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Les Echos - 17 12 2018

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
//
BUSINESS.LESECHOS.FR
EXECUTIVES
LUNDI 17 DÉCEMBRE 2018
ASSURANCES
DE PERSONNES
L’ ÉDITO de Muriel Jasor
Le rôle
pivot de
l’entreprise
www.henner.com
F
et
ace aux urgences sociales
environnementales, des
acteurs économiques
des
réagissent. A leur tête,
mais aussi un
dirigeants classiques,
patrons et
certain nombre de jeunes
ont le souci
d’entrepreneurs sociaux
pour la
positif
impact
de concilier
société et rentabilité économique.
croissance
Et de s’engager dans une
plus juste et plus durable.
au-delà de la
Au-delà de l’affichage,
il s’agit
conformité à une obligation, du
question
pour eux d’aborder la
l’entreprise
plein engagement de
l’impact positif
de son rôle
a fait un gros travail sur
dans la société. Celle
succèdent
politique
d’intégrer la
que et un projet social,
des entreprises et la façon
pivot au plan économique,
stratéd’impact
leur
où
à
ambitions
l’heure
à
des
financière
Cité,
aujourd’hui
performance non
et social dans la
le transformer.
Durand, profesde l’aile, mais
positif sur le monde pour
gie, explique Rodolphe
l’Etat-providence bat
d’entreà minimiser les
où elle devient la cible
« La RSE 1.0 consistait
l’heure
en stratégie et politique
à
seur
aussi
par
formalisée
ts et
du S&O et
effets négatifs, avec l’idée,
prise, directeur académique
de nombre de mécontentemen
la “license
une
chaire. La logique
les Anglo-Saxons, de préserver
premier titulaire de la
de frustrations, et suscite
son actiStéphane
penchions aussi
to operate” – “le droit d’exercer
voulait que nous nous
méfiance grandissante.
sous-tendait pas
et les diria été l’un
vité”. La démarche ne
sur la façon dont les salariés
Richard, PDG d’Orange,
réalités,
ses activités »,
patrons à répondre à
que l’entreprise change
considèrent ces nouvelles
premiers
geants
des
la directricepour faire
bâtissent, dans
explique Elisabeth Laville,
et comment ces derniers
l’appel du gouvernement
responsable
Utopies.
et un geste
fondatrice du cabinet
un tel cadre, un management
un effort de solidarité
est-elle
des « gilets
et porteur de sens. ». L’entrepriseFace aux
salarial, suite au conflit
lui
de sens ?
Changer son offre
le terrain d’une quête
jaunes » ; d’autres depuis
et de politiques
et aux inégalités
le pas. Quant à Serge
climatiques
A renfort de normes ISO
enjeux
emboitent
les entrepriexige, en
Sanofi, et
de développement durable,
sociales, la jeune génération
Weinberg, président de
les risques, et
du conseil
ses cherchaient à réduire
tout cas, des réponses.
Denis Duverne, président
silo. « On parlait
ils
27.500 étudiants
la RSE restait dans son
Pour preuve : plus de
d’administration d’AXA,
stratégie RSE et
d’établissements
% des
peu de business dans la
– issus pour la plupart
appellent à reverser 10
ou
l’experte. Mais,
d’une
inversement », rappelle
comme HEC Paris, Polytechnique
revenus annuels en faveur
Executives
l’impact de l’actile « Manifeste
. Au moment
La rédaction des Echos
désormais, minimiser
l’ENS Ulm – ont signé
action philanthropique
ou la
écologique » et
s’est jamais
vité ne suffit plus. A l’entreprisepositive,
étudiant pour un réveil
où la quête de sens ne
au
il
des strucévelopper la philanthropie
marque qui vise une démarche contris’engagent à ne pas rejoindre
et
faite aussi forte qu’aujourd’hui,aux
une
la dernière des
service de la transformation
de passer
Utopies propose d’inscrire
tures dont l’écologie est
revient à l’entreprise
est l’objecspécifique dans sa
du progrès social, tel
un symbole des
son activité et
à
Tout
.
sociétale
l’intégrer
de
bution
et
préoccupations
actes
hauts diride la déployer
prêts à
commun.
tif de l’initiative de deux
raison d’être et surtout
aspirations des Millennials
ainsi contribuer au bien
le délicat
message est de
de
geants d’entreprise, dans
les sociétés à agir
dans son offre. « Si votre
ce que fait Citiz, le pionnier
contraindre
C’est
gilets
de
«
des
respectueuse
contexte du mouvement
“rendre l’agriculture plus
pour mériter leur attractivité.
l’auto-partage en France.
par le don »,
doivent être
Le groupe
jaunes ». Avec « Changer
la planète”, vos produits
Les exemples se développent.
Présent au Forum Accelerate
du conseil
élecdu cabiassistance
fondatrice
à
la
la
sur
vélos
invite
Denis Duverne, président
des
Good
for
alignés,
SGS fournit
Business
et Serge Weinla gamme ne l’est
casques et gilets
du
d’administration d’AXA,
net. Et si l’ensemble de
trique, avec porte-bébé,
transformation positive
de Sanofi, veulent
le
» Comme Marks
ses collaboraberg, son homologue
pas, fixez une échéance.
fluorescents, pour inciter
11 décembre 2018, à Strasbourg,faisait
léguer au moins
dix ans pour
il
doux. Et compte en
inciter les plus aisés à
& Spencer qui s’est donné
teurs aux transports
groupe a expliqué comment
annuels ou de leur
portant une
en
espaces de
10 % de leurs revenus
atteindre 100 % de produits
parallèle aménager des
rimer RSE avec environnement de
un autre regisdurable.
Ou
domiciles.
partage
développement
des
de
le
sur
patrimoine. Quand, dans
service
proches
garantie
co-working
proposant un
Stéphane
certainede restauraqui
tre, le patron d’Orange,
Des opportunités de marché,
encore, la société française
voitures en libre-service
dirigeants de
aussi maintenant
ses salariés
des
Richard, à l’image d’autres
ment. Mais, on parle
tion Big Mamma a aidé
transforme la mobilité
comme
nt de contribution
La
grandes entreprises françaises encore
plus pragmatiqueme
sans-papiers à en obtenir.
personnes (lire page 36).
Solvay ou
qui ne
au territoire.
ainsi dans un
Altice, Iliad, Publicis,
positive de l’entreprise
A l’inverse, que les entreprises profescoopérative s’engage
répondrait à
qu’elles
Total, a annoncé qu’il
vont pas au bout de ce
profond processus de
en accorde
positif prenl’appel d’Emmanuel Macron à
Répondre aux jeunes générations
sent en matière d’impact
transformation qui l’enjoint
dit
d’année
dant une prime de fin
ou conséquence, le business
vision du pourquoi
: elles pourraient se heurter
une
Cause
garde
nent
partager
l a
t rs
b
i
Dossier Business
positif : place
aux actes ! // P. 35 À 37
Santé Prévoyance Retraite Services médicaux
Business
positif : place
auxactes !
D
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 17 DÉCEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
« Il faut
que le travail
paie »
L’ESSENTIEL
EUROPE : QUELQUES SUCCÈS
EN DÉPIT DES DIVISIONS
Lors du dernier sommet de
l’année, les dirigeants européens
ont avalisé des progrès, dont
la perspective d’un budget de la
zone euro en 2021. // P. 10
SCIENCES : LA DIVERSITÉ
HUMAINE S’EFFONDRE
Les peuples autochtones ne représentent que 5 % de la population
mondiale. Ils sont pourtant les
gardiens de la plus grande part de
la biodiversité naturelle. // P. 14
l SMIC, heures sup, CSG : Edouard
Philippe détaille les mesures.
l La prime de 100 euros pour
les salariés au SMIC concernera
5 millions de foyers.
l Le déficit public à 3,2 % du PIB
en 2019.
ENTREPRISES
& MARCHÉS
MERCK ACHÈTE LE BRETON
ANTELLIQ POUR 3 MILLIARDS
PAGES 2 À 6
Le laboratoire américain Merck
s’offre pour 3,25 milliards d’euros
Antelliq, une entreprise bretonne
spécialisée dans l’identification
numérique des animaux d’élevage et de compagnie. // P. 17
Olivier Bertrand a surpris vendredi en annonçant l’acquisition
de 5 % du capital d’Elior, le groupe
de restauration collective.
// P.20 ET « CRIBLE » P. 38
L’ÉCONOMIE CHINOISE PÈSE
SUR LES MARCHÉS BOURSIERS
Alors que les Bourses européennes se dirigeraient vers un rally
en fin d’année, le pessimisme
sur la Chine est venu casser cette
bonne dynamique. Les incertitudes en Europe ont aussi pesé.
// P. 28
Christophe Ena/AP/Sipa
CARNET // P. 34
Renault-Nissan : enquête sur
une alliance sous haute tension
AUTO Si les rapports
sont très tendus au sein
de l’Alliance, un divorce
semble peu probable.
Le scandale déclenché par l’arrestation de
Carlos Ghosn au Japon va-t-il avoir raison
de l’Alliance Renault-Nissan ? La question
revient de façon systématique mais est bien
trop prématurée sans doute. A ce stade, un
divorce brutal entre les deux groupes semble peu probable. Même si la confiance est
brisée et même si les frustrations s’expri-
ment au grand jour côté japonais. Les
cadres de Nissan ont l’impression que
l’alliance a perdu l’équité promise lorsqu’elle a été créée. Les équipes du Losange
au siège de Yokohama ne se sentent plus
très impliquées. Les relations sont difficiles,
pour ne pas dire exécrables. Les ressentiments accumulés remontent. Pourtant
un divorce serait suicidaire pour les deux
constructeurs, de l’avis d’experts du secteur.
Et le couple a encore beaucoup de « reste
à gagner ». Enquête sur les conséquences
industrielles d’une affaire explosive.
// PAGE 15
L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX P. 11
SUR
Le Cipriani de Venise. Photo Pierre Teyssot / AFP
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
LVMH muscle son pôle
d’hôtellerie de luxe
Le groupe lance une OPA de
2,3 milliards d’euros sur Belmond.
TOURISME Propriétaire des hôtels Cheval Blanc et de Bulgari, le
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22846
110e ANNÉE
38PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Point de vue par
Les deux groupes collaborent étroitement sur les véhicules 100 % électriques.
Réchauffement
climatique :
constat d’échec
à la COP24
Télécoms La maison
connectée entre
dans les box // P. 23 ET
groupe espère, grâce à cette acquisition, changer de taille dans
l’hôtellerie de luxe. Le secteur est en plein essor avec l’arrivée des
clients asiatiques et devrait, selon WTTC, enregistrer une croissance de plus de 7 % par an d’ici à 2022. Belmond est propriétaire d’une quarantaine d’établissements, dont les légendaires
Cipriani de Venise et Copacabana Palace de Rio. Il exploite des
trains mythiques, comme le Venice Simplon-Orient-Express.
// PAGE 21 ET « CRIBLE » PAGE 38
Le mécénat n’est pas
une niche fiscale
Chris Ratcliffe/Bloomberg
LE GROUPE BERTRAND MET
ELIOR À SON MENU
ENVIRONNEMENT Au terme de
négociations difficiles et avec
24 heures de prolongation, la
communauté internationale a
décliné samedi les moyens de la
mise en œuvre de l’Accord de
Paris sans relever le niveau
d’ambition de la lutte contre le
réchauffement climatique. Les
promesses faites en 2015 amènent la planète vers un réchauffement compris entre 2,7 et 3,5
degrés, loin des 2 degrés, au
grand maximum, fixés par
l’Accord et au +1,5 degré recommandé par les experts du GIEC
en octobre dernier. L’ambition
affichée en 2015 à la COP21, et qui
devait monter de plusieurs crans
à Katowice, ne s’est pas concrétisée. Les négociateurs ont calé
sur la réforme des mécanismes
de marché liés aux échanges de
crédits carbone, sous l’influence
négative du Brésil. Quant à la
réduction des gaz à effet de serre,
le texte final de la COP24 se
limite à « répéter la demande de
mise à jour » des engagements
d’ici à 2020, déjà formulée dans
l’Accord de Paris. // PAGE 7
ET L’ÉDITORIAL DE JEANFRANCIS PÉCRESSE PAGE 11
Stéphane Couchoux
Le débat rallumé par un récent rapport de la Cour des comptes ne doit
pas conduire les pouvoirs publics
à raboter l’incitation fiscale au mécénat d’entreprise. Loin d’être une niche fiscale déguisée, celui-ci a besoin
de stabilité juridique. // PAGE 13
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Bruno Levy pour « Les Echos »
STRATÉGIE
son silo,
Longtemps cantonnée à
sociétale
la responsabilité sociale,
son
et environnementale fait
d’un
entrée dans la stratégie
nombre croissant d’entreprises.
Objectif : agir sur le monde
pour le transformer. Et saisir
marché.
de
des opportunités
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
FRANCE
« Gilets jaunes » :
par ici la sortie
Les manifestations en reflux, l’exécutif tente de
dessiner une voie de sortie, politique et démocratique,
pour les « gilets jaunes ». Un défi face à un mouvement
qui n’aime rien tant que ne pas jouer le jeu.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
es « gilets jaunes » ont
raté leur « acte V »,
Macron engage son
« acte II ». Dans l’urgence, il
tente de donner corps aux
mesures annoncées la
semaine dernière. Edouard
Philippe est à la manœuvre :
financer, respecter le
calendrier promis par le chef
de l’Etat, éviter les
« carabistouilles », comme dit
Richard Ferrand dans le
« JDD ». Le retour d’un
minimum de confiance est à
ce prix. Car désormais il s’agit
de trouver une voie de sortie
constructive à la colère qui
s’exprime depuis un mois.
Passer du « combat au débat »,
dit le président de l’Assemblée
sur France 3. Montrer que ce
n’est pas la violence qui paie,
mais le dialogue. Avec cette
difficulté que ne renierait pas
M. de La Palice : pour
dialoguer, il faut être deux.
Or, dans le dernier mois, les
« gilets jaunes » ont pris un
malin plaisir à contourner
toutes les voies dessinées par
l’exécutif. Le Champ-de-Mars
est proposé pour manifester,
ce sont les Champs-Elysées
qui sont choisis. Le
mouvement est invité à
s’organiser et à désigner des
porte-parole, c’est dans
l’inorganisation qu’il se
complaît. Peut-il dès lors
répondre présent à la
consultation de terrain que
veut lancer Emmanuel
Macron ? Rien ne le garantit,
même si le besoin de
s’exprimer, lui, ne fait pas de
doute. Il suffit de voir le succès
rencontré par les maires
ruraux, qui ont mis en place
des cahiers de doléances. S’y
sont précipités des habitants
qui ne participaient plus à la
vie collective et politique
depuis longtemps, ont relevé
les organisateurs. Parler oui,
parler dans un cadre fixé par
le gouvernement, c’est peutêtre plus compliqué.
Pour être attractif, l’exécutif
met donc beaucoup de choses
sur la table. Pourra y participer
qui veut et sur des sujets très
larges. Y compris sur ceux de
démocratie et sur ce
référendum d’initiative
citoyenne (RIC) qui fait florès
sur les ronds-points. Avec le
risque, non pas cette fois d’être
déserté, mais au contraire
d’être débordé. Comment
canaliser une parole qui
repousse toute forme de
canal ? En mettant d’autres
sujets sur la table,
proportionnelle, vote blanc
(Macron), en incitant les
« gilets jaunes » à se concentrer
sur les élections européennes
(Ferrand), en disant « oui » au
référendum mais sous
conditions (Philippe, Bayrou)…
Bref, en tâtonnant.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Bayrou et Ferrand mettent des limites
au référendum d’initiative citoyenne
POLITIQUE François Bayrou, patron du Modem, et Richard
Ferrand, président de l’Assemblée nationale, se sont déclarés
dimanche en faveur du référendum d’initiative citoyenne (RIC),
une des demandes des « gilets jaunes ». Le premier a jugé « tout à
fait imaginable » d’abaisser le seuil de 10 % des électeurs inscrits
(soit 4,5 millions d’électeurs) à 1 million de signatures, mais avec
toujours le soutien de « parlementaires ». Richard Ferrand est,
lui, favorable au RIC, « à condition que l’on fixe » certaines règles
comme par exemple le « taux de participation » pour s’assurer
« que l’expression populaire ne soit pas trahie par des minorités ».
Marine Le Pen, grande gagnante
des « gilets jaunes »
POLITIQUE Si l’élection présidentielle de 2017 se déroulait
aujourd’hui, Marine le Pen arriverait en tête au premier tour. C’est
ce que montre un sondage réalisé par l’Ifop pour le « Journal du
dimanche ». Elle réaliserait un score de 27 %, devant Emmanuel
Macron, crédité de 25 % des intentions de vote si tous les candidats
étaient les mêmes qu’il y a dix-huit mois. Si Laurent Wauquiez, le
président de LR, se présentait à la place de François Fillon, la
patronne du Rassemblement national (RN, ex-FN), ferait jeu égal
avec Emmanuel Macron au premier tour, avec 27,5 % des voix.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
LA CRISE DES « GILETS JAUNES »
3
Macron peut souffler, mais
il n’est pas tiré d’affaire
l La mobilisation des « gilets jaunes » s’est inscrite en nette baisse samedi.
l Toutefois l’exécutif doit réussir sa sortie de crise s’il veut préserver
la suite du quinquennat.
entrer en vigueur, comme prévu,
dès l’année prochaine. Ce lundi,
Emmanuel Macron recevra les
assurances et mutuelles pour « leur
demander des efforts » (lire page 6).
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
L’exécutif peut souffler. Pour son
acte V samedi dernier, la mobilisation des « gilets jaunes » a nettement
reflué, à Paris comme en province.
Après quatre samedis sous haute
tension, l’heure est à la désescalade.
Le ministère de l’Intérieur a compté
66.000 manifestants samedi dernier dans toute la France, soit moitié
moins que la semaine d’avant. Les
statistiques officielles font aussi ressortir une chute des interpellations,
du nombre de blessés ou encore des
dégradations de biens.
Vendredi, depuis le sommet
européen à Bruxelles, Emmanuel
Macron avait lancé un nouvel appel
au calme, après en avoir appelé à la
responsabilité des uns et des autres
la semaine dernière. Le message
avait été relayé par toute la majorité.
La France a « besoin de calme,
d’ordre et de retrouver un fonctionnement normal », avait-il déclaré
avant de se rendre à Strasbourg, sur
les lieux de l’attentat qui a frappé le
marché de Noël mardi dernier.
Exécutif mis à rude épreuve
Les « gilets jaunes », agrégation
hétéroclite de contestations diverses, ont réussi ce que ni les oppositions ni les syndicats n’avaient su
faire sur la réforme du droit du travail ou celle de la SNCF : faire reculer le gouvernement. Sous pression
constante, entre l’indignation légitime, la violence constatée à chaque
manifestation et les oppositions
remontées à bloc, le duo de l’exécu-
« Pas de carabistouilles »
Vendredi, depuis Bruxelles, le chef de l’Etat avait lancé un nouvel
appel au calme. Photo Alastair Grant/Pool/AFP
tif a été obligé d’agir dans l’urgence.
Il a été mis à rude épreuve pour
éteindre cet incendie social de nouvelle génération, déboussolant des
ministres n’apprenant les arbitrages qu’au dernier moment et rabaissant les députés de la majorité au
rang de spectateurs. La Macronie a
été tiraillée de toutes parts.
Mais s’il peut aujourd’hui souffler, Emmanuel Macron est loin
d’en avoir fini avec les « gilets jaunes », contestation inédite qui a fait
vaciller son pouvoir pour la première fois depuis son élection. « Ce
n’est pas la fin de la crise qui dure
depuis des années, mais c’est la fin
d’une séquence », a estimé dimanche dans les colonnes du « Pari-
sien » Marc Fesneau, le ministre
des Relations avec le Parlement.
Malgré les mesures annoncées, la
cote de popularité d’Emmanuel
Macron continue de baisser.
L’exécutif doit réussir sa sortie de
crise et réussir à embrayer sur la
suite. Tout va d’abord se jouer dans
la mise en œuvre des mesures
annoncées lundi dernier par le chef
de l’Etat à la télévision. Elle commencera mercredi par un projet de
loi ad hoc, qui sera présenté en Conseil des ministres. Le texte doit aller
vite puisqu’il doit être débattu jeudi
à l’Assemblée nationale et vendredi
au Sénat. Le gouvernement espère
son adoption avant la trêve de Noël
pour que les mesures puissent
L’exécutif doit encore convaincre.
Notamment que les mesures
entrent en œuvre rapidement et
qu’elles soient conformes aux
annonces présidentielles de la
semaine dernière. « Il n’y aura pas de
carabistouilles », a promis Richard
Ferrand, le président de l’Assemblée
nationale, dans une interview au
« JDD ». A voir. Car la plus emblématique d’entre elles, l’augmentation
de revenu de 100 euros promis à tous
les salariés au SMIC, ne les concernera pas tous. Emmanuel Macron a
certes mis 10 milliards sur la table
pour sortir de la crise, mais il devra
aussi veiller à ce que les Français
concernés en perçoivent la réalité.
Au-delà, il doit encore convaincre que sa politique n’est pas déséquilibrée, avec pour seule destination les riches, comme le pensent
les « gilets jaunes » et une majorité
de Français. Pas de changement de
cap, assurent l’Elysée et Matignon,
mais un changement de méthode et
l’obligation d’avoir des résultats
plus rapidement. Car de grandes
réformes structurelles l’attendent
encore, à commencer par celle des
retraites. Elles ne pourront être
menées à bien que si le climat est
apaisé. On en est encore loin et ce
sera tout l’enjeu du « grand débat »,
qui aura lieu dans toute la France
jusqu’au mois de mars. n
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE 1 - « LES ECHOS » - CNEWS
Blanquer rejette l’aspect obligatoire du service
national universel à « court terme »
Le ministre de l’Education
nationale envisage « des
amendes » pour certaines
familles qui ne respecteraient pas leurs « obligations éducatives ».
du lycée – cibles des syndicats
lycéens. Les cartes de spécialités,
destinées aux élèves de seconde qui
doivent faire leurs choix d’ici à juin,
seront connues mardi, a annoncé
Jean-Michel Blanquer, qui réunira
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
« Une étape est derrière nous », a
affirmé Jean-Michel Blanquer,
dimanche, après la moindre mobilisation du mouvement des « gilets
jaunes », la veille. Le ministre de
l’Education était l’invité du « Grand
rendez-vous » Europe 1 - « Les
Echos » - CNews. Tout en condamnant ce qu’il a eu d’« inacceptable », il
a dit vouloir « entamer une deuxième
étape », avec le grand débat national
à venir. Interrogé sur le coût des
mesures annoncées par Emmanuel
Macron, de l’ordre de 10 milliards
d’euros, et le non-respect de l’objectif de 3 % du déficit budgétaire, il a
assuré qu’il ne fallait avoir « aucun
fétichisme d’aucun chiffre », tout en
réaffirmant que la France devait
« en finir avec la culture du déficit ».
Le ministère de l’Education
pourrait-il être mis à contribution
pour payer une partie de la facture ?
« L’Education nationale, c’est le premier chantier. Il a été défini comme
tel par le président de la République », a insisté Jean-Michel Blanquer en montrant toute sa réticence
à ce que cela soit le cas, lui qui a dû
essuyer des suppressions de postes
dès 2019. Alors que des voix s’élèvent pour réclamer un geste pour
les fonctionnaires, Jean-Michel
Blanquer a défendu sa « politique
Avec 60 lycées
perturbés vendredi,
contre 450 mardi
dernier, le ministre de
l’Education a relevé
« un affaiblissement »
du mouvement lycéen.
Jean-Michel Blanquer.
Photo Marie Etchegoyen/Capa Pictures
pour Europe 1
du pouvoir d’achat pour les personnels de l’Education nationale ». Elle
se traduira par « la défiscalisation
des heures supplémentaires [qui] va
évidemment représenter un gain de
pouvoir d’achat pour les professeurs », a-t-il souligné.
« Approbation massive »
Avec 60 lycées perturbés vendredi
après-midi, contre 450 mardi, le
ministre de l’Education a relevé « un
affaiblissement » du mouvement
lycéen, « qui n’a jamais été majoritaire ». « C’est l’ambiance “gilets jaunes” qui a créé cette mobilisation »,
a-t-il dit, en assurant que « toutes les
enquêtes » montraient « une approbation massi ve de la part d es
lycéens » sur les réformes du bac et
aussi dès ce lundi le Conseil national
de la vie lycéenne (CNVL). La situation future sera « meilleure » que
celle, actuelle, des filières, a-t-il promis. Y compris, selon lui, pour les
élèves qui voudront faire une spécialité qui ne sera pas dans leur
lycée et devront changer d’établissement. Car les nouvelles spécialités
offertes dans certains lycées et pas
dans d’autres n’existaient pas auparavant, donc « elles sont de toute
façon un plus, et pas une perte ».
Sur le service national universel –
autre cible des syndicats lycéens –,
Jean-Michel Blanquer a insisté sur
le fait que le caractère obligatoire
n’était « certainement pas un sujet de
court terme ». Ce que nous allons
faire en 2019, c’est « une expérience à
petite échelle, dans une dizaine de
départements », a-t-il indiqué, en
citant la Creuse.
Concernant le plan violences,
dont la présentation a été différée, le
ministre de l’Education envisage
que « les obligations éducatives » des
familles puissent conduire, dans
certains cas, à « une amende », par
exemple si un adolescent cause des
dégradations coûteuses dans son
établissement. Le ministre a promis de nouvelles mesures, qui
pourront figurer dans le projet de
loi qui sera débattu à l’Assemblée
« début février ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Alain DEHAZE
CEO
Eric DADIAN
Président
Frédéric MAZZELLA
Président Fondateur
Charles-Armand de BELENET
Directeur Général
Fabien PIERLOT
Fondateur Dirigeant
Nathalie JAOUI
Présidente
Antoine FREY
Président-Directeur Général
Côme de CHERISEY
Président
Jean-Louis BANCEL
Président
Nicolas ROUSSELET
Président-Directeur Général
Ting SUN
Directrice Générale
Serge BAYARD
Président
Hervé HATT
Président
Franck GHRENASSIA
Président du Directoire
Frédéric PROVILLE
Directeur Général
Patrice LAFARGUE
Président
Antoine JOUTEAU
Directeur Général
Boris HEBERT
Président
Jean-Christophe BUGEON
Président-Directeur Général
Carl de FREITAS
Directeur Général
André RENAUDIN
Directeur Général
Philippe BONNAVE
Président-Directeur Général
Antoine DERVILLE
Président-Directeur Général
Jean-Laurent GRANIER
PDG Generali France
Pierre DONNERSBERG
Président du Directoire
Jules Henri GAVETTI
Président
Hervé FORT
Directeur Général
Fabienne DULAC
Directrice Générale France
Anna NOTARIANNI
Présidente France
Thibaud SIMPHAL
Directeur Général
Anne-Sophie FRENOVE
Directrice Business Development
Eric NIEDZIELA
Country Head France
Fabrice ALLOUCHE
Président
Stéphane CHARRE
Directeur Général
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Directeur
Frédéric DUMORT
Président France
Vincent ROUAIX
Président-Directeur Général
Alexandre SAUBOT
Directeur Général Délégué
Sébastien MISSOFFE
Directeur Général France
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Thierry BLANDINIERES
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Président du Directoire
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Cofondateur et Producteur
Francois BEHAREL
Président
Daniel DORCHIES
Président-Directeur Général
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Président
Daniel KURKDJIAN
Président
Charles ROBINET-DUFFO
Président Directeur Général
Guillaume COL
Président
Alain ROUMILHAC
Président
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Directeur général
Christophe BURCKART
Directeur Général France
Guy DUFRAISSE
Country President Community Leader
Frédérique LAFOSSE
Directeur d’activité
Jacques ASCHENBROICH
Président-Directeur Général
A I D E À L’ I M P L A N T AT I O N D ’ E N T R E P R I S E S
Marie-Christine COISNE-ROQUETTE
Président
Nicolas WOLFF
Directeur Général France
John PERSENDA
Président-Directeur Général
Xavier HUILLARD
Président-Directeur Général
Jean-Philippe PUIG
Directeur Général
Martin PIECHOWSKI
Président du Directoire
Cyrille de la MORINERIE
Journaliste
Patrick DUMOULIN
Directeur Général
Jean BEUNARDEAU
Directeur Général France
Emmanuel FOIRY
Président
Franck PAPAZIAN
Président
Frédéric MION
Directeur
Laurence NEGRONI
Vice-Présidente
Christoph BÜREN
Président
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
LA CRISE DES « GILETS JAUNES »
INTERVIEW // ÉDOUARD PHILIPPE Premier ministre
« Nous accélérons
les mesures pour
le pouvoir d’achat »
l SMIC, heures supplémentaires, CSG… le détail
des mesures en réponse à la crise des « gilets jaunes ».
l Le déficit public devrait atteindre 3,2 % en 2019.
Propos recueillis par
Nicolas Barré,
Ingrid Feuerstein,
Renaud Honoré,
Grégoire Poussielgue,
Dominique Seux
Est-il encore possible de réformer après la crise sociale que
nous venons de traverser ?
C’est indispensable. Notre objectif
est de continuer à transformer, à
moderniser le pays, à répondre à
des questions qui sont posées
depuis trop longtemps. Cette
période montre même la nécessité
de ne pas rester immobile.
Ceux qui disent que
le quinquennat est terminé
se trompent ?
Peut-être le souhaitent-ils et sans
doute auraient-ils souhaité qu’il ne
commence jamais. Mon objectif est
qu’il continue, que nous allions vite
et loin. Je crois que la mobilisation
des « gilets jaunes » ne traduit pas
une aspiration pour le statu quo, au
contraire. La mobilisation de
samedi dernier a été plus faible et
plus calme. J’y vois l’effet des propositions formulées par le président
de la République, à la fois sur les
mesures et la volonté de lancer un
grand débat national. On a aussi
constaté que la motivation d’une
partie de ceux qui avaient enfilé un
gilet jaune allait encore au-delà de
l’expression de revendications
sociales. Beaucoup de Français et de
« gilets jaunes » ont été choqués par
certains modes d’action, la violence,
la radicalité. Je constate enfin que
quand le président de la République
et moi-même avons réuni les forces
politiques, syndicales et les associations d’élus pour appeler au calme,
le message a été relayé. Il faut saluer
ce sens des responsabilités de tous.
J’ai constaté que certains responsables politiques, après avoir soutenu
les « gilets jaunes », et parfois en
avoir porté, l’avaient finalement
oublié et appelé au calme en constatant les débordements. Chacun a
pris ses responsabilités, tant mieux.
Dans quelle mesure avez-vous
été pris de court par cette crise ?
Dès l’élection du président de la
République, voire même avant,
nous savions que la colère était là.
La majorité actuelle est dépositaire
de cette envie de changement pour
que chacun puisse choisir sa vie et
vivre de son travail. Je me souviens
avoir prononcé en juillet dernier un
discours exclusivement axé sur la
colère. Certains en ont été surpris
alors que nous étions en pleine
euphorie de la Coupe du Monde.
« La majorité actuelle
est dépositaire
de cette envie de
changement pour que
chacun puisse choisir
sa vie et vivre de son
travail. »
Cela dit, il était difficile de prévoir
que la colère des « gilets jaunes »
s’exprimerait de cette façon et à ce
moment précis. Nous avons reçu le
message des Français : ils veulent
que nous allions plus vite sur le pouvoir d’achat tout en les associant
davantage à la décision.
Vous récusez l’expression
de « tournant social » ?
Il n’y a pas de tournant. Il y a un
changement de méthode. L’objectif
reste de créer plus de richesse, de
réduire le coût du travail, d’être plus
compétitifs, de tenir nos comptes
publics. Nous allons accélérer les
mesures qui permettent de distribuer du pouvoir d’achat tout en
conservant celles qui améliorent la
compétitivité des entreprises. C’est
la raison pour laquelle nous ne
revenons pas sur la bascule du CICE
en baisse de charges en dépit de son
coût exceptionnel en 2019. Baisser
le coût du travail tout en augmentant le pouvoir d’achat est indispensable pour notre pays.
Pourtant, vous reportez des
baisses d’impôts promises aux
entreprises pour financer
celles des ménages…
Nous voulons faire en sorte que le
travail paie et nous baissons les
impôts pour tout le monde, pour les
ménages, comme pour les entreprises et les investisseurs. Pour les salariés, la prime exceptionnelle va bien
plus loin que ce qui a été fait par le
passé. Elle sera totalement défiscalisée (impôts, charges sociales,
CSG-CRDS), jusqu’à un montant de
1.000 euros, pour les salariés qui
gagnent moins de trois fois le SMIC.
Cette prime pourra être versée
librement par l’entreprise, dans des
conditions simples et lisibles. J’ai
déjà vu beaucoup d’entreprises dire
se saisir de cette opportunité, et pas
uniquement des grands groupes
comme Total ou Orange.
Combien rapporteront pour
les salariés les mesures sur les
heures supplémentaires ?
Nous avons fait le choix d’une défiscalisation, en plus d’une suppression
de cotisations, pour que l’impact sur
le pouvoir d’achat des salariés soit
maximal. Le gain s’élèvera à
400 euros par an en moyenne.
et atteindre ainsi la hausse de
100 euros. Elle permet de tenir
compte des éléments de justice
sociale, et notamment de l’ensemble des revenus du foyer. Nous avons
préféré cette solution à une baisse
des cotisations salariales, qui était
plus injuste et qui, à ce titre, a déjà
été censurée par le Conseil constitutionnel. C’est la proposition du gouvernement, mais nous en débattrons naturellement au Parlement.
A terme, il faut aussi travailler pour
rendre cette prime d’activité plus
lisible et plus automatique.
salariés célibataires sans enfant
auront 100 euros de plus jusqu’à
1.560 euros net de revenus. Avec un
enfant, une mère célibataire, et elles
sont nombreuses sur les rondspoints, pourra percevoir la prime
jusqu’à 2.000 euros de salaire. Un
couple de deux enfants, dont l’un
gagne le SMIC et l’autre 1.750 euros,
verra ses revenus augmenter de
200 euros. Par ailleurs, utiliser la
prime d’activité permet aussi
d’inclure les indépendants et les
fonctionnaires dont les rémunérations sont proches du SMIC.
Qu’en est-il de la hausse
du SMIC de 100 euros ?
L’engagement du président passera
par une hausse massive de la prime
d’activité. Cela permet d’aller vite :
dès le 5 février, la prime sera versée
pour compléter le salaire de janvier
Quelles seront les conséquences
pour les salariés concernés ?
Nous allons élargir le nombre de
foyers éligibles, qui passera de
3,8 millions à 5 millions. Car cette
réforme va bien au-delà des personnes qui sont juste au SMIC : tous les
Tous les salariés au SMIC ne
seront donc pas concernés ?
Cela peut paraître étonnant, mais
1,2 million de salariés payés autour du
SMIC se trouvent dans les 30 % des
foyers français les plus aisés. Notre
objectif est d’accroître le pouvoir
d’achat des foyers de la classe
moyenne, c’est ce qu’ont demandé les
« gilets jaunes » et dans ce contexte
prendre en compte l’ensemble des
revenus ne me paraît pas scandaleux.
C’est même un sujet de justice sociale.
La prime de 100 euros pour un smicard sur deux
Seulement 55 % des salariés
payés au SMIC bénéficieront de la hausse
de 100 euros promise
par Emmanuel Macron.
C’est l’heure du service après vente.
Une semaine après l’allocution
d’Emmanuel Macron, le Premier
ministre, Edouard Philippe, dévoile
dans « Les Echos » les modalités
pratiques des mesures promises en
réponse à la crise des « gilets jaunes ». La principale surprise vient
des modalités de la hausse de
100 euros de revenus au niveau du
SMIC. Depuis une semaine, le gouvernement se torturait les méninges pour voir comment appliquer
cette annonce phare. Finalement,
cette mesure ne concernera, selon
nos informations, que 55 % des
bénéficiaires du salaire minimum.
Pourquoi seulement la moitié ?
Le gouvernement avait renoncé
d’emblée à relever le salaire minimum pour préserver le coût du travail. Il a longtemps envisagé de
réduire les cotisations salariales sur
les retraites, mais une telle disposition risquait la censure du Conseil
constitutionnel. D’où le choix de la
prime d’activité qui a le mérite de la
rapidité : la hausse de revenu sera
effective dès le début du mois de
février. «C’est une mesure plus coûteuse que de jouer sur les cotisations
salariales, mais elle nous a semblé
plus juste socialement », justifie-t-on
à Matignon.
La prime d’activité revue
Cette décision laissera de côté les
salariés au SMIC dont le conjoint est
beaucoup mieux rémunéré. En
revanche, elle favorisera les
employés dont les revenus sont
légèrement supérieurs au salaire
minimum. Le « point de sortie » de
la prime d’activité, autrement dit le
niveau de revenu jusqu’auquel un
travailleur peut la percevoir, sera
relevé de 1,2 SMIC (1.379 euros net) à
1,5 SMIC (1.723 euros net).
L’autre traduction de ce virage
concerne les heures supplémentaires. Celles-ci seront exonérées de
cotisations salariales dès janvier
prochain - et non octobre 2019
comme prévu - et bénéficieront en
plus d’une « défiscalisation » -une
exonération d’impôt sur le revenu.
A l’époque où Nicolas Sarkozy avait
mis en œuvre cette mesure, les économistes avaient pointé des effets
d’aubaine. Raison pour laquelle est
prévu un dispositif anti-abus, avec
un plafond de 5.000 euros de reve-
nus par an éligible à cette défiscalisation.
Enfin, le gouvernement concède
un geste en faveur des retraités.
Pour le retraité seul dont le revenu
fiscal de référence ne dépasse pas
22.580 euros (34.600 pour un couple), la hausse de CSG intervenue en
La diminution prévue
du taux d’IS de 33 %
à 31 % concernera
seulement les
entreprises ayant
un chiffre d’affaires
de moins de
250 millions d’euros.
janvier 2018 sera annulée. Matignon assure que la moitié des
retraités ayant subi cette augmentation seront finalement épargnés.
Toutes ces mesures laissent le
gouvernement avec une ardoise
importante de plus de 10 milliards
d’euros. Rien que la mesure de
hausse de la prime d’activité devrait
coûter 2,5 milliards. A cela s’ajoutent
4 milliards découlant de l’annulation
des hausses des taxes carburants et
1,5 milliard pour le geste sur la CSG
des retraités. En revanche, le coût de
la mesure « heures supplémentaires » est minoré à 2,5 milliards, pour
tenir compte de sa montée en puissance. Tout cela va creuser le déficit à
3,4 % du PIB. Cela aurait pu être pire
encore si le gouvernement avait revu
sa prévision de croissance. Mais
pour le moment, celle-ci est maintenue à 1,7 % en 2019.
Face à cette dégradation, des
mesures d’économies ont été décidées pour contenir le dérapage du
déficit à 3,2 %. Elles concernent principalement les entreprises. Après
avoir sérieusement envisagé de
retarder la baisse de 4 points de charges au niveau du SMIC, le gouvernement y a finalement renoncé. Avant
tout pour ne pas écorner l’image de
sa politique pro-compétitivité. Du
coup, le gros des économies viendra
de l’impôt sur les sociétés (IS). La
diminution prévue du taux d’IS de
33 % à 31 % concernera seulement
les entreprises ayant un chiffre
d’affaires de moins de 250 millions
d’euros, les autres restant au taux de
33 %. La mesure devrait être votée
dans le courant de 2019. L’exécutif se
donne également un peu de temps
avant de trouver 1,5 milliard de coupes dans les crédits budgétaires.
— In. F. et R. Ho.
Combien de retraités vont
bénéficier de la mesure sur le
taux de CSG annoncée par
Emmanuel Macron ?
Nous prenons là aussi en compte
une demande légitime de justice
sociale. Nous avions un dispositif
dans lequel 60% des retraités
étaient touchés par l’augmentation
de CSG. Nous revenons sur cette
situation et nous allons faire en
sorte que seuls 30 % des retraités
soient concernés par cette augmentation qui, je le répète, finance la
baisse de cotisations et donc le pouvoir d’achat des salariés.
Quelle sera la facture pour les
finances publiques de cet
ensemble de mesures ?
Les mesures annoncées par le président vont coûter de l’ordre de
10 milliards d’euros. Nous avions
annoncé pour 2019 un déficit de
2,8 %, en réalité, plutôt de 1,9 % du
PIB si l’on soustrait le coût exceptionnel de la transformation du
CICE en baisse de charges. Notre
objectif est de tenir au maximum
nos engagements. Nous assumons
une légère augmentation du déficit
du fait de l’accélération de la baisse
des impôts. Mais nous faisons
attention aux comptes publics, et
nous prenons une série de mesures,
sur les entreprises et sur les dépenses, de l’ordre de 4 milliards. Cela
devrait permettre de contenir le
déficit à environ 3,2 % pour 2019.
Comment parvenez- vous à
réduire la facture laissée par la
crise des « gilets jaunes » ?
Nous le faisons d’abord par des
recettes supplémentaires. Nous
avons pris l’engagement d’une
diminution progressive du taux de
l’impôt sur les sociétés pour atteindre le niveau de 25 % en 2022. En
2019, le taux devait passer de 33 % à
31 %. Cette baisse ne concernera
finalement que les entreprises
ayant moins de 250 millions d’euros
de chiffre d’affaires. La mesure
étant décalée d’un an pour les
autres. Nous demandons donc un
effort aux plus grandes entreprises
pour nous permettre de dégager
une recette supplémentaire de
l’ordre de 1,8 milliard d’euros.
Y a-t-il d’autres mesures
ciblant les entreprises ?
Nous allons mettre en place une
taxe sur les Gafa dès 2019 à l’instar
de certains de nos partenaires dans
l’attente de la taxe européenne qui a
fait l’objet d’un accord récent. Il est
profondément injuste que la fiscalité de ces groupes ne soit pas en
ligne avec celle des autres entreprises. Cela devrait permettre de générer 500 millions d’euros de recettes,
et ce niveau peut être atteint dès l’an
prochain. Enfin, nous allons revoir
ce qu’on appelle la « niche Copé »
sur les opérations intra-groupe des
entreprises, qui rapportera de
l’ordre de 200 millions d’euros.
L’Etat va-t-il aussi devoir
se serrer la ceinture ?
Nous allons engager avec les parlementaires au cours de l’année 2019
un exercice de maîtrise de la
dépense. Dans le cadre de l’exécution du budget 2019, nous devrons
trouver de 1 à 1,5 milliard d’euros
d’économies. Là aussi, c’est un travail que nous devons mener avec le
Parlement.
a
L’intégralité de l’interview
sur lesechos.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
3
« Nous aurons un débat sur le
référendum d’initiative citoyenne »
Propos recueillis par N. B., I. F.,
R. Ho., G. P. et D. S.
Bruno Levy pour « Les Echos »
La majorité a donné l’impression de ne pas être totalement
soudée pendant cette crise…
Ce n’est pas du tout mon impression. Sur un ensemble de plus de
350 députés, il est logique et même
sain que des voix diverses s’expriment. On ne peut pas s’être plaint il
y a un an de l’absence de débat et
aujourd’hui regretter cette diversité. Le débat est sain. J’écoute les
députés de la majorité et même
au-delà. Mais à chaque fois qu’il y a
eu un vote, nous avons eu un soutien très fort, et encore 358 voix la
semaine dernière.
Les risques qui pèsent
sur l’économie s’accroissent
Le moral des patrons
français est en chute libre
en décembre, selon
l’institut IHS Markit.
La consommation des
ménages devrait toutefois
rebondir l’an prochain
et soutenir l’activité.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Les « gilets jaunes » vont-ils avoir la
peau de la croissance française ? A
voir le moral des patrons français,
ce n’est désormais plus impossible.
L’indice PMI de l’institut IHS Markit, qui interroge chaque mois environ 800 chefs d’entreprise sur leurs
perspectives d’activité, a chuté de
près de 5 points en décembre et se
retrouve à 49,3 points. Il s’agit d’un
plus bas depuis deux ans et demi, ce
qui n’incite pas à l’optimisme.
Le blocage des ronds-points a eu
un impact significatif sur l’activité
de la grande distribution, des commerces de centre-ville et de la restauration. Et cela se ressent particulièrement sur le sentiment des
patrons du secteur des services.
Dans l’industrie, la production
reste erratique dans l’automobile,
en raison des perturbations liées
aux nouvelles normes européennes d’homologation des moteurs
Diesel. Tandis que l’agroalimentaire et d’autres secteurs, tributaires
du transport routier, ont été perturbés par les « gilets jaunes ».
la croissance du quatrième trimestre, revue à cette occasion à la baisse
à 0,2 %. Les économistes de la banque ING tablent, eux, sur une progression du PIB de seulement 0,1 %
sur les trois derniers mois de l’année,
mais, pour Véronique Jadot, de
Natixis, « le niveau de l’indice PMI est
cohérent avec un rythme de croissance de 0,2 % par trimestre ».
Sur l’année 2018, la croissance
attendue par la Banque de France est
désormais de 1,5 %, et autant en 2019.
D’autres sont plus pessimistes : les
économistes de Barclays prévoient
une croissance de 1,4 %, tandis que
ceux de Rexecode anticipent seulement 1,3 %. Aucune de ces estimations ne prend en compte les mesures sur le pouvoir d’achat annoncées
lundi dernier par Emmanuel
Macron. Or, on sait qu’elles seront
favorables à la consommation.
Rexecode estime qu’en injectant
10 milliards d’euros l’effet sur le PIB
sera positif de 0,2 point par an au
cours des deux prochaines années.
D’autant que le prix du pétrole a
beaucoup baissé ces deux derniers
mois, ce qui va gonfler le pouvoir
d’achat. Mécaniquement, après une
consommation en berne au qua-
trième trimestre 2018, celle-ci
devrait donc rebondir au cours de
l’année 2019, même si le mode de
financement des mesures gouvernementales reste encore à définir
précisément pour en évaluer
l’impact. L’investissement des entreprises devrait lui aussi rester dynamique, particulièrement en ce qui
concerne les dépenses en logiciels et
en services informatiques divers.
Menaces à l’international
Mais l’économie française sera confrontée à un autre problème l’an
prochain : « Les économies de tous
nos voisins sont en risque », pointe
Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum Asset Management. « L’Italie est en récession,
l’Allemagne ralentit et l’indécision
sur le Brexit perdure au RoyaumeUni », résume-t-il.
La Banque centrale européenne
(BCE) a ainsi revu légèrement à la
baisse sa prévision de croissance
pour la zone euro l’an prochain à
1,7 %. Une telle performance resterait au-dessus de la croissance
potentielle européenne, mais, clairement, les risques de ralentissement sont importants. n
Effet positif sur
la consommation
Pour Eliot Kerr, économiste chez
IHS Markit, « la contraction enregistrée dans le secteur des services – qui
avait, ces derniers mois, porté la croissance de l’ensemble du secteur privé –
fait peser des risques considérables
sur les perspectives de hausse du PIB
français au quatrième trimestre ».
Plus tôt dans la semaine, la Banque
de France estimait déjà à 0,2 point de
PIB l’impact des « gilets jaunes » sur
Le blocage des ronds-points a eu un impact significatif
sur l’activité de la grande distribution. Photo Vincent Poillet/RÉA
Certains députés souhaitent
aller plus loin sur la taxation
des hauts revenus…
Je ne doute pas que ce sujet sera
regardé dans le cadre du grand
débat national. Nous ne sommes
pas favorables à revenir sur la suppression de l’ISF, qui a contribué à
l’amélioration de l’attractivité de la
France. Les investissements étrangers ont augmenté, la France va
tirer parti du Brexit. L’ISF était
handicapant pour les entreprises
nationales.
Jugez-vous la fiscalité
française trop ou pas assez
redistributive ?
Si vous rencontrez un jour un
Français qui estime que notre système est simple, facile à comprendre et totalement juste, présentez
le-moi ! Notre fiscalité est le résultat d’une sédimentation incroyable
de mécanismes, de niches, de barèmes, etc., qui se sont accumulés au
fil des ans. C’est cela dont il faut
parler, y compris sur la question de
la redistribution. Nous avons déjà
commencé à simplifier en engageant la suppression de la taxe
d’habitation.
Avez-vous un regret sur
le 80 km/h ? Le président
aurait lui-même dit
« c’est une connerie »…
J’assume l’impopularité de cette
décision. J’attends avec une vraie
impatience son évaluation. Nous
aurons des premiers chiffres début
2019, et nous tirerons le bilan de
cette mesure en juillet 2020.
« Nous avons fait
des erreurs. Nous
n’avons pas assez
écouté les Français.
Je reste persuadé
qu’ils veulent qu’on
transforme ce pays. »
Des « gilets jaunes » évoquent
le référendum d’initiative
citoyenne, qu’en pensez-vous ?
Ce débat aussi, nous allons l’avoir.
Je ne vois pas comment on peut
être contre son principe. Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais
pas sur n’importe quel sujet ni
dans n’importe quelles conditions.
C’est un bon sujet du débat que
nous allons organiser partout en
France. Comme l’est le vote blanc.
Après l’attentat de Strasbourg,
des théories complotistes ont
été émises par certains « gilets
jaunes » emblématiques. Que
cela vous inspire-t-il ?
Ces accusations m’ont écœuré et
consterné. Elles ne m’ont pas surpris, parce que la fascination du
complot prospère malheureusement souvent.
Qu’avez-vous appris
de cette crise ?
Nous avons fait des erreurs. Nous
n’avons pas assez écouté les Français. Je reste persuadé qu’ils veulent
qu’on transforme ce pays. Je leur dis
que leur impatience est la mienne.
Nous allons continuer à réparer le
pays en les associant davantage.
Quel regard portez-vous
sur l’incarcération au Japon
de Carlos Ghosn et l’avenir
du groupe Renault-Nissan ?
Tant qu’un jugement de condamnation n’est pas intervenu, toute
personne est présumée innocente. C’est le cas de Carlos Ghosn.
Comme beaucoup de Français, j’ai
découvert les rigueurs extrêmes
du système procédural japonais.
Pour le reste, je considère que la
gouvernance de Renault a pris les
bonnes décisions ces derniers
jours. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // FRANCE
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
3 LA CRISE DES « GILETS JAUNES »
Indemnités prud’homales :
début de la bataille juridique
Déjà une centaine de millions d’euros
à la charge des assureurs
SOCIAL
Les évaluations avancées
par plusieurs sources
de marché prennent
en compte les pertes
d’exploitation des
entreprises. Un gel des
tarifs en 2019 paraît exclu.
Le conseil de Troyes
s’est exonéré du plafond
légal du barème
des dommages
et intérêts concernant
un licenciement abusif.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Les assureurs veulent
se montrer « aidants »
Les assureurs vont être appelés à
indemniser les entreprises qui
pourront faire jouer leur garantie
perte d’exploitation pour compenser la perte de chiffre d’affaires
qu’elles auraient subie du fait d’une
interruption de leur activité. Mais il
est très difficile d’anticiper précisément les coûts finaux, qui dépendront des durées de fermeture et
aussi des conditions prévues dans
les contrats.
Vu le contexte actuel, certaines
compagnies se disent prêtes à faire
Alain Jocard/AFP
Même s’il a diminué en intensité, le
mouvement des « gilets jaunes »,
commence à coûter cher aux assureurs. Selon des premières estimations concordantes avancées par
plusieurs sources de marché avant
l’« acte V » du samedi 15 décembre,
la facture pour le secteur pourrait
déjà s’élever entre 100 et 200 millions d’euros. Interrogée, la Fédération française de l’assurance indique, elle, ne pas avoir encore de
chiffrage officiel.
Un tel montant de sinistres rejoindrait celui d’un événement climatique d’une taille déjà significative,
souligne un professionnel. A titre de
comparaison, les violences urbaines de l’automne 2005, qui avaient
causé la destruction de dizaines de
bâtiments publics, d’entreprises et
de près de 9.000 véhicules, avaient
laissé aux assureurs une charge
d’environ 160 millions d’euros.
A côté de l’indemnisation des voitures incendiées ou détruites et des
dommages subis par les commerces et les entreprises à l’occasion des
manifestations des « gilets jaunes »
à Paris et ailleurs, une grande partie
de l’addition va être liée à l’assurance des pertes d’exploitation. Ce
qui explique que l’estimation des
pertes assurées soit comprise dans
une fourchette aussi large.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Le montant des sinistres durant la crise des « gilets jaunes »
pourrait dépasser celui lié aux violences urbaines de 2005.
« Pour les
commerces,
nous n’allons pas
appliquer
de franchise
dès lors qu’il y a
des dommages
matériels. »
FRANÇOIS NÉDEY
Membre du comité exécutif
d’Allianz France
des gestes vis-à-vis de leurs clients.
« Les garanties perte d’exploitation
sont très différentes d’un contrat à
l’autre. Nous avons décidé d’avoir
une application homogène en calant
l’indemnisation sur les plus couvrantes, dès lors qu’il y a un dommage
direct », explique ainsi François
Nédey, membre du comité exécutif
d’Allianz France. « Pour les commerces, nous n’allons pas appliquer
de franchise dès lors qu’il y a des dommages matériels. De même, nous
rembourserons les vols, quelles que
soient les exclusions prévues en cas
d’émeutes », ajoute-t-il. « Nous
allons essayer de nous montrer un
peu plus conciliants sur les franchises et les garanties », promet un
autre grand opérateur. Il s’agit
pour les assureurs de se montrer
« aidants », à l’image des banques,
qui, après une réunion à l’Elysée la
semaine dernière, ont pris plusieurs engagements (aucune
hausse de tarifs pour les particuliers pour 2019, plafonnement global des frais d’incidents bancaires
pour les clientèles les plus fragiles).
Pour un assureur influent, il serait
toutefois difficile de s’engager sur le
plan tarifaire. « Nous jouons déjà
notre rôle et nous allons payer un
lourd tribut à ces événements. La
prime, c’est 100 % de mon chiffre
d’affaires, contrairement aux banques, dont le produit net bancaire
dépend à 30 % seulement de la tarification [les commissions, NDLR] »,
fait-il valoir. n
Partenaires
Dans l’une des cinq décisions
datées du 13 décembre, que « Les
Echos » ont consultée, l’affaire
concernait un salarié mis au placard, qui avait demandé la résiliation judiciaire de son contrat et
contesté la cause de ce licenciement de fait. Il était défendu par
Me Hélène Melmi. La décision des
juges prud’homaux de Troyes,
pointant notamment le comportement « déloyal » de l’employeur,
condamne l’entreprise à des dommages et intérêts dépassant le
maximum légal.
Elle le justifie par le fait que
le plafond limitatif « ne permet pas
aux juges d’apprécier les situations
individuelles des salariés injustement licenciés dans leur globalité et
Le projet de décret
prévoit trois montants
d’aides maximum
en fonction de l’année
d’exécution du contrat.
Seules les entreprises
de moins de 250 salariés pourront la
toucher et uniquement
pour les diplômes
bac ou pré-bac.
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Partenaire
institutionnel
Ce n’est pas la première fois que
des juges prud’homaux se prononcent sur ce barème. Il y a déjà eu un
précédent, au Mans, le 26 septembre. Mais cette décision-là avait
conforté le gouvernement. Comme
le Conseil d’Etat, saisi en référé
juste avant la promulgation de la
réforme en 2017, elle avait confirmé
la validité du dispositif. Les juges de
Troyes ont estimé que, au contraire, il empêche de décider une
« indemnité adéquate ou toute
forme de réparation appropriée »,
comme le prévoient à la fois la convention 158 de l’OIT et l’article 24 de
la Charte sociale européenne.
Le premier texte est connu pour
avoir causé en 2008 la perte du
Comportement « déloyal »
de l’employeur
FORMATION
PROFESSIONNELLE
Jeudi 13 décembre, la cérémonie
des 10es Trophées MarCom
a distingué 14 lauréats à la Tour Eiffel
Alain Ruello
@AlainRuello
1812-TRP-P-3-ECH
Mme Myriam NIKAS Groupe SFC
Le Comité européen
des droits sociaux
fondamentaux
a déjà jugé contraire
à la Charte sociale
européenne
une loi finlandaise
plafonnant
les indemnités.
contrat nouvelle embauche (CNE),
ce CDI avec deux ans de période
d’essai. L’impact du second sur la
jurisprudence l’est moins. Les
juges du Mans avaient ainsi estimé
que « les parties visées par cet article sont les gouvernements signataire s , m e m b re s d u C o n s e i l d e
l’Europe, invités à traduire leurs
engagements sur un certain nombre de principes, au sein de leur
législation interne. Ces principes [de
l’article 24] ne sont donc pas directement applicables par la juridiction
nationale ».
Le conseil de prud’hommes de
Troyes affirme, lui, l’inverse, rappelant que la Cour de cassation « a
reconnu l’application directe dans de
nombreuses décisions sur la liberté
syndicale et le droit de négociation
collective ». Et il s’appuie pour rejeter le barème légal sur une décision
du Comité européen des droits
sociaux fondamentaux, qui a jugé
contraire à la Charte une loi finlandaise qui plafonnait les indemnités.
Le plafond qu’elle prévoyait était de
24 mois de salaire. C’est quatre de
plus que le montant le plus élevé du
dispositif français, valant au-delà
de 30 ans d’ancienneté.
« Ces décisions ouvrent la voie de
la résistance des juges contre cette
réforme inacceptable », s’est félicité
le Syndicat des avocats de France
(SAF) dans un communiqué. Si
elles étaient confirmées en appel,
voire en cassation, elles pourraient
obérer l’avenir du barème légal. n
Le conseil de prud’hommes de Troyes a jugé que la barémisation des dommages et intérêts imposée aux juges « viole »
des engagements internationaux de la France. Photo Hamilton/RÉA
Apprentissage : l’aide unique
aux entreprises se précise
Un événement
Responsable Marketing et Communication de l’année
Emmanuel Macron avait essayé
sans succès d’imposer l’encadrement des dommages et intérêts en
cas de licenciement abusif quand il
était à Bercy. Il y est arrivé une fois
à l’Elysée. La réforme par ordonnances du Code du travail de 2017
comporte un barème avec plancher et plafond en fonction de
l’ancienneté du salarié. Mais l’avenir de cette mesure applaudie par
le patronat et dénoncée par les syndicats est maintenant entre les
mains de la justice.
Le premier épisode du feuilleton juridique vient de se dérouler.
Le conseil de prud’hommes de
Troyes a en effet rendu jeudi une
décision qui fera date : il a jugé que
la barémisation imposée aux
juges « viole » des engagements
internationaux de la France. Le
sujet est majeur, car, si le Conseil
constitutionnel a acté le dispositif,
il ne s’est pas prononcé sur ce sujet,
qui ne peut être tranché que par la
justice civile, donc, in fine, par la
Cour de cassation.
de réparer de manière juste le préjudice qu’ils ont subi » ; de plus, il
n’est pas « dissuasif » pour les
employeurs qui souhaiteraient
licencier, « sécurisant davantage
les fautifs que les victimes ».
Une aide unique pour les
employeurs embau chant u n
apprenti au lieu de cinq, issues de
l’Etat ou des régions, actuellement :
c’est le principe qu’avait posé la loi
« pour la liberté de choisir son avenir professionnel », adoptée en
septembre 2018, et qui attendait
son décret pour se matérialiser.
Celui-ci n’est pas encore publié,
mais son contenu, qui passe actuel-
lement les différentes étapes administratives de consultation, permet
d’en savoir plus, pour une application dès le 1er janvier prochain. Forfaitaire, cette aide unique ne
ciblera plus – c’est le premier gros
changement – que les entreprises
de moins de 250 salariés. Seconde
restriction d’importance : elle ne
sera versée que pour les diplômes
ou titres à finalité professionnelle
de niveaux bac ou pré-bac, ces
niveaux que la réforme Pénicaud
veut relancer car ils ont énormément perdu de terrain dans
l’apprentissage.
« Limiter les démarches
administratives »
« L’objectif est de gagner en visibilité
et de favoriser l’incitation au recrutement par apprentissage pour les premiers niveaux de diplômes […] en
limitant les démarches administratives pour l’employeur », promet le
ministère du Travail.
Le projet de décret prévoit
que l’aide sera attribuée en fonction de l’année d’exécution du contrat : 4.125 euros maximum la première ; 2.000 euros la suivante, et
1.200 euros la troisième et (si c’est
le cas) le même montant la qua-
trième. Soit plus de 7.300 euros au
total, sachant que les conseils
régionaux, qui n’ont plus voix au
chapitre sur l’ouverture des centres de formation d’apprentis,
pourront toujours ajouter au pot
s’ils le souhaitent. En cas de rupture anticipée, l’aide cesse d’être
due dès le mois suivant. Les versements, effectués par l’Agence de
services et de paiement, se feront
mensuellement à compter du
démarrage du contrat. Ce dernier
devra au préalable avoir été enregistré : auprès des chambres consulaires jusqu’au 31 décembre
2019, auprès de l’opérateur de
compétences (Opco) de la branche
professionnelle de l’entreprise par
la suite. n
4.125
EUROS MAXIMUM
d’aide seront versés
la première année
aux employeurs embauchant
un apprenti (2.000 euros
l’année suivante
et 1.200 euros la troisième).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
MONDE
en
chiffres
ALLEMAGNE :
L’ACTIVITÉ RALENTIT
CHINE : COUP DE FREIN
À LA PRODUCTION
La croissance de l’activité
dans le secteur privé
allemand est tombée en
décembre à son plus bas
niveau depuis quatre ans,
selon les premiers résultats
des enquêtes PMI d’IHS
Markit. L’indice PMI flash
composite, qui regroupe
le manufacturier et
les services, a reculé à 52,2
après 52,3 en novembre.
La production industrielle
est tombée à son plus bas
niveau en près de trois ans,
selon les chiffres officiels.
La hausse de l’activité s’est
établie à +5,4 % sur un an,
retrouvant ainsi les niveaux
de janvier-février 2016.
Les investissements en
capital fixe ont progressé
de 5,9 % sur onze mois
(+5,7 % sur dix mois).
11,28 %
L’INFLATION AU NIGERIA
EN NOVEMBRE
Les prix à la consommation
ont grimpé en novembre
(11,26 % en octobre) chez
le premier producteur
de pétrole d’Afrique. Les prix
de l’alimentaire sont à l’origine de ce mouvement, selon
le bureau des statistiques.
Climat : la COP24 ou le rendez-vous
des ambitions minimales
l A Katowice, les pays signataires de l’Accord de Paris sur le climat se sont entendus sur le contenu de son mode d’emploi.
l Mais ils ne se sont pas engagés à faire plus d’efforts pour répondre à l’urgence climatique.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
et Richard Hiault
@RHIAULT
— Envoyés spéciaux à Katowice
Les uns diront que cela valait la
peine de faire traîner les négociations aussi longtemps, les autres
que le résultat n’est pas à la hauteur
d’une telle attente. Après plus de
24 heures de prolongations, les
quelque 200 pays réunis depuis le
2 décembre à Katowice (Pologne)
dans le cadre de la COP24 sont parvenus à s’entendre sur un texte final
décevant par rapport aux objectifs
qu’ils s’étaient fixés eux-mêmes il y
a trois ans à Paris pour contenir le
réchauffement climatique sous les
2 degrés, voire 1,5 degré.
Samedi soir, vers 22 heures,
Michal Kurtyka, le président polonais de la COP24, a quand même
donné le traditionnel coup de
marteau marquant la fin des discussions pour établir le mode
d ’e m p l o i ( « r u l e b o o k » ) d e
l’Accord de Paris. « Le chemin a été
long. Mais vous avez fait mille petits
pas en avant et vous devez être fiers
du travail technique et complexe
accompli », s’est-il réjoui devant les
délégués des pays.
Le Brésil façon « bad boy »
L’ambition affichée en 2015 à la
COP21 et qui devait monter de plusieurs crans à Katowice se révèle au
final bien faible. « Il faut aller plus
loin, continuer sur la voie tracée pour
avoir une proposition concrète lors
du sommet spécial sur le climat
convoqué par le secrétaire général des
Nations unies en septembre 2019 »,
commentait David Levaï, expert climat de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations
internationales). Une sorte d’oral de
rattrapage avant la prochaine COP
qui sera organisée par le Chili au
mois de décembre suivant.
« Certaines dispositions auraient
dû être plus claires », juge-t-on au
WRI, un centre de recherche sur le
climat, où l’on estime que « des
points restent irrésolus ». Signe de
l’extrême difficulté d’avancer, les
négociateurs se sont séparés en
remettant à plus tard des décisions
essentielles. Ils ont notamment calé
sur la réforme des mécanismes de
marché liés aux échanges de crédits
carbone. L’Accord de Paris prévoit
en effet la mise en œuvre de règles
universelles destinées à mettre un
terme à certains dysfonctionnements, comme la double comptabilisation de ces crédits. Une situation
dont le Brésil tire avantage depuis
de nombreuses années.
Les Etats-Unis, alliés
à la Russie, le Koweït
et l’Arabie saoudite,
ont réussi à relativiser
la portée du rapport
alarmant du GIEC,
publié en octobre
dernier.
Sa délégation aura tout fait pour
torpiller la clarification de ce dispositif. Une manœuvre qui n’est pas
passée inaperçue sachant que le
nouveau président, Jair Bolsonaro,
qui prendra ses fonctions le 1er janvier prochain, avait un temps envisagé d’emboîter le pas de Donald
Trump en quittant l’Accord de Paris.
Le texte approuvé à Katowice renvoie l’examen de cette réforme à la
prochaine COP.
Les pays vulnérables
sur la touche
Autre déconvenue, le rapport alarmant du GIEC, groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat, publié en octobre
dernier, devait servir de base de référence pour relever fortement les
engagements de réduction de gaz à
effet de serre des pays. Les EtatsUnis, alliés à la Russie, le Koweït et
l’Arabie saoudite, ont réussi à relativiser la portée de ce document
scientifique commandé pour éclairer les décideurs politiques. Même
si les Etats ont jusqu’à 2020 pour
accroître leurs efforts, il eût été
encourageant de les voir anticiper
ce mouvement à Katowice.
D’autant que l’urgence est là. Les
promesses faites en 2015 amènent la
planète vers un réchauffement compris entre 2,7 et 3,5 degrés, loin des
2 degrés, au grand maximum, fixé
par l’Accord de Paris. Les Etats les
plus vulnérables n’y trouvent pas leur
compte. En plus, la question de
l’indemnisation des pertes et des
dommages que le réchauffement
leur inflige, et qu’ils souhaitaient voir
saisie à bras-le-corps par les pays
développés, bénéficie d’une simple
mention dans le texte de l’accord,
sans plus. « Ce sujet a été abordé pour
la première en 2013 en Pologne. Et c’est
justement en Pologne, en 2018, qu’il a
quasiment disparu », déplore Mohamed Adow, responsable climat de
Christian Aids.
En quittant Katowice, les pays en
développement ne vont pas se sentir
beaucoup plus aidés à lutter contre
le réchauffement. Les pays riches
ont promis d’atteindre 100 milliards
de dollars de financement par an à
partir de 2020. A Katowice, seule une
poignée de pays du Nord a annoncé
de nouvelles contributions.
(
Lire l’éditorial de
Jean-Francis Pécresse
Page 11
Monika Skolimowska/dpa Picture-Alliance/AFP
INTERNATIONAL
Michal Kurtyka, le président polonais, a clos la COP24, samedi soir, en se félicitant
des « mille petits pas en avant » réalisés par les représentants des 200 pays réunis.
Les principaux points signés à Katowice
La COP24 a accouché
dans la douleur d’un mode
d’emploi de l’accord
de Paris en termes
d’ambition, de transparence
et de financement.
• AMBITIONS
En dépit de l’alarme des scientifiques du GIEC, les pays n’ont pas
revu à la hausse leurs promesses de
réduction de gaz à effet de serre. La
COP « reconnaît le rôle du GIEC,
chargé de délivrer les données scientifiques permettant d’informer » les
pays, et « invite les parties à faire
usage des informations contenues
dans le rapport ». Le texte final se
limite à « répéter la demande de mise
à jour » des engagements d’ici à
2020, déjà formulée dans l’Accord
de Paris, évoquant seulement des
« efforts pour rehausser les ambitions d’ici à 2020 ».
• SUIVI DES ENGAGEMENTS
Plus de 160 pays ont déposé depuis
2015 des engagements de réduction de gaz à effet de serre. Ceux qui
ne l’ont pas fait doivent s’exécuter
d’ici à 2020. Ensuite, ces engagements nationaux devront être mis
à jour tous les cinq ans. Les règles
d’application précisent comment
compter les émissions, et ce, à partir de 2024, et ce qu’il faut compter,
en suivant les directives du GIEC.
Elles prévoient que les pays soumettent tous les deux ans un rapport expliquant leurs actions, soumis à l’évaluation d’experts mais
sans pouvoir ouvrir la voie à des
sanctions. Une flexibilité est accordée aux pays les moins avancés et
aux Etats insulaires, en fonction de
leurs capacités. Les autres pays en
développement doivent fournir un
argumentaire et un calendrier. Tous les cinq ans, à partir de
2023, un « bilan mondial » des
efforts collectifs sera établi.
• FINANCEMENTS
L’Accord de Paris prévoit que les
pays développés aident financièrement les pays en développement à
réduire leurs émissions et à s’adapter aux impacts des dérèglements.
Ce financement doit être « prévisible ». Le texte de Katowice invite les
pays riches à un rapport « qualitatif
et quantitatif » sur ces financements
tous les deux ans à partir de 2020.
• PERTES ET PRÉJUDICES
L’Accord de Paris reconnaît tout
juste la « nécessité d’éviter les pertes
et préjudices » liés au réchauffement sans qu’il soit cependant
question de financements, comme
le souhaitaient les pays les plus vulnérables.
• TRANSITION JUSTE
La décision finale prend simplement « note de la Déclaration de
Silésie » portée par les Polonais,
« qui reconnaît la nécessité de prendre en compte les impératifs d’une
transition juste pour la population
active ». Une déclaration vue par
de nombreux obser vateurs
comme un moyen pour Varsovie
de freiner sa sortie du charbon.—
J. C. et R. H.
L’accord Union européenne-Mercosur sur de mauvais rails
BRÉSIL
Paris et Berlin ont
prévenu le président
brésilien que ses
positions sur l’environnement menaçaient
l’accord multilatéral.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
Si loin, si proche… Cela fait une
vingtaine d’années que l’accord de
libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur est sur
la table. A plusieurs reprises, les
négociateurs se disaient sur le
point d’aboutir. Mais le vent semble tourner.
C ’e s t d ’a b o r d E m m a n u e l
Macron qui a mis les pieds dans le
plat. En marge du sommet du G20
à Buenos Aires, le président français a dit « clairement » qu’il n’était
« pas favorable » à ce que soient
signés des accords d’envergure
« avec des puissances qui ne respectent pas l’Accord de Paris ». Cette
déclaration faite après un entre-
tien avec le président argentin,
Mauricio Macri, à la fin du mois
dernier a valeur d’avertissement
envers le Brésilien Jair Bolsonaro,
qui avait justement menacé de se
retirer de l’Accord de Paris.
Pas de COP25 au Brésil
Angela Merkel a mis la pression à
son tour la semaine dernière.
Devant le Bundestag, elle a estimé
qu’un accord avec le Brésil, sous la
présidence de Bolsonaro, serait
encore plus difficile à boucler.
« L’accord doit intervenir très rapidement, car, dans le cas contraire, il
ne sera pas aussi facile de le négocier
avec le nouveau gouvernement du
Brésil », dit-elle.
Elu fin octobre, Jair Bolsonaro
doit être investi officiellement le
1er janvier. Mais entre-temps, le Brésil a déjà retiré sa candidature pour
accueillir la 25 e Conférence de
l’ONU sur le climat, pour des raisons officiellement financières. Les
soupçons des Européens ont
encore été renforcés, lorsque Jair
Bolsonaro a choisi un ministre des
Affaires étrangères qui estime que
la thèse du changement climatique
relève du « complot marxiste », et
d’un ministre de l’Environnement proche de l’agronégoce.
La faute à Bolsonaro ?
Côté brésilien, le gouvernement sortant estime que c’est au contraire
l’Union européenne qui n’a pas su
aller assez loin pour conclure
l’accord. De fait, de nombreuses
pierres d’achoppement subsistent
en ce qui concerne l’agriculture (le
Brésil met en cause la politique agricole « protectionniste » de l’UE et de
la France, notamment), les appellations contrôlées et les services. Sans
compter que les construc-
teurs automobiles déjà implantés
localement auraient peu à gagner
d’une ouverture du marché. « Parmi
l e s n é go c i a te u rs , l ’ a c c o rd e s t
aujourd’hui perçu avec un énorme
scepticisme, presque avec sarcasme »,
estime Alberto Pfeifer, professeur
de relations internationales à l’université de São Paulo (USP).
Et Bolsonaro dans tout cela ? Il
aggrave sans doute la situation,
mais certains considèrent à Brasilia
que les Européens cherchent à
dresser un rideau de fumée pour
faire porter aux Brésiliens la responsabilité d’un éventuel échec. n
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Le plaisir
de conduire
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10 // MONDE
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
L’Europe engrange quelques avancées
dans une ambiance maussade
l En dépit du Brexit et d’un blocage sur la migration,
le sommet de Bruxelles ouvre la voie à un budget
de la zone euro.
l De quoi donner un peu d’air à un Emmanuel Macron
fragilisé intérieurement.
UNION
EUROPÉENNE
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
et Catherine Chatignoux
@chatignoux
— Envoyée spéciale à Bruxelles
Avancer, malgré tout. Pour leur
dernier sommet de l’année, les
dirigeants européens entendaient
faire la preuve de la valeur ajoutée
de l’Europe. Un objectif présomptueux compte tenu de la situation
de faiblesse politique actuelle des
principaux dirigeants européens.
Outre un ralentissement conjoncturel palpable et la pression du souverainisme, les élections européennes de mai prochain rendent
presque impossibles de grandes
percées sur les sujets les plus
contentieux : elles incitent chacun à
camper sur ses positions. En matière
migratoire, par exemple, les dirigeants ont débattu « essentiellement
pour rien », admet un Européen. Si
certains aspects de la réforme ont
progressé, par exemple sur la
manière d’accélérer les retours des
migrants illégaux et sur l’harmonisation des procédures d’asile, il n’est
même plus question de débloquer le
principal point dur. Les oppositions
sur la solidarité dans l’accueil des
réfugiés, alimentées par des arrièrepensées politiques, s’enracinent.
Theresa May promet
encore « des discussions »
Le Brexit, interminable feuilleton
dont les épisodes finissent par lasser
dans les capitales européennes, s’est
une fois de plus mis en travers de
leur route. Jean-Claude Juncker, le
président de la Commission européenne, a fustigé « un débat nébuleux et imprécis ». Les Européens
ont apporté des « clarifications » à la
dirigeante britannique au sujet du
Brexit afin de lui donner plus de
chances de convaincre ses parlementaires de voter cet accord.
A l’issue du sommet, dans une très
courte conférence de presse, Theresa May promettait encore « des
discussions dans les prochains
jours » avec ses homologues.
Un nouvel
« instrument budgétaire »
Dans ce contexte, la création future
d’un nouvel « instrument budgétaire » propre à la zone euro a représenté un vrai soulagement pour
Emmanuel Macron. Evoquée
depuis des années par les experts de
Bercy, poussée avec détermination
par le président français depuis son
arrivée, l’idée qu’un budget d’investissement favoriserait la convergence d’économies trop disparates
a fini par emporter l’adhésion des
partenaires de la France.
L’idée qu’un budget
d’investissement
favoriserait
la convergence
d’économies trop
disparates a fini par
emporter l’adhésion.
Reste à en décider le montant.
Niché dans le futur cadre financier
2021-2027, il sera forcément
embr yonnaire les premières
années, ce qui a permis de faire
sauter le verrou dans les pays les
plus réticents, comme les Pays-Bas.
Paris veut croire qu’il croîtra dans
le temps et espère même pouvoir
ajouter, à moyen terme, une fonction de stabilisation en cas de choc
économique. Celle-là est loin d’avoir
convaincu jusqu’ici, et les diplomates du nord de l’Europe s’emploient
à relativiser la portée du nouvel
outil. « C’est une boîte de plus, mais il
ne sera pas question de changer le plafond global du budget européen »,
avertit l’un d’eux. Ce qui en limitera
mécaniquement la portée.
Il n’empêche : dans un moment de
crise en France, Emmanuel Macron
a pu se raccrocher à ces quelques
succès. Citant aussi les avancées
dans la défense, le filtrage des investissements étrangers, l’accord sur le
transport routier en Europe, la lutte
contre les contenus terroristes, le
président français s’est réjoui des
percées dans le domaine économique et financier. Renforcement du
Mécanisme européen de stabilité
(MES), mise en place d’une garantie
de dernier ressort pour les banques
en difficulté, et budget de la zone
euro ont été célébrés comme autant
d’« étapes importantes franchies »,
conformes aux promesses du président au début de son mandat. Refusant de se montrer affaibli, il s’est targué d’avoir « beaucoup fait » et a
assuré que la France, dans son rôle
« d’avant-garde », avancera bientôt
de « nouvelles propositions pour faire
avancer notre Europe ». n
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Donald Tusk, le président
du Conseil européen, à la fin du sommet de Bruxelles, vendredi. Photo Emmanuel Dunand/AFP
En Allemagne, les migrants s’intègrent
progressivement au marché du travail
Sur plus de un million de
migrants entrés en Allemagne depuis 2015, 400.000
sont en formation ou ont
rejoint un emploi salarié.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
« Wir schaffen das » (« On va y arriver »), avait promis en 2015 Angela
Merkel à ses concitoyens en décidant d’accueillir une vague sans précédent de réfugiés. Trois ans plus
tard, la chancelière serait en passe
de tenir parole, selon le président de
la fédération patronale allemande
(BDA), Ingo Kramer. « Sur plus d’un
million de personnes qui sont venues
en Allemagne depuis 2015, près de
400.000 ont une place de formation
ou un emploi » soumis aux cotisations sociales, s’est-il félicité vendredi dans le quotidien bavarois
« Augsburger Allgemeine ».
Ingo Kramer se dit lui-même
surpris que l’intégration des
migrants sur le marché de l’emploi
aille si vite, la plupart des jeunes
se montrant au b out d’un an
d’apprentissage de l’allemand
capable de suivre une formation
professionnelle. Selon l’Agence
fédérale pour l’emploi, plus de
30.000 jeunes réfugiés ont commencé un apprentissage. « De
nombreux migrants sont devenus
un pilier de l’économie allemande »,
conclut Ingo Kramer.
Une loi politiquement
très sensible
Cette prise de position intervient
alors que le Parlement allemand
doit adopter la semaine prochaine
une loi sur l’immigration destinée
à faciliter l’arrivée de personnel
étranger qualifié en Allemagne.
Avec un chômage passé sous la
barre des 5 % et une démographie
en déclin, le pays manque de bras
pour soutenir une croissance qui
s’essouffle par ailleurs. La Banque
centrale allemande a, à son tour,
revu vendredi ses prévisions à la
baisse et table désormais sur une
croissance de 1,5 % en 2018 contre
2 % auparavant, et de 1,6 % en 2019,
contre 1,9 % au préalable.
Mais ce texte législatif nourrit les
tensions au sein des groupes parlementaires de la majorité au Bundestag, notamment des conservateurs de la CDU-CSU. Les députés
européens Mathias Middelberg et
Joachim Pfeiffer craignent notamment des abus et exigent des règles
plus strictes pour les travailleurs
étrangers non-membres de
l’Union européenne, qu’il s’agisse
des profils recherchés pour satisfaire les besoins de main-d’œuvre
ou du niveau de tolérance acceptable pour des demandeurs d’asile
déboutés mais entrés dans un parcours de formation. Ces réticences
font craindre que le texte ne soit
adopté avant la fin de la session
parlementaire.
Dans ce contexte politiquement
sensible, Ingo Kramer appelle
l’Allemagne à « adopter une vision
plus sobre » de la question de la
migration afin de résoudre la
pénurie de main-d’œuvre qui
menace la compétitivité allemande. « Si nous ne le faisons pas,
nous courons le risque de retomber
économiquement comme dans les
années 1990 », prévient le président de la fédération patronale
allemande. n
30.000
Le nombre de jeunes
réfugiés qui ont commencé
un apprentissage, selon
l’Agence fédérale pour l’emploi.
Pékin tente de désamorcer les tensions avec Washington
CHINE
La Chine suspend
la surtaxe sur l’automobile et reprend
les importations
de soja américain.
Xinhua/Ke Hao/Chine Nouvelle/Sipa
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
La majoration à 40 % des droits de douane sur les automobiles
made in USA sera suspendue pendant trois mois.
C’est un premier geste concret de
Pékin visant à apaiser les tensions
avec Washington : la Chine a
décidé de suspendre au 1 er janvier pour trois mois la majoration
des droits de douane sur les voitures importées des Etats-Unis. Elle
les avait relevés de 15 % à 40 % en
représailles aux surtaxes douanières annoncées préalablement
par l’administration Trump à
l’encontre de toute une série de
produits chinois.
Cette mesure, qui revient à ramener les tarifs des voitures américaines au taux normal appliqué à tous
les véhicules importés, constitue un
nouveau signe de détente après la
trêve de 90 jours annoncée le
1er décembre par les présidents Xi
Jinping et Donald Trump, en marge
du sommet du G20 à Buenos Aires.
Donald Trump
se montre optimiste
Bien que les véhicules importés
représentent une part infime du
marché chinois (autour de 3 %),
c’est un soulagement pour des
constructeurs américains comme
Tesla ou les allemands BMW et
Daimler (propriétaire de Mercedes) qui exportent des véhicules
haut de gamme depuis leurs usines
américaines.
Pour Pékin, cette décision vise à
faire progresser les discussions
dans les semaines à venir avec
Washington. Quelques heures
après ce premier geste concret,
Donald Trump s’est dit optimiste
sur la possibilité d’un « grand
accord » commercial avec la Chine,
évoquant sur Twitter des « conversations très productives ».
Donnant des gages de bonne
volonté, la Chine a également réalisé, la semaine dernière, son pre-
mier achat important de soja
américain depuis la trêve, et se préparerait, selon Bloomberg, à
reprendre les achats de maïs américain. Ces décisions suggèrent que
les Chinois « sont sérieux » sur leur
volonté d’aboutir à un accord et
que l’arrestation de la dirigeante de
Huawei au Canada à la demande
des Etats-Unis « n’a pas fait échouer
les négociations », note Julian
Evans-Pritchard, chez Capital
Economics.
Mais il en faudra bien plus pour
espérer voir Washington et Pékin
enterrer la hache de guerre. La
concession de Pékin sur l’automo-
« Afin de conclure
un accord durable,
la Chine devra offrir
plus qu’un retour
au statu quo. »
JULIAN EVANS-PRITCHARD
Capital Economics
bile ne fait que remettre les tarifs à
leur niveau de juin dernier, pointe
l’économiste. Quant au soja, les
quantités acquises sont symboliques au regard des 30 millions de
tonnes annuelles importées des
Etats-Unis jusqu’à récemment.
« Afin de conclure un accord durable, la Chine devra offrir plus qu’un
retour au statu quo », poursuit
Julian Evans-Pritchard.
L’ouverture du marché chinois
aux groupes étrangers, la protection de la propriété intellectuelle
ou les transferts forcés de technologies sont des dossiers sur lesquels Washington exige de Pékin
des avancées.
Le président chinois Xi Jinping
pourrait faire des annonces mardi
lors d’un grand discours à l’occasion de la célébration du 40e anniversaire des réformes économiques et d’ouverture de la Chine.
Mais « compte tenu du bilan de Xi en
matière de réforme, il convient de
rester sceptique », suggère encore
Julian Evans-Pritchard, craignant
déjà « une astuce » de Pékin pour
essayer d’éviter de nouveaux tarifs
douaniers. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 11
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Trois pistes pour sauver l’enseignement
supérieur
des Echos
La Chronique
Quelques grammes d’espoir dans un monde
de brutes
Le Point de vue
Sortir le mécénat d’entreprise
de l’inconstance fiscale
Art et culture
Festival Impatience : une « Place » de choix
Science
La diversité humaine s’effondre
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
S’acclimater
au changement
Faute de réussir à adapter le climat à l’homme,
l’homme va devoir s’adapter au climat. Un
climat dont le changement rapide, au cours
de ce siècle, aura pour la vie sur cette Terre
des conséquences sans équivalent depuis des
millénaires. C’est la conclusion pessimiste,
mais réaliste, qu’impose de tirer le résultat en
Par Jean-Francis demi-teinte obtenu ce week-end, à Katowice
en Pologne, par les pays signataires de
Pécresse
l’Accord de Paris. En dépit des vents contraires
qui soufflent sur lui depuis trois ans, il est
3 degrés de
toujours debout, cet engagement historique
réchauffement
par lequel la quasi-totalité des pays se sont
vont bouleverser engagés à limiter à 2 degrés au plus le
nos vies.
réchauffement moyen à la surface du
globe à la fin du siècle par rapport à l’ère
préindustrielle. Que, trois ans après s’être fait de belles promesses à la
COP21, la quasi-totalité des signataires aient en quelque sorte conclu
le contrat de mariage, voilà qui n’est pas un mince soulagement. Le
mode d’emploi de l’Accord de Paris rédigé en Pologne est loin d’être
parfait car il y manque, par la faute des Brésiliens, le chapitre essentiel
sur la réforme du marché des échanges de quotas de CO2, mais sa
seule existence explique, pour moitié, la satisfaction exagérée affichée
par les dirigeants français. L’autre moitié de l’explication tenant à
la nécessité d’envoyer, après la révolte des « gilets jaunes » contre la
taxation du gazole, le message d’une relance de la lutte contre le
réchauffement climatique. Cependant, l’enjeu de cette COP24 était
aussi d’obtenir des Etats qu’ils relèvent leurs ambitions et, de ce point
de vue, l’échec est si lourd qu’il laisse peu de place à l’optimisme. C’est
cette ambivalence qu’a résumée la drôle de petite danse esquissée, à la
fin, par le président polonais, Michal Kurtyka. C’est une danse sur un
volcan. Victoire politique mais retraite climatique. Car la réalité qui
nous attend reste celle que décrivent ces « gêneurs » du GIEC dans
leur dernier rapport, scénario glaçant que les pays pétroliers, ces
rentiers de la mort lente, ont réussi à reléguer au rang d’information
annexe. Faute de nouveaux efforts, la planète continue de filer sur une
trajectoire de 1,5 degré de réchauffement, non pas à la fin du siècle
mais dans vingt ans. Penser que les Etats du monde parviendront
à diminuer de moitié leurs émissions d’ici à 2030 ne relève plus de
l’optimisme mais de l’imprudence. Aussi, sans renoncer, jamais,
à mobiliser la communauté internationale pour freiner ce qui peut
encore l’être, la France serait bien inspirée de commencer à investir
afin de protéger sa population des conséquences irréversibles
du réchauffement : élévation du niveau des mers, excès de
précipitations, vagues de chaleur, disparition de nombreuses
espèces… Construire en tenant compte des risques accrus de
glissements de terrain et d’inondation, se nourrir très différemment,
adapter nos modes de culture, modifier les rythmes de travail,
commencer à organiser le repli de l’habitat vers l’intérieur des terres…
3 degrés de réchauffement vont bouleverser nos vies. Autant
s’y préparer. Puisque nous ne sommes pas parvenus à enrayer le
changement climatique, autant essayer de s’acclimater au changement.
(
Lire nos informations
Page 7
Simple et pas cher
Par David Barroux
Les rois du marketing seraient-ils devenus fous ? Tous les experts
dans l’art de la vente le savent : pour séduire le client, mieux vaut faire
simple et pas cher que compliqué et hors de prix ! Pourtant, dans
le petit monde des télécoms, une nouvelle mode émerge : celle
du « quintuple play ». Vous aviez aimé le « triple play » (télévisiontéléphone-Internet) ; vous avez goûté au « quadruple » (mobile en
plus) ; on vous propose maintenant la puissance 5 en ajoutant des
options de domotique chez Free ou Orange et SFR tente depuis plus
d’un an d’inclure dans ses abonnements de la télévision payante
plus ou moins exclusive. Si les premières versions de cette stratégie
d’enrichissement de produits ont fonctionné avec Free dans l’ADSL
au début des années 2000, c’est qu’elles étaient à la fois simples et
économiques. Le consommateur obtenait un meilleur service pour
moins cher. Une proposition commerciale séduisante. Soucieux
de se différencier, d’augmenter leurs revenus et de contribuer par
l’addition de nouveaux services à réduire l’infidélité de clients (le
« churn ») qui en théorie hésiteraient à quitter un opérateur mêlant
tant de services, les opérateurs poussent néanmoins désormais
trop loin cette logique. Cette accumulation provoque ce que les
Américains ont baptisé le « bill shock » (le choc de la facture). Car
quand combiner trop de services finit par coûter trop cher et par
limiter la liberté de choix d’un client prisonnier de « packages », le
risque est que ce client aille tout simplement ailleurs. Les télécoms
devraient en fait s’inspirer du tourisme. Certes, des voyagistes
proposent des offres tout compris (avion-hôtel-restauration…),
mais dans ce cas le tarif est imbattable. Les compagnies aériennes
ont abandonné les stratégies d’intégration verticale et ne vendent
pas en même temps billet + hôtel + location de voiture, mais elles
proposent à leurs clients de profiter de réductions pour des services
complémentaires. Elles se font payer en commission par des
partenaires, elles n’essaient pas d’essorer un peu plus leurs clients.
(
Lire nos informations
Page 23
Boll pour « Les Echos »
L’indépendance contestée
des banques centrales
Guillaume Benoit
@gb_eco
Le métier de banquier central n’est
jamais une sinécure. Mais, depuis
quelques mois, les patrons d’instituts d’émission ont intérêt à avoir la
peau dure. A la tête de la Réserve
fédérale américaine, Jerome
Powell, est sous le feu constant de
tweets exterminateurs de Donald
Trump. Le président des EtatsUnis, qui l’a pourtant nommé à ce
poste, ne manque pas une occasion
de critiquer la politique de resserrement monétaire de la banque
centrale américaine, qu’il estime
nuisible à l’économie.
Face à ces menaces et tentatives
de faire de la Fed un bouc émissaire,
Powell fait pour l’instant front.
D’autres n’ont pas eu cette possibilité, dans des pays où ces institutions
sont plus fragiles. Erkan Kilimci,
vice-gouverneur de la banque centrale turque (CBRT), a démissionné
fin août. Il était en butte à l’opposition violente du président Erdoğan
à toute hausse de taux, malgré une
inflation galopante dans le pays.
Plus récemment, c’est Urjit Patel, le
gouverneur de la Reserve Bank of
India, qui a jeté l’éponge. Officiellement, il s’agit d’une démission
« pour motifs personnels », mais le
conflit entre le banquier central et le
Premier ministre, Narendra Modi,
couvait depuis plusieurs semaines.
Il a été remplacé par un proche de ce
dernier.
Ces attaques témoignent d’une
tendance préoccupante, celle d’une
volonté de plus en plus forte des dirigeants politiques de reprendre la
main sur les banques centrales.
De l’avis d’une large majorité
d’économistes, cette indépendance
est pourtant indispensable aux banques centrales pour atteindre l’un de
leurs principaux objectifs : garantir
la stabilité des prix en luttant contre
l’inflation. D’abord parce qu’elles
peuvent opposer au court-termisme
des mandats politiques une vision
de long terme sur les grands enjeux
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Depuis plusieurs
semaines, les banques
centrales sont
sous pression.
Les dirigeants
étatiques veulent
reprendre plus ou
moins subtilement la
main sur la politique
monétaire. Au risque
de faire flamber
l’inflation.
de l’économie et les mesures à mettre en œuvre. Les gouverneurs sont
d’ailleurs nommés pour de longs
mandats : huit ans, non renouvelables, pour la BCE, par exemple. De
quoi contrebalancer le fait que les
dirigeants des instituts d’émission
sont choisis par les politiques.
C’est aussi une question de crédibilité. En théorie, une institution se
concentrant uniquement sur les
enjeux monétaires ne se laissera
pas détourner de sa mission, contrairement à un gouvernement qui
doit concilier des objectifs contradictoires en termes de croissance,
d’équilibre budgétaire et d’emploi.
Or, il est plus facile de faire tourner
la planche à billets que de réduire
les dépenses publiques ou augmenter la pression fiscale.
A l’inverse, une banque centrale
indépendante est en mesure de
prendre des décisions douloureuses pour contrer un emballement
de l’économie. Les instituts d’émission indépendants seraient donc
plus à même d’ancrer les anticipations d’inflation chez les agents économiques et donc de maîtriser
l’évolution des prix.
Montée en puissance
D
Les points à retenir
des principaux objectifs
•desL’un
banques centrales est
de garantir la stabilité des prix
en luttant contre l’inflation.
Ce sont elles qui ont été
les premières à réagir après
la crise financière en mettant
en place des instruments non
conventionnels : taux négatifs,
achat d’actifs, injections
massives de cash sur les
marchés.
Elles subissent aujourd’hui
les attaques des dirigeants
politiques qui souhaitent
en reprendre le contrôle.
•
•
Alors pourquoi ce dogme est-il attaqué ? En partie parce qu’il est relativement récent. Les banques centrales ont conquis leur indépendance
de haute lutte à la fin du siècle dernier. Au cours des années 1980,
pour la Fed et, en 1997, pour la Banque d'Angleterre. La Banque centrale européenne est la seule à être
« née » indépendante, en juin 1998.
Ensuite parce que la crise financière est venue brouiller les cartes.
Ce sont en effet les banques centrales qui ont été les premières à
réagir. Elles ont pris des mesures
d’urgence pour éviter le blocage du
marché interbancaire et, donc, du
financement de l’économie. Par
nécessité, elles sont sorties de leur
rôle de pilotage de l’inflation grâce à
leur politique de taux et au prêt de
liquidités aux établissements ban-
caires. Elles ont mis en place des
instruments non conventionnels :
taux négatifs, achat d’actifs pour
faire monter les prix et stimuler la
croissance, injections massives de
cash sur les marchés.
Les Etats, qui ont mis plus de
temps à adapter leurs politiques, se
sont retrouvés face à des banques
centrales devenues bien plus puissantes et agissant à la frontière de
leur domaine d’intervention. La
décision de laisser « mourir » ou
non certains établissements financiers, la BCE qui s’impose en « prêteur de dernier ressort » de pays
affaiblis lors de la crise de la zone
euro sont autant d’exemples de ces
nouvelles prérogatives. Dans un
sens, l’institut de Francfort a fait
preuve de plus de créativité que les
pays pour sauver la monnaie unique
et protéger l’économie européenne.
L’action très accommodante des
banques centrales a plutôt été bénéfique aux Etats. Les taux d’intérêt
très bas ont profité aux plus endettés
d’entre eux et ont permis de faire
repartir leur économie. Mario Draghi, président de la BCE, a même
estimé lors de sa dernière conférence de presse que, dans certaines
régions d’Europe, le programme
d’achat massif d’obligations avait été
le seul moteur de la croissance.
Mais, désormais, la plupart des
grandes banques centrales ont
infléchi leur action vers un resserrement monétaire. De quoi inquiéter
les dirigeants politiques. La politique monétaire et la politique budgétaire interagissent l’une avec
l’autre – un effet baptisé « policymix ». Au risque de freiner ainsi
l’essor économique alors que les
perspectives semblent beaucoup
moins favorables. Les gouvernants
redoutent une erreur de politique
monétaire qui pourrait avoir des
conséquences désastreuses et priver d’effet leur propre politique. Une
menace suffisamment sérieuse
pour pousser certains à passer en
force. Quitte à faire bondir l’inflation et fuir les investisseurs. n
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12 // IDEES & DEBATS
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Jouets : quelles seront les stars de Noël ?
2. Avis de tempête sur l’Alliance Renault-Nissan
3. Free : de « crétins.fr »… au luxe épuré de Freebox Delta
4. L’américain Merck s’offre une pépite française pour trois milliards d’euros
5. La prime défiscalisée concernera les salariés gagnant jusqu’à 3.600 euros
par mois
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Trois pistes pour sauver
l’enseignement supérieur
L’anglais de rigueur dans
un tribunal néerlandais
Il est absolument nécessaire de réorganiser
notre modèle éducatif pour le mettre en
adéquation avec notre époque. Les pistes
de Cyril Pierre de Geyer, fondateur
de Rocket School, pour y parvenir.
été pensé au XIXe siècle. Nos professeurs ont été
formés au XXe et enseignent aux étudiants
du XXIe siècle. A une époque où des empires
commerciaux se font et se défont en quelques
années, il y a un anachronisme édifiant dans
cette approche. »
MIEUX ORIENTER « Un système éducatif
supérieur performant repose sur une
orientation de qualité. […] Des outils exploitant
l’intelligence artificielle et des algorithmes
puissants couplés à de la big data permettent
de faciliter le traitement humain et
l’orientation. Si cette piste n’est pas prise
en compte en urgence par les pouvoirs publics,
on laissera sur le carreau des talents
qui s’ignorent. »
BIEN FORMER « Le deuxième pilier concerne
la manière dont on prépare les jeunes à la vie
de l’entreprise. Il est fondamental de mettre
l’accent sur la capacité à être opérationnel
le plus rapidement possible dans un nouvel
environnement de travail. Une entreprise
rechigne à embaucher des profils qu’il lui
faudra former dans la mesure où plusieurs
mois seront nécessaires avant que ceux-ci
soient complètement opérationnels. »
APPRENDRE À APPRENDRE « Apprendre
par cœur ne sert plus à rien. […] Désormais,
on parle d’obsolescence des compétences : une
compétence a une durée de vie de cinq ans,
contre trente ans dans les années 1980. Par
conséquent, un individu va devoir continuer
d’apprendre tout au long de sa vie pour
maîtriser les connaissances utiles
dans son domaine d’expertise. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle
:
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
la première fois, le juge néerlan•dais« Pour
devra faire face à une procédure et
des débats en anglais », commente le
quotidien économique néerlandais
« Het Financieele Dagblad » en annonçant la création de la Netherlands Commercial Court (NCC). « Composée d’une
chambre de première instance et d’une
cour d’appel, cette instance spécialisée
dans des affaires commerciales internationales complexes doit contribuer au climat d’investissement aux Pays-Bas et stimuler l’économie », détaille le journal.
Une grande avancée juridique, selon
le quotidien, qui fait part « de la tendance des entreprises néerlandaises présentes à l’international de régler leur
conflit à l’étranger ». Et de citer « Londres, Dublin, Dubaï, Singapour et l’Etat
du Delaware comme tribunaux commerciaux de prédilection pour les grandes
entreprises ».
L’adoption du projet a toutefois soulevé d’âpres débats au Parlement où
« des groupes politiques ont fait part de
leur inquiétude quant à l’accès de cette
instance aux PME eu égard à la langue de
procédure et aux coûts y afférents »,
retrace le quotidien. « Les tarifs du greffe
de la NCC sont en effet plus élevés que
dans les autres tribunaux des Pays-Bas »,
note « Het Financieele Dagblad ».
« A qui reviendront les recettes supplémentaires perçues par la NCC ? » a
notamment questionné un sénateur
durant les débats. « Le ministre chargé
de la Protection juridique, Sander Dekker, a promis qu’une évaluation de la NCC
aurait lieu d’ici à cinq ans, ce qui a permis
une adoption du projet », rappelle le
quotidien.
LE LIVRE
DU JOUR
Comment le Moyen
Age a façonné le monde
LE PROPOS Transformer le vaste
monde, l’occuper et le modeler.
Et donc lui donner un sens.
« L’Occupation du monde » raconte
les origines prométhéennes de cette
volonté d’agir sur la nature et le
monde née dans l’Occident
médiéval. L’ouvrage invite à un
retour au Moyen Age pour penser
l’économie et les problématiques
actuelles, notamment en matière
d’environnement et de
mondialisation. C’est dans les
universités médiévales que les
franciscains et les dominicains ont
élaboré un vaste et riche corpus
– droit, économie – qui permet de
saisir cet « impensé théologique au
cœur de la raison économique ».
Les concepts de l’économie actuelle
restent imprégnés de cette culture
religieuse chrétienne.
L’AUTEUR Médiéviste à l’Ecole des
hautes études en sciences sociales,
Sylvain Piron est spécialiste de
l’histoire intellectuelle des sociétés
médiévales et de la pensée
scolastique. Son approche
pluridisciplinaire (économie,
sociologie, histoire, philosophie) l’a
amené à travailler sur l’œuvre de
Pierre de Jean Olivi, le théologien
« L’occupation du monde »
Sylvain Piron, éditions Zones
Sensibles, 240 pages, 19 euros.
franciscain qui fit un apport
majeur à la théorie des contrats
au XIIIe siècle.
L’EXTRAIT « Pour avoir l’esprit
constamment tourné vers Dieu, le
moine doit être en permanence
occupé, dans la prière, la liturgie ou le
travail manuel. Le sujet chrétien est
un être qui doit s’occuper et qui
trouve dans le travail une activité
susceptible de combler cette attente.
Ce besoin d’occupation est la
manifestation la plus flagrante des
origines chrétiennes de la morale
économique. »
— Nessim Aït-Kacimi
Getty Images/fStop
ANACHRONISME « Notre système éducatif a
Quelques grammes d’espoir
dans un monde de brutes
CHRONIQUE // Au sortir d’une année 2018 éprouvante pour
les démocraties libérales, particulièrement en Europe, on peut
toutefois trouver quelques raisons de rester optimiste.
LE REGARD
SUR
LE MONDE
de Dominique
Moïsi
T
ant qu’il y a de la vie, il y a de
l’espoir », dit le proverbe. La formule s’applique parfaitement à
l’Union européenne aujourd’hui, en
dépit d’une année 2018 difficile pour la
cause de la démocratie dans le monde.
Des raisons d’espérer existent encore,
même si – et c’est une litote – elles sont
moins évidentes. On peut en dresser
une liste à la Prévert, sans souci d’ordre
et de hiérarchie.
Ainsi, dans sa négociation sur le
Brexit avec Theresa May, l’Union a
maintenu son unité en dépit des tentatives de divisions, puis de renégociations
successives de Londres.
Sur un autre plan, les populistes au
pouvoir, de la Hongrie à l’Italie, en passant par la Pologne, ne souhaitent pas,
ne souhaitent plus, quitter l’Europe. Ils
espèrent, et ce n’est pas neutre bien sûr,
donner une autre direction, sinon une
autre signification au projet européen.
Dans ce rapide catalogue des « presque bonnes nouvelles », il y a des évolutions proprement nationales. En Pologne, par exemple, la résistance au
pouvoir en place grandit et s’organise,
même si la jeunesse est aujourd’hui
beaucoup plus conservatrice et nationaliste qu’elle ne l’a jamais été depuis la
chute du communisme. Mais la société
polonaise reste profondément divisée.
Elle ne suit pas, presque aveuglement,
Jaroslaw Kaczynski, comme peut le
faire son équivalent en Hongrie avec
Viktor Orbán. Le retour au pouvoir des
tenants d’une démocratie libérale classique, attachée aux valeurs traditionnelles de l’Europe, n’est plus un idéal
distant, mais un scénario peut-être proche, qui pourrait se réaliser dès les prochaines échéances électorales du printemps. Le Premier ministre en place,
Mateusz Morawiecki, n’est-il pas luimême le visage modéré du régime
ultraconservateur polonais et, comme
tel, une possible figure de transition ?
En Allemagne, les bons scores réalisés par les Verts lors des dernières élections régionales, très largement supérieurs dans certains Länder à ceux de
l’extrême droite de l’AfD, sont porteurs
d’espoir non seulement pour l’Allemagne, mais potentiellement pour
l’Europe entière. Les Verts allemands
sont unis, responsables, « centristes » et
profondément proeuropéens. Bref, un
modèle à suivre pour les partis écologistes dans l’ensemble des pays de l’Union,
ce qui, soyons réalistes, est très loin
d’être le cas chez la plupart des voisins
de la République fédérale.
En Allemagne toujours, Angela Merkel, bien qu’affaiblie et sur le départ, a
réussi à faire de « sa » candidate, Annegret Kramp-Karrenbauer, son successeur à la tête de son parti, la CDU. Sa fin
de règne est moins humiliante qu’on ne
pouvait le craindre.
« Les “gilets jaunes”
ne sont pas plus
le tiers état que
les sans-culottes.
Ils sont encore moins
l’équivalent du Parti
bolchevique russe
en 1917. »
En Grande-Bretagne, le vote des Britanniques en faveur du Brexit se révèle
plus cauchemardesque encore dans ses
conséquences politiques et économiques que ne le supposaient ses pires
adversaires. Pour éviter un vote désastreux pour elle, Theresa May s’est vue
contrainte de jouer la montre, et de
demander un nouveau délai sans la
moindre garantie que le temps joue en
sa faveur. Il s’agit bien sûr d’un jeu perdant-perdant entre la Grande-Bretagne
et l’Union, mais la probabilité d’un
second référendum, même si elle
demeure faible, augmente significativement. Un fin connaisseur de la vie politique britannique l’estimait devant moi, il
y a quelques jours, supérieure à 25 %.
Même en France, si rien n’est réglé,
l’intervention du président de la République a contribué à calmer, sinon les
esprits, du moins certains d’entre eux,
désireux au lendemain d’un attentat terroriste à Strasbourg de ne pas ajouter du
désordre au désordre. Comment faire la
révolution sans révolutionnaires ? Les
« gilets jaunes » ne sont pas plus le tiers
état que les sans-culottes. Ils sont encore
moins l’équivalent du Parti bolchevique
russe en 1917, n’en déplaise à certains
partisans de l’extrême gauche.
Les Etats-Unis se sont toujours plus
éloignés de l’Europe au cours des dernières années. Il n’en demeure pas
moins qu’il existe une interdépendance
réelle et psychologique très grande
entre les deux continents. La victoire du
Brexit a ouvert la voie à celle de Donald
Trump et cette dernière a renforcé le
camp des populistes en Europe, sinon
dans le monde, comme ce fut le cas tout
récemment au Brésil. Avec le recul du
temps et le décompte de tous les résultats, les élections de mi-mandat de
novembre 2018 apparaissent comme
un encouragement pour les démocrates, et un avertissement pour les républicains. Une défaite de Donald Trump
aux élections présidentielles de 2020
est loin d’être assurée, mais elle est possible et pourrait ouvrir un nouveau
cycle et constituer une source d’espoir
et d’encouragement pour les tenants de
la démocratie libérale classique, des
deux côtés de l’Atlantique.
Sur un plan plus global, l’évolution de
la géopolitique mondiale s’impose
comme le cœur, sinon la raison d’être
première, du projet européen. Il ne
s’agit plus comme au lendemain de la
Seconde Guerre mondiale d’assurer le
« plus jamais ça » par la réconciliation
et l’intégration progressive. Il ne s’agit
pas non plus d’offrir au monde l’image
et la réalité d’un modèle de gouvernance, plus humain et plus efficace à la
fois, même si cet objectif demeure. Il
s’agit tout simplement de garantir la
sécurité de l’Union européenne et des
nations qui la composent. Une sécurité
qui va moins que jamais de soi, depuis
que l’Amérique s’éloigne, la Russie se
rapproche, la Chine étend ses ambitions et la Grande-Bretagne se saborde.
Mais l’Union européenne ne saurait
non plus se contenter d’une raison
d’être exclusivement sécuritaire. Les
Français expriment aujourd’hui
l’impossible double souhait d’avoir plus
de protection de la part de leur Etat et de
payer moins d’impôts. Dans leurs relations à l’Union, les Européens aussi sont
parfaitement contradictoires. Ils veulent se libérer de ses carcans, tout en
attendant qu’elle les protège davantage.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial à l’Institut Montaigne.
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IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
art&culture
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5. Plafonnement des indemnités prud’homales : la bataille juridique est lancée
LE POINT
DE VUE
de Stéphane Couchoux
L
e rapport récent de la Cour des
comptes et le débat médiatique
qui l’accompagne font peser une
incertitude sur le mécénat d’entreprise
qui est dommageable aux mécènes
comme aux bénéficiaires du mécénat.
Chacun comprendra que, en matière
de fiscalité, l’incertitude et l’inconstance ont des effets très préjudiciables
puisque, dans le doute, les entreprises
mécènes préfèrent s’abstenir d’engager
leurs dons plutôt que de faire face à une
situation inconnue. Tous les acteurs
publics ou privés à but non lucratif le
diront : les changements de fiscalité,
dont les pouvoirs publics sont coutumiers, sont leur bête noire. Ce débat
actuel sur le mécénat est manifestement biaisé. Présenter la politique
mécénale d’une entreprise comme une
stratégie d’optimisation fiscale est inapproprié et relève plus de la suspicion
que de l’analyse économique.
Il faut quand même rappeler qu’une
entreprise mécène apporte des fonds à
une cause d’intérêt général. Le mécénat
est un vrai don qui est un coût pour
l’entreprise. On est très loin de la « niche
fiscale », comme d’aucuns le prétendent pour qualifier cette opération. Il
faudrait donc d’abord songer à remercier les entreprises mécènes plutôt qu’à
les pointer du doigt. De plus, lorsqu’on
prétend que l’entreprise déduit, à
l’appui de sa dépense de mécénat, 60 %
d’impôts, c’est faux. En effet, la loi Aillagon prévoit que « les versements ne sont
pas déductibles pour la détermination du
bénéfice imposable ». Par conséquent,
lorsqu’une entreprise donne 100, son
LE POINT
DE VUE
de Pascal Roger
L
a crise actuelle, qui a trouvé son
origine dans la hausse du prix
des carburants – bien que liée
majoritairement à une évolution
momentanée du prix du pétrole –, se
traduit par une mise en cause de la
taxation carbone. Cette réaction très
forte dans l’opinion publique ne doit
toutefois pas occulter deux réalités
incontournables.
La taxation carbone est absolument
nécessaire pour la transition énergétique et climatique, en particulier pour
assurer l’attractivité et la viabilité économique des projets d’économies
d’énergie et de chaleur renouvelable qui
sont les deux principaux piliers de cette
mutation.
Face à la réalité et l’urgence du risque climatique qui induit un objectif
de maintenir le réchauffement en
deçà de la barre de 1,5 °C, nous entrons
dans un processus long et volontaire
de décarbonation qui s’accompagnera d’une évolution du prix du carbone. Les derniers rapports du GIEC
montrent clairement que, pour éviter
un risque climatique incontrôlé, nous
devons viser un objectif de neutralité
carbone en 2050. Les scénarios de la
stratégie nationale bas carbone reposent sur une évidence : l’atteinte de cet
objectif passera par des changements
de nos comportements de consommation très importants, mais également par une valorisation du carbone
à des prix nettement plus élevés à
l’avenir pour rendre financièrement
viables les projets et financer cette
Sortir le mécénat
d’entreprise
de l’inconstance fiscale
« avantage » réel n’est pas de 60 mais
seulement de 27 (avec un taux d’IS marginal à 33,33 %). A cela peut s’ajouter – si
l’on parle de dépenses de construction
par exemple – le fait que, lorsque l’on
bénéficie des dispositions de la loi Aillagon, la TVA de 20 % n’est pas récupérable. L’avantage n’est alors plus de 27
mais de l’ordre de 15.
Le mécénat est un vrai
don qui est un coût
pour l’entreprise.
On est très loin de la
« niche fiscale », comme
d’aucuns le prétendent.
Imaginons ensuite que les entreprises mécènes ne puissent plus, pour
leurs actions de générosité, bénéficier
du dispositif fiscal actuel. Dans ce cas,
nul doute qu’elles choisiront de traiter
leurs dépenses dans le cadre général de
la fiscalité d’entreprise. Ces dépenses
seront déductibles de leur résultat
imposable, elles pourront récupérer la
TVA et elles bénéficieront de contreparties beaucoup plus intéressantes qu’en
matière de mécénat (visibilité, services
rendus par le bénéficiaire…). On s’apercevra alors – mais un peu tard – que le
gain réel de la loi Aillagon n’est pas du
tout de l’ordre de 60 % ! Tous les professionnels de ces questions savent que
cette incitation est juste suffisante à
assurer l’intérêt et la visibilité du dispo-
sitif. C’est d’ailleurs exactement pour
éviter cette situation paradoxale et
antagonique que la loi Aillagon de 2003
a été prise afin de préférer le recours au
mécénat d’entreprise aux autres modalités plus commerciales. Tout retour en
arrière pourrait bouleverser le fragile
équilibre de l’économie du mécénat.
Mais, surtout, dans son rapport, la
Cour des comptes n’a examiné que les
charges et jamais les bénéfices secondaires du mécénat. Prenons par exemple le
cas de la Fondation d’entreprise Louis
Vuitton, grand bénéficiaire de la loi, qui
est largement citée par le rapport de la
Cour des comptes : il n’est pris en compte
ni son succès public, ni le fait que cette
fondation restituera gracieusement à la
collectivité publique, à l’issue de la
période de concession, un immeuble
d’une importance patrimoniale et
architecturale majeure… Aurait-ce été
possible sur nos fonds publics ?
Au lieu de « suspecter » et d’envisager
de raboter l’incitation fiscale, le législateur devrait traiter le sujet « par le
haut » : d’une part, en se donnant les
moyens de sourcer, mesurer l’utilité
sociale du mécénat et du dispositif fiscal, comparé à la dépense publique ;
d’autre part, en renforçant l’exigence de
transparence à la charge des entreprises
mécènes.C’est à ce prix que la confiance
sera rétablie à l’égard du législateur
comme des mécènes et des citoyens.
La taxation carbone
engendre des retombées
économiques qui
constituent un levier
important de création
de valeur.
La taxation carbone est vertueuse car,
contrairement à de très nombreux
impôts, elle ne constitue pas uniquement un outil de captation fiscale. Elle
engendre des retombées économiques
directes et indirectes qui constituent un
levier important de création de valeur et
de relance économique au niveau des
territoires. Les projets d’économies
d’énergie et de chaleur verte sont en effet
par nature des projets locaux et ont des
retombées immédiates en termes
d’investissements, de développement de
filières et de création d’emplois locaux.
Philippe Chevilley
@pchevilley
THÉÂTRE
velle pour le théâtre émergent.
Lancé il y a une décennie
Palmarès de la 10e édition
Double prime à l’émotion :
par Olivier Py et Fabienne
Le Centquatre-Paris, Jeune
« Place », le sobre et poiPascaud, directrice de la
Théâtre National, T2G gnant spectacle de Tamara
rédaction de « Télérama »,
Théâtre de Gennevilliers.
Al Saadi a été couronné à la
Impatience est un sacré
www.festivalimpatience.com
fois par le jury professiondéfi. Pour cette dernière
nel présidé par Charles Berling (*) et par le
édition, qui s’est déroulée du 4 au 12 décemjury lycéen du Festival du théâtre émergent
bre, ses organisateurs (JTN, Centquatre et
Impatience, mercredi 12 décembre au soir
T2G) ont visionné les captations de plus de
au Théâtre de Gennevilliers. Peu d’effets,
200 spectacles, en ont présélectionné 30,
pratiquement aucun jeu de lumières dans
pour retenir 10 finalistes. Si le festival est
cette pièce à fleur de peau qui raconte les difsuivi de près par les professionnels, c’est
ficultés d’une jeune Irakienne ayant fui son
parce qu’il a contribué, en quelques années
pays en guerre pour trouver sa « place »
d’existence, à révéler des artistes de
dans une société française sclérosée. On
premier plan comme Thomas Jolly, Julie
reste scotché au texte, qui subtilement évoDeliquet, Lazare, Raoul Collectif.
que le tiraillement de l’héroïne entre sa
famille retranchée dans l’exil et son jeune
Propositions
amant français qui ne la comprend pas.
très variées
Les personnages sont joliment campés
Des interrogations politiques, sociales et
par des comédiens dirigés au cordeau. La
existentielles (« Place », « J’abandonne une
jeune Tamara Al Saadi, qui signe le texte et
partie de moi que j’adapte », « Trtff »), des
la mise en scène, soigne les contrastes : la
variations sur l’animalité (« Loup », « La
mère (super Françoise Thuriès) semble sorBête », « La Nuit animale »), sur le jeu, l’art,
tie d’une tragédie antique, alors que les
la guerre (« The Automated Sniper ») et sur
enfants se disputent au sujet de « Rambo »
le couple (« Hybris »), un conte philosoet de « Dragon Ball Z ». Quant au rôle de
phique drolatique (« Ultra-Girl contre
l’héroïne, il est dédoublé pour évoquer la
Schopenhauer »), sans oublier une tragépart irakienne et la part française qui
die antique épicée à la sauce rock and roll
s’affrontent dans sa psyché. Le moment où
(« C’est la Phèdre ! » d’après Sénèque) : les
les deux Yasmine chantent en chœur « Il n’y
propositions de cette 10e édition sont appaa pas d’amour heureux » d’Aragon mis en
rues très variées dans leurs thématiques
musique par Brassens arrache les larmes.
comme dans leurs esthétiques.
Festival Impatience
Stéphane Couchoux est avocat,
directeur associé Fidal,
responsable secteur fondations,
mécénat & entreprises.
La trajectoire carbone :
une taxation
nécessaire et vertueuse
transition. En outre, cette taxe doit
également être considérée comme le
coût écologique de « dépollution »
nécessaire.
Remettre en cause la première étape,
qui est la trajectoire enfin dessinée de la
contribution climat énergie, constituerait un recul inexplicable par rapport
aux engagements promus et promis
par notre pays. En outre, cela ruinerait
durablement la confiance des promoteurs de projets et la visibilité nécessaire
à tout investissement, alors que l’attractivité et la compétitivité relative des
projets n’est pas encore assurée.
Festival Impatience :
une « Place » de choix
Il faut, en revanche, absolument éviter le risque actuel que cette taxation
soit perçue comme une imposition
complémentaire déguisée. Cette taxation, pour être acceptée, devrait être
mieux expliquée et affectée entre des
actions de transition énergétique efficientes économiquement et des mesures d’allégements de taxes ou charges
salariales, comme l’ont fait avec succès
nos grands voisins nord-européens.
Pour entrer dans un cercle vertueux,
une partie de ces ressources complémentaires doit absolument être orientée pour donner l’impulsion nécessaire
à des investissements de rénovation
énergétique « technique » et de chaleur
renouvelable, qui sont aujourd’hui très
en retard par rapport à nos engagements, et qui généreront des économies
dans la durée qui contribueront à leur
rentabilité.
Du point de vue des opérateurs énergétiques regroupés au sein de la Fedene,
qui élaborent au quotidien les projets
concrets d’économies d’énergie et de
chaleur renouvelable et de récupération, nous considérons qu’il faut donner
la priorité et les soutiens publics nécessaires aux investissements dans ces projets qui représentent les plus gros enjeux
et potentiels quantitatifs au meilleur
coût, et qui généreront dans la durée des
économies financières pour les clients
et des réductions pérennes de CO2.
Pascal Roger est président
de la Fedene (Fédération des
services énergie environnement).
« Place », prix Impatience 2018, raconte les difficultés d’une jeune Irakienne ayant fui
son pays pour s’intégrer dans une société française sclérosée. Photo Geoffrey Callenes
Trois femmes couronnées
La lauréate avait justement les larmes
aux yeux lors de l’annonce des résultats,
soulignant combien ce couronnement
allait « changer sa vie » et la vie de sa compagnie, La Base. Car le prix ne consiste
pas en une somme d’argent. Les organisateurs du festival (Le Centquatre, le
Jeune Théâtre National, le T2G-Théâtre
de Gennevilliers, Théâtre National et
l’hebdomadaire « Télérama ») ont imaginé une formule bien plus efficace pour
assurer la visibilité du gagnant : une programmation dans les différents théâtres
associés au festival, ainsi que dans le In
du Festival d’Avignon.
Deux autres récompenses ont été décernées : le prix du public est revenu à
« J’abandonne une partie de moi que
j’adapte » du collectif liégeois Group
Nabla, un spectacle manifeste confrontant
les angoisses existentielles de l’aprèsguerre à celui de la jeunesse d’aujourd’hui,
en partant du film documentaire de Jean
Rouch et d’Edgar Morin « Chronique d’un
été » (1961). Le jeu brillant des comédiens
(notamment pour reproduire le phrasé et
les tics des années 1960), le basculement
habile d’une époque à l’autre, la satire du
libéralisme (un brin convenue) et les envolées poétiques réglées avec savoir-faire par
la metteuse en scène, Justine Lequette, ont
fait mouche.
Quant au prix SACD, le jury l’a attribué à
Anne Sibran, auteure d’un conte troublant
sur l’animalité, mis en scène avec onirisme et
interprété avec fougue par Julie Delille. Trois
lauréates pour quatre prix, un palmarès
totalement féminin… c’est une bonne nou-
On y a retrouvé des tendances fortes : le
travail de plateau, d’impro à la base des
spectacles ; un phrasé volontiers naturel ; un usage maîtrisé du corps ; la
recherche de scénographies simples et
efficaces ; des références plus ou moins
heureuses aux maîtres anciens et nouveaux (Claude Régy, Jean-Louis Pommerat, Romeo Castellucci, Pascal Rambert,
Julien Gosselin)…
Les compagnies en lice
ont fait preuve
d’une belle énergie,
avec en prime quelques
audacieuses échappées
belles.
Certes le festival n’a pas révélé de nouvelles formes, mais les compagnies en
lice ont fait preuve d’une belle énergie,
d’une qualité de jeu et une quête de sens
prometteuses, avec en prime quelques
audacieuses échappées belles, tel le
spectacle déjanté, éclaté, sur l’imposture
signée Colyne Morange « Trtff » (une
contraction de « Tartuffe »). C’est avec
impatience qu’on attend la 11 e édition
d’Impatience. L’appel à candidatures est
déjà lancé. L’émergence ne prend pas de
vacances…
(*) Le jury, composé d’une quinzaine de
membres, regroupait des artistes, des responsables d’institution et des critiques
(dont nous-même au titre des « Echos »).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 // IDEES & DEBATS
SUR
LE WEB
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
VENT DU DÉSERT
Un vent qui balaie le désert
à la vitesse de 5 à 7 km/h et
vous siffle dans les oreilles…
Eh bien, demanderez-vous ?
Eh bien, celui-ci souffle
sur Mars ! Ecoutez...
https://bit.ly/2L3d5G1
Science contre
croyance
LA
CHRONIQUE
d’Antoine
Balzeau
L
e jaune est à la mode ces derniers temps,
que ce soit à cause de la couleur des cheveux
d’un haut dignitaire de l’autre côté
de l’Atlantique ou de celle d’un gilet porté fièrement
un peu partout dans l’Hexagone. Ces différents
orateurs ont pourtant quelques points communs,
tels leurs discours passionnés, une utilisation
experte des réseaux sociaux et aussi, du moins
parfois, leur distance avec les faits. Mais, me direzvous, quel rapport pourrait avoir tout cela avec
la science ? Il n’y en a pas vraiment, et c’est justement
mon propos. Une démarche scientifique ne mène
jamais à une certitude. Elle consiste à confronter
une hypothèse à des faits, avec comme objectif
de la tester, éventuellement de la contredire,
et de la rejeter. Il y a par conséquent des données
sur lesquelles se construisent des théories, lesquelles
constituent l’explication la plus probable d’un
ensemble de faits contrôlés, étudiés et interprétés.
Etre climatosceptique ou adepte du complot, penser
que consommer toujours plus ou donner plus à tout
le monde est possible ou encore que la faute vient
toujours des autres (que ce soit en termes
économiques ou écologiques), relève de la croyance
et non de la science. En cette période de l’Avent, c’est
de bon aloi, le père Noël va bientôt passer. Mon vœu
de fin d’année est donc que, pour tous ces sujets
sérieux, chacun prenne le temps de se faire sa propre
idée, de vérifier les sources et d’y réfléchir en citoyens
avisés. Je ne vous donnerai pas mon avis, qui
importe peu. Mais la Terre se réchauffe, c’est un fait,
c’est dû à notre activité, autre fait, et nous en sommes
tous responsables (ter). Consommer et produire
toujours plus dans un environnement fini est
une aberration. Nous faisons l’erreur de vouloir
consommer plus plutôt que de consommer mieux ;
ce qui serait peut-être plus contraignant, mais au
moins durable. Je vous dis à 2019, non pas avec plus,
mais avec mieux.
Antoine Balzeau est paléoanthropologue au
CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle.
o
L’INVENTION
Les poulets d’élevage,
symbole
de l’anthropocène ?
U
n « symbole de la transformation forcée
de la biosphère par l’être humain pour
satisfaire ses modes de consommation »
et même un symbole si éclatant qu’il a « le potentiel
pour devenir un marqueur biostratigraphique de
l’anthropocène », cette nouvelle époque géologique
caractérisée par l’influence de l’homme sur
les processus terrestres. Mais de quoi parlent donc
les auteurs de l’étude parue dans la revue « Royal
Society Open Science » ? La réponse pourra peutêtre vous surprendre, mais elle est très sérieuse :
du poulet d’élevage. La planète en hébergerait
présentement quelque 23 milliards, ce qui
représente une masse trois fois supérieure
à celle de toutes les espèces d’oiseaux sauvages
réunies. Mais, surtout, il n’aura suffi que de
quelques décennies à l’homme pour transformer
radicalement la morphologie de ces volatiles,
là où l’évolution naturelle aurait mis plusieurs
millions d’années à le faire. Avec leurs pattes
difformes et leur cœur défaillant, les volailles
actuelles sont deux fois plus grandes que celles
du Moyen Age et grossissent cinq fois plus
rapidement que celles des années 1950. Et comme
ce sont sur les os – plus grands, moins denses,
souvent déformés – que les changements
morphologiques sont le plus visibles, les auteurs
concluent que leurs fossiles, en nombre écrasant,
laisseront dans un lointain avenir une empreinte
bien visible dans les sédiments, la signature
géologique de notre époque. Celle où l’on mangeait,
sans compter, des poulets élevés en batterie.
— Yann Verdo
12
millions
de km
sciences
DES PLANS SUR ELLE ?
Dimanche 16, la comète
Wirtanen a atteint le point de
son orbite le plus rapproché
de la Terre, à seulement
12 millions de km. Elle restera
visible jusqu’au 22 décembre.
https://bit.ly/2S0Wg0S
ANTHROPOLOGIE // Les peuples autochtones ne représentent que 5 % de la population mondiale,
mais ils participent à la conservation de 80 % de la biodiversité planétaire.
La diversité humaine s’effondre
Paul Molga
@paulmolga
R
ecluse au milieu de l’océan Indien,
la petite tribu des Sentinelles
n’aspirait qu’à vivre à l’écart du
monde. Le 16 novembre, un Américain
tombé sous leurs flèches après avoir posé
le pied illégalement sur leur île a propulsé
ce groupe de chasseurs-cueilleurs au rang
de stars du Web.
Pour les anthropologues, c’est un écueil
scientifique : avec l’imprudence de ce
missionnaire illuminé s’est évanouie une
nouvelle chance d’approcher ce peuple
primitif. C’est l’un des plus isolés et des plus
mystérieux de notre monde, situé pourtant
à seulement une cinquantaine de kilomètres de la première ville de l’archipel d’Andaman, qui compte une centaine de milliers
d’habitants dans un chapelet d’îles au large
de la Birmanie et de l’île indonésienne de
Sumatra. Malgré sa proximité avec les
gratte-ciel, on sait peu de chose de cette
tribu filmée à quelques reprises depuis des
embarcations en mer, à distance de leurs
flèches. Selon l’ONG de protection des
communautés autochtones Survival International, ces individus descendraient des
premières populations d’Homo sapiens
parties d’Afrique et pourraient peupler
North Sentinel, un petit bout de terre à peine
plus grand que la moitié de Paris (60 kilom è t r e s c a r r é s) d e p u i s s a n s d o u t e
60.000 ans. Les rares images qu’on a d’eux
montrent des individus à la peau noire, relativement petits (1,65 mètre), le corps simplement vêtu de feuilles et orné de signes
peints. Mais ils ne vivent pour autant pas
étrangers au monde. « L’isolement est la
condition de leur survie. Leur mode de vie
évolue et ils se sont adaptés de nombreuses
fois, utilisant par exemple du métal charrié
par la mer », explique l’organisation humanitaire basée à Londres. Les scientifiques
estiment leur nombre à quelque 150 âmes.
Le premier contact, établi au XIXe siècle
par une expédition coloniale britannique, a
été brutal. « Cet événement a pu laisser un profond traumatisme et planter les racines de
l’hostilité de ce peuple vis-à-vis du monde
extérieur », suppose Fiore Longo de l’ONG
Survival International. L’Américain John
Allen Chau, qui s’était mis en tête de convertir
« ce dernier bastion de Satan » au christianisme, en dépit d’une interdiction d’accès
décrétée par le gouvernement indien en
1996, est leur troisième victime du monde
moderne. En 2006, deux pêcheurs échoués
par accident sur leur terre avaient été tués et
un seul anthropologue, l’aventurier Trilokinath Pandit, a pu y poser le pied et en revenir
pour témoigner. C’était en 1991. « Nous avons
parcouru environ un kilomètre à l’intérieur de
la forêt, a-t-il récemment raconté au site
Down to Earth. Ils étaient cachés dans la forêt
d’où ils nous observaient. Nous sommes tombés sur une vaste zone défrichée pour un
campement. Il y avait là 18 petites cabanes, clôturées avec des bâtons, avec des feux en face de
chacune. Il y avait beaucoup de nourriture, y
compris des fruits sauvages et du poisson fumé
sur le feu. Des arcs et des flèches traînaient. Un
tel camp pourrait indiquer une population
d’au moins 50 à 60 personnes. »
370 millions d’autotchtones
Le contrôle des rivages a protégé les Sentinelles. Mais, dans le monde, d’autres
populations autochtones isolées luttent
plus difficilement pour échapper aux
maladies, à la convoitise des ressources
naturelles, au tourisme, au développement économique et à la pression urbaine.
« Une chose est frappante lors des contacts
entre notre civilisation et ces tribus, explique la directrice de recherche du Survival
international, Fiona Watson : ils en savent
plus sur nous que nous le pensons, ils nous
observent, ils devinent que notre monde est
plein de dangers et ils ont pris la décision de
rester isolés pour leur survie. Mais ils
restent curieux. » Au total, selon les estimations des Nations unies, ces peuplades
rescapées représenteraient un contingent
de 370 millions de personnes formant
Pris le 28 décembre 2004, ce cliché est l’un des très rares dont on dispose d’un membre de la tribu
des Sentinelles, peuplade de quelque 150 personnes vivant coupées du monde dans l’archipel d’Andaman.
Photo Handout/Survival International/Indian Coast Guard/AFP
D
Tribus rebelles
Les Sentinelles
•(Inde).
Ce peuple
de quelques dizaines
d’individus vit depuis
sans doute des milliers
d’années sur une île
de 10 kilomètres
de diamètre située
dans un archipel
de l’océan Indien.
Il semble connaître
le feu et descendrait
des premiers humains
à avoir colonisé l’Asie
au paléolithique.
Les Ayoreo
(Bolivie). Connu pour
son agressivité et
ses rackets sur les
populations voisines,
ce peuple de chasseurscueilleurs occupe
les forêts qui s’étendent
du Paraguay
à la Bolivie. Leur
territoire est la proie
des coupes les plus
massives de la planète.
Dépossédés, les Ayoreo
sont pour la plupart
devenus sédentaires.
Les Korubo (Brésil).
Leur nombre est estimé
à moins de 500 et ils
sont réputés hostiles
aux autres populations,
amérindiennes ou non.
Ils conservent un mode
de vie primitif dans
la région du Javari, qui
marque la frontière
entre Brésil et Pérou.
Les Wayampi
(Guyane). C’est une
des six communautés
amérindiennes
de Guyane française
et la seule dont
les expressions orales
et graphiques sont
inscrites depuis 2008
au patrimoine culturel
immatériel de l’humanité de l’Unesco. Ils
ne seraient cependant
qu’à peine un millier.
•
•
•
entre 8.000 et 10.000 groupes ethniques
dans plus de 90 pays, y compris en Europe,
notamment en Sibérie, en Finlande ou en
Norvège. Une centaine vivent totalement
isolées des civilisations modernes, l’essentiel en Amazonie. Elles constitueraient
une population de tout au plus quelques
dizaines de milliers d’individus, dont les
deux tiers dans le grand océan vert, qui
offre encore des zones très difficiles
d’accès.
Politique brésilienne
de non-contact
Cet été, les images tournées par un drone à
la frontière entre le Brésil et le Pérou ont
ainsi dévoilé l’existence d’une dizaine de tribus indigènes appartenant à un groupe
peuplant la vallée reculée du Javari. Le
Funai (Fundação Nacional do Indio, Fondation nationale de l’Indien), qui en a révélé
l’existence, estime à plus de 800.000 la
population d’indigènes vivant à l’abri de la
canopée. Elle se diviserait en 305 ethnies
parlant 274 langues différentes.
Pour les protéger, la Constitution brésilienne leur garantit depuis 1988 le droit
d’occupation des terres ancestrales qu’elles
occupent. Le gouvernement teste aussi,
depuis quelques années, ce qu’il appelle « la
politique de non-contact ». « Difficile de
faire valoir ce protectionnisme auprès des
populations agricoles locales », reconnaît
cependant l’ONG Survival dans un rapport.
Le cas le plus emblématique est celui de la
réserve de Raposa Serra do Sol, au nord du
Brésil. Un décret présidentiel définit depuis
2005 les contours de ce vaste territoire de
1,7 million d’hectares où vivent
20.000 Indiens, mais leur légitimité est
régulièrement contestée par les cultivateurs de riz, qui n’hésitent pas à prendre les
armes pour forcer ses frontières.
Au Brésil, un décret
présidentiel définit
les contours d’un vaste
territoire de 1,7 million
d’hectares où vivent
20.000 Indiens.
Mais il est régulièrement
contesté par les
cultivateurs de riz, qui
n’hésitent pas à prendre
les armes pour forcer
ses frontières.
La pression est telle qu’elle a poussé le gouvernement à adopter des mesures d’exception, comme cette déclaration en tant que
propriété privée d’une zone de 50 kilomètres
carrés autour de la hutte de l’unique rescapé
d’une tribu décimée par l’exploitation forestière. La zone, située à la frontière avec la
Bolivie, est réputée sûre. L’individu, filmé cet
été, y vit encore, seul depuis vingt-deux ans n
Pourquoi se soucier de « la biodiversité
humaine »
Il y a au moins deux raisons de se soucier du sort des populations
autochtones, selon le directeur du pôle Développement social, urbain
et rural & résilience de la Banque mondiale, Ede ljjasz-Vasquez.
D’abord parce qu’elles contribuent à la protection de l’environnement
et au renforcement de la résilience aux catastrophes naturelles.
« Elles possèdent, occupent ou utilisent un quart de la surface de la planète,
mais elles sont en réalité gardiennes de 80 % de la biodiversité mondiale »,
argue-t-il. Plus de 20 % des stocks mondiaux de carbone contenus
dans les forêts tropicales sont notamment situés sur les territoires
de ces populations. Ensuite parce que la majorité des 7.000 langues
connues dans le monde sont parlées par ces communautés,
qui défendent ainsi « la diversité culturelle nécessaire à la préservation
de la richesse humaine ». Or elles sont particulièrement maltraitées
pour ces services rendus : elles représentent 5 % de la population
mondiale, mais 15 % du nombre de ceux qui vivent dans l’extrême
pauvreté (source : « Indigenous Latin America in the Twenty-First
Century »). Et, à l’échelle mondiale, leur espérance de vie peut être
jusqu’à 20 ans inférieure à celle du reste de la population.
(source : « Inclusion Matters : The Foundation of Shared Prosperity »)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 15
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
enquête
Denis Fainsilber
et Yann Rousseau (à Tokyo)
Dérive monarchique
Dès l’arrestation du dirigeant franco-brésilien, Hiroto Saikawa, le PDG de Nissan, qui a
fait carrière à ses côtés, a brutalement
dénoncé la dérive monarchique de son
ancien mentor. « Trop de pouvoir avait été
accumulé dans les mains d’un seul individu »,
a-t-il regretté avant de pointer « la face sombre du long règne de Carlos Ghosn ». « C’est la
fin du règne d’un monarque absolu », ajoute
Loïc Dessaint, directeur général de l’agence
de conseil aux investisseurs Proxinvest.
Depuis un certain temps déjà, l’ambiance
était quelque peu délabrée entre les deux
groupes. « Entre les Renault et les Nissan, ça
ne se parle plus beaucoup. Certains traînent
les pieds », observe une cadre de Renault. Un
signe qui ne trompe pas : la moindre implication des équipes du Losange au siège de
Yokohama. Contrairement aux années passées, où plusieurs vagues d’expatriés se sont
relayées pour piloter le sauvetage puis développer les synergies, « les cadres en place
aujourd’hui chez Renault connaissent mal
Nissan. Or pour travailler ensemble il faut se
comprendre », observe un ancien dirigeant
de Renault.
Plusieurs mercenaires français ou européens occupent certes des fonctions clefs
chez le fabricant des Qashqai et Micra, mais
les Japonais présents en France sont surtout
cantonnés à des niveaux opérationnels,
comme à la R&D au technocentre de Guyancourt (Yvelines), ajoute une source interne.
D’où une moins bonne connaissance du partenaire, dans des sujets essentiels comme
l’ingénierie, considérée chez Nissan comme
le saint des saints. La fertilisation croisée,
mise en place entre les deux groupes dès
1999, semble toucher ses limites. Dans les
étages du siège dessiné en bord de mer par
l’architecte Yoshio Taniguchi, les ingénieurs
soupçonnent Carlos Ghosn d’avoir œuvré
pour Renault, ou, pis, pour son premier
actionnaire, le gouvernement français,
détenteur de 15 % de l’ex-Régie. Ils n’ont toujours pas digéré, par exemple, la décision de
faire produire l’actuelle génération de leur
petite Micra dans l’usine Renault de Flins,
qui avait alors besoin de volumes, alors qu’ils
avaient prévu de la maintenir en Inde.
Régie officiellement depuis son origine
par la règle du consensus, « du strict équilibre entre partenaires et de la préservation de
leurs intérêts respectifs », l’Alliance est de fait
loin du long fleuve tranquille dépeint par les
documents officiels. « Il y a eu des disputes
célèbres entre nous. Par exemple l’insuffisante qualité de la famille de moteurs K9, qui
fâchait Nissan. Mais le sujet ne s’est alors
jamais envenimé, c’était l’intérêt bien compris des deux parties », raconte un ancien
responsable. Parmi tous les motifs de friction ces dernières années, il y eut encore
Avis de tempête
sur l’Alliance
Renault-Nissan
Renault et Nissan collaborent étroitement sur les prochains modèles 100% électriques. Ici, la Nissan Leaf présentée lors du dernier Salon de l’automobile de Genève.
AUTOMOBILE // Nissan, qui se cherche un nouveau
président à la place de Carlos Ghosn, entretient
des rapports exécrables avec son actionnaire Renault.
Pourtant, un brutal divorce entre les deux groupes
semble peu probable.
pêle-mêle la stratégie pour servir à deux
le marché chinois, le partage des platesformes sur le haut de gamme ou des batteries pour voitures électriques. « Le fonctionnement au quotidien ? C’était une alternance
de deals où Nissan, puis Renault, était avantagé. Et si jamais l’on ne se mettait pas
d’accord, on disait : “Tant pis, on ne fait pas”,
déplore un ancien gradé de Renault. En tout
cas, au total, Nissan a énormément profité de
l’Alliance, car ses responsables avaient un
vrai appétit d’apprendre. »
Les premières années furent plutôt fructueuses. Louis Schweitzer n’avait jamais
promis un partenariat d’égal à égal, Renault
étant clairement le leader de l’attelage, qui
devait bénéficier aux deux sociétés. « Il
n’était pas question de réaliser une fusion où
des synergies dogmatiques auraient été imposées de haut en bas, mais il s’agissait de
construire une alliance où les partenaires
« Il s’agissait de
construire une alliance où
les partenaires allaient
apprendre l’un de l’autre
et, plus important encore,
allaient se respecter. »
GUILLAUME GERONDEAU
Ancien cadre de Nissan
allaient apprendre l’un de l’autre et, plus
important encore, allaient se respecter, se souvient aujourd’hui dans son blog Guillaume
Gerondeau, un ancien cadre de Nissan. Les
décisions pour Nissan seraient prises à Tokyo
et celles pour Renault serait prises à Boulogne. » Ce contrat a longtemps tenu.
Les deux alliés pourraient-ils désormais
en venir à opter pour le divorce pur et simple, comme les couples éphémères
Daimler-Chrysler, Volkswagen-Suzuki ou
PSA-BMW ? Peu probable, estime-t-on
dans le secteur. « Personne n’a intérêt à une
implosion, je n’y crois pas », estime un cadre
de Renault. « Je vois mal comment ils pourraient repartir en arrière », ajoute un ancien
du Losange. « La passion peut toujours
l’emporter sur la raison. Mais tout détricoter
pour reconstruire en solitaire serait un suicide pour les deux constructeurs », confirme
un expert à Tokyo.
Car, contrairement aux exemples précédents, les mariés ont sans doute passé le
point de non-retour. « Il faut quatre ou
cinq ans pour développer une voiture, et
quinze ans pour harmoniser les plans produits, ça fait réfléchir. Le statu quo est donc la
solution la plus probable », s’avance un analyste parisien. « Malgré les gros titres de la
presse japonaise, ce sont des gens rationnels,
qui vont mesurer ce que l’Alliance leur
apporte. En cas de retrait brutal, la position de
chacun pris isolément n’est pas viable, car les
coûts variables exploseraient. Et même en cas
de divorce amiable, il faudrait faire d’énormes
dépréciations comptables sur les coûts de
développement immobilisés et sur des investissements qui n’atteindraient plus la rentabilité escomptée. »
L’imbrication industrielle franco-japonaise n’est plus à démontrer. Depuis dix ans,
les deux groupes automobiles réalisent en
commun 100 % de leurs achats de composants et services, tout autour du globe, contre seulement 30 % en 2001. Telle une fourmilière à la division du travail très poussée,
l’Alliance compte aujourd’hui 13 comités de
pilotage (SC), 13 groupes de travail conjoints
(CCT) et 17 groupes de travail fonctionnels
(FTT), travaillant sur les sujets les plus
divers. Une armée dominée par le directoire,
rigoureusement composé de 5 « membres
R » (dont le président) et 5 « membres N ».
Le duo, désormais élargi au Petit Poucet
Mitsubishi Motors, a-t-il épuisé tout son
potentiel, le condamnant à expédier simplement les affaires courantes ? « Pas du
tout, le modèle n’est pas encore au bout. Il y a
plein de choses à faire ensemble, par exemple
dans la voiture électrique », estime un ancien
pilier de Renault. Selon le plan stratégique
adopté en septembre 2017, il était prévu
de développer en cinq ans 12 nouveaux
modèles 100 % électriques, avec base technique commune, et 40 véhicules munis de
technologie de conduite autonome.
Plus largement, le baromètre de la coopération est calé sur les « synergies », un subtil
cocktail d’augmentation du chiffre d’affaires, de réduction de coûts et de dépenses
évitées chaque année. Ce montant, évalué à
5,7 milliards d’euros en 2017, doit atteindre
la barre des 10 milliards en 2022, selon le
plan en cours. « Tout ça, c’est un peu au doigt
mouillé. Ils basent leurs calculs sur des modèles mathématiques dont les suppositions sont
contestables. Mais les économies sont réelles
et les liens très forts », souffle un ancien
cadre. Au moment où tous les géants du secteur tissent des partenariats pour absorber
les coûts gigantesques de la transition vers
les véhicules électriques, autonomes et
connectés, Nissan et Renault ne peuvent
plus choisir de se réinventer chacun de leur
côté. Même les concurrents japonais, longtemps obsédés par leur indépendance, se
sont résolus à s’associer à d’autres constructeurs ou à des acteurs du monde de la tech.
Toyota a investi dans Uber et travaille avec le
fonds d’investissement SoftBank. Le très
conservateur Honda a lâché 2,7 milliards de
dollars pour rejoindre le projet de véhicules
autonomes Cruise, de General Motors.
leur avantage : mais, dans ce cas, l’actionnaire dominant est Renault. Il suffit qu’il
exerce ses droits pour prendre le contrôle de
Nissan. Trouver des alliés pour monter dans
le capital, c’est le b-a-ba, surtout dans une
logique de conflit. » Une telle OPA française
serait toutefois une victoire à la Pyrrhus,
tempère un observateur.
Pour relancer l’Alliance, les deux constructeurs vont devoir retrouver la dynamique des premières années et nommer des
équipes profondément renouvelées. « Nous
ne sommes jamais plaints de l’ingérence de
Renault dans la gestion quotidienne de notre
groupe. Ce sont certaines décisions du som-
« En cas de retrait brutal,
la position de chacun pris
isolément n’est pas
viable, car les coûts
variables exploseraient. »
Un analyste financier parisien
Un édifice sans clef de voûte
Mais, indiscutablement, l’attelage à la structure pyramidale tenait grâce au charisme de
son patron de droit divin, Carlos Ghosn.
Celui-ci prématurément sorti du jeu, l’édifice
entier ne risque-t-il pas de sombrer sans sa
clef de voûte ? Les plus optimistes veulent
croire que son élimination pourra permettre de reconstruire du lien entre les deux
constructeurs. Beaucoup l’accusent d’être le
principal ferment de la détérioration des
rapports entre les deux groupes. « Le jour où
Louis Schweitzer est parti, c’était fini. Soudain,
il n’y avait plus de limite. Ghosn ne touchait
plus terre », lâche, dépité, un ancien proche
du patron star. Les Japonais, qui avaient
réussi un retournement spectaculaire grâce
à leur PDG et l’aide de Renault, ont vite noté
que leur entreprise avait atteint une taille
bien supérieure à celle de leur « propriétaire » français. « Et comme il s’est entouré de
“yes men” incapables de lui ouvrir les yeux,
tout a dégénéré », se souvient le cadre.
Le défi est énorme, commente l’économiste Elie Cohen : « Il faut inventer une gouvernance post-Ghosn. Il y a trois choses à
régler : l’évolution capitalistique, celle de
l’alliance industrielle et celle de la gouvernance. Aujourd’hui, les Japonais veulent
renégocier les termes du partenariat, c’est
clair. Du coup, soit on entre dans la logique de
négociation d’un compromis, les vertus de
l’Alliance amenant les Japonais à composer
avec les intérêts français. Soit ils ne supportent pas la situation, et ils voudront pousser
met qui ont posé problème », assure en off un
cadre de Nissan. Si la reconstruction d’un
projet commun réussit et que les identités
restent préservées, la très délicate renégociation de l’architecture capitalistique de
l’Alliance, qui démange une partie des élites
nippones, pourra attendre. D’autant que le
scénario du statu quo « n’exclut pas d’envisager, une fois la crise aplanie, une réduction
de la participation de Renault dans Nissan »,
prédit un analyste. Autrement dit restituer
au japonais (si Renault descend sous les
40 %, contre 43,4 % actuellement) les droits
de vote conférés par ses 15 % dans le français. Le prix à payer pour acheter la paix ?
« Je ne crois pas que l’Alliance pourra continuer sous sa forme actuelle », commente
pour sa part Chris Richter de CLSA. Dans
l’influent quotidien « Nikkei », l’analyste
Takaki Nakanishi préconise un profond
rééquilibrage. « Les deux compagnies pourraient s’entendre sur une participation croisée de 20 % pour les deux », suggère-t-il malicieusement, conscient que cet équilibre est
inacceptable pour la partie française. Avant
la crise ouverte, le conseil d’administration
de Renault et l’Etat actionnaire avaient en
effet demandé à Carlos Ghosn de travailler
sur différents schémas pour rendre
l’Alliance « irréversible », réflexion pouvant
mener jusqu’à une fusion. Le chantier est
donc loin d’être clos. n
Chris Ratcliffe/Bloomberg
E
t si le malentendu avait débuté dès le
30 mars 1999, en banlieue de New
York ? Seulement trois jours après la
signature surprise, à Tokyo, de l’alliance
entre Renault et Nissan. Ce jour-là, Louis
Schweitzer, alors président du groupe français et grand architecte de l’audacieux rapprochement, avait retrouvé Yoshikazu
Hanawa, le patron de Nissan, pour le New
York Auto Show. Et après avoir posé ensemble pour les photographes devant leurs
stands, les deux hommes avaient débriefé,
chacun de leur côté, les journalistes américains. Immédiatement la question sur une
éventuelle fusion des deux constructeurs
avaient fusé. « Ce pourrait être le cas. C’est
une possibilité », avait soufflé Louis Schweitzer. A quelques mètres de là, Yoshikazu
Hanawa rappelait, lui, en japonais, qu’il ne
s’agissait en aucun cas d’une prise de
contrôle du groupe au bord de la faillite ni
d’une fusion, mais que les deux promis
allaient bâtir une alliance, dont ils profiteraient tous les deux.
Devenue en 2017 numéro un mondial de
l’automobile, l’alliance binationale, qui produit à présent un véhicule sur neuf vendus
sur la planète, s’apprêtait à fêter ses vingt
ans d’existence l’année prochaine. Sombre
anniversaire en prévision. Depuis l’interpellation spectaculaire de Carlos Ghosn le
19 novembre dernier, sur un tarmac d’aéroport, les digues qui retenaient les rancœurs
accumulées à Yokohama, au siège du constructeur nippon, ont lâché. La confiance est
brisée et les frustrations s’expriment au
grand jour côté japonais, non sans sursaut
nationaliste. Les cadres de Nissan ont le
sentiment que ce malentendu originel a ressuscité et que l’alliance a perdu l’équité promise à sa création.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 17 décembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
TERRORISME RASSEMBLEMENT
À STRASBOURG
ÉTATS-UNIS LE MINISTRE
DE L’INTÉRIEUR DÉMISSIONNÉ
Plus d’un millier de personnes se sont
rassemblées dimanche matin dans le
centre de Strasbourg pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de
mardi soir, qui a fait quatre morts, une
personne en état de mort cérébrale et
onze blessés, dont certains encore dans
un état grave. Les Alsaciens se sont réunis au pied du gigantesque sapin illuminé de la place Kléber, emblématique
du marché de Noël de Strasbourg, où
une petite scène avait été installée.
Donald Trump a annoncé samedi un
nouveau départ de son gouvernement,
celui de son ministre de l’Intérieur,
chargé essentiellement des parcs
nationaux et des affaires amérindiennes, le très controversé Ryan Zinke.
Ancien élu du Montana, ce dernier était
critiqué pour ses dépenses excessives :
il avait fait rénover trois grandes portes
dans son bureau pour un coût de
75.000 dollars et l’inspecteur général
de son département enquêtait sur ses
frais de déplacement en avion.
CONCOURS MISS TAHITI
ÉLUE MISS FRANCE 2019
Le Premier ministre du Sri Lanka
renvoyé dans des conditions litigieuses, Ranil Wickremesinghe, a été
réinvesti dimanche, un retour qui
met fin à sept semaines de chaos politique. Le dirigeant de 69 ans a été
réinstallé à son poste par le président,
Maithripala Sirisena, qui l’avait
limogé le 26 octobre dernier. L’ancien
homme fort du pays, Mahinda Rajapakse, qui avait été désigné au poste
de Premier ministre par le chef de
l’Etat, s’est finalement retiré samedi.
ROYAUME-UNI ALTERCATION
MAY-BLAIR SUR LE BREXIT
FAIT DIVERS INCENDIES
DE PÉAGES DANS LE SUD
Plusieurs zones de péage ont à nouveau
été dégradées ce week-end en marge du
mouvement des « gilets jaunes ». A Perpignan-sud, le péage sur l’A9 a été
incendié. A Narbonne, un incendie s’est
déclaré alors que la direction régionale
de Vinci Autoroutes avait été détruite la
semaine dernière. De gros dégâts ont
été déplorés à Bessan, dans l’Hérault,
où deux cabines de l’A9 ont été incendiées. Dans le Vaucluse, des cabines ont
été endommagées.
POLITIQUE HOUELLEBECQ
CHANTE LES LOUANGES
DE TRUMP
Michel Houellebecq a défendu bec et
ongles l’action du président américain,
Donald Trump, dans un entretien au
magazine « Harper’s ». L’écrivain français, toujours provocateur, estime que
« Donald Trump est un des meilleurs
présidents américains » qu’il ait
« jamais vus ». Pour le prix Goncourt
2010,le milliardaire républicain
« défend les intérêts des travailleurs américains ».
La capitale belge a été le théâtre, dimanche, de manifestations contre le pacte de l’ONU sur les migrations, organisées par un
collectif d’organisations d’extrême droite et marquées par des heurts avec les forces de l’ordre. La police a dénombré
5.500 participants. Une contre-manifestation a réuni de son côté un millier de citoyens dans un autre quartier de Bruxelles.
John Thys/AFP
INTEMPÉRIES DES MILLIERS
DE FOYERS DU PAS-DE-CALAIS
PRIVÉS D’ÉLECTRICITÉ
Plusieurs dizaines de milliers de clients
ont été privés d’électricité plusieurs heures samedi soir dans le Pas-de-Calais, qui
avait été placé en vigilance orange neigeverglas jusqu’à minuit, comme trois
autres départements des Hauts-deFrance. Environ 98.000 clients ont été
concernés dans les agglomérations de
Lens et de Boulogne-sur-Mer, selon
Réseau du Transport d’Electricité (RTE).
Manifestation à Bruxelles contre le pacte migratoire de l’ONU
SRI LANKA RETOUR
À LA NORMAL À COLOMBO
Villard/Sipa
Miss Tahiti, Vaimalama Chaves, 24 ans,
a été élue Miss France 2019 samedi soir
au Zénith de Lille, succédant à Maëva
Coucke, des Hauts-de-France, sous les
yeux d’un jury composé, pour la première fois, exclusivement de femmes.
Diplômée d’un master de management
en marketing, elle a devancé Miss Guadeloupe, Miss Franche-Comté, Miss
Réunion et Miss Limousin.
LA PHOTO DU JOUR
La Première ministre britannique,
Theresa May, a accusé l’ancien chef de
gouvernement travailliste Tony Blair
de chercher à « saper » le Brexit en
appelant à un second référendum,
« une insulte envers le peuple qu’il a
servi ». Tony Blair en retour l’a l’accusée
d’être « irresponsable », dans une rare
dispute publique, dimanche. De son
côté, le Parti travailliste veut que le gouvernement soumette au vote dès cette
semaine l’accord de sortie de l’UE.
HONGRIE DES MANIFESTATIONS
CONTRE LE GOUVERNEMENT
Des milliers de Hongrois ont manifesté dimanche à Budapest contre
une nouvelle loi sur le travail et contre le gouvernement du Premier
ministre nationaliste Viktor Orbán,
qu’ils considèrent de plus en plus
autoritaire. Il s’agissait de la quatrième manifestation en une semaine
contre le pouvoir.
ONU DÉBAT SUR LA CRÉATION
D’UNE ARMÉE AU KOSOVO
Le Conseil de sécurité des Nations
unies tiendra lundi une nouvelle réunion sur la décision du Kosovo, soutenue par les Etats-Unis, de se doter d’une
armée, une deuxième session en quatre jours qui a été réclamée par la Serbie, avec l’appui de la Russie. La décision du Kosovo de se doter d’une armée
a été dénoncée par le secrétaire général
de l’ONU, António Guterres.
Photo : Jonas Roosens/Belga/AFP
ON EN PARLE À ROME
Rome à la veille d’une nouvelle crise des déchets
Un site de traitement des ordures a été détruit dans un incendie.
Il traitait 750 tonnes sur les 5.000 produites par jour.
Olivier Tosseri
@oliviertosseri
— Correspondant à Rome
des déchets non autorisé ». Les
flammes ont surmonté les lenteurs bureaucratiques mais
surtout les résistances de
l’AMA, l’entreprise municipale
qui est chargée de l’un des problèmes chroniques de Rome.
Elle doit faire face à une dette de
600 millions d’euros qui la
menace de faillite, un taux
d’absentéisme de 15 % de ses
salariés pléthoriques mais surtout de l’exaspération des
Romains. Ils se désolent de
leurs rues encombrées de détritus et de poubelles débordantes
y compris en plein centre-ville.
Elles suscitent la joie des
mouettes, l’ironie de la presse
internationale, surtout américaine, et les avertissements de
L
e système de gestion des
ordures à Rome est au
bord de l’asphyxie. Un
vaste incendie a ravagé le
11 décembre dernier une usine
de traitement des déchets du
nord-est de la capitale sur
laquelle s’est répandue un
nuage de fumée toxique. Le site,
implanté à 100 mètres des premières maisons, était depuis
longtemps contesté par les riverains. La municipalité s’était
engagée à le fermer en 2020
alors que la justice avait ouvert
une enquête pour « pollution
environnementale et traitement
l’Union européenne, qui exige
« un plan immédiat et efficace de
traitement des déchets » sous
peine de sanctions. Elle a déjà
imposé à l’Italie deux amendes
de près de 250 millions d’euros,
notamment à cause des
200 décharges ne respectant
pas les règles communautaires.
La mairie juge les incinérateurs nuisibles à l’environnement. Ils sont de toute façon peu
nombreux et la plupart d’entre
eux, conçus il y a plus de
vingt ans, sont concentrés
essentiellement dans le nord de
la péninsule. Rome est donc
débordée. L’exportation des
ordures, notamment vers
l’Autriche n’est plus une solution envisageable à cause de sa
réticence. Dans l’urgence, la
maire, Virginia Raggi, issue du
M5S, l’a une nouvelle fois invoquée en lançant un appel « à toutes les communes du Latium et
aux autres régions pour collaborer avec Rome, surtout à l’approche de Noël, afin de régler temporairement et au plus vite cette
situation ». Une situation qui ne
peut qu’empirer avec l’incendie
de l’usine qui traitait jusqu’à
750 tonnes des 5.000 tonnes de
déchets produits par jour.
Les incendies se sont multipliés dans le pays (300 sites ces
trois dernières années) avec son
lot de pollutions et d’infiltration
mafieuse. Aucun plan pour
résoudre cette situation n’a
pour l’instant été annoncé. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 17 décembre 2018
www.lesechos.fr
Avec la communication
sophistiquée
qui accompagne
la Freebox Delta,
la filiale d’Iliad fait
le pari du premium.
// P. 22
DEVISES EUR/GBP 0,899 EUR/JPY 1,2809 EUR/CHF 1,1263 GBP/USD 1,2568 USD/JPY 1,1335 USD/CHF 0,9971 TAUX EONIA -0,36 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,311 OAT 10 ANS 0,6667 T-BONDS 10 ANS 2,9747
INDUSTRIE & SERVICES
JOUETS
Spalsh Toys
DERNIÈRE HEURE
Quelles seront les stars de Noël ?
// P. 18
L’américain Merck s’offre une pépite
française pour trois milliards d’euros
NUCLÉAIRE
La Chine met en service le premier
réacteur EPR au monde. // P. 19
Marie Josée Cougard
@CougardMarie
GROUPE BERTRAND
Le groupe s’invite au tour de table
du restaurateur Elior.
// P. 20 ET « CRIBLE » P. 38
LVMH
Le géant du luxe mise presque
3 milliards sur les palaces.
// P. 21 ET « CRIBLE » P. 38
Brittany Ferries
BRITTANY FERRIES
Le transporteur maritime met
à l’eau son premier ferry propulsé
au GNL. // P. 22
HIGH-TECH & MÉDIAS
OBJETS CONNECTÉS
Les opérateurs télécoms partent
à l’assaut de la maison connectée.
// P. 23 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 11
PRESSE
« Bild » croit encore au papier
et lance un nouvel hebdo. // P. 24
START-UP
IA
Quand les Français draguent
les Américains. // P. 25
PME & RÉGIONS
CHAUFFAGE
De plus en plus de primes pour
aider les ménages à oublier leurs
chaudières au fioul. // P. 26
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
La Chine perturbe le rally
de fin d’année. // P. 28
MARCHÉ OBLIGATOIRE
Les réinvestissements de la BCE
seront très encadrés. // P. 29
Spécialisé à l’origine dans les animaux de rente, Antelliq propose aussi, depuis 2015, des produits pour les animaux
de compagnie. Photo Antelliq
Le laboratoire rachète
le breton Antelliq,
spécialisé dans l’identification des animaux, pour
3,25 milliards d’euros.
Catherine Ducruet
@CDucruet
Une puce qui permet à votre Mistigri, et à
lui seul, d’ouvrir la chatière. Une autre qui
déclenche le distributeur de croquettes seulement pour lui et pas pour le chat du voisin.
Voilà le type de produits que propose Antelliq, la société que le laboratoire américain
Merck (MSD en Europe) vient de racheter
pour 3,25 milliards d’euros au fonds BC
Partners. Le groupe américain prévoit de
verser 2,1 milliards d’euros en espèces et de
prendre en charge 1,15 milliard d’euros de
dette qu’il remboursera peu après la finalisation de l’opération.
Le souci de la traçabilité
Une belle somme pour cette société, basée
à Vitré (Bretagne), qui a dégagé un chiffre
d’affaires annuel de 360 millions d’euros
au 30 septembre. Elle est spécialisée dans
les produits d’identification et de localisation des animaux dits « de rente » ou de
compagnie. « L’utilisation grandissante
des technologies numériques dans l’élevage
est guidée par une demande croissante de
protéines animales, et le souci de traçabilité
des aliments et de sécurité alimentaire »,
souligne-t-on chez Merck MSD.
C’est en 1989 que la société, créée à l’origine en Nouvelle-Zélande, est rachetée par
des Français. Ses produits aident les vétérinaires et les éleveurs à améliorer la gestion
des troupeaux, ainsi que la santé et le bienêtre de leurs bêtes, en accédant à des données en temps réel. D’abord concentrée sur
animaux de rente (moutons, vaches), elle a
ensuite élargi son champ d’action aux poissons d’élevage (avec des puces RFID) et c’est
seulement depuis 2015 qu’elle propose des
produits pour les animaux de compagnie.
L’opération, qui devrait être finalisée en
juin prochain, fera d’Antelliq une filiale à
part entière de la division de Merck MSD,
dédiée à la santé animale. Avec 3,9 milliards
de dollars, ce pôle occupe déjà le troisième
rang mondial, derrière Zoetis et Boehringer
Animal Health (après intégration de Merial).
Merck MSD vient par ailleurs d’investir
38 millions d’euros, à Igoville dans l’Eure,
dans l’extension de son site de production
vétérinaire pour y produire de nouveaux
antiparasitaires pour les chiens et les
chats. n
MOYEN DE PAIEMENT
Facebook : la série de bugs
sur la confidentialité se poursuit
// P. 31
Florian Dèbes
@FL_Debes
BANQUE
Le mariage entre Deutsche Bank
et Commerzbank refait surface.
// P. 30
Le paiement par carte bancaire
atteint de nouveaux sommets.
CARNET // P. 34
LES ÉCHOS EXECUTIVES
STRATÉGIE
Business positif : place aux actes !
// DOSSIER PP 35 À 37
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
La filiale
de Danone au
Maroc plonge
dans le rouge
La coïncidence est fâcheuse. Au lendemain
de l’ouverture à New York (Etats-Unis) d’une
boutique éphémère censée présenter les
efforts de Facebook pour respecter la vie privée de ses deux milliards d’utilisateurs, le
réseau social a dû reconnaître un nouveau
manque de rigueur en la matière. Les photos
de 6,8 millions d’utilisateurs ont pu être consultées sans autorisation par plusieurs centaines de développeurs travaillant pour des
entreprises partenaires de Facebook.
« Nous avons réparé le problème », affirme
un cadre technique de Facebook dans un
post de blog daté du vendredi 14 décembre.
Quand un utilisateur se connecte à une
application tierce sous son identité Facebook, il peut accepter de partager avec cette
application les photos qu’il publie sur son fil
d’actualité. Du 13 au 25 septembre 2018, les
partenaires pouvaient accéder à des photos
téléchargées sur Facebook mais non
publiées…
Cette date du 25 septembre à laquelle le
bug a été corrigé montre qu’un scandale peut
en cacher un autre chez le géant des réseaux
sociaux. Ce jour-là, les ingénieurs de Facebook venaient déjà de découvrir que des hackers avaient réussi à s’ouvrir un accès aux
données personnelles de 50 millions d’utilisateurs. Le bilan a depuis été révisé à 30 millions de victimes potentielles.
Des doutes sur le modèle
Ces révélations surviennent alors que l’entreprise californienne est sous la pression de
parlementaires, aux Etats-Unis comme en
Europe, notamment suite au scandale Cambridge Analytica révélé en mars dernier. Cette société américano-britannique de
marketing politique a réussi à siphonner les
données de 87 millions d’utilisateurs de
Facebook. Puis elle les a exploitées en 2016,
afin de finement personnaliser les publicités
électorales de celui qui deviendra président
des Etats-Unis, un certain Donald Trump.
Les problèmes de sécurité et le contexte de
défiance autour de Facebook engendrent la
publication de documents embarrassants
pour les dirigeants du groupe. Des échanges
de mails saisis par le Parlement britannique
montrent ainsi que l’état-major du réseau
social a bien songé en 2012 à faire payer les
annonceurs pour l’accès aux données des
utilisateurs. Avant de renoncer : « Nous ne
vendons pas de données, ce n’est pas ainsi que
f o n c t i o n n e l a p u b l i c i t é » , ex p l i q u e
aujourd’hui fermement Mark Zuckerberg, le
PDG de l’entreprise. Mais le mal est fait. La
croissance du chiffre d’affaires mondial
ralentit. Le réseau social décline pour la première fois en Europe avec une perte de 4 millions d’utilisateurs quotidiens au deuxième
et au troisième trimestre 2018.
Tant bien que mal, Facebook essaie de
regarder ailleurs. Sur son application Instagram qui semble peu associée aux déboires
de la maison mère par les internautes. Et sur
le développement de son offre vidéo. D’après
le site Web spécialisé Recode, Facebook
envisagerait de proposer via son application
Watch des abonnements payants aux chaînes HBO ou Showtime. n
Le boycott lancé par les réseaux sociaux
contre les produits de Centrale Danone,
filiale du groupe à près de 100 %, se
poursuit. Malgré toutes les tentatives de
l’entreprise sur place, en dépit des visites répétées à Casablanca d’Emmanuel
Faber, ce boycott dure maintenant
depuis neuf mois. Après avoir lancé un
« profit warning » sur ses résultats au
premier semestre, Centrale Danone
(2,5 % du chiffre d’affaires mondial de
Danone) dit désormais s’attendre à ce
qui sera une perte historique sur ce
marché sur l’ensemble de son exercice
annuel. Pour la première fois, cette
filiale plongera dans le rouge sur douze
mois avec un résultat net négatif de
500 millions de dirhams (46 millions
d’euros), à comparer avec un bénéfice
de 115 millions de dirhams sur l’exercice
2016-2017. Le chiffre d’affaires, lui, sera
en retrait de – 27,7 %, à 4,7 milliards de
dirhams (432 millions d’euros).
Le mouvement a été lancé le 20 avril
via les réseaux sociaux sur la base de la
défense du pouvoir d’achat, contre les
produits chers et avec pour slogan « Touche pas à ma poche ». Danone n’était pas
seul visé. Deux autres groupes, l’eau
minérale Sidi Ali et les stations-service
Afriquia, ont fait les frais de l’opération,
mais, à ce stade, c’est Centrale Danone
qui a le plus souffert en raison de l’importance des produits laitiers dans les habitudes de consommation marocaines.
Acquisition fromagère
Face à ces difficultés, Emmanuel Faber
est allé sur place afin de rencontrer toutes les parties concernées, des producteurs aux épiceries locales. A l’issue de
multiples échanges, le patron de Danone
avait annoncé début septembre la baisse
à prix coûtant de certains produits de
consommation courante, comme les
packs de lait frais pasteurisé. Il avait également décidé le lancement de nouveaux formats plus économiques. Ces
mesures n’ont pas permis de relancer
l’activité.
Parallèlement, Centrale Danone a eu
le feu vert de l’Autorité marocaine du
marché des capitaux pour absorber les
fromageries de Doukkala. Cette acquisition sera présentée dans le cadre d’une
assemblée générale extraordinaire le
31 décembre. Danone possédait déjà
20 % de cette entreprise créée en 1998 par
un autre français, Bongrain (Caprice des
Dieux), rebaptisé « Savencia ». L’usine
des fromageries de Doukkala produit du
fromage fondu et du fromage frais. Elle a
enregistré un résultat d’exploitation de
52 millions de dirhams pour un chiffre
d’affaires de 377 millions de dirhams en
2018. La filière laitière reste un secteur
majeur au Maroc, avec un chiffre d’affaires de 14 milliards de dirhams pour
474.000 emplois. Danone table sur l’effet
positif des propos de l’OMS pour développer la consommation de produits laitiers et contrer ceux qui agitent les risques du lait pour la santé. n
500
MILLIONS DE DIRHAMS
Le résultat net négatif (46 millions
d’euros), à comparer avec un
bénéfice de 115 millions de dirhams
sur l’exercice 2016-2017.
DR
De « Crétins.fr »…
au luxe épuré de Freebox Delta
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Jouets : quelles seront
les stars de Noël ?
l Les enseignes, qui s’attendent à un flux de clients
avant les fêtes, ont embauché un millier de saisonniers.
l Les poupées LOL et les Beyblade figurent parmi
les jouets les plus demandés.
Moritz Thibaud/ABACA
à suivre
Ford Blanquefort : Macron juge
« inacceptable » le refus de l’offre belge
AUTOMOBILE Emmanuel Macron a jugé « hostile et inaccepta-
ble » la décision de Ford de fermer l’usine de Blanquefort
(Gironde) en refusant une offre de reprise. « Il y a eu un très gros
travail avec les élus locaux » et « un grand sens de responsabilité
des partenaires sociaux… On ne peut pas répondre à ce travail par
un refus de considérer la proposition qui est faite. » Ford a
annoncé jeudi qu’il écartait l’offre de reprise de l’usine de Blanquefort par Punch Powerglide, qui emploie 850 salariés.
Vente de Rafale : la Cour suprême
indienne refuse d’ouvrir une enquête
AVIATION La Cour suprême indienne a rejeté la demande
d’enquête sur des soupçons de corruption et de trafic d’influence
entourant la vente de 36 avions de chasse Rafale à l’Inde en 2016
par Dassault Aviation. L’opposition accuse le gouvernement
d’avoir favorisé le groupe Reliance réputé proche du Premier
ministre, au détriment de l’entreprise publique Hindustan Aeronautics Limited (HAL). Premier importateur mondial d’armes,
l’Inde est un marché crucial pour l’industrie de défense française.
« Gilets jaunes » : les hypers ont vu leur
activité encore baisser de 7 % à 12 %
DISTRIBUTION Selon la Fédération du commerce et de la distri-
bution, les grandes surfaces alimentaires ont subi une baisse de
l’ordre de 7 % à 12 % de leur activité samedi dernier, acte V de la
mobilisation des « gilets jaunes », soit deux fois moins forte que
le samedi précédent. Jacques Creyssel, le président de la FCD,
s’inquiète de la persistance des blocage d’entrepôts « y compris
dimanche matin ». La situation est particulièrement tendue
dans le Gard où les deux entrepôts d’Auchan sont bloqués, ne
laissant passer qu’un camion sur dix depuis un mois.
Talc : Johnson &
Johnson dévisse
en Bourse
Janek Skarzynski / AFP
ALIMENTATION Intermarché a
Amazon et Cdiscount. Les fabricants ont aussi
trouvé de nouveaux débouchés.
« Les points de vente discount
comme Gifi, Aldi et Lidl commencent
à s’intéresser à la catégorie, souligne
Frédérique Tutt, expert du marché
chez NPD. C’est important, car beaucoup d’achats de jouets sont des
achats d’impulsion. »
Sous le sapin, difficile de trouver
un produit phare cette année. « Le
marché est très ouvert, reprend
Frédérique Tutt. Le segment le plus
dynamique est celui des poupées,
avec les LOL ». Ces minipoupées
connaissent un succès mondial.
En Europe, la marque LOL (MGA)
s’est hissée en seconde position
derrière Playmobil. Côté garçons,
le succès des Beyblade, relancés
en 2017 après cinq ans d’arrêt, se
confirme. « Le phénomène toupies
est de retour, se réjouit Mikael
Berthou, directeur général d’Hasbro France. Il y a des ruptures,
comme pour le Monopoly Tricheurs, pour lequel nous ne
nous attendions pas à un tel
engouement ».
Les jeux de société
restent bien placés dans
la hotte. Le GraviTrax
de Ravensburger, un circuit à billes à construire,
s’arrache. Les petits ont
aussi mis sur
la liste du
père Noël le
« smartphone » KidiCom de VTech
pour les 4 à 8 ans. Une copie de celui
des grands, mais avec des contenus
adaptés, jeux éducatifs, photos... et
la possibilité de paramétrer le
temps d’utilisation. « Depuis son
lancement en 2017, nos ventes ont
progressé de 30 %, et il se place dans
le Top 10 du marché », relève Vincent
Legoupil.
« La Reine des neiges 2 »
Côté licences, celle de Harry Potter
fonctionne bien, loin toutefois de
l’effet « Star Wars ». « Peu de
gens y croyaient, mais Lego
se régale, et cela partout
en Europe », remarque
Frédérique Tutt. La
grande salle du château de Poudlard
(109 euros
TTC) est
la locomotive de la gamme. En
2019, les professionnels misent sur
la sortie de « Lego Movie 2 », de
« Toy Story 4 » et surtout de « La
Reine des neiges 2 » pour soutenir
le marché.
Chez King Jouet, il est déjà possible de découvrir les nouveautés de
l’an prochain. « Nous avons décidé
de créer la surprise en proposant
avant Noël les thèmes 2019 de Playmobil, Lego ou encore le nouveau
Monopoly, souligne Philippe
Gueydon, son directeur général.
Une façon de créer du trafic dans
nos magasins et d’éviter la guerre
des promos. » Et aussi de tourner
la page d’une année de tous les
dangers. n
« Nos clients se sont réorganisés
pour trouver les jouets sur leur liste »
Propos recueillis par D. C.
F
HYGIÈNE Johnson & Johnson,
spécialiste des produits d’hygiène,
a dévissé à la Bourse de New York
vendredi à la suite de la publication d’une enquête de Reuters,
démentie par l’entreprise, l’accusant d’avoir délibérément caché
pendant plusieurs décennies que
son talc contenait parfois de
l’amiante. Le titre a plongé de
10,04 % à Wall Street, perdant au
passage près de 40 milliards de
dollars de capitalisation et accusant sa plus forte chute en une
seule journée depuis 2002.
A quelques jours de Noël, les vendeurs de jouets sont sur le pied de
guerre. Chez JouéClub, un millier
de saisonniers ont été embauchés. Car les achats de jouets,
déjà tardifs en France, ont
été reportés à cause des
blocages des « gilets
jaunes ». « Cette fois, le
rush de Noël est bien
lancé, estime le leader
du jouet. Les Français
veulent réussir leur
fête. »
Les distributeurs attendent des flux de clients ces derniers
jours. « Noël va se faire, mais à la dernière minute, relève Vincent Legoupil, directeur marketing Europe de
VTech. Il faut donc que les hypers gardent les rayons de jouets le plus longtemps possible, et ne les remplacent
pas trop tôt par la semaine du blanc. »
Frileuses, certaines enseignes
ont annulé les commandes de
décembre, faute d’avoir écoulé
celles de novembre. Pour éviter les
ruptures, les industriels poussent,
eux, à leur maintien jusqu’à mi-décembre. Quels que soient les efforts,
après les difficultés de La Grande
Récré et de Toys “R” Us (relancés
en octobre) et l’impact des « gilets
jaunes », il sera difficile de rattraper
le retard. Le marché de 3,4 milliards
d’euros en 2017 (– 0,8 %) pourrait
reculer de 3 % à 4 %. Sa plus mauvaise année depuis 2012.
ranck Mathais, porte-parole de JouéClub, détaille
aux « Echos » comment
l’enseigne s’est préparée à Noël.
Elle a recruté un millier de saisonniers et élargi ses horaires pour
faire face à la hausse attendue de la
fréquentation.
coup d’achats. Dans tous les cas,
quelle que soit l’affluence, nos équipes garderont le sourire, pour que
ce moment reste agréable pour
tous.
FRANCK
MATHAIS
Porte-parole
de Joué Club
3
DR
signé successivement plusieurs
engagements à payer le lait plus
cher aux éleveurs. L’enseigne l’a
fait avec Bel (La Vache qui rit)
Savencia (Caprice des dieux) et,
selon une information du
« Journal du Dimanche », avec
le groupe coopératif Sodiaal
(Candia, Entremont). Des
accords, selon Intermarché, qui
permettent aux industriels
« une hausse des prix de leurs
fromages ».
Benoit Decout/RÉA
Intermarché
s’engage à payer
le lait plus cher
Hasbro, Spalsh Toys
Acheter chez les commerçants,
c’est l’appel lancé par la secrétaire
d’Etat Agnès Pannier-Runacher.
Elle a invité les Français à ne pas
« céder à la facilité » des courses de
Noël sur « la grande plate-forme
Internet qui ne paie pas d’impôt en
France ». Le poids d’Internet devrait
en 2018 passer la barre des 30 %
( N P D) , ave c u n e p r i m e p o u r
DÉFENSE La Hongrie, qui renou-
velle sa flotte d’hélicoptères militaires d’origine russe désormais
en fin de vie, a signé un contrat le
14 décembre avec Airbus Helicopters pour acquérir 16 H225M
Caracal. Ces hélicoptères multimissions, en service dans plusieurs armées dont les forces
armées françaises, couvrent le
transport de troupes, la recherche et le sauvetage au combat et
les opérations spéciales. Ces hélicoptères sont assemblés à Marignane (Bouches-du-Rhône).
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Le succès des poupées LOL
Alexander Pohl/NurPhoto/AFP
Airbus vend
16 hélicoptères
à la Hongrie
Les achats de jouets, retardés
à cause des blocages des « gilets
jaunes », devraient s’accélérer
jusqu’aux fêtes. Photos Lego, VTech,
JOUETS
1
Comment se passe la
fréquentation à quelques
jours de Noël ?
Nous avons senti une accélération
depuis début décembre, malgré un
samedi de fermeture à Paris à cause
des manifestations des « gilets jaunes ». Certains de nos 300 magasins
ont aussi été très impactés en province. Sur la semaine du 3 au
9 décembre, nos ventes ont ainsi
progressé de 4 % comparé à l’an
dernier. Il y a donc eu plus de fréquentation. Ce qui veut dire que nos
clients se sont réorganisés pour
trouver les jouets figurant sur leur
liste. Et qu’il y a eu un transfert des
achats prévus en novembre sur
décembre. Le temps presse à une
dizaine de jours de Noël. Ils viennent entre midi et deux, ou après le
bureau. Certains prennent même
un après-midi, car il y a encore des
risques de fermetures et de blocages le samedi.
2
Comment vous organisezvous pour faire face à
l’affluence ?
Nous avons recruté un millier de
saisonniers sur l’ensemble du
réseau, en plus des effectifs permanents. Comme les gens ont reporté
leurs achats en semaine, ils sont
plus disponibles pour des conseils.
Les horaires de nos magasins ont
aussi été élargis. A Paris, ils ferment
à 21 heures, le mardi et le jeudi au
lieu de 20 heures. En province, certains ouvrent plus tôt, et d’autres
qui fermaient à l’heure du déjeuner
restent ouverts.
Il faut de la flexibilité. De toutes
les façons, le 25 décembre, il y aura
des cadeaux sous le sapin. Les
achats vont se faire. Il y aura sans
doute plus de cohue, d’euphorie
dans les derniers jours. C’est tant
mieux. Nous nous attendons aussi à
une semaine chargée entre Noël et
le jour de l’an, où déjà à cause de
l’éloignement géographique et des
familles recomposées, il y a beau-
Est-ce qu’il n’y a pas des
risques de rupture ?
Il faut que la marchandise soit là
quand le client arrive. Nous avons
donc anticipé sur les stocks en
magasin, et poursuivi les commandes pour faire face à une forte fréquentation. Certaines enseignes alimentaires ont, elles, annulé les
livraisons de jouets en décembre,
car elles n’avaient pas écoulé la marchandise du mois précédent. Elles
craignaient de se retrouver avec
trop d’invendus sur les bras. Alors
qu’à Noël, leur nombre de références de jouets passe de 1.000 à 2.000.
Du coup, en qualité de spécialiste,
nous devrions avoir des reports des
hypers dans nos magasins. Certes,
les ventes sur Internet ont progressé. Mais beaucoup de parents
privilégient les magasins pour
chercher des idées notamment. Ils
gardent donc toute leur place. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
La Chine met en service
le premier réacteur EPR au monde
NUCLÉAIRE
Commencé deux ans
après Flamanville,
le premier réacteur
nucléaire de troisième
génération vient
d’entrer en service
à Taishan, en Chine.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
TRANSDEV RCS : 521 477 851 - Crédit photo @Jean François DEROUBAIX - Photo retouchée
Ça y est ! La Chine a mis en service le premier réacteur nucléaire
EPR de la planète. Il s’agit d’un des
deux réacteurs qu’EDF a construits
à Taishan, dans le sud-est de la
Chine, avec l’électricien China
General Nuclear Power (CGN).
L’ultime test réglementaire de
fonctionnement en continu et à
pleine puissance, qui dure 168 heures, s’est achevé jeudi. À la suite de
quoi l’EPR a été déclaré prêt pour sa
mise en service commerciale.
Cette entrée en exploitation était
attendue. Après le chargement du
combustible en avril, le réacteur
avait été raccordé au réseau en juin,
avant de progressivement monter
en puissance. Dans la gamme des
réacteurs dits « de troisième génération » (dotés d’une conception renforçant leur sûreté), l’EPR a été coiffé
au poteau par la mise en service, en
Chine, de trois réacteurs AP1000 de
conception américaine. Un qua-
Le contrat
d’Orano
en Chine pas
encore signé
trième est attendu début 2019.
Compte tenu des retards des chantiers de Flamanville (Manche) et
d’Olkiluoto (Finlande), le réacteur de
Taishan est le premier EPR à démarrer dans le monde. Le béton y a pourtant été coulé en 2009, soit presque
deux ans après Flamanville et quatre ans après le finlandais. « Le réacteur de Taishan a bénéficié d’un
retour d’expérience important du
chantier de Flamanville, ce qui lui a
permis d’aller vite au début du projet », a expliqué à Pékin lors d’un
point presse Fabrice Fourcade,
directeur général d’EDF en Chine,
qui détient 30 % de la coentreprise
avec CGN. En outre, « avec deux à
Début 2018, Emmanuel
Macron tablait sur une
signature au printemps du
méga-contrat entre le
français Orano (ex-Areva)
et le chinois CNNC pour la
construction d’une usine
de traitement des combustibles nucléaires. Plus
prudentes, les deux parties tablaient sur la fin
2018 pour signer le contrat
et passer les délais administratifs, évalués à quelques mois. A quelques
jours de la fin de l’année,
le dossier « poursuit son
chemin », indique un porte-parole d’Orano.
Le site de Taishan
est prévu pour
accueillir deux autres
réacteurs.
trois réacteurs en construction par
an, la filière nucléaire chinoise a fortement gagné en maturité ». Cela n’a
tout de même pas empêché le chantier de Taishan d’accumuler quatre
années de retard.
Deuxième EPR en 2019
La centrale de Taishan, avec ces
deux réacteurs de 1.750 mégawatts
chacun, pourra fournir au réseau
é l e c t r i q u e c h i n o i s j u s q u’à
24 térawattheures d’électricité par
an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 5 millions de
L’EPR de Taishan, d’une puissance de 1.750 mégawatts (MW), se fonde sur la technologie
des réacteurs à eau sous pression, la plus utilisée dans le monde. Photo FactWire/Newscom/Sipa
Chinois. Mais il faudra encore
patienter un peu pour atteindre cet
objectif : l’exploitation commerciale du deuxième EPR de Taishan
n’est pas prévue avant octobre 2019.
Le site est par ailleurs prévu pour
accueillir deux autres réacteurs.
Mais CGN, qui a toujours dit qu’il
attendait que le premier EPR entre
en service avant d’en commander
d’autres, a botté en touche. Les ambitions de Pékin en matière nucléaire
sont en outre toujours floues. « En
tant que premier EPR au monde, Taishan 1 apportera une pierre importante à la construction des réacteurs
du même type dans le monde et servira de modèle pour le projet commun
de Hinkley Point en Grande-Bretagne », a indiqué Gao Ligang, prési-
dent de la coentreprise franco-chinoise TNPJVC (Taishan Nuclear
Power Joint Venture Company).
Suite à des défauts de soudure, la
mise en service de l’EPR de Flamanville n’aura pas lieu avant début
2020. En Finlande, l’EPR d’Olkiluoto
construit par Areva et Siemens connaît, lui aussi, un nouveau retard : la
production « régulière » d’électricité
n’est pas attendue avant janvier 2020. Au tout début du projet, sa
mise en service était prévue pour…
2009. En dépit du démarrage, les
négociations sur le prix d’achat de
l’électricité produite à Taishan se
poursuivent avec l’administration
chinoise, a précisé CGN – EDF indiquait début 2017 qu’il démarrait la
négociation commerciale. L’électricien français, qui a investi 1 milliard
d’euros en fonds propres dans le projet, espère en retirer rapidement les
premiers dividendes. n
Des
pour la mobilité de demain
Les problématiques environnementales nous font avancer chaque jour pour
imaginer des solutions toujours plus utiles et innovantes. Chez Transdev
nous sommes fiers de faire voyager 11 millions de personnes au quotidien
grâce à des services de transport efficaces, simples et respectueux de
l’environnement.
transdev.com
* Intégrateur de mobilités
*
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
Groupe Bertrand s’invite
au tour de table du restaurateur Elior
l Le groupe de restauration commerciale a pris 5 % du capital de l’opérateur
de restauration collective et concédée.
l Ce dernier vient d’annoncer vouloir
se scinder.
RESTAURATION
Christophe Palierse
@cpalierse
et Martine Robert
@martiRD
Décidément, Elior n’en finit pas
d’animer l’actualité du secteur de la
restauration. Alors qu’il a récemment annoncé envisager de se scinder, le groupe de restauration collective et concédée, en quête d’un
nouveau souffle, suscite le plus vif
intérêt d’un autre poids lourd de la
restauration commerciale celui-là,
Groupe Bertrand. Cette société pour
le moins diversifiée, puisque acteur
prépondérant dans les brasseries
parisiennes, dans la restauration
thématique de chaîne avec Hippopotamus notamment, mais aussi la
restauration rapide avec Burger
King France, a annoncé vendredi
avoir déclaré à l’Autorité des marchés financiers (AMF) avoir dépassé
– de très peu – le seuil réglementaire
de 5 % du capital et des droits de vote
d’Elior. Dans un avis, l’AMF a, de son
côté, précisé que ce franchissement
de seuil est intervenu le 7 décembre.
La nouvelle a stimulé le cours de
Bourse d’Elior, la valeur terminant
la séance à 12,71 euros, soit une
hausse de 5,30 % par rapport au
cours de clôture de la veille et la plus
forte progression des valeurs composant l’indice SBF 120.
Dans un communiqué, Groupe
Bertrand a expliqué qu’Elior « représent[ait] aujourd’hui une des opportunités d’investissement les plus intéressantes du secteur de la restauration
collective et concédée », et d’ajouter
qu’il « pourrait poursuivre ses achats
en fonction des conditions de marché
et de l’évolution de la société ». Le
groupe, créé et dirigé par Olivier Bertrand, a par ailleurs indiqué « être
intéressé à échanger avec la société
(Elior, NDLR) sur sa vision du marché
et ses enjeux ». A la veille de sa déclaration, Olivier Bertrand n’avait pas
encore, dit-on, approché le management d’Elior, ni même son cofondateur et toujours premier actionnaire,
Robert Zolade.
Cette incursion au capital d’Elior
intervient au moment même où ce
dernier cherche à vendre d’ici à juin
son activité de restauration de concession (numéro trois mondial)
pour se recentrer sur la restauration
collective (4e acteur mondial). Le
groupe est fragilisé, comme en
témoigne le cours de son action, très
malmené ces derniers temps : dans
le rouge après la publication des
résultats annuels le 5 décembre (–
8,7 %), il a rebondi de 7,6 % le lendemain. A la clôture de la séance de
vendredi, en dépit de son sursaut du
jour, le titre Elior affiche un retrait de
24,45 % depuis le début de l’année…
Dépréciations d’actifs
Le plan de restructuration mis en
place par le directeur général, Philippe Guillemot, n’a pas encore produit les effets escomptés, après trois
avertissements sur ses résultats
depuis novembre 2017. En hausse de
3 %, le chiffre d’affaires a atteint
6,7 milliards d’euros, mais le résultat
net a été divisé par trois, à 34 millions. Des contrats non rentables ont
été abandonnés, conduisant à des
dépréciations d’actifs pour 64 millions. La croissance attendue de 1 %
pour l’exercice 2018-2019 déçoit. La
restauration de concessions (aéroports, autoroutes et gares) représente 27 % du chiffre d’affaires consolidé mais 57 % de l’excédent brut
d’exploitation d’Elior. Une activité
que le bureau d’analyse d’Oddo BHF
valorise entre 1,5 et 1,7 milliard
d’euros dont la cession redonnerait
au groupe un appel d’air pour réaliser des acquisitions structurantes.
(
Lire « Crible »
Page 38
Olivier Bertrand, patron du groupe, met Elior à son menu
Le fondateur de Groupe
Bertrand, devenu un poids
lourd de la restauration
commerciale tricolore,
se lance un nouveau défi
en misant sur le groupe
de restauration collective
et concédée.
L’appétit vient en mangeant, et
manifestement Olivier Bertrand
en a toujours plus. Alors qu’il
enchaîne les acquisitions depuis
trois ans, le patron et fondateur –
en 1997 – de Groupe Bertrand a
quelque peu créé la surprise, vendredi, avec l’annonce par sa société
de l’acquisition de 5 % du capital du
groupe de restauration collective
et concédée Elior. Et ce discret Cantalou, issu d’une lignée de brasseurs bougnats installés dans la
capitale, a non seulement toujours
plus d’appétit mais il n’a pas froid
aux yeux non plus.
Si Elior est en quête d’un nouveau souffle, il pèse tout de même
6,7 milliards d’euros de chiffre
d’affaires au titre de son exercice
2017-2018 alors que Groupe Bertrand prévoit un total de ventes
sous enseignes – ce qui inclut l’activité des franchisés – de 1,9 milliard
pour 2018. Groupe Bertrand n’en
est pas moins le numéro deux de la
restauration commerciale en
France – derrière McDonald’s –,
ayant grossi à la vitesse de l’éclair
par croissance externe.
Malin
Entre la fin 2015 et le début 2016, il a
ainsi avalé Quick, afin d’alimenter
le développement de Burger King,
dont Groupe Bertrand détient la
franchise exclusive depuis cinq
ans, mais aussi groupe Frères
Blanc et ses brasseries parisiennes
(Le Procope, La Fermette Marbeuf,
Au Pied de Cochon, Chez Jenny ou
Le Grand Café Capucines…). Courant 2017, Olivier Bertrand a remis
le couvert en prenant cette fois-ci
le contrôle de Groupe Flo, soit à
nouveau d’emblématiques brasseries parisiennes – La Coupole,
La SNCF va continuer d’investir
dans les nouvelles mobilités
TRANSPORT
Le patron du groupe
public, Guillaume Pepy,
annonce le lancement
d’un troisième fonds
d’investissement.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
La SNCF a lancé ces derniers mois
une large revue de ses investissements dans les nouvelles mobilités, mais elle ne va pas pour autant
cesser de miser sur des jeunes
pousses du secteur. « Nous disposions déjà de deux fonds d’investissement dédiés, nous allons en lancer
un troisième l’an prochain », révèle
aux « Echos » Guillaume Pepy, le
patron du groupe public.
En 2011, la SNCF s’était dotée d’un
premier fonds, baptisé « Ecomobilité Ventures ». Créé en partenariat
avec Orange, PSA et Total, il avait été
doté de 25 millions d’euros. Quatre
ans plus tard, le groupe ferroviaire
était monté en puissance en lançant
son propre fonds, SNCF Digital Ventures, qui disposait de 30 millions. Le
pilotage était assuré par Hi Inov, la
société de gestion en capital-risque
du holding patrimonial Dentressangle Initiatives. Le fonds qui doit être
lancé l’an prochain va prendre le
relais. Guillaume Pepy ne souhaite
pas divulguer le montant dont il disposera. Christophe Fanichet, conseiller du directoire du groupe après
avoir été en charge de l’activité des
trains Intercités, puis directeur de la
communication, est en charge du
dossier. Ces derniers mois, le groupe
donnait plutôt l’impression qu’il
avait décidé de réduire la voilure
dans les nouvelles mobilités. Keolis,
filiale dédiée au transport public,
cherche à se désengager de la plateforme VTC LeCab, qu’elle contrôle.
Les discussions avec un acheteur
potentiel sont assez avancées.
Des cessions en cours
Par ailleurs, la SNCF a confié au printemps un mandat à la banque
Rothschild pour vendre tout ou partie de ses participations dans OuiCar
(location de voiture entre particuliers), Allocab (VTC), et iDvroom
(covoiturage). Ces dossiers suivent
leurs cours, sauf pour iDvroom. Il va
finalement rester dans le groupe,
mais avec une activité recentrée sur
Bofinger et Petit Bofinger, Le Bœuf
sur le Toit, Le Vaudeville… – , mais
aussi la chaîne de restauration
Hippopotamus. Le redressement
accéléré de cette dernière confirme toutefois qu’Olivier Bertrand
achète bien et sait relancer en
s’appuyant sur des professionnels
Groupe Bertrand
est le numéro deux
de la restauration
commerciale en France,
derrière McDonald’s.
La société a grossi
à la vitesse de l’éclair
par croissance externe.
aguerris. A titre d’exemple, le pilotage de Burger King France a été
confié à un ancien de McDo France
puis Europe, Jérôme Tafani.
Olivier Bertrand, qui a toujours
su garder le contrôle de son groupe,
est aussi avisé sur le plan financier.
Quick à peine racheté, il en cède
toute la partie non française.
Restauration collective
De même, pour le développement
de Burger King, il est épaulé par la
société de capital-investissement
Bridgepoint qui a pris, il y a quelques mois, une participation
minoritaire dans la société holding
détentrice de la « master franchise » sur le territoire national.
En s’invitant au tour de table
d’Elior, Olivier Bertrand ne cache
pas s’intéresser non seulement à la
restauration concédée qui lui est
familière, mais aussi à la restauration collective.
A ce stade, il réserve son analyse
stra tégique au mana gement
d’Elior. Au moins deux questions
s’imposent d’emblée : partage-t-il
le projet de scission annoncé par
Elior ? Est-il prêt au bras de fer,
alors que son intrusion ne semble
pas concertée ? — C. P.
Le géant du BTP italien
rattrapé par le canal
du Panama
BTP
Le tribunal ordonne
au consortium de
payer 848 millions
de dollars.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Le groupe cherche à se désengager de jeunes pousses, comme
LeCab, la plate-forme VTC contrôlée par Keolis. Photo RGA/RÉA
les services aux collectivités ou aux
entreprises (B to B) : le partenariat
récemment passé avec BlaBlaCar
stipule qu’iDvroom ne peut plus lui
faire de concurrence directe sur le
marché des particuliers (B to C).
Le groupe n’en conserve pas
moins un certain nombre d’investissements (dans Via, Navya, etc.).
Tout en continuant à rechercher
des jeunes pousses sur lesquelles
miser. « La stratégie n’a pas varié,
avance Guillaume Pepy. Comme
nous le disons depuis quatre ans, pour
faire plus de trains, il faut faire plus
que du train ! Nous allons continuer à
investir, car cela nous permet de comprendre le fonctionnement de ces nouvelles mobilités, et la manière dont
elles peuvent s’articuler avec notre
cœur de métier, le ferroviaire. » Et
venir étoffer l’offre de transports
que le groupe proposera dans
l’appli SNCF, laquelle doit se transformer au printemps en « assistant
personnel de mobilité ». n
Le titre du constructeur italien
Salini Impregilo plonge dans
les eaux troubles du canal de
Panama. Il a perdu plus de 20 %
en cinq jours à la Bourse de
Milan. En cause, notamment,
les suites d’un contentieux judiciaire autour de ce chantier
pharaonique, qui a mobilisé
30.000 personnes et coûté plus
de 7 milliards de dollars. Lancé
en 2007, il a été inauguré en
2014 avec des dépassements de
délais et de coûts. L’Autorité du
canal de Panama (ACP), qui
avait confié la réalisation de
l’ouvrage au Consortium GUPC
(Groupe Unis pour le canal),
avec l'espagnol Sacyr, l'italien
Salini Impregilo, le belge Jan De
Nul et le panaméen Cucsa, s’est
lancé dans une âpre bataille
devant la justice. Le tribunal
d’arbitrage de Miami a ordonné
au consortium de rembourser
près de 848 millions de dollars.
Salini Impregilo a annoncé
qu’il paierait sa part, estimée à
217 millions de dollars, auxquels
pourraient s’ajouter 117 millions.
Une décision qui a éclipsé la
finalisation de la vente des activités industrielles et travaux routiers Plants and Paving, de sa
filiale Lane Construction. Eurovia, la filière routière de Vinci, a
déboursé 555 millions de dollars
quand Salini avait mis 446 millions pour acquérir l’ensemble.
Le remboursement exigé par
le tribunal efface en partie ce
gain qui devait réduire la lourde
dette du groupe transalpin, à
près de 2,6 milliards. Salini
Impregilo pourra se consoler
avec l’annonce, faite par le
ministre des Infrastructures, de
la poursuite des travaux d’une
ligne ferroviaire reliant la Ligurie et le Piémont. Un chantier de
plus de 6 milliards d’euros
auquel il participe. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
Hôtellerie : LVMH mise presque
3 milliards sur les palaces
l LVMH va prendre le contrôle d’une quarantaine d’hôtels, trains et croisières de grand standing du groupe Belmond.
l La valeur d’entreprise du groupe s’élève à 2,8 milliards d’euros.
Hôtels, trains, bateaux
Fondé en 1976 avec l’achat de l’Hôtel
Cipriani, à Venise, Belmond est présent dans 24 pays. Parmi ses 33 établissements emblématiques – dont
27 en propriété – figurent notamment, l’Hôtel Splendido, à Portofino, le Copacabana Palace, à Rio de
Janeiro. L’opérateur exploite aussi
des trains mythiques, parmi lesquels le Venice Simplon-Orient-Express, le Belmond Royal Scotsman,
ou le Cusco-Machu Picchu, au
Pérou. Bien implanté en Europe
(46 %), le groupe réalise aussi 20 %
de son activité en Amérique du
Nord. En revanche, il est peu présent en Asie et au Moyen-Orient.
Belmond a longtemps opéré
sous la marque Orient Express
(d’où son ancien nom Orient
« Le luxe
d’expérience
sera important
dans le futur.
Nous voulons
en être. »
JEAN-JACQUES GUIONY
Directeur financier de LVMH
Un pôle encore modeste
Avec cette acquisition, LVMH se
dote d’un pôle d’hôtellerie de luxe,
secteur dans lequel il est entré en
2006 avec le rachat de Cheval Blanc
à Courchevel. Il compte aujourd’hui
quatre établissements, aux Maldives, à Saint-Barth (seul palace hors
de la métropole) et Saint-Tropez.
Attendu de longue date, celui de
Paris, en cours de réalisation dans
l’un des anciens bâtiments de La
Samaritaine, ouvrira en 2020. « Il
n’y aura pas de synergies, mais plutôt
une complémentarité avec Cheval
Blanc, qui pourra aider Belmond à
améliorer son offre de services », a
indiqué Jean-Jacques Guiony,
directeur financier de LVMH.
En rachetant le joaillier Bulgari
en 2011, LVMH a aussi récupéré un
accord de licence entre l’italien et
l’américain Marriott International.
Aujourd’hui, six hôtels portent
l’enseigne dans le monde (Milan,
Londres, Bali…) et trois sont en projet, à Paris (2020), Moscou (2021), et
Tokyo (2022). Cette activité reste
toutefois modeste à l’échelle du
groupe. Dans le bilan annuel du
géant mondial, son chiffre d’affaires est inscrit dans « Autres activités », dont le montant s’est élevé à
596 millions d’euros en 2017.
« Nous avons atteint une masse critique avec cette acquisition », a souligné le dirigeant.
Le prix payé en fait la plus grosse
acquisition de LVMH depuis celle de
Bulgari (4,3 milliards d’euros). Pour
le groupe, l’hôtellerie de luxe est
complémentaire du reste de son
activité. Elle vise la même clientèle et
s’inscrit dans « le luxe expérientiel »,
une tendance lourde au niveau
mondial. Même les Chinois commencent à plébisciter cette approche. « Le luxe d’expérience sera
important dans le futur. Nous voulons en être », a insisté Jean-Jacques
Guiony. Selon le cabinet Bain,
entre 2010 et 2017, les revenus des
voyages, d’hôtellerie de luxe et de la
restauration haut de gamme ont
augmenté de plus de 10 %. La croissance moyenne annuelle du luxe est,
elle, restée autour de 5 %.
(
Lire « Crible »
Page 38
Belmond Hotel
LVMH, le leader mondial du luxe
(par ailleurs propriétaire des
« Echos »), s’ancre résolument dans
l’hôtellerie et le tourisme de… luxe.
Le groupe, jusqu’alors présent dans
le secteur avec deux belles marques, Cheval Blanc et Bulgari, mais
de manière encore modeste, frappe
un grand coup. Il a annoncé, vendredi, un « accord définitif » portant
sur l’acquisition de Belmond, avec
46 hôtels, trains et bateaux de croisières fluviales.
Basé aux Bermudes, doté d’un
siège à Londres et coté à la Bourse
de New York, Belmond fera l’objet
d’une OPA au prix de 25 dollars par
action, soit une prime de plus de
40 % par rapport au cours de clôture de jeudi et un montant de
2,6 milliards (2,3 milliards d’euros)
pour 100 % du capital. Avec la dette,
la valeur d’entreprise culmine à
3,2 milliards de dollars. La transaction, qui dépend encore de l’approbation des actionnaires de Belmond et des autorités de la
concurrence, devrait être effective
au premier semestre 2019.
Des établissements d’exception chargés d’histoire
Le Belmond Hotel Caruso est situé à Ravello, dans un ancien palais du XIe siècle installé sur les collines de la côte amalfitaine, au sud
de Naples. Il a été minutieusement restauré, tout en conservant soigneusement les murs d’origine et les plafonds couverts de fresques.
G. Paul Burnett/The New York Times
Dominique Chapuis
et Christophe Palierse
@cpalierse
Express Hotels), propriété de la
SNCF, avant d’y renoncer, la société
nationale ayant décidé d’en reprendre l’exploitation. Le changement
de nom est intervenu en
mars 2014. Egalement actif dans la
croisière fluviale en Birmanie et en
France (cinq péniches-hôtels de
luxe de Belmond Afloat), le groupe
a réalisé l’an dernier un chiffre
d’affaires de 561 millions de dollars
l’an dernier (+2 %), le total de ses
revenus pour les neuf premiers
mois de 2018 s’élevant à 454,5 millions (+2,4 %). Sa marge, de l’ordre
de 24 %, peut être améliorée, selon
LVMH.
Pierre Teyssot/AGF/Sipa
LUXE
Le Belmond Hotel Cipriani, fermé du 11 novembre 2018 au 22 mars
2019, est situé sur l’île de la Giudecca à Venise, à 5 minutes de la
place Saint-Marc en bateau, avec sa jetée privée. Le bâtiment principal est relié par une cour et un passage fleuri au Palazzo Vendramin,
du XVe siècle, lequel a une vue imprenable sur la cité des Doges.
Le « 21 » à New York est un restaurant mythique. Ouvert depuis le
1er janvier 1930, il a accueilli de nombreuses célébrités et grands dirigeants. Des statuettes de jockey, sur la façade, à la cave à vin secrète,
en passant par le « bar room », réputé pour ses objets suspendus
au plafond, c’est une grande adresse de la gastronomie new-yorkaise.
L’hôtellerie de luxe, un secteur en croissance et en consolidation
L’émergence de nouvelles
clientèles étrangères
alimente le dynamisme
de l’hôtellerie de luxe,
comme en témoigne
l’acquisition de Belmond
par LVMH.
Au-delà de l’élargissement de son
périmètre, de la constitution d’une
sorte d’écosystème autour de
riches consommateurs, le rachat
programmé de B elmond par
LVMH (par ailleurs propriétaire
des « Echos ») en dit long aussi sur
le potentiel de croissance et de
développement de l’hôtellerie de
luxe dans le monde. Alors que
d’aucuns estiment le montant de
l’acquisition élevé (2,6 milliards de
dollars), il faut rappeler que Belmond, classé au 25e rang des enseignes hôtelières de luxe selon le
cabinet d’études et de conseil MKG,
suscitait moult convoitises. Les
groupes américains Hyatt et Hilton étaient sur les rangs, comme
des sociétés d’investissement, à
l’instar de Blackstone et KKR.
Avec sa quarantaine d’hôtels,
trains et bateaux de croisières fluviales de prestige, Belmond, que
l’on disait valorisé autour de
1,8 milliard de dollars, constituait,
il est vrai, un actif de choix. L’essor
du tourisme mondial ne se dément
pas, voire – hors événements
exceptionnels – s’accélère, tiré par
la très remuante Asie.
Augmentation des dépenses
Selon l’organisation professionnelle privée WTTC, l’augmentation annuelle moyenne des dépenses dans le monde au titre du
voyage et du tourisme devrait ainsi
passer de 5 % environ, entre 2010 et
2018, à plus de 7 % entre 2018 et
2022, atteignant au total 7.700 milliards de dollars à terme, à comparer à 4.000 milliards douze ans
auparavant. Sur la période 20182022, l’accroissement serait
notamment de 11 % pour la Chine et
l’Inde.
Or, cette croissance du tourisme
mondial profite tout particulièrement aux opérateurs haut de
gamme. Ce phénomène explique,
entre autres, le repositionnement
de Club Med à partir du milieu des
années 2000, et l’accélération, ces
dernières années, du développement d’AccorHotels, avec les
acquisitions des chaînes Raffles,
Fairmont et Swissôtel. En transformant son profil, le champion de
l’hôtellerie économique, devenu le
L’essor du tourisme
mondial ne se dément
pas voire s’accélère,
tiré par l’Asie.
Cette croissance
profite particulièrement
aux opérateurs
haut de gamme.
numéro deux mondial de l’hôtellerie haut de gamme et luxe derrière
l’américain Marriott, amplifie sa
rentabilité opérationnelle. Et la
tendance ne devrait pas s’infléchir
avec son programme de développement. De fait, alors que les nouvelles classes aisées d’Asie ou
d’Amérique du Sud voyagent toujours plus dans le monde, la nécessité de construire des hôtels de luxe
dans certains de ces pays plus
qu’émergents alimente tout autant
la dynamique sectorielle. Cela vaut,
en premier lieu, pour la Chine.
Mais la tendance au « lifestyle »,
l’engouement pour les boutiqueshôtels donnent simultanément un
coup de fouet à l’hôtellerie européenne et nord-américaine. — C. P.
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22 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
marketing
Brittany Ferries met à l’eau son
premier ferry propulsé au GNL
MARITIME
Stanislas du Guerny
à Flensbourg
C’est au port de Flensbourg, qui
borde la mer Baltique au nord de
l’Allemagne, à seulement quelques
kilomètres de la frontière danoise,
que la compagnie maritime Brittany Ferries a procédé ce vendredi à
la mise à l’eau des deux principaux
éléments de la coque du ferry le
« Honfleur », dans lequel sont investis 180 millions d’euros.
Le calendrier initial fixé par
l’armateur est respecté. Ce nouveau
navire, construit par le chantier
naval Flensburger Schiffbau-Gesellshaft, entrera en service en juillet
prochain. Suite à l’assemblage des
deux blocs, les essais en mer vont se
prolonger plusieurs semaines. Le
« Honfleur » assurera la liaison quotidienne entre Caen-Ouistreham et
Portsmouth au sud de l’Angleterre.
C’est l’une des principales lignes de la
compagnie bretonne, qui a transporté l’an dernier un total de plus de
2,7 millions de passagers.
Long de 187 mètres et large de
3 1 m è t r e s , c e n av i r e p o u r r a
accueillir à son bord 1.680 passagers.
La plupart de ses 261 cabines sont
Brittany Ferries
Le « Honfleur », construit dans un chantier
allemand, sera opérationnel en juillet entre
Caen-Ouistreham et
Portsmouth.
Long de 187 mètres et large de 31 mètres, le « Honfleur »
(ici, une vue en 3D) pourra accueillir à son bord 1.680 passagers.
dotées d’une fenêtre, les espaces passagers ont été agrandis par rapport à
un ferry classique. Les garages pourr o n t s t o c ke r 5 5 0 vo i t u r e s e t
64 remorques. Sa propulsion au gaz
naturel liquéfié (GNL), une première
européenne pour un ferr y, va
réduire de 25 % la production de
dioxine de carbone par rapport à un
navire au fuel lourd ou au gas-oil.
Le GNL permet aussi de limiter
les particules fines propagées dans
l’atmosphère et de réduire de 16 % la
consommation en carburant. Le
groupe Total fournira le GNL à partir de son centre de stockage de Dunkerque. Des conteneurs de carburant seront chargés à l’arrière du
bateau. « Brittany Ferries est la première compagnie en Europe à s’engager dans l’utilisation de ce carburant
propre afin de respecter la réglementation européenne », commente le
président de la compagnie, JeanMarc Roué, conscient de la
demande sociétale poussant les
armateurs à faire naviguer des
bateaux beaucoup moins polluants.
180
Impact du Brexit
MILLIONS D’EUROS
Le montant de l’investissement
dans le « Honfleur ».
Le pari d’investir dans un nouveau
navire est risqué, dans le contexte
d’incertitude concernant le Brexit et
ses conséquences sur les activités de
l’armement breton, dont 80 % de la
clientèle est britannique. « Les réservations 2019 sont en baisse, on ressent
l’anxiété côté britannique », indique
le président du directoire de Brittany
Ferries, Christophe Mathieu. La
compagnie bretonne a réalisé l’an
dernier un chiffre d’affaires global de
470 millions d’euros, stable du côté
des passagers, mais en baisse de 5 %
du côté fret.
Le probable rétablissement d’une
frontière entre la France et le Royaume-Uni ne décourage pas la compagnie, persuadée que les Anglais
mais aussi les Irlandais continueront malgré tout à choisir ses lignes
« à destination vacances ». Petit
signe encourageant, le Parlement
européen vient de proposer une
modification du projet de la Commission européenne qui écartait
Brest et Roscoff du réseau central
des ports de liaison entre l’Irlande et
le continent européen.
L’entreprise bretonne, toujours
contrôlée par les organisations agricoles, au premier rang desquelles la
Sica de Saint-Pol-de-Léon de production de légumes et de fleurs, fait
supporter son projet « Honfleur »
par la société d’économie mixte
Semanor rassemblant les différentes collectivités territoriales de Normandie, principalement le Conseil
régional. Ses deux autres prochains
bateaux neufs seront affrétés
auprès de la compagnie suédoise
Stena RoRo, qui les fait construire
en Chine. Le « Galicia » sera mis en
service en 2020 et le « Salamanca »
en 2021. Tous deux sont destinés aux
lignes entre l’Angleterre et l’Espagne. A l’issue de cinq ans d’exploitation, Brittany Ferries a prévu de les
racheter. n
De « Crétins.fr »… au luxe
épuré de Freebox Delta
STRATÉGIE
Avec la communication
sophistiquée qui accompagne la Freebox Delta, la filiale
d’Iliad fait le pari du premium.
Véronique Richebois
@vrichebois
La boucle est bouclée. Et le
virage vers la « premiumisation » de Free, marque low cost à
ses débuts, clairement entamé.
Pour accompagner la mise sur
le marché de sa Freebox Delta,
lancée le 4 décembre après huit
ans d’attente, la filiale d’Iliad s’est
offert un dispositif de communication ultra-sophistiqué. A
l’arrivée, une campagne signée
par DDB Paris (déjà responsable
de la communication sur la téléphonie mobile). L’épure de la
mise en scène y souligne la
sobriété extrême du « triangle »
de la Delta, conçue par le designer britannique Jasper Morrison, plongée dans l’obscurité et
uniquement « révélée » par un
fanal lumineux. Mais rien de
plus normal : la Freebox Delta se
veut tout… sauf une box. Pour
59,99 euros mensuels, elle intègre une enceinte Devialet, Alexa,
l’abonnement Netflix, un service
de maison connectée et de sécu-
décalé. Depuis 2012, Xavier Niel
y distille des révélations sur sa
stratégie. Tout en taclant Stéphane Richard, patron
d’Orange, qui avait ironisé sur le
lancement de Free Mobile : « La
mamie du Cantal n’a pas besoin
de la même offre qu’un geek à
Paris. » Qu’à cela ne tienne ! Le
15 novembre, Mamie Georgette
se réjouissait de pouvoir regarder la série « Santa Barbara »
sur « la box internayt de son
petit-fils » (sic). Ce que les internautes rusés ont interprété
illico comme une initiative
d’envergure de Free planifiée
pour le 4 décembre, jour de la
Sainte-Barbe… et de la sortie
effective de la Freebox Delta. Un
teasing pour le moins inédit.
De son côté, avec son esthétique très sixties et ses images
psychédéliques, le spot présentant l’ensemble du dispositif
(accompagné de trois spots
plus thématiques) se situe dans
la logique d’innovation de la
Freebox Delta. Réinjectant une
modernité bienvenue à un
modèle commercial qui commençait à s’épuiser. « Le brief de
la campagne était de présenter la
Freebox Delta sur le mode : “Je
vais vous parler de l’existence
d’un engin absolument incroyable, comme s’il débarquait d’une
autre planète…” », se souvient
BILLETTERIE
Le site de revente
de billets sans l’autorisation des organisateurs a soulevé une
question prioritaire
de constitutionnalité.
Martine Robert
@martiRD
La plate-forme Internet de revente
de billets Viagogo, poursuivie par
nombre d’organisations sportives
et culturelles l’accusant de spéculer
sur les tarifs des billets, a été
déboutée vendredi par le Conseil
constitutionnel auprès duquel elle
contestait la validité de la loi française en la matière.
Les Sages étaient saisis d’une
question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par Viagogo dans le cadre d’un procès civil
intenté par l’UEFA à l’occasion de
l’Euro-2016. Ils ont jugé conforme
l’article du Code pénal punissant
la vente habituelle de billets sans
PUBLICATION JUDICIAIRE
Décision de l’Autorité de la concurrence n°18-D-23 du 24 octobre
2018 relative à des pratiques mises en œuvre dans le secteur de la
distribution de matériel de motoculture.
Aux termes de la décision ci-après, l’Autorité sanctionne les sociétés
Andreas Stihl SAS et Stihl Holding AG & Co KG pour avoir mis en
œuvre dans le cadre de leur réseau de distribution sélective de
matériel de motoculture une entente illicite, contraire aux articles
L. 420-1 du code de commerce et au paragraphe premier de
l’article 101 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
consistant à interdire de facto la vente des produits Stihl et Viking à
partir des sites des distributeurs.
L’instruction menée dans la présente affaire a conduit à la notification
de deux griefs aux sociétés précitées, l’un portant sur l’interdiction
de vente des produits Stihl et Viking à partir des sites internet des
distributeurs, l’autre concernant l’interdiction de vente de ces mêmes
produits sur les plateformes en ligne tierces.
L’Autorité n’a pas remis en cause le principe du recours à la
distribution sélective pour des produits qui, comme ceux concernés
en l’espèce – tronçonneuses, débroussailleuses, élagueuses,
sécateurs à batterie – revêtent un certain degré de dangerosité et
requièrent, de ce fait, la mise en place de services d’assistance et de
conseil afin d’en préserver la qualité, d’en assurer le bon usage et de
garantir la sécurité des utilisateurs.
Elle a, en revanche, estimé qu’en exigeant une « mise en main
» entre l’acheteur en ligne et le distributeur à l’origine de la vente
impliquant un retrait du produit dans le magasin du revendeur ou
une livraison par ce dernier en personne au domicile de l’acheteur,
Stihl avait de facto interdit la vente de ses produits à partir des sites
internet de ses distributeurs. Elle a considéré que cette interdiction,
ni exigée par la réglementation relative à la commercialisation des
produits concernés, ni appliquée par les concurrents de Stihl ou par
nombre de grandes surfaces de bricolage, allait au-delà de ce qui est
nécessaire pour préserver la santé du consommateur et constituait,
de ce fait, une restriction de concurrence. Elle a, en outre, rappelé
qu’une restriction qui, comme celle concernée en l’espèce, réduisait
la possibilité des distributeurs de vendre des produits hors de leur
zone de chalandise physique et limitait le choix des clients désireux
d’acheter sans se déplacer, revêtait un degré particulier de nocivité
pour la concurrence et constituait, par conséquent, une restriction
anticoncurrentielle par objet.
Enfin, l’Autorité a considéré que cette interdiction d’une part ne
pouvait bénéficier du règlement d’exemption par catégorie applicable
aux restrictions verticales, dans la mesure où elle s’apparentait à
une restriction caractérisée des ventes passives, d’autre part ne
remplissait pas les conditions requises pour l’octroi d’une exemption
individuelle.
S’agissant par ailleurs de l’interdiction de vente sur les plateformes
en ligne tierces, l’Autorité a estimé qu’il n’y avait pas lieu à donner
suite au grief notifié à ce titre. Elle a, en effet, considéré que
cette pratique permet à Stihl, qui n’a aucun lien contractuel avec
ces plateformes, de s’assurer, de manière à la fois appropriée et
proportionnée, que ses produits sont vendus dans des conditions
qui préservent son image de marque et garantissent la sécurité du
consommateur.
En conséquence, seule la première des deux pratiques visées par
les griefs notifiés a été sanctionnée.
Une amende de 7 000 000 euros a été infligée à Stihl.
En outre, il a été enjoint à Stihl de modifier, dans un délai de 3 mois à
compter de la notification de la décision, ses contrats de distribution
sélective, afin de stipuler, en termes clairs, que les distributeurs
agréés membres de son réseau de distribution sélective avaient
la possibilité de procéder à la vente en ligne de tous les produits
Stihl et Viking, sans exiger de ceux-ci une « mise en main » auprès
de l’acheteur, laquelle impliquerait un retrait du produit au magasin
du distributeur, auprès duquel il a été acquis, ou la livraison par ce
distributeur en personne ou l’un de ses employés au domicile de
l’acheteur. Il a en outre été enjoint à Stihl de transmettre à l’ensemble
de ses points de vente, dans un délai de trois mois à compter de
la notification de la présente décision, une lettre recommandée
avec accusé de réception leur annonçant les modifications ainsi
apportées à leurs contrats de distribution sélective.
Article 6 : Les personnes morales visées à l’article 1er feront
publier à leurs frais le texte figurant au paragraphe 325 de la
présente décision dans les journaux « Les Echos », « Matériel et
Paysage » et « Rustica » en respectant la mise en forme suivante.
Cette publication interviendra dans un encadré en caractères noirs
sur fond blanc de hauteur au moins égale à trois millimètres sous
le titre suivant, en caractère gras de même taille : « Décision de
l’Autorité de la concurrence n° 18-D-23 du 24 octobre 2018 relative
à des pratiques mises en œuvre dans le secteur de la distribution de
matériel de motoculture ». Elle pourra être suivie de la mention selon
laquelle la décision a fait l’objet de recours devant la cour d’ appel
de Paris si de tels recours sont exercés. Les personnes morales
concernées adresseront, sous pli recommandé, au bureau de la
procédure, copie de cette publication, dès sa parution et au plus tard
le 24 décembre 2018.
Article 7 : Les personnes morales visées à l’article 1er feront publier
à leurs frais le texte figurant au paragraphe 325 de la présente
décision, au sein d’une page accessible au public à partir d’une
annonce en première page des sites Internet des journaux « Les
Echos », « Matériels et Paysage » et « Rustica ». L’annonce de
première page indiquera « Par décision du 24 octobre 2018 l‘Autorité
de la concurrence a sanctionné la société Stihl et le Groupe
auquel elle appartient pour avoir mis en œuvre des pratiques
anticoncurrentielles dans le secteur de la distribution de matériel
de motoculture » en caractère gras et dans une police d’écriture
de taille 14. Cette annonce devra demeurer visible durant huit
jours consécutifs. La publication à laquelle renverra l’annonce de
première page interviendra dans un encadré sous-titré « Décision de
l’Autorité de la concurrence n° 18-D-23 du 24 octobre 2018 relative
à des pratiques mises en œuvre dans le secteur de la distribution
de matériel de motoculture » en caractère gras et dans une police
d’écriture de taille 14 et ce pour une durée de huit jours consécutifs.
Elle pourra être suivie de la mention selon laquelle la décision a fait
l’objet d’un recours devant la cour d’appel de Paris si un tel recours
est exercé. La société sanctionnée adressera, sous pli recommandé,
au bureau de la procédure, copie de ces publications................
............... ................... ..................24 décembre 2018.
autorisation de l’organisateur. Le
Conseil constitutionnel a estimé
que « la mise en œuvre de certaines
mesures de sécurité comme les interdictions administratives ou judiciaires d’accès aux manifestations ou le
contrôle du placement des spectateurs, qui reposent sur l’identification des personnes achetant ces titres,
peut être entravée par la revente ».
D’autre part, « l’incrimination en
cause doit permettre de lutter contre
l’organisation d’une augmentation
artificielle des prix ».
La directrice du Prodiss, le syndicat du spectacle musical, Malika
Séguineau, s’est félicitée « du rejet
de la QPC, d’autant que nous avons
parallèlement engagé une action au
pénal contre Viagogo ». L’UEFA a
aussi porté plainte au pénal en
France. La Fifa avait, elle, annoncé
avoir porté plainte en Suisse, à dix
jours de l’ouverture de la Coupe du
monde en Russie, en juin 2018.
Implantée dans 50 pays
Basé en Suisse depuis 2012 et enregistré dans l’Etat du Delaware aux
Etats-Unis, Viagogo, qui compte
dans son tour de table Agassi Graf
Holdings, lord Jacob Rothschild
ou Bernard Arnault, est implantée
dans 50 pays et poursuivie dans
plusieurs. Le site, qui revend des
centaines de millions de billets par
an, n’entend pas en rester là. « Nous
envisageons toutes les options dont
celle de saisir la Cour de justice de
l’Union européenne. La France est un
des rares pays à avoir choisi une
interdiction de revente alors que les
Anglo-Saxons privilégient une régulation raisonnée », commente Diane
Mullenex, l’avocate de la plateforme. « Ces sociétés intègrent les
sanctions civiles – dommages et intérêts – dans leur business plan et font
tout pour rendre leur exécution difficile, en s’implantant dans des pays
où elles sont difficiles à atteindre », a
déclaré à l’AFP le directeur de la
FFT, Jean-François Vilotte. n
DR
Revente de places de sport
ou de spectacle : Viagogo débouté
La campagne de la Freebox Delta est signée par DDB Paris.
rité et l’accès à un kiosque numérique recensant plus de 1.000
titres de presse.
Haute technologie
Confronté à l’érosion du nombre de ses clients (221.000
depuis début 2018), Free (près
25 % de part de marché sur le
secteur du fixe, derrière
Orange) veut troquer, avec la
Delta, son statut de fournisseur
d’accès Internet (FAI)… contre
celui de fournisseur de haute
technologie grâce à son triple
partenariat avec Netflix, Amazon et Devialet. N’hésitant pas à
s’approprier au passage les
codes de la communication
luxe et mode. Même si Camille
Perrin, directrice du marketing
et de la communication de Free,
tient à nuancer : « Nous avions
déjà amorcé ce virage vers le premium dès 2010 avec le lancement
de la Freebox Revolution, qui
intégrait de nombreux services
innovants. Et Free demeure en
ligne avec ce qui constitue son
ADN : rendre accessibles au plus
grand nombre des produits
extraordinaires. »
D’ailleurs, avec son fameux
compte Twitter@mamieducantal, tenu officiellement par
une certaine Georgette, « une
mamie du Cantal très fière de
faire de l’internet comme un geek
parisien », Free joue – aussi – la
carte de l’humour absurde et
Jean-Luc Bravi, PDG de DDB
Paris. « Sur un marché des télécoms en voie de banalisation,
nous avons voulu réintroduire
de la magie, du rêve… »
Campagnes déjantées
Free, première période, est alors
loin. Tout comme le sont les premières campagnes déjantées
confiées, entre 2005 et 2010, aux
agences Publicis Dialog, CLM/
BBDO, Saatchi & Saatchi puis
Ogilvy, avant que Xavier Niel ne
décide de réintégrer sa communication en interne. L’entrepreneur avait adoubé ainsi la campagne « Crétin.fr », figure de
l’« arriéré » absolu, s’obstinant à
souscrire des abonnements à
des prix déments dans l’Internet
fixe chez Orange, SFR et Bouygues… là où la filiale d’Iliad lui
proposait des tarifs imbattables. Bientôt lui avait succédé un
héros aussi improbable,
« Rodolphe », geek au débardeur tricoté main et aux cheveux gras mouillés… « casté »
par la production dans une boîte
de nuit belge.
Mais l’entrepreneur à l’éternelle chemise blanche, qui promettait une « restitution du
pouvoir d’achat aux Français »,
s’est rangé… et s’adresse aussi
désormais aux financiers en
parlant marge et chiffres d’affaires. « Times, they are a-changing » chantait Bob Dylan. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 23
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
HIGH-TECH
&MEDIAS
DR
en
pixels
Apple va revoir en début
de semaine le logiciel
de ses anciens iPhone pour
continuer à les vendre en
Chine, où ils ont été interdits
par un tribunal local la semaine
dernière. Accusé d’enfreindre
des brevets de Qualcomm,
Apple assure qu’il sera en
conformité après la mise à jour.
Sprint/T-Mobile :
feu vert imminent
DR
Apple met à jour
ses iPhone pour
les vendre en Chine
D’après Bloomberg, le Comité
des investissements étrangers
aux Etats-Unis pourrait valider
en début de semaine le rachat
de Sprint par T-Mobile.
SoftBank et Deutsche Telekom,
maisons mères des deux
entités, ont rassuré les autorités
en indiquant limiter l’utilisation
d’équipements chinois Huawei,
accusé d’espionnage.
44,6
MILLIONS D’EUROS
La somme des impôts
réglés en 2017 par les
géants du Web, selon
BFM Business : 19 millions
d’euros par Apple,
14 millions d’euros par
Google, 8 millions d’euros
par Amazon, 1,9 million
d’euros par Facebook…
Comment les opérateurs télécoms
partent à l’assaut de la maison connectée
l Free et Orange
passent au
« quintuple play »
en faisant de leurs
box l’élément
central de la
« smart home ».
l Le secteur
a mûri et les Gafa
menacent.
Un marché en plein boom
Les expéditions de boîtiers
de télévision, alarmes,
ampoules, thermostats
et autres enceintes audio,
tous connectés, pourraient
doubler d’ici à quatre ans.
Florian Dèbes
@FL_Debes
L’intérêt grandissant des opérateurs télécoms et des géants du
numérique pour l’univers de la
maison connectée se comprend à
l’aune de la dynamique du marché.
Déjà fort d’une taille conséquente,
ce dernier reste en croissance dynamique. « La maison connectée est
devenue quelque chose de désirable »,
relève François-Xavier Jeuland, le
président de la Fédération française
de domotique. D’après une étude
mondiale du cabinet IDC, les fabricants auront livré 643 millions
d’objets pour la maison connectée
en 2018. Mieux, les expéditions
annuelles de boîtiers de télévision,
alarmes, ampoules, thermostats
et autres enceintes audio, tous
connectés, pourraient doubler d’ici
à quatre ans.
OBJETS CONNECTÉS
C’est le nouveau pari des opérateurs
télécoms : connecter les objets intelligents de nos foyers – thermostats,
alarmes, chaudières, machines à
laver, volets roulants… Après avoir
vendu du triple, puis du quadruple
play (téléphonie fixe, Internet, télévision, puis téléphonie mobile), ils
aimeraient passer le cap du « quintuple play » en ajoutant à leurs forfaits la fameuse « smart home ».
A une semaine d’écart, les présentations de Free et d’Orange ont parfaitement illustré cette ambition.
Xavier Niel a longuement insisté sur
les capacités de sa Freebox Delta
haut de gamme à piloter sans surcoût l’éclairage ou le chauffage et
même à détecter les intrus et dépêcher à votre domicile – pour quelques euros supplémentaires – un
agent de sécurité.
Coïncidence ou non, la présentation de Stéphane Richard lors de son
Show Hello – l’événement annuel
consacré aux nouveautés d’Orange –
était un parfait miroir de celle de son
concurrent. Orange n’a certes pas
lancé de nouvelle box, mais il met à
jour le logiciel de sa plus récente
Livebox. Trois millions de clients
auront ainsi accès au printemps à
son service gratuit Maison connectée. Et ils pourront souscrire à une
offre Maison protégée pour déclencher une intervention à domicile.
« La maison connectée, cela fait
vingt ans qu’on en entend parler.
Jusqu’à présent, sans grand succès »,
pointe Sylvain Chevallier, associé
chez BearingPoint. Tous les opérateurs ou presque s’y sont déjà risqués. Et tous s’y sont globalement
cassé les dents : en France, Orange
avec Homelive, Bouygues en 2011
avec une offre domotique en partenariat avec iJenko (arrêtée depuis) et
« Les opérateurs ont
un atout distinctif.
Ils contrôlent l’accès
au réseau. Et la box,
véritable porte
d’entrée intelligente
du domicile. »
ALEXANDRE MÉNARD
Associé chez McKinsey
Christophe Ena/AP/Sipa
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
et Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Xavier Niel lors de la présentation de la nouvelle Freebox Delta, le 4 décembre, à Paris.
Home by SFR depuis 2012 pour
l’opérateur de Patrick Drahi. Au
Royaume-Uni, BT avec Home Monitor ou Verizon, aux Etats-Unis, avec
Home Monitoring, ont aussi essuyé
des semi-échecs commerciaux.
Mais la donne a changé, veut-on
croire chez les « telcos », qui ne proposent d’ailleurs plus de box domotique à part, mais bien une fonctionnalité de gestion intégrée à leurs box
télécoms. La première raison est
que les consommateurs ont commencé à s’équiper. « Plusieurs produits comme les alarmes connectées
de Somfy, le thermostat Nest ou les
lampes Hue de Philips se sont installés dans le paysage », remarque
Sylvain Chevallier.
Double pression
D’autre part, les opérateurs sont
soumis à une double pression.
Il leur faut trouver des relais de
croissance, alors que leur activité
historique décroît en valeur depuis
plusieurs années. Aux côtés
des contenus audiovisuels ou des
services financiers, la maison
connectée est un bon relais pour
fidéliser les clients, soutenir le prix
des forfaits, voire gagner un peu
plus en vendant des ser vices,
comme l’intervention d’agents de
sécurité ou de techniciens.
Surtout, les opérateurs veulent
occuper le terrain avant que les Gafa
n’en fassent leur miel. L’arrivée des
assistants vocaux d’Amazon, puis
de Google a changé la donne.
L’interface vocale est bien plus adaptée à l’univers de la maison qu’une
application de smartphone ou une
télécommande. Il est souvent plus
rapide d’appuyer sur l’interrupteur
que de chercher la commande correspondante sur une application.
Mais dire simplement : « Alexa,
éteins tout » en sortant est encore
plus efficace. L’horloge tourne.
Un foyer sur cinq aux Etats-Unis est
déjà équipé de ces haut-parleurs
intelligents. Pour les opérateurs, il
s’agit de les cantonner à leur fonction de commande vocale et de garder la main sur la connexion des
objets et leurs interactions.
« Les opérateurs ont un atout distinctif. Ils contrôlent l’accès au réseau.
Et la box, véritable porte d’entrée intelligente du domicile, explique Alexandre Ménard, associé chez McKinsey.
Grâce à elle, ils peuvent privilégier
certains flux, fournir une connexion
faible mais très robuste à un objet ou
beaucoup de débit à un autre pour
devenir l’opérateur de la plate-forme
maison connectée intelligente. »
« Les opérateurs télécoms sont les
bons acteurs pour ce marché. Ils ont
un accès massif et savent commercialiser des services », renchérit Eric
Denoyer, l’ex-patron de SFR. Sa
start-up Otodo s’est alliée à Sagemcom, le deuxième fabricant de box
du monde, pour gérer la connexion
aux nombreux protocoles de
communication qui coexistent
aujourd’hui sur le marché de la maison connectée. Dès l’an prochain, il
assure que ces boîtiers dopés pour
la « smart home » arriveront chez
certains opérateurs. La course au
« quintuple play » est bien lancée.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 11
+42 %
LA CROISSANCE
en 2017, du secteur
de la maison connectée
par rapport à 2016.
Démocratisation des usages
En France, l’institut GfK estime
que la « smart home » a représenté
600 millions d’euros de chiffre
d’affaires en 2017. En croissance de
42 % par rapport à l’année précédente, ce segment tire d’ailleurs
avec lui l’ensemble du marché des
objets connectés. Et encore, ce chiffre ne compte pas les recettes générées par les acteurs historiques de la
domotique (notamment les professionnels du bâtiment qui distribuent leurs produits via les réseaux
d’installateur que GfK n’étudie
pas) : la FFD estime leurs revenus
à 900 millions d’euros par an.
Dans ce contexte, les acteurs
spécialisés ne comptent bien sûr
pas se cantonner à regarder le train
passer avec les géants des technos et
les opérateurs télécoms à son bord.
Pour Somfy, le marché est en train
de sortir de l’adolescence. « Google
et Amazon ont changé la perception
du marché, constate Bruno Barlet, le
directeur de Somfy France, mais
après s’être équipés en enceintes
connectées, les consommateurs
veulent profiter d’autres expériences
de maison intelligente et c’est là qu’ils
viennent vers nous. » En intégrant
sa technologie directement dans
la Freebox, l’entreprise de Cluses
(Haute-Savoie) mise sur Free pour
démocratiser encore un peu plus
les usages.
Chez Legrand, où l’on prône une
approche agnostique et sans box,
le directeur général Benoît Coquart
voit lui aussi un espace au côté des
géants du numérique. « Ces acteurs
popularisent de nouveaux usages et
cela permet aux acteurs du métier de
vendre davantage de produits à forte
valeur », note-t-il. Par exemple, le
centenaire Honeywell domine les
ventes de thermostats connectés
quand le jeune pionnier Nest (Google) est aujourd’hui à la peine.
Le raisonnement est corroboré
par des chiffres de GfK. Plus de 20 %
des Français se disent intéressés
par les détecteurs de fumée connectés ou les caméras connectées,
quand les très médiatiques enceintes intelligentes intéressent moins
de 15 % des sondés.
Reste que la bataille se jouera probablement entre grands. Les énergéticiens (EDF, Engie, etc.) développent
leurs offres. Il y a quelques semaines,
Legrand a annoncé se marier avec
l’innovateur français Netatmo. Mais
de son côté, Amazon a racheté Blink
et Ring un an plus tôt. n
COMMUNIQUÉ
VILLE DE MARSEILLE
Hôtel de Ville
2 quai du Port
13233 Marseille Cedex 20
RESOLUTIONS ADOPTEES LORS DE L’ASSEMBLEE GENERALE DE LA MASSE DES PORTEURS D’OBLIGATIONS
EN DATE DU 11 DECEMBRE 2018
L’an deux mille dix-huit,
le onze décembre à quatorze heures,
dans les locaux de Banque Nomura France, au 7 place d’Iéna,
75016 Paris,
sur convocation de la Ville de Marseille (la « Ville ») prise en
application de la délibération du Conseil municipal de la Ville
n°18/0723/EFAG en date du 8 octobre 2018,
les porteurs d’obligations (collectivement les « Porteurs
d’Obligations » et individuellement le « Porteur d’Obligations ») de
l’emprunt obligataire émis le 18 juillet 2012 par la Ville, d’un montant
total de 150.000.000 d’euros, composé de 1.500 obligations simples
au porteur, d’une valeur nominale de 100.000 euros chacune,
inscrites en compte dans les livres d’Euroclear France le 18 juillet
2012 et admises aux négociations sur le marché réglementé
d’Euronext Paris sous le code ISIN FR0011290964, portant intérêts
au taux fixe de 4,00% l’an et venant à échéance le 18 juillet 2022
(les « Obligations »), dont les modalités (les « Modalités des
Obligations ») sont exposées dans le prospectus d’admission
aux négociations sur Euronext Paris (le « Prospectus ») en date
du 16 juillet 2012, réunis en assemblée générale (l’« Assemblée
Générale »), ont pris les décisions ci-après.
L’Assemblée Générale, délibérant en application de l’article 11.4 du
Prospectus et de l’article L.228-65 du Code de commerce alors
en vigueur et statuant aux conditions de quorum et de majorité
requises, après avoir pris connaissance du rapport de la Ville :
Première résolution (Décision à prendre quant à la modification des
Modalités des Obligations afin de lisser le profil de remboursement
des Obligations)
Décide la modification des Modalités des Obligations, qui prendra
effet le 11 décembre 2018, dans les termes suivants :
- Maturité des Obligations : portée de 10 ans in fine à 12 ans
amortissable ;
- Amortissement : remboursement du montant nominal des
Obligations par amortissement dégressif les 18 juillet 2022,
18 juillet 2023 et 18 juillet 2024, à hauteur, respectivement, de
70 millions d’euros, 40 millions d’euros, et 40 millions d’euros ;
- Application au montant nominal non amorti des Obligations, à
compter du 18 juillet 2022, et jusqu’à la date de remboursement
final le 18 juillet 2024, d’un nouveau taux d’intérêt fixe annuel égal
à 4%.
Décide en conséquence qu’à compter du 11 décembre 2018, les
Modalités des Obligations seront rédigées selon les termes figurant
en Annexe 1 du procès-verbal de l’Assemblée Générale.
Instruit à cet égard le représentant de la masse des Porteurs
d’Obligations (le « Représentant de la Masse ») à signer,
conjointement avec la Ville, à la date de l’Assemblée Générale,
un avenant portant modifications des Modalités des Obligations
selon les termes figurant en Annexe 1 du procès-verbal de
l’Assemblée Générale et reconnaît qu’à compter de la signature
dudit avenant, toute référence aux Modalités des Obligations sera
interprétée comme une référence aux termes desdites Modalités
des Obligations tels que modifiés, le cas échéant, par cet avenant.
Deuxième résolution (Lieu de dépôt de la feuille de présence,
des pouvoirs des Porteurs d’Obligations représentés et du procèsverbal)
L’Assemblée Générale décide, en application de l’article R.22874 alinéa 1er du Code de commerce, que la feuille de présence,
les pouvoirs des Porteurs d’Obligations représentés et le procèsverbal de l’Assemblée Générale seront déposés à l’Hôtel de Ville de
Marseille pour permettre à tout Porteur d’Obligations d’exercer le
droit de communication qui lui est accordé par la loi.
Troisième résolution (Pouvoirs pour l’accomplissement des
formalités)
L’Assemblée Générale donne tous pouvoirs au porteur d’un original,
d’une copie certifiée conforme ou d’un extrait du présent procèsverbal pour effectuer toutes formalités consécutives à l’adoption
des résolutions qui précèdent et requises par les dispositions
législatives et règlementaires en vigueur.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // HIGH-TECH & MEDIAS
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
« Bild » croit encore au papier
et lance un nouvel hebdo
PRESSE
L’allemand Springer
revendique plus
de 300 millions
de lecteurs pour
l’ensemble de son offre
numérique et print.
Il va lancer un nouveau magazine papier
sur la politique.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Le président d’Axel Springer, Mathias Döpfner.
Photo John MacDougall/AFP
Malgré son virage digital, le géant
allemand des médias Axel Springer
n’a pas encore complètement fait le
deuil de la presse traditionnelle.
Son navire amiral, le tabloïd « Bild »
va lancer en test un nouvel hebdo-
madaire papier au cours du premier trimestre 2019. « Bild Politik »
fera alors l’objet d’une distribution
limitée à une région allemande, afin
de confirmer l’appétence des lecteurs avant un lancement national
éventuel.
« Avec leurs flux d’information
continus, les médias sociaux suscitent plus de questions que de réponses. Nous croyons que, lorsqu’il s’agit
de lire une sélection hiérarchisée de
l’essentiel, beaucoup de gens continuent à apprécier d’avoir un journal
imprimé en main », explique Selma
Stern, secrétaire exécutive au sein
de la division News Media d’Axel
Springer à l’origine du concept avec
Nikolaus Blome, rédacteur en chef
adjoint de « Bild ».
Le pari de l’émotion
En promettant des réponses à tous
ceux que la politique émeut, ce nouveau format veut brasser large
et surfer sur le mouvement de repo-
litisation de la société allemande
suscitée par la fin de règne d’Angela
Merkel. Le magazine, qui
s’appuiera sur la rédaction politique du « Bild », promet de casser les
codes traditionnels en organisant
l’information autour de trois catégories émotionnelles : la colère, la
joie et la curiosité que peut ressentir
un lecteur sur l’un ou l’autre sujet
traité.
L’avenir reste digital
Pour Mathias Döpfner, président
d’Axel Springer, ce lancement confirme la priorité du groupe donnée
à la croissance organique en tirant
le meilleur parti de ses capacités
existantes. Le groupe revendique
plus de 300 millions de lecteurs
pour l’ensemble de ses titres print et
digitaux, soit un triplement en cinq
ans, rappelle Mathias Döpfner.
Alors que « Bild » vient de mettre
un terme à l’expérience de « Fussball Bild », lancé l’an dernier, « Bild
Politik » devra néanmoins passer
l’épreuve du terrain.
En la matière, l’offre digitale
d’Axel Springer reste la plus prometteuse. Ensemble, le site Business Insider, l’appli d’agrégation de
news Upday intégrée à l’ensemble
de l’offre numérique de Samsung et
les titres nationaux « Bild » et « Die
Welt » ont passé le cap des
500.000 abonnés digitaux payants.
L’offre numérique BildPlus se
classe dans le Top 5 des offres
payantes rassemblant le plus grand
nombre d’abonnés dans le monde,
revendique Mathias Döpfner.
Il souligne que, outre Business
Insider dès cette année, Upday
atteindra la rentabilité l’an prochain. « L’offre payante de BildPlus
et de WeltPlus compense de plus en
plus la baisse des revenus de vente
papier. Cela montre clairement que
chez Axel Springer la presse numérique devient de plus en plus rentable », conclut-il. n
Yahoo! dévalorisé
dans le bilan de Verizon
INTERNET
Verizon, qui a racheté
Yahoo! et AOL pour
9 milliards de dollars,
ne les valorise plus
que 200 millions.
LES STARTUPS
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Nicolas Madelaine
et Nicolas Richaud
Le pari de Verizon avec sa stratégie
d’acquisition d’ex-fleurons du Web
est pour l’instant un échec. Midécembre, le premier opérateur
télécoms américain a annoncé qu’il
allait passer une charge pour dépréciation de 4,5 milliards de dollars
concernant sa branche Oath, qui
regroupe les activités d’AOL, Yahoo!
et ses médias TechCrunch et le HuffPost. Résultat, ces actifs ne valent
plus aujourd’hui que 200 millions.
Le groupe justifie cette dépréciation
par des revenus plus bas qu’anticipé
en raison de « l’augmentation de la
concurrence et de la pression du marché ». En 2015 et 2017, Verizon avait
racheté AOL et Yahoo! pour 4,4 milliards et 4,5 milliards de dollars et les
avait regroupés dans une entité avec
son portefeuille de médias.
Une alternative à Google
L’objectif était d’agréger ces portails
et accès Internet avec des services et
contenus numériques pour générer
du trafic et devenir une alternative à
Google, notamment, sur le marché
de la publicité en ligne. Le problème
est que ces actifs médias sont entre
deux eaux. Ils continuent à générer
de fortes audiences, mais beaucoup
moins que Google et Facebook,
notamment dans leur capacité à
toucher certaines audiences tous les
jours. Résultat, les marques préfèrent miser sur le duopole dominant.
Des sites comme Yahoo! n’ont pas
une audience assez marquée pour
que les annonceurs les choisissent.
A l’été 2016, Martin S orrell
(patron de WPP) estimait que ce
nouvel ensemble avait « le potentiel
de devenir la troisième force derrière
Google et Facebook ». Mais quelques
mois plus tard à peine, le même désignait cette fois Amazon comme la
« troisième force » en devenir sur le
marché de la publicité en ligne… En
2018, Google et Facebook devraient
encore respectivement capter 37 %
et 20 % du marché de la publicité
digitale aux Etats-Unis, selon eMarketer. Contre 3,3 % pour Oath (4,1 %
en 2017), qui se cherche un nouveau
souffle. Selon le « Financial Times »
citant eMarketer, les marques de
Verizon sont encore plus faibles sur
le mobile, puisque sa part se limite à
1 % du marché publicitaire. En septembre, Tim Armstrong, emblématique patron de Oath, a fait ses valises. Lors du dernier trimestre, Oath
a vu ses revenus reculer de 6,9 % sur
un an, à 1,8 milliard de dollars, et a
annoncé qu’il n’atteindrait pas son
objectif de 10 milliards de chiffre
d’affaires à l’année prévu pour
2020.Mardi, Verizon a annoncé
un plan de départs (10.000 salariés).
Le groupe entend se recentrer sur
ses activités télécoms pour mettre le
cap sur la 5G. « Le contenu va être
important pour la 5G, et c’est ce que
nous faisons avec Oath », avait souligné le PDG, Hans Vestberg.
Malgré ces difficultés, la filiale
française de Oath déclare que la
dépréciation d’actifs au niveau du
groupe est une décision comptable
et n’empêche pas l’entreprise d’avoir
des ambitions. « Nous avons les budgets pour au moins doubler, à 20 ou
25 personnes, nos équipes chez
Yahoo!, notre principal média, dit
Alexandre Delperier, directeur des
programmes chez Oath dans l’Hexagone. Un nouveau studio exceptionnel, avec des capacités de réalité augmentée, sera opérationnel l’an
prochain. » Il explique que Yahoo!,
fort des centaines de milliers de gens
qui regardent ses émissions « talk »
sur le football, pourrait s’intéresser
bientôt à des droits numériques de
grandes compétitions sportives.
Le groupe dit en France toucher
deux tiers des Français tous les mois
et un tiers tous les jours, même s’il
s’estime ostracisé par Google dans les
redirections de trafic. Médiamétrie
indique que la régie publicitaire Oath
en France en octobre 2018 a touché
37 millions de visiteurs uniques
mensuels (+10 % en un an) et
13,5 millions chaque jour. Cette régie
comprend les inventaires de Yahoo!
et MSN (Oath en commercialise les
espaces publicitaires), mais aussi
notamment Outlook, Windows Live,
Skype, Huffpost, AOL, Engadget,
TechCrunch… « Le microcosme
publicitaire le voit moins qu’il y a quelques années, mais nos audiences sur
Yahoo! et MSN n’ont cessé de croître »,
dit Erik-Marie Bion, responsable
France de Oath. Selon lui, Oath est
une alternative au duopole Facebook-Google d’autant plus pertinente que les espaces qu’il vend
« sont audités par des tiers de
confiance, alors que ce n’est pas le cas
pour Google et Facebook. » « Rapporté
à la qualité de l’environnement du
message publicitaire et à une visibilité
par les internautes authentifiés, nous
sommes très compétitifs », dit-il. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
START
UP
-
Races Routes fête sa première année
d’existence. Pas évident de tenir le
pari de cette start-up qui s’est faufilée
dans une niche en pleine expansion, le running.
Races Routes propose d’imprimer une affiche
personnalisée pour retracer l’itinéraire du
coureur lors d’une compétition. Plusieurs sont
disponibles, comme le marathon de New York,
ou l’Ultra-Trail de Nouvelle-Calédonie.
1
MILLION D’EUROS
Side Capital vient d’investir dans
Bloom at Work. La start-up tricolore a développ é un outil de
mesure et d’analyse du bien-être
en entreprise qu’elle veut désormais déployer en Europe.
Intelligence artificielle : quand les
Français draguent les Américains
TECHNOLOGIE
La French Tech et la
région Ile-de-France
ont entamé une
tournée américaine
pour promouvoir
le secteur et attirer
les investissements.
Seul 1,6 % des start-up
ayant reçu des fonds de
la part d’investisseurs
néerlandais était dirigé
ou créé par des femmes.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Le sexisme des fonds d'investissements néerlandais est patent.
Après avoir passé au crible leurs
financements sur une période de
dix ans, une étude de l'université
VU d'Amsterdam montre que ces
institutions financières délaissent dans les grandes largeurs les
start-up dirigées ou cofondées
par des femmes. Plus de neuf
start-up sur dix ayant bénéficié
d'un financement par les qua-
TokenData, le
français qui se rêve
en « Bloomberg
de la crypto »
Lancée en 2018, la
start-up parisienne
propose d’accéder
aux 2.200 cryptoactifs du marché.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
La French Tech part aux Etats-Unis pour convaincre les start-up américaines d’intelligence
artificielle de s’installer en France. Photo Shutterstock
idée d’une charte a reçu une oreille
attentive chez les Américains »,
confie Alexandra Dublanche, viceprésidente du Conseil régional
d’Ile-de-France en charge du développement économique. Des liens
existent aussi au niveau de la
recherche, notamment via un partenariat entre l’Inria et la New York
University. Enfin, la région a présenté à ses partenaires potentiels
son plan pour l’intelligence artificielle, qui prévoit de donner aux
PME l’accès à ces technologies ou
encore d’ouvrir un lycée « intelligence artificielle » qui formera
200 élèves aux bases de la matière.
Le but de cette tournée de promotion était de mettre en avant le
potentiel de la région, mais aussi
d’attirer quelques investissements.
La région parisienne a déjà séduit
Facebook, Google, Microsoft ou
Samsung, qui y ont ouvert des centres de recherche en intelligence
artificielle. Elle a récemment mené
des discussions avec une autre
entreprise en vue du secteur,
le canadien Element AI, qui cherche à s’implanter en Europe continentale après l’ouverture d’un
bureau à Londres.
Démontrer ses atouts
L’Ile-de-France se retrouve en
concurrence, sur la carte de l’IA,
avec des villes comme Montréal,
qui s’est imposée comme le centre
de gravité du secteur au niveau
mondial ou, en Europe, avec Londres et Munich, voire Berlin. « Dans
nos discussions avec les entreprises,
plusieurs critères ressortent: elles
regardent le bassin de talents, si leurs
clients sont là, si elles auront le soutien des autorités et l’état de la R&D.
Nous regroupons tous ces critères »,
fait valoir Alexandra Dublanche.
La région aura une nouvelle
opportunité de démontrer ses
atouts, lors du Consumer Electronics Show, organisé début janvier à
Las Vegas. Elle emmène dans ses
bagages trente-cinq jeunes pousses
sur le thème de l’intelligence artificielle, appliquée à différents secteurs (éducation, mobilité, santé,
etc.) et organise une compétition
pour récompenser et financer les
meilleures d’entre elles. En espérant, là encore, engranger des
bénéfices en termes d’activité et
d’emploi : le britannique Smartify,
l’un des gagnants de l’an dernier, va
prochainement ouvrir un bureau à
Paris. n
Pays-Bas, le pays où les fonds ignorent
les startuppeuses
FINANCEMENT
OVH ouvre un bureau à Station F qui est inauguré ce lundi. Cette nouvelle étape intervient
dans le cadre de son programme « Digital
Launch Pad » destiné aux start-up, qui a démarré à Lille il y
a trois ans. Après avoir testé l’appétence des jeunes pousses
parisiennes, elle a donc voulu renforcer son positionnement au sein de la capitale de la French Tech.
MARCHÉ
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Yann LeCun (Facebook), Luc Julia
(Samsung), François Chollet (Google)... La France veut faire savoir
qu’elle est la patrie de certains des
plus grands spécialistes de l’intelligence artificielle. Et elle est bien
décidée à jouer cette carte à fond
pour séduire les entreprises américaines. Le pays mène une véritable
opération séduction, ces mois-ci,
outre-Atlantique.
C’est ainsi que la French Tech et
la région Ile-de-France ont été
parmi les principaux sponsors de deux des plus gros événements mondiaux consacrés à
l ’ i nt e l l i g e n ce a r t i f i ci e l l e, ce
mois-ci, à Montréal (NIPS) et à New
York (le AI Summit). « On trouve des
Français aux plus gros postes de
l’intelligence artificielle, chez Facebook, Google, Lyft... L’idée est de le
faire savoir et de mettre en avant
notre écosystème. Il est aussi très
important de tisser des liens avec les
communautés locales », explique
Caroline Winter, coordinatrice de la
French Tech à New York.
La région Ile-de-France mène
ainsi des discussions avec la
ville de New York – comme elle
en a aussi avec le Québec, la
Bavière ou la Corée du Sud –
pour renforcer leur coopération. « Nous partageons une certaine
vision de l’intelligence artificielle,
notamment dans notre volonté de la
rendre responsable et éthique. Notre
Q
START
LE PRODUIT
rante fonds d'investissement
néerlandais qui ont collaboré à
l'étude, sont des jeunes pousses
uniquement dirigées par des
hommes. De fait, seul 1,6 % des
start-up ayant reçu des fonds de
la part d’investisseurs néerlandais était dirigé ou créé par des
femmes.
Méthodes sexistes
Une proportion beaucoup plus
faible qu'aux Etats-Unis où les
jeunes pousses avec des femmes à leur tête récoltent 4,4 %
d e s i nve s t i s s e m e n t s t o t a u x
injectés dans les start-up. Quant
aux start-up néerlandaises dirigées par des équipes mixtes, elles
récoltent 6,8 % des modes de
financement auprès des financiers de haut vol. « Le comportement homogène de ce secteur
financier qui détient un monopole
pour choisir quelles innovations
de produits ou de technologies
feront partie de notre quotidien
dans le futur va à l'encontre d'une
société diversifiée où chacun a ses
chances », estime Eva de Mol,
chercheuse et auteur de l'étude.
« Ce secteur est le premier maillon
dans la chaîne des innovations en
décidant à quelles jeunes pousses
ils donnent leur chance. Ces investisseurs de renom peuvent injecter
jusqu'à 10 millions d'euros dans
Pour chaque dollar
financé, les start-up
féminisées génèrent
78 cents de revenus,
alors que les start-up
100 % masculines ne
rapportent que 31 cents
par dollar investi.
des start-up prometteuses.», ajoute-t-elle.
Du fait de leurs méthodes
sexistes, « les investisseurs néerlandais laissent de côté des chances de succès et des retours sur
investissement », conclut la chercheuse. A ce propos, une étude
américaine du cabinet américain
Boston Consulting publiée en
juin dernier a montré que les
start-up avec des femmes à leur
tête enregistraient au fil du temps
de meilleures performances. Ces
jeunes pousses génèrent 10 % de
chiffre d'affaires en plus à
l'issue d'une période de cinq
ans. Cette tendance se retrouve
en matière de retour sur investissement. Po u r c h a q u e d o l l a r
financé, les start-up féminisées
génèrent 78 cents de revenus,
alors que les start-up 100 % masculines ne rapportent pas plus de
31 cents par dollar investi. n
Mettre à portée de clics tous les
cryptoactifs de la planète ? C’est
l’idée un peu folle du français
TokenData, qui se rêve en leader
mondial de l’achat et de la vente
de bitcoins et autres actifs 2.0.
« O n a u n p rojet u n i q u e » ,
s’enthousiasme Alexis Berthoux, le patron et fondateur de
la jeune pousse.
Et il y a de quoi. Car TokenData est un oiseau rare dans
l’écosystème. La start-up parisienne de huit salariés a développé une interface crypto, une
sorte de Bloomberg à la sauce
bitcoin. « Notre idée c’est de permettre d’acheter tous les cryptoactifs », explique Alexis Berthoux. Ce que ne proposent
pas encore les B ourses de
« crypto », et même les géants
comme l’américain Coinbase.
Le marché des « crypto » est
aujourd’hui encore très éclaté.
Plus de 200 Bourses se partagent un plus de 1.000 milliards
de dollars de volumes mensuels.
Et même si une minorité d’entre
elles représentent 90 % des volumes, il faut avoir un compte sur
chaque Bourse pour avoir accès
à tout le marché.
Surtout, chaque « Exchange »
ne donne accès qu’à un nombre
limité de cryptoactifs. La plus
grosse de la planète en volumes, le chinois Binance, permet
de trader 400 cryptoactifs.
TokenData veut offrir… « cinq
fois plus d’actifs ».
La clef de TokenData c’est son
infrastructure et ses algorithmes. « On est interfacé sur les
40 principales Bourses de la planète », se félicite Alexis Berthoux. Grâce à ce système, les
clients de TokenData ont accès
aux 2.200 cryptoactifs du marché, comme on aurait accès à
toutes actions de la planète,
et pas seulement à celles
du CAC 40. Il suffit juste d’acheter et de vendre. Mais TokenData ne s’occupe pas du stockage des actifs. « Pas encore »,
s’amuse Alexis Berthoux.
Cette offre vise d’abord les
professionnels. La start-up travaille déjà avec une dizaine
d’investisseurs professionnels.
« Ce sont eux l’avenir, ceux qui
font le volume », souligne
Alexis Berthoux, en rappelant le
gisement énorme de clients
potentiels : « Bloomberg c’est
400.000 clients ».
Phase industrielle
Pour ce faire, la jeune pousse
créée début 2018, a lancé une
« security token offering » (STO)
pour accélérer son développement. A la différence des levées
de fonds en cryptomonnaies
(ICO), une STO confère à l’investisseur des actions du projet,
sans toutefois donner un droit
de vote.
Avec cette levée de fonds, qui
sera ouverte au public en février,
la société veut passer à la phase
industrielle. La vente pré-STO
(privée), lancée en décembre, a
déjà rapporté plusieurs centaines de milliers de dollars, selon
nos informations. « Le gros du
financement se fera via la vente
publique », confirme Alexis Berthoux, qui vise 10 millions
d’euros.
Grâce à cette levée de fonds,
To k e n D a t a v e u t é q u i p e r
2.000 utilisateurs d’ici à 2023.
Chaque utilisateur, notamment
des fonds, fonctionnera sous
licence. « C’est 1.000 euros planché par licence, avec un système
de fees en fonction des volumes ».
Et si les fees dépassent les
1.000 euros, la licence devient
gratuite. Avec ce système,
TokenData, qui s’est fait connaître grâce à son unité de recherches sur les datas cr ypto,
veut atteindre 100 millions
d’euros de revenus annuels en
2022. Même dans les boîtes
crypto, on compte encore en
monnaie fiat (traditionnelle).
Pour aller plus loin, rejoignez
« Les Echos Cryptoclub »
« On est interfacé sur les 40 principales Bourses de la planète »,
se félicite Alexis Berthoux. Photo TokenData
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26 //
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
en
direct
Une PME reprise
par Givaudan
BRETAGNE La filiale du groupe
PACA Le groupe suisse Givau-
Roullier, Pâtisseries Gourmandes, a renoncé à acheter le site de
fabrication des biscuits La Trinitaine implanté à Saint-Philibert
dans le Morbihan. Après plusieurs mois de discussions entre
les deux groupes, les négociations
n’ont pu aboutir. Le groupe
détient également un réseau
de 46 boutiques La Trinitaine.
Jean-Sébastien Evrard/AFP
PME
&REGIONS
Biscuits La Trinitaine :
la vente échoue
dan, numéro un mondial des
parfums et arômes, a engagé
des négociations exclusives pour
racheter la société Albert Vieille,
spécialisée dans les ingrédients
naturels pour la parfumerie
et l’aromathérapie. Basée près
de Grasse, elle emploie plus
de 50 personnes, dispose
d’un savoir-faire unique dans
le domaine des plantes aromatiques et est spécialisée dans
les huiles essentielles. En juin,
Givaudan avait pris le contrôle
de la société Expressions Parfumées, où un plan d’investissement de 17,5 millions d’euros a
été annoncé. En septembre avait
également été bouclé le rachat
du français Naturex, spécialisé
dans les ingrédients naturels
pour l’agroalimentaire, la santé
et les cosmétiques, au terme
d’une offre publique d’achat.
De plus en plus de primes pour aider les
ménages à oublier leurs chaudières au fioul
l Le gouvernement veut remplacer 1 million d’équipements d’ici à 2023.
l EDF promet d’abonder le soutien à l’acquisition d’une pompe à chaleur pour défendre l’électricité.
M-Energies
craint le gel
du marché du
remplacement
Spécialiste de la maintenance
des chaudières et chaufferies,
le groupe lorrain joue
la carte de la pédagogie.
CHAUFFAGE
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Haro sur le fioul. A partir de janvier,
les quelque 12 % de ménages encore
chauffés au fioul vont pouvoir
bénéficier d’une prime améliorée
pour changer de mode de chauffage. « La prime à la conversion des
chaudières fioul sera rendue plus
attractive et beaucoup moins compliquée », assure-t-on dans l’entourage
du ministre de la Transition écologique et solidaire. S’ils choisissent
de passer à une chaudière biomasse
ou à une pompe à chaleur (PAC), les
ménages les plus modestes bénéficieront d’une prime de 3.000 euros
et tous les autres (y compris les plus
aisés) pourront compter sur une
aide de 2.000 euros. Ceux qui opteront pour le gaz haute performance
percevront respectivement 750 ou
500 euros.
Alors que 2,8 millions de maisons individuelles ont encore une
chaudière au fioul, « ce qu’on veut
pouvoir faire par une politique volontariste, c’est s’assurer qu’on les aura
toutes renouvelées d’ici à dix ans », a
expliqué Emmanuel Macron le
27 novembre à l’Elysée. « C’est plutôt
une bonne nouvelle, mais il faut que
cela se fasse en douceur. Parce que,
quand il y a une grande accélération,
il y a toujours un freinage fort, et les
coups d’accordéon, c’est le pire », réagit Jean-Paul Ouin, délégué général
d’Uniclima, qui réunit les fabricants
– Atlantic, Muller, Bosch…
Le gouvernement a affiché un
objectif de remplacement de 1 million de chaudières au fioul d’ici à
2023, mais le ministère indique
viser, avec sa prime à la conversion,
« 100.000 gestes par an ». Ces dernières années, entre 45.000 et
80.000 ménages ont abandonné
chaque année le fioul pour une
autre énergie, selon les données du
Ceren. La prime pourrait donc
représenter un effet d’aubaine
pour une bonne part des bénéficiaires, alors qu’elle est financée
par le dispositif des certificats
d’économies d’énergie (CEE), que
doivent collecter les fournisseurs
d’énergie pour attester leurs efforts
à réduire les consommations. Des
CEE dont le coût, croissant, est au
final répercuté sur la collectivité
des consommateurs et entre,
notamment, dans le calcul du tarif
réglementé de vente de l’électricité.
Avec la décrue annoncée du
fioul, les énergéticiens ont tous
intérêt à défendre leur combustible principal comme énergie de
substitution : l’électricité pour
EDF ou le gaz pour Engie. Début
décembre, EDF a ainsi annoncé
qu’il allait abonder de 50 % les primes (soit au total de 3.000 à
4.500 euros) pour ceux qui choisiront une PAC – qui fonctionne à
l’électricité. De son côté, Engie
pousse pour que les primes concernent aussi, au-delà du fioul, la
conversion des chaudières à gaz de
plus de quinze ans vers des équipements plus performants.
Vers un éco-PTZ simplifié
Avec des PAC ou des chaudières à
granulés bois qui peuvent coûter
12.000 euros et des coûts du combustible très différents d’une énergie à l’autre, le « reste à charge »
demeure souvent un frein pour les
plus modestes. La prime à la conversion « s’ajoute au crédit d’impôt
transition énergétique ou aux aides
Anah pour les ménages modestes et
peut être complétée par des écoPTZ », souligne-t-on au ministère.
« On doit notamment mettre en
place un éco-PTZ simplifié en 2019,
ne demandant plus de bouquet de
travaux », y précise-t-on.
Certains explorent d’autres pistes : pour lisser le coût d’investissement, Engie a lancé un « pack
chaudière » avec des mensualités
comprenant l’équipement et les
services. Les fabricants de chaudières sont, eux, soucieux de ne pas
donner l’image d’un produit gratuit. « Si on ancre dans la tête des
gens que votre produit vaut “zéro”, le
jour où cela coûte à nouveau quelque chose, vous n’en vendez plus »,
redoute Jean-Paul Ouin. n
Viessmann mise sur la pile à combustible
Le leader français
des chaudières au fioul
démontre la validité de
cette micro-cogénération
gaz-hydrogène.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Plus de chauffage au fioul dans dix
ans ? L’objectif annoncé mi-novembre par le Premier ministre a interloqué Viessmann, leader français
de ce secteur, qui ne cesse de faire
évoluer son produit phare. « Nous
sommes surpris par la rapidité de
cette décision et restons en attente de
nouvelles précisions réglementaires.
Nous avons beaucoup travaillé sur le
fioul domestique en y intégrant de
l’ester de colza. Si ce combustible partiellement naturel est considéré
comme une énergie renouvelable
(EnR), nous poursuivrons notre
R&D sur les chaudières au fioul »,
indique Yves Carl, directeur technique et marketing de Viessmann
France. Le groupe allemand, qui a
implanté sa direction française et
une usine de ballons d’eau chaude à
Faulquemont (Moselle), a déjà
Les chaudières à bois présentent aussi des rendements élevés, jusqu’à 94,6 %. Photo Viessmann
tenté de commercialiser une chaudière fonctionnant au fioul à basse
teneur en soufre. Il a dû jeter
l’éponge, les distributeurs d’hydrocarbures n’ayant pas emboîté le pas.
Perplexe quant à l’avenir de la
chaudière au fioul, l’entreprise mise
sur son expérience du marché allemand pour promouvoir la technologie de la micro-cogénération par
pile à combustible. « Considérée
comme futuriste voici trente ans, la
chaudière fioul ou gaz à condensation
est devenue un standard. Les chaudières à pile à combustible, qui permettent de faire baisser la facture
d’énergie globale grâce à l’autoconsommation dans les logements
fortement consommateurs d’électricité, connaîtront peut-être le même
avenir », espère Richard Cordonnier, chef de produit chaudières,
climatisation et nouvelles technologies chez Viessmann.
Le constructeur s’est engagé, fin
2014, dans le projet européen Epilog
en s’associant à GRDF et à Panasonic,
fournisseur de la pile, pour équiper
t r o i s b â t i m e n t s d e Fo r b a c h
(Moselle) d’une chaudière générant
simultanément chaleur et électricité. Dénommé « Vitovalor 300-P »,
le prototype fait ses preuves depuis
trois ans, avec un rendement global
de 90 % et une économie de 40 % par
rapport à une consommation énergétique moyenne globale. Viessmann s’implique à présent dans un
démonstrateur national, qui prévoit
l’installation de 50 piles à combustible en France, en partenariat avec
l’Ademe et GRDF pour la période
2018-2020. Les retours d’expérience
doivent lui permettre de lancer une
commercialisation massive.
Pionnier de la pile à combustible,
Viessmann ne néglige pas pour
autant l’intérêt pour la pompe à
chaleur, en y couplant si possible
des solutions d’autoconsommation. Spécialiste des réservoirs
d’eau chaude, l’usine Viessmann
Fa u l q u e m o n t I n d u s t r i e , q u i
emploie 513 salariés pour 107 millions d’euros de chiffre d’affaires en
2017, produit depuis 2015 le ballon
thermodynamique Vitocal. Placée
dans la salle de bains, cette pompe à
chaleur est compatible avec les installations photovoltaïques également produites par la marque. n
En matière de chauffage, la révolution électrique attendra. En charge
de l’entretien et de la maintenance
de 80.000 chaudières individuelles
et de 3.000 chaufferies collectives,
le groupe nancéien M-Energies
connaît trop bien son marché pour
croire à un basculement radical vers
la pompe à chaleur. « Une bonne partie des 10 millions de Français qui se
chauffent au fioul n’ont simplement
pas d’autre choix. Les effets d’annonce
et le changement des règles du jeu risquent de figer le marché du remplacement, le consommateur ne sachant
plus vers quelle énergie se tourner »,
estime Dominique Massonneau,
président du groupe lorrain qui
détient 23 centres de profit dans l’est
de la France et en région parisienne.
M-Energies compte
faire preuve
de pédagogie avec
le site B to C qu’il
lancera en début
d’année.
Fort de sa neutralité vis-à-vis des
constructeurs, M-Energies compte
faire preuve de pédagogie avec le
site B to C qu’il lancera en début
d’année. Outre les conseils personnalisés à l’heure du changement de
chaudière, le groupe proposera ses
offres de maintenance et des engagements tarifaires négociés en
régions. Attaché aux partenariats
de proximité, le groupe a conclu dès
2014 un accord avec le producteur
d’électricité messin UEM pour valoriser conjointement les certificats
d’économie d’énergie (CEE) dans le
parc locatif social régional. Un programme de même nature le lie au
producteur de fioul franc-comtois
Avia pour le renouvellement des
chaudières des particuliers.
Constitué en 2008 à l’occasion de
la reprise du chauffagiste nancéien
Solorec, M-Energies s’est lancé dans
une politique de croissance externe
qui lui a permis de passer son effectif
de 140 salariés, voici dix ans, à 320
aujourd’hui. Reprises dans un souci
revendiqué de tact et de bienveillance, les petites structures qui
rejoignent le groupe intégreront l’an
prochain deux entités distinctes,
M-Energies Services et M-Energies
Exploitation. La croissance endogène et de nouvelles acquisitions
permettent à l’entreprise, qui affiche
pour 2018 un chiffre d’affaires de
17 millions d’euros, de tabler sur une
progression de 15 % l’an prochain.
— P. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 27
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
95.157
OUTREMER Une liste de 84 pro-
compte 32.000 logements sociaux,
« s’approchant de l’objectif [...] de
37.000 logements agréés par an »,
selon la préfecture de région, qui
annonce deux ateliers de travail,
sur les politiques de l’hébergement
et la loi Elan en Ile-de-France.
John Thys / AFP
LOGEMENTS AUTORISÉS EN ÎLE-DE-FRANCE EN 2017
Le Comité régional de l’habitat et de
l’hébergement (CRHH) a dénombré 95.157 logements autorisés en
Ile-de-France en 2017. Sur ces logements qui ne sont pas encore construits, mais dont le permis de construire a reçu un avis favorable, on
innovateurs
Assouplissement
de l’octroi de mer
duits locaux supplémentaires
pouvant bénéficier d’une réduction ou d’une suppression de la
taxe d’octroi de mer a été annoncée vendredi par Pierre Moscovici, Commissaire européen
chargé des affaires économiques
et financières. Le gouvernement
français envisage d’aller plus
loin en 2020.
Le CHU d’Amiens lance
une étude inédite
sur le cancer du foie
des investissements « de 1 à 1,5 million d’euros par an pour automatiser
le process et développer de nouveaux
produits ». Le pôle recherche et
développement, qui est de 26 salariés, sera renforcé. Sept postes
d’ingénieurs et techniciens sont
ouverts en R&D, aux achats et en
logistique.
CENTREVAL DE LOIRE
Le fabricant américain
d’antennes de téléphonie mobile Amphenol
Jaybeam va supprimer
des d’emplois malgré
la demande d’équipements liés à la 5G.
LE PROJET
CHIEF
Lancement : début 2019
Coordonnateurs :
CHU Amiens et Inca
Coût estimé : 10 millions
d’euros sur cinq ans
Secteur : cancérologie
Le pôle recherche
et développement
sera renforcé.
Stéphane Frachet
@FrachetStephane
— Correspondant à Tours
Un paradoxe de plus dans le secteur
de la téléphonie mobile. Alors que
les opérateurs préparent la 5G, l’un
des derniers fabricants d’antennes
installés en France est en difficulté.
Implanté à Amboise (Indre-etLoire), l’américain Amphenol Jaybeam va supprimer en janvier
37 emplois sur 183, principalement
dans la production. Pourtant le
besoin d’équipement est là, d’autant
que « les petites cellules 5G, qui couvrent l’équivalent d’une borne wi-fi,
vont se multiplier », anticipe Frédéric
Pujol, analyste du cabinet Idate, spécialiste des technologies radio. Sauf
que, insiste l’analyste, l’Europe s’est
ouverte à la concurrence asiatique.
Agence Luminance
L’arrivée de la 5G ne profite pas
à l’usine d’antennes Amphenol
Chaîne de montage de l’usine de l’américain Amphenol Jaybeam
à Amboise, dans l’Indre-et-Loire. Photo Amphenol
En France et en Europe, les prix
des antennes auraient diminué de
20 à 30 % depuis trois ans. Le tout
dans un marché dominé par
Huawei, Comba, RFS et Tongyu.
L’allemand Kathrein est lui aussi en
difficulté.
Guerre des prix
A cela s’ajoute la guerre des prix
entre les opérateurs téléphoniques.
Résultat : les investissements sur les
infrastructures sont contraints.
« Les baisses de prix octroyées aux
opérateurs touchent directement
notre capacité à produire en France »,
explique Philippe Desbordes, directeur général d’Amphenol Jaybeam.
Le patron ne jette pas l’éponge pour
autant. Cette filiale d’une multinationale de 68.000 salariés, qui réalise
6,13 milliards d’euros de chiffre
d’affaires, assure qu’elle maintient
une production en France, grâce à
La filiale de la multinationale
américaine est soutenue par le
député LREM de la circonscription,
Daniel Labaronne. « Il est surprenant de laisser le champ libre aux
opérateurs chinois. Il y a des enjeux
de sécurité des transmissions »,
s’interroge le parlementaire, qui
veut alerter le gouvernement. Selon
l’élu, les antennistes européens et
américains se confrontent aux Chinois en Afrique. Ces derniers proposent des packages intégrant le
réseau, les mobiles et des services, à
l’instar d’Huawei. Un peu comme si
Orange ou Apple fournissaient des
antennes, les téléphones et les services, sans pouvoir s’aligner sur les
prix de leur concurrent. n
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
9.000 : le nombre de décès liés,
chaque année, au cancer du foie.
Si ses causes – alcool, diabète,
virus B et C – sont connues, son
dépistage reste très insuffisant.
Un quart seulement des malades sont prises en charge à
temps. En conséquence, le taux
de survie des malades à cinq ans
stagne à 13 %. Pour accélérer la
recherche, le CHU d’Amiens va
coordonner, en partenariat avec
l’Institut national du cancer
(Inca), un programme clinique
inédit qui prévoit le suivi de
5.000 patients atteints d’une
tumeur du foie, répartis dans
70 centres de soins privés et
publics. « En constituant une
basse de données de bonne qua-
Transport : Texelis repris par ses dirigeants
L’ETI implantée
à Limoges est un
ancien spin-off
de Renault Trucks.
Jean-Pierre Gourvest
— Correspondant à Limoges
Spécialisée dans les systèmes de
liaison au sol et la transmission à
destination de véhicules lourds
(métro, engins spéciaux, etc.), la
société Texelis vient d’être reprise
par le management. Implantée à
Limoges, l’entreprise, qui réalise un
chiffre d’affaires de 110 millions
d’euros et emploie 350 salariés,
avait été rachetée à Renault Trucks
en 2009 par l’homme d’affaires Philippe Frantz, actionnaire principal
du groupe lyonnais Reel, spécialisé
dans l’usinage des métaux.
A l’issue de l’opération signée
mercredi, le directeur général,
Charles-Antoine de Barbuat, détiendra un peu plus de 50 %, le reste se
partageant pour un tiers au groupe
Reed, et deux tiers aux trois autres
investisseurs Siparex, bpifrance,
Carvest. Philippe Frantz reste quant
à lui actionnaire minoritaire avec
1 % du capital. A terme, Charles
Antoine de Barbuat prévoit une
ouverture du capital aux salariés.
Départ à la retraite
Siparex – qui intervient dans le montage avec Siparex ETI 4 et le fonds
Transatlantique – vise les projets de
développement de Texelis au
Canada. Bpifrance, qui investit via
Les chiffres clefs
110
MILLIONS D’EUROS
de chiffre d’affaires en 2017.
350
PERSONNES
sont employés
par l’entreprise.
Croissance Rail, apportera ses relais
dans le secteur ferroviaire. Carvest,
conseil du Crédit Agricole du Centre
Ouest, est le banquier arrangeur de
l’opération. D’après Charles-
Antoine de Barbuat, l’opération est
motivée par la volonté de l’ancienne
équipe, en âge de prendre sa retraite,
de laisser les rênes à la nouvelle. En
ce qui concerne Texelis, rien ne
changera, ni le nom ni la forme
(SAS), et ce changement de têtes
n’aura aucune incidence sur l’emploi
ou le fonctionnement de l’ETI, qui
reste française et indépendante.
L’entreprise a vu son chiffre
d’affaires progresser de manière
constante depuis 2015 et a triplé sur
ces trois dernières années. Elle a
mené une stratégie de développement vers une clientèle de grands
donneurs d’ordres internationaux
(Alstom, Bombardier, Volvo, etc.).
Ses solutions ont été embarquées à
bord du Neoval de Siemens et du
4 × 4 de la DGA. L’opération va enfin
permettre le renouvellement du
parc de l’entreprise. n
Noremat marie matériel neuf et d’occasion
LA PME À SUIVRE
GRAND EST
Effectif : 290 salariés
Chiffre d’affaires :
61,6 millions d’euros
Activité : mécanique
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Dirigeant de Noremat, qui fabrique
des engins de fauchage et d’élagage
à Ludres, dans la banlieue de
Nancy, Christophe Bachmann
conjugue aussi recyclage des
machines, emploi local et valorisation de la végétation des bords de
route. L’intitulé même de l’entreprise, acronyme de « nouvelle rentabilité du matériel », traduit des
objectifs partagés en famille.
Fondateur de Noremat en 1981,
Jacques Bachmann a déposé une
kyrielle de brevets et constitué un
réseau de vente directe de neuf
agences nationales, qui affiche
61,6 millions d’euros de chiffre
d’affaires, avec 290 salariés. Cette
organisation permet à son fils
Christophe, président depuis 2013,
de pratiquer une politique de
reprise qui offre aux machines une
deuxième, voire une troisième vie.
« Le marché de l’occasion, qui permet de bénéficier de garanties comparables à celle du neuf à des prix
inférieurs de 30 à 40 %, est de plus en
plus actif, argumente Christophe
Bachmann. Mais ce recyclage fait
appel à des compétences techniques
et relationnelles que l’on ne trouve
plus sur le marché de l’emploi. C’est
pourquoi nous créons notre propre
centre de formation. »
Nouvel atelier
L’entrepreneur a acquis à Toul
(Meurthe-et-Moselle) un bâtiment
de 8.000 mètres carrés qui ouvrira
au printemps 2019 au terme de
1 million d’euros d’investissement.
Il accueillera une trentaine de
salariés, dont une vingtaine de
nouvelles recrues, qui reconditionneront chaque année jusqu’à
200 débroussailleuses. Ils pourraient également traiter des maté-
riels provenant d’autres entreprises. Christophe Bachmann compte
les proposer à des firmes régionales et aux collectivités. Noremat
mise sur l’insertion et des partenariats académiques pour recruter et
obtenir dès la prochaine rentrée
scolaire le statut de centre de formation.
La valorisation des quelque
500.000 hectares d’accotements
hexagonaux constitue l’autre
grande ambition de Noremat, qui a
recruté une post-doctorante pour
démontrer les gains environnementaux et financiers d’une bonne
gestion du fauchage des bords de
route. L’entreprise développe un
logiciel d’aide à la décision pour les
y aider. n
Collaboration avec dix
institutions médicales
Les premiers patients intégreront le programme dès le premier trimestre 2019. La collaboration avec dix institutions
médicales – Unicancer, FFCD,
AFEF, SFRO… et le laboratoire
Merck Sharp & Dohme – a permis de réunir 300.000 euros
pour son lancement. Mais cette
somme ne couvre que le tiers du
montant nécessaire pour « assurer un déploiement complet de
l’étude sur l’ensemble de l’Hexagone », évalue Jean-Claude Barbare. Outre des fonds publics, les
partenaires comptent sur la
mobilisation d’industriels pour
financer cette étude, dont le coût
global est estimé à 10 millions
d’euros sur cinq ans. n
Sterblue automatise le vol
des drones d’inspection
de pilotage établit un plan de vol
sur la base de modèles génériques. « Notre principal point de
différenciation tient au fait que
n o t re s o l u t i o n s ’ a d a p t e à
n’importe quel type de drone du
marché, dont ceux du leader
mondial DJI », souligne Geoffrey
Vancassel, directeur général.
Sterblue
NOUVELLEAQUITAINE
lité, nous comptons combler
notre retard de connaissances,
par exemple sur l’absence de biomarqueur, c’est-à-dire d’anomalie biologique facilement décelable », explique le docteur JeanClaude Barbare, coordonnateur
du projet, baptisé « Chief ». Les
données seront recueillies via
un cahier d’observation électronique accessible, dans chaque
établissement, en temps réel.
Cette méthode vise à harmoniser les pratiques de soins, en particulier les échographies, améliorer le dépistage ou faciliter
l’accès aux traitements innovants, quel que soit le lieu de résidence du patient. « L’objectif est
bien de réduire les inégalités géographiques en termes de survie »,
souligne le docteur Dominique
Franco, à l’Institut Pasteur.
Déjà neuf clients
LA LEVÉE DE FONDS
STERBLUE
Date de création : 2016
Fondateurs (de g. à dr.) :
Nicolas Draber,
Geoffrey Vancassel
et Vincent Lecrubier
Montant : 2 millions de dollars
Effectif : 11 personnes
Secteur : logiciels
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Il faut encore recourir aux nacelles, cordistes ou hélicoptères
pour inspecter l’état des éoliennes, des lignes haute tension ou
des grandes infrastructures. Le
drone s’impose comme une
alternative moins coûteuse,
mais il faut collecter 350 images
pour rendre compte de l’état
d’une éolienne, déceler les fissures, traces de corrosion, impacts
de foudre… Fondé par trois exingénieurs d’Airbus : Geoffrey
Vancassel, Nicolas Draber et
Vincent Lecrubier, Sterblue
franchit un cap en automatisant
le vol de ces drones. Sa solution
Le vol effectué, les données sont
rapatriées et la solution logicielle édite un rapport d’analyse
avec un algorithme d’intelligence artificielle. Là où on inspectait un réseau électrique tous
les ans, il est possible de passer à
une revue hebdomadaire et à
une maintenance prédictive.
Sterblue compte déjà neuf
clients, dont Enedis et Omexom
en France, Innogy en Allemagne
ou CLP à Hong Kong. « Le marché des solutions logicielles pour
un drone d’inspection d’éoliennes
et de réseaux électriques est évalué à 5 milliards de dollars par
an », évalue-t-il. Pour prendre
son envol, la start-up nantaise
vient de lever 2 millions de dollars auprès des américains The
Westly Group, Innogy New Ventures, Gagarin Capital, d’entrepreneurs, tel Peter Reinhardt,
cofondateur de Segment, du
fonds portugais EDP Ventures
ou du lituanien Contrarian Ventures. Ce tour de table international s’est amorcé cet été lors de
son passage par l’accélérateur
américain Y Combinator, clôturé « par un pitch devant 2.500
investisseurs », évoque le directeur général de Sterblue. n
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28 //
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LE TAUX JAPONAIS À 10 ANS
À LA LIMITE DU NÉGATIF
Le taux japonais à 10 ans se
rapproche à nouveau du territoire négatif. Il a touché les
0,015 % vendredi, poussé par
une forte demande pour la dette
d’Etat japonaise. En réaction,
la Banque du Japon a réduit ses
achats de dette, une première
depuis le mois de septembre. Son
enveloppe est passé de 450 milliards de yens (3,5 milliards
d’euros) à 430 (3,3 milliards).
les
indices
La Chine perturbe le rally de fin d’année
l Après un rebond de 3,08 % en deux jours, les Bourses européennes reperdent du terrain.
l La Bourse de Paris a cédé 0,88 % vendredi.
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
Les semaines se suivent et ne
ressemblent pas sur les marchés
boursiers européens. L’indice Euro
STOXX 50 s’est repris de 1,1 % en
cinq jours, après avoir chuté de
3,4 % la semaine précédente, et le
STOXX Europe 600 a gagné 0,51 %.
A Paris, l’indice CAC 40 a regagné
0,84 % cette semaine (– 3,81 % la
semaine précédente).
Mais les investisseurs n’ont tout
de même pas de quoi se réjouir, car
ils pouvaient espérer mieux au vu
du rebond enregistré en milieu de
semaine sur les actions. L’indice
CAC 40 avait en effet repris 3,5 %
en deux jours, sur des espoirs
d’une amélioration des relations
entre Pékin et Washington. Avant
de reperdre 1,14 % en deux jours.
Certains espéraient voir le démarrage – enfin – du rally de fin
d’année. Un espoir qui a tourné
court vendredi.
La Chine
et les tensions sinoaméricaines ne sont
pas le seul élément
d’inquiétude pour
les investisseurs.
Tout vient de Chine – ou presque.
La publication de plusieurs statistiques a réveillé la morosité. Les ventes de détail et la production industrielle ont ralenti en novembre,
confirmant le passage à vide de la
deuxième puissance économique
mondiale, ainsi que l’impact négatif
de la guerre commerciale. Cela traduit aussi le fait que les mesures de
soutien lancées par le gouvernement et les autorités monétaires
n’ont pas eu l’impact espéré sur la
croissance chinoise. « Leur marge
de manœuvre est plus limitée »,
constate Christian Parisot chez
Aurel BGC. « La croissance ralentit
structurellement, en raison du
vieillissement de la population, et la
volonté de lutter contre l’endettem e n t f re i n e l e u r p o l i t i q ue d e
relance. »
Les investisseurs attendent la
réunion annuelle de politique économique qui doit se tenir du 19 au
21 décembre à Pékin. Citi espère
ainsi que le « président Xi annoncera plus de réformes et de mesures
d’ouverture de l’économie, ce qui
pourrait soutenir les marchés.
Notamment en favorisant l’industrie technologique et en développant
un marché domestique unifié, malgré les critiques américaines contre
le plan Made in China 2025, qui reste
un objectif stratégique pour la
Chine ».
Contraction de l’activité
Mais la Chine et les tensions sinoaméricaines ne sont pas le seul élément d’inquiétude pour les investisseurs. L’Europe affiche aussi son lot
d’incertitudes politiques et économiques. Le gouvernement allemand a abaissé mardi sa prévision
de croissance de 2018, autour de
1,5 %, contre une croissance
annuelle de 1,8 % estimée en octobre. L’institut IFO a aussi revu en
baisse ses prévisions de croissance
pour 2018, 2019 et 2020, en raison
notamment des difficultés de
l’industrie automobile.
En France, les chiffres de l’institut IHS Markit montrent une contraction de l’activité dans le secteur
privé, pour l’industrie et surtout
pour les services, pour le mois de
décembre. Conséquence des perturbations résultant des actions du
mouvement des « gilets jaunes ».
C’est la première contraction
depuis deux ans et demi.
Jean-Louis Mourier, chez Aurel
BGC, se demande si les marchés ne
sont pas trop pessimistes sur la
zone euro. « Les conditions monétaires et financières restent bien orientées. Elles ne plaident pas pour une
dégradation supplémentaire de la
conjoncture dans la zone euro. » Les
taux restent bas « malgré quelques
tensions en Italie », les cours du
pétrole ont reculé et l’euro s’est
déprécié face au dollar. Mais cela ne
semble pas suffisant pour faire
revenir les investisseurs.
De fait, selon les chiffres hebdomadaires de Bank of America
Merill Lynch, les fonds investis dans
les actions ont enregistré des
rachats record la semaine close au
12 décembre : 39 milliards d’euros,
dont 27,7 milliards pour les actions
américaines. Mais les actions européennes ont aussi subi une trenteneuvième semaine de décollecte en
quarante semaines, pour un montant hebdomadaire de 4,5 milliards
de dollars.
BofA ML avance, en bloc, l’affaiblissement de la croissance au sein
de la zone euro, le Brexit, le mouvement des « gilets jaunes » en France
et la situation des finances publiques italiennes. « En cette fin
d’année, sans doute peu d’investisseurs ont l’intention de prendre du
risque dans leur portefeuille », conclut Aurel BGC. n
L’incertitude politique de retour sur les marchés indiens
Indépendance de la banque
centrale, élection majeure
en 2019 pour le gouvernement Modi : les marchés
financiers indiens vont
rester sous pression.
Avec un gain de 5,51 % depuis le
début de l’année, l’indice Sensex de
la Bourse de Bombay réalise l’une
des meilleures performances des
places mondiales en 2018. Il le doit
d’abord à une forte croissance économique, ainsi qu’aux réformes
mises en place par le gouvernement
Modi. La croissance indienne
devrait approcher les 7,5 % cette
année et pourrait se situer entre 7 et
8 % en 2019. Mieux que la Chine.
Mais depuis son record historique du 28 août, les actions indiennes ont perdu de leur superbe.
L’indice Sensex a perdu jusqu’à 14 %
de sa valeur au 26 octobre, avant de
se reprendre de 7,8 %. La crise des
devises émergentes l’été dernier a
aussi révélé certaines fragilités du
pays en termes de besoins de financements extérieurs, mais aussi face
à la hausse du prix du pétrole. La
roupie indienne affiche d’ailleurs
l’une des plus fortes baisses de
l’année face au dollar (–11,2 %).
Car la forte croissance ne doit pas
masquer les défis – notamment
politiques – qui attendent la cinquième puissance économique
mondiale.
Indépendance en question
L’annonce du départ surprise
d’Urjit Patel, le président de la Banque de réserve de l’Inde (RBI), neuf
mois avant la fin de son mandat, a
provoqué des tensions sur la devise
(–1,5 % en trois jours). Il faisait l’objet
de pressions concernant sa politique monétaire jugée pas assez
l’Etat, dont les revenues fléchissent »,
souligne Kunal Kundu. La défaite
du parti au pouvoir, le BJP, lors des
dernières élections régionales,
incite le gouvernement à faire plus,
alors que la croissance a ralenti à
7,1 % au troisième trimestre, contre
8,2 % trois mois plus tôt.
La volatilité de la devise
indienne est au plus
haut depuis la mi-2015
et pourrait rester élevée.
expansionniste. « Même si toutes les
actions prises par le RBI n’ont pas été
couronnées de succès, tout ce qui
limite l’indépendance de la banque
centrale est une mauvaise nouvelle
pour l’économie et risque de secouer
la confiance des investisseurs », prévient Kunal Kundu à la Société
Générale.
La nomination rapide d’un proche du Premier ministre Narendra
Modi, Shaktikanta Das, a permis
d’atténuer les tensions à court
terme. « Le marché semble rassuré
par l’idée qu’une meilleure relation
entre le gouvernement et la banque
centrale sera positive pour les
actions », juge Frank Benzimra à la
Société Générale. Le gouverneur a
aussi fait bonne impression aux
économistes de Nomura. « Il semble
devoir être plus communicatif et plus
tourné vers la consultation, ce qui est
positif. » Il est aussi perçu comme
« plus accommodant sur la régulation des banques et sur la politique
monétaire ». Mais la question de
l’indépendance de la banque centrale est loin d’être tranchée. Le conseil d’administration de la RBI,
réuni vendredi, s’est donné du
temps pour examiner le cadre de la
gouvernance de l’institution.
Enjeu politique
L’enjeu est aussi politique à l’approche d’élections importantes en
2019. « Le gouvernement veut que la
BRI assouplisse sa politique pour stimuler la croissance par l’intermédiaire d’une hausse du crédit tout en
canalisant une grosse partie des
réserves de la banque pour favoriser
les dépenses d’infrastructures de
Cet échec électoral risque aussi
de relancer les inquiétudes des
investisseurs, même s’il est difficile
de l’extrapoler aux élections de
2019. « Les régionales ont augmenté
le risque populiste », note tout de
même Citi. « Alors que le BJP a montré une exemplarité budgétaire ces
quatre dernières années, les marchés
pourraient s’inquiéter. » La volatilité
de la devise indienne est au plus
haut depuis la mi-2015 et pourrait
rester élevée dans les prochaines
semaines selon Citi.
Mais pour Frank Benzimra, qui
surpondère les actions indiennes en
Asie, « il faut arrêter de s’inquiéter. Il
est temps de laisser de côté le politique
pour se focaliser de nouveau sur les
fondamentaux ». Un autre élément
pourrait soutenir les marchés : les
chiffres de l’inflation, modérés,
devraient donner à la banque centrale un peu plus de marge de
manœuvre. Pour la Société Générale, les chances de voir une nouvelle hausse des taux de la RBI en
2019 s’amenuisent (après deux
hausses en 2018). Nomura table
même sur une première baisse des
taux courant 2019. — P. Fay
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les réinvestissements
de la BCE seront très encadrés
MARCHÉ
OBLIGATOIRE
La BCE a apporté des
précisions sur la façon
dont elle maintiendra
la taille de son stock
de titres de 2.600 milliards d’euros.
Un programme
qui laisse peu de place
à la flexibilité.
Guillaume Benoit
@gb_eco
C’est un simple encadré, bordé de
rouge, qui sert de faire-part. En haut
de la page du site de la Banque centrale européenne consacrée au programme d’achat d’actifs (QE), il
annonce la fin des opérations « nettes » – pour lesquelles la BCE a consacré jusqu’à 80 milliards d’euros
par mois – dès ce mercredi
19 décembre. La liquidité étant traditionnellement moindre sur les
marchés en fin d’année, la BCE préfère s’abstenir, afin de ne pas créer
de distorsions dans les prix.
Cette extinction du programme
devrait se dérouler sans heurts. Le
directoire de l’institut d’émission
avait suffisamment préparé les
marchés à cet événement. Evitant
ainsi un mouvement de panique,
comme l’avait été le « taper tantrum » provoqué par l’arrêt des
achats de la Réserve fédérale américaine en 2013. L’annonce de Mario
Draghi n’a créé aucune lame de
fond sur les marchés.
Pas de transferts
Notamment parce que la BCE ne se
retire pas entièrement. Elle s’est
engagée à réinvestir « sur une
période de temps prolongée » les
intérêts et les montants correspondant au remboursement des titres
de son portefeuille arrivant à
échéance. Soit quelque 17 milliards
d’euros par mois l’an prochain pour
maintenir son stock de près de
2.600 milliards d’euros majoritairement composé d’obligations d’Etats
et d’entreprises de la zone euro.
Très logiquement, les marchés
attendaient des éclaircissements de
la part de la Banque centrale sur la
façon dont la manne de ces réinvestissements serait allouée. Première
certitude, les tombées pourront
être utilisées dans un délai de
12 mois, contre trois auparavant.
Une façon de les lisser dans le
temps, voire d’augmenter le rythme
si besoin.
Elle sera moins flexible sur la
question des juridictions, c’est-àdire sur le point de savoir si elle
pouvait redistribuer les fonds en
fonction des besoins de chaque
Etat. En utilisant l’argent provenant des remboursements allemands pour acheter des titres italiens, par exemple. « Dans son
communiqué, la BCE exclut cette
Les Japonais ont particulièrement
acheté la dette de la France
La récente publication des statistiques sur les investissements étrangers par les résidents japonais montre un
vigoureux appétit pour les obligations d’Etat françaises.
Les investisseurs nippons ont misé près de 3.600 milliards de yens sur les 10 premiers mois de l’année (environ 28 milliards d’euros). Un montant conséquent.
« Le déficit public au sens de Maastricht était de 61,355 milliards l’année dernière, il sera de l’ordre de 60 milliards
cette année, confirme Stéphane Déo, chez LBPAM. Les
Japonais ont donc acheté à peu près la moitié des émissions
nettes cette année. » Un attrait qui s’explique notamment
par le fait que les coûts de couverture en dollars ont
détourné les investisseurs des Treasuries américains.
option, écrit Stéphane Déo, chez La
Banque Postale Asset Management. Ce n’est pas une surprise
après le jugement de la Cour de justice de l’Union européenne. »
La Cour a en effet confirmé la
légitimité du QE, en particulier
parce que les investissements
étaient réalisés en respectant la clef
de répartition du capital de chaque
Etat au capital de la BCE. Les réinvestissements feront donc encore
la part belle à l’Allemagne. « Le phénomène de rareté des Bunds, les obligations d’Etat allemandes, n’est
donc pas près de s’éteindre », note
Société Générale. A l’inverse, avec
l’application de la nouvelle clef de
capital, la part de l’Italie devrait être
légèrement restreinte. Une réduction qui sera très progressive. Et
pourrait exercer une pression à la
hausse sur les rendements italiens.
Pas question non plus de transfert entre les classes d’actifs. Chaque portefeuille (dette d’Etat, obligations d’entreprise, titres adossés
à des actifs, obligations sécurisées)
gardera la même taille. En revanche, la BCE est restée muette sur la
maturité moyenne de son stock.
En d’autres termes, utiliser les
remboursements de titres courts
pour acheter des titres longs, afin
de maintenir une pression baissière sur les taux à long terme,
comme l’avait fait la Réserve fédérale américaine avec son opération Twist. L’option reste donc
ouverte. n
La remontée des taux mettra du temps
à soulager les banques européennes
BANQUE
Les taux faibles ont été
en partie pénalisants
pour les banques
européennes.
L’effet des taux bas sur les revenus des établissements
Une remontée s’esquisse pour 2019, mais
sans résoudre à court
terme leurs questions
de rentabilité.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
avec Sharon Wajsbrot
Les banques européennes guettaient ce moment depuis longtemps. La Banque centrale européenne (BCE) vient d’annoncer la
fin prochaine du quantitative
easing (QE), l’une des principales
armes dans sa politique monétaire
ultra-accommodante, en vigueur
depuis 2015. Destinée à éviter une
déflation de la zone euro, elle a permis aux banques de prêter massivement et très bon marché.
Mais, pour des établissements en
manque de rentabilité, cette potion
a pris avec le temps un goût amer, les
marges réalisées sur ces prêts étant
réduites et les bilans se chargeant
pour longtemps en prêts générant
peu de revenus. La perspective
d’une remontée des taux est vue
d’un bon œil par les établissements.
Sauf que ce nouvel environnement ne devrait avoir dans un premier temps qu’un effet « neutre »
sur la profitabilité des banques en
France, en Italie et en Allemagne,
explique l’agence Moody’s dans une
étude. Pour les banques américaines et britanniques, un tel contexte
serait « légèrement positif » et franchement « positif », pour les banques canadiennes seulement.
Renchérissement
Très schématiquement, les banques
du Vieux Continent verraient certes
leurs revenus d’intérêt augmenter à
Malgré la baisse des revenus d’intérêt, les banques françaises ont maintenu leur rentabilité en
2017 grâce à leur diversification. La remontée des
taux devrait avoir des effets contrastés: favoriser
le retour de la volatilité, positif pour les activités
de marché, mais éventuellement peser sur la
collecte en gestion d’actifs.
la marge – d’abord sur les prêts les
plus courts – mais cela ne ferait que
compenser un progressif renchérissement de leurs ressources.
Dans le détail, dans la vieille
Europe, « la durée des prêts est généralement plus longue et cela prendra
donc du temps avant que de nouveaux
prêts se voient appliquer des tarifs
plus élevés », remarque Moody’s. A
l’inverse, les banques canadiennes
et britanniques verront leurs revenus d’intérêt progresser plus fortement, « grâce à des maturités de prêts
généralement plus courtes ».
Une hausse du loyer de l’argent
rend aussi le refinancement de la
banque plus onéreux. Cela se ressent plus ou moins selon le type de
refinancement utilisé. Une banque
reposant sur de grandes masses de
dépôts – surtout s’ils ne sont pas
rémunérés – ne devrait ainsi pas
souffrir. Aux Etats-Unis – où la
Progressivement, les banques françaises ont fait
croître la part des revenus liés aux commissions
et baisser celle liée aux revenus d’intérêts dans
leur produit net bancaire pour atténuer l’effet
des taux bas. Selon Sia partners, les revenus
d’intérêts ne pèsent plus qu’à hauteur de 48 %
dans leur PNB, contre 57 % en 2009.
hausse des taux est déjà enclenchée –, le secteur bancaire a ainsi su
tirer son épingle du jeu.
« La hausse des taux n’a été répercutée tout au plus qu’à 20 % vers les
déposants sous forme de hausse des
rémunérations sur leurs dépôts »,
souligne Moody’s. De l’autre côté du
spectre, les banques dépendant
davantage des marchés pour se
financer – les banques françaises
sont dans ce cas – verraient a priori
plus directement augmenter leurs
coûts de refinancement.
Acteur par acteur
Enfin, l’effet d’une hausse des taux
est à considérer acteur par acteur,
en fonction du modèle économique
de chacun. « L’effet largement positif
d’une hausse des taux peut être
annulé, diminué ou amplifié par
l’évolution des revenus non liés aux
intérêts que sont les frais et commis-
sions, les coûts opérationnels et le
niveau de provision sur les crédits
douteux », résume Moody’s.
Or, ces dernières années, nombre
de géants bancaires ont revu leur
« business mix » et se sont engagés
dans de profonds plans de transformations. Une récente étude Sia Partners indique ainsi que pour les banques françaises, la marge nette
d’intérêt avait graduellement diminué, représentant 57 % de leurs
revenus en 2009 et 47 % en 2017.
Quant aux transformations, elles
restent pour l’heure synonymes de
coûts. « Ces plans de transformation
devraient permettre de produire des
économies récurrentes plus matérielles en 2019, probablement supérieures aux coûts d’investissement. Au
même moment, l’environnement de
taux devrait vraiment s’inverser en
Europe », estime Olivier Panis,
senior credit officer chez Moody’s. n
Protectionnisme
et populisme
inquiètent les
banques centrales
Shutterstock
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
Une banque centrale sur deux appelle à une régulation
plus stricte des cryptodevises et une sur cinq pense qu’il
n’est pas possible de les contrôler de manière efficace.
PROSPECTIVE
Les incertitudes
macroéconomiques
(guerre commerciale, populisme)
l’emportent
sur les tensions
sur les marchés.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Les principaux risques pour
l’économie mondiale sont, par
ordre décroissant, la guerre
commerciale et le protectionnisme, puis les développements politiques en Europe
(populisme) et aux Etats-Unis,
selon un sondage de 30 banques centrales et fonds souverains chargés de gérer les réserves de change, interrogés au
début de l’été par UBS Asset
Management (*).
Un peu plus d’un quart des
sondés citent comme dangers :
la hausse trop forte des taux
d’intérêt, le ralentissement
marqué de l’économie chinoise
et l’évolution des cours du
pétrole. Une banque centrale
sur cinq estime que ses homologues pourraient commettre
l’erreur de remonter trop vite
ses taux d’intérêt. Le risque de
récession outre-Atlantique est
perçu comme peu probable,
moins d’une institution sur
cinq envisageant cette hypothèse avant fin 2020. La Réserve
fédérale remonterait ses taux
jusque dans la zone des 3 % à
3,5 % avant d’arrêter ses resserrements monétaires.
Euro entre 1,15
et 1,25 dollar
Pour la gestion de leurs réserves de change, le niveau élevé
du prix des actifs, la hausse des
taux d’intérêt aux Etats-Unis et
l’incertitude politique sont cités
par une institution sur deux.
Les trois quarts s’attendent
à une hausse des taux de la
Banque centrale européenne
l’année prochaine, et un quart
après 2019. Une sur deux anticipe que l’euro évoluera entre
1,15 et 1,25 dollar dans un an, et
40 % entre 1,05 et 1,15 dollar.
A l’avenir elles vont privilégier
des devises comme le dollar,
l’euro et le renminbi dans
le cadre de la gestion de leurs
réserves de change. Entre 2014
et 2018, la proportion des banques centrales qui ont investi sur
la devise chinoise ou envisagent
de le faire est passée de 51 % à
85 %. Le renminbi représente en
moyenne 3,2 % de leur allocation sur les monnaies. Pour
cause de Brexit, les institutions
sont méfiantes à l’écart de la livre
sterling dans les mois à venir.
12 % des sondés estiment que
certaines banques centrales
investiront sur les devises
cryptographiques dans les dix
prochaines années. 60 % sont
d’un avis contraire, et 28 % que
ce mouvement de diversification vers les devises 2.0 prendra
plus de temps. Une banque
centrale sur deux appelle à
une régulation plus stricte
des cryptodevises et une sur
cinq pense qu’il n’est pas possible de les contrôler de manière
efficace. Une sur six les voit
comme une opportunité pour
l’économie et une même proportion comme une menace
pour le système financier.
Pour cause de Brexit,
les institutions sont
méfiantes à l’écart
de la livre sterling
dans les mois
à venir.
Le risque
de récession outreAtlantique est
perçu comme
peu probable.
Pour augmenter le rendement de leur portefeuille dans
l’année à venir, un sondé sur
deux veut augmenter ses investissements sur les obligations
émises par les organisations
supranationales et 40 % sur les
agences gouvernementales
américaines. 30 % vont se tourner vers la dette d’entreprise,
dette émergente en devises
locales et la dette bancaire. Les
plus téméraires (10 %) vont
investir davantage sur les
actions, et les plus prudentes
(10 %) sur l’or.
Les produits dérivés sont utilisés en majorité à des fins de
couverture des risques de leurs
actifs, mais aussi pour une banque centrale sur quatre afin
d’améliorer le rendement de
leur portefeuille. Les banques
centrales gèrent la majorité
de leurs actifs elles-mêmes, et
30 % leur intégralité. Une sur
deux confie moins de 10 % de
ses capitaux à des sociétés de
gestion externes. Elles délèguent la gestion sur des expertises comme la dette émergente,
les actions et les titres obligataires adossés à des actifs.
(*) « UBS annual reserve manager
surve y 2018 », Massimiliano
Castelli, Philipp Salman.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
Le mariage entre Deutsche Bank
et Commerzbank refait surface
Agriculture : le
retour de la Chine
sur les marchés
américains
Un rapprochement
des deux banques
en difficulté agite
les milieux financiers.
MATIÈRES
PREMIÈRES
L’opération, qui consoliderait un marché
allemand très fragmenté, ne fait pas
l’unanimité.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin,
Thibaut Madelin
@ThibautMadelin,
et Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
AFP
Les Etats-Unis ont
annoncé avoir vendu
du soja à Pékin,
après des mois de
conflit commercial.
Les cultures américaines
reprennent le chemin de la
Chine… A pas comptés. Les
Etats-Unis ont annoncé avoir
vendu au pays asiatique un peu
plus de 1 million de tonnes de
soja. La livraison pourrait avoir
lieu au cours du premier trimestre 2019. C’est le premier achat
chinois de soja américain
depuis l’escalade de la guerre
commerciale entre les deux
géants économiques. L’oléagineux s’est retrouvé au cœur du
conflit lorsque Pékin a infligé
des droits de douane sur le produit, en représailles aux taxes
imposées par Donald Trump.
S’il s’agit là d’un signe d’apaisement, les quantités acquises sont
symboliques. « C’est une goutte
d’eau comparée aux 30 à 35 millions [de tonnes] que nous exportons régulièrement chez eux », a
fait remarquer le secrétaire
général de l’USDA, Steve Censky,
lors d’un déplacement jeudi
dans l’Iowa. Il en faudra bien
davantage pour soulager les
agriculteurs américains, qui ont
souffert de l’absence prolongée
de leur client asiatique. D’après
l’organisation indépendante
Farm Bureau, les exportations
de soja américain vers la Chine
ont plongé de 97 % cette année.
Ce geste chinois n’augure pas
non plus de la suite. « Des doutes
subsistent sur la pérennité de ces
achats au regard des tensions géopolitiques qui persistent », sou-
S’il s’agit là d’un signe
d’apaisement, les quantités
acquises sont symboliques.
lève le cabinet de conseil Agritel.
Mais sur les marchés agricoles,
il se dit que la Chine serait prête à
reprendre également ses achats
de maïs américain dès janvier,
une fois que le soja aura été
embarqué. Une source proche
du dossier l’a affirmé vendredi à
Bloomberg.
Baisse des cours à Chicago
Pour l’heure, la réaction à la
Bourse de Chicago sur les
contrats à terme reste assourdie. Les cours du soja ont même
reculé en fin de semaine.
D’abord parce que les quantités
achetées sont minimes, ensuite
parce qu’après des mois d’accumulation, les stocks américains
sont pléthoriques. En revanche,
les prix américains au comptant ont augmenté. Surtout, les
primes sur les cultures brésiliennes ont chuté. En fait, la tendance est en train de s’inverser
entre les prix des sojas américain et brésilien. Quand la
Chine avait commencé à bouder le soja made in USA, plus tôt
dans l’année, les primes pour
les produits agricoles brésiliens, devenus plus recherchés
par Pékin, avaient grimpé en
flèche. A présent, les prix américains se redressent, et les prix
brésiliens fléchissent. n
DAX, l’indice vedette de la Bourse de
Francfort. Dix ans après la crise
financière, et malgré une succession
de restructurations, les deux groupes francfortois cherchent toujours
des moyens de dégager des bénéfices. Compte tenu du cours de Commerzbank (près de 50.000 salariés),
l’Etat allemand, qui a dû venir à sa
rescousse au plus fort de la crise, ne
peut revendre sa participation sans
perdre de l’argent. Après trois
années dans le rouge, Deutsche
Bank (93.000 salariés) a fini, quant à
lui, par réduire la voilure dans sa
banque d’investissement et peine à
convaincre les investisseurs de sa
capacité à se redresser.
BANQUE
Quelques mots du ministre allemand des Finances, Olaf Scholz,
prononcés à la fin de l’été ont suffi à
relancer les spéculations. Depuis fin
août, la perspective d’une fusion de
Deutsche Bank et Commerzbank,
les deux premiers établissements
bancaires privés allemands en difficulté, agite la finance allemande.
Olaf Scholz avait alors publiquement regretté que l’Allemagne ne
dispose pas de banques d’une taille
suffisante pour accompagner ses
entreprises. Début décembre, c’est
au tour du magazine « Focus » et de
Bloomberg de rapporter que Berlin
étudie différents moyens pour faciliter un rapprochement entre les
deux établissements.
Le ministère des Finances, Commerzbank comme Deutsche Bank
n’ont pas voulu commenter ces
informations. Dans les milieux
financiers, on assure que cela fait
des mois que le chef de Commerzbank, Martin Zielke, n’a pas été en
contact avec le ministère des
Finances. Martin Zielke et son
homologue à la tête de Deutsche
Bank, Christian Sewing, sont
ouverts à un mariage, a rapporté
« Der Spiegel ». Mais Christian
Sewing a exclu une telle opération
jusqu’au début 2020. La banque a
déjà lancé de lourds chantiers en
Critiques
Le patron de Deutsche Bank, Christian Sewing (photo), est ouvert
à un mariage, a rapporté « Der Spiegel ». Mais il a exclu une telle
opération jusqu’au début 2020. Photo Daniel Roland / AFP
interne, comme l’intégration de
Postbank.
Aucun plan concret ne semble
donc se dessiner dans l’immédiat
pour fusionner deux groupes bancaires dont les ratios prudentiels se
sont en outre améliorés et n’appellent pas de mesures d’urgence. Cela
étant, Deutsche Bank est impliqué
dans de nouveaux scandales, avec
les « Panama Papers », mais surtout
l’affaire de blanchiment d’argent
chez Danske Bank, sur laquelle la
justice américaine enquête. Une
amende serait le coup de grâce qui
obligerait Deutsche Bank à chercher du capital et pourrait précipiter une intervention du gouvernement allemand, déjà actionnaire à
hauteur de 15 % de Commerzbank.
Pression des marchés
La fusion est aujourd’hui surtout
soutenue par les marchés et chaque
nouvelle information à ce sujet vient
doper les titres très déprimés des
deux banques. Les marchés y voient
une étape dans la consolidation
nécessaire d’un paysage bancaire
allemand très fragmenté. Un autre
scénario de rapprochement, cette
fois du côté des banques publiques
régionales (« Landesbanken »),
agite d’ailleurs également le secteur.
« C’est comme si le
FC Bayern devait
faire équipe avec le
Bayer Leverkusen. »
UN BANQUIER
D’INVESTISSEMENT
Outre une réduction de la concurrence qui viendrait doper leurs
marges, une fusion permettrait aux
deux banques de dégager des synergies. « Commerzbank pourrait
davantage profiter de l’opération, car
elle mettrait la main sur le réseau
international de Deutsche Bank, qui
est bien plus important que le sien »,
note Michael Grote, professeur à la
Frankfurter School of Finance. Pour
Deutsche Bank, l’opération serait
moins enthousiasmante : « C’est
comme si le FC Bayern devait faire
équipe avec le Bayer Leverkusen »,
raconte un banquier d’investissement qui connaît bien la banque.
Mais les titres des deux banques
ont fondu de près de moitié depuis le
début de l’année. Deutsche Bank a
été exclu fin septembre de l’indice
Euro Stoxx 50. Au même moment,
Commerzbank était expulsé du
La fusion suscite cependant de nombreuses critiques. « En fusionnant,
les banques deviendraient encore plus
complexes », souligne Hans-Peter
Burghof, professeur d’économie
bancaire à l’université de Hohenheim. « Or, c’est en raison de la complexité de ces gros établissements que
sont nés les problèmes actuels, en particulier chez Deutsche Bank. » « Une
fusion masquera les problèmes mais
ne les résoudra pas », ajoute-t-il.
Craignant de nouvelles coupes
dans les effectifs, le syndicat Ver.di
s’oppose également à ce « scénario » : « On n’a pas à ce jour démontré
de façon plausible quelle plus-value
apporterait à l’économie allemande
ce nouvel acteur mondial attendu.
Selon nous, il faut tout d’abord que
les deux banques continuent d’affûter leur modèle commercial », explique Jan Duscheck, représentant de
Ver.di qui siège au conseil de surveillance de Deutsche Bank.
Enfin, l’équation pourrait aussi
être difficile pour le ministère des
Finances, qui doit veiller à ce qu’une
fusion ne coûte pas un centime au
contribuable. Alors qu’il était maire
de Hambourg, Olaf Scholz avait dû
gérer le dossier HSH Nordbank,
« Landesbank » en grande difficulté
et aujourd’hui en cours de privatisation. L’opération avait coûté des milliards d’euros au contribuable. Le
dirigeant social-démocrate pourrait hésiter à se lancer dans une
nouvelle opération aussi délicate. n
BNP Paribas va supprimer
jusqu’à 20 % de ses effectifs
en Pologne
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BANQUE
La banque française
prévoit de supprimer
jusqu’à 2.200 postes
dans sa filiale polonaise au cours des deux
prochaines années.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
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Après la consolidation vient le temps
de la restructuration. Quelques mois
après avoir annoncé le rachat des
activités polonaises de Raiffeisen
Bank International, BNP Paribas a
annoncé un vaste plan de réduction
de ses effectifs polonais. Le groupe y
prévoit jusqu’à 2.200 suppressions
de postes au cours des deux prochaines années, soit 20 % de ses effectifs.
A la fin du troisième trimestre, la
filiale polonaise de BNP Paribas,
BGZ, comptait en effet 7.500 salariés
et Raiffeisen Polbank près de 3.700.
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Avec la fermeture d’agences bancaires dans le pays, ces baisses d’effectifs
devraient permettre à BNP Paribas –
présente en Pologne depuis le rachat
de Fortis – de réduire ses coûts. BGZ a
indiqué son intention de provisionner 128,5 millions de zlotys (29,9 millions d’euros) au quatrième trimes-
tre 2018 pour couvrir les coûts liés à
ces baisses d’effectifs.
Finalisé fin octobre, le rachat de
Raiffeisen Polbank permet à BNP
Paribas de se positionner comme
sixième acteur local dans un marché
fragmenté qui se consolide. Ces derniers mois, Société Générale a quitté
la Pologne faute de taille critique,
cédant ses activités au groupe portugais Millennium bcp pour 425 millions d’euros. L’année passée Deutsche Bank avait aussi cédé son activité
polonaise à Santander et Bank Pekao,
la deuxième plus grande banque
polonaise, avait envisagé une fusion
avec un autre acteur local, Alior.
L’opération n’a toutefois pas abouti.
Au quatrième trimestre, BNP
Paribas doit accuser une baisse de
10 points de base de son ratio de
fonds propres (CET1) du fait de
l’acquisition de Raiffeisen Polbank.
A horizon 2020, toutefois, la banque assure que l’opération boostera
son bénéfice net par action de 1 %. n
128,5
MILLIONS DE ZLOTYS
Le montant que BGZ, filiale
polonaise de BNP Paribas, a
l’intention de provisionner pour
couvrir les coûts liés à ces
baisses d’effectifs.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
Le paiement par carte bancaire
atteint de nouveaux sommets
par les autorités françaises pour
soutenir la compétitivité de cette
industrie.
L’engouement pour la carte est
source de satisfaction pour le Groupement des Cartes Bancaires CB, qui
s’est doté vendredi d’un nouveau
président en la personne de Michel
Ganzin, actuel directeur général
adjoint de Crédit Agricole SA.
Cartes Bancaires CB ne manque
pas de souligner que la plus grande
partie des paiements par carte dans
l’Hexagone est traitée par le système
français. Autrement dit, ces transactions restent dans la main
d’acteurs tricolores et ne sont pas
traitées par les groupes américains
Visa ou MasterCard. Ceux-ci traitent notamment les paiements
transfrontaliers ou ceux réalisés à
l’aide des cartes de néobanque.
MOYEN
DE PAIEMENT
L’usage de la carte
bancaire est notamment porté par le
développement du
paiement sans contact
et par l’e-commerce.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
La carte bancaire séduit plus que
jamais les Français. En 2018, le nombre de transactions par carte devrait
avoir augmenté de 7 % par rapport à
l’an dernier, pour atteindre près de
11,2 milliards de paiements, selon les
estimations du Groupement des
Cartes Bancaires CB, l’organisation
qui pilote le système de paiement
par carte en France.
En dépit des perturbations entraînées par le mouvement des « gilets
jaunes », un record a même été franchi le jour du Black Friday avec plus
de 50 millions de transactions réalisées à l’aide de cartes estampillées
par Cartes Bancaires CB. Ces chiffres
reflètent l’intérêt croissant des Français pour le paiement « sans contact ». Cette année, quelque 2 milliards de transactions devraient
avoir été réalisées d’un geste, contre
1,2 milliard l’an dernier.
Il aura fallu plusieurs années
pour que les Français s’habituent à
payer en se contentant de poser leur
Fin de semaine
difficile
pour la Bourse
de Paris
par les inquiétu•desPénalisée
sur la croissance, la Bourse
de Paris a cédé 43,22 points,
à 4.853,70 points, dans un
volume d’échanges de 3,67 mill i a r d s d ’e u r o s v e n d r e d i .
Ce recul de 0,88 % a réduit la
bonne performance de l’indice
CAC 40 qui affiche tout de
même un gain de 0,84 %
sur la semaine.
Du côté des valeurs, le secteur
automobile a souffert d’une
baisse des immatriculations en
novembre. Valeo (–4,15 %) a réalisé la plus mauvaise performance du CAC 40. Peugeot SA a
perdu 0,33 % et Renault 2,49 %.
Elior (+5,30 %) a pris la tête
du SBF 120 après la montée à
son capital du spécialiste de
l’hôtellerie et de la restauration
Groupe Bertrand. Euronext a
annoncé l’arrivée de Rothschild & Co au sein du SBF 120, à
la place de SoLocal (–2,74 %), à
la veille des fêtes de Noël.
Des initiatives pour rester
au centre du jeu
La dématérialisation des moyens de paiement est encouragée de
longue date par les autorités françaises. Photo Shutterstock
carte sur le terminal de paiement.
Cette solution a reçu un coup de
pouce l’an dernier en étant étendue
aux achats allant jusqu’à 30 euros
(contre 20 auparavant). Elle devrait
continuer à se diffuser et avoir
passé le cap des 3 milliards de transactions à la mi-2020.
Le développement de la carte est
aussi porté par les achats sur Internet. Les paiements par carte sur des
sites d’e-commerce devraient
dépasser le milliard cette année, ce
qui représente une augmentation
de l’ordre de 20 % sur un an.
Tous ces éléments devraient
conforter la place de la France en
haut du palmarès des pays européens qui utilisent le plus la carte
bancaire. Il faut dire que la dématérialisation des moyens de paiement
est encouragée de longue date
Cevian en quête de nouvelles
sociétés françaises où investir
INVESTISSEMENT
Le fonds activiste
d’origine suédoise a
accru sa part dans
Rexel à plus de 19,5 %.
Laurence Boisseau
@boisseaul
Les activistes ne désarment pas.
Après Elliott, qui s’est invité au capital de Pernod Ricard mercredi,
Cevian se renforce chez Rexel. Le
fonds d’origine suédoise a accru sa
part dans le capital de Rexel à plus de
19,5 %, contre 15 % précédemment.
« Notre but n’est pas de peser
davantage dans la stratégie du groupe.
Nos achats de titres ont été motivés
par des raisons économiques », explique Harlan Zimmerman, associé
senior du fonds. La faiblesse du
cours de Bourse de Rexel, qui a
perdu près du tiers de sa valeur en
six mois, a, sans doute, incité le fonds
à se renforcer dans le capital du distributeur de matériel électrique.
Avec 15 milliards d’euros sous gestion, Cevian est le premier fonds activiste européen et l’un des trois plus
importants du monde. Il n’a rien
d’un actionnaire de court terme. Il
est là pour durer. « Nous investissons
en moyenne pour cinq ans. Chez
Volvo, nous sommes restés
onze ans », déclare Harlan Zimmermann. Chez Rexel, le fonds est entré
fin 2015. En France, les activistes
sont souvent perçus avec défiance.
Mercredi, après l’entrée au capital
d’Elliott chez Pernod, l’Etat français
a mis en garde contre la pression
d’actionnaires visant une rentabilité
« de court terme » et indiqué souhaiter que « les grandes entreprises françaises puissent bénéficier d’un actionnariat stable et de long terme pour
accompagner leur développement et
leur ancrage en France ».
Cevian se présente comme un
activiste « constructif ». « Nous intervenons là où un changement fondamental est nécessaire et dès lors que
LA SÉANCE DU 14 DÉCEMBRE 2018
Harlan Zimmerman,
senior partner de Cevian,
se présente comme un activiste
« constructif ». Photo Cevian
nous pensons pouvoir apporter quelque chose. Notre rôle consiste à aider
la société à être plus compétitive et à
améliorer sa valeur à long terme.
Nous voyons des choses que d’autres
trop proches de la société ne voient
pas forcément », précise-t-il. Pas
question de mettre la pression à
court terme aux dirigeants et, tant
pis si dans les premiers temps, le
cours de Bourse ne suit pas.
Cevian est le premier
fonds activiste
européen et l’un des
trois plus importants
au monde.
« Dans tous les cas, nous prenons
un siège au conseil d’administration.
Nous préférons travailler avec le conseil d’administration et la direction, et
pas contre elle. Nous privilégions le
dialogue plutôt que le rapport de
force. Nous ne pensons pas qu’il soit
productif d’attaquer les entreprises
par le biais de Livres blancs et des
médias, ni de se battre contre les
grands propriétaires existants »,
ajoute Harlan Zimmerman.
Le fonds dirigé par Christer Gardell ne multiplie pas les prises de
participation. Il est actionnaire de
seulement une douzaine d’entreprises. Parmi elles, ABB, Ericsson ou
ThyssenKrupp. Son portefeuille est
assez varié, investi dans les services
comme l’industrie. Cevian fait généralement environ deux investissements par an. Il n’investit que dans
des sociétés cotées en Europe.
« Nous sélectionnons des entreprises dont nous comprenons le business et pour lesquelles la dynamique
à long terme de l’industrie est plus
importante que les facteurs externes
qui ne peuvent être prévus ou contrôlés de façon fiable, comme le prix du
pétrole. Nous prenons entre 5 et 20 %
du capital en général, et n’investissons
pas dans des biotech ou des entreprises de haute technologie », poursuit
Harlan Zimmerman.
Seule participation détenue
par Cevian en France
Rexel est la seule participation détenue par Cevian en France. Pour l’instant. Le fonds continue à chercher
d’autres sociétés françaises dans lesquelles il pourrait investir. « L’Hexagone regorge de belles grandes sociétés. Notre perception à distance était
que le marché français est difficile et
réputé comme n’étant pas des plus
favorables aux investisseurs étrangers. Peut-être avons-nous été mal
informés ou peut-être que les choses
sont en train de changer. Quoi qu’il en
soit, nous avons eu une très bonne
expérience avec Rexel. »
« Nous avons bien compris que certaines sociétés ou secteurs sont stratégiques pour l’Etat français, comme
dans tous les pays. Il est très peu probable que nous investissions dans de
telles entreprises si nous n’avons pas
le sentiment d’être alignés sur les
principales parties prenantes, telles
que le gouvernement », conclut-il. n
Pour rester incontournable auprès
des commerçants français, Cartes
Bancaires CB multiplie les initiatives. Le groupement a par exemple
développé un système maison de
sécurisation des paiements de
l’e-commerce.
Il se montre par ailleurs serein
face aux nouveaux moyens de paiement. « Le paiement mobile comme
le paiement instantané vont croître et
s’installer sur la décennie en complémentarité de la carte et des autres
moyens de paiement », assure Philippe Laulanie, directeur général du
Groupement Cartes Bancaires CB. n
en bref
« Stress tests » : six assureurs européens
menacés par une hausse des taux
ASSURANCE Le régulateur européen de l’assurance, Eiopa, a
soumis 42 groupes, dont AXA, Allianz et Generali, à une batterie de tests pour mesurer leur résistance en cas de chocs. Face
à une hausse des taux brutale, six assureurs n’arriveraient pas
à maintenir un niveau satisfaisant de capital selon les normes
de régulation. Les noms des compagnies n’ont pas été dévoilés.
appels d’offres
TRAVAUX
92 VILLE D’ANTONY
REMPLACEMENT DE
MENUISERIES EXTÉRIEURES
Nom et adresse officiels de l’organisme
acheteur : Mairie d’ANTONY, Mme Véronique GABARD, Mairie d’ANTONY, Place de
l’Hôtel de Ville, 92160 Antony, tél. : 01 40 96
73 52, courriel : marchespublics@ville-antony.fr, adresse internet : https://www.
ville-antony.fr, adresse internet du profil
acheteur : https://marches.maximillien.fr
Le pouvoir adjudicateur n’agit pas pour le
compte d’autres pouvoirs adjudicateurs
Objet du marché : Remplacement de menuiseries extérieures de divers bâtiments
Type de marché de travaux : exécution
La procédure d’achat du présent avis est
couverte par l’accord sur les marchés
publics de l’OMC.
L’avis implique un marché public
Caractéristiques principales :
• Variantes refusées
• Le présent marché a pour objet le remplacement des menuiseries dans divers
bâtiments de la ville d’Antony. Il s’agit d’un
marché de travaux au sens de l’article 5 de
l’ordonnance du 23 juillet 2015 relative aux
marchés publics.
• Descriptions concernant les achats complémentaires : Il n’est pas prévu d’options
Prestations divisées en lots : non
Cautionnement et garanties exigés : Le
taux de la retenue de garantie est fixé à 5 %
(cinq pour cent) du montant des travaux
éventuellement modifié par avenant, ceci
jusqu’à sa libération totale.
Cette retenue de garantie peut être remplacée par une caution personnelle et solidaire
conformément à l’article 123 du décret du
25 mars 2016, dès le début des travaux.
Modalités essentielles de financement
et de paiement et/ou références aux
textes qui les réglementent : Les paiements seront effectués par virement dans
les délais prévus au décret n° 2013-269 du
29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la
commande publique, soit trente jours.
En cas de dépassement de ce délai, le taux
des intérêts moratoires est le taux d’intérêt
marginal en vigueur de la banque centrale
européenne, majoré de 8 points.
Forme juridique que devra revêtir le groupement d’opérateurs économiques attributaire du marché : Conformément à l’article
45 du décret du 25 mars 2016, les candidats peuvent se présenter soit en tant que
candidat individuel, soit sous la forme d’un
groupement conjoint ou d’un groupement
solidaire.
L’exécution du marché est soumise à
d’autres conditions particulières : non
Langues pouvant être utilisées dans
l’offre ou la candidature : français.
Unité monétaire utilisée, l’euro
Conditions de participation :
• Capacité économique et financière - références requises : Critères de sélection tels
que mentionnés dans les documents de la
consultation
• Référence professionnelle et capacité
technique - références requises : Critères
de sélection tels que mentionnés dans les
documents de la consultation
Marché réservé : Non
Justifications à produire quant aux qualités et capacités du candidat :
Documents à produire à l’appui des candidatures par le candidat, au choix de
l’acheteur public :
• Déclaration concernant le chiffre d’affaires
global et le chiffre d’affaires concernant les
fournitures, services ou travaux objet du
marché, réalisés au cours des trois derniers
exercices disponibles.
• Déclaration indiquant les effectifs moyens
annuels du candidat et l’importance du personnel d’encadrement pour chacune des
trois dernières années.
• Présentation d’une liste des travaux exécutés au cours des cinq dernières années,
appuyée d’attestations de bonne exécution
pour les travaux les plus importants. Ces attestations indiquent le montant, l’époque et
le lieu d’exécution des travaux et précisent
s’ils ont été effectués selon les règles de
l’art et menés régulièrement à bonne fin
• Certificats de qualifications professionnelles. La preuve de la capacité du candidat
peut être apportée par tout moyen, notamment par des certificats d’identité professionnelle ou des références de travaux
attestant de la compétence de l’opérateur
économique à réaliser la prestation pour
laquelle il se porte candidat
• Document prouvant que le candidat dispose
d’une autorisation spécifique ou est membre
d’une organisation spécifique pour pouvoir
fournir, dans leur pays d’origine, le service
concerné : QUALIBAT 3522 QUALIBAT 3722
Concernant la spécialisation relative à
l’amiante, le candidat doit disposer d’une
certification délivrée par un organisme certificateur accrédité par le COFRAC (QUALIBAT ou AFNOR) ou par un équivalent européen suivant la norme NF X 46-011 d’août
2012 « Travaux de traitement de l’amiante Modalités d’attribution et de suivi des certificats des entreprises », prouvant sa capacité à effectuer les travaux de retrait d’amiante
en respectant les exigences définies dans la
norme NF X 46-010 d’août 2012 « Travaux
de traitement de l’amiante - Référentiel
technique pour certification des entreprises
- Exigences générales »
Suivant sa situation le candidat doit fournir :
- un pré-certificat (dans ce cas, la date prévisionnelle du premier chantier devra être
précisée) ;
- un certificat probatoire ;
- un certificat ;
• Formulaire DC1, Lettre de candidature - Habilitation du mandataire par
ses co-traitants. (disponible à l’adresse
suivante
:
http://www.economie.gouv.
f r/d a j / f o r m u l a i r e s - d e c l a r a t i o n - c a n d i dat-dc1-dc2-dc3-dc4)
• Formulaire DC2, Déclaration du candidat
individuel ou du membre du groupement.
(disponible à l’adresse suivante : http://
www.economie.gouv.fr/daj/formulaires-declaration-candidat-dc1-dc2-dc3-dc4)
• Formulaire DC4, Déclaration de
sous-traitance. (disponible à l’adresse
suivante
:
http://www.economie.gouv.
f r/d a j / f o r m u l a i r e s - d e c l a r a t i o n - c a n d i dat-dc1-dc2-dc3-dc4)
Nombre de candidats :
• Réduction du nombre d’opérateurs durant
la négociation ou le dialogue (procédure
négociée, dialogue compétitif) : Recours à
une procédure se déroulant en phases successives afin de réduire progressivement
le nombre des solutions à discuter ou des
offres à négocier : NON
Marché public simplifié : NON.
Critères d’attribution : Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères énoncés dans le cahier des
charges (règlement de la consultation, lettre
d’invitation ou document descriptif)
• Pas d’enchère électronique
Type de procédure : Procédure adaptée
Date limite de réception des offres : 29 janvier 2019 à 12 h 00
Délai minimum de validité des offres :
180 jours à compter de la date limite de réception des offres.
Renseignements complémentaires : Le
marché est conclu pour une durée allant de
sa date de notification, pour toute la période
d’exécution des travaux jusqu’à l’achèvement
de toutes obligations en découlant, période
de garantie incluse.
La remise des offres sera subordonnée à une
visite obligatoire de l’ensemble des 6 sites
afin que les candidats puissent prendre pleinement connaissance des contraintes de
chacun des lieux. A cet effet, il est recommandé aux sociétés de se munir du matériel
adéquat pour mesurer ou compléter les plans
d’implantation proposés lors de la visite et
pouvoir présenter une offre pertinente (voir
article 2.5 du Règlement de la consultation
pour les jours de visite).
Dans un premier temps, la Ville peut procéder à la régularisation des offres irrégulières
(à condition qu’elles ne soient pas anormalement basses) et/ou inacceptables au sens de
l’article 59 du décret 25 mars 2016. La régularisation s’opérera durant une première phase
de négociations.
Dans un second temps, la Ville se réserve
le droit de procéder à un ou plusieurs tours
de négociation supplémentaires avec l’ensemble des candidats.
Les négociations pourront soit prendre la
forme d’auditions en mairie, soit d’une demande écrite.
Elles pourront porter sur tous les aspects
de l’offre et notamment le prix, la quantité,
la qualité, le délai et les garanties de bonne
exécution du marché.
A chaque tour de négociation, les candidats
devront faire parvenir une offre négociée qui
sera analysée en fonction des critères énoncés à l’article 4.2.2 du présent Règlement de
Consultation.
Suite aux négociations, si le candidat ne remet
pas de nouvelle offre négociée, son offre initiale
est prise en compte pour l’analyse des offres.
Date d’envoi du présent avis à la publication : 13 décembre 2018
Adresse auprès de laquelle les documents peuvent être obtenus : adresse
internet
:
https://marches.maximilien.
fr/?page = entreprise.EntrepriseAdvancedSearch& AllCons&refConsultation=324255&orgAcronyme=d5w
Adresse à laquelle les offres/candidatures/projets/demandes de participation
doivent être envoyés : Mme Véronique GABARD , VILLE D’ANTONY, Place de l’Hôtel de
Ville, 92160 Antony, tél. : 01 40 96 73 52, télécopieur : 01 40 96 07 24, courriel : marchespublics@ville-antony.fr, adresse internet :
https://www.ville-antony.fr
Informations complémentaires :
• La prestation n’est pas réservée à une profession particulière
Instance chargée des procédures de
recours : Tribunal administratif de Cergy-pontoise, 2/4 boulevard de l’Hautil, 95000
Cergy-pontoise, tél. : 01 30 17 34 00, télécopieur : 01 30 17 34 59, courriel : greffe.ta-cergy-pontoise@juradm.fr
Service auprès duquel des renseignements peuvent être obtenus concernant
l’introduction des recours : Tribunal administratif de Cergy-pontoise, 2/4 boulevard de
l’Hautil, 95000 Cergy-pontoise, tél. : 01 30 17
34 00, télécopieur : 01 30 17 34 59, courriel :
greffe.ta-cergy-pontoise@juradm.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 14 - 12 - 2018
CAC 40 : 4853,7 (-0,88 %) NEXT 20 : 10731,13 (-0,81 %)
CAC LARGE 60 : 5387,08 (-0,88 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3783,63 (-0,90 %)
DATE DE PROROGATION : 24 DÉCEMBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
37,91
742522
290.969.205
106,6
714662
428.341.474
89,29
2106031
776.367.881
19,308
4707769
1.021.903.623
70
453201
106.884.219
19,246
8178725
2.424.350.453
42,02
4273220
1.249.798.561
32,87
760788
366.861.216
95,08
577492
168.817.033
15,05
3266033
789.252.839
10,132
5595892
2.866.437.156
64,21
1500913
685.055.200
108,5
506559
261.541.129
12,735
7247770
2.435.285.011
110,25
1066945
426.416.772
485,5
81382
105.569.412
405
262035
126.279.322
248,9
836436
505.028.789
49,76
834174
267.471.813
205,9
686736
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
37,77
37,91
37,37
107,2
107,8
106,05
88,67
89,79
88,32
19,42
19,488
18,864
69,2
70
67,94
19,198
19,258
18,96
41,595
42,045
40,945
33,1
33,2
32,63
94,22
95,32
93,32
14,925
15,13
14,86
10,136
10,15
9,93
64,08
64,47
63,72
105,1
108,75
104,7
12,905
12,905
12,68
110,05
110,45
109,75
485,8
488,3
480,7
404,4
408,6
399,8
251,95
253,85
248
49,69
50,14
49,5
204,3
207
203,3
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,47
- 6,07
- 9,93
- 0,19
+ 1,28
+ 0,14
- 1,45
- 7,18
+ 3,9
- 0,6
- 9,8
- 27,09
- 2,12
- 6,59
- 46,85
- 0,61
-12,82
- 23,97
- 1,41
- 9,66
- 34,49
- 0,21
+ 1,69
- 24,84
- 1,63
-10,82
- 4,79
- 2
-14,22
- 14,81
- 1,04
- 9,05
- 29,29
- 0,37
- 1,81
- 9,4
- 4,11
- 1,68
+ 17,43
+ 1,02
+ 3,24
- 10,82
- 0,63
- 8,02
- 2,18
- 0,96
- 2,35
+ 9,8
- 1,7
+ 1,71
+ 11,94
- 1,52
- 6,02
+ 3,11
- 0,46
- 6,25
- 21,01
- 1,3
- 1,49
+ 9,57
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 12,16
48,95
36,6
2,78
+ 2,05
115,25
97,12
2,47
+ 6,83
3,4
111,16
26,12
81,33
1,69
- 28,38
30,765
18,514
- 42,97
130,55
65,1
2,46
- 22,39
27,69
18,86
6,56
- 33,18
68,66
40,295 7,26
- 23,57
45,98
30,3
5,14
- 4,72
119,8
93,32
1,8
- 17,27
19,73
12,955 3,08
- 26,55
15,54
9,853 6,22
- 8,39
71,78
61,16
2,97
+ 18,64
141
87,52
0,55
- 9,98
1,21
14,815 10,70
11,31
2,87
- 4,26
129,55
105,35
1,39
+ 8,86
614,6
417,9
1,56
+ 10,7
522,4
338,263 0,99
+ 2,67
313,7
232,5
0,79
- 22,59
67,44
48,99
2,54
+ 10,46
214,9
170,3
1,74
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
87,62
665547
179.750.453
14,52
7538194
2.660.056.599
147,4
512300
265.421.592
18,075
2817963
904.828.213
49,6
666457
235.249.801
56,47
1783426
295.722.284
107,6
706648
420.519.777
30,02
1790942
546.585.004
78,2
2680637
1.252.219.053
62,18
2369186
579.062.698
30,33
4526748
807.917.739
91,32
327880
147.454.887
12,08
3279746
911.156.920
18,865
2041000
451.322.089
48,605
8072261
2.638.505.436
143,96
517687
138.286.626
24,81
1790023
240.253.100
18,555
1919615
565.593.341
73,72
1260594
597.489.393
21,38
2786573
1.305.804.297
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
87,1
87,98
85,56
14,54
14,585
14,425
148,4
149,7
146,5
18,235
18,275
17,76
49,98
50,16
49,14
55,65
56,47
54,85
108,2
108,9
107
29,595
30,02
29,42
78,24
78,82
77,73
61
62,18
60,72
29,85
30,435
29,665
90,44
91,5
89,86
12,23
12,3
11,81
18,385
18,955
18,315
49,1
49,495
48,605
144,62
145,34
142,7
24,02
24,81
23,71
18,515
18,57
18,32
73,52
73,92
73,02
21,29
21,49
21,16
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,6
- 3,48
- 27,9
- 0,38
- 1,12
- 0,24
+ 0,14
+ 6,61
+ 14,99
- 0,33
-12,67
+ 5,56
+ 0,64
- 4,4
- 12,96
- 2,49
-15,28
- 34,57
- 0,37
- 2,7
+ 26,06
- 2,41
- 6,66
- 36,84
- 0,46
- 1,56
+ 6,06
- 2,93
-4
- 13,67
- 2,08
-10,83
- 32,2
- 1,12
- 4,24
- 18,78
- 0,04
- 1,73
- 34,14
- 1,18
-12,99
- 22,72
+ 0,33
- 1,13
+ 4,01
- 1,04
- 9,6
- 4,15
- 7,86
- 60,18
- 0,46
- 0,35
- 11,18
- 1,32
- 6,01
- 14,96
- 0,79
- 0,14
- 4,53
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 27,14
130,85
84,06
4,08
+ 0,45
15,25
13,315 2,06
+ 12,47
150,4
120,05
0,91
+ 7,55
25,4
16,455 2,91
- 11,77
63,18
47,16
4
- 33,68
100,8
54,65
6,38
+ 25,95
122,25
81,04
1,48
- 35,64
48,6
29,375 4,39
+ 8,89
80,44
62,88
3,87
- 13,91
78,56
57,66
3,61
- 30,66
47,505
29,37
7,37
- 19,29
113,05
76
3,04
- 32,82
0,23
22,97 53,82
11,41
0,44
- 28,88
29,17
18,06
+ 6,63
56,82
43,09
1,3
- 24,85
195,5
141,54
- 61,43
66,48
5,2
22,69
- 12,97
22,29
16,42
4,54
- 13,66
88,8
70,98
1,02
- 5,04
24,87
20,26
2,11
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,856
3,82
13012
3,856
40.789.901
3,7
B 6,22
6,1
45103
6,22
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,08
ABIVAX (ABVX) g
B 11,6
11,6
32906
11,76
FR0012333284
10.024.182
11,3
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,576
0,54
26939
0,576
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,54
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,295
3,2
13084
3,295
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,19
ADOCIA (ADOC) g
B 12,22
12,32
9022
12,38
FR0011184241
6.916.753
12,02
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 167
166,2
56053
167,8
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
165,4
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 9,302
9,302
2708070
9,362
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,902
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 48,6
48
20137
48,95
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
47,45
AKWEL (AKW) g
B 13,68
14,7
17720
14,7
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
13,4
ALD (ALD)
A 11,1
10,87
69192
11,1
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
10,75
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 23,9
22,75
13439
23,9
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
22,75
ALSTOM (ALO) LR
A 37,96
38,44
637371
38,5
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.058.368
37,73
ALTAREA (ALTA) g
A 176,6
174,2
2413
176,6
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
172
ALTEN (ATE) G
A 77,75
76,95
53457
77,75
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
76,2
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,125
6,96
1083356
7,14
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
6,925
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
2,52
2,59
47345
2,64
FR0012789667
47.804.841
2,51
AMUNDI (AMUN) G
A 48,6
48,11
EX-DS 15/03/17
117262
48,6
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
47,83
APRIL GROUP (APR)
B 16,05
16
21033
16,2
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
15,85
ARCHOS (JXR) g
C 0,328
0,326
148168
0,33
FR0000182479
57.851.743
0,318
ARKEMA (AKE) L
A 78,5
78,64
214089
79,14
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
77,5
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 11,08
11,38
10027
11,38
FR0000074783
6.651.515
11,02
ASSYSTEM (ASY) g
B 27,8
27,7
OPA 24/11/17
1259
27,8
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,4
ATARI (ATA)
C 0,354
0,36
1360592
0,36
FR0010478248
255.105.360
0,343
AUBAY (AUB) g
C 28,95
28,25
8463
28,95
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.136.796
27,75
AUREA (AURE)
C 6,04
5,94
10758
6,06
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,84
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,178
0,172
128140
0,178
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,172
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 11,86
12,3
3324
12,3
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
11,74
BÉNÉTEAU (BEN)
A 12,16
11,4
176969
12,16
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
11,26
BIC (BB) G
A 89
89,15
105751
89,5
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
88,3
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,11
8,87
54581
9,18
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
8,72
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 62,1
60
113003
62,1
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
59,6
BOIRON (BOI) g
A 50,8
52
10283
52
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
50,3
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,614
3,66
3320569
3,692
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,576
BONDUELLE (BON) g
B 30,3
30,15
10809
30,35
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.281.118
29,75
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 18,72
18,45
636099
18,755
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
18,31
BURELLE SA (BUR)
A 830
806
243
830
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
798
CARMILA (CARM)
C 17,02
17
21500
17,04
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
16,92
CASINO (CO) LR
A 37,11
36,87
328587
37,11
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
36,6
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,39
2,315
105953
2,39
FR0010193052
30.514.178
2,25
CGG (CGG) G
C 1,169
1,15
4567161
1,187
FR0013181864
709.944.398
1,134
CHARGEURS (CRI) g
C 17,3
16,74
43606
17,3
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
16,51
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 335,8
334,6
EX D OP 08/06/17
20803
337,4
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
332,4
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/101218
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 1,11 - 54,2
- 6,65
11,15
- 54,36
3,622
- 1,45 - 2,87
- 4,98
7,48
- 2,4
5,95
- 1,02 + 34,41
+75,49 11,92
+ 42,16
5,2
- 2,53 - 37,21
- 6,9
0,87
- 32,5
0,522
- 2,88 - 54,15
-25,93
9,08
- 54,42
3,08
- 0,16 - 14,15
+ 3,88 21,3
- 13,36 10,06
- 1,01 + 4,86
- 8,83 202,6
+ 4,27 156
- 0,36 - 31,5
- 5,68 14,51
- 28,23
6,646
- 1,64 + 3,67
-12,89 70,8
+ 2,08 46,2
+ 7,46 - 56,39
-12,08 36,8
- 56,25 13,4
- 1,72 - 15,83
-10,17
16,93
- 21,66 10,65
- 4,41 - 30,39
-11,48 36,1
- 26,73 22
+ 0,6 + 11,08
- 1,36 41,52
+ 13,43 32,79
- 1,25 - 16,29
- 9,74 218,5
- 11,8 172
- 0,9 + 10,54
- 6,78 94,4
+ 11,86 69,5
- 4,2 - 44,33
-12,29 13,681
- 45,74
6,5
+ 2,78 - 26,84
-17,52
4,4
- 29,23
2,41
- 1,94 - 31,9
-5
77,66
- 33,02 46,22
+ 8,84
+ 0,31
17,95
+ 10,96 12
- 0,76 - 47,74
-24,36
1,512
- 47,74
0,304
- 0,88 - 22,56
-15,4 112,9
- 24,31 76,4
- 0,18 - 32,46
- 7,93 17,88
- 34,14 10,3
- 0,36 - 7,42
+ 6,54 33,05
- 17,53 24,5
+ 2,71
- 1,1
0,948
+ 5,88
0,285
- 2,59 - 18,35
- 7,98 43,3
- 20,89 27,75
- 1,66 - 31,01
- 8,33
9,3
- 28,78
5,84
- 18,33
-22,05
0,477
- 22,05
0,164
+ 1,65 - 46,05
- 5,24 23,1
- 44,32 10,8
- 5,79 - 42,84
-15,05 23,2
- 40,13
11,26
- 0,11 - 2,74
- 3,1
99,05
- 5,16
71,8
- 4,32 - 35,68
+19,22 16,2
- 32,44
6,9
- 3,85 - 19,67
- 9,23 82,6
- 19,79 59
+ 2,77 - 30,53
+ 1,17
78,5
- 29,73 48,7
+ 0,22 - 19,17
- 1,61
4,798
- 18,56
3,438
- 0,17 - 31,59
- 7,52 47,8
- 25,45 27,05
- 1,97 - 19,04
- 6,39 24,28
- 18,51
17,975
- 2,18 - 36,54
-14,26 1420
- 33,94 758
- 0,12 - 26,77
-11,27 25,35
- 27,35 16,36
- 1,79 - 27,08
- 6,23 53,48
- 24,32 25,37
- 1,91 - 23,6
- 2,94
3,611
+ 5,63
2,015
- 2,79 - 24,73
-23,33
4,1
- 25,12
1,058
- 3,52 - 33,86
-10,72 28,64
- 30,25 14,96
- 0,12 + 9,87
- 0,77 383,8
+ 10,87 291,6
- 21,57
- 1,75 7550
- 19,19 5600
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,648
3116245
393.613.788
A 19,18
421718
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,9
240281
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
COLAS (RE)
A 140
246
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 85,25
104062
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.404.011
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 24,3
10515
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1224
12274
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 108,5
506559
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 27,1
107292
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 3,84
1007306
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 90,3
7508
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C5
2006
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 33,7
761782
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.411.300
EDF (EDF) LR
A 13,93
EX-DS 7/03/17
2578519
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 73,78
432863
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
2,765
10440
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12,14
742253
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 14,5
825973
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
EOS IMAGING (EOSI)
C 3,835
28973
FR0011191766
26.237.907
ERAMET (ERA) Gg
A 53,65
84826
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 6,575
27986
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 27,5
3275
FR0004110310
5.955.072
EURAZEO (RF) G
A 63,25
91590
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
EURO RESSOURCES (EUR)
C 2,79
3786
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 341
43578
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,64
295372
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 18,145
763233
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 65,2
1013
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 31,46
675174
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 84,5
3923
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 11,24
8363
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 750
2256
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 52,75
74922
FR0011476928
26.792.938
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 63,4
767
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 292
4
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,14
N/P REGR.
12067
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,12
1330730
FR0000079634
01/10/01 0,1 163.325.030
GECINA (GFC) G
A 122,1
111212
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.225.110
GEMALTO (GTO) L
A 50,76
260395
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 20,78
86337
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 3,77
468823
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
0,93
396609
FR0011790542
78.777.496
GETLINK (GET) LR
A 11,37
1067850
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 16,4
15608
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,28
3,75
0,42
1,46
2,04
5,06
2,2
0,91
1,3
3,45
5,2
1,69
2,93
3,61
0,96
2,53
1,63
2,19
3,87
1,13
0,57
3,08
0,55
1,66
3,04
1,99
4,23
1,79
1,02
3,21
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,622
0,648
0,609
19,17
19,25
18,91
7,82
7,9
7,66
137,4
140
137,4
85,35
85,55
84,4
24,4
24,8
24
1256
1274
1224
105,1
108,75
104,7
26,48
27,1
26,3
3,9
4,028
3,81
90,7
91,5
88,9
4,98
5
4,92
32,73
33,78
32,58
14,24
14,24
13,79
73,9
74,3
73,22
2,7
2,765
2,7
12,71
12,82
12,04
13,95
14,62
13,88
3,835
3,875
3,8
54,6
55,35
52,4
6,485
6,605
6,28
28,4
28,45
27,5
63,1
63,25
62,4
2,86
2,86
2,79
330
341
328
7,635
7,655
7,415
18,45
18,65
17,955
63,4
65,2
63,4
31,01
31,63
30,62
84,4
84,6
83,3
11,3
11,44
11,12
760
764
744
52,8
52,9
50,5
62,4
63,4
62,4
318
318
292
1,13
1,14
1,13
0,122
0,125
0,112
122,5
123,1
120,8
50,74
50,8
50,74
20,72
20,92
20,34
3,74
3,97
3,66
1,05
1,05
0,9
11,4
11,4
11,245
16,4
16,44
16,1
- 5,18 + 26,94
-21,56
1,223
+ 34,92
0,491
- 0,42 - 0,44
- 6,67 21,62
- 0,6
18,41
- 1,64 - 12,27
-8
10,76
- 13,88
7,2
- 1,58 - 24,3
- 3,51 192
- 24,46 133,4
- 0,06 - 9,66
- 3,61 97,3
- 7
83,05
+ 0,41 - 14,74
- 0,41 29,9
- 14,63 23,6
+ 0,8 - 3,23
-10,09 1729
- 4,83 1224
- 4,11 + 18,64
- 1,68 141
+ 17,43 87,52
- 3,99 - 36,79
- 9,19 47,38
- 27,28 23,64
+ 1,93 - 57,2
-11,28
9,18
- 56,08
3,224
- 1,09 + 21,18
- 7,54 119
+ 17,79 72,5
- 0,4 - 20,32
-18,36 10
- 20,32
4,6
- 3,59 + 35,36
- 2,59 35,95
+ 37,72 23,74
+ 2,01 + 36,66
- 7,11
15,89
+ 35,94
9,832
- 0,27 - 19,09
-16,35 101,7
- 19,32 73,22
- 2,53 - 42,31
-10,89
5,49
- 43,16
2,515
+ 5,3 - 26,21
- 2,68 19,71
- 21,2
11,26
- 4,45 - 39,39
-22,41 23,94
- 35,52 13,88
- 19,77
- 3,4
5,92
- 21,25
3,37
- 0,18 - 44,87
-26,56 167,2
- 38,04 46
- 1,37 - 64,95
- 8,73 19,57
- 59,47
5,92
+ 3,27 - 38,92
-18,86 48
- 37,15 26,4
- 0,86 - 13,95
- 4,68 82,286
- 12,56 61,25
+ 0,7 - 18,29
- 4,03
3,61
- 15,63
2,67
- 4,73 - 34,99
-19
545,5
- 35,34 322,8
- 0,39 - 25,51
- 4,56 11,78
- 24,11
7,17
+ 0,96 - 4,38
- 2,3
23,11
- 1,31
15,275
- 3,94 - 45,34
-10,7 125,5
- 44,01 63,4
- 3,64 - 52,39
-24,75 76,98
- 52,14 30,06
- 0,59 - 15,85
-16,1
120,4
- 15,12 80,9
- 0,88 - 40,18
- 4,72 19,5
- 30,03 11,06
+ 0,26 - 22,92
- 4,52 1090
- 22,45 722
- 0,28 - 47,57
- 4,35 106,6
- 45,45 49,5
- 1,27 + 14,26
-4
66
+ 15,75 54,4
+ 8,9 - 35,1
- 7,02 565
- 32,48 292
1,15
1,125
+ 35
0,32
0,09
- 20,4
161,9
119,8
+ 2,51
50,8
49,1
- 13,38
28,28
17,67
- 39,48
7,68
1,335
- 36,75
2,08
0,88
+ 6,34
12,49
10,11
- 31,01
- 9,39 27,072
- 32,74 16,1
- 1,22
- 5,08
+ 35
- 0,81
- 7,76
- 15,84
- 0,08
+ 0,04
+ 8,19
- 1,33
- 0,96
- 4,78
- 2,35
+96,84
- 28,63
+ 16,28
-25,95
- 36,36
- 0,31
- 1,34
+ 7,34
4,38
4,35
5,97
1,22
0,55
3,59
0,99
28,11
1,89
1,05
2,71
3,3
2,65
4,21
1,98
5,25
0,73
1,99
6,88
2,49
3,55
2,37
0,13
2,2
4,21
12,04
2,63
3,96
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
GROUPE CRIT (CEN) g
B 51,5
2468
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,206
EX D S 13/06/17
21728
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 8,6
21778
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
GROUPE LDLC (LDL) g
C 6,45
NOM.
15139
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
19,9
REGR.
1119
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
GTT (GTT) Gg
A 67,65
134869
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 8,6
33366
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
HIGH CO (HCO) g
C 4,645
12812
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
HUBWOO (HBW) g
C
FR0004052561
ICADE (ICAD) G
CLOT
+ HAUT
+ BAS
51,4
52
50,9
0,203
0,21
0,203
8,12
8,62
8
6,37
6,52
6,37
19,5
20
19,35
70,15
71,2
67
8,85
8,88
8,6
4,64
4,65
4,56
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 0,19 - 29,38
-10,76 95
- 33,32 49,7
8,56
- 1,46 - 21,92
-17,14
0,34
- 24,81
0,18
- 5,91 - 48,18
-12,5
19,04
- 47,75
8
- 1,24 - 68,13
-46,92 22,2
- 68,26
5,71
- 1,76 - 42,29
-10,55 36,5
- 40,91
19,35
1,59
+ 3,77 + 40,02
+ 8,26 71,2
+ 45,52 47,06
1,9
+ 0,57 - 45,13
- 9,69 19,68
- 45,13
8,6
2,49
- 0,11 - 5,31
- 2,11
6
- 5,11
4
3,02
- 3,92 - 8,13
-19,23
0,204
- 8,13
0,147
- 0,82 - 19,08
-11,13 88,65
- 17,71 65,55
+ 0,8 - 7,1
-13,5 156,6
- 8,92 120
+ 1,3 - 35,42
+17,97 214,4
- 36,61 95,18
0,53
- 3,68 - 44,61
-16,91 87,8
- 44,1
43,12
4,77
+ 0,04 - 35,54
-11,72 94,34
- 34,11
55,8
2,61
- 2,4 + 62,84
-12,45
9,445
+ 63,53
4,41
- 6,49 - 51,02
-26,61
3,12
- 43,97
1,428
- 3,21 + 10,48
- 9,28 45,85
+ 10,96 30,727
1,93
- 1,16 + 19,66
- 2,22 155,95
+ 17,45 99
0,84
+ 0,48 - 31,07
- 9,8
34,5
- 32,05 19,76
4,11
- 2,75 - 45,89
-10,47 32,9
- 43,48 13,56
4,7
- 0,23 - 22,93
-12,02 36,9
- 23,35 25,2
2,16
- 5,53 - 21,47
-10,73 47,26
- 18,13 30,82
5,95
+ 0,52 - 21,12
- 5,8
38,58
- 17,98 27,4
- 1,87 + 6,91
- 2,84 35,3
+ 4,19 22,84
1,91
- 2,13 - 20,71
4
- 8,69 51,1
- 17,36 35,5
- 1,64 - 14,63
-10,26 27,17
- 17,18
21,99
5,7
- 3,23 - 55,34
-23,31
6
- 53,3
2,32
- 0,17 - 41,41
- 8,86 66,3
- 40,33 28,25
4,03
- 0,98 - 22,67
- 1,3
60
- 23,7
41,5
0,52
- 1,56 - 24,85
- 2,58 26,3
- 23,79 16,82
2,01
+ 0,5 - 23,17
- 0,66 39,45
- 22,27 29
4,47
- 3,1 - 45,39
- 9,5
41,75
- 43,55 21,05
2,19
- 6,63 + 63,3
- 0,23 16,692
+ 60,35
6,32
- 0,91 - 34,11
- 8,33 24,34
- 35,09 14,06
6,7
- 2,58 - 53,99
-18,53 38,58
- 51,82 16,51
2,53
- 1,99 - 46,6
- 3,32 63,9
- 46,58 30,25
5,31
- 5,7 - 29,51
-14
37,95
- 33,44 21
2,88
- 0,75 - 68,52
-11,01
13
- 67,05
3,8
- 1,36 - 54,22
-19,03
5,41
- 50,11
2,16
+ 0,93 - 29,41
+ 0,46 18,75
- 26,59 12,05
- 1,28 - 38
-15,97 41,9
- 36,44 21,95
3,24
- 0,59 - 26,32
- 7,69
2,52
- 23,29
1,63
- 0,23 - 13,49
+ 4,31
18,87
+ 2,89
8,295
- 1,79 - 31,06
-10,35
7,45
- 30,95
4,44
8,14
- 0,94 + 10,64
+ 1,94 20,15
+ 14,67
17,1
+ 0,64 - 61,16
-18,26
2,9
- 60,67
0,92
53,19
- 2,38 - 50,95
+ 3,13 52,26
- 48,36 21,69
2,79
+ 0,38 - 15,36
- 2,69 56,6
- 16,22 40,44
5,95
- 2,4 - 54,24
- 5,31 10,95
- 53,9
4,362
- 0,54 - 18,86
- 5,61
9,24
- 21,02
7,36
2,03
- 1,21 - 12,29
+ 7,02
11,42
- 11,78
8,06
1,56
- 4,65 - 16,48
- 9,44
2,49
- 18,74
0,87
- 0,32 - 4,27
- 5,9 125,2
- 6,32 87,5
1,17
+ 0,31 - 63,27
-23,76
9,56
- 63,01
1,432
- 0,57 + 18,32
+ 4,42 65,8
+ 19,24 44,05
1,25
+ 0,13 - 66,18
-15,49 45,65
- 64,78 13,86
+ 2,59 - 28,45
- 7,51
4,085
- 27,92
1,514
- 7,04 - 49,44
-24,95 42,21
- 47,35 18,44
2,56
+ 1,65 - 57,27
-23,9
20,45
- 65,49
7,39
25,03
- 4,47
-12,55 53
- 6,8
40,8
2,94
- 1,25 - 38,47
- 7,97 16,32
- 37,5
8,565 10,96
- 1,56 - 53,88
+11,3
15,35
- 53,01
4,97
- 0,87 - 10,91
- 2,65 131,3
- 11,37 98,6
1,6
- 0,9 - 35,62
- 7,65 15,58
- 36,5
9,274
4,32
+ 43,33
- 1,15 477
+ 43,33 330
1,07
136.345.527
A 66,4
66,3
57601
66,75
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
65,55
ID LOGISTIC (IDL) g
B 124,6
125,6
1496
125,6
FR0010929125
5.628.475
124,4
ILIAD (ILD) G
A 127
129
121892
129,05
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
124
IMERYS (NK) G
A 44,48
43,5
160815
44,52
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
43,12
INGENICO GROUP (ING) LR
A 58,2
57,38
252470
58,2
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
56,36
INNATE PHARMA (IPH) g
B 7,81
7,735
366257
7,95
FR0010331421
63.932.655
7,655
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,504
1,44
81226
1,504
FR0010291245
44.119.162
1,428
INTER PARFUMS (ITP) g
B 35,8
34,7
17320
35,8
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
34,55
IPSEN (IPN) G
A 120,5
119,15
77892
120,9
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
118,35
IPSOS (IPS) G
A 20,84
21,16
48561
21,38
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
20,6
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 15,26
14,88
62696
15,36
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
14,64
JCDECAUX (DEC) G
A 25,98
25,9
258062
26,24
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
25,2
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 32,76
31,12
36053
32,76
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
30,82
KLEPIERRE (LI) LR
A 28,66
28,92
633776
28,99
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
28,29
KORIAN (KORI)
A 32,08
31,48
112758
32,08
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,26
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 37,44
37,3
62730
37,63
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
36,95
LAGARDÈRE (MMB) G
A 22,97
22,82
379699
23,04
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
22,75
LATECOERE (LAT) g
C 2,62
2,55
294110
2,62
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
2,545
LE BÉLIER (BELI) g
C 29,3
29,3
2164
29,5
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
29
LNA SANTÉ (LNA) g
B 46,05
45,55
4136
46,05
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
45,2
LECTRA (LSS)
B 19,1
18,9
20281
19,26
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
18,7
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 30,05
30,2
268
30,2
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
30
LISI (FII) g
A 22,8
21,9
18711
22,8
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
21,05
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 11,68
10,7
29387
11,68
FR0000038242
15.884.557
10,7
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 14,35
14,19
102121
14,35
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
14,13
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 17,75
17,37
55434
17,77
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
17,21
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 32,65
32
1845
32,85
31,6
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 22,7
21,5
31321
22,7
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
21
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 3,985
3,96
23301
4,04
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.338.654
3,8
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,19
2,17
22938
2,195
FR0010609263
23.147.338
2,16
MERCIALYS (MERY) g
A 12,89
13,02
154061
13,02
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
12,75
MERSEN (MRN) g
B 23,55
23,15
20532
23,55
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
22,75
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,688
1,68
68752
1,69
FR0004177046
23.261.500
1,656
NANOBIOTIX (NANO) g
B 12,85
12,83
64598
13,04
FR0011341205
19.633.373
12,7
NATIXIS (KN) LR
A 4,59
4,547
4172993
4,59
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
4,47
NEOEN (NEOEN)
A 19,3
18,92
8082
19,3
FR0011675362
84.957.498
18,9
NETGEM (NTG) g
C 0,94
0,94
15653
0,96
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
0,93
NEXANS (NEX) G
A 25,31
25,07
136601
25,39
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
24,93
NEXITY (NXI) G
A 41,82
42
69488
42,18
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
41,62
NICOX (COX)
B 4,704
4,64
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FR0013018124
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4,5
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,44
7,4
11875
7,44
FR0000121691
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OENEO (SBT) g
B 9,1
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FR0000052680
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135424
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FR0010095596
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0,897
ORPÉA (ORP) G
A 94,4
94,1
101356
95,34
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
93,16
PARROT (PARRO) g
B 3,23
3,24
38576
3,26
FR0004038263
30.174.671
3,22
PHARMAGEST INT. (PHA)
52
52
4299
52,9
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
51,8
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 15,5
15,5
15132
15,8
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
15,34
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,838
1,824
323448
1,98
FR0011950641
21.606.363
1,79
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 20,1
19,16
718381
20,1
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
18,565
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 7,98
7,99
DIV 8 02/05/17
36642
8,01
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
7,64
PSB INDUST. (PSB)
C 42,6
42,5
1185
42,6
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
42,5
RALLYE (RAL)
A 9,16
9,125
74497
9,185
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
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RECYLEX SA (RX)
C 6,025
6,01
46874
6,09
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
5,915
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 103,4
102,9
83488
103,5
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
102,3
REXEL (RXL) G
A 9,75
9,734
1648165
9,81
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
9,594
ROBERTET SA (CBE)
B
/061218
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 30,6
30,1
- 2,43 - 1,42
32427
30,6
-13,13
37,55
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
29,95
- 1,68 28,25
RUBIS (RUI)
A 49,32
50
+ 0,2 - 15,23
DIV 2 28/07/17
186943
50,25
+11,46 65,6
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
48,72
- 14,65 41,32
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 90
88,15
- 2,6 + 46,21
DIV 6 10/05/16
92015
90
-20,59 120,5
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
86,9
+ 45,63 59,75
SAVENCIA (BH)
B 62,8
61,2
- 1,61 - 24,18
2271
63,4
- 9,47 90,8
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
60,8
- 21,79 59
SCOR (SCR) LR
A 39,78
39,83
- 0,3 + 18,74
378024
40
- 7,16 43,79
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
39,3
+ 14,93 30,84
2,26
3
0,48
2,61
4,14
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 116,5
51188
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,239
194845
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 18,02
7808
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,48
263715
FR0013006558
34.623.503
SIPH (SIPH) g
B 81,8
1000
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
SOITEC (SOI) G
B 50,4
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
206061
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,542
REGR.
1562175
FR0012938884
583.621.956
SOMFY (SO)
A 64,9
3162
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 89,5
41357
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 11,33
416237
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
15,98
4712
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.425.786
ST DUPONT (DPT) g
C 0,134
116046
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
STEF (STF) g
B 71,9
3495
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,51
31707
FR0010949404
26.824.657
SUEZ ENVIRONNEMENT (SEV) LR A 12,5
2265055
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,44
32235
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 28,9
4474
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 24,05
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FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 19,3
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FR0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
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FR0000121329
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B 44,2
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FR0013333432
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TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 21,3
EX D S 03/07/17
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FR0013230612
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TOUAX (TOUP) g
C 5,46
3216
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
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B 2,95
24258
FR0005175080
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TRIGANO (TRI) g
B 85,6
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UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 70
300625
FR0000054470
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VALLOUREC (VK) G
A 1,979
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FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
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B 3,255
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FR0004056851
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VICAT (VCT) G
A 41,22
42186
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
VILMORIN & CIE (RIN) G
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FR0000052516
12/12/18 1,35 20.833.902
VIRBAC (VIRP) g
A 122
6545
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 24,2
1271
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 30
7363
FR0013357621
20.196.492
WENDEL (MF) G
A 103,2
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FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
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A 47,26
92095
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 4,76
72486
BE0974310428
130.781.669
XPO LOGISTICS (XPO) g
A 326
240
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
115,6
116,6
112,6
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0,239
0,228
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0,516
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11,41
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28,9
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24,1
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19,18
19,3
18,64
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143
140,8
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36
35,4
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7,49
7,32
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21
21,4
20,8
5,6
5,6
5,42
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2,925
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83,45
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70,16
68,52
2,002
2,038
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3,2
3,28
3,18
41,12
41,4
40,24
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55,7
54,5
118,2
122
117,6
24
24,3
24
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28
102,4
103,2
101,6
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47,26
46,14
4,78
4,85
4,7
322
326
310
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,2
- 5,17
- 22,42
- 2,98
-17,99
- 66,47
- 2,78
-25,85
- 39,32
+ 0,2
-32,64
- 72,37
- 0,25
- 0,12
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- 1,46
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- 1,35
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- 24,35
+ 0,17
- 8,25
- 12,56
- 0,62
- 7,72
- 46,35
- 1,24
- 3,28
- 42,75
+ 1,19
- 7,5
- 65,74
- 1,6
- 5,15
+ 19,09
- 0,84
- 6,35
- 14,45
- 1,48
-18,58
- 42,59
- 1,61
- 7,72
+ 19,48
- 0,67
- 4,1
- 18,68
- 1,41
-10,64
- 4,59
+ 2,56
- 9,97
- 51,52
- 1,67
+ 13,9
- 1,8
- 4,36
- 38,31
- 1,61
- 3,25
+ 9,66
- 0,1
-47,07
- 55,06
- 1,69
- 3,76
+ 15,11
- 0,24
- 9,35
- 37,89
- 0,9
- 8,47
- 34,8
- 3,12
-15,09
+ 1,81
+ 0,46
- 4,48
+ 6,47
- 31,43
- 0,97
- 8,98
- 27,81
- 3,35
- 2,04
+ 18,17
- 0,93
- 8,6
- 46,53
- 1,83
- 2,42
+ 33,06
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 25,15
175,9
111,7
1,49
- 66,96
0,9
0,211
- 41,39
30,95
17,1
- 59,2
11,308
2,42
- 2,45
87,9
80,7
- 13,71
86,15
45,72
- 35,9
1,297
0,516
- 23,52
91
60,5
9,68
- 44,21
187,9
81,95
2,76
- 47,43
22,4
10,78
3,51
- 53,92
39,22
15,82
- 13,33
0,205
0,12
- 24,91
115
70,8
3,46
- 67,83
2,011
0,474
- 17,05
14,925
10,58
5,34
- 22,34
2,45
1,25
- 14,6
38,45
27,25
12,46
- 45,54
54,5
22,85
3,35
- 45,17
37,34
17,94
3,13
- 61,32
3,328
0,905
+ 18,79
171,7
111
1,3
- 17,29
48,2
35,4
- 40,25
12,89
7,08
4,77
+ 15,65
124,45
84,3
0,48
- 21,76
66,5
42,5
- 4,33
29,3
20,8
4,76
- 52,1
12,4
5,2
+ 4,24
3,46
2,65
- 42,67
180
78,9
1,54
+ 8,45
107,9
61,28
- 60,24
6,078
1,571
+ 15,52
4,19
2,78
- 37,5
70,9
38
3,65
- 37,63
91,9
49,5
2,45
- 4,29
150,8
103
+ 1,69
24,8
22,3
3,33
- 31,35
42,75
25,4
- 29,09
152,6
100,9
2,59
+ 13,45
57
39,74
- 50,22
11
4,7
+ 25,05
368
242
0,25
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,76
260395
22/05/17 0,43 90.920.356
A 5,254
469915
31/05/18 0,13 5.635.592.159
17,235
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23/04/18 0,68 360.037.272
50,74
- 0,08 + 2,51
50,8
+ 0,04 50,8
50,74
+ 8,19 49,1
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- 0,04 + 35,59
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5,176 + 35,25
3,845
17,545 + 1,07 + 34,86
17,6
- 5,49 20,88
17,02 + 26,45 10,55
4,21
12,04
0,3
17,83
3,6
4,56
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
6,26
34589
USD 14/09/18 0,08 8.698.115.000
7,192
21523
GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 19.927.909.172
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 37,44
62730
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
SCHLUMBERGER (SLB)
A 36
5626
AN8068571086
USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
STALLERGENES GREER (STAGR) A 31,25
2794
GB00BZ21RF93
19.738.742
US3696041033
HSBC (HSB)
6,25
6,49
6,21
7,247
7,268
7,192
37,3
37,63
36,95
34,8
36,5
34,8
31
31,25
30,7
- 3,4
-15,31
- 58,25
- 0,59
- 1,78
- 16,61
- 2,13
- 8,69
- 17,36
- 3,87
-17,14
- 34,87
- 0,96
+11,11
- 22,34
- 57,45
16,12
5,97
- 15,14
8,996
6,75
- 20,71
51,1
35,5
- 37,7
65,4
34,8
- 19,5
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 17 décembre 2018
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
FR0013341781 2CRSI
C 8,48 8,48
8,4
FR0000076887 A.S.T. GROUPEg
C 5,18
5,37
5,06
FR0013185857 ABEO
C 30,9
31,1
30
FR0000076861 ACTEOSg
C 1,365 1,365
1,365
BE0974269012 AD CAPITAL
0,09 0,09
0,09
FR0000062978 ADL PARTNERg
C 12,4
12,5
12,3
FR0012821890 ADUX (EX:HI MEDIA) C 2,59 2,67
2,53
FR0004152874 ADVENISg
C 1,43
1,43
1,4
FR0013296746 ADVICENNE
C 10,02 10,02
9,8
FR0000053043 ADVINI
C 27,2
27,2
26,2
FR0000036105 AFFINE REg
C 12,96 13,44 12,84
FR0000044612 AFONE PART.
C 11
12
11
FR0000062804 ALPHA MOS
C 0,34 0,34
0,34
FR0000053837 ALTAMIRg
B 14,18 14,22
14,02
FR0000039216 ALTAREIT
B482
482
482
FR0011051598 AMOEBAg
C 2,85 2,885 2,75
FR0013258589 ANTALIS
B 1,02
1,02
1,002
FR0010481960 ARGANg
B 42,1
42,6
42
FR0012185536 ARTEA
C 12,5
12,5
12,5
FR0000076952 ARTOIS
A
FR0011992700 ATEME
C 11,8
11,8
11,1
FR0000061780 AUGROS CP
C 6,25 6,25
6,25
FR0013183589 AURES TECH.
C 30,7
30,7
30,25
FR0011800218 AWOXg
0,892 0,9
0,884
FR0000064123 BACCARAT
B222,7 222,7 222,7
MC0000031187 BAINS MONACO
B 46,8 48
46,6
FR0013258399 BALYO
C 2,95 2,96
2,855
FR0000062788 BARBARA BUI
C 6,5
6,5
6,5
FR0000035370 BASTIDE
C 30
30
29,2
FR0000062150 BLEECKER
C
FR0011592104 BLUE SOLUTIONSg
16,5
16,5
16,2
FR0004548873 BOURBONGg
A 4,44 4,44
4,3
FR0000074254 BOURSE DIRECT
C 1,09
1,1
1,06
FR0000078958 BUSINESS ET DEC.g
C 7,71
7,92
7,71
FR0010151589 CAFOM
C 5,65
5,65
5,55
FR0012969095 CAPELLI
37,8 38,9
33,6
FR0000064156 CARP.DE PARTIC.
C
FR0000072894 CASTg
C 3,88 3,9
3,82
FR0000064446 CATERING INTER.g
B 9,88 9,88
9,74
FR0010193979 CBO TERRITORIAg
C 3,17
3,21
3,12
FR0000078339 CCA INTERN.
C
FR0000053506 CEGEDIMg
B 21,4
21,7
21,3
FR0010309096 CEGEREALg
B 35,2
35,2
35,2
FR0012633360 CELLNOVOg
C 1,37
1,372
1,262
FR0012616852 CERENISg
B 0,401 0,44
0,38
FR0000037475 CFI
C
FR0000060907 CHAUSSERIA SA
C
FR0000054322 CIBOX INTER.g
C 0,108 0,112
0,102
FR0000060824 CLAYEUXg
C
FR0000053399 CNIMg
B 88
88
86,4
FR0013335742 COGELEC
C 6,81
6,939 6,79
FR0004031763 COHERISg
C 1,65
1,735
1,65
FR0000065393 COURTOIS
C134
134
134
FR0000044323 CR ALPES PROV.
C 110,02 110,1
110
FR0000185506 CR ATL. VENDÉE
C134,98 134,98 133,5
FR0010483768 CR BRIE PICARD.
B 25,4 25,695 25,4
FR0000045213 CR ILLE VILAINE
C103,24 103,24 102,24
FR0010461053 CR LANGUEDOC
C 74,59 74,59 74,5
FR0000045239 CR LOIRE HTE-LOIRE C 93,39 93,4
92,8
FR0000045551 CR MORBIHAN
C 85,55 86,99 85,55
FR0000185514 CR NORD FRANCE
B 22,55 22,65 22,5
FR0000044364 CR NORM. SEINE
C 131,56 132,5
131,56
FR0000045528 CR PARIS IDF
B 89,6 89,8
89,4
FR0000045346 CR RHÔNE-ALPES
C196,6 197
196,58
FR0000045544 CR TOULOUSE
C 114,4 114,8
114,4
FR0000045304 CR TOUR. POITOU
C 110,9 111,48 110,82
FR0000050395 CROSSWOOD
C
FR0007317813 CS-COM. ET SYST.g
C 4,58 4,62
4,53
FR0011026749 DALETg
C 12,1
12,3
12,1
FR0000036774 DANE-ELEC MEMORYg C
FR0010879056 DEINOVE
1,534 1,55
1,44
FR0013283108 DELTA PLUS GROUP B 33,4 33,4
32
FR0000035784 DIGIGRAM
C
FR0012202497 DMS
C 0,704 0,71
0,702
FR0000065260 DOCKS PÉTROLES A C470 470
470
FR0010099515 ECAg
C 11,2
11,25 10,2
FR0000072373 EGIDEg
C 1,47
1,52
1,455
FR0000031023 ELECT. STRASBOURG B 102
103
101,5
FR0012650166 ELECTRO POWERg
C 12,2
12,2
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FR0004030708 ENCRES DUBUITg
C 5,12
5,28
5,12
FR0000120669 ESSOg
B 33
33,4
32,8
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C
FR0000075343 EUROMEDIS GROUPEg C 6,55 6,55
6,55
FR0010490920 EUROPACORPg
C 1,215 1,215
1,105
FR0000064164 EXACOMPTA CLAIREF. C100
100
100
FR0000037343 EXPL. PROD. CHIM.
C
FR0000039026 EXPL. PROD. CHIM.
C 815
815
815
FR0000062341 F.I.E.B.M.
C 5,25
5,25
5,25
FR0000062507 F.I.E.B.M.
C
FR0000038184 F.I.P.P.
C 0,282 0,294 0,281
FR0000063034 FAUVET-GIREL g
C
FR0011271600 FERMENTALGg
2,78
2,82
2,77
FR0000062101 FERMIÈRE CANNES
B
FR0000061418 FIDUCIAL OFFICE
C 28,4 28,4
28,4
FR0000060535 FIDUCIAL RE
B 170
170
170
FR0000076986 FIN. MONCEY
A
FR0000035123 FINATIS
B 42
42
42
FR0000074759 FLEURY MICHON
B 40
40
39,4
FR0000065930 FONCIÈRE 7 INV.
C
FR0000064362 FONCIÈRE ATLAND
C 112
112
112
FR0000038499 FONCIÈRE EURIS
B 29,6
29,6
29,6
FR0010341032 FONCIÈRE INEA
B 39,3
39,6
39
FR0011277391 FONCIÈRE PARIS NORD C 0,03 0,032 0,029
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C
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C
FR0013030152 FRANÇAISE ENERGIE C 10,4
10,45 10,4
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B 28,4 28,4
28,4
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C
FR0000030611 GALIMMO
C 24,2 24,2
24,2
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B 110
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108
FR0000053035 GEA
C 86,2 86,2
86
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C 3,29 3,3
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C
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25,2
25,2
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C
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C 19,8
19,8
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C 14,75 14,75
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C 2,21
2,21
2,13
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B 56,2 56,7
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C 3,26 3,28
3,13
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C 0,212 0,212
0,212
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C 5,74
5,84
5,62
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C 10,2
10,9
10,2
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6,1
5,96
FR0000051393 IDI
B 38,8 39
38,8
FR0000030827 IGE + XAOg
C 131
131
131
FR0000033243 IMMO. DASSAULT
B 52,6 52,6
52,6
FR0000036980 IMMO. HÔTELIÈRE
C
FR0000066219 IND. FIN. ENT.
C
FR0000071797 INFOTELg
C 38,7
38,9
38,05
FR0000064297 INNELEC MULT.g
C 4,59 5,18
4,3
FR0000060451 INSTALLUX SA
C
FR0000064958 INTEXA
C
FR0013233012 INVENTIVA
B 6,28 6,28
5,88
FR0000072597 IT LINKg
C 6,3
6,38
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FR0004026151 ITESOFTg
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C 4,51
4,64
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C 5,3
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C 4,63 4,63
4,55
FR0000039638 LA FONCIÈREVERTE C
FR0000066607 LACROIX SA
C 19,55 19,8
19,5
FR0000035263 LAFUMA
C 22,8 22,8
22,8
FR0004027068 LANSON-BCC
B 30,6 30,6
30,4
FR0006864484 LAURENT-PERRIER
B 92,8 92,8
87,2
FR0000075673 LE TANNEURg
C
FR0000121295 LEBON
C 124
124
122
FR0004165801 LES HÔTELS DE PARIS C 2,5
2,5
2,5
FR0004023208 LES NX CONSTR.
B 35,9 36,9
35,6
FR0000033599 LEXIBOOKg
C 0,87 0,928 0,87
FR0000121352 LOCINDUS
B 24,9 25
24,9
FR0000030074 MALTERIES FR-B
C605 610
605
FR0000032302 MANUTAN INTER.g
B 59,4 60
59,4
FR0000051070 MAUREL & PROMG
A 3,48 3,48
3,35
FR0011742329 MCPHY ENERGYg
3,935 4,045 3,86
FR0000061244 MECELEC
C 1,49
1,49
1,45
FR0000052623 MEDASYSg
C 0,295 0,295 0,295
FR0000064404 MÉDIA 6
C 13,9
13,9
13,9
FR0004065605 MEDINCELL
C 6,9
6,9
6,85
CLÔT ÉCART
8,46 - 0,24
5,3 + 2,32
30
- 2,28
1,365
0,09
12,3 - 0,81
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1,43
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27
- 1,46
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12 + 8,11
0,34 + 3,03
14,02 - 1,13
482
2,75 - 2,83
1,018
42
12,5 - 0,79
VOL
524
27706
874
1
14030
686
3729
44735
206
266
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100
2000
1501
1
8367
9952
1897
98
5050
11,2 - 4,27
6,25
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222,7
47,4 + 1,28
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9459
288
1611
21168
200
452
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105
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1
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0,705
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17
4421
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3417
782
1110
0,246
6,55
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100
- 4,76
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58935
140
830
815
- 5,78
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100
110
0,294 - 2,33
52272
32,2
2,785+ 0,18
2403
1420
28,4
170
1
1
5450
42
40
1
852
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0010298620
FR0000077570
FR0000064180
FR0004034320
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FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
VALEUR
OUV
+HT
MEMSCAPg
C 1,94
1,96
MICROPOLEg
C 1
1,035
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 8,44 8,46
MRM
C 1,41
1,41
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
B 12,85 13,04
NAVYA
B 2
2
NEOPOSTG
A 24,94 25,5
NEURONESg
B 19,65 19,65
NEXTSTAGE
C 94
95
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,855 0,855
OL GROUPEg
C 2,75
2,8
ORAPIg
C 6,02 6,02
ORCHESTRA-PRE.
C 0,584 0,644
OREGE
2,96 2,96
PARAGON ID
C 14,24 14,24
PAREFg
C 81
81
PASSAT
C 3,59 3,59
PATRIMOINE & COM
B 14,7
15,2
PCAS g
C 13,5
13,5
POUJOULAT
C 34,8 34,8
POXELg
C 5,49 5,52
PRECIA g
C
PRISMAFLEXg
C 9,7
9,78
PRODWAYS GROUP
B 2,845 2,845
PROLOGUEg
C 0,398 0,398
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 19,8 20,4
RIBERg
C 1,816 1,882
ROBERTET SA
B526
526
ROCHE BOBOIS
B 18,5
18,7
S.A.M.S.E.
B 131
133
SABETON
C
SCBSMg
C 6,45 6,45
SÉCHÉ ENV.g
B 26,5 26,5
SELECTIRENTE
C 87,5
87,5
SERGEFERRARI GROUP C 6,84 6,9
SIGNAUX GIROD
C 13,85 13,85
SII
C 19,9
19,9
SMCP
A 15,146 15,202
SMTPCg
B 17,72 17,72
SOC. FR. CASINOS
C 1,9
1,9
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C 0,8
0,8
SOFIBUS
C 177
177
SOFT COMPUTINGg C 14,9
15,8
C 18,7
18,7
SOGECLAIRg
SPIR COM.
C 2,65 2,65
TAYNINH
C
TESSIg
B 115
115
TFF GROUP
B 36,1
36,105
+BS
1,87
0,988
CLÔT ÉCART VOL
1,9 - 2,06 10933
1,01 + 1
44003
645
8,1
1,41
8,24 - 1,44
1,41
1523
49326
69
12,7
1,91
24,82
18,95
94
0,855
2,75
6
0,56
2,85
13,98
78
3,57
14,7
13
34,8
5,36
12,83 - 0,23
1,92 - 2,98
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94
0,855
2,79
6,02
0,63 + 7,51
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78
- 3,7
3,59
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13
- 0,15
34,8
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64598
5817
96515
18792
37
2
10901
653
165159
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1
43791
180
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1003
102468
51566
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18,5
131
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131
+ 0,77
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43
537
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6,45
25,7
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6,72
13,65
18,6
14,426
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1,9
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1
2727
213
389
631
10116
101348
1578
174
16,3
0,8
177
14,8
18,1
2,6
0,8
177 + 0,57
14,9
18,1 - 3,21
2,6 + 3,18
109,5
35,505
110,5
35,6
3514
552
1956
1471
4523
1,36
- 1,78
- 1,93
584
5494
ISIN
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
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FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
C
C
C
C
C
B
+HT
+BS
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
35,5
72
30
72,5
30,2
72
30
72,5 + 0,69
30,2
2,82
39,8
2,82 - 1,4
40
+ 0,5
120
10
110
351
735
21,8
21,8
0,508 0,51
21,5
0,496
21,6
0,508 - 1,93
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1,81
1,81
4,23 4,32
48,7
1,81
4,16
49
- 0,81
1,81
4,32 + 2,37
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
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FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
2391
19775
1,98
475
1
520
3,12
2,2
2,2
2,2
4,8
4,8
4,7
7,5
7,55
7,15
34,4 34,5
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1,28
1,355
1,28
2,2
4,7
7,41
33,95
1,3
100
871
19975
5518
8010
- 2,08
- 1,72
- 2,3
+ 1,17
A 23,46
0,721
C 18,21
A 3,96
C 4,15
A 48,72
2,7
59
A 5,254
C
37,47
37,72
23,86 22,7
0,721
0,721
19,06
17,63
4,02
3,96
4,15
4,03
49,14
48,32
2,74
2,7
59,6
59
5,296 5,176
23,65 - 0,21
0,721+ 2,78
5000
18,25 - 1,25
41881
4,02 + 1,52
290
4,09 - 1,45
3876
48,86 - 0,57
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2,74 + 0,74
1877
59
- 1,01
5,28 - 0,04 469915
37,47
37,72
37,47 - 0,11
37,72 - 0,58
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
85
85,6
+ 1,18
582
59,13
19,91
C
A 133
48
134,5
132
134
11,29
C
221
- 1,82
0,02
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,143
0,056
7,36
1,69
0,164
5,69
22,6
57
21,7
0,06
0,219
18,4
5,32
4,38
0,111
0,155
0,371
1,358
0,209
0,631
+HT +BS
0,147
0,128
0,058 0,055
7,36
7,1
1,88
1,65
0,164 0,15
5,69
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23
22,2
57
56,1
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19,8
0,06
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18,7
18,36
5,34
5,24
4,4
4,38
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0,094
0,157
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0,371
1,358
1,302
0,213
0,203
0,631
0,59
CLÔT ÉCART VOL
0,138 - 1,79
59675
0,055- 1,78 5087140
7,34 - 0,54
293
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187181
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6245
22,7 + 0,44
4593
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3880
21
- 3,23
2396
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18,5 + 2,1
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5,3 - 0,75
1867
4,4
101
0,094- 15,38 3098110
0,152 - 1,94
36905
0,419+ 5,28
23344
1,312 - 3,39
55151
0,208+ 1,97 573885
0,6 - 5,81
25161
78
10,7
10,85 10,7
10,85 + 1,4
1,005 1,005 0,912
0,978- 3,65
7,78
8
7,62
8 + 2,83
0,249 0,259 0,245
0,252+ 1,61
102
103
98,8
102
92
45097
6493
53158
1356
8,98
37,47
37,72
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
86
EURONEXT GROWTH (Sélection)
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
85
0,41
2,86 2,86
40,1
40,1
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
B 64
C
B
64
64
64
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
113.52
87.89
-0,74
1,71
207
690
92,5
- 1,79
108
C
4,02
31,315
96
C
B 3,9
+ 1,35
+ 0,99
750
3,9
3,6
3,64 - 6,67
- 13,79
5601
50
C
15,2
13,15
69
13,15
69
12,8
68
13
68,5 + 1,24
4802
942
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1299
LIVRE STERLING
0,899
FRANC SUISSE
1,1263
COURONNE DANOISE
7,4653
COURONNE NORV.
9,7491
KUNA CROATE
7,3866
COURONNE SUEDOISE
10,2562
DOLLAR CANADIEN
1,5128
YEN JAPONAIS
128,085
DOLLAR AUSTRALIEN
1,5747
ROUBLE RUSSE
75,4405
ROUPIE INDIENNE
81,302
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6604
COURONNE TCHEQUE
25,7882
FORINT HONGROIS
323,69
ZLOTY POLONAIS
4,2921
LEV BULGARE
1,9562
DOLLAR HONG-KONG
8,8254
WON SUD COREEN
1280,66
PESO MEXICAIN
22,9434
REAL
4,404
DOLLAR SINGAPOUR
1,5557
RAND SUD-AFRICAIN
16,2544
LIVRE TURQUE
6,082
RENMIBI YUAN
7,8052
RUPIAH
16480,3218
PESO PHILIPPIN
59,96
RINGGIT MALAIS
4,7339
BATH THALANDAIS
37,0963
-0,51
0,26
-0,24
0,02
0,30
-0,02
-0,35
-0,23
-0,76
0,13
0,15
0,07
0,26
-0,13
0,15
-0,08
-0,03
-0,54
-0,02
-0,51
-0,37
-0,13
0,90
0,18
-0,23
0,10
0,22
-0,31
-0,30
-5,88
1,32
-3,72
0,24
-1,03
-0,61
4,42
0,22
-5,40
2,41
9,08
6,05
-1,82
0,97
4,16
2,79
0,01
-5,93
-0,02
-2,80
10,78
-3,12
9,38
33,54
0,00
1,33
-0,10
-3,01
-5,11
14-12-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1299
0,899
1,1263
10,2562
7,4653
1,2809
1,5128
GBP
0,885
1,1124
1
1,2568
0,7957
1
0,9971
1,2529
9,0767
11,4075
6,6074
8,3041
1,1335 142,4533
1,3388
1,6828
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
14-12-2018
CHF
SEK
DKK
0,8879
1,003
0,7981
1
9,1048
6,6278
113,685
1,3431
0,0975
0,1102
0,0877
0,1098
1
0,7279
12,4877
0,1475
0,134
0,1513
0,1204
0,1509
1,3738
1
0,1715
20,2647
JPY (100)
CAD
0,7807
0,8822
0,702
0,8796
0,0801
5,8293
1
1,1811
0,661
0,7469
0,5943
0,7445
6,7789
4,9347
0,8467
1
14-12-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,40/-0,70 -0,19/-0,49 -0,17/-0,47-0,08/-0,38
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
14-12-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,34
PORTUGAL
-0,34
FRANCE
-0,07
ESPAGNE
-0,14
ITALIE
-0,38
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,65
0,41
0,10
0,29
1,26
-0,32
0,78
0,19
0,54
1,92
-0,08
1,21
0,27
0,85
2,48
0,22
1,46
0,45
1,14
2,63
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
248,76
171,18
235,91
285,69
335,55
345,36
234,38
VAR %
-0.05
-0.20
0.07
-0.09
-0.21
-0.27
-0.01
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.00
1.80
-0.19
0.31
2.60
4.15
0.07
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1299
1,1299
0,8989
0,8990
1,1264
1,1266
10,2550
10,2567
7,4651
7,4658
128,0700
128,1000
1,5115
1,5116
-0,0027
-0,0031
0,0010
0,0007
0,0010
0,0007
-0,0255
-0,0246
0,0015
0,0015
-0,1536
-0,1714
-0,0041
-0,0045
-0,0083
-0,0087
0,0013
-0,0013
0,0016
0,0013
-0,0274
-0,0265
0,0046
0,0031
-0,2012
-0,2197
-0,0096
-0,0101
-0,0174
-0,0179
-0,0041
-0,0045
0,0028
0,0022
-0,0306
-0,0322
0,0076
0,0074
-0,2296
-0,2727
-0,0192
-0,0196
-0,0362
-0,0367
-0,0109
-0,0114
0,0052
0,0046
-0,0439
-0,0462
0,0151
0,0127
-0,2685
-0,3047
-0,0394
-0,0403
14-12-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.10 %
fOnds federaux
2.25 %
2 ans
2.81 %
10 ans
2.97 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.20 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
-0.01 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,99
-0,78
-0,69
-0,68
-0,61
-0,43
0,05
0,73
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
TME
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
08-11
09-11
12-11
13-11
14-11
15-11
16-11
19-11
20-11
21-11
22-11
23-11
26-11
27-11
28-11
29-11
30-11
03-12
04-12
05-12
06-12
07-12
10-12
11-12
12-12
13-12
14-12
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
-0,362
-0,362
-0,361
-0,361
-0,36
-0,362
-0,36
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,363
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,365
-0,349
-0,349
-0,355
-0,369
-0,358
-0,359
-0,359
-0,358
-0,36
-0,36
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,371
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,368
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,367
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,317
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,315
-0,315
-0,314
-0,312
-0,312
-0,311
THE
0,82 0,82
0,80 0,87
0,77 0,87
0,77 0,87
0,77 0,87
0,74 0,87
0,76 0,79
0,78 0,79
0,77 0,79
0,77 0,79
0,75 0,79
0,73 0,80
0,73 0,80
0,73 0,80
0,71 0,80
0,71 0,80
0,69 0,76
0,70 0,76
0,68 0,76
0,66 0,76
0,66 0,76
0,67 0,71
0,69 0,71
0,74 0,71
0,69 0,71
0,70 0,71
0,69 0,75
THOR.
PUB.
PRIV.
1,02
1,07
1,07
1,07
1,07
1,07
0,99
0,99
0,99
0,99
0,99
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
1,02
1,07
1,07
1,07
1,07
1,07
0,99
0,99
0,99
0,99
0,99
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
2
112
29,6
39,6 + 1,02
0,032- 0,62
1
935
688
19123
34,97
4,12
10,45
28,4
1812
31
36
24,2
112
+ 1,36
86
3,28 - 0,3
0,349- 3,59
49,7 + 1,02
1
1094
10002
9676
278259
198
10,5
36
25,2
1
1,54
19,34 - 2,32
14,5 - 2,03
2,14 - 3,6
56,4 - 0,88
3,26
0,212+ 0,95
5,84 + 1,74
10,9 + 3,32
6,1 + 1,67
39
+ 0,52
131
- 2,96
52,6
11218
371
47243
2520
24823
422
3792
5487
4574
782
2
61
1,04
59,5
38,25 - 1,54
4,92 - 2,77
12848
21480
308
2,36
5,9
6,3
3,62
4,63
5,3
4,57
- 6,05
+ 1,61
+ 1,12
+ 2,66
- 1,12
- 1,3
3911
831
579
5889
2473
949
458
2
41
1418
1,95
123
- 0,81
2,5 + 8,7
36,9 + 2,79
0,924- 0,43
24,9 - 0,4
610
+ 0,83
59,6 - 0,67
3,35 - 3,04
3,92 - 0,38
1,475 - 1,01
0,295
13,9 + 0,36
6,85 - 0,73
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
14/12
13/12
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
35500
35970
10 FLORINS
213
-2,12
211,5
5 DOLLARS*
310
14,6
310
10 DOLLARS
600
10,91
600
20 DOLLARS
1183
9,3
1183
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1318
-2,29
1318
LATINE
204
-2,32
200
NAPOLEON
213,7
2,33
211,9
1/2 NAPOLEON* 118
13
114
SOUVERAIN ELI I* 273
3,68
273
SOUVERAIN
259,3
-1,52
267
1/2 SOUVERAIN* 132
0,27
132
SUISSE
208,2
-0,31
208,2
TUNISIENNE*
213
1,99
213
MARK*
261,9
1,69
261,9
KRUGERRAND
1169
4,49
1169
LINGOTIN 500GRS 18240
1,42
18240
LINGOTIN 250GRS 9120
1,42
9100
LINGOTIN 100GRS 3570
-0,75
3680
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
497,69
497,69
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
35 726
35 726
FIX2
35 717
35 717
239
3103
361
7956
2365
23
164
107279
23593
301
2738
1
1935
CATHODES : 5592 A COMPTER DU 14/12/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
640,26 DEPUIS LE 14/12
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 538,63 DEPUIS LE 14/12
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
547,87 DEPUIS LE 14/12
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
594,06 DEPUIS LE 14/12
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
730,18 DEPUIS LE 14/12
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
700,2 DEPUIS LE 14/12
LONDON METAL EXCHANGE
14/12
13/12
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1410-1420
1410-1420
12060
CASH
3 MOIS
VOL.
1923-1924
1931-1932
1094925
LONDON BULLION MARKET
14/12
13/12
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 451
1 473
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
1 243
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 262
1 262
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
794
794
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
14/12
DÉC. 18
14,51
JANV. 19
14,54
MARS 19
14,64
MAI 19
14,72
JUIL. 19
14,8
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
13/12
14,73
14,77
14,84
14,91
15,01
SETTLEMENT
14/12
DÉC. 18
1237
AVR. 19
1247,5
JUIN 19
1253,9
AOUT 19
1260
DÉC. 19
1272,2
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
DÉC. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
14/12
783,5
785,3
791,2
796
801,5
13/12
1242,7
1252,5
1259,4
1266,1
1277
SETTLEMENT
13/12
798,8
796,4
802,6
808,4
819,8
1927-1928
1936-1937
1072450
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 235
1410-1415
1400-1410
12060
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 612
22 612
FIX2
22 471
22 471
SETTLEMENT
57
19,5
22,8
30,6
89
- 4,1
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
CASH
3 MOIS
VOL.
6195-6196
6184-6185
119975
19400-19410
19375-19425
2910
6150-6151
6143-6144
121300
19170-19180
19200-19225
2910
10795-10800
10860-10865
210348
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
14/12
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
10715-10720
10775-10780
210258
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1952-1953
1960-1962
106950
1964-1965
1975-1975,5
104150
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2684-2685
2585-2590
113800
2663-2664
2589,5-2590
113175
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
DÉC. 18
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
14/12
2,76
2,76
2,76
2,76
13/12
2,76
2,77
2,77
2,77
VOL
524
527
75
56715
BASE JAN 19
BASE FEB 19
POINTE JAN 19
POINTE FEB 19
14/12
67,38
67,26
74,88
74,64
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
14/12
19300
13/12
19200
VOL
CLÔTURE
13/12
40,69
46,28
CLÔTURE
13/12
65,85
65,73
72,99
72,75
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
14/12
52,06
52,39
52,68
52,92
53,1
13/12
53,33
53,63
53,88
54,08
54,23
371,5
346,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
62,25
68,73
424,5
392,5
63
69,15
422,5
390,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
14/12
21,88
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
13/12
28,75
28,8
29,3
2
1
GAZ NATUREL
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
14/12
3,79
3,72
3,58
VOL
CLÔTURE
VOL
13/12
4,14
4,04
3,86
CLÔTURE
13/12
23,92
VOL
VOL
9
8
10
1
SETTLEMENT SETTLEMENT
14/12
DEC 2018 24,33
JAN 2019 24,44
FEV 2019 24,19
13/12
24,04
24,16
23,96
13/12
79,43
81,08
77,13
30346
13636
6146
4673
2637
CLÔTURE
CLÔTURE
14/12
13/12
MARS 19 1665
1668
MAI 19
1681
1684
JUIL. 19
1689
1691
SEPT. 19
1694
1698
DÉC. 19
1698
1705
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
9953
4004
3294
1998
1930
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
14/12
2237
2245
2264
2271
2284
13/12
2250
2258
2285
2294
2294
VOL
16460
5683
1649
778
5
SETTLEMENT SETTLEMENT
14/12
321,6
327,3
333,5
13/12
323,1
328,9
335,2
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
14/12
13/12
JANV. 19 175,5
176,75
MARS 19 177,5
179
JUIN 19
181,5
182,25
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
SETTLEMENT SETTLEMENT
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
14/12
13/12
JANV. 19 1443
1482
5976
MARS 19 1470
1509
15101
MAI 19
1484
1525
5168
JUIL. 19
1501
1541
2508
SEPT. 19
1519
1560
1138
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
10297
1569
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
14/12
96,95
102,25
105,4
110,85
13/12
98,45
104,1
107,2
112,65
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
11979
3489
1058
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
14/12
13/12
112,45
115,7
VOL
186
15
2
SETTLEMENT SETTLEMENT
14/12
175,55
178,55
180,6
VOL
13/12
169
172,5
179
300
300
159
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
150.95
LE 13/12//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.19575
LE 13/12//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.47575
LE 13/12//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.5495
LE 13/12//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
1283
1148
4
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
14/12
13/12
JANV. 19 10,58
10,45
MARS 19 10,69
10,6
MAI 19
10,87
10,89
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
CLÔTURE
628
643
323
14/12
13/12
MARS 19 384,75
384
139601
MAI 19
392,25
391,25
31255
JUIL. 19
398,75
397,5
22937
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
14/12
13/12
MARS 19 530
536
209
MAI 19
536,5
541,75
2
SEPT. 19
549,75
554,5
1
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
13/12
12,74
12,81
12,9
13,15
13,69
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 100.64
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
14/12
12,65
12,75
12,86
13,12
13,67
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
14/12
13/12
MARS 19 206,75
207,25
26018
MAI 19
207,75
208,25
11786
SEPT. 19
190,5
190,5
3974
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
14/12
79,6
81,34
78,42
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
14/12
13/12
MARS 19 287,5
293,75
MAI 19
289,25
295,75
JUIL. 19
286
289,25
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 88,25, LE 14/12//18
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
1697
920
233
76
50
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 12/12/
Prix indicatif : 2200,17
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
14/12
29,8
30,4
29,15
CLÔTURE
CACAO
URANIUM
DÉC. 18
JANV. 19
MAI 19
CLÔTURE
14/12
13/12
MARS 19 343,7
344,9
MAI 19
348,5
349,2
AOUT 19 353,5
355,3
OCT. 19
357,6
358,7
DÉC. 19
362,9
363,7
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
13/12
21,88
POWERNEXT GAS FUTURES
14/12
13/12
FÉV. 19
557
558
31868
MARS 19 557,25
558,25
19102
AVR. 19
557,5
558,75
8572
MAI 19
558,25
559,25
6622
JUIL. 19
562,25
563,5
1329
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
379
354
SPOT
CÉRÉALES
12,87 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
528
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
14/12
13/12
JOUR
60,28
61,45
FÉV. 19
60,28
61,45
198990
MARS 19 60,4
61,58
115488
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
14/12
NORD DA 24,25
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
539,5
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
13/12
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8050
8050
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,3
4,3
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,35
1,35
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33
33
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,8
6,8
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,1
29,1
GERMANIUM (PAR KG)
1300
1300
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1905
1905
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
14/12
VOL
112.45
14/12
13/12
186,64
189,44
REUTERS COM. 2379,12
2374,78
MOODYS COM. 5749,91
5752,35
OR INDUSTRIEL 35533
35427
LMEX
2884,7
2883,7
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 17 décembre 2018 Les Echos
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
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LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
233,8
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
661,98 13/12
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
13/12
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
313,29 13/12
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
508,64 14/12
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
545,83 14/12
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
240,3
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
359,22 14/12
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
LU0188501257 PICTET-HEALTH
267,93 13/12
485,94 13/12
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
14461,17 13/12
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
164,62 13/12
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
99,66 13/12
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
402,38 13/12
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
94,47 13/12
117,23 13/12
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
144,3
118,23 13/12
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
90,88 13/12
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
143,18 13/12
147,48 13/12
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
147,41 07/12
130,84 13/12
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
276,14 13/12
58,04 13/12
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
139,4 13/12
225,63 13/12
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
141,09 13/12
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
136,49 13/12
294,67 13/12
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
155,14 14/12
LU0104884860 PICTET-WATER
1033,87 13/12
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
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carnet
fr
Dominique
de la Garanderie,
cinquante ans
au service
des avocats
Ce lundi 17 décembre, Dominique de la Garanderie recevra la médaille des « 50 ans de barre »
des mains de la troisième femme bâtonnier de
Paris, Marie-Aimée Peyron. Tout un symbole.
Première femme bâtonnier de Paris, Dominique de la Garanderie est un témoin particulier du métier d’avocat. « Nous participons à
l’Etat de droit et à la démocratie. Nous devons
nous engager dans cette mission et expliquer en
quoi les avocats sont indispensables et garants
des valeurs républicaines », indique-t-elle. Ce
discours a une certaine résonance au moment
où les bâtonnier et vice-bâtonnier pour 2020
ont été élus avec un taux de participation historiquement bas. Si vous l’interrogez sur sa carrière, Dominique de la Garanderie vous expliquera modestement que son parcours n’est
qu’une succession de chances et d’opportunités. Devenir avocate ? Un hasard et non une
vocation comme la plupart de ses confrères.
Les cours de droit civil du professeur Jean Carbonnier pendant quatre ans à l’université
Paris-II Panthéon-Assas ont tout de même joué
un rôle important.
Après sa prestation de serment en 1968,
Jean-Gaston Moore – figure éminente du barreau de Paris et alors membre du conseil de
l’Ordre – lui souffle que Philippe Lafarge cher-
ENTREPRISES
PUBLICIS COMMUNICATIONS
Gildas Launay
est nommé président
d’Everyday Content.
Gildas Launay, 47 ans, titulaire
d’un DEA en sciences politiques,
a d’abord été journaliste et responsable éditorial. Après avoir
été rédacteur en chef adjoint de
AOL Time Warner, il a lancé
l’agence Bonnie & Clyde en 2004.
DR
par Delphine Iweins
@DelphineIweins
che un collaborateur. Elle deviendra, deux ans
plus tard, associée de cet ancien bâtonnier de
Paris, connu pour avoir été à l’initiative de la
fusion des professions d’avocat et de conseil
juridique au début des années 1990. C’est
d’ailleurs lui qui insistera pour qu’elle se présente pour la première fois au conseil de
l’Ordre. Le début d’une vie au service de la profession longue de vingt ans.
Quatre années éprouvantes
Ses premières missions au sein de l’Ordre coïncident avec la naissance du Conseil national des
barreaux (CNB) par la réforme du 31 décembre
1990. Un véritable chamboulement de l’organisation de la profession. « La création du CNB a
été votée un peu par surprise, c’est-à-dire sans
véritable discussion de la profession sur sa mise
en place », se souvient celle qui a fait partie du
premier bureau de l’institution nationale. Quatre années éprouvantes. « Nous avons passé
notre temps à tout mettre en place. Il y avait des
résistances entre les régions, les syndicats, les
types d’activités, des luttes de pouvoir », racontet-elle. L’avocate ne renonce pas pour autant à
son engagement. Bien au contraire. Suivant
la « pression amicale » de ses proches et du syndicat CNA, dont elle est membre, Dominique de
Devenu directeur général d’Elegangz entre 2009 et 2012, il a intégré, en 2013, Publicis où il était
précédemment directeur du
planning stratégique de Publicis
Conseil.
CBRE
Aymeric Canivenc
sera directeur général de CBRE
Asset Services à compter
du 1er janvier prochain.
Ay m e r i c C a n i v e n c , 3 7 a n s ,
la Garanderie se lance, durant deux ans, dans
une campagne pour le bâtonnat. Elle crée alors
des groupes de travail sur la formation, l’aide
juridictionnelle et des colloques où la société
civile peut intervenir. Ce travail de fond la
mène à la fonction de bâtonnier de Paris le
1er janvier 1998.
Le barreau doit à Dominique de la Garanderie des réalisations comme la médiation, les
maisons du droit et les relations entre le droit et
l’économie consacrées par la création de l’association Paris Place de droit. Le rapprochement
entre les juristes d’entreprise et les avocats
étaient déjà à l’ordre du jour de son mandat et
fait encore débat aujourd’hui. Elle est aussi
l’une des premières à avoir alerté sur le risque
de confusion entre les rôles de commissaires
aux comptes et avocats juste avant que
n’éclate le scandale financier Enron en 2001.
La carrière de cette ancienne administratrice de Renault ne se résume pas à son engagement pour la profession d’avocat. Au début des
années 2000, Dominique Perben, alors garde
des Sceaux, lui propose une mission à l’OCDE
sur le changement des « guidelines » de gouvernance des multinationales.
Vivement intéressée par l’éthique des affaires, celle qui a créé, au côté du célèbre pénaliste Jean Veil, le cabinet Veil Jourde La Garanderie rue de Lisbonne en 1987, participe à
l’élaboration du code Afep-Medef. En 2013, elle
intègre le premier bureau du Haut Comité de
gouvernement d’entreprise. « Nous sommes
partis de rien. Il fallait voir comment démarrer
un organisme de suivi de l’application du code
Afep-Medef par les sociétés du CAC 40 », explique la yogini. A l’écouter, à 75 ans, Dominique
de la Garanderie pourrait continuer à ce
rythme encore pendant cinquante ans. Si
vous ne la trouvez pas à son cabinet parisien, ni
à l’Institut des avocats experts de confiance
– son dernier projet en date –, vous la croiserez
certainement à l’opéra. « Toutes les semaines,
il se passe quelque chose dans ma vie en matière
de musique », nous confie-t-elle avec un air
complice. n
MRICS, est titulaire d’un MBA
de Neoma Business School et
Tsinghua University (Chine) et
d’un diplôme d’ingénieur génie
civil du CNAM. Après avoir été
président de la région Méditerranée d’Advenis Property Management, il a été nommé directeur de portefeuille chez
Constructa Asset Management.
Il avait rejoint, en 2014, CBRE
Asset Services en tant que directeur du développement et du
marketing.
ELIOR GROUP
Nicolas Masselles
devient directeur audit et
contrôle interne d’Elior Group.
Nicolas Masselles, 40 ans, diplômé
en finance de Kedge Business
School, a travaillé au sein des cabinets EY puis BM&A. Il a ensuite
intégré le groupe Daher comme
directeur de l’audit et du contrôle
interne. Plus récemment, il était
senior manager, responsable de la
division middle market de Strego.
DISPARITION
Bernard Darty,
cofondateur de Darty
Bernard Darty, cofondateur de
l’enseigne Darty, est décédé
samedi à l’âge de 84 ans à
Miami, aux Etats-Unis. Avec
ses deux frères Natan et Marcel (tous deux disparus), Bernard Darty avait transformé le
petit commerce textile de la
porte de Montreuil à Paris en
magasin d’électroménager. En
mai 1968, les trois frères
ouvrent la première grande
surface de produits blancs et
bruns à Bondy.
Comme le rappelle Enrique
Martinez, directeur général de
FNAC Darty, dans l’hommage
adressé aux collaborateurs du
groupe, les trois frères avaient
« révolutionné le commerce par
leur vision innovante du service
et leur obsession de la satisfaction du client ».
Dès les origines, l’enseigne
s’est engagée sur des prix bas,
la livraison et le dépannage
rapides. En 1973, elle lance le
« contrat de confiance », qui
promet un remboursement
CARMAT
Pascale d’Arbonneau
assure la direction
administrative et financière.
Pascale d’Arbonneau, 50 ans, diplômée de l’ESCP Europe, a débuté
dans l’industrie pharmaceutique en
tant que directrice finances & IT
France chez Johnson & Johnson –
MSD en 1995. Chez GlaxoSmithKline (GSK) de 1999 à 2016, elle est
notamment devenue vice-présidente du contrôle financier Pharma
Europe en 2006, vice-présidente et
directrice financière Europe de
l’Ouest de 2010 à 2014, avant de devenir vice-présidente finance, chargée
de l’intégration, de la compliance et
du contrôle au niveau mondial.
Récemment, elle était directrice
exécutive du family office Econocom International B.V. (EIBV).
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
Cotte/Neco/Sipa
PORTRAIT
aux clients qui
trouveraient
le même produit moins
cher.
En 1988, les
frères Darty
avaient facilité la reprise
de l’entreprise par les salariés,
devenus propriétaires à hauteur de 56 % du capital. Ce qui
n’avait pas empêché, en 1993, le
groupe britannique Kingfisher
d’en prendre le contrôle pour
établir un ensemble spécialisé
dans l’équipement de la maison, la téléphonie mobile et
l’accès à Internet et l’aménagement de cuisine… Une diversification tous azimuts qui aura
son terme en 2016 avec la
reprise par la FNAC.
Après avoir quitté ses fonctions au sein de Darty en 1993,
Bernard Darty s’était investi
dans le mécénat et avait
notamment fortement soutenu la Fondation Michelle
Darty, qui œuvre pour l’accueil
et l’hébergement des handicapés mentaux.
— V. L.
ILS SONT NÉS
UN 17 DÉCEMBRE
Christophe Aulnette,
président de Netgem
International, 57 ans.
Jorge Mario Bergoglio,
dit le pape François, 82 ans.
Christian Courtin-Clarins,
président du conseil
de surveillance du groupe
Clarins, 68 ans.
Franck Gervais, directeur
général de HotelServices
Europe, 42 ans.
Maxime Jadot, administrateur
directeur général et président
du comité de direction
de BNP Paribas Fortis, 61 ans.
Thierry Laborde, directeur
général adjoint du groupe
BNP Paribas, 58 ans.
Marie Lebec, députée des
Yvelines, secrétaire de
l’Assemblée nationale, 28 ans.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS.LESECHOS.FR //
LUNDI 17 DÉCEMBRE 2018
EXECUTIVES
L’ ÉDITO de Muriel Jasor
Le rôle
pivot de
l’entreprise
F
Business
positif : place
aux actes !
STRATÉGIE
Longtemps cantonnée à son silo,
la responsabilité sociale, sociétale
et environnementale fait son
entrée dans la stratégie d’un
nombre croissant d’entreprises.
Objectif : agir sur le monde
pour le transformer. Et saisir
des opportunités de marché.
LU POUR VOUS
La rédaction des Echos Executives
D
évelopper la philanthropie au
service de la transformation et
du progrès social, tel est l’objectif de l’initiative de deux hauts dirigeants d’entreprise, dans le délicat
contexte du mouvement des « gilets
jaunes ». Avec « Changer par le don »,
Denis Duverne, président du conseil
d’administration d’AXA, et Serge Weinberg, son homologue de Sanofi, veulent
inciter les plus aisés à léguer au moins
10 % de leurs revenus annuels ou de leur
patrimoine. Quand, dans un autre registre, le patron d’Orange, Stéphane
Richard, à l’image d’autres dirigeants de
grandes entreprises françaises comme
Altice, Iliad, Publicis, Solvay ou encore
Total, a annoncé qu’il répondrait à
l’appel d’Emmanuel Macron en accordant une prime de fin d’année à
20.000 de ses collaborateurs.
L’idée selon laquelle les entreprises ne
peuvent ni croître ni prospérer dans des
environnements qui dépérissent n’est
pas nouvelle. Mais, à l’ancien projet d’un
patronat éclairé, pour qui l’entreprise
devait porter à la fois un projet économi-
que et un projet social, succèdent
aujourd’hui des ambitions d’impact
positif sur le monde pour le transformer.
« La RSE 1.0 consistait à minimiser les
effets négatifs, avec l’idée, formalisée par
les Anglo-Saxons, de préserver la “license
to operate” – “le droit d’exercer son activité”. La démarche ne sous-tendait pas
que l’entreprise change ses activités »,
explique Elisabeth Laville, la directricefondatrice du cabinet Utopies.
Changer son offre
A renfort de normes ISO et de politiques
de développement durable, les entreprises cherchaient à réduire les risques, et
la RSE restait dans son silo. « On parlait
peu de business dans la stratégie RSE et
inversement », rappelle l’experte. Mais,
désormais, minimiser l’impact de l’activité ne suffit plus. A l’entreprise ou la
marque qui vise une démarche positive,
Utopies propose d’inscrire une contribution sociétale spécifique dans sa
raison d’être et surtout de la déployer
dans son offre. « Si votre message est de
“rendre l’agriculture plus respectueuse de
la planète”, vos produits doivent être
alignés, invite la fondatrice du cabinet. Et si l’ensemble de la gamme ne l’est
pas, fixez une échéance. » Comme Marks
& Spencer qui s’est donné dix ans pour
atteindre 100 % de produits portant une
garantie sur le développement durable.
Des opportunités de marché, certainement. Mais, on parle aussi maintenant
plus pragmatiquement de contribution
positive de l’entreprise au territoire.
Répondre aux jeunes générations
Cause ou conséquence, le business dit
« positif » implique un nouveau leadership. A HEC, la chaire financée par
Hubert Joly, le PDG de Best Buy, se
consacre, au sein du Centre Society &
Organizations (S&O), au « Purposeful
Leadership ». « Depuis dix ans, le centre
a fait un gros travail sur l’impact positif
des entreprises et la façon d’intégrer la
performance non financière à leur stratégie, explique Rodolphe Durand, professeur en stratégie et politique d’entreprise, directeur académique du S&O et
premier titulaire de la chaire. La logique
voulait que nous nous penchions aussi
sur la façon dont les salariés et les dirigeants considèrent ces nouvelles réalités,
et comment ces derniers bâtissent, dans
un tel cadre, un management responsable
et porteur de sens. ». L’entreprise est-elle
le terrain d’une quête de sens ? Face aux
enjeux climatiques et aux inégalités
sociales, la jeune génération exige, en
tout cas, des réponses.
Pour preuve : plus de 27.500 étudiants
– issus pour la plupart d’établissements
comme HEC Paris, Polytechnique ou
l’ENS Ulm – ont signé le « Manifeste
étudiant pour un réveil écologique » et
s’engagent à ne pas rejoindre des structures dont l’écologie est la dernière des
préoccupations. Tout un symbole des
aspirations des Millennials prêts à
contraindre les sociétés à agir
pour mériter leur attractivité.
Les exemples se développent. Le groupe
SGS fournit des vélos à assistance électrique, avec porte-bébé, casques et gilets
fluorescents, pour inciter ses collaborateurs aux transports doux. Et compte en
parallèle aménager des espaces de
co-working proches des domiciles. Ou
encore, la société française de restauration Big Mamma a aidé ses salariés
sans-papiers à en obtenir.
A l’inverse, que les entreprises qui ne
vont pas au bout de ce qu’elles professent en matière d’impact positif prennent garde : elles pourraient se heurter
à la réalité des faits. « La disjonction
entre ce qui est dit et ce qui est vécu sur le
terrain aura un coût, réputationnel,
humain et opérationnel », analyse Rodolphe Durand. n
ace aux urgences sociales et
environnementales, des
acteurs économiques
réagissent. A leur tête, des
dirigeants classiques, mais aussi un
certain nombre de jeunes patrons et
d’entrepreneurs sociaux ont le souci
de concilier impact positif pour la
société et rentabilité économique.
Et de s’engager dans une croissance
plus juste et plus durable.
Au-delà de l’affichage, au-delà de la
conformité à une obligation, il s’agit
pour eux d’aborder la question du
plein engagement de l’entreprise
dans la société. Celle de son rôle
pivot au plan économique, politique
et social dans la Cité, à l’heure où
l’Etat-providence bat de l’aile, mais
aussi à l’heure où elle devient la cible
de nombre de mécontentements et
de frustrations, et suscite une
méfiance grandissante. Stéphane
Richard, PDG d’Orange, a été l’un
des premiers patrons à répondre à
l’appel du gouvernement pour faire
un effort de solidarité et un geste
salarial, suite au conflit des « gilets
jaunes » ; d’autres depuis lui
emboitent le pas. Quant à Serge
Weinberg, président de Sanofi, et
Denis Duverne, président du conseil
d’administration d’AXA, ils
appellent à reverser 10 % des
revenus annuels en faveur d’une
action philanthropique. Au moment
où la quête de sens ne s’est jamais
faite aussi forte qu’aujourd’hui, il
revient à l’entreprise de passer aux
actes et de l’intégrer à son activité et
ainsi contribuer au bien commun.
C’est ce que fait Citiz, le pionnier de
l’auto-partage en France.
Présent au Forum Accelerate
Business for Good sur la
transformation positive du
11 décembre 2018, à Strasbourg, le
groupe a expliqué comment il faisait
rimer RSE avec environnement en
proposant un service de partage de
voitures en libre-service qui
transforme la mobilité des
personnes (lire page 36). La
coopérative s’engage ainsi dans un
profond processus de
transformation qui l’enjoint de
partager une vision du pourquoi
et du sens avec ses multiples
interlocuteurs, ses clients, son
management, ses collaborateurs,
les pouvoirs publics, etc. n
Les 5 idées à retenir du… « Management juste »
N
ous avons tous un
besoin primordial de
justice. Une personne
qui a la responsabilité d’un
projet collectif (dirigeant
d’entreprise, d’association ou
d’ONG) a intérêt, aujourd’hui, à
intégrer cet impératif.
service de meilleure qualité. En
revanche, un salarié traité de
façon injuste devient plus
négligent et peut aller jusqu’à
des comportements de représailles ou de sabotage.
vécu comme injuste par les
salariés. Ce ne sont pas tant les
inégalités qui produisent des
perceptions d’injustice que les
inégalités injustes.
1 Justice et bien-être
2 En échange de son
travail
Il y a de nombreux cas de
flâneries au travail, d’absences
répétées de courte durée qui
s’expliquent par des sentiments
d’injustice distributive, ceux-ci
étant ressentis lorsque le ratio
contribution/rétribution est
Si le manager donne une
possibilité d’influence aux
collaborateurs dans la mise en
œuvre d’un projet, ceux-ci ont
voix au chapitre. Les assessments centers (centres d’évaluation) utilisent des procédures de sélection jugées justes
parce que les candidats sont
Etre juste est une clef fondamentale. Un salarié justement
traité se déclare plus engagé,
plus confiant, plus satisfait,
plus épanoui, coopère mieux
avec ses collègues et produit un
3 Processus de décision
évalués en situation de travail
simulée, proche de celle qu’ils
vivront dans la vie professionnelle. Ce que l’on fait importe
moins que la manière de le
faire.
4 Interaction humaine
La justice informationnelle
concerne le contenu des
messages. Les informations
sont-elles transmises à temps et
adaptées à l’interlocuteur ?
Quant au management juste, il
consiste à soigner la qualité de
la relation avec les équipes et
renvoie à la politesse, au respect
et à un traitement digne.
5 Combinaison
de sentiments
Un manager juste maîtrise
quatre compétences liées entre
elles : décider de ce que l’on
attribue à chacun ; donner la
parole aux personnes concernées ; informer pendant toutes
les étapes du processus ;
communiquer la décision. Ce
travail-là permet de construire
un contexte favorable.
— Régine Turmeau
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 l EXECUTIVES
Lundi 17 décembre 2018 //
LES ECHOS
57%
des matières
premières utilisées
par L’Oréal sont
d’« origine
renouvelable ».
Plus d’info :
echo.st/m319393
BUSINESS CASE
Auto-partage : la RSE
dans l’ADN de Citiz
En proposant un service de
partage de voitures en libreservice, qui transforme la mobilité
des personnes, la RSE chez Citiz
rime avec environnement.
Léa Surugue
P
ionnier de l’auto-partage en
France, Citiz a fait des préoccupations environnementales le
cœur de son business model. Fondé en
2002 sous la forme d’une coopérative, ce
réseau s’appuie sur une flotte de
1.300 voitures, réparties dans 100 villes
françaises, pour développer un service
d’auto-partage proche des territoires,
et inventer un nouveau type de mobilité. « La RSE, c’est dans notre ADN. Citiz
a été fondé avec une finalité environnementale. Notre constat, c’est qu’une
voiture en auto-partage remplace 10 voitures privées. L’auto-partage, tel que le
propose Citiz, vise à décongestionner les
villes et à réduire les émissions de CO2 »,
souligne Jean-Baptiste Schmider, président-directeur général de Citiz et intervenant au Forum Accelerate Business
for Good sur la transformation positive,
du 11 décembre 2018 à Strasbourg.
Enjeux environnementaux
à long terme
Jean-Baptiste Schmider, présidentdirecteur général de Citiz. Photo DR
Toute la stratégie de Citiz s’articule
autour de ces deux objectifs. En donnant une alternative au véhicule privé et
en proposant aux utilisateurs du service
d’emprunter les voitures, en fonction de
leurs besoins, l’auto-partage limite
l’usage intensif de celles-ci. Il libère des
places de stationnement dans les zones
urbaines. Les utilisateurs du réseau
Citiz sont, par ailleurs, incités à considérer ce service comme un complément
aux autres modes de transports, et à
privilégier la marche, le vélo, et les
transports en commun. Un impact
positif sur la mobilité urbaine et sur
l’environnement, qui a récemment été
quantifié par une enquête du Bureau de
recherche 6T, avec le soutien financier
de l’Ademe. Le service d’auto-partage de
Citiz aurait ainsi permis à ses utilisateurs de parcourir 41 % de kilomètres en
moins en voiture par an depuis l’abandon de leur véhicule privé. Interrogés
dans le cadre de l’étude, ces derniers
disent aussi recourir davantage à la
marche à pied (pour 30 % d’entre eux),
au vélo (29 %), et aux transports collectifs (25 %). Par ailleurs, un bilan carbone réalisé en Alsace en 2016 a révélé
que l’usage des voitures Citiz, en remplacement des voitures privées, est
associé à une réduction des émissions
de CO2 de 10 tonnes par voiture et par
an. « Nous sommes dans une démarche
RSE qui intègre les enjeux écologiques et
le développement durable à long terme »,
souligne Jean-Baptiste Schmider.
Fondé en 2002 sous la forme d’une coopérative, ce réseau s’appuie sur une flotte
de 1.300 voitures, réparties dans 100 villes françaises. Photo Citiz
Groupe coopératif
Autre pilier de la stratégie RSE du
groupe : un mode de gouvernance
transparent, basé sur la coopération
et sur l’analyse des besoins des territoires. Citiz a adopté la forme d’une
société coopérative de consommation,
et le capital et la prise de décision sont
aux mains de structures locales. « Sur
chaque territoire, des entreprises publiques et des sociétés coopératives d’intérêt collectif animent et gèrent le réseau.
Un travail de fond est fait avec les collectivités territoriales et les responsa-
bles de la mobilité afin de mieux collaborer, et d’offrir de nouveaux modes de
mobilité aux usagers, par exemple des
abonnements de transports combinés,
qui permettent de prendre les transports et de louer les véhicules », explique Jean-Baptiste Schmider. En
matière de RSE, l’objectif de Citiz,
pour les prochaines années, est clair :
continuer à développer une nouvelle
mobilité, plus respectueuse de l’environnement, en étendant son concept à
un nombre toujours croissant de villes
et d’utilisateurs. n
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LES ECHOS // Lundi 17 décembre 2018
l EXECUTIVES37
Les chasseurs de têtes
français misent sur le
long terme, sur
echo.st/m324788
INTERVIEW
ÉMERIC LEPOUTRE FONDATEUR D’ÉMERIC LEPOUTRE & PARTNERS
« Outil de transformation,
la RSE bénéficie à tous »
ÉRIC ALBERT
Associé
gérant d’Uside
Le fondateur d’Emeric Lepoutre & Partners, cabinet spécialisé en executive search et gouvernance, passe en revue les
sujets d’actualité du milieu des affaires. Il pointe l’émergence d’une prise de conscience plus large des enjeux sociétaux
et environnementaux, et affiche un certain optimisme en termes de transformation positive des entreprises.
Propos recueillis par Muriel Jasor
Peut-on vraiment parler
de transformation positive
des entreprises ?
C’est une évidence, l’économie environnementale et sociétale a un impact positif sur
toutes les parties prenantes de l’entreprise.
Ce qui change aujourd’hui, c’est l’émergence d’une prise de conscience plus
grande autour des enjeux sociétaux et
environnementaux. Les esprits s’ouvrent,
les entreprises qui ne disposent pas encore
d’un comité RSE en créent un. Et cela ne
concerne pas que le secteur industriel, la
RSE utilisée comme outil de transformation en amont est bénéficiaire pour tout
type d’activité.
L’influence de la loi
Copé-Zimmermann y est
sans doute pour quelque chose…
Oui, cette loi a eu un impact positif et,
sept ans après sa promulgation, les dirigeants le ressentent comme tel, mais cela
n’est pas encore totalement entré dans
l’ADN de l’entreprise. Avant la loi CopéZimmermann, c’était toujours la même
douzaine de femmes qui trustaient les
conseils d’administration. Depuis que cette
loi – rendue obligatoire il y a un peu plus de
deux ans – a stipulé que le conseil de toute
société cotée sur un marché réglementé
devait comporter 40 % de femmes, les
choses ont changé. Ce sont désormais
2.000 sociétés qui cherchent une nouvelle
génération d’administratrices, âgées de
30-50 ans et souvent étrangères. Avec leur
féminisation, les boards voient arriver des
créatrices de start-up, des pros du numérique, des dirigeantes responsables de P&L
[compte d’exploitation, NDLR]. Et font d’une
pierre trois coups : féminisation, rajeunissement et internationalisation.
Ces femmes – lorsqu’elles sont bien choisies – apportent une vision différente,
abordent des questions avec courage et
spontanéité. Membres de comités, elles
sont aussi très volontiers acheteuses de
thématiques RSE… Tout cela a bien
entendu un impact sur l’image et les résultats financiers de l’entreprise, ainsi que sur
la qualité de vie au travail. Avec son taux de
féminisation de 42,7 %, la France est première dans le monde et est aujourd’hui
copiée par les autres nations occidentales.
Avec son taux
de féminisation
des conseils d’administration de 42,7 %,
la France est première
dans le monde .
Beau tableau, mais dans les faits ?
En dix ans, les progrès effectués en matière
de transparence, de diversité, de performance et d’égalité salariale sont importants
mais pas encore suffisants. Au bout de
dix ans de code Afep-Medef et sous l’impulsion du Haut Comité de gouvernement
d’entreprise (HCGE), il va s’agir à présent de
féminiser les comex tout en maintenant la
diversité dans les conseils d’administration.
Dans les faits, à chaque fois qu’une société
cliente sollicite mes services, je l’invite
systématiquement à raisonner en termes
de compétences et de valeur ajoutée et je
propose systématiquement une short list
mixte, même quand on me spécifie que l’on
recherche un homme, car certains ont, en
effet, le sentiment qu’une génération
d’hommes est sacrifiée… Mais, comme je
l’ai dit, ce n’est pas encore totalement inscrit
dans l’ADN des entreprises majoritairement dirigées par des hommes (le SBF120
ne comptant que 9 dirigeantes). La bataille
du genre sera gagnée dès lors que nous
n’aurons plus besoin de parler de diversité
par le genre.
Résumer la vie d’un
groupe à celle d’un
homme a ses limites.
L’actualité récente fait revenir
la question du devoir d’exemplarité des patrons… Pourrait-on
envisager une transformation
positive en la matière ?
Les quelques cas récents ne sont pas
« l’arbre qui cache la forêt ». Ne faisons pas
d’amalgame. La France est même à la
traîne du point de vue de la rémunération
des patrons. Par ailleurs, les écarts entre
les salaires du secteur privé et ceux du
public, plafonnés à 450.000 euros depuis
2012, restent considérables et irrationnels
(pourquoi le PDG d’EDF gagnerait-il
moins d’un tiers de la rémunération d’un
patron du SBF120 au vu de ses responsabilités sécuritaires ?). Bien entendu, la question de l’attractivité des talents français qui
partent à l’étranger se pose aussi. Tout
comme la capacité des entreprises françaises à attirer des dirigeants étrangers,
comme vient de le faire Air France-KLM.
Regardons les cas exemplaires plutôt que
vilipender les exceptions. Il y a vingt ans,
Pierre Bilger, ancien patron d’Alstom,
renonçait à 4 millions de francs pour
gagner sa liberté de parole… Mais qui s’en
souvient ?
Stéphane Richard, PDG d’Orange, invite à
présent les patrons à faire un effort de
solidarité et à faire un geste salarial, suite
au conflit des « gilets jaunes ». Quant à
Serge Weinberg, président de Sanofi, et
Denis Duverne, président du conseil
d’administration d’AXA, ils appellent à
reverser 10 % des revenus annuels en
faveur d’une action philanthropique, à
l’instar des patrons américains – Warren
Buffett et Bill Gates figurant au nombre
des précurseurs – qui ont changé leur
image via le don.
Après l’affaire Carlos Ghosn, comment orienter les entreprises vers
une gouvernance vertueuse ?
Les événements affectant Carlos Ghosn
vont, en effet, faire réfléchir les milieux
d’affaires français. Résumer la vie d’un
groupe à celle d’un homme a ses limites.
Une collégialité est nécessaire, surtout celle
du conseil d’administration qui peut ainsi
exercer son pouvoir de contrôle sur les
dirigeants. Quant à la question d’une direction générale bicéphale ou non, elle reste
ouverte. Sachant que le leadership se conjugue au singulier et qu’une tête unique est
préférable à deux qui se jalousent. Un duo
peut – par exception – fonctionner sur la
complémentarité… mais en France, l’ego
prend rapidement le dessus car les titres de
Raison
d’être
L
Quid des inégalités salariales ?
Des indicateurs, récemment présentés par
la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et
la secrétaire d’Etat, Marlène Schiappa,
doivent permettre de mesurer objectivement les écarts de salaires. Ils sont au
nombre de cinq et l’entreprise, selon sa
taille, aura entre trois mois (si elles ont plus
de 1.000 salariés) et deux ans (pour celles
qui ont entre 50 et 250 salariés) pour les
appliquer. Des injustices sont à réparer en
ce domaine et nos clients s’y montrent
favorables. Pour assurer une égalité proprement dite, donner aussi un vrai congé
de paternité aux hommes, et mettre en
place un congé parental vraiment partagé,
plus court mais mieux rémunéré, sont
aussi des solutions.
ARRÊT SUR SOI
Pour Emeric
Lepoutre, une
collégialité
est nécessaire,
surtout celle
du conseil
d’administration qui peut
ainsi exercer
son pouvoir
de contrôle
sur les dirigeants.
Photo DR
Son crédo
« Dans un monde
en transformation
perpétuelle (RSE,
mondialisation et économie numérique),
les quelques conseils
d’administration et comex
restés trop consanguins
et techniques devront laisser
plus de place à la diversité,
à l’audace et à la réactivité. »
« DG » et de « président » prêtent à confusion. Alors qu’aux Etats-Unis, les choses
sont claires : le CEO est l’opérationnel et le
chairman a des fonctions non exécutives.
En France, c’est le directeur général
qui a le pouvoir, mais à l’étranger, on cherche à s’adresser au président et le directeur
général le vit donc mal… Chez Sanofi,
Serge Weinberg a ainsi gagné la bataille
de l’image, Isabelle Kocher pas encore chez
Engie.
Et les plans de succession ? Les
dirigeants vont-ils enfin sérieusement s’intéresser à la question ?
L’exemple Renault-Nissan montre, en effet,
en termes de gouvernance, combien le
sujet est important. Les conseils d’administration – et en particulier les comités de
nominations et de rémunérations (CNR)
ainsi que de gouvernance (CNRG) – ont le
devoir de préparer en amont les plans de
succession, afin d’être prêts, même – et
surtout – en cas de crise. Total a, à cet
égard, très bien préparé toute crise éventuelle. Lorsque l’accident très malheureux
de Christophe de Margerie est survenu, en
2014, le scénario du CNR (présidence non
exécutive temporaire de Thierry Desmarest
et évaluation de deux successeurs déjà
identifiés en interne) a pu être mis en place
en un mois pour assurer la succession
définitive. Aux Etats-Unis, la question « qui
me remplacera si je passe sous un bus ? »
figure dans les dix premières priorités de la
to-do liste du CEO, dès son premier jour
d’exercice. Envisager le pire peut amener le
meilleur. n
es événements actuels (le
mouvement des « gilets
jaunes ») apportent deux
éclairages très utiles sur le plan
managérial. Le premier concerne
l’éparpillement et la diversité des
thèmes de protestation. En fait, cela
donne l’impression que chacun
revendique pour lui-même et son
confort matériel.
Le second est en lien avec l’extrême
méfiance de tout ce qui représente
la hiérarchie et une très forte
aspiration à un modèle plus
participatif.
La conséquence des revendications
individuelles est l’impossibilité
à satisfaire cette dispersion.
En étant centré sur soi et submergé
par son exaspération, plus personne
ne semble capable de prendre en
compte l’intérêt général.
La méfiance envers la hiérarchie
montre à quel point il est nécessaire
de trouver de nouvelles manières
de susciter l’adhésion. Cela renvoie
à la nécessité pour les entreprises
de fédérer l’ensemble des acteurs
autour d’une finalité commune.
C’est tout l’enjeu du thème de la
raison d’être des entreprises.
Le débat qu’il a suscité à la suite
du rapport Notat-Senard a vite
tourné court. Les acteurs
traditionnels se sont raidis.
Pas question d’être obligé de
prendre en compte les intérêts des
parties prenantes ! Pourtant, il est
certain que la seule rentabilité de
l’entreprise n’est pas, de loin,
suffisamment mobilisatrice.
Et il est non moins certain que les
entreprises ont de plus en plus
besoin de l’énergie et des capacités
de l’ensemble de ses acteurs pour
réussir. C’est en cela que la raison
d’être d’une entreprise doit être
partagée par tous. Mais elle doit
résulter d’un travail contributif qui
implique le plus grand nombre
possible d’acteurs. Pour autant, cela
ne suffit pas. Les « marcheurs »
avaient consulté avant de faire leur
programme et ont pensé qu’une fois
élus, il suffisait de l’appliquer.
Erreur. Le processus est dynamique
et permanent.
q
ET APRÈS ?
Faire vivre une raison d’être,
c’est vérifier qu’elle inspire
réellement les actions des uns et
des autres et les grandes
orientations prises. Autrement dit,
mettre en perspective pour trouver
des liens avec un sens général.
Cela s’organise sur le plan
managérial. Il faut des temps de
prise de recul collectif, constitués
de réflexion et de partage. La raison
d’être prend sens à travers ces
moments où elle devient concrète
pour chacun. C’est ainsi que
progressivement elle imprègne la
culture de l’entreprise pour fédérer
autour d’une finalité commune.
Le contexte dans lequel nous
sommes nous montre à quel point
la raison d’être est indispensable
pour se sentir appartenir à un
projet commun et ne pas rester
focalisé sur soi. Voilà un chantier
à mettre en place d’urgence en
2019. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 17 décembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Avec Belmond, LVMH saisit une occasion
unique de renforcer son hôtellerie d’exception.
« Les Echos »
+
L’INVITÉ DES ÉCHOS
Luxe, calme et hospitalité
Patrick Jeantet
Président de SNCF Réseau
RÉSEAU La Cour des comptes a publié un rapport
qui évoque « un modèle financier en échec » concernant
SNCF Réseau. « Ce rapport met en avant que, sur le réseau
classique – je ne parle pas des lignes à grande vitesse –, nous
avons très largement sous-investi pendant des décennies.
Dans les années 1990, 2000, sur le réseau le plus circulé,
la moitié du réseau, nous investissions à peu près 1 milliard
d’euros par an, quand nous estimons qu’il en fallait plutôt 3
[milliards]. Le rapport dit qu’il faut investir plus.
Mais force est de reconnaître que depuis quelques années,
nous investissons plus : cette année, nous allons avoir investi,
sur ce réseau le plus circulé, 2,7 milliards d’euros, puis
nous allons augmenter. D’ailleurs, la réforme ferroviaire qui
a été votée en juin va nous donner encore 200 millions d’euros
de plus en 2022 chaque année. Nous allons donc monter
progressivement à 3 milliards d’euros par an sur ce réseau
structurant : c’est très important », déclare Patrick Jeantet.
EOLE « En Ile-de-France, nous avons un grand projet
qui s’appelle “Eole”, avec une traversée est-ouest de la région
avec le RER E. Nous allons l’équiper d’un produit qui est une
automatisation de ce train. Ce ne sera pas l’automatisation
complète, mais de la semi-autonomisation. »
NOUVEL’R Dans le cadre du plan Nouvel’R, « nous
travaillons sur le train autonome, qui sera totalement
automatisé, dans lequel le système télécommandera le train.
Il y aura sans doute encore un conducteur… Mais le rôle
du conducteur sera-t-il de conduire ? Sans doute pas.
Ce sera un autre rôle à définir. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
Une occasion en or, cela reste une bonne affaire même quand il faut
y mettre le prix. Les actionnaires de LVMH peuvent donc
se féliciter de voir le leader mondial du luxe racheter Belmond.
Cet hôtelier d’exception (Cipriani à Venise, Splendido à Portofino,
Copacabana Palace à Rio…) sera parfaitement complémentaire
des maisons Cheval Blanc et des activités hôtelières de Bulgari, selon
le PDG, Bernard Arnault, dont le « track record » en acquisitions
a fait mentir les cassandres inquiètes du prix un peu élevé à leurs yeux
de Bulgari en 2011, puis de Loro Piana en 2013. Car la diversification
sans pareil du fleuron français constitue un grand pilier de son histoire
boursière. L’exploitant du Venice Simplon-Orient-Express a la double
particularité de détenir en pleine propriété une part très élevée de ses
« trophy assets » et de servir une clientèle à 48 % nord-américaine,
de quoi allécher aussi les grands hôteliers et fonds mondiaux. Son prix
de 2,6 milliards de dollars (une prime de 40 % sur le dernier cours
de Bourse) et sa valeur d’entreprise de 3,2 milliards (de l’ordre de 19 fois
l’Ebitda prévisionnel, selon Refinitiv) en disent long sur la rareté
de ce pionnier « expérientiel », qui a renouvelé la culture du « Grand Tour »
et de l’hospitalité sur mesure. En acceptant celle d’un grand pro du luxe,
il arrivera mieux à renforcer sa griffe et à améliorer sa rentabilité.
EN VUE
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Ce numéro comporte un 3e cahier de 20 pages « Les Echos Spécial Vins et Champagnes »
Le propriétaire des Frères Blanc s’invite
chez Elior, la galère de Robert Zolade.
« Et nous n’aimons rien tant que ce qui nous ressemble. » Point besoin pour
Olivier Bertrand de relire les citations de Molière aux murs du Procope,
l’une des nombreuses tables parisiennes dont il est propriétaire : son intérêt
pour Elior, le numéro trois mondial de la restauration concédée, tombe sous
le sens pour celui qui dispose des enseignes idéales pour sustenter le public
des gares, des aéroports et des aires d’autoroute, de Burger King aux
sandwicheries Bert’s en passant par Hippopotamus. Mais de là à installer
son rond de serviette en prenant 5 % du capital sans y être invité, il y avait
un plat que l’ogre auvergnat n’a pas laissé passer. Sur un plan strictement
financier, le sauveteur du Groupe Flo limite les risques en profitant du
cauchemar en cuisine où trois chefs se sont succédé en quatre ans. Un soufflé
commercial mal maîtrisé, agrémenté d’une sauce de rentabilité trop délayée,
a carbonisé le titre sous une décote de 17 % sur la moyenne de ses ratios de
valorisation depuis sa cotation, une situation loin d’être définitive. Le Groupe
Bertrand arrive d’ailleurs presque les mains vides, avec juste des options sur
des actions Elior qu’il pourra exercer entre 2020 et 2022. L’investissement
potentiel (109 à 115 millions d’euros) représente tout de même une somme
substantielle pour simplement vouloir « échanger » avec le quatrième acteur
de la restauration collective sur « sa vision du marché et des enjeux », et aussi
sans doute sur l’avenir de sa branche concédée qui pourrait être vendue.
Que vient faire Olivier Bertrand dans la galère de Robert Zolade, cofondateur
et premier actionnaire (22,6 % du capital) ? Certainement pas ramer.
Renault 31
Rexel 31
Rothschild & Co 31
Salini Impregilo 20
Samsung 25
SFR 23
SNCF 20
SoLocal 31
Sterblue 27
Texelis 27
TokenData 25
Valeo 31
Verizon 23, 24
Viagogo 22
Viessmann 26
Visa 31
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Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
ÉDITRICE Capucine Marraud des Grottes
ÉDITRICE ADJOINTE Clémence Callies
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
Le Festin d’Olivier
Tencent Music passe sous son prix
d’introduction à Wall Street.
LES ENTREPRISES CITÉES
EDF 19
Elior 20, 31
Elior Group 34
Facebook 17, 25
Free 22, 23
Google 23, 25
Groupe Bertrand 20, 31
Iliad 22
LVMH 21
MasterCard 31
M-Energies 26
Merck MSD 17
Microsoft 25
Noremat 27
Orange 23
Peugeot SA 31
« Love, What Rare », chante Jason Zhang, l’un des incontournables
des playlists chinoises. Ce n’est pas la plus populaire des plates-formes
de streaming de la République de Xi Jinping, Tencent Music Entertainment
(TME), qui contredira l’un des 20 millions de morceaux à la disposition
de ses 880 millions d’utilisateurs mensuels. Dès sa troisième séance
de cotation à la Bourse de New York, vendredi, son titre est passé
sous un prix d’introduction, pourtant fixé dans le bas d’une fourchette
loin des ambitions initiales. La crème des banquiers d’affaires
de Wall Street, qui avait été convoquée (Morgan Stanley, Goldman Sachs,
JP Morgan, Bank of America, avec en outre Deutsche Bank), n’aura réussi
à obtenir que 21,3 milliards de capitalisation et un timide applaudimètre
(+7,7 % pour la première journée d’échange) pour la quatrième levée
américaine de l’année par une société chinoise (1,1 milliard de dollars,
dont un peu plus de la moitié par cession des actionnaires existants,
dont le fonds asiatique PAG Capital). Une valorisation d’environ 40 fois
les résultats de l’année pourrait sembler chiche pour une plate-forme
musicale qui a augmenté ses recettes de 84 % sur neuf mois (à 1,98 milliard
de dollars) et dégagé 20 % de marge nette, alors que le suédois Spotify
est toujours dans le rouge. C’est peut-être parce que Tencent Music
est moins un acteur du streaming qu’un réseau social et de divertissement.
Les karaokés et les « performances » improvisées d’artistes en ligne
lui procurent 70 % de ses revenus avec moins de 10 millions d’abonnés
payants. Le petit livret rouge a encore une longue marche devant lui…
Le petit livret rouge
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Antelliq 17
Axel Springer 24
Belmond 21
BNP Paribas 30
Bouygues 23
Brittany Ferries 22
BT 23
CBRE 34
Centrale Danone 17
Cevian 31
CHIEF 27
China General Nuclear
Power 19
Commerzbank 30
Darty 34
Deutsche Bank 30
crible
O
James Hackett
vni arrivé d’une entreprise
de fournitures de bureau,
Steelcase, chez Ford il y a
cinq ans, ce natif du Michigan a créé
la surprise à Detroit en accédant,
au printemps 2017, à la présidence
du constructeur automobile. Dix-huit
mois et quelques semaines plus tard,
salariés de la maison et analystes
de Wall Street n’ont toujours pas très
bien décrypté pourquoi ce financier
de soixante-trois ans avait été choisi
pour tenter de sortir la firme mythique
d’une mauvaise passe. Lui-même
n’y met guère du sien. Ses propos sont
truffés d’expressions un peu bizarres,
comme « il faut passer à la phase
penser », ou « agir à la vitesse de l’horloge », le tout accompagné de force
diagrammes, son mode d’explication
favori. Récemment le « Wall Street
Journal » notait que la plupart de
ses collaborateurs – du moins ceux
qui restent, car il a divisé de moitié
ses « n–1 » directs et beaucoup d’autres
sont partis – se reposaient sur son chef
de cabinet, âgé de vingt-huit ans, pour
qu’il leur « traduise » le langage de
ce patron très cérébral. Lorsqu’il a pris
les commandes de Ford, « Jim » envoya
à tous les dirigeants un e-mail de
15.000 signes censé leur préciser
sa vision stratégique. Dans les minutes
qui suivirent, la messagerie interne
s’emballa entre les destinataires, tous
cherchant à deviner ce que leurs collègues avaient compris de la missive
patronale. Pas surprenant, dans ces
conditions, qu’il y ait quelques difficultés de communication entre le
PDG et Bruno Le Maire autour de la
fermeture de l’usine de Blanquefort,
près de Bordeaux, au point de faire
prononcer au ministre de Bercy, c’est
un comble, des paroles que n’aurait
pas reniées un « gilet jaune ».
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