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Elle France - 11.01.2019

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EL LE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MODE
KARINE
LE MARCHAND
« À 50 ANS,
CE QU’ON VIT,
PLISSÉS, LAVALLIÈRES,
VOLANTS…
LES CLASSIQUES
NOUS EMBALLENT
CES FEMMES
MÉDECINS
HARCELÉES PAR
LEURS PATIENTS
ÇA SE VOIT »
PSYCHO
LES PODCASTS
SONT- ILS LE
NOUVEAU DIVAN ?
REPORTAGE
LE LYCÉE QUI
SAUVE LES MÈRES
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ITA : 3,80 €. LUX : 2,60 €. MAR : 35 MAD. PORT. Cont. : 3,80 €. NL : 4,70 €. NC A : 1 350 CFP. NC S : 480 CFP. POLY FR S : 500 CFP. TUN : 5,70 DNT.
elle.fr
Photographie retouchée
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SOMMAIRE
Semaine du 11 au 17 janvieR 2019
{le fashion cRuSh }
13 l’édito Par Alix Girod de l’Ain.
14 elle info
Trois millions d’Indiennes contre l’inégalité
des sexes • Elizabeth Warren, une
démocrate en piste pour 2020 • Le succès
fou du skate • Triple dose de Nicole Kidman
en 2019 • Le Quai des Orfèvres sur le banc
des accusés.
23 elle culture
23 cinéma • EXPOs • musiquE
Little Simz, la prolifique virtuose du rap
• De la série « Carmen Sandiego » au film
« Ben Is Back », la sélection écrans de la
semaine • Jean-Marie Périer au sommet
de la Grande Arche.
28 livrEs
Une rentrée d’hiver sous le signe du père
• La révélation Kaspar Colling Nielsen et
la confirmation Michèle Forbes • Rencontre
avec Audrey Dana.
36 elle style
La gazette fashion. Beauty scoop.
Sac « Peekaboo », Fendi.
40 elle MaG
40 intErviEw Karine Le Marchand :
« À 50 ans, ce qu’on vit, ça se voit. »
46 rEPOrtagE À Los Angeles, le lycée
qui sauve les mères adolescentes.
50 EnquêtE Ces femmes soignantes
harcelées par leurs patients.
52 décryPtagE Les podcasts sont-ils
la nouvelle psychanalyse ?
54 rEncOntrE Yaël et Nour, l’entraide
au-delà des clichés communautaires.
58 sOciété PMA et figure du père :
entretien avec le psy Jean-Pierre Winter.
60 actu L’Ascenseur Paris-Bastille,
un immeuble qui s’engage pour la solidarité.
62 elle Mode
allurE
Plissés, lavallières, volants… les classiques
nous emballent.
78 elle beauté
presse
EnquêtE
Pourquoi tant de filles veulent ressembler à
Kim Kardashian.
E L L E .FR
84 elle vie privée
Un cocon dans la Tarentaise pour la créatrice
Clémentine Larroumet • Nos conseils pour
s’habiller éthique • C’est mon histoire :
« Un petit chat m’a rendue zinzin » • Une
journée avec l’humoriste Agnès Hurstel.
97 numérOscOPE
98 hOrOscOPE
99 fichEs-cuisinE
Les pascades de Bruno Doucet.
101 la listE dE nOs EnviEs
102 la bd dE sOlEdad
Ce numéro comporte, insérées entre les pages 98 et 99, 4 pages spéciales
numérotées de I à IV (édition Alsace) ; ou 4 pages spéciales numérotées de I
à IV (édition Lorraine) ; ou 4 pages spéciales numérotées de I à IV (édition
Normandie) ; ou 4 pages spéciales numérotées de I à IV (édition Nord-Pasde-Calais) ; ou 4 pages spéciales numérotées de I à IV (édition Val-de-Loire
centre) ; ou 12 pages spéciales numérotées de I à XII (édition Île-de-France)
et, posés contre la 4e de couverture, un message “Psychologies” sur une partie des abonnés. Ce numéro comporte un encart abonnement Dynapresse
sur les exemplaires kiosques Suisse et des envois de correspondance sur la
France métropolitaine + Dom-Tom.
en couverture
karine le Marchand
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UNE CEINTURE laurEncE
bras. MAQUILLAGE CoCo
Olivaud. COIFFURE Katia
giOrgi. PHOTO
JEan-françOis rObErt.
9
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
11 janvieR 2019
elle
Fondatrice HélènE GoRdon-lazaREFF
PrÉSident d’HonneUr danIEl FIlIPaCCHI
GÉrante-directrice de La PUBLication ClaIRE léoSt
directrice de La rÉdaction ERIn doHERty
directrice de La crÉation GEnèvE doHERty
rÉdaction en cHeF
KatEll PoulIquEn (MaGazInE), BRunE dE MaRGERIE (ModE), élISaBEtH MaRtoREll (BEauté),
danIèlE GERKEnS (vIE PRIvéE/touRISME/déCo/CuISInE), annE-CéCIlE SaRFatI (EllE PaRIS/EllE RéGIonS/dIvERSIFICatIon).
directrice de L’iMaGe et dU caStinG SoPHIE laMaRE
SecrÉtaire GÉnÉraL de La rÉdaction JEan-CHaRlES GandIa
ÉditoriaLiSteS
alIx GIRod dE l’aIn, olIvIa dE laMBERtERIE, MaRIon RuGGIERI, doRotHéE WERnER.
rÉdaction en cHeF adJointe
édouaRd dutouR (MaGazInE), SylvIa JoRIF (ModE MaGazInE), JEannE lE Bault (ModE).
assistantEs dE La rédaction SéGolènE dElloyE (43 32) (dIRECtIon), FloREnCE dE Mont (43 69) (RédaCtIon En CHEF),
SoPHIE BouCot (43 31) (ModE), SandRInE FuREt (43 60) (vIE PRIvéE/lIFEStylE), natHalIE GRouaRd (43 34) (BEauté).
direction artiStiQUe adJointe
véRonIquE BonSIGnoRE (43 93), CaRolInE IGnazI (43 94).
MaGaZine
alICE auGuStIn, olIvIa dE laMBERtERIE, FRançoISE dElBECq, natHalIE dolIvo, MaRIon RuGGIERI, doRotHéE WERnER (GRandS REPoRtERS),
CatHERInE RoBIn, PatRICK WIllIaMS. avEC la CollaBoRatIon dE natHalIE duPuIS, SoPHIE GaCHEt.
départEmEnt céLébrités véRonIquE vatInoS. guidE cuLturEL PHIloMènE PIéGay (CHEF dE SERvICE) (43 74).
avEC la CollaBoRatIon dE tHoMaS JEan, Paul SIGoGnaC, FloREnCE tRédEz. LiVrEs olIvIa dE laMBERtERIE (CHEF dE SERvICE).
avEC la CollaBoRatIon dE SandRInE MaRIEttE Et PaSCalE FREy (GRand PRIx dES lECtRICES).
Mode
annE-MaRIE BRouIllEt (49 75), HoRtEnSE ManGa (49 73). avEC la CollaBoRatIon dE taMaRa taICHMan (49 92), dIanE BoulEnGER, vIRGInIE BEnaRRoCH.
accEssoirEs avEC la CollaBoRatIon d’élISaBEtH aKESSoul (49 82) (+ MaRKEt EdItoR). stYLE auRélIE GaIllaRd (49 79). avEC la CollaBoRatIon d’èvE MaEno.
EnFants avEC la CollaBoRatIon dE CHaRlottE HuGuEt (49 84). mErcHandising ISaBEllE MERlE.
BeaUtÉ
ISaBEllE SanSonEttI (CHEF dE RuBRIquE). JulIE CHanut-BoMBaRd, JEannE dERoo.
avEC la CollaBoRatIon dE lauRIanE SEIGnIER, CHloé duGaSt.
vie PrivÉe
avEC la CollaBoRatIon dE SolInE dEloS, JulIa dIon, GIulIa FoïS, HélènE ClaudEl, Héléna vIllovItCH, JulIE PuJolS-BEnoît.
dÊco (49 83) MIREIllE aSSénat (CHEF dE SERvICE). avEC la CollaBoRatIon dE CHaRlottE HuGuEt.
cuisinE avEC la CollaBoRatIon dE CaRRIE SoloMon.
rÉdacteUrS GraPHiSteS
FaBIEnnE CoRon (1re MaquEttIStE), CoRalIE GallIBouR, CaRInE GouJon, MaRIE MaRaMzInE,MaRGaux PEIllon. ELLE à paris natHalIE ElBaz-FoRISSIER.
ÉditinG
SandRa BaSCH (CHEF dE SERvICE). avEC la CollaBoRatIon dE CaRolInE SIx Et alExandRE MouaWad.
SecrÉtariat de rÉdaction
KaRInE laCoIn (SGR adJoIntE). MaRIE GIRaud-RouaBaH (1re SR), annE alBy, SylvIE aRnoux, BERnadEttE duPRat, annE FauvEl, SandRInE MaRIEttE,
CatHERInE PaGèS, MaRGottE uHaldE. réVision MuRIEl SaFaR-JaouI. avEC la CollaBoRatIon dE annE BaRon, valIa BREItEMBRuCH.
rÉdaction en cHeF tecHniQUe
PHIlIPPE GautRand (43 52), louIS HInI (adJoInt).
ProdUction
odIlE BERnaRd (43 40) (ModE-BEauté), StéPHanIE SEMEdo (43 47), MalIKa Mala (déCo),
tIFFany MalonE (43 49) (CoIFFuRE MaquIllaGE), RESPonSaBlE voyaGES ISaBEllE CanavéSI avEC tIFFany MalonE.
PHoto
MaRIE-odIlE PERullI (CHEF dE SERvICE) (43 57). RédaCtRICES : léa CauquIl (43 59), BéatRICE laBBé (43 58).
PHototHÈQUe
tHéRèSE GEnEvoIS (48 00) (CHEF dE SERvICE). ÊRIC vIEIRa dE Souza, ClaIRE FauRE, GWénaëllE MoREau, BéatRICE d’oléon.
revente PHotoS et texteS
nElly dHoutaut (59 46).
diverSiFication ÉvÈneMentS
dElPHInE laPEyRèRE, CléMEnCE lEvEau. avEC la CollaBoRatIon dE lou BèS.
Fondation eLLe
KaRInE GuldEMann (46 17), CHloé FREoa (46 16). WWW.EllEFondatIon.oRG
HoroScoPe-nUMÉroScoPe MaRIE GaRdaIRE.
PouR JoIndRE votRE CoRRESPondant, taPEz 01 87 15 SuIvI dES 4 CHIFFRES FIGuRant à la SuItE dE CHaquE SERvICE. SI vouS SouHaItEz EnvoyER un MaIl,
lES adRESSES Sont à CoMPoSER aInSI : prénom.nom@lagardere-active.com • La reproduction, même partieLLe, des articLes et iLLustrations parus dans « eLLe » est
interdite. « eLLe » décLine toute responsabiLité pour Les documents remis. Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. • Les indications de marques et Les adresses
quI FIGuREnt danS lES PaGES RédaCtIonnEllES Sont donnéES à tItRE d’InFoRMatIon SanS But PuBlICItaIRE. lES PRIx PEuvEnt ÊtRE SouMIS à dE léGèRES vaRIatIonS.
HaCHEttE FIlIPaCCHI aSSoCIéS ESt unE FIlIalE dE laGaRdèRE aCtIvE. PrÉSident
EllE est édité par Hachette Filipacchi associés, S.a.S. au capital de 78 300 €,
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92300 levallois-Perret. associé : Hachette Filipacchi Presse S.a.
dépôt légal : janvier 2019. © 2018 HFa.
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Maury Imprimeur, 45330 Malesherbes, Roto France Impression, 77185 lognes.
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annE-MaRIE laBIny
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PaSCal MouIllEy (56 65) (dIRECtEuR), SandRa laï-SHIn-KonG (56 66), natHalIE SaCHER (56 68).
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MaRIE-noëllE lEBœuF.
coMMUnication-reLationS PreSSe
StéPHanIE vIdEau-aPHatIE (dIRECtRICE) (51 23), Fanny BEllEt (RESPonSaBlE PRoMotIon) (51 20).
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CHRIStoPHE CHoux, évE MalHEuRty.
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MoRGanE RoHéE, KatIa SIMon, Et, pour LEs productions éditoriaLEs, CHaRlottE dEFFE (RédaCtRICE ModE Et lIFEStylE), vIRGInIE dolata (RédaCtRICE
CéléBRItéS Et BEauté). LicEncEs intErnationaLEs médias, déVELoppEmEnt digitaL Et sYndication MICKaël BERREt (dIRECtEuR), MaRIon MaGIS (adJoIntE),
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Photo : Gregory Derkenne - mac-douglas.com
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11 janvier 2019
l’édito de ELLE
semaine du 11 au 17 janvier 2019
où sont
les Femmes?
SOPHIE STEINBERGER
par Alix Girod de l‘Ain
éditorialiste
E L L E .Fr
Ah, ce sondage annuel « JDD » - Ifop des personnalités
préférées des Français ! Chaque fois, c’est la même chose. Les
footeux (mâles) et les comiques (mâles) se bousculent sur le podium, un
grand mutique (mâle) gagne (Zidane, Goldman, ça alterne, mais un
gars qui la ferme, toujours), tout le monde se demande où sont les
femmes, Muriel Robin pousse un coup de gueule, Marlène Schiappa
tweete sa colère, et Sophie Marceau, toujours la première à apparaître,
toujours assez bas, ne dit rien. Mais en ce début 2019, c’est un peu différent car les résultats, encore plus défavorables aux filles que d’habitude, sont arrivés en même temps que ceux de Press’edd, une plateforme de veille qui, chaque année, recense les 1 000 personnalités dont
on parle le plus dans les médias. Et là, c’est la douche froide, directement
indexée sur celle du « JDD ». Seulement 15,3 % de femmes dans le
classement, le deuxième niveau le plus bas depuis six ans (à noter, c’est
un peu plus pour la presse écrite, 22 % des Unes, pas de quoi se rouler
de joie mais bon, une mini-autocongratulation de branche reste possible). Dans le détail ? Eh bien on pleure : 19 % des sportifs évoqués dans
les médias en 2018 étaient des sportives et… 1 % des patrons étaient des
patronnes. Les résultats pour les rubriques « culture et médias » (45 %) et
politique (35 %) sont tous deux en chute (respectivement 47 et 39 % en
2017). La corrélation entre faible présence médiatique et faibles scores
de popularité étant limpide, il convient de se demander comment faire
pour que les femmes soient plus visibles. Une bonne solution, mais vous
la connaissez déjà, c’est de lire ELLE : 100 % de couvertures féminines
en 2018, et plein d’infos étonnantes sur des filles qui font du sport,
dirigent des entreprises, écrivent des sketchs (drôles, en plus) ou, summum du dingo, sont payées pour faire la cuisine. Alors, puisque c’est
encore le temps des vœux, permettez-moi d’en formuler un : puissent
nos confrères nous copier, que dis-je, nous piller, afin que peut-être, en
2020, le « JDD » annonce, pour la première fois dans l’histoire, une
femme personnalité préférée des Français. Et si elle l’a beaucoup fermée pour en arriver là, on sera super contentes quand même, promis. n
13
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ELLE info
{ droit des femmes }
les indiennes
se lèvent
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legende credits
r.s. iyer/ap/sipa
11 janvier 2019
ELLE / info
en dressant un mur humain pour protester contre l’inégalité des sexes,
les femmes du Kerala, en inde, initient un rapport de force spectaculaire avec
le gouvernement conservateur de narendra modi. par manou farine
Le 1er janvier,
à Thiruvananthapuram,
la capitale du Kerala.
elles étaient plus de 3 millions le 1er janvier à
former une chaîne de six cent vingt kilomètres le long
des routes du Kerala. Unies dans une lutte spectaculaire
pour l’égalité des sexes. En ligne de mire ? Le temple de
Sabarimala, haut lieu de pèlerinage hindouiste perché sur
une colline de cette province du sud de l’Inde, drainant
chaque année plus de 100 millions de fidèles. L’un des derniers temples à interdire son accès aux femmes âgées de 10
à 50 ans. Comprendre : entre la puberté et la ménopause.
Le 28 septembre pourtant, la Cour suprême indienne avait
annulé le « menstruation ban », interdisant aux femmes d’entrer dans les temples pendant la période des règles. Encouragées par la nouvelle loi, quelques téméraires se sont alors
risquées à pénétrer dans le lieu saint, en vain. Sous les jets
de pierres, elles en ont été chassées par les fondamentalistes hindous, malgré la présence de la police. Bilan : plus
de 2 000 arrestations, et toujours pas l’ombre d’un sari dans
le temple. Jusqu’à ce « mur de femmes » inaugurant l’année
2019, que le gouvernement du Kerala – dominé par le Parti
communiste – a soutenu. Un mouvement déjà comparé à la
lutte pour les droits civiques initiée en Europe par Rosa
Luxemburg au début du XXe siècle. Le 2 janvier, à l’aube,
Bindhu Ammini et Kanaka Durga, deux militantes, sont parvenues à se glisser, sous protection policière, dans l’enceinte
sacrée pour prier le dieu Ayyappan, un ascète vénéré pour
sa chasteté, qui, dit-on, n’aurait jamais rencontré une femme.
Mais à quel prix ? Si Bindhu Ammini et Kanaka Durga ont le
droit pour elles, elles font désormais l’objet de menaces. La
réponse des fondamentalistes ne s’est pas fait attendre avec
une séance de purification organisée manu militari dans le
temple suivie d’une flambée de violence dans la rue.
Un affrontement qui en dit long sur la société indienne. Alors
que, sur le papier, Delhi s’affiche en vitrine du progrès avec
la dépénalisation récente de l’adultère et de l’homosexualité par la Cour suprême, les traditions peinent à rendre les
armes. En juin, une enquête de la Fondation Thomson Reuters classait l’Inde comme le pays le plus dangereux au
monde pour les femmes. En septembre, une étude publiée
par la revue scientifique britannique « The Lancet » montrait
que 37 % des femmes qui se suicident dans le monde vivent
en Inde. Des chiffres réfutés bruyamment par Narendra
Modi, le Premier ministre issu du BJP (Parti du peuple indien),
nationaliste et conservateur. Le chef du gouvernement, qui
avait fustigé, dans l’affaire du temple de Sabarimala, une
décision « contraire aux valeurs hindoues », encourage
aujourd’hui les recours devant la Cour suprême, contrainte
de plancher à nouveau sur le dossier à partir du 22 janvier.
Une façon de flatter sa base électorale ultra conservatrice
et pro-hindoue dans la perspective d’une campagne sous
haute tension avant les législatives qui auront lieu en avril
et en mai. La moitié de ce pays de 1,5 milliard d’habitants
pourrait une fois encore en faire les frais.
pages dirigées par caroline six. rédacteurs : cora
delacroix, louise deschamps, paola dicelli,
manou farine, alix girod de l’ain, hélène guinhut.
15
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11 janvieR 2019
ELLE info
{ États-Unis }
Y a-t-il une
candidate
pour sauver
la démocratie ?
combative, ÉgalitaRiste, elizabeth WaRRen,
sÉnatRice dÉmocRate dU massachUsetts,
incaRne dÉjà la RÉsistance anti-tRUmp.
« nous allons mettre fin à la corruption à Washington.
Nous allons reconstruire la classe moyenne. Nous allons sauver la
démocratie. Allez-vous rejoindre le combat ? » Sur son site Internet,
Elizabeth Warren fait défiler son appel en lettres capitales. Même
si l’élection présidentielle américaine n’a lieu qu’en novembre 2020,
la démocrate est déjà dans les starting-blocks. Dès le 31 décembre,
elle a mis en ligne une vidéo annonçant la création d’un comité de
soutien et s’est présentée sur le perron de sa maison en compagnie
de son mari et de son chien pour répondre aux journalistes. À 69 ans,
celle qui occupe le siège de sénatrice du Massachusetts depuis
2013 se positionne en défenseure de la classe moyenne face aux
milliardaires et aux grosses entreprises qui « ont décidé qu’ils voulaient une plus grosse part du gâteau ». Dans une autre vidéo, filmée
depuis sa cuisine, elle vilipende Wall Street, les compagnies d’assurances, les banques qui « ruinent les consommateurs » et les entreprises pétrolières « qui détruisent la planète ». La politologue francoaméricaine Nicole Bacharan* observe : « C’est quelqu’un de très
brillant, de très expérimenté sur le plan législatif. Sa capacité à
représenter les individus face au grand capitalisme financier est sa
force. » On lui associe déjà le puissant slogan féministe « Nevertheless We Persist », en référence à cette séquence de février 2017,
où elle s’était opposée à la nomination de Jeff Sessions comme procureur général des États-Unis. Elle avait alors lu un texte de Coretta
Scott King (militante pour les droits civiques et épouse de Martin
La sénatrice le jour des
élections de mi-mandat,
le 6 novembre dernier.
Luther King), avant d’être interrompue par le républicain Mitch
McConnell qui avait déclaré : « Elle a été avertie. On lui a donné une
explication. Malgré tout, elle a persisté. »
Dans son propre camp, elle devra faire face à une solide concurrence, car Joe Biden, l’ex-vice-président de Barack Obama, Bernie
Sanders, la sénatrice Kamala Harris, le Texan Beto O’Rourke ou
Cory Booker lorgnent aussi du côté de la Maison-Blanche. « Elle
sera une candidate de poids dans la primaire, analyse Nicole
Bacharan. Mais la question d’un changement de génération est
posée et plusieurs aspects de sa personnalité évoquent ceux qui
avaient rebuté certains avec Hillary Clinton : c’est une femme de la
côte Est, réputée comme dure et donneuse de leçons… Joe Biden est
beaucoup plus populaire qu’elle. Kamala Harris coche aussi de
nombreuses cases. Nettement plus jeune, elle est devenue une figure
télévisuelle pendant les auditions du juge Brett Kavanaugh, elle est
afro-américaine… » En octobre dernier, Elizabeth Warren avait déjà
commis une maladresse. En réponse à une provocation de Donald
Trump qui la surnommait Pocahontas, elle avait publié son test ADN
prouvant ses origines amérindiennes, relançant de multiples polémiques sur son opportunisme. Face au président américain, elle a
tout intérêt à se montrer stratège. « Trump a déjà fait savoir qu’il serait
ravi de l’avoir comme adversaire, ce qui veut dire qu’il sera ravi de
la détruire, note Nicole Bacharan. On imagine bien comment il va
l’attaquer, en la traitant de Hillary Clinton 2, de Pocahontas… Ce sera
une campagne hideuse. » Nous préférerions que non. H.G.
*Auteure avec Dominique Simonnet de « First Ladies. à la conquête
de la Maison-Blanche » (éd. Perrin).
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plein soleil
Des lunettes orangées
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16
E L L E .FR
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POUR LA MAISON
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ELLE info
{ la voix d’aga }
Skate Rick
McCrank
{ cultuRe }
easy rideuses
Jusqu’où les emmènera leur skate ? Les filles ont fait de leur planche un emblème
féministe. Il y a quelques mois, le clip de Maggie Rogers « Give a Little » montrait
des skateuses en mode badass. Bientôt, le film « Skate Kitchen », signé Crystal
Moselle (en salle le 30 janvier), relatera le parcours d’une ado solitaire qui trouve
la liberté à travers sa planche à roulettes. Le signe de ralliement des néo-rideuses ?
Le hashtag #GirlsCanRide, qui fait florès sur Instagram. De la communauté californienne GRLSWIRL
(@grlswirl) au site féministe allonsrider.fr, fondé
par la jeune sportive
française Manon Lanza,
toutes exhortent les
sportives à se serrer les
coudes dans un milieu
toujours plutôt misoLe clip « Give a Little »,
gyne : « Aucun site ne
de Maggie Rogers.
met en avant les nanas
pour montrer ce qu’elles
savent faire vraiment, c’est ce créneaulà qu’on veut occuper », a confié Manon
Lanza à « Cheek Magazine ». Les prochains jeux Olympiques, qui se dérouLe film
leront à Tokyo en 2020, compteront
« Skate
pour la première fois une épreuve de
Kitchen »,
skate, et joueront le jeu avec une parité
de Crystal
parfaite, 40 hommes et 40 femmes.
Moselle.
Alors let’s ride, girls ! P.Di.
18
Quel tintouin, après la publication de
l’enquête de chercheurs russes qui affirment que la doyenne de l’humanité
aurait été une escroque ! La supercentenaire morte officiellement à l’âge de
122 ans et 164 jours n’en aurait eu que
99, et n’aurait pas été Jeanne Calment
mais Yvonne, sa fille, qui aurait pris
l’identité de sa mère le jour de sa mort,
en 1934, afin de ne pas payer de droits
de succession. Certains évoquent déjà
la possibilité d’exhumer la malheureuse
afin de la passer au carbone 14 ou à
une autre technique de datation des
fossiles. Cette perspective fait tellement
froid dans les os qu’on a bien envie de
prendre la défense de l’antique Arlésienne, avec des arguments non pas
scientifiques (depuis dix jours ils affirment tout et son contraire), mais simplement logiques. Si la thèse des Russes est
vraie, ça voudrait dire qu’à l’époque,
Yvonne, qui avait 36 ans, aurait réussi
à se faire passer pour une femme de
59 ans (mais qu’est-ce qu’elles mettaient comme crèmes de nuit, avant la
guerre ? De la javel ?) et qu’elle aurait
vécu maritalement avec son propre
père jusqu’à sa mort, en 1942, or, quiconque a revu récemment « Peau
d’âne » au théâtre Marigny sait que
marier les filles avec leur papa constitue un « hymen insensé ». Mais, mon
enfant, il y a encore plus probant :
personne ne conteste que Jeanne
Calment a gardé toute sa tête jusqu’à
la fin. Or, quelle femme saine d’esprit
aurait eu l’idée de se vieillir de vingttrois ans pendant plus de soixante
ans ? Même pour payer moins
d’impôts, c’est absurde. Chercheurs
russes, de grâce, laissez donc notre
trésor national en paix !
E L L E .FR
grlswir ; keepherwildhq ; sophie steinberger ; youtube ; makadam distribution ; presse.
l’arnaque
du siècle
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{ nicole kidman }
plus forte que
wonder woman
L’actrice à la
première de
« Destroyer »,
le 14 octobre
dernier.
Chic ! nic revient ! Si elle s’était faite plus discrète ces
derniers mois, en ce début d’année, la belle Australo-Américaine vient nous rappeler « Kid » est la plus forte. Si on la
savait capable de tout jouer et d’évoluer avec autant de
grâce dans les grosses productions que dans le cinéma
indépendant, l’année 2019 devrait nous donner un
condensé parfait de sa palette. Kidman, c’est (au moins)
trois salles, trois ambiances. Dans le rouleau compresseur
« Aquaman », sorti en fin d’année, elle incarne Atlanna, la
maman de l’homme-poisson maous interprété par Jason
Momoa et néanmoins la crevette la plus sexy de tous les
océans. Résultat : le film vient de détrôner le record au boxoffice de « Wonder Woman » avec 822 millions de dollars
de recettes. Le 20 février, on la retrouvera, méconnaissable,
dans « Destroyer », polar ténébreux de Karyn Kusama, déjà
annoncé comme le meilleur rôle de sa carrière. Elle y sera
Erin Bell, une détective du LAPD badass, naguère infiltrée
dans un gang du désert californien et confrontée à la fois à
son passé et à une perruque à frange méchée de gris sale,
un attentat à la beauté pour n’importe quelle femme… Sauf
pour Nicole Kidman, que tous ceux qui ont déjà vu le film
ont trouvée flippante, plus dark que jamais et… sublime. Pour
la troisième ambiance de Nicole, nous devrons attendre le
mois de juin et la saison 2 de « Big Little Lies », la série
géniale qu’elle produit avec sa copine Reese Witherspoon.
Après avoir vu la première saison, Meryl Streep, qui refusait
tous les rôles pour le petit écran depuis sept ans, a insisté
pour participer à la deuxième, dans laquelle elle incarnera,
tiens tiens, la belle-mère de Nicole-Céleste. Une façon,
pour l’impératrice incontestée du cinéma, d’adouber la
seule qui aura l’étoffe pour lui succéder un jour ? A.G.A.
Hasan Minhaj
netflix
sous
influence
la liberté de netflix a du plomb
dans l’aile. Depuis le 1er janvier, la plateforme a retiré en Arabie saoudite le deuxième
épisode de la série « Patriot Act » de
l’humoriste américain Hasan Minhaj, sous la
pression de... l’Arabie saoudite. Pourquoi ?
L’épisode revient non seulement sur la guerre
sanglante menée par le royaume wahhabite
au Yémen, mais aussi sur l’implication présumée du prince Mohammed Ben Salman
dans l’assassinat du journaliste saoudien
Jamal Khashoggi, perpétré en octobre
dernier. La Toile s’est rapidement insurgée
contre cette censure de Netflix, qui justifie
dans le « Financial Times » « avoir reçu une
requête légale valide » et que la plateforme
se « conforme à la législation locale ». Si elle
a déjà réalisé des coupes dans des films ou
des séries pour s’adapter à la morale américaine (comme avec « Girl », de Lukas Dhont),
c’est en revanche la première fois qu’elle
cède aux exigences d’un pays étranger. Un
précédent inquiétant. P.Di.
matt crossick/abaca ; cara howe/netflix ; presse.
{data buzz}
40 %
c’est la part de l’électricité issue d’énergies renouvelables dans
la production allemande en 2018. pour la première fois, elle a dépassé
celle des énergies fossiles, selon le très sérieux institut de recherche consacré
à l’énergie solaire fraunhofer ise. excellente nouvelle pour le ciel européen,
longtemps enfumé par les usines à charbon !
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11 JANvIER 2019
ELLE info
{ JustIcE }
somBre affaire au
quai des orfÈVres
La Canadienne Emily S.
affirme avoir été violée
par des policiers.
L’histoire a fait trembler la
qué une « relation sexuelle consentie »
mythique institution. Le procès se
et Antoine Q., après avoir nié tout
déroulera au 34, quai des Orfèvres, à
rapport physique, a reconnu des
LE PROCÈS DES POLICIERS ACCUSÉS
deux pas des lieux du crime supposé,
« attouchements sexuels réciDU vIOL D’UNE ÉTUDIANTE CANADIENNE
du 14 janvier au 1er février. Nicolas R.
proques ». L’avocate d’Antoine Q.,
S’OUvRE. ENCORE UNE FOIS,
et Antoine Q., policiers d’élite de la LA PAROLE DE LA vICTIME EST MISE EN DOUTE.
Me Anne-Laure Compoint, dénonce
brigade de recherche et d’interven« un travestissement de la réalité et
tion, comparaîtront pour « viol en réunion » au sein de la préfecture de une usurpation de la qualité de victime ». La personnalité d’Emily risque
police de Paris. Le 22 avril 2014, Emily S., Canadienne de 34 ans, d’être à nouveau passée au crible. La Canadienne n’a jamais caché
passe une soirée festive dans un pub irlandais, le Galway. Elle sympa- son mode de vie libéré. « Emily n’est pas une oie blanche, mais, plutôt
thise avec des policiers et les suit pour visiter leurs locaux, au fameux que d’essayer de comprendre comment ils ont pu violer son consente36, quai des Orfèvres. Elle en ressortira plus d’une heure après, en ment, on a recours à l’argument habituel : “Elle l’a bien cherché ”. J’eslarmes, déclarant avoir été violée. Plusieurs agresseurs l’auraient pla- père que, cette fois-ci, nous allons évoluer », assure Me Obadia, qui
quée contre le bureau, avant de la pénétrer, protégés avec des pré- ajoute que sa cliente aborde ce procès la peur au ventre. Après la
servatifs. Un certificat médical signale des hématomes et une lésion tempête #MeToo, Me Compoint espère « que la justice saura se
gynécologique traumatique. Des traces d’ADN des deux policiers et départir d’un contexte. Nous sommes là pour considérer si les faits sont
d’un homme non identifié ont été retrouvées sur le string de la jeune établis ou pas ». L’avocate d’Emily attend une condamnation pour
femme. Pour son avocate, Me Sophie Obadia, il s’agit « d’une tour- briser le silence dans « une institution fermée et viriliste », et montrer aux
nante au quai des Orfèvres ». Au cours de l’enquête, Nicolas R. a évo- victimes qu’« il n’y a plus de bastion imprenable ». H.G.
{ BuzzomètRE }
#dryjanuary
1
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3
4
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l’Expo
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lE spot
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que les deux frenchies
les plus sexy du monde
attendent leur premier
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#dryjanuary. Parce
que ce concept
débarque d’Angleterre
pour nous encourager à
passer un mois sans une
goutte d’alcool. Santé !
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artistique de Burberry
figure sur la liste
d’honneur d’Élisabeth II.
Un couronnement !
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Parce que le boutiquehôtel du Marais signé
Starck tombe à pic pour
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E L L E .FR
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panoramic ; ellen von unWerth ; avalon.red/crystal pictures ; presse.
l’AIR du tEmps EN coup dE vENt pAR cora delacroix
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LES FRÈRES SISTERS
NOS BATAILLES
LA PRIÈRE
LA MORT DE STALINE
GIRL
UNE PLUIE SANS FIN
L’ÎLE AUX CHIENS
ET DES FILMS
EN AVANT-PREMIÈRE
DU 16 AU 22
JANVIER 2019
ELLE culture
m u s iq u e
la grande
little simz
À 24 ans, la Rappeuse se pose déjÀ en vétéRan
du hip-hop. poRtRait d’une viRtuose
pRête À dégaineR un tRoisième album.
paR florence trédez
E L L E .FR
little simz, la rappeuse prodige
originaire d’Islington, une banlieue du
nord-est de Londres, et soutenue à ses
débuts par Jay-Z ou Kendrick Lamar, a
déjà sorti quatre mixtapes, sept EP et
s’apprête à publier son troisième
album. Elle se penche déjà sur son
passé avec la nostalgie d’un vétéran
de la rime, dans son nouveau single,
« 101 FM », récit circonstancié et émouvant de ses premières fois musicales.
Son flow, posé sur un beat minimal, est
si rapide qu’on a l’impression d’attraper ses souvenirs au vol…
De son vrai nom Simbi Ajikawo, celle
qui s’est toujours considérée comme un
« mouton noir » (dit-elle sur son titre
« Backseat ») fut une enfant précoce
qui écrivait déjà des textes à 9 ans et
qui a commencé à se produire sur
scène à 11. Sa mère, nigériane, gagne
sa vie en accueillant chez elle des
pupilles anglais, placés par les
services sociaux, mais aussi de jeunes
réfugiés venus de Somalie, d’Érythrée
ou d’Albanie. C’est sa première
ouverture sur le monde, et une leçon
d’humilité qui forge sa personnalité.
« Tout le monde n’a pas l’amour d’une
famille, un toit, des repas tous les
jours », dira-t-elle. À 14 ans, Little Simz
ne se contente pas d’affûter son style
incisif au micro, elle passe aussi des
castings. La jeune actrice obtiendra
ainsi un rôle dans une série pour adolescents de la BBC « Spirit Warriors »,
ou, trois ans plus tard, dans une autre
série, « Youngers ». Travailler sans
relâche, se remettre sans cesse en
question font partie des mantras de
cette bosseuse généreuse qui, sans se
réclamer du féminisme, a organisé en
2017 un festival de musique au nord de
Londres destiné à promouvoir les
« femmes talentueuses de couleur ».
« Moi, ce que je veux, c’est sortir du
stéréotype de “la femme qui rappe”
auquel certains veulent me réduire,
déclare-t-elle. Je ne suis pas juste une
femme ou une rappeuse. Je suis une
personne et une artiste avant tout. »
Little Simz : petite par le nom mais
grande par l’esprit ! n
« 101 FM » (AGE : 101 Music/Awal
Recordings). En concert le 6 mai aux Nuits
Botanique de Bruxelles.
jack bridgland presse
11 janvieR 2019
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23
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ELLE culture
animation
gentleman cambrioleuse
au voleur ! Ou plutôt… à la voleuse ! La cambrioleuse
Carmen Sandiego, celle qu’on surnomme la « Femme en rouge » ou
la « Duchesse de la ruse », se réincarne dans une série d’animation
(vingt épisodes) librement inspirée par « Where in the World Is Carmen Sandiego ? », ce jeu vidéo ludo-éducatif sorti en 1985. Une
chose est sûre : la femme en rouge est une femme de goût. La
preuve : voyez avec quelle classe cette tête à chapeaux porte le
fédora. Ajoutez à cela que Carmen Sandiego choisit la France, et
plus précisément Poitiers, cité médiévale, pour y exercer ses pulsions
kleptomaniaques, au nez et à la barbe d’Interpol. Bien équipée,
elle a un rouge à lèvres qui décrypte les codes de sécurité des
musées les mieux défendus. Elle a aussi la voix de Gina Rodriguez
(de la série « Jane the Virgin ») tandis que son associé, connu sous
le nom de Player, a celle de Finn Wolfhard (« Stranger Things »), et
que Miley Cyrus prête la sienne à Olivia Vixen Johnson, une exreine de beauté devenue techno-criminelle. Assez tergiversé !
Rejoignez le gang des super-voleuses ! p.s.
« CARMEN SANDIEGO », à partir du 18 janvier, Netflix.
docu
si c’est une femme
Marceline Loridan-Ivens
24
C’est le portrait de feu d’une femme puissante, époustouflante. Disparue à 90 ans
en 2018, la cinéaste Marceline Loridan-Ivens nous revient sous sa belle tignasse carotte dans
un documentaire qui lui ressemble : « La Vie balagan de Marceline Loridan-Ivens », où cette
survivante, qui fut déportée en 1944 à Auschwitz-Birkenau, retrace son destin à la fois tragique
et superbement « balagan » (« bordélique » en hébreu), comme elle dit. Dans une archive, on la
découvre jeune femme aux allures d’héroïne de la nouvelle vague, mais jamais « à bout de
souffle » ; elle demande aux passants dans la rue : « Monsieur, s’il vous plaît, êtes-vous
heureux ? » Il faut voir l’air malicieux avec lequel elle se tourne vers sa complice de microtrottoir : « Il m’a répondu : qu’est-ce que ça peut vous foutre ? » Cette légèreté d’après guerre
donne encore plus de poignant à l’effroyable récit qui suit. Elle a 16 ans quand elle se retrouve
au camp d’internement de Drancy avec son père. Comme pour le consoler, elle lui dit : « Tu sais,
on travaillera dur là où on va, mais on se verra peut-être le dimanche, quand même. » Son père
lui répond : « Toi, tu es jeune, peut-être que tu reviendras, mais moi, je ne reviendrai pas… » n
« LA VIE BALAGAN DE MARCELINE LORIDAN-IVENS », mercredi 16 janvier, 22 h 35, Arte.
E L L E .FR
prod ciné ; vincent josse ; antonello montesi.
paR paul sigognac
11 janvieR 2019
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série
la COur
du miracle
l’objet est une statue de la
Vierge en plastique, retrouvée au
domicile d’un mafieux calabrais. Poids :
2,3 kilogrammes. Particularité : cette
Vierge verse des larmes de sang. Neuf
litres par heure. Ce sang est un sang
humain masculin du groupe O. « C’est
quoi le truc ? » demande le Premier
ministre italien (Guido Caprino) quand
son chef de la sécurité intérieure lui
montre ce prodige, qu’il prend pour un
canular. Réponse : « Il n’y a pas de
truc. » Abandonnez tout espoir d’expliquer l’inexplicable, vous qui entrez dans
« Il Miracolo ». La trouble beauté de
cette miraculeuse série italienne en huit
épisodes (prix spécial du jury au festival
Séries Mania) ne réside pas dans son
aspect fantastique mais dans la façon
dont le surnaturel modifie la conduite
des personnages qui s’en approchent.
Le Premier ministre, qui se bat pour que
l’Italie reste dans l’Union européenne,
ce fragile miracle. La Première dame,
qui le trompe sauvagement avec un
chanteur d’opéra. Sandra, la biologiste,
qui, malgré son esprit scientifique, ne
résiste pas à la tentation de faire boire
du sang de la Vierge, amie prodigieuse,
à sa mère mourante. Marcello, prêtre
dévoyé par l’alcool, les films pornos et
le jeu, qui attend un signe de Dieu. Précisons pour finir que, dans cette envoûtante série, un miracle peut en cacher un
autre. Non, ce n’est pas une défaillance
de votre téléviseur… Dans « Il Miracolo », la Vierge prend parfois l’apparence de Monica Bellucci. p.s.
« IL MIRACOLO », en replay sur Arte.tv
Guido Caprino
E L L E .FR
buzz cinéma
la vie de palaCe
paR thomas jean
Cette jeunesse dorée-là brille de mille feux fantasques. Elle nous embringue dans
le Paris insouciant de la fin des 70s. Elle se trémousse jusqu’à plus soif, sur fond de disco, lors
d’inénarrables bals costumés. Elle est filmée comme un rêve (parfois confus, toujours baroque)
par une Eva Ionesco qui connaît bien son sujet, elle, l’égérie des années Palace qui signe ici son
deuxième long-métrage. Sorte d’alter ego de la réalisatrice, voici Rose, 16 ans, mi-rebelle, mipleurnicheuse, à qui la géniale Galatéa Bellugi – une baby-doll à suivre, déjà remarquée dans
« L’Apparition », de Xavier Giannoli – prête toute sa fougue. Elle et son amoureux, Michel, incarné
par Lukas Ionesco (fils de), vont se lier d’amour/amitié à un couple de grands bourgeois (Isabelle
Huppert et Melvil Poupaud) aussi toxiques que magnétiques qui pourraient être leurs parents. Et
il nous agace un peu, ce quatuor échangiste qui vit dans sa bulle de frivolités. Mais surtout il nous
trouble, entre pipes à opium et batifolages dans la soie, tant il rebat les cartes du Tendre. On
assiste alors, à travers Rose, à une entrée fracassante dans l’âge adulte, et c’est bouleversant.
« UNE JEUNESSE DORÉE », d’Eva Ionesco, avec aussi Alain-Fabien Delon, Hugo Dillon, Manal Issa (1 h 52).
En salle le 16 janvier.
drame
rage D’aDO
paR franÇoise delBecQ
les ados avec des problèmes d’addiction sont une source d’inspiration pour
les scénaristes de Hollywood. En ce début
d’année, deux films traitent du même sujet :
« Ben is Back », de Peter Hedges, et « My
Julia Roberts et
Beautiful Boy », de Felix Van Groeningen.
Lucas Hedges.
Dans les deux cas, les parents décuplent leurs
efforts pour venir en aide à leur teen-ager fragilisé par la consommation de stupéfiants ou la
tentative d’en sortir. Ainsi, dans « Ben is Back », Ben Burns, 19 ans, revient-il à la maison. Il a reçu
l’autorisation du centre de désintoxication pour passer les fêtes en famille. Sa mère, tout d’abord
heureuse de le revoir, se méfie. Elle sait de quoi son fils est capable lorsqu’il replonge dans la
drogue. S’il souhaite rester, elle lui fait promettre de ne pas s’éloigner d’elle. Évidemment, rien
ne se passe comme prévu. Un scénario pas très original, mais porté par le jeu subtil de Julia
Roberts, exceptionnelle dans ce rôle de mère dont l’amour est mis à rude épreuve, et par un
Lucas Hedges – déjà vu dans « Manchester by the Sea », de Kenneth Lonergan, dans un rôle
qui lui valut une nomination à l’oscar – parfait ici en menteur et manipulateur. On se laisse plus
que séduire : on devient accros nous aussi. n
« BEN IS BACK », de Peter Hedges, avec aussi Courtney B. Vance, Kathryn Newton, Mia Fowler (1 h 38).
En salle le 16 janvier.
25
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11 janvieR 2019
ELLE culture
1
p h ot o
péRieR, C’est fOu
2
3
paR soline delos
« exposer ses photos est un grand privilège, mais les raisons peuvent être
multiples, l’ego, l’envie de renommée, la reconnaissance de ses pairs… moi je n’en ai
qu’une : faire plaisir aux gens », confesse Jean-Marie Périer à propos de son exposition XXL. But atteint à la Grande Arche de la Défense, où le photographe expose trois
cents images jubilatoires – dont un tiers inédites – qui nous replongent illico dans le
monde de la musique qu’il immortalise dans les années 1960 pour « Salut les
copains », et dans celui de la mode des années 1990, photographié pour ELLE.
Johnny et Sylvie en chevalier et princesse, Antoine trônant sur les Champs-Élysées,
Françoise Hardy emprisonnée dans un œuf avec Salvador Dali, Mick Jagger teenager, Dutronc sur les genoux de Deneuve, Yves Saint Laurent dans l’entrebâillement
du rideau rouge, Jean Paul Gaultier version Jean-Paul II, Kenzo perché sur un éléphant
ou encore Versace en maître du monde… Mises en scène en toute liberté, les deux
époques défilent dans l’allégresse, l’insouciance et l’insolence. Bref, toute la musique
– et la mode – que l’on aime et, face à ces clichés cultes, un plaisir intact.
4
« JEAN-MARIE PÉRIER, SOUVENIRS D’AVENIR », du 15 janvier au 3 mars, Espace culturel du toit
de la Grande Arche, La Défense (92). Et « FLASHBACK », 28 janvier, Théâtre du Rond-Point,
Paris-8e, où Jean-Marie Périer commentera ses images à 20 heures.
1. Françoise Hardy,
années 1960.
2. Yves saint
laurent en 1995.
3. « pâquerettes »,
années 1960.
4. « mick jagger
à la pomme », 1966.
fille À suiVre
l’aura De luÀna
C’est son premier rôle au cinéma. Pourtant, du haut de ses 17 ans, Luàna Bajrami est bluffante dans
le rôle d’Apolline, chef de bande de collégiens surdoués et flippants face à un professeur déboussolé
(Laurent Lafitte, impeccable) : « Pour me préparer, Sébastien [Marnier, le réalisateur] m’a interrogée sur
mes peurs par rapport aux attentats, au danger climatique… Ma génération est assaillie d’images crues
de la réalité. Le film parle de cette lucidité précoce poussée à son paroxysme. » D’où lui est venue son
envie de jouer ? « J’adorais mes cours de théâtre, interpréter “La Tempête“, de Shakespeare, quel kif ! »
Dès 10 ans, elle jouait pour la télévision tout en continuant les cours de théâtre en parallèle de ses études.
Des études que cette fan de Xavier Dolan et de Marion Cotillard a mises entre parenthèses pour la bonne
cause : elle donne la réplique à Catherine Deneuve dans le prochain Cédric Kahn et a tourné un film
d’époque signé Céline Sciamma au côté d’Adèle Haenel. Demain lui appartient. n
« L’HEURE DE LA SORTIE », de Sébastien Marnier, avec aussi Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory (1 h 43).
26
E L L E .FR
presse
À 17 ans, cette comédienne impRessionne en ado inquiétante, Face À lauRent
laFitte, dans le thRilleR « l’heuRe de la soRtie ». RencontRe. paR julia dion
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d’une romancière
mondialement reconnue.
L’autoportrait tant attendu,
véritable immersion au cœur
des secrets de la création.
« Une entreprise littéraire sans égal. »
Olivia de Lamberterie, Elle
« Son choix de l’anonymat est en lui-même un plaidoyer pour la littérature. »
Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche
« Le mystère entourant son identité a fait d’elle un écrivain culte. »
Michel Schneider, Le Point
Du monde entier
gallimard.fr I facebook.com/gallimard
ELLE livreS
Les pères sont Les héros
de La rentrée d’hiver.
Comment Les éCrivains
Les raContent-iLs ?
quatre variations sur
Le même thème.
par Jeanne de Ménibus
au nom
des pèRes
28
1
On aime, chez Léonor de Récondo,
sa manière audacieuse de bousculer
ses personnages dans leurs fondements
pour mettre au jour leur nature profonde.
Délaissant la fiction, voici qu’elle s’attelle à
un exercice de mise à nu autrement plus
intime et courageux : retracer la dernière
nuit de son père. Quand la jeune femme,
accompagnée de sa mère, entre dans sa
chambre d’hôpital en ce soir de printemps,
elle sait qu’elle en sortira orpheline. Si la
mort prend toujours au dépourvu, on a parfois la chance, trop rare, de l’apprivoiser.
Mais quoi de plus douloureux, quoi de plus
ardu que de mettre des mots sur ces
moments tremblés où l’on calque son souffle
sur celui, de plus en plus ténu, de plus en plus
espacé, de l’homme à qui l’on doit d’être au
monde ? Félix dort. Son esprit, déjà, s’est
échappé, sans doute vers sa jeunesse entre
l’Espagne et le Pays basque, puis dans l’atelier italien où il délaissa un jour ses outils de
sculpteur pour ceux de luthier, afin de donner forme à un violon conçu pour sa musicienne de fille. En contrepoint de l’attente,
l’écrivaine lui prête voix et livre des éclats
de sa vie, comme une tentative d’en saisir
l’essence et de lui rendre hommage. Et tandis que leurs partitions s’entrelacent se
découvre tout ce qu’ils ont en partage : un
rapport sensoriel au monde, réchappé de
l’enfance, le goût de l’art, qui sublime l’expérience humaine, et le besoin de créer pour
ouvrir aux autres son lieu à soi. Léonor de
Récondo a su transfigurer le déchirement en
communion des êtres dans
un récit intense et lumineux
`
où résonne cette belle épiLEONOR
`
DE RECONDO
taphe : « On meurt, c’est
MANIFESTO
tout, et on agrandit l’âme de
ceux qui nous aiment. » n
« Manifesto »,
de Léonor de Récondo (sabine
Wespieser, 179 p.).
E L L E .Fr
philippe matsas/leemage ; presse.
léonor de récondo
légende
11 janvier 2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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premier roman
11 janvier 2019
ELLE livreS
3
pÈRe à LieR
erwan desplanques
suivez ce jeune homme
american daddy
par Hélèna VilloVitcH
L’excentricité tient parfois à un détail. ici, le père du narrateur est fou des
États-Unis. Cette passion pour un pays, une histoire, un mode de vie, une attitude, aussi,
constitue la vitrine d’une maisonnée atypique. Au moment où l’auteur, trentenaire parisien
surbooké, apprend qu’il va bientôt être papa, son géniteur lui annonce qu’il est atteint d’un
cancer. Dès lors, une fébrilité à organiser sa vie, sa carrière et ses souvenirs s’empare de lui.
Depuis toujours, son père, mais aussi sa mère, son frère et lui-même semblent s’inventer des
rôles sur mesure pour mieux jouer la comédie familiale. « Mon père voulait être un héros
américain. Nous n’avions jamais tenté de le dissuader », écrit Erwan Desplanques. Il est
amusant de faire la connaissance de ce personnage qui arbore les chaussettes officielles
de la Maison-Blanche, collectionne les armes à feu et parade au volant d’une Dodge ou
d’une Jeep… dans les rues de Reims ! Car l’Amérique n’est qu’un rêve, mais partagé de bonne
grâce par toute la famille. Modernes et un rien décadents, le père et la mère ont des maîtresses et des amants, divorcent et se réconcilient comme Liz Taylor et Richard Burton. Nous
sommes les spectateurs d’une comédie made in USA, quel cinéma !
« L’aMéRique deRRiÈRe Moi », d’erwan desplanques (L’olivier, 172 p.).
« un pÈRe à La pLancha », de samuel
poisson-quinton (L’arbalète, Gallimard, 118 p.).
premier roman
GÉnÉajOLie
4
par oliVia de laMberterie
« Ton père n’est pas ton père. » La phrase tombe comme un couperet séparant à
jamais la vie d’avant, celle de l’innocence, de la vie d’après, celle des questions sans fond. Le
12 octobre 1984, Thomas a 14 ans quand sa mère lui assène la nouvelle et qu’il découvre que son existence
est encore plus compliquée que « La Guerre des étoiles ». Son géniteur ? Sa mère n’a jamais su son nom.
« Ça ne change rien de toute façon. » Un peu court pour un garçon qui ne saurait vieillir en fils de personne
et qui partira donc en quête d’un certain K, initiale trouvée sur une carte postale. Quand on est né en 1970,
forcément l’histoire s’invite dans les généalogies. Si le Cambodge joue ici un rôle déterminant, c’est un
premier roman de sentiments que signe Philippe Beyvin, sans effet de manche mais au charme fou et
amoureux, le beau livre d’un cœur recousu. n
« Les photos d’un pÈRe », de philippe Beyvin (Grasset, 220 p.).
30
E L L E .Fr
patrice lenormand/leextra via leeemage ; presse.
2
Une photographie montre les
reliefs d’un dernier repas sur une
nappe froissée, et c’est le motif d’un
roman qui apparaît. Samuel PoissonQuinton a toujours, dans « Un père à la
plancha », une raison d’introduire un
lapin, un chevreuil ou une simple betterave dans le champ de la narration.
Lorsque le jeune homme apprend par un
coup de téléphone la mort de son géniteur, il est en train de retourner des steaks
au Palais des Burgers. Incapable de trouver les mots pour informer ses collègues
de l’événement, il s’efforce
de continuer son travail en
cuisine… Ces mots, lorsqu’il
les rassemble, dressent le
double portrait d’un fils et
de son père, racontent la
relation compliquée avec
une personne qui s’éloigne
du réel. La solitude, la folie,
un certain humour aussi composent un personnage de psychiatre, qui, lorsqu’il finit
par être interné pour de longues années,
déclare à son fils : « Oh, tu sais, en tant que
médecin, c’est très intéressant de se retrouver de l’autre côté ! » Avant quoi il aura eu
le temps, entre autres exploits culinaires,
d’adresser un millefeuille empoisonné au
Président Sarkozy et de verser du cyanure
dans le potage destiné aux convives (qui
en sortiront tous indemnes !) venus chez lui
assister à une projection du « Roman d’un
tricheur », de Sacha Guitry. Incisif et touchant, ce premier roman est une très belle
entrée en littérature. H.V.
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11 janvier 2019
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Kaspar colling nielsen
révélation
Le HoueLLebecq
danOis !
L’accroche est racoleuse, mais, malgré son physique de
Viking et ses yeux de husky, le Danois Kaspar Colling Nielsen
entretient en effet quelques affinités avec notre Michel national. Situé
dans un futur affreusement proche, « Les Outrages » envisage l’avenir
des bons sentiments, mais, au lieu des cadres moyens et des parkings,
il vise les hipsters et leurs potagers bio. Au centre du roman, il y a Stig,
ancien punk, galeriste d’art contemporain, marié à une experte en
intelligence artificielle. Lorsqu’elle est invitée par un grand laboratoire
à vivre sur l’île de Lolland, privatisée et transformée en paradis écolo,
le couple y voit l’occasion d’éloigner leur fille, Emma, de la violence
de la ville, quadrillée par des barrages anti-migrants. Quant au gros
Christian, l’artiste vedette de Stig, il est en pleine idylle avec une jeune
fille étrange, mais sexuellement très disponible. Libido marchande,
apartheid mondial, élite écolo, cynisme du progrès : les thèmes se
bousculent dans ce page-turner truculent et mélancolique, qu’on
dirait écrit par toute une équipe de petits génies des séries télé. Il
faudrait encore évoquer, sans trop en dire, les personnages d’animaux, géniaux, qui ajoutent une note
de fable. La dénonciation est plus évidente que chez
Houellebecq, le plaisir plus immédiat, mais l’esthétique aussi singulière – comme cette montagne de
Lolland, paysage artificiel qui provoque pourtant de
très sincères rêveries chez le promeneur, et le lecteur
du livre. Le romantisme est un mensonge, mais l’émotion est vraie.
« Les outRaGes », de Kaspar colling nielsen,
traduit du danois par alex fouillet (calmann-Lévy, 407 p.).
E L L E .Fr
isak hoffmeyer ; presse.
par MarGuerite bauX
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ELLE livreS
confirmation
L’iRLandaise qui monte
par Pascale Frey
il y a cinq ans, Michèle Forbes, après avoir longtemps brûlé les planches
des scènes irlandaises, se lançait dans la littérature avec « Phalène fantôme »,
une merveille. Le genre de texte dont on a envie de souligner chaque phrase ou presque.
Le deuxième livre représente un passage difficile dans une carrière d’écrivain. Obstacle
franchi brillamment avec ce nouveau roman, dont l’écriture imagée et ciselée se met au
service d’une descente aux enfers heureusement illuminée d’éclats de vie et même d’éclats
de rire. « J’ai toujours été fascinée par le monde du music-hall, souvent extravagant et peuplé
de gens hors norme », se souvient la romancière, qui imagine un couple d’artistes : Oliver
est illusionniste, Edith pianiste. « Au début du XXe siècle, l’univers du spectacle se trouve en
pleine mutation. Le cinéma fait son apparition et captive un public qui déserte alors les autres
productions. » Oliver sacrifie tout à la passion de son métier, qui va le détruire petit à petit.
Comment lutter contre des salles qui se vident et des imprésarios qui bradent son travail ?
L’illusionniste perd peu à peu ses illusions. Ce récit est né d’une scène inoubliable, bouleversante, que l’on vous laissera découvrir. « J’ignore comment j’en suis arrivée là, mais je l’ai
visualisée. Je n’étais pas certaine de savoir où elle allait m’emmener, mais, comme je suis
aussi comédienne, je n’ai pas peur de la dramatisation. » Dès les premières pages, il est clair
que l’histoire ne se terminera pas très bien, « pour me débarrasser d’emblée du suspense ».
Le lecteur a, dès lors, l’esprit libre pour se concentrer sur la richesse du style, la montée de
la tension dramatique et les personnages pleins de douleur et de passion. n
« edith & oLiveR », de Michèle forbes, traduit de l’anglais par anouk neuhoff (quai voltaire, 435 p.)
et aussi : « phalène fantôme » (La petite vermillon, La table Ronde.)
© Valérie Archeno
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ELLE. « Maryland », la maison où vous
avez grandi, était-ce un enfer ?
A.d. C’était surtout une maison totalement
délabrée dans la Beauce, au milieu des
champs de betteraves. Sans aucun confort,
perpétuellement en travaux. On y habitait,
mon frère, mes sœurs et moi, avec notre mère
et des enfants de la Ddass, parfois plus de
vingt en même temps. Ma mère ne vivait que
des allocations que l’Êtat lui versait pour les
accueillir. Donc, plus il y avait d’enfants, plus
elle avait d’argent… Ma sœur aînée s’occupait de tout. Nous étions totalement livrés à
nous-mêmes, mais nous étions une fratrie unie.
Audrey dana
Sacrée famille
PAR Nathalie Dupuis
On connaissait l’actrice à l’aise dans
tous les registres, la réalisatrice à succès,
on découvre l’écrivaine. Dans son premier
roman, « Fa(m)ille », Audrey Dana raconte
une enfance pas comme les autres, entre un
père génial mais absent et une mère laxiste
et distante. De ses souvenirs, elle tire un récit
sensible, poignant, jamais larmoyant. La
sacrée histoire, qui se lit le cœur serré, d’une
petite fille sans (re)père(s), devenue une
femme talentueuse et singulière.
ELLE. Quelle est la genèse de ce livre ?
AudrEy dAnA. Je voulais faire de cette
histoire mon premier film. J’avais écrit un scénario, mais ceux qui l’ont lu étaient trop retournés par sa teneur un peu glauque ! Je suis
donc partie sur autre chose… L’an dernier, j’ai
monté mon spectacle « Indociles », qui racontait des bribes de mon enfance. Des éditrices
sont venues le voir et m’ont poussée à écrire.
34
ELLE. En quoi était-ce plus simple à ce
moment-là de raconter votre histoire ?
A.d. Il fallait que je sois en paix pour l’écrire.
Que j’aie pris de la distance. Que je sois
bienveillante et reconnaissante. Certes, j’ai
eu une enfance haute en couleur que je ne
souhaite à personne. Mais c’est ce parcours
qui a fait de moi la femme que je suis
aujourd’hui.
ELLE. Quand avez-vous pris conscience du
caractère hors norme de votre enfance ?
A.d. Lorsque je suis moi-même devenue
mère, à 21 ans. Avant, mon monde était celui
que l’on m’avait donné à voir. Même si
j’avais souvent la sensation de vivre en enfer,
et même si je ne rêvais que d’une maman qui
m’aime et me protège, j’ai longtemps cru que
les papas ne s’occupaient pas de leurs
enfants et qu’il était normal que ma mère
passe ses journées au lit.
ELLE. On découvre que vous avez toujours voulu être une actrice…
A.d. Oui, je l’avais annoncé à mon père à
l’âge de 6 ans. Il m’avait répondu : « Passe
ton bac d’abord » – un grand classique.
J’avais donc un but, ce fichu bac, et, après,
vive la liberté. Lorsque je l’ai décroché avec
mention, il m’a dit que, avec un 16 en philo,
on fait des études et on change le monde. Je
lui ai alors écrit une lettre pour lui faire part
de mes doutes et de mes interrogations.
Qu’il m’a renvoyée entièrement raturée,
avec en conclusion : « Et si l’art de vivre était
l’art d’écrire ? Médite cela, ma fille. » Je lui
ai répondu, sans une faute d’orthographe :
« Et si l’art de vivre était celui d’élever ses
enfants ? Médite ça, papa. » On ne s’est pas
vus pendant deux ans !
ELLE. Finalement, qu’est-ce que votre mère
vous a transmis ?
A.d. Elle m’a appris à n’avoir peur de rien,
car elle ne s’inquiétait jamais pour nous.
Grâce à elle, je n’ai jamais envisagé le
monde comme quelque chose de dangereux. Et le théâtre permanent qu’était notre
maison a sûrement nourri mon imaginaire.
ELLE. Et votre père, cet as des cartes, qui
a longtemps travaillé à ELLE ?
A.d. Mon père est mort il y a plus de quinze
ans. Mais il est là à travers tout ce qu’il m’a
laissé comme empreintes et
comme cicatrices. Il ne nous a
pas élevés, mais il aimait ses
enfants. Infiniment. Et je pense
que l’on peut se remettre de
tout, du moment que l’on a
reçu de l’amour. n
« FA(M)iLLE », d’Audrey
dana (Les Èquateurs, 220 p.)
En librairie le 16 janvier.
E L L E .FR
B. decoin/starface ; presse.
w
rvie
inte
11 JANVIER 2019
ELLE livres
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UN BALLET
VIREVOLTANT
D’ÉMOTIONS
« Un mélange de sensualité
extrême, de finesse, de désir
urgent et vertigineux qui
tourmente ses personnages.»
Nine de Mille et une pages
EN LIBRAIRIE
LE 3 JANVIER
au format poche
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LA GAZETTE FASHION
11 janvier 2019
ELLE style / MODe
Tendances, griFFes, bouTiques, siTes, inFos… chaque semaine,
on vous dÉvoile le meilleur de la mode.
par sophie gachet
les souliers
dont tout
le monde parle…
les « MAureeN »
de malone
busIness Is
business
le commerce a
enregisTrÉ un
recul moyen de
25 % de son
chiFFre d’aFFaires
sur un an
en raison des
maniFesTaTions
des gileTs jaunes.
la Fille sTylÉe
de la semaine
alors que le ToTal-look
carreaux esT d’acTualiTÉ, emily
blunT (en michael kors
collecTion) a la bonne idÉe
de mÉlanger les TarTans.
dans des Tons Très Écossais.
Source : secrétariat d’Ètat
à l’Économie.
anya
taylor-Joy
vIp
news
Jennifer lawrence
Malone, c’est la marque de chaussures qu’il faut suivre de près.
Avec 320 points de vente dans le monde, ce label se prépare à
un bel été et annonce une augmentation de ses ventes auprès des
détaillants de 176 % par rapport à l’automne 2018. Mary Alice
Malone, qui a cofondé la marque en 2014, vient de revenir dans
la société après avoir fait une petite pause. Le modèle culte ? Les
« Maureen », intemporelles et modernes à la fois. On les a déjà
vues sur Jennifer Lawrence et Anya Taylor-Joy.
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beauty scoop
11 janvier 2019
ELLE style /BeAUtÉ
soins belle peau et make-up Flatteur : les réjouissances de la semaine.
par Élisabeth Martorell, Valentine PÉtry et isabelle sansonetti
2
Tangerine chic
Un mat poudré à souhait qui tatoue majestueusement
les lèvres bien hydratées.
Rouge Allure Liquid Powder, Electric Blossom, Chanel, 36 €.
82 %
Source : Harris Interactive/Zooms
de l’Observatoire Cetelem,
novembre 2018.
soin palace
Le nouveau protocole anti-âge
de la marque La Mer permet de
(re)découvrir les bienfaits régénérants
du fameux actif Miracle Broth dans un
cadre hautement étoilé. Chaque étape
– du démaquillage au modelage
raffermissant du visage, des bras et
du décolleté – participe à la détente
des traits comme à celle du mental.
Lissantes ou appuyées, les manœuvres
et l’utilisation de pierres de massage
drainent et tonifient. On en profite
ensuite pour se délasser dans le Jacuzzi.
Le soin Génaissance de La Mer, 90 mn,
315 €, Spa du Park Hyatt Paris-Vendôme,
5, rue de la Paix, Paris-2e. Tél. : 01 58 71 12 34.
3
crème de Fleurs
À peine ouvert, ce soin pour les mains évoque une
brassée de mimosa fraîchement coupé. Côté texture,
il fait le job, nourrit et pénètre sans effet gras.
Et son allure de tube de dentifrice pop ne gâche rien !
Crème Mains Hydratante Extra Pur Fleur de Mimosa,
Compagnie de Provence, 100 ml, 14 €.
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4
sur mesure
On connaît les « basiques » de
Clinique : ses soins hydratants
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11 janvier 2019
ELLE mag / interview
Karine Le MarchanD
« J’ai envie d’absolu »
elle est belle comme une top et naturelle comme une paysanne.
la présentatrice de « l’amour est dans le pré »
déFend Farouchement sa liberté et celle des autres.
par ÉDouarD Dutour et Marion ruggieri photographe Jean-franÇois robert
(Chemise BarBara Bui, Jupe alexandre Vauthier, sandales Zuhair murad.)
« Je suis toutes les femmes », chantait Dalida… Karine
Le Marchand pourrait s’en enorgueillir ! Tant cette grande sauterelle cumule des qualités plus ou moins contradictoires sans donner l’impression de vouloir brouiller les pistes. Dans les campagnes qu’elle arpente pour « L’amour est dans le pré »*, on
appelle ça « une nature ». En vrac : reine de M6 où elle alterne
confessions rurales et politiques, garçon manqué et physique de
top-modèle, scandaleuse à l’occasion et célibataire assumée,
gilet jaune et résidente du 16 e, #MeToo mais volontiers coquine
aux « Grosses Têtes », très sympathique et réputée emmerdeuse...
Mais qui êtes-vous, mademoiselle Le Marchand ? Interview aux
ambitions intimes.
ELLE. En décembre, vous avez dit comprendre la colère des
gilets jaunes, la détresse des agriculteurs, l’isolement des mères
célibataires... Vous vous lancez en politique ?
KarinE LE marchand. Non, pas du tout ! Je ne suis porte-parole
de personne, je craindrais trop d’être instrumentalisée et il aurait été
indécent de porter un gilet jaune avec ce que je gagne. Mais je perçois la souffrance de ceux « qui ne sont rien », comme le président de
la République l’a maladroitement dit. Bien sûr, il y a des problématiques économiques, mais on sent aussi que les gens ont besoin d’être
considérés, de retrouver l’estime d’eux-mêmes. On vit dans une
époque basée sur la performance en oubliant que chacun a besoin
de savoir qu’il vaut quelque chose. Humainement. Qu’il a de la
valeur. On ne se le dit plus nulle part, même en couple !
ELLE. Votre ambition, c’est donc l’intimité, pour se référer au
thème d’une de vos émissions ?
K.L.m. Je dirais plutôt que je cherche à montrer une vérité, au-delà
des caricatures. Par exemple, les paysans ne sont pas forcément des
gens qui s’expriment mal avec un fort accent ! Dans la dernière saison
de « L’amour est dans le pré », il y avait un agriculteur gay : pour la
première fois en prime time à la télévision – et j’en suis fière –, on ne
parlait pas de sa sexualité mais uniquement du fait qu’il cherchait
l’amour au même titre que les autres candidats. Il marchait sur la
plage, main dans la main avec un garçon, c’était beau... Je crois aux
vertus de la banalisation. Peut-être parce que je suis métisse et que je
milite pour l’indifférence. Je pense que dans mon travail, ma couleur
de peau n’est plus une question ni un sujet. Personne n’allume plus sa
télé en se disant : « Elle est noire, Karine Le Marchand ! »
E L L E .Fr
ELLE. d’où vous vient cette disposition pour la confession ?
K.L.m. Je me reconnais dans ceux que j’interviewe, peu importe leur
milieu social. Quand je regarde « L’amour est dans le pré », je me
retrouve dans la maladresse de ceux qui tentent de séduire. J’ai
connu ces moments où tu crois à un nouveau bonheur alors que tu es
en train de choisir la mauvaise personne, ces périodes de doutes qui
créent des angoisses...
ELLE. aujourd’hui, qui auriez-vous envie de recevoir sur le
canapé d’« Une ambition intime » ?
K.L.m. J’aimerais beaucoup entendre Brigitte Macron ! Édouard
Philippe aussi. Et échanger avec le président, en dehors de ses prises
de parole officielles. On l’entend souvent, mais jamais face à
quelqu’un qui lui poserait des questions toutes simples. Je voudrais
percer sa carapace, obtenir une parole d’homme. Je voudrais qu’il
parle de l’image qu’il renvoie, essayer de comprendre pourquoi il
n’est pas toujours entendu. Emmanuel Macron n’est pas quelqu’un
qui exprime facilement ses émotions. Pour en avoir parlé avec sa
femme au téléphone (nous évoquions son éventuelle participation à
l’émission avant la présidentielle), il n’est pas très à l’aise avec
l’intime. Il cloisonne énormément. Il y a sûrement un monde entre ce
qu’il montre de lui aux Français et la manière dont il se comporte avec
ses petits-enfants, par exemple.
ELLE. Et vous, vous êtes-vous déjà allongée sur un divan ?
K.L.m. J’ai fait une psychothérapie, de la EMDR (« Eye Movement
Desensitization and Reprocessing »), j’adore tester plein de trucs !
Aujourd’hui, je pratique surtout l’hypnose grâce à laquelle j’ai
soigné mon addiction au chocolat et au Coca. Je m’affamais pour
pouvoir manger des tonnes de chocolat sans grossir. C’était
ridicule ! Je continue à voir un thérapeute comportementaliste deux
fois par mois qui m’aide à avoir de bonnes relations avec mes
équipes ou avec ma fille. J’avais en moi une colère et une peur de
l’abandon... Mon père est parti quand j’étais très jeune. Mais je
n’ai pas du tout eu une enfance difficile, au contraire. J’ai toujours
eu cette propension à prendre la vie du bon côté. J’ai grandi à
Nancy, avec ma sœur et ma mère, et une grand-mère que
j’adorais. Je n’ai pas manqué d’amour, j’ai bénéficié de regards
bienveillants, féminins. Celui d’un père protecteur m’a manqué,
alors je suis devenu mon propre père. Avec le temps, je sais que je
peux compter sur moi.
41
photos Jean-franÇois roBert. Veste « resolute BlaCk » BlaZé, pantalon BarBara Bui, esCarpins «i loVe » roger ViVier.)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ELLE mag / interview
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ELLE. comment avez-vous perçu #meToo, vous qui avez porté
plainte pour violences conjugales en 2013 contre Lilian Thuram ?
K.L.m. J’ai porté plainte pour montrer à ma fille qu’aucun homme,
aussi connu soit-il, ne peut avoir ce genre de comportement. Finalement, comme il s’est excusé devant elle, j’ai retiré ma plainte tout en
maintenant que les faits avaient bien eu lieu... Quant à #MeToo, en
tant que mère, je trouve ça formidable de penser que si votre fille subit
une violence, elle osera en parler. #MeToo nous a fait prendre
conscience que les choses peuvent changer, qu’on a le droit de
dénoncer ces comportements et qu’il faut des sanctions. Après, je
participe aux « Grosses Têtes », j’ai un humour assez « cul »... Dieu
merci, en France, une émission aussi politiquement incorrecte dans
laquelle Laurent Baffie me parle de fellation en insinuant que je suis
une fille facile peut encore exister ! Ça n’a rien à voir avec le regard
que certains dégueulasses posent sur vous comme sur un morceau
de steak. Le respect est une question d’attitude plus que de mots.
ELLE. aujourd’hui, vous êtes amoureuse ?
K.L.m. Non, je suis seule et heureuse. Je suis mère célibataire, ma
fille a 16 ans, je n’ai aucune envie de lui imposer un homme à la
maison et d’éventuelles séparations. C’est toujours douloureux...
Elle a grandi loin de son père, puis elle a vécu avec un beau-père,
Lilian Thuram, pendant huit ans,
ELLE. Votre liberté de ton, on
jusqu’à notre séparation brutale
vous l’a parfois fait payer ?
en 2013. Je préfère désormais
notre cocon de filles, stable,
K.L.m. Ah oui ! Je suis célibataire,
avec notre chat ! En tout cas,
je suis une femme libre, j’ose dire
jusqu’à ce qu’elle passe son
non, j’ai de l’ambition, je cherche
une sexualité épanouie, j’ai envie
bac... C’est ma responsabilité
d’absolu... ça peut déranger ou
de la conduire vers elle-même,
vers sa féminité, et même si c’est
alimenter le cirque médiatique.
un peu sacrificiel, je ne veux pas
Mais j’ai 50 ans, j’ai travaillé dur
l’abandonner pour un homme.
depuis mes 17 ans, je gagne bien
Nous avons transformé ce qui
ma vie : j’assume ! Enfant, j’ai vu
pourrait être douloureux en un
ma mère compter même pour une
d
n
a
h
c
r
a
karin e le m
délice. À Noël, on est parties en
baguette, alors je profite d’un cervacances toutes les deux, on a
tain confort et j’ai arrêté de me
dormi ensemble... Elle est adolescente, normalement chiante je dire que c’était trop beau pour moi. Mais je ne peux pas être proche
dirais. [Rires.] J’en profite avant qu’elle ne quitte la maison.
de quelqu’un qui considère l’argent comme une valeur primordiale.
rai
Je suis un v
n qu É !
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cLassiq
Me :
être un hoM !
aLLs
charLes ing
ELLE. comment gérez-vous votre notoriété ?
K.L.m. Je vis en permanence avec une forme de myopie. Je suis dans
une bulle, avec un champ visuel restreint, je ne vois plus le fait que les
gens se retournent sur moi. Pour ma fille, c’est plus difficile, surtout
qu’elle vivait avec un beau-père champion du monde de foot. À
5 ans, elle m’a dit qu’elle en avait marre que je ne sois plus à elle.
Depuis ce jour, je refuse toute photo ou tout autographe quand je suis
avec ma fille. Je n’ai jamais dérogé à la règle, je l’explique aux gens
et ils le comprennent, même si ça leur est parfois désagréable.
Aujourd’hui, il lui arrive de plaisanter avec ça : « Ça va, j’ai 16 ans,
elle était quand même gentille, cette dame ! » Si on la montre dans
la presse, j’attaque systématiquement, à tel point qu’elle m’a dit : « J’ai
parfois l’impression d’être cachée comme le deuxième fils de
Claude François ! »
ELLE. il vous arrive tout de même d’exposer votre vie amoureuse
sur les réseaux sociaux. avec JoeyStarr, récemment...
K.L.m. Je l’ai rencontré dans un cadre professionnel et il a posté une
photo de nous deux. Plus tard, il a posté une photo de moi en train de
dormir. J’ai fait la même chose deux mois plus tard... Mais ce n’était
pas de l’exposition, je ne me suis pas exprimée, je n’ai ni confirmé ni
démenti quoi que ce soit. Et vous savez, des photos intimes avec
Stéphane Plaza, mon meilleur ami, j’en ai posté des dizaines !
44
ELLE. En parlant de vos 50 ans, vous ne les faites vraiment pas !
K.L.m. Je trouve que c’est un âge où ce que l’on a vécu se voit. Si vous
êtes malheureuse, aigrie, frustrée, si vous avez une mauvaise hygiène
de vie, si vous vivez avec quelqu’un que vous n’aimez pas, si vous êtes
jalouse des autres... cela finit par se voir ! Bon, je dois aussi dire que
j’ai eu recours à la chirurgie esthétique, je l’assume parfaitement, je
n’aime pas qu’on culpabilise les femmes sur ce sujet. Sinon, je dois
avoir une bonne génétique, j’ai arrêté de fumer à 39 ans, je me suis
mise au sport, et quand je sens que j’abuse un peu du rosé, je passe
en mode détox. Mon plaisir, chaque 1er janvier, c’est d’aller courir, qu’il
pleuve ou qu’il vente, pendant que tout le monde a la gueule de bois !
ELLE. À ce sujet, que vous souhaiter pour la nouvelle année ?
K.L.m. L’an passé, on m’a détecté une tumeur à l’utérus et j’ai dû subir
une hystérectomie. J’ai eu peur d’avoir un cancer, de mourir, heureusement tout s’est bien passé. Aujourd’hui, j’ai la vie devant moi. Le fait
de ne plus avoir d’utérus, l’effroi que ça a suscité autour de moi m’a
poussée à me poser des questions sur le vrai sens de la féminité : ne
plus pouvoir enfanter n’a rien à voir avec le plaisir sexuel, le plaisir de
vivre et de se sentir femme. Pour 2019, je souhaite à toutes les filles
d’oser davantage sans culpabiliser. n
* Les portraits des agriculteurs de la nouvelle saison de « L’amour est dans le pré »
seront diffusés à la fin du mois sur m6.
E L L E .Fr
photos Jean-françois roBert. assistante stylisme èVe maeno. maquillage CoCo oliVaud. Coiffure katia giorgi. (Veste et pantalon ermanno sCerVino, t-shirt maJestiC filature.)
ELLE. Quel genre de rapport cela induit avec les hommes ?
K.L.m. Je n’ai pas eu un père pour me défendre ou me dire que j’étais
jolie, que j’étais sa princesse... Du coup, je suis un vrai garçon manqué ! Avec une vision assez classique de ce que doit être un homme :
Charles Ingalls ! Un type rassurant mais qui accepte aussi une véritable égalité au sein du couple. Autant dire que ce n’est pas facile à
trouver. Être seule ne me pose aucun problème, mais je ne sais pas
aimer à moitié. Quand j’aime, je donne tout, mais si on me trahit, je
reprends tout. J’ai une idée assez exaltée de l’amour, pas toujours
compatible avec la vie de couple.
11 janvier 2019
ELLE mag / interview
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
00 xxxx 2019
Leticia, Carla,
Jennifer et Alisson,
dans la cour du lycée
Thomas Riley,
à Los Angeles,
le 14 décembre 2018.
reportaGe à loS aNGeleS
LE LYCéE qui sauvE LEs
teeN MoMS
À Los AngeLes, dAns Le
quARtieR déshéRité de WAtts,
LA thomAs RiLey high
schooL AccueiLLe
excLusivement des jeunes
FiLLes mèRes. un Lieu
d’exception qui Redonne
de L’espoiR.
pAR Jacky GoldberG photogRAphe Matthew reaMer
46
Il est 12 h 30 lorsque retentit la sonnerie du lycée
Thomas Riley, à Watts, dans le sud de Los Angeles. Dans
la salle de classe, les élèves, une petite vingtaine, uniquement des
filles, rangent trousses et cahiers dans leur sac à dos, se lèvent, et vont
saluer leur professeure d’anglais, d’histoire-géo et d’études sociales,
Mrs Minton, avec une cordialité qui ne laisse aucun doute sur sa
popularité. « Passez de joyeuses fêtes, mes chères ! On se voit à la
rentrée. Et pour celles qui ne pourront pas, je vous souhaite par
avance le meilleur et vous dis à très bientôt », lance-t-elle le plus chaleureusement du monde. Nous sommes le vendredi 14 décembre,
veille des vacances de Noël, et elles ne se reverront pas avant trois
semaines. Les bras chargés de cadeaux, glanés quelques heures plus
tôt dans une petite foire organisée par l’assistante sociale du lycée,
les jeunes filles se séparent dans la cour. Certaines vont profiter du
déjeuner offert (des tamales, spécialité mexicaine, sorte de crêpes à
base de maïs, fourrées à la viande et servies avec des haricots rouges
E L L E .FR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ELLE mag
nous les recueillons,
et faisons de notre mieux
pour les amener jusqu’au
bac, afin de préserver
leur avenir.
Lin dA Ro uss eL, pRovis euRe
La professeure d’anglais
Barbara Minton.
ou du riz), d’autres rentrent directement chez elles, seules ou accompagnées de leur mère. Mais une poignée d’entre elles sont attendues
impatiemment derrière la grille par quelqu’un d’autre : leur enfant.
La Thomas Riley High School n’est pas un lycée comme les autres : il
est réservé aux adolescentes enceintes ou déjà mères. Âgées de
14 à 21 ans, les soixante-dix élèves, réparties sur trois campus, de la
cinquième à la terminale, sont inscrites là dans l’espoir de décrocher
leur bac ou, à défaut, une équivalence (appelée GED, ou General
Education Development). Comme n’importe quelle lycéenne, donc.
Sauf qu’elles cumulent les handicaps : elles doivent non seulement
faire avec la maternité ou la grossesse, pas toujours désirée, mais
elles proviennent de surcroît, pour l’écrasante majorité, de milieux
défavorisés – les deux étant évidemment liés par une infernale,
quoique résistible, logique déterministe. « Nos étudiantes sont souvent issues de familles à problèmes et vivent dans des quartiers difficiles, confirme Linda Roussel, proviseure du lycée depuis douze ans.
Pour beaucoup, notre établissement est une deuxième chance après
qu’elles se sont rendu compte qu’il était compliqué voire impossible
de rester dans un lycée traditionnel. Alors nous les recueillons, et faisons de notre mieux pour les amener jusqu’au bac, afin de préserver
leur avenir. Nous tâchons aussi, c’est essentiel, d’en faire des jeunes
femmes accomplies et responsables. » Une double mission donc :
préparer à un diplôme, mais aussi préparer à la vie, ici moins souriante qu’ailleurs.
Il faut rouler longuement, depuis les beaux quartiers de Los Angeles,
pour arriver à Watts, un des faubourgs les plus pauvres de la mégalopole californienne, tristement célèbre pour ses émeutes raciales
E L L E .FR
Arys et son bébé.
de 1965, puis pour celles de 1992, dont l’épicentre se situait à
quelques kilomètres seulement. Pour se figurer les rues du ghetto en
ces temps-là, on peut revoir « Killer of Sheep », de Charles Burnett,
chef-d’œuvre de 1977 racontant le quotidien d’un ouvrier des abattoirs, ou encore « Menace II Society », des frères Hughes, qui montre
le quartier en 1993, durant l’âge d’or du hip-hop et des guerres de
gang. Mais c’est plus sûrement « Wassup Rockers », de Larry Clark,
ode aux skateurs sortie en 2006, qui donnera une image juste de
ce qu’est aujourd’hui Watts : un quartier essentiellement latino (à
60 %), où la violence, quoique relativement plus présente qu’ailleurs,
a fortement baissé – ce qui n’a pas pour autant réglé tous les problèmes. Au milieu d’une zone résidentielle, composée de mornes
blocs de béton, de plain-pied, aux fenêtres protégées par des barreaux de fer verdâtres (un paysage horizontal, typique de
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11 jAnvieR 2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ici, j’ai trouvé
du soutien, des
ressources, de la
flexibilité et des
filles qui sont
comme mes sœurs,
qui comprennent
mes problèmes.
L e s L i e , Ly c é e n n e
Kanani
Kayli, 14 ans, la plus jeune de la classe,
et Kenya, 17 ans, enceinte de sept mois.
Los Angeles, très différent de nos grandes barres de HLM),
se trouve depuis 1985 le lycée Thomas Riley.
C’est un petit ensemble de bâtiments aux murs ocre et rose délavés
qui se tient là, séparé d’une école primaire par une grille. Une demidouzaine de salles de cours sans fioritures (mais avec des portraits
d’Obama), une grande salle de réunion, une cour garnie de
quelques bancs et tables protégés par un auvent, un peu de verdure
çà et là… La richesse, ici, n’est manifestement pas dans les infrastructures, financées par la municipalité, mais plutôt dans l’encadrement :
une demi-douzaine de professeures, soutenues par une équipe
extra-pédagogique soudée – « tiny but mighty », selon la formule de
la prof d’anglais Barbara Minton, qu’on pourrait traduire par « petite
mais costaude ». À sa tête, Linda Roussel n’est pas du genre à rester
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C’est que les besoins sont énormes, et la puissance
publique largement absente. Chaque année aux États-Unis,
plus de 200 000 jeunes filles de moins de 19 ans enfantent*. C’est,
rapporté à la population, près de deux fois plus qu’en France. Et si les
statistiques indiquent une baisse continue du phénomène de la « teen
mom » — qui est d’ailleurs le nom d’un reality show toujours populaire
sur MTV —, celui-ci demeure massif, dans un pays où la contraception
est onéreuse, la sexualité souvent mal enseignée et l’avortement
encore tabou pour beaucoup. Et notamment pour les Latino-Américaines, qui composent la quasi-totalité des étudiantes du lycée Thomas Riley. La question ne s’est ainsi pas posée pour Kenya, 17 ans,
enceinte de sept mois, qui a préféré renoncer à l’école militaire la
préparant au concours d’entrée dans l’US Air Force, plutôt qu’à son
bébé. « Contrairement à ce qu’on dit, la vie ne s’arrête pas quand on
a un enfant ! » s’exclame la jeune femme, au visage encore poupin,
et qui souhaite toujours, dès qu’elle le pourra, s’engager dans l’armée, « pour y devenir médecin examinateur ». On l’écoute raconter
sa vie à Watts, avec sa petite sœur et sa mère célibataire (les familles
monoparentales sont ici la règle), la violence de son « boyfriend »,
qu’elle quitta le jour où il pointa sur elle son revolver, et la grossesse,
accidentelle, avec un autre homme, avec qui elle était aussi sur le
point de rompre, avant de se réconcilier par sens des réalités… « Et
E L L E .FR
MatthEw REaMER
derrière son bureau, les bras croisés. Au cœur de la matinée, nous
la verrons courir partout, occupée à mille tâches, la mine inquiète.
« Elle se bat constamment pour le lycée, avec une énergie folle »,
nous confient ses collègues. Une partie de son activité consiste
notamment, avec son assistante sociale Leslie Prieto, à nouer des
partenariats et à trouver des sponsors. Elles ont ainsi convaincu Jessica Alba et son Honest Company de leur fournir gracieusement des
couches et autres produits pour bébé, en plus de venir une fois par
an saluer les jeunes mamans. Une mission dont l’actrice s’acquitte,
selon elles, par plaisir et authentique dévouement.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ELLE mag / reportage
Ci-dessous, Leticia et
Roxanne révisent leur cours.
Ci-contre, Daisy et sa fille.
encore, c’est loin d’être l’histoire la plus tragique, nous confie Barbara
Minton. Certaines filles ont été violées, battues, d’autres sont SDF,
orphelines… On recueille ici une grande misère, qu’on s’efforce de
laisser à la porte de notre petit havre. »
En première ligne, Luanne Rosevear, une infirmière qui termine là sa
carrière, après quarante ans de bons et loyaux services à l’hôpital,
et qui entretient un rapport forcément plus intime avec les élèves que
dans un établissement classique. Un rapide sondage sur les ambitions professionnelles des jeunes filles est d’ailleurs sans équivoque :
la plupart d’entre elles veulent devenir infirmières, quand ce n’est pas
enseignantes. L’effet miroir marche à plein. « Il arrive qu’on se sente
comme leur mère. On pallie les déficiences, parfois béantes, de leur
famille. On les soutient. On leur montre comment s’occuper de leur
bébé, et particulièrement, en ce qui me concerne, comment allaiter »,
explique l’infirmière. L’allaitement est véritablement sa croisade, dans
un pays où, aussi incroyable que cela puisse paraître, la pratique
demeure controversée – elle n’a été complètement légalisée sur
l’ensemble du territoire qu’en juillet 2018 ! S’il n’existe pas encore de
garderie au sein du lycée (« mais c’est notre prochain objectif, on
cherche les fonds », avance la principale), une salle avec des
pompes à lait est accessible à tout moment. De même, les élèves
peuvent facilement aller et venir aux toilettes sans se justifier. Et là où
E L L E .FR
les après-midi sont normalement réservées au sport et
aux autres activités extrascolaires, les élèves du lycée
Thomas Riley ont l’autorisation de rentrer chez elles
s’occuper de leur bébé.
« Le but est de leur fournir l’environnement le plus
adapté et accueillant possible », précisent l’infirmière
et la prof d’anglais, avant de détailler fièrement les
autres spécificités de leur établissement : des cours de
contraception (pour éviter une seconde grossesse
non désirée) et des préservatifs gratuits, des cours de
nutrition et de parentalité, du conseil juridique, des
ateliers de thérapie artistique en collaboration avec une université
prestigieuse**, des visites médicales et dentaires, une doula venant
régulièrement prodiguer des conseils sur l’accouchement… Bref, tout
ce que l’Ètat providence, notoirement déficient ici – et encore, un peu
moins à L.A. qu’ailleurs –, ne fournit pas aux plus pauvres. Avant que
l’on reparte, Leslie, 18 ans, enceinte de quatre mois, vient nous expliquer pourquoi elle a repris ses études à Thomas Riley, après les avoir
abandonnées : « Je n’en pouvais plus des moqueries et des brimades
dans mon précédent lycée. Ici, j’ai trouvé du soutien, des ressources,
de la flexibilité et des filles qui sont comme mes sœurs, qui comprennent mes problèmes. » Kayli, la plus jeune de la classe, enceinte
à 14 ans, ajoute, malicieuse : « Et c’est aussi là qu’on fait les meilleures
sorties ! » Le lycée Thomas Riley ressemble ainsi à une oasis perdue
au milieu du désert. Mais une oasis où, insiste Mrs Minton, affichant
soudain un air sérieux, « on ne lâche rien sur le programme scolaire,
hein ». Et de nous montrer un long SMS, reçu la veille au soir, d’une
élève venant d’accoucher et qui la remercie longuement, avec force
émotion et émojis, avant de conclure : « Et sinon, pour l’essai, c’est
trois ou quatre pages ? » n
* hhs.gov/ash/oah/adolescent-development/reproductive-health-and-teenpregnancy/teen-pregnancy-and-childbearing/trends/index.html
** La Loyola Marymount University.
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ELLE mag / enquête
harcelées
par leurs patients!
De plus en plus De soignantes osent se plainDre De gestes et De
mots Déplacés De la part De certains malaDes. la Fin D’un tabou ?
Dans le cabinet de Caroline*, les consultations se font
uniquement sur rendez-vous. Un jour, un homme qu’elle
n’avait encore jamais vu dans sa salle d’attente y prend place. « Le
motif de la consultation était un peu bizarre », se souvient-elle, mais
les médecins sont prêts à tout entendre. Il dit avoir des problèmes de
lubrification excessive pendant ses érections. Soit. Caroline enfile
des gants et l’invite à se déshabiller, comme elle le fait avec tous les
patients quand cela est nécessaire. Dans ce cas, d’ailleurs, elle a
pris l’habitude de fermer la porte à clé, pour éviter qu’un distrait
n’entre dans la pièce en plein examen. Elle ne constate rien d’anormal et lui demande de se rhabiller, mais l’homme insiste : « Ce n’est
que quand j’ai des érections. » Elle raconte la suite : « Je ne sais pas
50
ce qui m’a pris mais j’étais focalisée sur l’aspect médical des choses,
et puis j’étais jeune, installée depuis peu, et sans doute un peu naïve.
Je lui ai dit d’accord et je me suis retournée pour qu’il fasse en sorte
de pouvoir me montrer son problème. Quelques secondes plus tard,
j’ai pris conscience de l’incongruité de la situation. Du danger aussi,
puisque j’avais fermé la porte. Je lui ai immédiatement demandé de
se rhabiller, ce qu’il a fait, sans se presser. Après ça, je me suis sentie
si ridicule. » Elle en parle le soir même à son mari, qui prend cela à
la rigolade, puis à une ancienne collègue plus âgée, qui, fataliste,
lui dit qu’elle n’est pas au bout de ses peines. Un jour, l’homme récidive dans le cabinet d’une consœur. Là, elle décide d’agir mais le
secret médical l’empêche de le dénoncer nommément, et le Conseil
E L L E .Fr
albert facelly/divergences
par Catherine robin
11 janvier 2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
quanD un homme
est allongé Cul nu sous une blouse,
Face à Des soignantes Debout,
c’est une Façon pour lui
De rétablir sa vision De
la Domination masCuline.
de l’ordre des médecins ne donne pas
suite à ses courriers. Depuis, elle ne
ferme plus la porte à clé avec les
patients hommes, seulement avec les
femmes. Elle a même envisagé la mise
en place d’un bouton d’alarme, mais
elle y a finalement renoncé.
Est-ce un fait isolé ou un exemple
parmi de nombreux autres ? Au début
du mois de décembre, le médecin et
romancier Baptiste Beaulieu** a
lancé un appel à témoins sur les
réseaux sociaux après qu’une de ses
amies lui a parlé d’un patient qui se déshabillait systématiquement,
même pour une angine, alors qu’il ne le faisait pas avec ses
confrères masculins. L’auteur d’« Alors voilà. Les 1001 Vies des
urgences » (éd. Fayard) reçoit des dizaines de témoignages de
médecins, dentistes, infirmières, kinésithérapeutes, aides-soignantes… victimes de harcèlement sexuel de la part de certains de
leurs patients. À ne pas confondre avec les processus de transfert
(fréquents dans les relations de soins), dans lesquels les patients
passent par toute la gamme des sentiments envers leur thérapeute,
y compris l’amour et le désir. Non, il s’agit bien ici de harcèlement.
Petit florilège ? « Un jour, alors que je me baissais pour augmenter
le chauffage de la pièce, un patient m’a dit : “Vous pouvez recommencer ? Je n’ai pas bien vu la couleur de votre soutif” », raconte
Constance, kinésithérapeute. « J’ai gardé le courrier d’un homme
de 88 ans me disant que ce serait sympa que je vienne sans soutiengorge, confie Priscilla, infirmière à domicile. Un autre, lors d’une
aide à la douche, m’a dit : “Frotte plus fort, mets les ongles, fais-moi
mal !” » Et Julia, infirmière, évoque le cas d’un patient qui s’est
exclamé « Oh oui ! Fais-moi du bien » quand elle devait lui poser une
sonde urinaire. « Je ne l’ai pas oublié, dit-elle. L’homme avait moins
de 50 ans et toute sa tête. Et puis il y a eu ce malade qui a joui
lorsque ma collègue l’a rasé, en précisant : “Vous savez, avec ma
femme, ce n’est plus ce que c’était…” »
si les cas de harcèlement moral et sexuel au sein des
équipes médicales sont régulièrement dénoncés, cette
forme d’agression verbale et parfois physique de la part des patients
est encore un non-sujet. « Pourtant, ce sont des comportements extrêmement banalisés, affirme Audrey, interne d’un hôpital dans la région
Occitanie. Des mains aux fesses, des patients qui s’accrochent aux
“décolletés” de la blouse, qui font des remarques déplacées… Et on
ne réagit pas toujours. Pourtant il le faudrait. Car moins on réagit, plus
on laisse un boulevard à ce genre de comportement. » « C’est vrai
que c’est fatiguant, toutes ces remarques, observe Ingrid, aidesoignante dans un service de chirurgie orthopédique. Ces hommes
qui nous lancent des “baissez-vous un peu plus pour que je voie
mieux”, ceux qui se découvrent quand on entre dans leur chambre,
ceux qui se sentent tout permis, peut-être parce que dans notre service le port de l’alliance n’est pas toléré pour des raisons d’hygiène.
E L L E .Fr
baptiste beaulieu, méDecin et romancier
Heureusement que l’on a un chef exceptionnel, un homme, totalement solidaire, qui intervient dès que nous en avons besoin. » Même
dans une situation de vulnérabilité liée à la maladie, certains se permettent des réflexions salaces qu’ils n’oseraient jamais lancer devant
un soignant masculin. « Je pense même que c’est une façon pour eux
de réaffirmer leur domination sur le sexe féminin, analyse Baptiste
Beaulieu. Quand un homme est cul nul sous une blouse, en position
horizontale face à des soignantes debout, c’est une façon pour lui
de rétablir sa vision de la domination masculine. Et je ne parle même
pas du vieux fantasme bien dégueu que certains projettent sur le
personnel féminin en blouse blanche. »
alors même que les bancs des facultés de médecine se
féminisent à grand pas, certains stéréotypes restent ancrés :
« Combien de fois, lorsque j’étais interne et que je rentrais dans la
chambre d’un malade accompagnée d’un camarade, on me prenait pour l’infirmière et lui pour le médecin ? » raconte Amélie,
35 ans. « C’est par l’éducation que les choses changeront, espère
Baptiste Beaulieu. Il faut apprendre aux jeunes garçons ce qu’est le
consentement, qu’on ne montre pas son corps à n’importe qui. Je
prends souvent cet exemple : vous vous promenez la nuit et vous
voyez sortir un groupe de gens d’une ruelle obscure. Combien
d’entre nous seraient soulagés de voir que, parmi eux, il y a des
femmes ? Qu’est-ce que ces appréhensions disent de notre vision
du masculin ? Qu’est-ce que ça dit de la masculinité et de la violence qu’elle contient implicitement ? » Une étude du Conseil de
l’ordre des médecins constatait, début 2018, une hausse de 7 % des
violences commises (elles sont à 50 % le fait de patients) contre les
médecins, hommes et femmes confondus. Représentant « 51 % des
cas, les femmes sont pour la première fois davantage victimes que
les hommes, alors qu’elles ne représentent que 47 % des médecins »,
révélait l’étude. Sachant que les médecins femmes ne sont probablement pas les plus exposées à la violence sexiste. Infirmières et
aides-soignantes, compte tenu de leurs contacts quotidiens et
intimes avec les patients, sont les premières concernées. Mais sans
que l’on sache précisément dans quelles proportions. Il serait temps
de s’en soucier. n
*Le prénom a été changé.
**Dernier ouvrage paru : « Toutes les histoires d’amour du monde » (éd. Mazarine).
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ELLE mag / culture
Les podcasts
sont-ils la nouvelle
psychanalyse ?
les histoires personnelles chuchotées dans nos oreilles
sont podcastées par millions. ne serait-ce pas parce qu’elles
font un bien fou ? enquête sur une nouvelle écoute.
par marine revoL illustration mikeL casaL
5,4 millions. C’est le nombre d’écoutes revendiquées
par « Transfert ». Depuis son lancement en 2016, le podcast du
magazine en ligne « Slate », où des anonymes livrent leur histoire
personnelle, fascine les auditeurs. Charlotte Pudlowski et Mélissa
Bounoua, à l’origine du programme, peuvent se targuer d’avoir eu
du nez. Convaincues que les podcasts vont envahir le monde – 40 %
des Français en ont déjà écouté un * –, elles créent leur propre studio, Louie Media, en mars 2018. Ce sont elles qui sont derrière
« Entre », qui plonge l’auditeur dans les rêves et épreuves de Justine,
11 ans, alors qu’elle rentre en sixième. Un carton – un million
d’écoutes entre mars et décembre 2018 – que l’on se refile entre
copines avides de nouveaux contenus narratifs. La semaine dernière, Louie Media présentait son dernier-né, baptisé « Émotions ».
L’écoute de l’épisode pilote a eu lieu dans l’intimité d’une chambre
décorée de quelques luminaires et d’affiches vintage. À travers
l’enceinte, « l’hôte », c’est-à-dire Adélie Pojzman-Pontay, la présentatrice du podcast, lâche les armes et avoue dès la première minute
qu’elle est mal à l’aise. Elle a le trac. Le trac que le podcast ne rencontre pas le succès escompté, le trac de mal faire, le trac de décevoir. Et puis elle interroge : « Et vous, comment vous sentez-vous, là
tout de suite ? » Dans un mélange d’histoires personnelles, d’anthropologie et de sociologie, le podcast décortique nos états d’âme
avec le souci de poser le mot juste sur chaque émotion. C’est ce que
la chercheuse américaine en psychologie Lisa Feldman Barrett
appelle la « granularité émotionnelle ». Un objet de recherche intellectuelle sur lequel elle planche en équipe depuis 1990 à l’université
de Northeastern, à Boston. Les conclusions ? Arriver à développer
un vocabulaire riche pour exprimer les nuances de ses émotions
permettrait de mieux encaisser les coups durs et de moins se réfugier
dans les addictions. Ce que Michael Stora, psychanalyste spécialiste du numérique, décrit comme un processus d’autonomisation :
« Nommer ses émotions a un effet libératoire. Certains enfants vont
attendre avant de commencer à parler alors qu’ils en ont les compétences, car nommer quelque chose, c’est quelque part s’en séparer,
s’autonomiser. » En France, le succès du livre pour enfants « La Couleur des émotions » (Éditions Quatre Fleuves) en atteste : en identifiant ses émotions, on comprend mieux soi-même, mais aussi le
monde. C’est le credo des podcasts dits « narratifs », comme ceux
52
produits par Louie Media et d’autres studios indépendants : Nouvelles Écoutes, Binge Audio ou BoxSons. Sur les ondes, Arte Radio a
été la première à se lancer dans ces formats en 2002 mais Radio
France compte bien accélérer le développement de ce type d’offre
avec notamment « Hasta Dente ! », le podcast de fiction de France
Culture lancé en février dernier.
Selon une étude parue dans « American Psychologist », « la voix est le
meilleur vecteur pour détecter les émotions de quelqu’un ». Ce que
l’étude ne dit pas, c’est pourquoi l’intimité d’anonymes nous remue tant.
Est-on face aux mêmes mécanismes que pour n’importe quelle fiction
(séries, cinéma, littérature) ? Pas exactement, selon Michael Stora : « Le
storytelling a une fonction beaucoup plus riche que l’image dans le
processus d’identification.
Lorsqu’on regarde une image,
on est avant tout du côté de
l’émotion, qui peut venir parasile podcast
ter l’élaboration du sentiment.
L’audio pur touche paradoxalepermet de
ment des zones plus profondes
trouver
car l’inconscient est plus send’autres façons
sible au vocabulaire métaphorique. » L’Américain Ira Glass a
de se raconter.
conquis les oreilles de ses compatriotes dès 2014. Après le
c har lot t e c r e t t en a n d,
succès de « This American Life »
– les USA racontés à travers
p syc h ot hér a p eu t e
des histoires individuelles –, ce
pionnier du genre lance
« Serial », où la journaliste Sarah Koenig reprend une enquête criminelle pour déterminer si la justice a envoyé un innocent en prison. C’est
un raz de marée : le podcast est téléchargé 340 millions de fois aux
États-Unis, un record. Et Ira Glass passe au statut de rock star avec un
média pourtant paradoxal : l’immersion lente qu’offrent les podcasts
est aux antipodes du zapping sur petit écran ou du scrolling sur Instagram, épiphanie numérique des générations Y et Z. Sur ce créneau,
difficile de passer à côté de « Mortel », sans doute l’expérience la plus
troublante dans le vortex des formats disponibles sur iTunes. Incarné
par l’auteure Taous Merakchi, aka Jack Parker, « Mortel » prétend
11 janvier 2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
« réconcilier avec la mort ». Dans
un univers sonore à vif et délicieusement morbide, Taous Merakchi
évoque le décès de son père pour
interroger notre propre rapport à
la mort. Une « Carrie Bradshaw »
du cimetière, selon ses propres
mots, qui veut décomplexer les
auditeurs (en avouant, par
exemple, avoir photographié le
cadavre de son père). « Je partage
de l’intime pour abattre les barrières et prouver que c’est un
endroit safe. Même quand on se
sent seul et en marge, on a tous le
même vécu. Nous sommes liés par
nos histoires », explique-t-elle. L’effet de légitimation et de libération
procuré par un récit donne même
lieu à une technique de thérapie,
« l’approche narrative », théorisée
par Michael White et David
Epston dans les années 1980 en
Nouvelle-Zélande. Peu connue en
France, elle est plus pratiquée dans
le milieu du coaching que sur le
divan. Pour Charlotte Crettenand,
psychothérapeute spécialiste de
cette approche, les podcasts narratifs s’inscrivent dans une expérience confirmative : « Le récit est
fondateur de notre identité et on ne
vit sa propre histoire que parce
qu’elle entre en lien avec les histoires des autres, cela met le “moi“ en conversation avec des “soi“. »
Une démarche profondément utile selon elle : « Quand on est en souffrance, on se raconte sous la loupe du problème qui nous obsède,
comme si nous n’étions que cette histoire. Le podcast apporte de la
nuance et permet de trouver d’autres histoires, d’autres façons de se
raconter, auxquelles on va avoir envie de s’identifier. À partir de là, on
fait grandir un autre discours autour de soi, c’est facteur de développement. » Des marques comme Guerlain ont senti le filon : la maison de
luxe vient de dévoiler Olfaplay, une application qui permet d’enregistrer et de diffuser un témoignage personnel autour des odeurs.
Car toucher les cordes sensibles de l’auditeur n’est pas
uniquement affaire de propos. Les podcasteurs mettent en
place une bulle ultra intime, dispositif redoutable pour créer de l’identification. « On mise sur le très particulier, explique Charlotte Pudlowski,
on ancre le personnage dans une réalité complexe et singulière, on
donne un maximum de détails pour que l’auditeur roule pour lui. » Tous
les épisodes de « Transfert » sont enregistrés dans l’appartement de
celui qui livre son témoignage. Dans ce lieu très personnel, ses égarements résonnent comme une confidence au creux de l’oreille, soutenus
par un simple micro qui fait une voix « chaude ». À cela, les podcasteuses ajoutent une identité sonore intimiste qui n’a plus rien à voir avec
le son compressé de la radio, parfait pour une écoute au PMU ou dans
sa voiture. Les épisodes sont pensés comme des « créations sonores »
E L L E .fr
pour être écoutés seul, souvent en mobilité et au casque. Aurore
Meyer-Mahieu, bercée par l’Atelier de création radiophonique de
France Culture et aujourd’hui réalisatrice sonore pour le studio Nouvelles Écoutes, explique que créer ce climat de proximité peut demander plusieurs jours de manipulations techniques (atténuer le bruit d’une
pièce, clarifier une voix, compenser les aigus). « Pour “Mortel“, j’ai voulu
que l’atmosphère soit tendue afin de traduire toute l’angoisse du propos, qu’on se sente immergé dans le chaos et même légèrement
oppressé, raconte-t-elle. Le narrateur parle très près du micro pour que
sa voix soit plus proche de nous. Elle est souvent coupée net pour créer
de la frustration et du choc. » Pour aller plus loin, elle a même utilisé la
méthode thérapeutique ASMR (Autonomous Sensory Meridian
Response). Une relaxation par le son qui donnerait des « orgasmes
cérébraux » : pages qui se tournent, chat qui ronronne, chuchotements,
parquet qui craque et voix parallèles. Et ça marche : sorti en novembre,
« Mortel » est un des plus gros démarrages de Nouvelles Écoutes. Sur
les réseaux sociaux, les auditeurs sont unanimes : « Ça fait mal, mais
ça fait du bien. » Les podcasts, nouveaux psys ? On en est loin puisque,
comme le rappelle Charlotte Crettenand, « une psychanalyse, c’est un
psy et son patient qui échangent ». À la fin de l’histoire, « Mortel » ne
réconcilie pas vraiment avec la mort, « Entre » ne guérit pas les
syndromes de Peter Pan, il examine des ressentis plus qu’il ne les
soigne. Jusqu’au prochain épisode. n
*sondage opinionWay 2017.
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La Libyenne
Nour Aljarari et
la Française Yaël
Cojot-Goldberg,
à Montreuil en
décembre dernier.
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11 janvier 2019
ELLE mag / actu
Yaël
et Nour,
transformées
par l’ asile
nour, libyenne et musulmane,
a Fui la guerre et trouvé
reFuge à Paris chez yaël,
Française et juive. DePuis,
elles se Découvrent,
aPPrennent l’une De l’autre
et s’aPPrécient au-Delà Des
clivages religieux et culturels.
une entraiDe qui balaie
les clichés communautaires.
Par Dorothée Werner
PhotograPhe aglaé bory
E L L E .Fr
C
’est une maison nichée sur les hauteurs
de Montreuil, un refuge bobo à l’est de Paris.
Une cuisine chaleureuse ouverte sur un jardin en
fouillis, les affaires des enfants qui traînent ici et
là, un havre campagnard en pleine ville. C’est
calme et pourtant ici, auprès de Yaël et Nour, le
monde se raconte. « C’est comme une comédie
romantique », prévient Yaël Cojot-Goldberg. Il faut dire que cette
scénariste, mariée à un cinéaste, a l’œil : « L’histoire commence par
deux personnes qui ne sont pas faites pour se rencontrer, la tête
pleine d’interrogations mutuelles. Les préjugés se déconstruisent, et
on se met à s’aimer. » La première rencontre a eu lieu en septembre
dernier, dans un café voisin. Yaël, son mari Thomas et leurs deux
enfants (Éliette et Maya, 10 et 14 ans) sont volontaires pour accueillir
chez eux une personne en exil, « un migrant », un an durant. Ils l’ont
déjà fait avec Tashi, une jeune Tibétaine, via l’association Singa qui
met en relation les « accueillants » et les « accueillis » (lire page 57).
On ne choisit ni l’âge, ni la religion, ni le pays d’origine, juste le sexe :
« Je suis souvent seule avec mes enfants, mon mari part régulièrement
en tournage, une fille, c’était plus simple », dit Yaël. Libre à chacun,
après cette première rencontre, de se lancer ou non dans l’aventure.
Un coup de fil de Singa avait prévenu : Nour Aljarari, 22 ans, a dû
fuir seule la Libye en guerre. Réfugiée à Paris en février 2017, en
attente de sa carte de séjour, elle cherche un toit, une base
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11 janvier 2019
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La suite ? « C’est une série de
déconstructions de clichés, comme
une greffe qui prend au-delà de
toute espérance », raconte Yaël.
C’est Comme
Parfois, Nour n’a pas le moral, pas
si on se
trop envie de parler. Au départ, elle
dormait beaucoup. Elle rêve d’être
Connaissait
journaliste pour raconter le monde
depuis
tel qu’il ne tourne pas rond. Son histoire, elle la déroulera au fil des
longtemps.
discussions avec Yaël. Banlieue de
on rit et
Tripoli, parents divorcés et aimants,
belle maison, belle voiture. Le père
on pleure
tient un magasin de confection, la
qui lui permettra de reconstruire sa vie. Premier
des mêmes
mère un restaurant. Une vie
rendez-vous au café : « Une Libyenne de 22 ans, musulChoses, C’est
agréable qui se déglingue avec la
mane, j’avoue que je me suis inquiétée, confie Yaël. Je suis
guerre, resserrant de manière inviféministe, juive, attachée à la liberté des filles, et je me suis
FasCinant…
vable l’enfermement des filles,
demandé comment on allait pouvoir vivre avec une fille
jusqu’à prendre des proportions
voilée à la maison. C’est idiot mais j’imaginais un genre de
effrayantes, jusqu’à mettre Nour en
souris grise et terne, cachée derrière son foulard, et honnêYa ë l C o j o t - g o l d b e r g
danger… On n’en saura pas plus, si
tement je ne savais pas si j’allais pouvoir aider. » Au café,
ce n’est que deux de ses proches
personne. Yaël guette une silhouette furtive, rien. Au bout
ont été assassinées. Elle part avec
d’un moment, elle finit par passer un coup de fil. La fille installée à une table voisine décroche : Nour a un téléphone avec une un peu d’argent des parents. D’abord en Tunisie, ensuite en
coque rose, porte une minijupe, un joli rouge à lèvres, comment soup- Espagne, puis à Paris. Nuits à l’hôtel, files d’attente pour la demande
çonner en la voyant son histoire et son statut si précaire ? Ce fut la d’asile, avec des Soudanais, des Syriens, des Érythréens, des
première surprise. La deuxième fut pour Yaël de prononcer, dès les Chinois, etc., des heures, des jours durant. Nour vit deux mois ici,
premières minutes, et alors même que Nour ne parle pas encore bien deux mois là, avant de s’inscrire à l’association Singa. « Avant, ma
le français, ce qu’elle appelle « cette phrase folle » : « Je suis juive, vie était floue, confie-t-elle. J’ai travaillé dans un restaurant, mais
j’avais un autre plan en tête que d’attendre des pourboires toute
est-ce un problème pour vous ? »
Pourquoi reçoit-on à la maison quelqu’un dont on ne sait rien, si ce ma vie. Je veux gagner très bien ma vie, avoir une belle maison, et
n’est qu’il sera là le matin, le soir, lors des repas de famille, le week- faire des choses pour les femmes de mon pays. Depuis que je vis
end pour tout partager ? Pourquoi en vient-on à se demander si l’on chez Yaël, c’est plus net. J’apprends le français, je fais du babysera capable de faire face à une personne venue de l’enfer, trauma- sitting, du sport, j’espère pouvoir entrer à la fac. Je me vois comme
tisée, hurlant peut-être toute la nuit, sachant qu’on peut toujours offrir une femme libre. »
56
E L L E .Fr
aglaé bory
une chambre, parfois même de l’amour, mais
guère plus ? « Ma famille a connu le rejet, l’exil,
l’extermination pour des raisons d’identité, raconte
Yaël. Trop de gens sont morts parce qu’on ne leur
a pas ouvert la porte. Je ne peux pas ne rien faire
pour les migrants… Ni prendre le risque de vivre
sous mon toit le même rejet à cause de mes origines. » Que pouvait répondre Nour, élevée dans
la classe moyenne de la banlieue de Tripoli, biberonnée à la télé libyenne qui montre en continu,
dit-elle, les musulmans comme les gentils, et les juifs
comme les méchants ? Que pouvait dire cette fille
qui n’a jamais rencontré un juif de sa vie, et dont les
parents, avec lesquels elle est en contact plusieurs
fois par jour, étaient inquiets à la perspective de la
voir atterrir chez ceux qu’ils considèrent comme
des ennemis ? Du haut de ses 22 ans, Nour a dit
simplement : « Je comprends ta question et ton
inquiétude. Mais ça m’est égal. Je veux rencontrer
des gens différents de moi. »
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ELLE mag / actu
Installée dans la chambre d’amis depuis plus de trois mois, Nour fait Parfois, Nour apporte des fleurs, prépare une spécialité
des progrès chaque jour. Courageuse et volontaire, elle est éperdue libyenne. Yaël l’emmène au musée, au cinéma, au théâtre…
de gratitude pour Yaël qu’elle appelle son « ange gardien », comme « C’était magnifique de la voir à Bobigny devant une pièce de
une mère symbolique qui lui ouvrirait la voie de sa liberté. « Il faut dire Molière. Elle avait des étoiles plein les yeux ! » Ensemble elles parlent
que Nour arrive avec une sorte de mission féministe assez incroyable, de Dieu, des hommes, du chemin ardu vers la liberté d’être soi-même.
souligne Yaël, admirative. Son chemin lui demande de se défaire de « C’est comme si on se connaissait depuis longtemps, confie Yaël.
toute sa vision du monde, par exemple sur ce qu’une fille doit ou ne On rit et on pleure des mêmes choses, c’est fascinant… » Nour a des
doit pas faire… » Les amies de son âge restées à Tripoli sont mariées, coups de blues, c’est inévitable. L’exil laisse des traces. L’autre nuit,
avec plusieurs enfants. « Moi, je veux être le sujet de ma vie, dit Nour. elle a fait un rêve : « J’étais blonde aux yeux bleus, moi en plus belle.
Là-bas, c’était impossible d’entrer en guerre contre toute la société. Dans le miroir, je me demandais : “Pourquoi ai-je tellement changé ?“
Ici, je fais ce que je veux. » Yaël s’amuse de leurs différences : « Pour Ma famille me trouvait bizarre, mais au fond de moi j’étais si
contente… » Lors du premier dîner,
moi, être une femme libre, c’est être débarrassée des codes
Nour la frondeuse avait osé poser
de la domination masculine, de l’hyper-féminité censée
cette question dans son français hésiplaire aux hommes… Au contraire, la liberté pour Nour, c’est
tant : « Je comprends très bien mon
celle de s’habiller comme elle veut sans rendre de compte
je veux être le
intérêt à être ici, mais le vôtre ? » Yaël
à personne : toujours sexy, maquillée, hyper féminine ! »
était soufflée. Elle savait que l’enrisujet De ma vie.
chissement serait mutuel. « Depuis, je
en libye, c’était
la vois partir à l’assaut de sa vie avec
imPossible
tant de courage, cela nous donne
une ligne de conduite. Et puis, comD’entrer
ment le dire sans passer pour une
en guerre
illuminée, mais je ne savais pas que
j’avais tout cet amour en moi… Plus on
contre toute
en donne, plus on en reçoit. » La
la société. ici,
conversation prend fin et soudain
Nour s’interroge : « Mais comment
je Fais ce que
vais-je faire pour partir d’ici dans
je veux.
quelques mois ? » Yaël répond en
riant : « Tu feras comme tous les
enfants qui grandissent, tu viendras
n o u r al jar ari
déjeuner à la maison tous les
dimanches avec ton linge sale ! » n
un réseau pour
la rencontre
Présente dans 10 pays et 20 villes, Singa est une
association qui fait se rencontrer des personnes
réfugiées et des bénévoles dans le but de vivre des
choses ensemble, et dont l’écrivaine Leïla Slimani
siège au conseil d’administration. Le dispositif
Calm (Comme à la maison) regroupe des
bénévoles prêts à accueillir un réfugié pour une
durée « de trois à douze mois ». Très encadrés et
réfléchis, d’autres programmes permettent
d’organiser des sorties, des visites, des vacances,
des cours, des soirées, la mise en contact avec des
employeurs… « Notre philosophie, explique
Vincent Berne, directeur du réseau Calm, est de
privilégier les vraies rencontres, l’échange autour
de la langue, l’apprentissage mutuel des codes de
chacun, selon les affinités… pour que ce soit le plus
enrichissant possible pour tout le monde. »
singafrance.com
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Jean - Pierre
Winter
sans
père et
sans
repère ?
alors que la Figure paternelle
est contestée, notamment
à travers la possible
légalisation de la p.m.a. pour
les Femmes célibataires,
le psychanalyste s’inquiète
de sa disparition
potentielle dans son
nouveau livre. entretien.
par dorothée werner
58
La remise en cause de l’autorité paternelle se diffuse
dans les familles comme dans toute la société… Cela
touche jusqu’à la reproduction, puisque la science permet de faire
un bébé avec un simple don de sperme. Psychanalyste, Jean-Pierre
Winter cherche à comprendre le sens de ce changement aux conséquences potentiellement phénoménales. Comment les générations
futures se construiront-elles ? Comment réinventer un père qui ne soit
plus confondu avec l’autorité ? Éléments de réponse dans « L’Avenir
du père » (éd. Albin Michel), un livre profond et généreux.
ELLE. La crise du père vous semble-t-elle inéluctable ?
JEan-PiErrE WintEr. Il semblerait… Même si la structure paternelle
est fragile par essence. Face au père symbolique, chacun de nous
balance constamment entre l’amour et la haine, le désir d’être protégé par lui et le désir de le tuer. Ce père, qui transmet la loi, suscite
des sentiments ambivalents.
ELLE. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ?
J.-P.W. Notre société manifeste les mêmes ambivalences. On
demande de plus en plus d’égalité et, en même temps, toujours plus
d’autorité. Regardez certaines manifs des « gilets jaunes », qui
peuvent rassembler à la fois l’extrême droite autoritaire et l’extrême
gauche égalitariste ! Mais, désormais, la société pousse à la disparition du père par l’intermédiaire de la loi, qui pourrait légitimer et
légaliser l’idée selon laquelle on peut se passer de père.
ELLE. Une loi qui autorisera peut-être, dans les prochains mois,
une femme à faire un enfant sans père grâce à la P.M.a. ?
J.-P.W. Oui, c’est un signal qui dit qu’un père n’est pas indispensable
et peut être remplacé par n’importe qui, par n’importe quoi, ou même
par rien. En allant jusqu’à gommer sa présence à l’état civil.
ELLE. Est-ce problématique ?
J.-P.W. Le père transmet la loi, mais en donnant des limites à la toutepuissance de l’enfant. En le séparant de sa mère, il autorise le désir :
c’est une histoire de transmission, structurante et indispensable à la
vie psychique d’un enfant.
E L L E .Fr
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11 janvier 2019
ELLE mag / société
ELLE. Et la mère ?
J.-P.W. La mère est celle qui accouche, on la reconnaît par les sens,
sans avoir besoin, comme avec le père, d’élaborer une construction
psychique. Pour faire le lien entre un père et sa propre existence, entre
lui et cet homme, qui est à la fois un protecteur et un gêneur, un enfant
doit élaborer psychiquement quelque chose qui lui permet de grandir.
ELLE. Pourtant, les pères peuvent jouer un rôle maternant…
J.-P.W. Oui et c’est formidable ! Mais cela ne fait pas forcément un
papa. Quand l’enfant va se poser la question : « En quoi mon père
a-t-il été un père pour moi ? », il va aller chercher ailleurs, du côté de
la parole qui a fait coupure, qui a nommé suffisamment les choses
pour l’aider à se séparer de l’emprise de sa mère, réelle ou fantasmée.
ELLE. Pourquoi le père est-il indispensable à notre existence psychique comme à notre vie en société ?
J.-P.W. Le père métaphorise l’existence d’un lien au-delà du sensible
qui fait notre humanité. Les animaux ne se posent pas la question. Un
veau sait vaguement qui est sa mère et se moque de savoir qui est le
taureau ! Alors que l’être humain a besoin d’un recours au-delà de
la matérialité pour pouvoir se construire. C’est parce qu’il est doué
de langage qu’il lui faut se construire un père, et c’est parce qu’il a un
père qu’il peut être doué de langage. Le père est celui qui nomme
les choses, celui qui permet la coupure avec la mère.
ELLE. Même un père manquant peut avoir ce rôle ?
J.-P.W. Bien sûr ! Je raconte l’histoire d’un homme qui questionne sa
mère sur l’identité de son père. Elle ne répond pas, jusqu’au jour où
elle lui avoue : « Je ne peux pas te dire son nom car j’ai fait à cet
homme le serment de ne jamais te le dire. » Ce jour-là, cet homme
aura assez de matière pour se construire un père symbolique, celui
pour lequel sa mère tient sa promesse…
ELLE. Comment laisser une place au père dans la filiation et
donc dans l’état civil ?
J.-P.W. Il me semble important pour l’enfant à venir que la place du
père ne soit pas effacée. Qu’il soit écrit qu’il a fallu un homme pour
donner son sperme, peu importe sa situation familiale. Qu’un homme,
à un moment donné, a eu ce désir. L’État ne doit pas contribuer à son
effacement, je le rappelle chaque fois que je suis auditionné…
ELLE. D’où le problème avec la confusion des rôles parentaux ?
J.-P.W. Oui. Récemment, à Montpellier, un homme devenu une
femme à l’état civil a exigé devant le tribunal d’être reconnu comme
la mère biologique de son enfant. Après appel, les juges l’ont
déclaré « parent biologique ». C’est un concept inédit en
droit, qui fait disparaître toutes les nuances qui font qu’un
père et une mère n’ont pas le même rôle dans la construcUn Père PeUt exister en creUx,
tion psychique d’un enfant. Or, cette différenciation est
simPLement dans Le discoUrs de La
indispensable pour qu’il ne grandisse pas dans la toutepuissance pulsionnelle. Pour un enfant, avoir affaire à
mère qUi Le désigne comme teL.
deux personnes, dont l’une peut accoucher et l’autre pas,
jean - pierre Winter
c’est être confronté à une différence structurante.
ELLE. En quoi vos propos sont-ils différents de ceux de La Manif
pour tous : « Un enfant = un papa + une maman »…
J.-P.W. Les militants de La Manif pour tous, comme ceux qui soutiennent
que l’on peut se passer d’un papa, font une fixation sur le désir d’enfant
à l’instant présent, sans se poser la question de la transmission pour les
générations d’après. Nous sommes pourtant tous le fruit d’une chaîne
de transmission. Contrairement à La Manif pour tous, la biologie ou la
morale ne m’obsèdent pas. Un père peut exister en creux, simplement
dans le discours de la mère qui le désigne comme tel. Cela permet à
l’enfant de sortir de son emprise parce qu’il y a de l’autre, de l’ailleurs,
de l’étranger, de l’inconnu… Le papa n’est pas celui qui transmet ses
gènes ou qui donne de l’amour. Mais celui qui est désigné par la
parole de la mère, qui n’a pas besoin d’être explicite.
stéphane lavoué/pasco
ELLE. Comment considérez-vous la demande actuelle de l’invention de soi totale, de son identité, de son genre ?
J.-P.W. C’est une illusion et un déni de l’inconscient. Elle est nourrie par
la conviction erronée que le sujet se construirait seul, sans héritage ni
influence. C’est une conséquence du capitalisme libéral qui produit
l’individualisme libéral. On pense qu’il s’agit de liberté individuelle,
mais cela permet juste une exploitation consentie des individus.
ELLE. Vous comprenez que le formuler ainsi puisse être perçu
comme agressif ?
J.-P.W. Oui, on essaie tous d’échapper à la castration, autrement dit
à la frustration, à la limite ! Pourtant, la limite est structurante. L’une
d’elles, c’est qu’être un homme n’est pas pareil qu’être une femme, et
qu’être un papa n’est pas pareil qu’être une maman.
E L L E .Fr
ELLE. Comment analysez-vous la demande d’autorité qui secoue
les démocraties, comme au Brésil, par exemple ?
J.-P.W. C’est ce qui se passe quand la dimension du père est effacée, ici, sous le poids de l’individualisme libéral : au lieu même où
il n’y a plus de père, l’enfant se crée un surmoi qui va prendre cette
place. Or le surmoi est bien plus cruel que n’importe quel père
Fouettard. Avoir cela en soi est si invivable, si angoissant que l’on va
chercher quelqu’un qui nous soulage et qui va l’incarner dans une
figure autoritaire.
ELLE. Vous expliquez que c’est la même chose pour les jeunes
djihadistes…
J.-P.W. On a découvert que, bien souvent, il manquait dans leur
famille un père qui soit un repère, qui n’ait pas été déchu ou disqualifié. Pourquoi ces jeunes vont-ils tuer ou se faire tuer au nom de Dieu
en Syrie ou ailleurs ? Parce qu’il faut soulager leur surmoi d’une
angoisse existentielle quasiment insoutenable. Le dieu qu’ils se
donnent n’est plus un mythe structurant, mais il a tout du « père de la
horde primitive » du mythe freudien, c’est-à-dire qu’il s’arroge tous
les modes de jouissance, et le droit de vie et de mort…
ELLE. Quel père êtes-vous avec vos trois fils ?
J.-P.W. C’est plutôt à eux de le dire… Mais j’aimerais faire passer l’idée que la fonction paternelle,
ce que j’appelle « le minimum de père », n’a rien à
voir avec une position d’autorité. Pour être un père,
il suffit de dire la bonne parole au bon moment, de
nommer les places de chacun dans la filiation. n
59
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engagement
à tous
Les étages
Nouveau haut-lieu de la
solidaRité iNstallé au cœuR
de la capitale, l’asceNseuR
paRis-Bastille accueille
des associatioNs œuvRaNt
pouR l’égalité des chaNces.
uNe pRemièRe.
paR Julia Dion photogRaphe FréDérique Stucin
« Les fenêtres, on vous les pose où ? », lance un monsieur
tout en bras. En ce lundi de décembre, c’est l’effervescence dans cet
immeuble haussmannien du boulevard Bourdon, à deux pas de la
place de la Bastille, à Paris. Le rez-de-chaussée est en travaux, des
affichettes indiquent les noms des locataires, mais, dans les étages,
les derniers arrivants prennent les mesures pour ajouter une étagère
tandis que d’autres sont déjà au travail. Depuis les balcons, on aperçoit au loin l’ange perché au sommet de la colonne de Juillet. Bon
présage ? Symbole révolutionnaire, oui ! Car entre ces murs, dans
ce nouveau lieu baptisé « L’Ascenseur », on est bien décidé à ouvrir
les horizons et le champ des possibles. Ce sont pas moins de vingt
et une associations qui y cohabitent pour offrir un meilleur accès à
l’éducation, à l’emploi et à la culture aux jeunes de milieux défavorisés. Un immeuble parquet-moulures-cheminées tout entier consacré
à l’égalité des chances ? Du jamais-vu !
Ce projet utopique est né de la rencontre de deux hommes engagés,
Benjamin Blavier, de l’association Article 1, qui accompagne les
jeunes de milieux modestes depuis leur orientation jusqu’à leur inser-
60
L’Ascenseur rassemble dans un bel immeuble
haussmannien une vingtaine d’associations
qui aident les jeunes défavorisés
à se construire un avenir professionnel.
E L L E .FR
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ELLE mag / actu
des beaux quartiers ou issus de milieux sociaux défavorisés quand
ils doivent trouver leur voie professionnelle. Selon l’Institut Télémaque, installé également à L’Ascenseur, 31% des collégiens de
tion professionnelle, et Saïd Hammouche, le patron du cabinet de REP+ font un stage en lien avec leur orientation après la troisième
recrutement Mozaïk RH, surnommé le « DRH des cités ». « Avec Saïd, contre 56 % des collégiens hors éducation prioritaire ; les enfants
nous nous connaissons depuis longtemps, raconte Benjamin Blavier, d’ouvriers ont onze fois moins de chances de réussir au bac que les
ancien cadre chez SFR. Nous rêvions d’un endroit dans lequel nous enfants de cadres ; 75 % des collégiens de REP+ réussissent leur
pourrions mutualiser nos efforts pour aider les jeunes. Quand nous brevet versus 90 % hors éducation prioritaire… Virginie Salmen,
sommes tombés sur ce magnifique immeuble, nous nous sommes cofondatrice de Viens voir mon taf, est convaincue de la nécessité
dit : “La voilà, notre maison de l’égalité des chances !” » Ce projet de se rassembler pour lutter plus efficacement contre les discrimiun peu fou séduit même une banque, BNP Paribas, sous la houlette nations en s’attaquant à chaque maillon de la chaîne, école, stage,
d’Antoine Sire, directeur de l’Engagement d’entreprise du groupe, job, culture : « Nous aidons les collégiens sans réseau à décrocher
qui décide de financer L’Ascenseur en prenant notamment en charge leur stage de troisième, Fête le mur intègre les jeunes grâce au
l’intégralité du loyer du rez-de-chaussée pour les six années du bail. sport, Become organise des séjours pour les ados afin de leur donEn avril 2018, un appel à candidatures est lancé afin d’attribuer les ner le goût de l’engagement, Les Concerts de poche fait découvrir
2 300 mètres carrés sur 8 étages et les 250 postes de travail : la musique classique à un public qui n’a pas l’habitude d’en écou« Nous avons reçu une quarantaine de candidatures, explique Saïd ter, La Cravate solidaire récolte des costumes et des tailleurs (et des
Hammouche. Nous avons choisi les associations les plus motivées, cravates !) pour aider des candidats à préparer leur entretien
les plus expérimentées et surtout celles qui étaient prêtes à tout par- d’embauche. Partager des bureaux avec tous ces acteurs de l’inclutager, leur carnet d’adresses, leur expérience du digital, leurs com- sion et de la diversité facilite des tas de choses, comme les
pétences. Ce n’est pas du coworking, c’est une aventure commune. » démarches administratives, que l’on fait ensemble. Cette année,
Résultat : à chaque étage, les portes sont grandes ouvertes, et, dans certains de nos jeunes vont certainement effectuer leur stage au
les kitchenettes communes, des débats enflammés se succèdent et sein de L’Ascenseur ! C’est un cercle vertueux. »
des réunions s’improvisent : « Nous partageons la machine à café, un renvoi d’ascenseur qui se fait aussi dans la bonne
mais surtout les bonnes idées, s’enthousiasme Claire de Mazancourt, humeur à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui, c’est Mathilde
à la tête de l’Institut de l’engagement, qui aide chaque année qui présente les succès de Time2Start et ses entrepreneurs « issus
700 jeunes à trouver un job même s’ils n’ont « ni le bon diplôme, ni le des quartiers ». De quoi inspirer les bénévoles assis autour de la
bon nom, ni la bonne adresse ». Cette quadra vient d’organiser sa table. Un réseau sur Facebook est utilisé comme messagerie
première réunion entre « voisins de palier » : autour de la table, interne ; chacun y poste offres d’emploi et actualités. Même
Benenova, qui met en relation associations et bénévoles, La Chance, Eloquentia, la fameuse association de Seine-Saint-Denis qui forme
qui démocratise l’accès aux concours des écoles de journalisme, et à la prise de parole les collégiens et les lycéens, a pris un bureau
Crésus, qui lutte contre le surendettement : « Chacun s’est présenté, à L’Ascenseur. De nombreux ateliers de formation à l’entretien
a décrit ses besoins et, en une heure, on s’est déjà mis d’accord sur d’embauche sont déjà organisés dans les salles encore en rénovaplusieurs actions communes. On parle la même langue, on a les tion. Adel Boughazi, 23 ans, et Louis Augustin Mbagnick Sène,
mêmes convictions. On est là pour se retrousser les manches et pour 25 ans, sont tous les deux passés par Yes Akademia, l’une des
réparer l’ascenseur social. » Julie Perrin, de Crésus, est sur la même dernières associations à s’être établie à L’Ascenseur. Adel, après
être parti en Inde pour aider d’autres jeunes pendant
quarante-cinq jours, continue d’être bénévole à L’Ascenseur : « Je suis passé donner un coup de main pour le
déménagement et aussi pour fêter l’anniversaire de Louis
Augustin, qui a 25 ans aujourd’hui, notre asso, c’est une
grande famille ! Venir ici, dans un si bel immeuble, c’est
vraiment génial et super motivant ! » Louis Augustin, né
dans un village très pauvre du Sénégal, est aujourd’hui
c l a i R e d e m a z a N c o u R t, d i R e c t R i c e d e l’ i N s t i t u t d e l’ e N g a g e m e N t
secrétaire général du comité de jeunes de Yes Akademia
dans son pays et effectue son service civique à Paris au
longueur d’onde : « Nous allons former les 250 lauréats de l’Institut sein de L’Ascenseur. « On voulait qu’à chaque étage nos bénéfide l’engagement à la gestion de leur budget, on a l’impression que ciaires trouvent un interlocuteur pour leur donner un coup de main,
tout est possible ! » Au troisième niveau, dans le bureau de Yes explique Saïd Hammouche. Nous installer au cœur de Paris nous a
Akademia, l’excitation créée par cette aventure citoyenne et soli- permis de rendre les problématiques de l’égalité des chances plus
daire est palpable : « C’est formidable d’être tous réunis, confie visibles par tous : les politiques, les pouvoirs publics, les journalistes.
Sarah Gogel, la fondatrice, on s’épaule, on s’entraide. Quand on Afin de leur dire : “Nous sommes là, on existe, on a des solutions,
ressent du découragement face à l’immensité de la tâche, on monte venez nous voir !” Et puis, ce bel immeuble indique aussi à nos jeunes
d’un étage, on discute et on est reparti pour un tour ! » Sur les murs que l’on veut le meilleur pour eux, l’excellence, et pas un avenir au
des bureaux, des affiches avec des slogans très « feel good » rabais. Ils ont droit au meilleur. » Non loin, dans le ciel de Paris, l’ange
comme : « Leur avenir en grand », « Confiance », « On prend la de la Bastille y veillera. n
parole »… Les salles de réunion portent des noms comme « Espoir »
ou « l’Everest ». Naïf ? Réaliste, au contraire, car c’est bien une montagne de préjugés et d’obstacles qu’ont à franchir les jeunes nés loin
oN est là pouR se RetRousseR
les maNches et pouR
RépaReR l’asceNseuR social.
E L L E .FR
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
e
r
u
l
l
a
e
R
u
s
e
dém
&
mini-robes et maxi-volants,
dÉtails couture et
accessoires rock, tons
pastel et touches
animales… en mariant les
extrêmes, la tendance se
joue des codes pour mieux
rÉinventer notre look.
photographe victor demarchelier
rÉalisation benedetta dell’orto
mannequin anya lyagoshina
Robe à plis, ALBERTA
FERRETTI. Choker
et bracelets en cuir,
avec studs en argent,
HERMÈS. Bottes
à lanières, GIUSEPPE
ZANOTTI POUR
REDEMPTION.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Top à manches
ballon et short,
JW ANDERSON.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
sac, LONGCHAMP.
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Veste, colliers
de perles, ceinture,
gants de biker et
sacs à bandoulière,
CHANEL. Boucles
d’oreilles « Love »,
CARTIER.
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ViCToR demaRCheLieR
Veste volantée,
GIORGIO ARMANI.
short, PHILOSOPHY
BY LORENZO
SERAFINI. Boucles
d’oreilles « Love »,
CARTIER. socquettes,
CALZEDONIA.
sandales, GIUSEPPE
ZANOTTI.
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Chemise à jabot,
nœud et chapeau
à chaînette,
SAINT LAURENT
PAR ANTHONY
vACCARELLO.
ViCToR demaRCheLieR
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mini-robe à pois,
chapeau à voilette,
sac et boots à
lanières, CELINE.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
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Top en filet, jupeculotte, collier-chaîne
et choker « J’adior »,
CHRISTIAN DIOR.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
socquettes,
CALZEDONIA.
sandales à clous,
vIvIENNE
WESTWOOD.
ViCToR demaRCheLieR
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mini-robe et maxi-nœud,
vALENTINO.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
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Robe imprimé animal
avec une broche cousue
dessus, débardeur blanc
et escarpins, CALvIN
KLEIN 205W39NYC.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
socquettes plumetis,
CALZEDONIA.
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Robe ceinturée à gros
nœud et collier en métal et
cristal, MIU MIU. Boucles
d’oreilles « Love »,
CARTIER. Collant,
CALZEDONIA. slingback
à broche « Vivier »,
ViCToR demaRCheLieR
ROGER vIvIER.
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Robe à bretelles
en cuir et choker
à studs, HERMÈS.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
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ViCToR demaRCheLieR
Robe à volants et
broderies, et body
à manches en
latex noir, GUCCI.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
Bagues, GIOvANNI
RASPINI. Bracelet
serpent, GUCCI.
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mini-robe sans
manches, collier
à nœud, bandeau,
gants et bracelet
cloutés, et sac
chaîne, PRADA.
Boucles d’oreilles
« Love », CARTIER.
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Robe plissée,
GIvENCHY. Boucles
d’oreilles « Love »,
ViCToR demaRCheLieR
CARTIER. socquettes,
MARIA LA ROSA.
sandales, GIvENCHY.
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Robe asymétrique,
ceinture, collier
en argent et sandales
à clous, ALEXANDER
McQUEEN. Boucles
d’oreilles « Love »,
CARTIER.
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Top et minijupe à
volants, ERMANNO
SCERvINO. Boucles
d’oreilles « Love »,
CARTIER.
Chaîne de corps,
N°21.
anya Lyagoshina est
représentée par
l’agence The society.
ViCToR demaRCheLieR
maQuiLLaGe
Charlotte Willer.
CoiFFuRe
Teddy Charles.
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ELLE beauté
le teint
illuminé
Pour cela, une
touche de
highlighter.
les sourcils
ultra
marqués
crayon et poudre
à la rescousse.
la crinière
de jais
Kim a développé
une ligne capillaire
avec ses sœurs,
Kardashian Beauty.
les faux cils
papillon
Ou, à défaut, du
mascara noir ultra
volumateur.
les
pommettes
contourées
Ombre et lumière
pour les « plumper ».
le nez
sculpté
Les arêtes
redessinées avec
deux tons de fond
de teint.
zuma/starface
les lèvres
nude et
ourlées
crayon en contour
et rouge ou gloss
beige.
11 janvier 2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Kim
{ phÉnomène }
l’aime la suive
on ne compte plus les femmes qui veulent ressembler
à Kim Kardashian… mais comment la star a-t-elle rÉussi
à bouleverser durablement les codes de la beautÉ ?
par alice augustin avec sarah-lyse Koné
C
rinières de jais, pommettes et nez sculptés,
bouches surdimensionnées, cils papillonnants,
sourcils imposants… sur chaque photo, la même
signature beauté. Et un sentiment de vertige face à ces
visages quasi identiques qui se déclinent sans fin sur les réseaux
sociaux. Irakiennes, Britanniques, Américaines, Brésiliennes, Iraniennes, Arméniennes, Françaises, Canadiennes, elles vivent aux
quatre coins du monde mais se ressemblent comme deux gouttes
d’eau, entraînant dans leur sillage des centaines de milliers voire des
millions de followers accros à leurs tutos et à leurs prescriptions. Elles
sont fans de maquillage, et certaines en ont même fait un business.
Une nouvelle religion beauté, une secte ultra sophistiquée et mondialisée, dont la sainte patronne officie depuis son Smartphone à
Los Angeles. Car ces mille visages n’en rappellent qu’un, celui de
Kim Kardashian, dont l’image est comme diffractée à l’infini. Toutes
celles que nous avons contactées – Maya Ahmad à Dubai, Okaylaaa
et Rachel Leary au Royame-Uni, Jennifer Pamplona au Brésil, Aseel
Yaseen en Irak – reconnaissent sans complexe être influencées par
la starlette américaine. La it girl d’origine arménienne, fille de l’avocat qui a obtenu l’acquittement d’O.J. Simpson lors de son procès
fleuve, devient une star sulfureuse de la télé-réalité sur fond de sextape il y a un peu plus de dix ans. En 2007, le public commence à
suivre les aventures de « L’Incroyable Famille Kardashian ». Pendant
les quinze saisons, on y voit les sœurs se faire maquiller en long en
large et en travers, du réveil au coucher, pour faire du sport ou se
rendre sur une séance photo, perpétuellement entourées d’une
équipe de make-up artists prêts à dégainer poudres et pinceaux.
Une vie passée sous les projecteurs, un quotidien perfusé au fond
de teint et au mascara volumateur. Et une information continue en
direction du public, depuis son premier tutoriel, réalisé en 2008 en
coulisse d’un shooting pour « Vegas Magazine », jusqu’au lancement
de sa marque KKW, en juin 2017, en passant par ses milliers de posts
Instagram… Esthétique selfie, ode à la sexyness et maximalisme
décomplexé, Kim Kardashian a fait de son style un standard. Un
tsunami glossy qui, comme par magie, ne semble jamais s’essouffler.
50 étapes et 59 cosmétiques et ustensiles (pinceaux,
éponges, brosses, produits bronzants, sticks illuminateurs, mascaras,
poudres en tout genre, fards, spray fixant, etc.) dont le coût est estimé
à plus de 2 500 dollars (environ 2 200 euros)… Voilà le mode d’emploi digne d’une notice Ikea et la liste surréaliste que propose la star
au cours de master class très courues dont le ticket d’entrée peut
atteindre 1 500 dollars. Elle est toujours accompagnée de Mario
Dedivanovic, son maquilleur attitré depuis dix ans. L’artisan du look
Kim, c’est lui. Cet ancien conseiller de vente, passé par diverses
marques avant d’enchaîner les expériences en studio photo, rencontre la jeune femme sur un shooting en 2008. Entre eux, le courant
passe immédiatement. « Il a su sublimer ce que je vois dans le miroir,
dit-elle. La première fois qu’il m’a maquillée, je lui ai demandé de
m’accompagner pour acheter tous les produits qu’il avait utilisés sur
moi. Je l’ai même supplié d’emménager avec moi ! » De ce coup de
foudre cosmétique sont nés tous les codes repris par des millions de
femmes. « Les techniques utilisées par Kim et Mario Dedivanovic ne
sont pas nouvelles, révèle Lyne Desnoyers, directrice maquillage
chez M.A.C. Elles viennent tout droit des années 1920 et reprennent
les artifices des stars du cinéma muet pour mieux capter la lumière et
faire ressortir la structure du visage. Les années 1990 ont démocratisé
l’utilisation du make-up. Le travail de Kevyn Aucoin, célèbre
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@elnaz_golrokh (Iran).
@amirallg (France).
@okaylaaa
(Royaume-Uni).
mille et
une Kim
@sananas (France).
Les réseaux
sociaux regorgent
d’influenceuses
beauté qui assument
leur « Kardashian
attitude ». Difficile
parfois de distinguer
les héritières de
l’originale.
@tenipanosian
(États-Unis).
@rahmanbeauty
(Canada).
@kamiosman (Canada).
version cartoon à grand renfort de faux cils et, enfin, la bouche le plus
souvent nude mais toujours ourlée par un effet d’ombres (et des injections). « Kim Kardashian a démythifié l’usage du maquillage, constate
Lyne Desnoyers. Avec ses tutos et son attitude décomplexée, elle a
rendu les techniques de pro accessibles à toutes et a initié cette vague
de blogs et de vidéos beauté. Avec elle, les verrous ont sauté, le
maquillage est devenu une véritable célébration. »
maquilleur de top-modèles, se retrouve aujourd’hui totalement dans la routine beauté de Kim Kardashian. » Passage obligé de Les premières à se féliciter de cette démocratisation, ce
ce style : la technique du contouring, un jeu d’ombre et de lumière sont bien sûr les marques de cosmétiques. « Cela nous a
nécessitant de multiples étapes et couches de produits de nuances fait une pub de folie », reconnaît Lyne Desnoyers. En quelques années,
différentes dans le but d’affiner les traits et d’illuminer le teint. L’alpha le marché a explosé sous la demande de millennials devenus accros
et l’oméga de Kim Kardashian, dont elle a même fait un mantra : au fond de teint hyper couvrant ou aux fards exubérants. Tous les spé« Conceal, bake, brighten », soit « camoufle, cuit, illumine » (l’étape cialistes le constatent : on a assisté à un boom de la consommation
« cuisson » consistant à laisser poser plusieurs minutes un produit sous de maquillage chez les 18-35 ans. En 2017, selon l’institut d’études
une grosse couche de poudre afin que la chaleur corporelle le fasse parfaitement pénétrer dans la peau). Il y a
aussi les sourcils ultra marqués. « Kim a changé leur forme
pour qu’ils s’harmonisent avec son visage sculpté par le
maquillage, et ils sont aujourd’hui entièrement dessinés à
l’aide d’un crayon taupe ou d’une poudre marron,
C’est le nombre de vues que Compte
explique Sabrina Éléonore, fondatrice du salon parisien
Un Jour, Un Regard, qui compte Kris et Kendall Jenner
le tuto le plus populaire de sa Chaîne
parmi ses clientes. Leur particularité est d’être épais mais
Youtube.
très plats. La star utilise une pâte lissante afin de discipliner
les poils rebelles. » Viennent ensuite le regard de biche
14 157 635
FReDeRIcK M. BRown/getty IMages/aFP ; steFanIe Keenan/getty IMages ; InstagRaM ; anDRea aDRIanI/IMaxtRee ;
saMIR hUsseIn/wIReIMage ; nacIon john, saRa De BoeR, stePhen sMIth/aBaca.
Ouverture du pop-up store de KKW
Beauty, le 20 juin 2018, à Los Angeles.
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ELLE beauté
Kim avec son maquilleur
attitré, mario Dedivanovic.
Les intérieurs feutrés des salons de beauté frémissent
également de cette Kim-mania. « Depuis dix ans, il y a une
vraie demande pour reproduire ses sourcils, confirme Sabrina Éléonore. Cela peut se faire à l’aide de l’épilation, du maquillage et,
parfois, de la dermo-pigmentation. Certains salons, comme celui
d’Anastasia Soare à Beverly Hills, proposent même des pochoirs
décalqués sur les sourcils de Kim. À New York, les femmes n’hésitent
pas à recourir à la chirurgie esthétique pour s’en approcher : à partir d’une entaille sous les cheveux de la tempe, la peau est tirée afin
de remonter la queue du sourcil et d’obtenir le même regard qu’elle. »
Un phénomène qui n’épargne pas la France, comme nous l’explique
la Dre Benouaiche, chirurgienne esthétique à Paris : « Beaucoup de
jeunes rêvent du look Kardashian : pommettes pulpées, lèvres ourlées par des injections d’acide hyaluronique et sourcils redessinés
grâce au Botox. Les jeunes femmes qui me consultent
300 000
les people aussi
a
ag
g
la
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ha
d id
B el
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lad
y
l
en
lj
na
om
i
da
a
d
di
pB
Ke n
gig
ih
c’est le nombre de Kits
de contouring vendus en deux
heures lors du lancement
de sa marque KKW, en juin 2017.
am
de marché américain NPD, elles consommaient 25 % de produits de
plus qu’en 2015 et en utilisaient en moyenne six par jour. « Kim
Kardashian est à l’origine de ce phénomène très générationnel,
confirme Dinah Sultan, du bureau de tendances Peclers. De nouveaux
produits inspirés du maquillage professionnel comme les éponges ou
les pinceaux sont apparus en grandes surfaces. Même chose pour
les kits à sourcils, les mascaras effet faux cils et les produits de contouring, y compris les crayons pour les lèvres, pourtant bannis de nos
trousses depuis vingt ans. » Une tendance toujours observable : entre
2017 et 2018, les produits pour sourcils ont vu leurs ventes augmenter
de 17 % et celles des illuminateurs de 34 % (études IRI). De nouvelles
marques très Kim-compatibles ont également vu le jour : parmi elles,
Anastasia Beverly Hills, lancée par Anastasia Soare, la gourou californienne du sourcil, qui s’est occupée du clan Kardashian pendant
des années. Ou encore les lignes des influenceuses beauté Sananas
(française) et Huda Kattan (dubaïote), répliques vivantes de Kim et
adeptes des mêmes techniques de maquillage. « Le succès de ces
marques est incroyable, constate Élisabeth Sehmer, directrice marketing chez Sephora France. En plus des produits pour le teint, le dernier
best-seller de ces labels, c’est la palette multi-usages. C’est devenu le
nouveau it bag. Chaque lancement est un événement précédé d’un
savant teasing sur les réseaux sociaux. L’attente est énorme et il nous
arrive régulièrement d’être en rupture de stock dès le premier jour. »
si naomi campbell n’a rien à apprendre de Kim Kardashian en termes de contouring
(c’est l’une des premières stars à l’avoir utilisé dans les années 1990), les autres n’ont pas hésité
à adopter cette technique maKe-up capable de redessiner les traits du visage.
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Karda rétro
le looK de Kim, c’est dix ans de travail et une sacrée évolution. d’un maquillage bimbo,
elle a progressivement affiné sa signature beauté, plus nude, plus pointue, même si on note
un grand retour du fard à paupières charbonneux cette année.
Progrès ou régression ? Ses détracteurs reprochent à la star
de véhiculer une vision hypersexualisée de la femme, tandis que
nombre de ses fans voient en elle un modèle. « Chez les jeunes, le
fantasme de monter son label de mode a été supplanté par celui de
lancer sa marque de cosmétiques, constate Eric Briones, cofondateur de la Paris School of Luxury et coauteur de « La Génération Y et
le Luxe » (éd. Dunod). Kim Kardashian inspire ce désir d’entrepreneuriat dans la beauté. » Aujourd’hui, les sœurs Kylie et Kim sont à la tête
d’un petit empire cosmétique. La marque de maquillage de la
« Kim Kardashian est une sorte d’espéranto de la cadette serait déjà valorisée à plus d’un milliard de dollars, tandis
beauté, en référence à cette langue internationale inventée pour que son aînée aurait engrangé plus de 14 millions de dollars avec le
être comprise dans tous les pays, analyse l’anthropologue Élisabeth lancement de sa ligne de parfums. Sortis en juin 2017, ses cosméAzoulay, directrice de publication de “1 00 000 ans de beauté” (éd. tiques siglés en toute simplicité KKW s’arrachent sur le Web ou dans
Gallimard). Elle fusionne des critères qui parlent à de nombreuses des pop-up stores. Un succès reconnu par ses pairs puisqu’elle vient
cultures. Au Japon ou en Chine, on rasait les sourcils pour mieux les de recevoir le prix parfum prestige WWD, l’équivalent des Oscars
dessiner. Ses cheveux longs, noirs et raides parlent aux Indiennes et de la beauté aux États-Unis. Depuis février, elle produit également
aux Orientales. Sa taille sanglée et ses fesses rebondies
l’émission « Glam Masters », où des
rappellent les représentations idéalisées des femmes en
maquilleurs s’affrontent, et le grand
Afrique à une certaine époque. Son maquillage glagagnant aura droit à une collab
mour convoque les icônes du cinéma américain. » Un
avec elle. « Beaucoup de marques
visage universel donc, une beauté mondialisée et inclurêveraient d’avoir autant de succès
c’est le
sive qui donne aussi une visibilité à des physiques
que Kim Kardashian , poursuit Eric
pourcentage de
jusqu’ici peu représentés car moins conformes aux criBriones. Il faut dire qu’elle utilise des
tères imposés par la culture occidentale, notamment
outils commerciaux redoutables :
parts que cette
celui de la blonde aux yeux bleus qui a caracolé en tête
influencée par Kanye West et Virgil
businessWoman
des canons de beauté pendant des décennies. « Kim
Abloh, elle a su récupérer les techaguerrie détient
Kardashian parle aussi aux Africaines-Américaines,
niques des marques streetwear
constate Dinah Sultan. Son mariage avec Kanye West
– collections en séries très limitées,
dans sa société.
lui a permis de rester branchée, au contraire d’une Paris
lancement sur le mode du “drop”
Hilton tombée dans l’oubli. Kim Kardashian a également
[des ventes éclair annoncées par
repris de nombreux codes de la beauté noire, comme le contouring, un compte à rebours, ndlr]. Mais surtout, elle dispose du Graal
que pratiquait déjà Naomi Campbell, ou les tresses africaines. » Un marketing : celui de l’incarnation et du story telling. Chaque produit
procès en appropriation culturelle lui est d’ailleurs régulièrement fait qu’elle vend est un bout de son histoire, voire un bout de son corps :
aux États-Unis. Mais pour Élisabeth Azoulay, elle est aussi l’icône le flacon de Body est moulé sur ses courbes ; elle a composé la
d’une révolution technologique, celle des réseaux sociaux : « Le pro- gamme de parfums Crystal Gardenia en s’inspirant des cristaux qui
grès a plusieurs fois bouleversé le rapport à notre image. Avec l’ont aidée à se remettre de son kidnapping parisien ; chaque fard
l’apparition de la photographie et la production de miroirs légers et de sa nouvelle palette porte un nom qui correspond à une anecdote
bon marché à la fin du XIXe siècle, les gens ont commencé à s’obser- de sa vie ou à une valeur qu’elle défend – Arménie, Miami, Loyauté,
ver de plus en plus. Avant, ils avaient très peu conscience de leur etc, etc. Alors que tout dans son univers est construit et retouché, tout
apparence. Aujourd’hui, avec le selfie s’est créé un physique “ava- semble finalement vrai. » La plupart de ses « clones » Instagram que
tar”, presque cartoonesque qui impose la routine beauté comme un nous avons interviewées saluent d’ailleurs son authenticité. Un
parachèvement de soi. Kim Kardashian incarne ainsi une nouvelle comble ? Un don, plutôt. Faire croire en l’impossible, n’est-ce pas là
religion, celle de l’empowerment par le bricolage de l’apparence. » le talent des plus grands magiciens… n
l’assument totalement. Elles m’envoient leurs copines,
montrent le résultat sur leur compte Instagram. Le danger, c’est de se
retrouver avec une beauté standardisée. J’essaie de leur faire comprendre que ce qui est harmonieux sur Kim Kardashian peut ne pas
correspondre à leur morphologie. Certaines s’en fichent : plutôt que
de corriger un défaut, elles préfèrent se concentrer sur les pommettes
et les lèvres. » Une demande qu’ont constatée d’autres chirurgiens
interviewés aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Arménie.
jOhn KOPaLOff/fILm magIc ; jB LacrOIx, DIa DIPasuPIL/wIreImage ; antOneLLO trIO ;
aLessaDrO zenO, anDrea aDrIanI, vaLentIna vaLDInOcI, matteO scarPeLLInI/Imaxtree.
100 %
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ELLE beauté
Ligne de
sourcils
redessinée
et lèvres
ourlées.
jeu d’ombre et de
lumière sur le teint.
les codes
Kardashian
sur les
podiums
cheveux lissés, sourcils
redessinés, teint sous
contrôle et bouche
nude : Kim K. influence
même la mode, en
particulier les maisons
balmain et fendi.
Poudre veloutée
et ensoleillée pour
Kendall jenner.
Pommettes sculptées.
sourcils au cordeau
et blush xxL.
highlighter
à haute dose.
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ELLE vie privée / déco
Mon beau
ChaLet
C’est dans la taRentaise que Clémentine
laRRoumet, CoFondatRiCe du studio
Be-Poles, a tRansFoRmé une vieille gRange
en CoCon ContemPoRain. visite PRivée.
PaR Charlotte huguet PhotogRaPhe VinCent leroux
Directrice artistique, Clémentine Larroumet a cofondé le
studio Be-Poles avec Antoine Ricardou. Ils signent à quatre mains
l’identité des lieux et marques les plus en vue. Son secret pour faire
face à un quotidien fait de multiples réunions et projets ? Filer vers les
sommets. En 2016, cette amoureuse des grands espaces a même
acheté une maison dans le hameau où la famille d’Emmanuel, son
mari, passait ses vacances depuis les années 1960. Sur le papier,
les inconvénients sont nombreux : difficile d’y filer pour un week-end,
84
climat rude en hiver... Reste que le dépaysement est total et la nature
brute ! La famille s’agrandissant, ils ont jeté leur dévolu sur une grange
construite il y a un siècle. Sans porte ni fenêtres, ce vaisseau de bois
ouvert sur le paysage leur a paru merveilleux. Certes, le chantier
serait titanesque, mais il autorisait toutes les fantaisies. Deux ans
plus tard, cette vieille grange s’est muée en chalet moderne, ouvert
sur le panorama, aussi design qu’intemporel. Bienvenue dans
leur cocon déco !
E L L E .FR
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SaLLe à manger
Pour isoler la maison, tous les murs de
pierres ont été remplacés par du verre et
du bois, ce qui rend le lieu très chaleureux.
Dans la salle à manger, une grande table
de presbytère, chinée au Mans, peut
accueillir huit à dix convives. Indispensable
quand on a quatre enfants ! De là,
on a une vue superbe sur la montagne.
(Suspensions Zangra, saladier Ailleurs.)
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CuiSine au vert
Pendant les travaux, Clémentine s’est découvert
une passion pour le vert sapin. Carreaux Emery
& Cie, suspension Zangra, accessoires… Elle en
a semé un peu partout dans la cuisine en bois.
(Pots et tableaux chinés, passoire Jars x Maison
Plisson, tasses India Mahdavi, cuillère Démodé.)
vertige en terraSSe
La vue de cette maison est la plus belle de la vallée.
C’est d’ailleurs pour elle que Clémentine et Emmanuel
ont craqué, faisant réaliser une immense baie vitrée,
ouverte dès qu’il fait beau.
mini-refuge
Au dernier étage, très mansardé, les enfants
adorent passer l’après-midi sur les matelas et
coussins Jamini posés à même la moquette.
Le tout se transforme en dortoir dès que
les amis débarquent !
eSprit gaLerie
« J’ai commencé à dessiner avec ma grand-mère et je ne
me suis jamais arrêtée, raconte Clémentine. Sur le
meuble de l’entrée, j’ai installé un pêle-mêle d’œuvres
des artistes que j’aime, de photos de famille et même
certains clichés pris par mes enfants. J’adore fouiller
à la Librairie des Alpes (6, rue de Seine, Paris-6e)
à la recherche de vieilles photos et de livres. »
86
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ELLE vie privée / déco
CoSy CoCon
Simple et confortable, le salon est constitué
d’une banquette sur mesure en pin. couverte de
matelas et de gros coussins en tissu (rue Hérold),
elle permet de s’y asseoir ou de s’y allonger.
Aux murs, des dessins et photos de clémentine
et de Gwenaëlle, la femme d’Antoine ricardou,
cofondateur du studio Be-Poles.
vIncent Leroux
(table basse roche Bobois.)
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11 janvieR 2019
ELLE vie privée / déco
Bain D’aLpage
Atmosphère chaleureuse pour la salle de bains grâce à un jeu malin
de poutres de bois sablées. Au sol, clin d’œil aux entrées
d’immeubles haussmanniens, le carrelage à cabochons rencontre
la moquette douillette. Lavabo et robinet anciens.
calée dans une niche de bois, la chambre
d’amis bénéficie d’une vue incroyable
sur la montagne. De petits recoins ont
également été prévus dans les murs afin
d’y installer livres et photos. n
(Linge de lit Merci.)
vIncent Leroux
aLCôve perChée
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80
N° 122 / JANVIER - FÉVRIER 2019
RECETTES
INÉDITES
NOS 15
BOUILLONS
MAGIQUES
TENDANCE
FONDANT ET
BRANCHÉ,
LE PULLED PORK,
C’EST LE
NOUVEAU
BURGER
ADOPTEZ-LES
POUR RESTER
JEUNE, MINCE
ET PLEIN(E)
D’ÉNERGIE
AGRUMES
DU SOLEIL
EN HIVER!
HIVER!
POULET AU CITRON
CEVICHE AU LIME
TARTE AUX POMELOS…
TOUR DE
FRANCE FOOD
ÉTAPE 4 :
MARSEILLE
OURSIN,
KIWI, CHOUX
NOS STARS
DE LA SAISON
EXTRAITS
LA SAGA
DES ROSTANG
LA GASTRONOMIE
DE PÈRE EN FILLES
EXCLUSIF
20 RECETTES DE
CHRISTOPHE MICHALAK
1,10€ EN PLUS DU MAGAZINE
L’UL
TIME
CAK
E BO
OK
de c
hri
sto
phe
mic
hal
a
k
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mode
les
Dessous
Des
étiquettes
site jusqu’à 10 000 litres d’eau (arrosage du
coton pour sa culture et lavage compris), soit
l’équivalent de 200 douches. Chez Maison
Standards, le denim est « sourcé » chez Candiani, une maison très respectée en Italie, et
le délavage écologique a été imposé. Et les
jeans sont recyclés à 37,5 %. D’autres marques
font des efforts, telles 1083 et Mud Jeans.
11 janvier 2019
ELLE vie privée / environnement
aNaïs Dautais Warmel
Fondatrice de la marque Les Récupérables
exiger la transparence
Pourquoi ne pas interroger les marques ?
Posez vos questions par mail ou aux vendeurs en boutique pour savoir comment sont
conçus leurs vêtements. N’hésitez pas à les
questionner sur le salaire et les conditions de
travail des ouvriers chez leurs fournisseurs.
mettre le prix
Achetez moins et mieux. Certaines enseignes décortiquent le prix final sur leur site en
isolant la matière première, le montage, la
teinture, les finitions, les transports, les
intermédiaires, etc. C’est le cas de Maison
Standards, Honest By ou Everlast.
stéphaNie CalViNo
Fondatrice de Rencontres AntiFashion
Choisir les bonnes boutiques
par julia dion
Nayla ajaltouNi
Membre du collectif Éthique sur l’étiquette
Bien comprendre le « made in »
Savoir comment et où votre vêtement a été
fabriqué est essentiel. Le « made in Europe »
n’est pas toujours synonyme d’éthique car,
dans certains pays comme la Slovaquie, les
salaires des travailleurs du textile sont très
bas. Et un vêtement conçu à l’étranger bénéficie du « made in France » juste grâce à ses
boutons cousus dans l’Hexagone ! Enfin, la
mention « made in » n’est pas obligatoire,
seules la composition du vêtement et ses
conditions d’entretien le sont.
Vérifier les labels
Oeko-Tex, Max Havelaar, Gots sont des certifications fiables mentionnant la qualité de la
fibre (bio et équitable) et son processus de
90
traitement. Il n’existe malheureusement pas
de label social. Un T-shirt en coton bio peut
très bien avoir été confectionné par des travailleurs sous-payés au Bangladesh ! Bon à
savoir, l’Ademe (ademe.fr/ecolabel-europe)
liste les produits respectueux de l’environnement et de la santé, notamment dans le textile.
ethique-sur-etiquette.org
uriel KarseNti
Créateur de Maison Standards
Faire attention à la matière
Préférez les fibres naturelles (coton, laine),
moins polluantes que les synthétiques souvent issues de la pétrochimie (polyester,
acrylique, polyamide, élasthanne, etc.).
Être exigeant avec les jeans
La fabrication de ce type de pantalon néces-
anti-fashion-project.com
3 iDées
plus éthiques
Dégainer son appli Good on
you : infos sur les conditions de travail,
le respect de l’environnement, etc.
pour 1 000 références fashion.
se plonger dans « rétro-cool »
(éd. Flammarion), de Nathalie Dolivo
et Katell Pouliquen, grand reporter
et rédactrice en chef à ELLE.
louer son dressing
via panoplycity.com
E L L E .Fr
katie + joe/stocksy
Des pros De la moDe responsable nous Donnent
leurs petites astuces pour s’habiller plus
éthique en respectant les hommes et la nature.
Tournez-vous vers les enseignes vendant des
marques écolo-compatibles comme Manifeste011 (14, rue Jean-Macé, Paris-11e), Front
de Mode (42, rue Volta, Paris-3e) ou Centre
Commercial (2, rue de Marseille, Paris-10e).
On y trouve par exemple Bleu de Paname,
Roseanna, Veja ou Valentine Gauthier.
Chinez dans des friperies : Ding Fring (56,
Grande-Rue, 59100 Roubaix ou La Coquette
(5, place de la Corderie-Henry-Bergasse,
Marseille-6e). Sur Internet, allez sur sloweare.
com ou dressingresponsable.com n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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ELLE vie privée
c’est moN histoire
un petit
chat m’a rendue
zinzin
un animal domestique ? Jamais ! pouR isabelle,
55 ans, boule de poils Rimait avec tas d’ennuis, Jusqu’à
ce que ZoRRo déboule dans sa vie.
pRopos Recueillis paR Pascale Frey illustRation aNNabel brieNs
Je n’ai jamais voulu d’animaux, pas même un cochon
d’inde, un canari ou un poisson rouge. ce n’est pas que je
les déteste, mais ces petits êtres me semblent à la fois étrangers, un
peu dégoûtants et extrêmement encombrants. Évidemment, mes
enfants ont tenté de me convaincre lorsque les peluches ne les ont
plus comblés. harcèlement, culpabilisation… ils ont tout essayé. sans
succès. passer pour une mère sans cœur, restant de glace devant
une petite boule de poils, ne me posait aucun problème. pourquoi ?
parce que la mignonne petite bête finit toujours par se transformer en
mastodonte qu’il faut nourrir, soigner, promener (à voir l’empressement que mes fils mettaient à vider le lave-vaisselle, nul doute qu’ils
auraient tout mis en œuvre pour éviter la promenade hygiénique de
minuit en décembre !), voire faire piquer avec tout le chagrin qui en
découle. et que faire de Médor ou de Félix pendant les vacances ?
tels étaient les arguments de mes parents lorsque j’étais enfant, et je
les avais repris à mon compte à l’âge adulte. nos fils ont donc grandi
sans bête à poils, nous avons toujours tenu bon. seule exception, la
présence de souris peu farouches dans notre immeuble. le soir, elles
venaient régulièrement regarder la télévision à nos côtés, comme
Jerry, nous poussant parfois à envisager l’acquisition d’un tom, plus
efficace que tous les dératiseurs incompétents qui ont défilé à la maison. surtout que thomas, notre cadet, est violemment « musophobe ».
dès qu’il voit poindre un museau, ce grand gaillard de rugbyman
peut finir recroquevillé sur son bureau, terrifié. Bref, louis et thomas
ayant dorénavant 20 et 18 ans, nous étions passés entre les gouttes
et avions échappé à l’esclavage des « quatre pattes ».
Ne jamais dire jamais
un beau jour de décembre pourtant, ma vie a basculé. J’étais en
voyage d’affaires à new York lorsque louis, parti travailler avec des
copains à la campagne, a téléphoné non-stop pendant une réunion.
imaginant toutes sortes de malheurs, je me suis éclipsée et l’ai rappelé. Quelques secondes plus tard, il claironnait : « Maman, j’ai une
excellente nouvelle, on va avoir un petit chat ! » Je suis restée muette,
l’écoutant m’expliquer que ses amis et lui avaient été élus par un chaton noir, qu’ils s’étaient renseignés auprès des voisins, qu’il n’appartenait à personne, que sans aide il allait mourir, que ce serait beau-
92
coup moins contraignant qu’un chien, etc. J’ai tenté d’interrompre ce
flot, demandant pourquoi ce ne serait pas un de ses copains qui
jouerait les sauveurs. peine perdue. trente minutes, vingt textos et six
coups de fil plus tard, j’ai abdiqué, usée par le décalage horaire. de
l’autre côté de l’atlantique, j’ai commencé à être inondée de photos
du chaton sur les lits des enfants, à la cuisine, dans la baignoire, sur
mon bureau… le nouveau roi, c’était lui. Quand il s’est agi de le
baptiser, j’ai opté pour zorro.
À mon retour de voyage, zorro m’a tournicoté autour, aussi sociable
que ses jeunes maîtres. il était effectivement très mignon. Malheureusement, il avait une propension à se
glisser dans mon sac et à faire ses
griffes partout : fauteuils, rideaux…
on l’a fait castrer, mais nous n’avions
Je me suis
pas prévu qu’il se vengerait en
confondant, quelques jours durant,
touJouRs
sa litière et notre canapé. Ça, c’était
moquée des
moins rigolo. on avait beau nettoyer, ça empestait. au moment où
gens gâteux
même nos fils ont fini par dire que ce
avec leuRs
n’était plus possible et qu’on n’allait
animaux.
pas pouvoir le garder, il a retrouvé
le chemin de sa litière officielle. dès
maintenant,
lors, zorro a fait partie de la famille,
Je compRends.
petite présence apaisante.
Mais, un matin, juste après noël,
plus de zorro. les fenêtres étaient
fermées, il n’avait donc pas pu s’enfuir par là… tout d’un coup, je me suis souvenue que j’avais entendu
la porte d’entrée claquer dans la nuit. les garçons étaient revenus
tard et ils avaient dû le laisser filer sans même s’en rendre compte.
Branle-bas de combat ! À 7 heures, on a sonné chez les voisins, visité
les caves, erré dans la rue en hurlant « zorro ! », collé des petites
annonces à la boulangerie. dès le lendemain, toute la rue suivait
l’affaire et nous demandait des nouvelles. zorro était petit, il ne
connaissait pas le quartier, il faisait un froid de gueux. Je l’imaginais
grelottant, s’il était encore vivant, bien sûr. J’ai même appelé sophie,
E L L E .FR
RetRouvez
« C’est
mon histoire »
en podcast suR
la chaîne itunes
de « elle ».
11 JanvieR 2019
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ma copine fan de Yi King, qui m’a rassurée, affirmant qu’il était vivant,
pas très loin, plutôt au nord. J’étais bien avancée. une semaine qu’on
l’avait perdu quand même. J’allais au bureau comme une âme en
peine, les yeux rougis au point d’inquiéter mon équipe, qui se demandait si j’avais perdu un proche. « oui », ai-je répondu. Qu’allait-on
devenir sans zorro ? soudain, j’ai eu une idée. internet sert à tout,
acheter des meubles, retrouver des vêtements égarés et même
rechercher des amis perdus de vue depuis cinquante ans. pourquoi
pas un chat ? J’ai tapé « j’ai perdu mon chat » et découvert qu’il existait bien un site dédié : chat-perdu.org. incroyable ! il était gratuit, ce
n’était donc pas une arnaque. J’ai rédigé mon annonce, avec le lieu
et la date de la disparition, et posté une photo de zorro. trois jours
plus tard, à l’aube, j’ai reçu une alerte. on me prévenait que, sur
Facebook, des personnes habitant tout près de chez nous signalaient la présence d’un petit chat noir. avec un numéro de téléphone.
J’ai appelé et je suis tombée sur une gardienne qui m’a raconté l’avoir
recueilli parce qu’il errait dans la rue. son immeuble l’avait adopté
et il passait chez les uns et les autres. Reste qu’elle serait bien contente
de nous le rendre s’il était à nous. Quelques minutes plus tard, je
sonnais à sa porte. eh oui, c’était zorro, pas particulièrement content
de me retrouver. visiblement, il se plaisait bien ici !
le retoUr dU chat ProdiGUe
sieste tout l’après-midi, java la nuit, miaulements le matin devant la
porte de la chambre pour avoir ses croquettes… zorro a très vite
repris ses marques à la maison. Échaudés par sa fugue, on a commencé à le laisser sortir pour qu’il apprenne à rentrer tout seul.
depuis, il a un emploi du temps chargé. le matin, il va dire bonjour à
la voisine qu’il a prise en affection, et vice versa. ensuite, il passe une
bonne partie de la journée sur le toit du garage, en face. le soir, il file
dieu sait où jusqu’à ce qu’on l’appelle. dès qu’il y a du monde, il
débarque, ravi, et fait le tour de la table. et quand on part en
vacances, une « cat sitter » du quartier vient deux fois par jour le nourrir et lui tenir compagnie. Je me suis toujours moquée des gens gâteux
avec leurs animaux. Maintenant, je comprends. Á tel point que je me
demande si je ne vais pas aussi recueillir un chien ! n
Vous aVez enVie de raConter Votre histoire ? nos JouRnalistes peuvent RecueilliR
votRe tÉMoignage. ÉcRivez-nous À cestMonhistoiRe@lagaRdeRe-active.coM
E L L E .FR
93
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
11 janvier 2019
ELLE vie privée / une journée avec
06.00
J’aimerais vous dire qu’après une
heure de méditation je me branche
sur France Culture et je déguste un
thé vert fumé pendant que mon mec
prépare un granola maison… Mais
j’émerge péniblement à 8 h 30 et
seulement parce que le réveil de
Matthieu a sonné. Je suis imbuvable
tant que je n’ai pas avalé mon café
et mis mes lentilles. Ensuite, cap sur
le frigo. Rien à part un bout de
pizza... Namasté !
son lieu
« La pâtisserie Conté
à Toulouse. C’est
là que j’allais chercher
ma chocolatine
après l’école. »
37, rue Croix-Baragnon,
31000 Toulouse.
08.40
10.30
J’enfourche mon vélo, direction la
Maison de la Radio pour rejoindre
l’équipe de « La Bande originale »
de Nagui.
10.55
agnès
hurstel
Cette étoile montante du stand-up,
J’arrive juste avant le début de
nouvelle venue dans « la bande
l’émission. Nagui m’a appelée
originale » sur FranCe inter, nous
le 15 août pour me proposer une
chronique. Il venait de voir ma dévoile son quotidien. déComplexant.
conférence Ted X, huit minutes sur
par soline delos
le roulage de pelle. Un éloge de
la lenteur, en quelque sorte ! La
19.00
galoche, c’est une véritable éducation sentimentale. D’ailleurs, quand on roule une J’appelle Kader Aoun, le producteur de mon specpelle, on passe par toutes les émotions : la peur, tacle « Avec ma bouche », pour lui raconter ma
l’amour, le désir. Pour ma chronique, j’ai sujet libre, dernière blague. Souvent, il me dit : « C’est nul. »
mais on est sur France Inter. L’idée, c’est d’être Parfois : « Creuse ! » Je viens de finir les représentations à Paris et j’ai hâte de remonter sur scène.
drôle, intelligent, sensible et de gauche.
Donc je peaufine le texte. Le théâtre, c’est mon truc
depuis l’enfance. Au départ, je ne pensais pas que
13.00
Je n’ai jamais sauté un seul repas de ma vie et je j’allais jouer, je voulais juste écrire. J’ai fait hypomange de tout. Sauf le sucre, le sel, le gluten, le khâgne, khâgne et, à 25 ans, j’ai découvert le
stand-up. Du coup, je me retrouve sur scène à faire
gras, le lactose, la viande rouge...
des blagues sur mon vagin !
15.00
Quand je ne passe pas de casting, je retrouve le
scénariste et réalisateur Victor Saint Macary,
avec qui j’écris le scénario de « Jeune et golri »,
une série romantique et cul, pour OCS. C’est
parti pour quatre heures de boulot. On rigole, on
s’engueule et, immanquablement, pendant la
dernière demi-heure, on trouve les bonnes idées.
18.00
Ma mère me rappelle. Comme j’ai pris trois
Guronsan, je décroche.
94
20.00
Je commande une pizza qui arrive généralement
presque froide et toute retournée ! Je regarde
beaucoup de films et de séries. Mon top 3 : « Broad
City », « Pulling » et « Catastrophe ». J’adore l’humour
anglais. Ça me rappelle mon adolescence, que
j’ai passée à Londres.
23.00
Je me mets à ma chronique du lendemain, dans le
stress. J’aurais mieux fait de méditer.
son hobby
« #passionpharmacie.
Dès que je me rends
dans une ville, c’est
le premier lieu dans lequel
je rentre. Ça me rassure. »
son chiffre
112
« le nombre
de mes ex. »
son actu
Elle a une chronique dans
« La Bande originale »
de Nagui (photo), le mardi
à 11 heures sur France Inter.
Elle joue dans « Les Parties
intimes », de Noé Debré.
Les dates de sa tournée
d’« Avec ma bouche »
sont sur @agneshurstel.
E L L E .Fr
s george jerusalmi/contour by getty images ; i-stock ; edmond sadaka/sipa.
Mon téléphone sonne. C’est ma
mère. Trop tôt pour répondre.
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Prénom.............................................................................................................................
Adresse ...........................................................................................................................
................................................................................................................................................
................................................................................................................................................
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NUMÉROSCOPE
Semaine du 11 au 17 janvieR 2019
paR Marie Gardaire
le climat hebdomadaire influe sur votre chiffre personnel, qui sera donc modifié chaque semaine. pour le calculer, additionnez les
chiffres de vos jour, mois et année de naissance. par exemple, si vous êtes née le 27/11/1984, 2 + 7 + 1 + 1 + 1 + 9 + 8 + 4 = 33, 33 c’est
3 + 3 = 6. Mémorisez ce premier chiffre, auquel vous ajouterez le chiffre de la semaine (voir encadré ci-dessous) : 6 + 2 = 8.
votre chiffre est le 8.
décidée
stratéGique
Généreuse
constructive
idéaliste
altruiste
ènervée
hypersensible
confiante
vous allez au bout des choses
et vous vous sentez en phase avec
les projets entamés. sur un plan personnel,
avec ce chiffre 1, vous ne tolérez aucun
faux pas et votre partenaire n’a qu’à
marcher droit ! au cas où vous seriez
célibataire, c’est votre niveau d’exigence
qui vous fait écarter des candidats
potentiels (surtout après le 15 janvier).
mais, au fond, vous êtes heureuse
d’être libre de vos mouvements.
vous en avez assez des non-dits et
des faux-semblants, alors vous dénouez
les malentendus les uns après les autres.
après ce ménage de début d’année,
vous vous sentez régénérée. ce chiffre 4
vous a conduite à forcer votre nature trop
intériorisée, à vous ouvrir. au boulot,
ça favorise aussi les échanges et une
meilleure intégration dans les projets
ou les équipes. vers le 14 janvier, une belle
surprise de vos proches vous comble.
frustrée par une déconvenue récente,
vous êtes carrément en colère ! pourtant,
ce serait bien de changer d’état d’esprit,
car la vie va bientôt frapper à votre porte
avec une belle nouvelle… vers le 15 janvier,
il va falloir penser budget avec ce chiffre 7
et ne plus fonctionner seulement en
bouchant les trous au dernier moment !
par ailleurs, vous faites un réel effort
de communication : votre entourage vous
est reconnaissant de votre implication.
vous aimez le pouvoir ? mieux vaudrait
l’assumer que d’essayer de tirer les ficelles
depuis les coulisses. ce chiffre 2 ne vous
conduit pas à la diplomatie, peut-être
est-ce dommageable... enfin, si votre
couple bat de l’aile ou si vous vous sentez
seule, il ne tient qu’à vous d’essayer
de rétablir l’harmonie. après le 13 janvier,
vous risquez d’être très motivée à le faire,
même si vous avez un sens de
l’improvisation poétique bien à vous.
vous ne supportez plus ceux qui se
plaignent à longueur de temps, vous avez
envie de vous confronter à des réalités
autres. vous rêvez d’approcher des cultures
ou des façons de vivre éloignées de vos
habitudes ! Ça vous taraude. et si vous
envisagiez un long voyage ? vous avez
besoin de changer d’air et, si vous êtes
en attente de rencontrer « la bonne »
personne, c’est exactement ce qui pourrait
se produire en quittant les sentiers battus.
vous allez avoir du mal à avaler les
reproches injustes qu’on vous fait cette
semaine (avant le 14 janvier). pour autant,
ne décidez pas de tout envoyer valser.
vous avez besoin de stabiliser votre
situation et de prendre le temps de peser
les avantages et les inconvénients. avec
ce chiffre 8, peut-être serait-ce le moment
d’initier un projet qui donne plus de sens
à votre vie ? enfin, sachez calmer votre
nervosité, elle peut vous causer du tort.
artiste dans l’âme, vous avez une idée
à la seconde pour embellir la vie de votre
entourage. mais n’en faites-vous pas trop ?
vous vous donnez corps et âme et il n’est
pas certain que vous ayez autant de retours
positifs que ce que vous pensez. vers le
14 janvier, vous vous rendez cependant
compte qu’un(e) de vos ami(e)s a besoin
d’un soutien d’urgence. sachez prioriser
pour ne pas l’abandonner à ses difficultés.
ce chiffre 3 met l’amitié au centre.
vous avez du mal à vous dire que
si vous êtes seule à vous sentir bien,
c’est suffisant ! votre besoin de partager
crée l’émerveillement chez vos proches
et votre vie s’en trouve illuminée.
sur un plan personnel, avec ce chiffre 6,
vous êtes dans l’acceptation des limites
de chacun, ce qui apporte une grande
douceur dans votre quotidien... vous
savourez ces moments privilégiés en vous
sentant gâtée par la vie.
vous avez foi en l’avenir et en sa myriade
de possibilités. vous avez mille fois raison
de ne pas vous laisser submerger
par vos émotions passagères ; elles ne sont
pas bonnes conseillères. sachez qu’avec
ce chiffre 9 votre ambition est un peu
démesurée, mais vous ne voudriez pas que
ce soit autrement… vous assumez une
forme d’excès, c’est votre signature dans
l’existence ! vers le 14 janvier, ralentissez
sur les vitamines dans votre alimentation.
2 est le chiffre de cette seMaine. vous verrez que si vous prenez vraiment le temps
de faire chaque chose comme vous l’entendez, rien ne vous rÉsistera !
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HOROSCOPE
semaine du 11 au 17 janvieR 2019
paR marie gardaire
béLIer
21 maRs - 20 avRil
Taureau
21 avRil - 21 mai
Gémeaux
22 mai - 21 juin
Vous abordez l’année avec plein de bonnes
résolutions... à mettre en pratique. Surveillez surtout votre vitalité. Maintenez le rythme sans accélérations sinon vous risqueriez la saturation. Votre
cœur ressent terriblement l’envie qu’un nouveau
chapitre s’ouvre et vos résolutions de stabilité,
envers et contre tout, entrent dans une zone
d’ombre. N’exprimez pas de regrets, sachez
simplement tourner la page.
Mercure et Saturne ont l’air de s’être mis d’accord pour vous demander de vous investir davantage… dans votre routine ! Il ne s’agira pas de
faire preuve d’imagination, mais de respecter les
contraintes et les lignes imposées. Relèverezvous le défi ? Le papillonnage est de toute façon
une tentation constante qui vous guette. Et l’envie
de moments mémorables vous fait parfois perdre
le fil… Mais rien de sérieux à l’horizon !
Vénus et Jupiter viennent vous titiller sur des points
que vous aviez cru acquis, mais que vous avez
peut-être traités un peu à la légère ! Quelques
changements souhaités et vraiment obligatoires
doivent être envisagés, mais sans vous écarter de
votre ligne de conduite initiale. Vers le 14 janvier,
vous avez décidé de jouer le tout pour le tout
pour retenir l’attention de quelqu’un, mais est-ce
que le jeu en vaut la chandelle ? Pas si sûr.
cancer
22 juin - 22 juillet
LIOn
23 juillet - 22 août
VIerGe
23 août - 22 septembRe
Beaucoup d’influences très contrastées vous malmènent, d’Uranus à Pluton en passant par Saturne.
Trop de contrariétés amoureuses, de dépenses,
d’horaires malmenés, de quiproquos familiaux et
probablement de soucis avec votre habitation…
La bonne attitude est incontestablement de prendre
le temps de chaque chose, surtout après le 13 janvier, et de résoudre patiemment chaque point qui
se présente à vous.
Prudence avec la lune noire qui vous pousse un
peu vite à vous engager dans un investissement,
les influx planétaires sont neutres et du coup les
protecteurs qui vous guidaient jusque-là vous
manquent. La clé est dans la recherche de renseignements complémentaires jusqu’au 15 janvier.
Ensuite, dans le fait de lâcher simplement la bride
et de laisser le temps dérouler tranquillement son
fil sans plus trop se poser de questions.
Une bouffée d’oxygène liée à votre capacité à
redynamiser votre planning va vous porter dès le
13 janvier. Effectivement, vous secouez la pesanteur de Neptune et ses doutes incessants. Vous
allez de l’avant et rien décidément ne vous arrête !
À partir du 15 janvier, vous allez avoir la tentation
d’économiser et de réduire les coûts suite à un
climat d’insécurité, mais ce n’est vraiment pas le
bon choix.
baLance
23 septembRe - 23 octobRe
scOrpIOn
24 octobRe - 22 novembRe
saGITTaIre
23 novembRe - 21 décembRe
La part de Fortune tire Mars vers l’affirmation de
soi et vous osez enfin dire et faire ce que vous
aviez sur le cœur depuis longtemps. Ce qui se
prépare est un réel changement de statut ou de
cap de vie, et vous l’accueillez avec sérénité.
Vers le 15 janvier, l’immobilisme d’un proche vous
posera problème et vous déciderez de ne plus
accepter l’inacceptable. Cette réaction sera
parfaitement adaptée et légitime.
Du trouble et beaucoup de séduction sont distillés par Neptune qui se sent au maximum de son
aura. Pour autant, la question de la direction globale de votre vie demeure. Avez-vous envie de
vous amuser encore ou bien sentez-vous qu’il est
temps de passer à une étape plus constructive ?
Votre nature indéfectiblement romantique ressort
très nettement après le 15 janvier et ce n’est pas
forcément un mal.
C’est un tournant général très fructueux qu’apporte
Jupiter. Vous avez besoin de vous sentir nécessaire
aux autres et la bonne méthode est de ficeler un
programme pour et avec votre entourage. Le
cœur est plus complexe à gérer parce que vous
vous sentez globalement incomprise par votre
partenaire et le dialogue ne sert à rien. Peut-être
faut-il prendre de la distance ou envisager de
faire un break temporaire ?
caprIcOrne
Verseau
22 décembRe - 20 janvieR
21 janvieR - 18 FévRieR
pOIssOns
19 FévRieR - 20 maRs
Rendez-vous au sommet pour Saturne, Pluton et
Mercure qui se disputent la première place dans
votre signe. Des décisions mûries, qui s’appuient
uniquement sur des personnes dont vous pouvez
être sûre à 100 %, et une mutation viennent petit à
petit modifier votre quotidien. Après avoir tout
sécurisé, vous pouvez finalement profiter du juste
repos du guerrier… et être fière de vous car ce
chemin a été parcouru seule.
C’est une marge de manœuvre confortable qui
vous attend dans les semaines à venir. Inutile de
vous presser ou d’essayer de mobiliser toutes vos
ressources, vous avez surtout besoin de temps et
vous en aurez bientôt à foison. Sollicitez vos
proches car vous ressentez un manque d’attention et de sollicitude, une grande fatigue vous
abat et finit par mettre votre moral à zéro, alors
que tout va réellement très bien !
Seriez-vous tentée par les aventures ? Éros
manque d’espace dans votre vie et ça finit par
vous mettre le moral à plat et d’une humeur de
chien. Prenez donc le temps de vous faire plaisir
et de vous coucher plus tard. Les habitudes vous
lassent. Votre planning manque un peu de piment.
Attention – surtout après le 14 janvier – à ne pas
trop investir les rencontres qui peuvent n’être
qu’éphémères...
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blettes et lard
E L L E
Les pascades de Bruno Doucet
VeaU et MarrONs
E L L E
Les pascades de Bruno Doucet
COUrGes et CHOU Kale
E L L E
Les pascades de Bruno Doucet
POIre et CaraMel aU beUrre salÉ
E L L E
Les pascades de Bruno Doucet
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Les pascades de Bruno Doucet
Les pascades de Bruno Doucet
COUrGes et CHOU Kale
blettes et lard
« L’acidité d’un jurançon rehaussera à merveille ces pascades ! »
« Cette version de base est idéale à l’apéritif avec un vin orange. »
Préparation : 20 mn
Cuisson : 40 mn
Repos : 1 h
Pour 4 personnes
1. PrÉPareZ les PasCades. Mélangez les œufs
les PasCades
6 œufs
200 g de farine
200 g de beurre
50 cl de lait
la GarNItUre
600 g de potiron
80 g de beurre
1 kg de courge butternut
400 g de chou kale
5 cl de vinaigre de cidre
40 g de noix de cajou
non salées
sel, poivre
et la farine. Faites fondre le beurre. Ajoutez le beurre
tiède au mélange sans cesser de remuer. Délayez
au fouet avec le lait. Réservez au frais 1 h minimum.
Beurrez largement 4 moules à gâteau antiadhésifs
de 20 cm de diamètre. Versez 2 louches d’appareil
à pascade dans chacun d’eux et enfournez 25 mn
à 180 °C/th. 6.
2. PrÉPareZ la GarNItUre. Rincez et taillez
le potiron en cubes de 3 cm. Étuvez-les à feu doux et
à couvert avec 40 g de beurre pendant 10 mn. Salez
et déglacez avec le vinaigre en fin de cuisson.
3. dÉCOUPeZ la courge butternut en gros cubes,
faites-les cuire à la vapeur pendant 25 mn.
Passez-les au mixeur avec 40 g de beurre pour
obtenir une purée. Salez.
4. ôteZ les côtes centrales du chou. Faites-le blanchir
à l’eau bouillante salée quelques minutes. Égouttez.
5. ÉtaleZ la purée de butternut au fond de chaque
pascade. Garnissez de cubes de potiron tièdes
et de chou, parsemez de noix de cajou. Poivrez et
dégustez.
les fICHes -CUIsINe
Préparation : 20 mn
Repos : 1 h
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes
1. PrÉPareZ la Pâte à PasCades. Mélangez
les PasCades
6 œufs
200 g de farine
200 g de beurre
50 cl de lait
la GarNItUre
200 g de dés de lard
salé
1 botte de blettes
1 cuil. à soupe d’huile
d’olive
1 cuil. à soupe de sucre
semoule
sel, poivre
les œufs et la farine. Faites fondre le beurre. Ajoutez
le beurre tiède au mélange sans cesser de remuer.
Délayez au fouet avec le lait. Réservez au frais
1 h minimum.
2. faItes dessaler le lard dans l’eau. Rincez
les blettes. Faites-les fondre à feu doux dans
une cocotte avec l’huile d’olive après avoir haché
la partie verte. Salez et poivrez. Essuyez le lard
dessalé puis émincez-le finement.
3. beUrreZ largement 4 moules à gâteau
antiadhésifs de 20 cm de diamètre. Saupoudrez-les
de sucre, répartissez-y blettes, le lard, versez
2 louches d’appareil à pascade dans chaque moule
et enfournez 25 mn à 180 °C/th. 6.
brUNO dOUCet, chef de la régalade saint-Honoré
(Paris-1er), et sébastien Pradal, sommelier, ont repris
les rênes de la Pascade, table mettant à l’honneur
cette spécialité de l’aveyron. au fil des saisons,
ils déclinent cette sorte de crêpe sucrée-salée avec
imagination. 14, rue daunou, Paris-2e. tél. : 01 42 60 11 00.
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Les pascades de Bruno Doucet
Les pascades de Bruno Doucet
POIre et CaraMel aU beUrre salÉ
VeaU et MarrONs
« Au dessert ou au goûter, une spécialité de saison très gourmande… »
« Le secret réside dans la cuisson du veau,
bardé pour qu’il reste tendre et juteux. »
Préparation : 20 mn
Cuisson : 35 mn
Repos : 1 h
Pour 4 personnes
les PasCades
(voir recette
« Courges et chou kale »)
la GarNItUre
350 g de sucre
+ 4 cuil. à soupe
1 gousse de vanille
4 poires mûres et fermes
40 g de beurre demi-sel
20 cl de crème liquide
entière
50 g de riz à sushi
60 g de crème fraîche
1. PrÉPareZ les PasCades.
2. PrÉPareZ la GarNItUre. Portez à ébullition
50 cl d’eau, 250 g de sucre et la gousse de vanille
fendue. Pochez les poires pelées dans ce sirop
pendant 15 mn. Égouttez les poires, émincez-les
et ôtez les pépins. Réservez au frais.
3. faItes CUIre 100 g de sucre et 3 cl d’eau jusqu’à
obtention d’un caramel brun. Lorsque l’odeur devient
un peu âcre, ajoutez le beurre hors du feu, mélangez.
Versez-y la crème liquide, puis remettez sur feu vif
jusqu’à ébullition. Réservez.
4. dÉPOseZ le riz dans une poêle à fond épais
très chaude. Laissez cuire 4 mn jusqu’à obtention
d’un riz soufflé.
5. ÉtaleZ sur chaque pascade sortant du four
une grosse cuillère à soupe de crème fraîche. Ajoutez
les poires émincées et le caramel au beurre salé.
Saupoudrez de riz soufflé et servez.
les fICHes -CUIsINe
E L L E
Préparation : 30 mn
Cuisson : 55 mn
Repos : 1 h
Pour 4 personnes
les PasCades
(voir recette
« Courges et chou kale »)
la GarNItUre
250 g de châtaignes
sous vide
4 gousses d’ail
1 branche de thym
3 feuilles de laurier
1 kg de veau bardé
10 cl de vin blanc sec
1 botte de blettes
50 g de beurre
4 fines tranches
de jambon sec
200 g de roquette
Huile d’olive
Vinaigre de Xérès
sel, poivre
1. PrÉPareZ les PasCades.
2. PrÉPareZ la GarNItUre. Disposez dans un plat
les châtaignes, les gousses d’ail en chemise, le thym,
le laurier et le rôti de veau. Glissez le plat 40 mn
au four préchauffé à 200 °C/th. 6-7. À la fin
de la cuisson, réservez le veau au chaud. Conservez
la garniture dans le plat, déglacez le tout sur feu vif
avec le vin blanc et 20 cl d’eau. Réduisez de moitié
puis réservez.
3. taIlleZ les côtes de blette en morceaux de 3 cm.
Faites-les blanchir, puis étuvez-les au beurre quelques
minutes, salez.
4. rÉCHaUffeZ les pascades. Disposez sur chacune
d’elles un peu de blettes, quelques marrons
grossièrement émiettés et 1 gousse d’ail en chemise.
Arrosez de jus de cuisson. Au centre, déposez 3 fines
tranches de veau et 2 demi-tranches de jambon sec.
Salez et poivrez.
5. dÉCOreZ chaque pascade de quelques feuilles
de roquette assaisonnées d’huile d’olive
et de vinaigre de Xérès. Servez-les bien chaudes.
les fICHes -CUIsINe
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ELLE 3812
Réalisation Sandrine Furet.
Photos Nathalie Carnet,
Stéphane de Bourgies.
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