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Les Echos - 11.01.2019 - 12.01.2019

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Air France met le cap
sur le haut de gamme
L’ESSENTIEL
GAFA : LES EUROPÉENS
TAXENT À TOUR DE RÔLE
Faute d’un accord en décembre à
Bruxelles, les initiatives nationales
se multiplient pour taxer le numérique. Après la France, l’Autriche
introduit sa taxe. // P. 6
ENTREPRISES
& MARCHÉS
LES PORTS FRANÇAIS DE
NOUVEAU DANS LES RADARS
Les eurodéputés ont adopté le rapport de la commission Transports,
qui intègre les ports français dans
le corridor mer du Nord-Méditerranée avant le Brexit. // P. 19
LOGEMENT : 9 MILLIARDS
D’EUROS D’AIDES EN PLUS
Sur fond de crise sociale, Action
Logement vole au secours du gouvernement avec un plan choc de
9 milliards d’aides aux particuliers
et aux bailleurs sociaux. // P. 20
L’HOLOGRAMME, UN TOUR DE
MAGIE QUI RAPPORTE GROS
Les annonceurs publicitaires,
comme les constructeurs automobiles, s’intéressent de plus en plus
à cette technologie de sciencefiction. // P. 24
CYBER-RISQUE : UN DOSSIER
CRUCIAL POUR LES ASSURÉS
Le groupe américain Mondelez a
attaqué en justice l’assureur
Zurich, qui a refusé de l’indemniser
après la cyberattaque NotPetya.
// P. 31
LA FINTECH N26 VALORISÉE
2,7 MILLIARDS DE DOLLARS
La toute jeune banque mobile
allemande a levé 300 millions de
dollars. Après avoir conquis plus
de 2,3 millions de clients en
Europe, elle met le cap sur les
Etats-Unis. // P. 31
CARNET // P. 36
AFP
Prélèvement à la
source Les réponses
aux 7 questions
essentielles // PP. 37 À 39
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 11, SAMEDI 12 JANVIER 2019 // LESECHOS.FR
Comment
l’industrie
automobile
se transforme
VOTRE MAGAZINE TOUS LES VENDREDIS
l En Europe, Ford et Jaguar vont
supprimer des milliers d’emplois.
l Au CES de Las Vegas, la voiture du futur
se concrétise.
o pain, no gain », disent les anglophones. A l’aube d’une révolution
technologique majeure symbolisée par sa présence au Salon de l’électronique grand public de Las Vegas, l’autom o b i l e m o n d i a l e s e r e t r o u ve p l u s
prosaïquement prise en étau entre la fin
d’un cycle de croissance de plusieurs
années, la crise du diesel et la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.
Cette situation exceptionnelle pousse les
constructeurs à prendre des décisions
radicales. Ford va réduire largement ses
N
effectifs en Europe, un marché où il est
très déficitaire. Et Jaguar Land Rover va
supprimer 4.500 postes dans ses usines
britanniques. Un Brexit sans accord
pourrait alourdir l’addition pour l’emploi
du secteur. A vrai dire, les fabricants de
voitures ont l’habitude des à-coups de
leur marché. Mais cette fois, ils doivent
financer en même temps des investissements majeurs dans la voiture électrique
ou connectée.
l BUSINESS STORY DUCASSE, LE DERNIER EMPEREUR
l CULTURE VINCENT DEDIENNE, THE ARTIST
l STYLE LES NOUVEAUX ARCHI-STARS
l ... ET MOI C’EST PAPA QUI GARDE LES ENFANTS
// PAGES 16 À 19 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX PAGE 9
Les Français favorables
à la réforme des retraites
SOCIAL Le projet de
système universel séduit.
Mais la dérive des comptes
sociaux gêne la réforme.
Deux tiers des Français jugent le système de
retraite actuel « injuste », selon un sondage
Elabe. Ils sont tout aussi nombreux à
accueillir favorablement l’idée d’instaurer
un système universel de retraites par points.
Ce qui ouvre une fenêtre de tir pour le gouvernement, qui n’a pas renoncé à son projet
Bernard-Henri Lévy : « La génuflexion devant
les “gilets jaunes” finit par être grotesque »
SOCIAL Dans un long entretien aux
« Echos », l’essayiste-philosophe commente le mouvement des « gilets jaunes »
qui tient la France en haleine depuis neuf
semaines. S’il reconnaît la légitimité du
mouvement, il fustige ses dérives factieuses, antisémites et homophobes et critique
une trop grande indulgence devant les
actes de violence. « La vraie faillite des élites
est celle de Mélenchon, Le Pen et DupontAignan, qui attisent la haine », estime-t-il par
ailleurs. Le 5 mars, il entame une tournée
théâtrale dans 22 pays d’Europe où, seul en
scène, il appellera à une refondation de l’UE
pour lutter contre le populisme. // PAGE 13
de refonte totale des retraites. Il s’est assigné
des objectifs de justice sociale et d’équité, et
s’est engagé à ne pas reculer l’âge de départ
ou diminuer le montant des pensions.
Cependant, ces promesses sont fragilisées
par le coût budgétaire des mesures
d’urgence votées en décembre, ainsi que par
la dégradation de la conjoncture. Les comptes de la Sécurité sociale pourraient se dégrader d’au moins 2,6 milliards d’euros en 2019,
compromettant le retour à l’équilibre.
// PAGE 3 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 9
Vélo Ces start-up
qui séduisent
les cyclistes // P. 26
Thierry Meneau / « Les Echos »
Helite
Les Echos
WEEK-END
SUR
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
La France réussit sa première levée
de dette de l’année 2019
Etats, entreprises et banques ont emprunté
des montants record cette semaine.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22863
110eANNÉE
40 PAGES
Antilles-Réunion 4 €. Guyane-St Martin 5,20
€. Belgique 6,20 €. Espagne 4,30 €. GrandeBretagne 6,40 £. Grèce 4 €. Italie 4,30 €
Luxembourg 6,50 €. Maroc 30 DH. Suisse
1 0, 5 0 F S . Tu n i s i e 4 , 8 T N D. Z o n e C FA
3000 CFA.
DETTE La journée a été particulièrement animée sur le marché de la dette. L’Etat français a
réussi sa première émission, levant plus de 8 milliards d’euros à des taux en baisse. L’exercice 2019 s’annonce à haut risque : la France doit emprunter un montant record de 200 milliards auprès des investisseurs, et ce dans un contexte mondial des plus incertains. Un grand
nombre d’émetteurs – Etats, entreprises et banques – se sont d’ailleurs rués sur le marché
pour profiter des conditions encore favorables. En quatre séances, pas moins de 75 milliards
d’euros de titres ont été placés en Europe. // PAGE 30
Et si le trou d’air
de l’iPhone était
une bonne chose
pour Apple ?
L’analyse de
Nicolas Richaud
Les revenus des ventes d’iPhone
ne progressent plus, car les derniers
modèles à plus de 1.000 euros peinent
à séduire les clients. Pourtant, cette
contre-performance cache une bonne
nouvelle : longtemps pointé pour la
faible durée de vie de ses modèles, le
groupe de Tim Cook a changé de stratégie en baissant le prix de l’échange
de batterie et en rendant les dernières
versions d’iOS compatibles avec des
iPhone plus anciens. Cette « obsolescence déprogrammée » peut aider
Apple à réussir son virage vers
les services, plus rémunérateurs
que les smartphones. // PAGE 9
Alain Guilhot/Divergence
Shutterstock
La compagnie a annoncé jeudi
la fin de Joon, pourtant lancé il
y a à peine plus d’un an. // P. 15
La spectaculaire
montée
en puissance
des fonds activistes
INVESTISSEMENT Les dirigeants
d’entreprise ne voient sans doute pas le
phénomène d’un très bon œil. Les
fonds activistes, ces actionnaires qui
viennent bousculer la stratégie et la
gouvernance des sociétés cotées, sont
plus dynamiques que jamais. En cinq
ans, le nombre de groupes visés par ces
fonds a augmenté de plus de 60 % dans
le monde, d’après un rapport de
Lazard. Si les sociétés américaines et
britanniques fournissent le gros du
contingent, le reste de l’Europe devient
un terrain de chasse de plus en plus
prisé par ces investisseurs à la recherche de rendements juteux. En France,
les activistes se sont invités au capital
de Pernod Ricard, de SCOR ou encore
de Lagardère, l’an dernier. L’Hexagone
est encore assez peu touché. Mais l’arrivée d’Elliott, le plus actif des hedge
funds – connu pour avoir remporté une
folle bataille contre l’Argentine –, montre que la situation évolue.
// PAGE 29
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
FRANCE
Grand débat :
et si ça marchait ?
Après avoir mis l’accent sur le maintien de son cap,
l’exécutif cherche à rendre son grand débat attractif, en
affirmant qu’il pourra changer la face du quinquennat.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
our l’observateur
fatigué et pour
l’électeur sceptique,
un grand débat sonne a priori
comme un dérivatif, ou pour
le dire crûment comme
un coup politique. Les vœux
debout d’Emmanuel Macron
et la volonté réaffirmée
de poursuivre les réformes
ont pu renforcer
l’impression. Occuper
la galerie le temps que la
crise passe. Retrouver un peu
d’air avant de reprendre le fil
du quinquennat et d’engager
la campagne européenne.
Ces derniers temps,
les ministres ne semblaient
s’exprimer que pour fermer
les sujets de discussion. Pas
de remise en cause de l’ISF,
encore moins de l’interdiction
de la peine de mort ou
du mariage pour tous.
Les députés LREM voyaient
mal quel rôle ils pourraient
y jouer. De toute façon,
ni les partis d’opposition
ni l’Association des maires
de France ne semblaient prêts
à jouer le jeu. « Enfumage »,
disaient les « gilets jaunes ».
En quelques jours pourtant,
la tonalité a changé. Du côté de
l’exécutif du moins, sans qu’il
soit aisé de voir ce qui relève
de la prise de conscience ou
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
P
d’une situation désespérée.
Les violences de samedi
dernier ont montré que
le mouvement des « gilets
jaunes » ne s’éteindrait pas
de lui-même. La démission
de Chantal Jouanno a laissé
entrevoir un scénario
catastrophe. Et si un vrai
débat pouvait changer la
donne ? Il intervient en tout
cas à un moment où l’opinion
bouge (l’exécutif a enrayé
sa chute, le soutien
au mouvement s’est un peu
tassé). Il semble également
répondre à un appétit de
parole de la part des Français,
disent les sondages. Embrayer,
donc. Le chef de l’Etat
s’apprête à envoyer sa lettre
aux Français. En attendant, les
têtes de la majorité se disent
désormais prêtes à laisser les
Français qui s’y exprimeront
changer la face du
quinquennat. Le débat « sera
le point du départ de l’acte II »,
a lancé Emmanuel Macron
aux ministres jeudi. « Il y aura
un avant et un après », dit-on
à Matignon. « Il permettra
la redéfinition du projet pour
notre pays », assure François
Bayrou (franceinfo). « On ne
fait pas ça pendant trois mois
pour retourner après à la vie
classique », affirme la
secrétaire d’Etat Emmanuelle
Wargon (« Le Monde »).
Si les mots ont encore un
sens, il semble que l’exécutif
se donne beaucoup de mal
pour rendre son débat
attractif, donc réel et utile.
S’ils ont un sens…
ccornudet@lesechos.fr
en bref
« Près de 60 % » des radars dégradés
depuis le début des « gilets jaunes »
SÉCURITÉ « Près de 60 % des radars routiers ont été dégradés depuis
le début du mouvement des “gilets jaunes” », a indiqué, jeudi, le
ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Environ 3.200 radars
sont installés sur les routes de France, dont 2.500 pour contrôler la
vitesse. Jusqu’alors, les autorités se refusaient à donner un chiffre
sur les dégradations et à faire un lien direct avec cette contestation.
Les sanctions peuvent aller jusqu’à 30.000 euros d’amende et deux
ans d’emprisonnement p our un radar endommagé, et
75.000 euros d’amende et cinq ans de prison pour sa destruction.
Religions : Macron soumet ses axes
de réforme aux responsables de culte
LAÏCITÉ « Renforcer la transparence du financement des cultes »,
« garantir le respect de l’ordre public », responsabiliser les dirigeants des associations cultuelles : tels sont les axes de réflexion
proposés par Emmanuel Macron aux responsables de culte,
reçus jeudi à l’Elysée en présence du chef de l’Etat, du Premier
ministre et du ministre de l’Intérieur. Au menu des discussions :
la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat, que l’exécutif
entend modifier, notamment pour mieux encadrer l’islam en
France. Un texte a été soumis aux responsables présents.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Macron et Philippe enrayent
leur chute dans l’opinion
l Dans le baromètre Elabe pour « Les Echos », la cote de confiance
du chef de l’Etat regagne 2 points ce mois-ci, à 25 %.
l Elle reste à son deuxième plus bas niveau depuis le début du quinquennat.
SONDAGE
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Il enraye sa chute, mais sans pouvoir encore apercevoir d’éclaircie.
Dans le baromètre Elabe pour « Les
Echos » et Radio Classique, la cote
de confiance du chef de l’Etat regagne 2 points en janvier, à 25 %, ce qui
demeure son deuxième plus bas
niveau depuis le début du quinquennat. « C’est une stabilisation
par gros temps », analyse Bernard
Sananès, le président d’Elabe.
Celui-ci souligne que, depuis le
baromètre du début du mois dernier, « il y a eu les annonces des mesures d’urgence de 10 milliards, les
vœux et le rappel à l’ordre. Cela a fait
bouger un peu les lignes mais a surtout permis cette stabilisation, dans
un contexte qui reste très difficile,
puisque sept Français sur dix continuent à ne pas lui faire confiance. »
Socle électoral
La séquence a permis à Emmanuel
Macron de voir sa cote de confiance
remonter de 12 points auprès des
électeurs de François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, à 41 %, et se stabiliser auprès
de ses électeurs de premier tour, à
58 % (en baisse de 1 point). Les
mesures censées aider au maintien
de l’ordre, mais aussi, lors de ses
vœux, la volonté réaffirmée de
réformer, et la difficulté pour la
droite de trouver un positionnem e n t c l a i r, « l u i p e r m e t t e n t
d’enrayer la chute sur son socle électoral de première année élargi, soit
son socle du premier tour de la présidentielle et une partie de la droite »,
relève Bernard Sananès.
Auprès des abstentionnistes, le
chef de l’Etat gagne 9 points, certes à
seulement 18 %. Auprès des classes
populaires, il reprend 3 points, à
16 %. Un signe, selon le sondeur,
que les lignes ont un peu bougé avec
le rappel à l’ordre. Elles ont aussi
bougé auprès de ceux qui pouvaient
avoir de la sympathie pour les « gilets
jaunes » mais qui estiment que les
annonces de pouvoir d’achat de
10 milliards sont une première
réponse. Un mouvement est à noter
auprès des plus de 50 ans, puisque
Emmanuel Macron regagne
6 points, à 24 %, chez les 50-64 ans
et 4 points, à 32 %, chez les plus de
65 ans. « Il y a l’effet de l’ordre, de la
mesure du 10 décembre sur la CSG et
aussi l’idée que le mouvement des
“gilets jaunes” ne peut pas tout demander », analyse Bernard Sananès.
La cote du Premier ministre suit,
comme de coutume, celle du président, avec 26 % de confiance, en
hausse de 3 points sur un mois.
Politiquement, sa cote grimpe plus
fortement – 16 points – auprès des
électeurs de François Fillon, à 47 %,
tout en restant relativement stable
auprès de ceux d’Emmanuel
Macron, à 58 % (– 2). « Le fait qu’il
n’y ait pas de nouvelle baisse pour
Emmanuel Macron, après trois mois
consécutifs de recul, est à noter. Mais
cela ne suffit pas du tout à parler
d’éclaircie », prévient Bernard Sananès, pour lequel les autres sondages
Le gouvernement
« va devoir jouer sur
plusieurs registres
en même temps :
l’ordre, le dialogue
et la réforme ».
BERNARD SANANÈS
Président d’Elabe
effectués cette semaine par Elabe
montrent toutefois que « le gouvernement peut retrouver des espaces ».
D’abord, poursuit-il, « avec la
concrétisation des mesures d’urgence
fin janvier-début février ». Ensuite,
avec le grand débat national : « vat-il permettre de décrisper et d’aboutir à des mesures ? » Enfin, avec
l’attente des réformes de la part de
son socle électoral. « Il va devoir
jouer sur plusieurs registres en
même temps : l’ordre, le dialogue et
la réforme », avance-t-il. Difficile.
Sondage réalisé par Internet les 8 et
9 janvier 2019, auprès de 1.003 personnes, selon la méthode des quotas.
a
Tous les résultats du sondage
et l’analyse vidéo de Bernard
Sananès sur lesechos.fr
L’image de Mélenchon n’en finit pas de s’abîmer
des rouges et des bruns ». « Il a quitté
les rives de la gauche », avait taclé, la
semaine dernière, Benoît Hamon,
le fondateur du mouvement Génération.s.
Le député des B ouches-duRhône « mène une course, contre
Marine Le Pen et contre François Ruffin » (le député LFI de la Somme, qui
veut sortir en avril un film sur les
« gilets jaunes »), analyse Bernard
Sananès, le président de l’institut
Le leader de La France
insoumise a perdu 18 points
sur trois mois dans le
baromètre Elabe pour « Les
Echos ». Sa « dérive » est
dénoncée même à gauche.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
Quelle mouche a bien pu piquer
Jean-Luc Mélenchon pour le pousser à abîmer à ce point son image ?
Le porte-drapeau de La France
insoumise est entré dans une spirale qui désarçonne jusque dans
son socle électoral. Sa cote n’en finit
pas de baisser dans le baromètre
Elabe pour « Les Echos » et Radio
Classique. Elle chute de 3 points en
un mois, à 20 %. Soit 5 points de
moins sur trois mois et 14 points
depuis le début du quinquennat.
Lui qui a longtemps occupé la
quatrième place du classement des
personnalités n’est plus que dix-huitième, derrière… François Hollande.
Plus de deux Français sur trois
(68 %) ont de lui une image négative,
dont 44 % « très négative ». Auprès
des sympathisants de gauche, il
tombe pour la première fois sous la
barre des 50 % de bonnes opinions,
à 49 %, reculant de 4 points en un
mois et de 13 sur le trimestre. Pis,
il perd 8 points en un mois, soit 18
sur trois mois, parmi ceux qui ont
voté pour lui au premier tour de la
présidentielle, à 60 %.
C’est peu dire, il est vrai, que
l’ancien sénateur socialiste, ex-ministre de Lionel Jospin, n’offre pas
son profil le plus apaisé. Après avoir
Lui qui a longtemps
occupé la 4e place
du classement
des personnalités n’est
plus que 18e, derrière…
François Hollande.
Le leader de La France insoumise est entré dans une spirale qui
désarçonne jusque dans son socle électoral. Photo Alain Jocard/AFP
vociféré contre les juges (« Ma personne est sacrée », « La République,
c’est moi ») et les journalistes qui ont
enquêté sur ses comptes de campagne (des « abrutis »), Jean-Luc
Mélenchon a joué la surenchère
dans la crise des « gilets jaunes »,
épousant le mouvement même
après les violences : critique du
« glissement autoritaire » d’un pouvoir « irresponsable » ; défense de
la cagnotte ouverte pour l’ancien
boxeur professionnel placé en
détention provisoire après avoir
cogné des gendarmes ; « fascination » pour Eric Drouet, un des leaders controversés des « gilets jaunes » (assortie d’un parallèle avec
son homonyme qui avait reconnu
Louis XVI à Varennes en 1791, premier pas du roi vers l’échafaud).
« Recroquevillé »
Cela lui vaut d’être critiqué par la
gauche. Jeudi, le premier secrétaire
du PS, Olivier Faure, a fustigé, sur
franceinfo, sa « dérive insupportable », qui peut conduire à la « fusion
Elabe. Mais, ce faisant, « il donne le
sentiment de se recroqueviller, limite
sa capacité à rassembler, notamment
pour les élections européennes »,
poursuit-il, alors que Marine Le Pen
lui a volé, à la faveur de cette crise,
le costume de premier opposant.
Mais Jean-Luc Mélenchon, lui,
croit venue, avec les « gilets jaunes »
et leur « combat pour libérer notre
pays des chaînes de l’argent roi », ce
qu’il appelle « l’ère du peuple ».
« Ceux qui analysent notre action ne
doivent jamais oublier que notre
objectif est la révolution citoyenne et
la convocation d’une Assemblée
constituante par laquelle le peuple
refondera la France en instaurant
une nouvelle république », a-t-il
expliqué sur son blog. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
La dérive des comptes sociaux
va compliquer la refonte des retraites
l Les mesures d’urgence annoncées
en décembre compromettent le retour
à l’équilibre de la Sécurité sociale.
l La dégradation de la conjoncture
va aussi peser sur les finances.
FINANCES
PUBLIQUES
Solveig Godeluck
@Solwii
Le bel édifice va-t-il s’écrouler ?
L’exécutif table sur l’amélioration
des comptes sociaux pour mener sa
refonte du système de retraite sans
braquer l’opinion avec un recul de
l’âge ou une baisse des pensions.
Mais cette construction a été fragilisée par la crise des « gilets jaunes ».
Le coût des mesures d’urgence
annoncées le 10 décembre par
Emmanuel Macron va peser sur les
comptes de la Sécurité sociale en
2019, interdisant en l’état son retour
à l’équilibre. De plus, la croissance
se tasse, ce qui contraindra probablement le gouvernement à revoir
sa trajectoire budgétaire à la fin de
ce trimestre.
Au moment du vote de la loi
d’urgence économique et sociale,
avant Noël, les sénateurs ont
obtenu du gouvernement de nouvelles projections budgétaires pour
la Sécurité sociale en 2019. Contrairement à la loi de financement
votée quelques jours plus tôt, ces
calculs tiennent compte de la baisse
de la CSG de certains retraités et de
l’avancement dans le temps de
l’exonération de charges sociales
sur les heures supplémentaires.
Chacune de ces deux mesures va
coûter 1,3 milliard d’euros à la Sécurité so ciale cette année, soit
un impact total de 2,6 milliards
d’euros.
Contrecoup
Le régime général, fonds de solidarité vieillesse inclus, affiche désormais une prévision de déficit de
2,5 milliards d’euros. Alors que le
budget 2019 de la Sécurité sociale a
été voté en excédent de 100 millions
2,5
MILLIARDS D’EUROS
La prévision de déficit
du régime général, fonds
de solidarité vieillesse
inclus, pour 2019.
d’euros – le projet initial du gouvernement visait même 700 millions.
Quant à la branche retraite, au lieu
d’un solde positif de 600 millions
d’euros, elle afficherait un solde
négatif de 700 millions (sans
oublier le déficit du Fonds de solidarité vieillesse).
Au coût des mesures d’urgence
s’ajoute la dégradation de la
conjoncture. Le chaos du mois de
décembre a pesé sur la croissance
et va se répercuter sur les prochains
mois, en lien avec une dégradation
plus générale de l’environnement
économique international.
Le régime général devrait en particulier subir le contrecoup du
ralentissement des créations
d’emplois.
Des économies qui risquent
de se volatiliser
Les économies attendues, elles
aussi, pourraient être minorées si
l’inflation était inférieure aux attentes. Pour afficher un équilibre du
système de retraites au moment de
la réforme, en 2019-2020, le gouvernement a décidé de ne quasiment
pas revalorise r les p ensions
(+0,3 %) pendant deux ans. Pour
2019, l’éventuel écart à la prévision
ne devrait pas être énorme (l’inflation a été importante en 2018). Mais
pour 2020, il pourrait être plus
important.
Cet assombrissement des perspectives budgétaires donne du
grain à moudre aux partisans d’une
réforme des retraites plus dure,
afin de redresser les comptes.
« Alors que le pays est en situation
d’urgence, on nous dit que la réforme
ne produira ses pleins effets qu’en
2040 et qu’elle ne produira aucune
économie. Est-ce bien raisonnable ? » interrogeait jeudi dans
nos colonnes Laurent Wauquiez, le
président du parti Les Républicains.
Si des voix dans la majorité réclamaient, elles aussi, un tour de vis
sur la branche vieillesse, cela compliquerait singulièrement la tâche
du haut-commissaire à la réforme
des retraites, Jean-Paul Delevoye,
qui cherche au contraire à pacifier
le plus possible le débat.
(
L’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 9
Deux Français sur trois favorables à la réforme
Malgré un climat social très
tendu, une large majorité
de Français voient d’un bon
œil le projet de régime
universel de retraite du chef
de l’Etat, selon un sondage
Elabe pour « Les Echos ».
Tétanisés, les Français ? Malgré un
climat social très tendu depuis
l’irruption des « gilets jaunes », ils
demeurent très majoritairement
ouverts à l’idée d’une refonte totale
du système de retraite. Selon un
sondage Elabe pour « Les Echos »,
Radio Classique et l’Institut Montaigne, 66 % d’entre eux sont favorables au projet du gouvernement
de créer un système universel de
retraite par points, qui rassemblerait les salariés du privé, les fonctionnaires et les indépendants.
Un soutien appréciable pour les
équipes du Haut Commissariat à la
réforme des retraites, qui pilote cette
réforme à hauts risques, en vue d’un
projet de loi d’ici à l’été. En réalité,
les plus fervents supporters de cet
aggiornamento se trouvent parmi
les retraités (69 %) et les cadres et
professions intellectuelles (68 %).
L’adhésion est plus mesurée chez les
catégories socioprofessionnelles
modestes (60 %) et surtout chez les
fonctionnaires (50 %). Les électeurs
d’Emmanuel Macron et de François
Fillon sont enthousiastes, tandis que
ceux de Marine Le Pen et de JeanLuc Mélenchon sont plus partagés.
Ce désir de changement va de
pair avec des diagnostics négatifs
sur le système de retraite actuel.
En effet, 57 % des sondés trouvent
qu’il fonctionne mal, et seuls 4 %
considèrent au contraire qu’il marche très bien. Pis, 64 % estiment que
le système est « injuste ».
Pour Bernard Sananès, président
d’Elabe, c’est une bonne nouvelle
pour l’exécutif : « L’opinion cristallise plus sur l’injustice que sur l’inefficacité. Pour la première fois peut-être,
le gouvernement va pouvoir présenter une réforme d’équité. » Ce qui
était justement l’objectif de départ
d’Emmanuel Macron. « Il y a bien un
espace pour porter cette réforme »,
estime Bernard Sananès, alors que
la capacité d’un exécutif affaibli à
mener un projet si ambitieux est
actuellement questionnée.
Cependant, « ce n’est pas un blancseing pour le gouvernement », prévient-il. Premièrement, les sondés
qui trouvent le système actuel le
plus injuste – les électeurs de La
France insoumise ou du Rassem-
Les sondés qui
trouvent le système
actuel le plus injuste
sont paradoxalement
les plus rétifs
au changement.
blement national – sont paradoxalement les plus rétifs au changement.
Il y a un hiatus entre leurs vœux et le
projet gouvernemental, et surtout
une crainte de perdre au change.
Deuxièmement, les vieilles
angoisses sont toujours là. Alors
qu’Emmanuel Macron a promis
qu’il ne modifierait pas les paramè-
tres tels que l’âge ou le niveau des
pensions, 69 % des sondés s’attendent à une augmentation de l’âge
minimum de départ, actuellement
à 62 ans au régime de base.
Un pourcentage ambivalent. Il
témoigne d’une forme de résignation des Français, qui voient bien
que l’on vit de plus en plus vieux,
mais aussi d’une inquiétude, selon
Bernard Sananès : « Ce chiffre
dit une forme de vigilance, qui peut
mettre en cause l’acceptation de la
réforme », juge-t-il.
De même, 58 % des Français
pensent que leurs pensions vont
baisser. Si ces préoccupations
devenaient des abcès de fixation,
elles auront vite fait de chasser la
bienveillance des sondés, nombreux à espérer une simplification
du système, plus d’équité et une
meilleure prise en compte des
métiers pénibles, des carrières
longues ou du handicap. — S. G.
Sondage réalisé les 8 et 9 janvier 2019
auprès d’un échantillon de 1.001 personnes, selon la méthode des quotas.
Le Premier ministre s’emploie à rasséréner les Allemands
Edouard Philippe est venu
jeudi à Bonn et à Cologne
parler de l’importance
de l’unité de l’Europe
et assurer que les réformes
se poursuivaient en France.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
— Envoyé spécial à Bonn
et à Cologne
Il a choisi l’Allemagne pour effectuer son premier déplacement de
l’année à l’international. Son premier voyage hors des frontières
aussi depuis le début de la crise des
« gilets jaunes » il y a presque deux
mois. En pleine organisation – complexe – du grand débat national, qui
s’ouvrira mardi prochain, Edouard
Philippe a effectué jeudi une brève
escapade outre-Rhin pour une
visite en deux temps.
D’abord un rendez-vous avec des
lycéens de Bonn, au lycée Friedrich
Ebert. La visite était teintée d’une
petite touche nostalgique puisque,
entre 1986 et 1988, Edouard Philippe a été élève sur ce même site,
qui abritait alors le lycée français.
Passage obligé, les questions des
lycéens ont porté sur l’Europe, sur
la politique évidemment et, un peu,
sur les « gilets jaunes ».
L’occasion pour Edouard Philippe d’évoquer le grand débat à
venir. Un débat organisé « pour que
les gens qui ont le sentiment de ne pas
être entendus puissent dire ce qu’ils
veulent ». « Ce grand débat est un élément de réponse. Un autre élément
de réponse est de se projeter dans
l’avenir. Une société c’est comme un
vélo, pour tenir debout, faut que ça
avance. Il faut avoir des projets en
commun », a-t-il lancé aux lycéens.
Cologne, il s’est exprimé devant les
600 chefs d’entreprise présents, installés dans une région où les entreprises françaises sont particulièrement implantées, puisqu’elles
sont 1.100.
Le report de réformes
inquiète outre-Rhin
600 chefs d’entreprise
Ensuite Edouard Philippe a eu un
autre rendez-vous, bien plus stratégique celui-là : celui de l’économie.
Invité du dîner annuel de la Chambre de commerce et d’industrie de
A Bonn, le Premier ministre a rendu visite au lycée Friedrich
Ebert, où il a étudié entre 1986 et 1988 alors que c’était alors
un lycée français. Photo Oliver Berg/dpa/AFP
Devant les acteurs économiques du
Land le plus peuplé et le plus dynamique d’Allemagne, la Rhénaniedu-Nord-Westphalie, il s’agissait
pour lui de remettre en perspective
les réformes accomplies depuis dixhuit mois, et bien accueillies en
Allemagne. Il s’agissait surtout de
rassurer sur leur poursuite dans les
mois à venir, alors que, selon ses
propres termes, le mouvement des
« gilets jaunes » est jugé « impressionnant » jusqu’en Allemagne.
Emmanuel Macron et Edouard
Philippe ont reporté plusieurs
réformes en France jusqu’à ce que la
crise des « gilets jaunes » soit derrière eux, ce qui inquiète outre-
Rhin. « Bien souvent, on n’imagine
pas toujours la vitesse et la puissance
des transformations possibles du
monde », avait-il déclaré un peu
plus tôt devant les lycéens. Une
façon de se convaincre que la
France devait rester dans ce train
des transformations. n
« Une société c’est
comme un vélo,
pour tenir debout,
il faut que ça
avance. Il faut avoir
des projets en
commun. »
ÉDOUARD PHILIPPE
Lors de sa visite
au lycée Friedrich Ebert
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
Elèves violents : Blanquer tenté
de suspendre les allocations
Le gouvernement
devra arbitrer
sur l’apprentissage
l Plusieurs députés LREM s’insurgent contre l’idée de suspendre les allocations
familiales aux familles d’élèves fautifs que pourrait reprendre l’exécutif.
l Le gouvernement annoncera sa décision à la fin du mois.
FORMATION
Le ministère
du Travail a reçu
13 dossiers
d’agrément pour les
futurs opérateurs
de compétences.
ENSEIGNEMENT
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Aucun sujet « tabou »
Plusieurs députés LREM ont vivement réagi jeudi. « Comment imaginer une seconde qu’une famille
dépassée par un adolescent violent
pourra mieux y faire face une fois privée de ses allocations ? s’est interrogé
Aurélien Taché sur Twitter. Ce
serait une double peine insupportable. Cette mesure ne doit pas être
reprise par le gouvernement. »
Matthieu Orphelin a, lui, rappelé
que « la loi Ciotti sur la suspension
des allocations familiales pour
enfants trop souvent absents avait été
abrogée [sous le quinquennat précédent, NDLR], notamment au regard
de sa très faible efficacité ». Durant les
deux ans d’application de ce texte
(2011-2012), 79.000 signalements
ont eu lieu pour 619 suspensions.
Alain Ruello
@AlainRuello
Céline Mihalachi/AFP
L’information fait déjà polémique.
Selon « Le Parisien », le plan d’action
contre les violences scolaires, promis
en octobre dans la foulée du mouvement #PasDeVagues qui avait largement mobilisé les enseignants sur
Twitter après le braquage d’une enseignante de Créteil dans sa salle de
classe, prévoit de « sanctionner les
familles des adolescents fautifs ».
« L’idée de toucher aux allocations
des familles d’élèves violents à l’école
va être reprise par le gouvernement »,
affirme le quotidien, qui évoque le
groupe de travail qui planche sur le
dossier et doit remettre en milieu de
semaine prochaine une liste de
mesures au ministre de l’Education
nationale, Jean-Michel Blanquer.
Il rendra ses
premières décisions
sous peu.
Le plan gouvernemental comporte trois volets : la sécurisation des alentours des établissements,
le traitement des élèves renvoyés d’établissement en établissement et la responsabilisation des parents.
Cette mesure « ne résoudrait rien,
apporterait confusion des rôles et ne
serait pas acceptée par la communauté éducative », a insisté Matthieu
Orphelin, en préconisant « d’autres
solutions pour accompagner et responsabiliser jeunes et parents ». Le
député Hugues Renson a, de son
côté, commenté en parlant de
« vieille lubie prétendument destinée
à responsabiliser les familles », qui
« n’a jamais apporté la preuve de son
efficacité. Dans une famille, comme
ailleurs, on règle rarement des difficultés en ajoutant des difficultés. »
Après la fronde de certains députés
LREM contre la hausse des droits
d’inscription pour les étudiants
étrangers, ce projet met de nouveau
à mal la cohésion de la majorité.
Jean-Michel Blanquer, qui avait
déclaré début décembre qu’« aucun
sujet [n’était] tabou », a confirmé
jeudi qu’il songeait à sanctionner
certains parents. Il faut « savoir faire
la différence entre une famille dépassée par les événements […] et des cas où
des parents ont été complices d’une
évolution violente des enfants », a
déclaré le ministre, en marge d’une
visite dans les Hautes-Alpes. « Ça
existe, il faut le savoir et il est normal
« Comment imaginer
une seconde qu’une
famille dépassée
par un adolescent
violent pourra mieux
y faire face une fois
privée de ses
allocations ? »
AURÉLIEN TACHÉ
Député LREM
d’en tirer des conséquences. Mais de
quelles façons ? C’est encore trop tôt
pour le dire », a-t-il ajouté.
Le plan gouvernemental sur les
violences scolaires sera annoncé fin
janvier en Conseil des ministres,
par les trois ministres concernés
(Justice, Intérieur, Education). Le
plan comporte trois volets : la sécurisation des alentours des établissements, le traitement des élèves qui
sont renvoyés d’établissement en
établissement qu’on appelle les
« polyexclus », et la responsabilisation des parents d’élèves violents.
Sur ce dernier point, outre la
question de la suspension des allocations familiales en débat, JeanMichel Blanquer avait annoncé en
décembre qu’il envisageait « des
amendes » pour certaines familles
qui ne respecteraient pas leurs
« obligations éducatives », par exemple en cas de dégradations commises dans un établissement. n
Des délais de réponse de Parcoursup plus courts
Cette année, trois points
d’étape avec des conseillers
d’orientation sont mis
en place pour aider
les candidats à affiner
leur choix dans la dernière
ligne droite.
des bilans seront proposés aux
lycéens qui souhaitent « affiner leur
projet d’orientation », a indiqué Frédérique Vidal, lors d’une rencontre
avec l’Ajéduc, l’Association des
journalistes de l’éducation.
A une dizaine de jours de l’ouverture
de la phase de formulation des vœux
sur Parcoursup (22 janvier-14 mars),
la ministre de l’Enseignement supérieur se rend, ce vendredi, au Salon
Postbac, à Paris. Frédérique Vidal
doit y donner le coup d’envoi de la
« V2 » de Parcoursup, après les critiques de l’an dernier sur une procédure jugée trop longue.
La ministre doit y annoncer un
renforcement de l’accompagnement des élèves, avec trois « points
d’étape » : trois dates (les 25 juin,
6 juillet et 17 au 19 juillet) auxquelles
Le ministère veut
éviter que certains
lycéens maintiennent
des vœux très
tardivement,
jusqu’en septembre.
« On s’est aperçu que, à l’approche
du bac ou même après les résultats du
bac, beaucoup de lycéens étaient toujours dans une forme de perplexité
sur leur orientation, justifie la ministre. Certains jeunes qui ont reçu une
proposition se demandent si c’est
vraiment cela qu’ils veulent faire. »
Ces lycéens pourront, si besoin, « se
poser avec quelqu’un au téléphone ou
en face-à-face ». Psychologues de
l’Education nationale et personnels
des services universitaires d’information et d’orientation (SCUIO)
devraient être mobilisés. Frédérique Vidal veut éviter que, comme
l’an dernier, certains lycéens maintiennent des vœux très tardivement, jusqu’en septembre.
Un répondeur automatique
La ministre doit aussi annoncer des
délais de réponse raccourcis. A partir du 15 mai et jusqu’au 19 mai, dates
auxquelles les candidats commenceront à recevoir des réponses, ils
auront cinq jours pour faire savoir
s’ils l’acceptent ou non (une proposition d’admission reçue le 18 mai
Treize candidats pour… onze
places. Les branches professionnelles avaient jusqu’au 31 décembre pour déposer leurs dossiers
d’agrément d’opérateur de compétences (Opco), ces organismes
paritaires pivots de la réforme
Pénicaud de la formation. Après
des mois d’intenses tractations,
organisations patronales, mais
aussi syndicales, sont à peu près
rentrées dans le cadre fixé. Au
moins du point de vue quantitatif. « Nous avons effectivement
reçu 13 dossiers, mais cela ne préjuge pas de la qualité de chacun
d’eux », résume-t-on au ministère du Travail.
La loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel »
fait disparaître la vingtaine d’organismes paritaires
qui collectent les cotisations formation des entreprises (Opca).
Ils doivent laisser la place le
1er avril à onze opérateurs de
compétences (Opco) dans une
logique de cohérence des
métiers, comme le préconise le
rapport Marx-Bagorski : services financiers et du conseil,
industrie, mobilité, commerce…
Beaucoup d’agitation
Les plus de 400 branches
avaient donc jusqu’au 31 décembre pour choisir leur futur Opco
(toutes ne l’ont pas fait), ce qui a
occasionné beaucoup d’agitation. Quand certaines ont vu
l’intérêt à se regrouper, d’autres
pourra être acceptée ou refusée jusqu’au 22 mai inclus). A partir du
20 mai, ce délai ne sera plus que de
trois jours (une proposition reçue le
5 juillet pourra être acceptée ou
refusée jusqu’au 7 juillet inclus).
La procédure principale s’arrêtera
cette année le 19 juillet, donc plus tôt
que l’an dernier. Pour l’accélérer, le
ministère a mis en place un « répondeur automatique », disponible à
partir du 25 juin, après les épreuves
du bac. Les candidats qui le souhaitent pourront ainsi indiquer les
vœux en attente qu’ils préfèrent
pour que le répondeur automatique
réponde à leur place aux propositions d’admission reçues, sans avoir
à se connecter chaque jour sur la plate-forme. « Pour partir sereinement
en vacances », justifie le ministère,
qui veut éviter de revivre le mauvais
feuilleton de l’été dernier. — M.-C. C.
Dimanche de 10h à 11h
Le Grand rendez-vous
© ALAIN ROBERT/SIPA
Hélène Jouan, Cécile Cornudet et Damien Fleurot reçoivent
Nicolas Dupont-Aignan
Président de Debout la France
se sont accrochées à des logiques
de pouvoir, même si la réforme
limite les possibilités de composer avec les différents dispositifs
de formation mutualisés.
L’exemple le plus révélateur ? La bataille à laquelle se
livrent l’U2P et la CPME pour
avoir la main sur le futur Opco
de l’artisanat et des services de
proximité. Chacun a déposé un
dossier, sachant très bien que le
ministère du Travail, qui aura le
dernier mot, n’en conservera
qu’un. Le Medef essaie aussi
de sauver les meubles : Opcalia,
son Opca, où en tout cas ce qu’il
en reste, a déposé un dossier
d’agrément mais les branches
concernées n’ont pas grandchose à voir entre elles.
Après des mois
de tractations,
patronat
et syndicats sont
à peu près rentrées
dans le cadre fixé.
Le ministère devra aussi trancher sur le périmètre du futur
Opco des services financiers,
Crédit Agricole et Groupama lui
préférant celui de l’agriculture
et de l’agroalimentaire. Autre
exemple, les artisans du bâtiment de la Capeb ont rallié
l’Opco de la construction mais
aussi celui de l’U2P, à la recherche du meilleur point de chute.
Les syndicats ne sont pas restés inactifs dans ce grand mercato, pour s’assurer, eux aussi, de
leur place dans les instances des
futurs Opco. La fédération CGC
de la santé s’oppose par exemple
à l’accord constitutif de celui de
la santé signé par la seule CFDT.
Leurs homologues de FO ont
dénoncé un accord « scélérat » et
comptent faire de même.
a
A lire aussi L’année record
d’Agefos PME sur lesechos. fr
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FRANCE // 05
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
Grand débat : l’exécutif compte
sur les maires et les associations
en bref
La production
industrielle de
nouveau en repli
CONJONCTURE La produc-
POLITIQUE
Les ministres JeanMichel Blanquer
et Sébastien Lecornu
étaient jeudi dans les
Hautes-Alpes pour
mobiliser les associations et les maires.
Matthieu Quiret
@MQuiret
Parmi les doléances,
le thème de l’injustice
est omniprésent,
sur la répartition des
richesses, sur l’accès
aux services publics,
le rétablissement
de l’ISF, l’évasion
fiscale, etc.
Au gouvernement, on note que
les demandes s’écartent largement
de celles de la consultation du Conseil économique, social et environnemental (Cese), façon de mettre
en doute la représentativité de cette
institution. « Pas un cahier n’a évoqué le mariage pour tous », taclet-on au gouvernement. En revanche, le thème de l’injustice est
omniprésent, sur la répartition des
richesses, sur l’accès aux services
publics, le rétablissement de l’ISF,
l’évasion fiscale, etc.
Grand débat :
CGT et Solidaires
n’iront pas
à Matignon
D’après le gouvernement, entre 3.500 et 5.000 élus locaux
ont ouvert un cahier de doléances. Photo Berti Hanna/RÉA
La question du déclassement
revient aussi beaucoup, tout
comme la perte du pouvoir d’achat
et le manque de contrôle de l’immigration. Autre sujet récurrent, la
place de la voiture tandis que l’écologie, la famille ou la culture sont
peu évoquées.
Des invariants pour cadrer
un minimum le débat
Le président devrait donc évoquer
dans sa lettre ces thèmes tout en
posant des invariants pour cadrer un
minimum le débat. Sur la transition
énergétique, qui a déclenché le mou-
vement des « gilets jaunes », Emmanuel Macron réaffirmera par exemple l’objectif de la neutralité carbone
en 2050 mais ouvrira le débat sur le
rythme et les outils de cette transition. Le gouvernement explique
avoir pratiquement finalisé la
conception des kits qui seront distribués aux organisateurs des débats
locaux, maires et associations en tête
donc. Façon de relativiser le retrait de
Chantal Jouanno, la présidente de la
Commission du débat public, qui a
participé à cette conception.
Reste toutefois au gouvernement à trouver les quelques sages
Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT,
a expliqué jeudi qu’il n’irait
pas vendredi à Matignon
pour discuter du grand débat
national, de même que
Solidaires, pour lequel
la réunion organisée
à Matignon est « de la communication ». En revanche,
Laurent Berger (CFDT),
Yves Veyrier (FO), François
Hommeril (CFE-CGC),
Philippe Louis (CFTC),
Luc Bérille (Unsa), ainsi que
des représentants de la FSU,
du Medef, de la CPME, de
l’U2P, de la FNSEA et de
l’UDES ont répondu présents.
qui sauront assurer la sincérité des
restitutions nationales. Ces noms
seront précisés lundi en principe
par le Premier ministre. Une plateforme numérique sera aussi mise
en place pour faciliter l’expression
des Français.
Pour autant, plusieurs ministres ne cachent pas le risque de
l’exercice. Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, etait
justement jeudi avec Sébastien
Lecornu, le ministre des Collectivités, dans les Haute-Alpes pour
mobiliser les associations et les
maires sur le grand débat. n
tion industrielle a reculé de
1,3 % sur un mois en novembre, effaçant la hausse de 1,3 %
enregistrée le mois précédent,
de nombreux secteurs comme
la chimie, la métallurgie, la
pharmacie ou encore le textile
s’affichant en repli, a indiqué
jeudi l’Insee. La production
manufacturière, qui avait progressé de 1,4 % en octobre, s’est
repliée d’autant en novembre.
Les grèves dans les raffineries
et le début du mouvement des
« gilets jaunes » ont pesé sur
l’activité sur cette période. Ce
repli a surpris les économistes
qui attendaient plutôt une stabilisation.
« Gilets jaunes » :
la cagnotte pour
les policiers
blessés dépasse
le million d’euros
SÉCURITÉ La cagnotte en
ligne pour les forces de
l ’o r d r e b l e s s é e s l o r s d e s
manifestations des « gilets
jaunes » lancée mardi par le
président LR de la région Provence -Alp es-Côte -d’Azur
Renaud Muselier a dépassé
jeudi en tout début d’aprèsmidi le million d’euros collectés. Cette cagnotte avait été
lancée sur la plate-forme en
ligne Leetchi en réaction à
celle créée en soutien à l’exboxeur Christophe Dettinger.
*Issu de LinkedIn Data 5/11/18. Conditions Générales sur linkedin.com/lesechos
L’exécutif commence à y voir un
tout petit peu plus clair sur l’organisation du grand débat national.
Lors du séminaire gouvernemental organisé mercredi, il a été décidé
de s’appuyer sur les communes et
les associations. « Les syndicats, les
grands élus, les élites ne sont plus
écoutés, les maires et les responsables d’associations sont peut-être les
derniers à pouvoir jouer ce rôle »,
explique un ministre.
Pour préparer sa lettre aux Français qui paraîtra dans les prochains
jours, Emmanuel Macron va tenir
compte des premières doléances
de la population rédigées dans les
cahiers mis à disposition en mairie
depuis quelques semaines. Une
vingtaine de préfets ont été chargés
par le ministère des Collectivités de
faire une synthèse de ces écrits à
partir d’une trentaine de cahiers.
La note présentée au séminaire
évalue entre 3.500 et 5.000 élus
locaux ayant joué le jeu. Le profil
type du contributeur correspond
au « rural populaire », estime le
document. C’est dans les campagnes que les maires se sont montrés les plus volontaires, mais
aussi dans les zones les plus en
difficultés. Ainsi le Gard, terre où
domine le vote en faveur du
Rassemblement national (RN,
ex-FN), plus de 140 communes
ont ouvert un cahier de doléances
quand seule une cinquantaine l’a
fait en Charente-Maritime. Les
classes populaires et les inactifs
ont proportionnellement davantage participé.
« LinkedIn Jobs m’a trouvé une
développeuse mobile qualifiée qui
partage aussi ma vision. »
Caroline Maitrot
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06 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
L’INFLATION RALENTIT
EN CHINE
L’ÉLECTRICITÉ TIRE
LES PRIX EN NORVÈGE
L’indice des prix à la
consommation a ralenti,
avec une hausse de 1,9 % en
décembre en rythme annuel
après +2,2 % en novembre.
L’objectif affiché par Pékin
est d’environ 3 %. Par ailleurs,
la progression des prix à la
production est revenue en
décembre à son rythme le
plus faible depuis septembre
2016 (+ 0,9 % sur un an).
L’inflation en Norvège
s’est élevée à 2,7 % en 2018,
une nette accélération
par rapport à l’année
précédente, en raison
essentiellement des prix
record de l’électricité, avec
un bond de 25,6 % sur un an.
En 2017, les prix
à la consommation avaient
augmenté de 1,8 %
dans le pays scandinave.
2,07 %
DU PIB
En 2018, les vingt-huit
Etats membres de l’Union
européenne ont dépensé
ensemble près de 320 milliards d’euros au titre de
la recherche et du développement. En pourcentage
du PIB, cela représente
2,07 %, en légère hausse
après 2,04 % en 2016.
Les Etats européens instaurent
des taxes Gafa en ordre dispersé
EUROPE
Faute d’un accord
ambitieux en décembre à Bruxelles, les
initiatives nationales
se multiplient pour
taxer le numérique.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Faute d’un accord ambitieux à
l’échelle européenne, les initiatives
nationales se multiplient pour taxer
le numérique. Dernière en date, celle
de l’Autriche, qui vient d’annoncer
lors d’un séminaire du gouvernement, jeudi, l’introduction d’une
taxe de 3 % sur les revenus publicitaires des géants de l’Internet. Le jeune
chancelier, Sebastian Kurz, à la tête
d’un gouvernement de coalition avec
l’extrême droite (FPÖ), a précisé que
cette taxe entrerait en vigueur au
plus tard en 2020. Comme la France,
l’Autriche attend encore le prochain
Conseil des ministres des finances
européens en mars. Mais Vienne se
réserve la possibilité, en cas d’échec,
d’imposer à l’échelle nationale cette
mesure qu’elle avait soutenue lors de
sa présidence de l’UE, au deuxième
semestre 2018.
Les dernières négociations à
Bruxelles laissent peu d’espoir que
l’issue du prochain conseil en mars
soit favorable. En décembre, la
France a arraché l’indispensable
soutien de l’Allemagne au prix
d’importantes concessions. Paris a
dû retarder à 2021 l’éventuelle entrée
en vigueur de cette taxe, soit après
l’échéance des travaux de l’OCDE sur
Paris souhaite une
application rétroactive
dès janvier 2019, ce qui
permettrait de faire
rentrer 500 millions
d’euros de plus dans
les caisses de l’Etat.
le sujet, très attendus. L’assiette serait
fortement réduite par rapport au
projet de la Commission européenne. Seuls les revenus de la publicité en ligne seraient concernés, et
non la revente de données. Malgré
ces concessions, trois Etats membres, l’Irlande, la Suède et le Danemark, restent opposés à ce projet qui
nécessite l’unanimité au sein de l’UE.
Et l’Allemagne reste ambiguë.
D’où la volonté de la France de
prendre les devants, en instaurant
cette taxe avant même tout accord
européen. L’annonce, présentée
comme une mesure de justice fiscale face aux multinationales qui ne
paient pas d’impôts, est intervenue
en pleine mobilisation des « gilets
jaunes ». Le vote interviendrait au
plus tôt dans la loi Pacte, qui reviendra au Parlement au printemps prochain. Dans la mesure du possible,
Paris souhaite une application
rétroactive dès janvier 2019, ce qui
permettrait de faire rentrer 500 millions d’euros de plus dans les caisses
de l’Etat.
La France serait donc le premier
Etat européen à introduire cette taxe
Gafa, même si d’autres pays affichent des projets en ce sens. Dans le
cadre de son budget 2019, le gouvernement socialiste espagnol a adopté
un impôt de 3 % sur la publicité en
ligne, les plates-formes et la revente
de données personnelles. La Grande-Bretagne, tout en préparant sa
sortie de l’UE, s’apprête à entériner
un projet proche du texte européen,
à savoir un impôt de 2 % sur le chiffre
d’affaires des géants du numérique.
Avant même l’offensive française,
l’Italie avait adopté un prélèvement
de 3 % sur les transactions digitales
entre entreprises.
Cette multiplication des initiatives nationales était justement l’effet
redouté en cas d’échec des négociations à Bruxelles. Elle revient finalement à fragmenter le marché européen, au risque de pénaliser la
croissance des entreprises digitales.
Sauf à ce que ces initiatives fassent
suffisamment pression sur les derniers Etats récalcitrants pour qu’ils
se rallient au projet européen. n
Israël : un
impôt pour les
multinationales
Le fisc israélien négocie
avec les multinationales
implantées dans le pays
afin qu’elles s’acquittent
de l’intégralité de l’impôt
sur leurs bénéfices dans
« les tout prochains mois ».
Le taux est de 23 %
pour les entreprises
israéliennes, mais une loi
destinée à encourager les
investissements étrangers
prévoit des taux réduits
variant de 5 à 16 %
dans certains cas.
Le futur taux d’imposition
n’est pas encore connu.
Juncker lance la présidence
roumaine de l’Union européenne
dans une ambiance acerbe
EUROPE
C’est dans un climat de
tension palpable que
la Roumanie prend la
présidence tournante
de l’Union européenne.
Catherine Chatignoux
@chatignoux
Gabriel Gresillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
L’Union européenne n’avait pas
besoin de cela. Hasard du calendrier institutionnel, c’est une Roumanie en plein doute, et en pleine
confrontation avec la Commission
européenne, qui s’est vu remettre
les clefs jeudi, pour six mois, de
la présidence tournante du Conseil
de l’Union européenne. Les commissaires européens ont fait le
déplacement à Bucarest, jeudi et
vendredi, pour donner le coup
d’envoi d’une présidence qui va
pourtant devoir affronter des défis
importants pour l’Union.
Entre un Brexit qui menace de
déstabiliser tout l’édifice, une élection européenne au mois de mai qui
pourrait voir les partis eurosceptiques compromettre le projet européen, une négociation épique sur
l’avenir du budget européen qu’il va
falloir faire avancer, et quelques
dossiers importants à boucler avant
la fin de la mandature (union des
marchés de capitaux, marché du
numérique), l’agenda est exceptionnellement chargé. S’y ajoute la question migratoire, toujours explosive
et instrumentalisée politiquement.
La Roumanie sera-t-elle à la hauteur ? La mission officielle de la
Commission européenne à Bucarest entamée jeudi a pour fonction
de faire comme si chacun le croyait.
D’autant que, comme l’assure un
diplomate, « les équipes bruxelloises
de la Roumanie sont tout à fait au
niveau ».
Mais la division règne au cœur de
l’Etat, avec un président de droite et
un gouvernement social-démocrate soupçonné de mener des
réformes visant à permettre à ses
membres d’échapper aux sanctions
pour corruption. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission
européenne, s’est lancé dans
une charge exceptionnellement
dure qui « ne doit rien au hasard »,
selon un pilier de la machine
bruxelloise. « Le gouvernement de
Bucarest n’a pas encore pleinement
compris ce que signifie présider les
pays de l’UE », a-t-il lâché.
Quant à l’homme fort des
sociaux-démocrates roumains,
Liviu Dragnea, déjà condamné
pour fraude électorale, il vient
d’attaquer la Commission européenne devant la Cour de justice de
l’UE, espérant remettre en cause un
Le président de centre droit de la République roumaine, Klaus Iohannis, et le président
de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en janvier 2018. Photo John Thys/ AFP
rapport de l’Office européen de lutte
anti-fraude qui l’accuse d’un détournement massif de fonds européens.
Paralysie politique
La multiplication des pays à problème à l’est de l’Union européenne
commence à rendre la cohabitation délicate, surtout lorsque leurs
dirigeants représentent politiquement et juridiquement l’Europe à
l’étranger et participent aux négociations avec les pays tiers. La Roumanie semble vouloir s’inspirer de
ses voisins hongrois et polonais qui
ont multiplié ces dernières années
les atteintes à l’indépendance du
pouvoir judiciaire et qui s’en prennent aux organes anticorruption.
La Pologne fait l’objet d’une procédure au titre de l’article 7 pour violation de l’Etat de droit et elle est
dans le collimateur de Bruxelles
aux côtés de la Hongrie pour son
refus d’accepter des réfugiés, montrant par là qu’elle rejette les
valeurs humanistes européennes.
C’est une situation inédite depuis le
début de la construction européenne et ces refus répétés portent
en germe le risque d’une paralysie
politique de l’Union. Fait nouveau
depuis quelques mois, ces gouvernements qui font fi des règles
démocratiques sont défiés par
leurs propres opinions publiques.
En Pologne l’hiver dernier, en Roumanie durant l’été, en Hongrie tout
récemment. De quoi peut-être faire
réfléchir leurs dirigeants au
moment où ils se lancent dans la
campagne des européennes. n
Paris et Berlin boostent le moteur franco-allemand
EUROPE
Emmanuel Macron
et Angela Merkel
signeront le 22 janvier
à Aix-la-Chapelle
un nouveau traité en
complément du traité
de l’Elysée.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
et C. C.
La France et l’Allemagne s’érigent
en rempart contre la montée des
populistes qui menacent l’Union
européenne. Après une année de
flottements et malgré l’affaiblissement de leurs dirigeants respectifs, les deux pays ont l’intention de
donner une nouvelle dimension à
leur coopération grâce à un nouveau traité qui complétera le traité
de l’Elysée, signé il y a cinquantesix ans par le général de Gaulle et
Konrad Adenauer.
Ce nouveau texte sera signé le
22 janvier, date anniversaire de
son aîné, par Angela Merkel et
Emmanuel Macron dans la ville
frontalière d’Aix-la-Chapelle. Le
choix de l’ancien siège du royaume
de Charlemagne, premier artisan
de l’unification de l’Europe, est un
symbole de l’ambition de ce traité :
faire de la France et de l’Allemagne
le laboratoire d’une plus grande
convergence européenne, en
matière économique, fiscale et
sociale mais aussi de politique
internationale.
Cette dernière constitue
d’ailleurs le plus détaillé des chapitres du traité. Décidés à parler
d’une seule voix à l’extérieur de
leurs frontières, les dirigeants des
deux pays devraient intensifier
leur dialogue. « Relever les défis de
la sécurité ensemble n’implique pas
seulement le développement d’une
culture stratégique commune mais
aussi de mieux se coordonner au
niveau des Nations unies », ajoute
la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen, dans
une tribune publiée jeudi dans le
« Handelsblatt ».
Unifier les règles du jeu
Ce point sensible a trouvé sa solution au sein du traité : plutôt que de
faire du siège permanent de la
France au conseil de sécurité de
l’ONU un siège européen, le couple
franco-allemand fait de la transformation du siège non permanent
de l’Allemagne en siège permanent
« une priorité » afin de donner
davantage de poids à l’Europe.
L’autre véritable innovation
tient dans la partie consacrée à la
convergence socio-économique.
Alors que les directives européennes font l’objet de transpositions
différentes dans chacun des vingthuit Etats membres peu propices à
la coopération, le traité vise à systématiquement unifier les règles du
jeu.
Dans ce domaine, les régions
transfrontalières de l’Allemagne et
de la France feront office de premier cas pratique. Un exemple
parmi d’autres, les standards de
formation du personnel des crèches diffèrent de part et d’autre de
la frontière. « En utilisant le levier
régional, on peut redonner au franco-allemand une fonction de laboratoire de l’intégration européenne »,
s o u l i g n e C l a i r e D e m e s m ay,
experte à l’Institut allemand de
politique étrangère (DGAP).
Pour se faire, l’implication des
parlementaires sera décisive. Une
Assemblée parlementaire francoallemande verra le jour début
février, composée de 100 élus – 50
Allemands et 50 Français représentatifs des forces politiques du
moment. « Elle aura pour rôle de
veiller à la bonne exécution des décisions du Conseil des ministres franco-allemand et de porter dans les
Parlements nationaux les lois utiles
à une meilleure coopération entre
les deux pays » explique Sabine
Thillaye, présidente de la commission des Affaires européennes à
l’Assemblée nationale. n
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08 // MONDE
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
Les défaillances d’entreprises vont
continuer de se multiplier en Chine
Le départ
du président
de la Banque
mondiale
pose question
ASIE
INSTITUTION
Euler Hermes
s’attend cette année
à de nombreuses
défaillances d’entreprises chinoises.
Jim Yong Kim
rejoindra le fonds
de capital-investissement Global
Infrastructure
Partners le mois
prochain.
Pékin entendant
fermer les entreprises
d’Etat non rentables.
Richard Hiault
@RHIAULT
Le nombre d’entreprises mettant
la clef sous la porte devrait encore
progresser cette année. C’est ce que
prédisait mercredi Euler Hermes,
la société d’assurance-crédit, dans
s o n é va l u at i o n a n n ue l l e d e s
défaillances d’entreprises. En se
basant sur l’étude de 43 pays (83 %
du PIB mondial), Euler Hermes
prédit une hausse globale de 6 % de
ces défaillances cette année après
une progression de 10 % en 2018.
Le ralentissement économique
général à l’œuvre, la mise en place de
nouvelles procédures de défaillance
et le nettoyage des registres du commerce sous-tendent cette évolution.
Sans oublier le cas spécifique de
la Chine qui, l’an passé, a enregistré,
selon la société d’assurance-crédit,
une hausse de 60 % des défauts
après une progression de 74 % en
2017. La tendance chinoise est appelée à se poursuivre. « Nous prévoyons
une autre augmentation à deux
chiffres des défaillances en 2019
(+ 20 %) », indique Euler Hermes.
Les ajustements en cours de l’économie chinoise, notamment en ce qui
concerne la croissance du crédit, et
la volonté des autorités chinoises de
faire le ménage parmi les entreprises « zombies » au nombre de plus
de 20.000 motivent cette prévision.
Le cas spécifique de la Chine explique le score élevé de la zone AsiePacifique où les défaillances
devraient croître de 15 % cette année.
Ailleurs, les perspectives sont un
peu moins moroses même si une
progression des défaillances est
attendue, à l’exception de la zone
Amérique du Nord où le nombre
d’entreprises faisant défaut sera stable. Sinon, les augmentations s’étalent entre +3 et +5 %. « En 2019, de
nombreux pays, et notamment les
plus développés, n’atteindront pas le
rythme de croissance nécessaire pour
stabiliser le nombre de défaillances
d’entreprises », souligne l’assureur
de crédit. Dans ce contexte, il est
prévu une hausse des défaillances
dans 2 pays sur 3 en 2019 (contre
2 pays sur 5 en 2018). Dans le même
temps, le nombre de défaillances
sera plus élevé en 2019 que sur la
période 2003-2007 (moyenne
d’avant-crise) dans 1 pays sur 2.
En Europe, la situation se dégrade
quelque peu. Le Royaume-Uni
devrait connaître en 2019 une
nouvelle hausse des faillites d’entreprises (+ 9 %). En cas de Brexit
désordonné, cette hausse pourrait
atteindre 15 %.
Regain de tensions
En France, en Italie et en Espagne
est prévue une légère augmentation
(+ 2 %). De fait, le rebond des
défaillances françaises est déjà visible depuis le deuxième trimestre
2018, notamment dans certains
secteurs tels que la construction,
alors que les marges et les retards
de paiement se sont détériorés au
niveau national.
En Italie, la détérioration des perspectives de croissance, avec une
poursuite du ralentissement du PIB
de +1 % en 2018 à +0,6 % en 2019,
ainsi que la pression croissante
exercée sur les banques et le crédit
relanceront le nombre de faillites.
Aux Pays-Bas et en Allemagne,
la situation cesse de se dégrader.
Mais les deux pays ne manqueraient
pas d’être touchés par un regain
de tensions dans le commerce international. L’industrie automobile
en serait la première victime. n
RDC : l’étrange victoire de l’opposant Félix Tshisekedi
AFRIQUE CENTRALE
Le pays pourrait
se diriger vers
une transition
en trompe-l’œil.
Un « véritable putsch électoral ».
L’opposant Martin Fayulu a immédiatement contesté, jeudi, le résultat de la présidentielle à un seul tour
du 30 décembre en République
démocratique du Congo (RDC).
La commission électorale avait
donné dans la nuit la victoire à un
autre opposant, Félix Tshisekedi,
avec 38 % des voix, contre 34 % à
Martin Fayulu et 23 % à Ramazani
Shadary, le dauphin du président
Joseph Kabila.
Il est vrai que ce résultat ne correspond pas aux remontées des
70.000 observateurs congolais,
issus de la conférence des évêques,
des protestants et de la société
civile, qui donnaient une confortab l e ava n c e à M a r t i n Fay u l u .
alternance trouble », juge Thierry
Vircoulon, spécialiste du pays à
l’Institut français des relations
internationales, pour qui « cela ressemble à un résultat négocié, un compromis entre le clan Kabila et le clan
Tshisekedi ».
Ce dernier a eu des contacts avec
l’équipe du président avant et après
le scrutin et Félix Tshisekedi
a assuré, jeudi, que Joseph Kabila
était un « important partenaire politique ». La firme de conseil Exx
Africa a estimé dans une note que,
« au moins au début, Tshisekedi
dépendra politiquement de Kabila,
qui veut obtenir des garanties contre
toute inculpation » pour corruption
« et la protection des substantiels
intérêts économiques de sa famille ».
D ’a i l l e u r s , l a F r a n c e a j u g é
ces résultats « non conformes » et la
Belgique, ancienne puissance coloniale, a exprimé ses « doutes », qui
« feront l’objet de débats au sein
du Conseil de sécurité des Nations
unies ». Les Etats-Unis n’ont pas
réagi jeudi, tout comme l’Angola ou
l’Afrique du Sud, très impliqués
dans l’organisation de ce scrutin
avec deux ans de retard sur le calendrier constitutionnel.
« Une alternance trouble »
Deux années durant lesquelles
l’église et les partenaires étrangers
du deuxième pays francophone du
monde ont fait pression sur Joseph
Kabila, arrivé au pouvoir en 2001
après l’assassinat de son père, pour
qu’il ne brigue pas un troisième
mandat anticonstitutionnel.
Certes, la victoire d’un opposant
ouvre la voie à une transition électorale et pacifique, ce qui serait sans
précédent depuis l’indépendance
en 1960, et rarissime en Afrique
centrale. Mais il s’agirait d’« une
« Voler sa victoire »
L’opposant Félix Tshisekedi
a été proclamé vainqueur.
Photo Caroline Thirion/AFP
Martin Fayulu contestera certainement le résultat devant la Cour
constitutionnelle, qui a dix jours
pour statuer. Il a demandé au
peuple congolais de ne pas se laisser « voler sa victoire », sans appe-
ler toutefois à des manifestations.
La situation était calme jeudi
dans la capitale. Parmi les nombreux scénarios possibles (y compris l’annulation des résultats),
celui d’un soulèvement n’est pas
le plus probable, estime Thierry
Vircoulon, « car après tout, les
Congolais ont obtenu ce qu’ils voulaient en priorité, l’alternance,
même si elle n’est sans doute pas
sincère. Le pouvoir a coupé l’herbe
sous le pied de l’opposition ».
Toute la question sera, ajoutet-il, de savoir si le « pacte » ente
Kabila et Tshisekedi tiendra,
comme on le verra dans la répartition des postes ministériels, au vu
de l’équilibre des forces au sein du
Parlement (les législatives ont
aussi eu lieu le 30 décembre). La
stabilité de la RDC importe en raison des réserves naturelles et de la
taille du pays (quatre fois la France
et 81 millions d’habitants), déjà
déchiré par deux guerres civiles
qui ont impliqué jusqu’à sept de
ses pays voisins. n
Le projet de retrait américain de Syrie continue de semer le trouble
MOYEN-ORIENT
Le secrétaire d’Etat
américain essaye
de rassurer ses alliés
arabes.
Brouille entre
Washington et Ankara
sur les Kurdes
en Syrie.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
La stratégie américaine en Syrie
perturbe ses alliés. Le secrétaire
d’Etat américain, Mike Pompeo
s’est efforcé jeudi, au Caire, d’apaiser les craintes des pays arabes suscitées par l’annonce inattendue par
Donald Trump le 19 décembre d’un
retrait total et rapide des 2.000 soldats américains déployés en Syrie,
qui semble ouvrir un boulevard à
l’Iran et à la Russie. Il n’y a « aucune
contradiction » dans la stratégie
de l’administration Trump, a martelé Mike Pompeo, malgré les interrogations générales sur le calendrier de ce retrait, d’ailleurs non
évoqué par le patron de la diplomatie américaine.
John Bolton, le secrétaire à la
Sécurité de Trump a pourtant mis
des conditions au retrait américain
– défaite totale des djihadistes de
Daech et garanties turques sur la
sécurité des milices kurdes YPG –,
qui lui ont valu une belle rebuffade
du président turc, Recep Tayyip
Erdogan. Ce dernier a refusé de le
recevoir mardi et a exigé que, en se
retirant, les soldats américains
récupèrent les armes distribuées
aux YPG, qu’Ankara considère
comme des terroristes alors qu’ils
sont des alliés clefs de Washington
contre les djihadistes de Daech. Et
jeudi la Turquie a menacé d’attaquer les YPG dans le nord de la Syrie
si le retrait américain est retardé.
« Une simple manière de mettre la
pression sur Washington, dont la
position semble changer de jour en
jour », estime Joost Hiltermann,
spécialiste de la région à International Crisis Group.
Privés de soutien
Le retrait est toutefois cohérent
avec la position américaine selon
laquelle la priorité était d’écraser
Daech, et qui « n’était pas particulièrement intéressée, déjà sous Obama,
par la Syrie en tant que telle », fait
valoir Joost Hiltermann. Mais le
désir de Trump de, en quelque
sorte, sous-traiter le dossier syrien à
la Russie et à la Turquie inquiète
l’establishment sécuritaire américain et « paraît d’une grande naïveté,
un véritable cadeau à l’Iran »,
estime Hasni Abidi, directeur du
Centre d’études sur le monde arabe
et méditerranéen. Selon lui, le
retrait américain « rompt l’équilibre
sur le terrain syrien entre la Turquie,
d’une part, et l’Iran et Russie, d’autre
part ». L’armée turque, quoique
numériquement la deuxième de
l’Otan, n’aurait pas les moyens de
pacifier une vaste zone désertique
dans le Nord syrien, et d’écraser à la
fois les YPG et Daech, sans compter
même le risque d’affrontement
direct avec l’armée syrienne.
Un terrain où sont encore
déployés des commandos français
en appui des forces américaines.
Interrogé sur leur maintien après le
départ des Américains, le ministre
français des Affaires étrangères,
Jean-Yves Le Drian, s’est contenté
d’indiquer que la France se retirerait
militairement de Syrie quand une
« solution politique » sera trouvée. Privés de soutien américain à
terme, les YPG ont commencé à
chercher protection auprès de la
Russie, dont la police militaire a
commencé mardi à patrouiller près
de la ville de Manbij tenue auparavant par les Kurdes, et de Damas.
Le régime syrien est d’ailleurs,
avec l’Iran, le grand gagnant des derniers développements, à l’inverse
d’Israël. Les pays arabes multiplient
les signaux selon lesquels ils
seraient prêts à ne plus ostraciser le
régime de Bachar Al Assad. Le Caire
a évoqué mercredi un retour de la
Syrie dans la Ligue arabe, dont elle
avait été exclue en 2011, au début de
la guerre civile. Des pays européens,
au premier rang desquels l’Italie,
envisageraient de rouvrir leur
ambassade à Damas. n
« Pourquoi ? » C’est la question
que se posent tous les salariés de
la Banque mondiale, stupéfaits
de la démission surprise, lundi,
de leur président, Jim Yong Kim.
L’incompréhension est encore
plus grande au regard des circonstances de sa réélection à la
tête de l’institution multilatérale
à l’été 2016. En coulisses, il avait
fort bien manœuvré pour sécuriser son deuxième mandat, un
an avant le terme du premier.
Pour cela, il avait brandi à demimot la menace de l’élection de
Donald Trump, le mois de
novembre suivant. Le président
américain a, selon la tradition, le
choix du président de la Banque
mondiale. Mieux valait conserver le dirigeant en place plutôt
que d’avoir un obscur candidat
imposé par le nouveau président dont la fibre multilatérale
est quasi nulle.
A la Banque, chacun comprend d’autant moins son
départ à la lecture de son message d’explication envoyé en
interne. « L’opportunité de
rejoindre le secteur privé était
inattendue, mais j’en suis arrivé à
la conclusion que c’est la voie par
laquelle je pourrai avoir le plus
grand impact sur des problèmes
mondiaux majeurs tels que le
changement climatique et le déficit en infrastructures des marchés
émergents », écrit-il.
Ce qui déclenche cette remarque acerbe d’un ancien haut
dirigeant de l’institution :
« Comme si son travail à la Banque avait un faible impact ».
Ayant un rang de quasi-chef
d’Etat et un salaire annuel de
500.600 dollars net d’impôts, le
président de la Banque occupe
un poste prestigieux et influent.
Sauf que les détracteurs de
Jim Yong Kim le décrivent
comme un personnage aimant
le confort et l’argent.
Période probatoire
C’est l’une des motivations qui
l’auraient poussé à rejoindre le
fonds de capital-investissement
Global Infrastructure Partners,
spécialisé dans le financement
des infrastructures.
Les mauvaises langues ne
manquent pas de remarquer
qu’après avoir milité, à la Banque, en faveur de partenariats
public-privé dans ce domaine, il
va en récolter les fruits dans ses
nouvelles fonctions. Il lui faudra
certes attendre une année,
période durant laquelle il s’est
engagé à ne pas s’intéresser à des
projets impliquant la Banque
mondiale. Depuis lundi, les
rumeurs les plus diverses hantent les couloirs de la Banque.
Une chose est sûre : depuis plusieurs mois, Jim Yong Kim avait
laissé les rênes opérationnelles
de la Banque aux mains de Kristalina Georgieva, directrice
générale.
Fort logiquement, elle assurera l’intérim de la présidence
en attendant la nomination
d’un nouveau président. Reste à
savoir si la tradition voulant que
les Etats-Unis désignent le président de la Banque mondiale
et les Européens le directeur
général du FMI sera respectée.
Ou si un véritable processus de
sélection aboutira à la nomination d’un candidat de national i t é a u t r e q u’a m é r i c a i n e .
— R. H.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Abandonner l’Elysée
des Echos
La Chronique
Emmanuel Macron et la malédiction
du social-libéralisme
Le Point de vue
Une banque européenne du climat ?
Oui, mais elle existe déjà !
Focus
Plongée dans les coulisses
de l’euro
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
Retraites : le grand
débat et la réforme
Pinel pour « Les Echos »
Pourquoi le trou d’air de l’iPhone
n’est pas si grave pour Apple
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Même les ventes d’iPhone ne montent pas jusqu’au ciel. La semaine
dernière, Apple a lancé un avertissement sur résultats. Une première
en dix-sept ans. Ce voyant rouge
s’est allumé en raison d’un recul des
revenus générés par le smartphone
vedette de la firme à la pomme croquée. Un revers qui sonne davantage comme la fin d’une ère glorieuse que comme un accident de
parcours, sur fond de contraction
du marché mondial des smartphones depuis deux ans – le leader du
secteur, Samsung, a annoncé, cette
semaine, s’attendre à un bénéfice en
recul sur la fin 2018.
Comme de juste, Apple a été
sévèrement corrigé à Wall Street
(–10 % le lendemain de l’annonce et
– 35 % en trois mois), qui s’inquiète
de ce passage à vide. Le groupe a le
hardware pour ADN et les marchés
l’appréhendent comme tel : un vendeur de produits électroniques
grand public. Certes, cette perception demeure pertinente ; près des
deux tiers des revenus de la société
proviennent des ventes d’iPhone.
Pourtant, les mauvaises performances de son produit phare ne
sont pas forcément une catastrophe pour la firme californienne.
A l’annonce du « profit warning », Tim Cook n’a pas manqué de
souligner que la « base installée de
produits Apple utilisés atteint son
plus haut historique et a grossi de
plus de 100 millions d’unités en
douze mois ». Soit plus de 1,4 milliard de personnes dans le monde.
A lui seul, l’iPhone pourrait approcher le milliard d’utilisateurs. Aux
Etats-Unis, 181 millions de personnes en étaient équipées fin septembre, selon le cabinet Consumer
Intelligence Research Partners.
Soit plus de la moitié de la population du pays !
Des ventes d’iPhone qui coincent,
une base installée qui augmente…
Derrière ce double phénomène,
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Les ventes du
smartphone vedette
du groupe sont en
panne. Mais cette
contre-performance
a des aspects positifs :
Apple a fait des
efforts pour que
ses clients gardent
ses modèles plus
longtemps. Une
forme « d’obsolescence déprogrammée » qui peut l’aider
à réussir son virage
vers les services.
D
Les points à retenir
Les revenus des ventes
•d’iPhone
ne progressent plus.
modèles à
•plusLesdenouveaux
1.000 euros peinent à
séduire les clients.
a en partie encouragé
•le Apple
phénomène en baissant le
prix de l’échange de batterie et
en rendant les dernières
versions d’iOS compatibles
avec des iPhone plus anciens.
A terme cela peut servir à
augmenter les ventes de
services, plus rémunérateurs
que les smartphones.
•
une explication : le faible taux de
renouvellement. Traduction, les
iPhone les plus frais sont cannibalisés par les anciens modèles, que les
utilisateurs conservent de plus en
plus longtemps. La raison ? Leur
prix moyen qui n’a jamais été aussi
élevé (les modèles les plus chers ont
franchi la barre des 1.000 euros fin
2017) et le manque d’innovations
incitent les consommateurs à se
rééquiper moins souvent.
Si les consommateurs conservent leurs smartphones griffés de
la pomme plus longtemps, c’est
aussi… parce que Apple l’a rendu
possible. Fini, l’ère de l’iPhone à
changer tous les deux-trois ans,
car trop dépassé pour fonctionner
correctement. Longtemps accusée de programmer l’obsolescence
de ses appareils pour pousser les
consommateurs à se rééquiper
régulièrement, l’entreprise a battu
sa coulpe et opéré un changement
de politique.
Illustration fin 2017, lorsque le
groupe avait reconnu brider les performances des vieux iPhone afin
d’économiser les batteries vieillissantes. Devant la bronca suscitée,
Apple avait fait un geste en proposant de remplacer les batteries
moyennant 29 dollars (contre
79 dollars auparavant). Une offre
qui a pris fin le 31 décembre 2018.
« Certains clients ont tiré profit de la
réduction des prix du remplacement
des batteries », a d’ailleurs souligné
Tim Cook, la semaine dernière.
L’autre grande évolution dans le
dogme d’Apple concerne son OS. La
dernière version (iOS 12) est compatible avec l’iPhone 5S, un modèle
commercialisé il y a plus de cinq
ans. Une éternité à l’échelle « temps
du marché » des smartphones. Cela
encourage les consommateurs à
conserver leur smartphone plus
longtemps. Conséquence : même si
les derniers iPhone se vendent
moins, la base installée d’utilisateurs poursuit sa progression.
Ecouler moins de smartphones
pourrait être une catastrophe pour
Apple et lui promettre une destinée
déclinante à la Nokia… si le groupe
n’était qu’un vendeur de hardware.
Mais Apple se positionne aussi
comme une société de services. Dès
2017, Tim Cook les a désignés
comme étant un réservoir de croissance future et entend qu’ils génèrent 50 milliards de dollars de revenus d’ici à 2020, au lieu de
37 milliards en 2018 (soit 14% de
l’activité). Dans cette optique, la
base installée d’utilisateurs est la
clef de voûte ; Apple a impérativement besoin d’un maximum de
consommateurs avec ses produits
au bout des doigts pour leur vendre
un maximum de ses services (App
Store, Apple Music, Apple Pay, etc.),
dont la marge brute est plus juteuse
encore (plus de 65 %) que celle de
l’iPhone (environ 40 %).
Fonctionnant en écosystème
fermé depuis des années, Apple l’a
aussi récemment déverrouillé en
nouant des partenariats, avec Amazon puis Samsung, pour mettre à
disposition une partie de ses services sur certains de leurs produits.
Une révolution au pays de Cupertino. Ce faisant, le volume potentiel
de clients ayant accès aux services
« made in Apple » grimpe aussi.
Toute cette stratégie à moyen
terme sur les services explique en
partie le trou d’air rencontré par
l’iPhone. Avec une inconnue de
taille : la fidélité jamais démentie à
la marque ne risque-t-elle pas de
s’éroder ? Les utilisateurs qui ont
un iPhone depuis plus de trois ans
finiront-ils par aller voir ailleurs en
raison de prix trop élevés et d’innovations trop minimes, ce qui
amoindrirait la base d’utilisateurs
et les recettes tirées des services ?
Ou, au contraire, seront-ils encore
plus attachés à une marque et des
produits devenus à leurs yeux plus
« durables » ? De ces réponses
dépendra aussi l’avenir du groupe
de Tim Cook, aux prises avec la
p r e m i è r e vé r i t a b l e c r i s e d u
modèle Apple depuis les années
Steve Jobs. n
Lentement mais sûrement, le calendrier de la
réforme des retraites glisse, le gouvernement
redoutant l’impact d’un tel chantier en pleine
tempête politique et sociale. Il ne devrait
pas dévoiler ses cartes avant les élections
européennes, et certains députés LREM
prônent même un renvoi à 2020.
Par Etienne
L’instauration d’un régime universel par
Lefebvre
points devant de toute façon se faire très
progressivement, on n’est pas à une année
En retardant près, argumentent-ils. En réalité, le temps joue
la réforme,
contre le gouvernement. Car, de report en
report, l’exécutif prend le risque de voir la
l’exécutif
contrainte financière changer la philosophie
s’évite
de sa réforme. Celle-ci vise à rendre le système
un débat
de retraite, aujourd’hui très segmenté, plus
inflammable. simple et plus juste. Et elle n’a pas pour objectif
de réaliser des économies, car, selon le
Mais le
gouvernement, il n’y a pas de besoin de
temps joue
financement à court terme. Mais ce
contre lui.
raisonnement, déjà un peu trop optimiste
initialement, tiendra de moins en moins à
mesure que les conséquences du ralentissement économique se
feront sentir dans les comptes. Sans oublier le coût du plan d’urgence
en faveur du pouvoir d’achat. Le Sénat l’a montré lors de l’examen du
projet de loi comprenant ces mesures : elles rendent caduc le retour à
l’équilibre de la Sécurité sociale qui était espéré en 2019, et vont refaire
plonger dans le rouge l’assurance-vieillesse. En retardant la réforme
des retraites, le gouvernement s’évite un débat inflammable dans un
contexte où les rumeurs et les fausses informations se propagent en
quelques minutes − l’exemple des pensions de réversion est éloquent.
Mais il voit aussi se refermer la parenthèse d’une conjoncture propice
à des discussions plus apaisées. Quand le sujet reviendra sur la table,
l’équation budgétaire rajoutera à la pression. On peut s’interroger
aussi sur l’intérêt de jouer la montre à la lecture du sondage Elabe
publié par « Les Echos ». Il montre que deux Français sur trois sont
favorables à l’instauration d’un régime universel de retraite, dont ils
attendent plus d’équité et de lisibilité. Lucides, ils anticipent
également une augmentation de l’âge de départ à la retraite, en dépit
du fait qu’Emmanuel Macron s’est engagé à ne pas relever l’âge légal
(62 ans). Inciter les salariés à prolonger leur activité, quel que soit le
levier choisi (âge légal, « âge pivot », décotes…), sera un ingrédient
indispensable de cette réforme, afin de garantir l’équilibre du
système, un niveau correct des pensions futures et une meilleure
prise en compte des carrières (pénibilité), comme le souhaitent les
personnes interrogées dans cette enquête. Des économies d’un côté,
des mesures d’équité de l’autre : voilà qui mériterait de figurer en haut
de la liste du grand débat national.
(
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Page 3
La page blanche de l’auto
Par David Barroux
Les nuages se sont transformés en orage bien plus rapidement que
prévu. A l’aube de l’année 2019, le monde de l’automobile n’avait guère
de doute sur le fait que les douze mois qui viennent s’annonçaient
bien plus compliqués que les douze mois qui viennent de s’achever.
Mais le mois de janvier à peine entamé, force est de constater que
l’auto est entrée plus rapidement que certains l’anticipaient dans
une zone de turbulences plus forte que redouté. Brexit, tentations
protectionnistes, baisse de la demande, déclin accéléré du diesel…
les risques se confirment et semblent même s’amplifier. Les annonces
de plans de réductions massives d’effectifs chez Ford et Jaguar Land
Rover, comme la voiture du futur mise en avant au CES de Las Vegas,
le prouvent. L’automobile est dans une période de transition qui
ouvre de nouvelles perspectives mais qui va aussi entraîner de très
douloureux ajustements. Cette industrie, qui était certes cyclique
mais globalement prévisible, reste soumise aux aléas de la
conjoncture économique mondiale, mais elle est en plus fragilisée
par les incertitudes technologiques et réglementaires. Une révolution
est en marche, mais personne ne peut prévoir avec certitude à
quel rythme l’auto va changer de siècle. La voiture de demain sera
autonome, électrique et partagée, prédisent tous les experts.
Pour préparer ce nouvel âge automobile, constructeurs comme
équipementiers ont engagé des investissements massifs. Il faut
réinventer la motorisation, développer de nouveaux logiciels,
réfléchir à de nouveaux usages. Il faut passer d’un monde qui était
dominé par l’industrie à un monde fait aussi de services. Pour
l’instant, la seule certitude est que le monde va changer et que les
risques se matérialisent avant que les opportunités se confirment.
Car personne ne sait vraiment quelles seront les technologies
gagnantes demain, quels seront leurs coûts réels et dans quelle
mesure les consommateurs seront prêts à payer pour de nouvelles
fonctionnalités. L’auto va tourner une page, mais la page suivante
a encore un peu trop une allure de page blanche.
(
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Pages 16 à 19
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10 // IDEES & DEBATS
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. Le divorce de Jeff Bezos suscite des interrogations
2. Pourquoi les « gilets jaunes » auront du mal à créer une panique bancaire
3. Le crédit immobilier franchit la barre des 1.000 milliards d'euros
4. Laurent Wauquiez : « Il faut un big bang fiscal »
5. Prélèvement à la source : des pistes d'amélioration pour les crédits d'impôts
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Abandonner l’Elysée
Divorce à l’américaine
ANACHRONISME « Parmi les mots d’ordre
de certains “gilets jaunes”, il y avait cette idée
de “prendre l’Elysée”. Mais samedi dernier,
c’est le ministre Benjamin Griveaux qui a dû
être évacué de son ministère. […] Peut-on,
en 2019, gouverner la France depuis
un “palais de cocottes” construit et décoré
il y a trois siècles ? Quelle image donne-t-on
au peuple avec une allocution au milieu
de toutes ces dorures ? »
DEUX MONDES « Ce palais suranné
entraîne une double déconnexion entre
le peuple et les élites. Le peuple ne peut plus
comprendre que ses élites vivent dans
un cadre et selon des coutumes
multiséculaires, avec huissiers, cuisiniers.
Et ce cadre est nocif aux dirigeants,
car il favorise l’esprit de cour et leur donne
l’illusion d’un monde immuable
et insensible à la réforme. C’est pour cela
qu’il faut les évacuer. »
MUSÉE « A Berlin, la chancelière allemande
travaille dans des bureaux modernes.
Et même à Bonn avant la réunification,
la chancellerie avait vite déménagé d’un
vieux palais vers un bâtiment fonctionnel.
Downing Street ou la Maison-Blanche
ne sont certes pas modernes, mais elles ont
un aspect beaucoup plus sobre et bourgeois
que l’Elysée, qui incarne le raffinement
aristocratique de l’Ancien Régime. […]
Il vaudrait mieux des bâtiments de bureaux
plus banals, ou modernes. On pourrait alors
garder l’Elysée comme musée, et utiliser
les espaces de réception pour des dîners
d’Etat. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
« Pour certains patrons, le divorce est
•devenu
une affaire pour leur entreprise »,
affirme le « Wall Street Journal ». Après
l’annonce sur Twitter du divorce du couple le plus riche du monde, Jeff Bezos et
son épouse MacKenzie Tuttle Bezos, la
presse américaine s’interroge sur les
conséquences pour la structure de
l’actionnariat d’Amazon, redevenu il y a
quelques jours la plus grosse capitalisation boursière du monde. D’après des
avocats cités par le « Wall Street Journal », MacKenzie Tuttle Bezos, qui a joué
un rôle de premier plan dans la création
en 1994 de l’entreprise de vente en ligne,
pourrait en principe obtenir la moitié de
la fortune amassée par le couple et qui
est estimée à environ 137 milliards de
dollars. Un tel partage dépendra, d’après
le quotidien, du lieu du divorce mais
aussi des accords entre les deux époux.
Actuellement Jeff Bezos détient environ
16,3 % du capital de l’entreprise et si,
demain, MacKenzie Tuttle devient l’une
des principales actionnaires, elle aura
un poids important dans les décisions
de l’entreprise, souligne le quotidien.
Mais il semble que les époux ont choisi
une séparation à l’amiable.
Il est vrai que, comme le raconte
encore le « Wall Street Journal », l’histoire des séparations peut être inquiétante. Comme celle en 2003 de Jack
Welch, l’ancien boss de General Electric,
dont l’ex-femme en révélant les petits
« arrangements » (appartement, bouquet de fleurs, vins, teinturerie) payés par
l’entreprise, avait discrédité le « manager
du siècle », ou encore Steve Wynn, qui a
dû abandonner à son ex-femme, la
« reine de Las Vegas » en mars 2018, le
contrôle de l’entreprise Wynn Resorts.
Le divorce a coûté cher à Frank McCourt,
qui a dû vendre les Los Angeles Dodgers
(baseball). Et le rachat de l’Olympique de
Marseille (OM), qui vient de se faire battre par Andrézieux, n’est pas forcément
des plus heureux. —J. H.-R.
Le Premier ministre britannique Tony Blair et le président américain Bill Cinton (ici en 1997) furent deux des chefs
d’Etat emblématiques de la synthèse entre libéralisme et social-démocratie connue sous le nom de « troisième voie ».
Emmanuel Macron et la
malédiction du social-libéralisme
Les difficultés actuelles du président français s’expliqueraient
par sa volonté d’adopter une « troisième voie », qui selon ses opposants
ne serait plus adaptée au monde d’aujourd’hui. Mais son constat reste
pertinent : ni le repli nationaliste ni le retour du socialisme ne constituent
des alternatives réalistes.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
n 2000, une majorité des
grands gouvernements occidentaux était occupée par des
représentants de la troisième voie,
une synthèse entre la social-démocratie et le libéralisme. Bill Clinton, Tony
Blair, Gerhard Schröder représentaient les grandes figures d’une pensée pro-business qui devait sortir du
vieux socialisme, où la France de Lionel Jospin entendait (en partie) rester.
L’élection d’Emmanuel Macron
devait enfin faire entrer notre pays
dans cette politique, dont l’axe principal est de privilégier la croissance et la
création d’emplois. Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne ont fait descendre le chômage à 5 %, tandis que la
France restait collée à 10 %. Il était
temps d’adopter ce qui a marché
ailleurs.
En 2019, les partis de centre gauche
ne sont plus au gouvernement et ils se
sont complètement effondrés.
Mme Clinton a été battue, le SPD germanique est en déroute, les sociaux-libéraux italiens en échec, la gauche
est, en Grande-Bretagne et partout,
repartie vers l’idéologie ancienne de
taxation forte et d’interventions de
l’Etat. Les actuelles difficultés
d’Emmanuel Macron illustreraient la
malédiction de cette troisième voie
adoptée en retard, en somme trop
tard, en France.
Cet « échec » s’expliquerait par
deux causes, selon les opposants à la
troisième voie. La première est que le
capitalisme ne joue plus le jeu. Auparavant, et depuis le New Deal, il acceptait un partage équitable du travail et
du capital comme son intérêt. De bons
salaires font des clients pour mes
automobiles, disait Henry Ford. La
E
LA REVUE
DU JOUR
Etonnante
Amérique latine
LE PROPOS L’Amérique latine
avait étonné le monde entier
dans la première décennie
du XXIe siècle. Elle était devenue la
« région émergente », marquée du
sceau d’une prospérité inconnue
depuis l’instauration de la
démocratie dans les années 1980.
Mais la région n’a pas échappé
à l’onde de choc de la crise de 2008.
Une situation qui, partout,
a entraîné sur le continent de fortes
crises sociales, écrivent Carole
Gomez et Christophe Ventura,
en introduction de la « Revue
Internationale et stratégique »
de l’Iris consacrée à la région.
Sur ce fond de crise marquée par
une baisse des exportations de
matières premières, la corruption
qui gangrène la politique, au point
d’avoir fait chuter au Brésil un
Lula, a provoqué un profond rejet
des élites et des institutions.
Le risque est de voir se renforcer
de nouveaux courants comme
celui des évangéliques, devenus
les soutiens d’un nostalgique
des dictatures militaires comme
le Brésilien Bolsonaro.
Luke Frazza/AFP
Le palais de l’Elysée participe
à la déconnexion et à l’illégitimité
des hommes politiques.
Pour Charles Dennery, doctorant
à la London School of Economics,
il faut installer la présidence dans un lieu
plus sobre.
La revue internationale
et stratégique
N° 111, automne 2018,
édition Armand Colin et Iris,
164 pages, 20 euros.
L’INTÉRÊT L’Amérique latine ne se
résume plus à l’anti-cartésianisme
comme la décrivait dans les années
1970 l’écrivain Cubain Alejo
Carpentier. Avec méthode
au contraire, la revue se penche
sur l’ensemble des fragilités d’une
région qui entre dans une nouvelle
période de tourments. Même si elle
n’est plus simplement l’arrière-cour
des Etats-Unis d’Amérique,
elle n’est pas parvenue à une
intégration continentale. — J. H.-R.
mondialisation a cassé cette équité, le
capital trouve des salaires moins cher
au-delà des frontières et il met une
pression telle que le salaire médian a
stagné aux Etats-Unis de 1999 à 2016.
La croissance est là, certes, mais elle
ne se partage plus et les emplois créés
sont souvent de « mauvais emplois »,
moins bien payés.
La deuxième cause est l’incapacité
des acteurs politiques et syndicaux à
s’élever au niveau global, comme les
entreprises. Il serait nécessaire de
s’entendre pour élargir le jeu d’hier
entre capital et travail à l’échelle mondiale, mais le chacun pour soi enfonce
Les actuelles difficultés
de Macron illustreraient
la malédiction
de la troisième voie
jadis incarnée par Blair,
Schröder et Clinton.
C’est pourtant lui
qui a raison. Les défis
mondiaux imposent des
solutionsinternationales,
pour le social comme
pour l’environnement.
les nations dans un dumping fiscal et
social, le toujours moins. La coopération internationale est en réalité trop
complexe à mettre en œuvre, regardez comme elle est déjà impuissante
au niveau régional dans l’Europe élargie. En outre, la Chine fausse le jeu en
trichant et en menant une politique
délibérément impériale.
In fine, les géants de la finance et de
la technologie, devenus plus puissants que les Etats, interdisent qu’on
les régule véritablement. Emmanuel
Macron, le dernier représentant de
cette politique, se heurterait au mur
de cette réalité d’un monde coopératif
paralysé et d’un capital ultralibéral
qui se moque du social, selon les
opposants. Il s’obstine dans cette troisième voie maudite. Membre de l’élite
forgée à Davos, il prône l’ouverture
alors que le peuple n’en veut plus, il
critique le nationalisme alors que le
peuple en veut.
La messe serait-elle dite ? Non. C’est
Emmanuel Macron qui a raison. Le
social-libéralisme est en échec électoral, mais au profit de quelle autre politique ? Le repli nationaliste est une
stratégie uniquement défensive qui
s’illusionne dans la nostalgie mais qui
ne résout rien : les défis mondiaux
imposent des solutions internationales, c’est vrai pour le social comme
pour l’environnemental. A minima
des solutions européennes, d’où
l’urgence d’une relance et d’une souveraineté, comme le dit le président de
la République française. Quant au
retour à l’idéologie « socialiste », elle
est aujourd’hui vide de contenu. Qu’on
explique comment taxer les riches
dans un seul pays va y créer des bons
emplois.
L’autre justesse repose sur l’analyse
des maux français. Certes, dans le
régime capitalistique actuel, la croissance n’offre plus des bons emplois
pour tous. Mais un pays peut viser
d’en avoir quand même plus que les
autres, comme l’Allemagne l’a fait.
Autrement dit, nombre de difficultés
en France relèvent de la mauvaise
politique publique française depuis
trente ans. Renvoyer toute la culpabilité à l’ultralibéralisme, comme le fait
la gauche, est une défausse : les
dépenses publiques de 56 % du PIB
montrent que le pays souffre d’abord
d’un système éducatif défaillant, d’un
coût du travail trop élevé, d’un système territorial inefficace, etc. Autant
de réformes qui doivent répondre à la
partie spécifiquement française des
maux français.
Puisse le grand débat national servir à faire la pédagogie de ce qui dans
ce qui va mal relève du capitalisme, de
la France et de la responsabilité de
chacun. n
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
opinions
1. Le gouvernement pourrait supprimer les allocations pour les parents d’élèves violents
2. Carlos Ghosn ne serait plus résident fiscal français depuis 2012
3. Paris : Anne Hidalgo renonce à la gratuité universelle des transports en commun
4. Laurent Wauquiez : « Il faut un big bang fiscal »
5. L’image de Mélenchon n’en finit pas de s’abîmer
LE POINT
DE VUE
d’Ambroise Fayolle
ans une récente tribune au
« Parisien-Aujourd’hui en
France », Jean Jouzel et Pierre
Larrouturou proposent la création
d’une banque du climat et d’un budget
européen dédié à la transition écologique. Dans « L’Express » l’ancien ministre Nicolas Hulot presse l’Europe
d’investir davantage dans l’écologie.
Toutes ces idées sont excellentes. Oui,
l’UE doit absolument aider ses Etats
membres à financer la lutte contre le
dérèglement climatique. Mais il y a
mieux : non seulement l’Europe investit déjà considérablement dans la transition énergétique, mais la « banque du
climat » existe elle aussi, bien qu’elle ne
s’appelle pas ainsi. C’est la Banque européenne d'investissement (BEI).
Banque de l’Union européenne, dont
tous les Etats membres sont actionnaires, la BEI a fait de la lutte contre le changement climatique un de ses axes
majeurs d’intervention. Il y a dix ans,
elle a joué un rôle pionnier sur le marché des obligations vertes en émettant
la première « obligation climatiquement responsable » (OCR) au monde.
Aujourd’hui, la BEI consacre au moins
25 % de la totalité de ses investissements à la lutte contre le changement
climatique, ce qui a représenté 19,4 milliards d’euros en 2017. Elle est le plus
grand financeur en faveur du climat
parmi tous les bailleurs multilatéraux.
Et notre ambition est particulièrement
élevée. En ligne avec les engagements
pris lors des accords de Paris à la COP21,
la BEI investira 100 milliards de dollars
dans ce domaine d’ici à 2020, ce qui
réduira les risques pour les investis-
D
LE POINT
DE VUE
de Joël Hazan
otre plus grande menace, c’est
Google. » Les comités exécutifs
d’entreprises de transport et
les grands élus débattent tous du risque d’une domination mondiale de
Google ou d’Uber dans la mobilité
urbaine. Il est vrai que les exemples de
« winner takes all » [« le gagnant rafle
la mise », NDLR] sont nombreux dans
le digital. Pourtant, avec la mobilité, il
n’en sera rien.
Google a investi dans de nombreuses couches nécessaires au développement d’une activité intégrée de mobilité urbaine : cartographie et direction
avec Maps, planification et covoiturage avec Waze, véhicule autonome
avec Waymo. La valeur future de l’intégration des couches est possible, pourtant à moyen terme, aucune des activités ne dispose seule d’un modèle
d’affaires profitable. Même Maps, tête
de pont de la stratégie, n’a pas de perspective de monétisation suffisante à ce
stade. Et ce, malgré la position de force
acquise comme service de cartographie des opérateurs de mobilité. Heureusement pour Google, Maps va bien
au-delà de la mobilité, car dans le
domaine, la position dominante est
encore loin.
Même paradoxe pour Uber : il exécute une stratégie exemplaire, passant
d’opérateur de VTC à plate-forme multimodale, partenaire des villes et
acteur technologique du véhicule
autonome. Pourtant, les pertes se
creusent, le développement – notamment en Europe et en Asie – stagne et
N
Une banque européenne
du climat ?
Oui, mais elle existe déjà !
Le grand n’importe quoi
seurs privés et permettra de les mobiliser plus largement, eux aussi.
Ces milliards peuvent sembler très
théoriques. Ils sont pourtant concrets.
A Cestas, en Gironde, la BEI a cofinancé
la plus grande centrale photovoltaïque
d’Europe. Nous avons aussi financé la
quasi-totalité des tramways et métros
des villes de France. La BEI accompagne également la transition énergétique des bâtiments privés et publics en
finançant des sociétés de tiers-finance-
Par Roger-Pol
Aujourd’hui, la BEI
consacre au moins
25 % de la totalité de ses
investissements à la lutte
contre le changement
climatique.
Ce qui a représenté
19,4 milliards d’euros
en 2017.
ment qui accordent ensuite des prêts
accessibles aux particuliers pour les
rénovations de leurs logements. Les
contrats déjà signés permettent de baisser le coût des rénovations thermiques
pour plus de 20.000 d’entre eux en
France. L’un des meilleurs exemples est
celui de SPEE, dans les Hauts-deFrance, à qui nous avons accordé
23,5 millions d’euros en 2015 pour
l’aider à prêter à des conditions attractives aux particuliers faisant des travaux
de rénovation. Les résultats sont specta-
c u l a i r e s : ave c u n e m e n s u a l i t é
moyenne de 147 euros de remboursement de crédits, les ménages ont réalisé
environ 100 euros d’économie de facture énergétique chaque mois, sans
compter la valeur prise par leur bien
immobilier.
Ce point illustre parfaitement l’intérêt – et la difficulté – d’une « banque du
climat ». En effet, notre intervention
n’est pertinente que si elle permet aux
sociétés de tiers-financement de prêter
à leurs clients aux taux d’intérêt les plus
bas possible. Nous devons donc être
capables, nous-mêmes, de nous refinancer à des conditions très avantageuses auprès des marchés. Et cela, la BEI y
parvient car la qualité de son bilan – et
le soutien des Etats membres de l’Union
européenne – lui permet d’afficher la
meilleure des notations possibles
(AAA). Dès lors, toute nouvelle « banque du climat » devra se financer à des
taux encore plus bas que la BEI, ce qui
nécessiterait un montant de capital
élevé...
Restons cependant modestes. Malgré les efforts conjoints de la Commission européenne et de la BEI, les
moyens financiers sont encore insuffisants par rapport à l’ampleur des
besoins. Nous sommes donc tous
d’accord, au fond ! Oui, l’Europe doit
faire plus pour la lutte contre le changement climatique. Mais utilisons plutôt
ce qui existe déjà et fonctionne depuis
soixante ans – la BEI – quitte à l’utiliser
davantage et encore mieux.
Ambroise Fayolle est vice-président de
la Banque européenne d'investissement.
Pourquoi Google ou
Uber ne domineront pas
la mobilité urbaine
les relations avec les grandes agglomérations ne sont pas au beau fixe.
Deux règles qui gouvernent le jeu
concurrentiel de l’économie digitale
ne s’appliquent pas à la mobilité : les
effets de plate-forme et la supériorité
du modèle économique par rapport au
monde physique.
SNCF-BlaBlaCar
ressemble à une
entreprise de plateforme en puissance.
Les pièces du puzzle
ne demandent qu’à être
assemblées.
« Winner takes all » est la règle des
industries de plate-forme. Plus il y a de
vendeurs sur Amazon, plus les clients
sont satisfaits ; plus il y a de clients,
plus il devient indispensable pour les
vendeurs d’être présents. Airbnb
agrège un inventaire mondial d’offres
pour les proposer aux voyageurs du
monde entier. Passé une certaine taille,
la plate-forme devient indispensable à
ses utilisateurs et indépassable.
Dans le transport, les effets de plateforme ont une limite : au-delà de la ville
elle-même, ils sont marginaux. Contrairement à Airbnb, Uber n’agrège pas
plus qu’une offre de chauffeurs locaux,
mise à la disposition de voyageurs
locaux. Le protectionnisme joue égale-
ment un rôle : sur un sujet où la sécurité, l’emploi, l’ordre public, les données personnelles sont en jeu, villes et
Etats ont peu de bienveillance vis-à-vis
d’entreprises américaines souhaitant
construire des positions mondiales.
L’effet plate-forme dans la mobilité est
donc multilocal, pas global.
Booking.com a construit sa position
en étant plus efficace et moins cher
que le canal de distribution auquel il se
substituait : il a donné accès à des hôteliers indépendants à des millions de
voyageurs internationaux, jusque-là
inconnus, en échange d’une commission de 15 %, inférieure à celle des
agences de voyages traditionnelles.
Rien de comparable dans la mobilité : il n’y a pas de canal de distribution
inefficace, fragmenté et coûteux à
remplacer, mais des tarifs largement
régulés et subventionnés qui rendent
très compliqué pour un agrégateur
d’offrir un avantage financier aux
voyageurs.
Que faut-il pour gagner ? Des données, pour construire un effet plateforme local. Des actifs technologiques
différenciants, pour assurer une expérience utilisateur sans faille. Une expérience dans les services de nouvelles
mobilités. Un ancrage local et un
savoir-faire de dialogue avec les villes
et les gouvernements.
Joël Hazan est directeur associé
au Boston Consulting Group et fellow
du BCG Henderson Institute
(think tank du BCG).
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Droit
• TRUMP FERA-T-IL LE MUR ?
Obnubilés par nos conflits hexagonaux,
nous oublions que le monde continue de
tourner. De mal tourner, certes, le plus souvent. Mais pas toujours. La preuve : l’hôte
de la Maison-Blanche vient de faire marche arrière sur le retrait immédiat des
troupes américaines de Syrie, sans doute
sous la pression conjuguée des militaires
américains et de plusieurs gouvernements
européens, dont celui de la France.
Que ce président soit imprévisible et
versatile n’est donc pas inéluctablement
mauvais. En changeant de pied, par surprise, il lui arrive cette fois d’éviter le pire.
Car ce brusque retrait de Syrie était un
cauchemar et une ignominie, qui n’ont
pas suscité le tollé qu’ils méritaient.
Une grande puissance peut changer de
stratégie, mais pas trahir ses alliés sur un
coup de tête. Après avoir utilisé les combattants kurdes contre Daech, les larguer
brutalement face aux Turcs était une trahison infâme. Elle faisait aussi courir de
grands risques aux diverses cibles européennes de Daech, très affaibli mais très
loin d’être éradiqué.
Le mur avec le Mexique connaîtra-t-il un
revirement semblable ? Le candidat s’est
tellement engagé à le construire qu’un
abandon semble fort improbable. Tout au
long de la campagne présidentielle, la foule
de ses meetings scandait « Build the wall »
à n’en plus finir. Et pourtant, nul ne sait
aujourd’hui si Trump tiendra bon ou pas.
Inquiétante étrangeté de la situation :
un homme décide seul, imprévisiblement, au gré de ses réactions, semblable à
ces tyrans que Platon décrit, dont les
décrets suivent leurs emportements et
leurs humeurs. Et le cours du monde, en
partie, dépend de cette loterie.
QUEL ACTE XXXII
•POUR
LES « GILETS JAUNES » ?
Les classiques jouent tragédies et comédies en cinq actes, pas plus. Au temps de
Netflix et des séries, nous multiplions les
épisodes. Jeu tragi-comique : que pourrait
être, dans quelques mois, au début de l’été,
l’acte XXXII du feuilleton « gilets jaunes » ?
Scénario 1, triomphe rouge-brun. Après
une pseudo-guerre civile en mars, les
Champs-Elysées sont rebaptisés « Champs
et Gilets », les médias sont contrôlés, soumis
à la censure d’une troupe de « gilettes » tirées
au sort chaque jour. A Sciences Po et ailleurs,
des chaires de giléjaunologie sont inaugurées. Des groupes de réflexion se constituent, notamment « quenelle et identité »,
« RIC et migrations », « plafonnement des
salaires », « rééducation des réfractaires »…
Scénario 2, oubli complet. Le dernier
occupant du dernier rond-point est filmé
par la télévision chinoise, pour rassurer
ses touristes. Disneyland lui a proposé un
contrat, mais il a choisi de résister, seul
contre tous. Depuis quelques samedis,
plus personne ne le photographie. Il conserve l’espoir que tout recommence, sauf
qu’il n’a plus de forfait dans son mobile.
Quel qu’il soit,
le pouvoir isole.
Hier la Cité interdite
ou le château de Versailles,
aujourd’hui la MaisonBlanche ou l’Elysée coupent
leurs occupants de la réalité.
Scénario 3, évolution éclatée. Le grand
débat a été un fiasco, les élections européennes une déconvenue. Le mouvement
s’est fractionné, mais ses composantes se
sont précisées. Certains identitaires ont
fait alliance avec des zadistes, d’autres
non. Quelques anarchistes ont rejoint les
militants aryens, d’autres pas. De braves
gens ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas
de tout ça. D’autres se sont tus. La confusion suit son cours.
Suite du jeu : chercher le scénario le
plus probable, en imaginer d’autres, en
tirer les conséquences.
• MON AMI MACHIAVEL
Quel qu’il soit, le pouvoir isole. Hier la Cité
interdite ou le château de Versailles,
aujourd’hui la Maison-Blanche ou l’Elysée coupent leurs occupants de la réalité.
Pas seulement à cause du protocole, des
gardes du corps, des courtisans. Parce
qu’une décision se prend dans la solitude.
Avis entendus, experts consultés, conseillers auditionnés, le Prince se retire et
ne délibère qu’avec lui-même.
S’il doit n’avoir qu’une vertu, c’est celle
d’être capable d’anticiper. En agissant
lorsque les signaux sont faibles, il est aisé
de prévenir les tempêtes. Une fois qu’elles
sont déchaînées, il n’y a pas plus rien à
faire. Mon ami Machiavel, dans « Le
Prince », le dit très clairement : « Lorsqu’on prévoit le mal de loin, ce qui n’est
donné qu’aux hommes doués d’une grande
sagacité, on le guérit bientôt ; mais lorsque,
par défaut de lumière, on n’a su le voir que
lorsqu’il frappe tous les yeux, la cure se
trouve impossible. »
S’il y avait dans le monde un peu plus de
prévision et de sagacité, on assisterait
moins, un peu partout, presque tout le
temps, au règne du grand n’importe quoi. Je
sais, ce n’est qu’un vœu pieux.
Roger-Pol Droit est philosophe et écrivain.
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Un guide pour « chief happiness officer »
L’IDÉE La fonction de chief happiness officer (CHO) compte parmi les récentes
innovations du monde du management. Grotesque, rigolent les uns.
Nécessaire, estiment les autres. Intéressante, soutient un guide pratique
produit par la Fabrique Spinoza. Le responsable du bonheur, ou chargé
de bonheur, ou encore chef du bonheur, peut ridiculiser l’organisation. Il peut
aussi l’améliorer. En vogue dans le monde des start-up, moqué comme un
clown, mais se diffusant lentement même en France, il s’agit de tout faire pour
le bonheur au travail. De multiples positionnements sont possibles. Autour
probablement du mot-clef le plus répandu autour de ce métier : la convivialité.
Un guide en tout cas bienvenu pour faire le tour, bienveillant, du sujet CHO.
L’INTÉRÊT La Fabrique Spinoza, qui se sous-titre « think tank du bonheur
citoyen », aspire à ce que le bonheur soit au cœur des visées et réalisations
collectives. Citant le philosophe – « Le désir de vivre heureux ou de bien vivre, de
bien agir est l’essence même de l’homme » –, l’organisme soutient des expertises
et des expériences en ce sens. L’émergence des CHO lui correspond bien. DRH
GO ou non, le CHO s’affirmera là où il peut. Mais certainement pas partout.
— Julien Damon
www.fabriquespinoza.fr
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12 // IDEES & DEBATS
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
focus
BONNES FEUILLES
Par Rémy Demichelis
Pour une éthique de
la discussion scientifique
Thomas C. Durand, docteur en biologie, publie les
scripts de son émission pédagogique sur la science.
Hilarant ouvrage sur la méthode scientifique, « Quand est-ce qu’on biaise », qui
paraît aux éditions humenSciences, est
aussi d’une rigueur exemplaire. L’auteur
Thomas C. Durand, docteur en biologie, y
reprend les scripts de son émission sur
YouTube, « La Tronche en biais ». Et ça
fonctionne aussi bien, si ce n’est mieux, à
l’écrit qu’à l’oral. Dignes héritiers des dialogues so cratiques (les ap ories en
moins), les textes sont pleins d’ironie, de
méchanceté, de subtilité et de pertinence. Ils nourrissent un but : savoir
comment cheminer vers la vérité. Les
arguments sont parfaitement ciselés
pour qu’on les saisisse ou qu’on les réfute.
Extraits
Helmut Kohl, chancelier de la République fédérale d’Allemagne, et le président français, François Mitterrand,
lors d’une conférence de presse en décembre 1985. Photo Joël Robine/AFP
Le récit du journaliste Jean Quatremer fait revivre les vicissitudes
de la plus grande aventure européenne depuis le traité de Rome.
Plongée dans les coulisses
de l’euro
LIVRES
Par Catherine Chatignoux
utant lever d’emblée l’ambiguïté : quand Jean Quatrem e r, c o r r e s p o n d a n t d e
« Libération » à Bruxelles, virtuose
de la chose européenne et volontiers
provocateur, intitule son dernier
livre « Il faut achever l’euro », il ne
faut surtout pas le prendre au premier degré. Loin de penser qu’il faut
lui porter le coup de grâce, le journaliste est convaincu que les Européens
doivent parachever le travail entrepris il y a plus de trente ans par des
dirigeants volontaristes. Avec plus de
démocratie et davantage d’intégration. Son titre à double sens laisse
planer le risque que, sans cette ultime
étape, l’euro pourrait disparaître.
Le livre est avant tout un long travelling sur les trente années qui ont
vu la conception, les premiers pas
puis l’adolescence de la monnaie unique. Une plongée passionnante dans
les coulisses de ce projet complexe,
qui a connu au fil des années autant
de coups de théâtre et de trahisons
que de compromis et de sommets
historiques.
Les témoignages, qui abondent,
montrent comment à chaque étape
intérêts nationaux et ambition coll e c t i ve s e s o n t c o g n é s ava n t d e
s’accorder. Cent fois, on a cru que
l’euro ne verrait pas le jour. Cent fois,
les difficultés ont été surmontées
grâce à la ténacité — et aussi à la ruse
— de quelques-uns. Le passé éclairant le présent, l’ouvrage explique
largement l’état actuel de la zone
euro, incomplète et fragile.
A
Vision rigoriste
La thèse que défend Jean Quatremer
est développée dans l’ultime chapitre
du livre : poussée par son hubris et la
RÉCIT
Il faut
achever
l’euro
par Jean
Quatremer,
éditions
Calmann-Lévy,
666 pages,
15,99 euros.
défense égoïste de ses intérêts, l’Allemagne s’est placée, à la faveur de la dernière crise, au cœur du système d’où
elle impose à l’ensemble de la zone
euro sa vision rigoriste de la politique
économique et budgétaire.
Non seulement Berlin truste les postes clefs à Bruxelles, non seulement il a
profité de la crise pour durcir encore le
corset réglementaire qui contraint les
budgets nationaux, mais il refuse obstinément de desserrer l’étau de son
rigorisme financier. Au lieu de réinvestir les excédents qu’il accumule et de
consommer davantage, il étouffe ses
partenaires qui se voient forcés de
comprimer leur demande intérieure
pour rester compétitifs. Bref il met en
danger le grand dessein de l’Europe.
Il apparaît pourtant, au fil des pages,
que l’Allemagne, plus vertueuse que
ses partenaires, plus sérieuse aussi, a
largement rempli sa part du contrat.
Dès février 1988, plus d’un an avant la
chute du mur de Berlin et l’unification
allemande, le ministre des Affaires
étrangères allemand Hans-Dietrich
Genscher propose de faire don du
mark à l’Europe en créant une Union
monétaire. Le chancelier Helmut Kohl
s’engage peu après, et fera l’euro contre
sa propre opinion publique en prenant
le risque d’un échec alors que son pays
jouit d’une des monnaies les plus puissantes au monde et que « rien ne l’y
obligeait ».
En face, ses partenaires sont le plus
souvent inconstants ou économiquement faibles. La France, en dépit de
l’intérêt qu’elle a à l’époque à stabiliser un franc sujet à des dévaluations
r é p é t é e s , a b e a u c o u p l o u vo y é .
Pompidou rejette, en 1972, le plan
Werner qui prône pour la première
fois une union monéta ire. Mitterrand hésitera pendant deux ans
avant de faire le choix de l’Europe, en
1983, et montrera les plus grandes
résistances à faire converger son économie pour pouvoir candidater à
l’euro en 1997-1998.
Les pages sur la qualification à
l’arraché de la France, de l’Espagne et
de l’Italie sont édifiantes sur le manque de préparation de ces pays qui se
sont lancés dans l’aventure sans saisir toutes les contraintes et les sacrifices qu’elle exigerait. Pour rentrer
dans les clous des 3 % de déficit budgétaire exigé, Paris entreprend de
ponctionner France Télécom de
37 milliards de francs pour réduire
son déficit de 0,5 %. L’Italie, qui rentrera dans l’euro avec une dette de
120 % – le double du plafond autorisé –, invente une eurotaxe pour
boucher les trous de son budget.
Demi-mandat
On voit aussi dans ces pages remplies
d’anecdotes que la grande histoire
côtoie souvent la défense d’intérêts
moins nobles. Le 2 mai 1998,
l’annonce officielle du lancement de
la monnaie unique par les dirigeants
européens est gâchée par l’insistance
de Jacques Chirac à placer JeanClaude Trichet à la tête de la Banque
centrale européenne. Des heures de
négociations abracadabrantesques
seront nécessaires pour que le candidat néerlandais pressenti, Wim Duisenberg, accepte de déclarer qu’il ne
ferait qu’une partie de son mandat
pour laisser la place au Français…
Le livre de Jean Quatremer devrait
être une lecture obligée pour tout
candidat aux élections européennes,
et pour tout élu national qui entend
refaire l’Europe. n
LA PREUVE PAR L’EXEMPLE« La charge
de la preuve incombe à celui qui avance
l’existence d’un phénomène inconnu. Si
jamais je prétendais qu’il y a une théière en
porcelaine qui orbite entre Mars et Jupiter
mais qu’aucun télescope ne peut la voir…
ce serait dommage qu’on me croie sur
parole. Il serait plus raisonnable de douter
suffisamment de moi pour me demander
des preuves. »
L’EXTRAORDINAIRE DEMANDE PLUS
QUE L’ORDINAIRE « L’idée que “des affirmations extraordinaires réclament des
preuves plus qu’ordinaires” [Carl Sagan]
s e re t ro u ve ch e z D a v i d H u m e : “ U n
homme intelligent modère par conséquent
ESSAI
Quand est-ce
qu’on biaise ?
par Thomas C.
Durand, éditions
humenSciences,
2019, 320 pages,
19,90 euros.
ses croyances selon les preuves”, ou chez
Pierre-Simon de Laplace : “Le poids de la
preuve pour une affirmation extraordinaire doit être proportionnel à son degré
d’étrangeté.” Les phénomènes paranormaux peuvent, en théorie, être prouvés.
Tant qu’ils ne le sont pas, il est plus sage
d’en douter. »
RAISON SANS DÉRAISON « Quand les conversations s’engagent sur le terrain de la
croyance, on finit souvent par [dire au
rationaliste] qu’il a l’esprit fermé, qu’il est
arrogant et cartésien […] Ne nous voilons
pas la face, certains d’entre nous adoptent
des comportements qui provoquent directement ce genre de récriminations. Flamberge au vent, il leur arrive de trancher dans
les allégations à grand renfort de moulinets
qui esquintent gratuitement l’amour-propre d’autrui. Il est possible de faire mieux,
de s’en tenir aux principes de la pensée critique, aux exigences de la raison. »
Livres en bref
Réformer l’Europe, vite !
Daniel Fortin
@dafortin
•e uLar oconstruction
péenne se
meurt. Si nous vivons
dans l’illusion qu’elle
progresse cahincaha avec des réformes techniques, les
coups politiques qui
lui sont portés, Brexit en tête, l’emportent
largement et contribuent à dissoudre la
plus audacieuse construction institutionnelle de l’après-guerre. Telle est la conviction de Bruno Alomar, européen convaincu
et auteur de ce livre en forme de cri
La Réforme ou
l’Insignifiance.
Dix ans pour
sauver l’Union
européenne
d’alarme. Loin des
poncifs habituels qui
scandent ce type de
s u j e t s , l ’o u v r a g e
traite avec une
par Bruno Alomar, grande finesse – et
éditions de l’Ecole
une profonde conde guerre,
naissance des arca145 pages,
nes communautai20 euros.
res – des enjeux qui
sont devant nous. Il
livre surtout une série de recommandations, parfois dérangeantes mais qui ont le
mérite d’apporter de la nouveauté sur un
sujet où l’idéologie, la pensée unique et le
réformisme de façade ont pris souvent trop
de place.
La Seconde Guerre mondiale,
vue du côté des savants
Yann Verdo
@verdoyann
La Seconde Guerre
•mondiale
ne s’est pas
seulement jouée sur
le théâtre des opérations militaires, mais
aussi – et même de
façon tout à fait décisive – dans les laboratoires. A commencer par celui de Los Alamos,
où fut élaborée la bombe atomique qui
réduisit en cendres Hiroshima et Nagasaki.
C’est cette aventure tragique et exaltante
que le physicien Sébastien Balibar, directeur de recherches à l’Ecole normale supé-
Savant
cherche refuge
rieure et membre de
l’Académie des scienpar Sébastien
ces, a choisi de nous
Balibar,
raconter. Il le fait de
éditions
façon originale, en
Odile Jacob,
centrant son récit sur
241 pages,
la figure méconnue
23,90 euros.
de László Tisza,
jeune savant juif contraint de fuir sa Hongrie natale à cause de
l’antisémitisme. Il se réfugiera d’abord à
Paris, avant de s’embarquer sur un paquebot à Lisbonne à destination du MIT… Où il
croisera la plupart des grands noms de la
science de l’époque, ballottés dans le fracas
de la guerre.
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// 13
Les Echos Vendredi 11 et samedi 12 janvier 2019
Son actualité
le grand entretien
Le 5 mars prochain, Bernard-Henri Lévy
sera sur la scène du théâtre Parenti, à
Milan, pour un monologue où il appellera
à une refondation de l’Europe. Le début
d’une tournée qui le mènera dans 22 villes du continent et se terminera à Paris
à la veille du scrutin européen.
Une façon de combattre le populisme
qui, en France comme chez nos voisins,
menace selon lui le fondement même
de nos démocraties.
qui s’en servent comme d’un levier pour
tenter d’affaiblir la France. Le point commun entre les trois périodes, c’est l’idée que
la démocratie représentative est un modèle
périmé, qui a produit tout ce qu’il pouvait
produire et qui doit être dépassé. Or, il n’y a,
historiquement, qu’un « dépassement » de
la démocratie – et c’est le totalitarisme.
Mais la démocratie n’est-elle pas,
tout de même, malade ?
Si, bien sûr. Mais c’est son état naturel. C’est
même la vraie différence avec le totalitarisme. Lui, le totalitarisme dit : « Je vais
bien, tout va bien, j’ai trouvé la formule de la
bonne société. » Alors que l’honneur du
démocrate est de répondre : « Ça va mal ; ça
pourrait aller mieux ; le lien social est toujours, par définition, mal noué et donc je le
renoue. » J’ajoute qu’il y a cette nouvelle
sacralisation du peuple, qui est une autre
maladie de la démocratie. Jamais un Cons-
« La sacralisation du peuple
est une maladie de la
démocratie. Ni Tocqueville,
ni Rousseau, ni même
Robespierre ne défendaient
cette idée. »
« Cessons de communier avec
des foules qui s’autoproclament
le peuple »
Propos recueillis par
Nicolas Barré et Daniel Fortin
La France entre dans sa neuvième
semaine de crise dite des « gilets jaunes ».
Depuis le début, vous vous êtes montré
très critique sur ce mouvement.
Pourquoi ?
Parce que c’est un vrai mouvement social.
Mais animé par des passions tristes, mortifères, nihilistes. Ça a été souvent le cas, vous
savez, dans l’Histoire contemporaine. On a
souvent eu d’authentiques mouvements de
colère enracinés dans des souffrances et des
revendications légitimes. Mais formulées
dans une langue, et débouchant sur des formes d’action, parfaitement antidémocratiques. Eh bien, quand c’est comme ça, il faut le
dire. Il faut avoir le courage de compter jusqu’à deux et de distinguer : oui, bien sûr, aux
réformes sociales ; oui, à tout ce qui peut être
fait pour créer de l’égalité ; mais non à la
volonté factieuse de « marcher sur l’Elysée »,
non au saccage de ces maisons de la République que sont les préfectures ou les ministères, non à l’homophobie, à l’antisémitisme,
au racisme anti-immigrés, aux attaques
meurtrières contre les policiers. Et ce qui
m’attriste presque plus encore, voyez-vous,
c’est l’indulgence stupéfiante dont ce type
d’actes bénéficie.
De quelle indulgence parlez-vous ?
De l’effet de sidération, presque de terreur,
qu’exerce ce mouvement. De ces contorsions
intellectuelles grotesques pour distinguer
entre les « vrais gilets » (sanctifiés) et les
« mauvais » (dévoyés). C’est l’éternelle génuflexion des dévots pressés de communier,
quoi qu’ils disent, avec les foules qui s’autoproclament « le peuple ». C’était le cas, jadis,
avec le « prolétariat ». C’est le cas,
aujourd’hui, avec ces « groupes en fusion »
(Sartre) en train de se ré-atomiser. Sauf que le
prolétariat d’autrefois avait, quand même,
une autre allure.
Pourquoi ?
Parce que, dans la lutte des classes à
l’ancienne, les gens réclamaient des droits
nouveaux, une amélioration de leur sort, le
redressement d’une injustice ou d’un tort. Et
leur plus cher désir était d’avoir gain de cause
et d’être entendus. Or, là, les « gilets jaunes »
ont été entendus. Macron leur a dit : « Je vous
ai compris, j’ouvre le dialogue. » Et c’est peutêtre même une nouvelle forme de délibération qui est en train de s’inventer, malgré ses
difficultés à se mettre en place, avec le
fameux « grand débat ». Mais les « gilets jaunes » répondent quoi ? « Eh bien, non ! Ce
n’est pas ça, finalement, que nous voulions !
Ce n’était pas des nouveaux droits, des nouvelles libertés, de nouvelles formes de jus-
« La vraie faillite des élites
est celle de Mélenchon,
Le Pen et Dupont-Aignan
qui attisent la haine. »
tice ! C’était la tête du roi, c’était bloquer les
ronds-points, c’était n’importe quoi sauf
l’amélioration du sort des plus humbles. » Je
ne connais pas trop mal, je crois, l’histoire du
mouvement ouvrier. Eh bien, cette manière
de faire représente, dans cette histoire qui
eut ses moments de grandeur, une tragique
régression.
N’êtes vous pas frappé, néanmoins,
par la fracture grandissante qui semble
séparer les élites et une partie
de la population ?
Pas tant que ça, finalement. Au risque de
vous surprendre, je suis plutôt frappé, au
contraire, par la volonté d’écoute de ceux que
vous appelez « les élites ». Ecoute tardive, si
vous voulez. Maladroite, tant que vous voudrez. Mais écoute quand même. Volonté, jusqu’à nouvel ordre, de chercher des solutions.
Et je crois même que c’est la première fois
que, dans l’histoire récente des luttes de classes en France, on voit autant de dirigeants, de
responsables de l’appareil d’Etat, etc., dont le
principal souci semble être, non de réprimer,
mais de comprendre et, peut-être, de réparer.
Donc pas de faillite des élites ?
Si. Mais pas celles-là. Les autres. Les Le Pen
et les Mélenchon qui attisent la haine. Les
François Ruffin qui appellent au meurtre.
Le pauvre Dupont-Aignan et sa divine surprise. Eux aussi sont des élites. Et eux, en
revanche, se conduisent très mal. Car il y a,
au fond, deux solutions. Ou bien on accompagne le mouvement social, on l’aide à trouver sa traduction républicaine et on travaille loyalement à améliorer le sort des
déshérités. Ou bien on se moque de leur
misère, on joue avec la vie et la dignité des
gens et on fait des petites phrases.
Ces gens-là, aussi, sont des « élites ».
Et c’est clairement ce choix-là, ce second
choix, qu’ont fait ces élites numéro deux,
celles du grand parti de la Démagogie. Je ne
parle pas des intellectuels qui, comme
Emmanuel Todd ou Christophe Guilluy,
expliquent tout par le fossé entre la France
d’en haut et la France d’en bas, la France
périphérique et la France des métropoles,
etc. Le vrai clivage n’est pas là. Il est entre les
héritiers du peuple de 89, de 1848, de Michelet, de Lamartine – et les héritiers de ces
autres mouvements populaires qui défilaient, hélas, derrière les chefs factieux des
années 1930 ou d’avant 14.
Etes-vous favorable au référendum
d’initiative citoyenne, réclamé
par les « gilets jaunes » ?
Non. Car la politique, en démocratie, ce sont
des questions complexes, effroyablement
intriquées, avec des injonctions contradictoires, des compromis inévitables, la
recherche nécessaire du moindre mal, etc.
Or, à ces questions-là, on ne peut pas juste
répondre, comme dans un « RIC », par un
simple « oui » ou un simple « non ». Le faire
croire est idiot. Et éventuellement criminel.
Voyez le Brexit. Des centaines d’heures de
discussions… Des milliers de pages d’expertise pour arriver à démêler l’écheveau – et
encore… Et les « référendocrates » qui,
comme dans « Full Metal Jacket », aboient :
« Oui ? Non ? vous n’avez qu’un choix – dire
oui ou dire non ! »
Alain Guilhot/Divergence
INTERVIEW //
BERNARD-HENRI LÉVY
Philosophe
tant, un Tocqueville, même un Rousseau,
même un révolutionnaire de 89, même un
Robespierre, n’aurait dit : « La démocratie,
c’est la souveraineté du peuple. » C’est, en
partie, ça, bien sûr. Mais à la condition que
ce souverain-ci, comme n’importe quel
autre souverain, consente à limiter ses pouvoirs, à se plier à des lois fondamentales, à
respecter les minorités, etc.
Emmanuel Macron a-t-il, à vos yeux, une
responsabilité directe dans
cette dégradation du climat social,
qui tranche avec l’espoir qu’avait
soulevé son élection ?
Je n’en suis pas sûr non plus. Il a tenu ses
promesses. Il l’a fait avec hardiesse et sincérité. Sans doute y a-t-il eu des fautes de communication. Mais est-ce qu’on censure un
régime, est-ce qu’on sort d’une République,
est-ce qu’on destitue un souverain parce
qu’il a une mauvaise « com » ?
On lui a reproché son « arrogance »
et, d’une façon générale, le mépris
des dirigeants pour les « sans-voix ».
Il faut arrêter, là aussi, avec cette histoire. La
réalité est qu’il y a aujourd’hui, non pas plus,
mais plutôt moins de « sans-voix ». La vérité
c’est que les gens n’ont jamais autant donné
de la voix que depuis l’apparition des
réseaux sociaux. A l’âge de Facebook, tout le
monde a droit à la parole et la parole de chacun prétend à la même valeur que celle de
chaque autre – la parole d’un démagogue,
ou d’un xénophobe, a le même poids, parfois, que celle d’un démocrate.
Vous lancez, à partir du 5 mars
prochain, une tournée théâtrale dans
plusieurs villes européennes où vous
serez seul en scène pour alerter les
opinions sur la nécessaire refondation
de l’Europe. Pourquoi une telle
initiative maintenant ?
Parce qu’il y a le feu. Et que les populistes
peuvent gagner. Partout. Dans la patrie du
Titien, dans celle de Václav Havel, comme
dans celle de la Révolution française.
Quels sont, selon vous, les points communs à ces populismes antieuropéens ?
C’est la troisième grande crise, depuis un
siècle, de l’idée démocratique. Il y a eu celle
de l’affaire Dreyfus. Celle des années 1930. Et
celle, aujourd’hui, sur le même fond de
haine et de violence, des illibéraux hongrois, des « gilets jaunes » français et des
branquignols italiens (Salvini, Di Maio…)
Comment relancer l’Europe,
comme vous le souhaitez ?
En ayant le courage, déjà, d’opérer une vraie
révolution copernicienne. Regardons les
enjeux nouveaux. Le climat, par exemple.
L’argent fou. La question de l’hospitalité due
aux migrants. Les attaques dont nous sommes l’objet de la part des empires russes,
chinois, ottoman, perse et arabe en train de
se réveiller. Pour aucun de ces enjeux l’Etatnation ne reste le cadre de délibération et de
décision adéquat. Pour aucun, les ripostes,
les résistances, ne peuvent se faire autrement qu’au niveau de l’empire européen au
sens où l’entendaient Dante et Machiavel.
La bonne agora, en d’autres termes, est
aujourd’hui à Bruxelles. Eh oui ! Ça ne veut
pas dire que Bruxelles marche bien. Et il y a,
évidemment, un énorme travail de démocratisation à opérer. Mais ça veut dire qu’il
faut sauver Bruxelles ou mourir. Construire
l’Europe ou voir revenir les guerres, les
tyrannies, la grande misère.
Vous plaidez donc pour une Europe
fédérale.
Bien sûr. Prenez l’invention de la monnaie
unique. Il y a deux précédents qui ont marché : la lire et le franc suisse, au milieu du
XIXe siècle, parce que l’unité politique s’est
faite en même temps que l’unité monétaire.
Il y en a deux qui se sont fracassés : l’Union
latine et l’Union scandinave, parce que les
politiques fiscales, les budgets, créaient des
« spreads » insupportables qui ont explosé
avec la crise de 1929. Et puis vous avez le dollar qui, contrairement à ce qu’on croit souvent, n’a vraiment triomphé de la myriade
de louis, francs, et autres thalers qui lui faisaient concurrence qu’avec la guerre de
Sécession et la victoire des fédéralistes sur
les confédérés. Alors, l’euro, c’est pareil. Il
est solide. Il a sauvé la Grèce, par exemple,
des démagogues. Mais, sans un grand bond
en avant dans le sens de l’union politique, la
digue finira par céder.
Pour autant, les peuples sont toujours
enclins à se méfier de l’Europe.
Parce que les pro-européens eux-mêmes,
ceux qui devraient porter haut les couleurs
de l’Union, sont trop timides, trop silencieux. C’est même la raison profonde de
cette tournée dans laquelle je me lance. Je
veux leur dire, à ces Européens découragés :
« Battez-vous, croyez-y, vous aussi devez
reprendre la parole. » n
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14 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
RN LE TRÉSORIER DU PARTI
À SON TOUR MIS EN EXAMEN
ROYAUME-UNI LE LABOUR PRÊT
À UNE MOTION DE CENSURE
Le trésorier du Rassemblement national (RN) a été à son tour mis en examen
à Paris en octobre dans l’affaire des
emplois présumés fictifs de l’ex-FN,
a-t-il confirmé jeudi. Wallerand de
Saint-Just ne faisait pas partie jusque-là
de la quinzaine de personnes déjà
poursuivies dans cette enquête sur un
possible « système » de financement
des salaires de permanents du FN en
détournant les fonds de l’UE destinés à
l’emploi d’assistants parlementaires.
Jeremy Corbyn, le leader du labour, a
répété privilégier des élections législatives anticipées à la tenue d’un
second référendum, défendue par de
nombreux parlementaires travaillistes. « Nous gardons toutes les options
sur la table », a-t-il dit, mais de nouvelles élections sont la « priorité ». Il
envisage aussi d’étendre l’application
de l’article 50, et donc la période de
négociation avec l’Union européenne.
Damien Meyer/AFP
Les Etats-Unis ne reconnaîtront pas la
légitimité de Nicolás Maduro, réélu le
20 mai et qui vient de prêter serment,
a déclaré jeudi John Bolton, le conseiller américain à la Sécurité nationale. Washington va accentuer ses
pressions sur le régime. Juste après la
prestation de serment du leader chaviste, l’Organisation des Etats américains a adopté une résolution visant,
elle aussi, à déclarer « illégitime » le
second mandat de Nicolás Maduro.
ITALIE PREMIÈRE ARRIVÉE 2019
DE RÉFUGIES PAR LA MER
Après trois jours de chutes de neige dans le land de Saxe-Anhalt, les employés des chemins de fer dégagent à la pelle un train
à proximité de la gare du Brocken, le point culminant du Harz, en Allemagne du Nord.
Photo Klaus Dietmar-Gabbert/dpa Picture-Alliance/AFP
BORDEAUX UNE NUIT DANS UN
STADE VIDE POUR UN COUPLE
Un couple d’Auvergnats a été tiré au
sort pour passer samedi une nuit dans
le stade, vide, de Bordeaux, dans une
loge de 25 m², avec vue sur la pelouse,
transformée en chambre. Depuis son
ouverture en 2015, un an avant l’Euro
de football, le Matmut Atlantique fait
rarement le plein, mais ses exploitants
ne manquent pas d’idées pour faire
parler de lui. 7.100 personnes ont participé à ce concours. Les gagnants
auront un maître d’hôtel à disposition.
PROCÈS BARBARIN
LE JUGEMENT FIXÉ AU 7 MARS
Le tribunal correctionnel de Lyon
rendra sa décision le 7 mars dans le
procès contre le cardinal Barbarin et
cinq anciens membres du diocèse de
Lyon, a annoncé jeudi la présidente,
Brigitte Vernay. Le parquet n’a pas
requis de condamnation, arguant de
la prescription des faits et de
l’absence d’entrave à la justice de Philippe Barbarin et de ses coaccusés.
AFP
AFFAIRE BENALLA PLUSIEURS
CONVOCATIONS PAR LE SÉNAT
La commission des lois du Sénat,
d a n s s o n e n q u ê t e s u r l ’a f f a i r e
Benalla, a convoqué à nouveau pour
audition mercredi Patrick Strzoda,
directeur de cabinet d’Emmanuel
Macron, et Christophe Castaner,
ministre de l’Intérieur, puis, le 21 janvier, Alexandre Benalla et Vincent
Crase. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est aussi
convoqué mercredi, au sujet des passeports diplomatiques de Benalla.
L’Allemagne du Nord sous la neige
VENEZUELA POUR TRUMP ET
L’OEA, MADURO EST ILLÉGITIME
CLIMAT LA PÉTITION CONTRE
L’ÉTAT DÉPASSE LES DEUX
MILLIONS DE SIGNATAIRES
Plus de deux millions de personnes
ont signé en moins d’un mois une
p étition en faveur d’un recours
contre l’Etat pour inaction climatique, ont annoncé jeudi les quatre
ONG à l’origine de l’initiative. Du
jamais-vu en France pour une pétition en ligne. Le texte, publié le
18 décembre sur le site laffairedusiecle.net, avait recueilli son premier
million de signataires en 36 heures.
LA PHOTO DU JOUR
Cinquante et un migrants se présentant comme kurdes ont débarqué
jeudi à l’aube sur une plage dans la
pointe sud de l’Italie, alors que le
ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, martèle que les ports sont fermés. Selon le ministère de l’Intérieur,
il s’agit du premier débarquement de
l’année. Les migrants arrivant en Italie via la Turquie sont souvent entassés sur des voiliers conduits par des
passeurs ukrainiens ou russes et
déposés de nuit dans le sud de la
péninsule.
MONGOLIE MANIFESTATION
CONTRE LA CORRUPTION
Quelque 60.000 Mongols se sont rassemblés jeudi à Oulan-Bator pour
exiger la démission du président du
Parlement, accusé de vendre des postes au gouvernement, certains manifestants ayant même monté des yourtes pour braver des températures
descendant en dessous de –20 degrés.
Cette manifestation est la deuxième
de ce type après celle de décembre.
MALI OPÉRATION FRANÇAISE
Une vingtaine de djihadistes ont été
« mis hors de combat » (tués ou capturés) lors d’une série d’opérations des
armées française et malienne entamées le 4 janvier dans le centre-est du
Mali, a indiqué jeudi l’état-major des
armées françaises. Cette zone boisée
et difficile d’accès, à 200 km au sudouest de Gao, abrite de longue date des
bases djihadistes, régulièrement
ciblées par l’opération Barkhane.
ON EN PARLE À MADRID
L’Andalousie forme un gouvernement
soutenu par l’extrême droite
La proximité avec la formation Vox met en porte-à-faux les ambitions européennes
de Ciudadanos avec La République En marche.
liste dans la région. Du côté du
PP, on insiste sur le fait que
entre-temps, Vox a renoncé à
imposer ses mesures maximalistes, comme la suppression des
programmes de lutte contre la
violence machiste ou l’expulsion
immédiate de 52.000 immigrés
en situation irrégulière.
Cécile Thibaud
— Correspondante à Madrid
l n’aura fallu que quelques
jours de négociations à
peine. Malgré les réticences
de certains, l’extrême droite
vient de faire son entrée dans le
jeu politique espagnol. Vox
appuiera le prochain gouvernement régional andalou, grâce à
ses douze députés (correspondant à 11 % des suffrages) au Parlement de Séville. L’accord scellé
sans difficulté, mercredi, avec le
Parti populaire, acte en effet le
soutien de la formation
d’extrême droite au nouvel exécutif, qui devrait être composé
dans les prochains jours par le
Parti populaire et les libéraux de
Ciudadanos, tournant la page de
trente-six ans de gestion socia-
I
Recomposition
de la droite
Mais cette intrusion de Vox
dans les jeux d’alliance est perçue comme un vrai tremblement de terre pour l’Espagne,
prélude à ce qui pourrait bien se
passer, ailleurs dans le pays, à
l’issue des élections municipales et régionales qui se dérouleront le 26 mai prochain.
« Elle marque la recomposition
de la droite où les trois familles
qui, il y a quelques années, cohabitaient au sein du Parti populaire,
ont maintenant leur marque
autonome, explique le politologue Fernand Vallespin. Le territoire du PP se trouve restreint à la
démocratie chrétienne, alors que
Ciudadanos a pris le centre libéral, tandis que l’aile traditionaliste
aux accents nostalgiques du franquisme se tourne désormais vers
Vox. » Ce redécoupage explique
sans doute pourquoi le chef du
PP, Pablo Casado, n’a même pas
débattu de la question d’un éventuel cordon sanitaire contre
l’extrême droite, ajoute-t-il.
« Parler avec Vox n’est pour lui
qu’un voyage au sein du PP d’il y a
quelques années. »
Mais du côté de Ciudadanos,
la situation est plus délicate. Le
parti d’Alb ert Rivera, qui
compte faire liste commune
avec En Marche aux élections
européennes de mai prochain,
essaie d’éviter les foudres de ses
amis du groupe libéral à Bruxelles. Il a tenté depuis des semaines de maintenir l’illusion d’une
distance de sécurité, affirmant
n’avoir qu’un seul interlocuteur,
le PP, même en sachant que ce
dernier dialogue sans problème
avec Vox. Reste à savoir combien de temps cet artifice pourra
tenir. « Travailler avec un parti
d’extrême droite n’est pas anodin », prévient-on déjà depuis
l’Elysée, en assurant qu’En marche suit avec attention les mouvements de Ciudadanos en
Espagne, et que le parti en « tiendra compte » au moment de
choisir ses alliés pour aller aux
élections européennes. n
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DIMANCHE
ANCHE
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 11, samedi 12 janvier
2019
www.lesechos.fr
Lagardère devra
trancher entre les
deux prétendants à
la reprise de sa
chaîne de télévision
jeunesse.
// P. 25
DEVISES EUR/GBP 0,9025 EUR/JPY 1,2464 EUR/CHF 1,1305 GBP/USD 1,2757 USD/JPY 1,0823 USD/CHF 0,9817 TAUX EONIA -0,362 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,308 OAT 10 ANS 0,6855 T-BONDS 10 ANS 2,798
INDUSTRIE & SERVICES
AUTOMOBILE
Shutterstock
DERNIÈRE HEURE
En absorbant Joon, Air France
se concentre sur le haut de gamme
Ford Europe va supprimer des
milliers de postes.. // PP. 16, 17, 18
ET 19 ET L’ÉDITORIAL DE DAVID
BARROUX P. 9
BREXIT
Elsa Dicharry
@dicharry_e
Les eurodéputés volent au secours
des ports français. // P. 19
HABITATION
Face à l’urgence sociale, le plan
choc d’Action Logement. // P. 20
Planet Sushi
PLANET SUSHI
Nouveau plan de marche pour
la chaîne de restauration. // P. 21
VICTOIRE DE LA MUSIQUE
Une cérémonie contestée, mais
indispensable. // P. 23
HIGH-TECH & MÉDIAS
HOLOGRAMME
En un an, Joon aura transporté plus de 3 millions de passagers sur 20.000 vols. Photo Joël Saget/AFP
Un tour de magie qui commence
à rapporter gros.
START-UP
TECHNOLOGIE
A Las Vegas, la French Tech
imagine le vélo de demain. // P. 26
PME & RÉGIONS
ÉQUIPEMENTS
Les sept projets qui vont marquer
les territoires en 2019. // P. 27
Le groupe a annoncé jeudi
une « simplification du
portefeuille de marques » et
la réintégration en son sein
des personnels et des avions
de la compagnie créée il y a
à peine plus d’un an.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
PAYS DE LA LOIRE
Airseas veut révolutionner
la marine marchande avec
ses cerfs-volants géants. // P. 28
FINANCE & MARCHÉS
HEDGE FUND
La spectaculaire poussée des fonds
activistes en 2018. // P. 29
DETTE
La France démarre bien une année
à haut risque. // P. 30
CYBERSÉCURITÉ
Le dossier qui agite assureurs
et industriels. // P. 31
BANQUE
Les établissements français ont du
mal à maîtriser leurs coûts. // P. 33
CARNET // P. 36
LES « ECHOS » PATRIMOINE
BOURSE
Sicav et fonds : quels espoirs
de rattrapage en 2019 ?
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
que le communiqué. Le groupe annonce
donc l’intégration de Joon au sein d’Air
France, décision censée apporter « de nombreux avantages, notamment l’harmonisation de la flotte, des produits, de la marque. La
gestion des opérations serait améliorée grâce
à une flotte commune d’avions », sans
oublier « la simplification du portefeuille de
marques, capitalisant sur la marque Air
France ». Le tout sans altérer « l’efficacité
économique du groupe Air France-KLM ».
Des clients très convoités
Joon, c’est terminé, cap sur le haut de
gamme. Dans un communiqué publié jeudi
en début d’après-midi, Air France a
annoncé « un projet pour l’avenir de Joon »…
qui revient dans les faits à enterrer la compagnie lancée il y a à peine plus d’un an par
Jean-Marc Janaillac, l’ancien PDG d’Air
France-KLM. L’objectif est désormais de
concentrer les efforts de la compagnie sur le
segment premium du marché. « Malgré les
impacts incontestablement positifs de Joon,
notamment le travail remarquable des équipes […], la marque a dès le début été difficilement comprise par les clients, par les salariés,
par les marchés, par les investisseurs », indi-
En novembre déjà, « Le Figaro » avait
annoncé l’intention de Ben Smith, le nouveau directeur général d’Air France-KLM, de
clore le chapitre Joon, compagnie initialement conçue pour tenir tête à celles du Golfe
et séduire la clientèle des Millennials. En
réponse, l’intéressé aurait assuré quelques
jours plus tard lors d’une rencontre avec des
représentants syndicaux que « la marque
Joon ne disparaîtra pas »… Tout en reconnaissant réfléchir à son avenir. Son point de
vue sur le dossier a manifestement évolué.
Joon avait pourtant atteint ses objectifs,
soulignaient des sources internes fin
novembre. En un an, la compagnie a trans-
porté plus de 3 millions de passagers sur
20.000 vols. Avec des coûts inférieurs de 15 %
par rapport à ceux d’Air France. Mais pour
Ben Smith, l’important n’est pas, semble-t-il,
d’ajouter une nouvelle offre à bas coût, mais
de regagner du terrain sur le marché du haut
de gamme. C’est ce qu’il indique dans un
courriel envoyé mercredi 9 janvier aux salariés, dont « Les Echos » ont eu connaissance.
« Le développement de nos offres doit
mieux positionner Air France sur le voyage
haute contribution », annonce le directeur
général, qui enfonce le clou un peu plus
loin : « Nous faisons clairement le choix
d’orienter notre stratégie sur ce segment premium », qu’il définit à travers les classes La
Première, Business et Premium Economy.
« Les clients premium sont les plus convoités
par l’ensemble des compagnies, aussi ils ont
de nombreuses opportunités de voyage, nous
choisissons de nous recentrer sur ce segment
de clientèle, cela représente un challenge pour
nous », ajoute Ben Smith. Cela se traduira
par un réaménagement des cabines :
« Nous réduirons ainsi le nombre de sièges en
classe Economy et nous agrandirons les cabines Premium. » Une stratégie dans laquelle
l’offre Joon n’avait pas sa place. n
EDF installera les premières éoliennes
en Arabie saoudite
Véronique Le Billon
@VLeBillon
// PP. 37 À 39
SUR
Vente-privee
épinglé pour
réductions
de prix
trompeuses
EDF s’apprête à défricher le marché saoudien de l’éolien. Un groupement emmené
par l’électricien français (à 51 %) a été
choisi par l’Arabie saoudite pour développ er le premier parc du royaume , a
annoncé le ministère de l’Energie. Un proj e t d ’a m p l e u r : 4 0 0 m é g a w a t t s
(0,4 gigawatt) – soit entre 100 et
200 éoliennes – seront installés dans la
région d’Al Jouf, au nord-ouest du pays. Le
coût de construction du parc Dumat Al
Jandal est évalué à 500 millions de dollars
(434 millions d’euros), partagé avec Masdar (à 49 %), un acteur phare du secteur au
Moyen-Orient, basé à Abu Dhabi.
« Ce sera notre plus gros parc éolien dans le
monde et le plus puissant du Moyen-Orient »,
indique une porte-parole d’EDF Renouvelables, la filiale d’EDF spécialisée dans le développement de projets solaires et éoliens. En
2017, l’Arabie saoudite ne comptait que
92 mégawatts (MW) de capacités installées
renouvelables, pour la quasi-totalité en
solaire, selon l’agence intergouvernementale Irena.
De grandes ambitions
Mais l’Arabie saoudite a affiché de grandes
ambitions dans les énergies vertes, notamment pour préserver ses ressources pétrolières aujourd’hui utilisées pour produire
son électricité. En mars, le prince héritier
avait annoncé un protocole d’accord avec le
japonais SoftBank pour développer des
énergies vertes. Surtout, le plan Vision 2030
de Riyad prévoit, à l’horizon 2030, d’avoir
40 GW de solaire et 16 GW d’éolien. Pour le
premier grand appel d’offres de 2018, EDF
avait été candidat malheureux à un projet
solaire de 300 MW, en dépit d’un prix proposé de vente de l’électricité particulièrement bas. L’appel d’offres avait été remporté
par un acteur local, Acwa.
Cette fois, EDF Renouvelables l’a
emporté devant Engie, Acwa et Enel, selon
le ministère de l’Energie saoudien. « Le projet a été attribué sur la base d’un coût actualisé de l’énergie de 2,13 cents de dollars par
kilowattheure, enregistrant un nouveau prix
record pour un projet de ce type en Europe, au
Moyen-Orient et en Afrique », a-t-il salué.
Le chantier démarrera « dans les prochains mois » et nécessitera deux ans de
construction, indique EDF Renouvelables.
En 2019, Riyad devrait proposer 3 GW de
nouvelles capacités, dont près des trois
quarts en solaire. n
L’image de Vente-privee, le roi du déstockage et de la promotion sur Internet,
pourrait être écornée. Jeudi, la Direction générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression des
fraudes (DGCCRF) a dévoilé les résultats d’une enquête concernant le e-commerçant menée à la suite de constatations sur son site et de l’analyse de
documents perquisitionnés dans ses
locaux en 2016. Il en ressort que Venteprivee – qui écoule les invendus de quelque 7.000 marques – aurait sciemment
trompé le consommateur sur des
réductions de tarifs. Ce que l’e-commerçant dément.
« Il est reproché à l’entreprise d’avoir
cherché à donner à ses clients l’illusion de
faire une bonne affaire en mettant en
place différentes stratégies frauduleuses
visant à construire un “prix de référence”
fictif, précise la DGCCRF. Ce “prix de
référence” est le prix à partir duquel est
calculé le taux de réduction pratiqué. Les
annonces de réduction de prix le présentent souvent sous une forme barrée. En
l’occurrence, des “prix de référence” qui
ne correspondaient dans les faits à
aucune réalité économique étaient utilisés pour afficher des taux de promotion
particulièrement attractifs. »
Selon l’enquête
de la DGCCRF,
Vente-privee aurait
sciemment trompé
le consommateur sur
des réductions de tarifs.
Ce que l’e-commerçant
dément.
La DGCCRF indique avoir transmis à
la procureure de la République du tribunal de grande instance de Bobigny les
conclusions de ses investigations concernant Vente-privee. « Il revient maintenant à l’autorité judiciaire de donner les
suites qu’elle jugera nécessaires aux manquements présumés relevés par la DGCCRF », poursuit-elle. « Vente-privee.com
conteste fermement toute mise en place de
stratégies frauduleuses visant à construire un prix de référence fictif. La société
a, à l’inverse, déployé ces dernières années
d’importants moyens humains et financiers pour vérifier les prix conseillés de ses
très nombreuses marques partenaires.
Vente-privee.com rappelle enfin qu’elle ne
fait l’objet d’aucune poursuite à ce jour et
qu’elle n’est pas en mesure de faire plus de
commentaires sur une procédure couverte par le secret et à laquelle elle n’a pas
encore eu accès », a réagi l’entreprise.
La DGCCRF rappelle que ses services, chargés de contrôler « la loyauté des
prix et des pratiques promotionnelles »,
sont particulièrement attentifs à « la
vente à distance sur Internet, tout particulièrement sous forme de vente “événementielle” ». En février 2017, la DGCCRF
avait déjà « ouvert des procédures contentieuses » à l’encontre de 19 enseignes
d’e-commerce, rappelle-t-elle. Là
encore, l’organisme avait traqué les
« fausses promotions ». Ces enquêtes
ont mené « au paiement de plusieurs
millions d’euros d’amendes dans le cadre
de transactions pénales ». n
Xilam
Xilam et M6 en finale
pour le rachat de Gulli
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
à suivre
LA GRANDE MUTATION DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE
Ford Europe va supprimer
des milliers de postes
Robin van Lonkhuijsen/ANP/AFP
l L’américain a annoncé une vaste restructuration de ses entités européennes.
l Ce plan, qui vise à améliorer rapidement les performances du constructeur,
aura un lourd impact social.
L’Europe ouvre une enquête sur les
avantages fiscaux de Nike au Pays-Bas
BIENS DE CONSOMMATION La Commission européenne a
ouvert jeudi une « enquête approfondie [...] sur les rescrits fiscaux
accordés par les Pays-Bas à Nike ». L’enquête porte précisément
sur deux sociétés de l’équipementier sportif basées dans le pays,
en charge des ventes des produits Nike et Converse en Europe,
au Moyen-Orient et en Afrique (EMOA). Bruxelles va tenter de
déterminer si ces traitements « ont pu procurer à l’entreprise un
avantage indu par rapport à ses concurrents ».
Déraillement de Brétigny :
un cadre de la SNCF mis en examen
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
FERROVIAIRE Un cadre de SNCF Réseau a été mis en examen
pour homicide et blessures involontaires par les juges d’instruction chargés de l’enquête sur l’accident ferroviaire de Brétignysur-Orge survenu le 12 juillet 2013, rapporte « Le Parisien ». Il
précise qu’il s’agit d’un « DPX », terme qui désigne un manager
de terrain dans le jargon interne. Il avait jusqu’alors été entendu
en tant que témoin assisté. C’est lui qui, huit jours avant le
déraillement du train, avait réalisé la dernière inspection de la
voie sur laquelle s’est produit l’accident.
Attendue, redoutée, la sanction a
fini par tomber. Ford, engagé dans
une vaste et douloureuse réorganisation mondiale, a annoncé jeudi la
déclinaison européenne de son
plan de restructuration. Dans un
communiqué, le constructeur américain affirme qu’il veut améliorer
rapidement sa performance en
revoyant sa gamme sur le Vieux
Continent (exit les monospaces), et
surtout en réduisant ses effectifs
– sans préciser à quel point.
Plusieurs milliers d’emplois
devraient cependant être concernés, a indiqué le groupe – Ford
comptant 54.000 salariés en
Europe, principalement au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne. Le groupe doit fermer son
usine de Blanquefort, en Gironde,
cet été, et a déjà lancé les négociations avec IG Metall à propos de la
restructuration de son usine allemande de Sarrelouis. Le groupe va
L’Indonésie achète à Airbus
des hélicoptères Caracal
DÉFENSE Tandis que le marché civil des hélicoptères reste poussif,
Airbus enregistre de nouveaux succès dans le militaire. Le groupe
a conclu un contrat pour la vente de huit H225M (Caracal) en Indonésie. Le pays en détient déjà six et étend ainsi sa flotte. Depuis
2006, Airbus a vendu 88 Caracal à 9 pays, France incluse. L’hélicoptère lourd a récemment été adopté par la Hongrie (16 appareils
commandés en décembre dernier), le Koweit et Singapour.
AÉRIEN Lufthansa a annoncé
jeudi avoir transporté 142 millions de passagers en 2018, contre
130 millions en 2017, un nouveau
record. Sa croissance a été portée
par le dynamisme de ses hubs de
Zurich, Munich et Vienne, avec
des croissances de respectivement 9,5%, 9,3% et 8,5%.
Lufthansa reste ainsi le premier
groupe aérien européen devant
Ryanair (139 millions), IAG (British Airways-Iberia, 113 millions),
et Air France-KLM, qui a franchi
la barre des 100 millions.
Victime du coup de frein
des ventes en Chine
et de la disgrâce du diesel,
le premier constructeur
automobile outre-Manche va
supprimer 4.500 postes, soit
plus de 10 % de ses effectifs.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
LES NOUVELLES
MENACES SUR
LA FISCALITÉ
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
STEVEN ARMSTRONG
Patron Europe du groupe
chercher à « réduire ses coûts de
main-d’œuvre, autant que possible, à
travers des départs volontaires ».
Nouveauté, Ford ne va pas développer de nouveaux moteurs Diesel et
annonce aussi vouloir mener une
revue stratégique de Sollers, sa
coentreprise russe, d’ici à la fin du
deuxième trimestre. En clair,
d’autres usines pourraient avoir du
souci à se faire. « Un examen de
notre présence industrielle fait partie
de ce processus », a expliqué Steven
Armstrong, le patron Europe du
groupe, qui dit vouloir avec ces
mesures « énergiques » être « un
contributeur net et pas un débiteur
net ». Rien qu’au troisième trimestre, Ford a perdu 245 millions
d’euros dans la région, soit une
marge négative de 3,3 %. Le but du
dirigeant est de faire grimper la
marge opérationnelle à 6 %.
Steven Armstrong a également
précisé, au passage, que le programme pourrait encore être durci
en l’absence d’accord sur le Brexit.
« Si le Brexit allait dans la mauvaise
direction, nous aurions à procéder à
un nouvel examen », dit-il.
Partenariat avec VW
Alors que Ford doit annoncer la
semaine prochaine, au Salon de
Detroit,un grand partenariat technologique et industriel avec l’allemand Volkswagen, le constructeur
fait face à la fin du cycle de croissance mondiale du secteur, et au
déclin accéléré des moteurs tournant au gazole. Le 26 avril, Ford
avait passé une énorme provision
de 11 milliards de dollars pour faire
face à des futurs coûts de restructuration. Jim Hackett, le patron de
l’ovale bleu, désirant soigner sa
marge en abandonnant les berlines
aux Etats-Unis et en réduisant son
exposition dans ses activités non
rentables. Ford perd de l’argent en
Amérique latine, en Europe et dans
la région Asie-Pacifique. La part de
marché de la marque s’est effondrée depuis une vingtaine d’années
sur le Vieux Continent, passant de
près de 11 % des ventes en 2000 à
6,4 % l’an dernier.
4
À NOTER
Honda va arrêter la production
de son usine de Swindon (sudouest de l’Angleterre) pendant
six jours « pour limiter le risque
de perturbation » en cas
d’absence d’accord sur le Brexit.
(
Lire l’éditorial de
David Barroux page 9
Jaguar Land Rover taille durement dans ses effectifs
Shutterstock
Lufthansa
reste premier
groupe aérien
européen
« Si le Brexit allait
dans la mauvaise
direction, nous
aurions à procéder à
un nouvel examen. »
Coup dur pour la Grande-Bretagne.
Quelques heures après le plan de
restructuration dévoilé par Ford
pour l’Europe, le premier constructeur automobile du Royaume-Uni a
annoncé jeudi qu’il allait supprimer
4.500 emplois, soit plus de 10 % de
ses effectifs (le groupe emploie
44.000 personnes). Ces départs, qui
toucheront au premier chef les
42.500 salariés au Royaume-Uni,
s’ajouteront aux 1.500 déjà réalisés
l’an dernier. Ils se feront dans
un premier temps sur la base d’un
plan volontaire. Ils viseront principalement les services administratifs, de marketing, de design et de
direction.
La déconfiture du marché chinois, alors même que la disgrâce du
diesel et l’épée de Damoclès du
Brexit pèsent sur ses activités outreManche, a forcé Jaguar Land Rover
à ces décisions difficiles. « Nous prenons des mesures énergiques pour
parvenir à une croissance de long
terme face aux multiples perturbations géopolitiques et réglementaires
et aux défis technologiques auxquels
est confronté le secteur », a dit le
directeur général, Ralf Speth.
Cette cure d’amaigrissement, qui
confirme les fuites de la mi-décembre, s’inscrit dans le cadre du plan
de réduction de coûts et d’amélioration du cash-flow de 2,5 milliards de
livres (2,8 milliards d’euros) sur
deux ans annoncé en 2018. Le
groupe a déjà identifié 1 milliard de
livres d’économies, dont 500 millions déjà réalisées l’an dernier.
2018, les ventes ont baissé de 4,6 %,
à 592.708 véhicules, avec une chute
de 21,6 % en Chine. Le constructeur,
détenu depuis 2008 par l’indien
Tata, avait dû supprimer en avril
1.000 emplois (sur un total de
10.000), essentiellement intérimaires, dans son usine de Solihull au
sud de Birmingham –, en raison de
ses difficultés sur le diesel (90 % de
ses ventes outre-Manche), un marché fragilisé par une offensive
réglementaire tous azimuts des
autorités britanniques.
Il avait aussi dû fermer l’usine
pendant quinze jours, en octobre,
après la chute de 46 % de ses ventes
en Chine le mois précédent. Les tensions commerciales internationa-
les et les incertitudes sur les droits
de douane avaient en effet freiné les
acheteurs dans ce pays qui, il y a
peu, était encore l’un des principaux moteurs de la croissance du
groupe.
En juillet, le constructeur, qui
vend 80 % de ses voitures à l’étranger, avait aussi menacé de réduire
ses dépenses au Royaume-Uni en
cas de Brexit dur (autrement dit,
sans accord de divorce à l’amiable
avec l’Union). Un scénario qui lui
coûterait 1,2 milliard de livres de
bénéfice par an. Et qui n’est toujours
pas écarté, alors que le gouvernement peine à convaincre les députés britanniques de donner leur feu
vert à l’accord conclu avec l’UE. n
Batteries électriques
Le constructeur, qui souhaite que
tous ses nouveaux modèles soient
électriques ou hybrides à partir de
2020, va aussi lancer cette année la
production de systèmes de transmission électrique dans son usine
d e Wo l ve r h a m p t o n e t c r é e r
un nouveau site d’assemblage de
batteries à Hams Hall, près de Birmingham.
Lors du troisième trimestre 2018,
Jaguar Land Rover affichait une
perte de 90 millions de livres
(100 millions d’euros), et des ventes
en recul de 13 %. Sur l’ensemble de
Année record pour les ventes
de Rolls-Royce dans le monde
La marque de voitures de luxe Rolls-Royce a annoncé
des ventes en forte hausse en 2018. Les plus élevées
même des cent quinze années d’existence du
constructeur, propriété aujourd’hui de l’allemand BMW.
Rolls-Royce a vendu pas moins de 4.107 voitures dans
plus de 50 pays l’an dernier, contre 3.362 en 2017. La
marque se prépare néanmoins à des perturbations liées
au Brexit. Elle va fermer son usine de Goodwood dans le
sud de l’Angleterre deux semaines début avril pour éviter tout problème dans la chaîne d’approvisionnement.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
3
Séquence décisive pour les groupes
Renault et Nissan
Près de deux mois après
l’arrestation de Carlos
Ghosn au Japon, plusieurs
avancées majeures pourraient avoir lieu ces
prochains jours. A commencer par le choix du
successeur au siège.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
avec Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Les choses s’accélèrent chez
Renault et Nissan. Bientôt deux
mois après l’arrestation surprise de
Carlos Ghosn au Japon, Renault et
Nissan devraient voir plusieurs
dossiers se décanter. Jeudi soir, les
membres du conseil d’administration du groupe français devaient
d’abord être informés des résultats
de l’enquête interne effectuée
depuis fin novembre parmi les dirigeants de l’ex-régie – pour savoir si
tout est conforme au niveau de leur
rémunération. Selon un proche du
dossier, toutes les rémunérations, y
compris celles pouvant provenir de
RNBV, la structure hollandaise
de l’Alliance Renault-Nissan, ont
été passées au crible. Il resterait
néanmoins deux ou trois points à
élucider.
Ensuite, l’état-major de Renault
se penchera sur le Japon, où la justice doit prendre plusieurs décisions cruciales pour l’avenir de Carlos Ghosn, qui a d’ailleurs vu ses
interrogatoires suspendus pour
raisons médicales. Le président
déchu de Nissan devrait être
inculpé à nouveau, pour avoir
minoré ses revenus aux autorités
boursières entre 2015 et 2018 et
pour abus de confiance. Cette dernière charge étant la plus grave.
Dans c es c onditions, deux
options sont sur la table : soit le procureur japonais « réarrête » Carlos
Ghosn sur un nouveau motif, ce qui
entraînerait une nouvelle garde à
Le conseil
d’administration
du groupe nippon
a décidé de renforcer
sa gouvernance.
vue de 22 jours maximum, soit les
gardes à vue s’arrêtent. Dans ce cas,
ses avocats déposeront dans la journée une demande de libération
sous caution. Celle-ci, encore hypothétique, pourrait intervenir mardi
au plus tôt.
En attendant, le conseil d’administration de Nissan a décidé de
renforcer sa gouvernance. Le nombre de décisions devant lui être soumises à approbation est élargi, et un
dispositif temporaire pour fixer les
rémunérations de ses dirigeants est
mis en place. Une mission d’amélioration de la gouvernance du groupe
nippon doit fournir d’autres recommandations d’ici à fin mars.
Enfin, le conseil de Nissan a été
informé des derniers éléments de
son enquête interne sur les pratiques de Carlos Ghosn, enquête à
« Dieselgate » : Fiat Chrysler
va débourser jusqu’à
800 millions de dollars
Le constructeur est accusé
d’avoir équipé plus de
100.000 véhicules d’un
logiciel faussant les
résultats de tests destinés
à mesurer les émissions
polluantes.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Bonne nouvelle pour quelque
100.000 propriétaires américains de
véhicules Jeep Cherokee et Ram. Ils
vont bientôt recevoir un chèque de
2.800 dollars environ de la part de
Fiat Chrysler. Cela fait partie de
l’arrangement trouvé entre le
groupe italo-américain et les autorités fédérales et locales.
Fiat Chrysler était accusé d’avoir
équipé 104.000 véhicules d’un logiciel faussant les résultats de tests qui
mesurent les émissions polluantes.
Les autorités américaines, dont
l’Agence fédérale de protection de
l’environnement (EPA), avaient
porté plainte en 2017, lui reprochant
d’avoir triché et de ne pas les avoir
alertées sur ce changement de logiciel lors du processus d’homologation. Selon l’EPA, les modèles concernés pouvaient ainsi rejeter dans
l’air un niveau accru d’oxyde d’azote,
un gaz à l’origine de nombreuses
maladies respiratoires.
Réformes de gouvernance
A l’époque, le constructeur s’était
défendu de toute tricherie. Son PDG
de l’époque, Sergio Marchionne,
avait toutefois reconnu qu’il aurait
dû « être plus transparent ». Et Fiat
Chrysler avait provisionné 700 millions d’euros (810 millions de dollars) dans ses comptes au troisième
trimestre 2018 dans le cadre de ce
contentieux.
L’accord annoncé jeudi ne fait pas
état de responsabilités de Fiat
Chrysler. Mais le groupe a apporté
des modifications sur le logiciel en
question, qui satisfont les autorités.
Il s’est aussi engagé à réformer son
système de gouvernance et de prise
de décision. Et il va également
dédommager les propriétaires des
véhicules concernés, des modèles
sortis entre 2014 et 2016 sur le territoire américain, tout en payant des
amendes considérables.
Au total, un maximum de
800 millions de dollars (694 millions d’euros) pourraient être versés
pour solder les poursuites : 280 millions de dollars d’indemnités pour
les consommateurs, 311 millions
d’amendes civiles, 72 millions de
dollars pour régler des litiges avec
plusieurs Etats, et jusqu’à 100 millions de garanties supplémentaires.
Une partie – environ 130 millions de
dollars – sera prise en charge par le
sous-traitant allemand Robert
Bosch.
l’origine du scandale. A ce propos,
Renault affirme toujours attendre
les compléments demandés à son
partenaire japonais en novembre.
La piste d’un tandem
Une fois la situation judiciaire du
patron éclaircie, le conseil de
Renault et l’Etat français, son premier actionnaire, pourront se pencher de manière concrète sur
l’après-Ghosn. A cette heure, la
piste d’un tandem président-directeur général tiendrait toujours la
corde. De même, un recours à JeanDominique Senard, bientôt libéré
de ses fonctions chez Michelin,
prendrait de l’épaisseur. Mais rien
ne serait encore définitivement
validé, d’autres noms pouvant finalement sortir du chapeau.
4
À NOTER
Carlos Ghosn est résident fiscal
hollandais depuis 2012,
selon « Libération ».
Chez Renault, la décision sur le nom du successeur de Carlos Ghosn devrait bientôt être prise.
Photo Gilles Rolle/RÉA
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Bonne santé aux Etats-Unis
Fiat Chrysler va aussi rappeler
l’ensemble des véhicules concernés,
au moment où le groupe se porte
plutôt bien aux Etats-Unis : ses ventes de SUV et de gros véhicules ont
augmenté de 8 % l’an dernier, audessus du marché, et ses profits ont
bondi de 17 % sur les neuf premiers
mois de l’année en Amérique du
Nord. En France, un rapport de
la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes
(DGCCRF) avait relevé « l’installation d’un dispositif frauduleux » et
évoqué des amendes pouvant aller
jusqu’à 9,6 milliards d’euros. La justice s’est emparée du dossier.
L’affaire n’a toutefois pas pris la
même ampleur que celle touchant
Volkswagen. Le constructeur allemand, accusé des mêmes torts, avait
plaidé coupable en janvier 2017
devant la justice américaine, acceptant de régler 4,3 milliards de dollars
de pénalités. Au total, le « dieselgate » lui a déjà coûté 22 milliards de
dollars et huit de ses dirigeants ont
été inculpés aux Etats-Unis. n
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
3 LA GRANDE MUTATION DE L’INDUSTRIE AUTOMOBILE
A Las Vegas,
la voiture du futur
devient une réalité
l Au CES, le Salon de l’électronique de Las Vegas,
beaucoup de technologies présentées dans l’automobile
sont déjà en cours de développement.
l En vedette cette année, la voiture connectée
et l’intérieur personnalisé.
INTERVIEW // STEPHANIE BRINLEY
Analyste chez IHS Markit
« Le focus est davantage porté
sur l’intérieur de la voiture »
Que retenez-vous du CES pour
l’automobile cette année ?
On est passé à l’étape du développement des produits. Au cours des
deux ou trois derniers CES, les
constructeurs sont venus livrer leur
vision pour les années à venir, sur la
mobilité, la connectivité, les services partagés. Alors que la voiture
autonome concentrait toutes les
attentions il y a quelques années,
aujourd’hui les véhicules sont en
cours de développement. Les
conversations portent plus sur les
progrès réalisés depuis un an que
sur les innovations qui seront disponibles dans dix-huit mois. Sinon,
le focus cette année est davantage
porté sur l’intérieur de la voiture et
la façon de le rendre plus personnel.
« La grande tendance
est l’utilisation des
données personnelles
pour proposer
une expérience
plus spécifique. »
Quelles sont les évolutions
dans ce domaine ?
Là aussi, on est passé au concret. Il y
a quelques années, les intérieurs
des concept-cars n’étaient pas très
pratiques, pas très confortables,
avec des sièges face à face par exemple. On est revenu à des choses correspondant davantage aux standards de sécurité actuels. La
grande tendance est l’utilisation
des données personnelles pour
proposer une expérience plus spécifique. On voit aussi les écrans se
multiplier, tous les constructeurs
travaillent sur les systèmes de
divertissement ou de partage des
données. Mais chacun développe
des solutions différentes.
La voiture va-t-elle devenir
un salon sur roues ?
Pas tout de suite ! La vitesse et la
façon dont l’intérieur des voitures
changera dépendront largement de
l’arrivée de la conduite autonome.
Et même quand celle-ci sera une
réalité, il y aura une grande variété
tour du parking et revient se garer
précisément à sa place, tandis que,
derrière son volant, le chauffeur
nous salue des deux mains. Si ces
applications restent au stade de la
démonstration, les technologies
mises en œuvre sont déjà quasiment toutes sur le marché. « Nous
sommes leaders des capteurs, nous
présentons ici de nouvelles applications sur leur utilisation, avec nos
logiciels », explique Jacques
Aschenbroich, le PDG de Valeo.
A Las Vegas cette année, la voiture du futur semble s’être rapprochée un peu plus de la réalité. « Les
années précédentes, on pouvait voir
au CES des concepts relevant un peu
de la science-fiction », souligne Mo
Al-Bodour, consultant au sein du
cabinet SBD Automotive. « Cette
année, ils se sont faits plus rares : on
sent que la réflexion s’est déportée sur
la façon dont les nouvelles technologies sont intégrées. Sur les stands de
certains constructeurs, notamment
ceux des premiums allemands, certaines innovations d’hier sont déjà disponibles sur les derniers modèles. »
Sièges chauffants à louer
La voiture connectée, notamment,
est sortie du garage. « Elle est en
train d’exploser », commente Gilles
Mabire, PDG de l’équipementier
allemand Continental Automotive
en France. « On peut estimer que,
d’ici fin 2020, 90 % des véhicules
neufs vendus seront connectés. Nous
travaillons en tout cas avec tous les
Selon Stephanie Brinkley,
« tout dépendra de ce que les
consommateurs seront prêts
à accepter ». Photo DR
Le concept Vision Urbanetic de Mercedes Benz. Ce véhicule autonome possède une carosserie
interchangeable selon l’usage choisi (transport de biens ou de personnes). Photo John Locher/AP/Sipa
grands constructeurs qui veulent
proposer de nouveaux services pour
créer de la valeur. »
Les applications commencent à
apparaître. Audi propose la location
d’options (comme les sièges chauffants ou la synchronisation avec son
smartphone), au mois ou à l’année.
Fiat Chrysler a montré un nouveau
service, permettant de faire ses
achats depuis sa voiture. Daimler a
annoncé un accord avec la start-up
Otonomo pour monétiser les données de ses clients – ce que BMW et
General Motors font déjà en direct.
Et Ford a annoncé que tous ses véhicules seraient dotés en 2022 de systèmes dits « V2X » (« vehicule to everything »), leur permettant de
communiquer aussi avec d’autres
véhicules et avec les infrastructures,
comme les feux tricolores.
La vie à bord prend aussi une
autre dimension. Les écrans s’élargissent. Celui du jeune constructeur
Byton, fabriqué par le français Faurecia, sera sur les routes fin 2019 :
incurvé, il mesure plus de 20 centimètres de haut et court sur toute la
longueur du pare-brise. Continental, qui propose des pare-brise à réa-
lité augmentée basés sur une technologie holographique, assure être
en prédéveloppement avec plusieurs constructeurs, « pour une
mise sur le marché en 2022 ou
2023 », dit Gilles Mabire.
De même, le confort se sophistique. Il devient plus personnalisé,
avec des technologies de reconnaissance d’humeur ou de vigilance,
des systèmes de chauffage ou de climatisation individuels, allant jusqu’à la bulle sonore personnelle.
« Ces innovations arriveront sur le
marché par le premium, mais aussi
par les VTC, qui veulent se différencier », souligne David Degrange,
chargé du cockpit du futur chez
Faurecia. Et ce sans doute dès
demain. n
2019, l’année des navettes
autonomes
Si Las Vegas était, comme lors des éditions précédentes,
parcourue par des dizaines de véhicules autonomes (dont
l’un de Valeo), les démonstrations dans ce domaine se
sont plutôt concentrées cette année sur les navettes.
« C’est que l’autonomie arrivera d’abord dans les services
partagés, sur des trajets prédéfinis », estime Gilles Mabire,
chez Continental. Le cabinet Roland Berger estime qu’il
s’en vendra 1 million en 2020 et 2,5 millions en 2025.
Bosch a montré une navette intelligente et interactive,
capable de changer de trajet en cas de besoin, d’avertir
l’utilisateur en route vers l’aéroport que son vol est
retardé, ou qu’il a oublié ses lunettes sur le siège ! Continental a développé la sienne (Cube), tandis que ZF, qui
s’est associé avec la start-up e. Go, a annoncé à Las Vegas
avoir trouvé son premier client : le français Transdev.
Les nouveautés à ne pas manquer dans l’automobile
de besoins, qui générera une
grande variété de modes de transport. Tout dépendra aussi de ce que
les consommateurs seront prêts à
accepter. Passer aux approches
futuristes que l’on nous montre sera
plus long que prévu.
Quel sera l’impact sur l’innovation du ralentissement qui
s’annonce dans l’automobile ?
Même si on ne prévoit pas un
effondrement du marché auto, le
ralentissement aura effectivement
un impact sur les revenus des
constructeurs. Or ils ne peuvent
pas lever le pied sur l’innovation,
notamment dans les systèmes
d’assistance à la conduite. Ce sont
des systèmes itératifs, et les
déployer au niveau où ils pourront
être utilisés en toute sécurité
prend du temps. Et ce sera cher,
pour un retour pas attendu avant
quinz e ou vingt a ns. Ce sera
d’autant plus compliqué qu’ils doive n t e n p a r a l l è l e c o n t i n u e r
d’investir d’énormes sommes dans
les véhicules traditionnels : nous
estimons qu’en 2040, seulement
25 % du marché des voitures neuves sera constitué de véhicules
autonomes (soit 33,5 millions). La
pression sur les revenus et les marges va certainement entraîner,
pour les constructeurs, des décisions difficiles à prendre.
Propos recueillis
par A. F.
Bell
A quelques encablures du fameux
« strip », le stand de Valeo ne
désemplit pas. Pour l’édition 2019
du CES (Consumer Electronics
Show), qui se tient cette semaine à
Las Vegas, l’équipementier français
propose notamment une expérience de téléportation assez bluffante. Le visiteur s’installe, chausse
son casque de réalité virtuelle et
hop ! il se retrouve d’un coup de
baguette magique assis sur la banquette arrière du véhicule qui circule sur le parking voisin. Il peut
discuter avec le conducteur ou lui
envoyer d’un clic des photos sur
l’écran central, tout en regardant le
paysage défiler grâce aux caméras
placées sur la voiture.
« Au-delà de l’agrément de se
retrouver virtuellement en compagnie de ses proches, le véritable enjeu
est celui de la sécurité, dans la perspective du véhicule autonome. Il
s’agit de voir ce qui se passe dans le
véhicule, pour éventuellement en
reprendre le contrôle », explique une
porte-parole de l’équipementier.
Quelques mètres plus loin, un autre
ingénieur est précisément en train
de piloter à distance un véhicule : la
voiture avance doucement, fait le
Nuance
Anne Feitz
@afeitz
— A Las Vegas
Nuance, l’assistant auto
dernière génération
Bell, la voiture volante vedette
du CES
Alors que les assistants vocaux
commencent à trouver leur
place dans les voitures, la société
américaine Nuance (qui travaille
notamment pour Mercedes et
BMW) a montré un système qui,
non seulement, répond à la voix,
mais aussi aux émotions ou aux
mouvements de la tête et des
yeux. Une fois dans le véhicule,
le conducteur peut ainsi commander la fermeture des portes
ou le réglage du chauffage par
la voix : « Ferme les portes »,
« J’ai froid ». De même pour
mettre sa musique préférée
ou générer son itinéraire.
Mais il peut aussi, en tournant
la tête vers une fenêtre,
Le fabricant d’hélicoptères Bell a
fait sensation à Las Vegas en
dévoilant son taxi aérien, le Bell
Nexus. Assez encombrant tout
de même, doté de six hélices
orientables, l’engin est doté de
systèmes de propulsion hybrides
(fournis par Safran) qui lui
permettent de décoller et d’atterrir verticalement. « Il fait moins
de bruit qu’un hélicoptère, est plus
adapté aux villes par sa forme, et
plus sûr », explique un porte-parole de Bell, sur le stand. Surtout,
il doit être moins cher à opérer.
« L’idée est qu’il soit utilisé
2.000 heures par an, contre 200 à
400 pour un hélicoptère », poursuit le porte-parole.
demander simplement :
« Ouvre cette fenêtre ».
Encore plus bluffant, il peut
se renseigner sur son environnement : « Quel est ce bâtiment ? »
Le système reconnaît alors
le building qu’il vient de regarder
et lui répond, tout en affichant
sur le pare-brise, en réalité
augmentée, des informations
– grâce à une technologie
développée par Saint-Gobain.
Enfin, grâce à une technologie
d’intelligence artificielle, il est
aussi capable d’analyser
l’humeur du conducteur et
d’adapter son ton en conséquence, ou encore de l’avertir s’il
commence à s’endormir. — A. F.
Bell espère le commercialiser
dès le milieu des années 2020, à
des opérateurs de services de
transport. « Nous sommes en
discussions avec Uber, et
d’autres », dit-il. Alors que les
projets de voitures volantes se
multiplient, Mo Al-Bodour,
consultant chez SBD Automotive,
reste sceptique. « J’ai du mal à
voir l’intérêt, dit-il. Ce type d’engin
est trop encombrant pour les villes
réellement denses où se posent des
problèmes de congestion, et
ailleurs n’est pas utile. » Deux
groupes français participent au
projet. Safran, pour les systèmes
de propulsion, et Thales, pour
l’informatique de bord. — A. F.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
Brexit : les eurodéputés volent
au secours des ports français
Les fabricants de puces
embarquent dans
la voiture autonome
L’automobile promet
une nouvelle période
faste pour l’industrie des
semi-conducteurs, alors
que le smartphone
décline. Les français
STMicroelectronics
et Kalray poussent
leurs pions.
Florian Dèbes
@FL_Debes
— A Las Vegas
Direction le hall nord ! De Qualcomm à Nvidia en passant par
NXP, les géants des technologies
informatiques ne s’y trompent
pas en migrant leurs plus beaux
stands vers l’espace du CES de
Las Vegas consacré à l’industrie
automobile : les voitures sont
devenues des ordinateurs
comme les autres. Au grand
bonheur de ces sociétés discrètes concevant les puces électroniques qui se multiplient sous la
carrosserie.
« En 2017, la valeur des semiconducteurs dans un véhicule
compact à moteur thermique
était estimée à 330 dollars,
demain elle sera multipliée par
trois dans les voitures électriques
et autonomes », explique Philippe Prats, le responsable pour
l’Europe de l’activité automobile
de STMicroelectronics.
Pour l’industrie du semi-conducteur, la voiture promet une
période faste à l’heure où le secteur fait douter les investisseurs. Inquiets de voir le marché
du smartphone réduire les volumes vendus, ils sanctionnent
régulièrement les fournisseurs
des grandes marques électroniques. Or qu’il s’agisse de connecter les différents écrans de
l’habitacle, d’électrifier la motorisation et in fine de connecter
les véhicules entre eux et avec
l’infrastructure pour permettre
la conduite autonome, tout passera par des puces électroniques. « Ce qui croît le plus vite,
c’est la vente de composants électroniques de puissance pour les
batteries électriques, mais l’électrification est la première étape
de l’autonomie des véhicules qui
auront besoin pour cela de
davantage de capteurs », poursuit l’expert français.
STMicroelectronics tire déjà
3 milliards d’euros de chiffre
d’affaires par an de ses activités
auprès des constructeurs, soit
plus de 30 % de ses recettes.
L’entreprise commercialise de
nombreuses familles de puces
conçues pour lire les informations enregistrées, par sécurité,
de façon redondante via les
lidars, les radars et les caméras
du véhicule.
Au centre de tout ce système,
un autre français défend sa
technologie de processeur
« dédié aux systèmes intelligents ». Après avoir levé 47 mil-
La voiture pourrait
prendre la suite
du marché du
smartphone, qui
réduit la voilure.
lions d’euros en s’introduisant
en Bourse sur Euronext
Growth, l’isérois Kalray a officialisé à Las Vegas un partenariat non exclusif avec le hollandais NXP, un concurrent de
STMicroelectronics.
« Au sein d’une plate-forme de
calculs pour la voiture autonome,
NXP fournit son savoir-faire en
termes d’orchestration des algorithmes de conduite, nous apportons la puissance nécessaire pour
analyser en permanence l’environnement autour du véhicule »,
explique Eric Baissus, le PDG de
Kalray, ravi que NXP crédibilise
sa technologie. Pour l’instant,
l’industrie automobile pèse peu
dans son chiffre d’affaires. Il
anticipe néanmoins la suite :
« C’est maintenant que les donneurs d’ordres prennent leurs
décisions sur les puces de la voiture de demain », sourit-il. n
« Il faut jouer sur l’effet d’incitation. Etre dans le corridor envoie un
signal positif important aux transporteurs car cela octroie aux ports la
surface et la visibilité financières
pour s’équiper, avec des espaces de
stockage, des bases arrière. Après, la
concurrence jouera et les transporteurs décideront. Mais s’ils veulent
faire Cork-Calais plutôt que CorkAnvers par exemple, au moins ils
pourront », insiste l’entourage de
Karima Delli.
MARITIME
Le Brexit impose
de redéfinir
les corridors maritimes depuis l’Irlande.
Le Parlement
européen y a inclus
les ports français
de la Manche, ce
qui leur donne accès
à des fonds
de modernisation.
Urgent de se préparer
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
Le Parlement européen veut aider
les ports français à absorber le
choc du Brexit en le transformant
en opportunité. Jeudi, sa commission Transport, sous l’impulsion
de sa présidente française, l’écologiste Karima Delli, a adopté un
rapport crucial pour l’avenir du
transport maritime dans la future
Europe des Vingt-Sept. Enjeu :
redéfinir certains corridors maritimes – les principales routes
commerciales du fret – à l’aune de
la sortie de l’UE du Royaume-Uni
(et de ses eaux), qui va en particulier couper l’Irlande du reste du
continent.
Afin d’y remédier, la Commission européenne a proposé l’été
dernier d’introduire dans le corridor mer du Nord-Méditerranée de
nouvelles liaisons maritimes entre
les ports de Dublin et Cork en
Irlande et ceux de Zeebruges,
Anvers (Belgique) et Rotterdam
(Pays-Bas) sur le continent. C’est
pragmatique : ces grands ports,
déjà dans le corridor et équipés en
conséquence, sont les plus à même
d’absorber vite et bien les flux de
marchandises qui arriveront
d’Irlande sans plus passer par le
Royaume-Uni.
La commission Transport, où les
eurodéputés français pèsent, va
aller plus loin en introduisant les
ports français dans la boucle. Son
rapport préconise ainsi de créer de
nouvelles liaisons pour les ports de
Calais et Dunkerque dans le corridor mer du Nord-Méditerranée, et
d’ajouter les ports de Brest, Roscoff,
Saint-Malo, Cherbourg, Caen et
Rouen dans le corridor Atlantique.
Cela créerait des liaisons directes
entre les ports irlandais et les ports
français, pour lesquels tout l’enjeu
est financier : intégrer ainsi les corridors ouvre accès aux fonds européens de développement des infrastructures.
L’idée est ainsi d’aider les ports
hexagonaux, en première ligne face
au Brexit, à monter en gamme et
gagner du flux plutôt que de concentrer l’effort financier européen
sur les ports du Nord déjà dominants, comme celui d’Anvers, qui a
affiché des résultats record en 2018.
Le dossier est urgent. En cas
d’accord sur le Brexit, l’enjeu ne se
poserait qu’à partir de 2021, après la
période de transition durant
laquelle le statu quo prévaudrait.
Mais, alors que les députés britanniques devraient, sauf grosse surprise, rejeter la semaine prochaine
le projet d’accord, le risque d’un
« hard Brexit » se précise, avec la
nécessité alors de revoir les corridors dès ce printemps.
Le projet devrait être validé sans
difficulté ces prochaines semaines
en séance plénière au Parlement. Il
devra toutefois être encore examiné ensuite par les Etats membres au Conseil, où se joueront les
arbitrages finaux. Cet été, Elisabeth Borne, la ministre des Transports, avait fait part à la Commission de son courroux face à
l’absence des ports français dans
son projet. L’exécutif européen, en
réponse, s’était montré ouvert à les
y inclure, ce qui, combiné au soutien du Parlement, laisse à la
France de bonnes chances de
convaincre ses partenaires européens. n
Le Parlement européen au point mort dans la
lutte contre le dumping fiscal chez les routiers
TRANSPORT
La réforme ne sera pas
adoptée avant les
élections européennes.
Continental
C’est une déconvenue
pour la France.
Continental, quand l’invisible
devient visible
L’équipementier géant
allemand Continental a
développé dans ses laboratoires
toulousains un système permettant à un conducteur
de « voir » au-delà de ce qu’il
voit naturellement : ce qui
se trouve derrière un virage,
dans quel état est la chaussée,
s’il pleut dans quelques
kilomètres, etc. Baptisé
« eHorizon », ce système utilise
non seulement des données
existantes issues de la cartographie, mais aussi celles qui ont
été générées par les capteurs et
les caméras d’autres véhicules,
passés plus tôt. « Par exemple, si
ces capteurs détectent que ces
voitures utilisent leurs essuieglaces, on peut en déduire qu’il
pleut », explique Gilles Mabire,
PDG de Continental Automotive en France. A l’aide des
données stockées dans le cloud,
le groupe a déjà imaginé
des applications, permettant
par exemple de signaler
au conducteur les zones où
il est dangereux de doubler.
Nissan a présenté une technologie similaire cette semaine. Le
constructeur a montré une version où la réalité augmentée
permettait aussi de transformer, par exemple, un temps
pluvieux en magnifique journée ensoleillée.— A. F.
Douche froide pour les partisans
d’une lutte accrue contre le dumping social dans le transport routier
en Europe. Jeudi, la commission
Transport du Parlement européen
n’est pas parvenue à trouver un
accord global sur la réforme mise
sur la table il y a plus de dix-huit
mois par la Commission européenne. Les eurodéputés ont, certes, dégagé un fragile compromis
sur les règles de cabotage, mais ils
ont buté sur toutes les autres mesures phares : application du détachement aux chauffeurs, temps de
repos et obligations de retours
réguliers au pays d’origine.
Le Parlement s’enfonce ainsi
dans l’impasse sur cette réforme
réclamée notamment par les
grands transporteurs français. Cet
été déjà, il avait étalé ces divisions en
rejetant en plénière une première
version amendée du texte. Au-delà
des classiques divisions entre « libéraux » et « sociaux », le dossier
tourne aussi au bras de fer entre
élus de l’Ouest et de l’Est.
Les premiers réclament au nom
de l’Europe sociale et d’une concurrence loyale des mesures contre le
« dumping social » des transporteurs de l’Est. Les seconds exigent à
l’opposé un maximum de souplesse
au nom du marché unique et crient
au « protectionnisme déguisé ».
Ce nouveau blocage intervient
après une avancée pourtant notable du dossier. Début décembre, les
Etats membres sont en effet parvenus à un accord. Un feu vert qui lais-
Le Parlement s’enfonce dans l’impasse sur cette réforme réclamée notamment
par les grands transporteurs français. Photo Jenny Matthews/Panos-RÉA
« Nous venons
de perdre deux ans
à négocier des
textes qui n’ont
abouti à rien.
C’est une très
mauvaise nouvelle
pour notre marché
et nos chauffeurs
routiers français. »
RENAUD MUSELIER
Eurodéputé PPE
sait espérer une détente au Parlement. Il n’aura visiblement pas
suffi. Les fédérations de transport
de l’Est ont lancé une grosse campagne pour arrêter le projet, avec des
blocages ciblés cette semaine et des
manifestations devant le Parlement.
Calendrier très serré
C’est désormais l’avenir même de la
réforme qui s’assombrit. Car le
calendrier est serré. En raison des
élections européennes, le mandat
du Parlement s’achève dans moins
de cinq mois. Un délai extrêmement court pour trouver un accord,
puis s’entendre avec la Commission
et le Conseil, deux passages obligés.
Les instances du Parlement doivent décider la semaine prochaine
de la suite. Elles peuvent soit jeter
officiellement l’éponge et renvoyer
le dossier au prochain Parlement
(beaucoup sont tentés), soit présenter en plénière le texte initial de la
Commission européenne, pour une
ultime tentative de vote. « Il ne faut
pas se leurrer, c’est quasi injouable
d’espérer un accord avant les élections », estiment plusieurs acteurs
du dossier, évoquant même « une
débâcle ». « Nous venons de perdre
deux ans à négocier des textes qui
n’ont abouti à rien. C’est une très
mauvaise nouvelle pour notre marché et nos chauffeurs routiers français », commente l’eurodéputé PPE
(droite) Renaud Muselier.
C’est aussi une mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron, qui
espérait pouvoir brandir un accord
avant les élections européennes, en
gage de sa capacité à instaurer une
« Europe qui protège ». Tout laisse
désormais craindre que le dossier
échoie aux eurodéputés qui sortiront fin mai des urnes, avec le spectre d’une nette poussée d’euroscepticisme. Le bout du tunnel est
encore loin pour les routiers.
— D. P.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
Face à l’urgence sociale,
le plan choc d’Action Logement
HABITATION
Le plus gros bailleur
social de France a
annoncé jeudi qu’il
contribuerait à la
politique du logement
pour 9 milliards de
plus, d’ici à 2022.
Ils seront financés
pour un tiers par des
fonds propres et pour
deux tiers par l’emprunt.
Catherine Sabbah
@csabbah
Pas beaucoup de neuf sur le fond,
mais beaucoup d’argent en plus
pour le faire. Le groupe Action
Logement, le plus gros bailleur
social de France, a annoncé jeudi
matin qu’il contribuerait à la politique du logement pour 9 milliards
de plus, d’ici à 2022. Ces fonds, sous
forme de prêts, bonifiés pour certains, et de subventions seront distribués à la fois aux salariés, y compris des propriétaires, et aux
sociétés de HLM.
A destination des particuliers,
1 milliard d’euros sera mobilisé
pour aider à des travaux de rénovation énergétique, via des subvent i o n s p o u v a n t a l l e r j u s q u’à
Sur les 9 milliards d’euros apportés par Action Logement à la
politique du logement, 3 iront à la rénovation thermique et à la mise
aux normes des logements vieillissants. Photo Richard Damoret/Réa
20.000 euros. Deux milliards iront
à l’adaptation d’un parc vieillissant
pour une population qui l’est aussi.
« On parle peu des accidents domestiques liés à l’habitat, mais le nombre
de morts est plus important dans les
salles de bains que sur les routes », a
rappelé le ministre du Logement,
Julien Denormandie, présent lors
de cette annonce, un peu précipitée,
sur fond d’urgence sociale. L’aide
pourra atteindre 5.000 euros par
ménage et par logement. La mobilité ou le rapprochement du travail
et du domicile seront aussi favorisés, avec un coup de pouce au
déménagement de 1.000 euros ou la
construction d’espaces de co-working afin de limiter les déplacements, le tout pour un montant de
350 millions.
Des fonds complémentaires
Les autres milliards promis viennent compléter des dispositifs existants, comme la transformation de
bureaux ou de locaux vacants en
logements, l’amélioration de l’habitat outre-mer, la lutte contre la
dégradation de l’habitat ancien
pour éviter qu’il ne devienne insalubre. Enfin, 2 milliards serviront à
« produire plus et moins cher », ce
qui ne dit pas combien ni comment…
Ces 9 milliards apportés par
Action Logement seront financés
pour un tiers par des fonds propres
et pour deux tiers par l’emprunt
auquel le groupe, d’habitude prê-
teur, ne faisait que très peu appel
jusqu’à présent. « La réforme menée
depuis deux ans nous a permis de
concentrer 600 sociétés et de rationaliser notre fonctionnement », a expliqué Bruno Arcadipane, son président. Les 13 milliards de réserve
dans les comptes consolidés du
groupe seront donc « mis en tension », c’est-à-dire mieux utilisés
pour investir, garantir des prêts et
remplir la mission d’Action Logement qui consiste à produire des
logements.
Les gouvernements successifs
ont souvent eu recours à cette
cagnotte. L’organisme paritaire, qui
collecte une partie de la masse salariale des entreprises de plus de
20 salariés et les loyers de près d’un
million d’appartements, est régulièrement mis à contribution pour
financer la politique du logement,
notamment les programmes de
rénovation urbaine. Cette fois, le
groupe a pris les devants et l’initiative de mettre 9 milliards sur la
table, avant que l’Etat ne le lui suggère, en plus de la convention quin-
quennale qui l’engage déjà pour
15 milliards.
Comment faire mieux ?
EUROS
Le montant que l’aide pourra
atteindre par ménage et par
logement.
Les thèmes visés sont déjà tous des
quasi-priorités de la politique
menée par le gouvernement depuis
vingt mois. Il faudra attendre des
précisions sur les mesures et leur
mise en œuvre (promise pour le
premier trimestre 2019), pour comprendre comment Action Logement compte réussir là où, par
exemple, l’Agence nationale pour
l’habitat (Anah) n’atteint pas ses
objectifs en matière de logement
insalubre ou sur le chantier de la
rénovation énergétique du parc
ancien, jugé inefficace.
Comme le souligne la Fondation
Abbé-Pierre sur l’habitat indigne
par exemple, les circuits de distribution sont toujours alambiqués
et les relais manquent pour toucher
les allocataires finaux, surtout les
plus modestes. De même, l’évaluation des politiques publiques et des
dispositifs qui s’empilent est rarement faite. Action Logement promet de s’appuyer sur les réseaux
associatifs pour y parvenir. Le logement ne figure bizarrement pas en
tête des sujets favoris des « gilets
jaunes » – même s’il fait partie des
thèmes retenus par le gouvernement pour le grand débat. Pourtant
il concerne tout le monde, partout,
absorbe de 20 % à 40 % des revenus
des ménages et pèse chaque année
un peu plus lourd. n
annoncée, et suite au mouvement
des « gilets jaunes », la création d’un
nouveau prélèvement (comme la
vignette poids lourds initialement
envisagée) semble mal embarquée. Faute de financement, des
projets de rénovation seraient de
facto abandonnés. « Il serait quand
même paradoxal que nous soyons les
dindons de la farce de ce qui se passe
aujourd’hui », dénonce Bruno Cavagné. Mais alors, où trouver
l’argent ? « C’est la bonne question, je
n’ai pas la réponse », reconnaît-il,
tout en souhaitant qu’« on laisse
faire les collectivités locales », trop
souvent suspectées de se montrer
irresponsables. n
5.000
« Gilets jaunes » : les entreprises
de travaux publics ne veulent pas
être « les dindons de la farce »
TRANSPORT
Leur fédération
redoute que
les investissements
dans les infrastructures ne fassent les frais
du mouvement.
Lionel Steinmann
@LionelSteinmann
Les entreprises de travaux publics
ont bouclé un très bon millésime
2018, mais elles redoutent que la
décélération attendue l’an prochain
ne se transforme en décrochage si
les incertitudes sur le financement
des infrastructures ne sont pas
levées. Pour l’heure, la tendance
reste favorable. Selon les chiffres
présentés jeudi à la presse par la
Fédération nationale des travaux
publics (FNTP), le chiffre d’affaires
du secteur a progressé de 7 % l’an
dernier (+10,5 % en volume) et
dépasse désormais les 41 milliards
d’euros. « La croissance a été plus
forte que prévu », a souligné Bruno
Cavagné, le président de la fédération, grâce notamment à « l’accélération de la reprise » des investissements du secteur privé, mais
surtout des collectivités locales, qui
représentent 40 % des clients.
Les travaux publics devraient
rester cette année « sur le haut de la
vague », indique le responsable. Il
anticipe une croissance de 3 % en
valeur et de 5,5 % en volume. Les
investissements de la Société du
Grand Paris, qui pilote le projet de
nouvelles lignes de métro automatique autour de la capitale, vont
atteindre 3,5 milliards en 2019
(+1 milliard sur un an) et joueront le
rôle de locomotive en Ile -de France. Les communes vont elles
aussi être assez actives, comme c’est
souvent le cas en année préélectorale.« Au-delà de 2019, la situation
est nettement plus floue », prévient
toutefois la FNTP. Bruno Cavagné
évoque les incertitudes sur la fiscalité locale, et surtout les inquiétudes
sur le financement des infrastructures de transport, dans le cadre de
la future Loi d’orientation sur les
mobilités (LOM).
Des routes en mauvais état
De nouvelles économies sur ce budget sont inenvisageables, prévient-il, évoquant pour illustrer son
propos la moitié des routes nationales et le quart des routes communales en mauvais ou très mauvais état :
« Il faut arrêter de dire qu’on a des
ouvrages de qualité ! Nous payons dix
ans de sous-investissement. »
Mais il manque au moins
500 millions par an à partir de 2020
pour tenir la trajectoire budgétaire
La direction de TechnipFMC devient exclusivement américaine
Thierry Pilenko,
l’ancien patron du
français Technip, va
quitter le groupe, deux
ans après une fusion
controversée avec
l’américain FMC.
Vincent Collen
@VincentCollen
Un nouveau chapitre s’ouvre
pour TechnipFMC, le groupe parapétrolier issu du mariage du français Technip et de l’américain FMC.
Thierry Pilenko, patron de Technip
de 2007 à 2017, va quitter le groupe
en mai prochain. Depuis la fusion,
il avait déjà pris du recul en conser-
vant le poste de président exécutif,
laissant la direction générale du
nouvel ensemble à l’Américain
Doug Pferdehirt, le patron de FMC.
Ce dernier cumulera les postes de
président et directeur général
après le départ du Français.
« Ce n’est une surprise pour personne », assure Thierry Pilenko aux
« Echos ». Pendant deux ans, le
dirigeant français a « travaillé main
dans la main » avec Doug Pferdehirt pour lui « passer le relais »,
explique-t-il. Il s’est aussi assuré de
mener à bien la fin de deux contrats
géants dans le gaz naturel liquéfié :
Yamal, pour Novatek et Total en
Russie, et Prelude, pour Shell en
Australie.
TechnipFMC est maintenant
« en ordre de marche », selon lui. A
soixante et un ans, Thierry Pilenko
compte « rester dans le monde de
l’énergie » mais « probablement
pas » pour prendre la direction
générale d’un autre groupe.
Le dirigeant français jouit d’une
aura certaine dans le secteur
pétrolier et gazier. En une décennie, il a conforté la place de Technip
parmi les leaders mondiaux, faisant passer le chiffre d’affaires de 8
à 11 milliards de dollars entre 2007
et 2014, à la veille du retournement
du marché du pétrole. TechnipFMC compte aujourd’hui 37.000
salariés.
Jacques Demarthon/AFP
ÉNERGIE
« Le groupe est dirigé
depuis Houston »
Thierry Pilenko, 61 ans, était
PDG de Technip de 2007 à 2017.
La fusion avec FMC dont il a été
l’artisan est beaucoup plus controversée, en particulier parmi les
salariés français, qui déplorent une
prise de pouvoir par « les Américains » depuis deux ans. « C’est
Thierry Pilenko qui a vendu cette
fusion aux investisseurs, à l’Etat
actionnaire et en particulier à
Emmanuel Macron qui était alors
ministre de l’Economie, critique
Christophe Héraud, élu CFDT. Le
déséquilibre est de plus en plus flagrant, le groupe est dirigé depuis
Houston. » « La taille est importante
dans notre secteur, répond Thierry
Pilenko. Technip et FMC auraient
connu beaucoup plus de difficultés
avec le retournement du marché si
les deux sociétés étaient restées indépendantes. »
Les rémunérations « à l’américaine » des dirigeants ont elles
aussi suscité des remous l’an dernier. Doug Pferdehirt a touché
12,7 millions de dollars au titre de
l’exercice 2017, ce qui le place en
tête des patrons du CAC 40. Thierry
Pilenko a lui aussi perçu des émolu-
ments particulièrement élevés
pour une société cotée à Paris (plus
de 9 millions de dollars).
Les représentants du personnel
en France ont également reproché
à leur ancien patron de ne pas
répondre à leurs sollicitations dans
les mois qui ont suivi la fusion. « Il
n’a jamais voulu nous recevoir pour
répondre à nos inquiétudes », poursuit Christophe Héraud. « J’ai été
moins visible c’est vrai », reconnaît
Thierry Pilenko, qui explique qu’il
fallait « laisser de l’espace au nouveau management ».
Pour Pedro Roxan, autre élu
CFDT, le départ de Thierry Pilenko
« ouvre une période d’incertitude ».
« C’est lui qui pilotait nos relations
avec nos plus gros clients et aussi
avec les pouvoirs publics français »,
souligne-t-il. « Doug Pferdehirt va
perdre son copilote. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
Nouveau plan de marche
pour Planet Sushi
INTERVIEW // RÉGIS SCHULTZ
Président de Monoprix
Pourquoi Monoprix
supprime les prospectus
Propos recueillis
par Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Xavier Popy/RÉA
Le Net compte déjà pour 50 % des ventes, en combinant les canaux directs et l’activité des plates-formes de réservation.
RESTAURATION
La chaîne de restauration d’inspiration
japonaise a engagé
un nouveau projet
d’entreprise.
Au menu :
libre-service, numérique et davantage
de franchise.
Christophe Palierse
@cpalierse
Nommé début septembre à la direction générale de Planet Sushi,
Alexandre Maizoué n’a pas tardé à
concocter son plan d’entreprise.
L’ex-dirigeant et actionnaire de la
chaîne La Pataterie – en 2017, cette
dernière avait été placée en redressement judiciaire puis cédée, victime, dit-on, de sa croissance mal
maîtrisée –, a dévoilé ce jeudi sa
feuille de route pour l’enseigne de
restauration d’inspiration japonaise (63 millions de chiffre d’affaires en 2018, réalisés à 60 % en livrai-
son). « Il faut repenser le modèle
économique de Planet Sushi tout en
restant fidèle à l’ADN de la marque.
La chaîne a vingt ans [sa création
date de 1998, NDLR] et les modes de
c o n s o m m a t i o n o n t ch a n gé »,
résume le dirigeant. Pour autant,
souligne-t-il, la chaîne, toujours
détenue par son fondateur Siben
N’Ser – qui en a conservé la présidence –, peut compter sur « une
marque forte » et « un marché qui
reste porteur avec une offre en phase
avec les tendances de consommation,
notamment celles des Millennials. »
Nouveau concept
d’établissement
Planet Sushi compte une cinquantaine de points de vente (en France
et à Monaco plus un à Miami), dont
31 exploités en franchise. La chaîne
doit en premier lieu proposer
« davantage de libres-services », considère Alexandre Maizoué. Un nouveau concept d’établissement est
ainsi en cours de développement,
avec une première ouverture dans
Paris début mars. Au cours de
l’année, une dizaine de points de
vente devraient être transformés ou
créés. A partir de 2020, la cadence
de déploiement serait portée à une
vingtaine.
Le directeur général de Planet
Sushi évoque aussi un « format
hybride », un mixte entre libre-service et restauration à table. « On
s’ouvre le spectre le plus large possible », observe-t-il, pour sortir plus
facilement des centres des grandes
villes. Une dizaine d’ouvertures
sont envisagées à Paris sur 2019-
2020, mais aussi des « créations »
sont prévues dès cette année à
Chantilly et à Menton notamment.
Le réseau s’oriente enfin vers plus
de franchise avec, notamment, le
transfert d’unités exploitées en
direct, le groupe gardant « un socle
de succursales ». S’agissant du développement, Alexandre Maizoué
renvoie à la fin 2019 pour en avoir
une vision plus précise.
Enjeu de taille critique
« Il faut repenser
le modèle
économique de
Planet Sushi tout en
restant fidèle à
l’ADN de la marque.
La chaîne a vingt
ans et les modes de
consommation ont
changé. »
ALEXANDRE MAIZOUÉ
Dirigeant de Planet Sushi
En revanche, la transformation
numérique de l’entreprise s’accélère, avec le lancement d’un nouveau site Internet marchand le
21 janvier et d’une nouvelle application mobile en mars. Le Net compte
déjà pour 50 % des ventes, en combinant les canaux directs et l’activité
des plates-formes de réservation.
Si la livraison est un puissant
levier de croissance, le recours à des
tiers partenaires a un coût non
négligeable. Alexandre Maizoué
fait état d’« un coût de référencement
de 20 % à 30 % ». Et d’admettre
qu’« il y a un enjeu de taille critique »
avant de conclure : « On serait plus à
l’aise à 100 points de vente qu’à cinquante. » n
Et sur la clientèle ?
Nos dépliants généraient entre 10
et 15 % du trafic clients selon nos
magasins. Les tests que nous
avons réalisés l’an dernier ne permettent pas de dire que leur disparition aura un impact économique
majeur, sauf sur l’environnement.
Je vous rappelle tout de même que
90 % de ces prospectus sont jetés
sans même avoir été lus. Ce mode
de diffusion représentait 10 à 15 %
du budget marketing de l’enseigne. Nous redéployons ce montant
sur le digital et les plates-formes en
ligne où l’impact écologique est
quatorze fois inférieur au papier.
Leclerc vient de lancer
son premier point relais
à Paris, face à un Monoprix.
Qu’en pensez-vous ?
Je n’y crois pas une seconde. Cela
ne répond pas aux besoins des
urbains. Cela nécessite de retransporter des courses alimentaires,
par définition lourdes et volumineuses, de leur point d’arrivée à
Eric Piermont / AFP
Vous avez décidé de ne plus
utiliser les prospectus.
Quel est l’impact
de cette mesure ?
D e p u i s l e 1 e r j a n v i e r, n o u s
n’envoyons plus rien dans les boîtes aux lettres. Cela correspond à
la disparition de 30 millions de
catalogues, de prospectus et de
brochures publicitaires sur un
volume de plus de 20 milliards
d’unités émises chaque année en
France par l’ensemble des enseignes et des distributeurs.
Régis Schultz : « Je vous rappelle tout de même que 90 %
de ces prospectus sont jetés
sans même avoir été lus ».
son domicile, après qu’elles ont
déjà été acheminées par camionnette. Ce n’est pas bon pour l’environnement et cela encombre
l’espace public. A Paris, le consommateur a davantage besoin
de disposer de magasins ouverts
sur des plages longues et situés à
proximité. Aujourd’hui, 50 % de
nos livraisons sont effectuées à
pied. Nos magasins, qui sont livrés
la nuit, sont les placards et les
réfrigérateurs des Parisiens.
Comment le mouvement
des gilets jaunes
a-t-il impacté votre activité ?
Ce mouvement a surtout agi sur le
moral des Français. Il est au plus
bas. On assiste à une baisse globale de la consommation depuis
le début de ce mouvement. n
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
PRÉFET DE L’ESSONNE
AVIS D’ENQUÊTE PUBLIQUE
AUTORISATION ENVIRONNEMENTALE
PROJET D’EXTENSION DU SITE AVEC LA CONSTRUCTION D’UN BÂTIMENT B3
DESTINÉ À LA PRODUCTION INDUSTRIELLE DE MÉDICAMENTS
DE THÉRAPIE GÉNIQUE OU CELLULAIRE
SOCIÉTÉ YPOSKESI À CORBEIL-ESSONNES
(26 RUE HENRI AUGUSTE DESBRUERES)
ENQUÊTE du 28 janvier (9h) au 28 février 2019 (17h) soit 32 jours
(arrêté PREF/DCPPAT n° 273 du 21/12/2018)
Virage stratégique pour le géant
des céréales Axéréal
AGROALIMENTAIRE
Le groupe coopératif
veut mettre l’accent
sur les productions
à valeur ajoutée
au détriment
des commodités.
Il vient de racheter
15 malteries à Cargill.
Marie Josée Cougard
@CougardMarie
Le constat est sans appel. « Le
modèle coopératif fondé sur la vente
de commodités, d’intrants et de conseil, ne fonctionnera bientôt plus »,
martèle Jean-François Loiseau, le
président du groupe coopératif Axéréal. « Les exploitations céréalières
s’agrandissent. Nous voulons en profiter pour sortir du marché des céréales brutes au profit de productions à
forte valeur ajoutée, de qualité irréprochable, transformées et exportées », explique-t-il. Le retour en
force de la Russie sur le marché
mondial, avec des blés exceptionnels, pousse également dans ce sens.
C’est donc un changement complet de stratégie que le groupe de
2,5 milliards de chiffre d’affaires est
en train d’opérer. « Nous avons déjà
considérablement réduit notre exposition à la volatilité des céréales brutes en limitant cette activité à 2 millions de tonnes sur les 4,6 millions de
tonnes que nous collectons », a précisé Paul-Yves L’Anthoën, le directeur général.
Axéréal, qui se prévaut d’avoir
réduit le ratio de sa dette sur Ebitda
de 4 à 3 en un an, fait de gros efforts
de réduction de coûts. La coopérative s’est dotée de la plus grande
ferme solaire d’Europe, avec 1,5 hectare de panneaux solaires pour
réduire sa consommation d’énergie
fossile. « D’ici à 2030, nous utiliserons 60 % d’énergie solaire grâce à un
investissement de 6 millions d’euros
largement subventionnée par
l’Ademe », a ajouté Paul-Yves
L’Anthoën.
Le premier actionnaire de
Banette produit également
370.000 tonnes de farine, l’équivalent de 1.000 baguettes minute et
570.000 tonnes d’alimentation animale. Et commercialise 110 millions
d’œufs de poules, toutes hors cage.
Le malt est, avec sa division Boort-
malt, un de ses bras armés, qu’il
vient de renforcer considérablement en mettant la main sur les
15 malteries de l’américain Cargill.
Elles s’ajoutent aux 10 sites que possédait déjà Axéréal dans ce
domaine et surtout internationalisent une implantation industrielle
jusque-là limitée à l’Europe. Avec
les usines de Cargill, le numéro trois
mondial du malt, derrière les français Soufflet et Malt Europe, va pouvoir produire du malt au Canada, en
Les chiffres clefs
96
MILLIONS D’EUROS
L’excédent brut d’exploitation (+31 %) d’Axéréal
sur l’exercice 2017-2018.
2,5
MILLIARDS D’EUROS
Le chiffre d’affaires (+7 %)
sur l’exercice 2017-2018.
Argentine et en Australie, avec l’idée
de « doubler de taille d’ici cinq ans ».
Fournisseur exclusif
de Guinness
Des fonds, dont le fonds agroalimentaire Unigrains, sont entrés au
capital d’Axéréal pour des parts
minoritaires. Axéréal a créé une
malterie en Irlande, « pour suivre
l’énorme dé veloppement du
whisky » et la demande des microbrasseries. La coopérative française est le fournisseur exclusif
de Guinness en malt depuis plusieurs années et livre Jameson, la
marque de whisky de Pernod
Ricard. Une extension de
30.000 tonnes de cette malterie
irlandaise sera opérationnelle en
septembre.
Axéréal a dégagé un excédent
brut d’exploitation (EBE) de 96 millions d’euros (+31 %) sur l’exercice
2017-2018 pour un chiffre d’affaires
de 2,5 milliards (+7 %). « Ces résultats
sont le fruit d’un retour à la normale
dans le domaine agricole », estime le
groupe. La récolte de 2016 avait été
historiquement mauvaise en raison
du premier semestre extrêmement
humide et des graves inondations en
France il y a deux ans. n
PROJET : extension du bâtiment B1 avec la construction d’un bâtiment appelé B3 qui sera
destiné à la production de lots commerciaux de vecteurs de thérapie génique.
Rubriques ICPE ( 2680-2, 3450 et 4802)
CONSULTATION : la demande, l’étude d’impact, l’étude de dangers, leurs résumés non
techniques, l’avis de l’autorité environnementale, le mémoire en réponse et un registre
seront à la disposition du public :
• à la mairie de CORBEIL-ESSONNES (91100), centre administratif – 11 avenue Darblay,
siège de l’enquête :
- lundi, mardi, mercredi et vendredi : 9h à 12h et 14h à 17h
- jeudi : 14h à 17h
- samedi : 9h à 12h
• sur le site des services de l’Etat (www.essonne.gouv.fr – rubrique installations classées
pour la protection de l’environnement/CORBEIL/YPOSKESI).
Un poste informatique sera disponible en mairie de CORBEIL-ESSONNES.
PERMANENCES DE LA COMMISSAIRE ENQUÊTRICE, Mme Catherine MARETTE,
architecte DLPG :
à la Mairie de CORBEIL-ESSONNES
- lundi 28 janvier
de 9h à 12h
- mercredi 6 février de 14h à 17h
- samedi 16 février de 9h à 12h
- vendredi 22 février de 14h à 17h
- jeudi 28 février
de 14h à 17h
Demande d’information sur le projet : M. CAHOURS / tél. 01 61 61 70 92
OBSERVATIONS ET PROPOSITIONS du public pendant l’enquête :
- sur le registre d’enquête papier en mairie de Corbeil-Essonnes,
- sur le registre dématérialisé accessible en mairie de Corbeil-Essonnes ou sur le site
internet mentionné ci-dessus,
- reçues par écrit ou oral, par la commissaire enquêtrice lors des permanences,
- adressées à la commissaire enquêtrice :
→ par courrier envoyé en mairie de Corbeil-Essonnes avant la clôture de l’enquête pour
être annexé au registre papier,
→ par courrier électronique envoyé jusqu’au 28 février 2019 avant à 17h :
pref91-corbeilyposkesib3@enquetepublique.net
Les observations du public transmises par voie postale et celles inscrites sur le registre
papier seront consultables à la mairie de Corbeil-Essonnes. Celles transmises par voie
électronique seront consultables sur le registre dématérialisé.
RÉSULTATS : le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur seront consultables
sur le site internet, en mairie de Corbeil-Essonnes ou à la préfecture.
DÉCISION : le Préfet prendra par arrêté une décision autorisant ou refusant la réalisation
du projet (articles L 181-1 et suivants du code de l’environnement).
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
ventes aux enchères publiques //
EN PARTENARIAT AVEC
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séjour avec escalier, salon, cuisine, SdB, WC, chambre. Inoccupé
Mise à Prix : 5.000 € (consignation : 3.000 €)
2ème lot de la vente : De type T3, au 3ème étage comprenant : entrée, dégagement,
séjour avec escalier, salon, cuisine, SdB, WC, chambre. Occupé
Mise à Prix : 10.000 € (consignation : 3.000 €)
3ème lot de vente : De type T3, au 3ème étage, comprenant : dégagement, séjour avec
escalier, coin-cuisine, SdB, WC, chambre. Aux combles : chambre avec placard.
Inoccupé et vide
Mise à Prix : 10.000 € (consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Jacques WALLON, avocat, 87 Grande Rue (62200)
BOULOGNE SUR MER - Tél.03.21.83.84.21 – Fax.03.21.83.89.41, dépositaire
d’une copie du cahier des conditions de vente. - A Maître Nicolas TAVIEAUX
MORO, avocat, membre de la SELARL TAVIEAUX MORO - de LA SELLE, 6
rue de Madrid (75008) PARIS, TEL. 01.47.20.17.48. - Au grefe du juge de
l’exécution du TGI de BOULOGNE SUR MER où le cahier des conditions de
vente est déposé. - Sur les lieux pour visiter, le : lundi 11 février 2019 à 10h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121380)
75
93
de 26,05 m² (hors balcon) - Bâtiment unique, escalier « B1 », au 5ème étage
à droite du palier de sortie de l’ascenseur « B », 1ère porte à gauche,
comprenant : petit sas d’entrée avec placards, pièce principale, cuisine,
salle de bain avec w.-c. et balcon d’environ 5 m². Avec une CAVE - Occupé
Mise à Prix : 50.000 €
Pour consulter le cahier des conditions de vente s’adresser :
Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé sous la
Référence Grefe 18/00251, à Maître Sébastien CAVALLO, Avocat associé
de la SCP ROCHMANN-LÖCHEN, LUCAIOLI-LAPERLE ET ASSOCIES,
Avocat à PARIS 16ème, 109 avenue Henri Martin – Tél : 01 45 04 51 00
VISITE sur place le Jeudi 7 Février 2019 de 14 H 30 à 15 H 30
75
UN APPARTEMENT à ASNIERES-SUR-SEINE (92)
11 boulevard Voltaire
de 33,51 m², bâtiment A, au 3ème étage, porte gauche, comprenant : entrée, séjour, chambre,
débarras/buanderie, cuisine, salle d’eau avec w.-c. - Ce bien serait occupé en vertu d’un
bail (Voir la situation relatée dans le procès-verbal de description et lors de la visite)
Mise à Prix : 75.000 € (outre les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de NANTERRE, de 9 H 30 à 11 H 30, où il a été
déposé sous la Référence Grefe 18/00163, à Maître Céline RANJARD-NORMAND, Avocat
à BOIS-COLOMBES (92), 5 rue des Bourguignons, Tél. : 01 47 80 75 18 (de 14 H à 16 H),
à Maître Frank MAISANT, membre de la SCP MAISANT ASSOCIES, Avocat à PARIS 16ème,
16 rue Paul Valéry, Tél. : 01 53 81 50 21
VISITE sur place le Jeudi 7 février 2019 de 9 H 30 à 10 H 30
116 bis rue Gabriel Péri
Comprenant : - Rez-de-jardin : entrée avec placard, escalier, WC avec lave
mains, bureau, cuisine d’été, cave à vin, réserve sous l’escalier, GARAGE
double, JARDIN.
- RdC surélevé divisé en palier, cuisine indépendante aménagée, double
séjour avec BALCON, 3 chambres dont 2 avec SdE communicante, WC, SdB.
Droit de jouissance exclusive d’une partie de terrain avec accès direct sur
la rue Gabriel Péri
Mise à Prix : 275.000 € (Consignation : 27.500 €)
S’adresser : - A Maître Serge TACNET, avocat, 60 rue Jean Jaurès (94) CHAMPIGNY
SUR MARNE, Tél. 01.47.06.94.22 dépositaire d’une copie du cahier des conditions
de vente - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le cahier des
conditions de vente est déposé - Sur les lieux pour visiter où une visite sera organisée.
92
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de NANTERRE (92)
le jeudi 14 février 2019 à 14h30 - EN UN SEUL LOT
UN APPARTEMENT de 53,45 M² à SURESNES (92)
33 rue de la Tuilerie (Bât. A)
Au RdC, comprenant : pièce principale, cuisine, SdB/WC, deux chambres.
UNE CAVE
Mise à Prix : 100.000 € - Occupé
(Consignation : 10.000 €)
S’adresser : - A Maître Aurélia CORDANI, Membre de SCPA TOULLEC
– CORDANI, avocat, 57 rue du Président Wilson (92) LEVALLOISPERRET, TEL. 01.56.05.76.46 dépositaire du CCV – A Maître Myriam
CALESTROUPAT avocat, SCPA CALESTROUPAT-THOMAS et
Associés, 8 ter bd. Henri Barbusse (93) MONTREUIL, Tél.01.48.58.17.06,
mail : cabinet@fgtavocats.com, site : www.fgtavocats.com - Au grefe
du juge de l’exécution du TGI de NANTERRE où le CCV est déposé
- Sur les lieux pour visiter, le : Lundi 4 février 2019 de 9h30 à 10h30.
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121384)
94
93
Vente aux enchères publiques, au TGI de CRETEIL (94), au Palais de Justice,
rue Pasteur Vallery-Radot, le Jeudi 14 février 2019 à 09h30
UN PAVILLON d’habitation sis à THIAIS (94)
37 bis rue Gabriel Péri
Comprenant au rez-de-chaussée : vestibule, entrée, salon, salle à manger, extension à
usage de salon-bar, cuisine, w.-c., au 1er étage : palier, 3 chambres, salle de bain avec w.-c.,
au 2ème étage mansardé : palier, chambre, salle de bain avec w.-c., au sous-sol : palier, salle d’eau,
w.-c., chambre, buanderie, 2nd sous-sol indépendant (accessible par le salon-bar), constitué de
2 pièces, (réserve et rangement). Terrasses et jardin - Sur un terrain de 05 a 35 ca.
Ce bien serait actuellement OCCUPÉ
(Voir la situation relatée dans le procès-verbal de description et lors de la visite)
Mise à Prix : 150.000 € (outre les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de CRETEIL, 2ème étage de l’immeuble de grande
hauteur, les lundis et mardis de 9 H 30 à 12 H 30 et de 13 H 30 à 17 H 00, où il a été déposé, à
Maître Aurélia DESVEAUX, Avocat à VINCENNES (94), 1 rue Defrance, Tél. : 01 43 74 37 72,
à Maître Frank MAISANT, membre de la SCP MAISANT ASSOCIES, Avocat à PARIS 16ème,
16 rue Paul Valéry, Tél. : 01 53 81 50 21
VISITE sur place le Vendredi 8 février 2019 de 14 H 00 à 15 H 00
enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
93 VENTE aux
le mardi 12 février 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
93
APPARTEMENT de 31,96 M² à NEUILLY SUR MARNE (93)
VENTE aux enchères publiques sur Liquidation judiciaire, au TGI de MARSEILLE (13),
au palais de justice, Salle Borély, RdC, Palais Monthyon, Place Monthyon
le jeudi 14 février 2019 à 9 h.30
à PARIS 5
ème
60,boulevardSaint-Germainet18,placeMaubert
UN APPARTEMENT au 3ème étage escalier B
et TROIS CAVES
Mise à Prix : 800.000 €
Avec faculté de baisse du quart puis de moitié en cas de carence d’enchères
Les enchères sont recevables uniquement si elles sont portées par un avocat inscrit au Barreau de Marseille qui devra détenir un
chèque de banque représentant 10 % du montant de la mise à prix avec un minimum de 3.000 € établi à l’ordre de Maître Michel ASTIER.
Pour de plus amples renseignements, consulter le cahier des conditions de vente :
- Sur le site internet http://www.pdgconseils.com du cabinet de Me Béatrice
DELESTRADE, Avocat au Barreau de Marseille
- Au cabinet de Maître Béatrice DELESTRADE, Avocat au Barreau de Marseille, 43/45,
rue Breteuil (13006) MARSEILLE – Tél. : 04.91.37.33.96 – p.vasquez@pdgconseils.
com TOUS LES JOURS DE 10 H A 12 H EXCLUSIVEMENT
- Au Grefe du TGI de Marseille, Palais Monthyon, Place Monthyon (13006) MARSEILLE,
au RdC à l’accueil, du lundi au vendredi de 8 h 00 à 11 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30.
VISITE LE MARDI 5 FEVRIER 2019 de 11H à 12H
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121385)
41 boulevard de la République (Bât. B)
er
- Au 1 étage gauche, comprenant : entrée et couloir, SdB avec WC, pièce
principale avec cuisine, chambre. - CAVE n° 63 - CABANON dans la cour
commune entre les 2 bâtiments.
Mise à Prix : 28.000 € - Loués et occupés
(Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Myriam CALESTROUPAT avocat, SCPA
CALESTROUPAT-THOMAS et Associés, 8 ter bd. Henri Barbusse (93)
MONTREUIL, Tél.01.48.58.17.06, mail : cabinet@fgtavocats.com, site :
www.fgtavocats.com, dépositaire d’une copie du cahier des conditions
de vente - Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de BOBIGNY où
le cahier des conditions de vente est déposé. - Sur les lieux où une
visite sera organisée le mercredi 6 février 2019 de 14h30 à 15h.
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121243)
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 12 février 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
Vente aux enchères publiques, le Mercredi 13 février 2019 à 10h30
au Tribunal de Grande Instance d’EVRY, rue des Mazières
UNE PROPRIETE à BRUNOY (91)
30 route de Brie
Sur un terrain de 31 ares 68 centiares, constituée
◆ d’une MAISON de MAITRE en pierres de meulière, de 483,06 m², élevée
sur 4 niveaux, de 10 pièces principales avec salle de jacuzzi, salle de sport
avec sauna, cave à vin, dressings, véranda, terrasse
◆ d’une MAISON de gardien de 54,36 m² (hors sous-sol), élevée sur
3 niveaux, de 3 pièces principales avec dépendance de 19,07 m².
Garage de 33,82 m² - Jardin avec PISCINE de 70 m²
► Les lieux sont occupés (hormis la maison de gardien)
Mise à Prix : 1.650.000 €
Consignation de 165.000 euros par chèque de banque certifié
à l’ordre de la CARPA SEQUESTRE
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser
Au Grefe du Juge de l’Exécution du T.G.I. d’EVRY, les lundis,
mardis, jeudis et vendredis de 9 H 00 à 12 H 00, où il a été déposé
sous la Référence Grefe 17/00083, à Maître Laurent SERVILLAT,
membre de la SCP HORNY - MONGIN - SERVILLAT, Avocat à
CORBEIL-ESSONNES (91100), 71 rue Féray, Tél. : 01 60 90 16 72
VISITE sur place le Mardi 29 janvier 2019 de 14 H 00 à 16 H 00
LES MEILLEURES OPPORTUNITÉS AUX ENCHÈRES
Retrouvez le calendrier des prochaines ventes
aux enchères et consultez gratuitement les résultats
ainsi que notre newsletter
91
sur le site VLimmo.fr
aux enchères publiques sur Liquidation Judiciaire, au palais de justice
94 VENTE
de CRETEIL (94) le jeudi 14 février 2019 à 9h30 - EN UN SEUL LOT
UN PAVILLON D’HABITATION à BRY SUR MARNE (94)
86 ter avenue de Rigny
Elevé sur CAVE et partie sur terre-plein comprenant :
- Au sous-sol : 3 pièces
- au rez-de-chaussée : entrée, coin-cuisine, SdB/WC
- au 1er étage : pièce avec coin-cuisine, SdB/WC, 2 chambres.
- au 2ème étage : entrée, coin-cuisine, chambre, SdE/WC
Mise à Prix : 250.000 € (Consignation : 25.000 €)
Avec à défaut d’enchères, faculté de baisse d’un tiers puis de moitié
S’adresser : - A Maître Serge TACNET, avocat, 60 rue Jean Jaurès (94) CHAMPIGNY
SUR MARNE, Tél. 01.47.06.94.22 dépositaire d’une copie du cahier des conditions
de vente - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le cahier des
conditions de vente est déposé - Sur les lieux pour visiter où une visite sera organisée
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121383)
LOCAL COMMERCIAL de 83,15 M² à SEVRAN (93)
Place Elsa Triolet
Bât 13, au rez-de-chaussée comprenant : une pièce principale avec un coin sanitaire
Mise à Prix : 22.000 € - Inoccupé (Consignation : 3.000 €)
91
93
enchères publiques, au palais de justice de CRETEIL (94)
94 VENTE aux
le jeudi 14 février 2019 à 9h30 - EN UN SEUL LOT
UN PAVILLON D’HABITATION à VITRY SUR SEINE (94)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121382)
Vente aux Enchères Publiques le Jeudi 21 février 2019 à 14h00
au Tribunal de PARIS, Parvis du Tribunal de PARIS, à PARIS 17ème
UN STUDIO à PARIS 15ème
10 - 14 rue de Dantzig
Vente aux Enchères Publiques le Jeudi 14 février 2019 à 14h30
au TGI de NANTERRE (92), à l’Extension du Tribunal, 6 rue Pablo-Neruda
S’adresser : - A Maître Valérie GARÇON, avocat de la SCP W2G, 21 av. du
général de Gaulle (93) ROSNY SOUS BOIS, Tél. 01 48 54 90 87 dépositaire d’une
copie du CCV - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV
est déposé - Sur les lieux pour visiter, le : mercredi 6 février 2019 de 14h à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121242)
PROCHAINES VENTES
T. G. I. de CRETEIL (94)
l Audience du 17/01/2019 à 9H30
APPARTEMENT à NOGENT SUR MARNE (94130) - MISE À PRIX : 220 000 €
Maître CHOPIN
Ref VLimmo 120606
MAISON à CHAMPIGNY SUR MARNE (94500) - MISE À PRIX : 150 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 120922
MAISON à PERIGNY SUR YERRES (94520) - MISE À PRIX : 81 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 121110
PAVILLON à VILLENEUVE LE ROI (94290) - MISE À PRIX : 67 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 120806
STUDIO à VILLEJUIF (94800) - MISE À PRIX : 47 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 121111
APPARTEMENT à VILLENEUVE LE ROI (94290) - MISE À PRIX : 45 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 120807
APPARTEMENT DE 3 PIECES à SUCY EN BRIE (94370) - MISE À PRIX : 40 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 120788
APPARTEMENT à LIMEIL BREVANNES (94450) - MISE À PRIX : 37 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 120808
APPARTEMENT à VILLENEUVE LE ROI (94290) - MISE À PRIX : 30 000 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 120918
APPARTEMENT à LIMEIL BREVANNES (94450) - MISE À PRIX : 25 000 €
Maître TOURNILLON
Ref VLimmo 120943
APPARTEMENT à SAINT MAUR DES FOSSES (94210) - MISE À PRIX : 25 000 €
Maître BOHBOT
Ref VLimmo 120935
APPARTMENT à SAINT MAURICE (94410) - MISE À PRIX : 18 091,06 €
Maître TACNET
Ref VLimmo 120766
APPARTEMENT DE 60 M² à ORLY (94310) - MISE À PRIX : 15 000 €
Maître MAKOSSO
Ref VLimmo 120906
STUDIO à VITRY SUR SEINE (94400) - MISE À PRIX : 8 400 €
Maître SALOMONI
Ref VLimmo 120811
T. G. I. de PARIS (75)
l Audience du 17/01/2019 à 14H
APPARTEMENT à PARIS (75017) - MISE À PRIX : 1 100 000 €
Maître BRAUN
Ref VLimmo 120973
APPARTEMENT à ANTIBES (06160) - MISE À PRIX : 240 000 €
Maître JEANMONOD-PELON
Ref VLimmo 120870
LOCAL COMMERCIAL à PARIS (75012) - MISE À PRIX : 60 000 €
Maître MAISANT
Ref VLimmo 120971
APPARTEMENT à PARIS (75008) - MISE À PRIX : 44 000 €
Maître ELBAZ
Ref VLimmo 120905
APPARTEMENT à PARIS (75009) - MISE À PRIX : 23 000 €
Maître MASSON
Ref VLimmo 120944
COMMUNIQUÉ
Comment les jeunes envisagent-ils l’immobilier et
leur logement ?
Selon une récente étude Guy Hoquet/ Harris Interactive
sur le rapport des Français à leur logement, toucher
un salaire arrive en première position des critères
d’indépendance chez les jeunes (68 % des réponses). Pour
autant, le logement n’en reste pas moins au cœur de leurs
aspirations, en deuxième position avec 42 % des réponses.
Acheter son logement n’est pas prioritaire : plus de
la moitié (54 %) des moins de 35 ans préfèrent louer
temporairement, en totalité ou en partie de façon à
préserver leurs revenus. De plus, pour 32 % d’entre eux,
le logement a avant tout vocation à être fonctionnel et à
ofrir un endroit où dormir.
De nouvelles pratiques ont la cote chez les jeunes :
33 % n’hésitent pas à opter pour la location ou le prêt de
leur résidence principale - contre 17 % pour l’ensemble
des Français. Les logements modulaires, avec des pièces
à plusieurs fonctions, sont appréciés par 52 % des moins
de 35 ans. Une tendance plus marquée que chez leurs
aînés, qui s’explique en partie par de nouvelles pratiques
professionnelles comme le télétravail.
L’investissement locatif pour préparer l’avenir : si 73
% des Français, tous âges confondus, veulent acheter
pour transmettre à leurs enfants, les plus jeunes ont une
préférence pour l’investissement locatif. Ainsi, 47 % des
moins de 35 ans l’envisagent sur un ou plusieurs biens,
alors que la proportion tombe à 23 % chez les plus de 50
ans. La motivation de ces jeunes tient à la préparation
d’une retraite qui semble incertaine.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
mécénat
Les Victoires : une cérémonie
contestée mais indispensable
l La cérémonie, qui sera retransmise par France Télévisions le 8 février
depuis La Seine musicale, dope les ventes de places de concerts et de disques.
l Eddy de Pretto et Orelsan chez les artistes masculins
et Christine & the Queens chez les femmes, sont plusieurs fois nominés.
CULTURE
CARITATIF
Martine Robert
@martiRD
Comme les prix littéraires ou les
Césars pour le cinéma, les 34e Victoires de la musique, qui seront célébrées le 8 février à La Seine musicale,
sont avant tout une affaire de professionnels. Excepté le prix de la Chanson de l’année, soumis au vote du
public, ce sont 600 spécialistes du
secteur qui décident du palmarès. Et
les enjeux médiatiques sont importants : la cérémonie, retransmise sur
France 2, a attiré près de 3 millions
de téléspectateurs l’an dernier.
Une Victoire dope la demande de
concerts et accroît les ventes de disques de 15 à 800 % dans les deux
semaines qui suivent la cérémonie,
selon que l’artiste est déjà connu ou
méconnu. « Souvent un artiste
nominé dans la catégorie Révélation
une année, l’est en tant qu’Artiste
masculin ou féminin l’édition suivante. Cela a été le cas pour Vanessa
Paradis, Benjamin Biolay, Vincent
Delerm, Camille, Christine & the
Queens, Louane, Eddy de Pretto »,
souligne Natacha Krantz, présidente des Victoires. Cette année,
Eddy de Pretto et le rappeur Orselan,
nominés dans trois catégories,
mènent la danse. Côté femmes,
Christine & the Queens apparaît
favorite. Jeanne Added et Vanessa
Paradis sont également en lice.
Le producteur exécutif des Victoires, Morgane Production, a décidé
pour la première fois d’organiser un
concert de ces Révélations au Casino
de Paris : enregistré le 9 janvier, il
sera diffusé en seconde partie de soirée sur France 2 prochainement.
Les artistes choisissent la catégorie dans laquelle ils veulent concourir, car la notion de genre musical a
changé, la musique urbaine et
l’électro irriguant tous les styles. Le
jury, qui se détermine en deux tours
de scrutin, compte trois collèges : le
premier réunit producteurs de spec-
Metz Mécènes
Solidaires organise les
circuits courts du don
Le jeune fonds de dotation
territorial soutient
des initiatives de proximité
dans les domaines
de la solidarité, du numérique
et du développement durable.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
tacles et maisons de disques ; le
second, les artistes, auteurs, compositeurs, chefs d’orchestre, musiciens ; le troisième, les journalistes,
directeurs de festival, plates-formes
de streaming… Difficile donc de ne
pas imaginer de tractations. Chaque
année le palmarès est contesté, mais
aucune maison de disques ne peut
faire gagner un artiste à elle seule, se
défendent les organisateurs.
Une logistique
impressionnante
L’association, qui compte cinq permanents, organise aussi les Victoi-
Le classique aussi
Très regardées également avec 1,3 à 1,5 million de téléspectateurs, les Victoires de la musique classique, accueillies
aussi à La Seine musicale courant février et diffusées
sur France 3, changent de formule cette année. « Nous avons
décidé de faire la part belle aux orchestres de la région : cette
édition, c’est l’Ondif et l’Académie Philippe Jaroussky, grâce
au soutien de Bouygues, de la Ville de Boulogne-Billancourt
et du Conseil général des Hauts-de-Seine. L’an prochain on
mettra en avant une autre région », précise Natacha Krantz.
res de la musique classique et les Victoires du jazz. La moitié de ses
ressources provient des droits télé,
25 % de partenariats privés (le CIC
pour le classique et le jazz, le Crédit
Mutuel pour les variétés), 22 % de
subventions de la filière (Sacem,
Spedidam, Adami, ministère ) et 4 %
de recettes propres (publicité…).
Pour les seules Victoires de la
musique, jusqu’à un millier de bulletins de salaires sont émis. « C’est une
grosse machine qui nécessite 700 projecteurs, 380 mètres carrés d’écrans
vidéo, 400 techniciens, une semaine
de répétitions, 2.000 repas à préparer », explique encore la présidente.
Mais les Victoires rayonnent large
grâce à TV5 Monde qui touche
250 millions de foyers. Et Nathalie
Krantz veut valoriser davantage
encore à l’avenir la marque. n
« Nous aurions pu choisir de
communiquer pour lancer
notre fondation, mais nous
a v o n s ch o i s i l a d é m a rch e
inverse : nous avons mis nos circuits en place durant sept mois
avant d’officialiser nos appels
aux dons auprès des entreprises
et du grand public », annonce
André Heintz, dirigeant du
groupe immobilier messin du
même nom et président de
Metz Mécènes Solidaires.
Avant même sa soirée de
lancement le 27 novembre dernier à l’occasion du Giving
Tuesday, le fonds de dotation
territorial avait déjà récolté
250.000 euros, examiné une
quinzaine de dossiers et soutenu sept projets.
jointement à l’audition des
candidats présélectionnés.
« Défendre son projet à la fois
sous l’angle économique et
sociétal constitue un vrai challenge, mais nous avons rencontré une écoute bienveillante et le
fonds nous a ouvert un réseau
qui sera utile au-delà des fonds
récoltés », témoigne Thomas
Nommer, directeur de l’association Fauve. Implanté à Norroy-le-Veneur, ce restaurant
solidaire a bénéficié de
4.000 euros d’aide pour proposer des repas à prix libre au
centre-ville de Metz et apporter aux résidents de foyers de
jeunes travailleurs les compétences nécessaires pour préparer des plats simples et sains.
Parmi les autres projets aidés
figurent une « trucothèque » de
quartier permettant de partager gratuitement des objets, un
Fab Lab et un cybercafé intergénérationnels.
Des indicateurs poussés
Metz Mécènes S olidaires
entend soutenir des projets originaux et généreux, économiquement viables au-delà du
coup de pouce financier qui
varie, selon les besoins, de
Musique : ces prix qui dynamisent la scène nationale
La trucothèque permet d’échanger toutes sortes d’objets.
Des sociétés d’artistes
comme la Sacem
ou l’Adami, des sponsors
et mécènes organisent ou
soutiennent leurs palmarès,
contribuant à la vitalité
du secteur.
Certaines des organisations professionnelles membres de l’Association des Victoires, ont leurs propres
prix. Ainsi la Sacem (Société des
auteurs, compositeurs et éditeurs
de musique) remettra ce vendredi
un Prix d’honneur au compositeur
Alexandre Desplat lors d’un concert donné à Radio France et diffusé
sur France Musique.
Mais surtout, elle a décerné en
décembre à la salle Pleyel ses Grands
prix qui, chaque année depuis 2006,
distinguent des parcours prometteurs ou des carrières marquantes.
Un show à plus de 400.000 euros
pour valoriser la scène musicale
devant le gratin du secteur et des
médias, en complément des
160.000 euros apportés aux Victoires et aux 250.000 euros d’aides
octroyées à d’autres prix.
De même l’Adami, qui administre les droits d’artistes et de musiciens interprètes, accompagne les
talents émergents depuis vingtcinq ans par ses Révélations Adami.
Ses Révélations classiques se
dérouleront le 28 janvier aux Bouffes du Nord, mais des récompenses
équivalentes existent dans la danse,
le jazz, le théâtre, le cinéma… « Ce
programme est devenu un label pour
les artistes en devenir, contribuant
au développement de leur carrière,
leur permettant de se produire au
Festival Pablo Casals de Prades, aux
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
30/12/2017
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
30/12/2017
Performance
1 an
281,49
204,50
334,58
61,46
08/01/2019
09/01/2019
08/01/2019
08/01/2019
2,14
-2,00
-7,98
-7,52
-0,91
-6,05
-7,98
-9,18
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
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Federal Indiciel US (FR0000988057)
Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
275,59
208,68
363,61
66,46
32,34
20,84
29,54
-1,28
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
C h o ré g i e s d ’ O ra n ge , à J a z z à
Vienne… », précise l’Adami. Parmi
les nommés des Victoires se trouvent des artistes qui ont été auparavant des Révélations Adami.
Un Top 200 très français
« La loi Lang de 1985 prévoit des
droits pour les artistes sur l’enregistrement et la diffusion de leurs prestations. Le quart va au soutien à des
projets artistiques, mais aussi à la
production d’événements. Notre seul
programme Révélations représente
800.000 euros de budget et a valorisé
des centaines de talents », précise
Bruno Boutleux, directeur général
de l’Adami. La société apporte également 170.000 euros à d’autres
prix dont les Victoires.
Certains sponsors ou mécènes
sont également très actifs à l’instar du Prix Ricard Live Music, ou
de la Fondation Orange et de la
Caisse des Dépôts impliquées
dans le concours Voix Nouvelles
qui a révélé notamment Nathalie
Dessay, ou Karine Deshayes.
« Tous ces prix contribuent au
dynamisme de la scène hexagonale.
Ainsi, dans la variété, nous avons un
marché local fort : 85 % des albums du
Top 200 sont français, et un album
sur 4 est un premier album. Et le développement des concerts est corrélé »,
résume la présidente des Victoires,
Natacha Krantz. — M. R.
Photo Arnaud Bantquin
Respectivement issus de
l’immobilier, du secteur bancaire, de la sous-traitance automobile et de la restauration
rapide, les créateurs du fonds
conçoivent le mécénat comme
un outil de cohésion au service
d u d é ve l o p p e m e n t l o c a l .
Adeptes des circuits courts, ils
ont circonscrit leur action au
bassin d’emploi métropolitain
et présélectionné les initiatives
relevant de l’intérêt général, ne
concurrençant pas l’activité
privée, positionnées sur la solidarité, le développement durable et le numérique.
Séduites, plus d’une trentaine d’entreprises de toutes
tailles et de tous secteurs ont
apporté leur écot, dont dix
« grands mécènes » qui se sont
engagés à hauteur d’au moins
20.000 euros sur trois ans. Et
quatre premiers donateurs
particuliers ont abondé les
sommes reçues. Conformément à la loi, le fonds de dotation n’accepte pas de fonds
publics, mais la structure a
choisi d’associer à sa gouvernance Metz Métropole, la Ville
de Metz et le CCAS. Les trois
institutions, ainsi que les
grands mécènes, assistent con-
3.000 à 15.000 euros. « Parmi
nos mécènes figurent un cabinet
d’expertise comptable et un
bureau d’études spécialisé dans
la responsabilité sociale et environnementale. Nous disposons
ainsi d’indicateurs poussés sur
l’impact qualitatif et quantitatif
des projets soutenus », souligne
Aurélie Reder, déléguée générale de Metz Mécènes Solidaires. Le fonds territorial
s’appuie à la fois sur des dons
en numéraire, sur des prestations offertes et sur du mécénat
de compétences.
En excluant le domaine de la
culture, le fonds territorial
entend jouer la complémentarité avec les autres initiatives
de mécénat portées par les collectivités. « Notre contribution
à Metz Mécènes Solidaire n’obérera pas nos dons à d’autres
associations, mais nous aidera à
les structurer », estime Céline
Gris, dirigeante de Gris Découpage, spécialiste des composants mécaniques. Les dirigeants assurent à l’unisson
qu’il est plus facile de donner
en déléguant la sélection des
projets à une structure avec
laquelle s’est nouée une relation de confiance. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Le groupe français de publicité
a nommé Chris Hirst, actuel
CEO d’Havas UK et Europe,
patron monde de ses agences
créatives (BETC excepté),
à la place de Yannick Bolloré.
Le groupe ouvre par ailleurs
son chéquier pour élargir
le réseau de BETC (Shanghai et
New York vont ouvrir en 2019).
Bientôt un nouveau
Tintin par Spielberg
Sony Pictures
Havas
en
pixels
Chris Hirst, patron
Monde des agences
créatives Havas
7
Tintin, qui fête ses quatrevingt-dix ans, va bientôt avoir
droit à un deuxième film au
cinéma à l’initiative du duo
Peter Jackson-Steven Spielberg
mais aussi peut-être à un
album inédit, a indiqué jeudi
le directeur éditorial des
éditions Casterman. Cette fois
Peter Jackson, producteur
du premier, réaliserait le film.
MILLIONS D’ABONNÉS
Deezer a vu son parc
d’abonnés payants
augmenter de 1 million
depuis l’échec de son
introduction en Bourse
fin 2015. Il en compte
7 millions et ses revenus
ont dépassé 400 millions
de dollars en 2018.
L’hologramme, un tour de magie
qui commence à rapporter gros
l Flottant dans l’air, ces images virtuelles captent cinq fois plus l’attention des passants qu’un affichage classique.
l Les annonceurs publicitaires, comme les constructeurs automobiles, s’intéressent à cette technologie de science-fiction.
TECHNOLOGIE
Florian Dèbes
@FL_Debes
A Las Vegas, les machines à sous
sont partout, mais celle-ci se distingue d’un coup d’œil. Totalement
impalpable, uniquement constitué
de lumière, cet hologramme de plusieurs mètres de large flotte audessus de geeks se remémorant
« Star Wars » ou « Blade Runner »,
en attendant un triple 7 synonyme
de cagnotte en chocolat.
Au Consumer Electronics Show,
à Las Vegas, les hologrammes font
leur effet. « Regardez autour de vous,
tout le monde s’arrête et prend des
photos », explique au milieu de la
foule assourdissante Kevin Gordon,
le directeur marketing d’Hypervsn.
Cette société anglaise financée
par l’entrepreneur Richard Branson, et de retour pour la troisième
fois au Salon mondial de l’électronique, compte Renault, JCDecaux ou
encore Carrefour parmi ses clients.
D’après l’un de ses concurrents,
la start-up Go Holo, ces images
virtuelles imitant la 3D captent
cinq fois plus l’attention qu’un affichage classique.
Partenaire de l’illusionniste Criss
Angel pour son spectacle dans la
« ville du vice », Hypervsn assure
que le tour de magie des hologrammes commence à rapporter
gros. D’après une étude de Mordor
Intelligence, le marché de l’affichage holographique pourrait
peser 7,7 milliards de dollars
en 2023. Le cabinet de recherche
table sur un rythme de croissance
annuelle de 28 %.
A court terme,
la publicité sur
les lieux de passage
apparaît comme
l’usage le plus courant
de la technologie.
A court terme, la publicité sur les
lieux de passage apparaît comme
l’usage le plus courant de la technologie holographique. Contrairement à la réalité augmentée, qui
s’appuie sur un smartphone ou une
paire de lunettes, elle est visible à
l’œil nu. Le grand public pourrait
également rencontrer de plus en
plus d’hologrammes sur les scènes
de concert : la Callas ou encore la
pop star virtuelle japonaise Hatsune
Miku ont récemment joué à Paris
sous cette forme déjà adoptée par
des hommes politiques en quête
d’attention, comme Jean-Luc
Mélenchon en 2017.
Mais d’autres sociétés, comme le
suisse HoloTech, approchent déjà
des hôpitaux pour donner aux chirurgiens une vue en 3D des organes
à soigner. Ford et BMW travaillent,
eux, à intégrer cette technologie
dans les cockpits de leurs véhicules,
Au CES de Las Vegas, une machine à sous impalpable, uniquement constituée de lumière, fait sensation. Photo Robyn Beck/AFP
mentionne Technavio, un autre institut d’études de marché.
Certaines entreprises du secteur
ont choisi de focaliser leurs efforts
sur la production du projecteur affichant l’hologramme. D’autres,
comme l’américano-chinois Hologruf, prennent aussi en charge l’installation du système et la création
des animations. « Nous sommes
en train de lever entre 20 et 30 millions de dollars et nous avons déjà
généré 1 million de dollars de chiffre
d’affaires », pose Ted Meng, le
patron, né en Chine, de l’entreprise.
Hypervsn et Hologruf considèrent tous deux que trois semaines
de travail sont nécessaires à un graphiste pour donner vie en hologramme à l’image d’une marque.
Leurs technologies semblent proches, mais chacun revendique avoir
breveté ses innovations.
Hypervsn, le britannique branché
financé par Richard Branson
Le spécialiste anglais
de l’hologramme vient
pour la troisième fois au
CES. D’année en année, la
société prend de l’ampleur,
mais la concurrence pointe
le bout de son nez.
Toujours plus grand. D’année en
année, la société britannique
Kino-mo, qui se fait connaître sous
la marque Hypervsn, étend non
seulement la taille de son stand au
CES de Las Vegas, mais aussi la
taille de ses hologrammes. Pour
cette édition 2019 du Salon mondial
de l’électronique grand public, l’un
de ses murs holographiques mesurait pas moins de 25 mètres carrés.
Créée à Londres par deux Biélorusses, Kiryl Chykeyuk et Art Stavenka, cette société vend et loue du
matériel de projection de lumière
imitant le rendu holographique.
Elle est connue pour ses coûteuses
dépenses marketing. Après avoir
remporté en 2015 un concours de
pitch parrainé par l’entrepreneur
très médiatique sir Richard Branson, Hypervsn avait accueilli à son
capital l’homme d’affaires déluré et
fondateur de l’empire Virgin. Un an
plus tard, le milliardaire et propriétaire de l’équipe de basket-ball de
Dallas, Mark Cuban, investissait
lui aussi dans l’entreprise. Tous les
montants sont tenus secrets.
Avare de chiffres, Hypervsn ne
donne aucune indication sur ses
recettes, mais assure être profitable. Il emploie 165 personnes, dont
de nombreux commerciaux
déployés à l’international. Il préfère afficher sa liste de clients :
Nike, les confiseries M&M’s, Louis
Vuitton, Carrefour, Red Bull ou
encore McDonald’s ont déjà utilisé
ses projecteurs holographiques.
S on offre s’agrémente par
ailleurs d’un service de stockage
en ligne des animations. Afin de
séduire des marques qui n’ont pas
les moyens de s’offrir un graphiste
spécialisé en 3D, Hypervsn donne
aussi accès à une plate-forme de
création de contenus.
La carte de l’interactivité
Investir le quotidien
Les ingénieurs ont encore du pain
sur la planche. Pour l’instant, ils
ne parlent que d’hologramme à
180°. Il est impossible de l’observer
sous toutes ses coutures ou de tourner autour comme le stipule la définition exacte de la 3D. Or maîtriser
cette technologie pourrait encore
plus propulser l’hologramme dans
le quotidien. Sur l’une de ses enceintes connectées, la start-up française
Vivoka fait déjà le pari que les assistants vocaux pourraient prendre la
forme d’hologramme. En Corée du
Sud, les opérateurs télécoms KT et
Verizon se sont même appuyés sur
la 5G (le futur réseau à ultra haut
débit mobile) pour expérimenter un
appel téléphonique entre deux
hologrammes. n
DR
Un marché de 7,7 milliards
de dollars
Hypervsn vend et loue du matériel de projection de lumière imitant le rendu holographique.
« Pendant trois semaines, Renault
a communiqué avec nos hologrammes dans les gares parisiennes », raconte encore Kevin
Gordon, le directeur marketing
d’Hypervsn. Les usagers ont pu être
interloqués la première fois qu’ils
ont aperçu le logo losange flotter
au-dessus de leurs têtes. C’est exactement ce qu’Hypervsn recherche.
Passé l’effet de surprise, l’entreprise
joue désormais la carte de l’interactivité. Au CES, elle vient de dévoiler
un système permettant de manipuler ces hologrammes impalpables.
En déplaçant sa main au-dessus
d’un capteur de mouvement, le
client de l’annonceur peut grossir
l’image ou choisir d’afficher un
objet virtuel sous un autre angle.
Alors que la concurrence,
notamment chinoise, s’intensifie,
l’entreprise prévient par la voix de
ses dirigeants qu’elle se défendra :
« Nous utilisons une technologie
dont nous sommes propriétaires,
nous ne nous laisserons pas faire
face aux copies. » — Fl. D.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 25
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
Xilam et M6 en finale
pour le rachat de Gulli
Vodafone sabre
dans ses effectifs
en Espagne
AUDIOVISUEL
TÉLÉCOMS
Lagardère devra
trancher entre les
deux prétendants à
la reprise de sa chaîne
de télévision jeunesse.
Après avoir perdu
les droits du foot,
l’opérateur doit
adapter sa structure
de coûts.
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
La chaîne de télévision Gulli est sur
le point de changer de mains. Selon
nos informations, le jeu voit s’affronter le producteur d’animation Xilam
– derrière les « Dalton » ou « Oggy et
les Cafards » –, d’une part, et la
chaîne M6, d’autre part. Tous deux
tiendraient la corde pour l’acquisition du pôle télévision de Lagardère comprenant la pépite Gulli,
ainsi que plusieurs autres chaînes
(Canal J, TiJi, MCM, etc.). La chaîne
musicale Mezzo fait, elle, l’objet d’un
processus de vente séparé.
Ces deux acteurs auraient, en
effet, formulé des offres sérieuses.
D’autres candidats auraient regardé
le dossier, tel TF1 et même Altice
(BFM TV, RMC…), mais sans aller
plus loin. Quelquefois pressenti par
divers observateurs sur ce dossier,
Xilam reste toutefois une surprise
dans la mesure où l’opération est
très grosse à son échelle. Une décision devrait être prise d’ici à la fin du
mois pour décider le groupe avec
lequel Lagardère va entrer en négociations exclusives. La messe n’est
pas dite et un candidat de dernière
minute peut encore se déclarer, mais
les probabilités sont désormais faibles, alors que le marché a eu accès
au dossier depuis plusieurs mois.
Plusieurs connaisseurs évoquent un prix autour de 200 millions d’euros. Gulli (1,7 % de part
d’audience en 2018, mais 16,4 % sur
les 4-14 ans, un record) bénéficie
d’une belle marque, très connue des
enfants et inspirant confiance. La
jeunesse est considérée comme un
segment porteur, comme en témoigne l’appétit des acteurs de la SVoD
(service de vidéo à la demande par
abonnement), d’autant qu’il crée
une certaine fidélisation, les enfants
étant accros à leur « Oggy », « Kally’s
Les temps sont durs pour les
salariés des télécoms européens. Un jour après l’annonce
d’un vaste plan social chez le
belge Proximus, c’est au tour de
Vodafone España de tailler dans
ses effectifs. La filiale ibérique
du groupe veut supprimer jusqu’à 1.200 postes, près d’un quart
de ses employés actuels. L’entreprise met en avant le contexte de
marché. « La demande de services continue de croître de manière
exponentielle, mais pas les prix »,
explique l’entreprise dans un
communiqué.
L’Espagne est loin d’être une
entité négligeable pour le
groupe Vodafone. Présent dans
25 pays, il y réalise 15 % de son
chiffre d’affaires. Mais l’Espagne
est – avec l’Italie – la filiale qui se
porte le moins bien dernièrement. Au dernier semestre, les
revenus ont reculé de 4 %, à
2,4 milliards d’euros. Et, surtout,
la profitabilité s’est effondrée :
l’Ebitda de Vodafone España a
fondu de 28 % en un an. Le nouveau patron de Vodafone, Nick
Read, tenait à redresser la barre.
Au niveau du groupe, il avait
annoncé en novembre un plan
d’économies opérationnelles de
1,2 milliard d’euros d’ici à 2021.
Malgré l’absence de précisions,
il était clair que l’Espagne ferait
partie des cibles prioritaires.
Xilam
Une position délicate
Gulli diffuse « Oggy et les Cafards », l’une des marques phares de Xilam, depuis de nombreuses années.
Mashup » et autres. Avec la disparition programmée de France 4 sur la
télévision et la suppression de la
publicité jeunesse sur le service
public, Gulli gagne encore en attrait.
Développer Gulli
sur le digital
Parallèlement, la marque a su se
diversifier dans des parcs, des objets
(tablettes…) et s’est développée à
l’international, notamment en Afrique. Gulli est l’une des quatre chaînes de la TNT (hors chaînes historiques) qui est rentable en 2017, selon
le bilan publié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Début 2018,
Lagardère Active estimait que l’Ebit
(résultat opérationnel) du pôle télévision comprenant 17 chaînes représentait 20 % du chiffre d’affaires
d’une centaine de millions d’euros.
Dans le giron de M6, Gulli bénéficierait de la force de frappe et de
l’expérience du groupe, qui a déjà
plusieurs chaînes de télévision.
Xilam et Gulli se connaissent, eux,
déjà bien. « Oggy et les Cafards » ou
encore « Zig et Sharko » font partie
des marques fortes du groupe.
Xilam pourrait ainsi constituer un
pôle vertical sur les enfants et, surtout, développer la partie digitale du
Gulli (en gratuit notamment), dans
un univers de concurrence où les
géants américains (comme Netflix)
prennent des parts de marché. Pour
le producteur d’animation, ce serait
une très grosse opération, assez
proche de sa capitalisation boursière (presque 220 millions d’euros).
Le groupe de Marc du Pontavice, qui
a réalisé récemment une augmentation de capital et levé de la dette pour
de la croissance externe, changerait
alors complètement de dimension.
Sur Lagardère Studios, le pôle
production de Lagardère, le processus suit son cours. Plusieurs
investisseurs potentiels auraient
été vus. Les choses devraient plutôt
se concrétiser au printemps. Lagardère, M6 et Xilam n’ont pas souhaité
faire de commentaires. n
France Télévisions : davantage
de droits numériques
AUDIOVISUEL
Le groupe public
a signé un accord avec
les producteurs après
plusieurs semaines
de négociations.
Les nouveaux épisodes de la série
« Dix pour cent » ne pourront plus
se retrouver sur Netflix avant un
bon moment… Après plusieurs
semaines d’intenses négociations,
France Télévisions et les organisations représentant la production, le
Satev (Syndicat des agences de
presse audiovisuelles), le Spect (Syndicat des producteurs et créateurs
de programmes audiovisuels), le
SPFA (Syndicat des producteurs de
films d’animation), le SPI (Syndicat
des producteurs indépendants) et
l’USPA (Union syndicale de la production audiovisuelle) sont parvenus à un accord.
Le texte comprend deux volets. Le
premier porte sur l’exploitation
numérique de la fiction, du documentaire, de l’animation et du spectacle vivant. « Il nous permet de
maîtriser la distribution de nos programmes sur le numérique, ce qui est
un vrai changement, explique
Stéphane Sitbon-Gomez, directeur
de la transformation de France Télé-
visions. Cela va donner un coup
d’accélérateur à notre site france. tv,
notre antenne principale de demain,
mais nous permettra aussi de mettre
en place la bascule de France 4 et
France Ô, demandée par le gouvernement, ce qui n’aurait pas été possible
sans cet accord. » Le groupe s’est déjà
engagé à investir au moins 50 millions d’euros par an dans la production d’œuvres destinées à une première exploitation non linéaire.
Dans le détail, ce n’est plus la diffusion sur le petit écran qui conditionnera l’exploitation numérique. Le
groupe public va bénéficier d’une
période d’exclusivité sur ses sites (en
gratuit), pendant la durée des droits
linéaires (30-36 mois), « contre du
J + 7 avant uniquement » et pourra
exposer gratuitement ses œuvres.
Protection face à Netflix
Dans la vidéo à la demande par
abonnement, France Télévisions va
bénéficier d’une protection allant de
12 à 24 mois selon le financement
qu’il apporte. « Jusqu’à présent, l’une
de nos séries pouvait se retrouver sur
Netflix ou Amazon au bout de
30 jours, reprend Stéphane SitbonGomez. Et on était largement en
retard par rapport aux autres grands
groupes de télévision qui avaient, eux,
des protections sur plusieurs mois. »
Cet accord intervient alors que
Delphine Ernotte avait exprimé, à
plusieurs reprises, sa défiance vis-àvis de Netflix et son souhait de ne
plus lui vendre ses séries.
Le deuxième volet de l’accord
porte sur la part de production dite
« dépendante » (la production
interne). Celle-ci a été augmentée à
17,5 %, contre 12,5 % de l’investissement dans le dernier accord signé
fin 2015. La part dédiée à la production indépendante a également augmenté, avec la suppression d’une
zone de souplesse. Avec le nouveau
feuilleton quotidien, le groupe est
actuellement autour de 12 %. TF1
avait aussi signé un nouvel accord
avec les producteurs en septembre,
augmentant également sa part
dépendante (à 30 %).
En contrepartie, France Télévisions s’est engagé à sanctuariser ses
investissements dans la création à
420 millions d’euros par an, désormais inscrits dans son cahier des
charges (101 millions au minimum
pour le documentaire, 15,75 millions pour le spectacle vivant, 30
pour l’animation). En outre, la durée
d’exploitation des droits sur le téléviseur, pendant laquelle le groupe
peut rediffuser des programmes, a
été abaissée de 36-42 à 30-36 mois.
L’accord est entré en vigueur
début janvier. Mais des négociations
vont se poursuivre avec la filière de
l’animation, dans la perspective de
la fin de France 4. — M. A.
200
MILLIONS D’EUROS
Le prix évoqué par plusieurs
connaisseurs du secteur pour
l’acquisition du pôle télévision
de Lagardère.
Vodafone, qui s’y était renforcé
avec le rachat du câblo-opérateur Ono en 2014, est dans une
position délicate. « Le marché
s’est polarisé en Espagne. Le low
cost a pris une grande place et la
structure de coûts de Vodafone
n’était pas adaptée. Et, dans le
même temps, la perte des droits
du football leur a fait très mal »,
a n a l y s e Ta r i q A s h r a f, d e
BearingPoint. Jugeant que les
prix de la ligue espagnole rendaient la compétition impossible à rentabiliser, Vodafone a
jeté l’éponge l’été dernier et
laissé Telefónica s’arroger
l’essentiel des trois prochaines
saisons pour près de 3 milliards
d’euros. La sanction ne s’est pas
fait attendre. Une centaine de
milliers de clients « premium »
sont passés à la concurrence.
Pour s’adapter à cette nouvelle donne, Vodafone a revu sa
grille tarifaire et mise à fond sur
les contenus audiovisuels
(HBO, Foxnow…), quitte à les
offrir la première année à ses
abonnés. En attendant de voir si
cette stratégie rapporte, l’heure
est aux coupes massives dans
les effectifs. n
6-7 fév. 2019
PALAIS DES
CONGRÈS
C O N F É R E N C E
PARIS
É V É N E M E N T
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Panorama des solutions de
financement pour votre projet.
Le financement est indispensable pour lancer une activité puis la développer.
Mais qui finance quoi ? Comment aborder l'étape de la recherche
de financements dans un projet ?
Jeudi 7 février - 14h30 à 16h00
Conférence animée par Emmanuelle DUTEN, Rédactrice en chef, Capital Finance
Avec la participation de :
Max PEUVRIER
Stéphanie SAVEL
Président du Comité Financement, Présidente, Financement
Participatif France
Ordre des Experts-comptables
Angela SIMONI
Directrice régionale Paris,
Bpifrance
...et le témoignage d’entrepreneurs.
Inscription gratuite : salondesentrepreneurs.com
Un événement
#SDE2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
LE PRODUIT
-
START
Elle pourrait être l’une des
surprises du CES 2019.
BassMe, créé à Perpignan
en 2017, fait le plein sur son stand où
les professionnels se pressent pour
découvrir son caisson de basse personnel qui permet de ressentir le son
de manière immersive. Elle se porte
simplement sur l’épaule et fonctionne
avec un système d’ondes et de vibrations et devrait débuter sa commercialisation par les salles de cinéma dès
le début de cette année.
UP
Z
30
MILLIONS D’EUROS
B-Network vient de lever des fonds auprès de
Ring Capital. La jeune pousse espagnole créée
par deux Français est spécialisée dans la
réservation et la gestion hôtelière pour les
organisateurs d’événements et a réalisé un
chiffre d’affaires de 11 millions d’euros en 2017.
L'APPLI
Bowkr modifie son nom
pour être plus explicite.
La start-up tricolore qui
se positionne comme une base de
données de talents devient donc « La
pile de CV by Bowkr ». Un changement qui a pour objectif d’accroître
la notoriété de l’appli qui compte
40.000 téléchargements depuis 2017
pour 14.400 mises en relation entre
employeur et chercheur d’emploi.
INTERVIEW //
A Las Vegas, la French Tech
imagine le vélo de demain
Sipa
MOUNIR MAHJOUBI
Secrétaire d’Etat
au Numérique
l Electrique, design, connectée
et plus sûre, telle sera la pratique
du vélo demain si l’on en croit
les innovations présentées lors
du CES par les start-up françaises.
l L’usage utilitaire du vélo commence
à dépasser celui des loisirs.
TECHNOLOGIE
Déborah Loye
@Loydeborah
— Envoyée spéciale à Las Vegas
Est-il révolu, le temps où l’on « partait de bon matin, sur les chemins, à
bicyclette… », comme fredonnait
Yves Montand, célébrant le vélo de
loisirs dans un doux cadre champêtre ? Peut-être pas tout à fait, mais il
est certain qu’en France, l’usage utilitaire du vélo commence à dépasser
celui des loisirs. En 2017, le marché
français du vélo et de ses accessoires
s’élevait à 1,5 milliard d’euros,
avec des ventes de modèles urbains
croissant de 16 % par rapport à
l’année précédente. Et le besoin
d’efficacité lié à l’usage quotidien du
vélo crée des opportunités pour les
start-up, qui, au CES, sont nombreuses à proposer des solutions transformant les « bicyclettes » en de véritables prouesses technologiques.
Une prouesse qui, chez Velco, ne
passe que par une pièce : le guidon.
Connecté, il est compatible avec
80 % des vélos du marché. Il intègre
une fonctionnalité de navigation
par la lumière, qui permet aux
cyclistes de savoir dans quelle direction et à quel moment tourner, des
phares automatiques ainsi qu’une
fonction de tracking GPS.
« Le Next 40
donnera
de la visibilité
aux start-up »
Le guidon Velco est vendu à la
fois aux fabricants, pour une intégration directe, et aux distributeurs. Fondée en 2016, la start-up
emploie 15 personnes et s’apprête à
doubler son effectif, après avoir levé
3 millions d’euros en juin 2018. Au
CES, Velco présente en outre un
nouveau produit : des clips qui indiquent eux aussi le chemin en s’illuminant, et peuvent être utilisés sur
des trottinettes ou encore des poussettes. Ce dernier sera commercialisé dès septembre pour 79 euros.
Propos recueillis par
Florian Dèbes (A Las Vegas)
A
bsent de l’édition 2019
du CES, Mounir
Mahjoubi a malgré tout tenu à
déambuler au milieu des
start-up françaises très nombreuses au Salon mondial de
l’électronique grand public,
mais à distance via un robot. Il a
répondu aux « Echos ».
De la moto au vélo
Chez Cosmo Connected aussi, on
permet aux cyclistes d’être connectés, grâce à un petit boîtier générant
de la lumière, des clignotants et un
feu indiquant la décélération du
cycliste. « Le boîtier contient en outre
un système de détection des chutes,
indique le fondateur de l’entreprise,
Romain Afflelou. Si le cycliste
tombe, une alerte se déclenche et il a
deux minutes pour l’arrêter, sans
quoi des SMS avec ses coordonnées
GPS sont envoyés à trois de ces proches, et les secours sont contactés. »
La jeune pousse de trois ans
lance ce produit au deuxième étage
du « sands », un espace dédié aux
entreprises déjà matures, après
avoir passé deux ans à l’Eureka
Park. Les années précédentes, elle y
avait lancé sa version pour moto.
Coleen présente pour la première fois son vélo électrique haut de gamme au CES 2019. Photo Coleen
« Mais la demande est également très
forte du côté du vélo, que cela soit
chez les particuliers ou de la part des
entreprises de livraison », affirme
Romain Afflelou. Le produit sera
disponible à la vente en avril, pour
79 euros. Après avoir levé 5 millions
d’euros, Cosmo Connected envisage un deuxième tour de table en
série B, qui lui permettrait d’accélérer fortement sur l’international.
Chez Coleen, qui expose son vélo
électrique pour la première fois sur
l’Eureka Park, la technologie se fait
En 2017, le marché
français du vélo
et de ses accessoires
s’élevait à 1,5 milliard
d’euros.
discrète, au profit du design. La
jeune pousse bayonnaise, qui se
positionne sur les vélos électriques
haut de gamme et faits en France,
présente pour la première fois son
vélo au CES. « Nous nous inspirons
de l’héritage de la bicyclette à la française, avec notamment un cadre en
carbone, dans lequel nous dissimulons une électronique sophistiquée »,
indique Thibault Halm, cofondateur de la jeune pousse. Cette dernière fait fabriquer ses batteries à
Bordeaux, et ses moteurs à
La Rochelle. Son vélo pèse 18 kg,
peut accélérer jusqu’à 25 km/h avec
une autonomie de 100 kilomètres.
Dans quelques mois, il sera proposé
à la vente pour 5.900 euros. n
Trois start-up sécurisent la pratique du vélo
Alors que Road-Light présentait, lors du CES 2018,
son produit dédié aux motos, la jeune pousse revient
sur l’Eureka Park avec une version pour vélos et
trottinettes. La jeune pousse a créé un produit permettant aux conducteurs de vélo ou aux adeptes de
la trottinette de se rendre visibles. Comme Cosmo
Connected, Road-Light permet aux cyclistes, grâce à
une petite télécommande placée sur le guidon,
d’activer des clignotants. Ces lumières se portent sur
le dos, et font également office de feu de position et
de feu de brouillard, avec une option feu de détresse.
« Et d’ici à fin 2019, nous intégrerons un feu stop »,
indique Mohamed Ait El Hadj, fondateur de Road-Light. Le produit est aujourd’hui disponible sur le site
Internet de la start-up, au prix de 179 euros.
BISECU
Josep Lago/AFP
C’est le gilet jaune
du CES, « mais
nous avons décidé
de ne pas bloquer
l’allée », plaisante
Gérard Thevenot,
fondateur d’Helite,
qui développe un
airbag pour
cycliste. Créée en
2002, l’entreprise
n’en est pas à son
coup d’envoi :
alors que les gilets
avaient initialement été créés
pour les adeptes
de l’ULM, Helite
en commercialise
aujourd’hui pour les cavaliers, les motards et même…
pour les personnes âgées, qui se protègent ainsi
d’une fracture du col du fémur. Le gilet pour cyclistes
sera commercialisé au printemps, au prix de
649 euros. « Nous misons beaucoup sur nos distributeurs moto, mais nous sommes ouverts à tout nouveau canal de distribution », indique le fondateur de
l’entreprise, qui a généré 7 millions de chiffre d’affaires en 2018 et emploie 38 personnes.
ROAD LIGHT
Road Light
Helite
HELITE
Après les accidents, il y a un
autre risque que
les cyclistes
redoutent, celui de
se faire voler leur
vélo. C’est à cela
que souhaite
remédier la
start-up coréenne
Bisecu, qui a créé
un cadenas connecté. Ce dernier
se fixe sur la roue
avant, et ne se
déverrouille qu’à
travers une application. Si le vélo
est déplacé sans
que le cadenas n’ait été déverrouillé, une alarme se
déclenche. Le cadenas permet par ailleurs de récolter des données sur l’utilisation du vélo, comme
la vitesse atteinte ou les kilomètres parcourus.
A travers deux campagnes de crowdfunding,
la jeune pousse a vendu 400 exemplaires de son
produit, et récolté un total de 74.000 dollars.
Au CES, elle cherche des distributeurs
internationaux.
Pourquoi n’avez-vous pas
fait le déplacement
à Las Vegas ?
C’est toujours sympathique de
venir au CES mais le plus
important est que les start-up
préparent bien l’événement en
amont et réfléchissent à la suite.
Cette année, certaines des
start-up françaises sont entrées
dans une phase de maturité.
Après une première année où
elles sont venues voir, elles sont
revenues pour vendre l’an dernier et, cette fois-ci, elles sont au
Salon pour décoller.
La suite, ce sera la création
d’un indice, Next 40,
dont vous avez confirmé
le lancement cette semaine.
Pourquoi ce nouveau
label ?
Depuis un an et demi que j’ai pris
mes fonctions, je prends conscience de la maturité des
start-up. Elles cumulent une
hypercroissance avec un fort
impact sur le monde qui les
entoure. C’est ce qui définit la
French Tech : des revenus et de
la « tech for good », et je veux que
cela se sache ! D’ici à la fin du premier trimestre, un jury constitué
d’observateurs français et internationaux aura identifié une
première liste de 40 start-up. Il
s’agira bien de start-up et non de
« scale-up » plus avancée dans
leur développement. Dans
l’esprit, BlaBlaCar est plus proche du CAC 40 que du Next 40.
Quel sera l’intérêt
du Next 40 ?
Il donnera de la visibilité aux
start-up. Je veux que les Français les connaissent, tout
comme ils connaissent les noms
du CAC 40, et évoque la culture
d’entreprise chez L’Oreal. C’est
intéressant de savoir qu’une
entreprise comme Klaxoon
peut naître à Rennes et partir à la
conquête des Etats-Unis. Mais
faire partie du Next 40 ne sera
pas synonyme de financement
ou d’aide. Et il y a de grandes
chances que les start-up qui y
figureront bénéficient déjà du
pass French Tech. n
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Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
en
direct
Mantes-la-Jolie : pas
de chèque en blanc
ÎLE-DE-FRANCE L’opérateur de
ÎLE-DE-FRANCE Mantes-la-Jolie
télecoms pour les entreprises
Voip Telecom s’est offert ITC
Ariane Services, qui propose des
services de télécoms aux entreprises et lui apporte « plus de
4.000 clients ». Voip Telecom, à
Levallois-Perret (Hauts-deSeine), constitue ainsi un groupe
de 300 salariés et de 50 millions
d’euros de chiffre d’affaires.
(Yvelines) ne pourra pas récupérer l’intégralité de subventions
départementales. Elle avait saisi
la chambre régionale des comptes pour inscrire au budget du
département des Yvelines les
soldes de deux subventions
d’équipement que, selon elle, le
département lui devait. Le
« caractère liquide » (la réalité
Shutterstock
PME
&REGIONS
Voip Telecom s’offre
ITC Ariane
de la dette) de la première
dépense (750.000 euros pour les
aménagements des abords d’un
groupe scolaire) n’étant pas
établi, elle ne constituait pas une
dépense obligatoire pour le
département. De même pour la
deuxième demande, portant sur
un montant de 708.786,58 euros
pour la restructuration d’un
espace public qui ne présentait
pas un « caractère exigible et
certain », selon la chambre qui a
donc rejeté les deux demandes.
Les sept projets qui vont marquer
les territoires en 2019
l Les collectivités, l’Etat et les entreprises vont lancer ou mettre en service
cette année de nouveaux équipements variés.
l La baisse des dotations a arbitré nombre d’entre eux.
Luma Arles fait prendre le soleil
à l’art contemporain
C’est l’inauguration qui peut faire glisser au sud
le centre de gravité de l’art contemporain. Après
cinq ans de travaux étroitement surveillés
par Maja Hoffmann, la cohéritière des laboratoires pharmaceutiques Roche qui porte ce projet
dans sa ville d’enfance, Luma Arles veut être à la
ville ce que le musée Guggenheim est à Bilbao :
un centre d’art à l’architecture suffisamment
éclatante pour devenir un lieu d’attraction touristique majeur en Europe. Sur 9 étages culminant à 56 mètres au-dessus de la vieille ville,
l’architecte Frank Gehry a conçu là une tour
totem abritant une galerie de 1.200 mètres carrés
qui domine un parc de 10 hectares. Le tout dans
les bâtiments industriels du site désaffecté des
anciens ateliers SNCF. Le chantier devrait coûter
plus de 150 millions d’euros qui ont été investis
par la Fondation Luma portée par Maja Hoffmann et des fonds privés.
Saint-Pol-de-Léon aura sa plate-forme logistique
Patiente mais très déterminée, la Sica de Saint-Pol-de-Léon vient enfin d’obtenir
gain de cause. Après sept années de procédures marquées par des recours de
riverains mécontents de voir se dresser une vaste plate-forme de logistique, le tribunal administratif de Rennes vient de clore le dossier. Désormais purgé de tout
recours, le chantier d’aménagement des 7 hectares couverts de la future plateforme de logistique de la Sica de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) est de nouveau opérationnel. Dans ce vaste ensemble, l’entreprise coopérative de légumes
frais va regrouper, logiquement en 2020, les tonnes de pommes de terre, chouxfleurs, salades, brocolis et fleurs, cultivés par ses 700 adhérents. En modernisant
ses moyens de logistique, la Sica de Saint-Pol-de-Léon, qui souffre de son éloignement géographique, entend accélérer ses livraisons – 500 camions par jour quittent la zone légumière – et répondre à la concurrence allemande et hollandaise. n
Disney, locomotive
de l’Est parisien
Mickey va ressortir la pioche cette
année. The Walt Disney Company,
qui a fêté l’an dernier les 25 ans de
son parc d’attractions européen à
Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne),
a annoncé 2 milliards d’euros
d’investissement pour agrandir
Disneyland Paris. Trois nouvelles
zones à thème seront créées, consacrées aux super-héros de Marvel,
au dessin animé « La Reine des neiges » et de la saga « La Guerre des
étoiles ». Un lac reliera les trois
attractions. Les travaux débuteront
à partir de 2021 pour une fin d’aménagement en 2025. A cette date, le
parc sera passé de 27 à 39 hectares.
Lors de la concertation publique,
qui s’est close le 22 décembre 2018,
le groupe a annoncé la création de
1.000 emplois, en prenant en
compte les commerces, les hôtels,
la restauration…
Malgré un ralentissement de la
fréquentation après les attentats de
2015 et une année financière noire
en 2016, le parc, qui draine 15 millions de visiteurs par an, est un succès touristique, redonnant aussi vie
à un territoire, qui, il y a trente ans,
comptait 5.000 habitants et quelques villages. La population de Val
d’Europe est passée aujourd’hui à
35.000 habitants (60.000 en 2030)
et 35.000 emplois. n
Isère : lancement du plus grand
chantier hydroélectrique de France
Bordeaux va patienter
deux ans de plus pour
son pont Simone-Veil
Un stade controversé à Montpellier
Le club de football de Montpellier, le MHSC, actuel quatrième de Ligue 1, ne pouvait plus évoluer dans l’enceinte historique de la Mosson, jugée obsolète, située en
zone inondable, peu accessible et dépourvue de commerces et services à proximité. Philippe Saurel, maire (DVG) de Montpellier, a annoncé en 2016 sa volonté
de construire un complexe sportif avec un palais des sports pour le handball,
dans le quartier Cambacérès, desservi par la nouvelle gare TGV et l’autoroute.
Promis pour 2022, le coût estimatif du projet oscille entre 130 et 180 millions
d’euros. Les jauges des équipements seraient d’environ 25.000 places pour le
football et 5.000 places pour le handball. Il serait porté par une société d’économie mixte à opération unique, constituée, par le groupe Nicollin et des partenaires privés à hauteur de 65 % et par les collectivités locales à hauteur de 35 %. Les
opposants de Philippe Saurel, eux, exigent une étude comparative avec le maintien du stade actuel. n
Pour EDF, c’est le plus grand chantier hydroélectrique de France qui se termine. Cette année,
la centrale de Romanche-Gavet au sud-est de
Grenoble va faire ses premiers essais avant le
début de production en 2020. Ce projet consiste
à remplacer 6 centrales et 5 barrages existants
par un aménagement souterrain et un barrage
prise d’eau. EDF a réalisé pour cela une galerie
souterraine de 10 kilomètres de long. Ce projet,
qui n’a soulevé aucune polémique, permettra
d’augmenter de 38 % la production de l’aménagement et limitera ses impacts environnementaux en réduisant l’emprise des équipements.
La centrale des Vernes (1918), classée au titre des
Monuments historiques, sera partiellement
conservée. La puissance installée s’élèvera à
92 mégawatts, l’équivalent de la consommation
d’une ville de 230.000 habitants. Entamés en
2010, les travaux préparatoires ont duré deux
ans. Il a fallu dévier la Romanche, construire,
équiper et mettre en eau le barrage, creuser
cavernes et galeries. L’investissement tournerait autour de 250 millions d’euros en 2011. n
Le pont Simone-Veil, qui devait
boucler la ceinture des boulevards et reliant Bordeaux à Floirac au sud de la ville, devait être
inauguré l’an prochain. Il ne le
sera pas avant 2023. Plus de deux
ans de retard liés à un désaccord
entre la métropole et le groupe
Fayat, qui réclamait une rallonge
de 18 millions d’euros, soit 25 % du
montant initial. Un accord amiable a été trouvé entre le groupe de
BTP et la métropole, qui se félicite
de limiter le surcoût à 1 million
d’euros. Sur la rive droite, au
débouché du futur pont, les constructions se sont déjà multipliées : une salle de spectacle
Arkéa Arena de 12.000 places, un
quartier de 1.400 logements... n
Un grand Parc des expositions et des congrès à Toulouse
Baptisé le « Meett », le nouveau parc des expositions et des congrès de Toulouse
Métropole entre dans la dernière phase de construction pour ouvrir en
juin 2020. Ce grand équipement dessiné par l’architecte Rem Koolhaas est très
attendu par la Ville rose pour remplacer le parc actuel sur l’île du Ramier,
dépassé, et la placer au troisième rang des villes de province en capacité avec ses
halls de 50.000 mètres carrés, son aire d’exposition extérieure de 26.000 mètres
carrés et sa salle de convention de 12.000 places. Le grand édifice de 600 mètres
de long est construit près de l’aéroport et de la zone AéroConstellation, ce qui
permettra d’y exposer des avions. Le parc sera desservi par la ligne de tramway,
prolongée de 700 mètres. Un investissement de 311 millions d’euros qui doit
accueillir 80 événements et 1 million de visiteurs par an. n
Allili Mourad/Sipa – Jean-Pierre Clatot/AFP – Hervé Hôte/Luma – Franck Lodi/Sipa – AXYZ – Les Yeux Carrés
L’année précédant les municipales est traditionnellement le
dernier coup de collier des maires bâtisseurs. Si 2019 ne fera
pas exception avec nombre de
projets municipaux qui seront
livrés, force est de constater que
les grandes réalisations emblématiques se font rares. Les élus
locaux ont enduré un mandat
marqué par la baisse des dotations et une pression politique
vers moins de dépenses. L’Etat a
donné, lui aussi, un coup d’arrêt
aux grands projets d’infrastructures. La priorité des pouvoirs
publics est désormais d’entretenir son patrimoine. Les projets
privés sont davantage tournés
vers des développements économiques. — Service Régions
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // PME & REGIONS
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
13.000
GRAND EST La coopérative
Sur les 3.020 m² de bureaux qui
viennent d’être loués, 770 m² sont
pris par Samsic et 645 m² par Waycom, auxquels s’ajoutent 880 m² en
renouvellement et extension pour
Takara Belmont et 725 m² d’extension pour le groupe Daikin.
Wolfberger
MÈTRES CARRÉS DE BUREAUX LOUÉS AU PARC EIFFEL EN 2018
La Société de la Tour Eiffel annonce
avoir loué 3.020 m² de bureaux supplémentaires sur son Parc Eiffel La
Défense-Nanterre-Seine, portant à
13.000 m² les locations signées en
2018 sur ce parc de 69.000 m²,
désormais occupé à plus de 80 %.
innovateurs
Vin : Wolfberger
investit à Colmar
vitticole Wolfberger a annoncé
un investissement de 17 millions
d’euros en 2019 sur les sites de
Dambach la ville (Bas-Rhin)
pour la construction d’un nouveau lieu ou l’on apporte la
vendange et de Eguisheim à
Colmar (Haut-Rhin) pour agrandir ses locaux de production et
de stockage.
Sunpartner, l’inventeur
du film solaire, mis
en difficultés financières
res, un spécialiste des parapentes.
Après deux années de R&D, Airseas
a « sécurisé » son client de lancement. Il s’agit du navire roulier
d’Airbus, le « Ville de Bordeaux »,
qui achemine des pièces d’avions
entre Saint-Nazaire et l’usine de
Mobile en Alabama. Le navire
devrait être équipé d’un Seawing
dès la fin 2020. Mais Vincent Bernatets fait état d’un marché de l’ordre
de 1.000 bateaux à équiper chaque
année dans dix ans. Plusieurs armateurs d’envergure mondiale ont déjà
signé des lettres d’intention « pour
l’ensemble de leur flotte ».
PAYS DE LA LOIRE
Les voiles de cette
start-up permettent
d’abaisser de 20 %
la facture de fioul des
navires marchands.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
C’est à Nantes qu’Airseas va industrialiser son cerf-volant géant, conçu
pour tracter des bateaux de commerce. La start-up toulousaine, née
en 2016 dans le giron d’Airbus,
entend bénéficier localement de la
filière navale et de son tissu de
recherche, Centrale Nantes ou
le pôle EMC2 notamment. « L’intégration dans un écosystème de compétences et d’industries maritimes est
essentielle pour le développement
d’Airseas », explique Vincent Bernatets, fondateur d’Airseas. L’entreprise pourrait créer plus de
200 emplois localement à l’horizon
2025. Le produit d’Airseas promet
d’être spectaculaire. Son aile
volante, baptisée « Seawing », se
déploie à l’avant du navire. Elle se
commande en on/off depuis le poste
de commande, ce qui constitue le
cœur de l’innovation. Comparable à
LA STRATÉGIE
SUNPARTNER
Date de création : 2008
Président : Ludovic Deblois
Effectif : 68 personnes
Secteur : énergie alternative
Usine en vue
La voile doit permettre de soulager de 20 % la consommation
énergétique d’un cargo, porte-conteneurs, vraquier ou tout autre
navire commercial. Photo Airseas
la toile d’un kite-surf ou d’un parapente, mais sur des surfaces de 500 à
1.000 mètres carrés, elle doit permettre de soulager de 20 % la consommation énergétique d’un cargo,
porte-conteneurs, vraquier ou tout
autre navire commercial, voire des
ferries ou des bateaux de pêche.
Car le fuel représente la moitié
des coûts opérationnels d’un navire
e n m e r. L e s p e c t r e v i s é e s t
vaste. « Nous visons des navires de
100 à 400 mètres de long », précise
Vincent Bernatets évoquant, dans
les deux ans, la possibilité de voiles
de 2.000 mètres carrés. La technologie Seawing intègre donc un système de commande issu de l’aéronautique mais aussi des solutions
logicielles pour placer l’aile en fonction des conditions météo et de vent
et, de ce fait, proposer un trajet optimisé. Le projet a mobilisé de nombreuses expertises dont celles du
bureau d’études LMG Marin, l’éditeur de logiciels MaxSea et Nervu-
L’entreprise, forte de 20 salariés,
s’installera donc en 2020 dans le
Bas-Chantenay, ancien quartier
industrialo-portuaire de Nantes que
la métropole veut aménager pour
accueillir d’autres entreprises innovantes dans le secteur maritime et
des énergies marines renouvelables.
La collectivité va construire un premier immeuble de 5.000 mètres carrés dans lequel Airseas s’installera.
Elle y disposera d’un hall de prototypage. Par la suite, la société compte
se doter d’une usine de 6.000 mètres
carrés près de Nantes. La start-up,
soutenue par l’Ademe, bénéficiera
d’aides et de prêts sans garantie de la
région Pays de la Loire. n
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
A force d’attendre que les marchés pressentis de ses films photovoltaïques décollent, les
actionnaires historiques de
Sunpartner Technologies –
Starquest Capital, CPG Finance,
Davaniere Capital, Paca Investissement, Lac International… –
ont perdu patience. Acculé par
le manque de résultat et un
besoin urgent de trésorerie :
4 millions d’euros, son président
fondateur, Ludovic Deblois, a
placé l’entreprise, le 8 janvier,
sous la protection du tribunal de
commerce d’Aix-en-Provence.
Une période d’observation de
Groupe FMH investit dans
la fonderie d’aluminium
La PME engage
8 millions d’euros pour
agrandir ses usines.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Alors que le nombre de fonderies a
été divisé par quatre en trente ans
en France, Groupe FMH à Vayrac
(Lot) accroît ses activités de fonderie d’aluminium et de traitement de
surface. Cette société qui compte
205 salariés fabrique des pièces
pour le bâtiment, les biens d’équipe-
ment industriel, l’automobile et
l’aéronautique notamment. Elle a
créé 25 emplois en trois ans et augmenté son chiffre d’affaires de 14 %
en juin 2018, à 18 millions d’euros.
Pour augmenter ses capacités, elle
investit 8 millions d’euros en 2018
et 2019, dont 1 million d’aides de la
région Occitanie.
Groupe FMH agrandit la fonderie
Diace (90 salariés) à Vayrac de 2.900
à 4.000 mètres carrés et y ajoute des
moyens d’usinage et de traitement
thermique, pour 4,2 millions
d’euros. Un cobot va être installé ce
trimestre sur l’îlot de moulage de
fonderie par gravité. Ce robot collaboratif développé avec le CEA Tech
coulera le métal en partageant les
tâches avec les ouvriers. Parallèlement, la PME investit 3,2 millions
d’euros dans l’usine de traitement
de surface et de peinture Fin’Tech
(88 salariés) à Albi (Tarn). Le bâtiment va passer à 4.000 mètres carrés, des machines d’usinage et de
peinture vont être installées.
Gain de productivité
Groupe FMH s’est développé par
croissance externe après avoir levé
plusieurs millions d’euros auprès
de Natixis, MP Croissance et l’Irdi
en 2013 et 2017. Deux sous-traitants
ont été repris en 2015, à Albi et à
Dijon. « Nous proposons aux donneurs d’ordre un seul interlocuteur
du moule au montage des pièces.
Nous avons du succès avec cette prestation globale », affirme Matthieu
Hède, président de Groupe FMH.
L’entreprise se développe dans
l’aéronautique, qui constituera 15 %
de son chiffre d’affaires dans trois
ans, en fabriquant notamment des
radiateurs de cartes électroniques et
des boîtiers. « Pour certaines pièces
aux formes complexes, la fonderie
apporte un gain de productivité de
60 % par rapport à l’usinage, ajoute le
dirigeant. Comme Airbus demande
une baisse des prix de 30 %, certains
usineurs viennent à la fonderie. » Le
fondeur veut racheter d’autres fabricants et se diversifier dans l’usinage
pour atteindre un chiffre de 25 millions d’euros en 2020. n
LA PME À SUIVRE
AUVERGNE
RHÔNE-ALPES
Effectif : 10 salariés
Chiffre d’affaires : 1 million
Activité : relation client
Gabrielle Serraz
— Correspondante à Grenoble
Il manque du savon au distributeur
des toilettes de l’aéroport ? Pourquoi
le rayon fruits et légumes de ce
magasin est-il si peu fréquenté ? Les
clients du pressing sont-ils satisfaits ? A ces questions, Skiply, spécialiste du suivi en temps réel de
l’expérience client, peut répondre.
Baptisé « Smilio Action », son dernier dispositif se présente comme
un boîtier compact fonctionnant
sur les réseaux utilisés par l’Internet
des objets pour signaler un événement ou une opinion et déclencher
dans la foulée une action corrective.
Skiply conçoit à la fois les bornes
de sondage et des boutons de commande nécessaires pour piloter la
relation client et améliorer les performances opérationnelles d’un
équipement. Il s’est spécialisé dans
la satisfaction du client et vise aussi,
désormais, le marché B to B de
l’amélioration de la qualité de service et des performances opérationnelles. Ses systèmes d’alerte
peuvent être configurés pour préve-
nir des équipes dédiées, commerciales ou d’entretien, lorsque des
problèmes sont signalés ou que le
niveau de satisfaction se dégrade.
Intelligence artificielle
« La mesure de satisfaction ne peut se
limiter au quantitatif. Nous couplons
les notations avec des systèmes permettant aux clients mécontents de
s’exprimer librement, ce qui permet
d’identifier des problèmes inconnus
ou sous-estimés, comme le mauvais
éclairage d’un rayon », explique
Jérôme Chambard, cofondateur en
2015 de Skiply avec Sébastien Moulis. Résultat, des masses de données
circulent comme autant de verbatim que Skiply analyse avec sa solution d’intelligence artificielle Feez-
zer, « La demande est très forte »,
affirme le président de Skiply, qui
vise pour 2019 une forte croissance
de son chiffre d’affaires de 1 million
d’euros. Toutes les informations
recueillies sont traitées au siège de
la société, dans le village du Châtelard (Savoie), au cœur du Parc naturel régional du massif des Bauges.
Le contraste est saisissant pour les
10 salariés de l’entreprise qui règlent
de là un problème de robinetterie
dans un aéroport ou la baisse de fréquentation d’un rayon de supermarché. Mais ça fonctionne ! Les
centres Leclerc, les boutiques KUNZ
Pressing, les aéroports de Vinci ont
adopté ces boîtiers qui ont jusqu’à
10 ans d’autonomie et fonctionnent
sans wi-fi ni 3G. n
Depuis sa création en 2008,
Sunpartner a levé 73 millions
d’euros – dont 40 en fonds propres – pour mettre au point sa
technologie Wysips, protégée
par un portefeuille d’une centaine de brevets. Elle permet à
des objets du quotidien : panneau d’affichage, vitre, mobile…
de capter et convertir l’énergie
solaire en électricité. Après neuf
ans de R&D, l’activité commerciale a timidement démarré l’an
passé avec un chiffre d’affaires
de 500.000 euros. Une première
installation a été réalisée sur la
tour Silo à Lausanne (photo),
mais le président assure avoir,
dans le bâtiment, « un pipeline
d’une centaine de projets représentant un potentiel de l’ordre de
20 millions ». Dans le secteur
électronique, la société a signé,
en 2017, un accord de licence et
de transfert de technologies
avec le chinois Truly Semiconductors, pour livrer les premiers
fabricants de montres cet été. n
réponses et les traduisent en données numériques qui vont permettre de réaliser le bec sur l’une
de nos 11 imprimantes 3D »,
détaille Pauline Eveno, présidente et cofondatrice de SYOS.
Musiciens séduits
L’IDÉE
SYOS
Date de création : 2016
Présidente : Pauline Eveno
Fonds levé : 400.000 euros
Effectif : 6 personnes
Secteur : musique
Skiply revisite l’expérience client
Une centaine de projets
Comment SYOS
imprime en 3D des becs
de saxo sur mesure
Pauline Eveno – Syos
OCCITANIE
six mois renouvelable est donc
ouverte dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire. « En dix ans, nos équipes
ont levé les principaux verrous
techniques et mis au point deux
procédés pour la fabrication de
façades vitrées productrices
d’énergie et d’écrans de montres
connectées, explique Ludovic
Deblois. Nous allons mettre à
profit notre sursis pour céder ces
deux activités à des industriels de
ces secteurs. »
DR
Airseas veut révolutionner la marine
marchande avec ses cerfs-volants géants
Jacques Henno
@jhennoparis
En décembre, les Grands Prix de
l’Innovation de la Ville de Paris
ont récompensé, dans la catégorie Expérience client réinventée,
la jeune société innovante SYOS
(Shape Your Own Sound). Installée dans le 11e arrondissement
de la capitale, elle propose des
becs de saxophone personnalisés aux musiciens. Les instrumentistes indiquent sur le site
de la société leur niveau de pratique, leurs style de musique, le
timbre et la puissance recherché, la marque du saxo… Nos
algorithmes analysent ensuite ces
Titulaire d’un doctorat en
acoustique obtenu en décembre 2012 à l’Institut de recherche
et coordination acoustique-musique (Ircam), elle est ensuite
partie à l’université McGill, à
Montréal, au Canada, pour réaliser un post-doc sur la thématique de l’influence de la géométrie du bec de saxophone sur le
son et les paramètres de jeu.
« J’ai alors fabriqué des becs sur
des imprimantes 3D qui ont si
agréablement surpris les saxophonistes qu’ils ont voulu les
acheter : il y avait là un marché »,
raconte Pauline Eveno.
De retour en France, elle a
cofondé SYOS, en 2016, avec
Maxime Carron, rencontré à
l’Ircam. Lors de son doctorat en
sciences cognitives appliquées
au design sonore, ce dernier a
mis au point pour la SNCF des
outils permettant de définir, par
le langage, des sons que l’on
imagine dans sa tête. Ses compétences ont permis d’élaborer
le questionnaire du site Internet. Pour financer leur projet, ils
ont levé en 2017 300.000 euros
auprès du fonds d’investissement IT Translation et de l’Inria,
ainsi que 100.000 euros en love
money. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
FINANCE
&MARCHES
LE NUMÉRO UN MONDIAL
DU SOJA VA PRODUIRE
MOINS QUE PRÉVU
Le Brésil ne réalisera probablement pas une récolte de soja
record cette saison. De mauvaises
conditions météorologiques ont
poussé le plus gros exportateur
de la planète à revoir ses prévisions à la baisse. La production
ne devrait pas dépasser 118,8 millions de tonnes, selon l’agence
brésilienne Conab, après une
récolte historique en 2017-2018.
les
indices
La spectaculaire poussée des fonds
activistes en 2018
l 226 entreprises ont été prises pour cible.
l La France est encore assez peu touchée.
l L’américain Elliott, entré chez Pernod Ricard
le mois dernier, mène le bal.
HEDGE FUNDS
Laurence Boisseau
@boisseaul
Jamais les actionnaires activistes
n’ont autant fait pression sur les
entreprises. Dollar Tree, la chaîne
de magasins discount américaine,
vient de subir les assauts du fonds
spéculatif Starboard Value, qui lui
demande de vendre son entreprise
Family Dollar. En France, mi-décembre, Elliott, le hedge fund le plus
redouté au monde, a annoncé s’être
invité au capital de Pernod Ricard,
groupe familial du CAC 40, à la stupeur générale de la place de Paris.
En 2018, 226 entreprises ont été
prises pour cible dans le monde,
contre 188 l’année précédente, selon
une étude menée par Lazard. Du
jamais-vu. Depuis 2014, la moyenne
s’établissait autour de 171 entreprises par an. Plus de la moitié des
campagnes publiques ont touché
des groupes américains. Parmi eux,
Dell, PPG, Starbucks, PayPal, United technologies, les casinos Caesars, la banque Citigroup, ou encore
Altaba (ex-Yahoo!).
Le nombre de cibles européennes est aussi élevé. Exemples : le britannique Unilever, le groupe de
réassurance français SCOR, ou la
banque allemande Deutsche Bank.
131 activistes ont mené
des offensives
Les activistes n’ont jamais été aussi
nombreux. Ils ont été 131 à mener
des offensives, contre 109 en 2017 et
93 en 2013. Parmi eux, 31 %
n’avaient jamais lancé de campagne
publique auparavant, contre 21 %
en 2017. L’américain Elliott a été le
plus actif de tous. Il s’est attaqué à
22 groupes en 2018 et a dépensé
4,3 milliards de dollars en 2018. Son
combat le plus emblématique, l’an
dernier, a été celui mené contre
Vivendi, pour prendre le contrôle
du conseil d’administration de TIM.
Elliott est aussi devenu actionnaire
du laboratoire pharmaceutique
irlandais Shire, de la chaîne hôtelière britannique Whitbread, du
groupe chimique et pharmaceutiq u e B a y e r. D e r r i è r e E l l i o t t ,
ValueAct a lui aussi fait preuve de
dynamisme. Il a pris position dans
le capital de 9 entreprises en 2018,
dont la banque américaine Citi et le
fabricant japonais de matériel
médical et d’appareils photo Olympus. Les activistes ont également
disposé en 2018 d’une force de
frappe financière jamais égalée. Les
capitaux employés pour construire
les prises de position ont atteint un
plus haut, à 65 milliards de dollars,
Les capitaux employés
pour construire les
prises de position ont
atteint un plus haut, à
65 milliards de dollars.
contre 62,4 milliards en 2017. Les
entreprises de la tech ont été très
recherchées. 28 % des fonds ont été
d é p l o y é s d a n s c e s e c t e u r. A
l’inverse, la distribution et l’immobilier n’ont pas été beaucoup ciblés.
L’Europe est un terrain de chasse
encore plus recherché que l’an
passé. Le nombre de groupes visés a
atteint un plus haut, à 58 contre 52
en 2017. Par sa proximité avec les
E t a t s - U n i s , l e R oya u m e - U n i
demeure la principale cible des activistes.
La France a cependant subi très
peu d’attaques. Seulement 5 sociétés françaises (Pernod Ricard,
SCOR, Lagardère, Latécoère, Alès
Groupe) ont été prises d’assaut. L’an
dernier, elles étaient 9, dont Zodiac.
Les capitaux engagés en Europe ont
fortement chuté, de 22,2 milliards
de dollars en 2017 à 15,7 milliards.
Mais la comparaison est difficile. En
2017, trois campagnes (celles contre
Nestlé, Tesco et NXP) avaient mobilisé à elles seules près de 8 milliards
de dollars. Aujourd’hui, environ
une dizaine de sociétés françaises
font donc l’objet d’une bataille avec
un activiste. En 2019, les activistes
pourraient bien redoubler d’énergie. La baisse des cours des actions,
notamment aux Etats-Unis, crée
bien évidemment des opportunités
d’achat. « Les entreprises sous-valorisées avec un capital éclaté qui présentent des failles en termes de gouvernance font partie des groupes
susceptibles d’être pris pour cible »,
explique un avocat d’affaires. n
Quand ces agitateurs font et défont les fusions
Les activistes gagnent
beaucoup d’argent quand
ils parviennent à marier
leurs « cibles »,
mais d’autres s’opposent
à des fusions jugées
trop chères et inefficaces.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
En 2018, 185 sociétés dans le monde
ont fait face à des demandes de
fusions de la part d’activistes qui
avaient pris pied chez elles, selon
Activist Insight. Elles étaient
166 l’année précédente. Dan Loeb,
du hedge fund Third Point, qui a
pris une participation dans Campbell’s Soup l’été dernier, invite, entre
autres exigences, la société à envisager un rapprochement. Le groupe
s’y oppose et un bras de fer s’engage.
Un activiste actionnaire qui parvient à marier sa cible voit son
investissement bondir. « La prime
payée par un acquéreur d’une société
de l’indice Standard and Poor’s est de
près de 30 % par rapport à son
cours », constate Roger Martin, de
la Rotman School of Management,
dans la « Har vard Business
review ». « Tout un écosystème (banquiers d’affaires, comptables, avocats…) profite des actions des activistes et peu importe si la fusion est
finalement peu bénéfique aux salariés, clients et actionnaires. »
Des activistes vont plus loin et
font en sorte de bloquer des fusions.
En 2018, Carl Icahn s’est opposé,
sans succès, au rachat d’Express
Scripts par Cigna. Il avait acheté des
actions de l’acquéreur et vendu à
découvert les titres de la cible pour
signaler son hostilité à ce rachat
et son doute sur sa réussite. Il estimait que ses conditions n’étaient
pas favorables aux actionnaires de
Cigna.
Parfois un effet positif
La présence d’un hedge fund activiste au capital d’une société a parfois un effet positif qui discipline les
entreprises. Les sociétés habituées
à faire des rachats peu efficaces,
notamment pour diversifier leurs
activités, en font moins (nombre et
fréquence) après l’irruption d’un
hedge fund. Ce dernier préfère
qu’elles se recentrent sur leur cœur
de métier, selon une étude* (19932015). Les entreprises réalisent
ensuite moins d’acquisitions mais
de meilleure qualité.
Stratégie anti-OPA
Selon des travaux de l’université de
Columbia, 78 hedge funds activistes
se sont opposés à 58 sociétés sur le
point de lancer une offre de rachat,
en « cash » ou en titres, entre 2000
et 2017, en acquérant une participation de 7,2 % (260 millions de dollars). Ils estimaient notamment que
le prix payé était trop élevé et les
synergies attendues du rapprochement trop faibles. Cette stratégie
anti-OPA a fonctionné dans un peu
plus d’un tiers des cas, et la fusion a
échoué. Sans activistes, 9 rachats
sur 10 parviennent à leur terme.
Quand ils interviennent, l’opération devient plus longue, deux mois
en plus, soit autour de six mois. Les
hedge funds font en sorte d’obtenir
de meilleures conditions (prix de
rachat plus bas de 4 % en moyenne)
dans 17 % des cas. Dans 40 % des
opérations, ils échouent à se faire
entendre. Le fonds activiste Jana
Partners est coutumier de cette
stratégie anti-OPA. Elle génère
autour de 6 % par an pour les fonds
et le marché perçoit favorablement
ces activistes qui évitent des rachats
trop coûteux ou inefficaces. Les
fonds peuvent aussi adopter une
autre stratégie, qui consiste non pas
à être au capital de l’acquéreur,
mais à prendre une participation
dans la cible. Dans ce cas, ils cherchent à faire grimper le prix de
l’offre.
(*) « Hedge fund activism and corporate
M&A décisions ».
AMF : les priorités du gendarme français des marchés
RÉGULATION
Le régulateur français
sera vigilant sur
le cadre de coopération à moyen terme
avec le Royaume-Uni.
Le décompte des votes
en AG et les ventes à
découvert seront aussi
des sujets majeurs.
Robert Ophèle, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF),
a présenté jeudi ses priorités pour
2019. En matière de régulation, le
Brexit sera bien évidemment un
sujet majeur pour le gendarme
français. Le cadre de coopération à
moyen terme avec le Royaume-Uni
reste, pour l’essentiel, à définir.
Encadrer les cryptoactifs
« L’Union européenne devra donc
être prudente dans ses décisions
d’équivalence », a-t-il indiqué avant
de préciser : « Une grande ouverture
aurait à l’évidence pour effet d’accroître la dépendance de l’Union européenne des centres de décision londoniens. Une politique trop restrictive
aurait pour effet de renchérir le coût
de l’intermédiation financière au
détriment des investisseurs et des
entreprises de l’Union. »
Au niveau national, l’AMF devra
aussi relever d’autres défis. L’encadrement des cryptoactifs est en
route avec la loi Pacte qui pourrait
être promulguée au printemps. Le
régulateur aura alors à mettre en
place un visa optionnel pour les ICO
(« initial coin offerings »), ces nouveaux modes de levées de fonds qui
se font via la blockchain.
Autre sujet important : la finance
durable. L’AMF entend bien monter en puissance dans ce domaine.
La loi Pacte lui a donné pour mission de surveiller l’information
fournie par les sociétés de gestion
sur leur stratégie climat.
Ont également été définies les
thématiques détaillées de ses
actions de supervision. Dans les
sociétés de gestion, elle examinera
de très près les dispositifs déployés
pour la cybersécurité. Elle vérifiera
aussi que les hedge funds donnent
bien des éléments relatifs tant à la
« En ce début
d’année, on voit
émerger de
nouvelles offres
frauduleuses dans le
vin, en or ou dans
des cheptels de
vaches laitières. »
ROBERT OPHÈLE
Président de l’Autorité
des marchés financiers
composition de leur actif qu’au
niveau de leurs risques, conformément aux exigences de la directive
AIFM.
Du côté des intermédiaires de
marchés, une attention particulière
sera portée à la manière dont la
directive MiFID II a été mise en
œuvre en matière de reporting, et
de transparence. L’AMF vérifiera
que les actions et certains produits
dérivés sont bien négociés sur les
plates-formes organisées.
Les pratiques de prêts de titres et
des ventes à découvert – une conséquence de l’affaire Casino – seront
aussi scrutées. Quant au décompte
des votes en assemblée générale,
après plusieurs incidents l’an dernier, il fait également partie de la
liste des priorités de l’AMF. En 2018,
plus de 20 sociétés au sein du
SBF 120 ont publié des résultats de
vote erronés, en raison de problèmes informatiques chez l’établissement dépositaire des titres. Le cas le
plus emblématique a été celui de
Vinci. La résolution portant sur la
rémunération de l’administrateur
référent, qu’on croyait adoptée, a en
réalité été rejetée de peu.
Enfin, Robert Ophèle a mis en
garde contre de nouveaux types
d’arnaques aux particuliers. « Pour
simplifier, on peut dire que 2016 avait
été l’année du Forex, 2017 celle du diamant et 2018 celle des cryptoactifs ;
en ce début d’année, on voit émerger
de nouvelles offres frauduleuses dans
le vin, en or ou dans des cheptels de
vaches laitières », a-t-il déclaré.
— L. Boi.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
Dette : la France démarre
bien une année à haut risque
l L’Etat français a levé 8,2 milliards d’euros à des taux en baisse jeudi.
l Il doit emprunter 200 milliards au total sur l’année. Un record historique.
MARCHÉ
OBLIGATAIRE
Isabelle Couet
@icouet
Avec un programme de financement plus vertigineux que jamais,
la France n’a pas le droit à l’erreur
cette année. Elle vient de réussir son
premier test sur les marchés. Jeudi,
l’Etat a emprunté 8,2 milliards
d’euros à des taux en baisse.
L’Agence France Trésor (AFT),
chargée de placer la dette de l’Etat, a
émis des titres sur trois maturités. Sur chaque souche, le coût
d’emprunt s’est révélé inférieur à
celui de la précédente adjudication.
La France emprunte à 10 ans à
0,68 % (contre 0,82 % précédemment), à 15 ans à 1,11 % (contre
1,23 %) et à 30 ans à 1,60 % (contre
1,70 %). L’Etat débute toujours
l’année sur les chapeaux de roues,
avec l’objectif de prendre de
l’avance sur son programme
annuel. Cette stratégie s’avère particulièrement pertinente en 2019,
étant donné les montants à lever : la
France doit emprunter 200 milliards d’euros auprès des investisseurs. Un record historique. En septembre dernier, l’AFT avait indiqué
qu’elle placerait 195 milliards
d’euros de titres de moyen et long
termes (net des rachats). Mais le
mouvement des « gilets jaunes » est
venu contrecarrer ses plans :
pour financer les mesures en faveur
du pouvoir d’achat, 5 milliards ont
été ajoutés au programme. Et ce,
alors que les émissions de dettes de
court terme vont aussi augmenter
fortement.
Juste avant cette première émission de l’année, l’écart de taux entre
la France et l’Allemagne – qui
mesure la « défiance » des investisseurs envers l’Hexagone – avait
atteint 50 points de base. Un plus
haut depuis plus d’un an. L’écart
entre les deux pays s’est notamment
creusé de 13 points de base en
décembre. Selon Goldman Sachs,
cité par Bloomberg, le « spread » va
probablement rester supérieur à
En septembre dernier,
l’AFT avait indiqué
qu’elle placerait
195 milliards d’euros
de titres de moyen et
long termes (net des
rachats).
Mais le mouvement
des « gilets jaunes »
est venu contrecarrer
ses plans.
35 points de base au cours des prochains mois. Pour mémoire, lors de
la dernière campagne présidentielle, la montée des populistes
l’avait fait grimper à 80 points.
Selon le bulletin de décembre de
l’AFT, en 2018, la France a été la destination préférée des Japonais en
matière d’investissements en dette
souveraine dans la zone euro. Au
total, d’après un stratégiste de BNP
Paribas, ils ont acheté (en net) pour
17,5 milliards d’euros (contre
14,8 milliards d’euros d’achats nets
de titres de la zone euro) sur les dix
premiers mois de l’année. Ce soutien pourrait perdurer car investir
dans la dette française reste une
opération rentable pour les Japonais. D’après Bloomberg, le coût de
la couverture sur le taux de change
euro-yen a en effet baissé. Outre les
montants record à lever, l’exercice
2019 sera aussi marqué par la fin
des achats de nouveaux titres d’Etat
par la Banque centrale européenne
(BCE) et le changement de président de l’institution monétaire.
Deux événements majeurs pour les
marchés financiers, habitués à la
politique ultra-accommodante de
Mario Draghi. n
Avalanche d’émissions obligataires en Europe
Les émetteurs se pressent
sur le marché pour
bénéficier de la liquidité
abondante. Les volumes
atteignent déjà un niveau
record.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Le Portugal, l’Irlande, la Caisse des
Dépôts, Deutsche Bahn, Schneider
Electric, Orange… C’est une véritable frénésie qui s’est emparée des
émetteurs obligataires – Etats et
entreprises – sur le marché européen depuis le début de la semaine.
En quatre séances, les levées de
fonds en euros ont dépassé 75 milliards d’euros, tous types d’émetteurs confondus. Il s’agit d’un
record historique : l’an dernier, à la
même période, 68,8 milliards
d’euros avaient été émis.
Si le marché est généralement
assez dynamique en début d’année,
ce démarrage exceptionnel peut
surprendre, étant donné le climat
économique incertain qui règne en
ce moment. « Les inquiétudes
actuelles sur la croissance, liée
notamment aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine,
pèsent plus sur les marchés actions
que sur les marchés obligataires,
constate Frédéric Gabizon, chez
HSBC. Les investisseurs, qui ont
besoin d’investir en ce début d’année
privilégient donc les émissions de
dette. »
D’autant que la forte augmentation des taux, très redoutée l’an dernier, n’a toujours pas eu lieu. Les
coûts de financement ont eu plutôt
tendance à diminuer fin 2018. Et si
la Réserve fédérale américaine et la
Banque centrale européenne (BCE)
maintiennent toujours le cap d’un
Patrick Artus
Chef Économiste et
membre du Comité
exécutif Natixis,
Professeur-Associé
à l’École d’Économie
de Paris
Mathilde Lemoine
Chef Économiste Groupe
Edmond de Rothschild,
Professeur à Sciences Po.
resserrement monétaire, les investisseurs ont des doutes quant aux
futures hausses de taux. En Europe,
la situation s’est apaisée entre l’Italie et Bruxelles, et les élections européennes sont encore loin. L’environnement est donc plutôt
favorable aux émissions.
Appétit des investisseurs
Les Etats ont immédiatement profité de cette fenêtre. « Pour les émetteurs souverains, qui ont un programme à exécuter, ce n’est pas la
situation de taux qui est déterminante pour émettre mais la stabilité
du marché, car elle permet de lever
des montants plus importants »,
souligne Frédéric Gabizon. La Belgique a été la première à émettre,
levant 6 milliards d’euros mardi,
avec un livre d’ordres qui a atteint
28,5 milliards d’euros, un record
pour le royaume. Le lendemain, le
Portugal et l’Irlande ont à leur tour
lancé un emprunt syndiqué, de
4 milliards d’euros chacun.
L’Etat d’Israël a même levé ses
premières obligations à 30 ans dans
la devise européenne, pour un
montant de 1,25 milliard d’euros, en
plus d’une émission de même taille
à 10 ans. La France a réussi son adjudication de 8, 2 milliards d’OAT à 10,
15 et 30 ans jeudi, et l’Italie est attendue sur les marchés ce vendredi.
Du côté des entreprises, le flux
d’opérations s’est accru jeudi. Après
Schneider Electric, qui a levé
500 millions d’euros à 9 ans, ou
Orange, qui a rouvert le marché des
émissions « corporate » en livre
sterling avec son opération mixte
en devise britannique (750 millions
de livres) et en euros (3,150 milliards à 3, 5 ans et demi, et 10 ans),
plus tôt dans la semaine, trois groupes se sont présentés sur les mar-
Informations et inscriptions :
www.lesechos-debats.fr
FRÉDÉRIC GABIZON
Chez HSBC
chés, suscitant à leur tour l’appétit
des investisseurs. Des émetteurs
notés BBB– (le bas de la catégorie
Investissement) ont aussi saisi cette
opportunité : ArcelorMittal a
recueilli 4,5 milliards d’euros
d’ordres pour son émission de
750 millions d’euros à 5 ans et Fresenius 7 milliards d’euros pour une
opération de 1 milliard à 6 et 10 ans.
APRR a enregistré une demande
plus de trois fois supérieure à son
offre de 50 millions à 9 ans. « Pour
les investisseurs, le marché primaire
est le seul endroit où ils peuvent acheter des obligations d’entreprise
aujourd’hui, confirme Frédéric
Gabizon. Les émetteurs qui se présentent ont donc un pouvoir relatif
plus important qu’en fin d’année dernière. »
Les sociétés financières ne sont
pas en reste. Les banques souhaitent notamment profiter des taux
encore faibles pour renforcer au
meilleur prix les sources de liquidités nécessaires à leur activité de crédit. Parmi les émetteurs, on compte
BPCE (1,25 milliard d’euros à 5 ans
et demi), Dexia Credit local
(1,50 milliard à 7 ans) ou Crédit
Mutuel Arkéa (500 millions à
6 ans). n
Les particuliers vont pouvoir
investir dans l’infrastructure
au travers de l’assurance-vie
INVESTISSEMENT
Allianz France
et Meridiam s’allient
pour proposer
des fonds d’investissements en actifs
d’infrastructures non
cotés dans les contrats
d’assurance-vie.
Sophie Rolland
@Sorolland
Mercredi 16 janvier 2019 à 19h00,
« Faut-il craindre une nouvelle crise ? »
« Les inquiétudes
actuelles sur
la croissance […]
pèsent plus sur
les marchés actions
que sur les marchés
obligataires. »
D’ici à la fin du premier semestre
2019, les clients d’Allianz France
pourront investir dans des actifs
d’infrastructures non cotés via
leurs contrats d’assurance-vie.
L’a s s u r e u r e t M e r i d i a m o n t
annoncé qu’ils avaient conclu un
partenariat en ce sens. L’idée : permettre aux particuliers investissant
en unités de compte d’accéder à des
fonds jusqu’ici réservés aux investisseurs professionnels. Une possibilité prévue dans le projet de loi
Pacte. « Nous avons développé une
expertise sur ces sujets au cours des
dernières années », commente Mat-
thias Seewald, directeur des investissements et membre du comité
exécutif d’Allianz France. Le groupe
collabore avec Meridiam depuis
cinq ans, soit à ses côtés, soit à travers les fonds gérés par le spécialiste de l’infrastructure. Dans le premier cas, Allianz France investit
dans la dette de projets d’infrastructures, financés en fonds propres par
Meridiam, comme pour la ligne à
grande vitesse Tours-Bordeaux ou
l’extension du port de Calais, par
exemple. Dans le second, il souscrit
à des fonds « equity » de Meridiam.
Quête de sens des
investisseurs particuliers
Concrètement, les particuliers
auront accès à un fonds de fonds
d’Allianz France, lui-même investi
dans des véhicules en fonds propres
de Meridiam. « Avec ce partenariat,
les Français pourront mobiliser leur
épargne pour répondre aux défis climatiques, de transition énergétique
et de croissance », déclare Thierry
Déau, fondateur et président-directeur général de Meridiam. De quoi
répondre à une certaine quête de
sens des investisseurs particuliers.
Mais aussi à leurs préoccupations
en termes de rendement. La performance envisagée pour ce type
d’investissement se situe légèrement en dessous de 10 %. L’investissement en fonds propres dans des
projets d’infrastructures apporte
en outre une diversification et une
décorrélation appréciables dans
des portefeuilles essentiellement
constitués d’actifs financiers
cotés. n
« Avec ce
partenariat, les
Français pourront
mobiliser leur
épargne pour
répondre aux défis
climatiques,
de transition
énergétique
et de croissance. »
THIERRY DÉAU
Fondateur et présidentdirecteur général de Meridiam
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
Cybersécurité : le dossier qui
agite assureurs et industriels
Entre autres arguments, ses
experts faisaient valoir qu’il « ne
s’agissait pas d’une arme soutenant
un usage militaire de la force ».
La décision qui sera rendue par
la justice américaine dans
l’affaire Mondelez-Zurich revêt
une importance cruciale. « C’est
la question de la certitude des couvertures qui est en jeu pour
l’ensemble des entreprises ayant
souscrit des assurances cyber »,
explique Philippe Cotelle, administrateur de l’Association pour
le management des risques et des
a s s u r a n c e s d e l ’e n t r e p r i s e
(Amrae), en charge des systèmes
d’information.
ASSURANCE
Mondelez poursuit
en justice Zurich,
qui n’a pas voulu
l’indemniser pour
les dommages subis
après la cyberattaque
NotPetya.
L’issue du dossier
est cruciale
pour les assurés.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
C’est un dossier au caractère inédit
suivi avec anxiété par le secteur de
l’assurance et les « risks managers »
des entreprises du monde entier.
Mondelez, le géant américain du
chocolat et du biscuit, a intenté une
action en justice contre l’assureur
Zurich pour ne pas avoir voulu
l’indemniser pour les dommages
causés par la cyberattaque mondiale NotPetya de juin 2017.
Dans sa plainte déposée en octobre dernier devant un tribunal de
l’Illinois, aux Etats-Unis, et évoquée
jeudi par le « Financial Times », le
groupe agroalimentaire explique
qu’il était pourtant couvert pour
« les dommages et sinistres physiques causés aux données électroniques, aux programmes et aux logiciels, incluant [ceux] résultant de
l’introduction malintentionnée de
codes machine ou d’instructions ».
Plus de 100 millions
de dollars de dommages
To u c h é à d e u x r e p r i s e s p a r
NotPetya, Mondelez indique avoir
subi pour plus de 100 millions de
dollars de pertes et de dommages
du fait de cette attaque, qui a
notamment mis hors de service
C’est la question
de la certitude
des couvertures qui
est en jeu dans l’affaire
Mondelez-Zurich.
Le marché encore récent de la cyberassurance se développe
et Munich Ré estime qu’il pourrait atteindre de 8 à 9 milliards
de dollars d’ici à 2020. Photo Shutterstock
1.700 de ses serveurs et 24.000
ordinateurs. Mais, Zurich American Insurance Company a finalement refusé de faire jouer cette
couverture, invoquant la clause
d’exclusion prévue dans le contrat
« pour les actes hostiles ou liés à des
guerres (“warlike”) » ou causés par
« un gouvernement ou une force
souveraine ». Mondelez lui réclame
100 millions de dollars de dommages et intérêts. « C’est à ma connais-
sance la première fois qu’un assureur invoque cette clause de guerre
pour un sinistre lié à une cyberattaque », rapporte un professionnel
du secteur. Les Etats-Unis et la
Grande-Bretagne avaient accusé la
Russie d’être derrière NotPetya, ce
que cette dernière avait nié. Dans
une note publiée en août 2018, le
courtier américain en assurances
Marsh estimait, lui, que NotPetya
« n’était pas une cyberguerre ».
Dans les assurances classiques, il
est d’usage d’avoir une exclusion de
guerre dans les contrats. « Dans une
cyberattaque, l’enjeu est d’attribuer
l’origine, ce qui est toujours très compliqué. Aussi, il ne faudrait pas que
les entreprises se retrouvent à la
m e rc i d e l ’ i n t e r p ré t a t i o n d e s
assureurs. Cela rendrait totalement
subjectif l’application d’une police
d’assurance et ce serait totalement
inacceptable », insiste Philippe
Cotelle.
Cette affaire survient au moment
où le marché encore récent de la
cyberassurance se développe à
vitesse grand V. D’après des projections avancés en septembre dernier
par le réassureur Munich Ré, il
pourrait plus que doubler de taille
d’ici à 2020, pour atteindre de 8 à
9 milliards de dollars de primes
brutes émises au niveau mondial. n
La néobanque N26 valorisée
à 2,7 milliards de dollars
qui ne communique pas de résultats financiers assure avoir traité
plus de 20 milliards d’euros de
transactions à ce jour.
BANQUE
La fintech berlinoise
vient de lever 300 millions de dollars pour
accélérer son développement international.
Lancement aux Etats-Unis
cette année
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
N26 frappe fort. La jeune banque
allemande conçue autour des
téléphones portables a annoncé
jeudi avoir réalisé une levée de
fonds de 300 millions de dollars
(soit 260 millions d’euros) qui la
valorise à 2,7 milliards de dollars
(2,3 milliards d’euros). Restée
discrète jusqu’à aujourd’hui sur
sa valorisation, la fintech berlinoise se propulse ainsi dans l’univers des « licornes », ces entreprises non cotées qui sont valorisées
plus de 1 milliard de dollars.
500 millions de dollars
levés depuis 2015
Le dernier tour de table a été mené
par le fonds de capital-investissement américain, Insight Venture
Partners, mais compte aussi le
fonds souverain singapourien
GIC, aux côtés d’investisseurs historiques de la société. L’opération
intervient moins d’un an après
une levée de fonds de 160 millions
de dollars, réalisée, entre autres,
auprès de l’assureur allemand
Allianz et du chinois Tencent. Elle
porte les montants levés par la fintech lancée en 2015 à plus de
500 millions de dollars au total.
La néobanque allemande dit avoir plus que triplé le nombre
de ses clients en un an. Photo N26/Shutterstock
« L’idée en France,
c’est de devenir la
première banque
mobile en 2019, en
termes de clients. »
JÉRÉMIE ROSSELLI
Chargé du développement
de N26 en France
Comme de nombreuses « néobanques », N26 veut bousculer les
banques traditionnelles en proposant à ses clients de gérer leur budget en quelques clics à partir de
leur téléphone mobile. Misant sur
la gratuité pour l’ouverture d’un
compte courant associé à une
carte de paiement, la néobanque
dit avoir plus que triplé le nombre
de ses clients en un an et compter
désormais plus de 2,3 millions
d’utilisateurs répartis dans vingtquatre pays européens. La société,
Sa nouvelle levée de fonds doit lui
permettre de poursuivre sa stratégie de conquête accélérée et son
expansion internationale. Forte
de quelque 700 collaborateurs, la
fintech compte se lancer aux
Etats-Unis d’ici au milieu d’année.
N26 est engagée dans une course à
la taille avec une autre « licorne »,
Revolut. La société britannique,
qui veut devenir un « Amazon des
services financiers », revendiquait
3,5 millions d’utilisateurs répartis
dans une trentaine de pays à la fin
de l’année dernière. Elle a décroché il y a quelques semaines une
licence bancaire, lui permettant
d’offrir du découvert et du crédit
dans la zone euro.
Pour les deux fintech, la France
est aujourd’hui un marché
important. N26 y revendique
600.000 clients aujourd’hui
(contre 500.000 pour Revolut en
décembre). « L’idée en France,
c’est de devenir la première banque mobile en 2019, en termes de
clients », indique Jérémie Rosselli, en charge du développement pour la France chez N26. De
multiples banques sur Internet
ou téléphone portable essayent
déjà de s’imposer sur ce marché
même si leur capacité à devenir
rentables est incertaine.
(
Lire « Crible »
Page 40
« Gilets jaunes » :
le succès
à double tranchant
de Leetchi
La vogue des collectes lancées sur des plates-formes comme
Leetchi révèle les fragilités du modèle. Photo « Les Echos »
FINANCEMENT
PARTICIPATIF
La crise sociale fait
décoller les collectes
des cagnottes
en ligne.
Celle qui soutient
policiers et gendarmes a dépassé
le million d’euros.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
La crise sociale des « gilets jaunes » suscite des vagues de solidarité inédites qui font exploser
les compteurs des cagnottes en
ligne. Ces dernières quarantehuit heures, le leader du secteur, Leetchi, a même quasiment battu son record de
collecte détenu jusqu’ici par la
cagnotte « solidarité pour les
cheminots » (1,27 million
d’euros collectés en cinq mois).
La nouvelle coqueluche des
internautes est baptisée « soutien aux forces de l’ordre ». Lancée par le président de la région
Paca (LR), Renaud Muselier,
celle-ci affiche 1,114 million
d’euros en deux jours ! De quoi
nourrir les suspicions des
« gilets jaunes » qui l’ont accusée d’être gonflée artificiellement par un robot… Il n’en est
rien, promet Leetchi. En
matière de collecte, les pro« gilets jaunes » affichent aussi
des scores honorables : lancée il
y a deux jours sur PayPal par
Eric Drouet, la cagnotte « pour
les blessés “gilets jaunes” de
France » a drainé plus de
79.000 euros. Avant d’être clôturée par Leetchi, celle en
faveur de l’ex-boxeur Christophe Dettinger, poursuivi pour
avoir frappé deux gendarmes,
avait attiré 117.000 euros.
Pour les professionnels, le
contexte social est une aubaine
commerciale. Portés par la
croissance de ces cagnottes
dites « solidaires » (destinées à
financer une cause ou à aider
une personne), les deux leaders
du secteur – Leetchi et Le Pot
commun – ont collecté près de
300 millions d’euros en 2018. Et
le début de 2019 laisse présager
de nouveaux records… Pour
attirer les plus grosses cagnottes, Leetchi a même développé
une offre spécifique. « Nous
avons baissé nos tarifs pour les
cagnottes qui dépassent
200.000 euros », indiquait
récemment aux « Echos » Benjamin Bianchet, directeur général de la plate-forme Leetchi.
Ce modèle est toutefois fragile. Mobilisée par des acteurs
situés de part et d’autre de l’échiquier politique, la plate-forme
Leetchi se dit sans avis sur la
cause ou le projet soutenu, si
toutefois celui-ci est légal.
Comme l’a montré la polémique sur la cagnotte de soutien à
l’ancien boxeur Christophe
Dettinger, cette position est
difficilement tenable.
Abus de confiance
Constituer une cagnotte pour
financer des frais de procédure
est certes légal. Accusé de viols,
Ta r i q R a m a d a n e n a v a i t
d’ailleurs bénéficié pour financer ses frais de justice. Pour sa
part, Leetchi a déclaré avoir
arrêté la collecte controversée
en faveur de Christophe Dettinger « au vu du montant atteint »,
en disant par ailleurs proscrire
« toute incitation à la haine ou à
la violence ».
La filiale d’Arkéa s’est aussi
engagée à transférer les fonds
collectés seulement « sur
présentation de justificatifs » de
frais d’avocats. Ce précédent
n’est pas neutre. La plate-forme
pourrait accuser le coup commercialement mais aussi
s’exposer à des poursuites judiciaires. « Dans ses conditions
générales d’utilisation, Leetchi
n’a aucune responsabilité sur le
bon usage des fonds collectés. En
violant ses propres règles, et en
disposant des fonds à sa guise,
L e e t ch i s e m b l e b i e n a vo i r
commis le délit d’abus de
confiance », estime l’avocat
Régis de Castelnau. n
en bref
Des actionnaires américains assignent
Danske Bank en justice
BANQUE Le fonds de pension des plombiers et chauffagistes
membres du syndicat Local 773, situé dans l’Etat de New York, a
assigné en justice la banque danoise Danske Bank et certains de
ses dirigeants. Ils les accusent d’avoir dissimulé la véritable
situation de la banque et celle de sa filiale estonienne. L’établissement danois est sous le coup de plusieurs enquêtes judiciaires
concernant cette affaire et a fait l’objet d’une inculpation
préliminaire par le parquet financier de Copenhague. Il lui est
reproché d’avoir utilisé sa filiale estonienne pour faire transiter
quelque 200 milliards d’euros d’origine douteuse.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 //
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
fusions // acquisitions // cessions // partenariats
ENTREPRISES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
75 rue Paul Sabatier – 13090 Aix-en-Provence
Tél.: +33 (0) 442 66 56 60 / Fax: +33 (0) 442 65 20 96
E-mail : antoine@desaintrapt.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS DANS LE CADRE D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Dénomination sociale : SAS SUNPARTNER TECHNOLOGIES
Activité : Entreprise de technologie dans le domaine des vitrages photovoltaïques
à destination des applications dans le secteur du bâtiment (fenêtres, façades…),
et des objets connectés (montres, smartphones, écrans…)
Propriété intellectuelle : plus d’une centaine de brevets environ, à couverture
internationale. Premiers contrats et commandes validés.
Nombre de salariés : 68 personnes – Localisation : Bouches du Rhône
PH. CONTANT – B. CARDON – A. BORTOLUS
Administrateurs Judiciaires
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
• Société spécialisée dans l’installation et la maintenance de centrales photovoltaïques
• Implantée dans le département de l’Aube (10) • Parc de 100 centrales en maintenance
• Compétence bureau d’études techniques en méthanisation • C.A. 2018: 239.728 €
• Efectif: 5 personnes
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES : 18/02/2019 À 16H00
Un accès à la data room électronique transmis sur demande écrite motivée auprès de
o
l’Etude après signature d’un engagement de confidentialité. [Réf. Étude : N 7717]
PH. CONTANT – B. CARDON – A. BORTOLUS
7 rue Pithou - BP 20080 - 10002 TROYES Cedex
Tél. : 03 25 73 97 98 – Fax: 03 25 82 82 29
E-mail: contact@contant-cardon.fr
Date limite de remise des offres auprès de la SELARL de SAINT-RAPT & BERTHOLET:
18 février 2019 à 12h00
Si vous souhaitez des informations complémentaires, merci de contacter : M. Antoine MANENT
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
RECHERCHE DE REPRENEURS
OU D’INVESTISSEURS
GROUPE SPÉCIALISÉ DANS LES PROTOTYPES ET MAQUETTES POUR LE SECTEUR AUTOMOBILE
Groupe de 3 sociétés : société holding et 2 filiales opérationnelles
Activité : réalisation de prototypes et maquettes avec 1 société spécialisée dans le lightning
C.A. total (activité automobile et aéronautique) au 31/12/2018 (exercice clos) : 5 200 K €
Moyens de production : bureau d’étude, atelier de peinture, modelage, finition et électronique, parc
de machines à commandes numérique et d’impression 3D (SLS/SLA), studios confidentiels avec
marbres au sol
– Effectif total : 39 salariés, dont 5 modeleurs et 6 fraiseurs.
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au jeudi 31 janvier 2019 à 17h00.
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du Code de Commerce) ou leur projet
d’investissement en 6 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room
électronique sera autorisé après régularisation d’un engagement de confidentialité, signature du réglement, et
remise d’une présentation succinte du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 5861
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB, Me Gaël COUTURIER – Administrateurs Judiciaires Associés
Tour CB21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense – www.fhbx.eu
Fax : 01 40 97 02 33 / E-mail : marie.fur@fhbx.eu
Travaux de chaudronnerie, tôlerie aluminium, acier et inox, emboutissage
C.A. au 31/12/2016 : 3.913.337 € – C.A. au 31/12/2017 : 4.275.612 €
C.A. prévu au 31/12/2018 : 4.392.632 €
Effectif : 43 salariés dont 1 CDD
Société implantée dans le département de la Corrèze
La date limite de dépôt des offres reprise est fixée au 23 janvier 2019 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du Code de Commerce)
en 6 exemplaires (dont 1 non relié) à la SELARL FHB. L’accès à une data room électronique sera
autorisé après régularisation d’un engagement de confidentialité, la signature du réglement, et une
présentation succinte du candidat à la reprise.
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB – Me Hélène BOURBOULOUX, Administrateurs Judiciaires Associés
26 boulevard Jules Ferry – 19100 Brive-La-Gaillarde – www.fhbx.eu
Fax : 05.55.17.87.98 / E-mail : karine.couteau@fhbx.eu
(Articles L642-1 et suivants du Code de Commerce)
Redressement Judiciaire en date du 24 avril 2018
UROLOGIE NANTES – Clinique et Institut d’Urologie
PAYS DE LOIRE - SAINT HERBLAIN – Site Atlantis
Cette clinique dispose de 55 lits d’hospitalisation dont 15 en ambulatoire, d’un bloc opératoire
composé de 6 salles d’opérations, d’une salle de surveillance post interventionnelle de 10 postes.
4.732 patients y ont été hospitalisés en 2017. Elle emploie actuellement 70 salariés et réalise un
C.A. de l’ordre de 6,2 M€ sur l’exercice 2017 et un C.A. estimé à 5,9 M€ sur l’exercice 2018.
janvier 2019 à 16h00
rmace@thevenotpartners.eu / gdechateaubourg@thevenotpartners.eu (réf. : 3193)
Une data room est mise en place. L’accès à cette data room peut être obtenu
après signature d’un engagement de confidentialité.
THEVENOT PARTNERS, Me Bertrand MANIÈRE – 26 Bvd Vincent Gâche, 44200 NANTES
ENTREPRISE SPÉCIALISÉE DANS LA RÉNOVATION D’INTÉRIEUR - RHÔNE (69)
Les offres devront être soumises à la Selarl BCM, Administrateurs Judiciaires associés,
avant le lundi 21 Janvier 2019 à 14h00
Collaboratrice : Madame Anissa NEHACHE
40, rue de Bonnel – 69484 LYON CEDEX 3
Tél : 04.72.84.76.10 – Fax : 04.72.84.76.19
a.nehache@bcm-aj.com
Merci de contacter : AJ PARTENAIRES
Maîtres Bruno SAPIN, Didier LAPIERRE et Ludivine SAPIN
Mme Marine CHOSSONNERIE – 174 rue de Créqui – 69003
LYON Tél. : 04 78 60 00 30 – Télécopie : 04 78 60 70 97
Courriel : marine.chossonnerie@ajpartenaires.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS DANS LE CADRE D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Activité de l’entreprise : Distribution d’articles de puériculture et de jouets 1er âge à destination
des magasins spécialisés (enseignes) et des sites marchands
Lieu du siège social :
RHÔNE (69)
Effectif actuel :
6 salariés (outre 4 agents commerciaux)
C.A H.T. du dernier exercice clos au 30.06.18 (18 mois) : 4.128 K €
Valeur nette comptable des immobilisations du dernier exercice clos au 30.06.18 (18 mois): 794 K€
Bail (Locaux de 160 m² sur deux niveaux)
Locaux d’activité :
Loyer annuel H.T. et hors charges : 21.120 €
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES: LUNDI 11 MARS 2019 À 12H00
Mise en vente dans le cadre d’une liquidation judiciaire
des titres de participations
des éléments incorporels et corporels et notamment du bail commercial
dépendant de la liquidation judiciaire de l’association GENERIQUES
sis : 34 rue des Citeaux 75012 PARIS
Toute demande de dossier de présentation doit être effectuée auprès
de la SELAFA MJA par courriel à m.chollet@mjassocies.fr
La date limite de dépôt des offres a été fixée au :
28 janvier 2019 à 17h00
entre les mains de Maître Valérie LELOUP-THOMAS ès qualité
de Liquidateur judiciaire sise 102, rue du Faubourg Saint-Denis
75010 PARIS
MERCI D’ÉCRIRE À :
SCP THEVENOT PARTNERS, Me Jonathan EL BAZE
Accès à une data room après description succincte du candidat et signature d’un engagement de confidentialité.
Merci d’indiquer la référence du dossier : JEB/VB 3356 Résidence Du Guilvinec
E-mails : vbloch@thevenotpartners.eu / cromeo@thevenotpartners.eu
Administrateurs Judiciaires Associés
CRÉATEUR DE SOLUTIONS INTERNET (69)
Les offres devront être soumises à la Selarl BCM, Administrateurs Judiciaires associés,
avant le lundi 18 janvier 2019 à 12h00
Un dossier de présentation peut être obtenu
auprès de la Selarl BCM sur demande écrite
motivée justifiant d’une capacité financière,
industrielle ou commerciale adaptée.
ROBERT LOUIS MEYNET
Administrateur Judiciaire
Numéro
Adresse
Contenance
cadastrale
T
0158
1 RUE DU CHAMP DU FOUR
0ha04a08ca
T
0301
LA CROIX DE LA PERCHE
0ha58a60ca
T
0385
1 RUE DU CHAMP DU FOUR
1ha76a95ca
W
0018
EN MOLLE TERRE
0ha08a55ca
Collaboratrice : Madame Valérie REYBIER
40, rue de Bonnel – 69484 LYON CEDEX 3
Tél : 04.72.84.76.10 – Fax : 04.72.84.76.19
v.reybier@bcm-aj.com
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
ENTREPRISE A CEDER
Entreprise de brochage industriel, implantée en région Rhône Alpes depuis plus
de 50 ans, spécialisée dans le façonnage de brochures et de catalogues. Outil
industriel performant, équipes qualifiées. Savoir-faire reconnu. Clientèle nationale.
Activité : pliage dépliants publicitaires, agrafage de brochures, collage de
catalogues, couture de livres, encochage automatique, perçage, etc…
Clientèle : Editeurs, imprimeurs, agences de communication.
Dernier Chiffre d’affaires: 5.600.000€ – Effectif: 82 salariés qualifiés et autonomes.
Les offres de reprise doivent être déposées auprès de Me Robert Louis MEYNET au plus tard le:
Lundi 11 février 2019 à 12h00.
Robert Louis Meynet
128 rue Pierre Corneille
69003 LYON
www.etude-meynet.com
Contact : Alice CHASLOT
Tél : 04.78.14.57.67
Fax : 04.78.14.57.68
alice.chaslot@etude-meynet.fr
Cession de Fonds de Commerce suite redressement judiciaire
16-20 rue du Chevaleret - 75013 Paris
Activité : Exploitation d’une franchise FRANPRIX
Chiffre d’Affaires H.T. 2017 : 1 178 089 € - 4 salariés
Contact Société : M. BELHATTAB au 06.60.66.99.07
REPORT DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES AU
21 JANVIER 2019 À 16H00
Les offres de reprise, établies conformément aux dispositions
des articles L642-2 et suivants du code de commerce devront
être déposées au plus tard à cette date à l’étude de Maître
CHAVAUX, Administrateur Judiciaire 90 boulevard Flandrin 75116
PARIS.Le dossier de présentation est disponible après en avoir fait la
demande par courier postal ou par mail : sarahbardin@mcaj.fr
dans le cadre d’une procédure de liquidation judiciaire
de la SAS WILLIAM SAURIN, se trouvant sur la commune
de SAINT-MARCEL (71) cadastrés comme suit :
Selarl BCM - Maître Alain NIOGRET
• Activité : Située à Lyon, l’entreprise est spécialisée dans la création de sites
internet clef en main en ayant assuré la création et le développement
de deux logiciels facilitant la gestion des sites par les clients.
• Clientèle : TPE - PME
• Eléments Chiffrés : CA au 31/10/2017 : 1.047 K € / CA au 31/12/2016 : 1.537 K €
• Effectif : 4 salariés après restructuration
Cession de gré à gré
des biens immobiliers
Section
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Francisque GAY – 3 avenue de Madrid – 92200 NEUILLY/SEINE
Mails : francisque.gay@aj-rs.com / thomas.pebarthe@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de confidentialité et une présentation succinte du candidat à la reprise.
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
Entreprise spécialisée dans les services d’aide à domicile pour les
personnes âgées et/ou en situation de handicap et située à Cholet (49)
En liquidation judiciaire avec maintien provisoire de l’activité
32 salariés
Chiffre d’affaires au 31/08/2017 (12 mois) : 455 K €
Résultat d’exploitation au 31/08/2017 (12 mois) : 0 €
Pour accéder au dossier de présentation,
les candidats acquéreurs intéressés sont invités à contacter par écrit :
Maître Rousselet – Administrateur judiciaire
38 avenue Hoche – 75008 Paris – joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 25 janvier 2019, à 12h00.
SARL RESIDENCE DU GUILVINEC
ACTIVITÉ : Exploitation d’une résidence dite «services séniors» sécurisée
avec gardien et assistance située en Bretagne, dans la commune du Guilvinec
CHIFFRE D’AFFAIRES : 573 K € au 31/12/2016
565 K € au 31/12/2017
- 271 K € au 31/12/2016 - 285 K € au 31/12/2017
RÉSULTAT NET :
EFFECTIF : 12 salariés
Date limite de dépôt des offres : 31 janvier 2019 à 18h00
Selarl BCM - Maître Alain NIOGRET
• Activité : forte d’une expérience de plus de 40 ans, la société est spécialisée dans la rénovation et
l’agencement d’intérieur avec une prédominance dans la peinture et la pose de sols de tout type.
• Clientèle : la société dispense ses prestations auprès de particuliers ayant subi des sinistres ; elle est
principalement mandatée par des groupements de compagnies d’assurance, donneurs d’ordres.
• Eléments Chiffrés : CA au 31/10/2018 (10 mois) : 1.003 K € / CA au 31/12/2017 (12 mois) : 1.394 K €
• Effectif : 17 salariés
Un dossier de présentation peut être obtenu
auprès de la Selarl BCM sur demande écrite
motivée justifiant d’une capacité financière,
industrielle ou commerciale adaptée.
TOUT CANDIDAT DOIT SE MANIFESTER AUPRÈS DE :
(Art. L.642-1 et S. du Code de Commerce)
Les offres de reprise signées devront être déposées chez l’administrateur judiciaire par courriel à l’adresse suivante :
Administrateurs Judiciaires Associés
(Article L.642-2 du code de commerce)
Activité : Pharmacie
Localisation : Rueil-Malmaison (92)
Chiffre d’affaires : 2017 : 1 245 K € – 2016 : 1 361 K €
Effectif : 5 salariés
Date limite de dépôt des offres : 01/03/2019 à 12h00
RECHERCHE REPRENEUR EN PLAN DE CESSION
RECHERCHE DE REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
Date limite de dépôt des offres : 22
APPEL D’OFFRE / CESSION D’ENTREPRISE
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
DANS LE CADRE D’UNE PROCÉDURE
DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
Groupe de sociétés exploitant les activités suivantes :
ARJOWIGGINS LE BOURRAY – PRODUCTEUR DE (i) PAPIERS
GRAPHIQUES RECYCLÉS ET DE (ii) OUATE DESTINÉE
PRINCIPALEMENT AU MARCHÉ DE LA SERVIETTE
EN PAPIER À USAGE UNIQUE
En redressement judiciaire
- 267 salariés
- Chiffre d’affaires au 31/12/2017 :
- Résultat d’exploitation au 31/12/2017 :
- Exploitation d’une usine dans la Sarthe (72)
93 M €
- 1,4 M €
PRODUCTEUR DE PÂTE À PAPIER DÉSENCRÉE
DE HAUTE PROPRETÉ ET HAUTE BLANCHEUR
À PARTIR DE VIEUX PAPIERS À RECYCLER
En redressement judiciaire
- 74 salariés
- Chiffre d’affaires au 31/12/2017 :
- Résultat d’exploitation au 31/12/2017 :
- Exploitation d’une usine dans l’Aisne (02)
60 M €
0 M€
ARJOWIGGINS PAPIERS COUCHES PRODUCTEUR DE (i)
PAPIERS ET CARTONS GRAPHIQUES RECYCLÉS ET DE (ii)
PAPIERS DE SPÉCIALITÉS (PAPIERS POUR ÉTIQUETTES,
CARTES À JOUER ET IMPRESSION TEXTILE) Centre de R&D
de la branche « Graphique » du groupe de société
En redressement judiciaire
- 628 salariés
- Chiffre d’affaires au 31/12/2017 :
222 M €
- Résultat d’exploitation au 31/12/2017 :
- 3,5 M €
- Exploitation d’une usine dans la Sarthe (72)
- Siège et direction dans les Hauts-de-Seine (92)
Le groupe Arjowiggins Graphique dispose de bureaux de vente en France,
Angleterre, Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, États-Unis et Danemark
Pour accéder au dossier de présentation,
les candidats intéressés sont invités à contacter par écrit :
Maître Abitbol – Administrateur judiciaire
38 avenue Hoche – 75008 Paris – frederic.abitbol@fajr.eu
Elles devront être déposées par email aux trois adresses suivantes :
• frederic.abitbol@fajr.eu
• hcharpentier@thevenotpartners.eu
• benjamin.tamboise@fhbx.eu
Et en 10 exemplaires papier au cabinet Abitbol & Rousselet
38 Avenue Hoche, 75008 Paris
La date limite de remise des offres est fixée au
4 février 2019 à midi.
Cession de gré à gré
du bâtiment à usage industrie
Cession de gré à gré
d’un bien immobilier
dans le cadre d’une procédure de liquidation judiciaire
dans le cadre d’une procédure
de liquidation judiciaire
de la FINANCIERE TURENNE LAFAYETTE
sur la Commune de LIMOGES (87)
15, rue Sismondi cadastré de la manière suivante :
de la SAS PAUL PREDAULT
sur la commune de VALLANGOUJARD (95)
56, rue des Marines
Les parcelles sont référencées au cadastre comme suit :
Section Numéro
TN
32
Adresse
Contenance
cadastrale
Rue Sismondi
00ha52a85ca
La superficie totale de terrain est d’environ 24 820m²
La date limite de dépôt des offres a été fixée au :
mardi 29 janvier 2019 à 12h00
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complémentaires, contactez :
laure.sanchez-sepval@btsg.eu
pauline.rouquette@btsg.eu
j.mirouze@mjassocies.fr
laure.sanchez-sepval@btsg.eu
pauline.rouquette@btsg.eu
j.mirouze@mjassocies.fr
000 AC 102 / 000 AC 109 / 000 AC 180 / 000 AC 263 / 000
AC 108 / 000 AC 182 / 000 AC 292 / 000 AC 100 / 000 AC
110 / 000 AC 191 / 000 AC 91 / 000 AC 99 / 000 AC 101 /
000 AC 192 / 000 AC 107.
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mardi 29 janvier 2019 à 12h00
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complémentaires, contactez :
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FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
Les banques françaises ont
du mal à maîtriser leurs coûts
BANQUE
Entre des coûts
difficiles à contenir
et des revenus sous
pression, les banques
françaises souffrent.
Les entreprises
signalent moins
de problèmes
avec leurs banques
BANQUE
L’impact du mouvement des « gilets
jaunes » sur la santé
financière des
sociétés se mesurera dans les prochaines semaines.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
C’est l’un des talons d’Achille des
banques françaises : leurs coûts de
fonctionnement élevés. Le ratio rapportant les coûts aux revenus se
maintient à 68 %, un niveau dix
points supérieurs à la moyenne
européenne, a pointé jeudi l’agence
de notation S&P Global Ratings. Et
cette situation présente « peu de
perspectives d’amélioration », avertit
l’agence.
Les grands acteurs de la finance se
sont pourtant engagés dans d’ambitieux plans d’économies. Mais « les
évolutions rapides de la réglementation, comme la transformation digitale du secteur, requièrent de tels
investissements que les banques ne
peuvent pas pleinement bénéficier des
plans de réduction des dépenses »,
souligne Nicolas Malaterre, responsable banques françaises chez S&P
Global Ratings.
Le plan stratégique de BNP Paribas ne promettait ainsi qu’une « stabilité globale de ses coûts opérationnels » entre 2016 et 2020. Sur cette
même période, la Société Générale
s’engageait à une hausse de ses coûts
opérationnels de 1,2 %, hors éléments exceptionnels. A ces coûts difficiles à contenir s’ajoutent des revenus sous pression. Cela vaut d’abord
pour les activités de crédit : avec un
environnement de taux faible,
chaque prêt génère peu de revenus
sur la durée du remboursement.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Résultat : les bilans des banques se
trouvent durablement gorgés de
prêts peu rémunérateurs.
Maltraitées en Bourse
La situation n’est pas plus simple
pour les activités générant des commissions, comme l’assurance et la
gestion d’actifs, en raison d’une
forte concurrence et d’une transparence accrue sur les tarifs. Or ce
modèle de banque universelle
propre à la France « suppose une
structure de coût différente que celle
d’un “simple acteur” bancaire »,
explique Pierre Gautier, responsable banques européennes chez S&P
Global Ratings. Facteur aggravant,
ajoute-t-il : la densité des réseaux
bancaires est plus importante en
France, ce qui peut se justifier, étant
donné la dimension du pays.
Cette spécificité se traduit dans le
parcours boursier de ces établisse-
ments avec un ratio « price to
book » (qui rapporte le cours de
Bourse à la valeur comptable de
l’entreprise) de 0,44. En d’autres
termes, les banques françaises
cotées ne valent même pas la
valeur de leurs actifs nets. Seules
les allemandes, italiennes et grecques font pire.
(
Lire « Crible »
Page 40
Taux négatifs : un manque à gagner de 20 milliards
d’euros pour les établissements européens
Si un sujet fâche les banques allemandes,
c’est celui des taux d’intérêt négatifs
de la Banque centrale européenne.
« Ils ont représenté un manque à gagner
de 20 milliards d’euros depuis 2014 pour
les établissements du Vieux Continent alors
que, en parallèle, les dépôts des banques
APPEL D’OFFRE A REPRENEURS
POUR CESSION D’ENTREPRISE
Société intervenant dans le gardiennage et la sécurité
Effectif actuel 53 salariés
Chiffre d’affaires 2017 : 3.024 K€
Les offres, libellées conformément aux termes des articles L 642-1 du Code
de Commerce, devront être déposées chez l’administrateur judiciaire en 8
exemplaires au plus tard le 4 février 2019 à 16 heures 00.
Un dossier de présentation de la société sera accessible aux candidats manifestant leur intérêt par écrit, et sous engagement de confidentialité, auprès de :
SELARL BLERIOT & ASSOCIES, ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE
Maître Philippe BLERIOT –26, Chemin de la Madeleine – 93000 BOBIGNY
Téléphone : 01.48.96.21.90 – Fax : 01.48.96.21.92
Aj93@bleriot.fr
détenus par une société ayant pour activité :
Gestion et exploitation de centrales solaires photovoltaïques
5 place du Général Catroux – 75017 PARIS
Société
EVDF 2
JASMIN
MAIA
ENERGIE
CASSIOPEE
ENERGIE
PHOENIX
ENERGIE
% de
titres
détenus
100
100
100
100
100
100
RCS
Domiciliation
Activité
Paris
5 pl. du Gal Catroux,
75017 Paris
Acquisition, exploitation et
gestion de centrales solaires
photovaoltaïques.
Prise de particpation
289 805
Toulouse
70 rue du Maquis
de Payolle,
65000 Tarbes
Achat, vente, construction,
installation et exploitation de
centrales photovoltaïques,
production d’énergie,
réalisation d’études
et de recherches.
751
Tarbes
70 rue du Maquis
de Payolle,
65000 Tarbes
Achat, vente, construction,
installation et exploitation de
centrales photovoltaïques,
production d’énergie,
réalisation d’études
et de recherches.
N.C.
Tarbes
70 rue du Maquis
de Payolle,
65000 Tarbes
Achat, vente, construction,
installation et exploitation de
centrales photovoltaïques,
production d’énergie,
réalisation d’études
et de recherches.
N.C.
Tarbes
70 rue du Maquis
de Payolle,
65000 Tarbes
Achat Vente construction
installation et exploitation de
centrales photovoltaïques,
Production d’énergie,
réalisation d’études et de
recherches
N.C.
70 rue du Maquis
de Payolle,
65000 Tarbes
Achat, vente, construction,
installation et exploitation de
centrales photovoltaïques,
production d’énergie,
réalisation d’études
et de recherches.
Tarbes
Du 14 au 25 janvier 2019 votez pour élire le meilleur retournement
d’entreprise 2019 sur https://solutions.lesechos.fr ou www.are.fr
SOLAR
HOUSE
HOLDINGS
20
Paris
6 av. du Coq,
75009 Paris
Activités des sociétés
Holdings. Détenant 100 %
des sociétés SOLAR
HOUSE1, SOLAR HOUSE2,
SOLAR HOUSE3,
exerçant toute l’activité
d’installation de panneaux
photovoltaïques, l’achat,
la location, la maintenance et
l’exploitation de ces
panneaux, la production et la
vente de l’électricité produite.
Risque accru de faillite
En dépit de la bonne volonté
affichée par les établissements
de crédit, « il y a un risque d’augmentation de faillites » pour les
entreprises qui étaient déjà en
difficulté avant le mouvement,
estime le médiateur. Le nombre
de défaillances a baissé depuis
2016, mais il était déjà reparti à
la hausse cet été, selon les données de la Banque de France.
Pour éviter aux entreprises
d’avoir à mettre la clef sous la
porte, la médiation du crédit
recommande de faire appel à
ses services, le plus tôt possible.
Afin d’orienter les sociétés au
bon moment, elle mise notamment sur le réseau d’accompagnement des TPE qu’elle a mis
en place avec la Banque de
France à la fin de 2016. Pour
l’heure, celui-ci n’a pas ressenti
d’effet « gilets jaunes », sauf à La
Réunion. n
RECHERCHE REPRENEUR OU PARTENAIRE POUR LA
SOCIETE BMP / Spécialisée dans la chaudronnerie plastique
et les matériaux composites à BRETTEVILLE SUR ODON
(14760) – ZAC de la Grande Plaine – 1 rue des Entrepreneurs.
À VENDRE TITRES DE PARTICIPATIONS
GALINA
ENERGIE
remettra le prix du meilleur retournement
d’entreprise le 28 janvier 2019 à Paris
américaines auprès de la Fed leurs ont
rapporté 80 milliards d’euros. Cela fait
une différence de 100 milliards », a regretté
jeudi Christian Ossig, directeur général
de l’Association des banques privées
allemandes (BDB), à l’occasion d’un point
presse.
Le contraste est frappant et
donne une idée du chemin parcouru par les entreprises
depuis l’éclatement de la crise
financière. Dix ans après sa
création, le service public d’aide
aux entreprises rencontrant
des difficultés avec leurs banques a reçu près de 8 fois moins
de demandes que lors de sa première année d’existence.
En 2018, la médiation du crédit a reçu 2.009 demandes
d’aide, a indiqué le médiateur
national du crédit, Frédéric Visnovsky, jeudi, à l’occasion d’une
conférence de presse. Ce chiffre
correspond à une baisse de près
de 13 % des saisines par rapport
à 2017. Il confirme le recul des
demandes de médiation enregistré, sur fond d’amélioration
de l’activité économique et de la
santé financière des entreprises.
Même si le mouvement des
« gilets jaunes » a perturbé l’activité de nombreuses entreprises,
« nous avons un mois de décembre qui est normal », a expliqué
Frédéric Visnovsky. « Nous espérons ne pas avoir d’augmentation
des dossiers de médiation, mais
c’est sur les chiffres de janvier et de
février qu’on verra s’il y a une
évolution », a poursuivi le responsable. « Normalement, il n’y
a p a s d e ra i s o n q u ’ i l y a i t
d’augmentation [des saisines]
puisque les banques sont supposées jouer leur rôle », remarque
Frédéric Visnovsky. Poussées
par Bercy et l’Elysée à faire des
efforts face aux conséquences
du mouvement des « gilets jaunes », les banques se sont engagées en fin d’année dernière à
« examiner avec bienveillance, et
au cas par cas, les situations des
artisans, des commerçants et des
entreprises, impactées dans leurs
activités, et à rechercher des solutions appropriées ».
C.A. 2017 (€)
Effectif : 15 – CA H.T. 2017 : 1.399 K € – Locaux : baux commerciaux
DEMANDE D’ACCÈS AU DOSSIER D’INFORMATIONS DE L’ENTREPRISE :
caen@aj-trajectoire.fr contre remise d’un engagement de confidentialité,
justificatifs d’identité et note de présentation.
VISITE DE L’ENTREPRISE : Contacter M. Jacques ZANGERLE, dirigeant,
Tél. : 02.50.10.10.85 – Port. : 06.18.71.63.23 – Mail : jzangerle@bmp14.fr
Dépôt des offres au plus tard le vendredi 15 février 2019 à 16h
auprès de la SELARL TRAJECTOIRE – Me Anne-Claude ELLERT, Administrateur
Judiciaire, Résidence Duc Guillaume - 8, place Gardin - 14000 CAEN
RECHERCHE D’UN CANDIDAT POUR CESSION
D’ENTREPRISE DANS LE CADRE D’UNE LIQUIDATION
JUDICIAIRE AVEC POURSUITE D’ACTIVITÉ
(Article L.642-2 et suivants du Code de Commerce)
Activité : Réalisation de Travaux de Bâtiment dits « d’accès difficile »
dans le cadre de la rénovation ou de l’entretien de constructions
et Activité d’Expertise en matière de « toitures industrielles »
Lieu d’activité : Siège social à Rivesaltes – Pyrénées Orientales (66)
Année de création: 2002 – Site internet : www.etairmed.fr
CA des 2 derniers exercices: Du 01/07/15 au 31/12/16 (18 mois) : 9.117.451 €
Du 01/01/17 au 31/12/17 (12 mois) : 7.284.899 €
Nombre de salariés : 52 salariés en CDI
Date limite de remise des dépôt des offres: Mercredi 06 février 2019
Pour davantage de précisions, merci de contacter l’étude de
Me Éric SAMSON, administrateur judiciaire :
N.C.
SELARL ESAJ – 9 rue Camille Desmoulins CS 60013 66026 PERPIGNAN CEDEX
Tél. : 04 68 51 31 86 – E-mail : contact@esaj.eu
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
OU INVESTISSEURS DANS LE CADRE
D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
N.C.
Activité : Importation et distribution de chaussures
CA exercice 2016 (12 mois) : 1 M €
Personnel : 2 salariés
Date limite de dépôt des offres :
vendredi 25 janvier 2019 à 17h
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Pour tout renseignement : SELARL François LEGRAND
Mandataire Judiciaire - Inscrit sur la liste nationale
3 rue Brauhauban, BP 346 – 65003 Tarbes Cedex
Tél. : 05 62 34 78 06 – Fax : 05 62 34 34 50 – Mail : francois.legrand@mjdp.fr
Descriptif sur le site www.mjdp.fr
Dans le cadre d’une reprise, l’Administrateur Judiciaire invite
les candidats intéressés à prendre contact avec l’étude de Maître HOUPLAIN
46, Promenade Jean Rostand – 93 011 BOBIGNY Cedex
Tél. : 01 48 30 29 29 – Fax. : 01 48 30 00 33 – contact@etude-houplain.fr
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34 // FINANCE & MARCHES
euronext
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
SÉANCE DU 10 - 01 - 2019
CAC 40 : 4805,66 (-0,16 %) NEXT 20 : 10758,03 (0,32 %)
CAC LARGE 60 : 5340,21 (-0,12 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3761,58 (-0,07 %)
DATE DE PROROGATION : 28 JANVIER
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
02/05/18 1,7
CAP-GEMINI (CAP) R
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
37,55
793470
290.969.205
104,2
781718
428.341.474
89
1321653
776.469.994
19,334
3666519
1.021.903.623
72,98
473569
106.884.219
19,25
5091013
2.424.908.275
40,4
3393318
1.249.798.561
30,01
835731
371.977.875
89,9
696906
167.293.730
15,78
2626631
789.252.839
9,709
5354884
2.866.437.156
61,49
1433359
685.055.200
105,8
361054
261.541.129
13,12
7369770
2.435.285.011
111,75
640568
426.777.218
489
66099
105.569.412
404,4
331161
126.279.322
259,5
666326
505.028.789
50,88
603354
267.471.813
195,9
442103
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
37,65
37,86
37,34
104
104,4
103,15
89,61
89,7
87,87
19,406
19,436
19,032
74,58
75,12
72,3
19,508
19,56
19,164
41,215
41,35
40,355
30,43
30,51
29,76
90,9
90,9
89,34
15,81
15,83
15,49
9,882
9,882
9,631
61,76
61,8
61,17
107,45
107,45
105,4
13,465
13,47
13,075
112,1
112,2
111,25
489,9
490,6
484,1
405,4
409,7
402,9
259,15
261,1
257,65
51,14
51,14
50,5
198,15
198,15
195,05
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,29
+ 2,48
- 16,59
- 1,09
- 1,28
- 4,19
- 0,08
+ 2,42
- 0,73
- 1,15
+ 4,5
- 34,94
+ 1,5
+12,15
- 40,38
+ 0,84
+ 0,76
- 26,06
+ 1,08
+ 2,02
- 37,96
+ 1,13
- 5,14
- 32,12
+ 0,11
- 3,3
- 12,72
- 0,25
+ 7,77
- 10,04
+ 0,85
- 0,08
- 34,82
+ 0,33
- 1,92
- 10,54
+ 1,23
+ 3,87
+ 18,39
+ 1,74
+12,3
- 8,09
+ 0,36
+ 2,56
+ 0,31
- 0,27
+ 3,73
+ 8,94
- 3,5
+ 4,14
+ 5,73
- 0,92
+ 6,54
+ 7,09
- 0,08
+ 2,79
- 22,14
+ 0,56
- 4,04
+ 6,02
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 1,46
38,05
36
2,79
- 4,1
107,95
103,15
2,55
+ 6,73
3,4
90,54 26,39
77,5
1,67
+ 6,98
20,15
17,056
+ 4,34
75,12
67,5
2,28
+ 3,45
19,56
18,428 6,46
+ 4,41
41,365
38,135
7,33
- 2,9
31,21
29,76
5,59
+ 4,72
91,4
79,8
1,87
+ 6,04
15,995
14,485 2,91
+ 4,79
9,979
9,095 6,38
+ 0,41
62,07
60,2
3,08
+ 3,62
107,45
96,02
0,54
+ 7,5
1,21
13,47
11,17
12,17
2,75
+ 1,49
112,3
108,95
1,37
+ 1,05
498
462,4
1,55
- 1,51
429,8
380,7
0,99
+ 0,37
266,2
243,65
0,77
+ 3,73
51,18
47,91
2,46
- 1,52
201,2
195,05
1,79
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
89,24
457678
179.750.453
13,7
8029226
2.660.056.599
137,45
469305
265.421.592
19,595
2446236
904.828.213
52,82
537367
235.249.801
56,33
925881
295.722.284
105,85
959499
409.116.893
30,04
1759987
546.585.004
73,89
1656295
1.252.219.053
59,78
1235794
579.138.192
28,32
3522911
807.917.739
93,7
451603
147.454.887
11,935
3111928
911.156.920
19,875
1509118
450.480.680
47,8
6105664
2.640.602.007
142,4
518565
138.286.626
27,21
1770863
240.253.100
17,975
1464645
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72,58
961147
597.489.393
21,84
3650388
1.305.804.297
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
89,22
89,64
88,46
13,57
13,815
13,535
138,5
138,5
136,6
20,07
20,07
19,395
52,78
52,94
52,2
56,61
56,69
55,76
105,6
106,05
103,55
29,6
30,045
29,355
74,18
74,38
73,57
59,92
59,96
59,18
28,78
28,835
28,18
93,74
94,62
91,38
12,17
12,23
11,78
19,79
19,94
19,55
47,6
47,915
47,1
143,28
144,02
142,4
27,09
27,21
26,66
18,25
18,27
17,975
73,08
73,18
72,3
21,78
22,1
21,59
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,07
+ 4,77
- 30,76
- 1,17
- 6,38
- 5,96
+ 0,18
+ 0,76
+ 5,04
+ 1,39
+16,69
+ 12,12
- 0,45
+ 9,37
- 5,34
- 0,05
+ 2,41
- 35,74
- 2,18
+ 2,97
+ 17,88
- 0,8
+ 0,17
- 38,56
+ 0,07
- 3,55
+ 1,15
- 0,4
- 1,87
- 18,76
+ 0,97
- 2,52
- 37,61
+ 2,45
+ 5,9
- 15,05
+ 1,33
+ 4,51
- 37,88
- 1,25
+ 8,38
- 28,04
- 0,48
+ 0,55
- 1,14
- 0,04
+ 0,14
- 2,45
+11,71
- 58,75
+ 0,83
+ 3,72
- 12,89
+ 0,25
+ 1,98
- 16,56
+ 0,28
+ 4,06
- 12,32
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 2,91
90,34
83,74
3,98
- 4,13
14,34
13,535
2,21
- 3,35
142,3
136,6
0,98
+ 7,64
20,27
17,87
2,64
+ 5,39
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48,7
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+ 3,78
57,44
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+ 0,19
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101,1
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+ 1,49
30,165
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- 1,96
75,68
72,75
4,09
+ 0,33
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+ 3,45
29,01
26,88
7,64
+ 4,74
94,62
86,78
2,93
- 2,52
0,23
12,23 53,55
10,635 0,43
+ 12,12
20,47
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+ 3,07
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44,775
1,35
+ 5,82
144,1
130,18
+ 6,19
28,41
23,5
4,61
+ 1,64
18,27
17,51
4,6
+ 1,47
73,84
70,2
1,03
+ 2,35
22,1
20,8
2,07
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
AB SCIENCE (AB) g
OUV
VOL.
NB TITRES
B 3,83
31747
40.789.901
B 6,2
46448
27/11/18 0,2 58.512.053
B 10,64
16068
10.024.182
C
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0004040608
ABIVAX (ABVX) g
FR0012333284
ACANTHE DEV. (ACAN) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
3,946
3,96
3,776
6,21
6,27
6,16
10,7
11,1
10,64
C 0,67
3333453
393.613.788
A 18,65
276303
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,97
352456
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
COLAS (RE)
A 135,6
179
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
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FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 24,7
548
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1200
6294
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 105,8
361054
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 13,05
767515
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,224
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FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 94,3
10329
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
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C 5,06
768
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
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EX-DS 7/03/17
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06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
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330687
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
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2,83
16901
FR0011466069
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672541
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
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A 15,1
399625
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.927.545
EOS IMAGING (EOSI)
C 2,96
4055
FR0011191766
26.237.907
ERAMET (ERA) Gg
A 63,65
77566
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 6,63
10988
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 28
2291
FR0004110310
6.017.892
EURAZEO (RF) G
A 63,25
112086
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,04
12210
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 353
26599
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 8,29
289173
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 18,25
871182
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 71,6
221
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 36
1040987
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 84
7266
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 12,16
33406
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 800
52
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 55,9
97628
FR0011476928
26.792.938
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 60
155
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 318
20
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
B 1,13
N/P REGR.
17037
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,113
698276
FR0000079634
01/10/01 0,1 163.325.030
GECINA (GFC) G
A 119,1
156461
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
GEMALTO (GTO) L
A 50,72
350046
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 18,54
182576
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 2,98
358036
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,25
76751
FR0011790542
79.347.621
GETLINK (GET) LR
A 11,8
1470120
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 18
31552
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
08/02/18 0,3 147.125.260
C 3,55
3,465
55571
3,61
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,415
ADOCIA (ADOC) g
B 16,5
16,18
15619
16,5
FR0011184241
6.916.753
15,7
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 163,1
168,2
78257
168,2
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
162,8
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 9,322
9,038
4475484
9,49
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
9
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 46,55
46,55
23695
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FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
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AKWEL (AKW) g
B 17,08
16,74
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17,1
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
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ALD (ALD)
A 11,31
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FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
11,2
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 24
24,45
9336
24,45
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
23,8
ALSTOM (ALO) LR
A 34,62
34,51
879721
34,71
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.256.020
34,05
ALTAREA (ALTA) g
A 170
167,6
1627
170
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
167
ALTEN (ATE) G
A 78
77,15
61632
78
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
76,6
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,665
7,74
983748
7,86
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,475
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
2,91
3
58802
3,04
FR0012789667
47.804.841
2,89
AMUNDI (AMUN) G
A 48,4
49,08
EX-DS 15/03/17
109688
49,2
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
48,1
APRIL GROUP (APR)
B 20,4
20,4
35058
20,5
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
20,4
ARCHOS (JXR) g
C 0,346
0,339
347072
0,346
FR0000182479
57.851.743
0,334
ARKEMA (AKE) L
A 82,96
82,6
243112
82,96
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
81,48
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 14,34
14,38
3845
14,4
FR0000074783
6.651.515
14,1
ASSYSTEM (ASY) g
B 26,8
26,8
OPA 24/11/17
4657
26,8
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
26,3
ATARI (ATA)
C 0,35
0,362
1233030
0,362
FR0010478248
255.105.360
0,342
AUBAY (AUB) g
C 29,5
29,6
12229
30,1
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.136.796
29,4
AUREA (AURE)
C 5,8
5,72
4255
5,8
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,7
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,147
0,148
74073
0,154
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,147
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 12,44
12,3
3723
12,72
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
12,3
BÉNÉTEAU (BEN)
A 12,4
12,7
93234
12,7
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
12,34
BIC (BB) G
A 89,2
86,7
154783
89,2
FR0000120966
28/05/18 3,45 45.988.387
85,35
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,46
9,54
65527
9,6
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
9,13
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 58,4
59
78872
59,1
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
58
BOIRON (BOI) g
A 53,4
54,1
7635
54,1
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31/05/18 1,6 17.565.560
53
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,612
3,65
1176512
3,65
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,608
BONDUELLE (BON) g
B 31
30,85
9032
31,1
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.281.118
30,85
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 18,155
18,625
1108222
18,65
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
18,1
BURELLE SA (BUR)
A 880
890
40
900
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
880
CARMILA (CARM)
C 16,1
16,1
23490
16,18
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
16,02
CASINO (CO) LR
A 36,04
36
477724
36,04
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
35,5
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,775
2,86
232772
2,87
FR0010193052
30.514.178
2,66
CGG (CGG) G
C 1,442
1,505
9374532
1,528
FR0013181864
709.944.398
1,406
CHARGEURS (CRI) g
C 18,8
18,83
38186
18,99
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
18,47
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 349,9
349
EX D OP 08/06/17
22850
351,5
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
346,8
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/101218
FR0000064602
ACTIA GROUP (ATI) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 0,15 + 13,78
+ 8,59
4,128
- 62,06
3,378
+ 2,14
+ 3,85
6,27
- 6,19
5,98
+ 0,38 - 9,63
+ 4,49 12,8
+ 14,81 10,6
- 1,16 + 2,82
- 6,59
0,52
- 39
0,491
- 0,86 + 2,51
+11,06
3,61
- 55,06
3,24
- 2,18
+41,68 17,08
- 2,76 15,2
+ 3,25 + 1,63
+ 4,47 171,3
+ 2,81 159,1
- 3,75 - 4,66
+ 0,98
9,78
- 34,03
9
- 0,75 + 5,32
- 1,06 48,2
- 7,09 42,1
- 2,67 + 3,98
+ 5,95 17,6
- 51,27 15,3
+ 0,97 + 9,81
+ 3,91
11,43
- 19,06 10,1
+ 2,73 - 1,01
+ 6,3
24,6
- 30,93 22,55
- 1,09 - 2,15
- 6,98 35,6
- 4,14 33,4
- 1,3 + 1,09
- 2,78 175,4
- 19,81 163,4
- 1,09 + 6,12
+ 1,18 78,75
+ 0,26 70,25
+ 0,26 + 10,49
+15,18
7,86
- 41,34
6,51
+ 2,74 + 9,09
+18,58
3,04
- 24,62
2,75
+ 0,47 + 6,33
+ 4,03 49,42
- 33,22 44,59
+ 2,26
+25,54 20,5
+ 35,1
19,95
- 0,15 - 7,26
+ 8,49
0,397
- 53,03
0,333
- 0,55 + 10,19
+ 8,12 83,8
- 20,5
72,88
- 0,69 + 0,14
+32,17
15,04
- 17,55 13,1
+ 1,13 - 0,92
- 3,42 27,3
- 12,85 25,75
+ 1,83 + 6,31
+22,71
0,386
- 17,73
0,32
+ 0,34 + 5,15
+ 0,85 30,4
- 12,94 25,8
- 2,06 + 4
- 4,67
6,08
- 30,41
5,18
- 2,96 - 4,22
-15,23
0,16
- 44,76
0,146
- 1,6 - 0,97
+ 5,13
12,8
- 45,81
11,9
+ 1,12 + 10,63
+ 9,67 12,82
- 43,18
10,72
- 3,34 - 2,75
- 0,91 90,9
- 8,54 85,35
- 0,11 + 19,1
+ 3,25
9,6
- 33,29
7,8
+ 0,68 + 2,61
- 3,28 59,4
- 25,79 53,1
+ 1,31 + 10,52
+10,3
54,3
- 29,56 47,5
+ 0,33 + 4,29
+ 2,47
3,694
- 23
3,412
- 0,32 + 8,63
+ 2,83 31,45
- 32,79 28,2
+ 2,08 + 4,66
+ 3,39 18,65
- 21,28 16,99
- 0,89 + 11,81
+10,97 900
- 32,06 730
- 0,37
- 4,39 16,32
- 32,35 15,76
+ 0,36 - 0,94
+ 1,44 36,81
- 29,47 34,01
+ 1,42 + 24,35
+21,44
2,87
- 14,73
2,115
+ 2,59 + 30,19
+39,61
1,53
- 20,32
1,081
+ 1,29 + 12,08
+25,7
18,99
- 30,57 16,18
- 0,17 + 4,52
+ 7,45 354,6
+ 15,75 323,9
CLARANOVA (CLA) g
0,97
- 25,33
3,21
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,22
3,46
0,42
1,5
1,79
4,82
2,05
1,01
1,3
3,1
5,09
1,32
2,79
3,73
0,91
2,62
1,63
1,97
3,98
1,05
0,58
2,96
0,55
1,62
3,01
1,8
4,33
1,59
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,665
0,679
0,645
18,98
18,98
18,62
8,06
8,09
7,77
136,4
136,4
135,2
84,25
84,9
83,95
24,4
24,8
24,4
1226
1226
1189
107,45
107,45
105,4
14,13
14,28
13
4,206
4,224
3,94
95,6
96,8
91,3
5,08
5,08
4,95
35,47
35,48
34,55
13,895
13,975
13,745
74,68
74,72
73,2
2,83
2,925
2,825
12,61
13,37
12,61
14,93
15,2
14,76
2,97
2,985
2,95
62,6
63,8
62,15
6,635
6,715
6,61
28
28,7
27,95
64,05
64,25
63
3,18
3,18
3
354,4
357,4
349,2
8,3
8,39
8,2
18,045
18,68
17,89
74,8
74,8
71,6
35,09
36
34,4
83,6
84,1
82,7
12,74
12,84
12,04
790
800
788
58,5
59
55
59,8
60
59,8
316
318
316
1,135
1,135
1,13
0,112
0,116
0,111
118,6
119,5
117,1
50,68
50,76
50,64
18,15
18,55
18,06
2,95
3,14
2,82
1,21
1,25
1,21
11,865
11,945
11,71
18,18
18,22
17,5
- 1,34
+10,01
- 0,75
+ 1,5
+ 0,42
- 6,87
+ 0,75
+ 6,61
- 16,04
+ 0,74
+ 1,49
- 26,11
- 0,41
- 1,12
- 7,42
- 1,22
- 3,56
- 15,28
+ 1,91
- 0,89
- 9,65
+ 1,23
+ 3,87
+ 18,39
+ 6,48
-41,17
- 68,33
- 0,57
+20,93
- 47,09
+ 2,25
+12,87
+ 19,5
+ 2,83
- 21,6
+ 1,93
+13,58
+ 43,95
+ 0,94
+ 3,69
+ 32,46
+ 1,22
+ 0,11
- 20,96
- 1,05
+10,76
- 43,29
- 6,59
+ 5,97
- 28,51
- 1,06
+ 0,61
- 35,7
+ 0,51
-15,14
- 39,94
- 2,03
+28,28
- 42,52
+ 0,23
+ 4,32
- 64,78
- 2,61
- 3,95
- 38,53
+ 1,03
+ 3,14
- 18,13
+ 5,65
+16,48
- 7,02
+ 0,17
+ 9,59
- 33,13
- 0,66
+ 5,73
- 24,82
+ 1,09
+ 2,82
- 3,17
+ 3,6
+ 3,6
- 39,68
- 5,7
+16,38
- 50,24
- 1,65
+ 3,21
- 18,36
+ 5,81
+14,36
- 33,99
- 0,5
+ 7,92
- 25,12
- 0,26
+14,71
- 43,86
- 0,33
- 5,38
+ 3,1
- 0,63
+ 8,22
- 36,8
+ 0,44
+ 0,44
+ 0,44
- 1,32
- 0,88
- 40,11
+ 1,02
- 3,26
- 23,48
- 0,08
+ 0,32
+ 2,22
- 1,63
-13,16
- 27,11
- 1,34
-21,75
- 51,95
- 0,98
+28,45
- 30,3
+ 0,25
+ 8,46
+ 7,28
+ 2,71
+10,99
- 30,35
+ 7,43
0,7
0,563
+ 2,48
19,18
17,92
+ 1,64
8,37
7,73
- 2,57
139,8
135,2
+ 0,06
86,35
81,95
+ 0,41
24,8
23,5
+ 1,32
1237
1168
+ 3,62
107,45
96,02
+ 33,18
14,97
10,35
+ 5,2
4,298
3,812
+ 15,88
96,8
76,5
+ 14,67
5,18
4,63
+ 10,46
35,48
31,44
+ 0,69
13,975
13,55
+ 2,36
75,68
71,04
+ 6,39
3,045
2,535
- 3,45
13,74
12,52
+ 2,61
15,41
13,99
- 12,26
3,46
2,87
+ 3,73
65,45
55,4
+ 6,16
6,795
6,02
+ 0,9
28,75
26,2
+ 3,64
64,25
60,55
+ 14,8
3,18
2,69
+ 8,71
361,2
313,2
+ 5,53
8,395
7,53
+ 4,88
18,68
16,99
+ 10
74,8
65
+ 6,11
38,84
30,12
+ 4,24
86,1
78,1
+ 15,82
12,84
10,24
- 0,75
802
764
+ 2,45
62,25
55
- 1,64
60
57,8
+ 8,22
318
286
+ 0,44
1,14
1,13
+ 10,89
0,124
0,101
+ 4,96
119,5
110,3
+ 0,04
50,76
50,64
+ 4,61
19,18
16,55
- 11,41
3,79
2,82
+ 19,09
1,288
0,98
+ 1,15
12,105
11,615
+ 5,57
18,22
15,92
4,43
4,22
6,01
1,25
0,54
3,33
0,94
27,56
1,08
2,68
3,33
2,48
3,67
1,95
4,72
0,68
1,83
7,04
2,11
3,14
2,39
0,13
2,22
4,21
12,03
2,53
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 55
55,2
2860
55,8
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
54,5
GROUPE FLO (FLO) g
B 0,21
0,21
EX D S 13/06/17
5814
0,21
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,21
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 9,95
9,95
7149
10,1
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
9,8
GROUPE LDLC (LDL) g
C 7,25
8,08
NOM.
44933
8,08
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
7,21
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
19,4
18,95
REGR.
2217
19,4
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
18,75
GTT (GTT) Gg
A 67,95
66,8
56228
68,1
66,15
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 9,45
9,45
23754
9,65
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
9,36
HIGH CO (HCO) g
C 4,8
4,69
2599
4,8
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,69
HUBWOO (HBW) g
C 0,158
0,165
1010
0,165
FR0004052561
136.345.527
0,14
ICADE (ICAD) G
A 69,1
70,1
126996
71,6
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
68,85
ID LOGISTIC (IDL) g
B 132
129,8
1237
132,8
FR0010929125
5.628.475
128,2
ILIAD (ILD) G
A 114,45
115,45
160204
117,15
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
114,3
IMERYS (NK) G
A 45,52
45,52
200121
46,74
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
45,1
INGENICO GROUP (ING) LR
A 52
52,4
246537
52,46
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
51,58
INNATE PHARMA (IPH) g
B 7,69
7,67
134362
7,69
FR0010331421
63.932.655
7,455
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,54
1,62
101042
1,638
FR0010291245
44.119.162
1,496
INTERPARFUMS (ITP) g
A 34,45
36,4
50444
36,45
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
34,15
IPSEN (IPN) G
A 116,05
117,25
54159
117,3
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
115,65
IPSOS (IPS) G
A 21,88
21,8
57003
22,22
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
21,58
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 17,42
17,14
29310
17,62
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
17
JCDECAUX (DEC) G
A 26,9
26,16
201356
26,9
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
26,04
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 36,8
35,66
35047
37
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
35,3
KLEPIERRE (LI) LR
A 27,87
27,7
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FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
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KORIAN (KORI)
A 31,9
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179540
33,72
FR0010386334
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LAFARGEHOLCIM (LHN)
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38,5
42443
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CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
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22,52
531693
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LATECOERE (LAT) g
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FR0000032278
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1461
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9854
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06/07/18 0,32 9.705.937
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LECTRA (LSS)
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31645
19,9
FR0000065484
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LINEDATA SVICES (LIN) g
B 38
38
7852
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FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
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11304
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FR0000050353
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M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 14,04
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105446
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FR0000053225
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MAISONS DU MONDE (MDM)
B 19,23
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240081
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FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
18,91
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 33,35
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4663
33,5
32
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 24,5
24,4
17006
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FR0000038606
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MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 2,7
2,86
170602
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FR0000060873
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C 2,355
2,35
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FR0010609263
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A 12,34
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1,634
13521
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A 4,28
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1,035
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A 24,88
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A 39,58
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77316
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FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
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NICOX (COX)
B 6,2
6,385
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FR0013018124
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5,935
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,62
7,6
1110
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FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
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B 9,67
9,66
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ONXEO (ONXEO) g
B 1,03
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FR0010095596
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1,02
ORPÉA (ORP) G
A 92,72
93,5
89464
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13/07/18 1,1 64.586.323
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PARROT (PARRO) g
B 3,21
3,35
127380
3,36
FR0004038263
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3,2
PHARMAGEST INT. (PHA)
58,3
58,9
6533
59,3
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 17,3
17,04
5627
17,3
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
17,04
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,768
1,72
64495
1,77
FR0011950641
21.606.363
1,68
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 22,89
22,72
445205
23,68
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
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PLASTIVALOIRE (PVL)
B 9,69
9,31
DIV 8 02/05/17
17953
9,69
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
9,3
RALLYE (RAL)
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9,13
24602
9,175
FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
9
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A 21,8
21
131
21,8
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02/12/14 1,4 75.957.095
21
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C 6,32
6,46
33744
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99,75
84488
100
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31/07/18 1,65 50.949.787
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04/07/18 0,42 303.988.899
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ROBERTET SA (CBE)
B
/061218
C.I.P.
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28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
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C.D.V. NOM.
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ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 29,7
29,15
26169
29,7
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22/05/18 0,68 77.512.776
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RUBIS (RUI)
A 49,3
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DIV 2 28/07/17
168624
49,4
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
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SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 89,55
89,65
DIV 6 10/05/16
72579
91
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
88,75
SAVENCIA (BH)
B 60,2
61,6
1418
61,8
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
60,2
SCOR (SCR) LR
A 39,3
40,98
480580
41,11
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
39,3
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 0,36 + 4,15
+ 8,88 55,8
- 28,96 48,8
7,97
- 0,95 + 7,44
- 4,34
0,212
- 23,26
0,185
+ 0,2 + 18,31
+10,43 10,1
- 41,33
8,26
+ 11,76 + 39,79
+27,24
8,08
- 61,71
5,66
- 2,57 - 5,25
- 7,56 20
- 43,6
18,75
- 1,77 - 0,52
- 1,18 69,1
1,99
+ 26,76 63,7
+ 0,64 + 7,02
+ 7,02
9,65
- 44,21
8,18
- 0,21 + 6,23
+15,66
4,8
- 7,5
4,305
2,99
+ 4,43 + 22,22
+ 4,43
0,165
+ 3,13
0,138
+ 2,11 + 5,41
+ 4,71
71,6
- 14,77 64,05
- 3,42 + 12,87
+ 5,19 135
- 5,81 112,2
+ 0,44 - 5,87
- 3,99 123,65
- 43,74 113,75
0,59
- 0,61 + 8,43
+ 4,79 46,74
- 45,78 40,6
4,56
+ 0,46 + 5,77
- 7,19 52,46
- 42,46 46,63
+ 0,46 + 3,16
- 0,07
8,08
+ 30,89
7,18
+ 6,3 + 17,73
- 0,74
1,66
- 47,74
1,302
+ 5,97 + 7,85
+4
36,45
+ 11,38 32,05
1,84
+ 0,99 + 3,9
+ 0,77 117,75
+ 11,45 107,65
0,85
- 0,82 + 6,13
+ 9,55 22,42
- 33,41 20,08
3,99
- 1,83 + 10,44
+25,29 17,96
- 41,2
15,08
4,08
- 2,82 + 6,69
+ 1,24 27,2
- 26,06 23,84
2,14
- 2,36 + 6,77
+ 8,92 37
- 11,86 32,76
- 1,07 + 2,74
- 0,61 28,23
- 22,63 26,26
+ 6,18 + 8,37
+ 5,71 33,72
+ 14,09 30,08
+ 1,77 + 7,45
4
+ 6,15 38,97
- 22,85 35,21
- 0,75 + 2,27
+ 0,18 22,8
- 14,89 21,36
5,77
- 3,15 + 5,22
+14,71
3,035
- 49,57
2,61
+ 0,46 + 8,93
+13,62 33,25
- 39,98 28,9
3,58
+ 0,21 + 10,1
+ 8,48 48,7
- 18,73 43,2
+ 3,75 + 9,46
+10,07 19,9
- 21,34 17,84
1,91
+ 20,63
+24,79 38,3
+ 2,84 31,3
3,55
+ 1,83 + 22,2
+14,38 25,5
- 39,13 20,2
1,92
- 3,09 + 8,18
+15,09 12,8
+ 66,94 10,66
+ 0,07 - 0,28
- 0,5
14,27
- 35,25 13,55
6,79
+ 10,61 + 28,55
+27,71
21,48
- 43,47 16,15
2,05
+ 3,27 + 3,43
+ 6,25 33,5
- 47,38 30
5,13
+ 0,83 + 8,93
+10,41 24,75
- 23,51 20,8
2,54
+ 6,72 + 8,75
-28,14
2,89
- 76,86
2,4
- 0,21 + 16,92
+ 6,33
2,475
- 51,45
1,984
- 1,38 + 1,59
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- 33,41
11,78
+ 1,92 + 12,77
+19,91 26,95
- 34,49 22,8
2,83
- 0,61 + 1,62
+ 0,25
1,66
- 33,31
1,594
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+ 6,57 13,82
- 12,19
11,2
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- 3,2
4,352
- 38,95
4,06
8,61
+ 0,82 + 3,59
+10,72 20
+ 18,91
18,8
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+ 7,22
1,07
- 58,73
0,94
48,08
+ 2,24 + 4,97
+ 2,57 25,67
- 50,08 23,13
2,74
+ 0,86
- 4,97 40,5
- 22,46 37,78
6,29
+ 2,16 + 27,45
+43,16
7,145
- 39,59
4,96
- 0,26 + 2,43
+ 2,15
7,7
- 16,11
7,34
1,97
+ 10,78
+12,59
9,93
- 8,7
8,58
+ 18,12
+15,99
1,045
- 45,5
0,871
+ 0,84 + 4,8
+ 0,8
94,1
- 7,47 85,8
1,18
+ 4,36 + 4,85
+ 4,36
3,36
- 63,55
3,19
+ 5,18 + 15,26
+22,07 59,3
+ 25,85 50
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+15,14
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+21,4
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+ 4,72
+25,64
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- 50,84
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+ 0,28 + 1,33
- 2,2
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44
- 5,51
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+ 10,39
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+ 4,01
41,11
37,95
2,33
3,05
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
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A 124,1
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FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,195
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FR0011352590
65.183.351
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B 22,45
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FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
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FR0013006558
34.623.503
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FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
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B 54,25
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94447
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,53
REGR.
3235392
FR0012938884
583.630.365
SOMFY (SO)
A 66,2
1792
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 87
29315
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 12,1
432528
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
17,68
21530
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.425.786
ST DUPONT (DPT) g
C 0,133
8000
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
STEF (STF) g
B 81
2189
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,469
208940
FR0010949404
26.824.657
SUEZ ENVIRONNEMENT (SEV) LR A 11,66
1862700
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,356
100172
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 32,6
4743
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 28,5
7786
FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 18,75
96284
FR0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
TECHNICOLOR (TCH) G
A 0,973
1332478
FR0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
TELEPERFORMANCE (RCF) G
A 143,8
116431
FR0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
TERREIS (TER)
B 37
177
FR0010407049
13/11/18 0,44 25.327.454
TF1 (TFI) G
A 7,11
221857
FR0000054900
30/04/18 0,35 209.912.140
THALES (HO) LR
A 102,95
198907
FR0000121329
04/12/18 0,5 213.097.001
THERMADOR GROUPE (THEP)
B 48,7
8585
FR0013333432
9.109.752
TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 20
EX D S 03/07/17
2484
FR0013230612
30/05/18 1 103.477.599
TOUAX (TOUP) g
C 4,9
2905
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
TRANSGÈNE (TNG)
B 2,92
15692
FR0005175080
62.275.923
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B 84,05
43208
FR0005691656
11/01/18 1,3 19.336.269
UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 75,52
365503
FR0000054470
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VALLOUREC (VK) G
A 1,905
7002453
FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
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14788
FR0004056851
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A 43,28
20246
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
VILMORIN & CIE (RIN) G
A 57
2666
FR0000052516
12/12/18 1,35 20.833.902
VIRBAC (VIRP) g
A 122,4
3966
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,5
654
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 28,1
15683
FR0013357621
20.196.492
WENDEL (MF) G
A 108,1
37585
FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 42,82
77574
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 4,95
57021
BE0974310428
130.781.669
XPO LOGISTICS (XPO) g
A
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
127,6
128,9
122,4
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0,26
0,195
24
24,6
21,1
2,92
2,99
2,88
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82
81,3
55,2
55,5
53,2
0,543
0,562
0,516
67,5
67,7
65,7
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87,7
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12,5
12,52
12,01
17,82
18,2
17,54
0,133
0,133
0,133
79,5
81
78,7
0,459
0,5
0,459
11,76
11,8
11,6
1,45
1,47
1,342
32,35
32,8
32,3
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28,5
27
19
19,4
18,63
0,963
0,979
0,95
143,7
143,8
140,6
37
37,1
36,9
7,105
7,17
7,04
103,6
103,7
102,05
48,7
50,6
48,4
19,7
20,1
19,7
4,9
4,9
4,83
2,935
2,945
2,9
82
84,05
80,8
77,84
77,84
74,54
1,911
1,916
1,831
3,415
3,465
3,4
43,18
43,34
42,88
56,5
57
56,2
121,8
122,4
120,8
23,7
23,7
23,4
27,1
28,85
27,1
108,9
109,3
107,5
41,9
42,82
41,5
4,795
4,95
4,725
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 1,84 + 13,12
+ 9,62 128,9
- 23,59 107
+ 5,19 + 9,05
- 2,62
0,26
- 70,35
0,195
+ 6,9 + 32,01
+33,33 24,6
- 19,87 16,84
- 1,52 + 21,16
+19,18
3,055
- 54,91
2,37
+ 0,12 + 0,12
- 0,61 82
- 5,9
81
+ 0,09 + 9,09
+11,07 56,1
- 13,48 48,6
+ 2,74 + 7,85
+ 2,45
0,562
- 43,02
0,473
+ 2,27 + 7,14
+ 9,05 67,7
- 19,83 61,7
- 0,23 + 8,12
+ 4,56 88,7
- 47,06 78,1
2,75
+ 3,22 + 7,85
+15,31
12,52
- 43,54 10,99
3,2
+ 0,68 + 8,13
+11,93 18,2
- 51,55 15,5
+ 2,32 + 5,58
+ 0,38
0,135
- 14,52
0,125
- 1,85 + 3,25
+ 6,71
81
- 18,13 75
3,08
- 1,82 + 5,65
- 6,43
0,5
- 74,02
0,416
+ 0,47 + 1,99
- 4,62
11,845
- 16,6
11,29
5,53
+ 6,93 + 6,62
+ 7,73
1,47
- 24,79
1,296
+ 0,62 + 11,55
+14,31 32,8
- 1,97 28,35
11,13
- 1,41 + 14,31
+18,68 29,5
- 39,7
22,6
2,86
+ 0,64 + 8,45
+ 1,39 19,4
- 43,15
16,96
3,16
+ 0,1 + 0,94
-11,81
1
- 69,56
0,87
- 0,83 + 2,94
+ 3,31 147
+ 12,97 133,7
1,29
+ 2,78
+ 3,35 37,1
- 17,59 35,4
- 0,28 + 0,35
- 0,35
7,215
- 42,14
6,7
4,93
+ 0,19 + 1,57
+ 1,47 105,2
+ 14,02 98,96
0,48
+ 2,1 + 9,44
+12,99 50,6
- 19,5
43
- 1,5 + 0,25
- 6,19 20,7
- 10,05 19
5,08
+ 0,41 + 0,41
- 9,59
4,95
- 58,82
4,69
+ 0,51 + 7,51
+ 0,51
3,01
- 2
2,695
- 3,36 + 1,67
+ 3,21 86,1
- 48,23 70,65
1,59
+ 2,15 + 10,44
+14,44 78
+ 11,23 65,8
- 0,99 + 17,53
+ 5,55
1,966
- 66,95
1,554
- 0,44 + 7,73
- 0,15
3,465
+ 7,9
3,1
- 0,14 + 4,15
+ 8,38 43,68
- 38
40,84
3,47
- 0,18
+ 3,86 58
- 37,84 53,5
2,39
- 0,49 + 7,03
+ 0,33 123
- 2,09 111,8
+ 1,28
- 1,25 23,7
- 1,25 23,2
- 3,56 + 17,06
- 5,74 29,55
- 35,48 23,45
+ 0,37 + 4,01
+ 7,82 109,3
- 25,41 101,4
2,43
- 2,1
- 0,71
- 6,35 43,3
- 1,69 38,44
- 2,14 + 12,56
+ 0,84
4,99
- 54,33
4,145
- 1,25 + 1,28
- 3,66 320
+ 22,48 306
80
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,72
350046
22/05/17 0,43 90.920.356
A 5,326
586089
31/05/18 0,13 5.635.922.159
17,07
820782
23/04/18 0,68 360.037.272
50,68
- 0,08 + 0,04
50,76
+ 0,32 50,76
50,64
+ 2,22 50,64
5,324 - 0,15 + 5,13
5,326 + 7,49
5,366
5,238 + 31,81
4,874
17,29 + 0,67 + 3,47
17,47
- 0,75
17,89
17,07
+ 33,31
16,26
4,21
12,03
0,3
17,98
3,57
4,63
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
7,4
18076
USD 19/12/18 0,01 8.698.115.000
7,289
11580
GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 20.035.547.017
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 38,09
42443
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
SCHLUMBERGER (SLB)
A 35,5
2329
AN8068571086
USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
STALLERGENES GREER (STAGR) A 29,4
3260
GB00BZ21RF93
19.738.742
US3696041033
HSBC (HSB)
7,6
+ 1,06 + 14,63
7,65
+27,3
7,89
7,35
- 51,47
6,46
7,226 + 0,94 + 0,06
7,289 + 2,86
7,379
7,13
- 19,42
6,996
38,5
+ 1,77 + 7,45
38,97
+ 6,15 38,97
37,82
- 22,85 35,21
36
+ 1,41 + 9,76
36,2
- 0,83 36,3
35,1
- 43,04 30,9
29,05
+ 1,22 + 2,65
29,6
- 2,84 29,85
28,9
- 28,54 27,15
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
FR0013341781 2CRSI
C 8,96 8,96
8,84
FR0000076887 A.S.T. GROUPEg
C 6,16
6,2
5,91
FR0013185857 ABEO
C 32,1
32,5
32
FR0000076861 ACTEOSg
C 1,54
1,845 1,54
BE0974269012 AD CAPITAL
FR0000062978 ADL PARTNERg
C 13,5
13,55
13,5
FR0012821890 ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,07
3,15
3,07
FR0004152874 ADVENISg
C 1,33
1,33
1,23
FR0013296746 ADVICENNE
C 10,8
10,878 10,62
FR0000053043 ADVINI
C 28
28
27,8
FR0000044612 AFONE PART.
C 11,5
11,5
11,5
FR0000062804 ALPHA MOS
C 0,357 0,357 0,357
FR0000053837 ALTAMIRg
B 13,7
13,72
13,6
FR0000039216 ALTAREIT
B440 440
440
FR0011051598 AMOEBAg
C 2,35 2,49
2,26
FR0013258589 ANTALIS
B 0,91
0,92
0,901
FR0010481960 ARGANg
B 43,5 43,9
43,5
FR0012185536 ARTEA
C 14,5
15,6
14,5
FR0000076952 ARTOIS
A
FR0011992700 ATEME
C 11,5
12,46
11,5
FR0000061780 AUGROS CP
C
FR0013183589 AURES TECH.
C 32,75 32,95 32,55
FR0011800218 AWOXg
1,1
1,31
1,06
FR0000064123 BACCARAT
B222,7 222,7 222,7
MC0000031187 BAINS MONACO
B 47
47,5
47
FR0013258399 BALYO
C 3,98 5,2
3,8
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C
FR0000035370 BASTIDE
C 30,85 31,2
30
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C
FR0011592104 BLUE SOLUTIONSg
B 16,45 16,65
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A 3,76
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C 1,14
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C
FR0010151589 CAFOM
C 5,5
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5,5
FR0012969095 CAPELLI
32,2
33,8
31,4
FR0000064156 CARP.DE PARTIC.
C
FR0000072894 CASTg
C 3,88 3,88
3,8
FR0000064446 CATERING INTER.g
B 9,36 9,38
9,22
FR0010193979 CBO TERRITORIAg
C 3,32
3,35
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FR0000078339 CCA INTERN.
C
FR0000053506 CEGEDIMg
B 22,3
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FR0010309096 CEGEREALg
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FR0012633360 CELLNOVOg
C 1,582 1,78
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FR0012616852 CERENISg
B 0,499 0,499 0,476
FR0000037475 CFI
C
FR0000060907 CHAUSSERIA SA
C
FR0000054322 CIBOX INTER.g
C 0,126 0,126
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FR0000060824 CLAYEUXg
C
FR0000053399 CNIMg
B 84,2 84,4
84,2
FR0013335742 COGELEC
C 6,811 6,83
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FR0004031763 COHERISg
C 1,6
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FR0000065393 COURTOIS
C 126
126
126
FR0000044323 CR ALPES PROV.
C 110,22 110,42 110,22
FR0000185506 CR ATL. VENDÉE
C 133,98 133,98 133,98
FR0010483768 CR BRIE PICARD.
B 25,7
25,7
25,3
FR0000045213 CR ILLE VILAINE
C 101,86 102,74 101,84
FR0010461053 CR LANGUEDOC
C 75,35 75,35 75,35
FR0000045239 CR LOIRE HTE-LOIRE C 94,39 94,39 93,81
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C
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B 22,4 22,5
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129,82
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B 89,76 90,8
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C 112,76 113,4
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C 115
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C
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C 4,36 4,36
4,14
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C 11,8
11,8
11,8
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1,7
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37,2
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C
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C 1,48
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104
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C
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103
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C
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C
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C
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C
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C
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1350
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B 170
170
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A
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C
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C 113
113
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C
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C130
130
130
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C
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4,8
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C324
324
324
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C
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21,4
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C
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B 30
30
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C
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124
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B 35,6
35,6
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600
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12,5
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C 6,75
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1,96
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C 1,06
1,125
1,06
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CLÔT ÉCART
8,96
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VOL
3460
20850
1217
28407
0,1
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100000
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150
860
ISIN
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VALEUR
OUV
+HT
MR BRICOLAGE SA
B 7,74
8
MRM
C 1,4
1,4
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
B 13,7
13,7
NAVYA
B 1,83
1,88
NEOPOSTG
A 25,68 26,48
NEURONESg
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NEXTSTAGE
C 90
90
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,745 0,755
OL GROUPEg
C 2,78
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ORAPIg
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ORCHESTRA-PRE.
C 0,52 0,538
OREGE
2,6
2,65
PARAGON ID
C 18,52 18,72
PAREFg
C
PASSAT
C 3,44 3,44
PATRIMOINE & COM
B 15,8
16,1
PCAS g
B
POUJOULAT
C 34
34
POXELg
C 5,31
5,37
PRECIA g
C 175
175
PRISMAFLEXg
C 9,52
9,74
PRODWAYS GROUP
B 2,975 3,1
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QUOTIUM TECH.
C
RIBERg
C 1,93
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B524
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ROCHE BOBOIS
B 17,4
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B 138
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C 21,6
21,6
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6,5
SÉCHÉ ENV.g
B 30,3 30,5
SELECTIRENTE
C 86
86
SERGEFERRARI GROUP C 5,96 5,96
SIGNAUX GIROD
C 13,1
13,15
SII
C 22,4 23,2
SMCP
A 15,002 15,676
SMTPCg
B 18,94 18,94
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C 0,8
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SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 24,4 24,4
SOGECLAIRg
C 24,4 24,4
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C 2,7
2,7
TAYNINH
C
B160
160
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TFF GROUP
B 40
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TIPIAK
C 78
78
TIVOLY
C 31,2
31,2
TONNA ELECT.
C
+BS
7,74
1,4
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12,97 - 4,21
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183
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78
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148
0,41
ISIN
FR0000039240
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FR0011471291
VALEUR
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TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
0,299- 6,27
6000
32,2
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1350
- 3,57
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+ 1,19
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1,9
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A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
735
22,9
0,55
23,5
0,56
23,5 + 3,07
0,56 + 1,82
22,9
0,53
3428
1745
EURONEXT GROWTH (Sélection)
1,89
47,7
1,84
4,31
47,7
1,84
4,4
46,7
1,84
4,25
47,2 - 1,05
1,84
4,4 + 2,33
4,995
8,77
44
1,865
5,02
8,87 - 0,67
46
+ 3,26
2,54+ 34,04
1841
1
1207
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
3,38
2,52
5,019 5,02
8,93 8,97
45,15 46,35
1,98 2,65
206
2945
10613
165354
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
25,66 - 0,89
A 25,88
25,88
24,96
C
A
C
A
21,32
19,85
3,62
3,62
3,73
3,7
52,25
51,35
4,96
4,74
58,6
58
5,326 5,238
20,4 + 0,79
45652
3,62 + 0,56
201
3,7 - 1,07
3177
52
+ 0,39 90782
4,82 + 12,62
544
58
- 0,69
5,324- 0,15 586089
36,49
37,07
36,49 + 0,03
37,07 + 0,54
0,66
20,1
3,62
3,71
51,8
4,74
58,6
A 5,326
C
36,49
37,07
8,98
36,49
37,07
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
A 126
127,5
12,81 12,81
C
CLÔT ÉCART VOL
1,9 - 10,38
5318
36 + 0,28
2836
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
B 64,5 64,5
C660 680
B
111,5 111,5
C
30
30
64,5
660
64,5 + 0,78
680
111,5
111,5 - 2,19
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,111
0,054
7,24
1,83
0,18
5,18
26,9
64,2
21,9
0,055
0,288
22
5,32
4,28
0,084
0,169
0,387
1,448
0,21
0,707
+HT +BS
0,116
0,095
0,059 0,053
7,24
7,24
1,83
1,78
0,2
0,167
5,18
4,925
28,9
26,55
64,3
63,6
21,9
21,9
0,06
0,052
0,297 0,266
22
21,55
5,36
5,32
4,3
4,28
0,085 0,072
0,176
0,162
0,422 0,387
1,502 1,36
0,213
0,203
0,707 0,707
CLÔT ÉCART VOL
0,101 - 8,6 1193092
0,058+ 8,79 7295774
7,24 - 0,28
1
1,83
16438
0,179+ 15,97 2125638
5
- 3,1
2555
28,9 + 7,04
28925
63,9 - 0,47
1033
21,9
101
0,057+ 9,62 3889773
0,28 - 2,95 1610501
21,55 - 1,82
7463
5,36 + 0,75
1867
4,3
251
0,076- 4,88 1743373
0,162 - 3,57
192491
0,42 - 0,71
16600
1,42 + 2,16
233017
0,21 + 1,94 578430
0,707
2000
78
12
12
12
0,9
0,98
0,88
8,5
8,5
8,3
0,255 0,255 0,23
125
132,5
117,5
12
10
0,958+ 6,44 23199
8,3 - 1,19
12826
0,24 - 5,89 134863
130 + 2,77
3324
CERTIFICAT/FONDS
1
4
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
86,5
INVESTIR 10
113.47
85.38
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
0,46
1,01
10
4,02
30
30
- 2,46
125
3,43 - 4,19
- 13,79
4202
93
C
B 3,58
750
3,58
3,1
46,6
C
15,2
13,1
65,5
79,2
13,1
65,5
79,2
13,05
65,5
78,2
13,05 + 0,39
65,5 - 0,76
78,2 - 3,46
560
154
58
59,13
19,91
C
48
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1515
LIVRE STERLING
0,9023
FRANC SUISSE
1,1305
COURONNE DANOISE
7,4647
COURONNE NORV.
9,7543
KUNA CROATE
7,4245
COURONNE SUEDOISE
10,2321
DOLLAR CANADIEN
1,5238
YEN JAPONAIS
124,68
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6018
ROUBLE RUSSE
77,14
ROUPIE INDIENNE
81,0923
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6963
COURONNE TCHEQUE
25,584
FORINT HONGROIS
321,085
ZLOTY POLONAIS
4,2925
LEV BULGARE
1,9556
DOLLAR HONG-KONG
9,0255
WON SUD COREEN
1285,9262
PESO MEXICAIN
22,0642
REAL
4,2524
DOLLAR SINGAPOUR
1,5565
RAND SUD-AFRICAIN
15,9485
LIVRE TURQUE
6,2223
RENMIBI YUAN
7,8163
RUPIAH
16186,4418
PESO PHILIPPIN
60,1867
RINGGIT MALAIS
4,711
BATH THALANDAIS
36,7712
-0,28
-0,03
0,44
-0,03
-0,24
-0,09
-0,03
-0,10
-0,17
-0,42
0,20
-0,42
-0,28
-0,19
-0,13
-0,20
-0,09
-0,28
-0,57
-0,57
0,06
-0,46
-0,25
-1,71
-0,65
-0,76
-0,14
-0,54
-0,30
0,43
0,14
0,34
-0,02
-1,55
0,07
-0,12
-2,07
-1,90
-1,81
-2,92
1,47
-0,68
-0,49
0,00
0,01
-0,30
0,37
0,75
-2,19
-4,58
-0,41
-4,09
2,48
-0,85
-1,96
-0,15
-0,62
-0,63
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
10-01-2019
EUR
USD
1
1,1515
0,9023
1,1305
10,2321
7,4647
1,2468
1,5238
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
GBP
0,8684
1,1083
1
1,2764
0,7835
1
0,9818
1,2533
8,8866 11,3431
6,4828
8,2748
1,0827 138,1831
1,3233
1,6893
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
10-01-2019
1 EURO EN DEVISE
CHF
SEK
0,8845
1,0186
0,7979
1
9,0506
6,6024
110,265
1,3478
0,0977
0,1125
0,0882
0,1105
1
0,7295
12,1821
0,1489
DKK
0,134
0,1543
0,1208
0,1515
1,3708
1
0,167
20,4145
JPY (100)
CAD
0,8021
0,9236
0,7237
0,9069
0,0821
5,9883
1
1,2219
0,6563
0,7557
0,592
0,7419
6,7149
4,8985
0,8184
1
10-01-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,24/-0,54 -0,15/-0,45 -0,14/-0,44 -0,05/-0,35
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
10-01-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,26
PORTUGAL
-0,26
FRANCE
-0,04
ESPAGNE
-0,11
ITALIE
-0,28
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,59
0,46
0,13
0,37
1,07
-0,26
0,81
0,28
0,52
1,75
-0,01
1,21
0,36
0,83
2,29
0,22
1,56
0,46
1,20
2,56
EUROMTS
INDICE
VAR %
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
247,45
171,22
236,59
286,17
336,83
346,60
235,02
0.18
0.37
0.15
0.29
0.34
0.39
0.13
31/12 VAR %
245,87
171,32
236,50
287,33
337,19
346,89
235,28
0.46
-0.43
-0.12
-0.66
-0.45
-0.47
-0.25
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1515
1,1515
USD
0,9022
0,9023
1,1305
1,1306
10,2293
10,2348
7,4633
7,4660
124,6600
124,7000
1,5236
1,5240
0,0026
0,0023
0,0023
0,0022
0,0082
0,0077
0,0072
0,0069
-0,0010
0,0010
-0,1370
-0,1412
0,0046
0,0038
-0,0033
-0,0035
0,0026
0,0002
0,0089
0,0084
0,0032
0,0033
0,0015
0,0020
-0,1512
-0,1646
-0,0011
-0,0019
-0,0124
-0,0127
-0,0028
-0,0029
0,0101
0,0094
-0,0018
-0,0043
0,0043
0,0041
-0,1826
-0,2100
-0,0104
-0,0112
-0,0312
-0,0316
-0,0094
-0,0099
0,0127
0,0117
-0,0162
-0,0223
0,0106
0,0098
-0,1745
-0,1965
-0,0301
-0,0313
10-01-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
105
OUV
C 2
B 35,3
GA0000121459 TOTAL GABON
US91912E1055 VALE SA
BMG9887P1068 ZCI LIMITED
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
PAYS
5,3
CLÔT ÉCART VOL
8
+ 3,36
3
1,4 - 0,71
5957
12,82
1,8
25,54
18,9
90
0,745
2,78
5,26
0,518
2,6
18,5
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
820
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.33 %
fOnds federaux
2.50 %
2 ans
2.64 %
10 ans
2.80 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.20 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.02 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,56
-0,58
-0,57
-0,57
-0,57
-0,47
0,01
0,70
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
TME
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
03-12
04-12
05-12
06-12
07-12
10-12
11-12
12-12
13-12
14-12
17-12
18-12
19-12
20-12
21-12
24-12
26-12
27-12
28-12
31-12
02-01
03-01
04-01
07-01
08-01
09-01
10-01
0,76
0,76
0,76
0,76
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,72
0,72
0,72
0,72
0,73
0,73
0,73
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
-0,349
-0,349
-0,355
-0,369
-0,358
-0,359
-0,359
-0,358
-0,36
-0,36
-0,362
-0,362
-0,364
-0,366
-0,367
-0,374
-0,369
-0,369
-0,369
-0,355
-0,356
-0,356
-0,368
-0,365
-0,365
-0,365
-0,362
-0,368
-0,368
-0,367
-0,367
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,369
-0,367
-0,366
-0,365
-0,365
-0,364
-0,364
-0,363
-0,362
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,316
-0,316
-0,316
-0,316
-0,315
-0,315
-0,314
-0,312
-0,312
-0,311
-0,311
-0,311
-0,311
-0,309
-0,31
-0,31
-0,309
-0,309
-0,309
-0,31
-0,309
-0,31
-0,309
-0,309
-0,31
-0,308
-0,308
0,70
0,68
0,66
0,66
0,67
0,69
0,74
0,69
0,70
0,69
0,71
0,70
0,70
0,67
0,68
0,68
0,68
0,68
0,69
0,69
0,64
0,65
0,66
0,69
0,73
0,74
0,68
THOR.
PUB.
PRIV.
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,96
0,96
0,96
0,96
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
2
113 + 0,89
29,6 + 2,07
38,5 - 0,26
0,032 - 1,25
1
294
113
23000
3,98
13,15
2818
27,2 + 0,74
38
36,2 + 19,87
1
24,6
1
112,5 - 1,75
587
87
+ 0,23
58
3,44 + 1,48
3298
0,348- 0,86 346320
46,9 - 0,85
288
36
748
23,6 + 0,86
21
1,45
381
20,95 + 1,95
8795
14,3 + 1,06
81
2,3 + 1,32
21324
56,7 + 3,09
11845
4,06 + 3,05 30106
0,224
7676
5,66
1
8,48 + 4,69
2443
6,7
56
40
+ 1,52
471
130
14
54,2
101
1,04
53
44,05 + 3,65
4,69 - 2,29
324
6242
3120
17
2,3
6,2 + 0,98
7,26 - 0,28
3,78
4,86 + 3,4
6,2 + 1,64
5,16 + 7,72
4248
683
1565
4233
1328
8562
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
10/01
09/01
COURS PRIME PREC.
LINGOT
35910
0
36270
10 FLORINS
219
0,8
216
5 DOLLARS*
325
20,35
325
10 DOLLARS
620
14,8
600
20 DOLLARS
1201
11,15
1201
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1372
1,88
1380
LATINE
214
2,64
209
NAPOLEON
219,7
5,38
219,7
1/2 NAPOLEON* 125,7
20,58
125,7
SOUVERAIN ELI I* 283
7,66
280
SOUVERAIN
274,5
4,43
272,2
1/2 SOUVERAIN* 140
6,52
140
SUISSE
220,5
5,76
219
TUNISIENNE*
213
2,16
213
MARK*
275
6,96
268
KRUGERRAND
1194,5
6,95
1195
LINGOTIN 500GRS 18700
4,15
18660
LINGOTIN 250GRS 9400
4,71
9300
LINGOTIN 100GRS 3760
4,71
3740
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
525,86
526,24
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
538
London Daily Price:
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
36 812
37 565
FIX2
37 063
37 476
21,2 - 0,47
934
22,6
- 2,25
1471
386
2,08
123,5
- 0,4
6
2,74
35
- 1,69
890
0,84 + 5
1235
26,5 + 0,38
258
600
30
67
+ 3,08
100
3,515 - 1,26 185697
4,74 + 6,52
57155
1,4 + 8,53
5917
0,301+ 0,33 20066
12,45
46
6,75 - 0,74
355
1,975- 3,19
17612
1,085+ 0,93 140839
645
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
608,87 DEPUIS LE 10/01
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 512,68 DEPUIS LE 10/01
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
521,42 DEPUIS LE 10/01
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
565,14 DEPUIS LE 10/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
703,23 DEPUIS LE 10/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
671,78 DEPUIS LE 10/01
LONDON METAL EXCHANGE
10/01
09/01
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1390-1391
1425-1435
10400
CASH
3 MOIS
VOL.
1841,5-1842
1862-1862,5
1281400
5963-5964
5980-5982
132675
LONDON BULLION MARKET
10/01
09/01
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 559
1 565
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
1 289
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 328
1 337
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
821
821
SETTLEMENT
SETTLEMENT
09/01
15,68
15,8
15,88
15,99
16,01
10/01
JANV. 19
15,6
MARS 19
15,68
MAI 19
15,78
JUIL. 19
15,87
SEPT. 19
15,95
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
10/01
821,2
824,4
826,7
830,9
841,3
09/01
1289,3
1300,6
1307,6
1313,6
1326
SETTLEMENT
09/01
823,8
818,8
829,2
834,3
836,4
20200-20225
20140-20145
1545
CASH
3 MOIS
VOL.
11200-11205
11255-11265
204618
19810-19820
19750-19775
1545
11050-11055
11130-11135
204852
1965-1965,5
1977-1978
106475
1939-1940
1950-1952
107025
ZINC (EN $ PAR TONNE)
2530-2532
2492-2492,5
127275
2540-2541
2484-2485
127600
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
10/01
2,65
2,65
2,65
2,65
09/01
2,67
2,66
2,66
2,67
VOL
36
128
49345
96
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
10/01
20180
09/01
20050
09/01
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
10/01
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
10/01
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8050
8050
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,35
1,35
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33
33
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,8
6,8
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
28,3
28,3
GERMANIUM (PAR KG)
1300
1300
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1905
1905
ÉLECTRICITÉ
5904-5904,5
5920-5922
132350
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT
10/01
JANV. 19
1286,3
AVR. 19
1295,5
JUIN 19
1302,1
AOUT 19
1308,5
DÉC. 19
1320,9
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
JANV. 19
FÉV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
CASH
3 MOIS
VOL.
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
1836-1837
1858-1859
1283500
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 292
1405-1410
1425-1435
10600
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 997
23 089
FIX2
22 913
23 013
57
29,8
95,6
CATHODES : 5313 A COMPTER DU 10/01/
VOL
10/01
BASE FEB 19 61,61
BASE MAR 19 58,73
POINTE FEB 19 67,83
POINTE MAR 19 62,64
CLÔTURE
09/01
40,69
46,28
CLÔTURE
VOL
364004
192492
VOL
09/01
61,61
58,73
67,83
62,64
388
363
373,5
348,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
62,6
67,92
428,5
396,5
62,6
67,92
418,5
386,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
SPOT
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
CLÔTURE
10/01
53,03
53,35
53,55
53,83
54,13
09/01
53,08
53,5
53,95
54,3
54,58
10/01
28,5
29,2
29,3
VOL
09/01
28,9
29,2
29,3
9
GAZ NATUREL
CLÔTURE
CLÔTURE
10/01
3
2,85
2,72
09/01
2,99
2,85
2,72
VOL
VOL
45
7
3
VOL
10/01
12,69
12,84
12,97
13,25
13,88
09/01
12,86
13
13,15
13,44
14,05
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
10/01
DEC 2018 21,85
JAN 2019 21,8
FEV 2019 21,12
CLÔTURE
CLÔTURE
09/01
73,23
75,75
77,73
10/01
2363
2401
2434
2440
2457
09/01
2349
2393
2433
2441
2476
19042
12557
2946
926
29
VOL
10/01
09/01
JANV. 19 1515
1517
8
MARS 19 1541
1534
5978
MAI 19
1562
1553
4669
JUIL. 19
1580
1569
2996
SEPT. 19
1597
1587
221
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
8022
991
1
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
10/01
104,5
107,85
113,55
117,5
09/01
104,85
108,1
113,85
117,75
VOL
14460
6629
1047
928
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/01
324,5
336,3
343,1
09/01
324,2
336,9
343,5
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
10/01
09/01
MARS 19 377,75
382
MAI 19
385,75
390,25
JUIL. 19
393,25
397,75
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
86990
29742
23957
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
10/01
09/01
JANV. 19 10,56
10,1
MARS 19 10,84
10,82
MAI 19
11
10,99
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
10/01
09/01
112,45
115,7
294
15
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
208
51
5
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
10/01
173
165,5
177,5
190
09/01
174
172,5
178,5
31
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
152.1
LE 09/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.248
LE 09/01//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD :1.46825
LE 09/01//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.63775
LE 09/01//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
JUS D’ORANGE
BOIS
VOL
1273
309
138
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
114
3
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
VOL
10/01
09/01
MARS 19 180,75
182
JUIN 19
184
185
AOUT 19 187,75
188,25
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
09/01
22,21
21,97
21,51
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
CAFÉ
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
VOL
9847
6151
6498
4066
2570
VOL
10/01
09/01
MARS 19 515
520
MAI 19
519,5
526
SEPT. 19
532,25
539,25
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 102.83
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
COTON
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
CLÔTURE
10/01
09/01
MARS 19 1706
1707
MAI 19
1734
1735
JUIL. 19
1745
1747
SEPT. 19
1751
1756
DÉC. 19
1754
1758
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/01
09/01
MARS 19 203,75
205
13724
MAI 19
204,75
206,5
6029
SEPT. 19
188,5
188,75
2250
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
INDICE COTLOOK A : 81,05, LE 10/01//19
10/01
72,84
75,47
74,73
40322
21564
11144
4165
998
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
10/01
09/01
MARS 19 286,75
285,75
MAI 19
282,25
281,75
JUIL. 19
282,5
278,5
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
09/01
21,97
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
VOL
3345
2414
409
217
48
CACAO
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
MAI 19
JUIN 19
CLÔTURE
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 08/01/
Prix indicatif : 2309,76
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM
CLÔTURE
10/01
09/01
FÉV. 19
569,75
561
84420
MARS 19 570,5
561,75
89786
AVR. 19
570,25
561,5
44065
MAI 19
570,25
561,5
22108
JUIL. 19
573
565,25
5316
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
09/01
22,4
10/01
NORD DA 22,02
10/01
09/01
JOUR
61,35
61,44
MARS 19 61,35
61,44
226850
AVR. 19
61,47
61,6
103522
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
10/01
21,4
CLÔTURE
10/01
09/01
MARS 19 344,4
347,5
MAI 19
353
355,1
AOUT 19 358,5
360,3
OCT. 19
362,8
363,7
DÉC. 19
368,5
369,3
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
CLÔTURE
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
524,5
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
CÉRÉALES
13,07 cts/lb
VOL
112.45
10/01
09/01
185,18
185,65
REUTERS COM. 2390,75
2390,75
MOODYS COM. 5749,31
5749,31
OR INDUSTRIEL 36329
36225
2813,1
2802
LMEX
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
232,26 09/01
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
680,52 09/01
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
288,1
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
161,57 10/01
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
308,87 09/01
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
518,12 09/01
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
547,98 10/01
236,82 09/01
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
366,26 10/01
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
491,5
LU0188501257 PICTET-HEALTH
259,04 09/01
496,83 09/01
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
09/01
13720,16 09/01
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
92,92 09/01
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
165,1
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
98,27 09/01
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
406,53 09/01
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
95,2
117,72 09/01
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
143,81 09/01
118,65 09/01
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
90,32 09/01
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140,06 09/01
09/01
141,92 09/01
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
148,2 04/01
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
272,82 09/01
57,7
09/01
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
139,09 09/01
219,97 09/01
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
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LU0104884860 PICTET-WATER
280,93 09/01
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
127,34 09/01
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
DÉSIGNATION
DES VALEURS
95,14 09/01
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
CODE ISIN
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
SYNCHRONY (LU)
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
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DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
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09/01
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
77,76 09/01
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
CODE ISIN
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
sicav//fcp
09/01
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Jean-Marc Sauvé,
engagé au sein
de la fondation
Apprentis d’Auteuil
Sa voix est posée, ses mots prudents. Mais les
convictions de Jean-Marc Sauvé restent ardentes. Même si c’est avec retenue que l’ancien haut
fonctionnaire évoque ces jeunes à la dérive, en
proie à des difficultés sociales, scolaires ou
familiales à qui il veut tendre la main.
A l’aube de son 69e anniversaire, ce catholique fervent a pris la présidence de la fondation
Apprentis d’Auteuil, qui œuvre à réinsérer
27.000 jeunes en déshérence via, notamment,
un de ses 230 établissements. « Il faut faire de ces
gens, âgés de zéro à 30 ans, des hommes et des
femmes debout, en les aidant à retrouver leur
place dans la société et dans le monde du travail »,
souligne, dans un bureau sans fioritures, ce
grand commis de l’Etat aux gestes solennels.
Deux jours avant de rejoindre Apprentis
d’Auteuil, Jean-Marc Sauvé avait tiré sa révérence au Conseil d’Etat, où son mandat de viceprésident était arrivé à échéance.
Travailleur acharné, ce père de trois enfants,
deux fois grand-père, était déjà président de la
Cité internationale universitaire de Paris et du
comité d’éthique des Jeux Olympiques. Il a,
depuis, été, en prime, désigné par la Conférence
des évêques de France pour constituer et piloter, là encore bénévolement, une commission
indépendante chargée de faire la lumière sur les
abus sexuels dans l’Eglise. Car Jean-Marc Sauvé
a la foi, le goût de la République et un sens viscé-
Bruno Levy/Challenges-RÉA
par Laurance N'Kaoua
@LauranceNKaoua
ral de la justice. Et ce serviteur de l’Etat, dont la
ressemblance avec de Gaulle est troublante, de
refuser, dans la foulée, les lucratives propositions de cabinets d’avocats ou de conseil, qui lorgnaient son expérience et son carnet d'adresses.
Car, pendant 37 ans sous les ors de la République, l’homme a côtoyé pas moins de 25 présidents, Premiers ministres et ministres. Respecté, parfois craint, l’énarque scrupuleux,
discret et tenace a traversé les cohabitations.
Ainsi fut-il, dès 1981, conseiller de Robert Badinter, allant jusqu’à rédiger une première version
de son discours sur l’abolition de la peine de
mort, un texte qu’il a, dit-il, égaré depuis mais
que lui réclame encore l’ancien garde des
Sceaux de François Mitterrand.
Premiers ministres de tout bord
Jean-Marc Sauvé fut ensuite directeur de
l’administration centrale du ministère de la Justice puis des Libertés publiques, place Beauvau,
sous Pierre Joxe mais aussi sous Charles Pasqua. « C’est un grand homme, car il a le respect de
chacun », témoigne le grand rabbin de France,
Haïm Korsia. Dès 1995, en tant que secrétaire
général du gouvernement, il a servi 4 Premiers
ministres de tout bord, d’Alain Juppé à Dominique de Villepin en passant par Lionel Jospin et
Jean-Pierre Raffarin. « J’ai mis en place les
35 heures. Puis j’ai détricoté les 35 heures »,
s’amuse-t-il avec gourmandise, avant de corriger, soudain presque ombrageux : « Je n’ai
jamais eu la réputation d’être accommodant, ni
de mettre la poussière sous le tapis. »
Jean-Marc Sauvé, qui dit avoir « mauvais
caractère », réfute les étiquettes comme autant
de carcans. Et il l’assure : sa soif d’indépendance
explique qu’il soit resté dans l’ombre sans entrer
en politique. « Un fonctionnaire en désaccord
avec une action peut partir. Un homme politique
est inféodé à l’action de son parti », glisse-t-il.
Mais celui à qui Jacques Chirac a confié les
rênes du Conseil d’Etat dès 2006, le temps de
dossiers brûlants tels la fin de vie, la laïcité ou
l’état d’urgence, aurait pu avoir un tout autre
destin. Faute d’être choisi pour reprendre la
ferme familiale, ce fils d’agriculteurs a troqué
son village picard contre le pensionnat à Cambrai à l’âge de 10 ans. Des champs, il a gardé la
nostalgie. En 1972, il est admis à l’ENA mais
bifurque pour devenir novice chez les Jésuites à
Lyon, « une erreur ». Il repassera brillamment le
concours en 1974 et sortira major de la promotion Malraux. Sans regret. « Ça valait le
voyage ! » résume celui qui, loin de l’enfance,
s’est découvert une passion pour l’art et s’émerveille de contempler « L’Angélus » de Millet ou
d’entendre le « Requiem » de Fauré.
Il était de permanence lors de l’arrestation du
nazi Klaus Barbie, a participé à la mise en
œuvre des accords de Schengen… son chemin
s’est mêlé aux grandes dates de l’histoire… Il a
« u n re g a rd s a n s p e t i t e s s e , j a m a i s ! »
affirme Dominique de La Garanderie, première
femme bâtonnier de Paris, qui souligne aussi
son humour. Engagé, Jean-Marc Sauvé veut
veiller à ce que le plan pauvreté ou la loi avenir
professionnel n’oublient pas les laissés-pourcompte. D’autant qu’en 2018, la réforme de l’ISF
et la hausse de la CSG ont dissuadé les ménages
de contribuer à des associations, faisant chuter
de 20 % les dons à Apprentis d’Auteuil. « Nous
devons démultiplier notre action », lance le président de cette fondation catholique, qui toujours
garde espoir, comme en témoigne ce vers
d’Apollinaire qu’il a souvent cité : « Jamais les
crépuscules ne vaincront les aurores. Etonnonsnous des soirs mais vivons les matins... » n
tion de l’université Paris-Dauphine
et d’un MBA de l’Insead, est diplômé
de l’ESCP Europe. Il a d’abord œuvré
chez Sanofi, devenant directeur
général de Sanofi Vietnam, directeur adjoint Europe et enfin bras
droit du président, Jean-François
Dehecq. Il a créé MedExact en 2000,
puis Soperal deux ans plus tard. En
2008, il a rejoint le groupe Cegedim
pour présider Cegedim Healthcare
Software. Il était vice-président exécutif du groupe.
Julien Dorieux, 45 ans, titulaire du
MBA CHEA de l’université ParisDauphine, diplômé de l’école de
commerce PSB, coordonne en
parallèle le pilier Croissance 2021 du
plan stratégique du groupe. Il a
d’abord travaillé chez Allianz, chez
AXA Corporate Solutions et chez
AG2R La Mondiale. En 2006, il a
rejoint D&O (devenu Klesia en
2012). Il était jusqu’alors directeur
des affaires institutionnelles et du
pôle mutualiste de Klesia.
EUROPCAR
Olivier Baldassari
est le nouveau directeur des
pays et des opérations
d’Europcar Mobility Group.
A ce titre, il intègre le directoire
du groupe.
Olivier Baldassari, 54 ans, est un
ancien élève de l’Ecole des mines de
Paris et de l’Insead. Au cours de sa
carrière, il a assumé différentes
fonctions de direction en Europe et
aux Etats-Unis, au sein du groupe
Rexel, chez Delphi Corporation et
chez Smurfit Kappa. Précédemment, il était vice-président opérations et logistique Etats-Unis au sein
du groupe Rexel.
LA POSTE
Diane Abrahams
ENTREPRISES
BUT
Vincent Dosne
est nommé directeur général
exploitation. A ce titre, il intègre
le comité de direction.
filière meuble au sein de la direction
des achats et directeur commercial
de la filiale de Sourcing International. En 2009, il avait rejoint le comité
de direction de Brico Dépôt France
comme directeur d’exploitation.
CHAUFFEUR PRIVE
Vincent Dosne, 53 ans, est titulaire
d’un DUT GEA. En 1988, il a rejoint
Conforama, devenant notamment
directeur régional, directeur de la
Dimitri Tsygalnitzky
est nommé vice-président
business solutions, membre
du comité de direction.
Dimitri Tsygalnitzky, 35 ans,
diplômé de l’Inseec, a débuté, en
2006, chez Veolia. Il devint sales
executive France, puis business
development executive Emea chez
Amadeus IT Group de 2007 à 2012.
Il a ensuite rejoint Sabre Corporation pour y être manager business
development Emea (à Londres)
jusqu’en 2015, avant d’être promu
directeur des ventes France puis
directeur pays France en 2017.
KLESIA
Alain Missoffe
Julien Dorieux
renforcent le comité exécutif en
tant que directeur général
adjoint chargé du
développement grands comptes,
courtage et branches et comme
directeur de la distribution.
Alain Missoffe, 52 ans, titulaire
d’une maîtrise des sciences de ges-
est promue directrice de la
stratégie, des partenariats
transverses et de l’innovation du
groupe La Poste.
Diane Abrahams, 36 ans, est une
ancien élève de Polytechnique et
des Ponts et Chaussées. En 2012,
elle a rejoint le cabinet du ministre
de l’Ecologie, du Développement
durable et de l’Energie en qualité
de conseillère chargée de sécurité
et sûreté nucléaires, risques technologiques, économie circulaire et
déchets, santé environnementale.
C’est en 2015 qu’elle a intégré la
branche services-courrier-colis
du groupe La Poste. Depuis 2016,
elle était directrice de la plate-forme
industrielle courrier de Paris Nord
Gonesse.
KANTAR MEDIA
Gustavo Nuñez
est nommé chief commercial
officer Emea.
Gustavo Nuñez, 45 ans, est un
ancien élève de Madrid internet
of things institute et de l’université Complutense de Madrid. Au
cours de sa carrière, il a notamment travaillé chez Nielsen, où il
a été, entre autres, directeur
général des unités Watch&Buy
Espagne-Portugal, « advertising
information service » Europe et
« digital media measurement »
en Europe.
ILS SONT NÉS
UN 11 JANVIER
Philippe Bourguignon,
ex-PDG d’Euro Disney,
ex-président du directoire du
Club Med, 71 ans.
Albert Dupontel, acteur,
réalisateur, scénariste, 55 ans.
Jean-Paul Enthoven, éditeur,
journaliste, 70 ans.
Jean-Martin Folz, ancien
président de PSA Peugeot
Citroën, 72 ans.
Jerôme Kerviel, ex-trader,
42 ans.
Matteo Renzi, ex-président
du Conseil des ministres
italien, 44 ans.
Roland Ries, président
de Cités Unies France, maire
de Strasbourg, 74 ans.
Denis Terrien, président non
exécutif de Novartex-Vivarte,
président d’Entreprise &
Progrès, 54 ans.
Zoë Quinn, développeuse
de jeux vidéo, 32 ans.
Bernard Vorms, économiste,
président du Conseil national
de la transaction et de la
gestion immobilières, 73 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 11 ET SAMEDI 12 JANVIER 2019
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
BOURSE // Après une année 2018 désastreuse, les fonds peuvent-ils opérer un retournement en 2019 ? Toutes les
catégories ou presque finissent dans le rouge et les meilleurs gérants ont été pris de court. Bilan et perspectives.
Sicav et fonds : quels espoirs
de rattrapage en 2019 ?
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
aussi dans la catégorie mixte où son fonds
H2O Multistratégies R C EUR (allocation
flexible monde) réalise la seule performance positive de la liste de 66 fonds de
Quantalys. Le fonds progresse de 7,07 % en
2018… au prix d’une volatilité de 28,65 %
contre 3 % à 13 % pour les autres fonds.
« Ce type de fonds peut perdre 20 % en
une semaine, met en garde Jean-Paul Raymond. On peut y consacrer au maximum
5 % de son portefeuille sous peine de voir
exploser la volatilité de son portefeuille. »
Côté catégories, seules sont gagnantes les
obligations Asie (+1,4 % en moyenne) et
obligations USD diversifiées (+3,11 %) peu
prisées des particuliers et qui ont bénéficié
de l’effet devise. La catégorie actions secteur
santé pharmacie (+4,04 % en moyenne)
sort du lot. « Elle bénéficie d’un effet de rattrapage car très en retard lors des belles années
boursières (–7,70 % en 2016 et +4 %
seulement en 2017) », souligne Jean-Paul
Raymond.
es chiffres sont sans appel. A part
quelques catégories atypiques, toutes ou presque sont dans le rouge en
2018. La fameuse diversification vantée par
le professionnel de la gestion de patrimoine
s’est avérée totalement inefficace. « Dans les
marchés “normaux”, les différentes classes
d’actifs sont décorrélées, explique Jean-Paul
Raymond, cofondateur et directeur de
Quantalys, société dédiée à l’analyse des
fonds communs de placement. Une bonne
diversification peut contribuer à réduire la
volatilité d’un portefeuille de 20 à 25 %. On
peut par exemple passer d’une volatilité de
10 % à 7 %. Mais en période de crise, la corrélation entre les actifs augmente. Les fonds qui
devaient servir d’amortisseur n’ont pas joué
leur rôle. » Et ce d’autant moins que l’un des
déclencheurs de la baisse des actions a été la
hausse des taux aux Etats-Unis, facteur de
chute des cours obligataires.
L
• QUELS PARIS FAIRE POUR 2019 ?
SONT LES FONDS
•LESQUELS
PLUS PÉNALISÉS ?
Dans la débâcle de 2018, les plus touchés
sont les fonds actions spécialisés sur les
petites et moyennes capitalisations (voir
graphe). La palme de la chute revient aux
actions françaises du secteur suivies de celles de la zone euro et plus globalement de
l’Europe. Les mid et small caps paient-elles
leur succès des années passées où elles battaient régulièrement les grosses capitalisations ? Les petites valeurs ont corrigé de
façon parfois totalement irrationnelle.
Dans la catégorie actions Europe, aucun
fonds ne réalise de performance positive !
Le meilleur, BNP Paribas développement
humain, enregistre sur l’année une perte de
4,23 %. Le plus mal classé, Echiquier Agressor, spécialiste du stock picking (sélection
de valeurs) termine à –24,7 % alors que
depuis sa création il affiche une performance annualisée de +10,86 %.
Les fonds spécialisés sur les pays émer-
gents ont aussi manqué leur année et les
pertes sont lourdes : –18,59 % pour Carmignac Emergents A Eur ACC (Carmignac
Gestion), –17,39 % pour GS EM MKTS EQ
PTF I CAP de Goldman Sachs Asset Management, –16,87 % pour FF Emerging Markets A USD de Fidelity International…
LE STOCK PICKING A-T-IL
•ENCORE
UN AVENIR ?
Nombre de spécialistes y croient toujours.
« Derrière la réalité financière, il y a une réalité économique, plaide Jean-Paul Raymond.
Nous évoluons en ce moment dans l’irrationnel mais certains secteurs recèlent un vrai
potentiel et la réalité du tissu entrepreneurial
ne justifie pas des chutes de 24 % ! Je crois au
talent. La gestion de conviction a eu des pro-
blèmes cette année, mais je vous donne rendez-vous pour les années futures. » Pour
Marc Fiorentino, il y aura en 2019 des
opportunités de rebond de 8 à 10 %. « Il va
falloir être agile, très sélectif avec, pour les
actions, une stratégie de stock picking plutôt
que d’indices, sur un fond d’ambiance plutôt
morose. Prudence, agilité et sélectivité sont les
trois maîtres mots pour 2019 », explique-t-il
dans la newsletter de Monfinancier. com du
2 janvier.
• QUI S’EN SORT LE MOINS MAL ?
Côté actions internationales, moins de dix
fonds restent en territoire positif pour 2018.
Le meilleur, MSIM US Advantage A Eur C de
Morgan Stanley IM, un fonds actions EtatsUnis, ne progresse que de 5,87 %. Il est suivi
LA MAISON DE LA SEMAINE
par un fonds actions monde, BNY Mellon
LT GBL EQ X GBP Cap de BNY Mellon A.M.
qui réalise un modeste 3,8 %.
Les résultats des catégories obligataires
sont un peu moins mauvais, mais un peu
moins de 30 % des fonds sont dans le vert à
la fin de l’année avec un étonnant +32,19 %
pour H2O Multibonds R C EUR de H2O
Asset Management alors que le suivant
Pimco GIS GBL BD EX-US FD INS USD Cap
de Pimco Global Advisors (Irld) affiche une
progression nettement plus modeste de
7,46 %. Il faut souligner que les performances du fonds de H2O ne sont réalisées qu’au
prix d’une volatilité qui n’est pas comparable avec celle du reste de la catégorie (16,8 %)
contre 6,3 % pour le fonds de Pimco.
H2O Asset Management se distingue
Le changement d’année ne coïncide pas
avec la fin de la crise. « L’intensité du ralentissement économique et son corollaire sur les
bénéfices des entreprises rythmeront l’évolution des Bourses en 2019 », estime Guillaume
Chaloin, responsable des gestions actions
chez Meeschaert Asset Management dans
la dernière lettre de conjoncture. « Nous ne
croyons pas à une nouvelle vague de hausse
puissante et structurante des marchés, écrit
Marc Fiorentino. Nous allons connaître des
marchés extrêmement “techniques” avec une
forte volatilité et des rebonds puissants mais
des rebonds qui risquent de ne pas durer. » Le
règne des Gafa semble toucher à sa fin, mais
d’autres thématiques sont porteuses,
remarque Jean-Paul Raymond, optimiste
sur l’environnement, ou le Silver Age.
L’année sera encore difficile à négocier
pour les particuliers. Reste à savoir si les
professionnels de la gestion collective, bien
décevants en 2018, sauront prendre leur
revanche. n
INDICES DES PRIX IMMOBILIERS (IPI)
SUR
LE WEB
•vieAssuranceLes rendements
des fonds en euros, à
capital garanti, serontils meilleurs que prévu
pour 2018 ?
Logement Les
charges de copropriété s’envolent, dénonce
l’Association des responsables de copropriété (Arc) dans une
récente étude.
Immobilier
Où les amateurs d’immobilier de luxe achètent-ils en France ?
Quels impacts du
Brexit et des « gilets
jaunes » ? Les réponses dans le bilan 2018
de Coldwell Banker
France & Monaco.
Et toute
l’actualité
du patrimoine sur les
echos.fr/patrimoine.
Capifrance
•
1Villa d’architecte
à Angers
Construite en 2013, sur
un terrain de 800 m²,
cette villa d’architecte
de 254 m² est située
à 5 minutes du centreville d’Angers. Elle est
bâtie sur deux niveaux.
1Piscine chauffée
Une grande cuisine aménagée, une salle à manger,
un séjour et un coin salon
avec cheminée suspendue
occupent le rez-de-jardin.
De même qu’une suite
parentale avec espace
détente. Un bureau et trois
chambres avec douche
sont au 1er étage. Le tout
donnant sur un jardin.
1Prix
850.000 euros.
RETROUVEZ LA MAISON
DE LA SEMAINE SUR
LESECHOS.FR/PATRIMOINE
•
•
TOULOUSE
EN VEDETTE
Dans la plupart des métropoles françaises, les prix
immobiliers poursuivent
leur ascension. Sur un an,
au 1er janvier 2019, l’indice
IPI MeilleursAgents - « Les
Echos » des 10 grandes villes
grimpe de 4 % (+0,4 % en
décembre). Toulouse se
distingue. La Ville rose fait
mieux que la capitale. Ses
prix ont bondi de 6,3 %
depuis le 1er janvier 2018, sur
un an, quand Paris s’adjuge
6 % dans la même période.
« Le marché toulousain est
très tendu et favorable aux
vendeurs. Par sa situation
géographique, la présence
d’Airbus, ses écoles… la ville
attire toujours de nombreux
venus », témoigne Christophe Louisin du cabinet
Bedin Toulouse Minimes.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // PATRIMOINE
IMPÔTS
–18,02 %
FONDS ACTIONS SECTEUR
ÉNERGIE
Le baromètre
des fonds
fonds actions du secteur de
l’énergie perdent 18,02 % sur les
trois derniers mois. En un an, le
recul atteint 10,5 %.
Affectés par le ralentissement
de la croissance mondiale et la
chute des cours du pétrole, les
+9,16 %
FONDS ACTIONS MÉTAUX
PRÉCIEUX
Après une baisse de 8,66 % en
2018, les fonds dédiés aux métaux précieux relèvent la tête.
Portés par la remontée du
cours de l’or, ils progressent de
9,16 % sur les trois derniers
mois.
Morningstar au 7/01/2019
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019 Les Echos
A l’exception des foyers non imposables, tous les ménages sont concernés par cette réforme du mode
de recouvrement de l’impôt. Salariés, chefs d’entreprise, chômeurs, retraités, voici tout ce qu’il faut savoir.
Les 7 questions essentielles
sur le prélèvement à la source
QUAND LES PRÉLÈVEMENTS SERONT-ILS
EFFECTUÉS ?
travail ou le mandat social, ou qui
n e c o r r es p o n de n t p a s à l e u r
échéance normale… « Mais attention, ce sera au contribuable de qualifier et de différencier les revenus courants des revenus exceptionnels. La
déclaration de revenus sera aménagée en conséquence. Ce qui est évidemment une source de complexité
et de contentieux », explique Charly
Tournayre, docteur en droit, ingénieur patrimonial, chez Thésaurus.
1
Le coup d’envoi a été donné début
janvier pour les retraités et les chômeurs : une retenue à la source a été
opérée directement par les caisses
de retraite et Pôle emploi sur les
pensions et allocations versées
début janvier. Puis ce sera au tour
des indépendants et des ménages
qui perçoivent des revenus sans
« tiers collecteur », comme des revenus fonciers, d’être confrontés à ce
nouveau mode de recouvrement de
l’impôt : à moins qu’ils n’aient opté
pour des acomptes trimestriels, un
premier acompte sera prélevé sur
leur compte bancaire le 15 janvier
prochain. Les derniers à entrer en
piste seront donc les salariés, fin janvier, avec la paie du mois de janvier.
Les seuls qui ne seront pas concernés sont les salariés des particuliers employeurs (salariés à domicile et assistantes maternelles) : ils
n’auront pas de retenues à la source
sur leur salaire de janvier. Mais des
acomptes seront prélevés directement par le fisc, sur leur compte
bancaire sur les quatre derniers
mois de l’année 2019.
QUID POUR LES
SALAIRES DE DIRIGEANTS, LES BIC ET BNC ?
6
QUEL SCÉNARIO
POUR CEUX QUI ONT
COMMENCÉ À TRAVAILLER
EN 2018 OU 2019 ?
2
Ceux qui ont démarré une activité
salariée en 2018 ou en 2019 et qui
étaient encore rattachés au foyer
fiscal de leurs parents n’ont pas de
retenue à la source tant que leur
salaire reste inférieur à 1.404 euros
par mois. Au-delà, une retenue à la
source s’applique, calculée à partir
d’un taux issu d’une grille prédéfinie qui dépend du montant du
salaire versé. Ce n’est qu’à partir de
septembre 2019 pour ceux qui ont
démarré leur activité en 2018 et de
septembre 2020 pour ceux qui
démarrent en 2019 qu’ils auront un
taux personnalisé calculé à partir
des éléments contenus dans leur
déclaration de revenus de 2018 ou
de 2019, selon le cas. Mais ils peuvent demander à leur service des
impôts la création d’un taux personnalisé s’ils le souhaitent.
Quant à ceux qui ont démarré
une activité non salariée en 2018, ils
n’auront pas d’acomptes à payer
entre janvier 2019 et août 2019.
Même règle pour ceux qui démarrent une activité en 2019 : ils
n’auront pas d’acompte à payer jusqu’en août 2020.
A moins de demander à verser des
acomptes spontanés, ils devront
régler la totalité de l’impôt sur leurs
revenus de 2019 en septembre 2020.
C’est aussi à partir de cette date qu’ils
commenceront à payer des acomptes. « Attention, à la régularisation en
septembre 2020. De septembre à
décembre 2020, ils devront donc payer
à la fois l’impôt dû sur leurs revenus
de 2019 et des acomptes sur l’impôt dû
sur leurs revenus de 2020 », explique
Frédéric Thienpont, directeur associé du cabinet GMBA.
QUELS REVENUS
ÉCHAPPENT AU PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE ?
3
Il s’agit tout d’abord des revenus de
l’épargne : intérêts et dividendes. Ils
restent soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % (soit 30 %
avec les prélèvements sociaux),
avec une imposition en deux temps.
Les plus-values sur valeurs mobilières restent également soumises au
prélèvement forfaitaire unique de
30 %, mais l’imposition est payée en
une seule fois en septembre de
l’année suivante. Les contribuables
pourront toujours opter lors du
dépôt de leur déclaration de revenus pour une imposition au
barème progressif qui concernera
l’ensemble des revenus soumis au
prélèvement forfaitaire unique.
Quant aux plus-values immobilières, elles restent également soumises à une imposition forfaitaire,
distincte du prélèvement à la
source (19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux). C’est le notaire
chargé de la vente qui s’occupe de
prélever l’impôt.
LES REVENUS DE 2018
SONT-ILS
EXONÉRÉS D’IMPÔTS ?
4
Pour éviter que les ménages ne supportent une double taxation en
2019, à la fois sur leurs revenus de
2018 et sur ceux de 2019, ils bénéficieront automatiquement d’un crédit d’impôt spécifique, le crédit
d’impôt de modernisation du
recouvrement – CIMR. Il sera égal
au montant de l’impôt dû 2018,
avant imputation des réductions et
crédits d’impôt. Mais il ne viendra
effacer que l’impôt sur les revenus
non exceptionnels : salaires, retraites, bénéfices professionnels, reve-
nus fonciers, pensions alimentaires… Les revenus hors champ
d’application du prélèvement à la
source, ainsi que les revenus considérés comme exceptionnels, ne
seront pas couverts par le CIMR.
QUELS SONT LES
REVENUS CONSIDÉRÉS
COMME EXCEPTIONNELS ?
5
En plus des revenus exceptionnels
par nature, l’administration fiscale
a précisé, catégorie de revenus par
catégorie de revenus, dans des instructions publiées l’été dernier ce
qu’il fallait entendre par revenus
exceptionnels. Pour les salariés, elle
a notamment indiqué que des salaires supérieurs à ceux perçus les
années précédentes n’étaient pas
considérés comme exceptionnels
dès lors qu’ils correspondaient à
des heures supplémentaires, à une
augmentation du taux d’activité
(passage d’un temps partiel à un
temps plein) ou à un nouvel emploi.
En revanche, certains éléments
de rémunération seront automatiquement considérés comme étant
exceptionnels : indemnités de
départ en retraite, fraction imposable des indemnités de licenciement
et de rupture conventionnelle,
« parachutes dorés », « golden
hello », indemnités de clientèle ou
de cessation d’activité, primes de
mobilité, participation et l’intéressement dont le bénéficiaire
demande le versement immédiat,
primes sans lien avec le contrat de
Ce que doit faire le contribuable
Vous avez désormais
la possibilité de signaler à
l’administration fiscale tout
changement pour permettre à l’impôt de s’adapter
plus rapidement à votre
nouvelle situation.
En cas de mariage, de pacs, de naissance ou d’adoption d’un enfant, de
divorce ou de rupture de pacs, de
décès du conjoint ou partenaire,
vous devez en principe déclarer ces
changements dans les 60 jours suivant leur survenance. Aucune
sanction n’est prévue si vous ne le
faites pas. Mais si vous vous abstenez de le faire, vous ne pourrez pas
par la suite demander à moduler le
taux de votre prélèvement.
Cette déclaration de changement
permet à l’administration de recalculer le taux de votre prélèvement
sur la base de votre nouvelle situation. Ce nouveau taux – qui sera
automatiquement transmis à votre
employeur et à celui de votre conjoint ou partenaire si vous êtes
marié ou pacsé – s’appliquera, au
plus tard, le troisième mois suivant
la déclaration de changement.
Moduler le taux du PAS
En cas de variation de vos revenus
(ou d’augmentation de vos charges),
votre taux est modulable à la hausse
comme à la baisse. Si vous êtes indépendant, vous avez le choix entre
moduler uniquement l’assiette de
votre acompte – le taux de votre
foyer fiscal restant inchangé – et
60
JOURS
C’est le délai prévu pour déclarer
un changement de situation
permettant de calculer
un nouveau taux.
moduler le taux du prélèvement de
votre foyer fiscal, vos acomptes
étant recalculés en conséquence.
Pour cela, il suffit de vous connecter
sur votre espace personnel sur
impôts.gouv.fr, rubrique Gérer mon
prélèvement à la source et d’indiquer le montant de vos revenus estimés. Si vous demandez une variation à la baisse, votre demande ne
sera acceptée que s’il y a un écart de
plus de 10 % et de plus de 200 euros
entre le nouveau prélèvement et
celui qui vous aurait été appliqué en
l’absence de démarche de votre part.
En outre, si vous vous trompez
dans vos estimations et que cela
vous a conduit à une modulation à la
baisse trop forte, vous vous exposez
à des sanctions. « Ce qui peut être
problématique pour les indépendants
qui finissent l’année en beauté mais
qui, confrontés à un début d’année
difficile, avaient demandé de bonne
foi une diminution de leurs acomptes », remarque Frédéric Thienpont.
Enfin, dernière possibilité : les
couples mariés ou pacsés conservent la possibilité d’opter pour des
taux individualisés, même s’ils
n’ont pas exercé cette option l’année
dernière au moment où elle leur a
été proposée. Cette option permet à
celui qui a des revenus moins élevés
d’avoir un taux plus faible que celui
du foyer fiscal.
En contrepartie, le taux de celui
qui a les revenus les plus élevés sera
plus important. Cette option peut
être exercée (ou dénoncée) à tout
moment. L’application du taux
individualisé intervient au plus tard
le troisième mois suivant celui de
votre demande. — N. C.-K.
À NOTER
Au 0 809 401 401 (numéro non
surtaxé), les agents des finances
publiques répondront à vos
questions sur le prélèvement à
la source du lundi au vendredi,
de 8h30 à 19 heures.
Pour les chefs d’entreprise et les
dirigeants de société qui contrôlent
leur entreprise, l’appréciation du
caractère exceptionnel de leur
bénéfice ou de leur rémunération
se fera sur une base pluriannuelle
en comparant le niveau de leur
bénéfice ou de leur rémunération
de 2018 avec celui des trois années
précédentes. Si le bénéfice ou la
rémunération de 2018 est supérieur
au bénéfice le plus élevé réalisé en
2017, 2016 ou 2015, le surplus sera
considéré comme exceptionnel et
n’ouvrira pas droit au CIMR.
« Toutefois, si les contribuables
apportent la preuve que cette augmentation résulte d’un surcroît
d’activité, ils pourront demander par
voie contentieuse la restitution du
CIMR dont ils ont été privés. Un chef
d’entreprise pourrait par exemple
invoquer une hausse de son chiffre
d’affaires liée à la signature d’un gros
contrat ou à nouveau chantier
l’ayant contraint à travailler 7 jours
sur 7. Idem pour un médecin ou un
dentiste dont le nombre de patients a
triplé suite à l’ouverture de son cabinet 6 jours par semaine, au lieu de 4
ou 5 jours. Ou encore pour un dirigeant qui s’est octroyé une plus forte
rémunération parce qu’il s’est
retrouvé avec plusieurs mandats
sociaux suite à la fusion de plusieurs
sociétés... », explique Thomas Rone,
conseiller en gestion de patrimoine
chez Exco Nexiom Patrimoine.
LES CRÉDITS ET
RÉDUCTIONS D’IMPÔT
SERONT-ILS PRIS EN COMPTE ?
7
Non, le taux du prélèvement à la
source et le montant des acomptes
ne tiennent pas compte des crédits et
réductions d’impôt. Mais pour corriger le tir, il est prévu que les contribuables percevront dès le 15 janvier
une avance égale à 60 % des avantages dont ils ont bénéficié pour
l’emploi d’un salarié à domicile, les
frais de garde des jeunes enfants, les
dons au profit d’organismes d’intérêt général, les cotisations versées à
des syndicats, les frais d’hébergement dans un établissement pour
personnes dépendantes. Sont aussi
concernés les dispositifs suivants en
faveur de l’investissement locatif :
réductions d’impôt Pinel, Duflot,
Scellier, Censi-Bouvard et pour
investissement dans les DOM.
Mais attention, seuls ceux qui ont
bénéficié de ces avantages pour
l’imposition de leurs revenus de
2017 vont percevoir cette avance.
« Autrement dit, ce n’est qu’à partir
de l’année N + 2 que le contribuable
pourra se voir octroyer l’acompte
afférent à son investissement, don ou
versement effectué en année N »,
explique Charly Tournayre.
— Nathalie Cheysson-Kaplan
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
en bref
Raffaele Canepa/Artcurial
MARCHÉ
DE L'ART
L’ART ORIENTALISTE ET
AFRICAIN À L’HONNEUR
UN CARAVAGE BIENTÔT
AUX ENCHÈRES ?
La vente Artcurial du
30 décembre 2018 à Marrakech a été marquée par dix
enchères record, notamment
pour l’orientaliste T. Frère et
les artistes africains contemporains S. Keïta et A. Konate.
La toile « Judith décapitant
Holopherne », retrouvée en
2014 et dont l’attribution au
Caravage est toujours discutée, devrait être vendue aux
enchères au printemps à
Toulouse, a révélé Artprice.
Victor Vasarely : le retour
Vincenzo Pinto/AFP
PATRIMOINE // 39
Les Echos Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
LA CHRONIQUE
DU FISCALISTE
e 6 février prochain ouvrira
à Paris au Centre Pompidou
une exposition rétrospective
en 300 œuvres consacrée à Victor
Vasarely (1906-1997). C’est la première opération d’envergure
jamais consacrée à l’artiste d’origine hongroise en France. Très
attendue, elle avait été promise par
le ministère de la Culture depuis la
mort de l’artiste. Vasarely est un
inventeur. C’est lui qui est à l’origine
du mouvement majeur du XXe siècle, l’op art (optical art), qui crée
dans la peinture des impressions de
volume ou de mouvement.
Comme l’explique le commissaire de l’exposition au Centre Pompidou, Michel Gauthier, dans les
années 1950 « Vasarely met en scène,
par divers procédés illusionnistes, les
pièges de la vision ». En 1965 il met
même au point une « abstraction
prédigitale » à l’aide d’un nuancier
avec six couleurs de base, déclinées
en 15 tonalités chacune. « La complexité devient ainsi simplicité. La
création est désormais programmable », ajoute le commissaire. C’est
l’époque où il utilise les couleurs et
des formes dans un système de quadrillage prédécoupé, en rangées et
colonnes.
l’artiste chemine vers l’op art. Il
représente alors l’animal par un
système de raies circulaires en noir
et blanc. En mars 2017, à Londres,
une de ces peintures représentant
deux animaux à rayures a été adjugée 559.000 euros face à une estimation de 288.000 euros. Pour
Etienne Sallon, spécialiste chez
Christie’s à Paris, « depuis quatre ans
on assiste à une remontée sensible du
marché de Vasarely, avec des prix en
augmentation d’environ 20 %. Les
invendus sont plus rares. En outre ses
tableaux sont visuellement très
accessibles à tous genres de collectionneurs ». La masse des œuvres
aux enchères est datée des
années 1970 et 1980, correspondant
à cette esthétique à la fois mécanique et d’illusion d’optique.
L
En 1965 Vasarely
met au point
une « abstraction
prédigitale » à l’aide
d’un nuancier avec
six couleurs de base,
déclinées en
15 tonalités chacune.
Un art « multipliable »
A la fin des années 1960, il commence à produire à grande échelle.
Les œuvres sont conçues par lui et
exécutées par ses assistants. « Il est
le seul Français avec Dubuffet à avoir
conquis les Etats-Unis après la
guerre, mais il a trop produit », expliquait aux « Echos » en 1997 Denise
René (1913-2012), à la tête de la galerie parisienne de légende, la première à l’avoir exposé. Et d’ajouter :
« il a cédé à la demande et n’a pas su
gérer son succès ».
Dans les rues sur des panneaux
d’affichage, intégré à des architectures comme à la gare Montparnasse, par le biais de la sérigraphie,
Vasarely produisait en masse et se
justifiait : « Je ne suis pas pour la propriété privée des créations. Que mon
œuvre soit reproduite sur des kilomètres de torchon m’est égal ! il faut
créer un art multipliable. »
Non seulement Vasarely diffusera à l’excès mais, pis, il va reprendre d’anciens concepts qu’il refait
fabriquer en peinture. La plupart de
ces reprises portent une double
date, mais certaines sont tout de
même uniquement marquées des
« Cintra », 1955-56. Huile sur toile (163 × 130 cm) de Victor Vasarely. Photo galerie Anne Lahumière
années 1960. Des productions pléthoriques, des incertitudes de datation, pas de catalogue raisonné et
encore des démêlés judiciaires relatifs à la gestion de la Fondation
Vasarely, installée à Aix-en-Provence (aujourd’hui réglés), ont
concouru à donner une impression
négative sur sa création.
Les années 1950 et 1960, celles de
la mise en place de son vocabulaire,
correspondent à la grande période
de Vasarely et le marché en est
conscient. C’est aussi à ce moment
LE GRAPHE DE LA SEMAINE
Les investisseurs reviennent
dans l’immobilier ancien
« Avec l’énorme gifle que s’est prise la Bourse ces derniers mois, l’immobilier
fait plus que jamais office de valeur refuge, de lingot d’or pour les investisseurs », explique Laurent Vimont, président de Century 21. En témoigne la
très forte augmentation des investissements locatifs depuis un an. Sur
l’ensemble des achats immobiliers, les investisseurs sont passés de 17,4 % en
2017 à 21,7 % en 2018 en France. Et de 21,4 % à 28,5 % à Paris, selon les chiffres
du réseau immobilier. Même constat au sein du réseau Laforêt, les investisseurs étant à l’origine de 21 % des transactions dans l’immobilier ancien
(15 % en 2017). Les retraités représentent 23 % des investisseurs, suivis par
les employés-ouvriers (20,5 %) et les cadres moyens (17 %), selon les chiffres
de Century 21 dans toute la France. Les petites surfaces (studio et 2 pièces) ou
petites maisons (1 à 2 chambres) sont privilégiées. « Le prix moyen d’un achat
locatif en France est de 150.000 euros », rappelle Laurent Vimont.
Le retour de l’encadrement des loyers à Paris pourrait en revanche décourager les investisseurs en 2019. Dans la capitale, les investissements locatifs
étaient passés de 30,14 % en 2011 chez Century 21 à 24,8 % en 2013.
qu’arrive sa reconnaissance internationale. Le record de prix aux
enchères pour Vasarely, obtenu en
2010, s’élève à 644.000 euros pour
une peinture de 1955-1958 en noir et
blanc qui joue sur les entrecroisements de formes. « Ses œuvres n’ont
jamais atteint 1 million d’euros alors
que c’est un artiste d’une grande
importance », déplore Martin
Guesnet, directeur Europe d’Artcurial. « Il a réinventé l’abstraction. »
La galerie Anne Lahumière, qui a
travaillé pour les éditions d’œuvres
de Vasarely dès les années 1970,
prête six pièces au Centre Pompidou, dont une peinture de 1955
(son prix pourrait avoisiner les
400.000 euros). « C’est une composition phénoménale, juste avant le cinétisme », souligne Diane Lahumière,
la fille de la fondatrice de la galerie.
Des peintures
de 10.000 à 50.000 dollars
Dans l’exposition, on pourra aussi
comprendre, grâce à la série des
« Zèbres », que dès les années 1930
Etienne Sallon donne l’exemple
d’une toile de 1979 en noir et blanc,
faite de quatre quadrillages ornés
en leur centre par des illusions de
sphères. Elle a été vendue en
novembre dernier, à New York,
312.000 dollars contre une estimation de 250.000 euros. Selon la banque de données Artprice, dans les
dix-huit dernières années, 75 % des
œuvres vendues étaient des multiples (sérigraphies…) cédés entre 100
et 500 dollars majoritairement. On
peut déduire aussi des chiffres
publiés par Artprice que la majeure
partie des peintures sont cédées
entre 10.000 et 50.000 dollars.
Il reste encore beaucoup à faire
pour la cote de Vasarely et il est
étonnant qu’une galerie multinationale ne se soit pas encore penchée sur la question. Mais si elle
est bien faite, l’exposition au Centre
Pompidou devrait aider à une revalorisation.
— Judith Benhamou-Huet
« Vasarely, le partage des formes »,
du 6 février au 6 mai 2019,
www.centrepompidou.fr
DR
Vasarely est une star de la peinture contemporaine mais non une star du marché de l’art.
Cet inventeur d’un nouveau genre d’abstraction, l’op art, fait l’objet d’un regain d’intérêt
dans le contexte d’une prochaine rétrospective au Centre Pompidou.
• CHARLOTTE PERNOUD
Avocate, CMS Francis
Lefebvre Avocats
Le nouveau
régime
de l’« exit tax »
La loi de finances pour 2019
assouplit, mais uniquement
pour les transferts de résidence effectués à partir du
1er janvier 2019, le mécanisme d’imposition à l’impôt
sur le revenu et aux prélèvements sociaux, des plus-values latentes constatées par
des personnes physiques à
l’occasion de leur transfert
de résidence à l’étranger.
Outre un allégement des
obligations déclaratives
annuelles, il est prévu une
réduction du délai au terme
duquel le dégrèvement
appliqué aux plus-values
latentes est acquis ainsi
qu’un assouplissement des
conditions d’octroi du sursis
de paiement.
4 délais
de dégrèvement
Le délai permettant d’obtenir le dégrèvement est ainsi
réduit à 2 ans ou à 5 ans
pour les contribuables dont
la valeur globale des titres
excède 2,57 millions d’euros
à la date du transfert. Quatre
délais différents de dégrèvement s’appliquent donc, de
8, 15, 2 ou 5 ans, selon que la
date du transfert de domicile
fiscal est intervenue
entre 2011 et 2013,
entre 2014 et 2018 et après
le 1er janvier 2019.
Enfin, le bénéfice du sursis
de paiement automatique
sans constitution de garanties est désormais de droit,
en cas de transfert du domicile fiscal dans un Etat
membre de l’Union européenne, mais également
dans un Etat ou territoire
ayant conclu avec la France
une convention d’assistance
administrative en vue de
lutter contre la fraude et
l’évasion fiscales, ainsi
qu’une convention d’assistance mutuelle en matière
de recouvrement (sauf Etat
considéré comme non
coopératif).
À RETENIR
Les contribuables
•ayant
transféré leur
domicile fiscal hors de
France avant le 1er janvier
2019 ne pourront pas
bénéficier des nouvelles
mesures.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Vendredi 11, samedi 12 janvier 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Astérix et la nouvelle Rome
La pépite française de la robotique Balyo
fait un prix d’ami à Amazon.
LA SÉANCE DU 10 JANVIER 2019
La Bourse
de Paris
résiste sur
la barre des
4.800 points
avoir repris près de
•4,4Après
% depuis le 3 janvier, la
Bourse de Paris a subi quelques prises de bénéfice.
L’indice CAC 40 a reculé de
0,16 %, à 4.805,66 points. Les
volumes sont restés limités à
3 milliards d’euros. Les investisseurs restent prudents, dans
l’attente de plus d’éléments
concernant les négociations
sino-américaines sur le commerce. D’autant que la faible
hausse des prix à la production
en Chine inquiète les investisseurs sur la vitalité de l’économie locale.
En revanche, les valeurs
moyennes d’Euronext Paris ont
poursuivi leur rebond. L’indice
CAC Mid & Small a pris 0,35 %.
C’est sa cinquième séance d’affilée de hausse, pour un gain total
de 6,92 % sur la période.
Du côté des actions, parmi les
21 valeurs en baisse, plusieurs
ont abandonné une partie des
gains engrangés ces derniers
jours. Kering a perdu 3,50 %,
Valeo 2,45 % et Safran 2,18 %,
ce dernier ayant été pénalisé
par une recommandation
négative de JP Morgan. Le
secteur automobile a souffert
des inquiétudes sur les ventes
de voitures en Chine. Outre
Valeo, Faurecia a cédé 5,70 %,
Plastic Omnium 2,28 % et
Michelin 1,06 %.
En revanche, Sodexo s’est
adjugé 2,45 % après avoir
confirmé ses prévisions
annuelles. Engie a gagné 1,74 %
et Atos 1,50 %. Korian a bondi
de 6,18 % après l’annonce
d’acquisitions en Europe. Enfin,
le géant américain de la distribution Amazon s’intéresse aux
robots de manutention du français Balyo. Il a signé un « accord
commercial » de sept ans qui lui
donne accès au capital de la
PME, spécialiste de l’autonomisation des chariots de manutention. L’action s’est envolée de
51,3 %. Elle est repassée au-dessus de son prix d’introduction
en Bourse de juin 2017.
Moteur à extraction
Tous les chemins mènent à Rome, du moins à sa version contemporaine
Amazon. Il y a trois ans, Fabien Bardinet, le patron de la start-up de robotique Balyo, se demandait s’il valait mieux choisir la Bourse ou un acquéreur
industriel pour financer son développement fulgurant dans l’automatisation de la manutention. Celui qui avait participé à l’aventure d’Aldébaran,
vendu douloureusement au japonais SoftBank, va finalement faire les deux.
Après l’entrée sur la place parisienne il y a un an et demi, il ouvre la porte de
30 % de son capital à Amazon en échange de 300 millions de commandes
d’ici à sept ans. Si elle confirme le pouvoir d’attraction de la French Tech, la
transaction laisse néanmoins le sentiment ambigu qu’incapable d’amener
au stade industriel ses pépites technologiques, l’écosystème tricolore n’est
pas plus habile pour les valoriser au mieux. L’ogre de Seattle obtient du Petit
Poucet d’Ivry-sur-Seine des bons gratuits de souscription d’actions qu’il
pourra exercer avec une décote de plus d’un quart sur le prix d’entrée de
juin 2017. Celle-ci atteint même 35 % sur le multiple de son acquisition du
roboticien américain Kiva il y a sept ans. Si les principaux actionnaires (dont
bpifrance) ont accepté cet avatar d’augmentation de capital réservée, c’est
dans l’idée de se refaire plus tard. Mais Amazon pouvant tout aussi bien se
contenter de 5 % du capital en échange de 10 millions d’euros d’achats (soit la
moitié du chiffre d’affaires de 2018), la Bourse a douté. C’est ballot !
Hologruf 24
HoloTech 24
Hypervsn 24
Insight Venture
Partners 31
Kino-mo 24
Lagardère 25
La Pataterie 21
Leetchi 31
M6 25
Mondelez 31
Munich Ré 31
N26 31
Netflix 25
Nissan 19
Nuance 18
Orange 30
Pernod Ricard 29
Pot commun 31
Korian rassure en exécutant sa stratégie
de croissance progressive.
« Perte d’argent, perte légère ; perte d’honneur, grosse perte ; perte de courage,
perte irréparable. » Malgré les apparences, l’Allemagne semble s’inspirer
de la remarque de sa lumière Goethe, y compris en matière bancaire.
Elle ne dit pas que les pertes d’argent sont légères – les superviseurs
pourraient s’étrangler –, mais elle met un point d’honneur à ne pas perdre
courage au moment de relever le défi des nouvelles technologies.
Pendant que Francfort ne cesse de se demander depuis dix ans comment
Deutsche Bank et même Commerzbank pourront retrouver un peu de leur
éclat d’avant la crise, Berlin a donné naissance à N26, une néobanque partie
à l’assaut du monde en misant sur la banque sur téléphones portables.
Sa valorisation de 2,3 milliards d’euros sur la base de la dernière levée
de fonds ne fait pas si pâle figure face aux deux leaders, qui ont beaucoup
maigri (15,4 milliards pour Deutsche Bank et 7,9 milliards pour
Commerzbank). Une société de paiements numériques, le compatriote
Wirecard, les avait déjà détrônés (17,5 milliards), autre champion
de la disruption « fintech » annoncée. De nouveaux acteurs tentent
d’extraire une partie de la valeur captée par les vieux acteurs. Tous
ne réussiront pas, mais la concurrence sur les taux et les commissions
générée par ces nouveaux moteurs à extraction ne va pas diminuer
au pays du moteur à explosion, ni ailleurs en Europe. Les experts
de l’agence de notation Standard & Poor’s le soulignent aussi, il ne sera
pas si facile de faire diminuer les coûts, nécessaires aux transformations.
Renault 17
Revolut 31
Rolls-Royce 16
Safran 18
Schneider Electric 30
Skiply 28
Société Générale 33
Sunpartner 28
TechnipFMC 20
Thales 18
ValueAct 29
Vente-privee 15
Virgin 24
Vivendi 29
Vivoka 24
Vodafone 25
Xilam 25
Zurich American
Insurance Company 31
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TIRAGE DU 10 JANVIER 2019 : 86.419 exemplaires
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Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
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La fintech berlinoise N26 illustre
le durcissement de la concurrence bancaire.
Belle andalouse
LES ENTREPRISES CITÉES
Air France-KLM 15
Airseas 28
ArcelorMittal 30
Arkéa 31
Axéréal 21
Bell 18
Bisecu 26
BNP Paribas 33
Coleen 26
Continental
Automotive 19
EDF 15
Elliott 29
Ford 16
France Télévisions 25
Fresenius 30
Groupe FMH 28
Gulli 25
Helite 26
« La patience est la mère de la science », dit le proverbe espagnol. Il en aura
fallu une bonne dose à Korian pour convaincre de sa capacité à maîtriser
ses emplettes à l’étranger, après la crise de croissance qui avait appelé
Sophie Boissard à sa tête il y a deux ans. L’expert des services de soins
et d’accompagnement aux personnes âgées semble ainsi avoir retrouvé
une dynamique suffisante pour se risquer de l’autre côté des Pyrénées.
Le rachat de Seniors lui fournit la première pierre d’une nouvelle diversification géographique après l’Allemagne, l’Italie et la Belgique. Korian
surfe avec application sur l’un des « megatrends » dont les gestions
de portefeuilles sont friandes, le vieillissement de la population mondiale.
Son développement européen peut sembler moins exaltant que celui
d’Orpea, le leader des Ehpad qui va jusqu’en Chine et au Brésil. Il laisse
toutefois assez de marge de progression. La Bourse de Paris a donc choisi
de saluer le « newsflow » positif (+5,5 %) sans essayer de se faire peur avec
les difficultés rencontrées au milieu de la décennie, après les grosses acquisitions germaniques. La pépite andalouse est trop petite (0,4 % des ventes)
pour mettre la santé de la maison en péril et elle est accompagnée de deux
autres opérations de renforcement, en France et en Allemagne, de quoi
étayer le thème stratégique du maillage progressif. Il faudra par la suite
convaincre les investisseurs financiers que ces rachats ne pèseront pas
sur sa rentabilité. Dans l’immédiat, ils montrent comment la promesse
de croissance du nombre de lits pourra être remplie, dès le début d’une
année en manque cruelle de visibilité.
Félix Tshisekedi
élix Tshisekedi sait
m a n œ u v r e r. C e q u i n q u a génaire à la carrure massive a
été élu président du CongoKinshasa, deuxième pays francophone de la planète avec 45 millions
de locuteurs, alors qu’au nom de
l’unité de l’opp osition il s’était
engagé à ne pas se présenter à l’élection du 30 décembre. Mais il fallait
écouter la base de son parti… Et il a
obtenu que la Commission électorale, sinon vraime nt les urnes,
penche jeudi de son côté au détriment de l’autre opposant, Martin
Fayulu… avec l’accord du président
e n e xe r c i c e , Jo s e p h K a b i l a , e n
échange d’une garantie d’immunité
judiciaire.
Reste à savoir si « Fatshi », ainsi
qu’il est surnommé, réputé jovial et
conciliant, saura maîtriser le marigot de la politique congolaise, lui
F
dont le père et mentor, Etienne,
doutait de sa vision politique. Cela n’a
pas empêché cette figure de longue
date de l’opposition de léguer à son
fils une redoutable machine politique, l’UDPS, fondée en 1982 après sa
prise de distance d’avec Mobutu.
Marqué par son exil dans l’est du
pays puis à Bruxelles, où il s’est targué d’avoir obtenu un diplôme en
marketing réputé fallacieux, Félix a
fait mieux que son paternel, qui
n’avait pu que déplorer les fraudes
face à Kabila lors de la présidentielle
de 2011. Et s’il n’a jamais exercé de responsabilité, il a répliqué récemment
à un contradicteur : « Je n’ai effectivement pas d’expérience en matière de
mauvaise gouvernance ou de pillage de
mon pays… »
(
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