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Ski Magazine N°451 – Janvier 2019-compressed

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SPÉCIAL
STATIONS
SKI MAGAZINE
GUIDE
WEAR
11 TENUES DE L'HIVER
SOUS TOUTES LES COUTURES
LES VOISINES
SUISSE
ITALIE
AUTRICHE
ESPAGNE
TARENTAISE
DOM : 7.5 € - BEL/LUX/ESP/ITA/GR/PORT CONT : 7.5 € - MAR 78 Mad
CAN : 11$ca – CH : 11.60 FS – TOM/S : 1200 cfp
5 BELLES RANDONNÉES À SKI
PAYS
DE
SKI
INCURSION EN
CORÉE DU NORD
ENQUÊTE
DÉCEMBRE 2018 - n° 451
LE JUSTE PRIX
DES FORFAITS DE SKI
édito
)
L’IVRESSE
© Boris Dufour
DE LA PREMIÈRE NEIGE
Cela fait des mois maintenant que l’hiver est un projet,
lointain d’abord, voire utopique, mais même dans les
mois les plus chauds, son ombre plane. Il suffit de
voir un étalage de poissonnier, d’ouvrir un congélateur, pour que le déclic parfois se fasse, et que l’estomac se contracte : c’est si loin encore. Et puis
l’automne arrive, si lentement, si chaud qu’il désespère autant qu’il enthousiasme. On en profite bien
sûr, le corps humain se gorge de ces rayons dorés,
se délecte de cette chaleur qui dure, s’étend mollement, paresseusement partout, engourdit et fait oublier
que demain, peut-être, il va geler. Et puis il gèle. La
neige tombe même, du jour au lendemain, fait ployer
les framboisiers encore cramoisis. Mais l’hiver, ce n’est
pas ça. Une chute de neige inopinée, un redoux, des
feuilles qui volent, des champignons. L’hiver, le vrai,
s’installe. Il pose ses grandes mains nues et glacées
tout autour de notre hémisphère, tranquillement, et nos
sourires de skieurs, avec nos dents froides et nos plis
d’yeux immanquablement cachés sous nos masques,
peuvent apparaitre. C’est notre saison. On s’en empare.
On l’embrasse. On peut s’en gorger, l’hiver est arrivé.
ski magazine 5
Numéro 451
PHOTO DE COUVERTURE :
Skieur: Stefano Sciuto
Spot: Val d’Isère
© Martin Soderqvist
ÉDITO 5
L’ivresse de la première neige
par Mathieu Ros Medina.
SOMMAIRE
P. 8
P. 16
ACTUS 8
Des luges en bois racées,
des films sur les forêts,
des skieurs dans les Pyrénées
et des histoires de rennes finlandais
PAGE VERTE 14
Une double page verte spécial « wear »
par notre spécialiste de l’écoloski,
Stewart Sheppard
SKI MADAME 16
P. 54
Les nouvelles féminines du monde du ski,
par Mathilde Boulesteix
STATISKI 18
Les chiffres et les lettres des stations,
par Jérôme Folliet
ENQUÊTE 20
Paie-t-on trop cher
pour nos forfaits de ski ? Par Martin Léger
SKI AUTOUR DU MONDE 24
Après le Vénézuéla,
direction la Corée du Nord pour une expérience très
rigide du ski, par Jimmy Petterson
FREERIDE RANDO 28
Cinq itinéraires en Tarentaise,
du plus contemplatif au plus alpiniste,
par Philippe Royer
DOSSIER STATIONS 38
P. 28
P. 24
Un dossier consacré aux voisines suisses,
autrichiennes et italiennes,
parce qu’on skie toujours mieux chez les voisines
La Thuile, laisse tomber les pizz' p.40
Tyrol, sur les glaciers autrichiens p.48
Dolomites, l’Italien préfère la piste p.54
Baqueira, royales Pyrénées p.58
Oberland Bernois, montagnes suisses p.65
DOSSIER WEAR 82
Toutes les tenues de l’hiver,
pour être sapé comme jamais
ski magazine 7
actus
© Jordan Manley
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CULTURE
Le calendrier dessiné
de Simon Charrière
TREELINE, DES SKIEURS DANS LES ARBRES
Rideur et dessinateur, Simon Charrière a
pris l’habitude de partir en trip ski avec
son carnet à dessin. Il sort son calendrier 2019 avec ses 12 préférés, un par
mois, issus de son imaginaire aussi bien
que de scènes réelles. Des skieurs dans
des paysages blancs, un trait fin et
délicat, un amour de la neige, et une
impression aux noirs profonds sur un
papier pesant et beau. Un bel objet à
s’offrir ou à se faire offrir…
simoncharriere.com
VIDÉOS
Une fois n’est pas coutume dans ces pages, nous allons vous conter une histoire d’arbres. Mais
aussi une histoire d’amour. Une histoire d’amour pour les arbres, celle d’une skieuse, Leah Evans,
née et grandie en Colombie-Britannique, un territoire qui en compte de beaux spécimens. Elle voulait raconter une histoire, et de sa rencontre avec le photographe Jordan Manley, qui voulait en
faire un livre, est né ce film, Treeline.
À côté des vraies stars du film (un pin californien plusieurs fois millénaire, des cèdres rouges aux
troncs immenses), on retrouve quelques glisseurs de forêt, dont Leah bien sûr, mais aussi le
snowboardeur japonais Taro Tamai, ou encore un prêtre shinto qui skie en tenue.
« J’ai surtout adoré pouvoir entrer en contact, via ce film, avec des gens exceptionnels », raconte
Leah. « En particulier pour moi, la professeure d’écologie des forêts Suzanne Simard, c’est une
des scientifiques les plus connues au Canada, et je suis une grande fan. »
Un très joli film avec message qui parlera aux skieurs des étages subalpins et que Leah résume
bien : « il faut que chacun trouve un arbre qui lui parle, et lui prêter une attention particulière, le
monde en sera meilleur. » www.patagonia.com/treeline
On a skié sur la lune !
20Dious, Manu Bonniot au Grand Tourmalet
La rencontre du skieur pyrénéen Manu Bonniot et du réalisateur bordelais Benjamin Bireau (PuraVida Images) a permis la sortie de ce premier projet 20Dious,
un 6 minutes à la gloire du massif. Des images superbes, notamment au drone,
qui ont pour objectif de faire découvrir les abords du Grand Tourmalet, station de
ski pyrénéenne très « montagne ». Une première collaboration qui en appelle
d’autres, avec plein de projets à venir ! Manu nous a parlé notamment de l’ouverture de deux lignes de haute montagne à ski au Pic du Midi, mais aussi des trips
en Utah, en Alaska, et au Chili. À suivre, vindiou ! vimeo.com/289573188
8
ski magazine
© Axel Plagnard
© Dom Daher
Tout est parti d’un certain Gavaggio qui avait participé à quelques épisodes de
ski cailloux avec Cédric Pugin et Mathieu Navillod. De là l’idée de skier sur la
lune... Les trois compères débauchent Dominique Daher au débotté en lui
promettant de ne gagner ni argent ni oscar. « Au début, je devais plus ou moins
faire le making-of, ou ce que je voulais d’ailleurs, car le plan c’est qu’il n’y avait
pas de plan. Au fur et à mesure du shooting, je me suis carrément pris au jeu,
je me suis renseigné sur la technique de la nuit américaine, c’est à dire tout
shooter de jour et renverser les images pour qu’elles aient une texture nocturne
comme dans les vieux Zorro. » Au final, de superbes images de ski réalisées
« en juillet sur les cailloux », à retrouver sur YouTube (youtu.be/7bhzaUeSQEY).
La cinémathèque
de montagne de Gap
ouvrira au public
Riche d’un fond exceptionnel sur le
cinéma de montagne, la cinémathèque
de Gap souhaite créer un lieu de vie
dédié à la mise en valeur et à la protection du patrimoine naturel, culturel et
économique au travers de l’image de
montagne.
Au programme du futur lieu :
- des projections de films de montagne
- un lieu d’expositions permanentes sur
l’histoire du cinéma et la vie en montagne
- un lieu de conservation du patrimoine
audiovisuel de montagne
- des formations au tournage en
montagne
À terme, un espace de près de 1000 m2
issu de la rénovation de l’usine Badin à
Gap. Plus d’infos sur le projet et l’appel
aux dons sur www.cimalpes.fr
SKI
MATOS
actus
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Rappel DVA Ortovox 3+
Ortovox procède au rappel de ses DVA 3+
équipés du logiciel en version 2.1. « Dans des
situations très rares, des DVA 3+ peuvent
subir une perturbation temporaire de la
fonction d’é mission. Cela peut conduire à un
allongement de la duré e du processus de
recherche. La raison de ce dysfonctionnement
est une erreur du logiciel. » Les 3+ é quipé s de
cette version 2.1 du logiciel sont donc rappelés
préventivement pour effectuer une mise à jour
vers la version 2.2 qui permet de supprimer le
dysfonctionnement.
Les DVA 3+ avec les logiciels : 1.0, 1.1, 2.0,
2.2 – quelle que soit la couleur de leur boitier –
ainsi que tous les autres DVA ORTOVOX (S1+,
S1, ZOOM) ne sont pas concerné s.
Toutes les informations né cessaires pour l’identification des appareils et sur le dé roulement
du rappel peuvent ê tre trouvé es sur
www.ortovox.com/recall-3plus
ALPIN
Hirscher gagne son
troisième renne à Levi
©DR
L’Autrichien a remporté pour la
troisième fois le Slalom de Levi, en
Finlande, après ses victoires de
2013 et 2016, repartant avec le
traditionnel renne du vainqueur. Il
avait annoncé peu avant sur son
blog que Henrik Kristoffersen, son
grand rival dans la discipline, serait
« une force à considérer », et ça n’a
pas manqué. Les deux hommes se
sont tenus à 9 centièmes d’écart
au final, distançant le suédois
Andre Myhrer, troisième, de plus
d’une seconde. À suivre à Vald’Isère le 9 décembre pour la
deuxième étape de la saison qui
s’annonce déjà passionnante, avec
JB Grange bien placé et Clément
Noël passé pas loin de son premier
podium en coupe du monde.
10
ski magazine
AKONITE, LUGES DESIGN
ET SKIS DE LUXE
La rencontre d’Alexandre Fougea, ingénieur des Arts et métiers, passionné
de design et d’objets de glisse (qu’il produit depuis près de 15 ans), et de
Xavier Fichepoil, ancien directeur marketing dans la grande distribution, a
donné naissance à une marque épatante. Akonite propose une collection
resserrée de beaux objets, dont une luge primée en concours de design (la
Gentiane, deux exemplaires, 4600 €), une luge plus populaire mais toujours très stylée (la Avon, 480 €) et surtout une paire de skis aussi épurée
qu’exclusive, les Digitalis (3400 €). Tout est fabriqué en France, par des
artisans passionnés sélectionnés avec autant de soin que les matériaux :
les luges chez un fabricant de meubles vendéen, les skis dans l’atelier de
Clone en Ardèche. www.akonite.fr
COMMENÇAL X FACTION,
LA COLLAB’ SKI X BIKE
Le légendaire fabricant de VTT andorran Commençal se
lance dans le ski, avec une première collection de deux
modèles issus du savoir-faire Faction. « Le but, ce n’est
pas de faire croire qu’on sait faire des skis »,
explique Nico Brizin chez Commençal, « alors on a demandé à Faction, qui nous a fait essayer un paquet de
modèles. » Ainsi sont nés le Meta (128/104/120, dispo
en 170, 177, 183 et 190) et le Supreme (132/105/121
dispo en 182 et 186), aux noms bien connus des
adeptes de vélo puisqu’ils reprennent ceux de VTT de la
marque, avec des programmes assez similaires. À noter,
pour les nostalgiques de l’emblématique ski Faction, que
le Supreme est en fait un Dictator 3.0 aux couleurs de
Commençal… www.commencal.com
SKI
TECHNO
actus
© Boris Dufour
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>
Par Boris Dufour
SOLIS
U N S K I À PA R T ?
On a essayé le Solis, nouveau ski de raide de la marque chamoniarde Black Crows
Black Crows a annoncé l’arrivée du Solis, un ski manifestement destiné
à renforcer (encore) l’image très affirmée de la marque auprès des
forts skieurs. Il faudra confirmer par des essais plus poussés, mais
quelques courbes partagées avec Bruno Compagnet et quelques
échanges techniques avec Julien Regnier nous ont permis de nous faire
une bonne idée de ce qui a été mis dans ce ski, et pourquoi.
UN SKI DE MONTAGNE
L’intention est de faire un ski de montagne,
voire de pente raide, ce qui peut tout vouloir
dire, on a donc demandé la traduction : c’est
un ski solide et fiable, prévisible, qualitatif, et
« lourd ». Lesté par un peu de titanal, des
carres et une semelle épaisses comme en
freeride, ce n’est pas exactement un rêve de
« collant pipette. ». Il a un flex solide et un
rayon long qui raviront les forts skieurs, autant
qu’ils dérouteront les moins aguerris. Donc
un ski débarrassé des complexes et des compromis commerciaux de notre époque, un ski
spécifique pour expert averti.
DE LA VITESSE
POUR L’ACTIVER
De l’aveu de Julien Regnier, « ce n’est pas
un ski fait pour aller vite, mais il faut de la
vitesse pour l’activer », et ce n’est pas aussi
contradictoire qu’il y paraît : on parle de virages
sautés et d’appuis francs, donc de dynamisme. Les rockers sont choisis longs et très
12
ski magazine
progressifs, pour la confiance dans les changements de neige, et la ligne de carre, finalement courte, aide au pivot ou au dérapage.
Le rayon long évite l’effet de survirage des
skis taillés qui se déforment trop dans le raide,
et le talon bien ferme est censé accepter les
aventuriers à gros sac à dos (mais risque de
relancer un peu fort les skieurs trop fébriles
ou dilettantes). Pour avoir vu Bruno
Compagnet emmener la version 173 cm en
grandes courbes, il y a tout de même de la
vitesse en réserve...
MÊME PAS MARRANT
Peu polyvalent, rigoureux et sans doute même
pas marrant, on est (très) loin du marketing
dominant, mais les choix sont justifiés et nous
paraissent vraiment pertinents pour le programme. On imagine assez bien deux types
de clients pour ce Solis : ceux qui voudront
afficher qu’ils sont de meilleurs skieurs qu’ils
en ont l’air, et ceux qui sont effectivement de
bons skieurs.
actus
PAGE VERTE spécial wear
, dédiée au textile en phase
Une page verte un peu spéciale, étendue
éro.
avec le dossier à retrouver en fin de num
Par Stewart Sheppard
« YES WE CAN » RÉPARER
On se pose tous des questions sur l’impact environnemental de notre matériel, skis,
chaussures, textiles… C’est chaque année un peu plus vrai lorsque l’on voit les
successions de mois d’automne qui battent chaque fois tous les scores en termes de
réchauffement global. Alors, quand une étude de l’université de Cambridge montre que
prolonger la durée de vie d’un vêtement de neuf mois améliore plus l’impact environnemental d’un produit que toute autre action sur le cycle de vie de ce même produit, ça
donne à réfléchir sur nos usages et nos comportements d’achat. En clair, la meilleure
action que l’on puisse faire (et en plus c’est aussi souvent le moins cher), c’est de
réparer ou faire de réparer ses vêtements techniques. Chez Norrona par exemple, on
répare, rafistole et reprise le matos qui en a besoin depuis 1929. Pour les petits
bobos de tous les jours, pas de soucis, il y a des tutos en ligne, et la marque peut
même envoyer les pièces de rechange. Pour ce faire, rien de plus simple : enregistrer
sa demande de réparation sur la page web dédiée, un coup de machine à laver, un petit
tour à la poste et c’est reparti pour un tour !
Une autre façon de recycler
The North Face
lance son
programme
Renewed, une
collection de
vêtements remis à
neuf pour les
consommateurs
qui souhaitent acheter du matériel à prix
accessible, et qui veulent réduire leur
impact écologique. Le principe du
programme c’est de prendre des
produits rendus, échangés, défectueux
ou endommagés, qui seront minutieusement inspectés, nettoyés et réparés (si
besoin) pour ressortir comme neuf,
mais à un prix plus abordable. D’après
l’EPA (Agence de protection de l’environnement américaine), 85 % des textiles
produits dans le monde finissent chaque
année dans des décharges. Les
vêtements, chaussures et autres
équipements sportifs ne font pas exception. Le programme Renewed a pour
objectif de réduire ce chiffre en proposant une autre façon de recycler et, à
terme, de permettre directement aux
consommateurs de partager, revendre,
réparer, et recycler leurs vêtements et
accessoires pour éviter la décharge.
www.thenorthfacerenewed.com
14
ski magazine
© DR.
Worn Wear X GORE-TEX
Patagonia revient pour la deuxième année consécutive avec sa tournée Worn Wear en
Europe. L’occasion de faire réparer son matos préféré, gratuitement, et ce quelle que
soit la marque. Cette année, en prime, Patagonia s’est allié avec GORE-TEX pour
proposer, toujours gratuitement, des réparations sur les membranes. Toutes les dates
sont à retrouver sur leur site.
wornwear.patagonia.com
Biodégradable
HAGLOFS RÉPARE HAGLOFS REMPLACE
Ce n’est pas si simple de faire une veste qui soit « éco ».
Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas de
simplement faire un produit recyclable. Notamment parce
que la plupart de ces produits ne seront jamais recyclés.
Utiliser des matières premières recyclées, c’est déjà un
bon début, mais ça ne suffit pas non plus. Une autre idée
simple, mais rarement mise en avant, est de concevoir
ledit produit pour qu’il soit facile à réparer et c’est le cas
chez Haglofs. Les designers ont porté une attention toute
particulière à la possibilité de remplacer ou de réparer les
zips, l’élément qui représente 80 % des « pannes de
veste », mais aussi les boutons pression. Pour couronner
le tout, les matériaux utilisés sont approuvés par
Bluesign, ce qui veut dire que l’on peut manger dessus en
étant sûr de ne pas s’étanchéifier par l’intérieur...
www.haglofs.com
DESSINE-MOI UN MOUTON
Ni une, ni deux, mais trois couches de vêtements techniques à base de laine, c’est
l’idée d’Ortovox avec sa collaboration au projet Swisswool : utiliser un matériau vieux
comme le monde dans des produits où habituellement on trouve de l’isolation synthétique. Un projet qui intègre une dimension sociale, en permettant à des vallées de
montagnes isolées de trouver un débouché économique avec une rémunération équitable. La dimension environnementale est également bien présente, avec un produit
local, qui limite les émissions de CO2 liées au transport, et qui est une matière
première renouvelable : ça pousse dru sur le dos des moutons suisse, et biodégradable par-dessus le marché. Si on rajoute à tout ça les qualités intrinsèques de la laine
(thermorégulation, neutralisation des odeurs, chaleur même lorsque c’est humide), on
se demande vraiment pourquoi on n’y a pas pensé avant !
www.ortovox.com/fr/stories/laine/swisswool/
© DR.
Un mot que l’on n’associe pas forcément avec nos vêtements et encore
moins avec une veste. Les Suédois
de Röjk Superwear (prononcer
« Reuyke ») ont pour objectif, à l’horizon 2020, que l’ensemble de leur
collection soit biodégradable et plus
précisément compostable, au fond
du jardin avec les épluchures de
patates ! Une approche très contraignante puisque la marque rejette en
bloc les dérivés du pétrole que ce
soit des textiles ou des enduits,
mais qui a le mérite de montrer que
c’est possible.
www.rojksuperwear.com
Greater than A
Aksel Lund Svindal, un nom qui en dit
long comme une médaille d’or en
descente aux derniers JO de
Pyeongchang, entre autres. Autant
dire que l’engagement, il sait ce que
ça veut dire. Alors quand il lance sa
marque de sportswear, on peut
s’attendre au même niveau d’exigence, et c’est exactement le cas
avec Greater than A. Une marque
qui s’engage sur 4 points : il faut que
ça dure, il faut que ce soit fonctionnel, il faut que ce soit cool et il faut
que ce soit circulaire (économie
circulaire). Et même si sur ce
dernier point on n’en est pas encore
là, on s’en rapproche, notamment
grâce à l’utilisation de matières
naturelles (coton, laine de Norvège,
Tencel) et de certifications pour ces
mêmes matières premières, telles
que le Bio pour le coton, Bluesign et
Oekotex (absence de produits
chimiques nocifs pour l’homme et
l’environnement) et Cradle to Cradle
(pour ce qui est de la circularité). L’objectif affiché est
d’arriver à produire chaque
modèle de la collection
dans une matière, et
une seule, pour
rendre le recyclage
ou le compostage
plus efficaces et
moins couteux.
Comme quoi avoir
des fringues stylées
et ne pas détériorer
l’environnement pour
les produire, c’est
possible.
ski magazine 15
Ski
Madame
actus
© Mia Knoll/freerideworldtour.com
Par Mathilde Boulesteix
Mathilde grimpe, kite, court, fait du
ski, du parapente et monte à cheval.
Elle ne se laisse impressionner par
les hommes ni sur les skis ni chaussons aux pieds, ni avec une bière à la
main, et chronique sans concessions
tout ce qui fait le ski au féminin.
NEWS
© Erich Spiess/Redbull
Lorraine Hubber tire sa révérence
PORTRAIT
God save the queen !
Record ou non, Lindsey Vonn prendra sa
retraite à la fin de la saison 2018-2019.
La skieuse avait laissé planer le doute sur
sa fin de carrière, elle qui avait toujours
assuré vouloir battre le record des 86
victoires en coupe du monde d’Ingemar
Stenmark avant de prendre sa retraite.
Mais cette fois-ci, Queen Vonn a annoncé
haut et fort qu’elle tirera sa révérence l’an
prochain, qu’elle batte ou non ce record.
Le compte à rebours est donc lancé. Avec
82 victoires au compteur, l’Américaine
devra signer cinq victoires cette saison sur
les courses de descente ou super-G au
programme pour battre le record du
Suédois et signer la fin de sa carrière en
apothéose. Quelle que soit la tournure des
évènements, elle peut raccrocher les
gants l’esprit tranquille, le monde du ski se
souviendra d’elle ! Car en plus de ses 82
titres en coupe du monde, elle a aussi
engrangé 20 globes de cristal, 4 « gros »
et 16 « petits », 2 médailles d’or aux
championnats du monde de Val d’Isère en
2009 (Descente et Super G), 1 médaille
d’or aux Jeux olympiques de Vancouver de
2010 en descente et un paquet de
médailles d’argent et de bronze…
À suivre.
16
ski magazine
Dans la série des au revoir, après huit années sur le circuit du Freeride World Tour et un
titre de championne du monde, Lorraine Huber a annoncé qu’elle mettait un terme à sa
carrière en compétition. En 2017, la skieuse autrichienne réalisait son rêve de devenir
championne du monde de freeride, aujourd’hui, elle souhaite se consacrer à de nouveaux
projets et partager sa passion. « Je veux partager mon expérience et mes connaissances du freeride avec la nouvelle génération et plus particulièrement avec les jeunes
skieuses. Dans cette optique, j’aimerais monter une école de freeride pour les femmes
chez moi à Lech am Arlberg. » Figure emblématique du freeride féminin, à 38 ans, elle a
démontré qu’elle était encore au sommet de son art en terminant sa saison avec une
troisième place au général du Freeride World Tour, dont une victoire à Fieberbrunn et une
seconde place sur l’Xtreme de Verbier.
M AT O S
CINÉMA
Une veste en or
Evolution of dreams
avec Eva Walkner et
Jackie Paaso
Tout nouveau, tout chaud ! L’hiver peut arriver,
Helly Hansen nous promet confort et chaleur
avec sa toute dernière veste Paradise Heat.
Lauréate d’un ISPO Gold Award, la veste se
distingue par sa capacité à contrôler la
chaleur pour notre plus grand confort grâce
au système NovaHeat®. Une technologie de
pointe intégrant des
panneaux éclectiques et
trois niveaux de réglage
différents pour accompagner la skieuse tout au
long de sa journée de
ski. Confort assuré
avec en prime une
isolation signé
Primaloft. Oubliez
le froid, mettez
les watts et
profitez pleinement de la
montagne !
Qu’arrive-t-il quand le rêve d’une
vie s’effondre ? Faut-il tout
arrêter ? Ou chercher ailleurs et
s’aventurer dans de nouveaux
rêves ? Eva Walkner et Jackie
Paaso ont toujours suivi leurs
intuitions, de l’école de ski au
freeride. Elles ont dû réapprendre sans cesse, se confronter à
de nouveaux challenges, de
nouvelles peurs aussi, pour
atteindre leur but. Le film « Evolution of dreams » retrace la
carrière de ces deux skieuses, de
leur rencontre sur le Freeride
World Tour jusqu’à aujourd’hui,
leur rêve commun de skier le
Cervin... Le film est actuellement
en tournée dans toute l’Europe,
toutes les dates à retrouver sur
www.evolutionofdreams.net.
actus
STATISKI
Par Jérôme Folliet aka @globeskieur
#statiski, c’est des chiffres et des
lettres sur le petit monde de la
montagne, par Jérôme Folliet
aka @globeskieur.
Dans ce deuxième numéro de la
cinquième saison de la rubrique,
#statiski vous offre une sélection desau
chiffres qui font bruisser le Landerne
montagnard à l’approche de cet hiver.
Vue sur Valmeinier depuis le
sommet de Valloire - Crey du
Quart » © Skaping.
L’anomalie de température moyenne, en degrés
Celcius, observée en Europe sur la période de
7 mois allant d’avril à octobre 2018, par
rapport à la moyenne 1910-2000. Cette
valeur bat le précédent record d’avril-octobre
2006 qui était alors de +1,43 °C. Ces chiffres
sont issus des séries temporelles de l’agence
américaine NOAA (National Ocean and Atmospheric Administration). On en parlait dans le #statiski du numéro 450, la
période janvier-septembre 2018 est même la plus chaude en France
depuis le début des relevés de Météo-France. Sur un plan plus local, il
aura fallu attendre le 15 novembre dernier pour que l’artillerie lourde de
Val Thorens puisse faire entendre en journée, à près de 2800 mètres
d’altitude, le son de ses canons (à neige) ! En l’absence de neige naturelle
conséquente, ce « retard à l’allumage » aura d’ailleurs coûté à la station
savoyarde le report de son ouverture.
2,27
8
Le nombre de victoires de Val Thorens aux
World Ski Awards, dans la catégorie
« meilleure station du monde », avec 1,8
million de votes, rien que ça ! La station des 3
Vallées a même le plaisir et l’honneur d’être
élue « meilleure station française » pour la
sixième fois consécutive : après tout, qui peut
le plus peut le moins ! Ces victoires couronnent une nouvelle fois de succès le travail d’une équipe
pionnière dans l’innovation et le service client, orientation
impulsée par Grégory Guzzo, qui a récemment quitté la direction de l’office de tourisme de la station après huit années
passées à Val Thorens, pour prendre de nouvelles fonctions au
sein de la Compagnie des Alpes en tant que « directeur
marketing et performance client », un poste semble-t-il taillé
sur mesure pour lui.
5
Le volume de lait, en millions de litres, collecté auprès de 6 producteurs, et transformé chaque année par la Coopérative laitière de
Bourg-Saint-Maurice en délicieux Beaufort AOP. Cette année, cette
véritable institution de la Haute-Tarentaise — pour les locaux comme
pour les touristes de passage — fait peau neuve en réaménageant
complètement les espaces de vente et en intégrant le magasin historique. Outre une exposition permanente sur deux étages, accessible à
tous, la boutique sera assortie d’un espace de retrait de commande
express pour les plus pressés, et d’un espace de dégustation, pour
celles et ceux qui voudraient attendre leur TGV ou Eurostar dans un
cadre plus chaleureux et cosy que le hall de la gare voisine…
La part, en pourcentage, des jeunes qui ne sont jamais allés au ski (ou
bien une fois, étant petits). Ce chiffre — en réalité un peu plus de 50 %
— a été obtenu en interrogeant un échantillon de 1047 jeunes entre 15
et 25 ans via le chatbot Jam, dans le cadre de l’étude « Demain, tous
dehors ? » pilotée par l’agence Poprock. Si leur démarche visait à étudier
en profondeur la relation des 15-25 ans à l’outdoor en général, le
tropisme naturel de Poprock pour la montagne les a forcément amenés
vers le ski avec un postulat intéressant : au-delà des menaces qui pèsent sur l’économie des
sports d’hiver — changement climatique, montée en gamme excessive, vieillissement des clientèles — et si le risque principal n’était pas que le ski devienne tout simplement ringard ?
50
18
ski magazine
846
Le chiffre d’affaires, en millions d’euros, du
groupe Doppelmayr/Garaventa, qui a publié
courant novembre ses résultats financiers
pour l’exercice 2017-18. Cela correspond
à une hausse de 5,7 % par rapport à
l’exercice précédent. On apprend à cette
occasion que les résultats du groupe sont
portés pour deux tiers par le secteur des
stations de montagne et spécialement par
cinq pays alpins — Autriche, Allemagne,
Suisse, France et Italie — qui pèsent pour
40 % du chiffre d’affaires global. Parmi les
réalisations phares de l’année dernière, on
compte le funiculaire le plus raide du
monde à Stoos en Suisse et le nouveau
téléphérique de la Zugspitze en Allemagne,
qui a le plus grand dénivelé au monde
(1945 mètres).
ENQUÊTE
LES FORFAITS DE SKI SONT-ILS TROP CHERS ?
À plus de 50 € la journée dans les grandes stations françaises, on est en droit de se poser la
question. Afin de tenter d’y répondre, Martin Léger est parti, dans les coulisses des stations,
interroger différents acteurs du marché pour en savoir plus sur la façon dont ils fixent les prix, la
manière dont sont utilisées les recettes générées par leurs ventes ou encore les négociations des
stations avec les tours opérateurs.
© Patrice Mestari
Par Martin Léger
59 € le forfait journée à Val-d’Isère, 53,50 €
à l’Alpe d’Huez, 52 € à La Plagne, 49 € à
La Grave, 44 € à Avoriaz ou au Grand
Tourmalet, 30 € au Cambre d’Aze, 14,50 €
au Col de Porte… Quelle que soit la station que vous choisirez pour skier cet hiver,
vous penserez sûrement que ces prix sont
trop élevés. Si ces tarifs sont ceux sur lesquels communiquent en majorité les stations – avec ceux des forfaits 6 jours —, ils
ne sont pourtant pas forcément révélateurs
du coût véritable d’une journée sur les pistes.
« Le prix facial du forfait, autrement dit le
prix que vous voyez affiché en caisse, n’a
rien à voir avec le prix moyen journalier
(PMJ). L’hiver dernier, nous avions un forfait journée à 29 €, mais un PMJ à 20,21 €.
Entre les enfants, les étudiants, les groupes,
les scolaires, de nombreux clients bénéficient de réductions », explique Arnaud
Trinquier, le directeur du Cambre d’Aze, station de taille moyenne des PyrénéesOrientales. « Avec les nombreuses cartes
de réduction – Ski Atout Prix, Cinesnowcard,
etc. –, nous avons moins de la moitié des
skieurs qui payent le plein tarif à la journée.
Il n’y a presque que les skieurs en vacances
20
ski magazine
qui ne prennent pas un forfait 6 jours qui
vont payer leur forfait journée plein pot »
assure Jean-Pierre Lalanne, le directeur
commercial de la Société des 3 Vallées (S3V),
qui exploite les domaines skiables de
Courchevel, La Tania et Mottaret.
LES TARIFS NE SONT PAS FIXÉS AU
« DOIGT MOUILLÉ »
Avant de râler – à juste titre ou non – sur
ces tarifs des forfaits, encore faut-il savoir
comment ils sont fixés. Si on peut trouver
de légères variations de méthode d’une station à l’autre, « c’est toujours la collectivité
publique – le plus souvent la mairie – qui
valide au final le tarif, sur proposition de l’exploitant », précise Laurent Reynaud, le
délégué général de Domaines Skiables de
France, le syndicat professionnel des exploi-
tants. Et ce quelle que soit la structure juridique de la station : régie communale, délégation de service public (DSP) ou société
d’économie mixte (SEM).
Si elle diffère d’une station à l’autre, la
méthode de fixation des prix reste toujours
peu ou prou la même. « On va regarder les
évolutions des prix à la consommation de
l’INSEE et des différentes charges (gazole,
électricité, salaires du personnel…), les tarifs
des stations concurrentes, mais aussi les
résultats de nos enquêtes de clientèles pour
mesurer la perception de la clientèle par
rapport aux prix. À partir de là, on se réunit
avec les autres exploitants des 3 Vallées
pour établir nos tarifs. C’est un processus
qui prend généralement entre un et quatre
mois, voire six mois, et qui ne se fait pas au
doigt mouillé », affirme Jean-Pierre Lalanne.
Les opérateurs de domaines skiables n’ont
pas toujours autant de latitude qu’on pourrait le croire. « On a beau être un EPIC
(Établissement public à caractère industriel
et commercial), nous sommes dans une activité concurrentielle. Si nous décidions de
passer notre forfait journée de 30 à 37 €,
les gens préfèreraient sans doute mettre 2 €
de plus – soit 39 € — pour aller skier chez
nos voisins de Font-Romeu ou des Angles »,
estime Arnaud Trinquier, du Cambre d’Aze.
« Nous avons une clause dans notre contrat
pour limiter les augmentations, à périmètre
constant de remontées mécaniques. Elles
n’ont pas dépassé 1,5 % d’un hiver à l’autre
ces trois dernières années. Les charges
d’exploitation des remontées ont grimpé
plus vite que le prix des forfaits. D’après
DSF, le prix d’une remontée mécanique
neuve a augmenté de 79 % entre 2000 et
2016, alors que celui des forfaits a monté
de 59 %, et celui des salaires minimums de
AVANT DE RÂLER – À JUSTE TITRE OU NON –
SUR CES TARIFS DES FORFAITS, ENCORE FAUTIL SAVOIR COMMENT ILS SONT FIXÉS
ENQUÊTE
MARKETING SUBTIL
Au final, le but de l’exploitant est « de
dépasser le point de fonctionnement, c’està-dire que les recettes soient au minimum
aussi élevées que les dépenses. Mais ce
n’est pas facile de fixer le prix en fonction
de cet objectif, parce que si on peut arriver
à connaître précisément les dépenses – il
y a très peu de charges variables – les
recettes sont plus dures à évaluer,
puisqu’elles dépendent de l’enneigement,
de la météo… Les stations arrivent généralement à dépasser ce point de fonctionnement en février, alors que c’est beaucoup
plus rare en décembre ou en avril. Mais elles
ont aussi intérêt à ouvrir tôt et à fermer tard
pour des questions d’image », décrypte
Laurent Reynaud. Le directeur du Cambre
d’Aze, Arnaud Trinquier, dit à peu près la
même chose, en d’autres termes :
« Idéalement, on essaie d’avoir un rendement tarifaire – autrement dit le ratio entre
le prix du forfait journée et le prix moyen
journalier – compris entre 65 et 70 %. Cela
étant, certaines stations ont un forfait journée
très cher, mais beaucoup de clientèle intermédiée, qui vient par les tours opérateurs,
d’où un seuil qui tourne plutôt autour des
50 %. Bref, il n’y a pas de modèle unique
pour fixer les tarifs. »
Les considérations marketing vont aussi
entrer en ligne de compte, de façon parfois assez subtile, comme l’explique JeanPierre Lalanne. « On travaille sur les gammes,
avec quelques remontées mécaniques gratuites, des mini-pass, un forfait Vallée de
Courchevel, le 3 Vallées (ski uniquement) ou
le 3 Vallées Wellness (ski + accès au centre
aquatique Aquamotion). Ce dernier est plutôt
un produit de communication et d’image.
Il est assez cher, on le vend surtout à des
tours opérateurs proposant des séjours haut
de gamme. C’est important que les clients
aient le choix, même si ce qui nous intéresse est de vendre des forfaits 3 Vallées,
qui constituent aujourd’hui 60 % de nos
ventes. » Le directeur commercial de la S3V
ne cache pas que malgré ce large choix de
départ, il existe une volonté de « pousser
implicitement le client vers le forfait qu’on
© Courchevel Tourisme
55 % », détaille Thibaut Scherberich, le responsable commercial et marketing de la
SEM des Cimes du Mercantour, exploitant
des domaines skiables d’Auron et
d’Isola 2000 (Alpes-Maritimes).
Évolution du prix des
forfaits journées en
France (2003 /2019)
Arêches-Beaufort (50 km de pistes) : 18,20 € lors de
l’hiver 2002-03 / 29,90 € lors de l’hiver 2018-19
Tignes / Val-d’Isère (300 km de pistes) : 36,50 € / 59 €
Les 3 Vallées (600 km de pistes) : 39 € / 62 €
Isola 2000 (120 km de pistes) : 23 € / 35 €
Serre-Chevalier (250 km de pistes) : 30,50 € / 50,50 €
Chamrousse (77 km de pistes) : 23 € / 34,50 €
Praz-de-Lys / Sommand (55 km de pistes) : 15 € / 29 €
souhaite vendre le plus, en l’occurrence le
six jours. Notre argument premier, c’est la
dégressivité : même si vous ne skiez que
cinq jours, il sera moins cher de prendre
un 6 jours que cinq fois un forfait journée.
Le petit bémol, c’est que ça nous oblige
quelque part à avoir un forfait journée assez
cher. Mais c’est aussi pour cela que nous
proposons de nombreux amortisseurs de
prix avec les cartes de réduction pour la
journée, telles que Passe Montagne ou Ski
Atout Prix. Bien que la clientèle journée –
essentiellement locale – ne représente que
5 à 6 % du chiffre d’affaires, ce serait une
grossière erreur de la négliger. C’est aussi
une question d’image, pour que la station
respire le ski, et pas uniquement pour les
plus riches. »
PAS INTÉRESSANT DE PROPOSER UN
TARIF DEMI-JOURNÉE TROP BAS
Le skieur lambda va aussi souvent se
plaindre du manque de proportionnalité dans
les tarifs des forfaits de ski. En effet, un forfait demi-journée (ou quatre heures consécutives) coûte bien plus que 50 % du tarif
journée. Cette « anomalie » s’explique déjà
par des charges fixes incompressibles pour
les opérateurs de domaines skiables. Quand
bien même absolument tous les skieurs
achèteraient, sur une journée précise, un
ski magazine 21
Quelques exemples
de prix des forfaits
journées à l’étranger
Suisse
First — Grindelwald (49 km de pistes) : 65 FS (57 €)
Laax (188 km de pistes) : 85 FS (74,50 €)
Verbier 4 Vallées (412 km de pistes) : 75 FS (66 €)
Zermatt (322 km de pistes) : 79 FS (69 €)
Autriche
Bad Gastein (85 km de pistes) : 54 €
Hintertux (60 km de pistes) : 53,50 €
Ischgl (239 km de pistes) : 50,50 €
Kitzbühel (185 km de pistes) : 57 €
Schladming (123 km de pistes) : 53,50 €
Sölden (144 km de pistes) : 54,50 €
États-Unis / Canada
Aspen : (103 km de pistes) 169 $ (148 €)
Beaver Creek (150 km de pistes) : 228 $ (200 €)
Bolton Valley (30 km de pistes) : 74 $ (65 €)
Vail (234 km de pistes) : 228 $ (200 €)
Lake Louise (139 km de pistes) : 114 $ canadiens
(76 €)
Mont Saint-Anne (73 km de pistes) : 83 $ canadiens (55 €)
Whistler Blackcomb (200 km de pistes) : 199 $
canadiens (132,50 €)
Italie
Bardonecchia (100 km de pistes) : 37 €
Limone Piemonte (52 km de pistes) : 34 €
Livigno (115 km de pistes) : 43 €
Val Gardena (175 km de pistes) : 56 €
forfait demi-journée, les remontées mécaniques fonctionneraient néanmoins toute la
journée. Ne faut-il pas d’ailleurs inverser la
perspective ? C’est en tout cas l’avis de
Laurent Reynaud : « Il faut savoir que la
durée moyenne de ski sur une journée, pour
une personne, s’établit à quatre heures.
Donc, en ne vendant le forfait journée que
quelques euros de plus que le forfait quatre
heures, l’exploitant consent au final un effort
important ». On ne va pas se mentir, un opérateur de domaine skiable n’a pas intérêt à
proposer un forfait demi-journée à un prix
trop bas. Notamment pour des raisons…
logistiques. « À Isola 2000 et Auron, on est
aussi limité par la capacité de stationnement. Imaginez que les parkings soient remplis par des gens choisissant un forfait
demi-journée matin (ou quatre heures).
Quelque part, ils prendraient la place de
skieurs potentiellement acheteurs de forfaits journées. Nous y perdrions trop. C’est
entre autres pour ça que nous proposons
uniquement – en plus du forfait journée –
un forfait demi-journée après-midi », explique
Thibaut Scherberich. De même, le prix du
22
ski magazine
forfait ne peut être proportionnel au pourcentage du domaine skiable ouvert. « Certes,
nous avons une grille de réduction automatique, qui va de -10 à -30 % en fonction
des secteurs fermés, voire 40 % de réduction si la moitié des remontées ne marche
pas. Néanmoins, ce n’est pas ça qui va faire
venir les clients qui préfèrent payer plein
pot, mais skier au soleil. Nous ne pourrions pas faire davantage de baisses de prix,
car nous avons les mêmes charges, voire
supérieures en cas de mauvaises conditions
climatiques, à cause, par exemple, de primes
d’astreinte que nous versons aux pisteurs
pour le déclenchement des avalanches »,
tout dans la même cour que Courchevel,
les propos de son directeur, Arnaud Trinquier,
confirment que les promotions accordées
à certains clients ne se font pas au détriment des autres : « Notre domaine skiable
est à 100 % de sa capacité d’accueil les
samedis et pendant les vacances de février,
à 90 % le dimanche, entre 60 et 70 % pendant les vacances de Noël et entre 3 et 7 %
le reste du temps. Nos promotions se font
lors des périodes creuses. Bien sûr, en
semaine, hors vacances scolaires, si un
autocariste me promet de m’amener plusieurs bus, je peux me permettre de lui
accorder de gros rabais sur les forfaits,
ON NE VA PAS SE MENTIR, UN OPÉRATEUR DE
DOMAINE SKIABLE N’A PAS INTÉRÊT À PROPOSER
UN FORFAIT DEMI-JOURNÉE À UN PRIX TROP BAS
note le responsable commercial et marketing de la SEM des Cimes du Mercantour.
Les skieurs « locaux » (autrement dit ceux
qui viennent à la journée) peuvent parfois
avoir l’impression d’être les seuls à payer
le prix fort, quand la clientèle en séjour bénéficierait de promotions à tout-va ? Faux,
répond Jean-Pierre Lalanne : « Les clients
– britanniques par exemple – passant par
des tours opérateurs payent le tarif normal.
D’une part parce que comme nous versons
déjà une commission à ces TO, nous ne
pouvons pas en plus leur consentir une
remise sur nos prix. Et de toute façon, nous
avons suffisamment de demande sur les
forfaits 3 Vallées pour nous permettre de les
vendre au tarif normal, même aux TO. La
remise sur les séjours packagés proposés
par les TO se fait plutôt sur d’autres postes,
comme l’hébergement. Par exemple, nous
leur louons tout l’hiver à La Tania 40 appartements. Afin de remplir les périodes
creuses, comme le mois de janvier, ils sont
bien obligés de baisser leurs prix, mais ça
se fait sur le logement, pas sur le forfait. »
Même si le Cambre d’Aze n’évolue pas du
puisque sinon les remontées tournent quasiment à vide. »
LA MASSE SALARIALE, PREMIER POSTE
DE DÉPENSE
Que fait-on des recettes générées par les
forfaits de ski ? La situation va varier selon
la taille du domaine skiable, mais il existe
tout de même quelques constantes. Elles
servent en premier lieu à payer les salaires
du personnel, le deuxième poste de dépense
étant généralement l’énergie, en particulier
l’électricité utilisée « à 80 % pour la production de neige de culture et à 20 % pour
le fonctionnement des remontées mécaniques », selon Arnaud Trinquier, du Cambre
d’Aze. Dans la petite station pyrénéenne,
les salaires représentent quasiment la moitié
des dépenses globales. Si l’on y ajoute
l’électricité et le gazole pour les dameuses,
on arrive à quasiment deux tiers des
dépenses globales. « À Isola 2000 et Auron,
49 % des recettes des forfaits sont affectées aux salaires, 38 % aux charges générales (c’est-à-dire les coûts d’exploitations),
le reste – soit 13 % — repartant intégrale-
ENQUÊTE
ment dans l’investissement en nouvelles
remontées, neige de culture, travaux de
piste ou amélioration de l’existant », détaille
Thibaut Scherberich. À Courchevel, les
salaires pèsent moins (32 %) et les investissements davantage. « Dans le contrat de
la DSP, il est stipulé que 22 % des recettes
doivent être affectées l’hiver suivant à ces
investissements sur le domaine skiable »,
précise Jean-Pierre Lalanne, qui ajoute :
« On finit généralement à 6 ou 7 % de rentabilité ».
Aussi expansifs soient-ils, les forfaits de
ski français sont pourtant plutôt moins
chers que ceux de leurs principaux concurrents (notamment les États-Unis l’Autriche
et la Suisse, lire encadré). Même si l’analyse ne peut pas porter uniquement sur
le prix brut du forfait. « En Autriche, je
trouve le niveau général des prestations
– confort de remontées mécaniques, neige
de culture, qualité des restaurants – vraiment au-dessus de ce qu’on a en France.
Donc, même si le forfait de ski est plus
cher dans l’absolu, le rapport qualité-prix
est comparable », nuance Arnaud Trinquier,
qui a eu l’occasion de faire de nombreux
voyages professionnels dans les stations
autrichiennes à l’époque où il était directeur de la régie des pistes de Tignes. JeanPierre Lalanne note également que « le
prix élevé des forfaits en Suisse est aussi
lié au franc fort, et plus généralement au
niveau de vie supérieur en Suisse par rapport à la France. Aux États-Unis, c’est vraiment plus cher, mais ce n’est pas la même
optique : là où le marché français est basé
avant tout sur le volume, les stations américaines ont un modèle économique délibérément tourné vers le haut de gamme.
Bref, ils se fichent un peu de la masse.
Après, le forfait français est moins cher
qu’en Autriche, parce que les Français sont
plus sensibles au prix que les Autrichiens.
En France, le ski est un loisir parmi d’autres, de ce fait soumis à des arbitrages
lorsqu’on choisit sa destination de
vacances. Le ski est plus ancré dans la
culture en Autriche, c’est le sport national,
du coup les Autrichiens sont davantage
disposés à payer un forfait plus cher ».
Chers ou non – selon le point de vue
qu’on adopte – les forfaits de ski ont
quelque chose d’anachronique dans l’univers du transport (rappelons que les
remontées mécaniques relèvent de la
compétence du Ministère des Transports).
« Si l’on prend l’exemple du secteur
aérien, qui connaît vraiment le plein tarif ?
Personne ou presque, puisque les tarifs
sont beaucoup plus personnalisés selon
les clients et la date à laquelle ils achètent leurs billets. L’offre et la demande
sont beaucoup plus prises en compte
dans l’aérien que dans le ski. Il pourrait
paraître logique que les prix des forfaits
soient beaucoup plus élevés qu’actuellement lors des périodes d’affluence, mais
aussi beaucoup plus bas lors des périodes
creuses. Mais c’est quasiment impossible
à mettre en place, dans la mesure où les
tarifs des forfaits doivent être validés en
amont par la municipalité. Il n’est donc pas
envisageable d’ajuster les tarifs en permanence », conclut Laurent Reynaud.
© Pedro Freitas
UN FORFAIT MAGIQUE
Imaginez un forfait saison
qui permettrait d’aller skier
indifféremment et en illimité dans les stations du Vercors, de Belledonne, de
Chartreuse et des Bauges.
Un tel forfait n’existe pas
encore en France, mais il a
vu le jour depuis
l’hiver 2017-18 en Suisse. Son
nom ? Le Magic Pass. Il regroupe pas moins de 30 stations des cantons du Valais, de Fribourg, de Vaud, de
Neuchâtel et de Berne (dont Crans-Montana, les Marécottes et Leysin), totalisant
1000 km de pistes. Le tout au tarif imbattable de 399 francs suisses (350 euros) pour
ceux qui l’ont pris pendant l’été, ou 749 FS (657 €) si vous l’achetez maintenant. Avec
85 000 forfaits vendus lors de son premier hiver de commercialisation (2017-18) et déjà
103 000 (à la mi-octobre) pour l’hiver à venir, ce Magic Pass est un vrai succès. « Nous
avons vendu 48 % de journées-skieurs de plus que lors de l’hiver précédent, alors que
la progression sur l’ensemble de la Suisse était de 10 % », fait remarquer Sébastien
Travelletti, président des remontées mécaniques de Télé Anzère et l’un des quatre fondateurs du Magic Pass.
L’idée-force de ce forfait multi stations est de jouer sur la quantité. « Pour fixer
le tarif du MP, on a accepté de diminuer un peu notre prix moyen par journéeskieur, mais on a gagné en volume. Ce qui compte pour nous, c’est le taux de renouvellement du MP. On sait qu’en Suisse, en moyenne, les gens ne skient que
quatre jours par an. Avec un forfait saison, on peut y aller davantage et sans
risque. On voulait attirer de nouveaux skieurs », poursuit Sébastien Travelletti.
Les plus sceptiques peuvent se poser la question : les ventes de ce Magic Pass
saison ne se font-elles pas au détriment des autres forfaits proposés par les stations adhérentes ? « On pensait en effet qu’il y avait un risque de cannibalisation
des autres forfaits (1 jour et 6 jours notamment). Mais il n’en a rien été : nous
avons au contraire progressé de 13 % sur ces autres forfaits, soit deux fois plus que
la moyenne nationale. L’explication est simple : le monde attire le monde. Les détenteurs du Magic Pass viennent souvent skier avec des non-abonnés, qui de ce
fait prennent un forfait journée. Sans MP, peut-être que personne ne serait venu »
explique le patron de Télé Anzère.
ski magazine 23
SKI AUTOUR DU MONDE
corée du nord
un exercice de « skiplomatie »
On retrouve dans chaque numéro une nouvelle aventure de Jimmy
Petterson, auteur des livres « Skiing around the world », pour une
destination ski insolite. Après le Vénézuéla, on part de l’autre côté de la
planète, en Corée du Nord…
Par Jimmy Petterson. traduction Mathieu Ros.
a devise du pays c’est le won, mais
en tant que touriste, on n’a pas le
droit d’y toucher. Nous, on paie en
dollars US, bien que les États-Unis
soient l’ennemi mortel du régime. On nous
rend en général la monnaie en Renminbi chinois. La capitale du pays possède un stade
immense à l’architecture moderne, un centre
scientifique qui a la forme d’un atome, et
d’autres bâtiments high-tech, mais les larges
boulevards de la ville sont presque entièrement fréquentés par des cyclistes, comme
si l’automobile avait disparu tout à coup.
Bienvenue, nous sommes en République
populaire démocratique de Corée, mieux
connue chez nous sous le nom de Corée
du Nord.
Quand le pays rival du sud a été choisi en
2011 pour accueillir les JO d’hiver de 2018,
le dirigeant actuel Kim Jong-un a décidé
que la Corée du Nord aurait la meilleure station de ski de la péninsule coréenne, et il a
mis ses militaires au travail.
Dès l’annonce de la construction de cette
station à Masikryong, les États-Unis ont
tenté de saboter le projet. Ils ont mis la pression sur l’Autriche, la France, l’Italie et la
Suisse, les principaux pays qui fabriquent
des remontées mécaniques, pour les empêcher de fournir l’équipement nécessaire à
la Corée du Nord. Mais Kim Jong-un a su
contourner les sanctions en achetant des
remontées d’occasion, et la station fut terminée en un temps record, pour le 31
décembre 2013.
Il m’a été étonnamment facile de convaincre
quelques-uns de mes amis skieurs de m’accompagner pour découvrir cette nouvelle
destination. En plus de la curiosité pour ce
pays qui véhicule pas mal de fantasmes,
notre mission était de faire de la « skiplomatie ». Communiquer et partager avec les
locaux à travers le prisme du ski, son lan-
L
24
ski magazine
Une famille rentre à son hôtel dans la station
de Masikryong, ambiance nord-coréenne...
gage universel. Ça nous semblait un bon
moyen de casser les barrières mises en
place par le gouvernement.
Les tensions étaient au plus haut à notre
arrivée, suite à un essai nucléaire récent et
l’arrestation d’un étudiant américain. Notre
groupe de « wannabe skiplomates » se
retrouvait un peu dans une ambiance
« Berlin 1939 ».
À partir du moment où on a atterri dans le
pays, il n’y avait plus de place pour le hasard
ou la spontanéité, tout était cadré. On fut
pris en charge par Mlle Kim, M. Ri et
M. Yeun, trois guides de l’agence de
voyages gouvernementale, qui se firent un
devoir de ne pas nous montrer ce que le
gouvernement ne voulait pas qu’on voie.
Les ordres étaient toujours déguisés en
question « on peut y aller ? » voulait dire
« on y va… maintenant ! » et on était régulièrement rappelés à l’ordre : pas de photo !
On nous a même demandé plusieurs fois
d’effacer directement une photo prise.
Mlle Kim s’avère être notre interlocutrice
principale, et elle nous montre une vision
très personnelle de l’histoire qui émaille les
différentes étapes de notre premier jour à
Pyongyang. Au musée de la guerre, une
jolie jeune guide habillée en militaire nous
sourit largement en acquiesçant aux explications de Mlle Kim qui nous raconte que
la Corée du Sud est le méchant agresseur
à l’origine du conflit entre les deux pays.
Mais les vues partiales voire biaisées de
l’histoire ne sont pas l’apanage de la RPDC
bien sûr, la bataille pour nos cœurs et nos
esprits est implicite dans tous les médias,
à l’ouest aussi. Ça m’est apparu dans un
article du Huffington Post que j’avais lu avant
de venir, à propos de la station de
Masikryong. Dans cette publication d’ordinaire plutôt mesurée, on pouvait lire que
On est confiants : sur les pistes, nos gardiens ne pourront pas nous suivre toute
la journée ...
« des centaines, si ce n’est des milliers, de
soldats-sapeurs en uniforme camouflage
– les “brigades de choc” assignées spécialement à des tâches urgentes et difficiles –
s’affairent sur les pistes. Certains portent
des blocs de béton sur le dos, ils ont l’air
d’être à peine adolescents. D’autres travailleurs tapent sur des blocs de rochers
avec des marteaux. De jeunes femmes marchent avec des pelles sur l’épaule. »
Je ne peux m’empêcher de me demander,
quand je lis cette description macabre, avec
ses connotations implicites de travail forcé,
s’il est préférable pour les militaires de
construire des stations de ski ou de faire
la guerre, comme les US le font sans relâche
depuis plus de 60 ans.
Notre visite de la ville comprend un arrêt au
Palais du Soleil, le Kumsusan, un mausolée
où le grand-père et le père de Kim sont
conservés. Après avoir passé un détecteur de métaux, un appareil pour laver nos
chaussures et une soufflerie qui enlève toute
poussière de nos vêtements, on nous
explique précisément comment approcher
chacun des corps conservés dans leur cercueil de verre – trois fois, quatre personnes
à la fois, au pied de chacun sur chaque côté
– et comment s’incliner, depuis la taille, avec
les bras collés au corps.
Ayant assimilé les bases du culte de la personnalité de Kim, on se sent prêts à rencontrer les locaux, les vrais, mais ça va
s’avérer complètement impossible.
On mange dans un restaurant pour étran-
gers, on boit dans un bar d’hôtel pour étrangers. Nos guides mangent séparément et
semblent garder leurs distances avec nous
pour tout ce qui n’est pas strictement professionnel.
Le matin suivant, on prend le bus pour
Masikryong avec soulagement. On est
confiants : sur les pistes, nos gardiens ne
pourront pas nous suivre toute la journée,
et on pourra rencontrer des locaux. Mais la
station nous réserve quelques surprises.
L’hôtel, tout le monde s’accorde à lui donner
une bonne note. La nourriture est bonne,
et le magasin de location intégré propose
le top de l’équipement occidental. Les pistes
sont quant à elles bien dessinées,
construites dans la forêt de façon assez
classique. La bleue est une piste avec de
grands virages sur l’extérieur de la station,
avec peu de pente. La noire descend directement la face de la montagne et la rouge
est un peu entre les deux.
Il ne nous faut pas longtemps, cependant,
pour réaliser que l’on n’est clairement pas
dans les Alpes. Toute la journée, un écran
géant situé en bas des pistes diffuse alternativement des messages patriotiques et
des films de propagande. On évite par
contre les habituels panneaux publicitaires
pour les montres suisses ou les Audi
Quattro…
Il y a des problèmes de transport aussi. La
plupart des skieurs sont des débutants et
se concentrent sur le tapis en bas des
remontées. Mais il a plu, et la pluie a gelé,
Benjamin Loidl ne s'inquiète
pas trop du risque de collision
sur la piste noire. Pour éviter
la foule, c'est le bon endroit.
Cette jeune soldat nous guide
dans le Musée de la Guerre à
Pyongyang, mais sa version de
l'histoire est un peu différente
de ce qu'on a appris à l'école.
Dans une époque de propagande généralisée, la vérité
est ailleurs.
ski magazine 25
Ici, les aires de débarquement sont en
général plates, ce qui rend la sortie
du télésiège assez difficile.
ce qui rend le tapis impossible à prendre,
jusqu’à ce que le préposé se mette derrière
mes skis pour m’empêcher de redescendre
en arrière.
Il est clair que les Coréens n’ont pas compris que la station d’arrivée d’une remontée
doit avoir une pente descendante pour permettre aux skieurs de débarquer. Ici, les
aires de débarquement sont en général
plates, ce qui rend la sortie du télésiège
assez difficile. Là encore, c’est le préposé
à la remontée, bien conscient du problème,
qui entre en jeu, retenant les sièges le temps
que les skieurs aient dégagé le passage.
La remontée la plus récente de Masikryong
vient d’Ischgl, et elle a toujours le nom de
la station autrichienne sur le côté. Mais elle
aussi a ses problèmes. Notre premier jour
sur place, mon ami Ilka monte dessus
jusqu’au sommet de la station, mais juste
après avoir quitté la cabine, cette dernière
reste bloquée et les suivantes viennent lui
rentrer dedans. La remontée restera fermée
tout le reste de la journée.
Le ski en lui-même est moins problématique. La neige est bonne et la piste noire
bien préparée, même si cela implique le tra26
ski magazine
vail de six ou sept employés qui vont chercher de la neige avec une grande bâche,
la ramènent sur la piste et la tassent à la
pelle. On a vu des dameuses sur le domaine,
on n’a donc pas compris pourquoi ils avaient
recours à ce procédé primitif et très long.
On s’est dit qu’ils manquaient peut-être
de carburant, mais on est un peu « Lost in
Translation » devant ce spectacle étonnant.
Les pistes sont par contre complètement
vides, à part un moniteur qui se fait quelques
virages en solo, sans personne à qui enseigner. Il y a seulement quelques Asiatiques,
Chinois et Nord-Coréens, qui prennent des
cours sur le tapis en front de neige.
On a quand même pu se régaler et voir
quelques skieurs locaux, qui auraient dû
rester sur l’espace débutant, s’aventurer sur
la piste noire. Une pauvre jeune femme en
particulier, qui suite à un accès de courage ou de témérité, est montée par le télésiège en haut de la piste noire juste devant
nous. Je n’y avais pas prêté attention jusqu’à
ce qu’elle me dépasse comme un boulet
de canon. Ses jambes étaient écartées de
presque un mètre pour garder l’équilibre, et
elle partait vers la section la plus raide dans
Les zones de débarquement de remontées de la station sont toutes en faux
plat montant, du coup ça fait du travail
pour le personnel de la station...
un schuss d’anthologie.
Clairement, elle ne sait pas skier, et elle
n’a pas eu le bon sens de se jeter à terre
avant de prendre trop de vitesse.
Malheureusement pour elle, elle a un très
bon équilibre et elle avance à une vitesse
qui ne ferait pas honte à Bode Miller au
moment où elle se fracasse dans les filets
du bord de piste au milieu du run. Elle ne
va pas en mourir, mais elle est évacuée
sur une civière, et je pense qu’elle essaiera
un autre sport la saison prochaine, peutêtre la chute libre ou le rodéo…
Son aventure est assez évocatrice de notre
expérience dans le pays. Il y a un côté
« Ouest Sauvage », tout le monde apprend
en essayant, ce qui est un peu osé vu les
standards nord-coréens.
Pour notre plus grand plaisir, Mlle Kim se
laisse convaincre d’essayer notre sport pour
la première fois. Je lui donne quelques
conseils, et elle commence à skier tranquillement. Elle est reconnaissante de mon
attention, et je sens comme un début d’ouverture. On voit pour la première fois une
étincelle humaine dans ce corps figé de
représentant gouvernemental.
La dernière étape de notre visite, c’est la zone démilitarisée,
la fameuse DMZ. C’est une bande de quatre kilomètres de
large qui divise les deux Corée depuis 1953. Comme on nous
l’a expliqué en passant sous le monument de la réunification
en quittant Pyongyang, la plupart des Coréens des deux côtés
de la frontière sont en faveur de la réunification.
Un soldat nous guide, visage fermé, diction mécanique. Quand
il a terminé, je veux lui exprimer nos remerciements, et Mlle Kim
accepte de les traduire.
J’explique que je suis Américain et je m’excuse pour tous les
problèmes que les US ont pu causer à son pays. On se serre
la main et je lui dis « les nations et les gouvernements peuvent parfois être ennemis pour des raisons géopolitiques, les
hommes, par contre, sont très semblables sur toute la planète. On est heureux et tristes. On travaille et on joue. On
tombe amoureux, on se marie, on a des enfants. Sur toute la
planète, les familles partagent les mêmes espoirs et les mêmes
rêves : avoir un environnement dans lequel vivre en paix et
se développer en harmonie. C’est très dommage que cette
frontière sépare des familles. J’espère que les espoirs coréens
pour une réunification seront comblés dans un futur proche. »
Notre groupe regarde le soldat dont les yeux sont tournés
vers le sol. Il acquiesce, cligne des yeux. On peut tous voir
qu’il est très touché, proche des larmes. Il me regarde alors
avec une vraie émotion : « Ce n’est pas de votre faute. La vie
est compliquée. La politique est compliquée. Merci pour vos
paroles. »
Je ne m’attendais pas à voir un militaire si touché. Je me rends
compte alors qu’il y a parfois des choses bien plus importantes que le ski. Serrer la main et échanger de simples pensées avec ce militaire anonyme restera mon souvenir le plus
important de mon séjour en République démocratique populaire de Corée.
JIMMY PETTERSON ET SKIING
AROUND THE WORLD
Jimmy Petterson est un Américain originaire de Californie et
passionné de ski. Il revendique « 46 hivers de skibum » qui
l’ont mené un peu partout sur le globe pour assouvir sa
passion addictive. Son livre Skiing around the world, dans
lequel il décrit des endroits aussi divers que la Corée du
Nord, l’Atlas ou le Groenland, fait près de 1000 pages et
s’est vendu à plus de 10 000 exemplaires.
Le volume 2 de « Skiing Around the World » est désormais
disponible ! Retrouvez le livre de Jimmy Petterson en
précommande sur son site ci-dessous !
www.skiingaroundtheworldbook.com
Freeride Rando
à Paradiski
LE DOMAINE DES CIEUX
Texte et photos : Philippe Royer
www.philipperoyerphotographe.com
William Cochet à La Plagne sur
fond de Mont Pourri, le deuxième
plus haut sommet de la Vanoise.
L’un des plus grands domaines de ski du monde, qui rassemble notamment Les
Arcs et La Plagne, possède aussi quelques fleurons du ski de randonnée. Au cœur
de la Tarentaise, il est possible de s’évader aux frontières d’une nature sublimée pour
des journées toniques sur les flancs des plus beaux sommets de Savoie.
28
ski magazine
RANDO
Dans cet article, nous nous proposons d’aller
visiter les trois plus beaux sommets de l’immense domaine de Paradiski : le Mont Jovet
(2558 m), Bellecôte (3417 m) et le Mont Pourri
(3779 m). Du haut de ces sommets, on aperçoit toutes les beautés des Alpes du Nord,
avec au sud l’œil qui voyage jusqu’à La Meije
dans les Écrins. À quelques encablures de
la foule, on va aller se noyer (au figuré) dans
le grand calme et une certaine solitude. On
voit tout de suite que le Mont Jovet sera le
plus accessible. Avec les deux autres entités,
nous sommes en haute montagne dans un
domaine où il n’y a pas d’amateurisme et
d’erreur possible. Il faut être sévère sur le
choix de la journée et de vos compagnons
d’équipée. La présence d’un professionnel
est toujours synonyme d’une journée de rêve.
1 - LE MONT JOVET À LA PLAGNE
- Dénivelé : + 450 m de peaux/- 1350 m de ski
- Temps : une grosse matinée
Cette magnifique pyramide d’un blanc immaculé représente une sortie freeride-rando
facile avec un itinéraire qui se visualise très
bien du sommet du télésiège de Bécoin. La
première partie de la montée en peaux est
évidente et tranquille, mais le final de cette
ascension peut être plus délicat. La pente
se redresse. En cas de neige dure, les conversions sont techniques. Il faut des couteaux
ou, s’il y a une trace de montée à pied, mieux
vaut la privilégier. Du sommet, une belle descente face nord s’offre à nous. Dans cette
pente uniforme, on ne traine jamais.
Itinéraire :
De La Plagne Centre, on emprunte le télésiège débrayable de Becoin puis le petit
téléski des Crêtes (2400 m). De là, on gravit
un petit raidillon pendant cinq minutes.
Le Mont Jovet accapare toute la ligne d’horizon. Du sommet de ce petit raidillon, on
skie la large combe à ses pieds. Elle raccorde la Natur' des Étroits (espace sécurisé non damé) qui file vers le secteur de
Montalbert. Après de voluptueuses
courbes, on remet les peaux pour le pas
des Brebis (2439 m). De là, on suit la crête
qui file vers le Mont Jovet (2558 m). La
ludique descente consiste à rester un peu
à droite pour rechausser les peaux en direction du col du Lac (2359 m). On monte
sur la crête (20 à 30 min) en direction de
la Tête du Jarset (2271 m) et on a ainsi une
grande pente exposée Est pour rejoindre
à vue le domaine des remontées au niveau
des télésièges des Adrets ou de La Roche
(1520 m). Avec cette dernière option, on
cumule 1350 m de descente avec des
neiges très variées. De quoi tester les capacités de la bête !!!!
Bertrand Clair en route pour une belle
journée au Mont Jovet
ski magazine 29
Adrien Coirier en
approche du Jovet
Adrien en janvier au Mont
Jovet, neige et volupté
30
ski magazine
Légère, Caroline monte
vers le col du Lac
RANDO
2 - LE TOUR DE L’ALIET PAR LE PAS DU GENET À LA PLAGNE
- Dénivelé : + 300 m ski sur le sac et peaux/- 1800 m de ski
- Temps : la journée pour toute la rotation
Changement de lieu. Nous sommes à l’opposé du domaine de La Plagne près de la
montagne de Bellecôte (3417 m). Nous abordons un secteur invisible depuis le domaine
skiable. Donc il y a une part d’inconnue et
d’éloignement certain. Il faut monter au
sommet du glacier avec la télécabine (départ
de la Roche de Mio). Du sommet, on prend
sur la droite le court télésiège du Glacier.
Avant, ici haut, il y avait du ski d’été. Le tour
de l’Aliet (montagne pointue très caractéristique) est un long crochet sud-est, puis
nord, qui permet de prendre pied et d’ouvrir les yeux sur le parc de la Vanoise. Rien
de très exposé, mais vu l’isolement on reste
vigilant.
Itinéraire :
Juste derrière la cabine supérieure du télésiège du Glacier, on gravit (skis sur le sac)
un raidillon commun au départ du hors-piste
du Cul du Nant. Dans la combe sous nos
pieds, on vire à gauche sur le glacier puis
plein Est on contourne une excroissance
rocheuse pour rejoindre les points 2863 et
2854 sur la carte IGN. De là, on visualise fort
bien la bande de neige qui mène du Pas du
Genêt. La montée est à 25 /30 degrés d’où
des conversions à bien négocier. Sur le gros
bombement, on bascule sur la droite vers
un système de gros vallonnements. Plus bas,
on skie sur le sentier qui relie les refuges de
Plaisance et d’Entre le Lac. Au niveau du
refuge, il faut user de la poussée sur les
bâtons pour rejoindre Rosuel (1556 m) et Les
Lanches (1523 m). Restaurant (le Fer à
Cheval) et navette gratuite pour rejoindre
Peisey Vallandry. Le monstrueux téléphérique à deux étages de la Vanoise nous
ramène sur le domaine de La Plagne. On
comprend tout de suite que ce périple va
prendre la journée, mais quel voyage…
William Cochet sur les hauteurs de Bellecôte
avec la Grande Motte et la Grande Casse
ski magazine 31
RANDO
Descente avec le Pas du
Gênet en arrière plan
3 - LE GLACIER NORD DE PÉPIN À LA PLAGNE
- Dénivelé : 5OO m de montée/2200 m de ski
- Temps de la rotation : une journée
Dans l’immense face nord de la montagne
de Bellecôte, les itinéraires semblent inépuisables. Le pro rideur William Cochet a un
penchant pour le secteur Pianiste/Pépin. De
ces deux itinéraires, Pépin est le plus accessible. En passant par le Pas du Genêt (même
approche que le tour de l’Aliet) cela permet
une ascension douce en peaux de phoque.
Alors que précédemment on plongeait sur
la droite, là, on monte sur la gauche (au
sommet du Pas du Genêt), plein nord. Soit
au total une heure de montée. Au final, on
est sur le glacier des Pichères dans un système de gros vallonnements qui demande
une visibilité parfaite. Dans une ambiance de
haute montagne, l’orientation se doit d’être
sans faille. Un pro s’impose. L’entrée de ce
couloir avec une éventuelle corniche refuse
toute erreur. Nous sommes aux antipodes
de la sortie très ludique du Mont Jovet. Pour
bien mesurer la grandeur de la face nord de
Bellecôte, il faut l’observer des Arcs. Il en
sera de même pour le Mont Pourri, la face
ouest décrite ci-dessous ne se voit que de
l’autre côté de La Plagne. Faire des photos
et ausculter aux jumelles permet de s’y
retrouver. Les grands itinéraires se désirent
comme une femme amoureuse au regard
tendre (ou l’inverse).
Itinéraire :
On reprend le même départ que pour le tour
de l’Aliet. Mais au sommet du Pas du Genêt,
on continue en douce montée sur la gauche,
plein nord. On passe sous le Dôme des
Pichères dans une traversée légèrement
ascendante. Une longue crête se profile. La
visibilité en contre bas est très limitée, on ne
peut pas s’approcher du bord si facilement,
vu la présence de corniches volumineuses.
La carte IGN ne donne qu’un vague aspect
de ce secteur. Le pro vous amènera au bon
endroit. En sus, cette crête est sensible à tous
les types de vent. La pente supérieure est à
40 /45 degrés. Sur 800 m de dénivelé, chaque
virage mérite application et concentration.
La neige la plus voluptueuse est dans le bas,
à l’abri du vent. On rejoint alors tous les autres
itinéraires de la face nord. Arrivé aux Lanches,
la navette nous ramène à Peisey Vallandry. Là
encore, cette sortie tonique prend la journée.
32
ski magazine
Prise d'appui, William
devant le sommet de
Bellecôte
Enchaînement :
200 virages dans
l'énorme combe au
pied de Bellecôte
RANDO
William et son hologramme
en bas du glacier du Geay
4 - LE GLACIER DU GEAY AUX ARCS
- Dénivelé : + 850 m en peaux/- 1100 m de ski pour la version courte par le refuge du Mont Pourri
- Temps : presque une journée pour cette version
Changement de station pour d’autres incursions en haute montagne sur les flancs du
Mont Pourri, le deuxième sommet le plus
haut de la Vanoise (3779 m). Le glacier du
Geay est sur la face ouest de cette énorme
pyramide. Il s’aborde par le col des Roches
à 3443 m. De suite, on comprend qu’à cette
altitude il faut maitriser de nombreux paramètres, météo, nivologie, avec le bon matériel. La neige peut être douce, soufflée, béton.
Couteaux et crampons, tout doit être dans
le sac avec un baudrier sur soi. Terrain glaciaire oblige. Avec ses énormes quantités de
neige l’hiver dernier, les conditions étaient
parfaites pour évoluer sur le glacier. Une fois
tout pris en considération, le glacier du Geay
reste une approche fascinante de la haute
montagne après seulement deux heures en
ski de rando. On ne traine pas trop dans la
montée, car sur l’autre versant le glacier prend
le soleil et un fort réchauffement peut modifier la qualité et la cohésion de la neige.
Itinéraire :
De Arc 2000, on monte au sommet du télésiège du Grand Col (2832 m). En dix minutes
de peaux, on atteint le col du même nom
(2935 m). Il est très fréquenté, c’est un des
plus beaux hors-piste de la vallée. Du col,
on monte sur une croupe à droite. On visualise parfaitement la pente de montée. Dans
la partie supérieure, elle sera sur la gauche
du gros bombement. Ce glacier est peu crevassé, mais un ami a vu sa jambe disparaitre
dans une petite crevasse il y a 25 ans,
méfiance. La montée est facile par bonne
neige, mais en cas de neige dure elle est
bien plus technique. Au col des Roches
(3443 m), on pose un rappel de 15 m. Une
corde à demeure permet de descendre à
bras carrés, mais l’hiver dernier elle était
enfouie sous la neige : poudre ou neige de
printemps, toutes les neiges sont possibles
sur le glacier. La version longue invite à une
longue traversée au-dessus des barres
rocheuses : on est sur le sentier d’été du tour
du Mont Pourri. À la verticale du Dôme de
la Sache, on plonge dans la vallée de Pesey
Excellente poudre légère
mais compacte sur le
glacier du Geay
34
ski magazine
Vallandry pour rejoindre les Lanches. Si la
neige est croutée, dès la fin du glacier on
peut franchir la moraine proéminente pour
une traversée sous l’aiguille du Saint-Esprit.
Ainsi on rejoint le refuge du Mont Pourri
(2370 m). De là, en 45 minutes, on remonte
vers le domaine skiable des Arcs en passant
par le lac des Moutons (2574 m).
le rappel pour prendre pied
sur le glacier du Geay
Les derniers pas
avant le rappel
ski magazine 35
RANDO
5 - LE MONT POURRI AUX ARCS
- Dénivelé : montée par le télésiege du Grand Col : 950 m / descente par le refuge du Pourri : 1409 m.
+ 45 mn de peaux pour regagner le domaine.
- Temps : presque une journée pour cette version
Lorsque l’on est au col des Roches, on est
en vue panoramique du sommet du Mont
Pourri. Il n’y a plus que 300 m de dénivelé
pour atteindre le sommet, mais un secteur
avoisine les 40 degrés. Comme l’explique
Éric Charamel, guide de haute montagne :
« Avec cet itinéraire, nous sommes dans le
domaine de l’alpinisme, avec tout l’équipement de référence. Des passages sont
exposés. Aucune erreur n’est possible. Le
glacier a bougé, des secteurs sont plus
raides. Des plaques à vent ou de la glace
sont possibles. Bref, les 300 derniers mètres
peuvent concentrer beaucoup de pièges qu’il
faut parfaitement négocier. Tout le plaisir est
dans la maitrise. Ajoutez à cela un sommet
à près de 4000 m où la forme physique est
de bon augure ! » On l’aura compris, un pro
fera de nos désirs une parfaite réussite, mieux
vaut assurer ses arrières. L’autre sortie d’exception est la face nord de Turia avec son
départ très impressionnant à 50 degrés sur
quelques mètres. Et ici, on n’est pas comme
dans un couloir entouré de barres rocheuses,
le bombement semble basculer vers le néant.
Si la neige est béton, comme le conseille
Didier Givois dans son livre (voir référence
ci-dessous), mieux vaut faire demi-tour par
le glacier du Geay. Depuis quelques années,
la roche a pris le pas sur la neige sur cette
pente et elle est rarement en état. On peut
l’observer aux jumelles depuis la Rosière !
Vu l’enchainement de saisons très variables et très surprenantes (abondance de
neige ou sécheresse), vu les variations de
température subites sur deux jours, nous ne
proposons pas d’itinéraire pour cette dernière envolée en haute montagne. Il faut s’informer et prendre contact avec les guides
locaux. L’accès au domaine des cieux mérite
une grande sagesse !
INFOS PRATIQUES :
Pour rêver, pour mettre encore plus de nuances,
pour comprendre : on dévore le livre/topo de Didier
Givois, Les Clés de Paradiski, les plus beaux horspiste. Didier a ratissé large. Bien avant les drones,
il a survolé le domaine en planeur pour les excellentes vues des différentes faces. 40 euros dans
toutes les bonnes librairies.
36
ski magazine
- Les Pros :
- Secours :
- Les sites
indispensables :
www.guidesdesarcs.com
www.guides-laplagne.com
Eric Charamel, GHM :
06 82 46 31 32
le 112
ou 04 79 09 67 60
à La Plagne et
04 79 07 85 66
aux Arcs
www.laplagne.com
www.lesarcs.com
www.paradiski.com
- Carte IGN :
3532 ET Les Arcs La Plagne
VOS ANNONCES,
VOTRE RUBRIQUE…
FLAINE SUPER SKI
STAGES DE SKI
DE COMPÉTITION
Encadrement dirigé par :
Encadrement dirigé par :
Gilles BALTHAZARD ,
René ROULET et
Sébastien BOREL
Ex-entraineur de l’Equipe de
France
Entraineur 3°degré
Moniteurs Nationaux
Guides de Hte Montagne
CENTRE
D’ENTRAINEMENT
PERMANENT
- à FLAINE ( Hte Savoie):
du 17décembre au 27 avril 2019
- à TIGNES sur glacier(Savoie)
Eté : du 24juin au 27 juillet2019
ENTRAINEMENT
À LA COMPÉTITION
Slalom et Slalom Géant
STAGES HORS PISTES
Mini stage mise en jambes (3Jours )
du 18 au 20 Janvier 2019
Stage Hors Pistes
Du 24 au 27 Janvvier 2019
STAGE DE 6 JOURS
Chaque semaine du lundi au samedi
(Entrainement possible à la journée
ou à la 1/2journée )
TARIFS 6 JOURS
Encadrement +Hébergement +
Remontées Mécaniques : 720 €
Encadrement seul : 310€
PROGRES
TECHNIQUES ASSURES
Le Mont Pourri dans des conditions rares
entre deux dépressions l'hiver dernier
- Nombreux procédés pédagogiques,
- Moyens audiovisuels modernes
(vidéo),
- Analyse permanente des skieurs,
- Travail intensif sur des stades
d’entraînement réservés et fermés,
- Tests chronométrés.
Renseignements : FLAINE SUPER SKI
Gilles Balthazard 74300 – FLAINE
Mobile : 06 81 06 19 06
Tél/Fax : Hiver - 04 50 90 82 88
e-mail :
balta2@wanadoo.fr
Site Internet :
www.flainesuperski.com
FAITES-VOUS
CONNAÎTRE
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RUBRIQUE LE
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Dossier Stations :
CHEZ LES VOISINS
Italie, Espagne, Autriche, Suisse : la France est peut-être
l’un des plus beaux pays de ski au monde, mais ses
voisins européens ne s’en tirent pas mal non plus.
Incursion sur quelques territoires montagneux si proches
et pourtant si dépaysants, pour changer de langue et/ou
de gastronomie en changeant de ski.
LA THUILE, LAISSE TOMBER LES PIZZ' P.40
LE TYROL, SUR LES GLACIERS AUTRICHIENS P.48
DOLOMITES, COULOIRS MAJEURS EN ITALIE P.54
BAQUEIRA, PYRÉNÉES ESPAGNOLES EN MODE ROYAL P.58
OBERLAND BERNOIS : BONHEURS SIMPLES EN SUISSE P.65
Du beau ski chez les voisines, ici
sur le glacier de Stubai.
© Andre Schoenherr.
ski magazine 39
Chad Sayers lève son baton à la santé de la poudreuse italienne : La Thuile, dans les bois, c'est sympa!
LA THUILE,
ITALIE
laisse tomber les pizz’
Dans ce joyau caché de la Vallée d’Aoste, on trouve la meilleure
poudre et des pizzas d’anthologie. Des hôtels tenus par des
familles locales, des restaurants qui font presque oublier la neige,
des arbres qui permettent de gérer les tempêtes : un voyage
initiatique raconté par des Américains médusés.
Par Leslie Anthony. Traduction Mathieu Ros. Photos Mattias Fredriksson.
40
ski magazine
La Thuile
La neige tombe en rideau, dense et
pugnace, du genre qui oblitère toute velléité de vision alors qu’on monte dans
la télécabine. Dehors, les arbres vagues
se rapprochent et passent comme des
ombres lunaires, leurs détails perdus dans
la densité de la neige et la buée du plexiglas.
C’est notre première rotation de la première
journée dans cette station qu’aucun de nous
ne connaît, et de telles conditions météo
sont du genre à nous motiver plus qu’à nous
dégoûter. Mais si elles augurent d’un futur
poudreux, pour l’instant on ne sait pas où
on va, et le ski là-dedans semble équivalent à marcher dans les ruelles sombres
d’une ville inconnue sans lumière et sans
plan. Bien sûr, on est des skieurs, on est fin
excités.
Stefano nous a conseillé de rester du côté
des arbres en sortant, et on suit son conseil,
on n’a aucune autre idée d’où aller. On
coupe à droite et on rentre dans une combe
assez ouverte qui plonge abruptement dans
une forêt de pins et de mélèzes. La neige
profonde nous monte à la taille, la pente
s’étire et on pénètre dans une clairière, puis
la forêt se referme sur nous. Plusieurs fois,
le schéma se répète, comme une série de
sabliers, ça s’ouvre et ça se referme, on
enchaine des « face shots » sans visibilité
avec des zones moins ouvertes, mais qui
permettent de se repérer mieux. Finalement,
on retrouve la piste qui serpente en bas de
la montagne et nous dépose, haletants, au
pied des remontées.
Enchanté, La Thuile
La Thuile est en même temps très exotique
et complètement familière. Elle est coincée
à l’extrême nord-ouest de l’Italie, tout contre
la frontière française, le long d’une route qui
serpente de Pré-Saint-Didier, au sud de
Courmayeur dans la Vallée d’Aoste, jusqu’à
Bourg-Saint-Maurice dans la vallée de la
Tarentaise. On a parcouru ces routes pleines
de virages raides, de lacets, de pare-ava-
lanches et de tunnels, pour se retrouver
dans ce coin féérique.
Ici, ce sont d’abord les bergers qui se sont
installés. Puis les mineurs. Avant la
Deuxième Guerre mondiale, la plupart des
hommes de la région travaillaient à la mine,
et on peut voir un peu partout des vestiges de cette activité, anciennes galeries
ou autres structures minières. Aujourd’hui,
La Thuile dépend du tourisme, du ski en
hiver, de la randonnée et du vélo en été.
Le village est une attraction en soi, avec ses
vieilles ruines romaines et son centre historique aux rues pavées, un petit musée à
ciel ouvert, au-dessus d’une zone plus
récente construite en contrebas près de la
rivière. On trouve de quoi se loger dans les
deux parties, ainsi que dans la station proprement dite.
Et ce que l’endroit a de plus intéressant à
proposer, c’est un antidote aux foules
bruyantes et colorées qu’on retrouve non
loin vers Courmayeur. Car quand
Chad Sayers continue son exploration
poudreuse de la vallée d'Aoste, la visibilité
importe peu quand les arbres sont
parfaitement espacés pour le ski de forêt.
Ci-dessus : L'hôtel Eden est un petit
paradis, et la famille de Stefano est
autant versée dans l'hôtellerie que
dans le ski (même le chien!).
ski magazine 41
D’autant qu’en ce mois de février
2018, il y a deux mètres de neige
dans la vallée ...
Courmayeur attire les foules, les tours opérateurs et les stars de la formule 1, La Thuile
se contente de choses plus discrètes, peutêtre un peu plus intellectuelles. Pour autant,
la gastronomie reste impeccable, il y a de
quoi se faire des repas d’anthologie qui ne
rougissent pas devant la diversité et la qualité habituelles en Italie.
Le premier exemple de cet état d’esprit,
c’est pour nous la découverte de notre hôtel,
le Chalet Eden. C’est là qu’on a rencontré
Stefano, qui ouvre ce récit, et dont la famille
gère ce joli boutique hôtel. Le restaurant y
est complètement bio, avec des plats ita-
42
ski magazine
liens traditionnels des montagnes, et dont
les ingrédients sont issus des fermes locales.
Les repas sont au-delà du délicieux, et avec
ce côté écologique en plus ça n’en est que
meilleur, même si je me suis personnellement plus intéressé à la bouteille de Demaria
Bartolomeo Barbera d’Alba 2012, dont le
goût riche et profond a plus à voir avec les
terroirs exceptionnels de la Vallée d’Aoste
que d’une vraie conviction écolo.
Construit en 1914, le bâtiment de l’hôtel est
un immeuble de pierre à plusieurs étages,
dont la famille de Stefano s’occupe depuis
1943. Il a été restauré et rénové il y a 15 ans,
et encore agrandi il y a peu. La décoration
à base d’outils de ferme en bois et d’objets
montagnards donne le ton, et en plus du
restaurant il y a un bar bien confortable,
un sauna extérieur et un nouvel espace spa.
Le service est parfait, avec un personnel
qui n’a de cesse de se plier en quatre pour
nous, pour tout ce qui concerne l’hôtel, mais
aussi plus généralement notre expérience
dans la station et sur les pistes. C’est qu’en
plus d’être hôteliers depuis plusieurs générations, les membres de la famille de Stefano
ont un deuxième métier : ils sont tous guides
ou moniteurs. Ils peuvent prendre les kids
en leçon ou emmener les parents et les
rideurs sur les pistes et en dehors, et même
faire de l’héliski… Et quand on n’a pas
besoin d’aide et qu’on veut skier tranquille,
la remontée des Suches est à 10 minutes
de marche, bref un régal pour tous les
skieurs cet hôtel, à l’image de la station.
D’autant qu’en ce mois de février 2018, il y
a deux mètres de
neige dans la vallée,
ce qui fait beaucoup
Chad Sayers n'aura pas
beaucoup vu le soleil,
comparé au pauvre
mais question poudre
il a eu la dose.
demi-mètre de l’année
La Thuile
Chad Sayers, encore lui,
dans un exercice renouvelé
de ski de tempête :
le bonheur à l’italienne.
Car c’est à un mélange parfait de passé et
de présent qu’on doit l’expérience très européenne de La Thuile. Les pistes rejoignent
celles de La Rosière côté français pour
former le domaine de San Bernardo, un partenariat international qui permet de profiter du meilleur des Alpes : un microclimat
favorable, 1600 mètres de dénivelé, des
zones de haute montagne très alpines et
ouvertes, de la forêt parfaitement espacée,
des couloirs, des restaurants de tous types,
deux stades de slalom, une piste de skicross, des zones freeride sécurisées, ou
encore une zone de snowkite, vous avez dit
complet ? Les skieurs de tous horizons se
Ces deux points panoramiques offrent des vues à
couper le souffle sur les Alpes ...
précédente, qui avait vu l’herbe apparaître
dès le mois de mars. Stefano et sa famille
se frottent les mains, c’est une bonne saison.
Quand il était plus jeune, Stefano a fait de
la race, il a même été aux portes de la redoutable équipe italienne. C’est là qu’un de ses
entraineurs large d’esprit lui a appris à être
un skieur complet : poudreuse, bosses,
haute altitude. Il a arrêté la compétition à
20 ans, et a commencé à explorer les horspistes locaux plus sérieusement, armé d’une
paire de Pocket Rockets. Aujourd’hui, c’est
un vrai renard de poudreuse, et il connaît
les lignes secrètes de la forêt, les petits couloirs invisibles, les clairières cachées, les
goulets discrets où un câble électrique passait il y a quelques années… Tout ce qui
demande des connaissances et du temps
passé, l’expérience du local passionné en
somme.
« Il n’y a pas tant de demandes pour ce
genre de choses ici », explique-t-il, « alors
qu’à Chamonix tu peux toujours te brosser
pour faire une première trace à moins que
tu te lèves à 7 h du mat, ici tu peux en
trouver trois ou quatre jours après une
grosse chute. »
C’est peut-être vrai, mais ce n’est pas vraiment le sujet. Car s’il ne manque pas de
lignes vierges, le jour suivant : la neige tombe
à nouveau. Ça veut dire pour nous une nouvelle journée dans les arbres, cette fois-ci
derrière notre nouveau guide, Alberto. Il
connaît La Thuile comme sa poche, et il
nous entraine dans de longues traversées
qu’on n’aurait jamais osé tenter, suivies de
lignes qu’on n’aurait jamais imaginé rider.
Mais son plus beau cadeau, c’est peut-être
ce diner à la pizzeria Dahu, située entre le
départ des remontées et l’hôtel. On y dévore
des pizzas traditionnelles, cuites au feu de
bois, assis devant une lourde table en bois,
sous des arches voutées faites de cailloux
de la rivière. On pourrait être au 13e siècle,
et notre bonheur s’étendrait jusqu’à ce
moment.
rendent chaque année à La Thuile pour profiter de ses 150 km de pistes, parmi lesquelles il ne faut surtout pas louper la
légendaire Franco Berthod, la piste
numéro 3, qui a déjà accueilli pas mal de
courses FIS, pour la coupe du monde de
ski femmes en 2016 (descente et super-G)
et pour la coupe du monde de télémark en
2017 (qui sera de retour en janvier 2019).
Jusqu’il y a peu, le point culminant de l’espace San Bernardo était à 2650 mètres,
côté La Thuile dans le secteur Belvédère.
Mais à partir de cet hiver, une nouvelle
remontée rajoute du dénivelé et déplace le
sommet côté français, avec l’arrivée du mont
Valaisan à 2800 mètres, sur la crête frontière. Ces deux points panoramiques offrent
des vues à couper le souffle sur les Alpes
françaises et italiennes, avec en arrière-plan
le glacier du Rutor au sud, et le massif du
Mont-Blanc au nord.
Le jour suivant, la météo prévoyait du soleil,
mais on se retrouve sous un ciel de plomb,
ski magazine 43
Avec ses restaurants savoureux et son
ambiance hors du temps, La Thuile est un
concentré de ski italien niché dans la vallée d’Aoste..
une nouvelle dépression arrive, et la lumière au-dessus de la
limite des arbres est plate comme une piste de ski de fond. On
repart en exploration à la recherche de nouvelles expositions,
de nouveaux jardins à labourer et de nouvelles lignes à tracer.
On se retrouve sur une belle combe ouverte qui redescend vers
la frontière française. On hésite à glisser jusqu’à La Rosière, mais
non, le ski sans visibilité ne nous enchante pas. À la place, on
choisit une portion de forêt qui suit une longue piste pleine de
virages tranquilles. On s’offre plusieurs kilomètres en pente douce
dans de la poudreuse magique, jusqu’à La Thuile.
En remontant après déjeuner, on tombe sur un lieu appelé Lo
Ratrak, un café plein de monde et d’animation qui fait la jonction entre plusieurs restaurants sur le plateau des Suches. Le ski
est vraiment bon ici, mais on s’est trop laissés emporter par les
pauses déjeuner, se plaint l’un des nôtres. Le consensus parmi
les réponses, c’est que c’est aussi ça, l’Italie, un pays de bonne
chère et de gros ski. Et sans surprise, le diner ce soir-là est exceptionnel.
Le « ristorante » Les Granges est dirigé par Claudio et Ester di
Giachetto qui nous accueillent avec un « jambon de bosses »,
exclusivement fabriqué au col du Grand-Saint-Bernard, comme
nous l’explique Claudio. Vient ensuite un fromage frais de vache
trempé d’huile d’olives et d’herbes aromatiques, un pâté végétal,
des gnocchis aux noisettes, et du veau bourguignon. On titube
dans la nuit étoilée, et on a juste le temps de s’émerveiller sur
cette première soirée sans nuages avant de sombrer dans le
sommeil.
Mais cette pause météo ne dure pas, et une chute de neige
inopinée nous accueille le matin suivant. La station est à moitié
fermée, et on décide de faire une pause et de reprendre le train
Les flocons continuent de tomber,
ici c'est toujours l'heure de la pizza.
44
ski magazine
La Thuile
ski magazine 45
« La Thuile?
C’est la belle vie! »
Johan Jonsson sait apprécier la gastronomie italienne : forêt raide généreusement garnie de poudreuse.
Chad Sayers et Johan Jonsson en promenade digestive dans les ruelles du
vieux village de La Thuile.
LA TUILE
PRATIQUE
www.lathuile.net
du bien manger. On descend déjeuner à La
Grotta, une pizzeria au service impeccable,
où tout est fait maison, et où les spaghetti
bolognaise resteront gravés dans nos
mémoires. Après un après-midi à visiter le
vieux village, on dine dans un restaurant discret nommé La Lisse, avec un plat de viande
qui fond dans la bouche. C’est une adresse
familiale, et on se partage la polenta avec
du fromage et deux types de ragout, l’un à
base de saucisses maison, olives et sauce
tomate, et l’autre avec du bœuf cuit au vin.
La cruche de merlot maison ne désemplit
pas et accompagne chaque bouchée comme
un écho. On complimente notre hôtesse pour
sa cuisine, et nos effusions la font rougir,
« c’est ma mère la cuisinière » nous confiet-elle.
On dirait que les affaires familiales sont une
tradition à La Thuile, ce qui nous ramène au
Chalet Eden. Dans le lobby, deux vieux
chiens somnolent, un bouvier bernois et un
labrador. Ils accueillent les nouveaux venus
avec un bref mouvement de queue satisfait
46
ski magazine
avant de retourner à leur sieste confortable.
Les chiens rajoutent à l’ambiance tranquille
de l’établissement. La mère de Stefano et
sa belle-sœur s’occupent du marketing, attirant les skieurs du monde entier, sans qu’une
nation en particulier domine cette tour de
Babel du ski, avec un brouhaha cosmopolite dans le restaurant ou au bar.
Plus tôt dans l’après-midi, Stefano revenait
d’un run la barbe pleine de neige. Lui n’est
jamais lassé et part skier même quand la
station est à moitié fermée, sachant trouver
les bons runs dans tous les cas. Il a un dernier commentaire à faire sur La Thuile, qui
différencie l’endroit des plus grosses stations.
« Peut-être que ce serait pas mal d’avoir
un magasin qui louerait des sacs ABS et
vendrait des cartouches de rechange. Mais
on n’a pas besoin de plus de shopping.
Pourquoi copier les autres stations quand
on a notre propre identité ? » dit-il avec un
air de vrai freerideur bourru. « Je veux dire,
La Thuile c’est, bon, la vraie vie quoi. »
Espace San Bernardo :
Altitude min/max : 1200 m – 2800 m Dénivelé : 1 600 m Superficie : 3 000 hectares Pistes : 150 km pour 85 pistes ; 36 faciles, 36
moyennes, 13 difficiles Remontées : 39 : 1 téléphérique ; 20 télésièges ;
14 téléskis ; 4 tapis Aménagements : 2 stades de slalom (on est en
Italie !), 1 snowpark, 1 boardercross, 2 fun-cross,
2 kids parks, 1 zone freeride sécurisée, 1 espace
snowkite
Y aller
Les transports publics sont assez efficaces, avec des
lignes de bus régulières qui connectent La Thuile à
Pré-Saint-Didier où se trouve la gare, elle-même
reliée au chemin de fer italien via Aoste. Il y a aussi
une navette directe disponible depuis l’aéroport de
Genève, situé à 120 km.
Se loger
Hôtel Chalet Eden : chaleteden.it
Manger
Ristorante La Lisse : lalisse.it
La Grotta Ristorante and Pizzeria :
lagrottalathuile.com
Les Granges Bar Ristorante : lesgranges.it
Pizzeria Le Dahu : coppapanledahu.it
Freeride poudreux sur le glacier de Stubai, à une petite heure de route d'Innsbruck, l'autre « capitale des Alpes ».
STUBAI & KAUNERTAL, AUTRICHE
Sur les glaciers du Tyrol
En Autriche, on installe les stations sur les glaciers. Ces géants
sont accueillants : ils fournissent un fort enneigement de
novembre à mai, et les hors-pistes sont nombreux et accessibles.
Un trésor que les locaux ne se précipitent pas pour skier.
Par Aymeric Guittet. Photos Andre Schoenherr sauf mentions.
48
ski magazine
Tyrol
Des immeubles, des zones d’activités
et des échangeurs. Les lumières
d’Innsbruck émergent au bout de la voie
rapide. Elles s’arrêtent sur les flancs de
montagnes abruptes, dont les masses sont
tout juste visibles dans le crépuscule. À côté
de moi, Piotr a les yeux fermés. J’ai rencontré ce Polonais dans une espèce de taxivan à Munich. Il a mis ses skis à l’arrière,
son bonnet sur les oreilles, son casque pardessus et s’est endormi. Deux heures plus
tard, il roupille toujours. Il n’a sûrement pas
l’intention de se réveiller pour découvrir du
béton, lui qui est, comme moi, venu skier
les glaciers du Tyrol autrichien. Je m’endors
à ses côtés, bercé par le ronflement du
moteur, et le sien.
Quand nous émergeons, il est 8 heures du
soir et nous avons dépassé le halo orange
d’Innsbruck pour nous arrêter dans le petit
village de Telfes. L’hôtel est un bloc blanc
posé sur un pré qui fait face à l’Elferspitze,
un sommet rocheux de 2 505 mètres. À
peine le temps de déposer nos bagages
que nous rencontrons Paul, un Anglais au
visage rouge qui écrit pour le Telegraph,
Marco, un Italien à la petite moustache
envoyé par GQ, et Jan, un autre Polonais
arborant un T-shirt avec un gros logo
Majesty. Après quelques gespritzters, une
sorte de vin coupé à 50 % avec de l’eau
gazeuse [n’essayez pas ça chez vous !
NDLR], la troupe s’en va dîner sous des
haut-parleurs qui diffusent un mélange d’accordéon tyrolien et de Franck Sinatra.
GLACIER STUBAI : LA CARTE AUX
TRÉSORS DES HORS-PISTES
Le lendemain matin, la pluie nous cueille au
saut du lit. Les prairies de Telfes dévoilent
une herbe d’un vert sombre, aplatie par une
neige disparue. Nous n’avons pas l’intention de moisir dans cette vallée : un minibus
nous récupère et remonte la route 183 vers
le glacier Stubai. Au bout d’une heure au
fond d’un vallon qui se ferme de plus en
plus, le goudron se termine. Un autre moyen
de transport prend le relais : un téléphérique ultramoderne dont les câbles se perdent dans les nuages. Ni hôtel ni commerces
autour du départ de la remontée, seulement
un grand parking. Pas d’escalier à gravir en
grosses chaussures, pas de cohue autour
des guichets : nos stations françaises sont
loin. Tout est organisé, simple, avec à peine
50 mètres entre la voiture et la cabine. Nous
faisons connaissance avec notre guide
barbu, Robert, surnommé Gustav suite à
une sombre histoire de pari perdu. Installés
sur l’une des 24 places de la cabine, nous
crevons rapidement les nuages à 2300
mètres et découvrons le glacier Stubai :
de larges langues blanches qui descendent
de petits pics rocheux, formant un cirque,
avec au milieu des terrains caillouteux, le
tout recouvert d’une épaisse couche de
neige qui mélange les décors. De notre capsule, nos yeux sont ouverts à 180°.
À la fin du téléphérique, à 2900 mètres, la
pluie de la vallée est loin. Robert-Gustav
attaque une piste rouge et va nous attendre
en bas d’un mur. Il veut nous voir passer
devant lui pour évaluer notre niveau et
décider où il nous emmène. Chacun donne
le meilleur de sa technique, tantôt godille
style guidos, tantôt larges virages à pleine
puissance comme les Polonais. Marco, lui,
fait quelques tournants timides avec son
snowboard. Gustav a l’air satisfait et, sans
autre forme de préliminaires, nous fait
prendre deux télésièges qui nous mènent
à 3212 mètres. Piotr et Jan quittent le groupe
pour aller déflorer la poudre sous les
pylônes, tandis que Gustav nous fait passer
sous un cordon de sécurité, jusqu’à l’entrée d’un couloir large d’une vingtaine de
mètres. Ça attaque fort, 45° peut-être. Nous
devons passer l’un après l’autre. Je préfère
ne pas trop cogiter et passe la corniche en
premier. Les skis accrochent bien, la neige
est douce et autorise un peu de vitesse. On
se retrouve en bas, au milieu d’une piste
Vue sur le glacier Stubai depuis
le télésiège, à 3212 m.
Ci-dessus : Le téléphérique ultra moderne
de 24 places qui mène au glacier de
Stubai permet de relier la vallée aux
sommets en quelques minutes.
Ci-contre : si les remontées peuvent
être un peu haut dans les montagnes et
« déshumanisées », les villages sont
charmants, dominés par leurs clochers
typiques (ici Neustift, dans la vallée qui
monte à Stubai).
ski magazine 49
Le premier contact des fesses
avec le siège est doux :
la banquette est chauffante !
bleue large comme une autoroute. Paul nous
rejoint sans difficulté. Marco, en revanche,
descend en dérapant sur la carre, se
retrouve souvent sur les fesses. Il finit le
couloir comme il peut, un peu crispé.
L’élégance GQ, c’est plus ce que c’était.
Les muscles chauffés par cette entrée en
matière, Gustav décide que c’est le moment
de nous faire un petit point topo-carto. Il
nous entraîne à 2620 mètres, devant un
large panneau affichant un plan des pistes.
Attendez, non… ce n’est pas un plan des
pistes. C’est un plan des hors-pistes ! Sur
une photo satellite détaillée du glacier
Stubai, ont été colorées les pentes supérieures à 30° et tracés des itinéraires qui
comportent chacun un
chiffre. Chaque itinéStubai, de par son
raire a son petit nom :
altitude, réserve
souvent des surprises
Freeride Zoo, l’Ultimo,
bien poudreuses.
la Hidden Valley… Le
© Christoph Schöch.
50
ski magazine
chiffre, lui, indique la difficulté, de 1 à 14 :
le Freeride Zoo, qui serpente à côté d’un
téléski a le numéro 1, alors que le couloir
que nous venons de faire est coté 14.
Gustav voulait nous bizuter ! Ce plan prouve
que les Autrichiens n’ignorent pas les freerideurs comme en France et en Italie, et préfèrent les accompagner dans leur activité,
pour minimiser les risques. Reste une question métaphysique : le freeride ainsi guidé
est-il encore free ?
Malgré cette carte aux trésors, nos voisins
germaniques ne se précipitent pas à la poursuite de l’or blanc. Il est près de midi, et
nous partons sur une colline rocheuse qui
domine deux branches du glacier. Nous
sommes pile au cœur du domaine, sous
une télécabine, et pourtant la neige est parfaitement vierge. L’indifférence des uns fait
le bonheur des autres, sourit chacun en y
allant de sa petite courbe.
Après un déjeuner constitué d’un Wiener
Schnitzel, plat local de poulet frit accompagné de frites dont les Autrichiens sont
friands, Gustav secoue nos envies de sieste
en nous entraînant sur les itinéraires 2 et
10. Ce dernier, nommé « The Wall », est difficile à négocier, avec une neige dure sur
une pente à 40° qui oblige à rester bien
concentré. L’après-midi avance, les horspistes s’enchaînent. Sur le Stubai plus qu’ailleurs, il est possible de faire sa vie
complètement en dehors des pistes et de
la foule qui y évolue. Pour la dernière descente, Marco préfère éviter les fantaisies de
notre joyeux Gustav et prend la piste bleue,
quand nous chassons encore la vierge, tels
des oiseaux libres. Bientôt, nous sommes
obligés de retrouver le flot des skieurs qui
rentrent tous en même temps au
Gamsgarten, le départ du téléphérique de
ce matin. Il est déjà 16 h 30, ce qui signifie
ici l’arrêt des remontées.
GLACIER KAUNERTAL : LOIN DES HABITATIONS, UN RÉSERVOIR DE NEIGE
Départ 7 h 15 le lendemain matin de notre
hôtel douillet. À 7 h 25, nous attendons
encore le chauffeur, comme des enfants mis
trop tôt à la porte. Annoncé mauvais, le
temps est clément : des nuages blancs se
baladent dans un ciel bleu clair. La mélodie
des oiseaux accompagne le lever du jour.
La vallée est accueillante, incite à se prélasser. Dans le van enfin arrivé, tout est silencieux. Les plus insouciants se sont
endormis, les autres ont mal au cœur, car
après 1 h d’autoroute, nous commençons
à nous élever vers le glacier Kaunertal.
Comme à Stubai, le glacier lui-même se
confond avec les parties rocheuses qui l’entourent, si bien que sous la neige, il est
difficile de distinguer l’un de l’autre. Nous
passons devant un départ de télésiège à
1900 mètres, puis remontons le glacier par
la droite, grâce à une route en lacets, pour
enfin parvenir à 2750 mètres, lieu de convergence de plusieurs remontées. Ici non plus,
il n’y a pas vraiment de vie organisée autour
de cette station, seulement un ou deux skis
shops, un restaurant d’altitude et une salle
hors sac. Pour venir skier au Kaunertal, il
faut dormir loin dans la vallée et faire un
assez long trajet tous les matins.
Cet éloignement des habitations, aggravé
par le long passage par la case location
de skis et matériel de sécurité, fait qu’il est
près de 11 heures lorsque nous montons
enfin dans la benne. Le premier contact des
fesses avec le siège est doux : la banquette
est chauffante ! On a beau faire son dur,
Tyrol
Le freeride ainsi guidé est-il
encore free ?
on ferme quand même les yeux.
Cette fois, le guide nous laisse un peu le
temps de nous mettre en conditions, et nous
emmène jusqu’à une gentille pente recouverte de 30 cm de neige fraîche qui redescend à 1900 mètres. Dommage pour Marco
et son snowboard, il faut traverser 200
mètres de plat pour l’atteindre, et il comprend vite qu’à moins de sautiller sur place
pendant 30 minutes, il n’aura jamais assez
d’élan. Au bas de cette descente, mes fixations se mettent subitement en mode
montée, et je ne parviens plus à recoller le
talon au ski. Le groupe croit que je vais
suivre et embarque sans attendre dans le
télésiège. Le temps que je sollicite l’aide
d’un pisteur (« Guten Tag, mein fixation ist
broken ») qui m’aide en rigolant, je me
retrouve tout seul sur le Kaunertal.
Heureusement, bien que nous soyons un
samedi, il n’y a pas grand monde sur ce
petit glacier. D’une télécabine, j’aperçois les
flèches qui descendent sans moi. Trois
quarts d’heure plus tard, j’ai recollé au
groupe, et manqué au passage deux-trois
hors-pistes savoureux.
L’après-midi, nous passons à côté d’un
énorme bloc de trente mètres de hauteur
sur cinquante de profondeur. La glace bleue
sur le flanc révèle un sérac, recouvert d’une
immense toile blanche. Ce décor de
science-fiction a une utilité : les Autrichiens
protègent leurs séracs du changement climatique. Le drap blanc doit renvoyer la
lumière du soleil vers le ciel. Nous quittons
ce monument de neige pour gagner une
pente plus raide, que l’on atteint après une
montée en escaliers skis aux pieds. Je pars
en dernier et laisse filer devant Paul, le
baroudeur anglais du Telegraph. La neige
est plus dure qu’hier, plus tracée aussi, et
la blancheur du ciel masque les reliefs. Paul
attaque, il a l’air un peu sur l’arrière, ses
jambes sont rigides. Et patatras, il se casse
la gueule et dévale sur dix mètres. Je
ramasse ses skis, qu’il rechausse pleine
à seulement 15 minutes
d'Innsbruck, la station
de Schlick 2000 propose
aussi du bon ski,
quasiment urbain!
pente en enfonçant le talon dans la neige.
Nous rejoignons les pistes. Tous les trois
mètres, elles sont bordées de panneaux qui
n’ont pas de numéros, mais des petites
flèches qui indiquent où il faut skier. C’est
si bien balisé que c’en est angoissant et
c’est avec plaisir qu’on suit le guide dans
de minuscules valons cerclés de rochers
recouverts de neige, comme un half-pipe
naturel.
À 17 heures, nous débarquons dans une
espèce de grosse cabane au pied du glacier. Entourée de pins, de montagnes et
de neige, elle paraît coupée d’à peu près
tout. Sa lumière distille une faible lueur dans
la forêt qui l’entoure. On se dit que cette
hutte sera l’endroit idéal pour retrouver ses
racines, couper un moment avec l’agitation
perpétuelle du monde moderne. Mais la
maîtresse des lieux annonce tout de suite
qu’il y a le Wi-Fi à volonté. La vie de
bûcheron, c’est mieux avec son petit
confort.
ski magazine 51
À la fin d'un hors-piste, on retrouve
tranquillement le glacier de Kaunertal.
© Daniel Zangerl.
AUTRES GLACIERS
Deux heures plus tard, je suis tiré de ma sieste par des éclats
de rire et des applaudissements. Parvenu à l’orée de la salle à
manger, je découvre un homme campé au milieu de la pièce,
vêtu d’un pantalon kaki qui monte au-dessus du nombril et
tenu par des bretelles. Son accordéon est orné de fleurs, et sa
chemise d’un blanc éclatant. Je m’assois avec une bière et le
petit sourire de celui qui ne se fera pas avoir par de pareils clichés. Mais l’esprit s’échauffe avec les pintes, et au bout d’une
heure j’applaudis à tout rompre les prouesses de ce barde tyrolien. Paul, le visage encore plus rouge que d’habitude, m’explique qu’il a fait treize fois le mont Blanc et qu’il se rend chaque
hiver en Antarctique où il dépucelle des sommets, pour la gloire
de la reine d’Angleterre.
Je sors de la cabane reprendre mes esprits et tenter de photographier la Voie lactée au-dessus du Kaunertal. Pour notre dernière nuit, le ciel est bouché. Marco est sur le perron et contemple
la forêt. Il n’y a aucune lumière autour de nous. La neige gelée
et aplatie crisse sous nos pas. Demain, nous prendrons l’avion
à Munich, à quatre heures de route.
Le Tyrol est situé à l’extrême ouest de l’Autriche, et rejoindre Innsbruck est difficile Stubai et Kaunertal sont deux des cinq glaciers du Tyrol. Avec 27 remontées
mécaniques, Stubai est la plus grosse station-glacier de toute l’Autriche. Elle
ouvre dès octobre, pour ne fermer que début juin, soit 9 mois de ski en continu.
Un peu moins grand avec ses 32 kilomètres de pistes, Kaunertal est aussi moins
accessible.
Les trois autres glaciers sont Pitzal, Sölden et Hintertux.
- Pitzal est situé à deux vallées d’écart de Stubai. Les deux glaciers sont
joignables en 1 h 30, ce qui équivaut à la distance entre Pralognan-la-Vanoise et
Val-d’Isère. Le domaine dispose de huit remontées mécaniques, dont la plus
haute monte à 3 440 mètres (record d’Autriche).
- Sölden ressemble par certains aspects au Kaunertal : elle est atteignable par
une longue route en fond de vallée, et l’on peut ensuite choisir de se garer aux
étages inférieurs de la station, ou remonter en lacets jusqu’au plus haut
tronçon. Il s’agit d’une station importante, ouverte d’octobre à mai.
- Le glacier d’Hintertux est le plus éloigné d’Innsbruck, avec 1 h 30 de route. Il
permet de skier à 3200 mètres et offre 57 kilomètres de pistes.
Toutes les stations-glaciers proposent un forfait journée aux alentours de 50 €,
et un forfait semaine entre 250 et 300 €.
TYROL
PRATIQUE
Comment venir et hébergements :
Le Tyrol est situé à l’extrême ouest de l’Autriche, et rejoindre Innsbruck est difficile
même pour les Viennois, qui préfèrent passer par l’Allemagne.
Depuis Paris, comptez 4 heures d’avion pour rejoindre la petite ville encastrée dans les
montagnes, car il faut faire escale à Francfort ou Vienne.
Bien que beaucoup plus proches, Lyon et Innsbruck ne sont pas mieux desservies. La solution consiste donc peut-être à rallier d’abord Munich en 1 h 20 depuis Lyon ou Paris,
puis de s’occuper sur place des liaisons avec le Tyrol.
L’office du tourisme local axe beaucoup son discours sur la gastronomie et la taille du
domaine skiable, un peu moins sur l’hébergement. Comme évoqué, le modèle de la
station à la française n’existe pas dans le Tyrol. La vie et les hôtels sont dans les basses
vallées, le ski et les remontées mécaniques sont un monde à part : il est difficile d’y
loger pour une semaine et de chausser en bas de sa chambre. Il faut donc regarder dans
les villages qui se trouvent le plus près de votre glacier (pour Stubai, Telfes est un bon
point de départ).
À pleine puissance le long
du glacier Kaunertal.
© Klaus Listl.
52
ski magazine
Descente sur le Val Mesdi, ambiance fantastique, entre Tolkien et Sergio Leone.
DOLOMITES,
ITALIE
Dolos mythiques
Les Dolomites ne sont définitivement pas un secret spot, entre
Roger Moore et Stallone, entre l’UNESCO et Saslong, entre le
Guide du Routard et les photos qui inondent Instagram, les
Offices du Tourisme n’ont plus trop de boulot, tout le monde sait
que ce coin d’Italie est magnifique. Pour autant, les habitudes
sont différentes, et on pourra en prendre son parti : l’Italien
préfère la piste, la poudreuse reste à prendre.
Par François Kern. Photos Emmanuel Darlix.
54
ski magazine
Dolomites
On peut ici commencer par remercier la
FISI (oui, il s’agit ici de dire du bien de la
fédération italienne de ski). Les locaux
adorent tous, mais vraiment tous, dessiner
de grandes courbes sur ces merveilleuses
pistes taillées au laser. Dolomiti Superski,
ce sont 1200 kilomètres de pistes réparties
sur 12 domaines, 450 remontés mécaniques, le rêve…
De quoi attirer familles nombreuses, champions du dimanche en collant, riches
Germains trentenaires à visière, belles bourgeoises à fourrure et autres Italiens tout en
couleurs et en simagrées. Les mêmes comportements ont été relatés par de fameux
anthropologues sur le secteur de la via
Latea/Montgenèvre. D’un côté à l’autre de
la frontière, les comportements ne sont pas
les mêmes. Du coup, il n’y a pas une trace
en dehors des jalons, le rêve pour nous
autres freerideurs. Dès lors, avec quelques
potes, un topo, une carte et un tout petit
peu d’imagination, le champ des possibles est surréaliste, le massif du MontBlanc x10, La Grave x100, le Lioran x 1000 !
Restent quelques variables pour que chacun
y trouve son bonheur : avec ou sans peaux
de phoque ? Hiver ou printemps ? Graines
ou burgers ? 95 ou 115 ? Poivre ou sel ?
En 2018, pour skier de la bonne neige, il
aura fallu se bouger. Pour certains, sortir la
pelle et la sonde, puis retrouver et déneiger
la voiture, pour d’autres, dégager la porte
d’entrée chaque matin dans le but ultime
d’accéder au garage et sortir les skis, et
Du coup, il n’y a pas une trace en
dehors des jalons, le rêve pour
nous autres freerideurs ...
pour tout le monde, tracer dans 80 de
poudre, tous les jours, quel que soit l’itinéraire. Un hiver épuisant.
Au final, dans les Dolomites comme partout en Europe, la neige était présente en
abondance. Et bien entendu, dans les
Dolomites comme ailleurs, pour avoir de la
neige, il faut qu’il neige, pour qu’il neige, il
faut qu’il ne fasse pas grand soleil.
Deux possibilités donc pour profiter de ces
mètres cubes d’eau solidifiés : skier pendant les chutes ou attendre le soleil.
Au prix de grands sacrifices, quelques
skieurs, dont l’altruisme et l’abnégation
n’ont d’égal que leur amour pour la
poésie romantique, se sont rendus sur
place pour consacrer quelques longues
journées à un reportage éreintant, complet, précis, scientifique ! Emmanuel et
François, trop vieux sans doute, moins
réactifs que d’autres, n’ont pas tout de
suite cru au créneau, et sont arrivés trois
jours après une belle tempête de neige
comme 2018 a su nous en offrir.
PREMIER JOUR DANS LES COULOIRS
MYTHIQUES
Le plus troublant lorsqu’on arrive à Paso
Pordoi, c’est la fréquentation du parking.
L’ambiance des journées de risque 5 à La
Grave, ou des débuts du mois d’avril à Lansen-Vercors : pas un chat. La benne qui
donne accès à un des plus beaux secteurs
de freeride du massif est essentiellement
fréquentée par… des piétons ! Et son parking est désert avant 10 h.
En effet, la vue est splendide, entre
Marmolada et Campitello di Fassa, entre
le col et le ciel, c’est superbe. Mais pas une
piste, pas un jalon, pas un coup de fraise
sur la neige. Alors nos cousins italiens ne
viennent pas, ou alors sans skis. Et nous,
morts de faim, nous retrouvons seuls au
monde, prêts à aller chercher couloirs,
combes et pentes suspendues du secteur.
Le jour de notre arrivée, premier jour de
beau après la semaine de neige, nous a
donné à découvrir les abords directs de la
benne de Sasso Pordoi. Sans le moindre
La célèbre photo d’entrée du Canale
Joel, grande classique.
Les premiers virages dans le Canale Sass
Da Forcia, quelques centaines de mètres
au dessus des pistes proprement damées
de Dolomiti Superski.
ski magazine 55
Il y en a aussi pour ceux qui aiment
mériter leurs virages, ici dans un petit
couloir dérobé au pied du Forcella
Sassolungo Levante
empressement, sans marcher non plus, nous
avons enchainé trois des grandes classiques
du spot : Canale Holtzer, Canale Joel et
Canale Sass Da Forcia.
Pas une trace avant les nôtres, pas de touristes français pour nous crier dans les
oreilles, pas non plus de moniteur pour nous
griller la priorité, et tout le loisir de voler
quelques photos dans chacune des lignes,
sans précipitation.
Et en fin de journée, nous sommes retournés
skier le Canale Holtzer, car même si classique et skié le matin même, ce couloir est
digne de sa réputation. Fait notable : les
locaux sont super sympas. Les pros répon-
56
ski magazine
dent aux questions, et poliment, parfois
même en donnant des infos avec le sourire, dépaysant !
DEUXIÈME JOUR, UN PEU PLUS LOIN
DANS LES DOLOS
Le beau temps est bel et bien installé et
nous sommes samedi. Il y a donc plus de
monde même si dans l’absolu ce n’est pas
encore la foule. Mais c’est du beau monde.
Dans la benne, nous rencontrons une poignée de stars américaines qui shoote pour
leur sponsor. Leur présence en dit long sur
la qualité du ski et la photogénie de ces
montagnes.
Avec nos peaux dans le sac et l’affluence
relative dans les itinéraires de feignants,
pour la seconde journée, notre choix se
porte vers le Val Mesdi. Le topo est simple :
on entre dans cet immense vallon digne des
décors de films fantastiques et on avise.
Entrés par le Piz Boe après 30 minutes de
marche, pour transpirer un peu, parce qu’on
est tout de même des randonneurs en sommeil et aussi parce que c’est joli, on se
retrouve dans le canyon. Et ici, pas de menu,
on déguste à la carte ! Sur les deux rives,
descendants des contreforts abrupts du
vallon, une multitude de saignées blanches
excite notre curiosité de skieurs. Reste à
choisir sa ligne, la grimper et la skier.
Une fois de plus, chacun y trouve son
compte, le photographe se pose en mode
BBQ shoot, le jeune excité remet les peaux
et s’applique à faire des aller-retour graphiques dans un des sillons remplis de
neige.
Quelques
conversions plus tard,
il s’arrête. Le vent a
L’étroiture du Canale
Joel, rare d’y faire la
ravagé la neige, entre
première trace et d’y
être seul.
croute infâme et gros
Dolomites
Canale Holtzer, raide, long,
majestueux un peu comme…
un des plus beaux couloirs
du monde.
Un peu de neige cette
année au sommet du Piz
Boe / Piz Fassa, le refuge
semble fermé…
DOLOMITES
PRATIQUE
Y aller
Grenoble -> Campitello = 6 heures en roulant vite,
8 h en faisant des pauses
sel sans portance, son hésitation ne dure
pas, demi-tour. Reste à se laisser filer dans
le vallon pour rejoindre les remontées mécaniques et rentrer sur Paso Pordoi, non sans
quelques droites sous la benne qui ne mérite
pas moins !
TROISIÈME JOUR, EN RANDO, PLUS
LOIN
Après deux journées de rentabilité, place à
l’altruisme, à l’effort gratuit, à la conquête
de l’inutile, à la pipette et aux barres de
céréales : place au sport ! C’est en mode
rando que notre trop court séjour va se
conclure.
Après un démarrage aux aurores tardives,
on vise un joli couloir sur l’autre côté du col
Sella, le couloir nord de Forcella Sassolungo
Levante. En bons randonneurs pas assez
matinaux, on s’envoie une mauvaise rampe
plein sud-est, où on rattrape des cafistes
italiens (des caistes !). Notre ego remonte,
notre cardio aussi.
Arrivés au petit refuge de Demetz qui protège l’entrée dans le vallon, la température
plonge. Cachés à l’ombre, on rêve de
poudre. Trois virages plus bas, notre ligne
est en vue. Le petit cirque est magnifique,
le décor a bien changé depuis la veille, la
fréquentation aussi, pas une trace.
Et pour cause... Ici aussi, le vent a tout
ravagé. Arrivés au pied de notre couloir où,
prêts à mettre les skis sur le dos, nous trépignons déjà, les traces de vent se multiplient. Croute, neige béton, poudre, gros
sel, tous les styles de neige s’enchainent
d’un pas à l’autre. Un autre plaisir de la
rando, l’effort gratuit, nous laisse donc terminer notre bref séjour par une pente plein
sud en neige de printemps, à la sortie de
la ligne de secours que nous avions repéré.
Quelques virages plus loin, on saute dans
la voiture pour rentrer et reprendre le boulot
le lendemain, comme un lundi.
Au final, il n’est peut-être pas tellement
nécessaire d’écrire autant de bêtises pour
inciter à aller skier là-bas. Ce qu’il faut tout
simplement, c’est une carte, un ou deux
bons potes autour de bières, et quelques
photos bien senties pour le déclic. Pour le
reste, hésiter est une perte de temps, on
finira forcément par y aller, ou y retourner.
Forfait
- Dolomite Superski : entre 47 € et 59 € selon la
période de la saison (accès à tous les domaines,
toutes les connexions)
- Campitello di Fassa & Sass Pordoi : entre 45 € et
50 € selon saison
Topo
Ski Freeriding in the Dolomites — éditions Versante
Sud (tout ce qui est logique est dedans, pour le
reste, imaginez et tournez-vous vers la carte)
Carte
Val Di Fassa /Dolomite Fassane 06 — TABACCO (et
tout le reste de la série pour les autres secteurs)
Y dormir
Hôtels ou gîtes, on trouve des pensions complètes
entre 40 € et 75 € par nuit, par personne.
Y manger
Pizzeria Salin à Pera di Fassa
ski magazine 57
Elie Lagarde dans la foret magique de la Bonaiga
BAQUEIRA,
VAL
D’ARAN
Territoire autonome dans une région autonome
« Ici, ce n’est pas la Catalogne, c’est différent » peut-on entendre
à Baqueira quand on commence à parler géopolitique du ski.
Coincés dans un Pays Occitan entre la France et la Catalogne, les
Aranais possèdent probablement le meilleur domaine skiable de la
chaine. Cet endroit sauvage possède tous les avantages
modernes pour combler les plus exigeants des skieurs,
quelle que soit sa langue natale.
Par Elie Lagarde. Photos Florian Cuzacq sauf mentions.
58
ski magazine
Baqueira
En montagne, on vient toujours de
quelque part, on est attaché à ses origines comme une marque indélébile qui
nous suit tout au long de notre vie. Mais
dans les Pyrénées, les frontières se traversent continuellement, car ici, c’est une
chaine tout en largeur, sans profondeur.
Alors on peut comprendre que le Val d’Aran
ne veuille pas de l’indépendance catalane,
car Catalans ils ne le sont pas. Ces neuf
communes de 10 000 habitants sont, de
fait, un territoire autonome dans une région
autonome. C’est dans cette ambiance
émancipatrice que je suis retourné rider la
saison passée dans la région, car à son
échelle, elle est l’image même du ski, très
différente de ce qu’on peut trouver ailleurs
en Europe. C’est beau, luxueux et l’aménagement des pistes est exceptionnel. En
route pour Baqueira, la « station du roi ».
OCCITANIA !
C’est au milieu des années soixante que le
projet de station dans le massif du Val d’Aran
a vu le jour. Dans une Espagne montagnarde
traditionnelle, certains visionnaires pensent
au futur en voulant développer et pérenniser le tourisme. À l’inverse de leurs compatriotes qui bétonnent et défigurent le
Ces neuf communes de 10 000
habitants sont, de fait,
un territoire autonome dans
une région autonome.
littoral ibérique, les Occitans des montagnes
souhaitent mettre en place un tourisme haut
de gamme basé sur des valeurs authentiques dans le respect du patrimoine et de
l’histoire de la vallée. Avec son exposition
stratégique (le Val d’Aran dispose d’une
exposition nord contrairement aux autres
stations espagnoles), des infrastructures
modernes et luxueuses, les qualités intrinsèques de Baqueira ne sont plus à démontrer. Cette « usine à ski » haut de gamme
est née pour être l’image de l’Espagne qui
réussit, et le chemin parcouru depuis le
village originel témoigne de l’immensité des
moyens entrepris pour en faire la station
d’aujourd’hui. Grâce à Baqueira, le Val
d’Aran, qui vivait de l’élevage, est devenu
l’un des endroits les plus riches de
Catalogne.
Baqueira propose des pistes larges et
ouvertes, ainsi que de nombreuses forêts
variées. Elle est divisée en deux zones différentes : Baqueira-Beret et la Bonaigua.
Grâce à son orientation vers l’Atlantique,
elle possède un bon enneigement durant
toute la saison, avec de grosses quantités
Entre ombre et lumière
pour Elie, sapins en prime
ski magazine 59
Wadeck Gorak profite du ciel bleu
pour ouvrir sous le Cap de Baqueira
© Matt Viveau
Gros jour blanc, Wadeck joue dans les arbres du
secteur Bosque, en bas de la station © Matt Viveau
60
ski magazine
Pierre-Alex Dedeban, en balade
dans le jardin de la Bonaigua
Baqueira
ski magazine 61
Souvent, ces endroits sont
parsemés de sapins et de pins à
crochets qui donnent un petit
côté sauvage à ces hautes terres
espagnoles.
de neige, ce qui en fait un lieu idéal pour la
pratique du ski en général, et du freeride en
particulier. De plus, Baqueira présente un
dénivelé de plus de 1000 mètres ainsi qu’un
domaine extrêmement étendu. Tout cela en
fait la station la plus huppée des Pyrénées,
notamment la préférée du gotha et du
show-business espagnols (ou ce qu’il en
62
ski magazine
reste…). C’est là que, fait emblématique
souvent ressassé, le roi d’Espagne Felipe VI
a appris à skier.
De surcroit, le Val d’Aran et la vallée de
Pallars Sobira jouissent d’un cadre naturel
magnifique qui enserre plus de cinquante
zones rurales. Chacune d’elles possède des
maisons de pierres et de bois ainsi que d’an-
tiques églises romanes gorgées d’histoire.
Si on ajoute les possibilités d’héliski, le
domaine s’agrandit considérablement…
En effet, l’une des caractéristiques géographiques du relief montagneux espagnol
réside dans le fait qu’au sommet de la station commence un véritable désert blanc
parsemé de cirques et de couloirs dans lesquels se cachent toutes les pentes intéressantes pour la randonnée ou, puisqu’ici
c’est permis, la dépose en hélicoptère.
Souvent, ces endroits sont parsemés de
sapins et de pins à crochets qui donnent
un petit côté sauvage à ces hautes terres
espagnoles. Couloirs ponctués de rochers,
Elie Lagarde en run de
chauffe a Baqueira 1700
Montee au Cap de
Baqueira pour Elie
Baqueira
BAQUEIRA
PRATIQUE
Altitude maximale : 2 510 m
Altitude minimale : 1 500 m
Dénivellation : 1 010 m
Zone skiable : 1 922 ha
108 km de pistes balisées.
69 pistes : 5 vertes//33 bleues//
25 rouges//6 noires. 7 km de circuit de ski
de fond. 1 stade de slalom.
33 remontées mécaniques : 1 télécabine
(9 places), 20 télésièges, 5 téléskis, 7 tapis roulants.
550 canons à neige.
Ouverture : de novembre à mai
Y aller
Depuis Toulouse, suivre l’A64 jusqu’à Montréjeau, puis
la D925 jusqu’à Saint-Béat puis passage en Espagne par
Bossost puis Vielha (sans passer par le tunnel) et,
enfin, arriver à Baqueira.
combes, entonnoirs, les terrains de jeu sont
variés et délivrent des pentes de deux à trois
cents mètres de dénivelé. Peu exposée au
soleil, la neige est confinée, protégée, elle
reste froide et poudreuse même plusieurs
jours après qu’elle est tombée : un bonheur
rare sur un massif parfois sujet à des variations terribles.
BAQUEIRA, LA DERNIÈRE FRONTIÈRE
La mission, cette saison, était de caler
le plus d’images possible entre l’Andorre
et l’Espagne. La saison s’annonce bien
et les chutes de neige conséquentes de
la fin du mois de janvier permettent à la
plus grande station ibérique de faire profiter de son domaine à 100 %. La vue sur
le glacier de l’Aneto (3404 m, plus haut
sommet des Pyrénées) demeure un must
dont je ne me lasserai jamais.
Accompagné de l’équipe de tournage,
le tour de chauffe prend des allures de
banquet puisqu’on enchaine les rotations
sous un froid polaire dans cette Espagne
si caliente. La partie basse du domaine
est essentiellement composée d’arbres.
Ces runs de forêt ne sont pas très
engagés, mais permettent de patienter
en attendant l’ouverture progressive de
la zone d’altitude. Le jeu d’ombres et
lumières au travers des sapins enneigés
offre un spectacle dont on ne peut se
lasser.
Côté Bonaigua, l’espace d’altitude est
grandiose. Il se compose de grands plateaux entourés d’aiguilles abruptes qui
laissent transparaitre des couloirs inhospitaliers. L’intérêt freeride est grand surtout si l’on prend le temps d’effectuer
un bon repérage. L’accès à ce domaine
se fait depuis le sommet de la station. Il
consiste en un basculement vers la dernière partie du Val d’Aran, l’ultime frontière qui le sépare de la catalogne qui
gronde au travers des soubresauts de ses
habitants.
Le ski est ici proche de la perfection et
l’isolement est total. Les sapins sont
omniprésents, agrémentent les couloirs
et servent de repères aux innombrables
ruptures de pente.
Du bon ski, efficace et rapide. Mon endroit
préféré de la station. Ici, on consomme,
mais le produit est de qualité.
Venir skier à Baqueira, c’est d’abord l’assurance de grosses possibilités de ski
et d’héliski avec un enneigement au top.
L’entretien, le service et l’accueil vont
avec l’ensemble monarchique du
domaine. On y ajoute la culture, la convivialité, la gastronomie, l’esthétisme et on
n’est pas loin du sans-faute.
Se loger
Le Chalet Bassibe est un hôtel 4 étoiles situé dans le
Nin de Beret 1700 (au-dessus du chalet du roi d’Espagne…) entre Baqueira et Beret, à deux pas du
télésiège Esquiros. 36 chambres, dont 6 suites avec balcon et vue sur le domaine. Petit déjeuner à volonté bon
et raffiné, piscine intérieure/extérieure entièrement en
bois. Un vrai plan star & paillettes pour environ 100 € la
nuit en haute saison.
L’hôtel Husa Orri est un des moins chers de Baqueira,
situé dans le petit village traditionnel de Tredos, à 2 km
de la station et 9 km de Vielha.
Manger
Ticolet : Excellent rapport qualité/prix pour ce restaurant typique du Val d’Aran.
Sortir
Baqueira dispose de multiples bars, avec une vie sociale assez intense. En premier lieu, les tapas de 18 à 21
heures sont une authentique culture locale, autant
dans les stations que dans les villages les plus importants (Vielha et Arties).
Nombreux rendez-vous nocturnes et discothèques
(Tiffany, Eth Clot, el Vielha Dance Club, Pachá, Tuc Nere
etc.)
Millenium à Arties.
ski magazine 63
Dossier
OBERLAND
BERNOIS
Gstaad, Mürren, Adelboden :
3 stations d'exceptions
ski magazine 65
L’arrivée dans l’Oberland bernois est spectaculaire,
qu’on vienne du nord et des grands lacs de Thoune
et de Brienz, ou du sud à travers les montagnes.
Cet ensemble de sommets est traversé de vallées
diverses dans leurs terrains (des plus escarpées
aux plus vallonnées), mais unies sous la double appartenance à la Confédération helvétique et au canton
de Berne. Elles sont aussi, pour le skieur, réunies
par un nouveau forfait « Top 4 » qui permet de skier
dans tout le territoire et pendant toute la saison
pour 666 francs. Une aubaine pour les Bernois,
mais également pour les visiteurs, qui ont ainsi le
choix de rayonner avec une offre d’expériences de
ski ultra diversifiée. Du cocooning à Gstaad au
panorama à Mürren en passant par les larges boulevards sportifs d’Adelboden, la région propose tout
ce que l’hiver a de meilleur, en quantités illimitées
! C’est parti pour une visite.
Sommaire
p. 67
p. 71
p. 75
GSTAAD
ADELBODEN
MÜRREN
Où le luxe se conjugue à la discrétion, et où
la montagne offre toutes ses facettes.
La référence des boulevards damés
à la perfection, un air pur à respirer
dans un élan féroce.
Le ski sauvage face aux sommets mythiques,
allié à une nature préservée et un village
sans voitures.
Le village aux 4 stations
66
ski magazine
L’art de la piste
Les diamants sont éternels
© Mattias Nutt
GSTAAD
Le village aux 4 stations
Le nom seul de Gstaad résonne comme un symbole de confort
et de qualité. C’est un de ces noms propres connus de tous, qui
font partie d’une culture qui dépasse le cadre du ski, un de ces
lieux mythiques de la planète. Comme tous les mythes, on en
attend un peu plus qu’une station de ski classique, et la force
de Gstaad c’est de savoir ne jamais décevoir personne.
ski magazine 67
Le Gstaad Palace allie un confort
moderne et un charme intemporel,
un bon résumé de la région en
somme. © Roberto Bonardi
J’arrive à Gstaad par le train, directement
depuis Paris, comme un rêveur qui a traversé en chemin des paysages oniriques
de cartes postales montagnardes qui
empêchent le voyageur le plus fatigué de
dormir. Les montagnes blanchies s’élèvent
au-dessus de pâturages constellés de chalets d’alpages, des petits villages ponctuent
le trajet, des tunnels font passer des forêts
immenses d’un vert profond aux calmes
piémonts pleins de lacs…
La navette noire du Gstaad Palace m’attend
devant la petite gare qui termine la ligne de
chemin de fer, et me dépose en quelques
minutes devant le bâtiment iconique trônant
tel un château de conte de fées sur l’entassement sublime de chalets qui s’étalent
à ses pieds, dans toutes les directions, en
plusieurs densités. Il y a l’agglomération de
Gstaad bien sûr, mais aussi toutes les stations-village qui forment le cœur de la région,
du chef-lieu Saanen à Schönried, d’Eggli à
Wasserngrat. Plusieurs stations de ski s’égrènent ici, en faisant une région de ski plus
qu’un domaine vraiment relié.
Je pars dès le lendemain matin avec Daniel
68
ski magazine
Les montagnes blanchies
s'élèvent au-dessus de
pâturages constellés
de chalets d'alpages
pour les découvrir. Ses grands-parents ont
participé à la construction du Gstaad Palace
en 1913, et depuis les chambres on peut
voir son chalet, c’est dire s’il est enraciné
ici. « On va commencer par Schönried, si
vous aimez skier », me propose le local qui
pour l’instant me toise d’un air inquiet. Trois
stations plus loin, il sera rassuré : on a pu
faire le tour du propriétaire, et tous ceux à
qui je parlerai de notre journée seront ébahis.
Ce n’est pas vraiment la norme de courir
d’un domaine à l’autre pour essayer de faire
toutes les pistes et toutes les remontées,
même s’il y a un défi qui consiste à parcourir le domaine sans jamais prendre deux
fois la même remontée. On est ravis, juste
un peu plus épuisés.
SCHÖNRIED EN ENTRÉE
Gstaad
Sur la route, notre guide nous montre un chalet
qui trône seul dans son champ : « celui-là
date du XVe siècle. Il y en a pas mal de cette
époque par ici, les gens construisaient pour
durer, ils avaient de l’argent : c’étaient de bons
fermiers, ils faisaient du fromage très apprécié
et vendaient aussi de belles vaches… ». Les
fameuses « Simmental », pourvoyeuse d'une
des meilleures crèmes du monde, et qui
donnent tout son goût aux fromages d'alpages locaux.
À Schönried, on trouve effectivement le dénivelé et la verticalité. « C’est la station des
skieurs sportifs », m’avertit Daniel en partant sur les chapeaux de roue droit dans la
pente. On est montés via le Saanersloch
depuis la gare de Saanenmöser, directement
de la ligne de train jusqu’au Saanerslochgrat,
quasi 2 000 m d’altitude. Le matin, il est
d’usage de poncer les pentes du côté de St
Stephan, dans la vallée qui remonte vers
Lenk. Car le domaine fait ici la jonction jusqu’à
Zweisimmen et sa gare « centrale », véritable
petit hub ferroviaire que ce village qui contrôle
l’entrée dans deux vallées cousines.
Les pentes offrent un carving de qualité sur
plus de 1 000 m de dénivelé, de quoi se
faire un peu les cuisses avant de revenir par
étapes vers la gare de Schönried, de l’autre
côté du domaine. Il y a tout ici pour se faire
plaisir sur et hors des pistes dans un vaste
Le matin, il est d'usage
de préférer les pentes du
coté de St Stephan
paysage vallonné, protégé par des forêts
accueillantes en cas de mauvais temps.
EN ROUTE POUR EGGLI
Ravi par cette mise en jambe de qualité, on
se rend à Eggli, un autre domaine qui fait
la jonction entre des vallées cousines et qui
rejoint les parties germanophones de Gstaad
(une télécabine arrive en plein centre du village) et Saanen, et la partie francophone
représentée par la gare de Rougemont, par
laquelle je suis passé la veille en provenance
de Montreux.
Là encore, on a l’impression de toujours
voyager entre deux mondes, avec de longues
pistes panoramiques qui donnent sur Gstaad
d’un côté, dominé par la silhouette toujours
présente du Palace, et les jolis sommets de
ce mini massif de l’autre, le Rubli (2 284 m)
et l’impressionnant assemblage rocheux du
Gummfluh (2 456 m).
On enchaine sans tarder, car Daniel doit m’emmener déjeuner au sommet de Wasserngrat,
à un peu moins de 2 000 m d’altitude. La
Les pauses gourmandes font partie
de l’expérience, à consommer sans
modération. © Destination Gstaad
La vue est toujours bien dégagée et les pistes
bien préparées : bienvenue dans un petit paradis
du ski de piste. © Destination Gstaad
ski magazine 69
Gstaad
On a l'impression de toujours
voyager entre deux mondes
station est presque anecdotique, isolée, « ce
n’est pas forcément un endroit où on va
quand on est en vacances ici », explique
Daniel. Il n’y a qu’une remontée, desservant un modeste réseau de trois pistes. Mais
quelles pistes ! Deux rouges et une noire
bien sévère. C’est qu’il s’agit du domaine
presque exclusif du « Club des Aigles »,
un cercle de skieurs élitiste qui a son siège
dans un chalet tout en haut de la montagne,
juste au-dessus du restaurant dans lequel
on va déjeuner.
On profite de l’accueil francophone et d’une
bonne croûte au fromage pour faire le point
sur notre timing. On est parfaitement dans
le rythme, il nous reste le « Tiger Run », la
fameuse descente la plus pentue et spectaculaire de la région qui nous attend à la
sortie du restaurant, avant de nous attaquer
au dessert, la station de Zückerli.
LES DÉLICES DE ZÜCKERLI
C’est l’accès le plus facile quand on réside
à Gstaad, juste en dehors du village, et c’est
aussi là qu’habite Daniel, dans un chalet
sur les pistes, en dessous de la ferme familiale exploitée aujourd’hui par son frère.
On survole les deux maisons en prenant la
télécabine de Wispile qui monte quasiment
au sommet, à 1 900 m d’altitude. On a
retrouvé des jeunes du club local emmenés
par un collègue de Daniel. Ça discute dans
la cabine, du froid, de la motivation inébranlable (il faisait -18 °C la veille !). Il y a
là un de ses neveux, bouille ronde aux yeux
ravis. On redescend quasiment ensemble,
ça ne traine pas et ça carve fin.
Je repars de Gstaad comme j’y suis venu,
par un train, cette fois depuis la gare de
Zweisimmen, en dessous des 1 000 m d’altitude. Torrents gelés, rivière qui coule lentement dans le froid piquant, scieries,
montagnes blanches sous la lune à trois
quarts pleine, les fermes et les chalets se
succèdent en direction de Spiez et
Interlaken, pour d’autres aventures dans
l’Oberland bernois.
70
ski magazine
GSTAAD PRATIQUE
gstaad.ch
—› Nombre de pistes : 75
—› Km de pistes : 200
—› Particularités : 5 stations réparties
sur 7 villages ; discrétion assurée ;
le Gstaad Palace, bâtiment iconique
qui domine le village de Gstaad.
Skier
—› Plusieurs stations avec un forfait
unique pour 63 CHF la journée.
—› École de ski : Gstaad Snowsports,
+41 33 744 18 65
info@gstaadsnowsports.ch
Manger
—› Bergrestaurant Wasserngrat, spécialités
suisses avec superbe vue de la terrasse
à 1920 m d’altitude. wasserngrat.ch
—› Posthotel Rössli, l’un des plus populaires
du village, pour manger une bonne
fondue dans un cadre des plus typiques.
posthotelroessli.ch
Dormir
44 hôtels et pensions, dont six 5 étoiles
—› Gstaad Palace : le palace iconique qui
domine le village et qu’on peut voir
depuis les pistes. Confort et accueil
impeccables. Palace.ch
—› Hôtel Arc en ciel : peut-être le meilleur
rapport qualité/prix du village, plein de
charme et idéalement situé.
arc-en-ciel.ch
—› Huus Hôtel : situé à flanc de colline
au-dessus de Saanen, un hôtel d’un
grand confort au style alpin rustique
et authentique. huusgstaad.com
© Adelboden Tourisme, Roger Gruetter
ADELBODEN
L’art de la piste
Adelboden est un nom bien connu des skieurs puisque s'y déroule
chaque année une étape de la Coupe du Monde, un de ces
rendez-vous incontournables du grand cirque blanc. Au delà de
cet évènement qui change radicalement son visage pour quelques
jours, la station est surtout un paradis de la belle courbe, avec un
maillage extensif de très belles pistes préparées avec soin.
ski magazine 71
La montagne est ponctuée
de petits chalets d'alpage qui
reprennent vie au printemps.
© Adelboden Tourisme, David Birri
« Ici, on sait damer », me lance un Ueli fier
et jovial. On a parcouru déjà 25 km de
pistes en moins de 2 h, et il a compris que
son client du jour allait le laisser skier à
son rythme, frénétique. Il ne s’économise
pas Ueli, il veut offrir, il veut montrer, il n’a
pas beaucoup voyagé, mais il sait que son
coin de montagne a de quoi attirer les skieurs
du monde entier, et pas seulement pour sa
célèbre étape de coupe du monde.
Adelboden-Lenk n’est peut-être pas la
région de ski la plus raide ni la plus étendue,
mais c’est certainement une des mieux classées si on devait faire le rapport entre
damage et distance à parcourir. Il y a ici
les plus larges boulevards, intensément travaillés pour un plaisir parfait, une courbe
impeccable, la joie du carving. Et apparemment, les locaux, que l’on voit se
balancer en rythme depuis les remontées,
descendant les pentes en virages parfaits,
l’ont bien compris.
DES CHALETS ET DE LA PENTE
Ici, on dit « Salut », en français dans le texte,
pour saluer les connaissances (quand on
ne connaît pas on dit « Grüezi »), et « Merci »
aussi, ou encore « excusez ». Un vestige
des relations plus qu’amicales avec les
Valaisans voisins, qui parlent français juste
72
ski magazine
Les petits chalets d'alpage
remplacent les grosses
fermes de la vallée
de l’autre côté des crêtes. Un peu moins
de 4 000 personnes vivent à l’année dans
la petite ville d’Adelboden, organisée autour
d’un clocher, d’une mairie et d’une poste
qui abrite dans son vaste garage la gare
des bus. Loin d’être une station-dortoir
pleine de chalets qui se vident en été, c’est
une vraie communauté qui fait battre le cœur
de ces montagnes partagées entre alpages
(avec le domaine de fond d’EngstligenAlp)
et reliefs plus pentus (les deux versants qui
reviennent de part et d’autre du col de
Hahnenmoos, sur Lenk d’un côté, et sur
Adelboden de l’autre).
Pour l’heure, c’est bien vers le pentu qu’Ueli
a prévu d’orienter sa découverte. Après
avoir pris la benne depuis le centre de Oey,
la banlieue « ski » du village qu’on a rejoint
facilement depuis l’hôtel via une petite cabine
urbaine, nous voici à pied d’œuvre en haut
de Sillerenbühl, à 1 974 m d’altitude. « Avant,
les gens devaient prendre le bus », m’explique Ueli dans la cabine, qui date de 1991,
mais qui semble plus récente, impeccable.
Les paysans et leurs vaches à lait ont forgé
le territoire qu’on survole, les petits chalets d’alpage remplacent au fur et à mesure
de la montée les grosses fermes de la vallée.
On se chauffe sur une rouge classique en
direction de Bergläger, pour revenir en haut
des bennes et remonter vers Höchst, afin
de prendre la mesure du territoire. On reste
Adelboden
autour des 2 000 m d’altitude, sur les hauteurs, avec des descentes bien physiques
quand on suit Ueli, mais qu’on peut
enchainer plus calmement, chacune proposant environ 500 m de dénivelé.
CARVING À TOUS LES ÉTAGES
De Höchst, on est à pied d’œuvre pour une
entrée classique au menu local qui peut
aussi servir de plat de résistance voire de
dessert : on est, en effet, au-dessus de la
« Chuenisbärgli », la montagne de la coupe
du monde, qui accueille chaque année une
épreuve de slalom géant et une de slalom
sur le circuit FIS. Le parcours semble
presque débonnaire sans les piquets, mais
le mur final ne fait pas rire, même si l’arrivée parait bien sage, dépouillée des
immenses gradins hauts comme des
immeubles de quatre étages qui s’installent
ici pour l’occasion.
Plus que la pente, c’est la largeur et la perfection du damage qui épatent continuel-
La piste se déroule
devant le skieur comme
une traine de mariée
lement. On a l’impression qu’une dameuse
de 100 m de large est passée par là, laissant derrière elle un velours impeccable sur
lequel le carving est une aubaine, une délicatesse, une friandise. La piste file devant
moi comme une traine de mariée, elle invite
à la vitesse, mais aussi à la contemplation.
En bas, à nos pieds, s’étire la vallée.
Adelboden s’étale, et plus loin on devine
Frutigen, puis tout là-bas, derrière le coude
que forment les montagnes avant de
s’écarter et laisser la vallée rejoindre la
plaine, se trouvent Spiez et le lac de Thoune.
Ueli n’a pas perdu de temps, et on descend
maintenant jusqu’à Lenk, ou plutôt audessus du village, à la station intermédiaire
du Stand Xpress. Pour rejoindre la vallée, il
faut prendre les bennes, et ce serait dommage de couper notre rythme, même s’il y
a encore là-bas tout le domaine de Lenk
Betelberg à découvrir de l’autre côté de
cette vallée qui revient vers Sankt Stephan
La fondue est une institution
dans ce terroir aux fromages
savoureux, à déguster aussi sur
les pistes ! © Adelboden Tourisme,
Anja Zurbruegg
Les très larges boulevards
sont propices au carving, même
les snowboardeurs s'y mettent.
© Adelboden Tourisme, David Birri
En haut : les forêts sont
nombreuses et rythment
le paysage de cette haute
vallée. © Adelboden Tourisme,
Andreas Gerth
En bas : la piscine
intérieure du Parkhotel
Bellevue répond à celle salée - placée à l'extérieur.
© Parkhotel Bellevue
ski magazine 73
Adelboden
et Zweisimmen. Ueli préfère m’entrainer vers
les sommets, d’abord Metschstand,
2 100 m, qui domine Lenk, puis le point culminant de la station à Lavey (2 200 m), d’où
on peut faire une longue descente rouge
et noire jusqu’à Aebi, 700 mètres plus bas.
installations thermales de l’hôtel Bellevue,
l’un des meilleurs en ville. La piscine à eau
salée donne sur la vallée, et on aperçoit tout
à droite les premières pistes d’Adelboden,
et au loin le plateau d’Engstligenalp où se
retrouvent les amateurs de ski de fond dans
un écrin de montagnes. Les toits blancs
brillent dans la lumière du soir. Adelboden
s’emmitoufle dans le froid, il sera bientôt
temps de sortir manger dans un de ses
douillets chalets, en buvant l’eau de source
locale, légèrement pétillante, comme nos
jambes après une belle journée dans cette
station pleine de ressources.
DES VACHES ET
DES HAMBURGERS
Le midi, on s’arrête au Chumihutte, une
halte gastronomique historique où on rencontre le propriétaire, Hans-Ueli Hari. Jovial
autant que pressé, il nous raconte ses
vaches, une race venue d’Écosse, des
Highlands très rustiques, qui sont actuellement dehors, en plein hiver. « Elles sont
faciles à élever, pas besoin de les traire et
elles donnent de la très bonne viande. » Car
contrairement à la tradition, Hans-Ueli a
décidé de passer aux vaches à viande il y
a 10 ans, et ce sont elles que l’on est en
train de manger, dans nos délicieux hamburgers. Attablés à la bonne franquette dans
une des petites salles du chalet, plafonds
bas, nappes à carreaux rouges et blancs,
voisins hilares, on finit par le dessert traditionnel, une meringue à la double crème qui
achève de nous émouvoir. Il fait chaud, on
a le ventre plein, des rires d’enfants résonnent, on pourrait s’endormir. Mais dehors
il fait beau et la visite n’est pas finie !
En guise de digestif, on se chronomètre sur
le kilomètre lancé derrière le chalet. Ueli a
passé tranquille la barre des 100 km/h, sous
les acclamations des jeunes locaux qui
regardent l’écran en bas. Je reste en dessous, mais pas loin, et puis je ne voulais
pas froisser mon hôte…
DU SKI TRANQUILLE ET SAUVAGE
« J’ai toujours fait de la randonnée en peaux
de phoques, j’étais tranquille. Maintenant, il
commence à y avoir pas mal de monde, c’est
rare que je sois seul dans la montagne désormais. » Si Ueli a le carving et le ski alpin
dans le sang, il n’en reste pas moins avant
tout un gars de la montagne. Et c’est tout
naturellement qu’on en vient à parler horspiste et rando. « Ça te dit de sortir un peu
des pistes ? » Il ne faut pas me le dire deux
fois. On rejoint un de ces spots évidents, à
portée de piste, mais déjà sauvages et gracieux. La neige abondante est douce, et j’accélère le rythme en gardant toujours mon
guide dans le viseur. De grandes gerbes
blanches marquent son sillage et on redescend tout en bas, à Geils, à travers un canyon
naturel plein de reliefs joueurs.
Après un après-midi passé à explorer les
alentours des pistes, je rentre profiter des
74
ski magazine
© Adelboden Tourisme, Anja Zurbruegg
ADELBODEN PRATIQUE
adelboden.ch
—› Nombre de pistes : 108
—› Km de pistes : 210
—› Particularités : deux domaines reliés
avec accès par deux vallées/gares
différentes ; les spécialistes de la
belle piste ; énorme ambiance
pour la course de coupe du monde
FIS sur le Chuenisbärgli.
Skier
—› Accès journée à Adelboden-Lenk pour
CHF64, mais également à TschentenAlp
au-dessus du village, et au domaine de
ski de fond de Engstligenalp.
—› Ueli Dänzer, moniteur de ski à
Adelboden depuis 30 ans.
Skischule-adelboden.ch
Manger
—› Restaurant Chumihütte, sur les pistes
entre les numéros 42 et 44, accessible
depuis le télésiège de Luegli (C3).
Chumi.ch
—› Alte Taverne, très beau cadre de vieux
chalet, bar en bas, restaurant traditionnel,
il faut goûter la soupe, une institution
dans la vallée ! alte-taverne.ch
Dormir
—› Parc-Hôtel Bellevue : l’un des meilleurs
du village, avec spa, piscine couverte et
piscine extérieure d’eau salée à 34°,
très bon restaurant (14pts Gault et Millau).
parkhotel-bellevue.ch
—› Design Hôtel Cambrian : l’autre meilleur
de la ville, avec spa et « infinity pool ».
Thecambrianadelboden.com
© David Birri
MÜRREN
Les diamants sont éternels
Mürren vit perchée en haut de hautes falaises, on l'atteint
via un système de remontées mécaniques, et une fois là haut
on a l'impression de vivre au paradis, ou du moins loin au dessus
des hommes. En face du village et des pistes, l'imposant trio
Eiger-Mönch-Jungfrau sert de point de repère et attire à
chaque instant le regard, une majesté unique, qui a servi
de décor à un des plus beaux James Bond.
ski magazine 75
On peut longer la falaise sur 200 m
pour parcourir le parcours aménagé
«Thrill Walk», sensations garanties et vue
à couper le souffle. © Schilthornbahn
C’était peut-être la journée la plus intense,
la plus chargée émotionnellement, de ma
vie de skieur. Le matin, même le train suisse
avait du retard, tellement la neige et le froid
s’étaient donné rendez-vous pour blanchir
jusqu’aux rives du lac de Thoune, empêchant le train régional pour Interlaken d’officier normalement. Quelques contrôleurs
effarés s’interrogeaient dans le hall de la gare
de Spiez. Les voyageurs patientaient calmement, informés toutes les 5 à 10 minutes
de l’évolution de la circulation et des retards.
Finalement, je donnais rendez-vous à
Susanne Bleuer-Tschanz, ma guide locale,
à Interlaken où elle habite pour qu’on monte
directement depuis là-bas en voiture, mes
connexions tombant comme des dominos
devant le retard qui s’accumulait.
Mais plus que le train, c’est le ciel qui me
posait soucis. Alors que la vue sur le trio
Eiger-Mönch-Jungfrau m’avait été maintes
fois vantée, j’allais monter pour la première
fois à Mürren et elle me serait déniée ?
L’amertume venait teinter de sombre ma
joie habituelle à la vue d’une chute de neige.
EN ROUTE POUR LE PARADIS
Susanne m’attendait à la sortie de la gare,
à Interlaken Ost, sur les rives du lac de
Thoune à un peu moins de 600 mètres d’al76
ski magazine
La magie de Mürren
opéré d'abord dans les
télécabines qui y montent
titude. On est montés en un rien de temps
vers Zweilütschinen, laissant là, à gauche,
la vallée qui mène à sa région de cœur, vers
Grindelwald au pied de l’Eiger. Notre mission devait se dérouler dans une autre
ambiance, d’abord coincée entre les hautes
falaises de la vallée de Lauterbrunnen, leurs
cascades majestueuses, leurs spots de base
jump (il y a eu plus de 20 000 sauts dans la
vallée chaque année) et leurs villages richement décorés, ce qui vient compenser le
peu de soleil qui les atteint. « Le week-end,
cette route peut être très fréquentée, je préfère en général monter en train », m’explique
ma guide en passant devant une des petites
gares qui pointillent notre parcours.
On laisse finalement la voiture sur le parking
de la télécabine à Stechelberg, tout au bout
de la vallée, et on charge nos sacs pour
monter, nous élevant au-dessus des imposantes falaises et leurs cascades de glace,
pour rejoindre le royaume d’en haut, des
alpages, de la neige, des luges et des aigles.
C’est la première partie de la magie de
Mürren qui opère là, dans les bennes de la
télécabine, dans ce voyage vers les sommets qui vont nous abriter. Ici, la station est
haut-perchée, à 1 650 m d’altitude, accessible seulement par des cabines, depuis
Lauterbrunnen ou par Stechelberg, 740 m
plus bas dans la vallée. On monte avec ses
valises vers un pays sans voitures, desservi,
Mürren
c’est charmant, par un petit train qui rejoint
le bout de Mürren à Grütschalp, à l’arrivée
des bennes de Lauterbrunnen. Une ligne de
quelques kilomètres en aller-retour. Et les
histoires de transports ne s’arrêtent pas là.
En 1967, le téléphérique Schilthorn, la compagnie qui gère les remontées de Mürren,
n’a pas assez d’argent pour finir l’impressionnant bâtiment qui doit servir de gare d’arrivée en haut du Schilthorn. Parallèlement,
le producteur Hubert Fröhlich parcourt les
Alpes à la recherche du repaire parfait pour
le méchant du prochain James Bond, Au service secret de sa majesté. Les deux intérêts
se rejoignent, et c’est la production du film
qui va payer le restaurant tournant qui trône
au sommet des remontées, le fabuleux Piz
Gloria (le nom du Schilthorn dans le film),
dominant de ses 2 970 m tous les environs.
UNE VUE EXTRAORDINAIRE
Nous voici projetés dans la deuxième magie
de Mürren, une vue à couper le souffle sur
les trois géants voisins, de gauche à droite
Le producteur du futur
James Bond a trouvé
ici le repaire parfait
l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau. On les a
presque toujours en face de soi, mais c’est
bien d’ici, tout en haut, que leur présence
est la plus envoutante, dominant un paysage infini de sommets. Car les cieux se
sont ouverts de façon dramatique, quelques
minutes seulement après notre arrivée au
sommet. Dans le restaurant, on tourne doucement en savourant un plantureux petit
déjeuner. Ici, James est partout, des scènes
du film tournent en boucle, mettant en abyme
les décors qui nous entourent (un mur biblio-
thèque cassé par le méchant, les baies
vitrées prises d’assaut par James en hélicoptère, des jeunes femmes lascives dans
les canapés tout proches…). Un musée de
premier ordre, qui mérite à lui seul la visite
ici, occupe tout le deuxième étage. Les fans
hardcore y découvriront encore des anecdotes (ou se filmeront derrière James dans
une poursuite en bobsleigh) et même les
non convaincus seront intéressés par l’histoire du lieu qui résonne à travers le film.
À gauche : une petite partie
de curling? le centre sportif
de Murren possède aussi
une piscine, des salles de
sport, une garderie etc.
© Mürren Tourism
À droite : village, perché
et sans voitures, est un
enchantement à toute heure.
© Mürren Tourism
Hors pistes avec vue : à
Murren on a toujours l'oeil
attiré vers les majestueux
sommets... © Jungfrau Region
ski magazine 77
Mürren
INFERNO RACE SUR LES PISTES
Mais une fois le café et la visite avalés, on
fait un dernier petit détour par le magasin
plein de James-bonderies où Susanne me
montre la plaque commémorative des descentes de l’Inferno Race, qui a lieu ici tous
les ans depuis 1928, et qu’elle a remportée
cinq fois. Ainsi averti, je la suis à l’extérieur
et on chausse, sous le regard incrédule d’une
famille chinoise qui s’exclame et nous
applaudit quand on s’élance dans la pente.
Il faut dire que les premiers mètres sont très
raides, et je suis Susanne qui connaît le coin
par cœur dans sa trajectoire préférée.
On est à l’étage supérieur de la station, qui
a découpé son offre en trois grands segments : View, Thrill, Chill. La vue, les sensations, et la détente.
La vue, on vient de la quitter, mais on ne la
laisse vraiment jamais dans cette réserve de
l’UNESCO. De tous les points du domaine,
quasiment orienté vers les trois géants, on
aperçoit l’Eiger/Mönch/Jungfrau. Les sensations, on les trouve facilement, qu’on parte
du sommet, qu’on profite d’un des domaines
hors-pistes au meilleur ratio étendue/tranquillité du monde ou qu’on se rende sur le
Park, shapé pour amuser, on en a toujours
plein la besace. Et puis comme dit Susanne
« ici, à Mürren, on a aussi des pistes bleues,
mais surtout des rouges et des noires. »
près des sommets. Car ici, « on n’a pas de
palace, mais on a de la bonne neige, c’est
du caviar » comme le dit notre hôte de l’hôtel
Alpenruh, le volubile monsieur Ferdinand.
À la nuit tombée, on se promène dans le
village à la lumière des quelques lampadaires et de la lune, qui joue avec les 3 som-
mets, Eiger, Mönch, Jungfrau. Soudain des
cris : des enfants filent en luge, suivis un
peu plus loin par un père largement distancé. Le silence retombe, la lune se cache,
on se croirait seuls au monde. Et c’est bien
là que réside la magie de Mürren, loin audessus des autres.
MÜRREN PRATIQUE
VISITE AU SNOWPARK
On suit la meilleure ligne de pente vers le
snowpark où nous attend Cyrill Hunziker, un
champion qui a posé ses (doubles) spatules
à Mürren. Car si la station est mondialement
connue pour son domaine freeride incroyable,
c’est aussi l’un des berceaux du ski, choisi
par Arnold Lund dès 1921 pour y développer
sa théorie du ski autant que sa pratique. Pas
étonnant alors que les nouvelles glisses y
trouvent leur place, dans l’écrin incroyable
qu’offre ce park avec vue sur les trois géants,
de quoi faire des shootings qui attirent toutes
les stars de la discipline.
Après une journée incroyable sur les pistes,
quand on redescend au village, on ne peut
qu’être impressionné que cette petite bourgade perchée de 400 habitants et moins de
1 437 lits se soit hissée dans les grands noms
du ski. D’aspect si discret et si hors du temps,
on est bien là pourtant dans une des grandes
qui nous font voyager, et qui surtout proposent une expérience hors du commun.
Car si les sportifs peuvent prendre les 44
remontées de First à Mürren dans la journée
(un challenge local très apprécié), les hédonistes se promènent avec plaisir entre pistes
de luge et de raquettes, dans la forêt ou plus
78
ski magazine
schilthorn.ch
—› Nombre de pistes : 27
—› Km de pistes : 54
—› Particularités : le plus haut domaine
de l’Oberland bernois ; village sans
voitures ; berceau du ski.
Skier
—› Forfait journée CHF 64.
—› Susanne Bleuer-Tschanz,
guide et monitrice.
skischule-muerren.ch
Manger
—› Le « James Bond Brunch » au restaurant
du Piz Gloria, buffet à volonté avec une
table qui tourne à 360° en 45 minutes.
—› Fondue dans un igloo à Birg, accessible
à pied depuis les remontées, à 2677 m
d’altitude. iglu-dorf.com
Dormir
—› Hôtel Alpenruh : tenu par « monsieur
Ferdinand », l’hôte parfait, drôle et
prévenant. Situé à moins de 100 m
de l’arrivée du Schilthornbahn.
alpenruh-muerren.ch
—› Hôtel Eiger : plus chic (4 étoiles),
de style chalet, dans la famille
depuis 4 générations, juste en
face de la gare !
Après Ski
—› Safari-Luge avec carte journalière,
pour faire des descentes incroyables
en profitant des téléphériques
de la station.
—› Centre sportif avec patinoire, spa et
piscine de 25 m : curling, aquagym, etc.
INFOS PRATIQUES
L’Oberland bernois est la région la plus montagneuse
du canton de Berne, située au sud de la capitale suisse
et délimitée par les lacs de Thoune et de Brienz au nord.
Y aller
Points forts
Agenda 2019
—› Par le train : TGV Lyria propose jusqu’à
20 AR quotidiens entre la France et la
Suisse. Pour se rendre dans l’Oberland
bernois, prenez le TGV Lyria jusqu’à Bâle
ou Genève, puis un intercité jusqu’à
Berne. Une fois à Berne plusieurs
correspondances vous amèneront
à destination. tgv-lyria.com et cff.ch
—› Jungfraujoch : Top of Europe la plus haute station ferroviaire
d’Europe, à 3454 m d’altitude.
—› Escapades culinaires en altitude :
la région de Berne totalise 1455 points
au Gault et Millau.
—› Big Pintenfritz : la plus longue piste
de luge d’Europe, 15 km de descente
et plus de 1647 m de dénivelé.
—› Peak Walk : pont suspendu
spectaculaire sur le Glacier 3000
reliant deux sommets.
—› Adelboden-Lenk : le troisième plus
grand domaine skiable de Suisse.
—› 12-13 janvier : Course FIS à Adelboden,
slalom et slalom géant sur la face du
Chuenisbärgli. weltcup-adelboden.ch
—› 18-20 janvier : Course du Lauberhorn
à Wengen, une descente hommes inscrite
au calendrier de la coupe du monde
depuis presque 100 ans (ce sera la
89e édition en 2019), un grand classique
du ski alpin avec une déclivité pouvant
atteindre 41 %. lauberhorn.ch
—› 23-26 janvier : Inferno Race à Mürren,
la plus grande course de ski amateur
au monde (plus de 1700 participants
pour l’édition 2018), les plus rapides
parcourent les 14,9 km séparant le
Schilthorn de Lauterbrunnen en
seulement 15 minutes.
inferno-muerren.ch
—› 16-17 mars : Iglu Festival à Adelboden,
des igloos partout, la fête de la maison
de glace, l’occasion d’apprendre à
fabriquer son igloo, et de dormir dedans !
Adelboden.ch
Ski
—› Le forfait « Top4 » est valable dans
toutes les stations de l’Oberland bernois
pour CHF 666 - (soit environ 500 €) pour
666 km de ski, avec en plus des rabais
sur les réservations d’hôtels. À regarder
attentivement pour tout séjour d’une
semaine, ça peut vite valoir le coup.
top4.ski
—› Pour plus d’information : madeinbern.com et suisse.com/hiver
Suivez votre média ski favori
sur nos réseaux
© Frode Sandbech/Red Bull Content Pool
DOSSIER WEAR
WEAR :
L’AVANTAGE DU CHOIX
À l’heure où l’offre se fait toujours plus conséquente avec une très forte
segmentation et toujours plus de nouvelles technologies, pas évident d’y voir très
clair. Et rien de plus frustrant que de constater que l’on a fait le choix d’un
équipement peu ou mal adapté. Une seule solution donc, définir avec honnêteté sa
pratique, et identifier ainsi ses besoins réels.
Dossier préparé par Guillaume Nahry
Trois grandes tendances se dégagent : le ski
en station et ses pistes damées, le freeride
et ses champs de poudreuse, et le freeride
rando, alternant montées épuisantes et descentes oniriques. On passe ici en revue les
éléments principaux qui les caractérisent du
côté textile, ainsi que les différentes
« couches » qui s’y rapportent.
STATION / PISTE
La principale contrainte réside ici dans l’alternance entre phase active — la descente
des pistes —, et phase passive — le temps
passé dans les remontées mécaniques et à
attendre ses camarades de ski. Le but du
jeu est de maintenir la température constante.
Il vous faudra donc une membrane respirante évacuant la transpiration, une bonne
isolation thermique, ainsi que des zips de
ventilations.
Le ski sur piste nécessite également une
grande liberté de mouvement. On favorisera
donc des matières stretch, ainsi que des
coupes plutôt proches avec genoux et
coudes préformés (autre intérêt des vêtements pas trop larges, une prise au vent
moindre).
PREMIÈRE COUCHE
Pas besoin de laine mérinos, le synthétique,
bien moins onéreux, faisant largement l’affaire : ça peut sentir mauvais au bout de
quelques heures de pratique intense, mais
le temps de séchage étant vraiment court,
on lave le soir et on repart au propre et au
82
ski magazine
sec le lendemain matin.
1
WEDZE SSVT 900 (1)
Mélangeant du polyester et du polyamide,
cette première couche manches longues offre
au skieur un maximum d’aisance grâce à
l’extensibilité de ses composants tricotés
(9 % d’élasthanne) et à sa coupe ergonomique. Il offre de plus un grand confort grâce
à la technologie de fabrication « Seamless »
réduisant au maximum le nombre de coutures contre les irritations dues aux frottements. Séchage rapide grâce aux mailles
structurées. 20 €
SECONDE COUCHE
On se fait plaisir avec du duvet. La doudoune
se portera seule s’il fait beau, ou sous une
hardshell en cas de gros grain (la plume
n’aime pas l’humidité).
NORRONA LOFOTEN SUPER LIGHWEIGHT (2)
Bénéficiant d’un excellent rapport chaleurpoids (100 g de duvet pour un poids total de
228 g en taille L) grâce à son tissu Pertex
Quantum souple, résistant et durable, la doudoune Lofoten Super Lighweight down est
ce qui se fait de plus léger au catalogue de
la marque norvégienne. Le duvet down850™
présente un gonflant de haut vol, et est issu
de l’industrie alimentaire et non d’animaux
tués uniquement pour leur plumage.
Extrêmement compressible, elle ne génèrera
qu’un très faible encombrement une fois
rangée en fond du sac lorsque le soleil se
met à taper. Deux poches repose-mains, col
couvrant. 228 g, 369 €
2
© Hiroya Nakata / MILLET
3
FREERIDE
Le freeride se pratiquant souvent en neige
profonde, la tenue devra être la plus hermétique possible à la taille et au collier des
chaussures : une jupe pare-neige ou une
salopette sont donc conseillées, au même
titre que des guêtres. Un minimum de poches
est également à prévoir, la place disponible
dans les sacs à dos ABS étant souvent extrêmement limitée. Et pour garder son DVA au
plus proche, des poches dédiées équipent
de plus en plus de pantalons. Enfin, des
réflecteurs Recco® sont également un plus.
PREMIÈRE COUCHE
Un grammage moyen est ici idéal, avec
comme option intéressante une capuche qui
isolera encore plus des éléments extérieurs.
4
PATAGONIA CAPILENE AIR HOODY (3)
Fabriquée dans une matière aérée composée
à 51 % de laine mérinos et à 49 % de polyester Capilene® recyclé, la Capilene Air procure douceur et légèreté. Les fibres
18,5 microns qui la composent sont conçues
à l’aide d’une technique de soufflerie rendant le fil beaucoup plus aéré et plus léger
que la laine traditionnelle, tandis que le tissage gaufré retient la chaleur tout en laissant l’air circuler. Construction 3D sans
coutures éliminant toutes les zones de frottement, bandes stretch aux poignets et en
tour de taille permettant au vêtement de rester
en place au cours de l’effort, col montant et
capuche ergonomique sans coutures.
196 g, 150 €
SECONDE COUCHE
Les doudounes sont les bienvenues, la
plume étant néanmoins à bannir
puisqu’elle perd toute efficacité au contact
de l’humidité, des solutions existant néanmoins comme le duvet traité Nikwax
adopté par de plus en plus de marques.
Le meilleur choix, c’est plutôt ici le synthétique avec des matériaux toujours plus
proches du duvet comme le Thermoplume
de Primaloft. Autre alternative possible,
les isolants synthétiques respirants spécialement conçus pour l’utilisation en
phase active.
BLACK CROWS VENTUS HYBRID ALPHA
JKT (4)
Associant un tissu extensible et ultraléger
Pertex® avec finition déperlante à une
isolation ultra respirante Polartec® Alpha,
la Ventus Hybrid Alpha se portera seule
ou sous une troisième couche selon les
conditions. Elle est dotée d’inserts latéraux en Polartec® Power Stretch® pour
une encore plus grande respirabilité et
une liberté de mouvement accrue. Côté
accessoires, deux poches repose-mains
zippées, une capuche fixe, un cordon de
serrage à la taille, ainsi que des détails
esthétiques façon Black Crows avec la
carte du Mont-Blanc imprimée sur la doublure ou encore l’étoffe matelassée en
chevrons sur les épaules, le torse et la
capuche.
250 €
ski magazine 83
DOSSIER WEAR
5
© Mattias Fredriksson / ARC’TERYX
FREERIDE / RANDO
Pour une véritable communion avec la
nature : de longues excursions où s’alternent montées et descentes avec comme but
du jeu un dénivelé (et donc un effort) hédoniste. L’effort étant maximal en montée, la
tenue se doit impérativement d’évacuer au
maximum votre chaleur corporelle, et ce par
deux biais : la respirabilité de la membrane,
mais surtout de belles et longues aérations
zippées, principalement sous les bras ou
parfois sur le torse. La première couche est
cruciale, car même la plus respirante des
membranes ne servira à rien associée à un
t-shirt en coton qui se gorgera instantanément de transpiration sans l’évacuer : coup
de froid garanti.
morégulante, douce et anti-odeurs, et ceux
du polyester au séchage rapide et à la résistance accrue à l’usure. Résultat, une évacuation maximale et un grand confort sur la
peau (coutures « flatlock » anti-frottement).
Demi-zip frontal, coupe ergonomique et maille
extensible pour une liberté de mouvement
maximale.
190 g, 90 €
SECONDE COUCHE
Pour la seconde couche, on laisse la doudoune de côté (apport thermique trop important) et on privilégie les softshells hybrides
respirantes, coupe-vent et déperlantes qui
se révèlent quasiment bonnes à tout faire.
6
PREMIÈRE COUCHE
Grammage léger pour la première couche
avec de la laine mérinos (100 % ou mélangée)
qui n’a pas d’égale en termes de transfert
d’humidité, et dont les propriétés antibactériennes naturelles empêchent toute mauvaise odeur. Un grand zip frontal peut
également être une bonne idée pour une ventilation efficace à la montée.
MILLET C WOOL BLEND 150 ZIP LS (5)
Conçue à partir de la matière Carline™ Wool
Blend™ 150, cette première couche tire à
la fois les avantages de la laine mérinos ther-
84
ski magazine
DYNAFIT ELEVATION POLARTEC® ALPHA®
VEST (6)
Idéale pour les courses en altitude, la veste
Elevation Polartec® Alpha® déperlante et
coupe-vent combine à merveille isolation
thermique au niveau du corps et respirabilité sur les bras et aux aisselles. Extrêmement
élastique, elle assure une liberté de mouvement maximum, et offre également diverses
solutions pratiques comme des passants
pour les pouces, de grandes poches à fermeture éclair sur les flancs ou une poche
intérieure zippée pour smartphone.
259 g, 200 €
o u t e r w e a r / / S TAT I O N H O M M E
ROSSIGNOL
Compatibilité bretelles
Doublure polaire
au fessier
VESTE
Technologie
Sensor
Support de
soutien
musculaire
DEPART JKT
550 €
Chamoisine
essuie-masque
MATIÈRE / MENBRANE
POLYESTER
ISOLATION
3M™ THINSULATE™ FEATHERLESS
CAPUCHE
AMOVIBLE, AJUSTABLE
AÉRATIONS
ZIPS AUX AISSELLES
5 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
FIXE, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
20 000 MM
RESPIRABILITÉ
20 000 G/M²/24 H
Serrage
Velcro aux
poignets,
manchons
lycra avec
passe-pouces
PANTALON
SKI PNT
165 €
MATIÈRE / MENBRANE
POLYESTER
ISOLATION
3M™ THINSULATE™
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
NON
2 POCHES
GUÊTRES
FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
20 000 MM
RESPIRABILITÉ
20 000 G/M²/24 H
Renforts anti carres
NOTRE AVIS :
Tout droit sorti de la collection World Cup, cet ensemble Rossignol typé « Race » fait le plein de technologies pour un maximum de performances dans les conditions les plus rudes. On retrouve ainsi
sur la veste la technologie Sensor Support, un système de support musculaire autour de la ceinture
abdominale garantissant « maintien et gainage optimal ». La coupe quant à elle est bien ajustée (limite proche du corps), offrant ainsi une prise au vent minimale. On pourrait ainsi craindre une certaine gêne en mouvement, mais la belle élasticité des matériaux offrira au skieur toute la liberté de
mouvement nécessaire pour se sentir à l’aise sur ses lattes. Côté isolation, l’accent est mis sur la
chaleur grâce à l’isolation 3M™ Thinsulate™ dont la toute nouvelle déclinaison « Featherless »
(veste) délivre un gonflant, et donc un confort, bluffant : extrêmement proche de celui du duvet et
qui ne craindra en aucun cas l’humidité, grâce d’une part aux propriétés hydrophobiques des fibres
synthétiques, mais aussi grâce à l’action de la membrane 20 K, des coutures thermosoudées et des
zips étanches, tout en restant efficace même au contact de l’humidité. Attention cependant au poids
assez élevé de l’ensemble (la Depart Jkt dépasse la barre des 1300g), la « faute » à un tissu bien
épais, mais qui aura néanmoins le mérite d’inspirer une confiance absolue en termes de robustesse.
Un ensemble que l’on conseillera donc aux skieurs confirmés, le prix pouvant d’ailleurs freiner ceux
qui ont une pratique plus dilettante.
DEGRÉ 7
DAINESE
VESTE GLIERES
449 €
IMP. : 15 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : BREATHSET®
ISOLATION : PRIMALOFT® BLACK ECO
CAPUCHE : AMOVIBLE, AJUSTABLE 3D,
VISIÈRE SEMI-RIGIDE
AÉRATIONS : NON
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE
PANTALON SABRE
199 €
IMP. : 15 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : BREATHSET®
ISOLATION : OUATE
BRETELLES : AMOVIBLES
2 POCHES
AÉRATIONS : AMOVIBLES
GUÊTRES : FIXES, BANDE ANTIGLISSE
86
ski magazine
VESTE HP2 M1
649 €
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 20 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : DERMIZAX® EV
ISOLATION : PRIMALOFT® SILVER
CAPUCHE : AMOVIBLE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : ZIPS LATÉRAUX
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE
PANTALON HP2 P M1
299 €
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 20 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : DERMIZAX® EV
ISOLATION : D-THERMO INSULATION 60G/M2
BRETELLES : AMOVIBLES
2 POCHES
AÉRATIONS : NON
GUÊTRES : FIXES, BANDES ANTIGLISSE
o u t e r w e a r / / S TAT I O N H O M M E
Bande polaire
sur la nuque
Ceinture amovible
Zip sommital de réglage
du volume de la capuche
COLMAR
Taille élastiquée
VESTE
HOKKAIDO JKT
485 €
MATIÈRE / MENBRANE
WATERSHIELD 20 000
ISOLATION
DUVET DE CANARD 80/20
CAPUCHE
AMOVIBLE, AJUSTABLE
AÉRATIONS
ZIPS AUX AISSELLES
5 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
FIXE, CONNEXION PANTALON
IMPERMÉABILITÉ
20 000 MM
RESPIRABILITÉ
20 000 G/M²/24 H
PANTALON
NOTRE AVIS :
Ourlet à ajustement
par Velcro et bande
antidérapante.
SAPPORO PNT
225 €
Soufflets zippés aux
poignets, manchons lycra
avec passe-pouces
On vous a souvent répété à quel point sortir avec une doudoune garnissage duvet/plumes dans la
neige et l’humidité était une fort mauvaise idée. Mais aucune crainte à avoir avec cette Hokkaido Jkt
puisqu’elle reçoit la membrane WaterShield 20000 affichant, comme son nom l’indique, un très
beau 20 000 mm d’imperméabilité, ce qui laisse largement le temps de voir venir. On aurait également pu vous dire qu’une doudoune c’est très fragile et que l’idée de skier avec (et tout ce que cela
implique) n’était, elle non-plus, pas des plus éclairées. Pas de panique encore une fois, puisque la
marque italienne a fait le choix d’un tissu polyamide bien plus costaud que celui utilisé pour les petites doudounes fleurissant au cœur de nos villes aux premiers frimas. Côté accessoires, la belle est
bien équipée, avec du classique comme les manchons ou la jupe pare-neige, et de l’exclusif avec un
zip sur le dessus de la capuche permettant d’en agrandir le volume en cas de port d’un casque. Pour
le pantalon, on reste au Japon, mais sur un produit somme toute plus classique mais parfaitement
bien exécuté, et dont la doublure intégrale satinée ultra-douce et le garnissage synthétique non négligeable confèrent à cet ensemble un niveau de douceur et de chaleur à damner un saint.
COLUMBIA
MATIÈRE / MENBRANE
WATERSHIELD 15000
ISOLATION
THERMORE® THERMOSOFT®
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
NON
2 POCHES
GUÊTRES
FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
15 000 MM
RESPIRABILITÉ
15 000 G/M²/24 H
HEAD
VESTE SNOW RIVAL JKT 329.99 €
VESTE SUMMIT JKT
400 €
IMP. : NC / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : OMNI-TECH™
ISOLATION : OMNI-HEAT™ 80 G
CAPUCHE : AMOVIBLE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : NON
7 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE, AJUSTABLE
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 20 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : POLYESTER STRETCH 4 SENS
ISOLATION : PRIMALOFT 60 G/40 G
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : NON
5 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : OUI
PANTALON SNOW RIVAL PNT 199.99 €
PANTALON SUMMIT PNT
IMP. : NC / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : OMNI-TECH™
ISOLATION : OMNI-HEAT™ 60 G
BRETELLES : NON
3 POCHES
AÉRATIONS : NON
GUÊTRES : FIXES
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 20 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : POLYESTER STRETCH 4 SENS
ISOLATION : PRIMALOFT 40 G
BRETELLES : NON
2 POCHES
AÉRATIONS : NON
GUÊTRES : FIXES
275 €
ski magazine 87
o u t e r w e a r / / S TAT I O N H O M M E
SPYDER
Inserts polaire dans la
nuque et au menton
VESTE
Bavette filet respirante
dans le dos
M'S TORDRILLO GTX JKT
650 €
MATIÈRE / MENBRANE
GORE-TEX™
ISOLATION
3M™ THINSULATE™ (80 G)
CAPUCHE
AMOVIBLE, AJUSTABLE 3D
AÉRATIONS
ZIPS AUX AISSELLES
8 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
FIXE, CONNEXION PANTALON
IMPERMÉABILITÉ
NC
RESPIRABILITÉ
NC
PANTALON
Coudes
renforcés
Inserts flex aux
genoux et fessier
Serrage Velcro
aux poignets,
manchons avec
passe-pouces
M'S TORDRILLO GTX PNT
350 €
MATIÈRE / MENBRANE
GORE-TEX™
ISOLATION
3M™ THINSULATE™ (40 G)
BRETELLES
AMOVIBLES
AÉRATIONS
ZIPS INTÉRIEURS CUISSES
4 POCHES
GUÊTRES
FIXES, FERMETURE VELCRO, BANDE ANTIGLISSE
IMPERMÉABILITÉ
NC
RESPIRABILITÉ
NC
Renforts anti
carres, ourlets
renforcés
NOTRE AVIS :
Développé en hommage (de son vivant) à l’Américain Tommy Moe, médaillé d’or de descente et d’argent au Super G des JO de 1994 à Lillehammer, et porté en 2018 aux Jeux olympiques de Pyeongchang par l’équipe des États-Unis, cet ensemble Tordrillo se révèle être l’outil parfait pour les journées
les plus froides et humides. Il est doté d’une belle isolation synthétique 3M™ Thinsulate™, ainsi que
d’une membrane imperméable Gore-Tex®. L’ensemble respire bon la robustesse (tissus, renforts
coudes et chevilles), tout en faisant preuve de générosité avec de nombreuses et grandes poches,
ainsi qu’une coupe parfaitement couvrante pour une isolation parfaite contre la neige ou le vent. Spyder met également largement l’accent sur la liberté de mouvement, en plaçant des inserts stretch
aux zones stratégiques que sont les épaules, les genoux ou encore les fessiers. Enfin, les niveaux
de finitions sont impeccables, tant sur le travail des coutures qu’au niveau de l’esthétique avec des
boutons pression au joli look vintage.
EIDER
88
ski magazine
OAKLEY
VESTE COLE VALLEY JKT 2.0 M 359.95 €
VESTE SKI INSULATED JKT 10K/2L 250 €
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : DEFENDER® WEAVE
ISOLATION : E-LOFT 100 G/80 G
CAPUCHE : AMOVIBLE PAR « PLUG IN SYSTEM »,
AJUSTABLE 1 POINT
AÉRATIONS : ZIPS SOUS LES BRAS
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : MOVIBLE, BANDE ANTIGLISSE
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : FN DRY 10K
ISOLATION : 3M THINSULATE
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : NON
PANTALON COLE VALLEY PNT 2.0 M 179.95 €
PANTALON SKI INSULATED PNT 10K/2L 190 €
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : DEFENDER®H+ WEAVE
ISOLATION : E-LOFT 40 G
BRETELLES : NON
2 POCHES
AÉRATIONS : NON
GUÊTRES : FIXES, BANDE ANTIGLISSE
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : 3M THINSULATE
ISOLATION : D-THERMO INSULATION 60G/M2
BRETELLES : NON
3 POCHES
AÉRATIONS : ZIPPÉES
GUÊTRES : FIXES, CROCHETS BOOTS
o u t e r w e a r / / S TAT I O N F E M M E
PEAK PERFORMANCE
Pattes de serrage
Velcro à la taille
VESTE
issu essuie-masque
dans la poche de
poitrine
Genoux
renforcés
W LANZO JKT
450 €
MATIÈRE / MENBRANE
HIPE® CORE +
ISOLATION
PINNECO® MANTLE™
CAPUCHE
AMOVIBLE, AJUSTABLE EN PROFONDEUR
AÉRATIONS
NON
7 POCHES
reflecteur
Recco®
JUPE PARE-NEIGE
FIXE, CONNEXION PANTALON
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
10 000 G/M²/24 H
PANTALON
Renforts
anti carres
W LANZO PNT
350 €
Serrage Velcro
aux poignets,
manchons avec
passe-pouces
NOTRE AVIS :
Une tenue 100 % piste que cet ensemble Lanzo avec une coupe « performance » féminine plutôt
proche du corps et cintrée, et dont la sobriété apparente dissimule un véritable concentré technologique, le tout exécuté avec un souci certain pour l’environnement, en témoigne l’isolation Pinneco
Mantle™ « dont la structure de fibre de polyester 100 % recyclé combine légèreté, compressibilité et efficacité thermique ». Toujours sur l’esthétique, un soin tout particulier a été apporté à l’intégration des accessoires avec certaines poches invisibles et d’autres éléments (zips, poches,
renforts genoux et anti carres) totalement assumés et contribuant à la symétrie de l’ensemble. Côté
confort, outre l’efficacité thermique du garnissage susmentionnée, on apprécie l’apport de chaleur
procuré par les deux bandes doublées polaire courant sur l’extérieur des jambes, ainsi que l’extensibilité des inserts genoux pour une liberté de mouvement maximale. Et rien à redire au niveau des
finitions, toujours impeccables de la part du fabricant suédois, laissant présager une belle longévité
du produit, à condition de se montrer très soigneuse, le look total blanc étant des plus salissants :
le prix de l’élégance…
PROTEST
MATIÈRE / MENBRANE
HIPE® CORE +
ISOLATION
PINNECO® MANTLE™
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
NON
3 POCHES
GUÊTRES
FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
10 000 G/M²/24 H
DAKINE
VESTE MARANI EXTRA LONG JKT 179.99 €
VESTE BRENTWOOD JKT
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : GEOTECH 10000
ISOLATION : SYNTHÉTIQUE
CAPUCHE : AMOVIBLE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : NON
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : AMOVIBLE, CONNEXION PANTALON
IMP. : 15 000 MM / RESP. : 15 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : 2L BRUSHED TWILL
ISOLATION : PRIMALOFT® SILVER ECO (CORPS 60G/MANCHES 40G)
CAPUCHE : AMOVIBLE, AJUSTABLE, FAUSSE FOURRURE
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
4 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE
275 €
PANTALON SAMARA PNT 139.99 €
PANTALON INVERNESS PNT 180 €
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : GEOTECH 10000
ISOLATION : SYNTHÉTIQUE
BRETELLES : NON
4 POCHES
AÉRATIONS : NON
GUÊTRES : FIXES
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 5 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : 2L SOFTSHELL
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
3 POCHES
AÉRATIONS : NON
GUÊTRES : OUI
ski magazine 89
outerwear // FREERIDE HOMME
RIP CURL
Soufflet d’aisance
zippé au menton
VESTE
Bavette lycra
avec bande
antidérapante
Microperforations
au menton contre
la condensation
PRO GUM JKT
380 €
MATIÈRE / MENBRANE
COCONA 37.5
ISOLATION
NON
CAPUCHE
FIXE, AJUSTABLE EN PROFONDEUR
AÉRATIONS
ZIPS AUX AISSELLES
7 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
NON
IMPERMÉABILITÉ
30 000 MM
RESPIRABILITÉ
40 000 G/M²/24 H
Bas de jambes
zippés, ourlets
renforcés
PANTALON
PRO GUM PNT
280 €
MATIÈRE / MENBRANE
COCONA 37.5
ISOLATION
NON
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
ZIP À L’ENTREJAMBES
4 POCHES
GUÊTRES
FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE, FENÊTRE DISQUE BOA
IMPERMÉABILITÉ
30 000 MM
RESPIRABILITÉ
40 000 G/M²/24 H
Manchons lycra
avec passe-pouces
NOTRE AVIS :
Annoncé par Rip Curl comme le plus technique de sa gamme Gum Series, cet ensemble Pro Gum
s’adresse en premier lieu aux fanatiques de freeride, tant ses performances techniques sont élevées,
notamment en termes de respirabilité et de ventilation, évitant ainsi tout risque de surchauffe. Si l’on
ne retrouve pas la traditionnelle salopette caractéristique des tenues freeride, l’ensemble reste extrêmement efficace contre les entrées intempestives de poudreuse avec la double action de la
connexion veste-pantalon et de la large ceinture lycra surélevée venant généreusement couvrir les
hanches. Autre point remarquable, le gros travail effectué au niveau du col, extrêmement couvrant,
avec des microperforations pour éviter toute condensation due à l’air chaud expiré. Autre détail ayant
son importance, la possibilité grâce à un soufflet zippé d’élargir le tour de cou de cinq centimètres
pour ne pas se sentir totalement engoncé. Un beau travail également sur le pantalon avec des passants pour ceinture XXXL et des bas de jambes bien renforcés que l’on pourra maintenir relevés afin
de ne pas les massacrer en marchant dessus. Côté utilisation, cet ensemble se suffira à lui-même,
de par l’absence d’isolation, pour les sessions printanières, mais nécessitera une seconde couche
en plein cœur de l’hiver, la coupe tendance large ayant justement été prévue à cet effet.
BLACK CROWS
90
ski magazine
Pression de maintien
de l’ourlet en position
relevé
PATAGONIA
VESTE VENTUS GTX 3L JKT 574.95 €
VESTE POWDER BOWL JKT 450 €
IMP. : NC / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® 3L
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE 3D, VISIÈRE
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
7 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : NON/BANDE ANTIDÉRAPANTE
LE LONG DE LA TAILLE
IMP. : NC / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® 2L
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : ZIPS DOUBLE-SENS AUX AISSELLES
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE, CONNEXION PANTALON
PANTALON VENTUS GTX 3L PNT 474.95 €
PANTALON POWDER BOWL PNT 300 €
IMP. : NC / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® 3L
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
4 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS DOUBLE-CURSEUR EXTÉRIEURS
GUÊTRES : FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMP. : NC / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® 2L
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
4 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS EXTÉRIEURS CUISSES
GUÊTRES : FIXES, CROCHETS BOOTS
outerwear // FREERIDE FEMME
Tour de taille
doublé polaire
Serrage Velcro
à la taille,
insert élastique
dans le dos
PICTURE
Empiècements polaire
au menton
Coutures cousues
collées aux zones critiques
VESTE
LUNA FLOWER JKT
300 €
MATIÈRE / MENBRANE
DRY PLAY 10K/10K
ISOLATION
DUPONT™ SORONA®
CAPUCHE
FIXE, AJUSTABLE 3D, VISIÈRE
AÉRATIONS
ZIPS AUX AISSELLES
5 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
FIXE, CONNEXION PANTALON
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
20 000 G/M²/24 H
Poignets serrage
Velcro, manchons
lycra avec
passe-pouces
PANTALON
LUNA PNT
200 €
Soufflets à pression
en bas de jambes
NOTRE AVIS :
Picture abandonne le temps d’une tenue les aplats de couleurs au profit d’un imprimé all over floral
assumé (une déclinaison également disponible pour le pantalon) et nous livre un ensemble au généreux garnissage synthétique pour un très bel apport de chaleur. Côté technologies, la marque française continue à faire confiance à la membrane DRYPLAY 10K/10K garantie sans PFC, tout en
s’appuyant sur le Thermal Dry System, une matière tricotée utilisée comme doublure en raison de
ses propriétés de séchage rapide, et placée uniquement aux endroits où le corps transpire le plus
(le fameux « body mapping »), et ce afin de rester sec, et donc au chaud, de la première à la dernière descente. Et en ce qui concerne l’écologie, une membrane recyclable et traitée Teflon EcoElite™
sans PFC, des matériaux recyclés ou encore d’origine non animale comme le garnissage Dupont™
Sorona® de la veste dont la structure tente de s’approcher le plus possible de celle du duvet pour
des résultats assez proches. Un ensemble qui offrira donc aux freerideuses acharnées une protection infaillible pour aller batifoler les jours de grand froid dans la poudreuse toute fraiche.
BLACK DIAMOND
MATIÈRE / MENBRANE
DRY PLAY 10K/10K
ISOLATION
COREMAX
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
ZIPS AVANT CUISSES
2 POCHES
GUÊTRES
FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
10 000 G/M²/24 H
NORRONA
VESTE MISSION DOWN PARKA W 500 €
VESTE LOFOTEN GORE-TEX PRO JACKET W 699 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE® THERMIUM®
ISOLATION : PRIMALOFT® GOLD INSULATION DOWN BLEND
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE CASQUE
AÉRATIONS : NON
7 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : AMOVIBLE
IMP. : 30 000 MM / RESP. : 30 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® PRO 3L
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
7 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : AMOVIBLE
PANTALON MISSION PANTS W 450 €
PANTALON LOFOTEN GORE-TEX PRO PANT W 649 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® PRO 3L
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
3 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS LATÉRAUX
GUÊTRES : OUI
IMP. : 30 000 MM / RESP. : 30 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® PRO 3L
ISOLATION : NON
BRETELLES : MONTÉES SUR BAVETTE AMOVIBLE
4 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS INTÉGRAUX LATÉRAUX
GUÊTRES : FIXES
ski magazine 91
outerwear // FREERIDE FEMME
SALOMON
Mini-jupe
stretch
Bandes de serrage
Velcro à la taille
VESTE
Chamoisine
essuie-masque
QST SNOW JKT W
300 €
MATIÈRE / MENBRANE
ADVANCEDSKIN DRY
ISOLATION
OUATE
CAPUCHE
FIXE, AJUSTABLE 3D
AÉRATIONS
ZIPS AUX AISSELLES
5 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
FIXE, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
10 000 G/M²/24 H
Serrage Velcro aux
poignets, manchons
avec passe-pouces
PANTALON
QST SNOW PNT W
230 €
MATIÈRE / MENBRANE
ADVANCEDSKIN DRY
ISOLATION
OUATE
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
ZIPS INTÉRIEURS CUISSES
2 POCHES
GUÊTRES
FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
10 000 G/M²/24 H
NOTRE AVIS :
Rabat anti-froid
sur l’intégralité
du zip central
L’an passé, nous vous avions présenté l’ensemble S/Lab QST GTX®, la tenue freeride homme de
Salomon, place cette année à son pendant féminin. Pour cet ensemble QST Snow, la marque française
joue la carte de la technologie maison avec la membrane AdvancedSkin Dry qui, même si elle ne
bénéficie pas de la même renommée que le Gore-Tex®, fait le job avec un 10000 /10 000 largement
dans la moyenne, et surtout le gros avantage de « sortir » à un tarif plus compétitif. Autre différence,
si l’on était sur un esprit pur shell troisième couche chez l’homme, on a ici droit à un garnissage
synthétique, pas des plus conséquents certes, mais largement suffisant pour les ¾ de la saison, une
petite seconde couche étant à envisager pour le dur de l’hiver. Autre avantage à une isolation moyenne,
le ratio poids-chaleur vraiment bon. Côté style, Salomon réussit la synthèse entre freeride et féminité,
notamment avec la veste cintrée descendant bien bas, une coupe allongée spécialement pensée pour
bloquer l’entrée de neige en travaillant de concert avec la guêtre élastique inspirée des pantalons de
yoga, placée en rehausse au niveau de la taille. Et, car le confort peut également se trouver à l’extérieur, la matière structurée apporte une certaine douceur pour les jours les plus froids.
THE NORTH FACE
SWEET PROTECTION
VESTE W FUSE BRIGANDINE JKT 800 €
VESTE SUPERNAUT GTX PRO JKT 549.95 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX®
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
11 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE, CONNEXION PANTALON
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® PRO
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE 3D
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
5 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : NON
PANTALON W PURIST PNT 300 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX®
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
4 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS ARRIÈRES CUISSES ET INTÉRIEURS GENOUX
GUÊTRES : FIXES, MONTÉES SUR PANNEAU MESH,
CROCHETS BOOTS
92
ski magazine
Soufflets à pression
en bas de jambes
PANTALONSUPERNAUTGTXPROPNT499.95€
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® PRO
ISOLATION : NON
BRETELLES : AJUSTABLES
5 POCHES
AÉRATIONS : FULL ZIPS EXTÉRIEURS CUISSES
GUÊTRES : FIXES
outerwear // FREERANDO HOMME
ARC’TERYX
Serrage Cohaesive™
à la capuche et à la taille
VESTE
RUSH LT JKT
650 €
MATIÈRE / MENBRANE
GORE-TEX® PRO
ISOLATION
NON
CAPUCHE
FIXE, AJUSTABLE 3D, VISIÈRE
AÉRATIONS
ZIP DOUBLE CURSEUR AUX AISSELLES
5 POCHES
Microcoutures pour
une meilleure
résistance aux
intempéries
JUPE PARE-NEIGE
NON
IMPERMÉABILITÉ
NC
RESPIRABILITÉ
NC
Serrage Velcro
aux poignets
Boucles Slide'n Loc™
de connexion au pantalon
PANTALON
Réflecteur
Recco®
RUSK LT PNT
500 €
Renforts anti-carres
Keprotec™
NOTRE AVIS :
Issu de la gamme Whiteline, déjà présent au catalogue Arc’teryx et destiné au freeride pur,
l’ensemble Rush revient cette année dans une nouvelle version light (LT) pour un usage plus axé
randonnée alpine. La veste s’allège de 145 grammes, passant de 590 à 445 grammes, grâce d’une
part à la simplification de certains éléments, comme les deux boucles Slide'n Loc™ de connexion au
pantalon (en lieu et place de la traditionnelle jupe pare-neige), et d’autre part grâce à un travail sur
les matériaux, le Gore-Tex® Pro n’étant utilisé que pour renforcer les zones les plus exposées à
l’usure et non sur la totalité comme sur la Rush originelle. Le reste du corps de veste est composé
de Gore-Tex® classique. La marque canadienne marie également les genres au niveau du pantalon,
avec du Gore-Tex associé sur le revers à la technologie Gore C-Knit™ pour un maximum de souplesse
et d’aisance, ainsi que des renforts au niveau des genoux et des chevilles. La ventilation tant appréciée à la montée se fait parfaitement grâce aux beaux zips bien placés, tandis que les guêtres
bénéficient de la conception TouringCuff™ qui facilite la manipulation des boucles des chaussures de
ski sans compromettre l’étanchéité du vêtement.
MOUNTAIN HARDWARE
VESTE CLOUDSEEKER JKT
550 €
MATIÈRE / MENBRANE
GORE-TEX®/GIRE-TEX® C-KNIT™
ISOLATION
NON
BRETELLES
AMOVIBLES
AÉRATIONS
ZIPS EXTÉRIEURS CUISSES
2 POCHES
GUÊTRES
FIXES
IMPERMÉABILITÉ
NC
RESPIRABILITÉ
NC
VERTICAL
VESTE MYTHIC MP+® JKT 369.95 €
IMP. : 25 000 MM / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : DRY.Q ELITE
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE, COMPATIBLE CASQUE
AÉRATIONS : ZIPS À L’ARRIÈRE DES BRAS
5 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : AMOVIBLE, CONNEXION PANTALON
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 30 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : MP+®
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE, VISIÈRE
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
7 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE
PANTALON CLOUDSEEKER BIB 500 €
PANTALON WINDY SPIRIT PANT 269.99 €
IMP. : 25 000 MM / RESP. : NC
MATIÈRE/MEMBRANE : DRY.Q ELITE
ISOLATION : NON
BRETELLES : GILET INTÉGRAL SANS MANCHES AMOVIBLES
5 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS LATÉRAUX
GUÊTRES : FIXES
IMP. : 10 000 MM / RESP. : 10 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : MP+® STRETCHLINER
ISOLATION : NON
BRETELLES : OUI
4 POCHES
AÉRATIONS : SEMI-FULL ZIPS LATÉRAUX DOUBLE CURSEURS
GUÊTRES : FIXES
ski magazine 93
outerwear // FREERANDO HOMME
MILLET
Gaine Lycra®
amovible
Système
Recco®
VESTE
WHITE NEO CARGO JKT
629,95 €
MATIÈRE / MENBRANE
POLARTEC® NEOSHELL 3L
ISOLATION
NON
CAPUCHE
FIXE, AJUSTABLE 3D
AÉRATIONS
ZIPS DOUBLE CURSEUR AUX AISSELLES
7 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
AMOVIBLE, CONNEXION PANTALON, BANDE ANTIGLISSE
IMPERMÉABILITÉ
15 000 MM
RESPIRABILITÉ
0.6 CFM
Poignets serrage
Velcro,
manchons lycra
avec passepouces
Poche à accès
direct DVA
PANTALON
WHITE NEO 3LS PNT
450 €
MATIÈRE / MENBRANE
POLARTEC® NEOSHELL 3L
ISOLATION
NON
BRETELLES
FIXES
AÉRATIONS
ZIPS DOUBLE EXTÉRIEURS CUISSES
3 POCHES
GUÊTRES
FIXES, BANDE ANTIDÉRAPANTE
IMPERMÉABILITÉ
15 000 MM
RESPIRABILITÉ
0.6 CFM
Système
Recco®
Renforts
anti carres
NOTRE AVIS :
Si la marque française s’est plutôt montrée hyper active au niveau de l’alpinisme, avec notamment
le développement de sa collection hommage « Trilogy », elle n’en a pas pour autant loupé le train de
la freerando, LA discipline ayant le vent en poupe depuis quelques saisons. Pour preuve, cette tenue
développée autour de la membrane hautement respirante Polartec® NeoShell permettant d’éviter
la surchauffe en marche d’approche. L’ensemble transpire (si on peut se permettre) la générosité
avec une accessoirisation très riche : poches profondes à soufflet, système Recco®, protège-carres
XXL, longues tirettes facilement manipulables avec des gants, capuche casque bien protectrice, on
en passe et des meilleures. Toujours du côté des accessoires, Millet joue à fond la carte de la polyvalence avec une jupe pare-neige et une bavette amovibles, idéal lorsque l’on souhaite par exemple
se faire une journée tranquille et léger sur les pistes qui ne nécessitera pas l’emploi de ces éléments. Enfin, la coupe à tendance large d’inspiration freeride, couplée à un tissu extrêmement fluide
et souple, offrira au skieur une liberté de mouvement maximale.
SALEWA
94
ski magazine
VAUDE
VESTE ANTELAO POWERTEX 3L JKT 420 €
VESTE BACK BOWL 3L JACKET II 400 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : POWERTEX EXTREME
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, RÉGLAGE À UNE MAIN, VISIÈRE
AÉRATIONS : ZIPS LATÉRAUX
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : AMOVIBLE
IMP. : 20 000 MM / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : CEPLEX PRO
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : ZIPS AUX AISSELLES
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE
PANTALON ANTELAO POWERTEX 3L BIB 360 €
PANTALON BACK BOWL PANTS II 300 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : POWERTEX EXTREME
ISOLATION : NON
BRETELLES : FIXES, MONTÉES SUR GAINE AMOVIBLE
4 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS LATÉRAUX
GUÊTRES : FIXES
IMP. : 20 000 MM / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : CEPLEX PRO
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
2 POCHES
AÉRATIONS : FULL ZIPS LATÉRAUX
GUÊTRES : FIXES
outerwear // FREERANDO FEMME
Boucles compatibles bretelles (non fournies)
Inserts mérinos
au menton
ORTOVOX
Pattes Velcro de
serrage à la taille
VESTE
PORDOI JKT W
500 €
MATIÈRE / MENBRANE
SCHOELLER® C_CHANGE™
ISOLATION
NON
CAPUCHE
FIXE, AJUSTABLE 3D
AÉRATIONS
ZIPS AUX AISSELLES
6 POCHES
Poignets élastiqués, passepouces
Bas de jambes
zippés, réglables,
renforts anti
carres
JUPE PARE-NEIGE
NON
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
NC
PANTALON
Cordon d’ajustement
à la taille
NOTRE AVIS :
Comme chaque année, Ortovox livre un ensemble entièrement tapissé de laine mérinos, l’intérêt
étant que les fibres la composant assurent de par leur structure une thermorégulation ultra-efficace
et un maintien au sec sans égal de par leurs propriétés hydrophiles (l’extérieur reste sec quand l’intérieur absorbe l’humidité). De plus, grâce à leurs propriétés bactériologiques naturelles, finies les
mauvaises odeurs. Et comme si cela ne suffisait pas, la marque allemande en remet une couche (au
sens propre comme au figuré) en plaçant judicieusement de généreux inserts membranés en Loden,
une étoffe de laine imperméable typique du Tyrol, apportant ainsi technicité, style et élégance. Autre
innovation, côté membrane cette fois-ci, la toute nouvelle Schoeller® C_Change™ directement inspirée de la nature et des pommes de pin dont les écailles s’écartent avec la hausse du mercure. Elle
réagit donc selon la température corporelle, mais aussi la transpiration, les pores restant fermés
à froid et s’ouvrant dès que la température monte, créant ainsi un échange d’air et évacuant l’excès
de chaleur et d’humidité.
Côté tissu, son importante extensibilité vient compenser la coupe proche du corps pour une belle
liberté de mouvement. Côté finitions, la maitrise est totale, Ortovox jouant dans la cour des plus
grands techniciens.
OUTDOOR RESEARCH
VESTE W EXPLORAIR 3L JKT 280 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® 2L/GORE-TEX® C-KNIT™
ISOLATION : E-LOFT 100 G/80 G
CAPUCHE : « HALO HOOD » FIXE À VISIÈRE RENFORCÉE
AÉRATIONS : ZIPS LATÉRAUX TORSOFLO™ VENTING
6 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : NON
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 15 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : TORAY DERMIZAX® 3L
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE 3D
AÉRATIONS : NON
3 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : FIXE
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : GORE-TEX® 2L/GORE-TEX® C-KNIT™
ISOLATION : NON
BRETELLES : FIXES, AJUSTABLES
5 POCHES DONT UNE DVA
AÉRATIONS : ZIPS DOUBLE-CURSEUR EXTÉRIEUR CUISSES
GUÊTRES : MONTÉES SUR PANNEAU STRETCH,
PASSANTS POUR LE VELCRO DES BOOTS
MATIÈRE / MENBRANE
SCHOELLER® C_CHANGE™
ISOLATION
NON
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
ZIPS EXTÉRIEURS CUISSES
4 POCHES
GUÊTRES
FIXES, MONTÉES SUR BANDE LYCRA, BANDES ANTIGLISSE
IMPERMÉABILITÉ
10 000 MM
RESPIRABILITÉ
NC
SCOTT
VESTE W’S HEMISPHERES JKT 650 €
PANTALON W’S HEMISPHERES BIBS 560 €
PORDOI PNT W
400 €
PANTALON W EXPLORAIR 3L PNT 250 €
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 15 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : TORAY DERMIZAX® 3L
ISOLATION : NON
BRETELLES : AMOVIBLES
2 POCHES
AÉRATIONS : ZIPS EXTÉRIEURS JAMBES
GUÊTRES : AJUSTABLES, CROCHETS BOOTS
ski magazine 95
outerwear // RANDO
Boucles de réglage
à la taille
LA SPORTIVA
VESTE
Tour de taille
doublé polaire
Imprimé antiglisse
aux épaules
ZAGROS GTX JKT
384 €
MATIÈRE / MENBRANE
GORE-TEX® ACTIVE
ISOLATION
NON
CAPUCHE
FIXE, AJUSTABLE EN PROFONDEUR, VISIÈRE
AÉRATIONS
PAR LES POCHES, DOUBLURE FILET
3 POCHES
JUPE PARE-NEIGE
NON
IMPERMÉABILITÉ
NC
RESPIRABILITÉ
NC
PANTALON
ZAGROS GTX PNT
307 €
MATIÈRE / MENBRANE
GORE-TEX® ACTIVE
ISOLATION
NON
BRETELLES
NON
AÉRATIONS
FULL-ZIPS EXTÉRIEURS
3 POCHES
GUÊTRES
FIXES, OUVERTURE VELCRO + PRESSION
IMPERMÉABILITÉ
NC
RESPIRABILITÉ
NC
Poignets élastiqués
Renforts
anti carres
NOTRE AVIS :
La Sportiva mise, avec cet ensemble Zagros, sur la polyvalence, allant chasser sur les terres de la
freerando tout en gardant un pied et demi sur celles de la rando pure. Développée autour de la désormais classique membrane respirante Gore-Tex® Active Shell, cette tenue dispose en effet de
toutes les armes pour franchir le pont reliant ces deux univers, notamment le très discret système
« Connection » d’interface veste/pantalon pour les neiges plus profondes, ou encore un tissu bien
fluide, mais relativement robuste (par rapport à du « collant pipette » pur et dur) qui saura mieux
résister à l’abrasion. Une générosité que l’on retrouve également côté poches, même si l’on reste
bien loin des ensembles station ou freeride et leur douzaine de poches. Aucun souci de surchauffe
non plus à la montée, grâce aux zips d’aération pleine longueur du pantalon qui, rappelons-le, seront
toujours plus efficaces que la plus respirante des membranes. Revenons-en à la veste pour finir :
compacte, légère, parfaitement imperméable, respirante et coupe-vent, la veste idéale pour… la randonnée estivale ; une polyvalence non négligeable lorsque l’on connait certains prix pratiqués.
DYNAFIT
96
ski magazine
Cordon de
connexion au
pantalon
HAGLÖFS
VESTE BEAST HYBRID JKT 350 €
VESTE L.I.M TOURING PROOF JKT 349 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : DYNASHELL 3L / DYNASTRETCH
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE UNE MAIN
AÉRATIONS : NON
4 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : NON
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 20 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : PROOF 3.5L
ISOLATION : NON
CAPUCHE : FIXE, AJUSTABLE
AÉRATIONS : NON
3 POCHES
JUPE PARE-NEIGE : NON
PANTALON BEAST HYBRID PNT 300 €
PANTALON L.I.M TOURING PROOF PNT 250 €
IMP. : NC. / RESP. : NC.
MATIÈRE/MEMBRANE : DYNASHELL 3L / DYNASTRETCH
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
2 POCHES
AÉRATIONS : ZIPPÉES
GUÊTRES : FIXES
IMP. : 20 000 MM / RESP. : 20 000 G/M /24 H
MATIÈRE/MEMBRANE : PROOF 3.5L
ISOLATION : NON
BRETELLES : NON
1 POCHE
AÉRATIONS : ZIPS EXTÉRIEURS CUISSES
GUÊTRES : OUI
SKI MAGAZINE
Tél. : 33 (0)4 76 70 54 11- Fax : 33 (0)4 76 70 54 12
3, rue Paul Valérien-Perrin, 38170 Seyssinet-Pariset
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Du lundi au vendredi de 9 heures à 12 heures et de 13 heures à 17
heures - Tél. 33(0)1 76 41 03 24 (ligne dédiée Nivéales Médias)
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Rédaction
* Directeur de la rédaction : Laurent Belluard
* Rédacteur en chef adjoint
Mathieu Ros Medina MATHIEU@SKIMAGAZINE.FR
* Directrice artistique
Julie Le Louër JULIE.L@NIVEALES.COM
* Relecture : Julie Charbonneyre
Ont collaboré à ce numéro
Boris Dufour, Mathilde Boulesteix, Stewart Sheppard, Jérôme Folliet,
Martin Léger, Jimmy Petterson, Phillippe Royer, Aymeric Guittet, Mattias Fredriksson, Leslie Antony, François Kern, Emmanuel Darlix, Elie
Lagarde, Matthieu Viveau, Florian Cuzacq, Guillaume Nahry, Seb Joly.
Publicité
* Directeur commercial
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Pôle digital media
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* Journaliste Web
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* Traffic Manager
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DANS LE
© Layla Kerley
PROCHAIN
NUMÉRO,
ON PARLE
D’HIVER ET DE MATOS :
Distribution Marketing
* Ventes _ Karim Bekkari (54 26)
* Réassort _ MLP, 04 74 82 14 14 (réservé au réseau de distribution)
Comptabilité
Sophie Badoux/directrice administration et comptabilité (92 65),
Angélique d’Introno/comptabilité clients(92 66),
Sylvain Prévot/comptabilité fournisseurs (54 18).
MATOS :
Éditeur
Ski Magazine est une publication éditée par Nivéales Médias, SAS au
capital de 660.669,30 euros - Durée : 99 ans. Siège social : 3 rue PaulValérien Perrin 38170 Seyssinet-Pariset, France.
Tél. 33(0)4 76 7054 11. RCS Grenoble 400 248 324.
* Principal associé : Nivis Sarl.
* Publications de Nivéales Médias : Big Bike, Grands Reportages,
Grimper, Kiteboarder, Montagnes Magazine, Skieur, Snowsurf, SUP, Trek
Magazine, Vertical, Wider, Wind Magazine.
* Directeur de la publication : Jean-Pierre Roger.
* Administrateur de la publication : Pascal Maltherre (5417).
La reproduction même partielle de tous les articles et photos parus
dans la présente publication est interdite. La rédaction n’est pas
responsable des documents non commandés. Les documents reçus ne
sont pas rendus et leur envoi implique l’accord de leur auteur pour leur
libre publication.
* Dépôt légal Décembre 2018.
* Impression : Imprimatur, imprimé en France.
Provenance du papier : Finlande (Lohja)
P. cent fibres recyclées : 0 %
Certification : PEFC
Ptot : 0.004 kg/tonne
* ISSN _ 1763-5535
* Commission paritaire _ 0423 K 87144
un test de sacs avalanche avec plein de nouveautés,
et notre traditionnel dossier « chaussures de ski »
avec de l’alpin et du débrayable.
Avertissement. Le ski et la randonnée sont des activités
dangereuses qui nécessitent une grande autonomie et une
parfaite connaissance du terrain. Ski Magazine ne peut garantir
l’absence d’erreurs dans les informations publiées.
SKI MAGAZINE N°452
Un dossier consacré aux « Petites et Moyennes Stations » :
TARENTAISE, HAUTE-MAURIENNE, PYRÉNÉES,
des stations au format raisonnable et au ski incroyable.
Freeride Rando :
VALLI OCCITANE,
une traversée originale dans une partie méconnue
des Alpes italiennes.
Et bien sûr toutes nos rubriques récurrentes
SKI MADAME, STATISKI, LES PAYS DU SKI, ETC.
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Ce numéro comporte un supplément « Noël » de 32p. jeté à l’intérieur
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