent leurs
marchandises tout au long de la rue
Sakkaline, qui mène au Palais Royal.
Une bonne occasion de faire des achats
en se promenant.
Situées à 30 kilomètres de Luang Prabang,
c’est un site touristique apprécié des
visiteurs locaux et internationaux avec
ses bassins aux eaux turquoise.
Baignade autorisée.
Grottes Pak Ou
Surplombant le Mékong à 25 km de Luang
Prabang, les grottes de Pak Ou comptent
des milliers de statues de Bouddhas miniatures. L’occasion d’une belle escape d’une
demi-journée. Accès possible par le fleuve
ou par la route. Il est conseillé d’arriver tôt
pour éviter la foule.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Sur les traces d’Henri Mouhot
Le célèbre naturaliste français qui explora le site d’Angkor et participa à sa redécouverte en
Occident est enterré à quatre kilomètres de Luang Prabang, à Ban Phanom, au sommet d’une
colline surplombant la rivière Nam Khan. En 1860, après avoir visité l’ancienne capitale de
l'empire khmer, il quitte Bangkok et remonte le Mékong jusqu’à Luang Prabang où, vraisemblablement atteint du paludisme, il mourut le 10 novembre 1861, à l’âge de 35 ans à peine.
Abandonnée durant de nombreuses années, sa sépulture, érigée par Doudart de Lagrée
six ans après sa mort, ne fut redécouverte qu’en 1989.
rebaptisée Luang Prabang en l’honneur d’une
statue fameuse nommée Phra Bang, « Bouddha
d’or ». Haute de 83 centimètres, cette statuette
offerte au XIVe siècle par le roi du Cambodge
au roi Fa Ngum, fondateur du premier royaume
lao, trône aujourd’hui au palais royal (Haw
Kham). D’après la légende, la sculpture aurait
été conçue au Ier siècle au Sri Lanka, bien que
les spécialistes considèrent la pièce comme
beaucoup plus tardive et d’origine khmère.
En 1995, les beautés de Luang Prabang et son
patrimoine exceptionnel ont conduit l’Unesco
à classer son centre-ville historique sur la liste
du patrimoine mondial de l’humanité.
L’organisation internationale a en effet considéré que l’agglomération « offre un remarquable
exemple de fusion de l'architecture traditionnelle et
des principes d'urbanisme du Laos avec ceux des
autorités coloniales européennes au cours des XIXe
et XXe siècles. » À présent, le classement par
l’Unesco limite les aménagements disgracieux
et la construction de bâtiments de plus de trois
étages. Des programmes de sauvegarde et de
restauration ont été mis en place pour les
pagodes. Avec la médiatisation liée à la reconnaissance internationale, la vieille ville a également bénéficié d’une formidable opportunité
de développement. « En 1990, avant le classement par l’Unesco, on ne comptait que deux hôtels
en ville » se souvient Kham Leung, l’un des plus
anciens guides touristiques de la cité.
« Aujourd’hui, il existe plus d’une centaine d’établissements et il en ouvre toutes les semaines ».
ÉQUILIBRE PRÉCAIRE
En quelques années, le petit port sur le Mékong
est en effet devenu un site touristique incontournable. D’après les chiffres officiels, 90 %
des voyageurs qui visitent le Laos séjournent
à Luang Prabang. Un succès qui n’est pas sans
perturber la vie et l’économie locales. « Autrefois,
les moines ne faisaient leurs quêtes matinales que
dans la rue principale mais avec l’affluence des
touristes, ils font également leur collecte dans une
autre rue parallèle depuis l’année dernière pour
Malgré sa taille modeste (seulement
80 000 habitants), l’ancienne capitale
royale est un haut lieu du bouddhisme.
La ville compterait quelque 1 600
bonzes, soit un habitant sur vingt.
81
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Des dizaines de pagodes composent un décor
enchanteur avec leurs toits qui s’élancent
vers le ciel comme des flèches de ferveur
retrouver un peu de calme et permettre aux voyageurs d’assister aux donations dans la sérénité »
constate Ott Eekasack, un jeune guide qui a
su profiter de l’engouement récent pour la
ville. Avec le développement s’est également
implanté son corollaire : l’inflation. « Les
Laotiens ne peuvent plus vivre ou même manger
dans le centre-ville car tout est devenu trop cher »
observe Seng Sao, un jeune garçon membre
d’une troupe de danse traditionnelle « Boutiques,
hôtels, restaurants… tout a été européanisé en
quelques années ! ».
Difficile de trouver un équilibre entre développement et préservation… D’autant que
l’agrandissement de l’aéroport en 2013 a
permis d’établir des liaisons directes depuis
plusieurs grandes villes asiatiques telles que
Singapour ou Bangkok, et facilité encore un
peu plus le développement du tourisme.
« Malgré les inconvénients de la croissance, le clas-
sement par l’Unesco a véritablement sauvé la
ville… » s’exclame Oy Ou, la patronne joviale
d’un salon de massage. « Les plus belles bâtisses
historiques ont été sauvées, les pagodes restaurées
et l’âme de la cité sauvegardée. » Jumelée à la
ville de Chinon en France, également inscrite
sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité dans le cadre du classement du Val de
Loire, Luang Prabang bénéficie d’un vaste programme de coopération internationale.
Patrimoniales, fluviales et touristiques, les
deux villes connaissent en effet de nombreuses
problématiques communes. Depuis plus de
vingt ans, un programme a particulièrement
soutenu la création et la pérennisation de la
Maison du patrimoine, qui veille à la sauvegarde de la vieille ville. Avec un seul objectif :
aider Luang Prabang à rester une ville spirituelle où l’on peut prier Bouddha et gagner de
l’argent sans vendre son âme au diable.
QUAND Y
ALLER ?
La meilleure période
pour visiter le Laos s’étend
de novembre à février,
lorsque les averses sont
rares et que la chaleur
demeure supportable. C’est
également la bonne saison
pour naviguer sur
le Mékong, dont les eaux
sont parfois capricieuses.
Le marché d’artisanat de nuit
s’étend au pied de la pagode
Haw Pha Bang (à droite) et du
Palais royal (à gauche), installé́s
en bordure du Mékong.
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Construit au XVIIIe siècle, non
loin du Palais royal, le temple de
Wat Mai Souvanhnaphoumaran
était autrefois la résidence du
chef de la communauté́
bouddhiste.
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Les sables clairs qui s’étendent
à l’extrême nord-est de l’île de
Santo bordent le village de
pêcheurs de Port Olry. En face,
la masse densément boisée de
l’île aux Chauves-souris.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Vanuatu
LES MILLE COULEURS DU
LES ÎLES OCÉANIQUES DU VANUATU DÉVOILENT UNE
NATURE GÉNÉREUSE ET OPULENTE, TAPISSÉE DE FORÊTS
EXUBÉRANTES, ENCERCLÉE DE RÉCIFS CORALLIENS, PERCÉE
D’INSONDABLES GOUFFRES BLEUS ET HÉRISSÉE DE VOLCANS
ACTIFS. UNE AMBIANCE PACIFIQUE, QUE REVENDIQUE
L’UN DES PEUPLES LES PLUS HEUREUX DU MONDE.
TE X TE BERNADET TE GILBERTA S - PHOTOS OLIVIER GRÜNE WALD
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Le vent façonne les cendres
projetées par la caldeira du
volcan Benbow, sur Ambrym.
L’île noire chargée de
sorcellerie sème encore
aujourd’hui la crainte chez
les autres insulaires.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
« Comment ça va,
la France ? »
lance la bouche édentée et rieuse de l’homme
qui vient de nous dépasser, en courant le long
d’un chemin étroit et abrupt. Une minuscule
pièce de cuir en guise de pagne battant sur ses
fesses musclées, arc à la main, chevelure
blanche auréolant son visage ridé, l’homme
talonné par trois grands gaillards, ses fils, est
visiblement pressé, engagé dans l’une de ces
chasses au cochon sauvage, véritable richesse
à haute valeur coutumière pour le pays. On
parle donc français au cœur des montagnes
dégoulinantes de forêts du Vanuatu ? La faute
au condominium franco-britannique, administration coloniale mixte implantée sur cet
archipel du bout du monde, qui sévit de 1906
88
jusqu’en 1980, date de l’indépendance de ces
ex Nouvelles-Hébrides, qui deviendront alors
le Vanuatu, « le pays debout ».
LE PAYS DU BONHEUR ?
Aux 113 langues parlées par les 272 000 NiVanuatus1 répartis sur cette traînée de 83
confettis qui poudrent l’océan Pacifique sur
plus de 1 300 kilomètres, au nord-est de la
Nouvelle-Calédonie, se sont donc ajoutées l’anglais, le français et le bichlamar (ou bislama),
créole né des contacts avec les premiers
Européens, qui fait aujourd’hui office de langue
véhiculaire à travers tout l’archipel. Trente ans
après la proclamation de l’indépendance, le
C’EST OÙ ?
Le Vanuatu est un archipel
de 83 îles situé à 600 km
au nord nord-est de la
Nouvelle-Calédonie. Les
trois îles principal de cet
archipel de 1300 km de
long sont Espiritu Santo
(3 956 km²), Malekula
(2 041 km²) et Éfaté
(900 km²) où se situe PortVila, la capitale. Découvertes par James Cook,
les îles autrefois appelées
Nouvelles-Hébrides sont
indépendantes depuis 1980
et comptent aujourd’hui
quelque 270 000 habitants.
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peuple semble bien se porter. Ni chaos, ni épidémie, ni paludisme, pas la moindre espèce
venimeuse, le Vanuatu offre les meilleures
conditions de vie à ses habitants, avec une
emprise limitée sur l’environnement, une
bonne espérance de vie et un niveau élevé de
satisfaction, au quatrième rang mondial du
très officiel Happy planet index, index du bonheur de la planète.
Glenn Russel, notre guide, a repris la tête de
notre marche à travers la forêt d’Espiritu Santo,
la plus grande, la plus haute et la plus riche
en biodiversité des îles du Vanuatu. Sur cette
terre nourrie par les cendres fertiles arrachées
aux volcans de l’archipel, sur laquelle pluie
et soleil se donnent sans compter, tout prolifère, et si vite, que les heures de gloire de
Luganville, véritable capitale économique de
l’archipel jusqu’à l’indépendance et centre
névralgique des opérations américaines pendant la guerre du Pacifique, ont totalement
disparu sous le suaire végétal tissé par une
liane venue tout droit du Mississipi avec les
Américains.
Cladak balinais,
limassan javanais…
Les pavillons de l’île-lodge
de Ratua sont des constructions traditionnelles
indonésiennes. Au milieu,
un feu festif est allumé
chaque soir.
(1) Ni-Vanuatus : le nom
des habitants de l’archipel
du Vanuatu, également
appelées Vanuatais.
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Sur pilotis au-dessus des flots
turquoise, le spa de Ratua est
un endroit si paisible que les
tortues vertes et autres
poissons des récifs continuent
d’évoluer dans les eaux
alentour.
CATHÉDRALES VÉGÉTALES
Nous déambulons entre arbres immenses,
lianes, hampes flamboyantes des gingembres
sauvages, racines-contreforts gigantesques qui
servent encore de tambour-messager aux
petits hommes de la montagne ; deux coups
pour annoncer qu’un cochon a été tué, cinq
pour signifier que l’on revient au village…
Glenn connaît tout de la forêt, avec laquelle il
entretient une relation très étroite, respectant
le silence qu’imposent certains lieux ou dévoilant le secret de ses hôtes. Là, un arbre kayac
au bois dur et beau, ici un arbre à lait dont le
liquide laiteux est récolté, et dont l’écorce,
hachée menue et cuite, est vivement appréciée dans les villages reculés des montagnes.
Glenn n’a de cesse de sillonner ces cathédrales
végétales agrippées aux reliefs escarpés,
remontant le long des ressauts qui racontent
90
D’ÎLE EN ÎLE
Même s’il existe des
bateaux reliant les différentes îles, leur caractère
aléatoire et la durée des
traversées vous encouragera à utiliser l’avion pour
transiter d’île en île.
La compagnie nationale
Air Vanuatu assure des
vols sur un grand nombre
d’îles en étoile autour de
Port-Vila et Santo. Réservez
vos vols à l’avance (petits
avions) et prévoyez de
la marge sur votre
programme (météo).
airvanuatu.com
COMMENT
Y ALLER ?
Les vols vers le Vanuatu
transitent principalement
par l’Australie, via Brisbane
(2h30) ou Sydney (3h30).
Compter au minimum
1 200 € l’aller-retour,
suivant les dates et les
compagnies. Des vols
directs sont également
assurés depuis/vers la
Nouvelle-Calédonie avec
Aircalin, à partir de 250 €
l’aller-retour.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
BERNADETTE
GILBERTAS
OLIVIER
GRÜNEWALD
Travaillant depuis plusieurs années sur les différents
volcans du globe, entre autres merveilles naturelles,
nos deux reporters ne pouvaient rester insensibles au
charme du Vanuatu qui compte, avec l’Ambrym et le
Yasur, deux volcans parmi les plus actifs du globe.
l’histoire sismique de l’archipel ou s’enfonçant dans le dédale de cavités souterraines.
C’est ainsi qu’il découvre, noyée dans la jungle,
l’ouverture d’une grotte immense dont la
rivière souterraine rejaillit plus loin au fond
d’une faille vertigineuse. C’était en 1999. Il la
nomme Millenium Cave. Ce visionnaire sait
qu’elle va devenir l’attraction principale de
l’île, où se pressent aujourd’hui les amateurs
de sensations fortes et de nature sauvage.
PIROGUES À BALANCIER
La côte Est a largement été dépouillée de sa
forêt ombrophile, pour faire place aux cocoteraies qui alimentent les fours de coprah. Mais
elle dévoile au détour de ses larges baies des
plages blanches à travers les eaux translucides
d’une mer poissonneuse qui fait vivre tout
au nord le grand village de Port Olry. La plupart des îles de l’archipel du Vanuatu sont frangées par d’étroits récifs coralliens, au-delà
desquels s’ouvrent les grandes profondeurs.
La diversité de l’écosystème corallien, 295
espèces au total, est aussi riche que celui de
la Grande Barrière de corail australienne. Si
les coraux du Vanuatu ont encore été peu
affectés par des dégradations anthropiques, à
l’exception de ceux de l’île d’Efaté où la population ne cesse d’augmenter, les cyclones qui
s’abattent sur la région restent leur principale
menace. Ils provoquent d’importants dégâts,
heureusement rarement définitifs, le corail
ayant une forte résilience, c’est-à-dire une
bonne capacité à récupérer son état initial.
La vie s’écoule paisible au bord du lagon. Des
filets sèchent entre les cocotiers, tandis que
la marée montante clapote contre les pirogues
à balancier. Fleurs d’hibiscus piquées dans leur
épaisse chevelure, une guirlande de poissons
dansant sur leurs épaules, des petits pêcheurs
passent en riant. Dans les derniers éclats du
soleil couchant, le mufle d’un dugong surgit
et replonge. C’est l’heure pour les roussettes
de l’Ile aux chauves-souris de prendre leur
envol sur le ciel rougissant.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
La vie s’écoule, paisible, au bord du lagon.
Des filets sèchent entre les cocotiers ;
la marée montante clapote contre les pirogues
« TANNA », LA TERRE…
Retour rapide à Efate, plaque tournante des
départs pour d’autres îles. Celle qui porte la
petite capitale animée et exotique de Port-Vila
tient à bien des égards du rêve balnéaire :
plages bordées de cocotiers, cascades dégringolant sur des ressauts de tuf, mer limpide de
carte postale. Il y fait bon vivre, particulièrement pour l’étranger en mal d’investissement.
Pas le moindre impôt sur le revenu, pas la plus
petite retenue ni à la source, ni même sur les
plus-values, pas le moindre contrôle change…
Et pas la moindre transparence fiscale non
plus, à tel point que l’Organisation de coopération et de développement économiques
(OCDE) est venue encore récemment taper sur
les doigts du paradis off-shore sur lesquels
se pressent les hôteliers australiens. Quittant
lagons d’azur et paradis de corail, nous nous
envolons vers les îles de cendres, impatients
de glisser un œil dans les entrailles des vol-
cans turbulents de l’archipel. « Tanna », Terre,
répondirent les habitants à James Cook, leur
tendant une poignée de sol ramassé pour leur
demander le nom de l’île sur laquelle le capitaine venait d’accoster.
LE GRAND SPECTACLE
Dans cette terre lourde, grasse et noire comme
du charbon, s’enfonce la piste chaotique qui
grimpe jusqu’au pied du volcan. Cachés dans
la forêt, des jardins généreux débordent de
légumes et de fruits que les villageois, transis
par le froid de l’hiver austral, vendent au bord
de la route. Bien que ne dépassant pas 380 m
d’altitude, le sommet du Yasur reste comme
toujours caché dans les nuages. Les cendres
de ce jeune volcan, lâchées par des explosions
à répétition, tapissent la vaste plaine sur
laquelle nous débouchons. Les versants gris
et parfaitement réguliers se dressent contre
le crépuscule. Un vent poisseux, chargé de sco-
SE DÉPLACER
Compte-tenu de la taille
réduite des îles, on se
déplace beaucoup à pied
ou via les petits taxis
locaux. Sur chaque île,
il existe des petits bus
assurant les déplacements
locaux sur les principaux
axes, qu’il suffit de héler
de la main. Trajet autour
de 150 VUV (soit 1,15 €).
Si nécessaire, il est également possible de faire
appel à un véhicule avec
chauffeur par l’intermédiaire des agences implantées localement.
AVEC QUI
PARTIR ?
Impossible de ne pas
citer la programmation
de Terres d’Aventure sur
le Vanuatu, sélectionné
par la rédaction de Grands
Reportages parmi les
« Voyages d’aventure
de l’année 2018 ». Toutes
les infos sur ce voyage
sont à retrouver sur
www.grands-reportages.
com/voyage-annee-2018terdav-vanuatu.
Une vingtaine de chevaux
en liberté sont à la disposition
des visiteurs de Ratua pour une
initiation sur l’île ou pour partir
découvrir les rivages voisins.
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Insondables et intensément
lumineux, les « trous bleus »
du Vanuatu sont des
résurgences d’eau souterraine
s’ouvrant au cœur des forêts
de l’archipel.
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ries, nous accueille au sommet du volcan. À
peine le temps de s’avancer au bord de l’antre
qu’une énorme bulle de gaz explose au fond
du cratère provoquant une onde de choc d’une
violence inouïe qui fait trembler le sol et vibrer
l’air. Une gerbe puissante d’étincelles, de
magma, de blocs et de cendres compactes
jaillit alors du tréfonds. Le souffle de l’explosion est assourdissant. Projetés dans le ciel,
les lambeaux de lave redescendent au ralenti,
se tordent et s’écrasent en sifflant sur les versants. Le spectacle n’a duré que quelques
secondes pour redémarrer encore et encore,
toutes les cinq minutes.
LE CHAUDRON DU MARUM
Si les gens de l’île n’ont cure des risques
encourus par leur volcan pour le moins imprévisible, l’évocation d’Ambrym, l’île aux relents
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Ci-dessus : porte béante
sur le royaume des esprits,
le Benbow, l’un des cinq
cratères qui parsèment la
caldeira d’Ambrym, abrite
un lac de lave bouillonnant.
À droite : Les eaux fraîches
de la cascade de Lololima
sur l’île d’Efate caracolent
par-delà les ressauts de
travertins.
SUIVEZ
LE GUIDE !
Sur l’île d’Efate :
Pascal Guillet, Français,
dynamique et passionné,
forme des guides locaux
et propose des randonnées
et des circuits à vélo.
www.vanuatuecotour.com.vu
Sur Espiritu Santo :
Si vous souhaitez vous
immerger dans la nature,
Glenn Russell (anglophone), le découvreur
de Millenium Cave, est
un puits de science
sur la nature et la
culture de son pays.
Butterfly Adventure Tours :
butterflytoursadaventure
@gmail.com.
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SPÉCIAL
ASIE DU SUD-EST
Au fond du puits de 400 m de profondeur,
la surface du lac de lave se déchaîne
sous l’explosion des bulles de magma
de magie noire, notre prochaine destination,
leur fait rouler les yeux de terreur. À notre
arrivée, José, fils de l’île, nous emmène dormir
dans son village et saluer son père, le chef de
Lalinda. Dans le silence feutré de la nuit, où
les hommes s’expriment en sourires et chuchotements, alors que la torpeur distillée par
la saveur douceâtre et poivrée du kava s’infiltre dans nos membres, la vie sur l’île crainte
nous semble bien sereine et pacifique. Après
avoir grimpé trois heures durant au fond d’une
gorge étroite, nous débouchons au sommet
d’une immense caldeira, comblée par une
plaine de cendres d’où surgissent des panaches
de gaz marquant l’emplacement des trois cra-
tères actifs. Objectif de cette marche au ralenti,
sous la chaleur oppressante et à travers les
épais tapis de cendres colonisés, une végétation rase et opiniâtre, le chaudron du Marum.
Tout au fond d’un immense puits de 400 m de
profondeur, la surface du lac de lave se
déchaîne sous l’explosion de bulles de magma
de 40 m de diamètre. Magnétisés par la matière
en fusion, nous restons longtemps à contempler le cœur d’un des maillons de la ceinture
de feu du Pacifique.
Combien de voyages encore pour découvrir
une à une ces « îles de cendre et de corail »,
chères au géographe Edgard Aubert de la Rüe,
les plages sombres ou blanches d’Epi, Pentecôte,
dont les hommes célèbrent l’arrivée de
l’igname nouvelle en se jetant dans le vide
lianes aux chevilles pour amortir le choc, lors
du cérémonial saut de Gol, les cascades de
Malicolo… Et combien de tok-tok2 pour
connaître leurs habitants, attachés à la diversité de leurs traditions artistiques et culturelles,
à la terre de leurs ancêtres où ils cultivent le
taro, l’igname et le bonheur de vivre ?
(2) Tok-tok : « palabre » en
créole local, venu de l’anglais
« talk-talk » et indispensable
aux bonnes relations !
Retrouvez à chaque instant tous
les départs de toutes les agences
sur notre moteur de recherche
de voyages d’aventure :
bit.ly/departs-voyages-aventure
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ILS PARTENT
ILS RENTRENT
Into the wild
Impossible de ne pas penser, à la lecture du message que nous a fait parvenir Erell Saint-Germès, au
livre Into The Wild de Jon Krakauer (également adapté au cinéma par Sean Penn). À l’image de Christopher
McCandless, alias Alexandre Supertramp, Erell est une adepte du voyage « en autonomie, sans prévision,
en direction de l’immensité sauvage ». Son voyage à elle se déroulait en Islande, en juillet dernier. « Ce ne
fut pas toujours facile, ou plutôt ce ne fut surtout pas facile » nous confie Erell. « Il a beaucoup plu et fait froid.
J’ai commencé avec des chaussures mouillées dès le premier jour, malgré l’équipement adapté, impossible à faire
sécher... J’ai passé une semaine à marcher en pataugeant dedans. J’ai dormi sans matelas dans les éboulis volcaniques, et suis restée jusqu’à 12 h enfermée sous la pluie et le vent dans ma tente qui commençait à prendre l’eau
par les angles. J’ai dû boire presque un litre d’eau salée du lagon en attendant l’eau douce et pure du glacier. Là,
je suis en train de perdre trois de mes ongles d’orteils... Mais toujours alors il y a eu une solution, toujours alors
il y a eu un soleil dans ces moments-là. Parce que j’ai toujours eu confiance, en moi, en ma place, en l’instant. J’ai
appris à me sentir plus capable, plus autonome, plus indépendante. J’ai avancé dans la confiance en cette vie et
en notre monde ».
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Sur la côte sud
de l’Islande,
Erell s’offre une
baignade dans
la lagune du
Breiðárlón,
parmi les icebergs
vêlés par la calotte
glaciaire du
Vatnajökull.
© Erell Saint Germès
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INDEX et commande d’anciens numéros sur :
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RÉDACTION
3 rue Paul-Valérien Perrin
38170 Seyssinet-Pariset - France
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Rédacteur en chef : Anthony Nicolazzi
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Direction artistique :
Julie Le Louer
Michel Barthelemy
Grand-reporter : Jean-Marc Porte
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Reporter-chef de rubrique : Marc Dozier
doziermarc@free.fr
Rédacteur-photographe : Volodia Petropavlovsky
volodia.p@niveales.com
Responsable matériel : Guillaume Nahry
Tél. +33 (0)4 76 70 54 11
guillaume@niveales.com
Ont collaboré à ce numéro :
Pierre Garcia, Bernadette Gilbertas, Olivier
Grunewald, Gilles Modica, Rafael Pic, Bertrand Rieger.
À paraître en novembre
SPÉCIAL
GRANDS
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Les momies du Llullaillaco
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ÉDITEUR
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Siège social : 3 rue Paul-Valérien Perrin,
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Directeur de la publication : Jean-Pierre Roger
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Grands Reportages, Kiteboarder, Montagnes Magazine,
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La rédaction décline toute responsabilité concernant
les documents, textes et photos non commandés.
La reproduction, même partielle, des articles et
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Impression : Rotolito S.p.A.,
imprimé en Italie / Printed in Italy.
Provenance : Italie
Jupiter 550 silk
Certification : 100 %PEFC
% papier recyclé : 0 %
Ptot : 0,006 kg/tonne
Dépôt légal : septembre 2018
SPÉCIAL
TERRES
OUBLIÉES
NOS COUPS DE CŒUR
Les plus beaux voyages ethnos
COLOMBIE
© Franck Charton
En immersion chez les Kogis
98
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