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Point De Vue N 3673 Du 12 D 233 cembre 2018-compressed

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PRIX NOBEL
Les dessous
d’un scandale
SAPINS DE NOËL AU PALAIS
Les plus belles
décorations royales
Kate
et Meghan
LA VÉRITÉ
SUR LEUR RELATION
OSCAR WILDE
EN FRANCE
Le film de son exil
DIMITRI DE
YOUGOSLAVIE
Un prince à New York
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N°3673 - 2,60 € - SEMAINE DU 12 AU 18 DÉCEMBRE 2018 - FRANCE MÉTROPOLITAINE 2,60€ DOM.3,60 €
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3’:HIKSNI=UUW[UV:?n@g@r@d@a";
ÉDITO
La famille royale britannique ne cesse de faire l’actualité.
Saviez-vous que BBC Radio 4 était en train de concevoir
une comédie musicale inspirée de la vie de la duchesse
de Sussex ? Le sixième dans l’ordre de succession au trône
et moi se penche sur le parcours de Meghan et sera diffusé
le 1er janvier prochain. La veille, sur Radio 3, c’est le
prince Charles qui sera l’invité d’honneur de l’émission
Passions privées au cours de laquelle il discutera de ses
goûts musicaux avec le
présentateur et compositeur
Michael Berkeley. Le prince
de Galles commentera
notamment les morceaux joués lors de son mariage
avec la duchesse de Cornouailles en 2005, ainsi qu’un
ensemble qu’il a personnellement dirigé avec l’orchestre
philharmonique lors du soixantième anniversaire de son
épouse. Il reviendra ensuite sur le rôle de sa grand-mère,
la première à l’emmener, enfant, à des ballets
et des concerts. Il se confiera enfin sur sa pratique
du violoncelle : vaste programme !
Superstars…
© CHRISTEL JEANNE
L’histoire de cette illustre famille continue de son côté
à inspirer le cinéma. L’un des films les plus attendus
de la rentrée 2019 est Marie Stuart, reine d’Écosse, qui
se penche sur le duel légendaire et tragique qui opposa
la jeune veuve du roi de France, François II, à Élisabeth Ire.
Dans la même veine, La Favorite fait tout autant parler.
Ce long-métrage, signé Yórgos Lánthimos, conte, au début
du XVIIIe siècle, les rapports tendus qu’entretenait la reine
Anne, à la santé fragile et au caractère flottant, avec son
amie Lady Sarah, duchesse de Marlborough et régente
officieuse du royaume. Leur relation est encore compliquée
par l’irruption dans ce duo d’Abigail Hill, une jeune et
ambitieuse nouvelle venue… Le brillant casting fait la part
belle à Olivia Colman dans le rôle de la souveraine, une
habitude désormais pour l’actrice britannique de 44 ans,
puisqu’elle a déjà joué Queen Mum dans le film Weekend royal et qu’elle incarne désormais sa fille, Élisabeth II,
dans la troisième saison de la série événement The Crown.
Actualités, culture, médias, 2018 fut une année royale.
2019 est tout aussi bien partie…
Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Directrice de la rédaction
PINT DE VUE
3
La photographie présente en toile de fond l’œuvre OTHELLO de Le Corbusier | © FLC / 2018, ProLitteris, Zurich.
*LE MARIAGE ENTRE BEAUTÉ ET FONCTION – ©2018 EBEL – Ref. 1216390
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SOMMAIRE
Quelle semaine !
6 7 jours en images
14 Quel style !
15 Libre Cour
En couverture
16 Kate et
Meghan
Si proches… et si différentes
© PHOTOS DE COUVERTURE DUNLEA MICHAEL/BARCROFT MEDIA/ABACA, CHRIS J RATCLIFFE/AFP (PHOTOMONTAGE)
Soyez royalement
connectés !
Avec Point de Vue
en ligne,
sur notre site :
pointdevue.fr
34
Le bon d’abonnement
se trouve p. 63.
L’actualité
22 Felipe d’Espagne célèbre la Constitution
24 Funérailles de George H. W. Bush
26 Réception d’Adrien Goetz
à l’Académie des beaux-arts
30 Archiduc Imre et archiduchesse Katleen
d’Autriche Le tendre baptême de Juliana
34 Dimitri de Yougoslavie Un prince à New York
38 Prix Nobel Les dessous d’un scandale
42 Alexandre Astier Le
secret de sa potion magique
44 Noël au palais
À vos sapins !
Quelle culture !
50 Les États d’art de
Vanessa Schneider
52 Le Guide
54 Rupert Everett
30
Dans la peau d’Oscar Wilde
58 Quelles Plumes !
Spécial beaux livres
62 Quelles Enchères !
Quelle histoire !
64 Jaquettes, bonnets
et gilets… Les oripeaux
de la révolte
Quelle beauté !
22
68 Emilia Clarke
Un parfum de dolce vita
70 Château du Launay Les nourritures de l’âme
Quelles soirées !
72 Judith Price La joaillerie au Quai d’Orsay
74 Prix Scopus 2018 Une femme d’honneur
76 COURRIER Votre Point de Vue
77 Horoscope
78 JEUX Anagrammes, sudoku, bridge,
mots croisés et mots fléchés
82 L’ÉLUE Ingrid Chauvin
PINT DE VUE
5
Quelle
SEMAINE
Tendre
baiser
Il y a quatre ans tout juste, leur
naissance bouleversait le Rocher. Le
prince héréditaire de Monaco et sa
sœur la princesse Gabriella étaient
cette semaine à Dubaï auprès de la
princesse Charlène. Au programme,
une soirée sportive pour assister au
Tournoi de Dubaï de rugby à sept.
Ce joli moment a donné lieu à de
tendres scènes, à l’image de
ce baiser de Gabriella
à sa maman !
Par Bérénice Beaufils, Emmanuel Cirodde,
Servane Labbé & Kitty Russell
6
PINT DE VUE
Quelle
SEMAINE
Célébration
Pour fêter la réouverture de
son adresse historique située
au 26 de la place Vendôme,
le joaillier Boucheron a imaginé une minicollection de
26 bracelets Vendôme
numérotés. En or jaune ou
blanc, sa ligne rend hommage à la taille émeraude
de cette célèbre place parisienne et s’orne d’un liseré
pavé de diamants.
À découvrir en exclusivité
à la boutique.
La soirée qu’a donnée Diane
von Fürstenberg à l’hôtel Claridge
de Londres, pour en inaugurer le
spectaculaire sapin de Noël, s’est
transformée en une véritable réunion
de famille. En effet, au pied de
« l’arbre d’amour », comme elle l’a
nommé, la créatrice était entourée
de sa petite-fille Talita, ainsi que
de la princesse Marie-Chantal
de Grèce – la sœur de l’épouse de
son fils Alexandre –, et de la
princesse Maria-Olympia
de Grèce.
Reines
d’un soir
Les actrices Margot
Robbie et Saoirse
Ronan étaient à
New York cette semaine
pour la première du
film Marie Stuart, reine
d’Écosse. Si la seconde
incarne le rôle-titre
de cette fresque
historique, la première
tient celui de sa
rivale Élisabeth Ire.
Une joute à distance
passionnante que l’on
découvrira en France
le 27 février prochain.
Retour aux sources
La reine des Pays-Bas s’est rendue au sommet du G20 qui se tenait à
Buenos Aires. Cette réunion du « groupe des vingt » a donné à Maxima l’occasion
de revenir sur sa terre natale. Elle y a été reçue par la première dame Juliana
Awada, épouse de Mauricio Macri, président de la nation argentine depuis 2015.
PINT DE VUE
7
© PALAIS PRINCIER DE MONACO, DAVE BENETT, MICHAEL LOCCISANO/GETTY IMAGES/AFP, HO/ARGENTINIAN PRESIDENCY, SERVICE DE PRESSE
Arbre
généalogique
Quelle
SEMAINE
Glisse et glace
La famille du prince Laurent de Belgique
n’a rien manqué du lancement des Plaisirs
d’Hiver, marquant le début des festivités de fin d’année sur la Grand-Place
de Bruxelles. Son épouse, la princesse
Claire, et ses enfants, la princesse
Louise et les princes Nicolas et Aymeric
(absent de l’image) se sont
élancés sur la patinoire éphémère installée au pied du grand
sapin haut de 22 mètres !
Seau devant
Ce seau à
champagne
en céramique
peint à la main
a été dessiné
par Pierre
Sauvage avec sa
marque Casa
Lopez pour
la maison
Boizel.
La comtesse de Wessex était
Livré avec
dans le comté de Cornouailles où
une bouteille de brut
elle a visité les installations d’une ferme
réserve décorée du même
laitière
non loin de la petite ville de Looe.
cannage turquoise, il trouvera
Elle a pu y contempler ces spectaculaires
ensuite une deuxième vie
roues de Cornish Gouda, version locale
comme vase ou cache-pot.
du célèbre fromage néerlandais…
En édition limitée
produit par des sujets expatriés
à 200 exemplaires. boizel.com
du roi Willem-Alexander !
L’Angleterre, l’autre royaume
du fromage ?
Roues
de la fortune
Je les
VEUX !
Les bottines de Nupié
Ne craignez rien, la duchesse de Cornouailles est en
parfaite sécurité ! Ces gentils monstres préhistoriques
accompagnaient juste Camilla lors de sa participation
à la traditionnelle journée de charité organisée par les
courtiers de la société ICAP. Depuis vingt-cinq ans, cette
initiative a permis de récolter près de 140 millions de
livres sterling pour des œuvres caritatives.
© ISOPIX/SIPA, SERVICE DE PRESSE (2), REUTERS, DAVID HARTLEY/REX/SIPA
Bêtes de somme
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souliers. Après ses sandales et nu-pieds avec
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uni, vous pourrez
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votre humeur !
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trouverez un large choix de
rubans brodés et vintage
plus ravissants les uns
que les autres. En vente
également sur nupie.fr
PINT DE VUE
9
Quelle
SEMAINE
Comme
maman
La créatrice de bijoux
Vanessa Pinoncely et sa
marque Dear Charlotte
s’associent à Tartine
et Chocolat pour une
série de bracelets. Les
pierres fines, quartz rose
et amazonite, donnent
leurs couleurs tendres à
trois modèles différents
pour les petites filles
et leurs mamans.
tartine-et-chocolat.com
Autour du roi et de la reine des Belges, la famille
royale est apparue unie à l’occasion de divers
engagements. Ainsi, Philippe et Mathilde ont
assisté à une séance académique de la Fondation
Roi-Baudoin sur le thème de la lutte contre la
traite des êtres humains. Le couple était accompagné du prince Laurent et du roi Albert II des Belges. Lequel était
également auprès de la reine Paola lors du concert à la cathédrale
Notre-Dame d’Anvers donné pour la fondation de son épouse.
Baptême
Pretty
woman
Fin octobre, Le Champlain
La matière qu’elle préfère,
était inauguré au large
c’est la couleur ! Julia
de Dinard sous l’œil
Roberts aime tellement sa
de sa marraine Olivia
robe Valentino imprimée
Fournet-Pinault, petiteArc-en-Ciel qu’elle porte
fille de François Pinault.
également le trench de
Deuxième yacht Explorer du
la même collection.
Ponant, l’unique armateur français de
Difficile de passer
navires de croisière, il a déjà pris le large, direction
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C’est un métier
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10
PINT DE VUE
© PHOTONEWS/BESTIMAGE, VIOLAINE LE HARDY DE BEAULIEU, BACKGRID USA/BESTIMAGE, NACION JOHN/STARTRAKS/ABACAPRESS.COM, LOGTEX, CLAUDE DAUTHEVILLE, SERVICE DE PRESSE
Famille engagée
Quelle
SEMAINE
Tessy et Louis
de Luxembourg
Jugement du divorce
Le cas a été tranché le 5 décembre,
à Londres, par la Haute Cour
aux questions familiales. Une décision
équilibrée et un bel hommage
de Louis à Tessy pour la façon
dont elle a rempli son rôle officiel.
Le prince Louis de Luxembourg
quitte la Haute Cour de Londres où
vient d’être prononcé le jugement
de son divorce. Ci-contre, son ex-épouse
Tessy, entourée de ses avocats.
12
PINT DE VUE
© ROUSSEAU STEFAN/PA PHOTOS/ABACA, I-IMAGES / BUREAU233
N
ul ne pourra reprocher à Alistair
MacDonald d’avoir privilégié l’une ou
l’autre partie dans le jugement qu’il
vient de rendre pour le divorce du prince
Louis de Luxembourg avec son ex-épouse,
née Tessy Antony. Le prince, qui n’a pas de
fortune propre, hors un revenu estimé à
39 000 euros par an et un héritage estimé à
224 000 euros, souhaitait verser seulement
3 360 euros par an pour chacun de ses deux
fils. Il devra aller jusqu’à 4 500 euros. Tessy
demandait une indemnité compensatoire de
1 680 000 euros et de quoi acquérir une maison
familiale et une voiture, le tribunal a considéré
que le prince Louis n’était absolument pas en
mesure de satisfaire à ces conditions. Tessy
continuera d’habiter la maison londonienne
louée aux frais de la famille grand-ducale qui
subviendra aussi aux frais d’éducation des
petits Gabriel et Noah. Directrice de l’ONG
Professors Without Borders qu’elle a fondée,
Tessy reçoit à titre personnel un salaire de
84 000 euros annuels. Durant l’audience, le
juge a donné lecture d’une déclaration du
prince Louis. « Nous nous sommes mariés
jeunes et nous avons beaucoup attendu de
son implication dans son rôle de princesse.
(Tessy) a rempli ce rôle avec tact et a bien
représenté ma famille, ce dont je lui suis
reconnaissant… » Parfum de regret autour
d’un amour défunt.  Jean Linxe
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7
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Buenos Aires Montevideo
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18
17
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chiliens 16
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15
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14
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PINT DE VUE
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COUR
PINT DE VUE
15
Kate et Meghan
SI PROCHES…
Formidablement
complémentaires et aussi
déterminées l’une que
l’autre à servir les intérêts de la Couronne, la duchesse de Cambridge et la
duchesse de Sussex ont toujours donné l’image de deux belles-sœurs unies et
complices. Depuis quelques jours, la presse britannique se fait pourtant l’écho
de tensions qui seraient apparues entre les jeunes femmes. Par Greta Xavier
16
PINT DE VUE
© DUNLEA MICHAEL/BARCROFT MEDIA/ABACA, PETE MACLAINE/I-IMAGES/BUREAU233
Page de
gauche,
la duchesse
de Cambridge
lors d’un
déplacement
officiel au
Canada,
en septembre
2016.
La duchesse
de Sussex aux
cérémonies
du centenaire
de la Royal
Air Force, en
juillet dernier.
ET SI DIFFÉRENTES
PINT DE VUE
17
À gauche, le 5 décembre,
à Chypre, sur la base Akrotiri
de la Royal Air Force, le duc
et la duchesse de Cambridge
rencontrent les familles
des militaires britanniques.
C
hypre, le 5 décembre. Le duc et la
duchesse de Cambridge effectuent
un déplacement de quelques heures
sur la base Akrotiri de la Royal Air
Force, où ils sont venus rencontrer
les militaires britanniques et leurs
familles. L’épouse du prince William, qui a relevé ses
longs cheveux bruns en une demi-queue-de-cheval
moins stricte que d’ordinaire, arbore pour l’occasion
un pantalon de couleur sombre aux lignes fluides et
amples assorti d’une veste courte vert olive sur un
petit top blanc. L’ensemble rompt de manière significative avec son style vestimentaire habituel et paraît
inspiré des silhouettes qu’affectionne la duchesse de
Sussex, avec qui la presse du royaume la dit pourtant « brouillée ». Passée maîtresse dans l’art de la
garde-robe « à message », la jeune femme a choisi, à
sa manière, de couper court aux rumeurs.
Outre-Manche, les médias se font l’écho, depuis
plusieurs jours, des relations « difficiles » qu’entretiendraient les deux belles-sœurs. La mésentente entre Kate
et Meghan, aujourd’hui enceinte de cinq mois, serait
telle qu’elle aurait, par ricochet, provoqué des tensions
entre leurs conjoints et motivé la décision du prince
18
PINT DE VUE
Harry et de son épouse de quitter Londres au printemps
prochain pour emménager à Frogmore Cottage, sur les
terres du château de Windsor. Le duc et la duchesse de
Cambridge auraient, de leur côté, envisagé un temps
de ne pas se rendre au château de Sandringham pour
Noël et d’emmener leurs trois enfants (George, 5 ans,
Charlotte, 3 ans, et Louis, sept mois) passer les fêtes
dans la maison familiale des Middleton, un petit manoir
de brique rouge situé à l’écart du village de Bucklebury,
dans le comté de Berkshire. Plusieurs sources confirment dans les colonnes du quotidien Daily Mail que
« les deux duchesses ne s’entendent pas particulièrement bien ». Tout en précisant qu’il n’y aurait jamais eu
« de dispute majeure entre les deux couples ».
Des portraits de Meghan récemment publiés ici
et là dans la presse anglaise émerge une image en
demi-teinte : celle d’une jeune femme « aux idées
très arrêtées » et plutôt exigeante avec ses équipes,
auxquelles elle aurait pris l’habitude d’adresser instructions et requêtes dès 5 heures du matin. Les
préparatifs de son mariage avec le prince Harry,
célébré le 19 mai dernier, auraient donné lieu à des
scènes inconfortables – elle aurait notamment insisté,
sans succès, pour que du parfum soit vaporisé dans
© JONES VICTORIA/PA PHOTOS/ABACA, GETTY IMAGES/AFP (3), WILL OLIVER/EPA/MAXPPP, NEWSPIX INTERNATIONAL/KCS, SAMIR HUSSEIN/WIREIMAGE, TWITTER @THE_ACU
Ci-dessus, Kate assiste à la réception
organisée au palais de Buckingham
en l’honneur du corps diplomatique,
le 4 décembre dernier. À droite,
au côté de son époux, le prince
William, lors d’un goûter de
Noël donné quelques heures plus
tôt au palais de Kensington.
Le duc et la duchesse de Sussex lors d’une soirée de gala à Londres,
le 19 novembre. Le couple attend la naissance de son premier
enfant pour le printemps. Ci-dessous, Meghan dans une cuisine
communautaire du quartier de Kensington, et dans le cadre d’une réunion
de travail au Kings’ College, célèbre université de la capitale.
Le 28 octobre, à la
résidence du gouverneur
général de NouvelleZélande, Meghan prononce
un discours célébrant
le 125e anniversaire du
droit de vote pour les
femmes dans le pays.
la nef de la chapelle St George avant le début de la
cérémonie, en raison de la légère odeur d’humidité
présente dans la nef. La duchesse de Sussex « est une
femme qui avait toujours conduit sa vie comme elle
l’entendait, commente un proche des cercles royaux
dans le Daily Mail. Elle a connu un certain succès en
tant que comédienne, elle a aussi ses centres d’intérêt dans le domaine humanitaire, son cercle d’amis.
Comprendre les usages en vigueur au palais, la déférence, la diplomatie interne, le fait qu’il y a une
hiérarchie à respecter, tout cela prend du temps. »
« Il n’existe pas de manuel » pour les apprenties princesses, répétait volontiers Diana. En juillet 1981, la
timide lady Spencer s’était unie au prince Charles
quelques jours seulement après avoir fêté son vingtième anniversaire. Ses débuts au sein de la famille
royale avaient été difficiles, ses premières apparitions
publiques vécues comme autant d’épreuves. Si elle
était encore parmi nous – elle aurait aujourd’hui
57 ans –, la mère des princes William et Harry serait
probablement pleine d’admiration pour la manière
dont ses belles-filles ont su résister aux critiques et
tracer leur propre chemin. Tout en faisant leur la
légende des Windsor, chacune à sa façon.
Le 29 avril 2011, Catherine Middleton, petite fleur
de la bourgeoisie fortunée du comté de Berkshire
issue d’une famille profondément unie, entre dans
l’histoire de la monarchie, sûre des sentiments qui
l’unissent au petit-fils d’Élisabeth II. Et prête à
embrasser son destin hors du
commun. Les tabloïds britanniques n’ont trouvé ni défaut ni
passé à cette nouvelle princesse
de 29 ans qu’une réserve naturelle et un goût pour les vestes
Barbour et les robes en dentelle
prédisposent
magnifiquement
pour « le métier ». Les premières
années de son mariage avec le duc
de Cambridge seront toutefois
émaillées de polémiques – sur la
longueur de ses ourlets, ou encore
le nombre d’engagements officiels, jugé trop peu élevé, effectué
par le couple chaque année. Dès 2017, Kate, forte
de son expérience, conseille Meghan et guide discrètement ses premiers pas au côté du prince Harry.
« Elle est la star de la famille royale, commente alors
Les deux
jeunes
femmes ont
su résister
aux critiques
et tracer
leur propre
chemin.
PINT DE VUE
19
Ci-dessous,
la duchesse
de Cambridge
quittant le stade
de la ville
de Leicester,
le 27 novembre
dernier ;
la duchesse
de Sussex après
sa visite du parc
technologique
et numérique
de Chichester,
le 3 octobre.
Toutes deux
enchaînent les
engagements
officiels à un
rythme soutenu.
20
PINT DE VUE
une journaliste britannique, et la curiosité dont elle
fait l’objet est certainement usante. Il y a désormais
une autre jeune femme, du même âge qu’elle, qui peut
l’aider à absorber toute cette pression. »
L’arrivée de l’actrice américaine, âgée de 36 ans, intervient à un moment décisif de l’histoire de la Couronne,
alors que la jeune génération du clan se voit investie de
responsabilités accrues. Rompue à l’exercice de la représentation, à l’évidence beaucoup plus confiante dans
son image que ne l’était la duchesse de Cambridge à ses
débuts, Meghan ne montre aucune timidité ou appréhension particulières. Ni le milieu modeste dans lequel
elle a grandi, ni les plateaux de télévision qui l’ont rendue célèbre ne l’ont pourtant préparée à sa nouvelle
existence. Sans jamais se laisser déstabiliser par les nombreuses attaques dont elle devient la cible – des critiques
formulées par son père et ses frère et sœur aux propos
offensants visant ses origines métisses –, elle enchaîne les
engagements officiels à un rythme soutenu et n’en finit
plus d’étonner par son aisance, par la facilité avec laquelle
elle converse avec de parfaits inconnus, son naturel gracieux et charmant. Loin de se poser en rivales, les deux
belles-sœurs font, chaque jour, la preuve de leur formidable complémentarité. Mais si la feuille de route de la
duchesse de Cambridge a toujours été claire – se préparer
à ses futurs devoirs en tant que princesse de Galles, puis
en tant que reine –, celle de la duchesse de Sussex reste
encore partiellement à écrire.
Cherche-t-on, aujourd’hui, à opposer leurs chemins de
vie, les « modèles » que les deux belles-sœurs seraient
censées incarner ? Sitôt son mariage avec le prince
William annoncé, fin 2010, la future duchesse de
Cambridge prouvait déjà sa maîtrise du royalement correct. Son apparence vestimentaire tout en
bibis coquets, manteaux à col de
velours et gants Cornelia James
(le fournisseur attitré de la souveraine) trahissait alors son souci de
bien faire. Aujourd’hui, la garderobe Meghan, ses jupes crayon,
ses talons aiguilles, ses tailleurspantalons et ses manteaux amples
aux lignes modernes, révèlent,
eux, moins un désir de se couler
dans le moule de l’altesse parfaite
qu’une volonté de laisser s’exprimer sa personnalité. Dans un
style résolument différent de celui
de Kate, la duchesse de Sussex
signe des autographes et serre
les femmes et les enfants dans
ses bras. Le 28 février dernier, à
l’occasion du forum inaugural de
la Fondation royale du duc et de
la duchesse de Cambridge et du
prince Harry (organisation qui,
bientôt, allait porter son nom à
elle aussi), elle affichait, là encore
en rupture complète avec les
usages en vigueur, des opinions
résolument féministes. « Les
femmes n’ont pas besoin qu’on
© NUNN SYNDICATION/NEWS PICTURES, CLIVE MASON/GETTY IMAGES/AFP, KCS PRESSE, EXPRESS SYNDICATION/BESTIMAGE, PETERS DOUG/EMPICS ENTERTAINMENT/ABACA
À gauche,
Meghan
et Kate lors
du forum
inaugural de
la Fondation
royale, le
28 février
dernier.
Ci-contre, sur
le court central
de Wimbledon,
le 14 juillet.
les aide à s’exprimer, disait-elle, il faut leur donner le
pouvoir de faire entendre leur voix. »
Soutenue par le prince Charles, qui ne cache pas, lui
non plus, son estime et son admiration pour ses bellesfilles, Meghan continuera sans
doute, à l’avenir, d’affirmer sa différence. Et sa belle indépendance. La
sixième position du duc de Sussex
dans l’ordre de succession au trône
de Grande-Bretagne permet en
effet au couple de profiter d’une
liberté dont ne peuvent disposer
Kate et William. Contrairement à
ce que prétend la rumeur, la prochaine installation de Meghan
et Harry à Frogmore Cottage ne
serait pas le fruit d’une décision récente, mais bien celui
d’une réflexion commencée il y a plusieurs mois. Si les
jeunes gens ont finalement préféré ne pas emménager
dans le vaste appartement 1 du palais de Kensington,
qui leur avait été proposé, c’est en effet dans l’espoir de
trouver à Windsor le calme et l’intimité qui font cruellement défaut à la résidence royale londonienne – où
Diana avait elle-même vécu pendant quinze ans tout en
rêvant, dit-on, de pouvoir la quitter.
Son mariage et la naissance à venir
de son premier enfant incitent également aujourd’hui le jeune prince
à affirmer son autonomie vis-à-vis
de son frère aîné. L’année 2019 sera
celle de tous les changements, avec
la probable création de deux maisons royales distinctes et l’annonce
de premiers parrainages caritatifs
confiés à la duchesse de Sussex.
D’ici là, William, Kate, Harry et
Meghan se retrouveront au château de Sandringham
pour passer les fêtes de Noël en compagnie de la
reine Élisabeth et des autres membres de la famille
régnante. Loin des rumeurs dont on les entoure… 
Harry et
Meghan sont
plus libres de
leurs décisions
que William
et Kate.
Les deux
couples
à leur arrivée
à l’abbaye de
Westminster,
le 10 juillet
dernier.
En 2019,
les princes
William et
Harry se
retrouveront
sans doute
à la tête
de maisons
royales
distinctes.
PINT DE VUE
21
Felipe VI, en présence de la reine Letizia et de ses filles Leonor et Sofia, reçoit une ovation interminable aux Cortès, pour son
discours en hommage à la Constitution de 1978, fruit du long travail de Juan Carlos Ier en faveur de la démocratie.
22
PINT DE VUE
Felipe d’Espagne célèbre la Constitution
« Je dédie ma vie
à tous les Espagnols »
Alors que de nombreuses
célébrations ont lieu en Espagne
pour fêter les 40 ans de
la Constitution, ce 6 décembre,
aux Cortès, la nation vient
de rendre un hommage appuyé
à l’œuvre de Juan Carlos
en faveur de la démocratie,
et à la détermination sans faille
de Felipe VI à la défendre.
Par Fanny del Volta
de cet homme qui fut le principal allié de Juan Carlos Ier
pour mener la transition démocratique. Son allocution
revient sur ce jour où, un an après le couronnement et la
mort du général Franco, la loi pour la réforme politique
est adoptée par référendum, ouvrant la voie à une nouvelle
Constitution approuvée par les Cortès le 31 octobre 1978.
Plusieurs fois, l’assemblée s’enflamme lorsque l’oratrice
rappelle ces riches heures qui ont permis de « créer une
Espagne meilleure, moderne » et remercie l’ancien
couple royal pour son engagement. Marqué par les
épreuves et le temps, Juan Carlos sourit timidement.
La reine Sophie, elle, hoche la tête à plusieurs reprises
et joint les mains en signe de gratitude.
Depuis la tribune, assis près d’Ana Pastor,
Felipe VI, son épouse Letizia et leurs filles
participent à l’ovation.
Prenant à son tour la parole, Felipe VI rappelle les grands principes de la Constitution,
parmi lesquels l’institution d’« une monarchie
parlementaire, dans laquelle le roi symbolise l’unité et la permanence de l’État. Une
monarchie parlementaire au sein d’une
démocratie impulsée par mon père le roi Juan Carlos Ier,
de façon décisive et déterminante, durant cette période
capitale de l’histoire avec, près de lui, le soutien permanent et engagé de ma mère la reine Sophie. » Ces paroles
appellent de nouvelles acclamations pour les souverains
émérites. Mais à la fin de l’allocution, qui a duré trente
minutes, c’est la force avec laquelle Felipe VI a rappelé son
rôle qui conquiert l’assemblée. « Je dédie ma vie et mes
efforts à tous les Espagnols […]. Parce que la Couronne
est indéfectiblement liée – dans la vie de notre pays – à la
démocratie et à la liberté. » Dans l’auditoire, Juan Carlos
est debout. L’air fier, il salue la détermination de son fils.
Il sait l’Espagne et la monarchie en de bonnes mains. 
Le roi
Juan Carlos
et la reine
Sophie sont
au centre
de l’attention
et reçoivent
les honneurs
pour avoir
fait sortir
l’Espagne
du franquisme.
© DUSKO DESPOTOVIC
L
e lourd rideau de velours s’est levé
pour permettre au roi Felipe VI de
quitter la tribune. Dans la salle des
sessions des Cortès, à Madrid, les
applaudissements crépitent, interminables, pour saluer le discours
prononcé à l’instant par le souverain en hommage aux
40 ans de la Constitution. Impossible de s’y soustraire.
Felipe tourne la tête, puis sourit. Même la reine Letizia,
d’une élégance parfaite en robe rouge griffée Carolina
Herrera, continue d’applaudir son époux. Debout, sans
répondre à la main qu’il lui tend en riant pour quitter
les lieux. Derrière elle, ses filles, la princesse
Leonor et l’infante Sofia, félicitent leur père
avec le même enthousiasme.
Pour cet anniversaire de la Constitution,
la famille royale vient d’apparaître en force
sur le devant de la scène. Si le protocole a
laissé une place discrète au roi Juan Carlos,
assis au sein de l’hémicycle, les ovations, les
grands moments de l’histoire du pays depuis
1975, rappellent à chaque instant combien
la transition démocratique est son œuvre. À sa gauche,
la reine Sophie brille une fois de plus par la générosité
qui se lit dans ses regards. Vêtue d’une robe de velours
sombre, elle porte autour du cou un collier de perles
avec le pendentif de rubis et diamants qu’adorait sa
mère, la reine Frederika de Grèce.
Auprès du couple royal, trois des « pères de la Constitution » : Miquel Roca, Miguel Herrero y Rodríguez de
Miñón, José Pedro Pérez-Llorca. Puis les anciens présidents du Conseil, de José María Aznar à Mariano Rajoy,
en passant par José Luis Zapatero. Grand absent de cette
cérémonie, Adolfo Suárez, mort en mars 2014. Dans son
discours, la présidente des Cortès, Ana Pastor, salue l’action
PINT DE VUE
23
Des chefs d’États et
souverains du monde
entier ont assisté à la
cérémonie, écoutant
le discours de
George W. Bush, qui
a rendu un hommage
tendre et souriant
à son père.
Ci-dessous, accompagnés
de leurs épouses, les
présidents américains
Donald Trump,
Barack Obama,
Bill Clinton et
Jimmy Carter.
Le prince de Galles
salue le vice-président
des États-Unis Mike Pence
et son épouse, Karen.
Le roi Abdallah et la reine
Rania de Jordanie.
24
PINT DE VUE
Funérailles
de George H. W. Bush
L’ADIEU
AU PÈRE
Le 41e président des États-Unis s’est éteint
le 30 novembre chez lui, à Houston, à l’âge
de 94 ans. De nombreuses personnalités ont fait
le déplacement cinq jours plus tard pour assister
à ses obsèques en la cathédrale nationale de
Washington. En rendant hommage à celui qui
restera le chef de la coalition internationale
pendant la guerre du Golfe, son fils George Bush
a donné, le temps d’une cérémonie poignante,
l’image d’une nation unie. Par Pierre Castel
PINT DE VUE
25
© BRENDAN SMIALOWSKI / AFP (3), ALEX BRANDON / POOL / AFP
I
l se lève et les salue consciencieusement. Donald et Melania
Trump d’abord, puis Barack et Michelle Obama, Bill et Hillary
Clinton ensuite, Jimmy et Rosalynn Carter enfin. George
W. Bush retient ses larmes. Dans un sourire, il glisse un bonbon à Michelle Obama – geste de complicité déjà aperçu lors
des funérailles de John McCain. Anciens et actuel présidents des
États-Unis accompagnés des first ladies ont pris place au premier rang
dans la cathédrale nationale de Washington pour rendre un dernier hommage à George H. W. Bush, le premier chef d’État américain post-guerre
froide. En ce jour de deuil national, les débats à la Cour suprême et les
votes au Congrès sont suspendus, Wall Street et la bourse de Chicago ont
fermé. Sur les bâtiments officiels, les drapeaux seront en berne pour tout
le mois de décembre. Fait rarissime, le président en exercice ne prend pas
la parole et laisse George Bush se charger de l’éloge funèbre. « Pour nous,
il était proche de la perfection. Mais il n’était pas parfait. Il n’excellait
pas au golf. Il ne dansait pas comme Fred Astaire. Il ne mangeait pas de
légumes. Et surtout pas de brocolis. J’ai d’ailleurs hérité des mêmes gènes
défectueux. » Ces paroles, pleines d’un humour tendre, sont celles d’un
fils. Elles touchent le prince de Galles, le roi Abdallah et la reine Rania
de Jordanie, font sourire la chancelière Angela Merkel et les anciens viceprésidents des États-Unis Al Gore, Dick Cheney, Joe Biden. Depuis la
chaire de la cathédrale, il poursuit sur un ton plus personnel encore :
« Mais dans notre peine, nous pouvons sourire, en pensant que papa serre
à nouveau maman dans ses bras. » George Bush regarde une dernière fois
le cercueil drapé de la bannière étoilée qui partira bientôt pour le Texas
à bord de l’avion présidentiel, exceptionnellement mis à la disposition
de la famille Bush par Donald Trump. Tous devaient se retrouver mardi
11 décembre au nord de Houston, dans la ville de College Station. Au
cœur d’un jardin, à l’arrière de la bibliothèque présidentielle qui porte
son nom, le 41e président des États-Unis va reposer, selon ses dernières
volontés, auprès de son épouse Barbara, disparue en avril dernier, et de sa
fille Robin, décédée d’une leucémie à l’âge de 3 ans, en 1953. 
Réception
d’Adrien Goetz
à l’Académie
des beaux-arts
L’ÉPÉE D’UN
INCLASSABLE
L’écrivain et historien de l’art a fait entrer le genre du roman
policier sous la coupole de l’Institut de France. Adrien Goetz, élu dans
la section des membres libres le 17 mai 2017, vient d’y recevoir
son épée d’académicien des mains de Pierre Rosenberg devant un
parterre de 350 invités. Un rêve d’enfance devenu réalité.
Par Marie-Émilie Fourneaux Photos David Atlan
26
PINT DE VUE
Adrien Goetz
en habit
d’académicien,
un modèle
de 1875 créé par
l’atelier Scavini.
Son épée, son
bicorne
et ses gants blancs
en main, il pose
en ce 5 décembre
dans la cour
de l’Institut
de France, devant
la coupole sous
laquelle il fut reçu.
PINT DE VUE
27
graveur Joaquin Jimenez qui a inscrit sobrement le
nom du nouvel académicien, la date de son élection
et une petite branche d’olivier, symbole de l’Institut de France. Puis elle s’est retrouvée dans les mains
de Pierre Rosenberg, l’ancien président-directeur du
musée du Louvre, chargé de la lui remettre pendant
la cérémonie. « Le rôle du comité de l’épée est d’offrir
une épée à l’élu, explique-t-il lors de son discours.
Mais cette indispensable épée, vous la possédiez déjà.
À quoi peut servir un comité de l’épée qui n’a plus
d’épée à se mettre sous la dent, si j’ose dire ! Au lieu
d’une épée, le comité vous a offert d’utiles étagères
prêtes à accueillir ces livres que vous chérissez. » Une
originalité dont Adrien Goetz a usé en faisant appel
à la designer Constance Guisset pour dessiner non
seulement ces meubles, mais aussi son porte-épée.
Ce fourreau noir traversé d’une ligne jaune apporte
une touche contemporaine à son habit qu’il a voulu
traditionnel. « Adrien a souhaité le modèle de 1875
dans le respect de l’historicité et en souvenir de sa
thèse dédiée au XIXe siècle, explique le tailleur Julien
Scavini. C’est la tenue d’académicien typique, un
canon du genre avec ses broderies au bon compromis
de vert et de jaune, sa chemise à plastron et son col
cassé assez haut, son bicorne et ses gants blancs en
chevreau glacé, une technique devenue rare. »
La nuit est tombée lorsque les convives félicitent
dans la cour pavée de l’Institut le nouvel académicien coiffé de son bicorne. « L’habit est fait pour
lui », nous confie alors Stéphane Bern. « C’est un ami
de trente ans qui fait son travail très sérieusement,
sans se prendre au sérieux », résume-t-il. « On le
perçoit bien en lisant ses “intrigues” se déroulant
à Versailles, Giverny ou Venise. Je lui ai d’ailleurs
demandé d’adapter ses romans pour des fictions
télé que j’aimerais faire. » Ainsi de La Dormeuse de
l y a un petit côté Monsieur Jourdain Naples, son roman écrit en 2004 autour du chefdepuis ce matin. Arrivent les tailleurs, d’œuvre d’Ingres et pour lequel il reçut le prix des
les photographes… », s’amuse Adrien Deux Magots et le prix Roger-Nimier. À moins que
Goetz, installé dans l’un des salons de Stéphane Bern ne se lance aux côtés de Pénélope, la
l’Institut de France. Derrière son appa- conservatrice et héroïne de Goetz, sur la piste d’un
rente décontraction, l’historien de l’art tableau de Rembrandt à Venise, ou qu’il plonge avec
et romancier prend toute la mesure de ce jour tant Achille dans l’univers de la Villa Kérylos… Hugues
attendu. Dans quelques minutes,
Gall, ancien directeur de l’Opéra
350 invités assisteront, sous la
de Paris, confrère académicien, le
coupole du palais, à sa récepsouligne dans son éloge : « J’aime
tion à l’Académie des beaux-arts.
la manière dont vous vous empaIl s’y prépare depuis son élection,
rez d’un sujet, toujours réel et
il y a un an et demi, au fauteuil
historique, mais avec quelle imade Pierre Dehaye, ancien direcgination ! Écrivain, c’est ce qui
teur de la Monnaie de Paris. Mais
vous permet d’être engagé et de
Son grand-père,
l’ancien normalien y songe en
livrer vos combats. Durant dix
réalité depuis l’âge de 10 ans. En
ans, avec l’association Patrimoine
en 1976.
son jour anniversaire, son grandsans frontières, vous avez défendu
père, chartiste, lui offrit l’épée d’un aïeul officier. l’idée que le patrimoine n’est pas fait que de palais
« Ce sera la tienne quand tu rentreras à l’Institut », à Venise. » Nul académisme en effet à l’Académie
lui prédit-il. Une destinée ? « Plutôt une plaisan- des beaux-arts, clament ses membres. L’inclassable
terie que j’ai prise au pied de la lettre ! », rétorque Adrien Goetz, qui milite pour une ouverture de
aujourd’hui le jeune quinqua. Accrochée depuis lors l’institution aux disciplines du cinéma d’animation
dans sa chambre d’enfant, elle a été confiée au maître ou de la bande dessinée, en est la preuve vivante. 
«
Sous la coupole
du palais
de l’Institut de
France, après
le discours
de Hugues Gall,
ex-directeur
de l’Opéra de
Paris, Adrien
Goetz prononce
l’éloge
posthume
de son
prédécesseur
Pierre Dehaye,
ancien directeur
de la Monnaie
de Paris, avant
de recevoir
son épée des
mains de Pierre
Rosenberg.
28
PINT DE VUE
I
« Ce sera ton
épée lorsque
tu rentreras
à l’Institut. »
L’épée d’Adrien Goetz. Dans la
bibliothèque de l’Institut, de
gauche à droite, Hugues Gall,
Adrien Goetz, Henri Loyrette,
ancien directeur du musée
d’Orsay, Muriel Mayette-Holtz,
ex-directrice de la villa Médicis
et élue le même jour qu’Adrien,
Patrick de Carolis qui présida la
cérémonie, et François-Bernard
Michel, membre de l’Académie
nationale de médecine.
Parmi les
350 invités,
le président
Valéry Giscard
d’Estaing,
le journaliste
Stéphane Bern,
la galeriste
Raphaëlle
Bolloré-Bischoff,
l’écrivaine
Amélie de
Bourbon-Parme,
la princesse
Chantal de
France et son
époux, le baron
François-Xavier
de Sambucy.
PINT DE VUE
29
Entourant Juliana, les jeunes parents et leurs deux autres filles, Magdalena, née en 2016,
et Maria-Stella, née en 2013. Ci-contre, l’église Saint-Nicolas de Combloux, où Mgr Massimo
de Gregori a baptisé la petite archiduchesse, dont le père Will Conquer est le parrain.
30
PINT DE VUE
Archiduc et archiduchesse
Imre et Katleen d’Autriche
TENDRE BAPTÊME
L’archiduchesse Juliana, troisième fille
de Imre et Kathleen de HabsbourgLorraine, née le 14 octobre à Genève, a
été baptisée en Haute-Savoie. Originaire
de Cincinnati, la jeune maman, qui avait
rencontré Imre – fils de l’archiduc
Carl Christian d’Autriche et de la
princesse Marie-Astrid de Luxembourg –,
à Washington, nous parle de cette
journée particulière et des fêtes de Noël
qui se préparent. Par Katharina Zilkowski
Photos Anne du Chastel
L
e baptême de la petite
Juliana a eu lieu à Combloux,
dans le massif du MontBlanc. Avez-vous une
relation particulière avec
ce village français ?
Notre famille
passe beaucoup de temps dans ces montagnes près de
ARCHIDUCHESSE KATLEEN D’AUTRICHE :
Genève et nous y gardons de merveilleux souvenirs de
ski, de randonnées et de bonnes conversations. Nous
nous arrêtons souvent pour prier dans la belle et vieille
église de Combloux, il nous a donc semblé naturel de
baptiser Juliana sous la protection du mont Blanc.
Mgr Massimo de Gregori de la Mission du Saint-Siège
auprès des Nations unies est un ami de la famille. Il a eu
la gentillesse d’officier. Nous avions invité plusieurs amis
PINT DE VUE
31
De gauche à droite, en aube d’enfant de chœur, le comte Leopold, fils de l’archiduchesse Marie-Christine, l’archiduchesse
Gabriella tenant dans ses bras sa fille Victoria de Bourbon-Parme, l’archiduc Alexander, l’archiduc Imre et l’archiduchesse
Kathleen avec leurs enfants, les archiduchesses Maria-Stella, Magdalena et Juliana, l’archiduchesse Marie-Christine avec
devant elle son plus jeune fils le comte Gabriel, l’archiduc Carl Christian d’Autriche et son épouse la princesse Marie-Astrid
de Luxembourg, l’archiduc Christoph et son épouse l’archiduchesse Adélaïde, tenant dans leurs bras les archiduchesses
Katarina et Sophie, et le comte Rodolphe de Limburg-Stirum, époux de Marie-Christine, tenant le comte Constantin.
avec leurs enfants. Après la cérémonie, nous avons passé
l’après-midi dans une ferme pédagogique, où les enfants
et les adultes ont été accueillis par deux cents vaches, des
chèvres et des lapins. Nous avons beaucoup appris sur
la fabrication du reblochon, une ancienne tradition dans
cette partie de la France.
Comment avez-vous choisi les parrains ?
La marraine et le parrain de Juliana
sont sa tante Marie-Christine, sœur
aînée de mon époux, et le père Will
Conquer, prêtre des Missions étrangères de Paris, ordonné en juin. Il
part en mission au Cambodge dans
quelques mois. C’est un vieil ami et
Juliana pourra toujours compter sur
lui. Ma belle-sœur aussi, mère de
trois garçons, est très attentionnée et
saura nous conseiller dans l’éducation de Juliana.
Je pense que les filles ont beaucoup apprécié l’ambiance festive et elles ont montré avec enthousiasme
leur nouvelle petite sœur dans sa robe blanche à leurs
amis. Magdalena est particulièrement fière de son nouveau rôle de « grande sœur » – même si nous sommes
souvent obligés de lui dire de ne pas serrer le bébé trop
PINT DE VUE
Quels sont les traits de caractère
de Maria-Stella et Magdalena ?
Maria-Stella est très sensible et maternelle avec une
volonté très forte. Elle est souvent la première à remarquer si une personne est triste ou contrariée et à essayer
de la réconforter. Magdalena est
notre petite « casse-cou ». Pleine
d’énergie, elle se lance dans toutes
sortes d’aventures. Elles sont aussi
très affectueuses. Nous essayons de
les éduquer avec amour et bienveillance, en les écoutant, en respectant
leur personnalité et leurs émotions.
J’admire particulièrement la philosophie de Maria Montessori.
« La robe
de baptême
de Juliana
a été
confectionnée
à Paris. »
Comment Maria-Stella et Magdalena, les
grandes sœurs de Juliana, ont-elles vécu
cette journée ?
32
fort… Cela me rappelle l’expression de Shakespeare,
elle l’aime « pas sagement mais trop bien » !
La robe de baptême portée par
Juliana a-t-elle une histoire ?
Juliana est la deuxième de nos enfants à porter cette
robe. Elle a été confectionnée à Paris avant la naissance
de Magdalena par une merveilleuse couturière qui
s’appelle Cécile de La Chapelle. Nous lui avons apporté
mes croquis ainsi que de vieilles dentelles qu’elle a
ensuite magnifiquement cousues dans la robe.
Quelle est votre plus grande joie
avec vos enfants ?
Je pourrais réfléchir à cette question pendant des
heures ! Le privilège de regarder ces êtres précieux grandir et s’épanouir, le cadeau de leurs
baisers et caresses, la joie de voir leur personnalité se développer, les regarder jouer avec
leur père, qui est plein d’amour pour elles.
Quelle partie de votre
éducation américaine voulez-vous
donner à vos enfants ?
J’espère leur transmettre la notion que le
travail et la détermination rendent possibles
les choses, même les plus difficiles. Les
Américains ont un franc-parler, parfois un
peu démesuré je vous l’accorde, mais il me
semble important d’assumer ses convictions et ses opinions, dans un monde où le débat d’idées est essentiel.
Enfant, rêviez-vous d’une grande famille ?
J’ai longtemps été enfant unique et rêvais de frères
et sœurs ! Mon rêve est devenu réalité quand j’ai eu
10 ans, mes parents ont finalement eu six autres enfants !
Les grandes familles sont merveilleuses. Elles nous
apprennent à partager, à échanger, à aimer, à gérer les
attentes, à – tout simplement – vivre avec d’autres.
Imre et vous êtes tous deux
très croyants. Quelle place tient
la foi dans votre quotidien ?
C’est un grand privilège de partager notre foi avec nos
filles. Les enfants ont une vie spirituelle tellement sincère
et joyeuse – que ce soit en apprenant la vie de Jésus et
« Mary », en lisant les histoires
des saints, ou en chantant
et en priant ensemble avant
de se coucher. Nous entrons
maintenant dans le temps
de l’Avent où nous contemplons ce grand mystère
de la naissance d’un bébé
dans une simple étable.
Avec notre nourrisson à la
maison, cette attente jusqu’à
Noël est encore plus spéciale
cette année.
Quels sont les rituels de Noël
dans votre jeune famille ?
Nous aimons décorer l’arbre ensemble, allumer la
couronne de l’Avent la nuit, célébrer saint Nicolas,
trouver des moyens d’aider les plus démunis et les
personnes seules de notre communauté.
Les cadeaux de Noël jouent-ils
un rôle pour vos enfants ?
Nous essayons de ne pas trop mettre l’accent sur les
cadeaux – Noël peut devenir très vite une fête un peu
matérialiste – mais oui, chaque enfant reçoit quelques
présents sous le sapin. Plus important encore, nous
essayons de leur donner des souvenirs de cette célébration avec leurs parents, leurs grands-parents et leurs
cousins – en chantant, en priant et en s’amusant ! 
En haut à
gauche, les
deux sœurs
de l’archiduc
Imre, les
archiduchesses
Marie-Christine
et Gabriella,
avec leurs
enfants, le
comte Gabriel
et Victoria
de BourbonParme.
L’après-midi
à Combloux
fut aussi
instructive
que tendre.
Petits et
grands se sont
rendus dans
une ferme
éducative pour
apprendre les
secrets de la
fabrication
du reblochon.
Maria-Stella
semble très
à l’aise avec
les animaux.
PINT DE VUE
33
Dimitri de Yougoslavie
Un prince à New York
Petit-fils d’Umberto II, le dernier roi d’Italie, et de Paul, le dernier régent
de Yougoslavie, le prince Dimitri vit à New York depuis 1984. Passionné
de joaillerie depuis sa tendre enfance, il crée des bijoux aussi éblouissants que
les branches de son arbre généalogique. Par Kitty Russell Photos Eva Sakellarides
34
PINT DE VUE
B
eekman Place. Un
nom qui évoque
l’Angleterre et pourtant nous sommes
bien à Manhattan.
Un quartier newyorkais, le plus select de l’Upper
East Side, où nous attend Dimitri
de Yougoslavie. Devant l’immeuble
cossu, passé la marquise en toile sur
laquelle flotte la bannière étoilée, le
portier en uniforme à boutons dorés
nous annonce. « The prince is waiting for you », dit-il avec égard. Dans
l’ascenseur aux boiseries anciennes,
le fantôme d’un ancien liftier semble nous accompagner. L’accueil du
prince est radieux en dépit du temps
exécrable. Avec son sourire légendaire, Dimitri nous propose un thé.
Pendant qu’il s’affaire dans la cuisine,
Dimitri
à son bureau
dessine un
projet
pour une amie.
Ses bijoux
de pierres
précieuses
et semiprécieuses,
légers et
féminins,
jouent avec
la lumière.
PINT DE VUE
35
nous passons au salon, où résonnent les douces notes d’un nocturne
de Chopin. « Je n’écoute que du
classique. Ça m’apaise et m’aide à
bien démarrer la journée. Avec la
méditation, c’est devenu un rituel
journalier indispensable. »
L’espace est à son image, chaleureux
et cosy. Un maître feng shui a aidé
Dimitri à disposer meubles et miroirs. Çà et là des pièces chinoises et
autres talismans apportent la bonne
chance et l’énergie. S’il n’y avait les
tours et les châteaux d’eau iconiques
de la ville, aperçus des fenêtres de
l’appartement, nous pourrions nous
croire en Europe. Plafonds à moulures, tapis chatoyants, tableaux
d’ancêtres et photos de famille dans
leurs cadres d’argent… Les objets
précieux, ici, racontent une histoire
souvent royale. Installés conforta-
Dimitri chez
son fleuriste
Zeze sur
la Première
Avenue,
à New York.
Dans sa
cuisine, les
clichés de
cousins royaux
postés sur son
réfrigérateur
racontent
ses souvenirs,
comme
ci-dessus avec
la reine Sylvia
de Suède.
36
PINT DE VUE
blement dans de profonds canapés,
nous savourons le thé délicieusement parfumé servi dans de la porcelaine fine. « Le thé est un autre
rituel, raconte Dimitri, c’est presque
une cérémonie. Je peux passer des
heures à choisir mes arômes, car j’en
bois des litres lorsque je travaille. »
Depuis 2007, « prince Dimitri »
comme il est connu ici, crée des
bijoux sous la marque qui porte son
nom. Venu s’installer à New York au
début des années 1980, il œuvre un
temps comme courtier à Wall Street,
avant d’intégrer la célèbre maison
de ventes Sotheby’s. Passionné de
pierres et de bijoux anciens, Dimitri
va rapidement se retrouver à la tête
du département de haute joaillerie.
En parallèle, il étudie la gemmologie.
« J’ai grandi à Versailles, entouré de
beauté. Je pouvais passer des heures
à jouer avec les bijoux de ma grandmère, la princesse Olga de Grèce. »
Petit déjà, Dimitri adore venir à
Paris pour accompagner sa maman,
la princesse Maria Pia de Savoie, chez
les joailliers de la place Vendôme.
Son père, le prince Alexandre, est à
l’époque proche du shah d’Iran et,
lors d’un voyage à Téhéran, le prince
adolescent a la chance de pénétrer dans
le coffre-fort du palais pour admirer
l’inestimable collection de l’empereur
perse. « Il y avait des sabres avec des
émeraudes aussi grosses qu’une orange,
se souvient-il. Le célèbre diamant
Daria-i-noor, qui pèse 182 carats, et
une multitude de plateaux et d’écrins
de pierres précieuses. On aurait dit
des bonbons ! […] J’avais déjà vu les
bijoux de la Couronne britannique
de tante Lilibeth [la reine Élisabeth II,
ndlr], mais le souvenir de cette collection impériale reste à jamais un grand
moment de ma vie. »
Au tournant du millénaire, devenu
un expert reconnu, le prince conseille
un ami chilien qui veut monter des
pierres en boutons de manchettes.
Le résultat est si joli qu’ils en imaginent d’autres. Le succès commercial
est au rendez-vous. La vocation de
Dimitri est née : créer ! En 2007, il
se lance et fonde sa griffe : Prince
Dimitri. Les « New York socialites »
se pâment pour ses bijoux sexy, mais
qui évoquent la vieille Europe. Et ça
marche. Depuis, il vend aussi à une
clientèle internationale via son site
Internet. Dans un coin du salon,
son bureau trône devant une bibliothèque. Sur la table, pots de crayons
colorés, catalogues d’expos et échantillons en tout genre se mêlent dans
un joyeux fouillis. Parmi les présentoirs et les plateaux de velours couverts
de gemmes acidulés, un croquis à la
gouache. « C’est un projet pour une
amie, explique le prince. Je crée mes
pièces, mais j’aime aussi transformer
des bijoux vintage ou des pierres familiales, en leur apportant ma touche
personnelle. Mes clientes savent que je
peux moderniser un héritage qu’elles
gardaient au fond d’un tiroir. Je fais
revivre leurs souvenirs ! »
Urbain, Dimitri puise son inspiration
dans les rues de New York, « un vivier
d’une incroyable énergie » et dans la
nature toute proche. Comme beaucoup de New-Yorkais il se ressource
le week-end chez des amis dans les
Hamptons, à Long Island. « Je suis un
professional guest », confie-t-il dans un
éclat de rire ! Connecté, Dimitri utilise
activement les réseaux sociaux pour
promouvoir son savoir-faire comme
pour raconter des anecdotes sur
ses ancêtres. Son compte Instagram
(@princedimitri) fait parfois concurrence à Point de Vue tant on y croise
de têtes couronnées ! Un correspondant royal en quelque sorte. Merci
mon prince ! 
princedimitri.com
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PINT DE VUE
© DANAPRESS/CRYSTAL PICTURES, FREDRIK SANDBERG/AP/SIPA@
Prix Nobel
Les dessous
d’un scandale
Le 10 décembre dernier, les lauréats
de la récompense la plus célèbre du monde
se sont retrouvés à Stockholm pour recevoir
leur prix des mains du roi Carl XVI Gustaf.
Seul manquait à l’appel le Nobel de
littérature, non remis cette année pour
cause de scandale au sein de la prestigieuse
institution. Retour sur un feuilleton qui a failli
ébranler la monarchie suédoise. Par Anna Lund
En décembre 2017, la cérémonie de remise des prix Nobel se
déroule en majesté en présence du roi Carl XVI Gustaf, de la reine
Silvia et de la princesse héritière de Suède. Dans les coulisses,
l’Académie suédoise commence déjà à être ébranlée par les
accusations du journal Dagens Nyheter. Ci-dessus, le Français
Jean-Claude Arnault, l’homme par qui le scandale arrive.
PINT DE VUE
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E
2
n 2016, déjà, Bob Dylan n’était pas
venu. Boudant le plaisir d’une soirée
de gala au rituel immuable, le chanteur
américain célébré pour sa contribution à la poésie mondiale avait laissé
sa compatriote Patti Smith s’emmêler les pinceaux dans les paroles d’une de ses chansons.
Devant ce cafouillage, la famille royale était restée imperturbable, rompue au cérémonial de ce banquet qui voit
chaque année défiler l’élite mondiale des sciences et des
lettres. Mais aucun des protagonistes de cet événement
surnommé le « jour magique » par les Suédois n’aurait pu
imaginer que deux ans plus tard, le prix Nobel de littérature ne serait même pas décerné. Le couperet est tombé le
3 mai dernier, quand les membres de l’Académie suédoise,
créée en 1786 par le roi Gustav III sur le modèle de l’Académie française, et chargée de décerner le prix Nobel de
littérature depuis 1901, ont décidé d’en reporter l’attribution en 2019. La conséquence de révélations en cascade,
qui ont laissé l’institution en ruine, allant même jusqu’à
provoquer une discussion sur le rôle et les compétences du
souverain suédois, « protecteur » de l’académie.
L’homme par qui le scandale est arrivé dans le petit monde
feutré de l’élite culturelle suédoise est pourtant… français.
Jean-Claude Arnault, 72 ans, est marié à la poétesse et
académicienne Katarina Frostenson. Le 21 novembre
2017, dans le sillage du mouvement #metoo, le quotidien
Dagens Nyheter publie une série de témoignages – dix-huit
au total. Des femmes, certaines à visage découvert, d’autres
anonymement, l’accusent de harcèlement, viol et agressions sexuelles. Huit portent plainte. Sept sont déboutées,
les faits étant prescrits ou les preuves insuffisantes. Le
1er octobre dernier, le Français est condamné à deux ans de
prison pour le viol d’une femme. Le 3 décembre, sa peine
a été alourdie en appel de six mois, la justice l’ayant déclaré
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PINT DE VUE
coupable de deux viols sur cette même femme.
Les révélations font l’effet d’une bombe. Jean-Claude
Arnault n’est pas seulement l’époux d’une académicienne. Arrivé en Suède en 1969, l’homme au passé
nébuleux dirige depuis 1989 le Forum, un lieu d’exposition à Stockholm, où se retrouve le gratin de la
culture suédoise. Non seulement l’endroit est partiellement financé par l’académie, mais certains des
faits qui lui sont reprochés auraient eu lieu dans les
appartements de l’institution, dont celui dont il avait
la charge… rue du Cherche-Midi à Paris. Selon les
témoignages, il aurait abusé de ses liens avec l’académie pour exiger des faveurs sexuelles et réduire au
silence celles qui menaçaient de le dénoncer. JeanClaude Arnault est également accusé d’avoir ébruité
les noms de plusieurs lauréats du Nobel avant qu’ils
ne soient officialisés. Il se serait même vanté d’avoir
pesé sur le choix de certains.
Devant l’ampleur des révélations, la secrétaire perpétuelle de l’académie, Sara Danius, première femme à
occuper le poste, prend rapidement les choses en main.
Dès le 22 novembre 2017, elle contacte un cabinet
d’avocats qu’elle charge de mener une enquête interne,
pour déterminer les responsabilités de chacun. Qui
était au courant des accusations ? Y a-t-il eu des tentatives pour étouffer l’affaire ? Et surtout, l’académie
s’est-elle rendue coupable de conflits d’intérêts, en
finançant la société du conjoint d’un de ses membres ?
Le 10 décembre 2017, les festivités reprennent le
dessus. Sur la scène du Konserthuset, le roi distingue
l’écrivain britannique d’origine japonaise, Kazuo
Ishiguro. Le 20 décembre, la famille royale au complet assiste à la séance publique annuelle de l’académie.
Officiellement, l’institution plus que bicentenaire,
joyau de la scène culturelle suédoise, panse ses plaies.
© SICA DAVID/STELLA PICTURES/ABACA, EPA/MAXPPP, JONAS EKSTROMER/AP/SIPA, JONATHAN NACKSTRAND/AFP
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3
Mais derrière les portes, un bras de fer s’engage, qui
apparaît au grand jour le 6 avril quand trois académiciens annoncent qu’ils quittent leur fauteuil. On
apprendra plus tard que les immortels ont voté sur le
sort de Katarina Frostenson la veille. La poétesse aurait
omis d’informer ses pairs qu’elle était copropriétaire du
Forum, ce qui pourrait constituer un conflit d’intérêts.
La majorité des académiciens, cependant, a choisi de
lui apporter son soutien, suscitant la colère des trois
démissionnaires.
Le conflit s’envenime encore un peu
plus la semaine suivante quand Sara
Danius est relevée de ses fonctions
de secrétaire perpétuel. En contrepartie, Katarina Frostenson est
priée de se tenir à distance. Le nouveau secrétaire perpétuel, l’écrivain
Anders Olsson, assure que l’idée de
ce compromis lui est venue « après
une discussion avec le roi ». Mais
l’information est immédiatement
démentie par la cour. Par la voix de
sa porte-parole, Margareta Thorgren, le monarque nie
avoir été « impliqué dans les décisions de l’académie »
et rappelle qu’il « ne doit pas avoir et n’a pas d’opinions
sur le travail interne de l’académie ». Impossible toutefois pour Carl XVI Gustaf de rester bien longtemps en
retrait. Car le règlement de l’institution, datant de 1786,
en paralyse le fonctionnement. D’un côté, ses membres
sont élus à vie et ne peuvent être remplacés avant leur
mort. De l’autre, le règlement exige la présence d’un
quorum de douze académiciens au minimum pour en
élire un nouveau. Or entre les démissionnaires et les
exclus, huit fauteuils restent vacants chaque jeudi et les
immortels ne sont plus que dix.
4
On en appelle donc au roi. En tant que protecteur de
l’académie, lui seul pourrait modifier le règlement. Mais
le sujet est sensible, comme en témoigne le débat qui
émerge entre juristes. Le monarque suédois a beau être le
chef d’État, il ne dispose d’aucun pouvoir. Or l’académie
est une des institutions les plus prestigieuses du royaume.
La légitimité d’une intervention royale fait polémique.
Dans une tribune publiée sur le site Dagensjuridik, l’avocate Katarina Ahlström met en garde contre le précédent
dangereux que pourrait constituer une ingérence du
souverain, évoquant une « déviation
sérieuse » de la Constitution telle
qu’elle a été réformée en 1974, le
roi n’ayant qu’une « fonction représentative », rappelle-t-elle. Mais qui
d’autre que lui pourrait tirer l’académie de l’impasse ?
Finalement, il faudra toute la
finesse et l’expertise d’une équipe
de juristes embauchée par la cour
pour parvenir à un compromis. Le
18 avril, Carl XVI Gustaf annonce
une « clarification du règlement » – pas une modification. C’en est fini de l’immortalité des académiciens,
autorisés à quitter leurs fauteuils avant le trépas.
« En droit suédois et international, la possibilité de
se retirer pour toute personne ne souhaitant plus être
membre d’une organisation est un point de départ
donné », justifie le monarque. Comme le souligne
la spécialiste du gotha suédois Jenny Alexandersson,
« ce scandale a éclaboussé le prix Nobel, l’une des plus
importantes vitrines de la Suède dans le monde. Au
cœur de ce tsunami, le roi est apparu comme la personne la plus rationnelle, capable de faire preuve d’un
sang-froid déterminant. » l
Le 18 avril
dernier, le roi
de Suède
annonce « une
clarification du
règlement »…
1. En 2015,
la poétesse
et membre
de l’académie,
Katarina
Frostenson,
et son mari,
Jean-Claude
Arnault sont
encore
des figures en
vue de la haute
société suédoise.
2. Secrétaire
perpétuel de
l’académie,
Sara Danius se
voit contrainte
de quitter son
poste, en avril
dernier, sous la
pression d’autres
« immortels ».
3. Une réunion
de l’Académie
suédoise,
inspirée de
l’Académie
française.
4. Carl XVI
Gustaf s’est
retrouvé dans
la situation
délicate de
statuer sur cette
institution…
sans être taxé
d’ingérence.
PlINT DE VUE
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Alexandre Astier
Le secret
de sa potion magique
Le créateur de la série Kaamelott revient en haut de l’affiche. Coréalisateur
du film d’animation Astérix – Le Secret de la potion magique, l’humoriste reprend
les aventures du plus célèbre des guerriers gaulois. Entretien. Par Jérôme Carron
D
ans un palace parisien, Alexandre
Astier fait le job. Le Lyonnais, contrebassiste de formation et créateur
de Kaamelott, sacrifie à la promotion de son second film d’animation,
coréalisé avec Louis Clichy. Et si son
œil s’éclaire lorsque vous lui dites avoir aimé le film, il
fronce les sourcils lorsque vous ne prononcez pas correctement le nom de Pectine, l’un des personnages du
long-métrage. L’artiste reste perfectionniste en toutes
circonstances. Compositeur, scénariste, réalisateur,
acteur, musicien, monteur… ses talents lui avaient valu
la confiance d’Albert Uderzo pour la réalisation d’un
premier épisode, Astérix, Le Domaine des dieux. Pour
le second, Alexandre Astier tenait à sa propre histoire
originale, quitte à briser un tabou du monde de la bande
dessinée, en faisant vieillir un héros que l’on croyait sans
âge. En effet, Panoramix, angoissé par prendre de l’âge,
part à la recherche de son successeur pour lui transmettre la recette de sa potion magique. « Je n’étais pas sûr de
convaincre. En fait cela a plu. Uderzo m’a dit : “Je croyais
trois secondes. Et après trois années de travail, vous avez
enfin de la lumière sur vos personnages, des effets, de
la transparence. À vrai dire cela ne fait que quelques
semaines que le rendu visuel est beau ! »
L’interprète du roi Arthur préfère sa famille de fidèles
artisans aux courtisans d’un jour. En dehors d’Astérix
doublé par Christian Clavier depuis la retraite de Roger
Carel, les acteurs du film sont presque les mêmes que
ceux du Domaine des dieux. Alexandre Astier, père de six
enfants, s’est inspiré de sa progéniture pour Pectine : « J’ai
écrit ce personnage en pensant à mes enfants. Ceux qui
bricolent, inventent, posent des questions. Ce film raconte que c’est à eux qu’il faut laisser les clés, aux gens
curieux, à ceux qui fabriquent, beaucoup plus qu’aux
diplômés d’académie. » Derrière le gag visuel – « Moi,
j’adore quand les gens se font exploser des trucs à la
figure » –, Alexandre Astier interroge aussi sur la transmission, l’équité. « Pourquoi la potion magique a toujours
été utilisée pour sauver un petit groupe, et jamais pour
l’intégralité de la Gaule ? C’est à ça que ce film tente
de répondre », explique-t-il d’un œil gourmand. A-t-il
qu’il ne restait plus de sujets fondamentaux pour Astérix.
Je pensais qu’avec René Goscinny on avait tout balayé.
Mais il en restait un.” » Après l’accord des ayants droit,
vient le temps de la comédie : « Il n’y a pas d’image,
quand les acteurs viennent jouer leurs personnages, on
enregistre d’abord leurs voix. On se retrouve dans une
pièce avec trois micros. C’est artisanal. Au mot près. »
Un exercice plus léger que la fabrication elle-même ?
« Au début les dessins sont griffonnés, une image pour
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PlINT DE VUE
pensé à cette génération en créant les gags ? « C’est difficile de faire rire des enfants pour de bonnes choses. C’est
compliqué. Moi je rigole d’à peu près tout, donc
j’écris sans y penser, pas pour faire rire un tel et un
tel. » Le temps d’une dernière question : « Quelle a
été sa potion magique pour venir à bout du film ? »
Alexandre Astier lève les yeux au ciel : « La patience ! » l
Voir Astérix – Le Secret de la potion magique,
d’Alexandre Astier et Louis Clichy.
© JOEL SAGET/AFP, SND (3)
Les célèbres Gaulois sont de retour dans Astérix – Le Secret de la potion magique, un film d’animation réalisé
par Alexandre Astier et Louis Clichy. Le créateur de Kaamelott signe une histoire originale, dans laquelle le
druide Panoramix, inquiet de prendre de l’âge, décide de trouver un apprenti pour lui transmettre ses secrets.
PINT DE VUE
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Windsor
Noël au palais
À VOS SAPINS !
Au palais de Buckingham comme au palais royal de Bruxelles, au
château de Haga comme à la Maison Blanche, les préparatifs de Noël
vont bon train. Les femmes de la maison, qu’elles soient reines ou
épouse de président, ne laissent à personne le soin de préparer le plus
beau des décors, comme autant de sources d’inspiration. Par M-E. L. P.
Buckingham
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PINT DE VUE
CHRISTMAS
PARTY
W
© PARSONS STEVE/PA WIRE/ABACA (2), VISUAL PRESS AGENCY, JULES ANNAN/PHOTOSHOT/ABACA, ROYAL COLLECTION TRUST/©HER MAJESTY QUEEN ELIZABETH II 2017
indsor (photos cicontre), Buckingham,
Sandringham… Reprenant
une tradition instaurée par
sa trisaïeule la reine Victoria,
Élisabeth II adore plonger
ses palais dans l’ambiance
de Noël, grâce à de
grands sapins Nordmann
prélevés dans le parc de
Windsor. D’ores et déjà,
la souveraine a enregistré
son message de Noël
qui sera retransmis à la
télévision le 25 décembre.
Une semaine avant la fête
de la Nativité, elle a réuni
enfants, petits-enfants
et neveux pour un grand
déjeuner à Buckingham.
Puis viendra le départ
à Sandringham vers le
20 décembre où le clan
Windsor resserré a rendezvous. Le 24 décembre,
Gangan comme l’appellent
ses arrière-petits-enfants,
pourra compter sur l’aide
de ces derniers pour
mettre la dernière main
au sapin en le décorant
de répliques de couronnes
royales et de carrosses en
feutrine brodée… vendus
14,95 £ à la boutique
de Buckingham.
Windsor
PINT DE VUE
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NOËL EN CHŒUR
D
© PALAIS ROYAL (2), BELGA/AFP, ROYALCOURT.SE (2), CHRIS JACKSON/GETTY IMAGES/AFP (2), MARC AUSSET LACROIX/BESTIMAGE
ès le 15 décembre, le palais royal
de Bruxelles se met en tenue de fête
pour accueillir le Concert de Noël. Il est
donné à l’invitation du roi Philippe et de
la reine Mathilde afin de remercier ceux
qui ont contribué au bon déroulement
des activités royales au cours de l’année
écoulée. La princesse Élisabeth aurat-elle le temps de rentrer à temps de
sa pension galloise ? Elle pourrait ainsi
découvrir la crèche installée près du
grand sapin et écouter la centaine de
jeunes choristes de la Monnaie, l’opéra
de Bruxelles, dans un programme de
chants… de Noël, retransmis quelques
jours plus tard par la RTBF.
L’AVANT-RÉVEILLON
AVEC CAMILLA
L
a duchesse de Cornouailles aime à dire que c’est son engagement
préféré. À la mi-décembre, elle accueillera pour la treizième
année consécutive des petits malades soutenus par des associations
caritatives dans sa résidence londonienne. Leur mission : décorer
le sapin de Clarence
House, guidés par une
bienveillante Camilla,
experte dans l’art
de l’accrochage de
chaussettes de Noël
miniatures, de guirlandes
en papier et de boules
argentées. Il leur
faudra juste passer par
l’impressionnant salut du
garde gallois coiffé de son
bonnet en poils d’ours.
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PINT DE VUE
LES BONS VŒUX
D’ESTELLE
C
haque fin d’année, les Suédois attendent comme
le Messie la vidéo publiée par le palais royal. Où
l’on découvre l’adorable Estelle en pleins préparatifs
des biscuits de Noël, encouragée par ses parents la
princesse héritière et le prince Daniel. Le feu crépite
dans la cheminée, les bougies sont allumées, les
boules de neige volent en rafale tandis que le petit
prince Oscar découvre les joies de la luge dans une
joyeuse ambiance. Et comme nous sommes en Suède,
les trolls veillent en silence tandis qu’Estelle envoie
ses bons vœux de Noël face à la caméra.
LE ROUGE
EST MIS
O
n peut compter sur la duchesse
de Castro pour préparer un
sapin de Noël à son image, glamour
et éclatant. Aidée par ses filles
Maria Carolina et Maria Chiara, la
princesse Camilla de Bourbon-desDeux-Siciles a misé l’an dernier sur
le rouge, accrochant d’imposantes
faveurs et une série de boules
argentées à un auguste sujet installé
dans l’appartement parisien de la
famille. Même son époux le duc de
Castro s’est mis au diapason avec
une cravate ton sur ton.
PINT DE VUE
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MELANIA À L’OUVRAGE
S
ous l’œil de George Washington,
Melania Trump, la first lady américaine,
s’est chargée en personne de l’ornement
des sapins de la Maison Blanche. Le corridor
de la demeure présidentielle est en tenue de
Noël depuis le 25 novembre, à grand renfort
de guirlandes illuminées et d’étonnantes
couronnes composées de crayons à papier
assemblés à des boules de verre mercurisées.
UNE AFFAIRE
DE FAMILLE
n Norvège comme
en Suède, l’approche
de Noël est l’occasion
de découvrir la famille
royale réunie autour de
la décoration du sapin.
À cette occasion, le roi
Harald et la reine Sonja
sont invités au domaine
de Skaugum, la résidence
du prince héritier Haakon
et de son épouse la
princesse Mette-Marit,
située à Asker, non loin
d’Oslo. Sous les yeux
des souverains et dans
la bonne humeur, la
princesse Ingrid Alexandra
et son frère le prince
Sverre Magnus se prêtent
volontiers à l’exercice,
piochant dans la réserve
de boules décorées pour
réaliser une composition
de leur choix. Noël peut
arriver.
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PINT DE VUE
© OFFICIAL WHITE HOUSE PHOTO BY ANDREA HANKS (2), POLARIS/STARFACE, LISE AASERUD/NTB SCANPIX/AFP PHOTO (2)
E
SUR LES PAS DU VERT GALANT
HENRI IV
ROI DE LÉGENDE
Chez votre marchand de journaux
50
PINT DE VUE
Quelle
CULTURE
Les états d’art de
Vanessa Schneider
Dans Tu t’appelais Maria Schneider, l’écrivaine et journaliste brosse un portrait
impressionniste et à fleur de peau de sa cousine, l’actrice Maria Schneider.
Une façon de lui redonner vie, en l’éloignant du Dernier tango à Paris, le film
de Bertolucci qui la propulsa au firmament de la célébrité, mais aussi la plongea
dans la solitude et la dépression. Grand reporter au Monde, chroniqueuse
à la télévision et à la radio, Vanessa Schneider a reçu pour ce roman
le grand prix de littérature de la ville de Saint-Étienne
et le prix Geneviève-Moll. Propos recueillis par Nathalie Six
Mes parents étaient cinéphiles et ils nous emmenaient
voir des vieux films dans des salles d’art et d’essai comme
l’Action Christine : les Marx Brothers, Mankiewicz, les films hollywoodiens des années 1950 et 1960, Orson Welles, Hitchcock…
Comme nous ne regardions pas la télévision, j’ai une sorte de
trou noir dans ma culture filmographique, notamment les films
français des années 1980. J’ai dû voir mon premier Walt Disney
à 13 ans ! Du coup, j’ai beaucoup de mal encore aujourd’hui à
apprécier un film d’animation, même quand j’en reconnais la
puissance artistique, comme Dilili à Paris !
Aujourd’hui, mes goûts sont plus éclectiques.
Récemment, je me suis régalée avec Le Grand Bain de Gilles
Lellouche et j’étais curieuse de découvrir comment Philippe Katerine et
Mathieu Amalric interagiraient avec les
autres comédiens de la bande. Sous
couvert de comédie, c’est un film assez
noir et subtil, ce n’est pas étonnant qu’il
remporte autant de succès.
« À Paris,
au Jeu de paume,
l’exposition
Dorothea Lange
est à voir
absolument ! »
et écrivain Michel Schneider, a écrit plusieurs ouvrages, notamment sur Glenn
Gould et Schumann, ndlr], je continue
d’écouter de la musique classique, mais
aussi tout l’univers musical des années
1970 dans lequel j’ai grandi, de Lou Reed à Patti Smith en
passant par Neil Young et Marianne Faithfull… Ce qui ne m’empêche pas d’aimer des artistes aussi différents que Cat Power,
Keren Ann, Dominique A, Asaf Avidan, Cigarettes After Sex ou
Rihanna ! Mes prochaines sorties : le concert de Camélia Jordana
et Simon Boccanegra de Verdi à l’Opéra de Paris !
Avec ce cinquième roman, j’ai l’impression d’être un peu
entrée dans le cercle des écrivains et de ne plus être considérée comme une journaliste qui a écrit un livre ! Cela a été
un peu long… Depuis quelques années, je lis davantage de
romans contemporains, j’admire énormément le travail de
Tu t’appelais Maria Schneider, Grasset, 256 p., 19 euros.
PINT DE VUE
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© JEAN-FRANCOIS PAGA/OPALE
Ayant reçu une éducation très
musicale [son père, le psychanalyste
Virginie Despentes – Vernon Subutex est pour moi aussi puissant que du Balzac –, d’Emmanuel Carrère, de Serge Joncour
ou de Nicolas Mathieu. Ils parviennent à raconter des histoires
tout en décrivant au scalpel la société. Michel Houellebecq
parvient également à produire cette alchimie, quand il raconte
une France par anticipation. Je suis très heureuse pour Philippe
Lançon qui a reçu le prix Femina : il y a d’ailleurs quelque chose
d’Emmanuel Carrère dans sa façon d’écrire ; il dévoile un pan
de son intimité sans jamais être pesant ni impudique.
La photographie m’intéresse de plus en plus. Depuis
trois ans, je me rends chaque été aux Rencontres d’Arles.
À Paris, au Jeu de paume, l’exposition Dorothea Lange est
à voir absolument ! La peinture, également, a très tôt coloré ma vie d’enfant.
Comme la sculpture ou la photographie, elle m’apaise. Nous allions voir
des expositions avec mes parents, ce
que je perpétue, seule ou avec mes
enfants. Dès que voyage, j’en profite
pour revoir ou découvrir un musée : le
MoMA, le Guggenheim, le Whitney
Museum of American Art à New York,
le British Museum à Londres. Cet été,
j’ai visité le Château La Coste, et en
Andalousie j’ai découvert la NMAC,
qui abrite une installation incroyable
de l’artiste américain James Turrell. Il travaille avec la lumière
et l’espace, construit des lignes et des labyrinthes. J’ai rarement vu quelque chose d’aussi beau ! J’aime autant Egon
Schiele, exposé en ce moment à la Fondation Louis Vuitton,
que Vasarely ou la peinture flamande. Petite, j’étais déjà
fascinée par la lumière et les personnages sous la neige
de Brueghel. J’attends avec impatience de voir la rétrospective Miró au Grand Palais. J’y emmènerai ma fille, et
pour lui faire plaisir, nous irons aussi voir celle consacrée à
Michael Jackson !
Quelle
CULTURE
1
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5
1) Une
singulière amitié
Naples, début des années 1950. La studieuse et réservée Elena
est intriguée par une autre élève du CP, Lila, turbulente et brillante. Entre les deux fillettes naît une amitié qui va traverser les
décennies. En 2011, le premier volume de L’Amie prodigieuse,
signé du pseudonyme d’Elena Ferrante, crée l’événement en
Italie et ailleurs. Traduite dans 40 langues, la phénoménale tétralogie est aujourd’hui adaptée au petit écran. Réalisée par Saverio
Costanzo (Hungry Hearts), avec le concours de la mystérieuse
romancière, voici la première saison de cette série très attendue.
Les jeunes comédiennes interprétant Elena (Elisa Del Genio)
et Lila (Ludovica Nasti) petites sont formidables, tout comme
la reconstitution de cette Italie du Sud archaïque et pauvre,
mafieuse et patriarcale, où l’éducation des filles demeure exceptionnelle et où les passions s’expriment avec violence… I. P. 
L’Amie prodigieuse (8 x 52 min), le jeudi à 21 h sur Canal +,
à partir du 13 décembre.
2) Ténor
tout-terrain
C’est le chanteur lyrique qui monte, déjà repéré sur plusieurs
scènes européennes. S’il brille dans Mozart ou Beethoven, c’est
au répertoire romantique français qu’il a choisi de consacrer un
premier album enthousiasmant. D’une voix sûre dont il maîtrise
parfaitement la moindre des modulations, Julien Behr nous
guide ainsi à la découverte de raretés signées Gounod, Messager,
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PINT DE VUE
Delibes ou encore Victorin de Joncières et Ambroise Thomas,
dont il interprète le personnage de Laertes dans un Hamlet proposé par l’Opéra-Comique. C’est audacieux, soigné, émouvant et
passionnant jusqu’aux extraits d’opérettes de Lehár et même, en
bonus clin d’œil, le Vous qui passez sans me voir de Charles Trénet
magistralement chanté. Un cadeau de Noël tout trouvé ! P. S. 
Confidence, de Julien Behr, Orchestre de l’Opéra de Lyon,
Pierre Bleuse (1 CD), Alpha. Hamlet, d’Ambroise Thomas,
du 17 au 29 décembre à l’Opéra-Comique. opera-comique.fr
3) Écrins
mystères
À l’occasion de la restauration par l’École Boulle d’un secrétaire
à secrets inédit de Martin Guillaume Biennais, le château de
Malmaison propose un parcours à la découverte de toutes les
pièces de mobilier dotées de faux tiroirs ou cachettes de ses collections. Tel un détective, la conservatrice en chef du château,
Isabelle Tamisier-Vétois, s’est confrontée à l’ingéniosité des
ébénistes de la fin de l’Ancien Régime pour percer le mystère
de leurs meubles. Ici, une commode et un secrétaire à abattant
de Simon-Nicolas Mansion (1773-1854), offerts à Napoléon Ier
pour sa fête en août 1806 par le corps municipal. Là, de petits
nécessaires de voyage à tiroirs secrets. De vrais casse-tête qui
ont pour particularité d’être superbes. F. del V. 
Meubles à secrets, secrets de meubles, jusqu’au 18 février
2019 au château de Malmaison. musees-nationaux-malmaison.fr
Quelle
CULTURE
3
4) Eh
bien, dansez maintenant
Jubilatoire ! Elles nous ont fait découvrir un monde, en couleurs ou noir et blanc, à d’autres époques et sous tous les
cieux. Sur des rythmes langoureux, sur du rock, du jazz ou
de la pop, les comédies musicales nous ont dévoilé de nouvelles facettes de nos stars préférées. La voix de stentor de
Lambert Wilson grâce à Alain Resnais, les déhanchés de
Marilyn Monroe dans Le Milliardaire, la puissance scénique
de Björk dans Dancer in the Dark, chaque film du genre
reste un trésor du cinéma, un bijou d’audace et de virtuosité, et surtout un monde heureux que le spectateur ne veut
jamais quitter. Impossible de terminer l’année sans explorer
le musical grâce à l’exposition La joie de vivre du cinéma
et son catalogue à faire pétiller les yeux, aux Éditions de La
Martinière. F. del V. 
Exposition Comédies Musicales – La joie de vivre du cinéma,
jusqu’au 27 janvier 2019 à la Philharmonie de Paris.
Catalogue officiel aux Éditions de La Martinière, 216 p., 35 €.
5) Rémi
l’adoré
Les premiers instants du film rappellent furieusement Les
Choristes : Jacques Perrin dans le rôle d’un maestro se remémore son enfance avant qu’un long flash-back nous raconte
son histoire. Celle de Rémi (Maleaume Paquin), le célèbre
héros créé par Hector Malot, abandonné par ses parents et
adopté par Signor Vitalis, un saltimbanque. Daniel Auteuil
prête ses traits à ce mystérieux personnage qui va ouvrir le
petit garçon à l’art et la musique. Et lui offrir la chaleur d’un
foyer dont il aura tant rêvé. Les enfants seront les premiers
à aimer ce beau spectacle d’aventures, fable initiatique au
classicisme assumé. Cette nouvelle adaptation leur donnera
peut-être aussi l’envie de découvrir le livre original. E. C. 
Rémi sans famille, d’Antoine Blossier.
6) Les
liens du cœur
Par on ne sait quel miracle, la famille Shibata habite toujours dans sa maison de bric et de broc, coincée entre des
immeubles modernes. Quatre générations y vivent de petits
larcins et de fraudes aux allocations dans une étonnante
bienveillance, bientôt rejoints par la petite Juri (Miyu
Sasaki) recueillie au coin de la rue. Les liens familiaux sont
à jamais au centre de l’œuvre du cinéaste japonais Kore-eda.
Cette Affaire de famille qui lui a valu la Palme d’or à Cannes
n’échappe pas à la règle, à ceci près que chez les Shibata, il
ne faut surtout pas se fier aux apparences. Qui est qui ?
Mystère peu à peu révélé par une caméra touchée par la
grâce et des enfants acteurs merveilleux, au point que l’on
aimerait que cela dure bien plus que les deux heures et une
minute proposées. M.-E. L. P. 
Une affaire de famille, de Hirokazu Kore-eda.
PINT DE VUE
53
© THE KOBAL COLLECTION/AURIMAGES, LE PACTE, HBO, MARS FILMS, SERVICE DE PRESSE
6
© OCEAN FILMS (2), BRITISH LIBRARY/SCIENCE PHOTO LIBRARY/AKG
Quelle
CULTURE
54
PINT DE VUE
Quelle
CULTURE
I
Dans la peau
Rupert Everett
d’Oscar Wilde
L’acteur anglais nous présente son premier
long-métrage comme réalisateur. Dans
The Happy Prince, il met en scène et incarne
l’auteur du Portrait de Dorian Gray à la fin
de sa vie. Rupert Everett nous raconte son idole
et cet ambitieux projet qu’il porte depuis tant
d’années. Propos recueillis par Jérôme Carron Photo Luc Castel
l possède une forme d’élégance naturelle dont
seuls les Anglais sont capables. Vêtu d’une
simple chemise à rayures sur un jean anonyme,
chaussé de bottines noires, Rupert Everett
dégage un chic évident. Presque naturel. Dans
une suite du Plaza Athénée, il vous accueille
en français d’une voix un peu lasse, mais dotée d’un
accent irrésistible. À l’aube de la soixantaine, l’acteur
anglais vient présenter The Happy Prince son premier
film en tant que réalisateur et scénariste. Il y incarne
un Oscar Wilde au crépuscule de son existence. Exilé
en France après avoir été condamné pour homosexualité à quatorze mois de travaux forcés dans la prison de
Reading, l’auteur du Portrait de Dorian Gray tente de survivre, entre aveuglement amoureux et course à l’argent.
Une mise en scène naturaliste, sans artifice, encadrée
de décors parfaits et portée par des acteurs impeccables
(Colin Firth, Emily Watson, Colin Morgan…). Devant
sa caméra, l’inexorable déchéance du plus célèbre écrivain de l’Angleterre victorienne devient bouleversante.
POINT DE VUE. Quand avez-vous entendu pour
la première fois parler d’Oscar Wilde ?
Il est arrivé très tôt dans ma vie
grâce à ma mère. Je l’ai découvert enfant lorsqu’elle
me lisait le conte de The Happy Prince. Je me souviens
d’elle me disant « Hirondelle, hirondelle… ». C’était
la campagne anglaise des années 1960. Ma famille
était militaire et très conservatrice. Toutes ces histoires que l’on retrouve dans le texte, cette souffrance,
le prix à payer pour l’amour… On n’entendait pas
ce genre de conversation dans notre cuisine. Cela
RUPERT EVERETT.
Ci-contre, Rupert Everett dans le rôle d’Oscar Wilde. Au cours de son exil, l’écrivain britannique passera
quelque temps dans la région de Naples avec son ami Bosie. Ci-dessus, Oscar Wilde et son amant,
lord Alfred Douglas, dit « Bosie ». Leur relation homosexuelle, interdite à l’époque, valut à l’auteur plusieurs
procès avec le père de son amant. Oscar Wilde finira par être condamné à 14 mois de travaux
forcés dans la prison de Reading. À droite, scène du film The Happy Prince, dans laquelle Bosie retrouve
Oscar sur un quai de la gare de Dieppe après sa libération de prison, lors de son exil en France.
PINT DE VUE
55
Quelle
CULTURE
Emily Watson
incarne
Constance,
l’épouse
d’Oscar Wilde,
restée en
Angleterre
après la
libération
de son mari.
Béatrice Dalle,
elle, fait une
étonnante
apparition
en patronne
de gargote
parisienne.
Comment est né
le projet du film ?
Autant que la passion d’Oscar Wilde, c’est surtout
sa crucifixion par la société – sa mise en prison et sa
libération –, qui se transforma en une autre forme
d’enfermement, qui m’intéresse. Sa façon d’exister,
d’être, dans le tourment de ses drames, est inspirante.
De plus, ce chapitre de sa vie était comme un territoire vierge, pas exploré par d’autres films. En fait,
je voulais réaliser le portrait du premier homme de
PINT DE VUE
Comment s’est déroulé le tournage ?
Les acteurs ont été formidables. Je n’avais rien à gérer.
C’est une chance de travailler avec des Rolls-Royce.
Par exemple, Béatrice Dalle domine sa scène, c’est
incroyable ! Sans eux, je ne sais pas comment j’aurais fait.
J’ai pu me concentrer totalement sur mon rôle et la mise
en scène. Nous avons tourné pendant treize semaines
dans quatre pays. Les intérieurs en
Bavière et les extérieurs à Bruxelles.
C’était très difficile, car le planning
était serré. Ce n’était pas vraiment
un plaisir, plutôt un effort. Mais à la
fin, j’étais très heureux d’avoir survécu à l’expérience. J’aimerais refaire
un autre film. En ce moment, j’écris
un scénario qui se passe à Paris dans
les années 1970.
« Autant
que la passion
d’Oscar
Wilde, c’est
surtout sa
crucifixion qui
m’intéresse. »
J’ai commencé à jouer ses pièces au
théâtre. J’adorais ses dialogues, je
me sentais à l’aise avec ses personnages, ils me correspondaient. J’ai
joué dans plusieurs films sur lui,
et, en 2006-2007, j’avais écrit le
scénario de The Happy Prince pour
un autre metteur en scène. Mais le
projet n’a pas abouti. Je l’ai proposé
à… dix-sept autres réalisateurs. Et
j’ai attendu deux ans et demi pour
obtenir un « non » de leur part.
Comme je ne voulais pas passer ma vie à en trouver
un, j’ai décidé de le faire moi-même. Mais il m’a fallu
encore sept ans de plus pour y arriver.
Qu’est-ce qui vous fascine
dans ce personnage ?
56
l’ère moderne ouvertement homosexuel. Dans la
rue, les gens le reconnaissaient. L’homosexualité
n’était plus juste un mot, quelque chose d’invisible.
Et à partir de cette réalité, le chemin de la liberté
pouvait se dessiner.
Vous avez un lien fort
avec Paris ?
C’est un des endroits les plus
importants de mon existence. J’ai
découvert la ville à 16 ans, et elle m’a complètement
tourné la tête. Elle a tout changé dans ma vie. J’y
suis revenu avec l’idée d’y vivre, et je m’y suis installé
en 1985. J’y suis resté 16 ans. Pour moi, Paris est un
personnage à part entière dans le film.
Comment avez-vous dosé
l’aspect historique et la fiction ?
Mon envie était de rester au plus près de la vérité.
Il n’y a que très peu de choses qui ne sont pas
historiques dans le film. Si certaines séquences
sont inventées, comme son agression par de
jeunes Anglais à Dieppe, l’idée qu’il était rejeté de
presque partout est bien réelle.
© OCEAN FILMS (2), RUE DES ARCHIVES/BCA/CSU, LUC CASTEL
m’a donné envie de découvrir le monde, autre chose
que cet univers carré. Mais je ne savais pas qui était
Oscar Wilde à l’époque. Je l’ai connu à la sortie de
l’adolescence, lorsque j’ai découvert le milieu gay à
Londres. Cela faisait seulement sept ans que l’homosexualité n’était plus un délit en Angleterre. Et
encore, la loi était ambiguë. Les actes privés étaient
légaux, mais pas les actes publics. La police profitait
de ce flou juridique pour faire des descentes dans les
bars et les boîtes de nuit pour nous mettre quelques
heures en détention. On marchait sur les traces
d’Oscar Wilde. Tout le monde prononçait son nom.
Quelle
CULTURE
Oscar Wilde en 1882. Ci-contre, Rupert Everett
dans un des escaliers du Plaza Athénée,
deux jours avant notre interview.
Comment Oscar Wilde
est-il perçu aujourd’hui ?
Difficile de répondre à cette question. Il est étrange de
découvrir que son tombeau au Père-Lachaise est le plus
visité du cimetière. Je ne suis pas certain que les visiteurs
connaissent tous les détails de sa vie.
Qu’espérez-vous que les spectateurs
perçoivent à travers votre film ?
J’espère que mon affection et ma fascination pour
ce personnage, cet auteur, traverseront l’écran pour
les atteindre au cœur. Cette histoire est importante,
car elle retransmet encore celle de nombreux homosexuels de nos jours. En fait, les choses n’ont pas
vraiment changé. Et dans certains cas, elles sont
peut-être devenues pires. l
Voir The Happy Prince, de et avec Rupert Everett.
PlINT DE VUE
57
Quelles
PLUMES
Notre sélection de
BEAUX LIVRES
C’est à un pop-up d’émotions, de
voyages, de chocs visuels, sensuels ou
poétiques, que nous vous convions
à travers les coups de cœur livres de Noël
de la rédaction. Après, rendez-vous chez
votre libraire préféré. Par Pierre Castel,
Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Emmanuel Cirodde,
Nathalie Lourau, Raphaël Morata, Fanny del Volta
Enfants du rock
Sous la plume du journaliste Stéphane
Deschamps, Alain Bashung, sa belle
entreprise (Hors Collection, 29 €)
revisite l’histoire d’un poète dont la
voix comme les mots incarnaient la
sensibilité extrême, déflorée entre
vertige et rêve. Lui, chantait le noir,
couleur des accords puissants. En
black and white, les clichés – signés
Renaud Corlouër – de la vie de l’idole
des jeunes révèlent l’intensité d’un
destin sous les projecteurs. Johnny
Hallyday Inside (Cherche-Midi,
49 €), c’est aussi le plaisir fugace de
l’anonymat sur les routes pour un
loup solitaire. Plus décalées, les
images de Doisneau et la musique
(Flammarion, 29,90 €) font sourire :
musettes, Piaf, Prévert… Puis les
années 1980, avec un Renaud
minot ou Les Rita Mitsouko, subversifs chics, complices surréalistes.
Enfin, dans un autre registre, another
side, dirait-on, Dylan par Schatzberg
(Skira, 55 €) dévoile des clichés
impromptus, portés par l’énergie
d’un artiste entré en fanfare dans le
rock, en 1966, avec l’album Blonde
on Blonde. F. del V.
La couture mise en scène
Trois bibles pour tous les passionnés de mode. Sous forme d’un carnet de croquis, avec
plus de 350 dessins souvent inédits issus de la collection privée du créateur, Kenzo
Takada de Kazuko et Chihiro Masui (Chêne, 49,90 €) est un hymne à la couleur, signature du japonais le plus célèbre de France. Puis changement de tons : le gris et le blanc,
ainsi que le mobilier Louis XVI, signent l’identité de la célèbre maison du 30, avenue
Montaigne depuis son origine. Avec Dior et ses décorateurs (Citadelles & Mazenod,
69 €), Maureen Foster brosse ainsi le portrait de Georges Geffroy et Victor Grandpierre,
les maîtres de la décoration d’intérieure haute couture. Enfin, Chanel, les campagnes
photographiques de Karl Lagerfeld (Éditions de La Martinière, 69 €) nous entraîne, en
plus de 550 pages, à contempler les images du grand maître à travers trente années
d’une recherche esthétique, riche d’inspiration et de théâtralité. Et ce génie pour
mettre en scène des stars au service de collections toujours plus créatives. N. L.
58
PINT DE VUE
Quelles
PLUMES
L’amour en mots
Chocolat et macarons
Au fil du temps, les livres de cuisine
sont devenus d’authentiques ouvrages
d’art. Celui proposé par Pierre Hermé,
Macaron (Éditions de La Martinière,
35 €), va bien au-delà de la simple présentation de 63 recettes consacrées à
cette pâtisserie dont raffolait Catherine
de Médicis. Avec les photographies de
Laurent Fau et Bernhard Winkelmann,
dignes de natures mortes de maîtres
flamands, les macarons deviennent
émeraudes, saphirs ou rubis. Dans
100 degrés 5 (La Fabrique de l’épure,
190 €), Patrick Roger, célèbre sculpteur
chocolatier, livre un « carnet de vie et
d’envies ». Là encore, les images du photographe Michel Labelle nous plongent
dans un univers de matières, poussières
de cacao et souvenirs de voyages, entre
fulgurances à la Soulages et combats
des corps d’Ousmane Sow. R.M
Nobles bestioles
Et si le carré Hermès prenait vie ? C’est
le rêve qui a animé Pierre-Alexis Dumas,
directeur artistique de la maison pour
créer Hermès Pop-Up (Actes Sud
Hermès, 29 €) poétique ouvrage conçu
par Bernard Duisit et écrit par Stéphane
Foenkinos. Nous y sommes accueillis par
un zèbre ailé avant de plonger dans un
potager fantasmagorique, de filer vers les
calanques de Cassis ou de célébrer deux
guépards amoureux… Spectaculaire, le
livre Jungles et réserves naturelles du
monde (Nathan, 19,90 €) est un véritable voyage. Cet album documentaire
XXL nous emmène à la rencontre des
antilopes, léopards, babouins, volatiles
exotiques… de Tehuacán, désert aride
du Mexique, à la forêt tropicale de
Madagascar en passant par la NouvelleGuinée ou le parc du Niokolo-Koba au
sud du Sénégal. Où vivent les gorilles et
le singe à poil orange et au nez bleu ?
Que mange le tigre du Bengale ? Même
les parents se cultivent en admirant les
illustrations – splendides – de l’artiste
Marcos Navarro. A. C.-T.
© PROD PDV
« Je suis entré et je t’aime », ainsi
commence le folio 167 de La Nuit
des temps. L’écriture de René Barjavel
est déliée, lisible, rapide. Pour les
50 ans de la parution de son roman,
un somptueux fac-similé du manuscrit
original a été tiré à 1 000 exemplaires
numérotés, avec ratures et rectifications de l’auteur (Éditions des Saints
Pères, 240 €). Dans une sensualité plus
crue mais so chic, Michel Delon édite
une anthologie, Casanova. Mes années
vénitiennes (Citadelles & Mazenod,
189 €). Elle est reliée en soie sous boîte
en tissu damassé vénitien. C’est un
désir tout amical qui unissait Picasso et
Éluard. Vingt années de complicité qui
ont donné lieu à Pour la paix, (Hazan,
29,95 €), une série de poèmes pacifistes de l’écrivain surréaliste auxquels
répondent de sobres dessins du maître
espagnol. P. C.
PINT DE VUE
59
Quelles
PLUMES
Homme libre, toujours
tu chériras la mer
C’est un chef-d’œuvre ! À l’occasion
des 500 ans de la création du port du
Havre paraît ce fac-similé du somptueux
manuscrit enluminé des Premières
œuvres de Jacques Devaulx, pilote en
la marine (Taschen, 100 €). Dédié au duc
de Joyeuse, traité de référence pour les
marins, rareté scientifique et artistique,
cet ouvrage, reproduit sur un papier
de toute beauté, s’intéresse aussi bien
aux instruments de navigation qu’à la
cosmographie. Astrolabes, cartes nautiques anciennes, méthodes de mesure
de l’altitude du soleil et représentations du globe nous donnent un aperçu
émouvant des conditions d’exploration
durant la Renaissance. Le voyage maritime et historique se poursuit avec deux
ravissants albums consacrés au comte
de Lapérouse, navigateur légendaire,
mystérieusement disparu lors d’une
mission commanditée par Louis XVI,
et à Champlain, jeune Saintongeais,
père fondateur du Québec, qui nous
emmène, sous Henri IV, des rives du
Saint-Laurent au Mexique… (Tallandier,
17 €). Saut temporel de quelques siècles,
nous voici à présent dans le grand bain
avec Doisneau, explorateur bienveillant non de terres lointaines mais du
quotidien le long du littoral français
des années 1950. Délicieuses scènes
enfantines à la plage, travailleurs de la
mer, chercheurs d’épaves, images d’une
France traditionnelle et régionale qui
change de visage avec les touristes,
les congés payés, et la gymnastique
en plein air, Allons voir la mer avec
Doisneau (Glénat, 35 €) est un concentré
d’humanisme et d’émotion. La conclusion
revient au photographe Philippe Bigard
et à ses paysages oniriques de l’archipel du Svalbard (littéralement, « côtes
froides ») et son livre Terre froide (Éditions
h’artpon, 49 €). Entre Spitzberg et pôle Nord,
il y a vécu « 9 jours d’errance » et de poésie.
Mer et glace, jaillissements d’eau, aileron
de cétacé dans l’horizon des vagues,
croûte terrestre à la matière fascinante,
rencontres animales, chaque cliché est
une histoire… et un tableau qui procure
un merveilleux sentiment d’infini. A. C.-T.
L’époque est à la confrontation. D’autres diraient au
dialogue musclé. Il en va ainsi de Jean-Michel Basquiat
et Egon Schiele, tous deux exposés à la Fondation
Louis Vuitton. Dans son ouvrage hors norme par le
format, Jean-Michel Basquiat (Taschen, 150 €), Hans
Werner Holzwarth met en lumière de façon éclatante
l’influence urbaine de l’enfant terrible new-yorkais.
Ce dernier résumait son art, influencé par les graffitis,
par son goût pour « la royauté, l’héroïsme et la rue ».
Un slogan publicitaire qu’aurait aimé illustrer l’un des
plus grands affichistes français, Cassandre, dont les
œuvres graphiques ont peuplé stations de métro et
murs de nos quartiers. Pour le cinquantenaire de sa
disparition, le Cassandre (Hazan, 99 €) d’Alain Weill
nous présente, dans une édition de luxe sous coffret,
toutes ses créations (décors, costumes, couvertures
de magazines), mais surtout ses affiches publicitaires
devenues iconiques comme celle de Dubo, Dubon,
Dubonnet ! R. M.
60
PINT DE VUE
© PROD PDV
Affiches et graffitis
Quelles
PLUMES
Le statut de la liberté
« Les visages ne promeuvent ni ne critiquent,
disent seulement : “Voilà comme nous sommes
dans la vie réelle et si ça vous plaît pas, j’en ai rien
à faire, car je vis ma vie comme je l’entends.” »
Cette déclaration de Jack Kerouac dans l’introduction du livre mythique de Robert Frank, Les
Américains (Delpire, 35 €) vaut aussi pour ces paysans chinois de l’imposant ouvrage Magnum Chine
(Actes Sud, 52 €). Elle convient tout autant pour
qualifier les postures effrontées des deux « rock
stars » Norman Mailer et Muhammad Ali chez
Annie Leibovitz dans The Early Years (Taschen,
40 €). Même la Coccinelle bleue du Plossu
Paris (MarVal– RueVisconti, 29,90 €) semble tourner le dos au photographe. P. C.
Les belles endormies
Jeu de transparence à travers une moustiquaire. Dédoublement de courtisanes. L’effet miroir, imaginé par le peintre Utamaro, brouille la réalité.
C’est l’une des très belles images de L’estampe japonaise de Nelly Delay
(Hazan, 29,95 euros) qui révèle ce subtil balancier entre pudeur et érotisme. Une distance des sentiments que l’on retrouve dans ces geishas
hautaines, peintes par Hiroshige, le temps d’une promenade dans le livre
dépliant, Les Saisons (Hazan, 19,95 €). Kimonos et tenues traditionnelles
apparaissent aussi, presque en contrechamp, dans Charlotte Perriand et le
Japon de Jacques Barsac (Norma Éditions, 49 €). En 1989, lord Snowdon
photographie ainsi l’architecte et designer française dans une tenue Issey
Miyake reprenant la technique japonaise de batik appelée rouketsu. L’art
d’habiter le passé… R. M.
Du corps à l’ouvrage
Depuis la nuit des temps, l’anatomie humaine sert de
matrice à l’architecture. Laquelle en a conçu un langage secret, utile en cas d’excès de sensualité. Ainsi,
dans le livre de Jean-Jacques Lequeu, Bâtisseur de
fantasmes (Norma éditions, 39 €), on découvre que
le créateur commémorait l’intimité féminine dans
des fontaines aux formes équivoques. L’exaltation
du corps gagne parfois le règne animal comme
l’illustrent les photographies de Koto Bolofo à
L’Académie équestre de Versailles (Actes Sud, 49 €).
Le long des perspectives – forcément cavalières –,
la statuaire emprunte son art de la mise en selle aux
nobles montures. La célébration de l’esprit n’est
pas en reste comme le démontre l’ouvrage intitulé
Les plus belles églises d’Europe (La Martinière,
45 €). La transcendance de l’âme s’ancre dans une
incarnation lourdement charnelle, à l’image de ces
grappes d’angelots entourant l’autel de l’église
de la Paix de Swidnica en Pologne. Mais gare à la
colère divine châtiant les bâtisseurs présomptueux.
Dans l’imposant volume Bruegel (Hazan, 99 €),
l’affaire prend des dimensions bibliques. Et la Tour
de Babel du peintre brabançon prête ses formes
hélicoïdales à toutes les interprétations. Quand le
péché de chair confine au vice sans fin… E. C.
PINT DE VUE
61
Quelles
ENCHÈRES
© CORNETTE DE SAINT-CYR, SOTHEBY’S, PIASA, DROUOT, BRISCADIEU
Beauté du diable
De l’atelier de Chale
Jacques Damase (1930-2014), breton d’origine,
n’a que 17 ans lorsqu’il décide de créer sa
maison d’édition. Deux ans plus tard, avec l’audace de la jeunesse, il n’hésite pas à solliciter
deux monuments de l’art et des lettres : Wols et
Sartre. À la pointe sèche, le plasticien allemand
illustre ainsi Nourritures, textes de l’écrivain
philosophe. À Montparnasse, Damase fait la
connaissance du monde artistique et littéraire
de l’époque, dont Sonia Delaunay avec qui il
va collaborer pendant quinze ans. Se voyant
plus comme « artiste en livres », il résume avec
ces mots sa passion d’éditeur : « Je serais incapable de faire un livre sans amour, et de plus,
un texte doit toujours être accompagné, pour
moi, soit d’images soit de belles lettrines. Mais
le comble du bonheur, c’est lorsque je crée en
étroite collaboration avec un artiste. » C’est
ainsi qu’ayant rencontré Yves Saint Laurent,
il lui demande d’illustrer sa prochaine publication dont il est l’auteur, Le Diable à Paris.
Pour orner ce livre pour enfants, le grand couturier va réaliser cent dessins, restés dans la
collection de Jacques Damase. Ils sont estimés
entre 200 et 1 500 € chacun.
Belge, né en 1928, Ado Chale a débuté dans la ferronnerie puis s’est orienté vers la sérigraphie publicitaire sur
tôle émaillée, avant de se passionner pour la minéralogie.
Petit à petit, il commence
à créer des meubles oriSotheby’s et les Jeunes Marchands ginaux, montés sur des
Sotheby’s Paris accueille la deuxième édition de cet
tripodes métalliques noircis
événement. Le but est de faire connaître une nouvelle
ou en aluminium. Les plagénération de marchands d’art français et étrangers.
teaux des tables sont en
Chacun présentera un chef-d’œuvre dans la spécialité
résine avec des inclusions
qu’il veut défendre, de l’antiquité à l’art contemporain.
ou des mosaïques de
Quatre ensembliers de l’École nationale supérieure des
minéraux et de pierres semiarts décoratifs mettront en scène les objets et meubles
précieuses. Il va jusqu’à
présentés par ces 30 marchands. À cette occasion, le
des inclusions de grains
Prix de la jeune création des métiers d’art 2018 sera
de poivre ! La famille Chale
remis à ses quatre lauréats, créant une passerelle entre
disperse ici une partie de
le marché et la création. Le textile français d’ameuses créations conservées
blement sera aussi présent, avec ses éditeurs haut de
dans sa collection, dont une
gamme et leurs nouvelles lignes. Parmi les participants,
table basse de 1973 rétroAnastasia Hirt, installée à Paris, propose une paire de
éclairée, avec un plateau
fauteuils d’Hector Guimard (1867-1942) en fonte et
en mosaïque de cornaline
acajou, sur fond de tissu « Pachisi » de Dedar qui s’haret socle en acier. Estimation
monise parfaitement. Ces modèles furent créés pour
entre 40 000 et 60 000 €.
le théâtre Humbert de Romans, détruit entre 1904 et
Piasa, à la Patinoire
1905. Le musée d’Orsay possède l’une de ces pièces.
royale de Bruxelles,
Cornette de Saint Cyr, à Paris, le 19 décembre.
Sotheby’s, à Paris, du 15 au 20 décembre.
ADJUGÉ
62
PINT DE VUE
Par Gilone
1 811 000 €
600 000 €
pour une toile de Camille
Pissarro (1830-1903),
Dans le pré en automne
à Éragny, 1901.
Art Richelieu Castor Hara,
à Drouot, le 21 novembre.
(lot 52)
pour une plaque de
porcelaine peinte par Jacques
Barraband de la manufacture
de Dihl et Guérhard,
datée entre 1797 et 1798.
Briscadieu, à Bordeaux,
le 17 novembre.
le 18 décembre.
33 MILLIONS D’EUROS !
Pour la perle de
Marie-Antoinette
HÉRITAGE HALLYDAY
Nouvelles révélations
OFFRE SPÉCIALE
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La soirée
féerique du
prince Hamad
à Fontainebleau
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70 ANS,
L’ALBUM
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B U L L E T I N
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Quelle
HISTOIRE
64
PINT DE VUE
Quelle
HISTOIRE
Jaquettes, bonnets et gilets…
LES ORIPEAUX
DE LA RÉVOLTE
Jacques, gauthiers et tuchins, rustauds, pitaux et francs-museaux, nu-pieds, sans-culottes,
lustucrus, bonnets rouges et gilets jaunes : les révoltes populaires, paysannes et/ou
urbaines scandent l’histoire de France depuis le Moyen Âge. Mais qu’ont-elles de commun
au-delà de l’éternelle récurrence de conflits dominants-dominés ? Par Joëlle Chevé
L
eurs noms pittoresques font surgir des images très concrètes. Dans
l’ancienne France, structurée en trois
ordres, le vêtement signe l’appartenance au clergé, à la noblesse ou au
tiers état. Et rien n’est plus redouté
que la confusion visuelle de ces ordres. Ainsi la plus
célèbre des séditions populaires, celle des Jacques au
XIVe siècle, tire son nom de la
petite veste courte – jaquette – que
portent, alors, nombre de paysans.
De même pour les bonnets rouges
de la Bretagne du XVIIe siècle ou les
sans-culottes révolutionnaires, qui
portent des pantalons longs rayés et
non des culottes courtes et des bas
à l’instar des nobles et bourgeois.
Ces derniers affichent leur mépris
en les affublant de surnoms qui les
fixent dans la condition inférieure
que signale leur vêtement distinctif, voire dans leur misère, tels les
nu-pieds normands du début du
XVIIe siècle. Dans l’Alsace et la
Lorraine du XVIe siècle, cependant,
le terme de rustaud ne désigne pas
des brutes obtuses mais simplement
des habitants des campagnes, des
« rustiques ». En revanche, les croquants du Sud-Ouest
sont ainsi surnommés par les nobles ou les agents du
pouvoir royal qu’ils accusent de les « croquer » et qui
retournent ironiquement contre eux ce sobriquet.
Quant aux lustucrus du Boulonnais, mal organisés
et aux revendications floues, ils doivent leur étrange
appellation à la rapidité de leur défaite face aux troupes
royales et tout finit, au temps des précieuses, par une
réplique de théâtre : « L’eusses-tu cru ? »
Au temps de la guerre de Cent Ans et de la peste
noire, les pauvres Jacques, révoltés en 1358 contre
les nobles et le régime seigneurial et comparés par
Froissart à des « chiens enragés », sèment la terreur
en Île-de-France, Champagne, Picardie, Normandie,
menaçant les villes, brûlant manoirs et châteaux et
n’épargnant ni femmes ni enfants. La répression est
terrible, notamment à Meaux où s’est réfugiée Jeanne
de Bourbon. Elle est l’épouse du futur Charles V qui
a pris la régence du royaume alors que son père,
Jean le Bon, est prisonnier à Londres. Le chef des
insurgés, Guillaume Carle, surnommé Jacques
Bonhomme, est supplicié et décapité, mais les autres
meneurs sont amnistiés. Dans l’enfer du XIVe siècle,
où riches et misérables sont décimés par les combats
et les épidémies, la clémence du dauphin est nécessaire pour ramener un peu d’espoir. L’image des
Jacques, armés de couteaux et de bâtons ferrés, hantera les imaginaires jusqu’au XIXe siècle qui donne le
nom de « jacquerie » à tout soulèvement du peuple
en armes. Les historiens analysent aujourd’hui cette
révolte médiévale comme une lutte des classes exacerbée par le refus de la fiscalité et par le mépris
d’une noblesse qui ne remplit plus son rôle protecteur. Toutes proportions gardées, on peut faire des
Ci-dessus,
Gaspard Ulliel
incarne, en
2007, Jacquou
le Croquant,
filmé par
Laurent
Boutonnat.
Page de
gauche, la
Jacquerie de
1358, illustrée
dans les
Chroniques de
Jean Froissart.
PINT DE VUE
65
Quelle
HISTOIRE
comparaisons avec les gilets jaunes, la spontanéité de
leur mouvement, le refus des taxes ou le sentiment
d’être ignorés, toutes choses que l’on retrouve en
réalité dans la plupart des soulèvements populaires.
Mais il n’y a pas chez les Jacques de contestation institutionnelle ni de remise en cause de la monarchie et
c’est à un chef qu’ils confient la mission de parler en
leur nom. Par ailleurs, l’ampleur du mouvement n’a
rien de comparable et, si la France
est « coupée en deux », c’est par le
traité de Brétigny qui consacre en
1360 les victoires anglaises.
L’argument fiscal a été également
le déclencheur de l’insurrection des nu-pieds en 1639. La
Normandie est alors une province prospère et de ce fait mise
à contribution plus que d’autres
pour financer la guerre qui a
repris contre l’Espagne. Les villes
sont rançonnées par le pouvoir et
le peuple murmure sur fond de famine, d’épidémie
de peste et de troubles religieux. La décision d’imposer la gabelle, impôt sur le sel auquel la Normandie
n’était pas assujettie, donne le signal d’une révolte
à forte identité régionale. Elle se réclame d’une
charte du Moyen Âge qui accordait aux Normands
le privilège de fixer eux-mêmes l’impôt. Les insurgés
menés par un certain Jean Quetil, dit Jean-Nu-Pieds,
gagnent à leur cause Rouen, Caen, Bayeux. Richelieu
ordonne une répression sanglante organisée par le
chancelier Pierre Séguier. Les villes rebelles perdent
leurs privilèges, le Parlement est démis, les responsables jugés. Mais au final, la Normandie ne paiera
jamais la gabelle qui sera supprimée, pour les autres
régions, par la Révolution.
Ce sont les croquants qui ont marqué le plus durablement la mémoire nationale.
Leur révolte antifiscale s’inscrit
dans le même contexte politique,
économique et militaire que celle
des nu-pieds et s’étend du Lot
au Périgord, au Quercy, à l’Angoumois, pendant la première
moitié du XVIIe siècle. De véritables armées paysannes se lèvent,
équipées de faux, de piques, de
bâtons, encadrées souvent par
des membres de la noblesse et
soutenues par des curés de village. En 1637, les croquants occupent la ville de
Bergerac pendant plus de trois semaines. Plus d’un
millier d’entre eux seront massacrés par les troupes
du duc d’Épernon et des milliers d’autres traqués,
dispersés. La fortune du terme de croquant, passé
dans le langage courant – la chanson de Brassens y
a contribué – tient à la célébrité du roman d’Eugène Le Roy, Jacquou le Croquant, paru en 1900.
Au début
de chaque
révolte, les
taxes et le
sentiment
d’être méprisé
par le pouvoir.
66
PINT DE VUE
Quelle
HISTOIRE
Son héros, héritier du devoir de
révolte de ses ancêtres, a fait frémir
la France, jusqu’aux académiciens
qui ont refusé de couronner un
ouvrage aussi séditieux. Le téléfilm
de Stellio Lorenzi, en 1969, très
proche du roman, a profondément
ému la France de l’époque, bouleversée par la disparition du monde
rural ancien. La scène du festin de
Noël, avidement contemplé par le
petit Jacquou, trouve en ces temps
troublés une nouvelle actualité.
Mais c’est sans doute dans l’action directe prêchée par
le héros qu’un rapprochement peut être fait. Mais qui
lit encore Jacquou le Croquant ?
Les poujadistes des années 1950, petits commerçants urbains et ruraux, qui refusent de nouvelles
contraintes fiscales et manifestent souvent très violemment, peuvent appeler des comparaisons avec les
gilets jaunes. Mais le cadre de leurs revendications
est tout autre, marqué par une tradition corporatiste
et électorale qui vise à conquérir le pouvoir, si besoin
par la force. Par ailleurs, les gilets jaunes ne revendiquent pas une continuité historique ou régionale,
comme l’ont fait les bonnets rouges bretons refusant
l’écotaxe en 2013. D’origines diverses, dispersés
sur tout le territoire, de la métropole et de l’outremer, et portant, au-delà de la suppression de la taxe
© CHRISTOPHELART, BRIDGEMAN IMAGES/LEEMAGE, BIANCHETTI/LEEMAGE, JEAN RIBIERE/GAMMA-RAPHO
À gauche les Jacques, taillés
en pièces à Meaux par Gaston
Phoebus en 1358. En 1789,
le sans-culotte émerge comme
une figure essentielle
de la Révolution. Émeutes
et répression… le balancier
des insurrections, de la Jacquerie
du XIVe siècle aux affrontements
des gardes mobiles avec
les poujadistes en 1958.
sur les carburants, des revendications multiples, ils
ont choisi eux-mêmes leur « panneau de ralliement »,
véritable signal d’alerte permettant aussi de faire
nombre et d’apparaître avec un semblant de cohérence sur la scène publique. Un paradoxe inédit que
le succès d’une communication virtuelle qui doit
tout aux réseaux sociaux et d’une représentation
visuelle fluorescente, incarnée de surcroît, en 2008,
par l’un des plus emblématiques représentants de
l’industrie du luxe : Karl Lagerfeld ! « C’est jaune,
c’est moche, ça ne va avec rien mais ça peut sauver la vie »… Reste la violence, qui a été, du côté
des assaillants et du côté des forces de répression,
un fait inhérent à toutes les grandes insurrections
populaires de l’histoire, mais que l’on croyait n’avoir
plus de réalité… qu’historique ! 
PINT DE VUE
67
Quelle
BEAUTÉ
Emilia Clarke
© SERVICE DE PRESSE
Un parfum
de dolce vita
68
PINT DE VUE
Quelle
BEAUTÉ
The Only One est le nouveau parfum imaginé
par la griffe italienne Dolce & Gabbana et dont
la charmante Emilia Clarke est l’égérie.
Ambiance romaine grâce au charme de l’actrice
anglaise découverte dans la série Game
of Thrones. Tout un programme ! Par Elsa Wolinski
S
i vous faites partie des rares
à n’avoir jamais vu Game of
Thrones, le nom d’Emilia
Clarke ne vous dira peut-être rien.
Dans le cas contraire, vous êtes
déjà fan de ce petit bout de femme
aux cheveux blonds comme les
blés et au sourire éclatant. Croisée
au Festival de Cannes où elle est
venue présenter son rôle dans
Solo : A Star War Story, la jeune
comédienne nous livre sa vision de
la beauté et l’importance de son
rôle en tant qu’ambassadrice du
parfum The Only One.
Difficile de ne pas aborder
la série Game of Thrones
qui vous a propulsée
nouvelle reine de Hollywood…
Comment ne pas être marquée à
vie par un tel rôle ? J’avais 24 ans
quand j’ai commencé à tourner
pour la série. Quand une aventure de cette envergure s’arrête*,
c’est un déchirement, mais c’est la
vie. Depuis de beaux projets sont
arrivés comme celui de Dolce &
Gabbana.
Avez-vous dû suivre
un entraînement particulier pour
avoir la silhouette de rêve ?
Pour monter sur le dos des dragons voulez-vous dire ? Ah, ah,
ah ! Non sérieusement, je ne suis
surtout pas les règles et les diktats
de Hollywood. J’essaie juste de
bien me nourrir, en choisissant des
aliments de couleur, de saison et
appétissants. Je ne me prive pas,
partant du principe que mon sourire est bien plus beau si je mange
ce qui me fait envie. Mon mantra :
sois gentille avec toi-même.
Vous ne faites pas de sport,
c’est rare pour une comédienne…
Je pratique le yoga mais uniquement pour apporter un peu de tendresse à mon corps. J’ai bien essayé
de faire du sport en essayant toutes les disciplines possibles. Mais je
me suis rendu compte qu’aucune
méthode ni coach ne me satisfaisaient. Aujourd’hui, les directeurs de
casting doivent m’accepter comme
je suis. Je ne changerai pas.
Pourquoi accepter d’être l’égérie
du parfum The Only One ?
Parce que cette griffe représente
une version authentique et puissante de la femme moderne. Elle
est forte, sexy et sûre d’elle. C’est
vraiment comme ça que je vois
cette maison italienne, et par ricochet, leur nouveau parfum, The
Only One. Il a de très jolies notes,
surprenantes, qui proviennent de
la combinaison de la violette et du
café. Cela donne une senteur florale gourmande et enchantée.
Racontez-nous l’ambiance
du tournage du clip publicitaire
pour ce parfum…
Nous avons tourné à Rome. J’ai
chanté dans une trattoria entourée
de vrais personnages, des comédiens non professionnels. Quand je
suis arrivée, je me suis tout de suite
imaginée dans la peau de Sophia
Loren. J’aime l’idée de célébrer la
beauté, la famille, la joie. L’essentiel, c’était d’être tous ensemble.
Voilà ce que m’a appris ce tournage. C’était très fort de fredonner Quando, quando, quando, au
milieu de la foule. D’autant que le
chant est une autre de mes passions, transmise par mon père.
Une routine beauté
à nous révéler ?
Dormir sur une taie d’oreiller en
soie. Cela rend le sommeil spécial,
et surtout, c’est ultra-sexy. 
* La saison 8 de la série
sera diffusée en avril 2019.
PINT DE VUE
69
Quelle
BEAUTÉ
«
A
vant tout, je souhaite partager ma philosophie et transmettre les valeurs que je porte à
l’agriculture biologique, à l’environnement et
à l’humain. J’avoue être très aidée par la magie des lieux
qui nous entourent. » Carole Bogrand est tout entière
animée par les idéaux qu’elle défend. Cette châtelaine
pas comme les autres vous accueille avec enthousiasme
et bonne humeur dans son domaine de 240 hectares
près du village de Ploërdut, en Bretagne. La nature
est sublime, féerique. Dans le château du XIXe siècle,
l’ambiance est chaleureuse et familiale. Les chambres
sont spacieuses, et les meubles chinés leur donnent un
charme poétique. La salle de yoga et les cabines de
soins, aménagées avec goût, éveillent instantanément
le désir de s’y prélasser. Le matin, le réveil se passe en
douceur : nettoyage du nez à l’eau salé et de la langue
à l’huile de sésame. Ensuite, une heure d’éveil corporel,
un petit déjeuner léger avant de sortir. « Il est essentiel
de se reconnecter à la nature et d’oxygéner les cellules », affirme Carole. Dehors, les douces couleurs de
l’automne enluminent le paysage, mais, déjà, on sent
poindre le début de l’hiver. Le thermomètre est passé
en dessous de 0 °C, et il est 9 h 30. Le temps n’arrête
pourtant pas les marcheuses emmitouflées à prendre
Château du Launay
Les nourritures de l’âme
© BENJAMIN SELLIER, SERVICE DE PRESSE
Accepter sa fatigue n’est pas un aveu de faiblesse.
Il suffit parfois d’un rien pour retrouver sa vitalité.
Réconcilier le corps et l’esprit, recharger ses batteries,
reprendre contact avec la nature, voilà ce que
nous proposent les cures du château du Launay
installé en plein cœur du Morbihan. Se faire
du bien dans un cadre souverain. Par Elsa Wolinski
le départ de la randonnée de 12 kilomètres en pleine
forêt qui les attend. Trois formules sont proposées,
et, en fonction de son profil santé et de ses désirs, la
naturopathe du château vous oriente vers un jeûne, une
cure de jus, une monodiète ou des repas vegan ultrasavoureux. Carole et son mari Christophe ont changé
de vie plusieurs fois avant d’acquérir cette propriété il
y a dix-sept ans. Grands voyageurs, Christophe élève
les chevaux du roi de Malaisie sur un domaine où ils se
déplacent en toute quiétude. Avant de proposer ces
parenthèses de déconnexion et de détoxification, Carole
s’est certifiée en naturopathie, en cuisine diététique et
biologique et en sophrologie. Elle s’est aussi entourée
de praticiens spécialisés en soins énergétiques dont les
massages valent à eux seuls le détour. Autant dire que la
démarche est très sérieuse. L’après-midi, place au repos
avec des ateliers méditation, des séances de natation
dans la piscine couverte, des moments bien-être au
hammam ou dans le sauna installé en plein cœur du
jardin. Dans cette maison harmonieuse, où les arbres, la
mousse, les oiseaux, les aliments frais participent de la
remise en mouvement de notre corps, le retour à l’instant présent est étonnamment facile. Mais c’est surtout
l’énergie au cœur de nos vies que l’on recouvre, cette
force immuable et tranquille qui nous donne l’élan pour
repartir de plus belle. En mieux.  chateaudulaunay.fr
70
PINT DE VUE
Publi-communiqué
La détox
de tous les jours !
Vous vous sentez épuisé(e) ? Sans énergie ? Il est grand
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Nettoyer votre corps
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Quelle
SOIRÉE
Katrina Tee, créatrice de Jox&An, et Eric
Dailey, directeur général du Tanneur & Cie.
Judith Price, fondatrice du National
Jewellery Institute, et son mari,
l’entrepreneur Peter Price.
Jessica Miller, directrice des
affaires publiques chez Moët
Hennessy, Jeanette Lanot,
directrice du développement
durable chez Danone, et la
marchande d’art Charlène Lim,
fondatrice de Global Arts Link.
LA JOAILLERIE
AU QUAI D’ORSAY
Judith Price a découvert Paris lors de sa lune de
Joumana Jallad-Shanshal,
fondatrice de Stone Fine Jewelry,
et son mari, Yassien Shanshal,
directeur de Numerus Group.
LL.AA.RR le duc et la
duchesse de Castro.
72
PINT DE VUE
miel. Un coup de foudre qui ne s’est jamais démenti.
Passionnée par la joaillerie, cette femme de tête, qui a
créé le magazine Avenue, entend bien faire reconnaître
les bijoux comme des œuvres d’art à part entière. Son
National Jewelry Institute s’y
emploie, en organisant notamment de grandes expositions
partout dans le monde, et avec
un dîner de gala annuel à Paris.
Cette année, cette réception,
à laquelle assistent la plupart
des représentants des grandes
maisons de joaillerie et des amateurs venus du monde entier
pour l’occasion, rendait un
hommage appuyé à l’Académie
des beaux-arts et à son rôle au
service de la création. Le dîner, imaginé par le chef
Arnaud Faye, habituellement aux commandes de
La Chèvre d’or à Èze, se tenait dans les salons du
ministère des Affaires étrangères. Le Quai d’Orsay
brillait de mille feux… Frédéric Brun Photos David Atlan
Le financier Fady Lahame et
son épouse, la juriste Caroline
von Krockow-Lahame.
La danseuse et chorégraphe
Marie-Claude Pietragalla.
Le prince et la princesse
Paul Sanguszko.
Le chef étoilé
Arnaud Faye.
L’une épouse Onassis,
l’autre Niarchos.
Elles vont les aimer
à en mourir.
Véronique Beauvais-Valcke, directrice
générale des Hôtels Baverez, et
Chrystel Brossette, directrice de la
communication de Moët Hennessy.
Le réalisateur Jean-Jacques
Annaud et la fondatrice de
l’agence Relations médias,
Sophie Grimaud.
Paolo de Cesare, président du
Printemps, son épouse Maria
Teresa, et le joaillier Lorenz Bäumer.
Illustration © Shutterstock / Jozef Sowa
Bruno Zarcate, président
des bijoux Burma, et sa fille,
Alexandra Zarcate,
directrice artistique
de cette maison familiale.
Le chanteur
Alain Chamfort.
Thibaut Pineau-Valencienne,
directeur général délégué de
Montaigne Capital, et son épouse
Émilie, décoratrice d’intérieur et
fondatrice de Polyèdre.
APRÈS PAMELA,
LE NOUVEAU ROMAN
DE STÉPHANIE
Gina Wu, consultante pour le
Cabinet Faber, et Véronique
Tajan, présidente de Art and
Collectors Prospect.
DES HORTS
ALBIN MICHEL
Quelle
SOIRÉE
Aurélie Benhamou, fondatrice de Marcel
Burger, et l’illustratrice Florine Asch.
Le prix Scopus 2018 est remis par
le professeur et baron François Englert,
prix Nobel de Physique 2013, à
Frédérique Ries, députée européenne.
Igor Iweins d’Eeckhoutte, directeur
de Grains Noirs, entouré de Marguerite
Dassault, médiateur chez MAD
Consulting, et de la chroniqueuse Marie
Thibaut de Maisières, fondatrice de
ZebraBook et animatrice de la soirée.
UNE FEMME
D’HONNEUR
Frédérique Ries porte avec courage et déterminaLa comtesse Wolfgang de
Limburg-Stirum et le comte et la
comtesse Amaury de Solages.
Emmanuel Van de Putte, directeur
général Sotheby’s Belgique, entouré
de Virginie Devillez, directeur
adjoint Sotheby’s, et de la comtesse
Wolfgang de Limburg-Stirum.
LL. AA. le prince et la princesse de Ligne
entourés de M. et Mme Adnan Kandiyoti.
74
PINT DE VUE
tion le combat pour la reconnaissance des droits des
femmes. Députée européenne, elle est aussi connue
pour ses prises de position contre l’antisémitisme. Autant
de raisons pour l’Association des Amis de
l’Université hébraïque
de Jérusalem de lui décerner le prix Scopus
2018. Cette soirée a
aussi permis d’apporter un incontestable
soutien financier à la
création d’un laboratoire belge pour l’étude
des maladies neurodégénératives dans le nouveau Centre de recherche sur le
cerveau Edmond et Lily Safra (ELSC). Frédéric Brun Photos
Olivier Croonenberghs,
directeur général de
Lucid Capital, et son
épouse Arielle.
Violaine et Constance le Hardÿ de Beaulieu
La baronne Michel van der Straten Waillet, la baronne
Oscar de Gruben et madame Yves de Changy.
Mimi Solvay de
La Hulpe et sa fille,
Marina Solvay.
Quelle
SOIRÉE
Pascale Tytgat, fondatrice de BST Réviseurs
d’entreprises, Piet Steel, président de Special
Olympics Belgium, et son épouse Carine.
La ministre du Budget de la Belgique, Sophie Wilmès,
et Yohan Benizri, président du Comité de coordination
des organisations juives de Belgique (CCOJB).
Le chanteur
Patrick Bruel a
animé la soirée.
Le Premier ministre belge,
Charles Michel, et son
épouse Amélie.
Anne Banet, organisatrice du Gala Scopus et déléguée
de l’UHJ, Aurélie Benhamou, Robert Skalli
et son épouse, et Nora Stern, vice-présidente des
Amis belges de l’Université hébraïque de Jérusalem.
Le joaillier Moïse Mann de la maison Manalys, l’éditrice Alexandra
Hombergen (les Éditions Ventures et Elle Guides), Alexandra
Jourdain, vice-présidente de la fédération nationale des étudiants
en sciences exactes, naturelles et techniques (FNEB) et le
spécialiste de mode Martin Neuman, de Tessitura Monti.
Votre
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ASSISTANTE ADMINISTRATIVE Coralie Berquer (1400)
Ont collaboré à ce numéro Charles Baboin-Jaubert, Frédéric Brun,
Pierre Castel, Joëlle Chevé, Gilone, Anna Lund, Isabelle Pia, Kitty
Russell, Sybille Souane, Elsa Wolinski.
ILLUSTRATRICE Hélène Tran.
PHOTOGRAPHES David Atlan, Luc Castel, Anne du Chastel,
Dusko Despotovic, Violaine et Constance le Hardÿ de Beaulieu,
Christel Jeanne, Eva Sakellarides.
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1)
DIRECTRICE DE LA PUBLICITÉ Annabel Dabard (1784)
DIRECTRICE DE CLIENTÈLE Virginie Gautier (1783 )
www.pointdevue.fr
Ciel mes bijoux !
Pourrais-je savoir qui a vendu les bijoux de Marie-Antoinette ? (Mme de R., Quimperlé)
Les amateurs ont pu identifier quelle branche de la famille de Bourbon-Parme
possédait l’écrin vendu chez Sotheby’s. Les perles de Marie-Antoinette, les diamants
du duc de Berry, les
tiares de Marie-Anne de
2)
Habsbourg, duchesse de
J’ai lu votre article sur la soirée de la Fondation motrice,
Parme… tout indique que
soutenue par Andrea Casiraghi (PDV 3670). Pourriezces bijoux appartenaient
vous m’en dire plus sur cette structure ? (E. C., Cannes)
aux descendants des
derniers souverains du
Sachez d’abord que, depuis l’été dernier, la fondation
duché de Parme, Robert Ier
a changé de nom. Elle s’appelle désormais Fondation
(1848-1907) et ses épouses
Paralysie Cérébrale. Sa vocation : « Faire avancer la
successives, la princesse
recherche sur la paralysie cérébrale et améliorer la vie
Maria Pia de Bourbon,
de ceux qui en sont atteints. » 125 000 personnes sont
princesse des Deux-Siciles,
touchées en France par ce handicap, qui constitue la
puis l’infante de Portugal,
déficience motrice la plus courante chez l’enfant. Si
Maria Antonia de Bragance.
cette cause est si chère au cœur d’Andrea Casiraghi,
Vincent Meylan a retracé
c’est grâce à l’amitié nouée, lors de ses études, avec
la saga de ces témoins de
Mathieu Chatelin, souffrant de ce handicap moteur.
l’histoire européenne dans
Le père de Mathieu a créé la fondation pour « financer
ses articles Les Derniers
des projets de recherche pour améliorer la prise en
trésors de Marie-Antoinette
charge des enfants atteints à la naissance, puis tout
(n°3649) et La perle la plus
au long de leur vie ». Pour en savoir plus et apporter
chère du monde (n°3670).
votre soutien : fondationparalysiecerebrale.org
Juste cause
3)
Gourgaud, héros de l’Empire
Je découvre la baronne Gourgaud dans le n°3671 ! J’habite avenue Gourgaud, et j’aurais
aimé en savoir plus sur la personnalité qui a donné son nom à cette voie. (M. A., Paris)
Né en 1783, fils d’un musicien de la chapelle royale, Gaspard Gourgaud débuta sa
formation comme élève dans l’atelier du peintre Regnault. Préférant vivre les scènes de
batailles au lieu de les peindre, il intégra l’armée et gagna ses galons lors des batailles
napoléoniennes. Honneur rarissime, Gaspard Gourgaud reçut pour fait d’armes un titre
de baron alors qu’il n’était que capitaine ! À la chute de l’Empire, il fut l’un des intimes
invités à suivre l’Empereur dans son exil. Son nom s’est perpétué par son mariage,
en 1822, avec la fille d’un éminent économiste et homme politique, le comte Roederer.
76
PINT DE VUE
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RESPONSABLE ADMINISTRATIVE ET FINANCIÈRE
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COMPTABLE Corinne Cantoni (01 40 09 55 94)
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POINT DE VUE/IMAGES DU MONDE, 4, rue de Mouchy,
60438 Noailles Cedex.
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de forêts gérées durablement et de sources contrôlées. pefc-france.or
HOROSCOPE
par Sybille Souane
Sagittaire
22 novembre–21 décembre
En mouvement
Amour : 1er décan (22 novembre–2 décembre), cérébral, rieur et partageur sur le plan des idées. Au niveau
des sentiments, vous continuez à être un peu sur vos gardes…
et l’être aimé pourrait rester sur sa faim. 2e décan (3–12 décembre), à la fois impétueux, empathique et même parfois mordant (le 15), vous êtes insaisissable… mais
certainement pas indifférent ! 3e décan (13–21 décembre), joyeux anniversaire. Vous
prenez de la hauteur et cela réussit à vos relations. Job : 1er décan, le 13 peut voir
l’émotion brouiller temporairement votre discours. Mais ensuite, vous communiquez
très bien, avec chaleur et conviction ! 2e décan, une certaine agitation à l’approche
des fêtes : pour boucler vos dossiers, tâchez de ne pas vous disperser et de maintenir l’entente cordiale avec vos collègues. Attention, les bons sentiments de certains
pourraient prêter à confusion. 3e décan, une fulgurante intuition le 18 ? Suivez-la !
Forme : 1er décan, vous tourbillonnez avec panache. Que d’activité ! 2e décan, dynamique, mais en légère surchauffe. 3e décan, zénitude et inspiration.
BÉLIER 21 mars-19 avril
Amour : 1er décan, vous avez la parole
prompte et des yeux de velours quand
il s’agit de plaire… Un duo d’enfer qui
devrait en séduire plus d’un(e). 2e décan,
c’est à l’autre de prendre l’initiative.
3e décan, ultra-magnétique le 18, vous ne
pouvez laisser de marbre. Job : 1er décan,
pour certains, pourparlers avec l’étranger.
2e décan, manque de clarté dans l’action,
mieux vaut observer que foncer. 3e décan, du
détachement. Forme : 3e décan, du peps,
mais quelques réactions épidermiques.
TAUREAU 20 avril-20 mai
Amour : 1er décan, le bonheur du carpe
diem sous la couette, c’est pour vous !
2e décan, fort empressé en amitié, à tel
point que des liens pourraient se transformer, notamment le 15. 3e décan, ciel
dégagé : vous êtes libre ! Job : 1er décan,
vous pourriez amorcer une lucrative discussion sur les questions financières. 2e décan,
actif et utile à la collectivité. 3e décan,
pour certains le début d’une vraie réflexion
mutation sur vos motivations professionnelles. Forme : roborative.
GÉMEAUX 21 mai-21 juin
Amour : 1er décan, le sel de votre couple,
c’est la communication ! Malgré quelques
menus malentendus le 13, vous échangez
avec bonheur. 2e décan, solo, le 15 vous
voit très réceptif aux (multiples) sollicitations. 3e décan, des amitiés galvanisantes.
Job : 1er décan, n’hésitez pas à négocier
les tarifs ! 2e décan, vous vous sentez sous
l’eau ? Certains pourraient abuser de votre
temps. Apprenez à dire non. 3e décan,
tout peut arriver, y compris le meilleur !
Forme : virevoltante.
CANCER 22 juin-22 juillet
Amour : 1er décan, en couple, des sentiments toujours plus forts, voire exclusifs,
succéder ! 2e décan, en couple, concentré
sur les préparatifs des fêtes. 3e décan, l’être
aimé pourrait continuer à vous sembler
lointain. À moins que cela ne soit vous ?
Job : 1er décan, multipliez les contacts.
2e décan, une main de fer dans un gain
de velours, vous savez mener vos troupes.
3e décan, besoin de vacances pour faire le
point. Forme : fatigue.
SCORPION 23 octobre-21 novembre
Amour : 1er décan, séduisant toujours – et
pour ne rien gâcher sur le même diapason
que l’être aimé, tout particulièrement le 14.
2e décan, le 15 est enivrant, très passionné
et romantique. 3e décan, moins de mouvement, plus de quiétude. Job : 1er décan,
vous parvenez à vos fins, mais en douceur.
2e décan, vous savez diriger sans écraser
les autres : une qualité rare et précieuse.
3e décan, pour certains, le début d’un nouqui sauront vous rassurer le 16. 2e décan, veau cycle d’ambitions et de réussites.
beaux moments de tendresse et d’en- Forme : solide. Vous savez vous économiser.
traide. La solidarité, ça compte ! 3e décan,
pimentez vos relations d’une pincée de CAPRICORNE
fantaisie. Job : 1er décan, dites à tous ce 22 décembre-19 janvier
que vous avez sur le cœur. 2e décan, vous Amour : 1er décan, les relations fiables, à
faites un bon coach formateur, chaleu- l’épreuve du temps, se révèlent, particureux et entraînant. 3e décan, peut-être un lièrement le 16. 2e décan, pour certains,
événement déconcertant le 18… Ne vous le soulagement d’un nœud affectif enfin
montrez pas susceptible, faites plutôt le résolu. 3e décan, s’il vous arrive de retedos rond. Forme : active.
nir vos élans, demandez-vous pourquoi.
Job : 1er décan, vous creusez votre sillon
LION 23 juillet-22 août
avec grâce, malgré les obstacles. 2e décan,
Amour : 1er décan, vous aimeriez peut-être vous savez vous ouvrir bien des portes.
que l’être aimé soit plus démonstratif… 3e décan, un peu d’instabilité dans l’air,
alors que lui rêve de davantage d’intimité. des désirs de voler de vos propres ailes,
Trouvez un juste milieu ! 2e décan, les nuits surtout le 18. Forme : pimpante.
sont délicieuses… 3e décan, en couple,
c’est la détente. Job : 1er décan, usez de VERSEAU 20 janvier-18 février
votre charisme, vous pourriez effectuer Amour : 1er décan, l’être aimé vous semun excellent travail pédagogique auprès ble suspicieux ? Jouez cartes sur table : à
de vos collègues. 2e décan, toujours très cœur ouvert, discutez de ce que chacun
généreux, voire prodigue. 3e décan, rien attend de la relation, ça devrait aider.
ne sert de courir… Forme : embellie.
2e décan, sans souci ni pression. 3e décan,
solo, favorisez les liens légers, affranchis
VIERGE 23 août-22 septembre
et fraternels. Job : 1er décan, quelques
Amour : 1er décan, si vous vous mon- jalousies possibles sur le lieu de travail.
trez imaginatif dans vos déclarations, vos 2e décan, plus efficace pour agir pour le
mots doux feront mouche, surtout le 14. compte des autres que pour vos propres
2e décan, pour certains solos, une forte intérêts. 3e décan, relayez les idées origiattraction prend le relais le 15 : votre sang nales. Forme : ralentissement.
ne fera qu’un tour ! 3e décan, calme…
mais pas pour longtemps ! Job : 1er décan, POISSONS 19 février-20 mars
à partir du 13, la communication se Amour : 1er décan, l’être aimé pourrait
fait plus brouillonne autour de vous. vous ouvrir de nouveaux horizons avec
Restez aussi concis que possible. 2e décan, beaucoup de délicatesse et de persuasion.
vous ne savez comment aborder la Laissez-vous guider. 2e décan, toujours
concurrence ? Et si vous vous inspiriez de ardent et frémissant. Le 15 est somptueux,
ses méthodes et de ses règles ? 3e décan, riche en émotions. 3e décan, un bel avantconciliant. Forme : fébrilité.
fêtes : en couple ou solo, vous êtes bien
dans votre peau. Job : 1er décan, tournez
BALANCE 23 septembre-22 octobre sept fois votre langue dans votre bouche.
Amour : 1er décan, solo, le 16 vous devriez 2e décan, vous vous affirmez à bon escient.
trouver le courage d’aborder les non-dits… 3e décan, à partir du 17, mettez les bouet alors de belles surprises pourraient se chées doubles. Forme : combative.
PINT DE VUE
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© HÉLÈNE TRAN
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N˚ 3673
Anagrammes
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1
5 2
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2
2
5
1
2
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4
Règle du jeu:
Une grille de sudoku se
compose de 9 carrés de 3 par
3 cases appelés régions. Le jeu
consiste à compléter la grille
en vous appuyant sur les chiffres qui vous sont déjà donnés
afin que chaque ligne, chaque
colonne et chaque région
contienne tous les
chiffres de 1 à 9 une seule
et unique fois. Certaines
grilles peuvent avoir
plusieurs solutions.
4 5
9 3
1
9
1
L
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4
Sur la ligne 3 (beige) les chiffres manquants sont 3, 5 et 8.
Le 8 se trouvant déjà dans la colonne 2 (violet) et la colonne
5 (rose), la seule place possible est donc en colonne 1
au début de la ligne 3. Restent donc le 5 et le 3. Le 5 se
trouvant déjà dans la colonne 2, la seule place possible est
donc en colonne 5. Le 3 reste logiquement à placer dans la
seule case libre, colonne 2. Reste à agir de même dans les
autres lignes, colonnes et régions pour compléter la grille.
Solutions du N° 3672
P
6 5 7
2
Exemple:
7
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4
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8 3 9
4 5
4
5
3 1 4
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Ligne
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1
JEUX
Bridge Par Jean-Christophe Quantin
 A D V 10
 A 10 3 2
A 9
D 7 3
Vous jouez 6SA en Sud
sur l’entame du Valet
de Trèfle. Quel est
votre plan de jeu?
2)
V53
R7
R D 7
V 9 8 5 3
N
O E
S
RD76
A5
 A V 10 5
 D 10 7
Vous jouez 3SA en Sud
sur l’entame du Valet
de Cœur. Quelle est
votre ligne de jeu?
3)
D6
D953
R 5 4
8 5 4 3
N
O E
S
A82
 A V 10 6 4
A 7 2
R D
Vous jouez 4  en Sud
sur l’entame de la Dame
de Carreau. Comment
allez-vous jouer?
Solutions
N
O E
S
1) Le sort du contrat repose
à priori sur le bon partage
des Cœurs (ou la chute du
Valet). Il existe une chance
annexe à ne pas négliger:
que le même adversaire
détienne au moins quatre
cartes dans chacune des
couleurs rouges. Il se
trouverait alors squeezé
(dans l’impossibilité de
conserver une garde dans
chacune des couleurs). Pour
cela, il est indispensable
de commencer par
abandonner un Carreau à
l’adversaire (réduction du
compte) : Roi de Pique et
Carreau pour le 9. Le flanc
prend et continue à Pique.
Encaissez vos levées noires:
si la position de cartes est
telle que vous le souhaitez,
un de vos adversaires sera
compressé entre ses Cœurs
et ses Carreaux.
La main d’Est :
 4 2,  V 9 8 4,
 R V 10 3,  5 4 2.
R5
RD5
7 6 5 4 2
A R 6
2) Après l’entame, vous
n’avez plus le temps de
jouer sur les Trèfles. Il vous
faut faire trois levées de
Pique, ce qui ne posera
aucun problème si la couleur
est répartie 3-3. Mais vous
pouvez aussi résister au
partage 4-2 à condition
qu’Est possède l’As second
et que vous maniez la
couleur ainsi : prenez
l’entame du Roi de Cœur
et jouez un petit Pique
pour la Dame. Montez au
mort et poursuivez d’un
petit Pique sous le Valet.
Quand Est détient l’As
second, celui-ci tombe sans
qu’un de vos honneurs n’ait
été utilisé. Si rien n’apparait,
vous donnerez un troisième
tour de Pique en espérant la
couleur 3-3.
La main d’Ouest :
 10 8 4 2,  V 10 9 8 3,
 4 2,  R 2.
1)
3) Bien sûr, le Roi de Cœur
placé suffit à votre bonheur.
Mais vous pouvez aussi
bénéficier d’un Roi de Pique
en Ouest à condition de
procéder ainsi : prenez
l’entame en main et jouez
un petit Pique vers la
Dame. Ouest plonge du
Roi et continue à Carreau.
Dégagez la Dame de Pique,
rentrez en main par l’As
de Cœur sans prendre le
risque de faire l’impasse et
défaussez le dernier Carreau
du mort sur l’As de Pique.
La main d’Ouest :
 R 10 9 3,  R 2,
 D V 10 9,  V 9 2.
TESTEZ
VOTRE JEU
EN FACE DU MORT
Mots croisés Par François Latour
I
II
III
IV
V
VI
VII VIII IX
X
XI XII
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
HOrizONtaLEMENt : 1. Une arme qui se retourne contre nous. Fait
avec. 2. Guide d’achats. Prendre un supplément. 3. Chambre ardente. Fait gras
ou frugal. 4. Ne fait pas un pli. Sac de couchage. 5. Distractions royales. Bleu
pastel. 6. Pas gênées pour un sou. Petits futés. 7. Lettres anglaises. Inflammation
oculaire. Marron ou chocolat. 8. Cours de Rome. Bosse sur le terrain. 9. Capitales
allemandes. Peintures pour papas. 10. Étant remonté ou au plus bas. Poussé à
faire. 11. Emploie la manière douce. On y case les cailloux. 12. Porté sur lui.
VErtiCaLEMENt : i. Dame de cœur. ii. Avoir à plusieurs. Enclin à avoir
tous les vices. Argent symbolique. iii. Poste d’observation. Dingue donc.
iV. Appareil de pointage. Garantie d’origine. V. Des époques remarquables.
Incite a ouvrir l’œil. Vi. Dieu de lumière. Placée à l’étude. Cœur de tripes.
Vii. Piliers d’autel. Arrive à l’Eure en Normandie. Viii. Refuse la confession.
Porter atteinte. iX. Peut avoir un chat dans la gorge. Démonstratif. X. Ligne
continue. Suite impériale. Xi. Arbre à marmottes. Fait le mort. Xii. Ceinture en
bois. Imite le daim.
SolutionS des Mots Croisés & Mots fléchés du n° 3672
HORIZONTALEMENT : 1. Nidification. 2. Ode. Aminé. Râ. 3. Sir. Marris.
4. Teindre. Râpe. 5. Âtre. Enrôle. 6. Ma. Poétereau. 7. Bleuit. Virus. 8. Pilules. Xi. 9. Lais. Dires. 10. Entériné. Olé. 11. Arête. Épiée. 12. Gré. Trissées.
VERTICALEMENT : I. Noctambule. II. Id. Étal. Anar. III. Désir. Épitre. IV. Inépuisée. V. Fard. Oïl. RTT. VI. Im. Réétudier. VII. Ciment. Lin. VIII. Ana. Révérées.
IX. Terrorisé. PS. X. Râler. Soie. XI. Oripeaux. Lee. XII. Nase. Usitées.
R
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S
PINT DE VUE
79
N˚ 3673
JEUX
Mots fléchés
sorT DE
l’orDINaIrE
jUgE
DE lIgNE
sErVENT
VITE ET
bIEN
arbrE
D’INDE
moNNaIE
bUlgarE
ramEaU
flExIblE
ToUr
DE roUE
formE
famIlIèrE
carrEaU
DU TEmPlE
NoUVEllE
VagUE
PérIoDE
DE
DoUcEUr
bIENhEUrEUsEs
VoIx
VIbraNTE
rElIgIEUsE
EN chEf
soUlEVEr
PoUr
agITEr
sITE
jaPoNaIs
chaNTEUr
ET amI
Il sErT oU
Il sErrE
forTEmENT
TENTéE
aPPUIE
sUr la
DéTENTE
TraVErséE
EN forcE
chassE EN
afrIqUE
ENTrE
DEUx
PorTEs
marchE
NormalE
faIrE
PrEssIoN
PâlE
ImITaTIoN
PosITIoN
DéfENDUE
ÎlE
D’ITalIE
éNIgmE
hIsTorIqUE
À DaDa
mIsE EN
lambEaUx
cachET
PoUr
VoyagEr
baTracIEN
saUTEUr
DéclaraTIoN
qU’EllE a
chaNTéE
ExErcIcE
DU
PoUVoIr
rayé DU
moNDE
aNImal
abrI
DE coUr
ParEssEUx
Nés
UN DE sEs
sUccès
féTIDE
EN résINE
DEUxIèmE
soUs sol
sIgNEr
PoUr
UN baIl
ParT
EN
PlUs
PETIT DaNs
l’aIrE
PoIrE
DU
marché
mIs aU
ParfUm
NE TIENT
qU’À UN fIl
PoIssoN
marIN
jEUNE
DaIm
fâchEUx
arbUsTE
À coco
affEcTIoN
gêNaNTE
a lEs
moyENs
saNs
cargaIsoN
sPécIalITé
brEToNNE
fIls
DE Noé
lIEUx
PUblIcs
loNgUE
hIsToIrE
sENs DE
l’écoUTE
sUjETs DE
bIograPhE
saNs
DéToUr
UN DE sEs
sUccès
PaysagE
rochEUx
PoUr DEs
PEllIcUlEs
© Jean-Marie Périer/Photo12
rElaTIoNs
sUIVIEs
saNs UN
NUagE
Passé
NEUf
fémININE
ENgEaNcE
TUIlE
DE
PIErrE
PINT DE VUE
êTrE
EN foNTE
loUP
D’aNTaN
arTIclE
DE bazar
80
UN DE sEs
sUccès
aUx yEUx
DE ToUs
hommE
DE PIErrE
loNgUE
barqUE
EsT EN éTaT
D’alErTE
lâchEr
lEs gaz
mIchEl,
soN
marI
a PrIs
DEs
coUlEUrs
a DEs aIrs
brEToNs
faIT
ET
rEfaIT
JEUX
PrésENTE
DEs
VarIéTés
forTE EN
calcUl
lIEU
DE DébaT
qUI EsT
Très
INTérEssé
jEUNE
ET
jolIE
mâlE DE
la soUrIs
par François Latour
IVrEssE
PoPUlaIrE
fEmmE
ParfaITE
ParTIE
DU Trésor
écrITUrE
raPIDE
PlacEr
aIllEUrs
TaIllé
EN bIaIs
soN VraI
PréNom
oIsEaU
saNs TêTE
PEINTrE
qU’EllE a
chaNTé
Isolé DU
moNDE
DIT PoUr
cEla
ToUT UN
EmPIrE
commE
l’or
soUDéEs
fEmmE
PoPUlaIrE
rEsTEr coI
cabrIolET
aNglaIs
s’EsT
NoIrcI
légENDE
romaINE
PIècEs DE
sErVIcE
soN Nom
aNNoNcE
la raIsoN
fEr
DE
boTTE
chamPIgNoN
roUgEâTrE
braVaDEs
craN DE
cEINTUrE
PrêT
À
TIrEr
sEUl aU
moNDE
ExPrEssIoN ENfaNTINE
soN
PréNom
PIqUé DE
ParToUT
sUIVIE moT
À moT
PIècEs
DE
jEUx
fIlET À
l’aNglaIsE
ImPrEssIoN
faITE
fIlET À
boUqUETs
oIsEaU
coloré
EsPéraIT
mIEUx
lE rEPos
DU
gUErrIEr
soUIllEr
PosTE
DE
coNDUITE
crIE
commE
UNE bêTE
TraNsPorT
ParIsIEN
la coUPE
EsT PlEINE
géaNTs
myThIqUEs
raDIo
NosTalgIE
rENforT
ProVIsoIrE
flEUVE
D’afrIqUE
maÎTrE
DE coUr
émoUssEr
PrIs DE
rhUm
aDDITIoN
DoUcE
TEmPs
loNg
raVI
qUEsTIoN
DE TEmPs
coUPs Par
DErrIèrE
assUrE lE
TraNsPorT
ParlEr
lIbrEmENT
raPPorT
DE graNDEUrs
bIEN
éqUIPé
rElaTIoNs
amIcalEs
PEUT êTrE
VUE
PoUr lE
chlorE
DIEU ToUT
amoUr
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colUmbUs
PIècE
VoUéE
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crèmE
aNglaIsE
marIN
D’orIgINE
EsT DaNs
la NoTE
fraPPés
DE sTUPEUr
Nom
DE DamE
éTablIT
la lIaIsoN
aU Nom
DU roI
coNcoUrs
gagNé
EN 1965
lEçoNs
DE
moralE
PINT DE VUE
81
L’élue
DE POINT DE VUE
Mon joujou
Ingrid Chauvin
photographiée
à l’Hôtel de
l’Abbaye dans le
VIe arrondissement
de Paris.
Mon fils Tom a reçu cette voiturette
de mon grand-père, Papapi.
C’est la plus importante de
toutes ses petites voitures.
Mon rituel
Le manège au moins deux fois par
semaine avec mon fils ! J’ai toujours
des tickets sur moi, on ne sait jamais.
Mon dessert
Chaque soir, deux carrés de
cet excellent chocolat noir fourré
au praliné. Ni plus ni moins.
Mes scripts
Je me déplace partout avec.
Mon fils a bien compris que
je travaillais même quand je le fais
dîner, donc il dessine dessus.
Mon livre
J’aime explorer le monde de
l’enfance. Pour le troisième ouvrage
de cette collection à laquelle
je participe, j’ai choisi un récit sur
la différence, Le Vilain Petit Canard.
Mon alliance
En or blanc et diamants.
Impossible de m’en séparer.
Par chance, dans la série, j’ai
fait évoluer mon personnage avec.
Mon rythme
Entre les tournages,
mes obligations de maman,
je vis à 200 à l’heure.
Les baskets sont mes alliées.
Ingrid Chauvin
Nul besoin de la présenter en tant que vedette
de la télévision. Depuis plus d’un an, elle incarne Chloé,
dans la série Demain nous appartient, sur TF1. Plus
récemment, elle s’est lancée dans la littérature jeunesse
et prête son visage et sa voix à une collection
de contes*… Une découverte pour les fans et leurs enfants.
Par Fanny del Volta Photos Christel Jeanne
82
PINT DE VUE
Mes clés
Je vis entre Sète, où se déroule le
tournage de la série, et Cannes, où
je retourne avec ma famille dès que
nous avons trois jours devant nous.
Mon doudou
Il m’accompagne partout. Ce petit
fétiche appartenait à ma fille
Jade, morte à moins de 6 mois.
* Coll. : Les Contes d’Ingrid Chauvin,
de 3 à 7 ans, livre + CD, Gründ.
D
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EM
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20
18
Spécial
pécial
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Joailleri
IMPÉRATRICE FARAH
Hommage précieux
pour ses 80 ans
MYSTÈRE ROYAL
La saga du diadème
Cambridge
MAXIMA DES PAYS-BAS
Le retour du diamant
des Stuarts
HAUTE JOAILLERIE
ET CRÉATEURS
Les nouveautés 2018
Eugenie d’York,
Meghan MarkleÉ
Ce clip en émeraudes
et diamants est le chef-d’œuvre
de Van Cleef & Arpels
de l’année 2018.
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DEUX DIADÈMES
HISTORIQUES POUR
DEUX MARIÉES ROYALES
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