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Nat Images N°53 – Décembre 2018-Janvier 2019-compressed

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N°53
Décembre 2018-Janvier 2019
Le Tibet de Vincent Munier
Hérons
garde-bœufs
Bouquetins
des Alpes
Hippos
à fleur d’eau
Des visiteurs
dans mon jardin
Montier 2018
Le portfolio du concours
Quand la saison s’achève...
L’édition 2018 du Festival de Montier-en-Der
vient de se clôturer, révélant comme chaque
année les lauréats de son concours photo nature.
Un parmi d’autres, diront certains, tant l’automne
est riche en prix photographiques. GDT, Wildlife,
Aves, BPOTY, chacun y va de son palmarès et
communique sur ses résultats… jusqu’à l’excès.
Mais ne boudons pas notre plaisir. Les images
primées parviennent toujours à nous en mettre
plein la vue. Pour la rédaction de Nat’Images,
c’est aussi l’opportunité de découvrir de nouveaux talents et de prendre le pouls d’une discipline qui ne cesse de se renouveler, portée par les
progrès constants du matériel de prise de vue. Et
puis les concours au rayonnement international
sont de formidables accélérateurs de carrière
pour les photographes récompensés. Au pire, ils
confirment des vocations. Un prix, quel qu’il soit,
est un encouragement précieux quand on sait la
difficulté de se faire une place au soleil.
Derrière l’intérêt que suscitent ces concours, on
ne peut s’empêcher de s’interroger sur les motivations des photographes qui y participent. Ontils la conviction intime de détenir une photo rare ?
www.natimages.com
• Contact Rédaction
Nat’Images, 13 rue des Lavoirs, 86100 Senillé St Sauveur.
Tél. : (33) 0-549-85-4985.
Courriel : redaction@natimages.com
Sont-ils portés par la fierté d’avoir capté une attitude ou une ambiance pour laquelle ils se sont
investis des mois, voire des années ? Est-ce le
simple plaisir du partage ou bien l’envie de reconnaissance ?
Chacun aura sa réponse, mais au fil des
années, on a pu se rendre compte que beaucoup
de photographes de talent se détournent complètement de ce type de compétition, tandis que
d’autres sont de véritables “bêtes” à concours,
toujours parmi les finalistes, grappillant un prix ici
ou là, une mention dans le pire des cas, poussés
par le besoin de notoriété ou le plaisir “d’en être”.
Se demandent-ils seulement quand se retirer ?
L’élégance n’est pas de remettre son titre en jeu
mais de savoir céder la place aux autres. La qualité des palmarès pâtirait-elle de leur absence ?
On en doute ; l’apport de nouveaux regards ne
peut être que bénéfique quand il s’agit de sensibiliser le public aux beautés de la nature et à sa fragilité. Car la seule question qui vaille, au final,
c’est l’impérieuse nécessité de préserver nos écosystèmes.
Frédéric Polvet
• Contact Abonnements & Boutique
• Coordination : Nadège Cogné
Éditions Jibena, BP 80100, 86101 Châtellerault Cedex.
Tél. : (33) 0-549-85-4985. Fax : (33) 0-549-85-4999.
• Service abonnements : abonne@photim.com
• Boutique Photim : commande@photim.com
Bimestriel – Directrice de la publication : Marie Cogné. Imprimé en France
par RPG, RN7, 60520 La Chapelle-en-Serval. – Édité par Jibena, S.A. au
capital de 549.000 E, 4 rue de la Cour-des-Noues, 75020 Paris – ISSN :
2106-3478. – Commission paritaire : n° 0619 K 84966. Diffusion : MLP.
Copyright © 2018. Tous droits réservés pour tous pays. Reproduction
interdite, par tout procédé (y compris, photocopie, numérisation, Internet,
bases de données…). Toute représentation ou reproduction, même partielle, réalisée sans accord préalable est illicite (article L.122-4 du code de
la propriété intellectuelle). Nat’Images n’accepte aucune publicité rédactionnelle. Les marques citées le sont dans un seul but d’information et à titre gratuit. Ces citations ne signifient pas que les
procédés soient tombés dans le domaine public. L’envoi de
textes ou photos suppose que l’auteur possède les autorisations éventuellement nécessaires à leur diffusion et implique
l’accord des auteurs et modèles pour une reproduction libre de
droits dans Nat’Images. Les documents, insérés ou non, ne
pourront être rendus.
• Les auteurs de ce numéro…
Frédéric Polvet, Stéphane Hette, Ghislain Simard,
Nat’Images - Éditions Jibena, BP 80100, 86101 Châtellerault Cx (CD, Manuel Gamet et Benoît Gaborit.
Avec les images de Cristobal Serrano, Bart Vercruysse & Pol
DVD ou clé USB, avec index imprimé, c’est parfait !)
Dewulf, Pierre Maillet, Marie-Luce Hubert & Jean-Louis Klein,
Courriel : photo@natimages.com
Denis Palanque, Vincent Munier, Pascal Beaudenon, Florent
• Contact Service Publicité
Roussy, Luca Melcarne, Bernard Gauthier, Noëlle & Benjamin
Nadège Coudurier.
Gontier, Stéphane Raimond, Olivier Anrigo, Gabrielle & Patrick
Éditions Jibena, 13 rue des Lavoirs, 86100 Senillé St Sauveur.
Ledoux, les lauréats du concours de Montier-en-Der et les
Tél. : (33) 0-549-85-4985. Fax : (33) 0-549-85-4999
“Coups de pouce” de la Rédac’.
Courriel : pub@natimages.com
• Contact Service Photo
Nat’Images est soucieux de protéger l’environnement. Il est imprimé sur papiers garantis sans chlore, fabriqués avec des bois issus de forêts gérées
durablement et provenant de lots contrôlés et certifiés. Notre imprimerie (RPG) est située en France et labelisée Imprim’Vert.
’Images
3
53
Sommaire
Décembre 2018- janvier 2019
6 / Image du mois
86
La “ville arc-en-ciel” de Cristobal Serrano.
81012 / Infos
141819 / Expos, stages, concours
20 / Livre du mois
22
Skokholm de Bart Vercruysse & Pol Dewulf.
22 / Portfolio concours
Palmarès du concours de Montier-en-Der.
30 / Almanach
Un hiver dans le massif du Jura par Pierre Maillet.
32 / À fleur d’hippos
Marie-Luce Hubert & Jean-Louis Klein sont partis
cet été en Zambie pour y photographier les
hippopotames. Une première couronnée de succès.
40
32
78
70
4
40 / Islande, voyage en terres elfiques
Denis Palanque s’est laissé inspirer par les
paysages telluriques et vivifiants de l’Islande.
48 / Promesse de l’invisible
À l’occasion de la sortie de Tibet, minéral animal,
Stéphane Hette et Ghislain Simard ont rencontré
Vincent Munier pour une discussion à bâtons
rompus autour de son actualité et de ses projets.
58 / Ilulissat, la loi du plus fjord
David Templier expose sa vision “écolo-graphique”
du Grand Nord, espace de plus en plus malmené.
62 / Sur les traces d’Omingmak
Pascal Beaudenon a défié le froid extrême du
Dovrefjell pour photographier les bœufs musqués.
70 / Dans le dortoir des garde-bœufs
Les hérons garde-bœufs ont élu domicile en Ariège.
Pour le plus grand plaisir de Florent Roussy.
Nat’Images
90
48
78 / Le bouquetin comme porte-bonheur
Capra Ibex se livre à l’objectif de Luca Melcarne,
photographe de 19 ans à l’avenir prometteur.
84 / Photo-synthèse
Un focus sur le gui par Bernard Gauthier.
86 / Un hiver au jardin
L’hiver venu, Noëlle & Benjamin Gontier
photographient les passereaux depuis leur cuisine.
Une expérience riche d’enseignements.
90 / Mes voisins noctambules
Quand tombe la nuit, hérissons, martres et renards
s’invitent dans le jardin de Stéphane Raimond.
Autant d’occasions à saisir pour le photographe.
62
96 / Sigma 60-600 mm, télézoom ultime?
96
Photographe professionnel, Olivier Anrigo a testé
en avant-première le nouveau Sigma 60-600 mm. Il
nous livre ses impressions de terrain.
100 / L’ABC de la nature
“B comme… bousiers”, la pastille naturaliste de
Gabrielle & Patrick Ledoux.
102 / Les carnets naturalistes
de Stéphane et Marcello
Émergences,
incroyables
et spectaculaires…
106 / Les coups de pouce de la Rédac’
112 / Abonnement & commandes
Quand on s’adonne à la photo-nature, il est naturel
de s’abonner à Nat’Images ;-)
Prochain numéro
le 7 février 2019
Ce numéro a été tiré à 50.000 exemplaires
Nat’Images
5
6
Nat’Images
DJI Zenmuse X5S, 12 mm f/2, à f/3,2, 1/200 s, 100 ISO
(Phoeniconaias minor), rassemblés sur les rives boueuses du lac Bogoria (Kenya) dans
l’eau alcaline duquel ils trouvent leur nourriture favorite, la cyanobactérie de type spiruline.
À cause de la saison sèche, les minéraux et les sels du sous-sol volcanique sont fortement
concentrés, créant des explosions de couleurs visibles en altitude. Le rose des flamants a
parfaitement complété la palette chromatique utilisée par l’artiste qu’est Mère Nature.
Rainbow City-J’ai fait voler mon drone au-dessus d’un attroupement de flamants nains
7
Nat’Images
Grand Prix du GDT 2018 (palmarès complet sur www.gdtfoto.de)
Cristobal Serrano
Nat Infos
iBubble, un drone sous-marin
d’exception made in France
Commercialisé depuis fin octobre, iBubble est le premier drone sous-marin autonome destiné au grand
public. Conçu par la société française Notilo Plus à Marseille, il a pu voir le jour grâce à un financement participatif qui a permis de rassembler 190000 € en un mois seulement. iBubble dispose d’une autonomie d’une heure lui
permettant de descendre jusqu’à 60 mètres de profondeur. Il bénéficie de la reconnaissance d’images en temps
réel, d’un système de stabilisation et d’une option de
contrôle direct depuis la surface. Qui plus est, iBubble est
respectueux de l’environnement sous-marin: ses émissions sonores ne perturbent pas la faune et il est doté
d’un système d’évitement d’obstacle. Comme souvent
avec le matériel de prise de vue sous-marine, le prix de
vente est élevé: 4000 € pour la version de base.
Ricoh WG-60, toujours plus résistant
Si les compacts baroudeurs n’en finissent pas de repousser les limites de
ce qui fait leur principal intérêt, à savoir la résistance aux conditions extrêmes,
ils plafonnent toujours côté technique. Ainsi, le dernier Ricoh WG-60 se
contente d’un capteur 1/2,3 de 16 Mpix, d’un équivalent 28-140 mm et de
la vidéo en Full HD (H.264) à 30 i/s. Côté baroud, le WG-60 est capable de
plonger à 14 mètres de profondeur pendant deux heures, de résister aux
chocs et aux chutes jusqu’à 1,6 mètre de hauteur, mais aussi au gel jusqu’à
-10 °C et aux pressions atteignant 100 kg. La sensibilité s’arrête à 6400 ISO,
mais l’appareil dispose d’un mode Instantané Nocturne à Main Levée qui enregistre plusieurs vues pour en faire une photo composite. Comme ses prédécesseurs, le Ricoh WG-60 est équipé de six leds en cercle autour de l’objectif, afin de faciliter l’éclairage en macro. Prix: 250 € (en rouge ou noir).
8
Wildlife Photographer of the Year 2018
Jumelles Olympus PRO
Avec les jumelles 8x42 PRO et 10x42 PRO,
Olympus propose deux références destinées aux
amoureux de la nature. La transmission lumineuse
maximale (plus de 94 % dans la plage des longueurs d’onde visibles) assure un champ de vision clair avec des détails d’une grande netteté.
Selon Olympus, les aberrations chromatiques
sont éliminées et les effets parasites (ghosting et
flare) diminuent par rapport aux modèles précédents. La mise au point se fait à une distance minimale de 1,5 mètre, idéale pour l’observation de
plantes ou d’insectes. Ces deux paires de jumelles ont sensiblement le même poids (670 g) et
sont étanches jusqu’à une profondeur d’un mètre
pendant 5 minutes. Les lentilles possèdent un revêtement oléofuge qui facilite l’essuyage des
gouttes d’eau ou de saleté en surface.
Prix: 450 € (8x42 PRO) et 500 € (10x42 PRO)
Nat’Images
Le 16 octobre dernier, le Muséum d’Histoire naturelle de Londres a dévoilé le palmarès du prestigieux concours “Wildlife Photographer of the Year”. Le jury, présidé par l’éditrice britannique
Rosamund Kidman Cox, a eu à départager 45000 images venues
du monde entier. Sans entrer dans le détail des prix (on y reviendra dans le prochain numéro), on notera que le titre de Photographe de l’année a été décerné à Marcel van Oosten pour un
portrait de rhinopithèques de Roxellane et que les lauréats francophones se comptent sur les doigts d’une main. Seul Michel
d’Oultremont tire son épingle du jeu en remportant (pour la seconde fois!) le “Rising Star Award”, prix récompensant un photographe âgé de 18 à 26 ans pour un portfolio de six images.
Ci-dessous –
Winter lattice,
une des photos
du portfolio ayant
permis à Michel
d’Oultremont de
remporter le “Rising
Star Award”. L’intégralité du palmarès
est visible sur
www.nhm.ac.uk/
visit/wpy/gallery/
2018/index.html
Nat Infos
En bref…
Soucieux de la disparition des
oiseaux communs de nos campagnes, des agriculteurs et des
paysans s’engagent aux côtés de la
LPO à travers le programme “Des
Terres et des Ailes”. L’initiative,
ouverte à tous, propose des idées
d’aménagements favorables aux
espèces selon votre intérêt, vos
attentes ou votre projet.
Tous les détails sur www.desterresetdesailes.fr
Début 2018, la Chine interdisait
le commerce de l’ivoire sur son sol.
Quelques mois plus tard, le pays
envoie un message contradictoire en
autorisant “sous certaines conditions
particulières” la vente d’os de tigres
ou de corne de rhinocéros. Selon la
circulaire du Premier ministre Li
Keqiang, ce commerce sera possible dans le cadre de la vente d’œuvres d’art, la recherche scientifique
ou le développement de traitements
médicaux. Seuls les médecins
employés par des hôpitaux reconnus par l’administration nationale de
médecine traditionnelle chinoise
seront autorisés à les utiliser.
10
Source Le Parisien
Le 20 novembre, l'Agence française pour la biodiversité (AFB) a
dévoilé les résultats de son second
appel à manifestation d'intérêt (AMI)
visant à soutenir la réalisation d'un
atlas de la biodiversité communale
(ABC). 184 communes supplémentaires seront ainsi soutenues financièrement par l'AFB. Chaque atlas
de la biodiversité communale est
élaboré à partir d'un inventaire cartographié des habitats, de la faune
et de la flore. Le plan biodiversité
du gouvernement fixe un objectif de
600 nouveaux ABC soutenus financièrement, afin d'atteindre 1500
ABC d'ici 2020.
Source ActuEnvironnement.com
Le robot sous-marin LarvalBot
vient de “pondre” des centaines de
millions de bébés coraux, dans l’espoir de sauver la faune qui forme,
sur 2300 km, la Grande Barrière de
corail australienne. L’opération s’est
déroulée fin novembre à l’occasion
de la spectaculaire reproduction
annuelle des coraux. L’expérimentation a été financée grâce à un prix
de 190000 € attribué par la Great
Barrier Reef Foundation.
L’éveil de la faune islandaise
Toute proche du cercle arctique, l’Islande fascine par
sa nature hostile et sauvage. L’île offre un terrain de jeu
providentiel pour les photographes naturalistes que sont
Philippe Garcia et Fabien Zunino. Animés d’une même
passion pour ce territoire reculé, ils ont mis leurs efforts en
commun pour livrer ce recueil d’images exceptionnelles,
fruit de multiples observations et de nombreuses heures
passées à attendre la bonne lumière ou la belle attitude.
Philippe Garcia & Fabien Zunino - Islande, souffles de vie - Éditions Omniscience - 235 x 235 mm - 216 pages - 29 €
Erwan et le martin-pêcheur
C’est une amitié de longue date qui unit Erwan Balança et le martin-pêcheur, oiseau découvert pendant
son enfance au cours d’une partie de pêche. Devenu
l’éminent photographe que l’on sait, Erwan raconte l’histoire de sa relation privilégiée avec la “flèche bleue”, des
premières rencontres hors de l’eau, en passant par les
moments intimes au terrier, jusqu’aux séances de plongée. Époustouflant.
Erwan Balança - Martin, le pêcheur - Éditions La Salamandre - 248 x
248 mm - 144 pages - 29 €
Le retour du “Big Five”
À l’instar du Big Five en Afrique, il existe en Europe de
gros animaux sauvages qui font rêver les photographes
de nature. Après des siècles de massacre, ces espèces
font aujourd’hui un retour inespéré. Ce phénomène de
“réensauvagement” s’observe sur la planète entière, y
compris en France. Le grand naturaliste Marc Giraud,
auteur de nombreux ouvrages, nous propose de redécouvrir le loup, le lynx, le cerf, l’ours et l’aigle, un “Grand
Cinq” européen en pleine reconquête.
Marc Giraud - Big five, le retour des grands animaux sauvages - Éditions
Delachaux & Niestlé - 220 x 285 mm - 192 pages - 29,90 €
APAB, troisième saison
Les recueils produits par les associations de photographe nature sont l’occasion de voir émerger de nouveaux talents et de dresser un état des lieux de la biodiversité de nos régions. Après “Regards”, l’APAB (Association des Photographes Animaliers Bretons) présente
son troisième volume publié à compte d’auteur et auréolé
d’une préface de Vincent Munier. Un ouvrage richement
illustré (pourrait-il en être autrement?) que nous vous invitons à découvrir.
Collectif - Saisons, temps de “pause” sur la Bretagne sauvage - Autoédition - 245 x 285 mm - 192 pages - 30 € - www.apab-photo-nature.com
Source Le Monde
Nat’Images
Inventaire ornitho des Pyrénées
Conçu à partir de chroniques bimensuelles parues au
début des années 2000 dans la revue pyrénéenne La
Gazette des vallées, ce recueil propose de découvrir,
saison après saison, les mœurs, les chants, le milieu
naturel de 34 espèces d’oiseaux, le tout assorti de
notices récapitulatives et illustré de 170 photographies
permettant d’appréhender la vie secrète des oiseaux
des Pyrénées centrales et occidentales
Cécile Niqueux-Cadène & Rémi Cadène. Les Oiseaux des Pyrénées au fil
des saisons - Éditions Cairn - 210 x 240 mm - 216 pages - 24,90 €
Nat Infos
Logiciel FloreNum
Les éditions Biotope viennent de
lancer “FloreNum”, un logiciel dédié à
la botanique qui couvre toute la flore
sauvage de France continentale
(plaines, montagnes, zones littorales).
C’est à la fois une encyclopédie et un
outil d’identification. Richement illustré, FloreNum prend en compte tous
les types de plantes et couvre 5800
taxons. En pratique, l’utilisateur saisit
des critères morphologiques et écologiques, et en réponse le logiciel
dresse une liste de plantes probables
classées selon un coefficient de certitude qui s’appuie sur 1300000 critères intégrés et un algorithme puissant. FloreNum s’adresse aux
botanistes confirmés comme aux
débutants qui trouveront là un outil
remarquable pour se constituer un
herbier numérique. La version basique
de la licence est à 149 € (tarifs
dégressifs selon le nombre de postes).
www.florenum.fr
12
Selon le 12e
rapport “Planète vivante”
du Fonds
mondial pour
la nature
(WWF), basé sur le suivi de 16 700
populations (4 000 espèces), près
de 60 % des animaux sauvages
ont disparu entre 1970 et 2014. La
zone Caraïbe/Amérique du Sud
est la plus touchée avec 89 %. Sur
le plan mondial, seuls 25 % des
sols sont exempts de l’empreinte
de l’homme ; en 2050, cette part
chutera à 10 % selon les scientifiques. Les “services rendus par
la nature “ (eau, pollinisation, stabilité des sols, etc.) ont été estimés par des économistes à
125000 milliards de dollars annuels, soit une fois et demi le PIB
mondial. Chaque année, le “jour
du dépassement” (jour à partir
duquel le monde a consommé
toutes les ressources que la planète peut renouveler en un an) recule. En 2018, c’était le 1er août.
60
%
Source AFP
Nat’Images
Petits habitants des forêts
La forêt offre un condensé d’histoires où se mêlent le
végétal et l’animal. Les arbres jouent un rôle majeur dans
cette synergie puisqu’ils abritent des milliers d’organismes
souvent invisibles. Arnaud Ville, photographe et entomologiste, révèle quelques-unes de ces existences méconnues
depuis les litières moussues jusqu’aux plus hauts branchages à travers un bestiaire fascinant qui permet de
mieux appréhender les cycles forestiers.
Arnaud Ville - Les petits des forêts - Éditions Le Rouergue - 170 x 240 mm
- 288 pages - 29,50 €
Découvrir le règne animal
Second titre de la collection “Histoire naturelle”, Le
Royaume des animaux rassemble les différentes classifications d’espèces dans un ouvrage richement illustré par
Kelsey Oseid, permettant aux plus (et moins) jeunes de
développer un savoir autour du règne animal. Une approche scientifique qui va à l’essentiel pour s’initier à la
taxonomie, découvrir la façon dont la vie s’organise et les
mécanismes mis en œuvre pour y parvenir.
Kelsey Oseid - Le Royaume des animaux - Éditions Glénat - 247 x
358 mm - 80 pages - 19,95 €
Les oiseaux par passion
La passion de Bastien Juif pour les oiseaux va bien
au-delà du butor étoilé (N.I. n°22). Au fil des ans, le photographe a amassé une fantastique somme d’images ici
rassemblées en un volume. L’occasion d’une balade au
fil des saisons et des migrations, sur les ailes de 125
espèces en parade nuptiale ou en phase de chasse.
Des moments rares et d’autant plus précieux qu’ils sensibilisent à la richesse de notre avifaune puisque toutes
les photos ont été prises sur le territoire français.
Bastien Juif - Passion oiseaux - Éditions Omniscience - 235 x 235 mm 216 pages - 125 espèces et 250 photographies - 29 €
Au cœur des nuits cévenoles
Devenu cet été “Réserve internationale de ciel étoilé”
(label décerné à une dizaine de sites dans le monde seulement), le Parc national des Cévennes nous offre sa
voûte par l’entremise des photographies de cinq auteurs.
À travers leurs regards croisés, ils partagent leurs expériences de la nuit totale. Au-delà de l’émerveillement,
l’idée est de nourrir la réflexion du lecteur afin qu’il
prenne conscience de la nécessité de ce temps si particulier qu’est la nuit pour la faune, la flore et l’homme.
G. Cannat, S. Challéat, A. Renaux, A. Rykner & J.-P. Salasse - Nuits des
Cévennes - Éditions Le Rouergue - 240 x 280 mm - 160 pages - 35 €
L’Aube sauvage en forêt d’Orient
Guillaume Petit et Stef ont accordé leurs approches
respectives pour dresser un inventaire de la faune du
Parc naturel aubois. Le premier à l’aide de ses nombreuses photos prises à l’affût au petit matin, le second
en illustrant les espèces par des dessins soignés et des
aquarelles détaillées. Les textes naturalistes qui agrémentent le tout font de ce livre une réussite totale!
Guillaume Petit & Stef. L’Aube sauvage. Éditions Excom’ - 240 x 220 mm 132 pages - 86 photos et 46 illustrations - 30 €
VERT nissage
érie de portraits réalisés en studio ou en extérieur, “Endangered” est la réponse de Tim
Flach aux menaces multiples que subissent les
espèces animales. Malmenés, braconnés, oppressés, les ours polaires, aras à gorge bleue et
panthères des neiges plantent le temps d’une
séance leur regard dans celui du spectateur, premier témoin et premier acteur de leur disparition.
Le message est limpide, l’approche anthropomorphiste assumée, et le style léché du Britannique donne aux images des airs de trophées de
chasse – tout à fait raccord avec son propos.
TIM FLACH
¿ à Opio (06)
S
Tim Flach - Endangered (en voie d’extinction).
Du 21 décembre 2018 au 28 février 2019. Opiom
Gallery, 11 chemin du village, 06650 Opio.
Snow leopard © Tim Flach, by courtesy of Opiom Gallery
force de tirer le signal d’alarme, on finit par
ne plus l’entendre. Ce constat pollue même
notre appréciation des images de Sebastian Copeland actuellement exposées sur les grilles du
Jardin du Luxembourg. On y voit des icebergs
majestueux, quelques manchots en goguette, des
polynies graphiques, mais il faut un œil averti pour
comprendre que les fissures de la banquise, l’attitude des animaux, la taille des icebergs sont autant de symptômes de la disparition des pôles.
À
SEBASTIAN COPELAND, DE PÔLE EN PÔLE
¿ à Paris (6e)
14
Nat’Images
Heureusement, les cartouches qui accompagnent
les 80 photographies de l’explorateur franco-américano-britannique font leur office pédagogique.
L’un d’eux nous apprend que “d’ici 2035, l’océan
Arctique pourrait devenir libre de glace en été.”
Information paradoxalement glaçante.
Sebastian Copeland - De pôle en pôle : un
monde disparaît. Jusqu’au 13 janvier 2019.
En extérieur, sur les grilles du Jardin du
Luxembourg, rue de Médicis, Paris 6 e.
Ci-dessous –
Polynie, banquise
canadienne
© Sebastian
Copeland
n m ou deux? Combien de t? Et le h,
on le met où? Quand il s’agit d’écrire
le nom de Pentti Sammallahti, on a toujours
des hésitations, mais on sait en revanche
qu’il prend deux l. La moindre des choses
pour cet amoureux des oiseaux qui sait
capter, au ciel comme au sol et dans un
noir et blanc à se pâmer, leurs éclats de
poésie. Sans être féru d’ornithologie, le
photographe finlandais porte un regard
d’esthète sur la gent ailée depuis 1971 et
sa toute première exposition personnelle
à Helsinki. Une lubie en pointillé (son œuvre
dépasse de loin le seul cadre animalier)
qu’explorent aujourd’hui deux accrochages
en région parisienne et un bel ouvrage paru
aux éditions Xavier Barral. Où l’on découvre un photographe à l’aise sous toutes
les latitudes, capable en Inde comme au
Japon, au Royaume-Uni comme en Afrique
du Sud, de trouver dans l’encombrement
du monde des trésors de composition.
Mais c’est sans doute dans les régions
nordiques que son sens du minimalisme
s’exprime le mieux. Il faut dire qu’il y trouve
deux alliés de choix: la neige, d’une part,
sur laquelle ses saynètes gagnent en épure
et en lisibilité; la corneille mantelée, d’autre
part, oiseau emblématique de la Finlande
dont la robe bicolore et l’attitude teintée
d’espièglerie amènent une note humoristique à ses compositions.
PENTTI SAMMALLAHTI, L’OISELEUR
¿ à Paris (14e) et Gentilly (94)
U
Ci-dessus –
Delhi, Inde, 1999
© Pentti Sammallahti
Ci-contre –
Hanko, Finlande, 2014
© Pentti Sammallahti
• Pentti Sammallahti,
l’oiseleur. Jusqu’au
29 décembre.
Galerie Camera
Obscura, 268 bd
Raspail, Paris 14e.
• Rétrospective
Pentti Sammallahti.
Jusqu’au 13 janvier
2019. Maison de la
photographie Robert
Doisneau, 1 rue de la
Division du Général
Leclerc, Gentilly (94).
• Des oiseaux.
Photos de Pentti
Sammallahti, texte
de Guilhem Lesaffre.
Relié, 20,5 x 26 cm,
120 pages, 66
photographies N&B,
éditions Xavier
Barral, 35 €.
Nat’Images
VERT nissage
© Ombre & Nature Photography - “Portraits
sauvages”, au Thor (84), jusqu’au 31 mars 2019.
16
Lémur fauve, Madagascar © Sabine Bernert “Le Génie de la Nature”, au Havre (76),
jusqu’au 10 mars 2019.
© Joëlle Dollé -“La vie des fleurs”, à l’Atelier de
Belleville (Paris 19 e), jusqu’au 20 janvier 2019.
Nat’Images
06 - Endangered (en voie
d’extinction) - 20 photos
d’espèces menacées par un
maître du portrait animalier : Tim
Flach. Du 21 décembre au 28
février 2019. Opiom Gallery, 11
chemin du village, 06650 Opio.
07 - Animalières - Photos de
Jean-Jacques Bertin. Jusqu’au 31
janvier 2019. Étude de notaires
Savin Rivier / Vey, 26 av. de
Nîmes, 07300 Tournon-sur-Rhône.
13 - Bête à laine - Photos, objets,
documents sur le mérinos d’Arles.
Jusqu’au 31 décembre 2018.
Musée des Alpilles, pl. Favier,
13000 Saint-Rémy-de-Provence.
21 - 9e Rendez-vous "Images
Plaine Nature" - 13 expos photo
(Marie-Hélène Alépée, Franck
Fouquet, Rahima Hadid, Patrick
Jacquet, Brigitte Raballand, etc.)
et de multiples animations
(ateliers, sorties ornitho, démos de
matériel, quiz, etc.). Du 1er au 3
février 2019. Salle de la Cerisaie,
21110 Longecourt-en-Plaine.
www.images-plaine-nature.com
22 - Léguer, rivière sauvage Expo collective proposée par le
club Déclic’Armor. Jusqu’au 28
décembre. Maison du Littoral,
chemin du phare, Ploumanac’h,
22700 Perros-Guirec.
25 - Naturellement Doubs - 19
exposants dont 15 photographes.
Expos, conférences, stands de
matériel et projections (“Je suis
sauvage” d’Adrien Favre, “Elliot et
les loups” de Fabien Bruggmann,
“Big Ben à l’heure du goupil” de P.
Boillaud et F. Coignot). Du 7 au 9
décembre. Salle des Vallieres,
25160 Labergement Sainte Marie.
26 - Vert - Expo proposée par
l’Anneyron Photo Club. Jusqu’au
31 décembre 2018. Hall vitré de la
Mairie, 26140 Anneyron.
28 - Insectes sociaux : guêpes,
fourmis, abeilles - Dispositifs
ludiques et photos de Damien
Rouger illustrant les comportements sociaux des colonies de
guêpes, fourmis et abeilles.
Jusqu’au 19 janvier. Compa, pont
de Mainvilliers, 28000 Chartres.
30 - Natur’ailes & p’tites bêtes Photos de “Ombre et Nature
photography” : oiseaux, papillons,
libellules, lézards, abeilles, etc. Du
1er au 28 février 2019. Centre
naturel de Scamandre, route des
Iscles - Gallician, 30600 Vauvert.
30 - Ombre et lumière - Photos de
“Ombre et Nature photography” :
couchers de soleil, contre-jours
animaliers, lumières, etc. Du 5 au
31 janvier 2019. Centre naturel de
Scamandre, route des Iscles Gallician, 30600 Vauvert.
31 - La forêt de Rambouillet Promenade photographique de
Nicolas Belcourt au fil des
lumières et des saisons. Du 2 au
31 janvier 2019. Espace Agora
Pyrénées, 138 av. des Pyrénées,
31600 Muret.
31 - Nature nocturne - Série de
Nicolas Belcourt réalisée lors de
promenades nocturnes en forêt ou
au bord des étangs. Du 31 janvier
au 28 février 2019. Espace Agora
Pyrénées, 138 av. des Pyrénées,
31600 Muret.
32 - La forêt de Rambouillet Promenade photographique de
Nicolas Belcourt au fil des
lumières et des saisons. Jusqu’au
26 janvier 2019. Médiathèque,
place de l’Hôtel de Ville, 32600
L’Isle Jourdain.
33 - Nouvelles espèces de
compagnie. Roman - Entre art et
botanique, Suzanne Lafont
questionne l’évolution du végétal
en milieu urbain. Jusqu’au 8 avril
2019. Galerie des Beaux-arts, pl.
du colonel Raynal, Bordeaux.
34 - Extrême(s) - Photos de
Bertrand de Gouttes. Jusqu’au 11
janvier 2019. Galerie photo des
Schistes - Caveau des vignerons
de Cabrières, route de Fontès,
34800 Cabrières.
34 - Nature sauvage - Photos
d’Yvan Laussel. Du 4 au 28 janvier
2019. Le Kiasma, 34170
Castelnau-le-Lez.
35 - Vilaine, une histoire d’eaux Maquettes, plans aquarellés du
XVIIIe siècle, photos d’archives et
contemporaines documentent les
différentes facettes du fleuve.
Jusqu’au 1er septembre 2019.
Écomusée du Pays de Rennes, La
Bintinais, route de Châtillon-surSeiche, 35000 Rennes.
38 - Norwild, la Norvège côté
nature - Photos de Patrick
Delieutraz et Sylvain Dussans.
Jusqu’au 3 janvier 2019. Maison
de la montagne, 14 rue de la
République, 38000 Grenoble.
41 - Chaumont-Photo-sur-Loire Plusieurs expositions : “Portes de
glace et ciels du Maroc” par
Juliette Agnel, “Forêts” de Santeri
Tuori, “Renaissance(s)” d’Alex
MacLean et les travaux en
résidence de Davide Quayola et
Robert Charles Mann. Du 17
novembre au 28 février 2019.
Domaine de Chaumont-sur-Loire.
44 - Brumes matinales sur
l’étang - Photos de Joël Quardon :
aubes de brumes et de brouillard,
au bord des plans d’eau de Loire
Atlantique. Du 2 au 31 janvier 2019.
Mairie, 9 rue GH de la Villemarqué,
44360 Vigneux de Bretagne.
45 - 9e Expo photo d’Ouzouër
sur Trézée - Expo collective
proposée par Yves Danjon,
Philippe Gérard, Didier Ducanos,
Patrick Antzamidakis et Phil Léger
sur le thème “Faune, flore et
paysage”. Invité d’honneur : Gaël
Boeglin. Projections de
diaporamas, présentation de
matériel photo et de camouflage,
etc. Du 1er au 3 mars 2019. Salle
polyvalente, rue Saint Roch, 45250
Ouzouër sur Trézée.
49 - Les trois mondes - 9e festival
naturaliste de Juigné-sur-Loire,
organisé par l’association “Images
et Faune sauvage”. Projections de
films, exposition de sculptures de
Tidjé (invité d’honneur), expos
photo de Gérard Mignard, Alain
Rétrif, Joël Soleau et Marc Pihet.
Du 26 au 27 janvier 2019. Espace
Aimé Moron, route de Martigneau,
49610 Les Garennes-sur-Loires.
62 - Mes oiseaux de bon augure
- 40 photos d’oiseaux marins par
Alain Beauvois. Jusqu’au 9
décembre. La Ferme des
aigrettes, 62730 Marck en Calaisis.
68 - 10e Salon de l’oiseau et de la
nature - Expo-concours sur le
thème "Oiseaux et faune d’Alsace"
organisée par la LPO groupe local
Saint-Amarin. Du 26 au 27 janvier
2019. Cap de Saint-Amarin, pl.
des Diables bleus, rue de la gare,
Saint-Amarin. Infos, inscriptions :
lpo-saint-amarin@ laposte.net
68 - Salon de la Photo - Expos,
projections, stages et bourse au
matériel (les 2 et 3 février). Invité
d’honneur : Guillaume François. Du
1er au 3 février 2019. Salle MAB,
22 rue de la Marne, 68360 SoultzHaut-Rhin.
74 - D’un continent à l’autre L’évènement Nature à Annecy - 6e
édition de l’expo de photos
animalières de Bruno & Dorota
Sénéchal. 52 nouvelles photos et
un thème phare cette année : la
faune et les oiseaux des îles du
Pacifique. Jusqu’au 1er février
2019. Chambre de Métiers et de
l’Artisanat de la Haute-Savoie, 28
av. de France, 74000 Annecy.
74 - Festival Images & Neige Expo réunissant 17 photographes
dont le point commun est de
réaliser leurs photos en milieu
extrême de grand froid. Parrain de
cette 9e édition, Kyriakos Kaziras
présente sa série "White Dream",
autour de l’ours polaire. Stands
matériel et animations (marathon
photo le dimanche) complètent le
programme. Du 18 au 21 janvier
2019. Parvis des Esserts, 36 rue
du Marcelly, 74300 Cluses.
74 - Grands lacs alpins - Photos
de Rémi Masson. Une vision
sauvage des trois plus grands lacs
français des Alpes du nord :
Annecy, Le Bourget et
Aiguebelette. Jusqu’au 31
décembre. Grand hall principal de
Toutes les expos
la gare d’Annecy, place de la
gare, 74000 Annecy.
75 - Arctique : nouvelle frontière
- Reportage de Yuri Kozyrev et
Kadir Van Lohuizen (lauréats du 9e
Prix Carmignac du Photojournalisme) sur les conséquences de la
fonte de la banquise et sa
disparition totale à moyen terme.
Jusqu’au 9 décembre 2018. Cité
des sciences et de l’industrie, 30
av. Corentin Cariou, 75019 Paris.
75 - Chauvet-Pont d’Arc Installation de Raphaël Dallaporta
à partir de prises de vues
réalisées dans la grotte Chauvet.
Jusqu’au 6 janvier 2019. Le
CENTQUATRE-PARIS, 5 rue
Curial, 75019 Paris.
75 - Couleurs du Japon Paysages du Japon au fil des
saisons par Hidenobu Suzuki.
Jusqu’au 20 janvier 2019. Maisons
du Voyage, 76 rue Bonaparte,
75006 Paris.
75 - De pôle en pôle : un monde
disparaît - Le tour de la banquise
en 80 clichés signés Sebastian
Copeland. Jusqu’au 13 janvier
2019. Jardin du Luxembourg, rue
de Médicis, 75006 Paris.
75 - En dessous de zéro Christophe Jacrot poursuit son
exploration des hivers extrêmes
avec des photos prises là où le
vent souffle fort (Sibérie, Canada,
Vercors, Japon…). Du 27
novembre au 5 janvier 2019.
Galerie de l’Europe, 55 rue de
Seine, 75006 Paris.
75 - La vie des fleurs - Joëlle
Dollé exprime la puissance et la
sensibilité des fleurs dans des
compositions photographiques qui
évoquent la peinture flamande du
XVIIIe siècle. Jusqu’au 20 janvier
2019. Atelier de Belleville, 29 rue
de la Villette, 75019 Paris.
75 - L’oiseleur - Photos de Pentti
Sammallahti. Jusqu’au 29
décembre 2018. Galerie Camera
Obscura, 268 bd Raspail, Paris 14e.
75 - Nipêi Yuxîi - L’esprit des
plantes - Portraits des Hushahu
réalisés par Benoît Fournier par
impression sur des feuilles
cueillies dans la forêt où vit ce
peuple autochtone de l’état d’Acre
(Brésil). Jusqu’au 22 décembre
2018. Galerie Édouard de la
Marque, 15 rue de Lille, Paris 7e.
75 - Tibet - Minéral animal Photos de Vincent Munier : à la
rencontre de la panthère des
neiges. Jusqu’au 5 janvier 2019.
Galerie Blin plus Blin, 46 rue de
l’Université, 75007 Paris.
76 - Le Génie de la Nature Parcours immersif et interactif
rythmé par le collectif de
photographes “Géniale Nature”
(Christine et Michel Denis-Huot,
Sabine Bernert, Fabrice Guérin,
Maxime Aliaga, etc.). Jusqu’au 10
mars 2019. Muséum d’histoire
naturelle, place du vieux marché,
76600 Le Havre.
77 - Ours polaire - 45 photos de
Patrick Kientz. Conférences les 17,
19 et 21 décembre à 20h30. Du 15
au 22 décembre 2018. Salle Art &
Culture, parking Mairie, entrée rue
Mlle Poulet, 77450 Esbly.
84 - Ombre et nature - Photos de
“Ombre et Nature photography” :
couchers de soleil, contre-jours
animaliers, lumières naturelles,
etc. Jusqu’au 21 décembre 2018.
Naturoptère, 33 cours Jean-Henri
Fabre, 84830 Sérignan-du-Comtat.
84 - Portraits sauvages - Photos
de “Ombre et Nature
photography” : animaux sauvages
en N&B. Du 8 décembre au 31
mars 2019. Galerie L’Éphémère
Poésie de la Matière, 58 av. de la
république, 84250 Le Thor.
86 - Le petit prince du
Hornstrandir - Le renard polaire,
photographié en Islande Par
Fabien Zunino. Du 11 décembre
au 3 février 2019. Espace Mendès
France, 1 place de la cathédrale,
86000 Poitiers.
92 - Speed flyers - Insectes figés
à haute vitesse par Ghislain
Simard. Jusqu’au 4 janvier 2019.
Naturoscope, 92800 Puteaux.
94 - Pentti Sammallahti Rétrospective en plusieurs parties
de l’œuvre du Finlandais, dont une
réservée aux oiseaux. Jusqu’au 13
janvier 2019. Maison de la
photographie Robert Doisneau, 1
rue de la Division du Général
Leclerc, 94250 Gentilly.
Belgique - Les Mémoires
végétales - Photos de JeanFrançois Urbain et Alain Ceysens.
Du 11 décembre au 20 janvier
2019. Galerie Verhaeren, rue
Gratès 7, 1170 Bruxelles.
Belgique - Noir Flohay, the fallen
kingdom - Photos de François et
Eddy Rémy réalisées en hiver
dans les Hautes Fagnes. Présence
des photographes les 13, 20 et 27
janvier. Du 4 au 27 janvier 2019.
Office de tourisme, place du
marché, Jalhay-Sart-lez-Spa.
Suisse - De l’Islande au Jura Des renards polaires aux
blaireaux, des volcans aux
tourbières, la faune et les
paysages de l’Islande et du Jura
par Johann Boffetti et Alain Prêtre.
Du 8 au 16 décembre. Moulin de
Bayerel, Fenin-Vilars-Saules.
Suisse - Pôles, feu la glace Images inédites et témoignages
sur l’Arctique et l’Antarctique.
Jusqu’au 18 août 2019. Muséum
d’histoire naturelle, rue des
terreaux 14, Neuchâtel.
Vík, Islande © Marc Pihet - 9e Festival “Les trois mondes”, à Juigné-sur-Loire (49), du
26 au 27 janvier 2019.
17
© Kyriakos Kaziras - “Festival Images & Neige”, à Cluses (74), du 18 au 21 janvier 2019.
Renard polaire dans le Hornstrandir, Islande © Alain Prêtre - “De l’Islande au Jura”,
à Fenin-Vilars-Saules (Suisse), du 8 au 16 décembre.
Nat’Images
CÔTÉ
stages
AUVERGNE RHÔNE-ALPES
HAUTS-DE-FRANCE
Lac des Fées (73). Stage photo nature pour débutants dans le massif du Beaufortain. Apprentissage
des bases avec Sandra Bérénice Michel.
www.atmosphere-sauvage.fr ou 06-69-66-69-31.
Baie de Somme (80). Photo animalière (oiseaux et
mammifères) avec Lorraine Bennery. Dates : du 26
février au 2 mars. www.lorraine-bennery.fr
BOURGOGNE-FRANCHE COMTÉ
Côte d’Or (21). Stages proxi-macro de 2 jours,
tous niveaux, avec Laurent Fiol (fleurs sauvages,
orchidées, papillons, ascalaphes, etc.). 5 pers maxi.
Contact: laurentfiol@yahoo.fr - Tél. 06-74-35-76-15.
CENTRE
Brenne (36). Stages de trois jours (macro et photo
animalière) animés par Gilles Martin dans le parc
naturel de la Brenne. Dates : de juin à août. Tél. 0247-66-98-57. Site : gilles-martin.com
GRAND-EST
18
Lac du Der (51). Stages tous niveaux (pdv animalière mais pas seulement) avec Alain Balthazard,
photographe pro. À la carte. Tél. 06-88-78-72-20.
alain.balthazard@bbox.fr / photos-alainbalthazard.fr
Vosges (88). Stages photo “Mammifères du massif
vosgien” avec Thomas Meunier. Du 13 au 16 juin.
Renseignements: info@thomasmeunier.be www.thomasmeunier.be
Vosges (88). “S'immerger dans la nature pour la
photographier”, stage animé par Cindy Jeannon et
Jean-Pierre Frippiat. Dates : 11-13 janvier, 8-10
février, 15-17 février. Infos : www.cindyjeannon.com
Vosges (88). “Au fil de l’eau”, stage d’un jour animé
par Cindy Jeannon. Technique créative. Dates : 19
et 20 janvier. Infos : www.cindyjeannon.com
© Léo Gayola
Retrouvez le programme des stages de Léo Gayola sur
www.natureauvol.com ou sur www.unoeilsurlanature. com,
le site du nouveau collectif auquel il appartient (avec Jonathan Lhoir, Sylvain Dussans et Loïc Perron).
Nat’Images
NOUVELLE-AQUITAINE
Pays Basque (64). Stages de Fabien Dubessy.
Durée : 2 jours. 3 Thèmes : initiation/perfectionnement, macro "spécial ambiances" et poses longues.
6-8 personnes maxi. Prochaines dates : avril 2019.
Tél. 06-29-61-49-61 - www.fabiendubessy.fr
Réserve du Teich (33). Stages photo d’oiseaux
migrateurs/hivernants avec Joris Grenon. Thèmes :
créativité, ambiance, ornithologie. Dates : 8-9
décembre, 29-30 décembre. Tél. 06-82-36-05-69.
https://joris51.wixsite.com/monsite
OCCITANIE
Lac des Pises (30). Stage photo nature pour débutants dans le Parc des Cévennes. Apprentissage
des bases techniques avec Sandra Bérénice Michel.
www.atmosphere-sauvage.fr ou 06-69-66-69-31.
PROVENCE-ALPES CÔTE D’AZUR
Serre-Chevalier (05). Photo animalière et lumières
d’hiver (dans le Briançonnais et le Parc des Écrins)
avec Fred Malguy. www.balades-photos.com
Écrins (05) et Camargue (13). Stages de Léo
Gayola. ”Féérie d’hiver en Queyras” du 21 au 25 janvier, “Les oiseaux de Camargue” du 25 au 28 avril.
Tél. 06-98-41-04-77. www.natureauvol.com/stages
ÉTRANGER
Galàpagos. Voyage “Sur les traces de Darwin”,
organisé par Objectif Naturet animé par Maxime
Aliaga (lire page 40). Dates : du 7 au 14 avril 2019.
Programme, tarifs : http://maxime-aliaga.com
Himalaya.Voyage photo au royaume de la panthère
des neiges avec Sylvain Dussans. 6-26 février 2019.
www.sylvaindussans.com - Tél. 06-82-94-14-83.
Islande. Séjours “Renards polaires en manteau d’hiver” avec Philippe Garcia (4 au 10 février, 13 au 20
février 2019). www.explographe.com
Jura franco-suisse. La faune jurassienne et les
tourbières avec Alain Prêtre. Stages à la journée et à
la semaine toute l’année. www.alainpretre.ch
Laponie. Voyage photo organisé par Jean-Gabriel
Soula - Naturavista. Dates: 29 décembre au 5 janvier 2019. Tél.06-18-00-11-01. www.naturavista.com
Norvège. Voyage photo au pays des fjords et des
baleines avec Sylvain Dussans.18-25 janvier 2019.
www.sylvaindussans.com - Tél. 06-82-94-14-83.
Suisse. “Les amours du chamois” dans les Alpes
vaudoises avec Olivier Gilliéron. Plusieurs sessions
de novembre à décembre. www.imagesdenature.ch
Pays-Bas. Stages photo ornitho (gorgebleues, avocettes, spatules, etc.) sur l’île de Texel avec Thomas
Meunier. Du 27 avril au 4 mai. Renseignements:
info@thomasmeunier.be - www.thomasmeunier.be
Italie. ”La Toscane au printemps” avec Léo Gayola.
Dates : du 1er au 7 mai. Tél. 06-98-41-04-77.
www.natureauvol.com/stages
L'eau dans tous ses états - Jusqu’au
1er mars 2019. Concours ouvert à tous,
organisé par l’association Objectif Images
de Viry-Châtillon (91). Thème : "L’eau
dans tous ses états" (catégories couleur
ou monochrome). 5 photos maxi par
auteur et catégorie. Attention, concours
payant. Règlement : http://objectifimages-viry.fr/
4e Concours national d’art
photographique - Jusqu’au 31
décembre 2018. Concours ouvert à tous
les photographes et clubs de France,
organisé par le Cantal Photo Club
d’Aurillac. Thème libre. Deux catégories :
papier monochrome et papier couleur
(tirage sur support cartonné de 30 x 40
cm). 4 photos maxi par auteur et
catégorie (20 au total par club).
Règlement : www.cantal-photo-club.fr Attention, concours payant.
4e Festival Lorraine PhotoNature Jusqu’au 10 février 2019. Concours
ouvert à tous, organisé dans le cadre du
4e Festival “Lorraine PhotoNature” (à
Saint-Avold, du 30 au 31 mars 2019).
Thème : “Nature”. 6 catégories : oiseaux
sauvages, mammifères sauvages, autres
animaux sauvages, flore sauvage,
paysages naturels et une section
réservée aux étudiants et aux jeunes nés
après le 1er janvier 2001. 6 photos maxi
par participant, toutes catégories
confondues. Règlement :
http://lorrainephotonature.jimdo.com/
6e Festiphoto de Rambouillet Jusqu’au 31 mars 2019. Concours
organisé par l’association FFRO dans le
cadre du 6e Festiphoto de Rambouillet
(du 27 au 29 septembre 2019). Thème :
"Faune sauvage et paysage du massif
forestier rambolitain, du Parc naturel de la
Haute vallée de Chevreuse, de l’Île de
France et des régions limitrophes". Deux
catégories : -16 ans et adultes/juniors. 10
photos maxi par auteur. Règlement /
inscriptions : www.festiphoto-foretrambouillet.org
8e concours national d’art
photographique de Pérignat sur Allier
- Jusqu’au 15 janvier 2019. Concours
ouvert à tous, organisé par le club photo
de Pérignat-sur-Allier. Trois catégories :
monochrome, couleur et couleur nature.
4 photos maxi par catégorie. Format libre
sur support 30 x 40 cm. Règlement : Club
Photo de Pérignat sur Allier, Mairie, place
Onslow, 63800 Pérignat sur Allier. Tél.
06-61-90-59-37.
www.photoclubperignat-allier.com
Architecture / L’eau - Jusqu’au 8 mars
2019. Concours ouvert aux amateurs,
organisé par le club photo fontenaisien
(Fontenay-le-Comte, Vendée). Deux
thèmes : “Architecture” (N&B) et “L’eau”
(couleur). 3 photos maximum par thème
et par auteur (22 par club). Format mini :
18 x 24 cm, sur support 30 x 40 cm.
Règlement : Club Photo Fontenaisien,
maison des associations, 34 rue
Rabelais, 85200 Fontenay-le-Comte.
ESPACE
concours
19
www.club-photo-fontenaylecomte.fr Attention, concours payant !
Festival Natura l’Œil - Jusqu’au 1er
mars 2019. Concours ouvert à tous,
organisé par l’association Egletons Photo
Nature (Corrèze), dans le cadre du 2e
Festival Natura l’Œil. 5 catégories :
“L’arbre et la forêt”, ”Mammifères et
autres animaux sauvages”, “Oiseaux
sauvages”, “Paysages naturels d’ici et
d’ailleurs”, “Faune et flore en
proxy/macro”. 10 photos maxi, toutes
catégories confondues. Règlement :
EPNature.com
Festival Nature Ain - Jusqu’au 6 janvier
2019. Concours ouvert à tous, organisé
dans le cadre du “7e Festival Nature dans
l’Ain” (du 10 au 12 mai 2019 à HautevilleLompnes). Thèmes : Paysage, Faune,
Oiseau, Macro. Une section est réservée
aux jeunes et aux étudiants. 3 photos par
auteur et par catégorie. Règlement :
www.festival-nature-ain.fr
Nature en ville - Jusqu’au 31 janvier
2019. Concours ouvert à tous, organisé
dans le cadre des 29e Rencontres
Cinéma-Nature (du 5 au 7 avril à
Dompierre-sur-Besbre). Thème : “Nature
en ville”. 4 photos maxi par auteur.
Règlement et inscription :
www.rencontres-cinema-nature.eu
Prix Alan Johnson - Jusqu’au 25 janvier
2019. Concours ouvert à tous, organisé
dans le cadre du “11e Festival de la
Camargue et du delta du Rhône” (du 3
au 9 mai 2019). Thème : “Nature
sauvage”. 5 catégories : A) Image unique ;
B) Image unique en Camargue ; C)
Portfolio de 5 images ; D) Image unique
Homme-Nature ; E) Image unique
(catégorie réservée aux moins de 20
ans). 5 photos maxi par catégorie. Le jury
sera présidé par Jonathan Lhoir.
Règlement : www.festival-camargue.fr Attention, concours payant.
Voies de communication - Jusqu’au
15 janvier 2019. Concours ouvert à tous,
organisé par l’association Portique.
Thèmes : “Voies de communication :
fleuve, canal, piste, rue, route, chemin,
sentier, etc.” (gare au hors-sujet : voies de
communication et non moyens de
communication type avions, trains,
bateaux ou autos). Trois photographies
maximum par auteur. Attention, concours
payant. Règlement : Portique, Mairie, 8
place de la mairie, 84110 Puyméras.
cris.ber@laposte.net
APPELS À EXPOSER
Les rencontres photographiques
“Regard Ventoux Baronnies” se
dérouleront à Montbrun Les Bains (26) et
Aurel (84) du 7 au 9 juin 2019. Les
photographes passionnés de nature qui
souhaitent y participer ont jusqu’au 31
janvier 2019 pour soumettre leur
candidature. Plus d’informations sur :
www.regardventouxbaronnies.photo
Le 6e Festiphoto de Rambouillet,
organisé par l’association FFRO, se
tiendra du 27 au 29 septembre 2019. Les
photographes souhaitant y exposer
peuvent soumettre leur projet avant le 31
mars 2019. Thème : “Fauve sauvage et
paysage”. Modalités : www.festiphotoforet-rambouillet.org
Le 4e Festival Spot-Nature aura lieu
aux Jardins suspendus du Havre (76) du
6 au 8 septembre 2019. Chaque auteur
pourra présenter un maximum de 12
photos autour de la nature (trois
catégories : faune, flore, paysage). Date
limite de dépôt des candidatures : 15 avril
2019. Modalités : http://spotnature.fr Envoi des fichiers :
selection.spot.nature.2019@gmail.com
Ci-dessus –
Héron à l’aube,
St-Germain-en-Laye
© Adrien Coquelle
Grâce à cette photo,
Adrien Coquelle a
remporté le Grand
Prix du 5e Festiphoto
de Rambouillet.
Si vous voulez suivre
son exemple, participez à la prochaine
édition du concours
en envoyant dès
maintenant vos photos de nature sauvage. Attention,
celles-ci doivent
impérativement avoir
été prises dans le
massif forestier rambolitain, le Parc naturel de la Haute Vallée
de Chevreuse, l’Île
de France ou les
régions limitrophes.
Règlement :
www.festiphotoforet-rambouillet.org
Nat’Images
Bart Vercruysse & Pol Dewulf
Skokholm
Dream Island
Skokholm Dream Island
Photos et textes :
Bart Vercruysse
& Pol Dewulf
Autoédition
Tirage: 300 ex.
Format: 16x16 cm
64 pages,
40 photos
Prix: 20 €
(+5 € de port)
En vente
chez les auteurs:
leopolddewulf@
gmail.com
Page de droite –
20
1- Océanite tempête en vol en
plein milieu de la
nuit, au-dessus
de son territoire
de nidification.
2- Trois heures
du matin. Les
puffins des
Anglais quittent
l'île avant les
premières lueurs.
3-Les puffins des
Anglais se rassemblent près de
l'île. Ils attendront
que tombe la nuit
pour s'aventurer
à terre.
4-Lichen
5-Huîtrier-pie
6-Pingouin torda
7-Phoque
8-Le phare de
Skokholm. Dans
les terriers de
cette prairie verte
se cachent des
dizaines et des
dizaines de puffins des Anglais.
Le jour, il n'y a
pas la moindre
indication de
cette vie extraordinaire.
Nat’Images
Nat’Images – Quelle drôle d’idée
de faire un livre photo nature sur la
capitale de la Suède… ;-)
Bart Vercruysse & Pol Dewulf –
Non, pas Stockholm, Skokholm.
C’est une petite île située au sudouest du Pays de Galles, un grand –
tout est relatif – “caillou rocheux”
planté dans la mer Celtique.
Pourquoi ce choix ?
Skokholm est une vraie merveille.
L’île abrite les colonies les plus
denses au monde de puffins des Anglais (60000 couples). Le petit océanite tempête y niche également en
concentration étonnante. Le plus
surprenant, c’est que tout ce beau
monde ne vient sur l’île que pendant
la nuit. En effet, au cours de l’évolution, ces oiseaux de mer ont perdu
leur mobilité sur la terre ferme au
profit de leur capacité à voler et à
survivre sur les océans. Seule la nécessité de pondre les ramène à terre.
Comme ils constituent des proies
fragiles sur terre, ils ne s’y aventurent que sous le couvert de la nuit
quand les goélands, leurs prédateurs, ne peuvent pas les attraper. En
outre, ces oiseaux qui normalement
sont silencieux, deviennent très
bruyants quand ils visitent leurs colonies de nuit. Les marins qui passaient dans les environs ont d’ailleurs longtemps pensé que ces
bruits nocturnes provenaient d’autres marins perdus en mer !
Comment est né le projet ?
Pol Dewulf – Dès le début, en
2013, l’objectif a été de photographier les puffins des Anglais et, si
possible, les océanites en vol, de
nuit et au-dessus de leurs territoires
de nidification — d’où le nom du
projet : “Vol de nuit”. À sa première
visite à Skokholm, en mai 2013, Bart
n’avait pas pu faire de photos de
puffins en vol pendant la nuit et… il
n’avait vu aucun océanite. Il pouvait
juste entendre, dans la nuit noire, les
“to-bac-co, to-bac-co” hurlés par les
puffins et les doux “trr-check, trr-
check” des océanites, un chant
comparé à celui des fées. L’envie de
relever le défi de photographier ces
oiseaux, la nuit, est néeainsi !
Il a donc fallu développer une
technique de prise de vue nocturne. Comment avez-vous fait ?
Pol Dewulf – Des techniques de
photo de nuit, ça existait chez les
spécialistes des chauves-souris et
d’autres animaux nocturnes mais
l’apprentissage n’avait rien d’évident. C’est un coup de chance qui
nous a permis de progresser. Lors
du festival Nature Namur en 2014,
l’exposant voisin de Bart, Éric Médard, présentait son livre Passeurs
de Lunes, qui ne contient que des
photos de nuit. Éric a 25 ans d’expérience dans le domaine. Bart lui a
parlé de son projet fou d’aller photographier des oiseaux marins, de nuit,
sur un caillou venté dans la mer Celtique. Ils se sont mis d’accord pour
relever le défi ensemble et c’est au
cours de l’été 2015 qu’ils sont arrivés avec des valises pleines de matériel sur Skokholm. Malgré le mauvais temps, ils ont sorti des
premières images prometteuses.
Éric, fidèle à ses habitudes, ne travaillait qu’en infra-rouge et donc
sans dérangement aucun pour les
oiseaux, tandis que Bart travaillait
encore à la lumière naturelle avec
plusieurs flashs.
Et puis, en juin 2017, vous êtes
encore repartis sur Skokholm pour
une troisième visite.
Bart Vercruysse – Oui, je voulais
compléter la série. Comme Éric travaillait sur d’autres projets, j’ai demandé à Pol, un ami de longue date,
de m’accompagner. Je lui ai promis
une semaine de nuits blanches sur
une île ventée, sous la pluie battante
et sans garantie de faire de bonnes
photos. Là où tout le monde aurait
décliné, Pol a accepté ! Et nous
avons réussi des images de rêve.
Lors de votre quatrième visite en
mai 2018, vous êtes passés à l’in-
fra-rouge. Pourquoi ce choix ?
Pour réduire le dérangement au
minimum absolu. Avec cette technique, le déclenchement des flashs
devient invisible et n’a plus le moindre effet sur les trajectoires de vol
des oiseaux. Mais c’est d’autant plus
contraignant : il faut modifier les boîtiers reflex, développer des “boîtes
IR” pour les flashs, trouver un système performant pour déclencher les
flashs, etc. Sans l’aide d’Éric Médard, par mail et par téléphone, ça
n’aurait jamais marché. Merci Éric !
Le nombre de photos prises de
nuit est au final assez faible par rapport au total des images du livre.
Nous voulions aussi montrer l’île
et ses autres habitants : le macareux
moine, le pingouin torda, le fulmar,
l’huitrier-pie, le goéland, ou encore
quelques fleurs et lichens.
Comment est né le livre ?
L’an passé, nous avons commencé
à préparer un dossier pour Montier et
dès le départ, l’idée d’y ajouter un livre nous a paru un bon choix. C’est
un autre ami, Emmanuel Boitier, qui
nous a guidés pour la mise en page
et pour la conception. C’est lui qui a
“fait” le livre! Merci Manu!
Et votre prochain projet ?
“Vol de Nuit 2 !” Il y a énormément
à faire sur les oiseaux marins, de nuit
évidemment, sur des îles situées en
Europe. Des images qui n’ont jamais
été faites, faute de lien entre
connaissance technique et passion
ornithologique. Nous en avons encore pour des années ! Les îles du
Cap Vert, les Açores, les Canaries
nous attendent. Nous sommes impatients de continuer nos découvertes !
Nous avons pris contact avec des
chercheurs qui travaillent sur plusieurs îles. Notre programme pour
l’hiver et le printemps 2019 commence à prendre forme. Nous espérons réaliser des premières mondiales sur des espèces peu connues.
On vous tiendra au courant !
2
3
4
5
6
7
8
Nat’Images
Le livre du mois
1
22
Montier 2018
Le portfolio du concours
23
Anne Mäenurm
Lighting up the forest
Grand Prix du Festival
24
À gauche, de haut en bas–
Pedro Jarque
Conspiration
Mandrills (Mandrillus sphinx)
Prix Images fixes revisitées
Quentin Martinez
The displeased guardian
Caméléon (Calumma parsonii)
Prix Autres animaux sauvages
Canon EOS 6D,
15 mm, f/22, 1,6 s, 100 ISO
Bence Maté
Dandelion
Rats palmistes (Xerus erythropus)
Prix Mammifères sauvages
Nat’Images
25
Ci-dessus –
Double page précédente –
Franco Banfi
From the cloud
Anne Mäenurm
Lighting up the forest
“L’anaconda vert (Eunectes murinus)
est le plus gros serpent du monde, il
peut dépasser les 6 m de long, pour
30 cm de diamètre et plus de 200 kg.
En s’agitant dans le lit de la rivière
Formoso (Bonito, Brésil), ce spécimen
créait de petites vagues qui donnaient
l’impression qu’il sortait des nuages.
Il s’est approché de moi et sa langue a
même touché le dôme du caisson
étanche où se trouvait mon appareil.”
“Cette photo, prise dans la région de
Bologne (Italie), montre l’atmosphère
magique que revêt la forêt à
l’approche de l’été, lorsque les lucioles
(Photuris lucicrescens) partent à la
recherche d’un partenaire. La lumière
qu’elles produisent alors (par
bioluminescence : réaction chimique à
l’intérieur de leur abdomen) ponctue
les bois de traits jaunes, pour peu
qu’on utilise un temps de pose long.”
Prix spécial du Jury
Grand Prix du Festival
Canon EOS-1DX Mark II, 8-15 mm f/4 fisheye
USM, à 15 mm, f/11, 1/100 s, 320 ISO
Canon EOS 5D Mark III, EF 70-200 mm f/2,8 L
USM, à 110 mm, f/2,8, 242 s, 2000 ISO
Concours photo nature | Montier-en-Der 2018
Ci-dessus –
Page de droite, en haut –
Page de droite, au milieu –
Page de droite, en bas –
Pierre Colin
Vol féérique
Manuel E. Gonzales Carmona
Grandparents
Yuan Minghui
Woods in a pod
Benjamin Orgogozo
Esquisse
Goéland à bec cerclé
(Larus delawarensis)
Sapins d’Andalousie
(Abies pinsapo)
Trois cosses au pied d’un
arbre, Liaoning, Chine
Torrent dans la calotte
glaciaire, Groenland
Prix Oiseaux sauvages
Prix Plantes sauvages
Prix Graphisme, forme, matière
Prix Paysages du monde
Nikon D4S, 200-400 mm f/4,
à 400 mm, f/8, 1/2000 s, 400 ISO
Canon EOS 7D Mk II, 24-105 mm f/4,
à 24 mm, f/7,1, 1/1250 s, 200 ISO
Nikon D3S, 90 mm f/2,8,
à f/13, 1/80 s, 1000 ISO, -2/3 IL
Nikon D800, 20 mm f/1,8,
à f/14, 1/60 s, 100 ISO
Nat’Images
Concours photo nature | Montier-en-Der 2018
28
Ci-dessus –
Juan Jesús Gonzalez Ahumada
Un endroit pour vivre
Nid de cigognes blanches
(Ciconia ciconia) dans la raffinerie
de San Roque (Cadix)
Prix L’homme et la nature
Canon EOS 6D, 70-200 mm f/4 +
multiplicateur x1,4, à 200 mm (soit 280 mm),
f/5,6, 1/2500 s, 1600 ISO, -1 IL
Ci-contre –
Didier Couvert
Rixe pour les yeux d’une belle
Violent combat entre deux lions
pour les faveurs d’une femelle dans
le parc transfrontalier du Kgalagadi,
entre Botswana et Afrique du Sud.
Prix Séquences images fixes
Nikon D800E, 500 mm f/4,
à f/4, 1/500 s, 100 ISO (photos 1 et 2),
à f/4, 1/2000 s, 400 ISO (photo 3)
Nat’Images
29
Les membres du jury 2018, devant, de gauche à droite –
Luca Melcarne, photographe et naturaliste,
Thierry Vezon, photographe,
Alexis Rosenfeld, photographe,
Gilles Boeuf, biologiste,
Jean-Philippe Anglage, directeur scientifique Biosphoto.
Le comité technique, derrière, de gauche à droite –
Anthony Lemaire, club photo Léo Lagrange,
Maud Potier, chargée de programmation du festival,
Stéphane Denizot, club photo Léo Lagrange,
Pascal Bourguignon, Déclic Éditions.
Retrouvez l’intégralité du palmarès
sur www.photo-montier.org
Concours photo nature | Montier-en-Der 2018
Un hiver dans le massif du Jura
Pierre Maillet Dès les premiers frimas, Pierre Maillet quitte la capitale pour
rejoindre le nord-est de la France où il s’adonne à la photographie de la faune
sauvage et des ambiances hivernales, ses deux sujets de prédilection. Cet
adepte de l’affût (“moins dérangeant et plus contemplatif que l’approche”),
avoue une préférence pour le massif du Jura, territoire réputé pour ses forêts
et la diversité de ses espèces. Une réputation confirmée par les images !
30
26 décembre, 17h
Nuances ( 1)
6 janvier, 10h53
L’approche ( 2 )
J’ai monté sur mon reflex un téléobjectif afin de comprimer la perspective et trouver un cadrage
mettant en valeur la superposition
des rangées d’épicéas. La prise
de vue a été faite à main levée
grâce à une vitesse rapide et à
l’activation de la stabilisation de
l’objectif. Un ajustement de la balance des blancs avant le déclenchement a permis d’arriver au
résultat souhaité.
Incontestablement l’un de mes
meilleurs souvenirs en photographie animalière. J’ai eu la chance
lors de cette sortie d’observer longuement ce chat forestier et de le
photographier à loisir sous une lumière matinale très douce. Il alternait les moments de chasse et les
pauses pour se réchauffer au soleil. Last but not least, il est reparti
sans réaliser ma présence. La discrétion doit assurément être recherchée par le photographe, au
même titre que la qualité de
Canon EOS 70D, Sigma 500 mm f/4
Sports, à f/16, 1/800 s, 500 ISO
9 janvier, 10h27
Low-key sur le bouquetin ( 3 )
Cette image a été prise dans le
Jura suisse. En début de matinée,
une harde de plusieurs femelles et
cabris est sortie de la falaise dans
laquelle elle était réfugiée pour se
nourrir. Le bouquetin n’étant pas
craintif, j’ai pu observer les animaux sans réelle difficulté. J’ai
souhaité mettre en valeur cet individu en utilisant la technique lowkey. J’ai donc sous-exposé et
effectué une mesure spot. Tout
comme le blanc, le noir isole et valorise le sujet.
Canon EOS 6D, Sigma 500 mm f/4
Sports, à f/4,5, 1/400 s, 200 ISO
25 janvier, 14h
La fuite (4 )
Les renards sont très actifs en
cette période, même en journée.
Alors que j’attendais à distance
l’arrivée d’un animal, ce renard est
sorti à la lisière de la forêt, les derniers arbres le plongeant dans
l’ombre et créant cette ligne sur
laquelle il évolue. Alerté par un
bruit, il fit immédiatement demitour. J’ai eu le temps de déclencher à seulement deux reprises.
Cette photo témoigne de l’extrême vigilance et de l’acuité des
sens de cet animal.
Le choix du format s’est porté sur
le 16:9 pour accentuer le caractère dynamique de l’image. L’esthétique est renforcée par le flare.
Canon EOS 70D, Sigma 500 mm f/4
Sports, à f/8, 1/800 s, 100 ISO
Nat’Images
• www.pierremaillet.com
• www.instagram.com/
a-travers-la-nature/
l’image. Robert Hainard l’écrivait à
cet égard, en 1948, dans Mammifères sauvages d'Europe : “Je
n'aime pas intervenir dans la vie
des bêtes, ni établir un lien personnel entre elles et moi ; les observer sans les troubler, tel est
mon goût.”
Je remercie Fabien Gréban dont la
connaissance du territoire jurassien a été précieuse pour la réalisation de cette image et d’autres
présentées ici.
Canon EOS 70D, Sigma 500 mm f/4
Sports, à f/8, 1/640 s, 200 ISO
26 janvier, 11h32
Cincle en panoramique (5 )
La résistance à l’hiver de ce passereau sédentaire force l’admiration. Tant qu’il accède à l’eau, le
cincle plongeur n’est pas gêné par
le froid. Cet oiseau ne sembla pas
troublé par ma présence, à seulement quelques mètres de distance. Ces conditions favorables
m’ont permis de réaliser une série
avec des angles variés, dont ce
panorama composé de quatre
images.
La lumière ne faisant pas défaut,
j’ai choisi de fermer le diaphragme
pour avoir une plus grande profondeur de champ et ainsi gagner en
netteté, le cincle plongeur n’étant
pas plus gros qu’un merle.
Canon EOS 70D, Sigma 500 mm f/4
Sports, à f/8, 1/640 s, 250 ISO
Almanach / Décembre-janvier
2
1
3
31
4
5
Nat’Images
Nat’Images
Les scientifiques ont
découvert récemment
que les pigments
rouge et orange que la
peau excrète
lorsqu’elle est brûlée
par le soleil (phénomène qui a longtemps
fait croire que l’hippopotame transpirait du
sang) possèdent des
propriétés antibiotiques
qui inhibent les bactéries pathogènes. Ces
pigments agissent
également comme une
crème solaire en protégeant la peau des UV.
Canon EOS-1DX Mk II,
500 mm, f/10, 1/320s,
640 ISO
33
Marie-Luce Hubert
Jean-Louis Klein
À fleur d’hippos
Zambie
Animal sauvage mais familier, paisible mais dangereux,
l’hippopotame est finalement mal connu du grand public.
L’idée de lui consacrer un article s’est imposée quand nous
avons découvert les photos réalisées l’été dernier en Zambie
par Marie-Luce Hubert et Jean-Louis Klein. L’occasion pour
eux de tenter une première approche des “chevaux du fleuve”.
Nat’Images
34
Nat’Images – Quand avez-vous
réalisé ce reportage?
Marie-Luce Hubert & Jean-Louis
Klein – Cela remonte à fin août-début
septembre. C’est la première fois que
nous nous rendions en Zambie. Ces
dernières années, nous étions surtout
allés en Afrique du sud ou au Botswana pour les suricates (cf. N.I. n°45).
Nous nous sommes rendus dans le
parc national du Luangwa où se
trouve la plus forte densité d’hippopotames d’Afrique: 25000 vus du ciel,
42 hippos au kilomètre carré, 20 % de
la population mondiale. Nous nous
sommes concentrés sur les hippos
car la rivière fait d’énormes méandres
provoquant des bancs de sable dans
lesquels on trouve des troupeaux de
plusieurs dizaines de têtes en général.
C’est un parc où ils vivent dans de
bonnes conditions?
Ils sont protégés, mais une épidémie d’anthrax il y a quelques années a
nécessité de faire un gros prélèvement. La population saine actuelle est
jugée encore trop importante pour
certains écologistes qui recomman-
Nat’Images
dent un nouveau prélèvement “préventif” pour éviter une nouvelle épidémie. Sauf que les personnes qui organisent des safaris sur place voient
cela d’un mauvais œil, forcément. Sinon, ce sont des animaux paisibles
tant que l’on ne vient pas les chercher.
Il existe des consignes de sécurité
quand on s’aventure près de la rivière
et pour les safaris à pied tels qu’ils se
pratiquent dans cette région, contrairement au Kenya ou à la Tanzanie.
un peu justice et de le faire découvrir.
Le soir, à la tombée de la nuit, ils sortent de la rivière et s’aventurent très
loin dans les terres, à 4 ou 5 km pour
brouter. Le matin très tôt, ils reviennent à la rivière. Comme chacun sait,
l’eau est primordiale pour leur éviter
de souffrir du soleil. Il nous arrive d’en
croiser la nuit dans les phares de la
voiture au même titre que les lions.
Quelles sont ces consignes?
Il faut faire attention à ne pas se retrouver entre eux et l’eau, car ils se
sentent alors vulnérables et peuvent
charger. C’est l’animal responsable du
plus grand nombre de décès en
Afrique. Ils renversent les barques des
pêcheurs où attaquent les femmes qui
vont chercher de l’eau en passant par
les couloirs qu’ils empruntent…
Quelles attitudes vous ont semblé
intéressantes?
Parmi les attitudes typiques, on
trouve les bâillements, grâce auxquels
ils communiquent. Il n’y a que les gros
mâles qui peuvent se permettre un
bâillement à 150° d’ouverture. C’est
un signe hiérarchique. Les autres, plus
soumis, font ça de manière plus discrète. On peut assister alors à des
bâillements en chaîne comme chez
les humains.
Comment est né votre intérêt pour
les hippopotames?
L’hippopotame ne fait pas partie du
“Big five” et on le connaît en fait très
peu. C’était une manière de lui rendre
Résidiez-vous au sein du parc?
En tant que photographe, le mieux
est de se rendre en lodge. Cela évite
d’avoir à sortir du parc tous les soirs.
Et ainsi on profite des premières lu-
Ci-dessus –
L’hippopotame
n’est pas sans rappeler une créature
antédiluvienne:
corps glabre en
tonneau posé sur
des pattes courtaudes, mufle démesuré fendu d’un
large sourire, petits
yeux plantés dans
un crâne massif en
forme de sablier.
C’est aussi un animal bourré de
contradictions:
agressif et débonnaire, grégaire mais
susceptible et
prompt à combattre. Un mammifère
qui semble hésiter
entre une vie terrestre et aquatique.
Canon EOS-1DX
Mark II, 600 mm,
f/5,6, 1/800 s,
2000 ISO
Ci-contre –
Plus un individu bâille à
s’en décrocher les mâchoires, plus il occupe
une place importante
dans la hiérarchie du
groupe. Seuls les
mâles dominants écartent leurs mâchoires à
150°, découvrant d’impressionnants sabres
d’une quarantaine de
centimètres plantés
dans le maxillaire inférieur.
Canon EOS-1DX Mark II,
100-400 mm, f/10,
1/1600 s, 800 ISO
Ci-contre –
La saison sèche s’installe, le niveau du fleuve
baisse. Pour l’instant,
les “hippopools” offrent
encore un certain
confort. Mais bientôt,
des centaines d’individus vont s’agglutiner
dans les marigots telles
des sardines. Avec la
promiscuité, la tension
ne va pas tarder à
monter.
Canon EOS-1DX MarkII,
600mm, f/9, 1/250s,
1250 ISO
35
Ci-contre –
Cet hippo en pleine
sieste ne semble pas
dérangé outre mesure
par ces bruyants passagers. Toiletteurs attentionnés, les piquebœufs inspectent minutieusement chaque
centimètre de peau,
délogent les tiques, curent les plaies, piochent
un morceau de chair
au passage, plongent
dans les naseaux…
Canon EOS 1DX Mark II,
500 mm, f/8, 1/1250 s,
500 ISO
À fleur d’hippos | Marie-Luce Hubert & Jean-Louis Klein
36
Dans une vie de photographe, il y a ces moments de grâce qui font oublier tous les efforts: ce matin-là, un soleil de sang s’extirpe difficilement d’un ciel poussiéreux et un hippopotame rejoint sans se presser son dortoir aquatique après avoir pâturé toute la nuit. Genoux plantés dans le sable mouillé, 500 mm à main levée,
index en mode rafale… et une apnée prolongée devant la magie de l’instant. Ces “bonbons photographiques”, nous en sommes tous accros. Les six jours suivants, nous retournons à l’aube sur cette portion du fleuve, toujours dans l’espoir de faire mieux ou différent. Les conditions semblent identiques, et pourtant la
berge ne s’est plus jamais enflammée sous les pas d’un hippo. Canon EOS-1DX Mark II, 500 mm, f/8, 1/1000 s, 800 ISO
mières du jour. C’était un voyage de
repérage de 15 jours pour nous. Au
bout de 3-4 jours, on voit comment
tout fonctionne, y compris du point de
vue des animaux, les endroits qu’ils
préfèrent fréquenter, etc. Mais on
n’est jamais à l’abri d’une surprise.
Nous étions assez tranquilles pour
faire nos prises de vues. Beaucoup
de touristes étaient intéressés par les
lycaons ou les léopards; ils n’avaient
pas la patience de rester des heures
au contact des hippos.
Comment se découpaient vos
séances photo dans la journée?
Les prises de vues ne s’étendaient
guère plus d’une heure le matin et le
soir. On a fait quelques affûts aussi en
début d’après-midi: grâce à la réflexion de l’eau, on peut se jouer de la
lumière dure de la pleine journée. Cela
casse les ombres. Et c’est à ce moment qu’il y a de l’action. Ce sont des
animaux grégaires, ils se mettent souvent ensemble mais ils ont des problèmes de promiscuité. Ils sont couverts de cicatrices à cause des
combats et des coups de dent. À partir de mi-août, le niveau de l’eau
Nat’Images
baisse et il ne reste plus que des
poches d’eau et de boue qu’on appelle “hippopools”. Les hippopotames
s’y rassemblent, ce qui rajoute de la
tension.
Et le reste du temps, comment
s’organise la journée?
On part à 5h30 le matin et on quitte
la savane vers 10 heures parce que la
lumière n’est plus bonne. Jusqu’à
15 heures, on reste au lodge pour jeter un coup d’œil aux images, voir ce
qui est réussi et ce qu’il faut refaire si
besoin. Pas le temps de faire la sieste.
Avez-vous profité de votre séjour
pour photographier d’autres sujets?
On ne savait pas comment ça allait
se dérouler avec les hippos. Au final,
tout s’est bien passé et nous sommes
rentrés avec près de 27000 photos.
En Zambie, on trouve aussi des éléphants particuliers, plus petits que
dans d’autres régions et avec des défenses plus longues mais très fines.
Ces caractéristiques physiques sont
liées au braconnage qui a sévi là-bas
et décimé tous les grands reproducteurs. Du coup, ce sont ceux qui res-
taient, les plus petits, qui ont transmis
leurs gènes. On trouve énormément
d’oiseaux aussi, auxquels se mêlent
ceux venus d’Europe à partir du mois
de septembre. Moi ça me tente, mais
Marie-Luce il lui faut du poil! (ndlr —
elle a fait des études d’éthologie)
Quel matériel photo aviez-vous?
Comme d’habitude: 500 mm pour
Marie-Luce, 600 mm pour moi et un
100-400 mm chacun sur les Canon
EOS-1DX. On attend que Canon sorte
des boîtiers plus petits. L’EOS R, l’hybride plein format qui vient de sortir,
n’est pas encore tout à fait pour nous
mais ça commence à être bon. La rafale ne s’élève qu’à 5 images/seconde, c’est limite pour les photos
d’action. C’est parce qu’elle bénéficiait d’une bonne cadence que MarieLuce a eu la chance de photographier
un petit hippo en train de courir. Le
nouveau 600 mm, en revanche, nous
convient parfaitement. Un kilo de
moins à porter, c’est idéal pour nous
qui photographions tout à main levée.
Et comme on a les mêmes boîtiers, on
peut opérer avec les mêmes automatismes sans avoir à réfléchir.
Page de droite –
Lorsque l’hippopotame joue au sousmarin, il lui suffit de
sortir les naseaux
pour que ses yeux
et ses oreilles
s’alignent dans le
même plan à la
surface de l’eau.
Équipé de ce triple
périscope,il peut
respirer, sentir, voir
et entendre tout ce
qui se passe à l’air
libre tout en restant
immergé.
Canon EOS-1DX
Mark II, 500 mm, f/8,
1/640 s, 800 ISO
37
Ci-contre –
Quand la phase
d’intimidation ne
débouche pas sur
la soumission d’un
protagoniste, les
mâles se livrent bataille dans une eau
bouillonnante et un
concert de beuglements retentissants. Les duels
sanglants sont
nombreux, parfois
mortels…
Canon EOS-1DX
Mark II, 100-400mm,
f/11, 1/800 s,
640ISO
38
Ci-dessus –
Dans nos dos, une femelle hippopotame déboule de nulle part, suivie de son jeune. Pas le
temps de changer d’optique, la mère est déjà sur le point de rejoindre l’eau. L’adulte dépasse de “toutes les coutures” mais le petit rentre dans le cadre. Hors de l’eau, l’hippopotame se sent vulnérable et l’humain qui se trouve par mégarde entre lui et l’eau court un
grand danger: voyant sa voie de retraite coupée, ce patibulaire mastodonte se métamorphose en un bulldozer lancé à 45 km/h et fonce tout droit, renversant tout sur son passage.
Canon EOS 1DX Mark II, 500mm, f/8, 1/160 s, 800 ISO
Nat’Images
Ci-dessous –
Chaque nuit, les
hippos parcourent
entre 3 et 10 km,
ingurgitant une
soixantaine de kilos
de végétation. À
l’aube, ils quittent
les pâturages nocturnes pour rejoindre la sécurité de
l’eau. Ce groupe
traverse une plage
de sable en soulevant une poudre
orange. Bientôt, le
fleuve résonne des
puissants ahanements, le temps
que chaque famille
se réapproprie sa
portion de rivière.
Canon EOS-1DX
Mark II, 500 mm,
f/6,3, 1/400 s,
500ISO
Que pensez-vous de l’utilisation
des drones?
Ça nous a traversé l’esprit, mais
c’est interdit là où on va, et puis c’est
un bagage en plus si on veut y coller
un boîtier 24x36. C’est une tout autre
pratique. Sans parler du dérangement
que cela occasionne souvent. On est
de la vieille école, on préfère être derrière l’œilleton. On a le frisson en plus!
Comment vous répartissez-vous le
travail sur place?
On fonctionne à l’instinct. Il nous
arrive de nous planter mais en général les rôles sont bien distribués.
La plupart du temps, l’un utilise un
zoom et l’autre une longue focale
fixe. De même pour les cadrages
verticaux et horizontaux. La force de
l’habitude fait le reste. On se
consulte quand on veut vraiment
assurer une attitude bien particulière
sous tous les angles. En voiture, je
suis très bas tandis que Marie-Luce
est au-dessus. Parfois ça fait la
différence. On n’a pas le droit à
l’erreur dans ces conditions. Pour
l’éditing, on fait le tri à deux sans
regarder qui a fait quoi. On ne prend
que le meilleur.
Depuis le temps que vous fréquentez l’Afrique, avez-vous
constaté des changements?
Ce que l’on remarque, c’est la venue
d’une nouvelle clientèle chinoise, indienne et russe, qui nous complique la
vie. Par exemple, on voudrait aller au
Botswana en lodge à l’automne 2019
et tout est déjà complet. Pour la plupart, ces nouveaux touristes n’ont pas
la culture du terrain. Il y a une grosse
part de sensibilisation et d’éducation à
faire. Ils sont dans un mode consumériste très fort vis-à-vis de l’animal. Ils
ont la main leste pour laisser des pourboires aux guides et pouvoir faire ce
qu’ils veulent. Forcément, c’est préjudiciable pour le reste. Il faut bien connaître les lodges et les guides pour travailler dans de bonnes conditions. Quand
on dit qu’on est pro et qu’on explique
ce que l’on est venu chercher, ça se
passe mieux. Les guides préfèrent travailler dans ces conditions. Leur savoir
est valorisé et cela va dans le sens de
la nature, du rythme de la savane.
Comment cela s’est-il précisément
passé pour vous en Zambie?
Les premiers jours, on a eu un peu
de mal car notre guide était habitué à
des touristes lambda. Il avait les mauvais réflexes, ne s’arrêtait pas aux
bons endroits ou s’approchait trop
des animaux. Du coup, on les dérangeait et leurs comportements n’étaient
pas authentiques. Mais en communiquant, tout s’est arrangé. Certains
prennent les guides pour des “boys”
et leur adressent à peine la parole.
D’autres sont dans une logique de
consommation maximale, ils se pressent et ne prennent pas le temps
d’apprécier. Les guides sont précieux
et sont généralement passionnés par
ce qu’ils font. C’est pour ça aussi
qu’on préfère se déplacer en voiture
privée. On va à notre rythme et on
choisit les spots en fonction de nos
attentes.
Ce premier repérage appelle-t-il
un nouveau voyage?
Oui, nous avons déjà réservé pour
l’année prochaine. Un peu plus tard
dans la saison pour profiter de
concentrations d’hippos plus importantes. Et comme l’eau sera plus
basse, il y aura plus d’action!
Propos recueillis
par Frédéric Polvet
www.klein-hubert-photo.com
À fleur d’hippos | Marie-Luce Hubert & Jean-Louis Klein
Islande
Reykjavík
À seulement trois heures trente de Paris,
l’Islande reste pourtant une île hors du
temps. En perpétuelle évolution,
elle est souvent comparée à ces territoires
ancestraux soumis jour après jour
aux affres de la naissance du monde.
Une terre puissante, vibrante, vivante,
parfois hostile, souvent déchaînée mais
toujours éblouissante. Elle reste
pour les photographes du monde entier
une intense source d’inspiration
En route vers la magie !
40
Perçant les nuages, le soleil semble jouer sur l’or des montagnes noires.
Entre Dalakofinn et Hungursfit, Fjallabak dans le sud du Landmannalaugar.
Canon EOS-1DX, EF 70-200 mm f/4L IS USM, à 191 mm, f/8, 1/640 s, 500 ISO, -1/3 IL
Nat’Images
Denis Palanque
41
Nat’Images
42
Nat’Images
Prenant sa source au sud du glacier Vatnajökull, la rivière Tungnaá
traverse lentement de nombreuses zones humides des hautes
terres islandaises. Cette lenteur obsédante donne parfois l’impression qu’en Islande le temps peut s’arrêter ou du moins se
mettre en retrait le temps d’une pose. Linaigrettes de Scheuchzer
(Eriophorum scheuchzeri).
L’Islande est située juste sous le
66e parallèle, à seulement quelques
encablures du Groenland. À l’exception de quelques moines irlandais et
écossais venus y chercher, aux VIIe et
VIIIe siècles, un endroit propice à la
méditation, cette île est restée isolée
du monde et ne fut peuplée que très
tardivement. C’est en 861, par l’intermédiaire du Norvégien Naddoður, que
les peuples scandinaves la découvrirent. Mais l’île resta globalement inhabitée jusqu’à l’arrivée des premières
colonies vikings en 874, menées par
Ingólfur Arnarson, un Norvégien qui
fuyait son pays. L’Islande fut vraisemblablement l’une des dernières terres
émergées colonisées au monde.
Canon EOS 5D, Sigma 17-35mm EX f/2,8-4,
à 17 mm, f/16, 1/80 s, 640 ISO, -2/3 IL. Filtre Cokin GND 8 P121S.
Fragiles territoires
Ci-dessus –
Les sables fins et clairs des méandres de la rivière glaciaire
Helliskvisl contrastent avec le désert de lave tout proche de
Lambafitjarhraun.
Canon EOS 7D, EF 70-200 mm f/2,8, à 110 mm, f/8, 1/400 s, 200 ISO
Page de gauche, en haut–
Méandre de la Namskvils sous un ciel chargé à souhait. Au fond les
sommets arrondis de Suðurnámur. Région du Landmannalaugar.
Canon EOS 5D, Sigma 17-35 mm EX f/2,8-4 HSM,
à 17 mm, f/22, 1/60 s, 640 ISO, -1/3 IL. Filtre Cokin GND 8 P121S
Page de gauche, en bas –
Depuis, la donne a bien changé,
sous l’influence d’une mondialisation
quelque peu hors de contrôle. L’Islande ne semble pas épargnée par le
phénomène: certaines parties de l’île
sont régulièrement prises d’assaut
par des cohortes de touristes. En été,
le mythique triangle d’or Geysir, Gullfoss et Þingvellir (Thingvellir), site historique du premier parlement européen, ou l’incroyable lagon glaciaire
de Jökulsárlón dans le Sud, sont littéralement submergés par d’incessants
défilés de bus déversant des flots de
voyageurs venus du monde entier.
Certains y verront peut-être le début d’une invasion d’orques ou de
trolls. Mais si l’on se réfère au folklore
islandais, la présence salvatrice de la
lumière solaire serait censée transformer tout bon troll qui se respecte en
rocher aux formes évocatrices… Il
semble qu’il n’en soit rien et nos fourmis touristiques continuent à s’affairer
de jour comme de nuit, consommant
la découverte d’un territoire et d’une
culture comme une marchandise de
la génération zapping. À des annéeslumière donc du besoin contemplatif,
parfois maladif, du photographe qui
cherche à sentir, ressentir, s’imprégner, voire fusionner avec les lieux.
Qu’à cela ne tienne! L’Islande regorge de régions peu fréquentées et
de trésors naturels à même de vous
faire surchauffer le capteur et baisser
la tension artérielle.
Face aux éléments
Appréhender ces paysages bruts,
où les forces de la Nature nous rappellent à chaque instant notre place,
relève de l’aventure photographique.
L’homme et le matériel sont fréquemment mis à rude épreuve. En
été, les étendues de sables et de scories du Sud et des hautes terres cen-
Islande, voyage en terres elfiques | Denis Palanque
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trales sont balayées par des vents
parfois violents. Le sable, aussi mauvais pour le matériel photo que pour
les véhicules, s’insinue partout. Les
changements répétitifs d’objectifs
sont plus que déconseillés dans ces
conditions. D’autant que la pluie est
régulièrement de la partie, quels que
soient la saison et l’endroit.
La saison froide apporte ses panaches nocturnes et colorés que sont
les aurores boréales. Les journées hivernales, elles, se déclinent en une
chromie délicate de camaïeux de
bleu, de blanc ou de gris.
Pas de repos pour le posemètre en
hiver: il doit faire face aux blancs lumineux de la neige savamment ponctués du noir profond des roches volcaniques. Ces extrêmes poussent la
capacité dynamique de nos capteurs
dans leurs retranchements. Une “terre
de contrastes”, pour sûr! De même,
face à un ciel lumineux surplombant
de vastes étendues de roches volcaniques sombres, les filtres dégradés
vous seront d’une grande aide lors
des prises de vues. Ne les oubliez
pas lors du paquetage!
Caractère volcanique
L’envie du photographe est plus
forte que la météo ultra-changeante
Nat’Images
ou les difficultés techniques. Comment résister en effet à ce spectacle
permanent, ces paysages magnifiques, ces phénomènes géologiques
inattendus? On dit de l’Islande qu’elle
est unique au monde. Je ne peux que
confirmer. De glace et de feu, de lumière et de ténèbres, l’île est baignée
par des ambiances chargées et dramatiques ou des lueurs subtiles et
délicates. Chaque site, chaque coin
de terre est une invitation à remplir les
cartes mémoire.
L’explication de ce petit miracle est
avant tout géologique: l’Islande est
littéralement posée sur la ride ou dorsale médio-atlantique dont elle est
une émergence. La présence d’un
point chaud à l’aplomb de l’île provoque un bombement là où l’on pourrait s’attendre à un rift creux. Ainsi est
née l’Islande!
Cette faille coupe l’île en deux: la
partie orientale appartient à la plaque
tectonique eurasienne, la partie occidentale à la plaque nord-américaine.
Les mouvements tectoniques de notre planète contribuent à écarter ces
deux plaques, inlassablement, inexorablement. Si bien que l’île gagne
près de deux centimètres et demi
chaque année.
L’activité volcanique résulte de
cette géomorphologie unique. À rai-
son d’une éruption tous les quatre à
six ans, les paysages sont en
constante évolution. Ainsi, le cœur de
l’île est composé de vastes coulées
de lave, de déserts de scories ponctués de cratères, de rivières, de lacs,
de sommets et de volcans sous-glaciaires. L’Est et l’Ouest, quant à eux,
sont les territoires des fjords et des
tempêtes marines.
Autant de rudesse et d’austérité
apparente donnent à l’observateur
une impression de bout du monde et
une furieuse envie de laisser son imagination vagabonder. À marcher sur la
terre des elfes, comment ne pas se
laisser imprégner par les écrits, les légendes et le folklore local?
Imaginez-vous face à une coulée
basaltique couverte d’une couche de
mousse si dense qu’elle mesure plus
de 20 cm d’épaisseur. Au loin l’horizon se dessine sur fond de montagnes pastel où les rhyolites donnent
dans l’ocre, le jaune, le vert ou le
bleu. Ajoutez un ciel plombé de
nuages gris et lourd d’une eau qui ne
demande qu’à tomber en déluge.
Puis laissez une pointe de lumière
percer ce plafond tel un faisceau divin. À ce moment précis, le trépied
bien ancré dans ce sol d’encre, vous
pourrez ressentir ce petit frisson qui
ne doit rien froid ambiant.
Ci-dessus, à gauche –
La plage de sable noir de Reynisfjara est
bordée à l’est par une falaise d’orgues basaltiques fréquentée, été comme hiver, par
les fulmars boréaux (Fulmarus glacialis).
Canon EOS-1DX, EF 24-70 mm f/2,8L II USM
à 31 mm, f/13, 1/250 s, 320 ISO, -2/3 IL
Ci-dessus, à droite –
De gris et de neige. Détail des orgues basaltiques de la falaise de Reynisfjara.
Canon EOS-1DX, EF 24-70 mm f/2,8L II USM
à 61 mm, f/13, 1/30 s, 320 ISO, -2/3 IL
Page de gauche–
Au cœur de la caldera, le point chaud
Hrafntinnuhraun est un véritable réservoir
de solfatares et de marmites de boue bouillantes. Les ruisseaux sortant tout droit des
entrailles de cette terre en ébullition traversent sans vergogne les névés, dessinant
ainsi quelques furtives silhouettes d’elfes ou
de lutins…
Canon EOS 6D Mark II, EF 16-35 mm f/4L IS
USM, à 16 mm, f/5,6, 1/8 s, 1250 ISO, +2/3 IL
Inépuisable source
d’inspiration
Bien que je parcoure l’Islande de
façon très régulière depuis des années, parfois plusieurs fois par an et à
diverses saisons, je suis encore loin
d’avoir exploré tous les endroits magiques que recèle cette île.
Lors de mes séjours, j’emporte avec
moi aussi bien des objectifs grand-angle (24-70 mm, 16-35mm), voire très
grand-angle (11-24 mm, 14 mm), que
des téléobjectifs (70-200 mm, 300 mm,
400 mm). Les paysages islandais se
prêtent en effet aussi bien aux vues
très larges privilégiant des avantplans forts et évocateurs qu’aux photographies de montagnes ou de glaciers lointains. Sans oublier bien sûr
l’incroyable réservoir de détails graphiques et de sujets abstraits.
Les aurores boréales nécessitent
évidemment l’utilisation d’un trépied.
Un ultra-grand-angle est d’une aide
indéniable pour englober la voûte céleste lorsque les lumières viennent
danser au-dessus de vos têtes.
L’homme n’est pas
le seul habitant
La faune locale mérite également
que vous y portiez attention. Rennes
et renards polaires fréquentent de
manière assidue respectivement le
Sud-Est et les péninsules de l’Ouest.
La situation géographique de l’île
lui permet d’accueillir une avifaune
d’une incroyable variété. On trouve
nombre d’espèces paléarctiques et
nordiques. De plus, comme elle est à
mi-chemin entre le vieux continent et
l’Amérique, on peut y observer des
espèces présentes nulle part ailleurs
en Europe, tel le canard à front blanc
(Anas americana). Les côtes, les lacs
internes, les rivières et zones humides
sont fréquentés par des espèces emblématiques comme le faucon gerfaut
(Falco rusticolus), le garrot islandais
(Bucephala islandica), la harelde boréale (Clangula hyemalis), l’arlequin
plongeur (Histrionicus histrionicus), le
plongeon imbrin (Gavia immer) ou le
fameux phalarope à bec étroit (Phalaropus lobatus).
Il y aurait encore bien des espèces
à citer. D’autres séjours s’imposent
car une vie ne suffirait pas à faire l’inventaire des innombrables trésors
dont regorge l’île!
Denis Palanque
Photographe et guide accompagnateur, Denis encadre régulièrement des voyages. Vous pouvez
retrouver ses images et son actualité sur www.denispalanque.com
Islande, voyage en terres elfiques | Denis Palanque
45
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Ci-dessus–
En bordure de la caldera (vaste dépression circulaire) de Hrafntinnusker, le mont
Laufafell se pose comme une sentinelle vers ces vallonnements pastel de roche
acide. Réserve de Fjallabak.
Canon EOS-1DX, EF 11-24 mm f/4L USM, à 15 mm, f/16, 1/80 s, 640 ISO, -1/3 IL
Ci-contre–
Lié aux littoraux rocheux, le bécasseau violet (Calidris maritima) est une espèce
présente été comme hiver en Islande. Ce petit bécasseau est le plus nordique des
limicoles européens. Port de Djúpivogur, fjords de l’Est.
Canon EOS 7D, EF 300 mm f/4L USM + doubleur, soit 600 mm, à f/8, 1/1000 s,
640ISO, -1/3 IL
Page suivante–
Les aurores boréales sont l’un des spectacles de la nature les plus impressionnants et émouvants. Celle-ci a été photographiée un soir de pleine lune au-dessus
des icebergs de la plus grande lagune glaciaire d’Islande, Jökulsárlón.
Canon EOS-1DX, 16-35 mm f/4L USM, à 16 mm, f/4, 10 s, 500 ISO, +1/3 IL.
Trépied Manfrotto.
Nat’Images
47
Islande, voyage en terres elfiques | Denis Palanque
Rencontrer Vincent Munier
est toujours un bonheur, mais
partager ce moment avec des
amis décuple le plaisir. C’est ce
que se sont dit Ghislain Simard
et Stéphane Hette avant de
lancer l’idée de cette discussion
à trois autour de l’actualité du
photographe vosgien mais
surtout de ses convictions et de
ses projets. L’occasion pour les
lecteurs qui n’auraient pas eu la
chance de voir son exposition à
Paris ou à Montier de corriger
cette erreur et pour les autres
de prolonger le plaisir !
48
La gargouille, panthère des neiges, 2017.
Nat’Images
49
Nat’Images
En robe du soir, panthère des neiges, 2017.
50
Nat’Images – Tu passes toujours un
très long moment sur tes projets,
quand celui-ci a-t-il débuté?
Vincent Munier – Mon premier
voyage sur les hauts plateaux tibétains
date de 2011. C’est le yack sauvage
qui m’a, le premier, attiré là-bas. À
l’image du bœuf musqué que j’avais
auparavant suivi en Arctique, je suis
toujours fasciné par ces animaux “fossiles” bien que vivants, qui nous ramènent au paléolithique. La rencontre
avec ces bêtes réveille en moi de puissantes vibrations du vivant, une reconnexion avec le sauvage. Sur le chemin
des yacks, j’ai découvert beaucoup
d’autres espèces dont je rêvais en lisant George Schaller ou Peter Matthiessen, et, naturellement, la panthère.
Comment as-tu planifié et financé
ses nombreux allers-retours entre le
Tibet et la France?
Entre 2011 et 2018, j’y suis allé à six
reprises. Attaché que je suis depuis
toujours à la liberté et à l’indépendance
de ma démarche, je suis parti, comme
souvent, sans sponsor. Un des six
voyages a quand même été soutenu
par le programme “Nikon European
Ambassadors”.
Tu as longtemps pratiqué la photo
en solitaire mais depuis quelque
temps l’aventure semble collective.
Que t’apportent ces collaborations?
J’y suis allé seul une fois, en octobre
2017. Les expéditions en solitaire me
sont absolument indispensables. Les
Nat’Images
voyages à plusieurs offrent une autre
expérience, une complémentarité, des
moments de partage. Et, contrairement
à l’Arctique, où tu peux tirer seul un
traîneau de matériel de 120 kg sur la
glace, la roche et la poussière tibétaines ne laissent guère d’autre choix
que le sac à dos, ce qui rend l’autonomie sur une longue période quasiment
impossible. Aussi, j’avais un projet de
film, pour lequel il fallait faire des séquences vidéo, des prises de son, et
c’était précieux d’être accompagné.
Jean-Marie, un ami forestier et un
bon porteur, m’a accompagné à deux
reprises. Léo-Pol aussi, lui pour m’assister dans la vidéo et la technique.
Pierre, un ami des Asturies, est venu
une fois pour m’aider à “spotter” la
panthère. Laurent Joffrion, une fois lui
aussi, lors du test d’un Nikon D3s en
2011. Marie Amiguet, pour réaliser un
film et apporter sa vision neuve, sa
sensibilité. Et, lors du dernier voyage,
Sylvain Tesson, pour sa plume.
On a en tête l’image d’un Vincent
seul, dans un biotope rude, contemplant ses sujets plus qu’il ne les photographie. Mais on constate aussi
que tes récents ouvrages sont cosignés. C’est le cas, par exemple, de
Tibet, minéral animal…
Comme je le disais, l’expérience à
plusieurs est différente, et c’est surtout
au camp de base que l’on se retrouve.
Les moments d’affût ne sont pas foncièrement différents, ils restent souvent
solitaires.
C’était la première fois que LéoPol, ton proche collaborateur, t’accompagnait sur le terrain…
Ça me faisait simplement plaisir de
lui faire plaisir, et de le voir quitter l’ordinateur où il y enchaîne des journées
entières. Il n’avait aucune expérience
naturaliste de terrain, de bivouac, et
encore moins de ces lieux. C’était risqué, mais je fonctionne à l’instinct, et
ça a marché. Il a apprécié l’aventure,
ne s’est jamais plaint et avait toujours
le sourire! Il est d’une polyvalence à
toute épreuve.
Peux-tu nous parler de Sylvain Tesson, de son rôle, de son éventuelle influence sur ton ouvrage sur le Tibet?
Nous nous sommes souvent croisés
avec Sylvain, dans des lieux généralement bondés, à l’occasion d’événements, de festivals. Lecteur de ses livres et chroniques, je savais qu’il partageait mon affection pour ces grands
plateaux tibétains. Grand marcheur
toujours en mouvement, il m’avait une
fois confié que l’expérience immobile
des affûts l’intéressait, l’excitait même.
Alors, pour le dernier voyage de mon
projet Tibet, je l’ai invité. Pour passer
du temps ensemble là-haut, croiser
nos regards, et voir si l’expérience lui
inspirerait quelques écrits.
Sa présence a-t-elle modifié ton regard sur les gens, sur les montagnes?
J’appréciais beaucoup ses textes.
Désormais, je peux dire que j’apprécie
le personnage et que nous sommes
La sagesse du manul, chat de Pallas, 2016.
La caravane passe, kiangs (ânes sauvages), 2011.
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Promesse de l’invisible | Vincent Munier
Vortex, 2011.
52
amis. Il a été un agréable compagnon
de voyage. Discret, besogneux – il
remplissait ses carnets de notes en
permanence –, à l’écoute… Et quel délice de l’écouter aussi! Il a le sens de la
formule et l’art de toujours trouver les
bons mots. J’aime aussi son diagnostic sur cette humanité malade, nous
avons beaucoup de visions communes.
L’humain semble d’ailleurs prendre
plus de place dans ton travail…
Dans le carnet de terrain, Tibet, promesse de l’invisible, en effet. L’écriture
sur les coulisses de la quête photographique est l’occasion de partager ces
moments forts, vécus avec les nomades, qui me rappellent le temps
passé auprès des Évènes, lors de mes
voyages au Kamtchatka il y a quelques
années. J’aime ces peuples, dont les
modes de vie n’ont pas encore été trop
pervertis par la société de consommation. L’autonomie, au rythme de la nature et de ses animaux, résonne dans
le petit-fils de berger qui est en moi.
L’édition de livres est un périlleux et
coûteux exercice, pourquoi ce choix
de devenir ton propre éditeur?
C’est risqué, c’est vrai, et c’est surtout chronophage! Mais il était important pour moi de m’inscrire dans une
Nat’Images
recherche plus artisanale, de ne pas
rester dans le schéma classique de
l’édition qui, à beaucoup d’égards,
marche sur la tête. J’ai préféré me
concentrer sur la qualité, mais aussi
sur la recherche de circuits plus courts.
Pourquoi ce choix de deux livres?
Souvent, je remplis mes carnets de
terrain, et c’est juste pour moi. Alors,
pourquoi ne pas en partager quelques
extraits? Récits d’affût, réflexions sur la
photographie, sur notre place ici… Un
peu comme dans le carnet d’expédition du livre Arctique, mais plus fourni.
Aucune prétention littéraire de ma part,
juste des ressentis de terrain.
Depuis Arctique et Adélie, publiés
chez Kobalann respectivement en
2015 et 2016, le blanc qui a fait ta signature est de moins en moins présent. Ce choix est-il volontaire ou uniquement lié aux sujets traités?
Contrairement à ce que l’on s’imagine, et à ce que laisse entendre le
nom de cette panthère, la neige est
très peu présente sur le plateau tibétain. Celui qu’on appelle le “troisième
pôle” ne connaît que peu de précipitations. Le climat y est très froid, sec,
venteux, poussiéreux, et donc minéral.
Et je dirais que c’est finalement plus
dur pour le corps que l’Arctique. Mais
quand la neige y tombe, c’est extraordinaire: un nouveau paysage, presque
un nouveau pays, et la possibilité de
lire les traces qui permettent d’en savoir plus sur ses habitants fantômes.
En préparant cette interview, nous
nous disions que ton évolution de la
glace vers le minéral était peut-être
un signe des temps en lien avec les
changements climatiques. Y vois-tu
un simple hasard?
Indirectement. Arctique allait du
blanc vers le noir, pour appuyer ce propos. Ma façon de témoigner de la fonte
de la banquise. Ici, dans Tibet, minéral
animal je vais du noir vers le blanc. Ce
qui pourrait laisser penser à un certain
optimisme! Il y a plus de couleurs
aussi, même si le plateau tibétain souffre terriblement des changements climatiques et du surpâturage. Cette
viande que l’on mange de plus en plus.
L’impact est flagrant.
Quand as-tu vu la panthère des
neiges pour la première fois?
Au troisième voyage. Lors des deux
premiers, seulement des traces. Mais
je n’imaginais pas la voir. C’était un
rêve, un mythe. Et finalement…
As-tu une idée du nombre de fois
où elle t’a aperçu?
Dans une lumière d’Orient, 2011.
53
Excellente question. Des centaines
de fois probablement. Ici, la montagne
a des yeux! C’est hallucinant comme
tu te sens vulnérable dans ces barres
rocheuses ou canyons vertigineux. Il
faut emprunter la technique de la panthère, camouflage et patience, pour
avoir la chance de voir les pierres devenir animales, bouger et apercevoir un
lièvre laineux, une panthère, des bharals, etc.
Comment préparais-tu ton matériel
photo? Toutes les photos de panthère ont-elles été prises au 800 mm?
Le matériel est une vraie plaie làhaut. Le 800 mm avec le D5 ou le D500
et le trépied vidéo, c’est lourd. Trop
lourd. Le nouveau petit 500 mm léger
de Nikon est juste génial pour ce genre
d’aventure. Mais il est arrivé trop tard.
Quand tu pars pour deux ou trois jours
en bivouac, le sac à dos approche les
40 kg. À 5000 m, c’est encore plus un
calvaire. Et sur les pentes abruptes,
vous imaginez… Donc vivement que
Nikon poursuive son travail sur la légèreté et l’autonomie des batteries!
Le matériel photo est en constante
évolution, et certains photographes
basculent du reflex vers les appareils
hybrides ou “mirrorless”. Toi, tu restes
fidèle à Nikon et au reflex…
Oui toujours fidèle à la marque. Les
mirrorless m’intéresseront probablement, mais cette course au matériel
me déstabilise. Je regrette quand
même l’époque où on achetait un boîtier qu’on gardait dix ans!
Est-ce que les roches omniprésentes dans les montagnes du Tibet
ont influencé le graphisme de tes
images?
Une fois de plus, c’est l’instinct qui
décide. Et je photographie parfois en
me laissant aller, en laissant mon regard déambuler dans les montagnes
pour saisir ce qui me semble évocateur
de quelque chose de personnel. Et Les
roches, les lichens sont en effet si graphiques! Après, le Tibet, c’est avant
tout un défi naturaliste. Trouver des
animaux rares et méconnus. J’adore
cette recherche, c’est bien souvent
mon moteur. Avoir une bestiole en ligne
de mire et prendre plaisir même aux
échecs, pour mieux savourer la rencontre avec elle.
Crois-tu que la poésie et la science
peuvent cohabiter?
Vaste débat. Je suis en effet pour
plus de “sensibilité” dans les démarches scientifiques, pour plus de
terrain également. On a parfois tendance à vouloir trop essayer de tout
savoir. J’ai pu être témoin de nombreux
abus dans le monde des scientifiques,
en France comme à l’étranger. Ce n’est
pas ma vision des choses, j’aime le terrain, l’approche naturaliste plus que
scientifique. Même si, évidemment, la
science est capitale pour éviter des erreurs. Comme souvent, tout est question d’équilibre. Dans son très joli livre
Chasses subtiles, Ernst Jünger relevait
cette citation de Max Weber: “La mission de la science est de désenchanter
le monde.” C’est parfois si vrai!
Dès que tu t’intéresses à une espèce, elle devient à la mode. On dirait
que tu viens de révéler son existence
aux autres photographes. Même le
traitement de tes images fait école.
Comment te l’expliques-tu?
Je m’en rends bien compte depuis
une dizaine d’années et ce paradoxe
m’interpelle de plus en plus. Faire rêver, témoigner de la beauté de la nature, sensibiliser de cette manière mais
aussi donner envie à beaucoup de vivre les mêmes aventures… C’est tout à
fait normal, mais cette ambivalence me
questionne davantage. Certains photographes en effet me suivent de près,
mêmes lieux, mêmes espèces, même
discours… Ce qui me gêne, c’est ensuite le développement touristique. Et
d’avoir des dizaines de photographes
Promesse de l’invisible | Vincent Munier
Fleuve d’airain, 2016.
54
autour d’une panthère. Ce qui est le
cas dans le Ladakh, et bientôt au Tibet.
Payer et en peu de temps “faire” des
espèces mythiques. La photographie
animalière n’échappe pas à ce consumérisme. Je le favorise indirectement,
j’ai donc une grande part de responsabilité et je dois l’assumer. Ce n’est pas
simple. Ouvrir des brèches où d’autres
s’engouffrent et développent du tourisme… Je parle dans mon livre de ce
paradoxe, et j’avoue que parfois ça ne
me donne plus envie de partager mes
expériences. C’est une réflexion que je
vais continuer à faire mûrir.
Même si tu participes depuis longtemps à des actions en faveur de la
nature, tu étais plutôt discret sur tes
engagements. Qu’est-ce qui t’a décidé à rendre publiques tes convictions? Est-ce la folie de l’Homme?
Mon engagement n’est pas nouveau. Là, on est dans l’urgence, c’est
certain. Alors oui, il va falloir se bouger
tous, en fonction de nos moyens, et ne
pas être uniquement des “utilisateurs”
de cette nature que l’on voit se dégrader sous nos yeux. J’espère que tous
les photographes animaliers, amateurs
ou professionnels, adhèrent aux associations de protection de la nature et
s’y engagent. Pour ne pas se laisser
Nat’Images
pervertir par des prouesses photographiques, des concours, ou se faire
congratuler sur les réseaux sociaux,
mais avant tout donner du sens à sa
démarche photographique. Ce serait
chouette, en effet, que tous les passionnés de photo de nature soient des
naturalistes avant tout, engagés localement dans la préservation de nos espaces sauvages. Rien qu’en France, la
tâche est ardue.
Est-ce que les bouleversements
climatiques rapides que nous constatons et le déclin de la biodiversité
vont influencer tes choix de projets
futurs? Plus largement, ta vision du
rôle de la photographie a-t-elle évolué
à la lumière de tes expériences?
Déjà à l’époque où des magazines
m’envoyaient en mission un peu partout dans le monde, je me questionnais
sur le sens de tout ça. Est-ce que le jeu
en vaut la chandelle? La portée de
mes images compenserait-elle ces déplacements? Vite j’ai arrêté, et j’ai réduit mes séjours. J’ai préféré me
concentrer uniquement sur certaines
zones géographiques. Tibet, Arctique
et Asturies (ndlr – en Espagne, avec un
projet de film militant sur la cohabitation avec les grands prédateurs). Là, je
me réjouis d’avoir refusé tout projet à
l’étranger pour 2019, et de pouvoir revenir plus sérieusement à photographier et filmer dans les Vosges. Ça me
manque. Je restais toujours partagé
lors de mes départs, déçu de quitter
mes Vosges, mais heureux une fois
dans les montagnes tibétaines. Encore
un paradoxe!
Quoi qu’il arrive, je vais persister à
célébrer, à ma manière, la beauté de
cette nature sauvage, mais sur un
rythme différent.
Propos recueillis par
Stéphane Hette et Ghislain Simard
L’exposition “Tibet, minéral animal” de Vincent Munier est présentée à la galerie Blin plus Blin
(46 rue de l’Université, Paris 7e)
jusqu’au samedi 5 janvier 2019.
Les livres Tibet minéral animal (textes de Sylvain Tesson) et
Tibet, promesse de l’invisible
(carnet de voyage de Vincent)
sont disponibles sur www.vincentmunier.com/shop/fr
La part des bêtes, film de
Marie Amiguet (production Kobalann) : 52 minutes avec Sylvain
Tesson et Vincent Munier.
Regard d’ambre, lièvre laineux, 2011.
Le chat d’Alice, chat de Pallas, 2016.
Promesse de l’invisible | Vincent Munier
55
56
Nat’Images
57
Promesse de l’invisible | Vincent Munier
David Templier
Ilulissat,
la loi du plus fjord
Comme d’autres régions du globe, le cercle arctique cède peu
à peu à l’appel du tourisme, ce qui à terme pourrait avoir des
conséquences sur les paysages immaculés du Grand Nord.
David Templier est parti à Ilulissat, ville côtière à l'ouest du
Groenland, pour y photographier ces monuments de glace
plus que jamais menacés par le réchauffement climatique.
58
Les reportages produits dans le
Grand Nord nous parviennent à une
cadence régulière. Une tendance qui
n’est pas sans nous interroger sur l’attrait provoqué par ces contrées reculées, jadis réservées aux seuls explorateurs. Si la photo nature est faite de
modes, le tourisme de masse l’est
aussi… et il draine, hélas, son cortège
de dérives irresponsables, dont les
conséquences à long terme sont difficiles à mesurer, même si l’on peut
craindre le pire. Au rythme où vont les
choses, dans quelques années, peutêtre n’aurons-nous plus la matière
pour publier des reportages sur les
gigantesques icebergs qui nonchalamment se baladent au-delà du
cercle polaire…
La ruée vers le Nord
L’expérience de David Templier,
grand spécialiste des paysages arctiques, fait écho à ce triste préambule.
Au cours des différents reportages
qu’il a réalisés en Islande, le photographe a pu constater combien le tourisme avait explosé dans l’île. En l’espace de dix ans, on est passé de
500000 visiteurs annuels à près de
deux millions. Le pays n’était évidemment pas préparé à un tel afflux et encore moins aux comportements indélicats qui, hélas, l’accompagnent. Rien
à voir avec la tradition de respect
qu’ont les Islandais envers leur environnement.
Fort de ce constat, David Templier
décide alors d’investiguer davantage
au Nord pour témoigner de l’ampleur
du phénomène. Les photos présentées ici, issues du projet “69 North”,
nous entraînent au-delà du cercle polaire, dans la région d’Ilulissat, sur la
Nat’Images
côte ouest du Groenland. Dans ce
fjord trône un glacier faisant partie des
plus gros fournisseurs d’icebergs de
l’hémisphère nord. Il est même classé
au patrimoine mondial de l’UNESCO,
ce qui en fait un point incontournable
pour les globe-trotters fortunés.“Dans
la baie de Disko, abonde le photographe, on voit même des hôtels de
luxe s’installer face aux icebergs pour
que les touristes puissent les admirer
depuis leurs fenêtres. Je voulais faire
vite car le tourisme se développe à
une vitesse folle d’une année à l’autre.
Un effet de mode sans aucun doute,
actuellement les gens ont tendance à
se détourner des pays du Sud.”
Conscient de l’impact grandissant
de l’homme sur son environnement,
David Templier a fait le pari de l’esthétisme aussi bien pour les séries desti-
Voici le genre d’iceberg de près de
100 mètres de haut
que l’on croise à la
dérive dans l’océan
glacial arctique.
Fujifilm X-T2,
XF 100-400 mm
f/4,5-5,6 R LM OIS
WR à 250 mm, f/11,
1/2000 s, 400 ISO
La glace vêle,
se fendille, crisse,
explose, se fracasse, flotte puis
se retourne. Cette
sonorité inconnue
est à la fois
assourdissante
et apaisante…
Fujifilm X-T2, XF 100400 mm f/4,5-5,6 R
LM OIS WR à 235
mm, f/8, 1/3800 s,
400 ISO
59
Ci-contre, de gauche
à droite –
Fujifilm X-T2, XF
100-400 mm f/4,55,6 R LM OIS WR à
227 mm, f/8,
1/8500 s, 400 ISO
Fujifilm X-T2,
XF 100-400 mm
f/4,5-5,6 R LM OIS
WR à 400 mm, f/8,
1/3200 s, 400 ISO
Nat’Images
60
Nat’Images
Ci-contre –
Le glacier Sermeq
Kujalleq est un des
plus grands fournisseurs d’icebergs de
l’hémisphère nord.
Il fond à un rythme
moyen de 30 mètres par jour. Il en
résulte une production annuelle de 20
milliards de tonnes
d’icebergs (soit la
quantité d’eau
douce utilisée annuellement en
France) dont certains mesurant plus
de 100 m de haut.
Leur taille est telle
qu’ils peuvent rester bloqués plusieurs années dans
le fjord d’Ilulissat
avant d’être libérés
et de dériver vers
l’océan.
Fujifilm X-T2,
XF 100-400 mm
f/4,5-5,6 R LM OIS
WR à 160 mm, f/8,
1/6400 s, 400 ISO
Ci-contre –
La nuit tombe et la
tempête s’annonce. La luminosité extraordinaire
révèle les couleurs
du lieu. Elles vont
du turquoise au
bleu foncé, en passant par le jaune
(dû au sulfure volcanique), le noir (qui
vient de très anciens bancs de
cendres volcaniques) et les
nuances de blanc.
Plus l’iceberg est
ancien, plus il a subi
de compressions,
ce qui a pour effet
de chasser les
bulles d’air et d’éroder les surfaces réfléchissantes. Ainsi,
la lumière blanche
qui pénètre l’iceberg est en grande
partie absorbée, ce
qui lui donne cette
couleur bleue.
Fujifilm X-T2,
XF 100-400 mm
f/4,5-5,6 à 400 mm,
f/5,6, 1/480 s,
400 ISO
nées à être exposées que dans ces
reportages pour la presse. “Ce qui
m’intéresse, dit-il, ce sont les atmosphères. J’aime me retrouver dans des
situations climatiques où le ciel offre
des caractéristiques très fortes, et qui
expriment la rudesse de ces contrées.
Je me suis laissé bercer par ce que la
météo avait à m’offrir, profitant des variations de contraste très fortes entre
le ciel et la glace.”
Adepte de longue date du matériel
Fujifilm, David Templier est devenu
ambassadeur de la marque à la suite
d’un reportage consacré au volcan
Bardarbunga (Islande), publié dans
Chasseur d’Images en 2015. Ainsi a-til pu embarquer deux X-T2 pour le
projet “69 North”, des boîtiers “tropicalisés” (63 points d’étanchéité) qui
n’ont pas souffert du grand froid.
La braderie du blanc
Les nombreuses années passées
sur le terrain ont permis à David Templier de nouer des contacts avec la
communauté scientifique, les climatologues en particulier auxquels il fournit
des clichés pour illustrer certains rapports. À Ilulissat, il s’est aussi laissé
guider par les personnes croisées au
gré de ses pérégrinations. La population locale est ravie de pouvoir échanger avec des gens de “l’extérieur”.
David confie même avoir été régulièrement abordé par des curieux qui
l’orientaient vers les meilleurs spots
une fois qu’il leur avait expliqué sa démarche. Ces échanges “très riches”
se sont terminés parfois par une invitation à dîner chez l’habitant.
Les clichés que le photographe a
rapportés de ses séjours révèlent ce
monde de glace sous un autre jour.
On y découvre une palette de
contrastes, de lignes, de formes et
des lumières qui n’existent nulle part
ailleurs. Comme un ultime témoignage
d’une terre plus tout à fait vierge, victime à son tour de l’attrait des dernières régions “authentiques” de notre
planète… mais qui le resteront combien de temps encore?
61
Frédéric Polvet
www.davidtemplier.com
Ci-dessus –
Le vent et les fracas sculptent la glace qui prend alors des textures et des formes géométriques uniques et éphémères.
Fujifilm X-T2, XF 100-400 mm f/4,5-5,6 R LM OIS WR
à 400 mm, f/11, 1/3200 s, 400 ISO (photo du haut),
à 400 mm, f/8, 1/3200 s, 400 ISO (photo du milieu),
à 400 mm, f/11, 1/7000 s, 400 ISO (photo du bas)
I l u l i s s a t , l a l o i d u p l u s f j o r d | D a v i d Te m p l i e r
Pascal Beaudenon
Sur les traces
d’Omingmak
Figure emblématique du Grand Nord, le bœuf musqué
(“Omingmak” en langue inuit) est un des rares mammifères à vivre en Arctique. Même s’il est facile
d’approche, les conditions qu’il faut affronter pour
avoir la chance de le rencontrer sont parfois extrêmes.
Pas de quoi effrayer Pascal Beaudenon qui a passé
de longs mois en solitaire au Dovrefjell afin de photographier l’animal dans des conditions uniques.
62
Nat’Images
Norvège
Parc National
de Dovrefjell
Suède
Le bœuf musqué est toujours
aux aguets bien qu’il n’ait
aucun prédateur naturel
à Dovrefjell.
Nikon D500, Sigma 150-600
mm à 550mm, f/8, 1/125 s,
1800 ISO
63
Nat’Images
Animal puissant et paisible, le bœuf
musqué en impose par sa taille, mais
rassure par son tempérament calme.
On raconte qu’il a été découvert au
Groenland à la fin du XIXe siècle par
des pêcheurs norvégiens, lors de
leurs campagnes de chasse à la baleine. Il servait dans un premier temps
à nourrir leurs chiens. Puis, un jour, un
pêcheur en acheta quelques-uns et
les ramena sur son île en Norvège.
Aussi attractif pour les zoos que pour
sa viande, le bœuf musqué suscita
l’intérêt d’autres pêcheurs qui firent de
même. Dans les années 1950, une
trentaine d’animaux originaires aussi
du Groenland furent introduits dans
les massifs de la région d’Oppland,
devenus en 2002 Parc national de Dovrefjell-Sunndalsfjella.
Un camp pour l’extrême
Dès la fin du mois d’août (l’automne
est précoce sous ces latitudes), Pascal Beaudenon entreprend ses premiers repérages en vue de l’établissement de son camp de base pour
l’hiver. Arrivé au parc par la route à
bord de son camping-car, il laisse celui-ci sur un parking de l’E6 avant de
continuer par ses propres moyens.
Dans ces espaces infinis, on ne se déplace qu’à pied. Pas moins de cinq allers-retours de 10 km avec 30 kg
(voire plus) sur le dos sont nécessaires
pour acheminer le matériel qu’impliquent les quatre mois sur place. Ensuite, il se ravitaillera tous les quinze
jours en retournant à Oppdal à une
quarantaine de kilomètres. La configuration du parc n’est pas plane du tout
et en hiver il faut y faire sa trace: “Un
petit enfer à aborder avec philosophie
et une très grande motivation”. Puis,
une fois que les conditions d’enneigement sont suffisantes, Pascal tracte
jusqu’à deux pulkas pour finaliser son
installation.
Son camp de base se compose de
deux tentes: une destinée à l’espace
de vie, pour cuisiner, se nourrir et dormir; et une autre de sécurité, au cas
où un accident surviendrait, notamment à cause de l’alimentation au gaz.
Dans sa “vallée froide”, le photographe est complètement livré à luimême, seulement équipé d’une balise
spot et d’un téléphone satellite: “En
arrivant, je suis allé voir les autorités, le
ranger du parc pour leur faire part de
mes projets. Il n’y a pas d’autorisations spécifiques à demander. Normalement, on peut planter sa tente mais il
n’est pas possible de rester à la même
place plus de trois jours. J’ai choisi
l’endroit de manière à être tranquille, à
ne pas me retrouver nez à nez avec un
autre photographe, tout en gardant
mes distances avec les bœufs musqués pour ne pas les déranger. On
peut aller où l’on veut mais j’ai pris le
soin d’informer le ranger de l’emplacement de mon camp.”
Page de droite,
en haut –
Femelle solitaire
montrant des
signes de
nervosité.
Nikon D500,
Sigma 150-600 mm
à 230 mm, f/6,3,
1/125 s, 3200 ISO
Page de droite,
en bas –
Mâle fouillant sous
le manteau neigeux pour se
nourrir de lichen.
Nikon D500,
Sigma 150-600 mm
à 600 mm, f/8,
1/500 s, 1100 ISO
L’hiver à l’horizon
Une course contre la montre s’engage. En septembre, les premières
chutes de neige annoncent l’arrivée
prochaine de l’hiver. Les étés sont de
plus en plus chauds et les animaux en
souffrent, habitués au climat froid et
sec de l’Arctique. D’ailleurs, certains
spécialistes s’interrogent depuis des
années sur les bienfaits de leur introduction dans cette région plus tempérée. De plus, la population, composée
d’un peu moins de 300 bêtes, vit sur
une surface relativement restreinte et
est soumise à la curiosité croissante
des touristes.
À l’épreuve du froid
Le temps de l’installation est maintenant terminé pour Pascal. Le froid
s’installe. Tout est blanc, glacial, gelé,
la lumière baisse de jour en jour. On
n’entend plus que le grand corbeau, le
lagopède et le vent. Longtemps envisagées lors des repérages, les conditions d’observation sont maintenant
réunies pour aller à la rencontre du
bœuf musqué. Il faut “rentrer dans le
dur” et instaurer une routine drastique
pour résister aux conditions extrêmes:
hygiène, alimentation et repos. Les repas sont essentiellement tournés vers
les protéines (maquereaux, œufs), les
sucres lents (pâtes, céréales), les fruits
secs, sans oublier du thé bien chaud.
Un certain mimétisme s’instaure
Nat’Images
À gauche, en haut –
Une laine hautement protectrice,
une corne frontale
pouvant atteindre
dix centimètres
d’épaisseur, une
vue perçante et un
odorat bien développé. Telles sont
les caractéristiques
physiques de l’animal.
Nikon D500,
Sigma 150-600 mm
à 600 mm, f/8,
1/500 s, 3200 ISO
À gauche, en bas –
Sa toison laineuse
isolante est appelée “qiviut”.
Nikon D500,
Sigma 150-600 mm
à 600 mm, f/8,
1/500 s, 1000 ISO
65
Sur les traces d’Omingmak | Pascal Beaudenon
Nat’Images
Cheminement au
cœur de la vallée
froide pour ce
groupe en quête
de nourriture.
Nikon D500,
Sigma 150-600 mm
à 150 mm, f/11,
1/500 s, 720 ISO
67
Sur les traces d’Omingmak | Pascal Beaudenon
68
Ci-dessus –
Protection rapprochée contre les bourrasques pour le jeune du groupe.
Nikon D500, Sigma 150-600 mm à 500 mm,
f/8, 1/500 s, 2000 ISO
Ci-contre –
Le groupe suit paisiblement le mâle dominant en charge d’ouvrir le chemin.
Nikon D500, Sigma 150-600 mm à 350 mm,
f/8, 1/500 s, 1250 ISO
Nat’Images
Norvège
Ci-contre –
Malgré les conditions climatiques
extrêmes, le bœuf
musqué continue
à se déplacer et à
se nourrir normalement.
Nikon D500,
Sigma 150-600 mm
à 230 mm, f/11,
1/500 s, 1800 ISO
avec le sujet: Pascal privilégie une attitude pondérée pour mener son projet sur la durée. Cette pondération se
voit aussi au peu de matériel photo
qu’il emporte: un Nikon D500, un Nikon 14-24 mm f/2,8 et un Sigma 150600 mm qui, hélas, rendra l’âme au
cours du séjour. Le moteur n’a pas
supporté les températures chutant à
-30 °C. Et qu’en est-il de l’homme?
“Je n’ai pas utilisé tant de protections
que ça. On est déjà harnaché comme
des spationautes et évoluer dans ces
conditions n’est vraiment pas confortable en termes de mobilité.”
Une approche facile
Ci-dessous –
Mâle solitaire se
déplaçant au gré
des parcelles de
lichen qu’il trouve
pour se nourrir.
Nikon D500,
Sigma 150-600 mm
à 410 mm, f/11,
1/500 s, 1100 ISO
Si les bœufs musqués sont des animaux paisibles et peu farouches, ils
n’en restent pas moins sauvages et
soucieux de tranquillité. Nul besoin
d’affûter mais il importe de prendre
ses précautions lorsqu’on les approche. L’animal, massif, se déplace
lentement mais il peut être vif et rapide lors des combats ou à la période
des amours. Sur ce point encore, Pascal Beaudenon a pris son mal en patience: “Avant de les approcher, je me
suis donné le temps de découvrir le
territoire où j’avais décidé d’établir
Océan
Arctique
Mer du
Groenland
Groenland
Mer de
Norvège
Islande
Mer de
Baffin
Carte de répartition des bœufs musqués en Arctique
mon campement. Ensuite, j’ai observé
leurs déplacements pour les anticiper.
L’idée était de les laisser venir à moi et
non le contraire. C’est ce que j’appelle
la “sustainable approach”, l’approche
durable pour ne pas déranger.”
Repousser les limites
Peu seraient en mesure de supporter les conditions éprouvantes qu’a dû
affronter Pascal Beaudenon lors de
son périple norvégien. Mais ses efforts
ont été récompensés. Il a rapporté
une moisson considérable d’images
de bœufs musqués. Le photographe
pourrait s’en contenter, mais il nourrit
Zone d’origine
Zone d’introduction
déjà le projet d’aller au Groenland
dans des zones encore plus reculées:
“Une des conditions premières serait
d’avoir accès à une hytta, une maisonnette de campagne privée, pour avoir
un confort minimal. La tente, même
avec une très bonne organisation, devient au fil du temps une épreuve que
l’on finit par subir. Les conditions météorologiques, particulièrement aux
mois de décembre et janvier, sont très
rudes et je n’ai jamais croisé personne, du moins là où je me trouvais.”
On attend la suite de l’aventure!
Frédéric Polvet
www.pascalbeaudenon.com
Sur les traces d’Omingmak | Pascal Beaudenon
Domaine des oiseaux,
Mazères
Nat’Images
Ce matin-là, la brume était dense: une
vraie purée de pois! Quoi de mieux qu’un
cadrage large pour illustrer ce dortoir où
sommeillaient encore des dizaines et des
dizaines de petites boules de plumes posées dans les arbres. Entre la faible luminosité, le diaph un peu fermé, la volonté de
rester à une sensibilité basse pour garder
le plus de détails possible, j’ai dû improviser. Faute de trépied, j’ai utilisé mon sac à
dos comme bean bag.
Canon EOS 80D, 70-200 mm à 70 mm f/9,
1/4 s, 100 ISO
71
Florent Roussy
Dans le dortoir
des garde-bœufs
De sa première rencontre avec le héron garde-bœufs,
Florent Roussy garde un souvenir impérissable :
la vision féerique d’oiseaux blancs agglutinés sur les arbres.
Le suivi photographique qu’il opère depuis a produit de
belles images dont nous vous présentons ici un échantillon.
Nat’Images
Le héron garde-bœufs est de ces
oiseaux que l’on a plaisir à observer,
aussi bien sur le dos de mammifères
africains comme les antilopes, les buffles et les éléphants, ou sur celui d’espèces locales comme les vaches. En
France, on peut le rencontrer dans
une grande variété de zones humides,
même s’il a une préférence pour les
marais doux ou saumâtres arrière-littoraux, les vallées alluviales et les régions d’étangs. Ce petit héron blanc
de la sous-espèce Ibis, plus ramassé
qu’une aigrette garzette, vit en
groupes. Il suit les troupeaux et se
nourrit des insectes dérangés par
leurs hôtes. Mais les amphibiens, les
reptiles voire les micromammifères ont
également ses faveurs. L’oiseau a
aussi un faible pour les champs labourés et ne rechigne pas à se hasarder dans les décharges d’ordures
avant de regagner son dortoir à la
tombée du jour. C’est en Ariège, précisément à Mazères, que Florent
Roussy a flashé sur ces magnifiques
hérons blancs massés en grappes sur
des arbres du Domaine des Oiseaux.
Nat’Images
Loué soit le 150-600 mm
Florent nourrit une passion pour
l’ornithologie depuis qu’il est tout
jeune. Le goût pour la photographie
est venu ensuite, par le biais de son
père qui lui a appris les rudiments de
l’argentique alors qu’il avait quinze
ans. Il a d’ailleurs eu beaucoup de mal
à se défaire du film et aurait pu tout
arrêter, pris par ses obligations professionnelles. Mais l’arrivée à maturité du
numérique et l’accès à un cortège
d’optiques puissantes l’ont convaincu
de continuer. En effet, c’est en faisant
l’acquisition d’un 150-600 mm que
Florent reprend goût à la photo nature: “Avoir accès à ces grandes focales m’a redonné le virus. Cela m’a
permis d’essayer beaucoup de choses
sans me ruiner.”
Cet ingénieur en travaux publics
pour la fédération des clubs alpins
prend désormais le temps de s’évader, s’essayant à la prise de vue de
hérons le matin ou au suivi de
quelques espèces bien spécifiques,
comme le cincle plongeur dans le lit
de l’Ariège ou le martin-pêcheur sur le
Tarn. Depuis qu’il a repris la photographie avec assiduité, Florent a eu différents boîtiers entre les mains, notamment un Canon EOS 80D couplé à un
70-200 mm f/4 ou au fameux 150600 mm. Puis il a succombé à l’appel
du plein format 24 x 36, sous la forme
du 5D Mark III associé au 400 mm
f/2,8 de première génération, “lourd
mais terriblement efficace.”
Une rencontre magique
C’est en revenant d’un séjour dans
la Réserve ornithologique du Teich,
dont la réputation n’est plus à faire,
que notre photographe décide de faire
un détour par le Domaine des Oiseaux
de Mazères. Le site est moins connu
certes, mais Florent en longe régulièrement les abords lorsqu’il emprunte
l’autoroute A66 pour se rendre sur son
lieu de travail. Cette autoroute est
d’ailleurs à l’origine du Domaine
puisque ce sont d’anciennes gravières
qui ont servi à sa création (voir encadré en fin d’article). S’étendant sur
près de 80 hectares, il constitue une
Ci-dessus –
La zone qui a fait
mon bonheur cet
hiver a été désertée. Les hérons
ont élu domicile
dans les arbres au
centre de l’étang
d’Augé. Le soir, en
plein contre-jour,
j’opte pour de
nouveaux points
de vue plus
proches, en légère
contre-plongée.
La lumière de
l’heure dorée
ravive les belles
couleurs de ces
hérons dans leur
plumage estival.
Canon EOS 5D
Mark III, 800 mm,
f/5,6, 1/800 s,
100ISO
16 août. Les hérons ont quitté les
arbres morts pour
de plus feuillus. Un
peu moins graphiques, quoique…
En tout cas, c’est
toujours le même rituel: au lever du
jour, les hérons
quittent doucement
le dortoir au gré de
leurs envies. Le soleil rougit et fait briller les feuilles des
arbres, mais le ciel
est encore très
sombre. J’attends
qu’un héron passe
en vol entre les
deux arbres et
fasse un “trait
d’union” pour déclencher.
Canon EOS 5D
Mark III, 70-200 mm
à 70 mm, f/4, 1/50 s,
1250 ISO
73
Tout est propice à
se percher. Et tout
perchoir peut faire
l’objet de rivalités.
Reste à savoir
pourquoi ces deux
individus se chamaillent. Les batailles pour les meilleures places se
déroulent généralement le soir… or, il
est 7heures du matin. Que s’est-il
donc passé cette
nuit?
Canon EOS 5D
Mark III, 400 mm,
f/2,8, 1/1000 s,
4000 ISO
Dans le dortoir des garde-bœufs | Florent Roussy
Ci-dessous –
Page de droite, en haut –
Les hérons préfèrent les arbres, en général. Mais quand il
fait froid et que le soleil peine à réchauffer l’atmosphère, ils
aiment se blottir dans les herbes gelées. Habituellement
dans l’affût pour photographier les éveils et les étirements,
j’avais décidé ce matin-là de me poster sur le chemin
pour avoir le lever de soleil en contre-jour. Il faisait tellement froid que je savais que je pouvais être un peu moins
discret, les hérons ne fuiraient pas.
Que j’aime ces départs impromptus! L’ambiance était vraiment spéciale ce jour-là : froid intense, arbres dépeuplés et hérons camouflés dans les herbes blanchies de gel. Après plusieurs photos d’oiseaux en vol, je me suis décidé à inclure les hérons présents au sol pour
mettre l’accent sur l’ambiance froide et peu motivante pour s’envoler.
Canon EOS 5D Mark III, 150-600 mm à 300 mm, f/9,
1/400s, 1000 ISO
Canon EOS 5D Mark III, 150-600 mm à 600 mm, f/6,3, 1/1000 s, 160 ISO
Page de droite, en bas –
Quelques jours après ma découverte de ce site, l’hiver battait son plein. Lumières rasantes
et beaux reflets. Attiré par ce petit groupe détaché au pied de l’arbre principal, j’ai cherché
la symétrie tout en intégrant le héron un peu plus esseulé à droite, un peu plus éveillé aussi.
Canon EOS 80D, 150-600 mm à 600 mm, f/13, 1/250 s, 640 ISO
aire de repos pour les millions d’oiseaux qui empruntent ces voies migratoires. Près de 230 espèces le fréquentent tout au long de l’année!
Florent se souvient: “Je passais devant tous les jours sans m’arrêter… et
voilà. C’était un matin très tôt et c’est
la première chose que j’ai vue, ce dortoir de hérons garde-bœufs. Un moment magique! On y trouve beaucoup
d’autres espèces, et surtout des
échasses qui sont devenues les emblèmes du site.”
Le meilleur point de vue
Très vite Florent sent le potentiel
photographique du héron gardebœufs: “Ce qui est intéressant avec
cette espèce, c’est la saisonnalité. Les
mâles se parent de notes orangées en
été pour les parades. Mais je préfère la
période hivernale, le givre: les oiseaux
partent alors beaucoup plus tard pour
se nourrir. Le matin on assiste aux étirements et le soir on a droit aux envols
et aux prises de bec pour les places
les plus hautes sur les arbres.”
La redondance étant l’ennemie du
photographe, Florent tente de trouver
des points de vue originaux: “Une dizaine d’affûts sont installés sur place,
mais j’ai cherché à tourner un peu autour pour avoir d’autres angles de vue
que ceux permis par les observatoires,
sans sortir non plus des sentiers balisés et tout en restant discret et calme
pour ne pas déranger les oiseaux.”
74
Déclencheur de créativité
Lors de ses longues séances hivernales, le photographe a pu observer
des comportements originaux, voire
inexplicables: “Lorsqu’il gèle, j’ai remarqué que les hérons, pour une raison qui m’échappe, désertent les arbres pour se poser dans les herbes.
S’ils sont dans les arbres c’est avant
tout pour se protéger des prédateurs.
Est-ce qu’ils se réfugient dans les
herbes pour la chaleur ou pour se camoufler? J’opterais pour la chaleurcar
ce sont avant tout des oiseaux
Nat’Images
75
Dans le dortoir des garde-bœufs | Florent Roussy
Ci-contre –
Le dortoir des hérons est
prisé des aigrettes garzettes et autres ardéidés
car il se trouve au bord
d’un étang très poissonneux. Mais les aigrettes
s’activent plus tôt que
leurs cousins hérons et
s’envolent vers d’autres
horizons. Cette photo
montre bien la différence
de comportement entre les
deux espèces, différence
qu’accentuent encore le
fort contraste entre les sujets et le fond et l’opposition entre horizontalité et
verticalité.
Canon EOS 5D Mark III,
150-600 mm à 600 mm,
f/6,3, 1/500 s, 3200 ISO
Ci-dessous –
Au petit matin, les départs groupés des hérons sont toujours assez spectaculaires. Me vient alors l’idée de réaliser une
photo traduisant ce moment, une photo où les hérons immobiles sont nets et ceux qui s’envolent complètement flous.
De nombreux tests ont été nécessaires. Cette image, concluante, est aussi l’une des premières de la série.
Canon EOS 80D, 70-200 mm à 170 mm, f/11, 1/5 s, 100 ISO
Ci-dessus –
Sur le chemin d’accès à l’affût, le soleil
commençait à se
lever. Les hérons,
encore bien endormis, sont figés par
le froid. Ce soleil levant m’a fait penser
au drapeau japonais auquel j’ai
ajouté un premier
plan dans lequel se
détachent les oiseaux.
Canon EOS 5D
Mark III, 500 mm,
f/9, 1/400 s, 800ISO
d’Afrique.” La question reste en suspens. Mais ce sont ces détails et ces
attitudes glanés au fil des mois et sur
plusieurs années qui ont permis à Florent de construire un dossier à la fois
cohérent et varié: “L’espèce est d’autant plus intéressante qu’elle est assez
commune, il me fallait donc réaliser
des photos qui sortent de l’ordinaire.”
De tels propos font mouche à la rédaction de Nat’Images où nous défendons les regards originaux sur des espèces a priori banales.
Alors, suivez l’exemple de Florent
Roussy. Utilisez les observatoires
mais sachez les quitter le moment
venu. Tout en respectant la tranquillité
des oiseaux, il est possible d’exploiter
les ressources du terrain qu’offrent les
nombreuses réserves ornithologiques
de France. Soyez créatifs! À vos capteurs, prêts, shootez!
Frédéric Polvet
www.flickr.com/photos/flolma/
Instagram:lemateurdabimes
77
Petite histoire du domaine des oiseaux
Au début des années 2000, lors de la réalisation de l’A66, la société de construction avait besoin de terrains où creuser et retirer
des granulats. Sollicitée, la commune de Mazères (Ariège) a répondu favorablement à cette demande à condition que les terrains lui soient restitués après la construction, en particulier les
plans d’eau laissés par l’extraction des granulats.
Mazères est située sur une ligne de migration très importante. Or,
pendant la construction de l’autoroute, certains oiseaux comme
les échasses blanches et les gravelots nichaient sur place. En
Midi-Pyrénées, ces deux espèces ne sont nicheuses pratiquement que sur ce site. Les protéger est donc devenu une motivation très forte. La Mairie, avec l’aide des fédérations de Chasse de
l’Ariège et de Pêche de l’Ariège, a alors mis sur pied un projet de
centre de protection de la nature, de la faune et de la flore.
À son inauguration en juin 2005, le parc couvrait 50 hectares,
dont 30 de lacs. La commune a ensuite acheté la ferme, restauré
la grange du domaine et le pigeonnier (aujourd’hui utilisé par les
passionnés de colombophilie), tracé les sentiers, protégé les
zones de quiétude des oiseaux et créé des observatoires, portant
ainsi la superficie à 80 hectares.
Les visiteurs peuvent trouver au Domaine des Oiseaux une
grange avec un écomusée paysan et se promener sur plus de 10
kilomètres de sentiers balisés. Ils ont à leur disposition 14 observatoires depuis lesquels ils peuvent contempler les oiseaux sans
les déranger. Source : www.ville-mazeres.fr/Domaine-des-Oiseaux
Infos complémentaires : lesamisdudomainedesoiseaux.wordpress.com
Dans le dortoir des garde-bœufs | Florent Roussy
Luca Melcarne
Le bouquetin
comme porte-bonheur
Le bouquetin des Alpes est un sujet phare de la photo nature
en montagne. Quelle que soit la saison, sa présence enchante
les randonneurs et réconforte les photographes en quête d’un
sujet animalier accessible. Il faut néanmoins redoubler de créativité pour sublimer ce seigneur des sommets, comme nous le
démontre Luca Melcarne, photographe en herbe pétri de talent.
Joute de bouquetins
au lever du soleil.
Prise de vue au
grand-angle obligatoire afin d’avoir tout
l’environnement net.
Nikon D500, 18-55 mm
à 20 mm, f/3,8, 1/1600 s,
800 ISO, +1/3 IL
Nat’Images
79
Nat’Images
Que n’a-t-on déjà écrit sur la montagne, ses décors grandioses, sa flore
délicate, sa faune caractéristique…
bref, son potentiel photographique vivifiant. Ici plus qu’ailleurs, les occasions de déclencher ne manquent
pas. En plus, on a la chance en
France d’avoir les plus belles chaînes
de montagnes d’Europe. Autant d’invitations à prendre un grand bol d’air,
et autant d’occasions de faire de sympathiques rencontres avec les espèces locales: les majestueux rapaces sillonnant le ciel mais aussi les
marmottes, les isards, les mouflons et,
bien entendu, les bouquetins. Avec
leurs cornes impressionnantes, ces
derniers suscitent la curiosité des
photographes. Une attraction d’autant
plus irrésistible qu’ils sont très faciles
à approcher… pour peu que l’on s’y
prenne avec calme et respect.
Une star très abordable
À la rédaction de Nat’Images, nous
recevons régulièrement des propositions de sujets autour de Capra ibex,
ce magnifique caprin des Alpes. Mais
étant donné la relative accessibilité de
l’animal, nos choix s’orientent vers
des travaux qui font preuve d’originalité ou du moins poussent le curseur
esthétique au-delà de la moyenne.
Ces critères de sélection (qui n’excluent pas le talent) nous ont amenés
à nous intéresser à la production de
Luca Melcarne, jeune photographe
passionné de 19 ans, féru de sport et
de hauts sommets. Luca n’est pas
tout à fait un inconnu pour nous. Nous
l’avions rencontré dans les travées du
festival de Montier-en-Der en 2015
alors qu’il venait de remporter un prix
dans la catégorie jeunes – déjà une
photo de bouquetin. Encore en phase
d’apprentissage, il se faisait la main
sur toutes sortes de sujets (hiboux,
chamois, marmottes, etc.), avec un
goût prononcé pour les ombres chinoises. Il nous tardait de découvrir
quel tournant allait prendre sa production. C’est finalement le bouquetin qui
a eu ses faveurs et lui permet aujourd’hui d’apparaître dans nos pages.
Une publication qui coïncide aussi
avec sa participation au jury 2018 du
concours de Montier (voir page 29).
Une boucle qui se boucle…
Une histoire de sommets
Luca a la chance de vivre aux pieds
des montagnes, à cheval sur les deux
versants du Vercors. Ses parents résident dans la Drôme mais il séjourne la
plupart du temps à Grenoble pour ses
études sportives. En effet, le jeune
photographe pratique le ski en compétition mais ne rate pas une occasion de déchausser pour faire de la
prise de vue, notamment le week-end.
Il tire profit des changements de saison, s’adapte aux ambiances diverses
et à l’évolution des populations sauvages des Alpes. Mais c’est en observant le travail des autres photographes que Luca s’est forgé une
véritable culture de l’image nature:
“Ça tire vers le haut!” Un bagage solide auquel il restait à apporter une
touche personnelle.
L’été dernier, Luca enchaîne les sorties fructueuses et, en passant en revue ses photos de bouquetins, il a la
conviction d’avoir franchi un cap, il
décide alors de nous envoyer un dossier. Un déclic qu’il résume ainsi: “Paradoxalement, le réel défi avec le bouquetin c’est qu’il est facile d’approche,
comparé aux espèces qui nécessitent
d’être à l’affût. Cela demande de se
surpasser mais cela permet aussi
d’exprimer toute sa créativité.”
Du matériel polyvalent
Luca dispose d’un bel arsenal photographique: Nikon D500, 18-55 mm,
70-200 mm et 400 mm f/2,8. Il y
consacre d’ailleurs la majeure partie
de ses économies: “J’aime varier les
Page de droite –
Bouquetin dans
son environnement
hivernal. J’ai surexposé pour faire
ressortir l’animal
sur la neige.
Nikon D500,
400mm f/2,8
à f/4, 1/6000 s,
250 ISO, +1 IL
Ci-dessous –
Étagne face au
Mont Aiguille.
L’utilisation du
grand-angle était
indispensable pour
placer l’animal dans
son environnement.
Nikon D500,
18-55mm à 46mm,
f/6,3, 1/1600 s,
320 ISO, + 1/3 IL
81
optiques, utiliser le grand-angle, changer de point de vue ou de distance
avec le sujet et travailler quelles que
soient les conditions météorologiques.
Avec une longue focale, on peut aussi
réaliser des portraits de l’animal à nul
autre pareil.”
Une expérience
encourageante
À force d’en fréquenter les reliefs
tout au long de l’année, Luca connaît
son terrain de jeux sur le bout des
doigts et nous avoue un faible pour
les compositions au grand-angle,
preuve que son regard de photographe s’affirme de plus en plus. Il
faut dire que le jeune homme profite
de chaque nouvelle expérience pour
s’aguerrir et affiner son approche. De
son propre aveu, la participation au
jury du concours de l’AFPAN lui a été
particulièrement bénéfique: “C’est
très formateur pour l’œil”.
Luca Melcarne accumule les expériences et se voit bien poursuivre la
pratique de la photo nature parallèlement au sport de haut niveau. Avec le
bouquetin en guise d’étendard? Toujours est-il que l’animal lui aura porté
chance. Pourvu que cela dure…
Frédéric Polvet
www.lucamelcarne.com
82
Ci-dessous –
En bas –
Gros mâle en ombre chinoise au coucher
de soleil. J’ai utilisé le versant d’en face
de manière à placer le bouquetin dans ce
“fond de vallée”.
Cette image a remporté le Grand Prix
jeunes à Montier en 2015.
Contre-jour sur fond d’ombre. J’ai calé
l’exposition sur la seule partie “lumineuse” du bouquetin afin de boucher
toutes les parties sombres et éclairer uniquement le liseré de poils.
Nikon D7000, 18-55 mm à 18 mm, f/3,5,
1/3200 s, 200 ISO, -1,3 IL
Page de gauche,
en haut –
Bouquetin sur
fond de lac à
l’aube. J’ai sousexposé de façon à
donner un rendu
low-key à l’image.
Nikon D7000,
120-300 mm
à 120 mm, f/4,
1/2500 s, 250 ISO,
-1/3 IL
Page de gauche,
en bas –
Duo de mâles en
contre-jour du
coucher de soleil.
J’ai sous-exposé
de manière à boucher les ombres et
faire ressortir le
soleil.
Nikon D500,
70-200 mm
à 70 mm, f/2,8,
1/6400 s, 400 ISO,
-2/3 IL
Nikon D500, 70-200 mm à 200 mm, f/2,8,
1/5000 s, -1/3 IL, 200 ISO
Bernard Gauthier
Au gui l’an neuf !
84
“Au gui l’an neuf!” Entonnons cette expression populaire
pour prétexter quelques sorties hivernales, à l’instar de nos
ancêtres gaulois. En détachant le gui de l’arbre, les druides
lançaient “O ghel an heu”, ce qu’on peut traduire par “Que
le blé germe”. Cette exclamation ancestrale aurait traversé
les siècles pour devenir “Au gui l’an neuf!”, formule prononcée pour célébrer le passage à la nouvelle année.
En France comme en Angleterre ou aux États-Unis, il est
de coutume fin décembre de suspendre le gui au-dessus de
la porte d’entrée. Au plus fort de la tradition, c’est-à-dire au
début du XXe siècle, jusqu’à 700 tonnes de gui provenant de
Normandie et de Bretagne étaient expédiées outre-Manche
et à Paris où de nombreux marchands proposaient une
branche de bonheur pour célébrer la Saint-Sylvestre. Ce
prélèvement permettait aussi de déparasiter les vergers à
cidre, les pommiers étant parmi les arbres les plus infestés.
Une loi française de 1888 contraignait d’ailleurs chaque
propriétaire à nettoyer ses arbres envahis par le gui. Elle a
été abrogée depuis, mais un arrêté ministériel du 31 juillet
2000 intègre le gui à la liste des organismes nuisibles aux
végétaux, et donc soumis à des mesures de lutte obligatoire.
En haut –
Ci-contre –
Semi contre-jour avec une
lumière déjà chaude d’un milieu
d’après-midi de mi-décembre,
dessinant le contour des
feuilles et éclairant les boules
de gui.
Gui sur un peuplier le pied
dans l’eau suite à de fortes
pluies.
Canon EOS 40D, 100-400 mm
f/4,5-5,6, à 285 mm, f/8, 1/200 s,
800 ISO
Nat’Images
Canon EOS 6D, 100-400 mm f/4,55,6 L IS USM, à 263 mm, f/5,6,
1/800 s, 400 ISO
Photosynthèse
Description
Viscum album est un sous-arbrisseau hémiparasite qui se
présente sous la forme d’une boule de branches cylindriques, articulées, dichotomiques, munies de feuilles verdâtres, opposées, oblongues, coriaces et persistantes. Tous
les ans de nouveaux rameaux apparaissent aux bifurcations
des années précédentes, agrandissant la boule qui peut
atteindre la taille respectable d’un mètre de diamètre.
Le gui parasite l’arbre qu’il atteint. Il pompe sa sève et, en
se développant, l’affaiblit de plus en plus pour finalement provoquer son dépérissement total dans les cas les plus sévères.
Dans nos régions tempérées, trois espèces de gui se
côtoient. Le gui des feuillus, de loin le plus répandu, colonise pas moins de cent-vingt espèces d’arbres et arbustes
avec une prédilection pour les peupliers et certains fruitiers
comme le pommier. Il ne se développerait que sur des
chênes présentant une déficience génétique, d’où sa rareté
sur cette essence. Plus discret, le gui du sapin est présent
sur tous nos reliefs montagnards: Alpes, Jura, Massif Central, Pyrénées et Vosges. Avec ses baies en forme de poire,
le gui du pin sylvestre est nettement plus localisé.
Feuilles et boules
de gui sont enguirlandées du givre
d’une froide matinée
de décembre.
Il faut être matinal
et se hâter à réaliser
les photos, car le
moindre rayon de
soleil fera fondre
en quelques minutes les cristaux de
givre, tel le sucre
dans la confiture!
Canon 7D II, 100 mm
f/2,8L Macro IS USM,
1/125 s, f/5,6, 800 ISO
Avec un peu de
chance en fin
d’après-midi et un
zeste d’imagination, la serpe d’or
de Panoramix
rehaussera vos
photos de jolis
flares dorés!
Des hôtes à son service
Les boules de gui servent d’alimentation aux oiseaux en
hiver. La grive draine possède un goût immodéré pour ses
baies blanchâtres et visqueuses. Comme elle ne les digère
que partiellement, elle rejette les graines dans ses fientes et
les dissémine jusqu’à plusieurs kilomètres à la ronde lors de
ses nombreux vols. La fauvette à tête noire, elle, dépulpe les
fruits et ne consomme pas la graine mais la dépose, prestement avec son bec fin, contre l’écorce de l’arbre. Elle participe donc elle aussi à la dissémination du parasite mais de
façon bien plus localisée. Au contraire, la mésange bleue et
la sittelle torchepot se délectent des graines délaissées par
les fauvettes sur les rameaux: elles consomment 8 à 9
graines sur 10! À l’occasion, le pigeon ramier avale et digère
intégralement les fruits du gui. D’autres oiseaux comme le
geai des chênes ne dédaignent pas, de temps à autre,
quelques boules de gui.
Toxique à forte dose pour l’homme, le gui a des propriétés hypotensives, diurétiques et antitumorales reconnues.
Il est notamment utilisé dans des traitements concernant
l’hypertension. La plante aurait aussi la capacité d’inhiber
les tumeurs cancéreuses. On comprend mieux pourquoi
Panoramix en fit l’un des ingrédients principaux de sa
potion magique (cf. La Serpe d’or) !
À notre tour, allons sacrifier à la tradition, mais avec les
outils modernes, aptes à immortaliser le gui, ses supports et
ses hôtes.
6 astuces photo
pour cueillir le gui
1
2
Avec son expansion tentaculaire sur les
arbres, le gui se prête aussi bien à des
photographies macro qu’à des prises de
vues paysagères, voire animalières, étant donné le goût de certains oiseaux pour ses baies.
Selon les cas, on fera du gui le sujet
principal de la composition ou un
simple élément du décor en attendant la venue d’un passereau.
3
4
Utilisez les conditions météorologiques
capricieuses de l’hiver à votre avantage.
Soleil, brume, brouillard, neige, givre
permettent de varier les ambiances.
La lumière étant souvent parcimonieuse en hiver, il est chaudement
recommandé d’utiliser un trépied. À
défaut, un élément du décor environnant
peut faire office de support. Les arbres à
gui étant rarement seuls, prenez appui sur
le tronc voisin à votre sujet.
5
Pour les plans rapprochés, la mise
au point sur une boule claire est,
faute de contraste, à tous coups
Canon 6D, 100 mm
f/2,8L Macro IS USM,
1/160 s, f/2,8, 200 ISO
La couleur jaunâtre
due à l’avancement végétatif des
fruits, mais également à la lumière
chaude d’une fin
d’après-midi ensoleillée de février,
joue la complémentarité avec le
bleu du ciel.
Canon 6D, 100 mm
f/2,8L Macro IS USM,
1/800 s, f/5, 400 ISO
problématique. Assurez-la sur le point noir
situé à l’opposé de son point d’attache,
sauf, par exemple, en cas de reflet marqué sur la boule quelque peu translucide
du fruit.
6
Prise de vue à main levée et autofocus font rarement bon ménage en
macro. Ajustez la netteté manuellement en faisant le point de façon rigoureuse sur un élément bien précis puis en
vérifiant sur l’écran arrière.
Textes et photos :
Bernard Gauthier
www.bernardgauthiervotrephotographe.fr
Nat’Images
85
86
26 janvier 2018. Tarin des aulnes
mâle (Carduelis spinus). La neige
offre des ambiances délicates et
une lumière inimitable, pensez à
surexposer un peu pour bien retranscrire cette atmosphère unique.
Sony Alpha 7 II, Canon L 400 mm
f/5,6 (via bague MC-11), à f/5,6,
1/400 s, 2000 ISO, + 1/3 IL
Noëlle
Benjamin Gontier
Un hiver au jardin
Marronnier de saison, la photographie d’oiseaux au jardin
ne doit pas être traitée avec mépris. Non seulement cette pratique
permet à l’amateur de faire ses gammes et d’égayer son hiver,
mais elle produit des clichés informatifs à l’heure où
les populations de passereaux chutent drastiquement.
Noëlle et Benjamin Gontier l’ont bien compris. Au-delà du plaisir
éprouvé à photographier les oiseaux depuis leur cuisine, ils savent
que leurs images peuvent sensibiliser le plus grand nombre.
87
C’est avec l’achat d’une maison
entourée d’un petit jardin d’à peine
plus de 500 m² que notre aventure a
commencé. Mon épouse et moi
avons emménagé en juillet 2012 à
Dieulefit (dans la Drôme, à 30 km de
Montélimar) et dès le premier hiver
nous avons été émerveillés par la
quantité et la diversité des passereaux défilant sous nos yeux.
La passion de la nature était
ancienne et celle de la photo plus
récente. Celle des oiseaux, encore
naissante, ne demandait qu’à grandir.
ment vos observations serviront au
suivi des espèces, mais n’y a-t-il pas
meilleur moyen de sensibilisation?
C’est en montrant la magnifique diversité d’un simple petit jardin que l’on
peut toucher le plus grand nombre. La
protection de la nature ne peut pas
passer uniquement par des lois ou ne
concerner que des espèces emblématiques. Et je pense que c’est en sensibilisant le plus grand nombre, en faisant de chacun un éco-citoyen responsable au quotidien que l’on pourra,
peut-être, enfin respecter la nature.
Démarche
Si la prise de vue s’est immédiatement invitée, c’est bien le plaisir de
l’observation, de la compréhension et
l’envie de protéger nos hôtes qui
furent le point de départ de l’aventure. Nous ne connaissions alors pas
grand-chose à l’ornithologie. Ma
femme notait dans ses petits carnets
ses observations journalières, à partir
desquelles nous nous documentions
pour combler nos lacunes. À chaque
nouvelle espèce croisée on passait
par la case “recherche”. Il était important pour nous de l’identifier correctement. À ce titre, la photo s’est avérée
un outil précieux pour comparer
directement le nouveau venu aux
illustrations des guides spécialisés.
88
Partager pour protéger
Toutes ces données, une fois vérifiées, ont pu être partagées avec la
LPO (www.faune-drome.org) afin d’être
recoupées avec celles des autres
contributeurs. Et c’est bien là notre
motivation première: observer, identifier, partager. J’invite tous ceux qui le
peuvent à faire de même. Non seule-
La fenêtre de notre cuisine donne sur
le feuillage d’un Sophora, dont les
branches voient passer de nombreux
oiseaux. Ce point de vue surélevé est
idéal pour observer et photographier
nos petits visiteurs sans les déranger.
La photo ci-dessus a été prise fin octobre. Depuis, l’arbre a subi les affres
de la neige et une grosse partie est
tombé. Il repartira, mais cette année
ne sera sûrement pas très prolifique
en photos. Les observations, en revanche, seront toujours possibles!
L’accueil des convives
Pour attirer les oiseaux et
les aider à passer l’hiver,
Noëlle et Benjamin Gontier
ont installé une mangeoire
à graines (tournesol, blé,
orge) et un abreuvoir dans
leur Sophora. Ils ont aussi
aménagé leur jardin afin
de créer un environnement
propice à l’accueil des
passereaux: “Nous taillons
les arbustes à baies (laurier thym, sureau) le moins
souvent possible et surtout
pas tous en même temps.
Le potager est aussi partagé avec le reste de la nature: nous le laissons vivre
en fin de saison pour qu’il
Nat’Images
fournisse le couvert à tous
les habitants du jardin.”
En la matière, il n’y a pas
de recette universelle,
mais si vous voulez éviter
les erreurs de base, on
vous invite à consulter Je
nourris les oiseaux en hiver, ouvrage de Gilles Leblais paru aux éditions
Terre Vivante. L’auteur y livre des conseils de bon
sens (observer avant
d’agir, placer les distributeurs à bonne distance
des éventuels prédateurs,
etc.) et donne le pas-à-pas
pour fabriquer sa propre
“mangeoire à acrobates”.
Reste une question légitime: faut-il nourrir les oiseaux en hiver? Pour vous
faire un avis, on vous renvoie à l’article nuancé que
Daniel Magnin avait consacré au sujet dans le n°12
de Nat’Images. Expérience
La photo et l’observation au jardin
ne demandent pas les mêmes ressources qu’en milieu sauvage, surtout quand on bénéficie d’un point
d’observation en hauteur, à la fois
proche et caché des oiseaux mais
aussi chauffé. Car notre affût… c’est
notre cuisine!
Les photos qui illustrent cet article
ont été prises par la fenêtre de celleci. Nous profitons du fait que les
oiseaux se posent toujours sur le
même arbre: un magnifique Sophora
pleureur, extrêmement graphique.
Un tel affût offre de nombreux
avantages: une certaine proximité
avec l’oiseau et la possibilité de l’observer sur de courtes périodes – le
manque de temps n’est plus une
excuse recevable!
Quelques inconvénients subsistent
tout de même, à commencer par le
risque de reflets sur les images. Pour
s’en prémunir, il faut se tenir le plus
proche possible de la vitre, privilégier
le soleil latéral et éviter les couleurs
claires dans la pièce. Fatalement, ce
point de vue unique limite aussi les
choix en matière de composition.
Mais sur ce dernier point ce serait
sans compter sur les oiseaux euxmêmes, toujours prêts à vous surprendre par leurs attitudes, leurs
comportements ou l’arrivée de nouveaux visiteurs.
La météo, la saison et/ou la
lumière permettent aussi de varier les
prises de vues. De la douceur des
ambiances neigeuses au clinquant
des belles journées d’hiver en passant par les contrastes de fin de journée, croyez-moi, vous n’aurez pas le
temps de vous ennuyer!
Disposer d’un poste d’observation
unique facilite le suivi de certains
individus sur de longues périodes.
Il suffit de repérer un signe distinctif.
Je sais par exemple qu’une mésange
charbonnière avec une petite tache
au-dessus de l’œil a passé tout un
hiver avec nous. De même pour une
mésange bleue à la tête ébouriffée.
Certaines espèces, comme le pic
épeiche, le grosbec casse-noyau ou
le chardonneret élégant, ont pris leurs
habitudes dans notre jardin. D’autres,
tels les roitelets huppés et triple-bandeau ou les mésanges noires, se font
plus rares que les années précédentes. D’autres encore font l’objet
d’une observation unique. Je pense à
ce couple de bouvreuil pivoine venu
une fois seulement, au pic épeichette
qui s’est montré pour la première fois
l’année dernière ou encore à cet
important groupe de venturons montagnards observé uniquement en
89
De gauche à droite et de haut en bas –
16 novembre 2017. Nos fidèles chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) arrivent dès la fin de l’été pour picorer les
graines des tournesols du potager. Ici, les feuilles sur les arbres
se dessinent dans le bokeh.
Sony Alpha 7 II, Sigma 100-300 mm f/4 (via bague MC-11),
à 300 mm, f/5, 1/320s, 800 ISO
4 février 2015. La mésange huppée (Lophophanes cristatus)
est sûrement l’une des espèces les moins farouches du jardin
et l’un des plus expressives avec ses mouvements de huppe.
Pentax K-5, DA 300 mm f/4, à f/5, 1/320 s, 160 ISO, +1/3 IL
4 janvier 2018. Tarin des aulnes mâle (Carduelis spinus) par
une belle journée ensoleillée. En hiver, la lumière rasante donne
de beaux contrastes quelle que soit l’heure.
Sony Alpha 7 II, Canon 400 mm f/5,6 (via bague MC-11), à f/5,6,
1/400 s, 1250 ISO
21 janvier 2018. Le grosbec casse-noyaux (Coccothraustes
coccothraustes) est particulièrement difficile à prendre en
photo car il est très peureux (et un peu moins présent que
d’autres passereaux). C’est la seule “belle” photo de cette espèce que nous ayons réussie.
Sony Alpha 7 II, Canon 400 mm f/5,6 (via bague MC-11), à f/5,6,
1/400 s, 1000 ISO
2015. Régulières ou ponctuelles, ces
visites aiguisent notre appétit. À
chaque début de saison, nous
sommes impatients de voir qui sera
au rendez-vous.
Technique et matériel
Nous participons tous les deux à la
prise de vue, mais la partie technique
(réglages) et le post-traitement des
images restent mon créneau.
Toutes les photos présentées ici
ont été prises à main levée. Pour
éviter les flous de bougé (même pour
des oiseaux posés) il faut choisir une
vitesse d’obturation d’environ 1x à
1,5x la focale (équivalent 24x36, soit
1/400 s avec un 400 mm, 1/320 s
avec un 300 mm, etc.). Et
généralement, je suis à pleine
ouverture pour valoriser le flou
d’arrière-plan.
Si comme nous vous bénéficiez
d’un poste d’observation
suffisamment proche et si vous
appréciez les photos d’ambiance, nul
besoin de vous ruiner côté optique.
J’ai commencé avec un 70-300 mm
d’entrée de gamme! Une focale de
200 mm peut suffire devant un
appareil à capteur APS-C (compter
300 mm pour un boîtier doté d’un
capteur 24 x 36).
Après une longue période avec un
reflex APS-C Pentax (K-r puis K-5), je
suis passé au plein format en faisant
l’acquisition d’un hybride: le Sony
Alpha 7 (II puis III maintenant). Cet
appareil me donne entière
satisfaction, surtout depuis que j’ai
pu le coupler avec un 400 mm Canon
L f/5,6 via une bague Sigma MC-11.
Ajoutez à cet équipement une
bonne paire de jumelles et partez à
votre tour à la découverte de votre
jardin et de ses habitants légitimes.
Vous en serez vite récompensé!
Benjamin Gontier
Un hiver au jardin | Noëlle & Benjamin Gontier
La nuit, le jardin prend vie.
Des voisins inattendus
et discrets font le tour du
propriétaire. Ils se pensent
invisibles mais, tapi dans
l’ombre, Stéphane Raimond
leur tire le portrait.
Coulisses d’images
saisissantes et originales !
90
Hérisson en balade au jardin.
Canon EOS-1DX, 24-105 mm f/4 IS USM,
à 24 mm, f/10, 1/200 s, 1600 ISO
Flashs en configuration 2 (voir en fin d’article)
+ un flash pour déboucher le mur
Nat’Images
Stéphane Raimond
91
Nat’Images
92
Nat’Images
Martre apparaissant à
la fenêtre de la cuisine.
Canon EOS-1DX, 24105 mm f/4 IS USM, à
73 mm, f/13, 1/200 s,
1600 ISO. Un flash très
léger (1/32 de puissance)
en arrière-plan contre le
mur en extérieur, lumière
de la maison (config. 2
sans les flashs de
premier plan).
Page de gauche,
en haut –
Martre escaladant
une souche sous
quelques gouttes
de pluie.
Canon EOS-1DX,
24-105 mm f/4 IS
USM, à 92 mm,
f/7,1, 640 ISO. Deux
flashs latéraux et un
en contre-jour pour
faire ressortir la pluie,
les trois à 1/4 de
puissance (config.1).
En bas –
Martre et
son souper...
Canon EOS-1DX,
24-105 mm f/4 IS
USM, à 90 mm,
f/10, 1/200 s, 800
ISO. Trois flashs
(config 1).
Certaines périodes de l’année sont
moins propices à la photographie animalière, à cause de la météo, des activités cynégétiques ou tout simplement
en raison des mœurs des animaux qui
reprennent une activité nocturne. Une
fois le brame du cerf passé, l’automne
et l’hiver arrivant, bon nombre de passionnés se rabattent sur la photographie d’oiseaux à la mangeoire. Mais
n’avez-vous jamais trouvé dans votre
jardin des crottes de renards, de hérissons, de martres ou de rongeurs, que
vous ne voyez jamais approcher votre
habitation en journée? C’est d’autant
plus vrai lorsqu’on habite à la campagne. Cependant, même en ville, les
récits de personnes ayant observé une
fouine ne sont pas rares.
Vivant au milieu des bois, et frustré
en mauvaise période de croiser plus
difficilement mes sujets de prédilection
que sont les carnivores, j’ai décidé
d’ouvrir l’œil ou du moins de ne pas les
fermer la nuit venue!
Repérer les indices
Empreintes laissées dans la neige?
Jardin gratté? Poubelles et seau de
compost renversés? Détecteur de
mouvement qui allume régulièrement
le spot de votre garage? Bruits dans
le grenier? Autant d’indices qui trahissent la présence du renard, de la mar-
tre, du hérisson ou d’autres visiteurs
noctambules.
Dans mon cas, ayant la chance
d’avoir un grand terrain, empreintes ou
furtives observations ne manquent
pas, y compris sous ma mangeoire à
oiseaux. Au vu des traces laissées au
sol ou sur le piquet qui la supporte,
cette mangeoire suscite l’intérêt des
opportunistes. Durant notre sommeil,
une faune insoupçonnée s’y active,
chapardant graines et boules de
graisses ou chassant les mulots sylvestres qui s’en repaissent.
Pour en avoir la certitude rien de tel
que de surveiller, à l’œil nu ou, si l’on
veut profiter de son lit, en installant un
piège photo sur les zones et accès qui
paraissent fréquentés.
Ceci dit, dès que l’on se doute de la
présence d’animaux, on prend très vite
l’habitude de jeter un œil dehors dès la
nuit tombée pour voir ce qui apparaît
dans la légère lumière émanant de la
maison. C’est ainsi que j’ai découvert à
quel point la faune sauvage osait s’approcher de l’habitation, des fenêtres et
portes-fenêtres malgré l’activité humaine à l’intérieur et la lumière qui s’en
échappe. On en vient à se demander si
ce ne sont pas eux, les animaux, qui
nous observent au travers de notre
“aquarium” éclairé et qui finissent par
connaître nos habitudes.
Et si on les photographiait?
La photographie animalière nocturne
n’est pas toujours bien perçue. Moimême, je suis peu favorable au fait de
photographier avec des flashs, la nuit,
en plein milieu d’une forêt par exemple.
En effet, prendre des éclairs de flashs
dans les yeux alors que l’obscurité est
totale ne doit pas être très agréable.
Mais qu’en est-il en milieu éclairé?
Sous la lumière ambiante que génère
votre habitation lorsqu’il fait nuit, la pupille des animaux se rétracte et, pour
peu que vous n’utilisiez pas vos flashs
à une forte puissance, ils ne perçoivent
pas ces éclairs ultra rapides. Pas
même un sursaut! De surcroît, dans ce
cas de figure, ce sont les animaux qui
en connaissance de cause viennent
chez vous, et non vous qui vous incrustez chez eux, ce qui selon moi fait
une grosse différence!
Quoi qu’il en soit, nous sommes
dans une configuration où les photographies à saisir ne sont possibles que
durant quelques secondes, au mieux
quelques minutes. Les animaux circulent et dans le meilleur des cas reniflent
et marquent leur passage d’un “petit
cadeau” déposé devant la porte d’entrée! Mais avec un peu de chance, si
un animal passe en début de soirée
dans un sens, il repassera dans l’autre
à la nuit venue…
Mes voisins noctambules | Stéphane Raimond
93
Ci-dessus –
Renard remontant le talus sous une pluie fine.
Les flashs créent quelques flares.
Canon EOS-1DX, 500 mm f/4 IS USM,
à 92 mm, f/8, 1/200 s, 640 ISO. Flashs en configuration 1.
Ci-dessous–
Aux traces de griffes sur le bois, j’ai vite su
qui était à l’origine du vol des boules de graisse!
Configuration 1.
Installé derrière votre fenêtre avec un
bon café, l’attente est plus que supportable… surtout si on la compare aux
longues heures d’affût bien souvent
nécessaires à la photo animalière. Il devient même possible de partager ce
moment en famille!
Si vous ne maîtrisez pas l’utilisation
du flash, vous pouvez accrocher ne serait-ce qu’une lampe frontale à la poignée intérieure de votre porte-fenêtre.
Les animaux approchant déjà, cela ne
changera pas grand-chose si ce n’est
que vous pourrez tenter des images à
hauts ISO qui, converties en noir et
blanc, peuvent produire un bel effet.
Cette solution a pour avantage de ne
demander aucune préparation ou installation mais aussi d’élargir légèrement
la zone éclairée et donc la visibilité.
Personnellement, je trouve que l’utilisation de flashs autorise plus de créativité. Bien sûr, cela donne un côté un
peu “studio”, mais jouez-en. Quitte à
ne pas photographier en lumière naturelle, autant tirer profit de l’éclairage
studio et du rendu d’image qui va avec.
On peut ainsi générer des clairsobscurs, mettre en évidence la pluie ou
la neige qui tombe et qui se percevra
bien mieux à l’image que si le fond
était chargé d’éléments perturbateurs.
J’ai la chance d’avoir devant la maison
un passage de trois mètres bordé par
un talus qui crée un arrière-plan bien
sombre. Ce dernier met encore mieux
l’animal en évidence. Ce talus est un
passage obligatoire pour la faune, ce
qui me permet une grande proximité:
je peux utiliser des focales ne dépassant pas 100 mm et obtenir une bonne
netteté malgré le double vitrage. Mais
pour être honnête, j’aime bien trop le
rapport direct avec l’animal pour ne
pas installer une tente-affût en extérieur contre la maison et ainsi profiter
pleinement de ces furtives rencontres.
Une martre, et ça repart!
Depuis plusieurs années, différents
renards viennent devant la maison, forçant à la stratégie pour que les poubelles ne soient pas éventrées, et obligeant également à percher les boules
de graisse bien plus haut pour les oiseaux. Un jour, ces gourmandises avicoles pourtant placées à presque deux
mètres de haut disparurent à nouveau.
Il était peu probable que les goupils,
aussi rusés soient-ils, aient pu les décrocher. J’ai alors repensé à cette martre qui l’été précédent traversait le terrain… Une martre devant la maison,
que rêver de mieux? Pourtant, je n’en
voyais aucune trace aux abords de la
mangeoire. Puis, un soir, alors que se
succédaient les passages d’un couple
de renards se cherchant durant la période de rut, une ombre furtive apparut
au ras de la porte-fenêtre: une martre!
Nat’Images
À moins d’un mètre, et comme invisibles derrière la vitre, nous l’observions
agenouillés. Elle farfouilla, grimpa à la
mangeoire, se hissa sur une souche:
un spectacle fabuleux que je n’imaginais pas se répéter. Pour autant, dès le
lendemain, aux mêmes heures, j’étais
prêt et le matériel aussi! Mais rien, pas
un seul mammifère.
À bien y réfléchir, ma voleuse de
boules de graisse pouvait aussi être à
l’origine d’autres méfaits jusqu’alors
mis sur le dos du renard. En effet, sur
le rebord de fenêtre de la cuisine, un
seau à couvercle rabattable servant à
porter les déchets au compost, était
retrouvé régulièrement renversé le matin venu. J’avais vu juste: alors que
nous dînions face à cette fenêtre, soudain apparut une tête. C’était elle!
Les nuits suivantes, les passages du
petit carnivore à des horaires très aléatoires m’obligeront à affûter, depuis le
salon certes, mais affûter tout de
même et sans cligner de l’œil! Car
l’animal, furtif et discret comme tous
les mustélidés, est un hyperactif qui ne
tient pas en place. La curiosité de la
martre et son inexorable besoin de fureter et grimper partout me conduisent
à installer quelques supports où avec
un peu de chance l’animal grimpera au
moins une fois, telle qu’une belle
souche ou une branche moussue.
Cette jolie martre m’offrira même
quelques passages crépusculaires une
fois le printemps venu. Elle disparaîtra
ensuite, la nature lui apportant à nouveau des mets bien plus intéressants
qu’une mangeoire à oiseau ou un seau
de compost.
Parlons technique
Une fois que l’on a constaté le passage d’animaux, il faut réfléchir à un
mode opératoire pour les photographier. Nous l’avons vu précédemment,
la lumière de l’habitation permet non
seulement de visualiser ce qui se
passe à l’extérieur pour faire la mise au
point mais crée en plus une ambiance
lumineuse qui rend imperceptibles les
flashs par la faune sauvage.
Première configuration
La prise de vue se fait depuis l’intérieur de la maison. Dans ce cas, le but
est d’éclairer correctement le sujet (S
sur le schéma). Les pupilles des animaux captent énormément la lumière,
comme vous avez pu le constater en
les croisant dans les phares de votre
voiture. Pour ne pas avoir des yeux
tout blancs sur l’image, il faut donc placer les flashs à 35° au moins par rapport à l’axe de l’objectif. Donnez-vous
de la marge car les déplacements de
l’animal vous conduiront à tourner votre objectif, donc à modifier l’angle
d’éclairage.
De nuit comme en plein jour, les lu-
95
mières frontales écrasent le sujet et
rendent les images plates, alors qu’une
source de lumière déportée donne du
modelé. Tout comme le ferait le soleil,
un seul flash créera une ombre portée,
c’est pourquoi il est bon d’en disposer
un second à l’opposé pour déboucher.
Comment faire du noir avec de la
lumière? Facile! En conditions nocturnes, si vous éclairez un sujet avec
une lumière plus forte que celle émise
par votre habitation, l’environnement
apparaîtra noir. Vous pouvez ensuite
intensifier la profondeur des noirs en
baissant vos ISO et en fermant le diaphragme pour que seules subsistent
les hautes lumières (c’est ainsi que j’ai
procédé pour la martre sur le rebord
de fenêtre).
La puissance des flashs, selon les
images souhaitées, pourra être totalement et volontairement déséquilibrée
(flashs 2 et 3). Orienté vers le haut, le
flash en arrière-plan (1) mettra en valeur les flocons de neige ou la pluie
tout en conservant votre fond noir.
Seconde configuration
Ici, on souhaite immortaliser l’animal
avec l’éclairage de l’habitation en arrière-plan. Les réglages se font sur le
même principe qui est de conserver les
hautes lumières tout en mettant en
avant le sujet. Deux flashs latéraux
sont réglés à très faible puissance et
placés de façon à ne pas éclairer les
murs de la maison. À l’intérieur de la
pièce éclairée, un flash peut être ins-
tallé avec un réglage de puissance légèrement supérieur à ceux placés dehors. Comme dans la première configuration, les trois flashs sont
commandés par un émetteur radio disposé sur la griffe porte-flash du boîtier,
lequel est en mode M, vitesse synchro
flash. Personnellement, je bannis l’utilisation du mode ETTL sur les flashs, le
mode manuel permettant selon moi
bien plus de créativité.
En extérieur, l’utilisation d’une télécommande ou d’une barrière infrarouge est envisageable. Dans ce cas,
prévoyez une bonne profondeur de
champ pour garantir la netteté du sujet
qui passera plus ou moins près de
l’objectif. Malgré tout, je trouve bien
plus exaltant de déclencher en direct!
L’hiver n’est sans doute pas la saison la plus riche sur le plan photographique, mais je l’attends désormais
avec impatience pour profiter à nouveau des visites de mes voisins noctambules. Bonnes nuits blanches photographiques!
Retrouvez Stéphane sur
www.objectif-loutres.com
Ci-dessus–
Renard roux sous la
neige. Ici, les flashs
mettent bien en évidence les flocons
qui virevoltent.
Canon EOS-1DX,
100-400 mm f/4,55,6, à 135 mm, f/9,
1/200 s, 400 ISO.
Flashs en config. 1.
Mes voisins noctambules | Stéphane Raimond
96
Plan large sur l’immense Aveyron.
Canon EOS-1DX Mark II, 60-600 mm f/4,5-6,3 DG OS HSM Sports, à 60 mm, f/13, 1/60 s, 100 ISO, -2/3 IL
Olivier Anrigo
Sigma 60-600 mm,
le télézoom ultime ?
Avec son amplitude hors norme (x10),
sa relative compacité et son prix raisonnable,
le nouveau télézoom 60-600 mm de Sigma
fait rêver plus d’un photographe de nature,
d’autant qu’il offre des possibilités inattendues
en proxiphoto. Olivier Anrigo, photographe
professionnel chevronné, a eu l’occasion de
tester en avant-première l’objectif. Il nous livre
ses impressions de terrain après quelques
jours passés dans l’Aveyron.
Nat’Images
“Mais jusqu’où iront-ils?” Telle fut la
réaction générale au sein de la rédac’
quand Sigma annonça, en septembre
dernier à la Photokina de Cologne,
l’arrivée imminente d’un télézoom 60600 mm. Pour Olivier Anrigo, la stupeur était déjà passée. Ce photographe professionnel, spécialisé dans
le sport et l’animalier, avait eu la primeur de l’information dès l’été et avait
même pu utiliser l’objectif pendant
une petite semaine sous le soleil de
l’Aveyron: “C’est assez fréquent pour
moi de tester sur le terrain du matériel
Sigma et de faire un retour et des
conférences pour eux ou Panasonic.”
Au fil des expériences et des publications (Reuters, EPA, L’Équipe, etc.),
Olivier Anrigo a acquis une expertise
précieuse pour les marques qui lui demandent régulièrement de mettre
leurs derniers joujous à l’épreuve.
Quand Sigma a fait appel à lui pour
tester le 60-600 mm f/4,5-6,3 Sports,
le Niçois ne s’est pas fait prier:
“J’étais très curieux de savoir ce qu’un
97
Gros plan sur l’envolée du vautour fauve, une des trois espèces de vautours présentes dans la région.
Canon EOS-1DX Mark II, 60-600 mm f/4,5-6,3 DG OS HSM Sports, à 600 mm, f/6,3, 1/1000 s, 400 ISO, -1,33 IL
Dans le vif des sujets
Dès le 1er août, le photographe est
à pied d’œuvre. Crapahutant dans le
parc naturel des Grands Causses à la
recherche du point de vue idéal pour
immortaliser le vol des vautours, il en
oublie presque le poids de son matériel: “Le 60-600mm est super compact et assez léger. Moins lourd en
tout cas que le Sigma 150-600mm
Sports (ndlr — précisément 300g de
moins). Je ne sentais pas que j’avais
quelque chose d’hyper gros dans le
dos quand il s’agissait de grimper sur
les hauteurs.” Pour couronner le tout,
l’objectif bénéficie d’une longue poignée de collier qui facilite le portage
d’un spot à l’autre.
Durant notre entretien, Olivier
Anrigo citera à plusieurs reprises le
Sigma 150-600mm Sports, un objectif qu’il a aussi eu l’occasion de tester
et qui constitue un bon point de
comparaison. Certes il descend
moins bas en focale, mais il atteint lui
aussi 600mm et ouvre à f/6,3 en bout
© Cécile Anrigo
zoom d’une telle amplitude allait donner sur le terrain. En plus, c’était une
configuration assez rare pour moi,
parce qu’il n’y avait pas d’enjeu, pas
de commande à honorer. J’avais cinq
jours devant moi pour me faire une
idée des possibilités du 60-600 mm,
déceler les éventuels défauts et les
faire remonter aux techniciens du
groupe Sigma.”
Vu la mission qui lui était confiée et
même si Olivier est un photographe
aguerri, on s’étonne qu’il ait choisi
comme terrain de jeu l’Aveyron, une
région où il n’avait jamais mis les
pieds auparavant. “J’avais un contact
sur place, nous rassure-t-il, qui
m’avait renseigné sur la richesse de la
faune et sur la variété des décors:
cascades, grottes, paysages… Le
risque n’était pas énorme. Je savais
que j’allais rencontrer des vautours,
dont on trouve trois espèces. J’avais
aussi pointé des endroits comme
Sainte-Affrique et sa terre rouge ocre,
qui m’évoquait la Namibie.”
Caractéristiques
Focales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60-600 mm
Formule optique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 éléments en 19 groupes
Angle de champ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39,6° à 4,1°
Ouvertures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . f/4,5-6,3 à f/22-32
Mise au point mini. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 0,6-2,6 m (x 0,30 à 200 mm)
Stabilisation / Retouche du point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oui / Oui
Filtre / Diaphragme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ø 105 mm / 9 lamelles
Taille / Poids (avec PS) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ø120 x 269 mm / 2 900 g
Accessoires fournis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bouchons, pare-soleil, étui
Montures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Canon, Nikon, Sigma
Tarif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 900 €
Nat’Images
98
de zoom. Surtout, il appartient à la
même famille Sports, qui réunit des
objectifs résistants (joints nombreux,
pare-soleil en métal, etc.) et disposant d’un paramétrage AF poussé.
Olivier confirme la parenté: “Concernant la maniabilité et la finition, ils ont
bien bossé. La bague est confortable
et permet de zoomer facilement. On
est au niveau du 150-600mm Sports
qui, à sa sortie (ndlr — début 2015),
avait vraiment marqué une évolution
dans la gamme.” Et d’ajouter: “J’ai
surtout testé le 60-600mm entre 400
et 600 mm, mais j’ai aussi apprécié de
pouvoir descendre à 60 mm pour faire
du paysage. J’utilisais déjà le 150 mm
du 150-600mm pour faire du paysage, mais là on retrouve une focale
bien large.”
Si l’on se fie aux mesures réalisées
par le labo de Chasseur d’Images
(voir encadré ci-dessous), la focale
de 60mm souffre d’aberration chromatique, ce qui a pour effet de diminuer un peu le piqué. Olivier nous le
confirme: “Le rendu est correct sans
plus. C’est pourquoi, si on veut faire
un reportage complet par exemple
sur les richesses de l’Aveyron, il vaut
mieux ajouter un 24-70 mm et un
zoom grand-angle, type 12-24 mm,
dans le sac.” Là, c’est le photographe
professionnel qui parle, celui qui a un
impératif de résultat et des commandes à honorer. Le simple passionné de photo nature n’a pas les
mêmes exigences. Ce que mesure
bien notre testeur: “Ce type d’ultra-
Coucher de soleil
sur la forêt.
Canon EOS-1DX
Mark II, 60-600 mm
f/4,5-6,3 DG OS
HSM Sports, à
310mm, f/16,
1/320s, 500 ISO
Sainte-Affrique et
sa terre de feu.
Canon EOS-1DX
Mark II, 60-600 mm
f/4,5-6,3 DG OS
HSM Sports, à
60mm, f/9, 1/125s,
100 ISO, -1,33 IL
Page de droite –
Un objectif qui a convaincu nos testeurs
En complément des impressions
de terrain d’Olivier Anrigo, on
vous i it incite à lire le test du
Sigma 60-600mm Sports publié
dans le n°408 de Chasseur
d’Images (en kiosque jusqu’à la
mi-décembre). Le compte-rendu
de Pierre-Marie Salomez et les
mesures menées par le “CILab”
(face à un reflex à capteur 24x36
et un reflex APS-C) vous donneront une idée précise des performances de ce télézoom. Sur le
plan optique (piqué selon la focale et l’ouverture, efficacité de la
stabilisation, etc.), bien sûr, mais
aussi sur celui de l’ergonomie. En
sus, le nouveau venu est comparé aux 150-600 mm f/5-6,3
Contemporary et Sports, les deux
autres options possibles dans le
catalogue Sigma pour qui
cherche un télézoom extrême.
Nat’Images
L’infiniment petit.
Chardon ardent et
guêpe font bon
ménage.
Canon EOS-1DX
Mark II, 60-600 mm
f/4,5-6,3 DG OS
HSM Sports, à
85mm, f/5,6,
1/250s,100 ISO
Bref, vous aurez toutes les cartes
en main pour faire le choix correspondant à vos besoins et à
votre budget. 99
zoom s’adresse à des utilisateurs qui
ont un seul boîtier et ne veulent pas
forcément changer d’objectif une
fois sur le terrain. L’appareil, le 60600mm, une paire de jumelles et
c’est bon.” …et un trépied, peutêtre? “Bien sûr, mais j’ai photographié beaucoup de vautours à main
levée, parce que je trouvais que
c’était justement intéressant de se
mettre dans la peau de tout utilisateur, amateur ou pro.”
On en vient logiquement à aborder
la question de la stabilisation: “Je l’ai
activée quand j’étais à main levée et
désactivée sur trépied pour ne pas
créer de doubles vibrations, un phénomène que je connais bien en sport
et qui peut jouer des tours. À main
levée, je n’ai pas constaté de flous de
bougé. Sur ce point, il est le digne
petit-frère du 150-600 mm qui m’avait
déjà fait très bonne impression au
Kenya. D’ailleurs, on retrouve les
mêmes curseurs sur le fût.”
Un bilan plus que positif
Au moment de tirer le bilan de ces
cinq jours passés avec le 60-600 mm
Sigma, Olivier peine à trouver des
points négatifs. Il cite à nouveau le
piqué “juste correct en courte
focale”, mais préfère s’appesantir sur
ce qui lui a plu, à savoir le poids, la
compacité, la maniabilité, le confort
d’utilisation, la finition ou encore
l’efficacité et le silence de l’AF.
Surtout, il insiste sur l’extrême polyvalence d’un tel outil: “On peut traiter
beaucoup de sujets, de situations.
On peut même faire de la macro.
La guêpe que j’ai photographiée à
85mm est un super bon exemple.
Quand je l’ai vue, je me suis dit: que
va donner la mise au point dans ce
chardon ardent de Sainte-Affrique?
J’ai été impressionné par la netteté
des moindres détails, il faut dire que je
doutais un petit peu des performances de ce zoom en proxi et macro
photographie. Au final, le rendu est
plutôt convaincant.” On confirme et
on se permet d’ajouter que c’est à
200 mm que le télézoom donne le
meilleur en macro, puisqu’il offre alors
un grandissement de x0,30.
Reste la question du prix. Le 60600 mm Sigma est vendu 1900 €
quand les tarifs des 150-600 mm
Sports et Contemporary sont, respectivement, à 1500 € et 1000 €:
“Il peut y avoir des hésitations. D’autant que la qualité de fabrication et la
finition sont exemplaires. En termes
de résultats en tout cas, le 60-600
mm s’est très bien comporté. Et la
possibilité de travailler à 600 mm est
un atout de poids pour la photo animalière ou sportive.” Et Olivier de
s’interroger: “Comment sont-ils arrivés à obtenir une telle qualité de
rendu en limitant autant le poids et
l’encombrement? Quoi qu’il en soit,
l’offre en matière d’ultrazooms est
très riche et le photographe animalier
ne peut pas s’en plaindre.”
Benoît Gaborit
Retrouvez les images d’Olivier
sur www.olivieranrigo.fr
ou dans Kenya Safari, le livre
qu’il a récemment publié
aux éditions Omniscience.
Sigma 60-600 mm, le télézoom ultime ? | Olivier Anrigo
B comme… bousiers
Ou comment se nourrir d’une provende inépuisable (au moins tant qu’il y aura de la
vie sur terre) et, bien que peu ragoûtante, la soustraire à la convoitise des envieux.
Dans la concurrence que se livrent
les êtres vivants pour s’approprier
les sources de nourriture disponibles, les insectes coprophages et,
parmi eux, les bousiers qui se délectent des diverses crottes et bouses
que les autres animaux sèment dans
la nature, ont trouvé une manne qui
ne semble pas près de s’épuiser, du
moins tant que subsisteront des
formes de vie évoluées sur notre planète. Les coléoptères de la famille
des scarabéidés, en consommant
ces excréments et en les enterrant
pour y pondre leurs œufs afin que
leurs larves à leur tour s’en nourrissent, assurent une fonction d’assainissement nécessaire au bon
fonctionnement des écosystèmes.
100
Parmi eux, les piluliers qui confectionnent des boulettes qu’ils font
rouler pour les enterrer plus loin, ont
attiré l’attention et suscité l’intérêt
des humains depuis l’antiquité égyptienne et sa fascination pour le scarabée sacré. Chez nous, le Sisyphe
de Schaeffer (Sisyphus schaefferi),
nommé en référence au héros mythologique condamné à rouler pour
l’éternité un rocher en haut d’une
montagne d’où il dégringolait inexorablement, s’il ne reçoit pas de culte,
n’en excite pas moins la curiosité
des chercheurs. Ce scarabée reconnaissable à ses très longues pattes
postérieures a la particularité, une
fois qu’il a confectionné sa boulette,
de la rouler en ligne droite, ce qui est
loin d’être aisé vu sa taille qui n’excède guère le centimètre et les nombreux obstacles que la végétation
dresse sur sa route. D’autant qu’il se
déplace ainsi le plus rapidement
possible dans le but de ne pas se
faire voler sa pilule par d’autres bousiers moins industrieux et mettre le
plus de distance possible entre elle
et ces indélicats.
On s’est longtemps demandé
comment il pouvait se repérer pour
maintenir un déplacement rectiligne
malgré les herbes, les cailloux contre
lesquels il butte, les chutes qui le
basculent sur le côté. Comment
peut-il bien faire pour s’orienter ?
Chaque fois qu’un obstacle vient dévier sa trajectoire, il monte sur sa
boule, tourne sur lui-même comme
pour apercevoir un lointain point de
repère, ce qui est impossible vu sa
taille et le fouillis dans lequel il évolue, et reprend la bonne direction. Il
est maintenant établi qu’il se guide
sur le plan de polarisation de la lumière du soleil. Ce sont en fait des
repères célestes qu’il a mis en mémoire et cherche ainsi à recaler. “La
danse initiale sert à déterminer une
direction, calée sur des repères célestes qu’il met en mémoire, et que
les suivantes ont pour fonction de reprendre pour que le trajet se poursuive tout droit sans dévier du plan
initial. Tournicoter au sommet de la
boulette a pour avantages de dégager la vue en terrain herbu et de garder un œil sur les pillards. Ce
comportement est tout à fait original.
S’il se rapproche de celui d’autres insectes naviguant au compas et effectuant des mouvements de « danse »
pour se recaler comme les fourmis
(cap magnétique en l’occurrence),
contrairement à eux, il ne garantit
pas l’atteinte d’un but (le nid des
fourmis) mais la dispersion optimale
à partir d’une ressource localisée.” (*)
Le Sisyphe de Schaeffer a d’autant plus intérêt à s’éloigner vite et à
promptement enterrer sa boule
qu’elle ne suscite pas seulement la
convoitise de ses congénères mais
aussi d’autres coprophages comme
des mouches ainsi que d’autres
cleptoparasites qui seraient ravis d’y
pondre leurs propres œufs. D’où
l’étonnante sophistication et l’efficacité du système de repérage dont il
s’est doté au cours de l’Évolution.
Gabrielle & Patrick Ledoux
(*) Insectes N°164, les cahiers de liaison
de l’office pour les insectes et leur
environnement, l’OPIE, d’après “The
Dung Beetle Dance : An Orientation
Behaviour ?” par Emily Baird et al.
Les Geotrupidae comme le géotrupe
des bois (Anoplotrupes stercorosus)
sont aussi rangés dans la famille des
bousiers. On les rencontre fréquemment sur les chemins des forêts de
feuillus où ils déambulent lourdement
à la recherche d’excréments dont
ils détectent l’odeur grâce à leurs
antennes en massue. D’un noir
brillant, ils arborent de superbes
reflets métalliques bleus et violets.
Ce ne sont pas des piluliers, ils ne
fabriquent donc pas de boule mais
se donnent quand même du mal
en creusant un tunnel juste à côté ou
sous les excréments, terrier ramifié
muni de nombreuses loges dans
lesquels ils pondront après
les avoir remplies de crottin.
Nat’Images
L’ABC de la Nature
101
Le terme “bousier” est appliqué à plusieurs
espèces différentes, dont certaines ne fabriquent pas de boules, comme les Géotrupidae. Le Sisyphe de Schaeffer fait partie de la
famille des scarabéidés qui, comme le scarabée sacré des Égyptiens, fabrique des pilules
dans les excréments qu’il rencontre, ce qui
leur vaut d’être appelés “piluliers”. Ils se servent de leurs mandibules et de leurs pattes
antérieures pour façonner leur pilule d’excréments et de leurs longues pattes postérieures
pour la propulser.
Chaque fois que les obstacles que présente le
terrain font dévier sa boule, le Sisyphe se juche
à son sommet et tourne sur lui-même afin de
se recaler par rapport à la lumière solaire. La
ligne droite étant le meilleur chemin pour s’éloigner
des voleurs, il se donne ainsi toutes les chances
de sauver son butin. La forme de sa tête, ou
plus exactement de son chaperon céphalique,
aplati et recourbé comme une pelle est caractéristique des bousiers qui doivent creuser le
sol pour façonner une galerie où ils déposeront
les excréments récoltés et y pondre leurs œufs.
Nat’Images
La couleur rouge-orangé qui apparaît est due au méconium expulsé par l’imago.
“La joie est là et il nous faut apprendre à la voir,
à l’accueillir, à la laisser émerger. C’est la joie qui
mène au renoncement et non l’inverse.”
Frédéric Lenoir - Petit traité de vie intérieure.
Chrysalide de Vulcain (Vanessa atalanta) peu de temps avant l’émergence.
Émergences,
incroyables & spectaculaires...
Il est bien plus fréquent de voir un papillon suspendu à sa chrysalide ou une libellule à son exuvie
que de figer l’instant où, sous ses efforts redoublés,
l’insecte se libère de la frêle enveloppe. J’ai eu la chance
d’assister à ce merveilleux spectacle et je peux dire que
la magie de la nature opère à coup sûr avec moi.
En espérant que ce phénomène exerce sur vous la
même fascination, nous allons en dévoiler
quelques aspects.
Au crayon: Marcello Pettineo |
Au boîtier, clavier et à la
palette graphique: Stéphane Hette | André
Joyeux (Naturaliste - Écologue): relectures bienveillantes et indéfectible soutien!
Émergence d’une Piéride du chou (Pieris brassicae).
102
De la chance avant tout
Je n’en tire aucune fierté car, je dois bien
l’avouer, j’ai manqué un nombre considérable
de photos d’émergences. Mais il faut rappeler que ce moment est souvent particulièrement bref. Avant l’émergence, la
chrysalide du papillon (ou l’exuvie de la libellule) est transparente et laisse apparaître
les formes et couleurs du futur imago. Mais entre le
moment où les fragiles enveloppes de chitine deviennent transparentes et le moment où l’émergence se produit, il peut se dérouler un certain
temps. Combien exactement? Eh bien, c’est tellement variable que la seule façon de réaliser une photo
de l’instant T est de rester planté devant la scène jusqu’au
bout… Plusieurs heures en fait. Du coup, à moins de tomber
dessus par hasard, c’est un exercice rapidement chronophage que
n’importe quel besoin naturel peut venir mettre à mal.
J’en ai parfois maudit ma vessie!
nax sp.
lule vraie, A
l
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b
i
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u
x
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Nat’Images
Charaxes jasius
(le seul représentant de la sousfamille des
Charaxinae
visible en
France métropolitaine,
dans le Sud évidemment)
se dorant au soleil
pour parfaire son
séchage avant le
premier vol.
Ailes encore non totalement développées d’Anax imperator.
r. La présenc
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Les ailes des libellules sont contenues aux derniers stades larvaires dans des sacs alaires.
Lors de l’émergence, elles sont courtes et
froissées. Comme chez les papillons, c’est
sous la pression de l’hémolymphe circulant dans les vaisseaux qui les parcourent et aidées par la gravité
qu’elles vont se développer et se
tendre totalement.
d’émerge
Instants décisifs
ser
se suppo
ais
en
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m
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tra
Il y a plusieurs moments clés lors de
l’émergence. La libération des ailes et celle des
fils de soie reliant les stigmates respiratoires de
l’enveloppe nymphale au futur imago peuvent être
source de problèmes. Si une partie de l’insecte reste
attachée à la coquille vide de l’exuvie ou de la chrysalide, c’en est fini de notre bestiole. Il faut dire que la
tâche est complexe! En plus de déployer leurs ailes, de
sortir leurs six pattes et leurs deux antennes, les papillons qui
en sont pourvus devront également se dépêcher de coller entre
elles, en les frottant l’une contre l’autre, les deux gouttières qui formeront leur trompe sous peine de ne pas pouvoir s’alimenter. Émerger
n’est pas franchement une sinécure!
t
er
v
s
rp
o
c
au
La bascule
Après être entièrement sortis de leur enveloppe nymphale, beaucoup de papillons de
jour et de libellules opèrent une bascule pour se placer en dessous de l’enveloppe vide
le temps que les ailes se tendent, sèchent et durcissent. Pendant ce laps de temps ils ne
peuvent évidemment pas voler et en cas de chute les ailes peuvent s’abîmer, condamnant l’insecte à une mort certaine, faute de pouvoir chasser ou butiner pour se nourrir.
Les p’tits rapides
Un Agrion ou un Argus mettent beaucoup moins de temps à émerger qu’un Anax ou
un Machaon. C’est une variation mécanique évidente que j’ai pu observer à mes dépens
à de nombreuses reprises. L’émergence des petites bestioles est plus rapide que celles
des grosses. C’est fou comme elles doivent se bagarrer avec l’enveloppe nymphale pour
s’en dépêtrer.
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Après l’émergence,
les papillons expulsent
le méconium par voie
naturelle. LesVanesses
n’échappent pas à cette
règle comme l’indiquent ces quelques
gouttes.
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h
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Émergence d’unVulcain. Les antennes et la
trompe sont tendues
par l’effort produit par
l’imago pour les dégager de la chrysalide.
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Le temps de séchage varie selon deux facteurs principaux et somme toute
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très logiques. Primo, la taille des ailes: plus elles sont grandes,
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plus elles sont longues à étendre et donc longues
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à sécher et durcir afin de permettre
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ord
D’ab
Ça sèche, est-ce sage?
Nat’Images
Le Machaon est l’un des plus
grands papillons de jour d’Europe. Il laisse donc plus de
chance au photographe de figer
les nombreuses étapes du développement complet de ses ailes.
le vol. Secundo, les conditions météorologiques, l’hygrométrie et la température influent naturellement sur la durée de séchage des ailes.
Les petites espèces sont donc moins
exposées à une éventuelle prédation avant le
premier envol. Mais, tout aussi logiquement, leur
émergence et leur séchage rapides ne facilitent pas le
travail du photographe.
Nota: juste après l’émergence, ne pas déranger l’in-
secte en le manipulant ou en bougeant son support
car cela risque de le faire chuter, le vouant à une
mort rapide due à son incapacité de voler
pour se nourrir. Tous les autres insectes à
métamorphose complète (cycle: œuf,
larve, nymphe, imago), soit plus de
85 % des espèces,
émergent également
mais il était impossible de les citer tous en
un seul article. Parmi ceuxci, on trouve les Diptères, Hyménoptères, Trichoptères, Coléoptères… et, bien sûr, les Odonates
(Anisoptères: libellules vraies / Zygoptères: demoiselles) et les Lépidoptères
(Hétérocères: papillons de nuit / Rhopalocères: papillons de jour) dont nous venons de
parler.
104
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isibles.
Nat’Images
Entre l’émergence
d’une libellule vraie
(ici un Anax imperator)
et son premier envol,
il peut s’écouler une à
deux heures. Un temps
à mettre à profit pour
lui tirer le portrait en
prenant soin de ne pas
trop la déranger.
Le temps de séchage dépend notamment de la taille de l’insecte…
re totalement transparentes…
co
en
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son
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ail
Ses
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erg
ém
te
Sympetrum striolatum tout jus
La période des émergences est une manne providentielle pour
un grand nombre de prédateurs (oiseaux, amphibiens, etc.).
Exuvie
Expression
Émerger: sortir du lot, de l’eau, de l’ordinaire, de
son lit… Sacrés ados toujours en mouvement!
Menace
Réduction et fragmentation des milieux, assèchement des
zones humides,
usage de produits phytosanitaires, ont une répercussion fortement négative prouvée sur l’ensemble des
populations d’insectes. En
trente ans, environ
80 % des insectes ont
disparu en Europe. C’est ce
que suggère
une étude internationale publiée
par la revue PLOS
One, analysant des données de captures d’insectes réalisées depuis 1989 en Allemagne, pays dont les pratiques
agricoles sont proches des nôtres.
Conseil: pour observer des émergences de libellules au prin-
temps, se rendre au bord de l'eau (étang ou mare font l'affaire), repérer la présence d'exuvies fixées aux Iris ou dans
la végétation aquatique et riveraine, revenir de bonne
heure le lendemain en croisant les doigts. Avec un peu
de chance, vous serez les témoins de ce que la nature
a de merveilleux!
Très belles fêtes de fin d’année à tou.te.s!
Et si vous êtes en quête de bonnes résolutions à prendre pour 2019, pourquoi
ne pas vous engager pour la nature?
Carnet de terrain | Émergences, incroyables & spectaculaires... !
105
Les coups de pouce de la Rédac’
Nat’Images reçoit de nombreux
dossiers qui, faute d’homogénéité, ne
sont pas publiables sur plusieurs
pages mais dont les auteurs méritent
un coup de pouce. D’où l’idée de cette
rubrique. N’hésitez pas, vous aussi, à
envoyer les images dont vous êtes le
plus fier ; elles seront mises à l’honneur
ici et la rédaction choisira un petit
cadeau de remerciement pour chacun
des auteurs publiés.
Ci-contre,
de haut en bas –
Pascal Gerbert
Belette d’Europe
(Mustela nivalis)
Données techniques :
Panasonic GX8,
100-400 mm à 260 mm,
f/8, 1/500 s, 100 ISO
Ludovic Epting
Libellule
(Anisoptera)
106
Données techniques :
Canon EOS 70D,
100mm, f/3,2, 1/1300s,
800 ISO
Page de droite,
de haut en bas –
Cyril Chevillot
Méduse, île de
Harris (Écosse)
Données techniques :
Nikon D7100, 10 mm,
f/8, 1/250 s, 100 ISO
Jean-Paul Vagner
Tourbière de
Lispach (Vosges)
Données techniques :
Fujifilm X-T3,
100-400mm à 400 mm,
f/13, 1/320 s, 500 ISO
Nat’Images
107
Nat’Images
Ci-dessus –
Joël Quardon
108
Grosbecs casse-noyaux
(Coccothraustes
coccothraustes)
Données techniques:
Nikon D810, 300 mm, f/5,
1/320 s, 400 ISO
Ci-contre –
Joël Querellou
Lichen
(Lobaria virens)
Données techniques:
Canon EOS 5D Mk II, 100mm,
f/8, 1/200 s, 1600 ISO
À droite, de haut en bas –
Julien Pinaud
Tortue verte
(Chelonia mydas)
Données techniques:
Canon EOS 7D, 18-55 mm à
18 mm, f/7,1, 1/400 s, 400 ISO
Michel Perrigault
Héron cendré
(Ardea cinerea)
Données techniques:
Canon EOS 7D, 400 mm, f/5,6,
1/640 s, 125 ISO
Nat’Images
109
Nature
n Filet de camouflage réversible
n Tente affût chaise
Avec ses couleurs naturelles, ce filet réversible
est idéal pour passer inaperçu pendant vos affûts :
vert foncé et beige d’un côté et marron de l’autre.
Plié, il prend peu de place et ne fait pas de bruit
au dépliage.
Caractéristiques :
- Imputrescible et non toxique, 100% étanche,
- Résistant aux UV, garde sa couleur au soleil,
Kg
- Non réfléchissant, Solide dans le temps,
1,4 kg
- Dimensions : 6 x 2,4 m
FILET6M
54 €
n Filet de camouflage, feuillage
Très léger et d’une couleur proche
du feuillage naturel (vert et marron).
Plié, il prend peu de place.
Kg
Dimensions : 2,40 x 3 m.
675 g
Tissu synthétique (bruit de feuilles
sèches quand on le froisse).
FILET3M
33 €
Ce modèle n’est pas une tente de chasseur
reprise pour la photo animalière mais
conçu réellement pour la photo. Série en
version limitée dotée de moustiquaires.
Une grande ouverture sur le devant plus
ou moins grande comme chacun le souhaite avec une double fermeture éclair .
Il est possible aussi d’ouvrir complètement
le devant de la tente par une autre grande
fermeture éclair.
De l’extérieur on ne voit pas du tout
le photographe grâce à un intérieur noir,
ce qui renforce la discrétion de l’affût.
Le siège est avec accoudoirs et est très confortable avec même
un emplacement pour un verre.
En cas de vent important, il est livré avec 4 piquets pour le fixer
au sol. Le tissu est étanche, mât en polyester.
• Hauteur 1.35 m • Hauteur de la base : 1,35 m
Kg
• Largeur de la base : 1,10 m
6,7 kg
• Poids 6.700 kg avec le siège
• Tissu en polyester • 4 fenêtres secondaires
• Fauteuil avec porte gobelet
Le sac de transport permet de porter la tente en sac à dos.
AFFUTSG3
149 €
n Protections anti-pluie
n Jama siège d’affût
Housse de protection
Un siège idéal pour l'affût et spécialement pour les tentes d'affût basses, léger
et confortable. Les tubes qui servent de
base sont en acier peint. Le pliant se
referme très facilement et se maintient
par un velcro sur le haut du siège. Il se
transporte grâce à une sangle allant du
pied jusqu'en haut du siège.
Couleur : Realtree Max4 (camouflage)
Fabriqué en France par Jama.
• Dimensions Plié : 60x10x10 cm
• Déplié : 40x43x60 cm
• Hauteur du dossier 60 cm
• Hauteur mini Assise à 33 cm
• Couleur Camouflage
• Poids 1 kg • Charge maxi 90 kg
Les photographes qui travaillent en climat
difficile, sous la pluie, sous la neige ou dans
la poussière, adoptent cette housse anti-pluie
REIDL. Le coloris camouflage leur permettra
de confondre le matériel avec l’environnement
pour des prises de vues animalières. Cet accessoire est indispensable pour la photographie
de faune et dans tous les endroits où la poussière
et l'humidité sont présentes. Une fenêtre transparente à l'arrière laisse apparaître l'écran LCD
et l'ouverture du dessus vous permet de viser
à travers l'œilleton de votre appareil photo et d’effectuer tous les réglages
nécessaires sans avoir besoin de soulever la housse à chaque fois.
Elle s’adapte à tout type de reflex et permet de continuer à travailler
en climat difficile. Compatible jusqu'aux focales 300mm.
MAT0151 (300 mm)
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JAMASIEGE
n Caddy photo
Manchon de protection
Ce caddy photo en aluminium, permet de
transporter votre matériel sans effort,
même dans des milieux escarpés grâce à
ses grosses roues pleines. A l'arrêt, vous
pouvez vous asseoir dedans pour faire un
affût ; il supporte une charge de 70 kg en
transport et de 120 kg en chaise. Hauteur
du dossier : 59 cm, Assise : 47 cm large, Profondeur : 36 cm. Ce modèle avec toit se
replie entièrement pour prendre le minimum de place. Poids : 5,7 kg
En PVC transparent et nylon noir imperméable,
cette housse de chez JAMA s’adapte sur les Reflex
avec poignée d’alimentation et zooms courts.
Le réglage s’effectue avec des cordons avant
et arrière pour envelopper comme il faut l’appareil.
Le brassard élastique ou l’ouverture à l’arrière
de la housse vous permet de régler les commandes
et voir les paramètres de votre appareil.
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Vous pouvez utiliser votre appareil photo/caméra tenu
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à la main ou monté sur un trépied.
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Livres
n À la rencontre du Puma
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Le puma est un animal aussi discret qu’imprévisible.
Mais n’allez pas croire qu’il s’attaque à tout ce qui
bouge. Voici au fil de ces pages, une invitation à suivre
J-Marie Séveno aux confins du Chili, à la rencontre du puma. (octobre 2015).
PUMA
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Ghislain Simard
Le vol des insectes révélé par la photographie
ultra-rapide de Ghislain Simard. Une autre façon
de découvrir le monde des créatures miniatures
et la fugacité de leur vol. Éditions Biotope, 26x26 cm, 228 pages,
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Trois auteurs, trois personnalités, partent à la découverte
de la biodiversité champardenaise. une belle aventure
qui a nécéssité 6 ans de travail ! Parcourez 400 photos,
350 dessins et 200 espèces animales et végétales illustrés.
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Éditions Plume de carotte, nov 2018, 22x16cm, 192 pages.
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n Speed flyers
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39 €
Speed flyers transporte le spectateur sur une autre
planète. Dans ce monde, la pesanteur a moins d’effet
sur les êtres vivants. Les lois de la physique sont
différentes puisqu’il devient plus facile de s’appuyer
sur l’air pour suivre des trajectoires impossibles.
Le temps s’écoule plus lentement et une seconde se
transforme en une éternité. Documentaire de 52 minutes plus bonus.
BRSPEEDFLY
25 €
n Passion nature
n Papillons tout naturellement
Christine et Michel Denis-Huot
À l’occasion du vingtième anniversaire du Festival
Lorraine Bennery
de Montier en Der, Christine et Michel DenisApprenez à trouver, reconnaître, comprendre
Huot marquent le coup avec ce recueil d’images
puis photographier les papillons dans leur
de la réserve de Masaï-Mara. Un livre événement
environnement. Cet ouvrage est un travail
préfacé par Guy-Michel Cogné.
photographique de plus de quinze années,
PASSIONNAT
19,90 €
réalisé par Lorraine Bennery, photographe
naturaliste professionnelle.
LBPAP
n Instants sauvages
Cédric Allié
Invitation à découvrir le monde sauvage de la région
Lorraine. Un témoignage intime et poétique sur
une nature encore préservée, conté au fil des saisons.
On y trouve des images des plus emblématiques animaux qui peuplent ces
terres comme le renard, le chat forestier, le cerf, la grue et beaucoup d’autres
encore, sous des ambiances mystérieuses, au sein de paysages magiques.
INSTANTS
28 €
34,90 €
n En vol
Ghislain Simard
En vol, le premier livre de Ghislain Simard.
240 pages dédiées aux papillons et aux techniques de prise de vues des insectes en vol !
Photos et conseils pratiques, quinze ans
d'expérience en un seul ouvrage !
ENVOL
20 €
n Les arbres amoureux ou comment
n La réserve naturelle du Pinail
se reproduire sans bouger
Francis Hallé, Stéphane Hette,
Près de 300 photographies des plus belles facettes
Frédéric Hendoux
et des plus grands secrets de la réserve Naturelle
Autour de nous, sans qu’on y prête attention,
du Pinail, située dans la Vienne. Plus de 160 pages
les arbres séduisent et content fleurette à dix, vingt ou
à découvrir avec les histoires de vies les plus trépitrente mètres de haut. Dans le secret des frondaisons, leurs fleurs révèlent
dantes de la biodiversité (fourmis esclavagistes,
des stratégies méconnues. Éditions Salamandre, 23,7x 28,5 cm, 144 pages.
symbioses entre papillons, fourmis et plante, parasites…) et différents
ARBRAMOUR
39 € records détenus par nos bestioles (accélération, vitesse d’attaque…).
Associant des images du collectif Objectif Nat’ et des textes vulgarisant
des connaissances scientifiques ou naturalistes, ce livre offre un regard
n Ma vie de libellule
artistique, pédagogique et parfois intimiste de la nature qui nous
Daniel Magnin
entoure. La vie de la réserve est également abordée à chaque saison
Étranges créatures aux couleurs métalliques, les
et l’on découvre avec surprise que le feu peut favoriser la biodiversité,
libellules fascinent l'être humain par leur charme et que des chercheurs étudient la couleur des mares… Ce livre est né de
leur élégance. Le photographe naturaliste Daniel
la complémentarité de trois auteurs sous l’impulsion de GEREPI : Yann
Magnin vous emmène à la découverte de ces insectes incroyables accom- Sellier, Laurent Bourdin, Michel Granger.
pagnée des textes du philosophe Alain Cugno.
Édition 2017, GEREPI, format : 21,5x31,5 cm, 160 pages.
LIBELLULEDM
29 € PINAIL
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Sangles
n Sangle Safari
n Courroie Black Rapid RS-4
Le Safari est équipé de larges sangles
d’épaule (comme un sac à dos), matelassées et antitranspirantes, ainsi que de boucles coulissantes pour un accès immédiat à votre
matériel photo, téléobjectifs ou
jumelles.
Ce système de portage procure une
grande liberté de mouvements et soulage vos cervicales ; il est compatible
avec tous les
appareils reflex et peut être porté en
même temps qu’un sac à dos. Deux
compartiments latéraux sont prévus pour ranger cartes mémoire ou batteries. Taille unique adaptable à tous les gabarits
Courroie classique
rapide avec mousqueton CR-2 et vis
de montage acier
inox FR-3 – Cette courroie
mince et droite est légère et confortable ; conçue pour un accès rapide à l'appareil, elle permet de répartir de façon équilibrée le poids de l'appareil
sur l'épaule, le reflex restant en suspension au niveau
de la hanche.
Une petite poche zippée est prévue pour le rangement
d’une carte mémoire.
Charge maximum : 5 kg
Couleur : noir
TREK12312
RS4CLAS
41 €
59 €
n Twin kit pour sangle safari
n Courroie Black Rapid SPORT
Cet accessoire se compose de deux sangles
réglables en longueur et coulissantes par
l'intermédiaire d'un anneau. Vous pouvez aussi
décroiser les sangles de l'anneau afin de porter
vos boîtiers de chaque côté du corps.
Il est destiné aux
photographes passionnés souhaitant utiliser
simultanément deux boîtiers ; le twin kit se fixe
sur la sangle SAFARI, au niveau des anneaux,
et permet l'utilisation de deux boîtiers, tout
en soulageant le dos et les vertèbres cervicales.
Les deux boîtiers sont indépendants et
ne risquent pas de s'entrechoquer. Les boucles du Twin kit et du Safari
sont compatibles entre elles. Matière : Polyester - Couleur : Noir
TREK12319
RSSPORT
79 €
19 €
n Vis de fixation boîtier, Blackrapid
n Backpack
Convertisseur bretelles de sac à dos
en courroie BlackRapid. Transforme
les bretelles de sac à dos en courroie
coulissante. Facile à installer et à enlever.
Livré avec sac de rangement microfibre.
Se fixe en un clin d’oeil sur les bretelles
d’un sac à dos, le BackPack Strap est
positionné en travers du torse et offre
la même sécurité et le même confort
qu’une courroie BlackRapid classique.
Caractéristiques :
Lanières en nylon - Longueur de la sangle : 80 cm
Largeur des lanières : 2,5 cm - Poids net : 140 g - Verrou en plastique ABS Rangement dans sac microfibre avec poche extérieure
« maille » (L : 9,5 x H : 15,25 cm) - Mousqueton aluminium : 7cm
Livrée avec écrou FastenR (FR-5), mousqueton ConnectR (CR-3)
et protection LockStar. Extension de garantie à 5 ans avec enregistrement
client sur site blackrapid.com
KAI230051
Courroie rapide Sport
+ sangle de renfort,
avec mousqueton CR-2
et vis de montage
acier inox FR-3.
Elle est équipée
d'une courroie stabilisatrice qui passe sous le bras pour
les shoots extrêmes. Coussinet d'épaule extra large pour
une parfaite répartition du poids. Possibilité de rajouter
un 2e mousqueton pour porter un second appareil
(optionnel : ref CR-2) Charge maximum : 5 kg
Couleur : noir
49 €
Repensé, le nouveau FR-5 FastenR
est fabriqué en acier inoxydable,
avec un œillet plus grand pour
une mise en place plus facile avec
le nouveau mousqueton ConnectR.
Il est maintenant recouvert d’une couche
nylon pour une durabilité accrue et éliminer le bruit. La rondelle en
caoutchouc incluse, apporte une sécurité supplémentaire qui rend
pratiquement impossible de trop serrer le FastenR à votre boîtier.
Il est compatible avec toutes les courroies BlackRapid.
• Acier inoxydable
• Rondelle caoutchouc
• Diamètre de vis : 1/4“ x 20 (standard boîtier)
• Revêtement nylon pour
une durabilité accrue
• Longueur : 2,2 cm
• Poids 16 g
FR5
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les vrais passionnés de photographie.
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compter leurs “pages vues”,
Chasseur d’Images, Nat’Images
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