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Planète Foot N°272 – Janvier-Février 2019-compressed

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Édito
■
Ours
Magazine des Éditions Duchâteau-Voisin
au capital de 7000 €.
RCS : Bobigny B 453 589 707.
9 rue Francisco Ferrer, 93 100 Montreuil
Tél. rédaction : 01 41 58 61 41
Fax : 01 43 63 67 75
Mail : planètefoot@editions-fbn.com
GÉRANT :
Jean-Jacques Voisin
RÉDACTION
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION :
Jean-Jacques Voisin
COORDINATION ET RÉDACTION
Mathieu Delattre et Roger Lewis
STAGIAIRE : Camille Ledun
GRAPHISME : G. Bailly-Michels
PHOTOS : Presse-Sports
F A B R I C A T I O N
IMPRESSION : LÉONCE DEPREZ
PUBL ICITÉ
RÉGIE PUBLICITAIRE PROFIL
134 bis, rue du Point du Jour
92517 Boulogne-Billancourt Cedex
Tél. : 01 46 94 84 24
Fax : 01 46 94 00 90
SERVICE ABONNEMENTS ET VENTES
PAR CORRESPONDANCE :
Planète Foot - Service abonnement
12 350 Privezac
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Fax : 05 65 81 55 07
Mail : contact@bopress.fr
RENSEIGNEMENTS :
du lundi au jeudi de 14 h à 18 h
et le vendredi de 14 h à 17 h
DISTRIBUTION : Presstalis
■ La croisée des chemins
Sur l'échelle d'une mappemonde, il faut presque faire un demi-tour pour relier Paris à Sao Paulo. Il
faut rajouter quelques heures de rab', qui montent la distance à 9726 kilomètres, à la louche, entre
Clairefontaine et Ribeirao Preto, pour situer le nid des Bleus au Brésil. Dix mille bornes ou presque,
pas la porte à côté mais jamais trop loin quand cette porte s'ouvre sur l'Aventure. Elle attend les
Bleus le 15, à 21 h (heure de Paris) à Porto Alegre, face au Honduras. Didier Deschamps, qui connaît
trop l'impact positif d'une entrée en matière réussie, qui sait aussi tout des effets néfastes de son
contraire, a donné rendez-vous le 15. À l'heure de franchir le seuil, l'indice de confiance penche plutôt du bon côté, même si les états physiques de Franck Ribéry et, à un degré moindre, de Karim Benzema et Raphaël Varane, ont failli déclencher d'autres états plus généraux. Mais, bon, ils y sont et
on a l'impression qu'ils avaient tous envie de partir ensemble. Chose nouvelle et pas étrangère à
l'inclinaison dans le bon sens de l'indice de confiance. Sur l'échelle de l'équipe de France, on ne va
pas affirmer que les Bleus roulent vers une seconde étoile, mais ils donnent l'impression d'avancer
en ordre de marche, bien plus solides sur leurs appuis, au moment de plonger dans l'histoire, que
sur le fil perdu où ils erraient ces dernières années. Sur l'échelle d'une courbe de confiance, ils ont
carrément fait le demi-tour depuis le 19 novembre dernier. Ils s'échinaient, le vent en pleine figure,
ils avancent avec un nouveau souffle dans le dos. Ils y sont. C'est l'heure de poser le pied. Franchir
le seuil. Ils ont le droit de refermer la porte derrière eux. Parce qu'à la croisée des chemins, l'aventure s'écrit devant. Elle a même le droit de s'étirer.
PAR MATHIEU DELATTRE
■ Sommaire
04
COUP D'ENVOI
82
FOCUS Serge Aurier
10
RENCONTRE Hugo Lloris
84
FOCUS Benjamin Stambouli
16
DÉBAT Olivier Giroud peut-il piquer
la place de Karim Benzema ?
86
TOP JEUNES
18
PLANÈTE BLEUE
88
RÉTRO France-Brésil 2006
28
STORY Sergio Ramos
90
FACEBOOK
RESPONSABLE DE GESTION :
32
FACE À FACE Javier Zanetti VS Ryan Giggs
COMPTABILITÉ FOURNISSEURS :
38
Posters
LOUPE Neymar
57
LE LIVRE D'OR de la saison
REAL MADRID CHAMPION D'EUROPE
& PARIS SAINT-GERMAIN CHAMPION
DE FRANCE
68
INTERVIEW Aymeric Laporte
72
NEW STAR Marco Reus
76
FUTUR CRACK Adnan Januzaj
78
ZOOM CLUB AS Rome
VENTE ET RÉASSORT :
Mercuri Presse,
9 et 11 bis rue Léopold-Bellan,
75 002 Paris.
Tél. : 01 05 34 84 20 (numéro vert)
ADMINISTRATION
Georges Fonseca
José Martinez
Tous droits de reproduction réservés.
Commission paritaire : 73 638
Dépôt légal à la parution.
© Jean-Jacques Voisin
Autres publications
des éditions FBN :
• Bleu Blanc Foot
• Mondial Basket
• Planète Cyclisme
• L’Univers du Rugby
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DIRECTEMENT SUR
WWW.BOPRESSE.FR
3
Coup d’envoi
CHAMPAGNE
POUR ARSENAL
Neuf ans d'abstinence. Neuf ans sans le
moindre titre. Neuf ans de disette. Les
Gunners d'Arsène Wenger ont enfin rompu
la malédiction en remportant la Cup, dont
ils étaient les grands favoris, face à Hull
City. Mais que ce fut dur puisqu'Arsenal
était mené 2-0 après seulement huit minutes de jeu et que, dans la foulée, Gibbs
sauva, sur sa ligne, une balle de 3-0 qui aurait probablement scellé leurs derniers
espoirs. Puis, peu à peu, Giroud et les siens
ont refait surface pour revenir dans le
match et, finalement, s'imposer durant la
prolongation (3-2) grâce à une réalisation
de Ramsey. Tout cela méritait bien d'être
fêté au champagne.
4
È
Coup d’envoi
TOP
Relégué pour la première fois de
son histoire en deuxième division
il y a deux ans, River Plate vient
d’être sacré champion d'Argentine pour la 35e fois de son histoire, à l'issue du Tournoi de
clôture avec, en plus, cinq points
d'avance sur Boca Juniors, le rival
historique. Un final de rêve, quoi,
pour les supporters de River ! À
noter que David Trezeguet, prêté
cette saison par River aux Newell's Old Boys, pourrait revenir
la saison prochaine. C'est Enzo
Francescoli (en photo), ancienne
idole du club et qui fait partie de
la nouvelle équipe dirigeante, qui
l'a lui-même annoncé.
■ SKULLCANDY
CASQUE BLEU
S'appuyant sur le succès du Skullkandy FC, lancé à l'automne dernier
avec Chelsea, Marseille, Barcelone,
Milan AC, River Plate et Boca Juniors,
Skullkandy élargit sa plateforme.
Voilà donc les casques bleus, estampillés FFF. Si vous voulez supporter
l'équipe de France en affichant vos
couleurs, envoyez la musique.
■ CÔTÉ MAILLOT
C'est déjà la rentrée au rayon des nouveaux
maillots, enjeu devenu presque plus important
qu'une qualification en Ligue des champions dans
l'équilibre économique des clubs. En magasin ce
coup-ci, voici l'AS Roma avec son col rétro, l'AS Monaco tout en pudeur et l'Atlético Madrid avec sa
large bande sur le short. Bon, c'est vrai que la Roma
est assez mythique, quand même.
■ VAMOS A LA PLAYA,
KIACABANA
È
FLOP
Au lieu de fêter leur grand retour
sur la scène européenne, Parme
et Antonio Cassano (en photo) ont
été exclus de la Ligue Europa ! La
faute à une dette fiscale de plus de
300 000 euros qui a valu aux Parmesans de ne pas obtenir la licence UEFA. Du coup, c'est le
Torino, 7e du championnat, qui
jouera le troisième tour préliminaire de la C3. « La cerise sur la
gâteau de
notre extraordinaire
saison »,
s'est réjoui
U r b a n o
Cairo,
le
Président
turinois.
Pas sûr qu'à
Parme, on
ait la même
analyse.
6
Partenaire officiel de la Coupe du
monde, Kia crée l'événement à Paris
avec le KiaCabana, oasis brésilienne
en plein cœur de la capitale. Du 12
juin au 13 juillet, si vous avez envie de
siroter un verre à l'heure brésilienne, rendez-vous au Port des Champs-Elysées,
métro
Champs-Elysées-Clémenceau.
Plus d'infos sur kiacabana.fr
■ LES BOSS ALLEMANDS
■ ADIDAS RETOURNE
LE BUS
Drôle d'idée des trois bandes. Avant
le départ des Bleus pour le Brésil,
Adidas, leur ancien équipementier, a
eu la bonne idée de détruire « le bus
de la honte de Knysna », pour mieux
le faire renaître sous forme d'œuvre
d'art. M’ouais...
C'est en Hugo Boss que la NationalMannschaft
s'affiche au Brésil. Costard sur mesure et
classe naturelle pour Joachim Löw et ses
hommes. Même au niveau prêt-à-porter, c'est
quand même quelque chose, l'Allemagne.
•• LA PHRASE DU MOIS
■ VOYAGE EN BALLON
« Je suis ravi de découvrir un nouveau
club et une nouvelle langue. J'ai appris
un petit peu le français : ici, c'est Paris ! »
Il fera ses grands débuts au
Workers Stadium de Pékin,
le 2 août, à l'occasion du
Trophée des champions
enrte le PSG et Guingamp.
Lui, c'est le prochain ballon
officiel de la Ligue 1. Disponible dans les boutiques Adidas, sur l'e-shop adidas.fr et
chez tous les distributeurs agréés, avec aussi une version
Replica dès 30 euros.
De David
Luiz,
en conférence
de presse
au Brésil,
à propos
de son
arrivée
au Paris SG.
■ PUMA VOIT DOUBLE
Comme Cesc Fabregas, vous pouvez maintenant afficher vos couleurs avec les nouvelles Puma
EvoSpeed et EvoPower. Une
chaussure bleue, une chaussure
rose. On n'arrête vraiment pas le
progrès.
■ MELTEAMPOT,
UNE APPLICATION POUR
SOUTENIR LES BLEUS
■ CAP À SAO PAULO POUR
Pour soutenir l'équipe de France, Melteampot, une nouvelle application mobile permet
à tous les fans de se réunir entre supporters
de même nationalité au Brésil pour soutenir les couleurs de leur
équipe favorite. L'application, qui fonctionne comme un réseau
social, favorise la rencontre en groupe avec une prise de contact
facile et interactive. Et, pour ceux qui resteront en France, Melteampot leur propose de vivre plus intensément encore la Coupe
du monde en rencontrant, par exemple, un groupe de suisses,
d'équatoriens ou d'honduriens. Pour vivre ces matches dans la
même ambiance que les supporters présents dans les stades.
LES GIRONDINS DE BORDEAUX
Le 11 mai dernier, le Stade Vélodrome de Marseille
a vibré pour autre chose que son OM, en accueillant
la finale nationale de la Danone Nations Cup. Les 12
équipes finalistes ont tout donné avant de voir le
sacre des Girondins de Bordeaux. Voilà donc les
Bordelais qui doivent maintenant mettre le cap sur
Sao Paulo, le 16 novembre prochain, pour la finale
mondiale. Y'a pire. Bonne chance les p'tits gars et
ramenez-nous la Coupe, qui reste la plus grosse
compétition de foot du monde pour les 10-12 ans !
■ AXE JOUE LA PAIX
Idéal quand on aura bien sué en regardant les matches du Mondial à la télé, voici la nouvelle gamme d'Axe, la Axe Peace qui se
décline en déodorant, gel douche, shampooing, eau de toilette,
gel coiffant et gomme.
En 2014, Axe sensibilise sa communauté de
fans au message de
paix. Pour en savoir
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• LE CHIFFRE DU MOIS
618
Mickaël Landreau, qui vient d'annoncer sa retraite sportive, après la Coupe du monde, s'en
va avec un record qui sera difficile à battre
puisqu'il a disputé la bagatelle de 618 rencontre de Ligue 1 sous les couleurs de Nantes,
Paris SG, Lille et, enfin, Bastia. Le précédent
record appartenait à un autre gardien, JeanLuc Ettori, qui avait joué 602 matches de L1
avec l'AS Monaco.
7
Coup d’envoi
■ LE COIN DES BOUQUINS
Ce mois-ci, l'actualité est vraiment copieuse et il y en a pour tous
les goûts pour garnir votre bibliothèque. À lire en attendant les
matches ou, après le tournoi, pendant vos vacances.
On commence, actualité oblige, par la Coupe du monde. Un peu d'histoire pour commencer. Avec “Coupes du Monde Inside”, Bernard
Lions revisite la légende de la compétition en donnant la parole à ceux qui l'ont jouée ! De Franz Beckenbauer à Rai, de Gerd Müller à Didier
Deschamps, découvrez les confidences de ceux qui ont écrit, depuis 80 ans, son histoire avec une préface signée Michel Platini (240 pages,
29,95 € aux Éditions Tana). De l'histoire toujours avec “Le Journal de Jules Rimet” proposé par Renaud Leblond avec la participation
d'Yves Rimet, le petit-fils du créateur de la Coupe du monde. Dans ce journal, le père du Mondial nous fait revivre les premières Coupes du
monde avec précision et humour. Comme la traversée en paquebot de l'équipe de France, en 1930, pour rejoindre l'Uruguay ou cette finale
perdue par les Brésiliens, dans leur Maracana chéri, qui crucifia tout un peuple. Un texte rare accompagné d'archives inédites (180 pages,
9,95 € aux Éditions First). Histoire toujours mais beaucoup plus récente et beaucoup plus noire avec “Knysna, Au Cœur du désastre.” En
2010, en Afrique du Sud, François Manardo était l'attaché de presse de l'équipe de France. Il nous raconte donc, vécu de l'intérieur, l'inexorable
descente aux enfers des Bleus. Un vrai document (232 pages, 18,50 € aux Éditions Les Arènes). Dans un tout autre genre, Bernard Pascuito
s'est, pour sa part, intéressé au sélectionneur qui a emmené les Bleus au Brésil. “La face cachée de Didier Deschamps” nous invite à
mieux connaître l'homme qui se trouve derrière le joueur bardé de titres et l'entraîneur puis sélectionneur qu'il est devenu aujourd'hui. On y
découvre un personnage multiple, riche de ses contradictions, hanté par ses rêves toujours inassouvis (320 pages, 17,95 € aux Éditions First).
Un autre portrait, celui d'un joueur qui pourrait être l'un des acteurs majeurs de la Coupe du monde, CR7. “Ronaldo, Orgueil, gloire et
préjugés”, coécrit par Antoine Grynbaum et Marco Martins, dresse, à travers les témoignages exclusifs des proches de la star portugaise,
le portrait d'un footballeur ultraprofessionnel, bien loin de l'image de la star capricieuse qui lui colle à la peau. Avec, en prime, quelques révélations inédites sur le personnage (224 pages, 16,90 € aux éditions Solar).
On s'éloigne de la Coupe du monde mais on reste en compagnie des grands, des monuments du football avec “Alex Ferguson, Mon Autobiographie”, meilleure vente en librairie en 2013 en Grande-Bretagne (1 million d'exemplaires !). En voici aujourd'hui la traduction française.
Dans ce livre qui regorge d'anecdotes et de révélations, Sir Alex parle de tout. De ses relations avec les superstars qu'il a dirigées (Beckham,
Cristiano Ronaldo, Rooney…), de ses duels avec Arsène Wenger et José Mourinho, de ses recrues françaises (Blanc, Barthez, Evra…). Oui,
vous saurez tout du mythique coach de Manchester United (340 pages, 22 € chez Talent Sport). On reste toujours avec des mythes mais dont,
cette fois, la vie a tourné au tragique avec “Carton Rouge, 20 destins brisés de footballeurs mythiques” de Mickaël Grall. George Best,
Socratès, Garrincha, José Touré, Diego Maradona…, au coup de sifflet final, la vie de ses stars a basculé. C'est leur plongée vers l'enfer qui
vous est contée avec passion et minutie (240 pages, 18 € aux Éditions de l'Opportun). Des mythes en veux-tu ? En voilà encore. En partant du
parcours remarquable des 30 meilleurs joueurs identifiés par l'International Federation of Football History & Statistics, Jean-Louis Bischoff,
dans “Classe Mondiale, Mythes et légendes du football”, affine le portrait de ces joueurs en passant au crible tous les détails qui en ont
fait des légendes sous des éclairages inattendus et inédits (14,90 € chez Hachette). Enfin, parce qu'il y en a vraiment pour tous les goûts, on
termine avec une BD, qui nous ramène à la Coupe du monde. “Foot 2 Rue, Un Mondial au Brésil”, tome 20 de la série, est l'occasion pour
Tag et ses copains d'aller voir, durant la Coupe du monde, leur vieil ami Zanguezinho et d'encourager leur équipe préférée. Ils vont aussi en
profiter pour découvrir certains joyaux du Brésil sur un scénario de Mariolle et des dessins de Cardona (40 pages, 10,50 € aux Éditions Soleil).
Bonne lecture et bon Mondial à tous !
8
5
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11
■ Goodison Park, le 3 novembre 2013. Tottenham arrache le nul à Everton (0-0) mais Hugo se fait arracher la tête par Romelu
Lukaku, l'attaquant des Toffees. Le même genre d'action qui a coûté sa Coupe du monde à Steve Mandanda.
Planète Foot : Hugo, dans quel état d'esprit as-tu démarré la préparation de
cette Coupe de monde ?
Hugo Lloris : J'ai eu une petite semaine
de repos pendant laquelle j'ai bien coupé.
Je me suis retrouvé en famille, j'ai vu les
amis à Nice (il était présent à l'Allianz
sportivement et humainement. Mais on
ne peut pas anticiper les choses. Avec
Steve, voilà un bon moment maintenant
que l'on se côtoie et que l'on se
connaît. On travaille toujours ensemble
et il existe énormément de respect
entre nous.
“
PERDRE UN COÉQUIPIER SUR
BLESSURE, C'EST TOUJOURS
MALHEUREUX. SPORTIVEMENT ET
HUMAINEMENT. ON NE PEUT PAS
ANTICIPER LES CHOSES.
Riviera pour Nice-Lyon (0-1) le 17 mai au
soir de la 38e journée de L1). Ça fait du
bien de se ressourcer à ce moment-là
parce que la saison est toujours longue,
mais on est tellement excité à l'idée de
participer à une Coupe du monde. Ça
gomme tout. Je suis arrivé à Clairefontaine avec le sourire.
Avec, aussi, l'annonce du forfait de
Steve Mandanda, victime d'une fissure
d'une vertèbre cervicale, lors de l'ultime journée de la saison. Comment
as-tu réagi ?
C'est malheureux... Perdre un coéquipier
sur blessure, cela fait toujours très mal,
12
”
Y a-t-il toujours cette fameuse caste des
gardiens, ce “clan des quatre” avec les
trois plus Franck Raviot, l'entraîneur ?
C'est un poste à part, donc on se retrouve
toujours ensemble pour travailler, à
l'échauffement comme dans les exercices
spécifiques. Forcément, dans l'échange,
nous sommes plus proches et on partage
plus de choses. C'est pour cela que, quand
je dis sportivement et humainement, le
fait que ce soit Steve qui se trouve
concerné n'est pas neutre, non plus.
Tu as connu quasiment la même mésaventure avec Tottenham en championnat
(le 5 novembre, face à Romelu Lukaku).
Tu étais resté sur le terrain pour terminer
le match et cela avait créé la polémique
outre-Manche. Y as-tu repensé ?
Bien sûr, non seulement c'est Steve,
c'est le même poste, mais, en plus,
c'est, à peu de choses près, le même
choc. Je suis resté sur le terrain, en fait
j'étais plus concentré sur ma remise à
pied et, surtout, j'avais dans un coin de
la tête les barrages contre l'Ukraine
(quinze jours plus tard). C'était le plus
important à mes yeux.
En tant que numéro un et capitaine, astu eu ton mot à dire quant à la nouvelle
hiérarchie des gardiens, en l'absence
de Steve ?
Non, moi, je reste joueur, c'est le sélectionneur qui fait les choix, là comme
ailleurs, il fait le meilleur, comme il en
a l'habitude.
Revenons à la préparation. Comment
s'est-elle déroulée et comment senstu l'histoire ?
C'est à chaque fois pareil. Il s'agit d'un moment
très important, qui conditionne ce qui se passera après. Là, nous sommes arrivés les uns
après les autres, avec des temps de jeu inégaux, certains avec des petits pépins à finir de
soigner. À chaque fois, il faut trouver le bon dosage. Mais nous avons un staff qui est hyper à
l'écoute. On a eu le temps de bien travailler, ce
qui signifie bien se préparer physiquement
■ Gremio Arena, 9 juin 2013. À Porto Alegre, Hugo s'interpose devant Alves et Paulinho. Qu'il ne s'en prive surtout pas
en 2014, si besoin. est possible. Ce qu'il y a de sûr, c'est
qu'on va tout donner. On y va pour repousser nos limites.
“
mettrait dans les meilleures conditions
pour les matches suivants. Il faudra
être à 200%. En Coupe du monde, les
ON A ACCROCHÉ QUELQUE CHOSE
AVEC NOS SUPPORTERS. ON NE VA PAS
LE LÂCHER.
Quel regard portes-tu sur vos trois adversaires du premier tour, le Honduras,
la Suisse et l'Équateur ?
Par rapport à d'autres équipes, je reconnais que nous avons un tirage plutôt
clément. Mais, de toute manière, on
respecte toujours tous nos adversaires.
On sait que ça se joue sur des détails. À
nous de bien respecter les étapes, sachant qu'une victoire d'entrée nous
”
niveaux se resserrent, tous les matches
se jouent sur un rien.
Quel est ton premier souvenir de Coupe
du monde ?
1994 aux États-Unis. Il n'y avait pas
l'équipe de France, mais je revois des
matches de la Suède, de l'Italie, du Brésil,
en finale. Mais, le souvenir, en tant que
Français, c'est surtout 98.
SA SAISON 2013/2014 À LA LOUPE
■ Avec Tottenham :
•Premier League
•Europa League
•FA Cup
•Coupe de la Ligue
Matches joués
37
6
1
1
■ Avec les Bleus :
•55 sélections
•1re sélection :
le 19 novembre 2008 à Saint-Denis,
France-Uruguay 0-0
•Saison internationale 2013-2014 :
8 matches - 720 minutes jouées 4 buts encaissés
14
Minutes jouées
3330
540
90
90
Buts encaissés
50
4
2
2
Quels sont tes favoris ce coup-ci ?
Je ne suis pas très bon pronostiqueur.
Mais, bon, sans être original, je réponds
instinctivement le Brésil, le pays organisateur, et l'Espagne, championne du
monde en titre. Après, il y a toujours des
formations comme l'Allemagne, les
Pays-Bas ou l'Argentine qui ont leur mot
à dire, ce sont des équipes qui ont énormément de qualités mais aussi un vécu
dans la compétition et de grands joueurs
à leur disposition.
Ton avenir incertain à Tottenham peut-il
te polluer la tête au Brésil ?
Incertain, non, c'est vous qui le dites. Moi,
je suis sous contrat avec Tottenham, où
nous avons connu une saison un peu
compliquée, mais, sur le plan humain et
professionnel, elle est enrichissante.
C'est le plus important. Depuis le 19 novembre, j'avais la Coupe du monde dans
un coin de ma tête. Depuis le 19 mai, j'ai
la tête exclusivement tournée vers
l'équipe de France et la Coupe du monde.
Je suis comme tous mes coéquipiers, j'ai
un seul souci et c'est un souci de performance avec les Bleus.
Même pas peur que les transferts perturbent le groupe ? Certains de tes coéquipiers ? En tant que capitaine, tu peux
avoir ton mot à dire ?
Non, il faut faire abstraction. C'est sûr
que des joueurs sont concernés. Mais on
aura le temps d'y penser. On a
conscience aussi de ce que représente la
Coupe du monde.
Rencontre
HUGO
LLORIS:
ON Y VA POUR
“
REPOUSSER NOS LIMITES ”
En bon capitaine, Hugo fut le premier arrivé à Clairefontaine, le 19 mai,
pour le coup d'envoi de la préparation des Bleus. Pile à l'heure pour
donner la température, avant d'entamer la préparation et de mettre le
cap sur Ribeirao Preto. Des mots ciselés et choisis, comme toujours.
Un mot pour Steve (Mandanda), le grand absent. Un autre pour dire
l'ambition des Bleus. Les mots du cap', quoi.Interview : Mathieu Delattre
10
Débat
OLIVIER GIROUD
LA PLACE DE
D'un côté, Karim et ses adducteurs persiffleurs,
de l'autre Olivier et sa confiance au top. Une
place pour deux. Et encore un débat qui a
enfiévré la rédac'.
OUI
Il y a un temps pour tout, mais jamais
de bon moment pour se blesser. Karim
Benzema a entendu ses adducteurs
siffler au soir de la 38e et dernière journée de Liga contre l'Espanyol Barcelone, le 17 mai, et il n'a pas du tout
aimé la mélodie. À 29 jours de l'entrée
en lice de l'équipe de France contre le
Honduras, les délais sont comme les
douleurs : ils prennent tout de suite une
autre ampleur. Mais Karim paie aujourd'hui une sorte de double peine.
Car, avant le 15 juin et le Honduras, il
avait le 24 mai et Lisbonne cochés sur
son calendrier : l'Atlético, la Ligue des
champions, une soirée pour la Decima.
Il a joué la finale sous infiltration. Enfin,
79 minutes avant de laisser sa place (à
Morata), après avoir plus souffert que
pesé sur la rencontre. Vainqueur de la
C1, mais pas guéri, Karim est arrivé à
Clairefontaine blessé et n'a pas suivi
l'ombre d'un début de préparation collective, restant scotché, tantôt à l'intérieur du cabinet médical, tantôt aux
kinés qui ne l'ont pas lâché. Alors, bien
évidemment, dans l'individualisation à
outrance de la préparation, autrement
dit le quotidien d'une sélection de haut
niveau, à l'aube d'une Coupe du monde,
et à considérer le vécu du bonhomme
en équipe de France, on voit d'ici les
apôtres de l'immobilisme s'élever
contre tout idée de changement... Pourtant, en l'absence de Benzema, Olivier
Giroud a montré de sacrées belles
choses au cours de la préparation.
D'abord, le meilleur de ce que l'on peut
attendre d'un buteur : des buts. Deux,
16
même, contre la
Norvège, avec,
dans le désordre,
la finesse et le
toucher d'une reprise de la tête
lobée, le toucher
et la puissance
d'un enchaînement contrôledemi-volée
à
l'entrée de la
surface. « C'est
très bien qu'Olivier ait marqué,
car c'est toujours
important pour un
attaquant de mettre des buts »,
soulignait Didier
Deschamps après
le récital. Alors,
Giroud buteur ?
Mais pas que. Deschamps l'a déjà dit,
aussi. « Benzema et Giroud ont chacun
leur profil et apportent chacun leur
personnalité. Je préfère avoir les deux.
» Avec l'avant-centre d'Arsenal, les
Bleus disposent d'un point de fixation,
capable de prendre le dessus à chaque
fois sur son adversaire direct dans le
domaine aérien. Même Arsène Wenger
disait après France-Paraguay : « Il a fait
de gros progrès dans sa qualité de
passe de la tête. » En appui, en remise,
le Gunner est le choix numéro un. Or, en
phase finale de Coupe du monde et, a
fortiori au premier tour, les Bleus vont
tomber sur des murs très bas, resserrés et renforcés, bien difficiles à fissurer. L'impact de Giroud sera le bienvenu.
Et puis, à tous les apôtres, on veut dire
aussi que, même en pleine possession
de ses moyens, Karim Benzema n'a jamais rien fait avec l'équipe de France en
phase finale. Transparent en Suisse lors
de l'Euro 2008, décevant en Ukraine, il y
a deux ans (0 but marqué à chaque fois),
il ne faisait même pas partie des 23 sélectionnés par Raymond Domenech
pour l'Afrique du Sud. Alors, avec les
adducteurs persiffleurs...
Mathieu Delattre
PEUT-IL PIQUER
KARIM BENZEMA ?
NON
Giroud, Benzema, Benzema, Giroud…
À quelques jours de la Coupe du
Monde, voilà les mauvaises langues qui
font leur retour. Comme si, pour une
fois que l'équipe de France a trouvé de
la stabilité – une grande première depuis trop longtemps –, il fallait tout
chambouler. Non, non, non. Benzema
reste l'avant-centre numéro un chez
les Bleus malgré sa blessure et ce
n'est pas Giroud qui va renverser cette
hiérarchie. Pourquoi ? Déjà, l'ancien
Lyonnais est plus complet. Plus mobile,
plus efficace. Giroud a tâtonné, galéré,
réussi quelques coups d'éclat. Mais,
soyons francs, ne s'est jamais installé.
S'il peut apporter,
c'est surtout de la
tête. Pour le reste, il
a un train de retard
sur Benzema. Et sur
tout. En club, Olivier
lutte toute la saison
pour exister en Premier League. Karim
marche
chaque
week-end sur la
piste aux étoiles
avec le Real. Pas
sûr, donc, qu'il soit
techniquement apte
à égaler un joueur
capable de tout – ou
presque – avec ses
pieds. Il a peut-être
brillé face à la Norvège au Stade de
France en amical (40), mais estimer que
Benzema aurait réalisé la même performance n'est pas prendre un gros
risque. Surtout face à la 55 e nation au
classement FIFA. En clair, Giroud est
un très bon joueur, Benzema un joueur
de classe mondiale. Et lorsqu'on parle
de Coupe du Monde, pas de place pour
l'approximatif ou l'incertitude. Le flou,
c'est justement l'enveloppe qui entoure
son statut au sein de la sélection. Pas
sûr, non plus, qu'il soit capable de résister à la pression. Pour l'instant, il
n'a pas su. Préféré à Benzema, lors du
barrage aller en Ukraine (défaite 2-0) un des matches les plus importants
de l'année 2013 pour les Bleus -, il
avait failli de la première à la dernière minute. Hésitant, maladroit,
parfois même nonchalant, il s'était
noyé face à des adversaires pourtant
à la portée des Bleus. Conséquence ?
L'enjeu monte encore et Benzema reprend son fauteuil. La suite, on la
connaît. Direction Rio. Le football se
joue aussi dans la tête et, là encore,
l'ex-Montpelliérain est en retard. Les
Gunners, qui viennent de remporter
leur premier trophée depuis dix ans,
ne sont pas vraiment habitués à jouer
la finale de la Ligue des Champions
ou le titre chaque week-end. Olivier
Giroud aurait pu, avec son talent, espérer une place de titulaire en Bleu.
S'il était né à une autre époque, s'il
n'avait pas eu ce gamin de la banlieue
lyonnaise face à lui : capable d'émerveiller le monde du foot d'un simple
geste. Malheureusement pour lui, il
est et restera un remplaçant de luxe
de Benzema. Un “super sub” comme
disent les Anglais, mais pas celui qui
fera la révolution dans le groupe
France. La faute à quoi ? Au temps
peut-être. Mais ce temps-là, les
Bleus en ont trop perdu et n'en ont
vraiment plus à gâcher.
Camille Ledun
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17
Planète bleue
EN ROUTE POUR
Nés un 19 novembre, les Bleus partent à l'assaut du Brésil comme libérés d'un
poids. C'est la première grande victoire de Didier Deschamps, qui a réussi à qualifier
l'équipe de France, tout en retournant l'opinion en sa faveur. Allez les Bleus !
Par Mathieu Delattre
18
■
LUCAS DIGNE
Son entrée en seconde période contre la
Norvège a confirmé tout le bien que l'on
pense de lui. Aussi bien dans le placement
que l'apport offensif, où sa qualité de centres et son association avec Ribéry peuvent faire naître de gros espoirs.
■ CARRÉ BLEU
Grand homme du premier match de préparation contre la Norvège,
“Petit vélo“ confirme qu'il ne déçoit jamais en Bleu. Alors, au Brésil...
Planète Foot : Mathieu, c'est rare de réussir trois passes décisives dans un seul match.
Encore moins dans une rencontre internationale. Ce France-Norvège, bien qu'amical, at-il été ta meilleure prestation en Bleu ?
Mathieu Valbuena : Il fait partie de mes performances les plus abouties avec l'équipe de
France. Déjà, il y a une victoire 4-0, ce n'est jamais évident comme ça, nette et sans bavures.
C'est le genre de match important pour le collectif et la confiance, surtout quand il s'agit du
premier, de celui qui nous lance dans l'aventure. Après, être à l'origine de trois buts, oui c'est
forcément un bon souvenir pour moi.
■
RIO MAVUBA
Doublure de Yohan Cabaye au poste de
sentinelle, il apporte sa bonne humeur en
même temps que son expérience de
leader de groupe à Lille, où il est capitaine
depuis plusieurs saisons. Tout bonus.
Surtout après ta saison plus que compliquée à Marseille. Les Bleus sont-ils devenus ta bouffée d'oxygène ?
Non, je suis très content de réussir un bon match avec l'équipe de France, mais j'aurais aimé
réaliser les mêmes performances avec l'OM. Je reste le premier à regretter que tout ne se
soit pas passé comme on l'aurait voulu. Sur un plan personnel, j'ai vécu une saison compliquée mais elle l'a aussi été sur le plan collectif. Moi, j’aime faire jouer les autres, quelque
part, je dépends d’eux. Avec l'équipe de France, c'est différent. La sélection, ça se situe à
part. Depuis l'arrivée du coach (en août 2012), mes performances sont assez régulières et je
fais toujours partie du groupe. Je me maintiens sur une bonne dynamique.
Nous voilà donc au Brésil, alors qu'après Knysna tu pensais ne jamais revoir les Bleus...
Ah oui, quand je suis rentré de la Coupe du monde en Afrique du Sud, où j'étais parti sans
certitude par rapport à ma place dans le groupe France, j'étais persuadé ne jamais revoir la
sélection. Je me disais : « Après ce qui s'est passé, ce n'est pas possible ! » C'est pour cela
que, lorsque Laurent Blanc m'a convoqué la première fois, j'ai été presque surpris et vraiment
heureux. Je me suis senti comme miraculé. Une deuxième chance s'ouvrait devant moi.
MITIGÉ
■
MATHIEU DEBUCHY
Toujours appliqué, il a semblé à court de
forme en première période contre la
Norvège. Le poids du travail foncier,
sans doute. Il a également connu
beaucoup de déchets dans ses centres.
Ce qui est plus ennuyeux.
Quatre ans plus tard, te voilà taulier. Indéboulonnable...
Je ne dirai jamais ça. Je vous laisse interpréter les choses. Moi, je fais comme depuis toujours, je continue mon bonhomme de chemin. J'ai la confiance de mon entraîneur, du staff et
de mes partenaires, c'est le plus important à mes yeux. Je me sens bien dans le groupe, d'ailleurs, je pense que c'est le cas de tout le monde, et j'avance. Rien n'a jamais été évident pour
moi. Depuis le début de ma carrière, c'est ainsi. Dans le foot, je sais que rien n'est acquis.
C'est ma force.
Un petit mot sur l'arrivée de Marcelo Bielsa à l'OM ?
On connaît le nom. Bielsa vient avec un projet ambitieux. Moi, cela fait huit saisons que je
suis à Marseille et je n'ai pas caché mes envies d'ailleurs. Je souhaiterais découvrir autre
chose en me remettant en question. Mais, voilà, rien n'est défini, rien n'est acté. Il y avait besoin de changement à l'OM. Bielsa va amener sa passion et son expertise. C'est un grand entraîneur qui peut faire évoluer le club.
Pourrais-tu rester, le convaincre de te garder ?
Mais je ne crois pas qu'il ait déjà dit qu'il ne comptait pas sur moi. Je n'ai pas eu de discussion
avec lui. Je suis focalisé sur l'équipe de France.
■
BACARY SAGNA
La hiérarchie du poste de latéral en fait
le numéro 2 derrière Debuchy. En fin de
contrat avec Arsenal, il en a profité pour
régler le choix de son futur avant le début
de la Coupe du monde. Il peut dépanner
dans l'axe, en cas de coup dur, mais semble
comme résigné à l'idée d'être un second
choix à droite. Il a encore le droit de
changer d'avis.
Justement, comment expliques-tu cette aisance au sein des Bleus par rapport à cette saison
plus que mitigée à Marseille ?
C'est un tout. Je n'ai pas plus de pression à Marseille, où j'ai montré ma régularité depuis
pas mal d'années. Cette saison a été dure pour tout le monde. Je suis dépendant du collectif.
En équipe de France, c'est plus facile.
Surtout depuis le 19 novembre. Aujourd'hui, le public français voit les Bleus aller loin au
Brésil...
C'est très important de sentir le soutien des supporters, on devine cette ferveur. Surtout que
ce n'est jamais évident dans le cas contraire, sans vouloir revenir en arrière. Maintenant,
c'est à nous de jouer. Il faut rester nous-mêmes et garder la tête sur les épaules. La dynamique du 19 novembre est intéressante et on réussit à la prolonger depuis.
Dans le 4-3-3 des Bleus, on sent une certaine liberté de mouvement. Deschamps vous laisse
évoluer à votre guise ou, au contraire, les consignes sont-elles plus strictes qu'il n'y paraît ?
On joue dans le système du 4-3-3, mais tout bouge au cours d'un match. Au départ, je suis
à droite mais c'est vrai que le coach m'accorde beaucoup de libertés. Comme Debuch' aime
prendre son couloir, je le laisse, pour ne pas qu'il me voit trop devant lui. Après, il ne
faut pas oublier le repli défensif, qui est très important dans ce schéma. Il faut que je
l'améliore encore. 24
L' AVENTURE !
19
LE BAROMETRE
DES BLEUS
PLEIN SOLEIL
■
MATHIEU VALBUENA
Trois passes décisives contre la Norvège. Il n'a pas connu pareille soirée
une seule fois dans la saison avec
Marseille. Qu'il reste connecté au
Brésil !
■
PAUL POGBA
Didier Deschamps en attend encore
plus. Normal, tout paraît tellement
facile pour lui. Dans ses prises de
balle, sa projection vers l'avant et sa
qualité de passe, c'est quand même
quelque chose. Et, hop, encore un
but contre la Norvège, en plus.
■
MAMADOU SAKHO
Le boss lui a confié le brassard
contre la Norvège, officialisant par la
même occasion son statut de vicecapitaine. Ce qui n'a pas l'air de le
gêner, bien au contraire !
20
I
l répète qu'il n'a « aucune certitude », qu'il « aimerait bien rencontrer ceux qui en
ont dans le foot ». Il préfère parler de « convictions. Je ne sais pas ce qu'il faut faire
pour gagner, en revanche, savoir ce qu'il ne faut pas faire pour ne pas se planter, je
crois que j'en ai une idée. » Il est comme ça, Didier Deschamps. Dans le présent, voire
le futur proche. Et encore, quand le futur proche se limite au prochain match. La loi du
très haut niveau. La sienne. La Coupe du monde ? Il connaît, il l'a disputée une fois. Il
l'a gagnée. Dans la peau du sélectionneur, ce sera une première. Pourtant, à le voir promener ses convictions, justement, les mains dans les poches et la veste de survêtement
ouverte jusqu'à la taille, dans les allées de Clairefontaine, on se dit que, même de l'autre
côté de la main courante, il a tout pour lui. Même l'adoubement de son patron, puisqu'il
en a un, Noël le Graët, qui le tient en tellement haute estime qu'il s'est déjà laissé aller
à une confidence pour le moins nouvelle sur le plateau de Canal +, lors du dernier numéro d'Enquêtes de Foot, fin mai. « Oui, je verrais bien Didier Président de la Fédération
Française de Football, un jour. Pas maintenant, parce qu'il est passionné par le terrain
et que c'est son quotidien, mais dans un avenir plus ou moins éloigné, effectivement, je
l'imagine bien dans le rôle. Il a tout pour lui. » Tellement tout qu'il a même réussi, audelà de la qualification pour la Coupe du monde, à inverser la courbe de l'opinion.
L'équipe de France, dans la magie d'un soir de novembre à Saint-Denis, a retourné la
France. Hier vilipendée, aujourd'hui adorée. Ce n'est pas toujours le lot des grandes
équipes, mais c'est le destin des Bleus, dont la cote d'amour est toujours indexée sur le
marché français, où l'indice roi se nomme versatilité. Pas grave, dans l'euphorie de la
qualification, les joueurs ont retrouvé leurs supporters et c'est comme s'ils en avaient
tiré une force nouvelle. Le fil s'est renoué, il ne faudrait pas le couper. Deschamps prévient : « Je l'ai dit aux joueurs, ce sont eux qui ont créé quelque chose le 19 novembre.
Ce sont eux qui étaient sur le terrain, cette victoire leur appartient. Mais, depuis, c'est
à eux d'entretenir la flamme. Ils savent ce que j'en attends au niveau de l'implication et
de l'état d'esprit. C'est en montrant un visage conquérant et solidaire que le fil va se solidifier. Maintenant, il faut aussi rester réalistes. Nous n'étions pas spécialement à jeter
en pâture après la défaite en Ukraine, à l'aller. Nous ne sommes pas devenus la meilleure équipe du monde au retour. » Non, mais l'essentiel est fait. Soutenue, l'équipe de
France avance dans un climat de confiance propice aux idées de conquête. Pour démarrer l'aventure, c'est toujours mieux que de rester caché, de peur de poser un orteil en
dehors de Clairefontaine. C'est, en marge de la qualification, l'autre première grande
victoire de la méthode Deschamps.
Les messages de la liste
Dès le 13 mai, en mode Brésil
Le boss avait deux obligations FIFA : délivrer une liste de 30 joueurs, maximum, le 13
mai, puis une liste de 23, le 2 juin. En définissant, d'entrée, sa liste de 23, le sélectionneur
a fait le choix de la transparence et du pragmatisme. Son expérience de joueur, en 1998,
quand Aimé Jacquet avait choisi de ne pas choisir dès le départ, lui rappelle encore les
turbulences de la fameuse nuit de Clairefontaine, lorsque les taxis étaient venus chercher les recalés. Pas la peine, non plus, de convoquer le grand bal des hélicoptères,
comme à Tignes, quand Raymond Domenech, cette fois, était allé toquer à la porte des
chambres pour signifier aux partants que l'histoire s'arrêtait là pour eux. « Il n'y a pas
de bonne décision, disait DD. J'ai réfléchi longuement avec l'idée de prendre la moins
mauvaise. » Là, il a clairement, et dès le départ, donné le feuille de route. Eric Abidal
n'était plus en état physique pour partir à la bataille. « Ce fut le choix le plus difficile,
note le sélectionneur. Compte tenu de ce qu’il représente, de son expérience, je ne me
voyais pas l'emmener pour qu'il ne joue pas. Quand on part pour une Coupe du monde,
il y a ceux qui vont jouer, beaucoup, ceux qui vont jouer un petit peu et ceux qui ne vont
pas jouer du tout. Il faut que tout le monde vive ensemble. Mon expérience me rappelle
aussi que six ou sept semaines, c'est très long. Et même quand les résultats sont là. »
Pas de Samir Nasri, non plus, parce que « l'excellent joueur qu'il est ne supporte pas
d'être remplaçant ». C'est dit, c'est simple et précis. Voilà donc la première liste de DD
limpide comme de l'eau de roche. À l'exception de Dimitri Payet, qui paie sa trop
moyenne saison à Marseille, et de Steve Mandanda le malheureux, les 23 pour le Brésil
étaient là pour affronter les Pays-Bas en février au Stade de France. Même le choix des
réservistes entre dans la même logique. Pas de Clichy, pas de Payet. « Je n’imaginais
pas les prendre pour leur dire de repartir au bout d'une semaine. » Dans son obsédante
maîtrise du présent, DD a mis l'accent sur le futur proche, avec un œil sur l'après, sur
septembre, sur l'Euro 2016, en convoquant pour la première fois Scheiderlin, Perrin ou
Cabella, en rappelant Lacazette, Gonalons et Trémoulinas. Dès le 13 mai, le sélectionneur a effacé toutes les questions inhérentes à un quelconque choix final. Dès le 13 mai,
les Bleus se sont mis en mode Brésil. L'ouverture sur l'extérieur
La communication en mode open
■
RAPHAËL VARANE
Absent de la première semaine de
stage avec Karim Benzema, il avait un
mot d'excuse valable.
■
KARIM BENZEMA
Absent de la première semaine de
stage avec Raphaël Varane, il avait, lui
aussi, un mot d'excuse valable
■
OLIVIER GIROUD
Son doublé plein de classe (le premier
but) et de finesse (le second) contre la
Norvège est une très bonne nouvelle,
en même temps qu'un message au
reste du groupe. Quand les buteurs
sont en confiance, une équipe marche
souvent bien plus naturellement et
plus vite dans le bon sens.
ANTICYCLONE
■
Deschamps le reconnaît : « À l’instant du choix, je suis comme tous les sélectionneurs : seul. C'est mon métier. » Pourtant, jusqu'au dernier moment, et pour
tout, le sélectionneur s'appuie continuellement sur ses collaborateurs. De son
fidèle adjoint Guy Stephan à Franck Raviot, qui gère les gardiens de but - et donc
la vie du capitaine, Lloris -, Didier a un œil périphérique. « Je suis toujours dans
l'échange avec chaque membre du staff. » La cellule vidéo tourne à plein régime
et le staff est renforcé, depuis le début de l'année, par l'expérimenté Eric Bédouet,
le préparateur physique des Girondins de Bordeaux. Dans le déroulé de la préparation, individualisée à outrance, à la gestion des remplaçants pendant la compétition, DD s'appuie sur une expertise collégiale. Entre les hommes de confiance
comme Franck Le Gall, qu'il a connu lorsqu'il était joueur en équipe de France,
jusqu'à Philippe Tournon, l'historique chef de presse, à qui il voue une confiance
HUGO LLORIS
Marqué par la blessure et l'absence de
Steve Mandanda, Hugo s'est vite remis
en mode international. Ménagé contre
la Norvège, il a fait ensuite un passage
chez lui, à Nice, pour affronter le Paraguay, avant de partir pour Ribeirao
Preto. Tout va bien, mon capitaine.
21
■
ANTOINE GRIEZMANN
Bien sûr, sa position préférentielle le
cantonnerait au rôle de doublure
officielle de Franck Ribéry. Mais, sur
la finesse de son jeu et son sens du
(dé)placement, Antoine a tout pour
devenir l'une des révélations des
Bleus au Brésil. Et l'arme secrète ?
■
LAURENT KOSCIELNY
Là encore, la charnière Sakho-Varane,
titulaire contre l'Ukraine lors du barrage
retour de novembre, semble avoir un
temps d'avance. Mais Laurent, sur son
implication et son engagement, a montré
qu'il fallait compter sur lui. Assez pour
redistribuer les cartes ?
■
BLAISE MATUIDI
Il a fini la saison éreinté, c'est le lot de
ceux qui jouent tout, comme lui. Il a
retrouvé de la fraîcheur, au fil de la
préparation, prêt à remonter sur le ring,
dès le 15 contre le Honduras. Un autre
vice-capitaine en puissance.
■
LOÏC RÉMY
Il veut « être celui que l'on n'attend pas ».
Son entrée, remarquée contre la
Norvège, ne va pas l'y aider. Incisif,
costaud et plein de tonus, Loïc a inscrit
un but plein d'opportunisme et plein de
“Rémy”. Un appel dans la profondeur,
plein axe, et un plat du pied à la Thierry
Henry. Il peut devenir un joker numéro 3
au poste de 9 aussi. Bon plan.
22
aveugle, il se sait entouré, sécurisé. D'ailleurs, et ce fut l'une des nouveautés du
début de la préparation, dès la première semaine du stage, il a organisé un point
presse entièrement dédié aux membres du staff. Tous réunis sur l'estrade, il les
a présentés avant de s'effacer et de leur laisser le micro. Une manière comme
une autre d'ouvrir le groupe sur l'extérieur, tout en profitant de cette mise en
avant pour bien faire passer le message : l'équipe de France, en mode Coupe du
monde, est une véritable machine de guerre. Un vrai plan de com'.
Le cœur en triangle
Le 4-3-3 en modulable
Si tout a explosé le 19 novembre, parce que l'équipe de France a retourné
l'Ukraine comme dans un rêve éveillé, l’intéressé a aussi sa part de responsabilité. Le milieu à trois, avec Cabaye en pointe basse, Pogba à droite et Matuidi à
gauche, est, lui aussi, né dans le froid dionysien de novembre. Il sait l'importance
du cœur du jeu. C'est notre bonhomme qui a milité, le matin de la finale en 1998,
pour que Christian Karembeu soit titulaire à ses côtés, avec Manu Petit, pour
mieux bloquer les montées brésiliennes. Pour gagner la bataille du milieu. Il sait
qu'une équipe qui avance, c'est mieux qu'une équipe qui recule. Avec ces trois
milieux-là, DD a mis en place une toile qui la tisse. Dans leur replacement,
comme dans leur vision du jeu, Cabaye, Matuidi et Pogba sont des milieux qui
défendent en avançant et qui se projettent très vite vers l'avant. Et la polyvalence
du Parisien (Cabaye) laisse ouvert le champ des possibles, avec l'éventuelle entrée de Mavuba en sentinelle, par exemple. En marge de son fameux cœur en
triangle, Deschamps veut des arrières latéraux concernés, des centres et des
dédoublements. Et devant, il demande du mouvement, de l'animation, donc il
laisse une grande liberté à ses joueurs offensifs (voir l'interview de Mathieu
Valbuena), à condition que ces derniers n'oublient pas leur petits copains à la
perte du ballon. Une conviction de plus, qui peut aussi se traduire par le point
de départ : placer l'intérêt collectif au-dessus de tout.
Ignorer la pression
L'état d'esprit en mode majeur
■
MOUSSA SISSOKO
Il est « un remplaçant en puissance ».
Quasiment condamné au banc de touche
au coup d'envoi, presque sûr d'entrer en
cours de jeu. Il impose sa puissance, booste
la concurrence et semble, ce qui n'est pas
négligeable, en progrès constants techniquement, notamment dans ses prises de
balle et son jeu en une touche. Good job.
■
STÉPHANE RUFFIER
Sur la lancée de son excellente saison avec
les Verts, il est arrivé plein de fraîcheur
pour pallier l'absence de Steve Mandanda.
Logiquement numéro 2 de Lloris, il a sorti
un match solide et plein d'autorité, notamment dans les prises de balle aériennes,
contre les Norvégiens. Rassurant.
DÉGAGÉ
■
CLÉMENT GRENIER
Le voir présent dans les 23 est déjà une
immense victoire pour lui. Mais il ne s'en
satisfera pas. Il est trop compétiteur pour
cela. Débarrassé de ses soucis physiques,
c'est un technicien plein de fraîcheur qui va
pousser le groupe vers le haut. Et sa qualité
de frappe sur coups de pied arrêtés n'est
plus à démontrer. Super Joker, le Clem'.
■
Comme il le dit lui-même : « Je refuse la pression. Quelle pression ? D'aller jouer
la Coupe du monde au Brésil ? Tous les footballeurs en rêvent. Non, il y a de l'excitation, de l'adrénaline mais pas de pression. Ou alors, c'est de la bonne pression. » Passés si près du précipice, on a l'impression que les Bleus sont plus
légers depuis novembre. Sûrement, mais le sélectionneur, tout en leur répétant
la chose, ne les a pas non plus pris en défaut, au moment de décoller pour la
terre du foot. Les héros de novembre sont tous là, l'absence de Dimitri Payet
étant sans doute l'exception qui confirme la règle. Les joueurs savent où ils vont,
comment ils y vont et, ce qui ne gâche rien, se savent soutenus par le peuple de
YOHAN CABAYE
La sentinelle, mais pas que… Dans le milieu à trois formé par Deschamps,
avec Matuidi et Pogba, Yohan sait permuter
et peut jouer à tous les postes. Même avec
un Rio Mavuba qui rentre devant la défense, par exemple, et lui permet de monter d'un cran sur le côté. La polyvalence, ça
aide aussi sur un tournoi comme la Coupe
du monde.
23
et mentalement. On repart sur une nouvelle compétition, c'est très important de
retrouver aussi un brin de fraîcheur.
bien rester concentré, d'éviter de
trop en faire. Ce fut une soirée très
enrichissante.
Tu a été l'un des premiers à rejoindre
Clairefontaine, dès le 19 mai. Comment
fait-on pour passer le temps ?
On joue aux cartes, à la console. On se
retrouve ensemble, parfois on prend un
peu de temps pour soi. Il y a beaucoup
d'occupations. Encore une fois, le staff
Qu'est-ce que le groupe actuel a de
différent et pourquoi peut-on espérer
que ça se passe bien sur comme en dehors du terrain ?
Je pense qu'il faut s'appuyer sur ce que
l'on a fait contre l'Ukraine. Nous avons
également réalisé un bon match face aux
“
JE NE SUIS PAS UN GRAND RÊVEUR.
J'AI L'HABITUDE DE GARDER
LES PIEDS SUR TERRE.
nous met dans les meilleures conditions, aussi bien au niveau de la préparation que du déroulé. Mais, bon, on sait
pourquoi on est là, aussi. Ce n'est que
du plaisir.
Cela fait longtemps maintenant que
tu es en Bleu, et même avec le brassard. Te souviens-tu de ta première
sélection ?
Oui, je ne l'oublierai jamais. J'étais très
fier. C'est toujours un privilège et, là, je
fête ma première à l'âge de 21 ans.
C'était exceptionnel. J'ai essayé de
”
Pays-Bas. L'occasion de montrer une seconde fois. Le match retour des barrages
restera comme un moment historique car
nous sommes partis de très loin. On a eu
le bon discours, avant le match, à la mitemps, on a su rester serein. Et nous
avons été soutenus par un beau Stade de
France, nous avons senti le soutien de
toute la France. Après la défaite de l'aller,
nous avions été touchés dans notre orgueil. Là, on a fait le match qu'il fallait, on
a agi en grande équipe. C'est dommage, quelque part, de s'être mis dans
une situation pareille mais, d'un autre
côté, c'est un soir qui compte. Il faut
s'appuyer sur cette dynamique. Ce
match a rendu les Français fiers de leur
sélection. On doit continuer sur cette
voie. Profiter de chaque opportunité,
avec honneur et ambitions.
Le 19 novembre et ce 3-0 contre
l'Ukraine, est-ce, à ton avis, un soir
qui change tout ?
Nous sommes les mêmes. Nous étions
conscients de notre potentiel avant le barrage aller en Ukraine. Nous en sommes
toujours conscients aujourd'hui. Nous
avons énormément de qualités, de
joueurs de talent au service du collectif.
Nous savons aussi que nous avons déclenché quelque chose avec le public. Ce
n'était pas évident après tout ce qui s'est
passé autour de l'équipe de France. Là,
on a accroché quelque chose avec nos
supporters. On ne va pas le lâcher.
Et, en tant que capitaine, si, dans le plus
beau des rêves le 13 juillet... tu seras le
premier à soulever le trophée...
(Il sourit) Je ne suis pas un grand rêveur,
j'ai l'habitude de garder les pieds sur
terre. On va y aller pour se sublimer,
donner le maximum, mais sans objectif
précis. On revient de loin, il ne faut pas,
non plus, l'oublier. Le seul objectif, c'est
de passer la phase de poules. Après, tout
■ Stade de France, 19 novembre 2013. C'est écrit sur la banderole. L'entrée des joueurs sur la pelouse et quelque chose comme
de l'électricité dans le regard.
13
LE CHAMPION
Paris seul au
monde, acte 2
Dans une Ligue renforcée par le retour de Monaco
et ses ambitions “rybolovleviennes”, Paris a une
nouvelle fois survolé les débats du début à la fin.
Avec Laurent Blanc à la place de Carlo Ancelotti et,
plus que jamais, un Zlatan au sommet de son art.
Rétro d'or. Par Mathieu Delattre
I
l ne parle pas souvent en dehors des terrains. Le rectangle vert
lui suffit, même à l'échelle de la Ligue 1, puisqu'il n'a pas encore
réussi, avec “son” PSG, à s'asseoir sur le toit de l'Europe. Une question de temps, sans doute. Alors, quand Zlatan réagit au second titre
consécutif de champion de France des Parisiens, quelques semaines après avoir conquis la Coupe de la Ligue, forcément, on
l'écoute. « Je suis très content de ce troisième titre, cette année. La
saison a été longue mais elle a aussi été superbe et on a atteint l'un
de nos objectifs. » Dans sa bouche, même les qualificatifs sont à replacer dans le contexte. Quand Zlatan parle de « superbe », il faut
donc traduire que le Paris SG a battu le record de points inscrits par
une équipe dans une saison de Ligue 1, jusque là propriété de l'OL
version 2004-2005, avec 84 points. Les Parisiens ont franchi le seuil
au soir de l'avant-dernière journée, en allant tranquillement
mater le LOSC, pourtant valeureux troisième du classement, sur
Meilleure attaque, meilleure défense, record
de points, record de victoires et Zlatan
meilleur buteur, le PSG a tout dévoré !
sa pelouse toute neuve. Une victoire qui en dit long, d'ailleurs, sur
l'écart entre le champion et ses poursuivants, en considérant que
le LOSC n'aura pas la partie facile pour s'inviter au grand bal européen de septembre, avec un troisième tour préliminaire qui sent
plus le soufre que la rose en août, quand le reste de l'Europe voudra
encore un peu plus éviter Paris au tirage au sort.
Oui, il y a Paris et les autres. Même Monaco, brillant dauphin malgré
la demi-saison seulement de Falcao, lâché en janvier par ses ligaments croisés, mais porté par un projet de jeu aussi ambitieux que
collectif, porté par Claudio Ranieri quoi, gentiment viré de Principauté à peine le rideau tombé. Question de principes, il paraît. Mais
revenons à Paris. Le PSG qui a confié les clés à Laurent Blanc et qui
n'a pas, du moins sur l'écran de la Ligue 1, à le regretter. Sans rival,
les Parisiens ont survolé les débats en renvoyant régulièrement
l'image d'une montée en puissance. Il y a neuf points d'avance au
final (89 points pour eux, 80 pour Monaco, 71 pour Lille), mais surtout un gouffre entre eux et le reste du monde, en L 1. Et, comme à
chaque fois en pareil cas, il faut gratter loin pour trouver les
quelques miettes qu'ils ont laissées à la meute des poursuivants.
Meilleure attaque (84 buts marqués) avec 21 buts de plus que son
dauphin (Monaco toujours, 63 buts). Meilleure défense (23 buts encaissés) devant Lille (26), meilleur buteur évidemment, avec Zlatan,
qui a beau se retourner, ne voit personne dans son sillage (26 buts,
devant Gignac, Aboubakar, Ben Yedder, Cavani et Kalou à 16). Seul
61
MATHIEU VALBUENA
■
FRANCK RIBÉRY
Il a passé la première partie de sa préparation aux soins, pour se débarrasser
définitivement de ses problèmes de dos.
Du coup, il faudra attendre le Brésil pour
savoir s'il est sorti de sa dépression postBallon d'or. Mais, d'après les quelques
indiscrétions sur la vie du groupe, il a
l'air heureux et toujours aussi chambreur, l'ami Franck. Alors on y croit !
NUAGEUX
■
« IL FAUT QUE
J 'AMÉLIORE
ENCORE MON
ELIAQUIM MANGALA
On ne l'a pas vu durant les deux premières semaines de stage, la faute à une
cheville récalcitrante. On l'espère vite de
retour, car les Bleus auront besoin de lui.
REPLI
DÉFENSIF »
■
MICKAËL LANDREAU
Des nuages de bonheur pour Micka, déjà
tout heureux d'être là. Définitivement le
meilleur troisième gardien, puisque le
réserviste Ruffier est devenu numéro 2 à
la place de Mandanda.
France. À ce titre, on peut accorder la crédibilité que l'on veut au premier match
de préparation, mais l'ouverture du score de Paul Pogba, l'autre soir contre la
Norvège, au cœur d'une première période où il ne se passait pas grand chose,
rappelle aussi que ces Bleus-là ne sont pas vraiment manchots depuis novembre
en termes d'efficacité. Une thèse accréditée aussi par le doublé d'Olivier Giroud,
doublure de Karim Benzema en pointe. Il y a le terrain donc, et toutes les bonnes
images qu'il dégage, mais il y a la vie du groupe aussi, entre la paix sociale et
l'idée d'union sacrée intergénérationnelle (au fait, seul Benzema représente la
fameuse classe 1987. Pas de Nasri, pas de Ménez, pas de Ben Arfa autour). Même
si ce ne sont pas avec des idées que l'on va remporter la Coupe du monde et DD
se charge d'ailleurs régulièrement de calmer les ardeurs. « On doit rester réaliste. D'autres équipes sont au-dessus de nous. Il faut se rappeler à quand remonte la dernière victoire de l'équipe de France en phase finale de Coupe du
monde. Contre le Togo, en 2006. Avec tout le respect que j'ai pour le Togo, c'était
il y a huit ans, déjà. » Non, les Bleus ne brandiront pas la Coupe au Maracana, le
13 juillet, avec de bonnes idées. En revanche, et, là, c'est un constat que l'on
pourrait presque qualifier de certitude, n'en déplaise au sélectionneur : ces 23
ont envie d'aller en découdre ensemble. En route pour l'aventure ! Dans un passé
plus ou moins récent, puisqu'il ne faut pas remonter jusqu'au Togo, n'est-ce pas,
on se rappelle que cela n'a pas toujours été le cas. ■
■
PATRICE EVRA
Il se connaît par coeur et connaît le
rythme d'une telle compétition. Mais
quand même… Il a semblé un peu en dedans contre la Norvège. Le contre-coup
de la préparation, sans doute, où son
corps de trentenaire s'est goinfré d'une
forte dose de travail foncier. De toute
façon, Pat n'a pas le choix. Il sait que derrière, la menace Digne pousse fort. Il a
aussi son rôle à jouer dans la vie du
groupe. Il le sait également.
25
■ LES ADVERSAIRES DU 1 ER TOUR
Classe
ment
LA H EN OUVERTURE
FIFA :
30 e
•LE HONDURAS
LE 15 JUIN À 18 HEURES À BRASILIA
Jose Earthquakes, ici tout en finesse devant
Neymar). Rayon stars, on peut citer Wilson Palacios, l'expérimenté et un peu bourrin milieu
de terrain de Stoke, un temps passé par Tottenham, et valeur sûre de Premier League. Pour le
reste, c'est une équipe jeune, quart de finaliste
aux JO de Londres, il y a deux ans, comme Andy
Najar, l'homme qui monte. Le milieu de terrain
d'Anderlecht jouit d'une belle cote et pourrait
même quitter la Belgique au cas où il se montrerait à son avantage au Brésil. Mais, de là à
inquiéter les Bleus…
• Le coach
Une ouverture rêvée pour les Bleus ? Peut-être,
à condition de se rendre le match facile. Face à
eux, la H débarque sans pression, trop contente
de s'inviter au grand bal de la Coupe du monde.
Pour leur troisième participation, les Catrachos
peuvent compter sur l'expérience européenne
d'Emilio Izaguirre, le latéral gauche du Celtic
(les fans l'adorent à Celtic Park), et de quelques
autres expatriés en MLS comme Jerry Bengtson (New England Revolution), à qui il ne faut
pas laisser trop d'espaces, car le garenne va
très vite, et le défenseur Victor Bernardez (San
• Bilan Coupe du monde :
26
BECKELES
FIGUEROA
IZAGUIRRE
NAJAR
CLAROS
ESPINOZA
W. PALACIOS
BENGTSON
J. PALACIOS
• 2 participations (en 1982 et 2010)
• Éliminé au premier tour
•Ce qu'en pense Didier Deschamps
« Le Honduras fait partie des équipes que l'on connaît moins. Mais on sait tout de même
que l'ossature repose sur les joueurs présents aux JO de Londres en 2012, où ils se sont
hissés en quart de finale (éliminés par le Brésil 3-2) après avoir sorti l'Espagne. C'est une
équipe jeune, attention. »
•L' ÉQUATEUR
Pas facile d'analyser les forces et faiblesses d'une
équipe qui a pratiquement tout gagné à domicile,
à plus de 3000 mètres d'altitude à Quito, et pas ramené grand chose de ses déplacements. La Tricolor peut s'appuyer pourtant sur quelques faits
d'armes notables en qualifs, comme un nul en
Uruguay, par exemple, où l'on sait qu'il n'est jamais évident de ne pas rentrer bredouille. Ils ont
même, à Quito, réussi à accrocher l'Argentine de
Messi. Une régularité qui leur a permis d'accrocher la quatrième place de la zone AmSud, dernier
sésame direct pour le Brésil. Pas mal pour une
équipe qui doit donc avoir autre chose en magasin
BERNARDEZ
Luis Fernando Suarez
• 54 ans • Sélectionneur depuis mars 2011
L' ÉQUATEUR EN DESSERT
LE 25 JUIN À 22 HEURES À RIO DE JANEIRO
VALLADARES
que le talent et la vitesse d'Antonio Valencia (en
photo), le milieu-ailier de Manchester United, et la
puissance dévorante de Felipe Caicedo aux abords
de la surface. Reinaldo Rueda, leur coach, a mis
un vrai bloc en place. Et puis, ce n'est jamais évident pour les adversaires concernés, les Équatoriens vont jouer à douze au Brésil. C'est toujours
le cas depuis l'été dernier et le décès tragique de
Chucho Benitez, l'attaquant vedette et l'un des
meilleurs amis de Valencia, des suites d'un arrêt
cardio-respiratoire. Il y aura comme une ombre
sur le Maracana, même face aux Bleus.
• Le coach
Reinaldo Rueda
• 57 ans • En poste depuis août 2010
• Bilan Coupe du monde :
Classe
ment
FIFA :
28 e
DOMINGUEZ
ERAZO
BAGUI
GUAGUA
W. AYOVI
CASTILLO
NOBOA
A. VALENCIA
MONTERO
CAICEDO
J. AYOVI
• 2 participations (2002 et 2006)
• Meilleure performance : huitième de finale en 2006
• Ce qu'en pense Didier Deschamps
« L'Équateur, c'est moins parlant que la Suisse, c'est plus difficile de les voir. Mais,
pourtant, ils ont terminé devant l'Uruguay la phase des qualifications en Amérique du Sud.
Et ça, l'Uruguay, on connaît ! Les éliminatoires de la zone AmSud sont toujours très, très
relevées. On sait donc à quoi s'attendre. »
STORY
SERGIO
RAMOS
LE VRAI GARDIEN DE LA
MAISON BLANCHE
28
Taulier de la défense des Merengue et de l'Espagne, mais pas que… Sergio Ramos,
sauveur en finale de la Ligue des champions, fait à peu près tout, partout. Il est
l'âme du Real Madrid, qu'il a conquis à.... 19 ans. Dix ans plus tard, c'est un tout
jeune père de famille surtitré. Plus qu'un joueur, vraiment. Par Mathieu Delattre
I
l a la joie très expressive, capable
de faire taire un stade, aussi impressionnant et redoutable soit-il,
comme l'Allianz Arena de Munich par
exemple (le 29 avril, victoire 4-0 en
demi-finale retour de la Ligue des
champions), avec un planté du Señor,
plein de rage et de puissance, en quatre
minutes. Capable de faire chavirer le
monde aussi, enfin surtout le peuple
blanc de Madrid, un soir de finale où
toute la ville était concernée (le 24 mai
à Lisbonne, victoire 4-1 contre l'Atlético
après prolongation), en égalisant au
bout du temps additionnel. Une tête rageuse, encore. Mais tellement précise,
tellement efficace. Un bijou de tête. Timing, profil, détente. Une reprise de
buteur, deux polaroïds sans tâche de
son printemps européen au plus-queparfait. Il est comme ça, Sergio Ramos.
Gardien de la Maison Blanche, mais pas
que… Depuis douze piges que le Real
courait après la Decima (la dixième victoire en Ligue des champions), dans
cette quête devenue obsessionnelle
dans l'arène Santiago Bernabeu, c'est
lui qui a pris le taureau par les cornes.
Beau gosse, le matador.
“
le petit monde d'une Liga dominée
alors par les Galactiques, sans aller
jusqu'à dire qu'il réinvente les standards du poste, il refait en une saison à
peine le portrait tout entier de Michel
Salgado, l'arrière droit référence en Espagne et au Real Madrid, en particulier.
C'est un bison encore junior, c'est un
junior déjà bison, c'est quelque chose
comme un phénomène qui se révèle
aux yeux de l'Espagne. À Séville, il fait
partie d'un trident plein de promesses
pour le foot espagnol avec ses deux
meilleurs potes : Jesus Navas et Antonio Puerta (décédé en août 2007 après
plusieurs arrêts cardiaques, dont le
premier en plein match avec le FC Séville). Mais lui doit riper ses gaules
avant les autres.
Nous sommes en 2005, Sergio n'a que
18 ans et il signe au Real Madrid contre
la modique somme de 27 millions d'euros. Un transfert record, à l'époque,
pour un espoir, en Espagne. Il est, audelà de son jeune âge et de son prix, le
tout premier joueur espagnol recruté
par Florentino Pérez au cours de son
premier mandat à la tête du Real. Le
premier “local” chez les Galactiques.
LA DECIMA, LA RÉCOMPENSE ULTIME
POUR TOUT LE TRAVAIL QUI A ÉTÉ FOURNI
ET POUR TOUT NOTRE DÉVOUEMENT.
À le voir s'élever en sauveur dans la
nuit lisboète, à le regarder planer en
taulier dans le ciel munichois, on revoit
sa silhouette svelte et aérienne, latéral
droit du FC Séville, dix ans en arrière.
Un blondinet cheveux au vent, Andalou
première main, né à Camas, formé au
FC Séville et tellement fier de l'être.
Sergio n'a que 18 ans mais déjà, dans
”
Tout un symbole. À peine arrivé, déjà
remarqué. Dans un vestiaire, réputé
l'un des plus coriaces du monde, Sergio
se voit attribuer d'entrée le numéro 4.
Celui que Fernando Hierro, véritable légende du club, vient de raccrocher au
porte-manteau. Une façon comme une
autre de mettre la pression sur le
gamin pour certains. Un destin tout
29
TOP
Ibra force 4
Première saison à Madrid pour Carlo Ancelotti et troisième Ligue des
champions pour sa pomme.
les buts qui vous classe une carrière...
On peut leur certifier aussi que Carlo Ancelotti est devenu à Lisbonne le
cinquième entraîneur à remporter la Coupe d'Europe avec deux clubs
différents. Carletto rejoint au Panthéon Ernst Happel (Feyenoord 1970,
Hambourg 1983), Ottmar Hitzfeld (Borussia Dortmund 1997, Bayern Munich 2001), José Mourinho (FC Porto 2004, Inter Milan 2010) et Jupp
Heynckes (Real Madrid 1998, Bayern Munich 2013). Leur annoncer encore qu'il devient, après Bob Paisley avec Liverpool, le second coach de
l'histoire à remporter le trophée à trois reprises. Et leur confirmer que
leur Carletto a toujours le triomphe aussi modeste. « Nous avons tous
travaillé dur tout au long de la saison, explique-t-il. On a énormément
souffert pour égaliser. L'Atlético défendait très bien, en bloquant les espaces et les lignes de passe durant tout le match. Mais, quand on a marqué, le match a complètement changé. L'égalisation leur a coupé les
jambes. Je suis personnellement très heureux, bien sûr, mais le bonheur, c'est d'en donner à ceux qui nous suivent, quoi qu'il advienne, tout
le temps. Les fans du Real sont extrêmement heureux avec cette Decima et c'est pour cela que nous sommes heureux avec eux et fiers. »
Il s'agit du deuxième sacre pour Zizou, buteur en 2002 et adjoint en 2014.
Le premier pour Raphaël Varane et Karim Benzema, tous les deux titulaires au coup d'envoi, tous les deux sur un nuage à la fin. « C'est beau,
c'est beau. J'ai signé au Real pour vivre des matches et des soirées
comme celles-là. Gagner des titres, en plus celui-là, c'est magique.
C'est vraiment une très belle Coupe », dira Benzema. Il n'a pas tort. Il
aurait pu ajouter qu'elle leur va vraiment bien au teint. Il ne se serait
pas trompé, non plus.
Zlatan Ibrahimović est devenu le dixième joueur à signer un quadruplé en UEFA
Champions League. C'était
lors de la victoire 5-0 du
Paris SG sur le terrain du
RSC Anderlecht, accessoirement la plus large en déplacement des Parisiens en
Coupe d'Europe. Seul
Messi, auteur d'un quintuplé le 7 mars 2012 contre le
Bayer Leverkusen (7-1), a
fait mieux.
FLOP
Le zéro pointé de l'OM
Au départ, il y avait le groupe de la mort : Naples, Dortmund,
Arsenal et Marseille. À l'arrivée, il y a eu la cruelle vérité des
chiffres pour l'OM. Six matches, six défaites. Jamais,
jusqu'alors, un club français n'avait marqué aucun point en
phase de groupe de Ligue des champions. Marseille a ouvert
cette triste série. Fanny !
LE CHIFFRE
69
LE TABLEAU DES VICTOIRES
10 victoires Real Madrid
(13 finales)
2 FC Porto (2)
7 AC Milan (11)
1 Borussia Dortmund (2)
5 Bayern Munich (10) 5 Liverpool (7)
4 FC Barcelone (7)
4 Ajax Amsterdam (6)
3 Inter Milan (5)
3 Manchester United (5)
2 Benfica (7)
2 Juventus (7)
2 Nottingham Forest (2)
1 Marseille (2)
1 Celtic Glasgow (2)
1 Hambourg SV (2) 1 Steaua Bucarest (2)
1 Chelsea (2)
1 Feyenoord Rotterdam (1)
1 Aston Villa (1)
1 PSV Eindhoven (1)
1 Étoile Rouge
de Belgrade (1)
C'est, en secondes, le temps qu'il a fallu à Inigo Martinez
(aux prises, ici, avec Wayne Rooney), le milieu de la Real
Sociedad, pour inscrire, face à Manchester United, le but
le plus rapide de l'histoire de la compétition. Problème :
le pauvre Inigo l'a marqué contre son camp !
59
et un morceau de filet du but, le souvenir en forme de Graal, dans la main. Il
a posé ses genoux au sol, a baissé la
tête et s'est prosterné. Seul face aux
supporters en délire et le symbole des
symboles. Sergio Ramos, le taulier de
la défense, le sauveur-buteur, l'âme du
club. Une scène qui inspire bien davantage de respect que Cristiano Ronaldo,
pas franchement terrible au cours de la
finale et carrément ridicule, quand le
playboy décida d'ôter son maillot pour
bomber le torse et serrer les abdos,
face caméra, après avoir marqué le penalty du 4-1 à trois secondes de la fin.
Un jeu de la séduction qui nous ramène
quelques semaines en arrière, quand le
Real et Valence avaient partagé les
points à Bernabeu. Cristiano y était allé
de son petit but. Un coup du scorpion
zlatanesque qui avait fait le tour du web
et d'ailleurs. Pourtant, ce soir-là, c'est
un nouveau but de Sergio Ramos qui
avait permis aux Merengue d'accrocher
le nul. Son 37 e en Liga. Ce qui en fait, à
28 ans seulement, le meilleur défenseur-buteur de l'histoire du championnat espagnol (devant Joan Capdevila).
Un record bien à lui, que même CR7 ne
pourra lui voler. Mais le but, l'attaque,
ça le démange toujours un peu. « La
défense, c'est la clé des succès. Le bloc
doit bien travailler ensemble, bien rester concentré, il faut bien se replacer
les uns par rapport aux autres. Mais
c'est vrai que, pour moi, c'est une
grosse frustration parfois de devoir rester derrière. Je me console quand on
gagne, je me dis que nous avons fait le
job, donc moi aussi. Mais c'est dur, surtout quand ton équipe a le ballon et va
vers l'avant. » Le portrait craché de
l'Espagne, ça, avec qui il a tout gagné
depuis 2008. Alors, en 2014, c'est quoi
le programme ? « Déjà, nous affrontons
les Pays-Bas dès notre premier match.
■ Même dans les parties de jambes en l'air, c'est souvent Sergio qui gagne. Stuani, de
l'Espanyol Barcelone, peut en témoigner.
“
J'AURAIS PRÉFÉRÉ UN GROUPE
PLUS FACILE, MAIS POUR ÊTRE
CHAMPION DU MONDE, IL FAUT BATTRE
LES MEILLEURS.
Bien sûr, on garde le souvenir de la finale de la dernière Coupe du monde.
Pour moi, ils font encore partie des favoris cette année, ils possèdent tellement de joueurs de grand talent.
J'aurais préféré un groupe plus facile,
mais c'est une Coupe du monde,
toutes les équipes sont dures à battre.
Quand tu veux être champion du
monde, il faut battre les meilleurs. »
■ Real Madrid
(Espagne)
Depuis août
2005
403 matches
• 48 buts
■ Espagne
Depuis mars
2005
116 sélections
• 9 buts
•1 Ligue des champions en 2014
avec le Real Madrid
•2 Supercoupes d'Espagne
en 2008 et 2012
avec le Real Madrid
”
Lui l'est déjà, et un peu plus que ça
depuis quelques semaines avec sa
nouvelle profession : père de famille. « 2014 est une année riche et
très importante pour moi, cela
change pas mal de choses, c'est
vrai. En début d'année, je me suis dit
que je n'avais que des objectifs
hyper importants. » Il y en a déjà
deux d'atteints.
•3 championnats d'Espagne
en 2007, 2008 et 2012 avec le
Real Madrid
•2 Coupes d'Espagne en 2011
et 2014 avec le Real Madrid
31
nous n'avions encore rien gagné. Cela
fait dix ans que je suis ici et je n'avais
encore jamais eu la chance de jouer
une finale de Ligue des champions. »
Une quête obsessionnelle, on vous dit.
« C'est une récompense ultime, pour
tout le travail dur qui a été fourni, pour
tout le dévouement qu'il faut pour écarter le champion en titre, dans un match
aussi fantastique que notre demi-finale
retour, et pour venir à bout de cette redoutable, de cette magnifique équipe de
l'Atlético en finale. » Sergio le buteur,
Ramos le sauveur.
En égalisant à quelques secondes de la
fin, c'est lui qui a permis au Real de
rester en vie. Et puis, il y a eu l'après.
Quand l'arbitre a sifflé, pour de bon, la
■ Lisbonne, stade de la Luz, 24 mai 2014. Sergio, en pleine faëna, fête à sa manière la
Decima du Real, vainqueur de sa 10e Ligue des champions, face à l'Atlético Madrid.
trouvé, diront les d'autres. Il va très vite
se charger de répondre.
À Madrid, Sergio développe très vite
l'image d'un défenseur intraitable,
aussi bien dans l'axe que sur le côté. Autre
preuve de son talent aussi phénoménal
du début des années 2000 (celui de
Heat avec Al Pacino et Robert de Niro),
il enfile le costume de n°1 où qu'il joue.
Partout. Il s'installe à droite et devient
la nouvelle référence mondiale au
poste. Titulaire en puissance au sein de
AVEC 37 BUTS AU COMPTEUR, IL EST
LE MEILLEUR DÉFENSEUR-BUTEUR DE
L'HISTOIRE DE LA LIGA.
que précoce, il intègre la Roja à 19 ans.
Comme une évidence, il s'impose d'entrée dans l'axe de la défense, il dépanne à droite. Ou bien, peut-être,
rend-il service dans l'axe quand il ne
s'impose pas dans le couloir… Avec sa
tignasse blonde et ses airs de Val Kilmer
la sélection, il fait partie des monstres
champions d'Europe 2008 et 2012 et
champions du monde 2010. Et le voilà,
de nouveau fixé dans l'axe, qui écrit la
légende du Real en ce printemps 2014.
« C'est un rêve qui se réalise. Après
mon doublé à Munich, j'avais dit que
fin de l'histoire du soir en même temps
que la perpétuation de la légende merengue, c'est encore lui que l'on a vu
plus que les autres. Mais ni pour faire
taire le stade, ni pour le faire chavirer.
Là, face au virage madridista, Sergio est
venu, les drapeaux noués à la ceinture
LE FILM DE SA CA RRIÈRE
■ FC Séville
(Espagne)
2003 à
août 2005
39 matches
• 3 buts PALMES
30
■
•1 Coupe du monde en 2010
avec l'Espagne
•2 Championnats d'Europe
en 2008 et 2012 avec l'Espagne
Face-à-face
JAVIER
ZANETTI
LES MONUMENTS MEN
32
V
S
RYAN
GIGGS
À gauche, Javier l'Internazionale. Poutre maîtresse d'Appiano Gentile. À droite, Ryan
le Red Devil. Tour à tour, espoir, étoile, ailier et coach à Old Trafford. À 40 ans passés,
les deux monstres sacrés tirent, pour de bon, leur révérence. Ou deux pierres de
l'Inter et de Manchester qui s'en vont.. Hommage en face à face. Par Mathieu Delattre
33
■ PALMARÈS
JAVIER ZANETTI
RYAN GIGGS
• 1 Ligue des champions (2010 )
• 1 Mondial des clubs (2010)
• 1 Coupe UEFA (1998)
• 5 fois champion d'Italie
• 4 Supercoupes d'Italie (dont en 2010, photo)
• 4 Coupes d'Italie
• 2 Ligues des champions (1999, en photo, et 2008)
• 1 Coupe Intercontinentale (1999), 1 Mondial des clubs (2008)
• 13 fois champion d'Angleterre
• 4 Cups
VOTRE NOTE : /10
• 2 Coupes de la Ligue
• 3 Community Shield
VOTRE NOTE :
/10
■ EXPÉRIENCE INTERNATIONALE
JAVIER ZANETTI
RYAN GIGGS
• 145 sélections – 5 buts • 1re sélection : le 16 novembre 1994 à Santiago du
Chili, Chili-Argentine 0-3
Javier est le joueur le plus capé de l'histoire de l'Argentine. Un record qu'il
porte avec fierté et honneur. Pourtant, Pupi n'a jamais rien remporté avec
l'Albiceleste. Souvent placé, jamais gagnant, il a joué deux finales de Coupe
des Confédérations (en 1995 et 2005), deux finales de Copa America (en 2004
et 2007) et même une finale olympique, en 1996 à Atlanta. Cinq échecs et
une vie d'international vierge de titre. Comme une cicatrice au milieu du tableau hors norme de sa carrière. Mais, bon, 145
sélections, respect quand même.
• 64 sélections – 12 buts • 1re sélection : le 16 octobre 1991 à Nuremberg,
Allemagne-Pays de Galles 4-1
Si Ryan n'est pas le recordman des sélections au pays de Galles, place occupée
par Neville Southall (92 capes), il affiche tout de même un beau tableau de chasse
avec les Dragons : 64 sélections et 12 buts. Mais, comme il le disait lui-même
dans Planète Foot, à l'orée de la Coupe du monde 1998 en France : « La Champions League est ma Coupe du monde. » Le pays de Galles, qui n'a disputé
qu'une seule phase finale (quart de finaliste en 1958 en Suède) ne pouvait rien
lui offrir de plus. Il n'a jamais participé à une phase
finale avec sa sélection. Comme un regret au milieu
VOTRE NOTE : /10
des souvenirs.
VOTRE NOTE :
/10
■ LONGÉVITÉ
JAVIER ZANETTI
RYAN GIGGS
Le plus capé de l'histoire de l'Argentine est aussi le plus capé de l'histoire de
l'Inter. Il a déposé les 757 matches de Giuseppe Bergomi (avec qui il a joué
quand il est arrivé en Lombardie, avant de prendre son poste de latéral) le 20
septembre 2011. L'histoire s'arrête donc à 864 matches, toutes compétitions
confondues, avec le maillot nerazzuro. Mais pas que… Javier, c'est aussi celui
qui a joué le plus de rencontres consécutives en Série A (137 !), il a disputé l'intégralité des matches de championnat à six reprises. Javier, c'est 46 apparitions
dans le derby milanais, le deuxième joueur ayant disputé le plus grand nombre
de matches de Série A derrière Paolo Maldini (648).
Le voici, en 1998, aux côtés de Pagliuca, Ronaldo,
VOTRE NOTE : /10
Djorkaeff, Zamorano et Simeone.
Ryan est le joueur le plus titré de l'histoire du football. 35 titres, dont 13 de
champion d'Angleterre (!), 2 Ligues des champions... C'est aussi le joueur
ayant disputé le plus de matches sous le maillot de MU : 963, ayant dépassé,
depuis mai 2008, les 758 de Sir Bobby Charlton. Il est le seul à avoir disputé
22 saisons de Premier League d'affilée, celui qui a réussi le plus de passes
décisives de l'histoire de la Premier League, celui qui a joué le plus de
matches de Ligue des champions... À l'instar de Javier, on aurait envie de rajouter des points. Ci-contre, Ryan le Jeune en action face à Tottenham.
VOTRE NOTE :
/10
Interview
Publireportage
Saint-Mandé, commune du Val-de-Marne, à 100 mètres du périphérique, ils nous ont dit de venir tôt, 8h00, « c’est plus tranquille », au
7, rue Baudin, un quartier résidentiel, idéal pour une agence de communication, pas vraiment l’endroit pour implanter un magasin, et
pourtant... De somptueux locaux, un comptoir, Elisabeth et Eric, les responsables sont déjà au travail, ils préparent un dossier, des devis
et organisent la production autour d’un café-croissant, le petit déj qu’ils n’ont pas pris avant d’arriver. Nous sommes chez Original
Flocker, distributeur officiel Nike et flocker reconnu, l’endroit est atypique.
Après quelques mots échangés sur l’actualité sportive de ces derniers jours, l’équipe arrive, les uns après les autres, souriants, jeunes
et en quelques minutes, tout s’accélère.
La sonnette de la porte d’entrée et Anthony annonce à haute voix : « Trois palettes ! ». Tout le monde est dehors et en 10 minutes, tout
est déchargé. Antoine commence à trier les lots identifiés, Fc Mantois, les Lusitanos St-Maur, Cergy Pontoise, le Sporting de Paris, les
plus gros clubs de foot de la région. Un autre lot est isolé, Paris Volley, Racing Métro, Fédé de Badminton, Fédé de Tir à l’arc. Antoine
explique : « De ce côté, les clubs pro et les fédérations, de l’autre, les clubs amateurs ».
La journée est lancée, Marie-Charlotte dispatche les dossiers à préparer, c’est limpide. Nous nous isolons dans le show-room pour
commencer notre rdv.
Cela devrait être une période assez
calme ? Trois palettes ! Vous stockez
pour les prochains mois ?
Non... (un sourire sur les lèvres dʼElisabeth et Eric), lʼactualité est riche en ce
moment, les pros terminent la saison et
les phases finales puis enchaînent les
compétitions internationales. Il faut préparer les équipements pour ces
échéances. Les amateurs ont eux aussi
des impératifs légitimes, une finale de
Coupe de Paris est à leurs yeux aussi
importante quʼune finale de championnat
de France de volley ou quʼune demi-finale de Top 14, ou même que le sacre
de champion de France de L1.
Donc, pas de répit, il nʼy a plus de périodes calmes, cʼest tous les jours
comme ça !
Vous gérez de façon différente les
pros et les amateurs ?
« Jamais » sʼexclame Eric, le monde
amateur est un monde de passionnés,
les gars qui travaillent dans les clubs
sont des bénévoles, au stade le soir, 3
ou 4 fois par semaine, plus les weekends, en plus de leur travail, si on ne
respecte pas leur investissement, on nʼ
a rien à faire ici. Ils sont généreux, parlent de leur club avec passion, se décarcassent pour trouver des sponsors,
ils sont éducateurs et leur mission est
indissociable de toutes les missions sociales. Les pros doivent être performants pour valoriser les partenaires, ils
sont sous les projecteurs de la presse
et des supporters. Ils ont les mêmes besoins
dʼesthétiques et de performances.
Cʼest parce que nous traitons les clubs
amateurs avec autant de respect que
les pros que nous sommes appréciés.
Votre équipe est jeune, sportive,
souriante, une recette particulière ?
Elisabeth : « Il nʼy a pas dʼâge pour être
compétent, tous sont des sportifs, dynamiques, impliqués. Ils adhèrent au
projet ! Cʼest comme une équipe de
foot, à part que nos remplaçants ne
sont pas sur le banc, tout le monde joue
! La société est encore jeune, 4 ans
seulement et nous sommes déjà lʼun
des plus gros distributeur NIKE en
France. Nous parions sur la jeunesse
parce quʼelle a quelque chose de magique. Nous sommes des challengers,
un peu comme la France qui va débuter
sa Coupe du monde et en qui nous
croyons.»
ON
AIME LES
DEFIS !
Votre implication dans le sport amateur vient-elle de votre parcours à
tous les deux ?
On aime les défis. Cʼest parce que nous
aimons le sport, que nous lʼavons pratiqué et que nous nous sentons concernés. Tout le monde a envie dʼêtre bien
équipé, avec des produits techniques.
Lʼélégance est une arme essentielle
dans une confrontation, sont-ils aussi
bons quʼils en ont lʼair ? Le doute sʼinstalle, le respect est présent et les joutes
commencent. Nous soutenons une
équipe de foot à 5, « Muppet Fut5 », ils
ont lʼexigence de se comporter comme
des professionnels. Un choix qui a payé,
des résultats exceptionnels et leur capitaine, Mickael Martins, vient dʼêtre appellé dans la première équipe de France
de foot à 5. Il y a des détails qui sont importants pour grandir. Cela tient à peu
de choses...
Nous soutenons plusieurs associations
qui organisent des tournois caritatifs et
nous organisons nos propres tournois
où sont invitées les meilleures équipes
de la région, cʼest important et nous y
prenons du plaisir.
STADE JEAN BOUIN - TAVERNY
2EME
TOURNOIS DE FOOTBALL
Le projet Original Flocker va se développer dans les prochains mois,
quelles en sont les grandes lignes ?
Oui, la mise en ligne de notre site marchand dans les prochaines semaines,
les espaces boutiques dédiés, les nouveaux clubs qui nous rejoignent, évidemment, cela va définir des besoins
humains et techniques appropriés, cʼest
la suite logique. Mais la priorité, cʼest de
sʼorganiser pour être devant tous les
matchs de lʼéquipe de France, ça arrive
vite !!! On a hâte !!
Stage M’Vila
au FC Mantois
La production est faite ici, comment
jonglez-vous d’un dossier ou d’une
discipline à l’autre ?
Nos équipements sont modernes et performants, tout est archivé et organisé.
Nous sommes aussi une agence de
communication spécialisée dans le
sport depuis 20 ans, cela demande de
la rigueur. Nous flockons tout sur place,
350 produits par jour, quand cʼest calme
(un sourire) !
Notre petit côté « atypique » comme
vous le dites, vient évidemment de cette
particularité, nous concevons le
flockage des produits de la même manière que nous réalisons des affiches ou
des chartes graphiques. Toujours avec
un souci de précision, dʼesthétisme, un
mot qui revient souvent chez nous.
Vos plus beaux souvenirs de Flocker ?
Il y en a 3, la création et le flockage des
maillots collectors des 40 ans du PSG,
les tee-shirts bleu blanc rouge du XV de
France vus pendant le haka en 2007 et
quelle victoire !!! Et évidemment, les
équipements du Brésil pour le match de
février 2011, avec en cadeau, un véritable maillot et encore une victoire !
Nous sommes évacués en urgence
du show-room car Foued, le commercial, reçoit un joueur professionnel
dans les locaux.
La matinée est passée sans nous en
rendre compte, avec en tête une certitude, nous entendrons parler du
Challenger Original Flocker !
Interview : SF
Vendre des produits et les marquer,
cʼest une chose, mais les clubs ont
aussi besoin de communiquer. Quel que
soit la discipline, il faut être à lʼécoute,
comprendre le sport concerné et trouver
des solutions.
J
Distributeur officiel Nike
Adlene Guedioura
International Algérien - Crystal Palace
Angleterre
« Un aller-retour dans la journée en
France pour une scéance de
dédicaces lors du tournoi Original
Flocker, simple et sans chichi, j'ai
adoré et je leur devais bien cela
pour leur travail lors de la soirée de
lancement de mon site internet ».
ORIGINAL FLOCKER
7 rue Baudin
94160 Saint-Mandé
Tél. 01 43 49 27 43
touminet@originalflocker.com
ILS
PARLENT
DE NOUS !
Alou Diarra
« Team's 5 est en plein développement et en s'appuyant sur le
savoir-faire d'Original Flocker
pour le marquage et l'achat de
nos équipements, nous bénéficions de la qualité que nous souhaitions, un partenariat qui nous
ravit !
Crédits photos : Christophe Berche - Didier Delaine
EN PARTENARIAT AVEC COSMO TAVERNY
Avec Neymar, Fabregas a trouvé un peu
plus qu'un nouveau compère de jeu à
Barcelone cette année. « Il me fait penser à
Cruyff. Je trouve que Neymar a le même
changement de rythme, dans cette faculté
à démarrer rapidement, ralentir, puis
accélérer de nouveau. Je me souviens d'un
Cruyff avec un peu la même vitesse de
course vers l'avant. » Atemporel.
■ Fabregas
voit double
Par Mathieu Delattre
Avec ses 30 buts en 47 sélections (avant le début
de la Coupe du monde), Neymar ne traîne pas en
route à la moyenne de 0,64 but par match. Plutôt
pas mal au niveau international, surtout pour un
attaquant qui ne joue pas avant-centre. Mais, au
rayon Seleçao, le kid n'en reste pas là. Depuis les
U17, il a déjà marqué son territoire. Avec,
notamment, la coquetterie suprême : en U20, il a
plus marqué de buts (9) qu'il n'a joué de matches
(7). Mal élevé.
■ Seleçao
à gogo
POURQUOI LE BRÉSIL N'A D'YEUX QUE POUR LUI
NEYMAR
La nouvelle star du Barça et du Brésil
a-t-elle les épaules assez larges pour
porter la Seleçao sur le toit du monde ?
Sous certains angles, la réponse est oui.
On vous dit pourquoi.
La Loupe
■ LES ADIEUX
JAVIER ZANETTI
RYAN GIGGS
« À l'entame du dernier quart d'heure, j'ai pensé... ce sont mes quinze dernières
minutes. Merci pour avoir poussé un petit vieux de quarante ans à continuer à
courir sur un terrain de foot. » Le micro à la main et les larmes, restées cachées
dans le coin des yeux, Pupi en a fait pleurer plus d'un à Milan. Un dernier tour,
long comme l'éternité, pour remercier les tifosi, avec femme et enfants, et
quelques mots encore, à l'attention de ceux qu'il considère comme les siens.
« Vous êtes l'Inter, nous avons traversé tant d'années ensemble. Je n'oublierai
jamais votre amour parce que vous m'avez adopté. » Javier, la première recrue
de l'ère Moratti, entre maintenant dans l'organigramme du club, racheté il y a
peu par Erick Thohir, le milliardaire indonésien. Les
VOTRE NOTE : /10
capitaux passent, mais Zanetti reste.
Il jouait déjà à MU quand Januzaj n'était pas né... alors, le soir de la dernière,
il y avait forcément de l'émotion. Mais pas trop de trémolos dans la voix, non
plus. Sobre et vrai, Ryan. « Je voudrais dire merci à tous les joueurs et au staff
pour leur soutien cette saison. Nous savons que cette saison a été difficile,
alors qu'au cours de ces dernières années nous avons été gâtés. Mais vous
avez toujours soutenu l'équipe, continuez et les bons moments reviendront
vite. J'ai aimé jouer chaque minute pour vous et représenter le plus grand et
meilleur club du monde. » Adjoint de David Moyes puis entraîneur-joueur sur
les dernières semaines de compétition, Ryan devient l'adjoint officiel de Louis
Van Gaal. Une nouvelle page à écrire.
/10
VOTRE NOTE :
■ COÏNCIDENCES, GRAND ÉCART ET GOÛT DES BONNES CHOSES
RYAN GIGGS
JAVIER ZANETTI
Il soulève la Ligue des champions le 22 mai 2010 le soir de son 700e match avec
l'Inter (victoire contre le Bayern à Madrid). Il dispute son 1000e match officiel,
toutes compétitions confondues, le mercredi 11 mai 2011, en demi-finale retour
de Coupe d'Italie, contre l'AS Rome (1-1). Un soir de qualif', puisque Pupi le capitano soulèvera la Coupe après une finale maîtrisée contre Palerme (3-1). Son
seizième et dernier titre remporté avec les Nerazzuri. Autre chose ? Oui, pour
mieux se rendre compte de ce que représente sa longévité à l'Inter, on peut vous
dire que Walter Mazzarri est le vingtième coach qu'il a connu à l'Inter ! Le secret
de sa longévité ? Peut-être son hygiène de vie,
VOTRE NOTE : /10
puisqu'il s'est même rendu à l'entraînement le
matin... de son mariage !
Il a dépassé Bobby Charlton et est devenu le joueur le plus capé de l'histoire
de MU le 21 mai 2008 à Moscou (photo ci-dessus, avec Cristiano Ronaldo). Et
comme il n'a jamais rien fait à moitié, le Gallois a remporté, ce soir-là, sa
deuxième Ligue des champions, face à Chelsea. Plus tard, il a joué son 1000e
match le 5 mars 2013 en huitièmes de finale retour de C1 contre le Real Madrid. L'ambiance des grands soirs. Durant ses 22 saisons au club, Ryan n'a
connu que trois entraîneurs : Sir Alex Ferguson, David Moyes et... lui-même !
Autre signe fort : il n'a jamais été expulsé avec Manchester United !
VOTRE NOTE :
/10
LE VERDICT
JAVIER
ZANETTI
RYAN
GIGGS
46,5/50
46/50
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35
Sans titre, une saison du Barça est une saison ratée. On
ne peut pas en dire autant de la sienne, même s'il s'est
retrouvé à plusieurs reprises sous le feu des critiques
catalanes. La preuve en chiffres. Neymar au Barça, c'est
un but toutes les 188 minutes cette saison, soit un tous les
deux matches en moyenne. Dans le détail, le Brésilien a
inscrit 9 buts et délivré 10 passes décisives en 26
apparitions (et 1732 minutes) en Liga. Soit une passe
décisive toutes les 173 minutes. Minutieux.
■ Un but toutes
les 188 minutes au Barça
Bon, c'est un soir où Ganso a porté Santos presque à lui
seul. Mais, face au Gremio Catanduvense (victoire de
Santos 5-0), Neymar y est aussi allé de son petit festival
improvisé. Avec, dans le désordre, deux passes décisives,
un but et un dribble en forme de n'importe quoi : départ
arrêté, feinte du pompier, passement de jambe, talonnade
et le clou du spectacle : la virgule derrière la jambe
d'appui. Du grand art, du nouveau et... un carton rouge
pour le pauvre Jeferson qui tentait de s'accrocher à ses
basques ! Sans pitié.
■ 15 avril 2012,
Santos à la folie
« Pour moi, il a des qualités uniques, assure maître
Capello. De la vitesse, de la technique et la frappe des
deux pieds. Et, enfin, il sait toujours bien se
positionner. C'est un joueur extraordinaire. » Respecté.
■ Capello voit triple
Neymar a disputé 10 matches de Ligue des
champions cette saison. Malgré l'élimination du
Barça en quart de finale contre l'Atlético Madrid, sa
première expérience dans la compétition laisse
quelques chiffres parler aussi : avec 4 buts et 5
passes décisives en 771 minutes sur le terrain, le
Brésilien a réussi une passe décisive toutes les 154
minutes. Et, encore, quasiment un but tous les deux
matches (1 but toutes les 192 minutes). Chirurgical.
■ Une passe décisive
toutes les 154 minutes
en Ligue des champions
Suite à la plainte déposé par un socio
sur le coût de son transfert, le Barça
s'est retrouvé pris dans une tempête qui
a valu au président Sandro Rosell de
démissionner. Au total, l'arrivée du
Brésilien aurait coûté 86,2 millions
d'euros. Son salaire est estimé à 8,8
millions bruts par an. La prime à la
signature de 10 millions, la commission
d'agent à 2,7 millions. Auxquels il faut
encore ajouter un contrat marketing (4
millions), un accord assez opaque entre
la Fondation du Barça et la Fondation de
Neymar (on parle de 2,5 millions
d'euros) plus 10 millions d'euros en
option sur trois joueurs de Santos. De
quoi tourner la tête, ces chiffres
vraiment troublant
Les vrais chiffres de
son transfert au Barça
■
Replay
Le livre
d'
de la saison
or
2013-2014
La Decima du Real, les envolées zlananesque de Paris,
l'Atlético qui surprend les grands d'Espagne, les confirmations
de la Juve en Italie et du Bayern en Allemagne mais aussi le
triomphe des Citizens outre-Manche, tout, tout, vous
saurez tout sur cette saison des plaisirs, pour certains,
des angoisses, pour d'autres.
Une saga écrite en lettres d'or.
LIGUE DES CHAMPIONS
Un Real Decima !
L
'Atlético Madrid tenait, tenait encore son but d'avance. Une boulette,
ou presque, d'Iker Casillas, suffisait à son bonheur. Et puis, au bout
du temps additionnel, sur un dernier centre, Sergio Ramos a surgi. Une
reprise de la tête à mi-chemin entre la hargne du compétiteur et la
« Quand je me suis rendu, le premier jour, dans
la salle des trophées du Bernabeu, j'ai dit au
Président qu'il en manquait une. »
Carlo Ancelotti
58
classe du champion. Une égalisation en forme de victoire, tant la prolongation ne sera ensuite qu'un supplice pour les Matelassiers, finalement battus 4-1. À l'autre bout du terrain, Casillas n'allait plus retenir
très longtemps ses larmes. Le gardien-remplaçant-capitaine était le
seul, côté Real, qui était présent douze ans plus tôt sur la pelouse de
Glasgow, quand Zidane avait repris un ballon tombé du ciel de Roberto
Carlos. La neuvième victoire, la neuvième Coupe aux grandes oreilles
dans la vitrine des trophées. Douze ans qu'elles étaient neuf. Des mois,
des années que le Real ne pensait plus qu'à ça. Dans l'ivresse du titre
et la nuit de Lisbonne, Carlo Ancelotti s'est ainsi souvenu : « Lors de
mon tout premier jour, quand je me suis rendu dans la salle des
trophées du Santiago Bernabeu, j'ai dit au Président qu'il manquait
une Coupe et que nous allions essayer de la ramener cette saison.
Douze ans après Glasgow et la volée
du millénaire de Zizou, le Real s'offre
sa dixième Ligue des champions. Viva
la Decima ! Par Mathieu Delattre
Nous y sommes parvenus et c'est une telle fierté... »
Ce fut donc la prolongation de trop pour l'Atlético, qui ne deviendra pas
le 23e club à inscrire son nom sur le trophée, mais rejoint plutôt le Stade
de Reims (en 1956 et 1959) et Valence (en 2000 et 2001) dans le rayon
des malheureux, ceux qui ont disputé plus d'une finale sans avoir soulevé le trophée (en 1974, les Madrilènes avaient été dominés en finale
par le Bayern, 1-1 puis 4-0 en match à rejouer).
Ce furent des minutes d'explosion pour le Real. La Coupe avait choisi
son camp, ou plutôt son quartier. Pour la première fois en 59 éditions,
la finale de la Ligue des champions opposait en effet deux clubs d'une
même ville. On avait eu deux clubs d'un même pays (Bayern MunichDortmund, par exemple, l'an passé), mais jamais de derby en finale.
Mais qu'importe l'adversaire, pour les socios de la Maison Blanche. La
Decima est là et c'est leurs héros qu'ils veulent célébrer. Comme leur
CR7 par exemple, leur Ballon d'or numéro un, le nouveau recordman
de buts inscrits dans la compétition (17) au cours d'un même exercice.
Cristiano avait donné le ton avec un triplé lors de la première journée
de la phase de groupe (victoire 6-1 contre Galatasaray), il y est allé de
son penalty en prolongation, en finale. Son 67e but en C1, ce qui le place,
à égalité avec Lionel Messi, à la deuxième place des meilleurs buteurs
de la compétition, derrière... Raul (71 buts). On peut leur dire, s'ils ne le
savent pas encore, que leur superstar a accroché un nouveau record
cette saison : il est le premier joueur à passer la barre des 50 apparitions
en Ligue des champions avec deux clubs différents. Le kid a joué 52
matches avec Manchester, 51 avec le Real. Parfois, il y a autre chose que
FRANCE
60
James Rodriguez, qui n'a pourtant pas toujours brillé, notamment
dans la première partie du championnat, pour sa première saison
en France, glisse sa trogne en tête des meilleurs passeurs, avec
une petite “assist” d'avance (12 contre 11) sur... Ibra !
Toute la complicité entre Laurent Blanc et Zlatan Ibrahimovic. Pour sa
première saison à Paris, le Président a fait mieux que Carlo Ancelotti en
réussissant le doublé championnat-Coupe de la Ligue.
Alors, bien sûr, Laurent Blanc veut souligner « la qualité du travail
accompli » et répète à ses joueurs de « ne surtout pas banaliser un
titre, parce que tout va très vite. Il faut savoir savourer aussi », le
coach à la touillette ne nous enlèvera pas de l'idée que ce grand
écart-là était trop grand, justement, pour laisser espérer quoi que
TOP
Les Verts bien mûrs
Jusqu'au bout, ils ont titillé le podium. Quatrièmes au final,
les Verts de Christophe Galtier terminent devant le voisin
ce soit à la concurrence. Lolo le Président cherche d'autres motifs
de satisfaction. « C'est bien d'avoir battu le record de points en
Ligue 1, parce que cette équipe mérite de battre des records. » On
avait oublié, dans ce tableau idyllique, le plus grand nombre de victoires étalées sur la même saison (27). Et tout ça après deux
matches nuls en apéro ! Les Parisiens ont pris la tête au soir de la
dixième journée. Et, évidemment, ils ne l'ont plus quittée. C'est leur
normalité, comme le rappelle Yohan Cabaye, pas mécontent d'avoir
rejoint la machine infernale en janvier. « Je suis venu pour jouer
de grands matches et soulever des trophées. C'est ce que l'on a
fait. Il était très important pour nous de gagner la finale de la Coupe
de la Ligue contre Lyon et de réaliser ce doublé. Ce premier titre
remporté avec le PSG a forcément une saveur particulière pour
moi, sachant qu'il était, en plus, le seul qui me manquait en France.
Et deux semaines plus tard, nous sommes champions de France.
On ne se lasse pas de remporter des trophées et d'ajouter des
lignes à nos palmarès. »
Si le fair-play financier peut les freiner dans leurs ambitions européennes, on ne s'empêchera pas d'avoir, déjà, une pensée pour
leurs dix-neuf autres concurrents en Ligue 1. Et on se dit qu'ils risquent très vite de trouver le temps long. Comme on peut déjà se faire
une riche et assez précise idée du futur champion, celui de 2015.
LE CHIFFRE
3
Le nombre de points d'écart entre le total du Paris SG (89)
et l'addition des points des trois équipes reléguées : Sochaux (40), Valenciennes (29) et Ajaccio (23), soit un total
de 92 points. Ils ont dû s'y mettre à trois pour dépasser
le PSG. Irréel.
Zlatanarabesque...
Non content de mystifier chaque adversaire,
chaque équipe, chaque
week-end, Zlatan a, en
plus, été l'auteur du
plus beau but de l'année. Une aile de pigeon
en forme de kung-fu
au Parc, un samedi
après-midi, comme ça
sans rien dire, contre
Bastia. Même pas prêteur, le gars !
Guingamp refait le coup
lyonnais, le rival honni, pour la première fois depuis 1993.
Surtout, ils ont, tout au long de la saison, déployé du jeu,
tourné vers l'avant et plutôt bien léché. La patte Galtier ?
Qualifiés pour la prochaine Ligue Europa, on espère maintenant que les Stéphanois ne vont pas la galvauder, comme
l'an dernier et comme tous les clubs français (excepté Lyon
cette saison) ont l'habitude de le faire. Tout le monde pleure
pour se qualifier au printemps. Ce serait donc bien de la
jouer à l'automne. Et rien n'interdit, non plus, aux clubs
français d'y tracer leur route jusqu'au printemps d'après.
À bon entendeur…
62
En 2009, il y avait Eduardo le “Breizhilien”. Et Guingamp, à
la surprise générale, avait battu Rennes 2-1. En 2014, les
hommes du Roudourou ont refait le coup, 2-0 cette fois,
grâce à Martins Pereira et Yatabaré. Déjà, en Ligue 1, les
p'tits gars
du Morbihan
avaient fait
la nique au
voisin rennais. Deux
fois
2-0.
Vraiment
bien élevés,
les Bretons.
LA NATI EN PLAT DE RÉSISTANCE
Classe
ment
FIFA :
8e
•LA SUISSE
LE 20 JUIN À 21 HEURES À SALVADOR DE BAHIA
La tête de série du groupe, invaincue lors
du parcours éliminatoire. Un bloc jeune et
plein d'explosivité, qu'Ottmar Hitzfeld, en
poste depuis juillet 2008 au lendemain de
l'Euro que la Suisse a coorganisé, a bâti
avec des joueurs naturalisés, issus des pays
de l'est. C'est donc une Nati à l'accent
balkanique, pleine de fougue et d'envie.
Attention, ils savent défendre et se projettent très vite vers l'avant. Favoris ? Pas
vraiment, à en croire le vieux limier d'Hitzfeld, qui annonce déjà la couleur : « Les
Français sont les favoris, mais nous devons
atteindre les huitièmes de finale. Je ne suis
pas naïf, je sais très bien que ce groupe ne
constituera pas une simple ballade. Mais,
aujourd'hui, c'est un point positif, la
concurrence est beaucoup plus grande au
sein de mon équipe. » Bah voyons. En espérant que les Bleus ait accroché les trois
points en ouverture, il pourrait s'agir déjà
d'une finale pour la première place. Dans
la chaleur de Bahia, la clé sera sans doute
au milieu, où Inler et Behrami vont croiser
le fer avec Pogba et Matuidi. Tout un programme. Attention aussi à Drmic (21 ans,
FC Nuremberg, en photo), la dernière
trouvaille suisse, qui a des allures de déménageur de surfaces et qui va très vite
en contres.
• Le coach
Ottmar Hitzfeld
• 65 ans
• En poste depuis juillet 2008
BENAGLIO
LISCHTEINER VON BERGEN
SCHÄR
RODRIGUEZ
• Bilan Coupe du monde :
• 9 participations
(1934, 1938, 1950, 1954, 1962, 1966, 1994,
2006, 2010)
• Meilleure performance :
¼ de finale (1934, 1954)
• Ce qu'en pense
INLER
SHAQIRI
BEHRAMI
XHAKA
STOCKER
DRMIC
Didier Deschamps
« La Suisse, on connaît. Ils possèdent
actuellement une très forte génération.
Ils sont tête de série et dans le top 10
mondial depuis pas mal de temps. Ce
sont les favoris du groupe, logique. »
27
C
'est un France-Brésil de Coupe du
monde alors, forcément, il s'agit
d'un match à part. Qui nous ramène
à de si doux souvenirs. D'un quart de finale,
en 1986, dans la chaleur étouffante de Guadalajara (Mexique) et dans un sommet du
jeu, où Michel-Ange Platini et sa bande
avaient terrassé les extraterrestres emmenés par Socrates aux tirs au but (1-1 après
prolongation), jusqu'à cette nuit étoilée de
98 à Saint-Denis où le crâne déplumé mais
tellement majestueux de Zinedine Zidane
nous a fait grimper au septième ciel, un
certain 12 juillet. Magique. Comme si le
qualification. Bref, pas de quoi sauter au
plafond. Et, même si, devant l'Espagne, un
adversaire d'un autre calibre, en huitième de
finale, les Bleus ont retrouvé des couleurs
pour faire tomber le taureau ibérique, la
montagne auriverde paraît bien haute à gravir pour nos petits Français. Trop haute.
Voire… Car, rappelons-le, ce maillot jaune
floqué des cinq étoiles semble une source
d'inspiration inépuisable pour nos représentants. Et puis, on le sait aussi, Zizou a annoncé qu'il arrêtait sa carrière à la fin du
tournoi. Et si l'artiste, vraiment immense, ne
l'a pas dit, on va vite comprendre qu'il a fait
■ 57e minute, le coup franc de Zizou atterrit sur le pied de Titi qui inscrit l'unique but
de la rencontre. Et dire qu'il s'agit de la seule passe décisive du maestro au buteur
durant toute leur carrière commune en Bleu. Mais elle vaut cher !
fait de croiser la meilleure équipe du
monde dans la plus prestigieuse des compétitions sublimait les Bleus jusqu'à les
rendre irrésistibles.
Ce 1er juillet 2006, cependant, dans le
Waldstadion de Francfort où les deux formations s'apprêtent à en découdre, les pronostics penchent largement en faveur de la
de ce duel au sommet sa chose pour nous
offrir, au crépuscule de sa vie de footballeur,
l'une de ses partitions les plus lumineuses.
La première minute de jeu n'est pas encore
terminée que le show a déjà commencé. Le
maestro pose le pied sur le ballon et le
temps s'arrête. Roulette, double passement de jambe suivi d'une accélération
“
ZIZOU ME FAISAIT RÊVER À L'ÉPOQUE
OÙ JE N'ÉTAIS PAS ENCORE PRO. MAINTENANT
QUE JE JOUE AVEC LUI, IL ME FAIT TOUJOURS
ÉRIC ABIDAL
AUTANT RÊVER.
Seleçao et de son trio de choc Kakà-Ronaldinho-Ronaldo. Kakà a volé, littéralement
volé, toute la saison avec le Milan AC. Et que
dire de ce Ronaldinho stratosphérique avec
le FC Barcelone, qui a débarqué en Allemagne avec une Ligue des champions dans
sa besace ? Et si Ronaldo, lui, est apparu
plutôt arrondi au début de la compétition,
cela ne l'a pas empêché de devenir le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du
monde grâce à une quinzième réalisation en
8e contre le Ghana. Côté français, le bilan est
nettement moins glorieux. Le premier tour
tricolore s'est avéré franchement poussif.
Un nul contre la Suisse suivi d'un autre face
à la Corée, avant, enfin, de remporter,
contre le Togo, une victoire qui a assuré la
”
foudroyante. Hop, c'est parti ! De leur côté,
les joueurs de Parreira ont choisi de presser
haut la ligne bleue. Sauf que, portés par le
génie de Zidane, ses partenaires se mettent
à l'unisson. Disciplinés, ils ne laissent pas le
moindre brin d'espace entre les lignes. Puis,
peu à peu, ils commencent à remporter les
duels, tandis que ZZ, comme en état d'apesanteur, dans ce moment de grâce où chacun de ses gestes touche à la perfection,
continue d'affoler les quintuples champions
du monde. Doubles contacts, pied droit-pied
gauche, passements de jambes, coups du
sombrero, en une soirée, tout son récital y
passe. Tiens, et voilà maintenant, qu'il s'en
vient défier le carré magique brésilien.
Même pas peur ! Peur de quoi, d'ailleurs ?
Le presque retraité joue sur une autre planète. Le Brésilien, aujourd'hui, c'est lui. Pas
les autres, en face. Pas Kakà, pas Ronaldinho, ni Ronaldo. C'est lui ! Dans une sorte
de perfection de technique et de tempo.
À la mi-temps, cependant, ses arabesques,
cette démonstration de contrôles n'ont pas
permis aux Bleus de prendre l'avantage. Patience. Tiens, peut-être sur ce coup franc,
très excentré, côté gauche. Zizou prend la
balle, la pose. Son pied caresse le ballon qui
flotte dans l'air, passe au-dessus du crâne
de Gallas pour retomber dans les pieds de
Titi Henry qui, d'une volée enroulée du pied
droit, achève le job. Incroyable clin d'œil du
destin, après tant de matches disputés ensemble, il aura fallu que leur duo touche à
sa fin pour que Zidane adresse sa première
passe décisive à Henry sous le maillot bleu.
Ensuite ? L'équipe de France gère plutôt
bien. Elle a même l'occasion de doubler la
mise et ne connaîtra juste quelques petites
frayeurs qu'en toute fin de partie sur un
coup franc rudement bien placé de Ronaldinho puis sur une reprise de Ze Roberto,
sauvée par Gallas. Après, dans le camp
bleu, ce sont les traditionnelles scènes de
liesse quand on sort d'une rencontre aussi
aboutie. Étreintes. On voit même le Z porter
sur ses épaules le colosse Pat Vieira. Au
cours du match, le roi solaire aura touché
76 ballons, réussi 59 passes pour seulement 6 ratées. « C'est merveilleux, lâchet-il dans la foulée de la qualification. Il
fallait réaliser un match énorme et on l'a
fait. On était bien regroupé, on s'est serré
les coudes et on a tenu physiquement. »
Pas un mot sur sa performance personnelle. Ce n'est pas à 34 ans qu'il va changer, à quelques jours de la retraite. Zizou,
ce sont les autres qui en parlent le mieux.
Éric Abidal, par exemple : « Il a tout simplement été extraordinaire. Il me faisait rêver
à l'époque où je n'étais pas encore pro.
Maintenant que je joue avec lui, il me fait
toujours autant rêver. » Un hommage à
la hauteur de la prestation de notre
monstre sacré.
LA FICHE DU MATCH
■ Samedi 1er juillet 2006
Quart de finale de la Coupe du monde
Waldstadion de Francfort (Allemagne)
Brésil-France 0-1 (0-0)
•Arbitre : M. Luis Medina Cantalejo (Esp.)
•Spectateurs : 48 000
•But : Henry (57e)
•Avertissements : Cafu (25e), Juan (45e),
Ronaldo (45e+2), Lucio (47e) pour le Brésil ;
Sagnol (74e), Saha (87e), Thuram (88e) pour
la France.
•Brésil : Dida – Cafu (Cicinho, 76e), Lucio,
Juan, Roberto Carlos – Gilberto Silva,
Kakà (Robinho, 79e), Juninho (Adriano,
63e), Ze Roberto – Ronaldo, Ronaldinho.
Sélectionneur : Carlos Alberto Parreira.
•France : Barthez – Sagnol, Thuram, Gallas, Abidal – Ribéry (Govou, 77e),Vieira, Makelele, Malouda (Wiltord, 81e) – Zidane –
Henry (Saha, 86e).
Sélectionneur : Raymond Domenech.
89
FLOP
Rennes au plus mal
Marseille fanny
Tout heureux de se retrouver en Ligue des champions, il y
a un an, les Marseillais ont sorti le chéquier pour « changer
de braquet », dixit Vincent Labrune , et s'offrir les meilleurs
espoirs français. Résultat : 0 point en Ligue des champions,
là où le curseur n'était jamais resté, jusqu'alors, pour une
équipe française, et une vilaine sixième place au final qui
prive l'OM de toute compétition européenne. Une première
depuis dix ans. Un flop extrême à l'image de Dimitri Payet
(en photo), qui a vu le train des 23 pour la Coupe du monde
lui passer sous le nez, la faute à une saison trop moyenne.
Marcelo Bielsa, le nouveau patron technique, a sorti la débroussailleuse. Il a du boulot.
Il y a un an, toujours,
Pierre Dréossi, le manager général historique des Bretons, était
prié d'aller voir ailleurs.
Le Stade faisait sa révolution et Philippe Montanier débarquait avec
une mission. Résultat : une nouvelle finale de Coupe de
France perdue face au voisin Guingamp, la honte absolue,
et un maintien acquis dans la stupeur et les tremblements. À Rennes, le changement, c'est toujours maintenant. Le retour de l'ancien Président René Ruello, nommé
à la place de Frédéric de Saint-Sernin, peut laisser penser
à un éventuel désengagement de la famille Pinault (ici
François-Henri, aux côtés de Philippe Montanier). Le
brouillard s'épaissit.
Penna Bianca basta
Arrivé surmotivé à Ajaccio, Fabrizio Ravanelli (en photo)
n'est resté que trois mois sur
l'Île de Beauté. L'ancienne star
de la Juventus et de l'OM, aux
méthodes d'entraînement décriées par bon nombre de ses
joueurs, a plombé la saison de
l'ACA. Avec 7 points en 12 journées, Penna Bianca a été remercié en novembre. Et Ajaccio
n'a jamais surnagé. Un carnage.
L'ÉQUIPE TYPE DE LA SAISON
CLASSEMENT FINAL
CLUBS
RUFFIER
THIAGO
SILVA
AURIER
BASA
KURZAWA
THIAGO
MOTTA
JAMES
RODRIGUEZ
MATUIDI
IBRAHIMOVIC
CABELLA
LACAZETTE
1. Paris SG
2. Monaco
3. Lille
4. Saint-Etienne
5. Lyon
6. Marseille
7. Bordeaux
8. Lorient
9. Toulouse
10. SC Bastia
11. Reims
12. Rennes
13. Nantes
14. Evian TG
15. Montpellier
16. Guingamp
17. Nice
18. Sochaux
19. Valenciennes
20. AC Ajaccio
PTS
J
G
N
P
BP
BC
DIFF.
89
80
71
69
61
60
53
49
49
49
48
46
46
44
42
42
42
40
29
23
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
38
27
23
20
20
17
16
13
13
12
13
12
11
12
11
8
11
12
10
7
4
8
11
11
9
10
12
14
10
13
10
12
13
10
11
18
9
6
10
8
11
3
4
7
9
11
10
11
15
13
15
14
14
16
16
12
18
20
18
23
23
84
63
46
56
56
53
49
48
46
42
44
47
38
39
45
34
30
37
37
37
23
31
26
34
44
40
43
53
53
56
52
45
43
51
53
42
44
61
65
72
+61
+32
+20
+22
+12
+13
+6
-5
-7
-14
-8
+2
-5
-12
-8
-8
-14
-24
-28
-35
•Le champion : Paris SG
•Qualifiés pour la Ligue des champions : Paris SG, Monaco, Lille (tour
préliminaire)•Qualifiés pour la Ligue Europa : Saint-Etienne, Lyon, Guingamp
•Relégués en Ligue 2 : Sochaux, Valenciennes, Ajaccio
•Promus en Ligue 1 : Metz, Caen, Lens
63
ESPAGNE
L'Atlético secoue la Liga
Après avoir passé toute la saison dans le groupe de
tête, l'Atlético est allé chercher son dixième titre
de champion d'Espagne, au nez et à la barbe des
deux géants. Ironie du sort, c'est sur la pelouse du
Barça qu'ils l'ont obtenu. Par Camille Ledun
P
LE TOP Athletic Bilbao
Bilbao termine quatrième juste derrière les Trois Mousquetaires. Un véritable exploit, à l'image de la saison d'Iker Muniain
(en photo), surtout que les Basques étaient englués dans le ventre mou du classement depuis 2012.
Un premier défi de
taille va s'imposer :
franchir le tour
préliminaire de C1.
Le prix à payer
pour
s'installer
chez les grands...
LE FLOP
Betis Séville
Il y a des saisons où tout va de
travers. Le Betis Séville, remonté en Liga en 2011, termine
bon dernier à quinze points du
maintien. Avec, en prime, l'humiliation d’une élimination en
huitième de finale de Ligue Europa, face au grand rival du FC
Séville, aux tirs au but. Deux
changements d’entraîneur en
décembre puis janvier n'auront
rien… changé. Le Betis, à
l'image de Juan Carlos, est
lourdement tombé.
64
LE CHIFFRE
228
Soit le nombre de buts
inscrits par Lionel
Messi avec Barcelone
en Liga. Il devient le
troisième meilleur buteur de l'histoire du
championnat espagnol
à 23 réalisations de
Telmo Zarra (251). Il
dépasse ainsi le mythique madrilène Di
Stefano (227) et rejoint
un autre grand ancien
de la Maison Blanche,
Raul, sur le podium. Et
il n’a pas fini de marquer des buts !
ersonne n'osait croire que le titre pourrait échapper au Real ou
au Barca. C'est pourtant chose faite. Les Madrilènes de l'Atlético ont déclenché un véritable séisme en Espagne. La Liga n'avait pas
connu un autre champion que ces deux cadors depuis la saison 20032004 et le sacre de Valence. Autant dire une éternité ! Et ces Colchoneros-là sont un peu sortis de nulle part. En tout cas d'où personne ne
les attendait, pour mettre aux tapis les gros et finir la saison invaincus
face au Barça en cinq confrontations. Un peu comme Rome ne s'est
pas faite en un jour, la réussite des Blanc et Rouge, non plus. Elle est
en partie l'œuvre du “Cholo”, dit le “Bandit”, le coach Diego Simeone.
Sa recette à lui ? Du talent, un état d'esprit et du travail. Son Atlético
représente un peu ce mélange idéalisé de jeunes et de plus anciens,
avec les Tiago ou autre Gabi pour encadrer la jeunesse qui émerge,
emmenée par Koke. Une équipe qui marque, mais, surtout, qui défend
bien. Très bien, même. Meilleure défense de Liga, une statistique peu
étonnante lorsqu'on a dans ses rangs un certain Thibaut Courtois dans
les buts et un certain Godin en tour de contrôle. Finalement, le grand
perdant est indiscutablement Barcelone qui a bouclé une saison sans
trophée en devant se contenter de la place du Poulidor. Le Real, lui, a
obtenu sa revanche sur l'Atlético en soulevant la Ligue des champions.
Performance de l'année pour l'Athletic Bilbao, qui pourra goûter à la
C1, quinze ans après, grâce à une belle quatrième place (voir par ailleurs). Le FC Séville a également droit aux honneurs. Avec une place
dans le top 5 et une Ligue Europa : digne des plus belles histoires à
l'andalouse. Derrière, la Real Sociedad se contentera cette saison de
la C3 tout comme Villarreal pendant que, tout en bas, les promus
Almeria et Elche se sauvent. En revanche, Osasuna et le Betis Séville plongent en Liga Adelante en compagnie de Valladolid.
CLASSEMENT FINAL
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
Atlético Madrid
Barcelone
Real Madrid
Athletic Bilbao
FC Séville
Villarreal
Real Sociedad
Va le n ce
Celta Vigo
Levante
Malaga
R a yo Va l le c a n o
Getafe
Espanyol Barcelone
Grenade
Elche
Almeria
Osasuna
Va l l a d o l i d
Betis Séville
90
87
87
70
63
59
59
49
49
48
45
43
42
42
41
40
40
39
36
25
+51
+67
+66
+27
+17
+16
+7
-2
-5
-8
-7
-34
-19
-10
-24
-20
-28
-30
-22
-42
•Le champion : Atlético Madrid •Qualifiés pour la C1 : Atlético Madrid,
Barcelone, Real Madrid, Athletic Bilbao (tour préliminaire)
•Qualifiés pour la Ligue Europa : FC Séville, Villarreal, Real Sociedad
•Relégués en Liga Adelante : Osasuna, Valladolid, Betis Séville
•Promus en Liga : Elbar, La Corogne + 1 autre équipe (non connue
au moment de notre bouclage)
ALLEMAGNE
Le Bayern trop haut, trop fort
À chaque saison ou presque, la même rengaine.
Les Bavarois écrasent tout sur leur passage en
Bundesliga ne laissant que des miettes à leurs
poursuivants. Intraitables à domicile comme à
l'extérieur, Franck Ribéry et sa bande ont encore
régalé cette année. Par Camille Ledun
L
LE TOP Robert Lewandowski
L'attaquant polonais termine meilleur buteur de Bundesliga, cette
saison, avec un capital de 20 buts. Il est, encore une fois, le grand
artisan de la réussite du Borussia Dortmund avec son compère
de l'attaque Marco Reus, quatrième
du classement. Une juste revanche
pour Lewandowski qui avait échoué
à une marche du Graal, l'an dernier, derrière Stefan Kiessling
(Bayer Leverkusen) et ses 25 réalisations (contre 24 pour Lewandowski). Et un joli cadeau d'adieu
de la part de celui qui rejoindra le
Bayern, la saison prochaine.
LE FLOP
Hambourg
Hambourg, sextuple champion d'Allemagne, a vécu un parcours catastrophique (ici, le gardien Adler
encaisse un but de Götze). Septième
de Bundesliga l'année passée, le
club a complètement plongé cette
saison et s'est seulement maintenu
grâce au but marqué à l'extérieur
lors du barrage de relégation face à
Greuther Fürth (0-0 à Hambourg,
1-1 au retour). Pire encore, ce n'est
qu'un seul petit point d'écart qui a
permis à Hambourg de ne pas être
relégué directement aux dépens de
Nuremberg. La maison tremble fort
mais ne s'écroule pas encore...
LE CHIFFRE
27
Le nombre de journées
qu'il a fallu au Bayern
Munich pour être sacré
champion. Un nouveau
record. C'est sur la pelouse du Hertha Berlin
que les Bavarois sont
allés chercher ce titre
(1-3) pour continuer
d'écrire l'histoire du
football allemand. L'an
dernier, ils avaient déjà
fait tomber ce record en
allant chercher le titre
lors de la 28e journée.
Ces gens-là n'aiment
pas le suspense.
’entraîneur change mais la vie suit son cours à Munich. Un club
de talent reste un club de talent, peu importe les variables. Le
Bayern est toujours une formidable machine à gagner qui empile les
buts aussi rapidement que Lucky Luke dégaine les armes. Et se positionne encore comme l'attaque la plus prolifique parmi les cinq
vainqueurs des grands championnats européens, avec 2,76 buts marqués par match. En Bavière, le suspense n'est donc pas le roi. Il ne
s'agit pas, non plus, d'un hasard si c'est en Bundesliga qu'est enregistré, cette saison, le plus gros écart de points entre le champion et
son dauphin (19 contre 17 en Italie, par exemple). Finalement, les
miettes, les poursuivants n'y ont même pas droit puisque le Bayern
est allé chercher, pour la deuxième année consécutive, la Coupe d'Allemagne face à Dortmund. Pas de doute, en Allemagne, il y a donc,
encore une fois, Munich et les autres. Les autres, ce sont, par exemple, le Borussia Dortmund et Schalke 04 qui complètent le podium et
filent en Ligue des Champions, alors que le Bayer Leverkusen devra
attendre un peu et passer par le tour préliminaire. Wolfsburg, Mönchengladbach et Mayence arrivent derrière les “gros” et devront défendre leur pays en Ligue Europa. En bas du classement, Stuttgart
n'en finit plus de chuter. Sixième deux ans en arrière, le club termine
aux portes de la zone rouge. Juste derrière, c'est Hambourg qui,
après une saison calamiteuse et la palme de plus mauvaise défense
du championnat, a sauvé sa tête après un barrage de toutes les peurs
(voir Le flop). En revanche, pour Nuremberg et l'Eintracht Braunschweig, tout est terminé.
CLASSEMENT FINAL
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
18.
Bayern Munich
Dortmund
Schalke 04
Bayer Leverkusen
V f B Wo l f s b u rg
Mönchengladbach
FV Mayence
FC Augsburg
Hoffenheim
Hanovre 96
Hertha Berlin
We rd e r B r ê m e
E i n t r a c h t Fr a n c f o r t
Fribourg
VfB Stuttgart
Hambourg SV
Nuremberg
Eintracht Braunschweig
90
71
64
61
60
55
53
52
44
42
41
39
36
36
32
27
26
25
+71
+42
+20
+19
+13
+16
-2
0
+2
-13
-8
-24
-17
-18
-13
-24
-33
-31
•Le champion : Bayern Munich
•Qualifiés pour la C1 : Bayern Munich, Borussia Dortmund, Schalke 04,
Bayer Leverkusen (tour préliminaire)
•Qualifiés pour la Ligue Europa : Wolfsburg, Mönchengladbach, Mayence
•Relégués en Bundesliga 2 : Nuremberg, Eintracht Braunschweig
•Promus en Bundesliga : FC Cologne, SC Paderborn 07
65
ANGLETERRE
Manchester City sur le fil
Les Citizens, qui ont échoué aux portes d'un
deuxième sacre consécutif l'an passé, récupèrent
leur trophée face à Liverpool et Chelsea. Non
sans difficultés, après un championnat plus
serré que jamais. Par Camille Ledun
LE TOP Hull City
Deux miracles en une saison : voilà comment résumer l'année de
coach Steve Bruce et de ses joueurs. D'abord le maintien parmi
l'élite pour le promu, ensuite une finale de Coupe d'Angleterre
perdue (3-2) face à Arsenal. Et, en
prime, un billet pour la Ligue Europa (Arsenal, vainqueur de la
Cup, étant déjà qualifié pour la
Ligue des Champions) ! Un parcours plus que satisfaisant pour
un club qui n'a disputé que trois
saisons en Premier League ces
vingt-cinq dernières années.
LE FLOP
66
David Moyes
Certains
doutaient de
ses capacités à prendre la très
lourde succession de
Sir Alex à
Manchester
United. Les sceptiques n'avaient
pas tort. Moyes a enquillé les records depuis le début de l'ère Ferguson, mais dans le mauvais sens :
nombre de défaites en une saison
ainsi qu'à domicile, nombre de
buts encaissés… Moyes a installé
la crise dans un club qui ne l'avait
plus connue depuis presque trente
ans. Limogé en toute fin de championnat, il laisse les Red Devils
sans Coupe d'Europe, une première depuis 1990. Une saison
vraiment noire.
LE CHIFFRE
52
Le nombre de buts inscrits par le duo Luis Suarez et Daniel Sturridge
pour Liverpool en championnat. Ils égalent ainsi
le vieux record de Roger
Hunt et Ian St John établi
en 1963-1964 pour les
Reds. Et dire que le premier a été suspendu
cinq matches en début
de saison et le second
blessé tout le mois de
décembre à la cheville …
I
l y a encore un mois, le titre semblait promis à Liverpool et ses
deux mitraillettes d'enfer Suarez et Sturridge. Mais non ! Manchester City n'a jamais renoncé, un peu comme il y a deux ans
face à son rival United. Tout s'est décanté lors de la confrontation
entre Liverpool et Chelsea à Anfield, où les Reds en s'inclinant
(1-2) ont permis au peloton de recoller. Et finalement, City, longtemps en position d'outsider, a grillé tout le monde sur le poteau
pour aller s'adjuger son quatrième titre de champion d'Angleterre. Manuel Pellegrini et les siens se sont même payé le luxe
d'un doublé en remportant la Coupe de la Ligue face à Sunderland
(3-1) ! Les Reds terminent, eux, deuxièmes et arrachent un billet
pour la C1, compétition à laquelle ils n'ont plus participé depuis
2010. Petit lot de consolation, malgré tout, pour un groupe qui rêvait d'offrir à son capitaine emblématique, Steven Gerrard, son
premier sacre, lui qui a (presque) tout gagné… sauf le championnat. Les Londoniens de Chelsea échouent sur la troisième marche
du podium. Une saison peu en rapport avec les ambitions de José
Mourinho. À l'inverse, Arsenal et le coach Arsène Wenger, un
temps en froid avec les fans cet hiver, bouclent la saison en quatrième position. Un rang qui emmènera les Gunners vers une 18e
campagne en C1, via le tour préliminaire, de suite ! Chapeau bas.
Tottenham et Everton doivent se contenter de la Ligue Europa,
une fois de plus, en compagnie de Hull City, le promu sauvé, finaliste de la Cup face à Arsenal (voir Le top). West Bromwich Albion a arraché son maintien dans les dernières journées, à trois
points de la zone rouge. Cardiff City, également promu, n'a pas
eu la même chance que Hull. Ni Solskjaer, arrivé en cours de
championnat, ni le rachat du club par un milliardaire n'auront
suffi pour réaliser un miracle. Norwich et Fulham prennent le
même chemin : direction la deuxième division.
CLASSEMENT FINAL
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
Manchester City
Liverpool
Chelsea
Arsenal
Everton
To t t e n h a m
86
84
82
79
72
69
Manchester United
64
Southampton
56
Stoke City
50
Newcastle
49
Crystal Palace
45
Swansea City
42
We st H a m
40
Sunderland
38
Aston Villa
38
Hull City
37
West Bromwich Albion 3 6
Norwich City
33
Fulham
32
Cardiff City
30
+65
+51
+44
+27
+22
+4
+21
+8
-7
-16
-15
0
-11
-19
-22
-15
-16
-34
-45
-42
•Le champion : Manchester City
•Qualifiés pour la C1 : Manchester City, Chelsea, Liverpool, Arsenal (tour préliminaire)
•Qualifiés pour la Ligue Europa : Everton, Tottenham, Hull City
•Relégués : Norwich City, Fulham, Cardiff City
•Promus en Premier League : Leicester, Burnley, Queens Park Rangers
B
ien sûr, le Bayern a dominé le
championnat allemand, qu’il a, en
vrai mastodonte, écrasé de tout
son poids, avec 19 points d’avance, au
final, sur le Borussia Dortmund. Avec
une défense de fer, un milieu royal et une
attaque de feu. Bien sûr, les Munichois
ont rajouté, dans leur escarcelle, une
Coupe d’Allemagne, toujours contre leur
adversaire préféré. Évidemment qu’ils
ont réalisé des différences irréversibles.
Il n’en reste pas moins vrai que, ni Ribéry
davantage aux yeux des intéressés, c’est
lui : Marco Reus. Et, franchement, aussi
paradoxal que cela puisse paraître,
compte tenu de la main-mise des joueurs
de Pep Guardiola sur le football allemand, il n’y a vraiment pas grand-monde
pour discuter le choix de l’heureux lauréat. Parce qu’il le vaut bien…
Il convient de préciser que le polyvalent –
capable d’évoluer à l’aile gauche, sans
doute sa meilleure place, comme à
l’aile droite ou en meneur, en soutien
LE BAYERN A TOUT DÉVORÉ EN
ALLEMAGNE, MAIS C’EST LUI
QUI A ÉTÉ DÉSIGNÉ “MEILLEUR
JOUEUR DE LA SAISON”
(désigné la saison passée), ni Neuer,
Lahm, Götze, Thomas Müller ou aucun
autre Bavarois n’a eu droit à la consécration suprême. Non, celui qui a remporté
les lauriers et a été désigné “Meilleur
joueur de Bundesliga”, et par ses pairs,
s’il vous plaît, ce qui signifie toujours
PROFIL
■ Né le 31 mai 1989 à Dortmund (Allemagne)
■ 1,80 m – 70 kg ■ Milieu ou ailier
■ Roadbook : Rot Weiss Ahlen (2007-2009),
Mönchengladbach (2009-2012),
Borussia Dortmund (depuis 2012)
■ International A (Allemagne)
■ 1re sélection : le 7 octobre 2011,
Turquie-Allemagne 1-3
■ Palmes : • Vainqueur de la Supercoupe
d'Allemagne avec Dortmund en 2013 •
Élu meilleur joueur de la saison 2011-2012
avec Mönchengladbach • Élu meilleur
joueur de la saison 2013-2014 avec Dortmund
74
de l’attaquant de pointe –, a réalisé une
saison tip-top. Son bilan, en Bundesliga,
c’est : 16 buts (10 du droit, 6 du gauche
et 23 toutes compétitions confondues).
C’est, surtout, sous la mèche blonde et
le visage diaphane, que l’on imagine facilement virer au rouge écrevisse sur les
plages des Canaries, l’été venu, un extraordinaire joueur de ballon. Il s’agit
d’un diamant. Mais, pas brut, hein ? Non,
nous vous parlons là d’une pierre polie,
du beau, du très cher, que l’on enfile
avec, autant de précaution que de délicatesse, dans son écrin. Avec ce toucher si
subtil, cette manière de caresser la balle
comme un tissu soyeux. Ou du velours,
pour ceux qui préfèrent. C’est doux, c’est
léger et tellement agréable.
L’enfant du cœur de la Ruhr, là, à Dortmund, où il est né. Où il a grandi avant de
rejoindre, assez rapidement les équipes
de jeunes du Borussia, a dû, chez les Juniors, après avoir atteint avec le BVB la
finale des U17 d’Allemagne, plier ses
gaules, jugé trop frêle, le gringalet. « À
l’époque, se souvient l’intéressé, je voulais jouer. Et, à Dortmund, je n’avais que
le banc comme perspective. J’aurais
aimé poursuivre dans mon club de cœur,
celui où j’avais fait presque toutes mes
VU PAR...
■
Mario Götze
« En tant que footballeur, on se
met instinctivement à la place de son
partenaire. Et on se demande : si j’étais
à sa place, qu’est-ce que je ferais ?
Avec Marco, c’est clair, la plupart du
temps, il choisit l’option que j’aurais
préférée. C’est ce que j’appelle,
s’entendre les yeux fermés. » De son
ancien partenaire à Dortmund et
toujours équipier en équipe nationale.
■ Les débuts à Rot Weiss Ahlen. Deux saisons,
la première en Regionalliga (3 e division), la
seconde, après une montée, en Bundesliga 2.
■ Sous le maillot de Mönchengladbach, il pèse
109 matches et 49 buts et quitte le club sur un
titre de meilleur joueur de Bundesliga pour la
saison 2011-2012.
■ Après l'Euro 2012 (ici, il est fêté par Özil
après son but contre la Grèce, victoire 4-2),
Reus s'apprête à disputer sa deuxième
compétition internationale avec la Mannschaft.
Direction le Brésil.
■ Cette saison, Marco a inscrit 16 buts (23 toutes
compétitions confondues) et offert 14 passes
décisives en Bundesliga pour remporter le titre
de meilleur joueur du championnat.
ITALIE
La Juve comme
un rouleau-compresseur
La Vieille Dame a tout écrasé sur son passage en
championnat, glanant un troisième titre consécutif.
De record en record, où s'arrêtera-t-elle ?
Par Camille Ledun
D
LE TOP Ciro Immobile
À la peine depuis son arrivée en professionnel en 2009, l'attaquant du Torino s'est littéralement révélé et a dominé le classement des buteurs, cette saison, avec 22 buts. Il a largement
contribué à la septième
place de son club. À 24
ans, il devance Luca Toni,
Carlos Tevez ou Di Natale.
Excusez du peu. D'ailleurs,
Cesare Prandelli, le sélectionneur de la Squadra Azzurra, a fait appel à lui
dans sa liste des 30 italiens
pour le Brésil.
LE FLOP
AC Milan
LE CHIFFRE
10
Soit le nombre de victoires d'affilée en
championnat de l'AS
Rome en début de saison. Aucun club n'avait
jamais fait aussi fort de
l'autre côté des Alpes.
Et avec 85 points au
compteur, c'est aussi,
tout simplement ,un
autre record perso pour
les Romains. Une belle
perf' pour Rudi Garcia
et ses hommes.
Treize défaites et une huitième
place : l'AC Milan nous avait habitués à beaucoup mieux. Pour
la première fois depuis la saison
1998-1999, les Rossoneri seront
privés de Coupe d'Europe. Le
changement d’entraîneur en
janvier, avec l'arrivée de Seedorf, n'a pas permis d'améliorer
la situation. Tout cela a l'air de
laisser Balotelli très dubitatif.
Super Pippo Inzaghi en sauveteur, dans le rôle coach, pour
l'année prochaine ? À voir.
epuis trois ans, la Juventus vit sur une autre planète en Série A.
Et cette saison encore plus que les précédentes. Sur les deux
derniers tiers du championnat, la Vieille Dame a quasiment toujours
fait la course en tête, ne laissant que peu de suspense. À l'arrivée,
elle termine avec 17 points d'avance sur son dauphin. Et, en prime,
présente la défense la plus efficace des cinq clubs sacrés dans les
plus grands championnats européens avec 0,6 but encaissé par
match. Petite déception de la saison en Ligue des champions avec
une sortie prématurée puis en Ligue Europa avec une élimination en
demi-finale face au Benfica, alors que la finale se jouait à domicile.
Mais qu'importe, la Juve a réalisé une saison complète, remportant
ses 19 matches à domicile. Mieux encore avec ces 102 points au
compteur, une première en Italie au-dessus de la barre magique des
100. Incroyable Vieille Dame. Félicitations du jury également pour l'AS
Rome et son coach frenchy Rudy Garcia. Deuxième, la Louve retrouve
la C1 qu'elle avait quittée en 2010. Les deux de tête seront accompagnés par Naples, troisième, qui arrache aussi la Coupe d'Italie aux
mains de la Fiorentina après un match tendu – c'est peu de le dire –
en tribunes. Derrière, l'Inter Milan reprend un peu de couleurs. Enfin.
Le club valide son billet pour la C3 avec la Fiorentina et Torino, aux
portes de la relégation l'an passé et qui retrouve l’Europe en 2014,
après que Parme, sixième, se soit vu refuser sa licence UEFA. Tout
en bas, Sassuolo tout fraîchement promu sauve sa tête in extremis
et envoie Catane, Bologne et Livourne, un autre promu, en Série B la
saison prochaine.
CLASSEMENT FINAL
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
Juventus Turin
AS Rome
Naples
Fiorentina
Inter Milan
Parme
To r i n o
AC Milan
Lazio Rome
H e l l a s Ve ro n e
Atalanta
Sampdoria Gênes
Udinese
Genoa
Cagliari
Chievo Vérone
Sassuolo
Catane
Bologne
Livourne
102
85
78
65
60
58
57
57
56
54
50
45
44
44
39
36
34
32
29
25
+57
+47
+38
+21
+23
+12
+10
+8
0
-6
-8
-14
-11
-9
-19
-20
-29
-32
-30
-38
•Le champion : Juventus Turin
•Qualifiés pour la C1 : Juventus Turin, AS Rome, Naples (tour préliminaire)
•Qualifiés pour la Ligue Europa : Fiorentina, Inter Milan, Torino
•Relégués en Série B : Catane, Bologne, Livourne
•Promus en Série A : Palerme, Empoli + 1 équipe (non connue au moment
de notre bouclage)
67
Interview
AYMERIC
LAPORTE :
« L'ÉQUIPE DE FRANCE, C'EST UN OBJECTIF
QUE JE DOIS ME FIXER »
Connaissez-vous le meilleur défenseur central de Liga ? Pepe ? Sergio
Ramos ? Piqué ? Trois fois perdu, voici Aymeric Laporte, le “Frances” de
l'Athletic Bilbao, lancé par Marcelo Bielsa il y a dix-huit mois et véritable
révélation de la saison en Espagne. Interview : Mathieu Delattre
68
Élu dans l'équipe-type de la Liga lors de la
phase aller, Aymeric n'était pas rassasié.
Il fait donc partie de l'équipe-type de la
saison en Liga. Seul représentant français
au milieu des Cristiano Ronaldo, Gabi ou
Koke. Pour vous donner une idée, les remplaçants se nomment, entre autres, Messi,
Modric ou Pepe. Ce qui donne une idée de
la saison que vient de réussir le défenseur
central des Espoirs. Ah oui, il faut préciser : il vient de fêter ses 20 ans (le 27 mai)
et affiche déjà ses cinquante matches en
Liga. Une progression fulgurante qui n'a
pas l'air de l'émouvoir plus que ça, à
l'écouter, posé et plein de recul sur sa situation. Toujours dans la retenue, il parle
un peu comme il joue : propre et technique
à la fois. Décidément, après Sakho, Varane
et Mangala, le football français n'est pas
pauvre de promesses en défense centrale.
Et c'est une bonne nouvelle.
Planète Foot : Comment t'es-tu retrouvé à
l'Athletic Bilbao ?
Aymeric Laporte : Tout est parti d'un match
amical entre la sélection d'Aquitaine (il est
natif d'Agen, dans le Lot-et-Garonne) et la sélection d'Euskaldi (le Pays Basque espagnol).
C'est là que les dirigeants de l'Athletic m'ont
repéré. À 15 ans, je me suis retrouvé là-bas.
“
chaudes cathédrales d'Europe, à 18 ans ?
On ne doit pas penser à ça, au contraire. Je
me suis toujours dit qu'il fallait prendre les
choses comme elles viennent. Avec tranquillité. Il faut penser à ce que tu fais et ce
que tu as l'occasion de faire, car c'était un
rêve de gosse à la base.
Justement, c'est un rêve qui est devenu
réalité très vite…
(Il coupe) Oui mais, c'est le début. Je veux
tout jouer à 100% pour ne surtout pas laisser passer les occasions. Si j'ai intégré le
groupe à ce moment-là, c'est parce que
j'étais plutôt bon à l'entraînement. Et si j'ai
débuté en Liga, dans la foulée, c'est que j'ai
réussi deux bons matches en Ligue Europa.
Je n'ai plus lâché l'équipe après.
Et, un an plus tard, tu es considéré comme
le meilleur défenseur central d'Espagne.
Dans l'équipe-type des matches aller en
décembre, dans l'équipe-type de la saison
en mai. Alors ?
C'est beau de vivre ça. Il s'agit d'un truc
spécial, surtout quand je me dis que j'ai 19
ans (il vient de fêter ses 20 ans le 27 mai).
Je me retrouve dans le meilleur championnat du monde, là où se trouvent les meilleurs joueurs du monde. Oui, ça fait
quelque chose.
mime avec ses mains) Il y a un plot là, l'autre doit être là. S'il manque cinq centimètres, ça ne va pas, il le remet exactement là
où il doit se trouver. Bielsa, c'est ça.
Chaque détail compte. Il est toujours en
train de mesurer, de compter, de recompter. Il regarde tous les matches. Pour moi,
c'est l'homme qui connaît le mieux le football au monde.
Quel genre de joueur es-tu ?
C'est difficile de se définir soi-même. Je
suis assez technique pour un défenseur.
Assez rapide aussi.
Tu as tout, quoi ?
(Il sourit) C'est pour cela que je n'osais pas
trop ! Moi, c'est sur le terrain que je veux me
définir. Les mots, ça ne veut rien dire.
Quel type d'attaquant redoutes-tu le plus ?
Bah non, je n'ai pas de préférence. De toute
façon, ça va toujours très vite devant en Espagne. Pour moi, enfin pour nous en défense, on se dit toujours que le seul objectif,
c'est qu'ils (les adversaires) ne marquent
pas. Mais je ne me dis pas : « Tiens, lui est
plus costaud ou lui est plus rapide. »
JE VEUX TOUT JOUER À 100%
POUR NE SURTOUT PAS LAISSER
PASSER LES OCCASIONS.
Cela n'a pas été trop dur ? Entre séparation et dépaysement, le soleil d'Agen et la
pluie basque ?
(Il sourit) Non parce qu'au départ, je n'étais
pas tout seul. On s'est retrouvé à cinq Français, dont un qui parlait pas mal espagnol.
Donc, on était toujours ensemble et, en
plus, on s'entendait bien. Et puis, chaque
année, il y en a un qui partait. Depuis cette
saison, je me retrouve tout seul.
Et à 18 ans et demi, tu te retrouvais déjà
en Liga...
En fait, j'ai commencé par la Ligue Europa.
J'ai fait deux matches - contre l'Hapoël
Shmona (0-2) le 28 novembre en Israël et le
Sparta Prague (0-0) le 6 décembre 2012 à
San Mames – et, dans la foulée, j'ai intégré
le groupe. J'ai débuté en Liga le 9 décembre, je suis rentré une minute contre le
Celta Vigo, mais c'est une minute dont je
me souviens.
Comment réagit-on quand on découvre
la première division espagnole, a fortiori à San Mames, l'une des plus
”
Comment ça se passe quand tu te retrouves dans le tunnel, avant l'entrée sur
le terrain, et qu'en face il y a Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi ?
Pareil, il ne faut pas se mettre à cogiter. La
priorité, c'est de se concentrer sur son propre jeu. Il faut tout donner et songer à gagner le duel qui va arriver.
Pourquoi, selon toi, la Liga est-elle le meilleur championnat du monde ?
Je dis cela au niveau du jeu. Pour moi,
techniquement, c'est au-dessus. Je ne
connais pas ailleurs mais, sur ce que je vois
des autres championnats, je trouve qu'en
Espagne, ça joue toujours en une ou deux
touches de balle. La circulation du ballon
va plus vite.
C'est Marcelo Bielsa qui t'a lancé dans
le grand bain fin 2012. Alors, Bielsa,
c'est comment ?
C'est un coach assez sévère à l'entraînement.
(Il se reprend) Enfin, sévère, si tu comprends
sa manière de fonctionner, c'est super. Surtout, c'est un grand perfectionniste. (Il
PROFIL
Aymeric Laporte
■ Défenseur central
■ Né le 27 mai 1994 à Agen
■ 1,89 m – 85 kg
■ CLUB :
Athletic Bilbao (Esp.)
50 matches de Liga (2 buts)
3 matches de Coupe du Roi
2 matches de Ligue Europa
■ International Espoirs
69
Ton futur s'écrit-il toujours à Bilbao ? On
sait que le Barça en pince pour toi, par
exemple ?
Ça, je ne sais pas, mais, ce dont je suis sûr,
c'est que je suis bien à l'Athletic pour le moment. Je suis sous contrat jusqu'en 2018,
j'ai le temps de voir venir. J'aime jouer à San
Mames. En début de saison prochaine, les
travaux de rénovation seront terminés.
C'est une grosse caisse de résonance.
La vie est belle à Bilbao ?
Oui je m'y sens bien. Tout le monde te reconnaît dans la rue. La ville est assez petite. Mais ce n'est pas un problème pour
moi, je me dis que ça fait partie du métier.
Je m'y fais.
Surtout que tu n'es, au final, pas si loin de
chez toi ?
Ah mais je ne retourne jamais en France.
“
Oui, bien sûr ! Je vis en Espagne, mais je
suis français depuis tout petit, j'ai tout fait,
tout vécu à Agen.
Comment naît-on à Agen sans jouer au
rugby ?
Ah, j'y ai songé un jour. Mais c'en est resté
là. Je suis au foot depuis que j'ai cinq ans et
demi. C'est venu naturellement. Sinon, je
suis allé voir plusieurs fois Agen quand ils
étaient encore en Top 14, mais c'est tout.
Au-delà de la Coupe du monde, par rapport à la saison prochaine, par exemple,
l'équipe de France est-elle un objectif ?
Oui, c'est un objectif que je devrais me
fixer. Pour l'instant, je ne me le suis pas
encore mis en tête, mais je dois le faire,
c'est vrai. J'ai une progression rapide.
Nous avons fini quatrièmes de Liga, ce
n'était plus arrivé à l'Athletic depuis seize
MARCELO BIELSA, C'EST
L'HOMME QUI CONNAÎT LE MIEUX
LE FOOTBALL AU MONDE. ”
Seulement pour les grandes vacances et
pour l'équipe de France. Je ne parle pas le
basque, mais quasiment qu'en espagnol. Je
ne parle français qu'au téléphone avec mes
proches. Du coup, je le perds, j'ai oublié pas
mal de mots.
ans. Il faut continuer sur cette lancée.
Pensais-tu sérieusement faire partie de la
liste des 30 de Didier Deschamps et, si oui,
es-tu déçu de ne pas en être ?
Honnêtement, oui, j'y ai songé. Après la saison que l'on a faite, tant au niveau collectif
qu'individuel, j'avais le droit d'y croire. Mais
ce sont les choix du coach et ils ne se discutent pas.
Ils vont faire quoi, les Bleus, au Brésil ?
Ah, je ne suis pas un bon pronostiqueur. En
revanche, je ne pense pas que l'Espagne
aille au bout, cette fois-ci. On verra bien
mais, cette année, je ne les vois pas.
C'est le tour des Bleus, alors ?
Et pourquoi pas ? On espère.
L' ÉQUIPE-TYPE DE
LA LIGA 2013/2014
COURTOIS
JUANFRAN
GODIN
LAPORTE
ITURRASPE
FILIPE LUIS
GABI
RAKITIC
KOKE
DIEGO COSTA
CRISTIANO RONALDO
Quels sont, alors, tes futurs objectifs ?
Je n'ai pas l'habitude de m'en fixer. Je veux
juste jouer les matches à fond, les uns
après les autres.
Les remplaçants : Lionel Messi, Alexis Sanchez,
Luka Modric, Pepe, Rafinho, Keylor Navas.
Les Espoirs, c'est bien aussi, à 20 ans ?
J'espère, comme tout le monde, que ce
n'est qu'un passage. Quand tu es en Espoirs, tu veux intégrer les A. C'est logiquement l'étape d'après.
Il y avait carence en défense centrale en
France et voilà que, maintenant, il y a
embouteillage.
Oui, on dirait qu'on cherchait beaucoup et,
là, il semblerait que l'on ait trouvé. On est
nombreux, c'est vrai. Il y a de jeunes joueurs
en équipe de France A à ce poste-là et,
nous, en Espoirs, nous sommes quatre
aussi (avec Lindsay Rose, Samuel Umtiti et
Kurt Zouma), on est tous en train de faire de
bonnes saisons.
Quand on joue à Bilbao, on sait ce que l'attachement au maillot veut dire. Te sens-tu
attaché au maillot bleu ?
70
Adrian Lopez (à droite) de l'Atlético Madrid (le champion) a beau y mettre toute sa grinta,
c'est Aymeric qui a le ballon. Ce qui a été à peu près toujours le cas cette saison en Liga.
New star
MARCO
REUS
LES DIAMANTS
SONT ÉTERNELS
Au sein d’une Mannschaft, handicapée par
les blessures, le subtil joueur du Borussia
Dortmund doit s’imposer comme un élément
majeur du team de Joachim Löw. “Rolls-Reus”
a les épaules assez larges pour tenir le rôle titre
qu’on lui promet.
Par Roger Lewis
72
73
■ Le 27 juillet 2013, Supercoupe d'Allemagne, Borussia Dortmund-Bayern Munich. Aucun
Bavarois ne peut arrêter Marco. ¨Pas plus Van Buyten que Lahm, ni même le gardien Tom
Starke. Auteur d'un doublé, il a largement participé à la victoire des siens (4-2) et ouvert
son palmarès en club.
classes, l’équipe que j’avais toujours
supportée, mais cela paraissait très difficile pour moi. Je pense, alors, avoir effectué le meilleur choix. »
Ce sera, d’abord, un passage, à moins de
100 bornes de chez lui, au Rot Weiss
Ahlen, où le gamin finit son apprentissage. En Juniors, pour commencer,
avant de prendre place, tranquillement,
dans l’équipe première de 3e division.
Puis, la saison suivante, avec la montée
dence de son coach d’alors : « Marco,
c’était un garçon que tu n’entendais pas
en dehors du terrain. Du genre, très discret. Mais, alors, sur la pelouse, il te
montrait qui il était ! » L’intéressé
confirme : « J’ai la chance de pratiquer
le plus beau métier du monde. Peut-être
que certains autres ne s’en rendent pas
compte et se laissent influencer par des
tiers. Ce n’est pas mon style. J’ai horreur
du “bling-bling”, du “m’as-tu vu” et de
“
AVEC LUI, NOTRE STYLE VA
ÉVOLUER. IL NOUS OFFRE
L’OPPORTUNITÉ DE VARIER
DAVANTAGE NOTRE JEU.
JÜRGEN KLOPP À L’ARRIVÉE
DE REUS À DORTMUND,
du club en Bundesliga 2, le tout jeune
Marco s’impose comme le rayon de soleil
d’un ensemble qu’il transcende. Dans la
foulée, le staff de Mönchengladbach, qui
a la réputation d’être un formidable dénicheur de talents, ne va pas manquer
l’occasion d’engager le prodige pas forcément annoncé. Le môme réussit rapidement à s’imposer sous les fameuses
couleurs vertes et blanches, suivant le
scénario d’un drôle de feuilleton. Marco,
dans un premier temps, sort son club de
l’enfer, avec un but salvateur, dans un
insoutenable barrage, lors de sa première saison à M’Gladbach. Puis, il devient, sous l’épaule confortable de son
mentor, Lucien Favre, un joueur essentiel. Avec un premier titre de meilleur
joueur de Bundesliga en 2012. Confi-
”
toutes ces choses. » Rien, pas de scandale, ni de sortie de route avec lui. En revanche, quand le Borussia, le club de sa
jeunesse, et le Bayern se sont manifestés pour le ramener dans leurs filets, à
l’été 2012, celui qui a été rebaptisé
“Rolls-Reus” pour ses perfs sur le terrain, n’a pas hésité. Plutôt que la puissance bavaroise, il a fait le choix du cœur.
Rentré maison. Parce que c’était son
désir le plus profond et qu’il ne voulait
que ça. À son arrivée, le coach, Jürgen
Klopp, annonce alors : « Avec Marco,
notre style va un peu évoluer. Il nous
offre l’opportunité de varier davantage
notre jeu. »
Il va, au cours de cette première saison
pro, sous le fameux jaune, établir une incroyable complicité, sur le terrain, avec
Mario Götze, au point que la paire y
gagne un nouveau surnom : “Götzeus”.
Avec 14 buts et 10 passes décisives pour
sa pomme. Avant donc, de largement
améliorer ce total, cette année, malgré
le départ de Super Mario.
Du coup, évidemment, son nom a été annoncé, pour cet été, dans les plus
grands clubs du monde. Plutôt que
Chelsea, le Real ou Paris, certains le
voyaient s’engager à Barcelone, à cause
de l’arrivée en Catalogne de Marc-André
Ter Stegen, qu’il a connu et apprécié à
Mönchengladbach. D’autres, comme
Götze l’imaginaient rejoindre « Manchester United, un club qui l’a toujours
fait rêver ». Lui, s’il a refusé de prolonger son contrat qui court jusqu’en 2017,
avec une clause de départ à 35 millions,
à partir de 2015, vient de mettre les
choses au clair. « Je peux vous dire, a-til déclaré, que je jouerai au Borussia
Dortmund la saison prochaine. Je ne
crois pas avoir besoin de répéter à quel
point je me sens bien ici. Après avoir
évolué dans ce club dans les catégories
de jeunes, j’ai dû effectuer un pas en arrière, via Ahlen puis Mönchengladbach,
avant d’en faire deux en avant pour le retrouver. Je n’ai aucune intention de le
quitter, maintenant. »
Celui qui avait fait des apparitions épisodiques à l’Euro 2012 a aussi un rendez-vous qui lui tient à cœur du côté du
Brésil. « Oui, je rêve de disputer ce tournoi, parce que c’est le plus grand qu’on
puisse imaginer », conclut-il. Et “RollsReus” va, cette fois, y débarquer dans un
costume taille patron.
FAN DE…
■ Marco Reus a un modèle en tant que
footballeur, il s’agit de Thomas Rosicky,
qui a passé cinq saisons à Dortmund.
« De tout temps, j’ai essayé de tout
copier de lui. C’était mon idole.
J’admirais son incroyable coup d’œil,
cette facilité et cette rapidité à trouver
ses partenaires. Je l’ai toujours
considéré comme un phénomène. »
Sinon, dans les autres sports, le
bonhomme apprécie particulièrement le
basketteur NBA des Mavericks Dallas,
Dirk Nowitzki. « Pas seulement pour le
sportif qu’il est, mais, aussi pour la
personnalité qu’il dégage. Il s’agit d’un
immense professionnel à mes yeux. Qui
ne lâche jamais rien et se prépare,
comme un fou, chaque saison, malgré la
carrière qu’il a déjà réalisée. » Ses goûts
musicaux, prêtent davantage à discussion.
Même s‘il essaie de se défendre. Alors,
Marco, il paraît que tu es un grand fan
de Justin Bieber, l’idole des jeunes
filles ? « Okay, okay, avoue-t-il, je
l’écoute. Mais pas, seulement, lui. Dans
la voiture ou à la maison, je mets
beaucoup de musique. Et, pas que du
Justin Bieber ! » Qu’on se le dise !
75
Futur crack
ADNAN JANUZAJ
QUELQUE CHOSE EN LUI
DE CRISTIANO
La nouvelle pépite des Diables Rouges de Manchester United et de
Belgique rêve de marcher sur les traces de la superstar portugaise
dont il s'inspire constamment. En attendant, c'est au Brésil et en
Coupe du monde qu'il nous donne rendez-vous. Par Roger Lewis
76
A
u cours de cette première année
post-Ferguson qui aura ressemblé
à une purge abominable, un long
tunnel sans fin pour Manchester United,
privé, pour la première fois depuis plus de
vingt ans, de Coupe d'Europe, la seule lumière au bout de la nuit est venue d'un
gamin tout juste majeur avec trois poils au
menton, Adnan Januzaj, qui aura été
comme un peu de soleil dans l'eau froide
pour une formation partie à la dérive après
la retraite de son mentor. Il restera comme
la seule bonne note laissée par David
Moyes durant son court passage chez les
Red Devils. Il faut dire que le môme a tout
Depuis, donc, Adnan a poursuivi son apprentissage en accéléré. L'avenir, clairement, lui appartient. Mais à quel poste ? En
ailier où sa vitesse, sa qualité de percussion
et la précision de ses centres peuvent causer
des ravages ? Ou alors en 10 où, là, ce sont
sa vision du jeu et sa qualité de frappe – du
gauche, son pied fort, mais il n'est pas, non
plus, maladroit du droit – qui sont susceptibles de créer des différences. « Tout me va,
répond-t-il, pas contrariant. Je peux aussi
évoluer en 8 et j'ai même disputé des
matches à la pointe de l'attaque, quand je
jouais avec la réserve. » En fait, le jeune Januzaj a un objectif bien ancré en tête, à tra-
ADNAN EST NÉ LE 5 FÉVRIER 1995, CR7
LE 5 FÉVRIER 1985. ET LE PARALLÈLE ENTRE
L'ÉLÈVE ET SON MODÈLE NE S'ARRÊTE PAS LÀ…
de suite mis les choses au point. Après
quelques apparitions, surgi du banc, il
signe, début octobre dernier, pour sa première titularisation en championnat, un
doublé magistral qui permet à United de
ramener un succès (2-1) de Sunderland.
Huit jours plus tard, le Belge d'origine albanaise signe un contrat jusqu'en 2018,
pour un salaire estimé à 70 000 euros par
semaine. Il a alors 18 ans et demi et, déjà,
il épate son monde, jusqu'à ses partenaires
les plus chevronnés. Comme Wayne Rooney qui en a plein la bouche. « Beaucoup de
jeunes se montrent un peu timides et plutôt
discrets pour leurs premiers matches en
pro, pas lui. Il semble à l'aise et conscient
de ses qualités. » Il paraît qu'il a toujours
été comme ça.
À Anderlecht où il est arrivé haut comme
quelques pommes, en provenance du FC
Brussels, le kid a laissé un souvenir indélébile dans la mémoire de Jean Kindermans, le directeur du centre de formation.
« C'était un petit bonhomme tout frêle avec
de fines jambes, se rappelle-t-il. Cela se
remarquait d'autant plus qu'il jouait toujours une catégorie au-dessus de son âge.
Il avait déjà un pied gauche phénoménal,
une manière de contrôler et de protéger
son ballon assez incroyable. Et que dire de
sa vista et de sa capacité de réflexion ? Il
était très mature sur le terrain, une sorte
de leader technique. En dehors, en revanche, il s'agissait encore d'un enfant. »
Qui a vite appris, tout assimilé à la vitesse
supersonique. Au point d'attirer l'œil des
plus grands puisque le Barça et Man. United ferraillent pour l'engager, alors qu'il
n'a que seize ans. Les Red Devils, en mettant notamment dans la balance un job
pour son père et sa mère plus une maison à leur disposition, vont emporter la
mise. C'est d'ailleurs, preuve de l'estime
portée au très jeune espoir, Sir Alex en
personne qui accueillera la petite famille
à son arrivée en Angleterre.
vers un modèle. « Il s'agit de Cristiano
Ronaldo, un très grand joueur. J'ai toujours
essayé de voir le maximum de ses matches
en tâchant de reproduire les mêmes choses
que lui. Sur le terrain, bien sûr, mais également dans la préparation. Par exemple,
quand il est arrivé ici, Cristiano n'était pas impressionnant physiquement mais il a beaucoup travaillé, la muscu, tout ça, pour devenir
plus fort. Je fais pareil, aujourd'hui. Oui je
m'en inspire en espérant, un jour, être le nouveau Cristiano Ronaldo des Red Devils. » Vrai
qu'il existe des parallèles assez saisissants
entre les deux hommes. Ils ont pile-poil, au
jour près, dix ans d'écart. Le Portugais est né
le 5 février 1985, son cadet le 5 février 1995.
Ils ont aussi rejoint le groupe pro mancunien
à dix ans d'intervalle (été 2003 et été 2013). Et,
pour cette première saison, ils présentent des
statistiques quasi similaires : le même temps
de jeu à quelques minutes près, quatre buts
chacun, quatre passes décisives contre trois
en faveur de Ronaldo. L'un était impliqué, à
l'époque, dans 31 occasions de but, quand
l'autre a atteint le total de 30, cette saison.
Troublant, non ?
PROFIL
Adnan Januzaj
■ Né le 5 février 1995 à Bruxelles (Belgique)
■ 1,80 m – 75 kg ■ ATTAQUANT
■ ROADBOOK : MANCHESTER UNITED
(ANG., FORMÉ AU CLUB)
■ INTERNATIONAL A (BELGIQUE)
Adnan n'est d'ailleurs pas le seul à croire en
lui. La Gazzetta dello Sport, le grand quotidien sportif italien, vient de le désigner meilleur joueur du monde de moins de 20 ans
parmi un panel de 50 joueurs. Marc Wilmots, le sélectionneur belge, croit aussi très
fort en lui, puisqu'il a fini par convaincre,
celui qui aurait pu porter les couleurs de
l'Albanie grâce à son père, de la Croatie
grâce à sa mère, du Kosovo grâce aux deux
et de la Turquie via ses grands-parents, ouf,
c'est terminé (!), de rejoindre la sélection de
son pays de naissance. « Il marque du droit,
du gauche, il va droit au but, se réjouit Wilmots. Il est rapide. Sa présence va amener
encore plus de concurrence au sein du
groupe. » Première grande échéance sous
son nouveau paletot : la Coupe du monde au
Brésil. Décidément, ce garçon fait les
choses plus vite que tout le monde. Enfin,
presque… Il y a tout juste dix ans, un gamin
de 19 ans également, se révélait aux yeux
de la planète à l'occasion de l'Euro 2004,
sa première grande compétition internationale avec sa sélection. Il s'appelait
Cristiano Ronaldo…
■ 5 octobre 2013, Sunderland-Manchester United. Pour son premier match comme titulaire
en championnat, Adnan explose les compteurs. Il réalise un doublé – rien que ça – qui
permet aux Red Devils de s'imposer 2-1.
77
Zoom club
BENVENUTI
À ROMA !
Voyage en ballon au cœur de l'une des plus belles
villes du monde, qui abrite le plus violent des derbys
et, accessoirement, l'AS Rome, un géant parmi les
géants, perché là-haut, entre tradition et avenir.
Par Mathieu Delattre
78
• Le poids de l'histoire
Trois Scudetti
« Ce n'est pas une louve,
c'est une chienne bâtarde ! »
Vittorio, supporter romain de la Lazio
C'est une capitale à plusieurs états. C'est
l'Italie et le Vatican réunis. C'est la fontaine
de Trévi, le Colisée et tant de pierres suspendues à chaque coin de rue, c'est un peu
plus qu'un mur de notre histoire. Mais
Rome, c'est aussi le foot. Et là, c'est une
autre religion. La ville scindée en deux. D'un
côté, le cœur laziale, le plus vieux, le premier, parce que fondé en 1900. Et puis, il y
a la Roma. Le club de la Louve. 1927 pour
acte de naissance, ce qui laisse aux Laziales
le privilège de l'âge, ce qu'ils ne manquent
jamais de rappeler. Comme Vittorio, adepte
de la trattoria et amoureux de la Lazio. « Ce
n'est pas une louve, c'est une chienne bâtarde. Elle est née en 1927, mais même
• Le poids d'une ville
Le derby des derbys
« Totti vafenc... ; Lazio de m... »
C'est un peu comme tous les derbys, il faut
poser ses fesses en terrasse ou arpenter
les avenues qui convergent vers le stade le
jour J, mais quand même. Le derby, l'un
des plus chauds de la planète foot, est sans
doute aussi le plus violent. Un jour de derby
romain n'est pas le plus favorable au développement du tourisme local. Si le match
est à 15 heures (le plus souvent), il est
conseillé d'arriver au stade avant midi.
leurs supporters ne savent pas trop dire
dans quelles circonstances. » Voilà pour
vous donner le ton. À Rome, on ne se mélange pas. La Roma, c'est à la vie, à la mort.
Là, on comprend mieux pourquoi le rouge
vire au grenat.
La Roma n'arrive pas à concurrencer les
trois monstres du Nord (AC Milan, Inter
Milan, Juventus Turin) au niveau du palmarès, mais s'affiche fièrement tout de même.
Une fois sacrée au niveau européen (vainqueur de la Coupe UEFA en 1961), le club
entrepose également 2 Supercoupes d'Italie
(2001 et 2007) et 9 Coupes d'Italie (1964,
1969, 1980, 1981, 1984, 1986, 1991, 2007 et
2008) autour de ses 3 Scudetti, ses “trophées de guerre” (1942, 1983, 2001). Celui
de 1983, c'est Pezzey, Junior, Ancelotti et
Conti face à Platini, ça vous parle ? Le dernier, remporté sous la houlette de Fabio Capello, vous cause peut-être un peu plus :
c'était avec Vincent Candela, Gabriel Batistuta et Totti, évidemment, déjà.
Dans les bus, pas besoin d'avoir fait latin
troisième langue en seconde pour comprendre quand les « Totti vafenc... répondent aux Lazio de merda ! » C'est violent,
c'est plein de haine et puis, d'un coup, l'auréole. L'Olimpico lézarde le ciel au bout de
l'avenue. L'Olimpico, c'est le Colisée d'aujourd'hui. L'arène des temps modernes.
Une ogive monumentale, du béton armé
qui sent la pisse, enfin qui renifle l'histoire, quoi. Le derby romain ne sent peutêtre pas toujours bon, mais il faut voir les
supporters, hystériques, vomir leur haine
de l'autre, en même temps que l'amour de
leur club.
79
• Le poids
de Francesco Totti
L'autre pape de Rome
« Un seul maillot, celui
que j'ai toujours aimé. »
Francesco Totti
Être un Giallorosso, c'est être un amoureux de
Totti. À 37 ans, Francesco le capitano affiche
235 buts en 559 matches de championnat,
mais aussi 16 en 50 rencontres de Ligue des
champions. Symbole du club, sa carrière à
Rome pèse, toutes compétitions confondues,
658 matches et 273 buts. Ça vous classe un
bonhomme, même quand il est hors normes.
Totti à Rome, c'est plus de vingt années de
(très) bons et (très) loyaux services. Une star
planétaire qui a construit son histoire, en refusant chaque fois les propositions les plus at-
• Le poids de Rudi Garcia
La saison de rêve
De Sergent Garcia
à Mister Rudi
Quand il est arrivé, l'été dernier, en provenance de Lille, la presse et les suiveurs romains l'ont très vite catalogué. Inconnu en
Italie, où le culte du Mister rital, le grand
maître tactique, est au moins aussi prononcé que l'ignorance de ce qui se fait ailleurs, Rudi Garcia s'est très vite retrouvé
avec un surnom : “Le Sergent”. Pas très
gentil pour sa ligne, l'ancien coach de Lille
n'affiche pas vraiment le même embonpoint que le moustachu de Zorro, mais très
éphémère au final. Car la Roma de Garcia,
vice-championne derrière l'intouchable
Juve (102 points, nouveau record), a démarré la saison à fond de cale. Dix victoires lors des dix premières journées, il
faut dire que le nouveau coach n'a pas fait
les choses à moitié pour se mettre Rome
trayantes, dans la même maison. En septembre dernier, quelques semaines après que
Rudi Garcia eut pris ses marques (en se rapprochant très vite de Francesco), le club annonçait comme un transfert la prolongation
jusqu'en 2016 de son symbole. Pas mal pour
un joueur de 36 ans (37 aujourd'hui). « J'ai toujours désiré endosser un seul maillot, celui
que j'ai toujours
supporté et que
j'ai
toujours
aimé. Je l'honorerai jusqu'à la
fin. » Il est
l'homme le plus
détesté des Laziales et, évidemment,
l'autre
pape des Giallorossi. À la vie, à la
Roma, Totti.
dans la poche. Nouveau record, jamais une
équipe n'avait réussi une telle perf' en Italie. « C'est une série fantastique, mais
nous n'avons pas le temps d'en profiter,
chaque minute est importante pour nous »,
réagissait-t-il alors. Au final, il a accroché
la deuxième place, une qualification directe pour la prochaine Ligue des champions et le record de points pour l'AS
Roma. « Si on m'avait dit ça lorsque j'ai
signé, je ne l'aurais pas cru. On a vraiment
réussi une saison exceptionnelle. » Et Rudi
(ici en photo au centre d'entraînement de
Trigoria, au sud-ouest de la capitale), aujourd'hui, ne peut plus sortir en ville sans
s'arrêter, tous les cinq mètres, pour signer un autographe ou se faire tirer le portrait avec un supporter. Preuve de sa
nouvelle aura, il a même eu droit à une visite privée du Colisée, la direction de l'établissement ayant fermé le site pour ses
beaux yeux. Le petit détail qui vous classe
un bonhomme à Rome.
STADIO DELLA ROMA
LE FUTUR COLISÉE
Personne d'autre que Francesco Totti ne pouvait lancer le
projet. Ainsi, sur le site du club, l'emblématique capitano a
déclaré : « L'AS Rome en a assez de la colocation. Les
supporters de la Roma méritent leur propre stade. » C'est
donc le projet le plus fou, le plus cher, le plus dingue, le plus
romain quoi, qui a débuté. Un stade, sorte de nouveau Colisée
des temps modernes, avec la création d'un véritable Roma
Village, en all inclusive : restaurants, magasins, bars et Hall
of Fame de l'équipe. En sus, le prolongement de l'autoroute et
la rénovation des voies ferrées pour y accéder. Rien que ça. Un coût ? Un milliard d'euros ! Paraît que le Stadio della
Roma le vaut bien. Enfin, non, le stade seul coûterait un peu plus de 300 millions. 52 000 places, avec, à l'intérieur, une
salle de 13 000 places pouvant accueillir des concerts. Emménagement prévu pour le début de saison 2016-2017. Et
normalement, avec Totti !
80
L' AS ROME VERSION RUDI GARCIA
Comment joue l'AS Rome de Garcia ? Le coach français a mis en place son 4-3-3
fétiche, exactement le calque de ce qu'il faisait à Lille. Devant Morgan De Sanctis,
titulaire et brillant pour sa première saison (il est arrivé de Naples l'été dernier,
poussé dehors par l'arrivée de Pepe Reina dans les basques de Rafael Benitez), la
charnière centrale peut être 100% brésilienne, avec Leandro Castan et Toloi, ou
pas, car Mehdi Benatia est un titulaire en puissance dans le onze du Français. Sur
les côtés, c'est Torosidis ou Maicon à droite, plutôt Romagnoli à gauche. Daniele
De Rossi est le Rio Mavuba de cette Roma-là. Un tantinet décroché et moins haut
qu'avant, mais toujours si juste et si efficace. Au milieu, il y a Strootmann
évidemment, mais le Néerlandais, qui s'est
boisé un genou en mars (grosse lésion, out
pour la Coupe du monde) a vite été remplacé,
soit par Nainggolan, soit par Pjanic. Devant,
Ljajic a fait pas mal de dégâts, tout comme
Gervinho (en photo) qui a retrouvé avec Rudi
Garcia les jambes lilloises qu'il avait égarées à
Arsenal. Destro est une révélation de la saison
aux avant-postes. Et Totti veille. Il joue un peu
moins, mais il joue toujours, donc... Au final,
c'est un bloc construit pour exploser en
contres avec une forte propension à jouer en
triangle (Ljajic-Torosidis-De Rossi, RomagnoliNaiggolan-Gervinho) et une très vive
projection vers l'avant. La patte de De Rossi
donne le tempo, l'explosivité de Destro ouvre
des brèches. On peut aussi citer Michel
Bastos, que Garcia a récupéré et qu’il pourrait
conserver. Mais Michel l'ancien Gone et Dogue
n'est pas un titulaire en puissance.
LE ONZE TYPE
DE LA SAISON
DE SANCTIS
MAICON
BENATIA
LEANDRO CASTAN ROMAGNOLI
DE ROSSI
PJANIC
LJAJIC
STROOTMAN
DESTRO
GERVINHO
■ Partie de cartes paisible au “Roma Club Testaccio”, le plus vieux club de tifosi de l'AS Rome, avec son président,
Sergio Rosi (en noir, de face).
81
Focus
SERGE
AURIER
LA TÊTE ET LES JAMBES
Le Toulousain est l'une des incontestables révélations de la saison au poste
d'arrière droit. À seulement 21 ans, le Franco-Ivoirien est en train de prendre
une nouvelle dimension. Et rêve d’aller encore plus haut… Par Camille Ledun
82
R
ien ne prédestinait Serge Aurier au
football, lui l’enfant d’Abidjan. Il a
d’ailleurs commencé sa carrière sur
le tard, à l’âge de quatorze ans à Villepinte,
en région parisienne, où il a débarqué tout
môme. Dans la foulée, il rejoint le RC Lens
avec son frère Christopher et les trophées
ne tardent pas à tomber… Il devient notamment champion de France des “- de 18 ans”
et hérite du brassard de capitaine de
l’équipe réserve. Les portes du football professionnel s’ouvrent alors avec la signature
d’un premier contrat pro à l'été 2009, alors
qu'il n'a pas dix-sept ans ! Même pas intimidé, il va faire quelques apparitions en
équipe première au cours de cette première
année professionnelle Mais, dès la saison
suivante, Serge change de statut et s’impose
joueur moderne modèle.
Aurier a conscience d'être, à un moment de
sa carrière, où il doit, après une saison bien
remplie, confirmer. « Je sens, confie-t-il,
que j'ai franchi un palier depuis que je suis
ici mais je sais aussi que j'ai encore une
grosse marge de progression. » Son ancien
coéquipier au Téfécé, Franck Tabanou, n’est
guère plus étonné par le niveau qu'il a atteint. « Il s'agit d'un compétiteur hors pair,
déclare-t-il, un vrai guerrier et, même à
l'entraînement, on préférait tous être dans
son équipe. » Un mental à toute épreuve
mais aussi un physique construit pour le niveau professionnel, voilà ce sur quoi il a travaillé, ces derniers mois, et qui lui a valu
d'être récompensé par le titre de meilleur
arrière droit de Ligue 1.
temps hésité entre la France et la Côted’Ivoire, Aurier a tranché, à la plus grande
joie du sélectionneur. « Dans le projet qui est
le mien, dans les choix qui sont les miens,
explique Lamouchi, Serge Aurier a toute ma
confiance et, à ce poste-là, je suis persuadé
qu’il fera non seulement de bons matches
avec l’équipe nationale, mais aussi qu'il sera
l’un des meilleurs latéraux de cette Coupe
du monde. » L’opportunité pour le (futur
ex ?) Toulousain de franchir encore un nouveau palier…
« JE SUIS PERSUADÉ QU'IL SERA
L’UN DES MEILLEURS LATÉRAUX
DE CETTE COUPE DU MONDE. » SABRI LAMOUCHI, SÉLECTIONNEUR DE LA CÔTE-D'IVOIRE
au profit de joueurs plus expérimentés
comme Marco Ramos.
Pendant le mercato de l’hiver 2012, alors
que Lens a été relégué en Ligue 2, quelques
mois plus tôt, il retrouve l'élite en signant au
Toulouse FC où il ne tarde pas à gagner sa
place et à devenir un élément indispensable
de l’équipe. Néanmoins, c’est véritablement
cette saison que le latéral droit a explosé.
Avec 38 matches joués, toutes compétitions
confondues (alors que Toulouse ne disputait
aucune Coupe d’Europe), Aurier est déjà, à
seulement 21 ans, un des jeunes talents les
plus prometteurs de Ligue 1.
Polyvalent, dur sur l’homme, jamais en retard dans ses placements et très actif sur le
plan offensif, il a définitivement convaincu
son coach, Alain Casanova, qui lui fait totalement confiance : « C'est un travailleur, qui
fait partie de ces joueurs bons à tous les
postes et qui serait bon dans tous les sports.
Il sait tout faire, il défend très bien, il a une
énorme puissance, au sol comme dans les
airs, il est capable de répéter les efforts et
de terminer les actions. » Portrait du
Même s’il n’est pas encore officiellement
question de transfert pour lui, forcément les
regards de certains grands clubs européens
se tournent vers la ville rose. Des premiers
contacts ont surtout été menés avec les
clubs anglais ces derniers temps et, notamment, Arsenal. Serge pourrait quitter la
France cet été, afin de poursuivre sa marche
en avant. Dans tous les cas, le club londonien, qui doit remplacer un Bacary Sagna en
fin de contrat et en partance pour Manchester City, en a fait sa priorité de recrutement
et l'intéressé n’y semble pas insensible :
« Arsenal, ça ne se refuse pas. C'est un club
qui a une histoire, qui a accueilli beaucoup
de francophones, qui a un entraîneur français. Et puis, c'est un club toujours à la recherche de titres et qui joue la Ligue des
champions. »
Mais la priorité du moment pour Serge,
c'est, bien sûr, la Coupe du Monde. Sa sélection dans le onze type de la Ligue 1 a
confirmé à Sabri Lamouchi, le coach de la
Côte-d'Ivoire, qu’il avait indiscutablement sa
place chez les Éléphants. Après avoir long-
PROFIL
■ Né le 24 décembre 1992
à Abidjan (Côte-d’Ivoire)
■ 1,74 m – 75 kg
■ Défenseur
■ Roadbook :
RC Lens (2009-Janvier 2012),
Toulouse FC (depuis janvier 2012)
■ International A (Côte-d'Ivoire)
1re sélection :
le 7/06/2013, Gambie-Côte-d'Ivoire 0-3
(éliminatoires de la Coupe du monde)
ET, EN PLUS,
IL MARQUE !
■ Serge Aurier ou
l'exemple parfait du
défenseur moderne
qui n'hésite pas à
monter. Ici, face au
Stéphanois Benoît
Trémoulinas.
■ Serge Aurier, on le sait, est un
latéral qui apprécie de se projeter
vers l'avant. Il aime filer dans son
couloir. Résultat, il a été l'auteur de
six passes décisives lors du dernier
championnat. C'est un sacré centreur
mais aussi un joueur particulièrement
efficace puisqu'il a également inscrit
six buts, ce qui en fait le latéral le
plus prolifique de Ligue 1 pour
cette saison 2013-2014.
83
Focus
BENJAMIN
STAMBOULI
LA JEUNESSE
PREND LE POUVOIR
Benjamin Stambouli, pur produit du centre de formation montpelliérain, fait
partie de ces jeunes qui ont explosé au plus haut niveau ces derniers mois.
Le polyvalent a su se rendre indispensable. Et cette ascension attire forcément
l’attention de certains grands clubs étrangers comme français. Par Camille Ledun
84
Top jeunes
PAUL POGBA
ET LES AUTRES
Champion d'Italie, pion déjà essentiel en équipe de France, Paul Pogba ne souffre pas la comparaison. À ses côtés, la palme du meilleur second
rôle revient à Aymeric Laporte, couronné star en Espagne, où les clients, pourtant, ne manquent pas. Chapeau l'artiste. Et, pour compléter le
podium, l'accessit revient à Layvin Kurzawa, le défenseur latéral-ailier-buteur, le Roberto Carlos de Monaco, la révélation de la saison sur le
Rocher. Un vrai parterre de starlettes pour boucler la saison. Top, encore, le Top Jeunes.
CLASSEMENT DU MOIS
PAUL
POGBA
AYMERIC
LAPORTE
LAYVIN
KURZAWA
20 pts
15 pts
13 pts
•MILIEU
•21 ANS
•JUVENTUS TURIN (ITALIE)
•36 MATCHES / 3068 MINUTES JOUÉES /
7 BUTS / 7 PASSES DÉCISIVES
•DÉFENSEUR
•20 ANS
•ATHLETIC BILBAO (ESPAGNE)
•35 MATCHES / 2946 MINUTES JOUÉES / 2 BUTS
•DÉFENSEUR
•21 ANS
•AS MONACO
•28 MATCHES / 2402 MINUTES JOUÉES /
5 BUTS / 3 PASSES DÉCISIVES
Champion d'Italie, il a rayonné une grosse partie de
la saison au cœur de l'impressionnante Juve. Moins
en verve sur la fin de saison, il avait sans doute la
Coupe du monde en tête. Le boss, c'est lui !
Le meilleur défenseur central de la Liga avec Diego
Godin. Ça vous classe un joueur. À 20 ans, ça vous
situe les promesses. Quel beau dauphin de Pogba !
Vite, la suite.
L’un des meilleurs buteurs des latéraux de France.
L’une des belles révélations du championnat.
Malheureusement blessé en fin de saison, mais pas
de souci, pour demain, il sera là !
STAGE, RÉUNION ET CHANGEMENT DE TÊTE
86
17
RAPHAËL
VARANE
FLORIAN
THAUVIN
12 pts
11 pts
LUCAS
DIGNE
10 pts
•21 ANS
•REAL MADRID (ESPAGNE)
•14 MATCHES /
1084 MINUTES JOUÉES
•ATTAQUANT
•21 ANS •MARSEILLE
•31 MATCHES / 2078 MINUTES
JOUÉES / 8 BUTS / 3 PASSES DÉCISIVES
•DÉFENSEUR
•20 ANS •PARIS SG
•15 MATCHES / 1335 MINUTES
JOUÉES / 1 PASSE DÉCISIVE
Son genou lui a pourri sa saison, espérons qu'il ne
lui pourrisse pas sa carrière. Il a moins joué que
ses concurrents, mais Raphaël truste le top 5 par
la qualité de ses performances. Au Real et en Bleu,
en plus.
OK, il a alterné le chaud et le froid. Au regard des stats, c'est
pourtant l'un des plus efficaces de sa génération. Et tout ça
dans le contexte marseillais, après tout le tintouin de son
arrivée et la mauvaise limonade collective de l'OM. Top 5,
d’accord, à la limite, même si on en espère beaucoup mieux.
Avec ses quinze apparitions à Paris, Digne a réussi à
accrocher le train bleu pour la Coupe du monde. Il
peut, au Brésil, s’emparer des clés du poste en
équipe de France. L'avenir lui appartient.
MORGAN
SANSON
9 pts
JORDAN
FERRI
SAMUEL
UMTITI
8 pts
7 pts
•MILIEU
•19 ANS •MONTPELLIER
•32 MATCHES / 2462 MINUTES
JOUÉES / 1 BUT / 2 PASSES DÉCISIVES
•MILIEU
•22 ANS
•LYON
•29 MATCHES / 1811 MINUTES JOUÉES / 3 BUTS
•DÉFENSEUR
•20 ANS
•LYON
•28 MATCHES / 2340 MINUTES JOUÉES
La révélation de Montpellier sur la deuxième partie
de saison. 32 matches au total, et pas de pâles copies.
Or, le gazier n'aura que 20 ans en août !
Il a toujours su tirer profit de son temps de jeu. Et
quelle qualité de frappe de balle. Abattage, volume
et capacité à de marquer de loin. Elle n’est pas belle,
la vie ?
À force de voir sa grande carcasse au cœur de la
charnière lyonnaise, on finit par s'habituer. Vingt ans
à peine et déjà taulier. Il a tout d'un grand, le Sam.
KURT
ZOUMA
PAUL-GEORGES
JORDAN
VERETOUT
5 pts
4 pts
N'TEP
6 pts
•DÉFENSEUR
•19 ANS •SAINT-ETIENNE
•23 MATCHES / 1490 MINUTES
JOUÉES / 1 PASSE DÉCISIVE
•ATTAQUANT
•21 ANS •RENNES
•10 MATCHES / 649 MINUTES
JOUÉES / 5 BUTS / 1 PASSE DÉCISIVE
•MILIEU
•21 ANS •NANTES
•27 MATCHES / 1950 MINUTES
JOUÉES / 1 BUT / 4 PASSES DÉCISIVES
Sur ses qualités de défenseur central, il mérite autre
chose et aura tout à prouver dans son nouveau club
(Chelsea ?). Mais Kurt, placé plusieurs fois par
Galtier sur le côté droit, n'a pas brillé par sa
polyvalence. Pas trop latéral, le garçon.
Il a réussi à s'imposer à Rennes en dépit de la fin de
saison toute tordue des Bretons. Il avait planté à 7
reprises avec Auxerre, lors de la phase aller. Il peut
devenir un vrai bon buteur, mais on demande encore
à voir.
Toujours au cœur de la bataille et à la pointe de la
justesse technique, Jordan vient de bâcher la saison de
la confirmation. Après la Coupe du monde des U20 où il
n'était qu'un remplaçant, l'été dernier, il est aujourd'hui
un titulaire en puissance à Nantes et il fait des envieux.
17
16
ZACHARIE
BOUCHER
3 pts
NAMPALYS
MENDY
GEOFFREY
KONDOGBIA
2 pts
1 pt
•GARDIEN
•22 ANS
•TOULOUSE
•37 MATCHES/ 3330 MINUTES JOUÉES
•MILIEU
•22 ANS
•NICE
•36 MATCHES / 3102 MINUTES JOUÉES
Pour lui, nous avons choisi de cumuler ses performances
(Le Havre + Toulouse) pour voir qu'il est un gardien qui joue
tous les matches, où qu'il se trouve. Le futur des Bleus, sans
aucun doute.
Claude Puel le voulait vraiment et ne lui a pas menti. Au
milieu, Nampalys joue tout, tout le temps, et fait partie de
cette caste de joueurs qui ne semble jamais s'arrêter. Un
bémol ? Peut-être trop défensif, le clone de Mavuba...
19
18
CLASSEMENT GÉNÉRAL FINAL
1. PAUL POGBA
2. PAUL-GEORGES N'TEP
3. AYMERIC LAPORTE
3. KURT ZOUMA
5. JORDAN VERETOUT
5. GIANNELLI IMBULA
7. FLORENT THAUVIN
7. ADRIEN RABIOT
9. LAYVIN KURZAWA
9. RAPHAËL VARANE
9. NAMPALYS MENDY
12. MORGAN SANSON
13. SAMUEL UMTITI
80 PTS
36 PTS
30 PTS
30 PTS
28 PTS
28 PTS
26 PTS
26 PTS
25 PTS
25 PTS
25 PTS
20 PTS
13 PTS
13.
13.
16.
17.
18.
19.
19.
21.
22.
23.
24.
24.
26.
18
20
JORDAN FERRI
ZACHARIE BOUCHER
LUCAS DIGNE
MAXIME POUNDJÉ
GEOFFREY KONDOGBIA
MARIO LEMINA
YASSINE BENZIA
THIÉVY BIFOUMA
BENJAMIN MENDY
VALENTIN EYSSERIC
ALPHONSE AREOLA
YAYA SANOGO
ANTHONY MARTIAL
19
13 PTS
13 PTS
12 PTS
11 PTS
10 PTS
9 PTS
9 PTS
8 PTS
6 PTS
4 PTS
3 PTS
3 PTS
1 PT
•MILIEU
•21 ANS •MONACO
•26 MATCHES / 1567 MINUTES
JOUÉES / 1 BUT / 2 PASSES DÉCISIVES
20
Grosse promesse à l'aube de la saison, il fait partie
des relatives déceptions. Il a joué, certes, entre ses
blessures, mais n'a jamais pesé sur le jeu
monégasque. Et il a disparu des écrans radars bleus
aussi. Il n'a plus de temps à perdre.
RÈGLEMENT
Le Top Jeunes est ouvert à tous les joueurs français
nés le 1er janvier 1992 et après, évoluant en France ou
à l'étranger. Sont pris en compte les temps de jeu en
championnat les performances globales et les
statistiques (buts, passes décisives).
Chaque mois, le joueur classé 1er marque 20 points, le
2e : 15 pts, le 3e : 13 pts, le 4e : 12 pts... jusqu'au 15e: 1 pt.
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87
Rétro
Par Roger Lewis
QUART DE FINALE DE LA COUPE DU MONDE 2006
BRÉSIL-FRANCE
LE DERNIER
CHEF-D'ŒUVRE DE ZIZOU
Pour son antépénultième match en Bleu et son antépénultième match tout
court, le Z nous offre une partition magistrale face aux géants brésiliens.
Si proche de la perfection, si près des étoiles…
88
Facebook
Rejoignez la famille « Planète Foot »
La rédaction de Planète vous donne rendez-vous tous les jours sur les réseaux sociaux
(Facebook, Twitter) pour parler ballon rond et partager news, photos et vidéos. Nous
organisons aussi régulièrement des jeux concours avec plein de lots à gagner !
■ Un graffiti symbole de la grogne
L’artiste brésilien Paulo Ito
a réalisé un graffiti très remarqué sur la Toile. Cette
peinture murale entend dénoncer les investissements
réalisés pour la Coupe du
monde au mépris des vrais
besoins de la population
brésilienne. « Je ne fais que
dénoncer les problèmes du
pays, explique Ito. La priorité de la classe politique
est le pouvoir. Il y a des problèmes de santé, de sécurité, de logement, de pauvreté, d’éducation, de
transports… »
■ L’hommage à Senna
Le 1er mai marquait les vingt ans de la disparition du
Brésilien Ayrton Senna. Le légendaire pilote de Formule
1 avait perdu la vie sur le circuit d’Imola, le 1er mai 1994.
Au Brésil et à Sao Paulo,
en particulier, l’émotion
est encore très forte. Pour
un match, les joueurs des
Corinthians sont arrivés
sur la pelouse avec un
casque de F1 sur la tête.
■ Internet fête Ryan Giggs
Après Javier Zanetti
et Carles
Puyol, c’est
un
autre
géant
du
football qui prend sa retraite : Ryan Giggs va devenir
l’assistant du Néerlandais Louis Van Gaal à Manchester
United. La Toile a célébré à sa manière l’exceptionnelle
carrière du Gallois.
■ Les avions colorés de la Seleçao
Il sera difficile de louper les déplacements de la Seleção au Brésil : l’équipe de Luiz Felipe Scolari va voyager dans des Boeing 737 plutôt colorés… Les dessins
représentent le peuple brésilien, derrière son équipe
dans la quête d’une sixième étoile.
■ Larissa Riquelme se fait belle
Supportrice n°1 du Paraguay, Larissa Riquelme avait fait sensation durant la Coupe du monde 2010 avec ses décolletés
plongeants. Elle compte remettre ça au Brésil et a mis toutes
les chances de son côté : Larissa s’est offert une liposuccion
pour se débarrasser de plus d’un kilo de graisse… Dommage
que le Paraguay, sorti par l’Espagne en quarts de finale (1-0), il y a quatre ans, ne soit
pas de la fête ! En 2010, Larissa avait posé nue pour remercier les joueurs…
■ Le selfie de la victoire
Conor Devlin a joué à Manchester United avant de rejoindre
Cliftonville, en Irlande du Nord. Vainqueur du championnat
local, il a tenu à célébrer ce succès sur Instagram avec l’un
des plus jolis selfies sportifs de l’année.
■ Pizza party
Mario Balotelli a de
la concurrence en
matière de créativité capillaire. Le
Ghanéen Dominic
Oduro, qui évolue
au Colombus Crew
(MLS), a inventé la coupe de cheveux
“part de pizza”. En 2013, Oduro avait
déjà affiché son penchant pour le plat
d’origine napolitaine : il en avait mangé
un bout en guise de célébration !
■ Zlatan est un privilégié
Zlatan Ibrahimovic a tous les honneurs en
Suède. Après avoir vu apparaître un timbre à
son effigie, l’attaquant du Paris SG a pris les
commandes d’une magnifique Porsche 918
Spyder d’une valeur de 845 000 dollars. Il
n’existe que 918
modèles de cette
voiture dans le
monde et il est le
seul Suédois à en
possèder une…
■ Une banane contre le racisme
Les images du Barcelonais Dani Alves mangeant la banane lancée par un supporter de Villarreal ont fait le
tour des télés. Pour apporter son soutien au latéral brésilien dans la lutte contre la bêtise, le quotidien espagnol “Marca” a modifié son logo.
■ Une arbitre qui fait tourner les têtes
Il n’y a pas qu’en Italie qu’on trouve des arbitres très sexy (Elena
Tambini en tenue rose). Au Brésil, Fernanda Colombo Uliana (en
tenue jaune) officie en Première division et tout le monde parle
d’elle. Il faut dire que ça change des arbitres bedonnants…
Source : Pop n Sport
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C
hez les Stambouli le football est une
histoire de famille. Avec un père directeur du centre de formation de
l’Olympique de Marseille puis de Montpellier, aujourd'hui, Benjamin ne pouvait pas
déroger à la règle.
Il débute à six ans en junior à l’OM pour finalement rejoindre Montpellier à l’âge de 14
ans. René Girard décide de lui offrir sa
chance dans le groupe professionnel en
2010, après sa victoire avec les “- de 19 ans”
en Coupe Gambardella. L’apprentissage se
fera en accéléré. Dès l’année suivante, il atteint et perd la finale de la Coupe de la Ligue
face à Marseille, où son père exerçait alors.
Stambouli joue de plus en plus. 20112012 marque une nouvelle étape. Il dispute
près de 35 matches, toutes compétitions
Stambouli a très vite appris et gagné en maturité auprès de joueurs expérimentés
comme Vitorino Hilton. À seulement 23 ans,
il s'est comporté, tout au long du championnat, comme un véritable patron, rigoureux,
dur sur l’homme mais toujours dans les limites de la correction, lui qui prend peu de
cartons. Il sait même se transformer en buteur comme, par exemple, à Valenciennes
où il a permis à son club de ramener un
point précieux dans la course au maintien
(1-1). Déjà bien mature pour son âge, le gaillard profite également d’un physique imposant dans ses relances et interceptions. Il a
appris à mettre à profit toutes ses qualités
au service du groupe.
Forcément, une telle évolution n'a pas
échappé à plusieurs clubs européens qui
« JE VAIS VIVRE UN NOUVEAU CHALLENGE.
JE VEUX CHERCHER MES LIMITES. » confondues, en tant que milieu défensif,
son poste de prédilection, ou défenseur
central, où il fait mieux que dépanner, et
remporte surtout le titre de champion de
France, le seul et unique à ce jour du club
montpelliérain.
Benjamin peut aller plus haut, ce qu’il a déjà
fait cette saison. Si l'entraîneur a changé en
cours de route – Rolland Courbis remplaçant Jean Fernandez en décembre –, la philosophie maison n'a pas varié d'un iota :
confiance aux jeunes 100% made in Montpellier. 36 matches et toujours comme titulaire, rares sont les joueurs en Ligue 1 avec
de telles statistiques. Stambouli fait partie
de ce groupe de jeunes Français en pleine
ascension avec une marge de progression
intéressante, à l'instar de son acolyte de
toujours Rémy Cabella, qui a terminé huitième au classement des buteurs, cette saison, avec quatorze réalisations. Ces deux-là
ont, non seulement, grandement participé à
la conquête du titre face au Paris Saint-Germain en 2012 mais aussi permis à leur club
de se sauver cette année après un parcours
compliqué et une étonnante 15e place au
final, deux points seulement devant Sochaux, premier relégué.
■ La Mosson, 20 mai
2012. Après son succès
contre Auxerre 1-0,
Montpellier s'adjuge le
premier
titre
de
champion de France de
son histoire. Benjamin
partage ce moment de
bonheur avec Olivier
Giroud, le buteur
maison, à l'époque.
lorgnent désormais du côté de Montpellier.
Une chose est sûre et il l’a déjà confirmé
aux médias, Benjamin Stambouli ne sera
plus montpelliérain la saison prochaine.
Sans donner de destination précise, pour
l’instant, il a expliqué les raisons de ce
choix : « Cela fait dix ans que je suis à
Montpellier. Loin de moi l’idée de prétendre
qu’il est facile d’y être un bon joueur mais
j’ai besoin de chercher mes limites. » Il a
même précisé, après le dernier match de
la saison, l'ordre de ses priorité. « J’ai
peut-être une préférence pour l’étranger.
Mais, s’il faut rester en France, j’y resterai,
je ne ferme aucune porte. Je verrai le projet
le plus intéressant pour moi. » À l’heure
actuelle, le Borussia Dortmund, Everton
mais aussi l'OM, Lyon et Saint-Étienne seraient en tête de liste.
Les portes de la sélection A pourrait bientôt s’ouvrir pour lui, également. Après
avoir été un pilier chez les Espoirs, il n'est
pas inimaginable de le voir débarquer
chez les A, après la Coupe du monde. En
tout cas, son profil correspond au renouveau posé par Deschamps : donner leur
chance aux jeunes pousses françaises en
pleine éclosion.
PROFIL
■ Né le 13 aout 1990 à Marseille
■ 1,80 m – 80 kg
■ Milieu
■ Roadbook :
Montpellier (formé au club)
■ 1er match en L1 :
le 8/08/2010, Montpellier-Bordeaux 1-0
■ Palmes :
Champion de France en 2012
avec Montpellier
Vainqueur de la Coupe Gambardella
en 2009 avec Montpellier
IL REFUSE
LES FENNECS
■ International Espoirs français
depuis 2010, Benjamin Stambouli a
été approché par la sélection
algérienne drivée par Vahid
Halilhodzic (son père étant né en
Algérie, il aurait pu être naturalisé).
À l’annonce de ces rumeurs, apparues
au cœur de l'hiver, papa Stambouli,
l'actuel directeur du centre de
formation de Montpellier, a réagi : « Il
y a quelques mois, j’ai été approché
par Vahid Halilhodzic, effectivement.
Mais on n’a pas donné suite. Pour moi,
le dossier était clos et je trouve très
surprenant que son nom soit encore
associé à une prochaine venue en
sélection algérienne. En tant
qu’international Espoirs français,
Benjamin rêve toujours (secrètement)
d’évoluer un jour avec les Bleus. »
Surtout que l'on croit savoir que le
joueur ne laisse pas indifférent Didier
Deschamps.
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