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Trek Magazine N°187 – Janvier-Février 2019-compressed

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ALGÉRIE : LE SAHARA AU COMPTE-GOUTTES
LE GRAND GUIDE DE LA
NOUVELLE
ZÉLANDE
2 SECONDS
SENTIER
D’ABRAHAM
UN AUTRE REGARD
SUR LA PALESTINE
LES PLUS BEAUX ITINÉRAIRES L’INCROYABLE
SUCCESS STORY
CONSEILS
COMMENT RÉAGIR
FACE AUX PATOUS ?
© Alexandra Paraschiv
INDE DU NORD-EST
ARUNACHAL PRADESH, NAGALAND, ASSAM...
JAN.-FÉV. 2019. N° 187 - CPPAP : 0419 K 78775
Greenland Winter Parka M
La nature vous attend
pendant que vous lisez ceci, une clairière vous attend
dans une forêt. Un sentier tortueux se tient prêt. Chez
Fjällräven, nous marchons dans la nature depuis plus de
50 ans. C’est ainsi que nous avons créé des équipements
intemporels et durables qui rendent toute aventure
en plein air encore plus merveilleuse. Et c’est pour
cela que nous utilisons un duvet 100 % traçable pour
vous garder au chaud, un enduit sans PFC pour vous
garder au sec et de la laine recyclée pour un maximum
de confort. La nature vous attend. Qu’attendez-vous ?
www.fjallraven.fr
ÉDITO
POUR QUELQUES
DOLLARS DE PLUS…
Où sont passés les jeunes ? On s’émeut, parfois,
dans les assemblées entre voyagistes, fédérations
sportives, centres de vacances… (rayer la mention
inutile) de l’évolution vers le haut de la pyramide
des âges, notamment dans les voyages d’aventure :
randonnée, expéditions, voyages ethno ou culturel,
etc. Çà et là, on pointe du doigt le manque d’entrain
des jeunes générations vers les voyages de groupe,
le côté poussiéreux des « voyages organisés », la
saturation des images (même les Kogis nous
arrivent désormais en prime time directement dans
notre canapé) qui a, peu à peu, tendance à banaliser
ce qui demeure pourtant, à bien des égards, exceptionnel. Mais au final, et ce n’est en définitive une surprise pour personne, la réalité est que les jeunes
générations sont bien loin de mener le même train
de vie que leurs aînés. Avant même que le coût du
voyage passe à quatre chiffres — que trouve-t-on aujourd’hui à moins de 1 000 € ?— on assiste sans coup férir à une fuite des jeunes générations vers
des projets plus à portée de leur bourse.
Le constat pourrait sembler réducteur il est vrai.
Car dès lors que l’on voyage, on croise backpackers,
familles entières avec jeunes enfants, jeunes
couples… dans pratiquement tous les pays du
monde. Simplement la manière de voyager a-t-elle
changé. De voyager et de consommer, devrait-on
dire. Et c’est encore plus spectaculaire en termes
de destination. Car si nos aînés ont tracé, dans les
années 1970, la voie royale du ParisKatmandou en stop (la cordillère des
Andes fut également très populaire),
c’est vers d’autres pays bien diffé-
rents que se tourne aujourd’hui la génération Y (je
fais le malin, mais je sais à peine ce que c’est…).
Amusez-vous à faire un sondage à la sortie de la
fac, et vous verrez ressortir des pays (pas donnés
au demeurant) tels que le Canada, l’Australie ou la
Nouvelle-Zélande. Des nations plébiscitées d’une
part pour leur sécurité et leur confort (de la propreté
de la cuvette des toilettes à la liberté de porter un
débardeur), et d’autre part pour la possibilité d’y
exercer des petits boulots, d’un quasi-claquement
de doigts.
En termes de voyage, nous aurions tort de penser
que les jeunes ont déserté le voyage d’aventure. En
vérité, ils en font certainement aujourd’hui au
moins autant que leurs aïeux. C’est avec grand
plaisir que nous ouvrons ce mois-ci nos colonnes
à Tom et Alex, qui viennent de parcourir la NouvelleZélande dans tous les sens pendant plus de six
mois avec leur petite tente, afin de découvrir les plus belles zones naturelles du pays (plus de détail
sur leur périple sur leur blog world-wild-camp.com ;
aux dernières nouvelles, ils musardaient dans les
îles de Coron, aux Philippines). Entre-temps, ils
auront travaillé à droite à gauche pour prolonger le
rêve. Ce que les Anglo-Saxons appellent working
holiday —programme vacances travail ou PVT chez nous. Puisse donc notre petite contribution leur
assurer quelques kilomètres supplémentaires. Et
participer à transmettre à tous nos lecteurs, toutes
générations confondues, cette furieuse envie
d’aller à la rencontre du monde, une
année encore.
Très bonne année 2019 à tous,
ANTHONY
NICOLAZZI
Rédacteur en chef
3
EN COUVERTURE
P.
26
DOSSIER
LE GRAND GUIDE DE
LA NOUVELLE-ZÉLANDE
Des glaciers aux forêts primaires, en passant par les fjords, volcans ou plages de sable fin, la
Nouvelle-Zélande incarne un fantastique éden sauvage aux antipodes de la Terre. Durant plus
de six mois, nos reporters ont arpenté jour après jour les grands espaces sauvages du pays, et
nous invitent à découvrir leur florilège des plus beaux itinéraires couleur kiwi, des classiques
“Great Walks” jusqu’aux sentiers les plus confidentiels.
P.
36
P.
40
CULTURE
LE SOUFFLE
ANCESTRAL
DES MAORIS
LES PLUS BEAUX
ITINÉRAIRES
DE NOUVELLEZÉLANDE
Des “Great Walks”
aux sentiers secrets
4
SOMMAIRE
LE MAG
8 POST
Vous avez dit...
10 ACTUS
Tadjikistan : vive les femmes !
P.
12 ENQUÊTE
60
De retour du Sud algérien
14 LECTURES
Sahara, de Laurent Boiveau
18 COUP DE CŒUR
ARUNACHAL, NAGALAND, ASSAM...
Le troisième œil
L’INDE À LA
SAUCE ORIENTALE
20 Q&R
Les îles atlantiques en solo ?
22 CONSEILS
Comment réagir face aux patous ?
Les plus beaux itinéraires en Inde du Nord-Est.
REPORTAGES
P.
80
PALESTINE
LE SENTIER
D’ABRAHAM
Un autre regard sur une terre de conflit
P.
12
P.
22
26 DOSSIER
LE GRAND
GUIDE DE LA
NOUVELLEZÉLANDE
30 ANTIPODES
SAUVAGES
Voyager en Terre du Milieu
36 100% MAORI
Le souffle ancestral
40 LES PLUS BEAUX
ITINÉRAIRES
À la découverte de la
Nouvelle-Zélande sauvage
60 INDE DU NORD-EST
ARUNACHAL PRADESH,
ASSAM, MEGHALAYA...
À la découverte de l’Inde sauvage
80 PALESTINE
SUR LE SENTIER
D’ABRAHAM
Le tourisme au secours
de la géopolitique ?
ENQUÊTE
RETOUR
EN ALGÉRIE
CONSEILS
GARE AUX
PATOUS !
Le Sud algérien rouvre...
au compte-gouttes ?
Nos conseils pour
éviter les (ac)crocs !
96 ILS PARTENT /
ILS RENTRENT
Une saison en Caspienne
5
CONTRIBUTEURS
TOM
CHIROSSEL
JEAN-MARC
PORTE
MICHEL
BARTHELEMY
JULIE
LE LOUËR
ANTHONY
NICOLAZZI
ALEXANDRA
PARASCHIV
Rédacteur-photographe
Rédacteur-graphiste
Directrice artistique
Rédacteur en chef
Rédactrice-photographe
NOLWENN
PATRIGEON
NORA
SCHWEITZER
VOLODIA
PETROPAVLOVSKY
Rédactrice
66
Grand reporter
Rédactrice-photographe
Rédacteur-photographe
Cordillère Huayhuash, Pérou
PARTEZ BIEN ACCOMPAGNÉS !
DU VOYAGE DÉCOUVERTE AU GRAND TREKKING
www.tirawa.com • 04 79 33 76 33
LE MAG / POST
Pendant ce
temps-là
PARTAGES…
…
CETTE PAGE EST LA VÔTRE ! PARTAGEZ-NOUS VOS
ACTUS, VOS COUPS DE CŒUR, COUPS DE GUEULE,
PHOTOS, VIDÉOS, ÉVÉNEMENTS…
@FFrandonnée
22 novembre
En novembre dernier, le GR R1 a
remporté le titre de GR préféré
des français, lors d’un vote en
ligne organisé par la FFRandonnée. Avec 37% des suffrages en
sa faveur, c’est un véritable
plébiscite pour ce sentier qui
traverse l’île de la Réunion. Le
parcours, long d’une soixantaine
de kilomètres, fêtera ses 40 ans
en 2019. Le GR 400, qui serpente
autour des volcans d’Auvergne,
a décroché la seconde place.
Il partage le podium avec le
GR 34, en Bretagne, arrivé
troisième du vote.
La renaissance du Langtang
J’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’attention votre article sur votre exploration dans la
région du Langtang (cf notre numéro de septembre-octobre 2018, ndlr). Notre association,
Solidarité Kalche Nepal, vient en aide au village de Kalche (1 650 m à 4 h de Karanitar,
notre photo) depuis le séisme de 2015 (http://solidaritekalche.blogspot.com/). Le village
se reconstruit doucement, et avec ce nouvel itinéraire, les habitants commencent à intégrer l’intérêt de prévoir des hébergements chez l’habitant dans leur nouvelle maison.
Au moins deux maisons proposent cela maintenant.
Dans le cadre de cette association, j’ai moi-même fait la reconnaissance, en novembre 2017,
d’un trek parallèle la portion Karanitar - Gosaikund dont vous parlez dans vos colonnes.
J’étais accompagné de trois porteurs de Kalche et d’un ami qui a une agence de trek à
Katmandou. J’ai réalisé un topo complet de ce trek, disponible sur Camptocamp
(bit.ly/2LehTIu), incluant la trace GPS en téléchargement. J’ai également fourni ce
parcours à Nepa Maps (éditeur népalais de cartes topographiques, ndlr), qui l’a intégré
dans sa toute nouvelle édition 2018 des deux cartes topographiques suivantes : NL504
Langtang 1/125000 et NL502 Gosaikunda 1/50 000.
Jérôme Berton.
Bonjour Jérôme,
Merci pour votre partage. Nous le faisons évidement suivre à nos lecteurs, ce qui permettra, espérons-le, d’encourager le tourisme et donc l’émergence d’un revenu complémentaire aux activités traditionnelles dans ce secteur sinistré en 2015.
La rédaction.
8
@Patagonia
30 novembre
Patagonia a fait don de son
cadeau fiscal de 10 millions de
dollars à des associations
environnementales. Dans un
article publié sur Linkedin, Rose
Marcario, PDG de l’entreprise, a
fustigé les « irresponsables
réductions d’impôts » décidées
par l’administration Trump.
« Être une compagnie responsable signifie payer ses taxes en
proportion de sa réussite
commerciale », a-t-elle écrit.
…
© John Chau
© Solidarité Kalche Népal
…
@John Chau
17 novembre
John Chau, américain de 27 ans,
est mort criblé de flèches après
avoir pénétré sur l’île de North
Sentinel (île Andaman, Inde)
pour tenter d’évangéliser ses
habitants. Cette petite île de
72 km2, strictement interdite
d’accès, est peuplée par l’une
des dernières tribus autochtones
du monde. Refusant tout contact
avec l’extérieur, elle est connue
pour être extrêmement
agressive.
© Shutterstock - Michal Jastrzebski
Et si c'était vous ?
Fitz Roy, Patagonie, Argentine
Spécialiste du voyage d’aventure - Trekking
Randonnée
WWW. ALLIBERT-TREKKING.COM
Trail
Vélo
Kayak
© Women Rock’in Pamirs
WOMEN ROCK’IN PAMIRS
LES NOUVELLES
AMBASSADRICES
DU TADJIKISTAN
TEX TE : VOLODIA PETROPAV LOVSKY
L
a randonnée au Tadjikistan relève
d’un paradoxe : alors que les montagnes occupent 80 % d’un territoire
qui s’étend jusqu’à plus de 7 000 m
d’altitude, elles sont avant tout vues sous le
prisme de la contrainte plutôt que celui de
l’exploration, du sport et du développement
touristique. Pourtant, les lignes bougent et les
reliefs sont désormais investis par des
femmes guides locales, grâce au projet
Women Rock’in Pamirs. Une idée née sous
l’impulsion de Christine Oriol, qui a travaillé
plusieurs années au Tadjikistan sur des projets de développement. À la faveur d’une rencontre avec une jeune femme originaire du
Pamir, elle parcourt ce massif. Le plan prend
forme.
La première session de formation débute à
l’été 2016, en compagnie de cinq jeunes
femmes du coin. Trois semaines d’apprentissage théorique et pratique posent les bases.
Rebelote l’année d’après : de nouvelles per-
10
sonnes se forment, avec, comme prérequis,
de parler anglais et d’aimer les sports de montagne. « On leur a demandé de préparer ellesmêmes un trek », raconte Christine, qui voit
dans ce travail une réelle opportunité de développement local, dans une région en proie aux
difficultés économiques. L’initiative a rencontré sur place un accueil très favorable :
« Les hommes sont naturellement bienveillants. Le père d’une des filles formées est un
chef religieux, ce qui ne l’a pas empêché d’encourager ce projet », détaille Christine.
L’association espère désormais « faire bouger
le gouvernement pour qu’il mette en place des
diplômes reconnus ». Dernier événement en
date : le camp wilderness, une petite semaine
de campement avec une accompagnatrice en
moyenne montagne, pour faire découvrir à
des adolescentes la faune, la flore et le milieu
montagnard. « Il faut travailler en amont et
éveiller leur intérêt », explique Christine. « Sur
onze filles, sept d’entre elles ont beaucoup
aimé ». L’alpinisme, nouvel ascenseur social ?
/ LE MAG
1 000 $
En un été, une jeune femme formée
par l’association gagne 1 000 $. Une
rémunération à fort impact, dans un
pays où un professeur gagne en
moyenne 45 $ par mois. Les perspectives d’amélioration du niveau vie sont
d’autant plus encourageantes qu’il y a
actuellement plus de demande que
d’offre pour des séjours guidés.
Les
soutiens
Soutien du projet, l’agence de voyages Terres
Oubliées propose à ses clients une grande
traversée du Pamir. Des accompagnateurs en
moyenne montagne y participeront, secondés
chacun(e)s par une guide tadjike récemment
formée et une apprentie guide. Le CAF
de Sologne va également organiser
un séjour, en co-guidage.
Appel
aux dons
L’association, qui dispose d’un petit budget,
fonctionne beaucoup par dons, de particuliers ou d’entreprises. Les premiers voyages
devront servir à financer les formations des
futures guides, qui seront recrutées lors de la
prochaine campagne, l’été prochain.
www.womenrockinpamirs.org
Un groupe tout sourire à
l’occasion de la formation
réalisée dans les montagnes
tadjikes, durant l’été 2018.
11
LE MAG / ENQUÊTE
SUD ALGÉRIEN
LE SAHARA
AU COMPTE-GOUTTES
LA RÉVISION DES CONSEILS AUX VOYAGEURS DU QUAI
D’ORSAY ET LA VOLONTÉ DES AUTORITÉS ALGÉRIENNES
DE RELANCER LE TOURISME SAHARIEN DEVRAIENT
PERMETTRE LA RÉOUVERTURE DE CETTE DESTINATION
MYTHIQUE. D’ABORD ANNONCÉE POUR OCTOBRE, CETTE
RÉOUVERTURE EST DÉSORMAIS ATTENDUE CE DÉBUT D’ANNÉE.
À l’automne dernier, les montagnes du
Hoggar autour de l’Assekrem où est installé
l’ermitage du père Charles de Foucauld
offraient une physionomie rarement vue :
rose et rouge, à perte de vue. Ces couleurs
stupéfiantes étaient celles des innombrables oseilles sauvages qui, après les abondantes pluies de la fin de l’été, avaient
poussé dans ce désert de pierre d’ordinaire
austère et minéral. À leurs côtés, des touffes
d’armoises, de petites fleurs jaunes, de
grandes hampes blanches ondulantes sous
le vent.
Ce spectacle inhabituel, les collaborateurs
des agences invités au voyage de reconnaissance (éductour) des oasis du centre
sud (Taghit, Beni Abbes, Timimoun) et du
Hoggar, l’ont découvert, stupéfaits, à la
mi-octobre, à la veille de l’ouverture à Alger
du SITEV (Salon international du tourisme
et des voyages). Ce voyage reflétait la
volonté affichée par les autorités algériennes de développer le tourisme en général
et, en particulier, de relancer un tourisme
saharien quasiment au point mort depuis
septembre 2010.
QUAND PARIS ENTREBÂILLE
LA PORTE
algérien a ainsi laissé la place au « jaune »
(vigilance renforcée) sur une bonne partie
du pays, jusqu’aux oasis du centre-sud
(Beni Abbes, Timimoun, etc.) et au orange
(déconseillé, sauf raison impérative) sur le
nord du Hoggar. A priori, cela laisse espérer
une réouverture plus large de la mythique
destination saharienne. Sous réserve de
quelques bémols.
En effet, dans ses conseils aux voyageurs,
le quai d’Orsay insiste lourdement :
« L’Algérie compte 6 400 kilomètres de fron­
tières terrestres notamment avec des pays
en situation d’instabilité (Libye, Mali,
Niger). Malgré un dispositif sécuritaire
important, les frontières ne sont pas
étanches. De nombreux trafics et activités
de contrebande menées par des réseaux
transfrontaliers ont lieu dans certaines
zones, notamment aux frontières du sud et
de l’ouest du pays. De manière générale,
les zones frontalières sont formellement
déconseillées, d’autant que des groupes
terroristes sont actifs dans certains pays
voisins. ». Pour cette raison, le tassili du
Hoggar, proche de la frontière malienne,
comme l’oasis de Djanet, proche de la frontière libyenne, restent classés en « zone
rouge ».
Côté français, l’évolution de l’attitude du
ministère des Affaires étrangères a ouvert
le chemin. Le 8 août 2018, le Quai d’Orsay
a en effet revu ses conseils aux voyageurs :
le « rouge » (formellement déconseillé) qui
couvrait les trois quarts du territoire
De leur côté, les autorités algériennes ont
fait savoir qu’en « zone orange », les touristes devront être accompagnés d’une
escorte militaire. Cette exigence freinera
12
ESCORTE OBLIGATOIRE ?
© Dmitry Pichugin - stock.adobe.com
PAR PAULA BOYER
bien des ardeurs. On imagine en effet mal
ces autorités en capacité de fournir une
escorte pour de très nombreux groupes. Et
encore moins ces escortes suivre des randonneurs à pied ou à dos de chameau...
Impatientes de voir les touristes revenir,
les agences locales se plieront à ces exigences, mais elles développent une analyse différente de celle des autorités,
invitant ces dernières à leur « faire con­
fiance » car « elles connaissent le terrain ».
« À Tamanrasset comme à Djanet, il n’y a
jamais eu d’incident avec des touristes,
encore moins d’enlèvement », fait valoir
Brahim ag Yahya, de l’agence Imazarane,
actuellement en sommeil. Selon lui, « pour
assurer la sécurité, il suffirait d’installer des
postes militaires à l’entrée des routes et des
pistes chamelières ». Ahmed Touharia, de
Tazrouk Séjours, renchérit : « Nous deman­
dons que les escortes soient supprimées.
Elles ne se justifient pas ». Lamine Ansari,
de Tarakeft Voyages, insiste : « Dites­le aux
Français, ils peuvent venir sans risque ».
PROCÉDURE...
Tous évoquent Djanet : « Alors que cette
oasis est classée en “zone rouge” par la
France, 1 650 touristes étrangers s’y sont
rendus pendant l’année écoulée. Et là­bas,
ils ne voient pas imposer une escorte ».
« Bien­sûr, une frontière n’est jamais totale­
ment étanche. Mais, Djanet est la zone la
plus militarisée de toute l’Algérie, elle est,
de ce fait, sûre », analyse Kevin Girard,
directeur du Point Voyages. Ce proche du
franc-tireur Maurice Freund, créateur du
Point Afrique, prévoyait, début novembre,
Réaction
Issa Smatti, directeur de zone
chez Nomade aventure
« Profiter de l’opportunité »
« Ce serait dommage de ne pas profiter de l’opportunité qui se présente de
retourner dans le Sahara. Chez Nomade aventure, nous avons prévu d’organiser cinq circuits dans le Hoggar cet hiver : nous allons proposer deux
randonnées chamelières, un voyage découverte en 4x4, et un voyage mixant la
randonnée et le transport des bagages en 4 x 4. Nous allons également
organiser deux circuits pour découvrir Timimoun et le Gourara. Dans cette
région, nous allons essayer de proposer des randonnées chamelières
itinérantes avec bivouac et une autre en étoile, sans bivouac donc, avec les
nuitées en auberge. Tant que les escortes militaires sont maintenues, il nous
faudra accepter cette contrainte. Mais si l’Algérie veut vraiment encourager le
tourisme, il faudra cependant qu’elle facilite davantage l’obtention des visas
ainsi que l’accueil des touristes dans ses consulats. Aujourd’hui, ces conditions
d’accueil varient énormément d’un consulat à l’autre. »
le départ d’une cinquantaine de clients
pour Djanet d’ici fin 2018. « Déjà,
quelques­uns ont obtenu leurs visas »,
assurait-il, précisant que « les uns feront
un circuit en 4x4, d’autres de la marche à
pied, mais leur logistique sera véhiculée.
Tous bénéficieront d’une escorte militaire,
il n’y a pas le choix ! », explique-t-il.
De son côté, Tamera, agence d’aventure
basée à Lyon, qui, ces dernières années, n’a
jamais cessé d’envoyer (quelques) clients
dans le Sahara, confirmait, début
novembre, avoir 65 clients inscrits pour
Djanet et la Tadrart, d’ici fin décembre. Et
en attendre une trentaine de plus, d’ici fin
mars. « Bien sûr, il faut respecter toute la
procédure : s’inscrire au poste militaire et
s’arrêter à tous les check­points, installés à
des points stratégiques. Il y en a notam­
ment deux entre Djanet et la Tadrart »,
souligne le directeur, Eric Bonnem.
« Aucune escorte militaire ne nous est
imposée, assure-t-il. Ce ne serait de toute
façon pas dans l’esprit de ce que nous
faisons ». Et les visas ? « C’est long, c’est
procédurier, mais je les obtiens. L’an dernier,
j’ai eu seulement trois refus, par le consulat
de Lille ». Et, l’assurance ? « J’ai un contrat
avec La Mondiale et l’Algérie n’est pas un
pays exclu du périmètre de ce contrat ».
RÉDHIBITOIRE
Plus circonspects, d’autres agences d’aventure n’imaginent pas passer outre les consignes du Quai d’Orsay qui placent toujours
Djanet en rouge. « Le rouge, c’est un critère
rédhibitoire. On ne peut pas se le
permettre », explique Maud WambeckePetit, responsable de production Afrique/
Moyen-Orient chez Terres d’Aventure. « On
ne peut pas prendre de risque avec la sécu­
rité de nos clients. ». Chez Nomade
Aventure, Issa Smatti tient un discours
similaire : « On ne veut pas jouer avec les
vies humaines et prendre des risques alors
que le Quai d’Orsay l’interdit ».
AU COMPTE-GOUTTES...
Partagées sur l’opportunité d’aller —ou
pas— en « zone rouge », les agences le sont
aussi sur l’acceptation des escortes militaires maintenues dans le Hoggar. « Tant
qu’elles resteront, je ne ferai aucun pro­
gramme », assure Eric Bonnem, de Tamera,
échaudé par une mésaventure qui, en
14
© Jean-Marc Porte
LE MAG / ENQUÊTE
février 2017, l’avait conduit à rapatrier sur
Djanet des clients qui, du côté de l’Assekrem, s’étaient trouvés subitement privés
d’escorte.
Pourtant prêt à accepter les escortes militaires, Kevin Girard, lui aussi, se montre
attentiste. « Le Hoggar va­t­il vraiment
s’ouvrir ?, interroge-t-il. Ce devait être en
octobre ; maintenant, mes correspondants
sur place disent que ce sera en janvier mais
ils ne sont pas encore en mesure de délivrer
les invitations nécessaires pour obtenir les
visas ». Et d’ajouter : « Si le Hoggar s’ouvre,
Point Voyages proposera des circuits
autour de l’Assekrem. Mais, dans quelles
conditions ? En 4x4 ? En randonnée cha­
melière ? J’attends pour voir ».
D’autres agences semblent d’ores et déjà
décidées à proposer Tamanrasset et l’Assekrem à leurs clients. Parmi eux, Nomade
Aventure (lire ci-contre) et Terres d’Aven-
ture, tous deux membres du groupe
Voyageurs du Monde. « En sachant que la
situation évoluerait prochainement, nous
avons étudié, dès l’automne dernier (2018),
les circuits à mettre en place dans le nord
du Hoggar, l’Assekrem et une partie de la
Tefedest », dit Maud Wambecke-Petit.
Les clients se laisseront-ils séduire ? Si l’ouverture du Hoggar se confirme en janvier,
de petits groupes tenteront sans doute
l’aventure, cet hiver, trop heureux de
renouer avec cette destination mythique.
Cependant, Moktar Badjouda, de Ahnet
Voyages, affiche un optimisme mesuré.
« Les voyages dans le Sahara vont
reprendre, assure-t-il. Mais, lentement. Il
devrait y avoir quelques groupes cet hiver.
Si tout se passe bien, comme je le pense,
l’information circulera et, espère­t­il, le tour­
isme saharien reprendra vraiment l’hiver
2019­2020 ».
Trois questions à...
Abdelkader
Ben Messaoud,
ministre algérien
du tourisme
« Nous voulons
relancer
le tourisme
dans le Sahara »
Pourquoi est-il encore si compliqué
de visiter l’Algérie ?
« L’Algérie a la volonté politique de
développer le tourisme. Mais un tourisme
basé sur le respect des populations et des
sites touristiques visités. Pour relancer
le tourisme saharien, nous allons progressivement accorder diverses facilités. Il fallait,
par exemple, que les tarifs des vols
intérieurs pour rejoindre Djanet, Tamanrasset ou Timimoun baissent lorsqu’ils
sont combinés avec un vol international.
Nous avons, dans ce but, signé
une convention avec Air Algérie ».
Qu’en est-il des escortes ?
« L’Algérie est aujourd’hui un pays sûr,
mais un accompagnement de sécurité
reste nécessaire pour l’instant, dans
la région de Tamanrasset. Les choses
devraient évoluer prochainement ».
© Jean-Marc Porte
Et pour les visas ?
« Pour les visas aussi, les choses évolueront
aussi progressivement. Déjà aujourd’hui,
lorsqu’une agence transmet une liste de
clients à un consulat, il lui est possible
d’obtenir les visas en 48 ou 72 heures.
Certes, il peut y avoir quelques problèmes
ponctuels, ici ou là, mais d’une manière
générale, les choses se passent bien ».
LE MAG /
LE
LIVRE
DU
MOIS
SAHARA
Laurent Boiveau,
Éditions Clémentine,
296 pages, 29 €
LE PITCH
LE PÈLERIN DE
SHIKOKU, UN CHEMIN
D’ÉVEIL AU JAPON
Thierry Pacquier, Éditions
Transboréal, 256 pages, 20,90 €
Au Japon, le pèlerinage des 88
temples fait partie de ces chemins
mythiques, chargés d’un héritage
culturel propre à l’archipel. Vêtu de
la blanche tunique du pèlerin,
Thierry Pacquier a parcouru seul les
1 200 km de ce Compostelle du
Soleil levant, animé par un besoin
de renouveau et de lâcher prise. Au
long du chemin, il s’initie aux rituels
bouddhistes ainsi qu’au mode de
vie nippon sur lequel il apporte un
témoignage circonstancié. Un
ouvrage d’éveil spirituel, particulièrement bien documenté, comme
toujours avec la maison Transboréal.
Une itinérance photographique dans le plus grand désert du monde (et le plus emblématique), réalisée au gré des saisons en compagnie des chameliers pour « comprendre
le besoin viscéral de continuer à vivre dans ce milieu qui semble si hostile, au lieu de
glisser doucement vers un modernisme rassurant ». Laurent Boiveau, seize années de
désert sous les sandales et d’innombrables séjours à dos de dromadaire, dépeint le Sahara
dans toutes ses nuances au fil de ce beau livre. Ondulations de sables de toutes formes
et couleurs, massifs rocailleux et oasis foisonnant de vie forment un ensemble immense
et indivisible malgré les frontières, territoire des peuples nomades. Un mode de vie brillamment mis en image par une série de portraits pris à la volée au fil des jours.
CE QU’ON EN PENSE
Volodia
Petropavlovsky
Rédacteur
photographe
16
Évoquer les grands treks autour du monde revient, immanquablement,
à parler du Sahara tant cette destination est ancrée dans l’ADN des
grands voyageurs. Disparu des catalogues d’agences depuis une dizaine
d’années, difficile voire impossible d’accès à certains endroits tant la
sécurité des hommes est mise à mal par les groupes armés, ce lieu
unique au monde commence tout juste à faire son retour auprès des
globe-trotteurs occidentaux. C’est attiré par sa beauté sans égale que
Laurent Boiveau, accompagnateur et collaborateur à plusieurs reprises
de notre rédaction, a accumulé un nombre impressionnant de clichés.
Ses photographies nous donnent à voir le Sahara dans toute sa splendeur
naturelle, avec une attention particulière portée aux reliefs de dunes et
de roches, ainsi qu’aux peuples du désert. Les scènes de vie quotidiennes
auprès des nomades, en Algérie, au Tchad ou au Niger, nous racontent
un monde que l’on ne peut généralement qu’effleurer du doigt tant les
incursions dans ces zones sont désormais délicates. Au-delà de leur
aspect esthétique certain, les clichés de Laurent Boiveau nous disent
que le désert, aussi désert soit-il, a bien une âme.
CARNET D’ÉTERNITÉ,
30 ANS SUR LES
CHEMINS DU MONDE
Philippe Montillier, Éditions Géorama,
220 pages, 14,90 €
Originaire de Chamonix, Philippe
Montillier a arpenté le monde
pendant trente ans. Entre reportages et missions, cet infirmier
spécialisé et photographe nous
restitue ses périples les plus improbables, réalisés à pied loin des
sentiers battus. Le désert du
Sahara, la baie d’Halong au
Vietnam, le Gasherbrum II au cœur
du Karakoram ou encore les
lumières d’Islande : les morceaux
choisis sont restitués avec force,
émotion et authenticité. Leur
douceur se veut aussi un temps de
pause et de questionnement lors
d’une confrontation à une actualité
plus difficile et plus dérangeante.
LE MAG / COUP DE CŒUR
LE TROISIÈME ŒIL
LA PREMIÈRE FRONTALE À LED AURA BIENTÔT
VINGT ANS. UNE PETITE RÉVOLUTION SIGNÉE PETZL,
UN PIONNIER DE LA SPÉLÉOLOGIE.
Dans sa version actuelle,
la Petzl Tikka délivre
désormais 200 lm.
PAR VOLODIA PETROPAV LOVSK Y
Tour de force technique et succès commercial planétaire, la Tikka est née d’un pari :
celui de commercialiser une lampe frontale de grande autonomie basée sur une
nouvelle technologie encore balbutiante : la led (diode électroluminescente).
Nous sommes à la fin des années 1990, les courses longues distances explosent
et les besoins changent. Des mini-ampoules équipent la concurrence qui vise
ce nouveau marché. L’usage de la led est une prise de risque, car moins puissante.
Pourtant, en réalisant un produit bien plus compact et durable, c’est le jackpot.
La Tikka est commercialisée en 2001. Les ventes dépassent les attentes les plus folles
de l’entreprise. Un nouveau monde s’ouvre dans le domaine des lampes : celui de
l’électronique. L‘entreprise familiale de Crolles, entre Grenoble et Chambéry, qui a
grandi au fil du temps et s’est développée de plain-pied à l’international, caracole dans
le wagon de tête. Année après année, les modèles qui succèdent à la Tikka se font
de plus en plus perfectionnés et puissants avec, comme dernière grande innovation,
la technologie Reactive Lighting, qui adapte automatiquement la puissance des leds
à la luminosité ambiante.
UNE IDÉE
LUMINEUSE
Les équipements Petzl étaient à l’origine
conçus pour la spéléologie. C’est en 1973
que Fernand Petzl a créé un système
intégrant énergie et foyer lumineux
sur la tête pour l’alpinisme. La frontale
led (2001) est désormais dans le sac de
tous les grands voyageurs.
SUR TOUS LES FRONTS
La gamme frontales actuelle représente
une quinzaine de déclinaisons pour tous
les usages. Des modèles spécifiques ont
été créés, par exemple pour Mike Horn
pour son expé au Pôle Nord en 2006.
CHRONOLOGIE
1936
Fernand Petzl entame l’exploration
spéléo du réseau de la dent de Crolles.
Les prototypes qu’il fabrique donneront
naissance à l’entreprise familiale.
18
1973
Invention de la
première lampe
frontale. L’électricité,
mieux que l’acétylène ?
2001
Lancement
de la Tikka,
première
frontale à led.
2018
Toujours basée à Crolles, en Isère,
l’entreprise est un grand nom du matériel
d’escalade, d’alpinisme, de spéléologique,
mais aussi de sécurité / secours.
ACTIK CORE
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Piles ou batterie :
son cœur balance !
Lampe frontale compacte, multifaisceau et rechargeable.
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pour les activités outdoor. Livrée avec sa batterie rechargeable CORE, elle
fonctionne tout aussi bien avec des piles, grâce à sa construction Hybrid
CONCEPT. Une solution flexible, sans adaptateur, pour profiter des bénéfices
de ces deux sources d’énergie selon l’usage. 350 lumens. www.petzl.com
LE MAG / QUESTIONS & RÉPONSES
Une réaction,
un commentaire,
une question ?
Rendez-vous
sur notre page
Facebook.
© Anthony Nicolazzi
Posez vos questions ! Nous vous apporterons les réponses
des experts en la matière (spécialistes d’une destination,
d’un matériel précis, etc.), qu’ils soient journalistes,
concepteurs de voyages, grands voyageurs ou… lecteurs avertis.
PEUT-ON RANDONNER EN ITINÉRANCE
AUX CANARIES OU À MADÈRE ?
THOMAS GÉNIN, DOMONT (95)
Volodia
Petropavlovsky
Rédacteur
«Ces îles sont plutôt destinées
aux randonnées à la journée.
Elles sont d’excellentes
destinations hivernales,
puisque le beau temps et la
douceur y règnent quasiment
toute l’année»
20
Traditionnellement, Madère ou les différentes îles des Canaries se destinent plus à des balades à la journée, car
les chemins de randonnées ne constituent pas systématiquement un réseau maillé, et que les hébergements
de ces îles sont rarement à proximité immédiate des départs de sentiers. Raison pour laquelle, sur les itinéraires publiés ces dernières années par la rédaction, nous avons plutôt établi des sélections de balades à la
journée, tant aux Canaries (bit.ly/randos-canaries-palma-hierro et bit.ly/randos-canaries-tenerife) qu’à Madère
(bit.ly/randos-madere). À Madère, le bivouac est toutefois autorisé, ce qui permet, si on le souhaite, de partir
plusieurs jours en autonomie. Une traversée de Porto Moniz à Machico en passant par l’intérieur des terres est
possible (150 km), ou encore un aller simple de Machico à Ribeiro Frio, tantôt en longeant la côte, tantôt en
passant par les montagnes au cœur de l’île. Aux Canaries, les longues traversées en autonomie sont plus
compliquées à mettre en œuvre, puisque le bivouac est interdit sur l’ensemble de l’archipel. Il existe malgré
tout de nombreux hébergements, surtout sur Tenerife, l’île principale, tels que des auberges de jeunesse,
pensions ou hôtels, mais ceux-ci se trouvent rarement sur les chemins de randonnée et dans les coins isolés de
l’archipel. On rayonnera donc plutôt en étoile, éventuellement avec des transferts en bus locaux ou en taxi.
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COMMENT RÉAGIR
FACE AU PATOU ?
5 CONSEILS POUR UN COMPORTEMENT ADAPTÉ
SOURCE RÉCURRENTE DE POLÉMIQUES, LA PRÉSENCE DE PATOUS, CES
FAMEUX CHIENS DE BERGERS DES MONTAGNES, CONDUIT RÉGULIÈREMENT
À DES INCIDENTS AVEC LES PROMENEURS. NOMBRE D’ENTRE EUX SONT
POURTANT ÉVITABLES, MOYENNANT QUELQUES PRÉCAUTIONS.
PAR VOLODIA PETROPAV LOVSK Y
Depuis le retour du loup en France et sa
colonisation progressive de la plupart des
massifs montagneux français, un autre
« prédateur » a fait son apparition sur les
alpages : le patou. Prédateur ? De fait, de
nombreux randonneurs ont eu davantage
affaire avec les crocs des chiens de berger
qu’à ceux du loup : un gros chien blanc qui
22
s’approche en aboyant, oreilles plaquées
en arrière et crocs dehors… Le genre d’événement qui nous rappelle que si les massifs
fourmillent de sentiers, ils sont aussi une
terre d’agro-pastoralisme où les chiens de
bergers, les fameux « patous », veillent sans
relâche sur les troupeaux, menaçant donc
d’attaquer tout ce qui s’en approche.
1
SIGNALER
3 questions à..
#
Christian
Reymond
SON ARRIVÉE
Pour éviter les mauvaises surprises, il est important de savoir
si le chemin de randonnée que vous allez emprunter traversera des zones où les troupeaux pâturent. Si des grands
prédateurs, comme des loups, sont connus pour rôder régulièrement dans le coin, il est fort probable que des chiens de
garde soient postés autour des bêtes. Sur le chemin, les panneaux indiquant la présence de patous dans les parages sont
à prendre au sérieux et devront vous inciter à la prudence et à
vous signaler de loin, sans crier, pour annoncer votre arrivée
sur l’alpage, les patous n’aimant pas être surpris.
Éleveur et berger
dans l’alpage de l’Oule
(Pinsot, massif de
Belledonne, Isère)
Le recours aux patous est-il indispensable
pour vous ?
Nous n’avons pas d’autres moyens pour nous protéger
du loup. À notre installation, en 2009, nous avons
immédiatement pris des patous dans notre alpage.
Nous en avons actuellement cinq. Nous sommes dans
une zone boisée et, en cas de brouillard, ces prédateurs feraient d’énormes dégâts dans les troupeaux.
Le problème de fond, finalement, c’est la menace
d’une attaque de loup.
Comment se passe la cohabitation avec
les randonneurs ?
Nous tenons un refuge dans l’alpage, ce qui signifie
beaucoup de passages et des randonneurs avec leurs
chiens. Dans la grande majorité des cas, tout se passe
bien, même si un problème n’est pas exclu. Cela peut
être de la faute du randonneur qui ne respecte pas les
consignes, comme de celle du chien. Il faut comprendre que le patou n’est pas un chien de compagnie, on ne doit pas essayer de le caresser. Parfois,
après une attaque, les animaux restent en alerte
quelques jours et peuvent se montrer plus agressifs.
© Anadman - stock.adobe.com
RESPECTER
UNE DISTANCE DE SÉCURITÉ
2
#
Pour un patou qui a été élevé parmi les
brebis, tout individu qui s’approche du troupeau est une menace potentielle. Il faudra
donc veiller à prendre ses distances autant
que possible avec les troupeaux en les
contournant, quitte à sortir un peu du tracé.
Avancer doucement et régulièrement, ne
pas aller caresser les bêtes et prendre garde
à ne pas leur faire peur est très important.
Quel est votre rapport avec ces chiens de troupeaux ?
Nous sommes contents d’avoir ces chiens mais nous
subissons aussi leur comportement, et cela toute
l’année. C’est quelque chose dont les gens n’ont pas
conscience. Un berger n’est pas un éleveur de chiens,
nous n’avons pas le temps de toujours les éduquer au
mieux. En installant des caméras dans l’étable, on
s’est aperçu que les jeunes chiens courraient parfois
après les brebis. Il faut reconnaître que ces animaux
sont parfois un peu brutaux. Mais d’un autre côté,
nous leur demandons beaucoup : ils doivent être
disponibles 24h/24 et réagir immédiatement à une
attaque tout en pouvant faire la différence avec des
gestes de randonneurs qui leur paraissent agressifs
mais qui le ne sont pas.
23
LE MAG / CONSEILS
© Lightfield Studios - stock.adobe.com
3
ACCEPTER #
LA CONFRONTATION
Les chiens sont dressés pour la
dissuasion plutôt que l’attaque. S’ils
repèrent un intrus, ils commenceront
par aboyer et grogner. Il est fréquent
qu’ils arrivent vers le randonneur,
l’air agressif, pour le renifler. Il faut
alors garder son calme, parler avec
une voie apaisée, progresser sans
gestes brusques et essayer de ne pas
montrer que l’on a peur pour faire
redescendre la tension.
Le patou,
carte d’identité
4
#
NE JAMAIS
SE MONTRER AGRESSIF
En cas de confrontation, le chien ne doit pas se sentir
agressé. Il convient donc de ne pas le regarder dans les
yeux et de baisser la tête. Les bâtons de marche ne doivent
pas devenir des armes de défense, ni les pierres au sol des
projectiles. Le but est désamorcer au maximum la situation
pour éviter une véritable attaque physique.
5
NE PAS #
SE COMPORTER COMME UNE PROIE
Fuir en courant serait sans doute l’une des pires choses à faire. Un
chien de garde court largement plus vite que n’importe quel randonneur et, en voyant le promeneur courir, risquera de le prendre pour
une proie. Il en est de même avec les VTTistes, qui auront tout intérêt
à descendre de leur vélo et à marcher à côté, tranquillement. Il est
également préférable que les chiens de compagnie soient tenus en
laisse dans ce genre de situation.
24
→ Race : montagne des Pyrénées
→ Taille : 65 à 80 cm
→ Poids : 50 à 65 kg
→ Espérance de vie : 12 ans
Appel à
témoignage
en Isère
C’est une première en Isère : la
direction départemental des
territoires (DDT) vient de mettre
en ligne un formulaire
d’incident afin de recenser les
mauvaises rencontres en
randonneurs et patous. La fiche,
très détaillée, est longue de 17
questions portant sur les circonstances de la rencontre, comme
« utilisiez-vous des bâtons de
marche ? », « ce ou ces chiens se
sont-ils dirigés vers vous en
aboyant ? » ou encore « à quelle
distance du troupeau étiez-vous
lorsque le ou les chiens de
protection ont réagi à votre
présence ? ». Le but de ce projet
est de documenter les incidents
pour apporter des solutions à
terme.
bit.ly/incidents-patous
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continuons à peaufiner et améliorer
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Conçus pour l’alpiniste, toutes les
caractéristique et tous les détails
de la veste Microlight Summitt ont
été étudiés de près pour veiller à ce
qu’elle fonctionne de manière fluide.
En altitude dans les montagnes, elle
offre une chaleur essentielle dans
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Le grand
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NouvelleZélande
VOLCANS, GLACIERS, FJORDS ET LACS… LA NOUVELLE-ZÉLANDE
INCARNE UN FANTASTIQUE ÉDEN SAUVAGE AUX ANTIPODES.
DURANT PLUS DE SIX MOIS, NOS REPORTERS ONT PARCOURU
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T E X T E E T P HO T O S : T OM C HIR O S S E L E T A L E X A N D R A P A R A S C HI V.
26
NOU V E LLE- Z É L A N D E
Sur la route du mont Cook,
fierté nationale et point culminant de
la Nouvelle-Zélande, avec 3 724 m.
27
Tandis que le soleil disparaît à l’autre
bout de la Terre, ses rayons obliques
éveillent les antipodes dans une
douceur pleine de promesses
28
NOU V E LLE- Z É L A N D E
Lever de soleil depuis Rocky
Mountain, sur l’itinéraire
de Buchanan Peaks.
29
NOU V E LLE- Z É L A N D E - É TAT D E S LIEU X
Voyager
en Terre du Milieu
LONGTEMPS IGNORÉE DES VOYAGEURS, LA NOUVELLE-ZÉLANDE
RÉVÈLE PEU À PEU SES SPLENDEURS ET S’IMPOSE COMME UNE ODE
À LA NATURE, AVEC DES PAYSAGES SAUVAGES ET DES POSSIBILITÉS
D’EXPLORATIONS SANS FIN. PETIT MODE D’EMPLOI À L’USAGE
DU VOYAGEUR AU PAYS DES KIWIS.
TEXTE ET PHOTOS : TOM CHIROSSEL ET ALEXANDRA PARASCHIV
V
u des antipodes, la Nouvelle-Zélande
est une terre de rugby, de moutons
et de kiwis. Mais également, et avant
tout, un vaste territoire sauvage,
popularisé ces dernières années par
la saga de Peter Jackson, l’enfant du pays, Le
Seigneur des Anneaux, d’après l’œuvre de
Tolkien. Cette « Terre du Milieu » néo-zélandaise
est principalement répartie sur deux îles. Deux
territoires voisins, et pourtant radicalement différents. L’île du Nord offre un climat subtropical,
doux jusqu’au cœur de l’hiver. Les littoraux
incitent à la détente avec des plages de sable fin
et des eaux généralement calmes. L’activité volcanique est également un marqueur fort de l’île du
Nord. On y trouve geysers, fumerolles mais aussi
des volcans en activité, comme le Ruapehu, point
culminant de l’île. C’est également sur l’île du Nord
que la culture et la population maoris sont les plus
présentes. De loin la plus peuplée des deux îles,
elle héberge la capitale : Wellington et la plus
grosse ville du pays : Auckland.
À bien des égards, l’île du Sud est très différente.
Beaucoup moins peuplée, c’est très certainement
l’île qui offre le plus de nature sauvage et les paysages les plus alpins. Colonne vertébrale de l’île,
les Alpes du Sud séparent l’île en deux dans le
30
sens de la longueur en rythmant les paysages et
le climat de l’île. Le relief bloque une grande partie
des précipitations arrivant du sud-ouest ; la côte
ouest est donc particulièrement arrosée, en
témoignent les grandes forêts humides qui
couvrent cette partie de l’île, des fjords du sudouest aux faces abruptes du mont Cook. Au centre,
les Alpes du Sud sont un enchaînement de pics,
glaciers et falaises qui rappellent effectivement
leur homonyme de l’Hexagone. Sensiblement
moins hautes (le mont Cook culmine à 3 724
mètres d’altitude), leur situation géographique et
les conditions climatiques rendent les massifs
particulièrement exigeants pour les courses
alpines.
La côte est est sensiblement moins arrosée. De
grandes plaines agricoles occupent l’espace libre
entre les montagnes et le littoral. La ville de
Christchurch est la plus importante de l’île du Sud.
Elle se situe en bord de mer, au bord de la péninsule volcanique de Banks. Le nord de l’île est la
partie la plus clémente. Le climat y est plus doux
et le littoral plus sableux. C’est de cette partie de
l’île que viennent les fameux vins blancs de
Marlborough Sounds. Avec les lacs de la région de
Nelson, les bancs de sable de la côte nord-ouest
et les baies découpées du nord-est, cette zone
Alexandra
Paraschiv et
Tom Chirossel
Les auteurs de ce dossier
ont entamé en février
2017 un grand « tour du
monde des plus beaux
spots de bivouac », et
publient jour après jour les
itinéraires, images et récits
de leur périple sur leur
blog http://world-wildcamp.com. Également
présents sur les réseaux
sociaux, ils attaquent
désormais le continent
asiatique, avec comme
prochaines destinations
la Chine, le Vietnam,
la Birmanie ou le Népal.
Lac d’alpage du Sugar Loaf Pass, au
nord de Glenorchy , sur l’île du Sud.
la baie de Hoopers et ses bancs
de sable, à l’est de Dunedin.
31
NOU V E LLE- Z É L A N D E - É TAT D E S LIEU X
Le fameux Lone Tree,
au sud du lac Wanaka,
les pieds dans l’eau.
COMMENT
Y ALLER ?
Dès qu’il s’agit de
Nouvelle-Zélande, tout le
monde s’accorde à dire
qu’il faut y aller. Le prix
des billets et le temps de
vol en découragent
beaucoup. Avec un prix
moyen du billet aux
alentours de 2 000 € et un
temps de vol variant de
30 à 40 heures, il faut une
motivation solide pour
entreprendre le périple.
BRANCHÉ ?
Les prises électriques
utilisées en Nouvelle-Zélande sont de type I, à
trois fiches plates. Prévoir
un ou deux adaptateurs et
emporter quelques multiprises françaises en
complément.
OÙ DORMIR ?
Si les villes et les principaux spots touristiques
proposent auberges et
hôtels, le camping se
présente comme l’option
préférée de nombreux
visiteurs. En randonnée il
est généralement possible
de choisir entre bivouac,
camping et refuge. Quelle
que soit l’option choisie, il
est préférable de réserver
à l’avance en haute
saison, où de nombreux
établissements affichent
complet.
32
possède également quantité de paysages qui lui
sont propres. Enfin, pour finaliser le tableau, au
sud de l’île du Sud, Stewart Island est une petite
île boisée dont les forêts résonnent de chants d’oiseaux de toutes sortes.
UNE EMPREINTE HUMAINE
TRÈS RÉCENTE
Les paysages de la Nouvelle-Zélande sont donc à
la fois parmi les plus variés et les plus isolés au
monde. Malgré la taille conséquente de son territoire, ce sont parmi les dernières terres à avoir été
découvertes par l’homme, bien après les petites
îles perdues du Pacifique Sud. Les premiers
Maoris ont débarqué sur l’île entre le XIe et le XIIIe
siècle et y ont mené une vie proche de la nature
avec un impact minime sur leur environnement.
Il est communément admis que James Cook est le
premier Européen à découvrir ces terres Australes,
mais c’est en réalité le Néerlandais Abel Tasman
qui apercevra la côte ouest de ces îles pour la première fois, sans pour autant y débarquer. C’est de
là que la Nouvelle-Zélande tire son nom occidental, la Zélande étant une province néerlan-
daise. Avant l’arrivée des Européens, les Maoris
appelaient l’île du Nord Aotearoa, « pays du long
nuage blanc ». Dans la culture maori actuelle, ce
nom désigne généralement l’ensemble des deux
îles. La soif des Occidentaux à coloniser la planète
rattachera dans un premier temps le pays à l’Australie ; il deviendra ensuite une colonie britannique à part entière. Ce n’est qu’en 1947 que le
pays accède à sa propre souveraineté, bien
qu’étant toujours rattaché au Commonwealth et
à la couronne britannique.
UNE FAUNE ET
UNE FLORE UNIQUES
Son isolement géographique et l’apparition
récente de l’homme ont abouti à une faune et à
une flore très spécifiques, avec de nombreuses
espèces endémiques. Avant la colonisation
humaine, les oiseaux étaient les seuls à occuper
l’île, avec quelques chauves-souris comme seuls
mammifères. Les humains y ont introduit les premiers prédateurs terrestres (chiens, chats, rats,
furets et autres). Isolés du reste du monde, certains oiseaux avaient évolué de manière originale.
Lever de soleil sur
la péninsule de Banks,
à quelques kilomètres
de Christchurch.
LOUER UN VAN
C’est le cas du moa, une sorte d’autruche géante
pouvant mesurer jusqu’à 3,5 mètres de haut,
aujourd’hui disparue. Oiseau emblématique de
l’île, le kiwi est menacé du même sort. Ne sachant
pas voler, il est tout particulièrement vulnérable
aux nouveaux prédateurs de l’île. Sa population
a chuté de manière inquiétante lors du siècle précédent. Grâce aux différents programmes de protection du DoC (Department of Conservation,
équivalement à notre ministère de l’Environnement), le nombre d’individus est aujourd’hui
stable. Les rats, furets et autres mangeurs d’oiseaux et d’œufs ont été complètement éradiqués
de certaines zones, notamment autour et sur l’île
Stewart, au sud de l’île du Sud.
Le constat est le même du côté de la flore. 80%
des espèces végétales des deux îles ne se trouvent
qu’en Nouvelle-Zélande. En plus d’introduire des
espèces invasives, les hommes ont conduit une
campagne de déforestation terrifiante, en particulier au XIXe siècle, avant que le « Ressources
management Act » ne régule l’exploitation forestière dans le pays. Parmi les espèces typiques on
trouve le kaori géant, principalement sur l’île du
Nord, le christmas tree (pohutukawa) sur lequel
fleurissent des boules rouges autour des mois de
Faune
Le kea, un bien curieux perroquet
Longtemps mal aimé des Néo-Zélandais du fait de sa curiosité (jugée mal placée quand il s’agit d’arracher
des joints de portière), le kea est un perroquet qu’il n’est pas rare de croiser dans les reliefs des Alpes du
Sud. C’est le seul perroquet au monde que l’on peut croiser à des altitudes allant jusqu’à 3000 m. On dit
souvent de lui qu’il a un quotient intellectuel d’un enfant de quatre ans. Il utilise cette matière grise
pour découvrir le monde qui l’entoure au moyen de son bec crochu, avec un appétit curieux pour les
choses extraordinaires, comme les joints de portière, antennes, tentes, voire même chaussures de
randonnée. Lorsque les keas sont dans les parages, il est fortement recommandé de ne rien laisser trainer.
Le van aménagé se
présente comme une
solution de choix pour
visiter l’île. Les possibilités
de location sont
nombreuses et variées,
allant de la voiture
familiale aménagée au
gros campingcar. Compter de 150 à
300 NZD par jour en
haute saison, et entre
50 et 100 NZD en basse
saison selon les équipements et la taille de votre
van (2 à 6 places). Une
autre option plus économique peut être de louer
une simple voiture de
tourisme, et de dormir
dans les campings. Les
transports en commun ne
desservent que les villes
principales, majoritairement en bus. La plus
grande partie des trains
est destinée au fret, mais
il existe une ligne traversant les Alpes du Sud d’est
en ouest qui propose des
trains plus orientés
tourisme. Le passage
entre les deux îles principales peut se faire en
bateau ou en avion, avec
des liaisons quotidiennes
dans les deux cas.
33
La plage secrète
de Motukiekie Beach,
accessible uniquement
à marée basse.
décembre / janvier. Les fougères se trouvent également partout sur les deux îles. La silver furn
(Cyathea Dealbata), fougère au dessous argenté,
est devenu l’un des emblèmes du pays, repris
entre autres par l’équipe de rugby des All Blacks
et la compagnie aérienne nationale. Il n’est pas
rare de croiser des fougères arborescentes pouvant
atteindre une dizaine de mètres de hauteur.
GREAT WALKS,
REFUGES ET BIVOUACS
Le pays attire chaque année de plus en plus de
visiteurs, dont beaucoup viennent avec la ferme
intention d’user de la semelle sur les sentiers du
pays. En cherchant à organiser ses randonnées à
l’avance, il est facile de trouver pléthore d’informations sur les « Great Walks ». Au nombre de
neuf, les Great Walks sont des sentiers très bien
balisés, relativement faciles et très sécurisés.
Facile à réserver en ligne, c’est une bonne solution
pour ceux qui souhaitent planifier leur séjour à
l’avance et avoir toutes les informations et réservations sous la main avant de partir.
Ce confort a cependant un prix, en particulier en
34
haute saison (entre le 23 octobre et le 30 avril).
Les prix des refuges sont généralement doublés
sur cette période pour atteindre jusqu’à 140 NZD
(85 €) par nuit et par personne pour les itinéraires
les plus prisés. Il n’existe pas de solution de
demi-pension sur ces refuges. Ce prix vous donne
accès à un matelas en dortoir, une source d’eau et
des gazinières en libre accès pour faire sa popote
quotidienne. À côté de ce système des Great Walks,
il existe des centaines de petites cabanes coûtant
de 5 à 20 NZD la nuit et des milliers de kilomètres
de sentier plus ou moins marqués, souvent peu
fréquentés. Aux dires des locaux, les Great Walks
ont pour avantage de concentrer tous les touristes
au même endroit et de faire une entrée d’argent
pour maintenir un système de refuge peu coûteux
partout ailleurs. Vous voilà prévenus. Pour ceux
qui restent sur l’île plus longtemps, il est possible
de se procurer un pass (valable six mois ou un an)
vous donnant un accès illimité à une grande sélection de refuges. Niveau bivouac, la NouvelleZélande est plutôt tolérante. En dehors des rares
zones où il est spécifié autrement, le bivouac est
toléré à peu près de partout, du moment que la
COLOM B IE - É TAT D E S LIEU X NOU V E LLE- Z É L A N D E - É TAT D E S LIEU X
tente se situe à plus de 200 mètres du chemin
(500 mètres dans le cas des Great Walks).
LE PARADIS DU VAN AMÉNAGÉ
Des départs de sentiers souvent isolés et un système de transports en commun peu développé
font qu’il est compliqué de se déplacer autrement
qu’en voiture. Quitte à être motorisé, beaucoup
optent pour la solution du van aménagé (campervan, voir encadré). En plus de faire des écono-
mies sur le logement, cette formule permet
d’associer les avantages du camping avec le
confort d’un matelas et d’une structure résistante
aux intempéries. Si vous souhaitez visiter les deux
îles, il est tout à fait possible de louer la voiture
dans l’île du Nord pour l’abandonner dans l’île du
Sud, ou réciproquement. Pour ceux restant
quelques mois sur l’île la solution la plus économique sera d’acheter puis de revendre. Le marché
d’occasion de ce genre de véhicules est particulièrement bien fourni.
Que ce soit à l’achat ou à la location, l’option « self
contained » (ou voiture autonome, intégrant couchage et toilettes) est à envisager. Vu la popularité
grandissante de ce mode de locomotion, les NéoZélandais ont mis en place un système de certification de véhicules autonomes, l’idée étant de
minimiser l’impact des voyageurs sur l’environnement. Pour être certifié véhicule autonome, il
faut pouvoir stocker dix litres d’eau par personne
(en eau potable et en eaux usées) et disposer d’un
système de toilettes portatives avec un espace
conséquent pour les utiliser à l’intérieur du van.
Les campings pour passer la nuit sont nombreux.
Les moins cher sont ceux gérés par le Department
of Conservation. Là encore, il vous sera possible
de vous procurer un pass, proposé en option avec
de nombreuses compagnies de location. Certains
de ces campings seront réservés aux véhicules
« self contained », d’autres sont ouverts à tous.
L’application « Campermate » répertorie tous les
campings, points d’eau, douches et autres informations utiles pour ce genre de voyage. Pour ce
qui est du camping « sauvage », en bord de route
ou point de départ de randonnée, il est interdit
dans beaucoup d’endroits fréquentés. Lorsque
aucune introduction claire n’est signalée il est
souvent possible de s’arrêter pour la nuit. Du fait
du comportement peu scrupuleux de certains
voyageurs, les locaux ne voient pas toujours d’un
très bon œil ce genre de pratique.
REFUGES,
CAMPINGS,
PERMIS...
On peut tout réserver, ou
presque, sur le site du
Department of Conversation (DoC) : Great Walks,
refuges, campings, guides
de randonnée, permis de
pêche... Le site web de
l’institution (www.doc.
govt.nz) offre par ailleurs
une ressource très
complètes d’informations,
notamment sur les différents itinéraires à parcourir, avec des cartes très
précises (que l’on retrouvera également sur
www.topomap.co.nz).
TAUX DE CHANGE
La monnaie nationale est
le dollar néo-zélandais
(NZD). 1 NDZ équivaut
à 0,66 € : et 1 € vaut
1,66 NZD. Aucun souci
pour payer par carte
bancaire dans la plupart
des magasins du pays et
pour retirer de l’argent
aux distributeurs
automatiques.
Énergie
Un pays exemplaire
La Nouvelle-Zélande a su tirer profit de ses ressources naturelles. L’île du Sud tire profit de ses précipitations abondantes en produisant de l’électricité issue d’énergie hydraulique. L’île du Nord utilise l’activité
volcanique de ses terres pour produire de l’énergie géothermique. Environ 80% de sa production d’électricité est issue d’énergies renouvelables : hydraulique (60%), géothermique (16%), éolien (5%). Le
gouvernement a pour ambition de faire monter ce chiffre à 90% d’ici 2025. Les 19% restants sont
comblés pour moitié par la combustion de gaz naturel, l’autre moitié par la combustion de charbon et
de pétrole.
PRÊT À PARTIR ?
Retrouvez à chaque
instant tous les départs de
toutes les agences sur
notre moteur de
recherche de voyages
d’aventure :
bit.ly/departsnouvelle-zelande.
35
Haka et tatouages,
emblèmes de la culture
maori : le site historique
de Roturoa abrite l’institut
d’art et d’artisanat maori
de Nouvelle-Zélande.
36
COLOM B IE - É TAT D E S LIEU X D OS SIE R / NOU V E LLE- Z É L A N D E - C U LT U R E
WHAKAREWAREWA
Le souffle ancestral
des Maoris
DANS L’ÎLE DU NORD, À ROTURUA, LE SITE GÉOTHERMIQUE
DE WHAKAREWAREWA BOUILLONNE LITTÉRALEMENT, ENTRE
GEYSERS, FUMEROLLES ET LACS VOLCANIQUES. UN HAUT LIEU
DU PAYS, INTIMEMENT LIÉ À L’IDENTITÉ ET À L’HISTOIRE DU
PEUPLE MAORI, DES DANSES RITUELLES À L’ART DU TATOUAGE.
TEXTE ET PHOTOS : JEAN-MARC PORTE
L
e clou du spectacle, dans le grand complexe de Te Puia, c’est bien sûr le
temps du haka. Provocation physique.
Martellement des voix et des talons.
Pour une centaine de visiteurs ce
soir-là, la puissance de cette démonstration ritualisée de colère et de défi restera le moment le plus
intense des quelques heures passées à la rencontre des traditions maories. Dès l’entrée, les
douze grands masques sculptés, représentant
chacun l’un des gardes divins de la culture Te
Awara, donnent le ton. La visite des maisons
d’avant l’arrivée des Pakehas (les Européens), le
parc d’observation des kiwis, les écoles (wananga)
de gravure sur bois (whakairo), de tissage et de
tressage (raranga), la longue pirogue noire et rouge
(waka), l’accueil des danseurs sur le Marae et la
maison communautaire (wherenui), la cuisson
géothermale du grand repas (hangi) final, tout est
allé très vite. Le condensé proposé, rapprochant
culture et tourisme, installé sur les collines luxuriantes au sud du lac Rotorua, est parfait.
BOUILLONNANTES ORIGINES
Gestion ultramoderne d’univers perdus ? Tout
dépend des points de vue. Derrière l’efficacité du
show, un immanquable du lieu ne cesse de
ramener le visiteur à une authenticité sans appel :
l’immense grondement et le panache du grand
geyser de Pohutu. Les points sur ce métronome
géologique (une à deux éruptions toutes les
heures) environné de sources chaudes et de mares
de boue brûlante sont probablement les mêmes
qu’il y a six à sept cents ans. Les dates précises
Pounamu
Les jades de l’île du sud
Immense pan de la culture maorie, les pendentifs sculptés (pounamu) de néphrite de jade, sont considérés aujourd’hui encore comme de véritables trésors par leurs possesseurs. Les plus anciens se transmettent de génération en génération, et la puissance de leur mana servait fréquemment à sceller
décisions et engagements respectifs entre tribus. Sous différents styles, il n’existe que quatre types
de pounamu, représentant la mer, le ciel, la végétation et les larmes. Les sites de collecte des néphrites,
situés dans l’île du Sud, sont interdits aux non Maoris.
C’EST OÙ ?
Située sur l’île du Nord,
Rotorua est implantée
sur la rive sud du lac
éponyme, sur la côte
nord de l’île. Accessible
en 3h de route depuis
Auckland, la ville est
également dotée d’une
gare et d’un aéroport
régional (45 mn depuis
Auckland, 1h30 depuis
Wellington).
CHEF MAORI
Charles Royal se fera un
bonheur de vous perdre
dans la forêt primaire à la
recherche de votre repas
de midi. À l’envers des
trips survie, une
expérience raffinée entre
cuisine moderne et
savoir-faire ancestraux,
remplie de légendes et de
médecine maori…
www.maorifood.com
37
D OS SIE R / NOU V E LLE- Z É L A N D E - C U LT U R E
Installé à Te Puia,
l’artiste et tatoueur
Jason Philpps est un
maître du tamoko,
l’art du tatouage maori.
UN HAKA
À TE PUIA ?
A Rotorua, le centre
Te Puia mise juste entre
partage culturel et
tourisme. Geyser monstre
et repas maori « à la
vapeur », danses et
légendes, le tout au cœur
du système géothermal
de Whakarewarewa…
Immanquable sur
Hemo Road.
www.tepuia.com
L’ART DU
TATOUAGE
Installé dans le village
maori de Whakarewarewa, l’artiste Jason Phillips
perpétue la tradition
du tā moko, le tatouage
maori. Les techniques ont
évolué, mais l’atmosphère
qui entoure le travail de
Jason Philips est une
étonnante plongée dans
l’esprit des lieux.
whakarewarewa.com
38
des premiers arrivants restent auréolées de mystère, mais depuis des siècles et des siècles la vallée
de Te Whakarewarewa est un haut lieu de l’implantation des Maoris dans l’île du Nord.
Légende de feu ? La mémoire de Ngatoro-i-rangi,
figure majeure de la découverte et de la fondation
d’Aotearo, la « terre du nuage blanc » est intimement liée à la région. Chaman initié au mana, mais
encore navigateur hors pair, il fut le premier à
franchir le vide du Pacifique depuis la mythique
terre des origines, commune à de nombreuses
cultures polynésiennes, Haiwaiki. Il s’installa dans
la caldeira actuelle ; on imagine aujourd’hui sans
peine, en se promenant à Rotorua dans les fumerolles de Government Garden, le mélange de
crainte et de facilité que ce hotspot tectonique,
bouillonnant et fumant, représenta pour les
Maoris, de la cuisson des aliments aux bains
rituels dans les boues chaudes.
DE NEW YORK À OSLO
Histoire courte, histoire longue ? Les guides, danseurs ou artistes maoris du centre perpétuent
aujourd’hui ce qui fut en réalité, une activité fondatrice du tourisme néo-zélandais. Dès le milieu
du XIXe siècle, les femmes maories de la région
impressionnèrent par leur dignité et leur beauté
des voyageurs venus visiter les Pink and White
Terraces, détruites en 1886 lors de l’éruption du
Tarawera tout proche. « On voit bien que depuis
Comprendre
Le haka
Rendu mondialement célèbre depuis que les All Blacks, l’équipe de rugby à XV de Nouvelle-Zélande,
l’interprète au début de chaque match, le haka est une danse rituelle des îles du Pacifique Sud pratiqué
lors de conflits, de manifestation de protestation, de cérémonies ou de compétitions amicales pour
impressionner les adversaires. Désignant d’une manière générique toutes les danses maoris, il illustre la
passion, la vigueur et l’identité de celui qui le pratique ; la réputation des tribus reposant en partie sur
leur habileté à réaliser le haka.
On imagine sans peine le mélange
de crainte et de facilité que ce hotspot
tectonique, bouillonnant et fumant,
représenta pour les Maoris
Les brumes de vapeur
sur le geyser de Taupo :
autour de la star de
Whakarewarewa,
la zone volcanique de
Taupo abrite environ
500 sources chaudes
et sept geysers actifs.
À NE PAS
MANQUER
toujours, la terre de Rotorua est très particulière
pour les Maoris », insiste Jason Philpps, maître du
Tamoko, l’art du tatouage maori. Installé dans un
étonnant village au cœur des piscines d’eau
chaude, dans un monde irréel tout de petites maisons de bois balayées de fumerolles, entre stages
de spiritual healinget magasins d’artisanat, son
studio de tatouage ne désemplit pas. « Ici, c’est
aussi un hotspot de notre culture actuelle. Comme
un lien vivant avec le passé, nos ancêtres et leur
savoir. Nous sommes plus que majoritaires dans
le coin, alors qu’ailleurs, les Maoris sont un peu
noyés dans la population. Et ce qui change ces
dernières années, c’est que nous ne nous considérons plus du tout comme des citoyens de seconde
zone. Regardez le tamoko. Nos tatouages, ses symboles et ses motifs, sont aujourd’hui identifiés et
appréciés dans le monde entier. Dans des rues de
New York ou dans un bureau d’Oslo, un homme ou
une femme peuvent aborder sur leur peau les
motifs et l’esprit même de notre culture. Je suis
assez fier de cela. Cette culture-là, sacrée à bien
des égards, a survécu. Et elle est reconnue ».
Autre visage de cette reconquête : sous une pluie
battante, en pleine forêt primaire, Charles Royal
fait ses courses. Ce chef (cuisinier) maori est un
habitué du grand dehors. Ancien militaire, il croise
désormais son savoir-faire en terrain difficile avec
celui, ancestral, de la cuisine maorie : « Autrefois,
tout venait de la mer et de la forêt. Tout était bouilli,
ou fermenté pour la difficile saison d’hiver. Tout à
l’heure, nous allons cuire et manger tout ce que
nous allons récolter. Des patates douces (kumara)
aux jeunes feuilles de fougères (pikopiko), on va
tout trouver, et même assaisonner ce menu de la
forêt avec des herbes que les anciens réservaient
à la médecine et aux cérémonies, comme le kawakawa ».
À partir de Rotorua,
difficile de manquer les
sites géothermiques
actifs. Dans cette véritable
bouilloire géologique
vénérée par les Maoris,
les possibilités de visite
sont nombreuses.
Outre Whakarewarewa,
on découvrira, parmi
les sites les plus célèbres,
Wai-o-tapu, à une petite
heure de Rotorua
(www.waiotapu.co.nz).
Plus spectaculaire
encore : un vol en hélicoptère (www.helipro.co.nz)
sur Whakaari (White
Island). Au large des
côtes, l’arrivée et la
marche sur cette
cocotte-minute sous
pression sont une
aventure.
39
NOUVELLE-ZÉLANDE
Nos itinéraires
coups de cœur
DES GLACIERS AUX FORÊTS PRIMAIRES, EN PASSANT PAR LES FJORDS,
VOLCANS OU PLAGES DE SABLE FIN, LA VARIÉTÉ DES PAYSAGES DE
NOUVELLE-ZÉLANDE SAURA RASSASIER TOUS LES VOYAGEURS ÉPRIS
DE NATURE. NOS REPORTERS ONT PASSÉ PLUSIEURS MOIS
SUR LE TERRAIN, À ARPENTER JOUR APRÈS JOUR LES GRANDS
ESPACES SAUVAGES DU PAYS, ET NOUS INVITENT À DÉCOUVRIR
LEUR FLORILÈGE DES PLUS BEAUX ITINÉRAIRES COULEUR KIWI.
TEXTE ET PHOTOS : TOM CHIROSSEL ET ALEXANDRA PARASCHIV
L’un des ponts suspendus de
l’itinéraire de Milford track.
40
NOU V E LLE- Z É L A N D E
LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
41
NOU V E LLE- Z É L A N D E
LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
Coucher de soleil
sur le fjord depuis
le bivouac de
Cascade Peak.
Milford Sound
UNE ÉTOILE AU PAYS DES FJORDS
Le fjord le plus emblématique
de toute la Nouvelle-Zélande est
l’un des seuls accessibles par voie
terrestre. Plusieurs possibilités
existent pour explorer ce fjord
mythique, de la randonnée en
lodge à la course alpine, en
passant par la balade en kayak.
Milford Sound est le fjord star de la Nouvelle-Zélande, sans doute grâce à son
accès routier. Situé dans la région la plus arrosée de l’île du Sud, le fjord reçoit
en moyenne sept mètres de précipitation annuelle. Mieux vaut prévoir un
poncho… On confond parfois Milford Sound avec Milford Track. Le premier
désigne le fjord proprement dit, alors que le second fait référence à la grande
randonnée faisant partie des Great Walks de Nouvelle-Zélande et qui vous fera
découvrir d’autres vallées quelques kilomètres plus au sud. Souvent désignée
comme la plus belle randonnée du monde, Milford Track est sans aucun doute
l’itinéraire le plus prisé de toute la Nouvelle-Zélande, et donc l’un des plus
réglementés. Il existe cependant deux sentes très peu connues, réservées aux
plus aventuriers, qui permettent de découvrir le fjord de Milford Sound : l’une
grimpe au sommet du Mitre Peak, montagne emblématique qui sculpte le paysage du fjord ; l’autre mène aux arêtes de Cascade Peak. Toutes deux délivrent
d’incroyables vues aériennes sur le fjord. Attention, ces deux itinéraires ne sont
en aucun cas balisés, et évoluent tantôt en pleine forêt humide, tantôt accrochés
à flanc de falaise (plusieurs pas d’escalade facile mais très exposés pour
rejoindre Mitre Peak). Une expérience de la randonnée alpine hors sentier sera
indispensable à ceux qui se lanceront sur ces itinéraires, parmi les plus spectaculaires du pays, mais au demeurant à ne pas mettre entre toutes les chaussures (1)… Pour les moins sportifs, on aura largement de quoi se consoler car
d’autres solutions, plus accessibles, existent pour explorer le fjord. Plusieurs
compagnies proposent notamment une boucle en bateau sur une durée de
quelques heures et il est également possible de louer un kayak de mer (guide
obligatoire) pour une exploration en douceur. Il n’est pas rare de croiser phoques
ou dauphins.
(1) Pour les itinéraires de Mitre Peak et Cascade Peak, les tracés GPX sont disponibles sur
world-wild-camp.com/milford-sound-mitre-peak-cascade-peak.
42
TOPO °
Milford Track
4 JOURS / 53,5 KM / FACILE
Heureuse rencontre lors
du retour vers le village
de Milford Sound.
Le sentier de grande randonnée de Milford
Track traverse d’anciennes vallées glaciaires
de la région des fjords (Fiordland), peuplées
d’arbres centenaires et d’oiseaux de toutes
sortes. La plus grande partie de l’itinéraire
se fait au fond de ces vallées aux parois
impressionnantes, d’où jaillissent des
cascades éphémères à la première goutte
de pluie venue. Le passage du col
Mackinnon offre quelques perspectives plus
aériennes sur ces vallées hors-normes.
L’itinéraire termine sa course à Milford
Sound (le fjord, cette fois-ci.) Du fait de la
topographie et de la fréquentation de la
randonnée, c’est la seule randonnée de
Nouvelle-Zélande où il n’est pas possible de
camper. Deux types d’hébergement sont
possibles : en refuge (il faut alors transporter 4 jours de vivres) ou en lodge avec guide,
repas et linge de lit inclus (il ne reste plus
qu’à transporter les pique-niques
journaliers fournis tous les matins). Il faut
également réserver un bateau pour vous
rendre au point de départ de la randonnée,
et un autre pour relier le point d’arrivée de
la randonnée avec Milford Sound. À savoir
également que deux heures de route
séparent le ponton de départ de celui
d’arrivée. Peu de personnes le savent, mais
il est possible de remplacer les deux heures
de bateau pour accéder au départ par une
bonne journée de marche via le Dore Pass.
Ce sentier ne fait pas partie de la Great
Walk, il ne sera donc pas indiqué depuis la
route (Coordonnées GPS du départ du
sentier : -44.947968°N, 168.016198°E), sera
un peu plus difficile et beaucoup moins
fréquenté. En revanche, il n’est pas possible
de rallier le point d’arrivée de randonnée à
Milford Sound Village sans prendre le
bateau.
→ Accès : départ classique par bateau sur la
route de Milford Sound, quelques
kilomètres au nord du village de Te Anau.
Arrivée au village de Milford Sound.
→ Hébergements : 4 refuges répartis le long
de l’itinéraire à réserver sur le site du
Department Of Conservation (www.doc.
govt.nz). Les refuges coutent 140 NZD / nuit
/ personne. Malgré le prix élevé, tout est
généralement complet dans les heures qui
suivent l’ouverture des réservations
(courant juillet). Pour une version plus luxe,
il est également possible de faire la
randonnée en lodge pour un prix total entre
2 000 et 3 000 NZD suivant les options choisies,
à réserver sur www.ultimatehikes.co.nz.
Étape 1
Te Anau Lake - Clinton Hut
1 h 30 / 5 km / + 40 m
Après les deux heures de bateau pour
traverser le lac de Te Anau, une toute petite
première étape de marche permet d’arriver
au refuge. Il faut en profiter pour flâner aux
alentours du refuge ou rajouter un petit
aller-retour en direction du col de Dore en
suivant une petite sente qui serpente dans
la forêt
Étape 2
Clinton Hut – Mintaro Hut
6 h / 16,5 km / + 250 m
On remonte la vallée jusqu’au refuge
suivant. Tout au long de l’étape, les
paysages se font de plus en plus encaissés,
jusqu’à finir au pied des falaises où se
trouve le refuge Mintaro.
Étape 3
Mintaro Hut – Dumpling Hut
7 h / 17 km / + 800 m
Le jour J. C’est au cours de cette étape que
le sentier monte au point culminant de la
randonnée. La montée commence quelques
centaines de mètres après avoir quitté le
refuge. Au col Mackinnon, les vallées
sculptées par les glaces et les pics
environnants se dégagent. Après la
descente, il est possible de rajouter un
aller-retour à l’impressionnante cascade
Sutherland Falls, à ne pas manquer, surtout
s’il a plu récemment.
Étape 4
Dumpling Hut - Sandfly point
6 h / 18 km / - 30 m
Dernière étape de la randonnée. Cette
fois-ci, il suffit de se laisser glisser dans la
vallée Arthur jusqu’au fjord de Milford
Sound. Une fois passé la fin de l’itinéraire, il
faut prendre le temps de faire un petit
aller-retour optionnel le long du fjord. Le
bateau assure ensuite la liaison jusqu’au
village de Milford Sound.
43
NOU V E LLE- Z É L A N D E
LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
TOPO °
Mitre Peak
2 JOURS / 19,5 KM / EXPERT
Si la vue sur Milford Sound est aussi belle, c’est en grande partie dû à son
pinacle central : le Mitre Peak. Avant l’arrivée des Occidentaux, les Maoris
l’avaient baptisé Rahotu, qui se traduirait par « symbole de virilité
masculine ». Le pic se dresse en effet fièrement quelque 2 000 mètres
au-dessus du fjord, sculptant le paysage par sa présence. Tout en
verticalité, l’arête jaillit des eaux pour venir percer le ciel. Depuis le fond
du fjord, Mitre Peak semble être une montagne inaccessible. Mais la
perspective est trompeuse : une petite sente permet de se hisser sur le fil
d’arête jusqu’au sommet. Pour ceux qui ne disposent pas de leur propre
embarcation, il faudra prévoir de se faire déposer en bateau (Sea Kayak,
rosco@roscosmilfordkayaks.com). Il vous sera demandé d’avoir déjà fait
quelques courses alpines et il faut avoir en sa possession une balise de
détresse ou une radio.
Pour les plus sportifs, il est possible de faire l’aller-retour sur une (très)
grosse journée (+2 700 m !), mais prévoir un bivouac sur l’arête rendra l’ex-
44
périence plus exceptionnelle encore. Le premier étage est occupé
par une épaisse forêt humide. Au fur et à mesure que l’on s’élève,
la végétation se fait de plus en plus basse, jusqu’à ne laisser que
de la roche sur le dernier étage. Une fois en haut, la vue s’ouvre
non seulement sur le fjord en contrebas mais également sur
l’ensemble des sommets voisins. Pour ceux qui n’auraient pas
prévu assez en eau, une petite mare d’eau stagnante peut
dépanner, à condition de pouvoir filtrer et traiter (coordonnées
GPS -44,64244°N, 167,86826°E). Quelques petits pas d’escalade
sur du bon granit sont nécessaires pour arriver sur l’arête finale.
Une fois proche du sommet, l’ouverture du fjord sur la mer de
Tasman se dégage, le tableau sera alors complet.
→ Accès : accès au point de départ par bateau taxi depuis
Milford Sound village.
→ Hébergement : bivouac.
TOPO °
Cascade Peak
2 JOURS / 11,7 KM / TRÈS DIFFICILE
On atteint Cascade Peak par une autre
sente cachée au départ du village de
Milford. Moins technique et moins exposée
que Mitre Peak, cet itinéraire offre des vues
au moins aussi spectaculaires, sinon plus. Le
parcours s’avère particulièrement difficile à
suivre, mais les efforts sont amplement
récompensés. La première partie de
l’itinéraire est relativement simple, en
suivant un pipeline qui monte directement
au-dessus du village. Les choses se
compliquent ensuite. À la fin du pipeline, on
descendra dans le lit de la rivière donnant
naissance à l’impressionnante cascade de
Bowen Falls avant de trouver un passage
pour traverser en toute sécurité puis de
monter dans la pente en face pour rejoindre
le fil de l’arête. Sur cette portion, la sente
est particulièrement timide. Difficile de ne
pas la perdre. Une fois sur l’arête, les
premières vues se dégagent. Le Mitre Peak
et le fjord à ses pieds qui file vers la mer de
Tasman forment un tableau majestueux.
L’arrivée au premier petit sommet se fait
sans trop de problèmes. Pour continuer
jusqu’au sommet de Cascade Peak
(+2 070 m au total), il faut de nouveau se
débattre contre une végétation qui ne
demande qu’à reprendre ses droits sur une
trace rarement empruntée. La descente se
fera par le même itinéraire. Il est fortement
conseillé d’enregistrer l’itinéraire de
montée, cela évitera les mauvaises
surprises à la descente…
→ Accès : départ de la sente au bord de la
route entre Milford Sound village et le port
(avant la passerelle piétonne en bois).
→ Hébergement : bivouac.
Bivouac sur l’arete de Cascade Peak.
Vue surplombant
le fjord depuis le
sommet de
Mitre Peak.
45
NOU V E LLE- Z É L A N D E
LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
Mueller Track et Sefton Bivy
UN BALCON SUR LE MONT COOK
Un bivouac de rêve,
en promontoire sur
le mont Cook.
Depuis Mount Cook Village, la vallée de Hooker propose deux itinéraires à ne pas manquer :
la Mueller Track et Sefton Bivy. Tous deux offrent un spectaculaire panorama sur le célèbre
mont Cook (Aoraki), point culminant de la Nouvelle-Zélande à 3 724 m d’altitude.
Situé dans le parc national du Aoraki / Mount Cook, Mount Cook
Village pourrait être assimilé à un Chamonix néo-zélandais. Berceau
de l’alpinisme dans l’île, on y trouve notamment un musée destiné
à Edmund Hillary (premier homme à atteindre le sommet de l’Everest avec Tensing Norgay), originaire de la région. Plusieurs randonnées démarrent du village même. Pour une sortie à la journée, il est
possible de faire une balade de trois heures aller-retour jusqu’au
lac Hooker, avec un dénivelé quasi nul, et de très belles vues sur la
vallée et les glaciers alentour. Mais pour passer plusieurs jours dans
les parages et s’imprégner davantage de l’ambiance alpine de
Nouvelle-Zélande, deux itinéraires sont fortement recommandées :
Mueller Track et Sefton Bivy.
MUELLER TRACK
Mueller Track fait partie des randonnées très réputées et donc très
prisées. Il sera difficile de se retrouver seul. Une ascension sur un
sentier aménagé de marches qui n’en finissent plus permet d’accéder au premier point de vue intéressant de la randonnée. La
seconde partie, plus sommaire, amène au refuge Mueller où il est
possible de passer la nuit. La réservation de la place en refuge ou
de l’emplacement de tente peut se faire en ligne ou directement
dans un des bureaux d’information du DOC (Department Of
Conservation). L’itinéraire ne se fait qu’en aller-retour, souvent à la
journée, même s’il serait dommage de rater les couleurs du lever et
coucher de soleil sur la vallée. Pour s’échapper également de la foule
et se retrouver en promontoire direct de la vallée et du glacier
46
Mueller, il est possible de descendre sur l’arête nord-est depuis le
col. N’étant pas une Great Walk, en respectant une distance de 200 m
du sentier, il est même possible de bivouaquer sur un petit promontoire face au mont Cook (3 724 m) et au glacier Huddleston. De cet
endroit, sur le versant ouest de la vallée, une petite cabane rouge
se détache très discrètement du bleu et blanc des glaciers. La petite
cabane perchée de Sefton Bivy
SEFTON BIVY
Sefton Bivy est une petite cabane très rustique mais chargée d’histoire, perchée sur la vallée Hooker au-dessus des séracs du glacier
Te Waewae. De par sa taille, elle ne peut accueillir que trois ou quatre
couchages à même le sol. Il s’agit de la plus vieille hut du parc
national de Aoraki / Mount Cook. La cabane de Sefton a été construite
dans les années 1900 par les alpinistes désireux de gravir le mont
Sefton et le mont Footstool plus aisément. Depuis, elle a gardé son
état originel et demeure utilisée par les alpinistes. L’itinéraire pour
y accéder est plus sauvage. Dépourvu de balisage, il est assez difficile à trouver. Il faudra commencer par le sentier qui mène au lac
Hooker puis l’abandonner et se faufiler le long d’un ruisseau.
L’ascension est également plus escarpée, certains passages nécessitent de s’aider de ces mains. Le bivouac là-haut est gratuit, mais
pour des raisons de sécurité il faudra s’enregistrer auprès du DOC.
Si la cabane est déjà au complet, les emplacements de tente ne
manquent pas.
TOPO °
TOPO °
Mueller Track
Sefton Bivy
→ Fréquentation : élevée.
→ Accès : Depuis le parking du Camping White Horse Hill, à 10 mn
de Mount Cook village.
→ Hébergements : Lits en dortoir au refuge Mueller (36 NZD/
nuit/p) ou sur un emplacement tente (15 NZD/nuit/p).
→ Fréquentation : faible.
→ Accès : Depuis le parking du Camping White Horse Hill, à 10
min du Mont Cook village.
→ Hébergements : dans la cabane Sefton selon les places
disponibles ou sur un emplacement de tente. Hébergement
gratuit.
(2 JOURS / 10 KM / PEU DIFFICILE)
Étape 1
White Horse Hill - Mueller Hut
4h / +1 014 m / -146 m / 5 km
Depuis le camping White Horse Hill, le départ du sentier est bien
marqué. L’itinéraire débutera par une ascension de 2000 marches
qui mènera au premier point du vue de Sealy Tarn. Une
gigantesque table en bois invite au pique-nique. Par la suite, les
marches bien aménagées laissent place à un sentier plus rustique
(balisage orange) jusqu’au col Sealy. Le petit sommet sur la droite
offre une vue imprenable sur la vallée. C’est également de là qu’il
est possible de descendre sur l’arête Nord et y bivouaquer en
toute tranquillité. L’itinéraire jusqu’à la Mueller Hut se fait sur de
grosses dalles rocheuses. La Hut est plutôt charmante, d’un beau
rouge qui tranche avec la couleur de la roche. Il y a une salle
hors-sac, des toilettes sèches et des plaques de cuisson.
Étape 2
Mueller Hut - White Horse Hill
3h / +146 m / -1 014 m / 5 km
Le lendemain, le retour au parking se fait par le même chemin.
Cela dit, pour agrémenter la sortie, il est possible de prolonger
l’ascension jusqu’au Mont Ollivier. Il s’agit d’un parcours d’arêtes
rocheuses plutôt étroites où il faudra s’aider de des mains par
moment. Cela rajoutera une bonne heure à la journée.
(2 JOURS / 6,5 KM / + 970 M / ASSEZ DIFFICILE)
Étape 1
White Horse Hill - Sefton Bivy
4h / +970 m / -105 m / 6 km
Depuis le parking du camping de White Horse Hill, il suffit de
suivre le chemin aménagé qui mène au lac Hooker sur 2 km. À
l’approche d’un petit abri se situant avant le 3e pont suspendu, il
faudra le quitter pour s’aventurer sur une piste non balisée, le
long de la rive droite du ruisseau. Avec un peu de chance, les
cairns qui marqueront le début de l’ascension auront été épargnés
par les avalanches. Sinon, il est vivement conseillé de se munir
d’un tracé GPS afin de le suivre. L’ascension est plutôt rude et
nécessite d’avoir le pied sûr, mais les efforts seront récompensés
par la vue une fois arrivé au bivouac.
Étape 2
Sefton Bivy – White Horse Hill
3h / +105 m / -970 m / 6 km
Le retour se fait par le même itinéraire. Toutefois il est possible de
s’aventurer un peu plus haut en escaladant les langues rocheuses
pour se retrouver en face du champ de glace et de séracs. La
proximité avec les séracs du glacier Te Waewae est impressionnante.
La cabane perchée
de Sefton Bivy.
47
NOU V E LLE- Z É L A N D E
LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
Jackson Peaks
ARÊTES HORS SENTIER AU DESSUS
DES LACS TE ANAU ET MANAPOURI
Les Jackson Peaks offrent un itinéraire de crête
magnifique. Hors sentier mais relativement
accessible, solitude garantie !
À quelques centaines de mètres du Kepler Track, l’un des neuf Great
Walks de Nouvelle-Zélande, Jackson Peaks est un havre de paix
dispensant, par son itinéraire évoluant sur des lignes de crêtes saillantes. Logiquement, les vues sont donc au rendez-vous. La montée
au dessus de la ligne de forêt est en commun avec (les foules de)
l’itinéraire du Kepler Track. La forêt humide est tout ce qu’il y a de
plus typique de Nouvelle-Zélande : un tapis de petites fougères
diverses et variées, quelques fougères arborescentes le tout sous
une canopée d’arbres centenaires. La sortie de la forêt se fait d’un
coup, à la sortie d’un virage. Ici pas d’étage intermédiaire : les prairies d’altitude bordent la forêt primaire. La vue se découvre sur tout
le bassin de Te Anau.
Quelques passerelles permettent ensuite de traverser des zones
humides au milieu des alpages, sans se mouiller les pieds et sans
détruire la végétation sensible de ce genre d’écosystème. Peu après
la sortie de la forêt, le refuge Luxmore, récemment rénové, se présente comme une option de choix pour passer la nuit là-haut. La
salle commune offre une vue à 180° sur les alentours. Great Walk
oblige, il convient de réserver sa place au refuge relativement à
48
l’avance pour les périodes les plus demandées. Pour ceux qui sont
plus orientés bivouac, on posera la tente sans problème non loin
de là. Comme de partout en Nouvelle-Zélande, le bivouac sauvage
est autorisé du moment que la tente se trouve à plus de 200 mètres
d’un chemin (plus de 500 mètres dans le cas des Great Walk). Coup
de bol, un petit sommet se trouve à exactement à 500 mètres du
Kepler Track, et un petit replat permet de poser la tente. À quelques
pas de là, la grotte Luxmore vaut également le détour. À condition
de s’équiper de frontales il est possible de s’enfoncer assez loin dans
les différents boyaux souterrains qui semblent n’en plus finir.
Certains passages nécessitent de se mettre à quatre pattes, voire de
ramper, mais il n’y a aucune difficulté technique et l’ensemble de
la visite est très ludique.
La partie alpine de l’itinéraire commence un peu plus haut, après
le sommet du mont Luxmore. Il faut quitter le chemin juste après
l’abri Forest Burn Shelter pour rejoindre les lignes de crêtes. C’est
évidemment un peu plus délicat que le sentier classique, mais sans
pour autant présenter de difficulté technique majeure. Il faut jouer
un peu avec la crête par moment pour trouver le coté où ça passe
le mieux, mais il est possible de réaliser tout l’itinéraire sans avoir
à faire d’escalade. Une fois au sommet principal des Jackson Peaks
(1 622 m), le plus simple est de faire demi-tour par les mêmes arêtes.
Il est possible de boucler par le sommet Est, mais cela implique
ensuite une descente en pente herbeuse très raide, puis la traversée
d’une zone de buissons assez malcommode et une section un peu
exposée avant de rejoindre de nouveau l’itinéraire au niveau du
Forest Burn Shelter. Pour experts uniquement.
TOPO °
Jackson Peaks
(3 JOURS / 47 KM / DIFFICILE)
→ Fréquentation : nulle
→ Accès : même départ que pour la Great
Walk Kepler Track. Au village de Te Anau,
prendre la route Manapouri-Te Anau qui
mène à un gros parking (Great Walk).
Possibilité de partir directement du village
de Te Anau en bateau, ce qui permet de
raccourcir la première étape de quelques
kilomètres.
→ Hébergements : bivouac ou refuge
Luxmore Hut (140 NZD).
Étape 1
Parking Kepler Track –
Luxmore Hut
6 h / 14 km / +900 m
En belvedère de la
région des Fiordland.
L’itinéraire du Great Walk est facile et très
bien indiqué. Il suffit de suivre les
indications pour monter au refuge qui
marque la fin de la première étape. Bivouac
possible en quittant le chemin pour rester
sur la ligne d’arête jusqu’au petit replat qui
permet de poser la tente.
Étape 2
Boucle Mont Luxmore –
Jackson Peaks
7 à 8 h / 14 km / +900 m / - 900 m
Programme de la journée : une petite
quinzaine de kilomètres de crêtes. On
monte sur le mont Luxmore avant de
poursuivre sur le Kepler Track puis de
bifurquer sur la gauche vers le parcours
d’arête des monts Jacksons (en boucle ou
aller-retour).
Étape 3
Luxmore Hut –
Parking de Kepler Track
5 h / 14 km / - 900 m
Même itinéraire que le premier jour, cette
fois dans le sens de la descente. Pour ceux
qui n’ont pas peur des longues étapes il est
possible de l’enchainer avec le parcours
d’arête mais cela rend l’étape très
consistante.
Exploration de la grotte
de Luxmore Cave.
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LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
Abel Tasman
Lorsque la marée est suffisamment
haute, le kayak est idéal pour explorer
l’intérieur des baies.
LA CÔTE EN RANDO-KAYAK
Le parc national d’Abel Tasman est assez
unique en Nouvelle-Zélande, tout particulièrement pour l’île du Sud. À l’extrémité
nord de l’île, à quelques dizaines de kilomètres des sommets de Nelson Lakes et des
forêts humides de la côte ouest, les plages
de sable blanc se succèdent les unes après
les autres. Si les fougères arborescentes ne
remplaçaient pas les palmiers il serait
impossible de ne pas se croire sous les tropiques. Il existe plusieurs possibilités pour
découvrir la zone. Par la terre ferme, il est
possible de combiner le sentier littoral, celui
de la Great Walk, avec un autre sentier à
l’intérieur des terres pour ainsi faire une
boucle. Une autre solution très intéressante
est d’associer randonnée pédestre et randonnée en kayak. Plusieurs compagnies
proposent des locations de kayak au départ
de Marahau avec la possibilité de les « abandonner » plus ou moins loin sur le parcours
pour rentrer à pied. Une autre alternative
consiste à se faire déposer en navette maritime quelque part sur l’itinéraire pour rentrer à pied sans avoir à faire d’aller-retour.
50
TOPO °
Abel Tasman Track
2 À 8 JOURS / 60 KM / FACILE
→ Départ : Marahau / Wainui Bay. La possibilité de remonter tout ou partie de l’itinéraire par
la mer rend la durée totale et les étapes ajustables sur mesure. Il faut compter 4 à 5 jours
pour la totalité du sentier littoral dans un sens et à peu près autant pour l’autre sens en
kayak, mais il est tout à fait possible de ne faire qu’une partie de l’itinéraire.
→ Fréquentation : importante.
→ Accès : le départ se fait en général du village de Marahau, à 1h30 de voiture de la ville de
Nelson. C’est ici que vous pourrez louer des kayaks ou embarquer sur une navette qui vous
amènera au point de départ choisi.
→ Hébergements : Il est possible de dormir en tente ou en refuge. Vu la configuration de la
zone, il est à peu près impossible de s’éloigner de 500 m du sentier, il faudra donc dormir
dans les campings du Department of Conservation (DOC), à réserver bien à l’avance, en
particulier en haute saison. 4 refuges et 18 campings sont répartis le long de la côte. Les
refuges coutent 75 NZD (32 NZD hors saison) contre 30 NZD (15 NZD hors saison) pour les
campings.
Copland Track
DES SOURCES D’EAU CHAUDE AU BELVÉDÈRE DU MONT COOK
La vallée de Copland, située à l’ouest de l’île Sud de NouvelleZélande, s’ouvre sur la mer de Tasman, une petite demi-heure
au sud-ouest du village de Fox Glacier. L’ouest de l’île est connu
pour ses pluies diluviennes et les sandflies (petites mouches
suceuses de sang...) assoiffées ; peu de chances d’être épargné
par l’une ou l’autre. Pour autant, l’itinéraire est vraiment superbe.
Il longe la rivière Copland, d’un bleu remarquable, jusqu’au col
de Copland (2 150 m). Le début du sentier se fera dans une belle
forêt luxuriante et se finira sur une arête rocheuse en promontoire des faces glaciaires du mont Cook. La longueur du parcours
et le dénivelé gravi en font un itinéraire éprouvant mais largement récompensé par la vue depuis le col et par la présence de
sources d’eaux chaudes, les seules naturelles de l’île du Sud.
Les sources sont une raison suffisante pour justifier les sept
premières heures de marche. Il y a trois bassines d’un beau vert
pâle à différente température, entre 35 et 40°C. Le sentier très
bien balisé jusqu’aux sources se fera plus discret jusqu’au dernier refuge Douglas Rock Hut pour se faire très timide jusqu’au
col de Copland. Beaucoup de visiteurs ne passeront que deux
jours dans la vallée, juste histoire d’aller barboter dans les
sources, mais l’aller-retour jusqu’au col Copland vaut le détour.
Pour les aventuriers, il est même possible de relier le Ball Pass,
de l’autre côté de la vallée Hooker, par un périple d’une semaine
entre moraine et glacier. Mais ce dernier nécessite du matériel
d’alpinisme (crampons, corde et piolet).
Une récompense
attendue après la
marche : un petit bain
chaud dans les sources
de Welcome Flat.
TOPO °
Copland Track
2 À 4 JOURS / 36-54 KM / PEU DIFFICILE À TRÈS DIFFICILE
→ Départ / arrivée : parking situé au sud-ouest de Fox Glacier.
Itinéraire en aller-retour.
→ Fréquentation : fréquenté (basse vallée) à très faible
(haute vallée et col).
→ Étapes : deux jours sont nécessaires pour l’itinéraire A/R
jusqu’aux sources. Il faut en compter quatre pour monter jusqu’au col.
→ Accès : 30 mn depuis le village Fox Glacier ou 3 heures
depuis Wanaka
→ Hébergements : Différents hébergements sont possibles sur
réservation auprès du DOC (Department of Conservation) Architect
Hut (5 NZD/nuit/p), Welcome Flat Hut (15 NZD) et Douglas Rock Hut
(5 NZD).
51
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LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
Robert Ridge et Angelus Peak
Bivouac sur les bords
d’un lac durant le trek
de Robert Ridge.
UN PARCOURS D’ARÊTE ENTRE LACS ET SOMMETS
La région des lacs Nelson est un parc national bordé par les lacs Rotoroa et
Rotoiti situé à une heure et demie de Nelson, ville au nord de l’île du Sud de
Nouvelle-Zélande. L’itinéraire de Robert Ridge domine le lac Rotoiti, au départ
de la ville de Saint Arnaud. Il est possible de le réaliser en aller-retour, mais il
est plus intéressant de faire une boucle de quatre jours en commençant par les
bords du lac Rotoiti et en terminant en beauté par les hauteurs de Robert Ridge.
Un parking situé au bout de la Mount Robert Road permet de couper les premières longueurs du lac Rotoiti pour se plonger directement dans une forêt
semi-tropicale. L’itinéraire longera la rive ouest du lac où se prélassent des
cygnes noirs, puis sillonnera la rivière Travers entre forêt aux senteurs de
mousses et prairies de pampa dorée, pour enfin arriver après huit heures de
marche au premier refuge de Hopeless Hut. Malgré son nom, la petite cabane
n’a rien de désespérant, elle est située dans une forêt luxuriante avec une vue
sur le mont Hopeless et possède même un poêle à bois en cas de grand froid.
Pour monter au Sunset Saddle afin de rejoindre Robert Ridge, il faudra suivre
les cairns. Le sentier, plus discret, progresse à travers une moraine pour arriver
dans un cirque en contrebas du mont Angelus. Il est possible depuis le col de
faire un aller-retour au sommet, pour profiter du panorama à 360 degrés. La
vue depuis le Sunset Saddle est également interessante : deux petits lacs du
nom de Hinapouri Tarn se distinguent par un camaïeu bleu vert. Plus loin, au
départ de l’arête Robert Ridge, le deuxième refuge du parcours, Angelus Hut,
vient se perdre au bord du grand lac d’altitude du même nom. De là, l’arête de
Robert Ridge dessine une belle ligne droite jusqu’au promontoire du lac Rotoiti.
Si la traversée a été rude, il est également possible de passer une dernière nuit
au refuge de Bushline Hut, à 2 heures du parking.
52
TOPO °
Robert Ridge
3 À 4 JOURS / 49 KM / ASSEZ DIFFICILE
→ Départ / arrivée : Parking au bout de la Mount
Robert Ridge Road
→ Fréquentation : faible
→ Étapes : 3 ou 4 étapes sont nécéssaires pour
boucler l’itinéraire (+3 215 m au total). Une étape de
fond de vallée, une étape d’ascension, et une ou
deux étapes sur l’arête.
→ Accès : À la sortie de Saint Arnaud, prendre la
route 63 puis prendre la bifurcation qui mène au
Camping West Bay
→ Hébergements : Les refuges suivants sont à
réserver auprès du DOC (Department of Conservation) Coldwater Hut (5 NZD/nuit/p), Hopeless Hut (6
NZD), Angelus Hut (20 NZD) et Bushline Hut (15
NZD) ou 5 NZD en camping.
Tongariro Alpine Crossing
Lac emeraude au
sommet du cratère
du Tongariro.
ENTRE TERRES ROUGES ET LACS ÉMERAUDE
Au centre de l’île du Nord, le volcan Tongariro offre des
paysages lunaires à quelques dizaines de kilomètres des
plages de sable fin qui bordent l’île. Il faut quelque 700
mètres de montée pour que l’intérieur du cratère se dévoile
enfin. Il ne faut pas s’attendre à un gouffre béant, mais à
un plateau gigantesque orné de formes géométriques et
couleurs variées. Deux lacs viennent agrémenter le spectacle. La couleur du premier est étonnante. D’un vert émeraude qui tranche avec les alentours, le lac paraît tout droit
sorti d’un décor de science fiction. Quelques centaines de
mètres plus loin, l’itinéraire croise un autre lac, plus grand,
cette fois ci de couleur plus turquoise. L’itinéraire descend
ensuite graduellement un peu plus de 1 000 mètres de
dénivelé en sortie du cratère. La végétation commence de
nouveau à apparaître au fur et à mesure de la descente,
de l’autre côté du cône volcanique. L’itinéraire classique
se fait à la journée. Mais pour ceux qui ont plus de temps,
il est conseillé de rallonger d’un ou deux jours pour faire
une plus grande traversée et permettre de s’éloigner des
foules de la randonnée conventionnelle. Très connu pour
ses quelques apparitions dans Le Seigneur des
Anneaux comme la montagne du Mordor, le volcan
Ngauruhoe, quelques kilomètres plus au sud, sculpte le
paysage tout au long de la traversée.
TOPO °
Tongariro Alpine Crossing
1 JOURNÉE / 19 KM / PEU DIFFICILE
→ Départ / arrivée : Mangatepopo Road / Ketetahi Road. Du fait des
restrictions de parking au point de départ, la randonnée se fait dans un seul
sens. Il n’est pas possible de stationner plus de deux heures au parking de
Mangatepopo Road , il faut donc laisser la voiture au point d’arrivée et rallier
le point de départ en navette (il est facile de trouver un minibus au village
voisin de Whakapapa).
→ Fréquentation : itinéraire très fréquenté et très bien indiqué, l’itinéraire
classique ne présente aucune difficulté d’orientation. La plus grande
traversée nécessite un GPS ou de bonnes connaissances en lecture de carte.
→ Accès : Sur la route SH47, l’accès au point de départ se situe au Sud du lac
Taupo, à 4h de route d’Auckland ou 2h de Rotorua.
53
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LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
TOPO °
Queen Charlotte Track sous la mer de nuages.
Queen Charlotte
Track
3-5 JOURS / 32 À 70 KM / PEU DIFFICILE
Queen Charlotte Track est un long parcours (70 km, 5 jours)
au sommet d’une langue de terre filiforme coincée entre
deux bras de mer de la région des Marlborough Sounds. C’est
l’une des randonnées les plus convoitées du nord de l’île du
Sud de Nouvelle-Zélande. Elle sillonne tantôt dans une forêt
de Manuka, tantôt dans une forêt tropicale et se réalise en
aller simple. Elle débute du village de Anakiwa et se termine
sur la plage de la baie de Meretoto Ship Cove. Cependant, la
partie la plus intéressante de l’itinéraire, offrant les plus
beaux points de vue, se situe entre le col Te Mahia et le col
Akerbloms, tous deux accessibles en voiture. Il faut savoir
que la randonnée de Queen Charlotte Track (QCT) traverse
des propriétés privées et est gérée par l’association QCTLC ;
il y a donc un droit d’accès à payer de 18 NZD pour un pass
de 5 jours ou 10 NZD pour la journée.
→ Accès : Des liaisons en bateau relient les points de départ
et d’arrivée de la QCT depuis la ville de Picton pour une
traversée complète de l’itinéraire. Il est possible d’y accéder
en voiture pour un itinéraire partiel.
→ Fréquentation : très importante.
→ Étapes : pour une traversée partielle de trois jours, départ
depuis le col Te Mahia et arrivée au col Akerbloms (retour en
navette ou en auto-stop).
→ Hébergements : Sur cette portion en aller simple, il est
possible de passer deux nuits en camping et en refuge Camping de Black Rock (6 NZD/nuit/p) et camping de Bay of
Many Coves (6 NZD). Les hébergements de la QCT sont gérés
par le DOC (Department of Conservation).
54
TOPO °
Forêt enchantée sous le mont Stokes.
Mount Stokes
1 JOURNÉE / 4 KM / FACILE
Sommet des fjords du nord-est de l’île du Sud, le mont Stokes
domine toute la région des Malborough Sounds. Sensiblement plus haut que tous les petits sommets voisins, le
sommet offre un panorama magistral au-dessus des fjords
voisins. Son accès se fait en aller-retour dans une magnifique
forêt humide, avare en points de vue. La découverte des
alentours une fois arrivé au sommet n’en sera que plus
excitante. La région des Malborough est une enfilade de bras
de mer qui viennent découper aléatoirement la côte créant
quelques langues de terre filiformes. Le paysage vu de dessus
est assez invraisemblable. Il sera même possible d’apercevoir
les lumières de Wellington et le volcan pointu de Taranaki de
l’île du Nord. Une majorité de randonneurs montent en
aller-retour dans la journée, mais le coucher et lever de soleil
sur ces côtes découpées valent la peine de passer la nuit
là-haut en bivouac.
→ Accès : Une petite route permet de remonter le Queen
Charlotte Sound vers l’est jusqu’à Kenepuru Head. Il faut
ensuite suivre la Titirangi Road (piste de terre) jusqu’au
départ du sentier.
→ Fréquentation : moyenne.
→ Étapes : itinéraire en aller-retour. Il faut compter environ
trois heures de montée jusqu’au sommet pour deux heures
de descente.
→ Hébergements : Pas de refuge sur l’itinéraire ou au
sommet. Seul le bivouac est possible.
Le plus long des ponts de singes
du Robert Point trail.
TOPO °
Routeburn Track
et Key Summit
2-4 JOURS / 33 KM / FACILE
L’itinéraire de Routeburn Track fait partie des Great Walks de
Nouvelle-Zélande. Il sillonne plusieurs vallées s’étendant d’est
en ouest depuis le lac de Wakatipu jusqu’à la vallée menant à
Milford Sound. Le sentier traverse forêts humides, cascades
et lacs et passe à flanc de montagnes offrant de beaux
panoramas. Pour ceux qui souhaiteraient rallonger leur
aventure dans la région, il est possible de faire un aller-retour
à Key Summit, non loin du parking The Divide. Le lieu permet
d’avoir une incroyable vue sur le sommet du mont Christina.
Le sentier officiel s’arrête au belvédère de Key Summit,
pourtant au-delà, un sentier très discret continue jusqu’au
sommet suivant, à 1 500 m d’altitude. Étant éloigné de 500 m
de Key Summit, il sera même possible de bivouaquer au bord
de petits lacs.
→ Accès : l’itinéraire se réalise en aller simple et peut se faire
dans les deux sens. Depuis le parking The Divide sur la route
de Milford Sound à 1h30 de Te Anau ou depuis le parking à
30 mn au nord du village de Glenorchy. Une distance de
325 km sépare les deux extrémités de l’itinéraire, il faudra
prévoir un transport pour regagner son véhicule.
→ Fréquentation : assez importante.
→ Étapes : il est possible de parcourir l’itinéraire en trois
étapes de 11 km environ ou deux étapes de 16 km.
→ Hébergements : les refuges et campings suivants sont à
réserver auprès du DOC (Department Of Conservation). Les
prix sont indiqués pour la haute saison : Lake Howden Hut
(130 NZD/nuit/p), Lake Mackenzie Campsite (40 NZD);
Routeburn Falls Hut (130 NZD), Routeburn Flats Hut (130
NZD) et Campsite (40NZD). Il existe deux lodges version luxe
sur l’itinéraire, Lake Mackenzie et Routeburn Falls Lodge,
comptez 1400 NZD la nuitée et par personne.
TOPO °
Robert Point
1 JOURNÉE / 12 KM / FACILE
Sur une des parties les plus sauvages de la côte ouest de l’île
du Sud, les deux glaciers Fox et Franz Joseph attirent un
nombre important de visiteurs. Sur les faces ouest du mont
Cook, la vallée se confond dans un puzzle de forêts tropicales,
glaciers et falaises. Les Kiwis ayant leur propre conception
des parcs naturels, la zone est infestée d’hélicoptères,
autrement plus nuisibles que les sandflies, petites mouches
assoiffées de sang. Malgré cela l’endroit reste très beau. Cet
itinéraire mène à l’un des plus beaux points de vue sur les
glaciers de la côte ouest. Excellente alternative au panorama
« classique » du fond de vallée très fréquenté, le sentier monte au travers d’une magnifique forêt humide entre racines et
cascades. Quelques beaux ponts suspendus viendront
agrémenter la traversée, avant le point d’orgue de la balade :
le point de vue aérien sur le glacier et les falaises de la vallée
Franz Joseph.
→ Accès : Deux points de départ sont possibles : directement
depuis Franz Joseph Village ou sur la route d’accès au Franz
Joseph Glacier, environ 4 km avant le parking final.
→ Fréquentation : moyenne.
55
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TOPO °
Heaphy Track
4 À 6 JOURS / 78 KM / FACILE
La Great Walk de Heaphy Track est l’une des plus variées de
Nouvelle-Zélande en termes de végétation. Elle retrace le
parcours que faisaient les Maoris à la recherche de
greenstone (pierre de jade). La Great Walk se situe dans la
partie nord-ouest de l’île du Nord, dans le parc national de
Kahurangi. Au cours du même itinéraire, le sentier parcourt
une forêt épaisse couverte de mousse où le pohutukawa
(ou christmas tree) se pare de fleurs rouge vif autour de la
période de décembre. Plus loin, des zones de pampa dorée
éblouiront quelques passages et une forêt de palmiers-blaireaux endémiques de Nouvelle-Zélande offrira quelques aires
ombragées. La dernière partie, au sud, sillonnera la côte agrémentée de plages de sable fin.
→ Accès : L’extrémité nord de l’itinéraire se situe à 28 km de
Collingwood en voiture et l’extrémité Sud à 15 km de
Karamea. Les deux extrémités se situent à 46 km l’une de
l’autre ; prévoir un retour en navette pour rejoindre son
parking de départ.
→ Fréquentation : faible.
→ Étapes : L’itinéraire se fait en aller simple dans les deux
sens. Il peut être parcouru en six étapes de 8 à 18 km avec
cinq nuitées. Il est également possible de louer des VTT et de
suivre l’itinéraire en trois jours.
→ Hébergements : l’itinéraire total comprend neuf
hébergements en refuge ou en camping. Chaque nuitée sera
à réserver auprès du DOC (Department Of Conservation). La
nuit en refuge coûte 32 NZD par personne et l’emplacement
de tente de 14 NZD. Du nord au sud, on dépasse successivement Aorere Campsite, Perry Saddle Hut et Camping,
Gouland Down Hut et Camping, Saxon et James Mackay Huts
et Campings, Lewis Hut, Heaphy Hut et Camping et enfin les
campings de Katipo Creek et Scott Beach.
56
TOPO °
Whatipu Ridge
1 JOURNÉE / 5 KM / FACILE
À quelques dizaines de kilomètres d’Auckland, sur la côte
Ouest de l’île du Nord, la chaine des Waikatere offre un
formidable espace de nature sauvage. Un sentier permet de
longer la côte sur plusieurs jours, connu sous le nom de
Hillary Trail, mais il est également possible de se contenter
d’un itinéraire plus court à la journée qui serpente le long de
l’arête de Whatipu. D’un côté de l’arête, une immense baie
vient sectionner l’île jusqu’à Auckland et de l’autre côté, la
vallée de Whatipu s’ouvre sur la mer de Tasman en finissant
sur une longue plage de sable noir.
Il est possible de faire un aller-retour sur l’arête ou une
boucle en descendant dans la vallée de Whatipu pour rentrer
par l’autre versant. Au fond de la vallée, le camping de
Whatipu, rustique mais plaisant, offre une belle pelouse pour
planter sa tente. Attention aux sandflies !
→ Accès : À peine une heure de voiture d’Auckland, il faut
suivre la Whatipu Road ; une petite piste de terre pour arriver
jusqu’au point de départ. Il est possible de partir sur la crête
depuis la route ou depuis le camping de fond de vallée.
→ Fréquentation : faible.
Sur l’arête, avant
le sommet des
Buchanan.
TOPO °
Buchanan Peaks
3 À 5 JOURS / 45 KM / NIVEAU EXPERT
Le lac Wanaka est l’un des plus beaux de Nouvelle-Zélande.
Des avancées de terre et petites îles donnent au lac tout son
charme, et rendent les points de vue en hauteur particulièrement intéressants. Les possibilités de randonnée à la journée
autour du lac sont nombreuses : Roys Peak, Rocky Mountain
et Glen Dene Ridge sont trois sentiers faciles qui vous
offriront de belles perspectives aériennes sur le lac.
Pour ceux qui souhaitent s’aventurer hors sentier et éviter
la grosse foule, l’ouest du lac offre de belles possibilités
de randonnées alpines. Il est possible de monter sur
les Buchanan Peaks en se hissant sur les pentes herbeuses
puis sur un fil d’arête aérienne parfois exposée. Les plus
aventuriers pourront pousser jusqu’au mont Alta, avec
une possibilité de boucler sur une trentaine de kilomètres
d’arêtes saillantes.
→ Accès : Depuis le village de Wanaka, il faut suivre la route
« Wanaka Mt Aspiring Road » qui longe le lac par le sud.
Les départs pour le Roys Peak, Rocky Mountain et Buchanan
Peaks se font le long de cette route.
→ Fréquentation : fréquenté sur les sentiers classiques,
nulle sur Buchanan Peaks.
→ Hébergements : Aucun refuge dans les alentours du lac.
Les deux possibilités vont de la randonnée à la journée ou
du bivouac pour les itinéraires de plusieurs jours.
TOPO °
Lac de
Waikaremoana
3 À 4 JOURS / 46 KM / FACILE
Le sentier bordant le sud du lac de Waikaremoana fait
partie des Great Walks et se situe dans le parc national de
Te Urewera au nord-est de l’île du Nord. Dans cette région
de Nouvelle-Zélande, la culture Maori est très présente
(Waikaremoana, en maori, signifie la « mer aux eaux ridées
»). L’itinéraire offre une belle vue depuis le sommet de
Panekire Bluff et s’aventure sous les arbres endémiques de
la région, Podocarpus Totara, pouvant atteindre une
quarantaine de mètres de haut. Quelques plages au bord
du lac permettront de faire une pause détente et baignade.
→ Accès : L’accès sud se trouve à 64 km de la ville de
Wairoa et l’accès nord à 155 km de Rotorua. Plusieurs
bateaux-navettes sont disponibles autour du lac pour faire
la liaison entre les points de départ et d’arrivée.
→ Fréquentation : importante.
→ Étapes : L’itinéraire en aller simple peut débuter depuis
Onepoto au sud du lac, ou Hopuruahine au nord. Il est
possible de le parcourir en quatre étapes allant de 8 à 17 km.
→ Hébergements : refuges et campings sont à réserver
auprès du DOC (Department Of Conservation). Compter
32 NZD par nuit et par personne en refuge et 14 NZD en
camping. Les refuges et campings disponibles sont :
Panekire Hut, Waiopaoa Hut et camping, Korokoro Campsite,
Maraunui Campsite, Marauiti Hut et Waiharuru Hut et
camping, Tapuaenui Campsite et Whanganui Hut.
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LE S P LUS B E AU X ITIN É R A IR E S
TOPO °
Whanganui Journey
5 JOURS / 145 KM / FACILE
Cette Great Walk est assez singulière dans le sens où il ne
s’agit pas de suivre un sentier mais de descendre une rivière
en kayak. La rivière Whanganui est au centre de l’île du Nord.
La descente en canoë ou kayak s’effectue sur cinq jours au
cours desquels les paysages évoluent entre collines
verdoyantes et fôrets humides. Une fois de plus, un concert
d’oiseaux accompagne le rameur dans cette partie sauvage
de l’île du Nord. Quelques petits itinéraires permettent de
laisser reposer le kayak le temps d’un aller-retour, notamment pour monter sur le « Bridge to Nowhere », un pont
isolé au milieu de la forêt construit à des fins militaires lors de
la Première Guerre mondiale. Il est possible de louer le
matériel et arranger le transport retour depuis les deux
points de départ possibles.
→ Accès : Le point de départ classique se fait de Taumarunui
pour la version complète. La version courte part de
Whanganui. La fin de l’itinéraire se situe au village de Pīpīriki.
→ Fréquentation : importante.
→ Étapes : 11 campings répartis tout au long de la rivière
permettent de se construire des étapes sur mesure. La
majorité des rameurs choisissent de faire l’itinéraire complet
sur 5 jours au départ de Taumarunui, ou 3 jours au départ de
Whanganui.
→ Hébergements : 11 campings sont répartis le long de
l’itinéraire et deux refuges (John Coull Hut et Tieke Kainga)
sont associés à l’itinéraire le plus court. En haute saison il
vous faudra réserver vos nuits à l’avance sur le site du Department of Conservation. Les campings coutent 20 NZD par nuit
et par personne, les refuges 32 NZD. Hors saison il n’est pas
possible de réserver à l’avance, les campings sont gratuits et
les refuges à 20 NZD, premier arrivé, premier servi.
58
TOPO °
Castle Hill Peak
1 À 2 JOURS / 12 KM / PEU DIFFICILE
À l’ouest de Christchurch se dresse le premier relief
appartenant aux Southern Alps de Nouvelle-Zélande :
le Torlesse Range. Il existe un itinéraire peu fréquenté
permettant de gravir son sommet en dominant ainsi toute la
région de Canterbury et la vallée d’Arthur Pass. À l’approche
de l’hiver, Castle Hill Peak est le premier sommet que l’on
peut voir saupoudré de blanc depuis Christchurch. Un sentier
non balisé monte progressivement au premier sommet Foggy
Peak dont le nom ne garantit pas une vue bien dégagée,
cependant plus loin et plus haut, après un beau parcours
d’arêtes, se dresse le fameux Castle Hill Peak. Le panorama
depuis le sommet permettra de distinguer la ville de
Christchurch et de deviner les sculptures rocheuses de Spittle
Hill et la balade spéléologique de Cave Stream, deux autres
lieux à ne surtout pas manquer.
→ Accès : À une heure à l’ouest de Christchurch, sur la route
de Arthur Pass. Parking au premier col.
→ Étapes : L’itinéraire est à faire en aller-retour à la journée
ou sur deux jours.
→ Hébergements : Aucun hébergement officiel. Bivouac
possible au sommet de Castle Hill Peak ou au sommet
intermédiaire Foggy Peak.
TOPO °
Bivouac au sommet
de Castle Hill, sur
les premières neiges.
TOPO °
Les fougères peuplent les forêts des parties basses du Kepler Track.
Kepler Track
3 À 4 JOURS / 60 KM / FACILE À PEU DIFFICILE
Rakiura
3 JOURS / 32 KM / FACILE
Situé sur l’île de Stewart Island, petit bout de terre perdu au
sud de l’île du Sud, cette Great Walk faisable sur deux ou trois
jours enchaine plages de sable et forêt primaire. Paradis
d’ornithologue, l’île est une zone de conservation d’oiseaux.
C’est notamment le seul endroit de Nouvelle-Zélande où il est
possible de voir des kiwis dans leur milieu naturel. Une
multitude d’autres oiseaux comme les toroa, tūī, kākāriki et
kererū créent une symphonie ininterrompue du lever au
coucher de soleil. La majeure partie de l’itinéraire suit le
littoral du parc national et la partie centrale du circuit passe
par l’intérieur des terres au travers d’une forêt humide et
dense où les fougères arborescentes côtoient les arbres
centenaires.
→ Accès : L’itinéraire se fait dans la région d’Oban, seule
partie habitée de l’île. Pour s’y rendre, il est possible de
prendre un avion au départ d’Invercargill ou un bateau
depuis la ville de Bluff.
→ Fréquentation : assez importante.
→ Étapes : La majorité des randonneurs choisit de faire
l’itinéraire en trois petites étapes, mais il est également possible de le faire en deux jours.
→ Hébergements : Il est possible de passer ses nuits en
refuge (24 NZD/ nuit) ou en camping (6 NZD par nuit). Les
deux refuges sont Port William Hut et North Arm Hut. Pour
les campeurs il est possible de poser la tente aux alentours de
ces refuges ou au camping Maori Beach.
Kepler Track se situe à l’ouest du Village de Te Anau dans le
parc national de Fiordland, au sud-ouest de l’île du Sud. Cette
Great Walks est bordée par les lacs Manapouri et Te Anau.
Il s’agit peut-être de la Great Walk qui offre le plus de
panoramas avec son parcours d’arête de 12 km entre les
refuges Iris Burn et Luxmore. L’itinéraire, peu importe le sens
de la boucle, débutera dans une incroyable forêt tropicale
avec un parterre couvert de fougères aux formes multiples où
il ne sera pas rare de rencontrer des fantails, petits oiseaux
facilement reconnaissables par leur queue en éventail. Le
sentier traversera tantôt des zones marécageuses, tantôt des
ponts suspendus. Point d’orgue de la randonnée : l’arête offre
une vue sur les deux lacs de Te Anau et Manapouri où se
détachent de petits îlots.
→ Accès : Départ possible soit depuis Te Anau en bateau
navette, soit en voiture depuis Kepler Track Carpark ou
Rainbow Carpark.
→ Fréquentation : très importante.
→ Étapes : L’itinéraire en boucle peut se faire dans les deux
sens ; cependant il est plus agréable de finir par le parcours
d’arête pour avoir une vue dégagée sur le lac Te Anau.
L’itinéraire peut se faire en trois étapes de 20 km environ ou
en quatre étapes de 15 km.
→ Hébergements : les refuges et sites de camping sont à
réserver auprès du DOC (Department Of Conservation).
Compter 130 NZD la nuitée par personne en refuge (lits en
dortoir avec matelas et plaque de cuisson) et 40 NZD la
nuitée par personne pour l’emplacement de tente avec abri
pour la cuisine (Moturau Hut, Iris Burn Hut et camping,
Luxmore Hut et Broad Bay Campsite).
59
LES PLUS BEAUX ITINÉRAIRES
EN INDE DU NORD-EST
Arunachal
Pradesh,
Meghalaya,
Nagaland...
ENCORE LARGEMENT À L’ÉCART DES GRANDS
ITINÉRAIRES TOURISTIQUES, LE NORD-EST DE
L’INDE FORME UNE ENCLAVE GÉOGRAPHIQUE
ET CULTURELLE AUX MARCHES HIMALAYENNES
DU SOUS-CONTINENT. UN TERRITOIRE SAUVAGE,
QUI S’ILLUSTRE PAR SES INCROYABLES RICHESSES
ETHNIQUES ET NATURELLES.
TEXTE ET PHOTOS : FRANCK CHARTON
60
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
L’observation à dos d’éléphant du
rhinocéros unicorne, ou rhinocéros
indien, est l’une des expériences les
plus envoûtantes de l’État de l’Assam.
Sur les 3 000 spécimens recensés dans
le monde, près des deux tiers vivent
dans le parc national de Kizaranga, dans
l’Assam. Le tiers restant est confiné
dans une dizaine de réserves réparties
entre le nord de l’Inde et le Népal.
61
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
62
Chargé des limons du Toit du Monde,
le fleuve nourricier s’abandonne
dans d’interminables méandres
à l’approche du Bengale
L’État de l’Assam, ici au niveau de l’île
de Majuli, est traversé par le fleuve
Brahmapoutre, l’un des quatre
« géants » venus du plateau tibétain.
63
Héritage de la colonisation
britannique, la culture du thé est
favorisée par les climats humides
tempérés des piémonts himalayens.
64
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
Aux marges de l’Himalaya oriental,
les États oubliés du nord-est de l’Inde
composent à chaque instant
une incroyable fresque naturaliste
65
Les paysages vallonnés
du Nagaland, ici dans la
région de Wakching.
Au terme d’un inextricable labyrinthe
de vallées étroites et de forêts humides,
apparaissent soudain les premières
“maisons longues” des communautés nagas
66
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
67
Au sud-est de l’Arunachal Pradesh, dans le
district du Tirap, se tient chaque année le
festival de Chalo Loku, à Konsha, capitale
de la tribu nage des Nocte..
68
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
Les féroces chasseurs de têtes
de jadis peinent aujourd’hui
à renouer avec les fragments
d’une culture en péril
69
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
Le grand temple shivaïte de
Sibsagar, dans l’État de l’Assam.
FRANCK
CHARTON
Féru de rencontres
ethniques, notre reporter
a sillonné les États du
nord-est indien, à la
découvertes des tribus
nagas et des merveilles
naturelles des
« Seven Sisters ».
Arunachal Pradesh, Assam, Manipur, Meghalaya,
Mizoram, Nagaland et Tripura composent une
mosaïque d’États tribaux : les “Sept Sœurs”
C’EST OÙ ?
L’Arunachal Pradesh, où
se situe la plupart des
itinéraires abordés dans
ce dossier, est situé à
l’extrémité nord-est de
l’Inde, à la frontière avec
le Bhoutan, le Tibet et la
Birmanie. Avec ses voisins
de l’Assam, du Manipur,
du Meghalaya, du
Mizoram, du Nagaland et
du Tripura, ces sept États
indien composent en
quasi enclave géographique appelées les
« Seven Sisters ».
70
« Pays des montagnes de l’aube », car région
indienne la plus orientale, recevant ainsi les premiers rayons de soleil, le nord-est du sous-continent, aux marches du Tibet et de la Birmanie, reste
aussi la région la moins peuplée de toute l’Inde,
et qui ne lui est rattachée que depuis peu de
temps. Ces confins du Nord-Est indien forment
une entité culturelle, linguistique, géopolitique et
socio-économique distincte du reste du pays, et
elle-même très disparate. Outre le Sikkim non
traité dans ce dossier, ils regroupent une mosaïque
d’États tribaux surnommés les « sept sœurs » :
Arunachal Pradesh, Assam, Manipur, Meghalaya,
Mizoram, Nagaland et Tripura. Un grand nombre
de ses habitants parlent des langues tibéto-birmanes avec une culture plus proche de celle
d’autres pays d’Asie du Sud-Est et du Tibet.
UNE OUVERTURE EN POINTILLÉS
Jusqu’à une époque récente, la région est restée à
l’écart des grandes civilisations car constituée de
montagnes couvertes de jungles difficiles d’accès,
habitées par des tribus particulièrement guerrières, telles les Nagas, les Abors, les Nishis ou les
Mishmis. La plupart de ces États sont encore très
peu concernés par le tourisme. Ils demeurent parfois même en partie inexplorés, et n’ont d’ailleurs
que vingt-et-un kilomètres de frontière commune
Plusieurs grands festivals
rythment la saison au
Nagaland, comme le
Chalo Loku, à Khonsa, en
novembre, à l’occasion du
Nouvel An nocte.
Au Meghalaya,
Cherrapunjee s’illustre
par ses nombreuses
passerelles et cascades,
dans un cadre naturel
magnifique.
COMMENT
Y ALLER ?
Le principal point d’accès
au nord-est de l’Inde est
Guwahati, la ville la plus
importante de l’Assam,
située sur la rives du
Brahmapoutre. Vols
intérieurs depuis la
plupart des grandes villes
indiennes via Calcutta
(plusieurs compagnies).
Accès également possible
par le train depuis Delhi
ou Calcutta. Autres
aéroports régionaux
possibles suivant le
secteur visité : Dibrugarh,
Dimapur, Aizawl...
SE DÉPLACER ?
Dans le cadre d’un voyage
organisé par un tour-opérateur, on se déplace
principalement en
véhicule tout-terrain.
Les backpackers peuvent
toujours utiliser les transports par bus, pas chers
mais extrêmement lents.
L’Arunachal Pradesh étant
soumis à un permis
spécial, il est obligatoire
d’avoir recours à une
agence locale, qui
pourra assurer vos
déplacements.
72
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
Un voyage au Nagaland
est avant tout l’occasion
d’entrer en contact avec
les différentes tribus
nagas, comme ici chez
les Angami, à Khonoma.
QUEL PERMIS ?
Cet Himalaya de l’Est
a été identifié, avec le
Bhoutan et le Népal,
comme un haut lieu
de la biodiversité
avec le reste de l’Inde au niveau du corridor de
Siliguri ! Hormis l’Assam et ses immenses plaines,
ils se partagent entre jungles sèches ou humides,
plateaux d’altitude, collines en zones de culture
intensive ou sur brûlis et reliefs des piémonts
himalayens. Cet Himalaya de l’Est, anciennement
qualifié d’« indo-birman » , a été identifié, avec le
Bhoutan et le sud du Népal, comme un point
chaud de biodiversité mondiale. C’est pourquoi le
voyage y est encore pionnier, essentiellement
naturaliste, riche de découvertes variées, de rencontres insolites et d’expériences anthropologiques, se déroulant dans des paysages
magnifiques souvent préservés.
L’ARUNACHAL EN MAJESTÉ
Parmi les « Seven sisters », l’Arunachal Pradesh
est l’État le plus vaste, même s’il est moins peuplé
que l’Assam voisin, ce dernier plus propice à l’agriculture. Frontalier avec la Chine, le Bhoutan et la
Birmanie, l’Arunachal Pradesh s’étire des pics
enneigés de l’Himalaya au nord jusqu’à la vallée
du Brahmapoutre au sud. Sa partie septentrionale
est revendiquée par Pékin, qui le considère comme
Insolite
Stages de survie en Arunachal
Sous la conduite de Robin Boclet-Weller, alias « Ze Hood », expert en randonnées sauvages, Eastern Routes
propose des expériences de survie en autonomie en pleine jungle, sans appui logistique, nourriture ou contact
extérieur. Un premier temps, théorique, vous initie aux dangers de la jungle, au suivi des sentes animales, à la
collecte de plantes comestibles, au piégeage en jungle, aux techniques de chasse ou à la construction d’abris et
matériels naturels. Avant le test ultime : trois jours de défi de survie en pleine jungle.
bit.ly/stages-survie-inde-nord-est
Le Protected Area Permit
(PAP) est nécessaire pour
visiter l’Arunachal Pradesh
en raison de sa proximité
avec le Tibet. Durée du
permis : 30 jours, 2
personnes minimum
(négociable), tarif : 65 €/
pers. Pour l’obtenir, il faut
impérativement passer
par une agence et/ou par
son agence réceptive
locale, en envoyant le
scan du passeport + visa,
au minimum 15 jours
avant l’arrivée, avec l’itinéraire précis. Pour le
Tirap et le Changlang,
rajouter 33 €/pers en sus
du PAP, ce qui fait donc 98
€ en tout, et le délai est
d’un mois. Selon certaines
sources, le « Home
Affair » (ministère de
l’Intérieur indien) ne le
délivrerait que durant le
Chalo Loku. Astuce : faire
des photocopies du PAP
car il faudra ensuite
montrer patte blanche à
de nombreux check-posts.
LE BON CONTACT
Eastern Routes (easternroutes.fr) est une jeune
agence locale spécialiste
des États du Nord-Est de
l’Inde et dirigée par
Laurige Boyer, un Français
vivant sur place depuis
des années. Eastern
Routes propose de très
nombreux programmes
dans cette région, et
notamment ceux évoqués
dans ce dossier. Laurige
Boyer est par ailleurs le
correspondant officiel de
l’agence lyonnaise Terres
Oubliées et guide
plusieurs voyages de
groupes chaque année
(voir « Avec qui partir ? »).
73
T R E K K ING
IN D E D U NOR D - E S T
Les racines et les lianes de la passerelle
continuent de croître, année après année,
depuis plus de cinq cents ans
À Cherrapunjee, au
Meghalaya, les ponts
« vivants » de racines
sont capables de
supporter jusqu’à vingt
personnes. Les plus
anciens seraient utilisés
par les populations
locales depuis un
demi-millénaire.
faisant partie du Tibet. C’est donc dans le vaste
Arunachal, plus montagneux, plus mystérieux
aussi, que se concentrent pour l’instant les possibilités actuelles de grands itinéraires, avec des
hauts cols et des durées respectables, les autres
États proposant surtout des randonnées courtes
dans des réserves et des parcs naturels, ou des
balades à la journée.
MOSAÏQUE ETHNIQUE
Les ambiances de cheminement varient du bon
sentier escarpé de montagne aux vagues sentes
boueuses en fond de vallée, des passages rocheux
en encorbellement aux passerelles câblées branlantes enjambant un torrent, des double-deckers(ponts de racines de figuiers) et des volées
interminables de marches de pierre aux traver-
74
sées de jungles tropicales, des zones de culture
aux myriades de petits villages perdus, appartenant à plusieurs dizaines de groupes ethniques,
dont pas moins de seize pour les seuls Nagas ! Le
climat varie avec l’altitude, depuis un climat subtropical humide en bordure du Brahmapoutre,
jusqu’au climat montagnard ou de steppes dans
les régions élevées de l’Himalaya, en passant par
les zones intermédiaires tempérées. Les nuits se
passent en tente, mais très souvent aussi chez
l’habitant, et c’est cette combinaison multi-sensorielle d’immersion en nature sauvage et de rencontres en profondeur avec les populations
autochtones qui est la source de la fascination du
voyage d’aventure dans cette « autre Inde », tellement éloignée des images traditionnelles véhiculées par ce pays gigogne.
AVEC QUI
PARTIR ?
L’agence lyonnaise Terres
oubliées propose
plusieurs circuits d’exploration dans la région, avec
des orientations trekking,
observation de la nature
ou ethno. On notera
notamment « Au fil du
Brahmapoutre : l’autre
Inde sauvage », guidé par
Laurige Boyer (16 jours,
départ le 30 mars) ou
« Aux confins du
Nord-Est » (16 jours,
départs en février et
novembre). Toutes les
infos sur www.terresoubliees.com.
Au Nagaland, dans
la vallée de Dzukhou,
les environs des villages
de Mimi et Salumi
abritent de nombreuses
grottes que l’on découvre
à l’occasion de treks
dans la région.
La récolte du miel
des abeilles sauvages,
au Nagaland.
Festival
Un Woodstock indien !
La vallée de Ziro se situe sur un plateau (1 700 m) entouré par des villages de la tribu Apatani. Environ 15 000
Apatanis, réunis en une vingtaine de hameaux, aux petites maisons sur pilotis serrées les unes contre les
autres, gèrent leur territoire en harmonie avec les paysages. Le dernier week-end de septembre, des artistes,
locaux, indiens et internationaux se rassemblent dans la vallée de Ziro dans une ambiance bon enfant : c’est le
Ziro Festival of Music, l’un des plus gros événements musicaux du Nord-Est. Les paysans s’affairent dans les
somptueuses rizières dorées par le soleil, pendant que les groupes se succèdent sur scène !
PRÊT À PARTIR
Retrouvez à chaque
instant tous les départs
de toutes les agences
sur notre moteur de
recherche de voyages
d’aventure :
bit.ly/departs-voyagesaventure.
75
TOPO °
Les plus beaux
itinéraires en
Inde du Nord-Est
Principalement situés en Arunachal Pradesh, les grands itinéraires de trek dans le NordEst indien parcourent vallées et villages dans les piémonts himalayens. Les autres états
s’illustrent par leurs possibilités en termes naturalistes ou ethniques.
Bailey Trek
CHINE (TIBET)
3
2
Arunachal Pradesh
ArunAchAl PrAdesh
BHOUTAN
Thimphou
INDE
AssAm
meghAlAyA
1
nAgAlAnd
Shillong
6
5
Kohima
Imphal
mAniPur
Agartala
TriPurA
mizorAm
Aiwazl
BIRMANIE
7
1. Bailey Trek
2. Beyul Pemako
3. Vallée de Dree
4. District du Tirap
76
ASSEZ DIFFICILE
4
Guwahati
BANGLADESH
Dacca
9 JOURS
Itanagar
5. Vallée de Dzukou
6. David Scott Trail
7. Blue Mountain Trail
Ce trek entre rivières aux eaux limpides, lacs émeraude et
petits villages perdus de la communauté Monpa, retrace la
route historique empruntée par les officiers anglais Bailey et
Morshed, chargés de cartographier la région entre l’Arunachal
Pradesh et le Tibet en 1911-1912. Le parcours, culminant au
Sela Pass à 4 550 m, traverse de belles forêts de pins, chênes
et rhododendrons et offre des panoramas sur certains des
plus hauts pics de l’Himalaya oriental, notamment le Gorichen
(6 488 m) et le Kangto (7 060 m). Avec, en apothéose, le
superbe monastère de Tawang, second plus grand monastère
d’Asie. Au départ de Thembang, la marche progresse d’abord
vers Thungri (3 180 m), avec de petites randos autour du
camp propices à une journée d’acclimatation. Elle continue
ensuite sur Changla (3 750 m) à travers des forêts de
conifères, passe le col du Poshing La (3 950 m) avant de
redescendre à travers des forêts de genévriers et rhododendrons sur Potak (4 200 m). Montée abrupte jusqu’au Sela Pass
(4 550 m), visite du petit lac d’altitude situé juste derrière le
col puis redescente dans la vallée jusque Lurtem. La piste
longe la rivière qui serpente dans des forêts de conifères et les
hautes pâtures où paissent les yaks avant de monter le camp à
Mago (3 600 m), charmant village monpa (panorama à couper
le souffle et sources d’eau chaude, propice à un jour de
repos). Descente jusque New Mealing, puis Tawang.
Meilleure période : octobre-novembre et mars à mai.
Au cœur du Bara bazar de
LiewduhInde, à Shillong,
capitale du Meghalaya.
Dans la vallée de Ziro, classée au patrimoine mondial par l’Unesco,
se tient un grand festival annuel, dans le village apatani de Michi,
où l’on célèbre notamment par des chants collectifs la moisson du riz.
Beyul Pemako
Arunachal Pradesh
14 JOURS
DIFFICILE
Depuis près de deux mille ans, la notion d’un paradis terrestre
caché dans l’Himalaya (le fameux Shangri La) captive
l’imagination des explorateurs. D’anciens textes bouddhistes
le positionneraient au Pemako, ou « Terre du Lotus ». La
région est aujourd’hui un melting pot de différentes cultures
tribales, Adi, Memba, Khampa et Mishmi. Ces communautés
vivent en paix et en harmonie avec leur environnement
naturel. Après un trek plutôt ardu, on atteint la montagne
Titapori (4 300 m), dont le cirque naturel ressemble à un
lotus. Au milieu du lac sacré Danakosha, objet d’une
circumambulation rituelle (khora), se trouve le cœur du
monde : Tseta Island, qui purifie les âmes et abonde de
pouvoirs tantriques : d’après la légende, quiconque voit cet
endroit est lavé de tout péché et améliore son karma. En
outre, la vue sur les sommets du Namche Barwa (7 782 m),
Kondu Dosem Potrang et la chaîne Abroka à l’ouest et au sud
sont à couper le souffle. C’est aussi un sanctuaire de
biodiversité, avec de nombreuses plantes médicinales,
aromatiques et autres fleurs rares, dont quarante-quatre
espèces de rhododendrons. La faune quoique plus difficile à
observer, y est incroyable : goral, takin, daim musqué, léopard
des neiges et tigre. Un itinéraire hors des sentiers battus dans
l’une des parties les plus reculées de l’Himalaya, dont faune et
flore font partie de la Dibang Valley Biosphere Reserve.
Meilleure période : août à octobre.
Vallée de Dree
Arunachal Pradesh
5 JOURS
ASSEZ DIFFICILE
Cet itinéraire de trekking couvre la partie orientale, la plus
reculée, de l’Arunachal Pradesh. L’itinéraire, dans une
ambiance de bout du monde, parcourt différents villages
tribaux de la vallée de Dree. On y découvre les communautés
Idu Mishmi avec logement chez l’habitant. Parmi les plus
recluses de l’Arunachal, ces populations vivent encore
essentiellement en autarcie ; leurs liens communautaires
demeurant entretenus au travers de nombreux rites
socio-religieux. Ce trek est idéal pour les randonneurs
intermédiaires ou chevronnés : même s’il n’y a pas de montée
abrupte ou de descente (excepté un jour), il faut négocier
plusieurs marécages et des jungles de bambous ; une certaine
expérience de trekking est donc préférable. Une équipe locale
compétente est nécessaire pour découvrir la riche diversité
biologique, notamment le Mishmi Takin (Budorcas taxicolor),
l’un des plus farouches herbivores himalayens. Au départ
d’Anini, l’itinéraire parcourt d’abord une quinzaine de
kilomètres jusqu’à Gipulin. En chemin, visite des villages
d’Arpopo et de Mihudo, puis continue sur Agrimbronlin et
traverse la rivière Dree par un pont suspendu, fait un crochet
en aller-retour sur Acheson, dernier village de la région, avant
de filer sur Etabe. En route, visite d’Alinneh, autre village Idu
Mishmi. Enfin, une dernière grosse journée de marche (7h, 20
km) permet de gagner Amulin, via les villages de Lawungku et
Brawrun, où on retrouve les véhicules pour le transfert sur
Roing.
Meilleure période : mars-avril et septembre à novembre.
77
TOPO °
Le village wancho de Wakka, splendide
concentration de maisons longues sur
pilotis, en pleine forêt tropicale.
Les activités traditionnelles sont toujours très vivaces
dans les différents États du nord-est, tels que
l’Arunachal ou le Nagaland.
District du Tirap
Vallée de Dzukou
6 JOURS
9 JOURS
Arunachal Pradesh
ASSEZ DIFFICILE
Randonnée exploratoire dans le petit district du Tirap,
largement méconnu car longtemps fermé au tourisme, entre
les villages tribaux des Nocte, Wancho et Konyak, ex guerriers
nagas chasseurs de têtes, qui se distinguent par leurs
tatouages faciaux. Entre jungles et zones de cultures, la
randonnée s’effectue sur les sentiers des chasseurs en
compagnies d’une équipe issue de l’ethnie Nocte. Cerise sur le
gâteau ? La période du festival Chalo Loku dans les villages,
sous sa forme la plus traditionnelle. Ce festival annuel de
l’ethnie Nocte, dont les dates sont choisies par les anciens en
fonction du calendrier lunaire, est à la fois un rituel agricole et
une cérémonie d’initiation. Durant le premier jour (Phamlamja), cochons et buffles sont sacrifiés. Le deuxième jour
(Chamkatja) marque le passage à l’âge adulte des adolescents
en les introduisant au Paang (conseil communal). Le troisième
et dernier jour (Thanlangja), les habitants se rassemblent pour
chanter, danser et festoyer dans la maison du chef. Note : cet
itinéraire n’a encore jamais été parcouru par des groupes de
voyageurs étrangers. Couchages rustiques chez l’habitant, ou
présence de la logistique de bivouac nous permettant de
monter le camp chaque soir. Trekking à caractère exploratoire,
réservé à un tout petit groupe de profil aventuriers.
Meilleure période : novembre.
78
Nagaland
ASSEZ DIFFICILE
Ce trek, situé dans les montagnes des confins indo-birmans,
région isolée, complexe, et faiblement peuplée, permet de
pénétrer au cœur d’un Nagaland rural et authentique et de
gravir les trois sommets principaux de la région, à la
découverte des quelques-unes des seize ethnies nagas qui
peuplent la région. Le trek démarre par l’exploration de la
Dzukou Valley, la « Vallée des fleurs du nord-est », aux
paysages verdoyants surréalistes, combinée avec l’ascension
du Japfu Peak (3084 m). Plus loin, c’est aux 3840 mètres du
Saramati Peak que l’on s’attaque, le plus haut sommet du
Nagaland. Cette chaine de montagne, constituée de forêts et
de jungles, forme une frontière naturelle entre le Nagaland et
le Myanmar. Dans les villages naga, découverte des morung,
les dortoirs traditionnels des hommes, où l’histoire et la
culture naga sont transmises d’une génération à l’autre, et
observation de l’artisanat féminin : tissage de châles tribaux
aux couleurs chatoyantes, fabrication de paniers d’osier. Dans
le village de Benreu, possibilité de participer à une partie de
pêche avec les habitants et de goûter au vin local. A Pelekei,
on assiste à la méthode traditionnelle de fabrication du sel, à
Salumi visite de jolies grottes. Enfin, étape à Tuensang, terre
des communautés Changs, Kaimungans, Sangtams, Sumis et
Yimchungers, réputée pour ses textiles artisanaux.
Meilleure période : mars à septembre.
Avec 340 m de hauteur, la grande cascade de Nohkalikai,
près de Cherrapundjee, au Meghalaya, est l’une des plus
hautes de tout le pays.
David Scott Trail
Meghalaya
5 JOURS
FACILE
Au Mizoram, dans le district de Lawngtlai,
les berges de la rivière Kaladan dévoilent
des formations géologiques spectaculaires.
Blue Mountain Trail
Mizoram
4 JOURS
FACILE
Ce fameux sentier porte le nom de David Scott, officier anglais
qui était chargé de collecter les taxes de l’Assam de l’époque.
Il fit construire une piste à mules qui traversait Cherrapunjee
(Sohra) jusqu’au Bangladesh. Cette route, le Scott trail, créa
des querelles entre les Khasis menés par U Tirot Singh, roi du
clan Khadsawphra et les Anglais. Les Khasis, moins nombreux
et n’étant équipés que d’arcs et de flèches, furent finalement
vaincus par l’infanterie anglaise mais non sans donner du fil à
retordre à la puissance coloniale, résistant quatre ans dans
une guérilla sans merci. La vieille piste de 16 km fut longtemps
utilisée par les habitants comme route commerciale entre
Mawphlang et le Bangladesh. La route est parsemée de
sources, vertes prairies, cascades, vallées verdoyantes et
villages typiques. Le trek continue ensuite par Cherrapunjee,
un des endroits où il pleut le plus au monde (de juin à septembre) pour randonner jusqu’aux magnifiques ponts vivants dans
une ambiance à la Tolkien. Environ 3000 marches sont à
descendre, puis à remonter (!) jusque Nongsteng et son
superbe « double decker bridge » constitué de racines du
caoutchoutier indien. Ces ponts sont si résistants qu’ils
peuvent supporter jusqu’à cinquante personnes. Enfin, on
termine par Mawlynnong, qui a hérité il y a quelques années
du titre de village le plus propre d’Asie, posé dans une jungle
luxuriante.
Le Mizoram est une destination sous-estimée, donc largement
inexplorée. Magnifiques vallées, culture déroutante, climat
tempéré ainsi qu’une faune et flore endémiques sont autant
de raisons pour explorer ce paradis perdu. Le trek démarre à
Phawngpui aussi appelée « Blue Mountain », montagne
magnifique, la plus élevée du Mizoram, près de la frontière
avec le Myanmar dans le district de Lawngtlai. L’endroit est
réputé pour ses orchidées et rhododendrons. À l’ouest, se
trouve une falaise appelée Thlazuang Kham. Culminant à
2 160 m et entourée de falaises, la vue est remarquable
depuis le sommet et ses sentiers, parsemés de fleurs sauvages
et d’une faune abondante. Il est possible de faire des vols en
parapente à Thenzawl, près de Vanlaiphai. On continue
ensuite vers les Hmuifang Hills, situées à 50 km d’Aizawl, la
capitale du Mizoram. Ces montagnes, autour de 1 620 m, et
couvertes de forêts vierges, abritent de nombreux villages
Mizos dont Sumsuih, Lamchhip, Chamring et Sialsuk. On
découvre leur fascinante culture dans un patchwork de
verdure et de jungle luxuriante. Depuis le camp de base à
Sangau, il est possible d’observer des gorals (chèvres
sauvages). À noter : les Mizos célèbrent la fin des récoltes en
mars, septembre et novembre. En voyageant à cette période,
il est donc aisé d’assister aux chants et danses qui se
déroulent lors des festivals.
Meilleure période : octobre à mars.
Meilleure période : octobre à avril .
79
Randonneurs dans le désert près
du camp bédouin d’Al-Rashaydah.
Sur le sentier
d’Abraham
UN NOUVEAU REGARD SUR LA PALESTINE
DÉSIGNÉ « TREK DE L’ANNÉE » LA SAISON DERNIÈRE,
LE SENTIER D’ABRAHAM EST UN ITINÉRAIRE QUI SE DÉROULE
EN CISJORDANIE, SOUS OCCUPATION ISRAÉLIENNE. RANDONNER
EN PALESTINE, TERRE DE CONFLITS ? C’EST LE PARI AUDACIEUX
DE CE SUPERBE ITINÉRAIRE DE TREK, ENTRE BEAUTÉS
NATURELLES ET HISTOIRE MILLÉNAIRE, QUI NOUS EMMÈNE
À LA RENCONTRE DES PALESTINIENS POUR MIEUX
COMPRENDRE LEUR CULTURE ET LEUR QUOTIDIEN.
TEXTE ET PHOTOS : NORA SCHWEITZER
80
COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
81
Des randonneurs sur le sentier
menant au monastère grec orthodoxe
de Mar Saba, construit à flanc de
falaise au bord du wadi An Nar.
82
COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
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COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
Nora
Schweitzer
« J’ai beau avoir vécu deux
ans en Palestine, je suis
toujours impressionnée
par l’hospitalité des
Palestiniens. Ils ont une
culture très riche et
adorent partager ! »
C’EST OÙ ?
La Cisjordanie est située
entre Israël et la Jordanie.
Avec la bande de Gaza,
elle constitue les Territoires palestiniens
occupés par Israël depuis
1967. Environ 3 millions
de Palestiniens y vivent,
Jérusalem-Est compris.
L’Autorité palestinienne
revendique ces territoires
pour la création d’un
futur État. En 2012, la
Palestine a obtenu le
statut d’État observateur
à l’ONU, mais dans les
faits, l’État palestinien
n’existe pas.
Scène de rue, devant le
café Badran, dans la
vieille ville d’Hébron.
84
L
e sentier serpente entre les montagnes
ocres et blanches du désert palestinien. Au lever du jour, les sommets
arrondis d’Al-Auja jonglent avec les
premières lueurs. Une face à l’ombre,
une face éclairée. Les collines prennent des allures
de dunes orangées. Impression saharienne au
cœur du Proche-Orient. Bientôt, le mont de la
Tentation se dresse devant nous. Pour les chrétiens, Jésus aurait jeûné ici pendant quarante jours
en résistant à la tentation du Diable. Fondé au VIe
siècle, le monastère de la Quarantaine a été édifié
autour de la grotte où il s’est abrité. Construit à
flanc de falaise, il offre une vue splendide sur les
terres cultivées de la vallée du Jourdain. Les bananeraies et les palmiers-dattiers dessinent un
camaïeu de verts dans un océan d’aridité. Long de
360 km, le fleuve Jourdain est une ressource en
eau vitale pour la région et un enjeu stratégique
majeur. Il prend sa source dans les montagnes
libanaises de l’Hermon, à 2814 m d’altitude, et
termine sa course dans la mythique mer Morte, à
plus de 400 m sous le niveau de la Méditerranée.
Curieuse sensation de randonner dans la vallée
la plus basse au monde. Au milieu des citronniers
et des figuiers émerge la ville palestinienne de
Jéricho. Située à -240 m d’altitude, c’est la plus
ancienne cité habitée sans interruption au monde,
avec des vestiges datant du Xe millénaire avant
J.-C. Au loin, de l’autre côté de la vallée, apparaissent les premiers reliefs de Jordanie. Grandiose.
PLUS QU’UNE RANDONNÉE
Avec ses 321 km de long et une altitude oscillant
entre 1000 m et -400 m, le sentier d’Abraham a
tout pour attirer les marcheurs (plus ou moins)
chevronnés. Surtout, il nous plonge au cœur de la
Cisjordanie, un territoire peu connu malgré sa
présence récurrente dans l’actualité. Pour les
Palestiniens, ce sentier est bien plus qu’une affaire
de randonnée. C’est un lien avec l’extérieur qui
leur permet de partager leur culture et leur quotidien avec des voyageurs du monde entier. Un
circuit engagé, qui a motivé la rédaction à lui attribuer le prix du « Trek de l’année 2018 ». Ce choix
va prendre tout son sens au fil de ce voyage. À
commencer par cette première soirée.
« Bienvenue dans le camp de réfugiés d’Aqbat
Jabr ! », nous lance Djamila Abu al-Asal, 46 ans,
un grand sourire aux lèvres. Construit en 1948
Lever de soleil sur la
Mer Morte depuis
Al-Mootaq, en
Cisjordanie; en face,
la Jordanie.
Jeune garçon bédouin
et son troupeau de
chèvres, dans la région
d-al-Rashaydah.
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COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
“Cette auberge a changé notre vie.
Grâce aux revenus, nous proposons
des activités aux femmes et aux jeunes :
anglais, planning familial, camps d’été...”
pour les réfugiés de la première guerre israélo-arabe, ce camp situé près de Jéricho compte
aujourd’hui 8 600 habitants. Avec ses amies,
Intissar al-Akhras et Hanane Amache, Djamila
gère l’association des femmes du camp. En 2014,
elles ont transformé une demeure traditionnelle
de terre sèche en guesthouse pour accueillir des
voyageurs, avec l’appui de l’ONG Masar Ibrahim,
qui gère le sentier d’Abraham (voir ci-dessous). Ce
soir, la guesthouse affiche complet. Nos trois
superwomen ont mis les petits plats dans les
grands. Au menu : un maftoul, le « couscous palestinien ». Ce plat typique à base d’une grosse
semoule de blé est servi avec une sauce tomate
agrémentée de pois chiches, et, à côté, un succulent méchoui de poulet.
« CHANGER NOTRE IMAGE »
Hanane est ravie de recevoir autant de monde.
« Cette auberge a changé notre vie. Grâce aux
revenus, nous poursuivons nos activités pour les
femmes et les jeunes du camp : cours d’anglais,
planning familial, camps d’été ». Au-delà de l’aspect financier, elle insiste sur la dimension morale.
« Nous recevons de nombreuses nationalités. Ca
nous permet de changer l’image des Palestiniens.
Nous sommes un peuple accueillant, et pas un
peuple terroriste ou agressif. » À la nuit tombée,
autour d’un verre de thé noir parfumé à la sauge,
la femme de 45 ans, mariée et mère de six enfants,
raconte son histoire. « En 1948, ma famille a fui
en Syrie. C’est là-bas que je suis née ». Comme eux,
environ 750 000 Palestiniens ont été expulsés ou
ont fui les combats lors de la création de l’État
d’Israël. Une page d’histoire que les Palestiniens
appellent la Nakba (la catastrophe) et que Hanane
vit encore aujourd’hui. « Je me retrouve dans ce
camp de réfugiés alors que ma famille vient de
Bissan, dans le nord d’Israël. Mes parents me
racontent que c’était le paradis. Mais impossible
Génèse
Le sentier d’Abraham,
une autre vision sur la Palestine
Long de 321 kilomètres, le sentier d’Abraham est un sentier de randonnée culturel qui traverse la Cisjordanie
du nord au sud. Développé par l’association Masar Ibrahim Al-Khalil (www.masaribrahim.ps) avec le soutien
de plusieurs bailleurs internationaux, il permet au voyageur de découvrir à la fois l’Histoire, la nature et l’hospitalité des Palestiniens. Le tronçon sud, d’Al-Auja à Hébron, a été structuré avec l’appui de Tétraktys et Afrat,
deux ONG françaises. Lancée en 2013, cette coopération a permis la formation de guides, la création d’hébergements chez l’habitant et de coopératives de femmes pour valoriser l’artisanat local. “L’objectif est le développement économique et social des communautés rurales et bédouines de Palestine”, explique Gwenn Prevot,
chargée de projet au sein de Tétraktys. Au-delà des retombées économiques, “le sentier d’Abraham souhaite
véhiculer une autre image de la Palestine, présentée comme une destination de randonnée et de tourisme”. Un
pari qui commence à porter ses fruits : en 2017, plus de 6300 personnes ont randonné sur le sentier.
86
Randonneurs dans
le canyon du wadi
Mkhawma, près
de la mer Morte.
COMMENT
Y ALLER ?
Tous les accès terrestres
vers les Territoires palestiniens sont contrôlés par
Israël ; il faut donc entrer
en Israël pour aller en
Palestine. Pour les passeports occidentaux, le plus
simple est d’atterrir à Tel
Aviv puis de se rendre par
la route en Cisjordanie.
Vols directs depuis Paris
avec ASL, XL Airways,
Transavia, Air France.
Également des vols
directs depuis Lyon,
Marseille, Nice, Bordeaux.
Randonneurs près
du village de Battir,
à l’ouest de Bethléem.
Homme bédouin
dans le désert près
d’Al-Rashaydah.
87
COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
Un jeune garçon part
faire paître son troupeau
de dromadaires, dans
le désert près du camp
bédouin de Rashaydah.
AVEC QUI
PARTIR ?
Ce reportage a été réalisé
en partenariat avec PointVoyages, un des principaux promoteurs du
sentier en France et
lauréat du Prix du Trek de
l’année 2018. L’agence
propose le sentier d’Abraham en 12 jours, voyage
accompagné pour des
groupes de 4 à 15
personnes, niveau
intermédiaire, à partir
de 1395 €. Le trek se
concentre sur la partie
sud du sentier, d’Al-Auja à
Hébron. Le voyage existe
aussi en 8 jours et en
formule VTT. PointVoyages propose également un circuit « Mieux
comprendre la Palestine », axé sur l’histoire
et la géopolitique, et un
circuit « La Terre Sainte »,
à la découverte des sites
historiques et religieux de
Palestine et d’Israël.
www.point-voyages.com.
Hourria Rashaydah,
femme bédouine de la
tribu des Rashaydah,
dans le camp bédouin
de Rashaydah.
88
d’y retourner. Je vis l’exil dans l’exil ». D’après les
Nations-Unies, les réfugiés palestiniens étaient
plus de 5,3 millions en 2017, dispersés entre les
Territoires palestiniens et les pays voisins. Malgré
tout, les femmes d’Aqbat Jabr affichent une combativité qui force l’admiration. « La femme palestinienne est forte », renchérit Intissar. « Créer cette
guesthouse était un défi. Certains nous ont jugées
parce que nous sommes des femmes. Aujourd’hui,
nous sommes fières de l’avoir relevé ».
UNE CULTURE À PRÉSERVER
Au petit matin, après une galette au zaatar —un
mélange de thym, de sésame et de sumac, très
utilisé en Palestine—, nous partons à l’assaut du
wadi Qelt, un profond canyon creusé dans les collines désertiques. L’oued, asséché, se reforme en
hiver et au printemps en cas de pluies abondantes.
Pour nous, pas d’eau en cette fin septembre, mais
un joli tapis d’acacias et de palmiers. Une marmotte crapahute dans les rochers avant de disparaître aussi vite qu’elle est arrivée. Après une heure
de marche apparaît le bijou de cette vallée : le
monastère grec orthodoxe Saint-Georges de
Choziba. Incrusté dans la roche, le bâtiment actuel,
constitué de trois églises, date du XIXe siècle. Mais
des ermites se sont installés dans cette vallée
reculée dès le IVe siècle. Aujourd’hui, c’est un lieu
de pèlerinage pour les fidèles chrétiens.
À mesure que le wadi s’élargit, nous croisons de
plus en plus de troupeaux de chèvres en quête de
pâturages. « Marhaba ! » (Bonjour !), nous lance
un berger d’une quinzaine d’années, juché sur son
âne, avant de repartir seul dans l’immensité. Nous
À voir, à faire en Palestine
Le sentier d’Abraham est un formidable moyen de découvrir les trésors de Cisjordanie. Nous avons sélectionné
pour vous les lieux incontournables et les expériences à vivre pour s’imprégner de la culture locale.
Jérusalem
→ S’imprégner de la ferveur des pèlerins
dans les lieux saints des trois religions :
l’église du Saint-Sépulcre, l’esplanade des
Mosquées et le mur des Lamentations.
→ Se perdre dans les souks de la vieille
ville et goûter un kaak, la spécialité de
Jérusalem, chez un vendeur ambulant.
→ Arpenter la porte de Damas et la rue
Salah Eddin, principale artère commerçante de Jérusalem-Est.
→ Grimper au mont des Oliviers au
coucher de soleil et apprécier la vue
splendide sur toute la ville.
→ Découvrir la vie culturelle palestinienne de Jérusalem à la fondation d’art
contemporain Al-Ma’mal.
Instant d’émotion face au mur
de séparation, à Bethléem.
Bethléem
→ Apprécier l’atmosphère solennelle de la
basilique de la Nativité et toucher la roche
sur laquelle Jésus serait né.
→ Visiter les ateliers de confection d’objets en bois d’olivier, l’artisanat local.
→ Marcher le long du mur de séparation,
appelé « mur de l’apartheid » par les
Palestiniens et « barrière de sécurité » par les
Israéliens, et découvrir les nombreux graffitis.
→ Près de Bethléem, marcher dans les
champs d’oliviers, les forêts de pins et les
cultures en terrasses de Battir, charmant village classé à l’Unesco.
→ Également près de Bethléem, visiter le
joli village d’Artas et son immense couvent.
Naplouse
→ Déambuler dans les allées décorées du
souk de la vieille ville, surnommée « la
petite Damas ».
→ Goûter la pâtisserie nationale
palestinienne, la knafeh, qui est la
spécialité de la ville.
→ Découvrir les habitudes des Palestiniens
en allant prendre un bain au hammam turc.
→ Admirer la ville depuis le sommet du
mont Garizim, lieu saint pour les
Samaritains, et visiter la jolie église du
Puits-de-Jacob.
→ Visiter l’impressionnant site antique de
Sebastia avec des vestiges des époques
assyrienne, grecque, romaine, byzantine...
Ramallah
→ Sortir un jeudi soir dans l’un des bars
ou restos branchés de la ville et découvrir
la vie nocturne palestinienne autour d’un
verre d’arak ou d’un narguilé.
→ Se plonger dans l’univers du plus
célèbre poète palestinien en visitant le
musée Mahmoud Darwich.
→ Comprendre l’histoire récente de la
Palestine en allant visiter la tombe de
Yasser Arafat près de la Moqataa, le siège
de l’Autorité palestinienne.
→ Passer le checkpoint de Qalandia à pied
pour vivre le quotidien des Palestiniens.
→ Visiter l’unique brasserie de Palestine
dans le village chrétien de Taybeh et
pourquoi pas assister à l’Oktoberfest
palestinienne !
Hébron
→ Visiter le Tombeau des Patriarches, qui
abrite les tombes d’Abraham, Isaac et Jacob.
→ Déambuler dans les ruelles sinueuses
de la vieille ville, l’une des mieux
conservées de Cisjordanie.
→ Plonger dans le patrimoine palestinien
en visitant la toute dernière usine de
keffiehs, le foulard emblématique porté
par Yasser Arafat.
→ Visiter la zone H2 sous contrôle
israélien, avec les colonies et les rues interdites aux Palestiniens.
→ Admirer le travail des artisans dans
les ateliers de verre soufflé et de
céramique peinte.
Jéricho
→ Visiter les ruines datant du Xe siècle
avant JC sur le site de Tell es-Sultan.
→ Prendre le téléphérique jusqu’au
monastère de la Quarantaine, juché sur le
mont de la Tentation (ou y aller à pied !).
→ Admirer les mosaïques du palais d’Hisham,
site archéologique majeur de la période
omeyyade datant du VIIIe siècle après J.-C.
→ Goûter les succulentes dattes de Jéricho.
→ Grimper jusqu’au monastère SaintGeorge de Choziba, niché dans le canyon
du wadi Qelt.
Mer Morte et alentours
→ S’enduire de boue et flotter dans la mer
Morte, en admirant la vue sur la Jordanie
en face.
→ Se plonger dans les eaux sacrées du
fleuve Jourdain en écoutant les chants
des pèlerins.
→ S’imprégner de l’ambiance mystique qui
règne sur le sanctuaire de Nabi Musa
(prophète Moïse), planté au cœur du désert.
→ Admirer l’impressionnant monastère
grec orthodoxe de Mar Saba, juché sur
une falaise dans le wadi An Nar.
→ Explorer les canyons de la mer Morte et
plonger dans les piscines naturelles
nichées dans la roche.
→ Aller chez les familles bédouines des
campements bédouins de Sea Level ou
Rashayda et découvrir la culture bédouine.
Ailleurs en Cisjordanie
→ Visiter un camp de réfugiés et écouter
l’histoire des familles qui ont vécu la
Nakba : Aqbat Jabr à Jéricho, Al Amari à
Ramallah, Aïda ou Dheisheh à Bethléem,
Balata à Naplouse.
→ Déguster un maqlouba, le plat
traditionnel, chez une famille palestinienne.
→ Participer à la cueillette des olives en
octobre/novembre, un rendez-vous
incontournable qui rythme chaque année
la vie des familles.
→ Manger un falafel et un houmous sur le
pouce, avec un thé à la sauge, comme les
Palestiniens.
→ Assister à un spectacle de dabké, la
danse traditionnelle palestinienne, à
l’occasion d’un festival ou d’un concert.
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COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
A l’intérieur du Tombeau des
Patriarches à Hébron, qui abrite
le tombeau d’Abraham.
SE DÉPLACER ?
De l’aéroport, prendre
un sherout (taxi collectif)
ou un bus Egged vers
Jérusalem. De la porte de
Damas (à Jérusalem-Est),
les bus palestiniens verts
desservent Ramallah,
point de départ idéal vers
le nord de la Cisjordanie
(Naplouse, Jénine). Pour
aller vers le sud
(Bethléem et Hébron),
prendre les bus bleus.
À partir de ces
grandes villes, des taxis
collectifs jaunes
(« Service ») desservent
les villages plus reculés.
90
Vue sur le monastère Saint-Georges de
Choziba, construit à même la roche dans le
wadi Qelt, à quelques kilomètres de Jéricho.
entrons dans le désert, le territoire des Bédouins.
Traditionnellement, la société palestinienne est
composée de trois entités : les citadins, les paysans et les Bédouins. Organisés en tribus, ces
derniers sont très fiers de leurs traditions. Ils sont
encore une poignée à vivre dans le désert, à
l’image d’Ahmad Hamadin, 28 ans, de la tribu des
Jahalin. Keffieh sur la tête, il nous accueille dans
le village de Sea Level, niché dans les collines. Des
enfants jouent au foot pieds nus, entre les maisons de tôle et les enclos pour animaux. Soixantequinze Bédouins vivent ici. Traditionnellement,
de l’élevage et du nomadisme. « Ma famille possède 700 chèvres et moutons. Nous vendons du
lait et du fromage en ville », explique le jeune
homme, professeur de biologie dans un lycée.
Mais leur mode de vie est de plus en plus menacé.
« Avant, nous passions l’hiver dans le désert avec
nos bêtes et l’été sur les hauteurs de Ramallah.
Mais avec l’occupation, on ne se déplace plus,
sinon les Israéliens prendront nos terres ». En 2013,
Ahmad a créé le campement où nous passons la
nuit. En 2018, plus de 1 000 personnes ont
séjourné chez lui. « Le tourisme est vital pour nous.
Il nous permet d’affirmer notre présence ici et de
promouvoir la culture bédouine », assure Ahmad,
l’air déterminé. « C’est notre manière de résister. »
PERLES D’ORIENT
À partir de Sea Level, le sentier d’Abraham nous
fait découvrir des trésors cachés dans le désert :
le sanctuaire de Nabi Musa, qui abrite la tombe
présumée du prophète Moïse, la forteresse hasmonéenne d’Hyrcania, datant du IIe siècle avant
J.-C., l’imposant monastère grec orthodoxe de Mar
Saba, datant du IVe siècle après J.-C. Ici, chaque
pierre, chaque paysage conserve un morceau
d’histoire. En fin de journée, un troupeau de dromadaires croise notre chemin. Il appartient à Abu
Ismail, 53 ans, un Bédouin de la tribu des
“Avant, nous passions l’hiver dans le désert.
Mais avec l’occupation, on ne se déplace plus,
sinon les Israéliens prendront nos terres”
Rashayda. Avec lui, nous partons pour une virée
rocambolesque à travers le désert. Après une
heure de piste cabossée, le nez au vent, les cheveux pleins de poussière, la voilà enfin, nichée à
-429 m d’altitude, entre la Palestine et la Jordanie :
la célèbre mer Morte. Une salinité démesurée et
la promesse de flotter pour l’éternité. Le coucher
de soleil embrase la rive jordanienne et attise le
bleu de cette fascinante eau salée. Un joyau de
saphir serti de roches dorées.
Après le désert, changement total de décor. Près
d’Hébron, les champs de vignes et d’oliviers se
succèdent dans une ambiance méditerranéenne.
À quelques semaines de la saison des olives, la
campagne palestinienne est en pleine effervescence. Emblème du pays, l’olivier est une source
de revenus pour de nombreuses familles. La cueillette est un grand moment de fête. Le sentier
EN SOLO ?
Le sentier d’Abraham n’est
pas encore entièrement
balisé mais il est tout à
fait possible de s’organiser seul. Le site www.
masaribrahim.ps donne
les descriptifs détaillés
et les tracés GPS de
chaque étape, ainsi
que les contacts des
hébergements sur le
sentier et les coordonnées de guides. Tétraktys
et Afrat ont développé un
guide en ligne en français
(https://urlz.fr/89Yw).
À partir de 2019, des
topo-guides imprimés et
une application seront
créés.
91
COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
Vue de la vieille ville
de Jérusalem depuis
l’hospice autrichien.
Au premier plan, l’église
catholique arménienne
de Notre-Dame du
Spasme ; au fond,
le Dôme du Rocher.
À LIRE, À VOIR
→ Israël, Palestine,
Vérités sur un conflit, de
Alain Gresh : dans cette
édition actualisée,
l’ancien rédacteur en chef
du Monde Diplomatique
retrace les racines historiques du conflit israélo-palestinien pour mieux
comprendre cet “Orient
compliqué”. Editions
Fayard, 2017, 9 €.
→ Chroniques de Jérusalem, de Guy Delisle : avec
un humour fin et un sens
de l’observation sans
pareil, l’auteur de BD
croque son quotidien de
père au foyer à Jérusalem,
où il vit pendant un an
avec sa femme, employée
d’une ONG. Editions
Delcourt, 2011, 25 €.
→ Omar, de Hany Abu
Assad : entre rivalités,
dilemmes et trahison, ce
thriller palestinien
nommé aux Oscars en
2014 nous plonge au
cœur des réalités de
l’occupation. Sorti en
2013.
→ Et aussi :
Livres : Atlas des Palestiniens, de Jean-Paul
Chagnollaud (éditions
Autrement), La Palestine
expliquée à tout le monde,
de Elias Sanbar (éditions
du Seuil).
Films : Le sel de la mer, de
Anne-Marie Jacir
(2008), 24 heures Jérusalem, de Volker Heise
(2014).
92
Le sentier d’Abraham
nous emmène peu
à peu de la campagne
à la ville, vers les
cités millénaires de
Bethléem, Hébron
et Jérusalem
d’Abraham nous emmène peu à peu de la campagne à la ville. L’occasion de découvrir les cités
millénaires de Palestine. Perchée à 1000 m d’altitude, Hébron est la capitale économique et la ville
la plus peuplée de Cisjordanie. Renommée pour
son artisanat de verre soufflé et de céramique
peinte, elle est surtout connue pour le Tombeau
des Patriarches, magnifique monument abritant
les tombes d’Abraham, Isaac et Jacob. Lieu saint
pour les trois religions, le bâtiment est divisé entre
synagogue et mosquée. Plus au nord, à Bethléem,
un autre site incontournable attire une foule de
croyants : la basilique de la Nativité. Classée à
l’Unesco, elle reçoit chaque année plus de deux
millions de visiteurs. Tour à tour, dans une petite
grotte joliment décorée, ils s’agenouillent pour la
toucher : la roche sur laquelle, selon la tradition
chrétienne, Jésus serait né.
UN VOYAGE QUI A DU SENS
Notre périple en Palestine se termine avec l’une
des plus belles cités du Levant : Jérusalem. Sur la
route, les collines boisées sont parsemées de
colonies israéliennes. « À droite, Har Homa. À
gauche, Har Gilo », énumère machinalement notre
guide, Wassef Jaabari, qui nous a accompagnés
tout au long du sentier. L’heure est venue de le
ENTRER EN
PALESTINE ?
Pour les Français, pas de
visa nécessaire pour les
séjours de moins de trois
mois en Israël et dans les
Territoires palestiniens.
Pas de tampon sur le
passeport, mais une
feuille bleue délivrée à
l’aéroport, à conserver
précieusement. Aux
checkpoints entre Israël
et la Cisjordanie, il faut
montrer son passeport et
la feuille bleue. Les checkpoints se passent en bus
ou à pied. Aucune difficulté pour les étrangers.
De jeunes Palestiniennes
achètent de la menthe
à un vendeur de rue
à Bethléem.
Jeunes filles
palestiniennes tout
sourire, dans la vieille
ville de Jérusalem.
93
COM P R E N D R E
P A LE S TIN E
Femmes palestiniennes
devant le Dôme du
Rocher, sur l’esplanade
des Mosquées
à Jérusalem.
94
quitter. En tant que Palestinien de Cisjordanie, il
ne peut passer le checkpoint pour entrer à Jérusalem. « J’ai besoin d’un permis israélien pour y aller,
mais il est très difficile à obtenir », déplore-t-il. En
1980, Israël a annexé Jérusalem-Est, où vivent
actuellement environ 320 000 Palestiniens. Une
annexion illégale au regard du droit international.
Tout au long du voyage, notre groupe a découvert
les multiples aspects du conflit israélo-palestinien.
« Vu de France, on sait qu’il y a l’occupation mais
on ne connaît pas les détails concrets : les colonies,
les checkpoints, les routes interdites. C’est là que
venir en Palestine prend tout son sens », confie
Marie, une participante. Nous laissons Wassef
derrière nous.
À Jérusalem, nous plongeons en plein cœur de
l’Orient. Dans les ruelles enchevêtrées de la vieille
ville, les souks, les échoppes illuminées et l’odeur
de l’encens rappellent Damas, Le Caire et Ispahan.
Mais l’ambiance à Jérusalem est unique. L’église
du Saint-Sépulcre, le mur des Lamentations,
l’esplanade des Mosquées voient défiler pèlerins
du monde entier dans une ferveur inégalée. Dans
le murmure des prières chuchotées, les vers du
grand poète palestinien Mahmoud Darwich
semblent soudain résonner : « Sur cette terre, il y
a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la
maîtresse de la terre, mère des préludes et des
épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle
désormais Palestine. »
TOPO °
Descente dans le
canyon du wadi
Auja, au nord de
Jéricho.
9 JOURS SUR...
Le sentier d’Abraham
(9 jours / 138 km / niveau intermédiaire)
Long de 321 km, pour 21 étapes, dans son intégralité, le sentier
d’Abraham démarre dans le village de Rummana, dans les
environs de Jénine, et se termine à Beit Mirsim, au sud-ouest
d’Hébron. Il est possible de faire le nombre d’étapes que l’on
veut, selon le temps dont on dispose. Ce topo se concentre sur la
partie Al Auja - Hébron, réalisable en plus ou moins neuf jours,
selon le niveau de chacun.
Étape 1
Al-Auja - Jéricho
Étape 4
Khirbet al-Mird - Tel al-Qamar
Étape 2
Jéricho - Sea Level
Étape 5
Tel Al Qamar - Bethléem
5 h / +250 m / -430 m / 15 km
Départ d’Auja sur un sentier à flanc de
montagne. Marche plein sud avec vue
plongeante sur les cultures de la vallée du
Jourdain. Puis descente dans le canyon du wadi
Auja et marche dans le lit de l’oued jusqu’à
l’arrivée à Jéricho, à -240m. Possibilité de visiter
le palais d’Hisham, le monastère de la
Quarantaine et Tell es-Sultan, les ruines datant
du Xe siècle avant J.-C. Nuit dans le camp de
réfugiés d’Aqbat Jabr.
6 h / +850 m / -550 m / 18 km
Depuis Jéricho, montée progressive vers le
canyon du wadi Qelt. Sur le chemin, visite des
ruines du palais d’hiver d’Hérode. Le sentier
serpente sur le versant nord du canyon jusqu’au
monastère grec orthodoxe Saint-Georges,
accroché à la falaise. On longe ensuite des
aqueducs de la période d’Hérode puis le
sentier grimpe jusqu’à atteindre de beaux
panoramas sur le désert. Nuit dans le camp
bédouin de Sea Level.
Étape 3
Sea Level - Khirbet al-Mird
5 h-6 h / +700 m / -520 m / 14 km
Très belle étape à travers les immensités
désertiques. On chemine d’abord dans un
canyon le long d’une ancienne route de
pèlerinage. En route, possibilité de visiter le
sanctuaire de Nabi Musa. Puis on atteint de
superbes panoramas sur le désert ocre et la mer
Morte. Montée raide jusqu’aux ruines de la
forteresse hasmonéenne d’Hyrcania, à 200 m
au-dessus de la vallée. Nuit dans la grotte de
Khirbet al-Mird.
4-5 h / +600 m / -450 m / 13 km
Le sentier traverse la vallée de Kidron et ses
nombreuses grottes habitées par des moines à
l’époque byzantine. Puis on atteint le wadi
An-Nar et l’impressionnant monastère
orthodoxe de Mar Saba, accroché à flanc de
falaise. On poursuit notre route sur un terrain
très rocailleux dans les montagnes désertiques,
avec de nombreuses montées et descentes. Fin
de la randonnée à Tel al-Qamar, une guesthouse
dans le désert.
3-5 h / + 600 m/ - 300 m / 12 km
Le sentier sort progressivement du désert pour
aborder les paysages ruraux des environs de
Bethléem. Pâturages et villages se succèdent
jusqu’à atteindre la petite ville de Beit Sahour.
Enfin, on entre à Bethléem, ville incontournable
de Cisjordanie. À visiter : la basilique de la
Nativité, lieu de naissance de Jésus, l’église de la
grotte du lait, la place de la Mangeoire, le mur
de séparation.
Étape 6
Bethléem - Tequa
3-5 h / +300 m / -330 m / 12 km
Le sentier traverse le village d’Artas, qui abrite le
magnifique couvent de Notre-Dame du Jardin
Clos. Le village possède des sources souterraines
et des aqueducs. Possibilité de faire un crochet
par les immenses piscines de Salomon de
l’époque pré-romaine, et par le château de
Murad et son musée du patrimoine palestinien.
Le sentier continue ensuite dans la vallée fertile
jusqu’à Tequa.
Étape 7
Tequa - Rashayda
6-8 h / + 400 m / -600 m / 25 km
Début de la rando dans le canyon calcaire du
wadi Jihar planté d’oliviers. Marche sur un
sentier rocheux dans le lit de l’oued, entre les
montagnes où quelques bergers bédouins font
paître leurs troupeaux. Le canyon regorge
d’habitations troglodytes anciennes. La vallée
s’ouvre ensuite sur le village bédouin de
Rashayda et le sentier se poursuit à travers le
désert jusqu’au camp bédouin d’Abu Ismaïl.
Étape 8
Rashayda - Beni Naim
5-7 h / + 900 m / - 400 m / 22 km
Le sentier s’enfonce dans le superbe désert de
Rashayda et ses montagnes ocres striées de noir.
Nous croisons la route de troupeaux de
dromadaires. Nous descendons en direction
d’une large vallée, où nous traversons plusieurs
campements bédouins. Puis nous entamons une
longue montée jusqu’aux hauteurs de Beni
Naim, près d’Hébron, village situé à environ
900 m d’altitude.
Étape 9
Beni Naim - Hébron
2-3 h / +150 m / -200 m / 7,5 km
Au départ de Beni Naim, le sentier démarre en
zone montagneuse, sur un terrain rocailleux.
Puis on traverse des terres agricoles et des
oliviers avant d’atteindre Hébron. Parmi les
incontournables : le Tombeau des Patriarches,
cœur spirituel de la ville où sont enterrés
Abraham, Isaac, Jacob ; le souk et la vieille ville ;
l’usine de verre et de céramique, spécialités
d’Hébron depuis des siècles.
95
ILS PARTENT
ILS RENTRENT
Ils partent
Ils rentrent
Une saison en Caspienne
Les Flame Towers de
Bakou évoquent les
torchères des puits de
pétrole. L’exploitation de
l’or noir est devenue l’une
des industries majeures
de la Caspienne, mais
également sa principale
menace écologique.
© r_andrei - stock.adobe.com
Vue d’un satellite, la mer Caspienne est un espace immense, qui s’impose comme la plus vaste étendue
d’eau fermée du globe, d’une importance écologique majeure. En zoomant suffisamment pour laisser
apparaitre les frontières, elle devient un lieu d’interface entre cinq pays, de la puissance mondiale au
petit État fermé, dont les actions ont un lourd impact sur l’environnement. C’est pour étudier l’influence
de ces diverses sociétés sur la nature que Mathilde Drouot, 22 ans, partira en avril 2019 pour cinq mois
d’aventure autour de la mer Caspienne. 6000 km à vélo et 1000 km de marche à travers l’Azerbaïdjan,
l’Iran, la Russie, le Kazakhstan et le Turkménistan pour « réfléchir à l’influence humaine sur la nature »
tout en étant « témoin d’une nature forte et encore sauvage ». « Concrètement, mon objectif est d’être le plus en contact possible avec les populations et de passer du temps dans certains lieux stratégiques
(lieux très fortement pollués ou au contraire encore préservés) pour comprendre comment elles perçoivent leur environnement et leurs changements », explique Mathilde Drouot. Sur le terrain, elle sera
en lien avec des ONG locales, comme l’Iranian Fisheries Science Research Institute ou le Caspian Sea
Research Institute in Ecology en Iran, et les suivra dans leur travail. Un véritable projet environnemental
et humain, avec, comme toile de fond, un réel défi sportif.
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et photos parus dans la présente publication est interdite.
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non commandés. Les documents reçus ne sont pas rendus
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libre publication.
Dépôt légal Decembre 2018.
Impression : Rotolito, imprimé en Italie
Provenance du papier : Italie
P. cent fibres recyclées : 0 % Certification : PEFC
Ptot : 0.006 kg/tonne
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LE LABO
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EN 2005, LA TENTE POP-UP DU FABRICANT
FRANÇAIS A PROPULSÉ LE MONDE DE
L’OUTDOOR DANS LA CULTURE POPULAIRE.
RETOUR SUR CETTE INCROYABLE ÉPOPÉE
INTERNATIONALE, DES ESQUISSES INITIALES
AUX VERSIONS ACTUELLES.
PAR NOLWEN PATRIGEON
Le dépliage de la 2 Seconds :
un simple geste qui propulsera la
petite tente Quechua au firmament.
© Quechua
TOTEM
Test terrain au Maroc, en 2004. Un
voyage qui aboutira à la naissance de
la toute première 2 Seconds.
© Quechua
N
ous sommes au début des années 2000. Jean François Ratel, alias Jef, est chef de produit au siège de la marque
Quechua. Mais aussi un pratiquant,
comme il le dit lui-même, « exigeant et
avec des idées arrêtées ». L’amateur de
tentes haut-de-gamme a alors la mission
de créer des tentes... à 50 € ; voilà pour
le challenge de départ. L’idée de la tente
2 Seconds ne lui est pas apparue comme
une illumination en ouvrant le zip de sa
« guérite » un matin à la fraîche, mais
plutôt via le croisement de plusieurs
axes de travail qui ont abouti à un vrai
concept. En revanche, la notion d’instantanéité est venue de la base : les utilisateurs. Pour échanger et se confronter
à leurs ressentis, Jean-François partait
102
quatre semaines par an sur des sessions
de tests sur le terrain avec des profils de
campeurs très variés. En fin de session il
leur demandait invariablement d’expliquer quel équipement les feraient
rêver. Et à chaque fois, il y avait toujours
une personne pour dire « moi, je rêve
d’une tente qui se monte toute seule » et
cette phrase était accompagnée d’un
geste du bras, mimant un lancer… Avec
le recul Jef dira qu’à l’époque il ne savait
pas bien écouter ; il notait alors poliment
mais au fond de lui se disait : « une tente
qui se monte toute seule… ben c’est pas
demain la veille ! »
UN CASSE-TÊTE QUI FINIT BIEN
Sans viser l’objectif d’une tente magique,
en faciliter le montage était malgré
tout un des grands axes de développement ciblé par Jef et son groupe projet.
Ainsi se dessine l’orientation de cette future tente : elle sera sans réglage et sans
notice ! Le premier point enlève la possibilité de se tromper ; et le second
prouve sa simplicité. Parallèlement
l’équipe cherche toutes les structures
faciles à monter déjà existantes, ils réalisent que le nombre de brevets déposés
dans l’univers de la tente est hallucinant « on avait l’impression que le
monde entier travaillait dessus, c’était
hyper angoissant ! » se souvient Jef. Le
chef de produit reçoit aussi des personnes « avec des idées » qui le contactent. Mais toute ont déjà été creusées
par l’équipe… Un jour, pourtant, un
homme se présente au siège avec une
PHÉNOMÈNE
UNE SARDINE DANS
LA CULTURE POPULAIRE En 2006, l’association Don Quichotte équipe 33 SDF d’une tente 2 Seconds le long
du canal Saint-Martin, à Paris. Une mise en lumière inattendue et involontaire pour
Quechua, mais si l’opération n’a pas été « soutenue » au sens propre, Quechua a
fait bénéficier d’une remise face à l’achat en grande quantité. Le ressenti du personnel était positif, selon Julie Bordez responsable de la communication : « Je ne
crois pas que cette association SDF / tente 2 Seconds ait dévalorisé le produit ;
l’image a peu d’importance dans ces moments-là. Si nos tentes permettent d’abriter
des gens qui, sans elles, dormiraient sur un carton, alors tant mieux ! » Depuis,
Quechua s’est régulièrement mobilisé en distribuant du matériel, notamment lors
de catastrophes climatiques comme à Haïti ou plus récemment en France pour les
réfugiés…
housse ronde sous le bras. Jef l’accueille
dubitatif en se disant : « encore une
structure pop-up », ces jouets dont on
leur disait sur les salons internationaux
qu’ils pourraient devenir de véritables
tentes… L’homme souhaite faire sa
démonstration dehors. Il ôte la housse …
et lance la tente ! C’est avec ce geste déjà-vu que Jef fait le lien entre l’instantanéité des structures pop-up et le rêve de
ses utilisateurs. C’était une tente de
marque américaine, mais invendable en
l’état sur le marché français : mono-toit
et minuscule. Jef sent qu’il tient quelque
chose et l’objectif se précise : combiner
une structure auto-déployante et autoportante avec une chambre double-toit, habitable pour deux personnes ! Pendant que l’aspect juridique
Dilemme récurrent sur la 2 Seconds : deux secondes pour la déplier,
mais combien pour la replier ? Outre les améliorations apportées
à la notice de montage, les innovations aboutiront également
à la technologie de repliage facile Easy, en 2011.
est abordé pour collaborer avec la
marque américaine, le groupe projet travaille, s’énerve, bataille, discute... Ils
savent qu’ils ne sont pas loin, et après
sept mois de « bidouille », les tests au
Maroc classent définitivement la tente
américaine originale comme « inadaptée ». Ils prouvent par contre que si
95 % de leur tente se plante en deux secondes, le double toit reste trop complexe
à installer. Ce n’est qu’en mai 2004
qu’une solution semble trouvée… Mais il
est déjà très tard pour que le produit
sorte dès l’été suivant !
UN LANCEMENT “ROCK’N ROLL”
« On n’a jamais envoyé autant de prototypes en tests » se souvient Jef. Le développement se termine à la fin de l’été mais
l’équipe reste inquiète. À la même période, le directeur de Décathlon cherchait
un produit innovant et étonnant à mettre
en avant pour le retour de la marque à la
publicité télévisée… Son choix se
porte... sur la tente ! « On avait la pub
mais on n’était même pas sûr d’avoir le
produit, quel stress ! » Après un hiver
sous très haute-pression tout semble
prêt juste à temps. Mais Jef ne se détend
103
TOTEM
Point clé de la réussite de la
2 Seconds, les tests terrains, ici avec
l’équipe de conception originelle.
© Quechua
pas. Sa crainte ? Être en mesure de montrer en magasin ce que cette tente a en
plus des autres : son instantanéité. « Si on
n’y parvient pas, ce sera un flop ! ». Mais
c’était sans compter sur le personnel de
vente, pris au jeu d’une manière extraordinaire et qui n’avait comme argumentaire qu’un seul geste à effectuer : lancer la
tente. Le succès est immédiat.
L’ÉCLOSION D’UN PHÉNOMÈNE
« La campagne de lancement de la
première tente Quechua a été une vraie
réussite et elle a contribué à capter et
marquer les esprits ! » affirme Julie Bordez, responsable de la communication.
17 secondes, pas un mot, le célèbre
« Carnaval des animaux » de Camille
Saint-Saëns en bande-son et des fleurs
qui s’ouvrent en version accélérée, puis
la tente qui se déploie, elle, à vitesse
réelle. Limpide, beau et efficace. « Cette
pub pourrait encore fonctionner auprès
d’un public étranger qui ne connait pas la
2 Seconds ; quinze ans après, cela prouve
sa justesse ». Un message et une image
justes, en plus d’un concept innovant :
les planètes sont alignées. Rapidement
les extensions d’usages (plages, jardins,
festivals …) agrandissent la cible de
manière exponentielle et la 2 Seconds
devient familière auprès de tous les
Français. Pour ses dix ans, une autre
belle campagne sera réalisée : un film
qui surfe justement sur l’affectif « le côté
authentique et presque culturel, car finalement on a tous des moments de vie qui
nous lient à cette tente » sourit Julie. Entre temps, la série a conquis les marchés
européens.
LE FLÉAU DU PLIAGE
« Deux secondes pour la monter… et
deux heures pour la plier »,les commen-
taires assassins, les parodies sur internet, la tente 2 Seconds a été aussi très
moquée. En réaction, les équipes de
conception ont retourné la tente dans
tous les sens pour simplifier encore son
utilisation. « Quelle que soit l’année de
fabrication ou le modèle, les remontées
sur le pliage ne sont pas 100 % positives » confirme Alexandre, nouvel
ingénieur arrivé il y a six mois. Les
améliorations ont pourtant été nombreuses sur cette structure « balle de
tennis » et pop-up qui s’ouvre lorsqu’on
la libère. Au départ, les deux arceaux de
8 m de long avaient un diamètre épais,
c’est ce qui donnait l’énergie lors du
déploiement, mais pour les replier il fallait forcer et l’utilisateur craignait de tout
casser. Le diamètre des arceaux a donc
été diminué, mais cela réduisait aussi
l’effet pop-up. Un autre angle d’amélioration s’est alors porté sur la notice. Mais
LA SAGA 2 SECONDS EN 6 DATES
2005
La première tente
2 Seconds est
commercialisée.
104
2007
Un système de pliage
plus compact est
proposé avec la
2 Seconds Light.
2009
Lancement de la
version familiale
de la tente
2 Seconds.
2011
Sortie de la première 2 Seconds équipée du
système breveté
« Easy ».
2013
Sortie de la MSH,
la première tente
avec une architecture
gonflable.
les concepteurs ont pu réaliser que lire
un dessin et être capable de reproduire
le geste est loin d’être instinctif pour tout
le monde. Le dessin n’étant pas assez
clair, l’image fut l’axe suivant : une vidéo
téléchargeable depuis un QR Code puis
une application furent proposés. Peutêtre avec un peu trop d’avance : les utilisateurs de l’époque n’ayant pas encore le
réflexe de chercher la solution sur leur
téléphone. Enfin, en 2011 le système
« Easy » est breveté avec ses sangles de
couleurs à tirer depuis l’intérieur de la
tente. Aujourd’hui encore, les équipes
travaillent sur le pliage.
Jean-François Ratel, concepteur de la série 2 Seconds. © Quechua
LA REMPLAÇANTE ?
La limite des évolutions du modèle de
départ est-elle atteinte ? Après quinze
ans de vie du produit, la question se
pose. Alexandre l’ingénieur résume la
complexité de la situation : « Toute la difficulté, c’est de remplacer un produit qui
est notre identité en gardant ses points
forts : l’instantanéité et l’intuitivité et en
améliorant ses points faibles : la facilité
du pliage, l’ergonomie et la compacité.
Le tout en respectant les normes de la
tente donc la résistance au vent, à la pluie et l’habitabilité ». Un sacré challenge pour les équipes qui ont en tête la
date butoir de 2020 : année où le système pop-up intégrant la chambre et le
double-toit tombera dans le domaine
public. Quechua espère bien avoir une
nouvelle tente à proposer d’ici là et rêve
d’une innovation de rupture qui révolutionnerait à nouveau l’outdoor. Le
groupe-projet travaille toujours sur le
châssis de la 2 Seconds pour voir si certaines choses sont encore améliorables
mais teste surtout des prototypes de
nouvelles structures… Suspense !
2016
Lancement de la technologie
« Fresh and Black », tissu opaque
et réfléchissant, déclinée
désormais sur toutes les tentes !
TROIS QUESTIONS À...
JEAN-FRANÇOIS RATEL,
CRÉATEUR DE LA 2 SECONDS
Quelle a été, selon vous, la clé du succès de la 2 Seconds ?
« Je crois beaucoup aux remontées terrain, il n’y a rien de mieux que cela pour
comprendre les utilisateurs ! Elles doivent durer 4 jours minimum car si les deux
premiers jours les testeurs restent polis, le jour suivant ils se lâchent un peu plus et
enfin le dernier ils vident réellement leur sac, sans filtre ! C’est à ce moment-là que
les données sont vraiment intéressantes. Mais il faut savoir écouter : ne pas prendre
à cœur les critiques, c’est difficile ! ».
Les sessions de tests permettent-elles de vraiment tout prévoir ?
« Non certainement pas ! Si elles permettent tout de même de se rassurer sur
l’angoisse du concepteur : mon produit va-t-il bien vivre 100% des situations qu’il
va rencontrer sur le terrain ? Il y a certaines choses que l’on ne peut pas prévoir ou
des erreurs que l’on ne décèle pas : par exemple, sur la notice que j’avais mise en
place, 100 % des derniers testeurs ont réussi à replier leur tente, j’étais sûr de moi !
Pourtant elle n’a pas été bien comprise. »
La 2 Seconds est-elle le fruit d’une petite équipe ou d’un grand groupe ?
« Toute l’entreprise s’est enthousiasmée et a participé à l’avancée du projet, et c’est
aussi ce qui a fait le succès de ce produit. Mais au départ, nous étions une petite
cellule formée de Benjamin Mettavant l’ingénieur, Vincent Chiffolau le designer et
le prototypiste Abderrahman Elaammari, dit « Abbi » né —petit clin d’œil— 42 ans
plut tôt sous une tente dans le Sahara. Nous avons passé tellement de temps
ensemble à réfléchir, essayer, recommencer... des moments forts, parfois difficiles
parfois magiques ! »
105
TEST TERRAIN
VESTES 2e COUCHE
Patagonia Micro Puff Hoddy
TESTÉ PAR
THIBAUT VERGOZ
Photographe d’expédition
Conditions du test : randonnées
itinérantes printanières et estivales
dans le parc du Mercantour et
dans les Alpes du Sud en général.
Températures toujours positives,
jusqu’à proches de 0°C.
Doudoune synthétique / 264 g (M) / 280 €
Intercalée entre l’ultra-légère Nano Puff et la très chaude
Hyper Puff, la veste Patagonia Micro Puff Hoodie est une
micro-doudoune synthétique très légère mais bénéficiant
d’un excellent rapport poids-isolation grâce à l’emploi
du nouvel isolant PlumaFill imitant le duvet.
PERFORMANCES
La Micro Puff Hoodie est probablement l’une des meilleures
micro-doudounes synthétiques du marché. Sa résistance au
vent ou à une pluie assez fine est en soi assez faible, comptetenu des tissus extrêmement fins et du garnissage limité. Mais
portée seule dans des conditions fraîches et sèches sans vent,
ou sous une veste de protection le reste du temps, elle offre
des performances thermiques et un confort comparables à du
duvet, ce qui est remarquable. Avec en plus la capacité à rester
isolante après avoir été trempée ! Et contrairement à du duvet,
le garnissage PlumaFill™ séchera très rapidement pour retrouver toutes ses propriétés isolantes.
CONCEPTION / FABRICATION
Irréprochable. Le tissu Pertex Quantum est un classique (on le
retrouve sur la grande majorité des micro-doudounes du
marché) dont le rapport légèreté / solidité n’est plus à prouver.
Idem pour les zips YKK. Le nouveau garnissage PlumaFill™ offre
un gonflant et une compressibilité spectaculaires pour du
synthétique : on pourrait réellement penser qu’il s’agit de
duvet. Bien que minimaliste, la conception est bien pensée : on
apprécie les deux grandes poches intérieures, ou encore les
deux modes de compression (sac de compression / poche
gauche). Autre bonne surprise, la capuche très enveloppante,
et particulièrement moelleuse. Attention à la coupe un peu
(trop) ample (comme souvent chez Patagonia) : prévoir au
moins une taille en dessous de votre taille habituelle.
106
ROBUSTESSE
Difficile de parler de robustesse : la veste n’est clairement pas
conçue pour se frotter aux rochers ! Toutefois la qualité du tissu
tressé Pertex Quantum Ripstop, limite les risques de déchirement en cas d’accroc, et donc de déperdition de garnissage. Après plusieurs semaines de test en comprimant et
décomprimant la veste quasi-quotidiennement, le garnissage
PlumaFill n’a pas perdu en gonflant. Aucun signe de faiblesse
non plus du côté des coutures. La seule interrogation concerne
les bordures élastiquées (hanches, poignets, capuche) et le
risque qu’elles se détendent dans le temps, faisant ainsi perdre
la veste en thermicité.
CONFORT / AGRÉMENT
La première impression au toucher est stupéfiante tant le
toucher est similaire à celui du duvet : extrêmement légère tout
en étant moelleuse. Cette sensation se confirme à l’usage, la
Micro Puff est chaude et son gonflant très confortable. Il est
également rassurant de partir dans des conditions très humides
sans avoir à craindre en permanence de la mouiller et de voir le
gonflant disparaître après plusieurs jours. De même, s’il advient
de la salir, elle se lavera facilement en machine.
POLYVALENCE
La Micro Puff Hoodie est d’une grande polyvalence. Par sa
légèreté et sa compressibilité exceptionnelles, ainsi que sa
résistance à l’humidité, elle conviendra à la plupart des
situations en randonnée et voyage, tant que les températures
ne sont pas extrêmes. D’autre part, le look assez réussi et les
nombreux coloris disponibles la rendent également utilisable
en ville. Mais elle reste une doudoune light qui ne donne
véritablement sa pleine mesure que utilisée sous une veste
coupe-vent et imperméable, et ce dès que les conditions se
dégradent.
NOTE
GLOBALE
4/5
ON A AIMÉ
- Une vraie alternative au duvet,
avec les avantages du
garnissage synthétique
- Le gonflant
- Les qualités thermiques
ON A MOINS AIMÉ
- La coupe Patagonia
un peu trop ample
- Le prix, comparable au duvet
NOTRE AVIS
FICHE TECHNIQUE
Tissu : Pertex Quantum® Ripstop
Isolation : PlumaFill™
Capuche : Fixe, contour élastiqué
Poches : 2 repose-mains / 2 intérieures
Taille : Elastiquée
Poignets : Elastiqués
Poids : 264 g (M)
Avec la Micro Puff, Patagonia frappe un grand coup dans le marché
en plein essor des micro-doudounes, un accessoire devenu indispensable les trois quarts de l’année en montagne. Ce modèle est
une vraie alternative aux vestes en duvet de poids comparable, dont
les propriétés thermiques restent assez sensibles à l’humidité
ambiante, sans parler de leur fragilité face à la pluie. La Micro Puff
se décline en veste sans capuche et en gilet, pour ceux qui souhaiteraient s’alléger encore. Toutefois, vu la qualité de la capuche et
son apport thermique indéniable, la version hoodie semble le meilleur choix pour le montagnard. Toutefois, la qualité a un prix, et
choisir le synthétique est loin d’être ici synonyme d’économies !
107
TEST TERRAIN
TENTE
MSR Freelite 3
3 places / 1 560 g / 445 €
Tente trois saisons trois places, la Freelite 3 est un concentré
de légèreté, rendu possible grâce aux matériaux employés :
arceaux ultra-légers, toile intérieure majoritairement en
mesh, double toit en nylon enduit. Utilisable en plusieurs
configurations, toit + chambre, chambre seule (nuits
chaudes et sèches), ou en mode tarp, elle se place
parmi les plus légères de sa catégorie.
MONTAGE
La Freelite 3 est une tente autoportante (il faudra ajouter deux sardines pour la tendre au
sol). Côté structure, on a le droit à un arceau unique qui forme un V à une extrémité, et à
un petit arceau perpendiculaire au niveau des portes. Il n’est pas évident au départ de
savoir dans quel sens placer l’arceau sur la chambre, puis le double toit sur l’arceau. Il faut
réfléchir un peu…On s’y habitue, mais cela peut poser problème en cas de mauvais
temps. La tente peut être montée par une seule personne sans grande difficulté, même si
tout n’est pas très intuitif. Les sardines sont celles que l’on retrouve sur d’autres tentes
MSR, résistantes et légères, mais douloureuses à planter à la main.
108
TESTÉ PAR
KETTY FAURIE
Randonneuse
Conditions du test : Période estivale
et début d’automne, bivouacs dans
Belledonne (dont un avec des
averses fortes durant une grande
partie de la nuit : pluie, vent, froid) ;
bivouacs en Tarentaise (pluie / beau
temps avec chaleur relative).
Incroyablement fins
et flexibles, les arceaux
Easton Syclone apportent
légèreté et résistance.
Trois places, trois saisons,
et un poids sur la balance
à peine supérieur à 1,5 kg.
VIE INTÉRIEURE
NOTE
GLOBALE
Testée en mode un adulte / deux adolescents, c’est petit… Il vaut
mieux bien s’entendre et être organisé. La tente affiche pourtant une
belle surface au sol, mais la forme dôme avec des parois inclinées
réduisent considérablement l’espace de vie avec une hauteur d’à peine
un mètre. L’accessoirisation est elle aussi assez limitée avec juste une
poche : le prix de l’ultra- légèreté. On apprécie en revanche la belle
luminosité (on a testé le vert foncé), idéale lorsque la météo contraint
les occupants à rester enfermer toute la journée. La ventilation de la
tente est bonne grâce à la chambre à majorité mesh. Les absides sont
plutôt grandes, mais basses et aplaties au bout. Les zips sont donc durs
à atteindre : avec de la pluie ou de la rosée, on se mouille assez
copieusement avant d’atteindre le bas du zip pour l’ouverture.
3,5/5
ON A AIMÉ
- son poids (1,5 kg), qui reste faible
même en configuration 2 places
- sa ventilation très satisfaisante
- ses deux absides, plutôt spacieuses
RÉSISTANCE AUX INTEMPÉRIES
ON A MOINS AIMÉ
L’imperméabilité du toit et du tapis de sol sont satisfaisantes malgré
leur finesse. On évitera peut-être quand même les treks en Islande.
Rien à dire non plus quant à la résistance au vent, la Freelite 3 est bien
stable. Seul point faible, le double-toit qui, malgré le plus propre des
montages, vient irrémédiablement se coller à la chambre dès lors qu’il
est mouillé. C’est dommage car la tente est peu spacieuse et on touche
vite les parois en bougeant un peu, surtout à trois.
- le faible équipement en accessoires
à l’intérieur de la chambre
(une seule poche)
- le manque de séparation entre
le double-toit et la chambre
- le montage un peu fastidieux
lors des premières utilisations
ROBUSTESSE
Malgré leur finesse, les matériaux semblent de qualité, demandant
néanmoins un minimum de délicatesse. Présentés comme « plus
flexibles que l’aluminium ou le carbone », les arceaux Easton Syclone
en fibres composites semblent de bonne facture et solides malgré leur
légèreté. Les boucles de réglage ou les ficelles de fixation sur les
sardines de la chambre ou du double-toit sont de petit calibre et
diamètre. Leur solidité dans le temps reste difficile à évaluer. Aucun
souci malgré tout sur les bivouacs réalisés jusque-là.
ENCOMBREMENT
Le point fort de la Freelite 3 reste clairement son poids ultra-light.
Repliée, son encombrement est honorable : une cinquantaine de cm
de long due à l’arceau unique, qui prend un peu de place. La housse de
rangement, typique de MSR, est large et facile à utiliser, pour un poids
d’environ 100 g. On pourra néanmoins lui préférer deux sangles ultra
légères pour un allègement du sac.
NOTRE AVIS
La marque américaine nous propose ici sa tente la plus légère pour
trois personnes, réussissant le tour de force d’insérer deux absides
pour un poids impressionnant de 1,56 kg emballée, une légèreté
qui est sans conteste l’atout majeur de cette Freelite 3. Le plaisir
d’utilisation reste lui plus modéré, du fait d’un habitacle resserré
pour trois, du double-toit qui vient se coller à la chambre et des zips
des absides difficiles à atteindre. Cependant, en utilisation typée
estivale, elle apporte entière satisfaction. Elle reste cependant un
peu chère à l’achat, mais c’est le prix à payer pour son poids plume.
FICHE TECHNIQUE
Autoportante : Oui
Tapis de sol : Nylon ripstop 15 deniers enduit polyurethane Xtreme
Shield (1 200 mm)
Toile intérieure : Nylon micromesh 10 deniers
Double toit : Nylon ripstop 15 deniers enduit polyurethane Xtreme
Shield et silicone (1 200 mm)
Arceaux : Easton® Syclone™
Sardines : Aluminium
Ouvertures : 2
Absides : 2
Dimensions intérieures : 213 x 172 cm
Hauteur sous toit maximale : 96 cm
Poids : 1 560 g
109
TEST TERRAIN
TENTE
Mountain Hardwear Ghost Sky 3
3 places / 2033 g / 550 €
La marque californienne se positionne avec la Ghost Sky 3
dans la gamme des tentes légères 3 saisons « spacieuse
3 places pour la randonnée et le trek ». Auto-portante, avec
deux absides, elle affiche 2,15 kg sur la balance, un poids
facilement allégeable en se passant
des housses de rangement
pour atteindre un
poids de 1 950 g.
MONTAGE
La Ghost Sky 3 est une tente facétieuse : une tente dôme
tout à fait classique, avec deux grands arceaux dorés, et
un plus petit, noir, pour les absides. De prime abord, le
tout à l’air très simple à monter… Ce qui est le cas
lorsqu’on a compris (et retenu pour les fois suivantes !)
le sens de placement des arceaux. Montés à l’envers (ce
qui a été le cas plusieurs fois pour nous avant de se
souvenir de la spécificité), la chambre ne pourra pas être
fixée aux arceaux par son sommet, et l’arceau des
absides ne pourra pas se solidariser avec les deux
autres : assez rageant lorsqu’il pleut. Enfin, les sardines
sont légères et robustes, avec un bout arrondi qui ne
blessera pas les mains.
110
TESTÉ PAR
KETTY FAURIE
Randonneuse
Conditions du test : bivouacs d’une
ou plusieurs nuits durant l’été et le
début d’automne. Massif de Belledonne et Tarentaise. Beau temps sec
et chaud à pluies soutenues et froid.
Les parois claires offrent
une belle luminosité
appréciable en cas de
mauvais temps.
VIE INTÉRIEURE
La première impression que l’on a en pénétrant dans cette tente,
est son étroitesse ! Avec une largeur de 147 cm, trois matelas
tiennent à peine. La Ghost Sky se distingue en revanche par sa
hauteur de 114 cm pour un beau volume intérieur, d’autant plus
que les parois sont assez verticales. L’accessoirisation est généreuse
avec des poches filets (une grande, une petite) de part et d’autre
des ouvertures, et des petites boucles au plafond pour suspendre
une lampe. Testée en coloris gris clair, avec une chambre en mesh,
la tente est très lumineuse : un vrai plus par mauvais temps. Grâce
à la finesse des matériaux et la chambre en mesh, la ventilation est
très bonne. Quant aux deux ouvertures, elles sont bien placées et
spacieuses. Les absides elles-mêmes sont suffisamment grandes
pour loger les trois sacs et les chaussures.
TEST TERRAIN
NOTE
GLOBALE
4/5
Les absides sont
généreuses pour
un espace
de stockage
conséquent.
ON A AIMÉ
- Hauteur sous plafond
- Grandes absides
- Les larges poches dans la chambre
ON A MOINS AIMÉ
La largeur de 147 cm
pour 3 personnes !
- Le double-toit qui ne descend
pas assez sur la chambre
- Finalement, le poids (pas si
légère que ça par rapport
à sa surface au sol).
RÉSISTANCE AUX INTEMPÉRIES
Les matériaux offrent une belle étanchéité malgré leur grande
finesse. Testée sous une pluie battante, la Ghost Sky n’a pas
bronché. On s’y sent en sécurité, c’est agréable. On aura plus de
réserve quant au tapis de sol, qui est vraiment fin. Durant les tests,
il a été sensible à l’humidité, mais sans plus (une fois que l’on a
installé les matelas, on ne sent plus rien). Autre réserve : le
double-toit qui aurait gagné à descendre plus bas. La partie basse
de la chambre est heureusement suffisamment étanche pour
compenser, à voir si cela se confirme dans le temps.
ROBUSTESSE
Jusqu’ici la Ghost Sky 3 n’a montré aucune faiblesse. Attention
néanmoins au tapis de sol très fin nécessitant une attention
particulière (gare aux terrains trop caillouteux). Les zips de la
chambre intérieure coulissent particulièrement bien, tandis que la
chambre et le double-toit sont très bien finis et les coutures
semblent solides. Le système d’attache du double-toit aux sardines
de la chambre est très ingénieux et facile à utiliser. Il faudra voir sur
la durée s’il est solide, les attaches étant en plastique et les liens
très fins.
ENCOMBREMENT
La Ghost Sky 3 n’est pas des plus discrètes dans le sac. Avec des
arceaux repliés par segments de 55 cm, c’est un peu long dans le
sac. La housse de rangement est en revanche assez large pour un
rangement rapide et simple. Côté poids, avec 2 kg, on est dans la
moyenne basse des tentes légères 3 places. Mais sachant qu’on se
rapproche plus d’une grande 2 places que d’une vraie 3 places, 2 kg
est au final un poids bien plus classique. Les arceaux + sardines
totalisent 700 g environ: Mountain Hardwear semble donc avoir
fait le choix de matériaux pas forcément ultra légers, mais robustes.
112
FICHE TECHNIQUE
Autoportante : Oui
Tapis de sol : 40D Nylon Ripstop 1500mm Ester Type PU/SIL Toile intérieure : Nylon / Mesh
Double-toit : 20D Nylon Ripstop 1200mm PU/SIL
Arceaux : Dac Featherlite NSL
Ouvertures : 2
Absides : 2
Dimensions intérieures : 221 x 147 cm
Hauteur sous toit maximale : 114 cm
Poids : 2 033 g
NOTRE AVIS
La Ghost Sky 3 se positionne dans une gamme
technique et se situe dans la même fourchette de
prix que la MSR Freelite 3, donc quelque peu onéreuse. Cependant, le bilan prix/prestation reste
satisfaisant, au regard de la qualité de la tente et
de sa praticité. Même si elle reste très juste pour
3 personnes (a fortiori pour 3 adultes, car nous
l’avons testée en version 1 adulte-1 pré-ado-1
ado), la Ghost Sky est une tente dans laquelle on
se sent bien, surtout grâce à sa hauteur d’habitacle. On l’utilisera plutôt en période de températures clémentes (fin de printemps à début
d’automne) pour plus de confort.
VAUDE ECO
PRODUCT
0 % PVC – 100 % étanche.
Ce produit, fait en matériau imperméable, est particulièrement robuste et durable.
Et parce que la nature nous tient à cœur, nous renonçons totalement à l’utilisation de PVC dans nos processus de production.
Vous pouvez compter là-dessus !
greenshape.vaude.com
Hogan UL 2P
Tente très légère, montage rapide, pour l‘alpinisme et le trekking.
• facile et rapide à monter
• très résistante au vent
• à la fabrication écologique
TEST TERRAIN
VESTES 2e COUCHE
Fjällräven Keb Fleece Hoodie
TESTÉ PAR
GUILLAUME LABERGERIE
Randonneur
Conditions du test : 7 mois. Islande en hiver. Randonnée dans
Belledonne, Chartreuse, Vercors. Ski alpin, ski de randonnée.
Usage urbain quotidien.
Veste isolante / 510 g (M) / 199,95 €
PERFORMANCES
CONCEPTION / FABRICATION
ROBUSTESSE
CONFORT / AGRÉMENT
POLYVALENCE
Testée dans différentes conditions
comme le froid polaire en Islande,
venteux du massif de Belledonne,
humide en Chartreuse et sous le
soleil du Vercors, la polaire zippée
Keb Fleece Jkt n’a jamais été
prise en défaut. Elle bénéficie
d’un excellent ratio encombrement / chaleur, grâce
notamment à un léger effet
coupe-vent, ainsi qu’à sa
capuche à la conception
proche d’une cagoule de
plongeur pour une couvrance maximale. Elle
s’illustre également par sa
gestion de l’humidité et sa
respirabilité, le zip central
permettant d’évacuer
instantanément le trop plein
de chaleur. On reste ainsi au
sec (et donc au chaud)
même après un effort
important. La laine permet
de limiter les mauvaises
odeurs : aucun désagrément
jusqu’à une semaine
d’utilisation intense. Et
aucun souci pour l’entretien : un tour en machine à 30°C et on n’en
parle plus, d’autant plus que son temps de séchage s’avère plutôt
court grâce au polyester. La conception est propre, avec une capuche
efficace (voir plus-haut) et trois poches zippées sécurisantes. Le tissu
est quant à lui de belle facture, bien lisse pour ne pas accrocher avec
une troisième couche en cas de pluie, et résistant à l’abrasion grâce
notamment aux renforts en G-1000 Eco aux épaules contre le
frottement des bretelles de sac à dos. On aime enfin le design sobre,
idéal pour un usage détourné à la ville.
114
La capuche enveloppe
parfaitement le visage
contre l’air froid.
NOTE
GLOBALE
4/5
ON A AIMÉ
- Le ratio encombrement / chaleur
- Les renforts aux épaules contre
l’usure due aux bretelles du sac à dos
- La polyvalence
ON A MOINS AIMÉ
- Le prix élevé
Des renforts en tissu
G-1000 Eco préservent la
veste contre l’usure liée
aux frottements des
bretelles de sac à dos.
FICHE TECHNIQUE
Tissu : polyester, laine, elastane. Renforts G-1000 Eco aux épaules
Isolation : polaire
Capuche : fixe, ajustable, bordure élastique
Poches : repose-mains zippées (2) / poitrine zippée (1)
Poignets : élastiqués
Poids : 510 g (M)
A
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