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Les Echos - 18.01.2019 - 19.01.2019

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Fiscalité :
Ce que change
les nouvelles règles
de l’abus de droit
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 18, SAMEDI 19 JANVIER 2019 // LESECHOS.FR
// DOSSIER PATRIMOINE PP. 37 À 39
L’ESSENTIEL
LA BAISSE DES CHARGES EN
QUESTION DANS LA MAJORITÉ
Des députés LREM demandent au
gouvernement de supprimer la
baisse des cotisations au-delà de
1,6 SMIC, après l’étude du Conseil
d’analyse économique. // P. 4
LA FRANCE SE PRÉPARE
À UN BREXIT SANS ACCORD
Le Premier ministre a annoncé la
publication rapide de cinq ordonnances pour parer les secousses
liées à une sortie brutale du
Royaume-Uni de l’UE. // P. 6
« LE PRIX DES VOITURES
NE DOIT PAS AUGMENTER »
Patrick Koller, le patron de l’équipementier automobile Faurecia,
livre aux « Echos » sa vision de
l’automobile de demain.
// LE GRAND ENTRETIEN P. 13
Dépenses
publiques :
les pistes du
grand débat
FNAC DARTY EN PASSE
D’ACQUÉRIR BILLETRÉDUC
Le groupe conforterait son leadership sur la billetterie de spectacles. Rififi en salle aussi, la
Caisse des Dépôts vendant 10 %
de l’AccorHotels Arena. // P. 16
PARIS TRÈS ATTRACTIF POUR
L’IMMOBILIER DE BUREAUX
2018 a été un excellent millésime
pour l’immobilier tertiaire parisien. Outre l’effet Brexit, les investisseurs y trouvent un réservoir
profond de programmes. // P. 18
l Macron place le dossier au centre du jeu.
l Retraites, santé, aides aux entreprises :
as de baisse d’impôts sans baisse des
dépenses publiques : depuis le lancement du grand débat national,
Emmanuel Macron et ses ministres mettent en avant la question de l’utilisation de
l’argent public. Un rapport de France Stratégie, publié jeudi, vient justement éclairer la
singularité de la situation hexagonale : la
France dépense environ 8 points de PIB de
plus que ses voisins européens proches.
Pour réduire ce poids de 3 points de PIB, il
faudra faire un effort important sur les frais
de fonctionnement ou les aides aux entre-
P
prises, mais aussi réaliser des économies
modérées sur la sphère sociale (santé,
retraites, etc.). Les pensions expliquent près
de la moitié de la différence avec nos voisins
en termes de dépenses, reflet d’un système
plus socialisé et plus généreux qu’ailleurs.
Didier Migaud, le premier président de la
Cour des comptes, estime que la crise
actuelle « impose non pas de freiner mais
d’accélérer » les réformes visant à améliorer
l’efficacité des services publics.
// PAGES 2-3 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 9
Pour le plus gros gestionnaire
d’actifs au monde, générer des
profits n’est pas en contradiction
avec la raison d’être d’une entreprise. // P. 33
BANQUE Les taux sont
toujours au plus bas et la
durée des crédits s’allonge à
près de 19 ans en moyenne.
CARNET // P. 36
Comment
l’intelligence
artificielle
a transformé la presse
// PP. 22-23
Les particuliers s’endettent plus que jamais à
long terme pour financer l’achat de leur logement. Au quatrième trimestre de l’année dernière, la durée des prêts immobiliers accordés
était de 226 mois en moyenne, soit de près de
19 ans, selon l’Observatoire Crédit Logement - CSA. Ce niveau n’avait jamais été atteint
par le passé. Pour les ménages, l’allongement
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
110eANNÉE
40 PAGES
Antilles-Réunion 4 €. Guyane-St Martin 5,20
€. Belgique 6,20 €. Espagne 4,30 €. GrandeBretagne 6,40 £. Grèce 4 €. Italie 4,30 €
Luxembourg 6,50 €. Maroc 30 DH. Suisse
1 0, 5 0 F S . Tu n i s i e 4 , 8 T N D. Z o n e C FA
3000 CFA.
de la durée des prêts permet d’amortir l’augmentation des prix de l’immobilier. Cette situation ne serait pas possible sans le maintien du
coût des crédits au plancher. Grâce aux taux
bas de la Banque centrale européenne, les taux
des prêts immobiliers sont ressortis à 1,43 % en
moyenne en décembre. Ils restent donc très
proches des points bas historiques atteints en
fin d’année 2016. Cette année, les conditions de
financement des ménages devraient rester
avantageuses et marquées par une hausse
modérée du coût des crédits.
// PAGE 30 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN PAGE 9
Société Générale :
un avertissement
qui passe mal
auprès des marchés
BANQUE Fin d’année morose dans la
SUR
l BUSINESS STORY LE TIGRE AFRICAIN QUI ÉTONNE LE MONDE
l CULTURE LE MUSÉE IDÉAL DE CAMPANA À GHR
l STYLE LE BŒUF SE MET EN SCÈNE
l ... ET MOI PARCOURSUP, MODE D’EMPLOI
Taux, durée : des prêts
immobiliers record
BLACKROCK EXHORTE
LES ENTREPRISES À DÉFINIR
LEUR RAISON D’ÊTRE
Justin T. Gellerson/NYT-Redux-RÉA
VOTRE MAGAZINE TOUS LES VENDREDIS
un rapport recense les pistes d’économies.
ENTREPRISES
& MARCHÉS
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22868
Les Echos
WEEK-END
finance. Après les accidents de marché
subis par Natixis et BNP Paribas,
Société Générale a indiqué jeudi que les
résultats de ses activités de marché se
sont dégradés au quatrième trimestre.
La banque de la Défense annonce une
baisse de revenus de 20 % dans ses activités de marché et de services aux investisseurs. Autre mauvaise nouvelle : elle
va enregistrer une charge exceptionnelle de 240 millions d’euros liées à des
cessions. Les marchés n’ont pas apprécié : le titre Société Générale s’est replié
de plus de 5 %. Globalement, toutes les
banques de marché, aux Etats-Unis
comme en Europe, risquent d’être
pénalisées par la forte volatilité observée en fin d’année 2018. Un contexte qui
pourrait bien perdurer en 2019 tant les
incertitudes restent nombreuses : tensions commerciales entre les EtatsUnis et la Chine, Brexit ou encore le
changement de direction à la BCE. //
PAGE 31
ET « CRIBLE » PAGE 40
Alain Minc :
« Il n’existe pas de
pays sans élites »
Dans un entretien aux « Echos »,
Alain Minc revient sur la crise des
« gilets jaunes » que traverse aujourd’hui la France. Il réfute la mise en
cause systématique des élites, particulièrement présente dans les slogans des animateurs du mouvement,
une attitude qu’il considère comme
« un élément fondateur du populisme ». Il reconnaît cependant que les
élites sont de moins en moins représentatives de la nation. A ce titre,
il recommande de s’attaquer d’urgence aux « inégalités culturelles »
qui minent notre démocratie bien
plus sûrement que les inégalités
monétaires... // PAGE 11
Gilles Rolle/REA
Gilles Rolle/RÉA
Le gouvernement a arraché
une baisse de 30 % des péages
sur les trajets domicile-travail. // P. 17
Laurent Cerino/RÉA
Autoroutes :
les sociétés font un geste
Siemens et Alstom de plus en plus
pessimistes sur leur fusion
Dans leurs déclarations les deux entreprises
semblent ne plus douter du refus de Bruxelles.
CONSTRUCTION FERROVIAIRE La constitution de l’ « Airbus de la construction ferroviaire » est-elle définitivement compromise ? C’est le sentiment qui domine au vu des dernières déclarations publiques de Siemens et d’Alstom. L’allemand l’a exprimé jeudi de façon
directe en affirmant : « Il n’y aura plus de concessions [...], nous sommes devant un mur trop
haut. » En présentant d’excellents chiffres, le patron du groupe français, Henri Poupart-Lafarge, a employé un langage plus diplomatique pour dire quasiment la même chose. La balle
est dans le camp de la Commission, qui a jusqu’au 18 février pour rendre sa décision.
// PAGE 15
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
FRANCE
BUDGET
Comment le débat
bouscule déjà le cap
L’angle local choisi par l’exécutif pour répondre
aux « gilets jaunes » risque de peser sur la politique
suivie. Sur les baisses d’effectifs publics, notamment.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
i Emmanuel Macron a
pris soin de cadrer le
grand débat avant qu’il
ne s’engage – pas de
changement de cap, pas de
détricotage de ce qui a été fait,
pas de fragilisation de la
démocratie représentative –, il
n’est pas impossible qu’il ait
sous-estimé les effets de la
dynamique enclenchée. En
passant de l’Olympe au terrain,
en valorisant le local et la
proximité, le chef de l’Etat s’est
mis « à hauteur d’homme »,
comme il dit souvent, et avec lui
toute une politique qui ne
pourra être la même que
lorsqu’elle était pilotée d’« en
haut ». Les effectifs de
fonctionnaires peuvent-ils être
ainsi réduits comme il avait été
prévu qu’ils le soient, c’est-àdire en priorité dans les
administrations
déconcentrées, sur le terrain,
parce que c’est là qu’ont été
identifiés des doublons avec les
collectivités locales ? Si l’Etat
tranche dans ses effectifs de
terrain, le sentiment d’abandon
ressenti localement ne va-t-il
pas être décuplé ? Quand tout
un pays se met à l’heure locale,
sous pression de « gilets
jaunes », ce qui semblait
évident hier ne l’est plus tout à
Fabien Clairefond pour « Les Echos »
S
coup. A fortiori, lorsque
s’ajoute une politique de
dématérialisation des services
publics, qui crée des « dérives »
et laisse des gens sur le côté,
dénonce le Défenseur des
droits, Jacques Toubon. L’angle
local choisi par le
gouvernement donne à ses
propos un relief qu’ils
n’auraient sans doute pas eu
hier. Les « gilets jaunes » ont
suffisamment défendu tout et
leur contraire (des baisses
d’impôts et plus de services
publics) pour que le
gouvernement trouve de quoi
justifier la poursuite de ses
réformes : plus compliquée est
la nouvelle focale qu’il a choisie.
« A hauteur d’homme », l’Etat
n’est plus le même.
Centralisation, concentration,
métropolisation deviennent de
gros mots. Il en va ainsi de toute
une série de politiques qui vont
être autrement questionnées :
fermetures de classes et de
services hospitaliers bien sûr,
80 km/h sur les
départementales
également, etc. Sans parler du
cumul des mandats qui fait un
retour en force après avoir été
longtemps synonyme d’une
politique dont les Français ne
voulaient plus. A l’instar de
Gérard Larcher qui affirme que
« le non-cumul est en train de
construire une déconnexion »,
les macronistes ne sont pas
rares à regretter ce temps où les
parlementaires, parce qu’ils
étaient maires, avaient un vrai
ancrage local.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Grand débat : Bellaoui, Canivet
et Perrineau désignés « garants »
POLITIQUE Le président de l’Assemblée, Richard Ferrand
(LREM), a annoncé avoir choisi l’ancien membre du Conseil
constitutionnel, Guy Canivet, pour être l’un des cinq « garants »
du grand débat national qui seront chargés de son impartialité
et de sa synthèse. Le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), a
pour sa part désigné le politologue et spécialiste de sociologie
électorale Pascal Perrineau. Le président du Conseil économique et social (Cese) Patrick Bernasconi a désigné la secrétaire
générale de la Ligue de l’enseignement, Nadia Bellaoui.
Services publics : le Défenseur
des droits dénonce le tout numérique
FONCTION PUBLIQUE Le Défenseur des droits, Jacques
Toubon, a mis en garde jeudi contre une dématérialisation à
« marche forcée » des services publics et certaines « dérives »
dans le passage progressif au tout numérique, qui se traduit
« pour beaucoup d’usagers par un véritable recul de l’accès » aux
droits. Si ce « processus inéluctable et fondamentalement positif » constitue un « progrès », il ne doit « laisser personne de
côté », surtout pas les plus vulnérables, personnes âgées et
détenus en tête.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
Retraites, aides sociales, entre
l Un rapport de France Stratégie montre que le niveau de dépenses publiques
de la France est supérieur de 8 points de PIB à celui de ses voisins.
l La baisse de ce niveau passera nécessairement par la sphère sociale.
Renaud Honoré
@r_honore
« Quelles sont les économies qui vous
semblent prioritaires à faire ? Faut-il
supprimer certains services publics
qui seraient dépassés ou trop chers
par rapport à leur utilité ? » Il n’aura
pas fallu longtemps à France Stratégie pour répondre aux questions
posées dimanche par Emmanuel
Macron dans sa lettre aux Français
installant le grand débat national.
Hasard du calendrier, ce think
tank rattaché à Matignon a en effet
publié jeudi une note au titre explicite (« Où réduire le poids de la
dépense publique ? »). La réponse
apportée n’est pas sans nécessiter
quelques choix douloureux.
« Il est possible de baisser la
dépense publique de 3 points de PIB
en cinq ans tout en préservant, voire
en augmentant les crédits alloués à la
défense, à l’éducation et à l’investissement, mais des efforts modérés sont
sans doute nécessaires pour freiner
les dépenses sociales », explique
Fabrice Lenglart, le commissaire
général adjoint de France Stratégie.
En clair, des économies sur les
retraites, la santé ou les aides sociales sont indispensables pour atteindre un tel objectif.
Pour tracer ces pistes, l’institut de
recherche s’est évertué à dessiner le
tableau le plus complet possible de
la situation de la France en la
matière. Deux points saillants
émergent. D’abord, la hausse des
dépenses publiques a été continue
depuis vingt ans (+4 points de PIB,
pour un niveau total représentant
plus de 56,5 % de la richesse nationale en 2017), les rares inflexions
n’étant dues qu’à la conjoncture.
Surtout, la France se distingue
nettement de ses voisins, avec un
niveau de dépenses supérieur de 8
points de PIB à la moyenne de 11
pays d’Europe occidentale. Comment expliquer un tel écart ?
D’abord du fait du poids des retraites en France (+3,4 points par rapport à nos voisins). « La moitié de
cette différence vient du fait que les
autres pays n’ont pas opté comme
nous pour un système presque intégralement socialisé, l’autre moitié
s’explique par la générosité de nos
régimes de retraite », précise Fabrice
Lenglart. Côté « pognon de dingue »,
« Des efforts
modérés sont sans
doute nécessaires
pour freiner les
dépenses sociales. »
FABRICE LENGLART
commissaire général adjoint de
France Stratégie
la France dépense plus en matière
d’aides sociales (+ 1 point de PIB).
Mais cela reste moins qu’en Europe
du Nord, et surtout, cette redistribution est relativement efficace puisque le niveau de pauvreté est faible
comparé à la plupart de nos voisins.
Toujours dans la sphère sociale, la
différence en matière de dépenses
de santé est également nette (+1
point de PIB), ce qui se traduit par
un reste à charge pour les ménages
le plus faible en Europe.
Frais de fonctionnement
plus élevés qu’ailleurs
Mais il n’y a pas qu’en matière
sociale que la puissance publique
est généreuse. La France dépense
plus que ses voisins pour le régalien
(+0,7 point, un écart compréhensible compte tenu du poids de la
défense), les investissements
publics (+0,6 point) et surtout les
aides à l’économie (rien moins que
1,9 point de PIB en plus). Il y a également des frais de fonctionnement
plus élevés qu’ailleurs, mais la différence reste modérée (+0,5 point de
PIB). Enfin, la France se distingue en matière d’éducation et de
recherche, mais à la baisse cette fois
(–0,7 point de PIB). La différence est
encore plus forte avec les pays nordiques (–2,7 points), particulièrement pour la petite enfance et
l’enseignement supérieur. Pas de
quoi préparer l’économie de l’innovation prônée par Emmanuel
Macron. Face à cette situation,
comment réduire la dépense publique de 3 points de PIB, comme l’a
promis le gouvernement ? France
Stratégie prône un chemin de crête.
« Si l’on voulait exonérer le régalien
ou la sphère sociale de tout effort, cela
aboutirait à une ponction pas raisonnable sur les autres secteurs », note
Fabrice Lenglart.
Le think tank semble donc pencher pour un cocktail plus équilibré, qui permettrait en outre d’augmenter les dépenses d’éducation,
de défense et aussi l’investissement
(jugées indispensable pour la transition écologique). Il faudra bien
une baisse des crédits de soutien à
l’économie ou des frais généraux de
fonctionnement (la note relève la
« dérive dans les collectivités locales »
entre 2000 et 2014). Mais aussi des
économies sur les retraites, la santé
ou les aides à la personne. « Ce sont
des efforts modérés et qui paraissent
possibles. La mesure de quasi-gel des
retraites en 2019 et 2020 voulue par
l’exécutif permet ainsi de réaliser
trois quarts des économies que nous
avançons », détaille Fabrice Lenglart. Encore faut-il que l’exécutif
arrive à ses fins, puisque le Conseil
constitutionnel l’oblige à revenir à
la charge pour 2020, ce qui n’a rien
d’évident vu le contexte social.
Lire l’éditorial
( Page
de Jean-Marc Vittori
9
Le maquis des aides à l’économie également
pointé du doigt
La France subventionne
beaucoup plus les entreprises que ses voisins, mais
une partie de ces aides vient
compenser une fiscalité
plus lourde.
C’est un poste de dépenses qu’on cite
plus rarement quand on évoque la
générosité de la puissance publique. Le rapport publié jeudi par
France Stratégie intitulé « Où
réduire le poids de la dépense publique ? » indique les domaines dans
lesquels la France se montre plus
prodigue de ses deniers que ses voisins européens. Outre la sphère
sociale (retraite, santé, etc.), une
catégorie se distingue : celle que le
think tank rattaché à Matignon
appelle les « subventions et aides à
l’économie ». Ces dernières sont
supérieures de 1,9 point de PIB à ce
q u i s e p r a t i q u e d a n s 1 1 p ay s
d’Europe de l’Ouest, et encore de
1 , 1 p o i n t s i o n exc l u t l e C I C E
(dépense fiscale qui va disparaître
en 2019, pour être remplacée par
une baisse de charges).
Il faudrait plusieurs articles pour
dresser la liste de toutes ces aides,
destinées principalement aux
entreprises mais aussi aux ménages : emplois aidés, crédit d’impôt
recherche, soutien aux énergies
renouvelables, soutien au logement
ou aux DOM, aides à l’investissement pour les entreprises mais
aussi crédits d’impôt pour l’emploi
d’un salarié à domicile… Les dispositifs sont nombreux et sont versés
aussi bien par l’Etat que par les collectivités locales.
Les dispositifs sont
nombreux et sont
versés aussi bien par
l’Etat que par les
collectivités locales.
On touche là à une exception culturelle française. Quand ces aides à
l’économie représentent 4,2 points
de PIB en France (hors CICE), elles
s’élèvent à seulement 2,7 points de
PIB en Allemagne. Seule l’Italie se
rapproche de la France (4,1 points
de PIB). Paradoxalement, cette
situation ne veut pas dire pour
autant que la puissance publique
choie particulièrement les entreprises. Ces dispositifs peuvent « être
perçus comme le moyen de compenser une fiscalité trop élevée sur les facteurs de production », note France
Stratégie, en allusion aux impôts de
production deux fois plus élevés
que ceux pratiqués en Europe.
Gilles de Margerie, commissaire
général du think tank, parle à ce
propos d’un système de « pompe
aspirante refoulante », expression
qui semble tout droit tirée d’un épisode des « Shadoks ». — R. Ho.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
prises : les pistes pour réduire les dépenses
Où va l’argent public ? La réponse du gouvernement
Une fiche pédagogique
diffusée par le gouvernement dresse un tableau de
la répartition de la dépense
publique.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
JEAN-PAUL DELEVOYE
Haut-commissaire chargé
de la réforme des retraites
Stéphane de Sakutin/AFP
Stéphane de Sakutin/AFP
« Je n’ai pas été
mandaté pour
faire la chasse
aux milliards. »
« La réforme ne
produira ses pleins
effets qu’en 2040
et elle ne produira
aucune économie.
Est-ce bien
raisonnable ? »
LAURENT WAUQUIEZ
Président des Républicains
Pourquoi les retraites
pèsent si lourd
Les pensions se sont
élevées à 316 milliards
d’euros en 2017, soit
13,8 % du PIB. En France,
elles sont relativement
plus élevées qu’ailleurs.
du revenu moyen, et la seule
tranche des 66-75 ans… 110,6 %.
Dans nul autre pays, on ne
trouve un tel ratio. Dans l’OCDE,
la moyenne est à 87,6 %.
42 régimes de retraite
Solveig Godeluck
@Solwii
Chères retraites. Pour
1.000 euros de dépenses publiques, 268 euros, soit plus du
quart, y sont consacrés. C’est le
premier poste du tableau établi
par le gouvernement pour le
grand débat. « Le choix de prélèvements élevés permet au système
de retraite français d’assurer une
bonne protection, mais les coûts
peuvent aussi refléter un manque
d’efficience et peser sur la compétitivité », commente Hervé Boulhol, économiste à l’OCDE.
En 2017, les pensions se sont
montées à 316 milliards d’euros,
soit 13,8 % de la richesse nationale. Malgré les réformes successives, et en comptant la part
des pensions privées et non obligatoires, la France reste dans le
peloton de tête des pays développés les plus dépensiers. Elle
devance largement l’Allemagne,
qui consacre un peu plus de 10 %
de son PIB aux retraites, et dont
la population vieillit plus rapidement que la nôtre. En France, le
système assure un bon niveau
de pension moyenne. Selon
l’OCDE, en 2014, un Français de
plus de 65 ans gagnait 103,4 %
Les retraités sont bien couverts,
avec des pensions de réversion
qui pèsent 1,5 point de PIB
(36 milliards d’euros). Cette
générosité se lit dans le taux de
pauvreté des retraités. En
France, 3,5 % des plus de 65 ans
vivent avec moins de la moitié
du revenu médian, alors que la
moyenne dans l’OCDE est de
12,5 %. La dépense publique
française serait-elle moins efficace ? A l’évidence, la coexistence de 42 régimes de retraite
entraîne des coûts administratifs – mais ce problème est censé
disparaître avec la création à
venir d’un régime universel. On
peut aussi interroger la durée de
vie passée à la retraite. Elle
dépasse 27 ans pour les Françaises, et 24 ans pour les Français,
contre respectivement 18 et 22
ans dans l’OCDE. « Les Français
quittent le marché du travail quatre ans plus tôt en moyenne que
les autres. Dans cette durée record
de vie à la retraite, la contribution
de l’espérance de vie n’est que d’un
tiers, et deux tiers sont liés à l’âge
de la fin de carrière », souligne Hervé Boulhol. Entre les
pensions « confortables » et la
retraite à 62 ans, il va probablement falloir choisir. n
« Qu’est-ce que vous faites du pognon
des Français ? » interpellait Jacline
Mouraud, l’une des figures des
« gilets jaunes », dans une vidéo
devenue virale, et qui a marqué le
début de la mobilisation. Dans une
fiche pédagogique diffusée à l’occasion du lancement du grand débat,
l e g o u ve r n e m e n t a p p o r t e s a
réponse à cette question. Ce document dresse un état des lieux des
finances publiques, rappelant les
grands agrégats qui caractérisent la
France : une dépense publique
parmi les plus élevées des pays développés (56,5 % du PIB) et un recours
important aux impôts et cotisations
(45,3 % du PIB). Cette note présente
un tableau éclairant sur le fléchage
de l’argent public. On y lit que sur
1.000 euros de dépenses publiques,
575 euros financent la protection
sociale, 60 euros sont affectés au
régalien (défense, sécurité, justice) et
96 euros à l’éducation. « Pour mettre
en perspective les ordres de grandeur,
nous rappelons que sur 1.000 euros de
dépenses publiques, l’ensemble des
dépenses relatives à l’Assemblée
nationale, au Sénat et au gouvernement représente 1 euro », souligne
cette fiche. Cette présentation, issue
de données de l’Insee, a pour intérêt
d’agréger les dépenses de l’Etat, de la
Sécurité sociale et des collectivités
locales – qui sont habituellement
présentées de façon séparée, ce qui
nuit à la transparence.
268 euros pour les retraites
L’une des données qui frappe le plus
les esprits est le montant accordé
aux retraites : 268 euros sur
1.000 euros de dépenses publiques.
Ce niveau élevé tient notamment au
choix français d’un système par
répartition, alors que, dans d’autres
pays, les citoyens recourent à des
assurances privées auxquelles ils
cotisent en plus de leurs
impôts. Cette somme comprend à la
fois les dépenses du régime
« vieillesse » de la Sécurité sociale
(124 milliards en 2017) et celles des
régimes complémentaires (100 milliards). Elle est à mettre en perspective avec les 35 euros attribués à
l’assurance-chômage.
Certains budgets peuvent surprendre par leur montant. C’est le
cas de la culture, qui représente
22 euros sur 1.000 euros de dépenses
publiques, alors que la mission
ment scolaire » dans le budget de
l’Etat). Cela permet de prendre en
compte la masse salariale des enseignants, financée par l’Etat, mais
aussi le coût de fonctionnement des
établissements, pris en charge par
les collectivités.
La somme attribuée à la justice,
de 4 euros, peut paraître faible, comparée à un budget du ministère de
presque 7 milliards. Cela tient au fait
que les dépenses dans le pénitencier,
estimées à 7 euros, ont été reclassées
dans la sécurité. Après avoir
répondu à la question « où va
l’argent », se pose celle de savoir d’où
il vient. Le gouvernement n’y répond
pas dans cette fiche pédagogique
mais le rapporteur du budget à
l’Assemblée, Joël Giraud (LREM), a
publié en octobre un tableau synthétique montrant que la France venait
de dépasser les 1.000 milliards de
prélèvements obligatoires. La première recette provient des cotisations sociales (385 milliards), suivie
de la TVA (160 milliards) et de la
CSG-CRDS (107 milliards), avant
l’impôt sur le revenu (73 milliards) et
l’impôt sur les sociétés (36 milliards). n
La présentation, issue
de données de l’Insee,
a pour intérêt
d’agréger les dépenses
de l’Etat, de la Sécurité
sociale et des
collectivités locales.
« culture » dans le budget de l’Etat se
chiffre à moins de 3 milliards
d’euros. Cette présentation permet
de tenir compte de la contribution
des collectivités locales, qui exploitent de nombreux sites culturels. De
même pour les dépenses dans l’éducation, estimées à 96 euros (50 milliards pour la mission « enseigne-
La Cour des comptes s’invite dans le grand débat
Pour Didier Migaud, la crise
actuelle « impose non pas
de freiner mais d’accélérer » les réformes visant
à améliorer l’efficacité
des services publics.
Etienne Lefebvre
@e_lefebvre
Edouard Philippe n’avait pas droit à
la parole, jeudi matin à la Cour des
comptes, pour répondre à l’allocution de rentrée du premier président, Didier Migaud. Mais le Premier ministre n’avait pas vraiment à
se plaindre : ce discours, il aurait pu
l’écrire en grande partie lui-même.
Le principal message était le suivant : dans la crise politique et
sociale actuelle, l’heure n’est pas à la
mise sous cloche de la réforme de la
sphère publique, mais au contraire
à l’accélération des chantiers.
« Les circonstances actuelles imposent, non pas de freiner, mais d’accélérer et de concrétiser l’indispensable
démarche de transformation de
l’action publique, pour un service
public plus performant encore », a
insisté Didier Migaud, rappelant
que la performance de ces services
n’était pas à la hauteur des moyens
Hamilton/RÉA
Ils ont dit
Didier Migaud n’a pas manqué de rappeler que la dette publique
de la France « tangente désormais la barre symbolique des 100 % ».
engagés (56 % de la richesse
annuelle), comme si « une loi des
rendements décroissants s’appliquait ». Une pédagogie de l’efficience de la dépense publique
bienvenue pour le chef d’un gouvernement qui cherche à orienter le
grand débat national vers la recherche d’économies, pour ne pas seulement aboutir à une liste de dépenses
nouvelles et de demandes de baisses
d’impôts. Et le premier président de
la Cour de se référer à Sénèque pour
convaincre l’exécutif d’agir sur ce
terrain glissant – « Ce n’est pas parce
qu’une chose est difficile que nous
n’osons pas, c’est parce que nous
n’osons pas qu’elle est difficile. » Ou
encore Paul Valéry : « La plus grande
liberté naît de la plus grande rigueur. » Manière de souligner que le
contrôle des finances publiques est
une question de souveraineté, alors
que l’Italie a dû récemment réviser
fortement son budget sous la pression des marchés.
Lutter contre les fausses
informations
Didier Migaud n’a pas manqué de
rappeler que la dette publique de la
France « tangente désormais la barre
symbolique des 100 % », un écart de
40 points de PIB la séparant ainsi de
la dette allemande. Et la prévision de
déficit pour 2019, revue à la hausse à
3,2 % de PIB après les mesures
d’urgence pour le pouvoir d’achat,
pourrait être plus dégradée à l’avenir, le scénario macroéconomique
de l’exécutif étant « fragilisé ». Un
satisfecit néanmoins : les objectifs
de dépense de 2018 ont, semble-t-il,
été respectés.
Après cette séance de rentrée, la
Cour des comptes entend contribuer à sa manière au grand débat,
en publiant le mois prochain son
rapport annuel, avec à la clef des
nouvelles pistes d’économies. Les
magistrats financiers reconnaissent
la difficulté de l’exercice à l’heure où
« plus que jamais, la parole publique,
qu’elle émane des représentants du
suffrage universel ou d’experts indépendants, est mise en doute ». Même
si la tyrannie des « fake news » n’est
pas tout à fait nouvelle, Didier
Migaud renvoyant cette fois aux
mots de son lointain prédécesseur
François Barbé-Marbois, exprimés
en 1807 : « Il faut toujours dire le vrai
en matière de finances même et surtout dans les difficultés, car le soupçon va au-delà du vrai et exagère la
réalité, et le Trésor comme les particuliers en souffrent. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
Des députés LREM contestent
la politique de baisse de charges
Ordonnances
travail : les élus du
personnel inquiets
COÛT DU TRAVAIL
SONDAGE
Une étude remet
en cause l’intérêt
des exonérations
de cotisations
au-delà de 1,6 SMIC.
La mise en place
du conseil social
et économique
fait craindre
un appauvrissement
du dialogue social.
Les députés Sacha
Houlié et Pierre
Person demandent au
gouvernement d’agir.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Voilà une étude qui n’est pas passée
inaperçue. Et qui va sans aucun
doute continuer de faire parler
d’elle. Rendue publique cette
semaine, une note du Conseil d’analyse économique (CAE), un think
tank rattaché à Matignon, critique
un pan entier du pacte de responsabilité, en remettant en cause « l’intérêt et l’efficacité de dispositifs de
réduction du coût du travail au-delà
du seuil de 1,6 SMIC ».
La note à peine publiée, des députés de la majorité s’en emparent
pour interpeller chacun, via une
question écrite, le gouvernement et
en l’occurrence, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le
Maire. C’est le cas notamment des
députés Sacha Houlié et Pierre Person, par ailleurs délégué général
adjoint d’En marche.
S’appuyant sur cette note, Sacha
Houlié écrit dans sa question, que
ses « experts suggèrent, d’une part, au
regard du seul objectif de soutien à
l’emploi et de lutte contre le chômage,
de privilégier les exonérations de cotisations ciblées sur les bas salaires et
Le député LREM de la Vienne, Sacha Houlié (à droite), appelle le gouvernement « à envisager la suppression » d’exonérations qui ont peu d’incidence sur la création d’emplois. Photo Guillaume Souvant/AFP
d’éliminer toutes les charges au
niveau du SMIC ». De quoi, au passage, soutenir la baisse de 4 points
de charges au niveau du SMIC prévue pour octobre 2019 et que l’exécutif, après l’annonce des mesures
d’urgence de décembre dernier,
avait hésité un temps à reporter
encore en janvier 2020.
4 milliards d’euros
Surtout, les députés suggèrent,
« d’autre part, d’abandonner, pour le
budget 2020 », les baisses de cotisations sociales pour les salaires
supérieurs à 2,5 SMIC, « voire pour
tous ceux excédant 1,6 SMIC, si
d’autres experts » confirmaient les
résultats de la note du CAE (une
note de France Stratégie est attendue sur le sujet). Ces résultats montrent que pour les salaires supérieurs à 1,6 SMIC, ces exonérations
ont eu une « faible incidence sur la
création d’emplois, mais aucun effet
sur la hausse des exportations et a
fortiori sur la compétitivité des entreprises », reprend la question. Aussi,
ces députés appellent le gouvernement à « envisager la suppression de
ces exonérations », sans manquer de
mettre en avant les économies susceptibles d’être réalisées – 4 milliards d’euros –, contre le peu
d’« efficience » du dispositif.
« Cette note, c’est de l’évaluation
des politiques publiques. C’est quelque chose qui nous est cher, nous
nous en saisissons, explique Sacha
Houlié, pour lequel ce sujet pourrait typiquement être regardé au
moment du printemps de l’évaluation. Autant pour l’emploi, il faut
continuer de déployer la baisse des
cotisations pour les salaires inférieurs à 1,6 SMIC, autant, au-delà,
pensons à quelque chose de plus vertueux pour les finances. »
Le député de la Vienne a prévenu
le ministre mercredi, durant les
questions d’actualité de cette interpellation. «’’Travaillons ensemble
[…] sur ce sujet majeur’’, nous a-t-il
répondu », assure le député. De
quoi installer dans le débat ce sujet,
surveillé de près évidemment aussi
par les entreprises. n
Larcher et Macron en plein bras de fer
POLITIQUE
Le président du Sénat
a fait jeudi l’éloge
de la « démocratie
représentative ».
Dans sa lettre aux
Français, le chef
de l’Etat évoquait
la transformation
de la Chambre haute.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
Le grand débat national, oui.
« Comment refuser une initiative qui
tente de passer du rond-point à la
table ronde ? » Mais en faire les frais,
non. Se disant « pas dupe », le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a
manœuvré jeudi, lors de sa conférence de presse de rentrée, pour
défendre son institution, dont une
partie des « gilets jaunes » réclame
la suppression. Et dont Emmanuel
Macron lui-même a évoqué l’éventuelle transformation dans sa Lettre aux Français, la plaçant sur le
même plan que le Conseil économique, social et environnemental
(Cese), dont la réforme est déjà en
débat. « On peut débattre de tout,
mais attention à ne pas déstabiliser le
pays », a mis en garde le troisième
personnage de l’Etat dans l’ordre
protocolaire, regrettant qu’Emmanuel Macron ne remette pas en
cause « sa propre gouvernance » et
faisant l’éloge de la « démocratie
représentative ».
« Reréfléchir »
« Un bien extrêmement précieux. On
ne peut pas le livrer à l’encan d’un
rétablissement politique transitoire », a-t-il tranché, entre leçon et
mise en garde. Gérard Larcher – qui
a nommé le politologue Pascal Perrineau comme « garant » chargé de
veiller au bon déroulement du
grand débat – a fait la leçon
à Emmanuel Macron, « en train de
redécouvrir les territoires » alors
qu’il est confronté à l’« échec » d’un
quinquennat qui « devait voir l’avènement d’un monde nouveau ».
Le président du Sénat a exprimé
ses réserves sur un référendum à
l’issue du grand débat national,
comme sur l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne, qui
« n’est demandée que par 15 % des
Français ». S’il est opposé au rétablissement de l’ISF, il a appelé, pour
lutter contre la « déconnexion » des
territoires, à « reréfléchir » au noncumul des mandats et a demandé le
retour au « bon sens » sur la limita-
« On peut débattre
de tout, mais
attention à ne pas
déstabiliser
le pays. »
GÉRARD LARCHER
La révolution du dialogue social
dans les entreprises promise
par le gouvernement aura-t-elle
bien lieu ? Selon le second bilan
d’étape réalisé en décembre par
le comité d’évaluation des
ordonnances Pénicaud, la
démonstration reste à faire.
Le principal changement de
la réforme de 2017 tient au
regroupement des comités
d’entreprise, comités d’hygiène
de sécurité et des conditions de
travail et délégués du personnel
dans une instance unique, le
conseil social et économique.
« Une majorité d’entreprises
aborde la mise en place du CSE
sous un angle exclusivement
comptable, dans une recherche
d’affaiblissement de la représentation des salariés », regrettait le
comité. Constat partagé par une
grande partie des représentants
des salariés, selon le sondage
réalisé par l’Ifop pour le cabinet
coopératif Syndex, spécialisé
dans le conseil aux instances
représentatives du personnel.
73 % des 1.147 personnes
interrogées n’ont pas encore
basculé en CSE, dont près de la
moitié ont cependant démarré
des négociations. Leur plus
grosse crainte est que leur direction « ne soit pas ouverte au dialogue ». A contrario, seulement
31 % notent un souci d’écoute. Si
les représentants dans les nou-
tion de vitesse à 80 km/h sur certaines routes secondaires. Manière de
mettre à son tour la pression sur le
locataire de l’Elysée, quelques
semaines après le vote, par la droite
sénatoriale, des mesures d’urgence
annoncées en faveur du pouvoir
d’achat.
L’exécutif et le patron du Sénat
« jouent le rapport de force »,
décrypte un membre du gouvernement. Un bras de fer compliqué, sur
fond de réforme institutionnelle,
d’élections européennes et, surtout,
sous la surveillance des « gilets jaunes ». S elon Gérard Larcher,
Emmanuel Macron lui a assuré
lundi, lors de leur tête-à-tête, qu’il
n’était « pas question » dans son
esprit de fusionner le Cese et le
Sénat. « Je lui ai posé la question […] Il
m’a dit “non” », a affirmé le président
de la Chambre haute. S’exprimant
jeudi dans son hémicycle, Edouard
Philippe s’est dit, lui, « attaché au
bicamérisme et au Sénat », tout en
jugeant nécessaire de réfléchir à son
« bon fonctionnement ». n
Dimanche de 10h à 11h
Le Grand rendez-vous
© Chamussy/SIPA
Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot reçoivent
Benjamin Griveaux
Porte-parole du gouvernement
veaux CSE sont moins nombreux à se plaindre d’un manque d’ouverture au dialogue de
leur employeur lors des négociations, il est quand même
pointé par la moitié d’entre eux,
comme la durée trop courte des
négociations.
Pour les élus, les premiers
perdants de la fusion des instances du personnel seront les salariés, cités par 61 % des personnes
interrogées. Les organisations
syndicales seront lésées pour
44 %. Et un tiers des élus met en
avant le fait que l’élu lui-même y
perdra. A contrario les trois
quarts des sondés jugent que la
direction de leur entreprise sera
la grande gagnante. A court
terme au moins…
Effet boomerang
Des signaux alertent sur la possibilité d’un appauvrissement
du dialogue social, avec le risque d’un effet boomerang pour
les entreprises. Elle est liée à
deux phénomènes. Le premier
est l’éloignement du terrain. Le
sondage montre en effet une
réduction significative du nombre de comités d’établissement
dans les entreprises multisites,
la moyenne passant de 8 à 5,9 ;
un phénomène qui s’ajoute à
la disparition des représentants
de proximité inscrite dans la loi.
Le second est la possibilité
offerte par la réforme via la
négociation de réduire la fréquence de la concertation sur
les orientations stratégiques et
la politique sociale de l’entreprise, sur un rythme non plus
annuel mais pluriannuel. « Le
risque est d’affaiblir les corps
intermédiaires dans l’entreprise
et de se retrouver à traiter en
direct les problèmes avec les salariés, sans plus de capteur ni de filtre », pointe Olivier Laviolette,
l’un des dirigeants de Syndex. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
Le dédoublement des petites
classes en voie d’être étendu
ENSEIGNEMENT
Le dédoublement des petites classes est actuellement réservé
aux écoles de l’éducation prioritaire. Photo Fred Marvaux/RÉA
La « généralisation »
des dédoublements des
CP et des CE1 promise.
Dédoubler les CP et CE1 de l’éducation prioritaire (« REP » et
« REP+ ») puis les maternelles de
ces mêmes zones, et enfin les autres
classes de CP et de CE1 de France.
C’est ce à quoi travaille le gouverne-
ment, alors que les premiers résultats des évaluations de cette politique de dédoublement doivent être
dévoilés la semaine prochaine.
A l’occasion du lancement du
grand débat national, mardi, à
Le service
national
universel
ne sera pas
obligatoire
avant 2022
ÉDUCATION
Treize départements
pilotes accueilleront
les premiers appelés
dès juin prochain.
Mais la généralisation
du SNU est envisagée
pour le prochain
quinquennat.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Le service national universel se met
en place doucement. Dans plusieurs interviews publiées jeudi,
Gabriel Attal, secrétaire d’Etat
auprès du ministre de l’Education
nationale et de la Jeunesse, indique
qu’en 2020 tous les départements
de France accueilleront « une première cohorte de jeunes » pour qu’ils
fassent leur service national universel. Mais ce dernier ne sera pas
effectif pour tous avant 2022 ou
2023 au mieux. Le rapport du
groupe de travail, piloté par le général Ménaouine, avait évoqué « une
montée en puissance progressive jusqu’à un rythme de croisière en
2026 ». « Nous étudions tous les scénarios qui permettraient d’aller plus
vite et de viser, par exemple, 2022 ou
2023 », précise Gabriel Attal au
« Point ».
Depuis septembre,
190.000 élèves sont
concernés par
les dédoublements
de classe.
Ils devraient
être 300.000
à en bénéficier à
la rentrée prochaine.
de réussir. Nous allons donc continuer [cette politique]. » Depuis septembre, 190.000 élèves sont concernés par les dédoublements de
classe. Le ministre de l’Education,
Jean-Michel Blanquer, a déjà
annoncé qu’ils seraient 300.000 à en
bénéficier à la rentrée prochaine,
soit 20 % des élèves de CP et de CE1.
« C’est la mesure de justice sociale la
plus importante que je connaisse »,
répète-t-il régulièrement.
Dans les
départements pilotes,
des jeunes appelés
volontaires
participeront d’abord
à « un séjour de
cohésion » de quinze
jours, en juin.
Cap sur la rentrée 2021
Le caractère obligatoire du service national universel n’est « certainement pas un sujet de court terme »,
avait déclaré le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse,
Jean-Michel Blanquer, à la mi-décembre, en plein mouvement
lycéen et alors que les syndicats à
l’origine de la contestation avaient
fait du service national universel
l’une de leurs cibles. « Ce que nous
allons faire en 2019, c’est une expérience à petite échelle », avait ajouté
Jean-Michel Blanquer.
« De 2.000 à 3.000 jeunes »
Gabriel Attal vient de révéler les
noms des 13 départements pilotes
qui seraient concernés par la mise
en place du service national universel dès juin prochain, chacun environ pour 200 jeunes, soit « de 2.000
à 3.000 jeunes » qui participeront à
cette phase de « préfiguration ».
Dans les Ardennes, le Cher, la
Creuse, l’Eure, la Guyane, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Saône, la
Loire-Atlantique, le Morbihan, le
Nord, le Puy-de-Dôme, le Val-d’Oise
et le Vaucluse, des jeunes appelés
volontaires participeront d’abord à
« un séjour de cohésion » de quinze
Grand-Bourgtheroulde, Emmanuel Macron avait promis l’élargissement du dédoublement des classes de CP et de CE1, actuellement
réservé aux écoles de l’éducation
prioritaire. « Partout où on a de la
difficulté scolaire, il faut mettre
moins d’élèves par classe, avait plaidé
Emmanuel Macron. C’est pour cela
qu’on a cet objectif de douze [élèves
par classe, NDLR]. Et on va progressivement chercher à le généraliser
parce que mon objectif, c’est qu’on
puisse arriver, dans toutes les classes
de France, à avoir en CP-CE1 – qui
sont les moments où on apprend à
lire, écrire, compter et se comporter –
très peu d’élèves par classe, parce que
c’est là qu’on va voir ceux qui ont des
vraies difficultés et où on corrige des
inégalités familiales. » Le chef de
l’Etat avait cité le cas de rectorats qui
ont « commencé à innover, à avancer », en dédoublant les classes de
CP et de CE1 « hors REP et REP+ ».
Cette politique du « douze élèves
par classe », qui avait été l’une des
mesures phares du programme
d’Emmanuel Macron durant la
campagne présidentielle, doit permettre, selon le chef de l’Etat, de
repérer aussi des enfants dyslexiques ou connaissant d’autres troubles pour les « récupérer » et « mieux
[les] accompagner ». « Non seulement on corrige des inégalités, mais
on fait beaucoup d’économies dans le
temps, avait-il ajouté, parce que
l’enfant qui n’est pas pris [en charge,
NDLR] à cet âge-là, dérive ensuite et
on ne lui donne pas toutes les chances
jours, en juin. Dans un second
temps, ils réaliseront « leur mission
d’intérêt général », d’une durée de
quinze jours également, entre
juillet 2019 et juin 2020, dans un
hôpital, une association, auprès de
corps en uniforme ou pour des missions liées à l’entretien du patrimoine ou à la protection de l’environnement.
Au programme de ce service
national universel, il y aura aussi
une phase d’internat avec lever du
drapeau, « La Marseillaise » et un
« conseil de maisonnée », la « cellule
de base » où les jeunes se retrouveront, le soir, par groupe de dix. n
« Ce que nous allons
faire
en 2019, c’est
une expérience
à petite échelle. »
JEAN-MICHEL BLANQUER
Ministre de l’Education
nationale
et de la Jeunesse
Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal. Photo Eric Feferberg/AFP
Les premiers résultats des évaluations des CP et CE1 dédoublés sont
attendus la semaine prochaine.
Mais pour avoir des résultats consolidés de cette politique, il faudra
attendre 2020 ou 2021, soit un an
après le déploiement du dispositif
auprès des 300.000 élèves de
l’ensemble des CP et CE1 de REP et
REP+. A cette date, le gouvernement
espère voir les premiers signes de la
fin du creusement du fossé, autrement dit du différentiel de résultats
entre les classes de CP et CE1 de l’éducation prioritaire et les autres.
La généralisation du dédoublement envisagée par Emmanuel
Macron serait donc enclenchée
après cela, « pour la rentrée 20212022 », confie un haut responsable
qui admet que l’objectif « ultra-idéaliste », « ambitieux », « n’est pas
gagné d’avance ni à court terme ».
« Une fois qu’on aura parachevé le
dédoublement en REP et REP+, on le
fera en dehors de l’éducation prioritaire », poursuit-il néanmoins.
Avant cela, le dédoublement concernera les maternelles de REP et de
REP+, en commençant par les classes de grande section. Quant aux
moyens nécessaires pour parvenir
à la généralisation, on se limite à
dire, au ministère de l’Education,
qu’on va « se créer de nouvelles marges de manœuvre ». — M.-C. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ITALIE : NET RECUL DU
SURPLUS COMMERCIAL
PAYS-BAS : LÉGÈRE
HAUSSE DU CHÔMAGE
L’Italie a dégagé, en novembre,
un excédent commercial
de 3,84 milliards d’euros
(–825 millions sur un an),
selon l’Istat. En novembre,
les exportations ont diminué
de 0,4 %, les importations
de 2,2 %. Sur les onze premiers
mois, le surplus ressort
à 36,14 milliards d’euros
(47,6 milliards d’euros sur
douze mois en 2017).
Le taux de chômage
aux Pays-Bas a légèrement
augmenté en décembre,
s’établissant à 3,6 %, malgré
une nouvelle augmentation
du nombre de travailleurs,
selon l’Office central des
statistiques. Le nombre
d’allocations de chômage en
décembre 2018 a diminué de
plus de 20 % par rapport à la
même période un an plus tôt.
142
MILLIARDS D’EUROS
C’est le chiffre d’affaires
du tourisme en Espagne qui
a accueilli en 2018 un record
de 82,6 millions de visiteurs
étrangers (+0,9 %). L’activité
s’est ralentie, en hausse
de seulement 2 % sur un an
après +4,5 % en 2017
et +5 % en 2016.
Matignon lance un plan d’urgence pour
préparer la France à un Brexit sans accord
l Le Premier ministre a annoncé que cinq ordonnances allaient être adoptées en Conseil des ministres mercredi prochain.
l Cinquante millions d’euros seront investis dans les ports et les aéroports.
EUROPE
Florian Maussion
et Virginie Robert
@virginierg
La France se prépare à un Brexit
sans accord. Jeudi, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le
déclenchement d’un plan d’urgence
pour préparer le pays à une sortie
brutale du Royaume -Uni de
l’Union européenne, deux jours
après le rejet par les parlementaires
britanniques de l’accord conclu avec
Bruxelles.
« On peut regretter ce rejet ou s’en
réjouir. En tout cas, ce qui est certain
c’est que l’hypothèse d’un Brexit sans
accord est de moins en moins improbable », a-t-il déclaré à l’issue d’une
réunion à Matignon avec quatorze
ministres concernés. « Dans ces conditions, notre responsabilité c’est de
faire en sorte que notre pays soit prêt,
que les intérêts de nos concitoyens
soient préservés et défendus. »
Cinq ordonnances seront adoptées dans les trois semaines qui viennent pour s’y préparer et 50 millions
d’euros seront investis dans les ports
et aéroports, « les lieux les plus
concernés par les modifications à
apporter compte tenu du Brexit dur »,
a poursuivi Edouard Philippe. Ces
mesures découlent du projet de loi
habilitant le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures de
préparation au Brexit, adopté mercredi par les députés, et qui sera promulgué dans la semaine. « Quelque
600 recrutements seront réalisés
dans les semaines qui viennent », a-t-il
ajouté en évoquant des douaniers,
vétérinaires et agents de l’Etat.
Le Premier ministre a promis par
ailleurs des dispositions pour défendre les intérêts des pêcheurs français, qui seront annoncées courant
février, estimant que le secteur était
« susceptible d’être le plus durement
impacté par cette sortie sans accord à
laquelle les Britanniques ont l’air
décidé de se diriger ».
réalisation en urgence des infrastructures nécessaires au rétablissement
des contrôles aux frontières », donneront droit « aux entreprises établies
au Royaume-Uni de continuer à réaliser en France des opérations de transport routier », « d’assurer la continuité de certaines activités
financières, en particulier en matière
d’assurances » et de garantir « la
poursuite des transferts de matériels
de défense entre la France et le Royaume-Uni ».
Bien qu’attendu des deux côtés de
la Manche, le rejet par le Parlement
britannique de l’accord conclu entre
Londres et Bruxelles a ravivé les
inquiétudes autour de la perspective
d’un « hard Brexit ».
300.000 Français résident
outre-Manche
Dans un communiqué, Matignon a
précisé le contenu des cinq ordonnances prévues. La première,
concernant « les droits des citoyens
britanniques en France », prévoit un
délai d’un an pour les ressortissants
du Royaume-Uni au cours duquel ils
pourront résider dans l’Hexagone
sans titre de séjour, « sous réserve de
réciprocité ». La mesure prévoit
aussi « la préservation des droits
sociaux » dont ceux-ci bénéficient et
« le maintien des sociétés britanniques implantées en France dans des
secteurs réglementés ». Les ordonnances suivantes permettront « la
Un défi supplémentaire
Le Premier ministre a promis des dispositions pour défendre
les intérêts des pêcheurs français. Photo Sipa
Mercredi, le président du Medef,
Geoffroy Roux de Bezieux, s’est dit
préoccupé et appelait à « accélérer la
préparation des entreprises au scénario du pire en urgence ». Selon l’organisation, 30.000 entreprises françaises exportent au Royaume-Uni et
3.000 y sont installées. Sans compter
les 300.000 Français résidant outreManche. Le patronat appelle ainsi
« à examiner, dans tous les secteurs,
les conséquences pour leur activité
d’un Brexit sans accord en termes
logistiques, juridiques, fiscaux, douaniers, de transfert des données, de
certification… »
Pour Frédéric Sanchez, président
de Medef International, « le ressenti
du terrain est que seulement un tiers
des entreprises s’est préparé au Brexit
en France, et un tiers pas du tout. Au
Royaume-Uni, les entreprises ne sont
pas davantage prêtes ! »
Pour mesurer l’enjeu, il faut savoir
que 7 % des exportations françaises
vont vers le Royaume-Uni (31 milliards d’euros par an) quand la
France importe pour 19 milliards
d’euros (3,8 % du total de ses importations). Le tunnel sous la Manche
regroupe un quart des échanges
commerciaux entre l’île et le continent, soit 115 milliards d’euros
par an.
Depuis le référendum, la livre britannique a perdu en valeur. C’est un
défi supplémentaire pour ceux qui
exportent en euros. Pour les entreprises, « cela représente beaucoup de
travail en interne. Il faut identifier les
flux, les éléments de la chaîne logistique et il y a la question des douanes.
Plus que le coût, c’est le passage de la
frontière et la lourdeur administrative
qui posent problème », explique Frédéric Sanchez. Des retards dans la
livraison d’une machine fabriquée
pour moitié en Europe de l’Est et en
France entraîneront des pénalités.
Les entreprises doivent décortiquer
leurs contrats avec leurs fournisseurs, créer ou renforcer des stocks
et travailler sur des alternatives. n
Les jeux politiciens compliquent les pourparlers à Londres
Jeremy Corbyn refuse de
discuter avec Theresa May,
tant qu’elle n’exclura pas
officiellement le scénario
d’un « no deal ».
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Qui fera le premier pas ? Theresa
May a commencé, dès mercredi
soir, de consulter les dirigeants des
différents partis pour tenter de
trouver sur les modalités du Brexit
un compromis susceptible de pas-
ser la rampe du Parlement. Mais
chacun semble pour l’instant camper sur ses positions, rechignant à
dévoiler son jeu pour mieux garder
l’avantage.
La Première ministre, d’abord, a
fait mine de rester fidèle à ses
« lignes rouges » alors que le leader
de l’opposition travailliste, Jeremy
Corbyn, la sommait précisément
d’y renoncer. « Si elle reste sur ses
positions, c’est surtout parce qu’elle
a, à ce stade, peu de solutions », explique un observateur.
Revoir la clause de « backstop »
visant à garantir la fluidité des
échanges entre les deux Irlande, et
devenue la bête noire des élus
« tory » hard Brexiters ? Ce serait
potentiellement s’attirer les foudres
de Bruxelles. Accepter de rester,
après le Brexit, dans une union
douanière avec l’UE, pour faire un
appel du pied aux travaillistes ? Ce
serait renoncer à pouvoir conclure
des accords commerciaux avec des
pays tiers, comme le souhaitent les
hard Brexiters du parti conservateur. Elle perdrait ainsi dans son
propre camp les voix qu’elle gagnerait dans les rangs de l’opposition.
Aller vers un accord à la norvé-
gienne, en décidant de rester dans le
marché unique européen serait
pire encore. Elle renoncerait alors à
abolir la liberté de circulation,
comme l’ont à ses yeux exigé les
électeurs à l’occasion du référendum de juin 2016.
Un vote le 29 janvier prochain
Jeremy Corbyn, ensuite, a refusé de
discuter avec elle, tant qu’elle
n’exclura pas officiellement le
scénario d’un « no deal ». Un geste
inacceptable pour la Première
ministre, qui se priverait alors d’un
épouvantail pour pousser les autres
partis à converger avec elle vers un
compromis.
Le chef du Labour refuse toujours par ailleurs de soutenir officiellement un second référendum.
Il dit continuer de croire à des élections anticipées, et promet pour les
p r ovo q u e r d e m u l t i p l i e r l e s
motions de défiance pour tenter de
faire tomber le gouvernement. Une
manière de renvoyer pour l’instant
dans leurs buts ceux qui, dans son
propre camp, voudraient le voir se
faire le champion d’un « People’s
vote », un deuxième référendum dont il ne veut pas.
Ces jeux politiciens ne font pas
avancer la situation, bien au contraire. Or, à 75 jours de l’entrée en
vigueur du Brexit, chaque jour
compte. Theresa May continue-telle de jouer la montre pour accentuer la pression sur les députés ?
Elle a en tout cas reporté au 29 janvier le vote du Parlement sur les
propositions qu’elle doit faire, ce
lundi, sur la suite des opérations son plan B, en somme. Les amendements qui pourraient permettre au
Parlement de peser sur la suite du
processus devront patienter jusque-là. n
Ce qu’il va falloir manger pour sauver la planète
ENVIRONNEMENT
Pour préserver
la planète et
nourrir 10 milliards
de personnes en 2050,
il faut transformer
notre alimentation.
Hélène Gully
@Gullylen
Il va falloir s’y habituer : pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris, à
savoir la limitation du réchauffement
climatique à 1,5 degré Celsius, la
transformation de notre système alimentaire est nécessaire. Plusieurs
études ont déjà promu une série de
recommandations.
Dernière en date, celle publiée par
une commission internationale
d’experts dans la prestigieuse revue
scientifique « The Lancet ». L’équipe,
composée d’une quarantaine de
scientifiques issus de 16 pays différents, a ainsi élaboré un régime type,
idéal à la fois pour la santé et pour
l’environnement. « Notre système alimentaire menace aujourd’hui la santé
humaine et la stabilité de notre planète », résume la commission
EAT-«Lancet » dans son rapport.
Avec ce nouveau régime, l’équipe de
scientifiques estime qu’environ
11 millions de personnes pourraient
être sauvées chaque année. Sans
compter une très grande réduction
des émissions de gaz à effet de serre.
2.500 calories par jour
Sans surprise, l’étude crie haro sur la
viande rouge, devenue en quelque
t e m p s l ’e n n e m i e p u b l i q u e
numéro un pour l’écologie. A l’échelle
mondiale, il faudrait réduire de moitié la consommation de produits carnés et de sucre d’ici à 2050. A contrario, les légumes, les fruits, les
légumineuses et les noix sont invités
à prendre deux fois plus de place
dans notre alimentation. Au total, les
scientifiques préconisent un apport
journalier de 2.500 calories, soit 1.200
de moins de ce que les pays riches
avalent actuellement.
Comment tout cela se concrétiset-il dans une assiette ? C’est simple :
au moins la moitié, en volume, doit
être occupée par des fruits et des légumes. Légumineuses et céréales complètes fournissent de leurs côtés un
tiers de l’apport calorique, assaisonnés d’huiles végétales non saturées
comme l’huile d’olive ou l’huile de
tournesol. Un verre de lait par jour est
autorisé, à alterner avec un morceau
de fromage ou du beurre. Pour les
œufs, un ou deux par semaine, ainsi
que deux portions de poisson ou un
steak de bœuf hebdomadaire.
Les protéines animales, produits
laitiers, féculents et sucres ajoutés ne
doivent ainsi représenter qu’au maximum un septième, en calories, de
Les légumes, les fruits et les noix sont invités à prendre deux fois
plus de place dans notre alimentation. Photo Shutterstock
notre apport journalier. Bien sûr, tous
les habitants n’ont pas les mêmes
ajustements à faire. En Amérique du
Nord par exemple, dont le régime alimentaire correspond sensiblement à
celui des Français, la population consomme six fois trop de viande rouge.
En Asie du Sud-Est, en revanche, ils
devraient en manger deux fois plus.
Dans la même veine, si les Occidentaux absorbent presque deux fois
trop de féculents, ce n’est rien comparé à l’Afrique subsaharienne, où la
population en avale sept fois trop. n
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MONDE // 07
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
Retraites, revenu citoyen : l’Italie
lâche du lest sur les dépenses
l Les promesses emblématiques du M5S et de la Ligue ont été adoptées par décret.
l Le revenu citoyen et les départs anticipés à la retraite ont été fortement modifiés.
EUROPE
Olivier Tosseri
@oliviertosseri
— Correspondant à Rome
« C’est une victoire des citoyens qui
couronne des années de bataille du
M5S. » Son leader, Luigi Di Maio,
exulte une nouvelle fois en
annonçant l’adoption du décret
qui instaure le revenu de citoyenneté. Il doit surtout lui permettre
d’obtenir, espère-t-il, la victoire
lors de la bataille électorale européenne en mai prochain.
Les mesures insérées dans ce
décret baptisé « gros décret » pour
l’occasion doivent en effet entrer
en vigueur au printemps prochain.
« Tout y est, tout est résolu, tout va
bien, le texte est prêt », avait
annoncé dans la matinée le soussecrétaire d’Etat au Travail à l’issue
d’un énième sommet au Palazzo
Chigi entre les deux partis populistes. Toutes leurs promesses phares
doivent y figurer.
Déjà inconciliables avant leur
accession au pouvoir, elles s’avèrent pratiquement irréalisables
alors que la Commission européenne a placé le pays sous surveillance à l’issue d’âpres négo-
ciations sur son budget et que le
risque de récession plane sur
l’Italie. Le gouvernement, qui
promettait une croissance d’au
moins 1,5 % cette année, l’a revue
à la baisse à 1 % tandis que la plupart des institutions internationales estiment qu’elle atteindra
difficilement le 0,5 % et sera vraisemblablement nulle.
Maintenir la promesse faite à
Bruxelles de respecter l’engagement de 2,04 % de PIB de déficit en
2019 relevait déjà du défi, il s’agirait désormais d’un exploit. Voilà
pourquoi les exceptions pour
bénéficier du revenu de citoyenneté de 780 euros par mois pour
une personne seule ainsi que celles pour partir cette année à la
retraite se multiplient. Les fonds
Neuf millions
d’Italiens devaient
prétendre au revenu
citoyen mais
cinq millions
devraient finalement
le percevoir pour
une durée initiale
de dix-huit mois.
« Les réformes du
gouvernement italien sont
de la pure propagande »
3 QUESTIONS À
ELSA FORNERO
Giorgio/Emblema/Ropi-RÉA
L’économiste ancienne
ministre du Travail et
des Politiques sociales
du gouvernement
Monti.
Comment jugez-vous
la contre-réforme
des retraites adoptée
par le gouvernement ?
La réforme qui porte mon nom
avait été adoptée dans l’urgence
pour mettre en sécurité les comptes
publics alors que le pays était en
pleine tourmente financière. Elle
n’était pas parfaite mais elle s’attaquait aux problèmes structurels du
pays avec le futur pour horizon. Les
mesures annoncées par le gouvernement sont plutôt ancrées dans le
présent ou avec en ligne de mire les
prochaines élections européennes.
C’est de la pure propagande. La
réforme, qui rappelons-le a permis
d’éviter la catastrophe au pays en
2011, ne sera pas supprimée ou complètement remplacée. A sa place on
permettra, juste pour un temps
limité, à quelques groupes de travailleurs de partir de manière anticipée à la retraite sans se soucier des
conséquences. L’exécutif ne fait
qu’alimenter la rancœur et désigne
le gouvernement technique de
Mario Monti comme le bouc émissaire de tous les problèmes du pays.
1
Le gouvernement Conte
augmentera également
les pensions minium de
retraite. Comment se fait-il
que leur montant soit aussi
bas en Italie ?
Cela vient en partie des erreurs de la
classe politique qui par le passé a
permis des départs à la retraite très
tôt avec à une époque simplement
20 ou 25 ans de cotisations. C’est ce
qu’on appelait les « baby pensioni »
perçues par des retraités quadragénaires. Il aurait mieux valu penser à
un plan sérieux et cohérent d’assistance aux personnes âgées et ne pas
les abandonner à leur sort ou à
l’obligation de recourir à une aide à
domicile qui représente un coût
supplémentaire. C’est une énième
preuve de la myopie de la classe
politique en général et de l’actuelle
en particulier. On ne peut pas ignorer l’augmentation de l’espérance
de vie. Il faut penser à la solidarité
sociale mais ne pas oublier l’équité
intergénérationnelle.
2
Qu’en est-il de la question
des jeunes sur lesquels
pèseront les conséquences des
choix actuellement faits en
matière de politique sociale ?
Ce sont les grands oubliés. Ils n’ont
pas besoin de promesses électoralistes ou d’assistanat comme le
revenu de citoyenneté mais d’un
travail digne et bien rémunéré. Au
lieu de ça, Matteo Salvini comme
Luigi Di Maio ne parlent jamais du
futur et leur budget ne jette pas les
bases d’un retour à la croissance qui
ne peut être possible qu’en investissant sur l’éducation, l’innovation, la
recherche. Ils ne prennent pas acte
du vieillissement accéléré de la
population et de ses implications
pour les finances publiques. Ils préfèrent instrumentaliser des questions sérieuses comme celles des
retraites sans se soucier du financement de leurs annonces. Le respect
des règles budgétaires élémentaires n’est pas leur problème. Pour
eux, c’est aux techniciens de trouver
l’argent nécessaire, quitte à creuser
les déficits. O. T.
alloués à ces deux mesures ont
déjà été fortement diminués, avec
6 milliards d’euros destinés à la
première et 3,9 milliards d’euros
pour la seconde.
Différentes mesures
Environ neuf millions d’Italiens
devaient prétendre au revenu
citoyen, mais cinq millions
devraient finalement le percevoir
pour une durée initiale de dix-huit
mois. Ceux qui attendent de pouvoir toucher leur pension de
retraite de manière anticipée en
2019 sont estimés à 315.000 salariés environ, dont 123.000 fonctionnaires.
Dans la course à la dépense
publique, les premiers arrivés
seront les premiers servis. Si les
promesses de mesures distributives de la Ligue et du M5S sont infi-
nies, il n’en va pas de même des
ressources disponibles. Une fois
épuisées, les différentes mesures
seront fortement remodulées. Le
tout sous l’œil vigilant de Bruxelles, prompt à un rappel à l’ordre en
cas de dérapage trop violent du
déficit, et de celui circonspect des
marchés, qui p euvent à tout
moment faire de nouveau exploser le « spread » (l’écart entre les
taux d’emprunt allemand et italien à 10 ans).
Pour de nombreux analystes, le
gouvernement Conte devra se
résoudre à adopter des mesures
correctives à son budget d’ici l’été.
Un horizon bien trop lointain
pour un exécutif en campagne
électorale permanente. Le décret
adopté mercredi soir en Conseil
des ministres lance officiellement
celle des européennes. n
Pour de nombreux analystes, le gouvernement de Giuseppe Conte
(en haut) devra se résoudre à adopter des mesures correctives
à son budget d’ici à l’été. Photo Alberto Pizzoli/AFP
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08 // MONDE
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
en bref
La Tunisie paralysée par une grève
générale des services publics
Hausse des salaires : les exceptions
française et britannique
GRÈVES L’aéroport de Tunis était quasiment à l’arrêt jeudi. En
dépit d’un décret gouvernemental publié in extremis mercredi
exigeant un service minimum, la quasi totalité des vols ont été
annulés ou reportés. Transports, écoles et administrations sont
paralysés jeudi en Tunisie par une grève générale massive dans
les services publics à l’appel de la puissante centrale syndicale
UGTT, dans un contexte social mais aussi politique tendu en ce
début d’année électorale.
Le fonds souverain norvégien exclut
un groupe chinois et le charbon
ÉTHIQUE Le fonds souve-
Shutterstock
rain norvégien, le plus gros
au monde, a exclu de son
portefeuille de 983 milliards
de dollars un groupe chinois
pour violation des droits
humains dans ses filiales au
Vietnam, a annoncé Oslo
jeudi. Le comité d’éthique
du fonds interdit aussi les
participations dans le
tabac et le charbon, ce qui a
conduit aussi à la cession
de participations dans les
groupes américain Evergy
et australien Washington
H. Soul Pattinson.
Plus de 12.000 jeunes marchent
pour le climat à Bruxelles
RÉCHAUFFEMENT Une marche pour le climat a rassemblé
jeudi 12.500 jeunes dans les rues de Bruxelles, selon la police
locale, pour la deuxième édition d’une initiative lancée par des
élèves en faveur d’une politique climatique plus ambitieuse.
L’initiative « Youth for Climate » a été lancée par des élèves flamands qui ont décidé de « brosser les cours », selon l’expression
belge (« sécher les cours »), jusqu’à obtenir de la classe politique
des mesures pour lutter contre le changement climatique, rassemblant près de 3.000 personnes la semaine passée. Ils ont été
rejoints jeudi par des élèves francophones.
a dépassé celle de la valeur ajoutée
(+0,6 point). Sur la même période,
la part allouée aux actionnaires a
reculé d’un dixième de point de PIB.
En France, « le surplus a été entièrement consacré à la rémunération
unitaire des travailleurs », indique
l’étude. Le cas britannique fait
encore plus figure d’exception. Le
dynamisme des salaires, en particulier entre 1995 et 2001, s’explique
par les tensions nées d’une économie de quasi plein-emploi.
INTERNATIONAL
La part des salaires
dans la valeur ajoutée
a reculé dans tous
les pays industrialisés
depuis 1995.
Sauf en France et au
Royaume-Uni, selon
une étude du Trésor.
Richard Hiault
@RHIAULT
Alors que les « gilets jaunes » dénoncent une réduction insupportable
de leur pouvoir d’achat, voilà une
étude qui vient contredire le discours très répandu selon lequel ce
ressentiment serait lié à la baisse de
la part des salaires dans la valeur
ajoutée. La conclusion de l’étude de
la direction du Trésor, publiée jeudi,
est en effet sans appel.
En analysant la part du gâteau des
richesses distribuées entre les salariés et les actionnaires, entre 1994
et 2015, les auteurs font bien le constat que les premiers ont été plutôt
lésés. Dans la plupart des grands pays
industrialisés de l’OCDE, « la part du
travail dans la valeur ajoutée a reculé
depuis les années 1990 ». Sauf en
France où elle est quasi stable
(+0,6 %) et au Royaume-Uni (+4,6 %)
où elle progresse. Ailleurs, aux EtatsUnis (−2,7 %), au Japon (−8,6 %), en
Allemagne (−2,9 %), la part des salaires réels est en recul. L’Italie et l’Espagne se rangent aussi parmi ce dernier
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Dans l’Hexagone,
entre 1995 et 2015,
la progression
des salaires réels
a dépassé celle
de la valeur ajoutée.
groupe de pays. Le recul de la part des
salaires peut s’expliquer de deux
manières. Soit par les effets d’une
robotisation des tâches auparavant
effectuées par un salarié, soit par une
hausse des salaires inférieure à la
progression de la valeur ajoutée des
entreprises elles-mêmes. En Italie et
en Espagne, depuis la crise de 2008,
c’est le premier facteur qui a joué.
Une question
de compétitivité
En revanche, en Allemagne, aux
Etats-Unis et au Japon, c’est le
second. « En Allemagne, dans les
années 2000, la rémunération du
capital a capté la majeure partie du
surplus », relève l’étude. Un constat
sans surprise puisqu’à l’époque,
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* date de fin d’utilisation 31 janvier 2019
Sur la même période,
la part allouée
aux actionnaires
a reculé d’un dixième
de point de PIB.
Reste une constante qui vaut
pour l’ensemble des pays : depuis le
milieu des années 1990, la part du
gâteau à distribuer s’est étiolée en
raison de l’affaiblissement de la
productivité. La progression est
passée en moyenne d’un point de
PIB entre 1995 et 2001 à 0,3 point
entre 2009 et 2015. Une tendance
qui ne peut que ralentir la rémunération horaire réelle des salariés. Un
constat que partage l’OCDE. n
Bolsonaro et Macri donnent une
seconde chance au Mercosur
AMÉRIQUE DU SUD
Les présidents argentin et brésilien souhaitent un accord commercial rapide avec
l’Union européenne.
Ils accroissent aussi
la pression sur Maduro.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
La priorité de la rencontre entre Jair
Bolsonaro et son homologue Mauricio Macri devait être la relance du
Mercosur, l’union douanière du
Cône Sud des Amériques, et les
négociations avec l’Union européenne. Mais, urgence oblige, c’est la
crise vénézuélienne qui a ravi la
vedette. L’investiture de Nicolás
Maduro pour un second mandat a
été considérée illégitime par le
groupe de Lima, un ensemble de
14 pays de la région dont le Brésil et
l’Argentine font partie.
Le président argentin a tiré le premier, à boulets rouges : « La communauté internationale s’est déjà rendu
compte que Maduro est un dictateur
qui cherche à se maintenir au pouvoir
par le biais d’élections fictives, emprisonnant des opposants et entraînant
les Vénézuéliens dans une situation
désespérante », a-t-il déclaré.
Message en direction
de Washington
ORGANISATEURS
l’Allemagne a réformé son marché
de l’emploi et s’est engagée dans une
politique de redressement de sa
compétitivité grâce à la loi Hartz IV.
Au Japon, la stratégie de désendettement des entreprises après les crises des années 1990 a eu pour effet de
comprimer les salaires. A ces évolutions nationales s’ajoutent des facteurs internationaux. L’ouverture au
commerce mondial peut obliger les
entreprises à délocaliser une partie
de leur production à l’étranger. La
concurrence internationale peut
aussi les contraindre à comprimer la
revalorisation des salaires.
Rien de tel en France ni au
Royaume-Uni. Dans l’Hexagone,
entre 1995 et 2015, la progression
des salaires réels (+0,7 point de PIB)
« C’est un message clair à l’intention de
Donald Trump et de Mike Pompeo
pour signaler que le Brésil et l’Argentine peuvent servir de contrepoids au
Venezuela », estime Alberto Pfeifer,
coordinateur du groupe de conjoncture internationale de l’Université de
São Paulo, alors que Nicolás Maduro
reçoit le soutien de la Russie et de la
Chine. En Amérique latine, le Mexique du président de gauche López
Jair Bolsonaro, à gauche, a accueilli son homologue argentin,
Mauricio Macri, à Brasilia mercredi. Photo Marcelo Camargo/AFP
Obrador a proposé ses services de
médiation dans cette crise.
Quant au Mercosur, affaibli par
les récessions successives au Brésil
puis en Argentine, les présidents des
deux plus grands pays du Cône
Sud ont décidé de lui donner une
seconde chance. Ou selon la formule
de Jair Bolsonaro, de « récupérer le
temps perdu » et de « conclure rapidement les négociations ». Un clin d’œil
en direction de l’Union européenne.
« Avec vous, a dit Macri à l’adresse de
Bolsonaro, nous aurons l’occasion de
défendre le Mercosur et de conclure
un accord qui sera positif pour les
deux blocs [commerciaux]. »
Mais surtout, les deux pays ont
ouvert la porte à d’éventuelles négociations bilatérales (jusqu’à présent
les membres du Mercosur, qui
comprend également l’Uruguay et
le Paraguay, doivent négocier en
groupe). Cela ouvrirait la voie par
exemple à des négociations en vue
d’un accord de libre-échange entre
le Brésil et les Etats-Unis.
Autre réforme en cours, qui
concerne les entreprises implantées dans la région : la révision des
droits de douane communs aux
quatre pays du Mercosur, qui constituent parfois une sorte de bouclier protectionniste. « Le Brésil doit
ouvrir son économie, explique Fernando Honorato, chef économiste
de la banque Bradesco. Il ne faudrait pas que le Mercosur devienne
une entrave. »
Le Brésil et l’Argentine
ont ouvert la porte
à des négociations
bilatérales.
Les diplomates brésiliens avaient
bien préparé le terrain pour éviter
les couacs, après que le conseiller
économique Paulo Guedes (devenu
depuis ministre de l’Economie) eut
déclaré après les élections que le
Mercosur n’était « pas une priorité ».
Jair Bolsonaro s’en est ainsi tenu
aux discours protocolaires, sans
improvisation. Mais le naturel revenant au galop, il n’a pas pu s’empêcher de faire semblant de pointer un
revolver, en mimant avec ses deux
doigts, en direction de son invité.
Comme si cela devenait un tic… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Pour une vraie réforme
de l’assurance-chômage
des Echos
La Chronique
Le populisme est impossible dans un petit
pays
Focus
Alain Minc : « Il n’existe pas de pays
sans élite »
Le Point de vue
2019, l’année où
la Chine doit réinventer son Internet
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
L’incurie de la dépense
publique française
Pinel pour « Les Echos »
Pourquoi les musées superstars
battent tous les records
Martine Robert
@martiRD
—Journaliste au service Services
En 2018, le Louvre a été le musée le
plus fréquenté du monde, avec
10,2 millions de visiteurs, 25 % de
plus qu’en 2017 : du jamais-vu. A
New York, le Metropolitan Museum
affichait, lui aussi, son record, à
7,36 millions de visiteurs, en progression de 5 %. Faut-il y voir le signe
d’une concentration croissante du
public autour des grands établissements d’exception, à forte notoriété ? Et quelles en sont les conséquences pour les musées plus petits
ou moins connus ?
Incontestablement, le développement du tourisme international
profite prioritairement aux premiers, avec une prime pour le Louvre, qui cumule les atouts : ses collections couvrent plusieurs siècles
d’histoire au sein d’un monument
historique majestueux ; il abrite des
chefs-d’œuvre dont le plus iconique,
« La Joconde » ; il se situe à Paris, la
destination numéro un mondiale.
D’ailleurs, les trois quarts de ses visiteurs sont étrangers : aller au Louvre
fait partie des cases à cocher quand
on découvre la capitale française, au
même titre que Montmartre ou les
Champs-Elysées.
Mais le Louvre n’est pas le seul à
profiter du regain touristique : les
collections permanentes du Centre
Pompidou ont enregistré une augmentation de 18 % de leur fréquentation, le Musée du quai Branly a vu la
sienne croître de 7 %, Versailles de
6 %, Orsay de 3 %, et ce en dépit des
fermetures en fin d’année résultant
des manifestations des « gilets jaunes ». Comme le souligne François
Mairesse, professeur à la SorbonneNouvelle, il existe dans le monde
« une collection de 60 à 80 musées
millionnaires en fréquentation »,
synonymes de valeurs sûres et
incontournables. Parmi ceux-ci, le
Musée national de Chine (8 millions
de visiteurs en 2017), les musées du
Vatican (6,4), le British Museum
(5,9), la Tate Modern (5,6), la National Gallery of Art de Washington et
la National Gallery de Londres (tou-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Un cercle restreint
de musées stars dans
le monde concentrent
aujourd’hui les flux
de visiteurs...
et les financements.
Ces établissements
millionnaires doivent
leur succès au fait
d’être entrés dans
une véritable logique
industrielle de masse.
D
Les points à retenir
Le Louvre a été le musée
•le plus
fréquenté du monde,
avec 10,2 millions de visiteurs
en 2018.
Les collections permanentes
du Centre Pompidou ont
également enregistré
une augmentation de 18 %
de leur fréquentation.
Mais les grands
établissements aspirent
les subventions : l’Opéra
de Paris reçoit ainsi 97 millions
d’euros de l’Etat, contre
28,5 millions pour la vingtaine
d’opéras en région.
Les métropoles régionales
françaises investissent
beaucoup pour se doter,
elles aussi, de musées attractifs.
•
•
•
tes deux à 5,2), le National Palace de
Taipei (4,4) ou l’Hermitage de SaintPétersbourg (4,2). « Il y a une logique
industrielle et de masse ; les flux et les
financements publics comme privés
se portent vers les plus riches et visibles », observe François Mairesse,
qui parle de « cercle vicieux ». Ce
mécanisme par lequel les plus favorisés tendent à accroître leur avantage sur les autres, c’est le « Matthew
Effect », décrit en 1968 par le sociologue américain Robert K. Merton, en
référence à une phrase de l’Evangile
selon saint Matthieu : « On donnera
à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas, on
ôtera même ce qu'il a. » Un phénomène qui n’est pas propre aux
musées : l’Opéra de Paris reçoit ainsi
97 millions de subventions de l’Etat,
contre 28,5 millions pour la vingtaine d’opéras en région réunis, auxquels s’ajoutent 18 millions de mécènes privés.
Le Louvre a également bénéficié
en 2018 de deux événements exceptionnels qui ont propulsé sa marque
à l’international. D’une part,
Beyoncé et Jay-Z l’ont choisi pour y
tourner leur clip vidéo, vu plus de
150 millions de fois sur Internet, attirant un public plus jeune. Le Louvre
est devenu, comme l’écrit le « Guardian », « une marque cool », branchée, du jour au lendemain. Sa
boutique ne compte pas moins de
1.600 références de produits dérivés
estampillés à son nom.
D’autre part, la déclinaison de sa
marque dans le Golfe lui a été très
bénéfique : Le Louvre Abu Dhabi,
dessiné par Jean Nouvel, a obtenu
une couverture médiatique incroyable pour son ouverture en novembre 2017 et attiré depuis plus d’un
million de visiteurs, valorisant
l’enseigne Louvre auprès des
Moyen-Orientaux, des Africains,
des Asiatiques… Le musée a actuellement 70 collaborations internationales engagées : expositions, recherches, fouilles, échanges divers.
D’autres musées ont compris, il y a
longtemps, l’intérêt de faire rayonner
leur marque. L’économiste Bruno
Frey l’évoquait déjà en 1998 dans son
ouvrage « Superstar Museum », un
an après l’essaimage du Guggenheim de New York, à Bilbao. Depuis,
le Victoria & Albert Museum de Londres a ouvert une succursale en
Ecosse, à Dundee, et négocié son
implantation à Shenzen, en Chine,
le Centre Pompidou a installé des
antennes à Malaga, à Bruxelles et va
s’implanter à Shanghai…
Face à ce cercle restreint de
musées stars profitant de la mondialisation pour rafler la mise comme
les vedettes du rock, de l’art contemporain, du sport ou les grands
patrons, « les autres établissements
essaient de survivre, souvent dépendants des subventions et du bénévolat ; sur 1.200 musées dans l’Hexagone, une dizaine font la moitié des
entrées totales », remarque encore
François Mairesse. Quelques éléments pourraient néanmoins
amorcer un modeste rééquilibrage.
Le président-directeur du Louvre a
eu beau réaliser 60 millions d'euros
de travaux pour augmenter la capacité d'accueil, introduire des billets
horodatés garantissant l'accès en
moins de trente minutes pour étaler
le trafic, l’engorgement menace.
« Au Louvre, on voit plus de têtes que
d’œuvres. Pour admirer des œuvres,
mieux vaut aller à Châteauroux ! »
ironise Jean-François Grunfeld,
organisateur depuis vingt-trois ans
du Sitem, Salon dédié aux équipements pour musées.
Par ailleurs, à l’instar des grands
établissements, « les autres, quelle
que soit leur taille, savent maintenant
mieux parler à leurs visiteurs, ils se
sont dotés des outils marketing et du
savoir-faire pour cela », constate
encore Jean-François Grunfeld. Les
métropoles régionales françaises,
qui ont beaucoup investi pour se
doter de musées attractifs, parviennent ainsi à y drainer plusieurs centaines de milliers de visiteurs par an.
Et la composition des publics, très
différente selon la taille des musées,
de même que la politique dynamique d’expositions temporaires
menée aussi par les petits établissements, font que le phénomène de
vases communicants est limité : le
succès des grands musées ne vide
pas les salles les plus modestes. n
La terrible vérité commence enfin à
apparaître : si la France veut réduire ses
impôts, elle devra maîtriser sa dépense
publique. Peut-être le grand débat national
sera-t-il l’occasion d’accepter cette évidence.
L’an dernier, le pays a consacré plus de
1.300 milliards d’euros à cette dépense.
Rapportée
à la production nationale, c’est la
Par Jean-Marc
plus grosse masse d’Europe. Avec à la clef un
Vittori
déficit public lui aussi parmi les plus élevés
d’Europe.
Pas de
Mais la maîtrise de l’argent public est un
baisses
formidable défi pour la France. Ce n’est pas
un hasard si c’était le point aveugle du
d’impôts
programme économique du candidat
durables
Macron. Aucun parti politique n’a travaillé
sans
sérieusement sur la question. Comme si
maîtrise de contenir la dépense publique, c’était
s’attaquer à un Etat qui est au cœur de
la dépense
l’identité nationale depuis des siècles. Les
publique.
Français ont une préférence collective pour
l’action publique. Plus que leurs voisins :
21 des 27 autres pays de l’Union ont réussi à faire baisser la dépense
publique de trois points de PIB en cinq ans au cours des deux
dernières décennies. Des organismes d’études ont cependant
commencé à plancher sur la question. L’institut COE-Rexecode a
disséqué l’an dernier l’écart entre la France et l’Allemagne. France
Stratégie, la vigie prospective des pouvoirs publics, vient de publier
une note sur le sujet. Ces travaux peuvent paraître désespérants. Ils
mettent en lumière des domaines où la dépense publique française
est trop faible, comme la justice et certains pans de l’éducation. Et il
n’y est question à première vue que de dixièmes de point de PIB
qu’il va être très dur de ratiboiser. Tailler dans la protection sociale,
qui fait pratiquement les trois cinquièmes du total, revient à
prendre de l’argent aux pauvres, aux chômeurs, aux malades et aux
retraités, ce qui ne semble ni populaire, ni juste, ni même
économiquement efficace.
Mais il y a en réalité deux messages forts pour qui veut vraiment
maîtriser la dépense publique française. Le premier porte sur le
domaine où l’écart est le plus grand avec les autres pays : la retraite.
La France a fait ici le choix d’un système à la fois public, généreux et
précoce. Un recul modulé et progressif de l’âge de la retraite
permettrait à la fois de diminuer les dépenses et d’augmenter le
potentiel de croissance du pays. Le deuxième message est plus
large : il ne sera pas possible de contenir durablement la dépense
publique sans réorganiser en profondeur l’action publique. Dans
les administrations centrales comme dans la santé, les collectivités
ou même l’éducation. Emmanuel Macron n’avait-il pas écrit un
livre titré « Révolution » ?
(
Lire nos informations
Pages 2-3
Immobilier : qui prend
ses dettes s’enrichit
Par Guillaume Maujean
Dormez tranquilles braves gens, vous vous enrichissez pendant
votre sommeil. Il est en effet possible pour les particuliers de
s’endetter… tout en gagnant de l’argent. Sur le papier en tout cas. Ce
n’est pas un conte ni une légende : aujourd’hui, les Français
empruntent en moyenne à un taux de 1,43 % pour acheter leur
appartement ou leur maison. Comme l’inflation s’établit au même
moment à 1,8 %, les taux d’intérêt réels sont négatifs et leur pouvoir
d’achat est en train d’augmenter. Bien sûr, tout cela ne tient pas
compte de la situation financière de chaque ménage, du coût de
l’assurance des prêts qui peut parfois peser lourd et de l’évolution
du prix des biens immobiliers. Mais c’est le reflet de l’étrange
monde économique dans lequel nous vivons, où le temps n’a plus
de prix, où il est plus intéressant d’acheter sa maison à crédit que de
la payer comptant. Cela fait des années que les spécialistes nous
disent que les banques vont resserrer les conditions d’emprunt, des
années qu’ils jurent que cette situation ne peut pas durer
éternellement et qu’elle va revenir « à la normale ». Ils finiront par
avoir raison. Mais quand ? La Banque centrale européenne, qui fixe
le loyer de l’argent, aura bien du mal à remonter ses taux d’intérêt
cette année en raison du ralentissement économique et de la
montée des incertitudes (Brexit, tensions commerciales…). Mario
Draghi, dont le deuxième mandat s’achève cet automne, sera peutêtre le seul président de la BCE qui n’aura jamais relevé les taux ! Et
quoi qu’il en soit, les autorités monétaires y regarderont à deux fois
avant de resserrer les vannes du crédit. Car elles savent très bien
que des taux « normaux » pourraient envoyer au tapis une bonne
partie du système financier et des Etats incapables de redresser
leurs comptes publics (à commencer par la France ou l’Italie…). La
dette est devenue quasi indolore. Ce n’est pas une raison pour
l’accumuler. Et pour continuer de dormir comme si de rien n’était.
(
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10 // IDEES & DEBATS
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Retraites complémentaires : le coup de poker de la CFDT
2. Société Générale dévisse en Bourse après un avertissement
3. Brexit : à Bruxelles, la tétanie et l'attente
4. L'ISF, fake news économique
5. Les déchets dangereux des ménages ne sont plus collectés
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Pour une vraie réforme
de l’assurance-chômage
Qui a peur
de Theresa May ?
Pour Olivier Babeau et Erwann Tison,
président et directeur des études de
l’Institut Sapiens, l’assurance-chômage
doit subir un changement de logique.
BOUCLIER « Face à une révolution
technologique qui pourrait potentiellement
transformer plus de 40 % des métiers
existants, la réforme de l’assurancechômage est une occasion de créer une
nouvelle assurance dans laquelle
l’acquisition de compétences agira comme
un bouclier face au choc du numérique. »
ALLOCATION « En France, l’allocation de
remplacement versée [au chômeur] atteint
environ 56 % du salaire, ce qui fait basculer
un ménage au revenu médian sous le seuil de
pauvreté. Maintenir une allocation faible
jusqu’à deux années complètes apparaît
comme un non-sens économique. […] A 80 %
du salaire, inconditionnelle mais limitée
à six mois, on inciterait plus fortement
au retour à l’emploi tout en évitant l’effet
de déclassement pour l’allocataire. »
FORMATION « Si au bout de six mois le
demandeur d’emploi n’a pas pu se réinsérer,
il serait alors pris en charge non par
Pôle emploi, mais par […] une nouvelle
plate-forme nationale dédiée à la formation
professionnelle. Sous son patronage,
le demandeur d’emploi se verrait proposer
un parcours de formation débouchant sur
un secteur embauchant, tout en percevant
une allocation de formation. »
ACCOMPAGNEMENT « Pôle emploi doit
également voir ses missions renouvelées.
Est-il encore pertinent de lui laisser la gestion
de l’insertion des demandeurs d’emploi
qualifiés, alors que l’opérateur qui réussit
le mieux à les insérer est Leboncoin ? […]
Laisser les cadres retrouver eux-mêmes
du travail pour se concentrer sur ceux
qui ont le plus de difficultés permettra ainsi
un meilleur ciblage de l’aide à la réinsertion. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
dans l’histoire du Royaume•UniJamais
un Premier ministre de Sa Très
Gracieuse Majesté n’avait essuyé une
telle défaite comme celle de Theresa
May cette semaine devant le Parlement britannique avec son projet de
Brexit. Qu’est-ce qui l’a fait tenir :
l’obsession du pouvoir, la vanité ou la
ténacité ? s’interroge « The Guardian ». Pour ses partisans, elle met
son « incroyable inflexibilité » au service de sa volonté de ne pas diviser le
Parti conservateur. D’après un proche, Theresa May est également persuadée qu’elle est la « seule adulte dans
la pièce ». Selon Chris Wilkins, son
ancien speechwriter, « la politique,
pour elle, n’est pas un jeu. Ce qui est sa
vision, d’ailleurs, du monde ».
Mais d’après ses critiques, de façon
arrogante, elle est persuadée de tout
comprendre et de répondre à ce que
les gens veulent. En tout cas, il y a une
ligne droite chez Theresa May : sa
volonté de contrôler l’immigration.
Selon le quotidien, son discours
sur « les injustices brûlantes » lorsqu’à
l’été 2016 elle est devenue Première
ministre, est rentré dans « le folklore
politique britannique ».
Ce qui, après la perte par les tories
de la majorité parlementaire lors des
élections anticipées de 2017, ne l’a pas
conduite à présenter des excuses pour
sa mauvaise campagne électorale.
Elle s’est contentée d’indiquer qu’elle
s’était entretenue avec la reine pour
créer une coalition avec le Parti unioniste démocrate (DPU irlandais). Et de
lancer : « Maintenant au travail ! » Ce
n’est pas une surprise qu’elle ait répété
cette phrase après son terrible échec
de lundi aux Communes. Elle a même
survécu à une motion de censure
mardi. « Le Guardian » aurait dû la
surnommer : « Madame Teflon ».
Tout glisse sur elle.
— J. H.-R.
Le populisme est impossible
dans un petit pays
Donald Trump peut se permettre de jouer cavalier seul et d’attaquer
les autres pays, mais c’est parce qu’il est à la tête de la première puissance
mondiale. Pour la Grèce, la Grande-Bretagne ou l’Italie,
le retour d’une prétendue souveraineté perdue est un mythe.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
a leçon du fiasco de l’expédition
de Suez de 1956 s’applique :
mêmes unis, Français, Anglais
et Israéliens n’ont alors pas eu la puissance militaire et diplomatique pour
récupérer le canal nationalisé par
Nasser. Ils ont dû céder aux deux
grands, Russes et Américains. Après
la Grèce, après l’Italie, c’est au tour de
la Grande-Bretagne de le comprendre : le « regain » de souveraineté promis par les populistes s’avère une
impossibilité. Quelles que soient leurs
promesses ronflantes, les dirigeants
doivent, « nolens volens », rentrer
dans le rang.
Il y a, bien entendu, Donald Trump.
Lui démontre l’inverse : il renégocie
l’Alena, il attaque la Chine et les voitures allemandes, il se retire de l’Accord
de Paris sur le climat, il rompt le traité
nucléaire signé avec l’Iran. Trump fait
ce qu’il a dit. Contrairement à tous les
pronostics de départ qui assuraient
qu’il allait se plier aux impératifs des
diplomates et aux avis des « experts
sérieux » de Washington, le président,
après avoir tergiversé un an, ne les
écoute plus, il les a écartés et il décide
seul. Son électorat lui reste fidèle pour
être, du moins en apparence, en
accord avec ses promesses.
La raison en est la taille des EtatsUnis, première puissance économique, monétaire, militaire et technolog i q u e m o n d i a l e . Q u a n d Tr u m p
a t t a q u e l e M ex i q u e , l e C a n a d a ,
l’Europe et même la Chine, il leur fait
mal. Quand il met un embargo sur
l’Iran, celui-là s’applique à toutes les
entreprises non américaines par
L
LA REVUE
DU JOUR
Le FMI contre
l’insécurité sociale
LE PROPOS Le FMI et la London
School of Economics (LSE)
s’intéressent, de concert,
à la refonte de l’Etat-providence.
Le contexte de mondialisation
heurtée et d’affirmation
des populismes renforce cette
nécessité déjà commandée par
la révolution numérique et
le vieillissement démographique.
Les institutions internationales
réfléchissent au renouveau et
à l’extension de la Sécurité sociale.
L’idée générale, mais pas
forcément originale, est celle d’une
clarification (nécessaire en France)
entre ce qui doit relever de l’impôt
(la santé et la lutte contre
la pauvreté) et ce qui doit relever
de prestations contributives
(les retraites par exemple).
Autre idée, ambitieuse : assurer
une couverture universelle,
par des prestations universelles
complétées par des ajouts ciblés.
En tout cas, il faut innover pour
étendre les protections et mieux
contrecarrer les défaillances de
marché. Dans un monde où 45 %
L’optimisme des Brexiters pourrait être douché par la réalité politique. Photo Daniel Leal-Olivas/AFP
Finances et Développement
Volume 55, n° 4, 2018.
seulement de l’humanité bénéficie
effectivement d’une protection
sociale (toute relative par ailleurs).
LA PUBLICATION « Finances
et Développement » est la revue
trimestrielle du FMI. Publiée en
six langues, elle réunit les plumes
maison et celles d’experts
internationaux de renom.
Tout le contenu, résolument rédigé
de façon très accessible,
est gracieusementet élégamment
disponible en ligne.
— Julien Damon
l’externalité du droit américain et par
la force du dollar.
Personne ne peut se passer des
Etats-Unis. Le résultat est en vérité un
désastre américain que symbolise le
shutdown de l’administration, et un
chaos mondial puisque Trump détruit
l’ordre libéral et multilatéral qui avait,
justement, assuré la Pax Americana.
Au terme de son mandat, Trump, en
s’isolant, n’aura pas affaibli l’ordre chinois mais l’aura consolidé. Mais en
attendant le jugement de l’histoire, la
taille des Etats-Unis lui permet d’appliquer sa vision populiste.
Trump détruit l’ordre
libéral et multilatéral
qui avait assuré
la Pax Americana.
Au terme de son mandat,
Trump, en s’isolant,
n’aura pas affaibli l’ordre
chinois mais l’aura
consolidé.
Pour toutes les petites et moyennes
puissances, il en va tout autrement. En
Grèce, le parti Syriza a été élu au nom
de la résistance face aux diktats de
Bruxelles. Mais son chef, Aléxis Tsípras, a vite perçu qu’il avait besoin de
l’argent de l’Europe dans la crise et
qu’il fallait forcément en passer par
ses contraintes. Partir de l’Union, faire
cavalier seul, eût été sauter dans
l’abîme. Même si l’on peut discuter de
la violence du traitement qu’elle a
subi, la Grèce ne regrette pas d’avoir
abandonné les illusions populistes.
L’Italie suit le même chemin. Les
deux populismes d’extrême droite et
d’extrême gauche en ont rapidement
rabattu sur leurs prétentions. L’étrange
couple ne fait, finalement, presque
rien. A l’exception de l’immigration,
aucune promesse n’est tenue, sauf sous
une forme cosmétique. On peut dire la
même chose des gouvernements
d’Europe de l’Est. Ils bloquent leurs
frontières aux migrants, mais sur les
autres sujets comme l’indépendance
de la justice, ils finissent par plier. Ils
ont trop besoin des aides européennes,
et plus largement de leur appartenance
à l’UE.
Ce reniement général ne vient pas
d’une prétendue volonté bruxelloise
d’« écraser la volonté des peuples »
mais tout simplement de la réalité du
monde et du fait incontournable que
plus aucun petit pays ne peut prétendre à une « souveraineté ». Que les
Brexiters ne se sont souvenus de Suez !
Leur promesse de sortir la GrandeBretagne de l’Union a séduit le peuple,
mais l’illusion d’une souveraineté
« retrouvée » apparaît aujourd’hui
évidente. La Grande-Bretagne a buté
sur l’indifférence des Vingt-Sept. Vous
voulez partir ? On s’en moque.
Theresa May, au début, a tergiversé,
comme Trump, puis elle a compris
qu’elle devait sauver les meubles, choisir le moins mauvais possible. Son
compromis permet à la Grande-Bretagne de rester au plus proche du marché unique mais, disent ses détracteurs, il revient à accepter les règles
européennes sans plus participer à les
fixer. En fait de regain de souveraineté,
c’est une perte. Ils ont raison.
Mais quelles sont les autres issues ?
Le « no deal » signifie plonger dans
l’abîme commercial, financier, industriel. C’est « un mythe », conclut « The
Economist » et seule une poignée de
députés le souhaitent. Accepter de
rester ad vitam dans l’Union douanière ? Mais où est la souveraineté ?
Ou bien faire revoter par référendum,
en espérant mettre un point final à
cette tragédie populiste qui n’a que
trop duré.
Eric Le Boucher est éditorialiste
aux « Echos ».
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
focus
INTERVIEW // ALAIN MINC Conseiller politique et essayiste
« Il n’existe pas de pays
sans élites »
l Dans son dernier livre, « Voyage au centre du système »,
Alain Minc analyse en profondeur le fonctionnement
des mécanismes du pouvoir en France.
l S’il réfute la mise en cause systématique des élites
– « un élément fondateur du populisme » à ses yeux –,
il appelle à s’attaquer d’urgence aux « inégalités
culturelles » qui minent notre démocratie.
Propos recueillis par
Daniel Fortin
et Dominique Seux
Le mouvement des « gilets
jaunes » entre dans sa dixième
semaine. L’un de ses aspects
est la mise en cause des élites,
du fameux système qui est
l’objet de votre dernier livre.
A vos yeux, cette critique du
peuple contre les élites est-elle
recevable ?
Commençons par soulever un problème de vocabulaire. Les « gilets
jaunes » font incontestablement
partie du peuple, mais ils ne sont
pas « le peuple ». Ils expriment une
réelle insatisfaction, mais ils ne
représentent pas toute la France. La
mise en cause des élites, c’est en réalité l’élément fondateur de tout ce
qui réunit les populismes partout
dans le monde. C’est notamment le
fait de nier que la démocratie, ce
n’est pas seulement le suffrage universel. Ce sont aussi des institutions, des règles de droit, tout ce qui
permet à un pays de fonctionner. Il
n’existe pas de pays sans élites. La
vraie question est tout autre. Elle est
de savoir si les élites, grâce à la méritocratie, sont représentatives ou
non d’un pays. Concernant la
France, la réponse est hélas très
claire : elles le sont de moins en
moins.
Qu’est-ce qui vous fait dire
cela ?
Il est tout de même effarant de constater que le nombre d’enfants
d’ouvriers ou de classes modestes
dans les grandes écoles est aujourd’hui moins important que lorsque
je passais mes concours il y a cinquante ans. Cela est parfaitement
inacceptable et n’a rien à voir avec la
mondialisation. Cette évolution est
liée au fait que notre système éducatif ne joue plus suffisamment son
rôle, comme le montre sa régression constante dans les classements
internationaux Pisa depuis plusieurs années. Aujourd’hui, alors
que le capital culturel cher à Bourdieu ne cesse de s’accroître, les inégalités culturelles s’accentuent de
ce fait. C’est du reste ma grande
« La vraie question
est de savoir si
les élites, grâce
à la méritocratie,
sont représentatives
ou non d’un pays. »
« Concernant la
France, la réponse
est hélas très claire :
elles le sont de moins
en moins. »
divergence avec Thomas Piketty,
qui s’est trompé de sujet. Les inégalités monétaires augmentent, certes, mais les inégalités culturelles
augmentent davantage. Et donc, la
vraie question démocratique est :
que fait-on pour que les élites soient
plus représentatives du pays et
soient moins endogames sur le plan
culturel.
Vous avez notamment
la dent dure contre
les dirigeants du CAC 40.
En 2008, dans « Le Figaro », j’avais
écrit une lettre ouverte à mes amis
de la classe dirigeante en leur
Les souvenirs d’un
amoureux du « système »
ESSAI
Voyage
au centre
du « système »
par Alain Minc.
Editions Grasset,
187 pages, 17 euros.
C’est un étrange objet littéraire que
nous propose Alain Minc. Une promenade au cœur du « système »,
celui que dénoncent aujourd’hui
les « gilets jaunes » sur les rondspoints, désignant ainsi une nébuleuse où pouvoirs politiques, économiques, médiatiques et financiers se confondent, ramassés
entre les mains de quelques dizaines de personnages que notre
auteur a tous fréquentés, quand il
ne les a pas conseillés. Tout au long
de ce livre, Alain Minc musarde
entre souvenirs personnels, portraits de dirigeants, réflexions philosophico-politiques ou analyses
économiques, où se mélangent une
fervente admiration pour la « plasticité » d’une classe dirigeante qui a
su, à ses yeux, s’adapter mieux
qu’on ne le dit à l’évolution de notre
monde et une critique acerbe des
dérives d’un capitalisme dont il
continue néanmoins à vanter les
mérites. —D. F.
disant : vous dépassez les bornes.
Nous étions alors en pleine crise.
Aujourd’hui, nous sommes dans
un climat qui ne permet plus les
excès. La structure de rémunération de nos dirigeants n’est plus
adaptée à une période où l’acceptabilité des inégalités est devenue un
sujet majeur. Il faut bien sûr distinguer les entrepreneurs des managers. Les premiers sont propriétaires de leur entreprise, ils font ce
qu’ils veulent, c’est le capitalisme.
Pour les seconds, c’est différent. Des
mécanismes comme les retraites
chapeaux ou les actions gratuites
ne sont plus acceptables. Il faut aligner les intérêts des dirigeants sur
ceux des actionnaires. De là, l’intérêt des stock-options, laissées à tort
de côté.
Dans votre livre, vous écrivez :
« Pour la première fois,
je suis inquiet. » Qu’est-ce
qui vous inquiète à ce point ?
Le mouvement des « gilets jaunes »
exprime toute une série de frustrations qui étaient jusqu’ici restées
invisibles à nos yeux. On a longtemps pensé que la société française était une grande classe
moyenne. C’était le modèle Giscard.
Puis, on a considéré que la France
était une grande classe moyenne
avec l’énorme abcès que constituent les banlieues. J’ai été du reste
le premier à croire que si une insurrection devait émerger, elle viendrait de là. Pendant ce temps, Christophe Guilluy, l’auteur de la
« France périphérique », restait
inaudible alors qu’il montrait du
doigt un phénomène patent, que
l’on a vu émerger lors du deuxième
tour de l’élection présidentielle en
mai 2017. Il n’y a pas de meilleure
mesure de la césure entre la France
de la mondialisation et la France
invisible que les scores respectifs
d’Emmanuel Macron et de Marine
Le Pen ville par ville. Depuis trente
ans, nous assistons à une paupéris a t i o n r é g u l i èr e d e l a c l a s s e
moyenne dans le monde, qui a sans
doute été moins visible en France
qu’ailleurs car notre modèle de protection sociale nous permet de
mieux amortir les chocs.
Que peut-il sortir du grand
débat ouvert mardi ?
Puisque chaque Français est invité
à faire des propositions, il n’y a pas
de raison que je n’en fasse pas ! Je
crois qu’il va falloir imaginer des
solutions à des problèmes très
empiriques, que la technocratie ne
voit même pas. Un exemple très
simple : tout le monde a constaté
qu’il y avait beaucoup de parents
isolés, la plupart du temps des
mères célibataires élevant seules
des enfants, parmi les « gilets jaunes ». On peut mettre au point un
mécanisme d’assurance publique
pour le paiement des pensions alimentaires. Cette assurance se
retournera contre les mauvais
payeurs avec plus d’efficacité.
Alain Minc. Photo Antoine Doyen
Ce ne sont pas forcément ces
sujets-là qui seront en haut de
la pile… C’est plutôt l’ISF, non ?
Croyez-moi, si les Français sont
nombreux à y participer, ils diront
autre chose que les sempiternels
sujets rabâchés par des responsables politiques en mal d’imagination. La bonne solution à mon avis
est de coupler un référendum à
choix multiples avec le scrutin
européen, avec des éléments essentiellement institutionnels.
« Il n’y a pas de
meilleure mesure
de la césure entre
la France de la
mondialisation et la
France invisible que
les scores respectifs
d’Emmanuel Macron
et de Marine Le Pen
ville par ville. »
Les premiers cahiers
de doléances qui remontent
des mairies montrent que des
Français souhaitent des élus
qui les représentent davantage. Est-ce un message pour
l’actuel gouvernement ?
Il y a deux questions à mon avis. Le
pouvoir actuel incarne-t-il suffisamment le pays ? La réponse est qu’il
compte trop peu de grands élus
locaux qui ont de l’expérience politique et une connaissance intime de la
France. Pour dire les choses simple-
ment et schématiquement, il manque un Pierre Mauroy ! La seconde
question porte sur la qualité et l’intégrité de nos responsables politiques.
Leur honnêteté et leur action désintéressée doivent être saluées ; les
règles de financement de la vie politique sont exemplaires. La France
n’a ni partis politiques, ni syndicats
puissants, ni un patronat puissant,
ni des Eglises et associations puissantes. Le seul ciment, ce sont les
35.000 maires, et les 600.000 élus
locaux qui se dévouent à la chose
publique. Le gouvernement doit
être ancré dans ce terreau-là.
Faut-il désespérer
de l’Europe ?
Première remarque : vous oubliez
les Etats-Unis, qui sont eux aussi
dans une passe difficile, pour le
moins. Quant à l’Europe en tant que
telle, elle va bien dans trois domaines : l’euro, la politique commerciale extérieure et la politique de la
concurrence qui, tous, sont « fédérés » et globalement cela fonctionne
bien. Ce n’est pas si mal. Ce n’est pas
parce que l’Europe n’avance pas
qu’elle se défait, ce n’est pas comme
le vélo : si on ne pédale pas, on ne
tombe pas forcément.
Dans votre livre, vous défendez
l’idée que nous sommes au
« bout d’un système ». Parlezvous du système capitaliste ?
L’économie de marché va entrer
dans un nouveau cycle. Son existence même n’est pas en cause
parce que l’économie de marché,
c’est l’air que l’on respire. Jusqu’à
maintenant, nous avions résolu les
difficultés liées à la mondialisation
– notamment le creusement des
inégalités – par des mécanismes de
redistribution monétaire, d’ailleurs
très puissants. Mais l’on voit bien
que cela ne fonctionne plus. Souvenez-vous de Tony Blair : il a pu à la
fois soutenir le marché et construire des hôpitaux ; il avait de
l’argent public à dépenser. Emmanuel Macron, lui, n’a aucune
réserve pour financer des services
publics supplémentaires qui compenseraient les inégalités du marché. Personne ne sait bien comment faire dans ces conditions…
Craignez-vous un recul
de la démocratie
dans le monde ?
L’affrontement entre nos démocraties et les démocraties dites « illibérales » est crucial, vital. Ce défi, nous
ne l’avons pas vu venir. Mais
l’Europe nous protège, parce qu’elle
empêche ou limite les dérives les
plus graves sur le plan de nos
valeurs ; enfin, je l’espère. C’est le cas
en Pologne. Je fais le pari que ce sera
le cas en Italie, mais j’en suis moins
sûr. Matteo Salvini est un protofasciste qui va privilégier la politique
par rapport à l’économie. S’il prend
le pouvoir seul, il affrontera l’Union
européenne. La seule chose que l’on
peut espérer est que les épargnants
italiens agissent comme une corde
de rappel s’il veut sortir de l’euro ou
créer une monnaie parallèle. L’autre
corde de rappel, c’est l’expérience
britannique : sortir de l’UE est très
compliqué ; sortir de l’euro le serait
cent fois plus. n
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12 // IDEES & DEBATS
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
opinions
LE POINT
DE VUE
de David Baverez
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LESECHOS.FR
1. Au bord des grands lacs, le dépotoir de New York
2. ISF, taxe d’habitation, impôt sur le revenu : les dossiers fiscaux
qui émergent dans le grand débat
3. Dépakine : Sanofi refuse de contribuer au fonds d’indemnisation
4. Renault : l’Etat lâche Carlos Ghosn et lui cherche un successeur
5. Le débat fiscal tourne à plein régime dans la majorité
2019, l’année où
la Chine doit réinventer
son Internet
Le règne de l’éclipse
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
Droit
n 2019, la Chine fermera le cycle
décennal entamé après la crise
des « subprimes » de 2008. Elle
devra affronter les conséquences de la
fin de l’assouplissement monétaire et
les répercussions de la guerre technologique déclenchée par les Etats-Unis.
Mais le salut de l’empire du Milieu
viendra moins d’un énième plan de stimulus – celui qu’attend vainement
l’Occident – que de la réorientation de
son Internet du consommateur vers
l’entreprise. Ce que le géant Tencent a
déjà laissé entrevoir par l’annonce à
l’automne de la création d’une nouvelle
division « cloud and smart industries ».
Car contrairement à la perception
ambiante, la rentabilité de l’Internet du
consommateur en Chine commence à
atteindre ses limites : pour la première
fois, le profit opérationnel des seuls cinq
groupes chinois de l’Internet est resté
stable d’année en année au troisième
trimestre 2018. C’est le résultat d’une
part de l’impact limité du client additionnel, qui appartient désormais à une
classe moyenne sans moyens et, d’autre
part, de la fin du cycle phénoménal des
smartphones. Au même moment, la
faillite retentissante du service de partage de vélos Ofo dévoilait au grand jour
que 2 milliards de dollars ne peuvent
masquer éternellement l’inanité des
« business models » de certaines
prétendues « licornes » chinoises tellement consommatrices de cash.
C’est pourquoi les groupes chinois les
plus visionnaires préfèrent se tourner
désormais vers le marché de l’entreprise, celui du cloud computing et de
E
LE POINT
DE VUE
de Yann Padova
’an I du RGPD – 2018 –, a représenté une année critique pour
toutes les entreprises européennes : selon certaines études, seulement
35 à 40 % d’entre elles s’estiment en
conformité aujourd’hui. Et cette
proportion est bien moindre parmi les
PME. Mais le RGPD est aussi un triple
défi pour les régulateurs européens de
la protection des données dont la CNIL.
Sont-ils en ordre de marche pour les
relever ?
Le premier défi concerne les PME
innovantes. Notre pays s’enorgueillit, à
juste titre, d’être une pépinière de l’innovation numérique. Mais l’innovation se
concilie souvent difficilement avec la
conformité juridique. Nombre de
start-up n’ont pas les ressources pour
évaluer la conformité de leur projet au
RGPD voire pour mener les coûteuses
études d’impact lorsqu’elles sont nécessaires. Doivent-elles pour autant renoncer à leur projet ou bien le mener
ailleurs, hors de l’Union européenne ?
Reconnaître que l’innovation et la conformité sont parfois antinomiques ne
doit pas conduire à sacrifier l’une pour
l’autre. L’audace et l’innovation doivent
trouver leur place chez le régulateur. La
CNIL anglaise s’est engagée dans cette
voie qualifiée de « sandbox ». Il s’agit
d’ouvrir un cadre d’expérimentation
aux entreprises innovantes placé sous
l’égide du régulateur national. Les entreprises y sont gagnantes, car elles
peuvent tester des services nouveaux
(blockchain…) bénéfiques aux personnes tout en échangeant avec le régula-
L
l’intelligence artificielle, appelés à
transformer la vie des organisations,
comme le smartphone a remodelé celle
des humains. C’est l’eldorado de la prochaine décennie et encore plus en
Chine, qui ne représente aujourd’hui
qu’à peine 10 % de la demande mondiale
du cloud.
La rentabilité
de l’Internet du
consommateur en Chine
atteint ses limites.
Les groupes chinois
vont se tourner vers
le marché de l’entreprise
(cloud computing et
intelligence artificielle).
Alibaba et Tencent ont ainsi annoncé
leur volonté de consacrer désormais
5 milliards de dollars annuels à un
effort de R&D sans précédent, y compris sur le plan de la recherche fondamentale. De son côté, le gouvernement
a sélectionné cinq plates-formes
d’innovation ouvertes, chacune organisée autour d’un champion national :
Baidu pour la conduite autonome, Alibaba pour la Smart City, Tencent pour
le diagnostic médical, iFlytek pour la
reconnaissance vocale et SenseTime
pour la vision intelligente.
Si l’Europe est déjà annoncée grande
perdante dans cette course aux plates-
formes de distribution, rien ne permet
d’affirmer qu’elle sera définitivement
distancée en matière de contenus. A
condition qu’elle sache identifier les
zones de faiblesse perdurant dans l’écosystème chinois, malgré les impressionnants 20 milliards de dollars que le
gouvernement promet de consacrer à
l’intelligence artificielle d’ici à 2020. Faiblesses, par exemple, du système de
notation de crédit Sesame d’Alibaba,
dont les résultats ne semblent pas à la
hauteur des annonces triomphales lors
de son lancement il y a trois ans. Faiblesses qui doivent être considérées
comme autant d’opportunités à saisir
pour les Européens, aussi bien dans les
domaines de la recherche fondamentale, des algorithmes, des logiciels que
des puces intelligentes.
Ainsi, seules les années à venir indiqueront qui triomphera dans la durée,
du Super Big Data des données non
structurées mis en avant par la Chine
ou du Strong Data s’attachant avant
tout à exploiter le très large potentiel
encore vierge des données structurées, prévalant généralement en
Occident. Avec l’espoir que l’Europe,
immobile lors de la dernière décennie
des smartphones mais désormais inspirée par les transformations de
l’empire du Milieu, devienne enfin
e-mobile à l’ère de l’intelligence
artificielle et du cloud.
David Baverez est investisseur,
installé à Hong Kong depuis 2011. Il
est l’auteur de « Paris-Pékin Express »
(éditions François Bourin, 2017).
An II du RGPD :
aux régulateurs de faire
leur révolution !
teur sur les résultats obtenus et les correctifs nécessaires. Elles peuvent ainsi se
différencier de leurs concurrents en
innovant dans la sécurité juridique. Le
régulateur y gagne aussi, car il comprend mieux les innovations des entreprises qu’il régule et bénéficie d’une évaluation « en temps réel » de la
pertinence de son approche de l’innovation. Enfin, le pays considéré y gagne en
se dotant d’un moyen concret d’être un
« hub » de l’innovation grâce à cette coconstruction d’un écosystème dédié. Les
Pays-Bas et Singapour vont s’engager
dans cette voie. Ne soyons pas en reste.
La CNIL peut désormais
infliger à une entreprise
une amende atteignant
4 % de son chiffre
d’affaires mondial.
Le deuxième de ces défis est celui de la
compréhension des usages du numérique et de leur précocité chez les mineurs
qui, bien souvent, en savent davantage
sur la technologie que leurs parents ou
leurs enseignants. Le rapport au savoirfaire est désormais inversé. Eduquer au
numérique suppose donc d’innover dans
les approches et dépend des partenaires
impliqués et des médias employés :
beaucoup reste à faire afin que les nouveaux droits du RGPD soient effectifs et
ne demeurent pas abstraits. Le dernier
défi concerne la prévisibilité et la sécurité
juridique des entreprises au vu du pou-
voir de sanction considérable dont les
régulateurs sont désormais dotés. Longtemps limitée à 150.000 euros maximum, la CNIL peut désormais infliger à
une entreprise une amende atteignant
4 % de son chiffre d’affaires mondial,
sans aucun plafond. Pour des entreprises
multinationales européennes, l’enjeu se
chiffre en centaines de millions d’euros. Il
ne s’agit pas d’un simple changement
d’échelle dans les sanctions, mais bien
d’un changement de nature. Car en
matière pénale les garanties ne sont pas
les mêmes lorsqu’une personne est poursuivie devant le tribunal de police pour
une contravention ou devant la Cour
d’assises pour un crime.
Il doit en être de même devant la
CNIL. Comprendre et connaître les critères du régulateur lorsque celui-ci utilise son pouvoir répressif est essentiel à
l’intelligibilité de la sanction et à son
acceptation. A cette fin, le régulateur
doit faire preuve d’audace et de maturité. L’autorité de la concurrence l’a fait
dès 2011 en élaborant, dans le cadre
d’une large concertation publique, une
méthode de détermination des sanctions pécuniaires. La régulation de la
protection des données doit s’engager
dans cette voie, certes difficile, de la
transparence et du dialogue. RGPD, an
II : pour relever ces défis, il nous faudra
de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace…
Yann Padova est avocat, partner
chez Baker & McKenzie, ancien
secrétaire général de la CNIL.
ET VOLTAIRE
•AUROUSSEAU
CŒUR DU GRAND DÉBAT
Nous voilà partis pour deux mois de palabres. On y trouvera, c’est prévisible, le
meilleur et le pire. Le grand débat national
va susciter, inévitablement, en proportions
variables, espoirs, déceptions, malentendus, confusions, clarifications, illusions,
radotages, innovations… Inédit, l’exercice
peut être trompeur ou bien salutaire. Il est
trop tôt pour le savoir.
Mais on sait déjà ce que répondent deux
de nos monstres sacrés. Rousseau, dans le
« Contrat social » (1762), semble arborer un
gilet jaune. Il refuse avec véhémence le principe même des taxes : « Dans un Etat vraiment libre, les citoyens font tout avec leurs
bras et rien avec de l’argent ; […] je crois les
corvées moins contraires à la liberté que les
taxes. » Et Jean-Jacques plaide, sans ambages, pour un RIC avant la lettre : « La souveraineté ne peut être représentée […]. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être
ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a
pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi. »
A l’opposé, Voltaire, ami de l’ordre et de la
prospérité, juge « insocial » le contrat de
Rousseau. Le châtelain de Ferney « cultive
son jardin », comme Candide, mais en chef
d’entreprise – et soutient que « le vrai philosophe défriche les champs incultes, augmente
le nombre des charrues, et par conséquent des
habitants ; occupe le pauvre et l’enrichit […] ;
ne murmure point contre des impôts nécessaires, et met le cultivateur en état de les payer
avec allégresse. » (Lettre à Damilaville,
1er mars 1765). Ils n’ont donc en tête ni la
même politique ni la même société. Et nous
ne sommes pas sortis de ces dilemmes.
BOOBA ET KAARIS
•RESSUSCITENT
LE DUEL
On se souvient que ces deux rappeurs se
sont affrontés violemment, avec leurs bandes respectives, à l’aéroport d’Orly, le 1er août
2018. Détention provisoire, procès, prison
avec sursis et amendes s’en sont suivis. Ce
n’était qu’un début. Ces derniers jours, les
deux héros discutent – terme excessif pour
désigner un échange d’injures, de tweets
rageurs et de vidéos – d’un combat seul à
seul, à Bruxelles, en avril, avec un million
d’euros à la clef.
Régler un différend par le duel est une
pratique fort ancienne. On en connaît, dans
l’histoire, d’innombrables exemples
– depuis les combats d’Achille et Hector
chez Homère jusqu’aux kyrielles de jeux
vidéo d’aujourd’hui, en passant par les défis
de la chevalerie et les rixes des westerns.
Mais c’était archaïque, révolu. On pensait
que c’était dépassé.
Et si tout régressait ? Si ces rappeurs
étaient, en fait, les précurseurs d’un vaste
retour en arrière ? Imaginons, bientôt,
toute rivalité se réglant à coups de poing, se
tranchant au terme d’un corps à corps.
Même chez les financiers, les politiques, les
artistes et, pourquoi pas, les philosophes…
Voilà qui composerait d’étranges tableaux.
Chacun les composera à sa guise. Une seule
question : êtes-vous vraiment sûr qu’on n’en
prenne pas le chemin ?
LUNE S’ÉCLIPSE,
•LELARESTE
AUSSI
Si vous n’avez rien de mieux à faire, vers
6 heures du matin, lundi 21 janvier, regardez
la lune, vous ne la verrez pas. Les astronomes annoncent une éclipse totale, visible en
Europe. La prochaine n’étant que pour le
16 mai 2022, ce peut être tentant. A moins de
préférer songer un instant à tout ce qui
s’éclipse autour de nous.
Songeons à tout ce qui
s’éclipse autour de nous :
l’hospitalité, le sens
des nuances, le souci
des convenances,
le sens de l’humour…
Chacun complétera,
dressera sa propre liste.
Par exemple : l’hospitalité, le respect des
étrangers, le sens des nuances, l’attention à
la complexité, le souci des convenances, le
sens de l’humour… Mais aussi le goût des
choses qui durent, des œuvres à admirer, de
la beauté gratuite et simple. Et encore
l’altruisme, la pudeur, les demi-mots… Chacun de nouveau complétera, dressera sa
propre liste. Si ces énumérations sont longues, c’est évidemment que nous traversons
un temps de désorganisation. Reste à savoir
quand et comment nous en sortirons, si
toutefois nous en sortons.
Telle est la question des éclipses. Avec la
lune ou le soleil, elle est simple : tout est
calculable, minuté, prévu. On sait, avec
exactitude, quand commence et quand se
termine le phénomène, et l’on est certain
qu’il prendra fin. Avec nos mœurs, nos sensibilités, nos manières d’agir et d’interagir, il
en va tout autrement. Ce pourrait être le
partage entre pessimistes et optimistes. Les
premiers sont convaincus que ce qui
s’estompe ne reviendra pas. Les autres
croient que ces éclipses vont se terminer, et
la lumière revenir.
Roger-Pol Droit est philosophe
et écrivain.
L’ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Limiter la mobilité dans le secteur public
IDÉE A rebours d’un « bougisme » généralisé, qui valorise les mobilités
professionnelles, Institute for Government met en lumière les effets pervers
d’une telle option. Le think tank britannique, habituellement critique
à l’égard du secteur public, souligne quatre problèmes. Insistant sur le cas
des hauts fonctionnaires, les experts relèvent, d’abord, les coûts d’une telle
mobilité. Il en va de dizaines de millions d’euros en termes de frais de
recrutement et de formation, mais aussi en pertes de productivité. Deuxième
difficulté : une perte de savoirs et de compétences. Troisième tension :
l’impossibilité d’un management efficace des politiques et des réformes.
Quatrième péril : des erreurs et de potentielles catastrophes. C’est dire !
INTÉRÊT La mobilité semble s’avérer excessive dans certains ministères
britanniques. Et le sujet pourrait se renforcer dans le contexte des hésitations
autour du Brexit. Afin de réduire la mobilité et ses conséquences négatives,
il faut réviser la rémunération des fonctionnaires. De manière
à ce que primes et augmentations ne soient pas concentrées à l’occasion
des changements de poste. Le thème n’est certainement pas uniquement
britannique…
— Julien Damon
www.instituteforgovernment.org.uk
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Les Echos Vendredi 18 et samedi 19 janvier 2019
le grand entretien
Son actu
Il est l’incarnation du nouveau Faurecia.
A cinquante-huit ans, Patrick Koller est
le dirigeant polyglotte de l’équipementier automobile de la famille Peugeot, un
groupe industriel qui a quitté le giron
hexagonal ces dernières années pour
devenir un acteur de plus en plus international, versé dans la fabrication des
sièges, des habitacles et des équipements de dépollution des voitures. Sous
la houlette de cet ingénieur franco-allemand, Faurecia multiplie les opérations
à visée technologique : rachat de Clarion et de la branche automobile de
Parrot, grand partenariat avec l’allemand ZF. L’an dernier, son groupe affichait 17 milliards d’euros de chiffre
d’affaires pour 6,9 % de marge opérationnelle, et comptait 109.000 salariés.
« On ne
peut pas
continuer
à augmenter
le prix des
voitures »
Son parcours
Né en 1959 d’un père allemand orphelin
de guerre et d’une mère française,
Patrick Koller grandit au Maroc, où son
père travaillait pour Siemens. Son bac
en poche, il file à Nancy, où il sera
diplômé de l’Esstin, une école d’ingénieurs. Après des débuts chez CreusotLoire, il rejoint l’automobile chez Hella,
puis Valeo. Au sein de l’équipementier
français, il gère le contrat Volkswagen,
puis l’activité britannique. En 2000,
Rhodia le débauche pour diriger sa
direction Nylon. Faurecia le rattrapera
six ans plus tard pour l’assoir sur sa
division Sièges. Il prendra le trône
du groupe à l’été 2016.
Hamilton/RÉA
PATRICK KOLLER
Directeur général de Faurecia
Propos recueillis par
David Barroux
et Julien Dupont-Calbo
dans aucun domaine, mais ils sont
meilleurs que la moyenne dans tous. Et ça,
c’est loin d’être évident.
Mais il va aussi falloir que les villes s’équipent pour que l’on puisse recharger ces
véhicules.
A-t-on raison de penser que l’automobile est à l’aube d’une révolution ?
Nous sommes entrés dans une ère de changements fondamentaux. Nous passons
d’un monde compliqué à un monde complexe, d’un univers prévisible à un univers
imprédictible. Le temps où l’on pouvait en
très grande partie prévoir le résultat d’une
action ou d’un investissement est derrière
nous. Le nombre de paramètres ou de parties prenantes qui peuvent avoir une
influence majeure sur la filière automobile
ne cesse de s’accroître. Il y a de plus en plus
d’acteurs impliqués interconnectés qui
communiquent à haute fréquence. Nous
sommes maintenant comme la météo. On
est capable de prédire le temps qu’il fera
demain, mais totalement incapable de dire
quel sera le temps dans un mois. Et notre
industrie est confrontée à ça.
Qu’est-ce qui va le plus changer
pour un automobiliste ?
Pour sa mobilité, un consommateur a quatre priorités. La sécurité et la liberté dans un
cadre abordable permettant de rester maître de son temps. Le consommateur est de
moins en moins prêt à perdre son temps
dans les embouteillages ou derrière son
volant. Il va falloir répondre à ces quatre
priorités. Il faudra en plus répondre en
parallèle aux contraintes politiques, énergétiques, réglementaires.
En quoi cela oblige-t-il les industriels
comme vous à changer ?
Depuis que l’auto existe, il y a eu un transfert
de valeur entre les constructeurs et ceux
qu’on appelait au départ les sous-traitants.
Nous sommes devenus des partenaires qui
apportent des solutions. Nous irons encore
plus loin dans les fonctions, les services, les
expériences aux consommateurs. On a
commencé par proposer des pièces pour
des sièges, puis des sièges complets.
Demain, la gestion du confort prendra en
Vous naviguez donc à vue...
Pas complètement. On est capable de sentir
une tendance et d’avoir une vision. On peut
par exemple parier qu’il y aura de plus en
plus de voitures zéro émission et autonomes. Mais difficile de dire quand et sous
quelle forme. Dans cette configuration, le
seul moyen d’avancer est de travailler en
écosystème en s’entourant de partenaires
pertinents capables de travailler avec vous
sur des étapes prédictibles. On ne peut plus
appliquer à ce monde complexe les outils et
les règles du monde compliqué. Sinon, on se
retrouve très souvent dans des situations
conflictuelles, car trop dogmatiques.
Ceux qui dominent l’automobile
aujourd’hui peuvent-ils tout perdre ?
Il y aura certainement de nouveaux acteurs.
Mais il ne faut pas sous-estimer les forces
des acteurs du monde automobile qui sont
capables de produire 100 millions de véhicules. C’est la seule industrie lourde qui soit
véritablement B to C, et qui, en plus, n’a pas
de marges considérables. Pour réussir dans
l’auto, il faut exceller dans la technologie, la
gestion, le marketing, la chaîne logistique…
Les acteurs de l’auto ne sont les meilleurs
La voiture n’est cependant pas
qu’un outil ?
L’achat d’une voiture n’est pas totalement
rationnel. On s’offre de la liberté, la capacité
d’aller d’un point A à un point B quand on le
veut. On achète une voiture pour son cas
d’usage extrême. Si on a besoin d’une voiture pour sept personnes une fois par an, on
achètera celle-là. Les alternatives proposées, comme la voiture partagée, auront
peut-être plus de sens sur un plan économique. Mais si le consommateur a le sentiment que cela empiète sur sa liberté…
On ne va donc pas se passer
de la voiture...
En milieu urbain, il y a des alternatives en
termes de transport et une légitime préoccupation face aux problèmes de pollution.
En milieu rural, la voiture reste indispensable. Regardez ce qui a déclenché le mouvement des « gilets jaunes ». Le durcissement
du contrôle technique, les 80 km/h, la fiscalité sur le diesel. Il n’y aura pas une solution
pour tous les problèmes de mobilité. Il y
aura des solutions en fonction des cas
d’usage. Arrêtons de dire que la voiture est
la cause principale du réchauffement climatique. Nous ne représentons qu’une partie faible. Même si le « dieselgate » prouve
que nous ne sommes pas parfaits, nous
sommes une industrie sous contrainte qui
n’a cessé de progresser sur le front de la consommation comme de la pollution. Et nous
n’allons pas nous arrêter. Nous allons faire
des voitures électriques à grande échelle.
« Nous sommes devenus
des partenaires qui
apportent des solutions.
Nous irons encore
plus loin dans les fonctions,
les services, les expériences
aux consommateurs. »
compte automatiquement et de façon individualisée les conforts postural, thermique,
acoustique, visuel… On va associer du
« hardware » et du « software », c’est pour
cela que l’on a racheté le groupe japonais
Clarion – qui, en partant du son, a été vers
l’interface homme-machine. On doit
apprendre à concevoir et produire le cockpit de la voiture de demain.
Avez-vous vraiment la capacité
d’innover face aux géants de la tech ?
Bien sûr. Regardez l’évolution de la place de
la musique dans la voiture. Elle est
aujourd’hui dématérialisée. L’autoradio
disparaît. Mais nous sommes toujours là, et
nous préparons l’avenir avec, par exemple,
des systèmes sonores sans haut-parleurs.
On va produire du son en faisant vibrer des
surfaces. Cela permettra de tester de nouveaux designs et de réduire le poids de la
voiture, jusqu’à 5 kilos. Des surfaces lisses,
c’est aussi plus facile à nettoyer. Ces solutions existent déjà, et elles ont un avantage
de plus : elles sont moins chères.
De toutes les façons, on ne peut pas continuer à augmenter le prix des voitures. Le
SMIC augmente plus vite que l’inflation,
mais la part des dépenses contraintes dans
les budgets des ménages ne cesse de progresser. On doit trouver des solutions qui ne
sont pas inflationnistes. Les ruptures technologiques doivent le permettre. On ne
roule pas dans une voiture qui a quinze ans
parce qu’on est collectionneur, mais parce
qu’on n’a pas le choix.
Votre avenir, est-ce travailler avec
de nouveaux acteurs comme Tesla ?
Les clients traditionnels représentent
encore l’essentiel de notre activité. Cependant, il est vrai que les barrières à l’entrée se
réduisent et que de nouveaux clients apparaissent. Il n’y a pas que Tesla, d’ailleurs.
J’imagine qu’un Uber ou équivalent aura le
souhait d’avoir des intérieurs correspondant précisément aux cas d’usage de ses
clients. Pour avoir une chance de s’en sortir
quand on ne produit que de petits volumes,
les constructeurs entrants doivent proposer quelque chose de neuf. Cette volonté de
différenciation stimule l’innovation. Quand
les choix qu’ils ont fait séduisent, cela attire
l’attention des constructeurs premium,
puis des autres. C’est un cercle vertueux.
N’avez-vous pas peur de vous faire
grapiller vos marges par les rois
du numérique ?
Quand on regarde Android, le système
d’exploitation de Google, on n’est pas dans
une opposition. On est complémentaires. Il
faut de la place pour tout le monde et faire
des affaires raisonnables. Nous sommes
une industrie lourde, qui n’a pas les marges
de la nouvelle économie. On ne voit pas
pourquoi ces gens-là rentreraient dans
notre secteur. Il y a d’ailleurs de plus en plus
de coopérations et de partenariats.
L’industriel qui travaille
dans son coin, c’est fini ?
Imaginer savoir tout faire, c’est illusoire. Un
intégrateur comme nous doit comprendre
les sous-systèmes et avoir une vue globale
de la chaîne de valeur. Vous pouvez ensuite
choisir des partenariats avec des experts de
certains domaines, vous avez aussi la possi-
bilité d’acheter les composants, ou encore
l’option de l’intégration verticale si le sujet
est fondamental et qu’il y a de la place pour
vous. Les start-up sont des accélérateurs
d’innovation, des partenaires essentiels,
comme les universités et laboratoires de
recherche, pour être le plus rapide possible
dans le « time to market ».
Comment voyez-vous la guerre
commerciale qui s’amorce ?
Faurecia serait touché si nos clients vendaient moins de voitures. Mais je ne suis pas
sûr, si la guerre commerciale se confirme,
qu’il y ait des gagnants et des perdants. Ce
serait plus un jeu perdant-perdant. Si certains ajustements raisonnables et nécessaires sont faits à moyen terme, la raison
l’emportera. Aujourd’hui, il y a des régions
plus fermées que d’autres, il y a des déséquilibres qui doivent être rediscutés. Regardez
ce qui s’est passé entre le Mexique, le
Canada et les Etats-Unis : ils ont fini par
trouver un compromis acceptable pour
l’industrie. Entre la Chine et les Etats-Unis,
les discussions sont difficiles, mais chacun
fait attention à ne pas aller à la rupture.
Notre industrie va s’adapter. Elle est déjà
beaucoup plus domestique qu’auparavant.
Les constructeurs sont présents dans toutes
les régions.
Dans ce contexte, l’usine France
a-t-elle une carte à jouer ?
La transformation digitale devrait être une
opportunité pour les pays dits « à coûts élevés ». Il y a quelque chose à jouer pour nous,
mais c’est maintenant. Il ne faut pas rater le
train. Actuellement, il y a une pénurie de
main-d’œuvre en Europe de l’Est, qui
pousse les industriels à investir dans la
robotisation. En France, le crédit d’impôt
recherche a été extrêmement efficace, on
pourrait imaginer un crédit d’impôt digitalisation industrielle pour que les petites
entreprises puissent faire les investissements nécessaires. Si les grands groupes
réinvestissent ici, il faut que leurs sous-traitants aient les moyens de suivre.
Mais qu’en sera-t-il de l’emploi ?
Il faut accepter l’idée qu’on emploiera
moins de monde dans les usines, mais de
nombreux emplois devraient être créés
dans la maintenance et dans les services.
Peut-être achètera-t-on dans le futur des
heures de production plutôt que des machines. Il faudra former les gens à ces nouveaux métiers. Enfin, si on investit dans le
numérique et la mécanisation, on trouvera
une satisfaction économique à la proximité.
A un moment, il est possible que les émissions CO2 des transports soient taxées.
Aujourd’hui, on envoie des pièces de voitures d’un bout à l’autre de l’Europe… La
proximité, cela a une valeur. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
PRISON SORAL CONDAMNÉ
À UN AN FERME POUR
INCITATION À LA HAINE RACIALE
DROITS DE L’HOMME HRW NOTE
LA RÉSISTANCE
Le 29e rapport annuel de l’ONG Human
Rights Watch, présenté jeudi à Berlin, a
constaté l’an dernier une montée des
résistances aux régimes autoritaires,
notamment via des initiatives sans précédent à l’ONU contre le Myanmar, l’Arabie saoudite et le Venezuela. L’ONG s’est
parallèlement inquiété de l’évolution des
régimes turc, égyptien, philippin, hongrois, brésilien, polonais, italien, indien,
russe, chinois et des Etats-Unis. Elle a
félicité Angela Merkel mais s’est dit
déçue par Emmanuel Macron.
Le tribunal correctionnel de Bobigny a
condamné jeudi l’essayiste d’extrême
droite Alain Soral à un an de prison
ferme pour avoir injurié une magistrate
et tenu des propos antisémites sur son
site Internet. Il avait notamment écrit en
mars 2018 « les juifs sont manipulateurs,
dominateurs et haineux ». Contre la
magistrate, il affirmait : « Je n’ai jamais
entendu autant de mensonges et de malhonnêteté sortir de la bouche d’une
femme, et pourtant des salopes, j’en ai
connues. »
AFP
La Cour pénale internationale (CPI) a
suspendu mercredi soir la remise en
liberté de l’ancien président ivoirien
Laurent Gbagbo, après un nouvel appel
déposé par le procureur au lendemain
de son acquittement retentissant. Les
juges avaient ordonné plus tôt sa remise
en liberté, ainsi que celle de son bras
droit Charles Blé Goudé, après leur
acquittement d’accusations de crimes
contre l’humanité. Mais ils doivent
maintenant « rester sous la garde de la
CPI » jusqu’à ce que l’appel du parquet
contre leur libération soit entendu.
SERBIE ACCUEIL TRIOMPHAL
POUR POUTINE
Un violent incendie sur le toit d’un bâtiment universitaire a provoqué, ce jeudi, l’explosion spectaculaire de trois bouteilles de
gaz, faisant trois blessés légers (un pompier, une personne touchée à la main lors de l’évacuation et une autre victime
d’acouphènes),et entraînant l’évacuation de 800 personnes du campus de la Doua à Villeurbanne, près de Lyon. Les bombonnes avaient été entreposées sur le toit pendant des travaux d’étanchéité. Tout problème de sécurité chimique a été écarté.
Photo : Romain Chanu/AFP
SONDAGE 63 % DES 18-24 ANS
POUR UN CONGÉ DE PATERNITÉ
PLUS LONG
AFP
VIOLENCES QUATRE RELIGIEUX
MIS EN EXAMEN
Quatre religieux de la communauté traditionaliste de Riaumont à Liévin (Pasde-Calais) ont été mis en examen jeudi
pour « violences légères » sur mineurs.
A l’issue de leur garde à vue entamée
mardi, les quatre religieux – trois quinquagénaires et un trentenaire, dont deux
prêtres – sont ressortis libres et ont été
placés sous contrôle judiciaire, avec
interdiction d’exercer une activité
d’encadrement en lien avec des mineurs.
Spectaculaire explosion sur le toit de l’université de Villeurbanne
CÔTE D’IVOIRE GBAGBO RESTE
EMPRISONNÉ POUR L’INSTANT
JUSTICE BENALLA EN GARDE À
VUE DANS L’ENQUÊTE SUR SES
PASSEPORTS DIPLOMATIQUES
Alexandre Benalla a été placé en
garde à vue jeudi dans l’enquête sur
l’utilisation controversée de ses passeports diplomatiques, après son
limogeage de l’Elysée cet été. Cette
enquête, ouverte le 29 décembre, a
été étendue mercredi « aux infractions de faux, usage de faux et obtention indue d’un document administratif » après un signalement de la
présidence de la République.
LA PHOTO DU JOUR
Le président russe Vladimir Poutine a
reçu un accueil de « superstar » jeudi à
Belgrade, lors d’une visite officielle en
Serbie, principal allié de la Russie dans
les Balkans. Les autorités n’ont pas lésiné
sur le cérémonial, devant une foule de
dizaines de milliers de Serbes. Au-delà
du lien historique, avec leur « grand frère
slave orthodoxe », les Serbes apprécient
le soutien apporté par Moscou sur la
question du Kosovo. Mais la grande
majorité des investissements étrangers
et du commerce provient de l’UE.
GHANA INDIGNATION GÉNÉRALE
APRÈS L’ASSASSINAT
D’UN JOURNALISTE
Plus de six Français sur dix de 18 à
24 ans souhaitent l’allongement du
congé de paternité, actuellement de
11 jours, selon le baromètre de la Drees,
le service statistique des ministères
sociaux, rendu public jeudi. Tous âges
confondus, 38 % des Français trouvent
ce congé trop court. Sept Français sur
dix pensent que le congé de paternité
doit rester facultatif.
L’assassinat d’un journaliste d’investigation ghanéen ayant participé à
une vaste enquête sur la corruption
dans le foot africain a suscité jeudi
l’indignation générale au sein de la
presse locale et internationale, qui a
dénoncé les « graves menaces »
pesant sur les médias.
DÉFENSE LA FRANCE RESTERA
ENGAGÉE AU LEVANT EN 2019
COLOMBIE ATTENTAT
MEURTRIER À BOGOTA
La France restera « militairement
engagée au Levant au sein de la coalition internationale au cours de l’année
qui vient », a assuré jeudi le Emmanuel Macron lors de ses vœux aux
a r m é e s f r a n ç a i s e s . « L e re t ra i t
annoncé de Syrie de notre allié américain ne doit pas nous faire dévier de
notre objectif stratégique : éradiquer
Daech », a-t-il insisté.
Un attentat à la voiture piégée a fait au
moins 9 morts et 54 blessés jeudi à l’école
de la police située dans le sud de Bogota,
selon un nouveau bilan officiel. Les premières images, diffusées par la chaîne
locale CityTV, montraient la carcasse
d’un véhicule en flammes, dont le
conducteur aurait forcé l’entrée de
l’école. C’est le premier attentat de cette
envergure depuis un an en Colombie.
ON EN PARLE À ROME
Silvio Berlusconi ou l’éternel retour
L’ancien président du Conseil des ministres italien a décidé de se présenter
aux élections européennes de mai 2019.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
bilités d’aller en Europe, où il
manque une pensée profonde sur
l’avenir du monde », a-t-il expliqué lors d’une réunion électorale en Sardaigne, où aura lieu
un scrutin régional dans quelques semaines. C’est dans l’île
qui a massivement voté pour le
M5S lors des dernières législatives qu’il a désigné son principal
ennemi politique : « Ils sont
comme la gauche communiste
en 1994, mais ce parti a un défaut
supplémentaire, il est dirigé par
des personnes qui n’ont aucune
expérience ni compétence. »
ilvio Berlusconi fête
demain les vingt-cinq
ans de la fondation de
son parti Forza Italia. Quelle
meilleure façon de célébrer
l’événement que de faire don de
sa personne pour sauver le
pays ? Plus que le père de la
nation qu’il voulait incarner,
l’ancien président du Conseil italien remonte en selle à plus de
82 ans, comme une vieille gloire
de la politique italienne. Il repart
en tournée électorale avec le
même numéro d’il y a un quart
de siècle en se présentant aux
prochaines élections européennes. « Au bel âge qui est le mien,
j’ai décidé par sens des responsa-
S
Dernier tour de piste
Une référence explicite à l’époque où le magnat des médias et
du football avait annoncé sa
« descente sur le terrain » politi-
que. Depuis, les joueurs ont
beaucoup changé, à commencer par son principal coéquipier
d’alors, la Ligue. Elle est dirigée
par Matteo Salvini, qui se fait
appeler le « Capitaine » et qui est
en train d’obtenir ce que personne n’était parvenu à réaliser
avant lui : mettre un terme à
l’hégémonie de Silvio Berlusconi sur la droite italienne. En
mars dernier lors du dernier
scrutin législatif, la Ligue réalisait l’exploit de dépasser Forza
Italia avec 17 % des suffrages
contre 14 %. Aujourd’hui, la
Ligue de Salvini dépasse les 30 %
des intentions de vote dans les
sondages contre moins de 10 %
pour le parti de Berlusconi.
Mais rien n’arrive à faire sombrer l’éternelle ardeur politique
du Cavaliere. Ni l’opération à
cœur ouvert subie en 2017 ni les
procès pour subordination de
témoins toujours en cours dans
le cadre du scandale « bunga
bunga ». Quant à sa condamnation en août 2013 à une peine
d’inéligibilité de six ans pour
fraude fiscale, il est désormais
libre de se représenter devant les
électeurs. « Avec ma connaissance, mes expériences et ma
capacité à convaincre, a-t-il
déclaré, je pense pouvoir jouer un
rôle important et faire comprendre aux citoyens européens que
nous risquons de nous éloigner
des valeurs occidentales. » Bien
qu’immortel en politique, tout le
monde comprend qu’il se rapproche de son dernier tour de
piste électoral. n
5
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SAMEDI
MEDI
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ANCHE
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 18, samedi 19 janvier
2019
www.lesechos.fr
Bart Becht,
l’un des
partenaires
du triumvirat
à la tête
de JAB Holding,
s’en va. // P. 21
DEVISES EUR/GBP 0,88 EUR/JPY 1,2413 EUR/CHF 1,1321 GBP/USD 1,2936 USD/JPY 1,0902 USD/CHF 0,9944 TAUX EONIA -0,369 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,308 OAT 10 ANS 0,6007 T-BONDS 10 ANS 2,8028
DERNIÈRE HEURE
Denis Allard/RÉA
INDUSTRIE & SERVICES
FNAC DARTY
Siemens-Alstom : les deux sociétés de
plus en plus pessimistes sur la fusion
Lagardère cède BilletReduc
au distributeur. // P. 16
AUTOMOBILE
Net recul de la consommation
de carburants en France. // P. 17
Données
personnelles :
Tim Cook et
Apple ont une
nouvelle cible
Florian Dèbes
@FL_Debes
IMMOBILIER
A Paris, le marché des bureaux
se porte de mieux en mieux. // P. 18
C’est une nouvelle salve du patron
d’Apple contre ce qu’il a déjà appelé « le
complexe industriel des données ».
Après avoir visé, sans les nommer, Google et Facebook devant les députés
européens en octobre, Tim Cook
appelle cette fois le régulateur américain du commerce (FTC) à assurer la
transparence sur les affaires des revendeurs de données personnelles.
Ces derniers jouent le rôle de courtiers
en achetant des bases de données, en les
compilant au sein d’une base unique
appelée à être revendue. « Nous pensons
que la FTC devrait établir une chambre de
compensation qui exigerait à tous les
courtiers de la donnée de s’enregistrer, permettrait au consommateur de suivre les
transactions agrégeant et vendant leurs
données et donnerait aux utilisateurs le
pouvoir de supprimer leurs données à la
demande, gratuitement, facilement, en
ligne et une fois pour toutes », écrit le dirigeant du fabricant de l’iPhone.
ÉNERGIE
Coup dur pour les projets
nucléaires. // P. 19
TOYOTA
Le constructeur croit à l’avenir des
berlines et des citadines aux EtatsUnis. // P. 20
HIGH-TECH & MÉDIAS
JOURNALISME
Comment l’intelligence artificielle
a transformé la presse américaine.
// PP. 22 ET 23
CINÉMA
Année noire pour le cinéma
français à l’export. // P. 24
START-UP
ACCENTA
La pépite greentech au service
des bâtiments. // P. 25
Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom, a rappelé jeudi qu’Alstom, avec Siemens, a proposé le 12 décembre
des « remèdes » aux différents problèmes soulevés par la Commission européenne. Photo Denis/RÉA
Alban Lecuyer/Visuelles
PME & RÉGIONS
CONSOMMATION
Nantes voit grand pour son nouveau marché de gros. // P. 26
FINANCE & MARCHÉS
CRÉDIT
Les ménages français n’ont jamais
emprunté sur une aussi longue
durée. // P. 30 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN P. 9
BANQUE
Pourquoi la banque a déçu les marchés. // P. 31 ET « CRIBLE » P. 40
GOUVERNANCE
Le plus gros actionnaire au monde
appelle les entreprises à définir
leur « raison d’être ». // P. 32
Alstom, et surtout Siemens,
se sont exprimés jeudi pour
partager leurs craintes d’un
veto probable de Bruxelles.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Alors que le gouvernement français multiplie les prises de parole sommant la Commission d’approuver le projet de fusion
entre Siemens et Alstom − au risque de braquer les autorités européennes −, les deux
entreprises semblent de leur côté de plus en
plus pessimistes sur l’issue du dossier, et
l’ont largement laissé filtrer jeudi.
C’est Henri Poupart-Lafarge, le PDG
d’Alstom, qui l’a fait le plus diplomatiquement, à l’occasion de la publication en
début de matinée des résultats du troisième trimestre 2018 (au demeurant très
bons). Avec Siemens, a-t-il rappelé, il a proposé le 12 décembre des « remèdes » aux
différents problèmes soulevés par la DG
Concurrence, et depuis, les deux entreprises ont eu avec Bruxelles « un dialogue
continu », qui s’est traduit par « certaines
améliorations », c’est-à-dire des concessions supplémentaires. Néanmoins,
« aujourd’hui, il n’y a pas de certitude que le
contenu de cette proposition sera suffisant »,
a estimé le patron. En clair, les deux groupes se sont refusés à répondre à l’ensemble
des préoccupations de la DG.
« Un mur trop haut »
Siemens l’a fait savoir de son côté, de
manière beaucoup plus directe : « Il n’y
aura plus de concessions […]. Nous sommes
devant un mur trop haut », a indiqué à
l’AFP une source proche de l’entreprise
allemande, qui juge les demandes de
Bruxelles « insurmontables ». Ce type de
prise de parole, même anonyme, est totalement inhabituel de la part d’une entreprise attendant le verdict d’une autorité de
la concurrence. Elle laisse à penser que
pour le groupe allemand, le veto de
Bruxelles est inévitable, et qu’il se prépare
à tourner la page.
Un sentiment que corroborent d’autres
déclarations, faites cette fois à l’agence Reuters, selon lesquelles le groupe allemand
reste confiant sur les perspectives de croissance de Siemens Mobility, même en cas
d’échec du rapprochement avec Alstom.
« Nous examinerons toutes les options »,
déclare la source, évoquant de possibles
acquisitions, ou bien une partielle introduction en Bourse. « Nous sommes absolument
convaincus que nous pouvons développer
notre activité telle qu’elle est aujourd’hui
d’une manière très intéressante. »
Décision d’ici au 18 février
L’union avec Alstom est toujours présentée
comme la meilleure option possible, mais il
devient urgent de préciser pour l’allemand
que ce ne sera pas un drame si le projet
capote. Alstom n’a pas eu besoin de l’exprimer tel quel : les résultats présentés jeudi
(carnet de commandes record, chiffres
d’affaires en hausse de 16 %…) l’ont fait pour
lui. La balle est plus que jamais dans le
camp de la Commission, et celle-ci a jusqu’au 18 février pour rendre sa décision. n
Tim Cook pousse pour
une législation nationale
outre-Atlantique.
Les principaux revendeurs de données s’appellent Acxiom ou encore Experian. En plein scandale entachant sa
réputation, Facebook avait déjà déclaré
l’an dernier son intention de moins travailler avec certains d’entre eux.
En Europe, le règlement européen
sur la protection des données est censé
empêcher toute revente de données
personnelles sans autorisation de
l’internaute à qui elles se rapportent.
Alors que de nombreux Etats aux EtatsUnis entendent s’inspirer de l’exemple
européen, Tim Cook pousse pour une
législation nationale outre-Atlantique.
Dans le « Time », il rappelle les quatre
principes qu’il aimerait voir transcrits
dans une loi américaine : le droit à la collecte minimale des données personnelles, le droit de savoir quelles données
ont été collectées et pourquoi, le droit
d’y avoir accès pour les corriger ou les
supprimer et le droit à ce qu’elles soient
protégées de la menace informatique.
BOURSE
La faillite de PG & E pourrait avoir
des effets en cascade. // P. 33
CARNET // P. 36
LES ÉCHOS PATRIMOINE
FISCALITÉ
Quels risques avec la nouvelle
définition de l’abus de droit ?
// PP. 37 À 39
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Carlos Ghosn pourrait rester
au moins jusqu’au 10 mars en prison
Malgré l’accumulation des révélations à son
encontre, la défense de Carlos Ghosn
compte bien le faire sortir de prison. Jeudi, le
tribunal de Tokyo a indiqué que les avocats
de l’ex-PDG de Nissan et toujours formellement PDG de Renault, incarcéré au Japon
depuis près de deux mois, ont fait appel du
refus de libérer leur client sous caution. Sous
le coup de trois inculpations pour abus de
confiance et autres malversations financières, Carlos Ghosn est actuellement en détention provisoire dans la prison de Kosuge jusqu’au 10 mars au moins, sauf si l’appel
déposé aujourd’hui inverse la décision de
première instance rendue il y a deux jours.
Dans ce contexte, le conseil d’administration de Renault a acté par communiqué
l’« empêchement » de Carlos Ghosn, affir-
mant « travailler activement à la recherche de
la meilleure solution pour la gouvernance
future ». En attendant, Le principal avocat du
dirigeant de soixante-quatre ans, Motonari
Otsuru, avait indiqué précédemment réfuter
le motif selon lequel le maintien en prison de
Carlos Ghosn se justifiait par un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de
fuite.De leur côté, les procureurs ont argué
auprès du juge qu’étant le plus souvent basé à
l’étranger, l’homme d’affaires pourrait être
tenté de se soustraire à la justice japonaise.
Visites dela famille
Des restrictions de déplacements peuvent
néanmoins encadrer une éventuelle remise
en liberté, comme cela est le cas pour son exbras droit, Greg Kelly, arrêté en même temps
que lui mais relâché le 25 décembre. Les
charges à son encontre sont moins lourdes
que celles visant Carlos Ghosn, mais il a
néanmoins interdiction de quitter le territoire japonais ou d’entrer en contact avec des
protagonistes de l’affaire.
Le tribunal a autorisé les visites de sa
famille, en plus de celles de ses avocats et du
personnel consulaire de la France, du Liban et
du Brésil, les trois pays dont il est citoyen.
Carlos Ghosn a pu défendre pour la première
fois sa cause la semaine dernière, lors d’une
comparution exceptionnelle à sa demande.
Amaigri et menotté jusqu’à l’entrée dans la
salle d’audience, il s’est dit « faussement
accusé », démentant les allégations. Son procès, où il risque en théorie jusqu’à 15 ans de prison, n’aura pas lieu avant des mois. n
« Ni trop difficile, ni trop tard »
« Le problème est soluble, ce n’est ni trop
gros, ni trop difficile, ni trop tard », plaide
le dirigeant, qui a décidé de faire des
questions de vie privée un axe de la communication d’Apple en ce début d’année.
« En 2019, il est temps de s’élever pour le
droit à la vie privée », clame-t-il dans les
premières lignes de sa tribune. La
semaine dernière, la marque avait
déployé une publicité géante sur la face
d’un hôtel de Las Vegas, visible depuis
l’entrée du Salon mondial de l’électronique : « Tout ce qui se passe dans votre
iPhone reste dans votre iPhone. »
De fait, Apple garde jalousement les
données personnelles que ses appareils
captent et ne les vend à personne. L’entreprise clame que ces informations sont
anonymisées et ne sont réutilisées que
pour permettre aux systèmes d’Apple de
fonctionner, mais nul ne peut vérifier tant
le secret plane autour de ses technologies.
Et de nombreux éditeurs d’applications
mobiles accèdent indirectement à des
données similaires via l’App Store. n
Shutterstock
Divergences à la tête du géant
du café et des parfums JAB
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Lagardère cède BilletReduc
à FNAC Darty
l Le distributeur entend faire jouer la complémentarité entre le site d’achat
de tickets de dernière minute avec sa filiale France Billet.
l Leader du secteur, cette dernière propose une offre de 60.000 spectacles par an.
à suivre
par plus de 100.000 spectateurs,
propose une trentaine de concerts
gratuits. « Notre billetterie est aussi
un moyen de pousser, par exemple,
des artistes émergents, par nos préconisations, nos bandeaux sur nos sites,
qui peuvent venir en appui de minishowcases en magasin pour faire
découvrir un talent prochainement à
l’affiche d’un festival comme le Printemps de Bourges. C’est l’ADN de la
FNAC », poursuit Arnaud Averseng,
président de France Billet.
DISTRIBUTION
Xavier Popy/RÉA
Martine Robert
@martiRD
Covivio cède des actifs
pour 482 millions d’euros
IMMOBILIER Covivio a annoncé hier, après Bourse, des cessions
d’actifs pour un montant global de 482 millions d’euros. Le
groupe immobilier a notamment signé une promesse de vente
portant sur 59 hôtels B&B pour une valeur totale de 272 millions. Le repreneur serait la société de gestion spécialisée dans
l’immobilier Primonial. Covivio cède par ailleurs 23 magasins
Jardiland pour 108 millions d’euros, ainsi qu’un village vacances
Sunparks (Groupe Pierre & Vacances-Center parcs) situé en
Belgique pour 102 millions.
François de Rugy annonce
le remplacement de chaudière à 1 euro
BTP Le ministre de la Transition écologique et solidaire,
François de Rugy, a annoncé le lancement cette année d’un dispositif d’aide aux ménages modestes, de remplacement de la
chaudières par une pompe à chaleur pour 1 euro. Les entreprises d’énergie partenaires (Effy, Engie, Total) financeront l’opération par les Certificats d’économie d’énergie (CEE). Il existe
4 millions de chaudières au fioul en France, l’objectif est d’effectuer 600.000 remplacements en deux ans.
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
France Billet peut compter sur un réseau de distribution
multicanal et multi-enseignes : sites Internet et magasins FNAC,
Carrefour, Intermarché, U, mais aussi sur des partenaires médias.
de l’accès à la culture pour tous les
publics », souligne Enrique Martinez, directeur général de FNAC
Darty. La FNAC organise en effet
chaque année plus de 1.600 événements gratuits dans ses magasins
attirant plus de 110.000 personnes et
quelques autres hors de ses murs :
ainsi, chaque été depuis huit ans, le
festival FNAC Live Paris, fréquenté
12
MILLIONS
Le nombre de billets vendus
par France Billet.
Enfin, France Billet a également
développé des logiciels de billetterie, Tick & Live en coentreprise
avec Fimalac Entertainment,
Aparté pour les producteurs, gestionnaires de salles, et DataSport
pour les organisateurs d’événements sportifs. Plus l’entreprise
gère de données, plus ses conseils
pourront être pertinents.
Lagardère avait racheté BilletReduc en 2013 pour une douzaine de
millions d’euros. BilletReduc prélève une commission de 5 % à 10 %
du prix de vente du billet payé par
l’internaute, et environ 20 % de ses
revenus proviennent également de
la publicité. La société affiche des
taux de marge autour de 35 %.
L’objectif pour FNAC Darty est de
finaliser l’opération au premier trimestre 2019. Le montant de la transaction envisagée est tenu secret.
Lagardère avait fait une première
tentative de vente qui n’avait pas
abouti : le groupe en voulait alors de
40 à 50 millions d’euros selon
un professionnel de ce secteur
dont les acteurs phares sont Ticketmaster France (Live Nation), See
Tickets by Digitick (Vivendi), TickeTac (Le Figaro), PandaTicket
(venteprivee.com) ou Wetix pour
les professionnels (Fimalac Entertainment). n
Du rififi à venir dans les salles de concerts parisiennes
La Caisse des Dépôts
veut céder ses 10 %
dans l’AccorHotels Arena,
ce qui intéresse AEG,
déjà actionnaire à 32 %.
Shutterstock
AGRICULTURE M i c r o s o f t e t
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GRAND DÉBAT
AVEC INVESTIR
Denis Allard/RÉA
La complémentarité est donc évidente pour les deux marques qui
seraient conservées. BilletReduc.com permettrait à France Billet
de capter un nouveau public et de
renforcer son attractivité auprès
des organisateurs d’événements.
Avec 2 millions de clients et près de
8 millions d’euros de chiffre d’affaires, la plate-forme en ligne est
notamment une référence sur le
segment du théâtre, et recueille plus
de 140.000 critiques par an.
« Par cette acquisition, nous pourrions élargir notre offre de billetterie
et renforcer nos actions en faveur de
la diversité culturelle sur le territoire,
de la découverte de nouveaux talents,
ÉNERGIE Le député Olivier Marleix (LR) a saisi la justice afin
d’enquêter sur la vente du pôle énergie d’Alstom à General Electric en 2014, s’interrogeant sur le rôle joué par Emmanuel
Macron, alors ministre de l’Economie. L’ex-président de la commission d’enquête sur la politique industrielle de la France
s’étonne notamment que les autorités judiciaires n’aient
« jamais ouvert d’enquête » sur Alstom alors qu’elle a versé une
amende à la justice américaine pour des faits de corruption.
InVivo ont conclu un accord pour
d é ve l o p p e r l e n u m é r i q u e e t
l’intelligence artificielle dans
l’agriculture. A l’aide d’outils connectés comme les drones ou les
stations météo, l’agriculture dite
« de précision » promet de diminuer le recours aux pesticides,
sans sacrifier les rendements ou
la qualité des cultures. « InVivo a
plein de données, mais on ne sait
pas comment les utiliser », a souligné Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo.
Finalisation ce trimestre
Référence sur le segment
du théâtre
Alstom-GE : le député Olivier Marleix
(LR) saisit le parquet de Paris
Partenariat
entre Microsoft
et InVivo
FNAC Darty est entré en négociations exclusives avec le Groupe
Lagardère, en vue de l’acquisition de
BilletReduc.com par sa filiale
France Billet. Cette dernière est leader de la billetterie culturelle et de
loisirs en France. Elle propose une
offre de 60.000 spectacles par an,
avec 12 millions de billets vendus,
une équipe de 180 personnes, et une
forte présence territoriale.
France Billet peut en effet compter sur un réseau de distribution
multicanal et multi-enseignes : sites
Internet et magasins FNAC, Carrefour, Intermarché, U, mais aussi sur
des partenaires médias et des festivals en marque blanche… BilletReduc est, lui, acteur référent de la
vente de billets de spectacles de
« dernière minute » sur Internet en
France, un segment en plein développement.
La Caisse des Dépôts veut céder les
10 % qu’elle détient encore dans la
SAE POPB, qui exploite l’AccorHotels Arena, et cela inquiète le milieu
du spectacle. Elle est en effet liée par
un pacte d’actionnaires avec la Ville
de Paris (54 % du capital) et le leader
mondial des salles de concerts
AEG, qui a déjà acquis 32 % auprès
de la Caisse en 2013. Ce pacte garantit aux trois partenaires un droit de
souscription prioritaire et un droit
de veto pour toute évolution du
capital. Les autres actionnaires se
partageant les quelques pourcents
restants (Comité Olympique 2 %,
Office du Tourisme et des Congrès
1 %, CCI 1 %).
La cession de ces 10 % à AEG
n’aurait dû être qu’une formalité,
mais le contexte ne s’y prête pas. Si la
municipalité a laissé le géant américain entrer dans le tour de table de
l’ex-POPB en 2013, elle a évolué
depuis. « L’affaire est très sensible
parce que la mainmise de gros
acteurs mondiaux sur les salles ou les
festivals peut nuire à l’exception culturelle française, à la diversité artistique, et parce que la personnalité du
milliardaire propriétaire d’AEG est
sulfureuse », commente Frédéric
Hocquard, adjoint en charge de la
vie nocturne et de la diversité de la
vie culturelle à la Ville de Paris.
Si AEG, qui a donné toute satisfaction par ailleurs, montait à 42 %
du capital, la multinationale détien-
Si AEG montait à 42 % du capital d’AccorHotels Arena, le géant américain détiendrait
alors une minorité de blocage. Photo Shutterstock
drait alors une minorité de blocage.
Lundi soir, aux vœux du Prodiss, le
syndicat des producteurs, les discussions allaient bon train, certains
allant jusqu’à imaginer un consortium d’acteurs du spectacle pour
faire une contre-proposition. Mais
à 2 millions d’euros ces 10 % du capital, des acteurs comme Fimalac ou
Vivendi peuvent aussi y aller seuls
s’ils le désirent.
Le test du Bataclan
Par ailleurs, la cession de BilletReduc à France Billet est perçue par les
professionnels comme le signal du
manque d’ambition de Lagardère
dans le spectacle et peut-être du
démantèlement de son pôle entertainment (Folies Bergère, Casino de
Paris, Bataclan, concession des
Arena de Bordeaux et d’Aix, 20 %
du Zénith de Paris).
Alors qu’Arnaud Lagardère veut
se recentrer sur le livre et le retail –
le rachat d’Areas, l’activité restauration d’Elior dans les gares et aéroports a d’ailleurs été regardée par le
group e même si ce dernier a
démenti avoir fait une proposition –
conserver des salles de spectacle
n’apparaît pas comme une priorité.
Le Bataclan, en souffrance
depuis les attentats de novembre 2015 (130 victimes), pourrait
avoir valeur de test. Une nouvelle
directrice, Florence Jeux, ancienne
des Francofolies, est aux manettes
après 14 ans de programmation
assurée par les producteurs Jules
Frutos et Olivier Poubelle, ces derniers ayant cédé les 30 % qu’ils détenaient encore dans le Bataclan.
Si ce n’est pas concluant, le
groupe pourrait être tenté dans les
mois qui viennent de céder ses fleurons, le Casino de Paris et les Folies
Bergère, susceptibles d’intéresser
Jean-Marc Dumontet, Stage, Fimalac, Morgane, Because, Vivendi…
Enfin, la rumeur d’un possible
désengagement de ce secteur par
Jacques-Antoine Granjon de Vente
Privée, à la tête de trois salles, est
quant à elle systématiquement
démentie par l’intéressé. Le secteur
aime à faire courir régulièrement
ce genre de bruit, pour « voir ».
Preuve qu’il continue à susciter de
l’intérêt. — M. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
Net recul de la consommation
de carburants en France
AUTOMOBILE
TRANSPORT
La crise des « gilets
jaunes » a entraîné
une stagnation
du trafic routier…
La société, déjà net
leader du marché,
rachète l’activité
stationnement de
Spie Batignolles.
… et une baisse de près
de 2 % de la consommation de carburants
en 2018. Du jamais-vu
depuis dix ans !
Elle prépare par
ailleurs l’ouverture
du capital de sa
filiale Indigo Weel,
dédiée à la mobilité.
Vincent Collen
@VincentCollen
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
C’est inédit depuis 2008, l’année de la
crise financière. La consommation
de carburants routiers a reculé de
1,7 % l’an dernier, à 50,3 millions de
mètres cubes, selon les chiffres du
Comité professionnel du pétrole diffusés cette semaine. 2018 a marqué
un net coup d’arrêt après quatre
années consécutives de progression
des ventes d’essence et de gazole. Il
faut remonter à 2012 pour constater
une baisse. Et à 2008, donc, pour
une baisse plus importante (–2,2 %
cette année-là).
Deux effets conjugués
La crise des « gilets jaunes » explique bien sûr en grande partie cette
évolution. Sur le seul mois de
décembre, les livraisons de carburants aux 11.000 stations-service
françaises ont baissé de plus de 9 %.
« Je n’ai jamais vu un recul d’une telle
ampleur sur un mois, en plus de quarante ans de carrière », affirme Francis Duseux, le président de l’Union
française des industries pétrolières
(Ufip). Deux effets se sont conjugués : un repli des déplacements des
particuliers en raison des perturbations et une baisse du transport routier due au ralentissement de l’activité dans le commerce. Vinci
Autoroutes estime que le trafic sur
son réseau n’a pas progressé en
2018, les dernières semaines de
Parkings : Indigo
se renforce
dans l’Hexagone
l’année ayant annulé la hausse de
1,7 % constatée sur les dix premiers
mois. Il est encore trop tôt pour donner des estimations du mois de janvier, mais la tendance devrait rester
négative, prévoit-on à l’Ufip.
Substitution de l’essence
au gazole
Les « gilets jaunes » ne sont pas
seuls en cause. Sur les onze premiers mois de 2018, avant la naissance du mouvement, les livraisons
de carburants étaient déjà en recul
de 1,1 %. Cela s’explique en partie,
selon l’Ufip, par la hausse des taxes
intervenue le 1er janvier 2018. En provoquant une hausse des prix de
3 centimes pour l’essence et de
6 centimes pour le gazole, elles ont
freiné la consommation et aussi
incité les automobilistes des zones
« Je n’ai jamais vu
un recul d’une telle
ampleur sur un
mois, en plus
de quarante ans
de carrière. »
FRANCIS DUSEUX
Président de l’Ufip
frontalières à faire le plein à l’étranger. C’est le cas particulièrement
pour les régions proches de l’Allemagne et de l’Espagne. « Les automobilistes sont de plus en plus sensibles aux hausses de prix », constate
Francis Duseux.
La substitution de l’essence au
gazole, poussée par la fiscalité, se
poursuit, mais à un rythme relativement lent étant donné la vitesse de
renouvellement du parc automobile. Les livraisons de supercarburants sans plomb ont progressé de
3,9 % l’an dernier, tandis que celles
de gazole reculaient de 3,1 %. Le
gazole représente encore 79,1 % des
ventes, contre 80,2 % en 2017.
Même si l’évolution est lente, c’est
« une bonne nouvelle » pour la
balance commerciale, relève Francis Duseux. Car la France importe
environ la moitié (44 %) du gazole
qu’elle consomme, de Russie,
du Moyen-Orient et, de plus en
plus, des Etats-Unis. La France est
au contraire exportatrice nette
d’essence (22 % de la production
est exportée). n
Autoroutes : une réduction de 30 % des
péages pour les trajets domicile-travail
Cessions à l’international d’un
côté, renforcement en France
de l’autre. Après avoir annoncé
le mois dernier la vente de ses
activités au Royaume-Uni, en
Allemagne, en République
tchèque et en Slovaquie, Indigo
va « accroître sa densité » dans
l’Hexagone, avec l’acquisition,
signée mercredi soir, du pôle
stationnement de Spie Batignolles concessions, qui opère
sous la marque Spie Autocité.
Ce double mouvement traduit dans les faits le recentrage
géographique acté l’an dernier
dans le nouveau plan stratégique du groupe. « Nous nous concentrons sur les pays où nous
sommes leaders, ou sur ceux où
nous avons la capacité de l’être à
moyen terme », explique aux
« Echos » Serge Clémente, le
président d’Indigo Group.
Leader, Indigo l’est déjà très
largement en France, avec près
de 40 % du marché. A cela vont
s’ajouter avec le rachat de Spie
Autocité (pour un montant non
dévoilé) 14 contrats portant sur
l’exploitation d’une trentaine de
parcs de stationnement, principalement à Paris et en banlieue
Les ventes du
quatrième trimestre
ont progressé.
La mesure sera accordée sans contrepartie
par les concessionnaires à la demande
du gouvernement.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Elle s’appliquera aux
conducteurs effectuant
au moins 10 allersretours par mois.
La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a agrémenté ses vœux à
la presse jeudi soir d’une belle
annonce : un accord avec les principales sociétés d’autoroutes, entériné quelques heures plus tôt, pour
faire bénéficier les clients réguliers
de réductions de tarifs pour leurs
trajets domicile-travail.
A compter du 1er février, « tout
conducteur effectuant au moins
10 allers-retours dans le mois sur un
même itinéraire pourra bénéficier
d’une réduction de 30 % des tarifs des
péages sur l’ensemble des trajets », a
indiqué le ministère dans un communiqué. A l’issue de la réunion
conclusive, Elisabeth Borne a
déclaré que cette mesure concernera « près de 1 million d’automobilistes » et qu’elle représentera « un
effort très conséquent de plusieurs
dizaines de millions d’euros ». Elle
sera valable sur l’ensemble des
réseaux exploités par les trois principaux concessionnaires, Vinci, Eiffage et Sanef. Elle sera accessible
sans limitation de distance, mais
Les automobilistes bénéficiant déjà d’une formule d’abonnement pour leurs trajets réguliers
seront libres de les conserver ou de souscrire à la nouvelle offre. Photo Jean Claude Moschetti/RÉA
nécessitera d’entrer et de sortir
« entre deux points déterminés »,
c’est-à-dire en respectant toujours le
même trajet.
Un « effort inédit »
Les automobilistes bénéficiant déjà
d’une formule d’abonnement pour
leurs trajets réguliers (il en existe
localement de nombreuses) seront
libres de les conserver ou de souscrire à la nouvelle offre. Celle-ci
générera des frais d’abonnement,
mais ceux-ci ne pourront dépasser
2,50 euros par mois. Dans son communiqué, la ministre salue « cet
effort inédit des sociétés concessionnaires ». Inédit, car « il sera entièrement assumé par les sociétés concessionnaires dans le cadre de leur
politique commerciale et tarifaire,
sans aucune contrepartie de la part
de l’Etat ou des usagers ». Jusqu’à
présent, dans leurs relations avec
l’Etat, les concessionnaires ont su
s’appuyer sur leurs contrats pour
obtenir des contreparties à chaque
mesure souhaitée ou imposée uni-
latéralement par le gouvernement.
Cette année encore, ils étaient prêts
à un gel des hausses de péage au
1er février… mais en échange d’un
allongement des concessions, ce
que la ministre a refusé tout net.
La hausse des tarifs aura donc
bien lieu (+1,8 % en moyenne), mais
les concessionnaires ont semble-t-il
compris que leur profonde impopularité, qui les a transformées en
cibles régulières des « gilets jaunes », leur imposait de faire un
geste. — L. S.
Scooters et auto-partage
Dans le même temps, le groupe
continue de miser sur le développement de la mobilité individuelle, avec sa filiale Indigo
Weel, qui a lancé dans sept villes de province des vélos en
libre-service, une offre qui doit
être enrichie bientôt avec des
scooters électriques, et à moyen
terme, avec de l’auto-partage, là
aussi 100 % électrique. Afin de
poursuivre le déploiement,
Indigo prépare l’ouverture du
capital de sa filiale. « Nous cherchons un partenaire financier
ou stratégique », c’est-à-dire
industriel, précise Serge Clémente, qui espère aboutir d’ici à
mi-2019. L’objectif est d’implanter Indigo Weel dans les villes
moyennes en France, mais
aussi à l’étranger là où le groupe
est présent. n
Les « gilets jaunes » ont
peu impacté Casino
DISTRIBUTION
TRANSPORT
parisienne. Soit un total de
20.000 places, générant un
chiffre d’affaires annuel de
32 millions d’euros. L’opération
est justifiée par les synergies
opérationnelles potentielles
(les parcs exploités par Spie
sont souvent situés à proximité
de ceux d’Indigo), mais également par la confiance dans
l’évolution du marché français,
alors que la fréquentation des
parcs parisiens baisse régulièrement ces dernières années.
« C’est un phénomène spécifique
à la capitale, objecte Serge Clémente. Dans le reste du pays, le
trafic de nos parcs progresse de
0,5 % par an en moyenne, et suit
en cela la croissance de la population urbaine. » Plus largement,
« nous croyons beaucoup à l’évolution de la voiture qui, en devenant intelligente et autonome,
gardera une place majeure dans
les déplacements en ville », souligne le dirigeant.
Le mouvement des « gilets jaunes » n’a eu qu’un faible impact
sur l’activité de Casino. Le
groupe que dirige Jean-Charles
Naouri a publié, jeudi, son chiffre d’affaires pour le quatrième
trimestre 2018. Les ventes en
France ont progressé de 0,5 % à
périmètre comparable, à
5,55 milliards d’euros. Le mouvement social a été violent à
Paris où Casino domine le commerce avec ses Monoprix,
Franprix, Leader Price, Casino
Supermarchés et autres. Il a
quand même ralenti la croissance dans la capitale. Elle était
de 1,9 % au troisième trimestre
(toujours à nombre égal de
magasins). Sur l’année, le
groupe a toutefois connu sa
meilleure progression en cinq
ans avec une hausse de 3 % en
comparable (à 36,6 milliards),
dont +1,3 % dans l’Hexagone et
+4,5 % en Amérique latine.
« Les “gilets jaunes” ont eu un
impact de 50 millions sur notre
chiffre d’affaires », a précisé le
nouveau directeur financier,
David Lubek. De son côté,
Auchan estime son manque à
gagner à 150 millions. Mais
Casino possède moins d’hypermarchés. Ils ne représentent
que 20 % du chiffre d’affaires en
France. Les Géant sont aussi
moins grands. Leur activité a été
stable. David Lubek a cependant
confirmé la mise en vente ou la
fermeture des hypers les moins
rentables. Le directeur financier
n’a pas contredit le fait qu’il
puisse y avoir plus de 20 magasins concernés.
Apaisement au Brésil
Sur la Toile, l’accès à Cdiscount
n’était pas bloqué. Le site marchand a augmenté son chiffre
d’affaires de 4 %. Il s’agit désormais d’une « croissance rentable », a affirmé le dirigeant.
Cdiscount tire profit de l’élargissement de l’offre de sa place de
marché, de la monétisation de
son audience, de la hausse de la
vente de produits financiers et
d’abonnements à son service de
livraisons illimitées Cdiscount à
Volonté. L’activité du site a
connu un pic à 57 millions
d’euros sur une journée lors du
Black Friday.
En Amérique latine, les tensions se sont apaisées au Brésil.
La branche brésilienne et
colombienne du groupe a enregistré une progression de 6,9 %
de ses ventes en comparable. Le
format des « cash and carry »
Assai dépasse ce taux de croissance. Le directeur financier a
confirmé les objectifs de résultats, et notamment pour la
France la hausse de 10 % du
résultat opérationnel courant et
la baisse de 1 milliard de la
dette. Le désendettement reste
le principal défi du groupe. n
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
A Paris, le marché des bureaux
se porte de mieux en mieux
l Sur fond de menace de Brexit, 2018 a été un excellent millésime pour l’immobilier tertiaire
francilien, et surtout parisien.
l Les bureaux se vendent toujours bien et cher. Les loyers ne remontent que très doucement.
IMMOBILIER
Catherine Sabbah
@csabbah
C’est un record. Et il dépasse le chiffre historique de 2007, avant la crise
financière. Quelque 23,1 milliards
d’euros ont été déversés en Ile-deFrance pour acquérir des bureaux,
des commerces et des entrepôts. Le
chiffre est en hausse de 19 % par
rapport à 2017.
Paris est pourtant cher, autour de
6.510 euros le mètre carré
(3.000 euros de moins que le prix
moyen des logements), mais cela ne
décourage pas les investisseurs. Ils
voient dans ce marché, le plus vaste
d’Europe continentale – et de la
communauté européenne en cas de
Brexit –, un réservoir profond dans
un environnement politique stable… jusqu’à la crise des « gilets jaunes ». Ces deux conditions l’ont
encore emporté sur la volatilité fiscale et le climat social régulièrement critiqués en France. Même si
Londres demeure la meilleure
porte d’entrée pour les acheteurs
moyen-orientaux ou asiatiques, et
que les transferts liés au Brexit n’ont
pas vraiment commencé, les Américains et les Allemands sont revenus à Paris.
Des gestes commerciaux
encore importants
Le marché est porté par de très
grosses ventes : 77 immeubles pour
plus de 100 millions d’euros chacun
(contre 67 en 2017) et 6 pour plus de
400 millions, dont Capital 8, le futur
Surtout ne pas persister dans
l’erreur… Blue Office, la marque de
co-working de Nexity, créée en
2014, a fait un flop. Qu’à cela ne
tienne, le groupe se rattrape en
rachetant 54 % de Bureaux A Partager (BAP), et surtout son fleuron,
Morning Coworking. Le concept
BAP, importé en France par Clément Alteresco il y a une dizaine
d’années, était une sorte d’Airbnb
du bureau, proposant aux entreprises de sous-louer leurs surfaces
libres ou leurs salles de réunion.
Morning Coworking décline le
principe à l’échelle d’immeubles
entiers : « A partir de 2015, nous
avons commencé à gérer des bâti-
Myriam Chauvot
mchauveau@lesechos
Au Consumer Electronics Show
(CES) de Las Vegas, la semaine dernière, les vedettes n’étaient pas forcément celles attendues.
Plus grand que le stand du géant
coréen Samsung, dans le hall central du plus important Salon mondial des nouvelles technologies, un
espace était réservé à Loctek. Ce
fabricant chinois de postes de tra-
SIDERURGIE Début février, la
Commission europ éenne
rendra définitives des mesures destinées à protéger
l’industrie sidérurgique européenne de l’acier étranger qui
ne trouve plus de débouchés
aux États-Unis à cause des
taxes américaines.Notamment une taxe de 25% appliquée au-delà d’un certain
seuil sur une vingtaine de
produits en acier. Ces mesures pourront « rester en
v i g u e u r j u s q u’e n j u i l l e t
2021 ». Selon la fédération
européenne de l’acier Eurofer, les importations européennes d’acier ont progressé
de 12% en 2018, un chiffre
« sans précédent ».
DISTRIBUTION L’enseigne de
siège d’Altarea Cogedim rue de
Richelieu ou l’immeuble Neo boulevard Haussmann.
Sur le marché locatif, les résultats
de l’année sont plus contrastés. Les
valeurs les plus élevées dépassent
certes les 800 euros par mètre carré
par an à Paris, la moyenne est beaucoup plus basse. Les surfaces se
louent en moyenne pour 380 euros
par mètre carré par an, dans les
immeubles de seconde main, en
ha usse de 7 % en un a n ; et à
386 euros dans les bâtiments neufs
ou rénovés, en hausse de 3 %. C’est
en tout cas le prix affiché, qui ne
tient pas compte des franchises ou
des travaux d’aménagement réclamés par les locataires et souvent
accordés par les bailleurs. Ces ges-
tes commerciaux représentent
encore 20,7 % du prix de location
des surfaces, selon les chiffres de
l’outil de place Immostat.
Le marché locatif soutenu à Paris
constitue la plus grande surprise de
l’année. Les bureaux s’y arrachent,
au point que la politique de transformation de bureaux en logements est en berne, faute de matière
première… Le taux de vacance est
passé sous les 5 %, et ne facilite pas
la fluidité du marché. La concurrence est nourrie par les opérateurs
de co-working, pas tous nouveaux,
mais actifs y compris sur de grands
immeubles. Ils représenteraient
autour de 12 % des surfaces louées
pendant l’année, selon les statistiques de BNP Paribas Immobilier. n
ments vides en attente de travaux, et
en 2017 nous avons créé notre marque Morning Coworking, installée
aujourd’hui sur 20 sites à Paris. »
C’est plus que WeWork, qui gère
11 espaces ouverts ou en projet, Next
door, la filiale de Bouygues et
d’Accor, qui a installé 8 immeubles,
Spaces, la filiale de Regus, qui en a 7,
ou encore Kwerk, lié au promoteur
Les Nouveaux Constructeurs, qui
en compte 4. Viennent ensuite Wellio, créé par Covivio, et Secondesk,
par Gecina.
Occupations temporaires
Après deux levées de fonds d’un
total de 3 millions d’euros (dont une
auprès de la Caisse des Dépôts),
l’entreprise réalise 17 millions
d’euros de chiffre d’affaires, prévoit
de gérer 50 sites et de facturer
100 millions en 2022.
Le modèle est plutôt frugal et évolutif : Morning Coworking alterne
entre des baux classiques de long
terme (pour l’instant un seul sur
neuf ans, porte de Clichy) et, plus
souvent, des occupations temporaires, en attendant qu’un immeuble
change de destin. « Nos partenaires
sont alors la SNCF, l’Etat, la Chambre
de commerce, comme avenue Trudaine dans une ancienne école où
nous sommes restés vingt mois avant
le début des travaux. Cela nous permet de payer des loyers moins
chers », explique son fondateur. Il
doit trouver les immeubles, les
aménager en les rénovant parfois,
les remplir, les gérer et créer la
fameuse communauté qui facilite
les synergies de travail et donne
envie aux entreprises de rester ou
de suivre dans un autre lieu.
Pour y parvenir, BAP emploie des
architectes, un designer, un électricien, qui évaluent les travaux et les
font réaliser. Dans un atelier de
fabrication de meubles, des ébénistes créent et fournissent une partie
du mobilier. « Tout le monde exter-
nalise, pas nous, détaille Clément
Alteresco. Nous avons besoin de faire
deux fois moins cher et deux fois plus
vite que les autres, c’est ce côté entrepreneur et agile qui a séduit Nexity. »
« BAP est une start-up qui n’a
jamais perdu d’argent », souligne
Véronique Bédague, PDG de Nexity
Immobilier d’Entreprise. « Ils
ont senti dès le début que le co-working était un modèle urbain alors que
nous avions cru l’inverse en ouvrant
des sites un peu périphériques qui
n’ont pas fonctionné », poursuit la
dirigeante, arrivée dans le groupe
en 2018.
Réduire les temps de trajet
A Alfortville, Bezons, Maisons-Laffitte, ces bureaux à mi-chemin
entre siège social et télétravail
avaient pour vocation de diminuer
les trajets, mais ils étaient sans
doute trop chers. « C’était peut-être
trop tôt, mais la tendance se développera, pense Clément Alteresco. Les
déplacements sont un enjeu fondamental dans le Grand Paris. Nous
imaginons que le co-working pourrait représenter de 4 à 8 % du marché tertiaire, de 2 à 3,5 millions de
mètres carrés, il se diffusera forcément en périphérie. »
Autre intuition contredite par le
marché, le co-working, initialement destiné aux indépendants,
séduit les grands groupes qui y
envoient leurs équipes pour quelques mois ou plusieurs années. Air
France, JLL, Casino… représentent
20 % de la clientèle de Morning
Coworking, en augmentation. « Ils
font clairement des économies lorsqu’ils viennent chez nous, par rapport aux frais d’un siège social, même
en tenant compte du coût de la flexibilité », affirme Clément Altaresco.
A condition de se serrer un peu
dans les bureaux pour partager les
espaces communs. Après tout, c’est
ainsi que se créent les rencontres.
— C.S.
Faire du sport à son poste de travail, c’est possible
Bien plus que simplement
ergonomique, le poste
de travail peut aussi
être sportif. Le travail,
c’est la santé…
L’UE prolonge ses
mesures contre
les importations
d’acier
Castorama verse
300 euros
de prime Macron
Nexity se fait une place sur le marché du co-working
Déjà présent sur tous
les segments du marché
immobilier, Nexity
remplace sa propre marque
de co-working, Blue Office,
en rachetant 54 %
de Morning Coworking.
en bref
vail présentait pas moins d’une centaine de bureaux de toutes tailles et
à l’ergonomie étudiée, qu’autant
d’amateurs se plaisaient à tester
dans un défilé permanent. Leur
dénominateur commun ? L’exercice physique et, en l’occurrence,
prière de pédaler.
La station de travail n’est plus
seulement connectée et intelligente, mais sportive.
Désormais on s’assoit sur un vélo
qui n’est pas sans rappeler ceux que
l ’o n i n s t a l l e d a n s sa s a ll e de
sport. Pour ceux qui préfèrent travailler debout ou que la marche à
pied inspire, il y a le tapis roulant,
deux éventuellement, installés face
à face ou côte à côte afin de pouvoir
deviser et mener une réunion en
marchant…
La tendance est encore timide en
France, mais dans les espaces les
mieux équipés, le plateau du
bureau s’élève ou s’abaisse pour
s’adapter à son occupant ou pour
alterner les postures de travail,
debout ou assis. Un gadget ? Pas
seulement.
Une question de santé
Les nouvelles stations de travail
américaines de Loctek,
spécialiste de l’ergonomie.
Photo Myriam Chauvot
Outre-Atlantique, l’enjeu financier
est réel. « Depuis deux ans, les
employeurs américains sont confrontés à des actions en justice de salariés imputant leur obésité ou leurs
problèmes de santé à leurs conditions
de travail qui les rendent immobiles et
sédentaires. Ces stations de travail
visent à prémunir les entreprises contre ce type de plainte », décrypte
Jean-Frédéric Heinry, président de
Cogedim Entreprise.
Les données sur le « assis-debout-en mouvement » sont collectées, analysées et des conseils fitness
personnalisés dispensés, en fonction du rythme cardiaque, de la respiration, des postures… de chacun. Reste à imaginer la station
écologique récupérant l’énergie du
pédalage pour alimenter l’éclairage,
ou l’alimentation de son ordinateur… Le système est déjà installé
dans certaines gares parisiennes
pour recharger les téléphones portables. n
bricolage Castorama va verser, malgré des ventes en
baisse, une prime exceptionnelle de 300 euros à ses
20.000 salariés, a-t-on appris
jeudi auprès de la direction.
Cette prime sera versée sur le
salaire de février et le montant de 300 euros sera net (car
exonéré de charges et impôts)
pour tous les salariés ayant
perçu en 2018 une rémunération inférieure à trois fois le
SMIC. La décision s’inscrit
dans le cadre de négociations
avec les organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC,
CGT, FO).
CR – 2018 – 009602
DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE
TRIBUNAUX D’AFFAIRES ET DE PROPRIÉTÉ
D’ANGLETERRE ET DU PAYS DE GALLES
INSOLVABILITE ET LISTE D’ENTREPRISES (CHD)
(INSOLVENCY AND COMPANY LIST (ChD))
DANS L’AFFAIRE
TRAVELERS INSURANCE COMPANY LIMITED
ET
TRAVELERS INSURANCE DAC
ET
EN CE QUI CONCERNE LA PARTIE VII DE LA LOI
BRITANNIQUE DE 2000 RELATIVE AUX SERVICES
ET MARCHÉS FINANCIERS
(FINANCIAL SERVICES AND MARKETS ACT)
TRANSFERT DES ACTIVITÉS D’ASSURANCE
AVIS EST PAR LES PRÉSENTES DONNÉ que, par
demande datée du 5 décembre 2018, Travelers Insurance
Company Limited (anciennement appelée St. Paul
International Insurance Company Limited, St. Paul
Travelers Insurance Company Limited et St. Katherine
Insurance Company Limited) (le « Cédant ») a demandé
à la Haute Cour de justice d’Angleterre et du Pays de
Galles, entre autres choses, une ordonnance en vertu de
la section 111(1) de la Loi britannique de 2000 relative aux
Services et Marchés Financiers (Financial Services and
Markets Act) (la « Loi ») sanctionnant un Plan de transfert
d’activités d’assurance (le « Plan ») prévoyant le transfert
des activités (comprenant les polices, les actifs et les
passifs) de certaines de ses succursales de l’EEE à
Travelers Insurance DAC (le « Cessionnaire ») et une
ordonnance en vertu de la section 112 de la Loi.
Le Cessionnaire a demandé à la Banque centrale
d’Irlande l’agrément en tant que compagnie
d’assurance non-vie, cet agrément devant être donné
à un moment antérieur à la prise d’effet du Plan.
L’activité incluse dans le transfert proposé (l’« Activité
cédante ») comprend l’ensemble des activités
d’assurance du Cédant souscrites ou assumées (en
tout ou en partie) par les succursales irlandaise,
néerlandaise, française et allemande du Cédant.
Si vous avez le moindre doute quant à l’inclusion de
votre police d’assurance dans le transfert proposé,
veuillez contacter le service d’assistance au transfert,
dont les coordonnées figurent ci-dessous.
Des copies d’un rapport sur les conditions du Plan préparé
par un expert indépendant conformément à la section 109
de la Loi (le « Rapport sur le Plan ») et des copies d’une
déclaration exposant les conditions du Plan et contenant
un résumé du Rapport sur le Plan peuvent être obtenues,
sans frais, en contactant Travelers Insurance Company
Limited, John Abramson, Travelers Legal Department,
One Creechurch Place, Londres EC3A 5AF. Les
documents relatifs au Plan proposé sont disponibles sur le
site Web www.travelers.co.uk/brexit.
Toute personne ayant des questions au sujet du transfert
proposé ou ayant besoin de plus amples informations sur
ce transfert peut également contacter le service
d’assistance au transfert en composant le numéro de
téléphone +44 203 207 6000 ou en nous envoyant un
e-mail à l’adresse jabramso@travelers.com.
La demande sera entendue le 28 mars 2019 devant un
juge de la High Court of Justice (Chancery Division) au 7
Rolls Building, Fetter Lane, Londres, EC4A 1NL,
Royaume-Uni. Toute personne (y compris un employé du
Cédant ou du Cessionnaire) qui allègue qu’elle serait
lésée par la mise en application du plan a) peut présenter
ses arguments en contactant le Cédant ou le
Cessionnaire par téléphone, par e-mail ou par écrit en
utilisant les coordonnées ci-dessus ; b) est en droit de :
(i) comparaître à l’audience et présenter ses
arguments en personne ; ou
(ii) ordonner à un avocat de comparaître à l’audience
et de présenter ses arguments en son nom ; ou
(iii) présenter ses arguments par écrit.
Si vous avez l’intention de comparaître en personne à
l’audience ou d’enjoindre à quelqu’un de comparaître
en votre nom, vous êtes prié d’en donner avis par écrit,
en indiquant les raisons pour lesquelles vous croyez
que ce transfert pourrait vous nuire.
Vous êtes prié d’envoyer un tel avis ou, si vous n’avez
pas l’intention de comparaître en personne ou via votre
représentant légal, toute déclaration écrite que vous
pourriez avoir, à Travelers Insurance Company Limited,
John Abramson, Travelers Legal Department, One
Creechurch Place, Londres EC3A 5AF or to Clyde & Co
LLP, The St Botolph Building, 138 Houndsditch,
Londres, EC3A 7AR (ref: I Edwards/R Masaon/F
Cassidy/10096756). Si possible, veuillez faire parvenir
cet avis ou ces observations par écrit avant la fermeture
des bureaux le 20 mars 2019.
Si le Plan est sanctionné par le Tribunal, il entraînera le
transfert de tous les contrats, biens, éléments d’actif et de
passif, dans les limites de son champ d’application, du
Cédant au Cessionnaire ; nonobstant le fait qu’une
personne aurait autrement le droit de résilier, modifier,
acquérir ou réclamer un intérêt ou un droit ou de
considérer un intérêt ou un droit comme résilié ou modifié
relativement à celui-ci. Un tel droit ne sera exécutoire que
dans la mesure où l’ordonnance de la Cour le prévoit.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
Coup dur
pour les projets
nucléaires
ÉNERGIE
Le japonais Hitachi
gèle son projet
de construction
de deux réacteurs
au pays de Galles.
La décision signe
l’échec de la stratégie
de rebond
du nucléaire nippon
à l’international.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
et Yann Rousseau
@Yannsan
— Correspondant à Tokyo
C’est désormais officiel : Hitachi gèle son projet de centrale
nucléaire au Royaume-Uni. « Nous
avons jugé qu’il fallait plus de temps
pour trouver un schéma de financement et modèle d’exploitation.
Jugeant du point de vue des critères
d’une entreprise privée, nous avons
donc décidé de geler le projet », a
expliqué, jeudi, le conglomérat
japonais. Hitachi enregistre au passage une dépréciation d’actifs de
300 milliards de yens (2,4 milliards
d’euros), au titre des travaux déjà
engagés. Ce gel arrive après dix ans
de développement : le projet de
construction de deux réacteurs à
Wylfa (pays de Galles) était initialement porté par les allemands E.ON
et RWE, qui l’ont cédé à Hitachi
d a n s l a f o u l é e d e l ’a c c i d e n t
nucléaire de Fukushima, en 2012.
Si cette décision était attendue,
alors qu’Hitachi vient de racheter
l’activité d’ABB dans les réseaux
électriques, elle illustre les difficultés du secteur à concrétiser de nouveaux projets. Avant Hitachi,
Toshiba a aussi annoncé la fin de
son projet nucléaire NuGen, développé avec Engie à Moorside (nordouest de l’Angleterre). Le japonais a
jeté l’éponge après la déconfiture de
sa filiale Westinghouse, qui devait y
construire trois réacteurs AP1000
(3,8 GW). Et l’hypothèse d’une
reprise par le sud-coréen Kepco a
fait long feu.
En juin, l’an dernier, Londres
s’était dit prêt à investir dans la centrale d’Hitachi pour faire aboutir le
projet. Jeudi, le ministre de l’Energie, Greg Clark, a détaillé ce qu’était
la proposition du gouvernement
britannique : prendre une participation d’un tiers au capital du projet, apporter des financements
pour assurer la construction des
réacteurs et garantir un prix
d’achat de l’électricité jusqu’à
75 livres (85 euros) par mégawattheure.
Un plafond justifié, notamment,
par le coût rapidement décroissant
de l’éolien et du solaire, dont la part
dans le mix de production électrique croît rapidement outre-Manche. EDF, qui construit deux EPR
(soit 3,3 GW) sur le site de Hinkley
Point C (sud-ouest de l’Angleterre)
« Nous avons jugé
qu’il fallait plus
de temps pour
trouver un schéma
de financement
et modèle
d’exploitation. »
HITACHI
(dans un communiqué)
Trump veut investir l’espace pour
contrer les missiles ennemis
DÉFENSE
AVIS FINANCIERS
Le Conseil d’Administration, réuni le 17 janvier 2019, a arrêté les comptes consolidés du Groupe qui se présentent
ainsi :
(en millions d’euros)
Chiffre d’affaires (**)
Chiffre d'affaires net de prélèvements
Excédent Brut d'Exploitation
Résultat opérationnel
Résultat global des opérations
Résultat net part du Groupe
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
La stratégie que Washington
souhaite mettre en place s’appuie
sur un système de capteurs et de
radars dans l’espace, capables de
repérer les missiles ennemis plus
tôt. Vingt nouveaux intercepteurs
pourraient également être déployés
En jetant à son tour l’éponge, Hitachi finit de couler la grande stratégie de rebond à l’international théorisée par les industriels nippons et
le gouvernement du Premier
ministre, Shinzo Abe. Embarrassés
sur leur marché national par le très
lent redémarrage des centrales
éteintes puis rénovées dans la fou-
que de Sinop, au bord de la mer
Noire. Elle devait accueillir quatre
réacteurs de type Atmea 1, conçus
en partenariat avec Framatome
(ex-Areva). Désormais estimé à
5.000 milliards de yens (40 milliards d’euros), le coût du projet a
plus que doublé par rapport aux
premières prévisions.
Soucieux de ne pas fragiliser sa
relation bilatérale avec Ankara,
Tokyo négocierait actuellement les
conditions d’un retrait apaisé des
industriels japonais du grand projet turc. Le gouvernement et MHI
pourraient notamment suggérer
l’idée d’une centrale au charbon
beaucoup moins coûteuse. n
2 casinos, 3 hôtels* avec plage et 2 restaurants de prestige
Pour financer
ces nouveaux
programmes, il veut
débloquer des fonds.
Deux ans d’attente
Des leviers de croissance
à l’étranger
lée de la catastrophe de Fukushima,
les géants Hitachi, Toshiba et Mitsubishi Heavy Industries (MHI)
avaient espéré trouver des leviers
de croissance à l’étranger.
L’Etat avait mobilisé son administration et ses gigantesques capacités de financement pour accompagner ses conglomérats dans la
conquête de ces chantiers. Et
Shinzo Abe s’était lui-même projeté
en VRP de l’atome nippon au Vietnam, en Turquie ou encore en
Angleterre. Mais, un à un, tous les
projets japonais ont été remis en
cause. Si rien d’officiel n’a été confirmé par Tokyo, MHI ne veut plus,
non plus, construire la centrale tur-
GROUPE SFCMC
SOCIETE FERMIERE DU CASINO MUNICIPAL DE CANNES
Le président
américain a présenté
sa nouvelle stratégie.
Les Etats-Unis veulent rester « les
meilleurs, dans tous les domaines »
de la Défense. Donald Trump a
envoyé un message clair à la Chine et
à la Russie en présentant jeudi la
nouvelle stratégie américaine
en matière de missiles. « Nous
serons encore plus avancés que nous
ne le sommes actuellement », a-t-il
lancé, précisant qu’il souhaitait
encore augmenter le budget de la
Défense l’an prochain et qu’il solliciterait de nouveaux fonds pour financer un programme antimissiles.
En préambule de son discours,
prononcé au Pentagone, le président américain n’a pas manqué de
relier le sujet à celui du mur qu’il
souhaite ériger à la frontière avec le
Mexique et dont le désaccord entre
la Maison-Blanche et les parlementaires bloque les agences fédérales
depuis près d’un mois. « Nous avons
besoin d’une frontière forte. Or, cette
priorité a été prise en otage par la gauche radicale », s’est-il exclamé.
en partenariat avec le chinois CGN,
a lui aussi prévenu que le schéma
financier négocié pour Hinkley
Point devrait être revu pour le projet de Sizewell, afin de moins peser
sur les comptes du groupe.
2016 / 2017
2017 / 2018
140,9
119,4
32,5
22,4
22,4
29,4
145,9
125,5
35,3
25,9
26,2
21,1
Variation
en M€
+5,0
+6,2
+2,8
+3,5
+3,8
-8,3
Variation
en %
+3,5%
+5,2%
+8,6%
+15,8%
+16,9%
-28,3%
(*) Dont l’Hôtel Barrière Le Carl Gustaf St Barth actuellement en rénovation
(**) Le chiffre d’affaires représente les recettes avant les prélèvements de l’Etat et de la Commune sur les recettes des jeux qui sont déduits pour la
détermination du chiffre d’affaires net.
ACTIVITES ET RESULTATS
ACTIVITE
Donald Trump a annoncé jeudi qu’il souhaitait encore augmenter
le budget de la défense en 2020. Photo Jim Watson/AFP
au sol. « Notre but est simple : s’assurer que l’on peut détecter et détruire
n’importe quel missile lancé contre
les Etats-Unis, n’importe où,
n’importe quand », a indiqué le président américain.
Cela faisait deux ans que les
observateurs attendaient la stratégie antimissiles de Donald Trump.
Le président américain avait appelé
à la revoir dès sa prise de fonctions.
Les conclusions de cet état des lieux
devaient d’abord être présentées
fin 2017, mais elles avaient été
repoussées à plusieurs reprises.
Donald Trump en a finalement présenté les grandes lignes lors d’une
visite au Pentagone jeudi, en compagnie de son vice-président, Mike
Pence, et de son conseiller à la
sécurité nationale, John Bolton.
La politique antimissile des EtatsUnis n’avait plus été revue depuis
2010, sous Barack Obama. « Nous
avons constaté des changements
importants dans l’environnement
des menaces », avait expliqué mercredi un officiel. Il faisait notamment référence aux progrès réalisés par la Chine et la Russie. Le
mois dernier, Vladimir Poutine
avait présenté un missile hypersonique, « invulnérable » selon lui.
Contrer la Chine
et la Russie
Depuis les années 1980 et le démarrage du programme « Star Wars »
de Ronald Reagan, les Etats-Unis
auraient dépensé environ 300 milliards de dollars dans les différents
programmes antimissiles, selon
l’expert militaire Stephen Schwartz.
Aujourd’hui, le système américain
s’appuie essentiellement sur des
installations terrestres. En 2004,
par exemple, l’administration Bush
avait déployé des intercepteurs en
Alaska et en Californie, face aux
menaces nord-coréennes. n
Le chiffre d’affaires du Groupe au 31 octobre 2018 s’établit à 145,9 millions d’euros contre 140,9 millions d’euros
pour l’exercice précédent.
Le chiffre d’affaires hébergement enregistre une progression de 11,2 % par rapport à l’exercice précédent avec
un taux d’occupation en évolution de 3,3 points (77,8 % contre 74,5 % en 2017) et des recettes moyennes par
chambre en hausse de 49,8 euros (468,4 € contre 418,6 € en 2017).
Le Produit Brut des Jeux diminue de 5,9 %, avec une baisse de l’activité machines à sous de 7,8 %, une
diminution du Produit Brut des Jeux traditionnels de 2,6 % et une progression de 1,2 % du Produit Brut des Jeux
de table électronique.
RESULTATS
L’Excédent Brut d’Exploitation termine à 35,3 M€ contre 32,5 M€ sur l’exercice 2017.
Le Résultat net part du Groupe s’élève à 21,1 M€ contre 29,4 M€ en 2017 soit une variation de -8,3 M€. La
modification du taux d’impôt sur les sociétés prévu dans la Loi de Finances 2017 portant sur l’évaluation des
impôts différés a eu un impact de 15,7 M€ sur l’exercice précédent, et celle de la Loi de Finances 2018 a eu un
impact de 4,9 M€ sur cet exercice. Hors impact de changement du taux d’impôt, le résultat net part du Groupe
aurait été de 16,3 M€ en 2018 contre 14,2 M€ en 2017.
Cet impact n’aura pas d’effet sur la trésorerie.
ENDETTEMENT
La trésorerie nette s’élève au 31 octobre 2018 à +35,8 M€ contre +27,1 M€ au 31 octobre 2017.
PERSPECTIVES
Depuis le 1er novembre 2018, date d’ouverture de l’exercice en cours, l’activité de la société s’est poursuivie de
façon normale et régulière.
Le Groupe SFCMC va maintenir en 2019 une politique soutenue d’investissement sur l’ensemble de ses
établissements cannois (hôtels et casinos). Concernant ses établissements situés à Saint Barthélémy, le Groupe,
suite au passage de l’ouragan Irma, a réussi à rouvrir le 27 décembre 2017 le restaurant de plage le Shellona
(participation SFCMC à hauteur de 50 %) et poursuit ses travaux de rénovation de l’Hôtel Le Carl Gustaf.
L’ouverture de l’hôtel est planifiée pour le dernier trimestre 2019.
Société Fermière du Casino Municipal de Cannes
SA au capital de 2 102 184 €
Siège social : 1 Espace Lucien Barrière 06400 Cannes
695 720 284 RCS Cannes — Code ISIN : FR0000062101
Contact : Alain BOIVERT – Téléphone : 04 92 98 78 00 – Télécopie : 04 92 98 78 79
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
Toyota croit à l’avenir des berlines
et des citadines aux Etats-Unis
usines, mais aussi le renforcement de
nos capacités sur d’autres sites, la
construction d’une nouvelle plateforme, les investissements dans notre
siège et dans plusieurs produits, nous
allons investir 10 milliards de dollars
au cours des cinq prochaines années »,
annonce Bill Fay.
AUTOMOBILE
Le constructeur
japonais veut augmenter ses investissements
aux Etats-Unis.
Tout en conservant
un portefeuille
diversifié, alliant
berlines, citadines,
SUV et pick-up.
Le défi de l’électrique
Le champion de Formule 1 Fernando
Alonso en invité surprise, son PDG
Akio Toyoda qui débarque sur scène
au volant d’un bolide… Toyota s’est
prêté volontiers au jeu du « show »
au Salon de l’automobile qui s’est
ouvert cette semaine à Detroit. Il faut
dire qu’à l’heure où la plupart des
constructeurs resserrent leur production sur un seul segment du marché, le constructeur japonais veut,
lui, satisfaire tous les publics.
« Nous devons suivre les exigences
des consommateurs, mais il y a encore
de la place pour les berlines et les citadines. Nous devons conserver un portefeuille diversifié », explique Bill Fay,
vice-président de Toyota en charge
Jason Kindig
Nicolas Rauline
@nrauline
— Envoyé spécial à Detroit
« Nous devons suivre les exigences des consommateurs, mais il y a encore de la place pour les berlines
et les citadines », explique Bill Fay, vice-président de Toyota en charge de l’Amérique du Nord.
de l’Amérique du Nord. Quelques
minutes auparavant, son PDG
s’enthousiasmait en présentant le
retour de la Supra, un modèle que la
marque avait cessé de produire il y a
vingt ans : « Tout le monde parle des
SUV mais, au final, qu’y a-t-il de
mieux qu’une voiture de sport ? »
Cette stratégie aurait permis,
selon ses dirigeants, de limiter la
casse l’an dernier. Toyota a vendu
2,4 millions de véhicules aux EtatsUnis en 2018, un chiffre stable par
rapport à 2017. Le groupe est
numéro deux du marché, derrière
General Motors. La marque Toyota
a même progressé, pour devenir la
deuxième la plus vendue derrière
Ford. Sur le segment des berlines et
des citadines, le japonais est même
leader, avec des modèles comme la
Camry ou la Corolla.
Alors que ses concurrents américains Ford ou General Motors sont
en pleine restructuration, Toyota
compte bien accélérer encore,
notamment sur les segments les
plus porteurs. Le groupe est en train
de construire deux nouvelles usines
en Amérique du Nord, l’une à Guanajuato au Mexique, l’autre en jointventure avec Mazda dans l’Alabama.
« Au total, en prenant en compte des
S’il est encore dynamique, le marché américain suscite toutefois
quelques interrogations. Notamment sur le front du commerce.
« Les négociations sur l’Aléna ont
duré et il demeure encore quelques
incertitudes, car le nouvel accord doit
être approuvé par le Congrès et il
pourrait y avoir des modifications »,
glisse Bill Fay.
Autre inquiétude : l’avenir des
véhicules électriques. « Nous avons
été pionniers dans ce domaine, que ce
soit par nos modèles hybrides ou
dans l’électrification de nos gammes.
Il existe encore quelques barrières : le
temps de charge, la durée de la batterie ne sont pas encore au niveau
espéré par les clients, mais nous
investissons dans de nouvelles technologies », résume Bill Fay, pour qui
la baisse des crédits d’impôts, à
l’avenir, n’est pas forcément une
menace. « En 2018, nous avons su
réduire nos dépenses liées aux
rabais, tout en faisant augmenter
nos ventes. » n
Comment la Deutsche Bahn veut reconquérir
la confiance des Allemands
FERROVIAIRE
La compagnie
ferroviaire allemande
prévoit 22.000 embauches en 2019.
Son dirigeant, Richard
Lutz, est sous pression.
Pauline Houédé
@Pauline_H
Trains en panne, nombreux chantiers sur les voies ou manque de personnel… Un quart des trains de la
Deutsche Bahn (DB) est arrivé à
destination en retard l’année dernière sur les grandes lignes du pays.
Pour remédier à ces résultats désastreux, la compagnie ferroviaire
publique a annoncé, jeudi, l’embauche de 22.000 salariés cette année.
Un « nouveau niveau record », a souligné Richard Lutz, le fils de cheminot qui dirige le groupe depuis 2017,
a p r è s d é j à 2 4 . 0 0 0 n o u ve l l e s
embauches réalisées l’an dernier.
Mélange de créations de postes et
de remplacements de départs à la
retraite (dont Deutsche Bahn ne
précise pas la proportion), ces
embauches concerneront des conducteurs de train, des contrôleurs
de la circulation comme des spécialistes de la maintenance des trains.
Sous pression, Richard Lutz avait
prévenu en septembre dans une lettre adressée à ses cadres de la gravité de la situation pour le groupe de
320.000 salariés (dont près de
198.000 en Allemagne). Il avait alors
pointé la hausse des retards, de sa
dette (proche de la ligne rouge des
20,4 milliards fixés par Berlin),
ainsi que des bénéfices insuffisants.
Congestions
Financement à long terme
« Nous atteignons nos limites. La
croissance conduit à des congestions », a expliqué Richard Lutz, précisant que l’utilisation du réseau a
progressé de 50 % depuis la réforme
du rail en 1994 et que Deutsche Bahn
enregistre chaque année un nouveau record de passagers (2,564 millions en 2017). « Nous avons besoin de
plus de capacités pour maîtriser les
trafics d’aujourd’hui et de demain. »
Plus de 200 salariés supplémentaires dans les ateliers de maintenance de ses trains à grande vitesse
ICE à Cologne ou Hambourg doivent, par exemple, permettre au
Les embauches doivent permettre au groupe ferroviaire de mieux
répondre à la hausse du trafic sur ses lignes. Photo Martin Meissner/AP/Sipa
groupe de disposer chaque jour
d’au moins 225 ICE, soit 5 % de plus
qu’actuellement.
Richard Lutz a présenté son plan
jeudi après son deuxième rendez-
vous en trois jours avec le ministre
des Transports, Andreas Scheuer
(CSU), qui lui demande d’urgence
un plan pour améliorer les services
de l’entreprise publique.
Les mesures annoncées n’ont pas
surpris outre-Rhin, alors que
Deutsche Bahn avait déjà prévu de
t e l l e s e m b a u c h e s m a s s i ve s .
Andreas Scheuer s’est, quant à lui,
dit satisfait, comparant Deutsche
Bahn à une « machine à jobs ».
La question cruciale du financement à long terme du groupe doit
encore faire l’objet de discussions
entre le groupe et son propriétaire,
l’Etat allemand, afin de réaliser les
lourds investissements nécessaires. Le ministre et le dirigeant
se rencontreront de nouveau le
30 janvier. n
Attaquées, les multinationales du plastique
organisent leur riposte
CHIMIE
Une trentaine de
groupes vont financer
des projets luttant
contre la pollution
plastique à hauteur
de 1 milliard de dollars.
Vincent Collen
@VincentCollen
De plus en plus critiquée par les associations de défense de l’environnement, la filière du plastique a décidé
d’organiser sa défense avec une initiative de grande envergure annoncée mercredi. Une trentaine de mul-
tinationales lance l’Alliance to End
Plastic Waste (Alliance pour l’élimination des déchets plastiques).
Elle comprend de grands producteurs de matières plastiques comme
le français Total, l’allemand BASF,
les américains ExxonMobil et Dow
ou le saoudien Sabic, mais aussi des
entreprises grosses consommatrices d’emballages comme Procter &
Gamble ou l’allemand Henkel, ou
encore des acteurs de la gestion des
déchets comme Suez et Veolia.
L’Alliance s’engage à verser « plus
de 1 milliard de dollars, avec pour
objectif d’atteindre 1,5 milliard d’ici à
cinq ans » pour financer « des solutions permettant de réduire et de
gérer les déchets plastique et de promouvoir leur recyclage », a expliqué
Total dans un communiqué. Une
première série de projets a été présentée : partenariats avec des villes
pour la gestion des déchets, investissement dans des technologies innovantes, coopération avec l’ONU,
soutien au programme Renew
Oceans pour capter les déchets dans
les principaux cours d’eau…
Face à la montée en puissance de
cette préoccupation dans l’opinion
publique, la filière reconnaît ellemême l’ampleur du problème. Plus
de 90 % des déchets plastique
retrouvés en mer sont charriés par
les dix plus grands fleuves du
monde, huit en Asie et deux en Afrique. Et 60 % proviennent de cinq
pays d’Asie (Chine, Philippines,
Indonésie, Thaïlande et Vietnam).
La consommation mondiale de
plastique, portée par les pays émergents, ne cesse de progresser. Quelque 348 millions de tonnes sont sorties des usines dans le monde en
2017, 3,9 % de plus qu’en 2016, selon
PlasticsEurope, la fédération des
industriels du secteur. Depuis les
débuts de l’essor du plastique, en
1950, la croissance mondiale a
atteint, en moyenne, 8,5 % par an.
La consommation a presque doublé depuis l’an 2000.
« Une planche de salut »
Le potentiel est encore important :
la consommation de plastique
atteint à peine 4 kg par an et par
habitant en Afrique, alors qu’elle
dépasse 60, voire 80 kg dans les pays
occidentaux, relève l’Agence internationale de l’énergie. Seulement
9 % du plastique produit depuis
1950 a pu être recyclé et 12 % incinéré, relève l’agence. Si rien n’est fait
et que le rythme actuel est maintenu, la masse de plastique accumulée dans les océans ferait plus que
doubler d’ici à 2030.
L’initiative des multinationales a
été fraîchement accueillie par les
ONG, qui demandent avant tout de
réduire la production de plastique.
« C’est une tentative désespérée des
entreprises pollueuses pour maintenir le statu quo, a dénoncé Graham
Forbes, de Greenpeace. Ne vous y
trompez pas : les plastiques sont une
planche de salut pour l’industrie
mourante des énergies fossiles. » n
Un nouveau
cabinet
anglais
à Paris
AVOCATS
Le cabinet d’avocats
d’affaires londonien,
Signature Litigation,
s’occupera
de contentieux
complexes et d’arbitrage international.
Delphine Iweins
@DelphineIweins
Linklaters, Clifford Chance,
Allen & Overy, Freshfields
B r u c k h a u s D e r i n g e r. . . e t
maintenant Signature Litigation. Jusque-là présent à Londres et à Gibraltar, ce cabinet
anglais a ouvert discrètement
son premier bureau en
Europe continentale, au 118,
avenue des Champs-Elysées, à
Paris, le 2 janvier dernier. Un
signal fort pour cette structure spécialisée en contentieux complexes et en arbitrage international.
« L’ouverture du cabinet à
Paris répond à une volonté de
développer une pratique européenne dédiée au contentieux
et à l’arbitrage, sans lien avec le
Brexit qui, en tout état de cause,
n’a eu aucun impact sur l’activité contentieuse de la place de
Londres », développe Thomas
Rouhette, associé et cofonda-
Les trois associés
fondateurs ont
pour socle commun
la responsabilité
des produits, mais
chacun est expert
en son domaine.
teur. Contrairement à ses
homologues, ce bureau parisien ne se définit pas comme
une « succursale française
d’un cabinet anglais », mais
comme un « cabinet entrepreneurial à vocation européenne ». « Nous travaillerons
aux côtés de certains des spécialistes les plus respectés en
matiè re de contentieux »,
ajoute Sylvie Gallage-Alwis,
associée et cofondatrice.
Structure plus flexible
Habitués des cabinets anglosaxons « full services », les
trois associés fondateurs ont
l’intention de se consacrer
pleinement à leurs clients
grâce à une structure plus
petite et donc plus flexible
sans conflits d’intérêts.
Ils ont pour socle commun
la responsabilité des produits,
mais chacun est expert en son
domaine. Thomas Rouhette,
qui a dirigé la pratique « product liability » du cabinet
Hogan Lovells, se concentre
sur les contentieux complexes, multijuridictionnels et
internationaux, tant commerciaux que financiers. Sa
c o n s œ u r Sy l v i e G a l l a g e Alwis, après plus de dix ans
passés chez Hogan Lovells, va
développer la pratique responsabilité et sécurité des produits de Signature Litigation.
Cette spécialité complète
celle de la troisième cofondatrice, Emmanuèle Lutfalla, qui
dirige la pratique assurance et
réassurance. « Ce n’est que le
début. Notre intention est de
disposer des meilleurs spécialistes dans tous les domaines du
contentieux et de l’arbitrage, à
forts enjeux pour nos clients »,
précise Emmanuèle Lutfalla.
La structure d’une quinzaine
de personnes compte recruter
en arbitrage et en « compliance » d’ici à l’été. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
mécénat
Divergences à la tête du géant
du café et des parfums JAB
HOLDING
Protection du patrimoine :
l’Aliph lance son premier
appel à projets
Bart Becht, l’un
des partenaires du
triumvirat à la tête de
JAB Holding, s’en va.
Il souhaitait une pause
dans les acquisitions,
après les difficultés
du parfumeur Coty.
CULTURE
L’Alliance internationale pour
la protection du patrimoine
dans les zones de conflit
lance son premier appel à
projets via son nouveau site
Internet bilingue. Elle entend
également soulever des
fonds publics et privés.
Bart Becht, l’un des trois présidents
de JAB Holding Co, le véhicule
d’investissement de la richissime
famille Reimann, tire sa révérence.
Agé de soixante-deux ans, le dirigeant, qui avait déjà cédé la présidence de Coty en novembre, après
les ratés de l’intégration avec le pôle
beauté de P&G, aurait décidé de
partir à la retraite.
Mais, selon le « Financial Times »,
ce départ cacherait plutôt des dissensions sur la stratégie du puissant
fonds familial, propriétaire du parfumeur Coty, de multiples marques
de café et puissant actionnaire de
Reckitt Benckiser. « Ce remaniement constitue la première manifestation extérieure de tensions au sein
de JAB, créé pour gérer la richesse de
la très discrète famille Reimann »,
écrit le quotidien. Bart Becht souhaitait faire une pause, après la vague
d’acquisitions menées ces dernières
années par JAB Holding. Et convaincre la famille de se concentrer sur
ces rachats pour en améliorer les
résultats.
50 milliards de dollars
de rachat
Depuis 2012, le fonds a investi près de
50 milliards de dollars. Parmi les derniers rachats en date, celui du pôle
beauté de Procter & Gamble par
Coty. Une opération géante à 12 milliards de dollars, réalisée fin 2016,
Shutterstock
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Coty, qui détient notamment la marque Gucci, a vu ses résultats plonger, affolant les investisseurs.
avec une quarantaine de marques en
jeu. Mais l’intégration s’est avérée
plus compliquée que prévu. Problème logistique, grève de camionneurs… Coty a vu ses résultats plonger, affolant les investisseurs.
En deux ans, le cours de Bourse a
dévissé de 60 %. Ce qui a conduit
JAB il y a deux mois, à remplacer
son directeur général, Camillo
Pane, par un Français, Pierre
Laubies, venu du monde du café. Et
a occasionné le départ de la présidence de Coty de Bart Becht. Trois
nouveaux cadres, dont l’ancien
directeur financier de Danone,
Pierre-André Terisse, viennent
d’ailleurs de rejoindre le parfumeur
pour redresser la barre.
La famille Reimann a aussi bâti
un empire dans le secteur du café,
dont les marges suscitent beaucoup
d’appétit. Depuis 2012, JAB a mis la
main sur les marques Douwe
Egberts, Jacobs, Senseo, ainsi que
sur les machines Keurig Green
Mountain ou les chaînes Caribou et
Peet’s Coffee, n’hésitant pas à réaliser des levées de fonds pour cela.
JAB aurait obtenu plus de 5 milliards d’euros de moyens extérieurs
à la famille en deux ans pour poursuivre son développement. Mais il a
fait marche arrière sur le secteur de
la mode, en cédant le chausseur de
luxe Jimmy Choo en 2017. Il chercherait aussi à se séparer des chaussures Bally, sans repreneur pour
l’instant.
« Ce remaniement
constitue
la première
manifestation
extérieure
de tensions au sein
de JAB, créé pour
gérer la richesse
de la très discrète
famille Reimann. »
Un rival de Nestlé
ou L’Oréal
Aujourd’hui, JAB, dont le nom est
inconnu du grand public, appartient au club des géants de la
consommation, rivalisant à la fois
avec Nestlé, Coca-Cola ou L’Oréal. Le
fonds gère un portefeuille d’actifs
évalués à 23,3 milliards d’euros,
impacté par les difficultés de Coty.
Les deux dirigeants qui composaient le trio à sa tête aux côtés de
Bart Becht sont restés en place. Il
s’agit de Peter Harf, un proche de la
« FINANCIAL TIMES »
Martine Robert
@martiRD
Après l’effroi causé par la destruction massive de sites patrimoniaux à Tombouctou, Mossoul, Nimroud, Hatra, Palmyre
ou Alep, le président-directeur
du Louvre, Jean-Luc Martinez,
remettait fin 2015 au président
de la République d’alors, François Hollande, « Cinquante propositions pour protéger le patrimoine de l’humanité ». Parmi
celles-là figurait la création d’un
fonds international pour la sauvegarde des sites meurtris par le
terrorisme ou la guerre.
En mars 2017, à l’initiative de
la France et des Emirats arabes
unis, était créée l’Alliance internationale pour la protection du
patrimoine dans les zones de
conflit (Aliph), qui cette semaine
d’entreprises et n’excluons pas le
financement participatif », poursuit Valéry Freland, dont le parcours dans la diplomatie culturelle lui a apporté des réseaux
aux Etats-Unis, dans le
Maghreb et à Bruxelles.
L’Aliph s’investit à la fois dans
la prévention, la protection et la
rénovation du patrimoine, via
une expertise technique et des
moyens financiers. Son équipe
est resserrée (cinq personnes
pour l’instant, sept d’ici à la fin
de l’année) mais s’appuie sur un
comité scientifique où figurent
des experts français (Jean-Luc
Martinez), algérien, américain,
irakien, malien, marocain et
chinois.
Engager 30 millions
dans les trois ans
L’enjeu va être de trouver les
projets pertinents à soutenir car
il n’est pas facile d’intervenir
dans les zones instables : il faut
des résultats, mais sans prendre
trop de risques. « Est-ce sécurisé ? Y a-t-il une demande
locale ? Peut-on garantir la viabilité ? Nous envisageons d’engager
30 millions d’euros dans les trois
ans. Concernant les cas urgents,
comme la mise à l’abri d’œuvres,
nous sommes capables de
débourser en quelques jours jus-
famille Reimann, et d’Olivier Goudet, ancien directeur général de
Mars et président d’AB InBev. Ce
dernier, selon le « Financial Times »,
a défendu la poursuite d’opérations
de croissance externe. Une stratégie
visiblement en accord avec la vision
de la puissante famille allemande. n
Nouvelle année record
pour la Française des Jeux
JEUX
Le tombeau des Askia à Gao, un des symboles de l’architecture de terre, va être rénové. Photo DNPC Mali
Le total des mises
de la FDJ s’est élevé
à 15,8 milliards d’euros
en 2018, en hausse
de 4,4 %.
lance son premier appel à projet
via son tout nouveau site Internet bilingue français-anglais et
bientôt trilingue (arabe). « Nous
sommes la plus jeune et la plus
petite des organisations internationales basées à Genève et nous
voulons agir vite, en mode
start-up », souligne son directeur exécutif, Valéry Freland.
Sa croissance a été
tirée par les paris
sportifs et les jeux
de grattage.
Expertise technique
Christophe Palierse
@cpalierse
Le groupe Française des Jeux (FDJ)
enchaîne les records en termes
d’activité. L’opérateur public de
jeux de loteries et de paris sportifs,
qui avait franchi la barre des 15 milliards d’euros de mises en 2017, a
annoncé ce jeudi avoir enregistré
une hausse de 4,4 % de son total
d’enjeux l’an dernier, à 15,8 milliards, cette progression masquant
toutefois des contrastes.
Les jeux de loteries, qui continuent de générer l’essentiel des
mises avec un cumul de 12,7 milliards d’euros (+1,1 %), sont caractérisés par le succès des jeux de grattage (7,7 milliards, +3,2 %) et, a
contrario, le repli des jeux de tirage
(environ 5 milliards, –1,9 %). S’agissant des premiers, la FDJ rappelle le
succès du jeu événementiel Mission
Patrimoine et le « retour réussi »
Une formule rénovée du Loto est prévue pour la fin de l’année. Photo Sylvain Thomas/RÉA
du Morpion dans une formule
éphémère à petite mise (0,50 euro).
A propos de l’érosion des jeux de
tirage, sa PDG, Stéphane Pallez,
invoque « une combinaison de facteurs », à savoir leur maturité, la
prédilection pour les gros jackpots
– d’où le moindre attrait quand la
promesse de gains est limitée –
mais aussi un raccourcissement
des cycles des jeux. En conséquence, la FDJ, qui avait lancé une
nouvelle formule du Loto en 2017,
prépare déjà son renouvellement
pour la fin de cette année.
L’effet Mondial
Par ailleurs, et comme attendu,
2018 a été une grande année en
matière de paris sportifs, du fait
de la Coupe du monde de football :
l’activité a bondi de 21 %, à 3 mil-
L’offre de paris
sportifs disponible
chez les détaillants
comptera cette année
quatre nouvelles
disciplines : le golf,
le badminton,
le tennis de table
et le snooker.
liards d’euros, les paris numérisés
pesant désormais pour 60 %. Le
succès de l’application de préparation de paris à finaliser en point de
vente s’amplifie. De quoi rassurer
les détaillants alors que la croissance des paris sportifs en ligne en
France demeure tonitruante (avec
le Mondial, les mises ont augmenté
de 81 % au troisième trimestre 2018,
selon l’autorité de régulation).
La FDJ ne compte pas en rester là.
L’offre de paris sportifs disponible
chez les détaillants comptera cette
année quatre nouvelles disciplines :
le golf, le badminton, le tennis de
table et le snooker (une variante du
billard). En outre, Loto Foot va être
rénové.
Le dernier bilan d’activité de la
FDJ confirme la très forte croissance de ses ventes numérisées –
soit les ventes en ligne et les mises
dématérialisées en point de vente –,
dont le développement est au cœur
du plan stratégique de Stéphane
Pallez. En hausse de 45,5 % à la fin
2018, à 2,4 milliards d’euros, elles
représentent 15 % des mises, l’objectif étant de 20 % en 2020. n
Car cette fondation de droit
suisse a bénéficié de 77,5 millions de dollars de promesses de
dons, dont 60 ont déjà été versées, émanant de gouvernements ou de mécènes privés. La
France avec 30 millions de dollars apportés est le premier
financeur, devant l’Arabie saoudite (10 millions), les Emirats
arabes unis (7,5), le Koweit (5), le
Luxembourg (2,12), le Maroc
(1,5), la Chine (1), tandis que la
Suisse apporte son soutien
logistique. Parmi les donateurs
privés figurent la structure caritative américaine Mellon Foundation (1 million), mais aussi des
hommes d’affaires collectionneurs, comme le Suisse Jean
Claude Gandur ou l’Américain
Thomas Kaplan. « Nous allons
entreprendre une tournée pour
lever d’autres fonds privés,
auprès de particuliers comme
qu’à 75.000 dollars », précise
encore Valéry Freland. En juin,
l’Aliph communiquera sur les
projets retenus.
D’ores et déjà, en amont de
l’appel à projets, plusieurs interventions emblématiques ont été
retenues. Le musée de Mossoul,
en Irak, détruit en 2015 par
Daech, a été réhabilité, avec
les conseils scientifiques du
Louvre et du Smithsonian
Museum, pour un budget de
500.000 euros. Idem pour le
monastère de Mar Behnam,
toujours en Irak, bombardé lui
aussi en 2015, moyennant un
chantier de 250.000 euros.
Au Mali, la rénovation du
tombeau des Askia à Gao, un
des symboles de l’architecture
de terre, très abîmé par des
groupes terroristes, va s’engager, soit un chantier là encore de
500.000 euros. n
« Nous voulons
agir vite, en mode
start-up. »
VALÉRY FRELAND
Directeur exécutif,
Aliph France.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
en
pixels
L’assemblée générale du Conseil
d’Etat a élu jeudi Olivier
Schrameck (photo), le président
sortant du Conseil supérieur
de l’audiovisuel (CSA), pour
siéger au Conseil supérieur
de la magistrature (CSM),
qui renouvelle ses membres.
Mondadori France
vendu en janvier ?
DR
Stéphane de Sakutin/AFP
Olivier Schrameck
au Conseil
supérieur
de la magistrature
Mondadori espère conclure
en janvier la cession de sa filiale
française de magazines
(« Grazia »…) à Reworld Media,
opération qui devrait s’élever
à 70-80 millions d’euros.
« Les négociations se passent bien,
le délai sera court », a déclaré son
patron, Ernesto Mauri, à Milan
en marge d’une conférence Mid
Cap au siège de Mediobanca.
530
MILLIONS D’EUROS
POUR TELEFÓNICA
Le géant espagnol
des télécoms va vendre
ses activités au Guatemala
et au Salvador, selon le
quotidien « El Economista ».
Malgré les cessions, la dette
du groupe atteint encore
43 milliards d’euros.
JOURNALISME
Comment l’intelligence artificielle a
l Les médias américains ont été parmi les premiers
au monde à introduire l’utilisation d’algorithmes
dans leur travail journalistique.
l Aujourd’hui, certaines tâches sont automatisées
mais la révolution promise ne s’est pas encore produite.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
et Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
« Homme ou robot, saurez-vous
faire la différence ? » A l’été 2014, le
« Washington Post » mettait ses
lecteurs au défi de distinguer un
papier écrit par un journaliste d’un
autre généré automatiquement par
un robot : l’agence Associated Press
(AP) venait de publier les toutes premières dépêches entièrement écrites par un algorithme. Une petite
révolution dans une industrie en
perpétuelle restructuration. Et soudain, beaucoup d’inquiétudes dans
les rédactions américaines.
Quatre ans plus tard, l’outil s’est
banalisé outre-Atlantique, sinon
dans les rédactions, au moins dans
les groupes de presse : près de 75 %
des groupes de médias mondiaux
interrogés par Reuters dans son
rapport annuel sur les grandes
tendances de l’année 2018 affirmaient utiliser déjà au moins
partiellement l’intelligence artificielle pour mieux cibler les attentes
de leurs lecteurs via des recommandations, concevoir des alertes
sur l’actualité, vérifier des faits,
écrire des articles de façon automatique, ou encore analyser des quantités importantes de données. Mais
« seules les grandes organisations
ont pu développer ces outils, tempère toutefois Seth Lewis, professeur à l’école de journalisme de
l’université de l’Oregon. Les médias
régionaux n’ont pas les ressources
humaines et financières ».
« Les algorithmes
sont intéressants
pour décharger
les journalistes
d’une partie
de leur travail,
comme un outil
complémentaire. »
Prix Pulitzer
Depuis l’initiative d’AP, les expériences et projets n’en ont pas moins
foisonné. Le site BuzzFeed a, par
exemple, créé un chatbot pour dialoguer avec les personnes présentes
aux conventions républicaine et
démocrate pendant la campagne
présidentielle de 2016, en complément de sa couverture journalistique de l’événement. Une équipe de
l’Atlanta Journal-Constitution a utilisé un algorithme pour passer au
crible et extraire des informations
de plus de 100.000 documents obtenus auprès du conseil de l’ordre et
des régulateurs, ce qui a débouché
sur une enquête sur les abus sexuels
des médecins, finaliste du prix Pulitzer. Le magazine « The Atlantic » a
fait analyser les tweets de Trump
par une machine pour établir lesquels étaient de lui. Ce recours croissant à l’intelligence artificielle
s’explique par la démocratisation
relative de l’outil. « Les coûts ont
baissé, explique Francesco Marconi,
responsable de la R&D au “Wall
Street Journal”. Beaucoup d’outils
sont fournis par des tiers, et les concevoir est moins compliqué que cela en a
SETH LEWIS
Professeur à l’école
de journalisme
de l’université de l’Oregon
l’air, une semaine de travail peut parfois suffire. La difficulté est plutôt de
les faire accepter par la rédaction,
c’est un changement culturel. » Certaines organisations ont embauché
des développeurs, d’autres ont
choisi de faire appel à des start-up
spécialisées, au besoin en y investissant, comme AP l’a fait avec Automated Insights, qui a conçu son outil
d’écriture automatique.
Quatre ans après les premières
expériences, toutefois, l’émerveillement semble un peu retombé.
« Les algorithmes sont intéressants
pour décharger les journalistes d’une
Le « Washington Post » a commencé à publier des articles écrits par des machines. Photo Shutterstock
partie de leur travail, comme un outil
complémentaire, poursuit Seth
Lewis. Aller plus loin supposerait de
mobiliser beaucoup de ressources et
de moyens humains que les organisations de presse n’ont pas. » Même
les articles générés par les robots
reposent sur des algorithmes qu’il
faut régulièrement actualiser. « Et il
n’est pas certain que ces articles géné-
rés automatiquement apporteront
beaucoup d’abonnés », poursuit-il.
A la différence du « Washington
Post », le « Wall Street Journal » a
ainsi choisi de ne pas publier d’articles écrits par des machines. « Cela
n’est pas pertinent pour nous, nous
sommes dans une logique de qualité,
et notre objectif est de produire 200 à
250 articles par jour, au plus », expli-
que Francesco Marconi. L’agence
AP, de son côté, a considérablement
augmenté son volume de production grâce à l’intelligence artificielle. Mais elle estime surtout
« avoir libéré du temps pour ses
journalistes grâce à son outil, leur
permettant de se consacrer à des
enquêtes à valeur ajoutée, mieux
valorisées », selon Lisa Gibbs, res-
Ecriture robotisée ou détection de « fake news », sept applications
Ecrire automatiquement
des articles, repérer les
tendances sur les réseaux
sociaux, recommander des
contenus ou repérer les
faux : l’intelligence artificielle promet des avancées
qui pourraient modifier
profondément le paysage.
1
DES PAPIERS ÉCRITS
PAR DES ROBOTS
Pionnière, l’agence Associated
Press a commencé à publier des
dépêches générées par des machines dès 2014, portant d’abord sur les
résultats d’entreprise, puis sur les
résultats sportifs. « Nous nous sommes demandé quelles tâches faites
par nos journalistes pourraient être
automatisées, explique Lisa Gibbs,
responsable des partenariats chez
AP. Les résultats d’entreprise reposent sur des données solides et publiques, et les papiers ont toujours peu
ou prou la même structure, donc cela
se prêtait bien à l’automatisation,
surtout pour une agence généraliste
comme la nôtre. » Ce choix a permis
à AP de décupler sa couverture des
résultats, y compris pour des entreprises qu’elle ne couvrait pas : il
publie aujourd’hui 3.700 papiers
résultats par trimestre contre 300 il
y a quatre ans, et ceux-ci comportent moins d’erreurs.
Ses journalistes ainsi libérés disposent de leur côté de 20 % de
temps supplémentaire en moyenne
pour faire des enquêtes. « Notre
objectif est de publier 40.000 articles
automatiques fin 2019 », poursuit
Lisa Gibbs. Certains quotidiens ont
embrayé, comme le « Washington
Post », qui a publié sur son site
des centaines de papiers sur les
résultats des Jeux Olympiques de
Rio en 2016, grâce à son système de
machine learning Heliograf.
Celui-ci lui a aussi permis, depuis,
d’accroître sa couverture des élections en 2016 et de suivre en direct
plus de 500 scrutins locaux.
2
RECOMMANDER
DES ARTICLES
AU LECTEUR
C’est l’une des principales utilisations, aujourd’hui, de l’intelligence
artificielle dans les médias. Selon
une étude de Reuters, 59 % des
médias utilisent l’intelligence artificielle pour recommander des
articles ou projettent de le faire. Le
principe est le même que les recommandations générées par Netflix ou
Amazon. A partir des habitudes de
lecture de l’utilisateur, un algorithme peut, lui, proposer des articles susceptibles de l’intéresser. Il se
base pour cela sur un certain nombre de données : les mots utilisés
dans l’article, bien sûr, mais aussi la
description qui peut en être faite ou
les données de navigation de l’internaute… Un système qui permet
d’accroître le trafic : une vidéo
recommandée voit son audience
augmenter de 70 % chez BuzzFeed.
Ce dernier se sert également de
l’intelligence artificielle pour améliorer le référencement des articles :
la machine remplit les métadonnées qui vont permettre au contenu
de mieux ressortir sur les moteurs
de recherche. Mais l’intervention
humaine n’est pas bannie pour
autant. « Le travail de nos éditeurs
reste important. L’intelligence artificielle est là pour les assister, les libérer
de certaines tâches répétitives, elle est
complémentaire à leur travail », note
Lucy Wang, responsable data chez
BuzzFeed.
3
RETRANSCRIRE
DES INTERVIEWS
OU DES VIDÉOS
Les journalistes américains passeraient en moyenne six heures par
semaine à retranscrire des interviews. Tâche ingrate et chronophage, la retranscription d’interviews audio ou vidéo peut pourtant
facilement être confiée à des machines, plus rapides et relativement fiables. Celles-ci sont en outre capables
de traiter des textes longs, en plu-
Les machines peuvent facilement identifier des individus ou situations dans des photos,
pour générer des légendes ou alimenter des bases de données. Photo Shutterstock
sieurs langues, et certaines proposent même de rédiger des synthèses. Plusieurs chaînes de télévision,
comme CNN, offrent déjà une
retranscription en direct de leurs
programmes et les autres médias
envisagent de développer ces services. « Cela pourrait permettre de
sélectionner plus rapidement les passages les plus intéressants des inter-
views », indique Lisa Gibbs, chez AP,
qui cite l’exemple des discours des
dirigeants à l’Assemblée générale
des Nations unies. L’agence a conclu
un partenariat avec la start-up Trint.
4
TROUVER
LES SUJETS CHAUDS
De plus en plus de médias utilisent
des outils de veille sur les réseaux
sociaux, capables de les alerter
quand un sujet commence à faire
l’actualité. Des logiciels permettent ainsi de faire remonter un
événement grâce à des mots-clefs,
utilisés à plusieurs reprises dans
un moment très bref.
BuzzFeed, de son côté, s’en sert
aussi pour prédire la viralité d’un
article et le promouvoir sur le bon
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
Accusé d’abus sexuels,
le patron de CBS
veut ses indemnités
Radio Classique lance
« Des histoires en
musique » en podcast
550
MILLIONS DE DOLLARS
L’ancien PDG de la chaîne américaine
CBS, Leslie Moonves (photo), évincé
en septembre sur la foi d’accusations
d’abus sexuels, a demandé
un arbitrage après que le groupe
a refusé de lui verser des indemnités
de départ de 120 millions de dollars.
Un accord passé avec CBS début
septembre lui en donne la possibilité.
L’opérateur télécom
britannique Vodafone
va verser cette somme
au groupe informatique IBM
dans le cadre d’un contrat
de service de huit ans. Ils
créent une coentreprise de
connectivité des centres de
données via les réseaux 5G.
DR
C’est une première hausse
en plus de dix ans. A partir
du 2 avril, les professionnels
abonnés aux versions payantes
de Gmail, Hangout et Drive verront
le prix mensuel par utilisateur
des services Basic et Business
augmenter de près de 20 %.
Google souligne que l’offre a évolué
depuis son lancement, intégrant
de nouvelles fonctionnalités.
Gabe Ginsberg/Getty Images/AFP
DR
Google augmente
le tarif de G Suite
Radio Classique, station du groupe
Les Echos-Le Parisien, lance
« Des histoires en musique »,
d’Elodie Fondacci, en podcast.
Chaque mercredi, une nouvelle
histoire de musique classique
à destination des enfants est mise
en ligne. Le podcast est accessible sur
toutes les plates-formes habituelles.
transformé la presse américaine
INTERVIEW // JOHN MICKLETHWAIT
Rédacteur en chef de Bloomberg News
« L’IA est présente, à divers
degrés, dans 30 % de notre
production d’informations »
Propos recueillis par
Nicolas Madelaine
ans une interview aux
« Echos », le patron de
l’agence aux 2.700 journalistes explique que l’importance croissance de l’intelligence
artificielle (IA) pour Bloomberg.
Et comment elle transforme le
travail des journalistes.
D
ponsable des partenariats éditoriaux. « L’IA pourra, en revanche,
être très utile pour concevoir des
newsletters personnalisées, ou pour
épauler les journalistes dans leurs
recherches, en analysant des données
ou suggérer des idées d’angle, mais
pas forcément pour écrire, ajoute
Seth Lewis. La question est toujours
la même : qu’est-ce qui va rapporter
de l’argent ? » Ceux qui ont investi
dans leurs propres outils pourraient s’en sortir le mieux. AP, par
exemple, a développé en interne
« Verify », qui vise à vérifier si un
tweet ou une vidéo ont fait l’objet de
manipulations. Si les tests sont probants, l’agence pourrait ensuite
f o u r n i r s o n o u t i l à d ’a u t r e s
médias. n
250
ARTICLES
Le volume maximum d’articles
écrit quotidiennement
par le « Wall Street Journal »,
qui refuse de publier des
articles écrits par des machines.
concrètes de l’IA dans les médias
canal de diffusion. « Nous construisons des modèles qui nous permettent de déterminer lequel est le plus
adapté pour chaque contenu, puis
d’envoyer celui-ci sur Facebook, YouTube, Instagram… », explique Lucy
Wang, de BuzzFeed. Autre champ
de recherche chez le pure player : la
traduction. Présent dans une douzaine de pays, il se sert de l’intelligence artificielle pour déterminer si
un article doit être traduit dans
d’autres langues, selon la probabilité qu’il plaise au public de ce pays.
5
IDENTIFIER
DES ÉVÉNEMENTS
OU DES PERSONNES
Les machines peuvent facilement
identifier des individus ou situations dans des photos, pour générer
des légendes ou alimenter des bases
de données plus complètes avec des
mots-clefs pour les agences qui vendent leurs images – un travail
aujourd’hui fait dans les rédactions.
Certaines agences travaillent déjà
avec une start-up de reconnaissance d’images.
6
DÉTECTER LES VIDÉOS
TRUQUÉES
Les vidéos truquées, elles-mêmes
générées par des machines, prolifèrent sur les réseaux sociaux, et
leur diffusion devrait continuer à
s’accroître. Des outils facilement
accessibles sur Internet permettent
en effet d’apprendre à une machine
à échanger de façon indétectable
les visages ou les corps de deux
individus dans une vidéo, à en
modifier le décor, à supprimer
ou à ajouter des objets ou personnes qui y figurent. Comme ces
vidéos ultraréalistes montrant
Barack Obama prononçant un
discours qu’il n’a jamais tenu ou
celles montrant des célébrités
dans des situations compromettantes, totalement fabriquées. Ces
« fake » de nouvelle génération
constituent un véritable défi pour
les médias, qui développent des
outils pour les identifier.
Le « Wall Street Journal » a ainsi
créé une équipe spécialement
dédiée à la détection de ces vidéos
truquées et qui forme les journalistes à les identifier eux-mêmes. « Il
est possible de détecter la prochaine
génération de “fake news” avec l’intelligence artificielle », explique Francesco Marconi, responsable de la
R&D pour le quotidien économique. Celui-ci utilise des outils
comme Truepic ou Serelay, qui
misent sur la blockchain pour
authentifier les images, ou TinEye,
qui permet de faire des recherches
inversées afin de trouver des versions anciennes de la vidéo. Grâce à
une bourse de Google, AP a de son
côté développé Verify, un outil qui
sera déployé l’an prochain et pourrait, à terme, être mis à la disposition d’autres médias.
7
DES ROBOTS
POUR DIALOGUER
AVEC LE LECTEUR
La ruée vers les chatbots aura été de
courte durée. Il y a deux ans, il s’agissait pourtant de l’application à la
mode. Dans le sillage d’autres secteurs (comme l’e-commerce, qui
s’en est servi pour la relation client),
les médias avaient développé des
robots capables de discuter avec le
lecteur. Quartz avait été l’un des premiers à se lancer. L’utilisateur pouvait poser une question sur l’actualité et le chatbot allait chercher
l’article qui correspondait le mieux
à la requête. Une manière de créer
un lien supplémentaire avec le lecteur. L’effet de mode s’est toutefois
dissipé : le « Washington Post » a
fermé le sien, d’autres l’ont imité
discrètement ou ont cessé de le mettre à jour. Autre inconvénient du
modèle : la plupart des chatbots
étaient développés sur Facebook
Messenger, pour séduire l’audience
la plus large possible. Il était donc
quasi impossible, pour les médias,
d’en tirer une source de revenu
direct. — E. Co. et N. Ra.
L’intelligence artificielle
est-elle très présente
dans la rédaction
de Bloomberg News ?
Nous estimons que 30 % de notre
production d’informations comprend un certain degré d’intelligence artificielle. Nous avons
une équipe de 30 à 40 personnes,
un mélange de gens de la tech et
de journalistes, sachant que les
frontières se brouillent entre
leurs profils. C’est un peu différent pour des titres comme « The
Economist », dont la valeur ajoutée est dans les angles et le commentaire, mais pour une rédaction comme Bloomberg adossée
à une activité de terminaux utilisés dans les salles de marché,
l’intelligence artificielle est
incontournable. Une information peut entraîner des milliards
de dollars de transactions. Lorsque nous avons scoopé que la
banque centrale suisse allait
découpler le franc de l’euro, nous
avons constaté que 1.000 milliards de dollars avaient changé
« Cela rend le job
du journaliste moins
fastidieux et plus
intéressant. »
« Plus difficile aussi :
le commentaire et
l’analyse pertinents
ont une valeur
immense. »
de mains avant que d’autres
n’écrivent sur le sujet. Elle a donc
une valeur immense et nous
devons être les premiers à la donner. Nous ne sommes d’ailleurs
plus seulement en concurrence
avec les autres grandes agences,
mais aussi avec les hedge funds
eux-mêmes.
Quelles sont
les principales applications
rédactionnelles ?
D’abord, traiter l’information qui
se répète : les publications de
résultats d’entreprise ou d’indicateurs économiques comme
l’inflation, le PIB, etc. La veille de
la publication des comptes de
Pour John Micklethwait, l’IA sert aussi au journalisme
d’investigation : « On l’a vu pour le traitement des données
des “Panama Papers”. » Photo Ilan Deutsch/Hans Lucas/AFP
Société Générale, on apprend à la
machine ce qu’elle doit regarder,
ce qui permet d’avoir un premier
article environ trois secondes
après la publication du communiqué. Le travail d’enrichissement peut alors commencer très
vite et le rédacteur est en mesure
20 minutes après de dire ce que
ces chiffres veulent dire. Cela
rend le job du journaliste moins
fastidieux et plus intéressant.
Plus difficile aussi : le commentaire et l’analyse pertinents ont
une valeur immense. En tout cas,
si certains journalistes ont doucement paniqué en voyant arriver l’IA dans la rédaction, ils ont
vite réalisé que cela ne se traduisait pas par l’élimination de postes. L’autre grande utilisation
rédactionnelle de l’AI chez nous
est ce qu’on appelle le « signalement ». Nos équipes parcourent
les réseaux sociaux à la recherche de choses dignes d’être
racontées : des explosions, des
démissions, tout ce qui peut avoir
un impact économique. Nous
avons les moyens à Bloomberg
de vérifier les informations qui
apparaissent et de dépasser certaines difficultés pour les interpréter. Nous allons jusqu’à travailler, par exemple, avec une
université pour repérer ce qui
relève du sarcasme dans les
échanges sur les réseaux. Nous
regardons aussi comment interpréter les émojis. Il y a tout un
champ à explorer. Ce n’est encore
que le début, mais la machine va
de plus en plus traiter les données pour suggérer à un journaliste – et, détail important, son
rédacteur en chef sera au courant – d’écrire un article : quand
le PIB de tel pays dépasse celui de
tel autre, quand la capitalisation
de telle banque devient la première de sa zone, quand la
chance d’être réélu d’un prési-
dent est corrélée à tel ou tel indicateur, etc. L’IA va demander
sans cesse aux journalistes s’ils
veulent écrire sur tel ou tel sujet.
Même si je m’empresse d’ajouter
que l’IA sert aussi au journalisme
grand format : on l’a vu pour le
traitement des données des
« Panama Papers » ou des déclarations fiscales de Donald Trump
par le « New York Times ».
Vous évoquez aussi
des aspects plus pratiques
de la vie des rédactions…
Oui, comme le traitement de la
voix. Nous allons bientôt fournir
à nos équipes un logiciel qui leur
permettra de transcrire directe-
« Nous regardons
aussi comment
interpréter
les émojis. »
« Il y a tout un
champ à explorer. »
ment les enregistrements de
leurs interviews en textes. Pour
la télévision ou les conférences,
la transcription peut se faire
désormais en direct. Les outils de
traduction s’améliorent également très vite. Nous avons
recruté un journaliste en Argentine récemment et nous avons
mis l’accent sur ses contacts et sa
connaissance de l’écosystème
local plutôt que sur son anglais.
Mais on peut imaginer aussi de
traduire les articles en plusieurs
langues pour accroître leurs
audiences. Il est même possible
de rêver à une alliance de journaux européens pour créer une
publication pour tout le continent traduite, elle aussi, dans
plusieurs de ses langues… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // HIGH-TECH & MEDIAS
Huawei accusé
d’avoir volé
des technologies
TÉLÉCOMS
L’équipementier
chinois serait au
cœur d’une enquête
criminelle de la
justice américaine.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
et Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
To u t c o m m e n c e e n 2 0 1 2 ,
dans un centre de recherche
de T-Mobile aux Etats-Unis.
L’opérateur fait alors visiter ses
laboratoires à une poignée
d’ingénieurs du groupe chinois
Huawei, avec lequel il est en
négociations. Il leur présente
« Tappy », une sorte de robot
développé depuis la fin des
années 2000 pour tester des
smartphones en reproduisant
les mouvements des doigts
humains sur les écrans des
appareils. L’un des invités
chinois fait alors discrètement glisser un composant de
Tappy dans le sac de son ordinateur portable.
Sept ans plus tard, ce vol
revient hanter Huawei, qui
se retrouve, depuis mercredi,
sous le coup d’une enquête
criminelle aux Etats-Unis.
Selon le « Wall Street Journal »,
la justice fédérale américaine
soupçonne désormais l’équipementier chinois d’avoir tenté, à
plusieurs reprises, de dérober
des secrets commerciaux et
technologiques aux Etats-Unis.
Nouveaux soupçons
L’incident dans les laboratoires
de T-Mobile, qui a fait l’objet
d’un procès civil, est intégré
à la nouvelle enquête américaine. Embarrassé par le rebondissement de cette ancienne
affaire, Huawei a expliqué qu’il
avait réglé son différend avec
T-Mobile en 2017 et qu’un jury
n’avait, à l’époque, reproché
au groupe chinois « aucune
conduite malveillante ». S’il
apparaît aujourd’hui sans
grande gravité, cet incident
risque de compliquer la relation
de Huawei avec les autorités
de Washington, qui soupçonnent déjà l’équipementier
d’espionner les Américains
pour le compte du pouvoir chinois. Elles ont déjà interdit aux
opérateurs du pays de recourir à
des équipements Huawei lors
de la construction de leur futur
réseau 5G. Plusieurs autres
nations ont aussi ensuite
décrété un embargo sur les équipements du géant chinois, dont
l’Australie ou encore le Japon.
Redoutant un effondrement
de ses commandes, le fondateur
de Huawei, Ren Zhengfei,
est sorti de son silence pour
démentir tout espionnage ou
malveillance de son entreprise.
« J’aime mon pays, je soutiens le
Parti communiste. Mais je ne
ferai jamais rien pour nuire au
monde », a-t-il assuré.
Sa situation est particulièrement délicate car il doit parallèlement faire face à d’autres
soupçons de la justice américaine. Huawei aurait, en effet,
tenté, ces dernières années, de
contourner les sanctions mises
en place par les Etats-Unis pour
poursuivre ses relations commerciales avec l’Iran, que
Washington essaie d’isoler sur
la scène internationale.
L’incident chez
T-Mobile risque
de compliquer la
relation de Huawei
avec les autorités
de Washington.
Le 1 e r décembre dernier,
Meng Wanzhou, la propre fille
de Ren Zhengfei, avait été interpellée au Canada, sur demande
de la justice américaine, dans le
cadre de cette seconde affaire.
Elle est dans l’attente d’une éventuelle extradition vers les EtatsUnis. Une procédure à laquelle
Pékin s’oppose très fermement,
quitte à sacrifier ses relations
diplomatiques avec le Canada.
Depuis l’interpellation de Meng
Wanzhou, deux ressortissants
canadiens ont été arrêtés en
Chine, tandis qu’un troisième
vient d’être condamné à mort
pour trafic de drogue, dans un
procès en appel monté dans une
étrange précipitation. n
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Direction des Constructions Publiques et de l’Architecture
- AVIS –
CONCERTATION
Ouverte par l’arrêté en date du 20 décembre 2018 conformément
aux dispositions des articles L300-1, L103-2 et R103-1 et suivants
du code de l’urbanisme
PROJET « SITE TOUR EIFFEL »
DEMAIN, QUELS AMÉNAGEMENTS ET QUELS PARCOURS ?
LES ACCÈS, LES ESPACES PUBLICS, LES SERVICES, LES JARDINS…
Du 21 janvier au 1er mars 2019, informez-vous et participez sur :
concertationsitetoureiffel.fr
ATELIERS PARTICIPATIFS :
Le 28 janvier à 18h30
à la Mairie du 7e, 116 rue de Grenelle (7e)
Le 12 février à 18h30
au Pavillon de l’Arsenal, 21 bd Morland (4e)
RÉUNION PUBLIQUE :
Le 22 février à 19h00
à l’hôtel de Ville, 3 rue Lobau (4e)
Tous les habitants, associations locales, visiteurs du site et autres
personnes concernées et intéressées sont invitées à y participer.
Pour vous informer et recueillir votre avis, un stand itinérant sera présent sur
plusieurs endroits du « Site Tour Eiffel » durant la concertation.
> Un avis, une question ? concertationsitetoureiffel.fr
EP19-004-B
enquete-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
Année noire pour le cinéma
français à l’export
CINÉMA
Le nombre d’entrées
à l’étranger tombe
à 40 millions.
C’est aussi la pire
année depuis 2009
pour les films
en langue française.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Nouvelle année noire pour le
cinéma français à l’export en 2018.
Alors que le film de Luc Besson
« Valérian et la Cité des mille planètes » (30 millions de billets vendus à
l’étranger) avait permis un redressement spectaculaire en 2017, à
82,6 millions de billets, 2018 se termine avec 40 millions de places
vendues. Du coup, les recettes du
cinéma français s’effondrent de
51 %, à 237 millions d’euros (pour le
seul box-office). Avant les ajustements, souvent importants, on
retrouve à peu près les niveaux de
2016, une très mauvaise année.
Les films majoritairement
français dans leurs financements
chutent encore plus (58 %), à
26 millions. Pour les films – non
seulement de l’industrie française
mais aussi de langue française
(les films de Luc Besson sont souvent en anglais) –, le comptage
aboutit à 24,6 millions, soit le
pire chiffre depuis 2009 et 38 %
de moins qu’en 2017, année soutenue par le succès de « Ballerina ».
Cette année, le plus gros succès
est « Taxi 5 », également de la
société de Luc Besson, EuropaCorp, avec 2,44 millions d’entrées
sur l’année 2018. Deux autres
films majoritairement français
dépassent le million : « Le Sens de
la fête » (1,67 million en 2018 et
2,18 millions au total) et « La Ch’tite
Famille » (1,06 million). Il y en
avait six l’an dernier.
UniFrance, l’organisme chargé de
soutenir le cinéma français à l’international, constate une « atomisation » des entrées et précise que les
cinq plus grands succès français
pèsent 27 % du total, contre une proportion de 65 % en 2017. 78 films
dépassent les 100.000 entrées.
Un record historique
Le box-office mondial s’est pourtant bien tenu en 2018, affichant
même un record historique. En
France, le nombre d’entrées s’est
maintenu juste au-dessus de la
barre symbolique des 200 millions
même s’il s’est replié à 200,5 millions, contre 209 en 2017. Cela dit, le
cinéma français s’arroge une part de
marché de 39,3 %, un niveau jamais
atteint depuis 2014.
Daniela Elstner, présidente de
l’Association des exportateurs
de films (Adef), explique que si
l’on prend en compte les films
étrangers vendus à l’international
par des distributeurs français
– en général des films indépendants, parmi lesquels beaucoup
sont primés –, on peut à peu près
multiplier par deux le volume
d’affaires de sa corporation, à
300 millions d’euros en 2017, selon
ses derniers calculs. Il existe une
cinquantaine de PME françaises
reconnues des producteurs de tous
les pays pour leur savoir-faire à
l’export. « Les plates-formes de type
Netflix, mais il n’est pas le seul, représentent désormais 20 à 30 % des
ventes à l’export, contre presque rien
il y a seulement cinq ans, explique
Daniela Elstner. Et Netflix a tendance à moins demander “tous les
territoires ou rien”, il se montre plus
souple pour acheter plus de films. »
« Les nouveaux films prévus pour
2019 devraient prouver que les résultats de 2018 étaient conjoncturels. Des suites sont particulièrement attendues : “Nous finirons
ensemble”, “Qu’est-ce qu’on a
(encore) fait au Bon Dieu ?” et ”Tanguy, le retour” », précise UniFrance.
Si sa carrière est déjà commencée, ce sera en 2019 qu’« Astérix :
Le Secret de la potion magique »
connaîtra de nombreux démarrages et il portera les couleurs de
l’animation française. EuropaCorp,
contraint d’assainir ses finances,
devrait sortir aussi « Anna », de Luc
Besson, avec Pathé en France.
Gaumont, EuropaCorp et StudioCanal sont les meilleurs exportateurs de 2018. UniFrance précise
que les films français commencent
à montrer des signes de faiblesse
aux Etats-Unis et en Chine. n
IPhone : baisse de revenus record
pour un sous-traitant d’Apple
Elle souffre de la baisse
des ventes d’iPhone.
ces derniers ont augmenté de 40 %
en valeur, à 3,3 milliards de dollars.
La directrice financière, Lora Ho, a
d’ailleurs prévenu qu’il faudrait
« quelques trimestres » à TSMC pour
digérer ses stocks excessifs.
A la fin du premier semestre 2018,
TSMC était le leader mondial du secteur de la fonderie de semi-conducteurs avec 56,1 % de part de marché
devant GlobalFoundries (9 %), UMC
(8,9 %) et Samsung (7,4 %), selon les
données du cabinet TrendForce.
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Miser sur les puces
gravées en 5 nm
TÉLÉPHONIE
La société taïwanaise
TSMC a produit massivement les puces qui
équipent les derniers
smartphones du
groupe de Cupertino.
De nombreux sous-traitants
d’Apple ont leurs revenus indexés
sur la courbe des ventes d’iPhone.
Forcément, le récent avertissement
sur résultats du groupe de Cupertino ne pouvait entraîner qu’une
cascade de mauvaises nouvelles
pour ses fournisseurs. Le dernier en
date, TSMC, n’est pas le plus exposé
d’entre eux (bien qu’Apple soit son
premier client devant Huawei,
numéro deux mondial du marché
des smartphones). Mais il vient tout
de même d’annoncer qu’il allait
enregistrer une forte diminution de
son chiffre d’affaires sur le premier
trimestre en cours, à –14 % sur un an.
Soit sa plus forte baisse depuis 2009.
Au - d e l à d e s d i f f i c u l t é s d e
l’iPhone, la contraction du marché
des smartphones dans son ensemble pèse lourdement sur les activités
des fabricants de semi-conducteurs.
Lors des derniers mois de l’année
Le récent avertissement sur résultats d’Apple se répercute
sur ses fournisseurs. Photo Romain Gaillard/RÉA
2018, la société a vu ses revenus
augmenter timidement de 2 %, pour
une très faible progression de son
bénéfice net (+0,7 %).
Cette année, TSMC a notamment
produit les puces SoC [« system on a
chip », qui regroupent plusieurs
puces, dont le processeur, en un seul
élément, NDLR] dites « A12 Bionic »
d’Apple qui équipent les derniers
iPhone (XS, XS Max et XR) commercialisés à l’automne 2018. La société
américaine s’est tournée vers le fondeur taïwanais car ce dernier a été le
premier à pouvoir produire massivement des puces d’une taille de
7 nanomètres (nm) ; celles-ci présentent l’avantage d’être plus perfor-
mantes, de prendre moins de place
tout en étant moins gourmandes en
énergie. Lors du dernier trimestre,
cette catégorie est à l’origine de 23 %
des revenus de TSMC. Mais la baisse
attendue des ventes de smartphones haut de gamme, avec l’iPhone en
tête de proue, pèse lourdement sur
les stocks de l’entreprise. Sur un an,
23 %
DES REVENUS DE TSMC
provenaient des puces de 7 nm
lors du dernier trimestre.
En juin dernier, le groupe taïwanais
avait annoncé qu’il comptait investir
25 milliards de dollars pour lancer
la production en grandes séries
de puces gravées en 5 nm d’ici au
début de l’année 2020. Cette gravure
devrait notamment permettre des
designs de puces 45 % plus compactes et diminuer la consommation
électrique de 20 % à fréquence égale.
Mais l’atterrissage douloureux du
segment des smartphones haut de
gamme pourrait lui faire reconsidérer son agenda.
En début de semaine, Dialog
Semiconductor, un autre fabricant
de semi-conducteurs et sous-traitant d’Apple (75 % de son chiffre
d’affaires est lié aux commandes du
groupe américain), a fait savoir que
ses revenus (provisoires) lors du
dernier trimestre de l’année 2018
étaient situés dans le bas de la fourchette de ce qu’il avait anticipé, à
431 millions de dollars. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
START
UP
REBOND
LE PRODUIT
-
L’acteur français de vélos en
libre-service Cityscoot se lance
à Milan, après avoir déployé
près de 4.000 scooters à Paris et à Nice.
La flotte initiale y sera composée de
500 véhicules et l’équipe de 30 personnes
qui travaille actuellement en Italie sera
portée à 100 d’ici à la fin de l’année.
1,4
MILLION D’EUROS
Fondé en 2015 par Sébastien Lebbe et Jonathan
Alzetta, Wooclap vient de boucler un tour de financement auprès de business angels et de ses investisseurs historiques. Cette start-up lyonnaise a créé
une plate-forme interactive pour faciliter la participation des étudiants durant les cours.
Accenta, la pépite greentech
au service des bâtiments
ÉNERGIE
La start-up est l’une
des finalistes
du Women4Climate
Tech Challenge.
Tetrao analyse
les documents
bancaires
et financiers
FINTECH
La start-up luxembourgeoise est
spécialiste de la
robotique cognitive.
Elle présentera son
projet à un panel
international de maires
en février prochain.
Elle a constitué une
équipe d’annotateurs dans un
village français
de 715 habitants.
Déborah Loye
@Loydeborah
Utiliser la chaleur dégagée par la
climatisation en été pour se chauffer en hiver, voilà le point de départ
de la réflexion d’Accenta sur l’optimisation énergétique des bâtiments. Car, si de nombreux acteurs
s’attaquent aujourd’hui à la question du stockage de l’énergie électrique, ils sont rares à travailler sur
le stockage thermique. « Et pourtant, il s’agit d’un sujet majeur de la
transition énergétique », assure
Marine Doquet-Chassaing, fondatrice d’Accenta, qui s’y attelle
depuis deux ans. Finaliste du
Women4Climate Tech Challenge,
qui met en avant les femmes engagées dans des projets liés à l’environnement, sa start-up développe des
logiciels permettant d’optimiser les
flux thermiques au fil de saisons,
notamment grâce à la géothermie.
« Nous intervenons à la fois en
amont des projets immobiliers, par la
conception du système énergétique
bas carbone, et en aval pour gérer la
régulation du système », explique
Marine Doquet-Chassaing. En
amont, son logiciel permet de choisir les sources d’énergie correspondant au profil de demande en chaud
et froid du bâtiment. « Couvrir 100 %
des besoins énergétiques, en particulier durant les pointes de demande,
avec de la géothermie, demande des
investissements très lourds. Nous préférons l’associer à d’autres sources,
U
Deuxièmeavis.com, la plate forme qui permet d’obtenir l’avis
d’un spécialiste sur la base de
l’envoi de son dossier médical, a décroché un
nouveau partenariat. La mutuelle Ociane
Groupe Matmut propose désormais les services de la start-up à ses adhérents touchés
par des maladies graves ou rares.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Créé il y a tout juste deux ans, Accenta emploie déjà une dizaine de personnes. Photo DR
comme l’aérothermie ou même le
chauffage au gaz », décrit la fondatrice de l’entreprise. Utilisé pour la
gestion énergétique du bâtiment,
ce logiciel permettra de décider
où puiser l’énergie pour en optimiser sa consommation et en réduire
l’impact écologique.
Stocker la chaleur au sol
La solution d’Accenta est principalement basée sur le fait de stocker de
la chaleur dans le sol. « Lorsqu’une
climatisation est activée, par exemple, elle rejette de la chaleur dans l’air.
Nous travaillons avec des installations permettant d’injecter cette chaleur de récupération dans le sol jusqu’à l’hiver, où elle sera récupérée par
des pompes à chaleur », décrit
Marine Doquet-Chassaing.
Créé il y a tout juste deux ans,
Accenta emploie déjà une dizaine
de personnes et « rencontre une
vraie demande de tous les acteurs de
l’immobilier », indique la fondatrice
de l’entreprise. « Ils ont compris qu’il
fallait décarboner les bâtiments pour
préserver leur valeur patrimoniale,
assure-t-elle. Aujourd’hui, ils travaillent beaucoup sur l’enveloppe de
ces derniers, à travers de l’écoconception, par exemple. Mais ils peuvent
encore gagner des points en s’attaquant au système de chaud et de froid
des bâtiments. »
Accenta parvient ainsi déjà à
dégager du chiffre d’affaires, tout en
mettant l’accent sur la recherche. La
start-up est implantée au sein du
cluster de Paris-Saclay, sur le campus de l’Ecole polytechnique, et travaille en collaboration avec des laboratoires comme le Centre d’efficacité
énergétique des systèmes de Mines
ParisTech et le Bureau de recherches géologiques et minières. Elle a
levé 1 million d’euros en 2017 auprès
de business angels, qui s’ajoute à un
financement de 1,5 million de la part
de la BPI et de l’Ademe. En 2019,
Accenta ouvrira à nouveau son capital et espère, notamment, grâce à sa
participation au Women4Climat
tech Challenge, pouvoir entrer sur le
marché de la rénovation en répondant à des appels d’offres publics. n
Vainqueur fin 2017 du BNP
Paribas International Hackathon au Luxembourg, Tetrao,
spécialisé dans l’ouverture des
comptes bancaires et l’analyse
de la documentation légale des
fonds d’investissement, trouve
au grand-duché un écosystème
financier idéal. Mais c’est à
Bras-sur-Meuse (715 habitants)
que la fintech a inauguré mioctobre sa filiale française.
« Nous nous appuyons sur la tradition ouvrière de la Meuse pour
créer une équipe d’annoteurs.
Le tiers-lieu du village est propice
au calme et à la concentration
un patient « apprentissage ».
Ce métier d’annoteur sera
exercé au Workici, l’espace de
co-working de Bras-sur-Meuse,
qui regroupe déjà une demidouzaine de start-up. Quatre
cadres et commerciaux de
Tetrao y recruteront au cours
des douze prochains mois une
vingtaine de personnes sans
prérequis particulier, la formation étant dispensée par
l’employeur.
Une nouvelle clientèle
en ligne de mire
L’implantation meusienne
répond à de solides ambitions.
Fondé fin 2014, Tetrao compte
aujourd’hui 14 salariés
pour 800.000 euros de chiffre d’affaires prévus cette
année, et détient une antenne à
Barcelone. Ses applications
bancaires simplifient considérablement la vie des établissements et de leurs clients : elles
puisent directement dans les
documents constitutifs de la
société les informations qui
permettront de préremplir le
dossier d’ouverture de compte
en répondant aux exigences de
la lutte contre le blanchiment et
le terrorisme.
Coinhouse lève 2,4 millions d’euros
pour accélérer son développement
CRYPTOMONNAIES
Plusieurs investisseurs
du milieu de la blockchain ont participé à la
nouvelle levée de fonds
de la start-up.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
Coinhouse continue de se développer. La start-up parisienne,
devenue une référence dans l’univers français des cryptomonnaies,
vient de boucler une nouvelle levée
de fonds qui, selon nos informations, serait d’un montant de
2,4 millions d’euros.
Plusieurs investisseurs ont participé au tour de table de la jeune
pousse (série A), qui avait déjà levé
450.000 euros en 2017. « Il y a des
actionnaires historiques comme Eric
Larchevêque [patron de Ledger,
NDLR] et des nouveaux, dont un
très gros », se félicite Nicolas Louvet,
aux commandes depuis sa scission
avec Ledger.
ConsenSys au capital
Parmi ces petits nouveaux, il y a
plusieurs français, comme BTU
Protocol Ecosystem Fund. Et un
mastodonte étranger, ConsenSys,
qui a investi à travers ConsenSys
Ventures, son bras financier dans
le capital-risque.
Le fameux « studio » de la blockchain, présent à Paris avec 50 salariés, est un acteur très puissant de
l’écosystème, même si la baisse des
cryptomonnaies en 2018 l’a obligé à
un peu revoir sa stratégie. Coinhouse « est un très beau projet »,
souligne toutefois son patron,
Joseph Lubin. Coinhouse s’est en
effet beaucoup développé. La
société permet aujourd’hui à des
dizaines de milliers de particuliers –
150.000 clients – d’accéder à l’univers du bitcoin. Quasiment tout est
possible, du renseignement au
conseil, en passant par l’achat et
la vente de cryptomonnaies.
Avec cette levée de fonds, le français veut consolider ses activités.
« On a beaucoup investi en 2018, on a
recruté 15 personnes », confirme
Nicolas Louvet. Coinhouse est effectivement passé de 6 à 30 salariés, ce
qui a permis à la jeune pousse de
développer également de nombreux autres services, comme une
450.000
EUROS
avaient déjà été levés
par Coinhouse lors du précédent
tour de table, en 2017.
plate-forme d’achat de cryptomonnaies. « Tout ça demande des
moyens, même si nous avons des
marges financières », souligne
l’ancien investisseur.
De nouveaux services
Avec les 2,4 millions d’euros, Coinhouse va se concentrer sur l’amélioration des produits existants.
L’entreprise va notamment travailler à la création de nouvelles
fonctionnalités sur sa plate-forme,
ainsi qu’à l’amélioration du design.
« Une application mobile doit bientôt
arriver », ajoute Nicolas Louvet.
L’un des autres axes forts de la
start-up sera le marketing digital.
La société a d’ailleurs déjà commencé. Elle a lancé il y a quelques
mois Insights, un blog qui fournit
des analyses hebdomadaires
sur les cryptomonnaies. En espérant, en parallèle, que les cours
se redressent… n
Le métier d’annoteur sera exercé au Workici, l’espace
de co-working de Bras-sur-Meuse, qui regroupe déjà
une demi-douzaine de start-up. Photo Tetrao
nécessaires pour exercer ce nouveau métier », explique Christian Gillot, fondateur et administrateur-délégué de Tetrao.
« Robotiser » des tâches
Docteur en applications informatiques à l’université de Lorraine, le trentenaire lorrain
fait appel à l’intelligence artificielle pour « robotiser » des
tâches effectuées manuellement – connexion aux sites
Web, ouverture des pages, téléchargement des documents –
puis pour analyser les données,
détecter les incohérences et
extraire les informations utiles.
Développés par les ingénieurs de Tetrao au Luxembourg, ces algorithmes supposent d’inculquer à l’ordinateur
Les algorithmes de Tetrao
savent également décortiquer
les milliers de pages d’informations financières des fonds
d’investissement pour y détecter les éventuelles contradictions, qui peuvent coûter très
cher en cas de litige. La start-up
équipe déjà une douzaine de
grandes marques de banques
et fonds d’investissement.
Te t r a o v i s e d é s o r m a i s l a
clientèle des cabinets
d’audit, avocats fiscalistes et
compagnies d’assurances.
Ses bases luxembourgeoises lui
permettent de prospecter les
marchés frontaliers de France,
d’Allemagne, de Belgique, des
Pays-Bas et de Suisse, mais son
dirigeant annonce également
des ambitions… en Californie. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
en
direct
La confiance
des PME a atteint
un palier en 2018
BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ
Le tribunal de Dijon a relaxé
38 militants anti-OGM jugés
après la destruction en 2016 de
plants de colza de la coopérative
agricole Dijon Céréales, évoquant un « défaut de caractérisation des infractions ». Les plants
ont été obtenus par mutagenèse
et les débats sont intenses pour
savoir si ce sont des OGM.
CONJONCTURE La confiance
Jean-Philippe Ksiazek/AFP
PME
&REGIONS
Des faucheurs
volontaires relaxés
des PME a atteint un palier en
2018 après une forte progression
en 2017, selon une enquête de
bpifrance réalisée auprès de
3.765 entreprises de moins de
250 salariés. Bpifrance constate
« un tassement de la croissance de
l’activité et de l’emploi en 2018 »,
notant que ces résultats « tien-
nent partiellement compte de
l’impact négatif sur l’activité des
“gilets jaunes” puisque 60 % des
réponses ont été obtenues après
les premières manifestations ».
Le solde d’opinions positives sur
l’évolution du chiffre d’affaires
diminue pour les TPE et progresse d’un point pour les PME.
L’industrie se montre particulièrement optimiste. Pour 2019, les
perspectives d’activité des PME
sont en repli de 7 points mais
restent largement positives.
Nantes voit grand
pour son nouveau
marché de gros
l En février prochain, le marché d’intérêt national
de Nantes quitte le centre-ville pour la périphérie.
l Cet investissement de 150 millions d’euros permet
de consolider un nouveau pôle d’activités agroalimentaires.
CONSOMMATION
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Nantes Métropole n’a pas lésiné sur
la reconstruction de son marché
d’intérêt national (MIN), présenté
comme le deuxième de France
après Rungis. Réimplanté en périphérie, au sud de la ville, le nouvel
équipement dont la construction
s’achève, offre 70.000 mètres carrés
couverts, dont une halle principale
de 350 mètres de long recouverte
d’une toiture solaire de 31.000
mètres carrés, la plus vaste de la
région. Le marché a représenté un
investissement de 150 millions
d’euros financé pour l’essentiel par
la communauté urbaine.
Ce marché prend place sur une
emprise de 20 hectares, mais la collectivité a voulu lui adjoindre une
zone de 35 hectares pour accueillir
une soixantaine d’entreprises de
l’agroalimentaire. Dans son ensemble, le pôle fera travailler près de
2.000 personnes sur une offre très
composite, de la mûrisserie de
bananes aux produits de la mer en
passant par les préparations bios…
Déjà, les espaces du MIN sont intégralement réservés par une centaine d’entreprises, ceux de la zone
d’activité l’étant à 64 %, ce qui
confirme l’attrait de l’infrastructure.
Les entreprises suivent
L’ancien site se trouvait sur l’île de
Nantes, près du centre-ville. Mais la
refonte urbaine avec la reconstruction du CHU impliquait ce transfert
en banlieue. « L’enjeu était de
conserver le statut administratif du
MIN et de faire en sorte que les acteurs
ne s’égaillent pas le long du périphérique aux dépens de la qualité de
l’offre commerciale et de la logistique », explique Pascal Bolo, élu de
Nantes Métropole présidant la Sem-
« Nous
souhaiterions
localement une
candidature portée
par une Semminn
reconfigurée et qui
ferait entrer Rungis
à son capital. »
PASCAL BOLO
Elu de Nantes Métropole
présidant la Semminn
minn, société d’économie mixte
(SEM), gestionnaire du marché.
Le nouveau MIN tranche avec
l’ancien, vieux d’un demi-siècle,
exigu et obsolète. « Nous passons
d’une 2 CV à une Rolls », s’amuse un
grossiste local. La quasi-totalité des
occupants suivent le déménage-
Le futur MIN de Nantes fera travailler près de 2.000 personnes. Photo Alban Lecuyer
ment, prévu par phases en février.
Une enveloppe de 15 millions
d’euros a été mobilisée pour les
accompagner. Dès lors, nombreux
sont ceux qui en profitent pour
accroître leurs capacités. C’est le cas
de Miti, spécialiste de la crevette élaborée. Récemment reprise par le
groupe breton Cité Marine, cette
entreprise de 80 salariés s’est installée dans des locaux de 4.000 mètres
carrés sur la zone d’activité. Locataire, elle a investi 6 millions dans
les process et les aménagements.
Méchinaud, producteur de plantes
Châteaurenard se rêve en « Rungis du Sud »
Le deuxième marché
d’intérêt national des
Bouches-du-Rhône va
investir 100 millions d’euros
pour une nouvelle implantation qui veut valoriser
les productions locales et
biologiques.
aromatiques et mini-légumes, a
doublé ses capacités sur le nouveau
site, investissant 4 millions d’euros
dans un site de conditionnement.
Nouvelle DSP en vue
Le nouvel équipement devrait aussi
susciter beaucoup d’intérêt dans le
cadre d’un nouvel appel d’offres en
vue d’une nouvelle délégation de
service public (DSP), vraisemblablement en 2020. La Semmaris, SEM
d’Etat administrant le marché international de Rungis et, depuis 2017, le
MIN de Toulouse, devrait s’intéres-
Nice : compte à rebours
pour le transfert des MIN
Le conseil métropolitain
Nice Côte d’Azur a délibéré
en janvier pour autoriser
la signature du contrat
du nouveau projet d’aménagement
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
Le Sud aura son Rungis. Pour
100 millions d’euros d’investissement, le marché d’intérêt national
(MIN) de Châteaurenard, actuellement implanté dans le centre-ville
de cette commune des Bouches-duRhône située à 10 km d’Avignon, va
être déplacé et agrandi p our
accueillir au moins un millier de
producteurs locaux.
L’agriculture occupe une place
prépondérante dans ce département voisin de l’ancien verger pontifical : plus de 4.900 exploitations
s’y partagent 148.000 hectares de
terres agricoles et font vivre
18.000 personnes dans un bassin de
plus de 2 millions d’habitants.
Les professionnels des MIN d’Azur
devraient bénéficier à l’horizon
2021 des nouvelles installations qui
leur sont promises depuis des
années. Le conseil métropolitain
Nice Côte d’Azur va délibérer ce
mois de janvier pour autoriser la
signature du contrat portant sur le
nouveau projet d’aménagement qui
passe par une délocalisation des
deux marchés d’intérêt national,
produits alimentaires et fleurs.
L’opération poursuit un double
objectif. D’une part, mettre à disposition des professionnels un outil
moderne et adapté à leurs besoins
en valorisant les circuits courts. De
l’autre, libérer un site stratégique,
situé dans le périmètre de l’opération d’intérêt national Eco-Vallée, à
proximité immédiate de l’aéroport
Nice Côte d’Azur. Ce site, occupé par
les MIN depuis le milieu des années
1960, devrait à terme accueillir le
futur parc des expositions niçois.
Pour mener à bien le projet, la
métropole a repris l’exploitation
des deux MIN en régie dès 2011.
Leur activité représente un chiffre
d’affaires de 252 millions d’euros,
dont 25 millions d’euros pour le
MIN Fleurs (162 producteurs) et
Structurer la filière
L’objectif du futur MIN de Provence
est de structurer cette filière autour
de la distribution en circuits courts
et des productions biologiques. Une
cinquantaine d’hectares (contre 11
actuellement) y seront consacrés :
35 pour le marché lui-même ceinturé d’une zone verte, 11 de plus
pour la création d’un pôle logistique
et un autre de transformation
industrielle de fruits et légumes.
L’ensemble devrait abriter 1.500
L’ensemble devrait abriter 1.500 emplois, dont 900 nouveaux. Photo MIN de Châteaurenard
emplois, dont 900 nouveaux. Le
déménagement devrait permettre
de tripler le chiffre d’affaires du
marché, qui est aujourd’hui de
250 millions d’euros.
Les phases d’étude et d’acquisition foncières ont été lancées avec
un objectif de démarrage des travaux fin 2020 pour une livraison
courant 2023. Dans un premier
temps, 57 millions d’euros sont
nécessaires p our construire
12.000 mètres carrés de boxes et un
bâtiment administratif.
Le département et la région Sud
Provence-Alpes-Côte d’Azur se sont
engagés à régler une partie de la facture pour un total de 48 millions
d’euros. Le solde devra encore être
trouvé auprès d’investisseurs privés, d’autres collectivités locales et
de l’Etat. « Nous avons reçu plusieurs
marques d’intérêt », assure-t-on à la
communauté d’agglomération
Terre de Provence, qui supervise le
projet. En visite l’été dernier à Châteaurenard, le président du marché
de Rungis (Semmaris), Stéphane
Layani, avait notamment promis
son « soutien pour aider le MIN à se
professionnaliser ».
4.900
Difficultés d’accès
principal d’entre eux, la liaison EstOuest conçue pour contourner Avignon en passant par le MIN de Provence, est dans le flou : l’an passé, le
conseil d’orientation des infrastructures préconisait d’ajourner à 2037
la construction de cet axe. Depuis,
l’Etat a décidé la réalisation d’un
petit tronçon, mais la suite du tracé
est incertaine. n
Construite en 1959, ouverte aux
vents, la halle actuelle accuse de
gros retards de développement.
Surtout, sa situation enclavée en
cœur de ville est incompatible avec
son ambition de hub. Plusieurs
aménagements routiers seront
nécessaires pour desservir correctement le site. Or le financement du
EXPLOITATIONS
se partagent 148.000 hectares
de terres agricoles dans les
Bouches-du-Rhône et font vivre
18.000 personnes,
ser au dossier. « Elle n’en fait pas
mystère », confirme Pascal Bolo.
La SEM nantaise est principalement détenue par les collectivités,
la CCI, l’Etat et la CDC. « Nous souhaiterions localement une candidature portée par une Semminn reconfigurée et qui ferait entrer Rungis à
son capital », explique Pascal Bolo,
citant comme exemple celui de la
Semitan, société des transports
publics nantais, où Transdev est un
« partenaire métier » minoritaire.
« Un tel montage, ajoute-t-il, reste à
construire. » n
227 millions d’euros pour les produits alimentaires (68 grossistes et
234 producteurs).
Partenariat public-privé
C’est la formule du contrat de partenariat public-privé qui a été retenue
par le conseil métropolitain en 2015
pour réaliser le transfert des MIN sur
la commune de La Gaude, à La
Baronne, dans la vallée du Var. Trois
équipes étaient en lice pour réaliser
le projet, Vinci Construction, Engie
Maxima et Exterimmo. C’est ce dernier groupement, porté par la Caisse
des Dépôts et Consignations associée à Bouygues Bâtiments et Bouygues Energie et Services avec les
architectes Nicolas Michelin et JeanPhilippe Cabanes, qui a été retenu. Le
programme prévoit 45.000 mètres
carrés de plancher sur 13 hectares
avec deux bâtiments principaux, l’un
dédié aux distributeurs, l’autre aux
grossistes avec maintien d’un carreau des producteurs, géothermie et
centrale photovoltaïque pour couvrir les besoins énergétiques.
« Le futur partenaire privé aura la
charge du financement, de la construction et de la maintenance des
bâtiments, la gestion restera de la
compétence de la régie des MIN
d’Azur », précise Christian Estrosi,
président de la régie et de la métropole. L’EPA Eco-Vallée prendra en
charge le financement de la bretelle
d’accès, un budget de 10 millions
d’euros. L’investissement global de
l’ensemble du projet est estimé à
150 millions d’euros pour une livraison programmée en 2021. n
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PME & REGIONS // 27
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
894
naux, suivi des Etats-Unis (13 %) et de
l’Espagne (10 %). Deux tiers des capitaux étrangers des établissements
sont en provenance d’un pays de
l’Union européenne. 51 % d’entre eux
emploient plus de 10 salariés (6 % en
Nouvelle-Aquitaine).
Shutterstock
ÉTABLISSEMENTS À CAPITAUX ÉTRANGERS
sont recensés en Nouvelle-Aquitaine, selon les chiffres de l’Observatoire régional des échanges internationaux au 30 octobre 2018. Au total,
41 nationalités sont représentées,
l’Allemagne est le 1er pays investisseur
avec 14 % des établissements régio-
innovateurs
Les CCI se mobilisent
pour le grand débat
ÎLE-DE-FRANCE Représentantes
de 2,9 millions d’entreprises,
en grande majorité TPE-PME,
les CCI participent au grand
débat pour « permettre l’expression des chefs d’entreprise dans
les lieux neutres que sont les
chambres de commerce » et sur
une plate-forme numérique. Les
CCI proposent aussi leur appui
aux collectivités pour ce débat.
L’Etat soutient
Carbios et TWB pour
le biorecyclage du PET
PAYS DE LA LOIRE
Le fonds acquiert
la majorité du capital
de cette entreprise
familiale, acteur
clef de l’industrie
à Saint-Nazaire.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Le « Queen Mary 2 », le « France »,
l’« Harmony of the Seas »… Depuis
soixante-dix ans, Gestal a travaillé
sur presque tous les paquebots
fabriqués par les Chantiers de
l’Atlantique, déployant des dizaines
de kilomètres de câble, de tuyauterie, des garde-corps et autres équipements. Mais cette société de services
à l’industrie, basée à Saint-Nazaire,
intervient aussi dans l’aéronautique,
chez Airbus ou Stelia, et au sein de
nombreuses entreprises du bassin
industriel telles que General Electric, Total, EDF, Cargill…
Familiale depuis sa création, en
1946, cette entreprise de 500 salariés
tourne une page en cédant la majorité de son capital au FCDE, fonds
institutionnel français constitué de
banques, d’entreprises d’assurances
Gestal affiche un chiffre d’affaires de 53 millions d’euros en 2017
et emploie 500 personnes. Photo Gestal
et de bpifrance. Alain et Patrick
Allaire, fils du fondateur et dirigeants de Gestal depuis trentecinq ans, conservent une participation. « Nous allons accompagner la
montée en puissance du management », explique Benoît Sellam, président du FCDE, la nouvelle équipe
étant emmenée par Laurent Gobinet, spécialiste des achats industriels
ayant précédemment œuvré chez
Manitou, aux Chantiers de l’Atlantique ou chez Stelia Aerospace.
Ambition nationale
Le FCDE apporte 20 millions d’euros
en fonds propre et fédère un tour de
table de 64 millions d’euros comprenant également 39 millions d’euros
apportés par un pool bancaire
arrangé par BNP Paribas et Crédit
Mutuel, et composé également du
groupe Banque Populaire (BRED et
BPGO) et d’Arkéa. Ces derniers soutiendront les acquisitions que Gestal
compte désormais réaliser.
Au cours de son histoire, Gestal n’a
cessé de se diversifier, notamment
pour se prémunir des soubresauts de
la filière navale. La société a ainsi
développé une palette de services en
maintenance industrielle et d’installation en électricité, tuyauterie et serrurerie. Dans ses 16.000 mètres carrés d’ateliers, elle a déployé en
complément une capacité de production de pièces en mécano-soudure, préfabrication de tuyauterie,
serrurerie, chaudronnerie, tôlerie,
usinage… L’idée est de fournir une
solution « one-stop shop », sorte de
guichet unique pour répondre globalement à une demande. Le tout affichait un chiffre d’affaires de 53 millions d’euros en 2017, en hausse de 6 à
7 % par an depuis cinq ans.
L’ambition du nouvel actionnaire est de faire de Gestal « une plate-forme de référence multimétier,
multisecteur et multigéographie
dans le domaine des services à
l’industrie, résume Benoît Sellam. Il
s’agit de transformer l’entreprise, qui
est actuellement un leader régional,
en un acteur d’envergure nationale,
et cela passera notamment par de la
croissance externe. » n
Carbios
Service à l’industrie : Gestal
passe sous l’égide du FCDE
LE FINANCEMENT
CARBIOS
Date de création : 2011
DG : Jean-Claude Lumaret
Montant : 4,1 millions d’euros
Effectif : 20 personnes
Secteur : chimie verte
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
Avec sa technologie enzymatique révolutionnaire, Carbios
s’attaque au biorecyclage du
PET. Omniprésent dans notre
vie quotidienne, ce polymère
d’origine pétrolière sert à fabriquer par millions des bouteilles
d’eau, des films plastique ou des
fibres textiles à base de polyester. Vu l’ampleur de l’enjeu
industriel et environnemental
pour la France, la société innovante cotée a obtenu avec son
partenaire historique, Toulouse
White Biotechnology (TWB), le
soutien de l’Etat à hauteur de
7,5 millions d’euros. Ce financement, octroyé par le Secrétariat
Log’S porte sa capacité d’investissement
à 240 millions d’euros dans la logistique
Le spécialiste des
solutions logistiques
a vendu les murs
de onze entrepôts
afin d’accélérer
son développement.
Il ouvre une école
de formation.
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
Exosquelettes, drones, cobotique
(associations de robots), machines
de tris suspendus, transstockeurs à
colis, tels sont aujourd’hui les outils
que Log’S installe dans ses entrepôts
de logistique de plus en plus automatisés. La société, qui exploite plus
de 800.000 m2 d’entrepôts, vient de
vendre les murs de onze de ses
entrepôts, totalisant 250.000 m2 et
valorisés à hauteur de 150 millions
d’euros, à une filiale de Morgan
Stanley. Cette opération, qui libère
du cash, lui permettra de porter sa
c a p a c i t é d ’ i nve s t i s s e m e n t à
240 millions d’euros, d’une part
pour doubler ses investissements
annuels dans les équipements intérieurs de ses entrepôts, mais surtout
pour faire sortir de terre d’ici quatre
ans 450.000 m2 d’entrepôts supplémentaires, ultra-automatisés, dans
les Hauts-de-France. Il y en aura
notamment un de 24.000 m 2 à
Maubeuge aux portes de MCA
(Renault) pour le constructeur
automobile français, ainsi que ses
fournisseurs de premier rang, un
autre de 54.000 m2 à Cambrai pour
le numéro un américain du petfood,
ou encore de 100.000 m2 à Denain
pour un centre européen de distribution de pièces détachées qui sera
embranché fluvial et ferroviaire.
Croissance des flux
« Avant, un simple tapis roulant
amenait la marchandise à l’opérateur, maintenant des robots déplacent des armoires entières et commande même les convoyeurs »,
souligne Franck Grimonprez,
fondateur de Log’S. Ses clients distributeurs à plus de 70 % sont de
plus en plus e-commerçants, soumis à une croissance des flux, et doivent réduire leurs délais de livraison
tout en gérant leurs pics d’activité.
Log’S qui affiche 125 millions
d’euros de chiffre d’affaires en 2018,
en hausse de 30 % par rapport à 2017,
vise 200 millions en 2022. le groupe
compte sur la même période recruter 1.500 salariés qui viendront étoffer un effectif de 2.000 personnes
aujourd’hui, contre 1.320 en 2017.
Pour cela, il ouvre d’ici quelques
jours sa propre école, la Log’School
pour former aux nouveaux métiers
de la logistique : opérateur, manager
ingénieur de pilotage des flux, mais
aussi personnel administratif. n
InsideBoard revoit la conduite du changement
LA PME À SUIVRE
ÎLE-DE-FRANCE
Effectif : 80 salariés
Chiffre d’affaires : confidentiel
Activité : logiciel
Dominique Malécot
@DMalecot
Michaël Bentolila en est convaincu.
Avec InsideBoard, son frère Yohan
et lui ont mis au point l’outil avec
lequel les entreprises vont gagner la
bataille de la transformation
numérique. « On en parle beaucoup
mais on oublie trop souvent que cela
doit passer par des humains »,
affirme le dirigeant. Résultat, il y a
beaucoup d’échecs. Ces réorganisations sont souvent mal faites, donc
mal comprises et ne mobilisent pas
les salariés. Il y a aussi une lassitude
certaine. « Dans certaines entreprises, avec l’accélération du digital, les
collaborateurs ont sept à dix projets
de transformation à porter par an »,
note Michaël Bentolila. C’est par
exemple vrai dans l’automobile en
proie aux ruptures technologiques
depuis plus de dix ans.
« Notre marché, c’est 27 millions
d’actifs, et nous croyons que la transformation peut être réussie à partir
du moment où le collaborateur y est
associé au point de lui donner l’envie
de s’engager dans le projet. Pour cela,
nous avons une recette simple, le
traiter à l’intérieur de l’entreprise
comme il l’est à l’extérieur en tant
que client », résume le dirigeant.
S’informer et se former
Concrètement, en mettant en place
une plate-forme InsideBoard,
l’entreprise fournit au collaborateur
les moyens de s’informer sur le projet, de se former et de décrocher un
« certificat digital ». Quatre niveaux
sont prévus et il peut devenir le référent de son groupe. « L’équation du
succès », selon la terminologie
d’InsideBoard, doit réunir quatre
facteurs, « collaboratif, production,
business, montée en compétences ». De plus, le collaborateur doit
savoir ce qu’on attend de lui. Le
moteur d’intelligence artificielle de
la plate-forme lui permet de savoir
où il se situe par rapport au reste de
l’entreprise. « C’est important pour
lui permettre de se former et de progresser », affirme Michaël Bentolila.
Née en 2014, l’entreprise parisienne emploie quelque 80 salariés,
toutes implantations confondues.
Elle a réussi à lever 8 millions de
dollars en octobre dernier. Disposant d’un bureau à New York et
d’une filiale à San Francisco, elle
envisage une nouvelle levée de
fonds d’ici à la fin de l’année pour se
développer aux Etats-Unis, sûre
que son modèle de logiciel en ligne
vendu par abonnement et utilisé
par 50.000 personnes lui assure
une progression de chiffre d’affaires, à ce jour, confidentiel. n
Démonstrateur en 2021
Pour sa part, TWB est subventionné à hauteur de 3,4 millions
pour avoir réalisé la modélisation de ce procédé ultranovateur.
« On s’est aussi appuyé sur le
CRITT de Toulouse, des spécialistes de la cristallisation en Allemagne ou l’Institut Pivert, à Compiègne. On a créé de nouvelles
enzymes afin d’adapter notre
technologie au recyclage des fibres
textiles », explique-t-il. Fin
novembre, Carbios a choisi le site
de Kem One, à Saint-Fons, au
cœur de la vallée historique de la
chimie, pour y construire son
démonstrateur, qui devrait être
opérationnel en 2021. n
Pierre & Vacances mise
sur le loisir immersif avec
RendezvousCheznous
détails financiers de l’opération
sont tenus secrets, mais pas
l’objectif : « Devenir à moyen
terme leader sur le secteur des
séjours expérientiels », selon Pascale Roque, directrice générale
de Pierre & Vacances Tourisme.
Artisans et guides locaux
DR
HAUTS-DE-FRANCE
général pour l’investissement
(SGPI) et géré par l’Ademe dans
le cadre du PIA, sera débloqué
par tranches sur une période de
trente-neuf mois, la première
de 15 % dans l’immédiat.
Chef de file de ce projet, baptisé « Circular Economy-PET »
et lancé fin 2017, Carbios pilote
l’industrialisation de son procédé de biorecyclage, qui permet
de produire de nouveaux plastiques vierges à partir de polymères usagés. Basée à ClermontFerrand, la société percevra
jusqu’à 4,1 millions en subvention et avance remboursable.
« D’ores et déjà, on discute avec les
grands acteurs industriels du secteur et on estime pouvoir signer
nos premiers accords de licence en
2023 », projette Jean-Claude
Lumaret, directeur général.
LA STRATÉGIE
RENDEZVOUSCHEZNOUS
Date de création : 2013
Directeur et cofondateur :
Pierre-Jeremy Gardiner
Effectif : 4 personnes
Secteur : tourisme
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
RendezvousCheznous a été le
précurseur en 2014 de la digitalisation de l’expérience immersive de voyage, version 2.0 des
excursions et autres rencontres
autochtones popularisées l’an
passé par Airbnb. Ce marché ne
pouvait pas échapper au leader
européen des séjours en villages, Pierre & Vacances. Après
avoir testé l’offre de la start-up
sur son site de Pont Royal, puis
développé un label Découvertes
Locales dans une trentaine de
résidences, l’enseigne vient de
reprendre l’intégralité des actifs
de RendezvousCheznous. Les
Spéléologie en Ardèche, descente nocturne en canoë, chasse
au trésor aquatique, fabrication
de nougat ou de sirop naturel…
Au total, la plate-forme agrège
plus de 1.300 activités authentiques praticables par groupe de 3
à 12 personnes autour d’artisans
et de guides amateurs locaux.
« Les souvenirs les plus inoubliables de nos vacances sont souvent
liés aux moments de partage
vécus sur place, en particulier lors
de rencontres avec des personnes
passionnées de leur ville et de leur
région », explique Pierre-Jeremy
Gardiner, cofondateur de RendezvousCheznous. En dépoussiérant l’image de l’excursion
touristique et en diversifiant les
activités, la start-up a organisé
plus de 5.000 sorties.
Chez Pierre & Vacances, son
offre sera intégrée au nouveau
concept Make My Day de l’opérateur touristique, qui propose une
vingtaine d’activités insolites
liées à la montagne : tyrolienne,
descente aux flambeaux, randonnée nocturne en raquette…
Mais RendezvousCheznous
continuera aussi d’exploiter sa
plate-forme et d’enrichir son
catalogue de nouvelles offres. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
fusions // acquisitions // cessions // partenariats
ENTREPRISES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’ENTREPRISE DANS LE CADRE D’UNE
PROCEDURE DE LIQUIDATION JUDICIAIRE AVEC POURSUITE D’ACTIVITE
(Articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
Raison sociale: SAS LOIRE OFFSET TITOULET
Siège social: 82 rue de la Talaudière – 42000 SAINT-ETIENNE
Activité: activité d’impression principalement à destination de l’édition. Production axée
autour de travaux d’impression et de façonnage – Nombre de salariés: 133
Actifs: Mobilier: divers matériels d’exploitation en propres ou en crédit-bail et/ou location
financières; Immobilier: bâtiment à usage industriel en crédit bail – Clientèle: professionnels
Éléments comptables :
Prévisionnel atterrissage 2018 : CA : 14 600 K € / Résultat (1300) K €
Exercice au 31.12.2017 : CA: 17 747 K € / Résultat : 517 K €
Exercice au 31.12.2016 : CA: 19 231 K € / Résultat : (3 671) K €
L’accès aux informations (data-room électronique et/ou dossier de présentation) sera possible après
demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et
financière à intervenir sur cette affaire et après la régularisation d’un engagement de confidentialité.
Date limite de dépôt des offres : le 8 mars 2019 à 16 heures en l’étude de :
Maître Eric ETIENNE-MARTIN, Administrateur Judiciaire
12 rue Louis Braille – 42000 Saint-Etienne – E-mail : saintetienne@ajup.fr
REPRISE D’UNE MAISON D’EDITION SCOLAIRE
À VENDRE : EXPLOITATION VITICOLE
Exploitation viticole sur un domaine
d’une cinquantaine d’hectares
Domaine de la CASENOVE
Les terres sont la propriété d’un Groupement Foncier Agricole et sont
également à céder. Propriété de charme composée d’un vaste mas de briques
et de galets, tour du XIVe siècle, et ses quelques vestiges templiers, caves,
chais, vignes. Tout près de la Méditerranée. Proche de Perpignan.
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS Contact :
SCP DELPHINE RAYMOND – : 05.46.41.32.19 – : contact@mj-atlantique.fr
Site internet à consulter : www.mj-atlantique.fr
Expiration du délai de dépôt des offres : le 22/02/2019 à 12h00 au greffe
du tribunal de grande instance de Perpignan, copie au liquidateur judiciaire.
SCP DELPHINE RAYMOND MANDATAIRE JUDICIAIRE
La « SOCIETE D’EDITION ET DE DIFFUSION POUR LA
RECHERCHE DE L’ACTION PEDAGOGIQUE – SEDRAP »
en Redressement Judiciaire située à 9 rue des frères
Boudé - Z.I Thibaud - 31100 TOULOUSE ayant pour activité
l’édition de manuels scolaires et d’outils pédagogiques, mais
également des ouvrages de littérature jeunesse, des revues
pédagogiques et des abonnements lecture pour tous les
niveaux de la maternelle, du primaire et de l’élémentaire.
CA HT AU 30/09/2018 (9 MOIS) : 3.821.554 €
CA HT AU 31/12/2017 (12 MOIS) : 4.753.443 €
CA HT AU 31/12/2016 (12 MOIS) : 4.824.377 €
SCP CBF ASSOCIES, Société d’Administrateurs Judiciaires, désignée par le Tribunal
de Commerce de TOULOUSE par Jugement en date du 19 Juin 2018, informe
CBF ASSOCIÉS
les repreneurs potentiels que le délai fixé pour le dépôt des offres est porté au :
Société d’Administrateurs
Vendredi 15 Février 2019 à Midi
Une note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité
Judiciaires
du candidat repreneur et justifiant de sa capacité technique, commerciale
E-mail:
et financière à intervenir dans cette affaire.
E-mail : https://www.aj-dataroom.fr
contact@cbfassocies.com
RECHERCHE INVESTISSEURS / REPRENEURS
APPEL D’OFFRES RECHERCHE CANDIDAT
En vue d’une cession d’entreprise
(L.631-13 du C. Com. et R.631-39 du Décret du 25/03/2007)
BÂTIMENT – GROS ŒUVRE
Date Redressement Judiciaire : 8 janvier 2019
Activité : Entreprise générale de bâtiment - génie civil
Clientèle: Promoteurs Institutionnels: VINCI, BOUYGUES, COGEDIM, BNP PARIBAS
Siège : Yvelines (78) – Effectif : 110 salariés environ
C.A. : 2016 : 41 M € – 2017 : 32 M €
Date limite de dépôt des offres : 4 février 2019 à 12h00
TOUT CANDIDAT DOIT SE MANIFESTER PAR ÉCRIT AUPRÈS DE :
E-mail : paulhenri.audras@aj-rs.com
SELARL AJRS – Maître Philippe JEANNEROT – 7 rue Jean Mermoz - 78000 VERSAILLES
L’accès aux informations sera possible après demande écrite précisant l’identité du candidat
repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir dans cette affaire.
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
DANS LE CADRE D’UNE PROCÉDURE
DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(Article L.642-2 du code de commerce)
Activité : Pharmacie
Localisation : Rueil-Malmaison (92)
Chiffre d’affaires : 2017 : 1 245 K € – 2016 : 1 361 K €
Effectif : 5 salariés
Date limite de dépôt des offres : 01/03/2019 à 12h00
TOUT CANDIDAT DOIT SE MANIFESTER AUPRÈS DE :
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Francisque GAY – 3 avenue de Madrid – 92200 NEUILLY/SEINE
Mails : francisque.gay@aj-rs.com / thomas.pebarthe@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de confidentialité et une présentation succinte du candidat à la reprise.
dans le cadre d’un «prepack cession»
Conception et vente de séjours touristiques pour les agences de
voyages et en marque blanche pour les chaînes hôtelières.
Chiffre d’affaires HT 2017 : 14,1 M€
Chiffre d’Affaires HT 2018 (estimé) : 16,5 M€
Gros potentiel de croissance et solution informatique innovante
22 salariés
Les offres d’investissement ou de reprise, devront être déposées au
plus tard le 6 février 2019 à 18 h à ASCAGNE AJ
Administrateur Judiciaire 97 rue des Chantiers 78000 VERSAILLES
contact par mail : aurelien.morel@ascagne-aj.fr
Lundi 28 janvier 2019 - De 8h30 à 17h
De trois bâtiments composés de 129 locaux d’hébergement (studios et
chambres), d’une piscine extérieure, d’un local commercial et divers
locaux annexes
Situé sur la station DES DEUX ALPES
15 ROUTE DE CHAMPAME 38860 MONT-DE-LANS
Date de dépôt des offres au plus tard le 15 avril 2019
Envoi du cahier des charges et conditions de l’offre sur demande par
courrier électronique à l’adresse suivante :
lesdeuxalpes@nebotavocats.fr
Signé Jean-Claude NEBOT Avocat
Entretiens
Sauvegarde
14e
APPEL D’OFFRES AUX FINS DE CESSION
APPEL D’OFFRE
en vue de la reprise d’une participation à hauteur de 100% des titres
composant le capital d’une société ayant pour activité la réparation
d’engins de travaux publics et la fourniture de pièces détachées pour des
grands comptes et pour l’Armée sur tout le territoire national.
Titulaire d’un marché public la liant au MINISTERE DE LA DEFENSE
au titre de « maintien en condition opérationnelle des
matériels de travaux publics en service dans les armées ».
Effectif 10 salariés – chiffre d’affaires 2017 : env. 4 M€
Résultat d’exploitation : 106 K€
Date limite de dépôt des offres le 26 FEVRIER 2019 à 11H00
entre les mains de Maître VAN KEMMEL Huissier audiencier au
Tribunal de commerce de PARIS
1 quai de Corse 75004 PARIS
Ouverture des offres le 26 FEVRIER 2019 à 14h30 au
Tribunal de commerce de PARIS
1 quai de Corse 75004 PARIS
Toute demande de dossier de présentation devra être accompagnée d’un engagement
de confidentialité, et être adressée à l’adresse électronique suivante :
actif@mjassocies.fr
réf 28488/FL/EA
Maison de la Chimie - 28 rue Saint-Dominique - PARIS 7e
Présentés par Thierry MONTERAN, Avocat et François LEGRAND, Mandataire judicaire
LUNDI 28 JANVIER 2019 - DE 8H30 À 17H
Maison de la Chimie - 28 rue Saint-Dominique - 75007 PARIS
Sous la présidence de Madame Agnès MOUILLARD
Présidente de la Chambre commerciale, financière et économique de la Cour de Cassation
Ouverture par Monsieur Edouard PHILIPPE, Premier Ministre (sous réserve)
PLÉNIÈRE DU MATIN:
ATELIERS DE L’APRÈS-MIDI AU CHOIX:
I- L’invité: Jean-Marc BORELLO,
Président du Groupe SOS
II- Gérer les conflits par les techniques de négociation
- Philippe COMBE, Commandant de police
- Hirbod DEHGHANI-AZAR, avocat
III- Loi PACTE, nouvelles dispositions, réflexions sur
les ordonnances à venir pour modifier le droit des
sûretés et adapter la directive insolvabilité
- Marie-Hélène MONSERIE-BON, Professeur à l’université
Panthéon-Assas
- Christophe THEVENOT, AJ, Président du CNAJMJ
- Sébastien DEPREUX, MJ, Président de l’IFPPC
- Thomas ANDRIEU, Directeur des affaires civiles et du sceau
IV- Pour un nouveau «pacte» entre les pouvoirs
publics et l’entreprise en difficulté
- Jean-Pierre FLORIS, Délégué interministériel
aux restructurations d’entreprises
- Henri PAUL, Avocat, ancien Vice-président
de la Cour des comptes
- Philippe MARTIN, Mandataire Judiciaire
- Thomas ANDRIEU, Directeur des affaires civiles et du sceau
V- Le rôle croissant de l’AGS dans la procédure
collective, progrès ou régression?
- Jérôme DEHARVENG, Procureur général au TGI
de Besançon
- Béatrice VEYSSIERE, Responsable juridique de l’AGS
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smedard@lesechosmedias.fr
SARAH MEDARD : 01 87 39 74 94
de la
VI- Libre propos: François-Xavier LUCAS,
Professeur à l’université Panthéon-Sorbonne
1) Revue de la jurisprudence 2018
- Jean-Pierre REMERY, Conseiller à la chambre commerciale
de la Cour de Cassation
- Caroline HENRY, Avocate générale à la Cour de Cassation
- Marine SIMONNOT, Avocate
2) Droit social : les ordonnances modifiant le droit
du travail à l’épreuve de la procédure collective
- Christine GAILHBAUD, Maître de conférences
à l’université de Nice
- Étienne MASSON, Avocat en droit social
- Nathalie LEBOUCHER, Administrateur Judiciaire
- Laetitia LUCAS-DABADIE, Mandataire Judiciaire
3) Financement de la période d’observation,
assureur crédit et le post plan de l’entreprise
- Patricia LEMARCHAND, Avocate
- Rémi LATASTE, Responsable du service restructuration
d’entreprises à la Direction générale des entreprises
- Éric ETIENNE-MARTIN, Administrateur Judiciaire
- Caroline BURGUIERE BROTHIER, Responsable des affaires
spéciales au Crédit Agricole d’Aquitaine
4) L’exploitation agricole en difficulté
- Christine LEBEL, Maître de conférences à l’université
de Franche-Comté
- Nadine BREION, Mandataire Judiciaire
- Christophe BIDAN, Administrateur Judiciaire
5) Difficultés d’articulation du Livre VI avec
les autres textes: quelles solutions existantes
et propositions d’amélioration
- Philippe ROUSSEL GALLE, Professeur à l’université
Paris Descartes
- Brigitte GAMBIER, Présidente du TC de Créteil
- Aurélia PERDEREAU, Administrateur Judiciaire
- Thibaud POINSARD, Mandataire Judiciaire
Inscriptions sur www.ifppc.fr
RETROUVEZ UNE SÉLECTION D’ANNONCES SUR : reprise-entreprise.lesechos.fr
PRIX DU MEILLEUR RETOURNEMENT
D’ENTREPRISE 2019
Le prix Ulysse récompense chaque année le meilleur retournement
d’entreprise.
L’attributionduprixprendencomptelescomposantessociales,industrielles et financières de la réorganisation.
Le jury composé de personnalités unanimement reconnues, représente la diversité du secteur du retournement : administrateurs judiciaires, membres de tribunaux de commerce, entrepreneurs,
investisseurs, banquiers, avocats, etc.
Chaque année les entreprises sélectionnées ont pour point commun
d’avoir utilisé les meilleures pratiques du retournement et de la restructuration des entreprises. En amont ou en aval des difficultés qu’ils
ont surmontées, les dirigeants des entreprises candidates ont utilisé
tout l’arsenal prévu par la loi française.
C’est cela que le Prix Ulysse veut célébrer. Quelle que soit l’entreprise qui remporte le Prix Ulysse ou celui des lecteurs des Échos, elle
symbolise toutes celles et ceux qui ne renoncent pas et qui relèvent
les manches face aux difficultés.
www.prixulysse.org / www.are.f
LES QUATRE NOMMÉS AU PRIX ULYSSE 2019 : CARBONE SAVOIE, MATHON, MOA ET SILK&YOU
Alors que Carbone Savoie dernier fabricant
français de carbone et graphite synthétique
semblait destiné à la fermeture, l’entreprise
est reprise par Alandia Industries en 2016. Le
groupe lance alors une stratégie offensive de reconquête, engage
une transformation radicale de la structure de coûts et déploie d’importants moyens pour soutenir les efforts d’innovation et de commercialisation. Grâce à ce plan de redressement en deux ans, Carbone
Savoie a réussi à se réindustrialiser, à gagner d’importantes parts de
marché, à redevenir profitable et à autofinancer sa croissance.
Le redressement terminé, l’entreprise passe à une phase de développement, dans le cadre d’un nouveau plan industriel baptisé CAP 2021.
MOA première chaîne d’accessoires de mode
féminins créée en France, est placée en redressement judiciaire en 2012. Paradoxalement
les ventes continuent de croître et de nombreux partenaires sont prêts à investir pour ouvrir leur magasin. MOA
conduit son redressement autour de deux axes ; la croissance et la
maîtrise des coûts.
Depuis sa sortie du plan de redressement en 2014, les ouvertures
de magasins se sont succédées, ils sont désormais 120 en France et
60 dans 15 autres pays. L’entreprise poursuit son développement, et
envisage de nouveaux relais de croissance avec le lancement d’une
activité de marque blanche.
Mathon référence dans l’univers de la cuisine
et marque d’ustensiles reconnue, a mal vécu le
tournant des années 2000 et la montée d’internet. En 2012, Mathon est placée en redressement judiciaire, et rachetée par le groupe familial Labruyère dans le cadre d’un plan de cession.
Sébastien Bouvet prend la tête de l’entreprise et débute alors une
véritable transformation.
En deux ans, Mathon atteint l’équilibre d’exploitation. En 2018, l’entreprise affiche un chiffre d’affaires de 21 M€. Portée par la croissance
du e-commerce et l’engouement des particuliers pour la cuisine,
elle est redevenue une marque et un site de référence en France.
Skill & You voit sa situation se dégrader à
partir de 2011, le groupe opère alors un
redressement judiciaire. La société de formation engage une transformation en profondeur de l’entreprise et des process et effectue
en parallèle un remodelage de l’actionnariat.
En 2018, Skill & You retrouve une croissance à deux chiffres et renoue
avec la rentabilité. C’est désormais le leader français de l’enseignement à distance, avec près de 200 formations en ligne et 100 000
étudiants. Elle prépare actuellement une nouvelle étape dans son
développement, notamment en Europe, avec son rachat fin 2018
par Andera Partners.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
fusions // acquisitions // cessions // partenariats
ENTREPRISES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
RECHERCHE DE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
Activité : Groupe de sociétés ayant pour activité
la fabrication de meubles et l’industrie connexe de l’ameublement
Savoir-faire et marque reconnus en France et à l’International
Le Groupe est composé de :
Une société holding de tête,
Une société holding animatrice comprenant 12 salariés en fonction support,
Une société de fabrication de meubles située dans le Morbihan (56)comprenant 24 salariés,
Une société de fabrication de meubles située dans la Nièvre (58) comprenant 42 salariés,
Une société civile immobilière portant un crédit-bail immobilier du site situé dans le Morbihan (56).
Le site exploité dans la Nièvre fait l’objet d’un crédit-bail immobilier porté par la société d’exploitation.
Date limite de dépôt des offres : 13/03/2019 à midi.
(accès donné à une data room électronique sur demande écrite et motivée justifiant d’une capacité commerciale,
industrielle ou financière adaptée, après signature d'un engagement de confidentialité et d’un cahier de charges)
Réception des offres: A.J.I.R.E.-Administrateurs Judiciaires - Maître Erwan MERLY
Bureau de Rennes : 6, cours Raphael Binet - 35065 RENNES CX
Contact :Dorian LEGOUT
Tel: 02 99 67 84 90 - Fax: 02 99 30 50 10 - etude.rennes@ajire.eu
Recherche candidats à la reprise
Maitre Franck MICHEL
6 Bis rue de la Barre
37000 TOURS
CONTACT :
Frédéric BLANCHARD
Tel: 02 47 20 47 50
Fax: 02 47 66 27 28
tours@ajassocies.fr
www.ajadataroom.com
CA : 4461 K€
Effectifs : 23 salariés
Activité : Fabrication et pose de charpentes métalliques
Localisation : Centre Val de Loire
Actifs à céder : Matériel et outillage industrielle, matériel et mobilier de
bureau
Immobilier en propriété : terrain de 9 700 m² et bâtiment de 3 200 m² à
Villiers sur Loir et terrain à Montlouis.
Date Liquidation Judiciaire : 30 novembre 2018 avec poursuite
d’activité jusqu’au 28 février 2019
Date limite de dépot des offres : Lundi 11 Février 2019 à 12h
Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Christophe BIDAN - Yves BOURGOIN- Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT - Céline MASCHI
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille- Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
RECHERCHE D’INVESTISSEURS/REPRENEURS
D’ENTREPRISE EN REDRESSEMENT
JUDICIAIRE
Maître Céline MASCHI
38, rue Jean Mieg
68100 MULHOUSE
CONTACT :
Tel: 06 38 57 95 86
Fax: 03 89 66 56 20
s.renault@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Activité : Commerce de gros de fils et câbles électriques
Clientèle : Professionnels du bâtiment, pieuvristes
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 : 1 871 516 €
Effectif : 3 (dont le président)
Localisation : Haut Rhin
Actifs à céder : Matériel d’exploitation, matériel roulant, stocks de fils et câbles
en cuivre, aluminium, actif immobilier (bâti 3 725 m2)
Date Redressement Judiciaire : 16 mai 2018
La date limite de dépôt des offres est fixée au :
8 février 2019 à 15 heures
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr sera
accessible après acceptation d’un engagement de confidentialité.
Réf. à rappeler : 21047
Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Christophe BIDAN - Yves BOURGOIN- Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT - Céline MASCHI
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille- Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
RECHERCHE DE PARTENAIRES / CANDIDATS
A LA REPRISE EN REDRESSEMENT
JUDICIAIRE
Maître Lesly MIROITE
48 rue La Fayette
75009 PARIS
CONTACT :
Manon VANCRAEYNEST
Tel: 01.48.24.34.35.
Fax: 01.48.24.34.78.
paris@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Activité : Habillement
Début de l’activité le 22 janvier 1992
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 : 1.476.327 €
Effectif : 3
Etablissements : Paris 16ème, Paris 6ème
Date du Redressement Judiciaire : Jugement du 20 septembre 2018
La date limite de dépôt des offres est fixée au :
7 février 2019 à 12h00
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Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Christophe BIDAN - Yves BOURGOIN- Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT - Céline MASCHI
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille- Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
RECHERCHE DE PARTENAIRES/CANDIDATS
A LA REPRISE
EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
APPEL D’OFFRES
 Nom : Société alsacienne de boucherie charcuterie
Localisation: 13 points de vente (67, 68, 75, 92, 31)
 C.A. au 30/04/18 : 9 M€ (sur 12 mois)
 Activité : Réseau de distribution au détail de produits de boucheriecharcuterie, charcuterie pâtisserie, plats cuisinés, plats-traiteur
 Effectif : 86 salariés
Modalités :
SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD
Administrateurs Judiciaires Associés
28 rue de Lattre de Tassigny
67300 SCHILTIGHEIM
Tél. : 03.88.83.03.16
Fax : 03.88.81.67.47
Mail : etude@weil-guyomard.fr
APPEL D’OFFRES
APPEL D’OFFRES
RECHERCHE DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Actifs : fonds de commerce, mobilier, matériel de découpe, de
préparation, de conditionnement (2 cellules de cuisson, 3 marmites,
cutter, broyeur, poussoir, cellule refroidissement rapide, grandes barattes,
presses, étuve, salle de séchage, thermo operculeuse, machine sous vide
continu et à cloche, trancheuse mécanique et ultra son, …) et de transport
(3 poids lourds frigorifiques et 2 camionnettes)
APPEL D’OFFRES
Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Charles BIDAN - Yves BOURGOIN - Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT- Céline MASCHI
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille-Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
RECHERCHE DE PARTENAIRES/CANDIDATS
A LA REPRISE
EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Maître Serge PREVILLE
3, rue Croix de Bois
45000 ORLEANS
CONTACT :
Mathieu DEREAU
Tel: 02.38.42.14.62
Fax: 02.38.42.01.24
orleans@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Activité : Conception, fabrication et installation d'aménagements
de mobilier spécialisé pour tabac, presse, équipement librairie et
papeterie. Catalogue et site internet petit matériel.
Bureau d'études intégré assurant un haut niveau d'ingénierie et la
personnalisation de projet d’agencement de magasin presse ou
tabac.
Chiffre d'affaires au 30/12/2017 (12 mois) : 4 000 k€
Salariés : 14
Localisation : Centre Val de Loire
Implantation : Réseau commercial sur l’ensemble de territoire
français
Actifs : plateforme logistique de plus de 4 000 m² à proximité
de plusieurs autoroutes, fonds de commerce, mobilier, matériel,
marque établie, portefeuille de clients installés et prospectés
SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD
Administrateurs Judiciaires Associés
28 rue de Lattre de Tassigny
67300 SCHILTIGHEIM
Tél. : 03.88.83.03.16
Fax : 03.88.81.67.47
Mail : weil.guyomard@ajilink.fr
APPEL D’OFFRES
Maître Vincent LABIS
Administrateur Judiciaire Associé
SELARL AJILINK LABIS CABOOTER
59130 LAMBERSART
www.ajilink.fr
APPEL D’OFFRES
Me Jérôme CABOOTER
Administrateur Judiciaire Associé
SELARL AJILINK LABIS
CABOOTER
94170 LE PERREUX SUR MARNE
www.ajilink.fr
APPEL D’OFFRES
Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Charles BIDAN - Yves BOURGOIN - Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT- Céline MASCHI
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille-Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
RECHERCHE DE REPRENEURS / PARTENAIRE
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Région: Alsace – Bas-Rhin
 C.A. (au 31/01/2018) : 2.789.216€ (sur 12 mois)
 Activité : Marché frais – Produits bios et/ou locaux
 Effectif : 15 salariés
 En application de l’article L.642-1 du Code de Commerce, les candidats
intéressés par la mise en œuvre d’un plan de redressement par voie
de continuation ou de cession sont priés de noter que les manifestations
d’intérêt doivent être déposées auprès de la SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD. (Veuillez préciser la référence 3008).
 Un dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre et après signature d’un engagement de confidentialité.
Date limite de dépôt des offres : 05/02/2019 à 12h, en 9 exemplaires
RECHERCHE DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RESTAURANT HIPPOPOTAMUS À RONCQ
 Région : Hauts-de-France
 Chiffre d’affaires 2018 : 780.000 €
 Activité : Restauration
 Effectif : 14 salariés
Modalités :
 Cession organisée en application des articles L.642-1 et suivants
du Code de Commerce.
 L’accès aux informations sera réalisé par dataroom.
 Les identifiants de connexion seront communiqués après remise
de l’engagement de confidentialité et des pièces mentionnées,
téléchargeables sur le site : www.ajilink.fr,
rubrique RECHERCHE (réf. : 1823)
Date limite de dépôt des offres : 22 février 2019
RECHERCHE DE REPRENEUR OU DE PARTENAIRE
PORTEFEUILLE DE GESTION LOCATIVE
D’UNE ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
 Activité : Gestion immobilière
 Région : VAL DE MARNE
 Effectif : 1 salarié
CA (gestion/location): 106 K€ au 31/12/17
Modalités :
 Cession organisée en application des articles L.642-1 et suivants
du Code de Commerce.
 L’accès aux informations sera établi après un premier contact
auprès de l’étude : s.meneux@ajilink.fr
 Les informations seront communiquées après remise
de l’engagement de confidentialité et des pièces mentionnées,
téléchargeables sur le site : www.ajilink.fr
Date limite de dépôt des offres : Vendredi
15 février 2019
23/29 rue Haxo
13001 MARSEILLE
APPEL D’OFFRES
Sébastien VIGREUX
Administrateur Judiciaire Associé
8 rue du poids de l’huile
31000 TOULOUSE
Mail : vigreux@ajilink.fr
www.vigreux.eu
RECHERCHE DE REPRENEURS
DANS LE CADRE D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Activité : Restauration et organisation de concerts
Localisation : Centre commercial Vaucluse
C.A. au 30.09.17 : 1.342.777 €
Nombre de salariés : 12 personnes
Loyer trimestriel HT et HC : 27 K € pour un local de 650 m2
VNC des éléments corporels au 30.09.17 : 651.535 €
Date limite de remise des offres auprès de la SELARL de SAINT-RAPT & BERTHOLET:
Mardi 5 février 2019 à 12h00
Si vous souhaitez des informations complémentaires, merci de contacter :
SELARL de SAINT-RAPT & BERTHOLET – Mme Isabelle DELFOLIE
75 rue Paul Sabatier – 13090 Aix-en-Provence
Tél.: +33 (0) 442 66 56 60 / Fax: +33 (0) 442 65 20 96
E-mail : antoine@desaintrapt.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS DANS LE CADRE D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Dénomination sociale : SAS SUNPARTNER TECHNOLOGIES
Activité : Entreprise de technologie dans le domaine des vitrages photovoltaïques
à destination des applications dans le secteur du bâtiment (fenêtres, façades…),
et des objets connectés (montres, smartphones, écrans…)
Propriété intellectuelle : plus d’une centaine de brevets environ, à couverture
internationale. Premiers contrats et commandes validés.
Nombre de salariés : 68 personnes – Localisation : Bouches du Rhône
Date limite de remise des offres auprès de la SELARL de SAINT-RAPT & BERTHOLET:
18 février 2019 à 12h00
Si vous souhaitez des informations complémentaires, merci de contacter : M. Antoine MANENT
RECHERCHE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
(Art. L.642-1 et S. du Code de Commerce)
SOCIETE DE CONSEIL EN INFORMATIQUE
ACTIVITÉ : Conseil spécialisé adapté aux logiciels du secteur bancaire
CHIFFRE D’AFFAIRES :
2015 : 2,9 M € – 2016 : 3,3 M € – 2017 : 2,8 M € (estimé)
EFFECTIF: 9 salariés
Date limite de dépôt des offres : 11 février 2019 à 17h00
MERCI D’ÉCRIRE À :
SCP THEVENOT PARTNERS, Maître Aurélia PERDEREAU
Accès à une data room après description succincte du candidat
et signature d’un engagement de confidentialité.
Merci d’indiquer la référence du dossier : FP3264
E-mails : fpolverelli@thevenotpartners.eu – efourcade@thevenotpartners.eu
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
Entreprise exploitant un hôtel 5 étoiles situé au cœur du quartier
historique de la Rochelle, entre la cathédrale et le marché couvert
En liquidation judiciaire avec maintien provisoire de l’activité
18 salariés
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 (12 mois) : 1.726 K €
Résultat d’exploitation au 31/12/2017 (12 mois) : 6 K €
Pour accéder au dossier de présentation,
les candidats acquéreurs intéressés sont invités à contacter par écrit :
Maître Rousselet – Administrateur judiciaire
38 avenue Hoche – 75008 Paris – joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 11 février 2019, à 12h00.
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
Société spécialisée dans la haute joaillerie
exploitant une activité de fabrication de joyaux et objets de parure
En liquidation judiciaire avec poursuite d’activité
10 salariés
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 : 1,7 M €
Résultat d’exploitation au 31/12/2017 (12 mois) : -114 K €
Atelier dans le 3ème arrondissement de Paris (75003)
Pour accéder au dossier de présentation, les candidats intéressés sont invités à contacter par écrit:
Maître Abitbol – Administrateur judiciaire
38 avenue Hoche – 75008 Paris – frederic.abitbol@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 30 janvier 2019, à 16h00.
Elles devront être déposées par email et en 10 exemplaires papier au cabinet Abitbol & Rousselet
Maître Florence TULIER POLGE
Administrateur Judiciaire
Rue René Cassin - 91000 EVRY
Tél. : 01.60.87.36.36 – Fax : 01.60.87.36.37
etude@tulier-aj.com
Contact : Engareh ALIREZAI
Date limite de dépôt des offres :
Lundi 11 février 2019 à 12h00
RECHERCHE DE PARTENAIRE ;
D’INVESTISSEUR OU DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
 Activité : activité de ferrailleur, ramasseur et épaviste
 CA du 01/01/2016 au 31/12/2016 : 6.158.104 € HT
CA du 01/01/2017 au 31/12/2017 : 6.595.930 € HT
CA du 01/11/2017 au 31/10/2018 : 6.385.400 € HT
 Région : Toulouse
 Effectif : 13 salariés
 Moyens : Presse cisaille; Pelle hydraulique; Station de dépollution;
Station pompe à gasoil; bennes
Modalités :
 L’accès aux informations sera réalisé par dataroom électronique
après un premier contact auprès de l’étude : vigreux@ajilink.fr.
 Les identifiants de connexions seront communiqués après remise
de l’engagement de confidentialité et des pièces mentionnées.
Date limite de dépôt des offres : 08/02/2019
ENTREPRISE À CÉDER
(Articles L.631-22 et L.642-1 et suivants
du Code du Commerce)
Activité : Auto-école
Implantation : 91
Salariés à ce jour : 6
CA 2017 : 202.443 €
Références à rappeler : 2697
Date limite de dépôt des offres : 18/02/2019 à 17h00
Un dossier de présentation peut être obtenu auprès de
Maître Florence TULIER POLGE sur demande écrite.
Merci de contacter: AJ PARTENAIRES
Maître Maurice PICARD, Administrateur Judiciaire
22 rue du Cordier – CS 30107 – 01003 Bourg-en-Bresse
Tél.: 04.74.45.92.00 – Fax: 04.74.45.92.11
Email: jerome.abadie@ajpartenaires.fr
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR
 Région : GEMENOS
Activité : SERVICES À L’INDUSTRIE (C.R.O
EXPERT EN MITOCHONDRIE) & RECHERCHES
EN BIOTECHNOLOGIE (Diagnostic Alzheimer)
 Chiffre d’affaires : 324.152 € au 31/12/2017
 Effectif : 5 salariés
Modalités :
 Cession organisée en application des articles L.642-1
et suivants du Code de Commerce.
 L’accès aux informations sera réalisé par dataroom
Frédéric AVAZERI
électronique après remise de l’engagement de
Administrateur Judiciaire Associé
confidentialité et des pièces mentionnées, téléchargeables
SCP DOUHAIRE-AVAZERIsur le site : www.ajilink.fr.
BONETTO
La date limite de dépôt des offres est fixée au :
1er mars 2019 à 12 h
Réf. à rappeler : 21651
Date limite de dépôt des offres : 15/02/2019 à 16h, en 9 exemplaires
SARL IMMOBILIERE DE SUCY
Date Redressement Judiciaire : 5 décembre 2018
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr sera
accessible après acceptation d’un engagement de confidentialité.
 En application de l’article L.642-1 du Code de Commerce, les candidats
intéressés par la mise en œuvre d’un plan de redressement par voie
de continuation ou de cession sont priés de noter que les manifestations
d’intérêt doivent être déposées auprès de la SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD. (Veuillez préciser les références 3002, 3001 et 3003)
 Un dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre et après signature d’un engagement de confidentialité.
Modalités :
Date du Redressement Judiciaire : 27 novembre 2018
La date limite de dépôt des offres est fixée au :
6 février 2019 à 12h00
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr
sera accessible après acceptation d’un engagement de confidentialité.
Réf. à rappeler : 21616
Date limite de dépôt des offres : 08/02/2019 à 16h, en 10 exemplaires
Région: Geispolsheim, Bas-Rhin (67)
 C.A. cumulé du dernier exercice clos (12 mois) : 3,7 M€ (estimatif)
 Activité : Groupe horticole de 3 sociétés spécialisé
dans la commercialisation et la production de plantes
 Effectif : 16 salariés
Modalités :
SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD
Administrateurs Judiciaires Associés
28 rue de Lattre de Tassigny
67300 SCHILTIGHEIM
Tél. : 03.88.83.03.16
Fax : 03.88.81.67.47
Mail : weil.guyomard@ajilink.fr
121 rue Jean Dausset
Boîte Postale 41250 – 84911 Avignon
Tél.: 04.32.40.51.00 – Mail : isabelle@desaintrapt.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
 En application de l’article L.642-1 du Code de Commerce, les candidats
intéressés par la mise en œuvre d’un plan de redressement par voie
de continuation ou de cession sont priés de noter que les manifestations
d’intérêt doivent être déposées auprès de la SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD. (Veuillez préciser la référence 2776)
 Un dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre et après signature d’un engagement de confidentialité.
Sites de production (baux commerciaux) :
CONTACT :
Mathieu DEREAU
Tel: 05.49.62.02.45
Fax: 02.38.42.01.24
poitiers@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Date limite de dépôt des offres : 08/02/2019 à 16h, en 10 exemplaires
SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD
Administrateurs Judiciaires Associés
28 rue de Lattre de Tassigny
67300 SCHILTIGHEIM
Tél. : 03.88.83.03.16
Fax : 03.88.81.67.47
Mail : etude@weil-guyomard.fr
Activité : Découpe de porcs / Charcuterie / Salaison
• Site 1 : un bâtiment comprenant une salle de découpe, 5 salles pou la
préparation de charcuterie crue et cuite, 5 chambres froides,
bureau, 4 quais d’embarquement pour une superficie totale
de 1 100 m² et un terrain de 3 900 m² ;
• Site 2 : un bâtiment comprenant un secteur salaison, un secteur
tranchage et 2 quais d’embarquement pour une superfic!"
totale de 800 m² et un terrain de 4 800 m².
 En application de l’article L.642-1 du Code de Commerce, les candidats
intéressés par la mise en œuvre d’un plan de redressement par voie
de continuation ou de cession sont priés de noter que les manifestations
d’intérêt doivent être déposées auprès de la SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD. (Veuillez préciser la référence 2777)
 Un dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre et après signature d’un engagement de confidentialité.
 Nom : MAURER TEMPE
Région: Grand Est, Haut-Rhin
 C.A. au 30/04/18 : -22 M€ (sur 12 mois)
 Activité : fabrication, transformation, préparation de produits
industriels à base de viande
 Actif immobilier d’exploitation : pleine propriété
 Effectif : 136 salariés
Modalités :
- C.A. au 31/12/2017 (12 mois) : 2 264k€
- Salariés
: 14
- Localisation : Vienne (86)
Maître Serge PREVILLE
10, rue des Grandes Ecoles
86000 POITIERS
RECHERCHE DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Recherche de partenariat / cession capitalistique dans l’optique
d’une solution de continuation OU d’ofres de cession
SAS ENTREPRISE CHAMPALE (71 – Crêches-sur-Saône)
Activité : Construction / gros œuvre / maçonnerie
Types de réalisations : Stations d’épuration / SDIS / Bâtiments industriels /
Coopératives viticoles / Hôtels…
Chiffre d’affaires au 31.12.2018 : 4.550 K € (12 mois – atterrissage)
Effectif actuel : 27 salariés
Un note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du candidat
repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir dans une telle affaire.
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES : VENDREDI 15 FÉVRIER 2019 À 12H00
Administrateurs Judiciaires Associés
Selarl BCM - Maître Eric BAULAND
APPEL D’OFFRES DE CESSION DE MARQUES
MARQUES DOROTENNIS
ET DOROTHEE BIS
(vêtements et accessoires)
Les offres devront être soumises à la Selarl BCM, Administrateurs Judiciaires, représentée par Me Eric BAULAND
7 rue Caumartin – 75009 PARIS
au plus tard le vendredi 15 février 2019 à 18h00
L’accès au dossier de présentation des
marques objet du présent appel d’offres
pourra être obtenu auprès de BCM sur
demande écrite et après signature d’un
engagement de confidentialité à l’adresse
suivante : paris@bcm-aj.com
Collaborateurs:
Sandra BELADJINE
et Lucie BOETTI
Tél : 01.49.49.01.91
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30 //
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LE MEXIQUE ÉMET
2 MILLIARDS DE DOLLARS
À 10 ANS
Le Mexique a réussi sa première
émission obligataire internationale de l’ère Obrador. Le pays
d’Amérique centrale a levé 2 milliards de dollars à 10 ans, attirant
une demande représentant quatre
fois le montant proposé. Le rendement, 4,577 %, fait ressortir une
prime de 185 points de base par
rapport à celui des obligations
américaines de même maturité.
les
indices
Les ménages français n’ont jamais
emprunté sur une aussi longue durée
l En moyenne, les ménages s’endettent sur près de dix-neuf ans pour financer l’achat de leur logement.
l Un record historique, qui s’explique par les prix de l’immobilier et des taux d’emprunt proches de leur plancher.
CRÉDIT
Solenn Poullennec
@Solennmorgan
C’est du jamais vu sur le marché du
crédit immobilier. En moyenne, les
ménages français se sont endettés à
18,8 ans (226 mois), au quatrième
trimestre 2018, selon les données
publiées jeudi par l’Observatoire
Crédit Logement/CSA. « On a
jamais connu des durées aussi longues », assure l’économiste Michel
Mouillart, qui décortique les données de l’Observatoire (excluant les
rachats de prêts et les prêts relais).
Le phénomène d’allongement de la
durée des prêts remonte à 2014,
mais s’est accéléré en 2017 et surtout en 2018. Au cours des deux dernières années, la durée moyenne
des crédits immobiliers a augmenté de quinze mois. « C’est considérable », insiste Michel Mouillart.
Un phénomène
qui a ses limites
Cette tendance traduit un renchérissement des prix de l’immobilier.
Espérant capter de nouveaux clients
grâce à leurs prêts à l’habitat, les
banques acceptent de prêter à plus
long terme pour amortir le coût
élevé des logements. « Cela a permis
de maintenir sur les marchés des
accédants jeunes, modestes et sans
trop d’apport personnel », insiste
Michel Mouillart. A ses yeux, l’allon-
gement des prêts vient aussi compenser la baisse des aides d’Etat en
faveur de l’accession à la propriété.
Le phénomène d’allongement
des durées pourrait cependant toucher à sa fin. « Oui, cela a beaucoup
monté, mais on se rapproche des plafonds de ce qui peut être envisageable
en termes de durée », assure JeanMarc Vilon, directeur général de
Crédit Logement, l’organisme qui
garantit une grande partie des prêts
en France et fournit ainsi une alternative à l’hypothèque.
« En France, on ne fait pas de crédit
au-delà de 30 ans, cela ne va pas
changer et on fait très peu de crédits
au-dessus de 25 ans, en tout cas, ce
n’est pas du crédit cautionné car Crédit Logement n’intervient pas au-des-
sus de 25 ans, sauf de manière extrêmement marginale », poursuit-il.
L’allongement des prêts n’aurait
pas été possible sans la baisse des
Espérant capter
de nouveaux clients
grâce à leurs prêts à
l’habitat, les banques
acceptent de prêter
à plus long terme pour
amortir le coût élevé
des logements.
taux d’intérêt enregistré ces dernières années. Due à la politique de
soutien à économie de la Banque
centrale européenne (BCE), celle-ci
a été renforcée par la guerre des
prix que se mènent les banques.
Malgré une légère remontée en
2017, le coût du crédit est resté très
proche de son point bas historique
(1,28 % à la fin de 2016) en décembre, à 1,43 % en moyenne (hors
assurance et coût des sûretés),
selon l’Observatoire.
Les conditions de crédit, exceptionnellement favorables aux
ménages, devraient se prolonger
cette année. Du côté des taux,
l’Observatoire Crédit Logement/
CSA parie sur une légère hausse, de
moins de 20 points de base. Il faut
dire que la BCE a promis de maintenir ses taux au plancher au moins
jusqu’à l’été « au moins ». Et de plus
en plus d’investisseurs envisagent
qu’elle garde l’arme au pied au-delà
de cette date.
Un autre élément, devrait, selon
l’Observatoire, limiter la remontée
des taux : le taux de l’usure, c’est-àdire le taux maximal (frais et assurances compris) que les banques
peuvent imposer à leurs emprunteurs. Conçu pour prévenir les
abus, celui-ci est fixé chaque trimestre par la Banque de France
pour chaque type de prêts et a
encore baissé récemment. De quoi
limiter les possibilités de remontée
à la hausse des taux.
(
L’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 9
Trois indicateurs clefs des crédits immobiliers aux particuliers
Au quatrième trimestre 2018, la durée des prêts immobiliers
accordés aux particuliers était de 226 mois en moyenne
en France. Un record historique, selon l’Observatoire Crédit
Logement / CSA. « Depuis le début de 2014, les durées des prêts
bancaires se sont donc accrues de 22 mois, indique l’institut
contrôlé par un regroupement de banques et un institut de sondage. La baisse des taux a rendu possible une telle évolution »,
poursuit-il.
En décembre 2018, les taux se sont établis à 1,43 %, à un niveau
pratiquement inchangé depuis six mois et proches des plus bas
historiques enregistrés à la fin de l’année 2016. « Les taux d’intérêt réels sont négatifs depuis juin 2018, confirmant une situation
inédite depuis 1974 », souligne l’Observatoire Crédit Logement /
CSA dans son tableau de bord trimestriel. Cette situation s’explique par la faiblesse des taux de la Banque centrale européenne
et une concurrence toujours vive entre les banques.
Au mois de novembre, l’encours des crédits immobiliers a franchi
la barre symbolique des 1.000 milliards d’euros, selon les statistiques de la Banque de France. Un record absolu qui atteste de
la dynamique éclatante du marché. Celui-ci a été boosté ces
dernières années par la politique monétaire très accommodante
de la Banque centrale européenne (BCE) qui a permis aux particuliers de s’endetter à des taux historiquement bas et les a
encouragé à renégocier leurs conditions d’emprunt.
Crédit : les PME gagnent une manche sur la transparence
TAUX EFFECTIF
GLOBAL
Un rapport remis
à Bercy préconise le
maintien de la mention du taux effectif
global dans tous
les contrats de crédit.
Cet indicateur censé
aider les emprunteurs
à s’y retrouver, avait
été remis en cause.
C’est une première victoire pour
les petites et moyennes entreprises.
Afin que celles-ci y voient plus clair
dans les offres de crédit qui leur
sont faites, les banques devront
continuer à calculer le taux effectif
global (TEG) de leurs financements. C’est du moins ce que préconise un rapport transmis ce mois-ci
à Bercy et que « Les Echos » ont pu
consulter.
Formulée par les représentants
du secteur financier et des entreprises réunis au sein de l’Observatoire
du financement des entreprises,
cette recommandation n’allait pas
de soi. Censé refléter le coût global
d’un crédit en y incluant les frais de
toute nature supportés par
l’emprunteur, le TEG a été récemment remis en cause, au motif qu’il
n’était pas toujours pertinent. Dans
le cadre de la loi sur « le droit à
l’erreur », Bercy avait proposé au
début de 2018 de supprimer sa
mention obligatoire dans les cas où
celle-ci s’avérerait « inappropriée ».
Levée
de boucliers
Cette proposition avait de quoi
satisfaire les banques qui voyaient
dans le TEG une source de contentieux avec les emprunteurs. C’était
compter sans les représentants des
PME. Devant leur levée de boucliers, le Parlement avait ouvert la
voie à la suppression du TEG pour
les seuls prêts à taux variables.
L’Observatoire du financement des
entreprises propose de faire marche arrière et de maintenir le TEG
pour tous les contrats de crédits aux
entreprises, y compris ceux à taux
variables.
« Le TEG demeure, en effet, bien
que théorique et ex ante, une information utile », conclut le rapport
transmis à Bercy. Le mouvement
des « gilets jaunes », qui a nui à
l’activité de nombreuses entrepri-
Les banques
n’ont toutefois
pas dit
leur dernier mot.
ses, notamment petites et moyennes, a pesé dans la balance. Le rapport ne manque pas d’invoquer
« l’évolution récente du contexte économique et social en France », pour
justifier le maintien du TEG pour
tous les crédits.
Le manque d’alternative a aussi
joué. Il a été envisagé de remplacer
le TEG par un tableau récapitulant
les « principaux éléments tarifaires
du financement ». Cependant, cette
solution représentait « une charge
supplémentaire lourde, en termes
d’adaptation des systèmes informatiques, et donc coûteuse pour les
réseaux bancaires, sans apporter de
réponse en termes de lisibilité »,
estime le rapport.
Bercy penche en faveur
du consensus
La balle est aujourd’hui dans le
camp du gouvernement. Officiellement, le sujet n’a pas encore été
tranché mais « s’il s’avère qu’il y a
un consensus, je ne vois pas ce qui
nous conduirait à aller à son encon-
tre », indique une source à Bercy.
S’il était confirmé, ce changement
de pied réjouirait les représentants
des PME. Le TEG « permet au chef
d’entreprise, commerçant, artisan,
indépendant, quel que soit son
niveau de compétence financière,
d’avoir un élément de comparaison
des offres de crédits », insistait
récemment sur son blog, Bernard
Cohen-Hadad, le président de la
CPME Paris Ile -de -France,
une organisation dédiée aux TPE
et PME.
Les banques n’ont toutefois pas
dit leur dernier mot. « Cela ne veut
pas dire, que dans les années qui viennent, il ne faudra pas remettre le sujet
du TEG sur le tapis », indique-t-on
de leur côté.
— S. P.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
Société Générale : un avertissement
qui passe mal auprès des marchés
l La banque anticipe une chute de 20 % de ses revenus issus d’activités de marché au 4e trimestre.
l Elle a surpris les investisseurs en proposant un dividende stable et versé en partie en actions.
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Fin d’année morose dans la finance.
« L’environnement difficile sur les
marchés de capitaux mondiaux
devrait entraîner une baisse des revenus des activités de marchés et services aux investisseurs d’environ 20 %
au quatrième trimestre », a averti
Société Générale jeudi. Cette mauvaise nouvelle est assortie d’une
autre pour les investisseurs : la banque va enregistrer une charge
exceptionnelle de 240 millions
d’euros dans ses comptes trimestriels pour tenir compte de l’écart de
valeur de cessions en cours de finalisation (Société Générale Serbie
et La Banque Postale financement).
Préserver le capital
Ces annonces auront une conséquence très concrète pour les investisseurs : attendu en hausse, le dividende de Société Générale versé en
2019 (au titre de l’exercice 2018) restera stable à 2,20 euros par action et,
surtout, il pourra être payé en
actions. La banque estime convaincre 50 % de ses actionnaires de
choisir cette option et ainsi économiser près de 900 millions d’euros
de capital. De quoi maintenir son
ratio de fonds propres entre 11,4 et
11,6 % et rester « en ligne avec l’objec-
des fonds propres des banques,
« SREP » dans le jargon.
tif d’un ratio de CET1 de 12 % en
2020 ». C’est un jalon majeur de son
plan stratégique.
Pour les investisseurs, c’est toutefois un mauvais signal. Utilisée par
les banques pendant la crise financière pour renforcer leurs fonds
propres tout en continuant de verser des dividendes, cette pratique
n’avait pas été utilisée par Société
Générale depuis 2013 (au titre de
l’exercice 2012). De fait, la nouvelle a
fait plonger brutalement le cours de
la banque de 5,7 % jeudi.
Dialogue avec la BCE
Outre l’effet immédiat sur le cours,
la nouvelle devrait raviver les questions des investisseurs sur la banque d’investissement de Société
Générale. « Cela fait plusieurs trimestres que le management de la
banque est interrogé sur les coûts de
ces métiers jugés trop élevés au
regard de leurs revenus et sur la
bonne allocation du capital dans le
groupe », rappelle Jérôme Legras. Si
la banque n’a pas précisé quels sont
les métiers dont les performances
ont péché ce trimestre certains
regards se tournent vers les dérivés
actions, une discipline reine
chez Société Générale.
« L’ampleur de la baisse de revenus des activités de marchés au quatrième trimestre et la hausse significative des actifs pondérés des risques
laissent à penser que, comme cela
s’est produit chez Natixis, les dérivés
actions ont souffert de la volatilité des
marchés », estime Jon Peace. Jeudi,
l’agence Bloomberg indiquait, par
ailleurs, que Société Générale
songe, comme BNP Paribas, à fermer sa filiale de trading pour
compte propre, compte tenu des
difficultés à y générer des profits. La
banque n’a pas commenté.
Mauvais signal
« Verser un dividende en partie en
actions n’est pas discriminant en soi,
HSBC fait cela depuis des années et
c’est une banque très solide mais
Société Générale fait cela à un
moment où son niveau de capital est
déjà inférieur aux attentes, dans le
but précis de renforcer ses fonds propres », explique Jérôme Legras,
directeur de recherche d’Axiom
Alternative Investments.
« Ce n’est pas une décision que le
management a dû prendre à la
légère », estime de son côté Jon
Peace, analyste bancaire senior
chez Credit Suisse. En matière de
dividende, les banques n’ont toutefois pas tout à fait les mains libres.
Le sujet est abordé dans le cadre du
dialogue entre les établissements
de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci
vient de clôturer sa revue annuelle
(
Lire « Crible »
Page 40
Les banques européennes restent sous forte pression
Au-delà de Société Générale,
les grandes banques
de marché européennes
traversent des turbulences.
Les revenus de trading ont
déçu chez les champions
américains du secteur.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
et S. W.
Société Générale a été sanctionné en
Bourse, jeudi, après son avertissement sur revenus dans ses activités
de trading, le cours se repliant de
plus de 5 %. Mais ce sont en réalité
toutes les banques de marché, aux
Etats-Unis comme en Europe, qui
ont souffert ces dernières semaines… et n’y voient pas encore très
clair pour l’année 2019. Les chiffres
publiés par les banques américaines donnent le « la » : chez Goldman
Sachs, les revenus du quatrième trimestre issus du courtage d’obligations, de matières premières et de
devises (FICC) ont plongé de 18 %, à
822 millions de dollars. Il s’agit de la
pire performance de cette division
phare depuis la crise financière.
Des attentes plutôt basses
Ses rivales n’ont pas fait beaucoup
mieux en cette fin 2018 : JP Morgan a
vu son bénéfice éclipsé par le plongeon de ses activités de trading
(–6 %), avec un recul marqué dans
l’obligataire (–16 %). Un jour plus tôt,
Citigroup avait affiché des revenus
de trading en baisse de 14 %, avec un
plongeon de 21 % pour les métiers
obligataires. Chez Morgan Stanley,
jeudi, les revenus ont même chuté
de 30 % dans l’obligataire.
« Les indicateurs montrent que
l’environnement connu par les banques européennes n’est pas très différent de celui des banques américaines. C’est pourquoi les attentes sont
plutôt basses », souligne Jon Peace,
analyste bancaire senior chez Credit Suisse. Il faudra donc voir comment les banques européennes les
plus tournées vers les marchés
– outre Société Générale et BNP
Paribas, Deutsche Bank, Barclays,
Credit Suisse ou UBS – encaissent le
choc. La saison des résultats débute
fin janvier sur le Vieux Continent.
En cause, les montagnes russes
des marchés en fin d’année 2018,
qui ont surpris certains stratégistes.
« La volatilité, cela peut être positif
pour l’activité. Mais elle a été trop
brutale au quatrième trimestre »,
estime un analyste. BNP Paribas et
Société Générale se trouvent aux
premières loges, car « elles comptent parmi les grands noms dans les
dérivés actions et ce sont par nature
des métiers plus sensibles », poursuit
cet analyste.
Difficile maîtrise des coûts
Plus largement, les banques françaises souffrent d’une difficulté à
maîtriser leurs coûts – les plans
d’économies ne parvenant pas à
compenser les lourds investissements nécessaires. L’indicateur
rapportant les coûts à leurs revenus
se maintient à 68 %, un niveau dix
points supérieurs à la moyenne
européenne, pointait récemment
l’agence de notation S&P Global
Ratings, qui y voyait « peu de perspectives d’amélioration ».
Dans le même temps, leur capacité à générer des revenus reste
sous pression. « En la matière, les
banques françaises se trouvent loin
de leurs hypothèses. Une voie de sortie consiste à céder des actifs, une
politique que Société Générale a déjà
bien entamée », souligne Jon Peace.
A ces nuages s’ajoutent les incertitudes de l’année à venir marquées
par « les tensions commerciales
entre les Etats-Unis et la Chine, le
Brexit ou encore le changement de
direction à la BCE », pointe un analyste qui prévient déjà : « On peut
s’attendre encore à beaucoup de volatilité. » n
L’espagnol CaixaBank veut supprimer 2.100 emplois
La banque fermera
821 agences pour mieux
adapter son réseau
au virage digital et
aux nouvelles demandes
des clients.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
CaixaBank annonce la première
grande vague de licenciements et
de fermetures d’agences bancaires
liées à la numérisation du métier en
Espagne. La troisième banque du
pays a communiqué jeudi aux syndicats son intention de supprimer
2.157 emplois, soit près de 7,3 % du
total de ses effectifs de 29.500 personnes.
La direction, qui affirme « sa
ferme volonté d’arriver à un accord
consensuel », explique que ces
diminutions d’effectifs sont liées à
la mise en place du nouveau plan
stratégique 2019-2021. Le document, présenté en novembre dernier, prévoit la réorganisation du
réseau afin de mieux prendre le
virage digital avec, à la clef, la fermeture de 821 agences d’ici à trois
ans. Les syndicats ont demandé
que tous les départs puissent avoir
lieu « sur la base du volontariat »,
sous forme de départs ou de retraites anticipées.
L’enseigne, qui a déjà baissé le
rideau de près de 900 succursales
depuis 2014, demeure à ce jour
l ’e n t i t é e s p a g n o l e d o t é e d u
maillage le plus dense sur le territoire, avec un total de 4.461 agences
à travers le pays. Elle prévoit de
faire baisser ce volume de 18 %, en
préservant la couverture des zones
rurales et en travaillant à la réduc-
6,1
MILLIONS
Nombre de clients
numériques de CaixaBank,
leader de la banque digitale
en Espagne.
tion et la transformation de ses officines en milieu urbain. Parallèlement, Caixa veut booster ses
services en ligne, afin de mieux
s’adapter à l’évolution et la diversité
de la demande des clients.
L’ex-caisse d’épargne est loin
d’être seule à revoir son réseau. Santander, BBVA ou Bankia ont eux
aussi amorcé la métamorphose. Après une longue crise qui
s’est soldée par la fermeture de près
40 % du réseau depuis 2007, le secteur bancaire espagnol peut se préparer à une nouvelle vague d’ajustements. JP Morgan prévoit une
réduction globale du nombre
d’agences de 30 %, d’ici à 2021. n
Blanchiment
d’argent :
Western
Union à
l’amende
TRANSFERT
D’ARGENT
La société spécialisée dans le transfert
d’argent écope en
France d’un blâme
et d’une amende
de 1 million d’euros.
Etienne Goetz
@etiennegoetz
Western Union, la société spécialisée dans le transfert international d’argent, a été sanctionnée d’un blâme assorti
d’une amende de 1 million
d’euros pour manquement
dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement
du terrorisme. Dans sa décision,
rendue publique mardi, l’Autorité de contrôle prudentiel et de
résolution (ACPR) reproche à la
filiale européenne du groupe
américain de ne pas connaître
assez bien ses clients, leurs activités, l’origine des fonds transférés et leur bénéficiaire. Mais
aussi l’absence de signalements
à l’organisme Tracfin, chargé de
lutter contre le blanchiment et
du financement du terrorisme.
Vers des pays à risque
Le gendarme s’étonne par
exemple que « l’exécution d’une
opération sur plusieurs milliers
d’euros, pour un motif familial
allégué, par une personne déclarée “employee” à 17 reprises et
“unemployed” à 25 reprises
n’[ait] pas suscité de réaction ».
D’autant plus que les transferts
ont été réalisés vers des
pays présentant un risque
majeur de blanchiment
d’argent et de financement du
terrorisme comme l’Afghanistan, la Turquie, l’Irak ou la Syrie.
Western Union n’a pas plus
signalé à Tracfin un client ayant
effectué 363 transferts entre
janvier 2014 et juin 2016 pour
un peu plus de 45.000 euros
vers 23 personnes différentes
dans 5 pays différents. Le client
a déclaré 296 fois être salarié, et
63 fois être chômeur.
Les défaillances du logiciel
de surveillance sont également
pointées du doigt. Des clients se
sont vus attribuer plusieurs
identifiants quand un même
identifiant a pu servir pour plusieurs clients. Ces numéros
sont pourtant utilisés pour
détecter les opérations fractionnées, qui en cumul dépassent les 7.500 dollars en moins
de 24 heures. Un seuil censé
déclencher une alerte.
Aux Etats-Unis, le spécialiste
des transferts d’argent avait
accepté de verser 586 millions
de dollars aux autorités pour
des manquements dans des
contrôles anti-blanchiment.
Des centaines d’opérations vers
la Chine étaient concernées. n
Accélérer
la transformation digitale
Leader de la banque digitale en
Espagne, avec 6,1 millions de
clients numériques, soit un taux de
32 % de pénétration sur le segment,
CaixaBank veut ainsi accélérer sa
transformation digitale tout en
travaillant sur la reformulation du
rôle des agences. « Les clients font
leurs opérations les plus courantes à
travers leur smartphone ou leur
ordinateur, mais cela ne signifie pas
forcément perdre tout contact physique avec la banque pour autant,
explique Xavier Mas, directeur de
marketing. Ils aiment aussi pouvoir
se rendre dans une agence pour profiter de conseils spécialisés, c’est
à nous de repenser l’expérience
du consommateur dans le monde
digital. »
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
31/12/2018
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
31/12/2018
Performance
1 an
285,71
205,00
344,70
61,62
15/01/2019
16/01/2019
15/01/2019
15/01/2019
-0,16
3,90
4,50
2,16
0,58
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329,87
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25,14
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-0,03
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32 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
Le plus gros actionnaire au monde appelle
les entreprises à définir leur « raison d’être »
l Larry Fink, PDG de BlackRock, exhorte les entreprises
à assumer leurs responsabilités.
l Pour le gestionnaire d’actifs, les profits ne sont en aucun
cas en contradiction avec le long terme.
GOUVERNANCE
Laurence Boisseau
@boisseaul
Depuis des années, Larry Fink, le
patron de BlackRock, le plus gros
actionnaire de la planète, demande
aux entreprises de penser à long
terme. En 2018, il avait déjà appelé
les patrons à œuvrer pour le « bien
commun ». Une révolution. Cette
année, ce financier, soutien fidèle
du parti démocrate, va plus loin. Il
exhorte les entreprises dans
lesquelles il investit à définir leur
« raison d’être ».
La raison d’être est à ses yeux un
repère essentiel pour donner du
sens et gagner en cohésion au sein
d’une entreprise. « La raison d’être
est bien sûr plus qu’un slogan ou une
campagne marketing, c’est ce qu’une
entreprise fait chaque jour pour créer
de la valeur pour l’ensemble de ses
parties prenantes », écrit-il dans la
lettre qu’il envoie chaque année,
début janvier, aux patrons des groupes dans lesquels il a investi, et qui a
été rendue publique ce jeudi.
Changements majeurs
dans les mentalités
Les parties prenantes sont les
actionnaires, les employés, les
clients, et les communautés. Le
PDG de BlackRock précise que « les
profits ne sont en aucun cas en
contradiction avec la raison d’être.
En fait, ils sont intrinsèquement
liés ». Cette remarque lui a paru
nécessaire afin de répondre aux critiques formulées l’an dernier par
certains patrons. « Je ne savais pas
que Larry Fink avait été fait Dieu »,
avait ainsi ironisé le milliardaire de
l’immobilier Sam Zell.
Larry Fink explique pourquoi il
est devenu « primordial pour les
entreprises qui souhaitent attirer et
retenir les meilleurs talents d’articuler clairement leur raison d’être ».
« Les Millennials occuperont des
postes de plus en plus élevés dans les
entreprises. Or, 63 % des Millennials pensent que le but premier des
entreprises devrait être d’ “améliorer
la société” et non plus de “générer du
profit”. » Or, « dans les années à
venir, les convictions de ces générations influenceront non seulement
leurs décisions en tant qu’employés
mais aussi en tant qu’investisseurs ». Au fur et à mesure que les
préférences d’investissement
évolueront, « les questions environnementales, sociales et de gouvernance auront un impact sur l’évaluation des entreprises ». Venant
d’un patron dont la société gère
plus de 6.000 milliards de dollars
d’actifs, cette prise de position
publique témoigne de changements majeurs dans les mentalités
des grands investisseurs américains, focalisés par le passé sur le
retour aux actionnaires. Elle
témoigne aussi d’une inflexion
dans leur politique d’engagement
actionnarial.
Dans la même veine, début
janvier, Cyrus Taraporevala, le PDG
de State Street, avait appelé les
conseils d’administration à accorder plus d’importance à la culture
d’entreprise, qu’il considère
comme l’une des priorités de 2019.
Le développement aux Etats-Unis
des entreprises à mission, plus connues sous le nom de « B Corp »
(pour « benefit corporation »),
comme Patagonia, qui s’est engagé
dans la fabrication et la distribution
de ses vêtements à respecter des
normes environnementales spécifiques, va dans ce sens.
Une caisse de résonance
en France
En France, la missive de BlackRock frappera d’autant plus les
esprits que le projet de loi Pacte,
en cours d’examen au S énat,
comporte deux mesures afin de
redéfinir la raison d’être. Il propose de modifier le Code civil et le
Code de commerce en introduisant dans le droit la notion d’intérêt social de l’entreprise et en
reconnaissant la possibilité aux
sociétés qui le souhaitent de se
doter d’une raison d’être dans
leurs statuts. n
La société de Larry Fink gère plus de 6.000 milliards de dollars d’actifs. Photo Evan Agostini/AP/Sipa
La composition des conseils d’administration devient
une priorité pour les investisseurs
Les gérants sont bien plus
attentifs que par le passé
à la composition des
conseils d’administration.
En 2018, les grands actionnaires
appelaient à plus de dialogue avec
les administrateurs. Cette revendication a été entendue. Ils n’en parlent plus. En revanche, la rémunération des dirigeants reste au centre
de leurs préoccupations. La composition des conseils est aussi
devenue une priorité. Pendant très
longtemps, les actionnaires ne se
sont pas beaucoup intéressés aux
nominations proposées. La donne
est en train de changer.
•DESCOMPOSITION
CONSEILS ET ASSIDUITÉ
DE LEURS MEMBRES
Qu’apporte réellement un administrateur à un conseil ? Aux prochaines assemblées générales, les entreprises vont devoir répondre très
précisément à cette question.
« Nous avons besoin de pouvoir
évaluer si le conseil a, en son sein, les
compétences nécessaires et adéquates pour comprendre les enjeux
stratégiques de la société », explique
Michael Herskovich, responsable
de la gouvernance d’entreprise chez
BNP Paribas AM. Le code AfepMedef révisé en juin dernier recommande aux entreprises de communiquer sur la participation individuelle des administrateurs aux
réunions du conseil. « Nous serons
également attentifs à la disponibilité
et à l’assiduité d’un administrateur », ajoute-t-il. Pour la première
fois, en 2018, un mandat d’administrateur (celui d’Olivier Mistral au
conseil de surveillance de Rubis),
n’a pas été renouvelé pour manque
d’assiduité. Ces critères seront pris
compte pour élire les 148 administrateurs du CAC 40 qui vont remettre en jeu leur mandat, selon le cabinet de recherche en gouvernance
OFG. Pour TechnipFMC, qui va
revoir la totalité de son conseil, ces
votes présentent un enjeu capital. Il
en sera de même pour d’autres
sociétés qui doivent gérer des
renouvellements importants : Bouygues et AccorHotels pour plus de
la moitié des sièges, Engie, Atos,
ArcelorMittal et Hermès pour près
de 45 %. Si un administrateur
cumule trop de mandats, il sera
sanctionné par les actionnaires.
RÉMUNÉRATIONS
•ETLES
LES INDEMNITÉS
« Dans le contexte social actuel, les
investisseurs seront encore plus
vigilants que par le passé », précise
Michael Herskovich. « Les sociétés qui réviseraient leur politique
de rémunération à la hausse risquent de provoquer l’ire des actionnaires », ajoute-t-il. « Les entreprises qui ont obtenu des scores bas,
inférieurs à 65 %, sur les résolutions concernant les rémunérations, n’ont pas indiqué par la suite
comment elles allaient prendre en
compte cette opposition. Parmi ces
entreprises, il y a Vinci, Atos ou
Essilor », explique Bénédicte
Hautefort, présidente-fondatrice
de l’Hebdo des AG, site de veille
sur les assemblées générales.
Renault est aussi dans cette liste :
la rémunération de Carlos Ghosn
n’a obtenu que 56,5 % d’approbation l’an dernier. « Mais les sociétés préfèrent peut-être attendre
l’assemblée générale 2019 pour corriger le tir comme l’ont fait Air
Liquide et Elior en 2018. » Les
investisseurs regarderont de près
les « packages » de départ. Après
la polémique sur les indemnités
de Georges Plassat chez Carrefour, le code Afep-Medef a interdit, en juin, tout accord de nonconcurrence conclu au moment
du départ. L’indemnité de nonconcurrence est exclue quand le
dirigeant part à la retraite et ne
peut être versée au-delà de 65 ans.
Enfin, son paiement sera échelonné sur la durée ; ce qui laisse la
possibilité à l’entreprise d’arrêter
son versement si elle le juge
nécessaire. Les gérants souhaitent que les rémunérations des
dirigeants soient fixées sur du
long terme. Ils commencent à
évoquer des horizons de cinq ans,
contre trois ans auparavant.
•LESL’ENVIRONNEMENT,
QUESTIONS SOCIALES
ET DE GOUVERNANCE
« Nous attendons de voir si le conseil
a des discussions sur les questions
environnementales, sociales et de
gouvernance », commente un gros
actionnaire du CAC 40. Même les
fonds qui ne sont pas dédiés à l’environnement se préoccupent du
changement climatique et veulent
agir sur ce sujet. Cela peut prendre
différentes formes. Les actionnaires s’attendent à ce que les critères
ESG pris en compte pour fixer les
rémunérations exigent un véritable
effort de la part des dirigeants. Ils
souhaitent aussi que les conseils
mettent en place des comités RSE.
Enfin, l’évolution de la parité
femmes-hommes dans les comités
de direction est un sujet d’intérêt
croissant.
— L. Boi.
Le secteur de l’aluminium se prépare au retour de Rusal
MATIÈRES
PREMIÈRES
Le Trésor américain
devrait lever tout
prochainement
les sanctions imposées
au producteur russe.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
C’est peut-être une question d’heures. Bientôt, le numéro deux mondial de l’aluminium, Rusal, ne sera
probablement plus sous sanctions
américaines. Le Trésor devrait retirer de sa liste noire le groupe fondé
par l’homme d’affaires russe Oleg
Deripaska, ainsi que son holding
En+ et une société d’énergie, EuroSibEnergo.
L’administration Trump s’est en
effet donné trente jours à compter
du 19 décembre pour s’exécuter,
après un accord conclu pour que
l’oligarque réduise fortement sa
participation. Et que ce proche de
Vladimir Poutine lâche ainsi le contrôle de sa société. Mais le Trésor
aurait pu devoir faire machine
arrière. Ces derniers jours, des sénateurs américains se sont battus pour
bloquer la levée des pénalités. Craignant que l’accord conclu avec les
équipes d’Oleg Deripaska ne soit pas
suffisant et que celui-ci conserve in
fine le contrôle de ses entreprises,
plusieurs membres du Congrès
voulaient remettre en question la
décision du secrétaire du Trésor,
Steven Mnuchin. Une preuve supplémentaire des tensions politiques
outre-Atlantique, liées à la stratégie
de Donald Trump face à la Russie.
Des démocrates ont donc présenté
une résolution en ce sens, que le
Sénat a majoritairement rejetée
mercredi soir.
Chute des prix
Rusal joue un rôle crucial sur le marché mondial de l’aluminium. Décidées en avril 2018, les sanctions américaines ont bouleversé son activité,
le privant notamment de signer de
Rusal, fondé par Oleg Deripaska, est le numéro deux mondial
de l’aluminium. Photo Olga Matseva/AFP
nouveaux contrats, et laissé l’industrie dans l’expectative, inquiète pour
les livraisons du groupe et le commerce global du métal. Les sanctions sur le producteur russe ont
entraîné une hausse de la demande
d’aluminium chinois. L’onde de
choc qui a déferlé sur le marché
mondial a accru la volatilité des prix.
En avril, les cours avaient flambé de
près de 30 % en quinze jours, avant
de tout perdre au cours des mois qui
ont suivi. Jeudi, la perspective d’un
retour de Rusal a fait de nouveau
chuter les prix. En fin de journée, la
tonne d’aluminium s’échangeait
autour de 1.830 dollars sur le London Metal Exchange (LME). Car certains acteurs du marché anticipent
un afflux de métal. En octobre, les
analystes de Macquarie estimaient
que Rusal avait de l’ordre de 200.000
à 250.000 tonnes d’aluminium
invendu. Chez Citigroup, on parle
désormais de plus de 300.000 tonnes rien qu’en Europe.
D’autres experts rappellent toutefois que le marché mondial est en
déficit et que les négociants ont
réduit leurs stocks. De leur côté, les
consommateurs aux Etats-Unis
pourraient être davantage préservés, les droits de douane ayant
engendré des primes plus élevées
par rapport au reste du monde,
selon Bloomberg. En attendant la
levée officielle des sanctions, à la
Bourse de Hong Kong, où Rusal est
coté (et où il a été très chahuté
depuis neuf mois), l’action du
groupe a grimpé de plus de 6 %. n
Pour Alcoa,
la production
sera déficitaire
en 2019
Le premier producteur
d’aluminium des EtatsUnis s’attend à un déficit
de la production
mondiale entre 1,7 million
et 2,1 millions de tonnes
cette année, après un
déficit de 1,7 million
pour l’année 2018.
Mais Alcoa prévoit
une demande mondiale
moins dynamique,
en hausse de 3 % à 4 %.
Il s’agirait alors
du rythme de croissance
le plus faible depuis
2009, conséquence
du ralentissement
de la croissance
de l’économie mondiale
et du moindre appétit
de la Chine.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
La faillite de l’électricien PG & E
pourrait avoir des effets en cascade
Décès de John Bogle,
fondateur du géant
de la gestion Vanguard
DETTE
GESTION
D’ACTIFS
en effet produire une énergie 100 %
verte d’ici à 2045.
Les autorités semblent ne pas
vouloir trouver d’alternative pour
sauver l’entreprise, très critiquée.
Les enquêtes n’ont pas encore permis de déterminer si ce sont des
équipements de PG & E qui ont
déclenché l’incendie, mais celle-ci a
admis que ses infrastructures
avaient subi des dysfonctionnements dans la région avant le début
de l’incendie. PG & E a en outre été
mise en cause dans plus de 17 incendies survenus en 2017, ayant causé
la mort de plus de 40 personnes.
La faillite de l’électricien californien
PG&E va pénaliser
le secteur financier.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Les incendies qui ont ravagé le nord
de la Californie cet automne n’ont
pas fini de faire des victimes. Lundi,
la Pacific Gas and Electric Company
(PG & E), principal fournisseur
d’électricité de la moitié septentrionale de la Californie, a annoncé
qu’elle se placerait sous la protection du régime des faillites,
évoquant le poids démesuré des
passifs auxquels elle pourrait
devoir faire face.
L’entreprise est en effet soupçonnée d’être à l’origine du démarrage
de l’incendie baptisé « Camp Fire »
qui a éclaté en novembre, le plus
meurtrier de l’histoire de la Californie, qui a tué 86 personnes et détruit
14.000 maisons dans le nord de
l’Etat. Selon la plainte, le feu de forêt
aurait été déclenché par des « étincelles » provoquées par une ligne à
haute tension de PG & E dans la
zone. Mais l’annonce de la faillite,
qui a fait plonger le cours de 91 %
lundi, pourrait aussi avoir des
conséquences en cascade sur
d’autres secteurs de l’économie, en
particulier dans l’industrie financière. Selon l’agence Bloomberg, le
gestionnaire de fonds Vanguard,
dont la quasi-totalité des clients
sont des ménages américains,
Considéré comme
le « père des fonds
indiciels », l’Américain n’a eu de cesse
de promouvoir
ces produits.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
Il était l’une des « légendes »
de la finance. Le fondateur et
ancien président du groupe
financier Vanguard, John
Bogle, est décédé à l’âge de
89 ans en Pennsylvanie, a
annoncé mercredi le géant de
la gestion d’actifs. « John Bogle
a laissé son empreinte non seulement sur l’industrie d’investissement toute entière mais
encore sur la vie des personnes
épargnant pour leur avenir et
celui de leurs enfants », a commenté Tim Buckley, l’actuel
PDG du groupe.
Sous la protection
du chapitre 11
L’incendie qui a ravagé le nord de la Californie, en novembre,
a tué 86 personnes et détruit 14.000 maisons, serait dû à une ligne
de haute tension défaillante de PG & E. Photo Noah Berger/AP/Sipa
détiendrait à lui seul la moitié de la
dette obligataire du groupe, soit
environ 415 millions de dollars
d’obligations municipales. Ces
titres sont dispersés dans différents
fonds monétaires et seuls 2 millions
seraient sécurisés par des banques.
Jusqu’à récemment, la dette de PG
& E était de fait considérée comme
de bonne qualité.
La faillite, qui va permettre à PG
& E de renégocier ses contrats avec
ses fournisseurs, fait aussi craindre
des pressions sur les producteurs
d’énergie solaire et éolienne si les
prix baissent. Les experts, qui
voient dans cette faillite un avantgoût des conséquences économiques dramatiques qui pourraient
découler du réchauffement climatique, craignent aussi que l’épisode
ne contraigne l’Etat à revoir ses
objectifs en matière d’énergie
renouvelable. La Californie espère
A ce jour, elle fait face à une cinquantaine de poursuites liées à
Camp Fire, et à plus de 700 autres
pour les feux survenus en 2017. Présentant la faillite comme « la seule
option viable », l’entreprise évoque
des passifs de plus de 30 milliards
de dollars liés aux dommages des
incendies. PG & E avait en outre
déjà été jugé coupable d’une explosion de gaz en 2010 qui avait ravagé
le quartier de San Bruno, à San
Francisco, tuant 8 personnes, en
cause un mauvais entretien du
réseau.
La société, qui a annoncé le
départ de sa directrice générale,
Geisha Williams, envisage de se placer sous la protection du chapitre 11
autour du 29 janvier, à l’issue du
délai légal de 15 jours. Elle a indiqué
ne prévoir « aucun impact de la
procédure du chapitre 11 sur la fourniture d’électricité ou de gaz naturel à
ses clients », au nombre de 16 millions environ. n
Un « visionnaire »
L’Américain est notamment
considéré comme le père des
fonds indiciels, des instruments financiers qui étaient,
selon lui, le moyen le plus sûr de
gagner de l’argent.
John Bogle a commencé sa
carrière en 1951 dans la société
d’investissement Wellington.
Renvoyé, il a fondé plus de vingt
ans après le groupe Vanguard,
dont les opérations ont démarré
le 1er mai 1975. Ce fut un énorme
ventes aux enchères publiques //
28
VENTE aux enchères publiques au TGI de CHARTRES (28),
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dégagement, une chambre, une salle de bains, une mezzanine au-dessus de la
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Cette propriété comprend une grande pelouse d’environ 2000 m2, à l’extrémité
Est de cette grande pelouse, présence d’un grand terrain divisé en deux parties au
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Cet immeuble est cadastré section 307 B, n°180, 10, rue des Vieilles Pierres pour une contenance de 41 a 10 ca, section 307 B, n° 283
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Chartres, 3, rue Saint-Jacques, tél. 02.37.18.77.00. Le ministère d’Avocat est obligatoire pour enchérir.
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l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé sous la Référence Grefe 18/00232,
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GRYNWAJC – STIBBE), Avocat à PARIS 8ème, 40 rue de Monceau, Tél. : 01 45 63 55 55
Email : v.grynwajc@stg-avocats.com
VISITE sur place Lundi 18 février 2019 de 10 H 00 à 11 H 00
Photo Mark Lennihan/AP/Sipa
succès. Tout au long de sa carrière, John Bogle n’a eu de cesse
de promouvoir les produits indiciels, notamment ceux de sa
société Vanguard, réputés pour
être les moins chers du marché
américain.
Aujourd’hui, le groupe gère
aux alentours de 4.000 milliards de dollars, dont près de
200 milliards en Europe. En
2004, le magazine « Time »
ava i t d é s i g n é Jo h n B o g l e
comme l’une des 100 personnalités les plus puissantes et les
plus influentes au monde. En
2010, le magazine « Forbes » le
décrivait comme la personne
« ayant fait plus de bien pour les
investisseurs que n’importe quel
autre financier du siècle
passé ». n
EN
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PARTENARIAT AVEC
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John Bogle avait fondé
le fonds Vanguard
en 1975.
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93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 19 février 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
UN PAVILLON à NOISY LE GRAND (93)
9 rue du Petit Sainfoin
Comprenant : sas d’entrée, cuisine équipée, salon, chambre, salle d’eau, WC
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(Consignation : 4.600 €)
S’adresser : - A Maître Alain CIEOL, avocat, 27-29 rue de Carency (93)
BOBIGNY, Tél. 01.48.30.11.11, dépositaire d’une copie du cahier des
CCV - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV
est déposé - Sur les lieux pour visiter, le : lundi 11 février 2019 à 14h45
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121547)
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93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 19 février 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
UN STUDIO de 22,51 M² à PANTIN (93)
23 rue Denis Papin
93
93
Vente aux enchères publiques au Palais de justice de BOBIGNY
173, av. Paul Vaillant Couturier le MARDI 19 FEVRIER 2019 à 13h30 - EN UN LOT
à AUBERVILLIERS (93) - 46/48 rue Saint-Denis
DIVERS BATIMENTS A USAGE INDUSTRIELS, de BUREAUX, de
GARAGES et UN PETIT PAVILLON D’HABITATION. partiellement occupés.
Mise à Prix : 300.000 €
Consignation pour enchérir : chèque de banque à l’ordre de Mr le Bâtonnier
Séquestre représentant 10 % du montant de la mise à prix avec un minimum de 3 000 €.
Outre les clauses et conditions énoncées au cahier des Conditions de vente.
Rens. : Au cabinet de Me Ingrid FOY, Avocat au Barreau de la Seine Saint Denis, 13 Mail
Centre Ville – 93110 ROSNY SOUS BOIS - T. 01.49.35.70.13, dépositaire d’une copie
du cahier des conditions de vente. Me Emmanuel CONSTANT, Avocat au Barreau de
PARIS, 25 rue Saint-Sébastien - PARIS 11ème - T. 01.55.28.65.56 - www.cbavocats.eu.
Au grefe du JEX du TGI de BOBIGNY, où le cahier des conditions de vente est déposé
et peut être consulté. www.ferrari.fr
Visite le LUNDI 11 FEVRIER 2019 DE 11H00 À 11H45 en présence de
l’étude MICHON et ASSOCIES huissiers de justice à BAGNOLET
Au 4ème étage face : pièce principale avec coin cuisine, chambre, SdB et
WC - CAVE
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Mise à Prix : 25.000 €
(Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET avocats, 14 allée Michelet
(93) LES PAVILLONS SOUS BOIS, Tél. 01.48.47.43.47, dépositaire d’une copie
du CCV - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est
déposé - Sur les lieux pour visiter, le lundi 11 février 2019 de 9h00 à 9h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121546)
Si vous souhaitez paraître dans cette rubrique :
agence@immolegal.fr - Tél : 01.42.96.96.72
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
euronext
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
SÉANCE DU 17 - 01 - 2019
CAC 40 : 4794,37 (-0,34 %) NEXT 20 : 10753,38 (0,00 %)
CAC LARGE 60 : 5328,66 (-0,31 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3752,3 (-0,28 %)
DATE DE PROROGATION : 28 JANVIER
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
15/01/19 3,5
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
37,77
642018
290.969.205
103,75
572031
428.341.474
91,7
1196890
776.469.994
19,1
3917833
1.021.903.623
70,5
432476
106.884.219
20,03
6423131
2.424.908.275
41,76
6948081
1.249.798.561
29,72
791902
371.977.875
93,38
781033
167.293.730
16,01
1878271
789.252.839
10,182
8627338
2.866.437.156
61,42
1185223
685.055.200
107,4
251521
261.541.129
13,445
4191940
2.435.285.011
112
887475
426.777.218
487,7
70663
105.569.412
395
168130
126.279.322
248
784017
505.028.789
50,5
457634
267.471.813
195,75
421672
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
37,77
38,1
37,6
103,95
104,2
103,15
91,76
92,34
90,86
19,34
19,38
18,91
70,24
70,62
69,78
20,1
20,19
19,764
41,42
42,37
41,41
29,79
29,79
29,33
93,86
94,68
92,72
16,02
16,075
15,82
10,154
10,264
10,12
61,9
61,91
61,41
108,6
109,1
107,4
13,6
13,63
13,415
112,1
112,25
111,8
495,7
495,7
486,5
397,5
401,4
393
246,55
248,7
245,5
50,3
50,52
50,1
196,75
197
195,3
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 0,26 + 1,78
- 0,4
38,1
- 16,71
36
2,78
- 4,15
- 2,26 107,95
- 4,55 102,05
2,55
- 0,84 + 9,29
3,4
+ 4,69
93,04 27,03
+ 2,25
77,5
1,64
+ 0,31 + 6,62
- 0,43
20,15
- 35,05
17,056
- 0,48 - 1,73
+ 3,32
75,14
- 44,78
67,5
2,42
+ 0,25 + 6,59
+ 5,68
20,19
- 24,75
18,428 6,27
- 3,85 + 4,93
+ 2,07
43,08
- 37,6
38,135
7,29
- 0,3
- 4,95
- 8,34
31,21
- 34,71
29,26
5,71
+ 0,21 + 8,13
+2
94,68
- 11,49
79,8
1,81
+ 7,44
+ 9,65
16,265
- 9,41
14,485 2,87
- 1,86 + 7,68
+ 2,45
10,354
- 33,18
9,095
6,2
+ 0,7 + 0,63
- 2,1
62,49
- 10,45
60,2
3,07
+ 0,88 + 4,73
+ 5,74 109,1
+ 17,74
96,02
0,53
+ 0,74 + 8,58
1,21
+ 5,71
13,645 11,28
- 6,53
12,17
2,72
+ 0,13 + 1,49
+ 2,37 112,6
+ 0,49 108,95
1,37
+ 1,39 + 2,25
+ 3,96 501
+ 10,65 462,4
1,53
+ 0,13 - 3,43
- 1,39 429,8
+ 6,27 380,7
0,88
- 0,96 - 4,51
- 1,42 266,2
+ 1,73 243,65
0,81
- 0,55 + 2,03
+ 1,97
51,32
- 24,02
47,91
2,51
+ 0,77 - 2,21
- 3,22 201,2
+ 6,7
194,55
1,8
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
88,04
458077
179.750.453
13,335
4800020
2.660.056.599
137,45
310320
265.421.592
21,2
2482361
904.828.213
52,2
523008
235.249.801
56,45
1025124
295.722.284
108,25
912055
409.116.893
28,875
1869056
546.585.004
73,78
1760677
1.252.219.053
58,04
1317626
579.138.192
29,03
14006031
807.917.739
94
332691
147.454.887
12,295
3364808
911.156.920
19,995
940292
450.480.680
46,85
4668372
2.640.602.007
144,14
473516
138.286.626
25,94
1303644
240.253.100
17,955
914088
565.593.341
73,7
1115701
597.489.393
21,61
2024577
1.305.804.297
SRD
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
AB SCIENCE (AB) g
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,81
+ 4,17
- 31,04
+ 0,34
- 6,86
- 7,56
+ 0,77
- 5,73
+ 5,53
- 1,08
+16,52
+ 15,4
- 0,34
+ 4,55
- 8,33
- 1,32
+ 2,69
- 37,38
- 0,14
+ 0,56
+ 20,09
+ 1,02
+ 1,02
- 38,82
- 0,81
- 4,79
+ 1,15
- 0,1
- 3,11
- 21,63
- 5,66
- 1,81
- 37,07
+ 1,75
+ 5,45
- 12,64
- 1,83
+ 1,86
- 37,25
+ 0,25
+14,29
- 26,53
- 0,29
- 3,5
- 2,02
+ 0,58
+ 2,62
- 0,16
+ 7,35
- 60,04
+ 0,03
- 3,07
- 14,7
+ 0,76
+ 2,79
- 14,92
+ 0,55
+ 4,04
- 7,09
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 3,16
90,72
83,74
3,97
- 5,02
14,34
13,325 2,23
- 3,52
142,3
136
0,98
+ 13,11
21,38
17,87
2,51
+ 4,59
53,74
48,7
3,82
+ 2,9
57,44
51,98
6,33
+ 2,66
109,1
101,1
1,48
+ 0,45
30,165
28,275 4,44
- 2,58
75,68
72,75
4,11
- 2,08
60,86
57,58
3,76
+ 2,44
30,385
26,88
7,72
+ 6,35
95,8
86,78
2,89
- 1,32
0,23
12,55 54,21
10,635 0,43
+ 13,77
20,47
16,6
+ 1,59
48,075
44,775
1,36
+ 8,05
146,86
130,18
+ 1,29
28,41
23,5
4,84
+ 0,19
18,27
17,5
4,67
+ 3,28
74,74
70,2
1,01
+ 2,82
22,1
20,8
2,06
VALEURS FRANÇAISES
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,94
3,892
21022
3,948
40.789.901
3,87
B 6,24
6,13
19279
6,24
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,13
ABIVAX (ABVX) g
B 10,86
10,76
6261
10,92
FR0012333284
10.024.182
10,6
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,518
0,506
2910
0,518
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,504
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,37
3,32
5568
3,37
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,32
ADOCIA (ADOC) g
B 15,78
14,94
31839
15,78
FR0011184241
6.916.753
14,24
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 165
163,4
68548
165
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
163,2
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 9,18
9,372
3178961
9,412
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
9,05
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 48,75
49,1
15724
49,75
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
47,75
AKWEL (AKW) g
B 16,78
16,8
8750
16,9
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
16,68
ALD (ALD)
A 11,5
11,37
41743
11,5
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
11,25
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 24,2
24,55
10101
24,6
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
24
ALSTOM (ALO) LR
A 35,99
35,01
1162047
36,1
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.256.020
34,81
ALTAREA (ALTA) g
A 170
169,2
1935
170
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
168,2
ALTEN (ATE) G
A 75,1
75,7
34903
76,1
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
74,95
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,92
8,205
1493384
8,315
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,85
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,22
3,27
5708
3,27
FR0012789667
47.804.841
3,21
AMUNDI (AMUN) G
A 48,87
49,19
EX-DS 15/03/17
153825
49,6
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
48,68
APRIL GROUP (APR)
B 20,6
20,5
66217
20,6
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
20,5
ARCHOS (JXR) g
C 0,307
0,317
927976
0,328
FR0000182479
57.851.743
0,294
ARKEMA (AKE) L
A 82,3
81,98
419559
82,72
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
80,56
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 14,84
14,54
14199
14,84
FR0000074783
6.651.515
14,5
ASSYSTEM (ASY) g
B 29
28,6
OPA 24/11/17
3238
29,2
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
28,6
ATARI (ATA)
C 0,355
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199325
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FR0010478248
255.105.360
0,345
AUBAY (AUB) g
C 31,05
31,3
11027
31,65
FR0000063737
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30,4
AUREA (AURE)
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5,98
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6
FR0000039232
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B 12,1
12
3730
12,1
FR0011040500
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12,54
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51,7
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BOLLORÉ (BOL) G
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BUREAU VERITAS (BVI) L
A 18,75
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BURELLE SA (BUR)
A 912
920
134
920
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CARMILA (CARM)
C 16,06
15,98
41514
16,3
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
15,94
CASINO (CO) LR
A 35,49
36,19
435116
36,66
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
35,12
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,62
2,565
266443
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FR0010193052
30.514.178
2,42
CGG (CGG) G
C 1,507
1,445
4378907
1,525
FR0013181864
709.944.398
1,442
CHARGEURS (CRI) g
C 18,7
18,71
11676
18,83
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
18,38
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 338,8
339,9
EX D OP 08/06/17
11770
342,6
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
337,7
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A 6000
6000
1
6000
FR0000079659
07/06/18 180 559.735
6000
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
CLOT
+ HAUT
+ BAS
89,44
89,44
87,56
13,445
13,48
13,325
138,25
138,45
136,95
21,09
21,31
20,84
52,38
52,46
51,56
56,13
56,65
55,95
108,2
108,85
107,6
29,295
29,44
28,61
73,71
74,19
73,49
58,48
58,58
57,72
28,5
29,49
28,055
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95,8
93,16
12,32
12,345
12,125
20,08
20,21
19,81
46,915
47,335
46,61
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146,86
143,74
25,84
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17,99
18,015
17,835
74,38
74,74
73,14
21,88
21,95
21,59
+ 0,73
+ 3,24
- 56,07
- 1,13
+ 0,82
- 6,7
- 0,92
- 8,03
+ 19,96
+ 0,4
- 6,3
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- 0,6
+ 7,1
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- 3,61
+25,76
- 10,54
- 0,67
- 1,51
- 0,31
+ 1,98
+ 2,9
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+ 0,72
+ 8,27
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+ 0,24
+16,5
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+ 6,26
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+ 1,66
+ 7,68
- 29,05
- 1,82
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- 4,66
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- 20
+ 0,27
+ 2,23
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+20,66
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+ 0,62
+21,11
- 13,49
- 0,65
+ 5,74
- 32,71
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+28,13
+ 28,93
+ 6,03
- 3,21
- 54,26
+ 0,49
+ 9,07
- 19,03
- 2,02
+30,76
- 14,37
- 2,89
+ 5,15
- 5,92
- 2,27
+6
- 22,58
+ 2,29
+13
- 10,57
- 0,33
+ 2,75
- 28,13
- 1,87
- 7,89
- 42,93
- 0,83
+ 0,5
- 45,7
+ 0,47
+15,61
- 43,38
+ 0,44
+2
- 6,61
- 0,98
+ 4,14
- 39,36
- 0,17
+ 0,84
- 22,91
+ 12,23
4,128
3,378
+ 0,82
6,27
5,98
- 9,12
12,8
10,5
+ 2,02
0,52
0,491
- 1,78
3,61
3,24
- 9,67
17,08
14,24
- 1,27
171,3
159,1
- 1,14
9,78
8,68
+ 11,09
49,75
42,1
+ 4,35
17,6
15,3
+ 9,33
11,6
10,1
- 0,61
24,65
22,55
- 0,74
36,1
33,4
+ 2,05
175,4
163,4
+ 4,13
78,75
70,25
+ 17,13
8,315
6,51
+ 18,91
3,27
2,75
+ 6,56
49,6
44,59
+ 2,76
20,6
19,95
- 13,29
0,397
0,294
+ 9,36
83,8
72,88
+ 1,25
15,48
13,1
+ 5,73
29,8
25,75
+ 1,17
0,386
0,32
+ 11,19
31,65
25,8
+ 8,73
6,08
5,18
+ 2,27
0,188
0,146
- 3,38
13,52
11,82
+ 10,98
12,86
10,72
+ 3,03
91,85
85,35
+ 13,11
9,6
7,8
+ 4,17
60,3
53,1
+ 5,62
+ 2,58 54,3
- 31,7
47,5
- 0,22 + 2,91
- 0,22
3,714
- 22,03
3,412
+ 0,16 + 10,04
+ 4,69 31,5
- 30,56 28,2
+ 0,43 + 5,93
+ 3,15
18,9
- 22,04 16,99
+ 1,55 + 15,58
+14,71 920
- 32,85 730
- 0,13 - 1,11
- 6,44 16,64
- 32,86 15,76
+ 2,03 - 0,41
+ 0,36 36,81
- 24,76 34,01
- 3,39 + 11,52
+15,54
2,965
- 23,74
2,115
- 4,37 + 25
+30,42
1,548
- 26,05
1,081
+ 0,54 + 11,37
+15,78 19,08
- 29,45 16,18
- 0,18 + 1,8
+ 1,92 354,6
+ 13,19 323,9
+ 5,26 + 7,14
+ 7,14 6000
- 20 5700
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
CLARANOVA (CLA) g
C 0,66
0,651
3163362
0,673
393.613.788
0,637
A 19,44
19,41
290071
19,56
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
19,34
COFACE (COFA) g
A 8,18
8,12
57263
8,24
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
8,12
COLAS (RE)
A 133,8
135
129
135
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
133,8
COVIVIO (COV) G
A 86,45
87
89112
87,05
FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
86,2
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 24,6
24,5
923
25
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
24,5
DASSAULT AV. (AM) G
A 1250
1250
4089
1251
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1245
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 107,4
108,6
251521
109,1
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
107,4
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 13,05
12,58
676814
13,1
FR0010417345
30.137.977
12,21
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,02
3,954
443644
4,02
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
3,932
DEVOTEAM (DVT) g
C 94,4
94
4530
95,2
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
93,4
DNXCORP (DNX) g
C 5,2
5
1133
5,2
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
4,9
EDENRED (EDEN) G
A 35,73
36,33
408775
36,6
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
35,7
EDF (EDF) LR
A 13,65
13,825
EX-DS 7/03/17
1771938
13,87
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
13,615
EIFFAGE (FGR) LR
A 76,14
76,88
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FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
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EKINOPS (EKI) g
2,79
2,76
16899
2,84
FR0011466069
21.529.161
2,74
ELIOR (ELIOR) G
A 13
12,82
347916
13,13
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
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ELIS (ELIS) G
A 13,69
13,28
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13,71
FR0012435121
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13,28
EOS IMAGING (EOSI)
C 2,745
2,62
42118
2,75
FR0011191766
26.237.907
2,62
ERAMET (ERA) Gg
A 64,35
68,25
112240
68,6
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
63,65
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 6,7
6,805
23533
6,99
FR0011471135
17.940.035
6,7
ESI GROUP (ESI) g
C 27,4
26,95
1723
27,5
FR0004110310
6.017.892
26,95
EURAZEO (RF) G
A 64
63,85
80342
64,25
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
63,6
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,15
3,13
1958
3,15
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3,09
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 332,2
331
33509
334,2
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
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EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,85
7,875
221811
7,93
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
7,79
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 17,41
17,535
366535
17,665
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
17,285
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 75,2
73,6
110
75,2
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
73,6
FAURECIA (EO) G
A 35,65
35,26
465745
35,74
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
34,87
FFP (FFP) g
A 89,9
87,9
3536
89,9
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
87,5
FIGEAC AERO (FGA) g
B 12,6
12,64
12,78
8050
FR0011665280
31.839.473
12,46
FIN. ODET (ODET)
A 788
784
87
788
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07/06/18 1 6.585.990
774
FNAC DARTY (FNAC)
A 60,55
61,8
52227
61,9
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26.792.938
59,4
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 60
60
2590
60,2
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
60
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A
/160119
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,26
3,61
0,43
1,43
1,79
4,84
2,04
1
1,32
2,93
5,08
1,32
2,81
3,5
0,86
2,51
1,67
1,96
3,76
1,1
0,57
3,1
0,56
1,6
2,97
1,74
4,31
1,6
1
3
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
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B 1,13
N/P REGR.
942
FR0011284991
277.776.587
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C 0,112
422761
FR0000079634
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GECINA (GFC) G
A 120,5
89216
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
GEMALTO (GTO) L
A 50,66
182586
NL0000400653
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GENFIT (GNFT) G
B 18,57
135995
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 2,81
248732
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,14
354402
FR0011790542
79.347.621
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22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 17,64
21777
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
1,13
1,13
1,13
0,111
0,113
0,11
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121
119,6
50,68
50,72
50,66
17,9
18,6
17,85
2,94
3,03
2,76
1,06
1,14
1,046
12,365
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17,56
17,7
17,36
- 1,06 + 5,17
+ 9,41
0,7
- 22,59
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+ 1,04 19,56
- 4,57
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+ 6,98
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7,73
+ 0,9 - 3,57
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+ 1,99 87,05
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-52,99 14,97
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3,812
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+ 9,43 97,5
+ 17,5
76,5
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+ 0,4
5,4
- 24,92
4,63
+ 1,59 + 13,14
+14,03 36,6
+ 42,58 31,44
+ 0,91 + 0,18
- 2,64 14,005
+ 26,72 13,55
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+ 6,39 77,12
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- 1,08 + 3,76
+ 4,35
3,045
- 41,28
2,535
- 1,99 - 1,84
+ 0,55 13,74
- 31,99 12,52
- 2,35 - 8,73
- 7,39 15,41
- 42,66 13,28
- 4,55 - 22,6
-31,41
3,46
- 53,79
2,62
+ 6,06 + 13,09
+21,01 68,6
- 43,73 55,4
+ 1,57 + 8,88
+ 3,11
7,115
- 63,18
6,02
- 1,64 - 2,88
-2
28,75
- 40,11
26,2
- 0,47 + 3,32
+ 2,98 64,45
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- 0,64 + 13
+18,11
3,18
- 8,75
2,69
- 0,72 + 1,53
+ 2,16 361,2
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- 0,44 + 0,13
+ 9,6
8,395
- 24,28
7,53
+ 0,72 + 1,92
- 5,29 18,68
- 8,84 16,99
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+18,71 79,2
- 38,41 65
- 2
+ 6,62
+15,19 38,84
- 51,62 30,12
- 2,23 + 9,6
+ 6,93 90,1
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+ 1,61 + 14,91
+14,29 13,1
- 33,82 10,24
+ 0,77 - 1,51
+ 3,16 802
- 22,76 764
+ 2,57 + 8,23
+22,38 62,25
- 34,91 55
- 1,32
- 3,85 60,8
57,8
+ 8,9
+ 0,63 342
- 37,03 286
+ 0,46
- 7,92
- 49,31
- 0,5
- 0,66
- 23,11
- 0,08
+ 2,12
- 2,35
-14,19
- 28,69
+ 4,63
-35,67
- 48,24
- 8,62
-19,58
- 38,37
+ 3,21
+ 8,66
+ 12,31
+ 0,11
+10,16
- 30,13
1,14
1,13
+ 9,41
0,124
0,101
+ 6,28
121,3
110,3
+ 0,04
50,76
50,64
+ 3,17
19,18
16,55
- 11,71
3,79
2,76
+ 4,33
1,288
0,98
+ 5,41
12,39
11,615
+ 1,97
18,5
15,92
4,33
4,19
6,07
1,22
0,53
3,54
0,96
28
1,09
2,6
3,28
2,79
3,37
1,96
4,79
0,73
1,93
7,24
2,15
3,12
2,28
0,13
2,2
4,21
12,03
2,43
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 50,6
49,95
3635
50,8
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
49,9
GROUPE FLO (FLO) g
B 0,193
0,205
EX D S 13/06/17
164348
0,21
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,193
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 9,93
9,94
2249
9,97
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
9,85
GROUPE LDLC (LDL) g
C 6,66
6,58
NOM.
17103
6,75
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
6,42
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
18,85
19
REGR.
465
19
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
18,85
GTT (GTT) Gg
A 68
68,45
62246
68,45
67,75
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B9
8,9
11931
9
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
8,9
HIGH CO (HCO) g
C 5,12
5,23
8507
5,3
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,11
HUBWOO (HBW) g
C 0,165
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36686
0,175
FR0004052561
136.345.527
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ICADE (ICAD) G
A 71
71,1
57771
71,4
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
70,35
ID LOGISTIC (IDL) g
B 132
137,2
2517
137,4
FR0010929125
5.628.475
132
ILIAD (ILD) G
A 103,05
104,35
145035
104,85
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
101,8
IMERYS (NK) G
A 44,02
43,82
79209
44,2
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
43,2
INGENICO GROUP (ING) LR
A 51,26
50,94
293565
51,48
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
50,62
INNATE PHARMA (IPH) g
B 7,335
7,17
112892
7,4
FR0010331421
63.932.655
7,145
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,79
1,742
67772
1,826
FR0010291245
44.119.162
1,74
INTERPARFUMS (ITP) g
A 39,95
41
34690
41,2
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
39,65
IPSEN (IPN) G
A 120
118,2
79813
120,15
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
117,55
IPSOS (IPS) G
A 21,42
21,1
38994
21,46
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
21,06
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 16,16
16
42900
16,24
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
15,86
JCDECAUX (DEC) G
A 25,6
24,84
144060
25,6
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
24,72
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 33,3
33,16
38547
33,84
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
33,02
KLEPIERRE (LI) LR
A 28,17
27,96
650173
28,17
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
27,76
KORIAN (KORI)
A 33,06
33,96
226343
34,06
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
32,76
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,43
41
21641
41,06
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40
LAGARDÈRE (MMB) G
A 22,36
22,23
215085
22,38
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
22,1
LATECOERE (LAT) g
C 2,835
2,775
79303
2,835
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
2,75
LE BÉLIER (BELI) g
C 34,55
34,75
1329
34,9
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
34,5
LNA SANTÉ (LNA) g
B 46,9
46,7
3412
47,25
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
46,6
LECTRA (LSS)
B 20,6
21,4
21767
21,5
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
20,55
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 37,2
36,15
1692
37,35
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
36,15
LISI (FII) g
A 25,8
25,5
10523
25,8
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
25,25
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,02
13,14
18472
13,4
FR0000038242
16.754.425
13,02
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 13,42
13,07
264799
13,43
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
12,76
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 20,42
20,72
136098
20,82
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
19,79
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 34,05
34,1
1028
34,25
34
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 23,95
23,8
8893
23,95
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
23,55
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 2,71
2,685
8105
2,755
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.338.654
2,685
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,28
2,275
16956
2,3
FR0010609263
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2,25
MERCIALYS (MERY) g
A 12,69
12,83
140093
12,95
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
12,66
MERSEN (MRN) g
B 26,3
26,45
25204
26,6
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
26,05
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,59
1,586
9288
1,598
FR0004177046
23.261.500
1,58
NANOBIOTIX (NANO) g
B 11,65
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88046
11,8
FR0011341205
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11,4
NATIXIS (KN) LR
A 4,462
4,442
5259976
4,525
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
4,412
NEOEN (NEOEN)
A 20,4
19,94
17227
20,5
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84.957.498
19,94
NETGEM (NTG) g
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1,17
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1,185
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1,16
NEXANS (NEX) G
A 24,5
24,45
75767
24,58
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
24,13
NEXITY (NXI) G
A 40,34
40,02
44329
40,34
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
39,62
NICOX (COX)
B 6,495
6,13
162852
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FR0013018124
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NRJ GROUP (NRG) g
B 7,4
7,44
4290
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7,34
OENEO (SBT) g
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9,88
15275
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9,79
ONXEO (ONXEO) g
B 1,019
0,972
115509
1,019
FR0010095596
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0,972
ORPÉA (ORP) G
A 85,5
87,34
156417
87,66
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
85,22
PARROT (PARRO) g
B 3,295
3,305
8650
3,345
FR0004038263
30.174.671
3,285
PHARMAGEST INT. (PHA)
58,2
57,7
4243
58,4
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57,6
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 17
17,04
2559
17,36
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
16,82
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,792
1,76
58242
1,798
FR0011950641
21.606.363
1,73
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 23,43
23,19
175679
23,51
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
22,67
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 9,67
9,42
DIV 8 02/05/17
28403
9,7
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
9,33
RALLYE (RAL)
A 8,93
8,975
29188
9,09
FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
8,82
RAMSAY GDS (GDS)
A 21,8
19,6
2568
21,8
FR0000044471
02/12/14 1,4 75.957.095
18,9
RECYLEX SA (RX)
C 6,74
6,67
5993
6,745
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
6,53
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 99
101
85674
101,1
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
98,95
REXEL (RXL) G
A 9,898
9,84
771277
9,958
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
9,742
ROBERTET SA (CBE)
B
/061218
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/040119
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 30,3
30,3
16899
30,35
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
30
RUBIS (RUI)
A 50,95
51,55
DIV 2 28/07/17
203949
51,6
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
50,2
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 88,9
87,7
DIV 6 10/05/16
57297
88,9
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
87,2
SAVENCIA (BH)
B 58,2
58,6
1572
58,6
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
58
SCOR (SCR) LR
A 41,27
41,3
307218
41,61
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
41,05
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 0,89 - 5,75
- 0,5
55,8
- 33,58 48,8
8,81
- 1,21 + 5,13
+ 1,49
0,212
- 29,79
0,185
+ 0,2 + 18,19
+24,25 10,18
- 45,26
8,26
- 1,2 + 13,84
+10,22
8,9
- 67,75
5,66
+ 0,8 - 5
- 1,81 20
- 45,09 18,55
+ 0,44 + 1,94
- 1,58 69,1
1,94
+ 29,76 63,7
- 1,11 + 0,79
+ 2,42
9,65
- 51,26
8,18
+ 2,35 + 18,46
+13,7
5,3
+ 3,98
4,305
2,68
+ 6,06 + 29,63
+19,05
0,175
+ 9,38
0,138
+ 0,14 + 6,92
+ 8,38 71,6
- 15,76 64,05
+ 3,94 + 19,3
+ 8,54 137,4
+ 0,73 112,2
+ 1,11 - 14,92
-17,61 123,65
- 49,83 101,8
0,65
+ 0,05 + 4,38
+ 5,59 46,74
- 47,33 40,6
4,74
- 1,05 + 2,83
- 4,14 53,1
- 44,12 46,63
- 0,97 - 3,56
- 5,16
8,08
+ 30,84
7,145
- 1,58 + 26,6
+25,5
1,986
- 42,41
1,302
+ 2,76 + 21,48
+20,23 41,2
+ 21,89 32,05
1,63
- 1,71 + 4,74
- 0,84 120,25
+ 6,58 107,65
0,85
- 2,04 + 2,73
+ 0,86 22,42
- 34,72 20,08
4,12
- 0,99 + 3,09
+10,34 17,96
- 49,04 15,08
4,38
- 2,89 + 1,31
- 5,69 27,2
- 29,79 23,84
2,25
+ 0,36 - 0,72
+12,87 37
- 18,28 32,76
- 0,75 + 3,71
- 1,31 28,26
- 21,92 26,26
+ 2,72 + 9,27
+ 8,29 34,06
+ 17,51 30,08
+ 0,76 + 14,43
4
+11,99 41,06
- 17,95 35,21
- 0,85 + 0,95
- 1,16 22,96
- 14,04 21,36
5,85
- 1,07 - 0,18
+ 8,82
3,035
- 50,36
2,61
+ 1,16 + 14,88
+20,24 34,9
- 40,39 28,9
3,4
- 0,85 + 7,23
+ 1,97 48,7
- 16,01 43,2
+ 4,39 + 17,71
+20,9
21,5
- 16,08 17,84
1,78
- 3,08 + 14,76
+18,91 38,3
- 1,5
31,3
3,73
- 0,39 + 24,39
+15,91 25,85
- 36,25 20,2
1,88
- 1,2 + 19,45
+19,45 13,46
+ 95,01 10,66
- 3,19 - 6,91
- 7,5
14,27
- 39,88 12,76
7,27
+ 1,77 + 24
+27,51
21,74
- 43,79 16,15
2,12
+ 0,29 + 6,4
+ 6,56 34,3
- 43,54 30
4,99
- 0,21 + 6,25
+19
25,2
- 27,66 20,8
2,61
- 1,65 + 2,09
-31,94
2,89
- 78,14
2,4
- 0,22 + 13,18
+ 4,36
2,475
- 49,78
1,984
+ 0,63 + 7,18
- 0,77 12,95
- 30,27
11,78
+ 0,95 + 12,55
+17,04 26,95
- 34,77 22,8
2,84
- 0,63 - 1,37
- 4,34
1,66
- 33,78
1,58
- 1,03 - 0,6
- 5,47 13,82
- 21,61
11,2
- 0,8 + 7,84
+ 0,2
4,525
- 38,22
4,06
8,33
- 0,8 + 5,28
+ 8,13 20,5
+ 20,85 18,8
- 0,43 + 19,39
+25,81
1,24
- 53,57
0,94
42,74
- 1,01 + 0,49
- 0,97 25,95
- 52,02 23,13
2,86
- 0,2 + 1,57
- 1,48 40,5
- 20,67 37,78
6,25
- 4,44 + 22,36
+16,76
7,145
- 40,25
4,96
+ 1,09 + 0,27
+ 0,54
7,7
- 18,24
7,26
2,02
- 0,5 + 13,3
+10,02 10
- 8,52
8,58
- 3,33 + 11,41
+ 9,16
1,045
- 48,65
0,871
+ 2,03 - 2,11
- 6,29 94,1
- 13,05 84,82
1,26
+ 0,15 + 3,44
+ 2,64
3,49
- 61,75
3,19
- 0,69 + 12,92
+11,18 60,3
+ 20,71 50
+ 0,24 + 6,5
+14,82 18,5
- 61,58 15,62
- 1,24 + 5,14
- 0,79
1,978
- 37,17
1,652
- 1,45 + 14,97
+23,19 24,3
- 42,67 19,1
- 1,88 + 5,96
+19,09
9,77
- 49,08
8,17
+ 0,96 - 0,39
- 0,77
9,285
- 38,65
8,7
11,14
- 6,67 - 8,41
- 4,85 22
+ 20,25 18,9
- 1,48 + 19,11
+ 9,52
7,47
- 51,56
5,47
+ 1,97 + 2,07
- 0,69 101,5
- 9,98 94,15
1,63
- 0,28 + 5,81
+ 0,96
9,958
- 34,66
8,752
4,27
+ 30,3
+ 0,83
- 1,14
+ 1,58
+ 5,9
- 12,11
- 1,74
- 1,9
+ 35,76
+ 1,03
- 5,48
- 28,19
- 0,72
+ 6,5
+ 13,65
44
44
- 1,78
30,85
29,05
+ 9,96
51,6
45,8
+ 0,4
91,5
83
+ 5,02
62,6
55,4
+ 4,82
41,87
37,95
2,24
2,91
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 127
32593
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,21
241350
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 22,8
22643
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,6
17379
FR0013006558
34.623.503
SIPH (SIPH) g
B 82,5
87
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
B 58,7
SOITEC (SOI) G
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
119637
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,528
REGR.
1826655
FR0012938884
583.630.365
SOMFY (SO)
A 66
2353
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 84,3
61926
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 13,69
616979
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
17,78
3189
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.425.786
ST DUPONT (DPT) g
C 0,126
1514
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
B 79,3
STEF (STF) g
937
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,49
99322
FR0010949404
26.824.657
SUEZ ENVIRONNEMENT (SEV) LR A 11,355
925539
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,418
12971
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 31,2
6116
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 27,45
3110
FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 18,4
60090
FR0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
A 1,02
TECHNICOLOR (TCH) G
1315496
FR0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
A 140,3
TELEPERFORMANCE (RCF) G
97621
FR0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
TERREIS (TER)
B 37,6
434
FR0010407049
13/11/18 0,44 25.327.454
TF1 (TFI) G
A 6,65
747009
FR0000054900
30/04/18 0,35 209.912.140
TFF GROUP (TFF)
B 41,925
1208
FR0013295789
06/11/18 0,35 21.680.000
THALES (HO) LR
A 98,52
295209
FR0000121329
04/12/18 0,5 213.097.001
THERMADOR GROUPE (THEP)
B 46,8
1758
FR0013333432
9.109.752
TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 19,6
EX D S 03/07/17
4673
FR0013230612
30/05/18 1 103.477.599
C 4,9
TOUAX (TOUP) g
2101
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
TRANSGÈNE (TNG)
B 2,845
38147
FR0005175080
62.275.923
TRIGANO (TRI) g
B 81,2
23999
FR0005691656
11/01/19 2 19.336.269
UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 76,16
320081
FR0000054470
112.968.495
VALLOUREC (VK) G
A 1,805
2984746
FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
VALNEVA (VLA) g
B 3,69
138878
FR0004056851
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VICAT (VCT) G
A 43,32
14505
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
A 60
VILMORIN & CIE (RIN) G
9772
FR0000052516
12/12/18 1,35 20.833.902
VIRBAC (VIRP) g
A 121,6
7300
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,5
436
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 25,4
4931
FR0013357621
20.196.492
WENDEL (MF) G
A 106,5
28256
FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 43
76461
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 5,13
47844
BE0974310428
130.781.669
A
XPO LOGISTICS (XPO) g
FR0000052870
CLOT
+ HAUT
+ BAS
125,1
127,1
124,8
0,207
0,211
0,205
21,45
22,95
21
2,585
2,61
2,585
82
82,5
81,9
58,85
59,65
57,8
0,536
0,549
0,513
67,5
67,5
66
82,8
84,75
82,4
13,95
14,23
13,6
17,92
18,1
17,64
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0,133
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79
79,3
78,9
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32,1
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27,5
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1,026
1,052
1,003
142,8
144,3
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37,8
37,5
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41,2
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99,66
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19
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18,9
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1,821
1,756
3,71
3,715
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43,2
43,5
42,9
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60
57,1
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121,2
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106,8
106
43,2
43,74
42,94
5,06
5,17
4,98
12/07/18 0,8 9.836.241
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 1,96 + 10,9
+10,51 130,5
- 24,5 107
- 2,82 + 1,22
-11,16
0,26
- 74,25
0,195
- 5,51 + 17,99
+25,59 26,9
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+ 3,4
3,055
- 75,6
2,37
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+ 0,61 84,3
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+11,2
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+ 1,97 + 20,36
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2,87
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+12,7
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- 52,9
15,5
+ 5,98
+ 6,4
0,135
- 20,36
0,12
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+12,06 81
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3,1
+ 2,59 + 9,45
- 2,26
0,586
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+ 0,44 - 0,61
- 4,62
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1,5
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1,296
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70,65
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+ 0,64
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+ 22,66 306
2,49
80
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
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LU0088087324
A 50,66
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VALEURS ZONE INTERNATIONALE
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USD 19/12/18 0,01 8.698.115.000
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LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
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CH0012214059
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GB00BZ21RF93
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US3696041033
HSBC (HSB)
+ 17,65
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1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
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8,84
C 6,04 6,04
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FR0000076887 A.S.T. GROUPEg
FR0013185857 ABEO
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FR0000076861 ACTEOSg
C 1,69
1,71
1,665
BE0974269012 AD CAPITAL
0,095 0,095 0,095
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C 13,75 14,2
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3,12
3,03
FR0004152874 ADVENISg
C 1,39
1,39
1,39
FR0013296746 ADVICENNE
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C 28,6
28,6
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C 12
12
11,3
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B 15,6
15,6
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B438 438
438
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C 2,26 2,325 2,21
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B 0,915 0,915
0,901
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B 45,8
47
45
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C 15
15
14,5
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A
FR0011992700 ATEME
C 12,28 12,3
12,14
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C
FR0013183589 AURES TECH.
C 33,55 35,65 33,15
1,165 1,235
1,16
FR0011800218 AWOXg
FR0000064123 BACCARAT
B
MC0000031187 BAINS MONACO
B 46,3 48,2
46,3
FR0013258399 BALYO
C 4,25 4,25
4,04
FR0000062788 BARBARA BUI
C
FR0000035370 BASTIDE
C 29,5 30
28,8
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C
FR0011592104 BLUE SOLUTIONSg
B 16,5
16,5
16,4
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A 3,52
3,56
3,455
FR0000074254 BOURSE DIRECT
C 1,15
1,15
1,15
C
FR0000078958 BUSINESS ET DEC.g
FR0010151589 CAFOM
C 6,3
6,4
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FR0012969095 CAPELLI
36,6 38
33,2
FR0000064156 CARP.DE PARTIC.
C
FR0000072894 CASTg
C 3,85 3,92
3,82
FR0000064446 CATERING INTER.g
B 9,3
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C 3,24 3,24
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FR0000078339 CCA INTERN.
C
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B 22,3
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21,8
FR0010309096 CEGEREALg
B 33,6 34
33,6
FR0012633360 CELLNOVOg
C 1,388 1,388 1,318
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FR0012616852 CERENISg
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C
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C
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FR0000060824 CLAYEUXg
C 0,198 0,198 0,198
FR0000053399 CNIMg
B 84
84
84
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C 7
7
7
FR0004031763 COHERISg
C 1,65
1,65
1,6
FR0000065393 COURTOIS
C 126
126
126
FR0000044323 CR ALPES PROV.
C 110
111,88 110
FR0000185506 CR ATL. VENDÉE
C 137,02 137,98 136,52
FR0010483768 CR BRIE PICARD.
B 25,75 25,75 25,45
FR0000045213 CR ILLE VILAINE
C102,3 102,3
101,7
FR0010461053 CR LANGUEDOC
C 74,61 75,64 74,61
FR0000045239 CR LOIRE HTE-LOIRE C 94,99 95
94
FR0000045551 CR MORBIHAN
C 83
84,99 83
FR0000185514 CR NORD FRANCE
B 22,65 22,9
22,65
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B 92
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C202,05 202,2 202,05
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C
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12,3
12,3
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39
37,8
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B 12,35 12,35
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1,19
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C
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1380
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169
169
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A
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38
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334
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0,896
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B
FR0000030074 MALTERIES FR-B
C605 605
605
FR0000032302 MANUTAN INTER.g
B 67,6
67,6
64,8
FR0000051070 MAUREL & PROMG
A 3,395 3,48
3,355
FR0011742329 MCPHY ENERGYg
4,45 4,6
4,45
FR0000061244 MECELEC
C 1,48
1,51
1,48
C 0,29 0,306 0,29
FR0000052623 MEDASYSg
FR0000064404 MÉDIA 6
C 12,5
12,5
12,5
CLÔT ÉCART
8,88 + 0,23
5,7 - 5,47
30,3 - 0,66
1,665- 1,77
0,095+ 26,67
14,2 + 3,27
3,08 - 0,97
1,39 - 4,47
10,898+ 0,18
28,6 - 0,69
12
+ 1,7
0,345- 1,43
15,22 - 3,06
438
- 0,46
2,31 + 0,87
0,908- 0,33
46,9 + 5,63
14,5 - 3,33
VOL
2826
29946
629
1207
100
1024
15100
151
217
151
1887
2993
4612
1
20566
26427
11045
251
5050
12,16 - 0,98
1550
5,55
35,65 + 6,9
1,22 + 4,72
10529
27909
200
48,2 + 4,1
4,08 - 3,32
313
63803
7
29,1
- 1,36
2997
16,4
3,5 + 0,43
1,15 - 0,86
7,51 + 3,75
6,3
38
+ 6,74
3005
27486
1
105
5420
3454
45,6
3,82 - 0,78
9,26 + 1,09
3,21 - 0,62
6971
3468
15614
4,99
22,3 - 0,45
2492
34
+ 1,19
58
1,346- 6,14 197676
0,59 + 16,6 1488322
1,23
7,7
0,12 - 0,42
0,198+ 9,39
84
7
- 1,4
1,64 - 0,61
126
110,5 + 0,36
137,2 - 0,22
25,45
101,7 - 0,59
75,02 + 0,56
94,2 - 0,83
83,1 - 0,35
22,75 + 0,44
129,7 - 0,15
91,87 + 0,08
202,2 + 0,1
116 + 0,87
115,2 + 0,17
155007
59
17
347
1932
1
212
430
1553
89
372
982
881
3166
785
760
42
837
706
4,8
3,92 - 1,75
12,3
811
1
0,56
1,65
37,8
0,94
1,01
- 0,72
- 0,53
- 0,53
- 6,48
12494
1722
500
29338
12,35 + 0,82
1,465+ 1,74
104
+ 1,46
14,45 + 1,05
5,12 - 1,54
33,8 - 0,15
12
22950
224
4069
32
501
466
0,244
6,6
1,15 - 0,86
1
28600
111
ISIN
FR0004065605
FR0010298620
FR0000077570
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0000060329
FR0010211615
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
FR0000063307
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1385
LIVRE STERLING
0,88
FRANC SUISSE
1,1321
COURONNE DANOISE
7,4652
COURONNE NORV.
9,7415
KUNA CROATE
7,4283
COURONNE SUEDOISE
10,275
DOLLAR CANADIEN
1,5136
YEN JAPONAIS
124,134
DOLLAR AUSTRALIEN
1,5878
ROUBLE RUSSE
75,572
ROUPIE INDIENNE
80,9096
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6873
COURONNE TCHEQUE
25,546
FORINT HONGROIS
319,945
ZLOTY POLONAIS
4,2889
LEV BULGARE
1,9563
DOLLAR HONG-KONG
8,9291
WON SUD COREEN
1279,2309
PESO MEXICAIN
21,6949
REAL
4,2755
DOLLAR SINGAPOUR
1,5442
RAND SUD-AFRICAIN
15,6854
LIVRE TURQUE
6,1002
RENMIBI YUAN
7,7159
RUPIAH
16141,8041
PESO PHILIPPIN
59,7619
RINGGIT MALAIS
4,6828
BATH THALANDAIS
36,1514
-0,10
-0,55
0,33
0,01
0,12
0,09
0,28
0,20
-0,16
-0,10
-0,04
-0,34
0,35
0,03
-0,47
0,15
-0,01
-0,11
0,24
0,82
0,40
0,01
0,57
0,08
0,21
0,12
0,50
0,04
0,04
-0,71
-2,34
0,48
-0,02
-1,68
0,13
0,30
-2,73
-2,33
-2,66
-4,90
1,24
-1,21
-0,64
-0,35
-0,07
-0,27
-0,70
0,22
-3,83
-4,06
-1,19
-5,67
0,47
-2,12
-2,23
-0,86
-1,21
-2,30
32,2
2,68
1380
+ 2,22
28,4
169
8711
3
1
1
5450
41,4
45,7
- 1,51
1
59
2
113
- 0,88
29,4
38,7 + 1,84
0,033+ 1,23
1
915
282
27064
3,98
12,65 + 3,27
27,4
2655
87
36,2
24,6
1
115
422
84,8 + 0,24
1
3,49 + 1,45
846
0,31 + 0,65 484958
49,9 + 4,39
95
36 + 5,26
143
23,6
1
1,45
18,6 - 2,11
14,5
2,34 + 2,18
52,8 - 2,04
3,53 - 5,11
0,228+ 1,79
5,74 + 2,14
8,6
6,52 + 0,93
39,4 - 0,25
136,5 - 1,09
54,2 + 0,74
13226
107
39486
3909
54964
1099
686
50
131
2160
45
942
1,04
53
43,5 + 1,75
4,98 - 1,19
334
+ 6,37
1216
566
30
2,3
5,92 - 1,66
7,1 - 1,66
3,76 - 0,53
4,86 + 0,21
6,12 - 1,92
5,2 + 0,39
4292
585
1107
3256
151
2898
57
19,6 - 0,76
8523
22,6
29,2 - 1,35
90
+ 0,9
210
293
2,06
139
+ 5,3
330
2,82
34,4 - 0,58
0,898- 0,22
26,5
+ 1,13
605
64,8 - 1,52
3,455+ 1,62
4,535 + 1,57
1,51 + 2,03
0,306+ 5,52
12,5
1583
7100
603
1056
103115
5769
1940
15021
31
645
7,68 - 1,03
1,41 + 1,44
7,68
1,4
110
101
64
11,57 - 1,03
1,85 - 1,6
25,48 + 0,24
19,1 - 0,78
89
0,76
2,75 + 0,37
5,6
0,54
2,65 - 1,85
18,98 + 1,17
76
3,43 + 0,29
16,1 + 1,9
14
+ 2,56
34
34
5,18
5,24 + 0,19
168
168
+ 0,6
9,46
9,46 - 0,21
2,89
2,9 - 2,52
0,447
0,454- 1,84
33,5
34,6 + 2,98
11,4
1,8
25,24
19
89
0,76
2,72
5,52
0,538
2,57
18,76
75,5
3,43
15,9
88046
40648
65303
12047
1
300
7394
1755
1001
4251
48
35
321
101
46
34067
34
20
22540
100749
6091
18,8
1,814
1,826 - 1,3
516
522
- 1,51
15,7
16,1 - 1,83
140
140
21
21
- 2,78
6,45
6,45 - 1,53
29,8
29,9
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
BCE
1463
CLÔT ÉCART VOL
6,6
686
1,975 - 1,25
1205
1,155 - 2,53 16940
9820
243
1046
21
20
175
3055
ISIN
FR0004529147
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TESSIg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
B160
C 74
C 32,2
C
C 2,04
B 36,9
+HT
160,5
74
32,2
+BS
160
74
32,2
CLÔT ÉCART VOL
160,5 + 0,31
1214
74
20
32,2
4
2,02
37,6 + 1,9
1,94
36,9
1066
2714
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
735
22,8
0,53
22,8
0,53
22,2
0,504
22,4 - 1,75
0,504- 4,91
47,7
1,87
4,58
2,8
2,3
5
9,36
40,2
1,88
48,3 + 0,63
1,87 - 2,6
4,7 - 1,26
2,8
2,3 - 8
5,02 + 0,4
9,7 + 1,89
40,55 - 2,52
1,955+ 3,44
1855
731
1,89
48,1
48,3
1,92
1,92
4,7
4,74
2,8
2,8
2,3
2,3
5
5,02
9,52
9,74
42,1
42,1
1,89
1,97
78
575
1225
257
100
749
17268
4710
18381
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
APERAM
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A
C
A
C
A
79
80
80
79
+ 1,06
588
- 0,4
+ 4,98
69
59,13
19,91
C
A 124,5
43,6
125
124
124
12,26
C
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
0,41
2,04
38
25
25,3
19,95 20,6
3,62
3,62
3,62
3,63
52,8 53,25
24,96 - 2,31
19,8 + 2,38
3,6
3,62 - 2,16
52,5 - 1,13
4,8 + 1,25
59,8 - 0,33
5,22 + 1,01
24,32
19,8
3,6
3,62
51,85
59,8 60
59,8
A 5,176 5,244 5,176
C
37,19 37,19
37,19
37,91 37,91
37,91
32577
327
141
117270
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,09
0,053
8,3
1,73
0,165
4,76
25,25
69,9
20,9
0,032
0,268
20,9
5,46
4,28
0,164
0,156
0,494
1,394
0,205
0,685
+HT
0,095
0,053
9
1,74
0,165
4,83
25,3
69,9
21,2
0,044
0,277
20,9
5,5
4,3
0,189
0,159
0,494
1,418
0,205
0,685
+BS
0,088
0,051
8,22
1,672
0,157
4,755
24,1
68,8
20,8
0,032
0,258
20
5,46
4,28
0,155
0,149
0,451
1,362
0,2
0,651
CLÔT ÉCART VOL
0,088- 2,21 288502
0,052
3843143
8,22 - 0,96
1906
1,736+ 0,35
11601
0,158 - 0,5
158576
4,825+ 1,37
1834
24,65 - 2,38
12500
69,4 - 0,43
3374
21 + 0,96
350
0,041+ 22,0219326999
0,276+ 4,15 1274996
20,25 - 3,11
7861
5,5 + 0,73
10
4,3
201
0,18 + 4,65 4519830
0,149 - 1,33 178693
0,479- 2,05
23130
1,382- 0,72
25655
0,202- 2,18 216935
0,678- 0,59
3346
78
11,75 11,75
1,2
1,23
8,52
8,54
0,25 0,25
122,5 123
11,7 - 0,43
1,17 - 6,4
8,5 + 1,68
0,242
120,5 - 1,63
11,6
1,14
8,36
0,241
119,5
289
42314
5024
60113
468
217218
8,98
37,19 + 0,3
37,91 + 2,29
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
INVESTIR 10
112.3
85.2
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
-0,24
0,25
86
5,94 + 1,02
12,65 + 0,4
21,3 - 3,18
14,616- 0,23
18,38
5,86
12,6
20,8
14,49
18
1036
171
1488
38738
451
1,93
16
0,875+ 0,58
0,875
500
183
24,4
23,5
2,7
24,4
23,5 - 0,42
2,7 + 3,45
434
168
10
1,36
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
B 66,5
C
B 86,5
114
C
30,7
66,5
66,5
66,5 + 0,76
1
680
86,5
115,5
86,5
114
86,5
115,5 + 1,32
124
429
4,02
31,28
30,7
30,805+ 0,46
1233
102
C
B 3,3
750
3,3
3,2
3,21 - 2,73
1601
48
C
15,2
13,2
65
13,6
65,5
13,2
64,5
13,6 + 2,64
65,5
274
294
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
17-01-2019
EUR
USD
1
1,1385
0,88
1,1321
10,275
7,4652
1,2413
1,5136
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
GBP
CHF
0,8784
1,1364
0,8833
1
1,2936
1,0056
0,773
1
0,7772
0,9944
1,2866
1
9,0267
11,6775
9,0761
6,5573
8,4829
6,5932
1,0902 141,0283 109,63
1,3296
1,7202
1,337
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
17-01-2019
1 EURO EN DEVISE
820
0,295+ 0,34
+BS
6,5
1,975
1,14
CHANGES : COURS AU COMPTANT
PAYS
5,3
VALEUR
OUV
+HT
MEDINCELL
C 6,6
6,6
MEMSCAPg
C 1,995 1,995
MICROPOLEg
C 1,14
1,16
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 7,76
7,76
MRM
C 1,4
1,41
MUSÉE GRÉVIN
C
B 11,65 11,8
NANOBIOTIXg
NAVYA
B 1,89
1,89
NEOPOSTG
A 25,38 25,88
NEURONESg
B 19,1
19,25
NEXTSTAGE
C 89
89
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,76 0,76
OL GROUPEg
C 2,72
2,75
ORAPIg
C 5,62
5,62
ORCHESTRA-PRE.
C 0,538 0,54
OREGE
2,7
2,7
PARAGON ID
C 18,76 18,98
PAREFg
C 75,5
76
PASSAT
C 3,44 3,44
PATRIMOINE & COM
B 15,9
16,1
PCAS g
B
POUJOULAT
C 34
34
POXELg
C 5,2
5,26
PRECIA g
C169
169
PRISMAFLEXg
C 9,46 9,46
PRODWAYS GROUP
B 3,02 3,02
PROLOGUEg
C 0,464 0,464
PSB INDUST.
B 33,7
34,7
QUOTIUM TECH.
C
RIBERg
C 1,848 1,86
ROBERTET SA
B530 530
ROCHE BOBOIS
B 16,4
16,4
S.A.M.S.E.
B140
140
SABETON
C 21
21
SCBSMg
C 6,5
6,5
SÉCHÉ ENV.g
B 30
30
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 5,86 5,94
SIGNAUX GIROD
C 12,65 12,65
SII
C 21,8
21,8
SMCP
A 14,646 14,728
SMTPCg
B 18
18,38
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C 0,875 0,875
SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 24,4 24,4
SOGECLAIRg
C 23,6
23,6
SPIR COM.
C 2,7
2,7
TAYNINH
C
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
TAUX ET CHANGES
860
105
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
SEK
DKK
0,0973
0,1108
0,0856
0,1102
1
0,7264
12,077
0,1473
0,134
0,1525
0,1179
0,1517
1,3767
1
0,1662
20,278
JPY (100)
CAD
0,8056
0,9173
0,7091
0,9122
0,0828
6,015
1
1,2196
0,6607
0,7521
0,5813
0,748
6,7886
4,9315
0,8199
1
17-01-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,35/-0,65-0,25/-0,55 -0,13/-0,43 -0,14/-0,44-0,06/-0,36
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
17-01-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,24
PORTUGAL
-0,24
FRANCE
-0,03
ESPAGNE
-0,06
ITALIE
-0,22
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,61
0,46
0,11
0,30
0,90
-0,32
0,76
0,26
0,50
1,54
-0,06
1,14
0,32
0,78
2,13
0,17
1,49
0,43
1,14
2,49
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
246,89 -0.21 245,87 0.62
171,35 0.05 171,32 0.42
237,64 -0.01 236,50 0.49
287,95 0.04 287,33 0.30
338,45 -0.09 337,19 0.46
348,38 -0.10 346,89 0.53
236,02 -0.05 235,28 0.36
VAR %
31/12 VAR %
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1384
1,1385
0,8799
0,8800
1,1321
1,1321
10,2760
10,2771
7,4644
7,4672
124,1050
124,1130
1,5135
1,5136
-0,0037
-0,0041
-0,0055
-0,0059
0,0020
0,0016
-0,0088
-0,0128
0,0011
0,0030
0,1831
0,1466
-0,0022
-0,0026
-0,0096
-0,0100
-0,0052
-0,0078
0,0028
0,0023
-0,0119
-0,0163
0,0040
0,0047
0,1732
0,1281
-0,0079
-0,0084
-0,0185
-0,0189
-0,0104
-0,0108
0,0040
0,0034
-0,0179
-0,0226
0,0072
0,0081
0,1528
0,1009
-0,0169
-0,0174
-0,0370
-0,0376
-0,0171
-0,0176
0,0064
0,0057
-0,0341
-0,0406
0,0156
0,0125
0,1779 -0,0363
0,0994 -0,0370
17-01-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
CHF
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.33 %
fOnds federaux
2.50 %
2 ans
2.60 %
10 ans
2.80 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.40 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.00 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,57
-0,57
-0,57
-0,56
-0,56
-0,50
-0,06
0,62
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
TME
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
10-12
11-12
12-12
13-12
14-12
17-12
18-12
19-12
20-12
21-12
24-12
26-12
27-12
28-12
31-12
02-01
03-01
04-01
07-01
08-01
09-01
10-01
11-01
14-01
15-01
16-01
17-01
0,71
0,71
0,71
0,71
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,72
0,72
0,72
0,72
0,73
0,73
0,73
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
-0,359
-0,359
-0,358
-0,36
-0,36
-0,362
-0,362
-0,364
-0,366
-0,367
-0,374
-0,369
-0,369
-0,369
-0,355
-0,356
-0,356
-0,368
-0,365
-0,365
-0,365
-0,362
-0,365
-0,366
-0,366
-0,366
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,369
-0,367
-0,366
-0,365
-0,365
-0,364
-0,364
-0,363
-0,362
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,364
-0,365
-0,368
-0,369
-0,369
-0,315
-0,314
-0,312
-0,312
-0,311
-0,311
-0,311
-0,311
-0,309
-0,31
-0,31
-0,309
-0,309
-0,309
-0,31
-0,309
-0,31
-0,309
-0,309
-0,31
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
0,69
0,74
0,69
0,70
0,69
0,71
0,70
0,70
0,67
0,68
0,68
0,68
0,68
0,69
0,69
0,64
0,65
0,66
0,69
0,73
0,74
0,68
0,65
0,63
0,61
0,62
0,62
THOR.
PUB.
PRIV.
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,91
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
17/01
16/01
COURS PRIME PREC.
LINGOT
36500
0
36870
10 FLORINS
226,5
2,57
226,5
5 DOLLARS*
330
20,23
325
10 DOLLARS
648
18,04 600,5
20 DOLLARS
1260
14,72
1210
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1379
0,75
1361,5
LATINE
214
0,98
214
NAPOLEON
221,8
4,66
222,2
1/2 NAPOLEON* 120,5
13,72
120,4
SOUVERAIN ELI I* 288
7,79
280
SOUVERAIN
279
4,42
278
1/2 SOUVERAIN* 143
7,04
143
SUISSE
221,9
4,71
221,9
TUNISIENNE*
215
1,45
215
MARK*
275
5,23
275
KRUGERRAND
1208,75 6,47
1208
LINGOTIN 500GRS 18850
3,29
18850
LINGOTIN 250GRS 9450
3,56
9420
LINGOTIN 100GRS 3800
4,11
3780
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
527,01
527,01
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
39 190
37 516
FIX2
39 258
37 965
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 713
22 532
FIX2
22 703
22 582
LONDON BULLION MARKET
17/01
16/01
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 546
1 556
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 291
1 292
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 392
1 345
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
805
800
SETTLEMENT
16/01
15,56
15,62
15,7
15,82
15,9
17/01
JANV. 19
15,45
MARS 19
15,53
MAI 19
15,62
JUIL. 19
15,71
SEPT. 19
15,82
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
17/01
804,8
804,7
810,6
815,1
820,5
BASE CUIVRE
16/01
1292,7
1295,6
1302
1308
1319,7
SETTLEMENT
16/01
797,6
800
802,5
806,9
810
618,02 DEPUIS LE 17/01
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 520,81 DEPUIS LE 17/01
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
529,65 DEPUIS LE 17/01
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
573,83 DEPUIS LE 17/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
716,09 DEPUIS LE 17/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
683,4 DEPUIS LE 17/01
LONDON METAL EXCHANGE
17/01
16/01
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1405-1410
1440-1450
10260
1400-1405
1430-1440
10260
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1839-1839,5
1966-1867
1303150
1810-1810,5
1836-1836,5
1295750
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
CASH
3 MOIS
VOL.
5910,5-5911
5943-5948
135025
20750-20775
2060-20655
1095
5881-5882
5915-5916
133600
20650-20675
20560-20565
1260
11575-11580
11625-11650
201378
11425-11430
11465-11475
197952
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
1952-1952,5
1968-1970
98825
1953-1954
1970-1971
100700
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2488-2490
2489-2489,5
124200
2472-2472,5
2471-2472
125575
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
17/01
2,69
2,68
2,68
2,69
16/01
2,65
2,64
2,64
2,64
VOL
18
84
43877
57
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
17/01
20650
16/01
20650
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8050
8050
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,35
1,35
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
25,5
25,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,8
6,8
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
28,3
28,3
GERMANIUM (PAR KG)
1300
1300
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1905
1905
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
17/01
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
16/01
ÉLECTRICITÉ
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT
17/01
JANV. 19
1289,4
AVR. 19
1297,5
JUIN 19
1303,4
AOUT 19
1309,3
DÉC. 19
1320,8
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
JANV. 19
FÉV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
CATHODES : 5396 A COMPTER DU 17/01/
17/01
VOL
17/01
BASE FEB 19 62,59
BASE MAR 19 59,17
POINTE FEB 19 68,84
POINTE MAR 19 62,87
CLÔTURE
16/01
40,69
46,28
CLÔTURE
VOL
364004
192492
VOL
16/01
62,59
59,17
68,84
62,87
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
535,5
London Daily Price:
378,5
353,5
376,5
351,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
63,8
71,02
426,5
394,5
62,3
70,11
422,5
390,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
CLÔTURE
17/01
52,25
52,9
53,1
53,2
53,45
16/01
52,7
53,08
53,48
53,78
54,33
VOL
16/01
28,9
29,15
29,3
CLÔTURE
17/01
3,46
3,2
2,85
16/01
3,45
3,21
2,83
VOL
VOL
70
3
3
6
VOL
17/01
12,94
13,07
13,22
13,51
14,12
16/01
13,15
13,28
13,4
13,68
14,26
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
17/01
FEV 2018 22,33
MARS 2019 21,98
AVR 2019 21,65
CLÔTURE
CLÔTURE
17/01
16/01
MARS 19 1684
1687
MAI 19
1700
1705
JUIL. 19
1712
1714
SEPT. 19
1720
1722
DÉC. 19
1730
1727
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
8265
7195
4002
1691
3276
16/01
73,29
75,72
74,73
17/01
2336
2369
2404
2413
2450
16/01
2310
2344
2377
2386
2404
VOL
14430
9279
744
1250
233
VOL
17/01
16/01
JANV. 19 1508
1511
3
MARS 19 1536
1543
4134
MAI 19
1559
1563
2389
JUIL. 19
1578
1579
560
SEPT. 19
1596
1599
208
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
8385
1565
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
17/01
102,35
105,55
111,15
114,95
16/01
102,65
105,8
111,25
115,15
VOL
12917
5978
1878
925
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
16/01
361,3
368,2
371
VOL
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
17/01
16/01
112,45
115,7
VOL
112.45
179
175
50
VOL
62656
32398
18772
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
17/01
16/01
MARS 19 10,5
10,45
MAI 19
10,68
10,66
JUIL. 19
10,79
10,82
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
120
8
11
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
133
43
1
SETTLEMENT SETTLEMENT
17/01
160,25
160,25
173
VOL
16/01
173
172,5
174,05
124
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
151.15
LE 16/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD : 1.27825
LE 16/01//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.43775
LE 16/01//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.6005
LE 16/01//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
JUS D’ORANGE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
BETAILS
CLÔTURE
51
17/01
16/01
MARS 19 376
374
MAI 19
384,25
382,5
JUIL. 19
391,75
390
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
BOIS
17/01
361,5
369,3
374,2
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
VOL
17/01
16/01
MARS 19 180
180
JUIN 19
183,5
183,25
AOUT 19 187,75
187,5
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
16/01
22,22
21,95
21,59
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
SETTLEMENT SETTLEMENT
CAFÉ
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
VOL
VOL
17/01
16/01
MARS 19 513
512,5
MAI 19
518,5
518
SEPT. 19
530,25
531,5
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 100.87
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
COTON
17/01
74,02
76,39
71,57
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
17/01
16/01
MARS 19 203
202,75
10128
MAI 19
204,25
203,75
3895
SEPT. 19
187,5
187,5
2001
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
INDICE COTLOOK A : 81,9, LE 17/01//19
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
36818
12630
8491
5834
2645
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
17/01
16/01
MARS 19 295,5
295,5
MAI 19
290,75
290,75
JUIL. 19
290,25
288
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
16/01
22,08
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
CLÔTURE
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
VOL
4791
3075
967
308
131
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 15/01/
Prix indicatif : 2278,56
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
GAZ NATUREL
CLÔTURE
17/01
16/01
FÉV. 19
563,25
568,25
41762
MARS 19 564
569
63970
AVR. 19
563,75
569
35491
MAI 19
563,5
568,5
14284
JUIL. 19
565,75
570,5
3129
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
17/01
28,9
29,15
29,3
CLÔTURE
CACAO
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
MAI 19
JUIN 19
CLÔTURE
17/01
16/01
MARS 19 349,4
353,1
MAI 19
358,5
362,3
AOUT 19 363,9
367,6
OCT. 19
366,5
370,7
DÉC. 19
372,5
376,1
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
17/01
NORD DA 22,18
17/01
16/01
JOUR
60,8
61,32
MARS 19 60,8
61,32
195374
AVR. 19
60,76
61,34
116677
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
CLÔTURE
16/01
22,55
URANIUM
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
CLÔTURE
17/01
23,55
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
532
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
SPOT
CÉRÉALES
13,37 cts/lb
17/01
16/01
185,58
186,35
REUTERS COM. 2379,77
2393,79
MOODYS COM. 5737,5
5737,27
OR INDUSTRIEL 36792
36634
2831,4
2810,9
LMEX
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
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HORS FRAIS DE LA
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LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
317,2
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
527,94 16/01
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
551,1
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DIVIDENDE NET
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
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DERNIER
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DÉSIGNATION
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VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
17/01
SYNCHRONY (LU)
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
238,43 16/01
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
367,75 17/01
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96,72 16/01
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LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
504,51 16/01
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
166,79 16/01
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
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265,35 17/01
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
406,99 15/01
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
497,96 16/01
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
94,64 16/01
100,26 16/01
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96,18 16/01
118,59 16/01
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
144,48 16/01
13869,65 16/01
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
118,66 16/01
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
90,82 16/01
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
142,05 17/01
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
148,16 11/01
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
142,51 16/01
237,78 16/01
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130,53 16/01
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
274,38 15/01
699,6
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59,29 16/01
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139,3 16/01
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221,62 16/01
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141,76 16/01
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137,72 16/01
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16/01
78,17 16/01
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
296,31 16/01
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
161,75 17/01
LU0104884860 PICTET-WATER
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
16/01
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
CODE ISIN
CLASSIFICATION
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
1072,85 16/01
287,67 16/01
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
et théâtres de Metz, de Trèves en Allemagne et de
Wallonie en Belgique. Début 2018, la structure,
qui milite pour élargir la diversité culturelle tant
sur scène que dans le public, a organisé à Trèves
une première rencontre entre travailleurs
sociaux, acteurs culturels et juristes des trois
pays pour défricher la question du lien social
avec les réfugiés. En septembre prochain, Bérénice organisera à Metz un colloque consacré à la
rédaction d’une charte de l’artiste en exil, dont
Hocine Chabira a déjà défendu l’idée à Bruxelles.
par Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Christopher Courtois
Hocine Chabira,
chantre
du théâtre
multiculturel
Démarche souple et sourire serein, Hocine Chabira entre dans la cuisine-salle de réunion des
Trinitaires, au cœur du vieux Metz. Sous son
impulsion, les locaux séculaires sont devenus
un centre de gravité entre le Québec et le Burkina Faso, Liège et Trèves, ou encore Avignon et
Bruxelles. Le directeur du festival Passages ne
cesse de circuler entre ces pôles pour véhiculer
inlassablement l’idée d’un théâtre multiculturel, libérateur et humaniste.
En succédant en 2015 à Charles Tordjman,
qui a fondé le festival à Nancy et l’a orienté vers
les pays de l’Est, Hocine Chabira a ouvert Passages sur le monde entier. Désormais organisé à
Metz tous les deux ans, cet événement culturel
phare du Grand Est proposera pour sa prochaine édition, en mai, une programmation
basée sur le théâtre de l’Afrique et des Caraïbes.
Les années paires, Hocine Chabira a instauré
un rendez-vous de la jeune création internationale, les Ecoles de Passages.
Une soif de tous les répertoires
En novembre, Hocine Chabira s’est rendu au
Burkina Faso pour compléter la programma-
Le sens de l’écoute
tion de Passages, puis à Québec pour poser les
jalons de l’édition 2021. De ses va-et-vient incessants entre les scènes du monde, l’ancien animateur culturel, né en 1972 dans une famille
ouvrière de Thionville, rapporte des idées de
spectacles. Il en conserve aussi des souvenirs
brûlants, comme celui d’une troupe de théâtre
turque jouant au milieu d’un village une pièce
qui défiait ouvertement le pouvoir. « Entendre
une parole qui porte fait énormément de bien, et
nous rappelle que l’art n’est pas seulement le théâtre de complaisance ou de divertissement que
nous connaissons ici. C’est un engagement, une
raison de vivre, et il y a urgence à aider les artistes
lorsqu’ils doivent fuir ces zones de fracture »,
estime Hocine Chabira.
Ceinture marron de judo, le directeur de Passages, qui doit son érudition à une inextinguible
soif de tous les répertoires, s’exprime dans un
phrasé parfaitement maîtrisé pour mener sur
tous les fronts son combat en faveur des artistes
en exil. Il sait pouvoir compter sur l’appui de
Bérénice. Passages pilote en effet ce projet européen doté d’un budget de 3,5 millions d’euros sur
trois ans qui associe depuis 2016 des institutions
Dans l’intervalle, le directeur de Passages sème
ses petits cailloux. Bérénice a coproduit la pièce
« Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour
du prophète » du Franco-Iranien Gurshad Shaheman. Le spectacle, qui traite des personnes
contraintes à l’exil pour leurs opinions politiques ou leurs orientations sexuelles, a rencontré un vif succès au Festival d’Avignon. Bérénice
propose également une plate-forme d’accueil
des artistes en exil. Professionnels du théâtre,
du cirque ou de la danse y présentent leur parcours avant d’être orientés vers les structures les
mieux adaptées. « Hocine fait preuve d’une
écoute et d’une pédagogie remarquables. Dans un
milieu qui a tendance à jargonner, il sait présenter
de manière très claire la culture et le système culturel du pays d’accueil », souligne Louise Beauchêne, chargée de mission de Bérénice. En Lorraine, la structure soutient la publication du
livre « A vau-l’eau » de l’auteure féministe
syrienne Wejdan Nassif, réfugiée à Metz.
L’ouvrage paraîtra en mars en version bilingue
français-arabe.
Fondateur en 2004 de la compagnie théâtrale
La Chose Publique, qui poursuit ses activités à
Nancy, Hocine Chabira s’est toujours montré
proche du public. En juin dernier, les réfugiés de
l’ancien bidonville messin de Blida, invités aux
représentations des Ecoles de Passage, ont reçu
la visite du directeur venu leur demander si le
spectacle leur avait plu. n
BOUYGUES TELECOM
Chrystel Abadie-Truchet
Régis Van Brussel
Chrystel Abadie-Truchet prend
la responsabilité d’une direction
élargie commerciale et client,
intégrant tous les canaux
physiques de contacts (réseau
de points de vente RCBT,
distribution concurrentielle,
télévente, relation client).
Régis Van Brussel a désormais
la charge du Réseau Clubs
Bouygues Telecom (RCBT).
Chrystel Abadie-Truchet, 53 ans,
est diplômée de HEC. Elle a effectué une partie de sa carrière
auprès de marques du retail
comme Henkel, Nina Ricci,
Cacharel et Comptoir des Cotonniers. Elle a intégré Bouygues
Telecom en 2014 pour assurer la
direction de RCBT. En 2017, elle
était devenue directrice générale
commerciale.
Régis Van Brussel, 48 ans, est titulaire d’une maîtrise d’économie et
d’un DESS de gestion. A partir de
2005, il a travaillé chez Orange,
où il fut directeur des ventes Ilede-France. En 2008, il a rejoint
Bouygues Telecom pour y être
directeur national des ventes,
puis directeur des succursales de
RCBT en 2010. En 2012, il est
nommé au poste de directeur du
développ ement commercial
grand public.
CNP ASSURANCES
Hervé Thoumyre
rejoint CNP Assurances
en qualité de directeur
de l’expérience client
et des systèmes d’information.
Il est membre du comité
exécutif.
ENTREPRISES
COFACE
Benoit Urbin
Bruno Leray
Vanessa Regrain
deviennent respectivement
directeur de la souscription,
directeur commercial et
directeur marketing pour la
France et l’Europe de l’Ouest.
Benoit Urbin, 48 ans, est titulaire
d’un master en commerce inter-
national de l’Inseec. Pendant
onze ans, il a occupé plusieurs
postes de direction chez American Express, Global Commercial
Payments. En 2014, il a rejoint
Coface en tant que directeur de
Global Solutions Europe de
l’Ouest. Plus récemment, il était
directeur commercial France et
Europe de l’Ouest.
Bruno Leray, 50 ans, est titulaire
d’un master en finance de l’ESCP
Europe. Durant onze ans, il a tra-
vaillé au sein de différents départements de General Electric à
l’international. D’abord directeur
financier de GE Fleet Services
pour la région Europe du Sud, il
est nommé directeur général de
GE Fleet Services en Espagne,
avant de prendre la tête de l’activité européenne de financement
de matériels de santé (GE Healthcare Financial Services). Depuis
2011, il était président-directeur
général de DLL France (filiale de
Rabobank).
Vanessa Regrain, 42 ans, est
diplômée en marketing de l’école
de commerce de Marseille-Provence. Elle a occupé de nombreux
postes de direction marketing au
sein d’entreprises telles qu’American Express Corporate Card,
Hertz Lease et BASF. Elle a passé
cinq ans chez Western Union
Business Solutions en tant que
directrice marketing pour la
région Emea. Dernièrement, elle
assurait la direction marketing
d’Euronext Global Listing.
Her vé Thoumyre, 54 ans,
diplômé de l’Ecole nationale
supérieure des Arts & Métiers, a
débuté au Centre européen de
recherche nucléaire. Après avoir
travaillé chez IBM, il est nommé
directeur des systèmes d’information de Carrefour en 2007.
Devenu vice-président en charge
de la transformation du groupe
CMA CGM en 2015, il était senior
v i c e p r e s i d e n t d e D e vo t e a m
depuis 2017.
CANON
Estelle Guilloux
est nommée responsable RSE
de Canon France.
Estelle Guilloux, 53 ans, titulaire
d’un master en développement
durable de l’université Paris-Dauphine, a suivi une formation universitaire en langues vivantes à
l’Université catholique de l’Ouest.
Arrivée au sein de Toshiba Systèmes France en 1989, elle a occupé
les postes de coordinatrice de
division, puis de responsable du
service clients et qualité en 1997.
En 2011, elle est devenue responsable du développement durable
de Toshiba pour déployer la politique RSE du groupe.
ILS SONT NÉS
UN 18 JANVIER
Isabelle Bailly-Pommery,
commissaire-priseur,
ex-présidente de Drouot
Patrimoine, 64 ans.
Pierre Cahuc, économiste,
57 ans.
Lyne Cohen-Solal,
femme politique,
72 ans.
Nicolas Coppermann,
président d’Endemol France,
53 ans.
Kevin Costner, acteur,
64 ans.
Didier Dinart, sélectionneur
de l’équipe de France
de handball, 42 ans
Franz-Olivier Giesbert,
journaliste et romancier,
70 ans.
John Hume, homme politique
d’Irlande du Nord, prix Nobel
de la Paix, 82 ans.
Takeshi Kitano, cinéaste,
72 ans.
François Morin, économiste,
74 ans.
Philippe Starck, designer,
70 ans.
Robert Zarader, président
d’Equancy & Co, 64 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 18 ET SAMEDI 19 JANVIER 2019
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
FISCALITÉ // La loi de finances pour 2019 élargit la définition de l’abus de droit en matière fiscale. Au-delà
de la donation d’un bien immobilier en nue-propriété, de nombreux montages pourraient être remis en cause.
Quels risques avec la nouvelle
définition de l’abus de droit ?
Anne-Sophie Vion
@AnnesophieVION
4
Cette nouvelle arme anti-abus ne pourra
être utilisée par l’administration qu’à partir
du 1er janvier 2021 et seulement pour les opérations faites à partir de 2020. D’où l’intérêt
de réaliser des opérations en 2019.
ous avez décidé de réaliser une opération patrimoniale qui vous permet aussi de profiter d’un avantage
fiscal. Attention à ne pas tomber sous le
coup de l’abus de droit fiscal. Un article de la
loi de finances pour 2019 étend la notion
d’abus de droit par fraude à la loi. Une extension qui pourrait toucher de nombreux
contribuables.
V
1
5
2 LES DONATIONS
EN NUE-PROPRIÉTÉ
SONT-ELLES VISÉES ?
Transmettre de son vivant la nue-propriété
d’un bien immobilier à ses enfants tout en
en conservant l’usufruit est une pratique
souvent recommandée par les notaires ou
les gérants de patrimoine. Elle est inscrite
au Code civil depuis 1804 ! Ce démembrement de propriété permet d’organiser sa
succession tout en gratifiant ses héritiers. Il
peut s’appliquer au transfert de titres
d’entreprise et vise aussi souvent l’allégement les droits de succession. Les droits de
donation sont calculés sur la valeur de la
seule nue-propriété transmise, la valeur de
l’usufruit s’éteignant au moment du décès
de son bénéficiaire (voir illustration). Avant
QUELS RISQUES
D’INFRACTION ?
Vous perdez le bénéfice du régime fiscal
préférentiel, du taux d’imp osition
réduit, etc. L’abus de droit pour motif exclusivement fiscal entraîne aussi l’application
de majorations très lourdes de 80 % ou de
40 % si vous n’avez pas été à l’initiative du
montage ou si vous n’en êtes pas le principal
bénéficiaire (article 1729, alinéa B du CGI).
Si vous êtes redressé pour une opération
à but principalement fiscal, il n’y a pas
d’application automatique de ces pénalités
fiscales. Mais attention à l’apparente clémence du législateur. « L’administration,
prévient Jean-François Lucq, peut toujours
appliquer la majoration de 40 % en cas de
manquement délibéré ou celle de 80 % en cas
de manœuvres frauduleuses. »
DE QUOI S’AGIT-IL ?
Prévu à l’article L64 du Livre des
procédures fiscales (LPF), l’abus de droit, ce
« châtiment des surdoués de la fiscalité »*, est
un outil puissant. Il permet au fisc de retoquer les montages réalisés à des fins purement fiscales en sanctionnant lourdement
leurs auteurs. La loi de finances pour 2019,
dans son article 109, codifié sous l’article
L64 A du LPF, durcit la définition de l’abus
de droit. Le nouveau dispositif a été introduit par un amendement de Bénédicte Peyrol, députée LREM. Il permet désormais à
l’administration fiscale de considérer
comme abusifs les montages ayant un but
« principalement » fiscal versus uniquement « exclusivement » fiscal par le passé.
QUAND LE NOUVEAU DISPOSITIF S’APPLIQUE-T-IL ?
l’article 109, pour remettre en cause une
telle opération, le fisc devait établir que celle-ci avait pour unique raison de limiter la
note fiscale. « On était seulement en risque,
précise Florent Ruault, avocat fiscaliste
chez CMS Francis Lefebvre Avocats, pour
les donations réputées fictives qui, par nature,
n’ont pas d’objectif patrimonial. »
Avec la nouvelle loi, il faut démontrer que
la raison du transfert de nue-propriété n’est
pas « principalement » fiscal. Or, avertit
Jean-François Lucq, directeur de l’ingénierie patrimoniale de Banque Richelieu, « si
les gains fiscaux réalisés lors d’une simple
opération de donation avec réserve d’usufruit
sont très importants, en exonérant de taxation d’importantes plus-values, l’administration pourrait considérer que l’économie fiscale est principale par rapport à l’intention de
libéralité. » Comment savoir qu’un montage
est « principalement » motivé par des considérations fiscales ? Comment quantifier
des raisons patrimoniales ? C’est ce pouvoir
d’appréciation subjectif, à la main de l’administration fiscale et qui peut varier d’un centre des impôts à l’autre, que redoutent des
professionnels. D’ailleurs, une tentative
similaire du législateur dans la loi de finances pour 2014, avait été censurée par le
Conseil constitutionnel.
TOUTES LES OPÉRATIONS
DE DÉFISCALISATION
SONT-ELLES CONCERNÉES ?
3
Même si Bénédicte Peyrol assure viser
d’abord la lutte contre l’optimisation agressive et l’évasion fiscale internationale des
entreprises, cette nouvelle définition de
l’abus de droit introduit une insécurité juridique plus grande pour les particuliers.
LA MAISON DE LA SEMAINE
Potentiellement, admet Jérôme Cesbron,
notaire, « toute opération qui présente un
avantage fiscal devient risquée ». De même,
pour Jean-François Lucq, « c’est une nouvelle
tentative de l’administration de décourager les
contribuables de se livrer à des stratégies ayant
comme conséquences indirectes des économies fiscales ».
Toutefois, tempèrent des spécialistes, les
actes classiques ne devraient pas être constitutifs d’abus de droit. Pour avoir une
meilleure idée de ce qui peut être rejeté par le
fisc, il est intéressant de consulter les avis du
comité de l’abus de droit fiscal. L’an dernier,
le comité s’est prononcé sur des donations
déguisées, des opérations d’apport-cession
de titres, sur l’utilisation abusive d’une SCI
(société civile immobilière). Mais le gros des
affaires traitées concerne l’utilisation abusive de plans d’épargne en actions.
6
COMMENT SÉCURISER
SON OPÉRATION ?
Vous pouvez « mettre en place vos stratégies
d’optimisation cette année », assure JeanFrançois Lucq, sans être sous la menace
d’une requalification pour but principalement fiscal. A partir de 2020, en cas de doute
sur votre opération, vous pouvez, avec l’aide
d’un professionnel, faire un rescrit en
consultant par écrit le fisc. Au demeurant, il
n’est pas certain que le nouveau texte s’applique en 2020. D’ici là, une question prioritaire
de constitutionnalité pourrait être soulevée
à son sujet et la réponse du Conseil constitutionnel l’invalider. Par ailleurs, il faudra surveiller la réponse à la question du sénateur
Claude Malhuret posée le 10 janvier à Bercy
sur le champ d’application de la mesure.
* Maurice Cozian, « Grands Principes
de la fiscalité des entreprises ».
INDICES DES PRIX IMMOBILIERS (IPI)
SUR
LE WEB
Crowd•funding
immobilier Le
crowdfunding immobilier est-il une bonne
affaire ou un placement trop risqué ?
Quel est le taux de
défaut ? Les réponses
avec le baromètre
annuel de Fundimmo.
Crédit immobilier Les taux de
crédit immobilier restent très attractifs.
Mais l’année 2019
démarre avec des
hausses, quoique
modérées. Ce changement de tendance,
évoqué depuis déjà
deux ans, va-t-il s’inscrire dans le temps ?
Et toute
l’actualité du
patrimoine sur
lesechos.fr/patrimoine
Century 21
•
1Dans le cœur de Tours
Située dans le centre-ville
de Tours, cette maison
de 265 m2 se trouve dans
une rue calme à 300 m
des Halles et de la Loire.
Datant pour une grande
part du XVIIe siècle, elle
est répartie sur 4 niveaux.
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Avec ses 80 m2, le rez-dechaussée ouvre sur un joli
patio. Un salon de 42 m2,
une salle à manger et une
cuisine aménagée occupent le 1er étage. Les deux
derniers étages sont
dévolus aux 4 chambres,
dont une suite parentale
avec salle de bains.
Grenier, cave et garage
complètent l’ensemble.
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RETROUVEZ LA MAISON
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LESECHOS.FR/PATRIMOINE
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FRACTURE
IMMOBILIÈRE
Pour les professionnels,
2019 ne devrait pas être
l’année du retournement
pour le marché immobilier.
La cause ? Des taux d’intérêt
toujours très bas qui offrent
aux ménages de bonnes
conditions d’acquisition
malgré la hausse des prix.
Hausse des prix observable
essentiellement dans les
métropoles dynamiques. La
distorsion entre les grandes
villes et le reste du territoire
pourrait encore s’accentuer
cette année. Selon l’Insee,
l’essor démographique des
grandes villes de province
et de leurs agglomérations
s’exerce au détriment des
territoires plus éloignés.
Un phénomène qui n’est
pas neutre sur l’évolution
des prix.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // PATRIMOINE
PLACEMENTS
–13,47 %
ACTIONS FRANCE PETITES
ET MOYENNES CAP.
Le baromètre
des fonds
L’année a été désastreuse pour
les petites et moyennes valeurs
cotées à Paris. Les fonds dédiés
ont perdu 13,47 % en trois mois.
L’indice CAC Mid & Small a chuté de 21,57 % sur Euronext en
2018, sa pire année depuis 2008.
+15,37 %
FONDS ACTIONS BRÉSIL
L’ascension des fonds de valeurs
brésiliennes ne faiblit pas :
+ 15,37 % en trois mois. Les
investisseurs de la Bourse de
Sao Paulo saluent les promesses
de changements radicaux du
nouveau président d’extrême
droite, Jair Bolsonaro.
Morningstar au 16/01/2019
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019 Les Echos
Fictifs ou ratés, certains placements peuvent faire perdre des sommes importantes à des épargnants pensant
réaliser un investissement sûr et rentable. Quels sont les dossiers du moment ? Comment éviter de tels faux pas ?
Les épargnants face aux arnaques
u diamant au vin en passant
par la vache laitière, les
cryptomonnaies ou les
parts d’hôtel... On assiste à une multiplication des placements fictifs ou
déficients. Il faut dire que les épargnants sont de plus en plus nombreux à délaisser leur banquier
pour investir en solo et en ligne
dans de nouveaux placements
alternatifs. Sauf que certaines de
ces plates-formes ne sont que des
vitrines factices mettant en lumière
des pseudo-investissements financiers aux rendements hors norme.
Dans un environnement de taux
bas, cet argument alléchant fait
encore rêver. Evidemment, les sommes versées par le particulier ne
sont jamais investies puisque ces
produits n’existent pas.
D
• LE MODE OPÉRATOIRE
Le scénario d’approche de ce type
d’arnaque est souvent le même. Le
premier contact s’effectue sur Internet. En quête d’informations, le particulier laisse ses coordonnées pour
recevoir un guide ou se faire contacter afin d’obtenir plus d’informations. Très vite, un conseiller téléphonique du site en question
appelle. Affable et persuasif, il
déroule un discours cohérent et
bien rodé assorti d’une documentation riche en témoignages de clients
satisfaits, en chiffres et en cotations
en tout genre.
Afin d’achever de convaincre un
épargnant réticent, ce démarcheur
n’hésite pas à le solliciter plusieurs
fois par e-mail et par téléphone, histoire d’insister sur les vertus de ce
« placement gagnant ». « Pour
m’appâter, mon interlocuteur m’a
proposé une remise de 20 % à l’occasion du Black Friday », témoigne
Michel B., une victime. Généralement, les résultats du premier essai
« pour voir » sont excellents. Mis en
confiance avec les premiers fruits
récoltés de son placement, l’épargnant investit davantage. C’est ce
qui est arrivé à un retraité à qui l’on a
fait miroiter 20 % par mois. « J’ai
gagné 200 euros en un mois après
avoir placé 1.000 euros. Du coup, j’ai
retiré 9.000 euros de mon Livret A
pour acheter davantage de bitcoins
proposés à prix cassé », raconte
Robert M. Trois mois plus tard lorsqu’il demande à être remboursé,
son interlocuteur répond aux abonnés absents.
Beaucoup d’arnaques aux placements financiers reposent sur le
système dit de « pyramide de
Ponzi ». Pour mémoire, ce principe
rendu mondialement célèbre par
Bernard Madoff en 2008 consiste à
rémunérer les investisseurs de la
première heure avec les fonds des
souscripteurs les plus récents.
LES NOUVELLES
•ARNAQUES
Avant Internet, les placements douteux existaient déjà avec leur lot de
scandales (Aristophil, Apollonia…),
mais avec ce mode de communication offrant un accès direct au particulier, les escrocs opèrent à distance et souvent hors de France. De
plus, ces derniers font chaque fois
preuve d’ingéniosité. Si leur mode
opératoire reste globalement le
même, leurs supports d’investissements changent. La nature du placement proposé varie au fur et à
mesure qu’elle est découverte par le
grand public et les autorités. En
2015, il y a eu le Forex et le trading
d’options binaires. En 2017, les dia-
Les diamants d’investissement étaient à la mode en 2017. Ils brillaient souvent par leur absence. Ces
dernières semaines, des sites de placement en vin d’investissement ont été épinglés. Photos Shutterstock
mants d’investissement étaient à la
mode. Ils brillaient le plus souvent
par leur absence.
L’année 2018 a été marquée par la
multiplication des escroqueries en
pseudo-trading de cryptomonnaies
(voir graphe). Dans son dernier rapport annuel intitulé « Tendances et
analyses des risques », Tracfin se
préoccupe notamment de ces arnaques en cryptoactifs (bitcoin, ether,
Ripple…) qui ont proliféré en raison
de la flambée des cours observée à
fin 2017.
« Généralement basées à l’étranger, ces plates-formes se renouvellent
sans cesse et parviennent chaque fois
à cibler un profil plus large des victimes. Leur périmètre d’attaque
s’agrandit », commente Bruno Dalles, directeur de Tracfin. « A ce jour,
près de 1.000 épargnants abusés en
cryptomonnaies fictives se sont fait
connaître. Cela représente des pertes
de près de 55 millions d’euros »,
précise Claire Castanet, directrice
des relations avec les épargnants
à l’Autorité des marchés financiers
(AMF). Ce préjudice serait la partie
émergée de l’iceberg, car il semblerait que beaucoup de personnes
se sentant à la fois coupables et
honteuses d’être tombées dans
ce piège ne souhaitent pas se faire
connaître.
Il y a quelques semaines, de nouvelles arnaques ont été mises au
jour, comme l’investissement dans
des vaches laitières avec le site vianco-cheptel.com, qui a usurpé l’identité d’une vraie société basée en
Suisse, ou encore des sites de placements en vin d’investissement.
« Dans la dizaine de dossiers liés à ce
supposé « or rouge » qui n’existe pas,
le montant moyen des pertes par personne avoisine 10.000 euros », indique Arnaud Delomel, avocat à Rennes, partie civile dans plusieurs
affaires (Aristophil, Artecosa, Heriteor) pour le compte de l’Association de défense des consommateurs de Lorraine (ADC 54).
• FAUX LIVRETS D’ÉPARGNE
Fin décembre, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution
(ACPR), le gendarme bancaire, a
également mis en garde contre les
propositions de crédits et de livrets
d’épargne à caractère frauduleux.
« Même lorsque leurs agissements
ont été découverts, certains escrocs
n’hésitent pas à rappeler leurs
anciennes victimes en se faisant passer pour un représentant d’une association de personnes flouées par ce
Les chiffres clefs
47 %
PART DES RÉCLAMATIONS
soit 1.139 réclamations
enregistrées en 2018 par l’AMF
(pertes, plaintes...) concernant
des cryptoactifs.
54.923.821
EUROS
le montant des pertes cumulées
des particuliers ayant été victimes d’arnaques aux placements
en cryptoactifs. Le montant
médian s’élève à 14.158 euros
par dossier.
Source : AMF, janvier 2019
placement. Ils demandent alors le
règlement de frais d’adhésion pour
assurer la défense leurs droits. Il
faut rester vigilant », indique Bruno
Dalles.
Avant d’investir le moindre euro
en ligne, la prudence reste de mise.
Mieux vaut consulter les sites de
l’AMF et de l’ACPR. Ces organismes
disposent chacun d’une liste noire,
actualisée en permanence, où
figure le nom des plates-formes
douteuses, frauduleuses ou exerçant sans autorisation.
Quelques détails doivent alerter
l’épargnant sur le caractère anormal de propositions émanant de
sociétés difficilement identifiables.
« Si, après quelques recherches en
ligne, on s’aperçoit que l’entreprise
gestionnaire du site ne dispose pas
de numéro de Siret ou n’est pas déclarée au greffe du tribunal, mieux vaut
tout stopper. C’est aussi mauvais
signe lorsque les virements doivent
être effectués sur un compte à l’étranger », prévient Guy Grandgirard,
président de l’ADC 54. « Il semble
que de mêmes opérateurs soient
aux commandes d’une galaxie de
plates-formes frauduleuses aux
ramifications complexes », ajoute ce
dernier.
• SORTIES DE ROUTE
Outre les fraudes notoires, de nombreux autres placements bien réels
font l’objet de sortie de route. Les
épargnants reprochent aux prescripteurs de ne pas avoir donné les
performances annoncées par le
commercial ou la plaquette publicitaire. Pour cause de mauvaise con-
joncture (économique, immobilière, boursière) ou de défaillance
de l’émetteur/du gestionnaire,
beaucoup des investisseurs ont
perdu de l’argent.
En 2017, près de 6.000 personnes ayant investi 700 millions
d’euros ont été touchées par les
déboires de Maranatha. Proposant diverses offres de placements
dans ses hôtels à travers de complexes montages, ce groupe a, en
2017, été placé en redressement
judiciaire puis repris en 2018 par
Colony Capital. « Il s’agissait au
départ d’investissements rémunérateurs sous forme de club deal,
d’obligations et en LMNP », détaille
Marie Martinez, porte-parole de
l’Adefima, Association de défense
des investisseurs de Maranatha,
qui compte 2.600 adhérents. « Si
certains particuliers sont effectivement détenteurs de parts d’hôtel à ce
jour illiquides, d’autres sont dans
des situations plus délicates. Certains détiennent des obligations
d ’ u n e e n t re p r i s e d é fa i l l a n t e .
D’autres pensaient avoir acheté des
parts, mais ces sommes ont servi à
renflouer la trésorerie moribonde
de la société », explique Fabrice
Baboin, avocat au cabinet PVB
Avocats, représentant de l’Adefima.
PRATIQUES
•COMMERCIALES
TROMPEUSES
En matière de placements, d’autres
« sorties de route » sont à relever du
côté des banques. « Nous dénonçons
des pratiques commerciales trompeuses de la part d’enseignes telles
que BNP Paribas avec le fonds à formule Jet 3 et le prêt Helvet Immo ou
encore les Caisses d’Epargne avec le
fonds à promesse Doubl’O Monde.
Les épargnants concernés n’ont
jamais été clairement avertis du risque financier élevé qu’ils encouraient
en souscrivant le produit. Et ils ont
perdu gros », affirme Raphaël Bartlomé, responsable du service juridique de l’association de consommateur UFC-Que Choisir.
— Laurence Boccara
4
À NOTER
Une société n’a pas le droit
de vous proposer un investissement en biens divers sans
disposer au préalable
d’un numéro d’enregistrement
auprès de l’AMF.
Comment défendre
ses intérêts
Victime d’une arnaque
« pure et dure » ou ayant
été mal informé ou mal
conseillé, un épargnant peut
engager, seul ou à plusieurs,
des actions afin de faire
valoir ses droits et de
récupérer le capital perdu.
réglementation, nous recueillions les
réclamations et enquêtons sur le dossier en question », souligne Claire
Castanet, directrice des relations
avec les épargnants à l’Autorité des
marchés financiers.
Pour ceux qui estiment s’être fait
léser ou berner, il est important de
se faire rapidement connaître. Dans
le cadre d’un placement frauduleux,
aucune médiation n’est possible. En
revanche, « il faut aller porter plainte
au commissariat ou à la gendarmerie
en apportant le plus de preuves possible pour justifier de la tromperie,
comme des copies d’e-mails, des éventuels enregistrements, des numéros
de téléphone, des justificatifs de virement », conseille Guy Grandgirard,
président de l’ADC 54.
« Cette étape est nécessaire et si les
plaintes sont nombreuses, le parquet
peut décider d’ouvrir une information judiciaire. On est alors informé
de la procédure, on peut même se porter partie civile », ajoute Arnaud
Delomel, un avocat rennais représentant de l’ADC 54 dans les affaires
Aristophil et d’arnaques aux diamants d’investissement et aux cryptomonnaies. « On peut parfois se
retourner vers la banque de l’épargnant floué. Ayant autorisé le virement de sommes importantes à
l’étranger, cet établissement peut être
taxé de défaut de vigilance ou de contrôle. Cet intermédiaire n’a pas fait
son travail », indique l’avocate
Hélène Feron-Poloni. Les pouvoirs
publics ont mis en place un numéro
de téléphone et un site Internet pour
informer le grand public et
recueillir les réclamations en cas de
préjudice. En surfant sur les forums,
les blogs et les sites, il est possible de
trouver d’autres épargnants ayant
connu les mêmes problèmes.
Un autre moyen de s’informer
consiste à contacter une association de consommateurs mobilisée
sur ces sujets. Selon la nature du
problème, il est aussi important de
contacter des institutions officielles
telles que l’ACPR, la FFB, la DGCCRF, l’Orias ou encore l’AMF (cf.
adresses utiles). « Dès lors que le placement en question entre dans notre
périmètre d’action et dans notre
Pour les épargnants floués qui souhaitent se défendre en justice, deux
solutions sont possibles : prendre
chacun et à titre individuel le même
avocat ou se regrouper pour créer
une association. « C’est cette dernière
qui paie l’homme de loi. Et, à plusieurs, les frais d’avocat et de procédure sont partagés », explique Marie
Martinez, porte-parole de l’Adefima,
Association de défense des investisseurs de Maranatha. « Pour organiser une défense et faire valoir un préjudice, plus on est nombreux, mieux
c’est », reconnaît Arnaud Delomel.
Cela donne davantage de poids à un
dossier. Certains avocats spécialisés
dans la défense des épargnants victimes de placements ratés restent
réservés sur l’intérêt de créer systématiquement un collectif. « Nous
parvenons à réceptionner, centraliser
les cas et à fédérer des actions sans
passer par la “case” association »,
affirme Hélène Feron-Poloni.
L’autre parade consiste à s’adresser à une association existante. « Il
faut se renseigner sur sa réputation,
son indépendance et ses victoires
juridiques », conseille Guy Grandgirard. Quelques associations de consommateurs agréées (UFC-Que
Choisir) sont habilitées à mener
une action de groupe, appelée aussi
« class action », mais cette procédure est rare. — L. B.
Recours individuel
ou collectif
Les adresses utiles
Infos Escroqueries :
0 805 805 817 (appel gratuit)
ou www.internetsignalement.gouv.fr ;
l Assurance-BanqueEpargne Info Service :
0 811 901 801 (0,05 €/minute
+ prix d’un appel) ou
www.abe-infoservice.fr
l Epargne Info Service
(AMF) : 01 53 45 62 00 ;
www.amf-france.org
l
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Art Richelieu
MARCHÉ
DE L'ART
en bref
RADIO FRANCE VEND
SES INSTRUMENTS AUDIO
L’ART NOUVEAU ET L’ART
DÉCO S’EXPOSENT À LYON
Pianos, harpes, enregistreurs
historiques… Radio France
met aux enchères divers
instruments le 19 janvier
dans ses studios et en ligne,
sur drouotonline.com, jusqu’au 28 janvier.
Une sculpture signée Chiparus, un lampadaire moderniste de Perzel, une épreuve
de Lalique, un vase de
Dunand. 5 lots phares seront
mis en vente le 31 janvier par
De Baecque & Associés à Lyon.
La remarquable collection de livres
illustrés du banquier Marc Litzler
Le 20 février, Christie’s cède la collection en 248 lots de
l’ancien banquier Marc Litzler. Plusieurs livres illustrés
exceptionnels mais aussi le premier Houellebecq.
arc Litzler n’est pas un collectionneur orthodoxe
mais plutôt un amateur
éclairé et curieux tous azimuts. Ce
diplômé de Polytechnique, qui a
cessé toute activité depuis dix ans, a
terminé sa carrière comme directeur de la banque d’investissement
du Crédit Agricole, qui se nommait
alors Calyon.
« J’étais dans l’industrie des
bonus », explique-t-il pour signifier
que, rapidement, il va gagner beaucoup d’argent. Plutôt que de constituer une collection dans l’air du
temps consacrée à l’art contemporain, comme beaucoup de banquiers le font, il achète du « beau »
mais discret, « caché » dans une
bibliothèque, autrement dit des
livres illustrés.
« J’aime le livre conçu comme un
objet. Vous le sortez, vous le touchez.
Il a une odeur très particulière
aussi. » Son exigence est très élevée
sur le sujet de l’état de conservation,
et la vente de sa bibliothèque chez
Christie’s, le 20 février, qui comprend 248 lots (estimation totale :
3,2 millions d’euros) est avant tout
une démonstration de ce que peut
être une collection de livres dans un
état de conservation remarquable.
Aujourd’hui, Marc Litzler déménage en Italie et commence donc
une nouvelle « tranche de sa vie ».
Bertrand Meaudre, propriétaire de
la librairie Lardanchet, l’a beaucoup conseillé.
M
Premier livre d’Apollinaire
« J’aime le livre
conçu comme
un objet. Vous
le sortez, vous
le touchez. Il a
une odeur très
particulière aussi. »
MARC LITZLER
découpés et peints, une technique
qu’il pratique depuis 1941 alors que,
malade et diminué, il ne peut plus
peindre comme par le passé. Il joue
avec les contrastes de formes et de
couleurs vives dont l’état de fraîcheur est étonnant. « Jazz » a été
édité à 270 exemplaires. Son prix
record s’élève à 1,1 million de dollars
en 2015 pour l’épreuve de l’éditeur.
La version du banquier a été achetée en 2007 pour 480.000 dollars.
A partir de 400 euros
Il est clair que les estimations sont,
comme on le dit dans le jargon des
ventes, « attractives » afin d’attirer
les enchérisseurs. Selon Bertrand
Meaudre, le domaine des livres
illustrés a enregistré une forte
hausse jusqu’à 2013 après quoi il a
subi une baisse d’environ 15 %.
« Cependant certains ouvrages très
demandés, comme “Jazz”, se vendent
aujourd’hui plus cher qu’en 2013 »,
souligne-t-il encore.
Parmi les estimations les plus
basses, 400 euros, il y a un petit livre
illustré publié en 1963 : « L’Usage du
monde ». Les textes sont signés du
fameux écrivain voyageur genevois
Nicolas Bouvier (1929-1998) et les
dessins de Thierry Vernet (19271993) pour raconter leur périple
jusqu’à Kaboul en 1953-1954.
Marc Litzler affectionne les écrits
de Michel Houellebecq et, bien que
l’ouvrage ne soit pas illustré, il possède le premier livre de l’écrivain
français à succès. Paru en 1991 aux
éditions du Rocher dans la collection « Les Infréquentables », il s’agit
d’une biographie de H. P Lovecraft,
maître du fantastique en littérature,
qui tourne au roman sous le titre :
« HP Lovecraft. Contre le monde,
contre la vie ». Accompagné d’une
dédicace qui explique qu’il (je) « a
transformé Lovecraft en un de mes
personnages », ce roman contemporain d’un nouveau genre qui
annonce « Extension du domaine
de la lutte » est estimé 800 euros.
Après la vente, depuis sa retraite
du lac de Côme, Marc Litzler pense
à collectionner les livres d’architecture « mais pour des sommes plus
raisonnables ! » conclut-il.
— Judith Benhamou-Huet
Le 20 février, Paris, www.christies.com
Christie’s Images Limited 2018
Il a aussi rédigé une grande partie
des notices du catalogue de Christie’s. Il raconte : « Marc Litzler n’est
pas un collectionneur boulimique.
Ses choix sont très précis et certainement reliés à sa vie. Je me souviens,
par exemple, qu’il a fait l’acquisition
du livre “Negro” de 1934 par Nancy
Cunard (estimation : 4.000 euros,
une remarquable anthologie sur la
culture noire africaine et américaine)
à son retour d’un voyage en Afrique.
Il a aussi été très sensible aux provenances, privilégiant des livres originaires de bibliothèques prestigieuses
comme Bérès ou Rothschild. »
Ses acquisitions ont commencé
e n 1 9 9 6 , a u x e n c h è r e s , ave c
« L’Enchanteur pourrissant », le
premier livre publié par Apolli-
naire, illustré par André Derain en
32 bois gravés. Il est édité en 1909
par le marchand allemand des
avant-gardes installé à Paris DanielHenry Kahnweiler. L’ouvrage a,
plus tard, été couvert par un des
grands relieurs français contemporains, Jean de Gonet (né en 1950),
avec une luxueuse « protection »
articulée, en bois précieux (estimation : 25.000 euros).
L’un des lots les plus impressionnants, un monument de la bibliophilie, est la reconstitution de
« L’Apocalypse » du géant de la
Renaissance allemande Albrecht
Dürer. Classé dans la rare catégorie
des incunables (imprimé
avant 1500), il est réalisé en 1498,
illustré en 15 xylographies et accompagné par le texte en allemand du
second testament. Le génie renouvelle ici la technique de gravure en
laissant apparaître un ensemble de
striures dans les lignes fines.
Les compositions sont très riches
et le tirage sombre, d’une grande
qualité. Marc Litzler en a fait
l’acquisition auprès de la Librairie
Lardanchet pour une somme avoisinant, selon son propriétaire, le
p r i x d ’e s t i m a t i o n a c t u e l l e :
150.000 euros. Bertrand Meaudre
commente : « Je ne crois pas avoir vu
d’autres exemplaires de cette date-là
en vingt ans de carrière à Paris. »
L’estimation la plus élevée de la
vente, 200.000 euros, correspond à
un des mythes du livre d’artiste :
« Jazz » d’Henri Matisse publié en
1947 par l’éditeur français des
avant-gardes Tériade. Son concurrent, Albert Skira, offrira à son
épouse l’exemplaire proposé à la
vente. Matisse accompagne ici ses
textes de pochoirs issus de papier
Dans « Jazz », Matisse accompagne ses textes de pochoirs issus de papiers découpés et peints.
« Jazz », d’Henri Matisse a été publié en 1947 par l’éditeur français des avant-gardes Tériade.
Le volume est estimé à 200.000 euros. Photo Christie’s Images Limited 2018
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De Baecque
PATRIMOINE // 39
Les Echos Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
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crible
Vendredi 18, samedi 19 janvier 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Mauvais souvenirs
Société Générale propose l’option du dividende
en actions, comme pendant la crise.
LA SÉANCE DU 17 JANVIER 2019
La Bourse
de Paris
retombe sous
les 4.800 points
deux séances positi•ves,Après
la Bourse de Paris n’a pas
fait la passe de trois. L’indice
CAC 40 a terminé, jeudi, en
repli de 0,34 %, repassant sous
la barre symbolique des
4.800 points, à 4.794,37 points.
Les volumes de transactions
sont restés assez limités, à
3,2 milliards d’euros. Les
investisseurs affichent en ce
début d’année une certaine
prudence face au maintien des
incertitudes politiques, en particulier le Brexit.
Du côté des actions, le secteur bancaire a été malmené,
conséquence de l’avertissement de Société Générale sur
ses résultats. L’action de la banque de la Défense a chuté de
5,66 %, la plus forte baisse de
l’indice CAC 40. Par contagion,
BNP Paribas a cédé 3,85 % et
Crédit Agricole 1,86 %.
Les valeurs automobiles ont
pâti des craintes d’une offensive
des Etats-Unis concernant les
tarifs douaniers sur les importations d’automobiles. Renault
a cédé 1,32 % et Peugeot 1,08 %.
Faurecia a cédé 2 %.
En revanche Sodexo a pris
1,75 %, soutenu par une recommandation favorable de Berenberg. Hermès s’est adjugé
1,39 % et Saint-Gobain 1,02 %.
Hors CAC 40, TF1 a reculé de
3,77 % et M6 de 3,19 %, affectés
par la publication d’une étude
négative de Bank of AmericaMerrill Lynch sur le secteur de
la télévision en Europe.
DBV Technologie a chuté de
7,91 %, plus forte baisse du
SBF 120. En cause, le lancement aux Etats-Unis d’un
recours collectif d’investisseurs. Ils accusent le groupe de
ne pas les avoir informés correctement des difficultés rencontrées avec les autorités de
santé au sujet de son traitement Viaskin Peanut.
De son côté, la biotech Nanobiotix, déjà cotée sur Euronext
Paris, envisage de procéder à
une offre au public aux EtatsUnis. L’action a cédé 1,03 %.
Dans le bleu
Il est des mises à jour qui commencent par des mises à l’ombre. Le profit
warning de la Société Générale lui a valu une correction (–5,7 %) plus
sévère que son gain de la veille (+4 %), quand les pronostiqueurs espéraient
encore être agréablement surpris par le dernier trimestre. Le retour de
l’option du paiement du dividende en actions – en vigueur de 2009 à 2013
inclus, à l’exception de 2012 sans distribution – leur rappelle en plus
les temps difficiles de la crise financière. Il permet de maintenir le coupon
par action – la Bourse prévoyait une légère hausse –, mais les actionnaires
qui choisiront les espèces courent le risque d’une dilution. Ayant tourné la
page de ses actifs toxiques à force d’une ténacité à toute épreuve, la banque
de Frédéric Oudéa a dû ensuite surmonter divers litiges qui se sont traduits
par de grosses sorties de cash au moment où les bas taux d’intérêt
en Europe ont amaigri la vache à lait des réseaux de détail en France.
C’était donc le moment de gagner plus d’argent dans la banque de financement et d’investissement, mais les activités de marché ont encore montré
leur irrégularité d’un trimestre sur l’autre. Les rivales françaises ne lui
tiennent pas la dragée haute, mais le fleuron de la Défense n’est pas aussi
« asset light » que Natixis ni aussi gros que BNP Paribas. Ses porteurs déçus
savent bien qu’il lui faut poursuivre sa laborieuse trajectoire
de renforcement des fonds propres.
En+ 32
Exxon Mobil 20
EuropaCorp 24
EuroSibEnergo 32
Faurecia 13
Française des Jeux
(FDJ) 21
Gaumont 24
Gestal 27
Henkel 20
Huawei 24
IFlytek 12
Indigo Group 17
InsideBoard 27
JAB Holding Co 21
L1
Ledger 25
Ofo 12
Pierre & Vacances 27
La Bourse suisse hésite à croire à
une bataille autour du logisticien Panalpina.
Un champion de la crème peut-il se permettre des changements seulement
cosmétiques ? Le nouveau patron de Beiersdorf, le Belge Stefan De Loecker,
se doute bien que non. Mais l’ambition affichée de « libérer le futur
potentiel » du propriétaire de Nivea laisse pour le moment les investisseurs
dans le bleu sur les moyens d’y parvenir. La croissance organique, à 5,4 %
l’an dernier, n’a certes pas besoin de fard pour satisfaire les anticipations
de la communauté financière. Mais la simple confirmation d’une stabilité
de la rentabilité opérationnelle courante en 2018, alors que les analystes
escomptent de 0,1 à 0,2 point de pourcentage de plus que les 15,4 %
de l’exercice précédent, a suscité une petite réaction épidermique sur
le titre à Francfort (–0,27 %). L’expert d’Oddo BHF y lit une forme d’avertissement sur la profitabilité qui augure mal de la couche supplémentaire
espérée cette année par le consensus (de presque 0,4 point), tandis que
celui d’AlphaValue y décèle la volonté de se ménager des marges de
progression ultérieures après une hausse de plus de deux points en quatre
ans. L’ancien dirigeant de Tesco et Nestlé, dans le groupe depuis sept ans,
a fait entrer du sang neuf au directoire, pris chez Procter & Gamble
et Reckitt Benckiser. Mais les gérants savent que plus que la crème,
c’est la façon dont sera employé le beurre, les 4,5 milliards d’euros de cash
accumulés au bilan (soit un cinquième de sa capitalisation boursière)
par les héritiers précautionneux de la pharmacie hambourgeoise
de Paul Beiersdorf, qui façonnera l’avenir.
Procter & Gamble 20, 21
Reckitt Benckiser 21
RendezvousCheznous
27
Rusal, 32
Sabic 20
SenseTime 12
Siemens 15
StudioCanal 24
Suez 20
Tencent 12
Tetrao 25
T-Mobile 24
Total 20
Toyota 20
TSMC 24
Vanguard 33
Veolia 20
Vinci Autoroutes 17
EN VUE
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ImPressIon L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 17 JANVIER 2019 : 87.261 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de membre ACPM OJD CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle, est
interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Beiersdorf veut « libérer » son potentiel,
la Bourse se demande comment.
Plus vite, plus haut
LES ENTREPRISES CITÉES
Alcoa 32
Alibaba 12
Alstom 15
Apple 24
Baidu 12
BASF 20
BilletReduc.com 16
BlackRock 32
BTU Protocol
Ecosystem Fund 25
CaixaBank 31
Carbios 27
Coinhouse 25
ConsenSys 25
Coty 21
Deutsche Bahn 20
Dialog Semiconductor
24
Dow 20
Lorsqu’on prend la direction de la Suisse, il ne faut pas avoir peur
de grimper. Le point culminant de son pays d’origine, le Danemark, a beau
ne pas dépasser 171 mètres, le logisticien DSV ne craint pas de s’aventurer
dans les alpages de la croissance externe. Malgré une offre à plus de 21 fois
les bénéfices de 2019, le transporteur de Hedehusene a manqué Ceva,
l’ex-TNT Logistics, coté à Zurich et tombé l’an dernier dans les filets
de l’armateur marseillais CMA CGM. Le numéro 5 mondial du fret espère
maintenant gagner un rang dans le classement en proposant 36 fois son
résultat net de l’année à Panalpina, un multiple qui valorise probablement
beaucoup mieux les colis que leurs contenus. La sirène danoise,
ses 4 milliards et quelques de francs suisses mis sur la table à 70 % en papier
et le solde en cash, et une prime de 24 % ont résonné comme une douce
musique aux oreilles des investisseurs qui ne croient toutefois pas complètement à sa chance au pays des coucous. Son autre messager, Kühne + Nagel,
pourrait défendre son nid face à celui qui lui volerait sa seconde place du fret
aérien, derrière DHL. La présence d’une fondation philanthropique détenant 46 % du capital de Panalpina favorise peut-être la carte helvétique, mais
son deuxième actionnaire, l’activiste Cevian, veille néanmoins au grain. Avec
un prix élevé, DSV contraint la fondation familiale contrôlant K + N à une bataille au sommet qui risquerait de diluer son influence. En fonction des
synergies avec Panalpina, moitié moins rentable que lui, le danois, qui a
grandi de 70 % en cinq ans grâce aux acquisitions, a en outre les moyens
de faire monter d’éventuelles enchères. Plus vite, plus haut, plus chaud.
Joël Dicker
e Figaro » présentant son très
attendu classement des romanciers français est formel. Etant
le seul à tenir compte à la fois des ventes en grand format et en poche, il se
targue d’être aussi le seul à donner « ce
que les Français lisent vraiment ».
Dommage qu’en plus, il n’ait pas
précisé qu’il ne retenait que les livres
écrits par leurs signataires. On ne vise
aucun homme politique en particulier. Autre différence avec les hommes
politiques, les têtes de liste du classement du « Figaro » sont, eux, régulièrement réélus. Au fond, il suffit de ne
pas décevoir ses électeurs. Voici donc
Guillaume Musso et Michel Bussi à
nouveau sur le podium.
Les ventes du Suisse Joël Dicker
ayant doublé – merci l’adaptation télé
de « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » –, il rejoint le tiercé de tête. A un
cheveu d’Aurélie Valognes l’auteur
L
peut-être pas immortelle de « Mémé
dans les orties » et à un poil de Virginie Grimaldi : « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie ». Un
c o n s e i l : r é f u g i e z - vo u s c h e z l e
numéro 7 du classement, Pierre
Lemaître (« Au revoir là-haut »).
Avec Harry Quebert, Dicker s’est en
2012 à vingt-huit ans installé dans les
librairies, 10 millions d’euros de gains
la première année. A l’époque, on
avait trouvé le titre un peu long. C’était
avant : « Les lions mangent de la
salade verte » ou « Cupidon a des ailes
en carton ». En 2018, il a sorti « La Disparition de Stéphanie Mailer ». C’est
toujours un peu long. Son texte aussi.
Empruntant à la météo le concept de
température ressentie « Le Monde »,
vache, note : « Le nombre de pages ressenti est ici très largement supérieur
aux 630 officiellement affichées. »
Et toc !
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