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Grands Reportages - 11 2018

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ÉDITO
« ON OUVRE ! »
La rengaine est bien huilée ; « on ne parle jamais
des trains qui partent à l’heure ». En termes de
voyage, on ne fait pas exception. Un séisme, un
attentat, ou tout épisode engendrant une part
d’aléatoire et d’incontrôlable dans la sécurité des
voyageurs, et c’est un pays tout entier qui peut
plonger dans les oubliettes pour des années. Après
les gros titres de l’actualité, matraqués à l’envi par
les chaînes infos, arrive le « double effet Kiss Cool »
des « Conseils aux voyageurs » délivrés par le
ministère des Affaires étrangères : « On ferme ! »
Dans le sens inverse, la démarche est bien différente. Si la fermeture est immédiate, la réouverture
traîne toujours en longueur. La Colombie a eu beau
signer des accords de paix après quarante ans de
guerre civile, l’ombre des FARC et autres paramilitaires plane toujours sur les a priori. Il faudra
bien des précurseurs risque-tout, des témoignages
rassurants, des « retours du terrain » pour que, peu
à peu, s’effacent les appréhensions des voyageurs.
Sans doute faudra-t-il des années à la Mauritanie
pour retrouver ses belles années perdues. Rouvert
l’an passé, avec une première saison sans accroc,
l’Adrar mauritanien, au sommaire de ce
numéro, peut envisager cet hiver sa première saison « normale » depuis une
décennie.
Si le classement en « zone rouge » est généralement assorti d’avertissements largement diffusés,
le retour dans des couleurs plus acceptables
(orange, jaune, puis vert), se fait en catimini, sans
publicité aucune. Aussi fallait-il sans doute être
aux aguets pour s’apercevoir, cet été, du grand
retour de deux destinations majeures du voyage
d’aventure au sein des nations « fréquentables » :
la première, le Sud algérien, même si on ne parle
encore que d’ouverture partielle. Et la seconde, le
nord du Pakistan, et le mythique massif du
Karakoram. Voilà quelques années que ces deux
régions ne sont fréquentées que par quelques
voyageurs jusqu’alors jugés « irresponsables »,
quand bien même ils auraient une connaissance
pointue du pays. Les retours terrains, les vrais,
c’est eux : les contextes et réalités peuvent être très
différents d’une vallée à l’autre, et du correspondant local à l’organisateur, en passant par le voyageur en solo, nul ne songera à risquer sa couenne,
voire celle de ses clients, par simple coquetterie.
Entendre la voix du terrain, au moins autant que
celle d’un ambassadeur parfois bien esseulé dans
son bureau du bout du monde, n’est certainement pas une mauvaise chose.
Gageons que les grandes oreilles du
Quai d’Orsay nous ont entendus.
ANTHONY
NICOLAZZI
Rédacteur en chef
3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SOMMAIRE
EN COUVERTURE
LE MAG
6 POST
P. 32
Partages...
8 ACTUS
> L’Algérie rouvre !
> Népal : escroquerie au sommet
ARGENTINE
14 LECTURES
Les beaux livres
à placer sous le sapin
LES MOMIES
INCAS DU
LLULLAILLACO
16 Q&R
Quelle saison pour le Cap-Vert ?
18 CONSEILS
La météo version DIY
24 SAGA
En haute altitude avec l’un des
découvreurs des “enfants de Salta”
Eric Shipton : ultra moderne
altitude
REPORTAGES
P
.
54
DOSSIER
32 ARGENTINE
LES MOMIES DU
LLULLAILLACO
COLOMBIE LE NOUVEL
ELDORADO
54 DOSSIER
COLOMBIE
UN NOUVEL
ELDORADO
60 Les plus beaux
itinéraires
Six itinéraires pour découvrir
la Colombie. Notre sélection de
voyage pour savourer le meilleur
du pays.
66 Parc de
Los Nevados
P.
78
MAURITANIE
DERNIÈRES
NOUVELLES
DE CHINGUETTI
Après dix ans d’absence,
retour aux portes du Sahara.
4
Voyage au cœur de la région
du café.
78 MAURITANIE
DERNIÈRES
NOUVELLES DE
CHINGUETTI
94 ILS PARTENT /
ILS RENTRENT
Le retour du Pakistan
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE MAG / POST
PENDANT CE
TEMPS LÀ
PARTAGES
…
ENVIE DE NOUS RACONTER UN VOYAGE ? DE PARTAGER
UN PROJET ? UN ÉCHANGE ENTRE VOYAGEURS,
UNE INFO, UN COUP DE CŒUR… À VOUS DE JOUER !
© EOFT
@randoenfamille
En décembre...
82 printemps, toujours vert ! L’EOFT (European outdoor film tour), plus gros festival du film outdoor en Europe,
débarque en France, du 3 au 17 décembre prochain. Alpinisme, snowboard, parapente,
pas moins de sept longs-métrages qui relatent des aventures exceptionnelles seront
présentés au public. Parmi eux, The Frenchy, qui retrace les épopées de Jacques Houot.
Ce passionné d’outdoor âgé aujourd’hui de 82 ans possède toujours une énergie débordante pour parcourir les montagnes du Colorado à vélo ou à ski. L’histoire d’un homme
qui nous communique sa joie et aime la vie, même s’il a failli la perdre à vingt-trois
reprises au cours de sa carrière d’aventurier. L’EOFT commencera sa tournée par la ville
de Lille, le 3 décembre. Suivront dans l’ordre les villes de Strasbourg, Annecy, Lyon,
Grenoble, Marseille, Toulouse, Montpellier et Paris.
Plus d’infos sur : www.eoft.eu/fr
Grand Grand
bivouac
Ce mois d’octobre a vu se dérouler une
très belle édition du Grand Bivouac
d’Albertville, 17e du nom, sur le thème
du Grand chambardement. « Nous ne sommes pas un festival de voyage » a tenu à
rappeler son président, Guy Chaumereuil, insistant sur les objectifs premiers de ce
rendez-vous, le plus important du genre sur notre territoire. « Par ses films, ses auteurs,
ses invités ou ses partenaires, le Grand Bivouac doit nous mener à une meilleure compréhension du monde ». Une essence qui passera prochainement par une nouvelle
baseline, sur laquelle va plancher l’équipe prochainement. Des idées ?
6
Randos en Famille est une
plateforme collaborative
recensant des randonnées en
famille en France et ailleurs,
testées et publiées par les
familles. Né en 2017 à Annecy, ce
projet a été lancé il y a peu. Une
soixantaine de balades sont déjà
en ligne.
…
@15 ans
Fidèle abonnée depuis 15 ans,
Nicole Desmoulières, d’Avignon,
cède sa collection de Trek
Magazine. Si vous êtes intéressé,
n’hésitez pas à prendre contact
avec la rédaction
(redaction@trekmag.com
ou Facebook @Trekmag)
…
@MountainGo Créée par deux passionnés
Grenoblois, MountainGo est une
nouvelle plateforme qui propose
un service de covoiturage aux
amateurs de montagne et de
sport outdoor, pour se rendre au
départ d’une randonnée ou
d’une course par exemple. Plus
d’infos sur www.mountaingo.fr
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Greenland Winter Parka M
La nature vous attend
pendant que vous lisez ceci, une clairière vous attend
dans une forêt. Un sentier tortueux se tient prêt. Chez
Fjällräven, nous marchons dans la nature depuis plus de
50 ans. C’est ainsi que nous avons créé des équipements
intemporels et durables qui rendent toute aventure
en plein air encore plus merveilleuse. Et c’est pour
cela que nous utilisons un duvet 100 % traçable pour
vous garder au chaud, un enduit sans PFC pour vous
garder au sec et de la laine recyclée pour un maximum
de confort. La nature vous attend. Qu’attendez-vous ?
www.fjallraven.fr
© Anthony Nicolazzi
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Ils ont dit...
CHRISTINE COURMET
(La Balaguère)
«C’est une excellente nouvelle, même
s’il est regrettable que Djanet soit
toujours en rouge. Aucun départ n’est
prévu pour l’instant car la programmation est déjà bouclée et nous attendons
de voir comment la situation évolue.
Mais il est clair que le Sahara sans
l’Algérie, ce n’est pas le Sahara.»
ÉRIC BONNEM
(Tamera)
«Nous avons l’habitude des pays compliqués ; les recommandations du Quai
d’Orsay ne changent pas grand chose. La
ligne rouge actuelle s’arrête sur Djanet
alors que c’est là-bas qu’on part. Il y a
deux ans, on avait trente départs. Cette
année, le nombre a quadruplé.»
KÉVIN GIRARD
(Point Voyages)
« On ne sait pas vraiment si la région est
toujours dangereuse, au contraire de la
Mauritanie qui avait joué le jeu de la
transparence l’année dernière. On ne
joue pas avec la vie des gens. Il faut lire
entre les lignes et c’est très compliqué.
On reste en tout cas très optimiste car
c’est un très bon signe quand la France
referme son parapluie. »
8
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/ LE MAG
ALGÉRIE
QUELS VOYAGES
SAHARIENS
DÈS CET HIVER ?
PAR VOLODIA PETROPAV LOVSK Y ET JE AN-MARC PORTE
U
n an après la Mauritanie, le
Sud algérien sort du rouge. Le
8 août dernier, le Quai d’Orsay
a procédé à une vaste remise
à jour de ses cartes «conseils aux voyageurs» en Algérie. La situation bascule
d’un rouge (formellement déconseillé)
couvrant au bas mot les trois quarts du
pays à un niveau orange (déconseillé, sauf
raison impérative) sur une bonne partie
de sa moitié sud. Une gradation plus
mesurée et conforme à la réalité sécuritaire de l’Algérie, selon les professionnels
du tourisme d’aventure.
Dans le contexte géopolitique et sécuritaire tendu que connaît actuellement le
pays, cet événement est aussi heureux
qu’inattendu. À la lecture des conseils
prodigués par le Quai d’Orsay, deux tendances se dégagent. D’abord, au nord,
d’Alger à Timimoun, les secteurs de
Ghardaïa ou de Bechar passent désormais
en jaune (vigilance renforcée). Un véritable bouleversement qui rouvre à un
tourisme « normal » la quasi-totalité des
grands sites historiques algériens (de
Batna à Tipaza…), ainsi que les principales oasis du sud. Ensuite, au sud, la
zone orange recule, elle, jusqu’à…
Tamanrasset ! Une véritable révolution ?
Avec cette modification, les secteurs
majeurs (Hoggar / Assekrem, Tefedest…)
totalement délaissés depuis 2013 (à cause
notamment de la prise d’otage du site
gazier d’In Amenas) ont désormais des
chances de retrouver toute leur place dans
les grandes destinations sahariennes.
Seul contrepoint : l’oasis de Djanet et le
Tassili n’Ajjer demeurent en zone rouge,
malgré un flux constant de voyageurs
sahariens ces dernières saisons.
9
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LE MAG
© branex - stock.adobe.com
NÉPAL
ESCROQUERIE
AU SOMMET
SELON UNE ENQUÊTE RÉCENTE
PUBLIÉE PAR L’AFP, DES GUIDES
NÉPALAIS MONTENT DES
ESCROQUERIES À L’ASSURANCE
LORS DE SAUVETAGES EN
HÉLICOPTÈRE. UNE PRATIQUE
QUI, EN PLUS D’ÊTRE
CONDAMNABLE, FAIT PESER
symptômes liés à l’altitude disparaissent
DES SOUPÇONS SUR LES
généralement. Le médecin est alors incaAGENCES RESPECTABLES
pable de savoir de quoi souffraient réelleET PORTE PRÉJUDICE AUX
ment les patients.
VOYAGEURS.
TEXTE : VOLODIA
PETROPAV LOVSKY
S
i l’on en croit l’enquête publiée
récemment par Annabel Symington,
cheffe du bureau de l’AFP à Katmandou,
de nombreux trekkeurs passant en direct
par les agences locales au Népal sont victimes d’escroqueries aux assurances de la
part des guides. Le principe : pousser les
clients à appeler un hélicoptère aux premiers symptômes de mal des montagnes,
pour s’enrichir avec l’argent des assurances. Pour chaque hélicoptère appelé,
facturé parfois plus de 10 000 $ à la compagnie d’assurances, le guide recevrait
500 $. L’entreprise de sauvetage et même
l’hôpital toucheraient également des commissions à chaque intervention. Certains
guides iraient jusqu’à ajouter du bicarbonate de soude, un laxatif, dans les repas,
pour augmenter le nombre de sauvetages. Une fois de retour dans la vallée de
Katmandou, à 1 400 m d’altitude, les
10
LES AGENCES RESPECTABLES,
VICTIMES COLLATÉRALES ?
Ce type d’escroquerie, connu depuis deux
ans environ par les professionnels du tourisme, semble être seulement l’apanage
de quelques agences locales (plus de 2000
entreprises au Népal). Certains guides
locaux, peu scrupuleux et peu formés,
proposent souvent des itinéraires mal
conçus et trop ambitieux pour les clients,
qui risquent d’être rapidement victimes
du mal des montagnes. Si les agences
françaises, entourées de personnel qualifié, dénoncent ces pratiques, elles
risquent en revanche d’en subir les dommages collatéraux. « À cause de ces
fraudes, les assurances risquent de ne plus
nous prendre au sérieux lorsque nous
aurons besoin d’un rapatriement», déplore
David Ducoin, chef de secteur Himalaya
pour l’agence française Tamera. En juin,
le gouvernement népalais a lancé sa
propre enquête et menacé d’actions
quinze entreprises. Un premier signal
accueilli avec espoir par les voyagistes
français. Mais cette nouvelle politique est
également porteuse du risque inverse :
décourager les agences locales de faire
appel à un hélicoptère, même en cas de
problème grave.
Les chiffres
27
D’après cette enquête longue de
six mois, environ 8% des
touristes randonnant dans la
vallée de l’Everest ont été
évacués par hélicoptère au
printemps dernier, soit une
moyenne de 27 sauvetages par
jour.
500$
Les guides incriminés
recevraient en moyenne 500 $ de
commission par sauvetage en
hélicoptère, facturé parfois plus
de 10 000 $ à l’assurance. Du
guide au pilote en passant par
l’hôpital, chaque intermédiaire
prend généralement sa part lors
de ce type d’opération.
2,24 € Le Népal reste un pays d’une
grande pauvreté, même si le PIB
a quadruplé en vingt ans (21
milliards de dollars en 2016, soit
729 $ / personne / an). On
estime que 70% des ménages
népalais vivent avec avec moins
de 2,24 € par jour.
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LE MAG / FOCUS
NOMAD MAPS
5 000 KM
À VÉLO POUR
CARTOGRAPHIER
L’AMÉRIQUE
DU SUD
LE GÉOGRAPHE ALBAN VIVERT A TRAVERSÉ UNE PARTIE DE
L’AMÉRIQUE LATINE À VÉLO POUR DÉVELOPPER LA CARTOGRAPHIE PARTICIPATIVE AFIN D’AIDER LES RÉGIONS TRAVERSÉES. UNE VÉRITABLE EXPLORATION 2.0, COURONNÉE PAR LE
PRIX « DÉCLICS JEUNES » DE LA FONDATION DE FRANCE.
TEX TE : VOLODIA PETROPAV LOVSKY
Alban Vivert est parti de Bogota début
mai pour une itinérance sur deux roues à
travers la Colombie, l’Équateur et le Pérou.
Un périple musclé, avec 5 130 km et 95 000
mètres de dénivelé positif. Durant quatre
mois, il a sillonné les routes d’Amérique
du Sud, GPS au guidon, pour recenser les
zones isolées et aider à leur développement. «Avec l’avènement du web 2.0, ce
qui n’est pas cartographié n’existe pas»,
explique le géographe. L’utilisation du
vélo, véhicule passe partout, lui a permis
de cartographier des routes inexistantes
sur Google Maps et de nourrir une base de
données de 110 000 photos des régions
traversées, toutes géolocalisées et ajoutées le jour même sur Mapillary ou
OpenStreetMap.
FAIRE EXISTER LES INDIVIDUS
Dans ces régions, les cartes existent mais
la plupart des données sont fermées car
réservées à un usage militaire ou privé.
Elles sont pourtant indispensables au
développement, à tous les niveaux. «Au
Pérou, j’ai rencontré un paysan qui vivait
au fond d’un canyon. Il avait découvert
12
une grotte avec des stalactites et des objets
archéologiques. On a géolocalisé le sentier
pour y accéder et répertorié le lieu comme
monument touristique pour qu’il le fasse
visiter. C’est le genre d’action qui lui donne
une visibilité et permet de le faire sortir de
sa précarité», cite en exemple Alban. Dans
chaque pays traversé, le projet Nomad
Maps s’est appuyé sur les communautés
OpenStreetMap locales. Des contributeurs
à la cartographie collaborative ont géolocalisé leur maison, leur quartier ou lancé
des projets. «Le but final, c’est ce qu’on
appelle le carto empowerment, c’est-à-dire
se remettre à exister par l’information géographique», résume Alban.
Au-delà de sa dimension altruiste, le
projet Nomad Maps représente une nouvelle forme d’exploration. Les satellites
ont balayé la Terre de long en large, mais
certaines zones peuplées restent non
répertoriées, par désintérêt économique.
«Il y a un côté un peu romantique dans ce
travail», confie Alban qui a longtemps rêvé
devant les récits des explorateurs d’autrefois.
Le géographe Alban Vivert
a parcouru plus de 5 000 km
à vélo dans les Andes,
durant quatre mois.
© Alban Vivert
En bref
Quésaquo ?
La cartographie collaborative,
c’est lorsque plusieurs personnes, professionnelles ou non,
travaillent dans la collecte, la
production et l’intégration de
données géographiques de
qualité, pour créer ou enrichir une carte. L’exemple le plus
connu est OpenStreetMap. La
cartographie collaborative peut
servir une cause purement
commerciale (ex : Waze), comme
humanitaire (ex : CartONG).
En chiffres
> 5 130 km à vélo
> 95 000 m de dénivelé
> 110 000 photos
géoréférencées
> Plus de 10 000 objets
cartographiés, du chemin
de terre aux bâtiments
administratifs.
C’est où ? Le projet d’Alban Vivert est
visible sur www.nomadmaps.
net. Une carte retrace son
parcours avec chaque étape en
détail et de nombreuses photos.
Les bases de données d’OpenSteetMap et Mapillary ont
également été enrichies dans ces
zones.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Cordillère Huayhuash, Pérou
PARTEZ BIEN ACCOMPAGNÉS !
DU VOYAGE DÉCOUVERTE AU GRAND TREKKING
www.tirawa.com • 04 79 33 76 33
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LE MAG / LECTURES
NOTRE SÉLECTION
À GLISSER SOUS LE SAPIN UN BEAU LIVRE D’AVENTURE À (S’)OFFRIR POUR
LES FÊTES ? VOICI NOTRE SÉLECTION MAISON
PARMI LES NOUVEAUTÉS DE FIN D’ANNÉE...
PAR LA RÉDACTION
LES PLUS BEAUX ENDROITS
POUR MARCHER
Nicolas Gardon et Sylvain Bazin,
éditions Gründ, 208 pages, 24,95 €.
Des sentiers de l’Himalaya à l’Écosse, en passant par la
campagne française ou les rues du New-York, ce livre nous
raconte comment explorer le monde de la plus simple façon :
à pied. On appréciera grandement la diversité des parcours
proposés, tant par la durée (de quelques heures à plusieurs
mois), que par les régions parcourues. Écrit par des randonneurs expérimentés, l’ouvrage apporte des informations
pratiques très utiles sur chaque itinéraire. Un beau livre pour
rêver avant les prochains voyages.
NUITS DES CÉVENNES
De Guillaume Cannat, Samuel
Challéat, Alain Renaux, Arnaud
Rykner et Jean-Paul Salasse, éditions
du Rouergue, 160 pages, 35 €.
Admirer un ciel étoilé est devenu
une rareté dans notre monde
pollué. Il existe malgré tout des
coins de France où les nuits sont
noires, éclairés par les seules
étoiles. La région des Cévennes,
labelisée “réserve internationale du
ciel étoilé”, est l’un de ces derniers
vestiges. Au fil de l’ouvrage,
cinq auteurs, photographes,
géographes ou botanistes, croisent
leurs regards et nourrissent notre
réflexion sur ce temps si particulier
qu’est la nuit pour la faune, la flore
et l’homme.
LES CHRONIQUES DU
DOCTEUR VERTICAL,
L’INTÉGRALE
De Emmanuel Cauchy, éditions
Glénat, 848 pages, 30 €.
ALPES SECRÈTES
TREKS DE LÉGENDE
Un ouvrage qui s’adresse à tous ceux qui,
simples randonneurs, ont rêvé d’être
alpinistes, avec des itinéraires hors sentiers,
parfumés de haute montagne, sans pour
autant présenter de difficultés majeures.
Ces Alpes secrètes nous emmènent au gré
du massif sur 22 randonnées itinérantes, en
boucle ou en traversée, du massif des Écrins
à la Slovénie, des Alpes bergamasques
(Italie) au Tyrol. Une ode à la (pratique de
la) montagne sauvage.
Des États-Unis au Népal en passant par
l’Islande ou la Nouvelle-Zélande, ce beau
livre nous emmène à la découverte des
sentiers mythiques du monde. D’une durée
de quelques heures à plusieurs jours, ce
sont 34 treks qui sont présentés dans ce
beau livre. Cam Honan, l’auteur qui
a parcouru 50 000 kilomètres à pied ces
dernières années, décrit chaque itinéraire,
carte à l’appui. Un ouvrage qui se distingue
aussi par la qualité de ses photos.
De Paulo Grobel et Gérard Guerrier, éditions
Glénat, 192 pages, 35,50 €.
14
De Cam Honan, éditions Hachette,
256 pages, 35 €
Emmanuel Cauchy, médecin urgentiste et guide de haute montagne,
disparu dans une avalanche en avril
dernier, était aussi un formidable
écrivain. Sur fond de secours en
haute montagne, de skieurs perdus
dans la tempête et d’alpinistes en
détresse, la plume du “docteur
Vertical” nous dévoile un polar
palpitant. Action, suspense, amour
torride et humour décapant : tous
les ingrédients d’un feuilleton à
rebondissements sont réunis dans
quatre épisodes à lire d’une seule
traite.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
WILD
De Peter & Beverly Pickford, éditions Paulsen, 340 pages, 49 €.
À travers plus de 200 images saisissantes, de la Namibie à
l’Alaska, les photographes Peter et Beverly Pickford ont peint une
fresque sans pareille de quelques-uns des lieux inviolés de la
planète, sélectionnés sur une carte de nuit affichant les zones
non-lumineuses. En images comme en texte, les auteurs nous
livrent un message universel : l’urgente nécessité de préserver ces
contrées pour assurer l’avenir de notre planète.
OASIS
INTERDITES
Ella Maillart, éditions Payot et
Rivages, 432 pages, 22,80 €.
La traversée d’est en ouest de l’immense Chine, de Pékin aux
oasis du Taklamakan, par Ella Maillart et son comparse Peter
Fleming, n’est certes pas une nouveauté. Réalisé en 1935, ce
périple sera raconté par la voyageuse suissesse dès 1937, dans
cet Oasis Interdites, réédité début novembre chez Payot. Mais
cette édition 2018 s’illustre par son iconographie, puisqu’elle
comporte soixante images prises par Ella Maillart par son
« cher Leica ».
EVEREST 78
De Pierre Mazeaud,
éditions Guérin, 208 pages,
19,50 €.
Pour célébrer le quarantième anniversaire de la première ascension française du Toit du monde, Guérin republie Everest 78, récit
d’un alpiniste et chef d’expédition peu banal : Pierre Mazeaud,
qui venait alors de quitter ses fonctions de secrétaire d’État à la
Jeunesse et aux Sports. Everest 78 est le récit sur le vif de cette
expédition heureuse, où les grincements des séracs couvrent
ceux des frictions de caractères.
15
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LE MAG / QUESTIONS & RÉPONSES
Une réaction,
un commentaire,
une question ?
Rendez-vous
sur notre page
Facebook.
© Anthony Nicolazzi
Posez vos questions ! Nous vous apporterons les réponses
des experts en la matière (spécialistes d’une destination,
d’un matériel précis, etc.), qu’ils soient journalistes,
concepteurs de voyages, grands voyageurs ou… lecteurs avertis.
La période du carnaval (ici à São Vicente) est l’un des temps forts de la saison.
QUELLE EST LA MEILLEURE SAISON POUR LE CAP-VERT ?
MARTINE MILLIÈRE, VALENCE (26)
Anthony Nicolazzi
Rédacteur en chef
«Il existe désormais de
nombreuses pensions et
hébergements chez l’habitant au
Cap-Vert. Le contact est excellent,
très couleur locale, et c’est une
solution économique
pour rayonner à la journée ou
réaliser des circuits itinérants.»
16
Le Cap-Vert compte dix îles, dont neuf habitées, avec parfois des ambiances et des conditions climatiques
très différentes. D’une manière générale, le climat est très sec, sauf durant la saison des pluies, d’août à
octobre. On distingue au nord les îles Barlavento ou «au vent» (Santo Antão, São Vicente, Santa Luzia,
São Nicolau, Sal et Boa Vista), qui ont un climat plus aride, et au sud les îles Sotavento ou «sous le vent»
(Maio, Santiago, Fogo, Brava), qui sont légèrement plus arrosées. L’autre constante de ces îles est le vent,
avec les alizés venus du nord-est, qui soufflent avec constance de novembre à mai (et spécialement en
janvier). Les îles les plus sauvages sont Santo Antão, ainsi que Fogo et Santiago. L’ascension du volcan
Pico de Fogo (2 829 m), point culminant de l’île de Fogo (et de tout le Cap-Vert), est l’un des musts de
l’île (1 200 m de dénivelée). Quant à Santiago, siège de la capitale Praia, elle offre également quelques
itinéraires d’intérêt. Outre les vols réguliers, il existe parfois des vols charters sur le Cap-Vert, mais
principalement sur les îles «plates» (balnéaires et touristiques), comme Sal ou Boa Vista. Mindelo
(São Vicente) est parfois desservie par ce type de vols directs, des vacances de Noël jusqu’à la fin mars.
Des tarifs dont on profitera par l’intermédiaire d’une agence de voyages ou des sites de réservations en ligne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
P UBL I - RÉDAC T I O N N E L
LES MEILLEURS
FILMS D’AVENTURE
EN TOURNÉE DANS TOUTE LA FRANCE
DE A À B
EN ROLLERSKI
En 1988, Raimonds Dombrovskis com­
mence la plus longue course d’entraî­
nement de sa carrière de biathlète.
Accompagné de son chien Bucis et son
Combi Volkswagen plein à craquer, il
décide de parcourir 6 700 km en ski à
roulettes, de l’extrême nord du Canada
jusqu’à la frontière mexicaine. L’issue
du projet reste incertaine, les leggins
prêts à chauffer et les routes difficile­
ment praticables. Pourtant, tout semble
prendre un nouveau départ. Des chan­
gements se font ressentir non seule­
ment dans les rues en Amérique, mais
aussi en Lettonie, le pays d’origine de
Raimond. Le biathlète est convaincu que
l’effondrement de l’Union soviétique
est imminent. Son rêve est de participer
aux prochains Jeux olympiques d’hiver
pour l’équipe de biathlon lettone (et
non soviétique !). Mais il doit d’abord
rejoindre le Mexique…
VIACRUXIS
Parfois, une excursion en montagne
peut se transformer en cauchemar
absolu. Même si on atteint le sommet.
Ou peut­être parce qu’on atteint le
sommet. Heureusement nos deux alpi­
nistes plein d’ambition ne savent pas
encore à quoi s’attendre dans ce périple.
Ils tentent de se frayer un chemin à tra­
vers la neige et la glace et ne perdent
jamais de vue leur cible, malgré le brouil­
lard et les chutes de pierres. Pourtant,
au moment où ils se rapprochent du
sommet, l’expédition prend une tour­
nure inattendue… Viacruxis : un ado­
rable film d’animation en stop­motion
sur les petites et grandes catastrophes
en montagne.
THE A.O.
Adam Ondra est l’un des meilleurs grim­
peurs de notre époque — et l’un des
plus polyvalents. Avec Silence, il a gravi
la voie d’escalade sportive la plus diffi­
cile au monde et a établi un nouveau
niveau de difficulté avec le 9c. Le
Tchèque a également montré ce qu’il
était capable de faire lorsqu’il s’agit d’es­
calader de grands murs : Il est venu à
bout du Dawn Wall en seulement 8 jours,
lors de son tout premier voyage dans
la vallée de Yosemite. Son corps suren­
traîné semble vaincre la gravité sans
effort. Mais les capacités physiques et
l’endurance d’Adam Ondra suffisent­
elles pour réaliser les voies les plus diffi­
ciles ? Ou n’est­ce pas plutôt sa force
mentale qui le fait grimper un parcours
en 8a les yeux bandés? C’est ce que nous
voulons découvrir en examinant le par­
cours du jeune grimpeur dans The A.O.
8000+
En juillet 2016, le parapentiste Antoine
Girard part seul à la découverte du
Karakoram. Une expédition de trois
semaines à pied et dans les airs. À partir
de la ville Skardu, il se dirige vers les plus
hauts sommets du nord Pakistan. La
tâche du Français est immense: il a déjà
échoué à deux reprises à gravir le Broad
Peak (8051 m) et voler au­dessus en para­
pente. Maintenant, il espère que les vents
le porteront jusqu’au sommet — voire
même au­delà. S’il réussissait, il établi­
rait un nouveau record d’altitude en para­
pente. Mais l’oxygène est rare au­dessus
des montagnes de 8000 mètres, et les
décollages et atterrissages sont extrê­
mement délicats. Surtout quand on ne
peut compter que sur soi­même…
9 DATES EN FRANCE
Lundi 3 décembre
Mercredi 5 décembre
Lundi 10 décembre
Mardi 11 décembre
Mercredi 12 décembre
Jeudi 13 décembre
Vendredi 14 décembre
Samedi 15 décembre
Lundi 17 décembre
Lille
Strasbourg
Annecy
Lyon
Grenoble
Marseille
Toulouse
Montpellier
Paris
FROZEN MIND
L’un est snowboarder (Victor de Le Rue),
l’autre skieur (Pierre Hourticq), mais
tout les relie. S’ils ont fait glisser leurs
premières spatules dans les Pyrénées,
c’est aujourd’hui sur les plus belles mon­
tagnes du monde qu’il aime tracer des
lignes parfaites, avec une prédilection
pour la pente raide et le freeride
extrême. Frozen Mind est leur nouveau
film, réalisé l’hiver dernier,
NORTH OF
NIGHTFALL
Axel Heiberg est la septième plus
grande île du Canada, elle est située au
nord du cercle polaire arctique. En
hiver, l’île est dans l’obscurité totale et
est complètement recouverte de neige
et de glace. Mais quand le soleil se lève
à nouveau, ce lieu unique montre son
vrai visage. Les paysages époustou­
flants, sillonnés par de grands glaciers,
offrent alors le meilleur terrain pour le
VTT. Pas étonnant que Darren Berrecloth,
Carson Storch, Cam Zink et Tom Van
Steenbergen ne puissent résister aux
descentes sans fin qu’offre l’île.
UGC Ciné Cité
Le Star St. Exupéry
Impérial Palace
Salle Victor Hugo
Pathé Chavant
Cinéma Le Prado
Gaumont Wilson
Espace Dieze
La Cigale
THE FRENCHY
« No problem! » Quiconque entend l’his­
toire de Jacques Houot sera surpris de
voir comment cet homme a réussi à
atteindre l’âge de 82 ans. Il a en effet
failli nous quitter à pas moins de 23
reprises ! Mais il a toujours réussi à se
reprendre, et cela n’est pas prêt de s’ar­
rêter. Aujourd’hui, le Français d’origine
passe la plupart de son temps dans les
montagnes. Près de Carbondale, dans
le Colorado, aucune piste de vélo ou
de ski ne lui résiste. Jacques Houot aime
la vie, et nous communique cette joie à
tous – qu’on le veuille ou non.
WWW. EO FT.EU/ FR/
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LE MAG / CONSEILS
TRUCS ET ASTUCES
COMMENT FAIRE
SA MÉTÉO EN VOYAGE ?
PAS DE CONNEXION 4G ? MAIS BESOIN DE PRÉVISIONS
MÉTÉO POUR UN FUTUR PROCHE ? NUL BESOIN D’ÊTRE
UN SCIENTIFIQUE AVERTI POUR OBSERVER LE CIEL ET
INTERPRÉTER LES SIGNES DE L’ÉVOLUTION DU TEMPS.
PAR VOLODIA PETROPAV LOVSK Y
18
Volodia
Petropavlovsky
Rédacteur
Amateur de grands périples en
autonomie, notre journaliste
partage quelques DIY, à
appliquer sur le terrain.
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C
onnaître le temps qu’il fera est
primordial lorsque l’on prépare
un trek ou un voyage. La solution la plus courante consiste
bien sûr à vérifier les prévisions, que ce
soit à la télévision, sur son ordinateur ou
via son smartphone. La méthode a pourtant ses limites dès lors que l’on passe
dans une zone isolée et donc souvent
sans réseau, ou tout simplement que l’on
souhaite se déconnecter. Il suffit alors
simplement de lever la tête pour observer
le temps évoluer. Traînées blanches en
altitude qui annoncent la pluie, cumulus
de beau temps qui bourgeonnent ou
cumulonimbus d’orage qui deviennent
menaçants : les nuages nous offrent de
précieux renseignements. Ajoutez à cela
l’analyse de la direction et de la force du
vent et la prévision météo s’affinera.
Complétez en observant la pression évoluer sur votre altimètre (qui est avant tout
un baromètre) et vous pourrez arriver à
une estimation encore plus fiable sur le
terrain.
Pour comprendre la succession des différents phénomènes météorologiques,
nous avons fait le choix de détailler les
différentes phases du passage d’une
dépression sous nos latitudes en observant, jour après jour, son évolution sur
des images satellites. Si la météo diffère
selon que l’on se trouve dans un désert,
en Himalaya ou en Bretagne, la circulation globale des masses d’air (front chaud,
front froid, nuages de convection) reste
toutefois similaire et devra toujours vous
inciter à une chose : vous plonger la tête
dans les nuages.
Lexique
Cirrus (Ci) : entre 5 000 et 14 000 mètres, d’une
apparence filamenteuse. Ne cause pas de
précipitations
Cirrostratus (Cs): entre 3 500 et 12 000 m. Forment un voile dans le ciel. Annonce l’arrivée
d’une dépression
Altostratus (As) : entre 2 000 m et 5 000 m, vaste
couche grisée qui génère parfois de la pluie.
Présent autour des fronts chauds
Nimbostratus (Ns) : entre 2 000 m et
10 000 m d’altitude. Formés d’une épaisse
couche verticale. Il est associé à des chutes de
pluie ou de neiges.
Cumulus (Cu) : entre 300m et 3 000 m d’altitude.
Nuage boursouflé, il s’observe généralement
dans un ciel de traîne
Cumulonimbus (Cb) : entre 300 et 21 000 m
d’altitude. En forme d’enclume, il est associé aux
phénomènes météo les plus violents (pluie,
orage, grêle, ...)
Stratocumulus (Sc) : entre 500 et 2 500 m.
Nuages larges, sombres et arrondis qui donnent
parfois des précipitations.
Front froid
Ci
Cs
Cb
Cu
Ac
Ns
Sc
As
Front chaud
Cu
La perturbation à la loupe
Les couches de la basse atmosphère connaissent naturellement
des perturbations tout au long de
l’année. Les variations de pression,
de température et de vent
génèrent des déplacements d’air,
tant au niveau horizontal qu’au
niveau vertical. Le début d’une
perturbation est marqué par
l’arrivée d’un front, qui va glisser
sur la masse d’air existante, plus
froide, et apporter des nuages qui
vont progressivement voiler le ciel.
Juste derrière ce premier
symptôme de la dépression, un
front froid progresse en charriant
les plus puissants des nuages qui
génèrent les conditions météo les
plus violentes.
Si le déplacement des masses d’air,
observable sur des cartes de
pressions ou de températures,
peut sembler abstrait, il suffit
d’observer les nuages pour
comprendre ce phénomène à
l’origine de tout changement de
temps. À l’entrée du front chaud,
seuls les nuages les plus hauts en
altitude font leur apparition. Le
long cette ligne de démarcation,
qui s’abaisse en altitude à mesure
que le front gagne du terrain, les
nuages s’épaississent, s’élargissent
et se rapprochent du sol. L’arrivée
du front froid génère alors une
instabilité de cette masse d’air
chaude et humide, qui aura alors
tendance à s’élever par convection, à se condenser et se
transformer en gros nuages noirs.
S’élevant sur une importante
colonne verticale, ils apportent
d’intenses précipitations, voire des
orages. Derrière ce front froid,
dont la ligne s’élève presque
directement de bas en haut, les
averses laissent progressivement
place à une phase de beau temps.
Jusqu’à la prochaine perturbation.
19
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JOUR 1
Sirocco
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Cirrus
Approche de la perturbation
Beau temps sur une bonne partie du sudouest de la France. Le reste du territoire
subit la fin d’une perturbation qui disparaît vers l’est de l’Europe. Au large de l’Atlantique, une nouvelle dépression se
forme, en provenance des régions
polaires. En passant par l’océan, elle se
charge d’humidité. Son sens de rotation
est inverse à celui des aiguilles d’une
montre et elle est précédée d’un front
chaud. Sur terre, aucun effet n’est ressenti
pour le moment à part à la pointe nordouest de l’Hexagone. Dans le ciel de cette
région, on peut observer les cirrus et les
20
cirrostratus, nuages de haute altitude, qui
voilent voilent peu à peu le ciel et
annoncent l’arrivée prochaine d’une perturbation. Plus le front chaud se rapproche, plus la probabilité de pluie
augmente. La température va quant à elle
se radoucir lentement. La pression chute
brutalement à l’approche de cette masse
d’air. Le vent, faible, se renforce progressivement. Orienté sud (voir le sirocco bien
visible provenant du Sahara), il tourne
progressivement au sud-ouest.
Sur le terrain
> Vent : jusqu’alors faible à nul, orienté au
sud, il tourne au sud-ouest
> Pression : chute rapidement
> Température : augmente progressivement
> Pluie : pour l’instant, le beau temps
règne mais la pluie fait son apparition sur
la côte nord de l’Atlantique
> Nuages : des cirrus, puis des cirrostratus, parsèment le ciel
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Nimbostratus
Altocumulus lenticulaire
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Altostratus
L’arrivée du front chaud
La dépression progresse et arrive sur les
côtes françaises. Elle est précédée d’un
front chaud qui suit les contours de la
perturbation et va peu à peu recouvrir
quasiment l’ensemble du territoire. Le
front chaud est fait d’une masse d’air
chaude qui recouvre peu à peu la masse
d’air froide existante, plus dense donc
plus lourde, qui tarde à s’évacuer. Le front
chaud doit glisser sur la masse froide
jusqu’à atteindre le sol, sur une surface
qui peut couvrir les deux tiers du pays.
Au sol, on constate une légère et progressive augmentation des températures, ce
qui peut laisser croire que le beau temps
va désormais s’installer. Il suffit pourtant
de lever les yeux pour observer la couverture nuageuse se densifier à mesure que
les heures passent. Les cirrus et les cirrostratus qui voilaient le ciel de longues
traînées blanches laissent place aux altocumulus et aux altostratus. Ces nuages,
situés entre 2000 m et 6 000 m d’altitude,
assombrissent le ciel. Quand le front
atteint le niveau du sol, les altostratus se
changent en nimbostratus. Une pluie fine
commence généralement à tomber. En
France, l’arrivée d’un front chaud peut
durer plus d’une journée entre les premières apparitions de cirrostratus et l’arrivée de l’air chaud au niveau du sol.
Sur le terrain
> Vent : orienté au sud-ouest, tout en
forcissant
> Pression : assez basse, elle se stabilise
> Température : l’augmentation se
poursuit, plus lentement
> Nuages : des altostratus et nimbostratus
apparaissent
> Précipitations : la pluie s’installe,
souvent sous forme de bruine
> Nuages : des altostratus et nimbostratus
apparaissent. Lenticulaires possibles sur
les sommets.
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Ciel d’orage
Cumulonimbus
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Cumulus congestus
Le passage du front froid
Environ 24 heures après le passage du
front chaud, l’ensemble de l’Hexagone est
sous les nuages. Nous sommes désormais en plein cœur de la perturbation,
marquée par une chute brutale de la pression. En arrière de la dépression, de l’air
froid, plus lourd, repousse sans difficulté
le front chaud, au niveau du sol comme
en altitude. En raison de son avancée
rapide et du soulèvement brutal de la
masse d’air, l’arrivée d’un front froid est
génératrice de phénomènes météorologiques violents.
Les nimbostratus qui constellaient le ciel
se disloquent progressivement pour
laisser place à des cumulus de convection. Ces nuages se forment par convection thermique : au fur et à mesure que
22
l’air humide monte et se refroidit, il arrive
à saturation et génère des pluies. Les précipitations s’intensifient à mesure que les
nuages s’amoncellent et se gonflent.
L’élévation verticale des cumulus, en cas
de forte instabilité de la masse d’air, mène
progressivement à des types de nuages
tels que les cumulus congestus puis les
cumulonimbus, qui génèrent les précipitations les plus violentes. Le phénomène
peut rapidement prendre une grande
ampleur en montagne, avec des chutes
de neige en altitude même l’été et surtout
la formation de gros orages. C’est le
moment le plus risqué en randonnée et
donc celui qui nécessitera d’être le plus
anticipé.
Sur le terrain
> Vent : tourne à l’ouest, voire au
nord-ouest, en rafales
> Pression : augmentation rapide
> Température : baisse rapide au contact
de la masse d’air froide
> Nuages : stratocumulus, nimbostratus,
cumulus et cumulonimbus obstruent le ciel
> Précipitations : fortes pluies, voire
orages
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Altocumulus
Stratocumulus
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Cumulus de convection
Le ciel de traîne
La perturbation météorologique a traversé la France et poursuit sa route en
direction de la Scandinavie et des pays
Baltes. Elle est suivie d’un ciel de traîne
bien marqué sur tout le pays, formé majoritairement de cumulus bourgeonnant à
faible altitude, parfois accompagnés par
des groupes d’altostratus ou de stratocumulus. L’air reste frais et le temps très
changeant. Le vent demeure fort. En cas
de traîne calme, le ciel est clair et d’un
bleu très « pur », la pluie ayant lavé l’atmosphère des nombreuses particules en
suspension. La visibilité est alors excellente. Les nuages bourgeonnants peuvent
former de grains ou des averses de
manière régulière.
La traîne peut atteindre un millier de kilomètres de large. Son passage s’étale sur
plus de 24 heures Si le vent repasse au
nord, cela signifie qu’aucune nouvelle
perturbation n’est à craindre pour le
moment. Le beau temps s’installe et les
températures remonteront. On observe
alors dans le ciel des « rues de nuages »,
successions de cumulus «de beau temps»
sous un ciel bleu. En revanche, de nouveaux cirrus et un vent tourant au
sdu annoncent déjà la perturbation suivante. Dans ce cas, le schéma développé
jusqu’alors se répétera, avec une intensité
et une durée variable.
Sur le terrain
> Vent : faiblit ou tourne au nord
> Pression : continue de s’élever, plus
lentement
> Température : peut baisser après la
perturbation
> Nuages : les cumulus peuplent le ciel
> Précipitations : des averses sont encore
observées
23
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Eric Shipton
ULTRA MODERNE ALTITUDE
ÉCARTÉ DU LEADERSHIP DE L’EXPÉDITION VERS L’EVEREST L’ANNÉE
PRÉCÉDANT LE TRIOMPHE BRITANNIQUE, L’EXPLORATEUR ALPINISTE
ERIC SHIPTON A ÉVITÉ DE JUSTESSE LES PAILLETTES DE LA CONQUÊTE
DU TOIT DU MONDE. QUASI INCONNU DU GRAND PUBLIC, CE
PRÉCURSEUR DES EXPÉDITIONS MINIMALISTES EST POURTANT
DEVENU, AUX CÔTÉS DE SON COMPLICE DE TOUJOURS, BILL TILMAN,
UNE INCONTOURNABLE RÉFÉRENCE EN MATIÈRE D’EXPLORATION.
TEXTE GILLES MODICA
Gilles Modica
Rédacteur
Spécialiste de l’histoire
des grandes explorations,
notre auteur apprécie
autant l’héroïsme des
pionniers que leurs
qualités littéraires.
24
C’est un des grands explorateurs
du XXe siècle, comme son ami
Tilman, qui le dopait à l’avoine,
au porridge des pensions. Deux
hommes au parcours extraordinaire. Globe-trotters,
himalayistes, souvent complices
dans l’exploration des montagnes du monde, ces deux
Anglais meurent la même
année : 1977. Un cancer terrasse
Shipton (28 mars 1977). Ce vétéran de tous les climats et des
camps supérieurs du versant
nord de l’Everest aurait passé le
cap des soixante-dix ans
quelques mois plus tard, le
1er août. Harold William Tilman,
dit Bill, réputé pour sa bonne
humeur en toutes circonstances, disparaît peu après en
mer avec tout son équipage.
Vieux cotre de quinze mètres,
coque en bois, daté de 1910,
gréé à l’ancienne, le Mieschief
sombre quelque part entre les
îles Falklands et la Géorgie du
Sud, un jour inconnu de l’été
1977. Tilman, né en 1898, naviguait depuis l’âge de soixante
ans, avec une préférence pour
les mers glaciales, au risque des
icebergs et des bancs de brouillard. L’alpiniste, fumeur de pipe,
constatant avec l’âge qu’il soufflait trop et traînait la jambe en
altitude, s’était fait marin et, de
surcroît, marin de haute mer.
Le Mieschief, son équipage de
volontaires recruté par annonce,
hantait les extrémités de l’Atlantique, Nord ou Sud, sous la
conduite de cet homme inimitable, ancien officier des deux
guerres mondiales, Anglais
d’Empire jusqu’à sa mort de
vieux loup de mer, à près de
quatre-vingts ans, dans une
probable déferlante. Tilman, en
expédition, digérait toutes les
contraintes, toutes les tambouilles. Shipton, les nerfs et
l’estomac plus sensibles, supportait difficilement les
manières de Tilman, ses habitudes de lève-tôt, son appétit et
son entrain matinal devant une
gamelle de porridge.
La naissance d’une cordée
mythique
Les deux hommes s’étaient rencontrés au Kenya en 1930. Six
mois après l’ascension du
Kilimandjaro (5 893 m) où
sèchent les ossements d’un
léopard, les deux hommes
s’attaquent à une longue et
difficile escalade sur des
rochers vierges : la traversée des
deux sommets jumeaux du
mont Kenya (5 200 m). En 1932,
la cordée marche dans les
neiges éternelles des trois principaux sommets (monts Speke,
Baker et Stanley) de la chaîne
du Ruwenzori (Montagnes de la
Lune). Shipton redoutait les
levers matinaux.
Shipton : “Comme j’ai détesté
Tilman aux premières heures du
matin ! Non seulement pendant
cette expédition mais pendant
toutes les années que nous
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SAGA
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Hérault de l’humour
britannique, Eric Shipton
maîtrisait à merveille l’art
de monter à cheval.
25
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SAGA
Figure indissociable d’Eric Shipton,
avec lequel il partagea de
nombreuses expéditions, Bill
Tilman réalisa plusieurs premières,
dont la Nanda Devi en 1938.
Baignade à l’ombre, dans la rivière
Arun, durant l’approche vers
l’Everest (1951).
avons passées ensemble.
Tilman ne dormait jamais
comme tout le monde. Quelle
que fût l’heure à laquelle nous
décidions de nous réveiller,
longtemps avant cette heure-là
(combien de temps, je n’en
savais jamais rien), il sortait de
son sac de couchage et se mettait à brasser son stupide
porridge sur le Primus”.
Bien qu’ils aient fait beaucoup
d’expéditions séparément,
les deux hommes forment un
couple célèbre dans l’histoire
de l’exploration au XXe siècle.
En 1931, Shipton bat un record
d’altitude au Kamet (7 756 m)
avec une équipe de compatriotes (Franck Smythe, un des
grands himalayistes anglais de
la période). Sans Tilman. Mais
dans l’ombre de Shipton, il y a
toujours ce type et ses agissements avant l’heure autour d’un
porridge et d’un Primus, cet
ancien officier d’artillerie manifestement dopé à la bouillie
d’avoine. Shipton : “Je prenais
peu à peu conscience de ce bruit
agaçant et je me cachais la tête
enrageant en silence d’être
réveillé une demi-heure trop tôt,
ce qui était injuste et absurde.
Quand son infecte bouillie était
prête, il disait : ‘Montre une
jambe’. Ou quelque autre sottise
de ce genre. Dans les moments
de triomphe sur un sommet, j’ai
été jusqu’à admettre que nous
devions d’être là pour une large
part à cette habitude de Tilman ;
mais pendant les heures
Eric Shipton, durant la
campagne d’exploration
du Karakoram.
Eric Shipton et Bill Tilman
formeront l’une des cordées les plus
efficaces de l’entre-deux-guerres
sombres qui précèdent l’aube, il
ne me vint jamais à l’idée,
même dans une demiconscience, que cela pût être
chez mon compagnon une véritable vertu.”
Expé légère
à la Nanda Devi
En 1936, Tilman, chef d’une
expédition anglo-américaine,
parvient (29 août 1936) au sommet de la Nanda Devi (7 822 m),
le plus haut sommet jamais
gravi à cette date. Sans oxygène, et sans Shipton pour qui
la Nanda Devi est la plus belle
montagne du monde. Deux ans
auparavant (1934), pendant
cinq mois de reconnaissances
dans l’enceinte du Sanctuaire
de la Nanda Devi qu’ils furent
les premiers Occidentaux à
atteindre par des gorges difficiles, Tilman et Shipton ne
cessent de considérer, sous tous
les angles, l’auguste montagne
et son double sommet : deux
têtes affrontées comme un léopard d’armoiries. Ils y firent
même une tentative en cordée,
sans installation de camps
intermédiaires, sans soutien de
leurs Sherpas, comme si la
Nanda Devi était un sommet
des Alpes à la portée d’un seul
grand assaut. Tilman, malade
comme un chien à cause de
l’altitude, vomit son thé et son
porridge. La cordée flanche.
Dans l’ombre de Tilman au
sommet de la Nanda Devi, il y a
cette tentative avec Shipton et
le goût partagé des deux
hommes pour les expéditions
légères. Un minimum de participants et de bagages. Trois
Sherpas seulement les accompagnaient à la Nanda Devi. Pas
de médecin. Tilman : “Une expé-
dition qui ne peut s’organiser
sur le dos d’une vieille enveloppe souffre certainement d’un
excès d’organisation”. Avant la
Seconde Guerre mondiale,
Shipton se vantait de pouvoir
organiser une expédition en
Himalaya dans les quinze jours.
C’était à qui, de Shipton ou de
Tilman, saurait diminuer les
vivres et les bagages. Au Sanctuaire de la Nanda Devi, les
deux Anglais et leurs trois Sherpas trompent l’obsession de la
faim en faisant bouillir des
pousses de bambou au goût
d’asperges, et des champignons.
L’Everest au Pemmican
L’un comme l’autre étaient partisans de vivre sur le pays dans
les marches d’approche et de
marcher au pemmican en altitude. Le pemmican, c’est un
27
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Eric
Shipton
en 6 dates
1907
Naissance d’Eric Shipton, le 1er août,
à Ceylan, alors colonise de l’Empire
britannique. À l’âge de huit ans,
il rejoint Londres pour y effectuer
ses études.
1928-30
Installé au Kenya comme planteur de
café, Eric Shipton rencontre Bill
Tilman, avec lequel il effectue l’ascension du mont Kenya ou du Ruwenzori.
1931
Première expédition himalayenne, au
Kamet (7 756 m, Inde), qu’il gravit avec
Franck Smythe, réalisant le record
d’altitude de l’époque, dans un style
“léger” alors inédit. Il explorera le
Karakoram, en 1936-37, notamment
les vallées du Baltoro (Pakistan) et de
la Shaksgam (Chine).
1933-51
Eric Shipton participe à plusieurs
expéditions de reconnaissance à
l’Everest, dans les années 1930, alors
accessible uniquement par le versant
tibétain. En 1951-52, il réalise l’exploration de la voie d’accès népalaise, qui
aboutira, deux ans plus tard, à la
première ascension de l’Everest par
Tensing Norgay et Edmund Hilary.
1958-65
Explorations en Patagonie, où un
sommet porte désormais son nom,
dans la cordillère de Darwin.
1977
Mort d’Eric Shipton, le 28 mars,
à Wiltshire (Angleterre),
à l’âge de 69 ans.
28
Deux ans avant la victoire
de l’Everest, la reconnaissance
de 1951 invente l’incroyable
mythe du yéti
mélange de viande séchée, de
moelle et de graisse animale,
très utilisé alors par les expéditions polaires. Chef d’une
expédition légère à l’Everest en
1938, Tilman imposa un régime
alimentaire draconien à base de
pemmican. Les efforts en altitude étant à son avis plus
réduits que les efforts d’un raid
à traîneau en pays arctique (tel
que la traversée du Groenland
en 1930 par son compatriote
Watkins), Tilman avait fixé à
900 grammes la ration journalière de pemmican pour chaque
alpiniste. Cette ration avait bien
suffi aux raiders de Watkins.
Elle suffirait largement à des
alpinistes. Sans appétit au-delà
de 7 000 m, écœurés par l’altitude, tous les alpinistes, Shipton
en tête, eurent la nausée devant
ces pâtés ou ces soupes de pemmican. Shipton et Tilman
pensaient, l’un comme l’autre,
que le poids des bouteilles
d’oxygène annulait le bénéfice
de leur usage dans la progression de l’alpiniste. Les deux
hommes n’admettaient que son
emploi thérapeutique en cas
d’épuisement ou d’insomnie.
Son emploi systématique, préconisé par certains alpinistes
anglais comme le capitaine
Finch qui fit dès 1922 une tentative avec masque et bouteille
L’équipe de reconnaissance de
l’expédition Everest 1951. Shipton est
debout à gauche. En haut, Murray,
Bourdillon et Riddiford. En bas, Ward
et, à l’extrême droite, Edmund Hillary,
futur vainqueur de l’Everest en 1953.
dans le cadre de la seconde
expédition anglaise, leur semblait contraire à l’esprit et aux
traditions de l’alpinisme.
Légendes de l’aventure en
Himalaya, les deux hommes
jouent un rôle de premier plan
dans le siège de l’Everest. Leurs
jugements d’expert pèsent dans
les controverses et les décisions.
Shipton ne fit pas moins de cinq
expéditions à l’Everest, dont
deux sous sa conduite, l’une en
versant nord (tibétain, 1935),
l’autre en versant sud (népalais,
1951). En 1933, sa première
expédition à l‘Everest, Shipton,
vingt-six ans, atteignit l’altitude
de 8 380 m sur le versant nord
de la montagne. Shipton mena
par ailleurs trois explorations
dans des parties peu connues
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SAGA
© DR
Ward, devant les empreintes
du yéti, sur le glacier du
Melungtse (Tibet), en 1951.
du Karakoram. Consul à
Kashgar (Xinjiang) durant la
Seconde Guerre mondiale,
Shipton, en 1947, retrouva Bill,
son cher complice dopé à
l’avoine, pour une tentative très
poussée au Mustagh Ata
(7 546 m), sommet large et facile
de la chaîne de Kashgar.
Les traces du yéti !
La reconnaissance de 1951 sur
les pentes népalaises de
l‘Everest est une contribution
décisive de Shipton à la
conquête de l’Everest. Versant
népalais, la combe Ouest, clef
de la voie normale de l’Everest,
est une gigantesque combe
défendue par un chaos de crevasses et de séracs
dangereusement instable.
S’ouvrir un chemin dans cette
Cascade de glace est possible.
Shipton le démontre en remontant, malgré les risques, une
bonne partie de la Cascade
avec les membres de
son équipe. L’un de ces
membres, NéoZélandais, apiculteur de métier,
trente-deux ans, bon appétit et
bon sommeil à toutes les altitudes, se fait remarquer par ses
grandes enjambées et son
allant quotidien dans les
labyrinthes de neige et de glace.
Un bras droit idéal pour
Shipton. Cet homme, c’est
Edmund Hillary, le futur
vainqueur de l’Everest, deux
années plus tard (1953). Cette
expédition de 1951 contribue
également à la légende du yéti.
Lors d’une reconnaissance de
plusieurs jours à l’ouest de
l’Everest, chemin faisant sur un
glacier du bassin du Memlung,
la caravane de Shipton aperçoit
des empreintes dans la neige et
les suit sur plus de quinze cents
mètres environ. Une double
trace, les empreintes fraîches
de deux créatures. Pour le
sirdar des sherpas, Sen
Tensing, ce sont des yétis. Piolet
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Planche panoramique du Snow
Lake, dans le Karakoram.
© Scott Russell Karakoram 1939.
posé dans la neige à côté des
empreintes, Shipton les examine et en prend des photos
aussitôt publiées à son retour
par les journaux de Katmandou.
Ces photos troublent le monde
et tous les muséums d’histoire
naturelle. Le débat semble clos
aujourd’hui : le yéti, l’abominable homme des neiges, est
une créature imaginaire.
En 1952, après un échec au Cho
Oyu (8 153 m), un beau huit
mille proche de l’Everest, Shipton, à la surprise générale, n’est
pas appelé à la tête de l’expédition colossale chargée d’en finir
avec l’Everest au printemps de
l’année suivante. On se méfie de
son âge (45 ans), de son caractère, d’un passé d’échecs à
l’Everest, de ses paradoxes, de
ses aveux. Shipton : “Il est des
hommes, même parmi ceux qui
ont essayé d’atteindre le sommet, qui nourrissent le secret
espoir que l’Everest ne sera
jamais gravi. Et je suis de
ceux-là, je dois le confesser”.
Cet aveu date de 1939. Tilman,
30
en 1938, parlait avec beaucoup
de sagesse de leur échec et
concluait en citant Stevenson :
“Atteindre son but, est-il dans la
vie pire désenchantement ?”
Shipton et Tilman, c’est l’école
de Chesterton (1874-1936), ce
grand maître de l’humour,
catholique converti et convaincant, génie du paradoxe dans
ses nombreux essais, à lire
absolument.
Sur cette montagne
Shipton et Tilman avaient l’un
comme l’autre de l’humour, et le
talent de s’exprimer. Une
chance pour leurs admirateurs.
Il arrive que Tilman, le plus
humoriste des deux, soit
ennuyeux à force de complaisance pour les péripéties de ses
aventures. Trois des livres de
Shipton sont disponibles en
français. Publié en 1967, le dernier des trois livres, La conquête
des sommets, est une histoire
abrégée de l’alpinisme où l’exploration et la conquête de la
Nanda Devi occupent un long
chapitre. Shipton, manifestement, plaçait ces cinq mois
d’aventures à la Nanda Devi
au-dessus de tous les autres
éblouissements de sa longue
carrière. Face à l’Everest raconte
brièvement la reconnaissance
de 1951. C’est dans le premier
livre de Shipton, Sur cette montagne, que vous trouverez le
plus de talent et de substance.
Cette autobiographie plonge
dans les origines de sa vocation.
Né à Ceylan, fils d’un planteur
de thé, Shipton, huit ans, rentre
en Angleterre avec toute la
famille après la mort de son
père. Des lectures de Whymper
La fameuse image des
empreintes du yéti,
photographiées sur le
glacier du Melungtse
(Tibet), en 1951.
(son expédition dans les Andes
particulièrement). Des séjours
en famille dans les Pyrénées
(cirque de Gavarnie). Un voyage
dans les montagnes de Norvège
(Jotunheimen). Quatre étés dans
des courses classiques, entre
Zermatt, Chamonix (il détestait
la vallée, une synthèse, pour lui,
de tout ce qu’il y a de plus laid et
de plus vulgaire) et La Bérarde :
Shipton appréciait beaucoup
son guide Elie Richard, un guide
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SAGA
Bibliographie
Sur cette montagne, d’Eric
Shipton, éditions Arthaud,
1950 : le récit autobiographique des premières
expéditions, au Kamet (1931),
à l’Everest (1933, 1935, 1936,
1938), à la Nanda Devi (1935)
ou au Karakoram (1937, 1939).
© DR
Face à l’Everest, d’Eric Shipton,
éditions Arthaud, 1953 : après
les innombrables tentatives sur
le versant tibétain, l’expédition
de 1951, dirigée par Shipton,
obtient un permis côté
népalais. Elle trouvera la voie
d’accès au sommet, et découvrira... le yéti !
Les cartes relevées par
Shipton dans le Karakoram
demeurent des références
pour les explorateurs
plein de zèle, forçant l’allure
dans des journées de douze à
quatorze heures, excellent
compagnon, et leurs façons de
passer d’une vallée à une par
des cols et des grands sommets.
Shipton : “Avant longtemps, je
commençai à ressentir cette
impression passionnante que
donne la connaissance
cohérente d’un pays”.
Première au...
mont Shipton
Tilman, peinant trop en altitude
après 50 ans, s’était peu à peu
reconverti dans les aventures
maritimes. Shipton, lui, en vieillissant, change de continent et
descend à basse altitude, sur les
glaciers de Patagonie. Sept
voyages en Patagonie et Terre
de Feu, de 1958 à 1973. Une
éprouvante traversée du Hielo
Continental en 52 jours (1960).
La première ascension du mont
Shipton (2 469 m) en Terre de
Feu (1961), une première involontaire : Shipton se croyait au
sommet du mont Darwin. Un
voyage en Alaska (1966) et une
tentative au mont Russell, entre
toutes ces années fascinées par
les cosas patagonicas. Sa der-
Les deux campagnes
d’exploration du
Karakoram, en 1936-37
et 1939, permirent de
réaliser de très belles
cartes du massif.
nière conquête, le Monte
Burney, n’atteint pas l’altitude
du Plomb du Cantal. Situé à
200 km de Punta Arenas, le
Monte Burney est un strato-volcan (dernière éruption en 1910)
de la région de Magallanes et de
l’Antarctique chilien. Une montagne de glace sur la péninsule
Munoz Gamero. Shipton, après
deux tentatives au début des
années 1960, en réussit l’ascension par l’éperon ouest en 1973.
Son dernier mot de grand explorateur, et comme un pied de nez
aux fanatiques de l’altitude :
1 520 mètres.
La conquête des sommets,
d’Eric Shipton, éditions R.S.T,
1967 : des premiers alpinistes à
la conquête de l’Everest, une
anthologie de l’histoire de
l’alpinisme à travers le monde.
Everest 1938, de Harold
William « Bill » Tilman, éditions
Arthaud, 1952 : paru aprèsguerre (mais avant la victoire
de 1953), le récit de Tilman sur
l’expédition Everest 1938
exprime les doutes du duo
Shipton-Tilman pour les expéditions “lourdes”.
L’ascension du Nanda Devi,
de Harold William « Bill »
Tilman, éditions Payot,
1938. C’est un Tilman sans
Shipton qui triompha de
l’emblématique pyramide de
l’Himalaya indien.
Himalayistes, de Gilles Modica,
éditions Glénat, 2018, 19,99
€. L’auteur de notre article
s’attache à ces hommes hors du
commun, à la conquête des
plus hauts sommets de la Terre.
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NORD-OUEST ARGENTIN
© MAAM - Lisardo Francisco Maggipinto
Vers les
tombeaux
du Llullaillaco
AUX FRONTIÈRES DE L’ARGENTINE ET DU CHILI, À 6 700 M D’ALTITUDE, LE VOLCAN LLULLAILLACO ABRITE LE SITE ARCHÉOLOGIQUE
LE PLUS HAUT DU GLOBE. TROIS ENFANTS INCAS, SACRIFIÉS SOUS
SON SOMMET, Y ONT ÉTÉ DÉCOUVERTS EN 1999. À L’OCCASION
D’UNE EXPÉ EXCEPTIONNELLE, C’EST EN COMPAGNIE DE L’ARCHÉOLOGUE CHRISTIAN VITRY, QUI A PARTICIPÉ À LEUR DÉCOUVERTE,
QUE NOUS AVONS RENOUÉ AVEC CETTE EXPÉRIENCE AU GOÛT
ÉTRANGE... DE RÉSURRECTION.
TEXTE ET PHOTOS : JEAN-MARC PORTE.
Dans les mains de Christian Vitry, à plus
de 6700 mètres d’altitude, un fragment
de charpente vieux de cinq siècles sur le
site des cérémonies sacrificielles.
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En fil d’Ariane d’une expédition rare :
la présence des enfants du Llullaillaco,
sacrifiés vivants au sommet, dont les
corps sont visibles au Musée
d’archéologie d’altitude de Salta
depuis 2004.
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Sur l’itinéraire de descente, les vestiges
d’une station « intermédiaire » : au total,
une dizaine de sites aux fonctions
différentes ceinturent les abords du volcan.
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Les immensités désertiques de la puna, vues
du camp 1, à quelque 5 400 mètres
d’altitude. Le Socompa (6 051 m), principal
sommet d’acclimatation de l’expé, est à vue.
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À
Jean-Marc
Porte
Éprouvante physiquement, cette ascension
jusqu’à 6 700 m d’altitude
n’était pas qu’une partie
de plaisir. Par sa solide
expérience en la matière,
nul doute que notre reporter était l’homme de la
situation.
Lever du jour dans le
couloir qui précède les
pentes sommitales :
la trace suit pas-à-pas
le sentier des
processions incas.
40
chacun ses mémoires de lever de
soleil en altitude, mais dans notre
couloir de cendres, de blocs et de
névés, sous la ligne de la grande
épaule de lave contre laquelle nous
grignotons chaque mètre depuis des heures, la
venue des très basses lumières a fini par révéler
sous nos pas l’incroyable fil de notre ascension :
à quelque 6 500 mètres d’altitude, nous suivons
une trace. Une sente qui ne doit rien à l’idée d’alpinisme tel que nous l’entendons. Une trace à
moitié effacée par des siècles et des siècles d’oubli.
Un minuscule chemin, probablement unique sur
le globe. Sous le sommet du Llullaillaco, le « sendero archeologico » nous mène pas à pas vers les
tombes de trois enfants, sacrifiés selon les rites
de la Capacocha des Incas, il y a plus d’un
demi-millénaire.
Étrange ascension ? Impossible de me souvenir à
quelle heure les fragiles lueurs de l’aube ont commencé à repousser le noir sidéral enveloppant
notre progression vers le sommet. L’isolement et
la beauté immenses de la puna, surexposés du
nouveau soleil, grandissent derrière nos silhouettes. À quelques centaines de mètres
au-dessus de nous, juste sous le sommet de lave,
la lumière du soleil flamboie, illuminant les névés
du plus haut site archéologique du globe : sous le
sommet du grand volcan, nous grimpons vers des
tombes.
L’EVEREST DE L’ARCHÉOLOGIE
Une expé sur le Llullaillaco est ainsi une drôle d’
« expérience ». Bien avant cet Everest mondial de
l’archéologie, revenir vers une toute autre émotion. Il y a deux semaines encore, 1300 mètres
d’altitude et vraie chaleur à Salta, la capitale de
la région du Nord-Ouest argentin. Nous sommes
très loin encore des univers de la puna. Mais les
« Enfants du Jujuy », eux, sont littéralement en
face de nous. Dans le musée d’archéologie de
haute altitude de Salta, toute notre petite équipe
est réunie autour de l’archéologue et alpiniste
argentin Christian Vitry (cf encadrés), qui va nous
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Sous le sommet, le sentier nous
mène pas-à-pas vers les tombes
des trois enfants incas
Coup de mauvais temps
sur les pentes du
Socompa : l’expé ne
dépassera pas les pentes
au dessus du camp 1…
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« Depuis la première ascension
“moderne”, en 1952, on savait qu’il y
avait quelque chose là-haut. »
Christian Vitry
accompagner tout au long de l’expé. Après les
vitrines où sont exposés les artefacts et les trousseaux qui accompagnaient les enfants dans leur
voyage (statuettes, poteries, coiffes, colliers de
coquillage, tuniques…) nous contemplons, dans
son sarcophage de plexiglass, « la fille à l’éclair ».
Une enfant aux paupières fermées qui semble
juste paisiblement endormie, sacrifiée vivante au
sommet du volcan, et revenue au monde après
plusieurs siècles de nuit et d’oubli. Devant cet abri
cryogénique high-tech, la rencontre avec cette
petite silhouette recroquevillée, conservée en permanence par -20°C, est profondément troublante…
« Dans toutes les Andes, à l’exception peut-être des
hautes cordillères du Pérou, où la neige et les glaciers rendaient l’approche impossible, ces sanctuaires d’altitude incas existent, explique
Christian. Aconcagua, Cotopaxi, Plomo, Socompa,
Licancabur : les montagnes, et les volcans particulièrement, étaient à la croisée des mondes souterrains, de la terre et du ciel, et ces lieux où
résidaient les Apus, les esprits des montagnes,
tissaient une véritable géographie sacrée dans
l’ensemble de l’empire. Beaucoup de sites ont été
pillés. Mais pas celui du Llullaillaco. Il était bien
trop isolé et bien trop haut, même si, depuis la
première ascension, en 1952, par le Club andin
chilien, on savait qu’il y avait quelque chose
là-haut ». C’est exactement le trajet de cette résurrection qui nous attend. En sens inverse.
K.O. TECHNIQUE
Dimanche 23 avril. À cinq jours de Salta, l’explosion des mondes (sublimes) de la puna argentine
commence juste à se stabiliser légèrement. Pour
nombre d’entre nous, il s’agit de retrouvailles, mais
peu importe : de la densité du ciel à la dimension
sidérante des espaces, le bond tant attendu vers
les hauts plateaux demeure un exercice d’une
esthétique rare. Silhouettes bleutées des grands
volcans couronnés de neige. Variation végétales
des couleurs claires des Campo Amarillo sur les
pentes minérales. Irradiation blanche des salars.
La lumière d’altitude polarise des paysages d’aridité et de solitudes qui portent régulièrement à
plus de cent kilomètres de distance. Nous avançons à grand pas dans des mondes d’exception ?
C’EST OÙ ?
Le volcan Llullaillaco est
situé dans la région du
Noroest Argentino (NOA),
sur la branche orientale
des Andes. Les frontières
du NOA avec le Chili et la
Bolivie chevauchent les
territoires des hauts
plateaux (Puna de
Atacama) à des altitudes
moyennes dépassant les
4000 m. À vol d’oiseau, le
Llullailaco est à 200 km au
sud de San Pedro de
Atacama (Chili) et 500 km
au sud du salar d’Uyuni
(Bolivie). Le point d’entrée
classique de ces secteurs
désertiques, depuis
l’argentine, est la ville de
Salta.
Inédit
Une incroyable expé
aux côtés de Christian Vitry
Imaginée et programmée par l’équipe de l’agence lyonnaise Terres Oubliées, cette expédition était accompagnée
par l’archéologue et andiniste, Christian Vitry. Originaire de Salta, Christian est un très grand spécialiste du
Llullaillaco (une grande partie de sa « double vie » de grimpeur et d’universitaire lui a été dédiée), Il a réalisé
sa première ascension du sommet à… seize ans, et faisait partie de l’expédition dirigée par Johan Reinhard, qui a
redescendu les enfants de leurs tombes d’altitude. Un parfait connaisseur des lieux, et surtout de son histoire et
des vestiges qui y ont été retrouvés, qui représentait sur ce voyage un “plus” inestimable. À noter que ce voyage
était nominé en 2018 parmi les “Treks de l’année” par Trek magazine, et qu’une nouvelle édition de cette ascension en compagnie de Christian Vitry est d’ores et déjà programmée fin 2019.
Plus d’infos sur bit.ly/2018-terres-oubliees-argentine.
Le Llullaillaco en majesté,
dessiné des campos
amarillos et des pentes
volcaniques de la puna,
depuis les pistes
d’altitude arrivant du col
de Socompa.
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Amplitude thermique.
Vent. Rayonnement
solaire. Aridité.
Progresser dans les
déserts d’altitude de
l’altiplano est une
expérience quasi
martienne, que ce soit
aux abords du camp de
base, ou en prenant de
l’altitude…
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Enfants incas
L’histoire de la découverte
Vestiges de murets, petites poutres de bois... Les traces de présence humaine, des pieds du volcan à son
sommet, sont rapportées par les premiers andinistes à effectuer l’ascension. Malgré l’isolement redoutable, les
conditions météos extrêmes, l’altitude et la rareté de l’eau, elles vont attirer la curiosité d’une poignée d’andinistes et archéologues, dont le grand grimpeur autrichien Mathias Rebitsch, qui arpentera longtemps les Andes
dans les années 1960, à la poursuite de ces sites archéologiques perdus. Mais il faudra attendre le début des
années 1980 pour qu’en plusieurs prospections, l’explorateur du National Geographic Johan Reinhard ne systématise la difficile exploration archéologique du Llullaillaco. En 1999, Reinhard mène finalement pendant deux
mois une forte expédition d’une quinzaine de personnes sur le volcan. Un camp permanent est établi à 6 600 m.
L’intégralité des objets et les corps des trois enfants sont exhumés des tombeaux et redescendus au pied de la
montagne. Puis transférés à Salta où ils sont désormais exposés au public.
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Nous sommes pour l’instant des mochillas (marcheurs) de luxe : nos pick-ups chargés jusqu’à la
gueule (autonomie totale pendant deux semaines
pour dix-sept personnes) suivent globalement le
cheminement du très extraordinaire Train des
Nuages, qui remonte vers la frontière chilienne et
le col du Socompa. À défaut de lointain Pacifique
et d’une assiette de fruits de mer à Antofagasta, il
suffit juste pour l’instant de mettre la musique à
fond et d’entonner le tube Ruta 40 de Los Huayra
pour jouir de la beauté de notre translation dans
de nouveaux mondes ? Pas seulement. La première marche d’acclimatation, sur les hauteurs
du Cerro Negro, à deux pas de San Antonio de Los
Combres, le village minier à la sortie de l’immense
quebrada del Toro, a rapidement remis la puna à
son exacte mesure : un peu plus haut que le mont
Blanc et à deux jours seulement des palmiers de
Salta, les derniers mètres de la balade ne sont pas
loin de mon K.O. technique. Trop haut, trop vite ?
PATIENCES D’ALTITUDE
Se rassoir calmement. Mâcher un peu de coca.
Boire et pisser beaucoup. Et de salars en mines
perdues, de colaradas en horizons fous, laisser les
pistes de poussière (pleines d’anciennes mémoires
d’altitude errantes entre Atacama, sierras du
Nouveau-Mexique et Tibet) se dérouler derrière
les vitres jusqu’à Tolar Grande. Quarante-huit
heures dans ce last port of call, avant les vraies
solitudes de la puna. À presque quatre cents kilomètres de notre point de départ, nous n’en
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Piste, mais encore
ferrocaril : de Salta au col
de Socompa, la
progression de l’expé suit
globalement le tracé de
l’extraordinaire « train
des nuages », la ligne
reliant l’Argentine au
Chili, inaugurée en 1948
après cinquante ans
d’études et de chantiers.
COMMENT
Y ALLER ?
La plupart des vols sur
Salta transitent par la
capitale argentine Buenos
Aires, même s’il est
possible également de
passer par Lima, au Pérou,
ou La Paz, en Bolivie.
Depuis Salta, il faut
compter 500 km (environ
20 h) de route et
piste pour atteindre le
camp de base du Llullaillaco (probablement le site
classé Unesco le moins
fréquenté du monde), via
les villages miniers de San
Antonio de los Cobres (3
780 m) et Tolar Grande (3
510 m).
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sommes pas encore vraiment aux choses
sérieuses. Dans ce bout du monde un peu
déglingué, entre hangars du ferrocarril, petite
église blanche, maisons des familles de mineurs
et la coupole argentée d’un télescope inutilisable,
prendre encore le temps du vent, de la lumière
d’altitude et des hommes.
L’acclimatation est une patience. Nuages en miroir
sur les eaux translucides du salar où se noient les
« Yeux de la terre ». Tocopos (flamands roses) et
maté. Découvrir avec Marie la faune de la puna
et les secrets des stromatolithes. Réapprendre à
rire au mieux et en espagnol avec Juan, Jaime,
Jorge et Alexandro, nos guides « montagne ».
Suivre le sourire sous casque de mineur de
Lorenzo, le patron de la petite Hospedaje Familal
où nous dormons, recruter ses amis-porteurs qui
vont désormais nous accompagner. Hier, nous
avons repris un peu d’altitude, vers les crêtes de
la longue échine qui domine Tolar. Mille mètres
de dénivelé sur les pentes débonnaires du Cerro
Macon. Les silhouettes brunes des volcans d’où
se détachent le Socompa et l’Aracar, couronnés
de neige, balisent nos lointains vers l’Atacama et
la frontière chilienne. Mais malgré les 5 600 m
d’altitude de notre piédestal, le monde que nous
dominons visuellement à grande échelle est
essentiellement encore un pur horizon, avalé par
les 1600 km2 de platitude absolue du salar d’Arizaro, à nos pieds…
RÊVERIES EN RAFALES
72 h plus tard. Nos offrandes à la Pachama n’ont
pas suffi ? Grosse bascule météo sur la puna. Et
fin des rêveries sous ciel bleu. Rafales de grésil et
nuages roulants sur le sommet du Socompa : sous
Musée de Salta
L’exposition
des enfants incas
Depuis 2004, le très impressionnant musée d’archéologie d’altitude
(MAAM) de Salta expose, à tour de rôle, les corps des trois enfants du
Llullaillaco. Outre la salle de cryopréservation de haute volée technologique, l’essentiel des artefacts retrouvés sur le site est également
présenté, ainsi que des objets provenant des principaux sites d’altitude
des montagnes andines. Le MAAM reçoit jusqu’à 15 000 visiteurs par
jour, et fait partie désormais des “entitées culturelles les plus importantes d’Argentine”.
Musée d’archéologie d’altitude (MAAM) de Salta, Plaza de Julio,
ouvert tous les jours sauf le lundi, de 11 h à 17 h. www.maam.gob.ar.
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Acclimatation de rêve au sixième
jour du voyage. Les premières
lumières du jour sur les pentes du
Cerro Macon (5 611m), tout près de
Tolar Grande et du salar d’Arizaro, le
plus vaste d’Argentine (1 600 km2).
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A R GE N TIN E
AVEC QUI PARTIR ?
Ce programme exclusif
Au sommet du Llullaillaco,
accompagné par l’alpiniste et archéologue
Christian Vitry, grand
spécialiste du site, est
proposé par l’agence
lyonnaise Terres Oubliées.
Prévu sur un programme
de 19 jours Paris-Paris, ce
voyage est prévu de trois
à huit participants.
Prochain départ prévu le
29 octobre 2019, à partir
de 6 290 €.
www.terresoubliees.com
QUEL NIVEAU ?
Niveau : très difficile.
Malgré des cotations
techniques F (Facile),
l’ascension du Socompa
et du Llullaillaco nécessitent une très bonne
condition physique,
notamment en raison de
l’altitude très élevée. Une
expérience des expés /
sommets en altitude est
un plus certain sur ce
programme, qui cumule
au total près de 5000 m
de dénivelé positif en
altitude, dans des
enviroonnements pour le
moins isolés. Sur ce
voyage, le profil des
altitudes et des sommets
d’acclimatation (trois,
dont le Socompa, 6 050
m) dans la puna argentine, malgré un timing «
dense », est progressif. Au
total : une dizaine de jours
entre 3 500 et 6 000 m,
avant l’ascension finale du
Llullaillaco.
Retrouvez tous nos
conseils pour appréhender le mal aigu des
montagnes (MAM) dans
notre dossier spécial :
bit.ly/mal-aigu-montagnes
48
Le voyage depuis
Cuzco devait durer
six mois sur les
Qhapaq Ñan,
le réseau des routes
de l’empire
le mugissement du vent d’ouest, notre team est
en pleine redescente rapide, ce matin, sous
l’épaule terminale du volcan. Notre ultime test
avant le « Llullai » sur un « vrai » 6 000 est en train
de tourner court. La piqûre de rappel, après le
rodage hier soir de notre premier camp d’altitude,
souligne juste la chance que nous avons eue
jusqu’ici avec la météo. De retour au « camp de
base » du poste frontière du col du Socompa, les
prévisions pour les jours à venir sont... plutôt mauvaises. Nos tentes claquent dans le vent. Siestes,
lecture et tarot dans la salle commune de la gendarmerie. Christian et Juan sont dehors : un lourd
train de frêt vient d’arriver du versant chilien. La
ligne, longtemps abandonnée, revit depuis une
grosse décennie, dopée par l’économie des mines
de lithium et de métaux rares qui fleurissent
désormais dans les salars de la puna. Vu du XXIe
siècle, en regardant se déplacer à 3 800 mètres
d’altitude les lourds wagons au ras de nos tentes,
de nos véhicules, de nos données satellites et de
nos caisses d’équipement, la simple présence
d’enfants venus de Cuzco dans ces mondes martiens, il y a un demi-millénaire, semble juste purement… chimérique.
EXTRATERRESTRE
Depuis des jours, pourtant, Christian Vitry nous
a progressivement acclimatés in situ à ce défi
mental. De l’organisation administrative de l’empire inca à sa cosmologie, des résultats des études
réalisées sur les corps des enfants aux hypothèses
entourant le déroulement de leur sacrifice, la
convergence de son savoir et de notre avancée
vers le Llullaillaco n’est pas la moindre aventure
du voyage. D’où venaient ces enfants ? Comment
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Au pied des pentes, les vestiges d’un
tambo (relais) inca. Le site, à 5200 m.
d’altitude, pouvait accueillir entre
cinquante et cent personnes. Les pentes
du volcan sont constellées de
structures, de cimetières en abris ?
49
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Acclimatation douce :
un jour de repos entre
3 500 et 4000 m à la
découverte des lagunes,
sur le secteur de Tolar
Grande.
50
avaient-ils été choisis ? Pourquoi ce volcan isolé ?
Quels étaient les mobiles de ces cérémonies ?
Quelle logistique en altitude nécessitaient ces
rituels ? Qui construisait les nombreuses
infrastructures (tambo, plateformes, abris…) du
site ? Combien de prêtres et d’assistants officiaient
lors des Capachochas ? Les enfants étaient-ils
conscient avant d’être emmurés dans la nuit et le
froid de leur tombeaux ? Nous avons de quoi réfléchir durant notre ascension...
Le Llullaillaco est situé à 1 600 km de Cuzco, la
capitale de l’empire inca. Et à deux cent kilomètres
de Catarpe, l’ultime centre administratif inca de
la puna, situé tout près de l’actuel San Pedro de
Atacama. Le voyage vers le volcan devait durer
plus de six mois, sur les chemins du Qhapaq
Ñan, le réseau des routes de l’empire. On sait que
le régime alimentaire des « élus » était spécifique
(abondance de protéines) durant la dernière
année de leur vie. Et qu’ils ont ingéré des doses
de coca et chicha (alcool de maïs) importantes
durant les dernières semaines de leur existence. À
quelque cinq cents kilomètres des vitrines du
musée de Salta, nos premiers pas sous le
Llullaillaco, bardé de ces dimensions inattendues,
ont des allures d’outre monde. Horizons de vol-
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E X CLUSIF
A R GE N TIN E
D’où venaient ces enfants ?
Étaient-ils conscients avant
d’être emmurés dans
la nuit de leurs tombeaux ?
QUEL
ÉQUIPEMENT ?
Le Llullaillaco est le 7e
sommet des Andes. Outre
la panoplie de trek
complète, le matériel
d’alpinisme (piolet,
crampons, chaussure de
montagne typée « 6000 »
adaptée à des températures de -20°C, idéalement avec chausson
isolant amovible), fait
partie du voyage. Le
mauvais temps sur l’altiplano et les sommets ne
plaisante vraiment pas :
doudounes, gants et
duvets doivent être également irréprochables.
Alpinisme vs archéologie
Des pionniers de l’altitude
Plus difficile : au pied
du col-frontière entre
Argentine et Chili, le
Socompa (6 031 m)
était le principal test
d’acclimatation
pour l’expé.
La fréquentation de l’altitude n’est (surtout) pas qu’une histoire d’alpinisme : le site du Llullaillaco atteste de la
présence répétée et volontaire d’humains à plus de 6 700 m d’altitude, il y a cinq siècles. Pour les alpinistes
occidentaux « classiques », la première ascension d’un 7000 (Trisul, himalaya indien) date de 1907. En Europe, la
première ascension du mont Blanc (4 810 m) remonte, elle, à 1786. Les archéologues, eux, retiendront qu’Ötzi,
un chasseur cueilleur de l’âge du cuivre découvert en 1991 dans sa gangue de glace en Autriche, évoluait à 3 000
mètres d’altitude dans nos Alpes, il y plus de… 5000 ans.
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E X CLUSIF
A R GE N TIN E
À LIRE
> Une monographie
(en anglais) rigoureuse
et complète sur le
Llullaillaco : Inca Rituals
and Sacred Mountains :
a study of the world’s
highest archeological
sites, par Johan Reinhard
et Maria Constanza
Ceruti, UCLA / Cotsen
Institute, 2010.
> En espagnol, les
principales publication
de Christian Vitry sur
le Llullaillaco :
salta.academia.edu/
ChristianVitry
LEXIQUE
> Apacheta : cairn de
pierres rituels sur les
pistes et les cols.
> Capacocha : cérémonie
inca d’offrandes et de
sacrifice d’enfants.
> Ichu : graminée rase de
la puna.
> Inti : le Soleil, déité
supérieure des Incas.
> Huaca : tombeau, site
cérémoniel, mais aussi
élément sacré du
paysage.
> Pachamama : Terremère.
> Qhapaq Ñan : réseau
des routes impériales
incas (33 000 km).
> Pirca : structure,
bâtiment de pierre sans
mortier.
> Tambo : bâtiment relais
des routes inca
> Uushnu : plateforme de
réunion, de cérémonie.
Atmosphères rares ? À
800 km de route de Salta,
l’isolement du Llullaillaco
nécessite une longue
traversée de la puna du
Nord Ouest Argentin.
Salars. Cols perdus. Pistes
minières. Parmi les coups
de cœur de l’équipe : le
village minier de Tolar
Grande, un bout du
monde à 2 500 mètres
d’altitude, sur la ligne du
« chemin de fer des
nuages. »
52
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E X CLUSIF
A R GE N TIN E
Le voyage vers
l’esthétique majeure
de la puna : un vaste
bonheur visuel,
aux marges de la
haute altitude…
cans. Vastes moutonnements martiens de plaines
brunes et de collines ocres. Nous sommes épinglés à 4 900 m au cœur d’un désert aride où aucun
habitat permanent n’a jamais existé. Le site du
camp de base est juste… extraterrestre.
SILENCE...
En deux jours, nous allons progresser assez tranquillement sur les contreforts est du « Llullai ». La
météo, contre toute attente, est juste... parfaite. Un
premier camp vers 5 400 m, non loin de vestiges
d’abris et de points d’eau temporaires. Puis un
second à 5 900 m, niché près d’un minuscule lac
gelé sous le cône sommital. Avant que les pas
mesurés de Christian Vitry ne nous emmenent finalement sur « son » sommet. Perso ? Bien
plus que la photo souvenir (heureuse) de notre
team sur la 7e plus haute montagne des Andes,
bien plus que la teneur exacte de la conférence
archéologique « la plus haute du monde » tenue
près des vestiges de ce sanctuaire inouï, je garde
au plus profond le dernier cadeau (inattendu) que
Christian nous a offert ce jour-là. À quelques
minutes de notre retour au camp de base, après
quatorze heures d’effort en altitude, il s’est simplement assis face à la beauté de la puna. Pour
partager avec nous, et peut-être les enfants du
Llullaillaco, un très long moment de silence…
Depuis 15 ans,
Le spécialiste de l’Atacama argentin
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Colombie
LA RENAISSANCE DU NOUVEAU MONDE AVEC LA SIGNATURE EN 2016 DES ACCORDS DE PAIX AVEC LES
GROUPES ARMÉS RÉVOLUTIONNAIRES, LA COLOMBIE A ENFIN
TROUVÉ UNE ISSUE À L’UN DES PLUS VIEUX CONFLITS DU SIÈCLE.
C’EST DÉSORMAIS UN PAYS TOUT ENTIER QUI S’OUVRE AUX
VOYAGEURS, DES CITÉS COLONIALES AUX FORÊTS PRIMAIRES, DES
COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES AUX SIERRAS DE LA CORDILLÈRE
DES ANDES. UN FUTUR PLEIN DE PROMESSES.
TEXTE ET PHOTOS FRANCK CHARTON
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COLOM B IE - P OR T FOLIO
La vieille ville de Carthagène
des Indes, sur la côte caraïbe,
fait face aux gratte-ciels du
front de mer, symbole du
renouveau de la Colombie.
© sunsinger - stock.adobe.com
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Les Kogis, gardiens de la Terre
Tunique blanche virginale, telles une apparition surgie du passé,
simple sac tissé en bandoulière ou sanglé sur le front, avec parfois la
calebasse-fétiche dénotant la présence d’un sage aux airs de
chamane... la vision fugace des populations Kogis croisées au hasard
des antiques chemins qui traversent la Sierra Nevada de Santa Marta
est un moment d’émotion majeur. Si le massif est peuplé par les
descendants de multiples tribus amérindiennes (Tayronas, Arhuacos,
Wiwas, Kankuamos...), c’est sans aucun doute l’ethnie Kogi qui
demeurent parmi les plus fascinantes. Estimée à quelque 20 000
personnes, la communauté Kogi vit en totale autarcie économique et
intellectuelle. Leur organisation sociétale, sans aucune hiérarchie de
personne, ou leur spiritualité, marquée par un fort sentiment
d’appartenance à la Terre, vue comme un être à part entière,
demeure encore très mystérieuse. Rencontrer ces populations
demeure toujours un instant rare...
© Franck Charton
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COLOM B IE - P OR T FOLIO
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Cathargène, reine
des Amériques
Carthagène des Indes (Cartagena de Indias en espagnol) est
située au nord de la Colombie, sur les rives de la mer des
Caraïbes. Fondée le 1er juin 1533 par le conquistador Pedro
de Heredia, elle fut durant trois siècles un bastion du
royaume d’Espagne en Amérique du Sud. Occupant une
place importante dans l’administration et l’expansion de
l’empire espagnol, tout comme dans la traite des esclaves
et le transit de l’or issu des pillages des empires aztèques
et incas, elle accueillait de hautes personnalités espagnoles
fortunées, qui ont légué à la ville un patrimoine colonial
important. De fait, Carthagène possède l’un des systèmes
de fortifications militaires les plus complets d’Amérique du
Sud. La ville de Carthagène des Indes et sa forteresse sont
classées au patrimoine de l’humanité de l’Unesco.
© Cyril Le Tourneur d’Ison
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COLOM B IE - P OR T FOLIO
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COLOM B IE - É TAT D E S LIEU X
Le grand retour
de la Colombie
Considéré comme l’un des pays les plus brillants
d’Amérique du Sud, la Colombie a vécu un demisiècle de tourmente, héritage des guérillas
marxistes des années 1960. La signature des
accords de paix, en 2016, ouvre de nouvelles perspectives, et rouvre une destination quasi vierge,
armée d’un potentiel considérable.
Quel bonheur de découvrir à pied, en pirogue ou
à cheval, au fil des voyages d’immersion, les multiples facettes géographiques et humaines de ce
pays-gigogne taillé pour l’aventure et l’écotourisme. Ce dernier est en passe de devenir, avec le
Costa Rica, le lieu privilégié du tourisme durable
de nature. Si la biodiversité terrestre devait être
résumée à un pays, elle pourrait être colombienne : l’extraordinaire palette de ses écosystèmes, des montagnes enneigées aux jungles, en
passant par les déserts et les grandes plaines
inondées, abrite un dixième de toutes les espèces
vivantes de la planète ! Une démarche volontariste
qui s’inscrit dans la continuité du processus de
paix et de réconciliation en cours, qui devrait
mettre fin à plus de soixante ans de guerre civile.
La paix par le tourisme de nature ? Pourquoi pas,
à moyen terme, à mesure que, à travers le pays,
les 55 parcs nationaux, longtemps refuges des
guérilleros, redeviennent « fréquentables » en
toute sécurité.
Bien que la Colombie ne propose, pour l’instant,
qu’une offre limitée en grands itinéraires d’aventure, il existe une quantité incroyable de randonnées et de balades à faire dans le pays, que ce soit
en forêt tropicale, dans des canyons à plus de
4 000 m d’altitude ou le long de plages tantôt idyl-
La Piedra del Peñol, à
Guatapé, à une
cinquantaine de
kilomètres à l’est de
Medellin, est un véritable
monument national de la
Colombie. Au sommet de
ce monolithe de 220
mètres de haut, gravi
pour la première fois en
1954, a été construite
une tour d’observation
qui offre une vue
époustouflante sur toute
la région.
© anamejia18 - stock.
adobe.com
Sur le littoral colombien,
de nombreux
hébergements intimistes
voient le jour, comme ces
petites paillotes sur
pilotis dans la région de
Santa Marta.
© Franck Charton
61
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COLOM B IE - É TAT D E S LIEU X
L’incroyable rocher
suspendu du « Diamant
», dans la Sierra Nevada
del Cocuy, au nord-est du
pays. L’ouverture au
public du massif
demeure très aléatoire,
ce véritable joyau naturel
demeurant également
une entité culturelle
majeure pour les
populations indigènes.
© Franck Charton
62
liques, tantôt sauvages. C’est aussi une façon de
s’imprégner de la vraie Colombie, qui s’appréhende par les chemins détournés, un peu plus
exigeants, mais où l’on sent battre, au plus près,
le pouls d’une nation plurielle. Certaines zones du
pays ne sont pas encore très organisées au niveau
touristique, chaque voyage devient alors une
expérience réellement authentique, hautement
sensorielle, au parfum d’aventure bien palpable !
COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES
Petite revue de détail, des potentialités et réalités
colombiennes. Trois grands massifs : Sierra
Nevada au nord, Cocuy à l’est et Nevados au
centre, offrent des terrains de jeux propices à des
itinéraires d’envergure. Même si les deux premiers
voient depuis quelques années leur accès sérieusement limité, coïncidant avec la montée en puissance du respect des droits autochtones, une
tendance dont on ne peut que se réjouir, même
lourde de conséquences. En effet, c’est à la
demande des indigènes Kogis, Arhuacos et Wiwas
de la Sierra Nevada, comme à celle des U’wa du
Cocuy, que ces deux parcs ont été progressivement
fermés, pour « non-respect environnemental » :
les autorités autochtones estiment en effet que la
fréquentation des lagunes sacrées, des biotopes
fragiles et des cimes enneigées serait responsable
de la fonte accrue des glaciers et de l’assèchement
des sources. Le gouvernement conduit actuellement des études d’impact dans le Cocuy, pour le
vérifier et aller peut-être vers une issue négociée,
à l’aide de quotas de visiteurs… Pour l’instant, le
Cocuy est quasiment déserté, car les seules incursions possibles restent en périphérie. Dans la
sierra Santa Marta, le trek de la Cité perdue est
l’un des seuls autorisés (avec Santa Elena) ; on y
trouve donc foule, mais partout ailleurs, il n’y a
personne sur les chemins. Le parc national des
Nevados, est, de fait, devenu la nouvelle Mecque
du trek colombien : marcher sur le paramo (biotope tropical d’altitude), au milieu des volcans
enneigés et des frailejones (plante de la faille
des Asteraceae, endémique du paramo) centenaires, en dormant chez l’habitant dans les fincas
d’altitude, reste une expérience inoubliable ! (voir
sujet p. 66).
DES POSSIBILITÉS INFINIES
Du nord au sud, on peut marcher dans la péninsule semi-désertique de la Guajira (dunes et
falaises) à la frontière du Venezuela, explorer le
parc Tayrona le long de la côte caraïbe (criques
étincelantes, forêt tropicale sèche), le « Yellowstone
colombien ». La région de Medellin offre de jolies
randonnées dans la forêt antioqueña et le Cañon
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Entre un tourisme embryonnaire et des conditions d’accès
parfois délicates, la Colombie demeure un éden quasi intact.
Malgré un potentiel immense...
del Melcocho, tandis que près de la ville coloniale
de Barichara, dans le Santander, on peut vivre de
belles aventures hors sentiers battus dans le
canyon de Chicamocha, en dormant chez l’habitant, à la recherche des pétroglyphes guanes. Sur
la façade pacifique, le Choco offre une immense
tranche de nature brute, bien que toute la partie
nord ne soit pas encore sécurisée. Mais le trek
reliant Nuqui et Bahia Solano sera-t-il peut-être
un jour un classique ? Dans le sud, il existe des
itinéraires dans le parc national Purace (volcans
et tourbières), près de Popayan, et la région de San
Agustin propose des périples à la cascade de Los
Tres Chorros, la Cueva de los Guacharos, ou vers
le volcan Azufral. Le grand Est possède une pépite :
les cerros de Mavicure, énormes bulles de granite
émergeant de la jungle, qu’on peut gravir en partie
au terme d’un voyage en pirogue. Quant à l’Amazonie, les possibilités sont inouïes, comme en
atteste ce trek rare dans la réserve Moloka
Zacambu, vers Leticia, à la rencontre des communautés autochtones, avec même une nuit au
sommet de la canopée ! Vous avez dit communion
avec la nature ?
Les chutes de Santa Rosa
de Cabal, non loin de
Pereira, sur les piémonts
du parc national de Los
Nevados. Sur le site, des
sources d’eau chaude
thermale invitent à la
baignade, avant de
poursuivre son périple.
© Danaan - stock.
adobe.com
63
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TOPO ° La Colombie en 6 itinéraires
La Piedra del Peñol, à Guatapé.
Comptez 740 marches...
© Fabs_Psn - stock.adobe.com
1
SIERRA NEVADA DE
SANTA MARTA
Trek de la Cité perdue
5 jours - Intermédiaire
La Cité perdue est située en plein
cœur de la Sierra Nevada de Santa
Marta, la plus haute montagne côtière du monde. Ce site archéologique mythique est une
ancienne ville de la mystérieuse
civilisation Tayrona au milieu d’un paysage spectaculaire de jungle et
sentiers ancestraux. Pour la découvrir, il est possible d’y réaliser des treks de 4 à 6 jours en
compagnie d’un guide indigène Wiwa.
2
NORD
Désert de la Guajira
4 à 5 jours - Facile
Dépaysement total à la découverte de cette péninsule restée assez sauvage tout au nord de la
Colombie, à la frontière avec le Vénezuela. Isolement et grands espaces désertiques au programme, authenticité culturelle au contact de la communauté
indigène Wayuu. Randonnées quotidiennes et liaisons en 4x4, 64
nuits en bivouac sur des plages
désertes ou chez l’habitant, en chinchorro (hamac tissé à la main).
3
ANTIOQUIA
Camino Verde
3 jours / Intermédiaire
Un trek qui mêle randonnée et
baignades en rivières, dans de superbes décors naturels, une
expérience authentique hors des sentiers battus à travers la montagne Antioqueña en empruntant d’antiques chemins indigènes, avec pauses dans un trapiche (atelier de panela, ou
sucre local) et exploration du Cañon del Melcocho, avec nuits dans des fermes locales et
dégustation de zabaletas (poissons) frites, arrosées de
tapetuza, liqueur locale de canne
à sucre. Altitudes entre 1 200 et 2 600 m.
4
SIERRA NEVADA DEL COCUY
RItacuba, Concavo,
Laguna Grande
4 à 5 jours / Difficile
Située dans la partie orientale de la cordillère des Andes colombienne, la Sierra Nevada del
Cocuy est l’une des chaînes de montagnes parmi les plus belles
et des plus impressionnantes
d’Amérique du Sud. Le parc national culmine au Ritacuba Blanco (5 330 m). De nombreux sentiers de treks sillonnent le massif, mais attention, depuis quelques années, on ne peut plus
effectuer le tour complet, les autorités indigènes ayant décidé de fermer l’intérieur du Sanctuaire. Seules les randonnées à la journée, au départ de Guican,
sont désormais autorisées,
réduisant grandement l’intérêt. Itinéraires de Ritacuba, du glacier Concavo ou de Toti depuis Laguna Grande recommandés
(altitudes entre 2 900 et 4 500 m, 5 200 m si marche sur glacier).
5
PARC DE LOS NEVADOS
La vallée du Café
3 jours - Intermédiaire
Ce tour en trois jours permet de
découvrir à la fois la région du
café qui fait l’identité la Colombie et le parc Los Nevados, massif
volcanique majestueux où règne le paramo. Une randonnée exigeante hors des sentiers battus dans les paysages insolites, entre
les palmiers de cire les plus hauts
du monde (70 m) et les frailejones du paramo. En option, ascension du glacier Nevado Tolima (très difficile) et exploration de la vallée de Cocora.
6
AMAZONIE
Réserve Maloka
Zacambu
5 jours
Au départ de Leticia, une aventure authentique et représentative du cœur tri-frontalier (Colombie,
Pérou, Brésil) de la forêt amazonienne. Immersion dans plusieurs réserves indigènes notamment les cultures
traditionnelles Chagras et tikunas, au travers de partages et
d’échanges rituels (coca, tabac, Yage). Le parcours dans cette zone est une expérience physique et émotionnelle assez intense au milieu d’un paysage et d’une faune fascinants (oiseaux, caïmans). Déplacements à pied, en canoë et dans des petites embarcations à moteur. Nuit en hamac sous la maloka et bivouac
dans la canopée sur une
plateforme sécurisée à 35 m de hauteur.
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PARC NATIONAL DE LOS NEVADOS Des vallées du
café aux neiges
du Tolima CLASSÉE PAR L’UNESCO AU TITRE DE “PAYSAGE CULTUREL DU
CAFÉ DE LA COLOMBIE”, LA RÉGION DE L’EJE CAFETERO ÉPOUSE
LES CONTOURS DE LA CORDILLÈRE DES ANDES, PROFITANT
D’ALTITUDES ET DE CONDITIONS CLIMATIQUES IDÉALES POUR
LA CULTURE DES PLUS PRÉCIEUX CAFÉS ARABICA. C’EST ICI,
DANS LE PARC NATIONAL DE LOS NEVADOS, QUE NOUS AVONS
PARCOURU CES ÉCOSYSTÈMES ÉTONNANTS, QUI S’ÉLÈVENT DES
JUNGLES TROPICALES JUSQU’AUX AMBIANCES GLACÉES DU
VOLCAN TOLIMA, À 5 215 M D’ALTITUDE.
TEXTE ET PHOTOS FRANCK CHARTON
Vision onirique et pourtant
classique de la « palmeraie des
brumes » en vallée du Cocora,
près de Salento, au cœur de
l’Eje Cafetero, la principale
région du café colombienne.
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COLOM B IE
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COLOM B IE
J
usqu’au bout de l’horizon, un écheveau
de collines moirées de caféiers dodus
déroule son tapis satiné, bouqueté de
bambous luxuriants, avec de temps à
autre une hacienda de bois émergeant
des frondaisons. Ce paysage buccolique
s’inscrit lui-même dans un maillage de bourgades
coloniales arborant, chacune, leur plaza de Armas
animée, ceinturée par des alignements de petites
maisons aux couleurs vives, avec arcades et
balcons ouvragés. C’est le décor plein de charme
d’« Eje Cafetero », la région du café, au centre de
la Colombie. On ne se lasse pas, les jours de
marché, du spectacle cocasse des yipaos (jeeps)
C’EST OÙ ?
Point de départ de notre
itinéraire, Salento est
situé au pied de la cordillère Centrale des Andes,
dans la région du Café est
appelée « Eje Cafetero »
ou Triangle du Café, en
référence à un triangle
formé par les trois départements du Caldas
(Manizales), du Quindío
(Armenia) et du Risaralda
(Pereira) dans lesquels
une myriade d’haciendas
font pousser un café
parmi les tous meilleurs
au monde. La Colombie
produit environ 10% du
café mondial, ce qui en
fait le troisième producteur (derrière le Brésil et
le Vietnam). La culture de
l’« or noir » est favorisée
par des conditions climatiques idéales, permettant
deux récoltes par an, la
principale en octobre-novembre et une plus petite
en mai-juin. À noter que
le café noir est appelé ici
tinto.
Hacienda de café dans les
collines terrassées, entre
Marseilla et Filanda.
68
repeintes de frais, devenues le symbole local et
surnommées Willys, chargées à craquer sous le
poids des passagers et des marchandises des
petites cités du café, comme Marseilla, Filanda ou
Salento, parmi les plus attachantes. Ménagères
en châle brodé sur les épaules et quidams en sombrero, bottes et perero en main, le bâton-cravache
des ganaderos (éleveurs) locaux, se pressent entre
les étals, alors qu’en terrasse, on déguste un
savoureux tinto (café noir) estampillé Jesus
Martin, le meilleur de la région et forcément arabica, puisque le robusta est proscrit en Colombie.
Arrivé la veille au soir à Bogota depuis la France,
j’ai volé très tôt ce matin sur Peirera, et sauté dans
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Très vite, nous évoluons dans la
forêt des brumes. Passerelles de
bois sur les torrents et orchidées
épiphytes dans les arbres
Première étape en forêt
humide, entre Cocora et
le refuge d’Argentina.
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COLOM B IE
Le guide José se fraie un
passage à travers les
frailejones géants du
paramo, écosystème
andin au-delà entre 3 000
et 4 000 m d’altitude.
un taxi, pour gagner le cœur de cette attachante
région de collines tropicales, jardinées de
micro-plantations de café. 80 % de la production
locale reste d’ailleurs le fait de fincas de moins de
dix hectares ! Après un arrêt dans une trapicheria
bien dans son jus (atelier de fabrication traditionnelle du sucre à base de canne à sucre), installation à Salento dans une posada tenue par une
adorable mamita.
PALMIER GÉANT
Dominant toute la région du café à des altitudes
comprises entre 2 600 et 5 321 m (au Nevado del
Ruiz), le parc national de Los Nevados, immense
citadelle naturelle de 60 000 hectares, constitue
le château d’eau ô combien précieux des régions
environnantes. Il comprend plusieurs volcans
semi-actifs de plus de 5 000 m, qui restent toutefois encapuchonnés de glace, d’où le nom donné
au parc. À l’aube, accompagné de José, biologiste
et documentariste bien connu en Colombie, nous
affrétons une Willys, direction la vallée de Cocora,
l’une des entrées les plus commodes vers le parc
national, à moins d’une demi-heure de Salento.
Quel lieu intrigant que Cocora, avec ses prairies
piquetées de palmiers graciles, le fameux palma
de cera, l’arbre de cire, emblème national de
Colombie. Signalée pour la première fois par le
naturaliste franco-allemand Alexander von
Humboldt, qui vint ici en 1801, la présence de
palmiers en pleine montagne (le plus haut du
monde avec ses 60 m de hauteur), confère au paysage une dimension surréaliste. Les indigènes
Quindio, aujourd’hui disparus, en récoltaient la
cire pour imperméabiliser vêtements et pirogues.
En Europe, sa découverte suscita une controverse,
car l’académie de botanique de Berlin déclara qu’il
était impossible de trouver des palmiers ailleurs
qu’au bord de la mer !
COMME À LA MAISON...
Très vite, nous évoluons dans la forêt des brumes,
avec petites passerelles de bois sur les torrents et
orchidées épiphytes dans les arbres. La météo
oscille entre bruine bretonne et averses tropicales,
avec quelques plages d’accalmie. Première étape
QUAND PARTIR ?
La meilleure saison
s’étend de décembre à
mars, quand le ciel est le
plus souvent dégagé, mais
les conditions sont
bonnes également de
mi-juin à fin août. Le reste
du temps, météo très
rude, le terrain est
souvent détrempé ou
marécageux, voire un
bourbier innommable par
endroits. Selon la saison
ou l’intensité des pluies
qui précèdent le départ, il
peut être judicieux de
prévoir de marcher
comme les locaux, c’est à
dire en bottes ! Bon
marché (environ 12 €), on
en trouve dans les grosses
épiceries de Salento.
Insolite
Les plus hauts palmiers du monde
La particularité de la vallée de Cocora réside dans la concentration de palmiers de cire (Ceroxylon Quindiunse),
les plus hauts palmiers du monde avec 60 mètres de hauteur, et une espérance de vie jusqu’à 200 ans. Leur tronc
est recouvert d’une fine couche de cire qui l’imperméabilise. Endémique à la Colombie, il ne pousse que sur cette
frange de la cordillère centrale entre 2100m et 3000m d’altitude. Désigné « arbre national de Colombie » en
1985, cela a permis sa protection car il était, et reste, en voie d’extinction.
La cueillette des grains de
café reste une opération
délicate, dans des
versants souvent pentus
et emmaquisés, rendus
glissants lors des
fréquentes pluies
tropicales.
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COLOM B IE
AVEC QUI
PARTIR ?
Ce reportage a été
organisé en partenariat
aec l’agence locale francophone Aventure Colombia, spécialiste du voyage
d´aventure et de l’écotourisme. Créée il y a dix ans,
et solidement implantée
dans tout le pays grâce à
plusieurs bureaux, elle
reste la référence grâce à
son expertise et son
engagement social, en
lien avec les communautés locales. Elle propose
dans le parc de Los
Nevados et la région du
café toute une palette de
circuits plus ou moins
ambitieux, accompagnés
par des guides chevronnés, et notamment avec
José, alpiniste, biologiste
et photographe accompli,
qui sait faire de chaque
voyage une expérience
unique !
aventurecolombia.com/
circuit/parque-de-los-nevados
Ambiance surréaliste au
milieu des palmiers de
cire, comme autant de
piliers d’une hallucinante
cathédrale végétale.
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dans un paysage irlandais de landes rases, bosquets de genêts et arbres tordus, au lieu-dit
Argentina, minuscule finca familiale et traditionnelle, qui héberge des randonneurs depuis deux
ans, pour améliorer son quotidien. Depuis la fermeture des sierras de Cocuy et de Santa Marta, la
région des Nevados connaît en effet un boom de
fréquentation, coïncidant avec la disparition des
Forces armées de libération de la Colombie (FARC)
qui occupaient aussi le terrain il y a peu. Accueil
chaleureux de Gloria et Javier, ganaderos-aubergistes improvisés, dans leur cabane spartiate, loin
de tout et cernée de chemins boueux. Intérieur
sombre, de bric et de broc, rudimentaire, comme
sorti d’un film de Caro et Jeunet. Mais la cuisine,
lieu de regroupement, le centre de vie, est extra,
toute tarabiscoté, avec son poêle qui ronronne au
centre, ses banquettes couvertes de peaux de
mouton, ses encoignures patinées. Gloria nous
tend en souriant de quoi nous requinquer : cafecito de bon aloi, agua caliente de panella (eau
chaude sucrée au jus de canne), sopita de papa
(soupe de patates) avec des arepa (galettes de
maïs)… Juste avant la nuit, arrivée d’un groupe de
dix randonneurs tchèques ruisselants de pluie et
frigorifiés, qu’il faudra bien caser dans les deux
petits dortoirs équipés de bas-flancs !
RÊVERIE HALLUCINÉE
Réveil à 5h30, on se débarbouille au tuyau dans
la cour, petit déjeuner 6h, départ 7h, pour une
longue étape, d’abord à travers la forêt de bruyères.
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TOPO °
RÉGION DU CAFÉ
Trois jours dans le
parc de Los Nevados
Au départ de Salento, cet itinéraire permet de découvrir les écosystèmes
étonnants du parc national de Los Nevados, grâce à un petit réseau de
refuges / fincas tenu par les éleveurs de montagne.
ÉTAPE 2
Termales de Cañon
ÉTAPE 1
Cocora-Primavera
Signalée en 1801
par Humboldt,
la présence de
palmiers en pleine
montagne suscita
la controverse
en Europe
6h / +1500 m / 15 km
Départ de Salento en 4x4
direction la Vallée del Cocora. De
façon schématique, le trek
conduit vers le Nevado del Tolima
le premier jour, le contourne le
deuxième jour et lui tourne le dos
le troisième. On commence par
remonter la rivière Quindio par un
joli chemin en forêt, pour arriver à
la réserve Acaime, lieu privilégié
d’observation des colibris (entrée
10 000 COP, 2,80 €). Puis on
continue sur la clairière et la finca
Estrella del Sur, où il est commode
de s’arrêter pique-niquer (source,
jardin, panneaux d’information).
On rentre ensuite dans le vif du
sujet, avec un bon dénivelé sur un
chemin qui grimpe en lacets, à
travers la forêt vierge, moite et
souvent boueuse. Entrée dans le
parc national de Los Nevados. En
fin d’après-midi, arrivée sur le
plateau, couvert de páramo
(steppe et prairies d’altitude), où
prospère cet écosystème de
végétation rase n’existant que
dans les montagnes colombiennes
et vénézuéliennes. Installation en
dortoir dans le gite rustique de
Primavera (3 900 m, pas d’eau
courante ni électricité) pour la
nuit, dîner avec Doña, la
propriétaire des lieux.
7h / ±150 m / 32 km
Avec un peu de chance, lever de
soleil époustouflant sur le Nevado
del Tolima enneigé. Grosse
journée au programme, au fil d’un
parcours de 32 km (aller/retour)
pour atteindre la piscine chaude à
ciel ouvert (termales) de Cañon,
une source d’eaux thermales à 45
C° riches en soufre, où la baignade
est délassante après une longue
marche, si on ne craint pas l’odeur
du soufre ni la couleur jaune ocre
de l’eau. Sur un chemin plutôt
bien tracé et balisé par endroits, il
suffit de suivre le páramo de
Romerales qui décrit un « C »
autour du Nevado Tolima, en
passant par la lagune El Encanto,
ligne de partage des eaux entre la
vallée del Quindio et la vallée del
Tolima, et par la vallée del Placer,
lieu d’élevage des bovins et
chevaux. Après une bonne
baignade à ciel ouvert, (altitude :
3900 m) retour par le même
itinéraire et étape au gîte. Diner et
nuit en demi-pension.
ÉTAPE 3
Primavera - Cocora
6h / -1500 m / 15 km
Marche de retour vers Salento. La
descente s’effectue au début par
une variante panoramique : le
sentier El Bosque, un parcours de
crêtes au milieu des tourbières et
des frailejones, avec une vue sur
les 5 vallées qui partent de la
Vallée de Cocora. On quitte le
paysage steppique pour pénétrer
à nouveau dans la forêt andine et
observer les oiseaux typiques de
la région, les palmiers de cire et
des dizaines d’espèces d’orchidées
différentes (l’emblème de la
Colombie). Arrivée dans la Vallée
del Cocora et retour à Salento en
4x4.
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Nous sommes accueillis chaleureusement au sein
de cette cabane spartiate, sur les banquettes de peau
de mouton, autour d’un poêle qui ronronne
La finca Primavera, ferme
familiale traditionnelle
en plein paramo,
à 3 000 m d’altitude,
sans eau courante ni
électricité.
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Vers 3 700 m, nous faisons halte à Buenos Aires,
une finca abandonnée sur une crête venteuse, au
climat polaire. C’était autrefois la maison des
parents de Javier ; ce dernier y est même né ! À
partir de 4 000 m, nous évoluons à travers le
paramo, un étrange écosystème constitué de prairies rases à mousses, type toundra, avec aussi des
touffes de graminées blondes et l’architecture
insolite des frailejones : ces plantes tropicales
d’altitude géantes aux allures de bouquets
argentés, instillent un sentiment à la fois poétique
comme océanique par leur côté massif et répétitif,
voire un tantinet mythologique à cause de leur
étrangeté. Comme une rêverie hallucinée dans un
pays aux marges de la folie, réminiscent de certains paysages dignes du Seigneur des Anneaux.
Longue traversée au-dessus de Primavera, pour
filer sur la Playa, autre finca où nous retrouvons
la « voie normale » qui mène au cœur du parc,
montée, au départ de Cocora, par une autre vallée.
Les paysages deviennent immenses, alors qu’un
ciel changeant nous gratifie successivement
d’éclaircies lumineuses puis de nuées sombres,
alternant chaleur lourde et soleil de plomb avec
ambiance de fin du monde sous un vent glacé. Le
cheminement est parfois délicat lors du franchis-
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COLOM B IE
QUEL
ÉQUIPEMENT ?
En trek dans le parc, les
portage des affaires
s’effectue à dos de mule.
En plus des éventuelles
bottes, prévoir aussi
foulard ou chapeau,
anti-moustique,
vêtements de pluie,
coupe-vent et une polaire
pour les soirées fraîches.
L’hébergement s’effectue
dans les
anciennes fincas (petites
fermes d’élevage), transformées récemment en
« refuges » pour randonneurs, avec dortoirs et
repas en table d’hôtes
rustiques. Il faut être
compréhensif, car cette
reconversion est toute
neuve et les familles
paysannes doivent
apprendre leur nouveau
métier sur le tas ! Si le
duvet n’est pas nécessaire (hormis ascension
du Tolima) dans les
refuges, les couvertures
étant fournies, un « sac à
viande » ou un drap de
soie sera utile. Possibilité
d’acheter du petit
matériel (vivres de course,
lingettes, bottes,
anti-moustiques…) au
petit supermarché de
Salento.
sement de secteurs en « boue profonde », véritables cloaques où l’on se félicite d’avoir pensé à
se munir de bottes, et où la progression s’accompagne, à chaque pas gagné sur la fange, par des
chuintements caverneux des plus évocateurs…
AU PAS DE COURSE...
En cette époque de l’année (janvier) les sentiers
devraient être plus praticables, mais à cause du
phénomène climatique de la Niña, les mois de
sécheresse relative (décembre, janvier, février) ont
tendance à disparaître. Une dernière, longue
montée dans le versant, nous conduit au camp
de base du Tolima autour de 4 450 m sur une
épaule rocheuse. Un brouillard dense, des bourrasques en coups de boutoir et un grésil nous
frigorifient instantanément. Heureusement, les
chevaux arrivent rapidement et le camp est monté
à la hâte. Nous avons marché plus de huit heures,
pour 1400 m de dénivelé positif. La tempête forcit
toute la soirée et lorsque surgit notre guide local
German Liberato, nous comatons gentiment en
attendant de faire la soupe. L’histoire de ce jeune
homme dans la vingtaine, originaire de La
Primavera, une finca de la vallée, un peu plus bas,
est fascinante. Arriero de métier, c’est à dire muletier, il est devenu trailer car il court par plaisir
depuis son enfance dans le paramo et cette passion lui a donné une endurance hors du commun.
En tant que guide depuis la reconversion récente
des ganaderos locaux, il a été remarqué par notre
accompagnateur José. Ce dernier l’a encouragé à
s’aligner sur des épreuves de longues distances
dans le cadre de compétitions nationales, qu’il a
toutes gagnées haut la main (ou le pied). À présent, il est suivi par un petit collectif d’afficionados
Livraison quotidienne du
lait à dos de cheval, en
vallée de Cocora.
Gloria prépare la présure,
pendant que Javier prend
sa première collation,
après la traite du matin,
dans la finca Argentina.
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Sur le glacier du Tolima,
avec le guide German
Liberato, petit berger
local et arriero devenu
le héros sud-américain
du trail.
COMBIEN
ÇA COÛTE ?
> Louer une Jeep Willys
entre Salento et Cocora
(11 km) : 30 000 COP
(pesos colombien (8,60 €).
Compter dix fois moins en
collectif, avec un départ
entre 6h et 6h30 de la
place centrale de Salento.
> Entrée dans le parc de
Los Nevados :
gratuite mais il est
question d’établir un
point de contrôle-péage.
> Nuit en refuge (finca,
dortoir) : 20 000 COP
(5,75 €). Attention : pas
de douche dans les
refuges-finca !
> Prix d’un repas : 12 000
COM (3,40 €), petit déjeuner (œuf, riz, haricots
rouges) : 10 000 COP
(2,86 €), agua panella con
queso : 5 000 COL (1,43 €).
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COLOM B IE
À près de cinq mille
mètres, nous prenons
pied sur la gangue
de glace du volcan
endormi
qui rêve de le faire concourir dans les plus prestigieuses courses internationales, dont l’UTMB ! Je
lui fait un peu de place dans ma guitoune torturée
par les éléments, pour une très courte nuit en
pointillés.
AU SOMMET !
Trois heures du matin : sous un ciel en furie, on
s’ébroue, on enfile des couches et on se force à
avaler un maté avec quelques biscuits. L’organisme
en pleine acclimatation rechigne à être bousculé.
Départ laborieux, pliés en deux sous les gifles du
blizzard, le long d’une pente de scories sableuses.
À partir de 4 700 m, nous butons contre des barres
rocheuses plâtrées de neige et attaquons la grimpette en mixte le long de vires, couloirs et cheminées faciles mais exposés. Ambiance rando-vertige
à la frontale. Parvenus à 4 900 m au pied du glacier
suspendu caressé par les premières lueurs de
l’aube, German et moi nous harnachons en
silence : baudrier, corde, crampons, piolet. Le
brouillard épais comme une tranche de lard joue
avec nos nerfs, alors que nous remontons le glacier à l’aveuglette. Parfois une écharpe de brume
se déchire, dévoilant une fenêtre de paramo, ou
une ligne de crête sombre, en face. Quelques surprises : une longue crevasse béante, des séracs en
équilibre, un champignon de glace, nous obligent
à redoubler d’attention. German avance tel un
métronome, précis et régulier. Perdus au milieu
de cette tempête somme toute incongrue
au-dessus des jungles tropicales, nous sommes
deux fourmis entêtées, deux volontés tendues
vers un même but. Et tout à coup, mon altimètre
indique 5 210 mètres, il est 6h15, nous sommes
au sommet du Nevado Tolima ! Jubilation malgré
une visibilité réduite à quelques mètres à peine.
Vite, redescendre, pour retrouver le soleil, les palmiers de cire et les cafés en terrasse…
ADRESSE
DE CHARME
À Salento, la Posada Del
Café est idéalement située dans la calle
Real (bruyante les
week-ends), à quelques
mètres de la place principale de cette charmante
bourgade coloniale, l’une
des plus animées et
photogéniques de la
région. Accueil personnalisé par Maria Elena, une
vrai maman poule qui
prend soin de « ses »
voyageurs. Bien se faire
expliquer le fonctionnement des douches
électriques. Cette pension
très calme et familiale
dispose de chambres
simples en bois, d’un joli
patio et d’un jardin tropical où se reposer avant ou
après un trek, tout en
contemplant les oiseaux.
www.laposadadelcafe.
com
À gauche : Scène
familière autour du
billard, dans une
brasserie-épicerie, ou
social club, de Salento.
Ci-contre : Cafeteros, ou
propriétaires d’estancias
de café à la pause, en
terrasse d’une ruelle
typique de Filanda.
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À deux jours de Chinguetti,
l’arrivée au bivouac sous l’échine
des montagnes de Zarga.
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
ADRAR MAURITANIEN
Dernières
nouvelles de
Chinguetti
UNE MÉHARÉE ENTRE CHINGUETTI LA SAINTE ET L’OASIS
DE TERGIT. OU SEPT JOURS D’UNE LIAISON AUSSI CLASSIQUE
QUE MAJEURE DANS LES UNIVERS DE L’ADRAR MAURITANIEN,
MÊLANT OASIS, MONTAGNES, PLATEAUX ET DÉSERT…
TEXTE ET PHOTOS : JEAN-MARC PORTE
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On estime à plusieurs milliers le nombre de
manuscrits encore présents à Chinguetti, répartis
entre la dizaine de bibliothèques recensée et les
différentes familles de la ville. La conservation
des parchemins, dont certains sont dans un état
de détérioration avancé, demeure problématique.
Les plus anciens dateraient du XIe siècle.
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
Née des sables il y a près de mille ans,
l’ancienne cité caravanière recèle
l’un des plus grands trésors de l’Islam
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
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L’erg Amatlich
Le plus célèbre écrin dunaire de Mauritanie ? Au sud des montagnes et des
plateaux sombres de l’Adrar, salué pour les teintes légèrement rosées
de ses sables au couchant, le corridor de l’Amatlich court nord-est /sud-ouest
sur plus de 300 km, droit vers l’Atlantique. Malgré sa faible largeur (20 km en
moyenne), l’erg est un désert « total », ou seules ses bordures accueillent
oasis, palmeraies et villages : les dunes en face du hameau d’Azoueïga sont
considérées comme les plus hautes de toute la Mauritanie.
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
La passe de Tifoujar
Éléments clefs des axes caravaniers traversant le massif
de l’Adrar, les cols ouvrant les difficiles passages entre
les vallées et les plateaux caractéristiques de la région
(El Ghallaouiya, Amogjar..) ont de tout temps été de très
importants repères géographiques. L’entaille spectaculaire
de la passe de Tifoujar, qui relie les oasis de l’Almatlich
(El Glaita, El Medda…) à l’axe de la « vallée Blanche »
(entre Tergit et Affoujeft), a fait trembler à plusieurs
reprises les participants du rallye Paris-Dakar...
Aujourd’hui, le silence règne sur son canyon et ses
emplacements de bivouac, spectaculaires et verdoyants.
Chinguetti
Avalée progressivement par les sables de l’erg Ouarane, la
septième ville sainte de l’Islam protège tant bien que mal de
l’oubli et du temps ses bibliothèques qui comptent plusieurs
milliers de manuscrits. Mathématique, poésie, religion,
astronomie : derrière les vieux murs de pierre sèche de ses
maisons à patio, la mémoire du rayonnement de ce grand
centre d’échange et de culture saharien au XVIe siècle, classé
par l’Unesco depuis 1996, est toujours assurée par des familles
locales. Cinq mille habitants vivent aujourd’hui à Chinguetti.
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
Zarga
Une montagne pas comme les autres ?
Les reliefs (modestes) de Zarga dessinent un
point de repère majeur balisant les quelque
soixante-quinze kilomètres séparant
Chinguetti de Tergit. Orientée est / ouest, la
longue échine de grès coupe littéralement
deux mondes. Au nord, les grands systèmes
dunaires de l’erg Ouarane. Au sud, les
plateaux rocailleux de l’Adrar. Son point
haut est modeste. Mais l’ascension de la
dune (45 mn) qui remonte sur son extrémité
ouest (El Atique), droit vers les tours de grès
sommitales, offre un point de vue unique
sur les immensités de l’erg Ouarane.
Tanouchert
Une micro oasis au bord du vide : la palmeraie
de Tanouchert est un vertige d’isolement et de
résistance au désert. Situées sur l’axe
Chinguetti / Ouadane, en bordure des
immensités de l’erg Ouaranne, les palmeraies
et les minuscules jardins ne sont plus habités
que par quelques familles. Une partie de la
palmeraie est avalée par les sables. Mais la
balade dans ses jardins, aux heures plus douces
du soir, est un exercice aussi troublant que
singulier, au cœur d’un minuscule îlot de vie
littéralement ceinturé d’aridité pure…
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Ouadane
Au nord de Chinguetti, les impressionnantes
ruines du grand ksour de Ouadanne rongent un
versant entier des plateaux du Dhar. Au zénith,
l’enchevêtrement des murs effondrés et des
ruelles se fond presque totalement dans le
paysage de roches sombres. Au soir, les ombres
ramènent la cité abandonnée à sa mesure
humaine : à l’image de Chinguetti ou de Oualata,
la « ville des deux oueds » fut elle aussi l’un des
très grands centres caravaniers des pistes de
l’ouest saharien. Son puits fortifié est un chef
d’œuvre d’architecture défensive. Ouadane,
classée au patrimoine mondial de l’Unesco, est
également la porte d’entrée du « cratère » de la
célèbre structure de Richat (à 30 km), une
singularité géologique unique au monde.
Tergit
Tergit fait partie, à juste titre, des
must do de l’Adrar. Avec ou sans
touristes étrangers, les Mauritanien
d’Atar viennent souvent y passer un
peu de temps… au frais. À près de
500 m d’altitude, enserrée dans
l’étroiture de son canyon, sa splendide
partie haute abrite palmeraie et
jardin. On peut y cheminer librement,
sur de minuscules sentiers de sable, et
remonter sur près d’un kilomètre, vers
ses sources et les systèmes de captage
pour l’irrigation et l’alimentation en
eau du village. Un site de peinture
rupestre peut être visité plus haut sur
le plateau. Et le sentier en balcon qui
domine l’oasis (crêtes des falaises sud)
offre un panorama « total » sur Tergit.
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
Jour 1
Les frondaisons et les
sources de Tergit,
abordées depuis les
plateaux : la plus belle
entrée, par le haut du
canyon…
VU DU CIEL
Ne manquez pas les
images vues du ciel du
désert mauritanien,
réalisées par Jean-Marc
Porte à l’occasion de ce
reportage.
bit.ly/Mauritanie
Desertskies
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PRÉAMBULE
Les journées d’hiver sont courtes, mais tout est
vraiment allé très vite aujourd’hui. Du béton gris
de Roissy aux lumières du soir sur le quartier de
la vielle ville de Chinguetti, une poignée d’heure
a suffi pour renouer simplement, profondément,
avec l’émotion saharienne. Petit déplacement,
grands effets. Quatre heures de vol pour rayer dix
années d’amnésie de désert mauritanien, partiellement hors zone rouge désormais des cartes du
Quai d’Orsay. Le monde des « Sahariens » existe
toujours ? L’avion était plein de visages connus,
de staff d’agences, de journalistes. Et même
d’amis. Plus que l’effervescence bon enfant de
l’aéroport (tapis rouge et officiels, check médical
et formules de bienvenue…), les présences bleutées des boubous mauritaniens et le son des
moteurs Toyota dans la chaleur du parking ont
suffi, à eux seuls, à me faire vraiment décoller. À
quelques heures du RER donc, prendre/reprendre
la route qui se faufile vers la passe d’Ebnou et les
plateaux, droit vers le sud de l’erg Ouarane. Jusqu’à
Chinguetti, si tout va bien, rien, des postes de gendarmerie à la poussière, jusqu’à l’embranchement
des pistes vers Fort Sagane et Amogjar, ne devrait
avoir bougé…
Jour 2
CHINGUETTI EXPRESS
Poser les sacs à l’auberge, hier soir. Traverser
l’oued qui coupe Chinguetti vers le sud et la vieille
ville. L’antenne radio. La colline de stèles du cimetière. Avancer vers la ceinture de sable qui avale
les maisons et les jardins, en suivant les sil-
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À quelques heures d’un RER, renouer avec le grand Sahara.
Si tout va bien, rien de devrait avoir bougé…
houettes de couleur des femmes, s’engager dans
le labyrinthe du ksar. Les petites boutiques et les
vendeuses. Les jardins verdoyants et enfants dans
les ruelles dévorées de sable. Le minaret carré de
la petite mosquée. Le vieux bibliothécaire
auquel nous avons rendu visite a pris tout le
temps de nous réciter l’histoire, le rayonnement
culturel et la splendeur passée de la cité caravanière. Avant d’entrouvrir avec précaution des
volumes aux pages rongées de temps, en se désolant de l’absence de toute aide réelle à la préservation de cet immense patrimoine… Ce matin, les
chameliers nous attendent déjà. Premiers pas de
notre méharée : nous longeons les jardins de la
ville, droit vers l’est. Chinguetti s’efface doucement, avalée au regard par les dunes de Ouarane.
Le ciel et le vent sont avec nous. Les chameliers,
déjà, font route directe, au plus facile pour les
bêtes. La micro-oasis de Lagueilla, à midi, nous
abrite pour le déjeuner. Puits à balancier et frondaisons denses des dattiers. Vent frais et blatèrement des bêtes. Les dromadaires siphonnent le
petit bassin d’eau claire. Ce soir, nous dormirons
sous les étoiles. La traversée des six marlegs
(dépressions marquées entre les cordons de
dunes) rythmant notre avancée vers l’échine des
montagnes de Zarga, qui va nous occuper pendant
presque deux jours, est devant nous.
Jour 3
LES DEVINETTES DES ERGS
Renouer très progressivement avec l’effort particulier de la marche dans les dunes ? Derrière
Medhi, notre guide, retrouver le plaisir du lent
dévoilement des grands horizons. Et celui des
détours et des zigzags sur les crêtes, à la recherche
du plus beau passage. Nous avançons dans l’erg
La traversée des reliefs
de Zarga ouvre sur les
grands plateaux de
Lemmoïzine.
FORMALITÉS
ET VISA
Un passeport en cours de
validité, valable 6 mois
après la date de retour,
est nécessaire pour se
rendre en Mauritanie. Le
visa touristique mauritanien (65 €) est délivré
à l’aéroport d’Atar.
89
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La palmeraie de Ouadane : cent
cinquante mètres sous l’étau des
falaises, le bonheur de l’eau et de
l’immense fraîcheur des lieux.
90
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
Comme le ressac
de la houle, le son
des palmeraies
dans le vent…
l’ordre couverture, selle, charges à grand renfort
de demi-clefs gansées. Bien sécuriser aussi les
« accessoires » (bois, pelles, matelas…) sur les
charges. Attacher la longe dans l’anneau de narine
du dromadaire, en tenant le museau de la bête ?
Je passe la main, sous les rires de nos hôtes. N’est
pas Maxence au désert qui veut.
Jour 4
et ses grands systèmes réguliers, un peu comme
un navire remonte une longue houle, peinant
contre la vague avant de plonger dans les dépressions. Le temps de notre premier bivouac et du
thé, hier soir, près des grands acacias et d’un puits,
me parle toujours de devinettes sans réponses (Je
suis le père de deux filles ; si je m’endors, l’une
d’elles meurt… Et si elle meurt, l’autre s’enfuit). De
la course d’une gerboise dans l’obscurité. Et de la
silhouette des chameliers et des bêtes agenouillées, éclairée par notre minuscule foyer…
Jour 3 (bis)
N’EST PAS MAXENCE QUI VEUT
Une longue journée, très simple, vers Zarga, dont
la crête se dessine de plus en plus précisément à
l’horizon. Nous slalomons désormais entre les
grandes touffes d’alpha, vers notre sortie de l’erg.
Les dunes massives qui finissent par s’épuiser sur
un grand plateau sombre, strié de petites barcanes
blondes, avant les acacias de l’oued où nous allons
dormir. À main droite, pendant les dernières
heures de marche, une légère dépression creuse
le monde d’un vide bleuté, incertain, contre la
lumière du ciel. Ce matin, avec Momo et Adulaï,
réapprendre le B.A.-BA du petit chamelier, en
pensant aux mémoires et aux écrits de Théodore
Monod : désentraver les bêtes. Installer dans
LES VEILLEUSES DE ZARGA
Le vent et le froid, en nouveaux compagnons de
marche : ce matin, la course du sable volant sur le
sol noir nous a un peu bousculés jusqu’au petit
col. Les falaises de grès fouettées par les rafales
de sable. Une gerboise filant entre les blocs. Nous
traversons Zarga sans traîner, mais la modeste
prise d’altitude au col est un grand bonheur.
Devant nous, nous survolons du regard une
grande plaine constellée d’acacias. Ce soir, nous
allons bivouaquer tout près du campement de la
famille d’Adulai, sous les falaises qui marquent
le grand plateau de Lemmoïzîne. Nous sommes
en approche d’un secteur « peuplé » ? À la pause
de midi, sous la dune majestueuse d’El Atique, qui
tombe comme une lame depuis les hauteurs de
Zarga sur la plaine, neuf vendeuses ont cerné
notre pause pour ouvrir boutique(s). Étalage de
bracelets, de voiles colorés. Pots tressés.
Calebasses. Boites à thé. Tambours, pointes de
flèches et épines de porc-épic. Les rires et la
mélopée des conversations en hassanya accompagnent nos questions : d’où viennent ces
femmes ? Comment savent-elles que nous allions
arriver ? Medhi est presque surpris. « Mais
qu’est-ce que vous croyez ? Dans les campements
et dans les villages, personne n’ignore ni le retour
des touristes cette année, ni les jours de leurs passages. ».
Une jeune maman
mauritanienne, dans
l’oasis de Mhaïreth.
COMMENT
Y ALLER ?
Point Afrique a rouvert la
saison passée les liaisons
directes entre Paris et
Atar, ce qui évite les longs
préacheminements
depuis/vers Nouakchott.
Ces vols hebdomadaires,
utilisés par la plupart des
agences de voyages
d’aventures, sont proposés en continu cette
année du 21/10/18 au
14/04/19.
www.point-afrique.fr
QUELLE MÉTÉO ?
L’hiver (de novembre à
mars) recoupe la saison
sèche en Mauritanie. Les
températures dans la
journée s’échelonnent de
20 à 30°C. Le vent et les
nuits fraîches peuvent
être au programme.
QUEL
ÉQUIPEMENT ?
Marcher léger (chaussures tiges basses ou
sandales) en privilégiant
les tenues protégeant du
soleil (pantalons light,
chemises ou t-shirt à
manches longues). Le
chèche fait partie des
incontournables du
Sahara, mais pensez
également à une
doudoune légère et à un
duvet confortable pour
les bivouacs.
91
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
Jour 5
Un rupestre « dansant »,
baptisé le Diable rouge,
sur un panneau isolé du
plateau à l’est de l’oued.
(RE)LIRE…
> Maxence au désert, un
voyage en Mauritanie : un
texte/roman de jeunesse
de Théodore Monod,
reprenant sa méharée
initiatique de 800 km
réalisée en 1923 entre
Port-Etienne (l’actuel
Nouadhibou) et SaintLouis (du Sénégal).
> Le tambour des Larmes :
signé par le journaliste et
écrivain mauritanien
Mbarek Ould Beyrouk, le
destin contemporain
d’une jeune femme qui,
après l’abandon forcé de
son enfant, s’enfuit de sa
tribu avec le tobol (le
tambour) sacré de
celle-ci, vers la ville et la
modernité. Editions
Elyzad 2015.
92
CECI N’EST PAS UNE CHÈVRE
Hier, avant de poser le bivouac près des puits au
ras des falaises naissantes, un thé, donc, au campement d’Adullai. Une heure passée avec sa
femme, sa grand-mère, ses deux filles sur la natte
simple de la tente, juste à côté des enclos des
chèvres et des ânes : la fierté de notre chamelier
à cette visite semble… immense. La journée de
Momo, par contre, n’est pas finie : il veut aussi aller
saluer sa femme et ses enfants. Son campement
est juste à un peu plus de deux heures de marche
de notre feu, loin. Il ne reviendra que très tard dans
la nuit, naviguant aux étoiles vers notre havre
d’acacias. Des mondes qui ne ressemblent en rien
à ceux des jours passés nous attendent encore ?
Aux premières lueurs, nous remontons les vielles
pistes chamelières vers les solitudes du plateau
de Lemmoïzîne. Un dernier coup d’œil à la proue
de Zarga, qui flamboie plein est dans le soleil naissant. Les vingt kilomètres qui nous attendent sont
une promesse de monotonie. Voire. Une pause
sous les grands acacias au bord d’un oued. La
traversée de la vielle piste bornée de lauzes qui
coupe le plateau en biseau de nos propres traces,
vers la lointaine Afoujert. Le goût précieux du lait
de chèvre caillé, offert par de jeunes bergers. Au
fil des heures, le ciel est devenu un immense aplat
gris mat. Les reliefs avalent nos horizons. Nichés
sur un chaos de blocs balayés de vent, nous attendrons les chameliers. Nous sommes à quelques
kilomètres seulement de l’oasis de Mhaïreth.
Personne ne questionne vraiment l’observation
de véhicules qui passent dans le lointain. Il faudra
les rires des vendeuses venues nous rejoindre
pour comprendre que nous avons juste observé
le mouvement de troupeaux de chèvres.
Jour 6
L’OASIS ET LE DIABLE ROUGE
Longtemps masquée dans son canyon, la longue
oasis de Mhaïreth se déploie sous le vent du
matin. Trois jours d’erg et de plateau suffisent à
magnifier un retour au monde : les petits groupes
de maisons et de huttes rondes, le puzzle des pal-
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meraies et de jardins, les bâtiments de l’école et
les mosaïques des cultures filent, magnifiques de
fragilité, sous l’axe des falaises du canyon d’Irat.
Il est midi. Mis à part quelques rares femmes aux
portes de boutiques pleines d’ombre fraîche, les
ruelles de sable et les jardins sont déserts. Une
bande d’ados, jeans délavés, t-shirts branchés et
lunettes aux montures dorées, sort de l’école. À
l’ombre des dattiers, le son du vent dans la palmeraie a le même rythme que le ressac d’une
houle océane. Cagnard ? Le sentier sous la grande
antenne télécom nous emporte aux heures
chaudes vers le plateau : avant le grand oued où
nous allons dormir ce soir, Medhi nous a
convaincus d’un détour. Sous l’auvent d’un groupe
Comme un retour
au monde après trois
jours d’erg, l’oasis
de Mhaïreth, sous
le vent du matin.
Enchâssés dans le canyon
d’IIat, les jardins et la
palmeraie de la grande
oasis de Mhaïreth.
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MÉHARÉE
M AU R ITA NIE
Cadeau immense du Sahara ?
Dix ans d’absence(s) ne changent rien
à la puissance et à la beauté du désert…
AVEC QUI
PARTIR ?
Ce reportage a été réalisé
en partenariat avec
l’agence Point-Voyages,
l’une des agences les plus
impliquées dans la
relance du tourisme dans
l’Adrar mauritanien. Les
deux circuits présentés
dans ce numéro font
partie du catalogue de
l’agence. La programmation de Point-Voyages sur
la Mauritanie comporte
au total neuf circuits, dont
un 15 jours de méharée
(grande traversée de la
vallée Blanche), un circuit
de 8 jours dédié aux
écosystèmes sahariens et
un exceptionnel 22 jours
dédié aux peintures
rupestres. Départs en
continu du 20 octobre au
28 avril.
www.point-voyages.com
de blocs perdu dans l’immensité surchauffée,
dansent de fragiles rupestres. Sur le panneau
principal, non loin d’une série de bovidés, la silhouette d’un petit diablotin plein de cornes ocre
mène sa danse immobile devant une série de
chasseurs, hache levée.
Jour 7
LA SPLENDEUR DE TERGIT
Hier soir, notre dernier bivouac sous les acacias,
juste au bord de l’oued Ichi, débordait de discussions passionnées : deux visiteurs, venus d’un
campement tout proche, ont accompagné nos
échanges sur les complexes questions du « chez
nous » / « chez vous » jusqu’à tard dans la nuit.
Notre dernière journée vers Tergit est brève. À
midi, nous devrions avoir rejoint la fraîcheur de
l’oasis, presque plein nord. La trace frôle la route.
Puis la coupe : c’est sur le bitume que nous arrivons au pied de la grande antenne qui domine
les plateaux depuis la passe de N’Tourvine,
presque à vue de Tergit. À deux pas du ronronnement du groupe électrogène des installations, le
paysage des canyons sombres, des lits de sables
clairs est juste… somptueux. Trois cents mètres
sous nos pieds, une caravane sort des méandres
de la vallée Blanche. Nos chameliers foncent à
leur poursuite sur le ruban surchauffé. Medhi, lui,
a bifurqué : à main droite, un sentier remonte sur
les plateaux. Dernier cadeau du voyage : nous
arrivons sur le canyon de Tergit par le haut. Et « à
l’envers », depuis ses sources. Les derniers paysages brûlés de lumière s’effacent en quelques
minutes, avalés par la canopée des dattiers, la
fraîcheus de la source et des bassins. Sentes de
sable humide et murets des jardins : 150 m sous
l’étau des falaises, l’eau sourd goutte après
goutte des concrétions et des mousses. Dernière
halte de cette longue et belle semaine « au
désert ». À quelques heures de route d’Atar encore,
notre petit groupe est juste… heureux. La fraîcheur immense de Tergit s’invite désormais à nos
mémoires de cette « nouvelle » Mauritanie…
Au beau milieu de « rien », les petites
vendeuses de souvenirs, en grande
discussion avec nos chameliers…
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TOPO °
RANDONNÉE CHAMELIÈRE
VOYAGE DÉCOUVERTE (4X4)
De Chinguetti à Tergit
Panoramas de l’Adrar
Une jonction nord-est / sud-ouest aussi « classique » que magnifique dans
sa diversité : d’ergs en oasis, de dunes en campement, une très belle
introduction à la vie du désert et aux habitants de l’Adrar, au rythme d’une
méharée.
Les plus « essentiels » des grands sites de l’Adrar réunis dans une boucle
majeure en véhicule 4x4 : la liaison recoupe aussi bien les oasis de
Chinguetti, Tergit ou Ouadane que les grands sites de l’erg Amaltlich, la
montagne de Zarga, la passe de Tifoujar…
ÉTAPE 1
ÉTAPE 5
ÉTAPE 1
ÉTAPE 4
Chinguetti-Laguieila
Oasis de Mhaïreth
Erg Amatlich Azoueïga
Chinguetti - Erg
Ourarane - Tanouchert
Visite de la 7e ville sainte de
l’Islam. Puis début de la marche
avec l’équipe chamelière. Dunes
départ vers les dunes, en direction
du secteur de Lagueila
Fin de la traversée et jonction
avec les falaises vers l’oasis de
Mhaïreth. Déjeuner, puis
ascension de la passe qui donne
accès sur l’Oued de Ichi.
ÉTAPE 2
ÉTAPE 6
Lagueila - Zarga
Tergit - Atar
De Lagueila, traversée des
cordons dunaires vers les
contreforts nord de la montagne
de Zarga.
Jonction par les plateaux vers
l’oasis deTergit. Accès par les
sources. Déjeuner dans l’oasis
(baignade possible). Puis transfert
vers Atar (45 km, 0H45).
ÉTAPE 3
Zarga - Lemmoïzine
Traversée de la montagne de
Zarga par un col et descente par la
dune d’El Atigue. Déjeuner sous
les acacias. L’itinéraire traverse
ensuite des dernières dunes de
l’Erg Ouarane, avant le bivouac au
pied du plateau de Lemmoïzîne.
ÉTAPE 4
Lemmoïzine - Canyon
d’Irat
Traversée de l’immense plateau
de Lemmoïzîne, puis descente sur
le canyon d’Irat. Bivouac dans le
canyon.
En bref
Durée : 8 jours (6 jours de
marche).
Niveau : facile (5 à 7h de
marche / jour)
Hébergement : bivouac
À l’arrivée à Atar, la veille,
transfert avec l’équipe mauritanienne en direction de l’erg
Amatlich. Nuit en bivouac au bord
de l’ erg. Au petit matin, remontée
en bordure de l’erg Amatlich, le
long des palmeraies et villages
vers la plus grande dune de
Mauritanie : Azoueïga. Nuit en
bivouac.
ÉTAPE 2
Passe de Tifoujar Tergit
Route jusqu’à la fameuse passe de
Tifoujar. Continuation vers l’oasis
de Tergit. Baignade possible dans
les bassins du canyon de Tergit.
Nuit en campement à Tergit.
ÉTAPE 3
Tergit - Mhaireth Zarga - Chinguetti
Départ à travers les plateaux de
grès pour rejoindre Chinguetti via
l’oasis de Mhaireth et le secteur
de Zarga qui abrite des campements nomades. Nuit en auberge
à Chinguetti.
Visite de la ville Sainte et de l’une
de ses bibliothèques. Route pour
la petite oasis de Tanouchert. Nuit
en campement.
ÉTAPE 5
Tanouchert - Erg
Ouarane - Ouadane
Route vers Ouadane, classée ville
ancienne de Mauritanie. Visite de
la ville. Nuit en auberge.
ÉTAPE 6
Ouadane - Atar
Route pour Atar en passant par le
plateau de Dhar. Temps libre à
Atar. Dîner et nuit en auberge. Le
lendemain, transfert à l’aéroport
d’Atar et vol retour pour la France.
En bref
Durée : 8 jours
Niveau : facile. 4 à 5 h de
véhicule jour, selon les arrêts,
balades, découvertes…
Hébergement : auberges et
campements.
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ILS PARTENT
ILS RENTRENT
Le grand retour du Pakistan
Ils partent
Ils rentrent
Situé dans la vallée de
Hunza, le long de la
Karakoram Highway,
qui relie le Pakistan à
la Chine, le fort de
Baltit était la
résidence du mir de
Hunza. La vallée ne
fut officiellement
rattachée au Pakistan
qu’en 1974.
© grandpa_nekoandcoro - stock.adobe
Destination appréciée des amateurs de hautes montagnes, avec le massif du Karakoram et ses cinq
« huit mille », mais aussi des férus de découvertes culturelles, entre civilisation gandhara et empire
moghol, le Pakistan ne s’est jamais réellement remis de l’après-11 septembre. Emporté dans la tourmente islamiste et les troubles religieux, mis à l’index des autorités occidentales pour son absence de
visibilité sur la sécurité des éventuels voyageurs, le « Pays des purs » est malgré tout resté dans le
cœur des grands voyageurs, lesquels, de loin en loin, on continué à braver les recommandations, et à
parcourir un pays jugé « tranquille et accueillant », malgré les a priori. Pour beaucoup, la classification
en zone rouge par le Quai d’Orsay de l’intégralité du Pakistan dénotait une méconnaissance réelle du
terrain, et un simple principe de précaution. Depuis cet été, la recommandation sur le nord du pays,
notamment, a été allégée, ouvrant la voie aux agences de voyages d’aventure pour programmer à
nouveau la destination. Un nouveau départ ? Explorator a d’ores et déjà six voyages programmés en
2019 (quatre sont complets !), et de nombreuses autres agences travaillent encore leur programmation.
Nomade Aventure, mais aussi Terres d’Aventure, Clio ou Roots travel étaient sur le terrain cet automne.
Citons encore Tamera, qui programmait déjà le Pakistan, ou Pierre Neyret, guide chambérien, qui y va
tous les printemps depuis ses années avec ses groupes.
Anthony Nicolazzi
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À paraître en décembre
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Rédacteur en chef
Anthony Nicolazzi
anthony.n@niveales.com
Direction artistique
Julie Le Louër
julie.l@niveales.com
Michel Barthelemy
michelbarthelemy.graphiste@gmail.com
Grand reporter
Jean-Marc Porte
jeanmarc.p@niveales.com
Reporter-photographe
Volodia Petropavlovsky
volodia.p@niveales.com
Responsable matériel
Guillaume Nahry
guillaume@niveales.com
Ont contribué à ce numéro :
Cyril Le Tourneur d’Ison, Gilles Modica.
SPÉCIAL TERRES
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COLOMBIE
En immersion chez les Kogis
À paraître en janvier
LE GRAND GUIDE DE LA
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Tél. : 33 (0)4 76 70 92 79
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Directeur général : Corinne Rougé (93 70)
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Durée 99 ans. Siège social : 3 rue Valérien Perrin, 38170
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et photos parus dans la présente publication est interdite.
La rédaction n’est pas responsable des documents
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libre publication.
Dépôt légal Novembre 2018.
Impression : Rotolito, imprimé en Italie
Provenance du papier : Italie
P. cent fibres recyclées : 0 % Certification : PEFC
Ptot : 0.006 kg/tonne
Ce numéro comporte un encart publicitaire «First Voyage»
à destination d’une partie des abonnés.
© Evrard Wendenbaum - IM075100013 - Octobre 2018
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Greenland Winter Parka M
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garder au sec et de la laine recyclée pour un maximum
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