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Photo Solution Magazine – Février-Mars 2019-compressed

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PHOTOSOLUTION.CA
EN KIOSQUE JUSQU’AU 31 MARS, 2019 - 7,99$
PS
PHOTO SOLUTION MAGAZINE
FÉVRIER / MARS 2019
AUCUN PHOTOGRAPHE N’A BÂTI SA
RÉPUTATION SUR UN DISQUE DUR.
IMPRIMEZ CE QUE VOUS LÉGUEZ.
MONICA STEVENSON
PHOTOGRAPHIÉE PAR TIM MANTOANI
epson.ca/imprimez
EPSON est une marque déposée et EPSON Exceed Your Vision est un logo déposé de Seiko Epson Corporation. Tous les autres
noms de produits et de marques sont des marques de commerce et (ou) des marques déposées de leurs sociétés respectives.
Epson renonce à tout droit à l’égard de ces marques. © 2015 Epson America, Inc.
SOMMAIRE
FÉVRIER / MARS 2019_VOL. 12, N° 2
EN COUVERTURE
18 BIEN CHEZ SOI
PHOTOGRAPHIER LOCAL
TRIBUNE
CANON EOS 5D MARK III,
50 MM, F/2, 1/640 S, 320 ISO.
© ERIN FALKENHAM
04
ÉDITORIAL
05
BRIC-À-BRAC
05
COLLABORATEURS
08
COMMUNAUTÉ
YANNICK ANTON
UNE AFFAIRE DE FAMILLE
12
MÉSAVENTURES EN PHOTOGRAPHIE
JE NE SUIS PAS MÉTÉOROLOGUE
50
PASSEZ AU SALON
IMAGES ET IDÉES
14
INSTANT DE SAGESSE
EXTRAITS DE NOTRE ENTREVUE AVEC SHELLEY NIRO
18
BIEN CHEZ SOI
PHOTOGRAPHIER LOCAL
28
NOUVELLE GÉNÉRATION
LA RENAISSANCE DE LA PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
36
EXPO
PORTRAITS
MODE D’EMPLOI
38
LE SALON DE JOHANNE
FRATERNITÉ ET CONSOLIDATION DES CONNAISSANCES
44
100 ANS D’OLYMPUS
QUE LA FÊTE COMMENCE
3
TRIBUNE_ÉDITORIAL
LA PLUS
JEUNE ABONNÉE
PAR JENNY MONTGOMERY
Quand je parle de la manière dont on façonne le contenu éditorial
du magazine, je mentionne systématiquement le « monstre à deux
têtes ». Vous l’aurez deviné, la deuxième tête du monstre, c’est Jenny.
Alors c’est avec plaisir que je lui cède la place pour ce numéro.
—Guy
L’automne dernier lors d’un salon photo, Guy et moi discutions avec des
gens qui s’étaient arrêtés à notre kiosque quand, en jetant un coup d’oeil
à ma gauche, j’ai remarqué une illette qui nous regardait avec intérêt. J’ai
souri en lui faisant signe et elle a tiré sur le bras de son père pour attirer
son attention, en pointant dans notre direction. Ils se sont approchés pour
feuilleter le magazine. Elle devait avoir environ sept ans et c’était sûrement la
plus jeune personne que j’ai vue s’intéresser réellement au magazine. Elle s’est
immédiatement penchée sur l’image qui l’avait attirée : la photo du lapin de
Jon Reaves publiée en page couverture du numéro d’août/septembre 2018.
PS
PHOTO SOLUTION MAGAZINE
FÉVRIER / MARS 2019
VOL. 12, N° 2
L’ÉQUIPE
RÉDACTION
Rédacteur en chef et directeur artistique
Guy Langevin / glangevin@photosolution.ca
Rédactrice adjointe
Jenny Montgomery
Designer graphique
Catherine Robitaille
ADMINISTRATION
Éditrice et directrice du marketing
Valérie Racine / vracine@photosolution.ca
Comptabilité et diffusion
Emmanuelle Champagne / comptabilite@photosolution.ca
Conseillère stratégique
Jany Turcotte
PUBLICITÉ
418 692-2110 / 1 800 905-7468
pub@photosolution.ca
ABONNEMENTS
Sans frais : 1 866 807-5520
abonnement@photosolution.ca
Le magazine Photo Solution est publié six fois par année
(décembre/janvier, février/mars, avril/mai, juin/juillet, août/
septembre, octobre/novembre) par les Éditions Apex (2017)
inc., une entreprise québécoise.
Membre de CITA et de TIPA.
Voyant qu’elle aimait les animaux, je lui ai demandé si elle prenait parfois
des photos et elle a acquiescé. Nous avons feuilleté le reste du magazine, qui
comprenait aussi un entretien avec Jo-Anne McArthur, une photographe qui
milite pour les droits des animaux. Je lui ai parlé du travail de cette dernière,
et aussi comment d’autres photographes, tels que Paul Nicklen et Cristina
Mittermeier, soutiennent les causes environnementales et le monde animal
avec leur travail. Comme elle observait les images, son père nous a conié
qu’elle avait une soeur jumelle et qu’il a toujours enseigné à ses illes qu’elles
pouvaient accomplir tout ce qu’elles désiraient, incluant devenir « boss ».
Remarquant son intérêt pour le magazine, son père s’est abonné. Quand je
lui ai offert un numéro gratuit, elle a choisi celui avec la photo du lapin de
Jon. Après avoir échangé des salutations, ils se sont éloignés pour continuer
leur visite du salon.
Photo Solution est distribué en kiosque par
Coast to Coast Newsstand Services.
Nous reconnaissons l’appui inancier du
gouvernement du Canada.
PRIX RÉGULIERS
Abonnement :
1 an : 24,95 $
2 ans : 44,95 $
3 ans : 54,95 $
Les résidants des É.-U. payent + 10 $ par année en frais de
poste. Les résidants des autres pays payent + 90 $ par année
en frais de poste.
Prix unitaire : 7,99 $CAN/$US
Toutes taxes applicables canadiennes en sus.
Ce moment représentait beaucoup plus que le simple fait de s’abonner. Une
illette s’était laissée guider par sa curiosité et son père l’avait pleinement
soutenue. C’était émouvant et inspirant. Mais je me demande bien quelle
sera la suite pour elle… Son intérêt pour la photographie perdurera-t-il
au cour des cinq, dix ou vingt prochaines années? Suivra-t-elle les traces
de Jo-Anne McArthur, de Cristina Mittermeier ou de toutes ces femmes
remarquables qu’elle côtoiera à travers les pages du magazine?
Il nous arrive de rendre notre liste des abonnés disponible à
des entreprises offrant des produits ou services susceptibles
de vous intéresser. Si vous ne désirez pas recevoir ces
offres, informez-nous soit par téléphone, par télécopieur ou
par courrier.
En l’honneur de la Journée internationale des femmes du 8 mars, j’aimerais
sincèrement remercier toutes les femmes photographes qui contribuent à
faire une différence dans le monde et qui luttent pour exprimer leur point
de vue. Si vous souhaitez en savoir plus sur quelques-unes de ces femmes
exceptionnelles, ne manquez pas notre entretien avec Shelley Niro, en
page 14, ainsi que tout le reste du numéro bien sûr! Et en cette Journée
internationale des femmes 2019, je souhaite que cette jeune abonnée et sa
jumelle grandissent en croyant fermement qu’elles peuvent réaliser tout ce
qu’elles désirent.
© 2019 LES ÉDITIONS APEX (2017) INC.
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation
réservés. Aucune reproduction, par quelque procédé que ce
soit, sans l’autorisation écrite de l’éditeur.
DIRECTIVES DE SOUMISSIONS
Photo Solution invite ses lecteurs à soumettre leurs portfolios
et articles pour publication. Les directives de soumission
sont disponibles à photosolution.ca et sur demande au
418 692-2110 ou à redaction@photosolution.ca.
Malgré le soin apporté, Les Éditions Apex (2017) inc. ne peut
garantir que les informations contenues dans ce magazine sont
complètes et exactes. Par conséquent, Les Éditions Apex (2017)
inc. se décharge de toutes responsabilités relatives au contenu
du magazine ou à quelque erreur ou omission que ce soit.
Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec et
Bibliothèque et Archives Canada. ISSN 1916-100X
Envoi de publication - N° de convention : 40010196
LA QUESTION
Quels projets photo tenteriez-vous si vous saviez qu’ils n’échoueront pas?
Nous attendons vos réponses à glangevin@photosolution.ca.
Jenny Montgomery
PHOTO SOLUTION
171, rue St-Paul, bureau 102
Québec, QC Canada G1K 3W2
418 692-2110 / 1 800 905-7468
redaction@photosolution.ca
Facebook : facebook.com/photosolution
Twitter : @PhotoSolutionQc
IMPRIMÉ AU CANADA
4
ANNIE LEIBOVITZ AU TRAVAIL
Par Annie Leibovitz, Phaidon,
259 pages, couverture rigide, 60 $
Quoi de plus passionant que
d’apprendre sur le processus créatif
des grands artistes? Dans ce livre,
Lebovitz parle de son travail en
studio, de photojournalisme, de
portraits, de ses collaborations, de
sa transition de l’argentique vers
le numérique et plus encore. Un
complément parfait pour l’amateur
de l’artiste qui possède déjà l’une de
ses monographies puisqu’ici, ce sont
les textes qui sont à l’honneur, et
non les images.
© NADIA BÉLANGER
NOIR
L’exposition Noir, une série de photographies culinaires
de la photographe Nadia Bélanger est présentée à
la Galerie d’Art des Deux-Ponts, à Lévis, jusqu’au
18 février et ensuite au Centre culturel Gérard-Dallaire,
à La Pocatière du 21 février au 1er avril. « Je désirais
surprendre, intriguer et charmer les gens en présentant,
d’une façon très artistique, des aliments que nous
connaissons tous. Porter un regard créatif sur des choses
que nous mangeons tous les jours. » Nadia Bélanger
est designer graphique de profession et pratique la
photographie depuis longtemps. Mais c’est seulement
depuis quelques années que son travail est très orienté
sur la photographie culinaire. « J’adore cuisiner! Et j’adore
la photo. Je crois bien que ça faisait partie du destin
que j’en arrive là. Chaque image que je crée a pour but
premier d’éveiller les sens et faire saliver les gens. Je tente
que l’expression “manger avec les yeux” prenne tout son
sens au travers mes photographies ». nadiabelanger.com
TRIBUNE_BRIC-À-BRAC
ALAN STRUTT, YASMIN LE BON (LONDRES, 1997). COLLECTION LES CHIMÈRES,
HAUTE COUTURE THIERRY MUGLER AUTOMNE-HIVER 1997-1998. © ALAN STRUTT
THIERRY MUGLER : COUTURISSIME
Dès le 2 mars, le Musée des beaux-arts de
Montréal organise la toute première exposition
consacrée au créateur français Thierry Mugler.
Présentée à Montréal en première mondiale,
cette rétrospective réunit plus de 140 tenues
accessoirisées, jamais exposées sauf exception,
et de nombreux documents d’archives et croquis
inédits, en plus d’une centaine de photographies
signées par les plus grands noms. Thierry Mugler :
Couturissime retrace le parcours d’un couturier
qui a bouleversé la mode, du power dressing
aux costumes de scène, avec ses matériaux
glamour et sa vision théâtrale et sculpturale : ses
tailleurs stricts aux épaules de superhéroïne et à
la taille corsetée habillent une féminité sublimée,
animale et puissante en constante métamorphose.
L’exposition plonge dans son imaginaire singulier,
évoquant tour à tour le perfectionnisme et le
prestige hollywoodien, le rêve, la faune, l’érotisme
et la science-iction. mbam.qc.ca
LA MAISON PHOTO MONTRÉAL
MAINTENANT AU GESÙ
Depuis novembre 2018, Maison
Photo Montréal est en résidence au
Centre de créativité Le Gesù avec
une galerie-boutique spécialisée
en photographie d’édition dédiée
exclusivement au rayonnement du
talent des photographes d’ici. À sa
programmation 2019 on pourra voir,
entre autres, un mois de mars dédié
au féminisme et un mois d’avril dédié
au Polaroid. maisonphotomtl.com
COLLABORATEURS ET ÉQUIPE ÉDITORIALE
Dave Brosha est passionné
par le monde qui l’entoure et
la beauté qui l’habite. Établi
à l’Île-du-Prince-Édouard, ce
photographe canadien, artiste et
enseignant, s’intéresse tant aux
paysages qu’aux portraits, à la photo
commerciale et la photo de voyage.
davebrosha.com
Après être tombée en amour avec le
journalisme à travers Scoop, télésérie
sur une salle de presse, Laurence
Butet-Roch, membre du collectif
Boréal, est devenue journaliste,
photographe et éditrice photo
indépendante. lbrphoto.ca
Emmanuelle Champagne a débuté
ses études en création littéraire avant
de bifurquer vers la comptabilité
et l’administration. Elle aime la
littérature et les arts sous toutes
leurs formes.
de Québec depuis 1989. Il anime
également des cours et ateliers
techniques.
Guy Langevin gravite autour de
l’industrie photographique depuis
belle lurette. Il a eu la chance de
côtoyer et de se lier d’amitié avec
des photographes fantastiques
provenant des quatre coins du pays.
Vous le croiserez rarement sans son
appareil photo ou ses souliers de
course. guylangevin.net
Maggie Hood est portaitiste
et photographe de mariage.
Créatrice passionnée et douée
pour saisir l’émotion, son travail
lui a fait parcourir le Canada
en entier et plusieurs pays.
maghoodphotography.com
Jenny Montgomery est metteure
en scène, dramaturge et rédactrice.
La photographie fait partie de sa vie
Jean-François Landry conseille
les acheteurs de produits photo
5
familiale depuis toujours et elle a fait
ses premières expériences argentiques
en chambre noire en 1998.
jennymontgomery.net
Valérie Racine fait partie de
l’équipe Photo Solution depuis 2002.
Elle occupe présentement le rôle
d’éditeur et de directrice du marketing.
Elle a étudié en arts, en histoire de l’art
et en communication en plus d’être
une passionnée de photographie.
Michael Ernest Sweet est un
écrivain et photographe canadien.
Son travail est paru dans plusieurs
publications.
TRIBUNE_BRIC-À-BRAC
LE SQ20 DE FUJIFILM
L’INSTANTANÉ NUMÉRIQUE EN FORMAT CARRÉ!
Le « SQ » dans le nom du SQ20 vient de square; la photo à développement instantané
produite par le SQ20 fait donc 62 x 62 mm sur un support de 86 x 72 mm. Toutefois le
SQ20 est plus que le simple descendant d’un « Polaroid »; c’est un appareil numérique
avec capteur CMOS d’un cinquième de pouce, offrant une résolution de 1 920 x 1 920.
Une fois la photo prise, elle est sauvegardée dans sa mémoire interne (pouvant
contenir jusqu’à 50 ichiers) ou sur une carte de mémoire microSD/microSDHC. Grâce
à son écran de 6,9 cm, on peut vériier sa qualité, l’ajuster (luminosité et vignettage),
lui appliquer l’un des 16 iltres photo, rogner l’image au besoin, puis l’imprimer sur
le papier Instax SQUARE inséré en son cœur. Le SQ20 peut même faire de petites
séquences vidéo de 800 x 800 pixels à 15 images par seconde! Sa pile lithium-ion
(intégrée et non interchangeable) permet à peu près cent impressions et se recharge
en 3 heures. Toutes ces possibilités photographiques tiennent dans un boîtier de
11,9 x 5 x 12,7 cm. Deux choix de couleur : noir mat et ... hummm ... un genre de
beige/rose semi-nacré? Pour 250 $, c’est du plaisir instantané! (Cartouche Instax
SQUARE : 13 $ pour 10 poses.) fujiilm.ca
—Jean-François Landry
LE TOURBOX DE TOUR TECH
QUAND POST-TRAITEMENT DEVIENT JEU D’ENFANT
Le TourBox n’est ni plus ni moins qu’une manette de jeu. Sa
fonction première n’est pas de contrôler un personnage en mode
survie dans un monde post-apocalyptique, mais plutôt les outils
de Lightroom, Photoshop et autres. On le dépose près du clavier,
on le branche à un port USB et on installe le logiciel. Chacune
de ses treize touches/molettes/roulettes peut être attitrée à une
fonction différente. Mieux : on peut programmer la vitesse,
l’accélération et la précision de chacune de celles-ci! Qui n’a pas
désiré une simple roulette pour modiier la taille, l’opacité ou la
dureté de sa brosse sous Photoshop? Ou peauiner un réglage
sous Lightroom sans avoir à cliquer et guider le curseur de la
glissière? Et si l’on pouvait effectuer un [Annuler] ou un [Rétablir]
par un simple clic? Et comme il est possible d’y programmer les
touches [Ctrl], [Alt] et [Cmd] du clavier, il devient l’allié de toutes
les tablettes graphiques de ce monde. Éventuellement, le logiciel
du TourBox prendra en charge Capture One, Final Cut Pro et
Premiere, et cette liste n’est en rien exhaustive. Le TourBox fait
11,7 x 10 x 3 cm. tourbox.kickoffpages.com
—Jean-François Landry
LE MINI TRAVELER TRIPOD KIT NOIR DÉCOR DE GITZO
LE LUXE... FORMAT LILLIPUT!
Oh qu’il est magniique ce minuscule Gitzo. Des jambes toutes
de ibre de carbone vêtues, avec une araignée et une tête à
rotule en aluminium. Dans son format de transport, il ne fait
que 22 cm de haut, ce qui se glisse bien dans n’importe quel
sac. Ouvert, il s’enorgueillit de supporter jusqu’à trois kilos de
matériel à une hauteur variant entre 12,5 et 17,5 cm, et ce malgré
son poids plume de 265 grammes. Lorsqu’on enlève la tête à
rotule et qu’on visse l’appareil directement sur l’araignée, son
poids maximum s’élève à 25 kilos. C’est un mini Louis Cyr! Il se
décline en deux couleurs : le « Noir Mat » et le « Noir Décor ».
Mais le bougre n’est pas donné : il vous faudra débourser 300 $
pour l’acquérir. manfrotto.ca
—Jean-François Landry
LE SAC À DOS VIATO DE KITE OPTICS
TOUJOURS PRÊT!
Les sacs fourre-tout possèdent fréquemment un système d’attaches pour transporter un trépied
fermé, mais rares sont ceux qui en permettent le transport... ouvert et prêt à l’emploi! C’est en ce
point que le Viato est unique. Le trépied s’attache au sac en trois points, l’espace de rangement (de
15 L) reposant dans l’espace situé entre les pattes. Ce design singulier permet au sac de ne jamais
toucher le sol et d’ajouter au poids du trépied, augmentant du même coup sa stabilité. L’accès
au matériel est facilité par des aimants qui maintiennent le panneau ouvert. Le sac à dos et ses
fermetures à glissière sont résistants aux intempéries, et une housse permet de le recouvrir lorsque
le temps se gâte. Le dessous du sac, le dos et les bretelles sont particulièrement bien rembourrés,
ce qui le rend confortable à transporter, sécuritaire pour le matériel et résistant à long terme. 300 $.
kite-viato.com —Jean-François Landry
6
TRIBUNE_BRIC-À-BRAC
ÉTATS D’ÂMES, ESPRIT DES LIEUX
L‘exposition États d’âmes, esprit des lieux, présentée au Musée
des beaux-arts de Montréal (MBAM) jusqu’au 28 avril prochain,
réunit près de 100 photographies d’artistes majeurs canadiens et
internationaux. Elle souligne la passion pour la photographie du
collectionneur montréalais Jack Lazare qui souhaite partager avec
le public l’enchantement qui l’anime depuis vingt ans. Elle est aussi
l’occasion de mettre en lumière une sélection d’oeuvres parmi un
ensemble important de 33 photographies généreusement offertes au
Musée en 2017.
Homme d’affaires ayant fait carrière dans l’univers du voyage
et de l’industrie musicale, membre du comité d’acquisition Art
international postérieur à 1900 du MBAM, Jack Lazare s’est façonné
une remarquable collection de photographies — en majorité
contemporaines — depuis les années 1980. L’exposition révèle son
regard sensible et un goût particulier pour les images suspendues
dans le temps qui appellent à la rélexion.
LA GALERIE DES MYSTÈRES
MOMENTA | Biennale de l’image a mis en ligne son premier
jeu vidéo éducatif destiné aux jeunes de 9 à 12 ans. Intitulé
La Galerie des mystères, ce projet sur la photographie
contemporaine est né de la collaboration entre MOMENTA |
Biennale de l’image et Dpt., un studio de création interactive.
Ayant remarqué qu’il existait dans les écoles primaires peu
d’outils pédagogiques numériques voués à l’initiation des élèves
à l’art contemporain, et particulièrement à l’art québécois,
MOMENTA a entrepris de créer un nouvel outil pour les
enseignantes et les enseignants. Cette expérience interactive a
été conçue ain de faire découvrir des œuvres contemporaines
d’artistes québécoises et québécois aux jeunes de 4e, 5e et
6e année. L’objectif pédagogique est de développer le sens de
l’observation des enfants, de les amener à s’exprimer sur les
œuvres et de stimuler leur sens critique. Proposé dans les deux
langues oficielles et offert gratuitement, le jeu constitue une
formidable activité parent-enfant ou une activité stimulante
d’appréciation d’œuvres d’art pour les élèves en classe. Selon
le synopsis du jeu : « La Galerie des mystères existe depuis
toujours. Personne ne sait quand a été construite cette galerie
d’art perdue dans les bois ni à qui elle appartient. Des légendes
entourent cet endroit aussi étrange que fascinant. Par amitié
pour Nour, qui a perdu son appareil photo, les jeunes partent
à la recherche de l’objet égaré. » En s’aventurant dans le jeu, les
jeunes découvrent ainsi les œuvres des artistes. Le jeu se joue
sur ordinateur et sur tablette au gdm.momentabiennale.com.
Photo : Marie-France L’Écuyer / Permis MESRT 749.553
NICOLAS BAIER, JANVIER, 2003. MBAM,
DON DE LA COLLECTION DE LA FAMILLE LAZARE.
L’exposition offre l’occasion de dévoiler une sélection d’oeuvres
issue d’une donation de 33 photographies consentie en 2017 au
Musée par Jack Lazare et sa conjointe Harriet. Cette généreuse
donation du couple Lazare permet d’enrichir la collection du Musée,
qui recèle plus de 2 500 oeuvres, en vue de l’ouverture d’un cabinet
consacré à la photographie.
514.525.3030
collegemarsan.com
7
Deviens
Photographe
professionnel
en 16 mois
*
Inscriptions dès maintenant
pour la session JANVIER 2019
AEC NTA.1M | 1 020 h | 16 mois | Cours français ou anglais
* Possibilité de faire la formation en cours du soir sur 24 mois.
Début des cours du soir : Février 2019. Inscriptions en cours.
TRIBUNE_COMMUNAUTÉ
YANNICK ANTON
UNE AFFAIRE DE FAMILLE
PAR LAURENCE BUTET-ROCH
Exit le portrait de famille où tous portent
chemises blanches et jeans appareillés. Pour
Yannick Anton, photographier la parenté c’est
plutôt une affaire d’intimité et d’honnêteté.
trouvée il y a un mois, c’est très spécial. Il pose
d’une façon si naturelle. Il existe un réel besoin,
particulièrement chez les communautés qui ont
vécu de grandes mouvances, de connaître d’où nous
venons, de retracer nos racines. Nous faisons partie
d’un patrimoine. Nous sommes tous connectés à nos
ancêtres et c’est intéressant de voir de quelle façon
ce lien se manifeste, même si parfois il est aussi ténu
qu’une simple posture. »
Pendant quatre semaines l’été dernier, Anton a
transformé une chambre de l’hôtel Gladstone, un
établissement de Toronto qui encourage l’art et le
design, ain de recréer un studio de photo où des
familles étaient invitées à se faire tirer le portrait. La
démarche cherchait à souligner que cette tradition
du portrait de famille « a déjà été réservée aux bien
nantis et aux privilégiés » et soulevait la question
fondamentale : « si l’on est pas vus, existe-t-on
réellement? » Par « vus », il veut dire « apprécié tel
qu’on l’est vraiment » et non tel que les autres nous
perçoivent ou comme ils voudraient que l’on soit. Son
intention était de « redonner ses lettres de noblesse
à la famille, dans toutes ses variantes et toute sa
gloire ». Plus de 60 groupes se sont présentés,
informés principalement par le bouche à oreille,
les médias sociaux ou les afiches installées par
Anton dans les centres communautaires, restaurants,
épiceries et parcs ain d’attirer une grande diversité
de maisonnées. Anton estime avoir photographié au
total quelque 250 familles.
Pour les gens qui regardent ces images dans une
galerie ou dans un magazine comme celui-ci, ces
portraits atypiques invitent à revisiter des idées
préconçues. Regardez les familles heureuses que l’on
voit habituellement dans les pages d’un magazine,
elles sont blanches la plupart du temps. « Très tôt
dans ma carrière je me suis penché sur les magazines
et les livres de photo, se souvient Anton. Les gens
sur les photos étaient tous blancs. Et lorsqu’ils ne
l’étaient pas, c’était un blanc derrière l’objectif. » Ce
monopole de la représentation a produit des histoires
incomplètes, loues, inexactes et parfois complètement
mensongères. Les familles noires, par exemple, ont
souvent été montrées en état de désarroi. Les pères
noirs, plus particulièrement, ont longtemps été
représentés comme absents ou insensibles. Dans ce
contexte, le fait de photographier les liens d’affection
qui unissent les membres des familles de couleur
est, selon Anton, une « déclaration » qui déboulonne
les stéréotypes.
« Le concept de famille nucléaire avec une mère,
un père et 2,5 enfants est complètement dépassé.
J’encourage les gens à venir se faire photographier avec
quiconque fait partie de la famille selon eux : un ami
proche, des cousins, des oncles et des tantes », observe
Anton. Son objectif est de documenter ces groupes une
fois par année ain de suivre leur évolution.
« Si ce n’est que des blancs derrière l’objectif, le monde
est montré selon un seul point de vue. Toute chance de
connection et d’intimité est perdue, » soutient Anton. En
effet, un étranger ne saurait obtenir les mêmes portraits
de ses proches. Suivant les traces de son parrain,
qui réalisait des clichés lors de différentes réunions
de famille, il commence à tenir un album avec des
Polaroid. Ces photos sont aussi spontanées qu’elles sont
diversiiées. Sur l’une d’elles, on peut voir sa grand-mère
soufler les bougies sur son gâteau d’anniversaire. Sur
Pour les modèles, c’est un geste de mémoire
important. Grâce à ces images, les générations futures
auront accès à des archives qui leur permettront
de mieux connaître leurs proches et d’honorer
leurs ancêtres. « Je ne possède qu’une seule photo
de mon arrière grand-père, constate Anton. Je l’ai
8
CANON EOS 5D MARK III, 24 MM, F/4, 1/100 S, 100 ISO. © YANNICK ANTON
CANON EOS 5D MARK III, 28 MM, F/4, 1/125 S, 160 ISO. © YANNICK ANTON
CANON EOS 5D MARK III, 24 MM, F/4, 1/200 S, 160 ISO.
© YANNICK ANTON
9
CANON EOS 5D MARK III, 24 MM, F/4, 1/200 S, 160 ISO. © YANNICK ANTON
CANON EOS 5D MARK III, 28 MM, F/4,5, 1/500 S, 1000 ISO. © YANNICK ANTON
10
TRIBUNE_COMMUNAUTÉ
« Je dis aux gens de venir sans aucune formalité. Si
un enfant est d’humeur à manger une collation, eh
bien laissez-le manger. Peu importe ce qui survient,
je vais capturer le moment. Les gens ont des idées
préconçues sur ce qu’une photo de famille devrait
être. Je préfère aller dans une autre direction et
capturer ces gens et leurs liens familiaux en toute
honnêteté plutôt qu’en mode performance »,
explique-t-il.
une autre, un membre d’une troupe de théâtre aide un
collègue à se raser. Certaines photos sont prises lors
de concerts, d’autres dans la rue, d’autres encore, dans
l’espace privé de la maisonnée.
Ces images, et sa couvertures des évènements Yes Yes
Y’all des neuf dernières années (un « endroit où l’on
peut être exactement qui on veut être »), ont inspiré
son approche du portrait de famille.
CANON EOS 5D MARK III, 24 MM, F/5, 1/125 S, 100 ISO. © YANNICK ANTON
Ses images montrent des enfants qui courent partout,
font des grimaces, s’endorment, pleurent. Ils ont
des airs dubitatifs, malicieux, enjoués. Durant ces
séances, qui ne prennent habituellement qu’une
trentaine de minutes, Anton et sa femme, Isa Benn,
recréent l’ambiance d’un foyer pour donner le ton.
« Si l’espace semble chaotique, les gens agiront
chaotiquement. On doit créer un espace qui dégage
l’énergie qu’on souhaite recevoir. »
CANON EOS 5D MARK III, 50 MM, F/2,8, 1/160 S, 100 ISO. © YANNICK ANTON
Lorsqu’on tourne les pages de l’album de photos
de famille d’Anton, on souhaite invariablement
en faire partie, même quelqu’un comme moi qui
préfère se tenir derrière l’appareil plutôt que devant
l’objectif, qui préfère analyser les images plutôt que
d’y apparaître. Tous ceux dont il a croqué le portrait
semblent à l’aise avec eux-mêmes. Qui ne voudrait
pas qu’on se souvienne d’eux de cette façon? Avec un
air assumé dans une posture naturelle? C’est peut-être
un peu de son arrière grand-père qui se transmet à
travers les générations.
11
TRIBUNE_COMMUNAUTÉ
J’encourage les gens à venir se faire
photographier avec quiconque fait
partie de la famille selon eux.
CANON EOS 5D MARK II, 85 MM, F/2,8, 1/1250 S, 500 ISO. © MAGGIE HOOD
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TRIBUNE_MÉSAVENTURES EN PHOTOGRAPHIE
MARIAGE, PLUIE ET RIZ BASMATI
PAR MAGGIE HOOD
Météo. La meilleure amie ou l’ennemie du
photographe de mariage. Je dois dire qu’au
long de ma carrière, j’ai eu de la chance. Lors de
nombreux mariages, quand le ciel était menaçant,
la pluie nous a presque toujours laissé terminer
notre séance avant de s’inviter. Et si jamais elle
se pointait trop tôt, nous enclenchions le plan
B, qui consiste à photographier quelque part à
l’intérieur, ou eniler des bottes et se munir d’un
parapluie. Voici une histoire qui date de l’époque
où, un peu idiote, je présumais que dame nature
serait clémente avec moi. Elle ne l’a pas été.
au risque d’être un peu mouillés. Nous ignorions
qu’une pluie torrentielle s’annonçait. Et pas une averse
romantique. En moins d’une minute, nous étions
trempés jusqu’aux os. Tandis que nous cherchions
refuge sous les arbres, j’essayais de protéger ma
caméra avec mon manteau. Heureusement, les époux
étaient détendus et s’amusaient de la situation. Nous
avons fait quelques photos dans le bois, puis nous
avons de nouveau tenté notre chance sur le rivage. Les
mariés savaient que c’était un point de non retour, que
si nous retournions à découvert, ils seraient détrempés
au point où ils devraient changer de tenue. J’aime les
couples qui n’ont pas froid aux yeux!
Il y a trois ans, j’ai eu le plaisir de photographier
le mariage d’un ami à Musquodoboit Harbour, en
Nouvelle-Écosse. C’est toujours excitant de travailler
dans un nouvel endroit, mais pas aussi sécurisant que
lorsque vous connaissez la région et savez où aller pour
prendre des photos. C’était un mariage discret, dans la
cour arrière de la mère de la mariée, au bord de l’eau.
Le couple avait prévu une séance sur un magniique
rivage rocheux où on se rendait en empruntant un
sentier dans les bois. Quand je suis arrivée au mariage,
le ciel était complètement couvert (hourra!). Une faible
bruine était prévue pour plus tard en journée, mais rien
qui puisse m’empêcher de travailler.
Et là les choses ont vraiment mal tournées. En réalisant
que mon déclencheur avait des ratées, j’ai attrapé
mon deuxième appareil, qui ne fonctionnait guère
mieux. Je me retrouvais le bec à l’eau, c’est le cas
de le dire, avec deux appareils photo hors d’état.
Enfoncée jusqu’aux genoux dans l’océan, je pestais
contre ma propre stupidité. Pourquoi diable n’avais-je
pas apporté mes housses imperméables? Entêtement
et ignorance! Penauds, nous sommes retournés chez la
mère de la mariée.
Comme le mariage était célébré dans la cour
arrière, la cuisine était facile d’accès et, suite à mes
implorations, on y a déniché un énorme sac de riz
basmati biologique, sans conteste la Cadillac du
riz, pour que je puisse y plonger mes appareils! J’ai
ressenti quelques remords à utiliser tout ce bon riz,
mais s’il y avait ne serait-ce qu’une mince chance
de sauver mes appareils photo, je devais la saisir sur
le champ. Tandis qu’ils reposaient dans des sacs en
plastique remplis de la fameuse céréale, nous avons
terminé la soirée avec les quelques appareils photo
supplémentaires que nous avions sous la main. Les
mariés sont réapparus dans de nouvelles tenues et
ont rejoint les invités, racontant avec moult fous rires
la séance de portraits sous la pluie diluvienne.
La cérémonie s’est bien déroulée. Il a commencé à
pleuvoir légèrement peu de temps après, mais il y
avait sufisamment de parapluies pour tout le monde.
Après quelques portraits de famille, nous avons décidé
de nous rendre sur le rivage pour les photos des
mariés. C’est là que les choses se sont corsées.
J’avais laissé presque tout mon équipement
supplémentaire dans la voiture, dont mes housses
imperméables, et n’avais avec moi que mon attirail
habituel, soit un boîtier avec un objectif 35 mm et un
autre avec un 85 mm. Mes appareils me semblaient
assez étanches et je cherchais surtout à m’éviter l’effort
d’avoir à manipuler et à installer lesdites housses.
Avant de partir, j’ai de nouveau scruté les nuages pour
voir ce que la météo réservait. La bruine était légère et
je ne m’en inquiétais pas trop.
Pour ma part, j’ai retenu trois choses de cette
journée. De un, les quelques instants passés sous
l’averse m’ont ramené à l’essence même du mariage,
qui consiste avant tout à épouser la personne
que vous aimez en compagnie de vos êtres chers.
Être ensemble, rire et se créer des souvenirs est
le plus important! J’ai aussi découvert qu’assécher
son équipement photographique mouillé dans un
sac de riz basmati pendant une semaine et demie
peut s’avérer très eficace. Et inalement, je peux
désormais afirmer que je ne suis déinitivement pas
une météorologue!
Nous nous sommes engagés dans le sentier, et plus
nous approchions du rivage, plus le vent souflait. Je
songeais qu’avec cette température, nous aurions pu
faire de belles images à l’atmosphère froide et un peu
morose, même si ce n’est pas ce que je préfère. Une
fois la forêt traversée, nous avons commencé la séance.
Comme le vent était trop déchaîné pour que les
mariés puissent tenir un parapluie, ils l’ont abandonné
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TRIBUNE_MÉSAVENTURES EN PHOTOGRAPHIE
JE NE SUIS PAS MÉTÉOROLOGUE
IMAGES ET IDÉES_INSTANT DE SAGESSE
EXTRAITS DE NOTRE ENTREVUE AVEC
SHELLEY NIRO
merveilleux. Ce sont des portraits à couper le soufle.
Depuis, j’ai beaucoup appris sur son propre périple.
C’est fascinant de découvrir sa manière de créer et ce
qu’il utilisait pour faire ses images. Il me fait réaliser
que je pourrais travailler plus fort et que je n’ai aucune
raison de ne pas faire d’art.
L’artiste multidisciplinaire Shelley Niro réclame
de l’observateur qu’il reconsidère ses idées
préconçues sur l’identité et la culture, en
particulier celles liées à la représentation des
peuples autochtones. Sa pratique comprend la
photographie, la vidéo, la peinture, la sculpture,
le perlage et l’installation. Elle est membre de la
réserve des Six Nations et fait partie du clan de
la Tortue. Son travail a été largement exposé et
reconnu. Elle a reçu le Prix des arts autochtones,
le Prix du Gouverneur général en arts visuels et
médiatiques et le Prix de photographie Banque
Scotia. Son dernier livre, Shelley Niro: Scotiabank
Award, a été publié l’an dernier par Steidl.
LA PHOTO QUI VOUS A ÉCHAPPÉ?
Je roulais avec ma mère dans la vallée Mohawk à
l’automne 2001. Les couleurs étaient incroyables et
étincelantes. La route était sinueuse et il n’y avait
aucune zone pour se garer. À chaque tournant,
j’aurais voulu m’arrêter pour photographier le
paysage. J’ai fait la route sans prendre une photo.
J’ai toujours le désir d’y retourner pour capturer cette
région. Ça me hante encore.
PREMIER APPAREIL?
Mon premier appareil photo était un Polaroid Swinger
que j’ai eu pour Noël. Je pense que j’avais douze ans.
COMBINAISON FAVORITE
D’APPAREIL PHOTO ET D’OBJECTIF?
Je les aime tous.
QUE VOULIEZ-VOUS DEVENIR LORSQUE
VOUS ÉTIEZ ENFANT?
Vétérinaire.
MEILLEUR CONSEIL?
C’est une époque différente. À l’âge d’or de la
pellicule, j’aurais conseillé à un jeune photographe
de bien choisir son sujet avant de cliquer. Avec le
numérique, ce conseil n’est plus valide. Je dirais
plutôt : soyez courageux et explorez. Regardez le
travail d’autres photographes. Appréciez-le. Soyez
patient et cohérent dans vos recherches d’idées et
d’images. Vous ne vous ennuierez jamais.
POURQUOI UNE CARRIÈRE EN PHOTO?
Pour moi, la photographie est de la sorcellerie.
Vous pouvez faire beaucoup plus qu’appuyer sur
un bouton. Vous pouvez modiier l’aspect de la
photo. Vous pouvez raconter des histoires avec une
seule image. Les émotions peuvent être saisies et
votre perception du monde peut être racontée de
nombreuses façons.
VOTRE ÉTERNEL COMBAT?
La course contre la montre. Pour mener un projet à
terme, il faut bien planiier. On doit persévérer sinon
rien ne se fait.
EXPÉRIENCE MARQUANTE?
Apprendre à développer du ilm noir et blanc. C’est
une compétence qui m’a donné coniance en mes
moyens. Apprendre à faire des choses nous fait
progresser. C’est comme voir un chemin s’ouvrir au
fur et à mesure qu’on avance.
ENDROIT FAVORI À PHOTOGRAPHIER?
Niagara Falls.
PHOTOGRAPHE QUE VOUS ADMIREZ LE PLUS?
Edward S. Curtis a été l’un des premiers photographes
à me faire forte impression. Je n’ai jamais étudié son
travail, mais j’ai été exposée à celui-ci de la manière la
plus commerciale qui soit : par des calendriers et des
tasses. C’étaient des objets convoités à l’époque. C’est
vrai qu’en se penchant sur son histoire, son travail
est empreint de scepticisme. Toutefois, si vous avez
l’opportunité de voir ses images en personne, c’est
OISEAU DE NUIT OU LÈVE-TÔT?
Lève-tôt. J’aime avoir l’impression que la journée
m’appartient.
VOTRE PHOTO FAVORITE?
De mémoire, j’ai beaucoup aimé la photo qu’Annie
Leibovitz a faite de Serena Williams de dos.
C’est beau.
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© SHELLEY NIRO
IMAGES ET IDÉES_INSTANT DE SAGESSE
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© SHELLEY NIRO
IMAGES ET IDÉES_INSTANT DE SAGESSE
INSTANT DE SAGESSE
© SHELLEY NIRO
© SHELLEY NIRO
Pour moi, la photographie est de
la sorcellerie. Vous pouvez faire
beaucoup plus qu’appuyer sur un
bouton. Vous pouvez modiier l’aspect
de la photo. Vous pouvez raconter des
histoires avec une seule image.
UNE JOURNÉE NORMALE POUR VOUS?
Lever à 6 heures, prendre mon café, regarder les
nouvelles et commencer ma journée à 9 heures en
épluchant mes courriels.
le Globe and Mail et le Toronto Star. Ça n’arrive pas
si souvent.
UNE CHOSE QUE VOUS NE FAITES JAMAIS?
Prendre de longues vacances.
EXPÉRIENCE PHOTO LA PLUS ÉTRANGE?
Me faire interdire de photographier par un
garde forestier dans un parc californien. Il était à
environ 20 pieds de moi et de la personne que je
photographiais. Armé d’un mégaphone, il m’a dit de
poser l’appareil photo au sol et de m’éloigner. J’ai
obtempéré, puis il a ajouté qu’il pourrait conisquer
celui-ci, m’inliger une amende de 5 000 $ et me
mettre en prison. Il semble que j’avais un appareil
professionnel et que seuls les appareils amateurs
étaient autorisés. Je pense que c’est mon expérience la
plus étrange.
UNE CHOSE QUE VOUS FAITES SOUVENT?
M’évader pour un week-end.
UNE CHOSE QUE VOUS AURIEZ
FAIT DIFFÉREMMENT?
J’aurais aimé étudier le montage. Façonner des ilms
et des vidéos, c’est un processus intense. J’aime l’idée
de se perdre dans le matériau.
INSTAGRAM?
Qu’est-ce qu’Instagram?
SI VOUS POUVIEZ DÉTENIR UN POUVOIR?
Dormir. Si je pouvais avoir 8 heures de sommeil, je
me sentirais invincible.
CONSEIL POUR LA PHOTO DE VOYAGE?
Prendre des photos mais ne pas oublier d’observer les
environs. Des fois, on est trop occupé à regarder dans
le viseur et on rate tout le reste.
BALANCE ENTRE VIE PERSONNELLE
ET TRAVAIL?
Je travaille autant que possible en une journée,
sachant que je dois aller chercher ma petite-ille à
l’école à 15 h 30 et que je dois ensuite m’arrêter.
CHOSE APPRISE DE FAÇON INATTENDUE?
Degas était aussi photographe.
REPAS FAVORI?
Tout est bon.
VOTRE RÉACTION FACE À LA CRITIQUE?
J’écoute la critique. Elle est parfois utile. Cependant,
lorsqu’on est en plein processus créatif, comment les
gens peuvent-ils savoir ce qu’on fait réellement?
CE QUE VOUS LISEZ EN CE MOMENT?
Quand je peux, j’aime lire le journal, principalement
CE QUI VOUS EXCITE LE PLUS EN PHOTO?
Vivre à une époque où celle-ci est accessible à tous.
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CANON EOS 5D MARK III, 105 MM, F/4, 1/4000 S, 800 ISO. © DAVE BROSHA
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IMAGES ET IDÉES
IMAGES ET IDÉES
BIEN CHEZ SOI
PHOTOGRAPHIER LOCAL
PAR DAVE BROSHA
J’aimerais vous parler de la puissance et de la
beauté de photographier « dans sa cour », que ce
soit littéralement derrière votre maison ou dans
une zone qui se trouve tout près. C’est pourtant
bien ironique. Ces dernières années, ma carrière
a pris une tangente qui me mène aussi loin que
possible de ma propre cour arrière.
lumière qui tombe sur une forme géométrique. La
poésie d’une couleur, d’une ligne, d’une texture.
L’expression des gens qu’on aime. La rosée sur une
toile d’araignée. Le simple bonheur de presser sur le
déclencheur et de voir les résultats. C’est souvent plus
tard qu’on tourne son regard au-delà des frontières
de notre ville, de notre région ou de notre pays.
Je vis et travaille comme photographe de voyage,
et j’éprouve une immense satisfaction à voir et à
expérimenter les beautés de notre planète. Le monde
a tant à offrir : les images, les sons, les odeurs d’un
petit village en pleine campagne, l’excitation des
éléments qui se déchaînent sur une mer éloignée.
Mais plus que tout, j’aime rencontrer les gens.
Chaque voyage me rappelle que les gens ont plus
de similitudes que de différences. Nous sommes
tous dans le même bateau : la vie est précieuse, tout
comme la planète qui l’abrite. Nous sommes citoyens
du monde et nous voulons tous à peu près la même
chose : rire, ressentir de la joie et être heureux, offrir
la sécurité et le confort à notre famille. J’aime qu’on
me rappelle incessamment ce constat.
Je voyage beaucoup et me considère semi-nomade,
mais en fait je suis un casanier ini. Je passe la
moitié de l’année sur la route, mais l’autre moitié, je
reste à la maison dans cette superbe campagne de
l’Île-du-Prince-Édouard. J’y passe des jours tranquilles
avec ma magniique famille et mon chien, parfois
énervant mais toujours loyal. Notre routine inclut des
allers-retours pour les cours de karaté, de musique et
de danse, des travaux sur le terrain, des réparations,
un peu de guitare et de nombreux emails. La vie
ordinaire dans toute sa monotonie. J’adore ça.
Habituellement quand je reviens de voyage, la dernière
chose à laquelle je pense pendant plusieurs jours est
mon appareil photo. Il demeure dans mon sac pendant
des semaines. Ces voyages m’épuisent physiquement,
même s’ils m’inspirent et me rajeunissent mentalement.
Je ne force jamais la photographie. Je crois qu’elle
doit survenir naturellement lorsque mes états créatif,
mental et physique sont bien alignés. Mais chaque
fois que je me retrouve seul chez moi, je suis le même
cheminement : plus je reste à la maison à observer ce
qui se trouve autour de moi, plus je suis inspiré et plus
je suis motivé à sortir mon appareil de son sac pour
aller photographier quelque chose qui, sur le moment,
me semble incroyablement intéressant.
Est-ce possible alors d’apprécier ce qui est « local »
autant que le voyage et les grandeurs de ce monde?
Pouvons-nous dénicher des histoires percutantes et
autant de beauté dans notre propre cour arrière tout
en réduisant notre empreinte carbone, nos dépenses
et le temps alloué à voyager? Je suis convaincu que
la passion pour la photographie est plus souvent
qu’autrement reliée au « chez-soi ». Laissez-moi vous
expliquer pourquoi.
Souvenez-vous du moment où vous avez découvert
les joies de la photographie, le plaisir de créer des
images. Les histoires sont différentes pour chacun,
bien sûr, mais je dirais que la plupart des gens ne
songent pas à aller photographier un léopard des
neiges dans l’Himalaya comme le personnage de
Sean Penn dans La vie secrète de Walter Mitty. Au
moment de capter la lumière sur ilm ou sur capteur
numérique pour la première fois, on est généralement
emballé par la découverte et simplement heureux
d’observer ce qui se trouve autour de nous. La
Chez moi, l’inspiration me vient de différentes façons.
Souvent, elle survient simplement après une balade
sur mon terrain à garder l’oeil ouvert, même si
c’est un paysage que je connais par coeur. D’autres
fois, elle surgit des éléments qui transforment cet
environnement que je connais intimement : le
premier jour brumeux de l’automne, une chute de
neige particulièrement dense, un arc-en-ciel, un
coucher de soleil incroyable. La magie dans le banal.
Suite en page 22
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CANON EOS 5D MARK III, 31 MM, F/2, 1/2000 S, 1250 ISO. © DAVE BROSHA
CANON EOS 5D MARK III, 35 MM, F/2,8, 1/1250 S, 1000 ISO. © DAVE BROSHA
CANON EOS 5D MARK IV, 24 MM, F/4,5, 1/1250 S, 1250 ISO. © DAVE BROSHA
CANON EOS 5D MARK III, 35 MM, F/3,5, 1/500 S, 800 ISO. © DAVE BROSHA
IMAGES ET IDÉES
POURQUOI
PHOTOGRAPHIER
LOCAL EST
IMPORTANT
POUR VOUS?
Est-ce possible alors d’apprécier ce
qui est « local » autant que le voyage
et les grandeurs de ce monde?
Pouvons-nous dénicher des histoires
percutantes et autant de beauté dans
notre propre cour arrière tout en
réduisant notre empreinte carbone,
nos dépenses et le temps alloué
à voyager?
5 photographes, 5 réponses
ASHLEY SOEDER
PHOTOGRAPHE DE FAMILLE,
SASKATCHEWAN
« Photographier chez les gens, dans les quartiers
ou dans les communautés me permet d’inclure des
petits détails de la vie quotidienne dans mes images.
De capturer ce que je considère comme important
aujourd’hui, ou ce que je n’apprécie pas encore
pleinement mais qui me manquera une fois que je
ne l’aurai plus. Notre environnement est comme un
morceau de casse-tête qui permet de raconter notre
histoire, qui nous sommes et d’où nous venons.
On peut observer sa cour arrière pendant des jours,
des mois, des années, c’est inini. Elle change sans
arrêt, tout en demeurant la même. Ce qui semble
anodin une journée peut devenir spectaculaire
le lendemain, transformé par les conditions
environnementales ou tout simplement par notre
état d’esprit.
C’est parfois un déi de photographier le même
endroit encore et encore, de chercher des points
de vue différents, de dénicher des détails passés
inaperçus auparavant et de trouver la beauté à travers
ce qui semble banal. Mais c’est ce qui m’a rendue
meilleure photographe, ce qui m’a aidée à ralentir et
à voir ma vie autrement. C’est ce qui m’a fait lâcher
prise, arrêter de chercher à atteindre la perfection, et
simplement trouver la beauté dans le présent. »
Photographier local veut simplement dire utiliser ce
qui est disponible dans son environnement immédiat,
peu importe où l’on vit et où l’on est. C’est une
ouverture qui incite à s’inspirer de ce qui se trouve
devant nos yeux plutôt que d’avoir le sentiment
qu’on doit partir à sa recherche.
ERIN FALKENHAM
PHOTOGRAPHE DE FAMILLE,
NOUVELLE-ÉCOSSE
Des photographes extrêmement talentueux utilisent
cette approche. Brooke Shaden fait de superbes
images conceptuelles en utilisant des accessoires
et des arrière-plans créatifs qu’elle déniche dans sa
maison. Sally Mann a créé un corpus de travail à la
fois magniique et controversé en photographiant ses
enfants sur son terrain. Le légendaire photographe de
paysage Freeman Patterson a trouvé la beauté dans
les lieux qu’il chérissait, comme son propre jardin.
Erin Falkenham (p. 25) crée de superbes images en
s’inspirant de ses proches. Tous ces photographes de
talent ont bien sûr voyagé au cours de leur vie, mais
c’est leur environnement immédiat qui a contribué à
les déinir comme artistes.
« C’est une véritable chance de pouvoir capter nos
vies en images aussi facilement. Je collectionne les
vieilles photos de famille depuis plusieurs années et
l’expérience a été totalement différente de chaque
côté de la famille. Une partie de celle-ci avait les
moyens de faire faire des portraits et les avait apportés
en immigrant au Canada. L’autre partie n’avait pas
ce privilège et les images que j’ai pu trouver avaient
encore plus de valeur à mes yeux. Cette expérience et
les sentiments qu’elle a suscités lorsque je regardais
les images m’a démontré à quel point il était important
que je photographie ma propre vie familiale. Le temps
est un voleur. Mon monde change constamment et en
un clin d’oeil, alors j’essaie de le documenter le mieux
possible. Je crois que tous les chapitres de notre vie
recèlent de la beauté, et c’est une bénédiction d’avoir
la possibilité de les regarder plus tard. »
Photographier dans ma cour arrière m’a fait vivre
des moments inoubliables. Il y a une joie poétique
à capturer une chose que l’on voit tous les jours au
faîte de sa splendeur. Cette pratique m’a révélé ce qui
est le plus précieux dans mon travail artistique.
Suite en page 26
22
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CANON EOS 5D MARK III, 35 MM, F/2,2, 1/3200 S, 640 ISO. © ERIN FALKENHAM
CANON EOS 5D MARK III, 35 MM, F/2, 1/2000 S, 100 ISO. © ASHLEY SOEDER
IMAGES ET IDÉES
IMAGES ET IDÉES
ERIN LA PLACE
PHOTOGRAPHE RURALE, ALBERTA
Pour moi, c’est une responsabilité
de documenter le passé et le présent
avant que tout soit oublié par les
générations futures.
PENTAX K-3, OBJECTIF MAISON, 1/200 S, 100 ISO. © GUY LANGEVIN
« Je ne suis pas une photographe professionnelle. Je suis une
inirmière qui se passionne pour la photographie et le paysage des
Prairies. Honnêtement, cette passion s’est développée au il des
années alors que j’empruntais des petites routes pour me libérer
du stress du travail, de la ville et des foules, comme une sorte de
thérapie. Mon coeur se tourne sans cesse vers les Prairies et c’était
tout naturel pour moi d’y retourner, caméra à la main, pour calmer
mes sens et restaurer mon esprit.
GUY LANGEVIN
PHOTOGRAPHE DE RUE, QUÉBEC
« Pour moi c’est venu assez naturellement. Quand midi
sonne, je sors à l’extérieur pour m’oxygéner pendant
une heure. La plupart du temps, j’ai mon appareil photo
autour du cou et je prends spontanément des images.
Pendant ce répit quotidien, je me sens toujours un
peu comme le propriétaire de la tabagie dans le ilm
Smoke de Wayne Wang et Paul Auster. À chaque jour,
à la même heure et au même coin de rue, il déplie son
trépied, installe son appareil et prend une photo. Son
ami, à qui il montre sa collection de plus de 4000 images
s’exclame “ce sont toutes les mêmes!”. Le photographe
lui explique alors que s’il ne ralenti pas, il ne verra jamais
rien. Pour lui, c’est son “grand œuvre”, son moyen de
préserver la mémoire du quartier. L’ami prend alors le
temps d’étudier chaque image et constate que, si le
décor est le même, les acteurs, eux, sont différents. Il y
reconnaîtra même des habitués du quartier, dont son
épouse décédée quelques années auparavant.
Après une longue journée de travail, je sors de la ville, que ce soit
avec une destination en tête ou sans but précis, simplement guidée
par mes sens, par la lumière, l’odeur de la pluie ou le son des
oiseaux. Parfois c’est grandiose, comme un orage d’été qui menace
un champ de canola en leurs. D’autres fois, ce sont de simples
détails qui attirent mon attention. Durant ces quêtes, je perds la
notion du temps et je plonge complètement dans ma créativité. À
la in du périple, je suis épuisée mais mon esprit est libéré et je me
sens prête à faire face à nouveau au monde réel.
Ce qui était d’abord thérapeutique est devenu une passion et
ensuite un rêve : celui de devenir photographe des Prairies.
C’est un environnement qui ne se révèle pas facilement, il est
moins spectaculaire que les montagnes, on doit ralentir et porter
attention aux nuances. Je cherche maintenant à capturer les
différentes humeurs des Prairies, à montrer qu’elles ne sont pas
“plates”, qu’elles sont tout aussi magniiques que les Rocheuses.
Et tandis que la ville continue d’avancer sur les champs et que les
grosses corporations prennent le dessus sur les fermes familiales,
le paysage des Prairies change rapidement. Pour moi, c’est une
responsabilité de documenter le passé et le présent avant que tout
soit oublié par les générations futures. »
MICHAEL GALLANT
PHOTOGRAPHE DE PAYSAGE NOIR ET BLANC,
ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD
« Je suis né et j’ai grandi sur l’Île-du-Prince-Édouard. Comme je suis
un fan de la route, j’ai eu l’occasion de voir l’île sous toutes sortes de
conditions différentes, de la banquette arrière de la voiture de mon
père, jusqu’au siège du conducteur de ma propre voiture.
Cette île est un endroit magniique, même durant les périodes
moins populaires auprès des vacanciers. J’aime photographier ces
saisons et ces météos différentes. En choisissant le noir et blanc,
je peux montrer la puissance brute et la beauté de cette île. En
retirant la couleur de l’image, j’ai l’impression de lui donner un
certain anonymat qui aide l’observateur à connecter avec son
propre chez-soi et la beauté qui l’entoure.
Mes sorties photo sont loin de s’inscrire dans une
démarche de cette ampleur, mais j’ai cette collection
d’images d’individus qui déambulent dans les rues de ma
ville. Des gens que je ne connais pas, qui ont chacun leur
histoire avec leurs joies et leurs peines, et que j’ai igés à
un moment précis, gravé dans le temps.
En tirant avantage des humeurs variées de l’île, je ne pourrai
jamais m’ennuyer. Je crois qu’à tous les jours on peut prendre une
nouvelle photo du même endroit. J’ai beaucoup de travail à faire
sur mon île. »
24
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NIKON D610, 200 MM, F/7,1, 1/800 S, 320 ISO. © MICHAEL GALLANT
© ERIN LA PLACE
IMAGES ET IDÉES
CANON EOS 5D MARK IV, 85 MM, F/3,5, 1/1000 S, 400 ISO. © DAVE BROSHA
IMAGES ET IDÉES
Les photos de mes enfants dans ma maison, dans ma cour et au coeur du traintrain quotidien seront certainement parmi les plus fortes que je réaliserai jamais.
Une image d’une immense dune de Namibie frappée
par un rayon de soleil doré me donne un sentiment
d’accomplissement temporaire dans ma carrière.
Mais une image de mon chien, Fergus, qui se tient
en parfait contre-jour dans le champ derrière ma
maison et me regarde comme si j’étais complètement
fou, sera nettement plus importante à long terme.
Les photos de mes enfants dans ma maison, dans
ma cour et au coeur du train-train quotidien seront
certainement parmi les plus fortes que je réaliserai
jamais. Ce sont les images les plus honnêtes, les
plus senties et déinitivement les plus signiicatives
pour moi. J’ai pris certaines de mes photos d’étoiles
les plus créatives derrière chez moi. Elles viennent
d’une idée et d’une connaissance approfondie de
mon environnement immédiat et des conditions
qui permettent de faire germer cette idée. C’est un
avantage pratiquement impossible à reproduire
lorsqu’on est en voyage.
Alors si vous êtes jaloux de ceux qui partent vers
des lieux exotiques pour photographier des scènes
dignes du National Geographic, rappelez-vous que,
d’un point de vue artistique, ce n’est pas le lieu qui
fait les meilleures images. Elles sont faites de vision,
de créativité et de regards attentifs qui scrutent les
environs. On entend souvent que le meilleur appareil
photo est celui que l’on a sur soi. Je crois que le
meilleur endroit pour photographier est celui où
l’on se trouve. Des images puissantes peuvent naître
des lieux les plus banals, il n’en tient qu’à vous de
découvrir cette beauté. Qui sait, c’est peut-être la
petite poussée dont vous aviez besoin pour faire un
bond de géant! 26
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© MICHAEL ERNEST SWEET
© MICHAEL ERNEST SWEET
© MICHAEL ERNEST SWEET
© MICHAEL ERNEST SWEET
IMAGES ET IDÉES
IMAGES ET IDÉES
NOUVELLE GÉNÉRATION
LA RENAISSANCE DE LA PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
PAR MICHAEL ERNEST SWEET
largement état. Bien qu’ils soient assez discrets sur les
chiffres, Instax (propriété de Fujiilm), qui fabrique
également des ilms instantanés, a partagé des données
plus précises. En 2004 par exemple, on a écoulé
100 000 appareils photo instantanés et en 2016 ce
nombre est passé à plus de cinq millions.
Tout comme le quartz a révolutionné l’horlogerie,
l’arrivée du numérique en photographie a fait
plusieurs victimes, dont Polaroid. Bon, pas tout
à fait, mais j’y reviens dans une minute. Ce
n’est pas étonnant que Polaroid ait connu un
succès fou en lançant le ilm intégral au début
des années 70; il était simple, instantané et
amusant, contrairement au 35 mm. Cependant,
tout le monde ne s’en est pas entiché au point
de délaisser le 35 mm. « La qualité était vraiment
mauvaise et les couleurs pâlissaient très vite,
mais c’était un appareil franchement sympa », se
rappelle un photographe de ma famille.
On est en droit de se demander pourquoi.
Qu’est-ce qui explique cet engouement soudain
pour la photographie instantanée, une forme de
photographie plutôt désuète, d’une qualité discutable
et même pas vraiment instantanée? Cette subite
recrudescence relève plutôt du mystère à certains
égards. Le phénomène s’explique en partie par la
nostalgie qui habite les photographes issus d’une
autre génération. Bien qu’il y ait de moins en
moins d’appareils instantanés ou argentiques sur le
marché, les passionnés du genre n’ont pas renoncé. Et je parie que si j’offrais un Polaroid à notre
photographe de famille, elle esquisserait un grand
sourire malgré ce qu’on vient d’en dire. Ajoutons
à cela une toute nouvelle génération de photographes qui ont grandi dans un monde entièrement
numérique et vous comprendrez l’attrait qu’exerce
la photographie numérique sur les milléniaux et la
génération Z. On aime généralement soit ce qui est
ancien, soit ce qui est moderne. Instax et Polaroid Originals l’ont très bien compris en offrant de
nouveaux appareils et ilms instantanés qui comblent
simultanément ces deux désirs. Même les plus jeunes
utilisateurs, qui sont en fait la majorité, souhaitent s’imprégner d’une nostalgie qu’ils n’ont jamais
connue. Une série télévisée comme Stranger Things,
qui intègre judicieusement à son intrigue d’anciennes
technologies comme les appareils Polaroid et les
consoles Atari, suscite un vif enthousiasme chez les
jeunes consommateurs. Eh oui, même Atari envisage
un retour avec l’Atari VSC! Le rétro est au goût du
jour. À quand un remake de Vivre à trois?
Avant l’arrivée du ilm intégral de Polaroid, la
photographie était plus complexe. On devait acheter
le ilm (et souvent des piles tandis qu’elles étaient
incluses avec Polaroid), l’installer (beaucoup plus
simple chez Polaroid), photographier sans être
certain de ce qu’on avait capturé, faire un saut au
laboratoire photo, attendre, et inalement y retourner
pour voir si nos clichés étaient bons ou pas. Si vous
êtes comme mes parents dans les années 70 et 80, ça
prenait une éternité avant que ces ilms ne se fassent
développer et, du coup, on ne se souvenait même
plus de ce qu’il y avait dessus quand on les recevait.
Et si vous aviez effectivement loupé quelque chose,
le 75e anniversaire de grand-mère était loin derrière
et vous ne pouviez plus reprendre la photo. C’était
l’époque de la photographie argentique amateur. Et
c’est là que Polaroid entre en scène.
Polaroid a tout changé. En commençant avec l’iconique
One Step sorti en 1977. Il sufisait de le saisir, de viser,
et d’appuyer sur le légendaire bouton rouge. Puis,
en quelques minutes, on tenait une photo entre les
mains. C’était tout sauf instantané me direz-vous, mais
pour l’époque, c’était vraiment de la photographie
instantanée. Avec la photographie numérique moderne,
particulièrement depuis l’avènement de l’iPhone en
2007, on s’attendait à ce que tout ceci disparaisse et ce
fut presque le cas puisque la compagnie a fait faillite
en 2008. Mais Florian Kaps, cet excentrique artiste et
homme d’affaires autrichien, a acquis les installations
matérielles et a su ramener Polaroid à l’avant-scène,
moyennant plusieurs efforts. Aujourd’hui, Polaroid
Originals, qui s’appelait auparavant The Impossible
Project, tire plutôt bien son épingle du jeu avec
des ventes en « croissance régulière » dont on fait
Edwin Land, le fondateur de Polaroid, a introduit la
photographie instantanée en lançant le ilm intégral
en 1972. La même année, il a commercialisé son
emblématique Polaroid SX-70. La rumeur dit que Land
a dépensé plus d’un milliard de dollars en recherche
et développement pour sa mise en marché. Non
seulement n’a-t-on encore jamais vu un tel montant
alloué à un appareil photo, mais imaginez le tollé
que ça aurait créé à l’époque. Polaroid a même eu
29
© EMMANUELLE CHAMPAGNE
IMAGES ET IDÉES
recours au photographe Ansel Adams, reconnu pour
sa maîtrise technique, ain de peauiner la conception
de l’appareil. Il va sans dire que le succès connu par
le SX-70 et par le iPhone en 2007 est comparable et
qu’il n’est pas étonnant que leurs destinées se soient
ensuite croisées de manière si cruciale, lorsque le
iPhone s’est accaparé le marché de la photographie
instantanée. Le SX-70 était un appareil bien pensé qui
permettait aux amateurs et aux connaisseurs de faire
des photographies d’une bonne composition et de
jouir du résultat en quelques minutes. Du jamais vu!
Personne ne pouvait résister à l’attrait de tenir dans
ses mains une photo de l’anniversaire de grand-mère,
pendant l’anniversaire de grand-mère. Et c’est ce qui a
propulsé Polaroid. À son apogée, la société employait
plus de 21 000 personnes et engrangeait des proits de
plus de 3 milliards de dollars par an.
Wikipédia souligne aussi qu’on l’employait souvent sur
les plateaux de tournage pour éviter les faux raccords.
On a tous en tête une scène ou deux d’anciennes
séries télé ou l’équipe du réalisateur, clairement
épuisée, a manifestement improvisé. Pensez à M.
Roper dans Vivre à trois lorsqu’il quitte l’appartement,
arborant une certaine cravate à l’intérieur et une autre,
différente, après avoir franchi la porte. Ainsi va la
vie! Mentionnons pour inir l’insolite cinéaste John
Waters qui, depuis des décennies, photographie les
personnes qui visitent sa maison avec un Polaroid et
ajoute souvent du texte aux photos ain d’imager son
excentrique journal visuel.
Mais revenons au présent engouement pour la
photographie instantanée. L’utilise-t-on encore sur
les plateaux de tournage? Dans les scènes de crime
ou les enquêtes sur les incendies? Eh bien, pour
avoir visionné les neuf saisons de CSI New York, je
suis plutôt convaincu que Mac Taylor n’a pas touché
à un Polaroid depuis des années. Non, les férus
de photographie instantanée ne désirent pas une
technologie innovatrice, ni même particulièrement
utile. J’oserais dire qu’ils recherchent le charme
physique, un peu imparfait et différent d’une image
unique qui puisse raviver leur lamme pour la
photographie. De nos jours, de plus en plus de gens
possèdent un iPhone et, parallèlement, l’utilisent
pour photographier. Dès lors, comment fait-on pour
se distinguer? L’appareil photo instantané, considéré
comme plus « spécialisé » dans les dernières
décennies, semble un choix tout indiqué. Il faut
être sérieusement passionné pour débourser entre
1,25 $ (Instax) et 3,00 $ (Polaroid Originals) pour une
Son usage ne se résumait cependant pas qu’aux
réunions de famille; pensons aux photos de
cartes d’assurance-maladie et de passeports, à la
documentation de scènes de crime ou d’accident, et
même aux échographies! De nombreux photographes
professionnels y avaient recours pour vériier
l’éclairage en studio, dont Andy Warhol, qui init par
l’adopter pour ses propres caractéristiques et, bien
sûr, pour son appartenance à la culture populaire. Il
a ensuite réalisé des milliers de Polaroids, désormais
célèbres. Nommons aussi Helmut Newton, légendaire photographe de mode, qui maniait le Polaroid
à la fois pour contrôler l’éclairage et pour prendre
des clichés. À la maison, on l’utilisait pour réaliser
des photographies plus « intimes », de celles qu’on
n’envoyait pas nécessairement au laboratoire photo...
30
IMAGES ET IDÉES
© GUY LANGEVIN
© EMMANUELLE CHAMPAGNE
© VALÉRIE RACINE
seule image. Néanmoins, les amateurs ne cherchent
pas seulement à être vus avec un Polaroid; certains
chérissent aussi son esthétique particulière. On ne
se méprend pas avec la signature graphique de la
photographie instantanée.
se produit lorsqu’on assiste à la transformation
de l’émulsion en un artefact tangible et physique.
Cependant, les enjeux sont aussi plus élevés : en
cas de faux pas vous devez quand même débourser.
Mais ne vous inquiétez pas, les imperfections de
l’instantané sont plus que normales : elles sont
même recherchées par de nombreux adeptes.
Alors, en quoi la photographie instantanée estelle si singulière? Qu’offre-t-elle de si spécial qui
proite à Fujiilm et à Polaroid Originals? En un
mot : la magie. De par les téléphones intelligents ou
autres technologies, la photographie numérique est
maintenant omniprésente dans nos communications.
Il y a belle lurette qu’on ne la considère plus comme
un loisir. Par contre, magasiner un appareil photo
et penser soigneusement au sujet et la composition
d’une image en sachant qu’elle nous délestera de
quelques dollars durement gagnés peut certainement
être qualiié de passe-temps. Ajoutons-y l’insatiable
La différence visuelle entre la photographie
instantanée, qui est de type argentique, et la
photographie numérique est perceptible. L’image est
plus douce, plus « rêveuse », comme la déinisse les
fans du genre. Que le rêve se déploie visuellement
ou qu’il n’existe que dans l’esprit du photographe
importe peu. En réalité, lorsqu’il prend des photos
avec un appareil instantané, le photographe ressent
un je-ne-sais-quoi de plus envoûtant, émotif et
viscéral qu’avec un iPhone. La photographie
instantanée offre une expérience utilisateur distincte
qui, en plus de se traduire dans le résultat, se relète
dans le processus. Quelque chose de particulier
31
IMAGES ET IDÉES
incontestés de la photographie instantanée est sans
nul doute cette bordure, qui fait aussi ofice de
passe-partout. Vraiment cool, non? Que vous y laissiez
votre griffe ou une phrase plus recherchée, cet espace
est la page blanche d’une histoire non racontée.
Voilà une autre de ses particularités qui conirme son
incontestable pérennité.
© EMMANUELLE CHAMPAGNE
Prêts à embarquer? Que vous ayez l’âge de ma mère
pour qui l’expérience de la photographie instantanée
remonte à 1982 ou bien celui de mon neveu qui
n’y a jamais touché, pas de souci, la photographie
instantanée est là pour vous! Il y a quelques années,
il fallait se limiter à l’Instax Mini de Fujiilm, dont
l’image de la taille d’une carte de crédit était plutôt
décevante, ou au rudimentaire ilm de la première
génération de l’Impossible Project, ce dont vous
vous seriez sans doute lassés rapidement. Mais en
2019 les options sont beaucoup plus nombreuses et
nettement améliorées. En voici quelques-unes qui
m’apparaissent particulièrement intéressantes et qui
sont idèles à l’esprit d’origine de la photographie
instantanée. Polaroid Originals a beaucoup évolué
depuis les premiers balbutiements de l’Impossible
Project. La renaissance de Polaroid fut un immense
déi et si vous êtes intéressés à en savoir plus, je
vous recommande le documentaire Time Zero. La
plus récente génération de ilm intégral fabriquée par
Polaroid Originals s’approche beaucoup de celle qui
a jadis fait sa renommée. Qui plus est, la compagnie
soif de nostalgie des consommateurs et on obtient
une recette qui fait saliver tout actionnaire d’une
compagnie d’appareils photo instantanés.
En plus de tenir sur un support physique, chose plutôt
rare à l’ère du numérique, la photographie instantanée
est aussi célèbre pour sa large bordure blanche
destinée à l’usage du crayon-feutre. Pas de feutre à
portée de main? À l’instar de nombreux photographes,
laissez libre cours à votre pensée grâce à l’étiqueteur
Dymo. Eh oui, il est aussi de retour! Un des charmes
CONSEILS POUR
LA PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE
• Ne vous limitez pas aux personnes. Photographier
• Apprenez des maîtres du genre, en particulier de ceux
d’autres sujets peut s’avérer dificile, mais consultez
le travail d’André Kertész et voyez les merveilles qu’il
a réalisées avec un SX-70 à partir de la fenêtre de
son salon.
qui ont fait progresser le médium : David Hockney,
Nobuyoshi Araki, Dash Snow, Andy Warhol, André
Kertész et Helmut Newton.
• Ne réléchissez pas trop! La photographie instantanée
est, de par sa nature même, fantaisiste. Trouvez un
équilibre entre la prudence (le prix du ilm) et l’envie
de photographier librement.
• Glissez vos images dans un grand cadre. Il y a quelque
chose de spécial à observer un Polaroid relativement
petit dans un immense cadre massif et mat. Vous tenez
un objet physique, encadrez-le!
• Conservez et réjouissez-vous des erreurs. Ne jetez
aucune image. Les faux pas en photographie
instantanée sont essentiels à la magie.
• Adoptez le lash. Le ilm intégral n’aime pas la faible
luminosité. Alors intégrez le lash à l’esthétique de vos
photos instantanées.
• Explorez l’élan humain et soyez candides. La
photographie instantanée est idéale pour les fêtes et la
vie nocturne. Rencontrez des gens et photographiez.
32
IMAGES ET IDÉES
a aussi lancé une réplique de l’emblématique One
Step. Vous cherchez à reproduire les anciens Polaroid
de grand-mère? Optez pour le One Step et le ilm
intégral Polaroid Originals. C’est dispendieux, mais
toute cure de jouvence a un prix.
carrée et légèrement plus petite que celle du Polaroid
traditionnel. Tous ces ilms sont offerts en couleur et
en monochrome. Parmi les autres gadgets destinés
aux amateurs de photographie instantanée, ajoutons
que certaines compagnies comme Lomography
fabriquent des appareils photo conçus pour les ilms
Instax. Fujiilm et Polaroid proposent également des
« imprimantes » pour leurs ilms qui vous permettent
d’imprimer directement à partir de votre téléphone
intelligent les photos que vous jugez dignes de l’être.
Ce n’est ni vraiment de la photographie numérique,
ni vraiment de l’argentique, et ces imprimantes sont
souvent perçues comme une forme de triche par
les puristes des deux camps. J’ai personnellement
préféré l’Instax Wide de Fujiilm et le One Step de
Polaroid Originals.
Si vous êtes tentés par l’instantané, mais que le
format traditionnel de 3 x 3 po rendu célèbre par
Polaroid ne vous convient pas, choisissez l’Instax de
Fujiilm. Il se décline en trois formats : Mini, Wide
et Square. Le Wide est l’un des favoris du légendaire
photographe Robert Frank, qui habite maintenant
la Nouvelle-Écosse. La taille des images du Mini
est vraiment petite (format carte d’affaires), alors
que les dimensions du Wide et du Square sont plus
respectables. Même s’ils s’inscrivent dans la grande
lignée de la photographie instantanée, ni l’un ni
l’autre ne reproduit exactement le format 3 x 3 car
Polaroid semble avoir mainmise sur celui-ci. La taille
du Wide s’apparente à celle de l’ancien Spectra de
Polaroid tandis que celle du Square est simplement
Malgré l’engouement et les bénéices qu’elle
engendre, la photographie instantanée n’est pas
qu’une partie de plaisir. Photographier avec du
ilm intégral, peu importe la compagnie d’où il
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© JENNY MONTGOMERY
IMAGES ET IDÉES
provient, peut rapidement s’avérer très dispendieux.
Tout comme avec les imprimantes à jet d’encre, ne
vous laissez pas berner par le prix initial de l’appareil
photo. Sans ilm, les appareils photo instantanés ne
sont que de jolis bibelots. Et n’oubliez pas que vos
images seront au mieux imparfaites, au pire carrément
inutilisables. Si vous pensiez que le parallaxe était
simplement une autre de marque de laxatif, vous
découvrirez vite le contraire. Bien sûr le SX-70 est
un relex, mais il utilise aussi le ilm le plus coûteux
(qui nécessite une batterie intégrée au boîtier) et
représente un grand pari en soi puisqu’il sera acheté
d’occasion et que ces appareils frôlent les 50 ans. Pour
ce qui est de l’aspect environnemental, comme pour
toute photographie argentique, il faut tenir compte
de la quantité impressionnante de produits chimiques
nécessaires au fonctionnement de cette ancienne
technologie. En effet, fabriquer un ilm intégral en
conformité avec la règlementation environnementale
en vigueur a été une des grandes dificultés rencontrée
par l’équipe de l’Impossible Project. Finalement,
les photos semblent se conserver assez bien avec,
à priori, une légère longueur d’avance pour le ilm
d’Instax qui paraît plus stable. Gardez cependant à
l’esprit que ces ilms sont nouveaux sur le marché et
qu’ils n’ont pas passé le test du temps. Est-ce que vos
photographies à 3 $ pièce tomberont un jour dans
l’oubli? Très probablement.
Alors, jusqu’où nous conduira cet engouement pour la
photographie instantanée? Si j’en crois mon intuition,
elle est à son apogée. Est-ce que Fujiilm ou Polaroid
courent à leur perte? Je ne crois pas, mais je doute
que le regain de popularité que connait actuellement
le ilm instantané soit sufisant pour propulser sa
notoriété au même niveau que dans les années 70
et 80. Que ça nous plaise ou non, les choses ont
changées. La génération Z, nostalgique et curieuse,
lui évitera sûrement de sombrer dans l’oubli mais,
comme avec la montre mécanique, le phénomène
plafonnera forcément un jour ou l’autre. Certes, la
renaissance du tourne-disque, de la machine à écrire
ou de la montre mécanique est bien réelle, mais ça
n’a en rien ralenti les ventes des iWatch, des portables
ou les téléchargements de musique. Honnêtement,
je crois que l’époque où l’on retrouvait un Polaroid
dans chaque foyer est révolue. Ceci dit, cette
nouvelle passion pour le rétro pourrait bien sauver
la photographie instantanée de sa mort annoncée
il y a dix ans à peine. Alors allez-y, découvrez cette
forme de photographie un peu imparfaite, presque
instantanée, mais déinitivement magique! 34
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MODE D’EMPLOI
LE SALON DE JOHANNE
FRATERNITÉ ET CONSOLIDATION DES CONNAISSANCES
PAR GUY LANGEVIN
C’était lors d’une soirée d’automne en 2017. Je
m’étais rendu à une causerie, sur l’invitation
d’un club photo de la région. L’accueil chaleureux
avait rapidement apaisé ma crainte de parler en
public et nous avions passé un agréable moment.
À mon départ, une dame m’avait abordé : « Guy,
quelques amis et moi nous réunissons
régulièrement pour parler photo et il nous arrive
de recevoir un invité pour varier les discussions.
Tu serais libre pour te joindre à nous lors d’une
de ces rencontres? » « Volontiers, répondis-je,
c’est toujours un plaisir de parler photographie
et ce sera une joie d’être parmi vous. »
Les « Salons de Johanne » ont été ainsi baptisés par
Pierre, un des convives, en hommage aux salons
littéraires qui ont connu leur apogée au début du
XXe siècle. À l’instar de ceux-ci, les participants
échangent sur la photographie et s’engagent à éviter
toute forme de rancœur ou de dispute advenant un
désaccord. Aux rires qui fusent de toutes parts, je
doute fort qu’on en vienne aux mains!
La présente réunion souligne le premier anniversaire
du Salon. Les habitués signiient leur reconnaissance
envers Johanne, notre hôtesse, en lui offrant un livre
de la photographe germano-canadienne Angela
Grauerholz. Comme aucun thème n’a été déini, des
discussions animées s’enchaînent sur une foule de
sujets. Chaque intervention est plus passionnante et
passionnée que la précédente et je me sens privilégié
de participer à ce « think tank » digne des joutes
oratoires de l’Antiquité.
Quelques mois plus tard, je reçois un message
électronique ayant comme objet « Salon de Johanne ».
Je remarque qu’en plus de m’être adressé, il compte
quelques autres destinataires. On nous partage la
date et l’endroit de la prochaine rencontre ainsi qu’un
compte rendu du dernier salon. On indique aussi que
le sujet de cette rencontre sera libre puisque c’est la
coutume lorsque la confrérie reçoit un invité (moi, en
l’occurrence). Toutefois, quiconque désire apporter
un livre photo pour le présenter est le bienvenu.
Les heures déilent à vue d’œil et il est déjà temps de
rentrer. Je remercie encore une fois le groupe pour
le fabuleux après-midi passé en leur compagnie et
j’envie secrètement leurs rencontres mensuelles à
venir. La possibilité que l’invitation se répète dans le
futur est évoquée...
Le sérieux de la chose m’est conirmé par la lecture
du compte rendu. Lors de la dernière rencontre, on
avait entre autre discuté du grain en photographie
noir et blanc et élaboré tout un dossier sur le
sujet : le romantisme du grain, son utilisation par
une nouvelle génération de photographes à l’ère du
numérique, l’apport de sa texture dans la richesse
d’une image, les contextes propices à son utilisation
et j’en passe. Le tout agrémenté d’exemples de
publications du début du siècle à nos jours et d’un
survol des maîtres du genre. Très prometteur!
LE PIQUE-NIQUE
Les mois ont passé quand apparaît dans ma boîte
de réception un nouveau courriel. J’esquisse un
sourire à la simple vue du sujet qui trahit son
contenu : « Pique-nique annuel du Salon de Johanne ».
Je suis invité à leur traditionnel pique-nique! Dans
les faits il s’agit du premier, mais on veut déjà en
faire un évènement récurrent. C’est donc par un bel
après-midi d’été que je rejoins mes comparses dans un
magniique domaine de campagne.
LE SALON
Au moment convenu, je me rends chez Johanne, ladite
dame dont provient l’invitation et l’instigatrice de ce
cercle. Ne sachant trop à quoi m’attendre, j’ai avec moi
un livre que j’affectionne particulièrement : The End,
de Michael Dweck. À mon arrivée, les comparses sont
déjà là et les discussions vont bon train. Nous nous
présentons, nous serrons la pince, on me propose un
verre et puis on s’attable.
Aujourd’hui, pas de joute oratoire. On proite de la
nature, on photographie, on mange, on boit et on
bavarde. Jean-Pierre me conie son attachement pour
le Salon de Johanne. « Tu sais, j’adore mon club photo,
mais le Salon occupe une place particulière dans mon
cœur ». À voir les hochements de têtes, je constate que
c’est un sentiment partagé par le reste du clan.
Suite en page 43
39
PAROLE
AUX MEMBRES
JOHANNE
Jamais je n’aurais imaginé, lorsque j’ai eu la folle idée
de créer un groupe de discussion sur la photographie,
l’envergure que ça allait prendre et tout le plaisir que
j’en retirerais. Avec mes complices, nous vivons des
rencontres nourrissantes et stimulantes en partageant
nos connaissances, nos recherches... et du bon vin!
Je ne peux que me réjouir de ce que nous avons réalisé
jusqu’à maintenant. Des liens d’amitiés se sont créés dans
le respect, le plaisir et la générosité; des partages qui
m’enrichissent et me ravissent. Ce n’est que du bonheur
de côtoyer régulièrement ces idèles compagnons! J’ai
aussi une pensée pour nos invités occasionnels qui savent
éveiller notre curiosité et enrichir notre compréhension du
merveilleux univers de la photographie.
FRANCINE
J’éprouvais le désir d’amener mes échanges et
discussions sur la photographie à un autre niveau.
Le Salon a répondu en tout point à cet appel. Nous
partageons sur nos photographes préférés, sur les
dernières tendances en photographie, les expositions
visitées et les livres consultés en plus de pouvoir proposer
un thème pour les discussions à venir. Lors d’une de ces
rencontres, nous avons eu comme sujet les tendances
en photographie asiatique, ce fut tout un déi! À une
autre occasion, nous nous sommes penchés sur la place
des femmes en photographie. L’expertise de chacun sur
le matériel photographique, le traitement d’image et les
techniques de prise de vue est mise à proit au bénéice
du groupe. Selon moi, le succès du Salon réside dans la
simplicité des échanges dénués de toute compétition et
dans l’atmosphère qui y règne, empreinte de respect pour
les goûts et les opinions de chacun.
PIERRE
Lorsque Johanne m’a proposé de faire partie de son
groupe de discussion sur la photographie, j’ai accepté
avec enthousiasme, y voyant là une occasion unique
d’explorer diverses facettes de cet univers fascinant, en
compagnie de gens intéressants et intelligents aux proils
et intérêts diversiiés.
La profondeur et la richesse des échanges, le sérieux des
recherches, la préparation des membres et des invités
occasionnels me comblent. Le tout se déroule dans la
légèreté, la convivialité, le respect des opinions et une
ambiance chaleureuse.
Mes partenaires m’ont fait découvrir des photographes
extraordinaires, des anecdotes reliées à l’histoire
de la photographie (mon dada), des démarches
photographiques personnelles pointues et exotiques, des
livres photo tous plus intéressants les uns que les autres,
etc. Et ce n’est qu’un début! Je suis ier de faire partie du
Salon de Johanne.
JEAN-YVES
Nous sommes cinq à faire partie de ce Salon, cinq
personnes avec un cheminement, une vision, des goûts
et un rapport différent à cette forme artistique qu’est la
photographie.
Une des plus grandes force de notre groupe est de
concevoir la photographie comme un art et
d’appréhender sa nature subjective. Nous souhaitons,
par nos rencontres, approfondir nos connaissances sur
cette discipline, sur ses acteurs et sur les multiples formes
que peut revêtir sa pratique.
Donc ici, pas de jugement, pas de compétition ni
de méiance. Que le simple bonheur de partager une
passion, de chercher à analyser et à comprendre, au
rythme de chacun et en toute amitié.
Je remercie Johanne pour cette merveilleuse initiative.
Elle a su, selon moi, faire un judicieux choix des membres
et établir un bon mode de fonctionnement. Merci à mes
amis du Salon.
JEAN-PIERRE
D’abord et avant tout, le groupe en est un de franche
camaraderie et d’échange. La préparation des thèmes pour
les réunions suivantes m’incite à faire des recherches, grâce
auxquelles je fais de nouvelles découvertes artistiques et
de nouveaux apprentissages qui ne sont pas uniquement
basés sur l’aspect technique.
Notre démarche est enrichie par le fait que nous
sommes tous passablement différents dans nos
styles, nos modèles d’inspiration et nos orientations
photographiques. Le respect mutuel qui règne au sein
du groupe contribue à la liberté d’expression et
au partage des émotions, ce qui pourrait sembler
inapproprié dans un club photo. On y apprend
énormément sur les différents aspects de la
photographie ainsi que sur nos camarades.
41
NIKON D300S, 155 MM, F/9, 1/250 S, 200 ISO. © PIERRE VÉZINA
NIKON D700, 28 MM, F/9, 1/320 S, 200 ISO. © PIERRE VÉZINA
NIKON D700, 55 MM, F/7,1, 1/250 S, 200 ISO. © PIERRE VÉZINA
NIKON D300, 50 MM, F/22, 1/500 S, 200 ISO. © JEAN-YVES CANTIN
NIKON D300, 50 MM, F/22, 1/400 S, 200 ISO. © JEAN-YVES CANTIN
MODE D’EMPLOI
NIKON D7000, 105 MM, F/9, 1/100 S, 400 ISO. © FRANCINE BIGRAS
OLYMPUS E-P5, 17 MM, F/4,1, 1/20 S, 400 ISO. © JEAN-PIERRE RIFFON
MODE D’EMPLOI
3. STRUCTURER LE FONCTIONNEMENT
DU GROUPE
CRÉER SON SALON
PHOTOGRAPHIQUE
Les participants doivent convenir à l’unanimité d’une
approche à leur image. Lieu et fréquence des réunions selon
les disponibilités, documentation formelle des rencontres
(ordre du jour, compte rendu, thèmes, etc.). Ils ont opté pour
des rendez-vous mensuels chez l’initiatrice du projet et un
secrétaire est nommé pour documenter ceux-ci.
Voici quelques pistes qu’ils nous ont partagées
ain de faciliter le processus à quiconque aimerait
s’inspirer de leur démarche.
4. INVITER DES PARTICIPANTS OCCASIONNELS
ET PLANIFIER DES SORTIES
1. AMORCER LE PROJET
Déinir sommairement l’orientation et les objectifs du
projet (but, approche artistique ou technique, sorties,
etc.). La façon de faire privilégiée par le Salon de Johanne
est de laisser les membres s’exprimer librement sur des
sujets variés liés à la photographie, sans contrainte ni
retenue, ce qui est moins facile dans les réunions des
clubs de photographie.
L’objectif est de nourrir les discussions et d’encourager la
diversité des thèmes et concepts proposés.
5. PRIVILÉGIER DES CONDITIONS GAGNANTES
Pour qu’une rencontre soit fructueuse, les membres
estiment qu’il est nécessaire que les sujets abordés soient
préparés à l’avance, que l’atmosphère soit conviviale,
ni trop structurée ni trop hiérarchique, et qu’il y ait une
participation équitable de chacun.
2. IDENTIFIER ET INVITER LES PARTICIPANTS
La formule du Salon de Johanne : petit groupe restreint
(cinq membres) pour faciliter la logistique des rencontres,
participants à intérêts diversiiés, ambiance chaleureuse
propice à la communication et au partage.
Ils ont adopté une formule qui inclut grignotines et
rafraîchissements, avec la possibilité de partager un repas
sur place à la in de la réunion.
42
La dynamique n’est pas tout à fait la même,
m’explique-t-on. Des rencontres du Salon émane un
sentiment de sécurité, puisqu’on peut y exprimer
son opinion sans crainte. De plus, la fraternité et
la consolidation des connaissances sont favorisées
par la taille réduite du groupe. Et malgré des
pratiques diverses, les participants partagent des
intérêts communs. Être membre d’un club comporte
de nombreux avantages, mais il faut s’assurer de
satisfaire le groupe en entier. À cet effet, on optera
fréquemment, et avec raison, pour une solution
universelle qui accommodera le plus grand nombre.
Ce qui, forcément, mettra les sujets plus « pointus »
sur la voie d’évitement.
aimeraient se joindre à nous. Le dilemme est de
taille : agrandir le cercle ou le garder tel quel au
risque de sembler exclusifs. »
Ils ont plutôt opté pour une troisième
solution : partager leur expérience et inciter les
membres de la communauté photographique à
s’en inspirer. « Après mûres rélexions, nous avons
réalisé que la mission de notre cercle n’est pas de
s’agrandir à tout prix pour inalement ressembler à
un autre club photo. Nous faisons partie de divers
clubs et c’est justement ce qui fait la beauté du
Salon : sa différence. Par contre, après une année,
nous avons le désir de partager nos acquis. Nous
souhaitons dire à nos amis : «Voilà, nous avons tenté
une expérience et elle s’est avérée extrêmement
enrichissante. Il n’est malheureusement pas possible
d’ajouter des individus à notre laboratoire, mais
nous pouvons certainement vous donner les outils
nécessaires pour créer le vôtre et vous faire proiter
de notre cheminement.’’ »
Une formule gagnante ne reste pas secrète bien
longtemps et le groupe commence déjà à en
ressentir les effets : « Nous arrivons à la croisée
des chemins. D’un côté, nous chérissons le fait
que notre organisation soit petite, et de l’autre,
nous sommes conscients que des amis et confrères
43
MODE D’EMPLOI
Notre démarche est enrichie par le fait que nous sommes tous passablement
différents dans nos styles, nos modèles d’inspiration et nos orientations
photographiques.
MODE D’EMPLOI_SUR LE TERRAIN
100 ANS D’OLYMPUS
QUE LA FÊTE COMMENCE!
PAR GUY LANGEVIN
qu’en est-il des chaleurs extrêmes ou d’une utilisation
intense? L’appareil est muni d’un dissipateur de chaleur
et prévient ainsi une mise hors tension forcée ou un
mauvais fonctionnement causé par la surchauffe.
1919. Pendant qu’au Québec on décide de
légaliser la vente de bière et d’alcool, Takeshi
Yamashita, au Japon, fonde l’entreprise qu’on
connaît aujourd’hui sous le nom d’Olympus.
Atteindre l’âge vénérable de 100 ans est une
raison en soi pour célébrer, mais la compagnie
proite aussi de l’occasion pour lancer un
nouveau boîtier.
Le système anti-poussière d’Olympus fait belle
igure depuis des années. Pourtant, celui-ci se trouve
encore amélioré grâce à un nouveau revêtement sur
le iltre à onde supersonique. À ce sujet, Eric Gensel
ajoute : « Vous pouvez être dans un environnement
poussiéreux et changer d’objectif sans crainte. Que ce
soit la poussière extérieure ou celle générée par les
mouvements mécaniques des pièces internes, ce n’est
pas un problème pour nous. »
Je suis à Orlando en Floride, avec des collègues
de la presse photographique nord-américaine.
L’équipe d’Olympus nous y a réunis pour nous
faire la démonstration de leur nouvelle offre. Bien
que le groupe se sente fébrile à l’idée de célébrer
son 100e anniversaire, la source de son excitation
est tout autre : un nouveau boîtier haut de gamme
conçu spécialement pour les professionnels, le
OM-D E-M1X.
Pour Olympus, la iabilité ne se limite pas à une
construction solide. C’est aussi une question de
constance et de taux de réussite à saisir l’image
convoitée. Ainsi, le viseur du M1X est considéré
comme l’élément central de l’appareil. Les
photographes de sport et événementiels le savent :
le moment décisif peut se produire à tout instant et
ne dure rarement plus qu’une fraction de seconde.
Aussitôt que le photographe décolle son œil du
viseur pour modiier un réglage, il risque de rater une
opportunité. Pour pallier ce constat, chaque molette,
levier et bouton a été pensé et conçu ain de pouvoir
être manipulé en gardant l’œil rivé à l’appareil et ainsi
capturer l’image qui fait la différence.
FIABILITÉ
« Ce que les pros recherchent plus que tout, c’est la
iabilité. Dans cette ligne de pensée, nous avons choisi
d’intégrer la poignée au boîtier. Les commandes pour
contrôler l’appareil sont ainsi doublées faisant en
sorte que l’utilisateur puisse le manipuler aussi bien
en mode portrait qu’en mode paysage. Plus important
encore, cette intégration fait en sorte que ce boîtier
en alliage de magnésium est construit comme un
tank, » explique Eric Gensel, le directeur technique de
la marque. Il poursuit : « Pour nous, l’ergonomie est
un élément essentiel. Donc peu importe l’orientation
dans laquelle on utilise le M1X, tout a été mis en
œuvre pour une expérience confortable et intuitive. »
Le but d’Olympus est que le photographe se
préoccupe de l’action à capturer et non de son
appareil. Dans cette optique, le M1X est à l’épreuve
des intempéries, du froid et de la poussière. « Nous
avons la meilleure protection contre les intempéries
qui soit, n’hésitez pas à la mettre à l’épreuve »,
lance Nathan Lloyd, directeur du marketing et des
communications chez le fabricant. « Quand vous
êtes sur le terrain et que la pluie commence, vous
n’aurez pas à courir dans tous les sens comme
d’autres photographes pour installer vos housses. Ce
ne sont pas les averses qui vous feront manquer une
opportunité photo! » Il n’aurait su si bien dire puisque
notre séjour s’est effectivement déroulé sous le signe
de la pluie. Au-delà de la mauvaise température,
44
Grâce à la mise au point avec
suivi du sujet, dynamiser une
photo de course par un lou
ilé devient un jeu d’enfant.
45
OLYMPUS OM-D E-M1X (FIRMWARE DE PRÉPRODUCTION), 150 MM, F/2,8, 1/200 S, ISO 200. © GUY LANGEVIN
MODE D’EMPLOI_SUR LE TERRAIN
OLYMPUS OM-D E-M1X (FIRMWARE DE PRÉPRODUCTION), 90 MM, F/4, 1/160 S, ISO 200. © GUY LANGEVIN
Il pleut? Et puis?
Nous ne sommes pas
faits en chocolat!
OLYMPUS OM-D E-M1X (FIRMWARE DE PRÉPRODUCTION), 7 MM, F/4,5, 1/400 S, ISO 200. © GUY LANGEVIN
Vouloir changer d’objectif
dans un environnement
sablonneux. Pourquoi pas?
46
OLYMPUS OM-D E-M1X (FIRMWARE DE PRÉPRODUCTION), 54 MM, F/4, 1/200 S, ISO 200. © GUY LANGEVIN
MODE D’EMPLOI_SUR LE TERRAIN
MODE D’EMPLOI_SUR LE TERRAIN
le cerveau humain ne peuvent distinguer un délai
d’afichage sous la barre de 0,013 seconde. Nous
avons réussi à le descendre à 0,005 seconde. Il est
donc humainement impossible de percevoir une
différence de délai entre un viseur optique et le
viseur électronique qui équipe cet appareil. »
L’œil et le cerveau humain ne
peuvent distinguer un délai
d’afichage sous la barre de
0,013 seconde. Nous avons réussi
à le descendre à 0,005 seconde. Il
donc est humainement impossible
de percevoir une différence de délai
entre un viseur optique et le viseur
électronique qui équipe cet appareil.
L’ergonomie est une chose, mais la qualité de
ce viseur doit aussi être au rendez-vous. Pour
s’en assurer, on a incorporé quatre lentilles de
verre asphérique pour une visibilité claire et sans
distorsion d’un bord à l’autre. Avec un taux de
rafraîchissement progressif de 120 i/s et un délai
d’afichage de 0,005 seconde, nous sommes en
droit de nous attendre à une performance optimale.
Sur ce point, Nathan Lloyd mentionne : « L’œil et
Cette image a été prise à main
levée en mode haute résolution.
Cette fonction produit un ichier
de 50 Mpx. Ci-haut, une portion
de la photo reproduite à 100 %.
47
OLYMPUS OM-D E-M1X (FIRMWARE DE PRÉPRODUCTION), 12 MM, F/8, 1/320 S, ISO 200. © GUY LANGEVIN
MISE AU POINT ET QUALITÉ D’IMAGE
Olympus qualiie son nouveau système de mise
au point « d’intelligent ». À première vue, il semble
similaire à celui du M1 Mark II : AF à détection
de phase intégré au processeur et utilisant
121 collimateurs en croix. La surprise vient d’ailleurs.
Un nouvel algorithme utilise l’apprentissage profond
pour permettre à l’AF de détecter certains sujets en
mouvement et de les suivre en temps réel, selon
leurs déplacements. Rendue possible par la puissance
d’un nouveau processeur d’image utilisant deux
doubles systèmes quadricœur, cette nouvelle fonction
demande une petite période d’apprentissage, mais
s’avère d’une eficacité redoutable lorsque maîtrisée.
Pour l’instant, elle est exclusive à trois types de
sujets : voitures/motos, avions/hélicoptères et trains.
Puisque l’entreprise est réputée pour ses mises à jour
de l’équipe de R&D, on comprend que la solution
est dans la collaboration des différentes branches
de l’entreprise et va au-delà de la simple évolution
technologique du capteur. Elle implique toutes les
facettes de ce qui compose un appareil photo :
optique, logiciel, etc. « Vous savez, dans certains
domaines comme le médical, on doit développer des
méthodes pour réduire le bruit sur des capteurs aussi
petit que 2 mm, et cette technologie, cette expertise,
c’est Olympus qui la possède », me conie Aki Murata,
le VP aux ventes et au marketing.
Côté qualité d’image, Olympus pousse encore d’un
cran son mode de capture en haute résolution. Il est
désormais possible de l’utiliser à main levée et, avec
cette option, le capteur micro 4/3 produit un ichier
de… 50 Mpx! L’appareil réussit ce tour de force en
combinant une série de 16 images. C’est seulement
possible grâce au système de stabilisation qui équipe
ce boîtier. Ce dernier peut faire gagner jusqu’à
7,5 crans, selon l’objectif utilisé.
FIDÈLE À SES ORIGINES
Changer la philosophie de l’entreprise en grossissant
le boîtier et le capteur pour améliorer la qualité
d’image aurait été synonyme d’emprunter la route
facile. De toute évidence, Olympus opte plutôt pour
celle de l’innovation et se fait un devoir de respecter
le rêve de Yoshihisa Maitani, ingénieur et designer
mythique d’Olympus dans les années 50, 60 et 70 :
garder le boîtier le plus petit possible. Rien que ça,
c’est une raison en soi pour célébrer. Bonne fête
Olympus, tu ne fais pas ton âge!
PHILOSOPHIE
C’est dans l’ADN d’Olympus de miniaturiser
l’équipement. Et si le M1X semble imposant quand
on le compare à un autre appareil équipé d’un
capteur 4/3, c’est en le mettant à côté d’un boîtier
professionnel qu’on saisit bien l’intention de
la marque.
« L’industrie tente de nous convaincre que, pour
faire une bonne image, nous avons besoin d’un
capteur plein cadre. Non seulement ce discours est
ennuyeux, mais il est faux! » lance Nathan Lloyd. Il
enchaîne : « Oui, dans certaines conditions un plein
cadre est essentiel. Mais si, par exemple, le capteur
4/3 est désavantagé dans les situations en très basses
lumières, il se démarque par sa portabilité. »
La question qui brûle les lèvres de tous : est-ce
qu’Olympus envisage de fabriquer un boîtier plein
format? La réponse ne saurait être plus claire : non.
L’entreprise a toutefois la conviction qu’elle atteindra
cette qualité d’ici peu. Comment? Plus dificile à
savoir. Mais en cuisinant tour à tour les ingénieurs
© GUY LANGEVIN
MODE D’EMPLOI_SUR LE TERRAIN
irmware améliorant les fonctions de leurs appareils,
j’ai demandé au directeur du développement
microgiciel, Katsuhisa Kawaguchi, s’il était prévu
d’ajouter des types de sujets, par exemple des
oiseaux en vol, grâce à d’éventuelles mises à jour.
Sans avoir reçu un « oui » catégorique, on m’a assuré
de leur engagement à faire évoluer cette fonction.
FAITS SAILLANTS
• Poignée verticale intégrée au boîtier
• Fonction pour contrer les vacillements de la
lumière artiicielle
• Système de réduction de la poussière amélioré
• Espace pour cartes double et compatible UHS-II
• Intégration d’un dissipateur de chaleur
• Stabilisation d’image pouvant faire gagner
• Incorpore deux piles qui peuvent être chargées par
jusqu’à 7.5 crans
le port USB de l’appareil
• Prise de vue haute résolution (50 Mpx) à main levée
• Possibilité de personnaliser le menu selon
ses préférences
• Filtre ND numérique pour simuler une pose lente
et prévisualisation de l’effet
• Ajout d’un multisélecteur (joystick)
• Prix suggéré : 3 800 $ CA
• AF avec suivi du sujet
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TRIBUNE
PASSEZ AU
SALON
PRENEZ PLACE ET JOIGNEZ-VOUS À LA DISCUSSION!
QUELS OBJECTIFS PHOTOGRAPHIQUES
VOUS ÊTES-VOUS FIXÉS POUR 2019?
Publier mon livre de portraits sur les
personnalités masculines inspirantes au
Québec (j’ai signé le contrat cette semaine,
YOUPPII!!!!!!)
KARYNE PLOUFFE
Repérage pour des voyages photo au
Mexique (Yucatan et Mexico DF) ainsi qu’à
Cuba dans les villes d’origine française.
Voyage de deux mois, en février et mars.
GINETTE AINEY
Finir les rénos et avoir mon studio, un D750 et
plein de contrats :D
MONIKA BOURGEOIS
Pratiquer davantage la simplicité et le
minimalisme.
LOUISE DANDENEAU
Je vais commencer par essayer de soulever
l’appareil et essayer de trouver une façon
simple d’adapter mes séances photo avec
mes limitations physiques, c’est pas évident
quand déjà, t’as de la dificulté à endurer
juste le poids du bras…
ULRIC GARRIGUET
Avoir ma pièce studio à la maison pour
me pratiquer et m’améliorer car mon but
ultime est de changer de métier et devenir
photographe à temps plein… Mais question
objectif, le 50 mm f/1,4 de Nikon est sur
ma liste!
MARTINE DE FOY
Compléter mes bases techniques et passer à
un stade plus créatif dans mes portraits.
LUC BUSSIÈRES
Prendre plus de photos, c’est en
photographiant qu’on devient meilleur
photographe.
ALAIN MELOCHE
Participer encore à la compétition photo
de PPOC, Photographes professionnels
du Canada, en espérant gagner un autre
trophée comme l’an passé! Et assister au
congrès Canadian Imaging qui aura lieu à
Montréal en 2019.
LOUISE GINGRAS
Un 24-105 mm Sigma, question de jouer sur
les mots de la question.
RÉJEAN OUELLET
Exposer les dernières photos de Blue
Bonnets avant sa destruction au Marché
Bonsecours. Photos autorisées et supervisées
par la Ville de Montréal.
SÉBASTIEN-CHARLES BOITEL
Trouver mon logo, réussir un shooting
studio et boudoir digne des grands, trouver
quelques contrats pour débuter dans le
métier… Ok sérieusement… un 50 mm
f/1,4 Sony. De quel objectif on parle déjà
demanda la TDA HIHIHI!
FRANCE TREMBLAY
Changer de Canon à Fujiilm.
STEPH PINEAU
La 20 mm F/1,4 Art de Sigma ;) héhéhé!
MIREILLE SÉNÉCHAL
Aller documenter les caribous.
ALEXANDRA CÔTÉ-DURRER
50
Q U A N D L A V É R I TA B L E
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