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Les Echos - 21.01.2019

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Assurance-santé : vers
plus de concurrence
Les Echos
Executives « Mécénat
de compétences »
Shutterstock
Bercy veut donner la
possibilité de résilier son
contrat à tout moment. // P. 32
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 21 JANVIER 2019 // LESECHOS.FR
// PP. 37 À 39
L’ESSENTIEL
SHUTDOWN : TRUMP ET LES
DÉMOCRATES DANS L’IMPASSE
Alors qu’aucune sortie de crise ne
se dessine, les Américains organisent des collectes en faveur des
fonctionnaires qui ne sont plus
payés depuis le 22 décembre. // P. 6
UN ÊTRE HUMAIN SUR SEPT
EST « INVISIBLE »
Selon la Banque mondiale, 1,1 milliard d’êtres humains n’ont pas
d’existence officielle, faute de
papiers d’identité. Principalement
en Afrique et en Asie du Sud. // P. 8
Attractivité :
la France face
au choc des
« gilets jaunes »
Enquête sur la décennie
Ghosn à la tête de Renault
ENTREPRISES
& MARCHÉS
L’énergéticien français est sur le
point de vendre ses centrales
électriques au charbon en Allemagne et aux Pays-Bas au fonds
américain Riverstone. // P. 24
ILIAD MISE 100 MILLIONS SUR
LE MARCHÉ DES ENTREPRISES
La maison mère de Free a racheté
la quasi-totalité de Jaguar
Network, un opérateur télécoms
qui fournit des services à plus de
1.200 entreprises. // P. 27
LES DIX FEMMES À SUIVRE
DANS LA FRENCH TECH
Elles sont entrepreneuse, investisseuse ou encore architecte
blockchain, et changeront le
monde de la tech en 2019, selon
l’association StartHer. // P. 28
LA DÉCONSOMMATION
HANTE LES COMMERÇANTS
Les « gilets jaunes » ont pénalisé le
commerce à Noël. Mais la baisse
de la fréquentation des boutiques
et des centres commerciaux a
commencé il y a cinq ans. // P. 25
pour les rassurer sur la poursuite des réformes.
l Selon une enquête, la perception de l’Hexagone
par les investisseurs étrangers reste bonne.
as question de donner l’image d’une France
à l’arrêt par la crise des « gilets jaunes ».
Comme il l’avait fait l’année dernière,
Emmanuel Macron va recevoir ce lundi, à Versailles, 120 présidents des plus grandes entreprises
mondiales pour les rassurer sur l’attractivité de la
France, secouée depuis deux mois par une crise
inédite. Selon une étude réalisée par Kantar à la
demande de Business France, la France reste bien
la deuxième terre d’investissements préférée en
Europe, derrière l’Allemagne. Sur le chemin de
Davos, ces chefs d’entreprise (Microsoft, Uber,
Coca-Cola, Ikea…) seront reçus par les ministres,
P
et, pour certains d’entre eux, par le chef de l’Etat
en personne. Si le faste de Versailles ne manque
pas d’attirer les critiques, l’Elysée fait aussi valoir
que ce sommet, générateur d’investissements et
donc d’emplois, est aussi une réponse à la crise et
aux revendications des « gilets jaunes ». Emmanuel Macron entend également se saisir de cette
occasion pour faire passer des messages sur la
nécessité de bâtir un autre capitalisme générant
moins d’inégalités.
// PAGES 2 À 4, L’ANALYSE DE
JEAN-MARC VITTORI ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 9
AUTOMOBILE Alors que le conseil d’administration de Renault est en
passe d’évincer Carlos Ghosn dans les tout prochains jours, l’heure du
bilan a sonné pour l’un des dirigeants les plus en vue du CAC 40. Au fil
des quatorze années de règne du patron franco-brésilien à BoulogneBillancourt, le constructeur s’est profondément transformé. Plusieurs
épisodes ont assombri la vie de Renault toutefois : une vague de suicides
au Technocentre, révélant le stress des ingénieurs, et une fausse affaire
d’espionnage, qui a secoué le sommet du groupe. // PAGES 12, 13 ET 18
Ce que le Brexit pourrait
changer pour les Français
Le nouveau
casse-tête de
la recherche
EUROPE Un « no deal » entre
Londres et l’UE aurait des
conséquences très concrètes.
Impôts Bercy
clarifie la fiscalité
des successions // P. 17
La Mini et les Land Rover coûteront-elles plus
cher ? Faudra-t-il payer plus pour téléphoner en
Grande-Bretagne ? Doit-on s’attendre à des embouteillages géants de camions aux postes de douane ?
La France vendra-t-elle moins de champagne aux
Anglais ? Le rejet par le Parlement britannique de
l’accord de divorce conclu par Theresa May avec
Bruxelles renforce l’hypothèse d’un « no deal » qui
présenterait de nombreux risques très concrets de
ce côté-ci de la Manche. Tour d’horizon en quinze
questions. // PAGES 20-21
Glyn Kirk/AFP
CARNET // P. 36
Sylva Villerot/RÉA
l Le chef de l’Etat reçoit 120 patrons mondiaux
Sipa
ENGIE CÈDE SES CENTRALES
À CHARBON EN EUROPE
BANQUE Sous la pression des évolutions technologiques et des
nouvelles attentes des clients, les métiers de la banque se transforment de façon rapide et profonde. Les fonctions administratives
sont les plus à risques. Pour se digitaliser sans détruire massivement des emplois, les banques doivent renforcer la formation.
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
// PAGE 31 ET L’ÉDITORIAL DE GUILLAUME MAUJEAN PAGE 9
Trouver en quelques jours
un dirigeant pour une
mission de transition en
France ou à l’International.
C’est notre engagement.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22869
nimeurope.com
01 46 24 85 71
110e ANNÉE
40PAGES
Antilles Réunion 4 €. Guyane-St Martin
5,20 €. Belgique 3,40 €. Espagne 4,30 €.
Grande-Bretagne 3£70. Grèce 4 €. Italie
4,30 €. Luxembourg 3,70 €. Maroc 30 DH.
Suisse 5,70 FS. Tunisie 4,8 TND. Zone CFA
3000 CFA.
par Paul Molga
La recherche est-elle encore un
terrain solide ? Minées par les conflits
d’intérêts ou polluées par des ambitions personnelles, de plus en plus de
publications scientifiques rejoignent
le catalogue des infox (« fake news »).
Essais truqués, résultats biaisés,
éprouvettes ou photos trafiquées,
plagiats, interprétations équivoques…
Le nombre de publications retirées
des revues scientifiques est en hausse.
Elles jettent le discrédit sur l’ensemble
des travaux de recherche. // PAGE 14
Tempête historique sur
les métiers de la banque
La mutation numérique s’accélère. 20 %
des métiers bancaires vont disparaître.
SUR
La chronique Sciences
Groupe Menway
Les transformations en cours dans l’industrie bancaire sont
rapides et profondes. Photo Gambit Finances Solutions/Shutterstock
Gérer
un projet
Transformer
une activité
Remplacer
un dirigeant
Redresser
une entité
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02 //
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
FRANCE
Ministres de Macron :
à quoi sert-on ?
Le cap des réformes est réaffirmé, mais les ministres
ne savent ni sur quoi va déboucher le grand débat
ni ce que Macron voudra en faire.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
i la crise des « gilets
jaunes » a fait
ressortir ce travers
bien français de la jalousie,
les ministres ne sont pas
épargnés. La nomination
de Sébastien Lecornu
et d’Emmanuelle Wargon
comme animateurs du grand
débat n’est pas vraiment bien
vécue par leurs collègues.
D’autant que leur mise
en orbite s’accompagne
d’une consigne de discrétion
pour les autres.
« En clair, ce sont les deux
seuls qui ont le droit d’exister
dans la période », décrypte
un conseiller. « Je répondrai
aux invitations, mais je
m’y rendrai pour écouter »,
confirme Gérald Darmanin
sur France 3 (« Dimanche
en politique »).
Après tout, ce serait le
moment idéal de se pencher
sur leurs dossiers si, là
encore, l’exercice n’était
pas délicat. Moins peut-être
pour les ministres de Bercy,
qui défendent l’un l’impôt
à la source l’autre la
taxation des Gafa, que
pour tous les autres.
Le cap des réformes est
maintenu, martèle le chef
de l’Etat, mais comment
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
S
et sur quel calendrier ?
C’est le grand flou.
Les ministres ne savent ni
la tournure que va prendre
le grand débat, ni surtout ce
que le chef de l’Etat compte
en faire. « Continuez », leur
dit le pouvoir, tout en leur
donnant aussi des signes de
prudence voire d’incertitude.
L’homme qu’ils suivaient à
l’aveugle leur semble avoir
perdu sa boussole. La peur
de dire ou de faire une bêtise
s’est installée. Son premier
corollaire s’appelle
l’immobilisme.
La question a fait l’objet d’un
tour de table lors du dernier
séminaire gouvernemental.
Jean-Yves Le Drian a
notamment pris la parole
pour s’inquiéter d’une
réforme de la fonction
publique susceptible de
mettre les fonctionnaires
dans la rue. Pas question
de la reporter, a tranché le
président. Mais de quelle
réforme parle-t-on ? De celle
qui devait inciter aux départs
volontaires et généraliser
les contrats, comme affirmé
ces derniers mois ? Ou de
celle qui s’attachera à « mieux
former et mieux payer les
fonctionnaires », comme
l’assure Gérald Darmanin ?
Peut-être est-ce cela le retour
à la réalité quotidienne des
Français qu’initie le grand
débat : comme eux, les
ministres peuvent connaître
le chômage technique.
ATTRACTIVITÉ
3
Macron va tenter de rassurer
les investisseurs étrangers
l Le président de la République réunit ce lundi au château de Versailles
120 patrons étrangers pour leur vanter l’attractivité de la France.
l Et leur expliquer le 2e acte du quinquennat, bousculé par les « gilets jaunes ».
Guillaume de Calignon
@gcalignon
En un an, tout a changé. L’an dernier,
le sommet organisé au château de
Versailles avec les patrons d’entreprises étrangères était celui de la
splendeur. C’était « France is back »
et Emmanuel Macron était le jeune
leader des démocraties libérales qui
avait terrassé le populisme dans
l’Hexagone et que les élites mondiales voulaient rencontrer.
Cette année, le président de la
République remet le couvert au
même endroit, mais l’ambiance a
évolué. Les « gilets jaunes » sont
passés par là et seront à n’en pas
douter l’objet de discussions intenses entre les 150 patrons présents au
château de Versailles ce lundi, dont
120 étrangers et les 26 ministres qui
se déplaceront pour les voir.
Les PDG de Microsoft, Uber, Procter & Gamble, Coca-Cola ou encore Ikea et Samsung seront présents
au sommet organisé, comme l’an dernier, au château de Versailles. Photo Christian Liewig/pool/RÉA
Installer un rendez-vous
L’idée de l’Elysée est d’installer ce
rendez-vous dans le temps, en profitant de la venue des grands de ce
monde en route pour le Forum économique mondial de Davos pour
leur « vendre » l’attractivité de la
France. Les PDG de Microsoft, Uber,
Procter & Gamble, Coca-Cola ou
encore Ikea et Samsung seront présents. Quatre ou cinq d’entre eux,
triés sur le volet, pourront avoir une
discussion en tête à tête avec le chef
de l’Etat. Il faut dire que les multinationales sont très importantes pour
la France, en troisième position en
Europe pour l’accueil des investissements étrangers et proche de dépasser le Royaume-Uni. Les entreprises
contrôlées par des capitaux étrangers emploient 1,8 million de personnes dans l’Hexagone et repré-
sentent 22 % des dépenses totales
de R&D réalisées en France.
Mais, dans le contexte explosif des
« gilets jaunes », recevoir à Versailles
le gratin de l’économie mondiale risque de faire des étincelles. L’Elysée est
prêt à parer aux attaques de l’opposition. « Passer une demi-journée à convaincre des entreprises étrangères
d’investir en France, c’est répondre au
cœur des revendications des “gilets jaunes” », se défend un conseiller.
L’Elysée a compté 340 investissements de plus de 10 millions d’euros
réalisés depuis 2017 sur le territoire.
« Nous attendons de ces investisseurs
étrangers qu’ils lancent des projets
dans les territoires et créent des
emplois. Ce n’est pas un sommet pour
leur faire je ne sais quels cadeaux, mais
pour leur expliquer où va la France et
quels sont ses atouts », explique Christophe Lecourtier, directeur général
de Business France. « Autant Davos
peut paraître, à certains, comme une
réunion de happy few, autant ce sommet à Versailles vise à obtenir des investissements dans l’économie réelle et des
emplois. Il s’agit d’une opération de
promotion de la France », poursuit-il.
Mais Emmanuel Macron va évidemment aussi parler des « gilets
jaunes » aux investisseurs. « Il va
Les sociétés contrôlées
par des capitaux
étrangers emploient
1,8 million de salariés
dans l’Hexagone.
leur expliquer pourquoi le rejet des élites a pris cette forme-là et quelle est sa
réponse. Mais il va aussi leur dire que
ce capitalisme financier est à bout de
souffle. Si on continue dans ce modèle-là, les inégalités et donc les extrémismes vont grimper de plus en plus »,
fait-on valoir à l’Elysée. En clair, si
l’élite actuelle ne tient pas compte
des demandes populaires, elle sera
balayée par le chaos qui pointe.
Ce discours du président touchera-t-il les patrons ? L’un des présents
à Versailles, Jamie Dimon, patron
de JP Morgan, a touché 31 millions
de dollars de rémunération l’an
passé et sa fortune est évaluée par
« Forbes » à 1,3 milliard de dollars.
(
Lire l’éditorial d’Etienne
Lefebvre Page 9
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Raffarin se déclare plus proche
du projet de Macron sur l’Europe
POLITIQUE L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a
déclaré dimanche sur RTL et LCI qu’il « déciderait » s’il reste au
sein des Républicains en fonction de la position du parti sur
l’Europe. Il a souligné être « aujourd’hui plus près du projet de
Macron ». « Pour moi, le sujet central, c’est la question de la sécurité, de l’économie, c’est la question de notre destin. C’est sur ce
sujet que je déciderai », a-t-il fait valoir.
Alexandre Benalla de retour devant
la commission d’enquête du Sénat
AFFAIRE Alexandre Benalla, ex-collaborateur d’Emmanuel
Macron, sera de retour lundi devant la commission d’enquête
du Sénat. Celle-ci s’interroge sur des dysfonctionnements de
l’Etat jugés « difficilement défendables ». Six mois après le début
du scandale sur les activités de cet ex-chargé de mission du président, remercié après avoir été accusé de violences lors d’une
interpellation musclée le 1er mai, Alexandre Benalla a de nouveau été mis en examen vendredi, cette fois pour l’usage abusif
de ses passeports diplomatiques après son limogeage de l’Elysée fin juillet. De son côté, Benjamin Griveaux a reconnu des
« dysfonctionnements ».
L’attractivité de la France reste forte
Selon une enquête
de Kantar pour Business
France début janvier,
la crise des « gilets jaunes »
n’a pas trop nui à l’image
de l’Hexagone.
Touchée mais pas coulée. Les résultats de l’enquête demandée par Business France à Kantar auprès de
500 investisseurs étrangers venant
de cinq pays, début janvier, montrent
que les « gilets jaunes » n’ont pas eu
raison de l’attractivité de la France.
L’Hexagone tient son rang de
deuxième pays jugé le plus attractif
en Europe, derrière l’Allemagne. La
France est appréciée par 87 % des
répondants, autant qu’à l’automne
dernier. « La perception de la France
par les étrangers n’a quasiment pas
été affectée par les “gilets jaunes”,
assure Christophe Lecourtier, le
directeur général de Business
France. Ce n’est pas du tout la douche
froide. Car les investisseurs font
preuve de sang-froid et ils ont de la
considération pour les atouts objectifs
d’un pays comme la France. »
« L’effet Macron s’essoufle »
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Selon Thomas Etitia, responsable
du bureau de Lyon de la société
Regional Partners, qui travaille à
faire venir des investisseurs étrangers dans les régions, « au début du
quinquennat il y a eu clairement un
effet Macron chez les étrangers, ravis
de voir à la tête de la France un exécutif pro-business. Cela s’est essoufflé
avec le temps mais nous n’avons
enregistré aucune baisse récente de
projets d’investissement ou de gels ».
« Les “gilets jaunes” ont un effet sur
l’image de la France à l’étranger, mais
celui-ci n’est pas si profond. Parmi nos
clients, personne ne songe à quitter
l’Hexagone, contrairement au mouvement de départs auquel on assiste
outre-Manche, assure Marc Lhermitte, associé chez EY en charge des
questions d’attractivité. Aujourd’hui,
le Brexit est considéré par les investisseurs étrangers comme étant un événement beaucoup plus risqué pour eux
que la crise des “gilets jaunes”. »
Des investisseurs vigilants
Pas de panique, donc, malgré les
images des voitures incendiées sur
les Champs-Elysées. D’autant que
nos proches concurrents (Italie et
Royaume-Uni) ne sont pas en bien
meilleure posture. Tout est relatif, y
compris l’attractivité. « Les investisseurs restent toutefois vigilants. Ils
s’interrogent sur les réformes à venir.
La question, pour eux, c’est de savoir
si cette crise, qu’ils considèrent
comme étant une crise liée à la transformation du pays, est de nature à
remettre en cause les réformes de
flexibilité et de compétitivité engagées depuis dix-huit mois », souligne
Marc Lhermitte.
C’est pour cela que « ce sommet est
l’occasion de bien expliquer que le cap
sera maintenu », insiste Christophe
Lecourtier. La baisse de l’impôt sur
les sociétés n’a pas été remise en
cause – sauf pour quelques grandes
entreprises –, pas plus que la suppression de l’ISF et la « flat tax » sur
les revenus du capital. « Tout infléchissement de la politique économique
et fiscale aura un impact sur l’attractivité de la France », prévient Stéphane
Etitia, qui ajoute : « Ce qui nous est
d’abord reproché, c’est la complexité et
la fiscalité. » Nul doute que les investisseurs étrangers sauront le rappeler au chef de l’Etat lundi. — G. C.
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04 // FRANCE
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
ATTRACTIVITÉ
Investissements étrangers :
un durcissement
des contrôles peu dissuasif
La future loi Pacte va
durcir le contrôle à l’égard
des investisseurs internationaux. Mais la législation
reste moins coercitive
en France que dans les
autres pays occidentaux.
Anne Drif
@Anndrif
et Marie Bellan
@mbellan1
Double discours ? A l’heure où
Emmanuel Macron reçoit une
centaine de grands patrons
étrangers à Versailles, la France
durcit les contrôles et les sanctions à l’égard des investisseurs
internationaux qui n’ont pas respecté leurs engagements.
Depuis le 1 e r janvier, toute
acquisition d’entreprises françaises dans la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, la robotique et la
fabrication additive doit passer le
filtre de l’Etat, en plus des secteurs
s t r a t é g i q u e s t r a d i ti o n n e l s
(défense, énergie…). Et dans quelques semaines, une fois la loi
Pacte adoptée, les sanctions
visant les investisseurs négligents
ou mal intentionnés seront renforcées. Un changement d’attit u d e q u i c a d r e m a l ave c l a
volonté d’attirer les investisseurs
étrangers.
« Nous voulons construire une
France attractive. Mais ouverture
ne veut pas dire pillage de nos technologies, de nos compétences, de
nos savoir-faire », ne décolérait
pas Bruno Le Maire il y a tout juste
un an. En réalité, les nouvelles exigences françaises ne sont pas si
dissuasives, au regard des durcissements observés à l’étranger.
Réductions des critères
de veto
Un grand nombre d’Etats ne se
contentent plus de scruter le
canal classique des projets
d’acquisition majoritaires venant
de l’étranger, mais aussi les prises
de participation minoritaires, les
alliances capitalistiques, le cofinancement de programmes de
recherche ou la fourniture d’équipements comme dans les télécoms avec Huawei. D’autres contrôlent ou imposent leur veto
sans même aucun critère de
nationalité. En Europe, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont réduit
ou envisagent de réduire le plancher des critères de détention.
Berlin a fait appel à un acteur
public pour contrer le projet de
rachat de l’opérateur allemand de
réseaux à haute tension 50Hertz
et a déjà bloqué des transactions à
plusieurs reprises (Aixtron et Leifeld Metal Spinning).
La France, elle, n’a officiellement jamais opposé de veto à une
opération. En témoigne la vente,
l’été dernier, du fabricant de connecteurs de cartes à puce Linxens,
cédé à des Chinois sans même
qu’une procédure de contrôle formelle ait été engagée. « Le but n’est
pas de dire non, explique-t-on à
Bercy, mais de conclure une transaction sous condition et d’accroître nos exigences si nécessaire sous
menace que l’opération ne soit
effectivement pas jugée acceptable.
Et dans ce cas, les sables du désert
vont devenir extrêmement profonds pour le candidat à l’achat
et l’administration très sourcilleuse ! » Une menace plus forte
aujourd’hui, Bercy effectuant un
travail de « mémoire » : « Grâce
aux échanges interministériels et
aux remontées d’informations territoriales, nous sommes en capacité de savoir si un acheteur n’a pas
respecté ses engagements par le
passé, qu’il s’agisse des créations
d’emplois, d’engagement de recherche ou de respect des normes. »
Un signal de fermeté
De fait, les banques d’affaires et les
cabinets spécialisés ne sont pas
inquiets. « Le durcissement du
contrôle des investissements ne
réduit en rien l’intérêt des investisseurs étrangers pour la France. Les
transactions seront seulement plus
complexes à gérer, notamment
dans le cas d’approches chinoises »,
déclare Bertrand Peyrelongue,
responsable des fusions-acquisitions chez Credit Agricole CIB.
« L’objectif de la réforme, c’est
d’envoyer un signal de fermeté aux
investisseurs mal intentionnés.
Cela devrait détourner un certain
nombre d’entre eux de l’Hexagone », pointe-t-on à Bercy.
Le député Roland Lescure, qui
est rapporteur de la loi Pacte à
l’Assemblée, met en avant l’obligation faite au gouvernement de
livrer chaque année au Parlement un bilan des contrôles effectués. « Là où il pouvait y avoir de
l’arbitraire et du flou avant, nous
aurons une démarche cadrée, plus
rigoureuse, souligne-t-il. Pour les
investisseurs étrangers, cette transparence est un plus qui va les aider
à y voir plus clair sur la doctrine de
la France. » n
Macron face aux risques
du grand débat
l Le chef de l’Etat tiendra une nouvelle réunion jeudi.
l Pour le président, le plus dur reste à faire : maintenir l’intensité de ce débat.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue—
Première étape réussie. Après deux
rencontres marathon la semaine
dernière à Grand Bourgtheroulde
(Eure) et Souillac (Lot), avec, à
chaque fois, plus de 600 maires,
Emmanuel Macron a installé le
grand débat dans le paysage politique. S’il n’a pas éteint, tant s’en faut,
la mobilisation des « gilets jaunes »
− ils étaient 84.000 à manifester
samedi dernier, un niveau stable
par rapport à la semaine dernière
et une violence en net repli −, ce
succès au démarrage permet au
président de retrouver de l’air. « Ce
grand débat est lancé », s’est félicité
vendredi soir le Premier ministre,
Edouard Philippe.
« Ce débat doit avoir pour vocation
de récréer par la délibération cette
part de consensus dont nous avons
besoin en infléchissant certaines
choses, en construisant le nouveau
contrat de la nation que nous devons
bâtir », a déclaré Emmanuel
Macr on, vendredi dern ier, à
Souillac. Faute d’être organisé par la
CNDP (Commission nationale du
débat public), il est placé sous l’autorité de cinq garants, nommés en fin
de semaine dernière par l’exécutif
et les présidents des assemblées
(Assemblée nationale, Sénat, Cese)
et reçus vendredi par le Premier
ministre, Edouard Philippe.
Participation prudente
des partis LR, PS et EELV
Pour l’exécutif, l’enjeu est que les
Français se saisissent de ce grand
débat, et qu’ils ne l’assimilent pas à
une unique opération de communication destinée à remettre en selle le
président. Le site officiel dédié à son
organisation affichait dimanche
plus de 500 réunions programmées
partout en France dans les prochains jours. Pour Emmanuel
Macron, le plus dur reste à faire :
maintenir dans la durée l’intensité
de ce débat, pour montrer aux
Français qu’une autre forme
d’expression que celle de la rue est
nication (RN) et un boycott pur et
simple (LFI). Quant aux « gilets jaunes », ils naviguent entre le scepticisme et la franche hostilité. Le
débat est là pour « endormir » les
« gilets jaunes » a estimé une des
figures du mouvement, Priscillia
Ludosky, même si elle ne ferme
pas complètement la porte.
Changement de format
Le chef de l’Etat prévoit un déplacement, voire deux, par semaine,
comme l’a confirmé Sébastien
Lecornu, ministre en charge de
l’organisation avec sa collègue du
gouvernement Emmanuelle Wargon. Emmanuel Macron, qui s’est
engagé à rencontrer les maires
de toutes les régions de France, se
déplacera de nouveau jeudi.
Ses proches le reconnaissent : il
ne pourra pas, à chaque fois, refaire
une rencontre marathon comme
cela a été le cas pour les deux premières réunions. Sur la forme, s’il a
joué à plein dans l’Eure, l’effet de
surprise d’un président prenant le
temps de répondre dans le détail à
chaque question va disparaître. La
longueur des réunions risque même
de lasser. Un risque anticipé par
l’Elysée. « On avait décidé dès le lancement qu’on changerait les formats »,
avance un proche. Sur le fond, les
thèmes qui reviennent dans les
questionnements des maires sont
les mêmes, région après région.
Par petites touches, loin des
médias − seul un pool restreint de
journalistes est prévenu au dernier
moment −, Emmanuel Macron
tente par ailleurs de renouer un
contact plus direct avec les Français. Mardi dans l’Eure, il s’est invité
au conseil municipal de Gasny, à la
surprise du maire qui n’était pas
prévenu. Vendredi dans le Lot, il a
visité l’école primaire de Saint-Sozy
avant de discuter avec parents d’élèves et habitants. Face aux « gilets
jaunes », la bataille des images fait
rage. Sa cote de popularité connaît
un rebond, comme le montrent
plusieurs enquêtes d’opinion. Mais
ce n’est qu’un frémissement. n
Emmanuel Macron à Souillac dans le Lot, vendredi, devant
600 maires d’Occitanie. Photo Ludovic Marin/Pool/AFP
possible… et qu’il est proche d’eux.
Cet impératif est d’autant plus
grand que, pendant les semaines
du débat, les réformes gouvernementales sont mises entre parenthèses, comme si l’exécutif était
en suspension.
Pour l’instant, l’entourage
d’Emmanuel Macron est optimiste.
« Avant la campagne présidentielle,
la grande marche nous avait permis
de voir comment les Français appréhendaient les sujets. Le grand débat
fera la même chose », espère un
conseiller. Dans leur majorité, les
maires accueillent favorablement
cette initiative, mais certains ont
aussi averti Emmanuel Macron.
« J’espère que le grand débat ne sera
« J’espère que
le grand débat
ne sera pas
le grand bluff. »
CHRISTIAN VENRIES
Président de l’Association
des maires ruraux du Lot
pas le grand bluff », a ainsi déclaré
Christian Venries, président des
maires ruraux du Lot.
Les oppositions politiques
oscillent entre une participation
prudente (PS, LR, EELV), la dénonciation d’une opération de commu-
« LE GRAND RENDEZ-VOUS » // EUROPE 1 - CNEWS - « LES ÉCHOS »
Benjamin Griveaux : « Le grand débat
est la propriété du peuple français »
Damien Carles/Capa Pictures
Invité du « Grand RendezVous » Europe 1-CNews« Les Echos », le porte-parole
du gouvernement appelle
les Français à se rendre dans
les débats locaux, « qu’on
porte un gilet jaune ou pas ».
Linxens
Julie Chauveau
@juliechauveau
La France n’a pas mis son veto à la vente, en 2018, du fabricant
de connecteurs de cartes à puce Linxens, cédé à des Chinois.
Après la dixième journée de manifestation des « gilets jaunes », le porteparole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a invité, lors de
l’émission « Le Grand Rendez-Vous »
Europe 1 - CNews - « Les Echos »,
« chacun de nos concitoyens » à se rendre dans les débats locaux, « qu’on
porte un gilet jaune ou pas ». Pour lui,
ce débat est la propriété du peuple
français mais il faut condamner avec
force ceux qui appellent à la violence.
« Je n’ai jamais fait l’amalgame
entre ceux qui descendent dans la rue
de manière calme, sans débordements, et ceux qui s’en prennent avec
violence aux policiers, aux biens
publics et aux commerces. A Caen, à
Rouen, à Toulouse on a vu des images
qu’on ne veut plus voir », a-t-il mar-
Benjamin Griveaux a rappelé que le gouvernement a promis
d’évaluer la réforme de l’ISF au bout de deux ans.
telé pointant Maxime Nicolle et Eric
Drouet les deux leaders « factieux,
séditieux […] qui veulent renverser le
gouvernement, qui ont des propos
complotistes, antisémites, xénophobes ».
Textes en stand-by
Le gouvernement peut-il continuer à
travailler si les questions sont en
même temps au cœur des débats ?
Le porte-parole a affirmé que des
textes ont été mis en stand-by,
comme la réforme institutionnelle,
la fiscalité locale et la loi sur la mobilité. « La question du déplacement a
été un des éléments déclencheurs du
mouvement, le public ne comprendrait pas que l’on travaille dessus au
Parlement pendant le grand débat »,
a-t-il souligné. Quant à la question
fiscale, selon lui « tout le monde
s’accorde à dire qu’il y a trop d’impôts
en France et qu’il faut les baisser ».
Le foisonnement d’idées sur
l’ISF le laisse de marbre. Revendiquant « ne pas être dans l’idéologie
mais dans les trucs qui marchent »,
il a rappelé que le gouvernement a
promis d’évaluer la réforme de l’ISF
au bout de deux ans. « La question
centrale est de faire en sorte que cet
argent revienne aux PME pour
financer l’innovation, les investissements et les embauches dans les territoires », ajoute-t-il, évoquant la
possibilité de créer de nouveaux
véhicules d’épargne ou d’imaginer
une nouvelle manière d’orienter les
fonds. En revanche, la baisse de la
TVA sur les produits de première
nécessité comme le sucre, mise en
avant par certains, ne lui semble
pas « juste » car elle bénéficiera
aussi à ceux qui gagnent le plus.
Enfin, à la veille d’une nouvelle
audition de l’ex-collaborateur
d’Emmanuel Macron Alexandre
B enalla par une commission
d’enquête du Sénat, Benjamin Griveaux reconnaît des dysfonctionnements même à l’Elysée, ajoutant
qu’il faut les régler car ils sont
« insupportables et incompréhensibles pour les Français ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
La CMU complémentaire
couvrira davantage de ménages
Sébastien Salom Gomis/Sipa
SANTÉ
La mesure fiscale concernera, selon Bruno Le Maire, les
entreprises proposant des services numériques avec un
chiffre d’affaires mondial supérieur à 750 millions d’euros.
Un projet de loi
pour taxer les
Gafa dès février
FISCALITÉ
Un « projet de loi
spécifique » sera
présenté « en
Conseil des ministres d’ici à fin
février », explique
Bruno Le Maire
dans le « JDD ».
Claude Fouquet
@ClaudeFP
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Le calendrier de mise en place
d’une taxe Gafa (Google, Amazon, Faceb o ok, Apple) en
France se précise. Dans une
inter view publiée dans le
« Journal du dimanche », le
ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, annonce qu’un « projet de loi spécifique » sera présenté « en Conseil des ministres
d’ici à fin février ». Quitte à faire
cavalier seul, la France instaurera « dès cette année » une taxe
qui touchera les entreprises
proposant des services numériques en France. Cette disposition ne sera pas insérée dans la
loi Pacte, actuellement examinée au Sénat, comme envisagé
initialement.
La taxe toucherait « toutes
les entreprises représentant un
chiffre d’affaires supérieur à
750 millions d’euros au niveau
mondial et 25 millions d’euros
en France », précise-t-il encore.
« Si ces deux critères ne sont pas
réunis, elles ne seront pas imposées », ajoute-t-il. Ce seuil est
regardé avec attention par les
entreprises du numérique,
dont la crainte est que cette
taxe pénalise les start-up en
croissance.
« La taxe sera applicable à
compter du 1er janvier 2019, et son
taux sera modulé en fonction du
chiffre d’affaires avec un maximum de 5 %. Elle devrait rapporter environ 500 millions
d’euros », a-t-il poursuivi. C’est
une différence majeure avec le
projet européen, qui repose sur
« La taxe devrait
rapporter environ
500 millions
d’euros. »
BRUNO LE MAIRE,
AU « JDD »
Ministre de l’Economie
une taxe de 3 %. L’assiette française serait plus large puisqu’elle engloberait la revente de
données personnelles.
Si la France a décidé d’agir
sans attendre un consensus au
niveau européen, Bruno Le
Maire a toutefois jugé qu’un
accord de ce type était encore
possible « d’ici à la fin mars ».
« Il reste quelques pays hésitants. Nous avons fait une offre
de compromis en décembre
avec l’Allemagne et je suis convaincu qu’un accord est maintenant à portée de main d’ici à
la fin mars. A quelques mois des
élections européennes, nos
citoyens ne comprendraient
pas que nous renoncions »,
a-t-il expliqué.
Le gouvernement français a
annoncé en décembre qu’il
taxerait dès le 1er janvier les
géants du numérique, sans
attendre un éventuel accord au
sein de l’Union européenne.
L’annonce, présentée comme
une mesure de justice fiscale
face aux multinationales qui ne
paient pas d’impôts, est intervenue en pleine mobilisation des
« gilets jaunes ».
Les initiatives nationales
se multiplient
L’Irlande, le Danemark et la
Suède s’étaient clairement opposés à une taxe sur 3 % du chiffre
d’affaires des géants du numérique. Pour sa part, l’Allemagne ne
la voyait pas non plus d’un très
bon œil, par crainte de mesures
de rétorsion américaines contre
son industrie automobile.
En attendant, les initiatives
nationales se multiplient, la
dernière en date étant celle de
l’Autriche qui a annoncé,
début janvier, l’introduction
d’une taxe de 3 % sur les revenus publicitaires des géants de
l’Internet. Idem pour la Grande-Bretagne, où un projet proc h e d u t ex t e e u r o p é e n , à
savoir un impôt de 2 % sur le
chiffre d’affaires, est sur le
point d’être adopté.
En Italie, les députés ont voté
en fin d’année dernière une
taxe sur des transactions sur
Internet, mais la loi n’entrera
finalement pas en vigueur. En
Espagne, le gouvernement du
socialiste Pedro Sánchez a
adopté vendredi un projet de
loi pour créer une taxe de 3 %
sur les revenus générés par
certaines activités des géants
du numérique comme les
Gafa. Il n’est pas certain que le
projet de loi espagnol soit
jamais voté, le gouvernement
n’ayant pas la majorité au Parlement. n
En novembre, la
couverture maladie
universelle complémentaire sera étendue
aux personnes
gagnant jusqu’à
990 euros par mois.
Solveig Godeluck
@Solwii
Année après année, la couverture
maladie universelle complémentaire (CMU-C) s’étend à un plus
grand nombre de personnes. En
octobre, 5,62 millions de Français
avaient recours à ce dernier filet de
protection financé par l’Etat, qui
permet d’être soigné sans avoir à
avancer les frais et sans reste à
charge. Sur un an, ce chiffre est en
hausse de 2,5 %.
En dix ans, 1,4 million de personnes supplémentaires sont entrées
dans le dispositif. Et ce n’est pas terminé. A partir de novembre, la
CMU-C va s’adresser à un public plus
large, en application de la loi de
financement de la Sécurité sociale
votée à l’automne. Alors que les
bénéficiaires de la CMU-C ne pou-
Plus de 5 millions de Français bénéficient de la couverture
maladie universelle complémentaire. Photo Fanny Tondre/RÉA
vaient dépasser 735 euros de revenus mensuels, le plafond sera
remonté à 990 euros. Les actuels
allocataires de l’aide à la complémentaire santé (ACS), une sorte de
chèque santé cofinancé par l’Etat,
passeront donc à la CMU-C. Ils bénéficieront du même panier de soins
que les ménages les plus pauvres,
mais à la différence de ces derniers,
ils devront acquitter une cotisation
mensuelle. Elle sera réduite et
modulée selon l’âge : de l’ordre de
8 euros pour un enfant et de 30 euros
maximum pour les plus de 75 ans,
selon les projections du gouvernement, qui travaille sur les décrets
d’application. Cette CMU-C « contri-
butive », dont le coût à horizon 2022
est évalué à 220 millions d’euros, permettra à de nombreux Français au
pouvoir d’achat contraint d’accéder à
des soins auxquels ils renoncent
aujourd’hui.
Reste à charge zéro
Le taux de recours à l’ACS est en effet
resté très faible, entre 35 et 51 %, malgré le remodelage très encadré des
contrats en 2015 (contre 64 %-76 % à
la CMU-C). Seulement 1,26 million
de personnes sont couvertes, ce qui
signifie qu’entre 1,2 et 2,3 millions
supplémentaires d’individus restent
sur le carreau. Le législateur considère que le taux de recours pourrait
croître de 9 points en 2022 pour les
ex-ACS. La ministre de la Santé,
Agnès Buzyn, a avancé le chiffre de
200.000 nouveaux bénéficiaires.
Bénéfique pour le pouvoir d’achat,
cette réforme le sera surtout pour la
santé publique. Là aussi, les contrats
ACS n’ont pas été à la hauteur des
attentes. Certes, le prix moyen par
personne a chuté de 11 % depuis 2015,
mais la cotisation augmente fortement avec l’âge tandis que le chèque
payé par l’Etat ne varie pas après
60 ans. La majorité précédente a
d’ailleurs voté en 2016 la création de
« contrats seniors » plus accessibles,
« dont la mise en œuvre s’est révélée
complexe », et qui grâce à la CMU-C
contributive « n’ont plus lieu d’être »,
affirme l’étude d’impact annexée au
budget 2019 de la Sécurité sociale.
Enfin, les bénéficiaires de l’ACS
financent directement entre un tiers
et deux tiers de leurs dépenses en
prothèses dentaires et la moitié voire
les trois quarts de leurs dépenses en
prothèses auditives. Demain, comme
tous les Français, ils pourront réaliser
ces soins gratuitement – grâce à une
autre réforme, celle du reste à charge
zéro en dentaire-optique-auditif –
mais également faire prendre en
charge la totalité des autres soins. Ils
n’auront plus à choisir entre les trois
niveaux de contrats actuels. n
L’Office national des forêts
au bord de la faillite
ENVIRONNEMENT
Son directeur général
quitte ses fonctions,
laissant une structure
endettée et un climat
social dégradé.
Catherine Ducruet
cducruet@lesechos.fr
Le départ du directeur général de
l’Office national des forêts (ONF),
Christian Dubreuil, est l’aboutissement de la longue crise à la fois économique et sociale que traverse
depuis plusieurs années l’organisme
chargé de la gestion des forêts publiques. « Christian Dubreuil a fait valoir
ses droits à la retraite », est la réponse
laconique qu’a consenti à faire aux
« Echos » une porte-parole de l’organisme. Si les difficultés de l’ONF ne
datent pas d’hier, elles ont pris une
ampleur inédite sous la direction de
Christian Dubreuil, nommé en 2015.
Dans un rapport publié en 2014,
la Cour des comptes avait déjà qualifié de « très préoccupante » la gestion
de la période 2009-2012. Elle estimait que l’ONF avait eu trop tendance à recourir à la dette, de surcroît pour couvrir des dépenses de
fonctionnement. Elle notait, en
outre, que l’ONF s’était dispersée
dans des activités annexes impossibles à rentabiliser. Enfin, le rapatriement au sein de l’ONF des pensions
de retraite, décidé en 2006, pesait
très lourdement. La Cour des comptes avait alors préconisé de couper
davantage de bois pour augmenter
les recettes et de privilégier le recrutement de salariés de droit privé.
dont l’AFP a eu copie, « des pertes
récurrentes et un niveau croissant
d’endettement » de l’office public.
Christian Dubreuil a donc démissionné sans attendre les conclusions
de la mission attendues fin mars.
Dans l’intervalle, la politique
d’augmentation des coupes de bois
a pourtant été pratiquée avec un
zèle dénoncé tant par les syndicats
de l’ONF que par certains parlementaires des circonscriptions
concernées. Frédéric Bedel, représentant syndical de Snupfen Solidaires, lors de la manifestation
d’octobre dernier en forêt de Tron-
L’augmentation
des coupes de bois
a été pratiquée avec
un zèle dénoncé
par les syndicats et
par des parlementaires.
çais, dénonçait « l’industrialisation
croissante des forêts publiques ».
La réduction des coûts préconisée
a conduit à des « coupes claires » dans
les effectifs, dans un climat social
qualifié de « délétère » par les syndi-
cats. Ils ont démissionné en bloc de
toutes les instances en septembre 2017, dénonçant un « climat de
terreur » résultat d’un « management
visant à isoler les personnels et à les
opposer entre eux », le « non-respect
des instances syndicales ». Quelque
3.000 postes ont été supprimés
depuis 2002 à l’ONF, qui n’en compte
plus que 9.000 aujourd’hui, et
226 autres devraient l’être en 2019.
Jean-Marie Aurand a été nommé
pour assurer l’intérim. Il a notamment occupé le poste de directeur
général de l’Organisation internationale de la vigne et du vin. n
Ils nous ont fait l’honneur de participer aux conférences.
Merci.
daniel cohen
BRIS ROCHER
XAVIER NIEL
Benoît Potier
Frédéric Oudéa
Patrice Caine
Jean Beunardeau
PATRICK POUYANNÉ
Directeur du Département
d’Economie de l’Ecole
Normale Supérieure et
Cofondateur de l’Ecole
d’Economie de Paris
Président Directeurgénéral Groupe Rocher
Cofondateur de Free 42 - Station F
Président Directeurgénéral d’Air Liquide
« Des pertes récurrentes »
Mais trois ans après l’arrivée de
Christian Dubreuil, l’ONF est aux
abois. Lui-même le reconnaît dans
un e-mail récupéré par « Le Canard
enchaîné » et en tire les conséquences. « […] en cas de dépassement du
plafond de trésorerie, [. . .] le directeur
général de l’office n’aura plus qu’à
remettre sa démission », écrit-il. La
mission interministérielle d’évaluation du contrat d’objectifs et de performance (2016-2020), lancée fin
novembre, relève dans un courrier
Directeur Général du
Groupe Société Générale
Président Directeurgénéral de Thales
@clublesechos #clublesechos
Directeur Général HSBC
France
Président Directeurgénéral de Total
linkedin.com/company/clublesechos
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ZONE EURO : BAISSE
DE L’EXCÉDENT COURANT
REGAIN D’INFLATION
AU CANADA
L’excédent ajusté des
comptes courants a diminué
à 20 milliards d’euros en
novembre (27 milliards en
octobre), selon la BCE. Sur
douze mois, à fin novembre,
l’excédent représentait 3,1 %
du PIB de la zone euro,
contre 3,2 % sur la période de
douze mois précédente, avec
un excédent commercial qui
s’est rétréci encore plus.
L’inflation est repartie
à la hausse en décembre
au Canada, à 2 % en rythme
annuel, poussée par des prix
plus élevés dans le logement,
le transport aérien ou encore
les télécoms, a indiqué
vendredi l’institut
de la statistique.
En novembre, l’inflation
avait ralenti à 1,7 %, contre
2,4 % en octobre.
–0,9 %
LE RECUL DES VENTES DE
DÉTAIL AU ROYAUME-UNI
Les ventes au détail
au Royaume-Uni ont
reculé lors de la période
cruciale des fêtes de fin
d’année.
Le recul est global,
à l’exception toutefois
des commerces alimentaires
et des stations-service.
« Shutdown » : vers un nouvel échec
des négociations
l Donald Trump a proposé samedi aux démocrates des mesures favorables aux clandestins en échange
de leur soutien au financement du mur à la frontière mexicaine, ce qu’ils ont refusé.
l Alors que les services fédéraux sont à l’arrêt depuis un mois, la situation a peu de chances de se débloquer.
La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (à g.), a jugé la proposition de Donald Trump (au centre) « inacceptable ». Photo Evan Vucci/AP/Sipa
ÉTATS-UNIS
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Alors que le « shutdown » dure
depuis un mois, Donald Trump a
tenté, samedi, une nouvelle négociation devant les caméras. Le président américain, qui refuse de signer
un budget fédéral ne comportant
pas les 5,7 milliards de dollars nécessaires à la construction d’un mur à la
frontière avec le Mexique, a proposé
en direct un compromis aux démocrates, lesquels refusent catégoriquement de financer ses projets.
Dans une déclaration de treize
minutes faite depuis la MaisonBlanche, samedi soir, il a proposé de
prolonger de trois ans le régime qui
protège depuis 2012 quelque
700.000 clandestins, entrés aux
Etats-Unis quand ils étaient mineurs (« Dreamers »), ainsi qu’un
statut de protection temporaire qui
permet à 300.000 autres immigrants de travailler légalement sans
titre de séjour. Son offre comprend
une ligne de 5,7 milliards de dollars
pour financer « des barrières en
acier » à la frontière « sur 230 miles
[370 km] dans les zones hautement
prioritaires », a-t-il expliqué. « Ce ne
sera pas une structure en béton de
2.000 miles d’une côte à l’autre »,
a-t-il promis, rappelant que la frontière est déjà partiellement grillagée.
Ces pistes, déjà évoquées il y a
quelques semaines, visent à mettre
sous pression les démocrates, qui
ont tenté à plusieurs reprises, ces
derniers jours, de voter la réouverture des services fédéraux et souhaitent extraire la question du mur des
négociations budgétaires. Ceux-ci
se sont toujours opposés à un dispositif qui n’offrirait pas un cadre permanent d’accès à la citoyenneté
américaine, ou au moins à une
régularisation, aux « Dreamers ».
La proposition de Trump, qui a
fuité dans la presse quelques heures
avant sa déclaration, a été immédiatement rejetée par les démocrates,
qui ont dit n’avoir pas été consultés.
Le plan du président républicain est
« une compilation de plusieurs initiatives déjà rejetées par le passé et chacune inacceptable », a estimé Nancy
Pelosi, la présidente de la Chambre
des représentants. Les conservateurs ne l’ont guère accueilli plus
chaudement, la polémiste Ann
Coulter accusant Donald Trump de
proposer une « amnistie ».
Popularité en baisse
Le régime qui protège les « Dreamers » a été mis en place en 2012 par
Obama, qui avait déjà dû contourner le Congrès. Le programme a
depuis empêché des centaines de
milliers d’expulsions et permis aux
clandestins ayant grandi aux EtatsUnis d’accéder au marché du travail.
En septembre 2017, Donald Trump,
hostile à une prolongation de ce programme, avait promis d’y mettre fin,
déclenchant une bataille politique et
juridique qui est toujours en cours.
La nouvelle offre du président,
dont la popularité a baissé depuis le
début du « shutdown », a donc peu
de chances de débloquer une situation qui dure depuis le 22 décembre,
empêchant 800.000 fonctionnaires
d’être payés, alors même que la moitié d’entre eux, jugés « essentiels »,
sont contraints de venir travailler.
Vendredi, le président de la Fed de
New York, John Williams, a estimé
que le « shutdown » aurait « un
impact significatif sur la croissance
du premier trimestre » 2019, de l’ordre d’un demi-point à un point, « si
cela continue ». Une alerte qu’il a
tempérée en rappelant que le manque à gagner avait été rattrapé après
les précédents « shutdowns ». n
Elan de solidarité envers les employés fédéraux
Repas gratuits, dons
en ligne… Les Américains
se montrent généreux pour
aider leurs compatriotes
frappés par la paralysie
des institutions.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
« Le plus difficile, quand vous êtes
fort, c’est que personne ne vous
demande si ça va. » C’est par ces
mots que Jo Ann Goodlow commence la présentation de sa campagne sur le site GoFundMe. Cette
plate-forme permet à des particuliers qui en ont besoin de lever de
l’argent auprès d’autres particuliers, qui peuvent faire des dons
allant de quelques dollars à plusieurs milliers. Le site a pris une
importance considérable dans la
vie de dizaines de milliers d’Américains, qui s’en servent pour financer leurs dépenses de santé, payer
leur loyer, faire des travaux dans
leur maison…
Et en ces temps de « shutdown »,
où quelque 800.000 fonctionnaires fédéraux ne sont pas payés,
GoFundMe ne pouvait rester à
l’écart du phénomène. Depuis un
mois, plus de 1.800 particuliers
auraient utilisé la plate-forme
pour faire appel à la générosité de
leurs concitoyens. Et ce sont plus
de 400.000 dollars qui ont été rassemblés.
« Tous les jours, j’entends mon fils
de dix-sept ans se plaindre de la douleur que lui infligent ses dents de
sagesse. J’ai une assurance, mais je ne
peux pas prendre le risque de devoir
sortir de l’argent de ma poche, sans
savoir quand je pourrai réellement
payer ces dépenses », témoigne Jo
Ann Goodlow sur GoFundMe.
Cette mère célibataire de Phoenix,
dans l’Arizona, a trois enfants et
explique qu’elle a pris un travail à
temps partiel depuis quelques
jours. Elle donne aussi son sang
deux fois par semaine – un geste qui
peut être rémunéré aux Etats-Unis.
« Mais ce n’est pas suffisant pour
payer les factures », ajoute-t-elle.
Sur le site, les témoignages se
multiplient. Et les Américains
« Je ne peux pas
m’imaginer
l’injustice que sont
en train de vivre les
employés fédéraux
à l’heure actuelle. »
Un donateur
sur la plate-forme GoFundMe
A Washington, comme dans plusieurs villes du pays, certains
restaurants distribuent des repas gratuits aux fonctionnaires
qui ne sont pas payés et à leur famille. Photo Jim Watson/AFP
répondent à l’appel. En une semaine, Jo Ann a récolté 16.000 dollars de dons, dépassant largement
l’objectif des 5.000 qu’elle s’était
fixé. « Je ne peux pas m’imaginer
l’injustice que sont en train de vivre
les employés fédéraux à l’heure
actuelle, répond un donateur. Votre
histoire m’a ému, je vous souhaite
bon courage. »
Des élus refusent
d’être payés
Partout dans le pays, les Américains s’organisent pour venir en
aide à des employés fédéraux qui,
pour beaucoup, ont déjà souvent du
mal à joindre les deux bouts en
temps normal. Si le salaire moyen
d’un agent fédéral a en effet quasiment doublé depuis 2000, d’énormes disparités existent et, selon le
syndicat American Federation of
Government Employees, la situation des employés de base s’est
même dégradée depuis une décennie, rapportée à l’inflation.
A Los Angeles, à Houston, à
Detroit, plusieurs restaurants
offrent un menu gratuit aux
employés qui ne sont pas payés et à
leur famille. Certains élus ont
refusé d’être payés, par solidarité
avec les agents fédéraux, ou ont
reversé leur paie à des familles
dans le besoin. Enfin, les banques
alimentaires font face à un regain
d’activité. Celle de la capitale,
Washington, très touchée par le
« shutdown », a indiqué qu’elle
allait distribuer 600.000 repas supplémentaires sur le mois de janvier, soit 20 % de plus que d’habitude. Et le FBI a lui-même organisé
des collectes de vivres pour ses
employés non payés, à Dallas,
Newark ou Washington… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
Theresa May présente son plan B pour
le Brexit, les députés en embuscade
La droite
espagnole
durcit son
discours
ESPAGNE
jours, des projets d’amendements
pour reprendre en main le dossier.
Le premier, emmené par le conservateur Nick Boles et la travailliste
Yvette Cooper, vise à rendre illégal
un « no deal », où le Royaume-Uni
quitterait l’UE sans accord à l’amiable avec Bruxelles. Le deuxième,
composé de plus d’une vingtaine
d’élus et dirigé par l’ex-ministre de la
Justice conservateur Dominic
Grieve, a pour objectif de suspendre
l’article 50 du traité de l’UE, qui régit
le départ d’un pays membre. Autrement dit, de mettre le Brexit sur
pause. Un troisième groupe veut
forcer Theresa May à retarder la
sortie de l’UE si aucun accord n’est
pas trouvé d’ici à la fin février.
ROYAUME-UNI
La Première ministre
doit présenter ce lundi
ses propositions pour
sortir de l’impasse.
Elles pourront être
amendées par les
députés, qui cherchent
à la dessaisir du dossier.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
C’est à se demander ce qui est le plus
attendu. Le plan B fixant la marche
à suivre pour sortir de l’impasse sur
le Brexit, que doit présenter ce lundi
Theresa May et sur lequel les députés voteront le 29 janvier ? Ou les
amendements qu’ils pourront y
apporter et qui menacent de dessaisir la Première ministre du dossier pour donner la main sur la suite
des opérations au Parlement ?
Les heures qui viennent pourraient en tout cas être décisives, à
Londres, après le rejet massif par les
députés de l’accord de divorce conclu fin novembre par la dirigeante
Theresa May aurait exclu de laisser son pays dans une Union douanière permanente avec l’UE.
« Conspirateurs »
Photo Daniel Leal-Olivas/AFP
Des initiatives jugées dimanche
« extrêmement inquiétantes en ce
moment historique » par l’entourage de la Première ministre et qualifiées de « complots » par la presse
britannique. « Les députés qui font
leur travail ne sont pas des conspirateurs, a rectifié le travailliste Hilary
Benn, qui préside la commission en
charge du Brexit à la Chambre des
communes. Ils essaient de trouver
une solution à la pagaille créée par la
Première ministre. » n
avec Bruxelles, qui a plongé le pays
dans l’incertitude à quelque soixante-dix jours de l’entrée en vigueur
du Brexit, le 29 mars prochain.
Afin de sortir de l’ornière, Theresa
May souhaiterait, selon le « Sunday
Times », conclure un traité bilatéral
avec le gouvernement irlandais
pour retirer de l’accord de Brexit la si
critiquée clause de « backstop » et
assurer par d’autres moyens la flui-
dité des échanges à la frontière entre
les deux Irlandes. Selon ses conseillers, cela lui permettrait de rallier à son plan à la fois les « hard
Brexiters » du Parti conservateur,
qui lui sont pour l’instant hostiles, et
les députés du DUP, le parti unioniste nord-irlandais qui lui donne sa
majorité parlementaire.
La Première ministre conservatrice aurait par ailleurs exclu
de laisser son pays dans une Union
douanière permanente avec l’UE,
une position qui lui aurait permis
de se rallier des voix travaillistes,
mais aurait risqué de faire exploser
son propre parti. Quelle que soit la
formulation de ce plan B, il sera
l’occasion d’une bataille d’amendements qui s’annonce déjà musclée.
Trois groupes de députés de tout
bord préparaient, ces derniers
Friture sur la ligne entre Bruxelles et Washington
COMMERCE
La Commission
européenne, à la
différence des EtatsUnis, n’entend pas
négocier sur les
produits agricoles
dans les discussions
bilatérales.
Seuls les droits
de douane industriels
sont sur la table.
Richard Hiault
@RHIAULT
Eviter tout malentendu. Telle est
l’intention de la Commission euro-
péenne vis-à-vis des Etats-Unis en
publiant, vendredi, deux projets de
mandats de négociation commerciale. Le premier porte sur la coopération réglementaire et le second
sur les droits de douane industriels.
La publication, avant même l’adoption de ces projets par les Etats
membres – une première – est loin
d’être anodine. Elle intervient quelques jours à peine après l’envoi, au
Congrès américain, des objectifs
américains de négociation. Quelle
n’a pas été la surprise, côté européen, d’y découvrir que Washington entend notamment ouvrir les
marchés agricoles européens à ses
producteurs. Bruxelles a préféré
mettre les points sur les i.
A l’issue de la rencontre entre le
président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le
président américain, Donald
Trump, le 25 juillet dernier, il était
entendu que les deux partenaires
ne discuteraient que des droits de
douane sur les produits industriels
et de coopération réglementaire. En
contrepartie, les Etats-Unis avaient
renoncé, le temps des discussions, à
relever les droits de douane à 25 %
sur leurs importations d’automobiles européennes. Visiblement, la
partie américaine semble faire
preuve de mauvaise foi. Dans la proposition européenne de vendredi,
« il y a de nombreux aspects qui ne
sont pas couverts. Nous ne proposons
pas de négocier avec les Etats-Unis de
réduire ou d’éliminer (les droits de
douane) sur les produits agricoles »,
a souligné lors d’un point-presse, la
commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.
L’automobile, sujet particulièrement sensible en Allemagne, n’est
pas exclue des négociations, mais
les Européens n’en discuteront que
« dans le cadre d’un accord plus large
si les Etats-Unis acceptent d’œuvrer à
la suppression des droits de douane
sur tous les produits industriels », a
précisé Cecilia Malmström. A ce
jour, c’est plutôt un dialogue de
sourds qui s’est installé. Certes, sur
la coopération réglementaire, les
discussions avancent favorablement. Mais les Américains se montrent peu enclins à discuter de tarifs
industriels et mettent la pression
sur l’agriculture.
Mesures de rétorsion
En décembre dernier, le président
Donald Trump a renouvelé sa menace de taxer l’automobile euro-
péenne en cas d’échec des négociations commerciales avec l’Union
européenne. Le rapport du département du Commerce américain examinant la question d’une éventuelle
menace pour la sécurité nationale
américaine du commerce transatlantique des voitures est attendu à
la mi-février. Ensuite, Donald
Trump aura 90 jours pour décider
d’instaurer ou non une taxe. S’il
franchit le pas, il signera la fin des
discussions commerciales entre
l’Union européenne et les EtatsUnis telles que les envisage Bruxelles dans sa proposition de vendredi.
Non seulement les pourparlers
seraient rompus, mais Bruxelles
riposterait par des mesures tarifaires de rétorsion. Un nouveau pas
serait franchi dans la guerre commerciale entre les deux blocs. n
Le nouveau duo de la droite allemande uni face au défi populiste
Réuni en convention
ce week-end, le Parti
populaire durcit
le ton pour mieux
faire face à la
montée des ultras de
Vox et des libéraux
de Ciudadanos.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
« Nous allons libérer l’Espagne
de l’indépendantisme et de la reddition socialiste. » Quelques
jours après avoir signé un pacte
avec la formation d’extrême
droite Vox qui lui a donné les
clefs du gouvernement andalou, le Parti populaire vient de
réaffirmer sa force lors d’une
grande convention ce weekend. Il s’agit pour le PP de marquer son territoire et de réarmer son discours pour
galvaniser les militants.
Il a de bonnes raisons pour
cela, au moment où la formation subit à la fois les assauts des
ultras de Vox et des libéraux de
Ciudadanos, qui attirent une
partie de son électorat habituel.
Durant trois jours, le parti, qui
fête ses trente ans, a donc multiplié les appels à l’unité, en se
présentant comme « seul vrai
rempart contre les risques séparatistes », avec le passage sur le
podium de José María Aznar,
de l’écrivain Mario Vargas
Llosa, du candidat à la présidence de la Commission européenne Manfred Weber et du
président du Parlement européen Antonio Tajani.
Pablo Casado, l’ambitieux
leader de cette droite combative, veut imprimer un virage
musclé, pressé de clore le chapitre sans panache de son prédécesseur, Mariano Rajoy. Ce dernier n’a d’ailleurs fait qu’un
passage discret à ces journées.
« Le sectarisme n’est pas une
bonne chose », a-t-il glissé au
passage, en se contentant de
revendiquer l’efficacité pragmatique de ses années de gestion à la tête du pays, entre 2011
et 2018. Mais ces avertissements
risquent de rester lettre morte,
car c’est du côté de José María
Aznar et de sa « droite sans complexe », que le jeune chef de file
du PP cherche son modèle pour
réarmer un parti combatif.
« Passé idéalisé »
ALLEMAGNE
Markus Söder
a été élu samedi à la
tête de la CSU, parti
bavarois frère de la
CDU dont Annegret
Kramp-Karrenbauer
a pris la présidence
en décembre.
Le nouveau duo
a peu de temps pour
convaincre.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Après l’élection d’Annegret KrampKarrenbauer à la présidence de la
CDU, celle de Markus S ö der,
samedi, à la tête de la CSU boucle le
renouveau de la droite conservatrice allemande. Le duo de quinquagénaires affiche la volonté de tourner la page des conflits fratricides
incarnés par leurs prédécesseurs,
Angela Merkel et Horst Seehofer.
« Le moment est venu pour la
CDU et la CSU de faire une nouvelle
démonstration de leur force en Allemagne », a martelé Markus Söder
devant les membres du parti bavarois réunis à Munich en présence
d’Annegret Kramp-Karrenbauer.
Leur objectif est clair : endiguer
l’ascension du parti d’extrême
droite allemand AfD, qui caracole
en tête des sondages dans les
régions de l’ancienne Allemagne
de l’Est, mais aussi de ses affiliés
sur le Vieux Continent, qui menacent de prendre d’assaut le Parlement européen lors des prochaines élections, le 26 mai.
rait que lui nuire. La proximité de la
nouvelle présidente de la CDU avec
la chancelière reste en effet un atout
pour peser de l’extérieur sur la stratégie du gouvernement.
Un travail d’équilibriste
Une même expérience
terrain
Face à ce défi, le binôme conservateur a l’avantage d’avoir la même
expérience de terrain, « AKK »
ayant dirigé la Sarre tandis que
Markus Söder est ministre-président de la Bavière depuis près d’un
an. Contrairement à Angela Merkel
et Horst Seehofer, ils ont en outre
les mains libres vis-à-vis du gouvernement berlinois, dont ils ne sont
pas membres. Tourner la page est
donc plus facile.
Les deux nouvelles figures de la
droite allemande ont déjà fait un
pas l’un vers l’autre sur l’immigration. Markus Söder n’en fait plus un
thème central, tandis qu’Annegret
Kramp-Karrenbauer promet un
bilan critique sur la politique
Seul candidat à la présidence de la CSU, Markus Söder n’a obtenu
que 87,4 % des voix samedi, alors qu’il espérait dépasser les 90 %.
Photo Michael Kappeler/AFP
migratoire du gouvernement
depuis 2015. Lors d’un séminaire de
travail avec des experts fixé le
11 février elle a promis : « Nous examinerons toute la question de
l’immigration, de la protection des
frontières aux procédures d’asile, en
passant par l’intégration, du point de
vue de l’efficacité. »
« AKK » prend ainsi ses distances
avec Angela Merkel, qui estimait
qu’un tel bilan serait « une perte de
temps », et signale à la partie conservatrice de sa base électorale qu’elle a
entendu ses préoccupations. Mais
en soulignant qu’il s’agit de tirer des
leçons pour l’avenir, elle évite une
confrontation directe qui ne pour-
C’est dans cette même logique de
main tendue, cette fois à la branche
libérale de la CDU qui soutenait son
concurrent, Friedrich Merz, qu’elle
réclame des allégements fiscaux
pour les entreprises et affiche son
soutien à une industrie automobile
très implantée en Bavière. En soulignant que les allégements profiteront aussi aux petites et moyennes
entreprises, elle soigne néanmoins
l’aile sociale dont elle est issue.
Ce travail d’équilibriste est nécessaire car les deux partis sont divisés : bien que seul candidat,
Markus Söder n’a obtenu que
87,4 % des voix samedi, tandis
qu’« AKK » l’a emporté avec 51,7 %
des suffrages en décembre. Mais ce
n’est pas suffisant pour garantir la
paix des braves : si les populistes
remportaient leur pari aux élections européennes et lors des élections régionales de Saxe et de Brandebourg, le 1er septembre prochain,
l’ombre de Friedrich Merz pourrait
bien resurgir au-dessus du ciel conservateur allemand. n
« Mariano Rajoy était un conservateur minimaliste, partisan de
bouger le moins de choses possible, Pablo Casad o est tout
l’inverse, un maximaliste avec
des accents parfois réactionnaires, décrypte le politologue
Jorge Galindo. Il met l’accent sur
la défense de la famille et le
patriotisme vibrant, avec l’idée
de ressusciter un passé idéalisé,
autour des valeurs traditionnelles qui auraient été détruites par
les progressistes. »
Le jeune chef de file du PP
veut maintenant gonfler son
parti à bloc pour attirer à nouveau ceux qui sont allés chercher un discours fort ailleurs.
L’urgence pour lui est de réaffirmer « le vrai PP » comme axe de
cette nouvelle dynamique, afin
d’attirer le vote utile en envoyant des signes aux ultras
comme aux plus modérés. Il
sait que s’il veut rester la première force de droite il a besoin
de creuser l’écart, au moment
où les sondages indiquent une
montée en puissance de Ciudadanos et de Vox qui pourrait
ouvrir à une série de pactes à
trois, sur le modèle andalou,
aux élections régionales et
municipales de mai prochain. n
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08 // MONDE
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
Un être humain sur sept est « invisible »
l Près de 1,1 milliard de personnes ne
disposeraient pas de papiers officiels.
l Leur accès aux services publics, au
vote ou à l’enseignement en est limité.
l Les solutions numériques
pourraient réduire le problème.
STATISTIQUE
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Un être humain sur sept n’existe
pas… du moins de manière officielle. Ces « invisibles », pour
reprendre l’appellation utilisée par
les ONG et institutions internationales concernées, ne disposent pas
de papiers d’identité, ce qui complique, voire empêche leur accès aux
aides sociales, aux services publics
de santé, à l’enseignement ou
encore à la retraite. Ils sont aussi
handicapés pour souscrire des
abonnements téléphoniques, des
emprunts ou des contrats, pour
ester en justice, monter une entreprise, acheter un commerce, louer
un appartement, voire voyager.
Sans parler d’exercer leur droit
de vote, au vu des controverses
récurrentes en Afrique sur les listes
électorales, encore récemment
en République démocratique du
Congo. Paradoxe : au Nigeria, pays
à la plus forte proportion (78 %)
d’invisibles au monde malgré quatorze ans d’efforts infructueux, les
autorités électorales vont déployer
des cartes à puce pour la présidentielle du 16 février prochain. En
2015, celle du président Goodluck
Jonathan n’avait pas fonctionné…
Au total, selon une estimation de
la Banque mondiale, les « invisibles » seraient au nombre de 1,1 milliard, dont la moitié en Afrique
subsaharienne (28 des 32 pays
de la région ont un taux supérieur
à 20 %) et le tiers en Asie du Sud
(Inde, Pakistan, Bangladesh). Une
évaluation par essence approximative puisqu’il s’agit de compter des
gens sans existence officielle. Autre
source de confusion, qui pourrait
minorer l’estimation globale, les
Etats peuvent considérer comme
dépourvus de papiers d’identité
des gens qui en disposent pourtant,
reconnus seulement par des autorités locales.
L’impact des conflits
Ce phénomène affecte surtout les
ménages pauvres ou marginalisés,
mais gêne aussi les Etats, en raison
du risque d’usurpation d’identité
d’ayants droit de prestations sociales, une fraude redoutable pour
des pays fragiles financièrement. Il
est aussi difficile de suivre la vaccination d’enfants « invisibles »,
d’empêcher des fraudes aux examens universitaires ou de vérifier
l’identité de suspects de crimes et
délits. Bref, les documents officiels
Pour la présidentielle du 16 février, les autorités électorales nigérianes vont déployer des cartes à puce. Photo Pius Utomi Ekpei/AFP
d’identité jouent un « rôle essentiel
dans la capacité qu’ont les individus
à exercer leurs droits et responsabilités » dans les pays émergents,
souligne Joseph Atick, le patron
de l’ONG de référence ID4Africa.
Le phénomène des invisibles
s’explique par le fait que les parents
ignorent combien il est important
d’enregistrer leurs enfants à la naissance, où se trouvent à plusieurs
jours de marche ou de pirogue de
services administratifs. Les conflits
ont aussi un impact, parce que les
« invisibles » ont peur d’être asso-
Les scrutins du Ghana
sous sécurité biométrique
La start-up française
Coppernic a fourni le
terminal ayant permis à
Accra de vérifier l’identité
des électeurs de manière
biométrique.
« Même l’angle d’inclinaison de
l’index, 23 degrés, sur la machine
était précisé dans le cahier des charges », s’amuse Jacky Lecuivre. Le
PDG de Coppernic, une start-up
d’Aix-en-Provence lancée en 2008,
se souvient de l’appel d’offres du
Ghana pour assurer la sincérité du
scrutin de 2012 en vérifiant l’identité d’électeurs parfois dépourvus
de papiers d’identité, le tout avec
des listes électorales douteuses.
Première mondiale
Il fallait fournir 33.500 terminaux
manuels d’identification biométrique, robustes, infaillibles, d’un coût
inférieur à 300 euros pièce et fonctionnant sur piles vu l’absence
d’électricité dans certains villages…
Une fois le contrat de 10 millions
d’euros signé, il a fallu assurer
« l’enrôlement », c’est-à-dire l’enre-
gistrement obligatoire des noms et
empreintes digitales de 15 millions
d’électeurs pendant trois mois, avec
le logiciel d’encodage fourni par la
firme néerlandaise Genkey. Le jour
du vote, il suffisait de scanner le
code-barres en face du nom de
l’électeur sur la liste d’émargement
33.500 terminaux
manuels
d’identification
biométrique ont été
fournis pour l’élection
présidentielle de 2012.
pour obtenir sa photo, avant de
vérifier que son empreinte digitale
correspondait avec celle stockée
dans la carte mémoire. Chaque
électeur avait droit à trois essais si la
lecture des empreintes de son
index s’avérait impossible, et le système permettait de l’empêcher de
voter deux fois.
Pari réussi, l’élection, dont le
résultat fut disponible quelques
ciés à tel ou tel groupe ethnique persécuté, perdent leurs documents
avant un exil précipité, ou éprou-
78 %
LA PROPORTION
D’INVISIBLES AU NIGERIA
Malgré quatorze ans d’efforts
infructueux, le pays détient
le plus grand nombre
d’invisibles au monde.
vent la crainte, pas toujours illégitime, d’être fichés par le pouvoir.
Les Etats ne disp osent pas
non plus toujours des moyens
financiers de gérer un système
d’enregistrement complet de leurs
ressortissants, dont le coût pourrait
toutefois chuter fortement grâce
à l’émergence de solutions numériques : des terminaux légers
permettent de scanner les caractéristiques biométriques (photo
du visage, forme de l’iris de l’œil,
empreintes digitales), de manière
bien plus résistante à la fraude
que les documents sur papier,
souligne ID4Africa.
Sans être infaillibles pour autant,
comme l’ont montré les soupçons
sur le système Aadhaar en Inde.
Lancé en 2010, il a permis « d’enrôler » 1 milliard d’Indiens, pour
0,4 dollar par tête. Mais le journal
indien « The Tribune » a révélé il y
a un an que le système comportait
une faille donnant accès aux
données privées des enrôlés. La
faille permettait, de surcroît, de
se doter d’une fausse identité pour
6 euros. n
Vendredi 25 janvier
heures après la clôture du scrutin, a
été déclarée par les observateurs
ghanéens et internationaux
comme la plus fiable de l’histoire du
pays. C’était la première élection à
vérification biométrique intégrale
des électeurs, même si les procèsverbaux de chaque bureau de vote
ont continué d’être transmis
manuellement à la commission
électorale, au risque de fraudes ou
d’erreurs.
« Trou dans la raquette »
Ce qui explique sans doute le
recours d’un parti d’opposition,
alors que le président sortant ne
l’avait emporté que par 50,7 % des
voix. Un « trou dans la raquette »,
reconnaît Jacky Lecuivre, qui pourrait être résolu par une transmission wi-fi, Bluetooth ou 3G-4G sécurisée avec le prototype Cit. e-ID.
Aujourd’hui, Coppernic s’est lancé
dans la fourniture de BVD (Biometric Verification Device) pour
s’assurer de l’identité des ayants
droit du programme Filets sociaux
en Guinée.
— Y. B.
en bref
Croissance de 0,6 %
en Italie en 2019
Baisse du moral des
ménages américains
RÉVISION La Banque d’Italie a
ENQUÊTE La confiance du
Algérie : élection
présidentielle
le 18 avril prochain
annoncé vendredi prévoir une
progression du PIB de 0,6 % en
2019, soit nettement moins
qu’attendu par le gouvernement
(1 %), ce qui pourrait compliquer
l’équation budgétaire de Rome.
Cette croissance fera suite à une
hausse du PIB de 0,9 % en 2018.
Rome a accepté de baisser son
déficit public à 2,04 % du PIB en
2019, très loin du 0,8 % prévu par
le précédent gouvernement de
centre gauche.
consommateur américain s’est
dégradée plus fortement que
prévu en première estimation au
mois de janvier, montrent les
résultats provisoires de l’enquête
mensuelle de l’université du
M i c h i g a n p u b l i é s ve n d r e d i .
L’indice de confiance calculé sur
la base de l’enquête est ressorti à
90,7 en janvier, à son plus bas
depuis octobre 2016 contre 98,3
en décembre et alors qu’il était
attendu à 97,0.
SCRUTIN L’élection présidentielle en Algérie aura lieu le
18 avril, a annoncé vendredi la
présidence de la République algérienne, sans préciser si le chef
de l’Etat sortant, Abdelaziz
Bouteflika, briguerait un nouveau mandat. Bouteflika, âgé de
81 ans, est en fonction depuis 1999
et ses apparitions en public sont
devenues rares depuis qu’il a été
victime d’un accident vasculaire
cérébral en 2013.
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PLACEMENTS
TOUTES LES BONNES
DÉCISIONS POUR 2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
SOMMAIRE
idées&débats
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Art et culture
Science
Il faut sauver l’accord
sur le nucléaire iranien !
Quel rôle pour la France au Moyen-Orient ?
Alstom-Siemens ou le bon usage
de la politique de la concurrence
Abou Lagraa à pas comptés à Chaillot
Le « fake », nouveau casse-tête
pour la recherche
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
Attractivité : la France
sous surveillance
Boll pour « Les Echos »
Davos face au populisme
Jean-Marc Vittori
@jmvittori
Davos craint l’avalanche. Des pisteurs ont passé une partie de la
semaine dernière à déclencher des
explosions pour faire dégringoler
la neige qui s’était dangereusement
accumulée sur les pentes de la station de ski helvétique. Mais une
autre avalanche menace la bourgade des Grisons où se déroule traditionnellement fin janvier le
Forum économique mondial. Une
avalanche de contestation et de
populisme, qui se forme en Europe
et ailleurs.
Lors de la conférence de presse
qui présentait l’événement à
Genève, la première question,
venue d’une journaliste de l’agence
Chine Nouvelle, portait sur « l’écart
croissant entre une soi-disant [socalled] élite et ceux qui sont laissés
derrière, mis en évidence récemment
par les manifestations des “gilets jaunes” en France ». Il est vrai qu’il est
difficile d’imaginer écart plus
grand que celui qui existe entre les
participants au Forum de Davos et
les populistes.
Ces derniers ne forment pas une
population homogène. Mais ils ont
en commun deux convictions,
dans des proportions très diverses.
La première est le rejet des élites en
place. Un rejet qui passe souvent
par une opposition entre « ceux
d’en haut » et un peuple fantasmé
que les populistes prétendent
incarner. La seconde est le repli
national, toujours au nom d’un
peuple mythique. Un repli qui
implique la fermeture des frontières aux migrants, aux marchandises, aux capitaux, voire aux idées.
Les habitués de Davos ne forment pas une population plus
homogène. Mais ils sont aux antipodes des populistes. Début 2016,
aucun Américain présent au
Forum ne croyait d’ailleurs à la possibilité d’une victoire de Donald
Trump à l’élection présidentielle.
La grande majorité des femmes et
des hommes qui montent au
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Les populistes
rejettent les élites
et l’ouverture des
frontières. Le Forum
de Davos incarne
les unes et l’autre. Le
choc était inévitable.
Il a déjà eu lieu…
il y a vingt ans.
Depuis, les populistes
sont entrés dans
Davos. Mais le fossé
reste irréductible.
D
Les points à retenir
Le Forum de Davos, en
•Suisse,
qui ouvre ses portes ce
mardi, met plus que jamais
en lumière l’écart entre l’élite
mondiale et les populistes qui
rejettent « ceux d’en haut ».
Les premiers sont
convaincus des bienfaits
de l’ouverture des frontières,
les autres prônent le repli
national.
Ca n’est pas la première fois
que le sommet est confronté
à une contestation sociale.
Ses participants s’équilibrent
entre les « pro-business »
et les « pro-société ».
Cette année, le populiste Jair
Bolsorano, président du Brésil,
sera présent.
•
•
•
•
« sommet » de Davos font partie
d’une certaine élite mondiale. Y
viennent les chefs d’Etat ou de gouvernement de dizaines de pays ; la
concentration des 0,001 % les plus
riches au monde est plus forte ici en
janvier qu’en aucun autre lieu de la
planète à aucun autre moment de
l’année ; les prix Nobel y sont presque aussi nombreux qu’en décembre à Stockholm lors de la remise
des prestigieux prix.
Ensuite, les Davosiens sont convaincus des bienfaits de l’ouverture. Ils ont joué à saute-frontière
pour venir au Forum. Leurs entreprises, leurs institutions publiques
internationales ou leurs organisations non gouvernementales sont
implantées dans des dizaines de
pays. Même leurs vies personnelles
sont sous le signe de la mondialisation. Ils ont souvent étudié, passé
leurs vacances et… rencontré leur
conjoint dans d’autres pays que le
leur. Quatre jours par an, une vallée
suisse perdue à 1.400 mètres d’altitude devient capitale mondiale du
cosmopolitisme.
A vrai dire, l’affrontement entre
les uns et les autres n’est pas nouveau. Début 2000, le Forum s’était
ouvert sur les images des premières grandes émeutes contre la globalisation, celles qui avaient eu lieu
à Seattle deux mois plus tôt lors
d’une réunion de l’Organisation
mondiale du commerce. Trois
jours plus tard, des manifestants
avaient tenté d’approcher le Palais
des Congrès et cassé le McDonald’s
local. Courant d’une session à
l’autre dans le Palais, les participants n’avaient rien vu. Mais leurs
proches qui avaient découvert la
violence sur petit écran, à des milliers de kilomètres de là, les avaient
appelés affolés.
L’année suivante, la police avait
changé de stratégie. Elle avait
empêché les manifestants de monter à Davos. Certains d’entre eux
étaient alors partis chercher noise
dans les rues de Zurich et de Berne.
Exactement comme certains
“gilets jaunes” empêchés d’aller sur
les Champs-Elysées se sont défoulés ailleurs.
Deux décennies plus tard, le climat est apaisé. D’abord, la police
verrouille les abords de Davos.
Ensuite, certains populistes s’expriment au sein du Forum. La vedette
2018 fut Donald Trump (avec un
discours au demeurant fort convenu). Celle de 2019 est le nouveau
président brésilien, Jair Bolsonaro.
Enfin et surtout, les organisateurs
du Forum ont changé le discours,
ou plutôt les équilibres. Il y a toujours eu deux lignes complémentaires à Davos. La première est
« pro-business », favorable aux
entreprises. La seconde est « prosociété », favorable à un modèle
plus « inclusif ».
Avant le premier Forum en 1971,
le professeur de management
Klaus Schwab avait théorisé un
capitalisme non de « shareholders » mais de « stakeholders », de
« parties prenantes » comme on dit
aujourd’hui. Il ne se force pas lorsqu’il prône, avec son air de pasteur
protestant, un système « plus inclusif, plus soutenable, fondé sur davantage de principes moraux ». Ou lorsqu’il fait la distinction entre
mondialisation – un fait selon lui
(c’est en réalité d’abord un choix) et
mondialisme – l’idéologie du toutmarché.
L’an dernier, une session avait
été organisée pour la première fois
sur le revenu universel de base.
Cette année, le Forum a choisi de
mettre en ligne, sur le site de
l’Annual Meeting, une analyse de
Tim Dixon, le patron de l’ONG
More in Common, qui constate la
méfiance croissante des populations, la polarisation de la société,
la tentation de la violence. Il appelle
à « rebâtir notre capital social et renforcer les forces centripètes qui peuvent contrer l’appel au tribalisme
“nous contre eux” ». Mais le fossé
restera irréductible entre la tribu
de Davos qui veut encore croire à
une mondialisation heureuse et la
tribu populiste qui préfère claquer
la porte. n
Améliorer l’image d’un pays, ça prend du
temps, et on peut perdre très vite le terrain
regagné. En matière d’attractivité, la France
a fait des pas de géant ces dernières années.
Pour être objectif, la deuxième partie du
quinquennat Hollande avait bien balisé le
terrain, avec le pacte de responsabilité et la loi
travail. Mais la fragilité politique du président
Par Etienne
socialiste, systématiquement contesté dans
Lefebvre
son propre camp, l’a empêché d’engranger
des résultats économiques plus rapidement :
Macron
les investissements étrangers en France
va devoir
sont repartis à la hausse, mais de manière
convaincre très progressive, la méfiance restant de mise.
victoire d’Emmanuel Macron, repoussant
qu’il entend La
la menace de l’extrême droite, a eu un effet
maintenir
radical sur l’image de l’Hexagone à l’étranger.
Les réformes étaient cette fois assumées,
son cap
par une majorité solide, et elles
économique appuyées
allaient beaucoup plus loin afin de rendre
malgré les
le pays attractif. Sans oublier, bien sûr,
le capital de sympathie pour un chef d’Etat
secousses
sachant parler business avec les plus grands
politiques.
patrons mondiaux.
Les images de violence chaque week-end
depuis novembre, qui choquent la France et toute la planète, vontelles lui faire tout perdre ? A ce stade, la réponse est non. Pour
plusieurs raisons : les manifestations reprennent une tournure plus
classique, les ronds-points (et les routes et entrepôts) ne sont plus
bloqués, l’agitation n’a pas gagné les entreprises et la situation de
nos voisins et concurrents (Royaume-Uni, Allemagne, Italie) ne
s’est guère améliorée. Mais la France est de nouveau sous
surveillance. Et le doute s’est instillé. Emmanuel Macron va devoir
s’employer à convaincre les PDG, en route pour Davos et de passage à
Versailles ce lundi, qu’il entend maintenir son cap économique
malgré les secousses politiques. Les investisseurs n’attendent pas
tant de nouvelles largesses financières que l’assurance d’une certaine
stabilité fiscale et de la poursuite des réformes (assurance-chômage,
fonction publique, retraites) déjà annoncées. Le président risque-t-il
dès lors de manier un double langage périlleux, de Souillac à
Versailles ? Les ouvertures faites devant les maires évitent jusque-là
le grand écart et sont englobées dans un argumentaire économique
fidèle à ses engagements de campagne. Quant aux investisseurs, ils
sont conscients du fait que leur meilleure garantie serait un rebond
politique d’Emmanuel Macron, et que cela passe par une séquence
grand débat national réussie. Si les chefs d’entreprise et leurs
représentants pouvaient s’y impliquer davantage, en montrant
concrètement en quoi certaines décisions (fiscalité du capital,
ordonnances travail…) changent la donne, ils rendraient la politique
d’attractivité plus attractive.
(
Lire nos informations
Pages 2 à 4
Banques : le défi
des ressources humaines
Par Guillaume Maujean
La banque sera-t-elle la sidérurgie du XXIe siècle ? La question est
souvent posée aux spécialistes du secteur, qui voient lentement mais
sûrement les effectifs s’éroder en France. 378.000 employés en 2007,
366.000 actuellement, selon les comptages de la Fédération bancaire
française. Le déclin est régulier. Et il y a peu de chances que les
effectifs repartent à la hausse. La crise financière a laissé des traces, la
digitalisation et la robotisation n’ont pas fini d’imprimer les leurs. Les
représentants des salariés ont quelques raisons d’être inquiets. Dans
vingt ans, beaucoup de fonctions auront disparu. Il y aura sans doute
moins de guichets, d’agents d’accueil, d’employés de back-office ou
de changeurs. Des traders, des téléconseillers ou des gestionnaires
de fonds auront été remplacés par des intelligences artificielles. Les
banques restent de gros recruteurs, qui embauchent plus qu’ailleurs
en CDI. Mais l’âge d’or des grands réseaux est révolu, et les défis qui
s’annoncent sont immenses. Les transformations fondamentales
sont de plus en plus rapides, au rythme d’un an ou deux, et non plus
d’une décennie, comme par le passé. Tous les établissements n’en ont
pas forcément pris la mesure. Et en face, de nouveaux acteurs –
fintech, géants du numérique, grandes enseignes de la distribution –
sont en train de créer de nouvelles habitudes et de nouveaux usages.
Ce n’est pas pour autant une fatalité. De nouveaux métiers émergent
dans la gestion des data, le contrôle des risques ou le développement
de blockchains, pour ne citer qu’eux. Le champ d’intervention des
banques pourrait aussi s’étendre à l’immobilier, au stockage de
documents, aux télécommunications et pourquoi pas à la santé.
Cette accélération requiert des organisations plus agiles et des plans
de formation massifs. Car adapter les compétences coûte souvent
moins cher que d’en recruter de nouvelles. Les banques ont besoin
de ressources financières pour faire face aux risques économiques
qui émergent. Elles auront surtout besoin de ressources humaines
pour traverser ces mutations.
(
Lire nos informations
Page 31
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10 // IDEES & DEBATS
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS. FR
opinions
1. Un être humain sur sept est « invisible »
2. Le DRH de Snapchat viré à cause d’une affaire de relation amoureuse illégale
3. Shutdown : vers un nouvel échec des négociations
4. L’Office national des forêts au bord de la faillite
5. L’iconique Razr de Motorola fait son grand retour… à 1.500 dollars
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Il faut sauver l’accord
sur le nucléaire iranien !
Shakespeare
à Westminster
Pour Ali Vaez, directeur du projet Iran à
l’International Crisis Group, il est encore
possible de sauver l’accord sur le nucléaire
iranien.
vigueur de l’accord de Vienne sur le
nucléaire iranien, le 16 janvier 2016, un
optimisme prudent a laissé place à une
profonde incertitude. Depuis le retrait
unilatéral des Etats-Unis, en mai dernier, la
survie de l’accord est précaire. L’Iran comme
l’Europe doivent prendre un certain nombre
de mesures pour éviter une nouvelle crise
nucléaire aux conséquences dévastatrices. »
CONTOURNEMENT « La réponse
diplomatique de l’Europe au retrait
américain, qui était accompagné d’une
longue liste de demandes à Téhéran, a été
cohérente et unifiée : tant que l’Iran respecte
ses engagements, le pays doit pouvoir
bénéficier de relations commerciales et
bancaires normalisées avec le reste du
monde. […] Le lancement, dans les prochains
jours, d’un nouveau mécanisme financier
européen, connu sous le nom de “Special
Purpose Vehicle” (SPV), est une étape
importante. Ce fonds est conçu pour
contourner les restrictions américaines. »
PRIORITÉ « [De son côté], l’Iran devrait
respect[er] l’accord, en dépit des voix de plus
en plus nombreuses à Téhéran qui appellent
à tester ses limites, voire à l’enfreindre. Les
responsables iraniens semblent pour l’instant
disposés à patienter, estimant pouvoir tenir
économiquement jusqu’en 2021, après
l’élection présidentielle américaine de 2020.
Ceci repose sur l’espoir que Trump ne soit pas
réélu et qu’un prochain président démocrate
choisisse de réintégrer l’accord. […] Stabiliser
l’accord de Vienne est la priorité immédiate.
Les risques d’échec – d’une nouvelle crise
nucléaire à une instabilité croissante au
Moyen-Orient – sont réels. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
A l’exception peut-être du racisme,
•du«sexe
et de Theresa May en train de
danser, aucun sujet n’a déclenché plus
d’hystérie dans la vie politique du Royaume-Uni que le référendum. » Dans « The
Economist », Robert Saunders, un historien britannique, rappelle que Clement Attlee estimait en 1935 qu’il s’agissait d’un « instrument du nazisme,
étranger à nos traditions ». Harold Wilson, qui fut pourtant le premier à y
recourir en 1975, avait estimé qu’il était
« contraire à nos traditions ». Margaret
Thatcher qualifiait le référendum
d’« outil des dictateurs ». Et pourtant, le
référendum s’est imposé. « Pour le
meilleur ou pour le pire, un tel mode de
scrutin […] ne peut plus être considéré
comme étranger à nos traditions », écrit
l’historien. Le référendum de 2016 sur le
Brexit avait néanmoins tous les défauts,
comme celui de réduire le débat politique à une question binaire donnant un
pouvoir énorme aux deux camps, qui
n’avaient pourtant aucune responsabilité à tenir ensuite leurs promesses.
« D’ailleurs, quelques jours après le vote,
le camp qui a remporté le scrutin a effacé
la plus grande partie de son site Internet,
comme un cartel de la drogue met le feu à
toutes les pièces à conviction avant l’arrivée de la police. » Reste que si les Britanniques sont obligés, faute d’un accord
entre le Labour et les tories, d’organiser
un nouveau référendum, il sera nécessaire de bien réfléchir sur la forme
qu’un tel scrutin devra prendre afin de
ne pas envenimer encore plus la crise
politique. « Le chemin du “vote populaire” au veto populaire marquerait un
retour à une ancienne tradition constitutionnelle. On pourrait ainsi transformer
le référendum d’un problème en solution. » Etre ou ne pas être, là est la question, ou peut-être Brexit ou pas. Et si
Shakespeare venait à Westminster.
— J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Les sauveteurs
de l’extrême
LE SUJET Leur nom est rarement
connu du grand public, mais les
secouristes en montagne sont
d’une utilité qu’il n’est, depuis
longtemps, plus nécessaire de
prouver. Pour les pratiquants de
l’alpinisme de l’extrême, comme la
Française Elisabeth Revol, sauvée
in extremis il y a un an lors de son
ascension en double du Nanga
Parbat (8.126 mètres, au Pakistan).
Mais aussi pour les (trop)
nombreux amateurs
soudainement piégés par une
montagne devenue hostile. Avec
« Une histoire du secours en
montagne », Blaise Agresti nous
plonge dans certains des
sauvetages célèbres restés gravés
dans les mémoires. Récits ô
combien haletants et envoûtants,
photos à l’appui ! Sans faire œuvre
d’historien – comme il l’écrit luimême – mais en grand
connaisseur, il nous fait également
cheminer dans l’évolution des
métiers et des pratiques.
Passionnant.
L’AUTEUR Blaise Agresti a été
notamment en charge, pendant
plus de vingt ans, de plusieurs
unités opérationnelles
Une histoire du secours
en montagne
Par Blaise Agresti. Editions Glénat.
191 pages. 25 euros.
– notamment le peloton de
gendarmerie de haute montagne.
En 2006, il a publié « In extremis »
(Editions Guérin).
LA CITATION « Le commandant
Santini, au lieu de faire un premier
passage de reconnaissance, tente
de se poser à côté des alpinistes.
Mais l’hélicoptère arrive trop vite,
la neige l’enveloppe, l’aveugle et
le crash est inévitable. L’appareil fait
un “cul par-dessus tête” dans un
grand fracas. Puis c’est le silence.
Les quatre hommes sortent de
la machine broyée, indemnes.
Un miracle. »
— Marianne Bliman
Denis/RÉA
RETRAIT « Trois ans après l’entrée en
Le président égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, reçu au palais de l’Elysée par Emmanuel Macron, en octobre 2017.
Quel rôle pour la France
au Moyen-Orient ?
Emmanuel Macron doit se rendre en Egypte du 27 au 29 janvier prochain.
A l’heure où les Etats-Unis se retirent de la région sur le plan militaire, et
où la Chine s’engage sur le plan économique, l’Europe cherche sa place.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de
Dominique
Moïsi
ers l’Orient compliqué, je volais
avec des idées simples. Je savais
que, au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. Il
fallait donc en être. » C’est par cette
phrase si souvent citée que s’ouvre le
chapitre Orient du tome I des Mémoires
de guerre du général de Gaulle. Nous
sommes en avril 1941, le chef de la
France libre vole vers Le Caire.
Dans quelques jours, le président
Emmanuel Macron s’envolera lui aussi
vers la capitale égyptienne pour un
voyage officiel. Au-delà de la polémique
– « faut-il s’afficher aux côtés du maréchal Sissi, dont le régime piétine si brutalement les droits de l’homme ? » – se
posent des questions plus globales. La
France et, au-delà, l’Europe ont-elles
encore un rôle à jouer dans cette région
du monde et pourquoi ?
L’avenir économique du monde est
en Asie, son avenir démographique en
Afrique. Au-delà de ses ressources en
hydrocarbures et de sa proximité géographique avec l’Europe, le MoyenOrient continue d’être la région des
émotions les plus fortes et les plus irréconciliables. Hier encore, le conflit
israélo-arabe, devenu israélo-palestinien, constituait la matrice des problèmes de la région. Aujourd’hui, s’il existe
plus que jamais un conflit Iran-Israël, la
rivalité Arabie saoudite-Iran est devenue prédominante. Les Iraniens regardent les Saoudiens de haut. Ces derniers
sont encore plus obsédés par leur rival
perse que ne peuvent l’être, en Asie, les
Japonais par les Chinois.
Le problème Israël-Palestine subsiste, mais – et c’est une constante qui
s’applique particulièrement à la
région – la loi du plus fort s’est imposée.
Israël a gagné. Les Palestiniens ont été
défaits, tout comme ont pu l’être les
opposants au régime Assad en Syrie, ou
sur un plan politique les Kurdes. Pas
plus que les Palestiniens, ils ne sont sur
le point d’avoir un Etat. Quel sera le coût
V
de cette victoire pour Israël ? Les
valeurs éthiques du judaïsme, défendues avec talent et courage, par le grand
écrivain récemment disparu Amos Oz
ont pesé de peu de poids face au diktat
d’une vision de realpolitik à court
terme.
Au-delà de cette révolution matricielle se déroule sous nos yeux – largement en l’absence de l’Europe – comme
un passage de relais entre l’Amérique et
la Chine. La Russie peut marquer des
points, mais elle n’a pas les moyens,
contrairement à la Chine, de s’implanter de manière décisive dans la région.
Le retrait de l’Amérique n’est pas tant la
résultante d’une autosuffisance énergétique que d’une fatigue géopolitique.
Les sociétés civiles
des pays du MoyenOrient sont beaucoup
plus mûres et modérées
que ne peuvent l’être
leurs dirigeants.
Après s’être fourvoyés dans des aventures militaires douteuses, les Etats-Unis
ne veulent tout simplement plus risquer la vie de leurs soldats. La Chine
s’engage différemment, de manière
plus économique que militaire. Mais
pour affirmer son nouveau statut international et préserver un accès à des ressources énergétiques indispensables à
sa croissance, elle se déclare désormais
prête à prendre des risques.
La troisième évolution de la région
correspond à une forme de « nostalgie
des empires ». Au Moyen-Orient, les
héritiers de l’Empire perse (les Iraniens)
et ceux de l’Empire ottoman (les Turcs)
sont autant des rivaux que des partenaires. Ils possèdent de plus un point commun essentiel : leurs sociétés civiles respectives sont – pour partie au moins –
beaucoup plus mûres et modérées que
ne peuvent l’être leurs dirigeants. Sans
les mollahs au pouvoir à Téhéran, le
conflit entre l’Iran et Israël aurait-il une
telle virulence ? Sans Erdogan à
Ankara, la politique turque serait-elle
aussi conflictuelle ? Il est clair également que sans Mohammed ben Sal-
mane au pouvoir à Riyad, la politique
saoudienne serait moins aventureuse.
Ces nostalgies d’empires recèlent
bien sûr des divisions profondes au sein
de l’Islam sunnite (Frères musulmans,
salafistes, wahhabites) et entre sunnites
et chiites. Mais se pourrait-il que ces
divisions de nature religieuse ne fassent
que servir d’alibi à des ambitions et des
calculs nationaux sinon personnels,
comme ceux d’Erdogan en Turquie, qui
avance de moins en moins masqué ?
Jusqu’à une période récente, l’Egypte
était un « grand » de la région, un pays
qui fort de sa démographie (près de
100 millions d’habitants) et de son identité préislamique se voyait presque
comme l’empire du Milieu de son environnement régional, l’équivalent pour
le Moyen-Orient de ce qu’est la Chine
pour l’Asie. Aujourd’hui, hélas, l’Egypte
est à l’inverse perçue comme le « grand
malade », la « Cocotte-Minute » prête à
exploser et sur laquelle on maintient – à
coups de milliards – le couvercle sur la
marmite. La fragilité de l’Egypte donne
lieu à un débat contradictoire, classique, entre deux camps. Pour le premier,
il n’est pas raisonnable de garder le
silence sur les violations réitérées des
droits de l’homme dans l’Egypte de
Sissi. En se taisant sur le présent, on
offense l’avenir.
Pour le second camp, le soutien au
printemps arabe n’a-t-il pas conduit la
région à plus de chaos, plus de répression, dans la presque totalité des pays
affectés par le « virus de la liberté » ?
L’Egypte, précisément parce qu’elle est
l’Egypte – l’héritière d’une civilisation
millénaire et raffinée – ne mérite-t-elle
pas bien mieux que notre silence ?
En même temps, en dépit de sa faiblesse et de ses dérives sécuritaires,
l’Egypte est un pays qui demeure incontournable (bientôt aussi sur le plan
gazier) et qui, au côté de pays beaucoup
plus petits comme la Libye ou la Tunisie, font sens pour un pays comme le
nôtre. Pour peu bien sûr que nos efforts
s’exercent avec ceux de l’Italie en Libye.
Pour peu aussi que nous ne nous prenions pas à rêver que nous pouvons
jouer un rôle de substitution à celui des
Etats-Unis dans la région.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial de l’Institut Montaigne.
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
art&culture
1. Pourquoi les droits de succession relèvent d’une double imposition
2. Un projet de loi pour taxer les Gafa dès février prochain
3. « Gilets jaunes » : 84.000 manifestants en France
4. Le gouvernement veut faciliter la résiliation des contrats d’assurance santé
5. Le pôle Nord magnétique se déplace plus vite que prévu et perturbe la navigation
LE POINT
DE VUE
d’Erwan Le Noan
ébut janvier, le ministre de
l’Economie, Bruno Le Maire,
dénonçait le traitement de la
fusion Alstom-Siemens par la Commission européenne, considérant que celle-ci s’apprêtait à commettre « une
erreur économique, mais aussi une faute
politique ». La remarque révèle non seulement un retour en force du débat
entre la politique industrielle et la politique de concurrence, mais également
une mauvaise compréhension du droit
de la concurrence.
Lorsqu’elle examine un projet de
concentration entre entreprises, la
Commission européenne intervient
comme un régulateur administratif. Sa
mission et sa compétence sont encadrées par le droit (les textes de l’Union
européenne, ses décisions antérieures
et celles de la Cour de Luxembourg).
Elle ne saurait donc commettre de
« faute politique », car la politique
n’entre pas dans son champ, et fort heureusement. Cela n’interdit évidemment
pas un débat sur les objectifs du droit de
la concurrence et leur conciliation avec
d’autres priorités légitimes comme la
préservation de l’emploi ou la politique
industrielle.
Le droit français a inventé sa propre
solution : à l’issue de l’examen d’une
fusion par l’Autorité de la concurrence,
le ministre de l’Economie dispose
depuis 2015 d’un pouvoir dit « d’évocation ». Il peut, de sa propre autorité,
« statuer sur l’opération en cause pour
des motifs d’intérêt général autres que le
maintien de la concurrence », qui « sont,
notamment, le développement indus-
D
LE POINT
DE VUE
de Pierre Daems
et Nathalie Dupuis-Hepner
l aura fallu 214 ans pour qu’un projet
de loi fasse trembler les sacro-saints
piliers du Code civil qui définissent
l’entreprise et son rapport avec les
actionnaires, en renforçant statutairement la prise en considération des
enjeux sociaux et environnementaux :
c’est le projet Pacte, voté par l’Assemblée
nationale et en attente de présentation
au Sénat. Il s’inscrit dans un mouvement plus global qui inclut RSE, « social
business », entrepreneuriat social,
« B Corp (Benefit Corporations) ». A
l’heure où se pose de manière cruciale la
question des limites du capitalisme et
où le thème du bonheur au travail semble une alternative peu convaincante à
la perte de sens qu’expriment les salariés, c’est une occasion unique d’agir dès
maintenant.
Dans les dernières décennies, l’entreprise a sans doute perdu de vue sa place
dans la société. Happé par le tourbillon
du temps court, de la performance
financière et de la croissance à tout crin,
le couple actionnaire-dirigeant a souvent réduit la « personne morale » à une
machine sans vie et sans envie. Ce duo a
même parfois malmené les parties prenantes : ses employés, ses clients, ses
fournisseurs, le territoire, les citoyens et
la nature elle-même. Dans le projet de
loi Pacte, la notion d’intérêt social
devient inhérente à toutes les entreprises. Il ouvre aussi la voie de l’entreprise à
mission, pour celles dont les actionnaires souhaiteraient graver dans le marbre des statuts une raison d’être spécifi-
I
Alstom-Siemens ou le
bon usage de la politique
de la concurrence
triel, la compétitivité des entreprises en
cause au regard de la concurrence internationale ou la création ou le maintien de
l’emploi » (article L430-7-1 du Code de
commerce). Il l’a d’ailleurs fait, une
seule fois à ce jour, en 2018, pour permettre le rachat du groupe Agripole
(William Saurin) sans restriction.
Paris a tort de placer
sur le terrain politique
les réticences
de Bruxelles à la fusion
entre Alstom et Siemens
Même si le débat entre
respect de la concurrence
et stratégie industrielle
mérite d’être relancé
D’autres sujets doivent pouvoir être
également mis sur la table, qu’il faut
analyser méthodiquement. Une première question est de savoir si les autorités de concurrence font un « bon »
usage des outils dont elles disposent,
notamment en matière de contrôle des
concentrations. De nombreuses entreprises leur reprochent d’avoir un
regard trop statique, qui prend insuffisamment en compte les développements rapides de l’innovation. Les
régulateurs répondent généralement
que, dès lors qu’elles peuvent étayer
leur choix par des éléments de preuve
robustes, elles font évoluer leur prati-
que – et le font parfois : en 2016, l’Autorité de la concurrence a ainsi su intégrer
la pression concurrentielle du commerce en ligne lorsqu’elle a examiné le
rapprochement de FNAC et Darty.
Une autre question est celle des
objectifs du droit de la concurrence. La
pratique, inspirée de la recherche académique, en a imposé un : le surplus du
consommateur, c’est-à-dire le gain qu’il
retire d’un équilibre économique, qui
est régulièrement remis en cause. On
reproche ainsi aux autorités européennes de ne pas suffisamment prendre en
compte celui des producteurs – à
l’inverse de la justice américaine qui l’a
notamment fait prévaloir pour autoriser le rapprochement entre AT&T et
Time Warner.
En décembre 2018, 19 Etats membres
ont plaidé auprès de la Commission
européenne pour une meilleure prise
en compte des objectifs industriels, afin
de permettre à l’Europe de mieux lutter
dans la compétition internationale.
Cette prise de position marque un mouvement d’évolution du contexte de la
politique de concurrence. Les élections
de mai 2019 et le renouvellement de
l’administration européenne qui
s’ensuivra pourraient permettre de le
traduire dans le droit. La Commission
européenne sera, alors, en charge de
l’appliquer – mais d’ici là, il est probablement plus sain, dans un Etat de droit,
qu’elle se limite à sa compétence.
Dans le projet de loi
Pacte, la notion d’intérêt
social devient inhérente
à toutes les entreprises.
Réussir cette
transformation repose
sur une condition :
la contribution active
et motivée des salariés.
social dans un terreau fertile, en
s’appuyant sur une culture ouverte,
dans un esprit de bien commun.
Deuxièmement, se fixer comme objectif
de réconcilier dans un temps long la personne morale et les personnes physiques : des employés plus épanouis, des
clients plus fidèles, des fournisseurs
plus engagés, des territoires plus confiants… et des actionnaires plus patients.
Troisièmement, démarrer rapidement
pour élaborer, en mode participatif, la
Philippe Noisette
@philippenoisett
DANSE
Wonderful One
nographie se réduit à un
cube évidé : on s’y cache, on
ose une danse des mains sur
la paroi. Abou Lagraa a
cherché chez les deux hommes une part de féminin
s’accordant à la beauté de la
partition de Monteverdi. La
danse baroque n’est pas si
loin dans cette chorégraphie amoureuse.
D’Abou Lagraa, Paris,
Le parcours d’Abou Lagraa
Théâtre national
est à bien des égards étonde Chaillot jusqu’au
nant. Après avoir étudié la
24 janvier (01 53 65 30 00).
danse à Lyon au ConservaLes Théâtres de la Ville
toire, il a fait ses premiers
du Luxembourg,
pas comme interprète en
Grand Théâtre/Studio
Allemagne, puis créé sa
les 5 et 6 mars
compagnie, La Baraka,
en 1997. Soutenu par des institutions comme
la Maison de la Danse à Lyon ou les Gémeaux
Horizons lointains
à Sceaux, il n’est pourtant pas le plus repéré
Changement de décor dans la suite : un trio,
des chorégraphes actuels. La faute sans
cette fois. Sandra Savin et Antonia Vitti « diadoute à des ballets un brin trop consensuels,
loguent » avec Ludovic Collura. L’alchimie
où bien souvent la forme l’emporte sur le
est moins réussie hélas. La gestuelle d’Abou
fond. Outre le Ballet contemporain d’Alger,
Lagraa se montre trop répétitive. Ce dernier
beau projet au-delà des frontières, il rayonne
évoque des « modules d’intensité variable ».
du côté d’Annonay, où Abou Lagraa s’est insL’intention est bonne, mais le rendu pas toutallé dans une ancienne chapelle.
jours assumé sur le plateau. On retiendra
« Wonderful One », présenté dans l’écrin
quelques belles images comme ce ballet de
de Gémier, la petite salle de Chaillot, a fière
paravents ajourés, cette transe finale, la derallure. Un duo ouvre la soirée, c’est le
nière image des solistes au sol. Mais le pas de
meilleur du programme. Habillés des belles
trois est le plus souvent effleuré. Dommage.
lumières de Marco Giusti, les deux interprèPour cette partie de « Wonderful One » Abou
tes Pascal Beugré-Telltier et Ludovic Collura,
Lagraa a choisi des horizons lointains : Oum
impressionnants, se lancent dans un corpsKalthoum, sœur Marie Keyrouz ou les perà-corps hésitant entre l’étreinte et le duel. Il y
cussions de Fez. L’ensemble offre à l’ouïe une
a des secousses dans cette gestuelle, une tenbande-son de choix. Le merveilleux est alors
dresse aussi jusque dans ce doigt levé. La scéprésent dans ces instants musicaux. n
Erwan Le Noan est partner
du cabinet Altermind, spécialiste
de concurrence & régulation.
Comment devenir une
entreprise « à mission »
que à impact sociétal, bien au-delà des
intérêts financiers.
Si nombre d’entreprises en création
apparaîtront aisément « mission
native », sur le modèle des organisations
« digital native », un sérieux passage de
cap attend les autres. Trois recommandations pour celles qui souhaitent devenir des entreprises à mission. Premièrement, planter les graines de l’intérêt
Abou Lagraa
à pas comptés à Chaillot
raison d’être de l’entreprise et la décliner
avec toutes ses parties prenantes, sur le
modèle de l’entreprise progressiste.
Mais prudence, la poursuite d’une raison d’être, ancrée dans un contrat à la
fois juridique et moral, ne supportera
pas l’improvisation. Et gare au spectre
du « mission washing » ! Il devrait faire
renoncer les actionnaires et dirigeants
dont les choix manqueraient profondément de sincérité.
Selon la théorie de Strauss et How, un
cycle de 80 ans se reproduit depuis
500 ans, autour de quatre phases : le
« Haut » marqué par des valeurs morales fortes pour reconstruire après une
période de crise (1945-1965) ; l’« Eveil »,
une période d’euphorie où l’individualisme supplante les valeurs collectives
(1965-1985) ; l’« Effilochage » durant
lequel s’installe une perte de valeurs
(1985-2005) ; la « Crise » qui remet en
question les principes mêmes de la
société (2005-2025). La priorité des
entreprises doit être aujourd’hui d’anticiper le prochain « Haut », celui du retour
de valeurs humanistes au cœur de notre
activité économique. Se transformer en
une entreprise à mission peut être un
premier pas, et la réussite de cette initiative repose sur une condition incontournable : y inscrire en fer de lance la contribution active et motivée des salariés.
Nathalie Dupuis-Hepner
et Pierre Daems sont membres
des Company Doctors, réseau
de consultants en entreprise.
Après un duo d’amour masculin, la force combattante d’un trio féminin.
Photo Jeanne Garraud/Théâtre National de Chaillot
« Le Marchand de Londres » : satire
élisabéthaine en mode mineur
Philippe Chevilley
@pchevilley
THÉÂTRE
Le Marchand
de Londres
Qu’est ce qu’un théâtre
populaire ? Declan Donnellan joue donc sur du velours
avec cette satire universelle,
pimentée d’une bonne dose
d’autodérision.
Francis Beaumont n’est pas
D’après Francis
William Shakespeare. Cette
Beaumont, mise en scène
évidence s’impose pendant
Declan Donnellan,
une bonne partie de la derLes Gémeaux, Sceaux
nière création du maître
(01 46 61 36 67), jusqu’au
Final façon Broadway
anglais Declan Donnellan,
2 février, 1 h 40
Aussi subversive soit-elle, la
avec les acteurs russes du
pièce, même modernisée,
Théâtre Pouchkine de Moscou. « Le Mars’avère néanmoins une comédie mineure,
chand de Londres » adapté de « The Knight
dont la force burlesque a du mal à traverser
of the Burning Pestle », une pièce de 1607 de
les siècles. La mise en scène au cordeau, la
l’auteur dramatique élisabéthain (moitié du
scénographie minimaliste élégante – une
duo Beaumont & Fletcher), vaut par ses
mini boîte-écran animée de projections
intentions et son propos, plus que par son
décalées (intérieurs anglais cosy, forêts en
texte. Une troupe de théâtre entame le prolonoir et blanc) – et l’interprétation de haut vol
gue d’un très sérieux (mélo)drame familial,
des acteurs russes soulignent plus qu’elles ne
quand un épicier et sa femme débarquent
corrigent ses faiblesses. On apprécie la persur la scène pour réclamer une intrigue plus
formance, sourire aux lèvres, sans être
« fun » avec un lion et un chevalier, qui pourtransporté.
rait être incarné par leur apprenti. Afin de
Il faut attendre la dernière partie, qui
jouer leur pièce jusqu’au bout, les acteurs
tourne au délire complet, pour être enfin
accèdent à toutes les demandes et leur specconquis. La métamorphose de la troupe à
tacle, sans cesse interrompu par le trio de
bout de nerfs en cour royale démoniaque et
marchands, vire à la farce grotesque.
le final dansé façon Broadway, transcendés
Il y a quatre cents ans déjà, le théâtre devait
par les comédiens virtuoses du Théâtre
se battre contre les mouvements réactionPouchkine, balaient les réserves. Le public
naires hostiles à l’art et contre les diktats d’un
piégé à l’arraché par la farce forcée applaucertain public (l’Angleterre est en pleine
dit à l’unisson des marchands de Londres
révolution puritaine). La transposition de la
comblés. Aujourd’hui comme hier, le théâpièce dans notre époque est judicieuse : que
tre est un combat. Même une pièce
doit raconter le théâtre aujourd’hui ? Doit-il
mineure peut donner des armes à ses
bouleverser, questionner les esprits ou simdéfenseurs, de la trempe d’un maître
plement divertir ? Doit-il plaire à tout prix ?
comme Declan Donnellan. n
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12 //
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
Toru Yamanaka/AFP – Eric Feferberg/AFP – Laurent Chamussy /Sipa – Alexei Nikolsky/AP/Sipa
enquête
En 1999, Renault rachète un Nissan en déroute, Carlos Ghosn est envoyé à Tokyo pour sauver le second constructeur japonais
(à gauche). Six ans plus tard, il prend les commandes de Renault tout en gardant celles de Nissan, Louis Schweitzer prend
du champ et devient président du conseil d’administration (en haut). Plusieurs épisodes viennent assombrir la vie du Losange :
une vague de suicides au Technocentre (ci-dessus), qui révèle le stress des ingénieurs, et une fausse affaire d’espionnage,
qui secoue le sommet du groupe (en bas à droite). Mais Ghosn choisit de garder son poste.
Renault :
les années Ghosn
AUTOMOBILE // Au fil des quatorze années de règne du patron
franco-libano-brésilien à Boulogne-Billancourt, Renault s’est profondément
transformé, non sans connaître quelques péripéties.
Alors que le conseil d’administration du groupe est en passe
de détrôner « M. Ghosn », l’heure du bilan a sonné.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Denis Fainsilber
dfainsilber@lesechos.fr
e travail de deuil est assez long. » Deux
mois après l’arrestation spectaculaire de Carlos Ghosn à Tokyo, l’étatmajor de Renault peine à encaisser, souffle
une source proche du pouvoir. Avant
l’acceptation, il y a la stupeur, le déni, la
colère, le tremblement et la dépression.
Normal d’en passer par là, « M. Ghosn »
écrasait tout le monde depuis sa prise de
pouvoir au siège de Boulogne-Billancourt.
Retour en chapitres sur quatorze ans de
règne chez Renault.
Quand Carlos Ghosn débarque à Paris
pour prendre le volant de Renault, au printemps 2005, le polytechnicien est auréolé
de son grand succès – le sauvetage éclair de
Nissan. Pour la première fois depuis la Libération, l’ex-Régie se retrouve avec un patron
issu de ses rangs et non pas avec un parachuté choisi par l’Etat français, son actionnaire historique. Séduit par sa « vitalité »,
son « intensité » et son « intelligence », Louis
Schweitzer l’avait recruté dans ce but, neuf
ans plus tôt. Chez Renault, le « cost killer »
enfile un costume sur mesure : « président
de la direction générale ». Son prédécesseur, lui, conserve la présidence du conseil
d’administration :. « Carlos Ghosn aura bien
l’entièreté des pouvoirs. Dans l’automobile,
l’opérationnel et le stratégique sont insépara-
L
bles », assurait sur le moment l’ancien « dircab » de Laurent Fabius. Le pouvoir, Carlos
Ghosn ne le lâchera finalement que ces
jours-ci, éjecté du trône à la suite de son
inculpation au Japon pour malversations
financières et abus de confiance. L’un des
plus grands scandales du siècle dans le
monde des affaires.
Tout feu tout flamme
Quatorze ans plus tôt, les hiérarques du
Losange n’auraient évidemment jamais
imaginé une telle issue. Parfois méfiants, ils
avaient vu arriver un dirigeant franco-libano-brésilien de cinquante et un ans, une
rock star au Japon. Ne commençait-il pas
ses grandes conférences de presse par un
compte à rebours qui se déclenchait deux
heures avant son arrivée ? Eux, ils le connaissaient d’avant, de son court et brillant
passage à la Régie, entre 1996 et 1999. En
tant que directeur général adjoint, l’ancien
Michelin avait été embauché pour mettre
les comptes au carré. Son premier réflexe ?
Durcir très fortement un plan d’économie
décidé avant son embauche. Avec lui, ce ne
sera pas une baisse de 3.000 francs du coût
de fabrication d’une voiture, mais de plus de
8.000 francs. Ni une ni deux, il tranche dans
le vif et propose de fermer trois usines à
Louis Schweitzer. Ce dernier consentira
seulement à sacrifier Vilvorde, en Belgique.
Trop, déjà, pour Jacques Chirac, qui pique
une grosse colère. Qu’importe. Chez
Renault, le petit nouveau a déjà laissé sa
marque. A son retour en fanfare six ans plus
tard, les affaires roulent bien mieux pour
Renault. « La direction sortante était assez
fière d’elle », se souvient Patrick Pélata,
l’ancien bras droit du patron. La réalité n’est
pas si rose. Les directions design et produits
ne se parlent pas, aucun nouveau modèle
n’est prévu pour le millésime 2006. Carlos
Ghosn se met aussitôt en branle et applique
le long de la Seine ses méthodes peaufinées
à l’ombre du mont Fuji – non sans éclaboussures. « Renault n’était pas en crise comme
Nissan l’était, donc ça résistait dès qu’on voulait faire de vrais changements », se souvient
Patrick Pélata. Désireux de casser les baronnies, le nouveau boss relance ses groupes
transverses, ces groupes pluridisciplinaires
travaillant hors hiérarchie. « Il prenait des
mimolettes de 35-40 ans comme moi, et nous
donnait une mission de quelques mois sur un
sujet bien précis », racontait l’an dernier
Didier Leroy, aujourd’hui numéro deux de
Toyota. « L’application réussie d’un plan,
c’est 5 % de stratégie, et 95 % d’exécution »,
martèle régulièrement Ghosn à ses cadres.
« Il y avait une culture de la parole qui progressait au fur et à mesure que l’on montait
dans la hiérarchie. On pouvait presque parler
d’un snobisme de la connaissance », se
lamentait-il dans une autobiographie
parue en 2003. Fidèle à une autre recette
nippone et pour privilégier l’action aux
palabres, Carlos Ghosn fixe à chaque salarié
ou presque des engagements individuels
fondés sur des critères mesurables. Techni-
que qui ne sera pas sans conséquences,
comme on le verra plus tard.
En attendant, le héros de manga dévoile
« Contrat 2009 », un fort ambitieux plan
stratégique. Trois volets : multiplier la rentabilité par deux fois et demie en quatre ans,
vendre 800.000 voitures supplémentaires
par an, redresser la qualité des modèles.
Las ! La conjoncture exécrable du marché
européen, suivie de la crise des subprimes,
bat en brèche toutes les prévisions. Les ventes du Losange déclinent au lieu de grimper,
le lancement de plusieurs modèles clefs est
repoussé. « Les objectifs n’étaient pas tenables. Etrangement, ce qui a été le mieux réussi
était le plus compliqué et le plus sensible : la
qualité », juge a posteriori un acteur de
l’époque.
Plus que la cible, c’est la méthode qui pose
parfois problème. « Avant de partir chez Nissan, Carlos était un manager exceptionnel,
qui vous fixait des objectifs très élevés mais
qui vous aidait vraiment. A son retour chez
Renault, il était beaucoup moins accessible.
Comme il était en plus assez froid, même dans
un cadre détendu et en petit comité, ce n’était
pas très enthousiasmant », estime un ancien
cadre du groupe. Rapidement, le stress
« A la machine à café,
on appelle les pro-Ghosn
des “GAD”,
pour “Ghosn a dit”. »
UN EX-DIRIGEANT
DU CONSTRUCTEUR
monte d’un cran. La pression culminera au
Technocentre de Guyancourt, le cœur de
l’ingénierie et du design, qui connaît une
vague de suicides en 2008. « La presse ne
nous a pas loupés. Il y avait des Khmers rouges. Cette crise a créé une fêlure dans l’entreprise, entre les “ghosniens” et les autres. Le
fossé s’est agrandi depuis », pointe un ex-dirigeant du constructeur. A la machine à
café, on appelle les pro-Ghosn des « GAD »
– pour « Ghosn a dit ». Ambiance.
Déjà, la double casquette de Carlos
Ghosn pose question. En 2002, l’homme
avait expliqué à son prédécesseur que, bien
sûr, il ne pourrait diriger Renault en sus de
Nissan. Mais un mois avant son retour chez
Renault, il appelle son président du conseil
pour lui dire qu’il n’a pas trouvé de successeur chez Nissan. « Il expliquait aussi que
faire les deux, c’était sa manière de rapprocher les groupes. Manifestement, la tactique
n’a pas très bien marché », tacle un industriel.
Le premier concerné s’agaçait d’ailleurs bien
vite quand on mettait le sujet sur la table.
« Pourtant, cela ne fonctionnait pas. Il n’avait
pas le temps de venir sur le terrain, on lui
racontait des cracks. » Orphelin de son
patron, Renault ? « Quoi qu’il en soit, gérer
ces deux constructeurs en même temps, puis
plus tard AvtoVAZ et Mitsubishi, c’est un truc
de fou », lance un ancien. Au four et au moulin, partout et nulle part, enchaînant les
décollages et les atterrissages entre Tokyo,
Paris, Beyrouth, Rio, Davos et New York,
Carlos Ghosn voit cependant poindre
comme personne la grande crise financière
de 2008. Alerté par Jérôme Stoll, qui voyait
l’ouragan arriver depuis son poste en Amérique, il décide avec Patrick Pélata de prendre le taureau par les cornes et de supprimer 6.000 postes en Europe. Maurice Lévy,
l’ex-patron de Publicis, l’un de ses proches,
lui reproche d’ailleurs publiquement
d’aider à susciter la crise en l’anticipant. Si le
contrat social de crise passé avec les syndicats maison et l’aide financière obtenue
auprès de l’Etat mettent de l’huile dans les
finances, cette action précoce permit à
Renault de limiter la casse.
Mieux, c’est en 2009, au beau milieu de la
pire crise que l’automobile ait jamais connue, que Carlos Ghosn décide de se lancer
dans la voiture électrique. Une offensive
dans laquelle il injectera des milliards, seul
contre tous. Sûr, les modèles 100 % électriques « représenteront 10 % du marché auto
mondial à l’horizon 2020 », lance-t-il à l’envi.
La prévision ne se vérifiera pas, mais le
groupe est aujourd’hui le leader européen
de la chose. A croire l’un de ses fidèles, sa
motivation initiale n’est pas forcément écologique. « Son but, c’est de pouvoir dire que
Renault-Nissan a fait l’électrique comme
Toyota a fait l’hybride. »
La voie est libre
C’est à ce moment-là qu’il est dans l’œil des
Américains : l’administration Obama
l’approche pour sauver General Motors. Bill
Ford le contacte également. Les deux groupes lui proposent des ponts d’or. L’affaire ne
se fait pas, mais elle semble marquer le
principal intéressé. « Si j’ai choisi de ne pas
sauter sur ces occasions, j’ai gardé en tête le
niveau de rémunération du marché pour
mon rôle », racontait il y a deux semaines
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ENQUÊTE // 13
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
Patrick Pélata, Carlos Tavares, sera lui aussi
débarqué deux ans plus tard, après avoir
martelé publiquement son envie de devenir
un jour calife à la place du calife. « Tous les
hommes ont besoin de s’épanouir. C’est pour
ça que je suis parti. Le problème, c’était le manque de visibilité. Chez Renault, la voie n’était
pas tracée », nous racontait, il y a deux ans,
l’actuel patron de PSA. « Ici, on change souvent de numéro deux, Carlos Ghosn avait
autour de lui une gouvernance et une direction
confortable », sourit un syndicaliste. « En fait,
il ne supportait pas l’idée d’avoir quelqu’un qui
puisse lui faire de l’ombre. Dès que Tavares
levait la tête, il lui tapait dessus », s’amuse un
ancien haut dirigeant du groupe.
Carlos Ghosn devant ses juges japonais.
Sans doute cet épisode a-t-il joué un rôle
dans les largesses financières qu’il aurait pu
s’octroyer ensuite chez Nissan ou au sein
des structures hollandaises de l’Alliance.
Resté à-mi chemin entre la France et le
Japon, Carlos Ghosn voit Louis Schweitzer
se retirer en mai 2009. La faste période de
« Renault, les voitures à vivre » s’achève. De
plus en plus contesté, l’ex-roi du design
Patrick Le Quément quitte le groupe. Pour
ne pas réitérer les retentissants échecs du
passé (les flops Vel Satis ou Modus), Carlos
Ghosn donne carte blanche à un nouveau
venu, le Néerlandais Laurens van den
Acker. Comme il l’avait fait chez Nissan avec
l’inconnu Shiro Nakamura. Pour l’essentiel,
Carlos Ghosn aura plutôt préservé l’héritage de Louis Schweitzer. La Logan, véhicule très abordable, si décrié à ses débuts
dans la maison, est devenue une gamme
complète sous l’ombrelle Dacia. La Russie,
une contrée déjà prisée par son prédécesseur, devient un vrai terrain de jeu avec
l’entrée en 2008 au capital de Lada, devenue
l’an dernier une filiale à 100 %. « Il a su bâtir
une relation de confiance avec Vladimir Poutine », souffle un proche, inquiet pour l’avenir de cette entité sans Carlos Ghosn.
L’épouvantail de l’Etat
Citoyen du monde
Surtout, Ghosn-san parachève l’œuvre de
Louis Schweitzer en faisant de la Régie un
groupe mondialisé, versé dans les lointaines contrées comme le Brésil, l’Inde, le
Maghreb ou le Mexique. Avec lui, les réunions se font en anglais. Il faut dire que Carlos Ghosn, plus à l’aise hors des arcanes de
l’Hexagone, peine à s’insérer dans la classe
politico-industrielle française. « Il a vraiment internationalisé, diversifié et féminisé
l’encadrement du groupe », relève Patrick
Pélata. « Renault n’est plus un constructeur
français ! » clamait Carlos Ghosn dans le
« Financial Times » dès 2010.
Et puis il y a bien sûr l’approfondissement
du partenariat avec Nissan, le chef d’œuvre
de son prédécesseur. « Cela a apporté à
Renault de grandes économies d’échelle, et ils
ont beaucoup appris des Japonais sur la fabrication et la R&D. Mais comme Carlos Ghosn
ne voulait surtout pas faire d’arbitrage en
« C’était la seule
entreprise du CAC 40
à refuser d’appliquer la
loi Florange, à la fureur
d’Emmanuel Macron ! »
MICHEL SAPIN
Ancien ministre des Finances
RGA/RÉA – Mustapha Ennaim/ITH-RÉA – Didier MAillac/RÉA
Carlos Ghosn a accéléré
le développement international de Renault.
Comme en Russie (à
gauche), où Poutine lui
confie les commandes
d’AvtoVAZ, le fabricant
des Lada, ou bien au
Maroc, où il négocie
l’implantation d’une
grosse usine pour la
gamme low cost (en
bas). Il lance avant tout
le monde une famille de
voitures électriques,
dont la ZOE sera le fer
de lance en Europe (à
droite). Mais ses rapports avec l’Etat français, son actionnaire de
référence, s’avèrent
tendus, notamment lors
du passage d’Emmanuel
Macron à Bercy
(ci-dessous).
défaveur de l’un ou de l’autre, cela a limité
l’approfondissement de l’Alliance. Et insufflé
le sentiment actuel que Renault est progressivement noyé par Nissan au niveau de l’ingénierie », souffle un concurrent. Au fil de l’eau,
la performance a en effet changé de camp. Si
Renault était en meilleure posture que Nissan en 1999, c’est loin d’être le cas vingt ans
plus tard. Au fil des exercices, les bénéfices
annuels du Losange sont de plus en plus
gonflés par la contribution financière de son
partenaire. Idem pour le rapport de force
boursier : le japonais pèse deux fois plus
lourd que le fabricant des Mégane. Niveau
industriel, ce n’est pas beaucoup mieux.
« Quand Nissan produit 500.000 véhicules
par an dans son usine britannique (Sunderland), Renault en produit autant dans ces cinq
grands sites français », soulignait un ancien
DRH de Renault, en 2012. En revanche, le
Renault d’aujourd’hui est plus gros que la
Régie d’antan. En quatorze ans de règne, les
ventes du Losange sans Nissan sont passées
de 2,5 millions d’unités à presque 4 millions.
L’effet Dacia, d’abord. Surtout, l’assise com-
merciale de Renault ne dépend plus que du
Vieux Continent. « Depuis deux ans, notre
dynamique financière est largement
meilleure que celle de nos amis de Nissan »,
remarque aussi un cadre du groupe.
#Renaultgate
Dans le roman Ghosn, la nébuleuse « affaire
des espions » prend un gros chapitre à elle
seule. Cette sombre histoire de manipulation d’un responsable sécurité conduisant
au licenciement de trois cadres innocents a
lieu en 2011. A la demande de Carlos Ghosn,
qui craignait des répercussions pour Nissan
en Chine (d’aucuns pensaient alors que les
« espions » de Renault étaient manipulés par
l’empire du Milieu), la direction de Renault
ne demande pas d’aide aux autorités françaises. Après avoir affirmé à la France entière au
« 20 Heures » de TF1 qu’il était sûr de son
coup, Carlos Ghosn finit par reconnaître
l’erreur – et passer Patrick Pélata, son
numéro deux, aux pertes et profits. A vrai
dire, Carlos Ghosn a toujours eu une dent
contre ses numéros 2. Le remplaçant de
Gouvernance, succession : c’est le cocktail
qui a fait exploser plus d’une fois les responsables politiques hexagonaux. Carlos
Ghosn exècre la présence de l’Etat dans son
capital, même tombée à 15 %. « Pour lui,
c’était une souffrance active », confie un
grand patron. Profitant de la vacance du
pouvoir entre Jacques Chirac et Nicolas
Sarkozy, Carlos Ghosn tente vainement de
racheter les parts de l’Etat. L’ancien maire
de Paris lui avait pourtant expressément
fermé la porte, et son successeur mettra un
terme à la manœuvre avant même d’habiter à l’Elysée. Ce coup de bluff, il le retentera
entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Avec le même résultat.
Alors forcément, quelle que soit la couleur politique de ses interlocuteurs, cela se
passe mal. D’autant que « M. Ghosn » ne
voulait pas perdre son temps à parler aux
ministres, voire aux Premiers ministres.
Son niveau, c’était plutôt l’Elysée. « Sa relation avec l’Etat, c’était le cadet de ses soucis. Il
avait une attitude exécrable », confirme
Michel Sapin. Ce dernier chapeautait à
Bercy l’Agence des participations de l’Etat
en 2016, lors du passage en force de Carlos
Ghosn à propos de son salaire. Ou l’année
précédente, lors de la renégociation du contrat liant Renault et Nissan après la crise des
droits de vote double. « C’était la seule entreprise du CAC 40 à refuser d’appliquer la loi
Florange, à la fureur d’Emmanuel Macron ! »
rappelle l’ancien ministre des Finances,
dénonçant un conseil d’administration
« complètement à la botte » du dirigeant.
De fait, le conseil de Renault n’a jamais
vraiment cherché à savoir ce qui se passait
chez Nissan – pourtant contrôlé à 43,4 %.
Pis (ou mieux, selon les points de vue), en
expliquant que la montée de l’Etat au capital de Renault avait jeté le trouble au Japon,
Carlos Ghosn obtient de l’Etat qu’il ne se
mêle plus des affaires courantes chez
Renault – tandis que l’ex-Régie relâchait
l’étreinte sur Nissan. « Depuis, Renault ne
peut plus voter en AG contre les résolutions
du conseil de Nissan, où il n’a pas le contrôle.
C’est un scandale qui résulte d’une négociation entre Ghosn et Ghosn », s’insurge un
grand industriel proche du pouvoir. Dans le
même genre, il met Renault devant le fait
accompli quand il annonce le rachat de Mitsubishi par Nissan, déséquilibrant pour de
bon l’Alliance au profit des Japonais. Quel-
que temps après son arrivée aux manettes
de Renault, il avait d’ailleurs vendu la participation dans Volvo, qui devait, dans la tête
de Louis Schweitzer, permettre au groupe
français de combler son retard sur Nissan.
Ces faits et gestes, Emmanuel Macron
semble se les rappeler. A son époque Bercy,
le président avait tancé Carlos Ghosn dans
une interview fracassante aux « Echos » :
« Il est PDG, pas actionnaire ! » Plus récemment, en marge du Mondial de Paris en
octobre, l’Elysée avait convié les patrons de
l’automobile à souper. Carlos Tavares était
assis à côté du président. Crime de lèse-majesté, l’autre Carlos était relégué quelques
places plus loin. Et quand ce dernier évoque
le coût du travail en France, Emmanuel
Macron le renvoie aussitôt dans ses 22 en
pointant du doigt son salaire. Pour autant,
Carlos Ghosn a toujours sauvé sa peau mal-
« Il a construit cet
ensemble à sa main, cela
ne sera pas facile pour un
autre de gérer tout ça. »
YVES DUBREIL
Polytechnicien, cadre historique
de Renault et inventeur
de la Twingo
gré l’ire des politiques. Il avait su les convaincre que, sans lui, l’Alliance Renault-Nissan s’effondrerait. « Il a construit cet
ensemble à sa main, remarque Yves Dubreil,
l’inventeur de la Twingo. Cela ne sera pas
facile pour un autre de gérer tout ça. »
Le crépuscule d’un roi
Depuis le rachat de Mitsubishi par Nissan,
Carlos Ghosn est fort pris de l’autre côté du
monde. Mais à Paris, l’Etat s’inquiète de la
suite. Que se passera-t-il quand il partira à la
retraite ? Aux yeux de tous, il faut qu’il fasse
le ménage dans l’Alliance avant de partir,
qu’il la rende « indétricotable ». C’est la raison pour laquelle le dirigeant obtient une
prolongation de son mandat de PDG début
2018. Son règne avorté ne lui laissera pas le
temps de concrétiser cette mission. A
l’inverse, avec l’apport de Mitsubishi, le roi
Carlos réussit à arracher in extremis la couronne de numéro un mondial de l’auto pour
sa grande Alliance – son leitmotiv des dernières années. « Ce n’est un secret pour personne, Carlos est plutôt avide de statut et de
reconnaissance », pointe quelqu’un qui l’a
longtemps pratiqué. Il y a quelques années,
pressé de retrouver son avion à Londres, il
avait demandé une escorte policière pour
déjouer les bouchons. « No », répondirent
les autorités locales, à sa grande colère. Finalement, Carlos Ghosn aura l’occasion de se
faire accompagner – plus d’une fois – par des
policiers quelques années plus tard, au
Japon.
La succession de Carlos Ghosn
( Page
dans la dernière ligne droite
18
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 // IDEES & DEBATS
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
sciences
L’équation
du monde
LA
CHRONIQUE
de Marc
Lachièze-Rey
a physique quantique s’occupe de
l’infiniment petit, a-t-on coutume de dire.
Pas tout à fait vrai ! Elle concerne en fait tous
les objets, tous les systèmes physiques. Il se trouve
que le comportement quantique des « gros » objets
ressemble presque toujours à un comportement
classique, ce qui rend quasiment invisible leur
nature quantique. L’univers dans son ensemble,
objet d’étude de la cosmologie, doit-il et peut-il être
décrit de manière quantique ? Difficile d’échapper
à cette conclusion. La cosmologie quantique tente
de décrypter les lois qui pourraient gouverner le
comportement quantique de l’univers. Elle se
heurte à (au moins) deux problèmes.
D’abord, nous ne savons pas décrire la gravitation
de manière quantique, alors qu’elle joue un rôle
capital dans l’évolution de l’univers (c’est l’objet des
recherches en « gravité quantique »).
Ensuite, notre physique quantique est formulée
dans le cadre de l’espace et du temps, notions qui,
nous le savons depuis Einstein, n’ont aucune
pertinence à l’échelle de l’univers, remplacées par
celle d’espace-temps, ce qui change tout. La
cosmologie quantique implique de quantifier
l’espace-temps. Mais on ne peut quantifier l’espacetemps dans le cadre de l’espace et du temps !
La physique quantique ordinaire associe une
fonction d’onde à l’objet qu’elle étudie. A quelle
équation pourrait obéir la fonction d’onde de
l’univers ? Une réponse fut proposée par les
physiciens américains John Archibald Wheeler et
Bryce DeWitt. L’équation de Wheeler-DeWitt est
devenue un archétype de la cosmologie quantique ;
une équation suffisamment élaborée pour susciter
d’abondants sujets de méditation.
L’un des plus intrigants est le « problème du
temps » : dans cette équation censée traduire
l’évolution de l’univers, le temps n’intervient pas !
Mais, surtout, comment interpréter la fonction
d’onde de l’univers ? La fonction d’onde d’une
particule, par exemple, nous donne la probabilité
qu’elle possède telle ou telle propriété. Comment
parler de probabilité pour les propriétés de notre
univers ? C’est à de telles difficultés conceptuelles,
autant qu’à des questions mathématiques, que se
trouve confrontée la physique contemporaine.
L
Marc Lachièze-Rey, physicien théoricien,
est directeur de recherche au CNRS.
o
LA PUBLICATION
Astéroïdes :
la Terre est de plus
en plus bombardée
l y a 65 millions d’années, l’impact sur Terre d’un
astéroïde géant mettait brutalement fin au règne
long de 180 millions d’années des dinosaures.
Heureusement, de telles collisions cataclysmiques
sont rares, survenant en moyenne une fois tous les
100 millions d’années. Mais, alors que l’on pensait
jusqu’ici que la Terre, après une enfance
tumultueuse, se faisait de moins en moins souvent
bombarder à mesure qu’elle avançait en âge, une
nouvelle étude démontre qu’il n’en est rien. Paru
dans « Science », ce travail révèle que la fréquence
des impacts s’est mise à augmenter à la fin de l’ère
primaire, il y a 250 millions d’années. Le nombre
d’astéroïdes de toutes tailles ayant frappé la Terre
aurait été deux fois et demie supérieur dans les
290 millions d’années à ce qu’il avait été au cours des
700 millions d’années précédentes. Pour parvenir à
cette conclusion, les auteurs de l’étude ont compté le
nombre et l’âge des cratères à la surface de la Lune,
qui est autant bombardée que la Terre mais sur
laquelle les traces de ces collisions ne disparaissent
pas. Quant à la cause de cette étrange accélération,
les scientifiques la voient dans de grands accidents
cosmiques qui se seraient produits à une lointaine
époque dans la ceinture d’astéroïdes s’étendant
entre Mars et Jupiter, et qui auraient créé une pluie
de roches spatiales tombant sur la Terre. —Y. V.
I
SUR
LE WEB
LA DANSE DES MÉDUSES
Emerveillement garanti
au nouveau médusarium
du Trocadéro : des dizaines
d’espèces de méduses,
dansant dans des bassins
« carrousels ».
https://bit.ly/2T3Rr7Q
10
à 100
millions
d’années
ILS N’ONT PAS
TOUJOURS ÉTÉ LÀ
Les anneaux de Saturne se
seraient formés il y a seulement de 10 à 100 millions
d’années, conclut une étude
dans « Science ».
https://bit.ly/2VTjpEW
Le nombre de publications retirées des revues scientifiques après suspicion de fraude
ou de manipulation est en hausse. Elles jettent le discrédit sur l’ensemble des travaux de recherche.
Le « fake », nouveau casse-tête pour la recherche
Paul Molga
@paulmolga
a recherche est-elle encore un terrain
solide ? Minées par les conflits d’intérêts ou polluées par des ambitions
personnelles, de plus en plus de publications scientifiques rejoignent le catalogue
des « fake news ». Essais truqués, résultats
biaisés, éprouvettes ou photos trafiquées,
plagiats, interprétations équivoques…
« La fraude se répand dans les laboratoires
aussi vite qu’une épidémie de grippe », observe
un chercheur, qui veut garder l’anonymat.
Selon plusieurs études concordantes, la
communauté scientifique internationale
compterait à ce jour près de 140.000 tricheurs dans ses rangs, soit 2 % au moins de
ses membres. Et le phénomène s’amplifie.
Dans la littérature scientifique biomédicale indexée dans Medline, la principale
base de données bibliographiques dans le
domaine, le taux de rétractation d’articles
p our fraude a été multiplié par dix
depuis 1975. Des sociologues ont cherché
à quantifier le niveau d’intention des falsificateurs. Selon leur analyse portant sur plusieurs milliers de chercheurs, 2 % des scientifiques, toutes disciplines confondues,
admettent avoir falsifié des résultats pendant leur carrière et 14 % déclarent connaître des collègues fraudeurs.
Pis : 34 % des scientifiques reconnaissent
avoir manqué de rigueur au moins une fois
dans leur vie professionnelle en utilisant
des méthodes d’analyse permettant d’obtenir des résultats allant dans le sens de leur
thèse, ou en écartant au contraire des publications susceptibles de les contredire.
Le sujet a pris une telle ampleur qu’un blog
spécialisé (Retraction Watch) a vu le jour. Ce
site créé par deux journalistes scientifiques
suit quotidiennement l’actualité des retraits
de publication, et ses révélations mettent
mal à l’aise la communauté, car tous les journaux scientifiques à comité de lecture
(ceux-là mêmes qui sont censés garantir
l’objectivité et la crédibilité des publications)
sont concernés, y compris les « stars » telles
que « Nature », « Science », « The Lancet »
ou « PNAS ».
On apprend par exemple que certains
chercheurs sont passés maîtres dans l’art de
la triche. Lanterne rouge du Top 30 de
Retraction Watch, l’Italien Alfredo Fusco a
ainsi vu disparaître de la Toile ses 21 articles
sur le cancer publiés entre 1985 et 2001.
Selon un article paru en 2017 dans « Nature »,
cet éminent professionnel de l’université de
Naples aurait manipulé des images pour
obtenir des subventions. Il fait actuellement
l’objet d’une enquête judiciaire.
Mais il y a encore plus incroyable. En tête
de peloton de ce déplorable étalage d’ego
mis en lumière par Retraction Watch figure
le chercheur japonais en anesthésiologie
Yoshitaka Fujii. Ce serial-tricheur a commencé à publier des données falsifiées
en 1993, deux ans seulement après avoir
obtenu son doctorat. Depuis, ses travaux
ont été régulièrement suspectés de fraude,
notamment par des chercheurs qui ont mis
en évidence des divergences entre ses résultats et leurs propres découvertes.
En 2012, les rédacteurs en chef de
23 revues scientifiques ont exigé une
enquête officielle. L’étude a porté sur 212 des
249 articles portés au crédit de Fujii. Elle a
révélé que 172 contenaient des données
fausses et que 126 papiers avaient même été
totalement fabriqués. « C’est comme si quelqu’un avait écrit un roman sur une idée de
recherche », indique le rapport publié par
l’université de Nagasaki. Seuls trois articles
sont ressortis indemnes de cette vérification. Le reste a été retiré.
L
Référent « intégrité »
Au total, selon le blog américain, plus de
1.000 études ont été retirées dans le monde
en 2017, à comparer aux « seulement »
650 retraits de 2016. En France, le scandale
Peyroche, qui éclabousse le CNRS depuis
un an, a mis sérieusement à mal l’intégrité
des chercheurs du plus prestigieux organisme scientifique tricolore. « L’affaire a jeté
La fraude toucherait même les publications les plus prestigieuses, comme « Nature », « Science »,
« The Lancet », « PNAS », etc. Photo « Les Echos »
En chiffres
% : La proportion
•de2fraudeurs
supposés
dans la communauté
scientifique mondiale,
soit 140.000 chercheurs.
Les sciences de la vie
sont les plus touchées
par le phénomène.
: Le nombre
•de60.000
publications
douteuses recensées
en 2017 par la base
de données Scopus.
Dix ans auparavant, ce
chiffre avoisinait 6.500.
Selon d’autres sources,
il circulerait
sur Internet jusqu’à
400.000 articles
douteux signés
de scientifiques
revendiqués
comme tels.
43,4 % : Les fraudes
•biomédicales
sont
en tête des rétractations
d’articles scientifiques
constatées entre 1977
et 2012, selon « PNAS ».
Sur 2.047 articles
publiés et rétractés
dans le secteur, plus
de la moitié (53,2 %)
l’ont été pour fraude
ou plagiat.
1.207 : Le nombre
•record
de citations
reprises à partir d’un
article jugé après coup
falsifié, publié dans
« The Lancet »
concernant l’autisme.
dollars :
•Le425.000
coût direct
et indirect du retrait
d’une publication
pour fraude, selon
une étude publiée
dans « eLife ».
le discrédit sur nos présentations dans les colloques internationaux », confie un chercheur désabusé. En partie grâce à ses publications, dont quatre audits du
Commissariat à l'énergie atomique devaient ultérieurement démontrer que les
résultats en avaient été « fabriqués ou falsifiés », la biologiste Anne Peyroche, plusieurs
fois lauréate de grands prix, a accéléré sa
carrière jusqu’à être nommée, fin octobre 2017, à seulement quarante-sept ans,
présidente par intérim de l’institution.
tées à la tâche d’enquêter sur les allégations de triche et une adresse électronique
(lancement.alerte@cnrs.fr) a été créée
pour permettre à quiconque, du simple
Le président par intérim du
CNRS a nommé un référent
« intégrité scientifique »,
pour veiller aux règles.
En arrêt maladie
Quinze jours plus tard, l’intéressée a été
mise en accusation de fraude par le site PubPeer, créé par des chercheurs du CNRS pour
discuter des publications de leurs confrères. Selon eux, Anne Peyroche aurait trafiqué des images de résultats, ce qu’un rapport d’évaluation de l’Académie des
sciences, commandé après les audits du
CEA, a confirmé. Sommée de s’expliquer, la
biologiste est, depuis, en arrêt maladie.
Pour tenter de contenir le scandale,
Antoine Petit, qui l’a remplacée à la présidence, a promis « d’être impitoyable avec les
tricheurs ». Avant Noël, il a nommé un référent « intégrité scientifique », Rémy Mosseri, pour veiller aux règles qui gouvernent
la pratique de la recherche et débusquer ce
qu’il appelle pudiquement « la méconduite
scientifique ». Cinq personnes sont affec-
citoyen au chercheur, de partager ses
soupçons, de façon nominative. « Toute
personne accusée sera informée et assurée
de la présomption d’innocence pendant la
durée de l’enquête qui se fera avec l’aide
d’experts issus du monde académique dont
nous garantirons la confidentialité. Si le cas
le rend nécessaire, l’enquête sera organisée
de façon “externe”, ce qui signifie qu’alors elle
ne comportera pas d’experts agents du
CNRS », explique Rémy Mosseri.
Charge alors au président du CNRS de
décider des suites disciplinaires à donner
en cas de fraude avérée. Les premières sanctions sont tombées, dont une est contestée
par l’intéressé, le biologiste Olivier Voinnet,
membre de l’Académie des sciences et
médaille d’agent du CNRS en 2007, condamné à deux ans de suspension. n
La science au rabais ?
La triche ou l’approximation scientifique ont des effets collatéraux.
Avant d’être repérées comme des falsifications, nombre d’entre elles
contaminent la communauté des chercheurs et influencent défavorablement leurs travaux. Cela concerne aussi bien les conclusions
publiées dans les revues de prestige à comité de lecture que celles,
plus nombreuses, livrées aux pseudo-journaux scientifiques qui
acceptent de publier n’importe quel résultat moyennant finance.
« Cela permet à des chercheurs écartés des grands titres de s’offrir
une deuxième chance quand leur publication a été refusée par les titres
référents », explique un observateur. Dans une étude publiée en 2015
dans « BMC Medecine », deux chercheurs de la Hanken School
of Economics d’Helsinki ont estimé à environ 8.000 le nombre
de revues scientifiques douteuses ou de piètre réputation. Selon leurs
calculs, la quantité d’articles suspects publiés par ces titres aurait
dépassé 400.000. Ils auraient été multipliés par huit en quatre ans.
Les dérives sont telles qu’elles poussent à revoir les modèles
de notation. « L’indexation de la performance des chercheurs
sur le nombre de leurs publications devrait être abandonnée »,
suggère par exemple Antoine Petit, président du CNRS.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos
Lundi 21 janvier 2019
,
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
ÉDUCATION DÉBUT MARDI DES
INSCRIPTIONS SUR PARCOURSUP
MALI ATTENTAT SANGLANT
CONTRE L’ONU
Les lycéens et les étudiants en réorientation vont pouvoir inscrire leurs vœux
sur Parcoursup à partir de mardi
22 janvier et jusqu’au 14 mars. Pour chaque vœu, le jeune doit expliquer sa
motivation en quelques lignes. Parcoursup regroupe 14.000 formations
(85 % du total). 350 instituts de formation aux soins infirmiers (Ifsi) et les 150
établissements de formation en travail
social ont été intégrés cette année.
L’une des plus meurtrières attaques de
jihadistes contre l’ONU au Mali a coûté
dimanche la vie à huit Casques bleus
tchadiens stationnés dans le nord-est du
pays, à 200 km de la frontière algérienne.
On dénombre aussi une vingtaine de
blessés suite à « une attaque complexe
lancée par des assaillants arrivés à bord de
nombreux véhicules armés ». Cet attentat
coïncide notamment avec l’annonce de
la « reprise des opérations » de la force
antidjihadiste du G5 Sahel, dont le QG
avait été attaqué le 29 juin.
JUSTICE LA PRISON
DE FLEURY-MÉROGIS A 50 ANS
// 15
LA PHOTO DU JOUR
C’est Noël en janvier !
Plus grand établissement pénitentiaire d’Europe , Fleury Mérogis dont la
construction a pris fin en 1969 est
aujourd’hui occupée à 143%, avec
plus de 4.200 détenus. La prison a été
rénovée, notamment les structures
en étoile qui contiennent les cellules
de 9 mètres carrés dans les années
2010, mais elle a connu l’an dernier
une vague de 13 suicides.
Israël et le Tchad ont rétabli leurs relations diplomatiques rompues en 1972,
à l’occasion d’une visite dimanche à
N’Djamena du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Pays a
majorité musulmane, le Tchad est en
première ligne dans la lutte contre les
djihadistes. Et Israël, soucieux de
renouer avec des pays ayant pris leurs
distances, par solidarité, les Palestiniens, offre sa coopération technique
et militaire.
MEXIQUE 79 MORTS DANS
L’EXPLOSION D’UN OLÉODUC
FAIT DIVERS INCENDIE DANS
UN IMMEUBLE À COURCHEVEL
Deux saisonniers sont morts et 25
autres ont été blessés, dont quatre
gravement, dans un incendie qui s’est
déclaré dans un immeuble au cœur
de Courchevel 1850 en Savoie. Les
soixante personnes qui logeaient
dans cet ancien hôtel datant des
années 1970 ont été prises en charge
dans une salle communale. La mairie
a annoncé la mise en place dans
l’après-midi d’une cellule d’aide
médico-psychologique.
L’explosion d’un oléoduc vendredi soir
au Mexique a fait 79 morts, selon un
nouveau bilan communiqué dimanche. Des voleurs de carburant avaient
fait une ponction sur le pipeline TulaTuxpan, à quelques kilomètres d’une
des principales raffineries du Mexique.
Au moment de l’explosion, quelque
800 personnes tentaient de profiter de
l’aubaine avec des bidons en plastique.
FOOTBALL LE PSG PREND SA
REVANCHE SUR GUINGUAMP
GRÈCE MANIFESTATION
HOULEUSE CONTRE UN ACCORD
AVEC LA MACÉDOINE
Le PSG a de nouveau marqué les
esprits lors de la 21e journée de Ligue 1
en étrillant Guingamp par neuf buts à
zéro. Le club parisien bat ainsi le
record de sa plus large victoire à domicile en championnat, qui était jusque-là de huit buts d’écart. Cette victoire sonne aussi comme une revanche
pour le PSG, éliminé par le même Guingamp la semaine dernière en quart de
finale de la coupe de la Ligue.
Des incidents ont éclaté dimanche à
Athènes faisant 12 blessés, dont 10 policiers, lors d’une manifestation qui a rassemblé entre 60.000 et 100.000 personnes contre l’accord sur le nouveau nom
de la Macédoine, que le parlement grec
doit ratifier sous peu. Cet accord vise à
mettre fin à un litige de près de trente
ans entre les deux pays voisins en
rebaptisant ce petit pays balkanique
« République de Macédoine du Nord ».
FAITS DIVERS UNE VOITURE
INCENDIÉE DANS UN PARKING
À LYON
CONGO L’UNION AFRICAINE
BOUDE KINSHASA
L’homme de 38 ans, interpellé samedi
après avoir mis le feu à sa voiture stationnée dans le parking du centre
commercial de la Part-Dieu à Lyon et
dans laquelle se trouvaient trois bonbonnes de gaz vides, a reconnu les
faits, indiquant avoir « entendu des
voix ». Sans domicile fixe, il n’invoque
aucun motif religieux ou politique.
Un Français sur la plus haute marche. Le jeune Clément Noël a signé son premier succès en Coupe du monde de ski, à 21 ans.
Il a remporté le slalom de Wengen, en Suisse, en matant l’armada autrichienne (deux Autrichiens sur le podium et cinq dans
les dix premiers). Grâce à une première manche parfaite dans l’un des temples du ski, Noël a pris une confortable avance.
Il a résisté dans la seconde manche à Manuel Feller et surtout à la légende Marcel Hirscher, 67 victoires au compteur.
Francisco Villeda/AFP
Bertrand Guay/AFP
DIPLOMATIE ISRAËL RENOUE
AVEC LE TCHAD
L’Union africaine a annulé sa mission
prévue ce lundi en République démocratique du Congo, après la proclamation par la Cour constitutionnelle
congolaise de la victoire de l’opposant
Félix Tshisekedi à la présidentielle.
Des membres de l’UA avaient appelé
jeudi à la « suspension » des résultats
électoraux entachés de « sérieux doutes » en RDC.
Photo : Lionel Bonaventure/AFP
ON EN PARLE À LA HAYE
Réfugiés : une église néerlandaise fait de la résistance
Pour protéger une famille d’Arméniens, une église protestante assure
un service religieux en continu depuis près de trois mois.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
« Tant qu’un office se déroule
dans une église, les autorités sont
dans l’impossibilité d’y mettre un
pied. » Du coup, des centaines de
prêtres se relaient pour y célébrer des messes. Cette action de
solidarité a déjà attiré des milliers de visiteurs sensibles à
cette cause, croyants ou non.
« Ici, je me sens en sécurité.
Lorsque je vais me coucher, un
office est en cours et lorsque je me
réveille, une autre messe a toujours lieu », confie Hayarpi
Tamrazyan, fille aînée de cette
famille arménienne encore
pleine d’espoir d’obtenir gain de
cause auprès des ser vices
d’immigration.
Arrivés voici neuf ans aux
Pays-Bas, le couple Tamrazyan
et ses trois enfants aujourd’hui
’est une étrange cérémonie religieuse qui a
lieu depuis le 25 octobre dernier dans un lieu de culte
de La Haye. Sans relâche, de
jour comme de nuit, des prêtres
venus des quatre coins des
Pays-Bas officient à tour de rôle
dans l’église protestante de
Bethel pour une messe qui n’en
finit pas. Un décorum qui se
veut une campagne de sensibilisation du public hors du commun à propos de l’expulsion qui
menace une famille arménienne réfugiée.
Florine Kuethe, chargée de
coordonner la campagne dans
l’église de Bethel, connaît la loi :
C
âgés de 15, 19 et 21 ans, se battent
depuis avec les autorités néerlandaises pour obtenir un titre
de séjour. Cette famille avait fui
l’Arménie après avoir été menacée de mort en raison de l’activisme politique du père.
Recours légaux épuisés
Après plusieurs années de procédures, la famille s’était vu
accorder l’asile par un juge du
royaume. Mais cette décision
avait ensuite été annulée sur
recours des services de l’immigration. La famille avait ensuite
présenté une demande de
« pardon pour enfants ». Cette
procédure néerlandaise permet aux familles de réfugiés
avec des enfants résidant aux
Pays-Bas depuis plus de cinq
ans d’obtenir un permis de
séjour. Une demande elle aussi
rejetée par l’administration
néerlandaise.
Prise en étau entre la charité
chrétienne et l’allégeance aux
lois du royaume, la paroisse de
Bethel tient bon. « Aucune église
ne devrait avoir à choisir entre le
respect de la dignité humaine et
le respect du gouvernement »,
regrette toutefois Theo Hettema, président du Conseil des
paroisses de La Haye. Mais
force est de constater que malgré le raffut médiatique de cette
affaire, le secrétaire d’Etat en
charge du dossier s’est jusqu’à
présent refusé mordicus à exercer son pouvoir discrétionnaire
pour venir en aide à cette
famille arménienne. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 21 janvier 2019
www.lesechos.fr
L’énergéticien parachève
sa sortie du charbon en
vendant 2,3 gigawatts de
capacités de génération
d’électricité. // P. 24
DEVISES EUR/GBP 0,8811 EUR/JPY 1,2469 EUR/CHF 1,131 GBP/USD 1,2894 USD/JPY 1,0978 USD/CHF 0,9955 TAUX EONIA -0,37 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,308 OAT 10 ANS 0,6116 T-BONDS 10 ANS 2,8002
INDUSTRIE & SERVICES
RENAULT
DERNIÈRE HEURE
La succession de Ghosn dans
la dernière ligne droite. // P. 18
Le gouvernement clarifie
le traitement fiscal des successions
BREXIT SANS ACCORD
Les 15 risques qui pourraient changer la vie des Français.// PP. 20-21
AÉRIEN
Iliad acquiert
75 %
de l’opérateur
Jaguar Network
La guerre des prix secoue les
compagnies low cost en Europe.
// P. 23 ET « CRIBLE » P. 40
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
TESLA
Le constructeur va encore réduire
ses effectifs. // P. 24
ET « CRIBLE » P. 40
CONSOMMATION
Le spectre de la déconsommation
plane sur les commerçants. // P. 25
HIGH-TECH & MÉDIAS
NETFLIX
Un record d’abonnés pour
le service de vidéo américain.
Sylva Villerot/RÉA
// P. 26 ET « CRIBLE » P. 40
shutterstock
ORANGE
L’opérateur français envisage le
rachat du basque Euskaltel. // P. 27
Evelyne de brauw/Yuka
START-UP
PALMARÈS
Les dix femmes à suivre
dans la French Tech. // P. 28
PME & RÉGIONS
IMMOBILIER
Les promoteurs régionaux
à la conquête de Paris. // P. 29
FINANCE & MARCHÉS
BANQUE
Cette tempête historique
qui frappe tous les métiers
de la banque// P. 31, L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN P. 9
CONCURRENCE
Le gouvernement veut faciliter
la résiliation des assurances santé.
// P. 32
BOURSE
Les géants de Wall Street vont
donner le ton aux marchés. // P. 33
CARNET // P. 36
LES ÉCHOS EXECUTIVES
RSE
Mécénat de compétences :
les entreprises accélèrent.
// PP. 37 À 39
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
La nouvelle définition de l’abus de droit fiscal ne remet pas en cause les démembrements de propriété.
La nouvelle définition
de l’abus de droit ne remet
pas en cause les démembrements de propriété,
affirme Bercy.
Une affaire fiscale qui aura
fait couler beaucoup
d’encre en seulement
quelques semaines.
Anne-Sophie Vion
@AnnesophieVION
Beaucoup de bruit pour rien ? Finalement,
contrairement aux inquiétudes récemment exprimées par de nombreux professionnels de la gestion de patrimoine, la nouvelle définition de l’abus de droit fiscal ne
remet pas en cause les démembrements de
propriété.
C’est ce qu’a affirmé, dans un communiqué publié le 19 janvier, le ministère de
l’action et des comptes publics. « En ce qui
concerne la crainte exprimée d’une remise en
cause des démembrements de propriété, la
nouvelle définition de l’abus de droit ne remet
pas en cause les transmissions anticipées de
patrimoine, notamment celles pour lesquelles
le donateur se réserve l’usufruit du bien transmis, sous réserve bien entendu que les transmissions concernées ne soient pas fictives. »
Cette réponse fait suite à une question du
sénateur Claude Malhuret posée le 10 janvier à Bercy sur le champ d’application de la
mesure. Elle donne le clap final à une affaire
fiscale qui aura fait couler beaucoup d’encre
en seulement quelques semaines. La loi de
finances pour 2019, dans son article 109, a
en effet durci la définition de l’abus de droit.
Introduit par un amendement de Bénédicte
Peyrol, député LREM, le nouveau dispositif
permet à l’administration fiscale de considérer comme abusifs les montages ayant
un but « principalement » fiscal, au lieu
d’« exclusivement » fiscal par le passé.
Solidarité intergénérationnelle
Même si Bénédicte Peyrol a assuré viser
d’abord la lutte contre l’optimisation agressive et l’évasion fiscale internationale des
entreprises, cette nouvelle arme anti-abus a
introduit une insécurité juridique plus
grande pour les particuliers. Car comment
savoir qu’un montage est « principalement » motivé par des considérations fiscales ? Comment quantifier des raisons patrimoniales ?
Dès avant la promulgation de la loi, des
conseillers patrimoniaux s’étaient émus
des conséquences sur les donations en nuepropriété. Transmettre de son vivant la
nue-propriété d’un bien immobilier à ses
enfants tout en en conservant l’usufruit est
en effet une pratique légale souvent recommandée. Ce démembrement permet
d’organiser sa succession tout en gratifiant
ses héritiers. Il peut s’appliquer au transfert
de titres d’entreprises et vise aussi souvent à
alléger les droits de successions.
C’est ce qu’a confirmé le ministère pour
qui « en effet, la loi fiscale elle-même encourage les transmissions anticipées de patrimoine entre générations parce qu’elles permettent de bien préparer les successions,
notamment d’entreprises, et qu’elles sont un
moyen de faciliter la solidarité intergénérationnelle. L’inquiétude exprimée n’a donc pas
lieu d’être. »
Sauf donations déguisées, ces montages
ne seront donc plus en risque. n
Dans les télécoms, 2019 pourrait être
une année mouvementée sur le marché
des entreprises. Alors que Bouygues
Telecom et SFR ont tous les deux fait de
ce segment une priorité pour les prochains mois, Iliad entre dans la danse.
La maison mère de Free a annoncé
vendredi soir avoir racheté la quasi-totalité de Jaguar Network, un opérateur
télécoms créé en 2001 et qui fournit du
cloud, de la téléphonie, de la fibre et
d’autres services télécoms à plus de
1.200 entreprises. Au total, l’acquisition
s’élève à un peu moins de 100 millions
d’euros, pour 75% du capital. Iliad s’attaque ainsi au marché des entreprises, où il
était encore peu présent. Ce segment
moins connu des télécoms que la partie
grand public pèse 9,2 milliards d’euros,
selon l’Arcep, le régulateur du secteur,
soit presque un tiers du marché total.
Iliad met la main sur un
prestigieux portefeuille
de clients : UGC, France
Télévisions, Amazon…
Il est dominé par Orange, avec environ 70 % du marché, suivi de loin par
SFR avec 20 %. Mais Bouygues Telecom
et Free veulent désormais capter une
part de ce marché très lucratif. Au
moment où SFR, mobilisé sur d’autres
sujets en 2018, perd un peu du terrain et
alors que les entreprises, en pleine digitalisation, passent à la fibre. « Cette opération constitue une étape importante
pour Iliad dans sa stratégie de développement pour adresser le marché entreprises
en s’appuyant sur les très fortes expertises
et complémentarités entre les deux groupes et en s’associant à un entrepreneur
reconnu », explique le groupe dans un
communiqué.
« Le marché des entreprises
est un marathon »
Jaguar Network restera dirigé par Kevin
Polizzi, le fondateur, qui conserve 25 %
des parts de la société.« Le marché est en
pleine mutation avec une forte demande
des entreprises et des PME pour basculer
vers la fibre et la virtualisation des infrastructures », explique Thomas Reynaud,
directeur général du groupe Iliad. Sur le
segment entreprises, Free était présent
surtout dans le cloud, à travers sa filiale
Scaleway. Il est également sur le marché
de l’hébergement via sa filiale Dedibox.
En rachetant Jaguar Network, Iliad
met la main sur son prestigieux portefeuille de clients : UGC, France Télévisions, Amazon, mais aussi des institutions comme le Sénat ou l’Opéra de Paris.
Mais la route est encore longue avant
que Free ne puisse durablement secouer
le marché des entreprises. Celui-ci évolue
en effet plus lentement que la partie
grand public du fait de la pluriannualité
des contrats. « Orange est leader sur ce
marché, avec des solutions avant-vente,
après-vente, un réseau d’installateurs, des
partenaires, des revendeurs, explique
Tariq Ashraf, de BearingPoint. Il faut
beaucoup d’investissement pour percer et
acquérir une expertise. Free va aussi devoir
créer de la confiance, car les entreprises ne
tolèrent pas l’absence de réponse au bout
du fil en cas de problème. Le marché des
entreprises est un marathon. L’accélération de Free sur ce marché est aussi un
signal envoyé aux investisseurs. » n
shutterstock
Engie sur le point
de céder
ses centrales à
charbon en Europe
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Renault : la succession de Ghosn
dans la dernière ligne droite
l Soutenu par l’Etat, le conseil d’administration du constructeur va nommer
dans les prochains jours le successeur du dirigeant détenu au Japon.
l Des détails, comme le montant de son « package » de sortie, sont en négociation.
à suivre
AUTOMOBILE
John Thys/AFP
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Bruxelles autorise sous condition le
rachat par BASF des Nylons de Solvay
CHIMIE La Commission européenne a donné son feu vert au
rachat de l’activité Nylons du chimiste belge Solvay par l’allemand BASF, avec pour condition de céder plusieurs installations, estimant que cette concentration n’entraînerait « pas de
hausse des prix ni de réduction du choix pour les entreprises ». Les
deux groupes ont promis de céder des installations de Solvay
situées à Belle-Etoile et Valence en France, ainsi qu’en Pologne
et en Espagne. Ils se sont également engagés à créer une entreprise commune de production à Chalampé (France).
Le verrier Arc abandonne un projet
d’allongement du temps de travail
VERRE Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées vendredi devant le siège du groupe verrier Arc, à Arques (Pas-deCalais) pour protester contre un projet d’allongement du temps
de travail sans contrepartie, avant que la direction ne fasse marche arrière. Face « à un besoin accru de trésorerie », le leader
mondial des arts de la table avait annoncé un allongement du
temps de travail pour une partie des salariés, sans hausse de
salaire. Les syndicats avaient appelé à la grève. La direction a
finalement abandonné mais les négociations se poursuivent.
A cette heure, le
président de Michelin,
Jean-Dominique
Senard, tient toujours
la corde.
au Japon. Quoi qu’il en soit, Carlos
Ghosn, qui continue logiquement à
toucher son salaire fixe, restera
membre du conseil jusqu’à la prochaine assemblée générale des
actionnaires, en juin.
Renault est par ailleurs en train
de calculer les indemnités, les pensions de retraite et les rémunérations variables auxquelles celui-ci
peut prétendre. Un petit casse-tête,
TOURISME Quelque 23.000 villes en France ont perçu 24 millions d’euros de taxe de séjour sur les locations touristiques en
2018 via la plate-forme Airbnb, a-t-elle annoncé vendredi.
L’année précédente, ce montant était quasiment deux fois moindre, à 13,5 millions d’euros collectés dans 50 villes. Trois villes
ont perçu les plus importants montants : Paris, avec 7,5 millions
d’euros, contre 1,1 million pour Nice et 1 million pour Marseille.
Energie :
le régulateur
reste à son
poste
Eric Piermont/AFP
DISTRIBUTION L’investisseur
ÉNERGIE Le président de la Commission de régulation de l’énergie, Jean-François Carenco, n’ira
finalement pas chez Altarea
Cogedim. Face à des questionnements de la Haute Autorité pour
la transparence de la vie publique
sur de possibles conflits d’intérêts avec sa fonction précédente
de préfet de la région Ile -de France, le régulateur a préféré
prendre les devants. « Jean-François Carenco a écrit à la Haute
Autorité pour l’en avertir », indique son entourage.
vu que les parts variables de son
salaire et les actions de performance
sont en général soumises à des conditions de présence et de résultat.
Les négociations avec l’intéressé
sont en cours.
Ensuite, il faut déterminer le nom et
les prérogatives exactes du remplaçant de Carlos Ghosn. Celui-ci présidera-t-il l’Alliance Renault-Nissan et
le conseil de Nissan, comme le dirigeant sortant ? C’est la volonté qui
prévaut en France. Instaurera-t-on
un tandem président non exécutifdirecteur général, comme Louis
Gallois-Carlos Tavares chez PSA
– une formule qui fonctionne et qui a
les faveurs de l’Etat sur le principe,
mais qui en l’espèce n’est pas si facile
à mettre en place ? Là aussi, tout ne
serait pas encore calé.
A cette heure, le président de
Michelin, Jean-Dominique Senard,
tient toujours la corde, au moins
pour le poste de président du
conseil. Ce dernier a « une compétence reconnue dans le secteur automobile. Chez Michelin, il a démontré
sa capacité à réussir à la tête d’un
grand groupe industriel et il a une
conception sociale de l’entreprise à
laquelle je suis personnellement attaché », a expliqué dimanche Bruno
Le Maire au « JDD ». Quant au nom
de celui qui gérera les opérations au
quotidien, la carte interne s’appelle
évidemment Thierry Bolloré, le
directeur général délégué provisoire. Mais une surprise de dernière
minute – comme une arrivée de
Didier Leroy, numéro deux de
Toyota – est toujours possible.
En attendant, le voyage à Tokyo la
semaine dernière d’Emmanuel
Moulin, le directeur de cabinet de
Bruno Le Maire, et de Martin Vial, le
directeur de l’Agence des participations de l’Etat, a servi à sonder Nissan et le gouvernement japonais sur
toutes ces questions. Les deux hommes ont également profité du séjour
pour évoquer l’approfondissement
de l’Alliance Renault-Nissan, alors
que la presse japonaise a agité
dimanche l’épouvantail d’une
fusion réclamée par l’Etat français.
« C’est la mission qui avait été donnée
à Carlos Ghosn lors du renouvellement de son mandat, l’hiver dernier.
La volonté de la France est toujours de
renforcer l’Alliance, mais la fusion
n’est pas la seule solution sur la
table », précise-t-on à Bercy. Charge
au futur boss de mener cette mission à bien. Une gageure que Carlos
Ghosn n’a pas su accomplir, malgré
son règne absolu de quatorze ans.
6.000
ment, vu que les ventes hors Europe
ont progressé de 6,1 % grâce à la
dynamique russe, brésilienne et
africaine, et malgré la sortie du
marché iranien et la baisse de 27 %
des livraisons en Inde. Au pays des
vaches sacrées, Renault entend
bien se relancer avec le lancement,
d’ici à la fin de l’année, d’un autre
véhicule, à côté de la Kwid.
4
À NOTER
Vendredi, les avocats
de Carlos Ghosn ont demandé
pour la troisième fois de libérer sous caution leur client.
Réponse du juge ce lundi.
(
Lire l’Enquête
Pages 12-13
Le Losange sauve
sa couronne de premier
constructeur français
Le constructeur a vendu
3,88 millions de véhicules
dans le monde l’année
passée. Soit quelques
milliers de plus que son
concurrent historique, PSA.
Gabriel Nedelec
@GabrielNedelec
et J. D.-C.
Tolga Akmen / AFP
tchèque Daniel Kretinsky, actionnaire notamment du quotidien
« Le Monde », serait en train de
boucler le financement d’une
éventuelle acquisition du distributeur allemand Metro, dans
lequel il détient déjà une participation, ont rapporté vendredi à
Reuters des sources proches du
d o s s i e r. G l o b a l C o m m e r c e
(EPGC), le véhicule d’investissement de l’homme d’affaires tchèque devrait disposer des fonds
nécessaires dès le mois de mars.
Jacques Witt / SIPA
Daniel
Kretinsky
viserait Metro
TRANSPORT Les conditions sont
« remplies » pour une réussite de
la fusion entre les activités ferroviaires d’Alstom et Siemens, a
affirmé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dans un
entretien au « Journal du dimanche », malgré les doutes émis par
les deux entreprises. « Refuser la
fusion entre Alstom et Siemens
serait une erreur économique et
une faute politique », a-t-il ajouté .
C’est « l’intérêt de la France et de
l’Allemagne. C’est l’intérêt de
l’Europe », a-t-il martelé.
Quoi qu’il en soit, Carlos Ghosn restera membre du conseil jusqu’à la prochaine assemblée générale
des actionnaires, en juin. Photo Fabrice Coffrini/AFP
Réflexion
Airbnb a collecté 24 millions d’euros
de taxe de séjour
Alstom-Siemens :
Bruno Le Maire
insiste
C’est l’ultime ligne droite. Chez
Renault, l’époque Ghosn brille de
ses derniers feux. Le conseil d’administration doit se réunir dans les
tout prochains jours – en milieu de
semaine au plus tôt –, pour acter le
départ du PDG et nommer son remplaçant, ou ses remplaçants. Cela
fait déjà plusieurs jours que Philippe
Lagayette, l’administrateur de référence, a annoncé le remplacement
imminent de « Monsieur Ghosn ».
Et que le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, demande officiellement au conseil de Renault de « passer à une nouvelle étape » et de « désigner une gouvernance pérenne ».
Celle-ci sera choisie par ledit conseil
en lien avec l’Etat, premier actionnaire du groupe avec 15 % du capital.
Plusieurs points restent à régler.
D’abord, il s’agit de déterminer la
forme exacte de l’éviction du dirigeant. Si ce dernier ne démissionne
pas, le scénario privilégié, il faudra
justifier l’empêchement par sa
détention depuis plus de deux mois
Tout n’est pas noir pour Renault.
Dans la tourmente depuis l’arrestation, au Japon, de son patron Carlos
Ghosn, le constructeur français a
sauvé d’un poil la couronne de premier vendeur de voitures français
qu’il a sur la tête depuis trois ans. En
2018, le groupe au Losange a vendu
3,88 millions de véhicules, avec un
gain de 3,2 %. C’est la sixième année
d’affilée de croissance des volumes.
De son côté, PSA a terminé l’exercice à 3,878 millions d’unités. Soit
un peu plus de 6.000 immatriculations de moins. « A l’arrivée, nos
volumes progressent quasiment sur
toutes les régions, et nous rentrons
dans l’année 2019 avec des prévisions
de légère hausse des ventes », s’est
félicité Olivier Murguet, le nouveau
directeur commercial de Renault,
refusant tout commentaire sur la
situation actuelle de son groupe
– en passe de changer de grand
patron.
A périmètre constant, et donc
sans l’apport des 165.000 véhicules
Jinbei et Huasong, les deux marques de véhicules utilitaires chinoises intégrées l’an dernier , le
Losange aurait cependant vu ses
ventes régresser de 1,2 % en 2018.
Les immatriculations de la marque
Renault ont dérapé de 6,2 %, à
2,1 millions d’unités. A BoulogneBillancourt, on peut se féliciter toutefois de la santé insolente de la
marque « juste prix » Dacia, qui affiche 700.000 ventes par an (+7 %).
Nouvelle version de la Clio
Alors que son frère ennemi Peugeot
connaît une belle croissance en
Europe, même sans Opel (+5 %),
Renault reste un ton en dessous sur
le Vieux Continent. Ses ventes ont
stagné (+0,5 %). « En Europe, on a
tenu une part de marché de haut
niveau sans lancement de nouveaux
modèles », souligne Olivier Murguet, dans l’attente de la nouvelle
version de la Clio, qui sera présentée
en mars au Salon de Genève. Le
constructeur a notamment été
pénalisé par l’arrivée, l’été dernier,
de la nouvelle norme d’homologation européenne WLTP. « C’est derrière nous », juge Olivier Murguet,
pointant que les ventes européennes ont finalement été sur l’ensemble de 2018 « à peu près au niveau
prévu », malgré un coup de mou
lors des quatre derniers mois. De
IMMATRICULATIONS
Le nombre de ventes qui
séparent Renault et Peugeot.
même, si le constructeur a perdu
des ventes de ZOE, faute d’approvisionnement suffisant, l’appareil
industriel est aujourd’hui prêt à
répondre à la demande, assure le
dirigeant. Renault a vendu l’an dernier 49.000 véhicules électriques
(+37 %), dont 39.500 ZOE. En bout
de ligne, Renault devient toujours
plus international – et heureuse-
4
À NOTER
En Chine, Renault a vendu
environ 60.000 voitures l’an
dernier. La marque doit y lancer, d’ici à la fin de l’année, une
voiture électrique abordable.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
COMMUNIQUÉ
La cybersécurité collective :
le meilleur vaccin contre les attaquants
Ce qui interpelle dans cet état des lieux, c’est
qu’au fond, les attaquants n’ont pas inventé
grand-chose. Ils utilisent les outils à leur
disposition pour atteindre leurs objectifs. De
nombreuses disciplines font de même. La
médecine par exemple. Quand un chirurgien
à Tokyo est confronté à un cas clinique
particulier et singulier, il délivre l’information à
ses homologues du monde entier. Il délivre –
aussi – sa vision d’une possibilité de résolution.
Libre à ses confrères de peauiner et d’apporter
une autre vision. Et de la partager ensuite pour
faire grandir la connaissance collective et
rendre le cerveau collectif le plus eficace
possible.
« Si tu as une pomme et que j’ai une pomme,
et que nous les échangeons, nous repartons
chacun avec une pomme. Si tu as une idée et
que j’ai une idée, et que nous les échangeons,
nous repartons chacun avec deux idées »,
cette maxime du dramaturge britannique,
Georges Bernard Shaw illustre avec force et
précision le besoin actuel de toutes les
entreprises en matière de cybersécurité.
En effet, jamais les investissements dans la
technologie n’ont été aussi importants, jamais
le besoin de transformation digitale n’a été
aussi crucial, jamais les évolutions ne se sont
déployées aussi rapidement. Pourtant, alors
que celle-ci devrait augmenter du fait d’une
meilleure compréhension et protection, la
coniance générale du public envers Internet
et la technologie décroit. Sur ce point, la
dernière étude du CREDOC qui souligne que
59 % des Français refusent de payer en ligne
est une réelle alerte pour toutes les entreprises,
tout secteur confondu. Si la déiance augmente,
c’est notamment parce que les attaquants
sont toujours plus puissants.
Est-il vraiment besoin de rappeler WannaCry,
Petya, ou la fuite de données chez Facebook ?
De facto, pour être mieux protégées, plutôt
que de rester chacune dans leur tour
d’ivoire grimée en château-fort, ou de
demander à l’État de seul répondre à toutes
l e s p r é oc c u p a t i o n s d e s ac t e u r s
économiques, les entreprises doivent
aujourd’hui se tourner les unes vers les
autres. Vers le concurrent, le compétiteur.
Cela pour élaborer avec lui des stratégies de
défense, ou du moins, pour aligner les
informations disponibles. C’est avec ce besoin
en tête, à sa juste place et à sa juste mesure,
que l’initiative CIX-A (Cyber Intelligence Cross
Sector Alliance) voit aujourd’hui le jour. Notre
but est double. D’abord, CIX-A vise à renverser
l’avantage. Trop souvent, et depuis trop
longtemps, les attaquants qui frappent dans
tous les secteurs d’activité, tous types
d’entreprises, ont un temps d’avance sur la
défense. Sur nos défenses. Cet avantage
s’explique essentiellement par un facteur : leur
collaboration. Proitant du réseau, ils échangent
des informations sur les failles de tel ou tel
logiciel ou pare-feu, ils attaquent et partagent
la façon dont ils sont parvenus à leurs ins. A
l’opposé, trop souvent, chaque acteur de la
défense reste isolé. Cela sans parler des
réseaux industriels et de l’Internet des Objets,
dont la protection est encore plus complexe
à réaliser. Nous construisons chacun des
châteaux-fort pour protéger nos actifs. Nous
restons pourtant seuls avec tout ce que cela
implique comme problématiques.
Souvent nos réactions sont adéquates, mais
pas toujours assez rapides ou proportionnées.
Michel CAZENAVE, CISO-CSO, PwC et Président de CIX-A
Philippe BAUMGART, Associé Cyber Intelligence co-fondateur de CIX-A, PwC
Olivier DALOY, Information Systems Security Director, FAURECIA
Jean-Yves POICHOTTE, Global Head of ITS Cyber Security, SANOFI
Voilà un exemple d’échange d’informations,
parmi d’autres, qui semble être le minimum
pour que la coniance globale puisse s’instaurer.
C’est d’une forme de collaboration, de
partage d’informations et de mise en
commun des intelligences dont la filière
cyber a besoin pour réduire l’écart et peutêtre même, à terme, reprendre l’avantage
sur les attaquants et cesser d’édifier des
châteaux-forts individuels.
En somme, ce que CIX-A a envie d’accompagner, c’est un passage collectif du Moyen-âge
(les châteaux fort, guerres etc…) à la
Renaissance (prospérité économique,
coniance, créativité).
Non pas en étant donneur de leçons, bien au
contraire, mais en étant un lieu d’expérimentations. Un lieu ouvert d’échanges (mais doté
de règles strictes de préservation de la conidentialité des propos) qui se construira pierre
après pierre ain que chaque entreprise puisse
s’y impliquer en fonction de ses possibilités
et de ce qu’elle estime être en mesure de pouvoir en retirer. Notre volonté aujourd’hui est
simple : susciter l’émergence d’une plus grande
intelligence collective en cybersécurité, mieux
partager les informations, et donc mieux partager les modes opératoires des attaquants,
tout comme les astuces et outils utilisés pour
parer à telle ou telle intrusion.
De fait, CIX-A est le premier pas sur ce
chemin escarpé de la cybersécurité
raisonnée. Comme disent les sages japonais,
« le chemin est dans la montagne » et il faut
des yeux divers et variés pour le tracer et
atteindre le sommet. Tous ensemble.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
LES CONSÉQUENCES D’UN « NO DEAL » POUR LES ENTREPRISES ET LES CONSOMMATEURS TRICOLORES
Brexit sans accord : les 15 risques qui pour
l Automobile, retraits d’argent,
télécoms… Le Brexit pourrait faire
grimper les prix dans beaucoup
de domaines.
l Il n’y aura pas de pénurie
de médicaments, mais l’impact
sur le tourisme est imprévisible.
Pages écrites par Julien Dupont-Calbo, Derek Perrotte,
Catherine Ducruet, Marie-Josée Cougard, Véronique
Le Billon, Sébastien Dumoulin, Lionel Steinmann,
Philippe Bertrand, Anne Bauer, Bruno Trévidic, Christophe
Palierse, Solenn Poullennec et Nicolas Madelaine
Le rejet par le Parlement britannique de l’accord de divorce
conclu par Theresa May avec Bruxelles (lire page 7) accroît
les risques d’un « no deal » qui poserait nombre de questions
très concrètes côté français. Tour d’horizon.
Les mini et les Land Rover
seront-elles vendues
plus cher en France ?
Dans le secteur automobile,
tout le monde voit arriver avec
horreur la falaise du Brexit. En
l’absence d’accord entre Londres et Bruxelles, les règles de
l’OMC s’appliqueront aux
échanges. Les pièces seront
taxées de 3 ou 4 %, les voitures
de 10 % – quel que soit le sens de
l’échange. Mais le véritable
problème n’est pas tant les taxes
que les tampons. Les constructeurs présents industriellement
au Royaume-Uni s’approvisionnent tous en pièces sur le Vieux
Continent. Certains composants traversent même plusieurs fois la Manche avant
d’être installés dans une voiture.
Rien que pour PSA, qui possède
deux usines en Grande-Bretagne, 700 camions passent
chaque jour la frontière. Un
délai de quelques minutes de
plus à la douane pourrait
mettre en danger l’ensemble de
l’approvisionnement d’usines
fonctionnant en flux tendu.
« Toute friction à nos frontières
met en péril notre production, à
un coût de 60 millions de livres
par jour », jugeait Ralf Speth, le
patron de Jaguar Land Rover,
au Mondial de Paris. A rythme
annuel, la facture s’élèverait à
1,2 milliard de livres, soit
1,35 milliard d’euros. Pour les
clients français, le risque de voir
le prix de certains modèles
fabriqués outre-Manche
comme les Mini ou les Land
Rover est donc réel. Mais les
industriels peuvent aussi décider de rogner sur leur marge
pour maintenir leurs volumes
de vente. Wait and see !
« Toute friction à
nos frontières met
en péril notre production, à un coût
de 60 millions de
livres par jour. »
RALF SPETH Patron
de Jaguar Land Rover
Denis Allard/RÉA
Bloomberg
Ils ont dit
« Ce sera plus
compliqué
pour les petits sites
d’ e-commerce
que pour
les grands. »
MARC LOLIVIER Directeur
général de la Fevad
Un casse-tête pour Airbus ?
Si le Brexit joue avec les nerfs
des dirigeants d’Airbus, ce n’est
pas seulement parce que le
groupe aéronautique y compte
25 sites et 15.000 salariés. Toutes les ailes de tous les modèles
d’Airbus proviennent du
Royaume-Uni, y compris celles
de l’A220, l’ex-CSeries de Bombardier, dont les ailes sont
fabriquées à Belfast, en Irlande
du Nord. La fabrication de ces
ailes sur le site de Broughton au
pays de Galles est elle-même
dépendante de l’importation
d’éléments en provenance des
sites européens d’Airbus. Tout
obstacle douanier ou réglementaire à la libre circulation des
marchandises entre le Royaume-Uni et l’UE pourrait donc
ralentir ou bloquer la production des chaînes d’assemblage
d’Airbus à Toulouse, Ham-
bourg, Montréal, Tianjin en
Chine et Mobile aux EtatsUnis. Pour parer à cette éventualité, le groupe a commencé à
stocker les éléments nécessaires à la fabrication des ailes côté
britannique, afin de pouvoir
faire face à un mois de perturbations. Ce qui est non seulement compliqué – certains
éléments mesurent jusqu’à
30 mètres de long – mais aussi
très coûteux. Selon le président
exécutif d’Airbus, Tom Enders,
les coûts générés par ces stocks
se chiffreraient déjà en dizaines
de millions d’euros. Dans le cas
d’un Brexit sans accord,
l’impact sur la compétitivité
pourrait être encore plus lourd,
a-t-il souligné, ce qui pourrait
obliger Airbus à revoir à terme
ses investissements
au Royaume-Uni.
Les compagnies aériennes
britanniques pourront-elles
continuer à survoler l’Europe ?
Quel que soit le scénario envisagé,
les compagnies britanniques ont
tout à perdre du Brexit. En cas de
sortie du Royaume-Uni sans accord,
Londres devra renégocier des
accords aériens bilatéraux avec
chacun des 27 pays de l’UE. Et alors
que la question des liaisons entre le
Royaume-Uni et ces pays pourra
être réglée rapidement, par une
simple reconnaissance mutuelle des
dessertes existantes, les compagnies
britanniques perdront, en revanche,
certains droits. Celui d’opérer des
vols entre deux pays de l’Union et
celui de détenir plus de 49 % du
capital d’une compagnie européenne, comme c’est le cas d’IAG
pour Iberia, Vueling, Aer Lingus et
Level en France. Quant aux pilotes
munis de licence britannique, ils ne
pourront plus voler que sur des
appareils immatriculés en GrandeBretagne, sauf accord spécifique
avec chaque pays européen. Les
mêmes restrictions s’imposeraient
aux compagnies européennes au
Royaume-Uni. Mais celles-ci étant
moins pénalisées, cela rendrait
difficile tout accord express basé sur
la réciprocité. Enfin, les passagers à
destination ou en provenance du
Royaume-Uni pourraient pâtir des
contrôles aux frontières plus longs
et de la perte des droits en cas de
retard, annulation ou refus
d’embarquement garantis par la
réglementation européenne.
Doit-on s’attendre à des
embouteillages monstres de
camions aux postes de douane ?
Pour les logisticiens, le pire devrait
être évité : les camions vont continuer à effectuer des trajets transfrontaliers, ce qui n’avait rien d’évident. « Dans le cas d’une sortie sans
accord, le Royaume-Uni deviendra
un pays tiers, qui ne sera couvert par
aucun accord international, résume
Olivier Thouard, président de la
commission Brexit au sein de
l’Union des entreprises de transport
et logistique de France . Cela nécessite de nouvelles licences transport,
pour les Britanniques comme pour
nous. » Afin d’éviter une paralysie,
les camions britanniques seront
autorisés à circuler sur le continent
Passer un coup de fil
au Royaume-Uni va-t-il
coûter plus cher ?
Il n’y a pas de risque d’embouteillage sur les réseaux télécoms
en cas de « hard Brexit ». Mais le
tarifs pratiqués par les opérateurs pourraient s’envoler, et
même différer substantiellement d’un opérateur à un autre.
Si la friture persiste sur la ligne
entre Theresa May et les 27, les
accords en vigueur cesseront
brutalement de s’appliquer – y
compris en ce qui concerne la
tarification des appels. Sur ce
sujet, après dix ans de
réflexions, l’UE avait fini par
frapper un grand coup il y a
dix-huit mois en mettant fin aux
frais de roaming. En cas de
sortie sans accord, le RoyaumeUni sera considéré comme un
pays tiers. Il reviendra à chaque
opérateur de préciser ses conditions tarifaires. Un Français en
voyage outre-Manche aura tout
intérêt à se pencher sur la
brochure tarifaire de son fournisseur avant de connecter son
téléphone au réseau britannique. Pour les appels passés
depuis la France vers le Royaume-Uni, il en va de même. Sauf
que ces appels ne sont pas
gratuits actuellement, mais
plafonnés – et ce depuis juin. Ils
ne peuvent plus dépasser
19 centimes d’euros par minute
d’appel et 6 centimes d’euro
pour un SMS. En cas de Brexit
sans accord, les opérateurs ne
seront plus contraints de respecter cette limite. Il faudra lire
les petites lignes de son contrat.
jusqu’à fin 2019, sous réserve que les
Européens bénéficient d’une
mesure symétrique. Sur le plan
douanier en revanche, tout transport de marchandises nécessitera
des déclarations d’importation et
d’exportation de part et d’autre de la
Manche. Les entreprises seront
encouragées à remplir les formulaires de manière anticipée, en ligne.
Les camions devraient être stockés
en amont sur un aéroport désaffecté du Kent, et ne seront dirigés
vers Douvres que s’ils sont en
règle. Côté français, ceux qui n’ont
pas fait les démarches pourraient
être renvoyés vers l’autoroute.
Première clientèle étrangère,
les Britanniques viendront-ils
encore autant en France ?
Si un alourdissement des conditions d’accès au territoire français
pourrait affecter la fréquentation de
la destination France par les Britanniques, ces derniers en « pincent »
manifestement pour l’Hexagone.
Depuis le référendum de 2016,
ils ont même conforté leur position
de première clientèle étrangère. En
2017, le Royaume-Uni représentait
ainsi 14,7 % des arrivées de touristes
étrangers avec un total de 12,7 millions d’entrées. Et cette tendance ne
s’est pas démentie l’an dernier.
La Banque de France a indiqué que
les Britanniques ont été, à l’été 2018,
la première clientèle touristique
étrangère en termes de dépenses
avec un total de 1,9 milliard d’euros
sur juillet-août (+13,6 %). De même,
le début de la saison de ski 20182019 a montré que « les Anglais sont
toujours là », selon la formule d’un
responsable du tourisme. Ce poids
des visiteurs britanniques est
d’ailleurs significatif pour nos
stations de montagne. Ils représentent environ 10 % des journéesskieurs et un tiers du total enregistré pour les étrangers. Au-delà des
stations de ski et de Paris, ce tourisme d’origine britannique est
également d’importance pour la
Bretagne et la Normandie. Mais, un
« Brexit dur » pourrait avoir aussi
un effet positif pour la destination
France. « Si Paris gagne en attractivité, notamment auprès des banques
internationales, c’est bon pour le
tourisme d’affaires », observe-t-on.
Retirer de l’argent en GrandeBretagne coûtera-t-il plus cher
aux Français ?
Les Français qui voudront payer
leurs courses ou retirer de l’argent
à Londres après le Brexit auront
intérêt à surveiller leurs relevés
d’opérations bancaires. Les paiements effectués au Royaume-Uni
pourraient bien devenir plus coûteux. Aujourd’hui, « à l’intérieur de
l’UE, il n’y a pas de commission
prélevée au titre du caractère international de la transaction », explique
Christophe Vergne, de Capgemini
Financial Services. Dans le cas d’un
paiement en livres, le résident de la
zone euro se contente de régler une
commission de change. Après le
Brexit, « les systèmes vont continuer à
fonctionner », rassure le consultant.
En revanche, « les banques [continentales, NDLR] pourraient appliquer des frais [en plus des frais de
change] sur les retraits d’argent et les
paiements en Grande-Bretagne,
sachant que le pays est en dehors de
l’UE ». Ce changement n’interviendra pas forcément du jour au lendemain. Les banques pourraient
attendre la date de mise à jour de
leurs tarifs. Ces conséquences d’un
« hard Brexit » sur les paiements ont
été identifiées. Dans un document
récapitulant l’impact d’une absence
d’accord, le Trésor britannique
indique que le « coût et le temps pour
des paiements et transferts d’argent
en euros pourraient augmenter ».
Œuvre du « street artist » britannique Banksy. Photo Glyn Kirk/AFP
Y aura-t-il des pénuries
sur certains médicaments
fabriqués outre-Manche ?
Le Leem, le syndicat qui
regroupe les laboratoires
pharmaceutiques de l’Hexagone, se veut rassurant : il ne
devrait pas y avoir de rupture
d’approvisionnement sur les
médicaments fabriqués en
Grande-Bretagne. Les laboratoires qui y ont des usines ont
déjà anticipé. Les stocks de
médicaments importés ont été
gonflés et les médicaments les
plus sensibles ont déjà été
identifiés. Par exemple, le
Zoladex, prescrit contre le
cancer de la prostate et du sein,
à quelque 8.000 patients en
France, a été inscrit par AstraZeneca sur une liste spéciale
pour qu’il puisse être importé
quoi qu’il arrive. Ce que les
industriels craignent davantage, c’est une fragilisation des
approvisionnements dans la
durée, du fait des procédures
douanières et du double
contrôle des lots de médicaments. Un groupe comme
AstraZeneca va devoir dupliquer, en Suède, le contrôle
qualité de ses produits fabriqués outre-Manche. C’est
pourquoi il faut que l’Europe
signe avec Londres des accords
de reconnaissance mutuelle
permettant d’alléger les contraintes réglementaires, plaide
le Leem. Cela permettrait à la
Grande-Bretagne de bénéficier
d’un statut comparable à celui
de la Suisse, grand producteur
de médicaments.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
raient changer la vie des Français
Ils ont dit
Les pêcheurs français
vont-ils manquer
de ressources ?
« Il y a encore
une chance de
parvenir, non pas
à une fin heureuse,
mais à une issue
qui ne coupe pas
le Royaume-Uni
de l’Union
européenne. »
ANTOINE LECCIA
Président de la Fédération
des exportateurs de vins et
spiritueux de France (FEVS)
Pascal Sittler/RÉA
Pascal Pavani/AFP
« Les entreprises
de notre secteur
sont dans une
situation
d’incertitude
totale. »
TOM ENDERS Président
exécutif d’Airbus
L’enjeu est lourd, sinon vital.
Selon une étude du lobby
européen des pêcheurs (Eufa),
les Français attrapent en
moyenne un gros tiers de
leurs prises dans les eaux
territoriales britanniques.
Or avec un « hard Brexit », le
Royaume-Uni quitterait dès
fin mars la politique communautaire de la pêche… et la
libre circulation des bateaux
qui va avec. Techniquement,
il pourrait alors fermer l’accès
à ses eaux. Un scénario aux
allures de cauchemar pour de
nombreux professionnels
bretons et normands. Le gouvernement anglais a toutefois
laissé entendre qu’il maintiendrait cet accès aux pécheurs
européens jusqu’à fin 2019
au moins. Mais le bât risque
de blesser ensuite, le plan de
Londres étant d’alors monnayer plus durement cet accès
et en « rééquilibrant »,
selon les termes des Brexiters,
les quotas de pêche en faveur
des Britanniques. L’Europe
a identifié le risque et affûte
ses propres armes. Elle
menace de durcir et de renchérir l’accès des produits de
la mer britanniques au marché de l’UE, dont ils sont
dépendants, voire de jouer
sur d’autres leviers, comme
conditionner l’accès du
Royaume-Uni au ciel européen à l’accès qu’il garantira
à ses eaux.
Va-t-on vendre moins
de champagne aux Anglais ?
Les producteurs de champagne
sont inquiets. Le Royaume-Uni est
un marché clef pour les maisons.
Qu’adviendra-t-il de leurs exportations à l’issue du Brexit ? En 2017,
celles-ci se sont élevées à 27,8 millions de bouteilles, pour un montant de 415 millions d’euros. Après
une année 2016 déjà mauvaise, les
Britanniques ont encore réduit
leurs importations de 11 % en 2017
(–5,7 % en valeur), du fait de l’effet
Brexit et de la baisse de la livre.
Longtemps premier marché à
l’export, la Grande-Bretagne reste
encore numéro deux, derrière les
Etats-Unis et devant le Japon et la
Chine. Mais, après le rejet de
l’accord de retrait de l’UE, la
semaine dernière, la Fédération
des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) estime que
cette décision pourrait être « lourde
de conséquences pour l’économie et
les citoyens des deux parties ». Les
entreprises sont dans une « situation d’incertitude totale », a souligné Antoine Leccia, le président
de la FEVS. Tous types de produits
confondus, les exportations de vins
et spiritueux à destination
du Royaume-Uni pèsent pour plus
de 1,32 milliard d’euros dans la
balance commerciale française.
Les séries et les groupes de
musique britanniques serontils moins présents en France ?
Les industries de la musique et de
l’audiovisuel britanniques pensent
qu’elles vont continuer à rayonner
sur le Vieux Continent. La qualité
des séries comme « Peaky Blinders » ou « Sherlock » leur garantit
de trouver toujours des chaînes
pour les acheter, d’autant qu’elles
devraient être finalement incluses
dans les quotas d’œuvres européennes que doivent respecter les
diffuseurs de l’Union. N’empêche,
le secteur culturel a de bonnes
raisons de craindre l’impact du
Brexit. D’abord, parce que le principe de l’exception culturelle
défendu notamment par la France
rend difficile tout accord de libreéchange dans ce domaine. Or, le
Royaume-Uni est un pôle d’attractivité dans les industries créatives
européennes. C’est notamment
d’outre-Manche qu’émettent en
Europe les chaînes américaines.
Mais surtout, dans l’audiovisuel
comme dans la musique, le pays
craint de ne plus autant attirer les
talents du continent. Il risque aussi
d’être moins bien défendu dans le
domaine de la rémunération des
droits d’auteur lorsqu’il ne sera plus
sous l’ombrelle de Bruxelles, très
active face aux Gafa. Enfin, dans la
musique, c’est une montagne de
tracas que craint le secteur lorsqu’il
sera en France : visas, matériels à
déclarer aux frontières, complexité
de l’imposition des revenus.
Le projet nucléaire britannique
d’Hinkley Point coûtera-t-il
plus cher à EDF ?
Printemps 2016, à quelques semaines du référendum britannique,
le conseil d’administration d’EDF
valide à une courte majorité la
construction de deux réacteurs
nucléaires EPR à Hinkley Point en
Angleterre, un projet à 18 milliards
de livres (20,4 milliards d’euros au
cours actuel). Selon EDF, le Brexit
ne change pas l’équation de l’investissement : « L’impact semble neutre
pour nous », estime, en 2017, son
PDG, Jean-Bernard Lévy. « D’un
côté, la dévaluation de la livre britannique renchérit le coût des importations, mais cela fait aussi monter
l’inflation, sur laquelle nos recettes
sont indexées », explique-t-il alors.
La rentabilité prévue du projet
Pourra-t-on encore acheter
sur des sites d’e-commerce
britanniques ?
Le Royaume-Uni est le leader
européen du commerce électronique. En 2017, il représentait un marché de 149 milliards
de livres sterling (environ
169 milliards d’euros), en
hausse de 12 %. Une nouvelle
croissance de 14 % est attendue
pour 2018 par Ecommerce
Foundation. Outre-Manche,
les cybermarchands totalisent
16 % du commerce de détail,
contre à peine 10 % en France.
Le taux grimpe, selon Royal
Mail, à 64 % pour le textile,
58 % pour le voyage et près de
30 % pour les produits électroniques et techniques. Le Brexit
va-t-il mettre à mal cette success-story commerciale ? Il
sera toujours possible d’ache-
ter par-delà le Channel, mais il
faudra prendre son mal en
patience. Les produits devront
passer la douane et les contrôles de conformité avec les
normes européennes. Les
grands opérateurs, comme
Asos, pourront ouvrir des
plates-formes sur le continent
pour stocker de la marchandise dédouanée. Amazon
conseille à ses vendeurs tiers
d’utiliser ses entrepôts continentaux. « Ce sera plus compliqué pour les petits sites »,
reconnaît Marc Lolivier, directeur général de la Fédération
de l’e-commerce. Reste que le
jeu peut en valoir la chandelle.
La chute de la livre rendra
l’offre britannique attractive.
(9,2 % initialement) est pourtant
déjà basée sur une inflation dynamique (2,5 % par an). Mi-2017, ce
sont de premiers retards sur le
chantier qui ont poussé le coût du
projet à la hausse, à 19,6 milliards
de livres, réduisant à 8,5 % sa rentabilité attendue. L’inquiétude reste
aussi réglementaire : le Brexit
signifie la sortie du Royaume-Uni
du traité Euratom, qui régit tout
le secteur du nucléaire civil en
Europe (transport des produits,
gestion des déchets, mouvements
des travailleurs…). Selon l’électricien, le royaume « s’est engagé
à assurer la continuité du cadre
dont il bénéficie aujourd’hui au titre
du traité Euratom ».
La viande et le lait irlandais
vont-ils affluer en France ?
La coopération européenne de
la défense sera-t-elle affaiblie ?
La perspective d’un « hard
Brexit » affole les éleveurs
irlandais. Mais aussi ceux du
continent qui redoutent un effet
ricochet sur leurs marchés,
potentiellement énorme.
En effet, l’Irlande exporte 90 %
de sa production de viande
bovine, dont au moins la moitié
au Royaume-Uni. « C’est un
marché fondamental pour
l’Irlande », commente Philippe
Choteau, économiste de l’Institut de l’élevage (Idele). En 2017,
l’Irlande a exporté 60 % de la
viande bovine qu’elle a produite
en Angleterre. Un tonnage
dépassant les 300.000 tonnes.
A titre indicatif, la France, qui
a le premier cheptel européen,
produit 1,4 million de tonnes de
bœuf par an. Si l’Irlande devient
un pays tiers pour la Grande-
A court terme, les industries de
défense sont assez sereines. En
sortant de l’Union, le Royaume-Uni
dépendrait du régime douanier
général de l’OMC, lequel exempte
en grande partie de droits de
douane les échanges de biens de
défense. En outre, Paris a pris une
ordonnance qui « permettra la
poursuite des transferts de matériels
de défense entre la France et le
Royaume-Uni ». Très présent outreManche, le missilier MBDA est aux
premières loges. A ce stade, l’entreprise prévoit de la paperasserie
supplémentaire mais peu de conséquences financières. A plus long
terme, sachant que les armées
française et britannique sont les
deux plus importantes d’Europe et
les seules à être équipées du feu
nucléaire, la vraie question est de
savoir si le Brexit va affaiblir la
Bretagne, elle tombera sous
le coup du régime commercial
tel que le prévoit l’Organisation
mondiale du commerce (OMC).
De ce fait, sa marchandise
n’entrerait sur le territoire
britannique que majorée des
droits de douane de 3 euros du
kilo auxquels s’ajoute un droit
additionnel de 12,8 %. L’Irlande
a donc entrepris de chercher
de nouveaux clients sur le
continent européen et surtout
en Europe du Nord, où elle
multiplie les efforts marketing,
sans avoir pour l’instant fait de
percée. Mais en cas de sortie
effective, l’offensive irlandaise
se ferait sans doute plus violente et désorganiserait beaucoup de marchés très importants pour la France, comme
l’Italie, l’Allemagne et la Grèce.
défense française et européenne. Londres ne cesse de répéter qu’il restera un acteur de premier plan de la sécurité du
continent et le gouvernement a été
l’un des premiers à rejoindre l’Initiative européenne d’intervention,
cet embryon d’état-major européen
lancé par Emmanuel Macron.
Quant au partenariat avec Paris,
scellé par le traité de Lancaster
House, il perdurera quelle que soit
l’issue du Brexit. Néanmoins, la
coopération industrielle entre les
deux pays s’affaiblit. Pour bâtir
l’Europe de la défense, Paris est
obligé de se tourner vers Berlin, ce
qui est une source de tension,
comme l’ont montré les menaces
de Londres de bloquer la constellation Galileo ou de construire un
avion de combat Tempest, concurrent du projet franco-allemand.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // ANNONCES LÉGALES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
AEROPORTS DE PARIS
Société anonyme au capital de 296 881 806 euros
Siège : 1 rue de France, 93290 Tremblay-en France
552 016 628 RCS Paris
TARIFS DES REDEVANCES POUR SERVICES RENDUS VISEES AUX ARTICLES R. 224-1 ET R. 224-2 DU CODE DE L’AVIATION CIVILE
POUR LES AEROPORTS PARIS – CHARLES DE GAULLE, PARIS – ORLY, PARIS – LE BOURGET
En application du code de l’aviation civile, les tarifs des redevances aéroportuaires, fixés pour
la période tarifaire 2019 au sens du Contrat de Régulation Economique (CRE) 2016-2020
conclu entre l’Etat et Aéroports de Paris, sont rendus publics par l’exploitant d’aérodrome
après avoir été notifiés à l’Autorité de supervision indépendante. Les tarifs ci-dessous sont
exécutoires à compter du 1er avril 2019.
1. Redevance d’atterrissage correspondant à l’usage des infrastructures et équipements aéroportuaires nécessaires à l’atterrissage, au décollage, à la circulation au
sol. Les tarifs sont fonction de la masse maximale certifiée au décollage de l’aéronef
(MMD).
◆ Redevance perçue pour l’atterrissage d’un aéronef sur les plates-formes de Paris Orly et de Paris-Charles de Gaulle
v. Au titre de la période tarifaire 2019, le plafond total des abattements applicable sera de
5.307.566,81€.
◆ Aéroport Paris - Le Bourget
Aires de trafic au large
Part variable en € hors taxes
0,380€ par tonne de MMD et par heure
3. Redevance par passager pour les aéroports Paris – Charles de Gaulle et Paris - Orly,
correspondant à l’usage des installations aménagées pour la réception des passagers
et du public. L’assiette de cette redevance est le nombre de passagers embarqués.
◆ redevance par passager hors correspondance
Redevance d’atterrissage hors modulation acoustique
300,69 + 4,198 x t
où t représente la MMD en tonnes
Tarifs en € hors taxes
Dispositions particulières :
le tarif est multiplié par un coefficient, précisé ci-dessous, dépendant du groupe acoustique
de l’aéronef et de l’heure de l’atterrissage ; les groupes acoustiques sont ceux définis par
l’annexe de l’arrêté du 24 janvier 1956 modifié fixant les conditions d’établissement et de
perception des redevances d’atterrissage et d’usage des dispositifs d’éclairage à percevoir
sur les aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique.
Paris - Orly et Paris Charles-de-Gaulle
Groupe acoustique
Jour et Soir (06h00 - 22h00)
Groupe 1
1,300
Groupe 2
1,200
Groupe 3
1,150
Groupe 4
1,000
Groupe 5a
0,850
Groupe 5b
0,700
Nuit (22h00 - 06h00)
1,950
1,800
1,725
1,500
1,275
1,050
◆ Redevance perçue pour l’atterrissage d’un aéronef sur la plate-forme de Paris - Le
Bourget.
Tranches de MMD en tonnes
avions de MMD de moins de 6 tonnes
avions de MMD entre 6 et 50 tonnes
avions de MMD de 51 tonnes et plus
Tarifs en € hors taxes
(hors modulation acoustique)
179,37
179,37 + 3,51 (t-6)
où t représente la MMD en tonnes
333,83 + 16,91 (t-50)
où t représente la MMD en tonnes
Dispositions particulières :
- pour les vols d’hélicoptères, un abattement de 50% est appliqué sur ces tarifs
- pour les vols de mise en place entre une plate-forme d’Aéroports de Paris et l’aéroport de
Paris – Le Bourget, un abattement de 50% est appliqué sur ces tarifs
- pour les vols d’entraînement autorisés par la DGAC, un abattement de 75% est appliqué
sur ces tarifs
- pour les vols d’essai ou les retours forcés, la redevance n’est pas due
- le tarif est multiplié par un coefficient, précisé ci-dessous, dépendant du groupe acoustique
de l’aéronef et de l’heure de l’atterrissage ; les groupes acoustiques sont ceux définis par
l’annexe de l’arrêté du 24 janvier 1956 modifié fixant les conditions d’établissement et de
perception des redevances d’atterrissage et d’usage des dispositifs d’éclairage à percevoir
sur les aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique
Paris - Le Bourget
Groupe acoustique
Groupe 1
Groupe 2
Groupe 3
Groupe 4
Groupe 5a
Groupe 5b
Jour et Soir (06h00 - 22h00)
1,300
1,200
1,150
1,000
0,850
0,700
Nuit (22h00 - 06h00)
4,000
1,800
1,725
1,500
1,275
1,050
2. Redevance de stationnement correspondant à l’usage par les aéronefs des
infrastructures et équipements de stationnement. Les tarifs de la redevance sont
fonction de la durée du stationnement, des caractéristiques de l’aéronef (masse
maximale certifiée au décollage - MMD) et des caractéristiques de l’aire de stationnement.
◆ Aéroports Paris – Charles de Gaulle et Paris – Orly
Part fixe
en € hors taxes
Part variable
en € hors taxes
Types d’aires de stationnement
Aires de trafic
Au contact
Au large
des aérogares
3,900 € par tonne
sans objet
de MMD
Aires de garage
sans objet
0,067 € par tonne de 0,067 € par tonne de 0,141 € par tonne de
MMD et par tranche MMD et par tranche
MMD et par heure
de 10 minutes
de 10 minutes
Dispositions particulières :
- une franchise de 50 minutes est appliquée sur la part variable pour les avions utilisant de
jour, à leur arrivée, une aire de trafic au large (entre 7 heures et 23 heures, heure locale)
- une exonération totale liée à la modulation tarifaire de la redevance de stationnement est
appliquée sur la part variable pour les aires de trafic et aires de garage entre 23:00 et 07:00,
heure locale
- pour la part variable, toute tranche horaire commencée est due (tranche de 10 minutes
pour les aires de trafic au contact et au large, tranche d’une heure pour les aires de garage)
- dans le cas d’une touchée mixte (arrivée au contact, départ au large ou inversement), une
réduction de 50% sera appliquée pour le calcul de la part fixe de la redevance.
MODULATION DE LA REDEVANCE DE STATIONNEMENT POUR INCITER AU DEVELOPPEMENT DU TRAFIC ET A L’AMELIORATION DES INFRASTRUCTURES
Les modalités de conditions et de calcul de l’abattement sont détaillées ci-après :
Modalités d’attribution :
Pour les transporteurs aériens éligibles, la réduction de la redevance de stationnement
consentie au titre de l’année de référence sur laquelle les conditions seraient remplies est
calculée à la fin de l’année de référence considérée et attribuée sous la forme d’un avoir
valable au titre de la redevance de stationnement de l’année de référence suivante pour ce
même transporteur aérien.
La période tarifaire n (1er avril n – 31 mars n+1) est considérée comme période de référence.
Tarifs par passager à destination
de la métropole
de l’espace Schengen
de l’UE, de l’EEE hors Schengen et des Dom/Com
Internationale (hors UE, Espace Economique Européen, Dom/Com)
Tarifs en €
hors taxes
9,51
9,51
10,50
24,13
◆ redevance par passager en correspondance
Tarifs par passager à destination
de la métropole
de l’espace Schengen
de l’UE, de l’EEE hors Schengen et des Dom/Com
Internationale (hors UE, Espace Economique Européen, Dom/Com)
Tarifs en €
hors taxes
5,70
5,70
6,30
14,47
MODULATION DE LA REDEVANCE PAR PASSAGER LIE AU PASSAGER ORIGINE/
DESTINATION
POUR INCITER AU DEVELOPPEMENT DU TRAFIC ET A UNE
MEILLEURE UTILISATION DES INFRASTRUCTURES
Les modalités de conditions et de calcul de l’abattement sont détaillées ci-après :
Modalités d’attribution :
Pour les transporteurs aériens éligibles, la réduction de la redevance par passager au titre
des passagers origine/destination consentie au titre de l’année de référence sur laquelle les
conditions sont remplies est calculée à la fin de l’année de référence considérée et attribuée
sous la forme d’un avoir valable au titre de la redevance passager de l’année de référence
suivante pour ce même transporteur aérien.
La période tarifaire n (1er avril n – 31 mars n+1) est considérée comme période de référence.
Conditions d’attribution :
Le transporteur aérien bénéficiant de l’abattement est celui bénéficiant du créneau horaire lui
permettant d’assurer l’exploitation commerciale du vol.
Seul le trafic vers des destinations éligibles peut bénéficier de l’abattement. Une destination
(code aéroport) est éligible si elle vérifie la condition suivante :
- La croissance du trafic de passagers origine/destination au départ de l’ensemble constitué des plates-formes de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly vers cette destination est
supérieure au double de l’évolution moyenne retenue dans le scénario central du CRE
(soit +5%).
Pour bénéficier de l’abattement au titre de l’année de référence n sur une destination éligible,
un transporteur aérien doit vérifier les conditions cumulatives suivantes :
i. Trafic de passagers origine/destination au départ du transporteur aérien sur l’ensemble constitué par les plates-formes de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly
supérieur à 10 000 passagers1 au titre de l’année de référence n.
1
Passagers facturés dans le cadre de la redevance par passager hors correspondance.
ii. Trafic de passagers origine/destination au départ du transporteur aérien en croissance sur
la destination éligible et sur l’ensemble constitué par les plates-formes de Paris-Charles de
Gaulle et Paris-Orly entre la période de référence n-1 et n.
iii. La croissance du trafic du transporteur aérien éligible ne doit pas résulter du rachat ou
de la fusion de deux transporteurs aériens (fin d’exploitation d’un transporteur aérien sur
les plates-formes d’ADP, dont le trafic serait transféré ou repris par un autre transporteur
aérien). Dans ce cas, l’année de l’opération, les calculs sont appliqués sur l’ensemble
constitué des deux transporteurs aériens.
iv. L’abattement ne s’applique qu’au titre de l’année de référence durant laquelle l’augmentation de trafic serait constatée.
v. La somme des abattements accordés toutes compagnies confondues et toutes destinations confondues ne pouvant pas dépasser le plafond fixé à 5,0 millions d’Euros2015 par
an, cette enveloppe maximale progressant chaque année comme l’évolution moyenne en
prix des redevances incluses dans le CRE, la répartition entre les compagnies éligibles se
fait au prorata du montant non plafonné dans le cas où l’enveloppe maximale est atteinte.
Modalités de calcul de l’abattement :
Pour un transporteur aérien réunissant les conditions précédentes, le montant de l’abattement sur la redevance par passager attribué à ce transporteur aérien est calculé comme suit :
Pour la part variable :
i. Trafic de passagers en correspondance au départ du transporteur aérien en croissance sur
l’ensemble constitué par les plates-formes de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly entre
la période de référence n-1 et n.
ii. La croissance du trafic du transporteur aérien éligible ne doit pas résulter du rachat ou
de la fusion de deux transporteurs aériens (fin d’exploitation d’un transporteur aérien sur
les plates-formes d’ADP, dont le trafic serait transféré ou repris par un autre transporteur
aérien). Dans ce cas, l’année de l’opération, les calculs sont appliqués sur l’ensemble
constitué des deux transporteurs aériens.
iii. L’abattement ne s’applique qu’au titre de l’année de référence n durant laquelle le trafic et
son augmentation seraient constatés.
Modalités de calcul de l’abattement :
Pour un transporteur aérien réunissant les conditions précédentes, le montant de l’abattement sur la redevance par passager attribué à ce transporteur aérien est calculé comme
suit :
i. Si le montant total des abattements calculés pour l’ensemble des transporteurs aériens
éligibles est inférieur à 5M€2015 (montant indexé annuellement, conformément aux dispositions du CRE ; le plafond total des abattements applicable au titre de la période tarifaire
2019 étant précisé au (iv)), alors le transporteur aérien bénéficie d’un abattement sur la
redevance par passager égal à :
Abattement (n,Cie) = Minimum ( Nb Passagers en correspondance (n,Cie) x 0,2€ + Nb
Passagers en correspondance>0% (n,Cie) x 5€ ; 30% x RedPaxCorr (n,Cie) )
Avec :
“Abattement (n,Cie)” = abattement accordé à la compagnie au titre de la modulation de la
redevance par passager pour sa part assise sur les passagers en correspondance ;
“Nb Passagers en correspondance (n,Cie)” = nombre de passagers en correspondance du
transporteur aérien sur l’année de référence n ;
“Nb Passagers en correspondance>0% (n,Cie)” = nombre de passagers départ du transporteur aérien sur l’année de référence n en croissance par rapport au trafic du transporteur
aérien sur l’année de référence n-1 (étant entendu que ce nombre est positif) ;
“RedPaxCorr (n,Cie)” = Redevance par passager pour sa part assise sur les passagers en
correspondance correspondant à l’activité de la compagnie sur la période de référence n.
ii. Le montant de l’abattement calculé ne pourra dépasser pour chaque transporteur aérien
30% du produit de la redevance par passager au titre des passagers en correspondance
et relative à l’activité de ce transporteur.
iii. Si le montant total des abattements calculés pour l’ensemble des transporteurs aériens
éligibles est supérieur à 5 M€2015 (montant indexé annuellement, conformément aux dispositions du CRE ; le plafond total des abattements applicable au titre de la période tarifaire
2019 étant précisé au (iv)), alors chaque transporteur aérien éligible bénéficiera d’un abattement calculé sur la base d’un prorata du plafond. Ce prorata s’effectuera sur la part
variable et sera calculé à la fin de l’année de référence n.
iv. Au titre de la période tarifaire 2019, le plafond total des abattements applicable sera de
5.307.566,81€.
4. Redevance pour mise à disposition de banques d’enregistrement et d’embarquement et traitement des bagages locaux sur les aéroports de Paris - Orly et de Paris
– Charles de Gaulle
Les tarifs de la redevance pour l’usage des banques d’enregistrement et d’embarquement et
traitement des bagages locaux sont composés d’une part fixe dont l’assiette est la banque
d’enregistrement ou la borne libre-service utilisée et d’une part variable dont l’assiette est le
passager à l’embarquement hors correspondance. La définition des passagers en correspondance est la même que celle applicable pour la redevance par passager (art. 2 de l’arrêté
du 26 février 1981 modifié).
◆ pour les aéroports Paris - Orly et Paris-Charles de Gaulle :
Avec :
“Nb Passagers(n,Dest) >5%” = Nombre de passagers origine/destination au départ de l’ensemble constitué des plates-formes de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly vers la destination dépassant le seuil de croissance de 5% par rapport à l’année de référence n-1
“Nb Passagers (n,Dest)” = nombre de passagers origine/destination au départ sur la destination tous transporteurs aériens confondus sur l’année de référence n.
ii. Calcul de l’abattement sur la destination :
Part fixe
Comptoirs d’enregistrement
- tarif annuel par comptoir d’enregistrement
- tarif horaire (par heure d’affectation d’une banque d’enregistrement)
Bornes d’enregistrement libre-service:
- tarif annuel par borne
- tarif trimestriel par borne
Tarifs en €
hors taxes
14 674,50
5,30
3 605,00
901,25
Abattement (n,Dest) = 30% * TarifRedevancePax(n,Dest) * Nb Passagers (n,Dest) >5%
Avec :
“Abattement (n,Dest)” = abattement distribuable relatif à la destination Dest
“TarifRedevancePax(n,Dest)” = Tarif de la redevance par passager hors correspondance sur
la destination
Abattement (n,Dest,Cie) = Minimum (Abattement (n,Dest) * Nb Passagers(n,Dest,Cie)
> 0% / ∑ Nb Passagers (n,Dest,Cie) > 0% ; 30% * TarifRedevancePax (n,Dest) * Nb
Passagers (n,Dest,Cie) > 0% )
Modalités de calcul de l’abattement :
Pour un transporteur aérien réunissant les conditions précédentes, le montant de l’abattement sur la redevance de stationnement attribué à ce transporteur aérien est calculé comme
suit :
Avec :
“Nb Passagers(n,Dest,Cie)>0%” = nombre de passagers origine/destination du transporteur
aérien sur la période de référence n vers la destination Dest en croissance par rapport à
l’année de référence n-1;
“∑ Nb Passagers(n,Dest,Cie)>0%” = Somme des passagers origine/destination (tous transporteurs aériens confondus) vers la destination Dest en croissance entre les années de
référence n et n-1
Avec :
“PartFixe < 45min (n,Cie)” = Part fixe relative aux stationnements éligibles
“PartVarContact < 45min (n,Cie)” = Part variable au contact relative aux stationnements
éligibles
“RedSta(n,Cie)” = produit de la redevance de stationnement correspondant à l’activité
globale du transporteur.
Pour la part fixe et la part variable :
- Trafic de passagers départ en correspondance du transporteur aérien sur l’ensemble
constitué par les plates-formes de Paris-Charles de Gaulle et Paris- Orly supérieur à :
- 750 passagers en correspondance par trimestre pour la part fixe ;
- 3000 passagers en correspondance pour la part variable au titre de l’année de référence n.
Nb passagers (n,Dest) > 5% soit (Nb Passagers (n,Dest) – 105% x Nb Passagers
(n-1,Dest) > 0
Seuls les stationnements intégralement au contact en journée de moins de 45 minutes du
transporteur aérien bénéficient de l’abattement sur la facture totale au contact (part fixe et
part variable) relative à ce stationnement.
Abattement (n, Cie) = Minimum (50% x (PartFixe < 45min (n,Cie) + PartVarContact
< 45mn (n,Cie) ; 30% RedSta (n,Cie))
Pour bénéficier de l’abattement au titre de l’année de référence n, un transporteur aérien doit
vérifier les conditions cumulatives suivantes :
i. Une destination est éligible si :
iii. Distribution de l’abattement aux compagnies au prorata de leur participation à la croissance. Pour un transporteur aérien réunissant les conditions précédentes, le montant de
l’abattement sur la redevance par passager attribué à ce transporteur aérien sur la destination éligible est calculé comme suit :
ii. Si le montant total des abattements calculés pour l’ensemble des transporteurs aériens
éligibles est inférieur à 5 M€2015 (montant indexé annuellement, conformément aux dispositions du CRE ; le plafond total des abattements applicable au titre de la période tarifaire
2019 étant précisé au (v)), alors le transporteur aérien bénéficie d’un abattement sur la
redevance de stationnement égal à :
Conditions d’attribution :
Le transporteur aérien bénéficiant de l’abattement est celui bénéficiant du créneau horaire lui
permettant d’assurer l’exploitation commerciale du vol.
Le redevable de la part fixe est le transporteur aérien ou le prestataire d’assistance en
escale utilisateur de la banque d’enregistrement. Le tarif annuel de la part fixe constitue un
forfait annuel pour chaque banque d’enregistrement louée à l’année. Il est applicable prorata
temporis en cas de location pour une saison aéronautique entière. Le tarif horaire s’applique
dans le cas d’une utilisation ponctuelle d’une banque d’enregistrement.
Conditions d’attribution :
Le transporteur aérien bénéficiant de l’abattement est celui bénéficiant du créneau horaire lui
permettant d’assurer l’exploitation commerciale du vol.
i. Un stationnement est éligible si :
- Il s’agit d’un stationnement au contact en journée (entre 07:00 et 23:00, heure locale) ;
- Le stationnement est d’une durée inférieure ou égale à 45 minutes ;
- L’aéronef a effectué un débarquement et un embarquement au contact dans le respect de
cette durée.
Modalités d’attribution :
Pour les transporteurs aériens éligibles, la réduction de la redevance par passager consentie
au titre de l’année de référence sur laquelle les conditions seraient remplies est calculée à la
fin de chaque trimestre pour la part fixe et à la fin de l’année de référence considérée pour
la part variable.
Ces réductions sont attribuées sous la forme d’un avoir valable au titre de la redevance par
passager de la période suivante.
La période tarifaire n (1er avril n – 31 mars n+1) est considérée comme période de référence.
iv. Le montant de l’abattement calculé ne pourra dépasser pour chaque transporteur aérien
30% du produit de la redevance par passager pour sa part assise sur le passager “origine/
destination” et correspondant à l’activité de ce transporteur aérien.
v. Si le montant total des abattements calculés pour l’ensemble des transporteurs aériens
éligibles, sur l’ensemble des destinations éligibles, est inférieur à 5 M€2015 (montant indexé
annuellement, conformément aux dispositions du CRE ; le plafond total des abattements
applicable au titre de la période tarifaire 2019 étant précisé au (vii)), alors le transporteur
aérien bénéficie d’un abattement sur la redevance par passager égal à la somme des
abattements calculés sur chaque destination éligible :
Abattement (n,Cie) = Somme (Abattement(Dest,Cie))
vi. Si le montant total des abattements calculés pour l’ensemble des transporteurs aériens
éligibles est supérieur à 5 M€2015 (montant indexé annuellement, conformément aux
dispositions du CRE ; le plafond total des abattements applicable au titre de la période
tarifaire 2019 étant précisé au (vii)), alors chaque transporteur aérien éligible bénéficiera
d’un abattement calculé au prorata du calcul du montant hors plafonnement.
iii. L’abattement total d’une compagnie au titre de la période considérée ne pourra dépasser
30% du produit de la redevance de stationnement correspondant à son activité globale
sur cette même période.
vii. Au titre de la période tarifaire 2019, le plafond total des abattements applicable sera de
5.307.566,81€.
iv. Si le montant total des abattements calculés pour l’ensemble des transporteurs aériens
éligibles est supérieur à 5 M€2015 (montant indexé annuellement, conformément aux dispositions du CRE ; le plafond total des abattements applicable au titre de la période tarifaire
2019 étant précisé au (v)), alors chaque transporteur aérien éligible bénéficiera d’un abattement calculé sur la base d’un prorata du plafond.
MODULATION DE LA REDEVANCE PAR PASSAGER LIE AU PASSAGER EN CORRESPONDANCE POUR INCITER AU DEVELOPPEMENT DU TRAFIC ET A UNE MEILLEURE
UTILISATION DES INFRASTRUCTURES
Les modalités de conditions et de calcul de l’abattement sont détaillées ci-après :
Le redevable de la part variable est le transporteur aérien. Le tarif de la part variable est
différencié selon les destinations des passagers classées en deux catégories :
- trafic national, Union européenne, Espace économique européen, Suisse, Départements
et Collectivités d’Outre-Mer,
- trafic international autre que celui mentionné précédemment.
◆ pour l’aéroport Paris - Orly :
Part variable
- trafic national, Union Européenne, EEE, Suisse, Dom/Com
- autre trafic international
Tarifs en €
hors taxes
0,553
1,664
◆ pour l’aéroport Paris – Charles de Gaulle :
Part variable
- trafic national, Union Européenne, EEE, Suisse, Dom/Com
- autre trafic international
Tarifs en €
hors taxes
1,259
3,786
5. Redevance pour mise à disposition des installations de traitement des bagages en
correspondance de l’aéroport Paris – Charles de Gaulle
La redevance correspond à la mise à disposition des installations de traitement des bagages
en correspondance de l’aéroport Paris - Charles-de-Gaulle. Le tarif, dont le redevable est le
transporteur aérien, est fixé à 3,94 € hors taxes par passager en correspondance embarqué.
La définition des passagers en correspondance est la même que celle applicable pour la
redevance par passager (art. 2 de l’arrêté du 26 février 1981 modifié).
6. Redevance informatique d’enregistrement et d’embarquement (système CREWS)
pour les aéroports de Paris - Orly et de Paris – Charles de Gaulle
Le système CREWS permet d’effectuer les opérations d’enregistrement et d’embarquement
des passagers en autorisant l’accès au système informatique opérationnel des compagnies
aériennes.
Cette redevance, dont le redevable est le transporteur aérien, est assise sur le nombre de
passagers au départ des terminaux ou des parties de terminaux équipés, avec une différenciation entre les passagers hors correspondance et les passagers en correspondance, selon
les modalités suivantes :
- 0,141 € par passager hors correspondance ;
- 0,042 € par passager en correspondance.
7. Redevance pour mise à disposition des installations fixes de fourniture d’énergie
électrique pour les aéronefs sur les aéroports Paris – Charles de Gaulle et Paris –
Orly
La redevance correspond à la mise à disposition des installations fixes de fourniture d’énergie électrique pour les aéronefs. L’assiette est la touchée arrivée et départ. Les tarifs sont
fonction de l’alimentation électrique du poste de stationnement (400 Hz ou 50 Hz), et de
la catégorie de besoin énergétique de l’aéronef notamment fonction de ses équipements
techniques (nombre de prises).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
La guerre des prix secoue les
compagnies low cost en Europe
Nouveau défi
aéroportuaire pour
Nantes Atlantique
AÉRIEN
L’Etat veut avancer
rapidement sur
l’aménagement
de l’actuelle
plate-forme.
Mais la contestation
s’installe, là aussi.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Ryanair et ses concurrents low cost se livrent à une guerre des promotions pour remplir leurs avions cet hiver. Photo Shutterstock
AÉRIEN
Ryanair a encore revu
à la baisse ses prévisions de bénéfices.
Il s’attend à une baisse
des tarifs aériens
de 7 % cet hiver, qui
pourrait accélérer la
disparition des compagnies les plus faibles.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Le coup de froid attendu cet hiver
sur le transport aérien européen se
confirme. Aux incertitudes liées au
Brexit s’ajoute une guerre des prix
plus virulente que prévu sur les
lignes intra-européennes. Les premières concernées par cette baisse
des prix sont les grandes compagnies low cost européennes, Ryanair et easyJet, dont l’essentiel du
trafic est intra-européen. Pour la
deuxième fois en quatre mois, le
champion irlandais a dû revoir à la
baisse ses prévisions de bénéfices
pour l’exercice 2018-2019, clôturé
fin mars. Il devrait se situer entre 1
et 1,1 milliard d’euros, contre de 1,1 à
1,2 milliard prévu précédemment,
et même 1,35 milliard en début
d’exercice.
Hausse du trafic
En septembre dernier, à la présentation de ses résultats semestriels,
la compagnie dirigée par Michael
O’Leary avait incriminé les grèves
de pilotes et la hausse du prix du
carburant pour expliquer une première révision à la baisse de ses
objectifs. Son bénéfice avait baissé
de 7 % cet été. Mais cette fois, le premier transporteur aérien européen
en nombre de passagers (139,2 millions en 2018) met en avant la baisse
des tarifs aériens durant la saison
d’hiver. Elle pourrait atteindre 7 %,
au lieu des 2 % prévus initialement.
Ces prévisions ont fait trébucher
le titre Ryanair, en baisse de 1,76 % à
mi-séance vendredi, mais aussi
celui de son concurrent anglais,
easyJet. Celui-ci ne devrait pas être
épargné par le phénomène. Fin
novembre, easyJet avait également
indiqué prévoir une baisse de 1 à
5 % de son revenu moyen par siège
sur le premier semestre de son
exercice. Les cours d’IAG (British
Airways, Iberia, Vueling) et du
groupe Lufthansa sont également
affectés.
Toutefois, cette baisse des tarifs
a des avantages. En profitant
aux consommateurs, elle dope la
croissance du trafic. Ce qui permet
à Ryanair de revoir à la hausse sa
142
MILLIONS DE PASSAGERS
La prévision du nombre
de passagers transportés
par Ryanair entre avril 2018
et mars 2019, soit une hausse
de 9 % sur un an.
prévision du nombre de passagers
transportés pour l’exercice en
cours. Il devrait atteindre 142 millions entre avril 2018 et fin
mars 2019, soit une hausse de 9 %
sur un an, toujours très supérieure
à la croissance moyenne du trafic
aérien européen. Les recettes
annexes, tirées de la vente de prestations complémentaires aux
billets d’avion, continuent également de progresser.
Par ailleurs, comme le souligne
Michael O’Leary, la guerre des prix
pourrait être « bonne à moyen
et long terme » pour Ryanair, en
contribuant à éliminer les concurrents les plus fragiles. Le bouillant
patron irlandais évoque notamment le cas de Norwegian, qui vient
d’annoncer la fermeture de ses
bases de Rome, Tenerife et Palma,
mais aussi de l’islandais Wow Air,
du britannique Flybe et de l’allemand Germania, tous trois en
quête d’un repreneur.
(
Lire également « Crible »
Page 40
Fest-noz, banquet, marche nocturne… Le premier anniversaire
de la fin du projet d’aéroport,
jeudi, a été dûment célébré sur la
ZAD de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes. Depuis,
l’ambiance électrique qui avait
précédé cette décision s’est pacifiée. En décembre, l’Etat a signé
un protocole de rétrocession de
895 hectares de terre au Conseil
départemental de Loire-Atlantique. Ils sont exploités par une
quarantaine d’agriculteurs dans
le cadre de conventions d’occupation temporaire. 140 autres
hectares sont mis à disposition
de 15 porteurs de projet issus de
la ZAD. 70 hectares restent
encore occupés sans convention et font l’objet de conflit
d’usage. « Mais nous sommes
dans une logique d’apaisement »,
assure le président du département, Philippe Grosvalet.
Le nouvel enjeu est la mise à
niveau de l’actuel aéroport Nantes Atlantique, au sud de la ville.
Les investissements y avaient
été limités au minimum en vue
d’un déménagement. Selon les
services de l’Etat, il en coûtera de
500 à 600 millions d’euros, soit
l’équivalent de ce qui était
annoncé pour Notre-Dame-desLandes. A cel a s’ajo u t era
l’indemnisation de Vinci, en
cours de négociation.
Aux festivités de la ZAD, les
riverains de Nantes Atlantique
ont répondu samedi par un
défilé de protestation dans le
centre-ville, furieux de devoir
supporter « un avion au-dessus
de chez eux toutes les trois minutes ». Car la croissance du trafic
se poursuit à vive allure, à 12,9 %
l’an dernier, portant le trafic à
6,2 millions de passagers. Dans
le même temps, l’aéroport de
Rennes, également géré par
Vinci Airports, progressait de
18,2 %, à 856.000 passagers,
sachant que Notre-Dame-desLandes avait pour vocation de
desservir les deux capitales
régionales.
Concertation à venir
L’objectif des travaux est de porter en 2025 Nantes Atlantique à
une capacité de 9 millions de
passagers, avec un potentiel
d’agrandissement à 15 millions.
Selon le préfet de Loire-Atlantique, Claude d’Harcourt, l’ouverture de la concertation pour le
choix des hypothèses d’aménagement est programmée en
mars ou avril. Elle sera menée
par la Commission nationale du
débat public (CNDP). Au préalable, le dossier contenant les
« ingrédients du débat » sera
soumis à l’Autorité environnementale (AE). On parle là
d’orientation et de longueur de
la piste, d’une deuxième aérogare ou de capacités de parkings, point crucial.
Le montant de la prise en
charge des travaux et des
indemnisations des communes
et des habitants survolés dans le
cadre du plan de gêne sonore
(PGS) fera aussi l’objet d’un
débat. Un fonds de compensation a été créé, comme à Roissy,
pour abonder le dispositif
d’indemnisation de droit commun. Fixé pour l’instant à
20 millions d’euros, il devrait
être revu à la hausse, les collectivités exigeant de 70 à 120 millions d’euros. A l’issue de ces
deux mois, l’extension de l’aéroport sera soumise à appel
d’offres. Le nouveau concessionnaire devrait être choisi en 2021.
Vinci reste sur les rangs. n
« Nous sommes
dans une logique
d’apaisement. »
PHILIPPE GROSVALET
Président du Conseil
départemental
de la Loire-Atlantique
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Catégorie
et équipements
des aéronefs
Catégorie 1 (1 prise)
Catégorie 2 (2 prises)
Catégorie 3 (à partir de 3 prises)
Poste avion 400HZ
Par touchée
arrivée et départ
17,24€
46,72€
101,60€
Poste avion 50HZ
Par touchée
arrivée et départ
8,62€
23,36€
50,80€
8. Redevance pour mise à disposition des installations pour le dégivrage des avions
sur l’aéroport de Paris – Charles de Gaulle
Les tarifs de la redevance pour mise à disposition des installations pour le dégivrage sur l’aéroport de Paris - Charles de Gaulle, dont le redevable est le transporteur aérien, comprennent
deux parties :
a. une part fixe dont le montant est dû pour chaque atterrissage entre le 15 octobre 2019 et le
15 mai 2020. Ce tarif est affecté d’un coefficient variant de 1 à 5 selon la classe UD (unité
de dégivrage) de laquelle relève l’aéronef objet de la prestation de dégivrage.
b. une part variable, due pour chaque opération de dégivrage effectuée entre le 1er octobre
2019 et le 31 mai 2020.
Les tarifs sont applicables à compter du 15 octobre 2019 pour la part fixe et à compter du
1er octobre 2019 pour la part variable. Jusqu’à ces dates, les tarifs antérieurement applicables
de la part variable et de la part fixe restent en vigueur.
avions de classe 1
avions de classe 2
avions de classe 3
avions de classe 4
avions de classe 5
Part fixe
en € hors taxes
37,22
74,44
111,66
148,88
186,10
Part variable
en € hors taxes
1 217,79
2 435,58
3 653,37
4 871,16
6 088,95
Table de référence des types avions
Classe
UD 1
Type
avion
SWM
H25
EM2
SF3
SH3
SH6
DFL
EM4
DH8
AT4
ATR
CRJ
CR1
AT5
AT4
S00
Classe
UD 2
Surface Type
Alaire
avion
25,8
731
34,8
733
39,4
734
41,8
735
42,1
737
42,1
73A
46,8
732
51
D92
54,4
D93
54,5
D94
54,5
D95
54,5
D98
54,5
B14
54,5
100
54,5
F70
55,7
B11
Classe
UD 3
Surface Type
Alaire
avion
91
T5B
91
TU5
91
310
91
312
91
A31
91
114
91
AB2
93
AB3
93
AB4
93
AB6
93
VCS
93
D85
93,2
DC8
93,5
D70
93,5
D87
95,8
D8L
Classe
UD 4
Surface Type
Alaire
avion
201,5
ILW
201,5
L10
219
L12
219
787
219
D11
260
L15
260
D14
260
M11
260
SSC
260
330
260
340
267,9
D10
267,9
777
271,9
747
271,9
744
271,9
74F
Classe
UD 5
Surface Type
Alaire
avion
320
380
321
321
325
328,8
329
338,9
339,3
358,3
361,6
361,6
367,7
427,8
512
524,9
541,2
Surface
Alaire
845
Classe
UD 1
Type
avion
DHT
AT7
F27
FKF
F50
F28
FJF
14F
146
142
AR8
DH7
CVR
D91
DC3
NDC
Classe
UD 2
Surface Type
Alaire
avion
56,2
B15
60
DAM
70
M80
70
319
70
320
76,4
321
76,4
T3B
77,3
TU3
77,3
TRD
77,3
CRS
77,3
CRV
79,9
72F
85,5
73S
86,8
721
90
727
90
72S
752
757
Classe
UD 3
Surface Type
Surface
Alaire
avion
Alaire
95,8
D8M
271,9
116
D8A
271,9
118
IL6
279,6
122,4
762
283,3
123
763
283,3
123
767
283,3
127,3
707
283,4
127,3
138,7
146,7
146,7
153
154
157,9
157,9
157,9
185,3
185,3
Classe
UD 4
Type
Surface
avion
Alaire
741
541,2
742
541,2
743
541,2
74B
541,2
74C
541,2
74D
541,2
74L
541,2
Classe
UD 5
Type
avion
Surface
Alaire
9. Redevance d’assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite.
La redevance est assise sur le nombre total de passagers embarqués sur les aéroports de
Paris – Charles de Gaulle et de Paris - Orly, aux seules exceptions mentionnées à l’article 6
de l’arrêté du 26 février 1981 réglementant les conditions d’établissement et de perception
des redevances d’usage des installations aménagées pour la réception des passagers et des
marchandises sur les aéroports de France métropolitaine et d’Outre-Mer.
Les tarifs de la redevance d’assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite font
l’objet d’une modulation tarifaire en fonction du taux de signalement avec un préavis d’au
moins 36h des compagnies aériennes.
- Définition du signalement :
Le signalement est le fait pour une compagnie de signaler avec un préavis d’au moins 36h avant
l’heure de départ du vol la venue d’un passager handicapé ou à mobilité réduite au départ, à
l’arrivée ou en correspondance selon la procédure mise en place par Aéroports de Paris.
Une prestation sera considérée comme signalée si elle fait l’objet d’un message de signalement, dont l’écart entre la date de réception et la date et l’heure prévue de départ du vol sur
Paris sera d’au moins 36h.
- Détermination du taux de signalement :
Le taux de signalement est déterminé selon la formule suivante :
Nombre de prestations signalées avant 36h / Nombre de prestations commandées et validées avec :
- Le nombre de prestations réalisées retenu sera celui des prestations commandés et validées par ADP ;
- Une prestation sera considérée comme signalée si elle fait l’objet d’un message de signalement, dont l’écart entre la date de réception et la date prévue d’arrivée/départ du vol sur
Paris sera d’au moins 36h ;
- Le rapprochement du nombre de prestations signalées au plus tard 36h avant le vol au
nombre de prestations commandés et validées sera effectué vol à vol et de manière non
nominative.
Modalités de mise en œuvre envisagées :
- Les éléments pris en compte dans le calcul des taux de signalement sur Paris-Orly et ParisCharles de Gaulle seront basés sur la période d’octobre 2017 à septembre 2018 ;
- Ils s’appuieront d’octobre n-1 à septembre n pour les périodes tarifaires ultérieures ;
- Les compagnies ayant un nombre de prestations PHMR inférieur à 50 par an sur la période
de calcul des taux de signalement ou débutant leurs opérations à partir du 1er octobre n-1
se verront facturer le tarif correspondant à la catégorie 2.
◆ pour l’aéroport de Paris-Orly
Catégories tarifaires
Taux de signalement de la compagnie
Catégorie 1
Catégorie 2
Catégorie 3
≥ 63%
≥ 58% et < 63%
< 58%
Tarifs en €
hors taxes
0,76 €
0,91 €
1,09 €
◆ pour l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle
Catégories tarifaires
Taux de signalement de la compagnie
Catégorie 1
Catégorie 2
Catégorie 3
≥ 65%
≥ 60% et < 65%
< 60%
Tarifs en €
hors taxes
1,23 €
1,46 €
1,78 €
10. Redevance de titre de circulation aéroportuaire des aéroports de Paris – Charles de
Gaulle, Paris - Orly et Paris - Le Bourget
La redevance est due par les entreprises ou organismes employant les personnes visées à
l’article L. 6342-2 du code des transports. Elle est payée pour chaque dépôt d’un dossier de
demande de titre de circulation aéroportuaire visé à l’article R. 213-3-3 du code de l’aviation
civile, auprès des services d’Aéroports de Paris. En cas de refus par l’Etat de l’habilitation de
la personne concernée prévue au I de l’article R. 213-3-1 du code de l’aviation civile, elle fait
l’objet d’un remboursement ou d’un avoir.
Le tarif de la redevance de titre de circulation aéroportuaire des aéroports de Paris-Charles
de Gaulle, Paris - Orly et Paris - Le Bourget est fixé à 61,85 € hors taxes.
11. Redevance pour les services d’eau et vidanges des avions (dilacération).
Le tarif de la redevance de dilacération, due par le transporteur ou le prestataire d’assistance
en escale, est le suivant :
◆ pour l’aéroport de Paris - Orly :
Tarifs (en euros HT)
Redevance de dilacération
73,11 euros par passage de camion de vidange
La redevance est due par les prestataires d’assistance en escale.
◆ pour l’aéroport de Paris – Charles de Gaulle :
Tarifs (en euros HT)
Redevance de dilacération
48,06 euros par passage de camion de vidange
La redevance est due par le transporteur aérien ou, le cas échéant, par son prestataire
d’assistance en escale.
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24 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
Engie sur le point de céder
ses centrales à charbon en Europe
groupe s’était engagé à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon, il avait explicitement exclu les
contrats déjà signés pour des projets au Chili, au Brésil et au Maroc.
Ces sites font toujours partie du
périmètre.
ÉNERGIE
L’énergéticien français
parachève sa sortie
du charbon en vendant
2,3 gigawatts de capacités de génération
d’électricité en Allemagne et aux Pays-Bas
au fonds Riverstone.
Les ONG demandent
la fermeture des centrales
Vincent Collen
@VincentCollen
Engie n’aura bientôt presque plus de
centrales à charbon en Europe.
L’énergéticien français devrait
annoncer dans les prochains
jours la vente de ses capacités
de génération d’électricité à partir de
charbon en Allemagne et aux PaysBas. C’est le fonds américain Riverstone Holdings qui reprendrait les
actifs, ont confié des sources au fait
du dossier, confirmant une information de Bloomberg. Le montant
de la transaction s’élèverait à
250 millions d’euros.
Sont concernées trois centrales
allemandes situées à Wilhelmshaven (Basse-Saxe), à Zolling (Bavière)
et à Farge (Brême) et une aux PaysBas, à Rotterdam. Au total, Engie va
se délester de 2,3 gigawatts de capacités de génération, soit environ 2 %
du total du groupe. L’opération
intervient alors que la directrice
La filière du
recyclage et
l’Etat veulent
mieux gérer
les déchets
La centrale allemande de Wilhelmshaven, qu’Engie détient à 52 %, fait partie des actifs sur le point
d’être vendus. Alamy Stock
générale, Isabelle Kocher, doit présenter fin février sa feuille de route
pour les années à venir.
250
Des exceptions de taille
MILLIONS D’EUROS
Le montant des actifs de
l’énergéticien français qui
seraient repris par l’américain
Riverstone Holdings.
Ni Engie ni Riverstone n’ont voulu
faire de commentaire, mais la cession n’est pas une surprise. Le
groupe français était en négociations depuis de long mois avec
Riverstone ainsi qu’avec l’allemand
RWE et le tchèque EPH. Engie
a annoncé, il y a trois ans, qu’il
sortirait du charbon pour se
concentrer sur la production d’électricité moins polluante à partir
de gaz, de nucléaire et d’énergies
renouvelables. Les cessions ou fermetures de sites se sont enchaînées
ces dernières années aux EtatsUnis, en Australie, en Indonésie ou
encore en Pologne.
Après la transaction avec Riverstone et la cession, imminente elle
aussi, d’actifs en Thaïlande, le plan
de sortie du charbon sera pratiquement achevé. Avec quelques exceptions de taille. En 2015, lorsque le
Les associations de défense de
l’environnement dénoncent la stratégie d’Engie. Les Amis de la Terre
d e m a n d e n t à l ’é n e rg é t i c i e n
français de « fermer ces centrales
au lieu de revendre le problème
au plus offrant ». « Comme pour
les centrales d’Uniper en France
vendues à EPH, ces types de cessions,
qui se multiplient, encouragent le
décalage de la fermeture des sites car
les repreneurs cherchent à maximiser leur investissement », estime
Cécile Marchand, chargée de campagne pour cette ONG.
Les Amis de la Terre « en appellent à la responsabilité du gouvernement français », actionnaire de référence d’Engie. « Si le gouvernement
Macron souhaite vraiment, comme
il le clame, accélérer la sortie du charbon dans le monde et particulièrement en Europe, il doit empêcher ces
reventes et sécuriser la fermeture de
ces centrales », poursuit Cécile Marchand. Les Pays-Bas ont annoncé la
sortie du charbon d’ici à 2030,
mais l’Allemagne n’a pas encore
tranché la question. n
Tesla va encore réduire
ses effectifs
ENVIRONNEMENT
Le contrat stratégique dont vient
de se doter la filière
fixe six actions,
mais pas les moyens
de les atteindre.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
« Il ne faut pas opposer la fin du
monde et la fin du mois. » Ce bon
mot repris par le président du
comité stratégique de la filière de
gestion des déchets et patron de
Suez, Jean-Louis Chaussade,
signifiant que « gilets jaunes » et
écologie sont conciliables, a été à
peu près la seule occasion où les
représentants du recyclage et
ceux de l’Etat ont parlé argent,
lors de la signature, vendredi,
d’un contrat stratégique de
filière, sous l’égide des secrétaires d’Etat aux Finances, Agnès
Pannier-Runacher, et à la Transition écologique, Brune Poirson.
Afin de réduire de moitié les
déchets enfouis en 2025 et de
recycler 100 % des plastiques
(les deux objectifs du gouvernement), l’industrie du recyclage
e s t i m e q u’ i l f a u t i nve s t i r
4,5 milliards d’euros. Le contrat
fixe six actions, mais reste flou
sur les moyens. Ainsi, comment faire pour que le plastique
recyclé ne soit pas plus cher que
le plastique vierge quand le prix
du baril de pétrole est bas ?
L’Etat s’engage juste à « participer à […] l’évaluation des mécanismes économiques ».
AUTOMOBILE
Le constructeur
de voitures électriques
va se séparer
de 7 % de ses employés
pour améliorer
sa compétitivité.
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
Nouvelle cure d’amaigrissement
pour Tesla. Après avoir licencié 9 %
de ses employés au printemps, une
mesure qui avait été applaudie par
certains sur Twitter, le patron du
constructeur américain, Elon
Musk, a annoncé la suppression de
7 % de ses effectifs. Soit
3.150 emplois.
35.000 dollars. Ce véhicule doit permettre à Tesla d’entrer sur le marché grand public et prouver sa capacité à produire en grande quantité.
Deux ambitions affichées dès la
présentation du modèle, en
avril 2016. Depuis, la production du
véhicule a connu de nombreux
déboires. « L’année dernière a été la
plus difficile de l’histoire de Tesla »,
avoue Elon Musk. Toutefois, estime-t-il dans la même lettre, « 2018 a
également été l’année la plus fructueuse » pour la société.
Jeff Chiu/AP/Sipa
Contresens
Des mesures prises pour que ses
« voitures, batteries et produits solaires restent compétitifs sur le plan des
coûts », s’est justifié le constructeur
de voitures électriques. Dans une
lettre adressée à ses employés, Elon
Musk explique que « Tesla devra
procéder à ces réductions tout en augmentant le taux de production de la
Model 3 ». Mais aussi en « apportant
de nombreuses améliorations » au
processus de fabrication afin d’augmenter les volumes. Une nouvelle
très mal accueillie par les investisseurs. Vendredi, le titre Tesla a
chuté de près de 13 %.
Pour le dirigeant, il faut que
« Tesla réalise les économies d’échelle
nécessaires à la fabrication » de son
modèle le moins cher. A savoir la
Model 3, dotée d’une batterie standard pour une autonomie de
350 kilomètres, au prix catalogue de
Une fin d’année positive
Depuis le lancement de sa Model 3, la firme cherche à augmenter
sa cadence de production, notamment en l’automatisant.
Au troisième trimestre de l’an dernier, le constructeur a quasiment
doublé la production des Model 3.
Lors des trois mois suivants, Tesla a
livré « presque autant de voitures
que durant toute l’année 2017 ».
Mieux encore, ajoute-t-il, Tesla a
produit autant de véhicules en 2018
que sur l’ensemble des années précédentes réunies.
Tesla a ainsi pu dégager un bénéfice « minime » au troisième trimestre 2018. « Au quatrième trimestre,
les résultats préliminaires non audités indiquent que nous avons de nouveau réalisé un bénéfice », ajoute Elon
Musk, sans toutefois en préciser le
montant. Reste à voir si cela suffira à
rassurer les investisseurs. n
Quant à produire, avec les
déchets non recyclables, un
combustible alternatif dit
« CSR » (combustible solide de
récupération), celui-ci n’est utilisable que dans des chaudières
adaptées, pour le chauffage
urbain ou industriel. Or la
France n’a pas investi dans de
telles chaudières. Une autre
action prévue, à savoir internationaliser les fabricants français d’équipements de recyc l a g e , s e m b l e r e l e ve r d u
contresens. Le club des équipementiers du recyclage, créé l’an
dernier, a en effet expliqué à
Pollutec en novembre dernier
s’être constitué pour comprendre pourquoi ils vendent surtout à l’international et peinent
tant à décrocher des contrats
en France. n
Le futur de la finance à l’heure du digital et de la fintech :
nouvelles opportunités, nouveaux risques, nouveaux challenges
Christine Lagarde
Stefan Ingves
Carlos Torres Vila
Kathryn Petralia
Directrice Générale
Fonds Monétaire
International (US)
Gouverneur
Sveriges Riksbank (SE)
Président
Groupe BBVA (ES)
Présidente
Kabbage (US)
Modéré
par
LAURENT NIZRI
CEO Paris Fintech Forum
Un événement
avec
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 25
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
Le spectre de la déconsommation
plane sur les commerçants
l Les blocages des « gilets jaunes » cachent une tendance plus profonde.
l Procos, qui fédère 260 enseignes, note que la fréquentation des magasins
baisse depuis cinq ans en continu.
CONSOMMATION
Les fermetures
ne sont plus taboues
« Ce qui nous a surpris, explique
François Feijoo, c’est la courbe des
ventes des sites Internet de nos enseignes. Nous attendions une croissance
de 14 %, conforme aux prévisions de
la Fevad [la fédération de l’e-commerce, NDLR]. Les blocages auraient
même dû gonfler ce chiffre. Or la
hausse n’a été que de 8,9 % en décem-
E.Leclerc hausse le ton
sur le pouvoir d’achat
PUBLICITÉ
Philippe Bertrand
@Bertra1Philipe
« Nous craignons une forme de “suspension” de la consommation, un
changement d’état d’esprit des Français ». François Feijoo est le PDG
des chaussures Eram. Il préside
aussi Procos, une fédération de
260 enseignes qui ont pignon sur
rue et dans les centres commerciaux. Il se demande si la France
n’entre pas dans une ère de déconsommation.
Procos a publié vendredi son
bilan annuel. Sans surprise, les sept
samedis de blocage de la fin de
l’année ont tiré les chiffres d’affaires
vers le bas. Le baromètre des ventes
affichait –6,8 % en novembre et
–3,9 % en décembre. Le prêt-à-porter (–4,9 %), la chaussure (–4,5 %), la
beauté et la santé (–7,3 %) ont particulièrement souffert.
La fréquentation des magasins a
chuté de 3,1 % en décembre, notamment dans les villes de 500.000 à
1 million d’habitants, ces zones
d’activité d’où est parti le mouvement des « gilets jaunes », là où
ceux qui se rendent à leur travail en
voiture ont été pénalisés par la
hausse du diesel. La perte de clientèle a même atteint 26 % en novembre à Avignon Le Pontet, 18 % à Caen
Mondeville 2 ou à la mégapole commerciale de Plan de Campagne près
de Marseille.
marketing
Leclerc et son agence BETC
remettent l’accent
sur le pouvoir d’achat,
dans le contexte très
chahuté des Etats généraux
de l’alimentation.
Véronique Richebois
@VRichebois
bre. Il n’y a pas eu de report vers le
Net. » Selon nos informations, les
données que la Fevad publiera bientôt confirmeront que les Amazon et
consorts n’ont pas profité de la crise.
Les statistiques de Procos montrent autre chose. En décembre 2017 déjà, la fréquentation des
magasins avait baissé de 1,4 %. Le
mouvement est en réalité enclenché depuis cinq ans : –5,7 % en 2014,
–5,4 % en 2015, –6,6 % en 2016.
L’année 2017 a suscité l’espoir d’une
reprise avec un score de –2,5 %. 2018
a douché cette espérance.
Les commerçants ont demandé
aux propriétaires de centres commerciaux l’étalement du paiement
des loyers de novembre et décembre. Leur représentant demande
plus aux grandes foncières. « Le
commerce doit se transformer pour
garder ses clients. Cette transformation, qui implique par exemple la digitalisation des boutiques, est coûteuse.
Les loyers ne peuvent continuer à augmenter comme si de rien n’était »,
affirme le président de Procos. Il est
bien placé au sein du groupe Eram
pour savoir que les fermetures de
points de vente ne sont plus taboues.
Les Français achètent
de la meilleure qualité
« Le commerce doit
se transformer pour
garder ses clients.
Cette transformation,
qui implique par
exemple la
digitalisation des
boutiques, est
coûteuse. Les loyers
ne peuvent continuer
à augmenter comme
si de rien n’était »
FRANÇOIS FEIJOO
Président de Procos
et PDG des chaussures Eram
La tendance à la déconsommation
affecte-t-elle toutes les formes de
commerce ? L’institut Nielsen note
que le 31 décembre a été pour les
grandes surfaces alimentaires l’un
des meilleurs jours de vente des
deux dernières années avec 487 millions de chiffre d’affaires cumulé. La
société d’études IRI indique cependant que, sur l’ensemble de décembre, les ventes en volume des produits de grande consommation ont
reculé de 2,3 %, avec des baisses
encore plus forte pour le champagne et le saumon. L’année se termine
à – 0,8 % en nombre de produits vendus. Le chiffre d’affaires du secteur
progresse de 1,1 %. Les Français
achètent des produits de meilleure
qualité dans les hypers et les supermarchés. Les modes de consommation sont bien en train de changer. n
Michel-Edouard Leclerc contre-attaque en revenant au leitmotiv du « mouvement » lancé
depuis soixante-huit ans par
son père Edouard, chantre des
prix bas. Dans sa dernière campagne, signée par BETC (Havas),
le premier épicier de France
(21,1 % de part de marché contre
20,6 % à Carrefour en octobre 2018 et 15 % à Intermarché)
envoie un message limpide, diffusé au moyen… d’un simple et
banal ticket de caisse E.Leclerc.
Mais quel « média » plus efficace pour un distributeur ?
Andy Warhol aurait difficilement pu imaginer mieux. La
stratégie de E.Leclerc y est résumée en quelques lignes : « Ne
rien faire pour le pouvoir
d’achat, cela ne nous ressemblerait pas. En 2019, E.Leclerc
baisse les prix de 4.600 produits
Marque Repère, hors produits
ébranler la demeure de granit
tenue par MEL… mais presque.
Il est vrai que 2017-2018 a coïncidé aussi avec la période où
I n t e r m a r c h é , C a r r e f o u r,
Auchan, Lidl – devenu le premier annonceur français – se
sont réveillés de manière spectaculaire. Axant leur campagne
d e c o m m u n ic a t i o n s u r l e
« Mieux Manger » comme
Intermarché ou le « Act for
Food » de Carrefour. Tout en
multipliant les mégapromos, à
l’image du même Intermarché,
offrant 70 % de réduction sur le
Nutella et ses Pampers.
En octobre 2018, MichelEdouard Leclerc confiait alors
aux « Echos » : « Nous avons
sous-dimensionné notre dispositif promotionnel au moment des
Etats généraux de l’alimentation
[fin 2017, NDLR] car nous
voulions apparaître comme le
meilleur élève de la classe. » Le
mea culpa n’était pas que de
façade. L’ogre du marché avait
redressé la tête, enregistrant, fin
novembre 2018, une part de voix
publicitaire de 34,5 %, la plus
forte de tous les distributeurs. Et
voilà qu’avec sa nouvelle campagne signée BETC, MEL s’invite à
nouveau et de manière ostensible sur le terrain du pouvoir
d’achat. Lequel, depuis 1959
(date de la création de l’enseigne), constitue, de manière
Casino cède 6 hypermarchés à des adhérents E.Leclerc
Dans sa dernière campagne, signée par BETC, le premier
épicier de France a choisi un simple ticket de caisse. Photo BETC
La valorisation des murs
et du fonds dépasse
les 100 millions d’euros.
Casino a annoncé la vente
ou la fermeture
de 20 Géant. Au moins.
C’est une rareté qui illustre l’évolution du secteur. Casino a engagé la
cession de six de ses hypermarchés
Géant à des adhérents E.Leclerc. Des
promesses de vente ont été signées.
La valeur des murs et des fonds de
commerce est au total de 100,5 millions d’euros, indique le communiqué publié samedi. Quatre magasins
sont implantés dans des villes
moyennes : Castelnaudary, Dole,
Cholet, Castres. Deux sont situés
dans des agglomérations importantes : Anglet, dans la conurbation
Biarritz-Bayonne, et Saint-Grégoire,
dans la périphérie de Rennes.
Les grandes enseignes rachètent
ou affilient depuis des années des
indépendants ou des petits groupes
régionaux. Carrefour a par exemple
repris son franchisé Guyenne et
Gascogne en 2011. Des opérations
plus structurantes sont intervenues
comme l’acquisition en 2014 par le
même Carrefour de 800 magasins
de proximité DIA. C’est la première
fois qu’un grand groupe ampute
son parc d’hypermarchés de façon
volontariste. Le mouvement confirme le déclin des très grandes surfaces alimentaires.
Casino a commencé par réduire
la surface de ses Géant. L’entreprise
de Jean-Charles Naouri a ensuite
annoncé la mise en vente ou la fer-
agricoles*. » « Il ne s’agit pas d’un
“one shot”. Diffusée en presse, TV,
affichage et radio, la campagne
s’échelonnera tout au long de
l’année », insiste Philippe Séligmann, directeur de la communication des Centres E.Leclerc,
quatrième annonceur français
en 2017 avec 370,6 millions
d’euros, selon le classement
Kantar/« Stratégies ».
Combat historique
de Leclerc
Quatre des six magasins sont implantés dans des villes moyennes. Les deux autres sont situés
dans des agglomérations importantes. Photo Stéphane Audras/RÉA
meture de 20 de ces 122 hypers. Lors
de la présentation des ventes du quatrième trimestre 2018, le 17 janvier, le
directeur financier David Lubek n’a
pas démenti que le mouvement concernerait plus de points de vente. Le
dirigeant d’un concurrent a vu une
liste de 50 noms. Casino ne confirme
pas. Mais le communiqué du 19 janvier élargit le champ des cessions
aux supermarchés et à Leader Price.
Le groupe se concentre sur ses formats de proximité rentables comme
Monoprix et Franprix.
Des supermarchés aussi
Les six Géant réalisent un chiffre
d’affaires de 150 millions d’euros.
Cela ne compte pas sur le plan des
achats au regard de la centrale
8
MILLIONS D’EUROS
Les pertes, par an, des
6 hypermarchés Casino cédés.
Horizon qui réunit Casino, Auchan
et l’espagnol DIA et « pèse » 137 milliards d’euros. Les magasins en
cours de cession perdaient en
revanche 8 millions de résultat opérationnel courant (ROC). L’effacement de cette perte contribuera à la
hausse de 10 % du ROC en 2019. Le
fruit de l’opération, en revanche, ne
diminuera pas la dette. Ça, c’est
l’objet de la cession des murs de
67 magasins Monoprix aux grou-
pes Generali et AG2R La Mondiale
pour un montant de 742 millions
d’euros. « Le produit des cessions
sera réinvesti dans la poursuite de
la transformation des enseignes »,
dit-on chez Casino.
L’intérêt des adhérents E.Leclerc
ne surprend pas. Les indépendants
gèrent mieux les magasins des villes moyennes. Leurs coûts de structure sont plus bas que ceux des
grands groupes. Carrefour le reconnaît qui a mis cinq de ces hypermarchés en location-gérance. Auchan
n’en est pas là, mais a commencé la
réduction de la taille de ses grands
hypers. Celui de Noyelles-Godault
est passé de 22.000 à 17.000 mètres
carrés. C’est la contraction du
domaine de la vente… — P. B.
En janvier 2017, pourtant, les
chantiers lancés pour améliorer
la qualité nutritionnelle et
l’impact environnemental des
produits E.Leclerc griffés d’une
boussole rouge, ainsi que pour
augmenter les références bio,
sans gluten et végan, avaient pu
faire croire à un changement de
pied. Le tout était accompagné
de mesures telles que la réduction de 50 % des pesticides, ou la
suppression totale des additifs
artificiels pour les aliments pour
enfants… Si E.Leclerc continuait
à vouloir demeurer « l’enseigne
la moins chère », il ambitionnait, à l’ère du « food bashing »,
de redorer l’image de son label
Marque Repère. Quitte à lever
un peu le pied sur les promotions. Mais 2018 a été aussi
l’année où le distributeur a
perdu huit fois des parts de marché au cours des neuf premiers
mois de l’année. Pas de quoi
obsessionnelle, l’ADN de la marque. Effet « gilets jaunes » ?
« Non, rétorque Bertille Toledano, présidente de BETC Paris,
cela fait des décennies que sur le
prix de l’essence, des bijoux, de la
parapharmacie, des lunettes, des
livres… Leclerc se bat pour rendre
plus accessibles les produits
essentiels à la qualité de vie des
Français. Il continue le combat. »
On peut y voir – aussi – un signe
de l’époque. « Dès 2018, bien
avant le mouvement des “gilets
jaunes”, nous avions anticipé le
fait que le cumul de la loi sur les
Etats généraux de l’alimentation,
l’augmentation de la CSG sur certaines populations, l’effet psychologique du prélèvement à la
source et la taxe sur le diesel
allaient forcément créer une tension à la hausse des prix et par
conséquent, une très forte pression sur le pouvoir d’achat des
Français », souligne de son côté
Philippe S éligmann. Tout
comme le nouveau cri de guerre
des enseignes – « Les Français
sont prêts à payer plus pour
manger mieux » – ne vaut que si
ce même « pouvoir d’achat peut
suivre », selon Philippe Séligmann. Bref, tous les éléments
sont réunis pour que MichelEdouard Leclerc puisse endosser, à nouveau, l’habit de Robin
des bois de la grande distribution qu’avait taillé à grands traits
son père Edouard Leclerc. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
en
pixels
Shutterstock
HIGH-TECH
&MEDIAS
Netflix, YouTube, Amazon ou
encore Apple sont l’objet d’une
plainte déposée auprès de
l’autorité autrichienne de
protection des données. L’auteur
de la plainte, le groupe « Non of
your business » assure avoir
testé les services de ces
entreprises et les avoir trouvés
non-conformes au RGPD.
Facebook exposé à
une amende record
Shutterstock
RGPD : une plainte
contre plusieurs
entreprises tech
8,1
L’enquête menée par la Federal
Trade Commission américaine
sur les pratiques de Facebook
concernant la protection des
données, pourrait bientôt toucher
à sa fin, selon le « Wall Street
Journal ». L’entreprise s’expose
à une amende très importante,
qui pourrait dépasser les
22,5 millions de dollars infligés
à Alphabet en 2012.
MILLIARDS D’EUROS
C’est l’Ebitda annoncé par
Telecom Italia pour l’année
2018. Une baisse qui a fait
plonger le cours de Bourse
de l’opérateur de plus de 7 %
vendredi. En cause, selon
l’entreprise, l’arrivée d’Iliad
sur le marché italien, qui
a accru la concurrence.
Un record d’abonnés pour Netflix
l Le service de vidéo américain dit peser 10 % de l’audience télévisuelle totale aux Etats-Unis.
l L’action baisse cependant en Bourse, en raison de revenus grimpant moins rapidement que prévu.
AUDIOVISUEL
Elsa Conesa
— Bureau de New York
et Nicolas Madelaine
C’est un record pour Netflix, qui présentait ses résultats annuels en fin de
semaine dernière : en 2018, le leader
de la vidéo par abonnement a séduit
29 millions de nouveaux abonnés.
Cela porte le total de ses abonnés
payants à 139 millions. Netflix dit
désormais peser 10 % du temps
passé par les Américains devant la
télévision, sachant qu’il est regardé
majoritairement sur le petit écran
traditionnel. C’est beaucoup pour un
jeune service payant, mais ce chiffre
est aussi interprété comme le souhait de Netflix de montrer qu’il a
encore de la marge de progression.
Les données d’audience révélées
jeudi par le groupe risquent en tout
cas d’interpeller les réalisateurs et les
acteurs soucieux de toucher le
public le plus large possible. Le film
« Bird Box », avec Sandra Bullock,
aurait notamment été regardé par
80 millions de ménages dans les
quatre semaines qui ont suivi sa sortie, selon Netflix. Ce dernier estime
dans sa lettre aux actionnaires que le
succès de ses films « commence à
répliquer » celui de ses séries, rappelant le prestigieux « Roma », un
long-métrage tourné en espagnol et
qui a gagné le Lion d’Or au Festival de
Venise. Les séries « Sex Education »
et « You », récemment lancées,
devraient, elles, toucher plus de
40 millions de foyers sur une durée
similaire.
Netflix a cependant mal habitué
les marchés : avec une croissance des
revenus systématiquement supérieure à 30 % d’un trimestre à l’autre,
le spécialiste du streaming s’expose à
régulièrement décevoir. Les revenus
du dernier trimestre de l’entreprise
sont ainsi moins élevés que prévu, en
hausse de 27 %, à 4,1 milliards de dollars. Netflix évoque des impacts négatifs de taux de change et prévient que
la croissance des revenus sera moins
rapide que prévu au premier trimes-
La transparence au cœur
de la gouvernance
tre 2019, à 21 %. Vendredi, le titre
décrochait de 3,5 % dans les premiers
échanges, après avoir cependant
beaucoup monté cette semaine à la
suite de l’annonce d’une hausse de
prix aux Etats-Unis.
Le service de streaming a pourtant conquis 8,8 millions de nouveaux abonnés au dernier trimestre,
soit 34 % de plus qu’un an plus tôt, et
plus que ce que les analystes et luimême prévoyaient. Sur ce total,
7,3 millions sont basés hors des
Etats-Unis, confirmant le rapide
développement de l’entreprise hors
de son marché domestique. Il attend
encore 8,9 millions d’abonnés en
plus au premier trimestre 2019.
Le leader de la SVoD partage
tous ses documents internes
avec chaque salarié.
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
Face à des fondateurs surpuissants
aux actions à droit de vote multiple,
les membres du conseil d’administration des entreprises de la Silicon
Valley n’ont souvent qu’un rôle de
façade. Netflix semble être l’exception. Le leader du streaming « a
adopté une approche radicalement
différente du partage d’information,
dans le but d’augmenter la transparence entre le PDG, l’équipe dirigeante
et les administrateurs », écrivent
Brian Tayan et David F. Larcker. Ces
deux chercheurs de Stanford, qui
ont publié une étude sur le board
de Netflix en mai, y voient l’une des
clefs de sa réussite. Selon eux, le
débat alimenté par une meilleure
circulation de l’information aide à
« prendre des décisions difficiles »,
comme le passage de la vente de
DVD au streaming et les investissements dans les contenus originaux.
Les chercheurs détaillent deux
pratiques mises en place pour éviter les asymétries d’information.
D’abord, tous les membres du
conseil d’administration ont le droit
d’assister aux réunions mensuelles
et trimestrielles organisées par les
cadres dirigeants, notamment la
« R-Staff », réunissant les 7 dirigeants les plus hauts dans la hiérarchie, et la « E-Staff », celle des
90 cadres les plus importants.
Les administrateurs indépendants ont également accès à un
mémo trimestriel d’une trentaine de
pages mis en ligne en amont de la
réunion du conseil d’administration. Ils peuvent questionner directement l’équipe dirigeante sur la
plate-forme hébergeant le mémo
interactif, une possibilité qu’ils « uti-
Concurrence grandissante
Les gros investissements dans le
développement des contenus ont
pesé sur les profits, qui ont reculé de
28 %, à 134 millions de dollars. Pionnier du streaming, Netflix est
contraint d’investir toujours plus
dans la création de contenus exclusifs
pour contrer la concurrence grandissante des groupes de médias qui lancent ou vont lancer les uns après les
autres leurs propres chaînes de streaming, comme Amazon, Hulu,
Disney, HBO ou Warner Media. La
pression est d’autant plus forte que
ces dernières revoient parallèlement
les contrats de diffusion de leurs
contenus, pour les réserver à leurs
propres canaux. Disney compte ainsi
garder la diffusion de certaines productions pour sa chaîne, et WarnerMedia récupérer la série « Friends »,
aujourd’hui diffusée sur Netflix.
Dans ce contexte, Netflix a
annoncé la semaine dernière une
augmentation du prix de ses abonnements entre 9 et 13 dollars par
mois suivant le forfait. Une décision
qui doit lui permettre de garder les
moyens financiers de développer
des contenus exclusifs. Les analystes
estiment que Netflix dépensera
12 milliards de dollars dans les contenus cette année, deux fois plus
qu’en 2017.
(
Lire également « Crible »
Page 40
lisent activement », notent les chercheurs qui ont interviewé sept des
dix administrateurs indépendants
de Netflix. Résultat : des réunions du
conseil d’administration très efficaces, d’une durée de trois à quatre
heures, centrées sur le débat et la discussion plutôt que la présentation.
« Cultiver le désaccord »
Cette transparence permettant de
« cultiver le désaccord » est centrale
à la philosophie de l’entreprise.
Dans un document de 9 pages la
détaillant, Netflix indique partager
« systématiquement » les documents
internes avec chaque salarié, de
l’audience des contenus aux avancées des concurrents. Cinq cents
salariés ont aussi accès aux rémunérations de tous les employés, indique
le « Wall Street Journal ». Reed Hastings tient en horreur la culture du
secret d’Apple, où les salariés d’un
département ne savent pas sur quoi
les autres travaillent. Selon le fondateur et patron de Netflix, la transparence débouche sur un fonctionnement horizontal responsabilisant
chaque employé. « Je suis fier de
prendre aussi peu de décisions que
possible », déclare-t-il souvent.
Mais cette liberté a aussi un
revers : une obsession de la performance, qui se traduit par un recours
décomplexé aux licenciements. Les
managers sont encouragés à virer
les salariés s’ils ne passent pas le
« keeper test ». Celui-ci se résume à
une question : tenteraient-ils de les
retenir à tout prix s’ils avaient une
offre d’emploi ailleurs ? La transparence se traduit aussi par une obsession du feed-back permanent, avec
un partage direct de critiques souvent brutales. L’un des anciens salariés coréens, interviewé par le quotidien américain, évoque une culture
lui rappelant la Corée du Nord, où
les mères sont forcées de critiquer
leurs fils en public. n
Roch-Olivier Maistre proposé à la présidence du CSA
AUDIOVISUEL
Rapporteur général et
président de chambre
à la Cour des comptes,
où il officie depuis
2005, Roch-Olivier
Maistre a été désigné
par le président pour
remplacer Olivier
Schrameck.
Nicolas Madelaine (Avec M. A.)
Fin du suspense : c’est Roch-Olivier
Maistre qui a été désigné par le président de la République, Emmanuel
Macron, pour présider le Conseil
supérieur de l’audiovisuel (CSA), en
remplacement d’Olivier Schrameck, dont le mandat arrive à
échéance le 23 janvier. Annoncée
vendredi, sa nomination doit
encore être validée par les commissions des Affaires culturelles du
Sénat et de l’Assemblée nationale.
Ce grand c om mis de l’Eta t
inconnu du grand public et à la
réputation d’homme très consensuel aura la lourde tâche de diriger
le gendarme de l’audiovisuel à un
moment où cette autorité est attendue sur le sujet des infox depuis la
loi « fake news » adoptée en novembre et, par certains, sur celui de la
couverture de l’actualité des « gilets
jaunes » par les chaînes d’information en continu.
Sa présidence devrait aussi être le
moment de profondes réformes,
tant dans le privé (libéralisation de
la publicité télévisée, etc.) que dans
le public (économies, gouvernance
de Radio France et de France Télévisions…). Le CSA devrait perdre certaines attributions comme la nomi-
La présidence de
Roch-Oliver Maistre
devrait être le moment
de profondes
réformes, dans le privé
comme dans le public.
nation des présidents du service
public audiovisuel mais peut-être
en gagner d’autres, notamment
dans le domaine de la régulation
économique.
Agé de soixante-trois ans, rapporteur général et président de
chambre à la Cour des comptes, où
il officie depuis 2005, Roch-Olivier
Maistre est un spécialiste de la culture et de ses industries, et s’il a peu
d’expérience dans la télévision et la
radio en tant que telles, il a planché
sur la réforme de l’audiovisuel
public pour le gouvernement actuel
dans le cadre du rapport CAP 22.
Ancien élève de l’ENA, né à
Meknès au Maroc, il a notamment
été conseiller au cabinet du ministre
de la Culture François Léotard
entre 1986 et 1988, directeur général
de la Comédie-Française (de 1993 à
1995), ou encore médiateur du
cinéma (2006-2011). Il a été conseiller pour l’éducation et la culture à
l’Elysée, à l’époque de Jacques Chirac, de 2002 à 2005, avant d’intégrer
la Cour des comptes. « Il appartient à
ces réseaux de droite qui forment une
partie de l’entourage d’Emmanuel
Macron et avec qui le dialogue est
fluide, même si sa position de magistrat de la Cour des comptes lui confère
une stature d’indépendance », dit un
connaisseur du secteur.
Récemment, il a aussi été l’auteur
d’un rapport en faveur d’un Centre
national de la musique, et a travaillé
à la réforme de la distribution de la
presse. Ces dernières semaines,
c’était plutôt le nom d’Isabelle Falque-Pierrotin, l’actuelle présidente
de la CNIL (Commission nationale
de l’informatique et des libertés),
qui était évoqué pour la présidence
du CSA. Mais elle a été désignée
parmi les cinq « garants » de l’indépendance du grand débat lancé par
le président Emmanuel Macron.
Deux autres membres sur les six
que compte le collège de l’institution sont aussi renouvelés. La commission des Affaires culturelles de
l’Assemblée a approuvé mercredi la
nomination de la journaliste
Michèle Léridon, directrice sortante de l’information à l’AFP, en
remplacement de Sylvie PierreBrossolette. Et il revient au président du Sénat de trouver un successeur à la conseillère Mémona
Hintermann-Afféjée. n
Marie-Laure
Denis à la CNIL
Sous réserve du vote
des commissions
parlementaires, MarieLaure Denis devrait
prendre la tête du
régulateur des données
personnelles, chargé de
faire appliquer le RGPD,
un récent règlement
européen sur le sujet qui
alourdit les sanctions.
Vendredi, l’Elysée a
proposé le nom de cette
membre du Conseil d’Etat,
passée par le CSA, le
régulateur des télécoms
(Arcep) et des cabinets
ministériels entre 2002 et
2004. Elle succéderait à
Isabelle Falque-Pierrotin.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 27
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
Orange envisage le rachat
du basque Euskaltel
de 100.000 entreprises. Il a déjà
noué un partenariat avec Orange,
qui lui fournit son réseau mobile
dans toute l’Espagne dans le cadre
d’un classique accord de MVNO. Et,
réciproquement, Orange s’appuie
sur les lignes câblées d’Euskaltel
dans le nord de l’Espagne, où il n’a
pas encore déployé la fibre optique.
TÉLÉCOMS
Mettre la main sur
l’opérateur régional
permettrait au Français de renforcer sa
position en Espagne.
Stratégie défensive
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
La rumeur bruissait dans la presse
espagnole ces derniers jours. Selon
nos informations, Orange envisage
bien le rachat de l’opérateur basque Euskaltel. Le groupe a même
mandaté le Credit Suisse comme
banque-conseil en vue d’une acquisition, comme l’écrivait le site spécialisé TMT Finance jeudi soir.
Le câblo-opérateur régional
compte près de 800.000 clients fixes
dans le nord de l’Espagne, dont plus
Coté à Madrid, Euskatel affiche
actuellement une valorisation de
1,4 milliard d’euros en Bourse. Ses
plus gros actionnaires sont deux
banques régionales (Kutxabank, à
21 %, et Abanca, à 4 %) et un fonds
britannique, Zegona. Ce dernier a
récemment renoncé à une OPA sur
Euskaltel, mais il détient 15 % du
capital et vient de lever une centaine
de millions de livres pour renforcer
sa position, avec pour ambition de
monter autour de 30 % et de contrôler l’opérateur. Contacté, Orange ne
Xiaomi ouvre
un « flagship » sur
les Champs-Elysées
Le 4e fabricant
mondial de smartphones compte
sur cette adresse
prestigieuse
pour augmenter
sa notoriété.
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
et Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Tournant symbolique pour
Xiaomi. Six mois après Samsung et deux mois après Apple,
le quatrième fabricant mondial
de smartphones débarque à son
tour sur les Champs-Elysées. Le
groupe chinois a inauguré, vendredi, sa quatrième boutique en
région parisienne, un espace de
presque 500 mètres carrés qui
est aussi son plus grand magasin
en Europe. Sept mois après être
arrivé en France, Xiaomi veut
utiliser cette prestigieuse
adresse pour accroître sa notoriété sur cette avenue qui voit
défiler 300.000 personnes par
j o u r, s e l o n l e C o m i t é d e s
Champs-Elysées. « Cette inauguration confirme l’attraction de
l’avenue et démontre également
que la téléphonie devient de plus
en plus un univers lifestyle.
Orange et SFR y étaient certes présents depuis longtemps, mais le
secteur high-tech se renforce
désormais qualitativement, commente Edouard Lefebvre, le
directeur général de cette organisation qui assure la promotion
des “Champs”. »
Montée en puissance
Alors que Huawei, loin devant
Xiaomi avec 14,6 % des parts de
marché au troisième trimestre,
contre 9,5 % selon IDC, traverse
l’une des plus grandes crises de
son histoire, l’arrivée de Xiaomi
sur les Champs-Elysées
confirme la montée en puissance des acteurs chinois du
smartphone. Aucune marque
chinoise n’avait jusqu’à présent
pignon sur rue sur les ChampsElysées. Ni le climat social en
France ni l’affaire Huawei n’ont
visiblement découragé Xiaomi
d’inaugurer son magasin qui
propose des smartphones, des
brosses à dents électriques, des
ampoules connectées, ou encore
des valises… un jour avant
l’acte X des « gilets jaunes ».
Né en 2010 à Pékin, Xiaomi
avait d’abord opté en Chine pour
une stratégie digitale avec une
distribution sur les grandes plates-formes d’e-commerce et sur
son propre site, afin de limiter les
coûts. Après avoir été distancé
par ses rivaux qui misaient, eux,
sur des emplacements physiques, Xiaomi a ouvert à son tour
des boutiques en dur. Le groupe
en compte désormais plus de
1.600 en Chine, 300 dans le reste
du monde (Inde exclue), dont
une centaine en Europe. « Ces
boutiques nous permettent de
proposer des produits certifiés qui
collent mieux aux attentes des différents marchés, mais aussi un
meilleur service après-vente, dans
la langue du pays, explique Wang
Xiang, le vice-président de
Xiaomi chargé de l’internationalisation (le groupe est présent
dans 82 pays). Les clients peuvent
voir aussi voir tous nos produits
pour la maison connectée, car
nous sommes bien plus qu’un
fabricant de smartphones. »
1,4
MILLIARD D’EUROS
La valorisation d’Euskatel
à la Bourse de Madrid.
concurrent serait une très mauvaise
nouvelle pour le Français.
Peu de risques que Telefonica lorgne dessus. L’opérateur historique
espagnol détient 40 % du marché du
fixe et 30 % du marché du mobile, et
se verrait opposer un refus des autorités de la concurrence. En revanche, derrière Orange – qui s’arroge
aujourd’hui plus d’un quart du marché de la téléphonie en Espagne –,
deux concurrents sérieux se profilent : Vodafone et Yoigo. Le conglomérat britannique est certes en difficulté en Espagne et cherchait plutôt
à réduire la voilure dernièrement.
Mais si lui ou le plus modeste Yoigo
s’avisaient de ravir Euskaltel à la
barbe d’Orange, cela serait problématique pour ce dernier. Un peu
comme en Belgique, où le rapprochement du câblo-opérateur flamand Telenet et de son concurrent
mobile Base a marginalisé l’opérateur tricolore hors de Wallonie. n
Orange a mandaté le Credit Suisse comme banque-conseil en vue
d’une acquisition de l’opérateur basque. Photo Laurent Grandguillot/RÉA
NRJ
1ÈRE RADIO DE FRANCE
SUR LE E-COMMERCE
*
L’espace de presque
500 mètres carrés
est aussi le plus
grand magasin
en Europe de
l’entreprise chinoise.
Xiaomi est encore un Petit
Poucet sur le marché français du
smartphone. En novembre,
selon GfK, il était à la sixième
place, avec 4,6 % du marché (en
volume), contre plus de 29 %
pour Samsung. Mais la marque
est bien positionnée sur le segment des smartphones entre 150
et 200 euros, avec une part de
marché de presque 17 %. Après
l’Espagne – où il a ouvert 30 boutiques et s’est hissé en quelques
mois sur la troisième marche du
podium des constructeurs –, la
France est « l’un des plus grands
marchés de Xiaomi en Europe »,
selon Wang Xiang. Le groupe
étudie d’ailleurs la possibilité
d’investir dans des start-up françaises. Après ses gadgets électroniques, il pourrait également
commercialiser en France ses
services, comme sa plate-forme
Internet des objets qui connecte
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** Médiamétrie, Baromètre des enceintes connectées intelligentes, Novembre 2018, Internautes 15 ans et +.
DeBonneville-Orlandini
TÉLÉPHONIE
fait aucun commentaire. Mais
l’acquisition aurait du sens pour
l’opérateur. « Le principal souci est
qu’Euskaltel s’appuie sur une technologie de câble, alors qu’Orange a
déployé la fibre en Espagne. Et l’exemple de SFR-Numericable en France
montre bien qu’il est très compliqué
de gérer les deux technologies à la
fois », fait remarquer un bon
connaisseur du secteur.
Le mouvement d’Orange est
avant tout défensif. Alors que l’Espagne connaît une vague de concentration des petits acteurs, voir Euskaltel passer sous le pavillon d’un
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
START
UP
START
Q
La jeune pousse WebForce3, qui
développe un réseau de formations aux métiers du numérique,
lance un nouveau cursus de concepteur intégrateur en cybersécurité, qui « vise un accès
immédiat à l’emploi », indique son président,
Alain Assouline. Il sera présenté lors du
Forum international de la cybersécurité, qui
se tiendra les 22 et 23 janvier à Lille.
LE BUZZ
e
100
La plate-forme française de télésur veillance Satelia, fondée en novembre 2017 et codéveloppée avec le CHU de
Bordeaux, annonce que sa solution a été déployée
dans 15 hôpitaux en un an. Elle est destinée aux
patients insuffisants cardiaques et à ceux bénéficiant
d’une chirurgie, et vise à améliorer leur suivi et diminuer le risque d’hospitalisation.
MILLIONS DE DOLLARS
La somme que pourrait avoir
levée la start-up vietnamienne
MoMo, selon TechCrunch. La fintech a annoncé avoir bouclé une
série C menée par Warburg Pincus, sans en révéler le montant.
Les dix femmes à suivre dans la French Tech
l La startuppeuse Julie Chapon signe l’un des plus gros
succès des start-up françaises qui touchent le grand public.
l Elle est en tête de la liste des femmes à suivre en 2019
publiée par l’association StartHer.
1. Céline Feugier (Alstom)
Céline Feugier est directrice du site
Alstom de Vitrolles (Bouches-duRhône) depuis 2010, qui compte une
trentaine de salariés. Elle a mené le
projet du tramway de Nice avec, première mondiale, une alimentation
par le sol en station, qui a été inauguré en juin 2018. Ingénieure de
43 ans et diplômée de Supélec, elle a
travaillé chez Alstom pendant dixhuit ans tout au long de sa carrière.
Elle a reçu le prix de l’ingénieure de
l’année 2018, concours co-organisé
par « Industrie & Technologies » et
« L’Usine nouvelle ».
Marie-Christine Levet – fondatrice
de Lycos, un moteur de recherche
international, et ancienne PDG de
Club Internet – et Litzie Maarek –
ancienne directrice d’investissement chez bpifrance – ont fondé en
2017 Educapital, un fonds européen
de capital-risque dédié à la question
de l’éducation et de la formation
professionnelle, pour aider les jeunes pousses du secteur à trouver des
fonds à la hauteur de leurs enjeux.
Mais attention, Educapital ne se
limite pas aux jeunes pousses qui
s’adressent à l’Education nationale.
Le spectre est bien plus large et
s’étend à tous les aspects de la formation continue. Doté de 47 millions d’euros, il est aux mains d’un
tandem exclusivement féminin,
une rareté notable dans le milieu.
Joël Saget/AFP
tiques. « On m’a demandé de
faire une synthèse sur cette nouvelle technologie et, depuis, je ne
l’ai plus quittée ! » raconte-t-elle.
En 2016, l’ingénieure a cofondé
le Blockfest, un festival éducatif
sur les blockchains, puis l’association blockchain nationale
La Chaintech. Elle préside en
outre le think tank eHealth and
Blockchain.
Pour HellHound, sur lequel
t r ava i l l e n t a c t u e l l e m e n t
trois personnes, son associée
Amira Bouguera et elle vont
recruter cinq personnes dans
l’année à venir. Une preuve de la
confiance de l’entreprise internationale ConsenSys, qui a
opéré une restructuration il y a
quelques semaines. n
DR
Yuka, l’application cofondée par Julie Chapon, est en passe
de changer les habitudes d’achat des consommateurs.
Elles sont startuppeuse, investisseuse,
ou cadre de grand groupe
2. Marie-Christine Levet et
Litzie Maarek (Educapital)
En 2016, Sajida Zouarhi
a cofondé le Blockfest,
un festival éducatif
sur les blockchains. Photo DR
Evelyne de Brauw/Yuka
qui manquent surtout d’exemples
pour se rassurer. La startuppeuse ne
s’appuie pas sur des modèles précis
mais préfère puiser de l’inspiration
dans les gens qu’elle croise, comme
les fondateurs de Ticket for Change.
Aujourd’hui, Julie et ses acolytes
refusent d’entrer dans l’écosystème.
Malgré un passage au sein de Station F, ils refusent de lever des fonds
en capital-risque pour accélérer
leur croissance. Là aussi, la jeune
pousse montre sa différence. n
Alstom
Un outil qu’elle utilise notamment pour son projet personnel Kidner, une plate-forme
qui rend possible le don croisé
de reins à large échelle, et dont
un pilote sortira au cours de
l’année. « Les données de santé
sont particulièrement sensib l e s e t H e l lH o u n d p e r m e t
d’opérer un matching sans pour
autant les dévoiler à des tiers »,
indique-t-elle.
Ingénieure de formation,
Sajida Zouarhi a découvert la
blockchain chez Orange Labs,
où elle travaillait sur la traçabilité et l’intégrité des données cri-
•
3. Stéphanie Hospital
(OneRagtime)
5. Fany Péchiodat (Seasonly)
Après l’immense succès de My
Little Paris, Fany Péchiodat se
relance dans l’aventure entrepreneuriale avec Seasonly, une marque
de crèmes pour le visage personnalisées. Elle mise sur un modèle
disruptif de vente directe depuis son
site Internet, avec une communication autour de « vraies femmes »
sur Instagram. Par ailleurs, la très
discrète startuppeuse participe à de
nombreuses initiatives pour favoriser l’essor de l’entrepreneuriat dans
les quartiers défavorisés, à l’image
de sa participation au programme
Les Déterminés, fondé par Moussa
Camara.
L’ancien pilier d’Orange – où elle a
notamment piloté l’acquisition de
Dailymotion – Stéphanie Hospital
est à la tête d’un fonds d’investissement cocréé avec Jean-Marie Messier. Sa plate-forme d’investissement
se veut ouverte, ce qui va à l’encontre
des pratiques habituelles dans le
capital-risque. Parmi ses investissements récents, on retrouve des
start-up d’impact comme Glose, qui
é vo l u e d a n s l ’é d u c a t i o n , o u
Make.org et sa plateforme d’engagement citoyen. Malgré seulement
deux années d’existence, OneRagtime a déjà réussi quelques jolis
coups comme l’investissement dans
Zenly, revendu à Snap.
6. Sophie Viger (Ecole 42)
Geek depuis ses sept ans, Sophie
Viger dirige depuis quelques mois
l’école de code 42, financée par
Xavier Niel. Diplômée de biologie
puis de musicologie, elle a ensuite
alterné les postes dans la programmation et dans l’enseignement. En
2013, elle a pris la tête de la
Web@cadémie d’Epitech, puis de la
Coding Academy du même établissement en 2015. C’est donc naturellement que Nicolas Sadirac, fondateur d’Epitech puis de l’Ecole 42, a
pensé à elle pour prendre sa suite à
l’automne dernier. Alors que la dernière promotion de 42 comptait
15 % de femmes, Sophie Viger « veut
en voir 35 % à l’automne ».
— Laetitia Lienhard,
G. Br. et D. L.
4. Mathilde Lacombe (Aime)
Célèbre fondatrice de Jolie Box –
racheté en 2013 par Birchbox –
et entrepreneuse dans l’âme,
Mathilde Lacombe vient de lancer,
en octobre 2018, sa marque de cosmétiques Aime, qui propose une
nouvelle approche du soin. A seulement 31 ans, elle a préféré quitter
l’aventure BirchBox, qui livre des
box de produits de beauté, pour se
lancer dans ce nouveau projet et
retrouver l’adrénaline des débuts.
Elle est également auteure d’un premier livre, « Une question d’équilibre », chez First Editions, dans
lequel elle confie ses recettes pour
concilier vie professionnelle et personnelle.
Ecole 42
Les néostartuppeurs remportent le
hackathon et, en juillet 2016, ils
intègrent le programme Ticket for
Change, qui accompagne les projets
qui veulent avoir un impact positif
sur la société. « C’est pendant cette
période que j’ai réalisé que je ne pouvais pas rester dans mon petit confort
et que j’ai pris la décision de démissionner », se rappelle Julie Chapon.
Son entourage ne comprend pas.
Elle doit convaincre ses proches, qui
finissent par accepter son choix, et
Déborah Loye
@Loydeborah
Une plate-forme pour
faciliter le don de reins
d’affilée une liste de femmes à
suivre dans un secteur dominé
par les hommes.
Seules 7 % des entreprises
européennes qui ont levé des
fonds en 2018 comptaient une
femme parmi leurs fondateurs.
Le déclic de la démission
Sajida Zouarhi,
architecte
de la blockchain
Figure de l’écosystème blockchain, Sajida Zouarhi a de nombreux talents, dont celui d’être
capable de faire comprendre
le concept de blockchain à
n’importe qui, et celui d’avoir
réussi à se faire sa place en tant
que femme dans un milieu très
majoritairement masculin.
« Blockchain architect »
chez ConsenSys, une sorte de
start-up studio pour les projets
liés aux protocoles décentralisés, elle est à la tête du projet
HellHound, une plate-forme
permettant de faire différents
types de calculs sur des données
chiffrées. « Il s’agit d’un outil qui
implémente la “privacy by
design”, c’est-à-dire qu’il permet
de développer des applications
tout en protégeant les données »,
explique-t-elle.
L’association française
•publie
pour la troisième année
DR
Trop tard pour revenir en arrière.
En quittant son emploi confortable dans le conseil pour se lancer
dans l’aventure entrepreneuriale,
Julie Chapon n’imaginait pas un tel
succès. Yuka, l’application qu’elle
a cofondée avec les deux frères
François et Benoît Martin, est
en passe de changer la manière
dont les consommateurs achètent
leurs produits.
Avec 8 millions d’inscrits et
3,8 millions d’utilisateurs actifs
chaque mois, son appli scanne
près de 2 millions d’unités chaque
jour. Dans le domaine des applications « consumer » françaises, c’est
un hit ! Et, aujourd’hui, elle ne se
voit pas faire autre chose : « J’ai
passé dix-huit mois sans me payer,
mais je n’ai jamais eu de doutes. J’ai
toujours fait attention à ce que je
mangeais, et ce projet me porte ! »
Birchbox
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Agathe Wautier,
cheffe de bande
StartHer promeut
les femmes
dans la tech
One RagTime
PALMARÈS
C’est un simple déclic qui a décidé
de son sort professionnel. En 2016,
lorsqu’elle travaille à Lille chez
Wavestone, elle accompagne les
entreprises dans leur transformation digitale. Un ami et son frère
s’inscrivent à un hackathon à Paris
autour de la foodtech, et les trois
planchent sur les prémices de ce qui
deviendra Yuka. « A ce moment-là, je
ne me sentais pas de lâcher mon
emploi, se rappelle-elle avec franchise. Mais j’y ai trouvé du sens et cela
a provoqué en moi une réaction. »
Agathe Wautier a fondé
le Galion Project, une association de startuppeurs.
C’e s t a p r è s s e p t a n s c h e z
Orange, où elle se sentait
oppressée par la « culture grand
groupe », qu’Agathe Wautier a
décidé de changer de cap.
« J’avais vingt-huit ans et je me
suis dit qu’il fallait que je me
réenchante », raconte-t-elle. Un
virage qui sera déclenché par
sa rencontre avec Jean-Baptiste
Rudelle, fondateur de Criteo, en
2014. L’entrepreneur lui parle de
son envie de rassembler une
communauté de startuppeurs
autour du kitesurf. « Quelques
semaines après, nous étions à
Saint-Martin avec 40 entrepreneurs, dont Frédéric Mazzella et
Pierre Kosciusko-Morizet », se
souvient-elle.
Le nouveau chantier
d’Agathe Wautier :
la transformation
du Galion en SAS.
De ce moment fondateur,
durant lequel elle s’émerveille
de « la joie de vivre » et de
« l’ambition » des startuppeurs,
naîtra l’idée du Galion Project.
« Je suis arrivée chez Criteo avec
un business plan pour le présenter à Jean-Baptiste », racontet-elle. Quatre ans plus tard,
l’association dont elle tient la
barre compte 230 membres,
organise six événements par an
et une cinquantaine de dîners
entre Paris, Londres, New York
et San Francisco. « Nous avons
réussi à montrer que les entrepreneurs avaient envie de se fédérer,
et à créer des outils qui seront utiles aux générations futures,
comme notre guide vers la
parité », se réjouit-elle.
Heureuse et ambitieuse,
Agathe Wautier a travaillé ces
derniers mois sur un nouveau
chantier : la transformation du
Galion en SAS. « Tous nos membres en deviennent actionnaires », annonce-t-elle. Une nouvelle forme qui permettra au
projet de s’internationaliser, et
à l’antenne parisienne d’ouvrir
un lieu physique où les entrepreneurs pourront se retrouver
et s’inspirer. — D. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
en
direct
Initiative sociale
de Grande-Synthe
ÎLE-DE-FRANCE La Ville de Paris
HAUTS-DE-FRANCE La mairie
lance ce lundi le site www.concertationsitetoureiffel.fr pour
consulter les habitants sur l’opération de 70 millions d’euros de
réaménagement de l’esplanade
et des 54 hectares entourant
le monument. Objectif : améliorer
l’accueil des visiteurs d’ici à 2024.
Une équipe de conception sera
par ailleurs désignée mi-2019.
de Grande-Synthe (Nord) va
mettre en place à partir de mars
un « minimum social garanti »,
une prestation sous conditions
de ressources pour les habitants
en situation de précarité. Elle
sera destinée aux foyers « qui ne
disposent pas de revenus suffisants pour atteindre le seuil de
pauvreté », soit 855 euros,
Shutterstock
PME
&REGIONS
Appel à idées
pour la tour Eiffel
ce qui concerne 17,2 % d’habitants de Grande-Synthe,
c’est-à-dire 3.700 personnes.
Pour bénéficier de ce minimum
social garanti (MSG), qui sera
versé par le centre communal
d’action sociale, il faudra être
résident de la ville et être
majeur. L’attribution sera soumise à un accompagnement
social et le non-respect injustifié
du projet d’accompagnement
social donnera lieu à l’arrêt des
aides du CCAS.
Immobilier : les promoteurs régionaux
à la conquête de Paris
l La bonne santé du marché francilien et les appels à projets
ont ouvert le marché à des promoteurs plus petits.
l Le métier est certes le même partout, mais leurs concurrents
ne leur permettent pas d’y accéder facilement.
En deux ans, le groupe
Giboire a gagné quatre
projets, mais il sait qu’il
faudra attendre avant de
voir ses grues dans le ciel
de la région capitale.
BTP
Catherine Sabbah
@csabbah
Plus cher, plus compliqué, plus concurrentiel… et pourtant si tentant !
Depuis quelques années, les « régionaux » montent ou descendent à
Paris, séduits par les sirènes de la
région capitale. Des promoteurs
filiales d’entreprises de construction ont franchi le pas en sortant de
leur zone de confort territoriale et
professionnelle, comme Nacarat
(Rabot Dutilleul) venu de Lille,
Fayat de Bordeaux ou Demathieu
Bard, une entreprise de construction née il y a plus de 150 ans en
Moselle qui a désormais sa branche
immobilière. Des « déjà » promoteurs aussi comme l’alsacien Stradim, qui mène deux grosses opérations à Sarcelles, le bordelais Pichet,
désormais d’envergure nationale,
les bretons comme Giboire, l’administrateur de la Vienne Pierreval qui
a levé 20 millions d’euros via une
émission obligataire pour lancer de
nouveaux chantiers notamment
dans le Grand Paris…
Une histoire de génération
La croissance passe-t-elle forcément par un développement national ? « Le marché d’Ile-de-France est
très vaste, on peut tout y faire, et c’est
celui qui résiste le mieux lorsque les
affaires vont un peu moins bien
ailleurs », pense Edouard Denis, le
patron du groupe qu’il a créé en 1996
au Touquet. « Le tournant se fait au
moment des successions, car ce sont
souvent des groupes familiaux. Lorsque les enfants arrivent aux manettes,
ils ont envie de nouvelles aventures »,
observe Olivier Colonna d’Istria, le
président du directoire de la Socfim,
que presque tous viennent voir pour
trouver des financements. Quitter le
nid familial semble plus séduisant
que d’attendre qu’un « national »
vienne proposer une association sur
Giboire, un Breton
pour l’indépendance
des projets très importants pour
gagner des parts de marché en
régions ; ou racheter une partie du
capital comme Nexity l’a fait pour
Edouard Denis en 2016. Cette
alliance n’a d’ailleurs pas cantonné
le normand dans ses terres (lire cicontre). Suivant le même schéma, le
groupe Severini, bien implanté en
Nouvelle-Aquitaine, vient de céder
85 % de ses parts à Altarea Cogedim.
Tout est plus cher
dans la région capitale
Le métier est identique de Marseille
à Strasbourg mais la rentabilité plus
forte, a priori, pour des logements
vendus 6.000 euros le mètre carré
au lieu de la moitié. Chaque opération francilienne représente le chiffre d’affaires de plusieurs en
régions… Même si les terrains coûtent aussi beaucoup plus cher, les
« petits » se voient d’abord plus agiles que les très gros promoteurs,
entravés par d’énormes frais de
structures. Les récentes années leur
ont presque donné raison : leurs
concurrents ne les attendent pas,
mais certains élus sont prêts à
ouvrir le jeu à des nouveaux venus
parce que les habitués sont déjà servis. Il faut ajouter deux excellentes
années pour la production de logements et de bureaux, et depuis quatre ans, la mode des « Réinventer »
dont les concours semblent laisser
leur chance à tous. Les résultats ne
contredisent pas ce calcul : Sogelym
Dixence réalise, par exemple, le plus
gros projet de l’appel à projets Inventons la Métropole du Grand Paris
autour du Carrefour Pleyel à SaintDenis. Giboire et Pichet ont été désignés plusieurs fois lauréats.
« Il faut compter au moins trois ans
pour arriver à se faire une place », dit
un promoteur. Le temps d’apprendre à connaître les us et coutumes et
de comprendre le mille-feuille
administratif particulièrement indigeste de cette région. « Ils paient parfois plus cher les terrains ou bien sont
obligés de les acquérir sans condition
suspensive pour l’emporter sur la
concurrence, ce qui augmente leur
risque », poursuit le patron de la Socfim. Il faut ensuite avoir les reins suffisamment solides pour porter
l’opération avant de pouvoir la vendre. Certains de ces groupes familiaux, peu endettés et très riches, en
sont largement capables. n
Pourquoi Paris ? « Parce que c’est la
plus belle ville du monde et à 1 h 24 de
TGV, cela ne vaut pas le coup de se priver. C’est plus facile que d’aller à Nantes…» L’argument semble tomber
sous le sens pour le Rennais Michel
Giboire, patron de Giboire Immobilier, promoteur, également propriétaire d’un réseau d’agences immobilières. Implanté depuis quatre-vingtquinze ans à Rennes et dans les Pays
de la Loire, le groupe 100 % familial,
qui réalise 150 millions de chiffre
d’affaires, produit 600 logements
par an et de 30.000 à 40.000 mètres
carrés de bureaux. « Le potentiel est
énorme, avec le Grand Paris, les Jeux
Olympiques, la concurrence aussi,
mais mon fils voulait tenter l’aventure, j’ai dit pourquoi pas… »
Six de ses 200 salariés travaillent
désormais à Paris, où l’entreprise a
ouvert un bureau il y a deux ans et
demi. Presque tous sont des développeurs fonciers, ces « limiers »
chargés de débusquer les terrains
bien placés. « Nous avons eu de la
chance en gagnant un concours à
Sceaux, un autre à Noisy-le-Grand,
un des sites d’Inventons la Métropole
du Grand Paris à Rueil, et nous avons
acheté un hôtel particulier à Neuilly
que nous allons transformer. Nous
perdons des concours, mais à Rennes
aussi… », explique le directeur Ilede-France, Pascal Mavre.
Etre innovant
« Nous faisons le même métier, ici et
là-bas, poursuit-il. Le plus difficile
est d’arriver à convaincre et si on n’est
pas innovant, ce n’est même pas la
peine. » Le nouveau venu est-il par
nature innovant aux yeux des élus
ou des aménageurs ? L’argument
est à double tranchant, tant le
métier repose aussi sur les contacts
et la bonne connaissance de l’environnement politique des projets.
Pour ces Bretons, la vraie différence se fait sentir dans les coûts :
de l’ordre de 100.000 euros pour un
concours, « Un zéro de plus sur le
prix des terrains, plus chers dans
cette région dense et très convoitée.
Nous en avons raté un récemment
dans le quartier Paris Rive Gauche à
33 millions d’euros. A Rennes, rien
ne vaut ce prix-là », commente
Michel Giboire. A la sortie, le logement moyen se vend 240.000 euros
dans les grandes métropoles de
l’Ouest, plutôt 500.000 et beaucoup
plus dans la capitale. « Il faut plusieurs dossiers à Rennes ou à Nantes,
pour un seul à Paris. A 90 millions
d’euros, cela demande moins de travail de monter une seule opération
que 6 ou 7 pour le même chiffre
d’affaires », conclut-il.
Un groupe peu endetté,
libre de ses choix
Le groupe se finance majoritairement sur ses fonds propres et se
passe de l’autorisation des banques
pour acheter un terrain ou pour
commercialiser ses programmes. Il
ne pratique pas non plus très souvent la copromotion, qui « oblige à
demander l’avis de l’autre, c’est plus
compliqué », dit en souriant son
patron, qui envisage néanmoins
quelques associations dans le cadre
des projets complexes et mixtes de
plus en plus demandés par les collectivités.
Deux ans après son arrivée à
Paris, les quatre projets sont en gestation et Pascal Mavre sait qu’elle
peut durer, même si Michel Giboire
se rassure : « J’espère que nous
aurons bientôt des grues dans le ciel
de la région, c’est un signe pour un
promoteur. » — C. S.
Edouard Denis veut compter en Ile-de-France
Le promoteur normand
vise une production
de 2.000 logements
dans la région en 2019.
La croissance est rapide : né en 1996
au Touquet avec deux salariés et
50 logements par an, le promoteur
Edouard Denis affiche fièrement son
bilan. D’abord délocalisé à Lille, pas
trop loin de ses bases, il a essaimé
ensuite dans toutes les régions pour
parvenir à 2.500 logements réservés
en 2017, 4.500 en 2018 et un objectif
de 7.000 en 2019, dont 2.000 en
région parisienne, où le groupe de
350 personnes est présent depuis
2008. « Mais c’est depuis deux ans que
nous avons vraiment pris notre envol,
notre bureau parisien est passé de 26 à
100 personnes », explique le président-fondateur qui a donné son nom
à s o n e n t r e p r i s e . L’é p o q u e
correspond aussi à la prise de participation de Nexity, qui a racheté 50 %
de ce groupe familial. « Nous avons
gardé notre marque, et nous avons un
“gentleman’s agreement” : lorsque
nous nous retrouvons face à face dans
un appel d’offres, nous discutons.
Mais cela arrive très rarement, ce qui
prouve à quel point le marché est vaste
et varié », explique Edouard Denis.
ne sait comment les faire baisser.
Mais la région est devenue très importante pour notre activité, et le marché
est un des plus concurrentiels avec
celui de la région lyonnaise, mais il y a
à faire et de la place pour tout le
monde, même en temps de crise. Nous
tentons de mailler le territoire comme
ailleurs, sauf Paris, aussi imprenable
qu’une place forte », dit-il. L’entreprise couvre toute la gamme de
l’immobilier : depuis les maisons
Des coûts supportables
Il ajoute que même si les coûts de
construction sont plus élevés
qu’ailleurs, du fait des installations
de chantiers et des accès plus difficiles à des environnements bâtis et
denses, il est possible de les supporter. « Les terrains, en revanche, sont
trop chers et personne, ni les promoteurs, ni les élus, ni le gouvernement,
L’entreprise couvre
toute la gamme,
de la maison
individuelle
aux immeubles
de bureaux.
individuelles jusqu’aux immeubles
de bureaux en passant par les résidences gérées et les ventes aux
bailleurs sociaux. Et acquiert des terrains en secteur diffus, surtout
auprès de propriétaires privés, hors
des secteurs d’aménagement et sans
passer par la phase concours. « Nous
cherchons à trouver les meilleurs terrains et, pour l’instant, en privilégiant
la croissance, mais nous allons y
venir, poursuit-il, cela fait partie de
nos axes de progression. C’est important pour la notoriété de l’entreprise
de gagner des consultations et une
manière d’améliorer la qualité des
projets, même si cela se fera parfois
peut-être au prix d’une rentabilité un
peu moindre », poursuit Edouard
Denis, dont les équipes parisiennes
ont répondu sur deux sites d’Inventons la Métropole du Grand Paris. n
Michel Giboire, promoteur rennais, est aussi propriétaire
d’un réseau d’agences immobilières. Photo Thomas Bregardis/AFP
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30 // PME & REGIONS
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
16
LOIRET Le groupe japonais
des A380. D’ici à leur livraison en
2020, la plate-forme, qui fait vivre
300 salariés et dispose de 40 hectares de réserve foncière, espère trouver un opérateur de maintenance
ou d’autres prestataires pour occuper le hangar, selon France Bleu.
DR
MILLIONS D’EUROS
Le président de l’aéroport de Châteauroux a annoncé en fin de
semaine qu’un investissement de
16 millions d’euros, financé par la
région, allait permettre de construire une nouvelle tour de contrôle
et un hangar géant pour accueillir
innovateurs
Ibiden ferme l’usine
de Courtenay
Ibiden a confirmé la fermeture
de son usine de filtres à particules pour véhicules de Courtenay qui emploie 300 personnes.
En cause, la baisse des ventes
de voitures diesel. Depuis
novembre, date de la première
annonce, deux lettres d’offres
indicatives ont été reçues pour
la reprise. Aucune n’a pu aboutir.
Protecto lance le manchon
antigel connecté
aux compteurs d’eau
déploiement commercial. L’accord
conclu avec Amazon lui apporte
une visibilité financière pour poursuivre cette stratégie. « Le marché
mondial du mouvement de palettes
par chariots élévateurs est évalué à
200 milliards d’euros par an, dont
80 % de salaires des conducteurs. Or
notre solution permet de s’en passer », rappelle Fabien Bardinet. Il
juge donc avoir toutes les chances
d’aller plus loin que ses quelque
500 robots actuellement en service.
ÎLE-DE-FRANCE
Le géant du commerce
en ligne a validé la
technique de chariot
autonome de la petite
entreprise française.
Dominique Malécot
@Dmalecot
Spécialiste du chariot élévateur
sans conducteur pour sites logistiques, la petite entreprise française
Balyo vient de conclure un contrat
commercial avec le géant américain du commerce en ligne et de
l’hébergement Internet Amazon.
Une belle référence pour cette
entreprise d’Ivry-sur-Seine (Val-deMarne) qui emploie un peu moins
de 200 salariés dans le monde et
devrait annoncer 23,3 millions
d’euros de chiffre d’affaires en 2018.
Car Amazon est aussi l’un des tout
premiers donneurs d’ordres au
monde sur le marché du chariot
élévateur d’entrepôts, tant pour sa
propre activité logistique que celle
de ses partenaires.
Dans la logistique, l’automatisation des tâches progresse depuis des
années. « Dès lors qu’il s’agit de traiter des palettes, c’est beaucoup plus
Protecto
Logistique : Balyo conclut un accord
commercial avec le géant Amazon
L’INVENTION
PROTECTO
Date de création : 2017
Président : Mourad Amara
Effectif : 4 personnes
Secteur : maintenance
Service mondial
Balyo équipe des chariots standards d’une « boîte noire »
qui leur permet de fonctionner sans chauffeur. Photo DR
rare. Or notre technologie le permet,
c’est ce qui a intéressé Amazon qui l’a
validée », indique le président-directeur général de Balyo Fabien Bardinet. Cet accord commercial d’une
durée de sept ans prévoit qu’Amazon reçoive 11,7 millions de bons de
souscription d’actions (BSA) qu’il
pourra exercer progressivement en
fonction de ses commandes.
L’achat, sur la durée de l’accord, de
300 millions d’euros de matériel
équipé par Balyo pourrait lui per-
mettre d’apporter parallèlement
35,6 millions d’euros à la firme française et d’en détenir 29 % du capital.
Représentant près de 55 % des
droits de vote, ses grands actionnaires, les deux géants du chariot élévateur Hyster-Yale et Linde Material
Handling, ainsi que bpifrance, le
fonds Seventure et les fondateurs,
ont annoncé leur feu vert.
Fondée en 2005, l’entreprise est
toujours à la peine, en raison du
coût de ses recherches et de son
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
D’autant que Balyo utilise les chariots conventionnels de ses deux
actionnaires Hyster-Yale et Linde
Material Handling. Equipés par ses
soins, ils deviennent autonomes et
capables de se repérer dans
n’importe quel entrepôt, sans
réseau de localisation. En cas de
pépin, les deux constructeurs assurent le dépannage dans le monde
entier, que ce soit en Europe, aux
Etats-Unis ou en Chine, où Balyo est
implanté.
Fabien Bardinet compte bien
préparer d’autres accords avec des
professionnels qui appliqueraient
sa technique de localisation et de
navigation à d’autres activités. Il en a
conclu un en décembre dernier avec
le constructeur alsacien de matériel
de manutention Norcam. n
Protéger son compteur d’eau
des morsures du froid, ainsi que
l’imposent les distributeurs, n’a
rien d’évident. En dessous de
–5 °C, aucun renfort de laine de
roche ou de polystyrène n’empêche l’eau de geler. C’est ce qui a
donné l’idée à Mourad Amara,
président-fondateur de Protecto, quand il était technicien
au service des eaux de la ville
d’Arles, de concevoir un manchon composé d’un sandwich
d’une dizaine de multi-isolants
thermiques garantissant une
protection antigel jusqu’à –24 °C.
Cette innovation a remporté en
2017 le concours Lépine dans la
catégorie aménagement du
logement. Sa nouvelle version,
Furet du Nord-Decitre, premier réseau
de librairies succursalistes en France
Le nouvel ensemble
totalise 31 points
de vente et deux sites
Internet.
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
La concurrence de l’e-commerce et
de la grande distribution pousse les
libraires à se regrouper. Annoncée
début novembre, la reprise du lyonnais Decitre par le Furet du Nord a
été signée jeudi 17 janvier. La nouvelle entité devance le réseau du
parisien Gib ert Joseph qui a
absorbé son voisin Gibert Jeune en
septembre dernier. Le nouvel
ensemble Furet du Nord-Decitre
réalisera plus de 50 % de son chiffre
d’affaires sur le livre, et estime
dépasser Cultura qui ne réalise que
35 % de son activité avec le livre ou
La FNAC (15 %). « Nous allons en
faire un champion de la librairie »,
s’enthousiasme Pierre Coursières,
président du Furet du Nord.
Le Furet du Nord, basé à Lomme
près de Lille, détenu depuis 2008
majoritairement par Nord Capital
Investissement et les fonds gérés
par Vauban Partenaires, compte
20 magasins dont deux en Belgique,
quatre en Ile-de-France et le reste
dans les Hauts-de-France. Il réalise
un chiffre d’affaires de 83 millions
d’euros. Decitre, basé à Lyon,
détenu à 80 % par la famille fondatrice Decitre et 20 % par l’Institut
Mérieux, amène dans la corbeille
11 points de vente et son activité de
vente aux établissements scolaires,
universités, bibliothèque où il est
leader en France. Decitre Interactive est enfin une SSII spécialisée
dans les métadonnées et l’e-commerce autour du livre. L’ensemble
représente 72 millions d’euros de
chiffre d’affaires.
Effet de taille
Le Furet du Nord qui a développé la
vente de papeterie, cadeaux et jeux
pourra la déployer chez Decitre. Le
lyonnais, pionnier en 1997 avec la
première librairie en ligne en
France, fera bénéficier de cette
compétence numérique le nordiste. « Nous allons au-delà du “click
and collect”, avec depuis un an la
commande en magasin et livraison à
la maison », souligne Guillaume
Decitre.
L’effet de taille de ce nouveau
groupe lui permettra de mieux
négocier. La création d’une marque
propre est également envisagée
mais les deux enseignes seront
maintenues afin de préserver l’attachement local fort. Furet du NordDecitre, une fois cette acquisition
digérée, compte poursuivre son
déploiement territorial en fonction
des opportunités, soit en ouvrant
des magasins soit par croissance
externe. n
RW Couture surfe sur la maroquinerie de luxe
LA PME À SUIVRE
BRETAGNE
Effectif : 80 salariés
Chiffre d’affaires : 1,4 million
d’euros
Activité : façonnage
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
RW Couture ne cesse de grandir.
Ce façonnier en pièces et sous-ensembles pour les principales
marques européennes de maroquinerie de luxe a recruté en CDI
35 personnes supplémentaires en
2018 dont il s’est chargé de la for-
mation avec l’accompagnement
de Pôle emploi. Désormais forte
d’une équipe de 80 collaborateurs, l’entreprise table sur une
trentaine d’embauches complémentaires au cours des prochains
mois.
RW Couture profite du marché
florissant de la maroquinerie de
très haut de gamme dont les principaux groupes du luxe lui confient la
réalisation de pièces techniques
– notamment les fonds de sac, les
bandoulières et les poignées – à
partir de modèles travaillés en collaboration avec le bureau d’études
de l’entreprise bretonne.
RW Couture se charge du tracé,
de la coupe, du montage et des cou-
tures. « A moyen terme, indique
Gaëtan Hamard, qui codirige
l’entreprise avec son père Francis,
nous avons pour ambition de livrer à
nos clients des ensembles complets. »
RW Couture signe avec ses donneurs d’ordre des contrats de
production développés sur plusieurs années qui lui permettent
d’envisager l’avenir avec sérénité et
d’investir.
Une nouvelle usine
RW Couture s’est installé l’an dernier dans une toute nouvelle usine
située à Louvigné-du-Désert (Illeet-Vilaine). Le portage immobilier
de l’opération d’un montant de
1,5 million d’euros revient à Fougè-
res Agglomération. RW Couture,
qui réalise un chiffre d’affaires
annuel de 1,4 million d’euros, mise
sur une recette de 3 millions
d’euros cette année.
En complément de la maroquinerie pour les grandes maisons, les
deux dirigeants possèdent une
seconde usine dans la Manche
située dans la commune de Sourdeval. Elle est cette fois spécialisée
dans le prêt-à-porter de très haut de
gamme, essentiellement des robes
du soir. L’effectif de cette entreprise
nommée « Sonorvet » se compose
de 35 salariés. Contrairement à la
maroquinerie, « ses activités restent
stables », indique encore Gaëtan
Hamard. n
Le million d’euros visé
Ce système est vendu au prix de
47 euros plus un abonnement
de 10 euros pour Protectonnect,
le service d’alerte de fuite transmis sur le smartphone de
l’abonné. « Nous organisons
parallèlement un réseau de
plombiers qui seront à même
d’intervenir pour les réparations
d’urgence, par exemple dans les
résidences secondaires », explique le président de Protecto, qui
a enregistré 1.200 préventes en
2018. Avec son business model
récurrent, il vise rapidement le
million d’euros. n
45-8 Energy développe
un capteur pour exploiter
l’hélium en Europe
45-8 Energy
HAUTS-DE-FRANCE
bardée de capteurs pour détecter les fuites d’eau en temps réel
sur le réseau et le compteur,
vient d’être récompensée d’un
Award au CES 2019 de Las
Vegas. Elle est protégée par trois
brevets et fabriquée à Nîmes.
Rien qu’en France, 40 millions
de compteurs sont exposés au
froid dans les villas, réseaux
d’eau publics, campings, entreprises…, 320 millions en Europe
du Nord et 500 millions sur le
continent nord-américain.
« Nous apportons une solution
simple, facile à mettre en œuvre et
bon marché pour empêcher les
coupures d’eau en cas de gel et lutter contre le gaspillage », explique
Mourad Amara, qui a créé sa
start-up pour commercialiser ce
manchon. « Chaque année, 1 milliard de mètres cubes d’eau potable s’échappe par des fuites en
France, dont 15 millions au niveau
des compteurs. »
LA TECHNOLOGIE
45-8 ENERGY
Date de création 2017
Président : Nicolas Pélissier
Effectif : 5 personnes
Secteur géosciences
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Indispensable au gonflage des
ballons, aux IRM, aux réseaux
de fibre optique… l’hélium constitue une ressource précieuse,
mais négligée. Après quinze ans
de carrière chez Total, Nicolas
Pélissier, ingénieur en géosciences pétrolières, a décidé de
systématiser sa production en
concentrant sa prospection en
Europe. « L’essentiel de l’hélium
que nous utilisons provient des
Etats-Unis et le transport représente les deux tiers de son coût. Il
est donc intéressant de produire
de l’hélium en Europe et pour
l’Europe », explique-t-il. Il a
peaufiné son projet durant quatre ans avant de créer
45-8 Energy, en 2017 à Metz, en
Moselle. Un nom énigmatique
qui correspond à la latitude et à
la longitude de la zone que la
start-up veut prospecter en
Europe de l’Ouest, avec ses trois
géologues spécialisés en
extraction, géophysique et
modélisation du sous-sol en 3D.
En coopération avec l’université de Lorraine, l’antenne
messine de Georgia Tech et des
start-up spécialisées dans les
drones et la détection satellitaire, 45-8 Energy développe un
capteur terrestre de la taille
d’une orange capable de détecter les fuites de molécules. La
jeune entreprise a aussi repéré
un gisement d’hélium « natif »
qu’elle compte exploiter d’ici à
2020 en partenariat avec un
groupe du CAC 40, à l’identité
non dévoilée. Ce captage, réalisé
en surface grâce à des installations de la taille d’un hangar
agricole, serait une première qui
générerait un revenu annuel de
500.000 euros. La fuite en
surface révèle la présence d’un
gisement en profondeur, qui
serait exploité de manière classique et dégagerait entre 10 et
15 millions par an.
Le réseau régional de soutien
à la création d’entreprise lui a
apporté 200.000 euros. « Nous
avons décliné les offres de plusieurs “business angels”, car
nous ne voulons pas diluer le
capital trop tôt », explique Nicolas Pélissier, qui prévoit une
prochaine levée de fonds entre
500.000 euros et 1 million. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 31
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
DÉTENTE DES TAUX GRECS
VERS LE SEUIL DES 4 %
FINANCE
&MARCHES
Les taux grecs à 10 ans se sont
détendus à 4,18 %. Il s’agit d’un
plus bas depuis début décembre.
Le marché a salué le vote de
confiance obtenu mercredi soir
par le gouvernement d’Alexis
Tsipras. Après clôture des marchés vendredi, S & P Global
Ratings a par ailleurs confirmé
la note B + (hautement spéculatif) du pays, avec une perspective
positive.
les
indices
Cette tempête historique
qui frappe tous les métiers de la banque
l Les fonctions administratives
sont les plus à risques.
l Pour se digitaliser sans détruire
massivement des emplois, les banques doivent renforcer la formation.
EMPLOI
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
avec Thibaut Madelin
@ThibautMadelin
« Duplex, l’assistant vocal autonome
de la banque, repère les dossiers
d’ouvertures de compte incomplets et
passe simultanément les 7 coups de
fil de relance nécessaires. Il organise
ensuite l’agenda des conseillers pour
la semaine suivante et fixe les rendezvous avec les clients… » Ce scénario
n’est pas esquissé par un géant de la
tech mais par la profession bancaire elle-même.
Dans une étude destinée à
aiguiller les négociations de la branche professionnelle sur la gestion
prévisionnelle des emplois et des
compétences (GPEC) qui doivent
avoir lieu cette année, le cabinet de
conseil HTS Consulting et l’Observatoire des métiers de la banque dressent le panorama du grand
chamboulement que vont vivre les
banquiers, sous la pression du digital. Selon leurs prévisions, 20 % des
effectifs du secteur vont voir leur
métier disparaître d’ici à 2025 et
plus de 50 % vont le voir profondément évoluer.
Un basculement engagé
« Les transformations en cours dans
l’industrie bancaire sont rapides et
profondes et elles vont encore s’accélérer. Notre environnement digital, les
évolutions technologiques, les nouvelles attentes de nos clients nous obligent à aller vite », prévient Béatrice
Layan, responsable de l’Observatoire des métiers de la banque à la
Fédération bancaire française
(FBF). Les fonctions de gestion
administrative (classement d’archives, filtrage d’appels…), de traitement d’opérations courantes et de
recueil d’informations simples
(passage d’ordre sur les marchés,
recueil d’incidents de non-conformité…) sont les plus menacées.
« Les processus seront digitalisés
et de nombreux traitements seront
réalisés par la machine », prédit
l’étude, qui attend une industrialisation massive des outils d’intelligence artificielle dans le secteur.
Les fonctions support et commerciales vont aussi être mises sous
tension pour s’adapter à tous les
canaux digitaux.
Erosion lente des effectifs
Ce basculement est déjà largement
engagé. Entre 2012 et 2017, selon
cette même étude, les chargés
d’accueil, les gestionnaires administratifs et les gestionnaires de backoffice ont tous subi une baisse de
plus de 15 % de leurs effectifs dans
les banques commerciales françaises (AFB). Et les banques taillent
dans leurs réseaux d’agences.
En parallèle, pour répondre aux
besoins d’experts, les recrutements
de conseillers entreprises se sont
accélérés (+34 % entre 2014 et 2017),
tout comme ceux de spécialistes
des données. Au global, le secteur
bancaire n’est toutefois plus créateur d’emplois : depuis 2010, les
banques françaises ont perdu 4 %
de leurs effectifs.
Ce contexte anxiogène, qui rappelle les bouleversements dans
l’industrie, suscite des tensions
sociales. Début décembre, l’intersyndicale de BNP Paribas a appelé à
des débrayages pour protester contre la dégradation des conditions de
travail et l’absence de revalorisation
générale des salaires. Une union
syndicale qui n’avait pas eu lieu
depuis vingt ans.
Le défi de la formation
« Après la crise financière, les postes
avaient diminué, mais ce phénomène
était masqué par la hausse des effectifs dans les services centraux compte
tenu des nouvelles contraintes réglementaires. Maintenant, on arrive à
la vérité des chiffres : l’érosion lente et
régulière », note Régis Dos Santos,
président du Syndicat national de la
banque et du crédit (SNB).
Reste à savoir si ce phénomène
doit s’accélérer avec la mue numérique des établissements. Sur ce
point, les experts se veulent prudents. « Les emplois vont se transformer de façon très importante, en ter-
mes de volumes c’est historique, on
voit l’impact de façon plutôt clair sur
les métiers actuels, mais l’effet sur les
créations d’emplois dans de nouveaux domaines reste incertain »,
estime Jean-Bernard Girault chez
président d’HTS Consulting.
Pour le moment, les « banques se
sont fixé pour objectif de se transformer sans laisser personne sur le bord
de la route », rappelle Béatrice
Layan. Autrement dit sans recourir
à des plans de départs volontaires
massifs. L’exercice a jusqu’ici été
facilité par la pyramide des âges du
secteur, mais désormais se pose
pour les banques un défi inédit de
formation de leurs équipes.
(
Lire l’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 9
Les robots s’invitent dans la banque privée
BNP Paribas et la Société
Générale déploient
des solutions numériques
censées mieux répondre
aux attentes du client.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Les robots s’invitent dans le monde
feutré de la banque privée. BNP
Paribas compte lancer un service
de gestion financière automatisée
pour ses clients fortunés dans le
courant du deuxième trimestre. Ce
service capitalisera sur la technologie de Gambit Financial Solutions,
une fintech belge, dont la filiale de
gestion d’actifs du groupe, BNP
Paribas AM, a pris le contrôle à
l’automne 2017.
Concrètement, les clients de la
banque privée de BNP Paribas en
France pourront déléguer la gestion
d’un contrat d’assurance-vie à un
« robot » en ligne. Celui-ci ciblera
ses investissements en fonction des
informations qui lui auront été
transmises par le client, telles que
ses objectifs financiers, son appétit
au risque, etc. « Nous pensons pouvoir utiliser ce robot pour beaucoup
d’autres services d’investissement,
par exemple pour faire des recommandations de placement 100 % digitales à nos clients en gestion conseillée », indique Béatrice Belorgey,
responsable de la banque privée
France de BNP Paribas. L’établissement n’est pas le seul à vouloir automatiser certains services.
Des conseils adaptés et
automatiquement générés
En fin d’année dernière, Société
Générale Private Banking a ainsi
annoncé le déploiement d’une solution numérique de conseil en investissement : Synoé. Les bénéficiaires
de certains contrats d’assurance-vie
pourront recevoir sur leur téléphone portable des informations et
des conseils adaptés à leur profil et
générés automatiquement. Ils pourront ensuite confirmer tel ou tel
arbitrage en quelques clics.
Le banquier privé reste
« indispensable »
Ces nouveaux outils modernisent
les services de banque privée à
l’heure où les clients sont habitués
à gérer leur quotidien depuis leur
téléphone mobile ou leur ordinateur. Alors que les marges du secteur sont sous pression, ils ne sont
pas conçus pour remplacer les banquiers privés, assurent les établissements qui les déploient. « Le banquier privé est indispensable pour
assurer au client une approche globale dans la durée », souligne Béatrice Belorgey, chez BNP Paribas.
Dans la même veine, Société Générale Private Banking prend soin
d’indiquer que les utilisateurs de
Synoé pourront toujours joindre
une équipe de professionnels
répondant à leurs questions. L’automatisation des tâches doit rendre
les banquiers privés plus efficaces.
« Quand vous avez un nombre de
clients important et un territoire à
couvrir, ces outils-là sont extrêmement utiles pour augmenter le nombre de points de contact avec les
clients », expliquait lors d’une conférence Jean-François Mazaud,
directeur de Société Générale Private Banking. « ll y a une autre vertu
à ce type de solutions : c’est de répondre aux nouvelles contraintes réglementaires de façon efficace », selon le
banquier. Depuis 2018, la régulation
européenne MiF II a augmenté les
exigences de transparence vis-à-vis
des clients et de suivi des échanges
avec les banquiers. Les outils numériques permettent de respecter ces
contraintes et d’amortir les coûts. n
Les établissements
belges veulent recaser
leurs salariés dans la santé
Pour amortir le coût social
des fermetures d’agences,
la fédération bancaire belge
développe des partenariats
et des passerelles avec
des secteurs en manque
de main-d’œuvre.
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
Troquer le costume pour la blouse
blanche. En Belgique, c’est la proposition originale que vient de lancer
Febelfin, la fédération du secteur
financier, pour amortir la fonte des
effectifs. Comme en France notamment, l’écosystème des banques y
est chamboulé par l’essor des services numériques et de l’intelligence
artificielle, qui entraîne des fermetures d’agences, moins fréquentées,
et des destructions d’emplois, obsolètes ou automatisés. En conséquence, bien qu’il ait retrouvé sa
solidité après la crise de 2008, le secteur bancaire belge est passé en dix
ans de 75.000 à 61.000 salariés et la
décrue va se poursuivre, préviennent les professionnels.
Prêts et formations
Febelfin veut faciliter les transferts
vers d’autres secteurs qui, eux, peinent à recruter. Un protocole a été
signé fin 2018 avec les syndicats en
vue de former les futurs ex-salariés
à de nouveaux métiers en lien avec
de potentiels employeurs, à commencer par la santé, premier secteur à avoir dit banco à un partenariat. Plusieurs formules seront
proposées aux salariés, dont le test
d’un nouveau métier via une mission temporaire ou du « prêt »
d’employés seniors, en partageant
leur salaire.
Le secteur de la santé va proposer
aux salariés des banques d’entamer
une formation d’infirmier ou
d’aide-soignant, de un à quatre ans,
à partir de septembre 2019. Des
transferts vers l’administration
hospitalière sont aussi étudiés.
« Une rémunération sera versée pendant la formation, prise en charge
par le futur employeur, avec l’aide de
fonds sociaux pour la formation, a
précisé Rodolphe de Pierpont, porte-parole de Febelfin, au quotidien
“L’Echo”. L’idée a été testée, il existe
bien une demande pour changer de
parcours. »
Paix sociale
Les syndicats ont posé des gardefous. « C’est seulement lorsqu’il n’y a
plus de possibilité dans la banque, ou
à la demande expresse du travailleur,
que l’on peut envisager des possibilités en externe, avec l’accord du conseil d’entreprise », a expliqué JeanMichel Cappoen, secrétaire général
de la SETca-FGTB.
Jusqu’ici, la décrue des effectifs
dans la banque belge s’est surtout
faite par mobilité interne et par
départs volontaires, dont de coûteuses préretraites. Mais d’autres
solutions sont désormais nécessaires pour éviter trop de licenciements
secs et maintenir la paix sociale. Le
secteur de la logistique, porté par
l’essor du commerce électronique,
est le prochain partenaire ciblé. Il
devrait rapidement entamer des
discussions avec Febelfin. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
Le gouvernement veut faciliter la
résiliation des assurances santé
CONCURRENCE
Les pouvoirs publics
veulent rendre
possible la résiliation
des complémentaires
santé à tout moment,
après un an de contrat
effectif.
INSTITUTION
FINANCIÈRE
La Banque centrale
s’est dotée
de son propre indice
des conditions
financières.
Les professionnels
pointent
des effets néfastes.
Un outil qui permettra de mesurer plus
finement les effets
de la politique
monétaire.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Les pouvoirs publics veulent permettre aux Français de faire jouer la
concurrence plus facilement en
matière de complémentaire
santé. Evoquée par l’Elysée il y a un
mois, en pleine crise des gilets jaunes, la mise en place d’une faculté
de résiliation « sans frais d’un cont ra t d ’ a s su ra n c e s a n t é à t o u t
moment, après un an de contrat
effectif » se précise. Dans l’entourage de la ministre de la Santé, on
confirme cette intention. Le Centre
technique des institutions de prévoyance (CTIP) a indiqué vendredi
« Une possibilité
de résiliation
infra-annuelle ferait
tourner les contrats
beaucoup plus vite.
Cela ferait donc
augmenter les frais
de gestion, ce qui
pourrait avoir un
effet sur les tarifs. »
JEAN-PAUL LACAM
Délégué général du CTIP
Guillaume Benoit
@gb_eco
Il est déjà possible, pour les particuliers, de changer de contrat d’assurance auto et habitation
quand ils le veulent dès lors qu’ils sont engagés depuis plus de 12 mois. Michel Gaillard / REA
avoir été informé le 15 janvier qu’un
amendement gouvernemental
allant dans ce sens pour les contrats
d’assurance de personnes (santé et
prévoyance) serait déposé « très
rapidement » dans le cadre du projet
de loi Pacte, qui sera examiné à partir du 29 janvier au Sénat. Il serait
envisagé que cette possibilité de
résiliation en cours d’année s’applique y compris aux contrats collectifs, ceux souscrits par les entreprises pour leurs salariés, indique-t-il.
Pour le CTIP et les partenaires
sociaux qui gèrent les institutions
de prévoyance, une telle mesure
serait « inadaptée, porteuse de risques majeurs et totalement contradictoire avec la volonté d’agir en faveur
du pouvoir d’achat des Français ».
« Une possibilité de résiliation
infra-annuelle ferait tourner les contrats beaucoup plus vite. Cela ferait
donc augmenter les frais de gestion,
ce qui pourrait avoir un effet sur les
tarifs », affirme Jean-Paul Lacam,
délégué général du CTIP.
Déjà l’auto et l’habitation
Pour la Mutualité française,
c’est « une fausse bonne idée » : « Une
telle mesure ne profiterait qu’aux
plus avertis et aux plus favorisés qui
gagneront à changer souvent de complémentaire santé, et sûrement pas
aux personnes âgées, aux assurés les
plus atteints par la maladie ou aux
publics les plus en difficulté », avertit
aussi Albert Lautman, son directeur général. Ce qui, selon lui, risque
de « fragiliser la mutualisation »
mise en place par les mutuelles.
Cette mesure n’a fait l’objet
d’aucune concertation ni d’une
étude d’impact préalable, déploret-on dans les rangs des organismes. « On ne peut qu’être favorable à
la concurrence. Mais la résiliation
d’une complémentaire santé, ce n’est
pas changer d’abonnement téléphonique. C’est un sujet complexe et sensible qui nécessite un vrai travail de
préparation », réagit de son côté
Bernard Spitz, le président de la
Fédération française de l’assurance. « Cette disposition entraînerait une hausse des frais de gestion »,
insiste-t-il lui aussi.
L’évolution voulue par les pouvoirs publics s’inscrit dans une tendance de fond. Depuis 2015, il est
déjà possible pour les particuliers
de changer de contrat d’assurance
auto et habitation quand ils le veulent dès lors qu’ils sont engagés
depuis plus de 12 mois. Par ailleurs,
une mesure entrée en vigueur
début 2018 permet aux ménages
ayant contracté un crédit immobilier de résilier chaque année leur
contrat d’assurance-emprunteur
pour en prendre un autre. n
Les traders, grands perdants
de la saison des bonus
BOURSE
La très forte volatilité
des marchés
en fin d’année entraîne
jusqu’à 25 % de recul
des bonus dans
les salles de marché.
Anne Drif
— @ANNDRIF
Ça y est, les entretiens individuels
ont démarré. Mais pour les traders
et banquiers d’affaires, la nouvelle
n’est pas forcément bonne à entendre. Les groupes français, qui
viennent d’annoncer une série de
revers dans leurs activités de marché, ont clairement revu leurs
enveloppes de bonus à la baisse.
Société Générale, plombé par
un recul de 20 % de ses revenus
dans les activités de marché au dernier trimestre, a prévu de réduire
les rémunérations variables jusqu’à 25 %, selon Bloomberg.
Une mauvaise année de plus
pour ceux qu’on appelle « les
preneurs de risque » (qui gagnent
plus de 500.000 euros par an). L’an
dernier, ils avaient déjà vu la valeur
faciale de leurs enveloppes se contracter de plus de 18 % en banque
d’investissement, selon les rapports
de rémunération de la banque.
« Tout le monde est solidaire des
résultats du groupe, explique un
banquier, et les plus performants ne
toucheront pas forcément le bonus
qu’ils auraient dû percevoir. » Néan-
La Banque de France
crée son indice
des conditions
financières
Traders vendredi à Wall Street. De nouveau en mauvaise passe,
les « preneurs de risque » ne toucheront pas intégralement
leur bonus. En France et en Europe, les rémunérations variables
seront également affectées. Photo Michael Nagle/Bloomberg
moins, souligne-t-il, « la diminution
de l’enveloppe globale ne va pas forcément se traduire par un recul sec
pour tous les salariés et dans tous les
métiers ». En clair, les activités de
marché seront plus touchées que
les banquiers d’investissement traditionnels. « En M&A par exemple,
les revenus sont moins volatils et 2017
avait été une bonne année. »
Les juniors épargnés
Chez BNP Paribas, que l’on dit
affecté par une perte de 80 millions
d’euros liée à des opérations dérivées, l’heure n’est pas non plus à la
fête. « Les revenus sur les marchés
actions sont moins bons, l’enveloppe
de bonus devrait baisser d’environ 10
à 20 % », indique une source.
Même la banque d’affaires serait
affectée. « Le marché français a été
assez mauvais l’an dernier », indique-t-on, même si le groupe a réduit
sa dépendance à l’Hexagone. En
2017, l’enveloppe globale était déjà
en recul de 7,5 % en montant facial
pour « les preneurs de risque ».
Exception cette année, indiquet-on. Les juniors : « Nous ferons tout
pour les protéger. Les seniors seront
les principaux affectés par la baisse
car ils peuvent absorber des baisses. »
Chez Natixis, qui a fait état d’un
accident de marché à 260 millions
d’euros, l’enveloppe est aussi attendue « en baisse de 10 à 20 % ».
« Cependant la baisse sera moins élevée en banque d’affaires que dans les
activités de trading », indique-t-on
en interne. En 2017, alors que le
bénéfice avant impôts avait bondi
de 16 % en banque de grande clientèle, l’enveloppe des banquiers
réglementés y avait crû de 9 %.
Chez Crédit Agricole, les bonus
– stables l’an dernier pour les
« preneurs de risque » – sont aussi
anticipés en recul en banque
d’investissement. « En fusionsacquisitions, notamment, l’année
avait été assez exceptionnelle en
2017. Nous avons aussi beaucoup
investi à l’international et l’analyse
de la contribution des métiers
aux revenus du groupe tient aussi
compte des coûts », indique-t-on
en interne. Mais les banquiers
les plus performants échapperont
à la baisse.
Les financiers français ne sont
pas les seuls en Europe dans une
mauvaise passe. Deutsche Bank, en
difficulté, pourrait annoncer un
recul de 10 %, voire de 15 à 20 % des
rémunérations variables dans certains métiers. Idem chez ING, qui
prépare une baisse « significative ».
Les banquiers d’affaires
tirent leur épingle du jeu
Mais d’autres peuvent sourire :
dans les banques d’affaires indépendantes comme Lazard, on
s’attend à une nouvelle bonne
année, d’autant que les bonus n’y
sont pas plafonnés. Idem pour la
tête des banques américaines.
Chez JP Morgan, dit-on, « l’enveloppe est en hausse de 5 % au global
en Europe, et dans la banque d’affaires c’est un minimum, en particulier
en France ». Les traders français, en
revanche, n’échappent pas à la
sanction du marché. n
La Banque de France dispose
d’un nouvel outil pour ses analyses. Il s’agit d’un indice des
conditions financières (ICF) de
la zone euro, développé en
interne, qui offrira des informations plus précises que les indices disponibles sur le marché.
Apparus au début des années
2000 – Goldman Sachs a été
pionnier, devant Morgan Stanley, Citi, Bloomberg, etc. –, ces
indices synthétisent des données de marché. Ils sont devenus incontournables pour les
investisseurs institutionnels,
grandes banques et banques
centrales. « Au départ, ils ont
principalement été utilisés par
les investisseurs privés pour les
aider dans leurs stratégies
d’investissement », explique
Jean-Guillaume Sahuc, chef du
service de recherche en économie financière de la Banque de
France et cocréateur de l’indice.
Indispensable
La crise a renforcé leur usage.
Les banques centrales ont
abaissé durablement leurs taux
directeurs à des niveaux planchers. « Ces taux devenant contraints, ils ne reflètent plus à eux
seuls les effets de la politique
monétaire, alors même que les
banques centrales ont mis en
place simultanément d’autres
mesures dites non conventionnelles, fait valoir le chercheur. Il
fallait donc trouver une façon
d’apprécier leurs impacts sur les
conditions de financement de
l’économie. »
« L’une des raisons pour
laquelle nous avons mené ce
chantier, c’est que les indices disponibles affichent une trajectoire
globale, mais pas celle, individuelle, de leurs composants,
détaille Jean-Guillaume Sahuc.
C’est pourtant une information
primordiale. »
L’ICF de la Banque de France
repose sur pas moins de dix-huit
séries de données : taux souverains, indices boursiers, swaps
indexés sur l’inflation, indices de
surprise et de volatilité… Ces
données sont réparties en six
facteurs principaux : les taux, le
crédit, le cours des actions,
l’incertitude, l’inflation et les
taux de change. « Grâce à cette
analyse de l’évolution des composants, nous avons par exemple pu
observer que l’amélioration des
conditions financières en zone
euro au début de cette année était
due en grande partie à un effet de
change favorable, notamment
vis-à-vis des devises asiatiques »,
souligne l’expert.
Autre innovation, la pondération des catégories composant l’indice est évolutive.
« Dans la plupart des indices, le
poids des composants est figé.
La lecture
de l’indice est
simple : plus
sa valeur est élevée,
plus les conditions
financières
se durcissent et
pèsent sur l’activité
économique.
Nous avons choisi de faire varier
la pondération des éléments en
fonction de leur volatilité. Si celle-ci est importante, c’est qu’il se
passe quelque chose qui mérite
une attention particulière. »
La lecture de l’indice est simple : plus sa valeur est élevée,
plus les conditions financières
se durcissent et pèsent sur l’activité économique. Sa valeur
a b s o l u e n’a t o u t e f o i s p a s
d’importance. « Il faut surtout
regarder la direction des mouvements, et leur vitesse », précise
Jean-Guillaume Sahuc. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
Les géants de Wall Street
vont donner le ton aux marchés
l Les anticipations de profits
pour 2019 ont été revues à la baisse.
l Cela laisse plus de place pour
les bonnes nouvelles à Wall Street.
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
La saison des résultats pour le troisième trimestre 2018 avait été agitée,
moins en raison des résultats euxmêmes que des discours plus pessimistes qu’attendu des dirigeants du
S&P 500, dont la visibilité était polluée par les tensions commerciales
entre la Chine et les Etats-Unis.
L’année s’était alors soldée par le
pire trimestre depuis sept ans.
Depuis, Wall Street a reverdi
alors que les entreprises américaines ont commencé à publier leurs
chiffres pour le quatrième trimestre 2018. Le S&P 500 affiche un
rebond de 12 % depuis son point bas
de décembre. Le consensus IBES
Refinitiv table encore sur une croissance de 14,8 % des profits. Pour
autant, « ce ne sera pas une excellente
saison », pronostique Andrew Milligan chez Aberdeen Standard
Investments. « L’essentiel des gains
liés aux réductions d’impôt est derrière nous et les perspectives des
entreprises sont assombries par un
certain nombre d’incertitudes. »
Les doutes n’ont pas été levés, au
regard notamment des multiples
avertissements sur résultats réalisés par quelques grands noms de la
cote comme Apple, FedEx, Macy’s,
Kohl’s, Delta ou Constellation
Brands… « La saison des résultats a le
potentiel pour être décevant », avertit
Kristina Hooper chez Invesco.
Les banques américaines ont
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Des fondamentaux
au mieux « troubles »
Car les marges des entreprises
américaines pourraient aussi être
sous pression, notamment en raison des hausses de salaires qui
accélèrent aux Etats-Unis (3,2 % en
décembre pour le salaire horaire).
Les anticipations de marge pour
2019 ont déjà été révisées à la baisse,
passant de 15,6 % en octobre à
15,1 %, un niveau légèrement supérieur à celles de 2018.
Pour l’instant, les marchés restent portés par les espoirs d’un
règlement de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis
et les résultats des entreprises passent un peu au second plan. Mais ils
pourraient vite revenir sur le
devant de la scène. Morgan Stanley,
très prudent depuis six mois à
l’égard des actions américaines,
juge que le S&P 500 pourrait aller
tester un plus bas autour de
2.400 points, « entraîné par de nouvelles déceptions sur les données économiques ou sur les résultats »,
selon Michael Wilson. « Les fondamentaux restent au mieux troubles
avec la visibilité sur les résultats qui
se détériorent et des révisions résolument négatives en ce moment »,
poursuit le stratégiste de la banque
américaine. Les analystes anticipent que les profits de 107 compagnies du S&P 500 vont croître au
moins aussi vite qu’en 2019. Ce qui
laisse penser que pour près des quatre cinquièmes, 2019 sera une
année plus compliquée. n
INTERVIEW // PETER OPPENHEIMER Stratégiste en chef actions mondiales chez Goldman Sachs
« Les investisseurs
ont surestimé la vigueur du
ralentissement économique »
La saison des résultats
a démarré aux Etats-Unis.
Quelles sont vos attentes ?
Le consensus anticipe encore une
amélioration des marges au quatrième trimestre 2018, avec une
croissance des bénéfices de l’ordre
de 14 %. Nous pensons que le
consensus sera révisé à la baisse. Et
plus important, si nous regardons
les prévisions 2019, nous estimons
que la croissance des profits du S&P
500 va ralentir à environ 6 %, contre
une hausse de 23 % en 2018. Cette
très forte hausse était due en partie
aux effets positifs de la réforme fiscale, mais aussi à la bonne forme de
l’économie américaine.
6 % de croissance bénéficiaire,
c’est suffisant pour alimenter
la hausse de Wall Street ?
Notre sentiment est que la performance de Wall Street sera faible,
parce que la croissance des profits
sera modérée. Mais elle sera quand
même positive. Car le point de
départ est assez bas, du fait de la forte
baisse des marchés en fin d’année.
Les cours de Bourse à fin 2018 reflétaient trop les mauvaises nouvelles
sur la croissance et pas assez les bonnes. Le récent rebond devrait donc
continuer un peu, même s’il ne faut
pas attendre une performance très
forte des actions après ce rebond.
Les risques de récession aux
Etats-Unis ont fortement pénalisé les actions en fin d’année.
Ce risque est-il imminent ?
Non. Nous estimons même que la
probabilité qu’elle ait lieu est faible
en 2019 et même en 2020. Cette probabilité devrait commencer à augmenter en 2021 et nous pensons
qu’en décembre dernier, les investisseurs ont largement surestimé
la vigueur du ralentissement économique, notamment à Wall
Street. Il y a deux raisons qui nous
font écarter ce risque à court terme.
D’abord : les taux d’intérêt ont augmenté, mais n’ont pas atteint un
niveau suffisant pour déclencher
un effondrement de l’investissement et un ralentissement écono-
« L’Europe rentre dans
cette nouvelle année
avec de nouveau une
croissance ralentie et
donc des anticipations
de bénéfices
sous pression. »
mique fort. Ensuite, l’autre déclencheur traditionnel d’une récession,
qui serait lié à un fort déséquilibre
économique, n’est pas non plus
probable, car le taux d’épargne
des ménages est bien supérieur
aujourd’hui à sa moyenne de long
terme. Avec un faible taux de
chômage, la hausse des salaires
et un tel taux d’épargne, il est difficile d’imaginer une contraction
de la consommation des ménages,
qui représente tout de même 70 %
de la croissance de l’économie aux
Etats-Unis.
DEVISES
Le chômage forcé
d’une partie
de l’administration
pénalise l’économie
américaine et
affecte indirectement le billet vert.
ouvert le bal. Si JPMorgan Chase, Citi
et Morgan Stanley ont déçu, Goldman Sachs et Bank of America ont
agréablement surpris. Goldman
Sachs a bondi de 9,16 %, sa plus forte
hausse suivant la présentation des
résultats depuis 2008, alors que le
second a gagné 7,16 %, sa plus forte
hausse sur une séance depuis
sept ans. Contrairement au troisième trimestre, les investisseurs
pourraient donc réagir plus aux
bonnes surprises qu’aux mauvaises.
Cela pourrait paraître logique, étant
donné le net repli de la valorisation
des actions américaines, avec un
ratio de capitalisation des profits
(PER) passé en un an de 23 fois à
moins de 18. « Certaines valeurs et
certains secteurs intègrent déjà dans
leurs cours l’hypothèse d’une complète récession économique », constate Michael Wilson chez Morgan
Stanley.
De la même façon, les investisseurs
devraient rester attentifs aux prévisions des entreprises alors que les
attentes pour 2019 ont déjà été
revues drastiquement à la baisse.
Le consensus des analystes anticipe
une croissance de 6,13 % des bénéfices par action en 2019, contre une
hausse de 11,5 % en octobre dernier… Entre le ralentissement prévisible de la croissance américaine
et les effets négatifs de la guerre
commerciale, la porte reste ouverte
à de nouvelles révisions à la baisse.
Morgan Stanley, par exemple,
n’anticipe qu’une hausse de 4,9 %.
Le
« shutdown »
pénalise
le dollar
Le « shutdown » de l’administration présente-t-il
un risque pour l’économie
américaine ?
Cela va dépendre évidemment de
sa durée, mais s’il y a un impact,
il sera temporaire, car, lorsque le
« shutdown » sera terminé, il y aura
un effet de rattrapage. Pour nous,
il aura un effet négligeable sur la
croissance du PIB, même si, bien
sûr, il pourrait avoir un impact sur
la perception et sur la confiance
des agents économiques. Mais son
effet sur les données économiques
sera relativement modeste au premier trimestre 2019.
La guerre commerciale
a fortement pénalisé
les marchés l’an dernier.
Donald Trump peut-il faire
plier Xi Jinping ?
C’est difficile d’avoir une vision
claire au sujet de ce conflit commercial, mais on peut espérer qu’ils arriveront à une forme de compromis
sur certains types de changement
dans la balance commerciale ou
sur des concessions de Pékin sur la
propriété intellectuelle. Mais il est
vrai que la montée des tensions
commerciales a eu un impact négatif sur les données économiques, en
particulier de la Chine, mais aussi
sur la perception. Et alors que ce
conflit commercial a des chances
de se poursuivre, les marchés
devraient accueillir assez favorablement tout signe de modération
dans les discours ou toute avancée
vers un arrangement du conflit.
« Si nous regardons les prévisions 2019, nous estimons que la
croissance des profits du S&P 500 va ralentir à environ 6 %, contre
une hausse de 23 % en 2018 », avertit Peter Oppenheimer. Photo DR
Les investisseurs ont fui
l’Europe l’an dernier. Qu’est-ce
qui pourrait les faire revenir ?
L’Europe est confrontée à deux problèmes, ses fondamentaux économiques et l’incertitude. On a assisté
l’an dernier à un ralentissement
assez net de la croissance économique dans la zone euro, comparativement aux Etats-Unis. Certes, les
bénéfices des entreprises ont augmenté de façon satisfaisante, mais
moins vite qu’aux Etats-Unis, qui
ont bénéficié d’un important coup
de pouce fiscal. Et l’Europe rentre
dans cette nouvelle année avec de
nouveau une croissance ralentie et
donc des anticipations de bénéfices
sous pression. Nous n’attendons
qu’une hausse de 4 % des profits des
actions européennes cette année
et, si les données économiques
devaient continuer de ralentir, la
croissance pourrait encore être
inférieure. Cela limite forcément
l’enthousiasme des investisseurs
à l’égard de la région.
Concernant les incertitudes, elles
sont notamment politiques. Il va
y avoir beaucoup d’élections en
Europe cette année et notamment
des élections pour le Parlement
européen qui pourraient avoir des
incidences sur le futur même de
l’Union européenne. C’est aussi une
année importante pour les instances
européennes et notamment pour
la Banque centrale européenne qui
va changer de président. Et il ne faut
pas non plus oublier les incertitudes
sur le budget italien ou sur le Brexit.
Ces éléments ont aussi un impact
sur l’appétit des investisseurs.
Cela étant dit, s’il y a une reprise
de la croissance mondiale et
notamment chinoise, cela sera
positif pour la croissance européenne et, si celle-ci s’améliore, les
flux devraient suivre.
Propos recueillis par P. Fay
Depuis le début du « shutdown » le 22 décembre, le dollar a reculé globalement de
1,6 %. La paralysie d’une partie
de l’administration pénalise
l’économie américaine et incite
d’autant moins la Réserve Fédérale à remonter les taux d’intérêt, voire l’incite à assouplir sa
politique, ce qui affecte le billet
vert. Ce désordre n’encourage
pas les investisseurs étrangers à
acheter des actifs américains
(actions et obligations). Lors du
précédent « shutdown » d’une
durée significative de 16 jours,
en octobre 2013, la devise américaine avait perdu à peine 0,1 %.
L’économie était alors sur une
pente ascendante. La croissance du PIB de 1,7 % en 2013
allait grimper à 2,6 % et 2,9 % les
deux années suivantes.
Le « shutdown » a un impact
psychologique sur les marchés,
en affectant le leadership américain et le statut de première
devise mondiale du dollar. Dans
les phases de ralentissement de
la croissance de l’économie
américaine vers sa tendance de
long terme, le billet baisse de
0,1 % à 0,3 % par mois, selon les
calculs de la banque Nomura. Il
perd notamment du terrain par
rapport aux devises refuges que
sont le yen et le franc suisse.
Le billet vert ne sera affecté
durablement par le « shutdown » que s’il provoque une
crise de confiance sur les marchés. Quand ils n’anticipent plus
seulement un ralentissement de
l’économie mais une récession,
la volatilité du dollar augmente.
« Les Etats-Unis ont connu cinq
récessions durant les 42 dernières années et aucune n’a été provoquée en soi par les “shutdown” ». En 1981 et 1990, ils se
sont produits alors que l’économie était déjà en phase de contraction. « L’histoire enseigne que
l’impact négatif du “shutdown”
est temporaire et l’activité redémarre dans les trimestres suivants », constatent les stratèges
de LPL financial.
Wall Street est généralement
peu inquiète des conséquences
de ces paralysies. Une bonne
résistance qui rassure les investisseurs étrangers et les incite à
ne pas céder leurs actions américaines. Cela soutient le dollar.
L’indice Standard and Poor’s
500 a perdu en moyenne 0,5 %
durant les 19 « shutdowns » qu’a
connus le pays depuis 1976, et a
même progressé dans 50 % des
cas. Comme pour la renégociation du plafond de la dette américaine, les marchés semblent
avoir appris à vivre avec la paralysie totale ou partielle de l’administration, qu’ils dédramatisent
jusqu’à un certain point. n
« Les Etats-Unis
ont connu cinq
récessions durant
les 42 dernières
années et aucune
n’a été provoquée
en soi par
les “shutdowns”. »
LPL Financial
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 18 - 01 - 2019
CAC 40 : 4875,93 (1,70 %) NEXT 20 : 10955,92 (1,88 %)
CAC LARGE 60 : 5420,26 (1,72 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3817,47 (1,74 %)
DATE DE PROROGATION : 28 JANVIER
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
15/01/19 3,5
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
37,76
1423616
290.969.205
103,95
945272
429.423.434
92,45
1498962
776.469.994
19,602
6055464
1.021.903.623
70,82
683356
106.884.219
20,3
10876444
2.424.916.626
41,89
6133060
1.249.798.561
30,19
784743
372.377.939
94,74
719919
167.293.730
16,415
4456347
789.252.839
10,26
6648665
2.866.437.156
62,24
1976693
685.055.200
110
407697
261.541.129
13,63
8607118
2.435.285.011
111,95
1421292
426.777.218
497,1
56376
105.569.412
400,9
291717
126.279.322
247,7
1129978
505.028.789
50,72
666309
267.471.813
197,35
629103
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
39,02
39,09
37,76
105,55
105,85
103,7
93,66
94,08
92,2
20,01
20,1
19,602
73,66
73,76
70,72
20,56
20,61
20,27
42,47
42,51
41,795
30,12
30,29
29,96
96,38
96,46
94,16
16,615
16,82
16,245
10,324
10,424
10,26
62,35
62,74
62,05
111,7
111,85
109,1
13,835
13,89
13,575
112,05
112,55
111,85
500,4
500,4
495,4
410
410,8
398,6
253,4
254,5
247,1
51,08
51,3
50,46
199,8
200,5
195,95
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 3,31
+ 7,32
- 13,75
+ 1,54
+ 0,29
- 3,87
+ 2,07
+ 5,65
+ 3,61
+ 3,46
+ 4,86
- 32,99
+ 4,87
+ 5,71
- 42,14
+ 2,29
+ 8,38
- 24,56
+ 2,54
+ 4,72
- 36,26
+ 1,11
- 5,43
- 34,16
+ 2,69
+ 7,04
- 9,54
+ 3,71
+13,45
- 8,81
+ 1,67
+ 4,81
- 32,39
+ 0,73
- 0,54
- 10,18
+ 2,86
+ 9,72
+ 20,03
+ 1,73
+ 9,19
- 4,16
- 0,05
+ 2,8
+ 1,77
+ 0,95
+ 5,55
+ 13,29
+ 3,15
+ 1,86
+ 10,05
+ 2,78
+ 0,56
+ 6,14
+ 1,55
+ 3,8
- 23,16
+ 1,55
- 1,33
+ 8,94
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 5,15
39,09
36
2,69
- 2,67
107,95
102,05
2,51
+ 11,55
3,4
94,08 27,59
77,5
1,6
+ 10,31
20,15
17,056
+ 3,05
75,14
67,5
2,31
+ 9,03
20,61
18,428
6,13
+ 7,59
43,08
38,135
7,11
- 3,89
31,21
29,26
5,64
+ 11,04
96,46
79,8
1,76
+ 11,44
16,82
14,485 2,77
+ 9,48
10,424
9,095
6,1
+ 1,37
62,74
60,2
3,05
+ 7,71
111,85
96,02
0,52
+ 10,46
1,21
13,89
11,47
12,17
2,67
+ 1,45
112,6
108,95
1,37
+ 3,22
501
462,4
1,52
- 0,39
429,8
380,7
0,85
- 1,86
266,2
243,65
0,79
+ 3,61
51,32
47,91
2,47
- 0,7
201,2
194,55
1,78
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
90,24
805576
179.750.453
13,5
8435568
2.660.056.599
139,05
368299
265.421.592
21,3
2406143
904.828.213
52,56
545746
235.249.801
56,83
1032458
295.722.284
108,9
1173433
435.767.951
29,68
2044535
546.585.004
74,12
3678787
1.247.395.472
58,96
2171219
579.138.192
28,51
8797465
807.917.739
94
429193
147.454.887
12,45
4109079
911.156.920
20,63
1630158
450.145.880
47,445
7418150
2.641.814.774
147,16
668792
138.286.626
26,3
1520654
240.253.100
18,09
2007427
565.593.341
74,96
1535257
597.515.984
21,99
3201630
1.305.804.297
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
93
93,14
90,02
13,57
13,61
13,37
139,6
140,3
138,2
21,33
21,59
21,07
53,04
53,38
52,5
57,1
57,3
56,73
110,05
110,45
108,7
29,91
30,04
29,62
72,92
74,12
72,62
60,26
60,98
58,7
28,605
28,865
28,365
94,16
95,14
93,44
12,86
12,875
12,4
20,88
20,91
20,55
47,785
48,025
47,34
150,24
151,5
147,1
26,64
26,69
26,2
18,335
18,4
17,96
75,42
75,96
74,7
21,97
22,08
21,91
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 3,98
+ 7,96
- 27,29
+ 0,93
- 4,6
- 6,15
+ 0,98
- 3,62
+ 6,61
+ 1,14
+16,18
+ 16,46
+ 1,26
+ 7,22
- 8,04
+ 1,73
+ 4,94
- 35,99
+ 1,71
+ 2,66
+ 20,7
+ 2,1
+ 3,91
- 37,49
- 1,07
- 4,32
+ 0,76
+ 3,04
- 0,36
- 19,87
+ 0,37
- 0,69
- 36,62
- 1,07
+ 5,21
- 13,97
+ 4,38
+ 6,19
- 36,9
+ 3,98
+22,46
- 23,66
+ 1,85
+ 2,2
+ 0,42
+ 2,69
+ 7,78
+ 3,1
+ 8,6
- 59,02
+ 1,92
+ 0,77
- 12,23
+ 1,4
+ 5,72
- 13,71
+ 0,41
+ 4,27
- 5,55
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 7,27
93,14
83,74
3,82
- 4,13
14,34
13,325
2,21
- 2,58
142,3
136
0,97
+ 14,4
21,59
17,87
2,49
+ 5,91
53,74
48,7
3,77
+ 4,67
57,44
51,98
6,22
+ 4,41
110,45
101,1
1,45
+ 2,55
30,165
28,275 4,35
- 3,62
75,68
72,62
4,16
+ 0,9
60,98
57,58
3,65
+ 2,82
30,385
26,88
7,69
+ 5,21
95,8
86,78
2,92
+ 3
0,23
12,875 56,59
10,635 0,41
+ 18,3
20,91
16,6
+ 3,48
48,075
44,775
1,34
+ 10,96
151,5
130,18
+ 4,43
28,41
23,5
4,69
+ 2,12
18,4
17,5
4,58
+ 4,72
75,96
70,2
0,99
+ 3,24
22,1
20,8
2,05
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,94
3,966
15749
3,98
40.789.901
3,892
B 6,13
6,12
24512
6,19
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,11
ABIVAX (ABVX) g
B 10,76
10,52
12552
10,88
FR0012333284
10.024.182
10,5
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,5
0,512
11230
0,514
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,5
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,35
3,4
26918
3,415
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,28
ADOCIA (ADOC) g
B 14,88
15,1
17009
15,58
FR0011184241
6.916.753
14,64
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 164
163
86953
164,6
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
162,3
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 9,3
9,702
4673636
9,77
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
9,232
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 49,3
51,9
40461
52,3
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
49,3
AKWEL (AKW) g
B 16,7
16,64
10065
16,98
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
16,64
ALD (ALD)
A 11,3
11,56
57052
11,59
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
11,3
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 24,7
24,2
33512
24,8
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
23,9
ALSTOM (ALO) LR
A 35
34,45
1030443
35,09
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.256.020
34,27
ALTAREA (ALTA) g
A 170,8
170,8
2746
171,4
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
170,2
ALTEN (ATE) G
A 76,1
78,75
45260
78,8
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
75,8
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 8,25
8,53
1654587
8,565
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,17
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,29
3,27
7386
3,29
FR0012789667
47.804.841
3,23
AMUNDI (AMUN) G
A 49,3
49,48
EX-DS 15/03/17
142208
49,76
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
48,46
APRIL GROUP (APR)
B 20,6
20,6
78414
21
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
20,6
ARCHOS (JXR) g
C 0,322
0,333
1140674
0,342
FR0000182479
57.851.743
0,321
ARKEMA (AKE) L
A 83,1
84
389883
84,04
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
82,82
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 14,6
15
26304
15,32
FR0000074783
6.651.515
14,6
ASSYSTEM (ASY) g
B 29,2
29
OPA 24/11/17
1184
29,2
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
28,6
ATARI (ATA)
C 0,345
0,346
496252
0,355
FR0010478248
255.105.360
0,343
AUBAY (AUB) g
C 31,5
32
5780
32,1
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.136.796
31,4
AUREA (AURE)
C6
5,76
3969
6
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,74
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,156
0,157
94240
0,16
FR0000066052
21/10/11 0,05 112.001.888
0,156
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 11,8
11,9
5435
12,08
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
11,8
BÉNÉTEAU (BEN)
A 12,74
12,88
53195
12,94
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
12,74
BIC (BB) G
A 92,15
91,6
56148
92,45
FR0000120966
28/05/18 3,45 45.988.387
91,3
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,06
9,15
12567
9,18
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
9,06
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 60,6
61,4
78597
61,6
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
60,3
BOIRON (BOI) g
A 52
51,3
4386
52
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
51,1
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,618
3,63
709664
3,652
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,612
BONDUELLE (BON) g
B 31,5
31,45
6402
31,6
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.538.340
31,4
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 19,06
19,26
559503
19,335
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
18,975
BURELLE SA (BUR)
A 918
940
71
942
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
918
CARMILA (CARM)
C 16,1
16
135399
16,32
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
15,98
CASINO (CO) LR
A 37,6
39,19
892664
39,19
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
36,99
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,59
2,6
97788
2,65
FR0010193052
30.514.178
2,54
CGG (CGG) G
C 1,47
1,502
3629192
1,515
FR0013181864
709.944.398
1,458
CHARGEURS (CRI) g
C 18,84
19,2
31226
19,4
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
18,75
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 340,5
347,4
EX D OP 08/06/17
19651
347,4
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
338,4
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/170119
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 1,9
+ 8,12
- 55,98
- 0,16
+ 1,16
- 5,99
- 2,23
- 7,88
+ 17,81
+ 1,19
- 8,57
- 37,56
+ 2,41
+13,33
- 56,63
+ 1,07
+24,38
- 8,37
- 0,25
+ 0,74
- 0,31
+ 3,52
+ 4,66
- 25,74
+ 5,7
+16,63
+ 0,97
- 0,95
+12,43
- 51,77
+ 1,67
+ 8,54
- 21,63
- 1,43
+ 6,14
- 31,73
- 1,6
- 8,45
- 6,39
+ 0,95
+ 0,83
- 18,67
+ 4,03
+ 8,02
+ 2,21
+ 3,96
+25,35
- 36,18
+ 14,36
4,128
3,378
+ 0,66
6,27
5,98
- 11,15
12,8
10,5
+ 3,23
0,52
0,491
+ 0,59
3,61
3,24
- 8,71
17,08
14,24
- 1,51
171,3
159,1
+ 2,34
9,78
8,68
+ 17,42
52,3
42,1
+ 3,35
17,6
15,3
+ 11,15
11,6
10,1
- 2,02
24,8
22,55
- 2,32
36,1
33,4
+ 3,02
175,4
163,4
+ 8,32
78,8
70,25
+ 21,77
8,565
6,51
+ 18,91
+19,34
3,29
- 12,33
2,75
+ 0,59 + 7,19
+ 7,43 49,76
- 31,96 44,59
+ 0,49 + 3,26
+30,38 21
+ 29,15
19,95
+ 5,21 - 8,77
+ 6,39
0,397
- 53,92
0,294
+ 2,46 + 12,06
+ 9,66 84,04
- 19,54 72,88
+ 3,16 + 4,46
+32,04 15,48
- 11,76 13,1
+ 1,4 + 7,21
+ 7,41 29,8
- 4,76 25,75
+ 0,29 + 1,47
+ 9,68
0,386
- 28,76
0,32
+ 2,24 + 13,68
+16,79 32,1
- 9,35 25,8
- 3,68 + 4,73
+ 1,77
6,08
- 30,6
5,18
- 0,32 + 1,95
- 9,51
0,188
- 41,85
0,146
- 0,83 - 4,19
- 1,98 13,52
- 47,11
11,8
+ 1,1 + 12,2
+17,52 12,94
- 42,5
10,72
- 0,27 + 2,75
+ 1,78 92,45
- 5,47 85,35
+ 0,99 + 14,23
+ 4,93
9,6
- 39,96
7,8
+ 2,5 + 6,78
+ 4,78 61,6
- 20,47 53,1
- 0,77 + 4,8
+ 5,02 54,3
- 32,05 47,5
+ 0,78 + 3,71
+ 1,62
3,714
- 21,5
3,412
+ 0,64 + 10,74
+11,92 31,6
- 30,11
28,2
+ 2,18 + 8,23
+ 8,42 19,335
- 19,45 16,99
+ 2,17 + 18,09
+17,5 942
- 31,39 730
+ 0,13 - 0,99
- 4,53 16,64
- 33,33 15,76
+ 8,29 + 7,84
+10,93 39,19
- 18,23 34,01
+ 1,37 + 13,04
+22,07
2,965
- 25,55
2,115
+ 3,95 + 29,93
+39,07
1,548
- 58,76
1,081
+ 2,62 + 14,29
+17,5
19,4
- 29,26 16,18
+ 2,21 + 4,04
+ 4,64 354,6
+ 16,66 323,9
+ 7,14
+ 7,14 6000
- 20 5700
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,665
1917772
393.613.788
A 19,56
243640
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 8,15
184820
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
COLAS (RE)
A 135,2
501
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 87,5
105135
FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 24,6
472
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1262
3400
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 110
407697
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 12,67
272449
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 3,996
804905
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 94,9
6010
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 5,26
6805
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 36,65
444157
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 13,895
EX-DS 7/03/17
2615583
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 77,84
292340
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
2,76
12724
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12,9
258486
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 13,35
805568
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.927.545
EOS IMAGING (EOSI)
C 2,64
35184
FR0011191766
26.237.907
ERAMET (ERA) Gg
A 69,5
85652
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 6,99
73311
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 26,95
3453
FR0004110310
6.017.892
EURAZEO (RF) G
A 64,25
108664
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,14
3786
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 336
61023
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,98
169063
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 17,655
317042
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 73
85
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 36,23
483034
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 88,3
5814
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 12,78
6409
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 776
286
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 62
54504
FR0011476928
26.605.439
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 60,2
1468
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 322
16
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
B 1,13
N/P REGR.
170822
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,114
336757
FR0000079634
01/10/01 0,1 163.325.030
GECINA (GFC) G
A 121,7
122037
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
GEMALTO (GTO) L
A 50,68
225434
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 18,04
104776
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 2,99
176572
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,06
66436
FR0011790542
79.347.621
GETLINK (GET) LR
A 12,365
868953
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 17,72
20135
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,27
3,53
0,43
1,35
1,8
4,76
2,07
1,02
1,27
2,81
5,05
1,31
2,74
3,45
0,84
2,6
1,68
1,94
3,77
1,09
0,55
3,12
0,55
1,59
2,91
1,7
3,98
1,56
0,98
3
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,661
0,669
0,652
19,8
19,85
19,56
8,13
8,27
8,13
135,6
135,8
133,6
87,4
87,7
87,05
24,4
24,9
24,4
1268
1268
1251
111,7
111,85
109,1
12,42
12,9
12,37
3,958
4,02
3,958
95,6
96,6
93,6
5,58
5,58
5,26
36,63
36,86
36,38
14,305
14,31
13,855
78,42
78,66
77,26
2,83
2,85
2,76
12,82
12,97
12,78
13,68
13,75
13,26
2,58
2,64
2,525
68,45
71,4
68,15
6,98
7,2
6,93
27
27,1
26,75
64,9
65,1
64,1
3,02
3,14
2,95
359,8
360
335
7,99
8,075
7,955
18,17
18,18
17,575
72,6
73
72,6
37,41
37,47
35,99
89,2
89,2
88,1
12,58
12,78
12,52
782
788
776
62,9
63,4
61,8
60,4
60,4
60
322
322
322
1,13
1,13
1,13
0,113
0,114
0,11
121,2
122,2
120,7
50,7
50,72
50,66
17,94
18,08
17,65
2,95
3,12
2,89
1,09
1,1
1,054
12,52
12,545
12,36
18
18,22
17,72
+ 1,54
+15,86
- 26,64
+ 2,01
+ 4,87
- 2,65
+ 0,12
+11,68
- 13,6
+ 0,44
+ 6,79
0,7
0,563
+ 6,91
19,85
17,92
+ 2,52
8,37
7,73
- 3,14
139,8
- 26,38 133,6
+ 0,46 + 3,8
+ 4,73 87,7
- 0,57 81,95
- 0,41 + 0,41
- 2,4
25
- 15,28 23,5
+ 1,44 + 4,79
+ 2,01 1268
- 7,58 1168
+ 2,86 + 7,71
+ 9,72 111,85
+ 20,03 96,02
- 1,27 + 17,06
-53,17
14,97
- 69,51 10,35
+ 0,1
- 1
+ 1,75
4,298
- 51,88
3,812
+ 1,7 + 15,88
+13,95 97,5
+ 16,87 76,5
+ 11,6 + 25,96
+13,88
5,58
- 16,47
4,63
+ 0,83 + 14,08
+15,66 36,86
+ 41,48 31,44
+ 3,47 + 3,66
+ 5,88 14,31
+ 30,94 13,55
+ 2
+ 7,48
+ 7,13 78,66
- 18,57 71,04
+ 2,54 + 6,39
+12,08
3,045
- 40,04
2,535
- 1,84
+ 0,55 13,74
- 32,53 12,52
+ 3,01 - 5,98
- 3,93 15,41
- 40,93 13,26
- 1,53 - 23,78
-28,33
3,46
- 55,9
2,525
+ 0,29 + 13,42
+23,56 71,4
- 43,8
55,4
+ 2,57 + 11,68
+ 8,81
7,2
- 62,09
6,02
+ 0,19 - 2,7
- 2,17 28,75
- 39,8
26,2
+ 1,64 + 5,02
+ 5,79 65,1
- 18,92 60,55
- 3,51 + 9,03
+15,27
3,18
- 11,44
2,69
+ 8,7 + 10,37
+11,88 361,2
- 31,27 313,2
+ 1,46 + 1,59
+11,36
8,395
- 28,15
7,53
+ 3,62 + 5,61
+ 1,42 18,68
- 4,57 16,99
- 1,36 + 6,76
+17,86 79,2
- 39,5
65
+ 6,1 + 13,12
+19,64 38,84
- 48,82 30,12
+ 1,48 + 11,22
+ 9,31 90,1
- 13,23 78,1
- 0,48 + 14,36
13,1
+10,16
- 34,41 10,24
- 0,26 - 1,76
+ 2,89 802
- 23,71 764
+ 1,78 + 10,16
+25,3
63,4
- 34,45 55
+ 0,67 - 0,66
- 2,58 60,8
+ 1
57,8
+ 1,26 + 10,27
+ 1,9 342
- 33,2 286
+ 1,81
- 4,66
- 42,6
+ 0,92
+ 1,76
- 22,9
+ 0,04
+ 2,18
+ 0,22
-10,3
- 28,7
+ 0,34
-38,54
- 47,13
+ 2,83
- 9,92
- 36,26
+ 1,25
+ 4,29
+ 13,05
+ 2,51
+12,5
- 28,1
1,14
1,13
+ 11,39
0,124
0,101
+ 7,26
122,2
110,3
+ 0,08
50,76
50,64
+ 3,4
19,18
16,55
- 11,41
3,79
2,76
+ 7,28
1,288
0,98
+ 6,73
12,545
11,615
+ 4,53
18,5
15,92
4,24
4,18
6,05
1,21
0,52
3,54
0,94
25,09
1,05
2,55
3,28
2,71
3,36
1,93
4,97
0,67
1,9
6,99
2,18
2,94
2,24
0,13
2,17
4,21
12,03
2,4
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 49,9
50,5
4507
51,5
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
49,9
GROUPE FLO (FLO) g
B 0,206
0,203
EX D S 13/06/17
108557
0,21
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,2
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 10,02
10,44
12266
10,5
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
9,94
GROUPE LDLC (LDL) g
C 6,58
7,1
NOM.
38665
7,18
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
6,57
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
19
19,2
REGR.
262
19,2
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
19
GTT (GTT) Gg
A 68,7
71
130087
73,15
68,65
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 8,83
9,05
38545
9,19
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
8,83
HIGH CO (HCO) g
C 5,34
5,3
4157
5,34
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,3
HUBWOO (HBW) g
C 0,174
0,174
722
0,174
FR0004052561
136.345.527
0,174
ICADE (ICAD) G
A 72
71,85
49196
72,35
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
71,05
ID LOGISTIC (IDL) g
B 135
137
1833
137,4
FR0010929125
5.628.475
135
ILIAD (ILD) G
A 104,35
105,85
117352
106,45
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
103,25
IMERYS (NK) G
A 44,34
45,5
131625
45,98
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
44,26
INGENICO GROUP (ING) LR
A 51,02
52,76
426661
52,96
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
51,02
INNATE PHARMA (IPH) g
B 7,25
7,155
110567
7,3
FR0010331421
63.932.655
7,1
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,762
1,758
46861
1,782
FR0010291245
44.119.162
1,734
INTERPARFUMS (ITP) g
A 41,1
41,2
39431
41,3
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
40,1
IPSEN (IPN) G
A 118,5
120,6
78325
120,75
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
118,5
IPSOS (IPS) G
A 21,4
21,3
37684
21,58
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
21,26
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 16,2
16,7
81065
17
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
16,1
JCDECAUX (DEC) G
A 25
25,74
148159
25,92
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.810.350
24,98
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 33,18
33,6
34262
33,82
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
33,06
KLEPIERRE (LI) LR
A 28,21
28,44
696405
28,58
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
28,18
KORIAN (KORI)
A 34,1
33,92
80057
34,28
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
33,66
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 41,35
41,8
30318
41,98
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
41,19
LAGARDÈRE (MMB) G
A 22,26
23
280456
23,03
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
22,26
LATECOERE (LAT) g
C 2,805
2,82
143735
2,87
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
2,79
LE BÉLIER (BELI) g
C 34,9
36,1
3926
36,6
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
34,9
LNA SANTÉ (LNA) g
B 46,5
47,1
4077
47,3
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
46,5
LECTRA (LSS)
B 21,3
21,1
18491
21,5
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,1
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 35,9
36,25
1142
36,35
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.132.856
35,85
LISI (FII) g
A 25,5
25,2
19862
25,65
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
24,9
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,18
12,88
12192
13,24
FR0000038242
16.754.425
12,8
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 13,15
13,42
189549
13,49
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
13,08
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 20,9
21,26
58688
21,28
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
20,84
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 34,1
34,9
9797
34,9
34,1
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 23,9
23,8
7232
24,05
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
23,75
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 2,78
2,695
10990
2,78
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.338.654
2,685
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,33
2,43
291280
2,59
FR0010609263
23.147.338
2,33
MERCIALYS (MERY) g
A 12,88
13
137800
13,19
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
12,87
MERSEN (MRN) g
B 26,6
27,05
43348
27,15
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
26,5
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,588
1,59
39192
1,606
FR0004177046
23.261.500
1,58
NANOBIOTIX (NANO) g
B 11,8
11,77
68403
12,02
FR0011341205
19.633.373
11,6
NATIXIS (KN) LR
A 4,51
4,591
6074770
4,603
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
4,497
NEOEN (NEOEN)
A 19,96
20,05
18077
20,1
FR0011675362
84.957.498
19,94
NETGEM (NTG) g
C 1,15
1,22
23047
1,26
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,15
NEXANS (NEX) G
A 24,81
25
180399
25,31
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
24,41
NEXITY (NXI) G
A 40,2
40,46
46219
40,8
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
40,12
NICOX (COX)
B 6,1
6,225
66437
6,285
FR0013018124
22.869.669
6,05
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,44
7,42
3685
7,56
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
7,42
OENEO (SBT) g
B 9,88
9,88
10537
9,9
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
9,82
ONXEO (ONXEO) g
B 0,974
0,94
238574
0,988
FR0010095596
53.376.375
0,932
ORPÉA (ORP) G
A 87,98
89,16
103739
89,3
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
87,4
PARROT (PARRO) g
B 3,275
3,36
18526
3,36
FR0004038263
30.174.671
3,275
PHARMAGEST INT. (PHA)
57,8
58,9
4277
58,9
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57,8
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 17,72
18,68
41904
19,2
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
17,64
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,782
1,79
163856
1,878
FR0011950641
21.606.363
1,75
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 23,52
23,76
165559
24
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
23,41
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 9,6
9,16
DIV 8 02/05/17
43582
9,6
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
9,16
RALLYE (RAL)
A 9,1
9,12
69463
9,26
FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
9,095
RAMSAY GDS (GDS)
A 19,6
19,3
504
20
FR0000044471
02/12/14 1,4 75.957.095
19,3
RECYLEX SA (RX)
C 6,76
6,76
13102
6,765
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
6,57
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 101,4
101,8
74155
102,1
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
100,2
REXEL (RXL) G
A 9,68
10,03
916881
10,05
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
9,63
ROBERTET SA (CBE)
B
/061218
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/040119
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 30,4
30
33947
30,4
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
30
RUBIS (RUI)
A 51,8
51,95
DIV 2 28/07/17
213180
52
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
50,95
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 88,7
88,3
DIV 6 10/05/16
40657
89,15
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
87,6
SAVENCIA (BH)
B 58,6
58,4
1419
59
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
58,2
SCOR (SCR) LR
A 41,45
41,66
382212
41,88
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
41,29
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 1,1 - 4,72
+ 1,51 55,8
- 31,11
48,8
8,71
- 0,98 + 4,1
- 3,33
0,212
- 29,51
0,185
+ 5,03 + 24,14
+34,88 10,5
- 42,32
8,26
+ 7,9 + 22,84
+21,16
8,9
- 64,59
5,66
+ 1,05 - 4
+ 1,05 20
- 46,67 18,55
+ 3,73 + 5,73
+ 5,11
73,15
63,7
1,87
+ 34,6
+ 1,69 + 2,49
+ 6,22
9,65
- 50,27
8,18
+ 1,34 + 20,05
+15,22
5,34
+ 2,12
4,305
2,64
- 0,57 + 28,89
+24,29
0,175
+ 8,75
0,138
+ 1,06 + 8,05
+11,14 72,35
- 15,17 64,05
- 0,15 + 19,13
+11,75 137,4
- 3,66 112,2
+ 1,44 - 13,7
-15,76 123,65
- 49,09 101,8
0,64
+ 3,83 + 8,38
+ 9,64 46,74
- 45,15 40,6
4,56
+ 3,57 + 6,5
+ 1,85 53,1
- 41,83 46,63
- 0,21 - 3,77
- 2,52
8,08
+ 35,9
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1,986
- 41,4
1,302
+ 0,49 + 22,07
+22,99 41,3
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+ 8,21 107,65
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+14,18
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-30
2,89
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44
44
- 2,76
30,85
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+ 10,81
52
45,8
+ 1,09
91,5
83
+ 4,66
62,6
55,4
+ 5,74
41,88
37,95
2,27
2,89
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 126
34869
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,209
138510
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 21,8
11355
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,585
138332
FR0013006558
34.623.503
SIPH (SIPH) g
B 81,9
59
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
B 59,25
SOITEC (SOI) G
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
175823
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,544
REGR.
1817476
FR0012938884
583.630.365
SOMFY (SO)
A 67,4
4821
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 82,8
116632
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 14,09
358592
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
17,92
6106
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.426.597
ST DUPONT (DPT) g
C 0,132
24894
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
B 79,1
STEF (STF) g
1093
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,485
44619
FR0010949404
26.824.657
SUEZ ENVIRONNEMENT (SEV) LR A 11,52
1300695
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,39
7245
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 32,1
4413
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 27,5
11570
FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 18,57
65495
FR0004188670
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TECHNICOLOR (TCH) G
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FR0010918292
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TELEPERFORMANCE (RCF) G
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FR0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
TERREIS (TER)
B 37,8
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A 6,665
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FR0000054900
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TFF GROUP (TFF)
B 41,995
1195
FR0013295789
06/11/18 0,35 21.680.000
THALES (HO) LR
A 99,34
384900
FR0000121329
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B 47,1
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FR0013333432
9.109.752
TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 19,15
EX D S 03/07/17
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FR0013230612
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C 4,9
TOUAX (TOUP) g
31019
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
TRANSGÈNE (TNG)
B 2,855
26324
FR0005175080
62.275.923
TRIGANO (TRI) g
B 80,3
49413
FR0005691656
11/01/19 2 19.336.269
UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 77,14
475465
FR0000054470
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VALLOUREC (VK) G
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6993346
FR0000120354
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FR0004056851
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VILMORIN & CIE (RIN) G
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FR0000052516
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31552
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,5
819
FR0000062796
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8198
FR0013357621
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FR0011981968
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A 5,05
74603
BE0974310428
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A 314
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110
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
127,6
128,2
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1,049
1,009
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37,9
37,8
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6,98
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50,6
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2,865
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1,786
1,852
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23,6
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108,4
106,7
44,94
44,96
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5,16
5,2
5,05
314
316
310
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
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BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 13,12
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- 1,85 29,55
- 36,9
23,45
+ 1,98 + 3,53
+ 7,33 109,7
- 26,66 101,4
2,45
+ 4,03 + 6,49
+ 4,03 44,96
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+14,67
5,25
- 52,66
4,145
+ 0,64
320
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0,26
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
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NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
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32127
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USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
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GB00BZ21RF93
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US3696041033
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+ 3,97
8,11
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1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
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ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
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1,685
BE0974269012 AD CAPITAL
FR0000062978 ADL PARTNERg
C 14,2
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29
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C 12
12
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C
B 15,2
15,3
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A
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C 5,55
5,55
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35,7
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1,225 1,27
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200
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C
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7,51
7,51
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C
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C
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B 22,3
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B 34,6 34,6
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B 84
84
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126
126
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C 110
110,02 110
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C 137
137
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FR0000045213 CR ILLE VILAINE
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C 75,02 75,75 75
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93,4
FR0000045551 CR MORBIHAN
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B 22,75 22,8
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C202,25 205
202,25
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C 115
115
115
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C
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C 3,91
3,97
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C
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169
169
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A
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113
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C
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B 34
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B
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C 12,5
12,5
12,5
CLÔT ÉCART VOL
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+ 0,9
860
1
16062
18
2
5,3
105
0,3 + 1,7
48599
32,2
2,765+ 3,17
4770
1380
28,4
169
1
1
5450
41,6 + 0,48
45,3 - 0,88
77
170
2
113
29,4
39,2 + 1,29
0,033
1
2035
483
130548
3,98
12,65
27,6 + 0,73
1267
48
36,2
24,6
117
+ 1,74
85
+ 0,24
3,48 - 0,29
0,308- 0,81
52,4 + 5,01
36,2 + 0,56
23,6
1
451
502
35588
300781
479
135
201
1,45
17,38 - 6,56
14,75 + 1,72
2,35 + 0,43
52,9 + 0,19
3,64 + 3,12
0,224- 1,75
5,84 + 1,74
8,58 - 0,23
6,74 + 3,37
40,2 + 2,03
135
- 1,09
55,4 + 2,21
77847
101
40583
5594
15100
20999
3823
1527
625
829
1938
1,04
53
44,6 + 2,53
4,94 - 0,8
3053
2304
334
2,3
+ 2,7
- 0,56
- 0,53
+ 1,65
+ 1,96
43308
1111
1468
6
12455
8431
+ 2,04
386
28,8 - 1,37
92
+ 2,22
310
538
57
20
ISIN
FR0004065605
FR0010298620
FR0000077570
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0000060329
FR0010211615
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
FR0000063307
VALEUR
OUV
+HT
MEDINCELL
C 6,55 6,55
MEMSCAPg
C 1,99 2,1
MICROPOLEg
C 1,1
1,155
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 7,68
7,68
MRM
C 1,4
1,4
MUSÉE GRÉVIN
C
B 11,8
12,02
NANOBIOTIXg
NAVYA
B 1,85
1,85
NEOPOSTG
A 25,78 25,78
NEURONESg
B 19
19,2
NEXTSTAGE
C 89
89
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,76 0,76
OL GROUPEg
C 2,72
2,76
ORAPIg
C 5,6
5,64
ORCHESTRA-PRE.
C 0,538 0,54
OREGE
2,65 2,66
PARAGON ID
C 18,98 19,5
PAREFg
C 76
76
PASSAT
C 3,44 3,44
PATRIMOINE & COM
B 16,1
16,1
PCAS g
B 13,6
13,6
POUJOULAT
C 34
34
POXELg
C 5,24 5,35
PRECIA g
C170
170
PRISMAFLEXg
C 9,46 9,46
PRODWAYS GROUP
B 2,93 2,98
PROLOGUEg
C 0,457 0,46
PSB INDUST.
B 33,5
33,9
QUOTIUM TECH.
C
RIBERg
C 1,82
1,86
ROBERTET SA
B538
562
ROCHE BOBOIS
B 16,1
16,1
S.A.M.S.E.
B140
140
SABETON
C
SCBSMg
C 6,45 6,5
SÉCHÉ ENV.g
B 30,1
30,3
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 5,94 6,06
SIGNAUX GIROD
C 12,65 12,8
SII
C 21,3
22,7
SMCP
A 14,8
15,39
SMTPCg
B 18,5
18,5
SOC. FR. CASINOS
C 1,51
1,51
SODIFRANCE
C 15,2
15,2
SODITECH ING.
C 0,955 0,955
SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 24,4 24,6
SOGECLAIRg
C 23,6 24,1
SPIR COM.
C 2,61
2,61
TAYNINH
C
+BS
6,45
1,98
1,07
CLÔT ÉCART VOL
6,55 - 0,76
1249
2,02 + 2,28
45066
1,125 - 2,6
23343
645
7,62 - 0,78
1,39 - 1,42
7,58
1,39
297
319
64
11,6
11,77 + 1,73
1,791
1,84 - 0,54
25,46
25,52 + 0,16
19
19,05 - 0,26
88
88
- 1,12
0,74
0,74 - 2,63
2,72
2,74 - 0,36
5,46
5,46 - 2,5
0,538
0,54
2,54
2,54 - 4,15
18,9
19,5 + 2,74
76
76
3,43
3,43
16
16
- 0,62
13,58
13,58 - 0,15
34
34
5,24
5,29 + 0,95
170
170
+ 1,19
9
9,26 - 2,11
2,875
2,94 + 1,38
0,45
0,45 - 0,77
33,5
33,8 - 2,31
68403
15669
34897
286779
15
830
11288
2379
16
2253
566
2
3
633
346
45
46263
1
1006
24811
114625
174
18,8
1,82
528
15,2
140
1,828+ 0,11
550 + 5,36
15,2 - 5,59
140
11799
1203
1124
1
21
6,45
29,8
6,5 + 0,78
30
+ 0,33
5,86
12,65
21,3
14,8
18,02
1,51
15,2
0,955
6,06 + 2,02
12,65
22,7 + 6,57
15,13 + 3,52
18,1 - 1,52
1,51 - 21,76
15,2 - 5
0,955+ 9,14
24,4
23,5
2,61
24,4
23,5
2,61 - 3,33
15426
4054
ISIN
FR0004529147
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TESSIg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
22,6
2,06
139
2,8 - 0,71
34
- 1,16
0,9 + 0,22
26,5
+ 1,13
605
62,2 - 4,01
3,6 + 4,2
4,665+ 2,87
1,49 - 1,33
0,32 + 4,58
12,5
75
2237
538
7223
1152
581
165911
6010
2095
18172
31
OUV
+HT +BS
B160
160
160
C 74
74
74
C 32,2 32,2
32,2
C
C 2,02 2,02
2,02
B 37,6 39
37,2
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT ÉCART VOL
160
- 0,31
6903
74
24
32,2
1
2,02
38,7 + 2,93
1
6661
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
735
22,1
0,53
22,9
0,53
22,1
0,53
22,6 + 0,89
0,53 + 5,16
47,9
1,87
4,78
2,82
2,52
4,901
9,53
40,4
1,955
48,9 + 1,24
1,87
4,85 + 3,19
2,82 + 0,71
2,52 + 9,57
4,901- 2,38
9,8 + 1,03
41
+ 1,11
2,13 + 8,95
1009
2
1,89
48
49
1,87
1,87
4,78
5,02
2,82
2,82
2,52
2,52
5
5
9,7
9,8
40,4
41,85
1,955 2,16
APERAM
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A
C
A
C
A
25,39 26,11
20,08 21,12
3,62
3,62
3,62
3,63
52,6
53,8
60
A 5,234
C
37,41
38,2
79,2
80,4
80,4 + 0,5
79,2
421
59,13
19,91
C
A 125
43,6
127
127
125
12,6
C
+ 2,42
+ 4,98
346
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
0,41
2189
1
5423
250
5
990
17231
6470
40562
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
25,91 + 3,64
19,87 + 0,35
3,6
3,63 + 0,28
53,55 + 2
4,14 + 1,25
60
5,302+ 1,57
25,35
19,87
3,6
3,61
52,6
60
59,8
5,344 5,234
58995
357
116
83119
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,09
0,052
8,52
1,734
0,157
4,95
24,65
69
21
0,041
0,273
20,1
5,48
4,28
0,178
0,151
0,496
1,382
0,202
0,68
+HT
0,092
0,057
8,9
1,734
0,168
5,22
24,85
70,2
21,3
0,041
0,293
20,8
5,48
4,3
0,183
0,155
0,498
1,404
0,203
0,783
+BS
0,088
0,051
8,52
1,656
0,157
4,9
23,8
69
21
0,036
0,27
20,1
5,32
4,18
0,17
0,15
0,457
1,372
0,195
0,68
CLÔT ÉCART VOL
0,09 + 2,26 580986
0,052
14993316
8,9 + 8,27
1260
1,69 - 2,65
43079
0,163+ 3,17
36931
4,97 + 3,01
14680
23,8 - 3,45
14477
70 + 0,87
12065
21,3 + 1,43
208
0,038- 7,32 6643179
0,285+ 3,26 2240459
20,65 + 1,98
5373
5,48 - 0,36
1529
4,3
1380
0,17 - 5,56 2428957
0,153+ 2,69
45596
0,496+ 3,55 44526
1,38 - 0,15
42366
0,2 - 0,74 458462
0,704+ 3,84 88318
78
11,7
11,75
11,7
11,75 + 0,43
1,17
1,225
1,155
1,205+ 2,99
8,54 8,54
8,3
8,38 - 1,41
0,245 0,245 0,233
0,233- 3,52
120,5 123,5 120
123,5 + 2,49
294
22173
1661
116217
1046
713690
8,98
37,41
38,2
37,41 + 0,59
38,2 + 0,77
37,41
38,2
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
INVESTIR 10
114.37
85.92
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
1,84
0,85
86
2711
601
754
97021
909
20
6
200
183
1301
1833
21
1,36
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
B 66,5
C
B 87
66,5
66,5
66,5
1
680
89,5
89,5 + 3,47
87
295
108
C
4,02
30,24
104
104
C
B 3,21
3,21
99,5
100
+ 0,46
+ 4,17
814
750
3
3,06 - 4,67
- 13,79
2241
50
C
15,2
13,65 13,65
66
66,5
13,45
66
13,45 - 1,1
66
+ 0,76
1485
638
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,136
LIVRE STERLING
0,8811
FRANC SUISSE
1,131
COURONNE DANOISE
7,4648
COURONNE NORV.
9,7188
KUNA CROATE
7,4243
COURONNE SUEDOISE
10,2475
DOLLAR CANADIEN
1,5061
YEN JAPONAIS
124,689
DOLLAR AUSTRALIEN
1,5844
ROUBLE RUSSE
75,3245
ROUPIE INDIENNE
80,9057
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6836
COURONNE TCHEQUE
25,578
FORINT HONGROIS
317,87
ZLOTY POLONAIS
4,2912
LEV BULGARE
1,9563
DOLLAR HONG-KONG
8,91
WON SUD COREEN
1277,8189
PESO MEXICAIN
21,7207
REAL
4,277
DOLLAR SINGAPOUR
1,5431
RAND SUD-AFRICAIN
15,7112
LIVRE TURQUE
6,0639
RENMIBI YUAN
7,6992
RUPIAH
16168,5517
PESO PHILIPPIN
59,8374
RINGGIT MALAIS
4,6795
BATH THALANDAIS
36,0774
-0,24
0,48
-0,04
0,01
-0,22
-0,07
-0,25
-0,41
0,21
0,05
-0,34
0,00
-0,13
0,14
-0,52
0,10
-0,02
-0,24
0,02
0,29
0,15
-0,07
0,51
-0,51
-0,25
0,12
0,09
-0,09
-0,24
-0,93
-2,20
0,39
-0,02
-1,91
0,07
0,04
-3,20
-1,89
-2,87
-5,21
1,23
-1,43
-0,51
-1,00
-0,02
-0,27
-0,92
0,11
-3,72
-4,03
-1,26
-5,51
-0,13
-2,33
-2,07
-0,73
-1,28
-2,50
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
18-01-2019
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,136
0,8811
1,131
10,2475
7,4648
1,2469
1,5061
GBP
0,8803
1,1349
1
1,2894
0,7756
1
0,9955
1,2835
9,0218
11,6326
6,5714
8,4732
1,0978 141,54
1,3258
1,7097
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
18-01-2019
1 EURO EN DEVISE
CHF
SEK
0,8842
1,0045
0,7791
1
9,0634
6,6018
110,285
1,3321
0,0976
0,1108
0,086
0,1103
1
0,7285
12,1676
0,147
DKK
0,134
0,1522
0,118
0,1515
1,3728
1
0,167
20,1776
JPY (100)
CAD
0,802
0,9109
0,7065
0,9067
0,0822
5,9864
1
1,2072
0,664
0,7543
0,5849
0,7507
6,8039
4,956
0,8284
1
18-01-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,32/-0,62-0,24/-0,54 -0,14/-0,44 -0,13/-0,43-0,04/-0,34
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
18-01-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,23
PORTUGAL
-0,23
FRANCE
-0,03
ESPAGNE
-0,04
ITALIE
-0,21
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,60
0,47
0,11
0,30
0,92
-0,30
0,73
0,25
0,46
1,54
-0,04
1,10
0,31
0,73
2,10
0,19
1,44
0,42
1,10
2,46
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
246,95 0.02 245,87
171,33
0.11 171,32
237,69 0.02 236,50
288,08
0.11 287,33
338,41 -0.01 337,19
348,26 -0.03 346,89
236,10 0.03 235,28
VAR %
31/12 VAR %
0.41
0.34
0.48
0.22
0.37
0.43
0.31
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1360
1,1360
0,8809
0,8810
1,1309
1,1310
10,2452
10,2506
7,4633
7,4662
124,7030
124,7110
1,5061
1,5063
-0,0031
-0,0035
-0,0016
-0,0017
0,0005
0,0000
0,0042
0,0049
0,0004
0,0026
0,0652
0,0294
-0,0023
-0,0027
-0,0090
-0,0094
-0,0013
-0,0036
0,0012
0,0007
0,0011
0,0015
0,0029
0,0044
0,0405 -0,0079
-0,0033 -0,0083
-0,0179
-0,0183
-0,0064
-0,0066
0,0023
0,0018
-0,0036
-0,0058
0,0073
0,0064
0,0281
-0,0196
-0,0167
-0,0173
-0,0367
-0,0373
-0,0130
-0,0133
0,0048
0,0042
-0,0214
-0,0231
0,0122
0,0119
0,0523
-0,0222
-0,0365
-0,0372
18-01-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
820
6,08
7,06
3,74
4,94
6,24
5,2
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.38 %
fOnds federaux
2.50 %
2 ans
2.61 %
10 ans
2.80 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.35 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.00 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,57
-0,57
-0,57
-0,56
-0,55
-0,49
-0,05
0,63
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
TME
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
11-12
12-12
13-12
14-12
17-12
18-12
19-12
20-12
21-12
24-12
26-12
27-12
28-12
31-12
02-01
03-01
04-01
07-01
08-01
09-01
10-01
11-01
14-01
15-01
16-01
17-01
18-01
0,71
0,71
0,71
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,72
0,72
0,72
0,72
0,73
0,73
0,73
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,67
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
-0,359
-0,358
-0,36
-0,36
-0,362
-0,362
-0,364
-0,366
-0,367
-0,374
-0,369
-0,369
-0,369
-0,355
-0,356
-0,356
-0,368
-0,365
-0,365
-0,365
-0,362
-0,365
-0,366
-0,366
-0,366
-0,369
-0,37
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,369
-0,367
-0,366
-0,365
-0,365
-0,364
-0,364
-0,363
-0,362
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,364
-0,365
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,314
-0,312
-0,312
-0,311
-0,311
-0,311
-0,311
-0,309
-0,31
-0,31
-0,309
-0,309
-0,309
-0,31
-0,309
-0,31
-0,309
-0,309
-0,31
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
0,74
0,69
0,70
0,69
0,71
0,70
0,70
0,67
0,68
0,68
0,68
0,68
0,69
0,69
0,64
0,65
0,66
0,69
0,73
0,74
0,68
0,65
0,63
0,61
0,62
0,62
0,65
THOR.
PUB.
PRIV.
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,91
0,91
0,91
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
18/01
17/01
COURS PRIME PREC.
LINGOT
36960
0
36500
10 FLORINS
224
0,18
226,5
5 DOLLARS*
328
18,01
330
10 DOLLARS
648
16,57
648
20 DOLLARS
1250
12,4
1260
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1392,5
0,47
1379
LATINE
214
-0,27
214
NAPOLEON
222,7
3,78
221,8
1/2 NAPOLEON* 118
9,98
120,5
SOUVERAIN ELI I* 287
6,08
288
SOUVERAIN
277
2,39
279
1/2 SOUVERAIN* 140
3,49
143
SUISSE
220,2
2,61
221,9
TUNISIENNE*
215
0,19
215
MARK*
275
3,92
275
KRUGERRAND
1205
4,82 1208,75
LINGOTIN 500GRS 18850
2
18850
LINGOTIN 250GRS 9440
2,16
9450
LINGOTIN 100GRS 3720
0,65
3800
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
523,16
527,01
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
540
London Daily Price:
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
39 980
39 190
FIX2
38 778
39 258
CATHODES : 5473 A COMPTER DU 18/01/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
626,28 DEPUIS LE 18/01
BASE CUIVRE
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 528,74 DEPUIS LE 18/01
537,61 DEPUIS LE 18/01
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
581,94 DEPUIS LE 18/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
724,75 DEPUIS LE 18/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
691,92 DEPUIS LE 18/01
LONDON METAL EXCHANGE
18/01
17/01
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1400-1405
1440-1450
10220
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1803-1804
1827-1828
1304000
5932-5933
5964-5965
134975
CASH
3 MOIS
STOCKS
LONDON BULLION MARKET
18/01
17/01
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 533
1 547
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
1 291
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 375
1 392
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
801
805
SETTLEMENT
SETTLEMENT
18/01
JANV. 19
15,33
MARS 19
15,4
MAI 19
15,49
JUIL. 19
15,58
SEPT. 19
15,67
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
17/01
15,49
15,56
15,65
15,73
15,82
SETTLEMENT
18/01
797,8
797,4
802,1
807,6
813
17/01
1289,9
1297,9
1304
1311
1323,3
SETTLEMENT
17/01
803,2
804,7
813,1
819
819
20740-20745
20600-20625
1160
CASH
3 MOIS
VOL.
11445-11450
11490-11495
201384
20750-20775
2060-20655
1095
11575-11580
11625-11650
201378
1952-1952,5
1968-1970
98825
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2501,5-2502
2492,5-2493
122875
2488-2490
2489-2489,5
124200
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
18/01
2,74
2,72
2,72
2,72
17/01
2,71
2,7
2,7
2,7
VOL
102
62
76457
51
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
18/01
20650
17/01
20650
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
18/01
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
1947,5-1948
1960-1962
98400
17/01
ÉLECTRICITÉ
5910,5-5911
5943-5948
135025
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT
18/01
JANV. 19
1281,3
AVR. 19
1288,9
JUIN 19
1295,2
AOUT 19
1301,3
DÉC. 19
1313,8
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
JANV. 19
FÉV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
CASH
3 MOIS
VOL.
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
1839-1839,5
1966-1867
1303150
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 854
22 713
FIX2
22 590
22 703
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 284
1405-1410
1440-1450
10260
18/01
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8050
8050
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,35
1,35
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
25,5
25,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,95
6,8
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
27,25
28,3
GERMANIUM (PAR KG)
1300
1300
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1905
1905
VOL
18/01
BASE FEB 19 63,89
BASE MAR 19 60,53
POINTE FEB 19 70,4
POINTE MAR 19 64,17
CLÔTURE
17/01
40,69
46,28
CLÔTURE
VOL
364004
192492
VOL
17/01
64,47
60,59
70,78
64,24
384
359
378,5
353,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
64,1
71,68
430,5
398,5
63,8
71,02
426,5
394,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
SPOT
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
CLÔTURE
18/01
54,3
54,64
54,99
55,27
55,43
17/01
52,7
53,1
53,55
53,9
54,15
18/01
28,85
29,15
29,25
VOL
17/01
28,85
29,15
29,25
GAZ NATUREL
CLÔTURE
18/01
3,44
3,2
2,87
17/01
3,42
3,18
2,84
VOL
VOL
125
16
12
4
VOL
18/01
13,03
13,16
13,3
13,6
14,24
17/01
12,84
12,98
13,15
13,44
14,1
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
18/01
FEV 2018 23,26
MARS 2019 22,9
AVR 2019 22,65
CLÔTURE
CLÔTURE
17/01
74,31
76,72
74,73
18/01
2307
2340
2377
2386
2402
VOL
17/01
2355
2387
2418
2412
2450
11214
6898
1380
1121
119
CLÔTURE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
12095
2591
2
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
18/01
104,95
108,05
113,45
117,3
17/01
102,8
105,9
111,25
115,1
VOL
27462
11937
2696
2107
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
17/01
359,3
365,7
373,5
VOL
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
18/01
17/01
112,45
115,7
VOL
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
159
14
5
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
166
41
11
SETTLEMENT SETTLEMENT
18/01
168,35
171,2
173,1
VOL
17/01
173
172,5
173
142
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
151.8
LE 17/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD : 1.26525
LE 17/01//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.4145
LE 17/01//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.61225
LE 17/01//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
18/01
17/01
189,05
186,49
REUTERS COM. 2373,45
2379,77
MOODYS COM. 5733,58
5737,5
OR INDUSTRIEL 36501
112.45
194
207
26
18/01
17/01
MARS 19 10,63
10,49
MAI 19
10,8
10,68
JUIL. 19
10,94
10,81
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
RJ CRB
JUS D’ORANGE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
BETAILS
CLÔTURE
111
8
18/01
17/01
MARS 19 381,75
380,5
177446
MAI 19
390
388,5
71310
JUIL. 19
397,25
395,75
51987
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
BOIS
18/01
354,9
361,3
369,4
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
18/01
17/01
JANV. 19 1525
1508
7
MARS 19 1544
1532
7486
MAI 19
1565
1555
3152
JUIL. 19
1582
1575
1276
SEPT. 19
1599
1592
280
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
VOL
18/01
17/01
MARS 19 181
180,5
JUIN 19
184
184
AOUT 19 188
187,75
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
JANV. 19
MARS 19
MAI 19
17/01
22,33
21,98
21,65
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
SETTLEMENT SETTLEMENT
CAFÉ
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
VOL
6236
5313
3312
1318
1569
VOL
18/01
17/01
MARS 19 517,75
517,75
MAI 19
523,5
523
SEPT. 19
536,75
536,75
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 100.93
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
COTON
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
CLÔTURE
18/01
17/01
MARS 19 1671
1687
MAI 19
1690
1702
JUIL. 19
1701
1712
SEPT. 19
1710
1720
DÉC. 19
1716
1726
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
18/01
17/01
MARS 19 204
204,25
12415
MAI 19
205
205,25
7411
SEPT. 19
187,5
188,25
1950
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
INDICE COTLOOK A : 82,9, LE 18/01//19
18/01
73,89
76,59
75,13
65856
41207
20700
11295
5451
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
18/01
17/01
MARS 19 298,75
296,5
MAI 19
295
293,5
JUIL. 19
293,5
291
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
17/01
22,18
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
CLÔTURE
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
VOL
4160
3061
949
503
168
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 16/01/
Prix indicatif : 2293,34
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
MAI 19
JUIN 19
CLÔTURE
CACAO
URANIUM
CLÔTURE
18/01
17/01
FÉV. 19
574,25
563,25
47189
MARS 19 575
564
62612
AVR. 19
574,5
563,75
32479
MAI 19
574
563,5
16938
JUIL. 19
576,25
565,75
5322
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
17/01
23,55
18/01
NORD DA 23,21
18/01
17/01
JOUR
62,7
61,18
MARS 19 62,7
61,18
280849
AVR. 19
62,59
61,16
177383
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
18/01
23,55
CLÔTURE
18/01
17/01
MARS 19 353,9
348,3
MAI 19
362
356,8
AOUT 19 366,5
361,8
OCT. 19
369,1
365,4
DÉC. 19
374,6
372,5
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
CLÔTURE
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
535,5
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
CÉRÉALES
13,07 cts/lb
LMEX
2842
36792
2831,4
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
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DES VALEURS
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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Tél. : 01 56 88 71 00
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527,95 17/01
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
550,74 18/01
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
238,52 17/01
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
SYNCHRONY (LU)
367,36 18/01
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
96,58 17/01
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
504,66 17/01
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
166,49 17/01
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
LU0188501257 PICTET-HEALTH
265,35 17/01
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
409,55 17/01
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
96,11
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
499,94 17/01
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
119,01 17/01
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
145,52 17/01
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
118,48 17/01
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
90,72 17/01
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
143,04 17/01
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
13835,84 17/01
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
142,05 17/01
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
148,16 11/01
129,72 17/01
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
277,61 17/01
59,23 17/01
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
139,19 17/01
222,33 17/01
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
141,73 17/01
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
137,79 17/01
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
695,38 17/01
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LU0256846139 PICTET-SECURITY
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296,75 17/01
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1072,48 17/01
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161,05 18/01
LU0104884860 PICTET-WATER
288,05 17/01
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
238,08 17/01
77,79 17/01
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
318,39 17/01
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CLASSIFICATION
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
95,3
17/01
100,98 17/01
17/01
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Solenn Poullennec
@solennmorgan
Charles Roberge/RÉA
Frédéric
Visnovsky,
gardien
du crédit
Frédéric Visnovsky mène de front deux missions que tout semble opposer. D’un côté, ce
spécialiste de 59 ans du contrôle bancaire
encourage les banques à faire leur métier. De
l’autre, il les incite à préparer activement leur
disparition – éventuelle.
Depuis six mois, le haut fonctionnaire est
chargé de la médiation du crédit. Ce service a été
créé en 2008, en plein cœur de la crise financière, pour empêcher les banques de refermer
le robinet du crédit. L’économie française ayant
repris des couleurs, il est moins sollicité que lors
de sa création. Le médiateur reste cependant
sur le pont à l’heure où le gouvernement a
sonné la mobilisation générale en faveur des
entreprises touchées par le mouvement des
« gilets jaunes ». D’autant que Frédéric
Visnovsky contribue aussi aux réflexions sur le
financement des sociétés. Il vient, par exemple,
de plancher, à la demande de Bercy, sur la transparence du coût du crédit.
L’autre versant de son travail est – sur le
papier – plus sombre. Secrétaire général adjoint
au sein du gendarme des banques françaises,
l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), il est chargé de la résolution. Autrement dit, il anticipe, avec son équipe, la marche
ENTREPRISES
AIR FRANCE-KLM
Angus Clarke
sera directeur général adjoint
chargé de la stratégie du groupe
à partir du 1er février. Il siégera
au comité exécutif du groupe.
à suivre si une banque est en déroute. L’objectif
de cette fonction ? Eviter que la défaillance
d’une banque ne ruine les particuliers et ne contamine l’économie. Concrètement, Frédéric
Visnovsky s’attelle, en lien avec les autorités
européennes et les établissements de crédit, à
préparer des scénarios de renflouement, de
démantèlement ou de cessions d’activité. L’idée
est de provoquer le moins de turbulences possible et de ne pas piocher dans la poche des contribuables.
Un métier à inventer
De l’aveu même de l’intéressé, ce métier, né dans
le sillage de la crise financière, est encore « totalement à inventer ». « Le premier défi auquel je suis
confronté est d’être capable de mobiliser les groupes pour les faire travailler sur quelque chose qui,
selon eux, n’arrivera jamais », explique-t-il. Et de
poursuivre, non sans ironie : « Investir sur sa
mort, ce n’est pas ce qu’il y a de plus motivant pour
un dirigeant [de banque]. »
Pour convaincre, Frédéric Visnovsky peut
compter sur sa connaissance du secteur et des
professionnels. « J’ai toujours essayé d’établir des
bonnes relations avec les principaux responsables
des banques, directeurs des risques, directeurs
de Qantas Airways de 2004 à 2006 et
directeur général de Bluepoint Aviation entre 2007 et 2015. Depuis 2016,
il était conseiller spécial du chief
operating officer d’Air Canada sur
les sujets de performance opérationnelle et économique.
RAILTEAM
Angus Clarke, 44 ans, est titulaire
d’un master of science de l’université
de Cranfield (Royaume-Uni) et d’un
bachelor of arts de l’université de
New South Wales (Australie). Il fut
directeur de la stratégie corporate
Fabien Soulet
est nommé directeur général,
membre du conseil
d’administration.
Fabien Soulet, 44 ans, diplômé de
financiers… de manière à pouvoir à tout moment
leur passer un coup de fil ou leur envoyer un courriel, y compris le week-end, et régler des problèmes
en confiance », dit-il. « C’est quelqu’un qui sait
écouter les sujets et les préoccupations, et qui
s’efforce de trouver des solutions adaptées, sans se
départir de son rôle de police et de sécurité »,
estime un banquier.
Ce souci de nouer les bons contacts, Frédéric
Visnovsky dit l’avoir développé en Algérie, où il a
été attaché financier à l’ambassade de France au
tournant des années 1980 et 1990. Fraîchement
entré à la Banque de France, après des études
d’économie à Bruxelles et à Paris (sur les bancs
de Sciences Po), il devait alors informer les autorités françaises de la situation économique du
pays confronté à la montée de l’islamisme.
Après avoir rejoint la Commission bancaire
– l’un des ancêtres de l’ACPR – en 1992, Frédéric
Visnovsky a consacré plusieurs années à l’élaboration de la régulation des banques, et notamment celle de Bâle II. A partir de 2004, il bascule
du côté de la supervision des établissements.
La crise de 2008 va multiplier les rebondissements et placer cet amateur de rugby sur la brèche, en tant que directeur du contrôle des établissements mutualistes : « C’est l’époque où j’ai
commencé à laisser mon téléphone allumé
24 heures sur 24, raconte ce père de trois
enfants. Je me souviens de week-ends à Bercy et de
calculs sur un coin de table pour déterminer ce
que l’Etat apporterait aux banques en garantie. »
Le superviseur s’est aussi passionné pour les
chantiers de création : celui de La Banque Postale ou, plus récemment, de BPCE.
Désormais surveillées de près par la Banque
centrale européenne (BCE), les banques françaises sont sorties de la zone de fortes turbulences de la crise, entraînant Frédéric Visnovsky
vers des eaux plus calmes. Malgré ses deux casquettes, il « ne travaille plus le week-end », commente celui qui, en 2019, aura passé trente-cinq
ans dans l’orbite de la Banque de France. « Il faut
que je demande ma médaille du travail », s’amuse-t-il. Théoriquement, il peut prétendre à l’or. n
l’Edhec Business School de Lille
et de la London School of Economics, a d’abord été chef de projet
marketing chez Rail Europ e
(filiale de la SNCF). En 2000, il a
rejoint la branche Voyages-SNCF
pour contribuer notamment au
lancement de Voyages-sncf.com.
Il en a assuré la direction internationale et géré la distribution en
France et à travers le monde jusqu’en 2014. Il était devenu directeur du marché affaires, entreprises et agences de voyages pour
l’Europe en 2015.
DAMART
Christophe Gaigneux
prend la direction générale.
Christophe Gaigneux, 52 ans,
f o r m é à l ’ E s s c a d ’A n g e r s , a
d’abord travaillé à la direction
textile de Carrefour avant d’intégrer, en 1999, le group e PPR
(devenu Kering) pour y être directeur habillement de La Redoute,
avant d’assurer la direction générale des marques de catalogue/
Web PPR aux Etats-Unis. De
retour en France en 2008, il est
alors nommé directeur général
de la marque Jennyfer par Celio.
En 2011, il avait pris la tête du
développement européen des
activités online de TJX Europe,
au Royaume-Uni.
SOLOCAL
Ludovic Levé
devient directeur commercial
TPE-PME.
Ludovic Levé, 50 ans, diplômé de
la Toulouse Business School, a
d’abord été directeur commercial
d’Omnicom Telecom avant de
cofonder Synomia. Durant douze
ans, il a ensuite officié chez Dell.
Là, il a notamment été directeur
commercial France pour les TPEPME en 2007 mais aussi directeur
commercial de la division data
centers en 2010 ou encore directeur commercial de l’activité
cloud en 2014. Depuis 2016, il était
directeur général France de la
filiale data centers de Lenovo.
SODEXO
Sophie Néron-Berger
Stéphane Roger
deviennent directrice financière
de Sodexo en France
et directeur général, services
aux entreprises de Sodexo en
France.
Sophie Néron-Berger, 45 ans,
diplômée d’Audencia Nantes, a
débuté comme contrôleur de gestion chez Yoplait. En 1999, elle a
rejoint le groupe Alcatel, où elle a
été responsable de la direction de
l’audit interne jusqu’en 2013.
Cette même année, elle a été nommée vice-présidente corporate
audit chez Carlson Wagonlit Travel. Elle avait rejoint Sodexo en
2016 en qualité de directrice de
l’audit interne du groupe.
Stéphane Roger, 48 ans, diplômé
de l’ISG, est titulaire d’un diplôme
d’études comptables et financières. Entré chez Sodexo en 1995, il
a travaillé dans diverses filiales
du groupe et au sein des directions financières Europe (Allemagne et France), Amérique
latine, Afrique, Moyen-Orient et
Asie-Pacifique. Depuis 2015, il
était directeur financier de l’activité services aux entreprises au
niveau mondial.
ASTRAZENECA
Carole Manducher
prend la direction
de la communication
d’AstraZeneca France.
Carole Manducher, 36 ans, est
diplômée de l’Institut d’études
politiques de Lyon et de l’EM Lyon.
Jusqu’à présent, elle travaillait au
sein de l’agence Havas Paris
(anciennement EuroRSCG C&O).
Ainsi, après avoir exercé différentes fonctions, elle assumait dernièrement la fonction de partner
& manager du pôle consulting.
ILS SONT NÉS
UN 21 JANVIER
Nora Berra, ancienne
secrétaire d’Etat chargée
de la Santé, 56 ans.
Marie-Arlette Carlotti,
ex-ministre déléguée aux
Personnes handicapées
et à la Lutte contre
l’exclusion, 67 ans.
Christophe Catoir, président
France du groupe Adecco,
47 ans.
Carole Couvert, ex-présidente
confédérale de la CFE-CGC,
46 ans.
Geena Davis, actrice, 63 ans.
Placido Domingo, chanteur
d’opéra et chef d’orchestre,
78 ans.
Isabelle Falque-Pierrotin,
présidente de la CNIL, 59 ans.
Jérôme Fourest, directeur
général de la Comtesse
du Barry, 40 ans.
Marina Foïs, actrice, 49 ans.
Michel Jonasz, auteurcompositeur-interprète,
72 ans.
Jeff Koons, artiste, 66 ans.
Alain Némarq, président
de Mauboussin, 64 ans.
Colette Neuville, fondatrice
de l’Association de défense
des actionnaires minoritaires
(Adam), 82 ans.
Didier Quilain, ancien
président d’Olympus France,
conseil en projets
photographiques, 66 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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BUSINESS.LESECHOS.FR //
LUNDI 21 JANVIER 2019
EXECUTIVES
Mécénat de compétences :
les entreprises accélèrent
RSE
En signant le manifeste mécénat
de compétences, dix-sept patrons
d’entreprise s’engagent à donner
aux salariés les moyens de réaliser
des actions d’intérêt général,
au service d’une association,
sur leur temps de travail.
Delphine Iweins
@DelphineIweins
avec Toscane Auber
e 16 janvier dernier, dix-sept
dirigeants d’entreprise ont signé
un manifeste en faveur du mécénat de compétences. A l’initiative de
Guillaume Pepy, président du directoire
de SNCF, et de Patrick Jeantet, président
délégué du directoire de SNCF et président de la Fondation SNCF, des groupes
comme Total, Vinci, Radio France,
Accenture, Schneider Electric, ADP,
ManpowerGroup France ou IBM France
s’allient pour promouvoir ce levier de
performance et d’innovation. 83 % des
dirigeants trouvent souhaitable de pro-
L
poser un tel dispositif, nous apprend
un récent baromètre réalisé par Ifop
en partenariat avec Entreprise et Progrès
et l’Association nationale des directeurs
des ressources humaines (ANDRH)
pour la Fondation SNCF.
De nombreux bénéfices
Pourtant, seuls 23 % des chefs d’entreprise envisagent d’en mettre un en place
quand 9 % le font déjà. Il y a donc urgence
à agir, car le mécénat de compétences
n’apporterait que des bénéfices à l’entreprise. Il permet « une connexion fertile
avec un monde associatif innovant,
l’apport réciproque de nouvelles compétences, le renforcement du lien des salariés
avec leur entreprise, la transformation des
méthodes de travail », assure Patrick
Jeantet. Surtout, il transforme positivement la vie de l’entreprise, indique
l’indicateur Ifop, puisque 67 % des salariés engagés dans du mécénat de compétences avancent ressentir un plus fort
sentiment d’appartenance à l’entreprise.
« Ce dispositif est une des solutions pour
mieux vivre ensemble. En nous rassemblant, nous allons pouvoir aller plus loin
au service de tous les citoyens du
monde », insiste le président de la Fondation SNCF. « Comment peut-on mieux
exprimer notre lien avec les territoires
qu’avec de l’humain ? », ajoute Patrick
Pouyanné, président-directeur général
du groupe Total. Parmi les sept objectifs à atteindre d’ici à 2021 listés dans le
L' ÉDITO de Muriel Jasor
Offrez du savoir-faire, c’est gratifiant !
arrainer des jeunes en insertion
professionnelle, remettre d’équerre
les comptes d’une association, coacher
des chômeurs de longue durée, coordonner
des actions concrètes au mal-logement, rénover
un site Web, faire du soutien scolaire, participer
à des projets de développement… Offrir des savoirfaire, pour la bonne cause, est gratifiant. Sous ses
formes les plus diverses, le mécénat de compétences,
défini par la loi Aillagon de 2003, repose sur le don
d’expertises professionnelles ou personnelles
de collaborateurs, pendant leur temps de travail,
à des associations d’intérêt général. Si son impact est
rarement immédiat, qu’il tarde même parfois à se faire
sentir, ses bénéfices sont in fine patents tant pour
l’association bénéficiaire que pour le salarié volontaire
et l’employeur qui rend l’action solidaire possible.
P
Détacher ponctuellement des collaborateurs
sur des missions d’intérêt général fait gagner
l’entreprise sur tous les tableaux. Elle répond
ainsi aux besoins de solidarité nationale et assume
un rôle sociétal. Elle offre à ses collaborateurs
l’occasion d’élargir leurs horizons personnels
et émotionnels et, ce faisant, de donner davantage
de sens à leur travail. Enfin, elle s’y retrouve
puisque, plongés ponctuellement dans des univers
inconnus, les salariés en reviennent plus créatifs.
C’est même aujourd’hui devenu un facteur
d’attractivité des plus jeunes générations
soucieuses de s’investir au sein d’une entreprise
dite « responsable ».
Une fois un travail de conviction auprès
des directions générales, des managers et des
directions des ressources humaines effectué, ce qui
n’est pas la moindre des tâches, la principale
difficulté, avec le mécénat de compétences,
va résider dans sa mise en place – comment identifier
les structures à aider ? Quel type de soutien leur
apporter ? – puis son pilotage. Car ponctionner
des heures sur le temps professionnel réclame
une organisation au cordeau, d’autant qu’ensuite,
il va s’agir de faire correspondre les demandes,
envies, calendriers et besoins des uns et des autres,
à savoir ceux des associations, des salariés
et des différents services de l’entreprise. Pas facile,
mais autant d’efforts, eu égard aux bénéfices
à en tirer, valent la peine. Voilà pourquoi 17 dirigeants
d’entreprise se mobilisent pour en convaincre
d’autres et faire des émules au sein d’entreprises
de toutes tailles, du grand groupe à la PME.
Offrir des savoir-faire finit par être payant. n
Debout de gauche à droite : Alain
Roumilhac (président de ManpowerGroup France), Marie-Axelle
Gautier (directrice des affaires
publiques d’Eramet), Augustin de
Romanet (PDG de groupe ADP),
Stéphanie Lecerf (directrice des
ressources humaines de PageGroup France), Pierre Louette
(président du groupe Les Echos Le Parisien, au siège duquel 17
dirigeants d’entreprise ont signé,
le 16 janvier 2019, un manifeste en
faveur du mécénat de compétences), Gilles Bonnenfant (président
d’Eurogroup Consulting), Guillaume
Pépy (président du directoire de
SNCF), Pascal Gustin (PDG
d’Algoé), Dominique Laurent (directeur des ressources humaines de
Schneider Electric), Marion Darrieutort (CEO d’Elan Edelman),
Christian Caye (délégué au développement durable chez Vinci),
Olivier Girard (président d’Accenture France et Benelux), Nicolas
Sekkaki (président d’IBM France)
et Philippe Bajou (secrétaire général du groupe la Poste) . Assis :
Patrick Pouyanné (PDG de Total),
Irache Martinez (directrice générale Marketing de Showroomprivé),
Patrick Jeantet (président délégué
du directoire de SNCF et président
de la Fondation SNCF), Laurence
Bloch (directrice de France
Inter). Photo Ilan Deutsch pour « Les Echos »
manifeste figurent la mise en place en
bonne et due forme d’un système de
mécénat de compétences, le partage de
bonnes pratiques en France et à l’international, l’évaluation des résultats et la
valorisation de l’acte d’engagement des
collaborateurs.
L’impulsion de la direction
générale
Véritable partenariat, le mécénat de
compétences consiste pour un salarié à
mettre ses compétences au service
d’une association sur son temps de
travail. L’impulsion doit donc nécessairement être donnée par la direction
générale. « Il ne faut surtout pas entièrement déléguer à nos fondations ce
sujet-là. Il faut le vivre », considère
Nicolas Sekkaki, président d’IBM
France, qui, à titre personnel, s’engage
pour la diversité et les compétences.
Patrick Pouyanné va, lui aussi, à la
rencontre de jeunes en difficulté une
fois par trimestre. Et les salariés du
Suite page 38
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // EXECUTIVES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
Mécénat de
compétences :
17 dirigeants
s’engagent
echo.st/m326288
Suite de la page 37
groupe à l’échelle mondiale disposent
de trois jours par an pour s’engager
dans l’association qu’ils auront choisie
par le biais d’une plate-forme ad hoc.
Selon les 17 signataires du manifeste,
regroupés en alliance, il n’existerait pas
de business model propre au mécénat de
compétences. Sa diversité ferait toute sa
force. Chaque entreprise peut s’engager
à sa façon, à sa mesure et en fonction de
ses moyens. « Le mécénat de compétences
répond à quatre besoins fondamentaux
des équipes : la confiance, l’écoute, la
reconnaissance et la puissance d’agir »,
renchérit Benoît Meyronin, directeur
général de Care Experience, une filiale
de Domplus Groupe. La diversité des
missions proposées, souvent une dizaine
de jours par an, permet aux salariés de
choisir le type de projet qu’ils souhaitent
entreprendre. Qu’il s’agisse de parrainer
un jeune en insertion professionnelle, de
mener une mission de conseil auprès
d’associations, de rénover des lieux
délabrés ou de participer au développement durable. La Fondation de Schneider Electric, par exemple, a signé un
accord avec les syndicats sur la base de
trois jours par an dédiés au dispositif. La
demande des 6.000 collaborateurs
engagés, particulièrement issus de la
jeune génération, est néanmoins bien
plus forte. 32 collaborateurs ont ainsi été
détachés à temps plein, durant un an
renouvelable, dans différentes associations pour venir en soutien aux populations du Sénégal et du Bangladesh
notamment. Depuis vingt ans, la Fondation recense les différentes missions
proposées et définit un cahier des charges le plus complet possible.
Le groupe minier et métallurgique
Eramet, lui, n’en est qu’au début de la
prise de conscience. « Le rôle social de
notre entreprise dépasse largement nos
sites d’exploitation », explique Marie-
Axelle Gautier, directrice des affaires
publiques de l’entreprise. Aucune
démarche à l’échelle du groupe n’existe
pour le moment. Le mécénat de compétences prend la forme d’initiatives
locales en région Auvergne-Rhône-Alpes, en Norvège et au Gabon.
A la SNCF, les 3.500 salariés engagés,
principalement des cadres, peuvent
effectuer des missions de mécénat de
compétences durant dix jours par an. La
Fondation SNCF est en contact direct avec
des centaines d’associations réparties sur
tout le territoire, comme Proxicité (soutien scolaire) et Voisin Malin (aide aux
publics défavorisés dans la maîtrise
d’Internet). « Le lien social fait partie de nos
gènes. Nous irriguons tout le territoire »,
explique Patrick Jeantet. La Fondation
SNCF s’est fixé comme objectif d’attirer
500 nouveaux salariés par an. Chez Vinci,
qui a réduit les processus pour rendre
attractif le mécénat de compétences, ce
sont près de 700 nouveaux collaborateurs
qui s’engagent chaque année.
Pour Augustin de Romanet, présidentdirecteur général du groupe ADP, il ne
fait aucun doute que « favoriser l’engagement des collaborateurs attire les
talents ». Chaque association partenaire
du groupe est mentorée par un salarié
environ une demi-journée par mois.
« Le mécénat
de compétences
répond à quatre besoins
fondamentaux
des équipes :
la confiance, l’écoute,
la reconnaissance
et la puissance d’agir. »
BENOÎT MEYRONIN
Directeur général de Care Experience
Fondée en 2015, la Fondation ADP
s’engage en priorité dans la lutte contre
l’illettrisme. Dans le secteur du recrutement, le mécénat de compétences est
même devenu un pilier de la marque
employeur. « Ce système nous aide à
réconcilier les équipes de terrain avec
celles du siège. Ces dernières peuvent aussi
aller sur le terrain à la rencontre de personnes qui ont des difficultés pour intégrer le marché de l’emploi », développe
Alain Roumilhac, président de ManpowerGroup France. Les consultants en
stratégie et en communication sont
aussi en tête de proue du mécénat de
compétences. Eurogroup Consulting a,
par exemple, commencé à mettre en
œuvre ce système lors de l’adoption des
35 heures en 1998. Il était alors devenu
nécessaire de dégager du temps. Vingt
ans après, compte tenu de son succès,
Gilles Bonnenfant, président du groupe,
a décidé de faire chapeauter les relations
avec les associations par une fondation.
Chacun peut y trouver son compte
30 % des salariés d’Accenture, soit plus
de 7.000 personnes, se sont engagées
dans une démarche similaire (voir
page 39). Les associations choisies par la
Fondation bénéficient ainsi des compétences de ces collaborateurs plus de
5.000 jours par an. « C’est le sens qui
gouverne tout », rappelle Olivier Girard,
président d’Accenture France et
Benelux. Pour Marion Darrieutort, CEO
de l’agence de conseil en stratégie et en
communication Elan Edelman, « la vertu
incroyable du mécénat de compétences est
la création de la confiance ». En plus du
Citizen Day − journée annuelle durant
laquelle tous les collaborateurs vont sur
le terrain − organisé sous l’impulsion de
la maison mère américaine, les salariés
français disposent de huit heures par an
pour mener à bien des missions de
mécénat sur le temps de travail.
Engagés de longue date dans des associations locales, particulièrement les pos-
tiers, les salariés du groupe La Poste
demandent surtout de la transmission.
C’est pourquoi, la direction générale a
fait le choix de proposer le mécénat de
compétences en fin de carrière. D’une
durée d’un an renouvelable, il permet de
faire la transition entre vie active et
retraite en douceur. Arkéa réinvente
aussi la fin de carrière de ses salariés. En
proposant à ses collaborateurs de plus
de 59 ans de mettre leur expertise au
service d’associations locales, le groupe
bancaire coopératif accroît aussi son
engagement en faveur des territoires.
Chaque salarié, qu’il soit sceptique,
vigilant, individualiste ou plutôt
altruiste, peut trouver son compte dans
une mission de mécénat de compétences. « Lorsqu’un collaborateur estime
qu’il est légitime que son entreprise agisse
au-delà du champ de son activité, cela
signifie qu’il reconnaît qu’elle peut agir
pour l’intérêt public, mais également
qu’elle doit agir », remarque le sociologue Alain Mergier (voir page 39). Mais
pour que le dispositif fonctionne, plusieurs conditions sont nécessaires. Il est
d’abord impératif d’expliquer concrètement la démarche (60 %), puis de proposer des missions bien encadrées (63 %)
et d’assurer un accompagnement des
salariés engagés (55 %). Enfin, et c’est
primordial, il faut que les managers
jouent le jeu (76 %). Un dernier point qui
nécessite un travail de conviction.
4
À NOTER
Les entreprises bénéficient d’incitations fiscales puisqu’elles ont la faculté
de déduire de leur impôt 60 % de leur
don en compétences. Ce dernier est
calculé sur la base du salaire brut du
salarié, charges patronales comprises. Plafond : 0,5 % du chiffre d’affaires
annuel hors taxe.
Source : Bulletin officiel des finances
publiques-impôts
BUSINESS CASE
Chez Veolia, des missions
en situation d’urgence
Le leader mondial des services
collectifs encourage ses salariés à
mettre leur savoir-faire au service
du bien commun, notamment
grâce à une task force capable
d’intervenir lors de situations
d’urgence humanitaire.
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
hez Veolia, le mécénat de compétences ne date pas d’hier. Depuis
plus de vingt ans, le groupe
dirigé par Antoine Frérot s’est lancé, via
sa Fondation, dans une série d’initiatives
qui stimulent l’engagement de ses collaborateurs. Outre le parrainage d’associations ou de projets proposé par les salariés, qui peuvent, sur la base du
volontariat, entreprendre un accompagnement au long cours, le leader mondial des services collectifs a mis sur pied
une « Veolia Force », capable de se
déployer dans des situations d’urgence.
« Tout a commencé en 1998, à l’occasion
d’une première opération au Kosovo où
certains salariés sont allés apporter leur
aide, et leurs compétences métier, aux
membres de la Croix-Rouge déjà sur
place », raconte le délégué général de la
Fondation, Thierry Vandevelde.
Aujourd’hui, les partenariats avec des
ONG comme Unicef, Médecins sans
frontières ou Solidarités International,
mais aussi avec la cellule de crise du
Quai d’Orsay, se sont multipliés et les
missions suivent toujours le même
déroulé. Sollicité par l’un de ses partenaires, à la suite d’un événement
majeur, Veolia puise dans un vivier de
600 volontaires pour mettre sur pied
C
une mission d’urgence. « Nous pouvons,
par exemple, pendant une semaine,
réaliser un diagnostic d’accès à l’eau
d’une zone touchée par une catastrophe
naturelle, mais aussi intervenir sur le
terrain, sous la forme de missions de trois
semaines à un mois, pour fournir, audelà d’un soutien financier, une aide
matérielle, logistique et technique aux
organisations et aux techniciens locaux.
Nous mettons à leur disposition un équipement adapté, comme nos stations
mobiles de potabilisation de l’eau,
mais aussi le savoir-faire de nos
ingénieurs, en mesure de les former »,
détaille Thierry Vandevelde.
Dernier épisode en date : appelé en
renfort par le Quai d’Orsay, Veolia a
dépêché deux ingénieurs à Palu, en
Indonésie, violemment touchée par un
tsunami en octobre 2018. Sur place, le
duo a travaillé avec des techniciens
locaux et la Croix-Rouge indonésienne
pour permettre à 25.000 personnes de
retrouver l’accès à l’eau potable. « En
2004, au gré de rotations de trois semaines, nous avions envoyé jusqu’à 90 personnes sur l’île de Sumatra pour assurer
l’approvisionnement en eau d’un hôpital », ajoute le délégué général. Outre
ses missions d’urgence, le groupe participe à des projets de développement,
comme celui conduit depuis dix ans en
partenariat avec l’Oxfam et l’Agence
française de développement en République démocratique du Congo pour lutter
contre le choléra.
Fierté d’appartenance
Sensibilisés au contexte de crise humanitaire lors de sessions de formation de
trois jours, les collaborateurs volontaires font toujours preuve du même
enthousiasme et de la même motiva-
Outre ses missions d’urgence, le groupe participe à des projets de développement,
comme celui conduit depuis dix ans en République démocratique du Congo
pour lutter contre le choléra. Photo Veolia
tion, à en croire Thierry Vandevelde.
« A leur retour, beaucoup partagent des
témoignages très poignants, expliquet-il. Sur place, ils ont été valorisés dans
leur fonction et ont pu redonner du sens à
leur métier, exercé dans sa globalité et
non dans une tâche spécialisée. Souvent,
ces personnes repartent gonflées à bloc
pour plusieurs années. »
Au-delà de ce regain de motivation, les
bénéfices sont multiples pour Veolia.
Grâce à la mixité qu’elles imposent entre
ingénieurs, techniciens et non-techniciens, les missions affermissent le goût
du travail en équipe de collaborateurs
d’univers disparates qui souvent se
côtoient peu au quotidien, et dopent le
sentiment de fierté d’appartenance à
l’entreprise. « Libérer un collaborateur
pendant trois semaines demande un effort
important au groupe et un soutien au plus
haut niveau hiérarchique, mais les équipes se partagent facilement les tâches du
volontaire absent, motivées par sa mission à visée humanitaire », se réjouit le
délégué général. Autre argument, et non
des moindres : participer à ces missions
d’urgence permet aux salariés de se
former à la gestion de crise, une compétence particulièrement appréciée par les
clients de Veolia. Ou quand, de proche
en proche et de façon inattendue, le
mécénat de compétences se transforme
en argument commercial. n
ÉRIC
ALBERT
Associé
gérant
d’Uside
ARRÊT SUR SOI
La
générosité
paie
’il est une générosité qui se
fait de plus en plus rare dans
les entreprises, c’est celle du
temps. On attribue parfois de
l’argent à des fondations, on offre
volontiers des conseils ou des avis,
on aimerait donner plus souvent des
ordres, mais le temps est préservé
avec parcimonie. On y veille comme
Harpagon sur sa cassette. Chacun a
intégré qu’il doit l’optimiser, c’est-àdire rendre chaque moment utile.
Utile pour quoi ? Pour qui ? « Pour
l’entreprise ! » répondra le dirigeant.
Autrement dit, à l’image des « time
sheets » des consultants, chacun
devrait être capable de démontrer
comment il utilise chaque minute de
façon productive. On connaît les
conséquences de cette approche :
aucun moment consacré à
l’informel et à la convivialité, aucun
moment d’ouverture exploratoire,
ces espaces qui permettent d’être
sorti de la routine et remis en cause
par des points de vue contraires.
Le mécénat de compétences est une
forme de réponse à cette dérive.
D’abord, parce qu’il autorise à
donner de ce temps si précieux.
C’est une forme de générosité.
Mais pas seulement.
Comme la charité bien ordonnée,
la générosité commence par soimême. Le mécénat de compétences
est aussi utile à ceux qui le
pratiquent, et à l’entreprise qui les
emploie, qu’à ceux à qui il est
destiné. En étant plongé dans un
autre environnement, en ayant à
transmettre son savoir-faire à des
personnes différentes de celles que
l’on côtoie tous les jours, en ayant
à faire un effort d’adaptation, on
progresse, on s’ouvre, on apprend.
Mis dans un contexte entièrement
nouveau, on s’enrichit d’une
meilleure compréhension de son
environnement.
Dans une mode de l’hyperspécialisation, où les acteurs sont toujours
plus poussés à creuser leur
expertise, l’enfermement guette, et
le mécénat de compétences peut
constituer une bouffée d’oxygène.
Mais aussi un levier pour progresser
sur le plan relationnel. Alors que
dans le quotidien professionnel, le
jeu entre les acteurs est codifié et
normé, le questionnement et le
challenge sont là plus accessibles.
Reste la question de la gratuité. La
réflexion peut sembler paradoxale
lorsque l’on parle de générosité,
pour beaucoup gratuite par essence.
Dans un contexte professionnel, la
gratuité pourrait conduire à une
moindre exigence tant de la part de
celui qui donne que de celui qui
reçoit. Ce qui est gratuit perd de sa
valeur aux yeux de certains et peut
réduire d’autant les efforts.
Mais c’est parce que la situation
est nouvelle que la mise en œuvre
doit être d’une rigueur sans faille.
Le mécénat de compétences a cette
particularité d’être une situation où
celui qui donne reçoit en retour à la
hauteur de son investissement. En
somme, la générosité paie. n
S
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 39
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
Comment Arkéa
réinvente les fins
de carrière pour
de bonnes causes
echo.st/m326273
QVT
MANAGEMENT
Comment l’entreprise devient
plus qu’un lieu de travail
Et si le collaborateur s’éprenait
à nouveau de son entreprise ?
Le mécénat de compétences est
une solution à ne pas négliger.
Une mise
en œuvre
complexe
La hiérarchie peut parfois être
frileuse face aux demandes
de disponibilité de ses
subordonnés quelle que
soit la cause défendue.
Martine Robert
@martiRD
Delphine Iweins
@DelphineIweins
es pratiques de mécénat de compétences, qui diffèrent d’une
entreprise à une autre, ont toutes
un même point commun : elles transforment les relations entre l’entreprise
et ses collaborateurs. Les salariés engagés deviennent force de proposition et
64 % acquièrent de nouvelles compétences, d’après un récent baromètre réalisé
par Ifop en partenariat avec Entreprise
et Progrès et l’ANDRH pour la Fondation SNCF. Une proportion de 69 %
d’entre eux renouvelle même, de façon
décisive, leur lien avec l’entreprise. Il
n’empêche. Les managers ont encore
besoin d’être sensibilisés aux gains que
génère ce dispositif. Car pratiquer le
mécénat de compétences favorise in
fine la cohésion au sein des équipes.
Mieux, cela améliorerait même les
méthodes internes, indique le baromètre. De quoi développer par la suite un
plus fort sentiment d’appartenance.
Mais « il existe une forte réticence à
libérer les gens alors que c’est un investissement sur les salariés », reconnaît
Guillaume Pepy, président du directoire
de la SNCF. Pour l’encourager, il pourrait être imaginé, par exemple, que ce
dispositif s’articule avec le temps de
formation des salariés.
« Le mécénat de compétences ne fonctionne bien que lorsqu’il existe une articulation organisée entre les fondations et
le service des ressources humaines »,
précise Dominique Laurent, directeur
des ressources humaines de Schneider
L
Volontaire, le salarié
peut aussi, parfois,
proposer à son
entreprise d’aider
une association
qui lui tient à cœur.
Photo Shutterstock
Electric France. A France Inter, l’idée est
venue des journalistes, après l’attentat
terroriste contre la rédaction de « Charlie Hebdo » le 7 janvier 2015. Ils ont
décidé de mener une action structurée
dans des classes durant une saison,
c’est-à-dire neuf mois, afin de sensibiliser les élèves à l’information. Des émissions ont ainsi été créées durant l’été.
Et cinq ans après, l’initiative continue.
Sibyle Veil, présidente de Radio France,
compte élargir le mécanisme aux salariés non-journalistes. « La notion d’utilité sociale du mécénat de compétences est
primordiale pour une entreprise de service public », explique Laurence Bloch,
directrice de France Inter. Du côté de
Showroomprive, dont la moyenne d’âge
est de 28 ans, les collaborateurs en
quête de sens étaient en demande d’un
tel système. Sans compteur de temps,
mais avec une obligation de résultat, les
volontaires coachent durant six mois
des chômeurs de longue durée ou
accompagnent des start-up.
Volontaire, le salarié peut aussi, parfois,
proposer à son entreprise d’aider une
association qui lui tient à cœur. Une
solution privilégiée par Vinci et IBM
France. Salarié depuis vingt-cinq ans
chez Vinci Construction, Stéphane
Molès-Teruel a ainsi renforcé son engagement auprès de l’association Le
Refuge pour des raisons personnelles.
Le conseiller en prévention a proposé ce
projet à la Fondation Vinci qui a décidé
de la parrainer et l’aider financièrement
à hauteur de 12.000 euros.
Un nouveau regard
sur l’employeur
De son côté, Stéphane Molès-Teruel
l’accompagne, dans le cadre d’un projet
d’outil CRM susceptible de mettre en
relation les délégations territoriales du
Refuge. « Cette expérience m’a permis
d’être sur le terrain, de voir la force de
ces jeunes souvent exclus. Le travail a
une autre valeur », témoigne-t-il. Ce
délégué du personnel fait partie des
73 % de salariés engagés qui affirment
mieux comprendre par la suite les
valeurs de leur entreprise. « Le mécénat
de compétences permet de prouver que
l’entreprise est en phase avec ses propres
valeurs », confirme Stéphanie Lecerf,
directrice des ressources humaines de
PageGroup France. Grâce à ce mécénat,
les salariés portent un nouveau regard
sur leur employeur, qui leur permet
ainsi de vivre un temps fort et riche de
sens. « Une telle expérience ouvre les
chakras. Au-delà du sens social, cela
enrichit la dimension du métier »,
atteste
Tiphaine de Pommereau, consultante
chez Accenture. Engagée auprès de
l’association Territoires zéro chômeur
de longue durée, elle se préoccupe de la
croissance de l’association et lui consacre entre 20 % et 50 % de son temps de
travail. Ce projet, commencé en
avril 2018, va durer jusqu’à l’été. Il
s’organise comme une mission de
conseil classique assortie d’objectifs et
d’évaluations. Seule différence : son
encadrement est plus souple et laisse
plus de place à la créativité. n
ro bono, mécénat et bénévolat de compétences, autant
de façons de s’engager. Si les
trois notions font référence à des
missions associatives utilisant des
compétences professionnelles,
seules les deux premières se déroulent principalement sur le temps de
travail. « Le pro bono fait plutôt appel
à des compétences métier, le mécénat
à des “soft skills” : l’esprit de synthèse,
les qualités pédagogiques… », explique Camille Marc, directrice du
développement de l’Admical. (...)
Les principaux freins au mécénat
de compétences résident dans la
complexité de sa mise en œuvre.
« Il a fallu un an pour bâtir notre projet :
identifier les associations, les aider à
formaliser leurs besoins, que cela corresponde à la demande du collaborateur, que ce soit au bon moment, au bon
endroit. Car un comptable, par exemple,
peut avoir envie de s’occuper d’un jeune
en difficulté, et pas forcément des finances d’une association ! » confie
Marianne Eshet, de la Fondation SNCF.
Et certains secteurs s’y prêtent plus
facilement que d’autres.
P
« Le mécénat
de compétences,
c’est la meilleure
des formations ! »
MARIANNE ESHET
Déléguée générale
de la Fondation SNCF
INTERVIEW ALAIN MERGIER, SOCIOLOGUE
« Gare au social washing » !
Le sociologue Alain Mergier
analyse la quête de sens qui
taraude tout un chacun et les
raisons d’un sentiment croissant
de défiance envers les entreprises.
Et prévient de l’urgence à
transformer les relations entre
l’entreprise et ses collaborateurs,
et des bénéfices à en tirer.
« Au départ, les motivations peuvent
être diverses. Mais une fois l’engagement suscité, le résultat en entreprise
est toujours positif. Photo DR
mais il y participe en proposant un autre
point de vue sur la relation que l’entreprise entretient avec la société. Ce souci
de ne pas limiter la définition de son
objet social à un versement de dividendes à des acteurs obscurs des marchés
financiers est ce qui peut réactiver le
sens de l’action des entreprises et la
valeur de leurs métiers. L’important
est que les entreprises ne confondent
pas « social washing » et mécénat de
compétences.
Le troisième aspect est l’affermissement de la légitimité sociale de l’entreprise. Celle-ci manifeste, dans ses
actes, une attention qui va au-delà de
son propre intérêt. Face à ses collaborateurs et face au public, elle se réaffirme comme un acteur responsable
au cœur de la société. Ces trois aspects
du mécénat de compétences favorisent
une transformation effective des
relations entre l’entreprise et ses
collaborateurs.
La crise sociale actuelle met en
lumière une quête de sens croissante. Comment expliquez-vous
cette demande des collaborateurs, et de la société en général ?
Qu’ont donc à gagner les
entreprises à mettre en place
un programme de mécénat
de compétences ?
Tout cela concerne-t-il un profil
particulier de salariés ?
Nous sommes entrés dans une période
contradictoire. D’un côté, nous assistons
à un rééquilibrage des responsabilités
sociales entre l’Etat, le milieu associatif,
l’économie sociale et solidaire et les
entreprises. D’un autre, la défiance s’est
généralisée envers ces mêmes entreprises appelées à jouer un rôle social.
Qu’est-ce qui les motivent, se demande
le public : une convergence entre leur
intérêt et le nôtre, ou bien leur intérêt au
détriment du nôtre ? La seconde réponse
est la définition de la défiance envers les
acteurs économiques. Dans une époque
où s’est développée une défiance généralisée envers tous les acteurs économiques, le mécénat de compétences
permet de reconsidérer la place de
l’entreprise dans la société. Certes,
il ne renverse pas à lui seul la tendance,
A mon sens, l’entreprise est bénéficiaire
sur trois points. Tout d’abord, le collaborateur qui s’engage dans le mécénat de
compétences fait une expérience qui,
tout en restant d’ordre professionnel, est
plus large d’un point de vue humain.
De ce fait, la relation salariale est plus
dense et plus riche ; ce qui est très
important quand le sentiment d’appartenance à une entreprise est affaibli.
Par ailleurs, les collaborateurs se découvrent des capacités, des facilités et des
goûts insoupçonnés. Certains se sont, par
exemple, découvert des aptitudes particulières à manager des équipes. Pour les
directions des ressources humaines, cet
enrichissement des potentialités des
collaborateurs est positif, car il est préférable de gérer des fluidités plutôt que
d’imposer des mobilités.
Parmi les salariés engagés, certains ont
une tradition altruiste. Pour eux, c’est
assez évident. Mais la majorité est plutôt
composée de salariés qui ne ressentent
pas d’attraits particuliers pour l’intérêt
général. Certains finissent par y voir une
opportunité de déployer une stratégie
personnelle, d’autres sautent sur l’occasion de vivre de nouvelles expériences,
parfois d’aucuns espèrent y trouver
un dérivatif dans un moment
professionnel difficile.
Les motivations peuvent être diverses
avec, au départ, des dispositions très
opposées. Mais une fois l’engagement
suscité, le résultat en entreprise est
toujours le même : il est positif. Envers
l’intérêt général également. Certains
se retrouvent alors confortés
dans leurs convictions altruistes,
d’autres en découvrent la valeur.
Propos recueillis par D. I.
Ainsi les cabinets de conseil peuvent
occasionnellement dégager du temps
entre deux missions, alors que cela
peut être plus compliqué pour des
cabinets de gestion d’actifs par exemple. En outre, la hiérarchie peut parfois
être frileuse face aux demandes de
disponibilité de ses subordonnés
quelle que soit la cause défendue. La
déléguée générale de la Fondation SNCF estime pourtant qu’il ne faut
pas raisonner à court terme mais à
long terme. « Le mécénat de compétences, c’est la meilleure des formations ! »
plaide-t-elle.
Moins visible et médiatisé que
le mécénat financier lorsque ce dernier est affecté à de grandes rénovations d’édifices patrimoniaux ou à des
fondations culturelles d’envergure,
le mécénat de compétences impacte
plus indirectement l’image de l’entreprise mais agit en profondeur,
« de l’intérieur ».
On est en effet dans une relation
gagnant-gagnant puisque le salarié y
trouve un supplément d’âme, une
remise en question de ses habitudes
par la découverte d’autres horizons, et
l’employeur, un moyen de nourrir la
culture d’entreprise, d’accroître la
flexibilité, la compétitivité de ses
troupes. Car il y a une forte corrélation
entre motivation et productivité. Enfin
le mécénat de compétences, à l’intersection de différents services, de diverses spécialités, aboutit souvent à faire
tomber les barrières, voire les hiérarchies, dans l’entreprise.
(Extrait du hors-série « Les EchosConnaissance des Arts » sur le mécénat
en France 2018)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Lundi 21 janvier 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Temps de Wall Street disponible
Quand Netflix satisfait ses fans, les investisseurs
veillent à ne pas se laisser trop griser.
LA SÉANCE DU 18/01/2019
L’espoir
d’une détente
commerciale
soutient Paris
La semaine dernière s’est
•achevée
sur une note optimiste.
A Paris, l’indice CAC 40 s’est
offert un rebond de 1,70 % à
4.875,93 points, enregistrant
un gain hebdomadaire de
1,98 %.
L’espoir d’une détente entre
Pékin et Washington a soutenu
les marchés financiers. Le
« Wa l l S t r e e t Jo u r n a l » a
affirmé que l’administration
Trump étudiait la possibilité de
supprimer tout ou partie des
tarifs douaniers imposés à la
Chine, pour inciter Pékin à faire
plus de concessions dans les
négociations commerciales en
cours entre les deux pays. Le
dossier souffle le chaud et le
froid sur les places boursières
depuis des mois. Vendredi,
l’Eurostoxx 50 a clôturé en
hausse de 2,14 %, le Dax à Franc-
fort a bondi de 2,63 % et le Footsie à Londres de 1,95 %. OutreAltantique, le S&P500 s’est
apprécié de 1,32 %.
Du côté des valeurs, Renault
a pris 1,73 %. Le groupe a établi
l’an dernier un nouveau record
de ventes, avec des volumes en
hausse de 3,2 %.
C a s i n o , qui demeure la
valeur française la plus vendue
à découvert du marché, a bondi
de 8,29 % à 39,19 euros. Le
groupe a dégagé un chiffre
d’affaires en baisse de 2,4 % en
2018 mais conforme aux attentes des analystes. Il s’est en outre
félicité d’avoir mieux résisté
que ses concurrents aux conséquences du mouvement des
« gilets jaunes ». Durant le
week-end, Casino a annoncé la
cession de 6 hypermarchés à
Leclerc.
Fnac Darty a progressé de
1,78 %. Le groupe est entré en
« négociations exclusives »
pour acheter la billetterie en
ligne Billetreduc.com au
groupe Lagardère.
Pierre et Vacances a bondi
de 9,62 %, après ses chiffres de
ventes du premier trimestre.
LES ENTREPRISES CITÉES
45-8 Energy 30
50Hertz 4
AG2R La Mondiale 25
Aixtron 4
Amazon 26, 30
Apple 27
Auchan 25
Balyo 30
BETC 25
BNP Paribas 31
Carrefour 25
Casino 25, 40
ConsenSys 28
Coppernic 8
Criteo 28
DIA 25
Disney 26
E. Leclerc 25
EasyJet 23
Edouard Denis 29
Engie 24
EPH 24
Euskaltel 27
Flybe 23
Franprix 25
Furet du NordDecitre 30
Gambit Financial
Solutions 31
Géant 25
Generali 25
Germania 23
Gibert Joseph 30
Giboire Immobilier 29
HBO 26
Huawei 4, 27
Hulu 26
Hyster-Yale 30
IAG 23
Jaguar Land Rover 20
Leader Price 25
Leifeld Metal Spinning 4
Le Musk du moment
Un tournage à peu près en ligne avec le planning de la production, c’est tout
ce que demandaient les fans de Netflix. Inutile de chercher à les inquiéter
avec le flux de trésorerie disponible de plus en plus négatif (3 milliards
de dollars de cash brûlé en 2018), ou encore avec l’inflation rampante
des engagements d’investissement en contenus (19,3 milliards), ni bien sûr
avec la valorisation boursière qui fait rougir les vieux studios de Hollywood
(87 fois le bénéfice prévisionnel). Et même si son chiffre d’affaires
trimestriel était un petit peu faible, le « mogul du streaming » Reed
Hastings a fait mieux que prévu en nombre d’abonnés tout en promettant
un bond de la marge d’exploitation en 2019 (13 % contre 10 %). Cela tombe
bien, le sujet des recettes et des marges fait beaucoup d’audience chez
les gérants de portefeuille car l’économie mondiale ralentit. Netflix
a d’ailleurs profité des paroles apaisantes de la Fed et de la détente sur
le front commercial, sans attendre sa publication annuelle. Wall Street
ne va pas tomber dans le « binge investing » pour autant. L’action
a rétrogradé de la première à la deuxième place des meilleures
performances du S & P 100 depuis le creux de la veille de Noël, sous l’effet
des prises de bénéfices (+ 51 % avant et + 45 % après la publication
des comptes). Il n’y a pas que les amateurs de séries et de jeux vidéo dont
le temps disponible n’est pas extensible à l’infini.
Ryanair n’a pas de parachute pour contrer
les baisses de tarifs hivernales.
A quoi pourrait ressembler un Elon Musk assagi ? Probablement à celui
qui a écrit le mémo factuel et posé qui reconnaissait, vendredi, que Tesla
était encore loin d’être sorti d’affaire. Si le doigté et l’humilité du texte
n’étaient pas étrangers au caractère de l’annonce – la suppression de 7 %
de l’effectif, soit plus de 3.150 emplois, qui laisse le groupe en situation de
recrutement net en 2018 –, il est tentant d’y voir un effet de la nouvelle
gouvernance qui lui a fait lâcher le volant de la présidence du conseil,
revenue à l’Australienne Robyn Denholm (Telstra), et accueillir deux
nouveaux administrateurs indépendants, dont le cofondateur d’Oracle,
Larry Ellison. L’absence de tweets dévastateurs de la part du fantasque
patron-ingénieur pendant le week-end, malgré le déchaînement de ses
détracteurs, doit être soulignée. Ne lit-on pas sur des sites financiers respectables que Tesla fait des économies sur le dos des travailleurs américains
pour financer sa future usine chinoise ? Le « Musk » du moment serait un
« must » pour le groupe s’il était permanent. Bien sûr, la « difficulté extrême » de produire à des « coûts compétitifs » a été interprétée par les vendeurs à découvert comme l’aveu tant attendu que son pari industriel d’une
voiture électrique à 35.000 dollars, la Model 3, est dans l’impasse. Miser en
Bourse sur General Motors, dont la capitalisation est franchement repassée vendredi devant celle de Tesla, et spéculer sur la baisse de ce dernier
(– 12,97 %) sera une posture facile pour plusieurs mois. Mais deux trimestres consécutifs de profits rappellent que la messe n’est pas dite.
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Tesla redonne des arguments à ses
détracteurs, mais c’est une bonne nouvelle.
Et de deux
Linde Material
Handling 30
Lufthansa 23
Monoprix 25
Netflix 26
Norwegian 23
Orange 27
Peugeot 18
Pierre et Vacances 40
Protecto 30
Renault 18, 40
RW Couture 30
RWE 24
Ryanair 23
Samsung 27
Tesla 24, 40
Vinci 23
Warner Media 26
Wow Air 23
Xiaomi 27
Yuka 28
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« L’essence de la stratégie est le choix d’accomplir ses activités d’une manière
différente de celle de ses concurrents. » Longtemps, ce précepte du gourou
de l’avantage concurrentiel Michael Porter s’est fort bien illustré avec
Ryanair, dont le patron Michael O’Leary avait hissé la compagnie low cost
au firmament européen en se démarquant méthodiquement des
transporteurs traditionnels. Mais la success story irlandaise a perdu
presque la moitié de son altitude (– 45 %) depuis son sommet historique
de l’été 2017, atteint juste avant que le long conflit avec ses pilotes ne l’oblige
à des concessions sociales et salariales. Elle ne dispose plus du même
réservoir de visibilité pour compenser la météo fluctuante du secteur
aérien, comme le montre son deuxième « profit warning » – en moins de
4 mois – pour son exercice clos fin mars 2019, justifié par un recul trois fois
plus sévère que prévu des tarifs aériens cet hiver (– 7 % au lieu de – 2 %).
Il faut remonter à 2014-2015 pour trouver un bénéfice inférieur à sa
nouvelle cible, et ce retour en arrière a fait passer sa valeur boursière
en dessous de celle d’IAG, la maison mère de British Airways et Iberia.
Les investisseurs de long terme rassurés par leurs ceintures de sécurité
– la qualité du bilan et la compétitivité des appareils – en sont réduits
à croiser les doigts pour conjurer un « hard Brexit » ou une possible
aggravation de la guerre des prix. L’avertissement du cockpit n’a donc
provoqué qu’un trou d’air passager à la City, mais cette confiance devra
se mériter. Car la valorisation des ailes celtiques (près de 11 fois le bénéfice
prévisionnel) reste plus « high cost » que la moyenne.
Jamie Dimon
ette semaine, dans la finance, on
aura beaucoup plus parlé rémunération des banquiers que stratégie. Il faut bien parler de quelque chose.
Mardi c’était la grande Ana Botín, qui
refusait une cinquantaine de malheureux petits millions d’euros de « golden
hello » à Andrea Orcel, le patron de la
banque d’investissement d’UBS pour
venir diriger Santander, le géant espagnol de la finance qu’elle préside. L’Ibérique est rigoureuse. Jeudi soir c’était à la
rémunération de Jamie Dimon, le
patron de JP Morgan, de faire les gros
titres. Pendant que les joueurs français se
font sortir de l’Open d’Australie, le vétéran de Wall Street continue à battre ses
propres records et franchit la barre des
30 millions. C’est cent fois les revenus de
Jacques Toubon, 77 ans, défenseur de ses
droits, comme quoi il n’y avait pas de quoi
en faire tout un plat… Jamie, 62 ans, a touché 31 millions en 2018 contre 29,5 en
C
2017. De quoi donc gonfler une fortune
déjà évaluée par Forbes à 1,3 milliard.
Son grand-père grec qui travaillait à la
Banque d’Athènes et a changé son nom
de Papademetriou en Dimon lui a donné
de bons gènes. Papa était agent de
change devenu l’un des dirigeants du
groupe American Express. Lui-même y
entra à sa sortie d’Harvard (dans la
botte), début d’un duo de légende avec le
mythique Sandy Weill. Avec lui, Dimon
redessine les contours de la finance américaine, le couple bâtit le groupe Travelers, fondement du futur Citigroup,
avant une rupture en 1998 pleine d’éclats.
Patron de JP Morgan depuis 2005, il est
ainsi le dernier patron d’une grande banque américaine en exercice ayant géré la
crise financière de 2008. S’il apprécie la
réforme fiscale de Trump, il est proche
des démocrates et regrette l’absence d’un
« centriste fort, pro-business et pour la
libre entreprise ». Candidat pour 2020 ?
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