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Les Echos - 28.01.2019

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
« Shutdown » :
fin de l’acte I
Alex Edelman/AFP
L’accord avec Donald Trump n’est
valable que trois semaines. Nancy
Pelosi sort gagnante. // P. 6
Ubérisation :
où en est-on ?
« Les Echos Executives »
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 28 JANVIER 2019 // LESECHOS.FR
// PP.37 À 39
LES ÉCOLES INSEEC U
VALENT PRÈS DE 1 MILLIARD
Apax Partners cède ses parts
dans ce groupe d’enseignement
supérieur privé, avec un niveau
de valorisation jamais atteint en
France. // P. 3
VENEZUELA : LA PRESSION
MONTE SUR MADURO
L’attaché militaire à Washington
a lâché le président chaviste tandis que l’Union européenne a
rejoint les Etats-Unis dans un
front commun contre lui. // P. 8
ENTREPRISES
& MARCHÉS
ÉNERGIE : LE GOUVERNEMENT
DÉTAILLE SES AMBITIONS
L’exécutif a présenté les grandes
lignes de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, qui va
entrer dans une phase de consultations. // P. 19
LA POSTE SE DOTE D’UN VRAI
SITE D’E-COMMERCE
Le groupe simplifie l’accès à ses
services pour développer ses ventes en ligne. L’envoi d’un colis ne
nécessite ainsi plus de connaître
le poids de l’objet. // P. 23
ET « CRIBLE » P. 40
PLONGÉE DANS L’ARRIÈRECUISINE DES GRANDS CHEFS
Deux chefs ont fait leur entrée
dans le cercle très fermé des triple
étoilés du Guide Michelin. Petit
tour dans les coulisses du métier.
// PP. 28-29
LES FINTECH FRANÇAISES
FONT LEUR MUE
Le Paris Fintech Forum ouvre ses
portes mardi, braquant ses projecteurs sur un secteur mouvant. En
2018, 84 jeunes pousses de la
finance ont été créées en France et
49 ont disparu. // P. 32
Shutterstock
CARNET // P. 36
Chine L’année
du cochon pourrait
faire rebondir
la Bourse
Contrats
courts :
le patronat
au pied du mur
Vale face aux critiques après
la rupture d’un barrage
l Emmanuel Macron veut freiner le recours
aux CDD en créant un mécanisme de bonus-malus.
l Acculé, le patronat envisage de quitter
la négociation sur l’assurance-chômage.
nnuler la prochaine séance de négociations sur l’assurance-chômage, jouer l’obstruction sur la formation professionnelle,
sortir complètement du jeu : le patronat évalue ses
options après le camouflet infligé par le chef de l’Etat
au sujet des contrats courts. Emmanuel Macron a
annoncé, jeudi dernier, lors d’un échange avec des
citoyens, qu’il souhaitait la mise en place d’un
bonus-malus sur les cotisations Unédic. Les entreprises qui recourent trop à l’emploi précaire paieraient plus cher ; celles qui créent de l’emploi stable
seraient favorisées. A quelques jours de la dernière
A
séance de négociations, le patronat accuse le coup.
Les syndicats sont, au contraire, confortés, mais ils
divergent sur le fonctionnement du mécanisme. Le
gouvernement, de son côté, prône des ratios sectoriels rapportant le nombre de ruptures de contrats
hors démissions aux effectifs. L’an dernier, la réduction du chômage est restée limitée. Certes, le nombre d’inscrits sans activité à Pôle emploi a reculé de
50.600 en 2018, ce qui en fait la troisième année de
suite de baisse, mais le chômage de longue durée a,
lui, continué de progresser. // PAGE 4
ET L’ÉDITORIAL DE DOMINIQUE SEUX PAGE 10
Système U tire les leçons
de la nouvelle consommation
CATASTROPHE Les secouristes ont repris dimanche les recherches de
centaines de disparus à Brumadinho, dans le sud-est du Brésil, après une
interruption de plusieurs heures en raison de risques de rupture d’un
deuxième barrage minier. Vendredi, la rupture d’un premier barrage a
fait au moins 34 morts et quelque 300 disparus. Une nouvelle fois, la responsabilité du groupe minier Vale est en cause : une catastrophe similaire s’était produite en 2015, à environ 100 kilomètres, sur une exploitation appartenant conjointement à Vale et au groupe BHP. // PAGE 20
Société
Générale,
l’aprèsKerviel
INTERVIEW Pour Dominique
Schelcher, il y a une carte
à jouer face aux évolutions.
Le successeur de Serge Papin à la présidence du
quatrième distributeur français se veut à la pointe
des nouvelles technologies et fait de l’adaptation
aux attentes émergentes des Français, à leur envie
de manger mieux, l’un de ses objectifs prioritaires.
Pour lui, les Super U et Hyper U peuvent profiter de
l’évolution de la distribution dans un contexte où la
concurrence reste vive, même s’il table sur une
baisse globale de la consommation des ménages en
2019. Il a construit le budget de la coopérative en
conséquence. // PAGE 18
Yuri Edmundo/EFE/Sipa
L’ESSENTIEL
Dominique Schelcher, président
de Système U. Photo Frederic Maigrot/RÉA
L’analyse de
Valérie de Senneville
et Sharon Wajsbrot
Lentement mais sûrement le sparadrap Kerviel se décolle de Société Générale. Les multiples procédures engagées par l’ex-trader, qui avait fait
perdre 4,9 milliards d’euros à la banque en 2008, se dégonflent les unes
après les autres. Mais après un avertissement sur résultat, le groupe, dirigé par Frédéric Oudéa, est attendu
au tournant par les investisseurs, qui
craignent une correction des objectifs stratégiques. // PAGES 10 ET 30
// P. 31 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN P. 10
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
A Davos, le monde a surtout observé la rivalité croissante
entre les Etats-Unis et la Chine. Photo Fabrice Coffrini/AFP
Le rêve devenu cauchemar
du Forum de Davos
Pour sa 49e édition, Davos a affiché
un monde profondément divisé.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22874
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02 //
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
FRANCE
Le ré-amour politique
Les Français aiment « la » politique mais rejettent
« le » politique. Divisés sur tous les autres sujets,
ils ont le même bouc émissaire : l’élu.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
i faire de la politique
c’est dire, se montrer,
pétitionner, faire
nombre pour tenter de peser,
alors jamais elle ne s’est
portée aussi bien. Trois
manifestations parisiennes
pour la seule journée
de dimanche : des femmes
« gilets jaunes », des
« foulards rouges » anti« gilets jaunes », une agora
pour le climat.
Le grand débat lancé dans
la précipitation a presque
immédiatement trouvé
de l’écho sur le terrain. On se
presse dans les gymnases,
on se bat pour le micro.
La lecture d’une société ultraindividualiste et repliée sur
son pré carré ne résiste pas
à ce que l’on observe depuis
quelques semaines. Même si
les jeunes restent à part,
les Français veulent parler, ou
écrire, en tout cas participer.
Le site du grand débat
recensait dimanche pas moins
de 100.000 contributions
aux quatre thèmes fixés par
le gouvernement (fiscalité,
transition écologique,
démocratie, organisation de
l’Etat). Les « gilets jaunes » ont
révélé ou réveillé l’amour
des Français pour la politique.
Il est intact. Mais ce ré-amour
a la particularité de se faire
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
S
sans, et même contre,
le politique. « La » et « le »
politique marchent en sens
inverse. Jamais les Français
n’ont été aussi sévères sur
leurs représentants.
Rarement les injures, les
intimidations, et même les
agressions contre les élus
n’ont été aussi nombreuses. Si
les sujets économiques,
environnementaux
ou sociétaux divisent les
Français, le rejet du politique
traverse, lui, toutes
les catégories et tous les
territoires. Français « du bas »
ou « du haut », des grandes
ou des petites villes partagent
le même bouc émissaire : les
élus, forcément trop payés,
trop nombreux, trop
corrompus, trop déconnectés.
La seule vraie pensée unique
du moment. Mais une pensée
ô combien embarrassante
pour un gouvernement
embarqué dans la critique.
Comment peut-il combler
cette soif de participation
sans céder à la pulsion
antipolitique qui saisit le
pays ? En profitant du débat
pour marquer des limites,
tente-t-il. Non à la démocratie
directe – « le RIC me hérisse »,
dit Edouard Philippe –, oui à
la démocratie représentative,
argumente le couple exécutif.
« L’Assemblée ne coûte
que 1,25 euro par foyer et
par mois », renchérit Richard
Ferrand sur RTL. Macron, le
président qui voulait sauver le
système politique après avoir
prospéré sur ses décombres.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Domiciliation fiscale : vers
un renforcement des règles
FISCALITÉ Dimanche sur France Inter, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a confirmé qu’il allait renforcer par la loi
les règles de domiciliation fiscale, « de façon à nous assurer que
les dirigeants des grandes entreprises dont le siège social est en
France paient bien leurs impôts en France ». Les sanctions seront
alourdies en cas de non-respect. Il sera aussi « extrêmement vigilant » sur les indemnités de départ de Carlos Ghosn de
Renault.
POLITIQUE
Entre « foulards rouges »
et « gilets jaunes », la coupure
l Les « foulards rouges » de la « marche républicaine des libertés »
ont compté 10.500 manifestants dimanche à Paris.
l Le gouvernement se jette dans le grand débat pour sortir de la crise.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Les « foulards rouges » face aux
« gilets jaunes ». A Paris, la place de
la Bastille a été le symbole d’une
France coupée en deux dimanche.
Les « foulards rouges » de la « marche républicaine des libertés », initiative émanant de sympathisants
d’Emmanuel Macron – mais non
soutenue officiellement par La
République En marche (LREM) –,
se sont retrouvés à la fin de leur
manifestation face à une poignée de
« gilets jaunes » regroupés sur les
marches de l’Opéra Bastille.
L’initiative des « foulards rouges »
n’a pas été un flop, la préfecture de
police comptant 10.500 manifestants, mais elle n’a pas non plus été
un raz-de-marée. Des deux côtés de
la place de la Bastille, séparés par un
cordon policier, les manifestants ont
échangé des slogans – « Macron
démission » contre « On est le peuple » et « Merci la police » – et des
doigts d’honneur, témoignant d’un
fossé profond entre ces deux France.
Echec de la « nuit jaune »
Malgré une mobilisation en baisse
samedi pour leur acte XI, avec
69.000 manifestants dans toute la
France contre 84.000 le samedi précédent, de nouveaux incidents et la
tentative avortée d’une « nuit
jaune » place de la République (sur
le modèle de Nuit debout du printemps 2016), les « gilets jaunes »
n’entendent pas baisser les bras. Ils
ne se reconnaissent pas dans le
grand débat lancé mi-janvier par le
gouvernement qu’ils dénoncent
comme un « enfumage ». L’initiative d’une liste « gilets jaunes » pour
les élections européennes a divisé le
POLITIQUE Plus de 1 million de téléspectateurs ont suivi le
« grand débat » coanimé vendredi soir par la secrétaire d’Etat,
Marlène Schiappa, et le présentateur, Cyril Hanouna, en direct
sur C8, selon les chiffres de Médiamétrie. L’émission « Balance
ton post » a réalisé entre 22h10 et 23h15 une part d’audience de
6,1 %, puis de 11,9 % jusqu’à 1h50. Les invités ont plébiscité l’idée
de supprimer la TVA des produits de première nécessité.
Lire notre reportage dans les coulisses du « grand débat »
sur lesechos.fr
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
mouvement, mais elle ne freine pas
les plus motivés.
Au contraire, certains leaders
donnent des signes de radicalisation après la blessure d’un « gilet
jaune » samedi, gravement atteint à
l’œil par un tir de la police. Si l’IGPN
a été saisie, Eric Drouet, figure
emblématique des « gilets jaunes »,
a appelé à un « soulèvement sans
précédent par tous les moyens utiles
et nécessaires » et à un acte XII
samedi prochain.
De son côté, le gouvernement et
la majorité se jettent plus que
jamais sur le grand débat qui, espèrent-ils, sera leur planche de salut.
Le site officiel de ce grand débat
comptabilisait dimanche soir
1.700 événements. A Pau, ville dont
il est maire, François Bayrou a organisé vendredi dernier le premier
d’une série de débats. Partout en
France, des réunions ont lieu.
Appel à la grève générale
En fin de semaine dernière, Emmanuel Macron et Edouard Philippe
ont eux aussi participé à des débats.
Ne cachant pas son hostilité pour le
RIC – référendum d’initiative
citoyenne, une des grandes revendications des « gilets jaunes » –,
Edouard Philippe se jette à son tour
dans l’arène. Il sera l’invité mercredi
soir de France Inter pour répondre
aux questions des auditeurs de la
station publique. Néanmoins, la sortie de ce grand débat suscite des
inquiétudes sur la volonté de l’exécutif de prendre en compte les propositions qui vont émerger. « Si le gouvernement repart dans son coin, on
n’aura rien réglé », a taclé dimanche
dans le « JDD » Laurent Berger, le
patron de la CFDT, qui demande une
« inflexion avec des politiques sociales
qui réduisent les inégalités ».
Au-delà de l’acte XII, le prochain
test pour le gouvernement sera
l’appel à la grève générale lancé par
la CGT le 5 février, une initiative soutenue par les « gilets jaunes » et La
France insoumise. n
Grand débat : à Pau, Bayrou
face au « volcan qui bouillonne »
Le maire de Pau a animé
vendredi soir la première
édition d’une série
de cinq débats. Elle a duré
cinq heures trente, avec
un public nombreux, une
profonde soif de s’exprimer
et une très forte demande
de justice sociale.
Lire l’article sur lesechos.fr
Plus de 1 million de téléspectateurs
pour le débat Schiappa-Hanouna
La « marche républicaine des libertés » est une initiative émanant de sympathisants d’Emmanuel
Macron – mais non soutenue officiellement par La République En marche. Photo Alain Jocard/AFP
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
— Envoyée spéciale à Pau
Il est à peine 18 h 15, vendredi, au
Parc des Expositions de Pau, et, déjà,
la salle est pleine. Ils seront jusqu’à
500 et, à près de minuit, encore 150.
Beaucoup de têtes grises, jeunes
retraités, mais aussi de nombreux
quadras et quinquas. Une poignée de
jeunes. Et s’ils ont hésité à venir, les
« gilets jaunes » du coin sont là aussi.
« Macron démission » et « Bayrou
Premier sinistre », a griffonné l’un
d’eux sur des ballons jaunes.
« Tout le monde aura la parole »,
promet François Bayrou en inaugurant, dans une ambiance plutôt
éruptive, la première séance d’une
série de débats qu’il organise à Pau
dans le cadre du grand débat national. Les règles de cet « exercice démocratique », dit-il : « aucune question
interdite », « écoute », parité femme/
homme des interventions. Durant
son préambule, il sera interrompu.
« A bas les privilèges ! », coupe un
participant. Ce mot reviendra souvent, visant élus, hauts fonctionnai-
res ou « patrons ». « Voleurs ! »,
lâche un autre. « Les insultes, c’est
quand le volcan bouillonne », commentera ensuite le maire de Pau.
Mais ce qui frappe, c’est la forêt de
mains qui se lèvent pour demander
la parole. Très vite, un « gilet jaune »
dénonce une « mascarade. Macron
dit : “Je ne changerai pas ma politique.” Sont écartés d’emblée la hausse
du SMIC, la hausse des retraites, le
retour de l’ISF […] », martèle-t-il,
tantôt applaudi, tantôt sifflé.
Politiques et syndicats
dans le même sac
Beaucoup ont soigneusement préparé leurs questions, notées sur des
bouts de papier qu’ils lisent la voix
tremblante. Emus. Des tranches de
vie souvent cabossées. Ils ne se
comptent plus ceux qui disent
n’avoir jamais pris la parole en
public. Et voici les fins de mois difficiles qui défilent ou le travail qu’on
n’estime pas assez récompensé.
Une commerçante pleure la perte
d’activité due aux « gilets jaunes ».
D’autres crient haro sur le RSI.
« Monsieur Macron nous avait dit
que ça allait changer. Cette année le
RSI m’a pris 48 %, je sais compter ! »,
s’emporte la femme d’un épicier qui
dit faire 220 heures par mois.
Signe des dégâts des « petites
phrases » du chef de l’Etat, elles ressortent ici ou là avec amertume.
« On nous dit que les Français doivent arrêter de se plaindre, continuet-elle. Mais je ne veux pas me plain-
dre, je ne veux pas l’aumône. Je veux
juste vivre de mon travail ! Je ne veux
pas être vulgaire, monsieur Bayrou,
mais j’ai l’impression de baisser mon
pantalon tous les jours. Alors passez
bien le message ! » Elle est très
applaudie. Comme cette femme de
cinquante-six ans, au chômage
depuis avril dernier : « Je ne suis pas
une fainéante, j’ai cotisé 35 ans. »
Les politiques ? Comme les syndicats, que certains ont dit vouloir
« dégager » de leurs « manifs », ils ne
sont pas vraiment bienvenus.
Quand un militant de Lutte
ouvrière monopolise la parole, il
finit par récolter davantage de sif-
Sans les « gilets
jaunes », il n’y aurait
pas eu ce débat,
selon les participants.
flets que d’approbation. Quand un
« gilet jaune » se met à défendre les
thèses du RN, il est rabroué.
Certains demandent où sont les
« propositions concrètes », provoquant la levée de nouvelles mains.
L’ISF en suscite une. « Macron a
donné l’impression de faire payer les
pauvres avec la CSG et de faire des
cadeaux aux riches avec sa réforme de
l’ISF. Il va être très emmerdé pour sortir de l’ornière », avance un participant. « C’est possible », lâche un François Bayrou qui avait plaidé pour une
autre réforme de l’ISF. L’intervenant
propose de renforcer l’IFI pour les
« très riches ». L’évasion fiscale
revient aussi de nombreuses fois.
« Immense déception »
Les échanges autour de la démocratie représentative et de la démocratie directe sont vifs. Pour faire redescendre la pression après s’être
opposé très fermement au tirage au
sort de citoyens, François Bayrou a
sondé la salle sur le vote obligatoire :
une large majorité pour. « Cela peut
être, a-t-il lancé, un très bon sujet de
référendum ! »
Près d’un intervenant sur deux a
remercié les « gilets jaunes », sans
être forcément d’accord avec eux
mais sans lesquels il n’y aurait pas eu
ce débat, selon les participants.
Beaucoup, aussi, s’inquiètent de
l’issue. « La grande inconnue »,
estime Olivier Dartigolles, conseiller
municipal d’opposition, ex-porteparole du PCF, c’est « la synthèse » et
« la traduction politique » du débat. Il
anticipe une « immense déception »
et, avec elle, « le risque de réplique ».
« De cela, il faudra bien qu’il sorte
un projet pour tous les Français, qui
représente un équilibre, souligne
François Bayrou. Il y a tellement de
questions qu’on se dit qu’il n’est pas
très facile de répondre à ce bouillonnement. Elles soulèvent deux problèmes
majeurs : la demande de justice et la
nécessité de trouver de nouvelles formes de représentation. Le sujet, c’est le
grand modèle économique et social, la
vie des gens et la représentation. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
Le groupe
d’écoles Inseec U
valorisé près
de 1 milliard
Pourquoi Wauquiez
parie sur Bellamy
aux européennes
Le professeur de philosophie devrait être désigné
mardi tête de liste des
Républicains pour le
scrutin de mai. Un choix,
risqué, de renouvellement
et de convictions marquées.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
La messe semble dite. Sauf une
improbable surprise, le philosophe
et essayiste François-Xavier Bellamy sera désigné mardi, lors d’une
réunion de la commission d’investiture des Républicains, porte-drapeau pour les élections européennes. Une perspective qui n’enchante
guère au sein du parti, même s’ils
sont rares à l’avoir publiquement
exprimé. « L’option Bellamy va se
confirmer dans un silence douloureux », pronostique un de ses
cadres. « Personne n’est enthousiaste », avoue un autre.
Personne sauf Laurent Wauquiez. La carte François-Xavier Bellamy, c’est son choix. Il lui avait
même proposé d’intégrer le « shadow cabinet ». Il a pris sa décision
au début de l’année mais ne l’a pas
encore défendue devant les instances dirigeantes – seulement lors de
tête-à-tête. Ce qui irrite, là encore,
une partie des troupes. Un échange
aigre-doux a eu lieu la semaine dernière avec Renaud Muselier, qui
réclamait des explications. Le président de la région Paca, eurodéputé
sortant, représente le patron des
Républicains… au sein de la commission d’investiture.
« Nouveau souffle »
Avec un intellectuel de trente-trois
ans au « visage angélique », inconnu
du grand public, simple adjoint au
maire de Versailles et pas encarté,
Laurent Wauquiez joue la carte du
renouvellement, soucieux d’exister
d a n s u n e b a t a i l l e é l e c t or a l e
qu’Emmanuel Macron tente de
réduire à « lui ou le chaos ». D’autant
plus que, pour l’occasion, le RN est
emmené par un conseiller régional
de vingt-trois ans, Jordan Bardella.
« C’est le premier scrutin de sa présidence du parti et du quinquennat. Il
faut sentir un nouveau souffle »,
explique son entourage. « Ma responsabilité, c’est de créer une nouvelle droite, pas de restaurer la droite
d’hier qui a déçu », prévenait-il
début janvier dans « Les Echos ».
« Bellamy, c’est une photo Polaroid »,
résume un de ses soutiens.
Cette « photo » illustre ce que
Laurent Wauquiez veut incarner :
« une nouvelle tête et un corpus
assumé », selon la formule d’un
membre de la direction. FrançoisXavier Bellamy est un homme de
convictions : un catholique très
conservateur. Il a ferraillé contre le
mariage pour tous, « assume » sa
ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR
L’actionnaire
principal du groupe
Inseec U, Apax
Partners, a décidé
de céder ses parts.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Bellamy est si marqué
qu’il risque de donner
l’image d’une droite
qui « se rabougrit ».
proximité avec les anti-IVG tout en
jurant qu’« il n’est pas question de
revenir sur la loi Veil », et critique
– dans son dernier livre,
« Demeure » – « l’injonction perpétuelle au mouvement » des sociétés.
Le leader de LR a été séduit par
son discours sur la transmission
des valeurs et l’éducation. Il a aussi
vu d’un bon œil l’accueil très favorable que lui ont réservé « Le Figaro »,
« Valeurs actuelles » et la « droitosphère » sur Internet. « Wauquiez se
dit qu’il va récupérer un peu de sincérité à travers quelqu’un qui a des convictions fortes », décrypte un élu.
Sur le papier, Laurent Wauquiez
peut espérer étouffer Nicolas
Dupont-Aignan et mordre, au détriment du RN, sur l’électorat toujours
séduit par Marion Maréchal. Faisant l’analyse que les élections européennes ne mobiliseront pas les
foules, et notamment pas les classes
populaires, du moins en faveur de
LR, il s’emploie surtout à « reconstituer le noyau dur » de la droite, dit
un de ses soutiens. « C’est la ligne
Fillon. C’est le pari d’un manque de
confiance », regrettent plusieurs
Le choix de François-Xavier Bellamy, un intellectuel de trente-trois
ans, ne fait pas l’unanimité dans les rangs de LR. Photo Baltel/Sipa
parlementaires. Le pari est particulièrement risqué. A tel point que
beaucoup ne comprennent pas
pourquoi il le prend « à un moment
où il est si fragile ».
t-on en interne. « On va dans le mur
en courant », s’alarme un député qui
ne porte pas Laurent Wauquiez
dans son cœur. « Bellamy, c’est son
choix, c’est lui qui l’aura imposé. Ce
sera son échec », concède un autre,
qui l’avait parrainé. La composition
de la liste sera, à cet égard, très
importante pour voir si toutes les
sensibilités du parti figurent à des
places éligibles. Un casse-tête. La
présentation, mardi, d’un binôme
ou même de plusieurs autres noms
n’est pas exclue. Seule certitude : le
numéro deux sera une femme,
parité oblige. n
« Ce sera son échec »
Le futur porte-drapeau de la droite
manque d’expérience politique, lui
qui a été battu aux législatives en
2017 à Versailles, « dans le coin qui est
censé être ce qu’il incarne », selon la
formule d’un LR. Et François-Xavier
Bellamy est si marqué qu’il risque de
donner l’image d’une droite qui « se
referme, se rabougrit », s’inquiète-
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE 1 - « LES ECHOS » - CNEWS
Yannick Jadot : « Les écologistes portent des idées
bien plus fortes que le clivage droite-gauche »
« Vaches à lait »
Le montant de la transaction
qui se profile inquiète JeanClaude Puerto-Salavert, président de l’association des anciens
élèves de l’Inseec School of Business & Economics (Inseec BS).
Celle-ci, qui figure en milieu de
tableau dans les classements
d’écoles de management, est le
vaisseau amiral d’un groupe de
16 établissements et 23.500 étudiants, répartis en quatre pôles
(management, ingénieur, communication, science politique).
Après avoir soutenu le nouveau
La transaction
qui va « aboutir
avant l’été » ouvre
une nouvelle page
de l’enseignement
supérieur.
élevé, avec des professeurs permanents, et sont peu rentables.
D’autres, dont la finalité est
beaucoup plus professionnelle, le
sont davantage. La rentabilité
globale du groupe est un mix des
deux. »
La transaction qui va, dit-il,
« aboutir avant l’été » ouvre une
nouvelle page de l’enseignement supérieur. « Les financiers
ont découvert que l’éducation
post-bac pouvait, si elle est bien
gérée, avoir des niveaux de rentabilité comparables à d’autres
domaines avec un atout spécifique lié au très faible niveau de risque, reprend Jean-Pierre Boisivo n . Trè s p e u d e s e c t e u rs
d’activité ont une sensibilité quasi
nulle à la conjoncture. » Lors de
la crise de 2008, rappelle-t-il, les
parents n’ont pas cessé de faire
faire des études à leurs enfants,
« bien au contraire ». « Tout ceci
participe à la valorisation. » n
du CICE », c’est-à-dire l’élargissement de la baisse des charges sociales sur les salaires. A propos de la
limitation à 80 km/h, Yannick Jadot
s’y est dit favorable « s’il est démontré que cela sauve des vies » tout en
prenant ses distances avec « ces
mesures qui descendent de Paris,
sans explication et qui s’appliquent
uniformément partout ».
Le député européen, tête de
liste d’EELV aux prochaines
élections, a rejeté l’idée
d’une alliance à gauche.
Damien Carles / CAPA Pictures
Yves Vilaginés
Les écologistes auraient-ils gagné la
bataille des idées ? Selon un sondage Elabe publié mercredi dernier,
les Français placent les enjeux écologiques en tête des enjeux de la
prochaine élection européenne,
avant la croissance économique, la
lutte contre le chômage et la maîtrise des flux migratoires. Yannick
Jadot, tête de liste écologiste et
invité dimanche du « Grand Rendez-vous » Europe 1 - « Les Echos » CNews, se réjouit de cette « victoire
culturelle » qu’il va tenter de transformer dans les urnes le 26 mai.
« Les Français ont envie de se réapproprier la question de l’environnement et de la santé. Ils sentent bien
qu’il n’y a plus qu’un projet : se réconcilier avec notre futur. » Ce même
sondage crédite sa liste de 9 %
d’intentions de vote quel que soit le
scénario, c’est-à-dire avec présence
ou non d’une liste « gilets jaunes ».
Toutefois, le député européen
depuis presque dix ans, élu la première fois en juin 2009, critique une
forme de « greenwashing » politique. Le candidat écologiste juge
C’est un niveau jamais atteint en
France. Le groupe d’écoles
Inseec U (Inseec Business
School, Sup de Pub, Crea…), l’un
des leaders de l’enseignement
supérieur privé, pourrait être
cédé pour près de 1 milliard
d’euros. Un mandat a été confié
à la banque Rothschild & Cie
pour remplacer l’actionnaire
principal, le fonds Apax Partners, qui souhaite vendre ses
parts. Ce dernier recherche une
valorisation avoisinant les
900 millions d’euros, a révélé
« Capital Finance » (groupe
« Les Echos »), fin novembre.
Selon nos informations, plusieurs offres ont été déposées en
fin de semaine dernière pour
un montant de 850 à 900 millions d’euros. L’association
Inseec et bpifrance devraient
rester actionnaires.
Apax Partners avait racheté
l’Inseec en 2013 pour 200 millions d’euros. En 2016, le groupe
américain Laureate Education
lui avait cédé ses 5 écoles françaises (EBS, ESCE, ECE, IFG et
CPEC). Depuis 2013, Apax Partners a ainsi mis sur la table
près de 550 millions d’euros.
L’investisseur public bpifrance
était entré au capital du groupe
Inseec en 2016.
projet pédagogique, « ambitieux », Jean-Claude Puerto-Salavert redoute une logique de
« tout rentabilité ». « Si vous partez de 1 milliard pour environ
2 5.0 0 0 é l è ve s , c e l a fa i t
45.000 euros à supporter pour
chacun, confie -t-il aux
« Echos ». Vous imaginez ce que
cela suppose en termes d’économies ou d’augmentation des frais
de scolarité ? Il y a une équation
impossible. »
Il n’est pas le seul à s’inquiéter
d’une baisse de qualité, dans un
contexte où, entre 1998 et 2016,
les inscriptions dans l’enseignement supérieur privé en France
ont augmenté de 88 % (+14 %
dans le public). Certains interlocuteurs s’interrogent sur le sort
des autres écoles, plus petites,
peu connues et qui servent déjà,
disent-ils, de « vaches à lait ».
« Pour faire une plus-value, il
faut que le produit soit de qualité,
réfute Jean-Pierre Boisivon,
conseil d’Inseec U et administrateur. Certaines formations
exigent un niveau académique
Yannick Jadot est député européen depuis juin 2009.
d’ailleurs très durement le recul du
président de la République sur
l’interdiction du glyphosate, promise pour 2021. Selon lui, les élus
des partis traditionnels font à
Bruxelles l’inverse de ce qu’ils promettent à Paris. « Au Parlement
européen, les écologistes sont les
seuls qui ne cèdent pas aux lobbys. »
Pour lui, il n’est pas non plus
question de céder aux sirènes d’une
quelconque alliance à gauche. « Les
écologistes veulent rassembler tous
les humanistes et portent des idées
bien plus fortes que le clivage droite-
gauche », a rappelé Yannick Jadot.
Interpellé sur son programme, il
affirme vouloir investir 100 milliards d’euros à l’échelle européenne dans la transition écologique, notamment dans le logement
et les énergies renouvelables… Le
candidat écologiste approuve la
proposition qui émerge du grand
débat de baisse de la TVA sur les
produits de première nécessité,
mais veut l’élargir aux produits qui
protègent l’environnement, sans
pesticide par exemple, comme il
souhaite revenir sur « le doublement
« Horizon civilisationnel »
Sur les manifestations de « gilets
jaunes », le candidat écologiste
reconnaît des « revendications légitimes », mais se dit inquiet par
l’explosion des violences et accuse
certains partis politiques de « souffler sur les braises, de coaliser des
colères pour haïr une personne »,
rappelant enfin qu’il ne mélange
pas ceux qui commettent des violences avec ceux qui occupent des
ronds-points. Il appelle également
le gouvernement à interdire les
Flash-Ball pour « faire baisser le
niveau de violence policière et apaiser
les manifestations ».
Enfin, la tête de liste écologiste a
réaffirmé son ancrage proeuropéen. Selon lui, aucune des réformes envisagées, par exemple la
lutte contre l’évasion fiscale, ne
trouvera de solution sans l’Europe.
« L’Europe est notre horizon civilisationnel », a-t-il conclu. n
Entre 1998 et 2016, les inscriptions dans l’enseignement
supérieur privé en France ont augmenté de 88 %.
Photo Shutterstock
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
Contrats courts : Macron
met le patronat au pied du mur
l Le chef de l’Etat veut un mécanisme de type
bonus-malus pour freiner le recours aux CDD.
l Les syndicats sont confortés mais l’issue de la négociation sur l’assurance-chômage est toujours aussi incertaine.
SOCIAL
Alain Ruello
@AlainRuello
Annuler la prochaine séance de
négociations sur l’assurance-chômage ? En sortir carrément ? Ou en
bloquer d’autres, nécessaires à la
réforme de la formation professionnelle, comme celles liées aux
dispositifs de reconversion ou aux
opérateurs de compétences ? Sa
colère à peine retombée, le patronat
se retrouve acculé après la sortie
d’Emmanuel Macron sur les contrats courts, jeudi, lors d’un débat
avec des citoyens de la Drôme.
Mi-novembre, la première réunion de négociations avait à peine
commencé que le chef de l’Etat
s’était déjà invité au débat lors d’un
échange avec des citoyens. Il avait
poussé pour l’instauration d’un
mécanisme de type bonus-malus
sur les cotisations Unédic. Rebelote
jeudi dernier donc, mais avec une
différence notable : cette fois-ci, pas
de propos alambiqués laissant
entendre qu’il faudra au préalable
des négociations de branche.
Récompenser les entreprises qui
favorisent l’emploi stable et punir
celles qui font tourner leur
main-d’œuvre ? « C’est un système
vertueux », a-t-il défendu. Ses
conseillers l’ont-ils convaincu que
les branches – et notamment celles
qui sont accusées d’abuser des
CDD – jouent le statu quo ? Que les
alternatives du trio Medef-CPMEU2P sont vides, comme le clament
les syndicats ? A moins que le mouvement des « gilets jaunes » lui
impose de tenir ce qui, après tout,
est une promesse de campagne ?
Sans doute tout cela à la fois.
« Nouvelle forme de taxe »
Résultat, à quelques jours de la dernière séance de négociations (sauf
prolongation), le patronat accuse le
coup, lui qui pouvait compter sur
l’appui de Matignon, opposé au
bonus-malus. La réaction de la
CPME en témoigne. « Tout se passe
comme si le chef de l’Etat faisait tout
pour que la négociation échoue », a
déclaré la confédération dans un
communiqué. Mettant en avant les
contraintes des entreprises qui ne
peuvent pas embaucher en CDI, elle
refuse de « cautionner une nouvelle
forme de taxe sur les entreprises ».
Les syndicats, qui défendent cha-
« Tout se passe
comme si le chef
de l’Etat faisait
tout pour que
la négociation
échoue. »
CPME
(Dans un communiqué)
cun avec sa formule un mécanisme
de type bonus-malus, n’ont pas
manqué d’apprécier ce revirement
à même, estiment-ils, de relancer
une négociation qui s’enlise depuis
plusieurs semaines. Leur conviction qu’il faut négocier sur le bonusmalus s’en trouve renforcée. De là à
crier victoire, il n’y a qu’un pas.
L’euphorie n’est pas de mise car
on voit mal le patronat se renier, lui
qui vient encore de dérouler son
argumentaire pour dénoncer une
mesure destructrice pour l’emploi.
Pour renverser la vapeur et, ainsi,
maintenir une chance qu’Emmanuel Macron ne déclenche pas
l’arme atomique, il devra considérablement muscler ses pistes alterna-
Alors que Matignon y est opposé, le chef de l’Etat pousse à l’instauration d’un mécanisme
de type bonus-malus sur les cotisations Unédic pour les entreprises. Photo Denis Allard/RÉA
tives anti-précarité. Medef, CPME et
U2P ont une autre carte en main : le
montant des économies dans les
allocations chômage, l’autre volet
conflictuel de la négociation.
Le gouvernement en exige entre
1 et 1,3 milliard d’euros par an. Les
syndicats refusent un tel montant.
Sauf qu’ils marchent sur des œufs :
s’ils ne trouvent pas un terrain
d’entente avec le patronat, leur utilité sociale, déjà mise à mal par les
« gilets jaunes », sera encore plus
questionnée. L’Etat reprendra la
main et fera ce qu’il voudra. n
Les formules de bonus-malus en concurrence
Le ministère du Travail
veut mesurer les taux
de ruptures donnant lieu
à inscription à Pôle emploi.
Les syndicats défendent
d’autres approches.
Emmanuel Macron a été très clair.
Quelle que soit l’issue de la négociation sur l’assurance-chômage,
il y aura un mécanisme de type
bonus-malus sur les contrats
courts. Reste à choisir la formule.
MINISTÈRE DU TRAVAIL :
•RUPTURES
Le bonus-malus repose sur le principe suivant : un ratio est calculé correspondant au nombre de ruptures
de contrat − hors démissions − donnant lieu à inscription à Pôle emploi,
divisé par les effectifs. Il est comparé
ensuite au taux moyen du secteur.
Au-delà, le taux de cotisation chômage est augmenté (malus), sinon
baissé (bonus). « Comme l’intérim est
pris en compte, les PME, qui n’y ont
que très peu recours, bénéficieront
d’une baisse significative », assuret-on dans l’entourage du ministère.
Reste à arrêter les fourchettes de
variation du taux de cotisation,
sachant qu’elles pourraient évoluer
d’une année sur l’autre en fonction
des effets de la mesure sur le comportement des employeurs.
• FO : TAUX PIVOT
Les partenaires sociaux déterminent un « taux pivot de référence »
de recours aux contrats à durée
limitée lors de la négociation de la
convention d’assurance-chômage.
Il pourrait varier selon la taille et le
secteur d’activité. Pour chaque
entreprise, on calcule ensuite le
« taux réel de recours aux contrats
courts » en divisant le nombre de
contrats de travail à durée limitée
par le nombre de contrats de travail.
Si le résultat est supérieur au pivot,
alors le taux de cotisation chômage
actuel (4,05 %) est majoré l’année
suivante, dans la limite d’un plafond déterminé par les partenaires
sociaux, soit sur les seuls contrats
à durée limitée, soit sur tous. Si
le taux réel est inférieur, alors le
taux de cotisation est minoré
l’année suivante, dans une limite
fixée là encore par les partenaires
sociaux, sur tous les contrats de
l’entreprise. La mesure ne s’appliquerait pas au secteur du spectacle,
car il est déjà soumis à un dispositif
de surcotisation.
CFDT : COTISATION
•DÉGRESSIVE
CGT : MALUS
•UNIQUEMENT
CFTC : DURÉE
DU CONTRAT
•
La CFDT propose un mécanisme
basé sur la dégressivité à même,
plaide-t-elle, d’inciter les
employeurs à rallonger la durée des
contrats de travail. Le principe consiste à baisser le taux de cotisation
en fonction de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise. CDI, CDD, CDD
d’usage, intérim… tous les types de
contrat seraient concernés. Dans
un document remis lors de la négociation d’assurance-chômage, le
syndicat imagine les taux suivants :
9,6 % pour le premier mois, 8,6 %
pour le suivant, 5,8 % sur les quatre
suivants, puis 4,6 % du 7 e au
12e mois inclus. Au-delà et pour six
mois, le taux est de 4 %, soit peu ou
prou la situation actuelle, et de
3,2 % encore au-delà.
La CGT, elle aussi, pousse pour un
mécanisme de sanction financière
comme rép onse aux abus de
recours aux contrats courts, mais
sans le versant bonus. Le principe ?
Faire varier les cotisations patronales selon la durée du CDD et sur les
contrats à temps partiel. Ce qui donnerait : 12,4 % pour les contrats de
moins d’un mois ; 10,4 % entre un et
deux mois ; 8,4 % de deux à six
mois ; 6,4 % au-delà.
Le syndicat voudrait, en plus, instaurer un « partage de cette cotisation, notamment entre les petits
employeurs et leur donneur
d’ordre », en transposant ce qui
se fait en matière d’accidents du
travail et de maladies professionnelles.
Pour la CFTC, le taux de cotisation
doit être dégressif selon la durée du
contrat (sauf contrat aidé, d’apprentissage et intermittents) : 10 % jusqu’à un mois, 9 % jusqu’à deux
mois… et 3,8 % au-delà de douze.
Tous les CDI en poste depuis plus
d’un an verraient ainsi leur taux
baisser de 0,2 %. Le système, qui
plus est, se veut dynamique.
Exemple avec un CDD de trois
mois. Le taux de cotisation est de
8 % chacun des trois mois. Si
l’employeur prolonge de trois mois
en cours de mission, alors le taux
passe à 6,3 % (le taux pour les
contrats de six mois), quitte à rembourser 1,70 % pour les mois déjà
prélevés.
— A. R.
Une baisse du chômage limitée pour l’année 2018
Le nombre d’inscrits
sans activité à Pôle emploi
a reculé de 50.600
l’an dernier. Le chômage
de longue durée
a néanmoins continué
de progresser.
Bousculé par la crise des « gilets jaunes », Emmanuel Macron peut trouver un petit peu de réconfort dans les
chiffres du chômage pour 2018
publiés vendredi par le ministère du
Travail. Le nombre de demandeurs
d’emploi sans activité (catégorie A)
inscrits à Pôle emploi a baissé de
38.200 au quatrième trimestre en
France métropolitaine, pour se fixer à
un peu moins de 3,42 millions. Ce qui
laisse à penser que le ralentissement
de l’économie en fin d’année ne s’est
pas (pour l’heure) traduit par un
bond du chômage. L’ampleur de la
baisse est la même pour la France
entière, hors Mayotte.
Le chef de l’Etat pourra aussi mettre en avant les évolutions de longue
durée, moins volatiles. Par rapport
au 4 e trimestre de 2017, ce sont
50.600 personnes de moins qui sont
sorties de cette catégorie, la plus suivie. Soit un repli de 1,5 %. En cela,
2018 marque la troisième année de
suite sur la même tendance.
Le millésime 2017 s’était terminé
par un recul – modeste mais recul
quand même – à hauteur de 12.200
(de décembre à décembre). Celui de
2016 avait été beaucoup plus important (–103.000), mais sans doute
trompeur sous l’effet du plan
« 500.000 formations » de la fin du
quinquennat Hollande, et d’un
recours massif aux contrats aidés.
Depuis, le gouvernement Philippe a
considérablement fermé le robinet à
ces formes d’emplois subventionnés.
« Ces chiffres sont
plutôt positifs.
La baisse concerne
toutes les régions,
la Corse exceptée. »
YANNICK LHORTY
Directeur de l’équipe
travail, emploi et politique
publique du CNRS
Des évolutions
de faible ampleur
Le nombre de demandeurs
d’emploi en activité réduite (moins
de 78 heures par mois, catégorie B)
a fait du surplace, toujours sur un
an, pour concerner un peu plus de
750.000 personnes en France
métropolitaine. Le nombre de
demandeurs d’emploi en activité
réduite longue (plus de 78 heures,
catégorie C), lui, a augmenté, de
31.900. Les évolutions sont de faible
ampleur, mais elles dénotent une
amélioration de la qualité du travail, d’autant qu’un grand nombre
des personnes en catégorie C tra-
vaille à temps plein. Bien sûr, tout
cela n’éteindra pas le débat sur le
poids des contrats courts, au cœur
de la difficile négociation sur l’assurance-chômage. « Ces chiffres sont
plutôt positifs. La baisse concerne
toutes les régions, la Corse exceptée »,
estime Yannick L’Horty, professeur
à l’université Paris-Est et directeur
de l’équipe travail, emploi et politique publique (TEPP) du CNRS.
Au passage, le chercheur souligne
l’« amorce de synchronisation » avec le
taux de chômage mesuré par l’Insee,
l’autre statistique du chômage et la
seule commentée par la ministre du
Travail, Muriel Pénicaud. Mesuré au
sens du Bureau international du travail, ce taux est passé de 10,5 % à 9,1 %
en France (hors Mayotte) entre mi2015 et mi-2018, pour concerner
2,72 millions de personnes.
De bon augure pour la suite ? Le
ralentissement de l’économie fait
craindre une baisse des créations de
postes. Qui plus est, la France souffre d’un chômage de longue durée,
le plus dur à traiter, dont le poids
augmente trimestre après trimestre. Si l’on agglomère les catégories
A, B et C, la part des inscrits depuis
un an ou plus se situe désormais à
hauteur de 47,2 %, soit 2,4 points de
plus en un an. « Les gains de productivité sont très faibles et les entreprises
vont bénéficier en 2019 de nombreuses baisses de charges, au niveau du
SMIC notamment », tempère Yannick L’Horty. Optimiste, le chercheur table sur une poursuite de la
décrue du nombre d’inscrits à Pôle
emploi, de manière « irrégulière
mais progressive ».
— A. R.
(
L’éditorial
de Dominique Seux
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06 //
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
AUTRICHE : RECUL
DE LA PRODUCTION
ALLEMAGNE : RECUL
DU MORAL DES PATRONS
La production industrielle
a reculé de 2 % en novembre
en Autriche, après une
hausse de 1,3 % le mois
précédent, a annoncé mardi
l’institut Statistik Austria.
Elle a été pénalisée par les
biens de consommation
courante (–3,8 %) et les biens
d’investissement (–2,6%).
Sur un an, elle affiche
une progression de 0,8 %.
Le moral des entrepreneurs
allemands a de nouveau
baissé en janvier, pour
le cinquième mois d’affilée,
à son plus bas niveau
depuis près de trois ans dans
un contexte d’incertitudes
internationales,
selon le baromètre Ifo.
L’indicateur ressort
à 99,1 points, contre
101,0 en décembre.
83
MILLIONS, LA POPULATION
DE L’ALLEMAGNE
La population allemande a
atteint l’an dernier un chiffre
record de 83 millions d’habitants (82,8 millions en 2017),
l’immigration compensant
largement la baisse chronique de la natalité, selon
le bureau des statistiques.
Le « shutdown » terminé, de nouvelles
négociations s’amorcent
l Donald Trump et les parlementaires ont trouvé un accord pour trois semaines.
l Mais les pourparlers sur le mur risquent de continuer à polluer la vie politique américaine.
ÉTATS-UNIS
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Les Etats-Unis respirent un peu
mieux depuis vendredi. Mais
pour combien de temps ?
L e c o m p r o m i s t r o u vé e n t r e
Donald Trump et les parlementaires démocrates et républicains,
voté puis signé en l’espace de quelques heures, met fin au
« shutdown ». Il va permettre,
dans les prochains jours, aux
800.000 agents fédéraux non
payés depuis trente-cinq jours de
retourner au travail et de recevoir
tous les salaires qu’ils n’avaient
pas perçus.
Mais ce compromis n’est que
temporaire. Le budget fédéral est
financé pour trois semaines, jusqu’au 15 février. Ce qui laisse peu
de temps aux deux camps pour
trouver un accord définitif, eux
qui n’ont pu s’entendre en deux
ans. Dès ce lundi, les négociations
doivent donc reprendre, et elles
s’annoncent tendues.
Quelques heures à peine après
l’annonce de l’accord, Donald
Trump repartait en effet en croisade. « Ce n’est en aucun cas une
concession », lançait-il sur Twitter. Avant de reprendre le lendemain : « Seuls les idiots, ou ceux
qui ont un agenda politique, ne veulent pas du mur ou d’une barrière
en acier pour protéger notre pays
contre le crime, la drogue et le trafic
d’êtres humains. Nous y arriverons ! Nous y arrivons toujours. »
Le président américain a également menacé de décréter une
situation d’urgence, qui lui permettrait d’obtenir des fonds
exceptionnels – la Maison-Blanche aurait déjà identifié 7 milliards de dollars de ressources
potentielles – et de commencer la
construction du mur, à la frontière avec le Mexique, sans obtenir l’autorisation du Congrès. Cela
permettrait à Donald Trump de
sauver la face devant ses élec-
teurs. Mais ce passage en force
serait risqué : il serait contesté
devant les tribunaux, qui pourraient arrêter la construction, le
temps d’une décision de justice.
Et le locataire de la MaisonBlanche pourrait aussi dégrader
des relations déjà variables avec
sa majorité. Plusieurs leaders
républicains ont d’ores et déjà
déclaré qu’ils ne soutiendraient
pas ce recours. Et, alors que tous
les regards se tournent déjà vers
2020, le risque de rupture est réel.
« Tout le monde est soulagé de voir
le gouvernement fédéral rouvrir.
Mais nous restons mesurés car
nous savons que nous avons une
épée de Damoclès au-dessus de la
tête », a résumé le sénateur républicain de l’Oklahoma James Lankford.
Un nouveau plan
Certains signes montrent toutefois qu’un accord n’est pas complètement impossible. Ces derniers jours, les démocrates ont fait
un pas de côté et donné leur feu
vert à un nouveau plan, d’un montant équivalant à celui réclamé
par Donald Trump pour son mur
(5,7 milliards de dollars), qui servirait à renforcer la sécurité à la
frontière. Il permettrait notamment le déploiement de drones,
la mise en place de capteurs
signalant des mouvements de
migrants, l’amélioration des
structures d’accueil et l’embauche
de personnel.
Vendredi, lors de son allocution,
Donald Trump avait aussi esquissé
u n g e s t e e n l a n ça n t : « No u s
n’avons pas besoin de 2.000 miles de
mur en béton, d’une mer à l’autre,
nous n’en avons jamais eu besoin. »
Ce qui a fait dire à l’ancien député
démocrate Steve Israel, dans le
« New York Times », que le « shutdown » était devenu « sémantique » : « C’est le “shutdown” de
Donald Trump, sur sa définition
d’un mur, alors que les démocrates
ont réussi à déplacer le sujet d’un
mur de briques à des investissements dans des technologies modernes », a-t-il déclaré. n
La présidence de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, vient de consolider durablement sa position de femme la plus puissante
de la politique américaine. Photo Zach Gibson/Getty Images/AFP
La démocrate Nancy Pelosi affirme son autorité
L’épisode du « shutdown »
a consolidé l’autorité de la
nouvelle présidente de la
Chambre des représentants
face à la nouvelle génération d’élus démocrates.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
S’il a fragilisé Donald Trump, tenu
pour responsable du blocage des
services fédéraux par une majorité
d’Américains, l’épisode du « shutdown » a en revanche consacré la
nouvelle autorité de Nancy Pelosi.
A soixante-dix-huit ans, l’élue
démocrate de Californie, qui a
repris il y a trois semaines la présidence de la Chambre des représentants, vient de consolider durable-
ment sa position de femme la plus
puissante de la politique américaine. Contestée par une partie de
la nouvelle génération des démocrates du Congrès, elle a confirmé
en quelques jours sa réputation de
redoutable stratège. « Personne n’a
jamais gagné en pariant contre
Nancy Pelosi, avait prévenu sa fille
Alexandra sur CNN début janvier. Elle est du genre à vous arracher la tête sans que vous vous rendiez même compte que vous
saignez. »
« Je sais reconnaître
un caprice »
Troisième personnalité de l’Etat
après le président et le vice-président, la cheffe de la nouvelle majorité démocrate est sans doute
l’adversaire la plus redoutable que
Trump ait eu à affronter depuis sa
victoire en 2016. La Constitution,
qui lui confie les rênes du pouvoir
législatif, fait d’elle son égal, une
situation inhabituelle pour lui. Surtout, Nancy Pelosi, qui siège au Congrès depuis plus de trente ans, qui
s’opposa à la guerre en Irak et permit à Obama de passer sa réforme
de la santé lorsqu’elle occupait, déjà,
le poste de « speaker » entre 2007
et 2011, a pour elle une longue expérience politique, qui fait cruellement défaut à Trump.
Partagé entre agacement et respect, ce dernier hésite d’ailleurs à
l’attaquer frontalement. Contrairement à la plupart des autres figures
démocrates, Nancy Pelosi n’a pas de
surnom – il l’appelle simplement
« Nancy ». Trump accuse même
Chuck Schumer, leader démocrate
au Sénat, d’être sa « marionnette ».
De son côté, elle n’hésite pas à traiter le président d’enfant capricieux
– « je suis mère de cinq enfants,
grand-mère de neuf autres, je sais
reconnaître un caprice », affirmaitelle il y a quelques jours, moquant
l’obsession de ce dernier pour le
mur, « un enjeu de virilité ».
Si le bras de fer politique pour le
mur est loin d’être gagné, c’est
désormais « Nancy » qui est en
position de force. Celle qui juge ce
projet « immoral » est restée très
prudente depuis que Trump a
annoncé la réouverture des services fédéraux vendredi, préférant
s’exprimer sur Twitter sur un autre
sujet : les liens entre le président et
Moscou, et l’enquête du procureur
spécial sur les ingérences russes
dans la campagne de 2016. n
Les Européens tentent une parade pour commercer avec l’Iran
COMMERCE
Le projet destiné à
échapper partiellement aux sanctions
américaines devrait
être officialisé.
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
A tâtons, les Européens tentent
d’esquisser une réponse à l’extraterritorialité de la politique des EtatsUnis. Sauf coup de théâtre de der-
nière minute, c’est ce lundi qu’ils
devraient officialiser la création
d’un « véhicule spécial », ou SPV
selon son sigle anglais, destiné à
maintenir certains échanges commerciaux avec l’Iran, en dépit des
sanctions américaines.
Depuis que Donald Trump
a décidé de se retirer de l’accord sur
le nucléaire iranien, de nombreuses grandes entreprises européennes n’ont guère eu le choix : elles ont
dû se résoudre à cesser leurs activités en Iran, pour ne pas se voir
exclues du marché des Etats-Unis.
Mais les Européens ont annoncé,
dès septembre, leur intention de
mettre en place une structure desti-
Le SPV aura toutes
les chances de susciter
le mécontentement
de Washington.
née à contourner les sanctions
américaines et permettant à certaines sociétés de taille plus modeste
de continuer à faire affaire avec des
clients iraniens. Une telle structure
fonctionnerait selon un mécanisme de troc amélioré. Elle serait
également conçue pour contourner l’interdiction faite aux banques,
par Washington, d’effectuer des
transactions avec l’Iran. Autant dire
que le SPV aura toutes les chances
de susciter le mécontentement de
Washington. C’est pour cette raison
que sa concrétisation a pris tant de
temps – et certaines modalités de
son fonctionnement restent encore
à préciser. Concrètement, trois pays
sont à la manœuvre, avec la Commission européenne dans le rôle de
facilitateur, et la possibilité à plus
long terme d’élargir le mécanisme
aux autres Etats européens.
La France, l’Allemagne et le
Royaume-Uni se sont intensément
coordonnés pour tenter de diluer le
risque vis-à-vis des Etats-Unis.
Comment ne pas redouter que le
pays qui hébergera cette entité ne
subisse les foudres de Donald
Trump ? Son dirigeant ne risquet-il pas d’être persona non grata aux
Etats-Unis ? Et qui fournira les capitaux de ce SPV ?
Complexité
D’après nos informations, la structure pourrait finalement être localisée en France, être dirigée par un
Allemand et bénéficier de financements britanniques. Une preuve
que Londres, en plein Brexit et en
dépit de sa « relation spéciale »
avec les Etats-Unis, ose rester sur
une ligne très européenne dans ce
dossier.
Au-delà des complexités liées à
l’architecture de ce SPV, ce sont
aussi des discussions diplomatiques qui ont complexifié ce dossier :
en même temps qu’ils veulent soutenir Téhéran sur le volet nucléaire,
les Vingt-Huit n’entendent pas
pécher par angélisme face à un pays
dont la stratégie continue d’inquiéter et auquel ils viennent d’appliquer de nouvelles sanctions.
En plus de la création du SPV, la
déclaration qui pourrait être signée
ce lundi devrait aussi rappeler leur
vigilance face au programme balistique de Téhéran et aux agissements du régime chiite dans la
région. n
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08 // MONDE
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
Au Venezuela, l’étau se resserre
autour de Nicolás Maduro
Bouffée d’oxygène
financière
pour le Pakistan
AMÉRIQUE DU SUD
ASIE DU SUD
L’attaché militaire
à Washington a lâché
Nicolás Maduro
et appelé les autres
membres de l’armée
à le suivre.
Islamabad a reçu
4 milliards
de dollars
des pays du Golfe.
Le Pakistan finalise
un accord avec la
Chine pour 12 milliards de dollars.
L’Union européenne
a rejoint les Etats-Unis
dans un front commun
contre le président
chaviste.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Alors qu’il y a cinq jours, Juan
Guaido, le président du Parlement,
s’est autoproclamé président par
intérim du Venezuela, la pression
ne cesse d’augmenter sur Nicolás
Maduro. En interne, la muraille des
soutiens au président en titre s’est
sérieusement lézardée avec la
défection de l’attaché militaire en
poste à Washington. Le colonel
José Luis Silva a déclaré samedi
qu’il ne reconnaissait plus Nicolás
Maduro comme le président légitime du pays. « Aujourd’hui,
j’appelle le peuple vénézuélien, et surtout mes frères militaires, à soutenir
le président Juan Guaido comme
seul président légitime », a déclaré le
colonel José Luis Silva. Sur Twitter,
Juan Guaido a salué cette décision
et appelé tous ceux qui le souhaitent à suivre son exemple, promettant l’amnistie aux militaires tournant le dos au chef de l’Etat en titre.
L’armée a été jusqu’à présent le
pilier indéfectible du régime de
Nicolás Maduro. Quelques heures
seulement après la décision de Juan
Guaido de devenir président par
intérim, les militaires en grand uniforme ont donné une conférence de
presse pour redire leur soutien total
à Nicolás Maduro. La pression
internationale s’est elle aussi considérablement renforcée ce weekend. Les Etats-Unis et les Européens
Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont défilé le 26 janvier à Caracas. Photo Efe/Abaca
ont affiché, samedi, à l’ONU un clair
soutien au président autoproclamé
vénézuélien. La Russie, minoritaire, a continué de défendre Nicolás Maduro, qui a rejeté tout ultimatum pour convoquer de nouvelles
élections. Parallèlement, Madrid,
Paris, Berlin, Londres, Bruxelles et
Lisbonne ont lancé un ultimatum à
Nicolás Maduro, exigeant dans les
huit jours la convocation d’élections, à défaut de quoi ces capitales
reconnaîtraient l’opposant comme
« président ».
Alors que seule la Grèce continue
de soutenir le président chaviste, la
Russie s’est à son tour interrogée
sur le délai imposé par Bruxelles :
« pourquoi pas sept ou trente ? » tandis que Caracas rejetait catégoriquement tout ultimatum. « Personne ne va nous donner des délais,
ni nous dire si des élections doivent
être convoquées ou non », a asséné
Jorge Arreaza, le représentant du
Venezuela à l’ONU. Comme on pouvait s’y attendre, la Russie et la
Chine ont bloqué le projet américain de déclaration du Conseil de
sécurité visant à apporter « un plein
soutien » à Juan Guaido.
Fragilisé mais pas abattu
Fragilisé mais pas abattu, Nicolás
Maduro a abandonné l’idée de voir
les diplomates américains quitter le
territoire vénézuélien après avoir
annoncé la rupture des relations
diplomatiques. Caracas cherche à
présent à garder un contact minimum avec Washington en ouvrant
des « sections d’intérêts », qui évitent la rupture totale. Les deux parties ont trente jours pour ouvrir ces
sections, faute de quoi les missions
diplomatiques seront alors fermées. Tout en rejetant dimanche
l’appel des pays européens à organi-
ser une nouvelle élection présidentielle, Nicolás Maduro s’est néanmoins déclaré prêt au dialogue,
estimant, notamment, qu’une rencontre avec Donald Trump était
peu probable mais pas impossible.
Pendant ce temps, à Caracas, le
bras de fer se poursuit entre les
deux présidents. Nicolás Maduro
a appelé à « la rébellion populaire
contre le coup d’Etat ». Quant à Juan
Guaido, porté par un soutien international croissant, il accentue sa
pression en faveur d’élections en
convoquant une nouvelle manifestation. Jusqu’à présent, les mouvements de protestation contre le
régime ont fait 26 morts en quatre
jours, selon l’ONG Observatorio
Venezolano de Conflictividad
Social, tandis que plus de 350 personnes ont été arrêtées cette
semaine lors de ces démonstrations selon l’ONU. n
Les députés britanniques cherchent à
écarter le risque d’un Brexit sans accord
ROYAUME-UNI
Les députés britanniques voteront mardi
sur le « plan B » qu’a
présenté Theresa May
la semaine dernière
pour sortir de l’ornière.
L’occasion de
l’amender pour
reprendre la main sur
la suite du feuilleton.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Theresa May parviendra-t-elle à
conserver le manche pour piloter, comme elle l’espère, le Brexit
dans sa phase d’atterrissage ?
C’est tout l’enjeu du vote mardi, au
Pa r l e m e n t b r i t a n n i q u e . L e s
députés, qui doivent se prononcer sur le plan B présenté la
semaine dernière par la Première
ministre pour sortir le pays de
l’impasse après le rejet de
l’accord de divorce conclu fin
novembre avec Bruxelles, ont
déposé une kyrielle d’amendements (quatorze au total)
pour reprendre le contrôle des
opérations, notamment si elle
ne parvient pas à faire émerger
un compromis pour organiser la
sortie du pays.
Theresa May a présenté la semaine dernière son plan B
pour sortir le pays de l’impasse. Photo Daniel Leal-Olivas/AFP
Dans ce brouhaha de propositions, un texte tient depuis quelques
jours le haut de l’affiche : l’amendement déposé par la travailliste
Yvette Cooper et le conservateur
Nick Boles est le seul à vouloir faire
évoluer la loi, là où les autres ne
visent qu’à fixer une direction pour
la suite du feuilleton. Le texte prévoit de contraindre Theresa May à
demander à l’Union européenne un
report de la date du Brexit si elle
échoue à faire adopter un nouvel
accord de retrait au Parlement d’ici
au 26 février. L’amendement, que le
Labour pourrait soutenir, prévoit
que l’entrée en vigueur du Brexit,
pour l’instant fixée au 29 mars,
puisse dans un tel cas de figure être
reportée au 31 décembre.
La tactique de l’épouvantail
L’objectif d’une telle initiative est
d’écarter le scénario d’un « no deal »
où le Royaume-Uni quitterait l’UE
sans accord de divorce à l’amiable.
Une sortie par défaut que rejette une
majorité de députés, redoutant ses
effets collatéraux pour l’économie
britannique, mais que Theresa May
refuse d’exclure : elle s’en sert
comme d’un épouvantail pour
maintenir la pression sur eux afin
d’arracher leur feu vert sur un
accord avec l’Union européenne.
La tactique divise le gouvernement
et horrifie certains ministres, pour
qui c’est jouer avec le feu. A commencer par Amber Rudd, la très
europhile ministre du Travail et des
retraites qui, selon la presse britannique, menacerait de démissionner.
Mais dans quelle mesure Theresa May peut-elle représenter aux
députés une version améliorée de
l’accord rejeté mi-janvier ? La dirigeante conservatrice continue à
croire qu’elle peut faire mieux, en
particulier sur la si critiquée clause
de « backstop », qui doit garantir la
fluidité des échanges en toutes circonstances à la frontière irlandaise.
Son « plan B » consiste ainsi à rediscuter ses modalités avec les hard
Brexiters du parti conservateur et
leurs alliés unionistes nord-irlandais du DUP, avant d’obtenir
l’imprimatur de Bruxelles.
Jacob Rees-Mogg, le champion
des élus tories eurosceptiques, et
Nigel Dodds, le leader du DUP au
Parlement, ont montré ces derniers
jours des signes d’ouverture.
La Commission européenne, en
revanche, a pour l’instant fermé la
porte à toute renégociation de
l’accord de divorce, en particulier
sur la clause de « backstop ». Elle se
dit seulement prête à modifier la
déclaration politique qui l’accompagne et qui fixe le cadre de la relation future entre l’île et le Continent.
Un texte jugé moins important par
les députés britanniques, qui soulignent son caractère juridiquement
non contraignant. n
A peine désigné Premier ministre du Pakistan, Imran Kahn
n’avait sans doute pas imaginé
qu’une de ses premières tâches
serait d’accomplir un road
show au Moyen-Orient et en
Chine pour lever des fonds et
alléger la crise de la balance des
paiements. Il y avait urgence.
Fin juin, le déficit courant atteignait 19 milliards de dollars, du
jamais-vu. L’exercice a visiblement payé puisque le Pakistan a
reçu, vendredi, 1 milliard de dollars de l’Arabie saoudite, au lendemain d’un geste des Emirats
arabes unis, qui ont versé le premier tiers d’une enveloppe de
trois milliards de dollars.
Chute des réserves
Au total, les transferts doivent
atteindre quatre milliards de
dollars à verser dans les réserves
de change, tombées, au 18 janvier, à 6,64 milliards de dollars,
soit un niveau inférieur à deux
mois d’importations. Si cet
argent frais donne aux finances
publiques pakistanaises un peu
d’oxygène à court terme, les
résultats de la tournée moyenorientale d’Imran Kahn sont
loin d’être suffisants. Selon les
diverses évaluations disponibles, Islamabad aurait encore
besoin d’environ 20 milliards de
dollars pour équilibrer son budget cette année. Le pays pourrait,
comme il l’a souvent fait, se tourner vers le FMI. Mais le Premier
ministre est réfractaire à cette
idée et l’organisation estime difficile, en l’état actuel des finances
du Pakistan, de lui octroyer une
nouvelle aide. Non pas que la
faillite soit imminente mais les
comptes du pays manquent de
transparence.
Engagé avec la Chine dans un
vaste projet de construction
d’infrastructures estimé à
50 milliards de dollars, le Pakistan a reçu pour ce « corridor économique » des aides dont l’intégralité n’aurait pas été inscrite
dans les comptes de l’Etat. D’où
la prudence du FMI quant à
l’endettement réel du pays.
Qu’à cela ne tienne. Après une
première rencontre entre Imran
Kahn et son homologue chinois
Li Keqiang à Pékin en novembre,
les deux partenaires sont en
train de finaliser un accord sur
une enveloppe de 12 milliards de
dollars, d’après Asad Umar, le
ministre pakistanais des Finances. Selon lui, ces aides multiples
permettront au Pakistan de pouvoir négocier plus confortablement avec le FMI. En attendant,
la mauvaise santé financière,
marquée par de faibles réserves
et un endettement extérieur préoccupant, a conduit Fitch à
rétrograder le pays. Le mois dernier, la note est tombée à « B– »
plaçant le Pakistan six rangs au
dessous de « investissement »,
Graal pour une économie en
développement. — M. G.
Une réglementation
mondiale du commerce
électronique en vue
MULTILATÉRAL
A Davos, 47 pays ont
annoncé le lancement de discussions
pour encadrer et
harmoniser les
règles du commerce
électronique.
Richard Hiault
@RHIAULT
L’enjeu n’est rien de moins que
de réglementer le marché du
commerce en ligne, estimé à
25.000 milliards de dollars. A
Davos, vendredi, la commissaire européenne au commerce, Cécilia Malmström, a
annoncé dans un communiqué
qu’au sein de l’Organisation
mondiale du commerce (OMC),
quarante-sept pays plus l’Union
européenne lanceront des discussions en ce sens.
Dans un rare moment de
concorde, les Etats-Unis,
l’Union européenne et surtout
la Chine vont débattre de sujets
aussi divers que l’amélioration
de la confiance des consommateurs en ligne et la lutte contre
les spams. Eliminer les obstacles empêchant les ventes transfrontalières, garantir la validité
des contrats et des signatures
électroniques, interdire définitivement les droits de douane sur
les transmissions électroniques, réfléchir aux exigences de
localisation forcée des données
et à la divulgation du code
source seront sur la table. « Il
s’agit d’une matinée historique »
prouvant que l’OMC « peut
s’attaquer aux défis du XXIe siècle », a twitté la commissaire.
L’affaire est emblématique à
plus d’un titre. Encalminée
depuis de nombreuses années,
l’OMC retrouve un peu de son
lustre. A Genève, on espère que
de tels accords plurilatéraux
puissent, à l’avenir, s’appliquer à
tous ses membres. C’est la stratégie des petits pas.
La Chine à bord
Surtout, les deux grands pays
qui hébergent les plus grandes
plates-formes sur Internet
seront à la même table. Les Chinois ont finalement décidé de se
joindre aux discussions qui
débuteront en mars. La Chine,
qui pendant des années a fortement restreint l’utilisation
d’Internet à l’intérieur de ses
frontières, avait, dans un premier temps, refusé de participer aux pourparlers jusqu’à
jeudi. Pékin s’inquiétait du fait
que les protagonistes s’engageaient à aboutir à un « résultat
de qualité », confiait un officiel à
Bloomberg. Mais, Pékin a vu
dans cette initiative le moyen de
raviver l’OMC. Une vision que
partage Cécilia Malmström
pour qui, avec la Chine à la
table, les 47 partenaires plus
l’Union européenne pèsent
plus de 90 % du commerce
mondial. Reste à avancer sur la
réglementation de l’e-commerce, qui est d’ores et déjà inscrit à l’ordre du jour du programme de la présidence
japonaise du G20 comme l’a
rappelé à Davos Shinzo Abe.
(
Lire l’Enquête
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10 //
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Regard
sur le monde
Le Point de vue
Art et culture
Science
Les réseaux sociaux et la dictature
des minorités
Pourquoi il est essentiel
de toujours croire en l’Europe
La taxe Gafa, un aveu d’impuissance
La mort de Michel Legrand, l’enchanteur
Complexe comme un cerveau qui dort
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
N’oubliez pas le chômage,
monsieur le Président
La leçon à tirer du bilan de l’évolution de
l’emploi en 2018 est d’une simplicité
biblique : sans une baisse spectaculaire du
nombre de chômeurs, l’objectif qu’a promis
d’atteindre Emmanuel Macron pour la fin de
son quinquennat est totalement hors
d’atteinte. Un chiffre vaut parfois mieux
qu’un
long discours. Pour que le taux de
Par Dominique
chômage passe de 9 % aujourd’hui à 7 % en
Seux
2022, le nombre de demandeurs d’emploi
doit diminuer d’environ 600.000. Depuis
Au rythme
l’élection du président, le recul est à peine
actuel,
supérieur à un dixième de ce quantum. De
deux choses l’une : ou la courbe s’infléchit
le taux
ou la cible sera ratée. Peut-on
de chômage nettement
espérer ce changement de rythme que tout
ne sera pas
le monde souhaite ? Ce n’est pas impossible,
ce qui est une bonne nouvelle, mais cela
ramené
signifierait que le verre soit plus à moitié
à 7 % d’ici
plein qu’à moitié vide – si l’on ose dire. Du
à la fin du
côté encourageant, on trouve une baisse des
quinquennat. inscrits à Pôle emploi qui s’est amplifiée au
quatrième trimestre, des chefs d’entreprise
qui ont moins peur d’embaucher grâce à la réforme des
prud’hommes. L’aide exceptionnelle qui leur sera versée par l’Etat
(le double CICE) constitue aussi un coup de pouce massif. En
revanche, le ralentissement de la croissance est évidemment un
facteur plus déprimant. Le plus stupéfiant est que les Français
donnent depuis six mois l’impression de se désintéresser du
chômage, qui reste pourtant la gangrène de notre pays. Comme si
chacun avait intériorisé qu’on a décidément « tout essayé », selon le
mot de François Mitterrand il y a déjà plus de trente ans, et qu’on n’y
arrivera pas. Sur les ronds-points et dans la bouche des « gilets
jaunes », le sujet n’est jamais évoqué. Le thème – ce n’est pas assez
souligné – n’est même pas proposé à la réflexion dans le cadre du
grand débat officiel. Faut-il rappeler que la quasi-totalité de l’Union
européenne est au plein-emploi et que la France est atypique ?
Le gouvernement n’est pas resté inactif. La réforme de la
formation et de l’apprentissage mettra du temps avant de produire
des effets, mais c’était la priorité. Qui sait que le taux de chômage
des jeunes sans diplôme ou avec le brevet est de 48 % (!) pendant les
quatre premières années après la fin de leur scolarité (24 % avec le
bac) ? Inciter à une recherche d’emploi active est aussi
indispensable – ce n’est pas le cas pour 12 % des inscrits. De leur
côté, les entreprises doivent faire plus : le taux d’emploi des plus
âgés est plus faible qu’ailleurs, où se pratique la sortie progressive
du travail. Ramener le niveau du chômage dans la moyenne
européenne dans les trois ans est extrêmement ambitieux.
Renoncer aux efforts parce que cela paraît désormais impossible
serait criminel.
(
Lire nos informations
Page 4
Des cygnes noirs
au-dessus de la Chine
Par Guillaume Maujean
Sur les marchés financiers, les investisseurs n’ont d’yeux que
pour Trump depuis des mois. Un tweet du président américain et
c’est toute la Bourse qui bascule. Ils pourraient à l’avenir se tourner
davantage vers l’autre grand leader de la planète, le président chinois
Xi Jinping. Les signaux d’alerte sont en effet en train de se multiplier
dans l’ex-empire du Milieu. Le ralentissement de la deuxième
économie mondiale se confirme jour après jour. La croissance est
tombée à 6,4 %, les ventes de voitures viennent de se replier pour
la première fois en trois décennies, la production industrielle souffre,
les exportations flanchent, l’endettement des régions
ne cesse de grimper… Tout cela, c’est ce qu’un essayiste américain a
appelé les « rhinos gris ». Une menace parfaitement identifiée,
mais que l’on fait semblant de ne pas voir. Personne ne veut croire
en effet à un « atterrissage brutal » de l’économie chinoise. Jusqu’à
maintenant, Pékin a parfaitement manœuvré pour relancer l’activité
en annonçant de nouvelles mesures de soutien : réouvertures des
vannes du crédit, financements d’infrastructures, baisses d’impôts…
Les autorités peuvent encore activer ces instruments. Et puis il y a
les « cygnes noirs », ces événements que personne n’attend mais
qui peuvent avoir de gigantesques conséquences. Une guerre
commerciale qui s’intensifie avec les Etats-Unis ? Les dernières
déclarations de part et d’autre semblent aller vers un apaisement des
tensions. Un régime chinois qui vacille ? Difficile à imaginer tant Xi
semble solidement installé. Et pourtant. Cette semaine, le président a
reconnu devant un parterre de politiciens que le parti faisait face
à des « problèmes sérieux ». La nouvelle est passée presque
inaperçue. Elle montre cependant à quel point les débats sont vifs
au sein de l’appareil, derrière l’unité de façade. Certains caciques
s’interrogent sur la gestion des dossiers économiques et critiquent
la centralisation du pouvoir, le culte de la personnalité ou les
discours triomphalistes sur la montée en puissance de la Chine.
Xi Jinping joue gros en ce moment. Et les marchés auraient peut-être
intérêt à regarder un peu plus à l’est qu’à l’ouest…
(
Lire nos informations
Page 31
Boll pour « Les Echos »
Comment Société Générale tourne
la page de l’« affaire » Kerviel
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
et Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Lentement mais sûrement le sparadrap Kerviel se détache de Société
Générale. Sans réelle douleur. Les
multiples procédures engagées par
l’ex-trader, qui avait fait perdre
4,9 milliards d’euros à la banque en
2008, se dégonflent les unes après
les autres. Exit la demande de révision de son procès. Exit encore la
contestation de sa procédure de
licenciement pour faute. Le vent
judiciaire semble bel et bien en train
de tourner.
En octobre 2010, Jérôme Kerviel
est condamné à cinq ans de prison
dont trois ferme et à 4,9 milliards
d’euros de dommages et intérêts. La
somme, folle, monstrueuse pour un
simple quidam, va entraîner une
guérilla procédurale de huit ans où
tous les coups sont permis.
L’ex-trader et son avocat David
Koubbi, surfant sur la vague médiatique, gagnent des points dans l’opinion publique et auprès des juridictions. En 2014, la Cour de cassation
enfonce le premier coin en confirmant la peine de trois ans de prison
ferme mais en cassant le volet
civil. « La chambre criminelle entend
rechercher les fautes respectives de
chacun », déclarent alors les hauts
magistrats, qui renvoient l’examen
du dossier à la cour d’appel de Versailles. En clair donc, Jérôme Kerviel est bien coupable mais pas (totalement) responsable.
En 2016, les juges versaillais
confirment le partage des fautes et
ramènent de 4,9 milliards à 1 million d’euros les dommages et intérêts dus par Jérôme Kerviel : selon
eux, les défaillances des contrôles
de Société Générale auraient concouru à la gravité du préjudice
qu’elle avait subi. L’ex-trader n’avait
donc plus à rembourser les pertes
vertigineuses qu’il avait infligées à la
banque. Le « petit chose » de la
finance se voit ainsi privé d’argu-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Dans les multiples
procès qui ont
émaillé l’ « affaire »
Kerviel, ce trader qui
a fait perdre 4,9 milliards d’euros à son
employeur en 2008,
Société Générale a
toujours été sur la
défensive face à une
opinion publique
hostile et des juges
sévères à son endroit.
Mais le vent tourne
désormais en sa
faveur. Notamment
sur le plan judiciaire.
D
Les points à retenir
Les différentes procédures
•engagées
par l’ex-trader
se dégonflent les unes
après les autres.
La banque joue la montre.
Elle sait que la jurisprudence
constante du Conseil d’Etat
en matière fiscale peut jouer
en sa faveur.
Depuis 2008, Société
Générale revendique un
changement culturel profond.
•
•
ment médiatique. Mais l’affaire n’est
pas pour autant terminée. Car cette
acceptation du partage des fautes
risque alors d’entraîner de graves
conséquences fiscales pour Société
Générale. Grâce à un mécanisme dit
de « carry back », qui permet à une
entreprise déficitaire par la faute
d’un de ses employés de convertir
une partie de ses pertes en créance
sur le Trésor public, la banque avait
déduit près de 2,2 milliards de ses
prélèvements entre 2009 et 2010,
soit plus de la moitié des résultats du
groupe en 2015.
Néanmoins, le mécanisme ne
peut fonctionner que si les faits
délictueux ont été commis à l’insu
des dirigeants de l’entreprise. L’arrêt
de la cour d’appel de Versailles pouvait donc changer la donne sur ce
point. Suffisamment pour que
Bercy commence alors à refaire ses
calculs : si la banque porte une part
de responsabilité, cela peut modifier la doctrine fiscale. La DGFIP
(Direction générale des finances
publiques) lance alors prudemment l’idée d’un possible redressement.
Depuis, la banque retient son
souffle et joue la montre. Elle sait
que la jurisprudence constante du
Conseil d’Etat en matière fiscale
peut jouer en sa faveur. En juillet
2016, le Conseil d’Etat – saisi sur des
déductions fiscales de la banque italienne MPS en France – avait estimé
qu’il « n’appartient pas à l’administration […] de se prononcer sur
l’opportunité des choix de gestion
opérés par l’entreprise et notamment
pas sur l’ampleur des risques pris par
elle pour améliorer ses résultats ».
Autrement dit, peu importent les
risques encourus dans ses affaires
courantes, la banque peut déduire
les pertes qui en découlent, sauf à ce
que ces détournements soient rendus possibles par le « comportement
délibéré » ou la « carence manifeste » des dirigeants. Or, l’affaire
Société Générale/Kerviel est à ce
point inédite, les sommes en jeu telles, l’arrêt de Versailles si sévère
sur les responsabilités de la banque
– y a-t-il eu « carence manifeste » ? –
que celle-ci n’est pas à l’abri d’un
revirement de jurisprudence.
Mais, depuis, Jérôme Kerviel
perd ses procès les uns après les
autres. En septembre 2018, la Cour
de cassation, encore une fois sollicitée, a refusé de réviser le procès
de l’ancien trader qui reste donc
condamné. Le 19 décembre dernier,
l’arrêt de la cour d’appel de Paris est
venu valider le licenciement pour
faute du trader, rappelant au passage la « gravité » de ses fautes
quand bien même celles-ci ont été
rendues possibles « par les carences
graves du système de contrôle interne
de la banque ». « Les éléments du dossier ne permettent pas d’établir que
M. Kerviel a agi pour un autre motif
que celui de poursuivre son intérêt
personnel », écrivent les magistrats.
De quoi apporter des arguments
à la banque qui défend sa cause
auprès de l’administration fiscale.
Une carence grave n’est pas a priori
une carence manifeste. Encore
faut-il que la mousse médiatique
retombe. C’est ce qui se passe.
L’arrêt, non frappé de pourvoi, est
définitif. Le cycle est clos.
Société Générale va-t-elle enfin
pouvoir tourner la page ? Depuis
2008, la banque revendique un
changement culturel profond et elle
a voulu l’incarner en adoptant en
novembre dernier un nouveau slogan résolument optimiste « C’est
vous l’avenir ». Une manière encore
de clore ce chapitre encombrant de
son histoire. Le précédent, « L’esprit
d’équipe », avait été adopté précisément pour remobiliser ses troupes
après le choc de l’affaire Kerviel.
Mais il en faudra encore bien davantage pour effacer les traces de cet
accident industriel sans précédent.
Fin décembre, lorsque Natixis a
annoncé une perte de marché à
260 millions d’euros dans ses dérivés actions en Asie, certains regards
se sont tournés vers « les anciens de
la Générale » qui ont rejoint Natixis
après l’affaire Kerviel. n
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
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LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Les réseaux sociaux
et la dictature des minorités
La « slowbalisation »
est arrivée
Pour André Lévy-Lang, président de
l’Institut Louis-Bachelier, certaines
minorités actives s’appuient sur les réseaux
sociaux pour fausser le fonctionnement de
la démocratie. C’est pourquoi l’utilisation
du référendum, à l’heure de Twitter et de
Facebook, est d’autant plus périlleuse.
L’heure n’est plus à la complaisance
•vis-à-vis
de l’évolution du monde, écrit
INFOX « Les “gilets jaunes” sont un exemple
de minorité active devenu phénomène
national grâce aux réseaux sociaux.
Sans contester les légitimes motifs de
mécontentement […], leur succès s’explique
aussi par une caractéristique maintenant
prouvée des réseaux sociaux dans les
démocraties libérales : les informations
négatives sont beaucoup plus reprises (7 à
10 fois) que les informations positives ; des
infox bien faites sont reprises dix fois plus
que les démentis, et leur survivent
durablement. »
BINARITÉ « Le risque qu’ils représentent
est particulièrement élevé dans le cas d’un
référendum. Le vote ne porte pas sur le choix
entre des candidats et des programmes, mais
sur la réponse par oui ou non, pour ou
contre, à une question simple. Mais, qu’il
s’agisse de choix économiques ou de choix de
société, leurs conséquences sont complexes
alors que les émotions ou les préjugés
dominent facilement toute analyse. »
MANIPULATION « Le cas du Brexit est
exemplaire : le référendum a été précédé par
une avalanche de fausses informations,
qui ont résisté à tous les démentis. […] Le
référendum a toujours présenté des risques
de malentendu ou de détournement de la
question posée. Avec le développement des
réseaux sociaux, il s’y ajoute des risques de
manipulation démagogique de centaines de
milliers d’électeurs par telle ou telle minorité
active, affichée ou occulte, et donc de déni de
l’idéal démocratique qu’il est supposé servir. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle
« The Economist ». En dépit du ralentissement économique en Chine, la croissance dans le monde en 2018 a été plutôt
décente. Le chômage a eu tendance à
diminuer et les profits à augmenter. De
plus, le président Trump a finalement
conclu des accords commerciaux avec
le Canada et le Mexique et il n’est pas
exclu qu’il parvienne à enterrer la hache
de guerre avec la Chine. Mais il ne faut
pas se faire d’illusion. « L’âge d’or de la
mondialisation [globalisation en
anglais], de 1990 à 2010, a été admirable »,
avec une augmentation des échanges,
une réduction des coûts de transport.
Mais tout cela arrive à sa fin. « La mondialisation a abandonné la scène à une ère
de langueur » que « The Economist »
désigne désormais de « slowbalisation », en reprenant un terme d’un économiste néerlandais. En d’autres termes, ce qui était la mondialisation d’hier
n’avance plus qu’à un pas d’escargot. Et
« The Economist » dissèque plusieurs
signaux. Les tarifs des frets ont arrêté de
baisser. Les multinationales viennent de
découvrir que s’étendre de plus en plus
dans le monde coûte cher. Les firmes
locales en outre les détruisent. Les règles
du commerce libre sont remises en
cause et les conflits géopolitiques freinent les firmes high-tech. Et la liste est
encore longue comme la hausse des
tarifs douaniers. Pour « The Economist », « presque tout le monde avait
bénéficié de la mondialisation ». Mais on
avait oublié de compenser des effets
néfastes. Reste que la « slowbalisation »
sera plus dure et créera plus d’instabilité. « Et in fine nourrira les mécontentements ». On peut se demander si avec des
mouvements comme celui des « gilets
jaunes », cela n’a pas commencé…
—J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Le monde va mieux
mais il ne veut pas
le voir
LE PROPOS Le monde va
globalement mieux, mais il ne
croit pas en ses progrès. Sur le
temps long, les dynamiques sont
pourtant à l’amélioration.
L’extrême pauvreté touchait 85 %
de la population mondiale en 1800,
50 % en 1966, 9 % en 2017. Sur la
même période, l’espérance de vie
a augmenté de 31 ans à 72 ans, la
proportion des enfants décédés
avant 5 ans s’est réduite de 44 %
à 4 %. Le progrès est
incontestablement en marche
mais le cerveau humain se
concentre sur ce qui ne va pas
bien. Ce livre important appelle à
maîtriser les ordres de grandeur
(pour ne pas dire n’importe quoi)
et rappelle qu’il faut toujours un
peu de rigueur (qu’un peu de
fantaisie peut aider à faire passer).
Tout en invitant à se méfier des
exhortations à la compassion et à
la peur. Les esprits chagrins,
grommelleront, incrédules.
Ils feraient bien mieux de feuilleter
ces pages lumineuses et
raisonnablement optimistes.
Factfulness
Hans Rosling, Flammarion,
2019, 398 pages, 23,90 €
L’AUTEUR Célèbre médecin
conférencier suédois, Hans
Rosling fourmillait d’idées pour
animer des graphiques et rendre
vivantes des interventions sur des
thèmes passablement ardus. La
qualité de cet ouvrage posthume,
apprécié par Bill Gates est un
hommage à sa lucidité et à sa
vivacité. À compulser sans
modération.
— Julien Damon
David Rose/Panos/RÉA
1. « Balance ton post » avec Marlène Schiappa : quand le public se rebelle
2. Thomas Pesquet : pourquoi son deuxième voyage dans l’espace pourrait
être le dernier
3. Nancy Pelosi, grande gagnante du « shutdown »
4. Electricité : l’Allemagne se donne 19 ans pour stopper le charbon
5. « Alias », le projet qui veut boucher les oreilles des enceintes connectées
Pourquoi il est essentiel
de toujours croire en l’Europe
Le monde redevient bipolaire, la Chine prenant la place de l’URSS
face aux Etats-Unis. Cette nouvelle situation rend le projet européen
plus pertinent que jamais… au moment où il est le plus menacé.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
’Europe se trouve aujourd’hui
confrontée à un double défi existentiel. Le premier est externe et
de nature essentiellement géopolitique.
Le second est interne et de nature politique et sociale. La géopolitique conduit
l’Europe à s’unir toujours davantage. La
politique rend cette évolution plus difficile que jamais. Comment transcender
ce dilemme ? C’est la question à laquelle
les Européens vont devoir répondre
dans les semaines qui viennent.
Dans un monde que beaucoup s’attachent encore à décrire comme apolaire,
une nouvelle bipolarité est en train, lentement mais irrésistiblement, de
s’imposer. La Russie peut marquer des
points au Moyen-Orient, tisser des liens
sur le continent africain, soutenir « le
régime légitime » de M a d u ro au
Venezuela, elle n’a pas les moyens de
redevenir ce qu’était hier l’URSS. C’est la
Chine qui a de facto pris sa place aux
côtés des Etats-Unis. L’Europe ne figure
pas dans la « Cour des grands », ce qui
ne signifie pas qu’elle ne doive pas exister sur le plan international. C’est même
exactement le contraire.
Aujourd’hui, les deux pays qui constituent la plus sérieuse menace pour
l’Europe, tant sur le plan commercial
que technologique, – deux domaines
essentiels – sont précisément les EtatsUnis et la Chine. L’Amérique n’est plus la
protection stratégique qu’elle était et se
comporte de manière de plus en plus
agressive sur le plan commercial et prétendument juridique.
C’est précisément dans ces derniers
domaines que l’Europe fait le poids.
Quand elle reste unie pour imposer des
sanctions à la Russie de Poutine après
l’annexion de la Crimée ou pour garder
une position commune face aux
manœuvres de la Grande-Bretagne
pour la diviser dans l’après-Brexit,
l’Europe existe. Elle fait preuve de résilience et possède ainsi un réel pouvoir
de dissuasion, qui surprend ses adversaires et rivaux. On ne peut pas simple-
L
ment la traiter comme on le ferait d’une
mouche sur le revers d’une veste.
« Il y a deux catégories de petits pays en
Europe, les petits pays et ceux qui ne
savent pas qu’ils sont petits », remarquait l’ancien Premier ministre italien
Enrico Letta. A l’heure de Trump et de
Xi Jinping, du réchauffement climatique et des défis migratoires, sans
oublier bien sûr la lutte contre le terrorisme, l’Europe ne peut exister dans le
monde que si elle est unie. Si l’on est
optimiste, on peut penser qu’une majorité d’Européens prend lentement
conscience de cette réalité.
Le problème est que ce premier défi,
d’ordre géopolitique, se trouve comme
mis entre parenthèses par un deuxième
défi, d’ordre interne celui-là. L’Europe
peut être perçue, surtout par les Britanniques, comme une alliance classique
fondée sur des intérêts communs, elle
est aussi, certains diraient surtout, une
« Union de valeurs ». Et sur ce plan, il
existe désormais deux camps en
Europe. Les tenants de la démocratie
libérale classique paient le prix de
S’il existe « une » raison
de demeurer optimiste,
c’est bien la résilience du
couple franco-allemand.
l’aveuglement de leurs élites conduisant aux dérives du capitalisme, sinon à
celles des processus démocratiques, à
l’heure de la mondialisation. L’autre
camp, de l’extrême droite à l’extrême
gauche, est animé par une volonté de
transformer l’Union de l’intérieur, qui
cache mal le projet de la détruire.
C’est la simultanéité dans le temps de
ces deux défis, externe et interne, qui
rend la situation que nous traversons si
préoccupante, si passionnante aussi.
L’Histoire (avec un grand H) hésite sous
nos yeux et peut aller dans une direction comme dans l’autre : le redémarrage ou l’éclatement final du projet
européen. Rien n’est écrit, mais tout
s’accélère.
S’il existe « une » raison de demeurer
optimiste et de croire encore dans
l’Europe, c’est bien la résilience du couple franco-allemand. Il constitue, plus
que jamais, la meilleure des réponses,
sinon la seule, aux défis externe et
interne de l’Europe. Les adversaires du
projet l’ont bien compris. Ils multiplient
à son encontre, comme à l’occasion du
traité signé il y a quelques jours à Aix-laChapelle, les fausses nouvelles les plus
absurdes.
« La propagande est une chose sommaire. Il suffit de dire quelque chose de
très gros et de le répéter souvent », faisait
dire Jean Anouilh à l’un des héros de
sa pièce « La Répétition ou l’Amour
puni ». Mais les personnages d’Anouilh
n’avaient pas accès à l’Internet, ne disposaient pas de réseaux sociaux
pour démultiplier l’impact de leurs
mensonges.
En réalité, il n’y a rien de très spectaculaire dans le nouveau traité signé par
la France et l’Allemagne. Mais sa portée
positive n’est pas seulement symbolique. L’Allemagne s’engage à faire des
efforts supplémentaires en matière de
sécurité et de défense. Pour comprendre les réticences allemandes dans ce
domaine, il faut prendre en compte une
réalité historique et psychologique. Ce
n’est pas que l’Allemagne se désintéresse du sort du monde, ou qu’elle ne
veuille pas compromettre la croissance
de son économie par des efforts en
matière de sécurité et de défense. Cette
deuxième dimension joue incontestablement un rôle, mais devient irresponsable à partir du moment où il est
imprudent de compter exclusivement
sur les Etats-Unis. Le fait est que l’Allemagne a avant tout peur d’elle-même.
Et si elle reprenait goût à la puissance,
au sens le plus classique du terme – une
passion et un talent qui l’on conduite à
sa perte hier ?
Tout autant qu’une réponse aux défis
externes, le couple franco-allemand est
une réponse aux défis venus de l’intérieur de l’Europe. Il est beaucoup trop
tôt pour faire la moindre prédiction sur
le résultat des élections européennes de
mai. Mais il n’est pas déraisonnable de
faire preuve d’un optimisme prudent.
Entre les Verts allemands et les centristes français derrière le parti du président Macron, le « camp de la raison »,
celui des pro-européens, est loin d’avoir
perdu la partie. Au pire, les populistes
auront autour de 160 sièges au prochain
Parlement européen. C’est beaucoup
mais ce n’est pas un raz de marée. Le
projet européen n’est pas mort. Il vit et
fait vibrer encore. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LESECHOS.FR
art&culture
1. Le cancer oublié qui tue les femmes
2. Canada : la légalisation du cannabis toujours victime de son succès
3. Electricité : l'Allemagne se donne 19 ans pour stopper le charbon
4. Chine : des biologistes ont cloné un singe génétiquement modifié
5. « Gilets jaunes » : « Nuit jaune » écourtée à Paris, mobilisation en baisse
LE POINT
DE VUE
de Jean-Marc Tirard
La taxe Gafa,
un aveu d’impuissance
La mort de Michel Legrand,
l’enchanteur
ilets jaunes » et Bruno Le Maire,
ministre de l’Economie et des
Finances, sont d’accord. Il est
temps que les géants du numérique
paient leur « juste impôt ». Tel est le but
de la future taxe de 3 % sur leur chiffre
d’affaires français.
Depuis leur création, les Gafa ont tout
fait pour payer le moins d’impôts possible sans enfreindre aucune loi fiscale en
exploitant l’absence d’harmonisation fiscale et l’inadéquation du droit fiscal international. Pour réduire l’impôt au minimum il suffit de localiser le maximum de
profits là où il est le plus léger. L’exercice
est d’autant plus aisé qu’en vertu des conventions fiscales, une société n’est imposée dans un pays que si elle y possède un
établissement stable. Cette exigence, qui
suppose une présence physique d’une
certaine importance, n’est plus adaptée à
l’économie numérique.
L’exemple de Google illustre parfaitement la stratégie fiscale de l’ensemble
des Gafa. Estimant qu’un taux de 12,5 %
était encore trop élevé, les profits de sa
filiale irlandaise chargée d’encaisser les
recettes de publicité ont été sensiblement réduits grâce au versement de
redevances à une deuxième société
irlandaise. Une société de droit irlandais étant imposée là où elle est dirigée,
il suffisait de localiser sa direction aux
Bermudes pour que ces redevances
soient exonérées.
Pour éviter la retenue à la source en
principe exigible en Irlande, une société
néerlandaise a été interposée entre les
deux sociétés irlandaises. En matière fiscale le plus court chemin n’est pas toujours le meilleur. Un passage par les
G
LE POINT
DE VUE
d’André Babeau
ous assistons depuis quelques
années dans notre pays à l’accélération d’un mouvement qui,
peu à peu, fait passer les prestations
sociales du modèle du « tous pareils » à
celui du « tous différents » ou, comme le
dit Pierre Rosanvallon, de l’universalité
à la « singularité ». Le choix de l’universalité convenait assez bien à la société
relativement égalitaire du second aprèsguerre ; il est mal adapté aux évolutions
économiques et sociales que nous avons
vues apparaître dans les pays avancés au
cours des trente dernières années.
Sans revenir sur la liste des nombreuses prestations déjà sous condition de
ressources dans notre pays, sans même
s’appesantir sur la dégressivité récente
des allocations familiales, il faut tout de
même mentionner quelques interrogations pendantes : la prise en compte
probablement plus systématique des
revenus dans les tarifs d’hébergement
des Ehpad ; en matière de retraite, la
possible mise sous condition de ressources de la réversion au conjoint survivant ; enfin, en ce qui a trait à l’assur a n c e - c h ô m a g e , l ’é v e n t u e l l e
diminution de l’indemnité plafond.
Ce mouvement, déjà plus avancé dans
d’autres pays que le nôtre, ne s’arrêtera
pas chez nous. D’autres extensions sont
d’ailleurs envisageables à un terme plus
ou moins rapproché. Dans un pays
comme l’Allemagne, depuis 2004, à la
suite des réformes introduites par le
chancelier Schröder, l’assurance-maladie ne couvre plus les dépenses que lorsqu’elles dépassent, suivant les cas, 1 % ou
2 % des revenus des bénéficiaires. Reprise
chez nous par Martin Hirsch, cette idée
N
Pays-Bas ou le Luxembourg est traditionnel. L’administration fiscale française a bien tenté d’imposer la filiale
irlandaise de Google au titre de ses ventes de publicité en France et lui a réclamé
à ce titre 1 milliard d’euros. Elle n’y est
cependant pas parvenue faute de pouvoir convaincre les juges de l’existence
d’un établissement stable en France. Il va
sans dire que le cas de Google n’est pas
unique. Facebook n’a payé pour 2016 que
30 millions d’euros d’impôt en Irlande
pour 12 milliards de revenus !
La France a décidé d’aller
seule de l’avant en
adoptant sa propre taxe.
Cette initiative ne règle
pas le fond du problème
à savoir la concurrence
fiscale entre les Etats
et l’obsolescence du droit
fiscal international.
Les mesures prises à un niveau national ne sont pas suffisantes pour lutter
contre les stratégies exploitant concurrence entre Etats et inadéquation du
droit fiscal international qu’aucun législateur supranational n’a le pouvoir de
corriger. L’OCDE a proposé de nouvelles règles qui devraient limiter certains
abus mais il est peu probable que les
Etats qui en profitent y adhèrent.
La Commission europ éenne a
récemment proposé deux directives
destinées à lutter contre la planification
fiscale abusive. La première autoriserait les Etats membres à imposer les
bénéfices réalisés sur leur territoire
même en l’absence d’établissement stable. Une « présence numérique » serait
suffisante. Consciente de la difficulté à
obtenir l’accord unanime de tous les
Etats requis en matière fiscale, la Commission, à la demande de la France, a
également proposé d’instaurer une taxe
« provisoire » sur certaines activités
numériques. Cette taxe qui avait vocation à n’être perçue que jusqu’à l’adoption d’une réforme de fond a également
achoppé en raison de l’opposition de
quelques Etats. La récente proposition
de la Commission d’abandonner la
règle de l’unanimité (lire « Les Echos »
du 16 janvier) n’est qu’un vœu pieux.
La France a décidé d’aller seule de
l’avant en adoptant sa propre taxe.
Cette initiative ne règle cependant pas
le fond du problème à savoir la concurrence fiscale entre les Etats et l’obsolescence du droit fiscal international.
Si la nouvelle taxe adoptée par la
France permet de récupérer quelques
miettes (évaluées à 500 millions
d’euros) de la richesse considérable
des géants du numérique, elle sera la
preuve que notre pays n’a pas à lui seul
le pouvoir de leur faire vraiment payer
leur « juste impôt ».
Les prestations sociales
passent du modèle
du « tous pareils »
à celui du « tous
différents ».
Cette évolution devrait
au total faciliter le retour
à l’équilibre de nos
organismes sociaux
et réduire les dépenses
de l’Etat lui-même.
Cette évolution peut d’ailleurs dépasser le seul domaine de la protection
sociale et concerner ce que les comptables nationaux appellent les « transferts sociaux en nature » : la santé, mais
aussi l’éducation ou le logement. Il s’agit
de ces services mis à disposition des
Français à un coût nul ou très fortement
réduit. Partout où il y a subvention,
l’Etat peut en effet chercher à mieux en
cibler les bénéficiaires. Ainsi en est-il,
par exemple, des droits d’inscription
Musicien prolifique, Michel Legrand est
décédé à l’âge de quatre-vingt-six ans, il
laisse une œuvre monumentale sur
laquelle lui-même ne se retournait que très
peu. Allant toujours de l’avant, la nouveauté
était son moteur. Adolescent, Michel
Legrand rêve d’être concertiste. Issu d’une
famille de musiciens, son père, Raymond, a
travaillé avec Ray Ventura et Tino Rossi et
théorisé sur l’harmonisation et l’orchestration. Sa grande sœur, Christiane, chantera
avec Henri Crolla et les Double Six. Jeune
père, Michel Legrand doit subvenir tôt aux
besoins de sa famille et abandonner les
cours avec Nadia Boulanger. Dès le début
des années 1950, il accompagne des jeunes
chanteurs dans les cinémas pendant
l’entracte.
Henri Salvador, qui a besoin d’un pianiste, entend parler de ce jeune talent – ce
sera sa première vraie incursion dans le
métier de musicien. Ensemble ils joueront
beaucoup et enregistreront les premiers
rocks en français, sur des textes signés Boris
Vian. Entre-temps, des producteurs américains cherchent un musicien capable
d’enregistrer des thèmes musicaux évoquant Paris : « Les Feuilles mortes », « La
Vie en rose »… C’est un forfait non négociable, 200 dollars net pour un album intitulé
« I Love Paris ». « J’étais ravi car c’était mon
premier album, mais j’étais encore inconnu.
Sauf qu’au même moment, j’accompagnais
Maurice Chevalier dans une tournée améri-
La rencontre avec Demy
Michel enregistre d’autres disques mâtinés
de jazz, se met à chanter et encourage alors
Claude Nougaro à faire de même, c’est l’un
de ses plus proches amis qui partage son
amour immodéré pour le jazz. Grâce au
« sésame » Michel Legrand, Jacques
Canetti les sort, ce sera un énorme carton.
C’est alors que Jacques Demy demande à
Michel Legrand de composer une bande
originale de film, « Les Parapluies de Cherbourg » (1964). Elle synthétise tout ce que
sait faire le compositeur en mixant swing et
légèreté, influences jazzy et légèreté pop. Ce
sera un énorme succès, aussitôt suivi par
« Les Demoiselles de Rochefort » (1967).
Il y aura la tentation de l’Amérique,
Michel Legrand ira, composer la musique
de « L’Affaire Thomas Crown », la première
fois que le montage du film est réalisé suivant la bande-son… Puis le retour en
France : « Edith Piaf m’avait prévenu, si on
reste dans ce pays on perd vraiment son
talent, son identité, on cherche à faire comme
les autres car c’est ce qui se vend… »
Musicien ultra-prolifique, il enregistre
un disque avec Miles Davis, « Dingo »,
obtient trois césars. Le compositeur Michel
Legrand laisse une œuvre immense. n
Jean-Marc Tirard est avocat
à la cour, auteur de « Stratégie fiscale
internationale » dans l’ouvrage
collectif « Stratégies internationales
et propriété intellectuelle ». Larcier.
A paraître.
Protection sociale :
passer de l’universalité
à la singularité
d’une référence aux revenus des assurés a
été précisée dans un rapport de la Cour
des comptes de 2007-2008 signé de Raoul
Briet et Bertrand Fragonard, malheureusement trop vite oublié. Il conviendra
d’étudier de près les enseignements de
l’expérience allemande et, sans doute,
poursuivre l’évolution qui voit l’assurance-maladie davantage financée par la fiscalité ou la parafiscalité que par des cotisations sociales.
caine. En direct à la télé, un
soir, je joue quelques-uns de
ces airs et les gens m’identifient. Ce disque
s’est vendu à 8 millions de copies. C’est ainsi
que les choses ont commencé, par un coup de
chance… »
DÉCÈS
Christian Eudeline
dans les universités qui, dans un pays
comme les Etats-Unis, sont dépendants
du revenu des parents. En France, l’IEP
Paris, depuis plusieurs années, module
ainsi nettement les siens.
Cette évolution vers la prise en
compte de la « singularité » des bénéficiaires des prestations et transferts
devrait au total faciliter le retour à l’équilibre de nos organismes sociaux et
réduire également les dépenses de l’Etat
lui-même. Un net reflux des prélèvements obligatoires pourrait alors s’en
suivre, nettement au-delà des engagements pris dans ce domaine par le président Macron. En matière de redistribution, la situation actuelle, considérée par
les spécialistes comme assez satisfaisante, pourrait être maintenue. Les deux
mouvements s’équilibreraient en effet :
si la réduction des prélèvements obligatoires peut être de nature à réduire l’efficacité de cette redistribution, la personnalisation des différents types de
transferts en nature et en espèces est au
contraire susceptible de l’accroître.
Tout ceci devrait évidemment faire
l’objet, de la part des économistes, de
simulations indispensables, auxquelles
devraient bien sûr être associés nos élus
des deux chambres. Peut-être découvrira-t-on alors, chemin faisant, que de telles évolutions sont compatibles non seulement avec le maintien d’un niveau
satisfaisant de redistribution et le rééquilibrage des comptes publics, mais
qu’elles peuvent aussi accroître le potentiel de croissance de notre économie.
André Babeau est professeur
honoraire des universités.
Michel Legrand laisse une œuvre monumentale. Photo Sipa
Scarlatti et Castellucci :
le rendez-vous manqué
liquide rouge pour signifier
le sacrifice d’un agneau, et
L’affiche était ambitieuse,
des gestes statiques des
D’Alessandro Scarlatti
mais le projet diablement
chanteurs qui rappellent
Dir. René Jacobs.
tordu. Pourquoi choisir un
l’esthétique de Bob Wilson.
MS de Romeo Castellucci.
oratorio, une œuvre sacrée
Quelques bandes lumineuOpéra de Paris, Palais
pas prévue pour la scène,
ses horizontales, très décoGarnier (08 92 89 90 90)
pour inscrire le nom d’Alesratives et se souvenant
jusqu’au 23 février. 2 h 45
sandro Scarlatti (1660-1725)
des peintures de Rothko,
au répertoire de l’Opéra de Paris ? Le compoégaient ce désert théâtral. La seconde partie
siteur aurait pu y faire son entrée avec l’un de
voit pousser l’herbe, le ciel se consteller
ses très nombreux opéras, tel « La Griselda »
d’étoiles et les personnages se dédoubler :
que René Jacobs, fin connaisseur de cette
chaque chanteur est ainsi encombré d’un
musique, a déjà enregistré.
enfant qui mime ses attitudes : « On se
Comme le titre le laisse supposer, « Il
retrouve brutalement confronté à l’innoPrimo Omicidio » (« Le Premier Homicide »)
cence », explique le metteur en scène.
est le meurtre de Caïn, perpétré sur son frère
cadet Abel. Le livret réunit les parents, Adam
Direction retenue
et Eve, leurs fils, la voix de Dieu et la voix de
Il n’empêche que cette poussive explication
Satan. Il n’y a aucune action, le meurtre étant
de texte ne fait pas un spectacle et que le
réglé en quelques mots et quelques notes.
temps s’éternise. C’est d’autant plus injuste
S’en suit une longue méditation sur le sort
que la musique de Scarlatti est toujours
réservé à l’assassin : l’errance et le remords.
inventive et expressive. Mais il aurait fallu
Un vrai casse-tête pour un metteur en scène.
une distribution plus alerte pour la défenEt un sujet, fort éloigné des préoccupations
dre. Kristina Hammarström et Olivia Verde l’art lyrique, que Scarlatti a traité par « une
meulen, en Caïn et Abel habillés façon RDA
musique délibérément austère, rigide même,
des années 1960, chantent convenablement,
afin d’être au plus proche [de son] mystisans investir leurs rôles, tandis que Benno
cisme » comme l’explique René Jacobs.
Schachtner fait entendre une voix divine
Face à une telle pénurie d’éléments drabien peu convaincante. René Jacobs traduit
matiques, Romeo Castellucci a dû réagir. Il
sa recherche d'« humilité » par une direcinstalle une première partie, avant le meurtion retenue mais, paradoxalement, par un
tre, sur un plateau vide qu’il tente d’occuper
effectif orchestral qui ne craint pas d’inclure
par quelques accessoires : un retable d’une
des instruments à vent et une percussion
Annonciation du XIVe siècle italien, la tête en
très présente. Pour répondre au dédoublebas, une longue poche en plastique de
ment cher au metteur en scène ? n
Philippe Venturini
OPÉRA
Il Primo Omicidio
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
SUR
LE WEB
RADIOGRAPHIE DU CANCER
Selon où ils vivent, les Français
sont-ils égaux face au cancer ?
Un panorama complet de
l’incidence et de la mortalité
de différents types de cancers,
région par région.
bit.ly/2R8RvBl
Climat : la science
reste utile !
LA
CHRONIQUE
d’Hervé Le Treut
2025
sciences
OBJECTIF LUNE
ArianeGroup a signé un contrat
avec l’ESA pour étudier la possibilité d’aller sur la Lune avant
2025. Ariane 64, la version à 4
boosters d’Ariane 6, servirait à
acheminer le matériel nécessaire.
bit.ly/2MuJmXh
NEUROSCIENCES // L’exploration de l’activité nocturne du cerveau n’en finit pas de nous révéler
de nouvelles surprises. Notamment en ce qui concerne les liens du sommeil avec la mémoire.
Complexe comme un cerveau qui dort
Yann Verdo
@verdoyann
-t-on encore besoin d’une recherche
scientifique active pour affronter les
problèmes environnementaux en général
et ceux du changement climatique en particulier ?
L’impatience qui monte auprès d’une large
fraction de la population sensibilisée à ces enjeux
ne doit pas prêter à confusion. On entend souvent
résumer la situation actuelle par un diagnostic qui
appelle, de manière nécessaire, à des actions
rapides : « Face au changement climatique, nous
savons ce que nous avons à faire, et nous devons juste
le faire. » De fait, face à la croissance des émissions
de gaz à effet de serre, face à la difficulté à faire
respecter par les Etats les promesses de l’Accord de
Paris, face à l’engagement irrémédiable du futur
que représentent les gaz à effet de serre, la
première urgence est de mener à bien toutes les
actions – d’économie principalement – qui sont
possibles à court terme mais ne se font pas.
Cette nécessité, cependant, ne fait que renforcer
l’importance du diagnostic scientifique. Le monde
d’aujourd’hui est en évolution très rapide. La
science a constamment montré sa capacité à
anticiper ces changements. Le rapport coordonné
par le météorologue américain Jule G. Charney en
1979, qui reste aujourd’hui d’une justesse
confondante, a été porteur de la création du
Programme mondial de recherche sur le climat
(en 1980), de celle du GIEC (en 1988) et du sommet
de la Terre de Rio (en 1992), à une époque où le
réchauffement de la planète n’était pas encore
observable. De nos jours, ce besoin d’anticipation
est encore plus fort et le dernier rapport du GIEC a
montré que les scénarios du futur étaient toujours
plus difficiles à construire. Les quantités de gaz à
effet de serre stockées dans l’atmosphère au cours
des dernières années réduisent considérablement
la capacité à agir pour pouvoir, de manière
simultanée, empêcher une croissance rapide du
réchauffement de la planète, préserver la
biodiversité et assurer la justice sociale. Le besoin
de s’approprier cette complexité, de l’analyser,
reste aujourd’hui absolument nécessaire.
A
Hervé Le Treut est climatologue, professeur à
Sorbonne Université et à l’Ecole polytechnique
o
L’ INVENTION
Comment le VIH se
camoufle dans la cellule
orsqu’une personne est contaminée par le
virus de l’immunodéficience humaine (VIH),
c’est une redoutable partie de cache-cache
qui se joue alors dans les cellules entre les « radars »
du système immunitaire inné et le virus. Pour se
propager dans l’organisme et y répandre l’infection,
celui-ci doit d’abord transformer son ARN
(constitué d’un simple brin d’acides nucléiques) en
ADN, ce qui lui permet de s’introduire dans le noyau
de la cellule et de s’intégrer à son génome. Mais
comment s’y prend-il pour que cet ARN ne soit pas
reconnu comme étant d’origine étrangère par le
système immunitaire inné, préalable obligé pour
que les globules blancs sécrètent des interférons de
type I chargés de neutraliser un intrus ? C’est à cette
question qu’une équipe de chercheurs français
(Inserm, CNRS, universités de Montpellier et de
Lorraine) vient d’apporter un précieux élément de
réponse dans la revue « Nature ». Les auteurs de
l’étude ont montré que le VIH détournait à son
profit un système d’étiquetage du système
immunitaire inné lui permettant de distinguer le
« soi » du « non-soi » dans la masse d’ARN circulant
à l’intérieur de la cellule. Ce système d’étiquetage est
constitué d’une enzyme appelée FTSJ3 capable
d’ajouter un groupement méthyle aux acides
nucléiques d’un brin d’ARN, ce qui l’authentifie
comme appartenant au « soi ». L’équipe a pu mettre
en évidence le fait que le VIH recrutait cette enzyme
afin de méthyler son propre ARN, le camouflant
ainsi aux yeux du système immunitaire. —Y. V.
L
ystérieux sommeil ! Plus les études
s’accumulent, plus cette activité à
laquelle nous consacrons tous, en
moyenne, 118 jours par an (et vingt-cinq ans
sur la totalité d’une vie), paraît déroutante,
insaisissable… Tout récemment, une étude
réalisée par une équipe associant des chercheurs du CNRS et de l’ENS Paris, et parue
dans la revue « Nature Human Behaviour »
datée du 14 janvier, est venue montrer à quel
point le cerveau endormi restait attentif à
son environnement.
On savait déjà que certains sons sont perçus durant le sommeil. Mais les auteurs de
l’étude ont voulu aller plus loin. Ils ont
exposé des dormeurs à deux voix, très similaires sur le plan acoustique mais tenant des
discours différents : l’une, un flot de mots
ressemblant à du français mais en réalité
dépourvus de toute signification ; l’autre, des
textes cohérents et informatifs. L’analyse
réalisée grâce à l’imagerie cérébrale a permis de montrer que le cerveau des participants privilégiait le discours faisant du sens
au détriment de l’autre. D’où le fait que
l’annonce du nom de sa station puisse
réveiller une personne « piquant du nez »
dans le bus ou dans le métro, et lui permettre
de descendre juste à temps…
Cette capacité du cerveau endormi à continuer de discriminer les informations auditives en fonction de leur utilité ne vaut toutefois, précisent les chercheurs, que durant
le sommeil léger – chaque nuit, le cerveau
traverse en moyenne 5 cycles de 90 minutes
comprenant chacun le sommeil léger,
le sommeil profond puis le sommeil
paradoxal.
Mais le sommeil profond a lui aussi ses
curieuses spécificités, que diverses expériences ont peu à peu mises en lumière. Par
exemple, rapporte le neurobiologiste Robert
Jaffard, professeur émérite à l’université de
Bordeaux, il a été montré il y a dix ans, dans
la revue « Science », que si on demandait à
un sujet de mémoriser l’emplacement de différents objets sur un échiquier, chaque objet
étant associé à un son spécifique, puis qu’on
lui faisait entendre certains de ces sons pendant qu’il était en sommeil profond, il se souvenait mieux, à son réveil, de la position des
objets correspondants que des autres !
M
Stimuli auditifs ou olfactifs
Plus troublant encore : on montre à un sujet
des images éparpillées sur une table et identiques deux à deux en lui demandant d’en
mémoriser l’emplacement avant de les
retourner, comme dans le jeu Memory. Pendant cet exercice, une certaine odeur est diffusée dans l’air. Si cette même odeur est rediffusée ultérieurement, une fois le sujet plongé
en sommeil profond, ce dernier retrouvera
plus facilement les différentes paires d’images que dans le cas contraire !
Ces drôles d’expériences éclairent les liens
étroits qu’entretiennent, dans notre cerveau,
mémoire et sommeil profond. Cette phase
du sommeil – et elle uniquement – est le théâtre d’un phénomène étrange, quoique désormais bien étudié et solidement établi par la
science. « Les études d’imagerie montrent en
effet que les réseaux neuronaux qui se sont
activés, à l’état de veille, pour accomplir une
tâche donnée (un trajet dans l’espace, par
exemple), se réactivent spontanément, à l’identique quoique de façon “compressée” (accélérée dans le temps), durant le sommeil profond », explique le neurobiologiste
bordelais, membre du conseil scientifique
de l’Observatoire B2V des Mémoires.
Comme si le cerveau, en sommeil profond, rejouait la scène en accéléré pour
mieux se l’assimiler. Et les stimuli extérieurs,
qu’ils soient auditifs ou olfactifs, peuvent
déclencher ce processus. Ainsi, c’est bien
parce que l’odeur sentie par le sujet tandis
qu’il jouait au Memory, et perçue à nouveau
par son cerveau tandis qu’il dort, réactive
alors son hippocampe, cette structure cérébrale jouant un rôle clef dans la mémoire,
Examens du sommeil sur un enfant. Une étude récente a montré à quel point le cerveau endormi
restait attentif à son environnement. Photo Dominik Asbach/LAIF-RÉA
D
Les ondes
cérébrales
Organe
•électrochimique,
le cerveau émet jour
et nuit cinq grands
types d’ondes
cérébrales, chacun
pouvant être relié à un
état mental particulier.
•
Ondes delta
(de 0,5 à 4 hertz) :
sommeil profond.
thêta
•(deOndes
4 à 8 Hz) :
relaxation profonde,
méditation, sommeil
paradoxal.
alpha
•(deOndes
8 à 12 Hz) :
relaxation légère,
éveil calme.
bêta
•(deOndes
12 à 30 Hz) :
veille active, attention.
Ondes gamma
•(au-delà
de 30 Hz) :
activité intellectuelle
et mentale intense.
qu’il se souviendra mieux, à son réveil, de la
place des cartes.
Plus largement, on considère que le sommeil profond correspond à une période de
consolidation active de la mémoire. « Cette
consolidation ne correspond pas qu’à un simple renforcement quantitatif des souvenirs,
comme celui mesuré dans l’expérience du
Memory, poursuit Robert Jaffard. Elle se fait
aussi sur le plan qualitatif : la masse d’informations acquises dans la journée est retraitée,
restructurée et l’important distingué du secondaire pour être seul retenu. »
Dans l’expérience précédemment décrite,
il est à noter que l’hippocampe n’est pas réactivé de la même façon si le sujet est éveillé
lorsque l’odeur est rediffusée. Et pas davantage s’il se trouve en phase de sommeil paradoxal. Ce qui ne veut pas dire que ce dernier
n’a pas son rôle à jouer dans la consolidation
de la mémoire.
L’énigme du sommeil paradoxal
Plus abondant en fin de nuit qu’à son commencement, le sommeil paradoxal, qui a été
jusqu’à présent beaucoup moins étudié que
le sommeil profond, demeure à bien des
égards une énigme. Il a été qualifié de « paradoxal » parce que, alors que la totalité du
corps – à l’exception des globes oculaires –
est paralysée car privée de tonus musculaire,
le cerveau, lui, fonctionne à plein régime. De
fait, on a longtemps cru que cette phase du
sommeil avait le monopole du rêve, thèse
qui est tombée il y a plusieurs dizaines
d’années, quand des expériences ont permis
de montrer que l’on rêvait aussi en sommeil
profond. Mais les enregistrements d’électroencéphalogramme montrent que l’activité électrique du cerveau en sommeil paradoxal est très proche, pour ne pas dire
indiscernable, de celle qu’il a en état d’éveil.
Inégaux face aux rêves
Pourquoi sommes-nous si inégaux face aux rêves ? Pourquoi certains d’entre nous se les rappellent-ils fréquemment et d’autres presque jamais ? Là aussi, la science commence à avancer des réponses. Pour que le rêve laisse une
trace dans notre mémoire, il doit être immédiatement suivi d’un court réveil au cours duquel son contenu est réactivé, permettant à l’hippocampe éveillé de le prendre en
charge. De fait, il a été montré que certaines régions du cerveau de dits « rêveurs » réagissent beaucoup plus aux stimuli de l’environnement – qui les réveillent – que celles de
dits « non-rêveurs ».
De ce constat a émergé l’opinion que, pour
ce qui est de l’activité cérébrale, sommeil
paradoxal et veille sont deux états très voisins. Mais une nouvelle étude, publiée en
décembre dans « Nature Communications », a montré qu’il n’en était rien. Car les
différentes ondes cérébrales (delta, thêta,
alpha, bêta et gamma) enregistrées par les
examens d’électroencéphalographie ne traduisent que l’activité électrique du cerveau,
c’est-à-dire celle de ses seuls neurones. Or, le
cerveau ne se résume pas aux neurones.
L’activité électrique
du cerveau en sommeil
paradoxal est très proche
de celle qu’il a en état d’éveil.
En utilisant une nouvelle technique
d’imagerie par ultrasons ultrarapides appelée fUS (pour « functional ultrasounds »),
une équipe du laboratoire Physique des
ondes pour la médecine (Inserm/ESPCI) a
pu, pour la première fois, « filmer » dans sa
totalité le cerveau d’un rat endormi. Ces images, inédites par leur caractère à la fois global
et très détaillé, ont permis de mettre en évidence la survenue, durant le sommeil paradoxal, d’un processus cérébral encore
insoupçonné.
Cela commence par l’émission, par l’hippocampe, d’oscillations gamma à très haute
fréquence. Ces oscillations précèdent, avec
une régularité de métronome, de très fortes
poussées vasculaires qui se propagent sous
forme de vagues dans tout le cerveau, poussées au cours desquelles le débit sanguin va
jusqu’à doubler par rapport à ce qu’il est
durant la journée. Si les ondes gamma sont
aussi présentes à l’état d’éveil, ces brusques et
encore inexpliquées irruptions vasculaires,
propres au sommeil paradoxal, lui ajoutent
un mystère de plus. « En l’état, nous n’avons
pas la preuve que les poussées vasculaires sont
causées par les ondes gamma qui les précèdent, mais nous observons que l’ampleur des
premières est corrélée à celle des secondes »,
commente l’un des auteurs de l’étude,
Antoine Bergel. A quoi pourraient bien servir ces poussées vasculaires ? Auraient-elles
un lien avec le processus de consolidation
mémoriel évoqué plus haut ? Le fait que
l’hippocampe apparaisse comme une
région clef de ce processus pourrait le laisser
penser. Le cerveau endormi n’a pas encore
livré tous ses secrets. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
enquête
Paul Polman, président sortant d’Unilever ; Satya Nadella, PDG de Microsoft ; Jane Goodall,
anthropologue ; Marc Benioff, fondateur de Salesforce ; Wang Qishan, vice-président chinois.
Photos Eric Tschaen, Nicolas Tavernier et Sebastien Ortola/REA, Mike Windle et Fabrice Coffrini/AFP.
Le Forum d’un monde déchiré
MULTILATÉRAL // Créé il y a près de cinquante ans, le forum a pour idéal un monde ouvert, partageant
les mêmes valeurs démocratiques. Cette 49e édition a montré tout le contraire, avec l’absence des Etats-Unis
et les grandes causes mondiales reléguées au second plan, au profit de la défense des intérêts nationaux.
Nicolas Barré
@nicolasbarre_
et Jean-Marc Vittori
@jmvittori
— Envoyés spéciaux à Davos
’était la meilleure des époques, c’était
la pire des époques » : la phrase de
l’écrivain anglais Charles Dickens,
citée au forum il y a deux ans par le dirigeant
chinois Xi Jinping, aurait pu servir de leitmotiv à l’édition 2019. La chancelière allemande, Angela Merkel, a brossé la perspective d’un monde plus coopératif pour
profiter des apports du numérique. Mais les
forces centrifuges sont fortes. Le forum n’a
pas atteint son objectif, qui était de « concevoir une nouvelle architecture mondiale à
l’âge de la quatrième révolution industrielle ».
Personne n’a les plans d’une maison commune qui protégerait les biens communs.
La défiance s’enracine dans un terreau
d’inégalités. Au forum, même les partisans
les plus acharnés du marché finissent par
l’admettre. Toutes les années, un chiffre
marque les esprits. L’an dernier, c’était le
rapport d’Oxfam indiquant que le 1 % le plus
riche a empoché plus de 80 % des richesses
créées. Cette année, c’était les 1.500 jets privés qui auraient été mobilisés pour rapprocher les participants du village suisse en
envoyant allègrement des tonnes de CO2
dans l’atmosphère. « Depuis le milieu des
années 2000, les 20 % les plus pauvres ont vu
leurs revenus progresser moins vite que le
PIB », explique Laurence Boone, la Française qui est devenue économiste en chef de
l’OCDE. Mais comment avancer ? Lancées
dans une impitoyable lutte pour les talents,
les entreprises sont prêtes à payer très cher
ceux qu’elles trouvent. Et elles peuvent, de
l’autre côté, de plus en plus facilement faire
réaliser par des robots des tâches routinières demandant peu de qualifications. Les
patrons présents à Davos ne semblent pas
envisager de chambouler la répartition des
revenus dans leur entreprise. Christine
Lagarde, la directrice générale du FMI, a
d’ailleurs tancé les banquiers pour ne pas
avoir assez changé leur politique de
rémunération.
C
LE SOFT POWER INDIEN
« 2019 sera une année où de plus en plus de
gens mettront un gilet jaune », prédit Paul
Polman, le président sortant du géant de la
grande consommation Unilever. Le rééquilibrage par le couple fiscalité-redistribution
sera difficile, tant la résistance à l’impôt est
forte. Le magnat de l’informatique Michael
Dell a sèchement rejeté la proposition
d’impôt à 70 % sur les revenus au-delà de
10 millions de dollars. Ignorant manifestement que les hauts revenus américains
furent taxés autant, voire davantage, des
années 1940 jusqu’à la fin des années 1970,
comme l’a rappelé l’économiste Erik
Brynjolfson.
La Chine a envoyé son vice-président.
L’Inde n’a envoyé… personne. Aucun politique de premier plan en tout cas, à trois mois
des élections législatives. Mais le pays, qui a
depuis cinq ans une croissance plus forte
que la Chine, est présent autrement. Longtemps, l’Inde fut visible à Davos à travers
l’art du management – avec des gourous
comme C. K. Prahalad, Vijay Govindarajan
ou Sumantra Ghoshal. Désormais, il suffit
d’aller sur la Promenade, la grand-rue de la
station de ski, pour voir des noms indiens
d’entreprises, comme Wipro et Infosys,
mais aussi d’Etats venus faire leur
promotion comme l’Andhra Pradesh et le
Telangana.
A l’intérieur du Palais des Congrès, l’un
des chefs d’entreprise les plus marquants
cette année fut Satya Nadella, le patron de
Microsoft né à Hyderabad, qui combine
stratégie et management mieux que l’illustre fondateur de l’entreprise, Bill Gates. Côté
organisations internationales, la nouvelle
économiste en chef du FMI, Gita Gopinath,
s’est imposée. Et côté universitaire, Raghuram Rajan, professeur à l’université de Chicago, qui fut gouverneur de la Banque centrale indienne et aussi économiste en chef
du FMI, a magistralement mis en perspective la conception de l’entreprise, de Milton
Friedman en 1970 à aujourd’hui. Bel exemple de soft power. Sauf que ces figures
indiennes vivent aux Etats-Unis.
LE SINGE EN PELUCHE
Cette femme de quatre-vingt-quatre ans a
déambulé dans le Forum avec une peluche
de singe dégustant une banane. Mais ce
n’était pas pour illustrer l’une des quatre
sessions consacrées aux troubles mentaux.
Voix toute douce, yeux bleu délavé, Jane
Goodall était la participante la plus sensée
du forum, peut-être parce qu’elle a passé
plus d’un demi-siècle à obser ver les
chimpanzés.
Dans un « dîner des explorateurs », la
célèbre anthropologue a raconté la rencontre la plus marquante de sa vie. Elle était
dans la forêt africaine, à côté d’un chimpanzé. Elle lui propose un fruit. Il le laisse
tomber mais lui tend la main – ce qui est un
signe d’apaisement chez ces grands singes.
Pour la première fois, la primatologue était
entrée en relation avec un chimpanzé. Des
décennies plus tard, elle frémit encore à ce
souvenir, et l’assistance avec elle. Comme
s’il suffisait de tendre la main pour régler
tous les problèmes de ce monde.
LA COURSE À LA CONFIANCE
Confiance, le mot obsède les participants à
Davos. Certains partent de loin. « Nous
n’avons pas anticipé les risques que cela créerait de connecter autant de gens », a candide-
« Depuis le milieu
des années 2000,
les 20 % les plus
pauvres ont vu leurs
revenus progresser
moins vite que le PIB. »
LAURENCE BOONE
Economiste en chef de l’OCDE
« 2019 sera une année
où de plus en plus
de gens mettront
un gilet jaune. »
PAUL POLMAN
Président sortant d’Unilever
« Nous n’avons pas
anticipé les risques
que cela créerait
de connecter autant
de gens. »
SHERYL SANDBERG
Directrice des opérations
de Facebook
« Ce qui m’étonne,
c’est qu’aucune [plateforme] n’est capable
de se présenter devant
tout le monde et
de dire : “La confiance
est notre bien le plus
précieux, nous sommes
désolées, nous avons
fait une erreur.” »
MARC BENIOFF
Fondateur de Salesforce
ment expliqué Sher yl Sandb erg, la
numéro 2 de Facebook. Le scandale
Cambridge Analytica est passé par là.
« Nous devons regagner la confiance. » Mais
comment ? Les limites sont vite
posées : « remettre en cause notre business
model pénaliserait énormément de gens dans
le monde entier ».
Le fondateur de Salesforce, Marc Benioff,
lui, ne ménage pas ses critiques à l’égard des
plates-formes : « Il y a trois ou quatre ans, on
parlait de ces entreprises comme si elles descendaient du mont Sinaï ! » La chute est brutale, à l’image d’une capitalisation boursière qui a fondu. « Aujourd’hui, elles doivent
se décider : participer à la révolution de la
confiance ou rester en crise… Ce qui m’étonne,
c’est qu’aucune n’est capable de se présenter
devant tout le monde et de dire : “La confiance
est notre bien le plus précieux, nous sommes
désolées, nous avons fait une erreur.” » Sans
nommer Facebook, le bouillant patron de
Salesforce pointe un problème de gouvernance : « Les PDG doivent changer, les dirigeants, les conseils d’administration doivent
changer sinon ils vont tout perdre. »
Ce retour de bâton à l’égard des géants de
la tech, ce « techlash », illustre une crise de
confiance plus générale et une déconnexion de plus en plus forte entre les élites et
le grand public. Le baromètre de la confiance de la firme Edelman, calculé au
niveau mondial, montre ainsi un écart
« sans précédent » entre des élites confiantes
en l’avenir à 65 % contre 49 % pour le grand
public. Une divergence qui « mine la structure de la société » et explique, selon la firme,
des mouvements aussi divers que les grèves
de salariés dans les grandes firmes de la Silicon Valley, les marches de femmes en Inde
ou les « gilets jaunes » en France.
VOLKSWAGEN PARLE CHINOIS
En décembre, les patrons de Volkswagen,
BMW et Daimler étaient invités par Donald
Trump à la Maison-Blanche. « Investissez
plus aux Etats-Unis », leur a-t-il lancé, alors
qu’il menace toujours de surtaxer les voitures fabriquées en Europe. Début janvier,
Volkswagen annonçait un investissement
de 800 millions de dollars pour construire
une voiture électrique dans son usine de
Chattanooga, dans le Tennessee. Ce qui
valut aussitôt un tweet triomphant du président : « Une grande victoire ! »
Les tensions avec les Etats-Unis inquiètent Volkswagen. Mais pour le PDG Herbert Diess, qui a pris les commandes en
avril dernier, l’avenir de l’industrie se joue
ailleurs. « Sur le plan technologique, c’est
maintenant la Chine qui guide l’industrie
automobile », confie-t-il à Davos. C’est ce
pays, le premier marché mondial, qui
impose son rythme dans l’électrification
des véhicules et qui contribue aussi à définir les standards mondiaux. Une menace
pour l’industrie européenne. Herbert Diess
vient d’ailleurs de décider de diriger en
direct les activités du groupe en Chine. Il a
aussi annoncé à Davos la séparation des
activités logicielles des autres activités de
développement du groupe automobile,
avec la nomination d’un dirigeant en
charge de cette branche : « La voiture va
devenir un produit logiciel, le changement est
systémique. »
Avec l’électrification de la gamme (un
quart des modèles en 2025), « pour la première fois dans l’histoire, nous aurons un
contact direct et permanent avec le client ».
D’où l’importance cruciale de l’architecture
électronique et de la batterie qui constitueront le cœur de la valeur des véhicules. D’où
aussi une réflexion poussée sur ce qui doit
rester stratégiquement en interne. Sur les
batteries, « nous dépendons de 2 ou 3 fournisseurs et aucun n’est européen », dit Herbert Diess, qui cherche à produire en jointve n t u r e . Q u a n t a u x p l a t e s - f o r m e s
logicielles qui équiperont les modèles, le
patron de VW veut créer « un standard
interne », quitte à l’ouvrir à d’autres. Essentiel pour maîtriser ce qui fera la valeur de la
voiture de demain et garder la main sur les
données des clients que lorgnent les fabricants de batteries…
LE CAUCHEMAR DE DAVOS
Est-ce l’échec historique de Davos ? Créé il y
a près de cinquante ans, le forum a pour
idéal un monde ouvert, partageant les
mêmes valeurs démocratiques et dans
lequel les Etats tendent vers des règles de
gouvernance mondiales. Cette 49e édition a
montré tout le contraire : l’absence des
Etats-Unis, symbolique d’un retrait des
affaires du monde, laisse un vide. Les grandes causes mondiales (lutte contre le dérèglement climatique, régulation financière
et numérique, inégalités, etc.) sont reléguées au second plan, au profit de la défense
des intérêts nationaux. « La relation entre
les Etats-Unis, la Chine et la Russie n’a jamais
été aussi dysfonctionnelle », a estimé le
secrétaire général des Nations unies,
António Guterres.
Le rêve de Davos est devenu cauchemar :
le monde se barricade et observe la rivalité
croissante entre les Etats-Unis et la Chine.
Le vice-président chinois, Wang Qishan, a
souhaité une mondialisation qui profite à
tous, mais il a vite posé les limites : « Il est
impératif de respecter la souveraineté nationale, d’éviter de rechercher l’hégémonie
technologique et de se mêler des affaires
intérieures des autres pays. » Une allusion à
la dispute du moment, l’affaire Huawei.
Un sentiment domine : la rivalité entre les
deux grands, leur guerre commerciale et
technologique peut à tout moment dégénérer et plonger le monde dans une crise
aiguë. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 28 janvier 2019
Les Echos
,
// 15
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
À L’ÉTRANGER
Une dizaine de députés LREM ont plaidé
vendredi pour la création d’une commission d’enquête sur d’éventuels dysfonctionnements de l’aide sociale à l’enfance,
suite à la diffusion sur France 3 d’un
documentaire accablant. Ils sont emmenés par Perrine Goulet. Il n’est pas assuré
que la commission d’enquête voie le jour.
« Il ne s’agit pas d’une initiative du groupe
à ce stade », a-t-on fait savoir du côté du
groupe LREM.
CLIMAT LES FRANÇAIS
CONTINUENT À SE MOBILISER
« C h a n g e o n s l e s ys t è m e , p a s l e
climat » : avec ce slogan devenu un
leitmotiv, des milliers de personnes,
dont b eaucoup de familles, ont
encore manifesté dimanche à travers
la France contre l’inaction des Etats
et des sociétés face au réchauffement
climatique. Chaînes humaines, marches, « die in », agoras… Une centaine
de marches et rassemblements ont
été organisés samedi et dimanche
par des collectifs apparus l’automne
dernier et déterminés à manifester
chaque mois – même si la mobilisation est moins forte qu’au début.
GRIPPE SIX DÉCÈS DANS
UN ÉTABLISSEMENT DU LOIRET
Six personnes, quatre résidents et
deux membres du personnel d’une
maison de retraite médicalisée de La
Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret),
sont mortes en janvier « vraisemblablement » en raison d’un syndrome
grippal, a indiqué dimanche l’Autorité régionale de santé. Cet Ehpad, qui
compte 78 résidents, est actuellement en confinement.
MANIFESTATION À ÉVREUX,
EXPLICATIONS TENDUES ENTRE
LE PRÉFET ET LE MAIRE
Le préfet de l’Eure s’est « étonné » des
critiques formulées par le maire
d’Evreux sur sa gestion du rassemblement qui a attiré 800 « gilets jaunes » samedi dans la ville normande.
Le maire Guy Lefrand (LR) a estimé
que, pour mieux défendre les services de l’Etat, « la ville a été livrée à ellemême ». Le préfet a rappelé que
le maire avait lui-même appelé à
« bloquer la préfecture ».
DÉCÈS DISPARITION
DE L’ÉCRIVAIN ÉRIC HOLDER
L’écrivain français Eric Holder est
décédé mardi chez lui à Queyrac, dans le
Médoc, à l’âge de 59 ans. Né à Lille en
1960, il s’est fait connaître d’un large
public avec « Mademoiselle Chambon »,
« L’Homme de chevet » et « Bienvenue
parmi nous », trois de ses livres qui ont
été portés à l’écran. Il a écrit une trentaine d’ouvrages.
MACÉDOINE LE PARLEMENT
GREC RATIFIE LE NOUVEAU NOM
DU PAYS
LA PHOTO DU JOUR
Le Parlement grec a ratifié vendredi
après-midi le nouveau nom de la
Macédoine, « République de Macédoine du Nord », qui a fait l’objet d’un
accord en juin dernier entre Athènes
et Skopje. La Macédoine, elle, a déjà
ratifié ce changement d’appellation.
Cette double ratification va permettre
de lever les veto mis par Athènes à une
adhésion future de la Macédoine à
l’Otan et à l’Union européenne.
Le duo Mahut-Herbert entre dans la légende du tennis
PHILIPPINES UN ATTENTAT
FAIT AU MOINS 18 MORTS
Au moins 18 personnes ont péri
dimanche dans un double attentat
contre la cathédrale de Jolo, une île
du sud des Philippines qui demeure
un bastion de l’organisation islamiste
Abou Sayyaf. Cette attaque, qui a fait
au moins 81 blessés, a eu lieu deux
jours après l’annonce de l’approbation massive, lors d’un référendum,
de la création, dans le sud de l’archipel, de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre du processus de
paix avec l’insurrection musulmane.
ÉGYPTE PREMIÈRE VISITE
OFFICIELLE DE MACRON
En remportant, dimanche à Melbourne, le double messieurs de l’Open d’Australie, les tennismen Nicolas Mahut et PierreHugues Herbert ont ajouté à leur collection le dernier trophée qui leur manquait pour réaliser un Grand Chelem « en carrière », après avoir remporté l’US Open en 2015, Wimbledon en 2016 et Roland-Garros en 2018.
Photo : Chine Nouvelle/Sipa
AFP
SOCIAL DES DÉPUTÉS MOBILISÉS
POUR L’AIDE À L’ENFANCE
Emmanuel Macron a entamé dimanche
sa première visite officielle au Caire,
« allié incontournable » dans la lutte
contre le terrorisme. Une visite scrutée
de près par les défenseurs des libertés
civiles, qui jugent catastrophique le bilan
de l’Egypte en termes de droits humains
pour préserver ses intérêts stratégiques,
économiques et militaires. Une trentaine d’accords ou de contrats devraient
être signés dans les domaines des transports, des énergies renouvelables, de la
santé ou de l’agroalimentaire.
POLOGNE LE PREMIER MINISTRE
ACCUSE L’ALLEMAGNE
DE HITLER, PAS LES NAZIS
Le Premier ministre conservateur
polonais, Mateusz Morawiecki, a
déclaré que l’Holocauste « a été perpétré nullement par les nazis, mais par
l’Allemagne hitlérienne », lors des
cérémonies dimanche du 74e anniversaire de la libération d’Auschwitz,
dans le sud du pays.
CAMEROUN LA RÉÉLECTION
DE PAUL BIYA CONTESTÉE
Au Cameroun, des manifestations
d’opposants contestant la réélection
du président Paul Biya, au pouvoir
depuis trente-six ans, ont conduit à
117 interpellations. Les manifestants
répondaient à l’appel du parti de Maurice Kamto, ex-candidat à la présidentielle du 7 octobre, qui ne reconnaît
pas le résultat officiel de l’élection,
validé par le Conseil constitutionnel.
ON EN PARLE À ROME
La justice veut poursuivre Matteo Salvini
pour sa politique migratoire
Le ministre de l’Intérieur est menacé d’un procès pour séquestration de personnes,
arrestations illégales et abus de pouvoir.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
les et abus de pouvoir ». Matteo
Salvini n’a pas attendu pour réagir via son média favori : un
direct Facebook depuis son
bureau au ministère. « Wanted »,
s’est-il exclamé avec un sourire
narquois en offrant son visage en
gros plan devant le téléphone
portable qui le filmait. « Je risque
de passer entre trois et quinze ans
en prison pour avoir bloqué
l’entrée en Italie d’immigrants illégaux. J’en reste sans voix », a-t-il
poursuivi. Elle ne lui a pas manqué pour s’ériger en défenseur de
la patrie contre des juges politisés
non élus qui ont, dit-il, la prétention de décider de la politique
migratoire du gouvernement.
Une rhétorique dans le plus pur
style berlusconien. Et comme
pour le « Cavaliere », il devra
atteo Salvini fait tout
pour se démarquer de
Silvio Berlusconi sauf
sur un point : les rapports
conflictuels avec les juges. Le tribunal des ministres de Palerme,
chargé de mener les enquêtes
concernant les membres du gouvernement, met en cause le
ministre de l’Intérieur. Il
demande son renvoi devant la
j u s t i c e p o u r l ’a f f a i r e d e s
150 migrants du navire
« Diciotti » bloqués pendant dix
jours en août dernier dans le port
sicilien de Catane. La justice
relance ainsi l’enquête ouverte
l’été dernier pour « séquestration
de personnes, arrestations illéga-
M
faire valoir ou non son immunité devant le Parlement. Le
Sénat devra en effet voter pour
renvoyer ou non Matteo Salvini
au tribunal. Ses alliés du M5S,
dont une partie supporte de
moins en moins sa fermeté sur
la question migratoire et son
activisme médiatique, seront
décisifs. Le parti de Luigi Di
Maio, qui faisait du cri « honnêteté » son principal slogan, n’a
jamais accepté l’immunité, y
compris pour ses membres.
Insolente popularité
Mais dans cette affaire, le M5S est
perdant dans tous les cas de
figure. Si Matteo Salvini ne se présentait pas devant les juges, ce
serait une énième entorse à ses
principes et ses valeurs déjà bien
mises à mal. A l’inverse, la salle
d’audience d’un tribunal serait
une formidable caisse de résonance pour la campagne des
élections européennes de celui
qui se présente déjà comme un
martyr de la justice. D’ici là,
aucun changement d’attitude
pour le ministre sur une question
migratoire qui lui assure une
insolente popularité : « Que je
sois tout à fait clair : je ne changerai
pas le moins du monde ma position, a-t-il lâché. De ces bateaux,
petits ou grands, personne ne descendra. » Dimanche, il a menacé
de poursuites judiciaires l’équipage du « SeaWatch 3 », navire
humanitaire qui se dirige en
pleine tempête vers l’Italie avec à
son bord 47 migrants recueillis
au large de la Libye. n
4
5
5
4
7
MARDI
RDI
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2
7
9
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4/6
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MERCRED
DI
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28/41
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RCREDI
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 28 janvier 2019
www.lesechos.fr
Nous voulons que
« ce qui se passe sur
notre smartphone
reste sur notre
smartphone ».
Un défi pour les
marques. // P. 24
DEVISES EUR/GBP 0,8666 EUR/JPY 1,2499 EUR/CHF 1,1327 GBP/USD 1,3159 USD/JPY 1,0986 USD/CHF 0,9935 TAUX EONIA -0,368 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,306 OAT 10 ANS 0,5547 T-BONDS 10 ANS 2,804
INDUSTRIE & SERVICES
INTERVIEW
DERNIÈRE HEURE
Dominique Schelcher,
président de Système U. // P. 18
Fraude fiscale : Kering risque un
redressement de 1,4 milliard d’euros
Shutterstock
ÉNERGIE
La France dévoile sa feuille
de route énergétique. // P. 19
ADP
L’entreprise aéroportuaire ouvre
le débat sur le futur terminal 4
de Roissy-CDG. // P. 20
LA POSTE
Le groupe public se dote enfin
d’un vrai site d’e-commerce.
// P. 23 ET « CRIBLE » P. 40
Money Sharma/AFP
HIGH-TECH & MÉDIAS
NUMÉRIQUE
Intel se cherche encore un patron.
// P. 26 ET « CRIBLE » P. 40
START-UP
KOKOROE
La jeune pousse reprend des
couleurs après son pivot. // P. 27
PME & RÉGIONS
GASTRONOMIE
Plongée dans l’arrière-cuisine
des grands chefs. // PP. 28-29
FINANCE & MARCHÉS
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
Oudéa face à la pression
des marchés. // P. 30
BOURSE
Cinq jours avant la présentation de ses
résultats annuels, Deutsche Bank pourrait offrir une bonne nouvelle aux investisseurs. Selon Bloomberg, la première
banque allemande est en discussions
avancées avec le Qatar pour obtenir un
investissement supplémentaire de la
part de l’émirat du Golfe.
La taille et le calendrier de cet investissement, qui se ferait probablement
via la Qatar Investment Authority
(QIA), le fonds souverain de l’émirat, ne
sont pas encore clairement définis,
ajoute l’agence en citant des personnes
informées de ces négociations. Deutsche Bank et QIA n’ont pas commenté.
A travers deux holdings (Paramount
Services et Supreme Universal), la
famille royale du Qatar détient déjà
6,1 % du capital de Deutsche Bank, qui
est valorisé en Bourse près de 17 milliards d’euros. L’émirat, actionnaire de
Volkswagen, a affiché son intention
d’investir 10 milliards d’euros en dix ans
en Allemagne.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Le géant de l’électronique
de défense se dote d’une charte
éthique dans l’IA. // P. 22
COMPOSANTS
Thibaut Madelin
@ThibautMadelin
Kering conteste.
THALES
Apple, Spotify, Facebook, Netflix et
Google à l’assaut de l’Inde. // P. 25
Un audit du fisc transalpin
soupçonne le groupe de luxe
d’avoir facturé pour le
compte d’une de ses filiales
en Suisse des activités
réalisées en Italie.
C’est un redressement fiscal qui pourrait
coûter très cher au groupe Kering, propriétaire de Gucci et Yves Saint Laurent, qui a
généré en 2017 un chiffre d’affaires d’environ 15,5 milliards. Les autorités italiennes
ont rendu les résultats de leur premier
audit, un peu plus d’un an après avoir
ouvert une enquête pour fraude fiscale sur
le groupe français. La somme qui pourrait
lui être réclamée est d’environ 1,4 milliard
d’euros et concerne une période allant de
2011 à 2017. Les activités de sa plate-forme
logistique LGI, située près de Lugano, en
Suisse, sont en cause. Elle emploie 600 salariés et gère la distribution mondiale des produits de luxe du groupe.
Le parquet de Milan soupçonne Kering
d’avoir facturé de l’autre côté des Alpes, où
la fiscalité est bien plus favorable, des activités en fait réalisées en Italie. La Garde des
finances avait conduit des perquisitions au
siège de Gucci et au domicile de trois de ses
dirigeants. A l’origine de l’affaire : les révélations de Carmine Rotondaro, ex-manager
de Kering licencié il y a deux ans et luimême accusé de fraude fiscale, de malversations et d’abus de confiance aux dépens
de son ancien employeur.
Pas de provision comptable
Le groupe de François Pinault conteste les
conclusions de l’audit du fisc italien « tant
sur leurs fondements que sur le montant » de
l’impôt dû. Le groupe de luxe a annoncé ne
pas faire de provision comptable spécifique, ne disposant pas des informations
nécessaires. L’audit mettant en cause
Kering va désormais être examiné au sein
du fisc italien, qui prendra alors sa décision
finale et notifiera ensuite un éventuel
Possible fusion
avec Commerzbank
La Garde des finances a notamment conduit des perquisitions au siège de Gucci.
Photo Miguel Medina/AFP
redressement. Le groupe français s’est dit
« confiant quant à l’issue de la procédure en
cours et continuera de collaborer pleinement,
en toute transparence, avec l’administration
fiscale pour faire valoir tous ses droits ». Une
collaboration qui pourrait déboucher sur
un accord, du même modèle que ceux déjà
signés pour clore des contentieux. Armani
et Prada ont ainsi déjà transigé avec le fisc,
tout comme Apple, Google et Amazon, qui
se sont acquittés, respectivement, de 318 et
306 millions d’euros, tandis que Facebook
et Amazon verseront 100 millions d’euros.
Pour Carlo Garbarino, spécialiste des
questions de fiscalité à l’université Bocconi
L’année du cochon pourrait porter
chance à la Bourse chinoise.
de Milan, si les faits étaient confirmés, cela
représenterait le énième cas d’une classique optimisation et non une évasion fiscale,
qui n’est évidemment pas uniquement pratiquée par les grandes griffes. « Le fisc italien
a même inventé un néologisme pour la désigner : “habillage fiscal”. Les gouvernements
sont trop laxistes et devraient s’échanger plus
d’informations, comme ils le font pour les
simples particuliers. Le problème des maisons mères de ces grands groupes, qui ne sont
pas taxées sur les dividendes qu’elles versent
en éludant le fisc dans les pays où elles réalisent leurs recettes, devrait être pris en considération de manière plus sérieuse. » n
Cité en décembre par le Centre financier
du Qatar, le directeur de cet organisme
public, Youssouf Mohamed Al Djaïda,
avait déclaré : « Il ne s’agit pas que de petites et moyennes entreprises, la première
somme dont j’ai connaissance est destinée à une énorme institution financière
allemande », rappelle Reuters.
La montée au capital potentielle de
QIA pourrait donner un ballon d’oxygène à Deutsche Bank, qui fait l’objet de
multiples enquêtes sur son rôle dans
l’affaire de blanchiment de Danske
Bank. Sur les 230 milliards de dollars
qui ont transité via la filiale estonienne
de la banque danoise, deux tiers
auraient été traités par elle.
La famille royale
du Qatar détient déjà
6,1 % du capital
de Deutsche Bank
à travers deux holdings.
// P. 31 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN P. 10
FINTECH
Les français s’attaquent au marché
des PME. // P. 32
PRIMONIAL
Le fleuron de la gestion patrimoniale en voie d’être cédé. // P. 33
CARNET // P. 36
LES ÉCHOS EXECUTIVES
BUSINESS MODELS
Ubérisation : où en est-on ?
// PP. 37 À 39
SUR
The Maserati of SUVs
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Le Qatar
pourrait
monter
au capital de
Deutsche Bank
(1) La Maserati des SUV.
(1)
Alors que la Fed se penche sur le
dossier, le leader bancaire allemand
pourrait faire face à une nouvelle
amende. Dans ce contexte, Berlin
étudie le scénario d’une fusion avec
Commerzbank, dont l’Etat allemand
contrôle 15 %. Le fonds d’investissement BlackRock est par ailleurs
actionnaire des deux banques.
Le patron de Deutsche Bank a
d’autres priorités. « J’ai une mission
réelle en face de moi et elle consiste à
ramener Deutsche Bank à la profitabilité », a déclaré Christian Sewing à
Davos. Une étape qu’il pourrait franchir
vendredi, avec la présentation du premier bénéfice annuel du groupe depuis
2014, selon les attentes des analystes.
« A ce stade, les conditions [d’une
fusion, NDLR] ne sont certainement pas
réunies, a déclaré en fin de semaine
Frank Bsirske, membre du conseil de
Deutsche Bank et président du syndicat
Verdi. Il n’y a actuellement personne au
sein du conseil de surveillance de Deutsche Bank qui souhaiterait fusionner avec
Commerzbank à court terme. » n
Shutterstock
Nos data et nous,
une schizophrénie
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES « Système U tire les leçons des
INTERVIEW // DOMINIQUE SCHELCHER Président de Système U
nouveaux modes de consommation »
l Le successeur de Serge Papin
se veut à la pointe des nouvelles
technologies et de l’appétit
pour le mieux manger.
l Et table sur une baisse de la
consommation des ménages en 2019.
à suivre
AFP
Propos recueillis par
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Siemens-Alstom : ultimes concessions
pour sauver le projet de fusion
TRANSPORT Alstom et Siemens ont proposé de nouvelles
concessions à la Commission européenne pour sauver leur projet de rapprochement dans la construction ferroviaire alors
qu’un veto se profilait à l’horizon. Les deux groupes seraient
notamment disposés à réaliser des cessions dans leurs activités
de signalisation. Mais si le ministre de l’Economie Bruno Le
Maire a estimé, dimanche, que « plus rien » ne justifiait le veto,
la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a jugé l’initiative tardive, précisant « c’est la dernière tentative, si c’est encore possible ».
Tesco supprimerait 15.000 emplois
DISTRIBUTION Tesco s’apprêterait à supprimer 15.000 emplois
et à fermer ses espaces viande, poisson et « delicatessen », selon
le « Mail on Sunday » citant des sources proches du dossier. Le
premier distributeur britannique révisera aussi les boulangeries intégrées aux points de vente. Ce plan, qui devrait être
annoncé cette semaine aux salariés, devrait toucher la majeure
partie des magasins.
« Nous sommes les
derniers indépendants
à taille humaine
et vraiment libres. »
Colgate a vu son bénéfice chuter en 2018
BIENS DE CONSOMMATION Colgate-Palmolive a vu son résultat net chuter de 18,6 % en 2018 à 2,4 milliards de dollars. Son
chiffre d’affaires est resté stable à 15,54 milliards (+0,6 %). Alors
que 75 % de ses ventes sont hors de l’Amérique du Nord, il a été
impacté par le dollar fort et la hausse des coûts. Pour 2019,
l’américain prévoit un nouvel exercice difficile, notamment en
raison du prix des matières premières. Sur les dentifrices, il est
confronté à la concurrence de P&G et d’Unilever dans les pays
émergents.
PHARMACIE L’américain BMS a
annoncé une progression de 9 %
de son chiffre d’affaires en 2018, à
22,6 milliards, mais le ralentissement de la croissance de son produit vedette Opdivo au dernier trimestre laisse présager d’une
croissance plus faible en 2019 avec
la pression de plus en plus forte de
la concurrence. D’où l’importance
de l’annonce du rachat de Celgene
pour 74 milliards de dollars fin
2018. Le résultat par action de
3,03 dollars en 2018 pourrait
atteindre 3,80 dollars en 2019
« Système U ne se
rajoutera pas à la
bataille de Paris que
se livrent Monoprix,
Amazon, Carrefour
et Leclerc. »
DR
BMS en quête
d’un second
souffle
Vous avez succédé
à Serge Papin il y a neuf mois.
Quelle est votre vision
pour Système U ?
J’ai fait le tour de beaucoup de parties prenantes. Notre vision du commerce est partagée. Coopérative,
proximité, métiers du frais, liens
humains sont nos maîtres
mots. Notre modèle fonctionne. En
2018, notre part de marché a légèrement progressé, de 0,1 %, à 10,7 %.
Cela fait 32 périodes que celle-ci est
en progression ou stable. Notre chiffre d’affaires a, lui, gagné 2,3 %, à
19,94 milliards d’euros. Le nombre
de nos magasins s’établit à 1.579
grâce, notamment, à l’ouverture
d’une trentaine de points de vente
de proximité. Certains nous disaient
affaiblis par la fin de notre partenariat avec Auchan et fragiles parce
que nos associés peuvent partir plus
facilement qu’ailleurs. La réalité est
que notre enseigne peut vivre seule,
que nous nous sommes installés au
quatrième rang des distributeurs
français, devant Auchan, sur les
talons de Casino, et que cette année
nous attendons 50 ralliements à nos
enseignes en provenance d’autres
réseaux indépendants ou de franchisés de grands groupes, preuve de
notre attractivité.
APPEL D’OFFRES
Numéro de proclamation 1/2019
LE CONSEIL NATIONAL HELLENIQUE DE LA RADIOTÉLÉVISION
Proclame
Le déroulement d’une Vente aux enchères pour l’attribution de deux (2) licences à des
fournisseurs de programme généraliste diffusé en clair en haute définition sur la télévision
numérique terrestre nationale, pour la couverture de l’ensemble du territoire grec, pour
une période de 10 ans avec un prix de départ pour chaque licence en vente de 35 millions
d’euros (35.000.000,00 €).
Le texte complet de l’Annonce y compris les annexes est disponible en grec et en
anglais sur les sites Internet du Conseil National de la Radiotélévision www.esr.gr, du
Secrétariat Général à l’Information et à la Communication (www.media.gov.gr) ainsi que
du Programme Diavgeia https://diavgeia.gov.gr.
Les candidats doivent soumettre leur demande de participation rédigée en langue grecque
au Conseil National de la Radiotélévision, dans un délai de quarante cinq (45) jours à
compter de la date de publication du présent avis au Journal Officiel Grec. Les demandes
doivent aussi obligatoirement être envoyées par courrier électronique aux formats PDF et
Excel modifiable, à l’adresse électronique tv@esr.gr.
La date limite de dépôt des demandes de participation est fixée au 28/02/2019.
Le président du Conseil National de la Radiotélévision
Athanasios Koutromanos
Qu’est-ce qui caractérise
Système U par rapport
à ses concurrents coopératifs
Leclerc et Intermarché ?
Nous sommes les derniers indépendants à taille humaine et vraiment
libres. Nous avons instauré un contrat de neuf ans pour nos associés,
mais cela reste moins long que dans
d’autres organisations et, surtout, il
n’existe pas de chevauchement avec
d’autres contrats qui empêchent de
quitter le réseau. Autre différence :
chez Intermarché, le groupement
est propriétaire des murs des magasins des nouveaux arrivants ; chez
nous, un jeune est propriétaire de
tout, les murs et le fond.
Votre prédécesseur défendait
des rapports apaisés avec
les PME et le monde agricole.
En quoi êtes-vous différent
de lui ?
Je partage tout à fait la philosophie
de Serge Papin sur ces sujets. Je
m’inscris à la fois dans la continuité
et le renouveau. Je suis peut-être
plus sensible au digital et je suis un
opérationnel présent chaque
semaine dans mon magasin de Fessenheim. Je défends un groupement investi dans la transformation digitale. Nous avons 800 drives
et même si nous considérons que le
modèle économique des 10 derniers kilomètres de livraison n’est
pas trouvé, nous réalisons 3 % de
nos ventes en ligne, en hausse de
L’Alsacien
qui aimait la presse
Le successeur de
Serge Papin exploite un
supermarché à Fessenheim.
Diplômé de l’Essca, l’école
de management d’Angers,
il se destinait à l’univers de la
presse qu’il découvrit chez
« Ouest-France » puis à
« L’Alsace » de Rémy Pflimlin.
Il n’envie pas ses parents
qui tiennent boutique
à l’ombre de nucléaire
en cours de démantèlement.
Il leur succédera pourtant,
par devoir comme par goût
de l’indépendance, puis
grimpera dans l’organisation
Système U qu’il a achevé
d’unifier.
10 % en 2018. A notre siège de Rungis, nous utilisons déjà l’intelligence
artificielle pour rédiger nos fiches
produits. Huit cent vingt-cinq de
nos associés ont une page Facebook
grâce à laquelle ils animent leur
communauté de clients. Nous
avons lancé un nouveau site et une
nouvelle application mobile, sans
compter Yaquoidedans. Nous
serons les premiers à utiliser pour
l’encaissement, via une application,
le nouveau virement instantané. Il
permet d’économiser le taux de
0,24 % que prélèvent les cartes bancaires sur les tickets.
Les U demeurent des commerçants plutôt installés dans des
zones rurales ou semi-rurales.
N’est-ce pas un handicap alors
que la population se concentre
dans les grandes
agglomérations ?
Absolument pas ! Il est vrai que la
moitié de nos points de vente, qui
sont surtout des supermarchés, se
situent dans des communes de
moins de 5.000 habitants. Nous
sommes des acteurs de la vitalité
des territoires et nous le revendiquons. Mais nous avons aussi
65 hypermarchés à la périphérie de
villes plus importantes et des magasins de proximité dans les grandes
agglomérations. C’est compliqué
pour des indépendants, mais leur
nombre augmente. Système U ne se
rajoutera pas à la bataille de Paris
que se livrent Monoprix, Amazon,
Carrefour et Leclerc. Mais nous
avons 17 U Express dans la capitale.
Nous sommes présents à Lyon,
Nantes, Bordeaux, Marseille,
Lille, etc. A Lyon, nos 10 associés se
sont groupés pour créer un drive en
centre-ville. A Lyon, toujours, cela
Les chiffres clefs
1.579
MAGASINS
10,7 % de part de marché
dans les produits de grande
consommation.
19,94
MILLIARDS
d’euros de chiffre d’affaires
(hors essence).
Dominique Schelcher dit défendre « un groupement investi
dans la transformation digitale » mais qui ne réalise pour l’instant que 3 % de ses ventes en ligne. Photo Frédéric Maigrot/RÉA
fait dix ans que nous livrons à domicile sur rendez-vous. Nous ne sommes pas absents des défis du commerce, loin de là.
Etes-vous satisfait
de votre partenariat à l’achat
avec Carrefour ?
Oui. Avec Carrefour et Cora nous
représentons un tiers du marché.
Face aux géants d’e-commerce
comme Amazon, qui commencent
à créer des produits à marques propres achetés au niveau mondial, les
alliances à l’achat sont indispensables. Néanmoins, notre accord avec
Carrefour ne concerne que 70 grandes marques internationales. n
« Il faut aider et conserver
notre agriculture »
Quelle est votre position sur la
loi alimentation ? Pensez-vous
qu’elle marque la fin
de la guerre des prix et qu’elle
sera inflationniste ?
Notre marque U multiplie les contrats avec les producteurs. Elle est
forte et représente 23 % de notre
chiffre d’affaires, en croissance de
4 %. Ces dix dernières années, nous
avons enlevé 80 ingrédients nocifs
de 6.000 produits. En 2018, 72 %
de notre croissance sont venus de
produits de PME. Nos magasins
s’approvisionnent pour 20 % de
leur offre auprès de fournisseurs
locaux. Nous mettons en œuvre la
loi alimentation qui va dans le sens
du prix juste et responsable que
nous prônons. Il faut aider et conserver notre agriculture. La concurrence va rester vive et les prix ne
vont pas grimper en flèche. Le relèvement de 10 % du seuil de revente à
perte ne concerne que 1.500 références, soit 7 % de l’offre alimentaire. Les enseignes feront de la
péréquation de marge, c’est-à-dire
des baisses de prix sur d’autres produits.
Quelle est votre lecture
de l’évolution des modes
de consommation ?
Une étude récente a montré que
82 % des Français ont confiance
dans les produits des PME. Le made
in France n’est pas loin derrière. Les
marques internationales tombentelles à 37 %. Les grands industriels
n’ont pas encore pris assez la
mesure des nouvelles attentes. Le
client a repris le pouvoir. Les jeunes
sont soucieux de la qualité sanitaire
et de la qualité environnementale
des produits. Les consommateurs
achètent moins mais achètent
mieux. Nous en tirons les leçons.
Pour 2019, j’ai bâti le budget de Système U sur l’hypothèse d’une baisse
de la consommation des ménages,
ce qui n’empêchera pas l’enseigne
de poursuivre sa croissance.
Propos recueillis par Ph. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
La France
dévoile sa
feuille de route
énergétique
l Le projet de Programmation
pluriannuelle de l’énergie a été publié
vendredi.
l Les consultations vont commencer.
ÉNERGIE
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Deux ans de gestation pour cinq ans
de durée de vie. Deux mois après
avoir présenté les grandes lignes de
la Programmation pluriannuelle de
l’énergie, le gouvernement a publié
ce vendredi le projet complet de sa
feuille de route pour les périodes
2019-2023 et 2024-2028. Alors que
les premiers travaux ont démarré en
juin 2017, le texte de 360 pages va
désormais entamer sa phase de consultations (Autorité environnementale, Conseil national de la transition
énergétique…), y compris avec les
pays voisins pour une mise en
« cohérence ». Cette étape doit durer
plusieurs mois, pour aboutir, autour
de la mi-année, à l’adoption d’un
décret.
Le projet de PPE, qui impose une
réduction forte des consommations
finales d’énergie (–14 % en 2028 par
rapport à 2012) pour tendre vers la
neutralité carbone en 2050, mise
pour y parvenir sur la rénovation
énergétique et le développement des
véhicules « zéro émission ». Pour
diversifier le mix électrique, le projet
de PPE détaille le calendrier des
appels d’offres pour développer les
énergies renouvelables – avec un
objectif de 40 % en 2030. A compter
de 2020 seront proposés chaque
année en appel d’offres 1 gigawatt
(GW) pour le solaire au sol, autant
pour l’éolien terrestre, et 0,9 GW
pour le solaire sur bâtiment.
Concrètement, il y aurait ainsi
15.000 éoliennes en France à l’horizon 2028, soit deux fois plus
qu’aujourd’hui (8.000). Et les installations solaires seraient multipliées
par cinq à six. C’est toutefois moins
que les ambitions d’EDF dans le
solaire, qui visait le développement
de 1,5 GW par an et un tiers de part de
marché sur la période 2020-2025. A
moins que le secteur commence à
construire des parcs sans tarif
garanti, en direct avec des acheteurs
pour des contrats de long terme…
Sous l’hypothèse d’un prix de marché autour de 56 euros par MWh en
2030, le soutien public s’élèverait à
30 milliards d’euros pour accroître la
production d’électricité renouvelable de 100 térawattheures, soit un
niveau « dix fois moins coûteux que
dans le passé », souligne le projet de
PPE. Concernant le nucléaire, le projet de PPE, qui prévoit 14 fermetures
de réacteurs d’ici 2035 pour réduire
la part de l’atome à 50 % de la production d’électricité, conditionne un peu
plus l’arrêt de deux unités en 2027
et 2028. Ils seront fermés « sauf en cas
de non-respect des critères de sécurité
d’approvisionnement ou d’arrêt à
date d’autres réacteurs pour raisons
de sûreté », indique la nouvelle synthèse du projet.
La fermeture de deux réacteurs
en 2025 et 2026 sera, elle, engagée
seulement « si le critère de sécurité
d’approvisionnement est respecté et si
nos voisins européens accélèrent leur
transition énergétique, réduisent leurs
capacités de production à partir de
charbon et développent massivement
les énergies renouvelables, et que cela
devait conduire à des prix bas sur de
l’électricité sur les marchés européens,
susceptibles de dégrader la rentabilité
de la prolongation des réacteurs existants ». Le régulateur remettra au
gouvernement un rapport fin 2022.
Mais en l’état actuel du droit, c’est
toujours à EDF de déposer un dossier de mise à l’arrêt d’un réacteur.
« Petite loi » sur l’énergie
D’ici l’adoption de la PPE, plusieurs
dispositions seront inscrites dans le
projet de loi Pacte, notamment la fin
du tarif régulé du gaz ou certaines
mesures pour développer l’autoconsommation. Une « petite loi » sur
l’énergie doit aussi prochainement
acter le report de dix ans de l’objectif
de réduction à 50 % de la part du
nucléaire dans le mix électrique.
« Le projet de loi a démarré avec trois
articles, on en est à huit et on finira à
trente », parie un acteur du secteur.
Le gouvernement aura aussi à
gérer l’évolution du tarif réglementé
de l’électricité, auquel sont abonnés
près de 80 % des ménages. La Commission de régulation de l’énergie
doit délibérer le 7 février sur le
niveau de la hausse prévue, alors
que le Premier ministre a promis un
gel des prix cet hiver. Il aura trois
mois pour trouver une solution – lissage, baisse de la fiscalité… Le gouvernement, enfin, devra redéfinir la
trajectoire de la taxe carbone, à l’origine du mouvement des « gilets jaunes » en novembre. Il attendra de
toute façon les conclusions du grand
débat, sur le volet de la transition
énergétique, pour trancher. n
Centrale au charbon : l’Etat et EDF jouent la montre
Le ministère de la Transition écologique et l’électricien se seraient accordés
sur un « programme
de travail » renvoyant
les décisions sur la reconversion de la centrale
de Cordemais à l’automne.
Le charbon occupe beaucoup François de Rugy et ses services. Après
avoir reçu les syndicats de la centrale EDF de Cordemais (Loire-Atlantique) début janvier et les élus
locaux mardi, c’est la direction
d’EDF qui était reçue jeudi boulevard Saint-Germain. Le ministre de
la Transition écologique et l’électricien public se seraient accordés sur
un « programme de travail » renvoyant les décisions sur la reconversion de la centrale à charbon « à
l’automne », selon une source au
fait du dossier.
Ce calendrier serait justifié par la
nécessité de valider l’impact environnemental et les conditions économiques du projet Ecocombust :
lancé par les salariés de Cordemais
il y a déjà trois ans (350 salariés), il
vise à produire de la biomasse sur le
site à partir, notamment, de bois de
classe B (du bois type « Ikea »), puis
à brûler ce combustible, moins carboné que le charbon, pour produire
de l’électricité.
Alors que le gouvernement s’est
engagé sur une fermeture des cinq
dernières tranches au charbon
(deux à Cordemais, une au Havre,
une à Gardanne et une en Moselle)
d’ici à 2022, le ministère a aussi
commandé des « compléments
d’analyse » sur la sécurité d’approvisionnement à RTE, le gestionnaire
du réseau électrique. Celui-ci estimait cet automne que la fermeture
des premières unités pouvait être
engagée en 2020 et se terminer en
2022 par les deux tranches de Cordemais, les plus sensibles pour l’alimentation de la Bretagne, une
péninsule électrique. Ces derniers
jours, l’indisponibilité des deux
réacteurs nucléaires de Flamanville (Manche) a contraint RTE à
demander à Cordemais de se rendre « disponible » pour assurer la
production d’électricité.
Dans le cadre de ces « compléments d’analyse », RTE va donc étudier un environnement « plus
dégradé », par exemple un nouveau
report pour l’EPR de Flamanville
(Manche) ou la centrale à gaz de
Landivisiau (Finistère), qui doivent
soutenir à moyen terme la production électrique dans l’Ouest. L’étude
devrait être prête le mois prochain,
estime une source au fait du dossier.
« On ne se reniera pas sur le fait que la
fermeture des tranches au charbon
peut commencer en 2020 », assure
une source. Mais RTE sera probablement plus prudent sur la date de
fermeture de Cordemais.
Sur le volet économique, l’investissement d’EDF dans une unité de
production de combustible biomasse (des « pellets ») pourrait
bénéficier d’une aide à hauteur de
plusieurs dizaines de millions
d’euros, mais le gouvernement ne
financera pas la production d’électricité à partir de biomasse. « La PPE
entérine que seuls les projets de chaleur seront soutenus financièrement », indique la synthèse du projet de PPE, publié vendredi.
Des ONG redoutent
« un risque de contagion »
Les ONG Les Amis de la Terre et
Réseau Action Climat critiquent
« les incohérences du projet alternatif
d’EDF », pointant « pression insoutenable sur les forêts, gaspillage énergétique, pollution de l’air, flou sur les
emplois préservés ». Certains jugent
par ailleurs que la centrale biomasse ne serait pas prête en 2022,
nécessitant de prolonger la durée
de vie de la centrale au charbon.
D’autres redoutent « un risque de
contagion » aux autres centrales à
charbon. Lundi dernier, les représentants d’Uniper France, qui
exploitent les tranches de Saint-
« La PPE entérine
que seuls les projets
de chaleur seront
soutenus
financièrement. »
PROJET
DE PROGRAMMATION
PLURIANNUELLE
DE L’ÉNERGIE (PPE)
Avold (Moselle) et de Gardanne
(Bouches-du-Rhône), étaient
conviés par le ministère à une réunion en Moselle. Et jeudi, François
de Rugy a rencontré le repreneur
des deux unités au charbon d’Uniper en France, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Si l’intérêt
d’EPH est de faire tourner ses centrales le plus longtemps possible, le
gouvernement estime que l’enjeu
de sécurité d’approvisionnement
n’est pas la même. A Saint-Avold,
« les analyses réalisées par RTE
démontrent que la sécurité d’alimentation du territoire peut être assurée
dans la durée, ainsi que la qualité
d’électricité attendue par les consommateurs, notamment industriels ».
— V. L. B.
L’exécutif douche les espoirs de la filière du gaz vert
L’Etat exige une baisse des
coûts de 30 % en cinq ans.
Vincent Collen
@VincentCollen
C’est un sérieux coup de frein. Le
gouvernement dessine une trajectoire moins ambitieuse pour le gaz
vert pour les prochaines années
dans le cadre de la programmation
pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Selon ce document, le biogaz, issu
de déchets agricoles ou ménagers
ou encore de boues d’épuration, ne
représentera que 7 % de la consommation totale de gaz tricolore en
2030, alors que la loi de 2015 visait
10 % à cet horizon. La filière, elle,
ambitionnait d’aller jusqu’à 30 % en
2035 ! Pour les défenseurs du biogaz, la nouvelle trajectoire fixée est
une déception.
L’exécutif veut, en effet, que la
filière réduise sensiblement ses
coûts − et donc les subventions publiques qui sont allouées au secteur via
les tarifs d’achat réglementés du gaz
vert − avant d’aller plus loin. « La PPE
prévoit une adaptation du rythme de
construction de nouvelles capacités de
production en fonction de la baisse des
coûts réellement observée », explique
le gouvernement. Deux appels
d’offres seront lancés chaque année.
Le prix d’achat sera de 67 euros par
mégawattheure en moyenne en
2023, soit environ 30 % de moins
qu’aujourd’hui, et de 60 euros le
mégawattheure en 2028. Outre ces
moyennes, qui rapprocheront le
prix du gaz vert de celui du gaz naturel, des prix plafonds sont fixés.
« Trop rapide »
« Si ce prix moyen n’est pas atteint, les
volumes alloués seront réduits afin
de ne pas dépasser le niveau de
dépense publique visé », précise le
gouvernement. Les volumes seront
au contraire revus en hausse si les
tarifs sont inférieurs. La filière,
conduite par GRDF, GRTgaz ou
encore le Syndicat des énergies
renouvelables, estime qu’elle est
capable de réduire ses coûts de 30 %,
mais à l’horizon plus lointain de
2030. « Demander une baisse de coûts
d’une pareille ampleur en cinq ans est
beaucoup trop rapide, critique
Thierry Trouvé, le directeur général de GRTgaz. Aucune filière des
énergies renouvelables n’a vu son
déploiement conditionné à de telles
baisses de coûts dans un tel laps de
temps. » « Ce projet de PPE, en
oubliant les atouts du gaz, ne fournit
pas les bonnes réponses aux enjeux
de la transition énergétique », réagissent les organismes représentant la
filière (AFG, AFGNV, Coénove et
France gaz renouvelables). « Les
mesures annoncées pour le biométhane risquent de condamner l’avenir de cette filière sans tenir compte
de ses avantages. » n
L’Allemagne se donne dix-neuf ans pour stopper le charbon
ÉNERGIE
A partir de 2038,
le charbon ne devrait
plus être utilisé pour
produire de l’électricité outre-Rhin.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Après sept mois de débats et un
marathon de 21 heures de négociations, les membres de la commission chargée par le gouvernement
de dessiner les plans d’une sortie du
charbon pour l’Allemagne sont
tombés d’accord. Ils préconisent un
arrêt définitif du recours au minerai noir pour produire de l’électricité au plus tard en 2038. Les représentants d’organisations de défense
d e l ’e nv i r o n n e m e n t c o m m e
Greenpeace, qui militaient pour un
retrait dès 2030, ont obtenu qu’un
point d’étape soit fait en 2032 afin de
se garder la possibilité d’avancer ce
retrait définitif à 2035.
Ronald Pofalla, le président de la
commission « croissance, changement structurel et emploi », a évoqué samedi une « journée historique » pour l’Allemagne. Selon lui,
« le gouvernement fédéral dispose
désormais d’une ligne directrice
claire qui combine trois préoccupations : la création d’emplois, la sécu-
rité de l’approvisionnement énergétique du pays et la protection du
climat ». La commission préconise
de fermer ou de moderniser d’ici à
2022 plusieurs centrales au charbon d’une capacité totale de 12,5
gigawatts. Un tel processus permettrait de réduire d’au moins 45 % le
niveau des émissions de CO2 par
rapport à 1990, ce qui mettrait
l’Allemagne en capacité de respecter son objectif de 55 % de réduction
en 2030.
Pour transformer l’essai, d’autres
centrales devront fermer, afin qu’en
2030 seulement 17 gigawatts d’électricité soient encore fournis par le
charbon, contre 45 actuellement.
La commission laisse au gouvernement le choix de décider des centra-
40
MILLIARDS D’EUROS
Le montant des aides fédérales
que la commission recommande
de verser aux régions minières
d’ici à 2040 pour accompagner
la transition.
les à fermer en priorité, mais dans la
mesure où les plus anciennes sont
localisées en Rhénanie-du-NordWestphalie, elle souligne son « souhait » que la forêt millénaire de
Hambach, propriété de l’énergéticien RWE, y soit préservée.
Les enjeux financiers sont
lourds : non seulement l’Allemagne
tire du charbon plus d’un tiers de
l’électricité qu’elle consomme
(38 %), mais cette industrie emploie
près de 20.000 personnes dans des
régions en majorité en mono-industrie. Pour accompagner la transition, la commission recommande
donc qu’au moins 40 milliards
d’euros d’aides fédérales soient versés d’ici à 2040 aux régions charbonnières de Rhénanie-du-NordWestphalie, Saxe, Saxe-Anhalt et
Brandebourg . Il est aussi prévu que
les pouvoirs publics déboursent
2 milliards d’euros par an pour
absorber l’envol probable des prix
de l’électricité pour les particuliers
et les entreprises.
Le fait que le plan de retrait ait été
approuvé par 27 des 28 membres de
la commission lui donne une forte
légitimité. « La commission présume que le gouvernement fédéral
mettra en œuvre rapidement et de
façon exhaustive les recommandations », souligne-t-elle en introduction de son rapport de 335 pages.
Une réunion est prévue jeudi prochain entre Angela Merkel, le ministre des Finances, Olaf Scholz, et les
présidents des régions concernées,
mais ceux-là ont manifesté leur
satisfaction dès samedi. Olaf Scholz
a déclaré à l’édition dominicale du
« Frankfurter Allgemeine
Zeitung » : « Si nous faisons tous un
effort et ne perdons pas de vue l’objectif commun, nous pouvons faire de
l’Allemagne un pays modèle en
matière de politique énergétique. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Vale en cause
après la rupture
d’un barrage
Après l’accident
de vendredi,
un bilan provisoire
fait état de 37 morts
et 287 disparus.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
la mort de 19 personnes et
une catastrophe écologique
sans précédent. En revanche,
l’impact de ce nouvel accident
sur l’environnement devrait
être moindre, selon Vale. Depuis
la tragédie de novembre 2015,
« Vale a redoublé d’attention et a
employé les méthodes les plus
modernes en termes de stabilité
de ses systèmes », a assuré Fabio
Schvartsman. « Les barrages
sont impeccables », précisait-il
l’an dernier. Selon lui, le barrage
qui a cédé, d’une capacité de
12 millions de mètres cubes,
avait fait l’objet d’un audit récent
effectué par le TÜV de Munich.
Polémique sur certaines
autorisations
Le barrage de Brumadinho
n’était pas considéré « à haut
risque » par les autorités. Vale
affirme qu’il était désaffecté. Les
observateurs locaux soulignent
toutefois que l’entreprise avait
obtenu, à la fin de l’an dernier,
une autorisation expresse de la
part des autorités locales pour
intensifier les activités du complexe minier dont ce barrage faisait partie. Par ailleurs, l’Agence
nationale des eaux, responsable
pour le contrôle de ces inspections, affirme que seuls 3 % des
25.000 barrages au Brésil ont
été contrôlés en 2017.
La justice du Minas Gerais a
bloqué des avoirs de Vale à hauteur de 3 milliards de dollars
(environ 2,6 milliards d’euros)
afin de dédommager les victimes. Cet Etat du sud-est du Brésil a également demandé le gel
« à hauteur de 20 milliards de
reals » des actions de Vale aux
Etats-Unis, en Espagne et
en France, en plus du Brésil. « Il
y a une responsable pour la rupture du barrage, c’est l’entreprise
Vale », a insisté l’avocat général
de l’Etat, André Mendonça. De
son côté, l’agence S&P s’apprête
à abaisser la note de l’entreprise.
Géant du secteur minier,
Vale se retrouve aussi plus que
jamais dans la ligne de mire des
écologistes. « Il ne s’agit pas d’un
accident », clame un collectif,
Les Personnes atteintes par Val,
de l’ONG Justiça Global. n
Douglas Magno/AFP
Les secouristes ont repris
dimanche les recherches de
centaines de disparus à Brumadinho, dans le sud-est du Brésil,
après une interruption de plusieurs heures en raison de risques de rupture d’un deuxième
barrage minier, à présent sécurisé selon les autorités.
Vendredi, la rupture d’une
première digue minière du
groupe Vale a fait 37 morts et
287 disparus, selon le dernier bilan provisoire des pompiers. Face au risque de rupture
d’une deuxième digue, ces derniers avaient dans un premier
temps suspendu les recherches
et évacué 24.000 personnes
résidant dans la zone.
De retour du forum de Davos,
en Suisse, le président Jair
Bolsonaro s’est rendu sur les
lieux du drame samedi, en compagnie de plusieurs ministres.
Dans cette bourgade de Brumadinho, à une cinquantaine de
kilomètres de Belo Horizonte,
une coulée de boue a tout
dévasté sur son passage, vendredi, y compris des bureaux et
un réfectoire du géant minier
ainsi qu’un hameau proche.
Lui aussi cueilli à froid de
retour du Forum économique
de Davos, le président de Vale
a immédiatement reconnu
l’ampleur de la tragédie. Fabio
Schvartsman s’est dit « consterné » par la catastrophe, tout
en admettant ne pas savoir « ce
qui s’est passé avec ce barrage ». Il
a estimé que le bilan humain
serait beaucoup plus lourd que
lors de la tragédie de Mariana
en 2015 (également dans le
Minas Gerais), où la rupture
d’un barrage de Samarco (50 %
Vale, 50 % BHP) avait provoqué
ADP ouvre le débat sur le futur
terminal 4 de Roissy-CDG
Le barrage de Brumadinho n’était pas considéré comme
« à hauts risques » par les autorités brésiliennes.
DR
MINES
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
Le futur terminal, qui pourrait ressembler à cette vue d’artiste (au second plan) en 2037, va faire l’objet d’une concertation publique.
l ADP et Air France ont déjà bien avancé sur ce projet de nouveau terminal,
qui ouvrirait ses portes en 2028.
l Il pourrait accueillir jusqu’à 40 millions de passagers.
AÉRIEN
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Quand on veut construire un terminal aéroportuaire de la taille d’Orly
dans un pays où le dernier projet
d’aéroport a tourné à la foire
d’empoigne, mieux vaut soigner sa
communication très en amont.
C’est le travail auquel s’est attelé le
groupe ADP pour son chantier du
siècle : la construction d’un quatrième terminal à Roissy-CDG.
Décidé l’an dernier, le futur terminal 4 de Roissy-CDG n’ouvrira ses
portes qu’en 2028 et sa construction
s’étalera jusqu’en 2037. Mais la
phase de concertation, qui permettra à tout un chacun de donner son
avis sur le projet, débutera dès le
12 février prochain et durera jusqu’au 12 mai. L’occasion d’aborder
tous les sujets d’inquiétude, mais
aussi de peaufiner un investissement de 7 à 9 milliards d’euros,
avant la phase suivante d’arrêt du
plan de masse. « Comme ce projet
sera bâti sur l’emprise actuelle de
l’aéroport, sans construction de nouvelle piste et sans financement public,
nous n’avions pas l’obligation d’organiser une concertation publique,
souligne Edward Arkwright, le
directeur général exécutif du
groupe ADP. Mais un aéroport ne se
fait pas contre son environnement et
il s’agit d’un projet indispensable
pour pouvoir accompagner la croissance du transport aérien. »
Si Roissy-CDG est l’un des rares
grands aéroports européens à pou-
voir recevoir davantage de vols
grâce à ses quatre pistes, ses deux
principaux terminaux, CDG 1 et
CDG 2, sont proches de la saturation. « L’an dernier, nous avons
accueilli 72,2 millions de passagers à
Roissy, pour une capacité maximale
théorique de 72 millions, explique
Edward Arkwright. La réouverture
de CDG 2B en 2020 apportera 6 millions de passagers supplémentaires.
Mais dans l’hypothèse basse d’une
croissance du trafic de 2 % à 3 % par
an, nous de vons préparer dès
aujourd’hui la construction du nouveau terminal. Neuf années, dont de
dix-huit à vingt-quatre mois de procédures administratives, ne seront
pas de trop pour un tel projet. »
L’hypothèse d’un nouveau
satellite S5
D’autant que le calendrier a déjà
glissé par rapport aux annonces de
début 2018. L’hypothèse de l’ouverture d’une première salle d’embarquement dès 2024, pour les Jeux
Olympiques, a été abandonnée. Et
si les travaux doivent débuter en
2021, les passagers ne découvriront
les premières infrastructures qu’en
2028. « Cette salle d’embarquement
n’aurait été accessible qu’en bus,
dans des conditions de service dégradées. Notre principal client [Air France-KLM, NDLR] n’en voulait pas.
D’un commun accord, nous avons
donc jugé préférable de densifier les
infrastructures actuelles pour attendre jusqu’en 2028 », explique le
directeur général d’ADP.
Devant les députés, mardi dernier, le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, a toute-
« Un aéroport
ne se fait pas contre
son environnement
et il s’agit
d’un projet
indispensable pour
pouvoir
accompagner
la croissance
du transport
aérien. »
EDWARD ARKWRIGHT
Directeur général exécutif
du Groupe ADP
fois sorti de son chapeau une autre
possibilité inédite : la construction
d’un nouveau satellite d’embarquement à Roissy-CDG, à l’est du satellite S4, qui remédierait à une saturation du hub d’Air France d’ici à 2028.
« Nous serions preneurs d’un S5 »,
a-t-il déclaré. Mais pour l’heure, rien
de tel n’est prévu par ADP. « Cette
hypothèse ne serait envisagée que si
nous n’étions pas en mesure de réaliser le terminal 4 comme prévu », précise Edward Arkwright, qui assure
être parfaitement en phase sur ce
sujet, avec le nouveau directeur
général d’Air France-KLM.
Du côté d’Air France, on confirme travailler en bonne entente
avec ADP sur le projet de terminal 4.
Mais l’arrivée de Benjamin Smith a,
semble-t-il, fait évoluer la position
de la compagnie. « Pour Benjamin
Smith, toute nouvelle infrastructure
doit conduire à une amélioration de
l’expérience client et de la performance opérationnelle, explique-t-on
en interne. Cette double exigence
n’était pas compatible avec le projet
d’une ouverture partielle du terminal 4 dès 2024. Avec ADP, nous avons
donc étudié la possibilité de rester sur
les infrastructures actuelles quelques
années de plus, en rajoutant quelques portes d’embarquement. Ce qui
permettra d’attendre le terminal 4. »
Le risque d’un hub
coupé en deux
Toutefois, au-delà de ces adaptations, la perspective de devoir
diviser son hub entre le terminal 2
et le futur terminal 4 n’a rien de rassurant pour Air France. Car même
parvenu à sa pleine capacité de
40 millions de passagers en 2037,
le terminal 4 ne pourra accueillir
tout le trafic d’Air France à RoissyCDG, (36 millions de passagers à
Roissy-CDG 2 en 2018) et de ses partenaires de Skyteam.
« Nous aurons besoin du terminal 2 et du terminal 4, confirme-t-on
chez Air France. Mais il n’y a pas
beaucoup d’exemples de hub partagé
entre deux terminaux. Pour ne pas
dégrader l’exploitation et l’expérience passager, il faudra que les
infrastructures de connexion entre
les deux terminaux – métro automatique pour les passagers et trieur à
bagages – soient très performantes.
C’est un sujet consensuel mais compliqué. Et tant que nous n’aurons pas
toutes les assurances d’y parvenir,
Ben Smith veut laisser ouverte la possibilité d’un nouveau satellite 5. » n
Roissy-CDG bientôt doté d’un système antidrones
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Etablissement Public Territorial
Grand-Orly Seine Bièvre
Commune de Cachan
AVIS
Par délibération n°2018-12-18_721 en date du 18 décembre 2018, le Conseil
territorial a abrogé les délibérations n° 2017-04-15_539 et n° 2017-04-15_541 du
15 avril 2017 déléguant partiellement le droit de préemption urbain au bénéfice
du SAF 94 et de la commune de Cachan, et a partiellement délégué le droit de
préemption urbain renforcé au bénéfice du SAF 94 et de la commune de Cachan.
La délibération a fait l’objet d’un affichage en mairie de Cachan et
au siège de l’Etablissement Public Territorial Grand-Orly Seine Bièvre.
Elle est tenue à disposition du public en mairie et au siège administratif de
l’Etablissement Public Territorial.
EP19-043
enquete-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
Le dispositif pour parer aux
incursions de drones,
développé par ADP, Thales
et l’Aviation civile, devrait
être progressivement
déployé dès cet été.
Qu’ils soient bien réels ou fictifs, les
drones font désormais partie des
menaces sérieuses pesant sur les
aéroports. Les mésaventures
de l’aéroport de Londres-Gatwick,
paralysé pendant deux jours en raison d’un possible survol de drone
jamais confirmé, en sont la preuve.
Fort heureusement, le groupe ADP
n’a pas attendu les malheurs de
Gatwick pour s’y préparer. Dès le
mois de mai, le gestionnaire des
aéroports parisiens devrait commencer à déployer à l’aéroport de
Roissy-CDG le premier dispositif
antidrones développé avec Thales
et la Direction des services de la
navigation aérienne. « Nous travaillons sur ce projet avec Thales et la
DSNA depuis 2017, explique Edward
Arkwright, directeur général exécutif du groupe ADP. Le dispositif est
encore en phase de test à Brétigny,
mais il fonctionne et nous prévoyons
de le déployer à Roissy-CDG à compter de mai, afin qu’il soit pleinement
opérationnel avant la fin de l’année. »
Le sujet est en effet plus complexe
qu’il n’y paraît. « Les drones ne sont
pas nos ennemis, souligne Edward
Arkwright. Leur utilisation est appelée à se développer et nous devons
organiser la cohabitation avec le
transport aérien. Ce qui nécessite
d’abord de pouvoir les repérer avec un
préavis suffisant pour pouvoir les
n e u t ra l i s e r l e c a s é ch é a n t .
Aujourd’hui, les radars classiques
permettent de détecter un drone à une
distance de 3 km. Nous nous sommes
fixé pour objectif de pouvoir les détecter, avec des radars holographiques, à
une distance d’au moins 7 km.
Mais dans le cas d’un engin volant à
60 km/h, cela ne laisse que quelques
minutes pour décider quoi faire. »
Intelligence artificielle
Pour éviter les fausses alertes, le dispositif doit non seulement repérer
la menace, mais également la localiser avec suffisamment de précision
et faire la différence avec les oiseaux.
« Le système doit être couplé avec des
caméras et de l’intelligence artificielle,
précise le directeur général d’ADP. Il
a aussi fallu développer une interface
d’aide à la décision et mettre au point
une chaîne opérationnelle. »
La dernière étape, qui n’est pas la
plus simple, est le choix du mode de
neutralisation, qui peut s’avérer
délicat dans une zone fréquentée
par des avions. « Plusieurs solutions
sont encore en test, indique Edward
Arkwright. La plus intéressante consiste à intercepter ou brouiller le
signal de contrôle du drone. Mais il y a
également la solution des filets propulsés. » En revanche, la solution de
l’aigle dressé pour intercepter les
drones, testée par l’armée de l’air
française l’été dernier sur la base 118
de Mont-de-Marsan, semble avoir
été écartée. Le rapace – un imposant
aigle royal – avait confondu sa cible
avec une fillette de cinq ans. — B. T.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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22 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
en bref
Thales se dote d’une charte
éthique dans l’IA
Marie Brizard : lourdes pertes
avant l’AG du sauvetage
SPIRITUEUX A quelques jours de l’assemblée générale qui
doit permettre à son principal actionnaire de le renflouer, le
groupe français de spiritueux Marie Brizard (MBWS) a de
nouveau subi de lourdes pertes en 2018. Le groupe a accusé
une perte nette comprise entre 60 et 65 millions d’euros pour
2018, après un déficit similaire de 67,3 millions en 2017, selon
son estimation. Une assemblée générale est fixée jeudi pour
obtenir l’accord des actionnaires au plan de secours présenté
par la Cofepp, propriétaire du groupe de spiritueux La Martiniquaise. La Cofepp, qui détient 29,5 % du capital de Marie Brizard, s’est engagée à renforcer son capital et à lui prêter, en
attendant, 25 millions d’euros.
l Thales se dote d’une charte « Ethique et transformation numérique ».
l 200 chercheurs spécialisés en intelligence artificielle travaillent déjà
pour la firme, qui souhaite en recruter rapidement 200 autres.
DÉFENSE
Anne Bauer
@annebauerbrux
Europlasma en redressement
judiciaire
Avec la constitution depuis 2017
d’une équipe d’environ 200 chercheurs spécialisés en intelligence
artificielle (IA), Thales revendique
au sein des grands groupes industriels un premier rang mondial dans
cette spécialité. Et le groupe souhaite recruter rapidement
200 autres chercheurs, a annoncé
Patrice Caine, son PDG, à Montréal,
lors d’une visite au sein du laboratoire CortAIx, qui compte une cinquantaine de chercheurs en IA.
Paris, Montréal, Singapour : Thales a choisi ces trois villes pour créer
des laboratoires spécialisés dans le
développement rapide de programmes à base de Big Data, numérique
et d’intelligence artificielle. Vendredi, le patron de Thales a officialisé
son association avec le plus grand
incubateur de start-up du Québec,
Centech. Tandis que, à Paris, Thales
supervise les start-up de Station F
dans le domaine de la cybersécurité,
il devient à Montréal le parrain des
jeunes pousses spécialistes de l’IA.
Une manière de s’assurer une
bonne place dans la course aux
talents à laquelle se livrent désor-
ENVIRONNEMENT Le groupe français Europlasma, spécialisé dans la dépollution à partir de la technologie plasma, en
particulier via la destruction de l’amiante, le retraitement
des déchets faiblement radioactifs et celui des cendres
issues de l’incinération des ordures ménagères, a annoncé
vendredi avoir été placé en redressement judiciaire avec ses
cinq filiales par le tribunal de commerce de Mont-de-Marsan. Trois jours plus tôt, le groupe qui a accumulé les pertes
(près de 22 millions d’euros en 2017 et 17 millions en 2016,
pour un chiffre d’affaires de 13 millions en 2017) s’était
déclaré en cessation de paiements.
En France, un chauffeur Uber
gagne 9,15 euros net de l’heure
VTC Uber se livre à une opération de transparence, deux
semaines après une décision de la cour d’appel de Paris estimant qu’un chauffeur Uber pouvait se prévaloir d’un contrat
de travail, affaire que la société a décidé de porter devant la
Cour de cassation. Selon une étude que l’entreprise a réalisée
à partir de l’application et dévoilée en avant-première par le
« Journal du dimanche », un chauffeur Uber réalise un chiffre d’affaires horaire médian de 24,81 euros. Le revenu
horaire net est évidemment nettement moins élevé et s’établit à 9,15 euros. Au total, le revenu net mensuel moyen
s’élève à 1.617 euros, sur une base de 45,3 heures par
semaine.
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Thales gère les deux tiers du trafic aérien mondial et pense que l’IA pourra assurer davantage de sécurité
et de fluidité. Photo Tolga Akmen/AFP
mais tous les grands groupes mondiaux, au premier rang desquels les
Gafa, autour des jeunes chercheurs.
Notamment à Montréal, devenue en
quelques années une des principales capitales de l’IA avec 1.200 chercheurs en activité. Pour Thales toutefois, l’objet n’est pas de rivaliser
avec les Gafa mais de miser sur les
techniques du « deep learning »
pour rester numéro un sur ses
métiers : aérospatial, transport,
défense et sécurité.
Depuis 2014, le groupe a investi
près de 7 milliards d’euros pour renforcer ses compétences numériques : achat de Life TV pour travailler sur la connectivité dans les
avions, puis de Vormetric, spécialiste de la cybersécurité, puis de
Guavus, une plate-forme de gestion
de Big Data spécialisée dans les télécommunications, qui permet au
groupe d’entrer dans le monde du
traitement en temps réel de masse
de données gigantesques. Il a aussi
acquis une société de souveraineté,
Sysgo, la seule société européenne
qui fait les OS (les systèmes d’exploitation) dans la sécurité, et enfin
Gemalto, qui va lui permettre
d’améliorer ses compétences sur le
dernier maillon de la chaîne de la
cybersécurité, et notamment sur
les processus d’authentification.
Construire une IA
« de confiance »
Pour le groupe, pas de doute, les
techniques de l’IA vont révolutionner ses métiers. « Quand, grâce à
l’intelligence artificielle, Netflix vous
recommande une nouvelle série que
vous allez aimer, l’enjeu est relativement faible. Mais quand Thales utilise l’IA pour gérer plus de 40 % du
trafic aérien mondial, les enjeux sont
vitaux et donc Thales souhaite développer une IA de confiance », explique Patrice Caine.
En novembre dernier, la société
française a mené des premiers tests
concluants sur un métro autonome
en équipant de capteurs une rame
du métro new-yorkais. Dans le
cockpit des avions, à condition de
passer outre l’acceptabilité sociale,
on pourrait bientôt se passer des
pilotes à bord grâce aux développements de l’IA, anticipe le groupe. Le
simple passage de deux à un seul
pilote par vol serait déjà en soi une
révolution. Mais « pour passer du
monde de l’automatisme à celui de
l’autonomie, il faudra construire une
IA de confiance, c’est-à-dire explicable et vérifiable, voire certifiable »,
insiste Patrice Caine. C’est pourquoi
Thales se dote d’une charte d’éthique numérique, sans doute la première d’un groupe français.
Des lignes rouges y seront tracées, promet Patrice Caine, notamment pour le traitement confidentiel des données. En présence de
Yoshua Bengio, fondateur et directeur de l’Institut des algorithmes
d’apprentissage de Montréal (Mila),
promoteur d’une réglementation
internationale sur l’usage de l’intelligence artificielle, le PDG de Thales
s’est d’ailleurs déclaré prêt à s’engager dans un traité d’interdiction des
robots tueurs. n
INTERVIEW // MARKO ERMAN Membre du comité exécutif de Thales
Mercredi 6 février - 16h30 à 18h00
« Je ne vois aucune fatalité à ce que l’Europe soit
en retard par rapport aux Etats-Unis ou à la Chine »
Amphithéâtre Bleu - Palais des Congrès de Paris
Conférence animée par Lomig GUILLO, Rédacteur en chef, MANAGEMENT
Propos recueillis par A. B.
Shanty BAEHREL
Fondatrice
SHANTY BISCUITS
Matthieu LAPORTE
Directeur SMB
Europe du Sud
FACEBOOK
Jérôme DEVOUGE
Co-fondateur
PRET A POUSSER
Fabien SCOLAN
Directeur Marketing
Client & Business
development
LEBONCOIN
Samuel GUEZ
Fondateur
MY JOLIE CANDLE
Allocution de
Mounir MAHJOUBI
Secrétaire d'État
chargé du Numérique
Inscription gratuite sur salondesentrepreneurs.com
Elsa HERMAL
Co-fondatrice
EPICERY
* Numérique maintenant !
Jérôme BARRIER
Directeur TPE,
PME et ETI France
MICROSOFT
Un événement
L’intelligence artificielle marquet-elle une rupture pour Thales ?
L’intelligence artificielle (IA)
s’inscrit dans une continuité, car il
s’agit d’algorithmie sur des signaux,
des données, or Thales travaille
depuis des décennies sur la reconnaissance des formes, des images,
des sons. La nouveauté tient plutôt
à l’accélération et à la croissance
exponentielle de cette discipline
depuis 2012, couplée à l’exploitation
de masses de données et de nouvelles puissances de calcul. D’où cette
impression d’une rupture.
Avez-vous rattrap é votre
retard par rapport aux Gafa et
pensez-vous que l’Europe soit
dépassée par rapport aux EtatsUnis et à la Chine ?
L’IA n’est pas un produit en tant
que tel mais une fonction, qui va se
déployer dans tous nos métiers,
donc je ne vois aucune fatalité à ce
que l’Europe soit en retard par rapport aux Etats-Unis ou à la Chine.
Face aux Gafa, on ne se bat pas sur
les mêmes domaines. En tout cas
dans les métiers de Thales, je ne
constate pas de retard. On ne va
sans doute pas recréer un Amazon
européen, mais par exemple, dans
la gestion du trafic aérien, nous
avons tous les outils pour rester
numéro un mondial.
Pourquoi un groupe comme
Thales, qui s’adresse à des clients
industriels ou gouvernementaux et non au grand public, se
dote-t-il d’une charte éthique ?
L’IA est un sujet qui questionne
tout le monde, au premier rang desquels nos salariés. Qui n’est pas
heurté dans sa vie privée par une
visibilité non voulue sur le Web en
raison de l’exploitation de ses données par les Gafa ? Thales part donc
du principe qu’il faut afficher des
valeurs d’entreprise qui correspondent à celles de ses employés. Les
jeunes souhaitent aujourd’hui maîtriser leurs données privées, choisir
ou non de les partager, et ne souhaitent plus qu’un intermédiaire interagisse avec leurs données comme
le fait Facebook. Il existe une
attente et aussi des lignes rouges à
ne pas franchir, qu’il est bon de consigner dans une charte d’éthique.
Microsoft vient de se doter d’une
charte.
C’est donc un élément différenciant pour les personnes qui
vont travailler chez vous ?
Oui, car on a envie de créer ce
positionnement sociétal : on nous
voit comme une entreprise d’ingénieurs qui parle à des ingénieurs et
vend à de grands donneurs d’ordre.
Mais le grand public n’est pas loin,
car le numérique élimine beaucoup
de frontières. Si on met en place des
« Thales part du principe
qu’il faut afficher des valeurs
d’entreprise qui correspondent
à celles de ses employés. »
Photo Thales
systèmes de sécurité pour une ville,
on passera un contrat avec une mairie, mais qui concerne tout le
monde. Il faut afficher notre système de valeurs, lequel sera sûrement très différent, par exemple, de
celui de la Chine actuelle.
N’adoptez-vous pas votre
charte en raison des débats sur
les systèmes d’armes létaux autonomes (Sala) ?
Non, pour nous la messe est dite
sur les Sala. On n’en fera pas. Nous
sommes pour l’interdiction des
armes qui tirent automatiquement
sur un être humain. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
La Poste se dote enfin
d’un vrai site d’e-commerce
l Le groupe public a mis l’accent sur la simplification de l’accès à ses services.
l L’envoi de colis, notamment, ne nécessite plus de connaître le poids de l’objet
à poster.
SERVICES
L’impression
de timbres en ligne
a représenté 35 % des
200 millions d’euros
de chiffre d’affaires
réalisé l’an dernier.
dans une logique de portail, renvoyant à une série de services dans
un langage parfois assez administratif. La nouvelle version franchit
un autre palier, en multipliant les
efforts d’accessibilité en direction
des clients. « Nous sommes passés à
un site marchand, et qui assume de
l’être », résume Sylvie Latour, directrice e -commerce au sein du
groupe public.
Cette volonté de simplification
est illustrée par la principale inno-
DISTRIBUTION
Les actionnaires
familiaux sont prêts
à réinvestir dans le
groupe de livraison
de produits surgelés.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
La Poste vient d’opérer une transformation majeure de sa vitrine
commerciale sur Internet. Discrètement mise en ligne à la fin de la
semaine dernière, la nouvelle version de Laposte.fr, qui compte déjà
18 millions de visiteurs uniques
par mois, ambitionne de gagner de
nouveaux clients en jouant la
carte de la simplification. Sur cet
aspect, le groupe public partait de
loin. Il y a encore cinq ans, il comptait pas moins de 80 sites Internet,
dont une douzaine de sites marchands ! Vente de timbres en
ligne, envoi de colis, réexpédition
du courrier… Chaque activité avait
négocié le virage d’Internet dans
son coin, ce qui n’était pas une
garantie d’efficacité.
En 2014, Philippe Wahl, le PDG,
avait décidé de simplifier le dispositif avec la mise en place d’un site
unique. Celui-là a vu le jour après
plus d’un an d’efforts, mais il restait
Toupargel
veut l’ouverture
d’un plan
de sauvegarde
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
L’objectif du groupe public est de porter le chiffre d’affaires des ventes en ligne à 300 millions en 2021,
puis 500 millions en 2022. Photo La Poste
vation du site, une aide à l’affranchissement de colis « unique en
Europe », avance le groupe postal.
« Bouteille, chaussures, vêtements,
DVD… nous avons pris la liste des
100 objets les plus fréquemment
envoyés, et nous les avons tous pesés,
explique Sylvie Latour. Du coup, les
clients n’ont plus à le faire : il leur suffit de cliquer sur l’icône correspondant au produit pour voir s’afficher
les différents tarifs possibles. » Une
fois le choix fait et l’adresse renseignée, le client n’a plus qu’à imprimer les timbres ou des étiquettes
Colissimo sur une feuille A4, et à les
coller sur son paquet. Et s’il ne dispose pas d’un emballage, il peut en
commander un à La Poste, celui-là
a r r i ve r a d é j à a f f r a n c h i ave c
l’adresse préremplie.
Ces efforts visent à accompagner
le développement de l’e-commerce,
et plus particulièrement des échanges ou ventes entre particuliers par
le biais de plates-formes comme
Leboncoin.fr, dont nombre de
clients jugent trop complexes les
envois par La Poste.
Nouvelle version
pour smartphone
Le nouveau site doit également
donner une meilleure visibilité aux
produits qui assurent déjà l’essentiel de l’activité aujourd’hui, comme
l’impression de timbres en ligne,
qui a représenté 35 % des 200 millions d’euros de chiffre d’affaires
réalisé l’an dernier, mais que seuls
6 % des Français connaissent.
L’objectif de Sylvie Latour est de
porter le chiffre d’affaires du site à
300 millions en 2021, puis 500 millions en 2022. La nouvelle version
pour smartphone, qui doit être lan-
cée en mars, doit y contribuer grandement : celle du site actuel a été
lancée il y a un an à peine, et elle
pèse déjà 30 % de l’audience.
D’autres projets sont déjà dans les
tuyaux : « Nous comptons créer, courant 2019, une plate-forme d’expédition qui regroupera sur un seul site, en
plus de nos services, l’achat d’emballage, de ruban adhésif ou d’une imprimante, indique Sylvie Latour. Et mi2020, nous lancerons un service
complémentaire pour l’envoi d’objets
volumineux. » Avec la volonté de
cibler, là encore, les échanges de particulier à particulier.
4
À NOTER
44 millions de timbres ont été
imprimés en ligne l’an dernier
sur Laposte.fr.
Le livreur de produits surgelés
Toupargel traverse une ère glaciaire. Son chiffre d’affaires s’est
rétracté de 100 millions d’euros
depuis 2012, pour revenir à
271 millions en 2017, avec une
perte opérationnelle de 11 millions. Et cela ne s’annonce guère
mieux pour les résultats 2018,
attendus mi-février. L’entreprise de Civrieux-d’Azergues
(Rhône), créée en 1947 et dirigée
depuis deux ans par Romain
Tchénio, le neveu du fondateur,
a déposé vendredi devant le tribunal de commerce de Lyon
une demande de procédure de
sauvegarde pour le holding, et
deux requêtes en redressement
pour les sociétés Toupargel et
Eismann. Réponse le 31 janvier.
La cotation en Bourse a été suspendue. La famille détient toujours 87 % des parts.
Prisonnier de son modèle de
démarchage téléphonique
(600 opératrices) avec un produit surgelé passé de mode,
Toupargel peine à séduire les
consommateurs plus jeunes
sur sa plate-forme Internet.
« Les achats en ligne ont augmenté de 30 % en 2018, mais sur
un volume d’affaires de 15 %,
cela ne compense pas une érosion de 15 % sur le canal téléphonique traditionnel », explique le
patron quadragénaire.
Ce dernier entend « renégocier avec les banques ». Le communiqué aux marchés parle
d’accorder « les parties prenantes » sur les « efforts de financement à poursuivre ». Au vu des
pertes actuelles, et des moyens
que la famille actionnaire est
prête à réinjecter (déjà 10 millions en 2018, autant cette année
si nécessaire), l’émissaire des
Tchénio estime ses besoins à
15 millions « pour passer les deux
prochaines années », le temps
que son plan de relance Oxygène 2020 produise ses effets.
Diversification de l’offre
Tourpargel souffre de « la baisse
du pouvoir d’achat des seniors
[son public de prédilection,
NDLR], du marché du surgelé à
la baisse, de la concurrence des
“drives”, qui cumulent 5 milliards
d’euros de chiffre d’affaires, et de
la fin de la téléphonie fixe, sans
oublier le RGPD [règlement
général sur la protection des
données, NDLR] qui ne facilite
pas le démarchage », énumère
Romain Tchénio. Si bien qu’en
cinq ans, « le coût de conquête
d’un nouveau client est passé de
25 à 100 euros ».
Le personnel a déjà fondu de
3.500 à 2.800 personnes par des
départs non remplacés. Toupargel espère poursuivre l’activité
sans licenciement. Car la
relance repose sur les volumes,
grâce à la diversification de
l’offre, et sur une capacité de distribution inégalée en France. Le
groupe s’est ouvert l’année dernière à la distribution de produits alimentaires frais et secs
avec la chaîne bio Naturalia.
Il cherche d’autres enseignes
pour remplir « et rentabiliser »
les camions de son millier de
chauffeurs, son principal avantage concurrentiel. Et faire
mieux que le « drive », qui
demande encore au consommateur de prendre sa voiture.
« Toupargel est l’unique distributeur français capable de livrer
toute la gamme alimentaire,
surgelé, frais et sec, à domicile,
dans les 36.000 communes de
France », rappelle Romain
Tchénio. Et cela, même Amazon n’en est pas capable. n
Neopost recentre ses activités
sans convaincre les marchés
Le spécialiste des machines
à affranchir va concentrer
ses efforts sur 4 activités
et une poignée de pays.
L’action a perdu près de
16 % à l’annonce de son plan.
Neopost a décidé de choisir ses
combats. La société, dont le cœur
de métier reste la fourniture d’équipements pour traiter le courrier, a
présenté, la semaine dernière, sa
stratégie pour la période 2019-2022,
caractérisée par un recentrage sur
certaines activités et certains pays.
Depuis une quinzaine d’années,
Neopost doit composer avec le
déclin structurel des échanges de
courrier, qui racornissent peu à peu
sa rentabilité. Pour compenser, la
société s’est lancée depuis 2012 dans
une politique de diversification, qui
lui a permis de ramener de 92 % à
70 % le poids de l’activité courrier
dans son chiffre d’affaires. Mais au
passage, l’entreprise s’est un peu trop
éparpillée : « Le rééquilibrage partiel
des revenus de Neopost s’est fait au
prix d’une forte fragmentation du
modèle en dehors de cette activité »,
indique l’entreprise dans un communiqué, relevant qu’elle « commercialise aujourd’hui plus de 80 produits
différents dans de multiples marchés
finaux, chacun de ces marchés présentant un mix d’activités très différent et,
dans une large mesure, des clients très
différents ». De surcroît, la rentabilité
n’a pas toujours été au rendez-vous.
Arrivé depuis quelques mois, le
nouveau directeur général, Geoffrey Godet, a sonné l’heure du
recentrage. Sur le plan géographique tout d’abord, puisque l’entreprise va se limiter à l’Amérique du
Nord et « aux principaux pays européens ». En termes d’activité
ensuite, car Neopost entend se concentrer « sur quatre solutions
majeures », à commencer par le
courrier, métier dans lequel l’entreprise va réinvestir afin de renouveler et étendre sa gamme de produits. Malgré un marché qui
s’étiole, les marges restent très élevées, et la société veut accroître les
recettes qu’elle peut en tirer pour
financer ses autres investissements.
Le groupe mise également sur le
marché des consignes automatiques. Celles-ci apparaissent dans de
nombreux pays comme une solution logistique pour accompagner
l’essor du commerce en ligne. Neopost a d’ailleurs annoncé, mercredi,
l’acquisition de Parcel Pending, une
jeune pousse américaine, pour un
prix supérieur à 100 millions de dollars. La start-up est présentée
comme « le principal fournisseur de
consignes automatiques pour les secteurs résidentiel, du commerce et des
universités aux Etats-Unis et au
Canada ». Une manière d’afficher
très concrètement ses nouvelles
ambitions dans ce métier.
Ils nous ont fait l’honneur de participer aux conférences.
Merci.
« Acquisitions ciblées »
70 %
Plus largement, le groupe veut « saisir des opportunités d’acquisitions
ciblées » et compte y consacrer
100 millions par an d’ici à 2022. Les
activités jugées non stratégiques,
elles, seront passées en revue, et
seront cédées ou fermées si elles ne
peuvent être redressées. Ce plan,
selon Geoffrey Godet, doit permettre de ramener le poids de l’activité
courrier à 50 % du chiffre d’affaires
d’ici à 2022, et de renouer au plus
tard à cette date avec une croissance
organique du chiffre d’affaires.
Mais, à court terme, cela suppose
une baisse du dividende, ce que la
Bourse n’a pas apprécié : le cours de
l’action a dégringolé de près de 16 %
mercredi à l’annonce de ce plan. Sur
cinq jours, au terme de la semaine,
elle avait cédé près de 13 %. — L. S.
La part de l’activité courrier dans
le chiffre d’affaires, qui doit être
ramenée à 50 % d’ici à 2022.
(
Lire « Crible »
Page 40
André Coisne
Bertrand Corbeau
Jean-Bernard Levy
Patrick PoUyanné
orange bank
CRÉDIT AGRICOLE SA
EDF
TOTAL
Jean-Pierre FARANDOU
Didier Gambart
MOUNIR MAHJOUBI
GROUPE KEOLIS
TOYOTA France
Directeur général
Président du directoire
Directeur Général Adjoint
Président
@clublesechos #clublesechos
Président-directeur Général
Président-directeur Général
Secrétaire d’état chargé du numérique
linkedin.com/company/clublesechos
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24 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
Un projet pour redorer le lustre
du Palm Beach de Cannes
HÔTELLERIE
Nos data et nous,
une schizophrénie
Les copropriétaires
de la Pointe Croisette
se montrent favorables
à la création d’un pôle
d’animation et
divertissement dans
un Palm Beach rénové.
TENDANCE
Nous voulons que « ce qui se
passe sur notre smartphone
reste sur notre smartphone ».
Un défi pour les marques.
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
Le Palm Beach à Cannes déchaîne
toujours les passions. Faut-il raser
le bâtiment pour construire un
palace ou le rénover pour renouer
avec un passé mythique et donner à
la ville le pôle d’animation et de
divertissements qui lui manque ?
Un appel à projets a été lancé en
2017 au nom des copropriétaires de
la Pointe Croisette – ils sont plus de
1.500 – qui se partagent ce site
exceptionnel, face aux îles de
Lérins. Si choisir n’était pas à l’ordre
du jour de l’assemblée générale
annuelle du 26 janvier, la question a
pourtant monopolisé les débats.
Dans un climat houleux, les participants ont fait entendre aux cinq
syndics qui gèrent les intérêts du
syndicat des copropriétaires qu’il
fallait avancer rapidement sur ce
dossier. Une large majorité semble
se dégager en faveur du projet porté
par la société Cannes Balnéaire de
Patrick Tartary et David Barokas,
des restaurateurs qui gèrent déjà
une quinzaine d’établissements
dans la région, et qui sont titulaires
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Illustration du projet porté par la société Cannes Balnéaire qui prévoit, entre autres aménagements,
la réfection de la légendaire piscine du Palm Beach. Illustration Cannes Balnéaire/Palm Beach
du bail emphytéotique, racheté en
2017 au groupe Partouche pour un
montant de 23,5 millions d’euros,
après le transfert du casino dans un
autre établissement, le 3.14.
Faire revenir la clientèle
voulant se divertir
Création de restaurants haut de
gamme (des contrats ont déjà été
signés avec des chaînes internatio-
nales comme Zuma et Nusr-Et),
d’une boîte de nuit, réfection de la
légendaire piscine du Palm Beach,
aménagement de la plage et d’une
salle de gala pouvant accueillir des
dîners-concerts, etc : leur projet est
estimé autour d’une centaine de
millions d’euros, financé avec le
soutien de la Caisse d’Epargne Côte
d’Azur et de la Caisse des Dépôts et
Consignations. « Nous avons déjà
ANNLEGALWK
75 • PARIS
SOCIETE
12138746 – LE PUBLICATEUR LEGAL
BOUCHERIE DE FLANDRE
Société A Responsabilité Limitée au
capital de 40.000 euros
Siège social : 47, rue de Flandre
75019 PARIS
323 161 372 RCS PARIS
Aux termes des décisions en date du
21 janvier 2019, l’Associé unique, la Société BOUCHERIE DU PARC, S.A.R.L.
au capital de 7.622,45 euros sise 47, rue
de Flandre 75019 Paris, 433 585 858
RCS PARIS a décidé la dissolution sans
liquidation de la Société BOUCHERIE
DE FLANDRE par application de l’article
1844-5 al.3 du Code civil. Cette dissolution entraîne la transmission universelle
du patrimoine de la Société BOUCHERIE DE FLANDRE à la société BOUCHERIE DU PARC, à l’issue du délai
d’opposition qui est de 30 jours à compter
de cette publication. La société sera radiée du RCS tenu par le greffe du tribunal
de commerce de Paris.
78 • YVELINES
SOCIETE
421104B – LES ECHOS
MILLAROM
SARL Unipersonnelle au capital de
1000,00 €
4, rue Blaise Pascal, 78390 Bois d’Arcy
831814728 RCS Versailles
Par décision en date du 03/09/2018 il a
été décidé de transférer le siège social
de la société au 6, rue Saint-Nicolas,
78690 Saint-Rémy-L’Honoré à compter
du 21/01/2019. Mention en sera faite au
RCS de Versailles
91 • ESSONNE
SOCIETE
421095B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
19/01/2019 il a été constitué une SCI
nommée :
EZEL
marketing
Objet social : Acquisition de tous immeubles de toute nature, propriété, administration, gestion par bail ou autrement.
Siège social : 26 RUE GABRIEL PERI,
91350 GRIGNY
Capital : 100 € Gérant : Mlle Esra BOZTAS, 26 RUE GABRIEL PERI, 91350
GRIGNY cession des parts soumise à
agrément. Durée : 99 ans à compter de
son immatriculation au RCS de Evry
421094A – LES ECHOS
Suivant acte SSP du 17/01/2019 constitution de la SASU CAFE BOUKHRISS
Capital fixe : 100 € Siège social : 16
BIS AVENUE DE LA CHARMILLE 91390
MORSANG SUR ORGE Objet social :
GESTIONNAIRE DE MACHINES A
CAFE ET VENTE DE CAFE, SUCRE,
GOBELETS ET AGITATEURS ET PETITES MACHINES A CAFE Président : Mr
ABDELBAKI BOUKHRISS demeurant 16
BIS AVENUE DE LA CHARMILLE 91390
MORSANG SUR ORGE élu pour une durée illimitée Durée de la société : 99 ans
à compter de son immatriculation au
RCS de EVRY
92 • HAUTS-DE-SEINE
SOCIETE
421133B – LES ECHOS
dernière, entraînant la transmission universelle de son patrimoine, conformément aux termes de l’article 1844-5 al. 3
du Code civil. Les créanciers peuvent former opposition dans les 30 jours de la
présente publication au Tribunal de
Commerce de Nanterre. Pour avis. Mention en sera faite au RCS de Nanterre
421122A – LES ECHOS
Par ASSP du 09/01/19,il a été constitué
la SCI dénommée SKYFAMILY.Siège
social :30 av victor hugo 92220 Bagneux.Capital :30 €.Objet :acquisition et
gestion de biens mobiliers et immobiliers.Gérance :M.Jonathan Riquet,30 av victor hugo 92220 Bagneux ;
Mme Lovely Otvas,30 av victor hugo
92220 Bagneux ; SKYRENTIA,SAS,au
capital de 56300 €,842 357 659 RCS
Nanterre,représentée par Jonathan Riquet.Cessions soumises à agrément.Durée :99ans.Immatriculation au RCS de
NANTERRE.
94 • VAL-DE-MARNE
421114B – LES ECHOS
FOLLOW THE SUN - FTS
SASU au capital de 82800 €
8 Rue Guy Moquet,
94130 Nogent sur Marne
351650833 RCS Créteil
Par décision de l’Associé unique en date
du 31/12/2018 l’associé unique a : - approuvé les comptes définitifs de la liquidation, - donné quitus au Liquidateur, M.
Bardini Michel 8 Rue Guy Moquet, 94130
Nogent sur Marne, pour sa gestion et décharge de son mandat, - prononcé la clôture des opérations de liquidation à
compter du jour de ladite Assemblée. Radiation au RCS de Créteil.
421134B – LES ECHOS
MAISON
DEMAY GALLET
SARL au capital de 5000,00 €
45 Rue Lucien SAMPAIX 92320
Châtillon
540010337 RCS Nanterre
Par DAU en date du 24/01/2019, la société AUX DOUZE COUPS DE MIDI
SARL au capital de 13440 € située 1
Rond point du Général LECLERC, 92140
Clamart et immatriculée au RCS de Nanterre sous le numéro 821508710, associé unique de la société a décidé la dissolution sans liquidation de cette
« Nous avons déjà
investi une douzaine
de millions d’euros,
nous comptons
refaire le Palm Beach
à neuf et ramener à
Cannes une clientèle
qui aujourd’hui
préfère aller
se divertir à Monaco
ou Saint-Tropez. »
PATRICK TARTARY
Codirigeant de Cannes Balnéaire
SOCIETE
Aux termes d’un acte SSP en date du
23/01/2019 il a été constitué une SASU
nommée :
Objet social : ORGANISATION DE SÉJOURS À L’ÉTRANGER ; ORGANISATION DE SPECTACLE VIVANT ;
COURS DE MUSIQUE
Siège social : 49, AVENUE JEAN JAURES, 92290 CHATENAY MALABRY
Nom commercial : FOLLOW THE SUN
- FTS Capital : 1000 € Président : M.
MARCELO BRAGA SANTOS demeurant : 49, AVENUE JEAN JAURES,
92290 CHATENAY MALABRY élu pour
une durée indéterminée Admission aux
assemblées et exercice du droit de
vote : Chaque actionnaire est convoqué
aux Assemblées. Chaque action donne
droit à une voix. Clauses d’agrément :
Les actions sont librement cessibles entre actionnaires uniquement avec accord
du Président de la société. Durée : 99
ans à compter de son immatriculation au
RCS de Nanterre
investi une douzaine de millions
d’euros, nous comptons refaire le
Palm Beach à neuf et ramener à Cannes une clientèle qui aujourd’hui préfère aller se divertir à Monaco ou
Saint-Tropez, faute de trouver sur
place ce qu’elle cherche », affirme
Patrick Tartary.
Ces arguments ont fait mouche
auprès des copropriétaires comme
des socioprofessionnels cannois,
qui estiment que la ville n’a pas
besoin d’un hôtel de plus, fût-il un
palace, dans une ville déjà bien équipée. Ce que propose pourtant le
groupe hôtelier maltais Corinthia,
l’autre projet en compétition, qui
envisage de démolir le Palm Beach
pour construire à sa place un palace
de 220 chambres et suites, ouvert
toute l’année pour un investissement de 200 millions d’euros.
PIERRE BARDINI
95 • VAL-D'OISE
SOCIETE
421121A – LES ECHOS
B3S
SCI au capital de 1 000 euros
Siège social : 21, rue des Alouettes
95600 EAUBONNE
502 721 541 RCS PONTOISE
Le 29/06/2018, l’assemblée générale ordinaire a nommé Gérant, M Jean-Paul
BENYAMIN demeurant 14, rue CharlesFrançois Dubigny 95130 Plessy Bouchard en remplacement de Mr Laurent
Benyamin démissionnaire. Modification
au RCS de Pontoise.
Une assemblée générale extraordinaire va être convoquée dans les
prochains mois pour entériner le
choix définitif. En attendant, les syndics ont reçu pour mission de préparer la renégociation du bail en cours
avec la société Cannes Balnéaire.
L’objectif est de ne pas attendre
l’échéance programmée à la fin 2027
pour signer un nouveau bail, afin de
lancer le programme d’investissement au plus vite.
« Près de 1 milliard d’euros ont été
investis ces dix dernières années pour
moderniser le parc hôtelier cannois.
Avec la fin prochaine des chantiers du
Martinez et du Carlton et le réaménagement des plages de la Croisette, un
Palm Beach, pôle de divertissement,
qui renouerait avec sa vocation
d’antan est le projet phare nécessaire
pour soutenir l’attractivité de Cannes », estime Michel Chevillon, président du syndicat des hôteliers.
David Lisnard, le maire de Cannes,
se garde bien d’intervenir dans le
débat, arguant qu’il s’agit là d’un projet privé, mais il veille au grain, le
PLU arrêté par la ville interdit en
effet toute construction d’hôtel sur la
Pointe Croisette. n
Janvier est la saison des bilans
annuels pour les « dataïstes »,
ces amoureux de la data qui
consignent le plus possible de
données de leur vie pour
découvrir des corrélations ou
simplement visualiser leurs
activités ou leurs humeurs.
Comme l’a raconté un article
récent de « L’ADN », ils se
retrouvent à cette période de
l’année sur les réseaux sociaux
ou des forums numériques, par
exemple r/DataIsBeautiful de
Reddit, échangent les meilleurs
tuyaux pour maîtriser Excel et
partagent d’impressionnants
graphiques multicolores.
« J’ai traqué mon sommeil
tous les jours en 2018 et comment
les hackathons le perturbent »,
« Flux d’argent d’un homme de
26 ans en 2018 », « Mon année
2018 visualisée avec des oui et des
non » [réponse à des entrées
diverses comme « heureux ou
triste au travail », « dans les
relations », « consommation
d’herbe », etc.]…
leur spontanéité, ainsi qu’à partager des données souvent très
personnelles, est le reflet d’une
société peu inquiète de se mettre
à nu devant les algorithmes.
Alors que les experts estiment
que les données personnelles
sont l’or noir monnayable du
XXIe siècle, peu de gens s’intéressent à l’idée de faire payer les
siennes à Google ou Facebook.
La main invisible
du flux de data
Yuval Noah Hariri, l’auteur de
« Homo Deus », avance dans un
point de vue au « Financial
Times » que le mouvement est
encore plus profond. Il parle de
« dataïsme » comme d’une religion, une croyance en la main
invisible non pas du marché
mais du flux de data. La nouvelle devise est :« Si vous expérimentez quelque chose, enregistrez-le ; si vous l’enregistrez,
partagez-le », dit-il, l’idée étant
que le système fondé sur la data
peut comprendre les humains
mieux qu’eux-mêmes.
On le voit en médecine où les
diagnostics de l’algorithme
dépassent en pertinence ceux
du praticien. Et comme dit
Yuval Noah Hariri, « malgré
leurs craintes d’atteintes à la vie
privée et au libre arbitre, quand
les consommateurs doivent choisir entre leur vie privée et une
meilleure santé, la plupart choisissent la santé ». Mais déjà, les
Une des principales motivations, en tout cas consciente,
des « dataïstes » est la quête de la performance : être meilleur
au travail, en sport, dans le sommeil. Photo Shutterstock
Pour les marketeurs et leurs
scientifiques de la data, ces
dataïstes, appelés autrement
adeptes du « lifelogging » (enregistrement de la vie) ou du
« quantified self » (soi quantifié),
sont un paradoxe. L’année 2018
a en effet été marquée par le
scandale des fuites de données à
la société britannique Cambridge Analytica, avec son cortège de craintes de surveillance
généralisée et de manipulation
des émotions. C’est aussi l’année
de la mise en place du règlement
général sur la protection des
données (RGPD), qui complique tant la vie des spécialistes de
la data à des fins commerciales
et publicitaires.
Certes, une des principales
motivations, en tout cas consciente, des dataïstes est la
quête de la performance : être
meilleur au travail, en sport,
dans le sommeil, etc. Les objets
portables comme les montres
ou les écouteurs prenant de
plus en plus de mesures physiologiques, les possibilités se
multiplient.
Mais la propension de ces
« lifeloggers » à ne pas s’inquiéter de perdre leur libre arbitre ou
algorithmes des sites de dating
s ave n t m i e u x q u i m e t t r e
ensemble, ceux de Netflix quels
films nous allons préférer, etc.
Dans ce contexte, un grand
panneau publicitaire placé par
Apple devant l’entrée du dernier CES de Las Vegas rappelle
toutefois avec humour que la
vie privée n’a pas perdu tous ses
charmes : « Tout ce qui se passe
sur votre iPhone reste sur votre
iPhone » (un détournement de
la devise de la ville). Tim Cook
base une grande partie de la stratégie d’Apple sur sa capacité à
protéger les données personnelles de ses clients mieux que les
autres Gafa.
Un des grands enjeux pour
l’Apple Watch et une des clefs
de succès de la réussite d’Apple
dans le secteur de la santé
seront de montrer que les données recueillies sont inviolables, disent les analystes. Trouver un moyen de protéger les
données personnelles et le libre
arbitre de leurs clients sans
renoncer à l’efficacité de la
main invisible du flux de data,
voilà peut-être le grand écart
que devront faire les marques
dans les années à venir… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
HIGH-TECH
&MEDIAS
DR
en
pixels
Hachette Livre (Lagardère)
négocie l’acquisition d’éditeur
de jeux de société Gigamic
(Quarto, 6 qui prend, Bazar
Bizarre…), pour se renforcer dans
les activités de loisirs adjacentes
au monde de l’édition. Créé il y a
vingt-sept ans, Gigamic édite
une quinzaine de nouveautés par
an et réalise plus de 15 millions
de chiffre d’affaires.
Shutterstock
Hachette Livre
va acquérir Gigamic
Buzzfeed
supprimerait 15 %
de ses effectifs
11 %
Touché par la dégradation
du marché publicitaire
sur Internet et toujours
en pertes, le site d’information
américain Buzzfeed, mêlant
buzz et enquêtes, pourrait
supprimer 15 % de ses effectifs. Il
avait déjà licencié 100 personnes
en 2017 (8 % des effectifs)
et arrêté sa version française.
DE RECUL
Le marché chinois des smartphones, le premier au monde,
a reculé de 11 % sur l’année
écoulée (Strategy Analytics).
C’est le deuxième repli annuel
consécutif. Il souffre de cycles
de remplacement plus longs
et de faibles dépenses
de consommation.
Apple, Spotify, Facebook, Netflix
et Google à l’assaut de l’Inde
NUMÉRIQUE
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
et Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Mirage ou eldorado ? Les tensions
se renforçant dans le commerce
international avec la Chine, les
grands acteurs de la tech misent sur
l’Inde pour diversifier leurs risques.
1
UNE NOUVELLE
FRONTIÈRE POUR
LE STREAMING
Une infime fraction de la population
est prête à dépenser de l’argent pour
des médias, mais cela ne dissuade
pas les géants du streaming. Dans la
musique, Spotify vient d’annoncer
un partenariat avec le label indien
T-Series (lire ci-contre) et beaucoup
y voient un vecteur d’accélération
du lancement du service suédois
cette année en Inde. Dans l’audiovisuel, le défi que s’est lancé Netflix d’y
conquérir ses 100 prochains millions d’abonnés est connu, quitte à
faire payer moins cher. En tout cas,
sa série originale « Sacred Games »
a bien marché. Quant à Amazon
Prime Video, il aurait 30 séries originales en vue pour l’Inde, selon « Hollywood Reporter ».
2
WHATSAPP,
UN RÉFLEXE INDIEN
WhatsApp a percé en Inde avant
d’être acquis par Facebook. La messagerie totalise aujourd’hui plus
de 200 millions d’utilisateurs actifs
indiens (sur un total de 1,5 milliard
dans le monde). Comme l’expliquait récemment « Wired », les
Indiens peuvent survivre sans oxygène mais pas sans WhatsApp, qui
a d’autres fonctionnalités que la
messagerie. Facebook, dont le
réseau social est également très
présent, est donc prêt à patienter
avant que le marché publicitaire
décolle dans le pays. Cela dit, quelques nuages s’accumulent. Le système de paiement en ligne de WhasApp, dont le potentiel est jugé
prometteur et qu’il voulait mettre
en place bientôt, attend le feu vert
des autorités. Les accusations selon
lesquelles WhatsApp nourrit les
« infox » et la violence dans le pays –
des lynchages ont eu lieu – n’aident
pas… Facebook doit également
affronter la concurrence de Google.
Car la filiale d’Alphabet est également ambitieuse en Inde. Elle est
très présente avec YouTube, qui ne
compte pas moins de 250 millions
d’utilisateurs mensuels, ce qui fait
de l’Inde son débouché le plus
important sur ce critère.
3
LE DEUXIÈME MARCHÉ
MONDIAL DES
SMARTPHONES…
Avec plus de 500 millions d’utilisateurs de smartphones, l’Inde est
aujourd’hui le deuxième marché
mondial derrière la Chine. Mais,
contrairement à cette dernière où le
secteur décroît, l’Inde demeure une
terre de croissance à deux chiffres.
Pour l’heure, le chinois Xiaomi s’y
Abhishek N. Chinnappa/Reuters
l La Chine connaît une période
de fermeture de ses frontières.
l En réaction, les multinationales
de la tech en quête de croissance
se tournent de plus en plus vers l’Inde.
l Aperçu des récentes initiatives…
Un magasin Samsung en Inde. Le groupe sud-coréen y a ouvert la plus grande usine de production de smartphones au monde l’été dernier.
arroge la plus grande part de marché devant Samsung, Micromax et
Oppo, d’après Counterpoint. La raison ? Les Indiens sont une majorité
à plébisciter les smartphones à
moins de 250 dollars. Ce marché ne
devrait pas être une planche de salut
pour Apple, et ses iPhone haut de
gamme, qui nourrissait pourtant de
grandes ambitions.
4
… OÙ DE PLUS EN PLUS
DE MODÈLES SONT
PRODUITS
Le « Make in India », cher au Premier ministre, Narendra Modi, est
en marche. L’été dernier, Samsung a
ouvert en Inde la plus grande usine
de production de smartphones au
monde. Le groupe sud-coréen semble faire des émules. Le chinois
Huawei pourrait commencer à y
faire fabriquer certains modèles
cette année. Son compatriote Foxconn, principal assembleur des
iPhone, envisagerait d’y délocaliser
une grande partie de sa production
et pourrait y fabriquer les smartphones les plus chers d’Apple.
L’Inde profite des tensions commerciales entre Pékin et Washington qui a mis en place des surtaxes
pour certains produits de grande
consommation fabriqués en Chine.
Pour l’heure, les smartphones sont
épargnés. Mais les acteurs du secteur sont inquiets et préfèrent prendre les devants. n
DÉCRYPTAGE // La classe moyenne solvable n’est pas si importante. Mais les géants du Net
sont patients. Et, en attendant que le marché réalise son potentiel, ils expérimentent.
Un marché qui devrait rapporter gros aux géants
du Net et de la tech, mais… plus tard
es géants mondiaux de la
tech, notamment américains, fondent en ce moment
beaucoup d’espoirs sur l’Inde, qui
leur ouvre ses portes alors que se
referment depuis quelques mois
celles du marché chinois sur fond de
guerre commerciale. Mais c’est avec
le regard tourné vers le long terme…
En effet, pour l’instant au moins, la
part de la population solvable n’est
pas forcément aussi grande que certains l’espèrent. Lorsque Netflix a dit
que ses 100 prochains millions
d’abonnés seraient en Inde, certains
ont évalué sa classe moyenne dans
les standards de la classe moyenne
mondiale, à seulement 50 millions
de p ersonnes sur un total de
1,25 milliard d’habitants.
KPMG estime le marché de la
publicité en ligne à 2 milliards de
dollars, contre 80 milliards pour le
L
marché américain. Et Apple vend
moins de 1 % de ses iPhone dans le
sous-continent.
Pour ces géants du Net et de la
tech, peu importe. Le patron
d’Apple, Tim Cook, n’a-t-il pas dit
que sa société était en Inde pour les
mille ans qui viennent ? En attendant que le marché publicitaire
décolle, Google et Facebook s’activent, quant à eux, sans espoir de
retour sur investissement à court
terme pour connecter la population
au Web, Google avec le Next Billion
Users et Facebook avec le programme Express Wi-Fi. Leur gros
avantage pour se permettre d’attendre les clients de demain ? Leur
croissance ailleurs et le matelas de
liquidités qu’ils ont accumulé ces
dernières années…
L’ouverture de l’Inde aux entreprises étrangères peut être contrariée
par les autorités – comme pour l’initiative dans le wi-fi de Facebook –, et
il y aura des hauts et des bas pour les
multinationales, notamment en
matière de protectionnisme. Mais,
lorsqu’on peut attendre, le potentiel
est important. Google estime que
40 millions de nouvelles personnes
accèdent chaque année à Internet
dans le pays. On estime que c’est le
pays à la plus forte croissance. Selon
l’agence Zenith, l’Inde sera le troisième plus gros pays contributeur à
la croissance de la publicité en ligne
entre aujourd’hui et 2021.
Selon un point de vue publié dans
le « Washington Post » en décembre, l’arrivée de l’opérateur mobile
Jio, offrant du haut débit à bas prix, a
tout changé à l’automne 2016. Il y
avait alors 346 millions d’Indiens
connectés au Web par le mobile, il y
en a désormais 500 millions (avec
530 millions de possesseurs de
smartphone). C’est déjà le second
plus grand pays en ligne.
En attendant la solvabilité de cette
immense clientèle, les géants du Net
testent des innovations, notamment
dans les réseaux sociaux, comme
l’expliquait récemment Axios. Google a ainsi un réseau social basé sur
les questions et réponses de ses
membres, baptisé Neighbourly,
même s’il n’en est qu’à ses balbutiements. Amazon a développé Spark,
un réseau de recommandation
sociale d’achats en ligne, également
encore confidentiel.
Quant à YouTube, la filiale vidéo
de Google, il a constaté qu’il était
dans ce pays considéré comme un
moteur de recherche, tant les internautes sont friands de vidéos. Sur
certains aspects, c’est l’Inde qui
pourrait être en avance… — N. M.
T-Series pourrait bientôt
régner sur YouTube
La société indienne a
profité du phénomène
Bollywood pour devenir
un poids lourd du
divertissement en Inde.
Aux âmes bien nées, la valeur
n’attend point le nombre des
années. Bhushan Kumar n’a pas
dix-neuf ans quand il reprend les
rênes de la société indienne T-Series, après l’assassinat de son père
Gulshan Kumar en 1997. Il est
aujourd’hui surnommé « The
shahenshah of music » (l’empereur de la musique) ; en vingtdeux ans, il a chamboulé l’industrie musicale en Inde, s’arrogeant
entre 70 % et 80 % de parts de
marché, selon les observateurs du
secteur, et a fait de son groupe un
poids lourd du divertissement.
Des cassettes audio
à Bollywood
Rien ne semblait prédestiner
la société à pareille trajectoire.
A ses débuts, en 1983, T-Series
(nommé alors Super Cassettes
Industries Limited) est dans le
commerce interlope des cassettes
audio piratées. Au début des
années 1990, le groupe met un
coup de volant vers les bandes originales (BO) de film et se mue en
maison de disques. Plus rentable…
et légal. Feu Gulshan Kumar a eu
du nez : le phénomène Bollywood
est sur la rampe de lancement et
T-Series va produire la BO du film
indien « Aashiqui », dont les ventes se monteront à 20 millions
d’unités. L’un des plus grands succès pour une bande originale d’un
film bollywoodien.
Quitte à en produire la musique,
pourquoi ne pas s’occuper aussi
du film. C’est le raisonnement qu’a
le paternel de Bhushan Kumar.
Quand son fils prend la suite, il
s’évertue à consolider la place de
T-Series sur le marché de la musique et va produire plusieurs films
à succès en Inde. Un secteur sur
lequel il se focalise en priorité.
« Je ne suis pas un investisseur
passif dans les films. Je suis un producteur actif. Je suis dur sur les
budgets et je ne suis pas du genre à
laisser un directeur dépenser
n’importe quel montant pour un
film, juste pour l’amour de la passion », confiait, il y a deux ans, ce
désormais quadragénaire, à la
presse indienne. Homme d’affaires rigoureux, il semble aussi
avoir hérité du flair de son père.
La chaîne YouTube de
T-Series a 82,2 millions
d’abonnés.
En 2016, Reliance Jio, le « Free
local », lance son réseau 4G proposé à prix agressif et promet de
couvrir 90 % de la population en
quelques mois, dopant l’achat et
l’utilisation de smartphones. Et
les utilisateurs sont très friands de
vidéos musicales... T-Series investit alors YouTube avec une kyrielle
de formats (clips, interviews de
célébrités indiennes, mini-séries, etc.). Une réussite sans équivalent. Aujourd’hui, l’ensemble
des vidéos enregistre près de
60 milliards de vues sur la plateforme de Google, où la chaîne de
T-Series comptabilise 82,2 millions d’abonnés. Depuis plusieurs
semaines, le groupe talonne le
suédois PewDiePie, roi incontesté
de YouTube depuis 2013. En bon
« shahenshah », sûr qu’une nouvelle couronne ne déplairait pas à
Bhushan Kumar. — N. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // HIGH-TECH & MEDIAS
PRESSE
Le quotidien a été
placé sous la protection du tribunal
de commerce.
Alerte rouge à « L’Humanité ».
Le quotidien de Jean Jaurès,
115 ans cette année, connaît de
nouvelles difficultés financières,
comme l’a révélé « Marianne ».
Il vient d’être placé sous la
protection du tribunal de commerce de Bobigny. « Depuis des
mois », lecteurs et personnels
ont été informés « des lourdes
difficultés financières que devait
affronter “L’Humanité” comme
de nombreux autres journaux »,
indique son directeur, Patrick Le
Hyaric. Le quotidien étant en
cessation de paiement, les salariés sont désormais payés via le
régime de garantie des salaires.
Une audience est prévue le
30 janvier prochain à l’issue de
laquelle « L’Humanité » et ses
quelque 200 salariés seront fixés
sur leur sort. La direction a présenté un plan de continuation et
espère qu’un redressement judiciaire sera prononcé pour pouvoir poursuivre l’activité. Si ce
plan devait être refusé, le journal
pourrait disparaître.
Depuis plusieurs années, le
quotidien connaît des difficultés
financières à la fois structurelles
et conjoncturelles. Il souffre
comme d’autres journaux de la
baisse de ses recettes publicitaires et, aussi, de ses ventes. Celles-ci atteignent 32.724 exemplaires et sont en recul de 6,24 %
sur un an, selon les chiffres de
l’ACPM. Début janvier, le quotidien a relevé son prix de vente de
20 centimes à 2,20 euros.
TF1 et Lagardère
ont été actionnaires
Par le passé, « L’Humanité » a
régulièrement lancé des appels
aux dons. En proie à de graves
difficultés en 2001, le journal
avait même fait entrer des
actionnaires peu habituels dans
son capital. Lagardère, TF1 et les
Caisses d’Epargne ont ainsi
détenu 20 % de « L’Humanité ».
Ils lui avaient respectivement
apporté 8 millions de francs
pour les deux premiers et 5 millions pour le dernier. Ils en sont
sortis depuis, le capital du titre
étant majoritairement détenu
aujourd’hui par la Société des
amis de « L’Humanité ».
Le quotidien pourrait-il à
nouveau ouvrir son capital à des
actionnaires ? Pour l’heure, le
SNJ-CGT de « L’Humanité »
lance un appel aux dons et à
s’abonner au journal. « Le pluralisme de la presse est un enjeu
démocratique, et l’Etat doit prendre ses responsabilités pour
l’assurer », dit-il. Un meeting de
soutien doit être organisé le
22 février à La Bellevilloise à
Paris. — F. Sc., avec AFP
Huawei : Bercy renforce les
contrôles des réseaux télécoms
L’exécutif a envoyé
au Sénat le texte
de l’amendement
encadrant plus strictement les déploiements
de réseaux mobiles.
Retards et surcoûts
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Alors que la pression monte autour
de l’équipementier télécoms chinois
Huawei, Bercy sort du bois. Le gouvernement a transmis au Sénat un
projet d’amendement à la loi Pacte
pour encadrer plus strictement les
déploiements de réseaux mobiles
dans l’Hexagone, comme l’annonçaient « Les Echos », récemment.
S’il est adopté, il changera fortement
les conditions dans lesquelles les
opérateurs sont autorisés à édifier
de nouvelles antennes ou moderniser leurs réseaux. « L’amendement
met en place un contrôle formel sur
certaines parties du réseau plus périphériques, notamment les stations de
base au pied des antennes », explique
un porte-parole de Bercy. Jusqu’à
présent, seuls les équipements de
« cœur de réseau » étaient soumis à
un régime d’autorisation préalable
par l’Anssi (Agence nationale de
sécurité des systèmes d’information). Gérant l’identification et la
connexion des usagers, ils étaient
jugés davantage vulnérables à
d’éventuels piratages ou sabotages.
Et, de fait, aucun opérateur n’a, à ce
ANNLEGALWK
69 • RHÔNE
SOCIETES
docteur Ollier, 69100 VILLEURBANNE et
fixé le siège de liquidation et l’adresse de
correspondance chez le liquidateur M.
John HOULIER. Mention en sera faite au
RCS de Lyon
421485B – LES ECHOS
421380A – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
15/01/2019 il a été constitué une SAS
nommée :
HAKUNA STUDIO
Objet social : Toutes activités d’agence
de communication, de création graphique et de production vidéo et photographie publicitaires.
Siège social : 123 rue des petites écoles, 69390 CHARLY Capital : 1000 €
Président : Mme Cindie DAKMEJIAN
demeurant : 123 rue des petites écoles,
69390 CHARLY élu pour une durée indéterminée Admission aux assemblées et exercice du droit de vote :
Chaque actionnaire est convoqué aux
Assemblées. Chaque action donne droit
à une voix. Clauses d’agrément : Les
actions sont librement cessibles entre actionnaires uniquement avec accord du
Président de la société. Durée : 99 ans
à compter de son immatriculation au
RCS de Lyon
421514B – LES ECHOS
NO’TEA FRANCE
SASU au capital de 5000 €
34 Rue du docteur Ollier, 69100
VILLEURBANNE
807665997 RCS Lyon
Par décision de L’AGE en date du
31/12/2018 l’associé unique a :
- approuvé les comptes définitifs de la liquidation,
- donné quitus au Liquidateur, M. John
HOULIER 34 Rue du docteur Ollier,
69100 VILLEURBANNE, pour sa gestion
et décharge de son mandat,
- prononcé la clôture des opérations de
liquidation à compter du jour de ladite Assemblée. Radiation au RCS de Lyon
421516B – LES ECHOS
NO’TEA FRANCE
SASU au capital de 5000,00 €
34 Rue du docteur Ollier, 69100
VILLEURBANNE
807665997 RCS Lyon
Par décision de L’Associé Unique en
date du 31/12/2018 il a été décidé la dissolution anticipée de la société et sa mise
en liquidation amiable à compter du
31/12/2018, nommé en qualité de liquidateur M. John HOULIER, 34 Rue du
ASSOCIATION COURS PRIVE
LES ACACIAS
Association régie par la loi du 1er juillet
1901
Siège social : 6 chemin des Bruyères 69140 RILLIEUX LA PAPE
Déclarée à la Préfecture du Rhône
Nº RNA W691062590
Nº SIREN 398 964 650
L’ASSOCIATION CENTRE D’ASSISTANCE EDUCATIVE DROME ARDECHE - CAEDA, régie par la loi du 1er juillet 1901, ayant son siège social sis 45
rue Descartes – 26800 PORTES LES
VALENCES, déclarée à la Préfecture du
Rhône, nº RNA W263002760, nº SIREN
439 696 030, ayant pour but, dans le respect de son caractère propre et de sa
charte, l’éducation et la formation des enfants ou adultes et notamment la création
et la gestion de tous établissements scolaires, primaires et secondaires, de tous
centres ou locaux culturels ou sportifs annexes à cet objet, la production et la mise
à disposition de ressources pédagogiques en ligne pour tout public, ainsi que
tout ce qui, directement ou indirectement,
permet ou facilite la réalisation de son objet, notamment la prise de bail ou l’acquisition de bien en vue de l’exercice de son
objet, fait apport par voie d’apport partiel
d’actif à LES ACACIAS ayant pour but,
dans le respect de son caractère propre
et de sa charte, l’éducation et la formation des enfants ou adultes et notamment
la création et la gestion de tous établissements scolaires, primaires et secondaires, de tous centres ou locaux culturels ou sportifs annexes à cet objet, la
production et la mise à disposition de ressources pédagogiques en ligne pour tout
public, ainsi que tout ce qui, directement
ou indirectement, permet ou facilite la
réalisation de son objet, notamment la
prise de bail ou l’acquisition de bien en
vue de l’exercice de son objet, de la totalité de l’actif de sa branche complète et
autonome d’activité de gestion du lycée,
évalué au 31 juillet 2018 à 365.060 € à
charge pour LES ACACIAS de payer la
totalité du passif de la branche d’activité
apportée, évalué à 105.982 €. L’actif net
apporté est donc évalué à 259.078 €.
LES ACACIAS reprend l’intégralité du
patrimoine et des engagements souscrits
par CAEDA au titre de la branche d’activité apportée et se substitue complètement à CAEDA pour assurer la poursuite
une seule raison, à en croire Bercy :
« Les réseaux mobiles deviennent de
plus en plus critiques, connectent des
véhicules, des objets. Ce sera de plus
en plus le cas avec la 5G. Ce changement était indispensable. » L’exécutif
assure « ne pas cibler un équipementier en particulier », comme l’avait
déjà précisé l’Anssi.
TÉLÉCOMS
de ses droits et obligations au titre de la
branche d’activité apportée.
Les éléments d’actif et de passif, au titre
de la branche d’activité apportée, ont été
déterminés sur la base des comptes annuels de CAEDA au 31 juillet 2018.
L’apport partiel d’actif prendra effet, sur
le plan juridique, au premier jour du mois
suivant la tenue des assemblées générales ordinaires de CAEDA et de LES
ACACIAS, soit le 1er mars 2019. Toutefois, sur les plans comptable et fiscal,
l’apport partiel d’actif produira effet rétroactivement au 1er août 2018.
Le projet d’apport partiel d’actif a été arrêté par le conseil d’administration de
CAEDA et par le conseil d’administration
de LES ACACIAS réunis tous deux le 28
décembre 2018.
La date prévue pour les réunions des assemblées générales ordinaires appelées
à statuer sur l’opération est fixée au 28
février 2019 pour CAEDA et pour LES
ACACIAS.
Pour avis. Le conseil d’administration
421521A – LES ECHOS
VAISE PHONE
SARL au capital de 2.000 €. Siège
social : 36 rue Marietton 69009 LYON.
RCS 528 521 024 LYON
Le Gérant, en date du 01/01/2019, a
nommé gérant : M BENAMARI MOHAMED, 73 AVENUE DES MARTYRS DE
LA RESISTANCE, LA RESISTANCE
69200 VENISSIEUX en remplacement
de M MESSAOUDI KARIM, à compter du
01/01/2019. Mention au RCS de LYON.
Pierre Gleizes/RÉA
« L’Humanité »
en grandes
difficultés
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
S’il est adopté, le texte bouleversera les conditions dans lesquelles
les opérateurs sont autorisés à édifier de nouvelles antennes.
jour, déployé d’équip ements
Huawei dans ses cœurs de réseaux
en France.
Dans la nouvelle configuration,
qui devrait concerner tous les
déploiements télécoms à compter
du 1er février, l’éventail des équipements qui seront soumis à autorisa-
tion de l’Anssi sera beaucoup plus
large. L’agence aura deux mois pour
donner (ou non) son feu vert. « Jusqu’ici, il y avait déjà beaucoup
d’échanges informels », relativise
Bercy. Mais l’heure est venue de passer du dialogue informel au régime
juridique contraignant. Et ce, pour
Tous les regards se tournent néanmoins vers le chinois Huawei, qui a
été officiellement exclu des déploiements mobiles dans plusieurs pays
– des Etats-Unis à l’Australie en passant par le Japon. Numéro un mondial du secteur, devant les européens Ericsson et Nokia, Huawei est
également sur la sellette en Allemagne, au Royaume-Uni ou encore en
Pologne. Et devant la levée de boucliers, certains opérateurs commencent à freiner des quatre fers. Le
géant britannique Vodafone vient
ainsi de mettre en pause ses commandes d’équipements Huawei
pour les cœurs de réseaux en attendant d’y voir plus clair.
Pour les opérateurs français,
l’amendement n’est pas une bonne
nouvelle. Ils s’inquiètent des ralentissements et des renchérissements
que le nouveau régime ne manquera pas de provoquer dans le
cadre du déploiement de la 4G
– bien que le gouvernement assure
qu’il n’en sera rien. Il leur reste
cependant encore quelques marges
de négociation sur le texte. La liste
des équipements concernés n’est
pas incluse dans l’amendement et
devrait faire l’objet d’âpres discussions dans les jours à venir. n
Intel se cherche toujours
un patron
COMPOSANTS
Le fabricant de microprocesseurs est dirigé
par un PDG intérimaire
depuis sept mois.
Après une très bonne
année 2018, l’entreprise
devra relever des défis
majeurs en 2019.
Florian Dèbes
@FL_Debes
La question était dans toutes les têtes
et Bob Swan, le PDG par intérim de
l’entreprise américaine Intel, a tenu
à y répondre avant de présenter les
résultats record du numéro un
mondial des processeurs. « Le conseil d’administration continue à évaluer des candidats pour ce que je pense
être le plus gros et le meilleur emploi
ouvert au monde », a-t-il précisé,
douchant les rumeurs qui pressentaient la nomination de son successeur à l’occasion de ce temps de communication avec les investisseurs.
S’il sait faire la publicité du poste
vacant depuis sept mois, Bob Swan a
très vite laissé entendre qu’il préférait revenir à son poste de directeur
financier plutôt que de prendre la
suite de Brian Krzanich, qui avait été
démis de ses fonctions quand il a
reconnu avoir entretenu une
« relation consensuelle » avec une
employée d’Intel – ce qui est
contraire au règlement intérieur.
Quel que soit le nom choisi par le
conseil, le prochain dirigeant aura
fort à faire en 2019. Certes, l’entreprise vient d’enregistrer en 2018 un
nouveau record de chiffre d’affaires
annuel, à 70 milliards de dollars et
en croissance de 13 % par rapport à
2017. Elle a profité d’un rebond
surprise du marché des fabricants
d’ordinateurs à qui Intel vend ses
puces électroniques et de sa diversi-
fication sur le créneau porteur des
processeurs pour les serveurs informatiques.
Mais la fin d’année fut décevante,
à cause de la baisse des ventes de
smartphones dans lesquels se
retrouvent les modems d’Intel, et du
ralentissement de l’économie chinoise. Si Intel parvient à atteindre
ses objectifs 2019 – une croissance de
1 % –, il signera un troisième record
historique de revenus, mais les investisseurs sanctionnent déjà l’entreprise en Bourse pour cette ambition
limitée. Le titre au Nasdaq a clôturé
en baisse de 5,47 % vendredi.
Le conseil d’administration pourrait choisir
un candidat externe.
Comme il en était déjà question
en 2013 au moment de nommer
Brian Krzanich, un homme de
l’interne, le conseil d’administration
d’Intel ne s’interdit rien et pourrait
faire son choix en externe. Ce serait
alors une première dans l’histoire
de l’entreprise qui a inventé le
microprocesseur en 1971. Mi-janvier, un article de Bloomberg indiquait qu’avaient été abandonnées
les hypothèses Sanjay Jha (ex-PDG
de Motorola Mobility et du fondeur
GlobalFoundries), Anand Chandrasekher (un ancien d’Intel et de Qualcomm) ou Renée James (également
une ex-cadre d’Intel).
Mettre de l’ordre
L’entreprise réfute tout sentiment
d’urgence. Mais Intel doit néanmoins prendre garde à ne pas se
laisser dépasser par la situation.
Le futur patron de la société devra
notamment mettre de l’ordre dans
le dispositif industriel d’Intel, alors
que la concurrence (AMD et TSMC)
profite déjà de son retard dans la
course à l’infiniment petit. Toujours
détenteur de 80 % du marché du
processeur PC, Intel doit commencer cette année la commercialisation tant attendue de sa première
gamme de processeurs gravée en
10 nm (Ice Lake), synonyme d’économie d’énergie et de puissance.
(
Lire « Crible »
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
REBOND
START
UP
U
Ulule rachète Sponsorise.me. La plate -forme
française de financement
participatif va, avec cette acquisition,
pouvoir se positionner davantage dans
le sport, spécialité de Sponsorise.me,
qui a financé 3.000 projets sur cette thématique depuis sa création en 2012.
Mais aussi dans le BtoB puisque tous ces
projets ont été accompagnés par des
marques, contre seulement 5 % de ceux
financés via Ulule.
START
Q
50
MILLIONS D’EUROS
Un an après une levée de 42 millions
d’euros, ContentSquare sollicite de nouveau les investisseurs. Cette start-up parisienne fondée par Jonathan Cherki a mis
au point une plate-forme pour mieux
retracer le parcours client en ligne.
La Confédération générale des Scop lance un
site Internet dédié aux jeunes entrepreneurs
souhaitant créer leur start-up « en conciliant
performance économique et utilité sociale ». Ce dernier
met à disposition des informations sur la création et le
financement d’une start-up coopérative, ainsi que des
témoignages d’entrepreneurs ayant choisi ce modèle.
BTP :
Tracktor
lève
3 millions
Kokoroe
reprend
des couleurs
après son pivot
FORMATION
La jeune pousse
a atteint la rentabilité
en 2018.
Elle se consacre
désormais à la formation professionnelle
en ligne, et adopte
les codes de platesformes comme Netflix.
Déborah Loye
@Loydeborah
Un an et demi après son pivot,
Kokoro e est la preuve qu’une
start-up peut renaître de ses cendres, à condition d’être prête à
repartir de zéro. En 2014, Béatrice
Gherara et ses amies d’enfance
Raphaëlle et Elise Covilette décident de quitter leurs emplois pour
se lancer dans l’entrepreneuriat.
Elles développent une place de
marché permettant de trouver des
professeurs pour tous types d’activité. « Nous avions de super statistiques en termes d’inscription, mais
très peu de récurrence, explique Béatrice Gherara. Nous avons fini par
comprendre que nous allions contre
les usages, à savoir payer son prof en
cash… »
En 2017, alors qu’elles avaient levé
250.000 euros, notamment auprès
de Xavier Niel, et employaient 10
personnes, les entrepreneuses décident d’enterrer leur idée de départ.
« Nous avons dû licencier 5 personnes et jeter tout notre code à la poubelle », se remémore la cofondatrice
de l’entreprise.
Kokoroe – qui signifie « apprendre avec le cœur » en japonais –
décide de rester dans le secteur de
l ’é d u c a t i o n , m a i s c h a n g e d e
modèle. « Nous nous sommes centrés
sur les compétences professionnelles,
pour lesquelles les gens sont prêts à
payer », indique Béatrice Gherara.
La deuxième version sera donc une
plate-forme de formation professionnelle en ligne. Pour la designer,
les entrepreneuses réfléchissent à
leur manière de consommer du
contenu, et s’inspirent de plates-formes comme Netflix ou Spotify pour
créer leur nouveau site.
« Nous proposons un univers très
pop, avec des gifs par exemple, et une
expérience utilisateur très léchée »,
décrit la cofondatrice de l’entreprise. L’abonnement mensuel de
6,50 euros donne accès à 120 formations, liées aux compétences
métier, comme « communication :
réussir sa stratégie de marque »,
aux nouvelles technologies, telle
que « comprendre la révolution de
l’imprimante 3D », ou encore aux «
compétences humaines ». Et ce
sont ces fameux « soft skills » qui
font de plus en plus parler d’eux, qui
sont les plus demandés sur la plateforme. « Les gens ont besoin
d’apprendre à prendre confiance en
CONSTRUCTION
Cette plate-forme
de location d’engins
de chantier en ligne
vient de boucler
un deuxième
tour de table.
Bruno Askenazi
De gauche à droite, Béatrice Gherara, Elise et Raphaëlle Covilette. Leur site propose chaque semaine
une nouvelle formation. Photo Kokoroe
« Nous avions de
super statistiques,
mais très peu
de récurrence…
Nous avons fini par
comprendre
que nous allions
contre les usages. »
BÉATRICE GHERARA
Cofondatrice de Kokoroe
eux, mais aussi comment éviter les
stéréotypes au travail, ou encore
comment déconnecter », énumère
Béatrice Gherara.
Un marché B2B
Des compétences qui intéressent
vraisemblablement les directions
des ressources humaines, puisque
Kokoroe travaille aujourd’hui avec
plus de 50 grands comptes comme
Orange, Danone ou SNCF.
« Nous nous sommes ouverts à ce
marché B2B car les DRH nous ont
approchées », indique l’entrepreneuse. La jeune pousse a par
ailleurs développé un partenariat
avec Pôle emploi, permettant aux
personnes inscrites au chômage
d’avoir accès gratuitement à la moitié de son catalogue.
Aujourd’hui, Kokoroe est rentable, et emploie à nouveau dix personnes. Elle amorcera son dévelop-
pement international en 2019,
grâce au recrutement d’une dizaine
de personnes. « Nous sommes beaucoup plus attentives au retour sur
investissement, et ne nous laissons
plus enflammer pas par les propositions des fonds », décrit l’entrepreneuse.
Pour ne pas tomber à nouveau
dans l’écueil du manque de fidélité
de ses utilisateurs, la start-up mise
sur l’éditorialisation de sa plateforme. Une nouvelle formation est
ajoutée chaque semaine sur le site,
en fonction de l’actualité et des tendances du moment. La jeune
pousse travaille en outre sur une
fonctionnalité de « veille pédagogique », permettant de se former en
continu à un sujet, ainsi qu’à la création d’habitudes pour ses utilisateurs. De quoi inspirer un module
intitulé « Comment apprendre de
ses erreurs »... n
Quatre start-up pour améliorer le bien-être des patients
RECHERCHE
Pfizer vient
de sélectionner
les pépites
qu’il va accélérer
au sein de l’incubateur
de l’Institut du Cerveau
et de la Moelle épinière
(ICM) à Station F.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
C’est le choc des cultures. Entre
start-up et laboratoires pharmaceutiques, le temps est une donnée
apprivoisée de manière radicalem e n t op p o s é e . Pou r ta nt, les
seconds ne peuvent plus envisager
d’innover sans l’aide des premières,
ce qu’a bien compris Pfizer en
nouant un partenariat avec iPEPS,
l’incubateur de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière basé à
Station F. De cette alliance, quatre
jeunes pousses ont émergé et vont
rejoindre un programme d’accompagnement de neuf mois.
« Ces entreprises sont déjà avancées dans leur développement et nous
allons les aider à consolider leur
businessplan, à envisager un développement à l’international »,
résume Jérôme Bancarel, directeur
du Groupe Inflammation et Immunologie chez Pfizer France, et membre du comité de sélection du Pfizer
Healthcare Hub France.
En d’autres termes, le géant américain va insuffler sa maîtrise des
méthodes de mise sur le marché
d’un produit, un élément qui manquait à l’incubateur de l’ICM.
Pour les partenaires de ce nouveau programme, pas question de
sortir de leur domaine de compétence. Les quatre pépites lauréates évoluent toutes dans la santé,
avec un prisme soit d’aide au
patient, à la coordination des
acteurs du parcours de soins ou
de facilitation de la gestion de la
maladie au quotidien, des éléments déterminants pour expliquer leur sélection.
Le numérique
au secours du patient
C’est le cas de Lucine qui veut soulager les 100 millions de personnes
atteintes de douleurs chroniques
en Europe. Cette start-up se présente comme une thérapie digitale
qui, grâce à un logiciel, va pouvoir
détecter la nature et le fonctionne-
Soulager les douleurs chroniques, suivre des patients grâce à l’intelligence artificielle, distribuer
des gélules, s’autoévaluer : les quatre start-up que Pfizer entend accompagner. Photo DR
ment de la douleur grâce à la
caméra embarquée dans un smartphone. Ensuite, elle se propose de
soulager la peine endurée par les
personnes en stimulant ses fonctions cognitives. Le double avantage de cette solution est d’être totalement personnalisée et de ne
générer aucune accoutumance
chimique.
S ê m e i a , autre pépite de la
cohorte Pfizer, s’attaque au casse-
tête du suivi des patients grâce à
l’intelligence artificielle. Son logiciel vendu en mode SaaS s’adresse à
la fois aux patients pour qui il peut
proposer un accompagnement
personnalisé via un robot conversationnel et le transfert de ses données, mais aussi au personnel soignant qui peut ainsi mieux
identifier les patients à risque.
Kiwifab, troisième start-up à
rejoindre Station F, est déjà connue.
Elle a notamment participé au programme d’accélération Big Booster
grâce à son dispositif de distribution de gélules pour les patients
atteints de maladies chroniques.
Autre sélectionnée, AD Scient i a m développe des solutions
d’auto-évaluation adaptées à des
maladies comme la sclérose en plaque ou la dépression, afin de mieux
adapter les choix thérapeutiques
notamment. n
Dans un secteur du BTP qui
p e i n e à s e d i g i t a l i s e r, l e s
start-up se font discrètes. Parmi
les quelques pionnières, Tracktor pourrait servir de modèle à
d’autres projets innovants.
Moins de trois ans après son
lancement, cette plate-forme
de location d’engins de chantier
en ligne vient de boucler un
deuxième tour de table de
3 millions d’euros.
Outre Kerala Ventures et
BTP Capital Investissement, qui
avaient déjà apporté
700.000 euros en juillet 2017,
Pierre Kosciusko-Morizet et
Pierre Krings (fondateurs de
PriceMinister) mais aussi
Xavier Niel via Kima Ventures,
participent à la nouvelle levée
de fonds. Un casting de choix,
convaincu par les premiers pas
de la jeune pousse francilienne
qui revendique plus de 10.000
clients ser vis et une cinquantaine de loueurs partenaires.
Une commission de 15 %
La place de marché met en relation des professionnels du BTP
avec des spécialistes reconnus
de la location d’engins de travaux. Pas de devis à envoyer, ni
de temps perdu à contacter les
différents loueurs.
Le service permet d’identifier les machines disponibles à
la location à proximité du chantier et de les réserver en quelques clics à des prix transparents. « Comme nous générons
auprès des loueurs des volumes
d’affaires importants, entre
100.000 et 200.000 euros sur
l’année, nous pouvons négocier
des tarifs compétitifs pour les
artisans : de 20 à 40 % inférieurs
à ceux qu’ils obtiennent habituellement », détaille Julien Mousseau, cofondateur. La start-up
se rémunère en prélevant
auprès du loueur une commission de 15 % sur la transaction.
Déjà opérationnel en Ile-deFrance et dans plusieurs grandes villes (Lille, Lyon, Bordeaux
et Nantes), Tracktor entend
couvrir l’ensemble du territoire national d’ici à fin 2020
tout en renforçant ses équipes
techniques. Sur un marché
français de la location de matériel de chantier en progression
(4,22 milliards d’euros en 2017),
son potentiel de croissance
semble prometteur. D’autant
que les poids lourds de l’activité
(Loxam et Kiloutou) n’ont pas
encore lancé de service équivalent. Sans véritable concurrence directe, la start-up de
16 personnes espère multiplier
par quatre son chiffre d’affaires
en 2019. Avant d’envisager fin
2020 un développement dans
plusieurs pays européens. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Les Echos
en
direct
L’Ecole 42
rachèterait un fort
NOUVELLE AQUITAINE La
NOUVELLE AQUITAINE Le
société Helidax, située à Dax
dans les Landes, a remporté le
contrat pour la maintenance
pendant dix ans des 18 hélicoptères Fennec de l’école de l’armée
de terre au Cannet-des-Maures
dans le Var. L’entreprise annonce
qu’elle va créer 26 emplois.
Elle avait déjà gagné la gestion
de 36 Airbus H120 de l’armée.
fondateur de Free, Xavier Niel, a
acquis le fort des Saumonards au
Nord-Est de l’île d’Oléron en
Charente-Maritime. D’après le
journal « Sud-Ouest », son école
numérique Ecole 42 serait le
mystérieux acheteur du site
napoléonien qui protégeait
l’Arsenal de Rochefort près de
Saint-Georges-d’Oléron. L’objectif
Le Deodic David/Helidax
PME
&REGIONS
Nouveau contrat
pour Helidax
de l’entrepreneur n’est toutefois
pas connu. En juin, le ministère
de la Défense avait posté un « avis
d’appel à candidatures » qui
s’achevait fin octobre, pour trouver des repreneurs. D’après le
journal, 80 candidatures « dont
15 solides » se sont faites connaître. Ce site de 25.600 mètres
carrés au milieu de la forêt à
100 mètres de la plage a servi
jusqu’en 2012 de centre de vacances pour les militaires. Il aurait
été évalué à 850.000 euros.
GASTRONOMIE
Plongée dans l’arrière-cuisine des grands
l Deux chefs, Laurent Petit et Mauro Colagreco, ont fait leur entrée
le 20 janvier dans le cercle très fermé des triple étoilés du Guide Michelin.
l Petit tour dans les coulisses du métier de chef, avec ceux qui doivent
également être de bons chefs d’entreprise.
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
« Marge ou crève ». C’est le slogan
de Christopher Terlesky, conseiller
des chefs sur l’économie des restaurants. On l’appelle au secours pour
sauver un établissement déficitaire
o u m e s u r e r l ’ i m p a c t d ’u n
médaillon de foie gras dans une
salade. Car, derrière les paillettes du
Guide Michelin, qui a décerné
75 nouvelles étoiles le 21 janvier – un
record –, faire tourner un restaurant gastronomique requiert une
science exacte du prix de revient de
l’assiette, du poids des poubelles et
de la taille des portions, suivis à la
virgule près. « La passion ne doit pas
déborder la logique », recommande
celui qui a conseillé 5.000 cuisiniers
en dix-huit ans.
« Un étoilé bien géré ne dégage
guère plus de 5 à 6 % de marge avant
impôt », estime Francis Luzin, fondateur du magazine « Le Chef ». A
10 %, elle est confortable pour réinvestir. Le coût matière oscille entre
30 et 35 % du chiffre d’affaires. Mais
le coût main-d’œuvre, qui devrait
demeurer dans la même fourchette
pour maintenir le ratio d’équilibre à
70 %, s’envole jusqu’à 45 % dans les
adresses étoilées. « Un œuf coûte
sensiblement le même prix, mais il
faut trois fois plus de personnel pour
le préparer et le servir », pointe
Christopher Terlesky.
Certains palaces, à cause de la
« coupure » qui freine les vocations,
ont même deux équipes, une pour
le déjeuner, une pour le dîner. « Le
“prime cost” d’un triple étoilé Michelin est à 92 % ! Il perd de l’argent tous
les jours », assure Bernard Boutboul, de Gira Conseil. Tout a augmenté : les charges sociales, les produits, les loyers… « Or, à 300 ou
400 euros le ticket moyen, il n’est plus
possible de répercuter indéfiniment
ces hausses sur les tarifs. » Si, dans
les grands hôtels, le déficit est
épongé par le retour sur image, les
chefs patrons, dans la foulée des
cuisiniers entrepreneurs Bocuse,
Ducasse et Robuchon, développent
depuis vingt ans des activités complémentaires. « Aucun trois étoiles
ne se suffit à lui-même », constate
Bernard Boutboul.
Casser les codes
Depuis Monsieur Paul, précurseur
des brasseries de chef en 1995, il est
désormais classique d’ouvrir des
bistrots, comptoirs et autres
concepts de tables « bis ». Le volume
des couverts permet d’atteindre des
marges de 12 %. Dans la plupart des
étoilés hors Paris et grandes villes,
des chambres d’hôtel sont apparues, « à l’origine pour permettre
Les algues alimentaires
arrivent dans nos assiettes
Sur les côtes bretonnes se
concentre l’une des plus
importantes réserves
d’algues d’Europe. Une
matière première naturelle
qui met en appétit les
industriels de l’alimentaire.
réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros l’an dernier. Pour une
parfaite maîtrise de sa filière, GlobeXplore vient d’investir dans un
premier bateau qui lui permet de
récolter ses algues brunes.
Goûts venus d’ailleurs
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Chaque année en Bretagne
sont récoltées 70.000 tonnes
d’algues issues de 700 variétés différentes. Cette région concentre 90 %
de la production française. Longtemps, elles ont été utilisées pour la
cosmétologie et l’alimentaire, à partir d’extraits nommés alginates, des
composants émulsifiants ou stabilisants sans saveur ni odeur. Une nouvelle étape est franchie par certains
industriels de l’alimentaire qui
fabriquent des recettes culinaires
complètes.
Chez GlobeXplore – filiale de la
conserverie Hénaff –, il existe près
de 150 produits comme ce tout nouveau tartare aux algues fraîches,
curry de Madras et raisin, vendu
dans la grande distribution sous la
marque Algaé. « Les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux
algues riches en protéines et sans
matières grasses », indique Noëlle
Kerviel, la responsable marketing
de GlobeXplore. Installée à Rosporden (Finistère), cette entreprise a
De son côté, Algoplus basé au port
de Roscoff, effectue ses propres
récoltes pour produire des rillettes
de la mer, des conserves de haricots
marins ou des algues déshydratées.
« La société existe depuis vingt-cinq
ans et cela fait cinq ans que l’on voit
nos ventes réellement décoller », indique Monique Poulet, la dirigeante
de cette société d’une vingtaine de
collaborateurs.
Cuisinier formé à l’hôtel Nikko à
Paris, Pierrick Le Roux, qui est
l’auteur de trois livres de recettes
dont le plus récent « La Cuisine aux
algues » (éditions Jean-Paul Gisserot), organise plusieurs sorties par
an destinées au grand public et aux
professionnels pour leur faire
découvrir l’intérêt culinaire des
algues autrement nommées « salades de la mer ». « Je sens un intérêt
grandissant même si les chefs hésitent
à utiliser pleinement les algues, un
produit qu’ils connaissent mal », indique Pierrick Le Roux. Les industriels
de l’alimentaire hésitent à fabriquer
des recettes complètes car les consommateurs sont loin d’être formés
à ces goûts venus d’Asie. n
aux clients de boire plus – les marges
sur le vin étant les plus importantes », relève Francis Luzin.
Leurs coûts de fonctionnement
très bas s’avèrent une bonne affaire,
une fois l’investissement rentabilisé. La télévision (Jean-François
Piège dans « Top Chef »), le consulting et les partenariats (Mauro
Colagreco, le dernier promu 3 étoiles, avec les établissements Barrière, et tout récemment Guy
Martin à l’Institut du monde arabe)
mettent du beurre dans les épinards. Sans oublier les livres, qui
sont « des opérations de communication », explique Helène Luzin,
agent de chefs. Ils font le buzz pour
ramener la clientèle à table.
Mathieu Viannay, double étoilé à
Lyon, à la tête de La Mère Brazier,
regrette du coup « un manque
d’ambition » chez les jeunes confrères qui se laissent tenter par le
modèle bistronomique low cost :
un couple et un commis pour faire
tourner une petite adresse d’une
vingtaine de places autour d’une
carte réduite. C’est ceux que Nicolas
Nouchi, du cabinet CHD Expert,
nomme les « hipsters de la restauration ». Sortis de grandes brigades
avec du métier et du talent, ils ne
s’embarrassent pas de nappes blanches et ne souhaitent pas « demander 2 millions d’euros à un investis-
seur » pour reproduire le même
schéma. « Ils préfèrent leur liberté,
les cuisines ouvertes et le service en
baskets ». Le public aussi, dit-il, « en
quête de convivialité et d’authenticité
plus que de cérémonial ».
Les chiffres clefs
Petite forme pour les livres de cuisine
56,1
MILLIARDS D’EUROS
Le chiffre d’affaires de la
restauration commerciale
en 2018, selon NPD
(études de marché).
La restauration rapide
représente 63 % des visites
et 43% des dépenses.
180
MILLIERS DE
RESTAURANTS
Selon les estimations de la
DGE, dont près de 10 % à
Paris. Les emplois générés
représentent 493.760
équivalents temps plein.
15,13
EUROS
Ticket moyen des dépenses
des Français au restaurant
en 2017, selon BRA.
Près de 7.000 faillites par an
« C’est moins un choix qu’une nécessité », rétorque Francis Luzin. « A
trente ans, après quinze ans d’apprentissage et de progression dans une brigade, un jeune chef reprend un établissement à la barre du tribunal. » Cela
ne manque pas, avec entre 6.000 et
7.000 faillites par an. « Il démarre
avec les moyens du bord, en travaillant 80 heures par semaine, en
rognant sur les frais de personnel. Au
bout de cinq ans, il a payé son crédit et
se remet un emprunt équivalent sur le
dos pour refaire la salle et la cuisine. »
Le coût d’équipement varie entre
200.000 et 1 million d’euros.
Et, ainsi de suite, dans une logique immobilière : « Il s’agrandit, il
embauche et il vise l’étoile. » Le paysage de la restauration à table (environ 100.000 établissements) connaît un important turnover : entre
les faillites, équilibrées par les créations, et 20.000 changements de
mains par an, un tiers des établissements se renouvellent chaque
année. Moins de 20.000 atteignent
trente ans d’ancienneté. n
L’ouvrage « Simplissime »,
aujourd’hui décliné en
collection par Hachette, n’a
pas empêché le segment
des livres de cuisine de
continuer à baisser.
Julie Chauveau
@juliechauveau
Pas plus de 6 ingrédients, un couteau
de cuisine, des assiettes blanches, le
contenu de votre frigo, un temps de
préparation réduit. La recette de
« Simplissime », le livre de cuisine le
plus vendu en France, a surpris
l’ensemble des spécialistes. Depuis la
sortie du premier ouvrage à couverture noire, le livre de cuisine « le plus
facile au monde », en septembre 2015, le titre a dépassé les
700.000 exemplaires, « trois fois un
bon Goncourt », explique Céline Le
Lamer, directrice du pôle loisirs
créatifs du groupe Hachette. Mais
surtout, il est devenu une collection
avec 36 livres différents totalisant…
2,2 millions d’exemplaires, traduits
en plus de 20 langues, avec des déclinaisons quiches, viande, barbecue,
foie gras, dîners chics, light. « Nous
avions conçu le livre pour répondre
aux besoins des “vraies gens”, avec des
recettes présentées en quelques phrases, et surtout vendu 19,90 euros, soit
l’équivalent d’un bouquet de fleurs »,
se souvient l’auteur Jean-François
Maller. Derrière sa modestie, vingt
ans de travail dans le monde de l’édition et du voyage, major de l’Ecole
Mauro Colagreco, le dernier chef (établissements Barrière), avec Laurent Pe
décernée par le Guide Michelin. Photo Valery Hache / AFP
supérieure de cuisine française
Ferrandi, ex-chef de l’Elysée Lenôtre.
Problème, le succès de cette collection chez Hachette cache une réalité plus sombre pour un secteur qui
fut dans les années 2010 un véritable
far-west, chaque grand chef dégainant des ouvrages de plus en plus
beaux, aux recettes sophistiquées
pratiquement infaisables à domicile.
Explosion des émissions culinaires à
la télévision, mode des ouvrages
sous forme de coffrets cadeau, 2013 a
été le summum avec plus de 9,3 millions d’exemplaires vendus. « Le livre
culinaire était le premier segment du
marché du pratique. Aujourd’hui,
c’est la santé mais de nouvelles tendances apparaissent », explique
Céline Le Lamer. Hachette, qui aligne six maisons d’édition dans ce
secteur pèse plus de la moitié du
marché. L’éditrice voit monter deux
phénomènes. D’abord, les guides
permettant de cuisiner avec les nou-
veaux robots (Thermomix ou Cookeo). Ensuite, ce que les Américains
appellent le « batch cooking », la cuisine en série. Le principe est d’éviter
les plats préparés industriels en
apprenant à faire ses courses et à cuisiner à l’avance les aliments conservés ensuite dans des boîtes hermétiques. Le titre « En deux heures, je
cuisine pour toute la semaine »,
publié chez Hachette en avril rencontre un grand succès. Tout
comme L’atelier de Roxanne, de la
youtoubeuse star vendu à plus de
100.000 exemplaires chez Sola.r
Pâtissiers superstars
En 2017, 5,4 millions de volumes de
livres de cuisine se sont vendus, avec
un chiffre d’affaires global de 74 millions d’euros, contre 98 millions en
2013. Le nombre de nouveautés
publiées supérieur à 100 exemplaires a chuté de 1.300 à 880, selon les
chiffres de « Livres Hebdo ». Mais les
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PME & REGIONS // 29
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
Bayeux : la tapisserie
cartographiée
855
La start-up lyonnaise
réunit 80 producteurs
dans un rayon
de 50 kilomètres
autour de Lyon.
etit, a avoir reçu sa troisième étoile
C’est « le plus grand marché de
producteurs lyonnais », revendique Olivier Michel, président
cofondateur de Via Terroirs. Un
marché en ligne de 80 producteurs dans un rayon de 50 kilomètres autour de Lyon. La
start-up, créée en 2015, facilite
et organise la vente directe
entre les éleveurs, maraîchers,
arboriculteurs, et les professionnels de la restauration. Ils
sont 500 abonnés à la plateforme, du bar à salades aux cuisiniers étoilés Christian Têtedoie ou Jérémy Galvan, « tous
sensibles à une certaine éthique
de l’approvisionnement ».
La solution digitale repose
sur la numérisation des tournées de livraison des producteurs – qui parfois se regroupent
pour démultiplier leurs circuits.
Lorsque le chef, géolocalisé lors
de son inscription, se connecte,
seuls les produits livrés prochainement dans son secteur apparaissent. Le site gère la prise de
commande, le jour de livraison
(par l’agriculteur) et la facturation en fin de mois. Mais le restaurateur paye ses fournisseurs
individuellement « pour garder
l’esprit du circuit court, dit Olivier Michel. On est des facilitateurs, pas des intermédiaires »,
ajoute-t-il, même s’il prélève ses
« frais de service » de 5 à 10 %.
Baisser les coûts
Le livre de cuisine le plus
vendu en France a dépassé les
700.000 exemplaires. Photo DR
livres pointus continuent de fonctionner. Déborah Dupont-Daguet,
propriétaire de la Librairie Gourmande à Paris qui alimente les chefs
et les amateurs éclairés en ouvrages,
décrit des acheteurs fascinés par les
grands pâtissiers comme Yotam
Ottolenghi, qui fait l’objet de papiers
dans le « New York Times » et communique avec ses 377.000 abonnés
sur Twitter. Même phénomène pour
Cédric Grolet, chef cuisinier du
Meurice, avec ses 1,1 million d’abonnés sur Instagram et auteur de
« Fruits ». « Ce qui marche ce sont les
livres pour se faire du bien, même si
des ouvrages comme “La cuisine est
un jeu d’enfants”, avec ses couleurs
acidulées de Raymond Oliver sorti
dans les années 1970, se vendent toujours », ajoute, de son côté, Sandrine
Burbur, qui vient d’ouvrir la
deuxième librairie culinaire parisienne Appétit. n
En dix-huit mois, Via Terroirs a
généré 440.000 euros de
volume d’affaires pour les producteurs. Les chefs y trouvent
leur compte : une volaille de
Bresse, qui quitte son exploitation autour de 6 euros pour Rungis, revient à Lyon via un grossiste à près de 13 euros. Sur Via
Terroirs, c’est 9,80 euros. « Les
pommes sont entre 60 et 80 centimes d’euro le kilo, les moins chères de la région », ajoute le président. La start-up cherche
1 million d’euros et, surtout, des
partenaires dans les groupements de producteurs ou les
associations de restaurateurs
pour se déployer au niveau
national. « On dispose d’un outil
puissant au service d’une vision
de l’alimentation locale et durable, où la technologie n’altère pas
les liens humains. » Mille cinq
cents inscrits sur le site, chefs et
agriculteurs éparpillés en
France, « n’attendent que d’être
reliés à d’autres utilisateurs, et
peuvent constituer les têtes de
pont ». Certains commencent à
se structurer à Saint-Etienne et à
Vannes.
Les circuits courts « sont une
opportunité pour les 30.000 restaurateurs gastronomiques de
baisser leurs coûts matière »,
estime Francis Luzin, fondateur du magazine « Le Chef ».
« Mais les étoilés ont déjà souvent
des producteurs attitrés. » Sans
parler d’un Alain Passart qui a
son propre potager. — L. D.
Comment Symatese a
soigné la conception de ses
prothèses mammaires
avec le Centre de mise en forme
des matériaux (Cemef) de Mines
ParisTech. « Nous avons étudié
les caractéristiques de l’enveloppe, du gel de silicone et du
patch de fermeture », détaille-t-il.
« Ensuite, nous avons élaboré un
modèle informatique de prévision
du vieillissement de ces éléments
en fonction de la pression, des
efforts, des contacts, du temps… »
Le Sirha consacre le
retour du bien-manger
Le rendez-vous mondial
de la restauration et
de l’hôtellerie se tient à
Lyon jusqu’au 30 janvier.
Honte sur le pays de la gastronomie.
Depuis trois ans, selon le cabinet
Gira Conseil, le chiffre d’affaires de
la vente au comptoir, autrement dit
la restauration rapide, a dépassé
celui du service à table. Il représenterait 56,2 % du marché de la restauration hors domicile, un gâteau à
taille variable selon les instituts : de
50 milliards (source BRA) à 84 milliards d’euros (source Insee), selon
qu’on considère la seule restauration commerciale franchisée et
indépendante, ou plus largement la
restauration collective et les achats
de sandwichs en boulangerie. Les
statistiques du panel NPD sont plus
nuancées : 63 % de visites en mode
snacking, pour 43 % des dépenses.
Mais la tendance décelée par
Gira Conseil n’est pas une mauvaise
nouvelle, « au contraire », selon son
directeur général Bernard
manger moins de viande) qui tire
les bars à soupes ou à salades, et qui
contribue à généraliser une offre
spécifique végétale dans deux tiers
des établissements, selon une étude
Food Service Vision (FSV).
Près de 30 % des innovations au
Salon international de la restauration et de l’hôtellerie (Sirha), ou se
bousculent plus de 200.000 professionnels, se rattachent à l’influence
baptisée « naturellement bon » par
le cabinet de tendances alimentaires. Son directeur, François
Blouin, relève parmi les trophées
une farine de banane verte (Agro
Sourcing), de la semoule de choufleur (Gelagri) ou de la poudre
d’algue texturisante pour élaborer
des mousses vegan (Emulsea). Ces
produits « facilitent une cuisine végétale créative et attractive ». Et sans
gluten, autre préoccupation du
moment. Dans le même temps, les
préparations prêt-à-l’emploi reculent. Même si le chiffre d’affaires du
« fast casual » a augmenté de 29 %
entre 2015 et 2017, selon FSV,
Symatese
Via Terroirs,
le circuitcourt des
restaurants
de la tapisserie de Bayeux bordée
au XIe siècle ont été cartographiés en haute définition afin
de faciliter le travail d’analyse
des chercheurs dans le cadre
d’un partenariat entre l’université
de Caen et le CNRS. L’outil accessible pour l’instant uniquement
aux chercheurs permet de zoomer sur des parties.
LA TECHNOLOGIE
SYMATESE
Date de création : 1997
Président : Eric Pérouse
Chiffre d’affaires :
36 millions d’euros
Effectif : 290 personnes
Secteur : médical
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Sécuriser les prothèses mammaires. C’est l’objectif de Symatese qui, après six années de
recherche, vient de déposer son
dossier auprès des autorités de
santé en vue d’obtenir, d’ici à la
fin 2019, le marquage CE pour
ses modèles innovants. Après le
scandale PIP et la récente affaire
des prothèses macrotexturées,
l’entreprise spécialisée dans les
biopolymères, a opéré plusieurs
ruptures technologiques pour
« garantir le maximum de sécurité aux patientes », souligne
Jean-Paul Geradin, directeur
général de Symatese Group,
basé à Bornel dans l’Oise. Sur ce
point crucial cela, il a travaillé
La tendance est à l’offre rapide mais diététique et éthique, par le
choix des produits et la fraîcheur des préparations. Photo Shutterstock
Boutboul : c’est le signe d’« une restauration rapide d’une qualité unique au monde. Mange vite mais pas
mal. » Il date l’origine du phénomène aux années 2000 avec l’apparition des comptoirs Cojean ou
Bert’s, sur le créneau d’une nourriture plus équilibrée que le jambonbeurre, et des concepts de chef
3 étoiles : le Café Be de Ducasse, le
Miyou de Guy Martin, l’Ouest
Express de Bocuse. « Chez Déli Pic,
le libre-service d’Anne-Sophie Pic, le
ticket moyen est à 28 euros… du
jamais-vu pour de la vente à emporter. » Bien supérieur à l’addition
moyenne de 15,13 euros (BRA) dans
l’ensemble du food service.
La vague du fast good
Le secteur du fast-food est profondément transformé par la vague du
« fast go od », dit aussi « fast
casual », une offre rapide mais diététique et-ou éthique, par le choix
des produits et la fraîcheur des préparations. L’image de la malbouffe
recule « devant les aspirations des
Millennials pour une alimentation
plus saine, plus bio, plus locale, plus
végétale », explique Marie-Odile
Fondeur, directrice générale du
Sirha. Cojean compte 26 adresses
pour 36 millions d’euros de chiffre
d’affaires, Exki 37, Bert’s et Jour une
vingtaine. La franchise canadienne
végétarienne Copper Branch arrive
en France en 2019. Mais c’est moins
le végétarisme pur et dur, qui
concerne moins de 3 % de la population, que le flexitarisme affiché
par 40 % des Français (le choix de
« l’essentiel de la croissance repose
toujours sur le modèle américain,
burgers, poulet frit, tacos, burritos »,
relativise François Blouin. McDonald’s reste numéro un. Dans ce
club dominé par les grands groupes, le cabinet BRA observe « la
métamorphose » de la restauration
commerciale sous l’influence grandissante du « fast good », notant « la
vitalité » d’enseignes émergentes
comme Merci Jérôme ou Eat Salad
(73 % et 46 % de croissance en 2017).
Même le burger connaît sa révolution. Le best-seller de Deliveroo
(104 % de hausse des commandes
en 2017) a droit cette année à son
premier World Burger Contest au
Sirha, à côté du Bocuse d’Or et de la
Coupe du monde de la pâtisserie. La
Coupe de France du burger, organisée, elle, par la coopérative bouchère Socopa depuis 2016, est passée de 110 à 275 candidats en 2018 :
50 foodtrucks, 100 restaurants à
burgers et 125 établissements traditionnels. On ne compte plus, à côté
des chaînes américaines roboratives débarquées récemment, Five
Guys et Steak’n Shake, les successstories françaises qui surfent sur le
burger gourmet (+64 % de revenu
en deux ans, selon FSV). Les Big Fernand, Burgers de Papa, PNY, Blend,
Factor y & Co, Mamie Burger,
French Burger ou encore BChef
prônent la viande de qualité, voire
pas de viande du tout, et des ingrédients connotés terroir (le reblochon plutôt que du cheddar). Sans
oublier l’option AB avec l’enseigne
Bioburger. n
Un design adapté
Les performances du silicone
utilisé ont aussi été améliorées.
Non breveté pour être tenu
secret, ce process doit garantir
les caractéristiques mécaniques
du produit dans le temps.
L’adhérence du gel à l’intérieur
de l’enveloppe a fait l’objet d’un
soin particulier pour éviter les
risques de plis, à l’origine de
potentielles ruptures de
l’implant. L’entreprise a confié
au Laboratoire national d’essais
(LNE) l’étude de l’étanchéité de
l’enveloppe et sa capacité à éviter les microsuintements. « Le
LNE a étudié l’ensemble des produits disponibles sur le marché.
Au regard des normes internationales, nos prothèses ont des performances très supérieures aux
autres », ajoute-t-il.
Symatese a aussi soigné le
design de ses prothèses. Pour les
adapter à la physionomie de
chaque patiente, 330 modèles
microtexturés et lisses sont proposés. La société espère ainsi
capter une partie significative
du marché mondial estimé à un
milliard d’euros, dont la moitié
aux Etats-Unis. n
Cinq éditeurs de chatbots
créent une interface
en open source
DR
chefs
Tobacco, qui avait racheté l’usine
en 2008, a quitté les lieux l’an dernier après avoir cessé toutes production en 2017. Certains équipements sont très spécialisés dans
l’étude du tabac mais d’autres intéressent tous les chercheurs.
AFP
LOTS
de matériel de laboratoire issu de
l’ancien site de la Seita de Fleuryles-Aubrais près d’Orléans sont en
vente aux enchères depuis la
semaine dernière sur le site spécialisé troostwijkauctions.com. Le
cigarettier britannique Imperial
innovateurs
NORMANDIE Les 70 mètres
L’INITIATIVE
ALLIANCE FOR OPEN
CHATBOT
Création : octobre 2018
Présidente : Katya Lainé
Membres : Kynapse, Kwalys,
Synapse Développement, Do
You Dream Up, Living Actor
Secteur : informatique
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Cinq éditeurs d’agents conversationnels préparent une interface en « open source » qui fera
communiquer les chatbots
conçus par des sociétés différentes. Les parisiens Kynapse,
Do You Dream Up, Living
Actor, Kwalys et le toulousain
Synapse Développement ont
créé l’association Alliance for
Open ChatBot, en octobre 2018.
D’ici à la mi-2019, ils réaliseront
un « metabot» pour l’interopérabilité des différents robots.
Les chatbots se multiplient très
vite : 80 % des entreprises pour-
raient en être équipées en 2020
pour répondre aux usagers ou
assister les services de support,
selon le cabinet Gartner. Mais il
n’est pas possible de concevoir
un chatbot qui réponde à tous
les sujets. Une banque en utilise
un pour répondre à ses clients,
un autre pour assister ses conseillers… Les grandes sociétés
ont recours à des chatbots de
plusieurs éditeurs et doivent
tout recommencer à zéro pour
en implémenter un nouveau.
Incompatibles, ils ne peuvent
pas s’échanger les données et
apporter la meilleure réponse.
« Nous devons créer une interopérabilité pour que nos chatbots
ne soient pas perçus comme un
problème, mais comme une
solution », explique Patrick
Séguéla (photo), directeur
général de Synapse Développement, qui a lancé un chatbot de
« machine reading ».
En créant une interface, les
petits éditeurs veulent contrer
les géants de l’informatique et
de l’Internet qui proposent une
panoplie de robots conversationnels à leur norme. « Les
entreprises pourront choisir le
meilleur éditeur de chatbot pour
un problème précis », se félicite
Patrick Séguéla. L’association
va concevoir un metabot et
rédiger une recommandation
sur les interfaces de programmation à implémenter par les
éditeurs. L’alliance a déjà reçu
une quinzaine de demandes
d’adhésion en France. n
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30 //
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
LA LIVRE STERLING
EN HAUSSE
FINANCE
&MARCHES
La devise britannique a atteint le
seuil de 1,1570 euro, au plus haut
depuis avril dernier. A quatre
mois des élections européennes,
prévues le 26 mai, de nombreuses inconnues entourent les
modalités de sortie du RoyaumeUni de l’UE. L’idée de repousser
cette date butoir est désormais
évoquée à Bruxelles. La livre
gagne 4,03 % depuis le début de
l’année face à la monnaie unique.
les
indices
Société Générale : Oudéa face
à la pression des marchés
BANQUE
En pleine transformation digitale, la banque
subit la pression
des investisseurs
qui doutent
de sa capacité
à atteindre ses
objectifs financiers.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Sur la Grand-Place de Lille, le logo
rouge et noir de Société Générale
fait toujours face à l’immeuble
imposant de « La Voix du
Nord ». Pourtant, l’agence bancaire
qui y était installée a fermé en
novembre. Une autre, plus
moderne, a pris le relais à cent
mètres de là. A l’intérieur, un « mur
d’argent » dernier cri a remplacé le
traditionnel service de caisse. Sous
un luminaire design, les commerçants viennent y déposer leurs espèces, faire de la monnaie ou prendre
un café en attendant un rendez-vous
dans les salons feutrés, à l’étage.
« Le client est beaucoup plus
accompagné dans ce type d’agence,
les automates libèrent du temps commercial », explique Marie-Anne
Desriac, responsable de l’unité
commerciale de Lille-centre. Ce
mercredi de janvier – la neige y est
sûrement pour quelque chose – il
n’y a pas foule. Les conseillers en
profitent pour travailler dans des
bureaux en open space dissimulés à
l’arrière de l’agence. Exit les piles de
dossiers sur leurs bureaux.
Course de fond
dans le digital
Ce type d’agence « flagship »,
Société Générale veut en ouvrir 150
à 200. Elles viendront se substituer
à des points de vente plus petits.
« En 2025, la majorité des clients ne
seront pas à 100 % digitaux. Il y a un
bel avenir pour la banque de détail
avec des réseaux d’experts ! » fait
valoir Laurent Goutard, directeur
de la banque de détail Société
Générale en France. Il estime que,
sur la durée, la différence ne se fera
pas sur la vision stratégique :
« Toutes les banques ont plus ou
moins la même, la clef de la réussite
c’est l’exécution. »
C’est donc une course de fond que
mène Société Générale. Mais avant
de voir la ligne d’arrivée, la banque
et son directeur général Frédéric
Oudéa doivent affronter une pression bien plus immédiate. Il y a dix
jours, l’alerte sur résultat, couplée à
une proposition de paiement partiel d’un dividende en actions, a
troublé les investisseurs. Ils attendent un geste fort le 7 février.
« BNP Paribas doit faire évoluer sa
feuille de route stratégique lors de la
publication de ses résultats trimestriels. Tous les regards vont se tourner vers Société Générale pour voir si
elle fait de même. Beaucoup d’investisseurs doutent de sa capacité à
atteindre ses objectifs dans l’environnement de marché actuel », indiquent les analystes de Jefferies.
Ceux de Citi préconisent un traitement de choc : « Le management
devrait envisager l’opportunité
d’afficher des mesures plus résolues
sur les coûts. » En banque de financement et d’investissement (BFI),
les objectifs se révèlent difficiles à
tenir : la banque a prévu une croissance annuelle moyenne de ses
revenus de 2,5 % entre 2016 et 2020.
Pour coller à ses prévisions, elle
« doit faire croître ses revenus de 13 %
par an en moyenne entre 2018
et 2020 », estime encore Citi.
Société Générale, qui a dévoilé
une chute de ses revenus d’activités
de marché et services aux investisseurs d’environ 20 % au quatrième
trimestre, n’est pas seule dans ce
cas. Les banques américaines ont
aussi souffert de la volatilité des
marchés. En France, Natixis a
même déclaré un accident de
260 millions d’euros et BNP Paribas
aurait aussi connu des difficultés.
Mais la BFI de Société Générale
affiche le coefficient d’exploitation
le plus élevé des banques françaises. « Cela traduit le côté entre deux
de la franchise de Société Générale
qui a perdu du terrain face aux banques américaines mais qui dispose
d’importantes fonctions support et
de contrôles qui pèsent sur sa rentabilité », estime un proche de la banque. Signe des temps : ces dernières
années, plusieurs spécialistes
des salles de marché de « Socgen »
ont rejoint les rangs d’un concurrent plus petit, Natixis. « Dans le
passé, cela ne serait jamais arrivé,
c’était perçu comme passer de la première division à la deuxième division », atteste un ancien de Société
Générale.
Société Générale, qui pourrait
sabrer de 25 % les bonus de ses tra-
ders, ne fait pas de commentaire,
comme le veut la règle avant la
publication de résultats. En interne,
on précise toutefois que « les objectifs financiers ont été fixés à une
période où les perspectives d’évolution des taux d’intérêt étaient très différentes de ce qu’elles sont
aujourd’hui ». De fait, la BCE semble
hésiter à relever ses taux en 2019. En
banque de détail, les concessions
faites dans la crise des « gilets jaunes » peuvent aussi changer la
donne : « L’engagement de plafonner les frais d’incidents bancaires à
25 euros par mois doit nous coûter
entre 40 et 60 millions d’euros », précise encore cette source.
Renouvellement de mandat
A la barre depuis dix ans, Frédéric
Oudéa sait qu’il doit réagir. L’homme
qui a tiré la banque d’affaire après le
choc Kerviel et la crise de 2011 a certes soldé les litiges américains, qui
ont coûté 2,6 milliards de dollars à
Société Générale en 2018. Et le conseil d’administration a proposé de
renouveler son mandat lors de la
prochaine assemblée générale, au
printemps. Mais les investisseurs,
qui ont vu la banque revoir ses deux
précédents plans, restent sur leurs
gardes. L’année dernière, le titre a
cédé 35 %. Une chute comparable à
celle de ses pairs, mais qui valorise la
banque à seulement 38 % de ses
actifs nets. Elle a par ailleurs fini les
tests de résistance de la BCE dans la
queue du peloton.
« On est convaincu qu’on peut faire
plus de croissance sur nos métiers
cœur, affirme une source interne. En
2019, on ne veut pas d’acquisition
significative, mais rester très concentré sur notre trajectoire de capital et
s u r l a t ra n s f o r m a t i o n d e n o s
métiers. » Preuve de ce volontarisme,
la banque a cédé 70 entités jugées
non stratégiques depuis 2014 et renforcé sa BFI avec le rachat des activités actions et matières premières de
Commerzbank. Les velléités d’UniCredit de fusionner avec Société
Générale ? Décidé à défendre son
indépendance, Frédéric Oudéa les
écarte inlassablement, invoquant le
contexte politique italien et les difficultés réglementaires en Europe.
(
Lire nos informations
Page 10
A la barre de Société Générale depuis dix ans, Frédéric Oudéa
sait qu’il doit réagir. Photo AFP
L’ex-Barclays France compte se séparer de plus d’un tiers de ses effectifs
BANQUE
Racheté par un fonds
de capital-investissement, Milleis Banque
se repositionne vers
la gestion patrimoniale.
Décidé à réduire ses
coûts, il a opté pour
une rupture conventionnelle collective.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
La semaine a été éprouvante chez
Milleis Banque. Quelques jours
avant le braquage de son agence
sur les Champs-Elysées,
mardi dernier, l’ancien Barclays
France, a ouvert la voie au départ
de plus d’un tiers de ses effectifs. Concrètement, la direction de
la banque rachetée par le fonds de
capital-investissement britannique AnaCap en 2017 a trouvé un
accord de principe avec les syndicats pour mettre en place une rupture conventionnelle collective.
Si cet accord collectif est bien
signé, il pourrait conduire au
départ de plus de 350 personnes
sur les quelque 1.000 salariés que
compte la banque. Concernant en
particulier les personnes chargées
de fonction de back-office et basées
au siège parisien de la banque, ce
plan de départs volontaires devrait
être lancé au printemps et s’étaler
jusqu’au début de l’année 2020.
Nouveau système
informatique
« Il était très important pour nous
d’assurer la transformation et la
pérennité de l’entreprise », explique
Nicolas Hubert, devenu en octobre
directeur général de la banque. En
plein repositionnement vers la ges-
tion patrimoniale, celle-ci affichait
un résultat d’exploitation négatif à
hauteur de plus de 40 millions
d’euros à la fin de 2017, selon les
comptes consolidés publiés au
« Bulletin des annonces légales »
(« Balo »).
« Du fait de la migration vers le système d’information d’un prestataire
et de la digitalisation d’un certain
nombre de processus, certaines
tâches nécessiteront moins de personnes demain », explique le
patron. La banque compte en
revanche recruter une soixantaine
de banquiers cette année.
La coupe claire dans les effectifs
n’est pas une surprise pour les salariés. Après la reprise en 2017, la nouvelle direction n’avait pas caché sa
volonté de réduire la voilure. L’établissement, qui dit vouloir redevenir rentable en 2021, compte diminuer la taille de son réseau d’ici à la
fin de 2020 pour passer de 61 à
34 agences.
En désaccord
sur la stratégie
Ce sont autant de bouleversements
à encaisser par les salariés, déjà
éprouvés ces dernières années.
« Notre crainte, c’est de savoir comment l’entreprise va fonctionner
demain avec autant de départs »,
explique-t-on du côté des syndicats
CFDT et SNB-CFE-CGC. Est-ce que le
fonds AnaCap va nous accompagner
longtemps si les résultats ne s’améliorent pas rapidement ? »
Certains observateurs croient
voir dans le départ de Philippe Vayssettes en octobre dernier, après un
peu plus d’un an de service à la tête
de la banque, le signe que le fonds
pourrait s’en désengager rapidement. Officiellement partie pour
« raisons personnelles », cette pointure de la banque privée était, selon
nos informations, en désaccord sur
la stratégie. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
L’année du cochon pourrait porter
chance à la Bourse chinoise
l Les marchés démarrent bien 2019, à l’aube de l’année du cochon,
symbole de prospérité dans l’astrologie chinoise.
l Ils anticipent un accord sur le conflit commercial avec les Etats-Unis.
nomie s’érode, notamment parce que
le gouvernement a besoin de poursuivre l’ouverture économique et capitalistique de la Chine. » Il attend donc
une croissance de seulement 5,5 %
pour la Chine en 2019, « un affaiblissement plus fort que ne le pense le consensus ».
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
Le 5 février débutera le Nouvel An
chinois, qui marquera le passage à
l’année du cochon. Animal sympathique et doté d’un bon caractère, il
est symbole, dans l’astrologie chinoise, de chance et de prospérité.
Tout pour plaire, a priori, aux investisseurs après une année difficile
pour la Bourse chinoise (–25,31 %
en 2018, sa pire année depuis 2008).
De fait, la dernière année du cochon
avait été prolifique, avec un bond de
161 % pour le CSI 300 en 2007, avant,
certes, de rechuter lourdement
l’année suivante (–66 %).
L’année 2019 démarre d’ailleurs
bien pour la B ourse chinoise
(+7,41 % depuis le 3 janvier), malgré
la publication de chiffres économiques décevants (dont la croissance
tombée à 6,4 % au dernier trimestre). « Le marché monte sur de mauvaises nouvelles, ce qui peut signifier
qu’il y a moins de vendeurs, que
ceux-là sont déjà sortis du fait de
l’accumulation de mauvaises nouvelles depuis un an. C’est souvent un
signe positif pour les marchés
actions, car les investisseurs se disent
que ce sont les dernières mauvaises
nouvelles, même si cela ne marche
pas à tous les coups », reconnaît
Bruno Vanier chez Gemway Assets.
Vers un accord
sur le commerce
D’où pourraient venir les bonnes
nouvelles ? D’abord, le marché commence à anticiper un accord sur le
conflit qui oppose les Etats-Unis et la
Chine sur la question du commerce.
« C’est l’un des sujets de préoccupation pour les marchés », reconnaît
Bruno Vanier. « Ce conflit est source
de bruits médiatiques, mais il n’est
plus un problème en soi. Pékin et
Washington vont trouver un accord,
même s’il n’est pas parfait, avec plein
de zones d’ombre. » Selon Vincent
Chan au Credit Suisse, la signature
d’un accord entre les deux nations
(qu’il évalue à 52 % de chance) pour-
Pas de « hard landing »
rait ainsi faire grimper l’indice Shanghai Composite à 2.900 points dans
les douze prochains mois, soit un
gain potentiel de 6,5 %.
Sur le front de la croissance
ensuite. La guerre commerciale a
fragilisé la Chine et accéléré le
ralentissement de sa croissance, via
son impact sur l’industrie exportatrice, mais aussi sur la confiance
des consommateurs. Elle a contraint Pékin, conscient des risques
(Xi Jinping a averti les caciques du
parti « des graves dangers » qui
menacent la Chine, un avertissement rarissime) à mettre de côté sa
politique de désendettement en
relâchant le crédit. Mais les effets
tardent à se faire sentir.
Jouer à se faire peur
« Les investisseurs voient bien que le
gouvernement chinois ne peut plus
relancer son économie comme il le faisait par le passé, à grands coups de
projets générateurs de dettes. Certains
investisseurs n’en ont pas encore pris
conscience et risquent de se faire peur
à partir du deuxième trimestre »,
souligne Bruno Vanier. Thierry
Apoteker, chez TAC Economics, est
particulièrement pessimiste. « Les
mesures de reflation de Pékin ne permettront pas d’inverser le ralentissement économique de la Chine, car il y
a une baisse progressive de l’efficacité
de la politique chinoise. Cela devient
plus compliqué d’utiliser le levier bancaire, en raison des excès de dettes qui
contribuent à une augmentation du
risque. Pékin gère le ralentissement,
mais sa capacité de contrôle sur l’éco-
La capacité de Pékin à relancer la
machine sera donc déterminante
pour que tout soit bon dans l’année
du cochon. Aurel BGC ne croit pas à
un atterrissage brutal, « au moins
au premier semestre ». Car Pékin a
commencé à activer un levier
important en début d’année : le
gouvernement a annoncé un montant impressionnant de baisse
d’impôts et de taxes et il paraît « difficile de ne pas anticiper un rebond
de la consommation des ménages
durant le Nouvel An chinois ». Ce qui
aura un impact significatif sur la
croissance du premier trimestre.
Tuan Huynh chez Deutsche Bank
WM, qui avait anticipé une forte
baisse des indices chinois en 2018,
estime que le gouvernement ne laissera pas « le PIB tomber en dessous de
6 % ». La Chine est d’ailleurs l’un de
ses paris préférés pour cette année,
notamment en raison du potentiel
de hausse des profits des entreprises,
qu’il pronostique proche de 10 %.
Pour lui, le marché « valorise une
récession des profits qui n’existe pas ».
(
L’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 10
Un effet Peppa Pig
Peppa Pig s’est refait une virginité en Chine. Un temps
censuré sur des plates-formes de vidéos car perçu
comme une icône « subversive » pour la jeunesse
« oisive », le petit cochon s’apprête à envahir le grand
écran avec un film « Peppa Pig fête le Nouvel An chinois ». La bande-annonce a été vue plus de 60 millions
de fois. Effet secondaire, la fabricant de jeu, BanBao, qui
a obtenu le droit d’utiliser l’image du petit cochon, a vu
son action flamber le jour de la sortie de la bande-annonce de 6,26 %, avant de reperdre 9 % la semaine qui
a suivi. La faute aux loups de Wall Street ?
Inquiétudes sur la dette des entreprises chinoises
S&P Ratings estime que
les entreprises chinoises
auront du mal à faire face
à leurs échéances dans
un contexte de ralentissement de l’économie.
ce mur de la dette, on trouve les
controversés véhicules de financement des collectivités locales, suivis
par les entreprises des secteurs
miniers et métallurgiques, ainsi
que de l’immobilier.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Allégements fiscaux
L’économie chinoise refroidit et le
marché des obligations d’entreprise s’enrhume. Suffisamment
pour inquiéter l’agence de notation
S&P Ratings. « Ce ralentissement menace de fragiliser la profitabilité des entreprises chinoises dans
tous les secteurs d’activité, avertissent les analystes. Alors que la
demande diminue et que les marges
se contractent, leur capacité à accomplir le service de la dette va se
réduire. » Autrement dit, elles risquent de manquer de liquidités au
moment de faire face à leurs
échéances.
Or les montants de dettes devant
être refinancées ou remboursées
cette année atteindront 4.200 milliards de renminbis, soit près de
550 milliards d’euros. Un chiffre
multiplié par 1,5 si l’on inclut les
options de remboursement anticipées de certaines obligations. Soit
une hausse de 15 % par rapport à
2018. Parmi les acteurs confrontés à
Pékin a d’ores et déjà mis en œuvre,
fin 2018, un assouplissement de sa
politique monétaire pour rendre
les conditions de financement plus
favorables. Le gouvernement a également annoncé un programme de
baisse d’impôts à destination des
petites entreprises. « Cela devrait
l e u r p e r m e t t re d ’ é c o n o m i s e r
200 milliards de renminbis [26 milliards d’euros, NDLR] par an pour
les trois prochaines années », souligne S&P.
D’autres mesures fiscales sont
attendues, ainsi, probablement,
qu’un plan de relance budgétaire
via des grands projets d’infrastructures. Mais ces mesures ne
devraient pas profiter aux plus petites entreprises. « Les injections de
liquidités par la banque centrale et les
mesures gouvernementales bénéficieront probablement aux grands
groupes qui occupent les premières
places dans leur secteur », notent les
analystes. Et même pour ces derniers la situation devrait rester tendue. D’autant que l’accès au marché
Outre les noix comestibles (ici, production sénégalaise),
Olam veut continuer à développer ses activités dans le cacao,
le café ou encore le coton. Photo Seyllou/AFP
Le géant de
l’agribusiness Olam
sort du sucre
et du caoutchouc
MATIÈRES
PREMIÈRES
Le groupe singapourien va investir
3,5 milliards
de dollars dans
de nouveaux projets
et des acquisitions.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Amandes, pistaches… Olam, un
des plus grands groupes mondiaux de l’agribusiness, a décidé
de se concentrer sur des activités qui n’intéressent pas forcément ses concurrents. Par la
même occasion, le négociant de
matières premières agricoles,
coté à Singapour, va dire adieu
aux secteurs du sucre, du caoutchouc, des produits du bois et
des engrais. La vente de ces activités, qui entre dans un plan
stratégique établi sur six ans,
devrait lui rapporter 1,6 milliard de dollars.
Olam, qui est détenu en
majorité par le fonds d’investissement singapourien Temasek,
indique que « ce plan mise sur
les grandes tendances qui sont en
train de transformer le secteur ».
Le groupe cite la hausse de la
demande des consommateurs
pour des produits alimentaires
plus sains, et un approvisionnement traçable et durable rendu
possible par les avancées technologiques.
Outre les noix comestibles
– Olam est le numéro un mondial des noix de cajou –, la
société veut continuer à développer ses activités dans le
cacao, le café ou encore le coton.
z
OLAM
LA FICHE D’IDENTITÉ
Fondé : en 1989
Chiffre d’affaires : 26 milliards de dollars en 2017
Effectifs : 72.000 employés
Nombre d’usines : 200
obligataire sera compliqué. « Les
nouvelles émissions de dette se font
de plus en plus avec des maturités
courtes, ce qui signifie que les entreprises sont plus vulnérables face à
une future détérioration des conditions sur le marché du crédit. »
Chasse aux « zombies »
Les autorités chinoises devraient
néanmoins poursuivre leur politi-
que d’assainissement des entreprises d’Etat. « Nous devrions voir cette
année plus de restructurations, de
conversions de dette en capital, de
liquidations, d’émissions d’obligations perpétuelles, afin de tenir les
objectifs », explique S&P. Avec dans
le collimateur, les sociétés zombies,
qui ne tiennent qu’en recourant à
l’endettement, et qui pourraient
bien disparaître. n
Des marchés sur lesquels elle
« a systématiquement obtenu de
bons résultats et a déjà des positions dominantes », a détaillé le
directeur général, Sunny Verghese, lors de la présentation du
plan. Pour cela, Olam mettra
3,5 milliards de dollars (dont
1 milliard sont des investissements de maintien) sur la table
entre 2019 et 2024, qui serviront
pour des nouveaux projets et
des acquisitions.
Marchés de niche
Pourquoi Olam sort-il du
sucre ? Le dirigeant a expliqué
la vision peu optimiste de son
groupe sur le marché mondial,
qui voit la consommation reculer sur le long terme, en particulier avec la mise en place dans
plusieurs pays de taxes sur les
produits sucrés. Mais la société
n’est pas pressée de vendre les
activités dont elle veut se
défaire, a-t-il précisé. Les matières premières dites « soft » ont
connu une année 2018 compliquée, les gros négociants également. Les énormes récoltes de
canne à sucre ont fait plonger les
cours de plus de 20 % à New
York en 2017 puis encore en
2018. Ceux du caoutchouc, de
plus de 16 %. A l’inverse, les prix
du cacao ont bondi de près de
30 %.
Ces dernières années, Olam a
étendu sa présence dans des
marchés de niche comme les
oignons, l’ail et les épices tropicales, le poivre, les piments. Le
groupe fondé en 1989, qui
compte 72.000 employés, est
présent dans 66 pays, depuis
l’élevage laitier en Russie jusqu’à la meunerie en Afrique ou
le café au Honduras et au Laos.
Avec un chiffre d’affaires de
plus de 26 milliards de dollars
en 2017, ce mastodonte,
inconnu du grand public, dit
s’approvisionner auprès de
4,7 millions d’agriculteurs. Il
possède plus de 200 usines de
transformation et gère près de
2,5 millions d’hectares de terres. Il affiche clairement son
ambition : devenir l’acteur le
plus important du secteur agroindustriel d’ici à 2040. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
Les fintech françaises font leur mue
et s’attaquent au marché des PME
l Le Paris Fintech Forum ouvre ses portes mardi,
braquant les projecteurs sur un secteur très mouvant.
l En France, de nombreux acteurs de la finance
participative ont disparu en 2018.
FINTECH
Edouard Lederer
@EdouardLederer
et Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Pas encore vieux, mais plus tout à
fait jeune. Le secteur des fintech
– ces entreprises qui viennent défier
les banques à coups d’innovations
technologiques – va afficher ses premières rides, mardi et mercredi, à
l’occasion du Paris Fintech Forum.
En témoignent certaines des questions abordées cette année :
« Peut-on encore innover dans la
chaîne de valeur du paiement ? » ;
« Intelligence artificielle dans les
services financiers : qu’en attendre à
présent ? » ou encore « Robo-advisor : où sont les résultats ? ». De quoi
mettre un startuppeur sur le divan,
quand il ne développe pas de nouveaux projets.
« Apporter quelque chose
en plus »
De fait, loin de déprimer, le secteur
foisonne. Dans le domaine des néobanques, « on ne peut plus compter
le nombre de projets de “challenger
banks” depuis un an. Mais elles
325
MILLIONS D’EUROS
C’est le montant des plus
de 60 levées de fonds réalisées
en 2018 par les fintech
françaises, selon Exton
Consulting. En 2017, elles
avaient fait 52 opérations
pour environ 280 millions
d’euros.
devront apporter quelque chose en
plus pour faire la différence », souligne Laurent Nizri, fondateur du
Paris Fintech Forum.
Une impression corroborée dans
l’édition 2019 de la cartographie des
fintech françaises que publie ce
lundi NewAlpha AM et Exton Consulting. « Le marché des TPE-PME
est un nouveau terrain de jeu : tous
segments confondus, 40 % des fintech qui se sont lancées en 2017
et 2018, comme les néobanques
Margo Bank, Qonto, ou l’insurtech
+Simple ciblent ce type de clients »,
explique Sophie Zellmeyer, directrice fintech et innovation chez
Exton Consulting. Autre tendance
de l’année, les entreprises sont
nombreuses à afficher leur intention de devenir des « plates-formes », c’est-à-dire se mettre en
capacité d’offrir des services à
d’autres acteurs financiers, qui
construiraient ainsi par briques de
nouvelles offres. « Le succès de Lego
vient en partie de la compatibilité
entre toutes les briques. En 2019 et en
2020, nous verrons si les briques Lego
de la finance parviennent à s’imposer », analyse Laurent Nizri.
Un turnover important
A l’échelle française, le secteur est
resté très mouvant sur l’année
écoulée, comme en témoigne le très
important turnover observé. La
cartographie recense dans le pays
320 fintech « entrepreneuriales »
(non créées par un grand groupe en
France), dont 84 apparaissent pour
la première fois… et 49 ne figurent
plus pour cause de liquidation ou
d’activité très faible. « 50 % des fintech qui ont disparu en 2018 avaient
des activités dans le domaine du
crowdfunding, un secteur historique
de la fintech en perte de vitesse »,
remarque Sophie Zellmeyer. Ainsi,
par le nombre d’entreprises, la
finance participative est passée en
2018 derrière le paiement et les
programmes de fidélité, principal
segment du secteur en France.
En revanche, « de nombreuses
fintech ont émergé pour proposer
leurs services aux assureurs à la
recherche de solutions pour fluidifier
et numériser leur processus de
gestion et de commercialisation des
contrats », souligne Lior Derhy,
managing partner chez NewAlpha.
Enfin, poursuit-il, la pression réglementaire croissante amène une
éclosion de regtech, ces jeunes
pousses spécialisées dans la conformité : « Beaucoup de solutions
tentent par exemple de révolutionner
les processus d’identification des
clients. » n
Bras de fer avec les banques sur l’accès aux données
Banques et fintech n’ont
plus que quelques mois
pour se préparer à l’application d’une régulation
européenne censée
promouvoir la concurrence.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Les relations ne sont pas au beau
fixe entre les banques et les fintech
françaises. A quelques mois de
l’entrée en vigueur de nouvelles
règles du jeu censées insuffler
davantage de concurrence dans
l’univers de la banque de détail, les
deux camps négocient dur.
Dès septembre prochain, la directive européenne sur les services de
paiements (DSP2) contraindra les
banques à partager avec d’autres
acteurs financiers certaines données
de leurs clients (sous réserve de leur
autorisation). Pensé pour favoriser le
développement de services financiers innovants, ce partage d’informations doit se faire de manière
sécurisée via la mise en place, par
chaque banque, de dispositifs informatiques dédiés dits « API ».
« Minimum réglementaire »
« Pour l’instant, je n’ai testé aucune
API », déplore Joan Burkovic, le
patron de la start-up française Bankin’, offrant des services d’agrégation des comptes et d’optimisation
de budget pour les particuliers. Pour
être au rendez-vous de septembre,
les banques doivent pourtant tester
pendant plusieurs mois avec les fintech le fonctionnement de ces solutions informatiques. « Notre objectif
est d’avoir des bonnes API. L’objectif
de la grande majorité des banques est
de faire le minimum réglementaire
pour être prêtes à temps », assure le
jeune entrepreneur. « C’est très compliqué de se mettre d’accord avec les
banquiers, déclare Clément Coeurdeuil, dirigeant de la fintech Budget
Insight. Nous avons commencé les
tests sur plusieurs API, mais il y a
encore beaucoup de travail à faire
pour arriver à un résultat satisfaisant. » Les fintech souhaitent obtenir un maximum d’informations de
la part des banques pour développer
leurs services. Par exemple, elles
aimeraient que leurs clients puissent toujours accéder à leur identifiant de compte bancaire (Iban) ou
réaliser un virement depuis leurs
interfaces, sans avoir à se reconnecter au site Internet de leur banque.
en bref
LE GUIDE 2019 DU CORPORATE FINANCE
Résiliation des complémentaires :
le gouvernement reporte son projet
IDENTIFIEZ
ET CONTACTEZ
MUTUELLES Le gouvernement ne déposera pas d’amendement
à la loi Pacte pour faciliter la résiliation des complémentaires
santé, a appris vendredi l’AFP auprès de sources gouvernementales, qui assurent que cette réforme se fera via un autre projet
de loi et entrera en vigueur en 2020 « comme prévu ». La résiliation « sans frais » et « à tout moment » avait été demandée par
Emmanuel Macron en décembre. Les fédérations des complémentaires santé s’y étaient vivement opposées, tandis que le
Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) avait
jugé que cette réforme imposée « sans concertation ni étude
d’impact préalable » était « porteuse de risques majeurs ». Mercredi, les cinq grands syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFECGC) impliqués dans la gestion paritaire de ces organismes
avaient à leur tour réclamé « le retrait » de cette mesure.
tous les professionnels
du Private Equity
et du M&A en France
Décryptage des grandes
tendances du secteur
L’AMF sanctionne Novactifs
Patrimoine et son dirigeant
100 fiches détaillées
des acteurs incontournables
1 000 contacts professionnels référencés
€ HT
boutique.capitalfinance.eu
Arnaud Poilleux/« Les Echos »
280 PAGES – 169
Mais les banques n’entendent pas
accéder à toutes les demandes des
start-up. « Tous les acteurs n’ont pas
la même approche sur les questions de
sécurité des données et des fonds, mais
c’est un point fondamental pour la
profession, argue Jérôme Raguénès,
à la Fédération bancaire française
(FBF). Les travaux avancent correctement du côté bancaire », défend-il.
Fintech et banques semblent en
tout cas s’accorder sur un point : le
partage des données via les API ne
devrait pas se faire avant septembre.
Le scénario d’une application anticipée de ce volet de la DSP2 avait pourtant été discuté au Parlement en
2018. « Nous ne serons pas en avance,
mais c’est bien malgré nous », assure
Jérôme Raguénès, à la FBF, évoquant la longueur des discussions
avec les autorités européennes. n
SANCTIONS Le juge de
l’Autorité des marchés
financiers(AMF) a
condamné Novactifs Patrimoine (ex-Ageo Patrimoine)
et son dirigeant à une
amende de 350.000 euros.
Entre 2014 et 2016, le
conseiller en investissement
financier avait omis de
remettre à certains clients
des documents obligatoires,
de préciser les modalités de
la rémunération de la
société et de fournir une
information suffisante sur
les risques attachés aux
produits.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
avis financiers
Primonial, fleuron de
la gestion patrimoniale,
en voie d’être cédé
CRÉDIT AGRICOLE DU LANGUEDOC
Résultats au 31 décembre 2018
FUSIONSACQUISITIONS
Bridgepoint a mandaté
les banques Rothschild
et JP Morgan pour
étudier la vente
de Primonial et ses
37 milliards d’euros
d’actifs gérés.
Le groupe, en pleine
expansion, serait
valorisé autour de
2 milliards d’euros.
Anne Drif
@Anndrif
Nouvelle secousse dans la gestion
patrimoniale, en pleine vague de
consolidation. Selon nos informations, Bridgepoint, actionnaire à
56,2 % de Primonial – aux côtés de
Crédit Mutuel Arkéa (à 29,8 %) –, a
mandaté les banques Rothschild &
Co et JP Morgan pour étudier la cession du poids lourd indépendant
du secteur. Fin décembre 2018, il
affichait 37 milliards d’euros
d’encours gérés et conseillés. Un an
seulement après sa montée au
capital de La Financière de l’Echiquier, le groupe, présidé par Stéphane Vidal, pourrait être valorisé
autour de 2 milliards d’euros, selon
des sources. « Les multiples de valorisation dans le secteur financier
dépassent facilement 10 fois l’Ebitda
[excédent brut d’exploitation,
NDLR], voire au-delà sur certaines
niches d’actifs, comme l’immobilier », explique une source.
Dernière illustration en date : en
septembre dernier, Sycomore AM,
un des succès de la gestion d’actifs
de ces dernières années, est ainsi
entré en négociations exclusives
avec Generali sur la base d’une
valorisation très avantageuse.
Consolider l’indépendance
« Le processus de vente pourrait
être enclenché d’ici à l’été, indique
un proche du dossier. Le management est attaché à l’indépendance
et la cession sera probablement
surtout ouverte aux fonds d’investissement. » Un moyen pour les
dirigeants de garder une certaine
indépendance, mais aussi d’avoir
une meilleure connaissance du
marché. Primonial, qui nourrit
toujours de grandes ambitions,
compte ainsi sur les contacts
entre les fonds présents à son
capital et les banques d’affaires,
pour avoir accès aux meilleures
cibles. Les dirigeants – rejoints à
l’été 2017 par l’ancien directeur
délégué de la banque d’investissement de la S ociété Générale,
Christophe Mianné – ont de quoi
imposer leurs conditions. Le
groupe est en avance de deux ans
sur son plan de marche.
L’an dernier, Primonial a collecté
quelque 9,71 milliards d’euros brut.
« Primonial collecte sur toutes les
classes d’actifs. Il profite du recul des
banques qui n’apportent pas forcément la qualité de conseil la plus
pointue attendue par les clients »,
déclare une source. Fin 2016 déjà,
cette accélération de la croissance
et le besoin de capitaux frais avait
poussé les fonds BlackFin et Latour
Capital à céder le contrôle à Bridgepoint. « Primonial va changer
d’échelle et de nouveaux investissements sont nécessaires. Ces moyens
pourront être employés pour des
acquisitions ciblées », ajoute cette
même source. n
L’appartement le plus cher
des Etats-Unis vendu
à un hedge fund
Activité commerciale
En 2018, dans un contexte politique et économique
contrasté, le Crédit Agricole du Languedoc a su
renforcer sa dynamique de conquête client et de
développement du crédit.
La Caisse Régionale a participé activement en 2018
au financement de son territoire (Aude, Gard,
Hérault, Lozère) avec 3,9Md€ de crédits mis en force,
en hausse de +5,7 % par rapport à 2017. Cette
dynamique est portée par l’ensemble des marchés:
+ 3 % sur l’habitat, + 16 % sur les crédits à la
consommation, +8 % sur les financements des
acteurs économiques (professionnels, agriculteurs,
entreprises et collectivités publiques).
L’attractivité de la Caisse Régionale s’exprime avec
50 000 nouveaux clients en 2018, ceci a permis
de faire progresser le fonds de commerce de façon
notable. Avec 39 000 nouveaux clients sociétaires, la
Caisse Régionale conforte son modèle mutualiste et
compte désormais près de 364 000 sociétaires.
Grâce à la qualité des contrats et du conseil
proposés, les 92 000 affaires nouvelles ont fait
progresser le portefeuille d’assurances des biens
et des personnes de +4,4% en 2018.
L’encours de collecte bilan et hors bilan géré
à la Caisse Régionale a atteint les 26,6 Md€ à fin
31 décembre 2017
31 décembre 2018
% Évolution
18 415
19 600
6,4 %
10 996
11 966
8,8 %
Encours de collecte
26 175
26 641
1,8 %
Nombre de contrats Assurances
des Biens et Personnes
567 027
592 133
4,4 %
Chiffres clés en M€
Encours de Crédits
dont Crédits Habitat
Résultats financiers
Au 31 décembre 2018, le PNB s’élève à 567,4M€, en
progression de +27,5%, bénéficiant d’une référence
basse en 2017 liée aux opérations de restructuration
du passif.
Cette amélioration contribue à la baisse du taux de
créances douteuses de 0,41 % à 2,60 %. La Caisse
Régionale conserve une couverture prudente avec
un taux de provisionnement à 79,4%.
Sans ces dernières opérations, le PNB atteint un
niveau proche de l’exercice 2017, le dynamisme
commercial compensant les effets des renégociations de crédits habitat.
Après prise en compte de la dotation au FRBG de
13M€ et de la charge fiscale, le Résultat Net s’établit
à 166,8M€ en progression de +2,4% par rapport à
l’exercice précédent.
Les charges de fonctionnement à 313,6 M€, en
évolution de +5,9 % traduisent la poursuite des
investissements de la Caisse Régionale dans son
réseau d’agences et dans les outils digitaux pour
améliorer encore le service apporté aux clients
notamment la signature électronique des contrats.
Le Résultat Net Consolidé (Part du Groupe),
à 174,7M€, intègre depuis cette année 3 filiales de
la Caisse Régionale dans les domaines du Capital
Développement, de l’immobilier et des énergies
nouvelles, ainsi que les effets de la mise en œuvre au
1er janvier 2018 de la norme IFRS9.
Le Coût du Risque à 15,1 M €, traduit une bonne
maîtrise des risques de la Caisse Régionale en 2018.
Chiffres clés en M€
31 décembre 2017
31 décembre 2018
% Évolution
Base Sociale
Produit Net Bancaire
445,1
567,4
27,5%
Produit Net Bancaire retraité*
574,2
564,6
-1,7%
Charges de Fonctionnement
296,2
313,6
5,9%
Résultat brut d'exploitation
148,9
253,8
70,4%
162,8
166,8
2,44%
Fonds Propres
3 052,0
3 207,5
5,1%
Total Bilan
23 460,0
24 837,0
5,9%
* Retraitement des opérations d'optimisation de passif.
Chiffres clés en M€
A New York,
Ken Griffin, gérant
et fondateur de Citadel,
vient d’acheter pour
238 millions de dollars
un appartement avec
vue sur Central Park.
31 décembre 2017
01 janvier 2018*
31 décembre 2018
% Évolution
174,7
-12,5%
Base Consolidée
Résultat Net (Part du Groupe)
199,6
Fonds Propres
3 344,0
3 728,7
3 796,0
1,8%
Total Bilan
24 252,0
24 625,5
25 813,3
4,8%
* Valorisation et classification des prêts, créances et titres suite à la mise en œuvre de la norme IFRS9.
Situation financière
La Caisse Régionale conserve un niveau de
solvabilité solide comme en atteste son Ratio de
solvabilité Bâle 3 qui s’élève au 30 septembre 2018
à 19,13% (pour un minimum réglementaire de 8%).
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Ken Griffin, le gérant du hedge
fund Citadel, est sur le toit du
monde. Il vient d’établir un nouveau record, mais pas dans son
secteur d’origine, les marchés. Il
vient d’acheter l’appartement le
plus cher jamais vendu aux EtatsUnis. Il a déboursé 238 millions de
dollars pour « un penthouse » avec
vue sur Central Park à New York,
contre 100,4 millions pour le précédent record à New York, établi par
Michael Dell, le fondateur de Dell.
Daniel Och, du hedge fund OchZiff, et le chanteur Sting ont aussi
acheté des appartements au
220 Central Park South, un immeuble encore en construction, selon le
« Wall Street Journal ».
A l’échelon du pays, le précédent
record, de 147 millions de dollars,
avait été établi en 2014 par un autre
g é r a n t d e h e d ge f u n d , B a r r y
Rosenstein. Le fondateur de Jana
Partners, un hedge fund activiste,
avait acheté une propriété dans les
Hamptons. Il a mis en vente en 2017
une autre de ses propriétés dans la
même région, achetée 19,2 millions
en 2005 et proposée pour la somme
de 70 millions de dollars. Pour les
hedge funds, les achats dans
l’immobilier relèvent autant du placement que du plaisir. Leur fortune
étant investie dans leur hedge fund,
l’immobilier est un moyen de
diversifier leur patrimoine.
Disposant de fortunes colossales,
et prêts à saisir toutes les opportunités, une poignée de hedge funds se
En 2018, dans un contexte de taux toujours bas,
la Caisse Régionale a poursuivi l’accompagnement
de ses clients dans la diversification de leur épargne.
Les encours de crédits progressent de +6,4% sur 1 an
(+8,8% sur l’encours habitat) pour atteindre 19,6Md€
permettant à la Caisse Régionale de gagner des
parts de marché.
Résultat Net
GESTION
ALTERNATIVE
décembre 2018, en augmentation de +1,8 % sur
1 an. Cette croissance est portée par une forte
progression de l’encours des Dépôts à Vue à 5,4Md€
(+7,9% par rapport à 2017) et des livrets (+5,3% sur
l’exercice 2018).
Elle dispose de 2,9 Md€ de réserves rapidement
mobilisables (créances éligibles BCE, titres, OPCVM)
et son ratio de liquidité Bâle 3 (LCR) respecte le
minimum requis (100%).
Les capitaux propres consolidés, à 3,8 Md€,
représentent 14,7% du bilan consolidé qui s’élève
à fin décembre 2018 à 25,8Md€. Les dettes envers
la clientèle, constitutives des dépôts à vue et à terme,
représentent 26% du bilan, tandis que celles envers
les établissements de crédit, essentiellement vis-à-vis
de Crédit Agricole SA au regard des règles de
refinancement internes au Groupe, représentent
52 % du bilan. L’actif du bilan consolidé est quant
à lui constitué à 74% par les prêts et créances à la
clientèle.
La mise en œuvre de la norme IFRS 9 a conduit à une
augmentation du bilan consolidé de la Caisse
Régionale de 373 M€ entre le 31 décembre 2017
(bilan de clôture incluant la norme IAS 39) et le
1er janvier 2018 (bilan d’ouverture incluant la norme
IFRS 9) ; cette augmentation est principalement liée
à la nouvelle méthode de valorisation appliquée aux
titres SAS Rue La Boétie dans les fonds propres
consolidés de la Caisse Régionale.
Certificat coopératif d’investissement
Le cours du CCI Languedoc (code ISIN
FR 0010461053) s’élève à 74,8 € au 31/12/2018.
Il enregistre une hausse de +19,9 % depuis le
31/12/2017. Lors de la séance du 25 janvier 2019,
le Conseil d’Administration a décidé de proposer à
Situé au 220 Central Park South, l’appartement vendu à Ken Griffin
est un quadruplexe de 2.100 mètres carrés comprenant notamment
16 chambres et 17 salles de bain. Photo Bebeto Matthews/AP/Sipa
sont constitué un patrimoine
immobilier considérable. La fortune personnelle de Ken Griffin est
estimée à près de 10 milliards de dollars par le magazine « Forbes ». Il est
saisi d’une frénésie d’achats immobiliers depuis quelques années.
Un patrimoine immobilier
de 700 millions de dollars
Il a acquis début 2019 un logement
pour 95 millions de livres, près de
Buckingham Palace, à Londres. Mis
en vente il y a deux ans à près de
145 millions de livres, puis ramené à
125 millions de livres, selon le
« Financial Times », il n’avait pas
trouvé preneur pour cause de
morosité liée au Brexit. Le 3 Carlton
Gardens abritait notamment les
bureaux du général de Gaulle lors
de la Seconde Guerre mondiale. Ken Griffin a déjà acheté les
appartements les plus chers à
Chicago et Miami. En 2018, son
hedge fund a réalisé un rendement
de près de 9 %, après un gain de 13 %
l’année précédente. Créé en 1990,
son fonds a débuté sur la stratégie
d’arbitrage d’obligations convertibles et s’est diversifié au cours du
temps. Il est aujourd’hui présent
dans de nombreuses activités
(gestion alternative, trading haute
fréquence, banque d’affaires, courtage en ligne…).
Le patrimoine immobilier de
Ken Griffin est de près de 700 millions de dollars. Le prodige de
Harvard garde des goûts culinaires
simples. Comme le président
Trump, c’est un fan de la chaîne de
restaurants McDonald’s. « Cela
rend les gens un peu dingues que je les
y emmène tout le temps », a t il admis
au « Wall Street Journal ». n
la prochaine Assemblée Générale le versement
d’un dividende de 2,48 € par titre représentant
un rendement de 3,32 % par rapport au cours
du 31/12/2018.
Perspectives 2019
La Caisse Régionale accélère ses investissements
dans la transformation de l’entreprise. Après la
rénovation des agences (fin du déploiement en
2020), la création d’un Centre d’affaires dans le
quartier Odysseum de Montpellier en synergie avec
le Village by CA Languedoc (fin 2017) et les premières
actions issues du projet d’entreprise Audace 2020,
s’ouvrent les réflexions sur la transformation des sites
administratifs de la Caisse Régionale. Ce nouveau
projet ambitionne de transformer les modes de
travail des équipes pour plus de collaboratif, d’agilité
et de qualité de vie au travail. Il vise également à
moderniser l’immobilier des sites avec une dimension
développement durable, à créer dans chaque
département (Aude, Gard, Lozère), comme à
Montpellier (Hérault), un Centre d’affaires porteur du
rayonnement commercial et mutualiste, au service
des clients et sociétaires de la Caisse Régionale.
Comptes sociaux et consolidés arrêtés par le Conseil d’Administration en date du 25/01/2019 et en cours de
certification par les commissaires aux comptes.
Retrouvez toutes les informations règlementées sur le site www.ca-languedoc.fr dans l’espace VOTRE CAISSE REGIONALE.
Chargé des relations investisseurs : Georges SARRADIN, georges.sarradin@ca-languedoc.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 28 janvier 2019 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 25 - 01 - 2019
CAC 40 : 4925,82 (1,11 %) NEXT 20 : 10974,71 (1,14 %)
CAC LARGE 60 : 5471,21 (1,11 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3852,58 (1,08 %)
DATE DE PROROGATION : 28 JANVIER
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
15/01/19 3,5
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
38,63
732296
290.969.205
105,3
827552
429.423.434
96
1575939
776.469.994
19,178
6536596
1.021.903.623
77,5
358737
106.884.219
20,5
5705043
2.424.916.626
42,24
6014996
1.249.798.561
30,62
790526
372.377.939
98,12
663400
167.293.730
17,26
2823246
789.252.839
10,25
5875939
2.866.437.156
62,99
1267522
685.055.200
111,5
287268
261.541.129
13,8
6238520
2.435.285.011
111,9
694516
433.379.900
505,2
35243
105.569.412
421,4
178847
126.279.322
259,9
774671
505.028.789
51,36
517663
267.471.813
200,5
448336
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
38,52
38,93
38,35
105,2
105,75
104,8
96,51
97,12
95,6
20,04
20,1
19,152
77,2
77,52
76,12
20,41
20,53
20,39
42,99
43,2
41,875
30,93
30,94
30,61
97,36
98,36
96,62
17,455
17,51
17,245
10,378
10,416
10,192
62,45
63,1
62,21
111,55
112
110,75
13,925
13,925
13,765
111,15
112,15
111,15
504,4
505,4
500
421,2
424,7
418
261,1
262,55
258,95
52,26
52,34
51,2
200,6
201,8
199,15
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,13
+ 6,41
- 15,15
- 0,1
- 1,5
- 3,09
+ 0,62
+18,23
+ 9,67
+ 5,51
+11,54
- 32,53
+ 1,23
+12,57
- 38,97
+ 0,15
+ 8,75
- 24,35
+ 3,89
+10,83
- 36,78
+ 1,24
+ 0,06
- 31,66
+ 0,17
+15,66
- 7,89
+ 1,37
+20,3
- 9,82
+ 2,43
+11,74
- 32,85
- 0,56
+ 1,35
- 10,14
+ 0,81
+11,89
+ 19,82
+ 1,24
+13,4
- 1,03
- 0,63
+ 1,37
- 2,07
+ 0,76
+ 8,82
+ 14,71
+ 1,57
+ 8,84
+ 12,86
+ 1,26
+ 6,51
+ 8,72
+ 2,11
+ 7,91
- 20,72
+ 0,55
+ 1,49
+ 10,34
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 3,8
39,31
36
2,73
- 3
107,95
102,05
2,52
+ 14,95
3,4
97,12
28,43
77,5
1,55
+ 10,47
20,25
17,056
+ 8
77,76
67,5
2,2
+ 8,23
20,61
18,428
6,17
+ 8,9
43,2
38,135
7,03
- 1,31
31,21
29,02
5,5
+ 12,17
98,36
79,8
1,75
+ 17,07
17,58
14,485 2,64
+ 10,05
10,424
9,095 6,07
+ 1,53
63,66
60,2
3,04
+ 7,57
112,15
96,02
0,52
+ 11,18
1,21
13,925 11,55
12,17
2,66
+ 0,63
112,85
108,95
1,38
+ 4,04
505,4
462,4
1,51
+ 2,33
429,8
380,7
0,83
+ 1,12
266,2
243,65
0,77
+ 6
52,34
47,91
2,41
- 0,3
202,1
194,55
1,77
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
94,9
598126
179.847.632
13,415
7533465
2.660.056.599
142,95
398601
265.421.592
21,69
2518674
904.828.213
54,12
561901
235.249.801
58,57
2796341
295.722.284
109,55
815938
435.767.951
30,265
1954608
546.585.004
72,93
1737756
1.247.395.472
60,44
1465126
579.138.192
27,955
4455646
807.917.739
94,04
245169
147.454.887
13,9
5778408
911.156.920
20,19
1075780
450.145.880
47,2
4456382
2.641.814.774
148,84
501949
138.286.626
27,31
1527191
240.253.100
18,27
1359193
565.593.341
76,14
1201619
598.227.170
21,6
2202217
1.306.234.196
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
95,3
95,82
94,3
13,48
13,51
13,325
141,5
143,25
141,4
21,93
21,95
21,69
54,36
54,68
54,04
61,16
61,43
58,57
110,5
110,95
109,15
30,96
31,07
30,15
73,28
73,54
72,66
61,18
61,4
60,32
28,62
28,675
27,85
93,88
94,56
93,14
14,37
14,38
13,78
20,43
20,51
20,18
47,45
47,595
47,14
152,66
152,74
147,76
27,87
28,48
27,31
18,065
18,43
18,055
76,84
76,84
76,1
21,64
21,75
21,57
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,91
+11,62
- 24,75
+ 0,86
- 4,43
- 8,46
- 0,49
- 0,11
+ 10,42
+ 1,67
+20,73
+ 18,86
+ 1,08
+11,76
- 3,27
+ 4,91
+11,4
- 31,39
+ 1,14
+ 8,76
+ 23,46
+ 2,55
+ 9,09
- 34,9
+ 0,43
- 1,29
+ 1,43
+ 1,66
+ 5,52
- 18,19
+ 3,25
+ 3,66
- 38,41
+ 0,06
+ 7,86
- 10,42
+ 4,4
+21,27
- 24,07
+ 1,39
+24,12
- 25,55
+ 0,94
+ 4,91
- 0,19
+ 1,61
+13,47
+ 2,58
+10,68
- 56,47
- 0,61
+ 0,42
- 11,79
+ 1,64
+ 8,99
- 11,88
+ 0,51
+ 3,05
- 6,8
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 9,92
95,82
83,74
3,73
- 4,77
14,34
13,255 2,23
- 1,26
143,25
136
0,95
+ 17,62
21,95
17,87
2,42
+ 8,55
54,68
48,7
3,68
+ 12,12
61,43
51,98
5,8
+ 4,84
111,2
101,1
1,45
+ 6,15
31,07
28,275
4,2
- 3,15
75,68
72,59
4,14
+ 2,44
61,4
57,58
3,6
+ 2,88
30,385
26,88
7,69
+ 4,89
95,8
86,78
2,93
+ 15,1
0,23
14,38 63,23
10,635 0,37
+ 15,75
21,04
16,6
+ 2,75
48,075
44,775
1,35
+ 12,75
152,74
130,18
+ 9,25
28,48
23,5
4,49
+ 0,61
18,43
17,5
4,65
+ 6,69
76,84
70,2
0,98
+ 1,69
22,1
20,8
2,08
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,99
3,98
17633
3,99
40.789.901
3,938
B 6,15
6,13
13949
6,15
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,11
ABIVAX (ABVX) g
B 11,8
11,32
37107
11,8
FR0012333284
10.024.182
10,76
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,502
0,51
14333
0,51
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,496
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,44
3,45
25430
3,45
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,39
ADOCIA (ADOC) g
B 14,4
14,1
12368
14,5
FR0011184241
6.916.753
13,98
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 166
164,9
64772
166,4
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
164,3
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 11,09
11,025
2462183
11,175
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
11,02
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 51,8
53
20339
53,6
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
51,6
AKWEL (AKW) g
B 16,2
16,44
14231
16,58
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
16,16
ALD (ALD)
A 12,15
12,38
77634
12,43
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
12,1
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 23,25
23,3
3990
23,4
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
23,2
ALSTOM (ALO) LR
A 34,16
36,37
1762163
36,37
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.425.599
33,96
ALTAREA (ALTA) g
A 179,2
180
3745
183
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
177,6
ALTEN (ATE) G
A 79,2
78,25
29699
79,7
FR0000071946
25/06/18 1 33.830.458
78,1
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 8,46
8,435
509257
8,53
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,375
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,28
3,31
8172
3,38
FR0012789667
47.804.841
3,26
AMUNDI (AMUN) G
A 50,26
50,4
EX-DS 15/03/17
111376
50,52
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
49,77
APRIL GROUP (APR)
B 20,8
20,8
3861
20,9
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
20,8
ARCHOS (JXR) g
C 0,325
0,329
331631
0,336
FR0000182479
57.851.743
0,325
ARKEMA (AKE) L
A 82
83,7
315947
83,7
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
81,82
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 14,62
14,72
7261
14,92
FR0000074783
6.651.515
14,6
ASSYSTEM (ASY) g
B 28,95
28,2
OPA 24/11/17
1960
28,95
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
28,2
ATARI (ATA)
C 0,338
0,343
635710
0,345
FR0010478248
255.105.360
0,332
AUBAY (AUB) g
C 31,6
31,9
14688
32,25
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.136.796
31,45
AUREA (AURE)
C 5,66
5,56
1660
5,76
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,56
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,151
0,152
106878
0,157
FR0000066052
21/10/11 0,05 112.001.888
0,15
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 12,72
12,82
4532
12,94
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
12,72
BÉNÉTEAU (BEN)
A 12,86
12,86
88018
13,3
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
12,86
BIC (BB) G
A 88
85,25
153285
88,35
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.010.907
84,8
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,65
9,65
21505
9,77
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
9,65
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 62,5
63,3
86878
64,3
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
62,4
BOIRON (BOI) g
A 48,9
50,8
28036
50,8
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
47,5
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,526
3,554
889027
3,564
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,508
BONDUELLE (BON) g
B 30,5
30,85
15230
31,2
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.538.340
30,5
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 19,235
19,46
771301
19,475
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
19,2
BURELLE SA (BUR)
A 968
976
33
986
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
966
CARMILA (CARM)
C 16,68
16,94
48360
16,94
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
16,28
CASINO (CO) LR
A 39,3
39,87
348266
39,95
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
39,24
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,6
2,57
41068
2,6
FR0010193052
30.514.178
2,55
CGG (CGG) G
C 1,52
1,554
5757561
1,565
FR0013181864
709.944.816
1,508
CHARGEURS (CRI) g
C 19,42
19,39
28278
19,6
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
19,28
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 357
357,2
EX D OP 08/06/17
12347
357,8
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
355,5
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/170119
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 14,76
+22,09
4,128
- 54,7
3,378
- 0,16 + 0,82
+ 4,25
6,27
- 7,4
5,98
- 2,25 - 4,39
- 2,41
12,8
+ 25,08
9,51
- 1,92 + 2,82
- 1,16
0,52
- 38,26
0,49
+ 1,77 + 2,07
+17,75
3,61
- 55,88
3,24
- 2,36 - 14,75
+ 6,82 17,08
- 13,6
13,98
- 0,36 - 0,36
+ 2,04 171,3
+ 1,35 159,1
+ 0,18 + 16,3
+20,78
11,225
- 9,33
8,68
+ 2,32 + 19,91
+23,54 53,6
+ 3,11
42,1
+ 1,61 + 2,11
+11,08 17,6
- 54,46 15,3
+ 3,77 + 19,04
+20,43 12,43
- 12,2
10,1
+ 0,22 - 5,67
+ 1,75 24,8
- 32,27 22,55
+ 6,1 + 3,12
+ 4,96 36,37
+ 0,33 33,4
+ 1,24 + 8,56
+11,39 183
- 14,29 163,4
- 0,45 + 7,63
+10,06 79,95
- 1,51 70,25
+ 0,42 + 20,41
+27,22
8,575
- 36,47
6,51
+ 0,92 + 20,36
+27,31
3,38
- 12,66
2,75
+ 1,21 + 9,19
+ 9,47 50,52
- 30,92 44,59
+ 4,26
+18,18
21
+ 30
19,95
+ 0,77 - 9,86
+16,05
0,397
- 52,45
0,294
+ 3,16 + 11,66
+13,05 84,12
- 20,89 72,88
+ 0,68 + 2,51
+35,05 15,48
- 12,59 13,1
- 0,7 + 4,25
+ 5,22 29,8
- 7,08 25,75
+ 2,39 + 0,73
+10,65
0,386
- 37,06
0,32
+ 1,27 + 13,32
+27,6
33,3
- 13,78 25,8
- 1,77 + 1,09
+ 9,02
6,08
- 32,03
5,18
- 1,3
- 7,32
0,188
- 46,85
0,146
+ 0,95 + 3,22
+ 6,83 13,52
- 42,38
11,8
+ 1,1 + 12,02
+21,78 13,48
- 40,74 10,72
- 3,13 - 4,37
- 4,85 92,45
- 9,79 84,8
+ 0,52 + 20,47
+24,2
9,77
- 24,96
7,8
+ 2,26 + 10,09
+15,3
64,3
- 15,03 53,1
+ 2,63 + 3,78
+ 6,72 54,3
- 32,89 47,5
+ 1,43 + 1,54
+ 3,19
3,714
- 24,48
3,412
+ 1,15 + 8,63
+ 9,4
31,8
- 25,39 28,2
+ 1,54 + 9,36
+11,81
19,475
- 17,54 16,99
+ 0,62 + 22,61
+29,1 986
- 29,78 730
+ 4,83
+ 4,7
17,12
- 31,14
15,76
+ 1,94 + 9,71
+13,27 40,18
- 17,66 34,01
+ 0,78 + 11,74
+39,83
2,965
- 26,61
2,115
+ 3,88 + 34,43
+52,5
1,565
- 54,64
1,081
- 0,51 + 15,42
+25,34 19,6
- 31,09 16,18
+ 0,62 + 6,98
+ 9,57 357,8
+ 19,75 323,9
+ 7,14
+ 7,14 6000
- 20 5700
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,661
3562350
393.613.788
A 20,4
213820
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 8,1
81288
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
COLAS (RE)
A 136,6
1360
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 86,8
101990
FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25
1883
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1295
3772
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 111,5
287268
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 10,51
362935
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,02
367041
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 97,9
9290
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 5,74
832
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 36
431373
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 14,3
EX-DS 7/03/17
2405691
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 79,98
176719
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,17
137441
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12,78
375575
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 13,85
543235
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.927.545
EOS IMAGING (EOSI)
C 2,6
17139
FR0011191766
26.130.407
ERAMET (ERA) Gg
A 54,1
190741
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,69
98291
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 26,3
1021
FR0004110310
6.017.892
EURAZEO (RF) G
A 64,25
83736
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
EURO RESSOURCES (EUR)
C 2,99
5927
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 364,4
36125
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,62
247561
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 18,305
369970
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 74,2
744
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 38,47
816640
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 88,5
2281
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 13
9990
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 780
85
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 63,2
47897
FR0011476928
26.605.439
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 62,8
2096
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 340
1
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
B 1,13
N/P REGR.
7860
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,11
17395725
FR0000079634
01/10/01 0,1 166.658.543
GECINA (GFC) G
A 120
101835
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
GEMALTO (GTO) L
A 50,7
337626
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 17,97
126377
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 2,56
153737
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,01
87621
FR0011790542
79.347.621
GETLINK (GET) LR
A 12,8
828035
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 17,76
14434
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,26
3,48
0,42
1,32
1,83
4,44
2,15
0,96
1,28
2,85
4,96
1,3
2,75
3,55
0,85
2,7
1,56
1,94
4,05
1,04
0,54
3,15
0,56
1,62
2,88
1,64
3,91
1,55
0,95
3
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,669
0,675
0,658
20,02
20,4
20,02
8,06
8,17
8,05
137
140
136,6
87,75
87,8
86,05
25,2
25,2
24,5
1305
1305
1287
111,55
112
110,75
10,88
11,24
10,4
3,968
4,05
3,954
99,8
100
96,4
5,76
5,76
5,62
35,9
36,12
35,78
14,07
14,355
13,98
80,2
80,44
79,58
3,31
3,405
3,15
12,55
12,85
12,54
13,98
13,99
13,69
2,57
2,61
2,55
58,2
58,85
54,1
7,455
7,8
7,415
26,6
26,6
26,05
64,95
65,3
64,25
3,06
3,06
2,98
379,2
379,4
361,6
7,72
7,865
7,62
18,465
18,55
18,265
72
74,2
71,6
39,78
40,09
38,33
89,1
89,5
88,5
12,9
13
12,84
780
784
776
64,5
65,4
63,2
62,8
63
62,8
340
340
340
1,13
1,13
1,13
0,139
0,144
0,11
122,1
122,1
118,8
50,6
50,7
50,54
18,1
18,55
17,88
2,55
2,63
2,46
1,014
1,05
0,996
12,695
12,89
12,63
17,94
18
17,76
+ 4,78 + 8
+26,13
0,7
- 31,44
0,563
+ 0,1 + 8,1
+ 8,86 20,4
- 0,89 17,92
+ 1,64
+ 8,33
8,37
- 11,91
7,73
+ 0,15 - 2,14
+ 2,54 140
- 25,46 133,6
- 0,17 + 4,22
+ 4,34 88,4
- 1,68 81,95
+ 1,61 + 3,7
+5
25,2
- 13,7
23,5
+ 1,4 + 7,85
+ 8,3 1305
- 1,88 1168
+ 0,81 + 7,57
+11,89 112,15
+ 19,82 96,02
+ 2,06 + 2,54
+11,59 14,97
- 73,25
9,62
- 0,65 - 0,75
+ 3,71
4,298
- 51,28
3,812
+ 3,31 + 20,97
+25,53 100
+ 28,44 76,5
+ 30,02
+20
5,78
- 12,46
4,63
+ 0,28 + 11,8
+11,59 37,05
+ 38,77 31,44
- 1,61 + 1,96
+ 3,42 14,42
+ 26,59 13,55
+ 0,53 + 9,92
+12,74 80,44
- 16,74 71,04
+ 6,09 + 24,44
+37,34
3,405
- 29,87
2,535
- 0,48 - 3,91
+ 1,62 13,74
- 35,48 12,13
+ 1,38 - 3,92
- 0,85 15,41
- 40,21
13,26
- 1,53 - 24,08
-19,06
3,46
- 51,96
2,525
+ 8,38 - 3,56
+ 5,05 71,4
- 51,7
53,45
- 1,13 + 19,28
+30,56
7,8
- 59,66
6,02
+ 1,14 - 4,14
- 1,48 28,75
- 42,05 25,7
+ 1,17 + 5,1
+ 6,65 65,65
- 19,15 60,55
+ 10,47
+36,61
3,18
- 10
2,69
+ 5,45 + 16,32
+20,23 379,4
- 28,45 313,2
+ 1,38 - 1,84
+ 1,91
8,395
- 31,68
7,485
+ 1,18 + 7,32
+ 7,64 18,68
- 1,89 16,99
- 4,26 + 5,88
+14,29 79,2
- 40
65
+ 4,74 + 20,29
+27,87 40,09
- 45,12 30,12
+ 0,79 + 11,1
+14,23 90,1
- 14,82 78,1
+ 0,78 + 17,27
+19,89 13,1
- 29,66 10,24
- 2,01
+ 2,09 802
- 25,71 764
+ 2,54 + 12,96
+26,22 65,5
- 31,02 55
+ 3,29
+ 3,29 63
+ 7,53 57,8
+ 0,59 + 16,44
+14,86 342
- 30,04 286
- 0,44
+ 30,05
+38,5
- 44,38
+ 1,41
+ 8,82
- 22,18
- 0,2
+ 0,04
+ 2,02
+ 1,46
+14,27
- 33,75
- 1,92
-25,44
- 58,74
- 0,59
+ 2,42
- 44,35
- 0,47
+10,97
+ 13,55
+ 2,28
+ 7,43
- 31,01
1,14
1,13
+ 37,13
0,144
0,101
+ 8,05
122,2
110,3
- 0,12
50,76
50,54
+ 4,32
19,18
16,55
- 23,42
3,79
2,46
- 0,2
1,288
0,98
+ 8,23
12,89
11,615
+ 4,18
18,5
15,92
4,2
4,22
5,99
1,17
0,52
3,53
0,9
24,31
1,07
2,49
3,35
2,65
3,95
1,93
4,9
0,63
1,97
6,88
2,19
2,77
2,25
0,13
2,06
4,21
12,01
2,36
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 52
52,8
5676
52,8
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
50,6
GROUPE FLO (FLO) g
B 0,208
0,209
EX D S 13/06/17
2700
0,209
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,208
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 9,48
9,72
5328
9,8
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
9,41
GROUPE LDLC (LDL) g
C 6,95
6,93
NOM.
13549
7,09
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
6,92
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
20,1
20,4
REGR.
806
20,4
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
19,9
GTT (GTT) Gg
A 74,05
72,45
58554
74,6
72,4
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 8,9
9,08
20447
9,12
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
8,9
HIGH CO (HCO) g
C 5,54
5,38
7033
5,54
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,36
HUBWOO (HBW) g
C 0,167
0,174
8300
0,174
FR0004052561
136.345.527
0,167
ICADE (ICAD) G
A 71,75
72,3
92457
72,45
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
70,05
ID LOGISTIC (IDL) g
B 140
143,8
6592
146,2
FR0010929125
5.642.475
140
ILIAD (ILD) G
A 103,5
101,55
131096
103,5
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
101,35
IMERYS (NK) G
A 45,28
46,14
81902
46,5
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
45,28
INGENICO GROUP (ING) LR
A 47,64
47,29
690870
48,78
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
46,99
INNATE PHARMA (IPH) g
B 6,8
6,795
127172
6,96
FR0010331421
63.932.655
6,775
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,562
1,538
189737
1,64
FR0010291245
44.119.162
1,51
INTERPARFUMS (ITP) g
A 43,6
42,85
71961
44,95
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
42,65
IPSEN (IPN) G
A 119
116,05
102625
119,85
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
115,7
IPSOS (IPS) G
A 21,28
23
148987
23,08
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
21,18
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 16,04
16,4
46348
16,68
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
16,04
JCDECAUX (DEC) G
A 26,06
26,54
136924
26,68
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.810.350
25,98
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 32,68
32,76
20091
33,16
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
32,6
KLEPIERRE (LI) LR
A 27,94
28,64
771409
28,64
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
27,68
KORIAN (KORI)
A 31,8
31,98
112510
32,4
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,8
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,38
40,8
46903
41,56
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,33
LAGARDÈRE (MMB) G
A 23,26
23,61
353602
23,73
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
23,16
LATECOERE (LAT) g
C 2,88
2,92
129940
2,94
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
2,88
LE BÉLIER (BELI) g
C 33
32,25
6561
33,05
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
32,2
LNA SANTÉ (LNA) g
B 46,3
46,8
6703
47,05
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
46,3
LECTRA (LSS)
B 21,1
21,25
12108
21,45
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,05
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 35,4
35,5
3091
35,5
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.132.856
35,35
LISI (FII) g
A 25
25,25
31569
25,55
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
24,9
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,8
13,9
28800
14,3
FR0000038242
16.754.425
13,72
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 13,7
13,93
75424
14,01
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
13,7
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 22,04
21,96
72704
22,48
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
21,86
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 35,25
34,9
1064
35,3
34,9
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 23
23,95
16046
23,95
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
22,9
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 2,67
2,62
48475
2,7
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.334.312
2,605
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,27
2,28
37266
2,28
FR0010609263
23.147.338
2,23
MERCIALYS (MERY) g
A 12,85
12,98
141481
12,98
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
12,52
MERSEN (MRN) g
B 26,65
27,15
30105
27,35
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
26,6
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,56
1,576
9181
1,578
FR0004177046
23.261.500
1,56
NANOBIOTIX (NANO) g
B 11,36
11,35
73978
11,51
FR0011341205
19.633.373
11,17
NATIXIS (KN) LR
A 4,591
4,621
4834561
4,621
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
4,542
NEOEN (NEOEN)
A 20,45
20,25
23994
20,45
FR0011675362
84.957.498
20
NETGEM (NTG) g
C 1,195
1,17
5551
1,195
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,17
NEXANS (NEX) G
A 25,32
25,63
134687
25,72
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
24,94
NEXITY (NXI) G
A 40
39,98
66716
40,36
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
39,62
NICOX (COX)
B 6,085
5,975
96079
6,085
FR0013018124
22.869.669
5,96
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,54
7,52
3301
7,54
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
7,36
OENEO (SBT) g
B 10,4
10,34
64413
10,8
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
10,14
ONXEO (ONXEO) g
B 0,92
0,924
45739
0,936
FR0010095596
53.376.375
0,92
ORPÉA (ORP) G
A 89
89,66
109864
90,9
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
88,86
PARROT (PARRO) g
B 3,305
3,375
31341
3,375
FR0004038263
30.174.671
3,305
PHARMAGEST INT. (PHA)
57,1
57,7
2752
58,9
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57,1
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 18
18,74
25105
18,9
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
17,7
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,76
1,72
65252
1,782
FR0011950641
21.606.363
1,716
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 24,02
24,81
230115
25
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
24,02
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 8,7
8,83
DIV 8 02/05/17
43556
9,15
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
8,65
RALLYE (RAL)
A 9,28
9,23
28182
9,38
FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
9,22
RAMSAY GDS (GDS)
A 18,9
20,4
6348
20,4
FR0000044471
02/12/14 1,4 75.957.095
18,9
RECYLEX SA (RX)
C 6,375
6,5
10466
6,63
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
6,375
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 101,4
101
96702
102,4
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
100,5
REXEL (RXL) G
A 10,27
10,2
749639
10,35
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
10,185
ROBERTET SA (CBE)
B
/210119
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/040119
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 30,1
29,8
9823
30,1
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
29,6
RUBIS (RUI)
A 51,75
52
DIV 2 28/07/17
147150
52,25
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
51,6
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 89,65
90,15
DIV 6 10/05/16
43613
91,6
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
89,5
SAVENCIA (BH)
B 58,4
59
1526
60
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
58,4
SCOR (SCR) LR
A 41,8
41,33
311914
41,96
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
41,33
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 1,54 - 0,38
+ 9,32 55,8
- 30,71 48,8
8,33
+ 3,99 + 6,92
+ 9,62
0,212
- 25,27
0,185
+ 2,64 + 15,58
+22,57 10,5
- 46,36
8,26
- 1
+ 19,9
+22,22
8,9
- 65,18
5,66
+ 1,49 + 2
+ 3,55 21,2
- 42,86 18,55
- 1,03 + 7,89
+11,29 74,6
+ 31,97 63,7
1,84
+ 0,89 + 2,83
+12,1
9,65
- 52,66
8,18
- 2,18 + 21,86
+19,56
5,56
+ 4,26
4,305
2,6
+ 3,57 + 28,89
+26,09
0,175
+ 8,75
0,138
- 0,35 + 8,72
+11,66 72,7
- 15,93 64,05
+ 5,58 + 25,04
+23,54 146,2
+ 1,7
112,2
- 0,93 - 17,2
-13,46 123,65
- 52,12 101,35
0,67
+ 2,35 + 9,91
+11,67 46,74
- 43,8
40,6
4,5
+ 1,87 - 4,54
- 1,52 53,14
- 47,26 44,41
+ 0,22 - 8,61
- 2,37
8,08
+ 19,95
6,76
- 1,41 + 11,77
+26,69
1,986
- 48,04
1,302
- 1,72 + 26,96
+31,85 44,95
+ 25,36 32,05
1,56
- 2,27 + 2,84
+ 4,08 121,4
+ 1,44 107,65
0,86
+ 8,08 + 11,98
+18,43 23,08
- 27,35 20,08
3,78
+ 2,24 + 5,67
+13,1
17,96
- 47,1
15,08
4,27
+ 2,08 + 8,24
+10,31 27,2
- 25,78 23,84
2,11
+ 0,49 - 1,92
- 0,55 37
- 20,68 32,52
+ 0,42 + 6,23
+ 6,87 28,82
- 19,39 26,26
+ 0,76 + 2,9
+ 5,61 34,28
+ 20,86 30,08
+ 2,2 + 13,87
4
+18,33 41,98
- 19,3
35,21
+ 2,74 + 7,22
+ 9,81 23,73
- 6,42 21,36
5,51
+ 1,57 + 5,04
+22,18
3,035
- 47,2
2,61
- 2,27 + 6,61
+13,36 36,8
- 48,81 28,9
3,66
+ 0,21 + 7,46
+ 5,17 48,7
- 15,52 43,2
+ 0,71 + 16,89
+22,69 21,5
- 10,9
17,84
1,79
+ 0,42 + 12,7
+17,16 38,3
- 6,21
31,3
3,8
+ 1
+ 23,17
+32,89 25,85
- 34,84 20,2
1,9
+ 1,61 + 26,36
+31,13
14,3
+112,75 10,66
+ 2,05 - 0,78
+ 2,58 14,27
- 36,22 12,76
6,82
+ 31,42
+38,99 22,96
- 41,9
16,15
2
- 0,29 + 8,89
+16,33 35,65
- 43,16 30
4,87
+ 4,59 + 6,92
+20,23 25,2
- 25,27 20,8
2,59
- 2,24 - 0,38
- 8,39
2,89
- 77,98
2,4
+ 0,44 + 13,43
+18,38
2,59
- 51,13
1,984
+ 0,15 + 8,44
+ 7,81
13,19
- 29,57
11,78
+ 2,26 + 15,53
+17,79 27,35
- 34,42 22,8
2,76
+ 0,38 - 1,99
+ 2,74
1,66
- 30,42
1,556
- 2,49
+ 7,08 13,82
- 21,24
11,17
+ 2,05 + 12,19
+15,24
4,621
- 37,59
4,06
8,01
- 0,98 + 6,92
+ 8,29 20,5
+ 22,73 18,8
- 2,09 + 19,39
+31,46
1,26
- 57,61
0,94
42,74
+ 2,4 + 5,34
+13,51 25,95
- 47,9
23,13
2,73
+ 0,15 + 1,47
+ 1,11
41,18
- 18,94 37,78
6,25
+ 0,25 + 19,26
+24,48
7,145
- 41,54
4,96
+ 0,8 + 1,35
+ 6,21
7,7
- 16,63
7,26
2
- 0,39 + 18,58
+25,33 10,8
- 4,26
8,58
+ 0,44 + 5,96
+ 7,19
1,045
- 46,71
0,871
+ 0,99 + 0,49
+ 1,54 94,1
- 10,43 84,82
1,23
+ 1,66 + 5,63
+ 4,81
3,49
- 59,29
3,19
+ 0,7 + 12,92
+13,14 60,3
+ 25,43 50
+ 5,16 + 17,13
+20,9
19,38
- 55,7
15,62
- 2,27 + 2,75
+12,42
1,978
- 32,28
1,652
+ 3,03 + 23
+26,26 25
- 39,3
19,1
+ 3,03 - 0,67
+ 0,46
9,77
- 53,08
8,17
- 0,27 + 2,44
+ 6,09
9,38
- 38,43
8,7
10,83
+ 7,94 - 4,67
- 3,77 22
+ 22,16
18,9
+ 1,09 + 16,07
+22,41
7,47
- 52,69
5,47
+ 2,07
+ 2,96 105
- 2,7
94,15
1,63
+ 9,68
+ 8,4
10,35
- 31,2
8,752
4,12
- 6,98
- 6,98 410
+ 20,83 400
- 0,17
+ 3,29
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+ 0,84
+ 6,12
+ 38,59
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+10,24
+ 15,61
44
44
- 3,4
30,85
29,05
+ 10,92
52,4
45,8
+ 3,21
91,6
83
+ 5,73
62,6
55,4
+ 4,9
42,2
37,95
2,28
2,89
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 131,8
60462
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,208
274482
FR0011352590
65.183.351
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B 24,8
6053
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,65
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FR0013006558
34.623.503
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B 83,9
1
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
B 67,45
SOITEC (SOI) G
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
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FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,5
REGR.
2260488
FR0012938884
583.630.365
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A 69
1898
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
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A 13,86
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FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
17,5
5295
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.426.597
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C 0,13
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FR0010949404
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1855586
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
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FR0010526814
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FR0000054900
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FR0013295789
06/11/18 0,35 21.680.000
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B 49,2
2460
FR0013333432
9.109.752
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A 19,2
EX D S 03/07/17
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FR0013230612
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C 5,5
TOUAX (TOUP) g
2320
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
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B 2,89
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FR0005175080
62.275.923
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FR0005691656
11/01/19 2 19.336.269
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FR0000054470
112.993.978
VALLOUREC (VK) G
A 1,798
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FR0000120354
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FR0004056851
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VICAT (VCT) G
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FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
A 58,5
VILMORIN & CIE (RIN) G
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FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,7
3587
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 25,35
4625
FR0013357621
20.196.492
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A 107,1
71893
FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 47,34
65057
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 5,15
39697
BE0974310428
130.781.669
A
XPO LOGISTICS (XPO) g
FR0000052870
CLOT
+ HAUT
+ BAS
133,5
133,7
131,2
0,205
0,209
0,2
23,55
25
23,1
2,69
2,755
2,6
83,9
83,9
83,9
66,5
67,75
66,2
0,496
0,521
0,495
69
69,2
68,5
93,2
94,5
92,2
13,76
14
13,74
18
18
17,38
0,131
0,131
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0,435
0,42
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11,545
11,285
1,242
1,348
1,214
32,9
33,15
32,8
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26,2
25,7
19,73
19,9
19,25
1,022
1,039
1,005
151,4
151,7
149,1
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38,7
38,5
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7,425
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41,005
40,1
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19,7
19,8
19,2
5,36
5,5
5,34
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2,89
2,825
86,4
88
82
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77,42
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1,768
1,8
1,763
3,45
3,47
3,4
44,3
44,68
44,1
58,3
59
58,1
118
119
118
23,7
24,2
23,4
25,5
25,5
24,8
106,1
107,2
106
47,86
48,38
46,96
5,34
5,34
5,11
12/07/18 0,8 9.836.241
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 1,6 + 18,35
+24,88 134,7
- 18,94 107
- 2,15
+ 2,25
0,26
- 73,65
0,195
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+37,72 26,9
- 21,37 16,84
+ 1,13 + 11,62
+14,47
3,055
- 74,51
2,37
+ 3,33
+ 3,33 84,3
- 1,41
81
- 0,75 + 31,42
+34,89 68,35
+ 6,4
48,6
- 0,56 - 1,49
+ 7,17
0,562
- 51,8
0,473
+ 1,32 + 9,52
+12,93 70
- 14,81 61,7
+ 1,09 + 15,56
+17,9
94,5
- 42,89 78,1
2,58
- 0,29 + 18,72
+23,96 14,23
- 33,33 10,99
2,91
+ 2,86 + 9,22
+16,13
18,2
- 53,29 15,5
+ 4,38
+ 5,22
0,135
- 20,12
0,12
+ 4,36 + 8,83
+16,71 84,7
- 16,37 75
2,92
- 1,27 - 1,27
+ 2,76
0,586
- 74,92
0,416
- 0,48 - 1,43
- 2,86 11,845
- 4,21
11,185
5,72
- 5,48 - 8,68
+ 4,02
1,5
- 38,51
1,214
+ 0,46 + 13,45
+14,63 33,3
- 9,12 28,35
10,94
+ 0,77 + 6,75
+10,36 29,5
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3,07
+ 2,12 + 12,61
+16,75 19,9
- 37,76 16,96
3,04
+ 3,34 + 7,13
+22,32
1,058
- 67,43
0,87
+ 1,48 + 8,45
+13,07 151,7
+ 24,81 133,7
1,22
+ 6,94
+ 6,65 39,2
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+ 2,29 + 4,03
+11,42
7,425
- 39,18
6,435
4,75
- 2,18 + 14,6
+15,14 43,6
- 10,88 34
0,87
+ 0,08 - 5,8
- 3,09 105,2
+ 9,58 94,32
0,52
- 2,6 + 9,44
+11,7
52
- 22,39 43
+ 3,14 + 0,25
+ 1,55 20,7
- 13,6
18,6
5,08
- 2,55 + 9,84
+12,13
5,56
- 55,33
4,69
+ 0,52 + 5,31
+11
3,01
- 14,05
2,695
+ 5,95 + 7,13
+14,82 88
- 44,97 70,65
2,32
+ 0,21 + 9,05
+15,2
79,96
+ 13,77 65,8
+ 0,03 + 8,77
+ 9,81
1,966
- 69,66
1,554
+ 1,77 + 8,83
+11,65
3,78
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+ 6,85
+ 8,58 44,74
- 32,16 40,84
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- 0,85 + 13,5
+21,92 60
- 28,74 48,636
2,32
- 0,67 + 3,69
+ 6,69 126
- 5,75 111,8
- 0,42
24,2
- 0,42 23,2
+ 1,19 + 10,15
+ 8,97 29,55
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+ 4,33 109,7
- 29,27 101,4
2,5
+ 2,7 + 13,41
+17,94 48,38
+ 7,65 38,44
+ 6,38 + 25,35
+32,51
5,34
- 46,6
4,145
+ 0,67 - 3,21
- 1,31 320
+ 18,9 290
80
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,7
337626
22/05/17 0,43 90.920.356
A 5,482
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- 0,2 - 0,12
50,7
+ 0,04 50,76
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12,01
0,3
19,46
3,3
4,55
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
7,81
7,97
16313
8,07
USD 19/12/18 0,01 8.698.115.000
7,78
7,351
7,4
21634
7,4
GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 20.035.547.017
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LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 40,38
40,8
46903
41,56
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,33
SCHLUMBERGER (SLB)
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39,1
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39,3
AN8068571086
USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
38,6
STALLERGENES GREER (STAGR) A 29,65
30
1109
30
GB00BZ21RF93
19.738.742
29,65
US3696041033
HSBC (HSB)
+ 2,18
+27,72
- 39,53
+ 2,07
+ 3,14
- 15,43
+ 2,2
+18,33
- 19,3
+ 2,9
+25,72
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+ 1,35
+ 3,45
- 4,61
+ 20,21
8,11
6,46
+ 2,46
7,407
6,996
+ 13,87
41,98
35,21
+ 19,21
40,2
30,9
+ 6,01
30
27,15
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Lundi 28 janvier 2019
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
FR0013341781 2CRSI
C 8,9
9,48
8,9
C 5,25
5,5
5,25
FR0000076887 A.S.T. GROUPEg
FR0013185857 ABEO
C 30,1
31
30,1
FR0000076861 ACTEOSg
C 2,29 2,32
2,16
BE0974269012 AD CAPITAL
FR0000062978 ADL PARTNERg
C 13,95 14
13,95
FR0012821890 ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,02 3,1
2,99
FR0004152874 ADVENISg
C 1,445 1,51
1,435
FR0013296746 ADVICENNE
C 10,7
10,702 10,7
FR0000053043 ADVINI
C 29
29
29
FR0000044612 AFONE PART.
C
FR0000062804 ALPHA MOS
C 0,37
0,403 0,37
B 15,24 15,4
15,1
FR0000053837 ALTAMIRg
FR0000039216 ALTAREIT
B436 436
436
FR0011051598 AMOEBAg
C 2,23 2,275 2,205
FR0013258589 ANTALIS
B 0,93 0,935 0,906
FR0010481960 ARGANg
B 47,2 49,8
47,2
FR0012185536 ARTEA
C 14,6
14,6
14,6
FR0000076952 ARTOIS
A
FR0011992700 ATEME
C 12,6
13,62
12,6
FR0000061780 AUGROS CP
C
FR0013183589 AURES TECH.
C 35,3
35,5
35,05
1,64
1,69
1,53
FR0011800218 AWOXg
FR0000064123 BACCARAT
B200 200
200
MC0000031187 BAINS MONACO
B 46,8 48,7
46,8
FR0013258399 BALYO
C 3,61
3,69
3,61
FR0000062788 BARBARA BUI
C 7
7
6,9
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C 30,4
31
30,3
FR0000062150 BLEECKER
C
FR0011592104 BLUE SOLUTIONSg
B 16,5
16,6
16,5
FR0004548873 BOURBONGg
A 3,415 3,44
3,385
FR0000074254 BOURSE DIRECT
C 1,16
1,17
1,16
C
FR0000078958 BUSINESS ET DEC.g
FR0010151589 CAFOM
C 6,4
6,45
6,4
FR0012969095 CAPELLI
38,5 38,6
36,7
FR0000064156 CARP.DE PARTIC.
C
FR0000072894 CASTg
C 3,87
3,9
3,85
FR0000064446 CATERING INTER.g
B 10,65 10,9
10,6
FR0010193979 CBO TERRITORIAg
C 3,28 3,35
3,23
FR0000078339 CCA INTERN.
C
FR0000053506 CEGEDIMg
B 23
23
22,7
FR0010309096 CEGEREALg
B 35
35,6
35
FR0012633360 CELLNOVOg
C 1,34
1,35
1,3
B 0,51
0,596 0,51
FR0012616852 CERENISg
FR0000037475 CFI
C
FR0000060907 CHAUSSERIA SA
C
FR0000054322 CIBOX INTER.g
C 0,109 0,109 0,106
FR0000060824 CLAYEUXg
C
FR0000053399 CNIMg
B 84,8 85
84,8
FR0013335742 COGELEC
C 7
7,05
6,92
FR0004031763 COHERISg
C 1,58
1,6
1,58
FR0000065393 COURTOIS
C 125
125
125
FR0000044323 CR ALPES PROV.
C 107,22 109,66 107,2
FR0000185506 CR ATL. VENDÉE
C 128,96 128,96 128
FR0010483768 CR BRIE PICARD.
B 25,6
25,85 25,6
FR0000045213 CR ILLE VILAINE
C 101
102,4
101
FR0010461053 CR LANGUEDOC
C 75
75
74
FR0000045239 CR LOIRE HTE-LOIRE C 93,01 93,01 92,2
FR0000045551 CR MORBIHAN
C 83,7
83,86 83,7
FR0000185514 CR NORD FRANCE
B 22,5
22,7
22,5
FR0000044364 CR NORM. SEINE
C130
130
129,6
FR0000045528 CR PARIS IDF
B 91,7
91,88 91,2
FR0000045346 CR RHÔNE-ALPES
C 210,1 211
207,5
FR0000045544 CR TOULOUSE
C 114,22 115
114,1
FR0000045304 CR TOUR. POITOU
C 114,98 114,98 103,6
FR0000050395 CROSSWOOD
C
FR0007317813 CS-COM. ET SYST.g
C 3,99 4,03
3,96
FR0011026749 DALETg
C 12,4
12,4
12,4
FR0000036774 DANE-ELEC MEMORYg C
FR0010879056 DEINOVE
1,704 1,704 1,64
FR0013283108 DELTA PLUS GROUP B 38
38
37,4
FR0000035784 DIGIGRAM
C 0,89 0,89
0,89
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FR0000065260 DOCKS PÉTROLES A C
B 13,8
13,95
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FR0010099515 ECAg
FR0000072373 EGIDEg
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FR0000031023 ELECT. STRASBOURG B104,5 105
103,5
FR0012650166 ELECTRO POWERg
C 13,4
13,55
13,25
FR0004030708 ENCRES DUBUITg
C 5,14
5,14
5,12
FR0000120669 ESSOg
B 33,2
33,2
32,6
FR0000061475 EURASIA FONC INV
C 0,178 0,178
0,178
FR0000075343 EUROMEDIS GROUPEg C 6,6
6,6
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C 1,11
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121
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C
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C
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C
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C 0,302 0,31
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C
FR0011271600 FERMENTALGg
2,83 2,87
2,8
FR0000062101 FERMIÈRE CANNES
B
FR0000061418 FIDUCIAL OFFICE
C 28,4 28,4
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B 171
171
171
FR0000076986 FIN. MONCEY
A
FR0000035123 FINATIS
B 39
39
39
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B 45,1
45,1
44,1
FR0000065930 FONCIÈRE 7 INV.
C
FR0000064362 FONCIÈRE ATLAND
C 113
113
113
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B 29,4 29,4
29,4
FR0010341032 FONCIÈRE INEA
B 38,5 38,5
38,5
FR0011277391 FONCIÈRE PARIS NORD C 0,03 0,032 0,03
FR0000053944 FONCIÈRE VOLTA
C
FR0013030152 FRANÇAISE ENERGIE C 12,8
12,8
12,75
FR0010588079 FREY
B 28
28
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FR0000031973 FSDV
C
FR0000030611 GALIMMO
C 24,6 24,6
24,6
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B 116,5 116,5
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88
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C 36
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36
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25
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C
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VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
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COURONNE NORV.
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4,2872
LEV BULGARE
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8,9457
WON SUD COREEN
1275,3573
PESO MEXICAIN
21,5991
REAL
4,2994
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1,5443
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15,5323
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VOL
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BCE
6569
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6,15 - 2,38
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TESSIg
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TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
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TXCELLg
UNIBEL
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UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
B160
C 79
C 32
C
C
B 39
+HT
160,5
79
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+BS
160
79
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38,8
CLÔT ÉCART VOL
160
- 0,31
5989
79
+ 0,64
40
32,2 + 0,63
31
- 0,51
APERAM
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
ISIN
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2001
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3,14
+ 6,12
- 2,62
+ 3,89
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357
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C
A
C
A
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54,2 + 0,19
68463
3,36 + 0,49
61,6 + 0,65
5,762+ 6,27 1686126
26,06
19,57
3,62
3,56
54,15
61,2
61,8
61,2
A 5,482 5,762 5,482
C
37,52 37,52
37,52
38,57 38,57 38,57
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
83,2
83,2
11
59,13
19,91
C 43
A 125
12,6
C
43
126
12,6
43
- 0,46
124,5 + 0,81
12,6
43
124
12,6
350
519
43
0,02
B 68,5 70
C690 690
B100
100
68,5
690
100
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,126
0,048
9,28
1,7
0,158
5,16
23,85
68,4
22
+HT
0,13
0,05
9,28
1,716
0,159
5,23
23,9
69,2
22,8
+BS
0,123
0,046
8,88
1,674
0,15
5,16
22,9
64,8
22
0,289
20,65
5,36
4,28
0,168
0,148
0,481
1,48
0,199
0,72
73
11,55
1,155
8,4
0,243
119
0,289 0,275
20,95 20,6
5,38
5,34
4,28
4,28
0,18
0,162
0,15
0,143
0,482 0,454
1,506 1,4
0,201 0,19
0,72
0,702
73
73
11,55
11,5
1,21
1,145
8,56
8,38
0,26
0,233
121
116,5
CLÔT ÉCART VOL
0,127
365663
0,049+ 1,86 6177131
8,88 - 4,52
1770
1,68
8451
0,151 - 4,55 117689
5,2 + 0,78
3716
23,35 - 1,27
5480
66,6 - 2,92
10229
22,8 + 3,64
10447
0,038
0,281 - 1,23
20,95 + 1,7
5,34 - 0,74
4,28
0,162 + 1,5
0,149+ 0,68
0,47 - 1,67
1,42 - 5,71
0,195+ 3,29
0,72 - 0,69
73
- 6,41
11,5 - 0,43
1,175+ 0,86
8,48 + 0,95
0,259+ 7,48
121
+ 1,68
982428
5862
15374
1
2675549
454045
4010
228065
1118033
2512
4
85
10262
7677
1143051
961
8,98
37,52 + 0,48
38,57 + 0,57
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
83,2
EURONEXT GROWTH (Sélection)
5045
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
83,2
2,04
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
0,41
38,8
70
690
100
INVESTIR 10
115
86.85
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
0,68
-0,07
101
1
159
+ 1,47
- 2,1
118
C
4,02
31,28
31,28
31,28
31,28 - 0,06
+ 4
2
100
C
B 3,2
750
3,34
3,2
3,29 + 3,14
- 13,79
3873
53,5
C
15,2
13,65 13,65
64,5 64,5
13,6
63,5
13,6 + 1,49
63,5 - 3,05
656
517
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
25-01-2019
EUR
USD
1
1,1407
0,8666
1,1327
10,3273
7,4631
1,2499
1,5114
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
GBP
0,8767
1,1539
1
1,3159
0,7599
1
0,9935
1,3072
9,0564 11,9236
6,5474
8,6153
1,0986 144,5411
1,3254
1,7443
CHF
0,8828
1,0065
0,765
1
9,1214
6,5906
110,56
1,3344
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
25-01-2019
1 EURO EN DEVISE
820
0,31 + 0,32
+BS
6,15
2,06
1,075
CHANGES : COURS AU COMPTANT
PAYS
5,75
VALEUR
OUV
+HT
MEDINCELL
C 6,3
6,3
MEMSCAPg
C 2,12
2,26
MICROPOLEg
C 1,09
1,09
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 7,46
7,46
MRM
C 1,39
1,39
MUSÉE GRÉVIN
C 67
67
NANOBIOTIXg
B 11,36 11,51
NAVYA
B 1,86
1,94
NEOPOSTG
A 22,24 22,54
NEURONESg
B 20
20,1
NEXTSTAGE
C 89
89
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,74 0,74
OL GROUPEg
C 2,75
2,79
ORAPIg
C 5,58 5,6
ORCHESTRA-PRE.
C
OREGE
2,5
2,5
PARAGON ID
C 22
22,25
PAREFg
C
PASSAT
C 3,54 3,54
PATRIMOINE & COM
B 15,5
15,7
PCAS g
B 14
14
POUJOULAT
C 34
34
POXELg
C 5,17
5,32
PRECIA g
C168
168
PRISMAFLEXg
C 6,44 6,9
PRODWAYS GROUP
B 3
3,085
PROLOGUEg
C 0,44 0,45
PSB INDUST.
B 32
32
QUOTIUM TECH.
C
RIBERg
C 1,876 1,9
ROBERTET SA
B548
556
ROCHE BOBOIS
B 16
16,9
S.A.M.S.E.
B 138
138
SABETON
C 21,6
21,6
SCBSMg
C 6,75
6,75
SÉCHÉ ENV.g
B 30
30,2
SELECTIRENTE
C 86
86
SERGEFERRARI GROUP C 5,98 5,98
SIGNAUX GIROD
C 13,1
13,3
SII
C 21,2
21,4
SMCP
A 16,25 16,444
SMTPCg
B 18,48 18,58
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C 15,1
15,4
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C180
180
SOFT COMPUTINGg C 24,4 24,4
SOGECLAIRg
C 23,5
23,5
SPIR COM.
C 2,65 2,7
TAYNINH
C
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
TAUX ET CHANGES
860
105
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
SEK
DKK
0,0968
0,1104
0,0839
0,1096
1
0,7227
12,1222
0,1463
0,134
0,1527
0,1161
0,1517
1,3838
1
0,1678
20,2464
JPY (100)
CAD
0,8001
0,9103
0,6918
0,9045
0,0825
5,9605
1
1,2071
0,6617
0,7545
0,5733
0,7494
6,8358
4,9392
0,8285
1
25-01-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,32/-0,62-0,23/-0,53 -0,12/-0,42 -0,09/-0,39 0,01/-0,29
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
25-01-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,23
PORTUGAL
-0,23
FRANCE
0,01
ESPAGNE
-0,05
ITALIE
-0,22
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,58
0,44
0,12
0,31
0,86
-0,33
0,68
0,25
0,43
1,44
-0,10
1,05
0,32
0,72
2,08
0,12
1,40
0,44
1,07
2,45
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
248,10
0.01 245,87 0.89
171,40 0.04 171,32 1.63
238,46 -0.01 236,50 0.84
290,79 -0.02 287,33 1.16
343,90 0.12 337,19 1.87
355,38 0.16 346,89 2.29
237,34 0.03 235,28 0.85
VAR %
31/12 VAR %
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1402
1,1403
0,8665
0,8668
1,1328
1,1329
10,3241
10,3300
7,4617
7,4644
125,2400
125,2800
1,5111
1,5116
-0,0026
-0,0028
-0,0010
-0,0013
0,0005
0,0001
0,0167
0,0170
-0,0027
-0,0008
0,2214
0,2180
-0,0011
-0,0011
-0,0085
-0,0087
-0,0007
-0,0032
0,0012
0,0007
0,0135
0,0134
-0,0001
0,0014
0,1784
0,1705
-0,0066
-0,0067
-0,0176
-0,0178
-0,0058
-0,0062
0,0024
0,0019
0,0077
0,0073
0,0041
0,0044
0,1839
0,1618
-0,0153
-0,0156
-0,0364
-0,0368
-0,0124
-0,0128
0,0050
0,0041
-0,0096
-0,0118
0,0109
0,0101
0,1830
0,1610
-0,0346
-0,0353
25-01-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.34 %
fOnds federaux
2.50 %
2 ans
2.64 %
10 ans
2.80 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.30 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.00 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,58
-0,56
-0,56
-0,55
-0,54
-0,48
-0,04
0,64
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
TME
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
18-12
19-12
20-12
21-12
24-12
26-12
27-12
28-12
31-12
02-01
03-01
04-01
07-01
08-01
09-01
10-01
11-01
14-01
15-01
16-01
17-01
18-01
21-01
22-01
23-01
24-01
25-01
0,75
0,75
0,75
0,72
0,72
0,72
0,72
0,73
0,73
0,73
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,67
0,67
0,67
0,67
0,67
0,65
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
-0,362
-0,364
-0,366
-0,367
-0,374
-0,369
-0,369
-0,369
-0,355
-0,356
-0,356
-0,368
-0,365
-0,365
-0,365
-0,362
-0,365
-0,366
-0,366
-0,366
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,369
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,369
-0,367
-0,366
-0,365
-0,365
-0,364
-0,364
-0,363
-0,362
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,364
-0,365
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,311
-0,311
-0,309
-0,31
-0,31
-0,309
-0,309
-0,309
-0,31
-0,309
-0,31
-0,309
-0,309
-0,31
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,306
0,70
0,70
0,67
0,68
0,68
0,68
0,68
0,69
0,69
0,64
0,65
0,66
0,69
0,73
0,74
0,68
0,65
0,63
0,61
0,62
0,62
0,65
0,63
0,64
0,63
0,60
0,57
THOR.
PUB.
PRIV.
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
0,95
0,95
0,95
0,92
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
25/01
24/01
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
36870
36770
10 FLORINS
224
0,69
224
5 DOLLARS*
340
22,96
315
10 DOLLARS
645
16,63
641
20 DOLLARS
1230
11,17
1270
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1373
-0,43
1398
LATINE
214,5
0,47
212,1
NAPOLEON
221,9
3,94
223,3
1/2 NAPOLEON* 125,7
17,76
125,5
SOUVERAIN ELI I* 280
4,03
279,9
SOUVERAIN
277,5
3,1
268,5
1/2 SOUVERAIN* 145
7,74
140
SUISSE
221,9
3,94
218,2
TUNISIENNE*
215
0,71
215
MARK*
275
4,45
275
KRUGERRAND
1178
3
1208
LINGOTIN 500GRS 18910
2,86
18850
LINGOTIN 250GRS 9450
2,8
9420
LINGOTIN 100GRS 3790
3,07
3790
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
522,77
520,07
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
37 303
38 190
FIX2
37 653
37 261
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 796
22 454
FIX2
22 971
22 510
LONDON BULLION MARKET
25/01
24/01
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 564
1 524
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 294
1 284
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 331
1 316
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
812
795
SETTLEMENT
24/01
15,27
15,33
15,43
15,48
15,57
25/01
JANV. 19
15,64
MARS 19
15,7
MAI 19
15,79
JUIL. 19
15,88
SEPT. 19
15,97
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
25/01
813,5
814,2
818,3
823,6
827,6
BASE CUIVRE
24/01
1278,5
1286,1
1292,3
1298,2
1309,2
SETTLEMENT
24/01
790,8
800,1
805,5
810,7
815,5
618,13 DEPUIS LE 25/01
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 525,74 DEPUIS LE 25/01
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
534,15 DEPUIS LE 25/01
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
576,14 DEPUIS LE 25/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
716,93 DEPUIS LE 25/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
683,99 DEPUIS LE 25/01
LONDON METAL EXCHANGE
25/01
24/01
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1440-1450
1460-1470
9760
1420-1425
1480-1490
9860
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1850-1851
1870-1871
1301350
1877-1877,5
1890-1892
1301825
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
5884-5885
5921-5922
145675
CASH
3 MOIS
VOL.
21050-21055
20900-20910
975
5920-5920,5
5955-5956
145575
20775-20780
20610-20620
985
11535-11540
11625-11630
203088
11610-11615
11675-11680
202302
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
2026-2026,5
2031-2033
85200
2011-2011,5
2020-2022
86625
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2605,5-2606
2610-2610,5
117475
2607-2607,5
2606-2606,5
118100
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JANV. 19
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
25/01
2,74
2,73
2,73
2,73
24/01
2,68
2,65
2,65
2,65
VOL
114
431
90392
206
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
25/01
20970
24/01
20800
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
7950
7950
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
25,5
25,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,95
6,95
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
27,25
27,25
GERMANIUM (PAR KG)
1350
1350
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1910
1910
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
25/01
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
24/01
ÉLECTRICITÉ
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT
25/01
JANV. 19
1297,4
AVR. 19
1304,2
JUIN 19
1310,6
AOUT 19
1316,8
DÉC. 19
1329,1
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
JANV. 19
FÉV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
CATHODES : 5396 A COMPTER DU 25/01/
25/01
VOL
25/01
BASE FEB 19 59,14
BASE MAR 19 56,36
POINTE FEB 19 65,43
POINTE MAR 19 60,18
CLÔTURE
24/01
40,69
46,28
CLÔTURE
24/01
60,74
57,52
67,32
61,52
VOL
364004
192492
VOL
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
539,5
London Daily Price:
393
368
391,5
366,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
62,5
71,68
437,5
405,5
63,05
71,77
438
406
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
CLÔTURE
CLÔTURE
25/01
53,98
54,31
54,66
54,96
55,16
24/01
53,43
53,78
54,15
54,45
54,65
VOL
208
20
5
CLÔTURE
VOL
25/01
12,44
12,59
12,75
13,07
13,79
24/01
12,98
13,12
13,25
13,56
14,25
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
25/01
3,18
3,06
2,87
24/01
3,13
3,02
2,85
CLÔTURE
25/01
NORD DA 21,76
25/01
FEV 2018 21,73
MARS 2019 21,6
AVR 2019 21,46
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
25/01
24/01
MARS 19 1601
1632
MAI 19
1620
1647
JUIL. 19
1631
1653
SEPT. 19
1641
1663
DÉC. 19
1650
1670
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
8379
7929
5243
3282
2601
24/01
73,18
75,98
74,96
25/01
2225
2264
2303
2318
2344
24/01
2263
2296
2329
2343
2360
VOL
18692
11984
2037
861
146
VOL
25/01
24/01
MARS 19 1534
1550
5500
MAI 19
1557
1572
3463
JUIL. 19
1575
1589
2130
SEPT. 19
1592
1605
1330
NOV. 19
1610
1627
188
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
13794
1925
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
25/01
106,8
109,9
115,4
119,2
24/01
106,05
109,05
114,45
118,2
VOL
26253
14717
2361
1684
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
24/01
381,1
387,5
392
VOL
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
25/01
24/01
112,45
115,7
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
25/01
24/01
MARS 19 10,67
10,68
MAI 19
10,84
10,85
JUIL. 19
10,99
11,11
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
231
13
1
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
151
55
SETTLEMENT SETTLEMENT
25/01
170,45
172,25
173,45
VOL
24/01
172
173
179
176
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
151.8
LE 23/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.2605
LE 24/01//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.43375
LE 24/01//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.58375
LE 24/01//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
JUS D’ORANGE
SETTLEMENT SETTLEMENT
SETTLEMENT SETTLEMENT
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
1168
444
89
25/01
24/01
MARS 19 380,25
377,25
118004
MAI 19
388,75
385,75
39230
JUIL. 19
396,5
393,5
38668
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
VOL
BOIS
25/01
381,5
386,5
387,1
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
CLÔTURE
VOL
25/01
24/01
MARS 19 179,75
182
JUIN 19
183
184,75
AOUT 19 185,5
187,25
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
CAFÉ
24/01
22,55
22,41
22,31
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
SETTLEMENT SETTLEMENT
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 102.72
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
VOL
VOL
25/01
24/01
MARS 19 520
521,5
228
MAI 19
527
528,25
1
SEPT. 19
541
542,25
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
VOL
24/01
22,66
COTON
25/01
74,13
76,87
75,31
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
25/01
24/01
MARS 19 205,75
206,5
16492
MAI 19
206,75
207,5
8108
SEPT. 19
187,75
188,5
3514
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
25/01
24/01
MARS 19 291
291
MAI 19
288,75
288,25
JUIL. 19
288,25
288
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 83, LE 25/01//19
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
120467
57041
33602
22399
14422
SETTLEMENT SETTLEMENT
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
25/01
24/01
FÉV. 19
568
567,25
22922
MARS 19 568,5
567,75
51952
AVR. 19
569
568
34947
MAI 19
569,25
567,75
20294
JUIL. 19
572,75
571
6564
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
25/01
24/01
JOUR
61,64
61,09
MARS 19 61,64
61,09
204693
AVR. 19
61,59
61,16
172344
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
24/01
29
29,25
29,35
GAZ NATUREL
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
VOL
9206
6853
2550
761
512
CACAO
SETTLEMENT SETTLEMENT
25/01
29
29,25
29,35
CLÔTURE
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 23/01/
Prix indicatif : 2223,05
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM
JANV. 19
MAI 19
JUIN 19
CLÔTURE
25/01
24/01
MARS 19 339,5
351,4
MAI 19
348,9
359,6
AOUT 19 355,3
365
OCT. 19
359,3
368,8
DÉC. 19
365,6
374,3
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
CLÔTURE
24/01
24,6
POWERNEXT GAS SPOT
10
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
CLÔTURE
25/01
24,6
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
530
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
SPOT
CÉRÉALES
13,2 cts/lb
VOL
112.45
25/01
24/01
187,54
186,03
REUTERS COM. 2389,16
2383,64
MOODYS COM. 5814,1
5807,83
OR INDUSTRIEL 36670
36549
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LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
554,66 25/01
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Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
par Paul Molga
—Correspondant à Marseille
DR
Alexandre
Mazzia,
du basket
aux fourneaux
L’ancien champion de basket a bien fait de
changer de panier. Devenu chef à Marseille,
Alexandre Mazzia était déjà sacré cuisinier de
l’année 2019 Gault et Millau, dans la lignée des
grands noms de la gastronomie française. Il
vient de décrocher sa deuxième étoile Michelin.
« Ces récompenses me dictent d’aller affiner plus
encore le trait de mon travail, d’être plus minutieux, plus précis », confie, l’athlète de 42 ans, qui
considère chaque service (24 couverts midi et
soir) comme « un match ».
Parmi les valeurs que cet admirateur de
Pierre Gagnaire emprunte au sport de haut
niveau : « La rigueur, l’abnégation, la concentration, l’anticipation, l’honnêteté, l’engagement, le
sens de la répétition, le management d’équipe (il a
été capitaine dans tous les clubs qu’il a fréquentés)
et la passion », jette-t-il en vrac.
L’univers onirique de Miro
En témoigne l’ambiance de son restaurant,
AM, inauguré au printemps 2014 dans un des
quartiers les plus chics de la cité phocéenne :
aucun bruit, pas un mot plus haut que l’autre
dans sa cuisine ouverte sur une salle contemporaine, riche en références (un mur en béton
brut inspiré des travaux de l’architecte Tadao
Ando, du bois de chêne centenaire sublimé
par les compagnons du devoir, des chaises sur
ENTREPRISES
BRAGARD
Guy Bœuf
est désormais PDG.
Guy Bœuf, 59 ans, diplômé en
droit des affaires et droit public
et du 3e cycle de l’Institut supérieur de gestion, est titulaire d’un
MBA marketing et finance de
l’EUA San Francisco (Etats-Unis).
mesure à l’assise en corde à bateau, forcément
marseillaise…) « Je me nourris d’art », glisse le
chef, qui dit puiser dans les musées du monde
« la simplicité complexe du geste culinaire ».
Ses muses ? « L’univers onirique de Miró »,
« le regard sincère sur le monde de Raymond
Depardon », « la perfection technique et radicale
du chef Gérard Passedat, exprimée dans ses poissons du Sud en caravane nordique », et surtout
« la composition picturale de la gelée de caviar et
chou-fleur de Joël Robuchon », que son père –
négociant en bois tropical – l’a invité à goûter
alors qu’il entrait à l’école hôtelière de SaintCloud. « Il voulait me montrer que l’excellence est
partout. Ça a été un déclic », se souvient ce natif
de Pointe-Noire, au Congo, père de deux
enfants.
Pendant son adolescence, face à la Côte Sauvage africaine, sa mère l’emmenait chaque jour
s’asseoir sur le même tronc de bois flotté pour
saluer le couchant avec son frère et sa sœur.
« C’était notre mantra, épicé des odeurs de crustacés et de poissons du petit port voisin », dit-il
de cette « madeleine ». Les barbecues sauvages
ont également laissé des traces dans ses assiettes, où se marie le goût légèrement ferreux des
grilles cramées au fumet du feu de bois. Ses
plats signatures – comme cette anguille fumée
chocolat – s’inspirent de ses souvenirs : « Epicé,
Il a d’abord été directeur marketing et commercial chez Hewlett
Packard, Zenith Data Systems et
Dell Computers. Après avoir
assuré la direction commerciale
et marketing de Guilbert, il est
ensuite devenu directeur général
de Intersafe France. En 2011, il a
pris la direction des opérations
du groupe Ecotel-Chomette
Favor. Il avait aussi créé une
start-up en 2014.
torréfié, fumé : voici les trois fils conducteurs de
son travail saupoudré d’audace », décrit l’inspecteur du « Michelin » dans les pages du
guide rouge.
Depuis cette enfance ensoleillée, le chef étoilé
a patiemment construit sa technique culinaire.
Après un bac scientifique, il rejoint l’école hôtelière sur les conseils avisés de sa grand-mère :
« Cuisinier, c’est le seul métier où tu ne mourras
pas de faim », assène-t-elle.
Son expérience se forgera au gré de ses déplacements sportifs de club en club : les pâtisseries
Fauchon, la brasserie L’Avenue, sur les ChampsElysées, puis le restaurant avignonnais Hom’art,
où il gagne sa première place de chef, avant que
le hasard des rencontres ne le conduise dans les
cuisines personnelles d’une des plus grosses fortunes au monde. « C’était un remplacement. Je
suis arrivé en retard en cuisine, j’ai fait avec ce que
j’avais sous la main, des produits d’exception qui
ne méritaient que d’être sublimés », dit le chef, qui
en rigole encore. Ce jour-là, à table, parmi les
invités de luxe, le président de la République de
l’époque aurait apprécié.
Le tour du monde en dix-sept mois
Pendant dix-sept mois, le jeune cuisinier parcourt le monde et manipule dans ses fourneaux les plus nobles produits de la planète.
« J’ai hérité de ce moment le goût de la perfection », confie le chef. Un séjour dans des cuisines japonaises va y ajouter la technique rigoureuse du raffinement local : cuire les légumes
au bouillon d’agrume, enfermer le thon dans
un bain de glaçons…
Sa carte personnelle se dessine. Il l’exprime
d’abord dans un restaurant marseillais qui
semble faire fi de son talent, et ouvre finalement sa table, AM. En accédant au panthéon
de l’art culinaire, ses deux étoiles en poche, il
n’entend pas pour autant s’étendre. Sentant la
bonne affaire, son voisin lui a proposé de
racheter le garage attenant. Lui préfère l’excellence maîtrisée du minimalisme à l’extravagance industrielle. D’ailleurs, il a décidé de fermer son restaurant un jour de plus par
semaine à compter d’avril. n
CELIO
DELOITTE
Gaëlle de la Fosse
Brice Chasles
Philippe Remy
prendra la direction générale
de l’enseigne le 11 février.
Gaëlle de la Fosse, 44 ans, est
diplômée de l’IEP de Paris et de
HEC. Dernièrement, elle était
associée au sein du cabinet de
conseil Roland Berger à Paris.
Elle y dirigeait les activités mode
et lifestyle au niveau mondial.
Brice Chasles est nommé
directeur général de Deloitte
Afrique (activités en Afrique
Francophone) et membre
du comité exécutif de Deloitte
France.
Philippe Remy rejoint Deloitte
en tant que managing partner du
consulting et membre du comité
DISPARITION
Henry Chapier
Animateur du Divan
Il restera dans les mémoires
comme l’animateur qui a
recueilli les confidences de
plus de 300 personnalités
allongées sur son « Divan »
lors d’un show télé devenu
culte. Henry Chapier, également critique de cinéma et
cofondateur de la Maison
européenne de la photographie (MEP), n’est plus. Le journaliste, aux allures de dandy,
cheveux en broussaille et
lunettes d’écaille, s’est éteint
dans la nuit de samedi à
dimanche, à 85 ans. Né à Bucarest fin 1933, ce fils d’un avocat
français et d’une traductrice
autrichienne avait fui avec sa
famille la Roumanie communiste en 1947. Devenu critique
de cinéma, notamment à
« Combat » puis journaliste au
« Quotidien de Paris », il avait
exécutif de Deloitte France
et Afrique francophone.
Brice Chasles, 51 ans, titulaire d’un
master en comptabilité et finance
et du Trium Global Executive MBA,
a obtenu le diplôme d’expert-comptable en France et aux Etats-Unis.
D’abord auditeur banque et institutions financières chez Mazars, il a
rejoint Deloitte en 1998. Entre 2010
et 2018, il était vice-président et
membre du conseil d’administration de Deloitte France.
Philippe Remy, 51 ans, titulaire d’un
MBA de l’Insead et d’un mastère de
l’Ecole Centrale Paris, a rejoint, en
1996, Mercer Management Consulting (aujourd’hui Olivier Wyman)
où il a été partner. En 2011, il est
devenu directeur associé de Capgemini Consulting, responsable de
l’entité performance management
et transformation (PMT) et membre du comité de direction de
Capgemini Consulting France. Il est
devenu executive vice-président
chez Capgemini Consulting France
puis chez Capgemini Consulting
Belux et Espagne, ainsi que responsable de l’entité corporate excellence & transformation.
AFP
PORTRAIT
réalisé quatre films avant
d ’a n i m e r, d e 1 9 8 7 à 1 9 9 4 ,
« Le Divan » où se sont succédé
les stars, de Juliette Greco à
Spike Lee, Serge Gainsbourg
ou Simone Veil. «A l’époque, à
la télévision, personne ne parlait de son enfance à personne »,
avait rappelé Henry Chapier,
qui dévorait Freud à 13 ans et
vénérait Hollywood. A Paris, il
avait lancé outre la MEP, qu’il a
présidée de 1996 à 2017, le mois
de la photo. «Quelle tristesse de
perdre un si grand Parisien », a
tweeté dimanche Anne
Hidalgo. — L.N’K. avec AFP
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
ILS SONT NÉS
UN 28 JANVIER
Richard Anconina, acteur,
66 ans.
Alessandro Baricco, écrivain
et musicologue, 61 ans.
Yannick Carriou, CEO
de teknowlogy Group,
49 ans.
Patrick Gruau, président
du groupe Gruau, 63 ans.
Ismaïl Kadaré, écrivain,
83 ans.
Vinod Khosla, investisseur,
64 ans.
Marthe Keller, comédienne,
74 ans.
Alexandre Nodale, PDG
de Conforama, 41 ans.
Gérard Rameix, ancien
président de l’Autorité
des marchés financiers,
67 ans.
Nicolas Sarkozy, ancien
président de la République
française, 64 ans.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS.LESECHOS.FR //
LUNDI 28 JANVIER 2019
EXECUTIVES
Ubérisation :
où en est-on ?
BUSINESS MODELS
Si les entreprises traditionnelles
tentent de la contrer, l’ubérisation
commence aussi à être rattrapée
par les législations des pays
où elle se déploie. Jusqu’à
devoir repenser le modèle.
Delphine Iweins avec V.B. et V. La.
ber, Deliveroo, Docadom, Just
Eat et consorts ont voulu disrupter un marché. Souvent, avec
succès : de nouveaux standards de qualité de services et d’orientation client
sont désormais incontournables.
Au point que la question de leur pouvoir
s’est invitée au Forum économique
mondial de Davos la semaine dernière. « Ces plates-formes sont notre
avenir. Avec leurs écosystèmes, elles représentent une nouvelle révolution, créatrice
de valeurs », constatait Annabelle Gawer,
directrice du centre d’économie numérique de l’université de Surrey, lors d’une
table ronde dédiée au sujet. Créatrices
de valeurs grâce à leurs technologies et
aux données collectées, ces entreprises
se positionnent comme un simple intermédiaire. « Nous avons des sentiments
mitigés envers ces acteurs. Même si nous
les utilisons tous les jours, nous ne pouvons pas oublier leur impact sur les relations humaines », résumait Cornelius
Brandi, président du cabinet d’avocats
d’affaires CMS, à Davos. La puissance
de ces plates-formes numériques, dont
l’essentiel du business model repose sur
des indépendants ou des auto-entrepreneurs, pousse les entreprises traditionnelles dans leurs retranchements.
U
l
À RETENIR
L’ubérisation
est « la remise en cause du
modèle économique d’une
entreprise ou d’un secteur
d’activité par l’arrivée d’un
nouvel acteur proposant
les mêmes services à des
prix moindres, effectués
par des indépendants
plutôt que des salariés,
le plus souvent via des
plates-formes de réservation sur Internet ».
(« Le Petit Larousse »,
2017)
De lourds investissements
A tel point que, quelle que soit leur
activité, les acteurs dits « classiques »
sont désormais tenus, pour s’en sortir,
de miser sur un triptyque « produit ou
service, expérience client, innovation ».
La démarche nécessite de lourds investissements, sans certitude quant au
résultat à obtenir. Mais les dirigeants
doivent faire cet arbitrage pour transformer leur métier historique, et gagner
une nouvelle puissance de feu dans le
digital, comme a pu le faire le groupe de
taxis G7 pour contrer l’offensive d’Uber.
l
De nouvelles limites
Surtout, les organisations fondées sur
une « ubérisation du travail », sans
protection des travailleurs, commencent par se faire rattraper par les législations des pays où elles se sont
déployées. Le Bureau international
du travail (BIT) pointe dans un récent
rapport l’absence de « mécanisme officiel pour lutter contre les traitements
inéquitables » et propose d’établir un
socle international de droits et protections... Mais, pour l’heure, c’est la justice
qui pose les limites. Aux Etats-Unis,
Uber a accepté de payer jusqu’à 100 mil-
Les organisations fondées sur une « ubérisation du travail », sans protection des travailleurs, commencent par se faire rattraper
par les législations des pays où elles se sont déployées. Photo Shutterstock
lions de dollars pour clore deux recours
collectifs de chauffeurs. En Australie,
Foodora a fini par cesser ses activités
après des poursuites de l’agence gouvernementale Fair Work Ombudsman, à la
demande de trois employés dénonçant
une sous-rémunération. A Londres, en
décembre dernier, la cour d’appel a
reconnu à des chauffeurs Uber le statut
d’employés pouvant jouir d’un salaire
minimum, de pauses et de congés payés.
La justice espagnole aussi a requalifié le
contrat de travail d’un livreur Deliveroo
en contrat salarié.
l
Des requalifications
En France, les accidents de travail et
autres incidents se sont multipliés,
obligeant le législateur à intervenir a
minima. La loi du 8 août 2016 relative
au travail, à la modernisation du dialogue
social et à la sécurisation des parcours
professionnels prévoit que la plate-forme
doit aider le travailleur dans le financement de son assurance accident du
travail. Ce texte leur garantit aussi des
droits syndicaux et un droit à la formation. Une réponse insuffisante puisque
les contentieux prud’homaux sur le sujet
sont en hausse. En janvier 2017, un chauffeur VTC autoentrepreneur a réussi à se
faire requalifier en salarié de l’entreprise
LeCab. Le coup de grâce a été porté par la
Cour de cassation, en novembre dernier,
dans son désormais célèbre arrêt Take
Eat Easy, du nom du service de livraison
de repas à domicile qui a depuis disparu.
Pour la première fois, les magistrats ont
reconnu un lien de subordination entre
un livreur à vélo et son employeur. « Cet
arrêt est une arme donnée aux coursiers
désireux de faire requalifier leur contrat
de travail », se réjouit Paul Beaussillon,
avocat spécialiste en droit social qui a
représenté le livreur dans cette affaire.
La cour d’appel de Paris s’en est d’ailleurs
L’ ÉDITO de Muriel Jasor
Bientôt un nouveau régime
juridique
l
Dans la peau d’un « disrupteur »
n ne naît pas « disrupteur », on le devient. Par
le fruit du hasard, d’une erreur ou le choix
résolu de contrevenir aux règles en vigueur.
Libéré de contraintes, on imagine, sous d’autres
angles ce qui pourrait apporter « davantage de
valeur » au client. « Essayer encore. Rater encore.
Rater mieux », on porte fièrement en bandoulière
cette citation de Beckett qui fait florès dans la Silicon
Valley. Et c’est parti : on brise des modèles établis,
court-circuite des intermédiaires, casse des barrières
d’entrée et impose d’autres façons de travailler. Ravis
de rejoindre tout un écosystème quand, enfin,
notre offre rencontre avec succès sa clientèle.
Face à nous, les acteurs des secteurs d’activité
attaqués ont le réflexe de s’engouffrer dans la voie
O
judiciaire. Mais pourquoi diable ? Nous, start-up,
pouvons faire ce que les acteurs traditionnels
justement ne peuvent pas : enfreindre les règles !
Pis, des investisseurs sont prêts à nous donner
beaucoup d’argent pour cela ! Steve Blank, l’initiateur
du mouvement Lean Startup, nous le rappelait
à juste titre, l’an dernier, lors d’un passage à Paris.
Prenant désormais acte de cette réalité, des
entreprises nouent des partenariats avec nous. Elles
nous rachètent parfois, avec la garantie de préserver
notre liberté. Dans le même temps, elles
personnalisent leur offre (voir page 38) et recrutent
des pros des technologies dernier cri. Fab Lab,
makers ou hackerspaces, elles s’équipent aussi.
Surtout d’entités novatrices situées hors leurs murs,
fortement inspirée pour requalifier sous
forme de contrat de travail, les prestations de transports d’un chauffeur VTC,
le 10 janvier. Uber a toutefois annoncé se
pourvoir en Cassation.
Dans l’affaire Take Eat Easy, la Cour de
cassation apporte un éclairage inédit.
Généralement analysée sous l’angle
d’un instrument de surveillance des
salariés, la géolocalisation est cette
fois-ci perçue comme un indice du lien
de subordination, au même titre que
des horaires stricts ou des congés imposés. De quoi inquiéter ces entreprises
dont le business model repose grandement sur les données de leurs collaborateurs et de leurs utilisateurs. Sans
compter qu’avec le règlement européen
de protection des données personnelles,
le RGPD entré en vigueur en mai 2018,
le risque financier prend une autre
dimension. « Nous devons respecter les
demandes des clients. S’ils veulent que les
plates-formes respectent le RGPD, nous
devons le faire », estimait Craig Dawson,
associé exécutif, responsable Europe
d’IBM Automation Plateform, lors d’une
conférence au forum économique mondial de Davos.
histoire de ne plus entendre les « c’est pas possible »
de l’interne. Mais alors que l’ambition d’imposer
de nouvelles normes au XXIe siècle semblait à notre
portée, ces temps-ci, tout s’obscurcit : on dénonce
nos conditions de travail, on nous dit non
« responsables » (voir page 39), la justice pointe
son nez dans nos affaires et nous condamne (voir
ci-dessus) et, depuis peu, un nuage sombre de quatre
lettres plane au-dessus de nos têtes. Il n’y a d’ailleurs
pas que ce règlement européen, dit « RGPD »,
qui nous menace, le mouvement de protection des
données devient mondial. A terme, il pourrait même
menacer notre business model (voir page 39). On ne
naît pas disrupteur, on le devient et ça se complique
quand la réglementation nous rattrape. n
Face à ces risques judiciaires, par opportunisme commercial ou par conviction
sociale, Voitures Jaunes, Navendis, et
quelques autres ont bien tenté le CDI.
Mais, comme youOrder, ils ont rapidement déposé le bilan. « C’est au législateur d’intervenir et de mettre en place un
cadre plus sécurisant, non à la jurisprudence de décider de la façon dont ces
entreprises doivent se comporter », estime
Laurence Renard, avocate, associée du
cabinet Simmons & Simmons. Un avis
que semble partager le gouvernement
puisque le ministère du Travail souhaite
intégrer un nouveau régime juridique
précisant les liens entre les travailleurs
et les plates-formes dans le projet de loi
d’orientation des mobilités. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // EXECUTIVES
Lundi 21 janvier 2019 Les Echos
Le leadership
reste à l’abri
de l’ubérisation
echo.st/m319739
BUSINESS CASE
Comment G7 a fait
évoluer son modèle
Pour relever le défi imposé par le
géant du VTC, l’entreprise de taxis
a mis en place en 2016 une
nouvelle équipe de direction,
orientée nouvelles technologies,
et formé les chauffeurs pour
améliorer le service. Le parti
pris du réalisme.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
ravis Kalanick aurait eu l’idée de
créer Uber parce qu’il ne trouvait
pas de taxi, à Paris. Un comble
pour G7 qui a subi, au sens premier du
terme, l’ubérisation de son activité. « Il
n’y a pas beaucoup d’entreprises françaises qui, face à des opérateurs de type Gafa
aux moyens illimités, sont capables de
résister. Nous, face aux VTC, nous faisons
front, et nous le devons au travail que
nous avons fait sur nous-mêmes », dit
Nicolas Rousselet. Le PDG du groupe
Rousselet n’est pas mécontent : l’activité
est revenue à un niveau d’avant « le choc
d’offre ».
T
1. Dresser un constat réaliste
« Il faut passer son temps à transformer
l’entreprise », confie Nicolas Rousselet,
patron du groupe. Photo Eric Piermont/AFP
INTERVIEW
Dans le transport de personnes, l’ubérisation est la résultante de trois phénomènes concomitants, en France : modification de la réglementation, naissance
des géants de la tech, expansion à vitesse
express du taux d’équipement en smartphones entraînant des changements de
comportement des clients. Sans parler
de l’assouplissement monétaire généralisé, qui a permis aux nouveaux entrants
de se financer à des coûts quasi négatifs,
et de proposer des prestations à perte.
Conséquence : « Nous sommes passés de
15.000 taxis à plus de 45.000 véhicules de
transport individuel de personnes, seulement à Paris », récapitule le patron.
L’entreprise ne constatera vraiment une
baisse du nombre de courses qu’à partir
de 2014, avec l’essor des applications. Mais la situation finit par exiger
des réponses. G7 s’adaptera aux nouveaux usages mais mettra aussi l’accent
sur les atouts qui en ont fait un leader.
« Les spécificités du marché – prix réglementés, contrôles des véhicules, des horaires des chauffeurs, voies réservées –
font du taxi un transport premium »,
estime Nicolas Rousselet.
2. Faire entrer de nouvelles
compétences au codir
En 2016, le PDG du groupe familial
depuis 2001 prend la direction générale,
puis la présidence, de sa filiale G7 avec
l’intention de « changer de vitesse dans la
transformation ». Les équipes qui sont
en place ont fait le succès de l’entreprise, mais sont-elles à même d’accélérer le rythme de la transformation ?
« Nos équipes ont évolué pour en être
capables », affirme le dirigeant. « Nous
étions dans un monde où nos parts de
marché étaient importantes, sur un
secteur en croissance. Rien à voir avec la
guerre féroce consécutive au choc d’offre
que l’on connaît depuis 2014 », poursuit-il. Il renouvelle près de 70 % du
comité de direction, insiste sur la diversité des profils. La première mesure
qu’il prend est de faire venir un directeur de l’expérience client. Il est trentenaire et polytechnicien. L’instance de
direction, désormais très marquée
« IT », en compte 30 %.
3. Former les hommes
et les femmes de terrain
Le 15 mai 2016, Nicolas Rousselet
décide de réunir au Zénith de Paris
8.000 chauffeurs pour leur parler des
nouvelles exigences des clients. Et les
motiver. Le dirigeant reconnaît a posteriori les risques d’un tel raout : « Ces
artisans étaient dans une grande anxiété ;
ils avaient perdu la moitié de leur capital
et certains connaissaient des baisses de
Face à la concurrence d’Uber, la bataille est rude mais elle n’est pas perdue. L’entreprise a enregistré une croissance annuelle de 27% en 2018. Photo Romain Beurrier/RÉA
revenus importantes. Et nous les réunissions pour leur dire : “le taxi a de l’avenir”. » Le message passe et l’événement
sera même renouvelé moins de deux
ans plus tard. Au demeurant, l’opération Zénith n’est que la partie visible de
l’iceberg. Tous les mois, des missions de
concertation se tiennent avec les chauffeurs. Huit cents d’entre eux, mal notés,
sont perfectionnés. Douze salariés
permanents se consacrent à la formation. Au programme : service, qualité
relationnelle, écoute, et respect de
l’extrême confidentialité. Edouard
Philippe n’était-il pas dans une voiture
G7 le matin de sa nomination ?
Invités à porter costume et cravate, les
5.000 chauffeurs adhérents de la charte
Service Plus ont fait le saut, en trois
mois. « Nous avons pu le faire si vite
parce que ce sont tous des entrepreneurs,
qui prennent des risques et qui commencent chaque matin sans savoir quelle sera
la recette le soir », se félicite encore
Nicolas Rousselet. La note moyenne
donnée aux chauffeurs par les clients
progresse à 4,7 sur 5.
4. Lancer de nouveaux outils
L’entreprise passe au multicanal et
multipaiement. L’appli G7, créée sur
BlackBerry en 2008, relancée fin 2016,
représente déjà 43 % des commandes.
Mais l’essentiel du marché du taxi se
fait dans la rue, et de gros investissements sont réalisés dans l’équipement
embarqué. Apparaît aussi un nouveau
mode de paiement, G7 Connect,
qui permet aux voyageurs de payer
leur course directement depuis
leur smartphone, une fois à bord
de leur taxi.
Engagé sur une personnalisation des
services, G7 a fait le choix de maintenir ses comptes cloud – et donc les
données de déplacements de ses
clients – en France. Avec une croissance annuelle de 27 % en 2018, l’entreprise n’est pas en manque d’activité
mais « il faut passer son temps à la
transformer », confie Nicolas Rousselet. La bataille est rude mais elle n’est
pas perdue. Selon certaines estimations, Uber perdrait près de la moitié
du montant de chaque course. n
OLIVIER GIRARD PRÉSIDENT D’ACCENTURE POUR LA FRANCE ET LE BENELUX
« La seule parade : se réinventer en permanence »
Produit ou service, expérience
client, innovation, le triptyque
est indispensable pour disrupter
un marché. Mais, en matière
d’investissements, l’arbitrage
est délicat, explique le patron
d’Accenture en France.
Propos recueillis par V. La.
Evoquer l’ubérisation ou la
disruption, c’est parler de quoi
précisément ?
L’ubérisation n’est qu’une forme de la
disruption, qui est elle-même portée par
des acteurs différents : les start-up, qui
peuvent grappiller des parts de marché en
échappant à la vigilance des acteurs historiques, les Gafa avec leurs moyens colossaux, mais aussi, et l’on a trop tendance à
l’oublier, les acteurs historiques qui
s’essaient dans un autre secteur que le
leur, comme par exemple Orange dans la
banque. Chacun possède des atouts différents : l’agilité et les offres ultrapointues
des premiers, la puissance mondiale des
deuxièmes, l’expertise, les réseaux et les
marques des derniers.
Existe-t-il une parade
anti-ubérisation ?
La seule parade consiste à se réinventer en
permanence. L’innovation doit plus que
jamais être au cœur de la stratégie dans
un marché de l’offre plus que de la
demande. C’est cette innovation, et donc
l’offre aussi, qui conduisent le changement. Il ne s’agit plus de produits : les
frontières entre produits et expérience
client s’effacent. L’expérience client prend
beaucoup plus d’importance. C’est ce
triptyque – produit ou service, expérience
client, innovation – qui permet de s’en
sortir ou de disrupter un marché.
leur permettre de maîtriser les couches
technologiques du véhicule autonome et
d’y adjoindre des services. Investir sur le
digital est d’autant plus difficile à appréhender que le retour sur investissement
n’est pas garanti. Les business models ne
sont pas définis, ce sont encore des paris. Il
faut de l’intuition et du courage.
Mais comment une entreprise
peut-elle gérer cette incertitude ?
« Les frontières entre
produits et expérience
client s’effacent.
L’expérience client
prend beaucoup
plus d’importance. »
De telles réponses demandent des
investissements considérables en
infrastructures et technologies…
Mais la technologie est partout ! Le sujet
est évidemment plus facile pour les Gafa
qui sont « nativement technologiques ».
Mais pour les acteurs traditionnels, la
question clef est d’équilibrer leurs investissements. Il y a encore cinq ou dix ans, il
s’agissait de savoir si l’on construisait une
usine en Europe ou en Chine. Les dirigeants d’entreprise doivent aujourd’hui
parfois décider de renoncer à des capacités de production pour réaffecter une
partie des investissements au digital, à la
« Il faut identifier l’équilibre entre la protection et la transformation du cœur de métier
historique et la préparation du futur », estime Olivier Girard. Photo Jerome Domine
technologie et à l’expérience client. La
question « combien je réalloue ? » s’inscrit
donc au cœur de la stratégie.
N’est-ce pas déjà ce qu’il se passe
aujourd’hui ?
Chez certains. A la fin de l’été, Volkswagen
a décidé d’investir 3,5 milliards d’euros
d’ici à 2025, soit l’équivalent de plusieurs
usines, notamment pour développer un
nouveau système d’exploitation. Il doit
« Investir sur le digital
est d’autant plus
difficile à appréhender
que le retour sur
investissement
n’est pas garanti.
Il faut de l’intuition
et du courage. »
Accenture apporte une méthode, le
« wise pivot » que l’on pourrait traduire
par la « rotation intelligente ». Elle
consiste à identifier l’équilibre entre la
protection et la transformation du cœur
de métier historique et la préparation
du futur. Une entreprise ne peut pas
tout miser sur l’innovation de disruption ; son cœur d’activité possède une
valeur, génère du chiffre d’affaires, de la
profitabilité et des emplois. Elle doit
aussi être transformée pour être aux
standards actuels, en termes d’expérience client par exemple. Cela nécessite
des investissements. Alors, faut-il mettre 30 % de sa capacité d’investissement
pour préparer l’avenir, 70 % dans
aujourd’hui ? Il n’y a pas de réponse
absolue ; il y a des secteurs et des circonstances. Et transformer le cœur de
métier, c’est aussi faire des économies
pour libérer des moyens qui permettent
de créer la croissance de demain. Tous
les patrons de grandes entreprises
doivent faire cet arbitrage. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 39
Les Echos Lundi 21 janvier 2019
Les 4 cybermenaces
qui vont s’intensifier
en 2019
echo.st/m325954
L’anti-ubérisation,
un nouveau créneau stratégique
MARKETING
Pour répondre à la prise de conscience responsable de certains consommateurs, des start-up prennent
le contre-pied de l’ubérisation, sous des formes et avec des fortunes diverses. La preuve par trois.
MY SAM CAB, LE VTC
COMMUNAUTAIRE
Fondé en 2016, My Sam Cab se présente
comme une « véritable alternative à
Uber ». Après une phase de test de deux
ans à Toulouse, cet « assistant personnel
communautaire pour chauffeurs professionnels » s’est déployé dans 35 grandes
agglomérations françaises, comme
Paris, Nice, Marseille, Rennes, Bordeaux, Nantes, Lyon, Strasbourg ou
Lille, mais aussi dans des villes moyennes telles que Mulhouse ou Le Havre.
Son principe ? Proposer aux chauffeurs
de créer leur propre fichier client numérique, de développer leur fonds de
commerce et d’être apporteur d’affaires.
En échange, My Sam Cab leur verse une
prime à chaque fois que l’un de leurs
clients utilise la plate-forme, et ne prélève qu’une commission de 10 %, voire
de 5 % lorsque le chauffeur transporte
« son » client, contre 20 à 25 % pour les
principaux acteurs du VTC. Dans son
fonctionnement, l’application se veut
aussi « démocratique » et propose
aux chauffeurs de voter pour fixer
les grandes orientations stratégiques
et la politique tarifaire.
Aujourd’hui, le Petit Poucet, qui revendique 4.000 chauffeurs équipés et
23.000 utilisateurs inscrits, entend
bien essaimer et exporter son modèle
en Europe, et même aux Etats-Unis.
Certaines entreprises de la nouvelle économie tentent de répondre aux nouvelles exigences sociales ou environnementales
des consommateurs. Photo Shutterstock
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
ffichée en quatre par trois
dans les couloirs du métro
parisien, la nouvelle campagne publicitaire d’Uber Eats qui, après
l’effort professionnel ou sportif, promeut le réconfort alimentaire, occasionne quelques remous. Sur Twitter,
certains internautes s’en sont immédiatement pris au géant californien en
A
soulignant qu’il n’apportait pas, selon
eux, une protection sociale suffisante
à ses chauffeurs-livreurs. Cet épiphénomène, aussi sporadique soit-il, est
un exemple parmi d’autres d’une tendance « responsable » qui, peu à peu,
s’invite dans les consciences et les
conversations de consommateurs qui
se détournent, voire boycottent, ces
entreprises de la nouvelle économie
dont le business model ne répond
pas à leurs exigences sociales
ou environnementales. Au-delà des
campagnes de communication « antiUber » lancées par ses concurrents,
comme Chauffeur Privé, certains
entrepreneurs ont bien capté cette
lame de fond. Ils tentent, avec leur
start-up, de surfer sur cette vague
« anti-ubérisation » et adoptent un
positionnement commercial qui
prend, au moins en partie, le contrepied du modèle américain, sous des
formes et avec des fortunes diverses.
FRICHTI, LE DELIVEROO
DU FAIT MAISON
Dans un marché de la livraison de repas
à domicile déjà trusté, à l’époque, par
Deliveroo, Allo Resto devenu Just Eat, et
Foodora qui a depuis cessé ses activités
en France, Frichti a osé se lancer en
2015. Cofondée par Julia Bijaoui et
Quentin Vacher, la foodtech se concentre sur Paris et sa petite couronne. Elle
a opté pour un créneau original : plutôt
que de mettre en relation des restaurateurs et des clients affamés, et d’organiser la livraison de repas par des autoentrepreneurs à vélo ou à scooter, elle
propose des plats préparés par ses
propres cuisiniers. A ses débuts, ces
derniers étaient livrés par ses employés,
qui, depuis, ont été secondés par des
coursiers externes en fonction
de la demande et du flux.
Avec plus de 300 salariés au compteur,
et deux levées de fonds majeures de 12
et 30 millions d’euros, la start-up colore
cette stratégie « home made » d’une
teinte environnementale et promeut
des plats préparés à base de produits
frais et de saison, achetés en circuits
courts ou même directement auprès
des producteurs.
Récemment, la foodtech a même
annoncé qu’elle diversifiait son offre
et se lançait dans la livraison de courses
à domicile, sept jours sur sept jusqu’à
23 h 30, via son « supermarché
Frichti ». Cette fois, la jeune pousse
s’invite sur les plates-bandes de ses
homologues, celles de C’est Frais ou
Epicery, mais aussi d’Amazon et de
Monoprix.
YOUORDER, L’ÉCHEC
DU TOUS-SALARIÉS
Née fin 2014 à Argenteuil, youOrder
affichait un positionnement « 100 %
écoresponsable ». Incubée au sein du
Village by CA, elle proposait aux commerçants de proximité et aux e-commerçants d’externaliser leur service de
livraison à domicile. Une logique très
proche de celle de certains géants,
comme Stuart, mais qui se différenciait
par ses approches sociale et écologique : outre les courses assurées en
scooter électrique, vélo ou triporteur,
l’ensemble des collaborateurs étaient
embauchés en CDI, dont une partie
était en réinsertion professionnelle
et sociale.
D’abord florissante avec 236.000 euros
de chiffres d’affaires en 2015, puis
1,1 million en 2016, l’activité s’est brusquement arrêtée. Faute d’avoir réussi à
convaincre des investisseurs de la pertinence de ce modèle du tous-salariés
en vue d’une seconde levée de fonds,
la start-up a été placée en redressement
judiciaire le 17 août 2017, et liquidée
quatre mois plus tard. n
STRATÉGIE
Les plates-formes numériques,
mauvais élèves de la cybersécurité
Ces start-up n’ont pas fait
de la cybersécurité leur priorité
avant d’être rattrapées par
un mouvement réglementaire
quasi mondial.
Delphine Iweins
@DelphineIweins
es acteurs de l’économie collaborative sont les cibles privilégiées
des cybercriminels pour différentes raisons. Leur cœur de métier repose
sur la donnée, celles de leurs clients,
mais aussi de leurs collaborateurs. La
valeur monétaire de leurs stocks sur le
« dark net » est donc non négligeable.
Contrairement à ce que l’on peut penser,
ces entreprises ne sont pas les bons
élèves de la cybersécurité, notamment
parce que, avant de devenir des géants
bouleversant un marché, elles étaient de
simples start-up dont le premier objectif
était de fournir un service le plus rapide
possible. « Ces structures décident souvent
de vivre à risque au début, puis, une fois les
L
parts de marché solidifiées, elles se penchent sur la cybersécurité », confirme
Gérome Billois, associé cybersécurité et
digital trust du cabinet Wavestone. Les
attaques ne sont pas toujours connues du
grand public, mais aucune de ces sociétés n’est épargnée. « Si le management est
sensibilisé à ces questions, il va investir en
cybersécurité et se hisser à un meilleur
niveau », tempère le spécialiste. Les
plates-formes numériques apprennent la
cybersécurité à la dure au fur et à mesure
des incidents.
Cumul des sanctions financières
Cette stratégie montre des limites importantes. La confiance des utilisateurs risque
de s’étioler en cas de piratages à répétition.
Et le risque financier n’est pas négligeable.
Le 20 décembre 2018, la formation restreinte de la Commission nationale de
l’informatique et des libertés (CNIL) a
prononcé une sanction de 400.000 euros à
l’encontre d’Uber pour avoir insuffisamment sécurisé les données des utilisateurs
de son service de VTC. Cette amende
intervient après que les données personnelles de 1,4 million de Français ont été
piratées lors d’une vaste cyberattaque en
2016. « La CNIL prend en compte la réactivité, les mesures prises par l’entreprise
victime de piratage dans la résolution de la
violation de données, sa bonne foi ainsi que
son niveau de coopération avec ses services
lors de l’enquête », explique Laurent
Badiale, avocat associé du cabinet KGA
Avocats. Le montant de l’amende peut
sembler assez peu élevé, mais il vient
s’ajouter à d’autres sanctions imposées aux
Pays-Bas (600.000 euros) et au RoyaumeUni (385.000 livres). Précisons aussi
qu’avant l’entrée en vigueur du règlement
européen de protection des données
personnelles (RGPD) le 25 mai 2018, le
montant de la sanction ne pouvait excéder
3 millions d’euros. Aujourd’hui, elle peut
atteindre 20 millions d’euros ou correspondre à 4 % du chiffre d’affaires annuel
mondial de l’entreprise sur la base
de l’exercice précédent.
Un mouvement réglementaire
mondial
La mise en conformité exige de respecter
les données et la vie privée des utilisateurs tout en garantissant leur sécurité.
Les acteurs de l’économie collaborative sont les cibles privilégiées. Photo Shutterstock
« Ces acteurs doivent professionnaliser la
sécurité et la conformité, en adoptant une
démarche résolument concrète : définir des
règles, mais aussi et surtout en contrôler
l’application effective », insiste Matthieu
Bourgeois, avocat associé coresponsable
de la pratique IP/IT (propriété intellectuelle et technologies de l’information)
du cabinet KGA Avocats.
La réglementation ne peut plus être
ignorée par les acteurs de l’économie
collaborative. Le RGPD impose, en cas
de violation des données, une notifica-
tion aux autorités dans les 72 heures
et aux personnes concernées si leur vie
privée a été violée par le piratage. Une
loi équivalente existe en Californie, en
Russie, et Hong Kong, qui a été le premier pays d’Asie à adopter une loi sur
la confidentialité des données, renforce
actuellement son cadre juridique. Le
mouvement de protection des données
est mondial. Il pourrait, à terme, pousser ces entreprises à repenser leurs
modèles ou a minima à sécuriser leurs
services. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Lundi 28 janvier 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Olympe pas éternel
Wall Street s’attend à ce qu’Intel redescende
sur terre après ses records de 2018.
LA SÉANCE DU 25 JANVIER 2019
La Bourse
de Paris finit
la semaine
en beauté
Bourse de Paris a fini dans
•le La
vert vendredi (+1,11 %), les
investisseurs, rassurés par
l’attitude jugée conciliante de la
Banque centrale européenne
(BCE) la veille, reprenant confiance en dépit d’un contexte de
ralentissement économique
mondial. L’indice CAC 40 a progressé de 53,86 points à
4.925,82 points, dans un
volume d’échanges limité de
3,3 milliards d’euros. La veille, il
avait fini en hausse de 0,65 %.
Après avoir ouvert en hausse,
la cote parisienne a accru ses
gains au fil de la séance. De
même, la plupart des Bourses
européennes ont terminé dans
le vert vendredi, grâce également aux perspectives d’une
évolution positive de la crise
commerciale entre la Chine et
les Etats-Unis.
En France, les valeurs bancaires ont regagné du terrain :
BNP Paribas a progressé de
3,89 %, Société Générale de
3,25 % et Crédit Agricole SA
de 2,43 %. Le laboratoire pharmaceutique vétérinaire Vetoquinol a grimpé de 6,12 % à
52 euros, soutenu par un chiffre
d’affaires annuel en hausse de
3,2 % à 367,9 millions d’euros.
Les groupes immobiliers
Icade (–0,34 %) et Covivio
(–0,17 %) se sont effrités après
avoir été affectés en séance par
un abaissement de leur recommandation à « vendre » contre
« neutre » précédemment par
Citi.
Stef a gagné 4,36 %, stimulé
par un chiffre d’affaires en
hausse de 10,5 %, à 866 millions
d’euros au quatrième trimestre
2018, tiré par une bonne dynamique en France et à l’international. Somfy est monté de
1,32 %, profitant d’une hausse
des ventes de 3,4 % en 2018.
Marie Brizard a perdu 2,24 %
après que le groupe de spiritueux a annoncé qu’il avait de
nouveau subi de lourdes pertes
en 2018.
LES ENTREPRISES CITÉES
Accenture 38
ADP 20
Air France-KLM 20
Alliance for Open
ChatBot 29
Amazon 25
Apple 25
Bankin’ 32
BHP 20
Bridgepoint 33
Budget Insight 32
Cannes Balnéaire 24
Citadel 33
Crédit Mutuel Arkéa 33
Deutsche Bank 17
EDF 19
Facebook 25
Foxconn 25
Frichti 39
G7 38
Generali 33
Google 25
GRDF 19
GRTgaz 19
Huawei 25, 26
Intel 26
JP Morgan 33
Kering 17
La Financière
de l’Echiquier 33
La Poste 23
Lucine 27
My Sam Cab 39
Neopost 23
Netflix 25
Olam 31
Primonial 33
Reliance Jio 25
Rothschild & Co 33
RTE 19
RWE 19
Samsung 25
Lilliput voit double
« La croix est l’échelle des cieux », dit le proverbe. Wall Street s’attend donc à
ce qu’Intel porte à nouveau la sienne cette année, en attendant de – peut-être
– retrouver les merveilleux « nuages » de l’informatique qui l’ont hissé vers
l’Olympe en 2018. Il est rare en Bourse qu’une douche froide (-5,47 % vendredi, avec une chute de 8 % au plus fort de la séance) accueille un chiffre d’affaires au plus haut historique, surtout quand il est accompagné d’une marge
nette à un pic de dix-huit ans frôlant les 30 %. Mais les voies du seigneur des
microprocesseurs ne sont pas impénétrables. Le retard pris par Intel dans la
production d’une nouvelle génération pour les serveurs qui font tourner les
clouds pourrait bien laisser pour la première fois de son histoire le chemin
libre à AMD, son concurrent jusqu’ici totalement dominé. Marcher seulement sur deux pattes – les serveurs et les PC – peut en outre se révéler dangereux pour un fabricant de puces dès que ses débouchés montrent des signes
d’essoufflement, comme cela a été le cas en fin d’année dernière pour le premier d’entre eux. La progression des ventes prévue cette année (+1 %) pourrait amener la firme de Santa Clara vers un troisième record consécutif,
mais aussi vers sa plus faible croissance depuis quatre ans alors qu’elle se
cherche un patron depuis sept mois. Comme disait son fondateur, Andrew
Grove, « la qualité de notre communication est déterminée non par la manière
dont nous disons les choses, mais par la manière dont elles sont comprises ».
Neopost coupe son dividende pour réinvestir
dans sa transformation.
Deux prétendants, une fintech, combien de possibilités ? Comme
deux Gulliver s’affrontent pour les beaux yeux du lilliputien Earthport,
désireux de faire de l’ombre au vieux système interbancaire mondial
de paiement SWIFT, la City espère bien tenir un bon suspens. Quand
le deuxième réseau américain de cartes internationales MasterCard
a brûlé la politesse à son leader Visa, l’action de leur cible commune
s’est adjugé une rallonge de 9 % en plus de la surenchère de 10 %.
Même à ce tarif-là, on reste sous le plafond d’autorisation. La vieille fintech,
née à la fin des années 1990, pèse 1.000 fois moins que Visa et 700 fois
moins que MasterCard. Et son multiple de valorisation, de 10 fois le chiffre
d’affaires, fait pâle figure par rapport aux deux concurrents, au-dessus
de 12 fois, qui affichent une marge nette très enviable et non des pertes,
comme elle. Malgré ses déboires, Earthport avait pris un coup de jeune
en s’employant à faciliter les transferts bancaires internationaux
et en s’alliant avec la start-up californienne Ripple, plus connue pour
son protocole de paiement numérique utilisant la technologie blockchain
que pour sa cryptomonnaie XRL. Loin de pouvoir faire obstacle à la perte
d’une deuxième pépite anglaise des paiements, après WorldPay, la City
s’en tient à sa mission : éviter la braderie. Reste que la capitale de la fintech,
si fière de financer les nouvelles concurrences, se retrouve en passe
de servir les plans rivaux d’un vieux quasi-duopole américain, auquel seuls
les Chinois font de l’ombre.
AVIS FINANCIER
Crédit Agricole
du Languedoc 33
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« Rien n’est si fou que de mettre son salut dans l’incertitude, mais rien n’est
si naturel. » Ce n’est pas Neopost, le roi européen des machines d’affranchissement du courrier, qui démentirait la souveraine du genre épistolaire,
Madame de Sévigné. En moins de cinq ans, l’ancienne fille d’Alcatel
a vu le cœur de son activité fondre d’un cinquième pendant que sa marge
d’exploitation courante rapetissait à vue d’œil (de 24 % à 17 % attendu
sur l’exercice 2018-2019). Son métier d’origine rétrécit inexorablement
chaque année, de 4 à 6 % par an, avec les volumes de lettres, une certitude
qui l’a conduit à prendre le pli de la transformation numérique, des logiciels
de traitement des commandes, des automates de confection des colis
et de la gestion des données. Mais quatre-vingt-quinze ans d’histoire de coups
de tampon ne se raient pas d’un trait de plume. Le ralentissement depuis plus
d’un an de ce virage amène le nouveau directeur général, Geoffrey Godet,
à réaccélérer le pas, quitte à être le porteur d’un message désagréable
pour les investisseurs qui appréciaient le rendement élevé (6,6 %)
de cette vache à lait certes vieillissante, mais fortement productrice de cash.
L’abaissement de l’objectif de distribution de résultat net aux actionnaires
de 50 % à au moins 20 %, avec un coupon plancher à 0,50 euro par action,
revient à diviser par trois ce rendement afin de participer au financement
de la croissance externe et de l’investissement (100 millions d’euros chacun
par an jusqu’en 2022). L’effort de ce néopositivisme sur quatre ans, dépassant
la capitalisation boursière actuelle, nécessitera de s’endetter. Pour
paraphraser la marquise, il faut pouvoir reverdir à défaut d’être toujours vert.
Ingrid Levavasseur
a vocation de « gilet jaune » a
commencé sur le péage d’Heudebouville, à 93 kilomètres de
Paris, deuxième barrière à franchir
pour les enragés du week-end Deauville-Trouville, qui lui a servi pendant
une semaine de camp de base avant son
ascension des sommets médiatiques.
C’est là que cette aide-soignante, mère
divorcée de deux enfants, facilement
reconnaissable à sa chevelure rousse, a
gagné ses galons de leader dans un mouvement qui s’en est trouvé beaucoup
trop à force de refuser d’en choisir. Après
avoir abandonné son emploi dans les
soins palliatifs, éprouvant pour une
jeune femme de trente et un ans, elle se
préparait à suivre une formation d’auxiliaire ambulancière. Mais la cause du
peuple en jaune lui a fait céder à d’autres
sirènes. Cette originaire de l’Eure a
poussé très loin dans ses interventions,
et avec un certain art, le concept de
S
« réponse de Normand », consistant à
s’en tenir toujours à des considérations
évasives et à plusieurs sens. Elle peut
contester un jour la légitimité d’Emmanuel Macron et révéler le lendemain
qu’elle a voté pour lui, en ajoutant : « Je
ne regrette pas mon choix. » A la
demande de BFMTV, elle faillit exploiter
ce talent de pouvoir dire tout et son contraire comme chroniqueuse, mais les
intégristes du culte des ronds-points l’en
ont empêchée, menaces à l’appui. A la
place de sa carrière avortée sur les plateaux, la politique a offert à cette apolitique une occasion unique de constituer
pour les européennes une liste sans programme mais qui ne laisse pas sans voix
ses anciens camarades de combat,
furieux contre sa trahison. Ils vont tout
faire pour qu’elle prenne une veste.
(
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Журналы и газеты
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Les Echos
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