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Les Echos - 07.01.2019

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Carlos Ghosn va se
défendre publiquement
DRH, DAF...
Ce qui change
pour les entreprises
en 2019
// LES ECHOS EXECUTIVES PP. 37 À 40
L’ESSENTIEL
NET RECUL DE L’INFLATION
En 2018, les prix à la consommation n’ont augmenté que de
1,6 % et ils devraient baisser
encore en 2019. Une bonne
nouvelle pour le pouvoir d’achat.
// P. 5 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE P. 8
LES INÉGALITÉS, PRIORITÉ
DE LA FRANCE AU G7
La France, qui préside cette année
le G7 et dont le sommet aura lieu à
Biarritz fin août, a fixé cinq objectifs pour lutter contre les inégalités dans le monde. // P. 6
NOUVEAU BRAS DE FER SUR
LES MIGRANTS EN EUROPE
Une cinquantaine de migrants
sont bloqués sur des navires
en Méditerranée. L’Italie, Malte et
l’Espagne refusent de les
accueillir. // P. 7
QUI (RE-)DÉCROCHERA
LA LUNE ?
Exploration de la face cachée côté
chinois, premier vol d’Orion côté
américain. Cinquante ans après
Apollo 11, notre satellite est de nouveau dans la ligne de mire des agences spatiales. // SCIENCES P. 11
AFP
Après sept semaines de garde
à vue, il est enfin autorisé à livrer
sa version des faits. // P. 18
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 7 JANVIER 2019 // LESECHOS.FR
Automobile : l’année
de tous les dangers
l Recul des ventes, nouvelles normes, Brexit… autant d’embûches pour les industriels.
l En Europe, les ventes de voitures électriques ont du mal à décoller.
année 2019 du secteur automobile mondial
devrait être à l’image de la fin 2018 : difficile.
Pour la première fois, la Chine, le plus important
marché du monde, a ainsi vu ses ventes reculer l’an dernier. Pour les analystes d’AlixPartners, le recul devrait se
prolonger en 2019, et gagner les Etats-Unis, épargnés jusque-là. Même s’ils ne prévoient pas d’effondrement du
L’
secteur, les constructeurs automobiles savent que les
nuages s’accumulent. En plus de la chute des ventes, ils
devront faire face à de nombreuses embûches cette
année : possibilité d’un Brexit sans accord, risques de
conflits commerciaux accrus ou encore pressions du fait
de l’entrée en vigueur de nouvelles normes d’homologation (WLTP) pour limiter les émissions polluantes.
Enfin, les ventes de voitures électriques restent anecdotiques et la course au véhicule connecté oblige les constructeurs à investir d’énormes sommes en R&D. Une
année à hauts risques après un cycle de dix années de
croissance.
// PAGES 16-17 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX PAGE 8
L’agenda des réformes bousculé
par les « gilets jaunes »
POLITIQUE Les violences ont franchi un seuil samedi. Le gouvernement veut
ENTREPRISES
& MARCHÉS
maintenir le cap. La taxe d’habitation pourrait être maintenue pour les plus aisés.
LES DISTRIBUTEURS
RESTENT SOUS TENSION
Après un No ël gâché par les
« gilets jaunes », que réservera
2019 aux distributeurs ? Entre loi
alimentation et évolution des
modes de consommation, passage en revue des enjeux. // P. 21
La fusion
Alstom-Siemens
menacée
FERROVIAIRE La Commission européenne, qui doit se prononcer avant le
18 février, pourrait mettre son veto à
l’opération annoncée en septembre 2017, qu’elle juge contraire à la
concurrence. Alstom et Siemens plaident que leur mariage permettrait de
créer un champion européen capable
de résister au géant chinois CRRC, mais
ils peinent à convaincre. Le ministre
français de l’Economie a enfoncé le clou
dimanche, indiquant qu’un rejet de
Bruxelles serait « une erreur économique » et « une faute politique ».
// PAGE 18
FINANCE : CEUX QUI SERONT
EN PREMIÈRE LIGNE EN 2019
Ils sont huit. D’Eric Lombard à Frédéric Oudéa, en passant par Christian Sewing, huit dirigeants de la
finance devront faire face à des
défis inédits cette année. // P. 30
L’érosion périlleuse
de la croissance
mondiale
CARNET // P. 36
DR
L’analyse de
Marketing
Quand les régions
deviennent
des marques // P. 27
Emmanuel Macron doit inaugurer le grand débat dans l’Eure, le 15 janvier, en rencontrant des maires. Photo Eliot Blondet/Pool/RÉA
Jean-Marc Vittori
Condamner fermement les violences des
uns sans fermer la porte au dialogue avec
les autres. Garder le cap des réformes promises, tout en tenant compte des demandes
formulées par les Français. Voilà les dilem-
La croissance mondiale doit atterrir en
douceur en 2019. Mais les incertitudes
commerciales et politiques pourraient
provoquer un dangereux dérapage,
estime Jean-Marc Vittori. // PAGE 8
mes auxquels se trouve confronté le gouvernement face au mouvement des « gilets
jaunes », qui est loin d’être terminé, au vu
des débordements qui ont eu lieu samedi.
Le grand débat, qui doit s’ouvrir le 15 janvier,
sera l’occasion pour l’exécutif de faire
preuve d’ouverture et de donner des gages.
La suppression de la taxe d’habitation pour
les ménages les plus aisés pourrait à ce titre
être abandonnée. // PAGES 2 À 5
Uber, Airbnb,
Palantir, Lyft…
les géants de
la tech à l’assaut
de Wall Street
SUR
BOURSE En 2019, les introductions en
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
Le projet de la Nasa, baptisé « X-59 », dont la réalisation a été confiée à Lockheed
Martin, avec, à la clef, un budget de 250 millions de dollars. Photo Lockheed Martin
L’Amérique rêve de lancer
un successeur au Concorde
Des start-up américaines travaillent sur des projets
de jets supersoniques. Le pari s’annonce risqué.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22861
110e ANNÉE
42PAGES
Antilles Réunion 4 €. Guyane-St Martin
5,20 €. Belgique 3,40 €. Espagne 4,30 €.
Grande-Bretagne 3£70. Grèce 4 €. Italie
4,30 €. Luxembourg 3,70 €. Maroc 30 DH.
Suisse 5,70 FS. Tunisie 4,8 TND. Zone CFA
3000 CFA.
AÉRONAUTIQUE Quinze ans après le dernier vol du supersonique européen, une poignée de
start-up américaines veulent repartir à l’assaut de ce marché en lançant d’ici à 2030 de plus
petits avions dépassant la vitesse du son. Des projets qui s’annoncent techniquement et financièrement complexes, surtout que l’équation écologique et la lutte antibruit compliquent la
tâche des ingénieurs. Un pari fou suivi de près par les Européens. // L’ENQUÊTE PAGE 12
Bourse de sociétés technologiques pourraient atteindre des sommets aux EtatsUnis. Parmi ces nouveaux venus potentiels, des méga-licornes : Pinterest, Uber,
Lyft, Slack, voire Airbnb et Palantir. Uber
pourrait lever jusqu’à 25 milliards, ce qui
représenterait déjà plus de la moitié des
fonds récoltés par tout le secteur à Wall
Street en 2000, année de tous les records.
A moins que... les conditions de marché
ne se mettent en travers de ces desseins.
Sur fond de tensions commerciales
entre Pékin et Washington, de resserrement monétaire et de crainte d’une
récession mondiale, les valeurs tech
sont en ce moment particulièrement à la
peine en Bourse. // PAGE 24
Les conditions de marché pourraient
contrarier ces ambitions.
Photo Kena Betancur/AFP
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02 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
Grand débat : quand la
solution est aussi un problème
La dérive ultra-violente des « gilets jaunes » contraint le gouvernement à beaucoup miser sur son
grand débat, et à tout faire pour le circonscrire.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
ui décide ? Est-ce le
vote ou la rue qui donne la légitimité ? 2019
s’ouvre sur la plus délicate des
questions démocratiques. Devant la violence persistante et
croissante des « gilets jaunes »,
le pouvoir donne au grand débat à venir un tour qu’il n’avait
pas forcément jusqu’ici. Il est
la solution à une crise qui n’en
finit pas ; l’ultime recours
quand d’autres ont été tentés
sans succès, concessions comme discours d’autorité.
Bruno Le Maire y voit le dernier acte de la crise des « gilets
jaunes », celui qui « doit signer
la fin des violences et des manifestations », dit-il au « Grand
Rendez-vous Europe 1CNews-Les Echos à condition
que « le plus grand nombre
puisse se l’approprier ».
A ceci près que les violences
sont aussi l’argument rêvé
pour en limiter la portée.
Leurs auteurs « ne sont qu’une
minorité, or c’est la majorité qui
décide au bout du compte », affirme le ministre de l’Economie. Pas question d’installer
l’idée que la violence paie, surtout après les reculs amorcés
le 10 décembre.
Les ministres se sont relayés
dimanche pour marteler le
ccornudet@lesechos.fr
en bref
L’exécutif veut aller « plus
loin » malgré les contestations
l Le Premier ministre a prévu de s’exprimer et le gouvernement précisera
mercredi son agenda des réformes.
l Le « grand débat » est rejetté par une partie des « gilets jaunes ».
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Aller « plus loin, plus vite, plus fort,
plus radicalement dans les changements » ? C’est la volonté d’Emmanuel Macron, ainsi que l’a rapporté
le porte-parole du gouvernement,
Benjamin Griveaux, à l’issue du
Conseil des ministres vendredi dernier. Et alors que le gouvernement
se réunira en séminaire mercredi
sur « l’agenda des réformes des mois
à venir », selon l’Elysée. Un véritable
casse-tête. Le ton est à l’offensive
depuis les vœux d’Emmanuel
Macron, mais la question de la
capacité à réformer reste entière
− en particulier sur des dossiers
délicats comme la fonction publique ou les retraites − alors que la
crise apparue avec le mouvement
des « gilets jaunes » est loin d’en être
à son épilogue.
Officiellement,
l’exécutif veut afficher
sa confiance dans
le grand débat.
Dans les coulisses, le
ton est moins assuré.
Après un samedi à nouveau marqué par des débordements, le chef
de l’Etat a tweeté pour dénoncer
« une extrême violence […] venue
attaquer la République ». Le Premier ministre, lui aussi, doit intervenir dans les médias ce lundi ou
mardi pour faire passer un message
d’une grande fermeté. « Ceux qui ne
sont pas là pour débattre auront une
réponse policière et judiciaire », indique-t-on à Matignon.
« Ça suffit ! » a abondé le ministre
de l’Economie, Bruno Le Maire,
dimanche lors du Grand Rendez-
Le gouvernement à l’arrivée au premier Conseil des ministres de l’année, vendredi 4 janvier.
vous Europe 1 – « Les Echos » –
CNews. « Les meilleures pièces se
jouent en trois actes », a-t-il ajouté,
tentant de retourner la terminologie utilisée par les « gilets jaunes »
pour leurs journées de mobilisat i o n . « L e p re m i e r a é t é c e t t e
demande de justice du 17 novembre,
qui est légitime. Le deuxième a été la
réponse forte du chef de l’Etat [des
mesures d’urgence, NDLR]. Le troisième est le débat qui doit signer la fin
des violences, c’est une ouverture. »
Tension entre la réforme
et le débat
Outre sa lettre aux Français,
Emmanuel Macron doit inaugurer
ce grand débat dans l’Eure, le 15 janvier, en rencontrant des maires.
Officiellement, l’exécutif veut afficher sa confiance dans le processus.
« Faisons de cette crise l’occasion
d’un rebond national », a lancé
Bruno Le Maire, quand son homologue au Travail, Muriel Pénicaud, a
salué sur BFMTV « une grande première » à laquelle elle « croit beaucoup », tout en précisant « si on se
base sur le respect » et en reconnaissant qu’« il y a une tension permanente entre réformer rapidement et
intégrer davantage les citoyens ».
Dans les coulisses, le ton est
moins assuré. « Ce grand débat, c’est
la partie la plus compliquée »,
s’inquiète un conseiller gouvernemental. Si Benjamin Griveaux a
assuré que ce débat aurait « des traductions concrètes pour changer le
quotidien des Français », il a prévenu qu’il ne détricoterait rien de ce
qui a été fait. La ligne de crête est
très étroite et la conjugaison avec
les réformes prévues, difficile.
Impossible de dire oui à tout mais
difficile de tout rejeter − d’où la sortie de Bruno Le Maire ce dimanche
qui laisse entendre que l’exécutif ne
supprimera pas la taxe d’habitation
pour les Français les plus aisés.
Les débats promettent d’être ani-
més, jusqu’au sein de la majorité et
du gouvernement. L’exécutif a de
nouveau fermé la porte à
une réforme des droits de succession après des propositions en ce
s e n s d e Te r r a Nova e n f i n d e
semaine, et au rétablissement de
l’ISF, mais relève un ministre, « il y
a au gouvernement, ceux pour qui la
priorité est d’abord de redistribuer
autrement le gâteau et ceux pour qui
la priorité est d’abord d’accroître ce
gâteau. » De même les débats sur la
réponse institutionnelle − référendum à choix multiples pour mieux
éviter le RIC. − seront vifs. Et piégés.
La majorité craint qu’ils soient « capturés par quelques-uns », selon les
mots du délégué général d’En Marche, Stanislas Guerini, sur France 3,
qui redoute alors « un jeu de dupes ».
Noyautés, instrumentalisés ou sans
réelle réponse politique, certains
craignent alors, dans l’opposition
comme dans la majorité, une désillusion plus grande encore. n
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE 1 - CNEWS - « LES ECHOS »
« Gilets jaunes » : 58.000 salariés en
chômage partiel, 32 millions débloqués
SOCIAL La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué
dimanche avoir débloqué 32 millions d’euros pour payer les
salaires de quelque 58.000 personnes au chômage partiel du
fait de la crise des « gilets jaunes ». « Dans 92 % des cas, ce sont
des PME dans le commerce, la construction, l’artisanat, un peu
dans l’industrie aussi », a-t-elle précisé. « Ce sont 4 millions
d’heures de travail potentiel perdues », a-t-elle chiffré. Le chômage technique ou partiel permet de suspendre ou de réduire
temporairement l’activité des salariés tout en leur assurant une
rémunération financée par l’Etat ou l’Unedic.
Amiens : les juges estiment le barème
des indemnités de licenciement
contraire au droit international
JUSTICE Le conseil des prud’hommes d’Amiens a estimé, après
celui de Troyes il y a quelques jours, que le plafonnement, introduit au début du quinquennat d’Emmanuel Macron, des indemnités prud’homales versées à un salarié licencié « sans cause
réelle et sérieuse » était « contraire » au droit international,
notamment à la convention 158 de l’Organisation internationale
du travail (OIT), dans une décision que l’AFP a pu consulter ce
dimanche. Le jugement a été rendu le 19 décembre.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Taxe d’habitation : sa suppression totale
n’est plus une priorité pour Bruno Le Maire
Invité du « Grand rendezvous » Europe 1-CNews« Les Echos », le ministre
de l’Economie s’est montré
prêt à renoncer à la
suppression de la taxe
d’habitation pour les
ménages les plus aisés,
prévue initialement
pour 2021.
Eric Frotier de Bagneux
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
Q
b.a.-ba de notre Etat de droit.
« Le mandat du vote est plus
important que celui du “like” »,
affirme Muriel Pénicaud
(BFM). « Le pays ne doit pas
écouter une minorité qui parle
fort, mais la majorité de ceux
qu’on n’entend pas », défend
Jean-Michel Blanquer (France
Inter).
Faire du grand débat un moment crucial, mais éviter qu’il
ne le devienne trop : tel est le
cadrage auquel se livrent les
ministres en attendant la lettre
d’Emmanuel Macron aux
Français. La méthode change,
pas le cap. Est-ce possible ?
Pour y parvenir, l’exécutif met
quelques sujets libres au menu
des tables rondes : la transition écologique, qu’il peine, il
est vrai, lui-même à relancer,
et les institutions, y compris la
« respiration démocratique »
que pourrait être l’extension
du référendum. Le reste est
très contraint, à moins qu’il ne
soit l’objet de divergences dans
la majorité. Si l’ISF ne sera pas
rétabli, la disparition de la taxe
d’habitation pour les hauts revenus n’est plus une priorité,
dit Bruno Le Maire. Et la suppression du mariage pour
tous, demandée par les « gilets
jaunes » sondés par le Cese ?
La consultation a été noyautée,
se défend l’exécutif. Comme un
précipité des trois prochains
mois : une parole qui se libère
n’est pas forcément celle que
l’on veut entendre.
LES RÉFORMES 2019
Benoît Tessier/Pool/AFP
FRANCE
Marie Bellan
@mbellan1
« Si nous répondons non à chaque
demande des Français, que nous ne
sommes pas capables d’écouter la
demande de justice qui s’exprime
partout en France, nous ne réussirons pas le débat », a indiqué Bruno
Le Maire lors du « Grand Rendezvous » Europe 1-CNews- « Les
Echos », dont il était l’invité
dimanche.
Dans le cadre du grand débat qui
doit s’ouvrir dans les prochaines
semaines, il est désormais clair que
le gouvernement ne renoncera pas
à la suppression de l’ISF, malgré
l’insistance du mouvement des
« gilets jaunes » sur ce point et le fait
qu’une majorité de Français le
demande, mais il serait plus ouvert
sur d’autres volets fiscaux, par
exemple sur la taxe d’habitation.
« On peut très bien demander aux
Bruno Le Maire a suggéré de poser la question aux Français d’une
éventuelle suppression de cette taxe pour les 20 % les plus riches.
Français s’il est légitime de la supprimer pour les 20 % les plus riches », a
précisé le ministre de l’Economie.
La taxe d’habitation, dont une première baisse de 30 % est intervenue
en octobre dernier, doit connaître
une nouvelle baisse d’un tiers en
octobre 2019, avant de disparaître
en 2020 pour 80 % des ménages les
moins aisés. Soit un coût de
3,8 milliards. Cette partie de la
réforme n’est pas remise en question.
En revanche, la suppression
totale de la taxe d’habitation, c’est-àdire pour les 20 % des Français les
plus aisés, ne doit, elle, intervenir
qu’en 2021. C’est ce volet que le gouvernement pourrait passer à la
trappe. Et ce pour plusieurs raisons.
Budgétaire d’abord, puisque le
coût pour l’Etat s’élève à 7 milliards
sans qu’aucun financement ne se
dessine clairement pour l’heure.
Politique ensuite car il n’est guère
populaire, en ces temps de fronde
fiscale, de faire baisser les impôts
des ménages les plus aisés, même
s’il ne s’agit nullement des seules
grandes fortunes françaises mais
plutôt des classes moyennes supérieures.
En posant la question aux Français d’une éventuelle suppression de
cette taxe, comme le suggère Bruno
Le Maire, le gouvernement ne prend
guère de risque sur l’issue d’un tel
référendum. Et l’exécutif ferait ainsi
d’une pierre deux coups. Répondre à
la demande de justice sociale et fiscale qui est le principal moteur des
« gilets jaunes » − avec un référendum à la clef − et satisfaire par
ailleurs les maires, qui sont très attachés à la taxe d’habitation qui représente une ressource importante
pour le « bloc communal ».
Risque constitutionnel
Le seul obstacle est d’ordre constitutionnel. Dans son avis sur le projet de loi de finances 2018 − qui date
de fin 2017 −, le Conseil constitutionnel avait mentionné qu’il se montrerait attentif à « la façon dont serait
traitée la situation des contribuables
restant assujettis à la taxe d’habitation dans le cadre d’une réforme
annoncée de la fiscalité locale ».
En d’autres termes, si la taxe
devait continuer à s’appliquer aux
20 % les plus riches, la rupture
d’égalité devant l’impôt ne serait
pas forcément retenue par les
sages, si tant est qu’une réforme
plus large de la fiscalité locale permette de justifier cette différence de
traitement. n
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FRANCE // 03
Les Echos
3
Retraite, chômage, institutions…
les 7 réformes clefs de Macron en 2019
l Le gouvernement a un agenda de réformes prévues de longue date
bien rempli pour 2019.
l Mais il devrait être bousculé par le grand débat national
qui doit démarrer à la mi-janvier.
Déterminés à relancer les réformes après la tempête des
« gilets jaunes », Emmanuel Macron et Edouard Philippe vont fixer lors d’un séminaire gouvernemental,
mercredi, les priorités des premiers mois de 2019. Des
retraites à l’assurance-chômage, en passant par la fiscalité locale ou la révision constitutionnelle, tour d’horizon des chantiers d’envergure de la nouvelle année.
• Assurance-chômage
Emmanuel Macron l’a redit lors de ses vœux : l’assurance-chômage sera réformée pour favoriser le
retour à l’emploi durable. Le chef de l’Etat a omis de
rappeler l’autre objectif du gouvernement, économiser entre 1 et 1,3 milliard sur les 35 milliards de
dépenses d’allocations annuelles, objectif maintenu malgré la nouvelle donne sociale créée par les
« gilets jaunes ».
Les partenaires sociaux ont encore quatre séances de négociation d’ici à fin janvier pour trouver les
voies d’un accord équilibré, voire un peu plus,
Edouard Philippe n’ayant pas fermé la porte à un
report de l’échéance de quelques semaines. La couleur de la fumée devrait se préciser d’ici au 15 janvier.
D’ici là, les syndicats verront s’ils peuvent contrebalancer les mesures d’économies chocs du trio MedefCPME-U2P par un engagement du patronat à freiner
le recours aux contrats courts. Faute d’accord, le
gouvernement assure qu’il fixera lui-même les nouvelles règles, quitte à imposer, comme l’a promis
Emmanuel Macron, un mécanisme de type bonusmalus sur les cotisations employeurs. – A. R.
• Fiscalité
Jusqu’à l’automne 2018, Emmanuel Macron a déroulé son programme fiscal presque sans accroc. Impôt sur la fortune, taxe carbone, CSG, baisse de la taxe d’habitation… les promesses de campagne, votées fin 2017, commençaient l’une après l’autre
à entrer en vigueur. C’était sans compter sur la mobilisation des « gilets jaunes », qui
a ébranlé cette trajectoire fiscale bien tracée. Le gouvernement a lancé pour le premier trimestre 2019 une grande consultation, dont pourraient émerger des propositions sur le plan fiscal.
En attendant, la réforme des finances locales annoncée pour le printemps pourrait être remise à plat à la suite du mouvement des « gilets jaunes ». Non seulement
la disparition de la taxe d’habitation pour les 20 % de ménages les plus aisés paraît de
plus en plus difficile à défendre politiquement, mais le geste de 10 milliards pour le
pouvoir d’achat reste encore à financer. Un collectif budgétaire est prévu en mai ou
en juin pour décaler la baisse de l’impôt sur les sociétés pour les grands groupes et
acter des économies sur le budget de l’Etat. Reste aussi le casse-tête de la taxation du
numérique. Faute d’accord au niveau européen, Bruno Le Maire a promis d’appliquer la taxe Gafa en France. Cette taxe serait votée dans les prochaines semaines
dans la loi Pacte et appliquée de façon rétroactive au 1er janvier 2019, à condition que
les obstacles techniques soient levés d’ici là. – In. F.
• Institutions
Sérieusement menacée depuis son report l’été dernier, dans la tourmente de l’affaire Benalla, la réforme des institutions pourrait renaître
de ses cendres à la faveur du grand débat national. La crise des « gilets
jaunes », qui a une nouvelle fois illustré le fossé qui se creuse entre le
« peuple » et ses représentants, y pousse. Mais jusqu’à quel point ? Déclinée en trois textes (constitutionnel, organique et ordinaire), la réforme
prévoyait de supprimer la Cour de justice de la République, de réformer
le Cese, d’encadrer le dépôt des amendements, de réduire la navette parlementaire, d’interdire le cumul des mandats dans le temps au-delà de
trois mandats identiques, de réduire de 30 % le nombre de députés et
sénateurs et d’introduire une dose de proportionnelle (15 %) aux législatives. Poussée par une partie de la majorité, l’idée d’un référendum à
choix multiple (sur la baisse du nombre de parlementaires, la dose de
proportionnelle, le non-cumul et le vote blanc) est sur la table. – P.-A. F.
• Retraites
Après le Code du travail et la réforme de la
SNCF, c’est le troisième chantier potentiellement explosif du quinquennat. L’exécutif
s’est bien sorti des deux premiers, pourrat-il en faire autant avec le troisième ?
L’ampleur de la réforme est significative
puisqu’il s’agit de créer un régime universel
qui remplacera les 42 régimes existants.
Avec ce système à points, chaque euro de
cotisation ouvrira les mêmes droits pour
tous, public comme privé. C’en est donc fini,
par exemple, de la règle des vingt-cinq
meilleures années dans le privé et des six
derniers mois dans le public. Le futur système sera fondé comme aujourd’hui sur la
répartition, et non sur la capitalisation. Le
texte ne devrait être dévoilé qu’après les
élections européennes pour une adoption
fin 2019. Le nouveau régime devrait se mettre en place à partir de 2025. – M. B.
• Transition écologique
Quand bien même le voudrait-il, eu égard à
la crise dans laquelle ils viennent de le plonger, l’exécutif est très loin d’en avoir fini avec
les dossiers liés à l’écologie et à l’énergie.
L’annulation de la hausse de la taxe carbone
sur les carburants vaut pour 2019, c’est-àdire une seule année. Qu’en sera-t-il audelà ? Cette question sera au cœur du grand
débat national citoyen qui va s’ouvrir mijanvier. La recherche d’une fiscalité et d’une
transition écologique « justes » passe par
exemple par la mise en place d’une « prime
mobilité travail », promise par le gouvernement et dont les modalités ont commencé à
être discutées avec les partenaires sociaux.
L’exécutif n’est pas quitte non plus avec
un autre dossier, celui du nucléaire. Emmanuel Macron a annoncé que sa part dans le
mix énergétique serait ramenée à 50 % d’ici
à 2035 et non plus 2025. Un objectif de la
nouvelle programmation pluriannuelle de
l’énergie (PPE) que l’exécutif va devoir fixer
dans le marbre de la loi. – J. C.
Avant la crise des « gilets jaunes », le timing était serré. Le projet de big bang de la fonction publique devait être envoyé aux syndicats le 10 décembre, la veille de la proclamation des résultats des élections de représentativité chez les fonctionnaires. Le calendrier
initial a volé en éclats. Aucune nouvelle échéance n’a pour l’instant été communiquée
aux fédérations de la fonction publique. « Bercy attend de savoir ce que veut faire l’Elysée »,
commente un de leurs représentants. Le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt a fixé au
15 janvier l’envoi par les syndicats de la liste de leurs représentants dans les instances
officielles qui devront rendre un avis consultatif sur le projet de loi.
Le changement de climat social aura-t-il une incidence sur le contenu de la réforme ?
« Peut-être, mais seulement à la marge », regrette un syndicaliste. Le projet gouvernemental vise à développer le recours aux agents contractuels, à développer la rémunération dite « au mérite » ou encore à faciliter les réductions d’effectifs en encourageant les
départs volontaires, ainsi qu’à importer dans le public la fusion des organisations représentatives instaurée par les ordonnances Pénicaud dans le privé. – L. C.
• Service national universel
C’est une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron pour laquelle tous les arbitrages – notamment le calendrier – ne sont pas rendus. Sous la houlette du ministère de
l’Education nationale avec Jean-Michel Blanquer, piloté par le secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Gabriel Attal, le SNU doit prendre la forme d’une session obligatoire d’un mois,
vers 16 ans, dont une quinzaine de jours en hébergement collectif, puis d’une session
facultative qui s’adressera aux jeunes qui souhaitent s’engager dans la culture, la
défense, l’environnement, l’aide aux personnes, le tutorat…
Une consultation a été réalisée à l’automne auprès des jeunes. Mais dans le sillage des
« gilets jaunes », des lycéens se sont mobilisés en fin d’année, demandant notamment
l’abandon du SNU. Une première cohorte de jeunes volontaires doit participer à une
phase d’expérimentation à partir de juin 2019. – I. F.
Photos Philippe Lopez/AFP ; Gérard Julien/AFP ; Philippe Huguen/AFP ; Philippe Desmazes/AFP
• Fonction publique
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04 // FRANCE
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
3 LES RÉFORMES 2019
Macron face au risque
d’une Europe bloquée
Gabriel Grésillon
— Bureau de Bruxelles
constitue une importante évolution
des esprits par rapport à la doctrine
européenne des années précédentes.
Il n’empêche : les motifs de triomphe
ne sont pas nombreux. Et 2019 risque
d’être encore plus frustrante pour
celui qui, le soir de son élection, marchait dans la cour du Louvre au son
de l’ « Hymne à la joie ».
Surenchère
C’était une composante essentielle
de son programme. Au cœur de son
projet pour l’Hexagone, Emmanuel
Macron avait installé une refondation de l’Union européenne. Avec la
promesse d’une plus grande protection. Un an et demi plus tard, le président français peut certes se targuer
de réelles avancées, mais a dû composer avec un navire européen
encore moins agile qu’à l’habitude,
du fait notamment des tergiversations de l’Allemagne.
Après une victoire visible comme
celle du travail détaché, la France n’a
obtenu depuis que des avancées timides, et d’apparence techniques, sur
des dossiers plus compliqués à faire
valoir auprès de l’opinion publique.
La zone euro ? Elle aura probablement un budget propre, mais selon
des modalités très contraintes et pour
un montant qui s’annonce très faible
au début. L’union bancaire ? Elle va
réellement progresser, mais cette
avancée importante pour l’édifice de
la zone euro est sans impact sur
l’adhésion de citoyens au projet européen. Autre exemple d’évolution
notable : les Européens sont parvenus à s’entendre assez vite sur
un mécanisme de surveillance des
investissements étrangers. Avec la
Chine en ligne de mire, ce mécanisme
Les Déterminés
l François Hommeril porte un jugement sévère sur la responsabilité
du gouvernement dans le mouvement des « gilets jaunes ».
l Le président de la CGC plaide pour une relance des salaires.
Propos recueillis par
Leïla de Comarmond
@leiladeco
et Alain Ruello
@AlainRuello
Pour François Hommeril, la crise
révélée par la mobilisation des
« gilets jaunes » va bien au-delà des
seules personnes mobilisées sur les
ronds-points et concerne l’ensemble des classes moyennes. Pour sortir de cette impasse, il plaide pour
une relance des salaires.
On n’a pas vu beaucoup
de cadres chez les « gilets
jaunes », mais vous avez pris
position pour ce mouvement.
Vous ne craignez pas d’être
en décalage avec votre base ?
Dès le début du mouvement, fédérations et militants m’ont fait part
d’un fort courant de solidarité chez
nous, au-delà du nombre d’adhérents de la CFE-CGC présents. Ce
mouvement a fait apparaître au
grand jour un mal profond qui s’est
installé dans la société depuis quarante ans. Il a trois causes. La première est le déclassement salarial
qui s’est installé depuis la désin-
Gemmyo
BlaBlaCar
L'ÉVÉNEMENT N#1
DES CRÉATEURS, START UP
& DIRIGEANTS
Un événement
Informations & inscriptions sur salondesentrepreneurs.com
dexation des salaires engagée dans
les années 1980.
« Enfermé dans
la “panic room”,
ce gouvernement,
avec sa majorité aux
ordres, a été atteint
de cécité profonde,
refusant de voir
la profondeur
du malaise. »
PALAIS
DES
CONGRÈS
6-7 fév. 2019 PARIS
« Le malaise concerne l’ensemble des classes moyennes », estime François Hommeril.
Vous faites comme s’il n’y
avait pas eu de gain de pouvoir
d’achat…
La part des salaires dans le PIB a
décroché. La preuve : le SMIC, corrélé à l’inflation, a petit à petit grignoté les grilles salariales des conventions collectives, réduisant
d’autant les progressions de carrière. La deuxième raison de la crise
est l’explosion du coût du logement,
qui a laminé le pouvoir d’achat. Et
enfin, troisième effet, le coup de
massue fiscal Hollande-Macron
qui débute en 2012 et culmine en fin
d’année quand se déclenche la crise.
Les cadres ont vu leur pouvoir
d’achat fondre en cinq ans. Le
malaise dépasse les Français qui
ont occupé les ronds-points, il concerne l’ensemble des classes
moyennes ; des gens installés, qui
ont fondé une famille, se sont investis dans le travail pour vivre mieux
mais n’y arrivent plus. Là, vous ne
pouvez plus aller au cinéma, ici,
vous restreignez les restaus aux
grands moments. C’est très dur,
voire critique pour les plus modestes, mais il y a un continuum dans le
déclassement salarial.
Photo © Brian du Halgouet
Numa
L’échéance des élections européennes, en mai, représente un obstacle
majeur. Alors que les opposants à
Emmanuel Macron dans l’Hexagone sont nombreux à vociférer
contre l’Union européenne, le débat
à son sujet a toutes les chances de se
crisper. Or il y a fort à parier que
l’Union, au même moment, ne donnera guère de signaux de vitalité.
Avec une telle confrontation politique en vue, l’heure est aux postures.
Les sociodémocrates et les conservateurs européens, qui ont travaillé
main dans la main pendant une partie de l’actuelle mandature, vont
exhiber leurs oppositions pour limiter la casse lors d’un scrutin qui
s’annonce douloureux, en partie sur
la gauche de l’échiquier.
Les questions qui divisent l’Union,
surtout celles relatives aux migrants,
vont faire l’objet d’une surenchère. La
perspective de compromis est presque hors d’atteinte. Quant au Brexit, il
représente une épée de Damoclès
majeure et pourrait, s’il devenait hors
de contrôle, faire dérailler tout
l’agenda européen au printemps. Difficile, pour Emmanuel Macron, de
brandir de nombreuses victoires
devant les électeurs au mois de mai.
Et de voir arriver avec sérénité la
sanction des urnes. n
« Ce grand débat national
est une stratégie d’évitement »
Jean-Pierre Clatot/AFP
Le chef de l’Etat avait fait
de la réforme de l’Union
un élément essentiel de son
programme. L’année 2019
sera celle d’un premier
bilan, avec les élections
européennes en mai.
INTERVIEW // FRANÇOIS HOMMERIL Président de la CFE-CGC
Le mouvement n’est-il pas
aussi l’échec des syndicats ?
Les salariés de petites entreprises
ou isolés sont surreprésentés chez
les « gilets jaunes ». Cela valide au
contraire le fait que là où les syndicats sont présents, le corps social
arrive à vivre. Si ce mouvement est
le signe d’un échec, ce n’est pas le
nôtre. Je suis le président d’un syndicat qui ne fait que croître en
audience et en adhérents. Ce qui a
été mis en échec, c’est le contrat
social qui faisait que le pouvoir issu
des urnes élaborait le cadre de ses
réformes sociales avec les corps
intermédiaires. Enfermé dans la
« panic room », ce gouvernement,
avec sa majorité aux ordres, a été
atteint de cécité profonde, refusant
de voir la profondeur du malaise.
Cet échec, c’est celui du pouvoir
avec, de manière emblématique,
son attitude sur la réforme de la
SNCF, dont l’unique objectif a été de
tuer le statut. Pour négocier, il faut
être deux. C’est vrai avec le gouvernement. C’est vrai aussi avec le
patronat, autre partenaire naturel
de la CFE-CGC et des autres syndicats dits « réformistes ». Mais cela
ne veut pas dire que les « gilets jaunes » ne nous interpellent pas, nous
syndicats, sur nos méthodes de travail et notre capacité à représenter
les salariés d’aujourd’hui.
Malgré le contexte explosif,
les syndicats n’ont réussi qu’à
accoucher d’une déclaration
sans grand contenu…
J’ai appris avec le temps à être
patient. Ce qui apparaît un jour
comme un échec peut contribuer à
une réussite plus tard.
Que pensez-vous des mesures
annoncées par l’exécutif en
réponse aux « gilets jaunes » ?
Que la réponse du gouvernement
à la crise n’est pas la bonne. Dans le
public comme le privé, les mesures annoncées vont-elles mettre
fin à la modération salariale ? Bien
sûr que non ! Qui va toucher la
fameuse prime exceptionnelle ?
Les salariés des entreprises où il y
a le moins de problèmes salariaux.
Est-ce qu’on va la verser dans les
Ehpad ? Bien sûr que non ! Et je ne
parle pas des fonctionnaires qui
n’auront rien. Chez eux, avec le gel
de la valeur du point, le déclassement salarial est général.
Le gouvernement lance
aussi un grand débat…
Je ne crois pas qu’il en sortira des
solutions. Le gouvernement met
en exergue son choix d’engager les
discussions dans les territoires.
Mais le problème des « gilets jaunes » n’est pas un problème de
diversité territoriale : il s’est
exprimé avec une même force partout. Et puis le logement, par exemple, n’est pas au programme. Ce
débat est une stratégie d’évitement.
Si j’étais un peu disruptif, je rappellerais l’après-guerre où ont été prises des mesures salariales modifiant la répartition de la valeur
ajoutée. Cette question est centrale,
ne pas l’aborder est la meilleure
garantie de ne rien régler.
L’exécutif a-t-il, selon vous,
les moyens de continuer
ses réformes ?
La réforme la plus attendue en 2019
est celle des retraites. Bien malin
celui qui sait ce que va faire Emmanuel Macron en la matière. Pour ma
part, je pense que c’est une réforme
inutile dont on pourrait parfaitement se passer.
« La réponse du
gouvernement n’est
pas la bonne. »
Croyez-vous à un accord
sur l’assurance-chômage ?
La probabilité est la même qu’en septembre, faible. Mais la nécessité d’y
parvenir, elle, a augmenté parce que
le mouvement des « gilets jaunes » a
remis en question la capacité des
partenaires sociaux à apporter un
résultat utile pour la société. Ce serait
donc un comble que nous n’arrivions
pas à un accord. Compte tenu du
contexte, le gouvernement dispose
de peu de marges de manœuvre
pour l’invalider, comme il l’a fait sur
la formation. Cela nous donne un
peu plus de liberté, donc un peu plus
de responsabilités.
Allez-vous ignorer l’exigence
posée par le gouvernement
de réaliser un milliard
d’économies par an ?
Les dépenses de l’Unédic représentent 35 milliards par an. On peut les
réduire sans économiser sur les
droits des chômeurs en travaillant
sur le budget de Pôle emploi et sur
les moyens des agents pour aider les
chômeurs à retrouver plus vite du
travail. Par ailleurs, ce qui coûte le
plus cher à l’Unédic, hors Pôle
emploi, c’est l’abus par certains
employeurs et certains salariés,
dans certains secteurs, des dispositifs de recharge des droits : 4 à 8 milliards par an. C’est là qu’il faut taper.
Comment réguler ces abus ?
Le patronat veut des négociations de branche.
Si la négociation échoue, le gouvernement imposera un bonus-malus.
Il n’y a pas d’autre solution que systémique, il faut alourdir le coût des
contrats courts pour que le bénéfice
économique tiré de la précarité disparaisse. Le patronat défend les
accords de branche, pourquoi pas,
cela éviterait d’imposer des règles
indifférenciées. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
« Gilets jaunes » :
les violences
franchissent un palier
Le recul de l’inflation sera un
moteur du pouvoir d’achat en 2019
nier sur la base d’un baril à 63 euros.
Il est aujourd’hui 20 % moins cher.
Or, une baisse de 10 dollars du
baril fait mécaniquement grimper le PIB de 0,1 point dès la première année et réduit d’autant le
déficit public, selon les calculs de
Bercy.
CONJONCTURE
Les prix en France
augmentent de moins
en moins vite depuis
octobre grâce à la
baisse du prix du baril
de pétrole.
Une action de la BCE
cette année
Guillaume de Calignon
@gcalignon
L’entrée du ministère de Benjamin Griveaux, porte-parole
du gouvernement, a été défoncée samedi, en marge de la
manifestation des « gilets jaunes ». Photo Bertrand Guay/AFP
Les violences commises
en marge du mouvement
des « gilets jaunes » ont
atteint cette fois les lieux
de pouvoir.
Ils ont dit
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
La dramaturgie à laquelle obéit
le mouvement des « gilets jaunes » retrouve un tour menaç a n t p o u r l ’e x é c u t i f. S o n
acte VIII, qui s’est joué samedi, a
été marqué par une légère
reprise de la mobilisation avec
50.000 manifestants comptabilisés dans toute la France par le
ministère de l’Intérieur. Mais
plus encore, c’est le déchaînement de violences en marge de
cette mobilisation qui place le
gouvernement sur le qui-vive.
Cette fois, c’est contre ses
représentants et les lieux
emblématiques du pouvoir
républicain que des exactions
ont été commises, et non plus
seulement contre des commerces. A Paris, l’entrée du
ministère du porte-parole du
gouvernement Benjamin Griveaux a été défoncée par un
engin de chantier, tandis
qu’une caserne de gendarmerie a été dégradée à Dijon et
une porte d’accès à la mairie de
Rennes fracassée par un
groupe de « gilets jaunes ».
Mélenchon sous les feux
de la critique
« Une fois encore, une extrême
violence est venue attaquer la
République − ses gardiens, ses
représentants, ses symboles »,
s’est insurgé samedi Emmanuel
Macron sur Twitter. « Ceux qui
commettent ces actes oublient le
cœur de notre pacte civique », a
poursuivi le chef de l’Etat, alors
que doit bientôt s’ouvrir, sous sa
conduite, le grand débat national censé détendre la situation
et apporter des solutions au
malaise social qui s’est installé
dans le pays.
Ce prélude difficile au dialogue est aggravé par l’attitude
qu’une partie de l’opposition a
choisi d’adopter, estime-t-on au
gouvernement et au sein de la
majorité. « Je n’en peux plus
d’entendre des responsables politiques qui disent “je condamne
les violences mais”… Il y a toujours ce 5e mot », s’est indigné
« Il faut arrêter
d’être naïfs et irresponsables » face
à « des gens qui
veulent renverser
la démocratie. »
LAURENT BERGER
Secrétaire général de la CFDT
Photo Bertrand Guay/AFP
« Il faut qu’Emmanuel Macron rompe
avec la technostructure jacobine qu’il
a mise en place,
reparte du terrain
et lance un grand
mouvement de
décentralisation. »
VALÉRIE PÉCRESSE
Présidente de la région
Ile-de-France
Photo Eric Piermont/AFP
dimanche le délégué général de
La République En marche, Stanislas Guerin.
Principal visé, Jean-Luc
Mélenchon que Benjamin Grivaux, du fait de sa récente
« déclaration d’amour sur Twitter à Eric Drouet », le très controversé représentant des
« gilets jaunes », a accusé de
« poursuivre sa dérive, amorcée
entre les deux tours de la présidentielle ». Le leader de La
France insoumise « a perdu
dans les urnes, il veut sa revanche
dans la rue, il accepte d’ailleurs
les violences, il les cautionne, on
sort du cadre démocratique », a
appuyé dimanche le ministre
de l’Economie Bruno Le Maire
dans l’émission d’Europe 1CNews-« Les Echos ». n
C’est un des seuls rayons de soleil en
ce début d’année : l’inflation en
France et dans la zone euro ralentit
depuis l’automne, et cela risque fort
de continuer. En effet, sur un an, les
prix à la consommation n’ont augmenté que de 1,6 % en décembre
dernier dans l’Hexagone, alors
qu’en octobre, ils grimpaient
encore de 2,2 %, selon l’Insee. La raison est à chercher du côté de l’or
noir. Le prix du baril de pétrole a
perdu plus de 30 dollars par rapport à ses plus hauts atteints il y a
trois mois. Alors que, l’an dernier, le
baril de pétrole valait 63 euros en
moyenne, il n’en vaut plus que 50
aujourd’hui. Dans une économie
qui a tendance à ralentir, c’est
incontestablement une bonne nouvelle pour les pays importateurs de
pétrole comme la France.
Pour Philippe Waechter, chef
économiste chez Ostrum Asset
Management, « il est probable que
l’inflation en France passe sous la
barre de 1 % à la mi-2019, la contribution des prix de l’énergie devenant
même négative dès le printemps ».
« Les effets sur le pouvoir d’achat
seront donc importants en 2019 »,
explique l’économiste. « D’autant
que le plein de carburant est une
dépense récurrente, à laquelle les
consommateurs sont très attentifs.
« Hors pétrole,
tabac, tarifs
administrés
et produits
alimentaires,
très volatiles,
l’inflation devrait
progressivement
remonter cette
année pour finir
2019 aux alentours
de 1,5 %. »
JESUS CASTILLO
Economiste chez Natixis
La baisse du coût de l’essence peut
alors modifier sensiblement la perception des ménages de leur pouvoir
d’achat », ajoute-t-il.
D’autres mesures vont jouer sur
le pouvoir d’achat : la suppression
de la hausse de la fiscalité sur les
produits énergétiques, initialement
prévue ce mois-ci, et le gel des tarifs
du gaz et de l’électricité vont peser
sur l’inflation. La hausse de la prime
d’activité, la baisse de la taxe d’habitation et les hausses de salaires
pourraient bien faire de 2019
l’année du pouvoir d’achat. Sur le
seul premier trimestre, l’Insee
s’attend ainsi à une progression de
3 % du pouvoir d’achat en rythme
annuel. Le recul du prix du pétrole
est aussi une bonne nouvelle pour
le gouvernement. Le budget 2019 a
en effet été établi à l’automne der-
Dans ce contexte, que va décider la
Banque centrale européenne
(BCE) ? D’un côté, les risques restent nombreux – Brexit, ralentissements américain et chinois, tensions commerciales… – et comme le
prix du pétrole recule, l’institution
monétaire ne devrait a priori pas
être pressée de remonter ses taux
d’intérêt. Mais, d’un autre côté, les
salaires augmentent de plus en plus
vite dans la zone euro. Le chômage
dans certaines économies comme
l’Allemagne et les Pays-Bas se
trouve même probablement à son
niveau structurel, c’est-à-dire celui
en dessous duquel les salaires progressent plus vite et alimentent
ainsi la hausse des prix.
« Hors pétrole, tabac, tarifs administrés et produits alimentaires, très
volatiles, l’inflation devrait progressivement remonter cette année pour
finir 2019 aux alentours de 1,5 %,
juge Jesus Castillo, économiste
chez Natixis. La hausse des prix sera
alors proche de son niveau moyen
depuis la création de la zone euro. Les
conditions pour lesquelles la BCE a
toujours dit que les taux d’intérêt
pourraient commencer à remonter
seraient alors remplies, c’est-à-dire
une inflation proche, mais inférieure
à 2 % et autoentretenue. »
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 8
La France passe sous le seuil
des 35.000 communes
TERRITOIRE
Les maires ont créé
236 communes nouvelles en 2018, au-delà
des attentes. Faisant
passer le nombre
de communes en
France sous le seuil
des 35.000.
Matthieu Quiret
@MQuiret
Le nombre de communes vient
encore de passer un nouveau palier
de descente. Au 1er janvier, le pays
compte moins de 35.000 mairies,
alors qu’il dépassait encore le chiffre de 36.000 en 2015. Selon les chiffres du ministère des Collectivités,
236 communes nouvelles ont été
créées l’an dernier, et sont effectives
au 1er janvier, regroupant 616 communes anciennes. Comme le recensement du 1er janvier 2018 comptait
35.357 communes, la nouvelle estimation avoisine 34.977 mairies.
Des chiffres que l’Etat stabilisera
mi-janvier et qui confirment les
estimations réalisées par MaireInfo et « La Gazette des communes ». Voilà qui contredit une tendance au fléchissement de
ces démarches constatée en 2017 et
en début d’année 2018. Les élus
locaux ont donc bien accéléré les
rapprochements communaux ces
derniers mois en prévision de la
trêve de 2019. La loi interdit en effet
ces manœuvres locales avant des
élections municipales qui interviendront début 2020.
Créé en 2010 mais véritablement
pris en main en 2015 par les maires
en proie à des difficultés financiè-
Début août, le préfet de Vendée a validé la fusion des Sables-d’Olonne avec Olonne-sur-Mer
et Le Château-d’Olonne, qui regroupe depuis janvier 42.600 habitants. Photo Shutterstock
res, le statut de commune nouvelle
permet de fusionner des communes sans effacer l’identité de chacune d’entre elle (les communes
déléguées) et sans supprimer
immédiatement les conseillers
municipaux. En tout, 796 communes nouvelles auraient été créées
depuis leur mise en place, effaçant
du recensement officiel 2.516 communes.
Freins à lever
Ces rapprochements permettent de
sortir de l’isolement les villages et
petits bourgs et de donner accès à
leurs habitants à des services et
équipements inimaginables dans
des communes de quelques centai-
nes, voire dizaines de résidents.
L’appétit du Nord-Ouest pour ces
rationalisations se confirme :
les Deux-Sèvres s’étant enrichie de
17 communes nouvelles, contre 11
créations dans la Manche. La
moyenne s’établit à 2,6 communes
par commune nouvelle, et leur
taille tourne autour de 3.200 habitants environ.
Seulement 4 d’entre elles regroupent plus de 30.000 habitants. La
plus grande, à 68.000 habitants, est
Evr y-Courcouronnes dans
l’Essonne, dont le nom résulte des
deux entités fusionnées. Suivie de
Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)
qui a absorbé trois mairies voisines,
des Sables-d’Olonne en Vendée et
du Chesnay-Rocquencourt, dans
les Yvelines également. Les parlementaires comptent encourager la
poursuite des fusions dans les
années à venir et lever les freins qui
dissuadent les élus locaux, en particulier le risque d’isolement des plus
petites communes déléguées. Dans
le budget 2019 tout juste voté, une
disposition reconduit jusqu’en 2021
la garantie de la stabilité des dotations offertes depuis plusieurs
années aux communes nouvelles.
Fin décembre, le député Philippe
Gosselin a fait une proposition de
loi pour imposer au nouvel exécutif
d’une nouvelle municipalité de
faire tourner les réunions dans chaque commune déléguée. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
RALENTISSEMENT DE
LA ZONE EURO À 1,6 %
ROYAUME-UNI : LE BREXIT
PÈSE SUR LES SERVICES
L’inflation dans la zone euro
a ralenti en décembre à 1,6 %,
contre 1,9 % en novembre,
selon des données publiées
vendredi par l’Office
européen des statistiques
Eurostat. En excluant les
produits particulièrement
volatils (énergie, produits
alimentaires et tabac),
l’inflation a continué de
stagner à 1,0 %.
L’activité dans les services au
Royaume-Uni a encore
tourné au ralenti en
décembre en raison du
Brexit, selon IHS Markit.
L’indice PMI des directeurs
d’achat des entreprises du
secteur des services a
augmenté à 51,2 points en
décembre, après 50,4 en
novembre, le plus bas niveau
depuis juin 2016.
52,6
LE PMI MANUFACTURIER
DU JAPON EN HAUSSE
L’activité du secteur manufacturier au Japon a progressé plus vite qu’attendu en
décembre, portée par la plus
forte hausse de la production
industrielle en huit mois.
L’indice Markit s’était établi
à 52,2 en novembre.
Les inégalités au cœur de la présidence
française du G7
INTERNATIONAL
La France va aussi
proposer « une
norme ISO pour les
entreprises qui
respectent l’égalité
entre hommes et
femmes. »
Emmanuel Macron
accueillera les chefs
d’Etat et de gouvernement du G7 à Biarritz
fin août.
Pour lutter contre
les inégalités, cinq
objectifs ont été fixés.
JEAN-YVES LE DRIAN
Ministre des Affaires étrangères
Richard Hiault
@RHIAULT
Les « aoûtiens » qui envisagent de
partir en vacances tranquillement
sur la côte basque, et plus particulièrement à Biarritz, devraient peutêtre changer leur plan. La France
présidant cette année le forum du
G7, Emmanuel Macron a décidé
d’accueillir les chefs d’Etat et de
gouvernement dans cette ville du
24 au 26 août. « La présidence française du G7 doit servir à élaborer un
nouveau cadre d’actions internationales contre les inégalités », avait
indiqué mi-décembre le ministre
des Affaires étrangères français,
Jean-Yves Le Drian, venu présenter
les priorités françaises devant les
ambassadeurs étrangers, réunis
pour l’occasion à Biarritz.
A cet effet, Paris s’est fixé cinq
objectifs prioritaires. D’abord lutter
contre les inégalités de destin, en
favorisant particulièrement l’égalité hommes-femmes, l’accès à
l’éducation et à des services de santé
de qualité. Les efforts porteront
notamment sur les politiques à
mener dans les pays en développement. C’est l’une des promesses faites par Emmanuel Macron lors de
s a v i s i t e a u Tc h a d , l e s 2 2 e t
L’hôtel du palais de Biarritz devrait accueillir les chefs d’Etat et de gouvernement du G7 du 24 au 26 août prochain. Photo Shutterstock
23 décembre, lorsqu’il avait rencontré un collectif de femmes du pays.
La France va aussi proposer « une
norme ISO pour les entreprises qui
respectent l’égalité » entre hommes
et femmes, a précisé le ministre.
Deuxième objectif : favoriser la
réduction des inégalités environnementales par des financements en
faveur du climat et une transition
écologique juste. Parallèlement au
sommet du G7, une séquence du
« One Planet Summit » est d’ores et
déjà programmée. Elle devra
apporter des solutions concrètes en
faveur du climat, de la biodiversité
et des océans.
Impliquer les citoyens
La France souhaite aussi promouvoir des politiques commerciales,
fiscales et de développement plus
justes et équitables. La taxation des
entreprises du numérique et la
réforme de l’Organisation mondiale du commerce seront au menu.
S’ajoutent également deux derniers objectifs : la lutte contre le terrorisme et ses financements ;
l’exploitation des opportunités
offertes par le numérique et l’intelligence artificielle. La création d’un
groupe international d’experts
dans ce dernier domaine, semblable à celui qui existe en matière climatique, pour un développement
éthique et responsable de cette
technologie, est ainsi évoquée.
Les citoyens, premiers impliqués
par ce qu’il se décide au G7, seront
étroitement associés aux travaux.
Tout au long de l’année, des minisommets rassembleront les jeunes
(Youth 7), les femmes (Women 7),
les organisations non gouverne-
Les signaux inquiétants s’accumulent
sur l’activité en zone euro
ZONE EURO
L’indice composite
PMI du cabinet Markit
est tombé à 51,1
en décembre, au plus
bas depuis cinq ans.
Ce qui présage
d’un ralentissement
plus fort qu’attendu
de la croissance.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
L’activité économique en zone
euro est tombée à son niveau le
plus bas depuis la mi-2013, selon
les données diffusées vendredi par
le cabinet IHS Markit. L’estimation
définitive de l’indice composite,
regroupant les industries et services, des directeurs d’achats interrogés par Markit a été ramené
à 51,1 en décembre, contre 52,7 en
novembre et 51,3 en estimation
flash de fin décembre. C’est un
recul de 7 points en un an !
Même si cet indice reste au-dessus du seuil de 50 – un niveau inférieur signalerait un ralentissement
sinon une récession – il ouvre la
perspective d’une croissance plus
faible que prévu en 2019, après un
troisième trimestre 2018 déjà décevant (+0,2 %). Selon les dernières
prévisions de la Commission européenne, qui datent de novembre, la
croissance devait atteindre 1,9 % en
zone euro en 2019. La BCE a ramené
de son côté sa prévision à 1,7 % le
mois dernier.
Les anticipations des entreprises
sont au diapason : le sous-indice de
la production future est tombé à un
plus bas depuis plus de quatre ans.
« Les entreprises ne s’attendent pas à
un revirement positif de la demande.
Leurs inquiétudes reflètent de multiples vents contraires, du Brexit aux
guerres commerciales et aux incertitudes politiques », résume l’économiste en chef d’IHS Markit, Chris
Williamson.
L’indice des services en zone
euro est tombé aussi à un plancher
depuis quatre ans, à 51,2. L’indice
manufacturier, diffusé mercredi, a
reculé en décembre pour le cin-
quième mois consécutif, à 51,4, au
plus bas depuis février 2016.
Recul dans tous les pays
Pays par pays, la situation est contrastée, les indices en Allemagne et
en France étant dégradés, à l’inverse
de ceux en Italie et Espagne. En Allemagne, principale économie de la
zone, l’indice PMI est tombé à 51,6
contre 52,3 en novembre. L’activité
des services y est au plus bas depuis
27 mois, et celui de l’industrie à un
plancher depuis trois ans, en raison
notamment de perspectives dégradées dans l’industrie automobile.
En France, sous l’impact du mouvement des « gilets jaunes », l’indice
composite s’est effondré à 48,7
contre 54,2 en novembre, en raison
de la première chute de l’activité du
secteur privé, surtout du commerce, depuis deux ans et demi.
En revanche, en Italie, les services
ont enregistré leur croissance la plus
élevée depuis trois mois, laissant présager une accélération de l’activité au
premier semestre de cette année. En
Espagne, la croissance des services
est restée soutenue en décembre,
avec un indice Markit à 54.
« Les entreprises
ne s’attendent pas à
un revirement positif
de la demande. Leurs
inquiétudes reflètent
de multiples vents
contraires, du Brexit
aux guerres
commerciales et aux
incertitudes
politiques. »
CHRIS WILLIAMSON
Economiste en chef
d’IHS Markit
Hors zone euro, les perspectives
sont plombées par le Brexit au
Royaume-Uni, où l’économie
n’aurait enregistré qu’une croissance de 0,1 % au quatrième trimestre. Il faut remonter à mars 2009
pour retrouver des anticipations
des entreprises de services aussi
négatives outre-Manche. n
m e n t a l e s (C 7 ) , l e s s y n d i c a t s
(Labour 7), les employeurs (Business 7), les centres de recherche
(Think tanks 7) et les académies des
sciences (Science 7).
Raviver le G7
Un « plan d’ensemble » devrait être
dévoilé dans les prochains jours
selon les indications fournies par
Jean-Yves Le Drian. Dès le 22 janvier
« les rendez-vous de Bercy » dans le
cadre de cette présidence française
du G7 débattront de l’adaptation du
modèle libéral face aux innovations
et aux nouvelles technologies ainsi
que sur les inégalités et le rôle social
des entreprises.
Les sujets envisagés, en particulier la lutte contre le réchauffement climatique et la promotion
d’un multilatéralisme commercial, risquent une fois de plus susciter d’âpres discussions. Surtout,
Emmanuel Macron devra éviter
un fiasco à l’image du sommet
organisé par la présidence canadienne, les 8 et 9 juin dernier à
Charlevoix (Québec).
Justin Trudeau, le Premier
ministre du Canada, hôte du G7
avait essuyé un sérieux revers. Le
sommet à peine achevé, le président américain Donald Trump
s’était désolidarisé des engagements
contenus dans le communiqué
final de la présidence. Emmanuel
Macron aura la lourde tâche de
raviver l’esprit du G7, sinon du G8.
En juin dernier, le chef de l’Etat
avait souhaité le retour de la Russie dans ce cénacle. Au regard des
tensions entre la Russie et
l’Ukraine, cette perspective semble pourtant s’éloigner. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
L’économie américaine envoie une série
de signaux rassurants
nique : davantage d’adultes sont
revenus sur le marché du travail
pour chercher un emploi ces dernières semaines, et sont donc
comptabilisés comme des chômeurs, alors qu’ils n’étaient plus
comptés dans la population active.
ÉTATS-UNIS
Les créations d’emplois
ont été deux fois plus
élevées que prévu en
décembre, balayant
les craintes d’une
récession en 2019.
Pressions sur la Fed
Le président de la Fed
a de son côté promis
d’être « patient ».
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Les investisseurs n’en espéraient
pas tant. Les craintes d’un ralentissement de l’économie américaine, voire d’une récession en
2019 sur fond de guerre commerciale, de resserrement monétaire
et de blocage des institutions ces
deux dernières semaines, se sont
momentanément dissipées en
l’espace de quelques heures. Des
données très supérieures aux
attentes sur le marché de l’emploi
publiées vendredi, couplées à des
déclarations rassurantes par le
président de la Fed, Jay Powell, ont
soufflé un inhabituel vent
d’enthousiasme sur les marchés.
En décembre, l’économie américaine a en effet déjoué toutes les
prédictions, affichant
312.000 créations de postes, soit
près de deux fois plus que prévu.
Sur l’année, ce sont 2,64 millions
d’emplois qui ont été créés, le chiffre le plus élevé depuis trois ans.
Des données qui « font passer les
craintes de récession pour une
plaisanterie », écrit Paul
Ashworth, chef économiste de
Capital Economics, pour
qui « l’économie en a encore sous le
pied ». « Les craintes de récession
sont prématurées », a abondé Gad
Levanon, chef économiste pour
The Conference Board.
Progression des salaires
Le ministère du Travail s’est même
offert le luxe de revoir à la hausse les
chiffres d’octobre et de novembre,
ajoutant un total de 58.000 emplois
supplémentaires au décompte.
« Sur l’ensemble de l’année 2018,
l’économie a créé quelque 220.000
emplois par mois en moyenne, un
record depuis 2015 », conclut Gre-
gory Daco, chez Oxford Economics.
Autre signe encourageant, les salaires, dont la faible progression, alors
que l’économie tourne à plein,
donne des maux de tête aux économistes, ont continué à grimper, progressant de 3,2 % sur l’ensemble de
l’année. Le taux de chômage est
légèrement remonté à 3,9 %, mais
demeure à un plus bas depuis 2000.
Les analystes n’y voient d’ailleurs
pas de motif d’inquiétude et expliquent la hausse par un effet méca-
Ces données risquent de compliquer la tâche de la Fed cette année.
Celle-ci entend continuer de durcir
la politique monétaire avec deux
nouvelles hausses de taux en 2019,
mais fait l’objet de pressions provenant à la fois de la Maison-Blanche
et des investisseurs en faveur d’un
ralentissement, dans un contexte
d’incertitude. Jerome Powell, qui
s’exprimait lors d’une conférence à
Atlanta vendredi après-midi, s’est
voulu rassurant, promettant d’être
« patient ». « Nous sommes prêts à
ajuster notre politique rapidement
et de façon flexible, et à utiliser tous
nos outils pour soutenir l’économie
si cela était nécessaire », a-t-il commenté. « Nous serons patients, tout
en étudiant la manière dont évolue
l’économie ». Les économistes de JP
Morgan estiment que la banque
centrale attendra le mois de juillet
pour remonter les taux. La combinaison des bons chiffres de
l’emploi et des propos sécurisants
de Jerome Powell a évidemment
déclenché l’euphorie des marchés
vendredi. A la clôture, l’indice Dow
Jones avait gagné près de 3,3 %. n
Nouveau bras de fer migratoire en Europe
EUROPE
Une cinquantaine
de migrants sont
bloqués sur des navires en Méditerranée.
Le nombre d’arrivées
est toutefois à la baisse.
Gabriel Grésillon
— Bureau de Bruxelles
La question migratoire s’invite à
nouveau dans le débat européen. La
Commission européenne a appelé,
en fin de semaine, à « plus de solidarité » entre les Etats européens pour
accueillir une cinquantaine de
migrants secourus en mer par deux
ONG. Rappelant une chorégraphie
désormais bien connue, la
demande de la Commission européenne a fini par être accueillie
positivement par quelques Etats,
prêts à faire preuve de bonne
volonté à condition de ne pas être
isolés. C’est le cas de l’Allemagne,
des Pays-Bas et de la France. Alors
que 32 migrants sont à bord du
« Sea-Watch 3 », dans les eaux maltaises, et que le « Sea-Eye » compte,
quant à lui, 17 personnes à bord, ces
trois pays ont été parmi les plus
volontaristes, au cours des derniers
mois, pour tenter de mettre en place
une « coalition des bonnes volontés ».
Mouvements secondaires
Mais ils refusent de s’engager sans
une sérieuse contrepartie d’autres
Etats membres. Voyant arriver sur
leur sol des migrants dans le cadre
de « mouvements secondaires »
internes à l’Union européenne, ils
souhaitent notamment que l’Italie
muscle les dispositifs permettant
de mieux contrôler les arrivées et
les renvois des personnes ne pouvant pas prétendre à l’asile. L’Italie,
Malte et l’Espagne ont, quant à elles,
refusé d’accueillir les migrants
actuellement en mer.
« La situation montre une fois de
plus qu’il est urgent de trouver des
solutions prévisibles et durables », a
plaidé une porte-parole de la Com-
mission européenne. Le contexte
risque toutefois de ne pas aider. Certes, le débat évolue. En décembre,
Paris et Berlin ont ouvert la voie à
l’idée que certains Etats pourraient,
de façon ponctuelle et justifiée,
s ’a f f r a n c h i r d e l ’o b l i g a t i o n
d’accueillir des réfugiés sur leur sol
à condition d’exercer leur solidarité
européenne via un autre moyen
(financier notamment).
Une ouverture qui, dans l’absolu,
pourrait débloquer le jeu. Mais à
quelques mois d’élections européennes qui s’annoncent capitales,
les conditions d’un apaisement
autour de cette question électrique s’éloignent chaque jour, en particulier chez les dirigeants qui ont
fait du rejet des migrations leur
fonds de commerce électoral – Matteo Salvini en Italie ou Viktor Orban
en Hongrie. Quant à l’Autriche, qui
assurait la présidence tournante de
l’Union européenne au cours des six
derniers mois, elle n’a pas fait preuve
d’empressement sur ce dossier.
La tragédie en mer
demeure.
En 2017, 2.262 décès
ont été dénombrés.
L’élection européenne graviterat-elle autour de cette question,
comme le souhaitent les dirigeants
nationalistes ? Ce serait d’autant
plus paradoxal que le phénomène
migratoire diminue. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les
réfugiés (HCR) a annoncé, jeudi, que
le nombre de traversées de la Méditerranée en 2018 s’était établi à un
peu plus de 113.000, contre 172.000
un an plus tôt et plus de 800.000 en
2015, au plus fort de la crise. La tragédie en mer demeure, elle, avec
2.262 décès dénombrés l’année dernière. Autre évolution notable en
2018 : les flux vers l’Italie ont été divisés par 5 pour tomber à 23.000, un
argument de poids pour Matteo Salvini. L’Espagne, elle, a reçu deux fois
plus de personnes qu’un an plus tôt,
avec 62.000 arrivées. n
Matteo Salvini en proie à la révolte
des maires italiens
Les maires de Palerme,
Milan et Naples dénoncent
la politique sécuritaire du
ministre de l’Intérieur et
menacent de ne pas
appliquer ses mesures
concernant l’immigration.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
« Ce sont des amis des clandestins, des
ennemis des Italiens, qu’ils démissionnent s’ils ne sont pas contents. »
Matteo Salvini attaque ainsi les maires qui dénoncent son décret-loi
sécurité. La mesure principale, qui a
suscité l’indignation de l’opposition,
concerne l’abolition des permis de
séjour humanitaires jusqu’à présent
accordés aux personnes vulnérables. « C’est un texte inhumain, parce
qu’il viole les droits de l’Homme, et criminogène parce qu’il transforme en
illégaux des personnes qui se trouvent
légitimement sur notre territoire », a
réagi le maire de Palerme Leoluca
Orlando. D’après les estimations de
l’Institut pour les études de politiques internationales (ISPI), il fera
augmenter le nombre de clandestins de 120.000 d’ici à 2020, les faisant passer de 480.000 à 600.000.
Soutien à Matteo Salvini
La loi interdit en effet l’obtention du
droit de résidence à une personne
disposant d’un permis de séjour,
empêchant ainsi l’octroi de prestations sociales et sanitaires. L’édile
sicilien refuse donc d’appliquer les
dispositions relevant de la compétence des communes. Il est suivi par
ses collègues de Naples, Florence,
Milan et Bari. « Certains maires
regrettent les temps passés de l’immigration, mais, pour eux aussi la belle
vie, c’est fini », a commenté Matteo
Salvini, fort du soutien de l’opinion
publique dans les sondages. Cette
polémique est une aubaine pour lui,
remettant ce dossier sur le devant de
la scène à quelques mois des élections européennes. Oubliant qu’il
avait appelé les maires de la Ligue à
désobéir à la loi sur les unions civiles
lorsqu’il était dans l’opposition, il fustige le caractère illégal de cette désobéissance civile. « Il ne s’agit pas de
désobéissance civile, ni d’objection de
conscience, lui a répondu Leoluca
Orlando, mais de la simple application des droits constitutionnels à tous
ceux qui vivent dans notre pays. » Il a
en outre fait part de son intention de
saisir un juge pour que soit évaluée
la constitutionnalité de la loi. L’association des villes italiennes est divisée sur le sujet. Si son président, le
maire centre gauche de Bari, juge
nécessaire d’apporter des corrections à un texte qui « en l’état ne
garantit pas les droits humains », les
maires de droite se rangent derrière
le ministre. La majorité est néanmoins très réservée sur des dispositions qui aggraveront l’ordre public,
à l’image du maire de Milan. « Il faut
prendre en considération son impact
économique et social pour nos villes,
a-t-il déclaré. Plus il y aura de personnes dans la rue sans logement et sans
ressources, et plus nous devront faire
face à des situations difficiles. » n
Bolsonaro
alimente la
cacophonie
à Brasilia
BRÉSIL
Le président Jair
Bolsonaro a annoncé
plusieurs mesures
rapidement
démenties par
ses subordonnés.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
« Il s’est trompé ». Onyx Lorenzoni, le chef du gouvernement, a
dû l’admettre vendredi lors
d’une conférence improvisée.
« Il », c’est Jair Bolsonaro, qui,
quelques heures auparavant,
avait annoncé avoir majoré une
taxe sur les opérations financières et réduit l’impôt sur le
revenu pour les plus nantis.
Dans sa première interview
télévisée, Jair Bolsonaro avait
également dessiné les contours
de la réforme des retraites, cruciale pour réduire le déficit budgétaire. Mais tout cela a causé
un certain stress à Brasilia, et le
rapide démenti n’a pas dissipé le
malaise. Le ministre de l’Economie, Paulo Guedes, qui devait,
selon le président, confirmer la
réduction d’impôt, a tout simplement annulé tous ses rendez-vous de la journée.
Dix ans de croissance
durable
La réforme des retraites est considérée comme « le plus important défi » à relever pour mettre
le Brésil sur la voie du redressement budgétaire, avait assuré
Paulo Guedes lors de son investiture, mercredi. « Si l’on y parvient dans les trois mois qui viennent, nous aurons dix ans de
croissance durable de vant
nous », avait-il promis. Le nouveau gouvernement devra présenter son projet de réforme
définitif le mois prochain lors de
la réouverture des travaux parlementaires. La nouvelle équipe
au pouvoir espère profiter de la
lune de miel entre le président
Bolsonaro et une grande partie
de la population pour faire
adopter cette réforme impopulaire. « Je lance un appel à l’aide »,
a ajouté Paulo Guedes, lors d’un
discours improvisé de trois
quarts d’heure, au cours duquel
il s’est montré très à l’aise. En cas
d’échec de la réforme, il s’est dit
prêt à prendre des mesures
d’austérité encore plus amères
pour réduire les dépenses publiques. A terme, Paulo Guedes
envisage de réduire la charge fiscale des actuels 36 % à 20 % du
PIB. Un objectif ambitieux, mais
qui ravit les milieux d’affaires.
Bourse en fête
La confiance des investisseurs
en la nouvelle politique économique défendue par Paulo Guedes a propulsé la Bourse de São
Paulo vers de nouveaux sommets. L’indice Bovespa a franchi
le cap des 90.000 points et gagné
près de 5 % depuis l’investiture
de Jair Bolsonaro le 1er janvier. Et
ce, malgré une chute de 5 % des
actions d’Embraer lors de la
séance de vendredi, après certaines critiques de l’alliance entre
l’avionneur brésilien et Boeing
émises par… Jair Bolsonaro ! En
matière de politique étrangère,
le président brésilien veut toujours « coller » à Donald Trump.
Il a évoqué une collaboration
avec les Etats-Unis dans le
domaine de la défense, avec la
possibilité d’installer une base
militaire américaine sur le sol
brésilien. Du jamais-vu ! Il a également confirmé que le pays
allait reconnaître Jérusalem
comme la capitale d’Israël, et
que le principe du transfert de
l’ambassade du Brésil de Tel Aviv
vers Jérusalem était acquis. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle La vérité économique ne se décide pas
par référendum
des Echos
La Chronique
Donald Trump, si vulnérable
mais si dur à battre
Le Point de vue
Retrouver les fondements
de notre contrat social
Art et culture
Tout ce que vous n’avez jamais osé
demander sur Freud…
Sciences
Qui (re-)décrochera la Lune ?
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Choc électrique
Ceux qui refusent aujourd’hui de payer
quelques centimes de plus leur litre
d’essence seront-ils prêts demain à payer
quelques milliers d’euros de plus leur
voiture ? La réponse est évidente mais
elle ne fait guère douter les politiques
qui ont décrété que l’avenir de la voiture
serait électrique ou ne serait pas. Accusée
Par David
à tort d’être la principale cause du
Barroux
réchauffement climatique et de la pollution,
l’automobile a été désignée comme le nouvel
Si l’on
ennemi à abattre. Conscient qu’il sera
regarde
impossible de s’en passer totalement, ceux
qui nous gouvernent ont fait preuve d’une
les chiffres
forme de bienveillance en passant un pacte
des immaavec les constructeurs : « Débarrassez-vous
triculations, du diesel et nous vous laisserons vendre de
la demande l’électrique. » Cette injonction dogmatique
aurait pourtant mérité un véritable débat.
électrique
Est-on si sûr que la voiture électrique bien
est très loin plus lourde sera moins polluante ? Est-il
raisonnable de promouvoir une mobilité
d’être
aux électrons sans se soucier de savoir
au rendezcomment sera produite l’électricité ? Sur
vous.
la durée, est-on certain que la fabrication
et le recyclage des batteries ne déboucheront
pas sur un désastre écologique ? Si le « vieux diesel » est
incontestablement nocif, les nouvelles motorisations équipées
de pots catalytiques ne représentent-elles pas une alternative
acceptable ? En France, encore plus qu’ailleurs, aucun responsable
politique n’a osé poser ces questions et encore moins tenté
d’y répondre. On a donc décrété sans débat que le consommateur
roulerait à l’électrique. Le problème est que pour l’instant,
les automobilistes refusent ce diktat et qu’il suffit de regarder
les chiffres des immatriculations pour constater que la demande
électrique est très loin d’être au rendez-vous. Les apôtres du toutélectrique font valoir qu’il s’agit essentiellement d’un problème
d’offre. L’arrivée massive sur le marché dès cette année de
nouveaux modèles plus performants pourrait en effet contribuer
à stimuler la demande même si les problèmes d’autonomie
et de manque de bornes de recharge vont durablement jouer
contre un véhicule adapté pour les déplacements du quotidien,
particulièrement en milieu urbain, mais guère pour la route.
Encore très marginale, la voiture électrique va forcément
progresser mais cela placera rapidement les gouvernements face
à leurs contradictions. Eux qui ont fait de l’auto une vache à lait
constamment taxée, accepteront-ils longtemps de subventionner
l’auto dans sa version électrique ? L’histoire a prouvé que l’on avait
souvent bien du mal à faire boire un âne qui n’a pas soif. Si demain
la voiture électrique qui ne bénéficiera plus de primes était encore
plus chère, le consommateur restera peut-être un âne très têtu.
(
Lire nos informations
Pages 16-17
Inflation : un bol
d’air temporaire
Par Etienne Lefebvre
L’inflation ralentit et le gouvernement peut pousser un ouf
de soulagement. L’évolution observée en décembre devrait en effet
se prolonger en 2019, ramenant le rythme de hausse des prix
en dessous de 1 % à mi-année. A l’été 2018, l’inflation avait franchi
le seuil des 2 % sous l’effet d’un mini-choc pétrolier, pénalisant
l’ensemble de l’économie, ce qui avait participé au déclenchement
de la crise sociale de l’automne. Le prix du baril ayant chuté depuis
octobre, les ménages vont retrouver du pouvoir d’achat et les
entreprises vont voir leurs coûts de production diminuer. Les gains
de pouvoir d’achat à court terme seront d’autant plus élevés que
l’exécutif a ouvert les vannes budgétaires. En outre, la désindexation
des prestations sociales (retraites) pèsera moins lourd dans
un contexte d’inflation ralenti. Faut-il pour autant se satisfaire
de cette inflation qui reste faible, hors effet pétrole ? A moyen terme
non, car cela signifierait que la France accuse toujours un retard
de production par rapport à sa trajectoire d’avant-crise, ou que les
liens mécaniques entre prix, salaires et croissance sont distendus.
Au niveau européen, le ralentissement de l’inflation, s’il se confirme,
va compliquer la tâche de la BCE qui entend normaliser sa politique
monétaire. Cela pourrait retarder la hausse de taux. Un bol d’air
pour la France, dont la dette flirte avec les 100 % de PIB ? Là encore,
la réponse n’est positive que dans une vision de court terme.
Pour sortir de l’ornière, l’économie de l’Hexagone aurait besoin
de davantage d’inflation et de croissance, générant une accélération
des recettes fiscales et facilitant le désendettement public et privé.
Une chose est sûre, le gouvernement ne doit pas manquer l’occasion
qui lui est donnée – avec la baisse de cette inflation importée
et le maintien de taux très bas – de pousser les réformes (chômage,
fonction publique, etc.) cette année. Après, il sera trop tard.
(
Lire nos informations
Page 5
En 2019, l’érosion périlleuse
de la croissance mondiale
Jean-Marc Vittori
@jmvittori
Attachez vos ceintures. L’avion de
l’économie mondiale a entamé sa
descente. Les nuages sont nombreux et la brume épaisse, mais la
piste est proche. La croissance doit
atterrir en cette année 2019 tout en
maintenant une vitesse appréciable.
Attachez vos ceintures non parce
que c’est la panique à bord, mais
parce que c’est la procédure habituelle. Nous revenons sur la terre
ferme. A moins que la tour de contrôle ne voie pas ce qui se passe.
Commençons par l’atterrissage. Il
y a trois mois, les experts du Fonds
monétaire international estimaient
que l’activité mondiale resterait sur
une pente de près de 4 % (3,7 % prévus pour chacune des quatre années
2017 à 2020). La production semblait
solidement installée sur un plateau
de croissance soutenue, plus élevé
que lors des années 1980 ou 1990 (un
peu plus de 3 % l’an). Mais les prévisions vieillissent vite. Les chiffres
parus depuis l’automne indiquent
une baisse d’altitude. L’OCDE, forum
de réflexion économique regroupant surtout des pays avancés,
annonçait fin novembre une activité
ralentissant à 3,5 % l’an prochain.
Cela n’est plus un plateau. Le paysage
ressemble plutôt à un glacis – « surface d’érosion en pente », selon le dictionnaire. Une érosion déjà anticipée par les investisseurs en Bourse.
Pour comprendre ce qui se joue, il
faut repartir de la récession de 2009.
Après la panique planétaire déclenchée par la faillite de la banque Lehman Brothers, l’économie a brutalement décroché dans pratiquement
tous les pays. Le monde était synchronisé à la baisse. Le redémarrage
a été très inégal. Nombre d’économies émergentes sont reparties en
flèche, soutenues par une forte
demande interne et un afflux de
capitaux en quête de rendement.
L’Amérique est repartie un peu plus
tard, avec des politiques budgétaire
et monétaire très vigoureuses. Le
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
En principe,
la croissance
mondiale doit atterrir
en douceur en 2019.
Mais ce scénario est
loin d’être acquis.
Les incertitudes
commerciales et
politiques pourraient
provoquer un
dangereux dérapage.
D
Les points à retenir
Les pays émergents en déficit
•extérieur
(Argentine, Turquie,
Brésil…) vivent sous la menace
d’un « sudden stop », un arrêt
soudain des flux de capitaux
venant financer le déficit
courant.
Les échanges mondiaux
ne jouent plus de rôle moteur,
contrairement à ce qui s’est
passé avant le krach de 2008.
Avec la montée
du protectionnisme
il y a un risque majeur de perte
de contrôle qui pourrait
précipiter l’économie
dans le chaos.
•
•
Vieux Continent s’est vautré dans la
crise de la zone euro en 2011-2012 qui
l’a affaibli pour des années. Jamais
l’écart entre pays pauvres et pays
riches ne s’est réduit aussi vite. Fin
2014, une baisse brutale du cours du
pétrole, provoquée par l’Arabie
saoudite, a donné l’impulsion qui
manquait à la reprise des pays avancés. L’accélération s’est généralisée
en 2017, avec un monde synchronisé
cette fois-ci à la hausse (comme en
1988, deux ans après un « contrechoc pétrolier » survenu en 1986).
Mais ce sommet est passé. Considéré au départ comme un trou d’air,
un ralentissement général a commencé début 2018, sur fond de
pétrole plus cher. Tassement plus
qu’effondrement, car il y a un socle
de croissance robuste. Les consommateurs ont à la fois l’envie et les
moyens de consommer. Les entreprises investissent. La finance est
plus résistante qu’il y a une décennie,
même si on peut mieux faire. La politique budgétaire va être généreuse
cette année, pour des raisons différentes d’un pays à l’autre (Trump
aux Etats-Unis, coalition des extrêmes en Italie, « gilets jaunes » en
France, surplus en Allemagne, etc.).
La politique monétaire est en
revanche moins accommodante. La
Réserve fédérale des Etats-Unis
devrait encore relever ses taux
d’intérêt, la Banque centrale européenne cesse d’acheter des dizaines
de milliards d’euros de titres chaque
mois. Les taux d’intérêt restent
cependant à bas niveau. Le « policy
mix » mondial, combinaison des
politiques budgétaire et monétaire,
va soutenir l’activité. L’atterrissage
devrait donc se passer en douceur.
Mais trois clignotants indiquent
des périls. Le premier s’est allumé
l’an dernier dans les pays émergents
en déficit extérieur (Argentine, Turquie, Brésil…). Ces pays vivent sous la
menace d’un « sudden stop », un
arrêt soudain des flux de capitaux
venant financer le déficit courant qui
a causé toutes les grandes crises des
pays du Sud depuis quarante ans.
Le deuxième clignotant vient du
commerce mondial. Depuis la crise,
les échanges mondiaux avaient progressé un peu moins vite que la production. Ils ont accéléré en 2017
(+5,2 % selon le FMI) mais reviennent depuis sur une pente moins
soutenue que l’activité. Ils ne jouent
donc plus de rôle moteur, contrairement à ce qui s’est passé avant le
krach de 2008.
Le troisième clignotant, sans
doute le plus inquiétant, porte sur la
politique. La montée du protectionnisme, menée par le président des
Etats-Unis Donald Trump, est sous
les projecteurs. Elle va certes peser
sur les échanges internationaux, et
elle pèse déjà sur les investissements. Mais ce n’est qu’une partie du
problème. Dans chaque grande
puissance économique, il y a un risque majeur de perte de contrôle qui
pourrait précipiter l’économie dans
le chaos. Le Brexit en est le symbole.
En Amérique, c’est Donald Trump
qui porte ce risque, avec une présidence chaotique. Fermeture temporaire de pans entiers de l’administration, déréglementation, pagaille du
commerce mondial… Le locataire de
la Maison-Blanche sème à tous
vents. Nul ne peut prévoir ce qu’il
fera si la Fed relève davantage les
taux d’intérêt pour contenir une
résurgence de l’inflation.
En Europe, la tentation de détricoter l’Union risque d’être forte
après des élections européennes
qui s’annoncent cauchemardesques. L’impulsion pourrait venir
d’Italie bien sûr, mais aussi de
France en cas de nouvelles secousses politiques, d’Allemagne en cas
de succession Merkel accélérée, des
pays du Nord lassés du laxisme
méditerranéen.
En Chine, le risque est d’une
nature différente : Pékin semble
avoir de plus en plus de mal à stimuler l’économie, avec une dette
galopante et un pouvoir qui tire sa
légitimité d’une promesse de croissance. Attachez tout de même
votre ceinture. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. Un Brexit sans accord serait un cauchemar pour l’industrie automobile
2. La fin du boom du Thermomix va imposer une restructuration
3. En Norvège, une voiture neuve sur trois est électrique
4. Russie : l’arrestation d’un Américain jugée « très sérieuse » par Moscou
5. Le projet « Minority Report » de Google prend forme
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
La vérité économique ne
se décide pas par référendum
Le printemps arabe
du Soudan
Les « gilets jaunes » réclament la création
d’un référendum d’initiative citoyenne
(RIC). Pour Pascal Perri, économiste,
cela reviendrait à donner à des non-experts
le droit d’arbitrer des sujets souvent
complexes.
QUELLE LÉGITIMITÉ ? « Quoi qu’on
en dise, l’économie est en partie une science
exacte ou, à défaut, une science
qui s’accommode mal de l’à-peu-près.
La tentation d’organiser des RIC sur les
grandes problématiques économiques posera
inévitablement la question de la compétence
des votants. La vérité économique ne se décide
pas au suffrage universel, d’autant qu’avec
le temps elle s’est beaucoup complexifiée. »
ARBITRAGES HASARDEUX « Chacun
d’entre nous a un talent, parfois même
plusieurs, mais, au nom de la liberté
individuelle de penser ou de décider, il ne me
viendrait pas à l’idée de donner des conseils
ou même d’émettre un avis sur des questions
de navigation aérienne ou de chimie
moléculaire ! La liberté de penser ne donne
aucun droit à arbitrer des matières
complexes. La liberté est reconnue et elle doit
être défendue. L’expertise dans des domaines
complexes doit, elle aussi, être protégée au
nom de la défense de l’intérêt collectif. Nous
ne pouvons pas exposer la nation aux risques
d’arbitrages idéologiques et donc hasardeux. »
EXPERTISE POPULAIRE « La société
française glisse dangereusement sur la pente
d’une présumée expertise populaire. Tous les
avis se vaudraient. Eh bien non, ce n’est pas
le cas ! L’avis d’un expert n’est pas l’avis d’un
non-expert. Il faut le dire et le répéter, car
c’est au fond l’état de salubrité intellectuelle
du pays qui est en cause. Pour des raisons très
démagogiques, des responsables politiques
de premier plan se plaisent à encourager
des revendications que leur entourage aurait
dû leur décrire comme mortelles. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Il règne au Soudan un parfum de
•printemps
arabe, estime le « Financial Times ». Le mouvement contre
Omar Al Bashir a commencé par des
manifestations contre la vie chère
début décembre, puis s’est transformé
en protestation de l’opposition afin de
réclamer le départ du président soudanais. Dans ce qui ressemble aux
grandes manifestations de 2011 contre
les pouvoirs en place dans le monde
arabe, des femmes, des jeunes, des
personnes âgées ne redoutent pas les
gaz lacrymogènes ni les tirs à balles
réelles pour protester.
Reste, souligne le « Financial
Times », que, depuis son coup d’Etat
de 1989 soutenu par les islamistes, le
président soudanais a fait preuve
d’une incroyable capacité à se maintenir grâce à la répression notamment
des manifestations, comme celles
de 2011. Le « FT » en profite pour critiquer la communauté internationale.
« Ironiquement, écrit le quotidien, si
ce n’était pas pour la décision de 2010 de
la Cour pénale internationale de
l’inculper pour génocide, crimes de
guerre et contre l’humanité, Bashir
serait déjà parti. Or cette inculpation l’a
encouragé à se maintenir au pouvoir. »
Mais les efforts qu’il a déployés pour
échapper à son sort pourraient se
retourner contre lui. L’économie,
après la séparation du Soudan du Sud,
est en chute libre et le pays est isolé en
dépit du récent soutien saoudien.
Bashir est désormais victime du syndrome de l’homme fort au pouvoir.
Pour se maintenir il faudra qu’il fasse
des concessions non seulement économiques mais aussi politiques aux
Soudanais.
« Et une fois le couvercle levé, il n’est
pas sûr que lui et sa clique parviennent
à rester en place à Khartoum. »
— J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Une belle galerie
de bêtes politiques
LE PROPOS Après le « dégagisme »
de 2017, qui peut espérer compter
dans les débats de 2022, aux côtés
d’Emmanuel Macron ? Cette
question sert de prétexte à Frédéric
Métézeau, journaliste à France
Inter, pour peindre les portraits de
personnalités aussi variées que
Jean-Luc Mélenchon, Marion
Maréchal-Le Pen, Laurent
Wauquiez, Christophe Castaner ou
Boris Vallaud. Un choix par
définition contestable. Edouard
Philippe n’y apparaît pas. Et il n’est
pas certain que Bruno Le Maire
apprécie d’y voir les visages du
député LR Pierre-Henri Dumont
ou de Gérald Darmanin, quand
lui… n’y figure pas.
L’INTÉRÊT 2019 commence par un
excellent livre politique.
Contrairement à trop d’ouvrages du
genre, Frédéric Métézeau ne
survole pas, en pontifiant ou en se
faisant simplement plaisir, ses
sujets d’observation. Son regard sur
ces bêtes politiques de tout poil,
entre « ancien » et « nouveau
monde », est nourri de citations, très
Vieux renards et jeunes loups
Par Frédéric Métézeau, Editions
de l’Archipel, 416 pages, 21 euros.
informé, toujours équilibré. Et le
tout se lit avec délectation.
L’EXTRAIT « Christian Jacob,
l’influent président du groupe LR à
l’Assemblée et ancien ministre de
Jacques Chirac, nous rappelle les
fondamentaux de son mentor :
“Article 1, le chef a toujours raison.
Article 2, en cas d’erreur du chef, se
référer à l’article 1.” [...] Laurent
Wauquiez est bien décidé à appliquer
cette loi en deux articles. » — P-A. F.
Un des critères de vote aux prochaines élections américaines sera : « Qui accepterais-je de voir sur les écrans
de télévision le plus longtemps sans être pris par un phénomène de rejet viscéral ? » Photo Brendan Smialowski/AFP
Donald Trump, si vulnérable
mais si dur à battre
Pour le 45e président des Etats-Unis, l’année 2019 s’annonce difficile, entre la
perte de la Chambre des représentants et les multiples enquêtes judiciaires.
Pour autant, la victoire du camp démocrate en 2020 est loin d’être assurée.
LE
REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
’année 2019 s’annonce difficile
pour l’Europe, avec des partis
populistes qui pourraient sortir
renforcés des élections européennes de
mai, sans oublier une Grande-Bretagne
qui s’enfonce dans la confusion. Mais de
l’autre côté de l’Atlantique, l’année 2019
risque d’être au moins aussi difficile
pour Donald Trump et la cause populiste aux Etats-Unis.
Les Américains ne sont certes pas
appelés aux urnes en 2019. Mais la sélection par le parti démocrate de son candidat est peut-être le processus démocratique qui aura le plus de répercussions
sur l’état du monde.
De manière indirecte au moins,
l’année 2019 sera l’année de l’Amérique.
Il convient de l’aborder avec un mélange
d’espoir et de prudence. Pour aller à
l’essentiel, Donald Trump est vulnérable, mais il serait dangereux de l’enterrer
prématurément. De même qu’en 2016,
très peu de personnes prédisaient sa victoire, ne considérons pas aujourd’hui,
comme le font certains commentateurs
démocrates, que n’importe quel candidat anti-Trump fera l’affaire. Les électeurs se déterminent sur un homme ou
une femme. En 2016, le choix du parti
démocrate s’est révélé désastreux avec
pour résultat une évidence : il a manqué
trop de voix à Hillary Clinton dans l’électorat féminin et afro-américain.
En 2020, ces deux catégories doivent
avoir envie de se déplacer et de se mobiliser pour le candidat du parti démocrate,
comme elles viennent de le faire de
manière spectaculaire lors des élections
de mi-mandat de novembre 2018.
Jamais depuis les élections de mi-mandat de novembre 1974, en pleine affaire
du Watergate, le parti démocrate n’avait
réalisé de gains plus importants à la
Chambre des représentants. Mais il ne
faut pas confondre la possibilité avec
l’inévitabilité de la victoire.
Tout dépendra du choix du candidat.
Comment choisir le meilleur possible
face à Donald Trump ? Et à partir de
L
quels critères ? Il n’existe pas de formule magique. L’idée de sélectionner
l’antithèse absolue de Donald Trump
est séduisante, mais réductrice. La réalité est plus complexe. Première question : faut-il ou non un professionnel de
la politique ? Rien n’est moins sûr. De la
même manière, convient-il de mettre
l’accent sur les caractéristiques personnelles du candidat. Pour aller à
l’essentiel, faudrait-il donc trouver une
femme progressiste, jeune et noire ? Le
choix offert aux Américains serait
ainsi, dans son absolue diversité, d’une
parfaite clarté.
On peut aussi, de manière plus classique mettre l’accent sur les orientations
politiques, sinon idéologiques du candidat démocrate. Avec un danger : ce n’est
En 2016, très peu
de personnes prédisaient
la victoire de Trump.
Ne considérons pas que
n’importe quel candidat
peut l’emporter contre
lui l’an prochain.
pas parce que le candidat républicain
attire un électorat toujours plus conservateur que les démocrates doivent aller
toujours plus à gauche. On peut même
penser l’inverse et considérer que c’est
au centre que la bataille sera gagnée ou
perdue. Le candidat démocrate se doit
de « ratisser » large et d’attirer sur son
nom les plus modérés des républicains,
sans aliéner un nombre trop grand de
radicaux chez les démocrates.
En réalité ces distinctions, intellectuellement légitimes, sont secondaires
par rapport à un autre critère, celui de la
capacité d’incarnation du candidat. On
ne vote pas pour une formule magique,
mais pour un candidat fait de chair et de
sang. Hier on disait aux Etats-Unis que
les électeurs se déterminaient à partir
de deux critères : « Avec qui aurais-je
envie de boire une bière ? » (un critère
plus masculin que féminin). Et plus
important sans doute : « Qui accepterais-je de voir sur les écrans de télévision le plus longtemps sans être pris par
un phénomène de rejet viscéral ? »
Tant que l’opposant à Donald Trump
demeure une abstraction, il possède
toutes les qualités du monde. A partir
du moment où il devient un être
incarné, il devient plus vulnérable. La
comparaison s’installe dans les yeux
des électeurs. Avec une question classique, mais toujours plus centrale en
démocratie : qui peut, tout à la fois, être
le candidat le plus crédible face à
Trump et, une fois élu, le meilleur président possible ?
Il n’en demeure pas moins qu’en ce
début d’année 2019 Donald Trump est
vulnérable. Certains commentateurs
démocrates vont jusqu’à penser qu’il
ne se représentera pas en 2020. De passage à Paris il y a quelques jours, une
« grande plume » de la presse américaine me confiait sa conviction
intime : « Trump est paresseux. Devant
l’accumulation des difficultés, judiciaire, économique, politique, il va déclarer sa mission accomplie. Il dira qu’en
un seul mandat il en a plus fait qu’aucun
président avant lui. » Ira-t-il jusqu’à
négocier un accord avec la justice du
type : « Je ne me représente pas en 2020
et vous arrêtez toute poursuite contre
moi ? » Mon interlocuteur n’allait pas
jusque-là. Il n’en demeure pas moins
que les élections de mi-mandat de
novembre 2018 sont l’illustration la
plus convaincante des difficultés de
Donald Trump. Il existe dix-sept
enquêtes judiciaires distinctes concernant le président et ses associés. Et cela
n’inclut pas les enquêtes qui vont
s’ouvrir avec la mise en place d’une
Chambre des représentants à majorité
démocrate.
Le retour possible d’une personnalité
plus « normale » à la Maison-Blanche
en 2020 marquerait certes un coup
d’arrêt au populisme. Il ne signifierait
pas nécessairement le retour des EtatsUnis au multilatéralisme et à l’internationalisme universaliste. L’Amérique
traverse « un moment jacksonien » fait
de nationalisme, d’unilatéralisme et
d’isolationnisme (par référence à
Andrew Jackson, président de 1829 à
1836) qui va au-delà de Donald Trump.
La campagne électorale américaine
qui s’annonce aux Etats-Unis va constituer à nouveau un miroir dans lequel se
refléteront les peurs et les espoirs contradictoires du monde, et tout particulièrement ceux des démocraties.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial de l’Institut Montaigne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // IDEES & DEBATS
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
art&culture
1. Les « gilets jaunes » à nouveau dans la rue
2. En Norvège, une voiture neuve sur trois est électrique
3. Les jours fériés pèseront peu sur la croissance en 2019
4. Les Américains rêvent de ressusciter l’ère du voyage supersonique
5. L’année 2019 s’ouvre sur un nouveau bras de fer migratoire en Europe
d’Aurore Bergé,
Stanislas Guerini
et Amélie de Montchalin
epuis trente ans, notre système
politique, économique et social
déçoit les Français. Il n’est pas à
la hauteur de leurs attentes. Il n’est pas
capable de faire reculer durablement le
chômage de masse, de réduire les inégalités, d’offrir des perspectives de progrès au plus grand nombre, d’anticiper
les évolutions économiques et écologiques. Légitimement, l’impatience des
Français est croissante, elle se transforme en exaspération et en colère.
Depuis dix-huit mois, une majorité
nouvelle lève un à un les blocages, supprime les rentes de situation, réhabilite
la prise de risques, renouvelle et améliore les protections et les solidarités. Il
n’y a pas d’abri antimondialisation, cela
n’existe pas. Avec notre action, elle doit
désormais ouvrir des perspectives à
chacun et non à quelques-uns.
Il y a deux ans, alors qu’En marche
n’avait que quelques mois, nous sommes partis à la rencontre des Français
pour poser ensemble les bases d’un
nouveau contrat avec la nation. Des
milliers de nos concitoyens y ont participé et ont contribué à renverser les
structures partisanes qui avaient mené
le pays dans l’impasse. Des Français de
droite et des Français de gauche ont
découvert qu’ils pouvaient travailler
ensemble, parfois pour leur plus
grande surprise.
Cette volonté de réconciliation ne
nous a jamais quittés. Aujourd’hui,
nous poursuivons ce travail avec
l’ensemble des Français. Un grand
nombre d’entre eux ont eu l’impression
d’avoir perdu le pouvoir d’influer sur le
cours des choses, que les blocages et la
violence sont nécessaires pour se faire
entendre. En cela ,ils ont été légitimés
par les discours de l’extrême gauche et
de l’extrême droite. Mais vivre en
démocratie, c’est précisément savoir
que l’on peut changer le pouvoir sans
D
LE POINT
DE VUE
de Rodolphe Durand
e projet de loi Pacte sera bientôt
discuté au Sénat. De nombreux
observateurs ont souligné sa contribution essentielle dans l’affirmation
du rôle social des entreprises, auxquelles les salariés demandent désormais de
donner du sens à leurs missions, au-delà
de leurs seules fonctions productives.
En parallèle, toute une littérature se fait
jour autour du bien-être en entreprise,
du rôle des entreprises dans le capitalisme au XXIe siècle, sans toujours saisir
les réalités plurielles que recouvre
« l’entreprise ».
Pour trouver ce sens au travail, il
nous faut penser le capitalisme du
XXIe siècle dans ses multiples organisations : société commerciale, entreprise
à mission, modèle coopératif, entreprise de l’économie sociale et solidaire,
fondations… Plus que leur taille ellemême, c’est la finalité poursuivie par
ces organisations qui importe, et l’adéquation de leur stratégie avec leurs
moyens capitalistiques et opérationnels. Il n’y a pas un seul capitalisme, ni
un seul type de management.
Chacune de ces organisations spécifiques se trouve confrontée à ses enjeux
propres, qui appellent des réponses
stratégiques adaptées. Par exemple,
comment les entreprises à mission
pourront-elles croître et trouver du
capital pour rayonner à l’international ? Ou encore, comment les sociétés
anonymes peuvent-elles développer et
incarner une raison d’être, au-delà du
L
Retrouver
les fondements
de notre contrat social
recourir à la violence. La violence est un
poison, elle détruit la société.
Notre contrat social est en danger
quand la légitimité de l’action publique
n’est plus ressentie par tous. Cela affaiblit le consentement à l’impôt, le
consentement à l’autorité des forces de
l’ordre. Demain, c’est le consentement à
faire société et à tisser des solidarités
entre nous qui sera menacé.
Les blocages sont
eux-mêmes une forme
de violence.
Ils ne font qu’accentuer
les problèmes du pays
en affaiblissant
nos entreprises
et leurs salariés.
Sur les ronds-points de notre pays,
des Français ont eu le sentiment de
retrouver la voix au chapitre qu’ils
croyaient avoir perdue. Nous leur
disons aujourd’hui que nous devons
tous continuer ce dialogue. Il aura lieu
avec le grand débat national, dans les
salles des fêtes et dans les salles polyvalentes de nos communes. Il faut arrêter
les blocages. Ils sont eux-mêmes une
forme de violence et ne font qu’accentuer les problèmes du pays en affaiblissant nos entreprises et leurs salariés.
Dans tous les territoires, le débat
nous permettra de retrouver les fondements de notre contrat social, de nous
retrouver. Nous devons construire les
nouvelles idées dont notre pays a
besoin. Sur le financement de nos services publics, leur modernisation, leur
présence sur le territoire, l’efficacité de
l’Etat, la réduction de la dépense publi-
que. Sur la concrétisation dans chaque
foyer d’une transition écologique qui
améliore le pouvoir d’achat, sur la
remise à plat de notre système fiscal
pour plus de justice sociale. Sur la façon
de rémunérer justement le travail et de
remettre la France au travail. Sur notre
identité profonde, notre relation à la
citoyenneté, notre soif de démocratie et
de participation. Dire ensemble ce que
nous sommes nous aidera à définir ce
que nous voulons faire collectivement.
Ce débat ne doit pas conduire à
l’adoption de solutions déconnectées
de la réalité ; ces solutions proposées
décennie après décennie aux vieux partis et à la vieille classe politique. Celles
pensées par ceux qui, contrairement
aux élus locaux et aux parlementaires,
ne sont pas à « portée de baffes » de nos
concitoyens.
En enracinant ce débat dans les territoires, nous le rendons plus vivant, plus
fort, nous nous donnons les moyens de
faire émerger des solutions originales.
Le débat doit appartenir à chacun et
surtout n’être accaparé par aucune
minorité violente ou trop habituée des
concertations. Personne ne peut revendiquer le monopole du peuple. Nul ne
peut partir du principe qu’il sait et que
les autres sont ignorants.
Nous proposons aux Français de saisir pleinement cette chance de débat, de
le rendre intense et foisonnant, d’en
faire un moment de réunion citoyenne,
d’invention et de réflexion sans tabou,
et finalement de renforcement des liens
qui nous unissent dans cette nation que
nous aimons.
Judith Benhamou-Huet
@judithbenhamou
EXPOSITION
appartient au Musée
d’Orsay.
Une partie importante de
Jean Clair, ancien directeur
A Paris, Musée d’art et
l’exposition est consacrée
du musée Picasso, commisd’histoire du judaïsme,
au séjour parisien de Sigsaire d’une époustouflante
www.mahj.org.
mund alors qu’en 1885
Biennale de Venise en 1995
Jusqu’au 10 février.
et 1886 il suit les cours de
et d’une exposition très
Jean-Martin Charcot, le
réussie sur la mélancolie au Grand Palais en
neurologue qui soigne l’hystérie par l’hyp2005, nous a habitués à des visions érudites
nose lors de séances très mondaines. Il se
et singulières dans l’art. Au Musée d’art et
laisse aussi prendre par la folle vie nocturne
d’histoire du judaïsme (MAHJ), à Paris, il
de la capitale et, après avoir assisté à un
signe le commissariat d’une exposition
spectacle de la chanteuse de cabaret, Yvette
transversale en 200 pièces sur un personGuilbert, il entretiendra avec elle une cornage clef de l’histoire des hommes : Sigrespondance au sujet des métamorphoses
mund Freud (1856-1939). Les salles d’expode caractère chez le comédien.
sition du lieu ne sont pas géantes, mais les
ambitions de Clair le sont : il embrasse très
Liens avec le surréalisme
large pour couvrir tous les aspects de la vie
L’homme était un passionné d’antiquités à
et de l’influence du fondateur de la psychal’instar de son maître Charcot. L’artiste
nalyse, au risque de ne pas complètement
contemporain américain Robert Longo (né
satisfaire le visiteur.
en 1953) a réalisé une exceptionnelle série
On y trouve toutefois plusieurs œuvres
de fusains sur l’intérieur de Freud à Vienne
remarquables comme un tableau de Mark
en 1938, comprenant sa collection d’objets
Rothko noir et rouge de 1964 (le peintre
antiques rassemblée dès 1880. Un seul
d’origine russe était un fervent lecteur de
minuscule dessin de cette série est montré
l’inventeur de la psychanalyse) ; et surtout la
dans l’exposition. Il faudrait consacrer une
toile mythique de Gustave Courbet « L’Oriexposition entière à la relation de Freud
gine du monde », avec son « cache officiel »,
avec le mouvement surréaliste. En 1921,
un paysage suggestif d’André Masson réaAndré Breton est allé à la rencontre du
lisé en 1955, du temps où l’œuvre tabou
génial praticien, mais ce dernier ne l’a pas
appartenait au psychanalyste Jacques
vraiment pris au sérieux. Ce lien est illustré
Lacan. La réunion des deux est rare puisque
seulement par quelques œuvres de Picabia,
le « panneau-masque » vient d’une collecDali, Magritte, Ernst… Le sujet, fascinant,
tion particulière, tandis que le Courbet
aurait mérité plus. n
Sigmund Freud,
du regard à l’écoute
Aurore Bergé, Stanislas Guerini
et Amélie de Montchalin
sont députés LREM.
Cette tribune a été cosignée par une centaine
de députés (liste complète sur lesechos.fr)
Les multiples formes
du capitalisme
profit, qui nourrisse leur avantage concurrentiel ? Dernier exemple : le système coopératif hérité du XIXe siècle
peut-il rivaliser avec les entreprises
d’aujourd’hui ?
Sur ce dernier point, de nombreux
débats récents concernent la pertinence de la forme coopérative dans une
économie globalisée. Les coopératives
en France rassemblent des acteurs
d’une extraordinaire diversité, depuis
des PME jusqu’à des champions nationaux, dans l’ensemble de notre économie, de l’agriculture à la grande distribution, en passant par les services
financiers ou le logement. Cette forme
réunirait ainsi plus de 22.000 entreprises et 1,2 million de salariés.
Dans une société atomisée, où le sentiment de solitude progresse, les coopératives incarnent la matérialisation
d’un projet collectif égalitaire, souvent
ancré dans une géographie : ce n’est pas
une réalité lointaine, mais un acteur de
proximité et du quotidien – particulièrement dans le monde agricole.
Pour chaque organisation du capitalisme correspondent un management
et des indicateurs de performance propres. Appliquer des critères de retour
sur investissement caractéristiques des
entreprises cotées à des entreprises à
impact social ou environnemental risque de les conduire à se dévoyer. Ou
encore, appliquer les recettes de l’entreprise commerciale classique à la coopérative risque de produire des résultats
Tout ce que vous n’avez jamais
osé demander sur Freud…
Photographie© Londres, Freud Museum
LE POINT
DE VUE
non désirés. Ainsi, la course à la taille de
certains opérateurs agricoles qui se
sont engagés dans la voie d’une internationalisation au pas de charge, soutenue par un fort endettement, ressemble
à une diversification mal maîtrisée. Ces
cas d’impasse stratégique ne signifient
pas pour autant que la forme coopérative est obsolète.
Evitons les caricatures
et pensons un
capitalisme harmonieux.
Chaque organisation est pertinente
dans son domaine et est source de sens
pour ses membres là où elle opère le
mieux. Par exemple, l’entreprise sociale
et solidaire permet de rapprocher les
confins du centre de l’activité économique, tandis que l’entreprise à mission
cherche à générer un impact (social,
environnemental) positif tout en maintenant une rentabilité suffisante pour
accroître tendanciellement cet impact.
Pour chaque organisation du capitalisme, l’alignement entre le projet stratégique et le management est fondamental. Ainsi, évitons les caricatures et
pensons un capitalisme harmonieux
où chaque organisation s’épanouit là où
le bénéfice qu’elle génère est maximum.
Rodolphe Durand est professeur
de stratégie à HEC Paris.
Portrait de Sigmund Freud, Max Halberstadt, 12 février 1932.
Sous la carapace d’Eric Chevillard
Philippe Chevilley
@pchevilley
ROMAN FRANÇAIS
tantin Novat, dont il a ravi
les œuvres à une vieille
dame sénile. Il aimerait bien
Si un battement d’ailes de
d’Eric Chevillard.
se les approprier, moyenpapillon peu changer le
Les Editions de Minuit,
nant un travail de réécriture
cours du monde, alors la
255 pages, 18,50 euros.
et de coupes, mais craint
pression du pouce sur la
d’être démasqué. Surtout
carapace d’une tortue de Floride déshydraquand un professeur intriguant vient s’intétée peut provoquer un maelström de mots…
resser lui aussi au mystérieux écrivain…
et accoucher d’un livre détonant. C’est ce
que prouve Eric Chevillard dans son nouvel
Vacuité de l’existence
opus, « L’Explosion de la tortue » – un
La plongée dans les écrits absurdes (revisimodèle de style et d’humour absurde, à
tés) de Louis-Constantin Novat (une version
même d’éclairer nos sombres jours
pirate de l’arche de Noé, des romans à l’eau
d’hiver. Tout commence par un crime invode rose, une sombre histoire de queue de
lontaire. Le narrateur, parti en vacances
lézard coupée) est aussi réjouissante que
avec sa promise Aloïse, a laissé sans garde à
l’exploration des eaux de l’aquarium ou des
Paris son animal de compagnie, Phoebe.
marais de Floride. Le lecteur appâté attend
Bien qu’il lui ait fourni de la nourriture et
que les deux intrigues convergent. Il ne sera
qu’il ait placé son aquarium dans la baipas déçu. Selon notre héros, Novat aurait été
gnoire remplie d’eau, il le trouve pantelant à
remarqué à son époque par Théophile Gauson retour. Quand il le saisit, son doigt
tier. On pense aux poèmes ciselés du grand
s’enfonce dans la carapace desséchée et la
écrivain « Emaux et Camés » en savourant
brise, entraînant l’agonie du reptile.
les courts paragraphes qui composent
Le début du livre est construit autour de
« L’Explosion de la tortue » – tous écrits dans
cet enchaînement mortel, déclenchant une
un style étincelant et sertis d’irrésistibles
litanie de regrets, de remords et de justificatraits d’humour, plus ou moins noir.
tions (le bouchon de la baignoire défaillant,
Le roman reptilien d’Eric Chevillard n’est
le manque de combativité de l’animal). Pas
pas seulement un feu d’artifice comique et
de papillon ici… c’est le couple confronté au
un brillant exercice de style. Il offre une prédésastre qui bat de l’aile. L’affaire se corse
cieuse mise en abîme de la création littéquand l’auteur introduit une seconde intriraire, doublée d’une variation mélancoligue – tout aussi baroque. Le narrateur n’est
que et amusée sur nos rapports faussés à la
pas seulement un « turtle killer », vacancier
nature et sur la vacuité de l’existence.
à ses heures. Il s’est pris de passion pour un
Quand le fil des jours est aussi ténu et friable
auteur méconnu du XIXe siècle, Louis-Consqu’une carapace de tortue. n
L’Explosion
de la tortue
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
SUR
LE WEB
Algorithme
ou programme,
quelle différence ?
LA
CHRONIQUE
de Gérard Berry
ans les médias, on ne parle
généralement que de données et
d’algorithmes. Pourtant, les calculs
ne sont pas faits par les algorithmes, mais
par les programmes qui sont exécutés sur les
ordinateurs. Un algorithme est un objet abstrait
définissant un calcul, exprimé en langage
mathématique, et analysable
mathématiquement. A l’inverse, un programme
logiciel est un objet éminemment concret,
souvent de grande taille. Il est écrit dans un
langage de programmation, qui cherche à
rendre plus humain les langages cryptiques
des machines, mais reste à un niveau de détail
très supérieur à celui d’un algorithme. De plus,
un programme exprime rarement un seul
algorithme : la plupart en emploient plusieurs,
voire beaucoup.
Le microprocesseur étant d’une obéissance
parfaite aux ordres qu’on lui donne, les bugs
ne sont jamais des « pannes des programmes »,
mais des erreurs humaines de programmation.
Détecter et corriger les bugs est très difficile en
pratique, car le test ne permet que d’en trouver,
pas de montrer qu’il n’y en a pas.
De plus, les trous de sécurité informatique
viennent souvent de microbugs non
fonctionnels introuvables par les tests
habituels. Montrer l’absence de bugs est donc
une priorité dès qu’un programme fait des
choses importantes pour nous, comme de faire
voler des avions ou rouler des voitures, mais
c’est beaucoup plus dur que de montrer la
correction théorique des algorithmes.
Heureusement, les relectures par les pairs,
et maintenant les méthodes formelles des
mathématiques, permettent dans de plus
en plus de cas d’assurer un très haut niveau
de qualité. Un bon exemple est le logiciel
national de Parcoursup, essentiel pour l’entrée
des étudiants dans l’enseignement supérieur.
D’une part, son algorithme et ses programmes
ont été rendus publics pour être scrutés par qui
le souhaite. D’autre part, et c’est une première,
le ministère de l’Enseignement supérieur
et de la Recherche démarre un projet de preuve
formelle du programme par rapport
à l’algorithme, en d’autres termes que
le programme s’exécute conformément
à l’algorithme. Voilà un exemple à suivre
dans bien des domaines, publics ou privés.
D
Gérard Berry est informaticien
et professeur au Collège de France
o L’ INVENTION
Vers un antimigraineux
efficace ?
lle touche 15 % de la population mondiale
adulte et ne connaît pour le moment aucun
traitement curatif sur le long terme : poison
pour ceux qui en souffrent, la migraine reste
jusqu’ici un mystère pour les neuroscientifiques.
Les chercheurs savent qu’elle est liée à une
hyperexcitabilité électrique des neurones
sensoriels et ont également mis en évidence son
caractère héréditaire, mais sans en connaître
précisément le mécanisme. Du moins en était-il
ainsi avant la récente publication dans la revue
« Neuron » de chercheurs du CNRS, d’université
Côte d’Azur et de l’Inserm. Ceux-ci ont montré
qu’il y a, à l’origine de cette maladie, la mutation
d’un gène codant pour une protéine (TRESK)
contribuant à contrôler l’activité électrique des
neurones. Une mutation de ce gène entraîne la
scission de la protéine TRESK en deux protéines
dysfonctionnelles, dont l’une est inactive tandis
que l’autre stimule fortement l’activité électrique,
provoquant les crises migraineuses. En ciblant
cette seconde protéine dysfonctionnelle, il serait
donc possible de prévenir le déclenchement des
migraines. C’est du moins l’espoir des chercheurs
français, qui ont déposé un brevet pour exploiter
leur découverte. — Y. V.
E
CÉLESTE RENCONTRE
Distant de 6,6 milliards
de km, Ultima Thulé, frôlé par
la sonde New Horizons le jour
de l’an, est le corps céleste
le plus éloigné jamais visité
par un vaisseau terrestre.
https://bit.ly/2scM3De
725.000
LES FOUDRES DU CLIMAT
Année la plus chaude en France, 2018 a été aussi la plus orageuse en plus de trente ans.
Le site Météorage a dénombré
725.000 éclairs et 296 jours
d’orage sur le territoire.
https://bit.ly/2SCeru6
sciences
ESPACE // Exploration de la face cachée et retour d’échantillons côté chinois. Premier vol
du nouveau vaisseau Orion autour de la Lune côté américain. Cinquante ans après Apollo 11,
notre satellite est de nouveau dans la ligne de mire des agences spatiales.
Qui (re-)décrochera la Lune ?
Yann Verdo
@verdoyann
n petit pas pour l’homme, un bond de
géant pour l’humanité. » C’était dans
la nuit du 20 au 21 juillet 1969 et Neil
Armstrong, s’étant décidé à lâcher la rampe
du LEM pour imprimer l’empreinte de sa
botte dans le sol lunaire, venait de prononcer la phrase historique… Alors que se profile le cinquantième anniversaire de ce haut
fait, point d’orgue de la conquête spatiale, les
missions à destination de notre satellite,
complètement délaissé depuis l’ère
d’Apollo, de nouveau se multiplient. A tel
point qu’on finit par se demander si la Lune
ne serait pas redevenue le théâtre d’une nouvelle guerre froide qui ne dit pas son nom,
mais cette fois entre les Américains et les
Chinois… « Il y a toujours un peu de géopolitique dans l’espace. Une nation qui sait réaliser
des missions spatiales compliquées, comme
de poser un robot ou, mieux, un homme à la
surface de la Lune, est une nation qui
compte », confirme le spécialiste Philippe
Henarejos, journaliste scientifique à la
revue « Ciel et Espace » et auteur d’« Ils ont
marché sur la Lune » (Belin, août 2018). Ce
qui est sûr, c’est que notre satellite naturel est
bel et bien de retour dans l’agenda des agences spatiales. A Washington comme à Pékin.
A Pékin, d’abord et surtout. Le 3 janvier, la
sonde Chang’e 4 s’est posée sur la face cachée
de la Lune, une première dans l’histoire de la
conquête spatiale puisque toutes les missions lunaires américaines et soviétiques
n’ont fait jusqu’ici qu’explorer la face visible.
Un bel exploit qui démontre une fois encore
la maîtrise acquise par l’empire du Milieu,
lequel a investi des milliards dans le programme Chang’e (nom de la déesse de la
Lune dans le panthéon chinois). Aucune
communication n’étant possible avec la face
cachée, le lancement de Chang’e 4, le
8 décembre, avait été précédé par celui, en
mai, de l’orbiteur Queqiao, positionné sur
une orbite telle qu’il soit toujours visible à la
fois depuis la face cachée et depuis la Terre, et
pouvant ainsi servir d’antenne-relais entre
l’une et l’autre. Reste que Chang’e 4 a dû alunir « à l’aveugle », de façon entièrement automatisée. Ce n’est pas la première fois que les
Chinois réussissent cet exercice périlleux. Le
14 décembre 2013, Chang’e 3 avait déposé
avec succès son petit rover Yutu sur l’autre
face de la Lune, devenant ainsi le premier
engin à mordre la fine poussière grise
depuis… la sonde soviétique Luna 24 en 1976 !
L’exploration de la face cachée n’est pas
qu’un pied de nez aux Etats-Unis, elle présente aussi un intérêt scientifique.
« Chang’e 4, qui est une version améliorée de
Chang’e 3 et dispose elle aussi de son petit
rover, va déposer de l’autre côté de la Lune un
récepteur radio qui permettra d’écouter l’univers à une longueur d’onde que les interférences terrestres nous interdisent partout
ailleurs que sur la face cachée de la Lune. C’est
une nouvelle fenêtre qui s’ouvre sur l’univers », explique, admiratif, Francis Rocard,
responsable du programme d’exploration
du système solaire au CNES.
Surtout, les Chinois, qui ont équipé
Chang’e 4 d’une foreuse, ont choisi comme
site le bassin d’Aitken, près du pôle sud.
L’intérêt ? Ce bassin offre une dépression si
profonde qu’il donne directement accès au
manteau lunaire, sans que la croûte fasse
écran. L’analyse de la composition de ce
manteau (et notamment la réponse à la
question de savoir s’il contient de l’eau ou
non) permettra sans doute d’affiner le scénario de la naissance de notre satellite naturel.
Plus tard dans l’année, ce sera au tour de
Chang’e 5 de faire l’actualité. Avec cette
5e mission, Pékin ambitionne de rapporter
sur Terre des échantillons du sol lunaire. Là
encore, le site n’a évidemment pas été choisi
au hasard. Chang’e 5 se posera – sur la face
visible – dans le mont Rümker. Or l’analyse
du nombre de cratères par unité de surface
donne à penser que cette partie de la surface
de la Lune est beaucoup plus « jeune » (de
2,6 milliards d’années) que les sites explorés
U
Le rover de la sonde chinoise Chang’e 4 lors de sa sortie sur le sol lunaire. Photo AFP
Les missions
Apollo
Apollo 11
•Cinquième
mission
habitée du programme
Apollo, Apollo 11 est
la première à alunir.
Neil Armstrong et
Buzz Aldrin sont
les premiers hommes
à poser le pied sur la
Lune, le 20 juillet 1969.
Apollo 12
(19 novembre 1969).
Pete Conrad et Alan
Bean, successeurs
d’Armstrong et Aldrin,
réussissent un alunissage parfait, ciblé
sur la sonde
Surveyor 3.
Apollo 14
(5 février 1971).
Avec Apollo 14,
commandée par
Alan Shepard,
premier Américain
à avoir voyagé dans
l’espace, l’exploration
commence vraiment.
Apollo 15
(30 juillet 1971). Cette
mission et la suivante
marquent l’apogée de
l’exploration lunaire.
Les sorties extra-véhiculaires dureront
18 h 34 minutes et permettront de rapporter
77 kg d’échantillons.
Apollo 16
(21 avril 1972).
Les astronautes
partent cette fois
à la recherche des vestiges d’un volcanisme
primordial.
Apollo 17
(11 décembre 1972).
La dernière mission.
Dernier des douze
« moonwalkers »,
Harrison Schmitt est
aussi le premier géologue. Gene Cernan
et lui rapporteront
110 kg d’échantillons.
•
•
•
•
•
par les Américains et les Russes, qui disposent de leurs propres échantillons. L’existence sur la Lune de parties plus jeunes que
d’autres s’explique-t-elle par le fait que celle-ci a connu, jusque dans un passé beaucoup plus récent qu’on ne le pensait, une
activité volcanique ? Les cailloux que la
Chine espère rapporter sur la planète bleue
pourraient en apporter la preuve.
Mais ce n’est pas tout. En 2036, Pékin
compte envoyer sur la Lune ses premiers
taïkonautes, qui rejoindront ainsi dans la
légende les douze hommes d’Apollo. En
décembre 2017, le bouillonnant et imprévisible Donald Trump a annoncé sa volonté
d’y renvoyer des Américains, une promesse
déjà faite par George W. Bush en son temps
mais restée sans suite. En sera-t-il autrement cette fois-ci ? La Nasa, toute à ses
ambitions martiennes, a été, semble-t-il, un
peu prise de court… Dans cette bataille
d’image qui se joue entre la Chine et le reste
du monde (Russie comprise) regroupé derrière les Etats-Unis, ce qui fera la différence,
ce seront les fusées. En construire une assez
lourde pour envoyer du matériel et des
hommes à 384.400 km de la Terre occupe
déjà tant les Américains que les Chinois.
Banc d’essai vers Mars
Outre-Atlantique, le successeur de la mythique Saturn V s’appelle « SLS » (pour Space
Launch System). Sous sa coiffe, le futur vaisseau Orion, version moderne de l’antique
Apollo, doté de quatre places au lieu de trois
et dont le système d’alimentation en énergie
et de propulsion a été confié aux bons soins
des Européens. En juin 2020, cette fusée surpuissante devrait catapulter Orion jusqu’à la
Lune et retour, mais sans hommes à bord. Et,
si tout se passe bien, en 2022 ou 2023, cette
« Exploration Mission One » devrait être suivie d’une « Exploration Mission Two », avec
cette fois des astronautes qui survoleront
notre satellite, mais sans s’y poser.
A plus long terme, à partir de 2023, le SLS
enverra en orbite lunaire les modules,
directement inspirés de ceux de la Station
spatiale internationale (ISS), qui serviront à
assembler Deep Space Gateway. Cette
future station lunaire, projet dans lequel les
Américains entendent embarquer leurs
partenaires historiques de l’ISS – dont ils
ont tenu à l’écart les Chinois –, devrait être
achevée assez vite, peut-être dès 2027, la
technologie étant déjà bien rodée.
L’exploration de la face
cachée n’est pas qu’un pied
de nez aux Etats-Unis,
elle présente aussi
un intérêt scientifique.
De cette base volante, il sera assez facile
aux astronautes de piloter des rovers ou
d’autres engins à la surface de la Lune. Voire
d’y descendre et de s’y poser eux-mêmes.
Servira-t-elle de station-relais sur le long
chemin conduisant à ce qui reste l’objectif
ultime de la Nasa, à savoir Mars ? Probablement pas, répond Philippe Henarejos, le
meilleur itinéraire vers la planète rouge ne
passant pas par la Lune. « Mais il est clair
que Deep Space Gateway servira en quelque
sorte de banc d’essai au voyage vers Mars »,
ajoute-t-il. Notamment pour la délicate
question de l’exposition au rayonnement
radioactif qui baigne l’espace, puisque Deep
Space Gateway, contrairement à l’ISS, ne se
trouvera pas dans le cocon protecteur de la
Terre, et que ce problème constitue
aujourd’hui l’un des principaux obstacles à
l’envoi d’un équipage humain sur Mars. n
Et au-delà, une base lunaire ?
Le projet de construire sur la Lune une base permanente, probablement enfouie dans le sol pour protéger ceux qui y vivront des effets
délétères des éruptions solaires et des rayons cosmiques, est régulièrement évoqué, mais il n’y a encore rien de décidé. Un des problèmes
que devra surmonter tout campement pérenne sur notre satellite
sera l’énorme amplitude thermique qui règne à sa surface. Si le thermomètre peut, sous les feux du Soleil, y monter jusqu’à +120 °C, il
descend, au cours de la terrible nuit lunaire longue de quatorze jours
terrestres, jusqu’à – 170 °C ! Aussi, si base il y a un jour, sera-t-elle très
probablement construite sur les crêtes des volcans situés aux pôles et
éclairés en permanence par la lumière rasante de notre étoile. De
gigantesques panneaux solaires, verticaux et orientables, devront
émerger du sol pour transformer en électricité ces « pics de lumière
éternelle », comme les ont joliment baptisés les astronomes.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
enquête
Le projet de jet d’affaires
« Aerion » prévoit
d’emporter, à l’horizon
2026, 8 à 12 passagers,
à Mach 1,4.
Ci-dessous, le projet
d’avion de ligne supersonique « Boom »,
d’une capacité de 55 passagers, et pouvant voler
à Mach 2,2.
Photos Getty Images/Aerion –
Boom
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
ejoindre New York en 3 h 30, comme
on va à Athènes, remonter le temps
et arriver à l’aéroport JFK deux heures avant l’horaire de départ de Roissy, entrevoir la courbure de la Terre et le bleu profond
de la stratosphère… Pour tous ceux qui ont
eu la chance de voler en Concorde, l’expérience reste inoubliable. Mais les anciens
passagers ne sont pas les seuls à ne pas avoir
fait le deuil du fabuleux supersonique.
Quinze ans après son dernier vol commercial, le 24 octobre 2003, pas moins de quatre
projets – dont trois 100 % privés – ambitionnent de relancer les voyages en supersonique dans le courant de la prochaine décennie. Le plus ambitieux, baptisé « Boom »,
vise à lancer en 2025 un avion de ligne supersonique plus petit que le Concorde (55 passagers au lieu de 100), mais plus rapide
(Mach 2,2, soit 2.700 km/h, au lieu de Mach
2) et surtout beaucoup plus économique,
pour un prix unitaire de 200 millions de dollars. « Grâce aux progrès technologiques réalisés depuis les années 1960, nous pouvons viser
des coûts de fonctionnement inférieurs de
70 % à ceux du Concorde », affirme son directeur général Blake Scholl, qui promet des
Paris-New York en 3 h 30 ou des San Francisco-Tokyo en 5 h 45, au tarif d’une classe
affaires de vol subsonique.
Basé à Denver, cet ancien d’Amazon a
réussi à convaincre le PDG de Virgin,
Richard Branson, et Japan Airlines de lui
passer commande d’une trentaine d’exemplaires. Vendredi 4 janvier, la société a par
ailleurs annoncé avoir réussi à lever
100 millions de dollars (87,7 millions
d’euros). Plusieurs fonds d’investissements,
ainsi que les groupes technologiques américains Google, Airbnb et Dropbox, soutiennent ainsi Boom Supersonic. Mais le projet
laisse sceptiques les experts aéronautiques.
« Ils n’indiquent aucun chiffre de masse,
n’ont pas de moteur capable d’approcher les
performances annoncées et disent viser la
certification en 2023 », s’esclaffe l’un deux.
Même scepticisme concernant le projet
« Spike » d’un jet d’affaires de 12 à 18 places, de
37 mètres de long , qui serait capable d’atteindre une vitesse de croisière de 1,6 Mach
(1.975 km/h), avec un rayon d’action de
11.500 km. Basé à Boston, cette start-up
annonce un premier vol dès 2021, pour une
entrée en service en 2023. « Ils n’ont pas non
plus de moteur, et les spécifications qu’ils
annoncent sont invraisemblables », estime un
connaisseur du dossier.
R
Candidats les plus crédibles
De l’avis général, le seul projet industriel crédible serait, pour l’heure, le projet Aerion.
Lancé dès 2003, à Reno, dans le Nevada, il
s’agit, là aussi, d’un jet d’affaires, qui serait
capable d’emporter, à l’horizon 2026, 8 à
12 passagers avec une masse maximale de
60 tonnes, mais dont la vitesse maximale ne
dépasserait pas Mach 1,4 (1.728 km/h), soit
un peu au-dessus de la vitesse du son. Lors
du dernier Salon NBAA de l’aviation d’affaires, en octobre, Aerion a en effet reçu le renfort de General Electric, qui a dévoilé un projet de moteur spécialement conçu pour le
projet Aerion. « Aerion a payé GE pour qu’ils
réalisent une étude théorique des moteurs,
mais GE ne s’est nullement engagé à en financer le développement », précise un industriel
européen, qui chiffre à plus d’un milliard de
dollars le coût d’un tel programme. Quant au
quatrième projet, baptisé « X-59 », c’est celui
Les Américains rêvent
de ressusciter l’ère
du voyage supersonique
Quinze ans après le dernier vol commercial du Concorde,
quatre projets ambitionnent de relancer les voyages supersoniques d’ici à 2030.
Mais le rêve risque de se heurter aux contraintes techniques et environnementales.
AÉRONAUTIQUE //
de la Nasa, qui en a confié la réalisation à Lockheed Martin, avec, à la clef, un budget de
250 millions de dollars. Mais il ne s’agit, à ce
stade, que d’un projet scientifique, ayant
pour objectif de faire voler, en 2022, un prototype capable de franchir le mur du son sans
générer le fameux « bang » supersonique.
Ou du moins, en le réduisant « au claquement d’une portière de voiture », selon la formule du responsable du programme, Peter
Coen.
Vous l’aurez noté : ces quatre projets ont en
commun d’être tous 100 % américains. Bien
que les poids lourds européens de l’aéronautique (Airbus, Dassault Aviation, Safran)
aient, a priori, les compétences nécessaires,
aucun n’envisage, pour l’heure, de s’engager
dans la course au supersonique. Interrogés
sur les raisons de ce désintérêt, les industriels
européens se montrent même peu loquaces.
Si les technologies ont
beaucoup progressé depuis
Concorde, les exigences
de la réglementation ont
augmenté encore plus vite.
Elles sont devenues
si sévères que le Concorde
n’aurait pas le droit
de voler aujourd’hui.
Chez Airbus, la priorité s’appelle « l’avion
vert » et les supersoniques ne font pas partie
des sujets sur lesquels le leader de l’aéronautique européenne souhaite s’exprimer.
« A l’heure actuelle, d’importantes exigences
doivent être remplies afin de progresser et
d’atteindre les objectifs d’avions verts de
l’OACI 2050, explique un porte-parole. A
mesure que les technologies, les réglementations et les demandes du marché convergent,
un vol à grande vitesse, viable et durable, sera
possible. Airbus sera prêt au bon moment
avec les solutions appropriées pour répondre
à ces besoins ». Mais en attendant, circulez, il
n’y a rien à voir .
Pas de projet non plus chez Safran, dont la
branche « aircrafts engines » fabrique les
moteurs du Rafale, mais quelques regrets
quand même chez son directeur général, Philippe Petitcolin. « Aujourd’hui, il y a de la part
des Américains un véritable axe de redéveloppement [des supersoniques NDLR] et
l’Europe ne peut pas passer à travers, décla-
rait-il récemment. Nous sommes disponibles
pour travailler sur ce sujet. Nous serions heureux de participer à un projet européen. Mais
encore faut-il qu’il y en ait un. Ce qui n’est pas le
cas pour le moment. »
L’échec commercial du Concorde – en
vingt-sept ans de carrière, il n’a été vendu
qu’à 13 exemplaires – aurait-il définitivement
dissuadé les Européens de lui donner un
successeur ? Ce n’est pas faute d’avoir essayé.
Jusqu’au début des années 1990, l’Aérospatiale, en partenariat avec le motoriste britannique Rolls-Royce, a maintenu une petite
équipe chargée d’étudier un projet d’« avion
de transport supersonique du futur ». Plus
long que Concorde, il aurait transporté deux
fois plus de passagers (250). Mais le projet est
resté dans les cartons, faute de moteurs
adaptés et de perspectives économiques.
De 2004 à 2008, le programme de recherche européen Hisac (High Speed AirCraft),
associant Dassault Aviation, l’italien Alenia
(devenu Leonardo) et le russe Sukhoi, a tenté
de reprendre le flambeau, en
se focalisant sur un avion d’affaires,
moins compliqué à concevoir
et à rentabiliser. « Le programme
Hisac a étudié trois concepts d’avions de 8 à 12 passagers : un “low weight” [faible masse, NDLR] conduit par
Dassault Aviation, un “long range” [long
rayon d’action NDLR] conduit par Alenia
et un “low boom” [à faible bang supersonique, NDLR] par Sukhoi, explique Gérard
Théron, ancien chef du département propulsion d’Airbus et auteur d’un rapport récent
sur les supersoniques pour l’Académie de l’air
et de l’espace. Le programme a conclu à
l’impossibilité de satisfaire simultanément les
diverses contraintes en respectant les contraintes environnementales et économiques, et il n’a
pas eu de suite. »
Car si les technologies aéronautiques ont
beaucoup progressé depuis Concorde, les exigences de la réglementation, notamment
environnementale, ont augmenté encore
plus vite. Elles sont devenues si sévères que le
Concorde n’aurait pas le droit de voler
aujourd’hui. A raison de 800 kg de carburant
par passager pour un Paris-New York, contre
120 kg pour un Airbus A320, le supersonique
serait totalement en dehors des normes
d’émissions de gaz carbonique. Mais le plus
insupportable, au regard des standards
actuels, serait son bruit.
« Le cumul de bruit du Concorde au décollage et à l’atterrissage serait, de nos jours, inacceptable, confirme Denis Gély, expert acoustique à l’Onera (Office national d’études et de
recherches aérospatiales). Concorde dépassait d’une trentaine de décibels le niveau de
bruit cumulé des avions actuels. Mais les normes de bruit actuelles représentent également
un défi technologique pour tous les projets de
supersoniques, sachant qu’elles seront encore
abaissées de 10 décibels en 2020. A l’horizon
2050, il est même question que l’ensemble des
nuisances sonores soient réduites au périmètre des aéroports. »
A cela s’ajoute le problème du « bang »
supersonique, qui a valu à Concorde une
interdiction de voler en supersonique audessus des terres habitées. Interdiction édictée par l’aviation civile américaine (FAA) en
1973, juste après l’abandon par Boeing d’un
projet de supersonique concurrent du Concorde, et qui reste en vigueur aujourd’hui. Ce
qui constitue un obstacle rédhibitoire pour
tout projet de jet d’affaires, dont le principal
débouché serait le marché américain et les
liaisons entre la côte Est et la côte Ouest.
Un défi que les constructeurs européens
doutent de pouvoir surmonter. « Nous saurions construire un Falcon supersonique,
mais encore faudrait-il que le cadre réglementaire l’autorise à voler », déclarait, en 2016, le
PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier,
dans une interview aux « Echos ». Car si
les projets de supersonique peuvent
espérer s’approcher de la norme de
bruit actuelle, ils ne pourront
jamais égaler les avions subsoniques dans ce domaine.
A moins, bien sûr,
d’assouplir la réglementation. Les autorités américaines
y pensent. En
juin dernier,
le Con-
grès américain a même voté une motion
demandant à la FAA d’étudier une possible
levée de l’interdiction des vols supersoniques
au-dessus des Etats-Unis, avec l’objectif
d’aboutir à une nouvelle réglementation d’ici
à fin 2019. Mais les Européens, qui avaient dû
batailler contre les autorités américaines
pour obtenir le droit de desservir les EtatsUnis en Concorde il y a quarante et un ans,
s’opposent aujourd’hui farouchement à un
tel assouplissement des normes.
Ce qui n’empêche pas les Européens, et en
particulier les Français, de participer à l’effort
de recherche pour réduire le « bang » supersonique. En juillet 2018, l’Onera s’est même
engagé dans un partenariat avec la Nasa sur
ce sujet, avec un double objectif : ne pas se laisser distancer technologiquement, mais aussi
fournir des éléments de réponses scientifiques aux autorités françaises et européennes,
dans le débat à venir sur les normes. « L’Onera
bénéficie d’une expertise unique et reconnue
sur le boom sonique, explique son directeur,
Bruno Sainjeon. Il serait très dommageable
pour l’industrie européenne de se faire surprendre sur ce sujet, alors que l’Europe dispose
encore d’une certaine avance. Il serait tout de
même regrettable de revivre sur l’avion supersonique le même type de réveil brutal que celui
rencontré avec Space X. »
Scepticisme en Europe
D’autant qu’à en croire les spécialistes, des
solutions existent pour ramener les effets du
bang supersonique à un niveau acceptable.
« Pour réduire le bang, on peut travailler sur le
profil de l’avion, mais aussi sur la propagation
de l’onde de choc, explique Denis Gély, de
l’Onera. Si l’appareil passe le mur du son à
haute altitude [entre 12.000 et 16.000 mètres,
NDLR] et ne dépasse pas Mach 1,2, l’onde de
choc se dispersera dans les couches chaudes de
l’atmosphère et n’atteindra pas le sol. »
Mais en tout état de cause, les futurs jets
d’affaires supersoniques resteront loin du
Mach 2 de Concorde. Ce qui limitera leur
intérêt. « Un appareil qui volerait à Mach 1,2 à
12.000 mètres offrirait un gain de temps de
15 % à 20 % seulement comparé à un jet d’affaires classique volant à Mach 0,8, avec des
contraintes de maintenance et d’aéroport plus
importantes et un confort à bord limité par
l’étroitesse de la cabine, explique un bon connaisseur du secteur. Pas sûr que le marché soit
à la hauteur des espérances. »
D’où le peu d’empressement des industriels européens à se jeter dans la course au
supersonique. « Il s’agirait d’un marché de
niche, que l’on peut estimer à 300 appareils au
mieux, essentiellement sur le marché américain, estime un industriel du secteur. L’investissement pourrait avoir du sens pour une
entreprise américaine comme Gulfstream, qui
renforcerait ainsi sa gamme et sa position de
leader sur le segment des jets d’affaires haut de
gamme. Mais pour l’heure, ces projets sont le
fait de start-up, dont on peut se demander
comment elles parviendront à les financer. » Réalisme ou manque de
vision de la part des Européens ? L’avenir le
dira. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos
Lundi 7 janvier 2019
,
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
SANS-ABRI L’EX-SIÈGE DE LA
BRIGADE FINANCIÈRE OCCUPÉ
ALLEMAGNE VASTE FUITE
DE DONNÉES DE POLITIQUES
Environ 200 personnes, sans-abri et
militants de l’association Droit au
logement (DAL), occupaient dimanche les anciens locaux de la brigade
financière à Paris, dans le 13e arrondissement, et réclamaient leur réquisition par l’Etat, arguant que la
France compte « 3 millions de logements vides ». Le site est vacant
depuis l’année dernière, la brigade
financière ayant déménagé à la cité
judiciaire des Batignolles, dans le 17e.
Les données privées d’un millier de
responsables politiques et de personnalités en Allemagne, dont la chancelière Angela Merkel, ont été divulguées vendredi sur Internet, mettant
en émoi le pays. Les premières analyses laissent penser que les données
ont été récupérées suite à l’utilisation
frauduleuse de codes d’accès à des
services de stockage sur le cloud
informatique, à des comptes e-mail
et à des réseaux sociaux, a indiqué le
ministère de l’Intérieur.
TERRORISME « MÉDAILLE
DE RECONNAISSANCE »
POUR 40 VICTIMES
FOOTBALL RIBÉRY SANCTIONNÉ
POUR SES DÉRAPAGES
Le Bayern Munich a annoncé dimanche qu’il allait sanctionner son joueur
Franck Ribéry pour avoir grossièrement insulté ses détracteurs sur les
réseaux sociaux samedi. Le joueur a
lâché une bordée d’injures et de vulgarités en réponse à de violentes attaques. « J’ai parlé longuement à Franck
et je lui ai fait savoir que nous lui inflig e r i o n s u n e l o u rd e a m e n d e » , a
déclaré Hasan Salihamidzic, le directeur sportif, sans préciser le montant.
Marseille éliminé de la Coupe de France
Le président des Etats-Unis, Donald
Trump, a confirmé dimanche que
Jamal Al-Badaoui, considéré comme le
cerveau de l’attentat d’octobre 2000 à
Aden (Yémen) contre le navire de
guerre USS Cole, avait été tué par
l’armée américaine. « Notre formidable
armée a rendu justice aux héros tués et
blessés dans la lâche attaque contre l’USS
Cole », a-t-il tweeté. « Nous venons de
tuer le leader de cette attaque […]. Nous
n’arrêterons jamais notre combat contre
le terrorisme islamique radical ! »
MALAISIE ABDICATION DU ROI
L’Olympique de Marseille quitte la Coupe de France. L’équipe phocéenne a été éliminée piteusement dimanche en
32e de finale au stade stéphanois Geoffroy-Guichard, piétiné 2 à 0 par Andrézieux, un club de National 2, la 4e division.
Un résultat qualifié d’inadmissible par l’entraîneur de Marseille, Rudi Garcia.
Mohd Rasfan/AFP
UNIVERSITÉS MOBILISATION
CONTRE LA HAUSSE DES FRAIS
POUR LES NON-EUROPÉENS
Des personnalités, dont l’actrice
Juliette Binoche ou l’économiste Thomas Piketty, ont signé une tribune
publiée dimanche dans le « JDD »
pour protester contre l’augmentation
des frais universitaires pour les nonEuropéens. Ils dénoncent « un mur de
l’argent » qui menace « les étudiants
les moins fortunés ». Le gouvernement a annoncé en novembre la mise
en place de cette mesure.
LA PHOTO DU JOUR
ÉTATS-UNIS MORT DU CERVEAU
DE L’ATTAQUE DE L’USS COLE
Hamilton/RÉA
La « médaille de reconnaissance aux
victimes du terrorisme » a été décernée
à 40 nouvelles personnes, dont seize à
titre posthume, a annoncé dimanche
la chancellerie de la Légion d’honneur.
Cette « promotion collective » concerne des victimes de six actes terroristes commis en France et un à l’étranger
depuis 2007. La médaille a été créée à
la suite des attentats de 2015.
// 13
Le sultan Muhammad V a abdiqué
dimanche, a annoncé le palais, mettant fin à des semaines de spéculations nourries par son absence, officiellement pour raisons de santé.
Cette décision est entrée en vigueur le
6 janvier. Les rumeurs allaient bon
train autour de l’absence du sultan de
quarante-neuf ans connu pour aimer
les randonnées en 4x4 et autres sports
extrêmes. Les on-dit ont ensuite évoqué un mariage fastueux à Moscou
avec une ancienne Miss Moscou.
SOUDAN NOUVELLE JOURNÉE
DE MANIFESTATION À KHARTOUM
La police a dispersé dimanche à coups
de gaz lacrymogènes des manifestants qui voulaient marcher vers le
palais présidentiel dans Khartoum. Le
pays est en proie depuis le 19 décembre à un mouvement de contestation
déclenché par la hausse du prix du
pain et les pénuries dans un pays en
plein marasme économique.
INCENDIE UNE VINGTAINE DE
BATEAUX EN FEU À MARSEILLE
ARABIE SAOUDITE UNE JEUNE
FILLE CRAINT POUR SA VIE
Une vingtaine de bateaux amarrés
dans le petit port des Goudes, dans le
sud de Marseille, à l’entrée du Parc
national des Calanques, ont été touchés samedi soir par un violent
incendie. Une vingtaine d’engins et
70 marins-pompiers ont lutté contre
le feu jusqu’à deux heures du matin.
Dimanche matin, l’origine de l’incendie était encore inconnue.
Une Saoudienne, âgée de 18 ans, arrêtée dimanche à l’aéroport international de Bangkok, assure craindre pour
sa vie si elle est rapatriée par les autorités thaïlandaises de l’immigration,
qui ont confirmé lui avoir refusé
l’entrée dans le pays à son arrivée du
Koweït. Elle a expliqué avoir tenté de
fuir des mauvais traitements infligés
par sa famille.
Photo : Jeff Pachoud/AFP
ON EN PARLE À NEW DELHI
En Inde, le temple de la discorde
Dans le Kerala, malgré une décision de justice, les traditionalistes maintiennent
fermé aux femmes l’accès d’un temple.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
parti au pouvoir de Narendra
Modi. Ce temple hindou a fait
l’objet, pendant vingt ans, d’une
bataille judiciaire autour de
l’interdiction faite à toutes les
femmes en âge de procréer d’y
pénétrer. La bataille a pris fin le
28 septembre 2018 avec une
décision de la Cour suprême
jugeant cette mesure discriminatoire. La justice mettait fin,
par cette décision, à un silence
autour de cette question qui a
duré des décennies, avant que la
Haute Cour du Kerala ne formalise, en 1991, cette restriction.
Même une fois rendue la
décision de la plus haute juridiction du pays, les traditionalistes
hindous ont toujours réussi à
empêcher les femmes de
s’approcher du temple. Jusqu’à
’émotion est montée d’un
cran, en fin de semaine,
au grand temple hindou
d’Ayyappa à Sabarimala, dans
l’Etat du Kerala (sud) en Inde
après que plusieurs femmes
sont entrées dans un des sanctuaires les plus sacrés de l’hindouisme, a annoncé vendredi la
police indienne. Cette intrusion
risque à nouveau d’attiser les
tensions au sein même de la
communauté hindouiste. En
début de semaine, deux femmes
avaient déjà foulé le sol de ce lieu
de culte, déclenchant deux jours
de manifestations des traditionalistes hindous, parmi lesquels des membres du BJP, le
L
mercredi. Pour entrer dans le
lieu sacré, les hommes portent
sur leur tête le « pallikettu »,
une sorte de sac à deux compartiments – deux têtes une devant,
l’autre à l’arrière – dans lequel se
trouvent à la fois leurs vêtements et leurs offrandes.
D’après des caméras de surveillance, une troisième femme,
une Sri-Lankaise de quarantesept ans accompagnée de son
mari, s’était encore mêlée jeudi
soir à la foule masculine, en portant sur sa tête le « pallikettu ».
Police vigilante
« La police demeure extrêmement vigilante. Il y a des tensions,
mais c’est encore pacifique », estimait en fin de semaine le porteparole de la police. Face aux ris-
q u e s d ’e m b r a s e m e n t , l e
fonctionnaire a précisé que des
interdictions de déplacement
avaient été décrétées dans les villes de Palakkad et de Kasaragod,
deux des localités les plus touchées par les violences. Avant la
première intrusion, mardi, des
dizaines de milliers de femmes
avaient formé une chaîne
humaine pour soutenir la décision de la Cour suprême. Cette
manifestation appelée « Mur
des femmes » était soutenue par
le gouvernement de gauche de
l’Etat du Kerala. Si la plupart des
temples n’autorisent pas les
femmes à entrer lorsqu’elles ont
leurs règles, Sabarimala était
l’un des rares à interdire son
entrée à toutes les femmes entre
la puberté et la ménopause. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Pratiquer des prix bas
ne doit pas se faire
au détriment des producteurs.
Chez U, nous sommes convaincus que nous pouvons créer les conditions
d’un équilibre entre les intérêts de nos clients et ceux des producteurs.
Être commerçants autrement, c’est veiller à la compétitivité de nos prix
tout en respectant une juste répartition de la valeur entre
nos fournisseurs et producteurs et nos magasins.
Être commerçants autrement, c’est promouvoir les filières agricoles.
Ainsi, nous nous engageons à accompagner les éleveurs
et les producteurs pour assurer le développement économique
de leur exploitation en leur garantissant un engagement à long terme.
C’est cette volonté qui a présidé par exemple à notre engagement
auprès de la Fédération Nationale Bovine pour revaloriser la rémunération
des producteurs de viande bovine. Mais aussi, à notre engagement sur
les filières oeufs, auprès des producteurs de Biolait et de Terrena
qui nous proposent des viandes élevées selon de nouvelles pratiques d’élevage
plus respectueuses de l’environnement et du bien-être animal…
Jusqu’à la signature récente avec les agriculteurs Triskalia d’une charte d’engagement
pour la filière de viande de porc pour l’ensemble de la gamme charcuterie à marque U.
Être commerçants autrement, c’est pratiquer des prix responsables.
Les plus bas possibles pour le pouvoir d’achat de nos clients,
les plus justes possibles pour les producteurs et les éleveurs.
C’est une afaire de valeurs.
Coopérative U Enseigne. SA coopérative. Parc Icade - 20 rue d’Arcueil - CS10043 - 94533 Rungis. R.C.S. 304 602 956 Créteil - 2019.
Être commerçants autrement, c’est négocier les prix au mieux
des intérêts de nos clients, tout en veillant à la juste rémunération
des fournisseurs et producteurs.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 7 janvier 2019
www.lesechos.fr
Immobilier de luxe,
chevaux de course,
art… le français
se veut leader dans
l’intermédiation de
biens d’exception.
// P. 20
DEVISES EUR/GBP 0,8956 EUR/JPY 1,2355 EUR/CHF 1,1251 GBP/USD 1,2743 USD/JPY 1,0829 USD/CHF 0,9858 TAUX EONIA -0,368 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,309 OAT 10 ANS 0,6191 T-BONDS 10 ANS 2,7096
INDUSTRIE & SERVICES
AUTOMOBILE
DERNIÈRE HEURE
2019, année à hauts risques pour
les géants de l’auto. // PP. 16-17
Amazon a déjà placé Alexa dans
100 millions d’objets connectés
ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P.8
FERROVIAIRE
Le mariage Siemens-Alstom
menacé de sortie de route
à Bruxelles. // P. 18
La région
Bretagne entre
au capital du
Groupe d’aucy
IMMOBILIER
Enrique Moreira
@Enrique Moreira
Un nouveau risque fiscal sur
le transfert de la nue-propriété.
// P. 20
COMMERCE
Les cinq défis qui attendent
la grande distribution. // P. 21
AÉRIEN
Connectivité en vol : le plan de
Panasonic pour aller plus loin.
// P. 22
HIGH-TECH & MÉDIAS
BOURSE
Dans la tech, cette année sera
celle du quitte ou double pour
les introductions à Wall Street.
// P. 24
Eric Cabanis/AFP
AUDIOVISUEL
« Le Jour du Seigneur » change
de formule. // P. 25
L’enceinte Echo d’Amazon est loin d’être le seul vecteur de diffusion d’Alexa dans l’univers de la maison connectée. Shutterstock
START-UP
AMÉNAGEMENT
Les assistants vocaux
et la maison intelligente
vont figurer parmi les
grands thèmes du CES
de Las Vegas cette semaine.
Yemanja, la start-up qui conçoit
les bureaux des start-up. // P. 26
PME & RÉGIONS
COMMERCE
Promotion du territoire :
collectivités, entreprises,
même combat. // P. 27
FINANCE & MARCHÉS
MARCHÉ OBLIGATAIRE
La ruée des investisseurs sur
les dettes d’Etat illustre les craintes
des marchés. // P. 29
BANCASSURANCE
Les patrons de la finance
à surveiller en 2019. // P. 30
BANQUE
La BCE s’attaque au sauvetage
de la 10e banque italienne. // P. 31
DETTE
Arrestations en série dans l’affaire
de la dette cachée du Mozambique.
// P. 33
CARNET // P. 36
« LES ECHOS » EXECUTIVES
ENTREPRISES
La feuille de route
des entreprises pour 2019.
// DOSSIER PP. 37 À 40
Amazon adopte
la stratégie de l’ubiquité
pour son interface
d’intelligence artificielle.
« L’informatique d’ambiance »
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
100 millions, c’est le nombre de produits
vendus qui intègrent l’assistant vocal intelligent Alexa du géant de l’e-commerce Amazon, comme le révèle une interview publiée
par « The Verge » de Dave Limp, le responsable « appareils et services » de la firme
dirigée par Jeff Bezos.
Alors que s’ouvre mardi le grand Salon de
l’électronique de La Vegas – le CES – qui
devrait notamment faire la part belle aux
nouveautés dans les assistants vocaux et la
maison intelligente (commande de la
lumière, de l’électroménager, de l’alarme,
du chauffage, de la musique, etc.), le dirigeant d’Amazon fait le point sur la stratégie
du leader des assistants vocaux. Aussi sur-
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Les spécialistes attendent du CES que
Google révèle ce qu’il en est pour son
assistant intelligent, ses chiffres étant
inférieurs au dernier comptage. En
attendant, le speaker intelligent maison
d’Amazon, l’« Echo », n’est donc pas le
seul vecteur de diffusion d’Alexa. Même
si Dave Limp explique que sa déclinaison, Echo Dot, est en rupture de stock
après la saison de Noël, sans vouloir donner de chiffres supplémentaires.
Comme l’explique Dave Limp à « The
Verge », Amazon n’est pas même inquiet
que certains produits contenant Alexa
soient de mauvaise qualité. Ce qui est
important, note-t-il, est qu’il y en ait suffisamment qui donnent pleine satisfaction. La marque Alexa est assez puissante pour cela.
Surtout, Amazon semble faire un plaidoyer pour l’interopérabilité des assistants
intelligents. Non seulement le groupe veut
que les gadgets vocaux, comme les enceintes, de la maison connectée puissent intégrer les assistants de Google, d’Apple ou
d’autres, mais il est prêt à ce qu’ils puissent
collaborer afin que le consommateur n’ait
pas tous les réglages à refaire. Son Echo
intègre même Apple Music.
Dave Limp pointe vers la stratégie
d’Amazon dans le cloud, où sa filiale AWS
est devenue une option par défaut de centaines de milliers de start-up. « Il faut de la
largeur et de la profondeur… il faut donc
fournir des outils self-service, gratuits, faciles à utiliser et disponibles largement pour
les développeurs, » explique-t-il.
Le but ultime d’Amazon est de s’imposer
dans « l’informatique d’ambiance »
(« ambient computing »), dit-il, pas dans
les assistants au sens strict. Après s’être
attaqué à la maison, Amazon va s’attaquer
à l’automobile, mais aussi aux interactions
vocales sur le lieu de travail. Pour lui,
les assistants vocaux qu’on utilise pour
son smartphone ne rentrent pas dans ce
cadre. Même si, bien sûr, c’est dans son
intérêt de dire cela, car Google et Siri
d’Apple sont, à la différence d’Alexa, préinstallés dans des centaines de millions de
smartphones… n
Bonne passe pour l’assurance-vie
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
SUR
prenant que cela paraisse, vu la domination
d’Amazon, elle se résume ainsi, si on l’en
croit : ubiquité plutôt qu’exclusivité.
Plus de 150 produits différents intègrent
ainsi la technologie de reconnaissance
vocale Alexa et plus de 28.000 sont compatibles avec lui, fabriqués par plus de
4.500 marques différentes. Pour le plus
grand bonheur de ces dernières, puisque le
label « Compatible avec Alexa » semble
faire un bel effet marketing.
Bis repetita pour l’assurance-vie. En
novembre, la collecte nette (cotisations
moins prestations) a atteint 2,7 milliards
d’euros, selon les chiffres publiés vendredi
dernier par la Fédération française de
l’assurance. Il s’agit de la meilleure performance mensuelle depuis juillet 2017
(2,7 milliards d’euros également). Elle
arrive après un mois d’octobre lui aussi de
bonne facture (2,5 milliards).
Sur les onze premiers mois de 2018, la
collecte nette s’élève à 23,1 milliards
d’euros. C’est presque trois fois plus que
celle réalisée sur toute l’année 2017, qui
avait été marquée par des incertitudes
liées à l’élection présidentielle.
Progression des unités de compte
La tendance est bien orientée sur tous les
tableaux. Sur onze mois, les versements
ont été plus abondants (129,7 milliards
d’euros) que sur la même période de 2017
(122,8 milliards). Dans le même temps,
les prestations versées par les compagnies aux titulaires des contrats ou à
leurs ayants droit (106,6 milliards
d’euros) ont été moins élevées qu’en 2017.
En novembre, 28,8 % des flux se sont par
ailleurs portés sur les unités de compte,
des placements plus risqués et censés
être plus rémunérateurs sur le long
terme que les fonds euros au capital
garanti, contre 25 % en octobre. C’est une
bonne nouvelle pour les assureurs-vie
qui cherchent à pousser leurs clients
vers ces produits moins consommateurs
en capitaux propres que les fonds euros.
Sur onze mois, la part des UC dans la
collecte atteint 28 %.
Par ailleurs, l’encours de l’assurancevie a continué de progresser (+1 % sur un
an) p our atteindre 1.704 milliards
d’euros à fin novembre. Ce qui est capital
pour les compagnies puisque ce sont les
encours qui font leurs revenus. n
La région Bretagne entend devenir « le
leader du bien-manger en Europe ».
Pour cela, elle n’hésite pas à investir dans
ses entreprises locales. C’est le cas
notamment du groupe coopératif agroalimentaire d’aucy, dont elle vient
d’acquérir 2,72 % du capital.
La collectivité bretonne a en effet
annoncé, ce vendredi 4 janvier, avoir
converti une avance remboursable de
5 millions d’euros, consentie en 2016,
« en une prise de participation au capital
du holding du groupe, réunissant ses filières œufs et légumes », précise le communiqué. La région explique saisir « ainsi
l’opportunité de devenir actionnaire d’une
entreprise structurante pour son territoire ».
Implanté en Bretagne depuis 1968, le
Groupe d’aucy, dont le siège est à Vannes, compte aujourd’hui plus de 9.000
adhérents dans la région : que ce
soit des producteurs de légumes, des
céréaliers ou encore des éleveurs. Le
groupe coopératif emploie 4.300 salariés et réalise 1,2 milliard d’euros de
chiffre d’affaires. Il compte 28 sites
industriels en France, en Hongrie et en
Espagne et réalise 30 % de son chiffre
d’affaires à l’international.
Le Groupe d’aucy
compte 28 sites
industriels en France, en
Hongrie et en Espagne
et réalise 30 %
de son chiffre d’affaires
à l’international.
La prise de participation de la région
Bretagne, qui devrait être officialisée le
10 janvier à Ploërmel (Morbihan), doit
« permettre à d’aucy de poursuivre le
développement des productions alternatives d’œufs (poule plein air, bio…) »,
explique la région. Le groupe ayant pris
l’engagement de sortir du modèle de
l’œuf de poules en cage, à l’horizon
2025, est-il précisé.
Depuis la loi NOTRe et la publication
d’un décret en Conseil d’Etat en
juin 2016, les régions peuvent participer
au capital de sociétés commerciales
pour la mise en œuvre du schéma régional de développement économique. L’an dernier, la Bretagne avait déjà
pris une participation au capital de Yer
Breizh (la poule bretonne), société
créée au lendemain de la reprise
du groupe volailler Doux.
Fusion avec Triskalia
Par ailleurs, rapporte « Le Télégramme », la fusion engagée en décembre 2017 entre d’aucy et le groupe coopératif Triskalia, situé à Landerneau
(Finistère), a été retardée. Leur union,
qui devait être finalisée officiellement le
1er janvier 2019, n’a pas eu lieu. Et pour
cause, l’Autorité de la concurrence n’a
pas encore donné son feu vert, selon le
quotidien breton.
Ce rapprochement se veut offensif et
non défensif. Il devrait se traduire par
des embauches afin de compléter
l’effectif actuel des 9.000 collaborateurs
partagés par les deux coopératives. Celles-ci réalisent un chiffre d’affaires
cumulé de 3,1 milliards d’euros. Elles
espèrent atteindre ensemble 5 milliards d’euros en 2025. n
DR
Le groupe Artcurial se lance
dans la vente de yachts
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
Nicolas Tucat/AFP
Blanquefort : Bruno Le Maire n’exclut
pas une nationalisation temporaire
AUTOMOBILE Invité du « Grand Rendez-vous », a assuré ce
dimanche que « les discussions continuent » pour convaincre
l’Américain Ford de ne pas fermer son usine de Blanquefort.
Surtout, il n’a pas exclu une nationalisation temporaire. « S’il
faut que l’Etat fasse la transition, rachète le site pour le revendre à
Punch, cela ne me pose aucune difficulté. Pour moi, il n’y a que le
résultat qui compte ». Selon lui, c’est « le rôle de l’Etat de protéger
[...] quand certaines entreprises se comportent mal ».
La Chine part en guerre contre
la pollution des camions au diesel
AUTOMOBILE La Chine va lutter contre la pollution des
camions au diesel en durcissant les normes sur le carburant et
les moteurs, en développant le fret ferroviaire et en renforçant
les capacités de contrôle du gouvernement, indique un document publié ce vendredi 4 janvier par le ministère de l’Ecologie
et de l’Environnement chinois. Le ministère vise à « augmenter
significativement » le nombre de camions respectant les nouvelles normes d’émissions de CO2, avec un objectif de 90 % s’y conformant d’ici à la fin de l’année 2020.
Jin Jiang rehausse son OPA
sur le solde du capital de Radisson
HÔTELLERIE Le consortium mené par le géant chinois de
l’hôtellerie Jin Jiang International a relevé de 2,5 couronnes
suédoises, à 42,50 couronnes (4,20 euros environ), le prix par
action de son OPA sur le solde non détenu et coté – au Nasdaq
nordique – du capital de Radisson. Le consortium, qui comprend également le fonds SINO-CEE Fund, a déjà acquis un bloc
de 50,21 % auprès de HNA, mais a vu son offre initiale rejetée par
le comité indépendant du conseil de l’entité cotée de Radisson.
Ce comité doit à nouveau se prononcer, au plus tard le 28 janvier,
l’OPA courant du 7 janvier au 4 février.
devait être perturbé, ce lundi
matin, en Allemagne en raison de l’appel à la grève, par le
syndicat Verdi, des personnels de sécurité dans les aéroports de Tegel et Schoenefeld,
à B erlin. Quelque 80 vols
devaient être affectés, selon
l’agence de presse DPA. Les
revendications des grévistes
portent sur une hausse du
salaire horaire. Une pro chaine séance de négociations sur le sujet est programmée le 23 janvier.
Shutterstock
AÉRIEN Le trafic aérien
F E R R OV I A I R E L’a c t i v i t é
grande vitesse de la SNCF
(InOui, le cœur de l’offre TGV,
et Ouigo, la déclinaison low
cost) a comptabilisé 140 millions de voyageurs en 2018,
dont 109 millions dans l’Hexagone, selon des chiffres publiés
par « Le Figaro ». Eurostar
(+10 %) et Thalys (+5 %) ont
battu des records de trafic, tandis que la France est en baisse.
Sans les grèves, la croissance
aurait été portée par Ouigo.
Shutterstock
annoncé mi-décembre la suspension, pour trois mois et à compter du
1er janvier, des surtaxes douanières
sur les voitures américaines. En
outre, l’épée de Damoclès de droits
de douane imposés par les EtatsUnis sur les véhicules européens
plane toujours au-dessus de la tête
des constructeurs. Enfin le scénario
d’un Brexit sans accord n’est toujours pas écarté, exposant
l’industrie à de graves conséquences financières.
C’est la fin d’une époque pour
l’industrie automobile. Après plusieurs années de croissance ininterrompue, les ventes de voitures neuves dans le monde pourraient
marquer le pas en 2019. « On est clairement à la fin d’une période de croissance qui a duré près de dix ans »,
estime Laurent Petizon, chez AlixPartners. « Il y a un vrai risque de
baisse du marché cette année : nous
prévoyons un nouveau recul des ventes en Chine et aux Etats-Unis en 2019,
et une croissance plutôt faible en
Europe. » L’expert n’anticipe toutefois pas à ce stade d’effondrement,
« toutes choses égales par ailleurs »,
poursuit-il. « Il ne faut pas oublier
que l’é volution du secteur est
largement corrélée à celle du PIB sur
le long terme. »
L’euphorie a déjà subi un coup
d’arrêt en 2018, sous l’effet notamment du ralentissement en Chine,
premier marché mondial : les ventes y ont reculé l’an dernier, pour la
première fois depuis plusieurs
décennies. Mi-décembre, les analystes de RBC Capital Markets estimaient même que la production
automobile mondiale allait baisser
dès 2018, à 94,6 millions de véhicules ( – 0,6 % par rapport à 1997), ce
qui n’était pas arrivé depuis 2009. Ils
prévoyaient une nouvelle baisse de –
0,4 % en 2019. Non seulement les
facteurs cycliques et macroéconomiques sont susceptibles de plomber les achats de voitures neuves,
sur les grands marchés comme
dans plusieurs pays émergents
(Turquie, Argentine…), mais
d’autres grains de sable risquent de
venir gripper la machine. La guerre
commerciale entre les Etats-Unis et
la Chine est toujours latente – même
si les autorités chinoises ont
Révolution sans précédent
Ces revers commerciaux surviennent au moment même où l’industrie automobile est confrontée à une
révolution sans précédent. « Il n’y a
jamais eu autant de changements
structurels à venir dans le secteur »,
rappelle Laurent Petizon. La course
à la voiture autonome et connectée
contraint les constructeurs à investir d’énormes sommes en R&D,
alors même que la pression réglementaire s’accroît pour réduire les
émissions polluantes. Un certain
nombre de constructeurs comme
Volkswagen ou BMW ont ainsi subi
les nouvelles normes d’homologation (WLTP) instaurées en septembre dernier, « mais cette question
devrait être totalement derrière nous
d’ici au deuxième trimestre de 2019 »,
estime Frank Schwope, analyste
chez Nord/LB, cité par l’agence
Bloomberg. En attendant, les ventes
en Allemagne ont reflué de 0,2 %
l’an dernier.
Les préoccupations sont plutôt
aujourd’hui concentrées sur les
émissions de CO2, compte tenu des
lourdes amendes qui pourraient
être infligées par Bruxelles en cas de
non-respect des objectifs 2021.
Selon de nouvelles estimations du
cabinet PA Consulting, huit groupes
automobiles sur les treize présents
en Europe pourraient ne pas rem-
« Il n’y a jamais eu
autant de
changements
structurels à venir
dans le secteur. »
LAURENT PETIZON
Managing Director chez
AlixPartners
plir leurs objectifs à l’échéance. Plusieurs d’entre eux (comme Volkswag e n , F i a t C h r y s l e r, o u P S A)
risqueraient des amendes de plus de
500 millions d’euros. Pour passer
l’obstacle, les constructeurs ont
annoncé des investissements massifs pour électrifier leur gamme.
« Encore faudra-t-il arriver à vendre
des voitures potentiellement plus chères, alors que le premier critère de
choix des consommateurs est le
prix », s’inquiète Laurent Petizon. Quant aux nouveaux objectifs
e u r o p é e n s q u i s’a n n o n c e n t ,
une réduction de 37,5 % des émissions de CO2 à horizon 2030, ils ont
été qualifiés de « totalement irréalistes » par l’Association des constructeurs européens. De quoi assombrir
encore un peu l’horizon du secteur.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 8
L’an dernier, les ventes de voitures électriques
n’ont pas fait d’étincelles
LES ECHOS
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Anne Feitz
@afeitz
En Europe, les ventes
de voitures électriques
restent anecdotiques.
Dans la voiture électrique, la Norvège est l’arbre qui cache la forêt.
L’an dernier, les ventes de véhicules
électriques n’ont pas fait d’étincelles
sur le Vieux Continent. Si les véhicules à batterie lithium-ion représentaient en 2018 une vente sur trois
dans les concessions norvégiennes,
c’est loin d’être le cas dans les autres
pays européens.
En France, quelque 31.000 voitures 100 % électriques ont trouvé
preneur ces douze derniers mois
(contre 25.000 en 2017). Cela n’équivaut qu’à 1,43 % de parts de marché
– même si la progression est réelle
depuis l’été. Quant aux véhicules
hybrides rechargeables, les volumes sont de 14.500 unités, contre
12.000 l’année précédente.
Pour mettre du baume au cœur
aux tenants de la voiture sans carburant, le marché de l’occasion
électrique a progressé de 61 %. Et
pour rassurer les cocardiers, la
moitié de ces immatriculations
relèvent de la Renault ZOE.
En Allemagne, c’est plus ou
m o i n s l e m ê m e t o p o . Ave c
36.000 ventes, les ventes de voitures
100 % électriques ont bondi de 40 %
– pour s’afficher à un pour-cent de
parts de marché. C’est bien, mais ce
n’est pas non plus exceptionnel
Richard Damoret/RÉA
140 millions de
voyageurs pour
le TGV en 2018
2019, année à hauts risques po
l Les constructeurs vont devoir
affronter un recul des ventes, le Brexit
et des conflits commerciaux potentiels.
l Et ce, au moment où la pression
s’accroît pour limiter les émissions
polluantes.
à suivre
Le trafic aérien
perturbé
en Allemagne
LES NUAGES S’ACCUMULENT AU-DESSUS D’UNE INDUSTRIE MAJEURE
Dans l’Hexagone, la Renault ZOE pèse la moitié des ventes de voitures électriques.
– alors que Daimler a lancé des versions électriques de ses Smart et
que Volkswagen a propulsé une
Golf électrique. En clair, le déclin
accéléré du diesel en Europe bénéficie avant tout à l’essence.
Les chiffres 2018 de la voiture
électrique ne sont pas encore connus à l’échelle continentale. Sur le
premier semestre, il s’était écoulé
180.000 véhicules 100 % électriques
et hybrides rechargeables sur le
Vieux Continent, selon le cabinet
Jato Dynamics.
Une offre encore peu étoffée
A décharge, il faut reconnaître que
l’offre en matière de véhicule électrique est encore peu étoffée. Et que
les rares modèles disponibles – de la
ZOE en passant par les nouvelles
Hyundai – ne sont pas toujours dis-
ponibles en quantité suffisante par
rapport à la demande. A cet égard,
l’année 2019 devrait fournir un bon
aperçu de ce que le marché de la voiture électrique pourrait devenir à
court ou moyen terme : ces prochains mois, de nombreux modèles
lithium-ion seront mis sur le marché. A commencer par l’Audi
e-tron, et surtout la Tesla Model 3
qui arrive en Europe. — J. D.-C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
ur les géants de l’auto
Un Brexit sans accord serait
un cauchemar industriel
Sans entente entre Londres
et Bruxelles, les fabricants
de voitures seront forcés
de parer au plus pressé.
Avant de prendre
des décisions douloureuses.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Le marché américain donne tort
aux sceptiques
La réforme fiscale et le recul
du chômage ont dopé
les ventes l’an dernier, qui
ont dépassé les 17 millions
pour la quatrième année
d’affilée.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Ce devait être 2017. Puis 2018.
Désormais, c’est pour 2019 qu’analystes, experts et constructeurs
auto prédisent un recul des ventes
de voitures sur le marché américain. Contre toute attente, celles-ci
ont dépassé une fois de plus les
17 millions l’an dernier pour la quatrième année consécutive, s’offrant
même le luxe d’une légère progression de 0,6 % sur un an, à 17,3 millions. Une belle performance qui a
surpris tout le monde.
« Nous pensions que les ventes
reculeraient de façon plus marquée, a
admis Patrick Manzi, de l’Association nationale des revendeurs de
voitures Nada. Mais la réforme fiscale a rendu du pouvoir d’achat aux
consommateurs, et ils ont dépensé
plus chez les concessionnaires.
Comme cela s’observe depuis plusieurs années, ce sont les SUV, les
4×4, les camions et les pick-up qui ont
constitué la majorité des ventes. »
Les chiffres publiés jeudi par les
principaux constructeurs font ainsi
état d’un tassement moins net que
prévu. General Motors, le leader
américain, a enregistré un recul des
ventes de 1,6 % sur l’année, contre
3,5 % pour son rival Ford, et 0,3 %
pour le japonais Toyota. Soutenues
par le succès de ses Jeep, les ventes
de Fiat Chrysler ont en revanche
progressé de 9 % sur l’année, tandis
que Nissan a vu les siennes reculer
de 6 %. « Les ventes en 2018 se sont
montrées plus résilientes que prévu,
avec une transition toujours plus
rapide vers les SUV, grâce à la mise
sur le marché de nouveaux modèles
et au recul des berlines », a commenté Stephanie Brinley, analyste
chez IHS Markit.
De fait, l’environnement macroéconomique est demeuré très favorable pour les constructeurs l’an
Lundi, la Grande-Bretagne va
mener un test impliquant
150 camions, dans l’optique de traiter de longues files d’attente de
poids lourds à Douvres, en cas
d’une sortie sans accord. Alors que
le spectre d’un « hard » Brexit le
29 mars se précise chaque jour un
peu plus, l’industrie automobile se
prépare aussi au pire. Depuis des
mois, les constructeurs présents en
Europe et a fortiori au RoyaumeUni peaufinent leur plan de
secours. Chez PSA, on activera le
programme d’urgence d’ici la fin du
mois de janvier – si rien ne bouge
côté politique. Chez Audi ou BMW,
le bouton rouge est également à disposition.
Dans le détail, plusieurs problèmes se posent pour les constructeurs avec un « no-deal Brexit ».
D’abord, il y aura les soubresauts de
la livre, qu’il faudra encaisser dans
les comptes. Ensuite, il y a aura le
retour des droits de douane entre le
continent et l’archipel britannique.
Faute d’accord d’ici fin mars,
l’import-export de véhicules sera
taxé à hauteur de 10 %, les échanges
de pièces à 3 ou 4 %, en vertu des
règles de l’OMC.
La peur du douanier
Enfin et c’est sans doute le pire, il
faudra résoudre l’équation du
retour des frontières sur la Manche
et la Mer du Nord – donc des contrôles douaniers et de la paperasse.
« La bureaucratie va menacer la production en flux tendus de notre
industrie », s’insurge-t-on à l’Acea,
l’Association des constructeurs
automobile européens. Si les premiers concernés tâchent d’augmenter les stocks de pièces et de voi-
Chez BMW, on s’inquiète des conséquences sur l’usine Mini
d’Oxford d’une sortie chaotique du Royaume-Uni de l’Union
européenne. Photo Geoff Caddick/AFP
tures outre-Manche, la potion sera
tout de même plus qu’amère pour
l’industrie, et l’emploi automobile
au Royaume -Uni (environ
850.000 personnes).
Faute d’accord d’ici
à fin mars, l’importexport de véhicules
sera taxé à hauteur
de 10 %, les échanges
de pièces à 3 ou 4 %,
en vertu des règles
de l’OMC.
En l’absence d’accord de libreéchange entre Londres et Bruxelles,
les usines installées sur place
(Toyota, Nissan et Honda, mais
aussi BMW ou PSA), seront menacées sur le moyen ou long terme. « Il
n’y aurait plus d’accord commercial
et nous serions alors forcés de construire aux Pays-Bas », prévenait
Harald Krüger, le patron de BMW,
au Mondial de Paris. Par prudence,
l’usine britannique de Mini fermera
d’ailleurs tout le mois d’avril pour
laisser passer l’orage. Même Jaguar
Land Rover, désormais détenu par
l’indien Tata, est en train de se doter
de capacités d’assemblage en
Europe de l’Est. « Tout cela pourrait
coûter des dizaines de milliers
d’emplois au pays », avertissait sans
fard il y a quelques semaines Ralf
Speth, le patron de JLR. n
Premier recul en trente ans
dans l’empire du Milieu
Sur le marché chinois,
les ventes refluent pour la
première fois en trente ans.
Les chiffres publiés jeudi par les principaux constructeurs
font état d’un tassement moins net que prévu. Photo Shutterstock
dernier. Les taux d’intérêt sont restés bas, malgré le resserrement
monétaire opéré par la Fed, le chômage est tombé sous les 4 % depuis
plusieurs mois, la confiance des
consommateurs demeure solide, et
le pétrole est encore relativement
bon marché.
Préparer le creux de cycle
Mais malgré l’absence de signaux
alarmants évidents, le scénario
d’un retournement du marché en
2019 semble faire consensus. Et certains en voient les prémices dans les
chiffres de fin d’année publiés par
certains constructeurs, comme
Ford, qui a enregistré des ventes en
recul de 8,8 % en décembre, ou GM
qui a vu les siennes reculer de 2,7 %
au dernier trimestre.
Anticipant un retournement, le
constructeur américain a de fait
commencé à préparer le creux de
cycle en annonçant le mois dernier
la fermeture de plusieurs usines en
Amérique du Nord, le licenciement
de 14.000 salariés et l’interruption
de plusieurs modèles de berlines.
Objectif : préserver les profits, dans
l’hypothèse probable où les ventes
devraient diminuer. Mary Barra, la
directrice générale de GM a dit vouloir profiter d’un environnement
économique favorable pour préparer l’entreprise à un retournement.
« Il faut passer devant quand le busi-
« Nous pensions
que les ventes
reculeraient de
façon plus
marquée. »
PATRICK MANZI
Association nationale des
revendeurs de voitures Nada
ness et l’économie se portent bien »,
a-t-elle expliqué.
Les analystes d’IHS Markit
tablent ainsi sur des ventes de
16,8 millions de véhicules en 2019,
semblables aux prévisions des concessionnaires. Outre le durcissement des conditions de crédit qui
devrait freiner les prêts auto, les
analystes redoutent un effet lié
aux prix toujours plus élevés des
nouveaux modèles, en particulier des SUV, camions et pick-up.
Selon le site spécialisé Kelley Blue
Book, le prix moyen d’une nouvelle
voiture a en effet augmenté d’environ 3 % en 2018, à plus de
36.000 dollars. « C’est l’augmentation la plus forte des prix observée
dans les transactions depuis 2013 », a
constaté Tim Fleming, analyste
pour le site. n
Le moteur chinois a des ratés. La
nouvelle donne le vertige à l’industrie automobile mondiale, habituée
depuis des années à des croissances
à deux chiffres dans l’empire du
Milieu. Cet essor infatigable a permis au secteur de croître au niveau
mondial, malgré les hoquets des
marchés occidentaux. Mais l’an
dernier, pour la première fois
depuis près de trente ans, les constructeurs ont vu leurs ventes chinoises refluer d’environ 3 %. En
novembre, la chute a même atteint
14 %, la pire baisse mensuelle
depuis sept ans.
Un coup de mou qui serait le
résultat de « changements économiques », d’une « baisse de la demande
dans les petites villes » et de « raisons
internationales », d’après l’Association chinoise des constructeurs
automobiles (CAAM). Depuis quelques mois, Pékin et Washington ont
en effet enclenché une guerre commerciale sur le front des voitures
neuves.
Darwin
« La période est douloureuse »,
avouait le mois dernier un cadre de
la CAAM. Et si les vendeurs de voitures réclament à grands cris une
baisse des taxes à l’achat, ils ont
manifestement peu de chances
d’être entendus par les autorités
locales. « La période actuelle peut
nous aider à faire survivre les acteurs
les plus solides seulement, et à améliorer la concentration de l’industrie », soufflait-on à la CAAM.
Dans ce contexte, les constructeurs allemands, américains et
japonais, très présents sur place, se
préparent à souffrir. Pour PSA et
Renault, le problème est différent :
les deux groupes français pèsent
très peu sur ce gigantesque marché.
Reste qu’il serait toujours plus facile
pour la Maison Peugeot de retrouver ses niveaux passés et pour la
marque au Losange de s’implanter,
sur un marché en plein boom. Nos
deux constructeurs nationaux vont
devoir s’adapter à la nouvelle
donne. — J. D.-C.
La fête est finie sur le marché automobile chinois. Photo Qilai Shen/Bloomberg
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
Le mariage Siemens-Alstom menacé
de sortie de route à Bruxelles
FERROVIAIRE
La Commission européenne semble prête
à mettre son veto
à l’opération. Bruno
Le Maire estime que
ce serait une « erreur
économique » et une
« faute politique ».
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Le rapprochement annoncé en
septembre 2017 entre Alstom et la
branche transport de Siemens
pour donner naissance à un géant
franco-allemand du ferroviaire
risque fort de ne jamais avoir lieu.
L’union entre les deux groupes ne
peut se faire sans l’aval de la direction générale de la concurrence de
la Commission européenne, et au
fur et à mesure que les mois passent, les réticences de la commissaire chargée du dossier, Margrethe Vestager, ou en tout cas de
son équipe, sont de plus en plus
visibles. Au point que le scénario
d’un veto semble désormais le plus
probable.
La Commission doit faire part de
sa décision avant le 18 février. D’ici là,
« les discussions se poursuivent, on
peut encore arriver à un accord », veut
croire une source au fait du dossier,
qui confesse toutefois que « les
signaux qui viennent en ce moment de
Bruxelles ne sont pas bons ».
A l’origine, Alstom et Siemens se
montraient très confiants sur leur
capacité à convaincre la Commission. L’opération, expliquaient-ils,
consiste à créer un champion européen capable de résister à CRRC : le
conglomérat chinois pèse d’ores et
déjà 30 milliards d’euros de chiffres
A l’origine, Henri Poupart-Lafarge, le PDG D’Alstom, se montrait très confiant sur la capacité de son groupe et de Siemens
à convaincre la Commission. Photo Patrik Stollarz/AFP
d’affaires (soit 4 fois plus qu’Alstom), et ne cache pas son ambition
de conquérir la planète.
La menace CRRC
Mais l’argument n’a pas trouvé
grâce aux yeux de la DG concurrence, car la présence de CRRC en
Europe reste marginale
aujourd’hui. A l’inverse, Siemens et
Alstom y sont très bien implantés,
et leur union, dans de nombreux
pays, déboucherait sur des positions dominantes sur plusieurs segments de marché (trains à grande
vitesse, signalisation…). C’est ce
qu’ont fait valoir les services de
Margrethe Vestager dès juillet.
« La menace chinoise sur l’indus-
trie ferroviaire européenne est bien
réelle, mais la Commission a une
approche qui privilégie l’intérêt du
client avant tout chose », regrette un
expert du secteur. « Alstom et Siemens ont échoué à convaincre
Bruxelles que le marché de référence
est mondial », confirme-t-on du côté
du gouvernement.
Le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, a enfoncé le clou
dimanche sur Europe 1, soulignant
que le « géant chinois » CRRC avait
émergé « en quelques années » sur le
marché du ferroviaire face à Alstom et Siemens jusqu’alors « en
position dominante » et qu’il avait
dernièrement raflé quasiment tous
les appels d’offres aux Etats-Unis.
« Qu’est ce qu’on attend pour se
réveiller ? » a-t-il ajouté. « Si jamais
la Commission devait donner une
décision défavorable à cette fusion
[Alstom-Siemens, NDLR] […], ce ne
serait pas seulement une erreur économique, ce serait une faute politique. Parce que ça affaiblirait toute
l’industrie européenne face à la
Chine », a-t-il estimé.
« Remèdes » insuffisants
La liste transmise fin octobre par la
Commission des « griefs » (les pays
et/ou les activités où la fusion risquerait de nuire à la concurrence)
était très fournie. Et les tractations
qui ont suivi n’ont pas permis
d’aboutir à un compromis.
« Je souhaite que
cette fusion aille
jusqu’au bout et je
ne vois aucune
raison acceptable
que la Commission
s’y oppose. »
BRUNO LE MAIRE
Ministre de l’Economie
Le 12 décembre, Alstom et Siemens ont proposé un « ensemble de
remèdes » (cessions d’accords de
licences, transfert de technologies)
portant sur 4 % de leurs chiffres
d’affaires combinés, soit 600 millions d’euros. Un montant manifestement inférieur au périmètre fléché par Bruxelles. Dans leur
communiqué, les deux groupes
l’admettent : « Il n’y a pas de certitude
que le contenu de cette proposition
sera suffisant pour répondre aux préoccupations de la Commission. »
De source proche du dossier, Siemens s’est dit prêt à céder la plateforme du Velaro Novo, son futur
TGV, et Alstom, une bonne partie
de son activité signalisation. Aux
dernières nouvelles, cela n’a pas
i n f l é c h i l a p o s i t i o n d e M a rgrethe Vestager. Le 18 décembre, la
commissaire a réaffirmé ses inquiétudes. Et deux jours plus tard, la DG
concurrence retwittait une lettre
ouverte signée par les Autorités de
régulation du ferroviaire britannique, belge, néerlandaise et espagnole, qui appelle Bruxelles à rejeter la fusion. Autant de signes qui
semblent préparer le terrain à un
rejet du dossier, même si l’opération
bénéficie du soutien des gouvernements français et allemand.
Un échec du projet de fusion ne
serait pas, à court terme, une catastrophe pour Alstom. Les derniers
résultats annuels, publiés fin mai,
décrivent une entreprise en pleine
forme, dotée d’une rentabilité en
hausse et d’un carnet de commandes record. Mais la consolidation
du marché ferroviaire européen
restera à mener, et la menace chinoise devrait rapidement devenir
palpable. L’hypothèse d’un rapprochement avec Siemens pourrait
donc se représenter dans quelques
années, et peut-être cette fois dans
des conditions plus favorables, le
projet actuel s’apparentant peu ou
prou à une prise de contrôle du
groupe français par l’allemand. n
Carlos Ghosn va se défendre publiquement
alors que Nissan écarte ses proches
AUTOMOBILE
Réputé très proche
du patron francobrésilien, Jose Munoz
vient d’être mis « en
congé » de Nissan.
Carlos Ghosn aura
sa première audience
au tribunal de Tokyo,
ce mardi.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Dix minutes. C’est le temps dont
Carlos Ghosn devrait disposer
mardi matin, devant un tribunal de
Tokyo, pour affirmer publiquement son innocence pour la première fois. Depuis son arrestation le
19 novembre dernier sur le tarmac
de l’aéroport d’Haneda, le PDG de
Renault n’a pu se défendre auprès
de l’opinion publique que par le
biais de ses avocats japonais qui ont
choisi de se montrer extrêmement
discrets et ont ainsi laissé l’accusation occuper l’espace médiatique.
Estimant désormais que la
détention provisoire de leur client
n’a que trop duré et que ses arguments devaient être plus audibles,
ils ont décidé, vendredi dernier, de
faire appel à la Constitution japonaise pour donner une chance au
patron franco-brésilien de 64 ans
de se faire entendre par les médias
nippons et étrangers. Mobilisant
l’article 34 de la charte, qui stipule
qu’un détenu a le droit d’être directement informé en audience publique des motifs de sa détention, son
équipe d’avocats, emmenée par
Motonari Otsuru, a obtenu que Carlos Ghosn comparaisse dès ce
mardi, en présence de la presse,
devant un juge du tribunal du district de Tokyo. « C’est une très bonne
stratégie de ses avocats », salue le
pénaliste Yuji Shiratori. « La défense
va enfin pouvoir sensibiliser l’opinion publique au sort de Carlos
Ghosn. »
Donner « sa vision
des faits »
Interrogé, ce week-end dans « Le
Journal du dimanche » sur cette
audience, Anthony Ghosn, le fils du
patron français, a affirmé que son
père était « prêt à se défendre de façon
très vigoureuse » et a rappelé qu’il
démentait toute malversation et
refusait de signer la moindre confession comme le souhaiterait le procureur. « Je pense que tout le monde sera
assez surpris en entendant sa version
de l’histoire », lance même Anthony
Ghosn. « Pour la première fois, il
pourra donner sa vision des faits. » Le
jeune homme assure que son père
est très combatif même s’il souffre
des conditions de détention. « Il a
perdu une dizaine de kilos en mangeant trois bols de riz par jour »,
avance Anthony Ghosn, dans une
déclaration qui diffère des témoignages fournis par d’autres sources.
Selon nos informations, Carlos
Ghosn a effectivement perdu du
poids mais reçoit, comme tous les
autres détenus, des repas complets
et équilibrés. Ayant souffert du froid
dans sa cellule individuelle et de
l’inconfort du futon réglementaire,
il a même été transféré le mois dernier dans l’infirmerie de la prison de
Kosuge où il bénéficie désormais du
chauffage et d’un lit classique.
Une audience ouverte
à la presse
Si elle est très attendue par ses proches, la comparution de ce mardi
sera très brève et ne permettra pas
d’appréhender l’ensemble de
l’affaire. Concrètement, le juge, qui
décide des maintiens en détention
des suspects, va, à la demande des
avocats de Carlos Ghosn, demander
au procureur de prendre la parole
pour préciser les raisons pour lesquelles il avait demandé, lundi
1er janvier, un énième prolongement
de la détention provisoire de l’ancien
président de Nissan. Les échanges
ne seront pas filmés mais une poignée de journalistes tirés au sort et
de dessinateurs de presse pourront
y assister et prendre des notes.
Menotté, portant des habits
civils, sans cravate, ou éventuellement une tenue verte de prisonnier,
Carlos Ghosn pourra ensuite
s’adresser à la cour quelques minu-
« Je pense que
tout le monde sera
assez surpris
en entendant
sa version
de l’histoire. »
ANTHONY GHOSN
Fils de Carlos Ghosn
tes, en anglais, pour poser des questions, contester ce prolongement de
sa détention et probablement dire
qu’il rejette les charges qui lui sont
reprochées. Il n’aura toutefois pas
l’occasion de déployer une défense
détaillée sur l’ensemble des accusations avancées par le parquet.
Depuis le 19 novembre, le dirigeant s’est vu signifier déjà trois
arrestations mais n’a été mis en examen que pour un seul motif le
10 décembre dernier.
Ce jour-là, le parquet l’avait
inculpé, comme Greg Kelly, son
ancien bras droit chez Nissan, d’une
infraction à la loi sur les sociétés.
Les deux hommes sont accusés
d’avoir sciemment minoré le montant total des rémunérations de
Carlos Ghosn dans les rapports
financiers que Nissan a remis aux
autorités boursières locales.
Entre 2010 et 2015, le duo aurait
sous-estimé à hauteur de 5 milliards de yens − 39 millions d’euros
− les revenus japonais du patron.
En détention provisoire pour ce
premier dossier, Carlos Ghosn est
aussi soumis depuis le 20 décembre
à une garde à vue portant sur un
autre volet de l’affaire. C’est dans ce
cadre que son maintien en détention avait été ordonné lundi dernier.
Cette fois, le parquet l’accuse
« d’abus de confiance aggravé ». Les
hommes du procureur auraient
découvert lors d’une perquisition
dans son appartement de Tokyo des
documents montrant qu’il aurait
abusé de sa position de dirigeant de
Nissan dans un complexe montage
financier remontant à octobre 2008.
A l’époque, le patron de l’Alliance
s’était inquiété de la rapide dégrada-
Mardi, lors de l’audience, Carlos Ghosn rejettera probablement
les charges qui lui sont reprochées. Photo Mark Lennihan/AP/Sipa
tion d’une position ouverte sur le
marché des swaps de taux. Après la
crise financière, sa position affichait une perte potentielle de
1,85 milliard de yens (14,5 millions
d’euros) et il avait dû, selon l’accusation, inventé un montage délicat
pour ne pas assister à la fermeture
de celle-ci par sa banque japonaise,
inquiète de la dégradation de ce
swap. Il aurait alors fait appel, selon
nos informations, à un riche ami
saoudien, Khaled Al Juffali, pour
obtenir une garantie de crédit et
rassurer sa banque nippone.
Le parquet assure qu’il aurait
ensuite transféré des fonds à cet
ami, avec lequel le constructeur
japonais avait, par la suite noué un
partenariat commercial au Moyen
Orient, afin de compenser ce soutien financier. Le procureur assure
que l’équivalent de 14,7 millions de
dollars auraient alors été transférés, en quatre fois, à Khaled Al Juffali entre 2009 et 2012. Une explication que dément le dirigeant. Il
assure que ces versements étaient
liés à un travail de lobbying fait par
l’homme d’affaires saoudien. Selon
le quotidien « Asahi », Nissan
n’aurait pas trouvé de trace de ce
travail.
Nettoyer Nissan
Décrivant dans ces opérations une
preuve de plus de la malhonnêteté
de son ancien président, Nissan
semble décidé à nettoyer au plus
vite le groupe de son influence et de
ses réseaux. Ce week-end, le constructeur a d’ailleurs annoncé
que Jose Munoz, l’un de ses plus
importants cadres et un proche
allié de Carlos Ghosn, venait de se
mettre soudain « en congé » de
l’entreprise.
En charge de la performance de
Nissan, il avait longtemps dirigé ses
activités aux Etats-Unis avant de
prendre la direction du groupe en
Chine au printemps. Ces derniers
mois, Hiroto Saikawa, le PDG du
constructeur, avait semblé critiquer
sa stratégie d’expansion sur le marché américain, où la progression de
la part de marché s’était faite aux
dépens de la profitabilité. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
AVIS FINANCIER // 19
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
BNP PARIBAS
QUAM FUND
Fonds commun de droit luxembourgeois
ET
Représenté par
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg
Société anonyme
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg : N° B 27.605
Site Internet : www.bnpparibas-am.com
BNP PARIBAS L1
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg : N° B 32.327
Site Internet : www.bnpparibas-am.com
POUR LES COMPARTIMENTS « SUSTAINABLE ACTIVE STABILITY »,
« SUSTAINABLE ACTIVE BALANCED » ET « SUSTAINABLE ACTIVE GROWTH »
AVIS AUX ACTIONNAIRES
FUSION EFFECTIVE A COMPTER DU 14 FEVRIER 2019
Luxembourg, le 7 janvier 2019
Chers Actionnaires,
Nous vous informons par les présentes de la décision du Conseil d’administration de BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, agissant en qualité de Société de gestion
du Fonds commun BNP Paribas Quam Fund conformément aux dispositions de l’Article 24 du règlement de gestion de BNP Paribas Quam Fund,
et
le Conseil d’administration de BNP Paribas L1 conformément aux dispositions de l’Article 32 de ses Statuts, (les Fonds), ont décidé de fusionner les parts/classes d’actions
suivantes (la Fusion) :
Compartiment absorbé BNP Paribas Quam Fund
Code ISIN
Compartiment
Classe
LU0236672407
Low Vol
Classic - CAP
LU0236673397
Classic - CAP
Medium Vol
LU0848152095
Privilege - CAP
(1)
Devise
EUR
EUR
EUR
Compartiment absorbant BNP Paribas L1
Compartiment
Classe
Devise
Sustainable Active Stability
Classic Solidarity – CAP (1)
EUR
Classic Solidarity - CAP (1)
EUR
Sustainable Active Balanced
Privilege Solidarity – CAP (1)
EUR
Code ISIN
LU1056595637
LU1732371031
LU1732778656*
Frais spécifiques pour l’organisme de bienfaisance désigné (Croix-Rouge de Belgique) Un organisme de bienfaisance est une organisation non gouvernementale et/ou d’autres
œuvres de charité sélectionnées par le conseil d’administration de BNP Paribas L1 qui bénéficient d’une partie des frais et commissions prélevés au titre des catégories
d’actions de type « Solidarity ».
* La classe d'actions au sein du compartiment absorbant qui n’est pas encore enregistrée en France sera proposée au public en France au moment de la fusion.
1) Date d’entrée en vigueur de la Fusion
La Fusion sera effective le jeudi 14 février 2019.
La première VNI après la fusion des portefeuilles sera calculée le lundi 18 février 2019 dans les Compartiments et classes absorbants, lors de l’évaluation des actifs sous-jacents
prévue le jeudi 14 février 2019.
2) Contexte et motivation de la Fusion
Compte tenu des performances passées des Compartiments absorbés BNP Paribas Quam Fund et des énormes sorties de capitaux observées chaque année depuis 2013, il a
été décidé de les fusionner. En effet, il a été établi que le modèle mathématique quantitatif utilisé pour le BNP Paribas Quam Fund, associé à une faible volatilité due à des
investissements dans des fonds monétaires, ne satisfait pas aux attentes fixées dans votre intérêt.
Au contraire, les Compartiments absorbants BNP Paribas L1 ont été réorganisés en décembre 2017. Dans ce contexte, la stratégie active des Compartiments absorbants
BNP Paribas L1, associée à des niveaux élevés de volatilité entraînant des risques plus importants et, par conséquent, des performances potentielles, vise à générer de
meilleures performances à l’avenir.
Ainsi, le choix de BNP Paribas L1 comme entité absorbante se justifie par i) la prévision potentielle de performances dans votre intérêt (étant entendu que cette prévision n’est
pas garantie), et ii) le fait que les Compartiments absorbants et absorbés ont une allocation flexible de leur portefeuille, ce qui signifie qu’ils peuvent investir indirectement dans
des actifs diversifiés par l’intermédiaire d’OPCVM et/ou d’OPC, à condition que les Compartiments absorbants puissent également investir directement dans lesdits actifs.
Avertissement :
• Les résultats passés ne sont ni une indication ni une garantie des résultats futurs.
• Aucune garantie ne peut être apportée quant à la réalisation de cet objectif.
3) Impact de la Fusion sur les porteurs de parts
Veuillez noter que la Fusion aura les impacts suivants :
• Les derniers ordres de souscription et de rachat concernant les Compartiments absorbés seront acceptés jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres le jeudi 7 février 2019.
Les ordres reçus après ces heures limites seront refusés.
• Les porteurs de parts du Compartiment absorbé qui ne font pas usage de leur droit de faire procéder au rachat de leurs actions, tel qu’exposé au point 8) ci dessous,
deviendront des actionnaires des Compartiments absorbants.
• S’agissant de la fusion de « Classic CAP » avec « Classic Solidarity CAP » et de « Privilege CAP » avec « Privilege Solidarity CAP* », si l’investisseur conteste l’organisme de
bienfaisance choisi (Croix-Rouge de Belgique) ou ne souhaite pas donner à l’organisme de bienfaisance, il peut demander gratuitement, avant le 14 mars 2019, la
conversion de ses nouvelles actions en « Classic CAP » ou « Privilege CAP ».
• Les Compartiments absorbés seront dissouts sans liquidation par le transfert de l’ensemble de leurs actifs et passifs dans les Compartiments absorbants.
• Les Compartiments absorbés cesseront d’exister à la date effective de la fusion.
• Le Fonds commun BNP Paribas Quam Fund sera dissous sans liquidation suite à la Fusion et cessera d’exister à la date effective de la Fusion.
• Les stratégies d’investissement des Compartiments absorbants ne sont pas les mêmes que celle des Compartiments absorbés, comme l’expose le tableau au point 6)
concernant les différences entre compartiments. Les actifs sous-jacents des Compartiments absorbés seront par conséquent vendus plusieurs jours (en principe deux jours
ouvrés) avant la Fusion, en fonction des conditions de marché et dans l’intérêt des porteurs de parts. Les frais de transaction liés au rééquilibrage seront à la charge de
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société de gestion des Compartiments absorbé et absorbant (la Société de gestion).
• Comme lors de toute fusion, l’opération peut comporter un risque de dilution de la performance pour les porteurs de parts absorbés, en raison, surtout, des différences de
stratégies (cf. point 6).
* La classe d'actions au sein du compartiment absorbant qui n’est pas encore enregistrée en France sera proposée au public en France au moment de la fusion.
4) Impact de la fusion sur les Actionnaires absorbants
Veuillez noter que la fusion n’aura pas d’impact pour les actionnaires des Compartiments absorbants.
5) Organisation de l’échange d’actions
Si vous êtes porteur de parts des Compartiments absorbés, vous recevrez un nombre de nouvelles actions, dans les Compartiments absorbants, calculé en multipliant le
nombre de parts que vous détenez dans les Compartiments absorbés par le rapport d’échange.
Le rapport d’échange sera calculé le vendredi 15 février 2019 en divisant la valeur nette d’inventaire (VNI) par part des Classes absorbées par la VNI par action des Classes
absorbantes sur la base de l’évaluation des actifs sous jacents réalisée le mercredi 13 février 2019.
Les critères adoptés pour l’évaluation des actifs et, le cas échéant, des passifs à la date du calcul du rapport d’échange seront les mêmes que ceux utilisés pour le calcul de
la VNI, tels que décrits dans le chapitre « Valeur nette d’inventaire » du Livre I du prospectus des Fonds.
Les porteurs de parts inscrits au registre recevront des actions nominatives.
Les porteurs de parts titulaires d’actions au porteur recevront des actions au porteur.
Aucun montant en espèces ne sera versé au titre de la fraction de l’Action absorbante attribuée au-delà de la troisième décimale.
6) Différences importantes entre les Compartiments absorbé et absorbant
Veuillez noter les différences suivantes entre BNP Paribas Quam Fund et BNP Paribas L1 :
Caractéristiques
Type de véhicule
Réviseur d’entreprises
Exercice social
Assemblée générale annuelle
Date de versement des dividendes annuels*
Droits de vote des investisseurs
BNP Paribas Quam Fund
BNP Paribas L1
Fonds Commun de Placement
Société d’Investissement à Capital Variable
Ernst & Young
PricewaterhouseCoopers, société coopérative
Du 1er octobre au 30 septembre
Du 1er janvier au 31 décembre
S.O.
25 avr
20 janv.
30 avr
Aucun droit de vote
Droit de vote lors des assemblées générales des actionnaires
* à la discrétion du Conseil d’administration et de l’Assemblée générale des actionnaires
Veuillez noter les différences suivantes entre les Compartiments absorbé et absorbant :
Caractéristiques
BNP Paribas Quam Fund Low Vol
BNP Paribas L1 Sustainable Active Stability
Edmond de Rothschild Asset Management (Suisse) S.A,
un gestionnaire d’actifs qui n’est pas membre du groupe BNP PARIBAS
ASSET MANAGEMENT
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Belgium, agissant en qualité de
responsable de l’allocation d’actifs et des lignes du portefeuille, et
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT France, chargé de gérer les
poches relatives aux actions et obligations
Objectif d’investissement
Offrir à ses investisseurs une plus-value aussi élevée que possible,
tout en veillant à une large répartition des risques.
Accroître la valeur de ses actifs à moyen terme.
Politique d’investissement
L’objectif d’investissement du compartiment est d’atteindre un
rendement annuel compris entre -5 % et +15 % pour les porteurs
de parts tout en maintenant la volatilité annuelle moyenne du
compartiment à un maximum de 5 %. Il est possible que cet objectif
ne soit pas atteint, aucune garantie de réussite ne peut être donnée.
À cette fin, le compartiment investit en actions de capitalisation
d’OPCVM libellées en différentes devises, visant eux-mêmes à
investir principalement en actions et/ou obligations et/ou Instruments
du marché monétaire. Le compartiment peut également gérer des
devises étrangères et, ce faisant, utiliser les techniques et instruments
financiers décrits à l’Annexe 2.
Les décisions d’achat et de vente sont basées sur un modèle quantitatif.
L’allocation et le choix des actifs sont établis sur la base des résultats
de la modélisation et des conditions du marché en vigueur. Ce style
de gestion peut impliquer un volume de transactions supérieur à la
normale et un taux de rotation du portefeuille compris entre 500 %
et 1 000 % par an, sans générer de revenus supplémentaires pour
le gestionnaire. Les transactions étant issues du modèle de gestion
quantitative, le Fonds ne doit pas être soupçonné d’avoir recours aux
pratiques de Market timing.
Dans une volonté de protection des porteurs de parts, le compartiment
peut investir la totalité de ses actifs en actions de capitalisation
d'OPCVM monétaires.
Le risque du compartiment est étroitement lié aux pourcentages
investis dans les différentes classes d’actifs (actions, obligations,
liquidités) et à l’objectif en termes de niveau de volatilité.
Après couverture, l'exposition du compartiment aux devises autres que
l'euro pourrait ne pas dépasser 5 %.
Les liquidités détenues à titre accessoire et temporaire ne porteront
pas intérêt.
Ce compartiment investit directement ou indirectement (par
l’intermédiaire d’OPCVM, d’OPC ou d’ETF) dans des obligations ou
des actions d’émetteurs satisfaisant aux critères de développement
durable qui couvrent la responsabilité environnementale et sociale ainsi
que la gouvernance d’entreprise (critères ESG), appliquant un filtre ISR
(Investissements socialement responsables), ainsi qu’en instruments
financiers dérivés sur ces types d’actifs.
Le compartiment aura une exposition minimum de 50 % au revenu fixe.
La poche Revenu fixe investira principalement en émetteurs libellés en
euros dont les pratiques, produits et services sont évalués sur la base
de critères ESG spécifiques.
S’agissant de la poche Actions, le compartiment investira directement
ou indirectement (par l’intermédiaire d’OPCVM, d’OPC et/ou d’ETF) :
- soit dans des émetteurs dont les produits et les services
contribuent à la résolution de problèmes liés à l’environnement et
au développement durable (approche thématique) ;
- soit dans des émetteurs parmi les plus vertueux au regard des
critères ESG par le biais de méthodes de sélection positive
(« Best in Class ») ou négative (par « exclusion »). Ces filtres visent à
sélectionner dans tous les secteurs des sociétés qui présentent les
meilleures pratiques au regard des critères ESG.
Le compartiment peut utiliser des instruments financiers dérivés à la
fois à des fins de couverture et de négociation (investissement), dans
les limites définies à l’Annexe 2 du Livre I du Prospectus.
Dans des conditions de marché normales, le compartiment cherchera à
réaliser ses objectifs d’investissement en maintenant les pondérations
suivantes de catégorie d’actifs :
- Actions : 25 %
- Obligations : 75 %
À des fins de gestion efficace du portefeuille, le gestionnaire peut
fortement dévier de ces pondérations en fonction des conditions de
marché et de ses prévisions (l’exposition en actions peut varier de 0 %
à un maximum de 50 %).
Gestionnaire d’actifs
Risques de marché
spécifiques
• Risque de crédit
• Risque de liquidité
•
•
•
•
•
Risque de crédit
Risque de liquidité
Risque de contrepartie
Risque lié aux instruments dérivés
Risque lié aux petites capitalisations boursières, aux secteurs
spécialisés ou restreints
Profil type de l’investisseur Ce compartiment convient aux investisseurs qui :
• cherchent à diversifier leurs investissements par l’exposition à une gamme de classes d’actifs, au niveau mondial ;
• peuvent accepter des risques de marché faibles et moyens.
Principales différences :
• Politiques
d’investissement
• Stratégie
d’investissement
• Allocation d’actifs
Politiques d’investissement : la politique d’investissement du compartiment absorbé présente un objectif « risque et rendement » grâce à des
investissements dans des actions d’OPCVM qui sont elles-mêmes destinées à être investies dans des combinaisons d’actions, d’obligations et
d’instruments du marché monétaire. La politique d’investissement du compartiment absorbant, pour sa part, se concentre sur l’approche ISR
(best-in-class et thématique) par l’intermédiaire d’investissements directs et/ou indirects dans des obligations ou actions ;
Stratégie d'investissement : la stratégie du compartiment absorbant vise à investir directement ou indirectement dans des actions ou obligations
d’émetteurs satisfaisant aux critères de développement durable avec une approche thématique, ce qui n’est pas le cas du compartiment absorbé.
De plus, le compartiment absorbé utilise un modèle mathématique quantitatif, contre une stratégie active pour le compartiment absorbant.
Allocation d’actifs : En plus de la composition diversifiée des actifs sous-jacents, le compartiment absorbé peut investir 100 % de ses actifs
dans des actions d'OPCVM monétaires lorsque la volatilité augmente. Le compartiment absorbant a, quant à lui, un objectif de pondération
des catégories d’actifs pour Fixed Income & Equity et a une marge de manœuvre limitée (les limites sont mentionnées dans la politique
d’investissement) pour dévier de ces pondérations.
Commissions à charge des
investisseurs
• Souscription
maximum 2,50 %
• conversion
• rachat
maximum 1,25 %
aucune
maximum 3,00 %
0,05 % pour les Organismes de bienfaisance et max. 2,95 % pour
les agents de placement. Les frais restent acquis aux Organismes
de bienfaisance même si les agents de placement renoncent à leur
commission.
maximum 1,50 %
aucune
OCR
dont
- Gestion
- Bienfaisance
- Autres
- Frais indirects
- Commission de conseil
2,45 %
1,67 % (estimation au 15 juin 2018)
maximum 1,35 %
S.O.
maximum 0,255 %
maximum 3,00 %
maximum 0,15 %
maximum 1,05 %
0,05 %
maximum 0,35 %
maximum 0,50 %
S.O.
Commission de
performance*
15 % de la différence positive entre la performance annuelle du
compartiment et le hurdle rate (EONIA à un maximum de 6 %) + 1 %.
Cycle de VNI
• Centralisation
• Date de la transaction
• Date de calcul et de
publication de la VNI
• Date de règlement
D-1
D
J+2
S.O.
D-1
D
J+2
Maximum J+3
J+4
Approche ISR (best-in-class
et thématique)
S.O.
Oui
Objectifs de volatilité
Oui
S.O.
Quantitative
Active
Type de gestion
SRRI (3), la Procédure de gestion des risques (Approche engagée), l’allocation flexible du portefeuille et toute autre caractéristique ne figurant pas dans le tableau ci-dessus
sont les mêmes pour les Compartiments absorbé et absorbant.
* Le calcul de la commission de performance sera effectué jusqu’au dernier calcul de la VNI (VNI datée du 13 février 2019). Si la performance est respectée, la commission
de performance sera fixée et payée aux gestionnaires.
Caractéristiques
BNP Paribas Quam Fund Medium Vol
BNP Paribas L1 Sustainable Active Balanced
Edmond de Rothschild Asset Management (Suisse) S.A,
un gestionnaire d’actifs qui n’est pas membre du groupe BNP PARIBAS
ASSET MANAGEMENT
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Belgium, agissant en qualité de
responsable de l’allocation des actifs du compartiment, et
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT UK Limited, qui gérera
uniquement le FOREX
Objectif d’investissement
Offrir à ses investisseurs une plus-value aussi élevée que possible,
tout en veillant à une large répartition des risques.
Accroître la valeur de ses actifs à moyen terme.
Politique d’investissement
L’objectif d’investissement du compartiment est d’atteindre un
rendement annuel compris entre -10 % et +25 % pour les porteurs
de parts tout en maintenant la volatilité annuelle moyenne du
Compartiment à un maximum de 10 %. La probabilité statistique
d’atteindre cet objectif est de 95 %. Il est possible que cet objectif ne
soit pas atteint, aucune garantie de réussite ne peut être donnée.
À cette fin, le compartiment investit en actions de capitalisation
d’OPCVM libellées en différentes devises, visant eux-mêmes à investir
principalement en actions et/ou obligations et/ou Instruments du
marché monétaire.
Le compartiment peut également gérer des devises étrangères et,
ce faisant, utiliser les techniques et instruments financiers décrits à
l’Annexe 2.
Les décisions d’achat et de vente sont basées sur un modèle quantitatif.
L’allocation et le choix des actifs sont établis sur la base des résultats
de la modélisation et des conditions du marché en vigueur. Ce style
de gestion peut impliquer un volume de transactions supérieur à la
normale et un taux de rotation du portefeuille compris entre 500 %
et 1 000 % par an, sans générer de revenus supplémentaires pour
le gestionnaire. Les transactions étant issues du modèle de gestion
quantitative, le Fonds ne doit pas être soupçonné d’avoir recours aux
pratiques de Market timing.
Dans une volonté de protection des porteurs de parts, le compartiment
peut investir la totalité de ses actifs en actions de capitalisation
d'OPCVM monétaires.
Le risque du compartiment est étroitement lié aux pourcentages
investis dans les différentes classes d’actifs (actions, obligations,
liquidités) et à l’objectif en termes de niveau de volatilité.
Après couverture, l'exposition du compartiment aux devises autres que
l'euro pourrait ne pas dépasser 5 %.
Les liquidités détenues à titre accessoire et temporaire ne porteront
pas intérêt.
Ce compartiment investit directement ou indirectement (par
l’intermédiaire d’OPCVM, d’OPC ou d’ETF) dans des obligations ou
des actions d’émetteurs satisfaisant aux critères de développement
durable qui couvrent la responsabilité environnementale et sociale ainsi
que la gouvernance d’entreprise (critères ESG), appliquant un filtre ISR
(Investissements socialement responsables), ainsi qu’en instruments
financiers dérivés sur ces types d’actifs.
Le compartiment aura une exposition minimum de 25 % au revenu fixe.
La poche Revenu fixe investira principalement en émetteurs libellés en
euros dont les pratiques, produits et services sont évalués sur la base
de critères ESG spécifiques.
S’agissant de la poche Actions, le compartiment investira directement
ou indirectement (par l’intermédiaire d’OPCVM, d’OPC ou d’ETF) :
- soit dans des émetteurs dont les produits et les services
contribuent à la résolution de problèmes liés à l’environnement et
au développement durable (approche thématique) ;
- soit dans des émetteurs parmi les plus vertueux au regard des
critères ESG par le biais de méthodes de sélection positive
(« Best in Class ») ou négative (par « exclusion »). Ces filtres visent à
sélectionner dans tous les secteurs des sociétés qui présentent les
meilleures pratiques au regard des critères ESG.
Le compartiment peut utiliser des instruments financiers dérivés à la
fois à des fins de couverture et de négociation (investissement), dans
les limites définies à l’Annexe 2 du Livre I du Prospectus.
Dans des conditions de marché normales, le compartiment cherchera à
réaliser ses objectifs d’investissement en maintenant les pondérations
suivantes de catégorie d’actifs :
- Actions : 50 %
- Obligations : 50 %
À des fins de gestion efficace du portefeuille, le gestionnaire peut
fortement dévier de ces pondérations en fonction des conditions de
marché et de ses prévisions (l’exposition en actions peut varier de
25 % à un maximum de 75 %).
• Risque de crédit
• Risque de liquidité
•
•
•
•
•
Gestionnaire d’actifs
Risques de marché
spécifiques
Risque de crédit
Risque de liquidité
Risque de contrepartie
Risque lié aux instruments dérivés
Risque lié aux petites capitalisations boursières, aux secteurs
spécialisés ou restreints
Profil type de l’investisseur Ce compartiment convient aux investisseurs qui :
• cherchent à diversifier leurs investissements par l’exposition à une gamme de classes d’actifs, au niveau mondial ;
• peuvent accepter des risques de marché faibles et moyens.
Principales différences :
• Politiques
d’investissement
• Stratégie
d’investissement
• Allocation d’actifs
Politiques d’investissement : la politique d’investissement du compartiment absorbé présente un objectif « risque et rendement » grâce à des
investissements dans des actions d’OPCVM qui sont elles-mêmes destinées à être investies dans des combinaisons d’actions, d’obligations et
d’instruments du marché monétaire. La politique d’investissement du compartiment absorbant, pour sa part, se concentre sur l’approche ISR
(best-in-class et thématique) par l’intermédiaire d’investissements directs et/ou indirects dans des obligations ou actions ;
Stratégie d'investissement : la stratégie du compartiment absorbant vise à investir directement ou indirectement dans des actions ou obligations
d’émetteurs satisfaisant aux critères de développement durable avec une approche thématique, ce qui n’est pas le cas du compartiment absorbé.
De plus, le compartiment absorbé utilise un modèle mathématique quantitatif, contre une stratégie active pour le compartiment absorbant.
Allocation d’actifs : En plus de la composition diversifiée des actifs sous-jacents, le compartiment absorbé peut investir 100 % de ses actifs
dans des actions d'OPCVM monétaires lorsque la volatilité augmente. Le compartiment absorbant a, quant à lui, un objectif de pondération
des catégories d’actifs pour Fixed Income & Equity et a une marge de manœuvre limitée (les limites sont mentionnées dans la politique
d’investissement) pour dévier de ces pondérations.
Commissions à charge des
investisseurs
• Souscription
maximum 2,50 %
• Conversion
• rachat
Classe « Classic »
(E)OCR
dont
- Gestion
- Bienfaisance
- Autres
- Frais indirects
- Commission de conseil
Classe « Privilege »
(E)OCR
dont
- Gestion
- Bienfaisance
- Autres
- Frais indirects
- Commission de conseil
maximum 1,25 %
aucune
maximum 3,00 %
0,05 % pour les Organismes de bienfaisance et max. 2,95 % pour
les agents de placement. Les frais restent acquis aux Organismes
de bienfaisance même si les agents de placement renoncent à leur
commission (uniquement pour les parts Classic Solidarity et Privilege
Solidarity)
maximum 1,50 %
aucune
2,63 %
2,07 % (31 mars 2018)
maximum 1,35 %
S.O.
maximum 0,255 %
maximum 3,00 %
maximum 0,15 %
maximum 1,30 % (maximum 1,25 % pour Classic Solidarity)
0,05 % (pour Classic Solidarity)
maximum 0,35 %
maximum 1,00 %
S.O.
1,88 %
1,22 % (15 mars 2018)
maximum 0,60 %
S.O.
maximum 0,255 %
maximum 3,00 %
maximum 0,15 %
maximum 0,60 %
0,05 %
maximum 0,20 %
maximum 1,00 %
S.O.
Commission de
performance*
15 % de la différence positive entre la performance annuelle du
compartiment et le hurdle rate (EONIA à un maximum de 6 %) + 2 %.
Cycle de VNI
• Centralisation
• Date de la transaction
• Date de calcul et de
publication de la VNI
Date de règlement
D-1
D
J+2
S.O.
D-1
D
J+2
Maximum J+3
J+4
Approche ISR (best-in-class
et thématique)
S.O.
Oui
Objectifs de volatilité
Oui
S.O.
Quantitative
Active
Type de gestion
SRRI (4), la Procédure de gestion des risques (Approche engagée), l’allocation flexible du portefeuille et toute autre caractéristique ne figurant pas dans le tableau ci-dessus
sont les mêmes pour les Compartiments absorbé et absorbant.
* Le calcul de la commission de performance sera effectué jusqu’au dernier calcul de la VNI (VNI datée du 13 février 2019). Si la performance est respectée, la commission
de performance sera fixée et payée aux gestionnaires.
7) Conséquences fiscales
Cette Fusion n’aura pas de conséquence fiscale au Luxembourg pour vous.
Conformément à la Directive européenne 2011/16, les autorités luxembourgeoises sont tenues de transmettre aux autorités fiscales de votre État de résidence le produit brut
total résultant de l’échange d’actions dans le cadre de cette Fusion.
Nous vous recommandons de contacter un conseiller professionnel ou votre autorité fiscale locale pour tout conseil fiscal ou toute information supplémentaire sur les
conséquences fiscales possibles liées à cette Fusion.
8) Droit de rachat des actions
Vos options :
• Si vous approuvez cette Fusion, aucune action n’est requise de votre part.
• Si vous êtes en désaccord, vous avez la possibilité de demander le rachat sans frais de vos actions jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres, le jeudi 7 février 2019.
• En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 / AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
9) Autres informations
Tous les frais liés à cette fusion, dont les frais d’audit et de transaction, seront supportés par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société de gestion des deux Fonds.
L’opération de Fusion sera validée par Ernst & Young, le Réviseur d’entreprises de BNP Paribas Quam Fund.
Les rapports de fusion seront indiqués sur le site Internet www.bnpparibas-am.com dès qu’ils seront connus.
Les Rapports annuel et semestriel et les documents légaux des Fonds, les DICI des Compartiments absorbés et absorbants et les rapports du Dépositaire et du Réviseur
d’entreprises agréé au titre de cette opération sont disponibles auprès de la Société de gestion. Les DICI des Compartiments absorbants peuvent également être consultés sur
le site Internet www.bnpparibas-am.com, où les porteurs de parts sont invités à en prendre connaissance.
Cet avis sera également communiqué à tout investisseur potentiel avant toute souscription.
Veuillez consulter les Prospectus des Fonds pour tout terme ou toute expression non définis dans cet avis.
Bien à vous,
Les Conseils d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Mauro Pimentel/AFP
Le nouveau patron de Petrobras
ne veut plus d’interventions de l’Etat
ÉNERGIE A l’occasion de sa prise de
fonction à la tête du pétrolier brésilien,
Ricardo Castello Branco a promis
d’offrir à Petrobras un « nouveau
départ » en réduisant sa dépendance
envers l’Etat. Il a critiqué les interventions passées de la puissance publique,
les subventions sur les prix du diesel à la
pompe et s’est dit révolté par les « crises
financières et morales » traversées dans
le passé par le pétrolier. Dans ce cadre, le dirigeant devrait poursuivre les désinvestissements engagés par l’entreprise pour
réduire une dette abyssale, qui s’élève à 73 milliards de dollars.
Ricardo Castello Branco avait soutenu l’idée de privatiser le
géant pétrolier. Mais le nouveau président brésilien d’extrême
droite, Jair Bolsonaro, n’y est pas favorable.
Glyphosate : la justice limite le recours
aux preuves contre Monsanto
AGROCHIMIE Un juge fédéral américain a décidé d’accéder à la
demande de Monsanto, filiale de l’allemand Bayer, de scinder en
deux phases un nouveau procès contre le Roundup. La décision
interdit aux avocats d’Edwin Hardeman de présenter des preuves selon lesquelles la filiale de Bayer aurait tenté d’influencer
les autorités de régulation et de manipuler l’opinion publique.
Toujours selon cette décision, ces preuves ne seraient autorisées que si le glyphosate est effectivement reconnu comme la
cause du cancer d’Edwin Hardeman, dont le dossier passera en
jugement à partir du 25 février. A la suite de cette annonce,
l’action Bayer a clôturé en hausse de près de 6 %, vendredi.
Sophia Genetics lève 77 millions pour
accélérer la médecine de données
PHARMACIE La société helvético-américaine Sophia Genetics
a annoncé, vendredi, avoir levé 77 millions de dollars (67,5 millions d’euros), afin d’accélérer la démocratisation de la data-médecine. Ces fonds permettront notamment à l’entreprise d’augmenter plus rapidement le nombre d’hôpitaux utilisant sa
plate-forme « Sophia ». Celle-ci aide les professionnels de santé
lors de leur diagnostic et au cours des traitements au travers
d’analyses de données complexes sur le génome et l’imagerie
médicale, en oncologie comme dans les cas de maladies héréditaires. Ce nouveau tour de table porte à 140 millions de dollars la
levée totale de la société basée à Lausanne et Boston.
Les sociétés d’autoroutes appelées
à faire un geste sur les tarifs 2019
ROUTE La ministre des Transports a engagé vendredi des négociations avec les sociétés concessionnaires sur l’évolution des
tarifs 2019 sur le réseau autoroutier. Elisabeth Borne les a appelées « à entendre l’attente forte qui s’exprime en faveur du pouvoir
d’achat et à faire des propositions à la hauteur dans le cadre de leurs
politiques tarifaire et commerciale », a indiqué le ministère dans un
communiqué. « Des premières pistes ont été abordées, notamment
concernant la situation des usagers réguliers effectuant des trajets
domicile-travail, qui vont faire l’objet d’un examen approfondi. Ce
travail se poursuivra dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté.
La Région Nouvelle-Aquitaine recherche pour le Pôle Développement
Economique et Environnemental de sa Direction Performance
Industrielle
Une.e Chargé.e de mission «accélérateur
de croissance-encadrement conseil»
Ingénieur territorial
Au sein du service Animation économique, innovation, pilotage projets
structurants, vos missions s’articulent autour de 3 grands axes :
• accompagner les entreprises régionales sélectionnées pour intégrer
l’accélérateur régional de croissance dans la réalisation de diagnostics
stratégiques destinés à identifier leurs principaux leviers de croissance et
dans la mobilisation d’expertises complémentaires pour approfondir les
thématiques prioritaires identifiées (stratégie, organisation/ressources
humaines/management, usine du futur, transformation digitale,
croissance externe, commercial, international, transmission, etc.)
• piloter et coordonner l’intervention des consultants chargés de
réaliser les diagnostics stratégiques et les expertises complémentaires
• contribuer au pilotage de l’accélérateur régional de croissance pour
PME à potentiel et ETI, en lien étroit avec l’agence ADI NouvelleAquitaine et BPIfrance.
De formation supérieure (universitaire, école d’ingénieurs ou de
commerce), assortie de 10 ans minimum d’expérience professionnelle
principalement en cabinet de conseil vous ayant permis de démontrer
votre pratique de l’accompagnement des PME, vous maitrisez les
approches de diagnostic 360° (stratégie, organisation/ressources
humaines/management, usine du futur, transformation digitale,
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Un nouveau risque fiscal sur
le transfert de la nue-propriété
IMMOBILIER
Un article de la loi
de finances de 2019
concernant l’abus de
droit pourrait toucher
les démembrements
de propriété s’ils sont
réalisés dans un but
principalement fiscal.
Catherine Sabbah
@csabbah
Le diable se cache dans les détails et
le vocabulaire… Par le simple ajout
d’un adverbe, la modification d’un
article du livre des procédures fiscales met en émoi la communauté des
notaires, des fiscalistes et des gestionnaires de patrimoine et bientôt
leurs clients… De quoi s’agit-il ?
D’une extension de la notion d’abus
de droit qui pourrait toucher de
nombreux contribuables.
Beaucoup choisissent de leur
vivant de transférer la nue-propriété de leurs biens immobiliers à
leurs enfants, tout en en gardant
l’usufruit. Ce démembrement, très
classique, peut servir à anticiper, à
simplifier ou à organiser une succession. Mais ce type de montage,
qui s’applique aussi au transfert de
parts d’entreprise, a également souvent pour but d’alléger les droits de
succession : la valeur de l’usufruit
s’éteignant au moment du décès de
son bénéficiaire, le calcul de la
somme à payer à l’administration
se réduit alors à la valeur, moindre,
de la nue-propriété.
Une « portée très vaste »
La pratique est courante et souvent
conseillée, en toute légalité, par les
notaires et les gestionnaires de
patrimoine. L’article 109 de la loi de
finances 2019, devenu l’article
L.64-a du livre des procédures fiscales, pourrait introduire une autre
interprétation. Ce nouveau texte,
qui ne concerne pas spécifiquement l’immobilier, étend la notion
d’abus de droit : il caractérise
Laurent Cerino/RÉA
en bref
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
Un amendement à la loi de finances 2019 élargit la notion d’abus de droit fiscal. Il peut entraîner
la requalification des avantages que procure la donation de la nue-propriété d’un bien à ses enfants.
aujourd’hui un acte réalisé dans un
but « exclusivement » fiscal, répréhensible et lourdement taxé s’il est
constaté. A partir du 1 er janvier
2020, il s’appliquera aussi aux opérations dont le but serait « principalement » (et non plus seulement
exclusivement) de diminuer les
sommes dues au titre de l’impôt.
Plusieurs notaires et avocats ont
mis le doigt sur cette nouvelle formulation qui contient, selon eux,
un fort risque juridique pour des
opérations jusqu’alors banales. « La
portée de ce texte est très vaste. Il est à
craindre que l’administration soit en
mesure de remettre en question les
décisions de démembrements et renverse la charge de la preuve : en cas de
contentieux et de saisine du comité de
l’abus de droit, il reviendra au contribuable de prouver qu’il n’a pas imaginé ce montage dans le seul but de
diminuer son dû », plaide David
Janiaud, avocat au cabinet Picovschi. Ce dernier n’est pas le seul à souligner la difficulté d’appréciation et
le risque d’inégalité de traitement
auquel seront soumis les contribuables selon les interprétations
des différents services fiscaux.
Même s’il est généralement possible de trouver des raisons familiales
à ces transferts, les juristes savent
bien que leur but est généralement
d’alléger les droits : certains avocats
regrettent ce soudain buzz, susceptible surtout d’attirer l’attention de
l’administration.
Victime collatérale
Bénédicte Peyrol, la députée LREM
de l’Allier, auteure de cet amendement devenu un article de loi, se dit
très surprise de la levée de boucliers
suscitée par ce texte, issu d’un rapport de l’Assemblée nationale, qui
vise d’abord la lutte contre l’optimisation agressive et l’évasion fiscale
internationale des entreprises. « Il
sera possible aux familles de prouver
dans quel but la succession est organisée, en informant l’administration
a priori via des rescrits fiscaux, et
peut-être faudra-t-il dans les prochains mois préciser la position de
l’administration sur cette question
du démembrement de propriété »,
reconnaît-elle, en ajoutant toutefois
que les pratiques frauduleuses ne
sont pas rares, notamment dans le
secteur de l’immobilier.
Une mesure similaire, proposée
dans le projet de loi de finances de
2014, avait été censurée par le Conseil constitutionnel au motif que la
sanction envisagée (l’annulation de
l’acte et le paiement de 40 % à 80 %
de droits) avait été jugée confiscatoire. Cette fois, les sages ont validé
le texte : « Nous avons rajouté un
étage intermédiaire, explique Bénédicte Peyrol, qui n’induit pas de sanctions aussi fortes. Si l’opération est
requalifiée parce que son but considéré comme principalement fiscal,
elle pourra être annulée et donner
lieu au paiement d’intérêts de
retard. » Les redressements fiscaux
pour abus de droit rapportent
aujourd’hui à l’Etat 171 millions
d’euros. Pour Bénédicte Peyrol,
« l’outil, qu’il soit répressif ou dissuasif, mérite d’être amélioré ». n
Le groupe Artcurial
se lance dans la
vente de yachts
LUXE
Immobilier de luxe,
chevaux de course, art...
le français se veut leader
dans l’intermédiation
de biens d’exception.
Martine Robert
@martiRD
Le 1er février, le réseau immobilier de
prestige John Taylor, qui a plus
de 6.000 biens en portefeuille pour
une valeur de 16 milliards d’euros, se
lancera sur un nouveau créneau du
luxe : la vente et la location de yachts
de plus de 25 mètres et même de
superyachts de plus de 45 mètres,
neufs ou d’occasion, ainsi que le
management de flotte (équipage,
entretien…). La filiale du groupe Artcurial débarque sur ce marché à
la faveur de sa prise de participations dans l’un des acteurs historiques de ce marché, Seaminds, basé
à Monaco.
On compte 4.500 yachts dans le
monde, dont 1.700 disponibles en
location (prix moyen de
170.000 euros par semaine). Chaque
année, 300 yachts sortent des chantiers navals italiens, hollandais, allemands, américains, turcs… La clien-
tèle, elle, est à 35 % asiatique, 25 %
américaine, les autres acheteurs
étant essentiellement européens,
russes et moyen-orientaux.
John Taylor y voit l’opportunité
d’offrir un service élargi à ses clients,
après le lancement l’été dernier d’un
département spécialisé dans les
transactions de domaines vinicoles
sur la Côte d’Azur. Parallèlement,
l’entreprise poursuit son développement international. Déjà dans une
quinzaine de pays, en Europe, au
Moyen-Orient, aux Etats-Unis, en
Amérique du Sud et en Asie, elle se
déploiera en Inde au mois de mars,
avec le promoteur indien Embassy
et le groupe hôtelier Four Seasons,
a u t o u r d ’u n p r o g r a m m e d e
105 appartements vendus de 1,5 à
10 millions de dollars.
Hors des sentiers battus
Depuis 2018, John Taylor est intégré
au groupe Artcurial, qui revendique
« le leadership européen dans l’intermédiation de biens d’exception »,
selon son PDG, Nicolas Orlowski.
Car cette maison de vente créée à
Paris en 2002 met aux enchères,
outre de l’art et du design, des voitures de collection, des bijoux, des
grands crus, et même des chevaux
de courses via sa participation dans
Arqana aux côtés de l’Aga Khan.
« Chacun de nos clients pourra donc
On compte 4.500 yachts dans le monde, dont 1.700 disponibles
en location. Photo Artcurial
disposer d’une offre globale de multispécialistes couvrant l’ensemble de
leurs investissements de plaisir et de
p as s i on » , se fél i ci t e Ni co l as
Orlowski. Pour lui, « le groupe est en
cours d’intégration et 2019 sera
l’année des synergies entre nos différentes sociétés dont l’ensemble des
marques représentent 1,5 milliard
d’euros de vente ».
Face aux multinationales Christie’s et Sotheby’s, « Artcurial affirme
sa stratégie alternative », poursuit le
PDG : la maison de vente a en effet
été pionnière dans nombre de spécialités (voitures de collections, BD,
design, « street art ») et a créé dès
2006 Arqana avec l’Aga Khan. Elle
s’est toujours positionnée comme
une institution culturelle, concevant
son siège – l’Hôtel Dassault en bas
des Champs-Elysées – comme un
lieu de vie avec librairie d’art et restaurant, lançant dès 2015 son agence
de conseil avec, à son actif, l’espace-
musée à Roissy-Charles-de-Gaulle,
une exposition itinérante avec
l’Orient-Express, des événements au
centre commercial Nicetoile…
Ses choix géographiques ne sont
pas « mainstream » non plus. Artcurial, dont Dassault est l’actionnaire
majoritaire, a ouvert son second lieu
de vente à Monaco plutôt qu’à Londres ou à New York, dominées par le
duopole anglo-saxon, et depuis trois
ans organise ses ventes orientalistes
à Marrakech. C’était le cas fin décembre-début janvier, avec une vacation
d’art contemporain africain. Et la
maison vient de lancer sa Marrakech Art Week, fédérant des institutions culturelles et galeries marocaines, pour proposer à la clientèle
internationale, présente pour les
fêtes, des expositions de qualité
muséale. « L’Afrique du Nord et
l’Afrique en général sont des terres
que nous allons explorer davantage »,
confie Nicolas Orlowski. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
Les cinq défis qui attendent
la grande distribution cette année
Prime Now a plus que doublé ses
objectifs. IRI indique qu’à fin
novembre, les ventes des « drives »
en France – les points de retrait des
supers et hypermarchés – avaient
progressé de 8,2 %. Leclerc poursuit
son offensive à Paris en ouvrant un
Relais à la Fourche, près de la place
de Clichy. Carrefour multiplie les
drives-piéton dans les grandes villes. Tous s’équipent d’entrepôts de
préparation modernes, dont Monoprix avec le spécialiste anglais
Ocado. Reste à voir si les livraisons
se feront au domicile des clients,
auquel cas il faudra financer le coût
du dernier kilomètre, où dans des
magasins relais.
COMMERCE
La loi alimentation et
la poursuite du changement des modes de
consommation maintiennent sous tension
les géants du secteur.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Les « gilets jaunes » ont gâché le
Noël des distributeurs. Les blocages
de ronds-points ont empêché
l’accès à de nombreux hypermarchés et centres commerciaux. L’institut Nielsen a calculé que les grandes surfaces avaient perdu en cinq
semaines, du 12 novembre au
16 décembre, 1 % de leur chiffre
d’affaires, soit 160 millions. La
baisse a spécialement affecté les
produits non-alimentaires, dont les
ventes ont chuté de 7,3 %.
Amazon et l’e-commerce en
général ont capté les ventes de
jouets et de produits techniques. Les
supermarchés, essentiellement alimentaires, ont résisté. « Les Français ont adapté leur quotidien aux
nouvelles contraintes logistiques »,
explique Anne Haine, directrice
générale de Nielsen France.
La Fédération du commerce et de
la distribution et le Conseil national
des centres commerciaux estiment,
pour leur part, que le commerce a
perdu dans son ensemble 2 milliards d’euros. C’est peu par rapport
aux 450 milliards que pèse l’activité
annuelle du secteur. C’est beaucoup
pour certaines petites boutiques
comme pour les grands hypermarchés déjà sur le déclin. L’année 2019
permettra-t-elle un rebond ou bien
la crise du commerce s’amplifiera-telle ? De nombreuses questions se
posent.
QUEL SERA
L’IMPACT DE LA LOI
ALIMENTATION ?
La loi « pour l’équilibre
des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation
saine et durable » a été conçue pour
mettre fin à la guerre des prix. Celle-là a redonné 4,5 milliards d’euros
LA CONCENTRATION EST-ELLE
INÉLUCTABLE
ET AVEC QUI ?
En 2019, le prix bas restera un prérequis pour plusieurs distributeurs. Photo Pascal Sittler/RÉA
de pouvoir d’achat aux consommateurs en quatre ans. Elle a privé la
filière agroalimentaire d’autant. Le
seuil de revente à perte des produits
sera relevé de 10 % le 1 er février.
Début mars, la limitation des promotions à 34 % du prix des articles
et à 25 % des volumes entrera en
vigueur. Les experts estiment que
ces mesures permettront de faire
remonter environ 1 milliard d’euros
vers les distributeurs, les industriels
et les producteurs agricoles. La
question de la répartition de cette
manne est dans toutes les têtes. Difficile d’anticiper dans quelle mesure
s’établira un ruissellement des
magasins vers les usines puis vers
les champs.
Des premiers accords tripartites
ont été signés par Intermarché et
Leclerc avec respectivement Bel,
Savancia et Danone. Ils garantissent
aux producteurs laitiers un prix qui
couvre leurs coûts. Tout reste à faire
pour les autres filières. Surtout, la
guerre des prix se déplace sur de
nouveaux terrains. Le magazine
spécialisé « LSA » a repéré des promotions de 70 % sur du dentifrice
Signal chez Hyper U, sur des tablettes lave-vaisselle Sun chez Leclerc et
un paquet d’Ariel offert (la nouvelle
loi bannit le mot gratuit des prospectus) pour un acheté chez Leader
Price. Intermarché fera de la surenchère pour la célébration de son cinquantenaire. Leclerc a en outre
annoncé la baisse des tarifs de ses
4.600 produits à la marque Repère.
La concurrence reste vive entre les
enseignes. La guerre des prix portera sur les marques de distributeurs et, surtout, sur les produits
d’hygiène-beauté de grandes marques qui ne sont pas encadrés par la
loi alimentation.
L’ÉVOLUTION
DES MODES
DE CONSOMMA
TION VA-T-ELLE SE
POURSUIVRE ?
Le couvercle de la
poubelle se refermait tout juste sur
les reliefs de la dinde du réveillon
que 500 personnalités invitaient les
Français à des « lundis verts » le
2 janvier sur Lemonde.fr. Les artistes et les ONG rappelaient que, selon
La filière volaille face à un mur
d’investissements
ÉLEVAGE
Les acteurs français,
comme LDC et Galliance, veulent livrer
plus de poulets à la
restauration collective.
Pour cela, une modernisation des élevages
tricolores est nécessaire.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes.
C’est un combat d’ampleur. Les principaux acteurs français de la filière
volaille de chair veulent reprendre,
d’ici à cinq ans, 10 % des parts de
marché laissées à l’importation. A
ce jour, 42 % des poulets consommés en France, principalement
dans la restauration collective, sont
issus de viandes produites par des
opérateurs étrangers. Connu pour
ses poulets de Loué, le groupe LDC
est au premier rang de cette bataille,
qui réclame une adaptation, voire
une modernisation de nombreux
élevages, pour qu’ils produisent des
volailles plus lourdes, de l’ordre de
1,9 à 2,3 kilos par animal. « Les autres
intervenants notamment le groupe
Galliance (Terrena), mais aussi des
transformateurs de taille moyenne,
évoluent en partie sur le même
modèle », indique Paul Lopez, le président de FIA, Fédération des industries avicoles.
2,2 milliards d’euros
Première région d’élevage de poulets, la Bretagne est au cœur du
changement de modèle indispensable à cette reconquête. Jusqu’à une
date récente, plus de 700 des éleveurs de cette région travaillaient
pour les marchés du Moyen-Orient
de Doux, qui préférait des souches
plus légères, de 1,1 kilo par poulet.
Les professionnels estiment, toutes
régions confondues, à 2,2 milliards
d’euros, les investissements à engager, sur cinq ans, dans les différents
bâtiments d’élevage pour les adapter aux marchés français et européens, mais aussi aux nouvelles
normes. La plupart sont vieux de
plus de vingt-cinq ans et bourrés
d’amiante !
Spécialiste volailles au sein de
l’Itavi, Institut technique de l’aviculture, François Cadudal a fait ses calculs. « Environ 1 million d’euros sont
nécessaires pour créer un poulailler
neuf », dans le strict respect du bienêtre animal. « Pour chaque réhabilitation d’un poulailler industriel, il
faut compter de l’ordre de 50 euros le
mètre carré », complète André Quénet, président de la filière volaille en
Bretagne au sein de la FNSEA. Ces
différents prix « seront bien difficiles
à supporter dans les conditions
actuelles de notre rémunération, qui
nous permet à peine de rentabiliser
nos exploitations ».
La Bretagne concentre plus du
tiers de la production française de
volailles – 34.000 équivalents temps
plein – d’où l’initiative du Conseil
régional, qui vient d’annoncer une
première enveloppe d’aides aux éleveurs de 21 millions d’euros.
Elle sera accompagnée d’un soutien
de l’Etat via une garantie de
200.000 euros sur les prêts.
Car le groupe LDC est très pressé.
Il va très bientôt réclamer plus de
producteurs pour approvisionner
son futur abattoir, situé à Chateaulin (Finistère), où était initialement
installé Doux, dont il a repris une
partie des activités. 55 millions
d’euros vont être engagés dans cet
équipement, qui sera opérationnel
en 2021-2022. n
les Nations unies, 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre provenaient de l’élevage. Aussi, « une journée sans viande peut aider à lutter
contre le changement climatique. »
Cette initiative appuie la tendance en faveur des produits sans
gluten, bio et locaux. Elle renforce la
propension des consommateurs à
acheter moins, mais des produits de
meilleure qualité. Les experts appellent cela la « premiumisation ». Les
chiffres suggèrent que l’on ne
reviendra pas en arrière. Le bilan à
fin novembre de la société d’études
IRI indique que les ventes de produits de grande consommation ont
gagné 1,5 % en valeur et fléchi de
0,5 % en volume. La déconsommation s’installe.
France. Amazon a vidé les rayons
non-alimentaires des « big box ».
Les Géant de Casino ont confié ces
linéaires à Cdiscount, l’e-commerçant du groupe. Carrefour mène des
tests avec Darty. Les hypers réduisent leur taille et se concentrent sur
l’alimentation. Ils prennent le virage
de l’omnicanalité en transformant
les surfaces vacantes en ateliers de
préparation de plats et de commandes. L’hypermarché devient un
hybride du supermarché et de
l’entrepôt. C’est le concept du « new
retail » que la Chine développe.
Dans les magasins Hema d’Alibaba,
des colis circulent sur des rails audessus des linéaires. A la sortie, les
scooters attendent et livrent en une
demi-heure.
QUEL REMÈDE
AU DÉCLIN
DES HYPERMARCHÉS ?
Carrefour et Auchan
sont les champions
français des hypermarchés qui
représentent encore l’essentiel de
leurs ventes et de leurs résultats en
L’E-COMMERCE
DEVIENDRA-T-IL
IMPORTANT POUR
L’ALIMENTAIRE ?
Selon Médiamétrie,
e n 2 0 1 8 , p r è s d ’u n
internaute sur deux a déjà acheté un
produit alimentaire en ligne. La
boutique Monoprix sur Amazon
Patrick Artus
Chef Économiste et
membre du Comité
exécutif Natixis,
Professeur-Associé
à l’École d’Économie
de Paris
Mathilde Lemoine
Chef Économiste Groupe
Edmond de Rothschild,
Professeur à Sciences Po.
Mercredi 16 janvier 2019 à 19h00,
« Faut-il craindre une nouvelle crise ? »
Informations et inscriptions :
www.lesechos-debats.fr
En 2018, la possibilité
d’une fusion entre
Casino et Carrefour a fait
grand bruit. La crise du commerce
est telle que beaucoup estiment des
concentrations inévitables. La concurrence est terrible en France
entre six grands acteurs : Leclerc,
Carrefour, Intermarché, Auchan,
Casino et Système U. Trois acteurs
(Leclerc, Intermarché et U) sont des
réseaux d’indépendants que personne ne peut racheter. Trois sont
des affaires familiales ou presque :
Auchan, propriété des Mulliez,
Casino, que contrôle Jean-Charles
Naouri, ainsi que, dans une certaine
mesure, Carrefour, dont les actionnaires de référence sont la société
d’investissement de B ernard
Arnault Groupe Arnault, la famille
Moulin propriétaire des Galeries
Lafayette et le milliardaire brésilien
Abilio Diniz. Les éventuels rapprochements devront ménager de
nombreuses susceptibilités.
L’exemple chinois suggère que la
vérité est peut-être ailleurs. Auchan
y est associé à Alibaba et Carrefour
avec Tencent. Le « new retail »,
c’est l’alliance de mastodontes de la
technologie qui disposent de
fonds illimités levés sur les marchés
financiers ou alimentés par leurs
très lucratives activités technologiques avec les distributeurs « en
dur » à l’ancienne. En 2019, la France
entrera-t-elle dans l’ère du « new
retail » ? n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
marketing
Connectivité en vol : le plan de
Panasonic pour aller plus loin
l 30 % seulement des avions de ligne sont équipés d’une connexion Internet.
l Pour convaincre les compagnies, le numéro un des systèmes de divertissement
en vol veut prouver l’intérêt d’Internet pour l’amélioration de la maintenance.
Pierre Berville,
sans langue de bois
AÉRIEN
PUBLICITÉ
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Envoyée spéciale à Lake Forest
L’auteur de la campagne
Myriam « J’enlève le haut »
publie un ouvrage autobiographique, récit des dessous
glamour et sulfureux de l’âge
d’or de la publicité.
(Etats-Unis)
Dans le bâtiment numéro 2 du campus de Panasonic Avionics, des
dizaines de salariés s’affairent à
construire des antennes permettant
aux avions d’être connectés à Internet. « Elles doivent être capables de
résister aux turbulences et à la condensation atmosphérique », explique Paul Tayar, en déambulant dans
les allées de l’entrepôt, situé au sud
de Los Angeles. Derrière une vitre,
ce manager chargé du marketing
pointe avec fierté la nouvelle génération d’antennes, des longs rectangles lisses dont la surface a été
débarrassée des vis et des boulons.
Le numéro un des systèmes de
divertissement et de connectivité en
vol préfère toutefois ne pas entretenir d’illusions : « La connectivité
dans un avion ne sera jamais équivalente à celle au sol », affirme David
Bartlett, le directeur technologique
de l’entreprise dans son bureau donnant sur le massif montagneux de
Santa Ana. Le géant japonais a
ouvert cette filiale en 1979, pour
bénéficier du savoir-faire aéronautique de la région, où sont nés
Northrop et Lockheed.
Véronique Richebois
@vrichebois
Parmi les axes de développement de Panasonic, la personnalisation de ses systèmes
de divertissement via la collecte de données passagers. Photo Panasonic Avionics
comme JetBlue, l’offrent gratuitement grâce à un partenariat avec
Amazon, mais les cas de sponsoring
restent rares.
Résultat : 30 % seulement des avions de ligne sont équipés d’une connexion Internet. Avec 2.090 avions
équipés, et un objectif de doubler ce
chiffre d’ici à deux ans, Panasonic
Avionics est le leader du marché.
Capacité de monétisation
Pour améliorer son offre, Panasonic
Avionics a passé un partenariat avec
Inmarsat en septembre, pour ajouter des bandes de fréquence. Mais
les contraintes restent fortes : « La
capacité satellitaire est limitée et il
faut réussir à l’optimiser en volant à
800 km/h », détaille Gaston Sandoval, le directeur marketing de
l’entreprise.
La société et ses concurrents,
comme Thales Avionics, peinent à
convaincre davantage de compagnies aériennes d’installer leurs
antennes. Le coût reste élevé, et la
capacité de monétisation, limitée,
car les passagers sont réticents à
payer pour une connexion Internet
bas débit. Certaines compagnies,
Une nouvelle
« marketplace à la
Amazon » est censée
remplacer le chariot
proposant des repas et
des articles en duty free.
Mais son chiffre d’affaires stagne
depuis 2016 à 2,4 milliards de dollars. La société essaye désormais de
prouver que la valeur ne se situe pas
dans l’usage d’Internet par le passager, mais dans la collecte et l’analyse
des données pour la maintenance,
qui ne nécessite pas le même niveau
de débit. « C’est l’amélioration de la
performance opérationnelle qui va
propulser l’adoption des offres de
connectivité par les compagnies », dit
Ian Dawkins, le vice-président
chargé des opérations réseaux.
« Nous passons de données basiques
sur les engins, comme la chaleur et la
performance du vol, à celles de tous
les systèmes – niveau d’oxygène,
de remplissage des chariots, des poubelles… L’idée est d’automatiser
leur report, fait manuellement
aujourd’hui. Avec en ligne de mire,
la possibilité pour un engin de faire
un vol de plus par jour ».
La société s’est renforcée dans les
« data analytics » avec l’acquisition
en octobre 2017 d’Arimo, une
start-up spécialisée dans la maintenance prédictive. Sa technologie
permet aussi de mieux comprendre
les habitudes d’achat des clients.
rience du chariot proposant des
repas et des articles en duty free. Le
système a été déployé chez Air
Norwegian, qui rêve de se transformer en « restaurant dans les airs ».
« Ils voulaient une expérience proche
de la borne McDonald’s », explique
Paul Tayar. La chaîne de fastfood a
observé que ses clients commandaient davantage sur les bornes
numériques qu’à la caisse.
Panasonic Avionics travaille
aussi à la personnalisation de ses
systèmes de divertissement via la
collecte de données passagers. Pour
Singapour Airlines, elle a conçu une
application mobile permettant aux
voyageurs de reprendre leur film là
où ils l’ont laissé la dernière fois ou
d’obtenir des recommandations
basées sur leur historique. Un
exemple que la société pointe du
doigt pour assurer que les téléphones portables, aux écrans de plus en
plus larges, ne sont pas des concurrents mais des compagnons.
« Quand vous voulez vous détendre,
vous ne voulez pas regarder quelque
chose sur un smartphone », assure
David Bartlett. n
Borne Mc Donald’s
C’est le deuxième axe de renforcement de Panasonic Avionics : la
vente en vol. Dans la « demo room »
du Building 1, Paul Tayar montre
une nouvelle « marketplace à la
Amazon », censée remplacer l’expé-
Comment le groupe veut chouchouter demain
les classes affaires
Avec 14.500 avions équipés, les systèmes de divertissement de Panasonic Avionics représentent toujours
la majorité de son chiffre d’affaires.
Mais ils se sont « banalisés », reconnaît David Bartlett. « Les compagnies
aériennes cherchent différents
moyens pour se différencier au-delà
de l’écran derrière le siège », explique
le directeur technologique de la
société. Notamment pour séduire
les passagers en première et en classes affaires, une catégorie qui ne
représente que 5 % du trafic aérien,
mais 30 % des revenus, selon l’International Air Transport Association.
Dans le sous-sol d’un des bâtiments du campus de Panasonic Avionics, une dizaine d’ingénieurs testent des produits futuristes dans un
petit laboratoire sans fenêtres. Quatre différents modules de sièges sont
exposés. L’un d’entre eux, une couchette conçue en partenariat avec le
fabricant de sièges B/E Aerospace,
doit aider le voyageur à passer la
Panasonic Avionics
Eclairage pour se réveiller
en douceur, travail sur la
qualité du son, purification
de l’air… Au-delà du
divertissement, la société
s’attaque désormais au
bien-être des passagers.
Un système de LED incrustées dans la coque qui entoure le lit
permet de simuler un « coucher et un lever de soleil ».
meilleure nuit possible. Un système
de LED incrustées dans la coque qui
entoure le lit permet de simuler un
« coucher et un lever de soleil »,
accompagné de chants d’oiseaux au
réveil. En pressant sur un bouton, le
bruit de fond de l’avion est amorti.
Ajuster le son
La qualité audio est l’une des priorités de Panasonic pour diminuer la
fatigue. La société a commencé à
intégrer la solution de la start-up
allemande Mimi Hearing Technologies, un algorithme permettant
d’ajuster le son en fonction de l’audition du passager. « Quand on est
enfermé dix heures quelque part, chaque détail compte », estime Gaston
Sandoval, directeur marketing.
D’autant plus que la durée des vols
augmente. En octobre, Singapore
Airlines a ouvert une ligne reliant
Singapour et Newark en dix-huit
heures, battant le vol de seize heures
consécutives entre Dubaï et Auc-
kland lancé par Emirates il y a deux
ans. Qantas Airways compte, elle,
lancer un vol direct entre l’Australie
et le Royaume-Uni en 2022, d’une
durée de plus de vingt heures.
Autre sujet de préoccupation : les
mauvaises odeurs. Sur l’une des
tables blanches du laboratoire, une
petite boîte est régulièrement confrontée à un carton de frites de
McDonald’s. « Trente secondes plus
tard, le papier ne sent plus rien »,
assure Paul Tayar, manager chargé
du marketing. Une technologie
inventée à l’origine au Japon par
Panasonic pour ses sèche-cheveux,
et qui a depuis été utilisée dans les
voitures des marques Lexus, Jaguar
et Land Rover, raconte Medhi Izadyar, directeur des innovations
hardware. Il faut désormais l’adapter aux contraintes de l’avion, où l’air
est plus sec que sur Terre. « Nous faisons des tests avec des cartouches
d’eau », explique-t-il.
La société va même jusqu’à imaginer des solutions plus futuristes,
comme une caméra scrutant l’œil
du passager pour évaluer son état
de santé et alerter le personnel de
cabine en cas de besoin. Pas sûr
cependant que les voyageurs soient
prêts à accepter un tel niveau de
surveillance… n
Il a travaillé sur les campagnes
Vittel, Eram, EDF, Française des
Jeux, Lee Cooper… Mais pour
tous les professionnels de la
publicité, Pierre Berville, qui
publie « J’enlève le haut : les dessous de la pub à l’âge d’or » (*), est
d’abord l’auteur de l’un des plus
fameux teasings de la publicité
française signé par l’agence
CLM BBDO. Pendant toute une
semaine, fin août 1981, ce concepteur-rédacteur travaillant de
concert avec le directeur artistique Joël Le Berre, a mis la France
e n é m o i ave c My r i a m . E n
maillot de bain vert à pompons
sur une plage, les poings sur les
hanches, dos à la mer, la naïade
promettait « Le 2 septembre,
j’enlève le haut » puis « Le 4 septembre, j’enlève le bas ». Une
troisième et dernière affiche
concluait : « Avenir, l’afficheur
qui tient ses promesses », les afficheurs de l’époque n’étant pas
réputés pour leur fiabilité. La
France mettra du temps à s’en
forme de la bouteille, la couleur
de l’étiquette ou du produit. Et
quand les consommateurs
allaient au bistrot, au lieu de
déchiffrer les noms des étiquettes pour voir ce qu’il y avait en
rayon, ils disaient “Tiens, sersmoi un Chat !” ou “Je reprendrais bien un Zèbre” […] C’est
ainsi qu’on a inventé ce qu’on
appelle aujourd’hui le logo. »
MARCEL BLEUSTEIN •BLANCHET
« Il a créé son empire Publicis
pièce par pièce et entend régner
sans partage. Son blason représente le Soleil, symbole carrément emprunté à Louis XIV afin
de traduire sa grandeur. Pour
faire bonne mesure, le soleil est
associé au lion, réputé roi des
animaux. Ainsi le message est
clair. C’est autour de lui que le
système doit tourner. Pour motiver ses adjoints, cheptel toujours
renouvelé, il s’est amusé sa vie
durant à faire miroiter à chacun
d’eux les mirages du pouvoir. »
• COKE
« Une routine s’est installée.
Nous ne nous mettons jamais au
boulot sans nous faire une ligne
de coke. Une petite ligne, pas
plus. Pour lancer la machine.
Nous pensons connaître les
limites à ne pas franchir quant
aux rapports entre notre travail
et notre consommation […]
Miraculeusement, je suis passé
Le publicitaire Pierre Berville. Photo DR
remettre. Depuis, l’eau a coulé
sous les ponts et Pierre Berville,
passé par les agences TBWA et le
Groupe Publicis avant de créer
Callegari Berville puis de diriger
Grey, n’a – presque – pas changé.
Le cheveu est aussi long. La
barbe et le sourcil tout aussi
broussailleux. Simplement, un
peu de blanc s’y est glissé.
Quant à son insolence, elle n’a
pas décampé, en dépit des temps
pourtant plus frileux. Et fait plus
rare, la lucidité et un certain
cynisme réjouissant n’ont pas
déserté, comme le prouve la première phrase du livre : « L’âge
d’or a commencé dans les 70’s. A
la fin du XXe siècle, c’était plié. Je
sais, j’y étais. J’en ai vu les débuts,
et la fin aussi. » A l’arrivée, un
bouquin truffé d’anecdotes, bien
dans l’air des « eighties », qui se
lit d’une traite. Aussi bien pour
ses portraits vachards et bien
troussés… que pour y découvrir le détail des dessous pas si
chics des négociations d’achats
d’espaces publicitaires entre
agences, médias et annonceurs.
Extraits choisis.
• LOGO
« Au début du XXe siècle, peu de
gens savaient lire. Alors chaque
marque avait son emblème.
Dubonnet s’illustrait par un
chat. Cinzano par le zèbre Zano.
Certains jouaient aussi sur la
au bord de la marmite sans y
choir. Ne touchez pas à ces
trucs. »
• MYRIAM (BIS)
« La véritable vedette de la camp a g n e Ave n i r e s t l a b e l l e
Myriam. Elle envahit les médias.
On commence à écrire tout et
n’importe quoi […] Certains journalistes attribuent même la
campagne à Séguéla, qui n’a
strictement rien à voir avec le
sujet. L’intéressé, toujours content qu’on parle de lui, mettra
quelques années à démentir […]
Aujourd’hui, on ne pourrait plus
faire une campagne comme
Myriam. C’est le témoignage
d’un temps pas si lointain où la
pub était fraîche, libre et ne se
prenait pas encore au sérieux. »
• INTERNET
« La publicité y est agressive,
simpliste et détestée par un
public qui se sent méprisé. En
dix ans à peine, elle nous a fait
retourner à l’ère de la réclame.
Le résultat le plus tangible a été
de populariser auprès des
annonceurs l’espoir qu’on pourrait se passer de moyens pour
produire quoi que ce soit. »
(*) « J’enlève le haut. Les dessous de la
pub à l’âge d’or. Récit ». Editions Aquilon et diffusé sur Amazon. Pierre
Berville (24,90 euros), 422 pages.
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24 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
Un politique peut-il
bloquer son compte
Twitter ?
Verily (ex-Google Life Science),
la filiale d’Alphabet dédiée aux
sciences de la vie, vient de
boucler un tour de table de
1 milliard de dollars mené par le
fonds Silver Lake, après un
premier financement
de 800 millions en janvier 2017.
Verily veut mettre le Big Data
au service de la santé.
Guillaume Tatu, journaliste proche
de La France Insoumise, a déposé
plainte pour « discrimination »
auprès du procureur de la
République car Richard Ferrand,
président de l’Assemblée, l’a
bloqué de son compte Twitter.
La justice américaine avait décidé
que Trump n’avait pas le droit de
bloquer son compte.
DR
en
pixels
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
La filiale sciences de
la vie de Google lève
1 milliard de dollars
1,34
MILLIARD D’EUROS
DE CAUTION
Le fabricant de puces Qualcomm a annoncé jeudi avoir
versé une caution de 1,34 milliard d’euros exigée par la
justice allemande pour permettre l’interdiction de vente de
certains iPhones (les 7 et les 8)
dans le pays, suite
à un contentieux avec Apple.
Dans la tech, cette année sera celle du quitte
ou double pour les introductions à Wall Street
l Uber, Pinterest, Slack : plusieurs mégaopérations pourraient avoir lieu cette
année à la Bourse américaine et générer
un record historique de fonds levés.
l Mais les conditions de marché et le
contexte macro-économique pourraient
aussi être un frein majeur à ces IPO tech.
BOURSE
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
En 2019, les introductions en
Bourse de sociétés technologiques pourraient atteindre des
sommets historiques aux EtatsUnis. Parmi ces nouveaux venus
p o t e n t i e l s à Wa l l S t r e e t , o n
compte en effet une flopée de
start-up XXL. Pinterest, Uber,
Lyft, Slack, voire Airbnb et Palantir : la valorisation de ces six
sociétés se monte à plus de
150 milliards de dollars en tout.
Et les enchères pourraient
encore monter le jour J. Valorisé
72 milliards par son dernier tour
de table, Uber pourrait s’introduire à Wall Street sur les bases
d’une valorisation de 120 milliards ! Plus que Facebook en
2012 (105 milliards). Ce qui constituerait un record pour une
entreprise tech américaine ; à
l’échelle mondiale, le titre revient
à Alibaba (168 milliards) lors de
son entrée à la Bourse américaine en 2014.
Uber pourrait lever jusqu’à
25 milliards lors de cette opération, avance le « Wall Steet Journal ». Ce qui représenterait déjà
plus de la moitié des fonds récoltés (44,5 milliards) par tout le secteur à Wall Street en 2000,
d ’a p r è s l e c a b i n e t D e a l o g i c .
C’était l’année de tous les records
en Bourse dans la tech aux EtatsUnis… juste avant l’explosion de
la bulle Internet.
A moins que… Les conditions
de marché ne sont en effet pas
idéales. Loin de là. Les places
mondiales essuient actuellement
une forte correction, sur fond
de tensions commerciales entre
Pékin et Washington, de resserrement monétaire et de crainte
d’une récession mondiale. Et les
valeurs tech ont particulièrement souffert.
« Un “bull market”
de près de dix ans »
Un phénomène généralisé qui
concerne à la fois les mastodontes du secteur, à l’instar d’Apple
qui a vu sa capitalisation fondre
de 40 % en trois mois (soit un
recul de près de 450 milliards de
dollars), et les grands espoirs de
la cote tels que Snapchat.
Même constat pour les derniers arrivants, de GreenSky à
Sonos en passant par SurveyMonkey. Cette défiance s’étend
au-delà des frontières américaines. A 11.000 km de Wall Street, la
division de téléphonie mobile
de Softbank, introduite mi-décembre sur la place de Tokyo (une
méga-opération record pour le
Japon), évolue avec un cours de
près de 7 % inférieur à son prix
d’introduction.
Paradoxalement, ce contexte
pourrait inciter certaines sociétés à franchir le Rubicon. La raison ? Leur crainte de voir les conditions de marchés se détériorer
encore plus dans les années à
venir.
« On a connu un « bull market »
de près de dix ans (marchés sur
Les introductions en Bourse de sociétés technologiques pourraient atteindre des sommets historiques aux Etats-Unis. Photo Don Emmert/AFP
une tendance haussière
n’essuyant pas de krach majeur :
NDLR) avec des fonds de private
equity au capital de start-up, déjà
matures et très valorisés, parfois
depuis près d’une décennie. C’est
une période d’anomalie qui
devrait logiquement commencer à
prendre fin », avance Benoît Flamant, responsable de la stratégie
digitale chez Finaltis.
Tout va dépendre des IPO de
Lyft et d’Uber qui donneront le
« la » pour 2019. Ces deux opérations d’envergure pourraient
intervenir vers la fin du premier
trimestre.
Pinterest, Uber, Lyft,
Slack, voire Airbnb et
Palantir :
la valorisation
de ces six sociétés
se monte à plus
de 150 milliards
de dollars.
Quitte ou double
Elles seront scrutées à la loupe
par les investisseurs. « Si cela se
passe bien, tout le monde va accélérer, y compris les start-up de taille
plus intermédiaire pour qui le
signal sera bon, même si la volatilité actuelle des marchés est plus à
même de les pénaliser. Dans le cas
contraire, cela va être un sacré
coup de frein », estime Benoît
Flamant.
« Si les conditions de marché se
dégradent encore, il y a un scénario
à ne pas exclure : c’est qu’Uber et
Lyft repoussent leur entrée en
Bourse et se refinancent par de
nouvelles levées de fonds », juge
Philippe Kubisa, associé spécialiste des marchés de capitaux
chez PwC. Ce qu’avait fait le français Deezer fin 2015. « Les fonds
de private equity ont aussi la possibilité de récupérer leur mise avec
une opération de “Dual Track”, en
cédant leur participation à un
autre fonds ou un groupe industriel. »
Par ricochet, cela constituerait
sans aucun doute un gros coup
d’arrêt pour l’ensemble des opérations de l’année ; 2019 sera celle
du quitte ou double pour les IPO
tech à Wall Street. n
Gafa : malgré les polémiques, l’expansion continue
Wall Street sanctionne
les Gafa et la menace de la
réglementation se précise.
Mais en attendant, les
géants de la tech continuent
leur inexorable croissance.
Bien sûr, les géants de la tech sont
appelés à la modestie en ce début
d’année 2019, avec des performances boursières en berne et
une pression politique et réglementaire accrue. Des menaces
pèsent, notamment sur Facebook
et Google. Mais en attendant, il est
encore facile de voir le verre à
moitié plein pour les Gafa.
L’heure de l’humilité n’a pas
encore sonné en ce début d’année
2019. D’abord, le taux de croissance de leurs revenus reste
extraordinaire compte tenu de
leur taille, même s’ils baissent. Au
troisième trimestre 2018, Amazon a encore accru ses ventes de
29 %, à 57 milliards de dollars,
Facebook de 33 %, à 14 milliards,
Google de 22 % à 27 milliards.
Durcissement
de la réglementation
Visiblement, les consommateurs
et les entreprises passant par ces
géants ne s’arrêtent pas aux polémiques sur l’impact dans nos vies
de ces sociétés. « Pour moi, il y a des
signaux faibles qui montrent que la
position de Google et Facebook va
être sérieusement défiée bientôt par
les autorités, notamment en
Europe, explique Eric Léandri,
patron de Qwant. Mais en attendant, c’est vrai, la position de Google
et Facebook est tellement dominante dans la publicité que même
les challengers qui progressent fortement en audience – c’est notre
cas – n’en voient pas les effets : ils
passent sous le radar des annonceurs, qui ne voient que le duopole. »
Seul Amazon, qui met le cap sur la
publicité, est un vrai challenger.
En outre, les menaces réglementaires pesant sur les géants
de la tech les rendent encore plus
agressifs commercialement.
« Google met 9 milliards de dollars
chez Apple pour rester le moteur de
recherche de référence sur les
iPhone et ce chiffre ne cesse de croître », poursuit Eric Léandri. Autre
exemple, beaucoup imaginent
déjà toutes les parades possibles
de Google et Facebook si un droit
voisin pour rémunérer la presse
était mis en place en Europe.
Il faut dire que les Gafa ont un
endettement soit négligeable par
rapport à leur taille (Amazon),
soit des réserves de cash gigantesques (Apple), ce qui va en outre les
avantager si la croissance se contracte cette année comme certains s’en inquiètent, explique
The Information. Leur richesse
leur permet aussi de continuer à
investir lourdement en lobbying
pour minimiser l’impact du dur-
cissement de la réglementation
qui les attend malgré l’énorme
complexité du sujet. Et pour
cause, comme l’écrit Frédéric
Filloux dans une « Monday
Note », « chaque société de tech,
quels que soient sa taille et son
poids sur son marché, a un sens
profond de sa vulnérabilité ».
A ce sujet, ils bénéficient en
outre de l’émergence de la Chine.
Face à la concurrence des Alibaba, Baidu et Tencent, les autorités américaines hésiteront à
rogner les ailes de leurs champions du Web.
Recrutements
et immobilier
Leurs réserves de liquidités leur
permettent aussi d’investir dans
tous les domaines (santé, transport, intelligence artificielle…)
avec un avantage concurrentiel
énorme : la data, qu’ils possèdent.
Ils peuvent aussi se permettre de
« Google met
9 milliards
de dollars
chez Apple pour
rester le moteur
de recherche
de référence
sur les iPhone
et ce chiffre ne
cesse de croître. »
ERIC LÉANDRI
Patron de Qwant
conquérir de nouveaux territoires, notamment l’Inde, sans
devoir monétiser leurs efforts
avant plusieurs années.
Et pour cela, comme l’explique
le « New York Times », ils continuent de recruter les meilleurs
talents. Que ce soit pour des services de modération de contenus ou
des ingénieurs de haut vol, leurs
recrutements restent dynamiques : le personnel de Google a
augmenté de 21 % l’an dernier et
celui de Facebook de 45 %, précise
le quotidien américain.
Phénomène corollaire, les Gafa
deviennent des propriétaires
immobiliers très puissants, à qui
les autorités locales ouvrent en
outre les bras. Il suffit de penser
au nouveau siège d’Amazon à
New York et Washington, d’Apple
à Austin ou de Google à New York.
La crise d’image que traversent les
Gafa est pour l’instant loin de leur
couper les ailes. — N. M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 25
L’éditeur de Pokémon
valorisé à 4 milliards
de dollars
« Charlie Hebdo »
déficitaire quatre ans
après l’attentat
4,3
L’éditeur de jeux vidéo Niantic,
célèbre depuis le succès de Pokémon
Go (« Attrapez-les tous ! »), a procédé
à une levée de fonds de 190 millions de
dollars qui le valorise près de
4 milliards de dollars, selon un
document SEC. Basé à San Francisco,
Niantic était jusqu’à présent valorisé
2,7 milliards. Au total, l’éditeur a levé
plus de 415 millions depuis ses débuts.
Quatre ans après l’attentat contre
« Charlie Hebdo » le 7 janvier 2015,
le magazine satirique se vend encore
plutôt bien avec 30.000 ventes en
kiosques et 30.000 abonnements,
indique l’AFP, qui a interviewé Riss,
le directeur de la rédaction. L’agence
précise en citant BFM que le journal
est repassé déficitaire en 2017 et
cherche de nouveaux actionnaires.
MILLIARDS D’EUROS
« Shutdown » : un
impact sur la tech
Pour la première fois, le
secteur du jeu vidéo a pesé en
2018 davantage que le secteur
de la musique et celui de
l’entertainment vidéo
à domicile réunis en GrandeBretagne. Selon l’Entertainment Retailers Association,
il pèse 4,3 milliards d’euros.
« Le Jour du Seigneur »
change de formule
DR
DR
Pokémon
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
La Commission fédérale des
communications (FCC) américaine
a suspendu sa procédure d’évaluation
du mariage entre Sprint et T-Mobile,
qui doit durer au total 180 jours
en raison du « shutdown » du
gouvernement américain. Si le
« shutdown » se prolongeait au-delà
du 11 janvier, le procès devant traiter
de la position concurrentielle de
Qualcomm pourrait être retardé aussi.
En Chine, la censure
s’abat sur Baidu
et Sohu
INTERNET
AUDIOVISUEL
Les autorités ont
contraint les deux
géants du Web à
suspendre certains
de leurs nouveaux
services pendant
une semaine.
Plus vieille émission
du PAF, ce programme
dominical fait
peau neuve.
Une manière de lutter
contre la baisse
des audiences.
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
« Le Jour du Seigneur », l’émission
catholique du dimanche diffusée
par France 2, change de formule. A
l’occasion de l’arrivée d’un nouveau
producteur, la plus vieille émission
du paysage audiovisuel français et
même l’une des plus anciennes du
monde (hors journaux télévisés)
fait peau neuve à partir du 6 janvier,
en introduisant une partie magazine, avant la messe, qui aura lieu
systématiquement à 11 heures. Jusqu’à présent, il n’y avait pas forcément de première partie et l’horaire
de la messe était variable, en fonction de l’église choisie. « Nous voulons donner plus de lisibilité aux
téléspectateurs, et créer des rendezvous pour fidéliser l’audience »,
explique Elodie Buzuel, responsable de l’unité de programme, chez
CFRT (Comité français de radio-télévision), qui produit les programmes autour du christianisme.
La nouvelle formule de cette émission, qui vient de fêter ses 70 ans
(sous son nom actuel, elle date de
1954 mais la messe à la télévision
remonte à 1948), veut aussi offrir un
esprit d’ouverture, avec des chroniques dédiées à la vie culturelle, des
portraits de héros du quotidien ou
encore des débats autour de questions de société, par exemple, autour
de l’écologie pour le premier numéro
de janvier. Parallèlement, une appli
va être lancée avec des replays
d’émissions, des pastilles dédiées, etc.
Le dimanche, l’émission « Le Jour du Seigneur » pose ses caméras dans une paroisse en France ou
à l’étranger. Ici, à l’église de Notre-Dame de la Couture, au Mans, en janvier 2018. Photo Gile Michel/Sipa
Ce relooking a pour but d’infléchir la tendance à la baisse des
audiences observée ces dernières
années. Le programme attire
459.000 fidèles le dimanche, en
moyenne, soit 6,6 % de part
d’audience (1). Il y a cinq ans, ils
étaient 633.000 (7,9 %) et en 2008,
quelque 718.000 personnes (9,8 %
de part d’audience), avec un pic à
presque 1,3 million à Pâques.
Le pape François
moins télégénique
Au-delà de l’érosion des grandes
chaînes, les célébrations de Noël,
Pâques et autres événements sont
globalement moins suivies depuis
que le pape François a été élu,
observe le CFRT. Celui-ci semble
moins télégénique, « sans doute
parce qu’il est plus dans la simplicité,
avec moins de faste, que son prédécesseur », note Elodie Buzuel…
Ensuite, les téléspectateurs ont souvent une image faussée de l’émission. « 70 % des Français connaissent le programme mais une grande
partie l’associent uniquement à la
messe, et non aux magazines ou
documentaires », reprend-elle.
Même si l’audience est relativement faible, le programme dominical, dirigé depuis l’origine par la
même congrégation dominicaine, a
vocation à rester a priori sur le service public. Les émissions à caractère religieux font, en effet, partie
des obligations de France 2, qui doit
représenter les 7 cultes principaux
de France, et y consacre un budget
annuel moyen de 10,9 millions
d’euros (en 2017, selon un rapport
du Conseil supérieur de l’audiovisuel). Pour donner un ordre de
comparaison, ce montant repré-
459.000
TÉLÉSPECTATEURS
L’audience moyenne
de l’émission, en 2018.
Elle atteignait 718.000
téléspectateurs en 2008.
sente environ un tiers du budget
d’un feuilleton quotidien.
Contrairement aux autres émissions religieuses, financées par
France Télévisions, comme le prévoit
un décret sur les obligations du
groupe, « Le Jour du Seigneur » a la
particularité d’avoir un financement
partagé entre France Télévisions et le
CFRT, une association vivant de
dons. Chaque émission coûte en
moyenne 60.000 euros (sans prendre en compte les moyens techniques
du groupe public). « Avec la nouvelle
formule, nous allons diminuer certains coûts, par exemple, en enregistrant des magazines deux par deux.
Nous concevons aussi les choses dès le
départ pour une diffusion sur le Web,
notamment », reprend Elodie Buzuel.
Il y a eu des tentatives par le passé
de mettre les émissions religieuses
sur de plus « petites » chaînes publiques, voire de les supprimer, « mais
on a énormément de soutiens », souligne Elodie Buzuel.
(1) Audiences au 26 décembre
Tootak veut être la boussole du podcast
PLATES-FORMES
Cette nouvelle offre,
qui sera lancée en
France début 2019,
devrait aider l’utilisateur à s’y retrouver
dans le maquis des
podcasts disponibles.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
« Le bon podcast à la bonne personne
au bon moment. » Pour son fondateur, Pierre Denis, cela pourrait être
la devise de Tootak, un futur nouveau venu dans le paysage des plates-formes de podcasts, qui se densifie en France depuis quelques
mois.
Celui qui a discuté avec Mathieu
Gallet avant que celui-ci préfère
lancer son propre projet, Majelan,
estime en effet que « le sujet pour le
podcast aujourd’hui est d’abord de
rendre l’usage plus souple : c’est le
plus difficile. » Ses études d’opinion
montrent que les passionnés de
contenus audio « délinéarisés » ne
trouvent pas assez de programmes
pour étancher leur soif et que leurs
consommateurs occasionnels n’ont
pas trouvé de plates-formes suffisamment pratiques et faciles à
l’usage.
Flux personnalisé
Créer des contenus exclusifs peut
être intéressant comme levier marketing, mais est, selon lui, secondaire par rapport à la démocratisation de l’écoute des milliers de
podcasts existant déjà, estime
Pierre Denis, dont le modèle se distingue donc de l’initiative lancée
par l’ex-patron de Radio France.
« Ne serait-ce que parce que vos algorithmes risquent de privilégier vos
contenus propres au détriment de ce
qui peut plaire aux auditeurs », précise-t-il. Pour lui, la principale
tâche d’une plate-forme de podcasts est « d’inventer le flux délinéarisé et personnalisé de demain ».
Tootak, qui renvoie vers les sites
tiers hébergeant les podcasts, aura un
segment gratuit et un segment
payant. Dans le premier, on retrouvera le moteur de recherche – dont la
société espère qu’il intégrera de l’intelligence artificielle d’ici à six mois –
ainsi que des recommandations liées
à votre navigation. « C’est ce que fait
Apple Podcasts : la personnalisation de
premier niveau ne peut être payante »,
estime Pierre Denis. Sur le segment
payant – 7,99 euros par mois avec des
offres « famille » –, on aura accès à de
la curation de contenus par une
équipe de trois personnes, selon des
thématiques en vogue. On aura également accès à un chronomètre qui
adaptera votre recherche au temps
dont vous disposez, ainsi qu’à quelques contenus exclusifs. A charge
pour la société de mettre en place une
curation suffisamment pertinente
pour justifier un paiement.
Les autres piliers du modèle économique seront une offre B to B sur
laquelle Tootak ne souhaite pas
encore s’exprimer, ainsi que la distribution de livres audio pour
laquelle l’entreprise touche une
commission de 12 % à 14 %. Tootak
donne accès aux catalogues de
Hachette et de Madrigall (Gallimard, Flammarion, etc.).
Pierre Denis démarre ce projet
avec ses propres moyens issus de
la revente de sa société Retail
Explorer à Solocal, il y a quelques
années (Solocal vient de la revendre). Mais pour accélérer, il cherche à lever 1 million d’euros auprès
d’un fonds. Aujourd’hui, la société
est adossée à l’accélérateur de
start-up Orevon Labs. « Ils ont une
quarantaine de développeurs en
Tunisie, Suisse, Autriche, Inde et ce
sont eux qui fourniront l’IA de Tootak », explique Pierre Denis. Sept
développ eurs d’Orevon sont
dédiés à Tootak, qui compte au
total 17 personnes. n
La Chine durcit-elle le ton face à
ses géants du Web ? Après Tencent, toujours sous le coup
d’un long gel des autorisations
sur le marché des jeux vidéo,
Pékin s’en prend cette fois-ci à
deux autres de ses champions :
Baidu, le premier moteur de
recherche de la deuxième économie mondiale, et le grand
portail Sohu, une sorte de
Yahoo! chinois avec des infos, de
la météo, etc.
L’administration chinoise du
cyberespace, en charge de la
censure du Web dans ce payscontinent aux 800 millions
d’internautes, leur a en effet
ordonné de suspendre, pendant
une semaine, de nouveaux services, rapporte l’agence Bloomberg. Au Nasdaq, les deux sociétés basées à Pékin ont fortement
chuté en Bourse : – 4,65 % pour
Baidu, du jamais vu depuis le
mois d’août, et – 7,39 % pour
Sohu, le plus fort recul en trois
mois. Cette interdiction, visiblement, s’inscrit dans une campagne plus large, annoncée jeudi
par les autorités. Pendant six
mois, l’administration chinoise
du cyberespace (CAC en anglais)
va éradiquer les contenus jugés
« vulgaires » sur toutes les plates-formes, dont la messagerie
instantanée WeChat, propriété
de Tencent, et les sites de livestreaming sur lesquels de jeunes
blogueuses très populaires
chantent et dansent devant des
millions de fans qui les rémunèrent via des cadeaux virtuels.
Un nouveau tour de vis
Selon un communiqué de la
CAC, douze catégories d’informations « illégales » vont être
ciblées par cette campagne
semestrielle. Contacté par e-mail
vendredi midi, Baidu n’a pas
encore répondu à nos sollicitations. Tout comme Sohu, le
« Google chinois » a cependant
affirmé dans un communiqué
qu’il s’exécuterait en « rectifiant »
les services touchés. En Chine, les
réseaux sociaux et le Web sont
contrôlés et censurés nuit et jour
par les autorités et par une armée
de petites mains, recrutées dans
la population et rémunérées,
Reprise en main
Depuis l’arrivée au pouvoir, fin
2012, du président chinois Xi
Jinping, le contrôle du Web s’est
accru. La CAC elle-même avait
vu le jour en 2014, dans un grand
mouvement de centralisation
des administrations en charge
précédemment de la censure du
Net. Ce tour de vis commence
d’ailleurs à peser dans les résultats des géants chinois du Web,
déjà victimes d’un ralentissement général de la croissance
chinoise, au plus bas depuis
2009 et du climat de tensions
entre la Chine et les Etats-Unis.
Au troisième trimestre, Baidu
a ainsi vu sa marge reculer de
5 points (à 16 %) et son revenu
opérationnel de 6 %. Sohu a lui
aussi vu sa marge brute chuter
pendant que son chiffre d’affaires baissait de 5 % sur la même
période. Tencent, de son côté,
avait enregistré au deuxième trimestre une baisse de ses profits
trimestriels, une première en dix
ans. La 7e capitalisation boursière mondiale, et numéro un
des jeux vidéo en Chine, est victime de la reprise en main du secteur par Pékin, qui a bloqué la
mise sur le marché de nouveaux
jeux depuis le mois de mars. Ce
gel de neuf mois vient d’être levé,
mais pourtant aucun nouveau
titre du groupe ne fait partie des
80 jeux récemment autorisés
par les autorités. n
Shutterstock
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
pour propager la bonne parole et
supprimer les contenus qui
déplaisent au Parti. Le système
de censure, l’un des plus sophistiqués au monde, est ensuite relevé
d’un cran lors d’événements politiques majeurs (sommets internationaux, session annuelle
du Parlement chinois en mars,
congrès du Parti tous les cinq
ans) et en amont des anniversaires sensibles. A l’approche du
30e anniversaire des manifestations pro-démocratie de Tiananmen, en juin cette année, un nouveau tour de vis est d’ailleurs
attendu.
Parallèlement, le gouvernement chinois lance périodiquement des campagnes plus
ciblées (contre les valeurs occidentales, la pornographie…) en
fonction des objectifs politiques
du moment. Ou bien après des
scandales comme celui, retentissant, qui avait touché, en 2016,
Baidu. Cette année-là, un jeune
étudiant de 21 ans, atteint d’un
cancer, avait trouvé la mort après
avoir suivi un traitement expérimental dans un hôpital pékinois
mis en avant par Baidu dans les
résultats de recherche. La CAC
avait alors lancé une enquête et
convoqué son directeur exécutif,
le milliardaire Robin Li.
Basé à Pékin, Baidu est le premier moteur de recherche en Chine.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
START
UP
77
MILLIONS DE DOLLARS
La start-up Sophia Genetics
vient de boucler un tour de
table de 77 millions de dollars
pour développer sa plateforme de données pour les
professionnels de santé.
LE BUZZ
e
Les start-up de la French Tech seront bien seules à Las
Vegas. Alors que le CES, qui démarre demain, avait été
la rampe de lancement de l’institution en 2016, avec
notamment la présence d’Emmanuel Macron, alors ministre de
l’Economie, cette édition ne devrait voir l’apparition d’aucun
membre du gouvernement… ni de Kat Borlongan, nommée directrice de ladite French Tech cette année.
800.000
EUROS
Le réseau social professionnel franco-suédois Jollyclick
a levé 800.000 euros auprès
de Reykur, l’ANRT, bpifrance
et la région Occitanie.
Yemanja, la start-up qui conçoit
les bureaux des start-up
AMÉNAGEMENT
La jeune pousse a
imaginé et aménagé
les bureaux de nombreuses start-up.
Elle vise désormais
aussi les grands
comptes.
Déborah Loye
@Loydeborah
Ils sont épurés mais racés, contiennent très souvent un baby-foot, parfois des hamacs ou une table de
ping-pong. Leur mission n’est pas
négligeable : refléter l’identité de
l’entreprise et donner envie d’y travailler, alors que la guerre des
talents fait rage. L’aménagement
des bureaux est ainsi rarement
laissé au hasard par les start-up. Et
derrière ce sens de l’esthétique et du
détail se cache une autre jeune
pousse : Yemanja.
Evaneos, Batch, Cheerz ou
encore Algolia : tous ont fait appel à
ses services pour concevoir leurs
bureaux. « Nous ne sommes pas spé-
cialisés dans les start-up, mais elles
ont naturellement été nos premiers
clients », explique Marie Vaillant,
cofondatrice de Yemanja. Directrice administrative et financière
de PrestaShop durant six ans,
cette dernière a découvert les joies
de l’aménagement de bureau lors
d’un déménagement de l’entreprise. « Nous avions tout fait en
interne, parce que nous trouvions
que ce que proposaient les aménageurs de bureaux était trop triste, et
tout le monde a été content », se souvient l’entrepreneuse. En janvier 2016, elle quitte donc son poste
pour créer Yemanja, qu’elle dirige
aujourd’hui aux côtés de son associé Quentin Audrain.
Une entreprise libérée
« Pas architectes ni décorateurs », les
entrepreneurs s’attachent à « créer
des ambiances » et organisent des
« rendez-vous univers » avec leurs
futurs clients. Ils imaginent et aménagent les bureaux eux-mêmes, ne
sous-traitant que les travaux de
second œuvre. Une démarche qui
porte ses fruits : en 2018, la jeune
pousse a généré près de 3 millions
d’euros de chiffre d’affaires et
vise les 6,5 millions pour l’année
Yemanja a généré près de 3 millions de chiffre d’affaires en 2018. Photo Jonathan Moyal
prochaine. Une équipe de 13 personnes s’y affaire, dans un environnement qui détonne, et pas seulement par la décoration. « Nous
sommes une entreprise libérée »,
indique Marie Vaillant. Un mode de
management totalement horizontal, qui offre toute leur autonomie
aux salariés et les responsabilise.
« Nous faisons tout pour que nos col-
laborateurs se sentent bien, en étant à
l’écoute de leurs émotions et en les
poussant à aller assez loin dans la
quête du bonheur au travail »,
détaille l’entrepreneuse. Une quête
qui passe en partie, pour elle, par le
fait d’évoluer dans des bureaux où il
fait bon vivre.
Concrètement, cela se matérialise pour les clients de Yemanja par
« des espaces cuisine, des salles de
yoga, des douches et des salles de
sieste », énumère Marie Vaillant.
Outre l’éternel baby-foot – qui se
révèle parfois trop bruyant –, les
jeunes entreprises installent des
jeux de fléchettes, des consoles ou
encore des tables de ping-pong
dans leurs bureaux. « Ils aiment
jouer et ces activités sont conviviales », commente l’entrepreneuse.
Dans leurs open spaces, ces entreprises sont également demandeuses de salles de réunion ainsi que de
petits « boxes » où s’isoler.
Yemanja s’est pour le moment
occupé d’installations sur des surfaces allant de 200 à 4.000 mètres
carrés. Pour se développer, la jeune
pousse espère désormais séduire
aussi les grands comptes, tout en
continuant à travailler avec les
start-up « qui nous permettent de
rester à l’écoute des tendances »,
affirme Marie Vaillant. Son équipe
travaille en outre à la création de
son propre mobilier, en commençant par les tables de bureau. n
La fintech française FinChatBot
se développe en Afrique du Sud
La start-up fondée par
deux Français vient
de lever 500.000 euros.
Elle développe
des chatbots à destination d’institutions
financières.
Basée en Afrique du Sud mais cofondée par deux Français, la start-up
FinChatBot a annoncé lors d’AfricArena, un événement qui réunit les
start-up africaines, avoir bouclé un
tour de table de 500.000 dollars.
Fondée fin 2016, la jeune pousse
développe des chatbots dédiés
aux institutions financières, et
s’est spécialisée dans l’acquisition
de nouveaux clients. « Les développeurs de chatbots sont souvent
généralistes, nous avons fait le choix
de la verticalité car nous souhaitons
être experts dans un domaine », indique le cofondateur de l’entreprise,
Antoine Paillusseau.
Basé à Johannesburg, FinChatBot revendique déjà plusieurs
grands comptes sud-africains
parmi ses clients, tels que les compagnies d’assurances M i Wa y
et Hollard ou encore Nedbank.
« Le fait que notre offre soit très ciblée
nous permet de délivrer des prototypes en trois semaines, avec des résultats très facilement évaluables »,
assure Antoine Paillusseau.
Les chatbots développés par
l’entreprise sont disponibles sur les
sites de ses clients, sur Facebook
Messenger, « et bientôt sur WhatsApp », indique-t-il. Le jeune entrepreneur ne prétend pas faire de la reconnaissance de langage, mais
développe des produits basés sur des
arbres de décision, qui rendent le dialogue plus efficace. « Nous sommes
par ailleurs capables d’optimiser le ton
de la conversation en fonction de critères tels que l’âge, la géolocalisation ou
le genre de la personne », détaille-t-il.
Pour Clive Butkow, créateur du
fonds sud-africain Kalon, qui participe au tour de table avec le fonds
mauricien Compass, « le processus
d’acquisition client coûte beaucoup
d’argent, et FinChatBot en supprime
les frictions, en permettant de souscrire à une offre en seulement trois
minutes ». Selon ce dernier, qui a travaillé vingt-huit ans chez Accenture,
la jeune pousse pourrait se développer très rapidement à l’international
si elle travaillait avec des entreprises
de conseil, « qui cherchent ce type de
produits pour leurs clients ».
Un écosystème porteur
Le cofondateur de l’entreprise indique, de son côté, vouloir se déployer
en dehors de l’Afrique du Sud « d’ici
à douze mois », et indique réfléchir à
un lancement sur plusieurs marchés africains. La levée de fonds permettra à son équipe, aujourd’hui
composée de 9 personnes, de « presque doubler en six mois ».
Le jeune entrepreneur, qui a
quitté la France pour développer
une première start-up au Cap, ne
tarit pas d’éloges sur l’écosystème
tech sud-africain. « Lorsque nous
nous sommes lancés, au Cap, nous
avons pu recruter une équipe de
juniors très performants », expliquet-il. Sa toute jeune entreprise a
notamment bénéficié de l’accompagnement de Silicon Cape, une organisation qui essaie de faire du Cap un
des écosystèmes les plus dynamiques du continent. Et si FinChatBot
est aujourd’hui basé à Johannesburg, c’est uniquement parce que ses
clients potentiels y ont leurs
bureaux. Seule ombre au soleil éclatant de l’Afrique du Sud : la difficulté
de lever de l’argent, dans un pays où
les capitaux affluent encore très peu.
Selon les chiffres de Silicon Cape, les
investisseurs locaux n’ont signé que
114 opérations en 2016, pour un
montant total de 872 millions de
rands (53 millions d’euros).
— D. L.
« Les développeurs
de chatbots sont
souvent
généralistes, nous
avons fait le choix
de la verticalité
car nous souhaitons
être experts dans
un domaine. »
ANTOINE PAILLUSSEAU
Cofondateur
FinChatBot
FINANCE
Antoine Paillusseau à AfricArena entouré de ses deux investisseurs,
à gauche Clive Butkow (fonds Kalon) et Fabrice Boullé (Compass).
PayGenius veut faciliter l’arrivée des touristes en Afrique
La fintech lève des fonds
pour étendre sa solution
de paiement dédiée
aux opérateurs locaux à de
nouveaux marchés africains.
« Aujourd’hui, lorsque vous réservez
un safari auprès d’un acteur local en
Afrique du Sud, il y a des chances
qu’il vous demande de remplir un
formulaire de carte de crédit à la
main et de le renvoyer par e-mail, ce
qui pose des problèmes de confiance
et de sécurité », explique Sébastien
Lacour, fondateur de PayGenius,
une fintech basée au Cap. Ce der-
nier développe ainsi une solution
de paiement sécurisée dédiée aux
opérateurs locaux. « Ils peuvent
envoyer un lien vers la plate-forme de
paiement par e-mail ou même par
Après l’Afrique du Sud,
PayGenius envisage
de se lancer en Tunisie.
WhatsApp à leur client, puis recevoir
des paiements dans n’importe quelle
devise », détaille l’entrepreneur.
Une solution qui permet aux opéra-
teurs locaux d’augmenter le taux de
conversion des clients, déjà « si difficilement acquis ».
Un marché à 12 milliards
Fondée en 2012, la jeune pousse
emploie aujourd’hui sept personnes. Elle a levé 100.000 euros, et est
en train d’opérer un tour de table
de 1 million d’euros en présérie A.
Présente en Afrique du Sud, sur
l’île Maurice et en Tanzanie,
PayGenius envisage de se lancer
dans d’autres pays, comme la
Tunisie. « Le marché de la vente de
voyages en ligne en Afrique est
estimé à 12 milliards d’euros », indique Sébastien Lacour.
Séduit par « la facilité de faire du
business » et la « qualité des ressources humaines » de l’Afrique du Sud,
Sébastien Lacour se dit convaincu
que « pour conquérir le marché africain, il faut être implanté localement ». L’entrepreneur met cependant en garde contre la petite taille
des marchés locaux. « Avec PayGenius, nous avons l’avantage de viser
un marché mondial, puisque nos
clients potentiels sont toutes les personnes qui souhaitent visiter l’Afrique », assure-t-il. — D. L.
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// 27
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
en
direct
Dentelle : Noyon
en redressement
NOUVELLE-AQUITAINE Le
HAUTS-DE-FRANCE. Le fabri-
maire de Niort, Jérôme Baloge,
a répondu avec humour à Michel
Houellebecq, qui parle de « l’une
des villes les plus laides » dans son
livre « Serotonine », paru vendredi. « Non seulement Niort est
une belle ville, mais les Niortais
ont l’esprit ouvert », lui proposant
aussi de l’angélique, une plante
qui « rend heureux ».
cant de dentelle Noyon (170 salariés) a été placé à sa demande en
liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Boulognesur-Mer. Un administrateur a été
nommé et la période d’observation est de six mois. L’audience
intermédiaire est prévue le
7 mars. La direction dit s’orienter
vers un plan social sans préciser
Shutterstock
PME
&REGIONS
Niort joue l’humour
face à Houellebecq
le nombre d’emplois menacés.
L’entreprise, qui fait face « à la
baisse du marché de la lingerie »
et à la « montée en puissance »
de la production asiatique, n’a pas
versé les salaires de décembre.
En janvier 2017, l’entreprise avait
déjà été placée à sa demande en
liquidation judiciaire, entraînant
la suppression de 55 des
237 emplois. Elle avait été reprise
par un consortium de clients,
cadres et partenaires (La Perla,
Etam, Vandewelde...).
Promotion du territoire : collectivités,
entreprises, même combat
l Des partenariats se développent entre les collectivités
et des entreprises pour exploiter une marque régionale.
l Du contrat de licence aux produits cobrandés,
les initiatives se multiplient un peu partout en France.
COMMERCE
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
En panne d’idées de cadeau ? Pourquoi ne pas puiser dans la nouvelle
boutique en ligne de la collection
Côte d’Azur. Parfums, bijoux, gourmandises, mode beachwear, artisanat d’art… et même un scooter, tous
ces articles, près de 150 au total, ont
été choisis et labellisés parce qu’ils
incarnent les valeurs d’un territoire
et ont été fabriqués par des entreprises et créateurs locaux.
Exit désormais les objets dérivés
made in China dans la panoplie de la
promotion touristique. Depuis 2017,
le Comité régional du tourisme Côte
d’Azur France mise sur les talents
locaux. La démarche, qui passe par
la signature d’un contrat de licence,
n’est pas pour autant désintéres-
sée. « Le licensing permet à des entreprises privées d’utiliser notre marque
et son capital séduction pour développer des produits et services incarnant
l’état d’esprit “Côte d’Azur” ; en
contrepartie, des royalties seront
reversées au CRT Côte d’Azur France,
qui pilote la marque, pour alimenter le
plan de communication touristique »
explique David Lisnard, président
du CRT Côte d’Azur France. « Le partenariat collectivités et entreprises
pour proposer des produits sous
licence ou cobrandés est relativement
nouveau en France, alors que de grandes métropoles comme New York ou
Londres le pratiquent depuis longtemps», constate Elisabeth Dubost
de l’agence Arboresens, spécialiste
de ces partenariats.
Paris compte parmi les pionniers
en France. La ville s’y est engagée
depuis 2014 et propose, depuis, plus
de 300 produits, avec une vingtaine
de partenaires licenciés pour des
Les labels en plein essor
Créée en 1974, la marque collective Savoie s’est rapprochée en 2017 de Savoie Mont Blanc Tourisme pour promouvoir les produits locaux. La marque ombrelle Sud
de France, lancée en 2006, revendique 1.450 entreprises
et 9.500 produits originaux. La marque collective
Terroirs Hauts-de-France regroupe 99 producteurs
et plus de 600 produits frais ou transformés. Ces différentes initiatives s’organisent autour d’un cahier des charges, des contrôles qualité avec la volonté de gagner en
visibilité. Depuis 2017, la Ville de Paris décerne un label
Fabriqué à Paris avec 500 entrepreneurs et créateurs.
ventes qui ont atteint un montant
total de 12,6 millions d’euros depuis
le lancement de la démarche.
D’autres collectivités s’y essaient,
comme Cabourg, qui durant l’été
dernier a ouvert un pop store dans
les jardins du casino proposant des
produits cobrandés, vêtements
(avec le Slip Français), objets décoratifs ou encore cidres d’exception.
Effet levier
Une douzaine d’entreprises sont déjà
parties prenantes dans la collection
Côte d’Azur, elles devraient être
quinze pour la saison 2019. Avec quel
bénéfice ? Pour La Bastide, se prévaloir de la marque Côte d’Azur France
a permis réellement de booster les
ventes. Cet atelier protégé (Esat) de
l’Association AFPJR a développé
depuis une vingtaine d’années une
activité de conserverie autour des
saveurs provençales. « La labellisation Côte d’Azur France nous a ouvert
des portes jusqu’ici difficiles à franchir,
notamment dans la grande distribution. Nous avons déjà vendu 4.500 colis
et les commandes pour les fêtes de Noël
se multiplient » assure Luc Dessauvages, responsable marketing.
Fragonard, parfumeur grassois, a
créé une offre produit spécifique
autour du jasmin, de la rose et du
mimosa. « Notre maison bénéficie
déjà d’une certaine notoriété, nous
souhaitions surtout apporter notre
pierre à l’édifice, mais il faut reconnaître que le label Côte d’Azur France a
été porteur, nous proposons donc cette
gamme dans tous nos points de distri-
La collection Côte d’Azur propose près de 150 produits fabriqués par des entreprises locales.
Des royalties sont reversées au Comité régional du tourisme Côte d’Azur France. Photo DR
bution, ce qui n’était pas prévu au
départ », précise Charlotte Urbain,
chargée de communication. Acquérir une plus grande visibilité à l’international est aussi au cœur de ces
partenariats. « Les entreprises profitent de la notoriété de nos marques »,
confirme Gildas Robert, responsable de la communication des marques à la Ville de Paris. Un atout dont
va bénéficier le porcelainier Pillivuyt, Entreprise du patrimoine
vivant, nouveau licencié de Paris.
L’Hexagone en retard
« Les interactions entre entreprises et
collectivités ont tendance à se développer ces dernières années, avec différents niveaux d’implication » analyse
Un scooter Côte d’Azur France pour Eccity
La start-up implantée
à Grasse compte parmi les
12 licenciés de la collection
Côte d’Azur France et vise
notamment la clientèle
des collectivités locales.
La selle grand confort, fabriquée à
Nice par le sellier NMB, associe les
couleurs bleue, blanche et noire
alors que les flancs du deux-roues
sont décorés de parasols bleu et
blanc et arborent le logo Côte
d’Azur France. Un cabas assorti,
adapté à l’accroche-sac, a été fabriqué par l’une des marques partenaires. Circuler sur la promenade
des Anglais ou sur la Croisette sur
un scooter 100 % électrique made in
France et aux couleurs Côte d’Azur,
c’est ce que propose Eccity, qui
compte parmi les 12 licenciés de la
collection Côte d’Azur France. « Le
fabriqué en France est de plus en plus
important pour le consommateur,
c’est un choix que nous avons fait
pour l’ensemble de notre gamme.
Acteur de la mobilité propre, nous
cherchons à démocratiser un mode
de transport maniable, léger, confortable et surtout avec zéro émission de
CO2 . L’initiative du CRT résonne
donc plutôt bien avec ce que nous
défendons, c’est pourquoi nous avons
choisi d’y participer », explique
Christophe Cornillon, président
fondateur de la start-up de Grasse.
Trois motorisations
Les équipes
d’Eccity ont
conçu une série
spéciale,
reprenant la
charte
graphique dessinée par l’illustrateur niçois Eric
Garence. Le scooter
est proposé en
trois motorisations, Eccity 50
et Eccity 125 et
125+. La
société n’a
pas encore enregistré de commandes fermes mais a reçu plusieurs
demandes de devis. « Plus que la
clientèle des particuliers, c’est celle des
collectivités territoriales intéressées
par des véhicules propres et fabriqués
en France qui s’est manifestée »,
reconnaît Christophe Cornillon. Eccity, qui équipe déjà avec
ses scooters électriques la Ville de
Paris, compte sur cette labellisation
Côte d’Azur France pour peser dans
la balance lors des décisions d’attribution de nouveaux marchés avec
l’ambition de porter les couleurs
de la Côte d’Azur au-delà des frontières de la région. La société travaille
également sur un nouveau modèle
électrique à trois roues et deux places en équivalent 125 cm 3 pour
lequel elle prévoit de faire appel à
l’économie participative à travers la
plate-forme dédiée Wiseed. — C. N.
La start-up
de Grasse
propose un
scooter 100 %
électrique
made in
France et aux
couleurs Côte
d’Azur.
Photo Eccity
Joël Gayet, fondateur de la chaire
attractivité et nouveau marketing
territorial d’Aix-Marseille université. Mais la France est en retard par
rapport au monde anglo-saxon. Plus
de la moitié des budgets de promotion à Berlin ou encore à Amsterdam sont financés grâce à des partenariats avec des acteurs privés.
OnlyLyon a franchi le pas. Lancé en
2007 pour renforcer la notoriété et la
compétitivité de Lyon à l’international, ce programme s’appuie sur un
réseau d’une quinzaine de partenaires privés, essentiellement des grandes entreprises avec un système de
copilotage et de cofinancement.
Les métropoles ne sont pas les
seules à innover. L’Isle-sur-la-Sor-
gue et sa communauté de communes (33.000 habitants) dans le Vaucluse se sont engagées dans une
démarche de co-construction de
stratégie de promotion avec un
comité où les chefs d’entreprise ont
joué un rôle moteur. Et pour financer les actions à venir, une fondation est en cours de création. « Elle
vise à développer un écosystème de
financement par le don, donnant
aux acteurs du territoire, de la boulangerie à la grande entreprise, la
possibilité de participer au financement de projets à travers différentes
formes de dons ou de financements
participatifs, une première en
France » souligne Joël Gayet, qui
accompagne cette initiative. n
Du café « Ville de Paris »
avec les Comptoirs Richard
Le partenariat sous licence
des Comptoirs Richard
avec la Ville de Paris
a donné naissance à
70 produits depuis 2014.
nouvelle création », précise Muriel
Watel. Le site propose par exemple
des sachets de thé vert aromatisé bio
baptisé « Visite d’exception au
Champ-de-Mars-Ville de Paris ».
Un carré de chocolat Ville de Paris
pour accompagner un café, label
Tour Eiffel pour ceux qui apprécient
le petit noir plutôt corsé ou ChampsElysées en version plus subtile… Le
partenariat sous licence des Comptoirs Richard avec la Ville de Paris a
donné naissance à pas moins de
70 produits depuis 2014. « C’est la
rencontre entre une ville et un savoirfaire, une alliance légitime pour notre
maison, fondée à Paris en 1892 »,
estime Muriel Watel, directrice
générale adjointe des Comptoirs
Richard. Le succès est au rendezvous avec plus de 10 millions de carrés de chocolat et quelque 50 tonnes
de café consommés. « Nous avons
commencé avec un café bio puis développé toute une gamme de produits
associés, thés, tisanes, chocolats,
bûchettes de sucre, coffrets gourmands avec une sélection rigoureuse
axée sur la qualité et développée en collaboration étroite avec les équipes de la
ville, à qui nous faisons goûter toute
Cafés et restaurants
A la clientèle des particuliers,
ciblée au départ avec le café en
grains et moulu, s’est ajoutée,
depuis, celle des professionnels
avec les bistrots et restaurants de la
capitale et de la région parisienne.
« Les Comptoirs Richard comptent
parmi les premiers licenciés avec lesquels nous avons construit un vrai
partenariat qui fait de l’entreprise
un ambassadeur de Paris, d’où
l’importance du savoir-faire et de la
qualité » explique Gildas Robert,
responsable de la communication
des marques à la Ville de Paris. Si les
royalties versées à la Mairie par
l’entreprise (dont le montant n’a
pas été communiqué) constituent
un plus, c’est davantage la contribution au rayonnement de la capitale
qui entre en jeu dans la sélection
des partenaires, tout comme la
défense de l’emploi. Près de 18 %
des emplois sont liés au tourisme à
Paris. — C. N.
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28 // PME & REGIONS
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
2
ILE-DE-FRANCE Le groupe
a décidé d’abaisser la vitesse de circulation de 20 km/h sur les principaux axes routiers, renforcer les
contrôles de pollution des véhicules,
et interdir les chauffages individuels
au bois. La zone avait été placée en
alerte pendant un mois fin 2016.
Icade
NIVEAU DE L’ALERTE À LA POLLUTION DE L’AIR
La vallée de l’Arve, qui mène au
Mont-Blanc, en Haute-Savoie, a été
placée dimanche après-midi en
alerte de niveau 2 à la pollution aux
particules fines (vigilance rouge).
L’épisode devrait se poursuivre ce
lundi. La préfecture du département
innovateurs
Issy-les-Moulineaux :
Icade cède son siège
immobilier Icade a vendu pour
98,8 millions d’euros son siège
d’Issy-les-Moulineaux qu’il continuera d’occuper en tant que
locataire. Le groupe, dont la CDC
est le premier actionnaire, a
dévoilé cet été un plan stratégique
marqué par une expansion
dans le secteur de la santé,
l’une de ses grandes branches.
Moovency prévient
les TMS industriels avec
sa solution logicielle
AUVERGNERHÔNE-ALPES
Le comparateur en
ligne cible les petits
voyageurs et propose
d’élargir les services.
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
A partir de 100.000 euros de dépenses annuelles en déplacements professionnels, les entreprises consacrent en général un acheteur ou
un travel manager à cette mission.
Lequel traite avec les grandes agences spécialisées, Carlson Wagonlit,
Bleu Voyages, Havas ou encore
American Express. C’est pour les
dirigeants ou cadres de PME, TPE et
autres travailleurs indépendants
que Travelys a conçu son service,
pour simplifier mais aussi professionnaliser l’organisation de leurs
déplacements.
Profiter de la destination
« Ces voyageurs préparent leurs voyages en mode loisir, comme un consommateur lambda planifie ses
vacances », pointe Raphaël Torro,
Pour séduire les petites entreprises, Travelys laisse à ses utilisateurs davantage de souplesse sur les modalités de voyage. Photo DR
fondateur de Travelys. La plateforme en ligne, lancée il y a dixhuit mois, fonctionne comme un
comparateur de prix classique, sur
les trajets d’avion et de train. Elle
propose aussi de nombreuses fonctionnalités pratiques : l’édition de
factures, un compte client avec l’historique des déplacements et des préférences enregistrées – aéroport ou
gare de départ, catégorie de confort,
numéros de cartes de fidélité, etc…
« Le moteur de recherche affiche trois
options : la plus proche des préférences du profil personnalisé, la moins
chère et la plus rapide », explique le
président. Travelys intégrera la
réservation d’hôtels courant 2019, et
à terme la location de voitures, les
réservations de restaurants ou de
salles de réunion, voire d’activités.
Car la start-up de quatre person-
nes mise sur le « bleisure », anglicisme à la mode, fusion de business
et leisure (loisirs), pour séduire ses
utilisateurs (10.000 comptes
ouverts actuellement). « Un voyageur sur trois souhaiterait profiter de
la destination en arrivant la veille au
soir, ou en prolongeant son séjour le
week-end », explique Raphaël
Torro. La gestion des déplacements
dans les grands groupes ne le permet pas : « Les comptes voyageurs
très encadrés ne laissent pas de souplesse sur les jours et les modalités de
voyage », dit-il.
Travelys peut suggérer des trajets la veille, moins chers que le jour
même, « qui laissent le loisir de faire
un peu de tourisme ». Et peut aussi
« faire voyager le conjoint en toute
discrétion, ou sans interférer avec les
notes de frais, grâce à des comptes à
plusieurs adresses de facturation ».
Sans déroger à la confidentialité de
la vie privée, en dehors des heures
consacrées à la mission, puisque les
comptes clients de Travelys sont
personnels, au nom du voyageur et
non de l’entreprise. Ce qui réduit ses
potentialités de déploiement dans
des sociétés plus importantes.
« Une équation à résoudre entre responsabilité et confidentialité »,
reconnaît le PDG. n
Pessina Massimo
Travelys facilite les voyages d’affaires
des dirigeants de TPE-PME
LA TECHNOLOGIE
MOOVENCY
Date de création : 2018
Président : Pierre Plantard
Effectif : 5 personnes
Secteur : santé au travail
Les mauvaises postures au travail sont responsables de plus de
80 % des maladies professionnelles. Dans les industries agroalimentaire et automobile, le véritable fléau est celui des troubles
musculo-squelettiques (TMS),
qui touchent de nombreux opérateurs après huit à dix ans passés sur un même poste à la gestuelle répétitive.
Partenariat avec Faurecia
Pour prévenir ce type de maladie, la jeune entreprise Moovency vient de développer, à
l’issue de quatre ans de R&D au
sein du laboratoire Mouvement, Sport, Santé de l’université de Rennes-2, la solution
logicielle Kimea. Elle a décroché plusieurs prix dont celui du
concours French IoT du
Réseau Le Saint investit dans
la transformation de saumons
Le grossiste en produits frais s’apprête
à reprendre à Lorient
l’usine de filetage
et de transformation
de saumons du groupe
Marine Harvest.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Réseau Le Saint étoffe ses activités. Ce grossiste en produits frais,
viande, fruits et légumes mais
a u s s i p r o d u i t s d e l a m e r,
s’engage désormais dans la filière
saumon. Il est en effet en passe de
racheter l’usine située à Lorient du
groupe norvégien Marine Harvest, l’un des plus importants producteurs et transformateurs mondiaux de saumons. La cession sera
actée fin janvier.
Réseau Le Saint – 2.000 salariés – va reprendre les 51 collaborateurs de ce site de filetage,
conditionnement et commercialisation de saumons frais pour la
restauration hors foyer. Le grossiste va également lui confier la
mise en barquettes de poissons
blancs qu’il achète dans les différentes criées bretonnes. Chaque
a n n é e , l ’u s i n e d e L o r i e n t d e
Marine Harvest traite plus de
2.300 tonnes de produits. Elle réa-
lise un chiffre d’affaires annuel de
30 millions d’euros.
Un projet de plate-forme
de 2.000 mètres carrés
Av e c l ’a m b i t i o n d e f a i r e d e
Lorient sa tête de pont en produits
de la marée, Réseau Le Saint a
prévu de faire construire, dans le
prolongement des installations de
Marine Harvest, une plate-forme
de préparation de commandes et
de distribution d’une surface globale de 2.000 m2. Réseau Le Saint,
dont le siège social est situé à Guipavas, près de Brest, dans un vaste
ensemble de 15.000 m 2 où ont
été investis 19 millions d’euros
en 2017, répartit ses activités
entre une trentaine de sociétés
régionales en Bretagne, Normandie, Nouvelle-Aquitaine mais
aussi en Occitanie. En 2018, le
groupe familial, contrôlé et dirigé
par la famille Le Saint, a réalisé un
chiffre d’affaires de 550 millions
d’euros (507 millions d’euros en
2017), dont 100 millions d’euros
uniquement pour la seule filière
marée. Toujours pour compléter
son dispositif, le groupe, qui est
numéro deux en France de la distribution de fruits et légumes derrière Pomona, créé il y a soixante
ans par le père des deux frères
Bernard et Denis Le Saint, a prévu,
dans les prochains mois, d’investir dans une mûrisserie d’une
capacité de 7.000 à 8.000 tonnes
par an de fruits. n
Mediaclinic redonne vie à l’électronique
LA PME À SUIVRE
PAYS DE LA LOIRE
Effectif : 14 salariés
Chiffre d’affaires : 25 millions
Activité : recyclage
la vie de ces appareils et de proposer
au consommateur une alternative au
neuf », résume l’entrepreneur de
Beaucouzé (Maine-et-Loire) Philippe Gougé, qui lance cette nouvelle
enseigne en franchise après avoir
fondé Gamecash, il y a quinze ans.
400 à 500 boutiques
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
La façade extérieure comme l’intérieur de la boutique, dans le centre
d’Angers, est soignée. Mediaclinic
veut ainsi rehausser l’image du produit d’occasion, en l’occurrence les
smartphones, tablettes, ordinateurs
et autres équipements multimédias
ou connectés, tels les caméras ou les
montres. « L’objectif est de prolonger
Ces produits, l’entreprise les
rachète aux particuliers ou à des
reconditionneurs industriels,
Apple et les marques premium
représentant le gros des volumes.
Mediaclinic les réintroduit dans le
circuit commercial avec 12 à
18 mois de garantie. Surtout, chaque boutique dispose de son laboratoire de réparation, fort d’un ou
deux techniciens, pour changer sur
place les coques, vitres de protec-
tion, micros, batteries… Ces derniers sont aussi formés pour intervenir sur les mises à jour, virus,
reconfigurations…
« Par rapport à Internet, nous rétablissons une relation physique,
sachant que les vrais freins au produit de seconde main sont la garantie
et la fiabilité », estime Philippe
Gougé. Le concept a lentement
mûri. Une première boutique a été
ouverte à Brive-la-Gaillarde en 2016,
une autre à Saint-Jean-de-Luz
l’année suivante. Ancenis, en LoireAtlantique, et Angers ont suivi. Mais
le vrai lancement se fera en mars au
Salon de la franchise à Paris. Mediaclinic privilégiera a priori les villes
de 25.000 à 30.000 habitants, et Philippe Gougé perçoit un potentiel de
400 à 500 points de vente en France.
Au regard des boutiques-pilotes, le
chiffre d’affaires d’un magasin
M e d i a c l i n i c va d e 3 5 0 . 0 0 0 à
650.000 euros pour un investissement de 100.000 euros.
Mediaclinic s’appuie naturell e m e n t s u r l ’e x p é r i e n c e d e
Gamecash. Fondée en 2003, cette
chaîne de boutiques s’est, elle, repositionnée sur les villes plus importantes. Elle compte à présent 55 boutiques, dont 6 en Belgique en master
franchise. Son offre a aussi évolué.
En plus du jeu vidéo d’occasion, elle
s’est étendue au « retrogaming »
(jeux vintage) et aux accessoires
pour geeks, tels que les mangas. Le
réseau, animé par une équipe de
14 personnes, atteint 25 millions
d ’e u r o s d e c h i f f r e d ’a f f a i r e s
cumulé. n
H2SYS invente
le groupe électrogène
à hydrogène
DR
BRETAGNE
Groupe La Poste, qui l’a invité à
participer au CES 2019 de Las
Vegas, du 8 au 12 janvier.
Cette solution logicielle se
compose d’une caméra 3D, qui
permet d’effectuer 30 mesures
par seconde sur la personne à
son poste de travail. A ces images s’ajoutent une série d’algorithmes pour déterminer, en
temps réel et avec précision,
quelles sont les mauvaises postures du salarié, afin d’anticiper
les éventuels TMS. L’équipementier automobile Faurecia a
participé aux travaux conduits
par Moovency et testé en grandeur nature cette solution qui va
désormais être utilisée de façon
industrielle par le groupe SVA,
spécialiste de l’abattage.
« Pour compléter notre dispositif, notre ergonome conseille les entreprises sur les suites à donner pour améliorer de
façon pérenne le poste de travail », explique Pierre Plantard,
président de Moovency. Cela
passe en l’occurrence par la
variation de la hauteur des
tables de découpe, la taille des
couteaux, la pose de tapis souples pour limiter le tassement
des vertèbres et des horaires
plus adaptés sur chacun des
postes. Pour accélérer la commercialisation de Kimea, la
société prépare une première levée de fonds de l’ordre
de 1 million d’euros. Son prix
moyen est de 7.500 euros, complétés par une redevance
annuelle de 5.000 euros.
— S. du G.
LA TECHNOLOGIE
H2SYS
Date de création : 2017
Président : Sébastien Faivre
Effectif : 12 personnes
Secteur : énergie
Monique Clémens
— Correspondante à Besançon
Ingénieur énergéticien, Sébastien Faivre a pressenti dès ses
premières missions de mise en
service de centrales pour Alstom Power qu’il poursuivrait sa
route dans les énergies renouvelables. En 2011, il s’est fait recruter par la Fédération de recherche FCLAB du CNRS, structure
locale spécialisée dans la pile à
combustible, pour y développer
le projet européen Mobypost.
En quatre ans, cette flotte de La
Poste, composée de dix véhicules à hydrogène issu de panneaux solaires, a apporté une
preuve de concept. Un tremplin
pour Sébastien Faivre et ses
cinq associés : après deux ans
d’étude de marché et de développement, ils ont créé H2SYS
en 2017 pour poursuivre l’aventure et valoriser l’hydrogène
dans des solutions silencieuses
et écologiques. « L’hydrogène est
un super moyen de répondre à
l’intermittence des énergies
renouvelables », explique le président de H2SYS. « Et ça permet
de stocker de l’énergie. Notre
savoir-faire est dans les piles à
hydrogène, nous en tirons de
l’énergie et de la chaleur. »
Une gamme standardisée
La technologie étant mature, la
start-up a proposé un produit
dès sa création : un groupe électrogène à hydrogène pour produire de l’électricité partout,
sans bruit gênant ni dégagement de CO2, qui intéresse les
marchés des travaux publics, du
secourisme… Il a nécessité de
lourds développements techniques, notamment pour constituer une gamme standardisée
de piles de différentes puissances. « Nos concurrents sont plutôt intégrateurs, alors que nous
développons le cœur du produit,
la pile à hydrogène. Cela nous permet de jouer sur la compacité, de
diminuer volume et masse. En
2019, nous mettrons à disposition
des pompiers un appareil spécifique. » Une levée de fonds est en
cours pour accélérer la production des piles et des générateurs.
Le premier chiffre d’affaires de
H2SYS a atteint 500.000 euros
en 2018, dont 40 % à l’export. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
REBOND DU ROUBLE
FINANCE
&MARCHES
La devise russe a profité du rebond
des cours du pétrole, qui ont gagné
2,6 % à New York à 48,3 dollars
le baril. La monnaie russe a
progressé de 1,4 % à 67,54 roubles
par dollar. L’année passée, le billet
vert s’était inscrit en progression
de 20 % face au rouble. En 2018,
l’extraction de pétrole en Russie
a atteint 11,16 millions de barils
par jour et contre un record
de 11,42 millions en 1987, selon
le ministère russe de l’Energie.
les
indices
La ruée des investisseurs sur les dettes
d’Etat illustre les craintes des marchés
MARCHÉ
OBLIGATAIRE
Plus de 8.000 milliards
de dollars d’obligations souveraines
affichent un rendement sous 0 %.
Signe d’un fort appétit
des investisseurs pour
les actifs refuges.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Les taux des emprunts d’Etat
déjouent les pronostics. Attendus
en hausse, ils se détendent, ce qui
signifie que le prix des obligations
souveraines augmente. Le rendement des Bunds allemands à 10 ans
est ainsi passé de 0,57 % il y a trois
mois à 0,16 %. Outre-Atlantique,
celui des Treasuries de même
maturité a perdu 67 points de base
en l’espace de deux mois, pour s’établir à 2,58 %.
Plus impressionnant encore, le
volume d’emprunts d’Etat affichant un taux négatif a bondi. Il
s’approche des 8.400 milliards de
dollars, contre 5.700 milliards
début octobre. « C’est colossal, analyse Stéphane Déo, stratégiste chez
La Banque Postale Asset Management. Pour donner un ordre de
grandeur, cela fait 7.350 milliards
d’euros, soit trois fois et demie la
dette totale de l’Allemagne, ou plus
que la dette cumulée de l’Allemagne,
la France et l’Italie réunies. » Ainsi,
les investisseurs paient pour prêter
au Japon jusqu’à huit ans. Les taux
de la dette allemande sont quant à
eux négatifs jusqu’à huit ans. La
France, elle, se finançait au-dessous de 0 % jusqu’à cinq ans en
début d’année 2019.
Fin du soutien
des banques centrales
Une situation étonnante dans un
contexte de resserrement des politiques monétaires. Si l’horizon n’est
pas très clair en ce qui concerne les
futures hausses de taux directeurs,
tant du côté de la Réserve fédérale
américaine (Fed) que de la Banque
centrale européenne (BCE), les
deux institutions ont fortement
réduit leurs interventions sur le
marché obligataire.
Si l’horizon
économique ne
s’éclaircit pas, le statut
de valeur refuge
des obligations
d’Etat devrait jouer
pleinement
en leur faveur.
Après avoir progressivement
réduit la voilure, la BCE a cessé midécembre ses achats nets d’obligations. La Fed a pour sa part entamé,
fin 2017, la réduction de son bilan en
ne réinvestissant pas l’intégralité
des montants provenant des remboursements des titres de son portefeuille arrivant à échéance. « Ce
programme a désormais atteint son
rythme de croisière à 50 milliards de
dollars par mois », rappelle Stéphane Déo. La diminution du soutien des banques centrales, même si
elle peut être compensée par un
effet stock, aurait dû faire grimper
les coûts de financement.
Mais les investisseurs semblent
prêts à prendre la relève. Et depuis
quelques jours, ils privilégient les
investissements sur les obligations à
long terme. Un mouvement particu-
En revanche, les retraits sont significatifs sur les fonds de dette d’Etat
de court terme. « Les investisseurs
sont sortis massivement du marché
monétaire pour aller prendre des
positions sur la partie longue de la
courbe, constate Stéphane Déo. Le
marché parie maintenant sur une
baisse des taux longs, d’ailleurs les
positions de ventes à découvert sur les
“futures” 10 ans [contrats à terme
sur les obligations à 10 ans] se sont
énormément réduites en fin d’année
dernière. » Si l’horizon économique
ne s’éclaircit pas, notamment sur le
front de la guerre commerciale
entre les Etats-Unis et la Chine, le
statut de valeur refuge des obligations d’Etat devrait jouer pleinement en leur faveur. n
année-là et après le tremblement de
terre, la BoJ avait vendu des yens
avec le concours d’autres banques
centrales, notamment la Réserve
fédérale et Banque centrale européenne. A cette époque, le dollar
valait autour de 80 yens. Une intervention qui fait baisser le yen et
remonter le billet vert, outre son
coût, risquerait de mécontenter le
président américain Donald
Trump, qui souhaite un dollar le
plus faible possible pour favoriser
les exportations à un moment où la
croissance intérieure ralentit. S’il
intervient, le Japon pourrait être
qualifié de manipulateur de sa
monnaie par le Trésor américain,
ce qui pourrait entraîner des sanctions économiques de la part des
Etats-Unis. Un deuxième front
s’ouvrirait dans la guerre commerciale à côté du conflit sino-américain. n
lièrement visible sur les flux des
« ETF », les fonds indiciels cotés.
« Sur la journée de mercredi, l’ETF
d’IShare sur les emprunts américains
de plus de vingt ans a collecté plus de
1 milliard, témoigne Stéphane Déo.
C’est de très loin son record historique,
le précèdent était à seulement
777 millions. » L’ETF portant sur les
titres de maturité 7-10 ans a collecté
1,7 milliard sur la journée, son troisième plus haut historique.
Retraits monétaires
Le bond du yen, signe de la fébrilité
des marchés des changes
DEVISES
La hausse brutale,
la semaine passée,
de cette devise refuge
illustre les craintes des
marchés sur la détérioration de l’économie mondiale et la
remontée des risques.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Le statut de devise refuge du yen,
qui grimpe quand la situation se
dégrade sur les marchés internationaux et dans l’économie mondiale,
pourrait s’avérer un fardeau pour
les autorités japonaises. Les étrangers se ruent vers le yen et les Japonais rapatrient leurs capitaux de
l’étranger, faisant bondir la devise
nippone. Elle a déjà connu une
poussée de fièvre cette année, un
signe de la fébrilité et des inquiétudes des marchés des changes.
Volatilité extrême
Masatsugu Asakawa, le vice-ministre des Finances en charge des
Affaires internationales, a annoncé
qu’il suivait de près les mouvements sur les devises après l’envolée du yen contre de nombreuses
grandes devises (dollar, dollar australien…), et monnaies émergentes
(livre turque). Le bond de la devise
nippone dans la nuit de mercredi à
jeudi a été au centre d’une réunion
entre la Banque du Japon (BoJ), le
régulateur et le ministère des
Finances. « Nous réagirons de
manière appropriée si besoin est. »
« Nous avons constaté une volatilité
extrêmement forte. Je suis inquiet. »
C’est le premier stade des avertissements verbaux des officiels nippons avant une intervention sur le
marché des changes. Les déclarations sur les mouvements « désordonnés et excessifs » du yen puis ses
variations « unilatérales et spécula-
tives » signalent aux marchés que la
BoJ se prépare à intervenir pour
affaiblir sa monnaie.
L e d o l l a r, a c t u e l l e m e n t à
108,50 yens, est encore loin du
niveau psychologique des 100 yens
dans le collimateur des marchés. Le
billet vert a déjà chuté en cours de
séance sous les 105 yens cette
année. Le consensus des stratèges
établi par Bloomberg prévoit que le
billet vert s’établira à 108 yens en fin
d’année 2019 et à 104 yens en 2020.
Le dollar n’est pas redescendu sous
les 100 yens depuis novembre 2013.
Il avait flirté avec ce niveau en 2016
avant de remonter à partir du dernier trimestre. La devise nippone
avait connu une année 2018 peu
volatile. Ce fut aussi le cas en 2007,
et l’année suivante, le dollar chuta
de 111,8 à 90,80 yens, soit une baisse
de 9 % du fait de la crise financière
et de la faillite de Lehman Brothers.
Intervention
risquée
La Banque du Japon n’est pas intervenue pour affaiblir sa monnaie depuis 2011. En mars de cette
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
Les patrons de la finance à surveiller en 2019
« Aujourd’hui, l’inquiétude clef concernant les banques européennes est
que l’Europe manque l’opportunité
torielle. Si les taux devaient rester bas
pour plus longtemps, nous voyons
[…] un risque de baisse de 10 % des
bénéfices sur l’ensemble du secteur ».
Or à cela s’ajoutent des défis structurels, à commencer par la révolution
numérique qui favorise de nouveaux acteurs, la pression réglementaire ou la concurrence de la
finance de l’ombre. Toutes les banques font face au même avis de gros
temps. Mais certaines, comme Crédit Mutuel ou Société Générale, doivent en plus relever des défis spécifiques (voir ci-dessous).
Dans ce contexte imprévisible,
les établissements se concentrent
sur leur propre feuille de route et
semblent avoir remisé leurs projets
de fusions. Ce n’est pas le cas dans
l’assurance, où les deux gros dossiers de l’année – l’intégration de XL
Group par AXA et l’offensive attendue de Covéa sur SCOR – concernent justement des scénarios de
consolidation.
Le pire n’est jamais sûr
Le pire, auquel doivent se préparer
les dirigeants (tous masculins), n’est
jamais sûr. Mais une chose paraît
acquise : le paysage financier européen et français ne sera pas le
même à la fin qu’en ce début
d’année 2019. n
AFP
Les établissements
financiers regardent
2019 avec un mélange
d’espoir et
d’appréhension.
Des défis structurels
Bruno Delessard/« Challenges »-RÉA
Certains dirigeants
sont en première ligne.
Après une année noire, qui a vu le
cours des banques européennes
dévisser de 35 % et celui des banques américaines de 22 %, les établissements financiers regardent
2019 avec un mélange d’espoir et
d’appréhension. En Europe, ils
espèrent certes une première
hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en fin
d’année, mais restent confrontés à
un cocktail explosif d’incertitudes.
de relever les taux avant la prochaine
récession, notaient en décembre les
analystes d’UBS dans une étude sec-
Cela inclut la fin de la politique
d’assouplissement monétaire de la
BCE, qui a soutenu la zone euro
pendant trois ans et créé un afflux
historique de liquidités, le risque de
crise bancaire en Italie avec la
déconfiture de Banca Carige, le danger réel de « hard Brexit » le
29 mars, la volatilité des marchés,
sans parler du risque de retournement conjoncturel…
AFP
Taux bas, Brexit,
Italie, pression
réglementaire,
mutation numérique…
Banques
et assurances
font face à une série
de défis inédits.
Thibaut Madelin,
Solenn Poullennec
et Laurent Thévenin
Bruno Delessard/« Challenges »-RÉA
BANCASSURANCE
Eric Lombard, à la
manœuvre pour le grand
pôle financier public
Christian Sewing,
douze mois pour sauver
Deutsche Bank
« C’est vous l’avenir. » Si le nouveau slogan de
Société Générale s’adresse d’abord à ses clients, il
convient aussi à son patron, Frédéric Oudéa, dont le
mandat doit être renouvelé en mai prochain bien
qu’il soit déjà le dirigeant de grande banque européenne le plus longtemps en exercice (dix ans).
Après une année en enfer, marquée par des amendes totalisant 2,7 milliards de dollars aux Etats-Unis,
la démission forcée de son directeur général délégué Didier Valet et une chute de son action de 30 %,
la banque de la Défense doit prouver aux investisseurs qu’elle pourra jouer à moyen terme le rôle de
consolidateur qu’elle revendique. Pour cela, le
patron de 55 ans devra convaincre que son groupe
est plus solide qu’il ne paraît et « délivrer », comme
on dit à Wall Street, en remplissant les objectifs de
son plan stratégique Transform to grow. Sans quoi,
celui qui s’est mis au code python risque de finir
avalé par son ancien collègue Jean-Pierre Mustier, le
DG d’UniCredit, à qui l’on prête des désirs de fusion.
Quand il a fallu remplacer François Pérol à la tête
du groupe BPCE, le 1er juin dernier, Laurent
Mignon est apparu comme le candidat naturel.
Depuis, l’ancien patron de Natixis, la banque
d’investissement des Caisses d’Epargne et des
Banques Populaires, n’a pas perdu une seconde.
En six mois, il a annoncé la fermeture du Crédit
Foncier, la mise en vente de la néobanque Fidor
et l’achat des services financiers de Natixis pour
2,7 milliards d’euros. Mais alors que cette dernière
vient d’enregistrer un accident de marché de
260 millions d’euros sur des produits déployés
sous son autorité, ce mutualiste d’adoption risque
de perdre une partie du crédit qu’il avait gagné
auprès des « rouges » et des « bleus » en libérant
Natixis de ses actifs encombrants et de son passé
maudit (subprime, Madoff…). Cet amoureux de la
Bretagne, qui veut parachever la fusion des Caisses
d’Epargne et des Banques Populaires, devra user
de toute son adresse pour les convaincre.
Depuis sa nomination comme directeur général
de la Caisse des Dépôts (CDC) en décembre 2017,
Eric Lombard a déjà coché plusieurs cases sur sa
feuille de route. Sa première année rue de Lille a
vu notamment l’ex-PDG de Generali France faire
naître la « Banque des territoires ». Mais, surtout,
ce fan de voile a bien manœuvré pour permettre la
création d’un grand pôle financier public autour
de la Caisse des Dépôts et de La Poste. Présentée
fin août par le gouvernement, cette opération
complexe aboutira à la prise de contrôle de l’opérateur postal par la CDC – qu’une disposition de la
loi Pacte devant être adoptée définitivement au
printemps va rendre possible – et de CNP Assurances par La Banque Postale. Mais le grand enjeu
pour Eric Lombard et Philippe Wahl, le patron de
La Poste, sera d’obtenir de l’Autorité des marchés
financiers une dérogation pour que La Banque
Postale n’ait pas à lancer une OPA coûteuse sur les
actionnaires minoritaires de la CNP.
Christian Sewing va-t-il sauver Deutsche Bank ?
C’est une des questions qui occupent la finance
européenne, partagée entre la « Schadenfreude »
(joie maligne) de voir l’ancien fleuron de la Deutschland AG manger son chapeau après avoir péché
par arrogance, et sa crainte de voir la banque qui
présente le plus gros risque systémique au monde
(FMI) entraîner les autres dans sa chute. Contrairement à ses deux prédécesseurs britanniques, le
jeune patron nommé l’an dernier a l’avantage d’être
un produit maison : il a commencé sa carrière
comme apprenti au sein de la banque. De quoi faire
oublier les derniers scandales de Deutsche Bank –
« Panama Papers », Danske Bank – à moins que
ceux-là ne lui portent le coup de grâce. Tandis que
Commerzbank lorgne ses tours jumelles, Christian
Sewing préfère taire les rumeurs de mariage francfortois et redresser le groupe. Il peut compter sur le
soutien du ministre des Finances, Olaf Scholz, qui,
depuis Berlin, suit le dossier comme le lait sur le feu.
ECB
AFP
C. Lebedinsky/« Challenges »-RÉA
à l’aube d’un nouveau
mandat
Laurent Mignon,
l’homme pressé doit
s’installer chez BPCE
AFP
Frédéric Oudéa,
Thomas Buberl,
réussir l’intégration
de XL
Andrea Enria, le nouveau
gendarme des banques
à l’épreuve du feu
Jean-Pierre Denis, le
banquier breton rebelle
au pied du mur
Thierry Derez,
à l’affût
sur SCOR
Le plus dur commence peut-être pour Thomas
Buberl. En 2018, le jeune patron allemand d’AXA
avait frappé fort avec l’acquisition à 15,3 milliards de
dollars de XL Group, un spécialiste de l’assurance
des entreprises et de la réassurance basé aux Bermudes. Annoncée en mars, l’opération avait été
suivie en mai par la mise en Bourse à Wall Street des
activités américaines d’assurance-vie et de gestion
d’actifs du groupe français. Ce double mouvement
donne corps au « nouvel AXA » voulu par Thomas
Buberl, davantage tourné vers l’assurance-dommages, la santé et la prévoyance et moins exposé aux
risques financiers. Mais celui qui impulse un tempo
d’enfer depuis qu’il a pris la suite d’Henri de Castries,
fin 2016, doit apporter la preuve de la pertinence de
l’achat de XL. Depuis l’annonce de l’opération, le
titre a perdu 23 %. L’assureur a indiqué que le processus d’intégration devrait prendre deux ans.
Mais les analystes attendent, eux, avec impatience
les résultats du premier semestre 2019.
2019 a commencé sur les chapeaux de roues pour le
nouveau patron du gendarme bancaire européen,
Andrea Enria. Le lendemain même de son installation à la présidence dudit conseil de surveillance
prudentielle logé à la BCE, l’institution a décidé
de placer sous tutelle Banca Carige en y nommant
des administrateurs. Le sort de la banque italienne
est l’un des multiples dossiers que devra gérer le
successeur italien de la française Danièle Nouy à la
tête du jeune système de supervision des banques
de la zone euro. Au cours de ces cinq dernières
années, celui-ci a veillé à ce que les quelque 120 établissements de crédit européens dont il a la charge
renforcent leur solidité et délestent leurs bilans des
créances douteuses. L’ancien patron de l’ABE aura
aussi pour mission de s’assurer que le secteur
absorbe l’onde du choc du Brexit. A l’heure où de
nombreux établissements organisent leur installation sur le continent, le superviseur est déterminé à
prévenir la création de « coquilles vides ».
Le bras de fer continue pour Jean-Pierre Denis, le
président d’Arkéa qui souhaite prendre son indépendance vis-à-vis du Crédit Mutuel depuis plus
de trois ans. Bien décidée à empêcher la sécession
du groupe breton, la Confédération nationale du
Crédit Mutuel a fait savoir en fin d’année aux
autorités françaises qu’elle comptait interrompre
les discussions à ce sujet. Son conseil d’administration a prévu de se réunir cette semaine pour entériner cette décision. Jean-Pierre Denis est désormais très attendu sur les modalités du divorce qu’il
échafaude. Il est aujourd’hui en discussions avec
les autorités françaises et la BCE qui souhaitent
connaître toutes les conditions et les conséquences
d’un scénario de sortie. Les administrateurs des
caisses locales d’Arkéa devront ensuite se prononcer sur le projet. Ce vote pourrait intervenir dans le
courant de l’année, avançait l’agence de notation Moody’s fin 2018. Autant dire que le patron
d’Arkéa a encore fort à faire pour convaincre.
Thierry Derez, le PDG de Covéa, ne dit rien, mais
ses intentions ne font guère de doute. Après avoir
présenté en vain fin août à SCOR une offre « amicale » de rachat valorisant le réassureur français à
plus de 8 milliards d’euros, le groupe connu pour
ses enseignes MMA, MAAF et GMF ne devrait pas
lâcher l’affaire. A la tête du premier assureur auto
et habitation français depuis 2008, Thierry Derez
est prêt à casser sa tirelire pour construire un
groupe de dimension mondiale et très diversifié.
D’autant qu’il connaît parfaitement sa cible,
dont Covéa est le premier actionnaire avec plus de
8 % du capital. Celui qui fut avocat dans une autre
vie aura les coudées franches pour revenir à la
charge début avril quand l’assureur sera délié de
son engagement de ne pas monter à plus de 10 %
du capital. A moins que Denis Kessler, l’emblématique PDG de SCOR, fermement attaché à l’indépendance du réassureur, n’ait trouvé d’ici là le
moyen de contrecarrer ses plans.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
La BCE s’attaque au sauvetage de Carige,
e
la 10 banque italienne
l La Banque centrale européenne
veut achever au plus vite l’élaboration
d’un plan stratégique pour Carige.
l Plusieurs rencontres sont prévues
cette semaine avec les syndicats et
le fonds italien de garantie des dépôts.
BANQUE
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
Permettre à Carige de résoudre la
crise qui frappe la banque italienne
d’ici la fin du premier trimestre 2019.
C’est la mission que se sont fixée
Fabio Innocenzi, Pietro Modiano et
Raffaele Lener, les trois administrateurs spéciaux tout juste nommés
par la BCE. Ce mardi, ils rencontreront les syndicats et, au cours de la
semaine, de nouvelles discussions
seront lancées avec le fonds italien
de garantie des dépôts (FITD), qui
avait souscrit les obligations convertibles l’an dernier. Les difficultés
actuelles de Carige sont le résultat de
décennies de mauvaise gestion.
Démissions en cascade
La dixième banque italienne s’est
retrouvée successivement trop
exposée à l’économie locale frappée
par la crise et face à une instabilité de
sa gouvernance, avec le changement
d’un administrateur délégué par an
ces trois dernières années, accompagné de démissions en cascade de
managers de premier plan. La
semaine dernière à la fermeture des
marchés, la banque ne valait plus
que 81 millions d’euros contre 470
début octobre faisant perdre à son
premier actionnaire, Vittorio Malacalza, plus de 400 millions d’euros.
C’est le montant de l’augmentation
de capital qu’il a refusé de lancer en
décembre dernier et qu’il est désormais disposé à souscrire en échange
d’un « sérieux et définitif plan de restructuration ».
Les administrateurs spéciaux
sont en train de l’élaborer. Ils sont
déjà en contact avec la SGA (Societa
per la Gestione di Attivita) appartenant au Trésor italien pour la ces-
sion de 1,5 à 1,8 milliard d’euros sur
les 3,5 milliards d’euros de crédits
détériorés en possession de Carige.
De quoi faciliter une fusion avec un
autre institut de crédit exigée par la
BCE. Une flagrante contradiction
entre les propos tenus par le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue lorsqu’ils étaient dans l’opposition et
leur gestion du dossier maintenant
La semaine dernière
à la fermeture
des marchés, la banque
ne valait plus que
81 millions d’euros
contre 470 début octobre.
qu’ils sont au pouvoir. Il y a quelques
mois à peine, les forces populistes
critiquaient encore « le sauvetage des
banques qui abusent des Italiens avec
l’argent du contribuable » .
Aujourd’hui, elles ne verraient pas
d’un mauvais œil une fusion avec
BMPS, dont l’Etat est le premier
actionnaire, qui, elle aussi, est à la
recherche d’un partenaire.
M a i s d ’a p r è s l e s a n a l ys t e s
d’Equita, outre les réticences de la
BCE, ce scénario ne serait pas apprécié par le marché car il « augmenterait les risques pesant sur le plan de
restructuration de la banque toscane » dont la santé demeure précaire. D’autres noms sont cités : le
plus souvent celui d’UBI Banca, auxquels se sont récemment ajoutés
Unicredit, BPER et Banco BPM qui
pourraient étendre ainsi leur réseau
sur le territoire mais aussi des banques étrangères. BNP Paribas qui
renforcerait sa présence dans les
régions du nord de la péninsule,
Crédit Agricole déjà implanté en
Ligurie avec sa filiale Carispezia, et
plus récemment Deutsche Bank. n
Luigi Di Maio, du Mouvement 5 étoiles (au centre), et Matteo Salvini, de la Ligue (à droite), les vice-Premiers ministres populistes
italiens critiquaient, avant d’être au pouvoir, le « sauvetage des banques qui abusent des Italiens ». Photo Mistrulli/Fotogramma/Ropi-RÉA
Vittorio Malacalza, l’Italien au cœur de la tempête
Après avoir fait fortune
dans le BTP et la sidérurgie,
l’entrepreneur octogénaire
est le principal actionnaire
de la banque italienne
Carige, en déconfiture.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Vittorio Malacalza, premier
actionnaire de Banca Carige, règne
sur la banque avec ses 27,5 % du
capital. Une participation qui n’a
cessé de progresser depuis 2015 et
pour laquelle il a investi plus de
400 millions d’euros au total. C’est
exactement la somme de l’augmentation de capital qu’il a bloqué
fin décembre, contre l’avis de la
Banque centrale européenne
(BCE). Jusqu’à sa mise sous tutelle
par la BCE, la semaine dernière, le
sort de Carige dépendait de son
bon vouloir. Le caractère bien
trempé de Vittorio Malacalza est
en effet légendaire. L’homme
d’affaires est connu pour être un
homme d’acier, comme le matériau qui lui a permis de faire fortune à Gênes.
Fortune dans l’acier
Né il y a quatre-vingts et un ans en
Emilie-Romagne, il arrive dans sa
ville d’adoption à l’âge de vingt-quatre ans, à la mort de son père, propriétaire d’une entreprise de matériaux de construction. Il interrompt
ses études d’ingénierie et fonde une
société dans le secteur des infrastructures routières. Elle devient
rapidement l’un des principaux
fournisseurs d’Autostrade, à l’ori-
Les lanceurs d’alerte bientôt
mieux protégés au Royaume-Uni
équipes de supervision et celles des
responsables des enquêtes afin
d’éviter que les alertes ne restent
lettre morte.
Pas question, en revanche, de
mettre en place une incitation
financière comme c’est le cas aux
Etats-Unis. Un dispositif qui a fait
preuve de son efficacité, puisqu’il a
permis à la Security Exchange
Commission (SEC) de récolter
1,7 milliard de dollars d’amendes
depuis sa création, en 2011. Mais qui
n’est pas sans dérives.
INSTITUTIONS
FINANCIÈRES
Le gendarme financier
britannique va revoir
ses règles pour offrir
plus de garanties
aux acteurs révélant
des comportements
irréguliers.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Après le coup de sifflet, le coup de
bâton. Au Royaume-Uni, les lanceurs d’alerte (« whistleblowers »)
se plaignent régulièrement de leur
sort. Et particulièrement du traitement qui leur est infligé par la
Financial Conduct Authority
(FCA), le gendarme financier britannique. Suffisamment pour que
cette dernière décide de revoir ses
règles, comme le rapporte le
« Financial Times ».
Depuis la crise de 2008, les
signalements de mauvaises pratiques au sein des entreprises financières ont explosé outre-Manche.
Une tendance encouragée par les
autorités britanniques, notam-
Le gendarme financier britannique va renforcer l’anonymat
des lanceurs d’alerte outre-Manche. Photo Jonathan Goldberg/Rex/Sipa
ment après le scandale de manipulation des indices interbancaires,
comme le Libor.
Pas d’incitation financière
En 2017, 1.047 cas ont encore été
portés à la connaissance de la FCA.
Mais ce chiffre est néanmoins en
baisse par rapport au record de
2014. En cause, une protection
jugée insuffisante des lanceurs
d’alerte et le manque d’empresse-
ment du gendarme financier à
engager des poursuites sur la base
de ces informations. Pour répondre aux critiques, la FCA va donc
améliorer ses pratiques dans les
prochaines semaines. En particulier, elle va renforcer ses règles de
confidentialité, une nécessité
après la révélation de l’identité
d’un « whistleblower » chez RBS
en 2013. La FCA va également
intensifier les échanges entre ses
Depuis la crise de 2008,
les signalements
de mauvaises pratiques
au sein des entreprises
financières ont explosé
outre-Manche.
La qualité des informations
reçues n’est pas toujours au rendezvous et une véritable industrie s’est
créée pour identifier et conseiller
les informateurs. Le gendarme
américain des marchés devrait
donc mieux encadrer le montant
des récompenses qu’il accorde aux
« whistleblowers ». n
gine du développement du réseau
autoroutier italien au cours des
années du « boom économique ».
A ses côtés se trouvent désormais ses deux fils Davide et Mattia,
qui détiennent respectivement
48 % du capital de Malacalza Investimenti, leur père se contentant des
4 % restants. Ils diversifient leurs
investissements notamment dans
l’énergie et la haute technologie. La
sidérurgie demeure le cœur de
leurs activités, avec l’acquisition de
Trametal en 1995, et de la britannique Spartan UK, qui seront cédés
au groupe russe Metinvest en 2008
juste avant que n’éclate la crise. Une
opération évaluée à plus d’un milliard d’euros.
En 2013, Vittorio Malacalza convertit ses actions dans Pirelli et réalise une plus-value d’environ
300 millions d’euros. Puis il veut
profiter de la crise du secteur bancaire, l’un des rares jusqu’ici épargnés par ses investissements. Vittorio Malacalza y remédie en 2015
en ramassant pour plus de 66 millions d’euros 10,5 % du capital de
Carige. Le roi de l’acier à Gênes est
devenu le roi de sa banque. n
27,5 %
DU CAPITAL DE BANCA CARIGE
La participation de Vittorio
Malacalza dans la banque
italienne. Une part qui n’a cessé
de progresser depuis 2015
et pour laquelle il a investi plus
de 400 millions d’euros au total.
en bref
Le fonds souverain du Qatar
veut diversifier ses placements
FONDS SOUVERAIN Le fonds souverain du Qatar, la Qatar
Investment Authority, qui gère près de 320 milliards de dollars,
veut diversifier ses investissements hors de l’Europe. « Ces dernières années, nous étions focalisés sur l’immobilier, les actions,
notamment dans le secteur financier. Nous regardons davantage
des secteurs comme la technologie, la santé, et les infrastructures », a déclaré au « Financial Times », Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, le ministre des Affaires étrangères qatari.
2018, pire année pour le fonds
de David Einhorn
HEDGE FUND Greenlight Capital, hedge fund fondé par David
Einhorn, a connu sa pire année en 2018 avec une chute de 34 % de
son rendement, selon Bloomberg. Il a beaucoup souffert en
décembre lors de la chute de Wall Street et a perdu près de 9 %.
Ses actifs de près de 6,3 milliards de dollars début 2018 ont reculé
sous la barre des 5 milliards. Son fonds investi en actions a été
pénalisé par les inquiétudes sur l’économie américaine.
La Banque d’Iran propose
de supprimer quatre zéros au rial
DEVISE Confrontée au plongeon de sa monnaie, la banque
centrale d’Iran a proposé au gouvernement de supprimer quatre zéros au rial, selon l’agence Irna. Cette solution a déjà été
mise en œuvre, sans succès, dans des pays comme le
Venezuela. Minée par l’inflation et les sanctions, la devise
s’échange à 110.000 rials par dollar sur le marché des changes
parallèle. Ce projet doit être approuvé par le Parlement et le
Conseil des gardiens de la Constitution.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 //
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
ANNLEGALWK
75 • PARIS
SOCIETES
12135475 – LE PUBLICATEUR LEGAL
EdR SICAV - Financial Bonds
Compartiment de la SICAV Edmond
de Rothschild SICAV géré par la
société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbant)
Edmond de Rothschild
Financial Bonds
Fonds Commun de Placement géré
par la société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbé)
Avis de Fusion
Le directoire de la Société de Gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (France) a décidé de
l’opération suivante :
- fusion-absorption du Fonds Edmond
de Rothschild Financial Bonds (absorbé) par le compartiment EdR SICAV
- Financial Bonds (absorbant).
La fusion du Fonds Commun de Placement Edmond de Rothschild Financial Bonds (absorbé) et le compartiment
EdR SICAV - Financial Bonds (absorbant), s’inscrit dans le cadre d’une évolution des gestions de Edmond de Rothschild Asset Management (France)
offertes au grand public : regrouper les
principales expertises au sein d’une
même SICAV commercialisée globalement, en France comme à l’international.
L’opération de fusion par voie d’absorption a été agréée par l’Autorité des
marchés financiers le 7 décembre 2018.
Elle aura lieu, sous réserve du fonctionnement normal des marchés, le 12 février 2019 sur les valeurs liquidatives du
11 février 2019, sinon le jour de la reprise
des cotations.
L’opération de fusion sera effectuée
aux vues d’un rapport établi par les
Commissaires Comptes du Fonds absorbé et du compartiment absorbant sur
la base de la valeur liquidative des produits concernés au jour de la réalisation
de la fusion. Le compartiment EdR SICAV - Financial Bonds sera créé dans
l’unique but d’absorber le FCP Edmond
de Rothschild Financial Bonds et d’en
reprendre l’intégralité des caractéristiques de gestion.
En vue de rémunérer l’apport du FCP
absorbé, le compartiment absorbant procédera à l’émission d’actions et millièmes
d’actions nouvelles qui seront attribuées
aux porteurs de parts du FCP absorbé,
selon le calcul suivant :
Parité d’échange = Valeur liquidative
de la part C du FCP absorbé / Valeur
liquidative de l’action A EUR du
compartiment absorbant = 1
La parité d’échange sera de un contre
un, soit une action de catégorie équivalente du compartiment EdR SICAV - Financial Bonds (compartiment absorbant)
contre une part du FCP Edmond de
Rothschild Financial Bonds (FCP absorbé).
Aucune soulte et aucun rompu ne seront donc versés dans le cadre de cette
opération.
A titre d’exemple, au 27 novembre
2018, la valeur liquidative de la part C du
FCP Edmond de Rothschild Financial
Bonds s’élevait à 134,43 €, ce qui constituerait la valeur liquidative d’origine de
l’action A EUR du compartiment EdR SICAV - Financial Bonds, la parité
d’échange étant de 1, comme illustré cidessus.
L’ensemble des actions du compartiment EdR SICAV - Financial Bonds bénéficieront de l’historique des valeurs liquidatives des parts correspondantes du
FCP Edmond de Rothschild Financial
Bonds.
Les valeurs liquidatives des parts du
FCP absorbé ainsi que la parité
d’échange seront certifiées par le
commissaire aux comptes.
Les créanciers du Fonds Edmond de
Rothschild Financial Bonds, dont la
créance serait antérieure à la publicité
donnée au projet de fusion, peuvent former opposition à celui-ci dans un délai
de 30 jours avant la date prévue pour
l’opération.
Fiscalité applicable aux personnes
physiques fiscalement domiciliées en
France
- Titres souscrits dans un compte titres
ordinaire
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Financial
Bonds" ("l’absorbé") par le compartiment
"EdR SICAV - Financial Bonds" ("l’absorbant"), les porteurs personnes physiques domiciliés fiscalement en France
bénéficient du sursis d’imposition dès
lors que le montant de la soulte versée
lors de l’échange de titres est inférieur ou
égal à 10 % de la valeur d’échange des
titres reçus. Cette opération étant considérée comme une opération Intercalaire,
la plus-value d’échange n’est pas prise
en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année
de l’échange. Celle-ci est différée jusqu’à
la cession ultérieure des titres reçus à
l’échange. En effet, la plus ou moins-value réalisée lors de la cession ultérieure
de ces titres sera déterminée en tenant
compte de la valeur de souscription des
parts de l’OPCVM absorbé, l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Financial
Bonds" ("l’absorbé") (diminué, le cas
échéant, du montant de la soulte reçue)
et imposée dans les conditions de droit
commun.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies en France
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Financial
Bonds" ("l’absorbé") par le compartiment
"EdR SICAV - Financial Bonds" ("l’absorbant"), les porteurs - personnes morales établies en France soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le
revenu lorsqu’elles sont imposées selon
un régime de bénéfice réel BIC ou BA de l’OPCVM absorbé bénéficient de plein
droit du sursis d’imposition prévu par l’article 38, 5 bis, du Code Général des Impôts (ci-après CGI) et doivent, à ce titre,
se soumettre à des obligations déclaratives spécifiques. Le sursis d’imposition
s’applique dès lors que le montant de la
soulte versée lors de l’échange des titres
est inférieur ou égal à 10 % de la valeur
liquidative des titres reçus et inférieur au
profit réalisé lors de la fusion.
Cette opération étant considérée
comme une opération intercalaire, la plus
ou moins-value d’échange, perte ou profit, n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu ou
l’impôt sur les sociétés dû au titre de l’année d’échange, seule la soulte étant immédiatement taxable si un profit est réalisé lors de l’échange. L’imposition de la
plus-value est différée jusqu’à la cession
ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM Edmond de Rothschild Financial Bonds ("l’absorbé") et imposée
dans les conditions de droit commun.
Toutefois, cette valeur de souscription
sera diminuée du montant de la soulte si
celle-ci n’a pas été imposée au titre de
l’exercice d’échange qui faisait apparaître une perte.
Toutefois, pour les personnes morales
soumises à l’impôt sur les sociétés, les
dispositions prévues à l’article 209-0-A
du CGI limitent les effets de ce régime
de neutralité fiscale lors de l’échange. En
effet, cet article impose aux sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés de prendre obligatoirement en compte les plus
ou moins-values latentes sur titres
d’OPC à la clôture de chaque exercice,
calculées en fonction de la valeur liquidative des titres à cette date.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies hors de France
Elles peuvent être soumises à une imposition au lieu de leur domicile fiscal ou
dans les autres juridictions où elles
paient leurs impôts. Les implications fiscales de la fusion peuvent varier selon la
loi et la réglementation en vigueur dans
leur pays de résidence, de nationalité, de
domicile ou d’établissement. Si vous
avez des doutes quant à l’assujettissement potentiel à un impôt en raison de la
réalisation de la fusion, il est fortement
conseillé de consulter votre conseiller fiscal professionnel.
Les porteurs du Fonds Commun de
Placement Edmond de Rothschild Financial Bonds qui ne souhaitent pas bénéficier de cette opération pourront obtenir sans frais le rachat de leurs parts
pendant une période d’un mois à compter
de la date de réception de la lettre d’information des porteurs.
12135477 – LE PUBLICATEUR LEGAL
EdR SICAV Equity Europe Solve
Compartiment de la SICAV Edmond
de Rothschild SICAV géré par la
société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbant)
Edmond de Rothschild
Equity Europe Solve
Fonds Commun de Placement géré
par la société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbé)
Avis de Fusion
Le directoire de la Société de Gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (France) a décidé de
l’opération suivante :
- fusion-absorption du Fonds Edmond
de Rothschild Equity Europe Solve
(absorbé) par le compartiment EdR SICAV - Equity Europe Solve (absorbant).
La fusion du Fonds Commun de Placement Edmond de Rothschild Equity
Europe Solve (absorbé) et le compartiment EdR SICAV - Equity Europe Solve
(absorbant), s’inscrit dans le cadre d’une
évolution des gestions de Edmond de
Rothschild Asset Management (France)
offertes au grand public : regrouper les
principales expertises au sein d’une
même SICAV commercialisée globalement, en France comme à l’international.
L’opération de fusion par voie d’absorption a été agréée par l’Autorité des
marchés financiers le 7 décembre 2018.
Elle aura lieu, sous réserve du fonctionnement normal des marchés, le 8 mars
2019 sur les valeurs liquidatives du
7 mars 2019, sinon le jour de la reprise
des cotations.
L’opération de fusion sera effectuée
aux vues d’un rapport établi par les
Commissaires Comptes du Fonds absorbé et du compartiment absorbant sur
la base de la valeur liquidative des produits concernés au jour de la réalisation
de la fusion. Le compartiment EdR SICAV - Equity Europe Solve sera créé
dans l’unique but d’absorber le FCP Edmond de Rothschild Equity Europe
Solve et d’en reprendre l’intégralité des
caractéristiques de gestion.
En vue de rémunérer l’apport du FCP
absorbé, le compartiment absorbant procédera à l’émission d’actions et millièmes
d’actions nouvelles qui seront attribuées
aux porteurs de parts du FCP absorbé,
selon le calcul suivant :
Parité d’échange = Valeur liquidative
de la part C du FCP absorbé / Valeur
liquidative de l’action A EUR du
compartiment absorbant = 1
La parité d’échange sera de un contre
un, soit une action de catégorie équivalente du compartiment EdR SICAV Equity Europe Solve (compartiment absorbant) contre une part du FCP Edmond
de Rothschild Equity Europe Solve (FCP
absorbé).
Aucune soulte et aucun rompu ne seront donc versés dans le cadre de cette
opération.
A titre d’exemple, au 27 novembre
2018, la valeur liquidative de la part C du
FCP Edmond de Rothschild Equity Europe Solve s’élevait à 98,30 €, ce qui
constituerait la valeur liquidative d’origine
de l’action A EUR du compartiment EdR
SICAV - Equity Europe Solve, la parité
d’échange étant de 1, comme illustré cidessus.
L’ensemble des actions du compartiment EdR SICAV - Equity Europe Solve
bénéficieront de l’historique des valeurs
liquidatives des parts correspondantes
du FCP Edmond de Rothschild Equity
Europe Solve.
Les valeurs liquidatives des parts du
FCP absorbé ainsi que la parité
d’échange seront certifiées par le
commissaire aux comptes.
Les créanciers du Fonds Edmond de
Rothschild Equity Europe Solve, dont
la créance serait antérieure à la publicité
donnée au projet de fusion, peuvent former opposition à celui-ci dans un délai
de 30 jours avant la date prévue pour
l’opération.
Fiscalité applicable aux personnes
physiques fiscalement domiciliées en
France
- Titres souscrits dans un compte titres
ordinaire
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Equity Europe
Solve" ("l’absorbé") par le compartiment
"EdR SICAV - Equity Europe Solve"
("l’absorbant"), les porteurs personnes
physiques domiciliés fiscalement en
France bénéficient du sursis d’imposition
dès lors que le montant de la soulte versée lors de l’échange de titres est inférieur ou égal à 10 % de la valeur
d’échange des titres reçus. Cette opération étant considérée comme une opération Intercalaire, la plus-value d’échange
n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu dû au
titre de l’année de l’échange. Celle-ci est
différée jusqu’à la cession ultérieure des
titres reçus à l’échange. En effet, la plus
ou moins-value réalisée lors de la cession ultérieure de ces titres sera déterminée en tenant compte de la valeur de
souscription des parts de l’OPCVM absorbé, l’OPCVM "Edmond de Rothschild Equity Europe Solve" ("l’absorbé") (diminué, le cas échéant, du
montant de la soulte reçue) et imposée
dans les conditions de droit commun.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies en France
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Equity Europe
Solve" ("l’absorbé") par le compartiment
"EdR SICAV - Equity Europe Solve"
("l’absorbant"), les porteurs - personnes
morales établies en France soumises à
l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le
revenu lorsqu’elles sont imposées selon
un régime de bénéfice réel BIC ou BA de l’OPCVM absorbé bénéficient de plein
droit du sursis d’imposition prévu par l’article 38, 5 bis, du Code Général des Impôts (ci-après CGI) et doivent, à ce titre,
se soumettre à des obligations déclaratives spécifiques. Le sursis d’imposition
s’applique dès lors que le montant de la
soulte versée lors de l’échange des titres
est inférieur ou égal à 10 % de la valeur
liquidative des titres reçus et inférieur au
profit réalisé lors de la fusion.
Cette opération étant considérée
comme une opération intercalaire, la plus
ou moins-value d’échange, perte ou profit, n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu ou
l’impôt sur les sociétés dû au titre de l’année d’échange, seule la soulte étant im-
médiatement taxable si un profit est réalisé lors de l’échange. L’imposition de la
plus-value est différée jusqu’à la cession
ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM Edmond de Rothschild
Equity Europe Solve ("l’absorbé") et imposée dans les conditions de droit
commun. Toutefois, cette valeur de souscription sera diminuée du montant de la
soulte si celle-ci n’a pas été imposée au
titre de l’exercice d’échange qui faisait
apparaître une perte.
Toutefois, pour les personnes morales
soumises à l’impôt sur les sociétés, les
dispositions prévues à l’article 209-0-A
du CGI limitent les effets de ce régime
de neutralité fiscale lors de l’échange. En
effet, cet article impose aux sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés de prendre obligatoirement en compte les plus
ou moins-values latentes sur titres
d’OPC à la clôture de chaque exercice,
calculées en fonction de la valeur liquidative des titres à cette date.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies hors de France
Elles peuvent être soumises à une imposition au lieu de leur domicile fiscal ou
dans les autres juridictions où elles
paient leurs impôts. Les implications fiscales de la fusion peuvent varier selon la
loi et la réglementation en vigueur dans
leur pays de résidence, de nationalité, de
domicile ou d’établissement. Si vous
avez des doutes quant à l’assujettissement potentiel à un impôt en raison de la
réalisation de la fusion, il est fortement
conseillé de consulter votre conseiller fiscal professionnel.
Les porteurs du Fonds Commun de
Placement Edmond de Rothschild
Equity Europe Solve qui ne souhaitent
pas bénéficier de cette opération pourront obtenir sans frais le rachat de leurs
parts pendant une période d’un mois à
compter de la date de réception de la lettre d’information des porteurs.
12135479 – LE PUBLICATEUR LEGAL
EdR SICAV - Euro Sustainable
Growth
Compartiment de la SICAV Edmond
de Rothschild SICAV géré par la
société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbant)
Edmond de Rothschild Euro
Sustainable Growth
Fonds Commun de Placement géré
par la société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbé)
Avis de Fusion
Le directoire de la Société de Gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (France) a décidé de
l’opération suivante :
- fusion-absorption du Fonds Edmond
de Rothschild Euro Sustainable
Growth (absorbé) par le compartiment
EdR SICAV - Euro Sustainable Growth
(absorbant).
La fusion du Fonds Commun de Placement Edmond de Rothschild Euro
Sustainable Growth (absorbé) et le
compartiment EdR SICAV - Euro Sustainable Growth (absorbant), s’inscrit
dans le cadre d’une évolution des gestions de Edmond de Rothschild Asset
Management (France) offertes au grand
public : regrouper les principales expertises au sein d’une même SICAV commercialisée globalement, en France comme
à l’international.
L’opération de fusion par voie d’absorption a été agréée par l’Autorité des
marchés financiers le 7 décembre 2018.
Elle aura lieu, sous réserve du fonctionnement normal des marchés, le 12 février 2019 sur les valeurs liquidatives du
11 février 2019, sinon le jour de la reprise
des cotations.
L’opération de fusion sera effectuée
aux vues d’un rapport établi par les
Commissaires Comptes du Fonds absorbé et du compartiment absorbant sur
la base de la valeur liquidative des produits concernés au jour de la réalisation
de la fusion. Le compartiment EdR SICAV - Euro Sustainable Growth sera
créé dans l’unique but d’absorber le FCP
Edmond de Rothschild Euro Sustainable Growth et d’en reprendre l’intégralité
des caractéristiques de gestion.
En vue de rémunérer l’apport du FCP
absorbé, le compartiment absorbant procédera à l’émission d’actions et millièmes
d’actions nouvelles qui seront attribuées
aux porteurs de parts du FCP absorbé,
selon le calcul suivant :
Parité d’échange = Valeur liquidative
de la part A du FCP absorbé / Valeur
liquidative de l’action A EUR du
compartiment absorbant = 1
La parité d’échange sera de un contre
un, soit une action de catégorie équivalente du compartiment EdR SICAV - Euro
Sustainable Growth (compartiment absorbant) contre une part du FCP Edmond
de Rothschild Euro Sustainable Growth
(FCP absorbé).
Aucune soulte et aucun rompu ne seront donc versés dans le cadre de cette
opération.
A titre d’exemple, au 27 novembre
2018, la valeur liquidative de la part A du
FCP Edmond de Rothschild Euro Sustainable Growth s’élevait à 371,23 €, ce qui
constituerait la valeur liquidative d’origine
de l’action A EUR du compartiment EdR
SICAV - Euro Sustainable Growth, la parité d’échange étant de 1, comme illustré
ci-dessus.
L’ensemble des actions du compartiment EdR SICAV - Euro Sustainable
Growth bénéficieront de l’historique des
valeurs liquidatives des parts correspondantes du FCP Edmond de Rothschild
Euro Sustainable Growth.
Les valeurs liquidatives des parts du
FCP absorbé ainsi que la parité
d’échange seront certifiées par le
commissaire aux comptes.
Les créanciers du Fonds Edmond de
Rothschild Euro Sustainable Growth,
dont la créance serait antérieure à la publicité donnée au projet de fusion, peuvent former opposition à celui-ci dans un
délai de 30 jours avant la date prévue
pour l’opération.
Fiscalité applicable aux personnes
physiques fiscalement domiciliées en
France
- Titres souscrits dans un compte titres
ordinaire
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Euro Sustainable Growth" ("l’absorbé") par le
compartiment "EdR SICAV - Euro Sustainable Growth" ("l’absorbant"), les
porteurs personnes physiques domiciliés
fiscalement en France bénéficient du sursis d’imposition dès lors que le montant
de la soulte versée lors de l’échange de
titres est inférieur ou égal à 10 % de la
valeur d’échange des titres reçus. Cette
opération étant considérée comme une
opération Intercalaire, la plus-value
d’échange n’est pas prise en compte
pour la détermination de l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année de l’échange.
Celle-ci est différée jusqu’à la cession ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM absorbé, l’OPCVM "Edmond
de Rothschild Euro Sustainable
Growth" ("l’absorbé") (diminué, le cas
échéant, du montant de la soulte reçue)
et imposée dans les conditions de droit
commun.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies en France
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Euro Sustainable Growth" ("l’absorbé") par le
compartiment"EdR SICAV - Euro Sustainable Growth"("l’absorbant"), les porteurs - personnes morales établies en
France soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu lorsqu’elles
sont imposées selon un régime de bénéfice réel BIC ou BA - de l’OPCVM absorbé bénéficient de plein droit du sursis
d’imposition prévu par l’article 38,
5 bis, du Code Général des Impôts (ciaprès CGI) et doivent, à ce titre, se soumettre à des obligations déclaratives
spécifiques. Le sursis d’imposition s’applique dès lors que le montant de la
soulte versée lors de l’échange des titres
est inférieur ou égal à 10 % de la valeur
liquidative des titres reçus et inférieur au
profit réalisé lors de la fusion.
Cette opération étant considérée
comme une opération intercalaire, la plus
ou moins-value d’échange, perte ou profit, n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu ou
l’impôt sur les sociétés dû au titre de l’année d’échange, seule la soulte étant immédiatement taxable si un profit est réalisé lors de l’échange. L’imposition de la
plus-value est différée jusqu’à la cession
ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM Edmond de Rothschild Euro
Sustainable Growth ("l’absorbé") et imposée dans les conditions de droit
commun. Toutefois, cette valeur de souscription sera diminuée du montant de la
soulte si celle-ci n’a pas été imposée au
titre de l’exercice d’échange qui faisait
apparaître une perte.
Toutefois, pour les personnes morales
soumises à l’impôt sur les sociétés, les
dispositions prévues à l’article 209-0-A
du CGI limitent les effets de ce régime
de neutralité fiscale lors de l’échange. En
effet, cet article impose aux sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés de prendre obligatoirement en compte les plus
ou moins-values latentes sur titres
d’OPC à la clôture de chaque exercice,
calculées en fonction de la valeur liquidative des titres à cette date.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies hors de France
Elles peuvent être soumises à une imposition au lieu de leur domicile fiscal ou
dans les autres juridictions où elles
paient leurs impôts. Les implications fiscales de la fusion peuvent varier selon la
loi et la réglementation en vigueur dans
leur pays de résidence, de nationalité, de
domicile ou d’établissement. Si vous
avez des doutes quant à l’assujettissement potentiel à un impôt en raison de la
réalisation de la fusion, il est fortement
conseillé de consulter votre conseiller fiscal professionnel.
Les porteurs du Fonds Commun de
Placement Edmond de Rothschild
Euro Sustainable Growth qui ne souhaitent pas bénéficier de cette opération
pourront obtenir sans frais le rachat de
leurs parts pendant une période d’un
mois à compter de la date de réception
de la lettre d’information des porteurs.
12135480 – LE PUBLICATEUR LEGAL
EdR SICAV - Euro Sustainable
Credit
Compartiment de la SICAV Edmond
de Rothschild SICAV géré par la
société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbant)
Edmond de Rothschild Euro
Sustainable Credit
Fonds Commun de Placement géré
par la société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbé)
Avis de Fusion
Le directoire de la Société de Gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (France) a décidé de
l’opération suivante :
- fusion-absorption du Fonds Edmond
de Rothschild Euro Sustainable Credit
(absorbé) par le compartiment EdR SICAV - Euro Sustainable Credit (absorbant).
La fusion du Fonds Commun de Placement Edmond de Rothschild Euro
Sustainable Credit (absorbé) et le
compartiment EdR SICAV - Euro Sustainable Credit (absorbant), s’inscrit
dans le cadre d’une évolution des gestions de Edmond de Rothschild Asset
Management (France) offertes au grand
public : regrouper les principales expertises au sein d’une même SICAV commercialisée globalement, en France comme
à l’international.
L’opération de fusion par voie d’absorption a été agréée par l’Autorité des
marchés financiers le 7 décembre 2018.
Elle aura lieu, sous réserve du fonctionnement normal des marchés, le 12 février 2019 sur les valeurs liquidatives du
11 février 2019, sinon le jour de la reprise
des cotations.
L’opération de fusion sera effectuée
aux vues d’un rapport établi par les
Commissaires Comptes du Fonds absorbé et du compartiment absorbant sur
la base de la valeur liquidative des produits concernés au jour de la réalisation
de la fusion. Le compartiment EdR SICAV - Euro Sustainable Credit sera
créé dans l’unique but d’absorber le FCP
Edmond de Rothschild Euro Sustainable Credit et d’en reprendre l’intégralité
des caractéristiques de gestion.
En vue de rémunérer l’apport du FCP
absorbé, le compartiment absorbant procédera à l’émission d’actions et millièmes
d’actions nouvelles qui seront attribuées
aux porteurs de parts du FCP absorbé,
selon le calcul suivant :
Parité d’échange = Valeur liquidative
de la part C du FCP absorbé / Valeur
liquidative de l’action A EUR du
compartiment absorbant = 1
La parité d’échange sera de un contre
un, soit une action de catégorie équivalente du compartiment EdR SICAV - Euro
Sustainable Credit (compartiment absorbant) contre une part du FCP Edmond de
Rothschild Euro Sustainable Credit (FCP
absorbé).
Aucune soulte et aucun rompu ne seront donc versés dans le cadre de cette
opération.
A titre d’exemple, au 27 novembre
2018, la valeur liquidative de la part C du
FCP Edmond de Rothschild Euro Sustainable Credit s’élevait à 354,80 €, ce qui
constituerait la valeur liquidative d’origine
de l’action A EUR du compartiment EdR
SICAV - Euro Sustainable Credit, la parité d’échange étant de 1, comme illustré
ci-dessus.
L’ensemble des actions du compartiment EdR SICAV - Euro Sustainable
Credit bénéficieront de l’historique des
valeurs liquidatives des parts correspondantes du FCP Edmond de Rothschild
Euro Sustainable Credit.
Les valeurs liquidatives des parts du
FCP absorbé ainsi que la parité
d’échange seront certifiées par le
commissaire aux comptes.
Les créanciers du Fonds Edmond de
Rothschild Euro Sustainable Credit,
dont la créance serait antérieure à la publicité donnée au projet de fusion, peuvent former opposition à celui-ci dans un
délai de 30 jours avant la date prévue
pour l’opération.
Fiscalité applicable aux personnes
physiques fiscalement domiciliées en
France
- Titres souscrits dans un compte titres
ordinaire
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Euro Sustainable Credit" ("l’absorbé") par le
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
Arrestations en série dans l’affaire
de la dette cachée du Mozambique
DETTE
La justice américaine
demande l’extradition
de trois ex-banquiers
de Credit Suisse
arrêtés à Londres
et de l’ancien ministre
mozambicain
des Finances.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Cinq acteurs du scandale des « tuna
bonds » viennent d’être pris dans la
nasse de la justice américaine.
Jeudi, trois anciens banquiers de
Credit Suisse ont été arrêtés à Londres sur la base d’accusations
d’escroquerie envers des investisseurs américains. La veille, Jean
Boustani, cadre de Privinvest, la
société de l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa, a été
interpellé à l’aéroport de New York.
Tou t c o mme M an u e l Chang,
ancien ministre des Finances du
Mozambique, à l’aéroport de
Johannesburg lors d’une escale la
semaine dernière.
Une garantie cachée
Le Department of Justice (DoJ) leur
reproche leur rôle actif dans le dossier de la dette cachée du Mozambique. Ce scandale a plongé le pays,
qui compte parmi les plus pauvres
du monde, dans une crise sans précédent, avec une dette dépassant
Au cœur du scandale de la dette cachée du Mozambique, l’ancien ministre des Finances, Manuel
Chang, est dans le collimateur de la justice américaine. Photo Nicholas Kamm/AFP
112 % de son PIB. Rappel des faits. En
2013, une société parapublique,
Ematum, est créée pour développer
une flottille de pêche au thon dans
le golfe du Mozambique. Le contrat
est confié au constructeur naval Privinvest (connu en France à travers
les Constructions Mécaniques de
Normandie). L’opération est financée grâce à 750 millions de dollars
d’obligations, les « tuna bonds »,
placées auprès d’investisseurs
internationaux. L’opération est
montée par la banque russe VTB et
par Credit Suisse, avec l’interven-
Maputo a trouvé un accord
avec ses créanciers
liquidative des titres reçus et inférieur au
profit réalisé lors de la fusion.
leur pays de résidence, de nationalité, de
domicile ou d’établissement. Si vous
avez des doutes quant à l’assujettissement potentiel à un impôt en raison de la
réalisation de la fusion, il est fortement
conseillé de consulter votre conseiller fiscal professionnel.
Les porteurs du Fonds Commun de
Placement Edmond de Rothschild
Euro Sustainable Credit qui ne souhaitent pas bénéficier de cette opération
pourront obtenir sans frais le rachat de
leurs parts pendant une période d’un
mois à compter de la date de réception
de la lettre d’information des porteurs.
Après un premier échec en mars, un accord a été trouvé
en novembre avec les anciens créanciers obligataires
d’Ematum. Une majorité d’entre eux a accepté une nouvelle restructuration. Celle-là prévoit l’échange des obligations existantes contre de nouveaux titres qui seront remboursés en cinq échéances, entre 2029 et 2033. Jusqu’à
2023, les intérêts – 5,875 % par an – ne seront payés que
partiellement, le solde étant ajouté au capital remboursable. En outre, les investisseurs toucheront 5 % des revenus
de deux importants projets d’extraction de gaz offshore,
pour un montant maximum de 500 millions de dollars.
tion de la société d’Iskandar Safa,
d’après un rapport d’audit commandé par le FMI. Premier problème, ce montant a aussi servi à
acheter des bateaux armés pour les
forces de l’ordre. Puis, en 2016, Ematum ne peut honorer ses créances et
Maputo propose aux investisseurs
d’échanger leurs titres contre des
obligations d’Etats mozambicaines. Une restructuration acceptée
de mauvaise grâce, d’autant qu’à
peine l’accord signé les créanciers
apprennent que le gouvernement,
et plus particulièrement Manuel
Chang, avait garanti un prêt de
1,4 milliard de dollars accordé à
deux autres sociétés publiques proches d’Ematum.
Un financement apporté dans le
plus grand secret par les deux banques, VTB et Credit Suisse, qui
avaient monté l’émission obligataire. Furieux d’avoir été tenu dans
l’ignorance de l’étendue exacte de
cette garantie, le FMI suspend
immédiatement ses aides. Le pays
est acculé à la faillite.
50 millions de « poulets »
La justice américaine décide de se
pencher à son tour sur le dossier,
estimant qu’une partie des fonds
levés par Ematum est arrivée dans
les poches d’officiels mozambicains. Selon le DoJ, au moins
200 millions de dollars ont ainsi
servi à payer des pots-de-vin ou des
rétrocommissions grâce à des surfacturations. Il a notamment eu
connaissance d’échanges entre
Jean B oustani et un offi-
ciel mozambicain pour fixer le
montant des commissions occultes
à verser : dans un email, l’homme
évoque « 50 millions de poulets ». A
chaque fois, le terme « poulets » se
substitue à « dollars ».
Les procureurs américains estiment également que les banquiers
de Credit Suisse ont contribué à la
mise en place du système. Ils ont
aussi dissimulé l’existence de
garanties gouvernementales lors
de la restructuration de la dette
Le scandale
des « tuna bonds »
a plongé le
Mozambique
dans une crise
sans précédent, avec
une dette dépassant
112 % de son PIB.
d’Ematum. Les charges contre la
banque elle-même ont été abandonnées. Selon une porte-parole de
Credit Suisse, « les anciens
employés mis en accusation ont
contourné les mécanismes de contrôle interne de la banque pour des
motifs d’enrichissement personnel
et ont cherché à cacher ces activités. » Les trois banquiers ont été
libérés sous caution, dans l’attente
d’une éventuelle extradition.
L’ancien ministre et Jean Boustani
sont toujours sous les verrous, respectivement en Afrique du Sud et
aux Etats-Unis. n
ANNLEGALWK
compartiment "EdR SICAV - Euro Sustainable Credit" ("l’absorbant"), les porteurs personnes physiques domiciliés fiscalement en France bénéficient du sursis
d’imposition dès lors que le montant de
la soulte versée lors de l’échange de titres est inférieur ou égal à 10 % de la
valeur d’échange des titres reçus. Cette
opération étant considérée comme une
opération Intercalaire, la plus-value
d’échange n’est pas prise en compte
pour la détermination de l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année de l’échange.
Celle-ci est différée jusqu’à la cession ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM absorbé, l’OPCVM "Edmond
de Rothschild Euro Sustainable Credit" ("l’absorbé") (diminué, le cas
échéant, du montant de la soulte reçue)
et imposée dans les conditions de droit
commun.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies en France
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Euro Sustainable Credit" ("l’absorbé") par le
compartiment "EdR SICAV - Euro Sustainable Credit" ("l’absorbant"), les porteurs - personnes morales établies en
France soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu lorsqu’elles
sont imposées selon un régime de bénéfice réel BIC ou BA - de l’OPCVM absorbé bénéficient de plein droit du sursis
d’imposition prévu par l’article 38,
5 bis, du Code Général des Impôts (ciaprès CGI) et doivent, à ce titre, se soumettre à des obligations déclaratives
spécifiques. Le sursis d’imposition s’applique dès lors que le montant de la
soulte versée lors de l’échange des titres
est inférieur ou égal à 10 % de la valeur
Cette opération étant considérée
comme une opération intercalaire, la plus
ou moins-value d’échange, perte ou profit, n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu ou
l’impôt sur les sociétés dû au titre de l’année d’échange, seule la soulte étant immédiatement taxable si un profit est réalisé lors de l’échange. L’imposition de la
plus-value est différée jusqu’à la cession
ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM Edmond de Rothschild Euro
Sustainable Credit ("l’absorbé") et imposée dans les conditions de droit
commun. Toutefois, cette valeur de souscription sera diminuée du montant de la
soulte si celle-ci n’a pas été imposée au
titre de l’exercice d’échange qui faisait
apparaître une perte.
Toutefois, pour les personnes morales
soumises à l’impôt sur les sociétés, les
dispositions prévues à l’article 209-0-A
du CGI limitent les effets de ce régime
de neutralité fiscale lors de l’échange. En
effet, cet article impose aux sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés de prendre obligatoirement en compte les plus
ou moins-values latentes sur titres
d’OPC à la clôture de chaque exercice,
calculées en fonction de la valeur liquidative des titres à cette date.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies hors de France
Elles peuvent être soumises à une imposition au lieu de leur domicile fiscal ou
dans les autres juridictions où elles
paient leurs impôts. Les implications fiscales de la fusion peuvent varier selon la
loi et la réglementation en vigueur dans
12135492 – LE PUBLICATEUR LEGAL
EdR SICAV - Tricolore
Rendement
Compartiment de la SICAV Edmond
de Rothschild SICAV géré par la
société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbant)
Edmond de Rothschild
Tricolore Rendement
Fonds Commun de Placement géré
par la société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
(Absorbé)
Avis de Fusion
Le directoire de la Société de Gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (France) a décidé de
l’opération suivante :
d’échange étant de 1, comme illustré cidessus.
- fusion-absorption du Fonds Edmond
de Rothschild Tricolore Rendement
(absorbé) par le compartiment EdR SICAV - Tricolore Rendement (absorbant).
L’ensemble des actions du compartiment EdR SICAV - Tricolore Rendement bénéficieront de l’historique des
valeurs liquidatives des parts correspondantes du FCP Edmond de Rothschild
Tricolore Rendement.
La fusion du Fonds Commun de Placement Edmond de Rothschild Tricolore Rendement (absorbé) et le compartiment EdR SICAV - Tricolore
Rendement (absorbant), s’inscrit dans le
cadre d’une évolution des gestions de
Edmond de Rothschild Asset Management (France) offertes au grand public :
regrouper les principales expertises au
sein d’une même SICAV commercialisée
globalement, en France comme à l’international.
L’opération de fusion par voie d’absorption a été agréée par l’Autorité des
marchés financiers le 7 décembre 2018.
Elle aura lieu, sous réserve du fonctionnement normal des marchés, le 8 mars
2019 sur les valeurs liquidatives du
7 mars 2019, sinon le jour de la reprise
des cotations.
L’opération de fusion sera effectuée
aux vues d’un rapport établi par les
Commissaires Comptes du Fonds absorbé et du compartiment absorbant sur
la base de la valeur liquidative des produits concernés au jour de la réalisation
de la fusion. Le compartiment EdR SICAV - Tricolore Rendement sera créé
dans l’unique but d’absorber le FCP Edmond de Rothschild Tricolore Rendement et d’en reprendre l’intégralité des
caractéristiques de gestion.
En vue de rémunérer l’apport du FCP
absorbé, le compartiment absorbant procédera à l’émission d’actions et millièmes
d’actions nouvelles qui seront attribuées
aux porteurs de parts du FCP absorbé,
selon le calcul suivant :
Parité d’échange = Valeur liquidative
de la part C du FCP absorbé / Valeur
liquidative de l’action A EUR du
compartiment absorbant= 1
La parité d’échange sera de un contre
un, soit une action de catégorie équivalente du compartiment EdR SICAV - Tricolore Rendement (compartiment absorbant) contre une part du FCP Edmond de
Rothschild Tricolore Rendement (FCP
absorbé).
Aucune soulte et aucun rompu ne seront donc versés dans le cadre de cette
opération.
A titre d’exemple, au 27 novembre
2018, la valeur liquidative de la part C du
FCP Edmond de Rothschild Tricolore
Rendement s’élevait à 331,46 €, ce qui
constituerait la valeur liquidative d’origine
de l’action A EUR du compartiment EdR
SICAV - Tricolore Rendement, la parité
Les valeurs liquidatives des parts du
FCP absorbé ainsi que la parité
d’échange seront certifiées par le
commissaire aux comptes.
Les créanciers du Fonds Edmond de
Rothschild Tricolore Rendement, dont
la créance serait antérieure à la publicité
donnée au projet de fusion, peuvent former opposition à celui-ci dans un délai
de 30 jours avant la date prévue pour
l’opération.
Fiscalité applicable aux personnes
physiques fiscalement domiciliées en
France
- Titres souscrits dans un compte titres
ordinaire
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Tricolore Rendement" ("l’absorbé") par le compartiment "EdR SICAV - Tricolore Rendement" ("l’absorbant"), les porteurs
personnes physiques domiciliés fiscalement en France bénéficient du sursis
d’imposition dès lors que le montant de
la soulte versée lors de l’échange de titres est inférieur ou égal à 10 % de la
valeur d’échange des titres reçus. Cette
opération étant considérée comme une
opération Intercalaire, la plus-value
d’échange n’est pas prise en compte
pour la détermination de l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année de l’échange.
Celle-ci est différée jusqu’à la cession ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM absorbé, l’OPCVM "Edmond
de Rothschild Tricolore Rendement"
("l’absorbé") (diminué, le cas échéant, du
montant de la soulte reçue) et imposée
dans les conditions de droit commun.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies en France
Au titre de l’absorption de l’OPCVM
"Edmond de Rothschild Tricolore Rendement" ("l’absorbé") par le compartiment "EdR SICAV - Tricolore Rendement" ("l’absorbant"), les porteurs personnes morales établies en France
soumises à l’impôt sur les sociétés ou à
l’impôt sur le revenu lorsqu’elles sont imposées selon un régime de bénéfice réel
BIC ou BA - de l’OPCVM absorbé bénéficient de plein droit du sursis d’imposition prévu par l’article 38, 5 bis, du Code
Général des Impôts (ci-après CGI) et doi-
vent, à ce titre, se soumettre à des obligations déclaratives spécifiques. Le sursis d’imposition s’applique dès lors que
le montant de la soulte versée lors de
l’échange des titres est inférieur ou égal
à 10 % de la valeur liquidative des titres
reçus et inférieur au profit réalisé lors de
la fusion.
Cette opération étant considérée
comme une opération intercalaire, la plus
ou moins-value d’échange, perte ou profit, n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu ou
l’impôt sur les sociétés dû au titre de l’année d’échange, seule la soulte étant immédiatement taxable si un profit est réalisé lors de l’échange. L’imposition de la
plus-value est différée jusqu’à la cession
ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts de
l’OPCVM Edmond de Rothschild Tricolore Rendement ("l’absorbé") et imposée dans les conditions de droit
commun. Toutefois, cette valeur de souscription sera diminuée du montant de la
soulte si celle-ci n’a pas été imposée au
titre de l’exercice d’échange qui faisait
apparaître une perte.
Toutefois, pour les personnes morales
soumises à l’impôt sur les sociétés, les
dispositions prévues à l’article 209-0-A
du CGI limitent les effets de ce régime
de neutralité fiscale lors de l’échange. En
effet, cet article impose aux sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés de prendre obligatoirement en compte les plus
ou moins-values latentes sur titres
d’OPC à la clôture de chaque exercice,
calculées en fonction de la valeur liquidative des titres à cette date.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies hors de France
Elles peuvent être soumises à une imposition au lieu de leur domicile fiscal ou
dans les autres juridictions où elles
paient leurs impôts. Les implications fiscales de la fusion peuvent varier selon la
loi et la réglementation en vigueur dans
leur pays de résidence, de nationalité, de
domicile ou d’établissement. Si vous
avez des doutes quant à l’assujettissement potentiel à un impôt en raison de la
réalisation de la fusion, il est fortement
conseillé de consulter votre conseiller fiscal professionnel.
Les porteurs du Fonds Commun de
Placement Edmond de Rothschild Tricolore Rendement qui ne souhaitent
pas bénéficier de cette opération pourront obtenir sans frais le rachat de leurs
parts pendant une période d’un mois à
compter de la date de réception de la lettre d’information des porteurs.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 04 - 01 - 2019
CAC 40 : 4737,12 (2,72 %) NEXT 20 : 10420,3 (2,68 %)
CAC LARGE 60 : 5255,13 (2,72 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3691,13 (2,69 %)
DATE DE PROROGATION : 28 JANVIER
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
36,41
1074737
290.969.205
105,1
778924
428.341.474
82,16
2006859
776.469.994
17,638
6781200
1.021.903.623
68,34
331102
106.884.219
18,792
11675578
2.424.908.275
39,4
5325079
1.249.798.561
30,3
1016549
371.977.875
80,6
766465
167.293.730
15
2419742
789.252.839
9,4
9009845
2.866.437.156
61,29
1271178
685.055.200
96,84
430886
261.541.129
12,54
6114329
2.435.285.011
110,35
1037215
426.777.218
467,8
60823
105.569.412
386
355467
126.279.322
246,45
886586
505.028.789
48,49
432761
267.471.813
198,35
477627
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
36,84
37,03
36,17
107,05
107,4
104,7
85,12
85,52
81,53
18,46
18,566
17,524
70,48
70,48
67,5
19,236
19,294
18,718
40,74
40,83
39,175
30,82
31,06
30,28
82,66
82,66
80,28
15,13
15,175
14,845
9,764
9,789
9,343
61,98
62,07
60,82
100,05
100,15
96,84
12,715
12,745
12,54
110,8
111,1
109,65
477,8
477,8
466,2
397,4
398,3
382
251,15
251,95
244,1
49,35
49,48
48,26
200
201,2
197,05
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 2,33
- 5,25
- 15,5
+ 2,78
- 0,14
- 0,6
+ 4,82
- 9,71
- 0,82
+ 6,58
- 9,69
- 35,62
+ 3,68
- 4,13
- 43,71
+ 3,14
- 9,44
- 23,79
+ 4,85
- 7,11
- 36,11
+ 2,19
-8
- 29,44
+ 3,58
-20,79
- 18,44
+ 1,1
- 1,11
- 17,41
+ 5,18
- 9,91
- 33,53
+ 1,46
- 5,42
- 12,04
+ 3,92
- 6,84
+ 11,64
+ 1,4
+ 2,96
- 12,4
+ 1,05
- 1,82
- 1,77
+ 2,97
- 3,63
+ 7,66
+ 4,39
- 1,97
+ 7,31
+ 3,08
- 4,09
+ 2,26
+ 2,66
- 5,46
- 24,03
+ 1,42
- 5,88
+ 8,4
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 0,73
37,03
36
2,85
- 1,29
107,4
104,15
2,48
+ 1,38
3,4
85,52 25,07
77,5
1,76
+ 1,76
18,566
17,056
- 1,4
72,16
67,5
2,41
+ 2
19,294
18,428 6,55
+ 3,2
40,83
38,135
7,41
- 1,66
31,06
29,81
5,52
- 4,77
85,62
79,8
2,06
+ 1,48
15,175
14,485 3,04
+ 3,54
9,789
9,095 6,45
+ 0,76
62,07
60,2
3,07
- 3,52
103,5
96,02
0,58
+ 1,52
1,21
12,745 10,54
12,17
2,91
+ 0,32
111,15
108,95
1,38
- 1,44
480,3
462,4
1,59
- 3,45
405,4
380,7
1,01
- 2,73
256,05
243,65
0,8
+ 0,1
49,48
47,91
2,55
- 0,6
201,2
196
1,78
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
85,36
492411
179.750.453
14,215
6544823
2.660.056.599
137,6
466131
265.421.592
18,175
2750582
904.828.213
48,94
615604
235.249.801
53,01
1218149
295.722.284
102,1
886181
409.116.893
28,68
1724252
546.585.004
75,08
2350785
1.252.219.053
58,18
1679403
579.138.192
27,755
5800499
807.917.739
88,2
376093
147.454.887
10,8
4613105
911.156.920
17,685
1963272
450.480.680
46,8
7098402
2.640.602.007
135,34
674713
138.286.626
23,9
1557354
240.253.100
17,715
1422245
565.593.341
71,74
1223908
597.489.393
21,19
3224677
1.305.804.297
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
87,36
87,36
84,8
14,28
14,32
14,125
141,1
141,15
137,6
18,905
18,905
18,075
49,67
49,81
48,75
54,23
54,3
53,01
105,2
105,7
101,4
29,37
29,445
28,68
75,34
75,68
74,32
59,72
60,24
57,86
28,37
28,39
27,595
87,64
88,24
87,16
10,905
10,965
10,635
18,23
18,4
17,675
47,41
47,665
46,8
138,12
139,14
135,1
24,64
24,64
23,81
17,875
17,96
17,64
72,58
72,78
71,08
21,41
21,49
21,07
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 3,75
- 3,94
- 29,23
+ 0,71
- 3,05
- 1,48
+ 1,55
- 0,84
+ 7,5
+ 5
- 2,2
+ 8,96
+ 1,99
- 2,22
- 8,15
+ 3,1
-10,36
- 36,36
+ 4,06
- 5,86
+ 18,63
+ 2,94
- 8,23
- 37,97
+ 0,91
- 4,74
+ 3,21
+ 3,72
- 7,27
- 17,33
+ 3,39
-11,8
- 36,15
+ 0,62
- 2,92
- 21,43
+ 1,58
-18,16
- 43,44
+ 5,41
-13,36
- 31,7
+ 2,5
- 4,21
- 0,15
+ 3,62
- 6,51
+ 4,19
- 4,86
- 61,48
+ 1,13
- 4,72
- 17,44
+ 1,94
- 5,32
- 16,27
+ 1,71
- 2,73
- 7,8
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 0,76
87,36
83,74
4,06
+ 0,88
14,32
13,885
2,1
- 1,54
142,3
137,6
0,96
+ 1,39
18,905
17,87
2,8
- 0,82
49,81
48,7
4,03
- 0,59
54,3
51,98
6,55
- 0,19
105,7
101,1
1,52
+ 0,7
29,445
28,275 4,43
- 0,42
75,68
72,75
4,02
60,24
57,58
3,68
+ 1,98
28,39
26,88
7,76
- 2,08
89,58
87,04
3,14
- 12,66
0,23
12,225 47,99
10,635 0,48
+ 3,29
18,4
16,6
+ 2,66
47,665
44,775
1,35
+ 2,01
139,14
130,18
- 3,41
25,24
23,5
5,07
- 0,45
17,97
17,51
4,7
+ 0,78
72,78
70,2
1,03
+ 0,61
21,49
20,8
2,1
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,61
3,796
81429
3,796
40.789.901
3,56
B 6,1
6,17
52690
6,2
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,03
ABIVAX (ABVX) g
B 12,7
12,22
9649
12,7
FR0012333284
10.024.182
12,22
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,496
0,497
11640
0,497
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,496
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,35
3,325
56308
3,375
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,24
ADOCIA (ADOC) g
B 16,1
16
40052
17,08
FR0011184241
6.916.753
15,8
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 164,8
168,2
43161
168,2
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
164,1
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 9,248
9,268
2822536
9,334
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
9,014
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 42,1
44,5
20868
44,6
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
42,1
AKWEL (AKW) g
B 15,4
15,94
6975
16,12
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
15,3
ALD (ALD)
A 10,1
10,71
99766
10,82
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
10,1
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 23,1
22,9
4697
23,1
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
22,85
ALSTOM (ALO) LR
A 35
34,78
1044049
35,24
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.256.020
34,66
ALTAREA (ALTA) g
A 168
168,2
1158
169,2
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
167,6
ALTEN (ATE) G
A 70,6
72,45
38686
72,45
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
70,6
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 6,615
6,8
1104988
6,83
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
6,51
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
2,91
2,92
3646
2,92
FR0012789667
47.804.841
2,87
AMUNDI (AMUN) G
A 45,31
46,61
EX-DS 15/03/17
131885
46,88
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
45,07
APRIL GROUP (APR)
B 20,2
20,4
126486
20,4
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
20,2
ARCHOS (JXR) g
C 0,358
0,363
2880623
0,397
FR0000182479
57.851.743
0,333
ARKEMA (AKE) L
A 74,88
77,86
244022
77,98
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
74,54
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 14,26
14,5
15513
14,54
FR0000074783
6.651.515
14,26
ASSYSTEM (ASY) g
B 27,2
27,1
OPA 24/11/17
779
27,2
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
26,95
ATARI (ATA)
C 0,327
0,335
1389238
0,34
FR0010478248
255.105.360
0,321
AUBAY (AUB) g
C 25,85
27
12087
27,2
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.136.796
25,85
AUREA (AURE)
C 5,2
5,2
1208
5,2
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,18
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,155
0,146
267541
0,155
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,146
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 12,02
11,9
2332
12,12
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
11,9
BÉNÉTEAU (BEN)
A 11,02
11,02
92519
11,08
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
10,8
BIC (BB) G
A 89,65
89
106840
90,05
FR0000120966
28/05/18 3,45 45.988.387
88,65
BIGBEN INT. (BIG) g
C 7,95
8,23
24576
8,3
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
7,85
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 53,3
56,2
104272
56,3
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
53,3
BOIRON (BOI) g
A 49,5
49
3526
49,65
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
49
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,46
3,536
1944715
3,55
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,46
BONDUELLE (BON) g
B 28,5
28,75
18046
29
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.281.118
28,5
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 17,12
17,73
1269451
17,73
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
17,05
BURELLE SA (BUR)
A 742
762
154
762
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
730
CARMILA (CARM)
C 15,86
16,16
13080
16,2
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
15,8
CASINO (CO) LR
A 35,8
35,73
295196
36,24
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
35,37
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,31
2,445
256682
2,45
FR0010193052
30.514.178
2,3
CGG (CGG) G
C 1,148
1,172
7275550
1,195
FR0013181864
709.944.398
1,131
CHARGEURS (CRI) g
C 16,57
16,69
15543
16,87
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
16,36
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 328
334,7
EX D OP 08/06/17
15279
334,7
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
328
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/101218
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 6,57
- 2,77
- 58,56
+ 1,48
- 1,28
- 4,34
- 1,45
+26,63
+ 37,3
+ 0,4
- 8,97
- 41,53
+ 0,61
-16,67
- 56,42
+ 2,56
+25
+ 2,56
+ 2,81
- 0,47
+ 3,25
+ 1,89
- 0,64
- 33,94
+ 5,45
-17,9
- 9,46
+ 3,51
- 6,01
- 53,8
+ 5,52
- 6,38
- 18,93
+ 0,44
- 9,13
- 33,24
+ 0,32
- 7,52
- 2,11
+ 0,36
- 8,19
- 20,85
+ 3,13
-10,33
- 0,14
+ 3,9
-17,22
- 48,11
+ 0,34
- 24,35
+ 3,86
- 8,89
- 35,73
+ 0,99
+24,39
+ 36,45
+ 6,14
+ 7,4
- 45,58
+ 5,7
- 6,4
- 25,13
+ 1,83
+17,89
- 16,09
- 0,18
- 3,9
- 10,86
+ 4,69
- 4,56
- 27,17
+ 4,05
-14,29
- 20,7
-20,49
- 38,97
- 2,67
-27
- 38,14
- 1,16
- 4,65
- 47,11
+ 2,23
-16,01
- 46,63
- 0,84
- 4,86
- 4,04
+ 4,57
-15,24
- 41,96
+ 5,84
-12,32
- 25,73
- 0,61
- 5,59
- 34,93
+ 2,37
- 7,87
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+ 0,52
- 9,31
- 37,09
+ 4,29
- 7,92
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+ 2,42
-14,19
- 41,61
+ 2,15
-11,01
- 31,96
+ 0,08
- 2,14
- 31,71
+ 7,24
- 7,74
- 26,05
+ 5,21
-18,04
- 26,61
+ 1,27
- 5,17
- 35,06
+ 2,67
- 0,53
+ 10,06
- 1,75
- 25,33
+ 9,46
3,796
3,378
+ 1,48
6,2
5,98
+ 3,21
12,8
11,5
+ 0,2
0,51
0,491
- 1,63
3,385
3,24
- 3,26
17,08
15,2
+ 1,63
168,2
163
- 2,24
9,474
9,014
+ 0,68
44,6
42,1
- 0,99
16,2
15,3
+ 2,98
10,82
10,1
- 7,29
24,6
22,55
- 1,39
35,6
34,53
+ 1,45
169,2
163,4
- 0,34
73,1
70,25
- 2,93
6,96
6,51
+ 6,18
2,94
2,75
+ 0,97
46,88
44,59
+ 2,26
20,4
19,95
- 0,55
0,397
0,333
+ 3,87
77,98
72,88
+ 0,97
14,8
13,1
+ 0,18
27,3
26,9
- 1,62
0,34
0,32
- 4,09
28,3
25,8
- 5,45
5,48
5,18
- 5,19
0,16
0,146
- 4,19
12,24
11,9
- 4,01
11,5
10,72
- 0,17
90,2
87,45
+ 2,75
8,35
7,8
- 2,26
57
53,1
+ 0,1
49,65
47,5
+ 1,03
3,55
3,412
+ 1,23
29,1
28,2
- 0,37
17,73
16,99
- 4,27
796
730
16,2
15,76
- 1,68
36,24
34,01
+ 6,3
2,45
2,115
+ 1,38
1,195
1,081
- 0,65
16,99
16,18
+ 0,24
336
323,9
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
3,61
0,42
1,57
1,88
5,14
2,18
1,01
1,38
3,53
5,36
1,32
2,95
3,69
1
2,89
1,68
2,27
3,88
1,22
0,61
3,27
0,57
1,74
3,16
2,1
4,37
1,8
1,02
3,21
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
C 0,63
0,65
3141202
0,66
393.613.788
0,63
A 18,44
18,77
335593
18,79
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
18,36
COFACE (COFA) g
A 8,03
8,06
294632
8,26
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
8,03
COLAS (RE)
A 136
136
585
137,2
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
135,6
COVIVIO (COV) G
A 84,85
84,7
193121
84,9
FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
82,95
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 23,9
23,8
479
24,1
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
23,8
DASSAULT AV. (AM) G
A 1175
1217
3717
1217
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1175
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 96,84
100,05
430886
100,15
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
96,84
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 13,75
13,6
1198952
14,65
FR0010417345
30.137.977
13,2
DERICHEBOURG (DBG) g
B 3,962
4,096
516330
4,112
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
3,942
DEVOTEAM (DVT) g
C 79,6
79,2
10347
80,3
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
76,5
DNXCORP (DNX) g
C 4,88
5,08
1288
5,1
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
4,7
EDENRED (EDEN) G
A 32,44
33,11
620955
33,14
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
32,07
EDF (EDF) LR
A 13,7
13,63
EX-DS 7/03/17
2297527
13,765
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
13,55
EIFFAGE (FGR) LR
A 72,88
73,68
290797
73,92
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
72,68
EKINOPS (EKI) g
2,58
2,59
13766
2,63
FR0011466069
21.529.161
2,575
ELIOR (ELIOR) G
A 12,7
12,85
974289
12,99
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
12,67
ELIS (ELIS) G
A 14,5
14,68
334515
14,68
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.927.545
14,31
EOS IMAGING (EOSI)
C 3,36
3,36
4668
3,365
FR0011191766
26.237.907
3,335
ERAMET (ERA) Gg
A 57
58,35
79494
58,65
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
55,6
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 6,15
6,38
46378
6,475
FR0011471135
17.940.035
6,15
ESI GROUP (ESI) g
C 27,4
27,85
9857
27,85
FR0004110310
6.017.892
27
EURAZEO (RF) G
A 61,55
62,2
190525
62,3
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
61,4
EURO RESSOURCES (EUR)
C3
2,99
2524
3
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
2,78
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 318,2
326,4
38367
327,8
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
316
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,8
8,15
394464
8,15
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
7,75
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 17,79
17,575
427030
17,81
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
17,195
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 67,6
66,6
572
68
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
65
FAURECIA (EO) G
A 30,76
32,25
562701
32,25
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
30,59
FFP (FFP) g
A 79,5
80,9
7113
81,6
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
78,9
FIGEAC AERO (FGA) g
B 10,74
10,86
32093
10,96
FR0011665280
31.839.473
10,24
FIN. ODET (ODET)
A 774
782
41
788
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
774
FNAC DARTY (FNAC)
A 55,35
56,75
42378
57,2
FR0011476928
26.792.938
55,25
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 59,4
59,2
333
59,6
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
59,2
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 314
314
51
314
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
314
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
1,13
N/P REGR.
4414
1,14
FR0011284991
277.776.587
1,13
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,112
0,11
815432
0,112
FR0000079634
01/10/01 0,1 163.325.030
0,107
GECINA (GFC) G
A 114
115,7
135899
115,7
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
112,3
GEMALTO (GTO) L
A 50,7
50,72
285606
50,76
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
50,7
GENFIT (GNFT) G
B 17,84
18,15
210068
18,3
FR0004163111
31.166.437
17,57
GENSIGHT (SIGHT)
C 3,34
3,5
197425
3,58
FR0013183985
24.766.723
3,32
GENTICEL (GTCL) g
1,078
1,218
406501
1,244
FR0011790542
79.347.621
1,078
GETLINK (GET) LR
A 11,895
11,885
792743
11,935
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
11,825
GL EVENTS (GLO) g
B 16,8
17,3
15176
17,48
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
16,8
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,24
OUV
VOL.
NB TITRES
+ 4,34 + 4,93
-11,39
0,7
+ 26,36
0,563
+ 2,62 + 1,35
- 6,34 18,79
- 3,94 17,92
+ 0,75 + 1,64
+ 0,75
8,26
- 12,39
7,73
- 2,86
- 2,72 139,8
- 24,94 135,6
+ 1,8 + 0,59
- 0,65 84,9
- 9,22 81,95
- 2,06
- 6,67 24,1
- 17,36 23,5
+ 3,75 + 0,58
-11,81 1233
- 7,45 1168
+ 3,92 - 3,52
- 6,84 103,5
+ 11,64 96,02
- 2,44 + 28,18
-49,18
14,97
- 68,47 10,35
+ 4,28 + 2,45
+ 8,82
4,112
- 54,79
3,812
- 0,88 - 4
-12,97 87,9
+ 5,46 76,5
+ 3,89 + 14,67
- 5,58
5,1
- 19,87
4,63
+ 3,08 + 3,11
- 1,84 33,14
+ 36,82 31,44
- 0,37 - 1,23
- 5,58 13,85
+ 26,44 13,55
+ 1,6 + 0,99
-10,3
73,92
- 20,64 71,04
+ 2,17 - 2,63
-15,91
2,69
- 46,27
2,535
+ 1,5 - 1,61
+ 8,99 13,18
- 25,94 12,52
+ 4,48 + 0,89
-11,03 14,68
- 37,26 13,99
+ 0,3 - 0,74
- 8,7
3,46
- 33,47
3,335
+ 4,2 - 3,31
-20,45 59,4
- 43,79 55,4
+ 2,08 + 2,08
- 7,67
6,475
- 64,1
6,02
+ 1,46 + 0,36
-11,59 27,85
- 37,63 26,2
+ 1,88 + 0,65
- 5,61 62,3
- 18,36 60,55
+ 1,01 + 7,94
+ 2,4
3
- 14,08
2,69
+ 3,62 + 0,12
-11,21 329
- 36,68 313,2
+ 5,64 + 3,62
- 2,98
8,15
- 20,87
7,53
- 0,4 + 2,15
- 4,09 17,81
- 7,21
16,99
- 1,48 - 2,06
-11,67 68,2
- 44,27 65
+ 6,37 - 2,48
- 4,64 32,4
- 51,42 30,12
+ 2,41 + 0,87
-14,57 81,6
- 19,74 78,1
+ 1,5 - 1,27
-13,12
10,98
- 41,68 10,24
+ 0,26 - 1,76
- 1,26 788
- 24,81 764
+ 3,09 - 0,61
+ 3,56 57,2
- 45,43 55
+ 0,34 - 2,63
- 7,21 60
+ 6,47 59
+ 0,64 + 7,53
+ 1,29 314
- 35,92 312
+ 1,85
-13,73
+ 17,02
+ 3,3
- 5,24
- 24,23
+ 0,04
+ 0,32
+ 2,26
+ 2,25
-11,46
- 25,55
+ 3,25
+10,06
- 41,47
+ 12,99
- 0,65
- 27,33
+ 0,13
+ 5,64
+ 7,65
+ 0,7
- 4,1
- 32,08
1,14
1,13
+ 8,91
0,124
0,101
+ 2,39
115,7
110,3
+ 0,12
50,76
50,64
+ 4,61
19,18
16,55
+ 5,11
3,79
3,11
+ 19,88
1,244
0,98
+ 1,32
12,105
11,615
+ 0,46
17,48
15,92
4,48
4,22
6,03
1,26
0,58
3,42
1,14
27,56
1,1
2,71
3,27
2,52
3,94
2,01
5,02
0,74
1,86
7,23
2,37
3,41
2,47
0,13
2,23
4,21
12,04
2,52
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 48,8
49,6
7143
52,8
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
48,8
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,191
0,207
EX D S 13/06/17
2924
0,207
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,191
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 8,65
9,2
11215
9,31
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
8,65
GROUPE LDLC (LDL) g
C 5,75
5,9
NOM.
10917
6,1
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
5,75
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
19,75
19,45
REGR.
381
19,75
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
19,45
GTT (GTT) Gg
A 67,95
68,05
35310
68,35
66,7
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 8,65
8,85
34504
9,01
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
8,65
HIGH CO (HCO) g
C 4,36
4,38
4341
4,38
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,305
HUBWOO (HBW) g
C 0,138
0,138
4161
0,138
FR0004052561
136.345.527
0,138
ICADE (ICAD) G
A 65,6
66,5
147550
66,8
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
65,1
ID LOGISTIC (IDL) g
B 114
120
599
120
FR0010929125
5.628.475
114
ILIAD (ILD) G
A 119,7
120,5
144205
121,2
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
119
IMERYS (NK) G
A 41,68
42,62
130983
42,76
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
41,4
INGENICO GROUP (ING) LR
A 47,28
47,82
329433
47,94
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
46,63
INNATE PHARMA (IPH) g
B 7,36
7,705
259328
7,85
FR0010331421
63.932.655
7,32
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,388
1,35
48981
1,39
FR0010291245
44.119.162
1,35
INTER PARFUMS (ITP) g
B 32,2
32,6
17080
32,65
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
32,1
IPSEN (IPN) G
A 108
112,95
104585
113,25
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
107,65
IPSOS (IPS) G
A 20,9
21,4
40149
21,5
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
20,9
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 15,34
15,7
40234
15,82
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
15,08
JCDECAUX (DEC) G
A 24
24,56
230941
24,66
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
23,86
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 33,2
34
22564
34,2
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
33,2
KLEPIERRE (LI) LR
A 26,78
27,4
713569
27,4
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
26,66
KORIAN (KORI)
A 30,48
30,88
85206
30,98
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
30,16
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 35,52
37,06
46050
37,33
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
35,52
LAGARDÈRE (MMB) G
A 22
22,14
249484
22,17
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
21,8
LATECOERE (LAT) g
C 2,71
2,715
121788
2,75
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
2,685
LE BÉLIER (BELI) g
C 29,3
29,6
5193
29,9
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
29,2
LNA SANTÉ (LNA) g
B 44,4
45,25
3574
45,35
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
44,4
LECTRA (LSS)
B 18
18,3
50934
18,32
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
17,84
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 32,95
33
859
33,25
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
32,9
LISI (FII) g
A 21,7
22,45
11640
22,45
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
21,65
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 11,1
10,9
8026
11,18
FR0000038242
16.754.425
10,7
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 13,73
13,69
158525
13,76
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
13,55
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 17,23
16,5
171476
17,7
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
16,33
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 31,75
31,9
2973
32
31,3
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 21,3
21,95
11484
22,2
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
21,1
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 2,535
2,5
70575
2,55
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.338.654
2,4
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,15
2,2
49785
2,2
FR0010609263
23.147.338
2,15
MERCIALYS (MERY) g
A 12,27
12,43
121788
12,51
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
12,21
MERSEN (MRN) g
B 23,05
23,85
43874
24
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
23,05
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,61
1,62
26126
1,62
FR0004177046
23.261.500
1,604
NANOBIOTIX (NANO) g
B 11,56
12,18
121744
12,37
FR0011341205
19.633.373
11,48
NATIXIS (KN) LR
A 4,13
4,258
4606609
4,258
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
4,105
NEOEN (NEOEN)
A 18,9
18,84
11944
19,06
FR0011675362
84.957.498
18,84
NETGEM (NTG) g
C 0,97
0,952
19187
0,98
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
0,94
NEXANS (NEX) G
A 23,49
23,6
172004
23,71
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
23,17
NEXITY (NXI) G
A 38,36
38,5
64540
38,82
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
37,86
NICOX (COX)
B 5,95
6,37
757664
6,48
FR0013018124
22.869.669
5,815
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,5
7,38
1690
7,5
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
7,38
OENEO (SBT) g
B 8,63
8,89
10730
8,96
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
8,63
ONXEO (ONXEO) g
B 0,94
0,998
973691
1,045
FR0010095596
50.892.509
0,94
ORPÉA (ORP) G
A 85,9
88,54
86876
88,54
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
85,8
PARROT (PARRO) g
B 3,2
3,225
91848
3,305
FR0004038263
30.174.671
3,2
PHARMAGEST INT. (PHA)
50,5
51,8
3400
52,5
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
50,1
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 16
16,4
6543
16,64
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
16
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,69
1,738
52755
1,764
FR0011950641
21.606.363
1,69
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 19,4
20,22
179937
20,35
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
19,31
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 8,42
8,86
DIV 8 02/05/17
44977
9
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
8,39
PSB INDUST. (PSB)
C 31,7
32,1
390
32,1
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
31
RALLYE (RAL)
A 9,07
8,965
19364
9,07
FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
8,915
RECYLEX SA (RX)
C 5,86
5,86
24584
5,86
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
5,575
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 95,5
98,9
125328
99
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
95,05
REXEL (RXL) G
A 8,8
9,13
1483672
9,146
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
8,778
ROBERTET SA (CBE)
B
/061218
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B 44
44
C.D.V. NOM.
20
44
FR0000045619
44
ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 29,3
29,8
34833
30,15
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
29,3
RUBIS (RUI)
A 46,84
47,96
DIV 2 28/07/17
124741
48,06
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
46,76
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 83,35
86,05
DIV 6 10/05/16
66236
86,2
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
83,3
SAVENCIA (BH)
B 56
57,4
1334
57,6
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
56
SCOR (SCR) LR
A 38,85
39,34
372510
39,52
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
38,65
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,92
- 8,49
- 35,5
+ 0,98
- 5,48
- 20,99
+ 8,36
- 5,45
- 43,56
+ 2,61
-20,91
- 72,56
- 1,52
- 8,69
- 42,63
+ 1,42
+ 0,22
+ 32,14
+ 2,67
- 7,52
- 47,76
+ 0,46
+ 1,27
- 13,44
- 1,43
-12,1
- 13,75
+ 2,07
- 0,08
- 19,05
+ 5,26
-14,41
- 9,5
+ 0,96
- 3,45
- 41,02
+ 4,05
-11,39
- 47,58
+ 1,53
-22,5
- 47,16
+ 5,19
-11,94
+ 54,47
- 2,74
-27,03
- 52,3
+ 1,56
-16,84
+ 3,64
+ 4,92
- 4,32
+ 9,66
+ 2
+ 2,88
- 31,59
+ 2,75
- 0,13
- 44,82
+ 2,5
-17,31
- 29,06
+ 2,41
- 4,12
- 14,57
+ 3,28
- 2,39
- 24,2
+ 1,85
-11,62
+ 2,32
+ 5,25
- 5,82
- 23,81
+ 1,1
- 8,09
- 17,6
+ 1,12
-18,59
- 54,22
+ 1,02
-12,56
- 42,75
+ 1,8
- 4,84
- 23,95
+ 1,55
- 5,38
- 27,38
+ 0,15
+ 6,97
- 13,84
+ 2,75
-16,39
- 45,51
+ 0,74
- 7,78
+ 55,96
- 2,21
-10,52
- 36,38
- 3,34
-14,24
- 56,9
- 1,24
- 47,7
+ 2,57
-14,26
- 30,54
- 1,58
-40,62
- 80,19
+ 2,8
-12,18
- 57,93
+ 2,56
+ 0,08
- 32,88
+ 4,15
- 7,02
- 35,28
+ 0,87
-11,09
- 33,88
+ 6,75
- 5,73
- 16,23
+ 4,39
-12,76
- 38,36
- 0,42
+ 2,95
+ 14,18
- 2,46
-11,85
- 62,22
+ 1,16
-13,11
- 54,67
+ 0,58
- 9,2
- 24,88
+ 17,31
+28,79
- 36,3
- 1,6
- 0,81
- 19,26
+ 3,01
- 1,33
- 15,65
+ 9,5
+5
- 29,7
+ 2,88
- 6,88
- 11,19
+ 0,94
+ 0,94
- 63,97
+ 3,6
- 5,99
+ 9,51
+ 3,28
+ 7,05
- 63,92
+ 2,84
+ 6,63
- 39,76
+ 5,26
-10,65
- 47,85
+ 5,98
+ 4,24
- 52,72
+ 3,55
-23,75
- 29,3
- 0,22
- 6,13
- 43,9
+ 3,63
- 7,72
- 60,78
+ 4,38
- 4,54
- 12,09
+ 4,18
- 8,43
- 41,08
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 6,42
53
48,8
8,87
+ 6,15
0,207
0,185
+ 9,39
9,31
8,26
+ 2,08
6,1
5,66
- 2,75
20
19,45
+ 1,34
68,35
63,7
1,95
+ 0,23
9,01
8,18
- 0,79
4,42
4,305
3,2
+ 2,22
0,14
0,138
66,8
64,05
+ 4,35
120
112,2
- 1,75
121,85
117,45
+ 1,52
42,76
40,6
- 3,47
49,28
46,63
+ 3,63
7,85
7,18
- 1,89
1,43
1,302
- 3,41
33,8
32,05
+ 0,09
113,25
107,65
+ 4,19
21,5
20,08
+ 1,16
15,84
15,08
+ 0,16
24,66
23,84
+ 1,8
34,2
32,76
+ 1,63
27,4
26,26
- 0,64
30,98
30,08
+ 3,43
37,33
35,21
+ 0,54
22,17
21,45
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2,75
2,61
- 2,15
30,8
28,9
+ 3,9
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31,3
+ 9,51
22,45
20,2
- 0,91
11,18
10,66
- 2,49
14,1
13,55
- 1,26
17,7
16,15
- 0,47
32
31,3
- 2,01
22,3
20,8
- 4,94
2,645
2,4
+ 9,45
2,2
1,984
+ 3,84
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24
22,8
+ 0,75
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+ 4,64
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+ 3,37
4,258
4,06
- 0,53
19,1
18,82
- 2,86
0,98
0,94
- 3
24,31
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6,48
4,96
- 0,54
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+ 14,39
1,045
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- 0,76
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+ 2,5
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2,06
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2,08
4,09
2,14
6,94
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8,69
52,52
2,97
6,49
2,03
1,24
44
44
- 3,4
30,85
29,3
+ 2,3
48,06
45,8
- 1,49
86,8
83
+ 2,87
57,6
55,4
- 0,15
39,52
37,95
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 108,3
68381
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,208
207648
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 17,12
15344
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,47
57356
FR0013006558
34.623.503
SIPH (SIPH) g
B 81,2
11
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
SOITEC (SOI) G
B 50
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
160506
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,49
REGR.
3469648
FR0012938884
583.630.365
SOMFY (SO)
A 62
1478
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 79,2
42254
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 11,2
241164
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
15,6
8092
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.425.786
ST DUPONT (DPT) g
C 0,128
1500
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
STEF (STF) g
B 75,6
2369
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,424
132613
FR0010949404
26.824.657
SUEZ ENVIRONNEMENT (SEV) LR A 11,415
1773343
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,336
15669
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 29
6953
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 22,85
4005
FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 17,31
77835
FR0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
TECHNICOLOR (TCH) G
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FR0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
TELEPERFORMANCE (RCF) G
A 135,2
76205
FR0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
TERREIS (TER)
B 35,4
4429
FR0010407049
13/11/18 0,44 25.327.454
TF1 (TFI) G
A 6,77
475879
FR0000054900
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THALES (HO) LR
A 101
217004
FR0000121329
04/12/18 0,5 213.097.001
THERMADOR GROUPE (THEP)
B 44,5
1208
FR0013333432
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TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 19,1
EX D S 03/07/17
7825
FR0013230612
30/05/18 1 103.477.599
TOUAX (TOUP) g
C 4,9
10277
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
TRANSGÈNE (TNG)
B 2,82
54843
FR0005175080
62.275.923
TRIGANO (TRI) g
B 73,35
73813
FR0005691656
11/01/18 1,3 19.336.269
UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 66,2
425545
FR0000054470
112.968.495
VALLOUREC (VK) G
A 1,715
12620853
FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
VALNEVA (VLA) g
B 3,1
82596
FR0004056851
92.106.952
VICAT (VCT) G
A 41,76
21850
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
VILMORIN & CIE (RIN) G
A 53,5
11206
FR0000052516
12/12/18 1,35 20.833.902
VIRBAC (VIRP) g
A 115,6
4163
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,2
372
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 24,15
6089
FR0013357621
20.196.492
WENDEL (MF) G
A 102,7
63920
FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 39,28
115249
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 4,38
55653
BE0974310428
130.781.669
XPO LOGISTICS (XPO) g
A
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
110,2
110,5
107,5
0,212
0,214
0,204
17,72
18,32
16,88
2,51
2,51
2,47
81,2
81,2
81,2
50,45
50,8
48,6
0,52
0,533
0,484
64
64
61,7
80,55
81,25
78,8
11,55
11,56
11,2
16,06
16,2
15,5
0,134
0,134
0,128
76,4
76,4
75,5
0,441
0,454
0,424
11,48
11,48
11,325
1,34
1,346
1,296
28,8
29,05
28,35
23,15
23,4
22,85
17,81
17,95
17,31
0,917
0,926
0,876
139,1
139,1
134,3
36
36,6
35,4
6,825
6,91
6,7
102,2
102,2
99,4
43,7
44,5
43,5
19,05
19,5
19
4,9
4,9
4,83
2,965
3,01
2,82
75,5
75,55
71,6
68,84
68,84
65,86
1,766
1,799
1,67
3,195
3,25
3,1
41,84
42,4
41,62
57,1
57,3
53,5
118,2
119,2
115,6
23,5
23,5
23,2
23,95
24,55
23,95
104,4
104,4
102,6
39,7
39,92
38,92
4,29
4,38
4,17
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 1,94
-11,56
- 31,72
+ 2,17
-15,54
- 71,23
+ 3,63
-14,4
- 40,83
+ 0,4
- 2,19
- 59,86
+ 0,25
- 0,98
- 3,45
+ 1,67
- 6,75
- 21,17
+ 7,84
-17,85
- 44,97
+ 3,73
- 3,47
- 23,81
+ 2,81
- 9,9
- 50,34
+ 4,05
- 4,23
- 47,78
+ 1,01
-10,18
- 54,27
- 3,25
- 13,55
+ 1,46
+ 0,66
- 20,25
+ 3,89
-19,47
- 71,73
+ 1,1
-12,1
- 21,66
- 0,45
- 7,59
- 29,84
+ 1,23
- 1,37
- 13,64
+ 1,31
-14,1
- 47,09
+ 2,65
-12,95
- 51,66
+ 5,28
-14,35
- 70,36
+ 3,96
- 5,31
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+ 1,7
- 3,49
- 16,28
- 1,73
-15,01
- 45,75
+ 3
- 4,22
+ 12,14
+ 1,63
- 2,02
- 24,98
+ 0,26
-18,24
- 11,81
-18,6
- 58,3
+ 5,14
- 2,15
+ 4,59
+ 3,5
-20,78
- 49,02
+ 4,46
- 4,55
+ 3,24
+ 7,82
-16,29
- 67,95
+ 2,08
- 6,03
+ 9,79
+ 0,72
- 0,71
- 39,27
+ 6,73
- 1,72
- 35,84
+ 2,78
- 6,78
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+ 0,43
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- 2,89
- 0,83
-20,83
- 42,98
+ 2,25
- 2,88
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+ 1,8
-16,6
- 5,43
+ 2,63
-15,88
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- 7,51
+ 23,08
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 2,3
112,1
107
+ 3,67
0,214
0,204
- 2,53
18,5
16,84
+ 4,15
2,51
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81
- 0,3
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64
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- 0,12
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- 2,55
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+ 6,77
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75
+ 1,5
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- 0,43
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- 1,47
1,38
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- 5,32
24,8
22,6
+ 1,66
17,95
16,96
- 3,93
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- 0,36
139,1
133,7
36,6
35,4
- 3,6
7,115
6,7
+ 0,2
102,2
98,96
- 1,8
44,5
43
- 3,05
19,65
19
+ 0,41
4,95
4,83
+ 8,61
3,01
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- 2,33
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65,8
+ 8,61
1,799
1,554
+ 0,79
3,25
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57,3
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+ 3,87
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- 0,84
23,7
23,2
+ 3,46
24,8
23,45
- 0,29
104,4
101,4
- 5,92
42,22
38,72
+ 0,7
4,4
4,145
+ 2,56
320
306
2,98
3,46
3,21
5,66
12,5
3,46
3,37
1,33
5,13
0,49
5,25
1,72
3,59
2,36
2,54
80
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,7
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52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
euronext//taux&changes//matières premières
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6,6
1,05 + 3,96
103 + 3
1
72724
103
860
820
- 4,09
5
ISIN
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
VALEUR
OUV
+HT
MR BRICOLAGE SA
B 8
8
MRM
C 1,4
1,41
MUSÉE GRÉVIN
C 66,5 66,5
NANOBIOTIXg
B 11,56 12,37
NAVYA
B 1,95
1,95
NEOPOSTG
A 24,66 24,98
NEURONESg
B 18,4
19
NEXTSTAGE
C 90,5 90,5
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,78 0,78
OL GROUPEg
C 2,8
2,83
ORAPIg
C 5,2
5,4
ORCHESTRA-PRE.
C 0,55 0,57
OREGE
2,61
2,61
PARAGON ID
C 17,9
17,9
PAREFg
C
PASSAT
C 3,36 3,4
PATRIMOINE & COM
B 16,2
16,3
PCAS g
C
POUJOULAT
C 34
34
POXELg
C 5,1
5,38
PRECIA g
C 173
173
PRISMAFLEXg
C 9,22
9,5
PRODWAYS GROUP
B 2,805 2,925
PROLOGUEg
C 0,373 0,416
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 20,2 20,4
RIBERg
C 2,05 2,145
ROBERTET SA
B520
528
ROCHE BOBOIS
B 17
17,2
S.A.M.S.E.
B 131
131
SABETON
C
SCBSMg
C 6,45 6,55
SÉCHÉ ENV.g
B 26,6
27,2
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 6,1
6,1
SIGNAUX GIROD
C 12,75 12,75
SII
C 20,1
20,4
SMCP
A 13,352 13,736
SMTPCg
B 18
18
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C 179
179
SOFT COMPUTINGg C 24,6 24,6
SOGECLAIRg
C 21,4
21,6
SPIR COM.
C
TAYNINH
C
B 111,5 120
TESSIg
TFF GROUP
B 34,38 34,38
TIPIAK
C 76
76
TIVOLY
C 29,2
29,4
TONNA ELECT.
C
+BS
7,66
1,4
64,5
11,48
1,86
23,62
18,4
90
0,75
2,79
5,2
0,53
2,61
17,74
CLÔT ÉCART VOL
7,66 + 1,86
398
1,41 + 0,71
435
64,5 - 5,15
60
12,18 + 6,75 121744
1,91 - 1,55
10367
24,08 - 2,11
90902
19 + 3,54
1791
90
- 0,55
45
0,75 - 3,85
4022
2,8
2750
5,4 + 3,85
1738
0,546- 0,73
88173
2,61
1
17,88 - 0,11
120
74
+ 1,33
3,29
3,4 + 1,19
3706
15,9
16,2
2459
13,14 + 0,31
34
34
10
5,1
5,24 + 2,75 130421
169
169
14
9,22
9,4 - 0,63
375
2,79
2,865+ 4,75 94301
0,373
0,396+ 6,02 278352
18,8
20
2,05
514
16,6
131
20,4 - 4,67
2,1 + 2,94
524
+ 2,75
17
131
+ 0,77
780
72951
764
422
1
21,6
6,55 + 1,55
27,2 + 2,26
6,45
26,6
5
841
86
6,08
12,7
20,1
13,028
17,62
6,08
12,7 - 0,39
20,1
13,11 - 0,14
17,62 - 1,67
411
447
962
73244
230
1,46
16
0,76
179
24,4
21,4
179
+ 1,13
24,4
21,6 + 0,94
2,65 + 0,37
2
7981
495
1,36
111,5
34,315
76
29,2
120
+ 8,11
34,32 + 0,02
76
- 0,65
29,4 + 0,69
640
282
28
18
0,41
ISIN
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
0,304- 5,59
33410
32,2
2,59 + 0,39
6631
1400
28,4
169 + 0,6
1
1
5450
41
- 2,38
39,9 + 2,31
200
2090
+HT
2,9
36,4
+BS
2,82
36,2
129
129
126
11,964
C
+ 2,38
- 1,82
490
0,02
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
735
21,5
21,9
0,526 0,526
21,4
0,52
21,9 + 1,39
0,526
49
49
1,79
1,84
4,11
4,15
49
1,79
4,11
49
1,84 + 2,79
4,15 + 0,73
4,99 5,01
8,34 8,45
36,7
38,4
1,48
1,52
4,99
8,34
36,1
1,43
5 + 0,19
8,45 + 0,12
37,85 + 4,41
1,485- 0,67
882
2541
EURONEXT GROWTH (Sélection)
1,89
166
1201
363
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
2,8
2,5
1336
3488
3918
6524
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A 22,96 24,1
22,82
24
C
A
C
A
18,98
3,6
3,75
50,95
4,98
60
5,118
17,45
3,52
3,63
50,25
4,5
59
4,924
18,11 - 0,22
55148
3,6 + 2,86
1810
3,7 - 0,54
332
50,7 + 0,5
104843
4,98 - 14,87
1953
59,2 - 1,33
5,108+ 4,01 848733
35,1
35,02
35,1
35,02
35,1 - 2,23
35,02 - 2,4
+ 8,11
0,66
18,98
3,52
3,75
50,45
4,98
60
A 4,946
C
35,1
35,02
8,98
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
A 126
CLÔT ÉCART VOL
2,9 + 3,57
437
36,3 - 0,28
3066
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
CHANGES : COURS AU COMPTANT
B 63,5
C
B
63,5
63
63
- 0,79
OUV
0,123
0,056
6,98
1,83
0,159
4,77
25
59,4
19,95
0,063
0,243
19,84
5,28
4,28
0,108
0,157
0,398
1,238
0,208
0,687
+HT
0,135
0,057
7,28
1,83
0,167
4,79
25
59,5
20
0,064
0,258
19,92
5,28
4,32
0,108
0,167
0,41
1,32
0,215
0,69
+BS
0,123
0,054
6,84
1,69
0,155
4,77
24,6
58,7
19,15
0,06
0,243
19,72
5,2
4,28
0,092
0,157
0,397
1,238
0,207
0,662
12,05
0,928
8,16
0,229
111
12,05
11,85
0,94
0,918
8,32
8,16
0,238 0,229
114
110
CLÔT ÉCART VOL
0,123 - 0,81 197866
0,055- 1,43 2585833
7,28 + 4
414
1,756- 4,04 90592
0,167+ 4,78
70224
4,77
4025
24,85 - 0,6
5902
59
- 0,17
2208
20
1401
0,061+ 0,49 1868584
0,252+ 2,86 904252
19,78 - 0,3
10659
5,28 - 0,38
300
4,32
201
0,098- 2,5 1240708
0,162+ 4,52 125530
0,408+ 2,77 26273
1,286+ 4,38 86394
0,208- 1,42 315901
0,662- 5,43
27300
78
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
86,5
11,85 - 2,47
0,94 + 0,21
8,22 + 0,74
0,238+ 3,71
112,5 + 1,35
291
3106
1949
10987
884
INVESTIR 10
110.4
84.18
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
2,73
-0,48
- 1,79
107
C
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
CERTIFICAT/FONDS
37
690
4,02
- 1,38
30
91
C
B 3,47
750
3,47
3,12
3,2
- 7,78
- 13,79
6581
13
+ 0,78
66 + 0,76
79,8
1812
68
795
44,4
C
15,2
13
66,5
81,8
13
66,5
81,8
12,95
66
79,8
59,13
19,91
C
48
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,141
LIVRE STERLING
0,8956
FRANC SUISSE
1,1251
COURONNE DANOISE
7,4677
COURONNE NORV.
9,8268
KUNA CROATE
7,4367
COURONNE SUEDOISE
10,2073
DOLLAR CANADIEN
1,53
YEN JAPONAIS
123,5495
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6055
ROUBLE RUSSE
77,1145
ROUPIE INDIENNE
79,448
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6918
COURONNE TCHEQUE
25,565
FORINT HONGROIS
321,05
ZLOTY POLONAIS
4,2885
LEV BULGARE
1,9562
DOLLAR HONG-KONG
8,9382
WON SUD COREEN
1275,3802
PESO MEXICAIN
22,1925
REAL
4,2377
DOLLAR SINGAPOUR
1,5512
RAND SUD-AFRICAIN
15,9502
LIVRE TURQUE
6,0934
RENMIBI YUAN
7,8371
RUPIAH
16236,5648
PESO PHILIPPIN
59,7117
RINGGIT MALAIS
4,7017
BATH THALANDAIS
36,5264
0,13
-0,68
0,05
0,00
-0,77
0,04
-0,48
-0,42
0,71
-1,41
-1,48
-0,69
-0,66
-0,31
-0,14
-0,12
-0,01
0,16
-0,51
-0,76
-1,00
-0,20
-2,19
-2,37
0,09
-1,11
-0,31
-0,45
-0,47
-0,49
-0,60
-0,14
0,02
-0,82
0,24
-0,36
-1,67
-2,79
-1,58
-2,95
-0,59
-0,95
-0,56
-0,01
-0,08
-0,27
-0,60
-0,08
-1,62
-4,91
-0,74
-4,08
0,36
-0,58
-1,66
-0,94
-0,81
-1,29
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
04-01-2019
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,141
0,8956
1,1251
10,2073
7,4677
1,2355
1,53
GBP
CHF
0,8765
1,1166
0,8888
1
1,2743
1,0145
0,7847
1
0,796
0,9858
1,2562
1
8,9463 11,3985
9,0737
6,5445
8,3388
6,6381
1,0829 137,9901 109,845
1,3411
1,7086
1,3602
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
04-01-2019
1 EURO EN DEVISE
SEK
DKK
0,098
0,1118
0,0877
0,1102
1
0,7315
12,106
0,1499
0,1339
0,1528
0,1199
0,1506
1,367
1
0,1655
20,4904
JPY (100)
CAD
0,8094
0,9235
0,7247
0,9104
0,0826
6,043
1
1,2389
0,6536
0,7457
0,5853
0,7352
6,6711
4,8803
0,8072
1
04-01-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64 -0,37/-0,67 -0,17/-0,47 -0,17/-0,47-0,08/-0,38
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
04-01-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,28
PORTUGAL
-0,28
FRANCE
-0,05
ESPAGNE
-0,09
ITALIE
-0,35
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,62
0,41
0,13
0,24
1,18
-0,32
0,85
0,28
0,55
1,79
-0,07
1,28
0,36
0,84
2,37
0,16
1,62
0,46
1,21
2,59
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
245,79
171,24
236,37
285,85
336,16
345,64
234,91
VAR %
31/12 VAR %
245,87
171,32
236,50
287,33
337,19
346,89
235,28
-0.21
-0.44
-0.12
-0.32
-0.65
-0.78
-0.17
0.18
0.30
0.06
-0.11
0.34
0.42
0.01
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1409
1,1410
0,8955
0,8956
1,1246
1,1250
10,2061
10,2084
7,4659
7,4694
123,5440
123,5550
1,5299
1,5302
0,0004
0,0000
-0,0092
-0,0096
0,0028
0,0026
-0,0667
-0,0693
0,0008
0,0035
1,0842 -0,0223
1,0404 -0,0222
-0,0056
-0,0060
-0,0089
-0,0117
0,0035
0,0033
-0,0708
-0,0738
0,0037
0,0048
1,0679
1,0139
-0,0283
-0,0283
-0,0146
-0,0150
-0,0144
-0,0150
0,0047
0,0044
-0,0765
-0,0800
0,0071
0,0082
1,0395
0,9787
-0,0376
-0,0377
-0,0328
-0,0333
-0,0211
-0,0217
0,0072
0,0066
-0,0883
-0,0972
0,0152
0,0136
1,0451
0,9624
-0,0569
-0,0572
04-01-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
105
OUV
C 2,82
B 36,4
GA0000121459 TOTAL GABON
US91912E1055 VALE SA
BMG9887P1068 ZCI LIMITED
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
TAUX ET CHANGES
PAYS
5,3
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.30 %
fOnds federaux
2.50 %
2 ans
2.54 %
10 ans
2.71 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.01 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,54
-0,60
-0,61
-0,60
-0,57
-0,49
-0,01
0,66
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
TME
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
27-11
28-11
29-11
30-11
03-12
04-12
05-12
06-12
07-12
10-12
11-12
12-12
13-12
14-12
17-12
18-12
19-12
20-12
21-12
24-12
26-12
27-12
28-12
31-12
02-01
03-01
04-01
0,80
0,80
0,80
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,72
0,72
0,72
0,72
0,73
0,73
0,73
0,73
0,70
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
-0,362
-0,362
-0,362
-0,365
-0,349
-0,349
-0,355
-0,369
-0,358
-0,359
-0,359
-0,358
-0,36
-0,36
-0,362
-0,362
-0,364
-0,366
-0,367
-0,374
-0,369
-0,369
-0,369
-0,355
-0,356
-0,356
-0,368
-0,368
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,367
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,369
-0,367
-0,366
-0,365
-0,365
-0,364
-0,364
-0,363
-0,362
-0,363
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,315
-0,315
-0,314
-0,312
-0,312
-0,311
-0,311
-0,311
-0,311
-0,309
-0,31
-0,31
-0,309
-0,309
-0,309
-0,31
-0,309
-0,31
-0,309
0,73
0,71
0,71
0,69
0,70
0,68
0,66
0,66
0,67
0,69
0,74
0,69
0,70
0,69
0,71
0,70
0,70
0,67
0,68
0,68
0,68
0,68
0,69
0,69
0,64
0,65
0,66
THOR.
PUB.
PRIV.
1,00
1,00
1,00
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
1,00
1,00
1,00
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
2
115
- 0,86
29,8
38,5
0,029
3,98 - 6,13
11,8 + 3,97
27,4
2
757
117
33201
304
1355
34
36
24,6
107
- 2,28
85,4 + 0,47
3,2 + 1,27
0,35 + 11,29
45,4 + 0,22
35
+ 2,94
24
1
99
41
3131
613283
270
104
1
1,6
20 + 2,15
13,85
2,16 + 0,94
50,8 + 0,99
3,28 - 0,91
0,23
5,46 + 0,37
8,24 + 2,74
6,54 + 2,19
39,5 - 0,25
130
- 0,38
52
4719
1
9366
5469
19735
200
352
409
1001
1373
50
337
1,04
54
- 9,24
37,5 + 1,35
4,4 + 2,56
312 + 0,65
16
1898
2832
9
2,3
5,5
7
+ 1,16
3,8 + 6,74
4,69 + 0,21
5,88
4,57 + 2,7
1251
127
4094
2669
109
5615
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
04/01
03/01
COURS PRIME PREC.
LINGOT
36670
0
36980
10 FLORINS
228
2,77
219
5 DOLLARS*
325
17,86
325
10 DOLLARS
600
8,79
613
20 DOLLARS
1230
11,47
1230
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1400
1,81
1361
LATINE
214
0,51
214
NAPOLEON
221,9
4,22
221,9
1/2 NAPOLEON*
110
3,33
125
SOUVERAIN ELI I* 280
4,31
280
SOUVERAIN
273,2
1,78
275
1/2 SOUVERAIN* 140
4,31
140
SUISSE
213,2
0,14
222
TUNISIENNE*
213
0,04
213
MARK*
267,9
2,03
267,9
KRUGERRAND
1212
6,26
1213
LINGOTIN 500GRS 18900
3,08 18900
LINGOTIN 250GRS 9450
3,08
9450
LINGOTIN 100GRS 3800
3,63
3800
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
530,87
528,56
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
35 632
35 626
FIX2
35 883
35 883
100
22,6
29,6 - 0,67
97,4 + 0,21
317
16
2,08
119
+ 2,15
217
2,74
34,8 + 0,29
0,836+ 1,95
26,5
600
61,8 + 0,65
3,305+ 2,8
3,94 + 0,51
1,265 - 1,17
0,289- 1,37
12,45
6,7
1,935
0,99 - 0,6
645
152
171
5545
266
64
197289
3509
735
9493
51
44
1
5753
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
609,03 DEPUIS LE 04/01
BASE CUIVRE
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 514,85 DEPUIS LE 04/01
523,41 DEPUIS LE 04/01
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
566,21 DEPUIS LE 04/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
700,73 DEPUIS LE 04/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
670,16 DEPUIS LE 04/01
LONDON METAL EXCHANGE
04/01
03/01
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1380-1385
1420-1425
11120
CASH
3 MOIS
VOL.
1825-1825,5
1820-1820,5
1267125
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 269
1 269
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
800
794
SETTLEMENT
04/01
JANV. 19
15,7
MARS 19
15,79
MAI 19
15,88
JUIL. 19
15,97
SEPT. 19
16,05
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
03/01
15,47
15,8
15,89
15,98
16,06
SETTLEMENT
JANV. 19
FÉV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
04/01
822
822,5
827,2
832,4
838,4
CASH
3 MOIS
VOL.
03/01
1292
1302,4
1308,8
1315,1
1327
SETTLEMENT
03/01
796,8
797
802,7
807,8
810,2
19500-19525
19470-19475
2180
10710-10715
10790-10800
207924
10435-10440
10525-10530
207924
1942-1943
1950-1952
107475
1974-1975
1982-1987
107475
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2479-2480
2409,5-2410,5
130200
2460-2462
2395-2396
130200
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
04/01
2,65
2,65
2,65
2,65
03/01
2,58
2,58
2,58
2,57
VOL
41
240
81618
113
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
04/01
19600
03/01
19600
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8050
8050
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,35
1,35
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33
33
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,8
6,8
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
28,3
28,3
GERMANIUM (PAR KG)
1300
1300
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1905
1905
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
04/01
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT
04/01
JANV. 19
1282,7
AVR. 19
1292,2
JUIN 19
1298,7
AOUT 19
1304,9
DÉC. 19
1317,4
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
19490-19500
19450-19500
2180
5838-5839
5861-5862
130025
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
CASH
3 MOIS
VOL.
03/01
ÉLECTRICITÉ
5810,5-5811
5835-5837
130025
LONDON BULLION MARKET
04/01
03/01
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 570
1 571
1 290
1857-1858
1845,5-1846,5
1267125
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 280
1370-1385
1405-1420
11120
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 580
22 517
FIX2
22 622
22 452
57
19,3 + 0,26
CATHODES : 5312 A COMPTER DU 04/01/
04/01
VOL
04/01
BASE FEB 19 64,17
BASE MAR 19 61,49
POINTE FEB 19 70,89
POINTE MAR 19 65,3
CLÔTURE
03/01
40,69
46,28
CLÔTURE
VOL
364004
192492
VOL
03/01
63,17
60,53
70,17
64,29
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
502,5
London Daily Price:
356,5
331,5
340,5
315,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
56,15
60,68
403,5
371,5
56,15
60,68
389,5
357,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
CLÔTURE
04/01
48,65
49,1
49,56
49,96
50,29
03/01
47,78
48,23
48,7
49,1
49,43
VOL
03/01
28,85
29,15
29,3
CLÔTURE
CLÔTURE
04/01
3,03
2,89
2,69
03/01
2,92
2,8
2,62
VOL
VOL
60
10
16
2
VOL
04/01
11,93
12,02
12,16
12,46
13,09
03/01
11,71
11,84
12
12,3
12,95
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
04/01
DEC 2018 22,39
JAN 2019 22,08
FEV 2019 21,59
CLÔTURE
CLÔTURE
04/01
03/01
MARS 19 1724
1757
MAI 19
1749
1781
JUIL. 19
1760
1789
SEPT. 19
1766
1791
DÉC. 19
1767
1790
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
10141
7540
6658
2573
2296
03/01
2398
2432
2460
2467
2343
21351
14705
2751
1066
2
04/01
03/01
JANV. 19 1525
1529
16
MARS 19 1545
1557
4775
MAI 19
1562
1572
1480
JUIL. 19
1578
1589
402
SEPT. 19
1595
1599
89
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
19703
4119
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
04/01
101,6
104,65
110,3
114,15
03/01
102
105,05
110,65
114,45
VOL
16115
6219
1314
825
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
04/01
323,6
329,9
334,6
03/01
326,3
329,2
334
VOL
141421
48540
27307
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
04/01
03/01
JANV. 19 10,23
10,1
MARS 19 10,48
10,44
MAI 19
10,64
10,6
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
04/01
03/01
112,45
115,7
VOL
112.45
216
6
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
222
17
5
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/01
173,7
176,7
178,75
VOL
03/01
169
172,5
178,5
45
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
152.55
LE 03/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD : 1.21925
LE 03/01//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.449
LE 03/01//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.6195
LE 03/01//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
04/01
RJ CRB
BOIS
99
515
173
SETTLEMENT SETTLEMENT
BETAILS
VOL
VOL
04/01
03/01
MARS 19 383
380,25
MAI 19
391
387,75
JUIL. 19
398,25
395
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
152
4
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
VOL
04/01
03/01
JANV. 19 180,5
180
MARS 19 182,25
181
JUIN 19
185,5
184,25
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
03/01
70,89
73,68
77,73
04/01
2361
2398
2429
2433
2450
SETTLEMENT SETTLEMENT
CAFÉ
03/01
22,61
22,34
21,79
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
VOL
VOL
04/01
03/01
MARS 19 517
513,75
MAI 19
522,75
520
SEPT. 19
538,75
537
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 100.93
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
COTON
04/01
72,52
75,29
73,81
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/01
03/01
MARS 19 207
206
15508
MAI 19
208
207,25
3675
SEPT. 19
190,5
189,75
504
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
INDICE COTLOOK A : 79,65, LE 04/01//19
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
55583
30356
22205
11131
3389
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
04/01
03/01
MARS 19 280
278,5
MAI 19
280,25
279,25
JUIL. 19
281,5
283,75
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
03/01
22,33
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
VOL
5130
2794
1122
509
282
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 02/01/
Prix indicatif : 2345,64
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
GAZ NATUREL
CLÔTURE
04/01
03/01
FÉV. 19
529
512,5
89963
MARS 19 529,25
513
62067
AVR. 19
529,25
513
28424
MAI 19
529,5
513,25
18792
JUIL. 19
534,75
518,75
5619
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
04/01
28,8
29,15
29,25
CLÔTURE
CACAO
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
MAI 19
JUIN 19
CLÔTURE
04/01
03/01
MARS 19 330,9
323,8
MAI 19
335,3
329,1
AOUT 19 340,5
333,7
OCT. 19
344,7
338,1
DÉC. 19
350,9
344
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
04/01
NORD DA 22,12
04/01
03/01
JOUR
57,06
55,95
MARS 19 57,06
55,95
307659
AVR. 19
57,21
56,14
137543
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
CLÔTURE
03/01
23,4
URANIUM
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
CLÔTURE
04/01
23,4
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
477,5
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
SPOT
CÉRÉALES
11,89 cts/lb
179,69
03/01
177,81
REUTERS COM. 2368,11
2368,11
MOODYS COM. 5684,42
5684,42
OR INDUSTRIEL 36651
36687
2730,1
2745,4
LMEX
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
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34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
221,8
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
618,87 03/01
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
03/01
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
298,58 03/01
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
494,23 03/01
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
549,51 04/01
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
230,07 03/01
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
SYNCHRONY (LU)
361,48 04/01
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
467,33 03/01
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
159,11 03/01
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94,68 03/01
LU0188501257 PICTET-HEALTH
245,62 03/01
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
388,29 03/01
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
90,23 03/01
492,86 03/01
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111,96 03/01
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LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
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LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
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13396,8
31/12
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136,65 03/01
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DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
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DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
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EN EUROS** VALOR.
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
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CODE ISIN
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87,46 03/01
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272,01 03/01
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
une jeune pousse qui se positionne en accélérateur de développement de produits dans l’environnement des logiciels open source. « L’entreprise a, dès le premier exercice, fait du chiffre
d’affaires, près de 600.000 euros, s’enthousiasme
la cofondatrice. Notre priorité, à la différence de
bien des start-up, était de trouver des clients. » Et
c’est à Guillene Ribière, qui, en même temps,
suit les cours du MBA « Leadership and Innovation » à l’IAE d’Aix-en-Provence, qu’est confiée
la stratégie commerciale.
Fonceuse, elle décroche des contrats aux
Etats-Unis et au Japon. De ces débuts harassants, mais ô combien passionnants, l’auteure
du petit manuel des start-up vues de l’intérieur
a retenu une règle d’or qu’elle martèle au fil des
pages, « l’innovation, oui, à condition de marier
la technologie et le marché ».
par Christiane Navas
–– Correspondante à Nice
INRIA
Guillene
Ribière
se fait l’avocate
des start-up
Et si on en faisait trop en France pour les
start-up ? Tous ces millions d’euros consacrés à
des projets, qui n’ont rien à envier à un jeu de
hasard, ne seraient-ils pas mieux investis pour
pallier le manque de médecins et d’équipements hospitaliers ? Interpellée par sa fille, étudiante en médecine, la cheffe d’entreprise
Guillene Ribière a décidé de prendre la plume,
un plaidoyer devenu depuis un livre, « Les
start-up expliquées à ma fille » (Pearson).
Rien ne destinait pourtant cette ingénieure à
devenir startuppeuse et à défendre un modèle
dont elle est longtemps restée éloignée. A sa sortie de l’Ecole supérieure d’ingénieurs en électrotechnique et électronique de Paris en 1993, la
jeune diplômée choisit plutôt de rejoindre un
grand groupe, Philips. « Je cherchais la sécurité
financière, raconte-t-elle. La galère vécue au quotidien par mes parents aux commandes d’une
PME du secteur de la distribution automatique
m’avait vaccinée contre la création d’entreprise. »
Intégrée dans une équipe du laboratoire de
recherche, Guillene Ribière travaille sur les premiers modems câbles, d’abord en région parisienne, puis dans la Silicon Valley, chez NXP,
comme chef de projet aux Etats-Unis, où elle
embarque son mari, lui aussi ingénieur. La
jeune Française, vite lassée par la routine,
rejoint ensuite le département « produits innovants » de 3 Com, société américaine spécialisée
dans les équipements réseaux.
Dix ans chez Texas Instruments
Rester aux Etats-Unis ou rentrer en France, le
couple qui a deux petites filles s’interroge, et
arbitre finalement pour le retour en 2003. Ce
sera la Côte d’Azur, à Sophia Antipolis. Commence pour Guillene Ribière les années Texas
Instruments. Dix ans où elle travaille comme
architecte logiciel, une éternité presque, l’ennui
guette la jeune femme qui a compris que sécurité de l’emploi et grande entreprise ne riment
pas toujours. Surtout, elle a envie d’autre chose,
pourquoi pas un MBA avant de se lancer dans
l’aventure entrepreneuriale ? La néo-quarantenaire en est convaincue : « On ne meurt pas de
ses échecs, on meurt des projets qu’on pouvait tenter et que l’on n’a pas tentés. »
La fermeture du site de Texas Instruments
sur la Côte d’Azur en 2013, pour traumatisante
qu’elle soit, lui en fournit finalement l’opportunité. « Je me suis sentie rajeunir », se souvient la
startuppeuse en herbe qui, avec quatre anciens
collègues, décide de se lancer et crée BayLibre,
Créer une bulle d’excellence
L’insécurité financière qu’elle voulait tant éviter,
la course contre le temps font partie du quotidien dans l’univers des jeunes pousses, mais
« lancer une start-up ne relève en rien d’un jeu de
hasard, c’est créer une bulle d’excellence au milieu
du marasme économique et social ambiant »,
plaide celle qui a décidé aujourd’hui de partager
son expérience avec d’autres startuppeurs pour
les aider à franchir les obstacles.
Car la cofondatrice de BayLibre a repris sa
liberté et laissé ses anciens associés poursuivre
sans elle pour devenir, depuis 2016, chargée des
partenariats et des projets d’innovation à l’Inria
Sophia Antipolis, où elle accompagne les porteurs de projet. Une pause salutaire avant de se
relancer dans l’aventure en première ligne. Mais
aussi un poste d’observation stratégique pour
identifier les projets prometteurs et valider la
martingale qui, à ses yeux, peut faire le succès des
start-up : « Accepter de coupler, dès le démarrage
du projet, l’innovation avec un savoir-faire entrepreneurial solide au sein de l’équipe », résume-telle. Pour se donner aussi toutes les chances
avant de se relancer dans un parcours de startuppeuse dans lequel elle n’a jamais cessé de croire. n
filiale. En 2006, il rejoint Bouygues Bâtiment International en
tant que directeur financier pour
l’Asie et le Moyen-Orient. En 2015,
il est promu chief financial officer
de Bouygues UK.
ROLAND BERGER
Philippe Burucoa
rejoint Roland Berger en tant
que senior partner au sein de la
practice services financiers.
Philippe Burucoa, 57 ans, est titulaire d’un master en sciences de
Telecom ParisTech. Durant son
p arco u rs p ro fessi o nnel , i l a
occupé le poste de vice-président
chez AT Kearney dans les secteurs de l’automobile et du retail
banking. Il a également dirigé les
practices industrie, consumer
goods, puis stratégie et transformation d’entreprise chez Kurt
Salmon/Wavestone.
CARTAMUNDI
Stefaan Merckx
est le nouveau CEO du groupe
Cartamundi.
Stefaan Merckx, 43 ans, est titulaire d’un master en ingénieur
civil architecte à la KU Leuven
(Belgique) et d’un MBA à la Cranfield S cho ol of Management
(Royaume-Uni). Après six ans
passés chez EY, il rejoint Vandemoortele en tant que responsable
de l’intégration de plusieurs opérations dans différents pays puis
dirige le département bakery products.
INVESCO
Julien Valarcher
accède au poste de responsable
commercial ETF France-Monaco
auprès de la clientèle distribution.
ENTREPRISES
CRÉDIT AGRICOLE
Laurent Cazelles
devient directeur général
de Crédit Agricole Consumer
Finance France.
Laurent Cazelles, 53 ans, diplômé
de Télécom Bretagne, titulaire
d’un mastère spécialisé en finance
internationale de HEC et d’un
DESS fiscalité internationale de
HEC-Paris XI, a réalisé l’essentiel
de sa carrière dans le groupe Crédit Agricole. En 2001, il intègre la
direction financière de Prédica
( g r o u p e C r é d i t A g r i c o l e) e t
devient, en 2005, directeur des
investissements et de la gestion
financière. Il est nommé directeur
des finances et des engagements et
directeur marketing de la Caisse
régionale Centre-Loire en 2008,
puis directeur général adjoint de la
Caisse régionale de l’Anjou et du
Maine en 2012 et enfin de la Caisse
régionale Toulouse 31 en 2017.
LÉON GROSSE
Lionel Christolomme
Olivier Crillon
deviennent respectivement
président du directoire
et directeur administratif
et financier du groupe
Léon Grosse. Olivier Crillon est
également membre du directoire.
Lionel Christolomme, 51 ans,
formé à l’Ecole supérieure des
travaux publics, a réalisé l’essentiel de sa carrière dans le groupe
Bouygues qu’il a rejoint en 1991.
Responsable travaux en France, il
est ensuite directeur général de la
filiale Bouygues à Singapour. En
2007, il est nommé directeur
général adjoint au Royaume-Uni
avant de devenir directeur général de Bouygues UK en 2016.
Olivier Crillon, 47 ans, diplômé
de l’European Business School,
débute dans le groupe Bouygues
en 1995. En France, il occupe les
postes de contrôleur de gestion,
puis de secrétaire général d’une
Julien Valarcher, 35 ans, CFA, est
titulaire d’un double master 2 en
marchés financiers et en gestion
de patrimoine de l’IAE Clermont
Auvergne. Il occupe des fonctions
commerciales pendant quatre
ans au sein de la banque d’affaires
du groupe Oddo. En 2012, il
rejoint Ossiam, où il est chargé de
développer la clientèle basée en
France, en Suisse romande et au
BeLux, sur les banques privées et
gérants de fortune, les gestions
diversifiées et la multigestion.
GRANDIR
Denis Terrien
prend la direction générale
du groupe.
Denis Terrien, 53 ans, diplômé de
l’université d’Oxford et de la Harvard Business School, est ingénieur
de formation. Au cours de sa carrière, il a notamment fondé Amazon.fr et dirigé le groupe 3 Suisses.
Depuis 2016, il préside le conseil de
surveillance du groupe Grandir. Il
est également président non exécutif du conseil d’administration de
Vivarte ainsi que président du
think tank Entreprise et Progrès.
ILS SONT NÉS
UN 7 JANVIER
Daniel Augereau, présidentdirecteur général du groupe
Synergie, 75 ans.
Nicolas Cage, acteur, 55 ans.
Patrice Caine, présidentdirecteur général de Thales,
49 ans.
Sophie Cluzel, secrétaire
d’Etat chargée des Personnes
handicapées, 58 ans.
Philippe Collombel, associé
gérant de Partech
International Partners, 58 ans.
Marie Desplechin, écrivain,
60 ans.
Frédéric Duchesne,
président-directeur général de
Pierre Fabre Médicament,
60 ans.
Anne-Gabrielle HeilbronnerLahoud, secrétaire générale
de Publicis Groupe, 50 ans.
Hervé Le Bouc, présidentdirecteur général de Colas,
67 ans.
Christian Louboutin, créateur
de chaussures, 55 ans.
Yves Michalon, éditeur, 74 ans.
Arnaud Nourry, PDG
d’Hachette Livre, 58 ans.
Denis Ranque, président
du conseil d’administration
d’Airbus Group, 67 ans.
Claude Revel, ex-déléguée
interministérielle à
l’intelligence économique,
64 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS.LESECHOS.FR //
LUNDI 7 JANVIER 2019
EXECUTIVES
La feuille
de route des
entreprises
pour 2019
L’activité se poursuit pendant
la transformation digitale.
A condition de ne pas passer
à côté des soubresauts du monde,
des nouvelles lois et des nouveaux
modèles à envisager
pour continuer à exister.
ertaines priorités peuvent résonner comme des menaces en
2019. A commencer par la situation géopolitique et la cybersécurité.
C
Reconsidérer la géographie
des marchés… et des ressources
Ralentissement de la croissance chinoise, guerre commerciale Chine - EtatsUnis, incertitudes liées aux différentes
politiques des Etats membres de l’Union
européenne, soft ou hard Brexit, géopolitique au Moyen-Orient… « Mis ensemble, ces facteurs impactent les entreprises,
qu’elles soient industrielles ou de services.
Ils les placent face à une situation de
ralentissement, parfois de retournement,
dans laquelle il est impératif d’innover
pour sortir par le haut », diagnostique
Hanna Moukanas, le patron d’Oliver
Wyman à Paris.
La nature même des échanges commerciaux a radicalement changé, analyse
Pierre-Ignace Bernard chez McKinsey,
évoquant la circulation exponentielle
des données. En outre, « nous sommes
passés d’un modèle BRIC (Brésil, Russie,
Inde, Chine) à un modèle Icasa (Inde,
Chine, Afrique, Asie du Sud-Est), et les
priorités d’expansion géographique qui
en découlent ne sont plus les mêmes pour
les entreprises », explique le directeur
associé senior au bureau parisien du
cabinet américain. Dans le même
temps, pointe l’expert, les capacités des
ressources naturelles posent de nouvelles problématiques : « Compte tenu de la
saturation et des tensions qui pourraient
devenir vives sur les prix des matières
premières, un certain nombre d’acteurs
industriels sont aujourd’hui contraints
de réfléchir à des scenarios alternatifs,
de façon très poussée. »
Prendre le sujet cybersécurité
à bras-le-corps
Autre sujet 2019 des conseils d’administration et des comités de direction : la
cybersécurité. Face aux attaques de plus
Shutterstock
ENTREPRISES
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
et Valérie Landrieu
@ValLandrieu
en plus sophistiquées et à un risque
financier accru, les entreprises entrent
dans la phase 2 de la réponse à la
menace, avec une sensibilisation essentielle de l’ensemble des opérationnels
qui peuvent, chacun à leur échelle,
représenter une porte d’entrée pour les
pirates. « La plupart des sociétés de taille
moyenne ou grande ont lancé des projets
et ont atteint un bon niveau de robustesse
en matière de formation, de process et
d’outils », remarque Godefroy de Bentzmann, le président de Syntec Numérique. Mais il en va tout autrement pour
les PME qui n’ont pas encore pris le
sujet à bras-le-corps. Selon une étude
Ifop pour Kaspersky Lab, réalisée en
partenariat avec Euler Hermes, 21 %
d’entre elles ont été victimes au cours
des douze derniers mois d’une cyberattaque, mais 45 % des dirigeants de ces
entreprises reconnaissent ne pas avoir
renforcé les mesures de sécurité. « En
plus des risques que le dirigeant fait
courir à la structure, ce manque d’engagement peut poser des problèmes de
développement, fait valoir Godefroy de
Bentzmann. Ainsi, « quand elles ouvrent
leur système d’information insuffisamment protégé, les PME ont remarqué
qu’elles avaient de grandes chances de se
faire hacker. Et certaines décident donc de
ne pas commencer leur transformation
numérique par crainte de la cyberattaque ». Hormis ces grandes menaces que
font planer sur les organisations, les
désordres du monde et les cyberattaques, deux textes de loi seront en haut
de la pile des dossiers des directions
générales et des directions numériques.
Renforcer le dispositif RGPD
Entré en vigueur il y a un peu plus de six
mois, le règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD)
donne encore du fil à retordre à certaines sociétés. « Après avoir informé,
formé et accompagné, nous entrons dans
le dur du sujet, confirme Godefroy de
Bentzmann. Emergent progressivement
plusieurs points délicats, comme la question de la sous-traitance, qui ne sont pas
tout à fait tranchés par la loi. »
A en croire le président du Syntec
Numérique, les grands comptes,
effrayés par l’ampleur des sanctions
prévues par les textes législatifs, ont
tendance à faire reposer toute la responsabilité d’une meilleure protection
des données personnelles sur leurs
fournisseurs et à les soumettre à des
contraintes très fortes. « Nous devons
L' ÉDITO de Muriel Jasor
Du calme
t si, en ce début 2019, nous nous calmions un
peu ? Notez que la proposition est bien de se
calmer, aucunement de renoncer à
l’action. L’injonction est à l’innovation, et les
entreprises n’ont pas d’autre choix que de prendre
à bras-le-corps les grands chantiers – numériques,
stratégiques, RH, commerciaux, financiers et
juridiques – qui s’ouvrent à elles. La méthode
employée pour y parvenir est cruciale. Et celle
de Jason Fried et de David Heinemeier Hansson,
les fondateurs en 1999 de Basecamp, un éditeur de
logiciels américain, est non seulement inspirante
mais a aussi fait ses preuves. Depuis bientôt vingt ans,
ces jeunes dirigeants promeuvent le calme en
entreprise. Dans « It Doesn’t Have to Be Crazy at
Work » (HarperCollins), ils démontrent l’impact sur
E
la profitabilité de leur mode de management apaisant
et duplicable au sein d’entreprises de toute
taille. Horaires à rallonge, charge de travail excessive,
assignation d’objectifs sans toujours les moyens
nécessaires en regard, pléthore de courriels, de
notifications et sommeil écourté composent pourtant
la panoplie de tout collaborateur moderne et engagé.
Mais, rien n’est plus stupide, aux yeux de Jason Fried
et David Heinemeier Hansson. Pour allier saine
ambiance de travail et productivité, les deux
dirigeants préconisent plutôt une meilleure
organisation du temps de travail ainsi que moins de
gaspillage, de distraction et de stress permanent.
A bas la réunionite aiguë ! Trop de réunions
saucissonnent le temps de travail en avant et après
rencontres et cela pèse sur l’efficacité. C’est
pourquoi Basecamp ne gaspille pas à tort et à travers
l’attention de ses collaborateurs. Leur temps est bien
trop précieux : huit personnes dans une pièce
pendant soixante minutes, ce n’est pas une heure
passée, mais huit heures de travail utilisées,
rappellent les dirigeants auteurs. Chez Basecamp,
on préfère privilégier l’écrit de mémos. Et, en
parallèle, on réhabilite l’écoute, le sens, le dialogue,
l’honnêteté intellectuelle et le respect.
Alors pourquoi ne pas nous réorganiser et nous
engager à mieux respecter le temps de travail des uns
et des autres ? Une bonne volonté unanimement
partagée permettrait de tenir ces résolutions-là tout
au long de 2019. Qu’a-t-on à y perdre ? Il suffit
d’essayer... L’équipe des « Echos Executives »
vous souhaite une année apaisée ! n
nous employer à travailler avec les grands
donneurs d’ordre, mais aussi avec la
CNIL, pour mettre noir sur blanc les
bonnes pratiques de gouvernance en la
matière, préconise-t-il. La mise en place
du RGPD a d’ores et déjà généré plus de
1 milliard de chiffre d’affaires pour le
secteur, mais nous ne sommes pas au
bout du chemin au niveau de la gouvernance et de la jurisprudence. »
Anticiper la loi Pacte
Certaines dispositions de la loi Pacte ne
seront, elles, probablement pas appliquées avant 2020 : le vote définitif du
Parlement est attendu pour le printemps et après la promulgation, décrets
et ordonnances viendront préciser les
mesures. Mais les modifications du
Code civil et du Code du commerce
s’apprêtent à introduire dans le droit la
notion d’intérêt social de l’entreprise, et
les sociétés qui le souhaitent vont pouvoir se doter d’une raison d’être dans
leurs statuts. Quoi qu’il en soit, les
entreprises sont aujourd’hui scrutées
sur des questions sociétales, y compris
implicites, note Pierre-Ignace Bernard.
« Les groupes du BTP sont, par exemple,
attendus sur la création d’emplois locaux
lors de grands chantiers, poursuit le
consultant. Ils ont ainsi, pour la plupart,
décidé de mettre en place des dispositifs
qui permettent, en l’espace de quelques
semaines, de recruter sur place et de
former des personnes insuffisament
qualifiées. Et dans certains cas, préciset-il, les donneurs d’ordre imposent même
ces conditions dans les contrats. »
Mais le pari que doivent relever les
dirigeants est de réfléchir à la transformation de leur métier, tout en garantissant, au jour le jour, l’excellence opérationnelle. « Ils doivent manager leur
business sans aucune concession : personne ne peut plus se permettre d’avoir
des poches de non-productivité ou de
non-compétitivité. Et, en même temps, il
faut aussi être à 100 % sur la transformation parce que le mouvement s’accélère »,
explique Hanna Moukanas. La transformation qui a eu lieu au cours des quatre
dernières années et qui va avoir lieu
dans les quatre prochaines est à peu
près égale à celle qui s’est opérée au
cours des quatre décennies précédentes.
Suite page 38
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // EXECUTIVES
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
Marketing et com :
les rendez-vous
du début de l’année
echo.st/m325977
Suite de la page 37
L’urgence est donc désormais de se livrer
pleinement à la guerre des talents numériques. Elle fait rage depuis deux ans et
empêche certaines entreprises de se
lancer ou d’amplifier leur mouvement
vers le digital. « Même si, depuis six à huit
mois, nous constatons une certaine accalmie, les sociétés ont repris leurs recrutements et sont friandes de profils capables
de soutenir leur stratégie où le numérique
est devenu un élément critique du modèle,
explique Godefroy de Bentzmann. Elles
cherchent, alors, à attirer les stars du
métier repérées à droite ou à gauche, et
entretiennent une situation pénurique
dans laquelle il y a moins de candidats que
de postes à pourvoir. » Tout l’enjeu pour
les entreprises sera donc, en 2019, de
mettre en place des politiques pour
attirer mais aussi garder ces talents.
Revoir la gouvernance
Les nouvelles organisations peuvent y
contribuer. Chez Nexans, le nouveau
directeur général, Christopher Guérin,
initiateur d’une « transformation participative », vient d’en finir avec les grandes divisions monolithiques. Chez
Faurecia, Patrick Koller a fait passer le
message : obligation d’« efficacité
absolue » des opérationnels, nécessaire
initiative, indispensable créativité –
voire imperfection – de ceux qui sont
chargés de la transformation.
Le dirigeant n’a-t-il donc plus
à être celui qui décide sur tout
avec une équipe resserrée ?
« C’est une chance, commente Hanna
Moukanas. Cela signifie qu’il reste des
marges de manœuvre sous la ligne du
comex. »
Chez Sodexo, Denis Machuel
a ainsi élargi son comité de direction à
une vingtaine de membres en se mettant à leur disposition. Le concept de
« servant leader » est vieux de quarante
ans, mais le digital est, semble-t-il, en
passe d’en faire une valeur sûre de la
transformation et des directions générales de l’année 2019. Et probablement
des suivantes. n
MARKETING, VENTE, COM
Les fondamentaux des métiers
demeurent. Vraiment ?
Les directions marketing,
commerciales et de la
communication changent
de logiciel. A la clef, des alliances
à envisager, peut-être, avec
des géants du Web, une vente plus
collaborative et une communication,
forcément sincère, au cordeau.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
uelques gros chantiers, en 2019,
pour les directions marketing,
les directions commerciales et
les directions de la communication.
Avec une priorité : renouveler les pratiques dans un contexte de transformation accélérée.
Q
Marketing : pactiser
– ou pas – avec les Gafam ?
B to C, B to B, start-up, ETI ou groupe
du CAC… « Tout le monde n’a pas le
même agenda marketing », prévient Jean-Michel Raicovitch, professeur au CNAM et coprésident de l’Association nationale des professionnels du
marketing (ADETEM). Avec ses
1.200 membres, directeurs et responsables marketing, et son audience, environ 8.000 marketeurs en France, la
structure relaie quelques impératifs
pour l’année qui s’annonce.
A l’heure des plates-formes
triomphantes, de la refonte des modèles
économiques et de l’arrivée en bout de
course des traditionnels schémas de
distribution, les directions du marketing ont une préoccupation : réaffirmer
la fonction. « Comment le marketing doit
se réinventer pour assurer l’avenir des
entreprises, comment il doit s’éloigner du
marketing à l’anglo-saxonne qu’on a
enseigné dans toutes les business schools
et dont on voit aujourd’hui les limites, en
particulier dans des organisations
complexes… Le sujet est sur la table de
toutes les directions du marketing »,
confie Jean-Michel Raicovitch. Car, avec
le digital, les contours même de la fonction sont en reconfiguration. « Le marketing s’opérationnalise, explique
l’expert. Il préempte le périmètre et la
connaissance du client. Et dans un certain nombre de cas, ce sont des marketeurs qui pilotent l’e-commerce ou la
relation à distance avec le client. »
Evidemment, les fondamentaux demeurent. A commencer par la marque qui,
rappelle l’expert, « fait partie des actifs
de l’entreprise et n’est pas neutre dans sa
capitalisation boursière ». Et qui s’inscrit
au cœur des démarches de transformation positive. Le marketing s’inscrit
alors comme un levier de changement
entre un business en cours qui a ses
contraintes, ses limites et ses objectifs
de performance, et une évolution de
l’offre. Le sujet qui mobilisera tout
particulièrement les marketeurs, en
2019, porte sur la stratégie à adopter
face aux Gafam et autres puissants du
Web. « Faut-il pactiser avec Google,
Amazon ou Alibaba ? Quelle alliance ou
quel partenariat passer ? Les risques sont
significatifs et la question se pose dans les
directions marketing », explique JeanMichel Raicovitch.
Fonction commerciale :
passer au collaboratif
Non loin de là, les directions commerciales se métamorphosent sous l’effet
des data et de l’intelligence artificielle
(IA). Les nouvelles technologies irriguent les différentes étapes du cycle de
vente, rend compte Jean Muller, président national des Dirigeants commerciaux de France (DCF) et directeur
général délégué commerce et développement chez JCDecaux. Avec des clients
hyperinformés et des transactions en
passe d’automatisation, « l’acte de vente
doit aujourd’hui consister à construire
Une année à forte intensité législative
i l’on en croit les vœux
présidentiels, le rythme des
réformes ne devrait pas faiblir.
Le calendrier parlementaire,
bouleversé par les événements du
dernier trimestre 2018, s’alourdit, en
outre, de ce qui n’a pu être voté à temps.
La loi de réforme de la justice sera
donc millésimée 2019. Elle permettra
la mise en place d’une justice
modernisée et simplifiée, avec le
développement de la culture du
règlement alternatif des différends,
l’extension de la représentation
obligatoire, la fusion des tribunaux
d’instance et de grande instance.
Elle signera l’entrée de la justice dans
l’ère du numérique. Elle devrait être
suivie de textes essentiels : une
réforme constitutionnelle modifiant
la représentation parlementaire, une
loi sur la fonction publique visant à
faciliter le recrutement de personnels
sous statut contractuel, une réforme
de la santé concernant notamment les
études médicales et le numerus
clausus, une loi sur l’éducation
modifiant l’âge de la scolarisation
obligatoire. Auxquels il pourrait être
ajouté une réforme de la loi de 1905
de séparation des Eglises et de l’Etat.
Les entreprises seront surtout
intéressées par la loi Pacte. Censé être
porteur d’une nouvelle philosophie de
l’entreprise, avec l’introduction dans le
Code civil d’une notion d’intérêt social
élargie – largement controversée –, le
S
JULIE KLEIN ET NICOLAS MOLFESSIS
professeure de droit, experte au Club
des juristes, et professeur de droit,
secrétaire général du Club des juristes.
texte relève davantage du kaléidoscope
de mesures éparses. On y trouvera
toutefois des innovations importantes
pour simplifier la vie des entreprises
(allégement des formalités ; relèvement
des seuils de certification légale des
comptes ; simplification des seuils
sociaux) et améliorer la gouvernance
des sociétés (modification du régime
des conventions réglementées,
transparence accrue des
rémunérations, renforcement de la
représentation des salariés au sein
des instances dirigeantes). La loi vise
encore à moderniser le régime des
offres publiques (création d’un régime
d’ICO, simplification du régime
du retrait obligatoire).
La loi Pacte prévoit aussi des
modifications essentielles par voie
d’ordonnances : transposition de la
directive Droit des actionnaires du
17 mai 2017 pour promouvoir
l’engagement à long terme des
actionnaires et créer un dispositif
contraignant encadrant la
rémunération des dirigeants des
sociétés cotées, regroupement en un
droit cohérent et unifié des
dispositions du Code de commerce
propres aux sociétés cotées, etc.
Le gouvernement sera également
autorisé à réformer le droit des sûretés
et surtout, dans le sillage du projet de
directive Insolvabilité, à réformer, une
fois de plus, les procédures collectives.
Très large, l’habilitation pourrait, diton, accorder un pouvoir prépondérant
aux créanciers et consacrer l’existence
de classes distinctes en leur sein.
Les entreprises devront aussi
s’attendre à une réécriture du Code
de commerce concernant les
pratiques restrictives de
concurrence, selon l’habilitation
donnée par la loi Egalim du
30 octobre 2018. Le texte devrait ainsi
modifier le régime de la rupture
brutale des relations commerciales
et les voies d’actions en justice. C’est
aussi par la voie d’une ordonnance,
annoncée dans la loi Elan, que sera
réformé le droit de la copropriété.
Sur l’agenda, on ajoutera un texte
sur le Brexit, avant fin mars en cas
d’absence d’accord britannique.
2019, déjà bien remplie, ne devrait
pas permettre la réforme des
retraites. Ni celle du droit de la
responsabilité civile : le projet, qui
renferme d’importantes innovations
(comme l’amende civile) sera
toutefois à suivre avec attention
par les acteurs de l’économie.
De vrais choix
stratégiques
une solution à valeur ajoutée », explique
le représentant du mouvement DCF.
Face à la nouvelle diversité des interlocuteurs – les décideurs qui participent à
la décision d’achat sont plus nombreux
et plus variés –, les directions commerciales les plus en pointe mettent ainsi en
place des équipes projets pluri-expertes,
composées, selon les problématiques,
de data scientists, d’ingénieurs, voire de
juristes. « Le rôle premier du commercial
est désormais d’être en empathie avec les
différents interlocuteurs en charge de la
décision d’achat et de coordonner, en
interne, comme un chef d’orchestre, la
relation client », fait valoir Jean Muller.
2019 ne sera pas forcément l’année de la
rupture, mais la vente s’achemine vers
une fonction plus collective. Avec
l’émergence des écosystèmes, « les
commerciaux, qui avaient longtemps
travaillé en cercle clos, s’intègrent dans
les démarches collaboratives, explique
Jean Muller. Les organisations commerciales sont moins “silotées” ». D’ailleurs,
les systèmes de rémunération des commerciaux sont en train de changer : «Les
dispositifs sont beaucoup plus collectifs
que par le passé. Les organisations capi-
talisent aujourd’hui d’abord sur les
motivations intrinsèques des collaborateurs », précise-t-il.
Communication :
faire vivre « la raison d’être »
Le débat sur la raison d’être et la contribution des entreprises à la société a
beaucoup animé le Medef, l’Afep, et,
plus généralement, les cercles de dirigeants d’entreprise en 2018. Il sera l’un
des gros chantiers des directions de la
communication en 2019. « La définition
de la raison d’être est d’abord le sujet du
dirigeant, mais la fonction communication joue un rôle important dans sa
formalisation et dans son “infusion” »,
commente Jacques-Emmanuel Saulnier, président d’Entreprises et Médias.
Certaines entreprises sont déjà très
avancées sur ce dossier, d’autres sont en
chantier, et d’autres s’interrogent
encore sur son bien-fondé. Quel sens
donner à tout ce que nous produisons
au travail ? Quelle est la valeur ajoutée
sociétale et pour les parties prenantes ? « Ce sont de véritables sujets.
Aujourd’hui, on attend plus des entreprises que le seul exercice de leur activité. La
question de leur contribution sociétale est
posée. Il revient aux directions de la
communication de contribuer à y répondre, notamment en nourrissant le dialogue par des preuves », explique celui qui
est aussi le directeur de la communication du groupe Total.
Dans le même ordre d’idées, la communication, qui était plutôt globale et
descendante, se placera « dans l’interaction absolue », dit Jacques-Emmanuel
Saulnier. « Les parties prenantes interagissent entre elles au sujet des entreprises
sans leur demander leur avis ! » fait-il
remarquer. La data permet certes d’affiner le message, mais « connaître sa
raison d’être, savoir qui on est et pourquoi on est là permet de délivrer une
information utile, fiable et sincère. Ce qui
est la base de notre métier », analyse-t-il.
Autre point de vigilance de 2019 des
directions de la communication :
mesurer la performance de leur
contribution. Pendant longtemps,
la fonction a échappé à la question.
Elle mesure désormais de plus
en plus sa contribution effective
à l’activité de l’entreprise grâce
à des indicateurs. n
Photos Shutterstock
Recruter les talents digitaux
AU NOM DE LA LOI
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EXECUTIVES // 39
Les Echos Lundi 7 janvier 2019
Finance : les rendezvous incontournables
de janvier
echo.st/m325990
Les cinq priorités des DAF
Parfaire le pilotage de la
performance, doper la croissance
organique, dénicher de nouvelles
compétences font partie des
grands chantiers dont les
directeurs financiers devront
s’emparer dans les mois à venir.
u-delà des sujetss ponctuels
comme la mise en place du
prélèvement à la source ou
l’adaptation de la stratégie à la politique
fiscale du gouvernement, les directeurs
financiers sont confrontés à des tendances structurelles qui transforment, en
profondeur, leur quotidien. Focus sur
celles qui occuperont, davantage que
d’autres, l’année qui s’ouvre.
A
1de laAméliorer
le pilotage
performance
Face à l’accroissement de la quantité de
données à analyser, 72 % des directeurs
financiers interrogés par PwC et la DFCG
dans le cadre de leur étude conjointe
« Priorités 2019 du directeur financier »
affirment que le pilotage de la performance restera leur priorité numéro 1
dans les prochains mois. « Nous mobilisons nos efforts sur l’avenir, explique
Philippe Leclercq, directeur financier de
Sagemcom. Nous voulons faire vite et
faire simple : les nouveaux outils que nous
mettons en place ont pour but de rendre
l’information plus disponible et plus
précise pour les opérationnels. » Cet
objectif en tête, les grands argentiers
envisagent d’améliorer la qualité des
informations et des analyses (82 %), de
raccourcir les délais de reporting (70 %)
et d’optimiser les processus prévisionnels (61 %). « Avec les évolutions réglementaires, certains de nos indicateurs de
performance vont très vite devenir obsolètes, ajoute Philippe Garin, directeur
financier de Korian. Leur redéfinition à
court terme est un enjeu pour la direction
financière et les métiers. »
2
Miser sur la croissance
organique
Pour le budget 2019, plus de la moitié des
directeurs financiers interrogés (57 %)
estiment que la croissance sera majoritairement organique et qu’elle reposera
principalement sur un renouvellement
de l’offre (31 %), une réorganisation des
activités et des marchés (28 %) et une
diversification des activités (22 %). « Dans
les choix de stratégie de croissance, le
directeur financier a un rôle toujours plus
actif, et non plus uniquement sur des choix
d’investissement, note Maryse Lecutier,
associée responsable des activités de
conseil pour les directions financières
chez PwC. Par sa bonne connaissance des
organisations et des processus, sa capacité
à éclairer et faciliter les prises de décision,
son rôle de conseil et également de partie
prenante, il est devenu un allié incontournable de la direction générale. »
3transactionnels
Optimiser les processus
« Aujourd’hui, nous passons trop de
temps à produire les chiffres, comparati-
vement à leur exploitation, regrette Alain
Le Borgne. Nous avons deux enjeux
d’optimisation de nos processus : celui de
les harmoniser entre nos filiales et celui
de poursuivre leur digitalisation, amorcée
il y a deux ans. » Vrais pour le directeur
financier adjoint d’Air Liquide, ces
enjeux sont largement partagés par les
grands argentiers. En 2019, ils chercheront, avant tout, à digitaliser et automatiser les processus transactionnels, à les
standardiser et les harmoniser et, plus
largement, à optimiser le coût de la
fonction finance. « Le processus de pilotage de clôture est celui sur lequel les
ambitions sont les plus fortes à horizon
trois ans, ajoute PwC. Pour les grandes
entreprises (46 %) et les PME/ETI (16 %),
la robotisation des activités transactionnelles est désormais une réalité. »
4
Trouver de nouvelles
compétences
Face à l’émergence de ces nouveaux
modes de fonctionnement, se pose
indiscutablement la question de la
gestion des talents. « Un de nos enjeux
clefs est de trouver et de former des équipes à de nouvelles compétences IT et data,
assure Jean-Luc Klein, directeur financier du groupe Schmidt. Nous cherchons
à les faire travailler davantage en mode
projet. » Pour cela, 58 % des professionnels interrogés veulent développer les
compétences managériales et la coordination transverse entre les équipes,
mais aussi disposer de nouvelles compétences liées à l’exploitation et à l’analyse des données ; d’abord, grâce au
Shutterstock
FINANCE
développement des compétences en
interne (58 %), puis par l’apport d’expertises ponctuelles (58 %), et enfin par le
recrutement de nouveaux profils
(25 %). « L’enjeu est d’aider les personnes
déjà en poste à maintenir à jour leurs
compétences et à progresser dans l’utilisation des nouveaux outils », assure le
DAF d’Alinea, Olivier Girin.
5
Maîtriser les risques,
sur tous les fronts
Cybercriminalité, risques opérationnels,
risque d’image, fraude… 71 % des grandes entreprises et 24 % des PME/ETI
considèrent que leur exposition aux
risques est forte ou très forte. « Les
problématiques autour de nos métiers
imposent une maîtrise accrue des risques
juridiques et financiers, dans un contexte
géopolitique particulièrement volatil,
témoigne Suresh Abye, directeur financier du groupe Fives. Nos collaborateurs
y sont fortement sensibilisés et des procédures strictes sont en vigueur. Par
ailleurs, l’entreprise a mis en place un
département d’audit interne dont la
première tâche a été de mieux formaliser
et d’enrichir la cartographie des risques. »
Toutefois, selon le baromètre Ipsos
2018, moins d’une entreprise sur cinq a
mis en œuvre l’ensemble des mesures
de protection possibles – solutions
digitales, capital humain, stratégie et
assurance – pour se prémunir des risques auxquels elle est exposée. 2019
s’annonce chargée pour les directeurs
financiers. — V. B.
PROPOSÉ PAR
LE POINT DE VUE
Thomas Jamet, Président Directeur Général,
IPG Mediabrands France
A VOS MARQUES… PRÊTS… CONVERSEZ !
La conversation est, depuis la nuit des temps,
un art. Comme tout art elle est régie par des
codes, des coutumes et des règles. Elle a un
objectif universel : créer du lien, de la relation. Mais, si c’est un art, c’est également
un outil ultra performant pour les marques
désirant entrer dans la vie de leurs clients.
Avec 1,3 milliards d’utilisateurs, 10 milliards de messages échangés par mois et
300 000 expériences conversationnelles sur
Facebook Messenger dans le monde, nous
sommes bel et bien entrés dans l’ère de
la conversation.
Les prémices de cette nouvelle ère se sont
faites sentir avec l’essor des plateformes
sociales où les consommateurs ont naturellement pris contact avec leurs marques
préférées. Mais c’était, le plus souvent, pour
témoigner d’une mauvaise expérience ou
faire part d’un mécontentement. Désormais,
la relation évolue et les clients viennent
chercher autant des informations que de
l’inspiration. On peut dire que l’ère conver-
«Il faut se mettre en relation,
en lien avec le consommateur»
sationnelle est une ère où se mêlent proximité et connivence. 91% des gens indiquent
qu’ils sont plus susceptibles d’acheter auprès
d’une marque qui les connaît*. Les marques
ont tout à gagner à engager une conversation avec leurs clients. Informer, accompagner, faire rêver, s’interroger, surprendre,
personnaliser leur ofre… en conversant, les
marques apportent une valeur ajoutée matérielle mais également immatérielle.
*«Making it Personal» par Accenture Interactive.
doivent-elles relever
aujourd’hui ?
Pour moi, le principal
challenge auquel les marques
doivent faire face c’est
d’arriver à exister et à se
positionner dans la vie de
leurs consommateurs et de
leurs usagers. Les marques
qui réussissent sont celles qui
arrivent à s’insérer à l’intérieur
de la vie quotidienne de leurs
clients, à se rendre
indispensables, et être
ressenties comme des
partenaires destinés à aider le
consommateur ou l’utilisateur
au quotidien. En fait, quand on
est une marque, il s’agit de se
mettre à disposition, et de ne
plus être dans une position
descendante, voire même
condescendante. Il faut se
mettre en relation, en
dialogue, en lien avec les
consommateurs.
Pouvez-vous dresser un état
des lieux, une carte de l’ère
conversationnelle ?
Aujourd’hui la conversation
s’incarne dans des nouvelles
plateformes, comme Facebook
Messenger, qui permettent aux
marques d’élaborer des
stratégies différentes, plus
proches des consommateurs,
plus proches du quotidien, plus
proches de leur vie. C’est une
communication où les
messages ne sont plus
univoques ; ils sont par
essence conversationnels et
sont le terreau de stratégies de
marque basées sur l’échange
et le dialogue. Donc en termes
de tonalité et de création, c’est
l’authenticité qui va primer.
Nous sommes entrés dans une
ère où la transparence règne,
où les consommateurs
attendent qu’on leur dise la
vérité. Et cette conversation va
évidemment se poursuivre, et
devenir un nouveau canal
média pour les marques.
Finalement, on va créer une
relation durable, ce qui est
absolument essentiel. C’est
dans cette relation pérenne
que les consommateurs vont
se reconnaître. C’est grâce à la
conversation que les marques
consommateurs d’aujourd’hui
et demain.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
40 // EXECUTIVES
Lundi 7 janvier 2019 Les Echos
Les rendez-vous RH
à ne pas manquer
en janvier
echo.st/m325976
Des réformes sensibles
pour les ressources humaines
Dans les mois à venir, les
directeurs des ressources
humaines vont devoir mettre
en œuvre de nombreuses
réformes. Panorama.
4 … et l’égalité salariale
Delphine Iweins
@DelphineIweins
ans un contexte social tendu et
en réponse à la crise des « gilets
jaunes » de la fin 2018, les directeurs des ressources humaines (DRH)
vont devoir se pencher rapidement sur la
loi portant sur les mesures d’urgence
économiques et sociales. « Les DRH
anticipent des négociations annuelles
obligatoires particulièrement délicates en
2019, dans un contexte de reprise de
l’inflation et sur fond de revendications
d’augmentation du pouvoir d’achat, alors
même que la crise sociale a pu avoir des
effets négatifs sur l’activité des entreprises », constate l’Association nationale des
DRH (ANDRH). A eux d’assurer les
éventuels calculs et distribution de la
prime exceptionnelle du pouvoir d’achat.
D
1à laRassurer
sur le prélèvement
source
Fin janvier, les salariés verront
leur rémunération mensuelle amputée
de leur impôt sur le revenu. De quoi
inquiéter ou faire grincer des dents en
interne, même si certaines entreprises
ont anticipé en proposant une simulation du prélèvement sur les fiches de
paie de décembre. Si la gestion de ce
changement relève davantage des missions du service paie, les RH ont un rôle
important à jouer. « Expliquer les détails
de la réforme et ses conséquences directes, apprendre aux collaborateurs à lire et
à comprendre leurs bulletins de paie et
faire preuve de pédagogie. Voici les missions dont doivent se saisir les RH.
L’enjeu est de taille : les entreprises courent le risque d’écorner l’expérience
collaborateur à travers une rémunération
leur semblant être dévalorisée, élément
pourtant essentiel à la fidélisation et à
l’engagement des salariés », développe
Rémi Malenfant, associé de PeopleDoc.
2
Mettre en place les nouvelles
instances représentatives
du personnel
La pédagogie devra aussi être de mise
pour mener à bien les négociations sur
les nouvelles instances représentatives
du personnel issues des ordonnances
Macron réformant le Code du travail.
Au 1er novembre 2018, seules
10.500 entreprises avaient mis en place
un comité social économique (CSE),
selon France Stratégie. Dans un rapport
d’étape publié fin décembre, le comité
d’évaluation des ordonnances travail –
coprésidé par Sandrine Cazes, économiste à l’OCDE, Marcel Grignard, ex-numéro deux de la CFDT et Jean-François
Pillard, ex-vice-président du Medef –
observe un réel décalage entre les améliorations souhaitées par le gouvernement en matière de dialogue social et la
réalité du terrain. L’ANDRH, par la voix
de son président, Jean-Paul Charlez,
tranche dans le vif : « Le CSE ne marchera jamais. Les syndicats ne veulent
pas perdre leur représentativité. Ce n’est
pas une instance de négociation. »
D’après un sondage CSA réalisé pour le
Comité d’évaluation des ordonnances
travail, dans les entreprises de 300 salariés et plus, les représentants du personnel voient d’abord dans le CSE un
enjeu de réduction du nombre d’élus et
d’heures de délégation. Les auditions
réalisées pour ce rapport d’étape ont
permis de cerner quelques points sensibles : le risque que le CSE centralise le
dialogue social et l’éloigne du terrain, la
disparition du comité d’hygiène, de
sécurité et des conditions de travail
(CHSCT) – celui-ci devrait être remplacé
par une commission santé sécurité et
conditions de travail, mais seuls 23 %
des dirigeants d’entreprises de moins de
300 salariés prévoient de la mettre en
place –, la formation et le parcours des
élus et représentants, les moyens.
3professionnelle
Repenser la formation
avec les salariés...
Enfin, 2019 sera sans nul doute placée
sous le signe de la formation professionnelle avec la mise en œuvre de la loi
pour la liberté de choisir son avenir
professionnel. « La formation professionnelle devient vraiment une taxe. On
continue à déresponsabiliser les entreprises », considère Jean-Paul Charlez. La
réforme confie, en effet, au salarié le
soin d’activer ses droits à la formation et
de choisir son utilisation. L’employeur
n’a plus de droit de regard sur le
contenu de la formation ni sur le calendrier. « Les DRH ne savent pas qui a un
compte de formation et ne peuvent pas
aider quelqu’un qui en a un », insiste
celui qui est aussi DRH d’Etam. Cepen-
dant, l’entreprise est toujours tenue de
former et d’adapter ses salariés à l’évolution des postes de travail.
Le compte personnel de formation
(CPF) se transforme aussi. Les heures
cumulées deviennent des euros, indispensables pour payer la formation
choisie. Il faudra tout de même attendre
l’automne pour en disposer librement.
La Caisse des Dépôts mettra en ligne à
cette période une application mobile
donnant accès sans intermédiaire aux
euros de son compte.
Les entreprises ont jusqu’au 1er mars
pour publier, sur leur site, leurs résultats en matière d’égalité salariale
entre femmes et hommes. Le 8 mars
2018, la ministre du Travail, Muriel
Pénicaud, avait annoncé la substitution d’une exigence de résultat à
l’horizon 2022 sous peine de sanctions financières à une obligation de
moyens en matière d’égalité salariale
entre femmes et hommes dans les
entreprises. Cinq indicateurs
devraient permettre de mesurer
objectivement les écarts de salaires.
L’entreprise, selon sa taille, aura entre
trois mois (si elles ont plus de
1.000 salariés) et deux ans (pour celles
qui ont entre 50 et 250 salariés) pour
les appliquer.
Le ministère du Travail a annoncé dans
un communiqué qu’il « réunira dans la
première quinzaine du mois de janvier 2019 l’ensemble des organisations
[syndicales et patronales] pour travailler à la mise en œuvre concrète du
décret dans les entreprises, le suivi de
son application et les clarifications
opérationnelles éventuelles qu’il pourrait appeler ». Car les syndicats ont
critiqué une transparence insuffisante.
Le grand public et les salariés
n’auraient connaissance que d’une note
globale et il n’est pas prévu que le
comité social et économique ait accès
aux éléments servant au calcul des
différents indicateurs. Les confédérations s’inquiètent aussi de la possibilité
d’allonger d’un an le délai de trois ans
pour supprimer les inégalités en cas de
« difficultés économiques ». n
Un métier à repenser
Les nombreuses réformes
législatives ne doivent pas faire
oublier aux directeurs des
ressources humaines la profonde
transformation de leur fonction.
e constat est sans appel : 40 % des
métiers actuels auront disparu
d’ici vingt ans et 60 % des métiers
de 2030 n’existeraient pas encore,
d’après une étude de Bruegel. Les compétences émotionnelles et relationnelles
– les soft kills — tirent leur épingle du
jeu face à l’obsolescence quasi programmée des savoir-faire techniques. « On
aura encore plus besoin de compétences
conceptuelles et interpersonnelles pour
comprendre la technologie et la mettre au
service de l’humain », confirme le cabinet McKinsey dans son rapport « The
Future of Workplace ». L’agilité intellectuelle, la capacité d’adaptation et
l’appréhension des situations
complexes sont de plus en plus recherchées, ce qu’un recrutement classique
ne permet pas forcément de percevoir
au premier abord. La technologie va en
cela chambouler le processus.
L
Le grand chamboulement
du recrutement
Des chatbots peuvent ainsi prendre le
relais des recruteurs pour répondre aux
questions les plus fréquentes ou pour
aider à l’analyse des CV s’ils sont nombreux. Bayer, par exemple, a fait le
choix de cet outil pour rendre sa « politique candidat » plus accessible et établir le dialogue dès le début du recrutement en ligne. Avec succès.
14 % des recruteurs déclarent utiliser des
outils de sourcing faisant appel à l’intelligence artificielle, révèle le Livre blanc
« Recrutement et intégration des talents,
quelle place pour l’innovation ? », publié
en décembre par le cabinet Robert Walters. « Souvent méconnues, les technolo-
gies innovantes au service du recrutement
peuvent encore effrayer les candidats.
Pourtant, en épargnant du temps à faible
valeur ajoutée aux recruteurs, elles leur
permettent de consacrer plus de temps au
contact humain, seul capable de convaincre, de créer une relation de confiance et de
comprendre les motivations profondes »,
explique Coralie Rachet, directrice
France de Robert Walters. Les équipes
russes du groupe L’Oréal sont allées plus
loin en testant une DRH virtuelle appelée
« Véra » et chargée de présélectionner les
profils susceptibles de correspondre aux
besoins de l’entreprise et de leur faire
passer un premier entretien téléphonique, grâce aux systèmes de reconnaissance vocale. Le test n’a finalement pas
été concluant, le recrutement prédictif
au sens propre du terme n’est pas pour
tout de suite. Mais les entreprises commencent à comprendre qu’elles se distingueront aussi grâce à l’originalité et à
l’efficacité de leur recrutement.
Management responsable
et expérience collaborateur
Lorsqu’il est demandé aux candidats
consultant une offre d’emploi ce qui est
important, le descriptif du poste et de la
mission comptent le plus, suivi de près
par la localisation du poste et les compétences requises. La rémunération n’arrive
qu’en cinquième place.
Les salariés sont en quête de sens, le
travail tenant une place importante dans
leur épanouissement global au quotidien.
D’après Cadremploi, les relations avec le
management (35 %), l’ambiance au sein
de l’équipe (23 %) et les valeurs de l’entreprise (20 %) seraient même des raisons de
démission. En 2017, Accenture indiquait
que seuls 17 % des salariés s’estimaient
satisfaits de leur expérience travail. Le
développement des chief happiness
officer et des responsables de l’expérience
salariée peut-il changer la donne ?
Les salariés attendent avant tout des
innovations managériales, et organisationnelles afin d’améliorer leur « expérience collaborateur ». Il peut s’agir d’un
assouplissement des conditions de travail
grâce au télétravail, d’une mobilité interne
simplifiée, d’entretiens d’évaluation plus
réguliers, de mentoring, etc. La transformation du management passe aussi par
des outils de communication adaptés aux
différents métiers. Le podcast ou voice
business est ainsi un autre moyen de
fédérer le collectif, au côté d’outils plus
traditionnels, tels que des magazines et
newsletters. Le sujet est en tout cas prioritaire pour 71 % des professionnels RH,
selon le baromètre ParlonsRH.
Se saisir de la marque employeur
La marque employeur, à la frontière
entre le marketing et les ressources
humaines, est un levier pour attirer et
fidéliser les salariés. Les responsables RH
doivent pleinement s’en saisir, en étroite
collaboration avec la direction générale
et le marketing.
Des campagnes pour transformer les
salariés en ambassadeurs ou la création
de contenu RH « inbound recruting »,
autrefois l’apanage du marketing, irriguent de plus en plus les départements
RH. De nombreux nouveaux acteurs, tels
que des sites de notation d’entreprise,
donnent accès à des informations sur les
organisations. Les futurs candidats utilisent notamment ces outils pour se renseigner sur leurs potentiels employeurs via
des notes et des commentaires laissés par
d’anciens collaborateurs. Or seules 17 %
des entreprises interrogées par le cabinet
Robert Walters ont investi ces platesformes. Les responsables marque
employeur ou encore les chargés de
marketing RH, aujourd’hui considérés
comme des professionnels RH à part
entière, ont un grand chantier s’ouvrant
à eux pour 2019. — D. I.
Photos Shutterstock
RH
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Lundi 7 janvier 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Comptes d’apothicaires
La porte et sa clef
Bristol-Myers Squibb prend le risque
de Celgene, sur un boulevard financier.
LA SÉANCE DU 4 JANVIER 2019
Fort rebond
de la Bourse
de Paris
Bourse de Paris a clôturé
•surLaune
hausse de 2,72 % grâce
aux mesures de soutien de la
Chine, aux bons chiffres de
l’emploi américain et propos
rassurants de Jerome Powell,
président de la Réserve fédérale. Il a estimé que les données
économiques restaient « sur
une bonne dynamique », écartant tout risque de récession.
L’indice CAC 40 a progressé
de 125,63 points à 4.737,12
points dans un volume
d ’é c h a n g e s m o d é r é d e
3,60 milliards d’euros. Depuis
le début de l’année, il a gagné
0,14 %. Dans le reste de
l’Europe, la Bourse de Francfort a clôturé sur un gain de
3,37 %. La Bourse de Londres a
terminé sur une hausse de
2,18 %. Outre-Atlantique, les
marchés américains ont profité des bons chiffres de
l’emploi et déclarations du
patron de la Fed. L’indice Dow
Jones a bondi de 3,29 % et le
marché du Nasdaq des valeurs
technologiques, 4,26 %.
Du côté des valeurs françaises, l’intégralité des groupes du
CAC 40 ont terminé la séance
dans le vert. La remontée des
cours du pétrole, qui gagnaient
2,5 % à New York à 48,3 dollars
le baril, ont profité aux valeurs
du secteur. Technip a signé la
plus forte hausse des valeurs du
CAC40 grâce à un bond de
5,41 % à 18,23 euros. Total a progressé de 2,5 % à 47,41 euros.
Les valeurs bancaires, qui
avaient souffert en début
d’année, ont rebondi avec des
gains compris entre 3 % et 5 %.
BNP Paribas a gagné 4,85 % à
40,74 euros, Crédit Agricole
5,18 % à 9,76 euros, et Société
Générale 3,39 % à 28,37 euros.
Les autres valeurs cycliques, les
plus sensibles à la croissance
économique mondiale, ont
regagné du terrain avec le recul
des craintes sur une récession
aux Etats-Unis. Renault a progressé de 3,10 % à 54,23 euros et
Peugeot a grimpé de 5 % à
18,90 euros.
Ils sont loin les obscurs comptes d’apothicaires d’autrefois. C’est en toute
transparence que Bristol-Myers Squibb profite de la dégringolade
boursière de Celgene pour doper sa « Biopharma ». Après les déceptions
de son produit phare Opdivo, le laboratoire de New York n’en prend pas
moins un sérieux risque, vu le mur des brevets qui se rapproche du bestseller de la biotech du New Jersey, le Revlimid contre le myélome multiple. Combiner des incertitudes renforce rarement une cote d’amour,
mais la comparaison des multiples de valorisation semble aussi alléchante qu’un os à moelle – 7,6 fois le bénéfice prévisionnel de 2018 pour Celgene et 13,6 fois pour Bristol-Myers selon Bloomberg. Elle permet de traiter
pour moitié en titres, tout en ménageant un effet « relutif » de 40 %
au bénéfice par action, avant même les synergies. L’option sur le succès
de trois produits avancés alourdirait l’ordonnance de 6,5 milliards,
en cash, moins d’un dixième de la valeur des fonds propres. Ces « CVR »
n’ont pas toujours bonne réputation, mais les plaies laissées par un autre
style de « tracker », celui de Dell pour VMware, ne devraient pas contaminer le tableau. Le sous-jacent et la durée sont bien mieux définis. Le M&A
pharmaceutique a de quoi faire des envieux dans d’autres secteurs moins
défensifs. Et peut-être susciter des vocations chez les confrères,
puisque ses protocoles financiers, eux, ne sont pas brevetés.
« La valeur d’une compagnie est la somme des problèmes que vous avez résolus. » Si l’on suit Daniel Ek, le patron fondateur de Spotify, les investisseurs
financiers devraient avoir un a priori favorable pour l’as de la musique
en ligne, qui a réussi à résoudre le grand problème des licornes high-tech :
trouver une porte de sortie pour les investisseurs privés. Le grand viking
du streaming a réussi à faire entendre sa musique numérique à la Bourse
sans se plier à la mécanique de l’offre de vente à l’américaine (IPO) mais
sans ignorer les investisseurs boursiers (« Investor Day », prévisions
d’activité…). C’est un acquis pour les grosses opérations dans les tuyaux
du « venture-capital » (Pinterest, Uber, Lyft, Slack, voire Airbnb et Palantir).
Le cours navigue toutefois 10 % en dessous du prix indicatif de sa première
séance et près de 30 % en dessous du premier cours effectivement coté
début avril. La notoriété grand public ne peut faire oublier le facteur clef
du business model, qui n’est pas encore à maturité. La success-story européenne a fait mieux que les ex-chouchous non cotés américain et chinois,
Snap et Meituan Dianping (– 66 % et – 40 % depuis la cotation respectivement en 2017 et 2018), mais sans forcément créer une nouvelle dynamique.
EN VUE
Gary Shapiro
LES ENTREPRISES CITÉES
Airbnb 24
Alibaba 21
Alstom 18
Amazon 21, 24
Arkéa 30
Artcurial 20
Auchan 21
Audi 17
AXA 30
Baidu 24, 25
BMW 16, 17
BNP Paribas 31
BPCE 30
BPER 31
Carige 31
Carrefour 21
Comptoirs Richard 27
Covéa 30
Crédit Agricole 31
Credit Suisse 33
Daimler 16
Deutsche Bank 30, 31
Doux 21
Eccity, 27
Facebook 24
Faurecia 28
Fiat Chrysler 16
Ford, 16
Gamecash 28
General Motors 16
Google 24
H2SYS 28
Hyper U 21
Intermarché 21
Jaguar Land Rover 17
Leclerc 21
Lyft 24
Malacalza Investimenti
31
Mediaclinic 28
Moovency 28
Nissan 16
Noyon 27
Palantir 24
Panasonic Avionics 22
Pinterest 24
PSA 17
Renault 17, 18
Réseau Le Saint 28
Siemens 18
Slack 24
Societa per la Gestione
di Attivita 31
Société Générale 30
Sohu 25
Spartan UK 31
Tencent 24, 25
Tootak 25
Toyota 16
Travelys 28
Uber 24
Unicredit 31
Verily 24
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 04 JANVIER 2019 : 94.554 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de membre ACPM OJD CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle, est
interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
croire Gary Shapiro, une pluie
de « ninjas » va s’abattre cette
semaine sur Las Vegas, une
ville qui avait pourtant déjà fort à filer en
termes de métaphores avec sa fausse
pyramide de Louxor, sa tour Eiffel en
carton-pâte et son imitation de l’Empire
State Building. « Ninja », voici en effet le
qualificatif que le prêtre de la grandmesse technologique qu’est le Consumer Electronics Show (CES) utilise pour
désigner les entrepreneurs, disrupteurs
et innovateurs en tous genres.
Mais ninja, il l’est lui aussi. Gary Shapiro s’immisce depuis plusieurs années
dans les couloirs de Washington, où il
est considéré comme l’un des lobbyistes
les plus influents sur les questions de
technologies. Il y susurre notamment à
l’oreille des dirigeants que le droit à la
liberté d’expression en ligne est primordial, et l’immigration des talents vitale.
Car notre homme croit aux mercenaires étrangers qui composent, selon ses
A
calculs, la moitié des troupes des startuppeurs à succès américains.
Mais, comme les ninjas devaient se
méfier des samouraïs, qui jugeaient
leurs méthodes non conventionnelles
déshonorantes, c’est des régulateurs
que Shapiro se garde avant tout. Lors
d’un récent passage à Paris, il a
d’ailleurs vivement condamné notre
RGPD (règlement général sur la protection des données), assurant que
l’Europe allait « perdre du terrain sur la
Chine et les Etats-Unis », à trop vouloir
protéger la vie privée de ses citoyens.
Libéral en tout point, au sens américain du terme, notre Monsieur Tech se
positionne en outre en défenseur de
l’environnement. Discret comme un
soldat japonais, il omet cependant de
préciser que le numérique émet
aujourd’hui plus de CO2 que l’aviation
civile… que le CES soutient également
largement : plus de 180.000 personnes
issues de 155 pays y sont attendues.
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