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Point De Vue N°3679 Du 23 Janvier 2019-compressed

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SCANDALE
EN ESPAGNE
La fille de
la duchesse
d’Albe règle
ses comptes
avec son
beau-père
PHILIP
D’ÉDIMBOURG
L’accident
qui choque
le royaume
TRÉSORS
DE REINES (4)
Victoria
au pays
des diadèmes
INTERVIEW
DE JEAN-JACQUES
ANNAUD
Le réalisateur
de tous les
défis se confie
Elle épate, elle irrite,
elle a convaincu la reine…
LA MÉTHODE
MEGHAN
M 08380 - 3679 - F: 2,60 E
N°3679 - 2,60 € - SEMAINE DU 23 AU 29 JANVIER 2019 FRANCE MÉTROPOLITAINE 2,60€
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PAYS-BAS 3,80 € POLOGNE 3,30 € PORTUGAL (PORT.CONT) 3,60€ LUXEMBOURG 2,80€ MAROC 40DH TUNISIE 5,50TND TOM/S 360F CFP NC/A 620FCFP POL. A 760FCFP
3’:HIKSNI=UUW[UV:?d@g@r@t@a";
26 JAN-- 03 FEB 2019
BRUSSELS
GUEST OF HONOUR : GILBERT & GEORGE
ÉDITO
Quelle frayeur ! Un vent glacé a traversé la rédaction
jeudi en fin d’après-midi lorsque nous avons appris
l’accident de voiture du duc d’Édimbourg, le mari
d’Élisabeth II. Oh non ! Pas lui ! Et surtout pas dans ces
circonstances qui sonnaient, vingt-deux ans après la mort
de Lady Diana à Paris, comme
une étrange et odieuse
répétition pour la famille
Windsor. En recevant les photos
de la Land Rover retournée
et détruite, nous avons craint
le pire. Le palais se voulait rassurant, mais n’assistionsnous pas à un cas typique d’understatement britannique ?
Le choc d’une grande violence – le véhicule a fait plusieurs
tonneaux – pouvait-il, durant la nuit, se révéler fatal ?
Heureusement, malgré ses 97 ans, la solide constitution
du prince Philip et ce qu’il faut bien appeler sa bonne
étoile l’ont miraculeusement protégé, tout comme les
passagers de la Kia bleue elle aussi violemment impactée.
En tout et pour tout, à part des contusions superficielles,
seule une passagère a eu le poignet fracturé. C’est inespéré.
Soulagement général à Point de Vue. La reine, nous
le pensions tous secrètement, ne s’en serait pas remise.
Elle est tombée amoureuse de ce prince sans couronne
et sémillant officier de la Marine à l’âge de 13 ans,
l’a épousé en 1947 et, depuis bientôt 72 ans,
avec le même engagement qu’elle met à servir la
Couronne, elle s’est consacrée à lui. Leur histoire,
romantique et puissante, est une inspiration pour
nombre d’entre nous. Nous souhaitons au duc
un prompt rétablissement – en espérant que la raison
revienne à cette tête brûlée – et au couple souverain encore
de longues et belles années de bonheur partagé.
© CHRISTEL JEANNE
L’amour et
la Couronne
Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Directrice de la rédaction
PINT DE VUE
3
SOMMAIRE
Quelle semaine !
6 7 jours en images
12 Quel style !
13 Libre Cour
L’actualité
14 Le duc d’Édimbourg échappe à un terrible accident
En couverture
18 La duchesse
de Sussex
Une grossesse menée tambour battant !
Soyez royalement
connectés !
Avec Point de Vue
en ligne,
sur notre site :
pointdevue.fr
© PHOTO DE COUVERTURE MEGA/KCS PRESSE
40
Le bon d’abonnement se trouve
p. 39. Ce numéro comporte
un encart Musées du monde sur
les abonnés France et un encart
Paris Match sur une diffusion partielle.
24 Willem-Alexander et Maxima des Pays-Bas
Une nouvelle adresse pour 2019
26 Albert II à l’Institut
28 La duchesse de Montoro règle ses comptes
32 Obsèques du comte de Lannoy
34 James Middleton amoureux d’Alizée Thevenet
36 Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre
Coups de théâtre !
40 Trésors de reines Victoria au pays des diadèmes
46 Pierre Dumont et Denis de Kergorlay Vent debout
48 Le petit monde de
Jean-Jacques Annaud
34
52 Chez Gabriella Cortese
La vie parisienne
Quelle culture !
58 Les états d’art de
Rolando Villazón
60 Le guide
62 Quelles plumes !
63 Quelles enchères !
Quelle histoire !
64 George Eliot L’âme
sœur de George Sand
Quelle beauté !
28
68 Marie Bochet
Faire de ses rêves une réalité
70 À Courchevel Un refuge d’exception
Quelles soirées !
72 Prix Pierre-Daix Pérégrinations artistiques
73 Jean-Pascal Hesse Le Luberon en lumière
74 Rallye les Cimes Golden night
76 COURRIER Votre Point de Vue
77 Horoscope
78 JEUX Anagrammes, sudoku, bridge,
mots croisés et mots fléchés
82 L’ÉLU Tiwayo
PINT DE VUE
5
Quelle
SEMAINE
Dans
les coulisses
En visite à la Royal Opera House
de Londres, la duchesse
de Cambridge a découvert les
précieux savoir-faire du département
des costumes. Chaque année,
on y fabrique plusieurs milliers de
tenues pour l’opéra et le ballet.
Elle a ensuite échangé avec les
danseuses de la vénérable
institution et les a
admirées en
action.
Par Emmanuel Cirodde, Servane Labbé, Claire Sejournet & Kitty Russell
6
PINT DE VUE
Quelle
SEMAINE
Mariage
blanc
La famille s’agrandit. Sur son compte Instagram, Isabella Orsini a posté cette
image de son époux le prince Édouard de Ligne-La Trémoille avec dans ses
bras leur troisième enfant, Antoine, né le 10 janvier. Cette arrivée d’un petit frère
a dû ravir ses deux sœurs, Althea et Athénaïs, âgées de 8 et 4 ans !
David Morris,
364, rue SaintHonoré, Paris Ier.
davidmorris.com
De toutes
les matières
Le violet domine les soirées
mondaines cet hiver. Très
innovante, la robe de l’actrice
Julianne Moore, signée Salvatore
Ferragamo, est en textile issu
du recyclage des matières
plastiques. Celle de l’héritière
Nicky Hilton, création du
styliste britannique Galvan
London, est tout
en soie.
Forêt enchantée
Dans la forêt du domaine de Sofiero à Helsingborg au sud de la
Suède, la princesse héritière Victoria tend l’oreille… C’est normal, puisqu’ici les arbres parlent depuis qu’un parcours sonore a
été installé et offert l’an dernier au petit prince Oscar. Autant de
jolies histoires à découvrir pour les petits et les grands.
PINT DE VUE
7
© MEGA/KCS PRESSE (2), JACOVIDES-MOREAU/BESTIMAGE, INSTAGRAM ISABELLA ORSINI DE LIGNE, PIOVANOTTO MARCO/ABACA, JOHN NACION/STAR MAX/IPX/AP/SIPA, SERVICE DE PRESSE
Face à face
Et si les rangs de perles
se portaient au doigt ?
Ou bien aux oreilles?
La maison britannique
David Morris donne
un coup de jeune à ce
grand classique
de la joaillerie
en le mariant
au diamant.
Cette collection
Pearl Deco
comprend aussi
des boucles
d’oreilles clips et
un bracelet.
Quelle
SEMAINE
Premier supporter
Le 10 janvier, le prince héritier de Danemark
a ouvert les Championnats du monde de handball masculin à la Royal Arena de Copenhague.
Son discours a certainement motivé l’équipe
nationale puisqu’elle a remporté en beauté le
premier match de l’événement, battant le Chili avec
23 points d’avance.
Merveilles en vermeil
Visiteurs de la Brafa, la célèbre foire d’art de Bruxelles, courez
admirer quelques-unes des plus belles pièces d’orfèvrerie
de provenance royale à la Banque Transatlantique Belgium,
14, rue de Crayer, à Bruxelles, jusqu’au 1er février. Cette coupe
en vermeil et un bassin de toilette aux armes de la marquise
de Pompadour sont des trouvailles du galeriste Bernard de Leye.
La vie
de Chatto
Robe
ou polo ?
En vacances en
Australie, avec son mari
Mike Tindall, où elle
participe au tournoi
de polo Gold Coast’s
Magic Millions, Zara
Tindall, petite-fille
de la reine Élisabeth,
a troqué le temps
d’une journée sa
tenue de cavalière
pour une joyeuse
robe fleurie
et de vertigineux
talons
aiguilles.
À 19 ans, Arthur
Chatto enflamme
les réseaux sociaux.
Le fils de Sarah
Armstrong-Jones
et petit-fils de la
princesse Margaret,
25e dans l’ordre de
succession au trône
d’Angleterre, a posté
sur Instagram une
photo de lui dans les Highlands… révélant un physique
musclé qui ne laissera personne indifférent !
Abdication
surprise
Le roi de Malaisie, Muhammad V,
a annoncé le 6 janvier qu’il
renonçait au trône. Depuis quelques
semaines, les rumeurs allaient
bon train sur son éventuel mariage
avec une ancienne Miss Moscou.
Son successeur sera élu par
le Conseil royal le 24 janvier, la
Malaisie étant une monarchie
constitutionnelle
et élective.
Quelle
SEMAINE
Ça roule !
© RITZAU SCANPIX/AFP (2), EPA/MAXPPP, INSTAGRAM ARTHUR CHATTO, XINHUA NEWS AGENCY/MAXPPP, STARFACE, FACEBOOK YASMINE PAHLAVI, DANAPRESS/CRYSTAL PICTURES, INSTAGRAM HSH PRINCESS CHARLENE, SERVICES DE PRESSE
En visite à la Stockholm School
of Economics, le prince
Daniel a rencontré de jeunes
entrepreneurs hébergés par
le Business Lab, l’incubateur
de start-up de l’école. Après
les présentations d’usage,
il s’est empressé de
tester l’une des dernières
innovations…
Paris insensé
Kate Moss a choisi la Ville lumière
pour fêter ses 45 ans, avec son
compagnon le comte Nikolaï
von Bismarck, de 13 ans
son cadet. Le temps de cette
escapade en amoureux, le jeune
photographe et la mannequin,
qui se fréquentent depuis trois
ans, ont posé leurs valises au Ritz.
Révoltée
Sur Instagram, Yasmine
Pahlavi, belle-fille de
l’impératrice Farah, a exprimé
son indignation suite au refus par
le parlement iranien de relever l’âge
minimum du mariage des jeunes filles
de 9 à 13 ans. La princesse a posté
une ancienne photo de ses filles
Noor et Iman, alors âgées de
12 et 11 ans, pour illustrer
la violence de cette
décision.
Je les
VEUX !
Les boucles d’oreilles de
Susana Martins
Née et élevée au Portugal, Susana Martins
étudie le design et la gemmologie avant de
lancer sa marque. Adepte d’un style épuré et
géométrique, ses créations s’inspirent de l’air
du temps et de l’ère de la personnalisation à
tout va. En or émaillé ou diamants, ses bagues
d’oreilles, très tendance chez les fashionistas ou
ses pins lettres permettent à chacun de porter ses
initiales. Les logos n’ont qu’à bien se
tenir ! En vente chez Mad Lords,
320, rue Saint-Honoré,
75001 Paris.
Étoiles montantes
« Premier voyage à New York. Grande aventure et merveilleuse expérience ! » Ces mots de la princesse Charlène
accompagnaient sur son compte Instagram les photos du
prince Jacques et de la princesse Gabriella découvrant la
Grosse Pomme (Big Apple). Au programme, visite du Muséum d’Histoire naturelle, de l’Empire State Building, mais aussi des instants
d’émotion et de recueillement sur le site de Ground Zero…
PINT DE VUE
9
Quelle
SEMAINE
C’est en famille,
avec son frère,
le prince Albert,
son fils, Louis
Ducruet, et
la fiancée de
ce dernier,
Marie Chevallier,
que la princesse
Stéphanie a
ouvert cette
nouvelle édition.
Au programme,
du rire, des
frissons, mais
aussi des instants
féeriques,
comme avec
le ballet russe
du Royal Circus
de Gia Eradze.
Au côté du prince Albert II,
la princesse a présidé la soirée
d’ouverture de la 43e édition du
Festival international du cirque
de Monte-Carlo. Rendez-vous
incontournable de tous les
amoureux de la piste aux étoiles.
Stéphanie
de Monaco
En piste !
10
PINT DE VUE
© PIERRE VILLARD/SIPA, BRUNO BEBERT/POOL MONACO/BESTIMAGE, JEAN-CHARLES VINAJ/NEWS PICTURES
U
ne affaire de famille ! La 43e édition
du Festival international du cirque
de Monte-Carlo s’est ouverte
à Monaco. Présidé par la princesse
Stéphanie, l’événement met en lice les
plus grands artistes circassiens, venus
cette année de quinze pays différents. Le
17 janvier, la princesse a fait son entrée
sous le chapiteau de Fontvieille accompagnée de son frère aîné, le prince Albert II,
de son fils, Louis Ducruet, et
de sa future belle-fille, Marie
Chevallier. Après avoir pris
place dans la tribune, elle a
reçu l’hommage de Monsieur
Loyal. Jusqu’au 27 janvier,
poésie et sensations fortes
rythmeront les numéros de
clowns, d’acrobatie et de
dressage qui se succéderont sur
la piste – récompensés, pour les
plus spectaculaires d’entre eux,
par des clowns d’Or, d’Argent et
de Bronze. Fidèle à la mémoire
de son père, le prince Rainier III,
fondateur de la manifestation
en 1974, la princesse Stéphanie
poursuit son engagement au
service du cirque traditionnel. Elle révélait il y a peu avoir
entamé des démarches auprès
de l’Unesco, avec la Fédération
mondiale du cirque, dont elle est
la présidente d’honneur, afin qu’il
soit inscrit au patrimoine culturel
de l’humanité.  Fanny del Volta
Quel
STYLE
Exclusive
Pochette
en cuir, laine
et détails métal.
575 €. JIMMY
CHOO pour
mytheresa.com
Tweed
Pastel ou multicolores,
les tissus chinés réveillent
la grisaille hivernale.
Page réalisée par Kitty Russell
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en similicuir
à boucle et anse
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Collier en cuir tressé et métal
incrusté d’une pierre. 73 €.
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Montre en argent massif vieilli sur un
bracelet travaillé en cuir. 23 400 €.
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La mode inspirée
de l’Ouest américain nous
transforme en cowgirl
des villes.
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Mocassins
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© JULIEN HEKIMIAN/SERVICE DE PRESSE, TM STUDIOS, CHANTAL CASANOVA, HISTOIRESDIMAGES.COM, SERVICES DE PRESSE
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145 €. WEILL
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du défilé
croisière
2018/2019
d’ALBERTA
FERRETTI
Pointue
VIP
L’actrice
espagnole
Penélope
Cruz porte
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croisière de
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Manteau
en tweed pure
laine. 1 079 €.
ESCADA
12
PINT DE VUE
Bottine
en cuir
naturel,
bois et
chrome.
920 €.
ISABEL
MARANT
Libre
COUR
De plus en plus de Parisiens s’envolent vers d’autres horizons.
Loin de la capitale, le bonheur est dans le pré !
PINT DE VUE
13
14
PINT DE VUE
Duc d’Édimbourg
L’ACCIDENT QUI A FAIT
TREMBLER LE ROYAUME
Ce jeudi 17 janvier, dans le Norfolk, la Land Rover conduite
par le prince Philip a fait plusieurs tonneaux après avoir été percutée
par un autre véhicule. Choqué, contusionné, l’époux de la reine
a regagné le château de Sandringham. Avant de reprendre le volant
deux jours plus tard, sur fond de polémique. Par Antoine Michelland
© ROBIN NUNN/NEWS PICTURES, MEGA/KCS
À 97 ans passés,
le prince Philip
continue de
conduire sa voiture
et se déplace
souvent seul, sans
la présence d’un
officier de sécurité.
Selon les premiers
témoins, il semble
que c’était le cas le
17 janvier à 14 h 45
quand son véhicule
est parti en
tonneaux.
PINT DE VUE
15
Le 11 mai
dernier, durant
le Royal Windsor
Horse Show,
le duc
d’Édimbourg
est une fois
de plus au
volant de sa
Land Rover.
La reine a beau
souvent en
être inquiète,
il n’est pas prêt
à renoncer
à cette liberté.
Une nouvelle
voiture a même
été livrée
au domaine de
Sandringham
le lendemain
de l’accident.
Et Philip a été
photographié
en train de
la conduire
le samedi
19 janvier.
Qui plus est,
il ne portait pas
de ceinture.
La police a
déclaré qu’elle
allait faire des
remontrances
au contrevenant.
16
PINT DE VUE
hémorragie cérébrale ou autre, se déclarerait, consécutive
au choc. Au bout du compte, il fera quand même des
examens à l’hôpital de King’s Lynn pour lever les derniers
doutes. La reine, qui ne quitte jamais Sandringham avant
le 6 février, date anniversaire de la mort de George VI en
ce lieu si cher aux Windsor, est bien sûr auprès de son
époux. Andrew arrive le lendemain, ainsi que la princesse
Anne qui a annulé un engagement pour voir son père.
Au moment de l’accident, il semble que le duc
d’Édimbourg, resté orthodoxe de cœur, se dirigeait
seul vers la chapelle Saint-Félix, juste de l’autre côté
de la route A149. Selon un habitant du village le plus
proche, « il s’agit là d’une voie très fréquentée et c’est
un miracle que [le prince Philip] n’ait pas été percuté par un autre véhicule venant en sens inverse ».
Le secteur où a eu lieu l’accident est particulièrement
dangereux avec une quarantaine de blessés ces six dernières années, et la visibilité au niveau du croisement
avec la petite route d’où venait Philip s’avère également problématique, tant et si bien que les autorités
locales étudient une limitation de vitesse plus adaptée.
Il n’en demeure pas moins que la polémique s’est fait jour
aussitôt. Est-il raisonnable qu’un
homme de bientôt 98 ans continue
de conduire, qui plus est sans la présence de son officier de protection ?
Voici quelques années, déjà, le prince
de Galles s’avouait inquiet lorsque
son père prenait le volant. Seulement
le duc d’Édimbourg est têtu et un
brin casse-cou. Au milieu d’une vie
entière corsetée par les obligations
officielles, conduire sa voiture a toujours été pour lui une bouffée d’oxygène, un espace de
liberté à quoi il n’était pas prêt jusqu’ici à renoncer. Seule
la reine, inquiète depuis toujours de le voir faire si peu de
cas de sa sécurité, pourrait le convaincre de rendre les clés,
au moins lorsqu’il quitte les limites des domaines royaux.
Tout le monde a eu très peur. Tandis que l’archevêque
d’York prie pour lui et tous les blessés, que les internautes
s’émerveillent – « Il se dit que les chats ont neuf vies. Le
prince Philip doit en avoir beaucoup, beaucoup plus » –,
que les partisans d’une limitation de l’âge des conducteurs
montent au créneau, l’époux de la reine s’en veut de cette
inattention qui eût pu être fatale. Ce qui ne l’empêche pas
de s’être fait livrer une nouvelle Land Rover Freelander
noire le lendemain de son accident, preuve d’un esprit
combatif intact. Élisabeth II doit se faire une raison, Philip
a bien l’intention de reconduire. À preuve, le voilà photographié le samedi 19 janvier, deux jours après sa série
de tonneaux, au volant de sa voiture sur les routes des
environs et sans ceinture. Une manière
de rassurer ses fans et de faire une de ces
provocations dont il a le secret – et qui
heurtent une partie de l’opinion –, à l’endroit de ceux qui voudraient l’empêcher
de vivre selon son bon plaisir. Qu’on se le
dise, question conduite il a de la marge :
le détenteur d’un permis le plus âgé de
Grande-Bretagne a 104 ans. 
Deux jours
après
l’accident,
il reconduit…
sans ceinture.
© PARSONS ANDREW/PA PHOTOS/ABACA, IMP FEATURES/JBM
I
l est 14 h 45, au croisement de la B1439,
petite route menant au domaine royal
de Sandringham, dans le Norfolk, et de
l’A149, une voie beaucoup plus passante.
Une Land Rover Freelander noire s’avance
après avoir marqué un instant l’arrêt mais
sans avoir vu la Kia bleue à qui elle refuse la priorité. La seconde suivante, le véhicule tout-terrain
est percuté de plein fouet côté conducteur, se
couche avant de partir en tonneaux pour s’immobiliser enfin sur le bas-côté opposé de l’A149.
Aussitôt, la circulation s’interrompt.
Le premier automobiliste à se précipiter sur les
lieux de l’accident est un avocat de 75 ans, Roy
Warne. « C’était effrayant de voir une voiture si
puissante faire ainsi des tonneaux. Je me suis dirigé
vers l’autre auto – de la fumée en sortait comme
si elle allait exploser. Il y avait un bébé qui criait
sur le siège arrière. Après qu’une autre personne
et moi l’avons sorti, je suis revenu vers [la Land
Rover] retournée. Il y avait une personne âgée à
l’intérieur et j’ai tiré sur le pare-brise éclaté et le toit
ouvrant pour tenter d’extraire le
conducteur. Il gisait sur le côté et
ses jambes étaient vers le fond.
Je lui ai demandé de relever sa
jambe gauche pour se dégager
et il m’a demandé : “Vers où ?”
J’ai soudain réalisé que c’était le
prince Philip. Quand il a levé sa
jambe gauche, il a eu de la place
pour bouger la droite. Je me suis
glissé dans la voiture, j’ai passé
mes mains sous ses aisselles et l’ai hissé doucement.
Il s’est levé et il était indemne mais d’évidence très
choqué. Désorienté et humilié. Je crois qu’il était
absolument navré de ce qui s’était passé. »
Police et ambulances arrivent très vite sur les lieux, ainsi
que deux voitures du service de protection de Scotland
Yard, basées à Sandringham. Le prince Philip s’inquiète
avant tout de savoir si les occupants de l’autre voiture
vont bien. Le bébé est sain et sauf. La conductrice souffre
de coupures sans gravité et la passagère avant a un poignet
fracturé. Elles sont conduites à l’hôpital Queen Elizabeth
de King’s Lynn. Les premières constatations font état de
l’éthylotest négatif du duc d’Édimbourg et de la femme
qui était au volant de la Kia. La Land Rover du prince
a été percutée à une vitesse de 60 miles/heure, soit près
de 96 km/heure. La solidité de sa voiture et le port de la
ceinture lui ont sans doute sauvé la vie.
Philip n’a pas vu l’autre véhicule, gêné par le soleil rasant
d’hiver qu’il avait de face. Il refuse absolument d’être hospitalisé, même s’il
saigne, de l’aveu de Roy Warne, possiblement coupé par des éclats de verre.
Il est emmené à Sandringham où il subit
un examen médical approfondi qui
s’avère rassurant. Il reste cependant sous
étroite surveillance médicale pendant
48 heures, au cas où une blessure interne,
PINT DE VUE
17
La jeune femme (en robe H & M
et manteau crème Armani)
lors de sa visite de l’un des refuges
londoniens de l’organisation
caritative Mayhew, dévouée
au bien-être animal.
18
PINT DE VUE
La duchesse de Sussex
Une grossesse menée
tambour battant !
Enceinte de six mois, l’épouse du
prince Harry enchaîne apparitions
publiques et engagements officiels
à un rythme soutenu. Indifférente
aux polémiques suscitées par la
vague de départs dans son équipe,
elle prépare l’arrivée de son bébé.
Tout en affirmant son rôle au sein
de la famille royale. Par Alice George
avec les bénévoles et les bénéficiaires de Number 7,
un supermarché à bas coût et un café communautaire gérés par un collectif de banques alimentaires
et d’organisations locales… Suivront une visite
d’une heure dans les locaux de Tomorrow’s Women
Wirral, une association de soutien aux femmes en
situation de vulnérabilité, et une découverte des
activités organisées par Hive Wirral Youth Zone,
un centre d’accueil et de loisirs pour
les jeunes. Entrée dans la famille
régnante il y a huit mois seulement,
Meghan en a déjà intégré quelquesunes des habitudes – comme celle de
ne pas déjeuner, adoptée par le prince
Charles et son épouse, la duchesse
de Cornouailles, depuis plusieurs
Meghan et
son époux,
le prince
Harry, lors
d’une journée
d’engagements
officiels à
Birkenhead,
au nord de
l’Angleterre,
le 14 janvier.
PINT DE VUE
19
© MEGA/KCS PRESSE, LAWSON DANNY/PA PHOTOS/ABACA
E
lle se sent « parfaitement bien »,
confie attendre son bébé pour avril
et affirme ne pas connaître le sexe de
l’enfant. « Harry et moi préférons
avoir la surprise », dit-elle. Pendant
près de quarante-cinq minutes, la
duchesse de Sussex répond aux sollicitations des Britanniques venus l’accueillir à Birkenhead, une ville portuaire du Royaume-Uni, près de Liverpool. Consciente
des attentes de la foule – plus de mille personnes, de
tous âges, téléphones portables et petits drapeaux à
la main –, Meghan a choisi de ne rien concéder à sa
condition de femme enceinte. La voilà toujours juchée
sur des talons vertigineux, ses formes de future maman
soulignées par une robe violette Babaton by Aritzia
et un manteau vermillon Sentaler. Une association
en rupture avec les tons neutres (des bleus sombres,
du noir, des verts émeraude et des nuances de crème)
qui formaient jusqu’ici le socle de sa garde-robe. Et
qui sonne comme un retour à la fin des années 1980,
époque à laquelle Diana, sa belle-mère, avait à plusieurs
reprises opté pour des chocs de couleurs similaires.
Trente ans plus tard, l’épouse du prince Harry
affiche le même sourire radieux, la même énergie,
le même désir de toujours laisser une trace, une
empreinte, dans l’esprit et le cœur des anonymes qui
se pressent sur son chemin. Ce 14 janvier, le duc et
la duchesse de Sussex effectuent une série d’engagements officiels dans cette région
densément peuplée de l’estuaire de
la rivière Mersey, au nord-ouest de
l’Angleterre. Dévoilement d’une plaque commémorative à proximité
de la statue érigée en l’honneur du
100e anniversaire de la disparition
du poète Wilfred Owen, rencontre
20
PINT DE VUE
« Elle m’a dit
que me
rencontrer était
le meilleur
moment de sa
journée. »
© CHARLOTTE GRAHAM/DAILY TELEGRAPH/PA WIRE/ABACA, GETTY IMAGES/AFP, NUNN SYNDICATION/NEWS PICTURES, NIEBOER ALBERT/DPA/ABACA,
GEORGES DE KEERLE/GETTY IMAGES, CHOWN AARON/PA PHOTOS/ABACA
Plus d’un
millier de
personnes
s’étaient
rassemblées
à Birkenhead.
Pendant
45 minutes,
Meghan est
allée à la
rencontre des
Britanniques
venus
l’attendre.
années. À sa parfaite maîtrise de l’art de la représentation s’ajoute désormais celle du « travail de la
foule », mélange de poignées de mains, de bouquets
de fleurs et autres menus présents acceptés avec
grâce, et de petits mots pleins d’empathie distribués
ici et là. « Elle m’a dit que me rencontrer était le meilleur moment
de sa journée, raconte Dorothy,
92 ans, dans les colonnes du quotidien Daily Mail. C’est une jeune
femme ravissante et absolument
délicieuse. Je suis ravie d’avoir pu
faire sa connaissance. »
Regarder Meghan et Harry évoluer côte à côte permet de mesurer
toute la tendresse et la compli-
cité qui les unissent, ces sentiments qu’ils semblent
vouloir partager à tout instant avec le public et le
plaisir évident qu’ils éprouvent à travailler en équipe.
Mais aussi la fierté du petit-fils d’Élisabeth II, cette
fierté rayonnante, irrépressible, qui se lit sur son
visage chaque fois qu’il pose les yeux sur son épouse.
La dynamique de leur couple transparaît dans les
quelques mots prononcés par cette dernière lors
de leur visite chez Tomorrow’s Women Wirral. « Je
pense que vous savez tous combien cette cause – la
solidarité entre les femmes – est importante pour
moi. Mais, ainsi que mon mari l’a déjà dit tout à
l’heure à certaines d’entre vous, il est aussi essentiel
que les hommes soient là pour leur apporter discrètement leur soutien. »
Le duc et la duchesse de Sussex sont résolus à mettre leur popularité au service des moins favorisés.
Le 10 janvier, le palais de Kensington annonçait
les premiers parrainages humanitaires et caritatifs
acceptés par la belle-fille de l’héritier du trône. Deux d’entre eux,
celui du Théâtre national et de
l’Association des universités du
Commonwealth, ont été pendant plusieurs dizaines d’années
l’apanage de la souveraine. Les
deux autres organisations sont,
elles, parrainées pour la première
fois par un membre de la famille
régnante : Smart Works, qui aide
Le couple a reçu de nombreux cadeaux pour son bébé,
comme ce gros ours en peluche habillé de rouge
– la couleur du club de football star de la région, le
Liverpool FC. La tendresse que les deux époux éprouvent
l’un pour l’autre est visible aux yeux de tous.
Ci-dessous, la duchesse de Sussex, enceinte de
six mois, avait opté pour l’une des palettes de couleurs
qu’affectionnait sa belle-mère, la princesse de Galles
– photographiée ici à la fin des années 1980.
les femmes sans activité à changer leur quotidien et
à retrouver un emploi ; et Mayhew, une association
fondée en 1886 dans le but de favoriser le bien-être
de l’homme et de l’animal, dont elle visitera l’un des
refuges le 16 janvier. Les parrainages transmis par
Élisabeth II traduisent son affection et sa confiance
envers cette jeune femme issue d’un milieu simple
et qui s’est « faite » seule – la reine, comme le duc
d’Édimbourg, a toujours tenu en haute estime celles
et ceux qui ont su, en dépit des difficultés, se frayer
un chemin dans la société. Le Théâtre national, une
institution londonienne, chercherait à conquérir de
nouveaux publics et à tisser des liens avec Broadway,
ce qui fait de Meghan, une ancienne comédienne
d’origine américaine, son ambassadrice idéale. En
octobre dernier, au cours d’un voyage officiel
dans le Pacifique, la duchesse de Sussex confirmait
l’octroi de subventions aux universités des pays du
Commonwealth, destinées à y encourager l’accès des
femmes à de nouvelles opportunités. « Les jeunes se
sentent proches d’elle, commente la représentante
d’une association de Birkenhead dans les colonnes
du magazine Town and Country. Ils pensent qu’elle
exerce une influence réelle sur leur génération. »
Enthousiaste, déterminée à défendre ses convictions,
l’épouse du prince Harry est aujourd’hui considérée comme « un membre très, très actif de la famille
royale » avec « de grands projets » pour l’avenir. Et
qui semble faire peu de cas des commentaires provoqués ici et là par la vague de démissions en cours dans
PINT DE VUE
21
son équipe. Après celle de son assistante personnelle,
Mélissa Touabti, une Française de 39 ans, à l’automne
dernier, et le départ annoncé de Samantha Cohen, la
secrétaire particulière du duc et de la duchesse de
Sussex – qui pourrait quitter ses fonctions après la
naissance de leur enfant –, c’est en effet autour de la
jeune inspectrice en charge de la sécurité de Meghan,
nommée il y a six mois, de renoncer à son poste. « Au
contraire de ceux qui ont grandi
dans la famille royale et qui sont
habitués à ce type de protection
rapprochée depuis leur plus jeune
âge, commente une source proche de Scotland Yard dans les
colonnes du Sunday Times, y être
soumis peut être ressenti comme
très restrictif. Dans le rôle qui est
le sien aujourd’hui, elle ne peut
aller nulle part sans son équipe
de sécurité, ce qui représente une
énorme contrainte pour une personne comme elle. » La bodyguard – qui aurait choisi,
laisse encore entendre le Sunday Times, de quitter les
rangs de la Metropolitan Police – aurait, ces dernières
semaines, travaillé au renforcement de la sécurité de
Frogmore Cottage, la nouvelle résidence du prince
Harry et de son épouse, située sur le domaine de
Windsor. Le couple devrait y emménager peu avant
la venue au monde de son bébé. Meghan, qui supervise la rénovation et l’aménagement de la propriété,
prépare sereinement la venue au monde de son premier enfant à l’aide de séances de yoga prénatal et de
méditation – une technique qui entraîne l’esprit à se
libérer du flot des pensées pour se concentrer sur le
moment présent. Le duc de Sussex confie la pratiquer
désormais quotidiennement… 
La présence
permanente
de son équipe
de sécurité
engendre
d’énormes
contraintes.
À gauche, Samantha Cohen, la secrétaire particulière
du couple, pourrait quitter ses fonctions après la
naissance du bébé. La jeune inspectrice en charge
de la sécurité de la duchesse de Sussex, vient de
démissionner. Page de droite, Meghan, rayonnante,
en robe pailletée Roland Mouret. À son poignet,
un bracelet en or qui appartenait à Diana.
22
PINT DE VUE
© PAUL GROVER/DAILY TELEGRAPH/PA WIRE/ABACA, ALPHAPRESS/MAXPPP, GOFFPHOTOS/CRYSTAL PICTURES (2), CAMERA PRESS/MARK STEWART, I-IMAGES/POLARIS/STARFACE
Le 16 janvier,
Meghan et
Harry ont
assisté à la
première du
spectacle du
Cirque du
Soleil, donnée
au Royal Albert
Hall de Londres
au profit de
l’association
humanitaire
Sentebale
fondée par le
duc de Sussex.
PINT DE VUE
23
Willem-Alexander et Maxima
des Pays-Bas
Une nouvelle adresse
pour 2019 !
C
Ci-dessus,
la famille
royale pose
devant
l’entrée
de la villa
Eikenhorst,
à Wassenaar,
où ils ont
vécu
quinze ans.
24
PlINT DE VUE
e dimanche 14 janvier, le monarque et son épouse ont rendez-vous
à la mairie de La Haye. Point de
réception ou d’engagement officiel : ils sont là pour enregistrer
leur nouvelle adresse, le palais
Huis ten Bosch. Tout sourire, le couple signe les
documents en présence de madame le maire,
Pauline Krikke. Après quinze années passées dans la
villa Eikenhorst, à Wassenaar, une commune située
à une douzaine de kilomètres de la capitale, le roi
Willem-Alexander et la reine Maxima s’installent
enfin dans la résidence officielle des souverains des
Pays-Bas, en travaux depuis l’abdication de la reine
Beatrix, en 2013. Cette dernière y avait vécu pendant plus de trente ans.
La première pierre de l’édifice,
destinée, à l’origine, à devenir la
demeure d’été du prince FrédéricHenri de Nassau, gouverneur du
pays, avait été posée le 2 septembre
1645. Le stathouder y loge sa nièce
par alliance, la reine Élisabeth
de Bohême. Après le décès du
prince Frédéric-Henri, Amélie,
son épouse, le rénove pour lui rendre hommage.
Elle supervise la création de la salle Orange, qui
accueille dès lors les œuvres des plus grands peintres
de l’âge d’or, comme Gerrit van Honthorst, Jacob
Jordaens ou Jan Lievens, à la gloire de son défunt
mari. Le palais passe ensuite de main en main au gré
des successions et des conflits. En 1736, l’architecte
français Daniel Marot le dote de deux nouvelles
ailes et fait agrandir la salle de réception. Lors de
l’accession au trône de Guillaume Ier des Pays-Bas,
en 1815, il revient définitivement dans la famille
royale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’occupant envisage de le détruire afin de construire
une base militaire, avant d’y renoncer. Les dégâts
occasionnés par le conflit nécessiteront de longues
et coûteuses réparations.
De réparations, il sera de nouveau question après l’abdication de Beatrix. Des documents internes au gouvernement néerlandais font alors état de présence
d’amiante, de toits à rénover et de failles dans la
structure du bâtiment. La reine, y est-il précisé, « s’est
toujours montrée très réticente » à entreprendre des
travaux. Une nouvelle grande campagne de rénovation est effectuée pour un montant de soixante-trois
millions d’euros – celle-ci inclut des aménagements
destinés à protéger l’intimité de Willem-Alexander
et de sa famille. Le palais est aujourd’hui prêt à
les accueillir. Un petit déchirement pour la reine
Maxima, qui confiait l’année dernière à propos de
la villa Eikenhorst : « C’est vraiment notre maison,
nous sommes nostalgiques par avance. » Pour sa
part, le souverain avouait avoir passé « quinze années
merveilleuses » dans leur maison de Wassenaar, où
il s’était installé avec son épouse
après leur mariage. Si les souverains vont peut-être regretter leur
déménagement, leurs trois filles,
Catharina-Amalia, Alexia et Ariane
gagnent du temps de sommeil.
Les princesses, âgées de 15, 13 et
11 ans, habitent en effet maintenant plus près de leur école… l
© MP FEATURES/CRYSTAL PICTURES, FREEK VAN DEN BERGH (2)
Le couple régnant et ses trois filles, Catharina-Amalia, Alexia et Ariane,
viennent d’emménager au palais de Huis ten Bosch, à La Haye.
Entièrement rénové après de longues années de travaux. Par Jérôme Carron
Ci-dessus, l’étendard royal flotte au-dessus du palais Huis ten Bosch de La Haye, signifiant la
présence des souverains dans leur demeure. Ci-dessous, le roi Willem-Alexander et la reine
Maxima enregistrent leur nouvelle adresse devant madame le maire de La Haye, Pauline Krikke.
PlINT DE VUE
25
Le prince de
Monaco était à
Paris ce 14 janvier
pour remettre
son épée à
Pierre-André
Chiappori, brillant
économiste né
en principauté,
lors de son
intronisation
à l’Académie des
sciences morales
et politiques.
Quand les
Monégasques
deviennent
immortels.
Par Emmanuel Cirodde
26
PINT DE VUE
Albert II à l’Institut
Un Monégasque
sous la Coupole
L
Ci-dessus et page de gauche, Pierre-André Chiappori auprès
du prince Albert lors de son intronisation à l’Académie des sciences
morales et politiques dans la section économie politique, statistique
et finances. Il occupe le fauteuil n° 3 laissé vacant par le décès
de Pierre Bauchet dont il a prononcé l’hommage.
Lors de son arrivée sous la Coupole, le prince de Monaco a été accueilli
par Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France, membre de
l’Académie française et de l’Académie des sciences, et Hélène Carrère
d’Encausse (ci-contre), secrétaire perpétuel de l’Académie française.
Cette cérémonie d’intronisation rassemblait des hôtes prestigieux,
dont pas moins de cinq prix Nobel.
PINT DE VUE
27
© GAETAN LUCI/PALAIS PRINCIER (2), CYRIL MOREAU/BESTIMAGE (2)
orsque le fracas des tambours de la
garde républicaine brise à 15 heures
l’épais silence, les membres de l’Académie font leur apparition face à
Albert II, qui vient d’être accueilli par
le chancelier de l’Institut de France,
Xavier Darcos. Les rameaux d’olivier brodés sur leur
célèbre habit vert prennent aujourd’hui une saveur
toute méditerranéenne qui fait écho aux origines
de l’homme au centre de toutes les attentions. Car
sous la Coupole, Pierre-André Chiappori porte
haut les couleurs de la Principauté. De Normale
sup à la Sorbonne en passant par les universités
de Chicago et de Columbia à New York, aucune
institution n’a échappé à ce chercheur en économie aux intuitions géniales et auteur de nombreux
concepts. « Je suis particulièrement fier d’être
présent à vos côtés cher Pierre-André, déclare le
prince lors de son discours. Je suis ému et heureux
pour votre famille ancrée en principauté depuis
longtemps et proche de la mienne. » Amateur
de mathématiques et de musique, Pierre-André
Chiappori a voulu une épée illustrant ses passions
et ses racines. Issu d’une lignée de navigateurs et
d’architectes – son père a bâti l’ultime extension
du palais princier commandée par Rainier III –,
il a choisi une épée de commissaire à la Marine
de 1802 que lui remet à présent Albert. L’objet
est une véritable forêt de symboles, ornée de formules mathématiques, des armes des écoles qu’il
a fréquentées et de deux mots chers à son cœur :
« Connaissance » et « Liberté ». Après le sculpteur
François-Joseph Bosio, élu membre en 1816 de
l’Académie des beaux-arts, et Albert Ier, en qualité de membre associé dans la section géographie
et architecture, il est le troisième Monégasque à
briller sous la Coupole. « C’est naturellement un
motif de fierté, nous glisse le prince à l’issue de
cérémonie. Nous avons souvent discuté ensemble,
notamment des États-Unis où il enseigne. Et nous
partageons quelques souvenirs autour du sport.
Lorsque je commençais le judo, je le voyais s’entraîner. Il faisait partie des grands du club et avait
déjà sa ceinture bleue…» Aujourd’hui, voilà le
judoka ceint d’une épée ! 
Révélations
en Espagne
LA DUCHESSE DE
MONTORO RÈGLE
SES COMPTES
28
PINT DE VUE
Invitée d’une émission de télévision espagnole,
Eugenia Martínez de Irujo, la fille de la
duchesse d’Albe, s’est confiée sur son enfance.
Elle y révèle la face sombre du deuxième
mari de sa mère, Jesús Aguirre, son beau-père,
décédé en 2001. Par Pierre Castel
E
Quand Jesús
Aguirre
épouse la
duchesse
d’Albe, sa
fille Eugenia
a 9 ans. Si sa
mère vit une
puissante
histoire
d’amour
avec cet
intellectuel
respecté,
la jeune fille
connaîtra
un véritable
cauchemar.
© EFE/MAXPPP (2)
lle raconte son enfance, souriante.
Jesús Calleja, le présentateur de l’émission télévisée espagnole Planeta Calleja,
interroge Eugenia Martínez de Irujo
y Fitz-James Stuart, la fille de la
duchesse d’Albe, disparue il y a quatre
ans. Les caméras sont discrètes. La scène se déroule
dans une écurie des Îles Féroé. Loin de la péninsule
ibérique. La duchesse de Montoro se souvient des
activités extrascolaires de sa jeunesse. Elle tente de
faire des pointes pour illustrer ses cours de ballet.
Soudain, elle craque en parlant de son ex-beau-père,
Jesús Aguirre : « Quand ma mère l’a épousé, ça a été
terrible pour nous. Il était peut-être très cultivé, mais
il n’avait pas une once d’humanité. Il était vraiment
méchant. Certaines de ses paroles, prononcées alors
que je n’avais que 11 ans, sont restées gravées. Un
jour, il m’a fait venir dans son bureau pour me dire
que si nous avions la chance d’avoir un toit, c’était
grâce à lui. » Elle a du mal à retenir ses larmes. Jesús
Calleja tente de la réconforter. C’est la première fois
qu’un des enfants de Cayetana Fitz-James Stuart
parle en ces termes d’un homme jusqu’alors respecté
de tous. « Il m’a fait croire que ma mère avait un
problème cardiaque et que s’il lui arrivait quelque
chose, ce serait ma faute. J’étais si jeune, j’ai beaucoup pleuré. Ce mariage s’est révélé désastreux pour
nous. » La trajectoire de ce personnage singulier est
insolite. Il naît à Madrid en 1934, de père inconnu.
Élève doué, Jesús étudie la philosophie à l’université
pontificale de Comillas, dans la capitale espagnole,
puis la théologie à Munich. En 1956, il y rencontre
Joseph Ratzinger, le futur pape Benoît XVI, un docteur en dogmatique qui exerce sur lui une influence
notable. Après avoir adhéré au marxisme, il fait partie des premiers prêtres ouvriers d’Espagne. Un vrai
chemin de croix sous la dictature de Franco. Arrêté
par la police et placé en garde à vue le 17 janvier
1969 pour avoir lancé un journal de propagande
pour le parti Felipe (Frente de Liberacion Popular), il
se défroque quelques mois plus tard. Il côtoie alors
le gotha. Puis fait la connaissance de la princesse
Irène de Grèce. Il tente de la séduire, mais il est mis
au pas par le prince héritier d’Espagne Juan Carlos.
Manifestement attiré par les titres, il courtise ensuite
Cayetana Fitz-James Stuart, 18e duchesse d’Albe,
qu’il rencontre près de l’Opéra de Madrid. Une
intense histoire d’amour commence pour cette veuve
de 49 ans, qui racontera dans son autobiographie,
Yo, Cayetana, duquesa de Alba : « Il était l’amour de
ma vie, mon compagnon, mon ami. Nous étions
PINT DE VUE
29
Jesús Aguirre devient duc d’Albe en épousant
Cayetana Fitz-James Stuart, au palais de Liria,
le 16 mars 1978. Ci-dessous, le duc et la duchesse
d’Albe, ses enfants Cayetano, Eugenia, Carlos et
Fernando Martínez de Irujo à l’Académie royale
espagnole pour la réception du duc d’Albe, en 1986.
« Les gens ont une
bonne image de Jesús
Aguirre, mais ils font
fausse route. »
tous deux des âmes différentes des autres. Rares et
originales. » Selon Eugenia, sa mère délaisse alors ses
enfants pour se consacrer à son mari. Elle voit en
lui l’homme providentiel. Il l’aide à créer la fondation Maison d’Albe, qui gère le fabuleux patrimoine
familial. Chagall, Renoir, les tableaux de maîtres ne
se comptent plus dans le palais de Liria, l’une des
demeures de la duchesse – certains se trouvent même
Ci-contre,
Eugenia avec
sa mère dans
les années
1970 ; et à
l’enterrement
du duc d’Albe,
à Loeches,
en 2001.
30
PINT DE VUE
leur restauration. L’époux de la duchesse d’Albe, qui a
la réputation d’un homme prévenant et droit, dirige
par ailleurs la maison d’édition de philosophie Taurus,
qui fait découvrir en Espagne des penseurs comme
Walter Benjamin ou Emil Cioran. « Les gens ont une
bonne image de lui, mais ils font fausse route, poursuit la duchesse de Montoro. À chaque brimade, ma
mère prenait sa défense. Jusqu’à la fin. » 
© EFE/ASTUFOTO/STARFACE, EFE/SIPA, GTRES / BESTIMAGE, BALLESTEROS/EPA/MAXPPP, JONATHAN BECKER/CONTOUR BY GETTY IMAGES
être des commandes passées autrefois par la maison
d’Albe au Titien, à Vélasquez, ou encore à Goya. Les
toiles, cachées pendant la Guerre civile espagnole, sont
très abîmées. Jesús engage un conservateur du musée
du Prado, qui s’installe à domicile pour se consacrer à
En 2010, la duchesse d’Albe
pose pour Vogue Espagne
au palais de las Dueñas,
à Séville, avec ses deux
plus jeunes enfants,
Cayetano et Eugenia.
PINT DE VUE
31
Obsèques du comte de Lannoy
L’adieu au père de
Stéphanie de Luxembourg
11 h, mercredi
16 janvier.
Le comte Jehan
de Lannoy et
son épouse
Béatrice
en tête, les
enfants et
beaux-enfants
du défunt
comte de
Lannoy suivent
son cercueil
au moment
d’entrer dans
l’église
Saint-Amand.
32
PINT DE VUE
L
es cœurs se serrent en ce froid
matin du 16 janvier. Il est 11 heures,
à Anvaing, petite commune du
Hainaut et fief familial des Lannoy,
seigneurs de ce château d’Anvaing
où fut signée la capitulation belge,
le 28 mai 1940. Au pied du haut clocher de l’église Saint-Amand, planté
dans un ciel atone, les huit enfants de
« messire Philippe Marie Ernest Albert,
comte de Lannoy et du Saint-Empire »
sont assemblés avec leurs conjoints derrière le cercueil de leur père et beau-père.
Parmi eux, la petite dernière, Stéphanie
de Luxembourg, livide, qui serre fort le
bras de son époux, le grand-duc héritier Guillaume.
Venus rendre un dernier hommage à celui qui
fut échevin des finances de Frasnes-lez-Anvaing
et toujours un voisin aimable et heureux d’ouvrir
son château aux groupes scolaires, les habitants
du bourg voient arriver la reine des Belges,
accueillie par Christian de Lannoy,
deuxième fils du défunt, ainsi que le
grand-duc de Luxembourg, accompagné de deux de ses enfants, le prince
Louis et la princesse Alexandra. Sont
présents aussi le prince Guillaume de
Luxembourg et son épouse Sibilla,
Marie-Astrid de Luxembourg, archiduchesse Carl-Christian d’Autriche,
© FREDERIC SIERAKOWSKI /ISO/SIPA (2) , PPE/NIEBOER/ NEWS PICTURES (3)
Le service funèbre de Philippe, comte de Lannoy et du Saint-Empire, a eu
lieu ce mercredi 16 janvier en l’église Saint-Amand à Anvaing et
en présence de la reine des Belges et du grand-duc de Luxembourg. Très affectée,
la princesse Stéphanie, dernière enfant du défunt, était tendrement
soutenue par son époux, le grand-duc héritier Guillaume. Par Martin Tancrède
Le comte Christian
de Lannoy accueille
la reine des Belges,
venue assister
aux obsèques
de son père.
L’archiduchesse CarlChristian d’Autriche
et l’archiduchesse
Rodolphe
d’Autriche,
le grand-duc
de Luxembourg.
Au second plan,
le prince Guillaume
de Luxembourg
et son épouse.
Le prince Louis de
Luxembourg et
sa sœur, la princesse
Alexandra.
Le grand-duc héritier
Guillaume
de Luxembourg
et son épouse.
et sa belle-mère, née princesse Yolande de Ligne.
Retenue à Paris par un événement officiel à l’Institut
de France, la grande-duchesse ne peut assister à la
cérémonie mais fait savoir par voie de communiqué
combien, « très proche de sa belle-fille, elle n’a cessé
de l’entourer de ses pensées et de son affection tout
au long de cette journée ». Durant l’homélie, le célébrant évoque la vie longue et rayonnante de Philippe
de Lannoy, chrétien ardent et impliqué dans la vie
publique locale, docteur en droit, ancien conseiller
provincial du Hainaut, volontaire au First Belgian
Field Regiment durant la dernière guerre, officier
de l’ordre de Léopold II, chevalier de l’ordre de
Léopold, chevalier grand-croix de justice de l’ordre
constantinien de Saint-Georges. Une vie terrestre
qui a pris fin ce 10 janvier 2019, à l’âge de 96 ans.
À l’issue de la célébration, Philippe de Lannoy,
une dernière fois entouré des siens, est inhumé
dans le caveau de famille où il retrouve son épouse,
Alix, décédée en 2012 à l’âge de 70 ans. Devant le
tombeau, le grand-duc héritier Guillaume remet
doucement en place une mèche de cheveux échappée
de la mantille de Stéphanie. 
PINT DE VUE
33
Apparu dans le sillage de
ses grandes sœurs Kate et
Pippa, James a toujours
tenu avec élégance son
rôle de « frère de » lors des
événements royaux, comme
ici lors du mariage
de Harry et Meghan
le 19 mai 2018.
Amoureux de
la Française
Alizée Thevenet
POUR
JAMES
MIDDLETON,
TOUT VA
MIEUX !
Comme il s’en est confié
à la presse britannique,
le frère de la duchesse de
Cambridge est parvenu
à vaincre une profonde
dépression. Derrière cette
renaissance se profile une
jolie Française de 28 ans,
analyste financière
à la City de Londres.
Par Marie-Eudes Lauriot Prévost
A
ussitôt publiée, l’image a déclenché une enquête express des limiers
de la presse du royaume. Qui était
donc cette jolie blonde repérée
aux côtés de James Middleton lors
des dernières vacances de Noël ?
Quelle était celle qui avait ravi le cœur du frère de la
duchesse de Cambridge, en villégiature sous le soleil
de Saint-Barthélemy ? Ainsi est apparu le nom d’Alizée Thevenet, 28 ans, jeune Française vivant à Londres
34
PINT DE VUE
Le jeune homme a plongé dans une profonde dépression en 2016
comme il l’a raconté dans un billet publié dans le Daily Mail.
Aujourd’hui, il va mieux grâce à la présence dans sa vie de la jolie Alizée,
une Française de 28 ans.
propriété de la famille Matthews, les beaux-parents
de Pippa. Six mois après sa rencontre avec Alizée, une
nouvelle page semble s’écrire pour l’un de plus beaux
partis d’Angleterre. Il suffit de consulter son compte
Instagram pour constater qu’en quelques heures, le
nombre de ses abonnés a explosé, avec son lot de
demandes en mariage et de commentaires flatteurs.
De quoi lui redonner définitivement confiance… 
© GARETH FULLER/PA PHOTOS/ABACA, ABACA, LINKEDIN ALIZEE THEVENET, INSTAGRAM JAMES MIDDLETON
où elle travaille comme analyste
au sein d’ITG, une compagnie
d’investissement présente dans
cinquante pays. Renseignements
pris, Alizée est installée depuis six
ans dans la capitale britannique,
où elle a obtenu un master en
finance à l’université Queen Mary
à l’issue d’une jeunesse passée entre
la France, l’Allemagne, l’Indonésie, le Chili et la Belgique. Si l’on
en croit son père, Jean-Gabriel
Thévenet, interviewé depuis le
gîte qu’il possède en Corrèze, à
Condat-sur-Ganaveix, James et Alizée se connaissent
depuis six mois et filent depuis le parfait amour. Selon
l’une des amies des tourtereaux, la rencontre a eu lieu
dans un bar et Alizée ignorait tout du « pedigree » du
jeune homme.
Quelques jours plus tard, le frère de la duchesse de
Cambridge, à qui la barbe donne l’allure d’un officier de la Royal Navy, a de nouveau fait la une des
médias du royaume. Le 11 janvier, dans le quotidien
Daily Mail, il a signé une chronique sur la dépression, le mal qui le ronge depuis plus de deux ans.
« Je me sens un devoir de témoigner afin d’aider tous
ceux qui en souffrent également. Leur dire qu’aujourd’hui, je connais mes forces et mes faiblesses et
que je suis plus fort qu’avant », reconnaît-il. Sans
rien éluder, James Middleton décrit sa lente descente
aux enfers et les symptômes de cette maladie qu’il
qualifie de « cancer du cerveau ». Aujourd’hui, il dit
aller mieux grâce à l’aide de ses proches, au soutien
sans faille de ses sœurs Catherine et surtout Pippa,
présente et attentionnée. À ses rendez-vous réguliers avec le docteur Stephen Pereira, un psychiatre
londonien qui a diagnostiqué chez lui un trouble
déficitaire de l’attention. Et enfin à la compagnie de
ses chiens, une véritable meute de golden retrievers,
de labradors et d’épagneuls cocker anglais, dont la
fidèle Ella, avec laquelle il s’est engagé comme volontaire au sein de l’association Pets As Therapy (« Les
animaux qui soignent »). Côté professionnel, James,
âgé de 31 ans, est à la tête de Boomf, une société
spécialisée dans la vente de cartes de vœux et de
friandises personnalisées, et travaille comme guide
naturaliste pour le domaine écossais de Glen Affric,
L’affection de ses chiens a aidé James à sortir de la dépression.
Aujourd’hui, il milite au sein de l’association Pets As Therapy.
PINT DE VUE
35
Quand la 15e fortune
du Royaume-Uni attaque
une pièce française
COUPS
DE THÉÂTRE !
36
PINT DE VUE
La pièce d’Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, librement inspirée de la vie
de sirs David et Frederick Barclay, vient d’être assignée en justice par
l’un des jumeaux milliardaires britanniques. Les 60 représentations exceptionnelles
des Deux frères et les lions au Théâtre de Poche-Montparnasse pourraient bien
être les dernières… à jamais ! Rencontre avec un auteur
et comédien sous le choc. Propos recueillis par Raphaël Morata
C
omment en êtes-vous arrivé
à vous passionner
pour les frères Barclay ?
Mona Guichard, ancienne directrice du Trident, scène nationale de
Cherbourg, connaissait mon travail
d’auteur. Elle m’a demandé un texte sur les îles
anglo-normandes. Je savais très peu de chose sur
cette région dont je ne suis pas originaire. Cela se
résumait à Victor Hugo à Guernesey et à quelques
reportages sur ces paradis fiscaux au large de la
France. J’ai donc enquêté, rencontré des îliens. Au
cours de mes pérégrinations, j’ai fait la connaissance
de Sophie Poirey, spécialiste du droit normand.
Elle m’a raconté que dans ces îles, des droits coutumiers, souvent cocasses, parfois barbares et sexistes,
car certains datent de l’époque des Vikings, étaient
toujours en vigueur !
l’abonnement dans la presse quotidienne, rachetant
The Daily Telegraph, se vengeant des humiliations
du passé par leur science du capitalisme…
Et finissant – là, un fait avéré – par être
anoblis par Élisabeth II…
La rumeur veut que la souveraine ne les supporte
pas. En même temps, elle ne souhaite pas se fâcher
contre l’un des plus puissants acteurs économiques
de son royaume… Si le destin des Barclay est
incroyable, épique, je n’ai pas voulu faire une biographie théâtrale. À travers eux, j’aborde le rapport
de la politique et de l’économique, celui de l’intérêt
général face à l’intérêt privé. Autant de sujets qui ont
une résonance particulière ces derniers temps.
Alors que vous reprochent-ils ?
Seul David Barclay – les deux frères seraient fâchés –
a déposé en juin dernier une plainte pour atteinte
Quel rapport avec les magnats
britanniques ?
Pour un auteur de théâtre,
c’est une matrice formidable…
Surtout avec ces vestiges de féodalité dans cette
Europe de la fin du XXe siècle. J’aimais aussi le défi
de la représentation de la gémellité au théâtre. Je me
suis alors intéressé au parcours très shakespearien des
frères. À mon grand étonnement, très peu d’informations. Ou certaines invérifiables. Les Barclay
font tout pour effacer leurs traces. Comment ont-ils
gagné leur premier million ? Mystère.
Donc vous avez inventé des passages
et anecdotes de leur vie ?
En partant de bribes d’informations réelles publiées
dans la presse, j’ai tissé une histoire. Je me suis
permis une grande liberté pour raconter leur
incroyable ascension sociale. Je les ai faits immigrés écossais venant dans une banlieue du sud de
Londres, se battant contre des Irlandais, inventant
au respect de la vie privée et pour diffamation.
Il demande 100 000 euros de dommages et intérêts !
C’est vertigineux, violent et totalement disproportionné. Avec nos 120 spectateurs par soir, notre
petite compagnie, le Théâtre irruptionnel, n’est pas
en capacité de faire vaciller l’empire Barclay. Notre
audience n’est pas celle d’un film hollywoodien.
Quel est son but ? A-t-il vu la pièce ?
David Barclay n’a même pas assisté à une représentation. Ses avocats, si. Ils ont même apprécié
(rires). Plus sérieusement, et c’est très grave, il veut
interdire la pièce, l’éliminer, l’effacer littéralement
en attaquant l’auteur, la compagnie, le Théâtre de
Poche-Montparnasse, le tourneur, ainsi que l’éditeur qui a publié le texte. C’est comme si nous
avions tapé juste, comme si la pièce, qui est une
fiction je le rappelle, disait certaines vérités.
PINT DE VUE
37
© RAPHAEL GAILLARDE/GAMMA-RAPHO, AP / SIPA
Hédi Tillette
de ClermontTonnerre
et Lisa Pajon
(en alternance
avec Romain
Berger),
incarnent deux
personnages
dont le parcours
s’inspire
librement de
sirs Frederick et
David Barclay.
Le 31 octobre
2000, les
jumeaux
millardaires
ont été anoblis
par la reine.
Les frères
présentent ici
leur insigne
de chevalier
à l’issue de
la cérémonie
au palais de
Buckingham.
Les Barclay avaient domicilié leur
empire à Brecqhou. Cette île, qu’ils
ont achetée et sur laquelle les frères
ont fait bâtir un château néogothique, dépendait cependant de la
seigneurie de Sercq et de ses lois
féodales. Ainsi, leurs filles ne pouvaient pas hériter de leur fortune !
Ils sont entrés en guerre, fait appel
à la Cour européenne des droits
de l’homme. Plus tard, ils feront
pression sur les îliens à travers un
blocus économique.
Me Olivier Morice défend Hédi Tillette
de Clermont-Tonnerre dans ce procès que
l’auteur des Deux frères et les lions
considère aujourd’hui comme « un combat
pour la liberté d’expression ». En bas, la
forteresse féodale que les Barclay font bâtir
sur l’île anglo-normande de Brecqhou.
pas à charge, évite le côté « enquête » ou « fait divers ».
Ce n’est pas un théâtre politique, une tribune idéologique. Elle est comme on dit « librement inspirée
de… » Nous sommes bien au contraire très tendres
avec ces personnages de jumeaux milliardaires.
Qu’attendez-vous du jugement ?
Cela a été un choc, un cataclysme. J’ai reçu l’assignation après la 220e représentation qui se déroulait en
Normandie, au Mémorial de Caen !
Créée en 2012, primée à Avignon en 2015,
la pièce a tourné en province…
Pourquoi a-t-il attendu
aussi longtemps pour vous
poursuivre en justice ?
Probablement le succès de la pièce
à Paris, l’an passé, l’a inquiété. La
presse nationale en a beaucoup parlé.
Selon vous, pourquoi a-t-il
réagi aussi durement ?
Y a-t-il eu des précédents dans l’histoire
du théâtre contemporain ?
À ma connaissance, non. La pièce Les Paravents de
Genet avait été interdite car les représentations mettaient en péril l’ordre public. La décision du tribunal
de Caen pourrait donc faire jurisprudence. Si je suis condamné,
les auteurs pourront-ils encore
s’emparer de faits réels dans une
œuvre de fiction ? Il se pourrait
bien, qu’à la fin des 60 représentations, le 17 mars prochain, ce soit
la dernière fois que l’on puisse
voir Les deux frères et les lions.
« Cette pièce
n’est pas
à charge.
Je ne fais pas
du théâtre
politique. »
Les Barclay vivent dans une bulle.
À Monaco, aujourd’hui. Dès que
l’on parle d’eux, ils ont pour seul
réflexe : l’attaque. Ils interdisent
toute publication. Par le passé, les Barclay ont même
fait un procès au Times !
Quelle sera votre ligne de défense ?
Ma pièce est un conte, une satire, une fable dans
laquelle je ne nomme jamais les deux frères. Elle n’est
Comment a réagi le Théâtre
de Poche-Montparnasse ?
Nous nous sommes posé la question de tout arrêter. Le risque financier est grand.
Le théâtre a décidé de me soutenir et de ne pas
déprogrammer la pièce. Je veux saluer ici le courage de son équipe : Charlotte Rondelez, Stéphanie
Tesson er Philippe Tesson.
Avez-vous déjà pensé à votre prochaine pièce ?
Elle va tourner autour… de la censure. Et du personnage de Molière.
Vous n’en êtes pas seulement l’auteur,
mais vous incarnez l’un des deux frères. Est-ce
que cette affaire altère votre façon de jouer ?
C’est extrêmement douloureux. Je me refuse à devenir, à mon tour, parano en imaginant que dans le
public il y a des personnes qui viennent nous épier.
Cela demande encore plus d’effort, de légèreté pour
préserver les moments de tendresse et les scènes
comiques. Je ne veux surtout pas régler mes comptes
sur scène, punir les personnages d’une certaine façon.
Je veux même les défendre, les aimer davantage.
Si c’était à refaire…
Je le referais. Sans rien enlever au texte. Pas une
virgule. 
38
PINT DE VUE
© PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP, GRAHAM BARCLAY/BLOOMBERG VIA GETTY IMAGES
Vous attendiez-vous à une telle attaque ?
Au-delà de notre cas particulier, c’est la réaffirmation de la liberté d’expression dans notre pays, du
droit pour les artistes à la satire, à la caricature, au
pamphlet. Désormais, c’est une question de principe, lutter contre la censure. Je ne pourrais pas me
regarder dans la glace si je devais me coucher devant
la menace d’un puissant et de ses avocats.
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Trésors de reine
VICTORIA AU PAYS
DES DIADÈMES
Bijoux de famille ou bijoux privés appartenant à sa mère, la reine Silvia, la
princesse héritière Victoria de Suède n’a que l’embarras du choix quand il
s’agit de porter un diadème. Les parures héritées des Wasa, de l’impératrice
Joséphine ou de l’impératrice du Brésil s’accumulent dans les coffres-forts
du palais royal de Stockholm depuis plus de deux siècles. Par Vincent Meylan
© CHARLES HAMMARSTEN/IBL, SCANPIX /SIPA PRESS, PATRICK VAN KATWIJK
Page de droite, la princesse
héritière Victoria parée du collier
diadème qui lui fut légué par
la princesse Lilian, épouse de
son grand-oncle, le prince Bertil
(ci-dessus). À gauche, la reine
Silvia et les améthystes
de la famille Bernadotte.
À
l’origine, le bijou est un collier.
Une élégante guirlande de feuilles
de laurier qui s’arrondit autour
du cou de la femme qui le porte.
Entre chaque feuillage, un brillant est serti. Et la composition
se termine par une poire de diamants accrochée en
pendentif au milieu du bijou. La pièce est emblématique de la période naturaliste de Frédéric Boucheron
(1830-1902). Amoureux des feuilles, des fleurs et de
la campagne, le grand artiste de la joaillerie française
de la fin du XIXe siècle crée nombre de broches, guirlandes et diadèmes ornés de fougères, de lierres et de
lauriers… Il en a d’ailleurs laissé la trace dans l’héritage artistique de la maison qu’il a créée. Aujourd’hui
encore, il y a toujours un peu de feuillage en diamants
40
PINT DE VUE
dans les vitrines de la maison Boucheron à Paris.
Frédéric Boucheron est mort depuis déjà trois ans
lorsque le modèle qui nous occupe est acquis en 1905
par la cour de Suède. Le prince héritier Gustaf Adolf
s’apprête à épouser une ravissante princesse britannique : Margaret de Connaught, une petite-fille de
la reine Victoria. Et les présents s’accumulent dans sa
corbeille de mariage. Le collier de feuilles de laurier en
diamants est l’un d’entre eux. Margaret le portera souvent avec les lourdes robes de cour et les longs voiles
de dentelles que le protocole impose aux princesses à
la cour de Suède. À sa mort en 1920, le bijou revient
à son troisième fils le prince Bertil. Et c’est la veuve de
ce prince, la princesse Lilian, qui à sa mort en 2013, le
lègue à la princesse héritière Victoria. Entre-temps, le
collier a été transformé en diadème. Il est le seul qui,
PINT DE VUE
41
Sur ce portrait de famille signé Westin, on reconnaît
les deux premières reines de Suède de la maison Bernadotte :
Désirée, à gauche, et Joséphine, à droite. Cette dernière est parée
du diadème de camées de sa grand-mère, l’impératrice Joséphine
(en haut à droite). La princesse héritière Victoria (en haut)
a porté ce bijou le jour de ses noces.
42
PINT DE VUE
Les sept grands camées ovales qui
en sont l’ornement principal sont
posés sur un décor de palmettes
en or et perles fines, très caractéristique de l’art des joailliers
parisiens au tout début du XIXe
siècle. À cette époque, le diamant
est encore un ornement tabou en
France. Les décrets somptuaires de
la Révolution qui en interdisaient le port sont encore
en vigueur. En revanche, les camées sont redevenus
à la mode depuis la fin du XVIIIe siècle, suite à la
découverte et l’exploration des sites archéologiques de
Pompéi et Herculanum. Les Merveilleuses les portent
en bandeau, en broche, en collier… Les Napolitains,
spécialistes de la gravure de ces pierres dures ou de ces
coquillages, en exportent des milliers chaque année à
Paris. Ils sont alors montés par les grands joailliers que
sont Marguerite, Mellerio ou Nitot.
Le diadème de la cour de Suède est acquis chez
Nitot durant les premières années du XIXe siècle par
la citoyenne Bonaparte : Joséphine de Beauharnais
(1763-1814). Nombre de ses portraits montrent d’ailleurs la future impératrice portant des joyaux ornés
de camées. Une trentaine d’années plus tard, un portrait de groupe signé Fredric Westin, représentant la
famille royale de Suède, montre ce diadème posé dans
la chevelure de la princesse héritière de l’époque. Elle
aussi se prénomme Joséphine (1807-1876) et elle est
princesse de Leuchtenberg. Joséphine de Beauharnais
est sa grand-mère paternelle. Comment le bijou est-il
arrivé jusqu’à elle ? Telle est la question.
Le partage des bijoux de l’impératrice Joséphine après
sa mort est conservé dans les archives de la famille
Napoléon. Il montre clairement que son fils, Eugène,
© MAY FRANK/DPA/ABACA, ERIK CORNELIUS/NATIONALMUSEUM 2004, AKG-IMAGES/LAURENT LECAT, GTRES/BESTIMAGE, HISTORISK BILDBYRA IN SWEDEN/MUSTANG COLLECTIONS AB, PHOTO12/ALAMY
aujourd’hui, appartienne personnellement à Victoria. Elle l’a porté
pour la dernière fois lors d’un des
dîners de remise des prix Nobel au
mois de décembre 2018.
Le second bijou étroitement associé
à la princesse héritière Victoria est
bien sûr son diadème de mariage.
Les boucles d’oreilles Wasa
C
omposées de
deux briolettes
en diamants
suspendues dans un entourage
ovale composé des mêmes
pierres, ces deux pendants
d’oreilles sont l’un des très rares
bijoux appartenant à la maison
royale de Suède provenant de
la dynastie qui a précédé les
3
a hérité une parure de camées. Il aurait donc pu offrir
le diadème à sa fille, la future reine de Suède. Mais
l’impératrice Joséphine possédait-elle une seule parure
de camées ? Sans doute pas, puisque sa propre fille, la
reine Hortense, a été peinte portant un diadème de
perles et de camées très semblable. Peut-être Hortense
a-t-elle tout simplement offert à sa nièce le diadème
de camées qu’elle avait hérité de sa mère. D’ailleurs,
un autre diadème de la collection
royale, plus modeste, puisqu’il est
composé de perles de marcassites
montées sur or, provient lui aussi
de la reine Hortense. Depuis
Joséphine de Leuchtenberg, le
diadème de camées et de perles
est resté dans le patrimoine de la
famille Bernadotte. La reine Silvia,
et plusieurs princesses suédoises,
l’ont porté le jour de leurs noces.
Paradoxalement, cette parure qui n’était sans doute à
l’origine qu’un « bijou de tous les jours » est devenue
un joyau emblématique, associé aux fastes d’une des
dernières cours du monde.
Si la Suède possède l’une des plus élégantes collections de joyaux d’Europe, c’est d’ailleurs à la même
Bernadotte sur le trône : les
Wasa. Et curieusement, ces
boucles d’oreilles sont elles aussi
arrivées chez les Bernadotte
avec un détour chez
les Beauharnais. Le
dernier souverain
de la dynastie
Wasa à régner
sur la Suède
est Gustave IV
Adolphe (17781837). Il quitte
son pays en
1
1809 avec
son épouse,
la princesse
Frédérique
de Bade (17811826). Leur fils
aîné, Gustave (17991877), vivra en exil la
plus grande partie de sa vie.
Frédérique de Bade est la
première à porter ces pendants
d’oreilles. À sa mort, Gustave
en hérite. Quatre ans plus tard,
en 1830, il épouse la princesse
Louise de Bade, dont la mère,
la grande-duchesse Stéphanie,
n’est autre que la nièce de
Joséphine de Beauharnais.
L’union sera malheureuse, mais
elle verra tout de même naître
une fille, Carola, qui deviendra
reine de Saxe (1) et sera la
2
dernière princesse de la maison
de Wasa. Carola meurt sans
enfants en 1907, mais entretemps, elle a offert les boucles
d’oreilles Wasa à sa nièce, la
princesse Victoria de Bade (2).
En 1881, celle-ci a épousé le
futur roi Gustave V de Suède.
C’est donc elle qui rapporte
les diamants des Wasa dans
la maison royale suédoise. La
princesse Madeleine (3) a
porté ces boucles d’oreilles,
le jour de son mariage
en 2013.
Joséphine de Leuchtenberg qu’elle le doit en grande
partie. Née en Italie à l’époque où son père Eugène
était vice-roi de ce pays, Joséphine grandit à Milan,
puis à Munich dans sa famille maternelle où ses
parents ont trouvé refuge après la chute de l’Empire.
Contrairement aux Bonaparte, le prince Eugène, titré
duc de Leuchtenberg, est un habile homme d’affaires
qui jouit d’une fortune colossale. En 1823, lors de
son mariage, avec le futur roi de
Suède, sa fille aînée reçoit une
série de magnifiques améthystes
ovales que ses descendants possèdent toujours. Par la suite, la
même Joséphine hérite la parure
de saphirs et de diamants de sa
mère. Cet ensemble spectaculaire,
lui aussi créé à Paris sous l’Empire,
comprend un bandeau diadème,
un collier, une broche, des pendants d’oreilles que l’actuelle reine Silvia porte très
souvent. Le bandeau diadème, très flexible, peut se
transporter dans un écrin plat, très facile à glisser dans
les bagages royaux.
L’autre joyau entré dans les collections royales suédoises,
grâce à Joséphine de Leuchtenberg, est le diadème
Le diadème
de camées
provient sans
doute de
l’impératrice
Joséphine.
PINT DE VUE
43
En haut,
la princesse
héritière
Victoria parée
du diadème
à aiguilles
de diamants
hérité de
Victoria de
Bade.
À droite,
le diadème
de marcassites
de la reine
Hortense.
En médaillon,
l’un des deux
diadèmes
composé
de rosettes
en diamants.
Ci-contre,
Victoria parée
du diadème
de diamants
offert à la
princesse
héritière
Margaret par
ses parents ou
du diadème
d’aiguesmarines
de la princesse
Sibylla
(au centre), sa
grand-mère
paternelle.
44
PINT DE VUE
Bragance que la princesse
Victoria portera lorsqu’elle sera
devenue reine de Suède. Très imposant, ce bijou uniquement composé de diamants, vient du Brésil. Il
semble qu’il ait été créé en 1817 pour la jeune impératrice, née archiduchesse Léopoldine d’Autriche,
épouse de l’empereur Pierre Ier.
Léopoldine meurt en 1826. Le diadème est alors
hérité par ses enfants, Marie, Pedro, Janvière et
Françoise. Trois ans plus tard, l’empereur se remarie avec la duchesse Amélie de Leuchtenberg, sœur
cadette de Joséphine de Suède. Il achète à la suc-
cession de sa première épouse, le diadème de
diamants qu’il offre à la seconde impératrice,
Amélie. Lorsque Pierre Ier abdique la couronne
du Brésil en 1831, Amélie le suit en Europe.
C’est là, en Espagne, que Pierre meurt trois ans
plus tard. Marie Amélie, l’unique fille née de
son union avec la princesse de Leuchtenberg,
disparaît en 1853. Sa mère lui survivra jusqu’en
1873. L’impératrice Amélie n’ayant plus de descendants, elle lègue la plus grande partie de ses bijoux à
sa sœur aînée, Joséphine, reine de Suède. C’est à cette
époque que les plus beaux diamants aujourd’hui
portés par la reine Silvia – le fameux diadème, une
rivière et une paire de pendants d’oreilles – entrent
dans le patrimoine royal suédois. Ces diamants,
tout comme le collier et le diadème de saphirs, sont,
semble-t-il, réservés à l’usage de la reine régnante.
Heureusement pour la princesse héritière Victoria,
la collection Bernadotte comprend près d’une
dizaine de diadèmes différents. Autant de colliers, de
broches et de boucles d’oreilles assortis. Elle n’a donc
que l’embarras du choix. 
© SIPA, ADLERCREUTZ/KAMERA PRESS/NEWS PICTURES, GETTY IMAGES/AFP (2), UTRECHT ROBIN/ABACAPRESS.COM, ZUMA /VISUAL, WIREIMAGE, SJÖBERG (2), APESTEGUY/SIPA
1. La reine Louise de Suède, née
Mountbatten, parée du diadème
de l’impératrice du Brésil.
2. À l’occasion du mariage de sa
fille aînée, Victoria, la reine Silvia
a porté ce bijou réservé
aux reines régnantes, avec
cette parure de topazes roses
héritée des Romanov.
3. L’autre diadème que la
princesse héritière n’a encore
jamais porté est le diadème de
saphirs et de diamants de la
parure Leuchtenberg que porte
souvent la reine Silvia. 4. Suivant
la mode des années 1930, la
reine Louise portait souvent de
longs sautoirs de diamants qui
eux aussi appartiennent à la
collection Bernadotte.
1
2
3
4
PINT DE VUE
45
Pierre Dumont
et Denis de Kergorlay
VENT
DEBOUT
Le premier est avocat, devenu entrepreneur
spécialisé dans les réseaux de gaz et d’eau.
Le second, descendant d’une famille de la
noblesse bretonne, préside le Cercle de l’Union
Interalliée mais est ausi investi dans La Demeure
Historique, Europa Nostra et la French Heritage
Society. Ensemble, ils viennent de publier un
ouvrage* contre les méfaits des éoliennes,
évidents ou moins visibles. Par Fanny del Volta
46
PINT DE VUE
Pour Pierre Dumont (à gauche)
et Denis de Kergorlay (à droite),
la production énergétique doit
reposer sur le photovoltaïque,
l’hydraulique et même le
nucléaire. Tripler le nombre
d’éoliennes comme les pouvoirs
publics en ont l’intention,
c’est tripler les taxes pour une
source d’énergie insuffisante.
Les centaines de tonnes
de bétons à couler pour installer une éolienne représentent un
coût environnemental alarmant.
Elles polluent des hectares de terrain. Les dépenses financières sont
considérables, pour une production
énergétique soumise aux aléas de la météo. Plus on produit d’éoliennes, plus il faut pouvoir faire face à notre
dépendance envers une énergie intermittente et prévoir
des ressources pour prendre leur relais ! Et ne parlons
pas du massacre des paysages !
D. de K.
J’ai une maison dans
le Berry. Classée. Sous la menace
d’un projet éolien. En me renseignant, je me suis aperçu que
l’implantation d’éoliennes reposait sur un système
pervers, habillé de vertus écologiques et reposant sur
des intérêts spéculatifs.
DENIS DE KERGORLAY Je ne suis pas directement victime
de ces éoliennes. J’ai même discuté avec un technicien venu prendre des mesures pour en installer
une face au château de Canisy, en Manche. Il m’a
assuré qu’on ne verrait pas ces moulins depuis mes
fenêtres, ce qui est vrai. En revanche, en tant que
responsable associatif pour la défense du patrimoine
– La Demeure Historique, Europa Nostra, French
Heritage Society –, j’ai pris en compte les demandes
de mes adhérents.
PIERRE DUMONT
Le livre démarre fort. Ne craignez-vous pas
de passer pour des prosélytes du nucléaire ?
Je suis un fervent défenseur de la nature. J’ai simplement été choqué par l’omerta qui prévalait dans
le débat autour de l’éolien. Nous avons jeté un pavé
dans la mare. La plupart des commentateurs le disent,
d’ailleurs, le livre est engagé. Mais nous sommes pour
une transition énergétique intelligente, raisonnable et
respectueuse des hommes.
D. de K. L’ouvrage débute presque comme un roman :
un personnage apprend qu’un projet éolien est en
cours près de chez lui. Puis, nous relatons son chemin de croix. Il cherche à comprendre une situation
absurde, vit la situation comme une agression. Des
gens jettent leur dévolu sur un village qui a une histoire. Et tout vire au cauchemar. Je suis certain que
la charmante éolienne deviendra vite un symbole
du mauvais mondialisme. Nous tentons de montrer
comment est née cette utopie, la façon dont elle s’est
développée, et quel est son prix.
P. D.
Les centrales nucléaires
ne sont pas belles non plus…
C’est un mauvais débat. Une centrale n’est pas
la panacée mais sa capacité à fournir de l’énergie est
mille fois supérieure à celle des
éoliennes.
D. de K. Tout le monde a une sensibilité écologique. Nous dénonçons
une politisation de ces sujets,
j’insiste, et la mise en avant d’une
doctrine très influente ayant amalgamé transition énergétique, plan
de sauvetage du climat et donc
suppression du nucléaire. Au
début des années 2000, des spéculateurs ont gagné des centaines
de millions d’euros grâce à un système financé par les
contribuables, mêlant idéologie et affairisme.
P. D.
« La charmante
éolienne
deviendra vite
un symbole
du mauvais
mondialisme. »
De nouveaux progrès permettent
de stocker l’énergie et donc
de pallier l’intermittence de l’éolien…
Ces solutions sont insuffisantes et pour certaines
encore peu au point. Il est inconscient de demander aux
gens d’attendre de meilleures technologies et de se passer du nucléaire dans le même temps.
D. de K.
Quelles sont donc les véritables solutions
énergétiques ?
Justement, quel est son prix ?
Le prix du photovoltaïque a baissé. Il s’agit
certainement d’une option d’avenir même si elle a
des inconvénients. L’hydraulique en
est une aussi. Nous ne sommes pas
des inconditionnels du nucléaire
et nous savons que, hélas, aucune
production énergétique n’est neutre
pour la planète. 
Le cercle vicieux repose notamment sur les difficultés des agriculteurs, qui mettent leurs terres à
disposition d’exploitants pour quelques milliers d’euros.
* Éoliennes : Chronique d’un
naufrage annoncé, éditions
François Bourin, 162p., 16€.
P. D.
© PLAINPICTURE/TANDEM STILLS, LUC CASTEL, SERVICE DE PRESSE
P
ourquoi avoir écrit
cet ouvrage ?
D. de K.
PINT DE VUE
47
48
PINT DE VUE
LE PETIT MONDE DE
Jean-Jacques Annaud
Des déserts d’Arabie à ceux
de la Mongolie-Intérieure
en passant par la jungle
cambodgienne, de la
préhistoire au Moyen Âge, il a
transporté le spectateur dans
toutes les dimensions de
l’aventure. Scrutant l’homme
pour mieux sentir ses instincts
et observant les animaux
pour en révéler la noblesse,
le cinéaste partage
aujourd’hui ses souvenirs
dans Une vie pour le cinéma.
Propos recueillis par Emmanuel Cirodde
Pourquoi avez-vous ressenti
le besoin de rassembler
ces souvenirs ?
Ils m’ont hué. J’ai eu envie de dire que l’on peut
être français, né en banlieue et mener une carrière
libre à Hollywood.
Animal ou humain, guerrier ou amoureux,
l’instinct est un sujet qui traverse
tous vos films. Or pour le saisir sur
pellicule, il faut au contraire tout calculer,
chercher à tout prévoir…
En effet, il faut pour cela souvent passer par la raison.
Pour La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, j’ai provoqué l’instinct en ne faisant qu’une prise. Le résultat
n’est pas parfait, mais possède une
spontanéité extraordinaire. Ce travail avec des bipèdes, je le poursuis
avec les animaux, ces derniers ne
me donnent souvent droit qu’à
une prise. Il faut être prêt.
« On peut
être français
et mener
une carrière
à Hollywood. »
Cela fait dix ans que je tourne
autour de cette idée. Avec MarieFrançoise Leclère, nous avons
pensé que la diffusion de la série
La Vérité sur l’affaire Harry Québert
constituait le bon moment. Je voulais aussi que ce
livre possède une dimension pédagogique, à l’intention des élèves en cinéma. En sortant de l’IDHEC,
j’étais incollable sur l’art du champ-contrechamp,
mais ignorais tout de la réalité du métier. J’ai découvert qu’il fallait d’abord financer ses travaux, diriger
des acteurs parfois mal en point, qui avaient bu ou
qui étaient en plein divorce. Lors de mes voyages, je
donne beaucoup de conférences. L’unique fois où j’ai
été mal reçu, c’est en France. Les étudiants de l’école
dans laquelle j’avais moi-même été avaient affiché ma
photo avec la mention : « Annaud = succès = danger ».
On découvre aussi dans
votre livre des anecdotes
invraisemblables.
Lors d’une scène de bataille
navale sur le tournage de Stalingrad,
un assistant a crié : « Coupez ! », alors
qu’il était impossible de stopper les effets
pyrotechniques…
Les capitaines des bateaux devaient naviguer au
milieu de vraies mines. C’était le chaos total. J’étais
terrorisé car chaque navire avait embarqué 200 ou
300 personnes. Mon responsable des effets spéciaux
m’avertit alors que le bateau sur lesquels sont stockés
des explosifs a pris feu et qu’il ne peut plus rien arrêter. Ayant perdu les commandes, il ignorait à quel
moment il allait exploser…
De La Victoire
en chantant
à La Vérité
sur l’affaire
Harry Quebert
(diffusé
récemment
sur TF1) avec
Patrick
Dempsey
(ci-dessus),
Jean-Jacques
Annaud
a exploré
quantité
d’univers.
Passionné
de musique,
de littérature
et d’images
depuis
l’enfance,
il rassemble
ses souvenirs
dans un
livre empli
d’anecdotes
et de
réflexions
sur son métier.
PINT DE VUE
49
© DAVID ATLAN, ©TAKASHI SEIDA TM & 2000-2018METRO-GOLDWYN-MAYER STUDIOS INC.
À
8 ans, il savait déjà qu’il ferait
des films. Dans un café à Paris,
rue Mazarine, à deux pas de son
domicile, Jean-Jacques Annaud
revient avec une fraîcheur intacte
sur les mille et une péripéties qui
ont émaillé son parcours singulier. Ses films ont beau
avoir connu le succès, la lecture de ses mémoires
étonne par la profusion d’anecdotes, alternant instants
de grâce et situations cauchemardesques. Et malgré
tout, l’homme ne se départ jamais de son sourire, signe
d’un indéfectible enthousiasme et
d’une liberté insolente.
2
1
3
Ses coups de cœur
En 2012, Jean-Jacques Annaud est reçu à l’Académie des beaux-arts.
Arborant son épée de cristal créée par Philippe Druillet, il pose auprès
de son épouse Laurence et de ses filles Juliette et Louise.
Enfant, rêviez-vous déjà d’images ?
Oui, je photographiais des monuments avec mon
premier appareil photo Brownie. Plus tard, j’ai eu
un Kodak Retinette. J’avais droit à 24 poses pour
Noël et 36 aux vacances d’été. Lorsque l’une de mes
photos était floue, j’étais en larmes. Cela m’a donné
une rigueur pour le cadrage. Les églises et les musées
m’ont toujours fasciné. Je suis totalement athée mais
j’adore les lieux de culte. J’aime entrer dans un temple
tibétain, une église romane ou baroque bavaroise, me
promener sous une nef gothique
ou dans une mosquée. Je me souviens avoir visité celle de Djenné
en plein cœur du Mali, l’un des
plus grands bâtiments en terre
au monde, c’était une émotion
indescriptible. Mon père travaillant à la SNCF disposait de billets
gratuits. À la surprise de mes
parents, j’annonçais que je voulais
découvrir les églises romanes de
Provence ou les calvaires bretons.
De Carhaix à Plouénan en passant
par Quimper, nous avons fait tout un voyage sur ce
thème ! Ma mère jouait du violon, allait régulièrement au concert et m’emmenait à l’opéra. J’insiste
sur le fait qu’ils n’avaient pas
beaucoup d’argent. Ils voulaient
cependant que j’aie une culture.
Ce fut fondateur et je continue à
aimer les racines du passé. 
« Enfant,
lorsque l’une
de mes
photos était
floue, j’étais
en larmes. »
Lire Une vie pour le cinéma,
de Jean-Jacques Annaud
avec Marie-Françoise Leclère,
Grasset, 528 pages, 23 €.
50
PINT DE VUE
Vos compositeurs favoris
pour le cinéma ?
Gabriel Yared et James Horner (1) avec
lequel je me suis pourtant fâché quand il
composait la partition du Nom de la rose.
Nos rapports se sont transformés en une grande
amitié. L’une des dernières lettres que
James a écrite avant de mourir dans un accident
d’avion m’était destinée. Et son message était
bouleversant. Il me disait ne plus tellement
aimer composer pour le cinéma, regrettant de
devoir illustrer des histoires de « monstres verts
se battant contre des grenouilles rouges ».
Une découverte récente au cinéma ?
J’ai adoré Roma (2) d’Alfonso Cuarón. Il m’a
expliqué qu’aucun studio n’avait voulu de son
film avant de trouver preneur chez Netflix. C’est
pourtant un chef-d’œuvre, émouvant et d’une
classe incroyable. J’ai rarement été aussi conquis
par un travail de mise en scène et d’écriture.
Une rencontre inoubliable ?
Umberto Eco (3). À notre première entrevue,
je lui ai dit qu’il ne devait pas y avoir beaucoup
de cinéastes qui lisaient comme moi Aristote en
grec ancien (rires). J’ai ajouté que je voulais le
convaincre en lui posant trois questions : Comment
8
9
5
étaient chaussés les franciscains ? Quelle était
la couleur des cochons dans la porcherie ? Les
moines avaient-ils de la barbe ? Il m’a avoué qu’il
n’en avait pas la moindre idée. Je devais pourtant
montrer tout cela à l’écran…
Vos chocs en art ?
J’adore Van Goyen, dont les paysages sont
extrêmement bien composés et presque
monochromes. Ayant le goût des forêts et des
plages, je m’intéresse notamment à la
peinture scandinave. Je pense aussi à Bruegel,
Ruisdael, Jan Steen, Van Ostade, Vermeer,
De La Tour, Le Nain, Le Caravage…
Mais également à Friedrich, Turner ou au
Russe Aïvazovski (4), ici, L’arc-en-ciel,
le naufrage, 1873. Ses tableaux gigantesques
sont empreints de romantisme. Je suis au fond
assez romantique.
Des collaborations marquantes ?
Je me souviens du tournage de Sept ans au
Tibet avec Brad Pitt (5). Nous tournions à
Uspallata, une toute petite ville d’Argentine.
Alors que nous dînions dans un restaurant, des
meutes d’admiratrices sont arrivées par autocar.
C’était terrible et il m’a expliqué que, où qu’il se
cache, il déclenchait l’hystérie partout sur son
passage… Je repense aussi à Sean Connery pour
Le Nom de la rose, la première star internationale
que j’ai dirigée. Son jeu était d’une précision
démoniaque. De l’horlogerie suisse.
6
Un spectacle que vous avez aimé ?
War Horse (Cheval de guerre) (6), que j’ai
vu à Londres. Une grande marionnette cheval
déambule sur scène et procure des émotions
folles. Tout réside ici dans l’imaginaire. Cette
figure en bois m’a fait pleurer.
Votre livre de chevet ?
Vie et destin (7) de Vassili Grossman
qui était le correspondant d’Étoile rouge, le
journal de l’armée soviétique, un stalinien pur
et dur qui se rend progressivement compte
de l’horreur du communisme. Son livre n’est
pas pour autant politique, avec le talent d’un
Tolstoï, il raconte des destins.
7
8. En 1981, Jean-Jacques Annaud crée la surprise avec La Guerre du feu, spectaculaire et bouleversante fresque préhistorique.
9. En 1989, il remporte le César du meilleur réalisateur pour L’Ours. Il avait déjà reçu l’Oscar du meilleur film étranger pour
La Victoire en chantant en 1977. 10. En 1978, il dirigeait Patrick Dewaere dans le cinglant Coup de tête, chronique provinciale d’une
revanche. 11. Jean-Jacques Annaud n’a pas filmé que des bipèdes. Après L’Ours et Deux frères, il a signé Le Dernier Loup en 2015.
10
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PINT DE VUE
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© SIPA (2), COLLECTION CHRISTOPHEL, FINEARTIMAGES/LEEMAGE, RUE DES ARCHIVES/RDA, BRINKHOFF/MÖGENBURG, PHOTO12, PROD DB/KCS PRESSE (2), PIERRE VERDY/AFP, SERVICES DE PRESSE (3)
4
52
PINT DE VUE
Dans la véranda,
Gabriella peut
profiter du soleil
qui entre à flots
par les baies
vitrées. L’été, elles
s’ouvrent
sur le petit jardin
clos de grilles.
Chez Gabriella Cortese
la vie parisienne
Sa griffe Antik Batik célèbre depuis près de trente ans le mariage des imprimés
de l’Inde éternelle et du chic intemporel parisien. Une romance qui
a gagné aussi chaque étage de sa petite maison cachée dans une allée privée,
proche de la place Pigalle. Par Marie-Eudes Lauriot Prévost Photos David Atlan
PINT DE VUE
53
Le panier Tomato & Co, rempli des légumes bio cultivés au château de Courances, vient d’être livré sur la table nappée
d’un boutis et d’une toile de coton reprenant le motif Annie, un imprimé fétiche d’Antik Batik réalisé en Inde à l’aide
de tampons de bois. La cage d’escalier joue de ses barreaux avec une série de suspensions Beat de Tom Dixon. Au premier
étage, les parois en miroir du dressing, qui recèle une belle collection de chaussures, créent d’étonnantes perspectives.
54
PINT DE VUE
C
e fut le rendez-vous des artistes et
des canailles, et c’est aujourd’hui
une charmante allée privée qui n’a
d’avenue que le nom, où l’on vit
en bonne intelligence. À deux pas
de la place Pigalle, tout est calme
chez Gabriella Cortese, si ce n’est le manège bondissant de Wolfy, l’inépuisable jack russell. Pas de
quoi affecter le sourire de madame Antik Batik qui
dévoile ses dents du bonheur en ouvrant la porte
du jardin. Elle est la fondatrice de cette marque de
prêt-à-porter hippy chic, « urbaine et voyageuse »
comme elle aime à la qualifier. « La mode est venue
naturellement même si je ne suis pas styliste. Ma
mère était très Saint Laurent, j’aimais la bohème et
tout a commencé ainsi », raconte-t-elle.
À l’arrière, se dessine une petite maison toute en
hauteur, chaleureuse et fluide, avec sa cage d’escalier
circulaire à l’ancienne et ses portes-fenêtres orientées
vers le sud. En Parisienne tendance, elle accueille
dans ses murs les influences venues d’ailleurs, ces
indiennes en provenance du Rajasthan et ces velours
de coton aux tons chauds comme
un petit bout d’Italie. Hommage
personnel de la propriétaire à ses
racines turinoises et à cette Inde
que Gabriella arpente depuis près
de trente ans et plusieurs fois par
an pour élaborer ses collections.
« Je me suis amourachée de Paris
en arrivant en 1984, tout de suite
après la fin de mes études de littérature française. J’y ai goûté à la
liberté, vécu dans plusieurs quartiers, quand nous avons décidé
d’acheter en 2004, à la naissance de notre fils
Nicola. L’idée de quitter la Rive gauche pour le
IXe arrondissement ne me disait rien. Puis, nous
avons poussé la grille et le charme a aussitôt opéré »,
témoigne-t-elle avec son bel accent d’Italienne du
Nord. À l’époque, mieux vaut avoir des idées pour
s’imaginer y vivre. L’ensemble, qui date comme tout
le quartier du début du XIXe siècle, est en mauvais
état, sombre et mal fichu. Mais tout semble possible derrière cette façade de style chalet, baignée de
soleil. La légende veut que le dernier habitant des
lieux ait été une figure de Pigalle, un « Monsieur »
comme on dit dans le quartier, aussi peu recommandable que possible, le seul à avoir le droit de
se garer dans l’impasse. Bien avant, le peintre portraitiste Giovanni Boldini y a vécu aussi, avec pour
voisin d’en face Henri de Toulouse-Lautrec, pendant que Victor Hugo faisait construire les deux
maisons voisines, l’une pour sa maîtresse et l’autre
pour la sœur de celle-ci.
Avec la bénédiction de son mari le comédien Marc
Rioufol, Gabriella s’emploie à donner un grand
coup de chic à la demeure. Elle se fait conseiller
par la décoratrice Michela Curetti, une amie de son
enfance turinoise. Le garage se métamorphose en
« Nous avons
poussé
la grille
et le charme
a aussitôt
opéré. »
Comme
l’ensemble
du quartier,
la maison
de style
chalet a été
construite
vers 1830.
En 2004,
elle est
entièrement
transformée
par Gabriella
Cortese
et son mari,
Marc Rioufol,
avec l’aide de
la décoratrice
Michela
Curetti.
PINT DE VUE
55
L’Italie et l’Inde
se manifestent çà et là,
entre racines et
passions pour Gabriella.
cuisine lumineuse, le salon
gagne quelques mètres carrés sur le jardin grâce à la
création d’une véranda, du
parquet est reposé. La cage
d’escalier prend un coup de
jeune par l’entremise d’une
série de suspensions Beat en
laiton martelé de Tom Dixon.
« J’ai quasiment acheté les
prototypes, et depuis on les a
beaucoup vues », se souvient
Gabriella. Le premier étage,
celui des parents, est conçu
comme une véritable suite
avec le dressing entièrement
recouvert de miroirs digne
d’un palais de maharadjah.
Il fait la jonction entre la
chambre et la salle de bains
que l’on imaginerait cette
fois dans un manoir anglais
avec son lavabo sur pied et
ses armoires vitrées rococo. Et comme un gimmick, l’imprimé Annie réalisé au tampon de bois à
Jaipur, un modèle fétiche d’Antik Batik, se retrouve
en coussins ou en nappes de jardin. Aux beaux
jours, Gabriella aime justement à y organiser des
brunchs où plusieurs mondes se rencontrent.
Marc disparaît malheureusement, en 2011, mais
elle tient bon, préservant son univers lumineux
et inspiré, tandis que Nicola grandit en bon petit
Parisien. Ce matin, ils ont pris livraison du panier
Tomato & Co rempli de jus de pommes, d’œufs et
de légumes cultivés dans le grand potager bio du
château de Courances, dans l’Essonne. Ce weekend, chaussée de ses incontournables Church’s,
Gabriella fera peut-être un tour au marché PaulBert des puces de Saint-Ouen, d’où elle rapporte
souvent quelque chose, un trumeau ancien, de la
vaisselle ou une lampe italienne vintage. Ils trouveront vite leur place, rajoutant leurs bonnes ondes à
la maison du bout de l’avenue. 
La cuisine aménagée dans le prolongement
du salon a remplacé l’ancien garage.
Gabriella et son fils Nicola, 13 ans. Autre
personnalité de la maison, le chien
Wolfy ne reste pas longtemps en place.
56
PINT DE VUE
Dans la chambre de Gabriella, le mur du fond est tendu du motif Cochinchine de Braquenié.
La salle de bains cultive un style ancien modernisé par une baignoire Hollywood de Devon & Devon. En bas,
une série de fauteuils Brno de Mies Van der Rohe donne des vitamines à la salle à manger-bibliothèque.
PINT DE VUE
57
Quelle
© XXXXXXXXXX
CULTURE
58
PINT DE VUE
Quelle
CULTURE
Les états d’art de
Rolando Villazón
Le ténor mexicain a pris pour cinq ans la direction du Festival Mozart
de la ville de Salzbourg, qui célèbre chaque année l’anniversaire
de l’enfant prodige autrichien. L’occasion de nous parler de son amour
pour le compositeur et pour bien d’autres choses. Propos recueillis par Pauline Sommelet
eu envie de revenir aux fondamentaux, au Mozart qui vit dans
le cœur de chacun d’entre nous. L’Orchestre philharmonique
de Vienne, le Mahler Chamber Orchestra ou des ensembles
sur instruments anciens comme la Camerata proposent leur
vision de cet artiste insurpassable au même titre que des interprètes comme András Schiff, Daniel Barenboïm ou Cecilia
Bartoli. Nous aurons trois grandes productions scéniques,
dont Thamos, roi d’Égypte, sous la houlette de La Fura dels
Baus, mais aussi beaucoup d’autres surprises dont un gala de
danse. Mozart est une fête : c’est comme cela que j’envisage
cette célébration.
J’aime aller au théâtre à l’improviste, sur un coup de
tête. Récemment, la création de Robert Lepage autour du
marquis de Sade, à la Villette, m’a enthousiasmé. J’ai vu aussi
à Leipzig le magnifique spectacle de marionnettes contemporain consacré à la figure du chef d’orchestre Karl Böhm.
C’est un théâtre dans lequel les acteurs
sont sur scène au même titre que les
figurines qu’ils manipulent et auxquelles ils donnent vie d’une manière
passionnante. J’ai vu aussi récemment
une très belle version du Malentendu,
la pièce de Camus. J’adore cet auteur
que j’ai d’abord lu quand j’étais jeune,
au Mexique, en traduction espagnole,
avant de le relire il y a peu en français, notamment L’Homme révolté. J’ai
adoré pénétrer dans cet univers dur,
réaliste et en même temps profondément habité. Enfin, je ne rate jamais une
occasion d’aller voir des spectacles de cirque, que ce soit le
Cirque du Soleil ou Slava que j’ai beaucoup applaudi à Milan.
J’essaie de lire un livre par semaine. En ce moment, je
redécouvre l’œuvre de Roberto Bolaño, que j’ai commencé à lire
au Mexique. Je me souviens de cette anecdote sur son livre Les
Détectives sauvages qu’il voulait appeler, littéralement, « Une
montagne de merde » ! Heureusement, son éditeur l’a convaincu
que ce n’était pas très vendeur. Je m'efforce aussi de lire
chaque jour, comme une petite méditation spirituelle, un essai
de Montaigne et une lettre de Mozart. Lors de nos dernières
vacances, j’ai même eu l’occasion d’aller visiter avec ma femme
et mes deux fils le château de Montaigne, près de Bordeaux, et
cette tour où il écrivait. Un pèlerinage très inspirant.
Netflix, que Bohemian Rhapsody, une comédie musicale
incontournable pour le fan inconditionnel de Freddie Mercury
que je suis. À New York, il y avait un petit cinéma à côté
du Metropolitan Opera dans lequel j’ai le souvenir d’avoir
visionné des chefs-d’œuvre comme Blue Velvet ou encore La
Grande Bellezza, que j’ai tellement aimé que j’y suis retourné
huit fois de suite. À la fin, le spectacle était autant sur l’écran
que dans la salle où j’observais les spectateurs vivre le film,
s’ennuyer, vibrer ou pleurer. C’était magnifique.
Je ne regarde jamais la télévision sauf mon péché
mignon absolu : le football américain du dimanche soir, dont
je ne rate jamais une soirée. Pendant les – nombreuses –
coupures publicitaires, j’écris mes mails, mais sinon, je suis
hypnotisé par ce spectacle. En revanche, je suis un grand
auditeur de radio, de France Musique à Radio Classique en
passant par les podcasts du philosophe Raphaël Enthoven.
J’écoute aussi bien sûr du classique, Mozart encore et
toujours, mais aussi Brahms, dont j’ai
longtemps privilégié la musique symphonique. Aujourd’hui, je découvre
son répertoire chambriste. Dans un
autre registre, le chanteur cubain
Silvio Rodríguez m’émerveille pour
ses textes à la fois politiques et poétiques. Mes enfants me font découvrir
toutes sortes de choses : du rock indépendant, du rock hindouiste même,
sans oublier le rap.
« À la Fondation
Vuitton, la
confrontation entre
Egon Schiele et
Basquiat est une
pure merveille. »
À la Tate Modern, j’ai adoré cette
œuvre fascinante de l’artiste Christian
Je vais peu au cinéma car j’ai souvent peur d’être déçu,
Marclay, une vidéo de 24 heures qui
compile des extraits de films et de séries pour reconstituer
une journée en temps réel. Nous allons souvent, en voisins
et en famille, à la Fondation Vuitton dont je suis avec attention le programme musical, mais aussi les expositions : la
confrontation entre Egon Schiele et Basquiat est une pure
merveille. Je connaissais mal ce dernier, sa figure de génie
rebelle m’a bouleversé. Elle m’a rappelé le choc que j’avais
éprouvé, à 12 ans, en lisant Les Illuminations de Rimbaud.
J’étais assis sur un tronc d'arbre de notre jardin, je dévorais les fulgurances du poète français dans leur traduction
espagnole tout en savourant les tacos que m’avait préparés
mon oncle. J’ai su plus tard qu’il avait mis dedans des champignons hallucinogènes, j’ai vécu ce jour-là une expérience
hors du commun !
mais je fais confiance à la programmation du Balzac. J’ai
autant apprécié Roma, le film d’Alfonso Cuarón diffusé sur
Semaine Mozart, du 24 janvier au 3 février,
mozarteum.at, mozartweek.at
PINT DE VUE
59
© HARALD
XXXXXXXXXX
HOFFMANN
En acceptant la direction artistique de ce festival, j’ai
Quelle
CULTURE
1
2
1)
6
Au pas
Ce film commence presque comme l’énigmatique Gerry
de Gus Van Sant, dans lequel Casey Affleck et Matt Damon
arpentent un désert à pied, sans raison apparente. Cette fois,
ce sont Virgine Efira et Kacey Mottet-Klein, dans les rôles
de Sibylle et son fils Samuel, qui traversent à cheval les paysages sublimes du Kirghizistan. Petit à petit, la raison de leur
présence se dévoile : les deux voyageurs sont là pour retisser des liens familiaux abîmés par un divorce et la violence
de Samuel qui ne trouve nulle part ses marques. Devant la
caméra de Joachim Lafosse, cette nature grandiose et minérale se mue en page blanche sur laquelle reste à réécrire une
histoire. Ses deux interprètes sont au diapason de cette très
belle odyssée en forme de voyage initiatique. E. C. 
Continuer, de Joachim Lafosse.
2)
Indomptable Aliénor
Orpheline à 14 ans, Aliénor hérite du grand et puissant duché
d’Aquitaine. Reine de France à 15 ans, par son mariage avec
Louis VII, puis d’Angleterre à 30, par son union avec Henri II
Plantagenêt, Aliénor est l’un des figures les plus marquantes du
XIIe siècle. Dans cet inédit de Secrets d’histoire, Stéphane Bern
nous raconte, depuis Le Mans, Chinon et l’abbaye de Fontevraud
où elle repose, les huit décennies tumultueuses que vécut cette
femme d’exception : elle participa à la deuxième croisade, souleva
ses fils contre Richard II, qui la maintint ensuite captive pendant
quinze ans, assuma la régence pour son fils préféré, Richard Cœur
60
PINT DE VUE
de Lion, apporta elle-même en Autriche la colossale rançon réclamée par l’empereur Henri VI pour le libérer… I. P. 
Secrets d’histoire - Aliénor d’Aquitaine, une rebelle au Moyen
Âge, sur France 2, mardi 29 janvier 2019 à 21 h.
3)
Étoffe des héros
Joie, bonne humeur et belles tenues sont au menu de cette exposition autour des comédies musicales (décidément dans l’air du
temps), vues par le prisme de leurs costumes. Plus d’une centaine
sont réunis – une gageure – dans le très beau Centre national du costume de scène à Moulins, issus des productions françaises mais aussi
américaines ou anglaises. De My Fair Lady à Cabaret, 42nd Street,
Grease, La Mélodie du bonheur, Cats, Les Misérables, Le Fantôme
de l’Opéra… le générique est presque exhaustif, et la scénographie, très maligne, donne l’impression de pénétrer sur le plateau
comme en coulisses. L’occasion, aussi, de découvrir cet incroyable
et ravissant musée au plein cœur de l’Allier, qui stocke également
tous les costumes des grandes institutions comme l’Opéra de Paris
ou la Comédie-Française. A. D. 
Comédies musicales, exposition au Centre national du costume
de scène, Moulins. Jusqu’au 28 avril. cncs.fr
4)
King of pop art
Son image a imprimé pour toujours nos rétines. Depuis ses débuts,
Michael Jackson a inspiré quantité d’artistes dont bon nombre
sont recensés lors de cette exposition. Les clichés d’Andy Wharol,
de David LaChapelle (ici, The Beatification: I’ll Never Let You
© KRIS DEWITTE, LAURENT MENEC / SEP TV / FTV, JEAN-MARC TEISSONNIER/VILLE DE MOULINS,
5
3
Quelle
CULTURE
4
7
Lutte finale
Part For You’re Always In My Heart 2009), mais aussi l’installation d’Appau Junior Boakye-Yiadom P.Y.T. qui montre ses célèbres
souliers reposant sur la pointe soulevés par des ballons colorés.
À ne pas manquer non plus, la peinture acrylique de Mark Ryden
ayant servi à illustrer Dangerous ou la formidable installation vidéo
de Candice Breitz King (A Portrait of Michael Jackson), dans laquelle
des fans sont filmés alors qu’ils chantent l’album culte Thriller. Cet
assemblage de 121 œuvres dessine en creux une part de l’héritage
culturel du roi de la pop. Mais en n’offrant qu’un accès indirect à son
sujet principal, les œuvres se substituant à lui et à son art, il génère
une forme diffuse de frustration. Preuve que, bientôt dix ans après sa
disparition, Michael Jackson nous manque toujours autant. E. C. 
6)
Michael Jackson : On the Wall, exposition au Grand Palais
du 1er au 7 février. opera-national-lorraine.fr
Alors qu’il s’apprête à fêter ses cent ans, l’opéra national de Lorraine
n’a jamais été aussi audacieux et frappe fort avec cette création
mondiale autour d’un thème peu traité à l’opéra et inspiré d’une
pièce de théâtre de Stefano Massini : pour éviter la fermeture de
leur usine, des ouvrières sont invitées à sacrifier sept minutes de leur
pause quotidienne. Autour de cette trame contemporaine, Giorgio
Battistelli a construit une œuvre forte et poignante, en résonance
avec des questionnements d’une actualité brûlante. L’occasion ou
jamais de vérifier que l’art lyrique peut s’emparer de sujets sociaux
sans rien perdre de ses ambitions esthétiques. P. S. 
7 minuti, de Giorgio Battistelli, Opéra national de Lorraine,
jusqu’au 14 février. grandpalais.fr
5)
L’année Petrucciani
Pour célébrer les 20 ans de la disparition de Michel
Petrucciani, Dreyfus Jazz réédite en coffret tous les enregistrements de ce pianiste aux doigts d’or depuis 1994. Outre les
douze albums parus sous ce label, trois DVD permettent de
revivre ces instants de magie durant lesquels, du haut de ses
99 centimètres, l’artiste gagnait l’admiration de son public. La
Seine musicale marquera le coup avec un concert hommage
réunissant de grands noms du jazz comme Jacky Terrasson ou
encore Aldo Romano. F. del V. 
The Complete Dreyfus Recordings (1 coffret Dreyfus Jazz). Concert
hommage le 9 février à 20 h, La Seine Musicale (Boulogne-Billancourt).
7)
Aller simple
Partir très loin pour mieux se retrouver. Tel est le destin de Seydou
Tall (Omar Sy), vedette française qui vient faire la promotion de
son nouveau livre au Sénégal, son pays d’origine. Il y croise Yao
(Lionel Basse), garçon de 13 ans qui a parcouru 400 kilomètres
pour rencontrer son idole. Les paroles de l’enfant agissent comme
un sérum de vérité sur Seydou. Au point que ce dernier accepte de
tout quitter pour le raccompagner dans son village. Comme dans
tous les road movies, les kilomètres ont des vertus cathartiques.
Seul Omar Sy pouvait porter avec pareille force cette très belle
fable. Philippe Godeau et sa scénariste Agnès de Sacy ont écrit le
rôle pour lui, et cela se ressent à chaque image. E.C. 
Yao, de Philippe Godeau.
PINT DE VUE
61
Quelles
PLUMES
Le temps
d’un tango
Une femme puissante
En 1935, Micaela, infirmière étudiante, est appelée au chevet du chanteur argentin Carlos Gardel qui agonise dans une
suite du Condado Vanderbilt. À peine âgée de 20 ans, la
jeune femme tombe amoureuse de cet artiste qui lui confie
les secrets de son enfance et les souvenirs de ses débuts.
S’expriment alors leurs différences, de sexe, de couleur, exacerbées par la passion qu’ils partageront vingt-sept jours
durant. Un récit vif et sensuel. F. del V.
La Maîtresse de Carlos Gardel, par Mayra Santos-Febres,
éditions Zulma, 320 p., 22,50 €.
France, début du siècle. À l’orée d’un destin extraordinaire,
Violette Morris fait preuve de talents extraordinaires dans de
nombreuses disciplines sportives. Rien ne lui résiste, athlétisme, boxe, cyclisme, football, course automobile… quitte
à déplaire à une époque qui voit l’union entre sport et sexe
faible d’un œil peu amène. De sa plume bondissante et érudite, Gérard de Cortanze fait revivre une oubliée légendaire,
amoureuse des femmes, amie de Cocteau et Joséphine
Baker, colosse au cœur d’artichaut assoiffée de challenges,
emblème du combat contre les préjugés. Un roman qui lève
aussi le voile sur les clichés et contre-vérités que suscitent
immanquablement les êtres hors norme. J. L. N.
Femme qui court, par Gérard de Cortanze, Albin Michel, 416 p., 22,90 €.
Monument woman
Résurrection
Sandy Allen est élevée par sa grandmère dans l’Indiana. Le quotidien est
morne pour tous les enfants pauvres.
Et tel un coup du sort destiné à la
cloîtrer davantage dans sa solitude,
elle souffre de gigantisme… d’« acromégalie », ainsi que le décrètent les
médecins. Désormais, les visites en
centre hospitalier rythment sa vie, la
renvoyant à sa différence et au regard
des autres. Un événement (de taille)
lui offrira une bouffée d’air : être sollicitée à 20 ans par Federico Fellini
pour jouer dans son Casanova. Sandy
mesure alors 2,32 mètres. À travers
ce récit d’une existence hors norme,
l’auteur remet en cause un monde
sans nuances. Plus qu’un hommage à
un personnage oublié, une véritable
déclaration de tendresse. F. del V.
Familier des paris un peu fous, après s’être glissé dans la peau de Jim Morrison
ou Mirabeau, Harold Cobert écrit la suite des aventures du célèbre héros de
Maupassant, Georges Duroy. Dix ans après son mariage avec Suzanne, Georges
est un homme en vue, qui louvoie pour essuyer un ancien échec à la députation. Accèdera-t-il aux plus hautes marches du pouvoir ? Militante féministe avant
l’heure, Suzanne fera-t-elle bouger les lignes ? Coups bas par voie de presse, férocités dans l’Hémicycle, affaire du canal du Nicaragua : c’est la fin d’un siècle qui est
ici retracée avec rigueur, imagination, et même quelques clins d’œil à l’auteur de
Bel-Ami. Un régal de lecture et de finesse. J. L. N.
Le Silence de Sandy Allen, par Isabelle
Marrier, Flammarion, 288 p., 19 €.
Âpre cœur, par Jenny Zhang, traduit de l’américain par Santiago Artozqui,
éditions Philippe Picquier, 384 p., 22 €.
62
PINT DE VUE
Belle-Amie, par Harold Cobert, Les Escales, 408 p., 19,90 €.
Belle performance pour cette New-Yorkaise d’origine shanghaïenne ! Lucy, Annie,
Christina et les autres sont enfants de Chinois immigrés aux États-Unis. Ils n’ont
pas 10 ans mais subissent déjà les moqueries, les vaches maigres, le repli sur soi
et l’effacement de leurs parents soumis à la précarité. Le récit de leur vie, aussi
truculent qu’édifiant, fait non seulement mentir les amateurs d’exotisme mais rend
aussi, d’une plume débridée, ses multiples visages à la société amérasienne. Une
découverte. F. del V.
© EDITIONS ZULMA
Il était une fois dans l’Ouest
Quelles
ENCHÈRES
1
2
3
4
Les musées préemptent
© SOTHEBY’S/ARTDIGITAL STUDIO, BINOCHE-GIQUELLO/DROUOT, STUDIO SÉBERT, CHRISTIE’S IMAGES, DROUOT-ESTIMATIONS
Le droit de préemption qui permet à l’État
de se substituer d’autorité au dernier enchérisseur
d’un bien proposé lors d’une vente aux enchères, date
de 1921. Une bonne formule pour nourrir nos musées.
Cette année, l’État et les institutions ont fait leur
marché un peu partout dans les ventes aux enchères
et particulièrement à Drouot qui a connu plus de
200 préemptions. Voici quelques-uns de leurs achats…
LE MUSÉE DU LOUVRE
a fait un gros achat, déboursant
1 368 700 € pour un primitif français
Moine franciscain en prière devant la
Vierge et l’Enfant Jésus, vers 1400,
estimé autour de 150 000 €… (De
Baecque, à Lyon, le 12 novembre). Lors
de la vente Pierre Bergé (Sotheby’s, le
30 octobre), le Louvre a aussi préempté
à 369 000 €, une toile de Gros :
David jouant de la harpe pour le
roi Saül (1), commandée à l’artiste en
1821 par Louis Philippe, alors duc
d’Orléans. Un chapiteau roman acquis
12 800 € (Pierre Bergé, à Drouot, le
24 juin) a également rejoint le Louvre
ainsi qu’un plateau à déjeuner en
porcelaine de Sèvres de la reine
Marie-Amélie (Pescheteau Badin, le
26 novembre, à Drouot) pour 25 200 €.
LE CHÂTEAU
DE VERSAILLES,
a acquis plusieurs pièces d’un service à
chocolat offert en 1737, par Auguste III
roi de Pologne et électeur de Saxe, à
Marie Leszczynska, épouse de Louis XV
et reine de France. Le musée qui
possède déjà quelques pièces cherche
à le compléter. Ce service pour douze
personnes aux armes de France et de
Pologne est en porcelaine de Meissen
du XVIIIe siècle et porte la marque des
deux épées bleues croisées. Une tasse
à chocolat et sa soucoupe, retrouvée
dans la collection « C’est fou » sont
reparties à Versailles, adjugées
13 700 € (Christie’s, le 13 décembre).
Six mois plus tôt, un pot à lait (2)
provenant de ce même service a été
préempté à 36 000 € (Binoche et
Giquello à Drouot, le 6 juin). Le musée
a également acquis pour 62 500 € un
rafraîchissoir royal d’époque transition,
estampillé Gaspard François Teune,
lors de la vente de la collection Juan de
Beistegui (Christie’s, le 10 septembre).
Ce meuble avait été livré en 1775
au comte d’Artois pour le château
de Versailles où il est retourné.
LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS
d’Orléans a préempté à 412 500 €
un pastel de Jean-Baptiste
Perronneau (3) (1715-1783)
(Eve, à Drouot, le 8 juin).
5
LE MUSÉE D’ORSAY
a déboursé 25 000 € pour un croquis
de Manet et 25 000 € pour une boîte
à cigares en marqueterie de PaulÉlie Ranson (1861-1909) (4),
représentant une femme nue adossée à
un arbre. (Christie’s, les 21 et 22 mars)
LA BIBLIOTHÈQUE
NATIONALE DE FRANCE
a pu abondamment s‘approvisionner
lors des ventes Aristophil. La session
d’automne de cette dispersion menée
par quatre maisons de ventes (Aguttes,
Artcurial, Drouot Estimations, Ader) a
réalisé un chiffre de 8,8 M € et 70 %
des lots ont été vendus dont 32
préemptés par l’État. Ainsi, la BNF a
pu acquérir le manuscrit des Mémoires
d’un fou de Flaubert qui préfigure
son chef-d’œuvre : L’Éducation
sentimentale. Elle a également acquis
des manuscrits de Pagnol comme
Topaze ou Cesar (5), des scénarios
manuscrits de films comme le Quai des
Brumes de Prévert, un cahier de
chansons de Jacques Brel… (Aguttes
à Drouot, les 15 et 16 novembre)
PINT DE VUE
63
Quelle
Portrait de la romancière britannique George Eliot,
de son vrai nom Mary Ann Evans (1819-1880),
par François d’Albert-Durade. Elle est considérée
comme un des plus grands écrivains victoriens.
64
PINT DE VUE
© COLLECTION CHRISTOPHEL (2)
HISTOIRE
Quelle
HISTOIRE
George Eliot
L’ÂME SŒUR
DE GEORGE SAND
Un siècle après sa naissance, l’historienne Mona Ozouf consacre un essai brillant*
à George Eliot, immense romancière anglaise contemporaine de George Sand,
dont la liberté de mœurs et d’esprit a bousculé la société victorienne. Par Sylvie Dauvillier
D
’elle, Henry James, charmé par la identité en devenir. À 13 ans, Mary Ann a déjà lu
finesse de sa conversation et par la les Pensées de Blaise Pascal, reçu à la faveur d’un prix
sophistication de sa plume, disait de français. Maîtrisant le latin et le grec, elle étudie
qu’elle était « magnifiquement l’allemand, pour traduire à 23 ans La Vie de Jésus
laide, délicieusement hideuse », du théologien David Friedrich Strauss. Désormais
tant de son visage disgracieux liée aux cercles libres penseurs de sa cité, l’aimable
émanait la lumière de l’intelligence. À une époque où Mary Ann, qui ne croit plus à l’intervention divine
la bouillonnante George Sand tout à la fois séduit et ni à l’immortalité de l’âme, met alors bravement
scandalise la France du XIXe siècle,
son admirative cadette anglaise en
littérature, George Eliot, moins
flamboyante, mais tout aussi
radicale, bouscule la très corsetée
société victorienne par son œuvre
et son mode de vie. Mais par
quels mystères naît une vocation
d’écrivain et s’imprime un destin ? En partant à la découverte de
l’auteur et de la femme à l’étrange
pseudonyme, l’une et l’autre
indissociables, l’historienne Mona
Ozouf livre avec L’Autre George
– À la rencontre de George Eliot,
un éblouissant essai romanesque,
qui plonge dans l’intensité de sa
littérature pour en décrypter les
merveilleuses ambivalences. Par
Après le décès de sa mère, la jeune Mary Ann Evans semble vivre en apparence recluse
quelles ruptures, non exemptes de
auprès de son père, au milieu des livres, dans la maison de famille de Coventry.
douleurs, Mary Ann Evans, benjamine sage et curieuse d’une fratrie de cinq enfants, ses actes en conformité avec ses idées en refusant
née en 1819 dans le Warwickshire et élevée dans le d’accompagner son père à l’église. L’aube d’une
strict dogme évangélique, s’émancipe-t-elle d’une révolution intérieure.
famille conservatrice qu’elle chérit ?
Sourdement déchirée par un conflit de loyauté
Après la mort de sa mère, la jeune fille, recluse en entre son héritage culturel et ses (hautes) aspiapparence auprès de son père dans leur maison de rations − un thème récurrent dans ses romans,
Coventry, fréquente passionnément les livres, témoi- de Felix Holt à Middlemarch, son chef-d’œuvre,
gnant d’un insatiable appétit intellectuel. À l’image comme celui du passage de l’innocence à l’expéde ses contemporaines les sœurs Brontë, derrière rience −, la jeune Anglaise de 30 ans, délivrée par
la morosité résignée du quotidien, son imaginaire la mort de son père en dépit du chagrin, n’en pours’enflamme pour repousser les frontières et explorer suit pas moins, entre courage et inquiétude, son
de nouveaux territoires, forgeant dans le silence une chemin. Lequel l’amène à Londres, où son talent
PINT DE VUE
65
Quelle
HISTOIRE
tité sous le nom de George Eliot, empruntant avec
une tendre malice le prénom de celui qui partage sa
vie. Bientôt, son premier roman Adam Bede lui vaut
les louanges de la critique et l’intérêt du public, la
reine Victoria incluse.
Si Henry James moque parfois ses intrusions
directes d’auteur dans le récit, Marcel Proust, lui,
bouleversé par son roman Le Moulin sur la Floss,
Ci-dessus,
volume I
d’Adam
Bede, avec
illustration,
la première
publication
en 1859, de
George Eliot.
Et vue côté
façade
de la demeure
de l’auteure,
dans le
quartier aisé
de Chelsea,
à Londres.
Ci-contre,
son mari,
le philosophe
et critique
littéraire
George
Henry Lewes.
66
PINT DE VUE
naissant trouve le loisir de s’exprimer dans les pages
de la Westminster Review et lui permet dans la foulée de se frotter aux beaux esprits libéraux de son
temps, du philosophe et économiste John Stuart
Mill au sociologue Herbert Spencer, en passant par
l’écrivain et (sévère) critique John Ruskin. C’est dans
cette brillante société qu’elle croise George Henry
Lewes, journaliste érudit, drôle et
bohème, qui s’est attelé à une biographie de Goethe. Plutôt laid,
marié et père, y compris d’enfants
adultérins de son épouse qu’il a
non sans élégance reconnus, le
prétendant, qui ne peut divorcer,
n’a pas le profil du parti idéal.
L’un et l’autre se reconnaissent
pourtant, âmes sœurs envers et
contre tous. Lorsqu’ils affichent
leur relation en 1854 en s’échappant ensemble en Allemagne, la
bien-pensance victorienne a tôt
fait de condamner l’union scandaleuse. Ses amis de Coventry et
le propre frère de Mary Ann se
détournent de la paria. Faisant
front, l’audacieuse, serrant son
bonheur, considère dès lors son compagnon comme
son légitime époux. Surtout, elle trouve consolation dans la littérature, en publiant ses premières
nouvelles – réunies avec succès en 1858 sous le titre
Scènes de la vie cléricale. Avec la complicité de son éditeur Blackwood et pour déjouer les préjugés attachés
aux dames de plume, l’écrivaine dissimule son iden-
l’une de ses œuvres majeures, confie ne pouvoir en
« lire deux pages sans pleurer ». Au fil de ses livres
d’un souffle puissant, l’art romanesque de George
Eliot se délie. Son style s’affirme : sa capacité à pénétrer le secret des âmes, hantées par leurs origines ;
sa bienveillance sensible à l’égard de tous ses personnages, y compris les plus noirs ; ses descriptions
minutieuses du travail, aux champs comme à la
ville, que transforme en ce XIXe siècle la révolution
industrielle en cours. Une singularité littéraire par
laquelle cette observatrice attentive de son époque
se révélera d’ailleurs une pionnière.
Moraliste et influencée par le
positivisme, George Eliot croit en
l’aptitude de l’homme à s’élever
– et d’abord par amour −, comme
elle est convaincue que la société,
malgré les chaos engendrés par le
changement, tend vers une amélioration certaine. Avocate discrète
de la cause des femmes, sans le
revendiquer, elle prône l’égalité
de l’éducation des filles et des
garçons et la liberté de disposer
de son corps. Mieux, la téméraire
estime même que chacun peut
traverser les frontières socialement
assignées à son genre en matière
de goûts. Mais la conservatrice
qu’elle reste aussi se refuse toutefois à envisager que les femmes
puissent voter. Paradoxale George Eliot, qui partage
l’antisémitisme entendu de ses compatriotes, mais
met en scène, dans son roman Daniel Deronda, un
aristocrate anglais qui s’éprend d’une jeune Juive,
avant de découvrir, par le secret révélé de sa naissance, qu’il appartient lui-même à la communauté et
qui s’exile in fine en Palestine.
© COLLECTION CHRISTOPHEL, WRITER PICTURES/LEEMAGE, LIBRARY OF CONGRESS, CULTURE CLUB/GETTY IMAGES, ADOC-PHOTOS
George Eliot
croit en l’aptitude
de l’homme à s’élever
– et d’abord
par amour.
Elle fréquentera
avec son époux
le jeune
écrivain Henry
James, qui
dira qu’elle est
« magnifiquement
laide,
délicieusement
hideuse ».
Ainsi que
l’originale
princesse
Louise
(ci-contre),
fille de la reine
Victoria.
Tandis que la romancière accède à la reconnaissance, le
couple qu’elle forme avec George Henry Lewes conquiert,
les années passant, une certaine respectabilité. Installés
dans une agréable demeure près de Regent’s Park, ils
reçoivent en amis les membres de l’intelligentsia et de
la gentry, dont le jeune écrivain américain Henry James,
étoile montante de la littérature, et l’originale princesse
Louise, fille de la reine Victoria. À la mort de son compagnon en 1878, George Eliot entreprend d’achever
l’ultime ouvrage que celui-ci rédigeait Problems of Life
and Mind. Et ne manque pas de surprendre encore, en
épousant officiellement cette fois, John Walter Cross, un
Écossais de vingt ans son cadet, qui l’a aidée à surmonter
son deuil. Un mariage qui lui vaut un retour tardif
en grâce auprès de son frère. Mais l’union est de courte
durée. La romancière s’éteint le
22 décembre 1880, laissant derrière
elle une œuvre magistrale, encore
plébiscitée outre-Manche et trop
méconnue des lecteurs français. 
* L’Autre George – À la rencontre
de George Eliot,
de Mona Ozouf, Gallimard,
octobre 2018.
© SERVICE DE PRESSE L’OREAL, ACTION IMAGES/PANORAMIC
Quelle
BEAUTÉ
MARIE
FAIRE DE SES
68
PINT DE VUE
Quelle
BEAUTÉ
Elle a 24 ans, un sourire éclatant et une volonté de fer. Après avoir remporté
8 fois l’or et pas moins de 15 titres de championne du monde pour la France
aux Jeux paralympiques, la skieuse handisport gravit les marches d’un autre
type de podium. La jolie Marie rejoint la famille L’Oréal Paris et le monde de
ses ambassadrices pour porter son message : s’accepter soi-même. Par Elsa Wolinski
«
C
’est presque incroyable ! s’exclame Marie Bochet. Je ne
pensais pas que la pratique
du sport de haut niveau pouvait m’ouvrir de telles portes. En me choisissant
comme l’une de ses ambassadrices,
L’Oréal Paris renvoie un message
très fort : la beauté de chacun de nous
réside dans sa différence. C’est un
honneur d’être considérée comme
une “femme L’Oréal“ épanouie et
heureuse. » Née avec une malformation de l’avant-bras gauche, la jeune
fille avoue sincèrement : « Finalement,
cette différence, c’est du bonus. » Sa
confiance, Marie l’a acquise sur des skis
et entourée de l’amour de sa famille.
« Mes parents, Françoise et Yvon m’ont
élevée comme mes frères et sœurs.
Ma mère a même inventé une autre
manière de faire mes lacets pour que je
me débrouille toute seule. » La genèse
de la rencontre entre L’Oréal Paris et
Marie est à l’image de la personnalité
bien trempée de la jeune fille. C’était
en mars dernier, au cours de l’émission
C à vous sur France 5. Anne-Élisabeth
Lemoine avait demandé à la skieuse
de retour des Jeux paralympiques de
Pyeongchang, si le job d’égérie lui plairait. Face à Jean-Paul Agon, présidentdirecteur général du groupe L’Oréal présent sur le plateau, Marie avait répondu
aussitôt : « Oui. » Et, spontanément,
Le 11 mars 2018, Marie Bochet, skieuse handisport catégorie Debout,
représentant la France, en pleine action lors du slalom géant féminin de ski alpin
au Jeux paralympiques de Pyeongchang, dont elle remporte la médaille d’or.
BOCHET
RÊVES UNE RÉALITÉ
le grand patron lui avait rétorqué :
« Excellente idée. On va le faire ! »
Quelques mois plus tard lors de la
Fashion Week, Marie fait ses premiers
pas avec talons de 10 cm sur le tapis
rouge du grand podium flottant sur la
Seine du défilé L’Oréal Paris. De reine
du ski à star de la beauté, elle poursuit
son conte de fées : « Je suis l’exemple
qui illustre qu’il faut rester soi-même. Si
je devais donner un conseil aux jeunes
filles, je leur dirais : ne cherchez pas à
trahir votre personnalité pour correspondre aux canons de beauté. D’autant
que les cosmétiques peuvent nous
aider à nous accepter et à ne plus
nous cacher. Personnellement, je suis
fan du Mascara Paradise Extatic
qui habille le regard en deux coups
de brosse et mes cheveux n’ont jamais
été aussi doux et brillants que depuis
que j’utilise L’Huile Originale de
Kérastase. » Sa devise empruntée à
Oscar Wilde ? « Visez la Lune. Même
si vous la ratez, vous atterrirez dans
les étoiles. » Son entraîneur lui avait
conseillé un jour qu’il fallait toujours
regarder bien plus que devant soi.
Message reçu bien au-delà de ses
espérances. 
L’Huile
Originale
Élixir Ultime
de Kérastase,
une huile
multi-usages
qui sublime
le cheveu.
Mascara
Paradise Extatic
Waterproof,
allongeant et
volumateur.
PINT DE VUE
69
Quelle
BEAUTÉ
À Courchevel
UN REFUGE D’EXCEPTION
Au cœur des Alpes françaises,
le palace Cheval Blanc fait
grimper au paradis les adeptes
du luxe et du bien-être. Par Elsa Wolinski
P
© FABRIZIO NANNINI/SERVICE DE PRESSE
as d’efforts, mais beaucoup de réconfort, pourrait être la
devise du Cheval Blanc, cet hôtel familial à l’hospitalité
singulière, où l’intransigeance sur la qualité mêlée à une
chaleur toute professionnelle arrive à nous faire sentir unique.
« Nos clients ont besoin d’amour, et, ici, tout est sublimé par
l’humain », insiste Sophie Levy Kraemer, directrice des spas
Cheval Blanc. Avec 140 employés pour 36 chambres, la pré-
70
PINT DE VUE
venance – désirs anticipés et vie facilitée au maximum – est
partout dans ce cinq-étoiles, dont la décoration a été confiée
à Sybille de Margerie. Une journée au cordeau : chaussures de
ski chauffées, baume pour les lèvres glissé dans les poches des
combinaisons, bain chaud préparé pour votre retour des pistes,
coupe de champagne qui vous attend à la tombée de la nuit sur
les cimes enneigées, et toujours des sourires. Très vite, on vous
reconnaît et on décrypte vos habitudes. Une sollicitude qui plaît
puisque 90 % des hôtes reviennent d’une année sur l’autre.
« Notre clientèle voyage beaucoup. Il nous faut être innovant
sans en faire trop et surprendre sans excès », confie Sophie,
les yeux pétillants devant le spa Guerlain qu’elle ne cesse de
réinventer. Il est le cœur de l’hôtel. Sublime, vaste, magique,
presque irréel avec sa piscine aux allures de lagon et ses massages spécifiquement conçus pour les sports d’hiver. Parmi les
nombreuses expériences qu’il propose, le Banya russe en est
une à ne pas rater. Installé à l’aplomb des pistes de Courchevel,
Publi-communiqué
N°1 aux États-Unis*
Chute de cheveux
et cheveux fins
Tina
Ma chevelure
me désespérait !
Tina, 55 ans - Tout a commencé à la naissance de mon premier bébé, il y a maintenant 31 ans. Mes cheveux ont complètement changé, il sont devenus si fins que l’on pouvait
voir mon cuir chevelu, ce qui me désespérait. J’étais persuadée qu’ils resteraient comme cela pour le reste de ma
vie, mais maintenant j’ai trouvé Hair Volume, pour mon plus
grand bien.
Élégance, confort et charme, un spa qui propose
des soins toujours plus pointus et efficaces signés
Guerlain, pour l’harmonie du corps et de l’esprit.
ce sauna en bois brut se fond dans le paysage du jardin alpin
et fait corps avec la nature. Ce bain de vapeur à chaleur
sèche (90 °C) purifie le corps, avant de le tonifier par le choc
thermique provoqué par la sortie : on court se frotter dans
la neige pour ensuite se glisser dans un bain à remous avec
sa vue imprenable sur les montagnes. Ensuite, laissez-vous
guider par les conseils et les mains expertes de Maritza. Le
soin Chaleur de l’hiver est un must. Imaginé par Guerlain
en collaboration avec Sophie et son équipe de thérapeutes
fées, ce rituel vous offre la relaxation dont vous rêviez. C’est
un massage du visage et du corps qui enchaîne effleurement
des points de shiatsu, galets chauds et serviettes tièdes. Une
gestuelle profonde qui délasse les tensions musculaires.
On n’éprouverait presque aucun remords à passer la journée entière au spa. Ne rien faire du tout. Se laisser dorloter,
n’est-ce pas ça le sommet du luxe ? 
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Ma sœur m’a
recommandé
Hair Volume
- Ma sœur travaille dans
un magasin Bio, et elle m’a
conseillé
les
comprimés
100% naturels Hair Volume.
Comme elle le dit : les clients
reviennent encore et encore
pour en acheter, en disant
qu’ils ne peuvent pas vivre
sans eux ; alors forcémment,
elle pensait que cela valait le
coup que j’essaye.
Je n’en reviens pas
- J’étais résignée et habituée
à cette chevelure misérable,
alors aujourd’hui je n’en reviens toujours pas de devoir
me couper les cheveux tous
les mois. Même mon coiffeur
s’est écrié : « Dites-moi ce
que vous avez fait à votre chevelure ». Elle est devenue plus
vigoureuse et beaucoup plus
belle. Elle est indissociable de
ma confiance en moi, alors je
suis plus qu’heureuse de la
retrouver, maintenant que je
prends Hair Volume. Tina
Nourrir les cheveux de l’intérieur
C’est grâce à leur racine que les cheveux puisent
dans la circulation sanguine les ressources
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Quelle
SOIRÉE
Francois Pinault, fondateur du prix
Pierre-Daix, Jean-Jacques Aillagon,
président du jury, Françoise Daix,
épouse du regretté historien de l’art,
et le lauréat Pierre Wat.
La comédienne Julie Gayet.
Discours
de Laurent
Le Bon,
président
du musée
Picasso
à Paris.
Choghakate Kazarian,
conservatrice du
patrimoine au musée
d’Art moderne
de la ville de Paris.
PÉRÉGRINATIONS
ARTISTIQUES
« Chasser les traces de notre rapport au monde
dans le paysage », tel est le beau programme de
Pierre Wat, professeur à la Sorbonne et auteur de
Pérégrinations. Paysages entre nature et histoire.
Pour ce très bel ouvrage paru chez Hazan, ce spécialiste du romantisme a reçu, au musée Picasso, le
prix Pierre-Daix des mains de François Pinault.
Il y a trois ans, le collectionneur créait ce prix, doté
de 10 000 euros, à la mémoire de son ami écrivain et
historien de l’art décédé en 2014. Les discours, sensibles et drôles, de Laurent Le Bon et Jean-Jacques
Aillagon, membres du jury, ont précédé celui du lauréat, ému de recevoir ce prix portant le nom de son
parrain dans la discipline. Comme un joli clin d’œil
du destin. Marie-Émilie Fourneaux Photos David Atlan
Le réalisateur Serge Moati et Claudine Colin,
directrice générale de l’agence de
communication culturelle qui porte son nom.
Danielle Cillien-Sabatier,
directrice de la librairie
Galignani.
Florence de Botton, vice-présidente
de Christie’s, et Martin Bethenod,
directeur du Palazzo Grassi et de
la Punta della Dogana.
72
PINT DE VUE
Christophe
Leribault, directeur
du Petit Palais.
L’artiste Martin Szekely et Jean de Loisy, directeur de
l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
Les producteurs
d’art
contemporain
Emmanuelle
et Jérôme de
Noirmont.
Elena Geuna,
commissaire
d’exposition.
Quelle
SOIRÉE
La productrice et animatrice de
télévision et de radio, Ève Ruggieri,
et le pianiste Antoine Palloc.
L’auteur Jean-Pascal Hesse entouré de François
Sarkozy, fondateur de la chaîne Tous pour la
santé TV, et de l’éditeur Alain de Gourcuff.
Le marchand d’art
Stanislas Jung.
L’ancien président du Medef,
Pierre Gattaz, et son épouse Marie-Aude.
LE LUBERON
EN LUMIÈRE
L’avocate Laura Restelli-Brizard
et la médium Yaguel Didier.
© GILLES MARTIN-RAGET (1)
La princesse Jeanne-Marie de Broglie
et l’éditeur Alain de Gourcuff.
Le commissaire-priseur
Bertrand de Latour et le galeriste
Pierre-Alain Challier.
Fidèle habitué du Luberon, Jean-Pascal Hesse
consacre à cet élixir de Provence un beau livre
publié chez Gourcuff Gradenigo. Le directeur
de la communication du groupe Pierre Cardin
a convaincu ses prestigieux voisins d’ouvrir leurs
portes au duo qu’il a
formé pour l’occasion
avec le photographe
Gilles Martin-Raget.
Fin décembre, ses amis
étaient là pour la signature
de Luberon, Provence
secrète, organisée à
la librairie Galignani. De Pierre Gattaz, ancien
patron du Medef, à la princesse Jeanne-Marie
de Broglie, du galeriste Pierre-Alain Challier
à l’éditeur Alain de Gourcuff, tous ont rêvé
à leur prochain été du côté de Ménerbes
ou de Gordes. M.-E. L. P. Photos Julio Piatti
La publicitaire Marie-Armande
de Sparre, l’éditeur Pierre Gradenigo
et le financier Michel Monsaingeon.
L’écrivaine Carole
Weisweiller.
Pierre Pelegry, directeur
de chez Maxim’s,
et son chien Hector.
PINT DE VUE
73
Quelle
SOIRÉE
Ariane Saint John Webb, Pauline
Agazzi, Blanche de Cuverville
et Philippine de Mesmay.
Les hôtesses, Victoire Kitten, Eugénie Roullier,
Charlotte Coupry, Cannelle Guibout, Louise
Bruté de Rémur et Alix Facques.
Amaury Bacot , Eloi
de Reboul-Frémont,
et Philippine Duault.
Aurélien Bon, Sibylle Le Marechal
et Gonzague de La Ville-Baugé.
Pauline Autet, Thomas
Arkwright et Lily Morin.
GOLDEN NIGHT
Elles étaient six à recevoir
leurs amis du rallye
les Cimes au pavillon
des Étangs, ce samedi-là.
Victoire, Cannelle,
Eugénie, Charlotte, Louise
et Alix voulaient profiter
d’une soirée douce,
d’où le choix de ce lieu,
qui bénéficie d’une
terrasse incroyable
au cœur du bois
de Boulogne.
Faustine Labouret et
Angelique Baubigeat.
Par Merry Royer
Olympe de Jaham et Ariel Thuilleux.
74
PINT DE VUE
Clovis d’Hauteville, Aymar Denizot, Alexis
de Beauchesne et Hubert de Croutte.
Charlotte
et Pierrick Caruel.
Quelle
SOIRÉE
Charles Robinson,
Louis Delmon, Maxence
Kitten, Augustin Texier
et Gustave Triniac.
Clara Crauser, Gaetane Van
der Bruggen et Sol Anguera.
Constance Coupry, Marie-Evangéline
Coupry et Armand-Eudes George.
Jules Martin, Elie Mazelier, Tancrede
Salotti et Matthieu Scherk.
Thomas Verhoosel, Albane Bellec,
Rémi Desire et Madeleine Canet.
Marie, Elise et Clémence Sermesant.
Félicie Ducrocq
et Marion Flichy.
Laetitia Texier et Ariana Kitten.
Sidonie le Mière, Charlotte Carbonnel,
Maëlle Tuck-Sherman et Hélène Georgelin.
Votre
POINT DE VUE
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et Caroline Tiffou (1re SR, 4025).
RÉDACTEURS PHOTOS Servane Labbé (chef de service) (1401),
Bérénice Beaufils (01 40 09 55 90), Raphaële Petit (1412),
Didier Romoli (1432)
ASSISTANTE DE DIRECTION Mary Corvisier (1461)
ASSISTANTE ADMINISTRATIVE Coralie Berquer (1400)
Ont collaboré à ce numéro Charles Baboin-Jaubert, Pierre Castel, Sylvie
Dauvillier, Ariane Dollfus, Gilone, Jessica L. Nelson, Isabelle Pia, Merry
Royer, Kitty Russell, Sybille Souane, Elsa Wolinski.
ILLUSTRATRICE Hélène Tran.
PHOTOGRAPHES David Atlan, Luc Castel, Antonio Martinelli, Julio Piatti.
1
2
1)
3
Un prince absent
PUBLICITÉ
Avant la naissance de leurs fils jumeaux Philip et Alexandre, le prince Alexandre de
Serbie et la duchesse de Sergorbe avaient eu un fils aîné. N’était-il pas présent au
baptême du prince Stefan ? Peut-on savoir ce qu’il est devenu ? (Mme B., Valence)
Mariés en 1972 à Villamanrique de la Condesa près de Séville, le prince Alexandre
de Serbie et sa première épouse la princesse Maria da Gloria d’Orléans et Bragance
(depuis, duchesse de Sergobe) ont effectivement eu un premier fils, le prince Pierre,
né en 1980. Il sera suivi
deux ans plus tard par les
2)
jumeaux Philip et Alexandre.
Vous présentez, dans le n° 3676, l’actrice Lucie
Pierre, pris par des obligations
Boujenah. Son oncle, Michel Boujenah, a-t-il des
professionnelles, n’a pas pu
enfants ?(Mme W., Versailles)
assister au baptême de son
neveu Stefan. Âgé de 38 ans,
Depuis plus de vingt ans, Michel Bouhenah
le prince héréditaire de Serbie
partage sa vie avec sa femme Isabelle, styliste et
a suivi des études à Londres,
coiffeuse dans le monde du spectacle. Le couple
Barcelone et Rhode Island en
a donné naissance à Joseph, en 1998, et Louise,
design et graphisme, domaines
en 2000. Il y a quelques années, il déclarait au
auxquels il consacre sa vie
micro d’une radio, « la famille, c’est la plus belle
professionnelle.
terre pour faire pousser des histoires … »
Papa poule
3)
Jacquou, une histoire à croquer
Vous avez l’air étonné qu’on lise encore Jacquou le Croquant. Eh bien, ça m’arrive
de le relire. J’aime beaucoup ce roman d’Eugène Le Roy, qui m’a été offert à la sortie
de la série avec Éric Damain. Qu’est devenu cet acteur ? (Mme P., Rillieux-la-Pape)
L’acteur Éric Damain, le jeune héros de Jacquou le
Croquant, diffusé en 1969, a soufflé 62 bougies
En toute
en septembre dernier ! Après ses débuts à l’âge
amitié
de 11 ans, il tourna plusieurs films dans
Nous évoquions récemment dans
les années 1970 et 1980, notamment Le
notre magazine le dîner des Amis du
Drapeau noir flotte sur la marmite de
musée d’Art moderne de la ville de Paris.
Michel Audiard, au côté de Jean Gabin.
Nous avons malencontreusement mal
Il a enregistré également des disques.
orthographié le prénom de la galeriste Samia
Dans les années 2000, il a produit des
Saouma, à laquelle nous présentons toutes
nos excuses pour cette erreur. Par ailleurs,
spectacles et plusieurs pièces de théâtre.
notons que ce dîner a permis de récolter
En 2008 et 2009, sa société de production
des fonds pour acquérir Ladi Rogeurs,
Hector films a coproduit les comédies Paris
une œuvre importante de l’artiste
Nord Sud et Français pour débutant.
contemporain Loris Gréaud,
représenté par la galerie
Max Hetzler.
76
PINT DE VUE
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de forêts gérées durablement et de sources contrôlées. pefc-france.or
HOROSCOPE
par Sybille Souane
Verseau
20 janvier-18 février
Visions futuristes
Amour : 1er décan (20–29 janvier), bon anniversaire.
À partir du 24, votre clairvoyance fera mouche.
Vous saurez sur qui compter et avec qui fraterniser
pour affirmer votre singularité. Plutôt sur le versant de l’amitié amoureuse,
vous pourriez laisser derrière vous des relations trop exclusives le 27. 2e décan
(30 janvier–8 février), sociabilité au zénith ; vos amitiés continuent à fleurir ; elles favorisent votre épanouissement sentimental. Le 26, nombreuses
rencontres, des amours pourraient surgir, tendres et impétueux. 3 e décan
(9–18 février), joie de vivre et détente sont à l’honneur. Laissez votre charme
naturel agir. Job : 1er décan, des idées d’avant-garde peuvent naître. Créativité
maximale le 29. 2 e décan, des projets captivants, bien menés, avec enthousiasme ; certains pourraient recevoir un coup de pouce décisif le 25. Votre
réseau est toujours prêt à vous épauler. 3e décan, puisez l’inspiration en
participant à des colloques, conférences… Forme : 1 er décan, vif. 2e décan,
dynamique. 3 e décan, calme.
BÉLIER 21 mars-19 avril
le 27 : pour vivre heureux, vivez cachés.
Amour : 1er décan, amical, franc et direct. 2e décan, le 26, vous pourriez avoir à
Célibataire, vous introduisez de la distance
dans vos relations. 2e décan, superbes
conquêtes ! Impossible de vous résister
le 26. 3e décan, joueriez-vous à cachecache ? Job : 1er décan, votre esprit est
délié, ouvert aux influences extérieures.
2e décan, la semaine de toutes les audaces :
saisissez le commandement des opérations le 25, votre autorité sera reconnue et
légitimée. 3e décan, les pesanteurs disparaissent. Forme : 2e décan, infatigable !
TAUREAU 20 avril-20 mai
Amour : 1er décan, des malentendus possibles : le 27, l’être aimé pourrait camper sur
ses idées et vous également. Favorisez la
fluidité dans les échanges. 2e et 3e décans,
une semaine détendue, avec un très bel épanouissement dans l’intimité pour certains.
Job : 1er décan, des discussions de principe
qui pourraient manquer de pragmatisme à
vos yeux. Patientez. 2e décan, vos associés
vont peut-être négocier des contrats juteux.
Donnez-leur carte blanche. 3e décan, ralentissement. Forme : en hausse.
GÉMEAUX 21 mai-21 juin
Amour : 1er décan, vie affective plus
apaisée, plus intellectualisée : place aux
discussions et échanges cette semaine.
2e décan, toujours très courtisé, avec
ardeur : le 25 vous sourit tout particulièrement. 3e décan, célibataire, à partir du
week-end, quelqu’un pourrait commencer à vous faire de l’œil… Job : 1er décan,
rapide, pertinent, doué pour communiquer.
2e décan, des associés toujours très actifs,
stimulants. 3e décan, ambiance agréable.
Forme : excellente.
CANCER 22 juin–22 juillet
Amour : 1er décan, des cieux cléments :
besoin d’intimité et de secrets le 23 et
batailler pour obtenir la quiétude désirée.
3e décan, zen. Job : 1er décan, certains de
vos collègues ne sont pas là où vous les
attendiez. 2e décan, restez réactif, sachez
répondre présent – même s’il vous en
coûte un peu. 3e décan, ne soyez pas avare
en compliments, ils seront réciproques.
Forme : une certaine fatigue.
avancées collectives. 2e décan, vos partenaires professionnels vous bousculent,
mais pour votre bien. Acceptez de sortir de votre zone de confort. 3e décan,
si vous avez des négociations à entamer,
démarrez le 28. Forme : de la fébrilité.
SCORPION 23 octobre–21 novembre
Amour : 1er décan, en couple, le 27, l’être
aimé vous voudrait plus sociable, alors
que vous ne rêvez que d’intimité. Des
discussions en vue ! 2e décan, en couple,
toujours positif. Célibataire, envie de partage : soyez généreux, on vous le rendra.
3e décan, impatient par moments. Job :
1er décan, improvisateurs et fantaisistes
pourraient vous agacer. 2e décan, la
conjoncture reste excellente pour investir.
3e décan, bonne intuition le 29, mais attention à la susceptibilité. Forme : 2e décan,
bouillonnant.
SAGITTAIRE
22 novembre–21 décembre
Amour : 1er décan, pour les relations
débutantes, c’est le moment magique des
discussions à bâtons rompus sur les projets
d’avenir. 2e décan, en couple, savourez le
plaisir d’agir de concert. 3e décan, Vénus
vous rejoint le 26 et vous rend extrêmement
séduisant. Job : 1er décan, certains s’aventurent à rêver de nouvelles perspectives.
LION 23 juillet–22 août
2e décan, le 25, mettez la gomme : vous
Amour : 1er décan, célibataire, c’est en remporterez tous les suffrages. 3e décan,
vous titillant qu’on pourra le mieux rete- c’est le moment de vous mettre en valeur.
nir votre attention, et, pourquoi pas, Forme : resplendissante.
votre cœur. 2e décan, vos sentiments les
plus chaleureux se concrétisent. Royal ! CAPRICORNE
3e décan, de multiples occasions de plai- 22 décembre–19 janvier
sirs et de divertissements à partir du 26. Amour : 1er décan, en couple, des idées
Job : 1er décan, le 29, prêtez l’oreille à un revigorantes. Célibataire, vous appréassocié dérangeant, mais novateur. 2e et ciez votre liberté. 2 e décan, le 26, des
3e décans, action, succès et reconnais- étreintes aussi secrètes qu’enflammées
sance. Forme : difficile de tenir en place. pour certains. 3e décan, optimisme. Job :
1er décan, un peu dans votre tour d’ivoire,
VIERGE 23 août–22 septembre
mais pour la bonne cause : vous pensez
Amour : 1er décan, très sage, en position au coup d’après. 2e décan, vous incarnez
d’observation. 2e et 3e décans, le 24, les la raison et tentez de ralentir les jeunes
démonstrations affectives vous dérangent : chiens fous. 3e décan, le 23, tirez les
beaucoup de bruit pour rien selon vous. conclusions de vos réflexions antérieures.
Allez, déridez-vous un peu. Célibataire, pro- Forme : en zigzag.
fitez donc des occasions qui vous tendent
les bras. Job : 1er décan, les idées claires POISSONS 19 février-20 mars
sur les possibilités de réorganisation du Amour : 1er décan, davantage de recul
travail quotidien. 2e décan, vous faites un sur la situation : c’est le moment de faire
bon rempart face à la confusion et aux un choix éclairé. 2e décan, toujours très
coups de tête de certains. 3e décan, envies joueur, assez dissipé mais bourré de
de vacances ? Forme : sereine.
charme. Le 24, vous pourriez faire tourner
bourrique un prétendant trop emprunté !
BALANCE 23 septembre–22 octobre 3e décan, vous vous mettez au diapason
Amour : 1er décan, besoin de rassembler coquin du 2e décan… Job : 1er décan,
vos idées. 2e décan, célibataire, vos pré- intuitif mais silencieux – restez en coutendants sont d’autant plus décidés que lisses. 2e décan, le 24, ne tablez pas
vous hésitez. Le 26, ils partent à votre uniquement sur votre chance. 3e décan,
conquête. 3e décan, agréables flirts. Job : cote de popularité en hausse. Forme :
1er décan, liberté de parole, qui nourrit les quelques excès.
PINT DE VUE
77
© HÉLÈNE TRAN
19
Se
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u 23 au 29 janvie
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JEUX
N˚ 3679
Anagrammes
par François Latour
ACONIERS
IVE
ENTAS
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CLIENTS
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Colonne
Sudoku
moyen
2
8 4 7
2
5
difficile
5
3
6
2
7
8
9 7
9 1
1 2
8
6
9
3
Règle du jeu:
PINT DE VUE
4
9
6 1
7
2
1
4 8
Une grille de sudoku se
compose de 9 carrés de 3 par
3 cases appelés régions. Le jeu
consiste à compléter la grille
en vous appuyant sur les chiffres qui vous sont déjà donnés
afin que chaque ligne, chaque
colonne et chaque région
contienne tous les
chiffres de 1 à 9 une seule
et unique fois. Certaines
grilles peuvent avoir
plusieurs solutions.
78
5
6
7 1
5 7
5
9
7
5
2
2
9
6
7
L
E
T
A
L
N
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Anagrammes
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A
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S A V
6 5 7
1 2 4
3 5
1 8
2
5 9 8
4
7
9 6 1
Sudoku moyen
G
R
I E
L S
E
S A
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A R
G E
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1
9
1
3
7
5
2
4
6
8
2
3 8
6
n
gio 2
Ré
4
Sur la ligne 3 (beige) les chiffres manquants sont 3, 5 et 8.
Le 8 se trouvant déjà dans la colonne 2 (violet) et la colonne
5 (rose), la seule place possible est donc en colonne 1
au début de la ligne 3. Restent donc le 5 et le 3. Le 5 se
trouvant déjà dans la colonne 2, la seule place possible est
donc en colonne 5. Le 3 reste logiquement à placer dans la
seule case libre, colonne 2. Reste à agir de même dans les
autres lignes, colonnes et régions pour compléter la grille.
4
2
E
T
N T I
A I R
T E
E R R
P E
A R C
R
A
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9
8 3 9
2
Exemple:
Solutions du N° 3678
D
R E
V
T I
S
S A
G
M E
3 1 4
4 5
3 9
8
6
2
8
8
5
Ligne
4
5
7
1
6
8
3
2
9
2
8
6
9
4
3
5
7
1
1
3
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5
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2
4
5
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6
Sudoku difficile
3
6
4
5
2
8
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9
1
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4
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2
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1
5
9
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8
8
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5
3
7
4
1
6
2
6
7
1
9
8
2
4
5
3
JEUX
Bridge Par Jean-Christophe Quantin
D62
54
D 9 7 5
A R V 6
Vous jouez 7SA en Sud
sur l’entame du Valet
de Pique. Quel est
votre plan de jeu?
2)
A8
ARD5
A V 4
D 6 5 3
N
O E
S
V764
74
R D 8
A R V 4
Vous jouez 6SA en Sud
sur l’entame du Roi de
Pique. À vous.
3)
V843
R4
 A 10 6 5
D 6 2
N
O E
S
AR
 A 10 2
R D V 8 7
A R V
Vous jouez 7SA en Sud
sur l’entame du 9 de
Cœur. Quelle est votre
ligne de jeu?
Solutions
N
O E
S
1) Ne vous laissez pas
tenter! Il est impossible
qu’Ouest ait entamé sous
le Roi de Pique contre un
grand chelem. Commencez
par prendre de l’As et jouez
vos gagnantes en mineures
(en finissant en main) en
espérant que le détenteur
du Roi de Pique possède
au moins quatre cartes à
Cœur. Ainsi, il se trouverait
squeezé, dans l’impossibilité
de conserver, à quatre
cartes de la fin, ses gardes
dans les majeures.
La main d’Est :
 R 7 5,  V 10 8 6,
 4 3 2,  10 8 7.
A43
ARD2
 A R V 10
D 5
2) Cette fois, vous ne devez
faire que douze levées. Il
vous en manque une. Vous
ne pouvez la trouver qu’en
majeures et il faut pour cela
qu’en plus de Roi-Dame de
Pique, Ouest possède au
moins quatre cartes à Cœur,
afin qu’il soit squeezé. Mais
pour que cela fonctionne, il
faut abandonner une levée
à l’adversaire (réduction
du compte) et c’est dès
l’entame que vous allez le
faire. Laissez passer le Roi
de Pique. Ouest rejoue
Pique. Encaissez vos levées
en mineures et attendez
sereinement qu’Ouest soit
compressé entre les Piques
et les Cœurs.
La main d’Ouest :
 R D 10 9,  10 6 3 2,
 9 7 2,  8 2.
1)
3) Il vous manque encore
une levée. Vous allez
espérer qu’un des deux
adversaires détienne
Dame-Valet de Cœur et
la Dame de Pique, afin de
lui faire subir une pression
intolérable. Prenez du Roi
de Cœur (afin de ne pas
être bloqué en fin de coup),
encaissez vos Carreaux
puis As-Roi de Pique et
vos Trèfles en terminant
au mort. Si la position
des cartes est celle dont
vous avez besoin, votre
adversaire ne pourra pas
conserver ses deux couleurs
majeures et devra rendre les
armes.
La main d’Est :
 D 10 7 2,  D V 5 3,
 4 2,  10 8 5.
TESTEZ
VOTRE JEU
EN FACE DU MORT
Mots croisés Par François Latour
I
II
III
IV
V
VI
VII VIII IX
X
XI XII
1
2
3
4
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HOrizONtaLEMENt : 1. Un minimum de correction. 2. Donner la confirmation. On y est sans raison. 3. Galette mexicaine. Une part de tartes. 4. À prendre et à rendre. Entre bleu et vert. 5. Ville du Vaucluse. Petite seconde. 6. Vieux
roi richard. Fusillés du regard. 7. Mot de surprise. Voies de dégagement. On peut
y haler. 8. Lac américain. Cercles de gymnastes. 9. Jeux de société. 10. Personnalité latine. Quelqu’un ou personne. Résultat d’additions. 11. Hors bords.
Lignes de la main. 12. Mise en ordre. Entraîne des souhaits.
VErtiCaLEMENt : i. Prise de terre. ii. Prénom féminin. Accorder un
délai. iii. Point de vue. Dépasse l’imagination. iV. Tout ce qui excède. Va
comme avant. Lettre en règle. V. Lettres latines. Expositions de meubles. Prend
un air soufflé. Vi. À tout casser. Vii. Monsieur de stalles. Joindre deux bouts.
Viii. Certificat de travail. Ne se sentent plus d’avoir pris l’air. iX. Privée de toute
impureté. Cours des petits. X. Traits de la conversation. Beau modèle. Xi. Pronom pour lui. Gardé en étant reconduit. Objet de conditionnement. Xii. Femmes exemplaires. Exclusif dans son genre.
SolutionS des Mots Croisés & Mots fléchés du n° 3678
HORIZONTALEMENT : 1. Cartomancien. 2. Apéro. Béante. 3. Ripa. Mot. Géo.
4. Angoisser. 5. Parsemé. Enna. 6. Attiré. Fruit. 7. Ce. Tangue. St. 8. Erse. Tamisée. 9. Margarine. 10. Vol. Unes. VTT. 11. Piégée. Taire. 12. Cérat. Sertir.
VERTICALEMENT : I. Carapace. VPC. II. Api. Atermoie. III. Repart. Saler.
IV. Transiter. Ga. V. Oô. Géra. Guet. VI. Momentané. VII. Aboie. Gare. VIII. Nets.
Fumiste. IX. Ça. Serein. Ar. X. Ingénu. Sévit. XI. Éternise. Tri. XII. Néo. Attenter.
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PINT DE VUE
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L’élu
DE POINT DE VUE
Ma guitare
Je leur donne des noms différents.
Cette Gibson ES-335 s’appelle Brownie.
Elle est aussi belle qu’éternelle.
Mon disque
Survival, de Bob Marley. Il est
le premier artiste à m’avoir donné
envie de faire de la musique.
Il m’a beaucoup influencé.
Mon souvenir
Mon producteur Mark Neil, spécialisé
dans les années 1950, m’a donné
un morceau du Stax Studio. Otis
Redding et de nombreux chanteurs
soul y enregistraient leurs chansons.
Mon micro
Il date de 1953. Depuis mon retour des
États-Unis, où j’ai enregistré mon disque
en Géorgie, je l’utilise dans mon studio.
Ma gourmette
Un cadeau de ma grand-mère
maternelle. Je l’ai toujours portée.
C’est devenu un porte-bonheur.
Mon verre
J’ai toujours eu des amateurs de vin
dans ma famille. Ils m’ont initié à ce
plaisir typiquement français. J’aimerais
avoir plus de temps pour découvrir
des cépages, des vignerons…
Mon album
Tiwayo
Originaire de la banlieue parisienne, ce musicien a
commencé la guitare au lycée. Il ne pensait pas en faire
son métier jusqu’à ce que cela devienne une évidence.
Après avoir joué dans plusieurs groupes, son premier
album, signé chez Blue Note, vient d’arriver dans
les bacs. Il sera en concert à La Maroquinerie le 5 mars,
à Paris. Par Jérôme Carron Photos Antonio Martinelli
82
PINT DE VUE
The Gypsy Soul of Tiwayo est mon
premier bébé. Il s’inspire de la soul
et du blues, avec une influence
jamaïquaine. Il est au carrefour
de mes différents voyages.
Mon cadeau
C’est un coffret d’albums
de Nina Simone offert par mon père.
Il me suit depuis des années.
Il est abîmé depuis qu’il a pris l’eau,
mais je ne peux pas m’en séparer.
Ma fourchette
Je ne résiste pas au plaisir
d’un bon repas avec mes amis de
Meudon-la-Forêt. J’adore les retrouver
pour de grandes occasions.
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