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Point De Vue N°3680 Du 30 Janvier 2019-compressed

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ÉDITO
Mi fa sol la mi ré…
© JEAN-PIERRE LELOIR/GAMMA-RAPHO
Au panthéon des artistes ont eu lieu de bouleversantes retrouvailles. Michel Legrand vient
de rejoindre son frère, son Jacques, son « Fufu », comme les deux hommes aimaient à se
nommer l’un l’autre. Les deux inventeurs de la comédie musicale à la française, qui
nous ont offert les inoubliables Parapluies de Cherbourg, Demoiselles de Rochefort ou
Peau d’Âne, peuvent désormais échafauder des projets pour l’éternité, ou s’adonner aux joutes verbales les plus improbables. Car comme les sœurs jumelles,
Delphine et Solange, Michel Legrand et Jacques Demy aimaient « la ritournelle, les calembours et les bons mots ». Ils nous manquent terriblement.
Le compositeur a quitté la vie en pleine gloire.
Il venait de terminer l’adaptation
de Peau d’Âne pour la
scène du théâtre Marigny
et laisse l’amour de sa vie, l’inconsolable Macha Méril, qu’il
avait épousée à Monaco cinquante
ans après leur première rencontre.
Ils ne se quittaient plus, vivaient
chaque seconde de leur idylle
comme deux adolescents. Une histoire hors norme, à l’image de toutes
celles qu’il mettait en musique. L’écriture de
plus de deux cent cinquante partitions pour
le cinéma et ses trois Oscars lui avaient naturellement conféré une certaine autorité. Nombreux sont les musiciens d’orchestre à conserver
un souvenir cuisant de son exigence. La musique
était sa seule loi et, selon ses propres aveux, il était
prêt à donner sa vie pour une mélodie. D’un caractère bien trempé, il défiait volontiers ses interlocuteurs et cherchait à les jauger, comme lors de
notre première entrevue. Dans un café de la rue
de Buci, Legrand avait laissé planer un silence, feignant de ne plus se souvenir du nom du cinéaste du
Messager – Joseph Losey –, ou du minutage de
la partie d’échecs entre Faye Dunaway et Steve
McQueen dans L’Affaire Thomas Crown… La
chanson de ce film a hanté des générations, teinté
de sa mélancolie mille romances. Samedi matin,
les moulins de nos cœurs ont cessé de tourner.
Emmanuel Cirodde Grand reporter
POINT DE VUE
3
EXERCICE DE
STYLE,
LES JAMBES.
COLLANTS & CHAUSSETTES
Paris 101 rue de Rennes _ Lyon 2 rue Victor Hugo
Lille 3 rue de la Monnaie _ www.bleuforet.fr
SOMMAIRE
Quelle semaine !
6 7 jours en images
12 Libre Cour
En couverture
14
Henri, Comte de Paris
Un destin d’histoire et d’amour
© PHOTOS DE COUVERTURE GÉRARD RANCINAN
oyez royalement
connectés !
Avec Point de Vue
en ligne,
ur notre site :
pointdevue.fr
38
Le bon d’abonnement
se trouve p.49. Ce numéro
comporte un encart FMNC9
sur les ventes Belgique.
L’actualité
32 Jacques et Gabriella de Monaco
Féerie au cirque
34 Le duc de Cambridge à Davos
36 Estelle de Suède
Plongée dans l’histoire de sa famille
38 SPÉCIAL FASHION WEEK
Haute couture Vives émotions
46 Jeff et MacKenzie Bezos
Divorce à l’américaine
50 Olivia Colman La favorite des Oscars
54 Au manoir de Saint-Calais Le monde
enchanté de
Pamela Mullin
Quelle culture !
58 Les états d’art de
Marie-Sophie Ferdane
60 Le guide
62 Quelles plumes !
63 Quelles enchères !
32
Quelle histoire !
64 Gérard d’Houville
Poète, de père en fille…
Quelle beauté !
68 Belle par temps froid
Quelles soirées !
72 Les César de demain
74 Natasha
Fraser-Cavassoni
Si Raffles m’était conté
75 Fondation
64
Stéphane Bern
Passion patrimoine
76 COURRIER Votre Point de Vue
77 Horoscope
78 JEUX Anagrammes, sudoku, bridge,
mots croisés et mots fléchés
82 L’ÉLUE Armel Soyer
POINT DE VUE
5
Quelle
Adjugées,
vendues !
Lors d’une vente supervisée par
Christie’s, Catherine Deneuve a dit
adieu à sa splendide collection de robes
dessinées par Yves Saint Laurent. Fidèles
compagnons pendant quarante-trois ans,
les deux amis ont fait connaissance en
1965 quand l’icône du cinéma français
a demandé au créateur de lui imaginer
une robe pour sa première rencontre
avec la reine Élisabeth II !
Le montant total
de la vente s’élève à
900 000 euros.
Par Bérénice Beaufils, Marie-Émilie Fourneaux, Servane Labbé,
Estelle Lenartowicz, Kitty Russell & Claire Sejournet
6
POINT DE VUE
© DOMINIQUE MAITRE/WWD/REX/SIPA (2), OLIVIER BORDE/BESTIMAGE, KONGEHUSET.DK, BACKGRID USA/BESTIMAGE, UTRECHT ROBIN/ABACA, SERVICE DE PRESSE
SEMAINE
Quelle
SEMAINE
Mademoiselle
au camélia
Dans la dernière collection de haute
joaillerie de la maison, la fleur favorite
de Coco Chanel se pare du rouge
profond des rubis
du Mozambique.
Ce bracelet de
diamants et rubis
se transforme
aussi en broche.
chanel.com
Amies de la mode
Quoi de mieux qu’une Fashion
Week pour une sortie entre
filles ? Au Centre Pompidou,
le créateur italien
Giambattista Valli a conquis
Venue inaugurer la ligne d’écoute
la princesse Mariade l’association caritative Family
Olympia de Grèce,
Action, la duchesse de Cambridge
Tatiana Casiraghi,
est apparue dans une robe verte
Bianca Brandolini
de la marque Beulah London.
d’Adda et Lauren Santo
La mère de George, Charlotte et
Domingo. Le spectacle
Louis a rendu hommage à l’aide
était aussi dans la salle !
apportée aux familles et s’est
confiée sur les épreuves de la
parentalité : « Tout le monde
rencontre les mêmes
difficultés… »
Numéro
Vert
Même pas froid
L’âge de raison
La princesse Athena, fille de Joachim et Marie de
Danemark, est tout sourires à l’occasion de ses 7 ans, qu’elle
a fêtés le 24 janvier. Bien emmitouflée pour braver le froid
scandinave, elle pose avec Apple, le bichon frisé de la famille.
Quoi de mieux qu’un câlin de son chien pour se réchauffer ?
Malgré la neige qui est tombée
à Amsterdam, la princesse
Laurentien des Pays-Bas,
épouse du prince Constantijn,
a choisi une tenue presque
estivale pour participer au
petit déjeuner de lancement
des Journées nationales
de la lecture à haute voix.
Depuis quinze ans, l’événement
se donne pour objectif de faire
aimer la lecture aux enfants
en bas âge.
POINT DE VUE
7
Quelle
SEMAINE
Tous en rythme
La duchesse de Cornouailles s’est rendue
au Jewish Care’s Brenner Centre dans l’est de
Londres pour fêter les 80 ans de cette institution
œuvrant en faveur des personnes âgées juives.
À cette occasion, Camilla s’est prêtée de bon
cœur à une danse improvisée, accompagnée par
deux cavaliers, le pair travailliste lord Levy et
un fringant octogénaire, Abraham David.
À la mémoire du roi
Le 20 janvier à la Chapelle expiatoire,
dans le VIIIe arrondissement de Paris,
le prince Louis de Bourbon a assisté
à la messe de requiem en l’honneur
du 226e anniversaire de la mort
de Louis XVI. La cérémonie
a été célébrée par l’abbé
Thierry Laurent devant plus de six cents
personnes. Le lendemain, ayant appris le décès de son cousin Henri
d’Orléans, comte de Paris, le prince a témoigné
La fille du prince héritier de Norvège
de ses « prières ferventes ».
a bien grandi. Fixant l’objectif de
ses yeux pétillants, la princesse
Ingrid Alexandra a toutes les
raisons de sourire. Le 21 janvier,
elle a fêté ses 15 ans. L’année
2019 s’annonce importante
puisque l’adolescente fera
sa confirmation en août
prochain.
Chez
Jolie
comme
un cœur
VAIS!
Courtois
Quatre ans après la rue de Babylone à deux pas du
Bon Marché, le chapelier made in France investit
la Rive droite dans le quartier Saint-Paul au cœur
du Marais. Ce nouvel espace lumineux propose une
sélection de panamas, feutres, casquettes, bérets,
toques mais aussi gants et pailles pour l’été prochain.
La boutique disposera également bientôt d’un atelier
de confection avec la présence d’un modiste. Four,
machine à coudre, formes en bois et garnitures offriront
la possibilité de réaliser des
commandes sur mesure.
17, rue de Sévigné 75004 Paris
À juste titre
Dans la version féministe de la bataille, développée par The Moon Project, c’est le titre
qui prime, pas le sexe. Plus de hiérarchie valet,
dame, roi. Place désormais au vicomte et à la
vicomtesse, qui s’effacent devant le duc et la
duchesse, qui s’inclinent à leur tour devant le
roi et la reine. Bien joué ! playtopla.com
8
POINT DE VUE
© ROYALFOTO/NEWS PICTURES, CYRIL PECQUENARD/KCS (2), JULIA NAGLESTAD/DET KONGELIGE HOFF, SERVICES DE PRESSE
J’y
Quelle
SEMAINE
À la table
de Catherine
Le 21 janvier, à l’occasion de la
vente de ses robes Yves Saint
Laurent, un dîner était organisé en
l’honneur de Catherine Deneuve.
À la table des convives, l’avocate
Bianca Jagger, l’actrice Laetitia
Casta, Charlotte Casiraghi ou
encore Anthony Vaccarello,
directeur artistique de la maison.
Sumo d’adieux
Il s’apprête à quitter ses fonctions en avril prochain. Accompagné de son épouse l’impératrice
Michiko, l’empereur Akihito du Japon a assisté
à l’un des plus importants tournois de sumo du pays.
Après avoir applaudi le triomphe du grand champion
Hakuho, le couple souverain s’est inquiété du sort de
compétiteurs restés sur le banc de touche.
Ces pendants d’oreilles
sont signés Château
Euphorie, une jeune
marque dont la boutique
se trouve au Peninsula
Hôtel. Au bout d’une
chaîne d’or blanc, une
petite couronne sertie
de diamants surmonte
un péridot. Pointu !
chateaueuphorie.com
Uniforme
royal
Chemisiers de soie et maxi jupes
constituent le vestiaire préféré
de Letizia d’Espagne. La reine
a ainsi opté pour un chemisier
Hugo Boss immaculé et une jupe
en velours bordeaux lors d’une
réception du corps diplomatique.
Le lendemain, elle a inauguré le
salon du tourisme de Madrid
dans une tenue quasi
identique, blouse plissée
et jupe à carreaux
asymétrique signées
Massimo Dutti.
Outre
manchon
Mieux qu’une paire de
gants, Pippa, la sœur
de la duchesse de
Cambridge, a opté pour
un manchon fourré fixé sur
le landau de son fils afin de
garder ses mains bien au
chaud en promenade. Le
véhicule du petit Arthur
Matthews a décidément
toutes les options !
10
POINT DE VUE
© KANAME MUTO/AP/SIPA, KYODO/MAXPPP, NC, DUSKO DESPOTOVIC, DANA
Précieuses
pampilles
L’art de voyager
VISITES PRIVÉES
DE TOULOUSE À ALBI
7 AU 9 MARS
Franck FERRAND vous invite au cœur de la Ville rose. Ouverture
spéciale de l’Hôtel d’Assézat, siège de la Fondation Bemberg.
La basilique Saint-Sernin, le musée des Augustins, le Capitole.
Déjeuner au château de Merville. Le site d’Airbus et le musée
Aeroscopia. Soirée au théâtre du Capitole. A Albi, la cathédrale
Sainte-Cécile et le musée Toulouse-Lautrec. Etapes gastronomiques chez les chefs Christian Constant et Michel Sarran.
VISITES PRIVÉES
AU MONT-SAINT-MICHEL
22 AU 23 MARS
Avec Patrick POIVRE D’ARVOR vivez une soirée exceptionnelle dans la Merveille de l’Occident lors des grandes marées.
Arrivée en maringotte au pied de l’abbaye. Visite privée de
l’église abbatiale, du cloître, du réfectoire et du promenoir des
moines. Ouverture spécialement pour vous de Notre-Damesous-Terre, suivie d’un concert de Thierry Escaich. Réception
au château de Combourg, déjeuner à Cancale aux Maisons
de Bricourt.
VENISE MYTHIQUE
29 AU 31 MARS
Luc FERRY vous ouvre les portes de la Sérénissime. Une
soirée d’exception au Palazetto Pisani sur le Grand Canal, « La
Traviata » au Teatro La Fenice. La collection de Peggy Guggenheim au palais Venier dei Leoni, les trésors de l’Accademia.
Le Palazzo Grassi, la Ca’Rezzonico et l’église dei Frari. Un cocktail privé à la Punta della Dogana et une visite exclusive de la
Basilique Saint-Marc.
VISITES PRIVÉES DANS
LE PERCHE
22 AU 23 JUIN
Musique et histoire en majesté à Thiron-Gardais avec le violoncelliste star Gautier CAPUCON en concert et deux amis de
longue date Stéphane BERN et Franck FERRAND. Le château
d’Anet, un déjeuner privé dans la chapelle royale de Dreux. Les
villages de Bellême et d’Illiers-Combray, déjeuner au château
de Villebon et la cathédrale de Chartres. Le dîner chez Stéphane
Bern sera orchestré par le chef Christophe SAINTAGNE. Une
soirée mémorable auprès de ces trois complices.
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Dior… Pour admirer le travail de l’extravagant chevalier, rendez-vous
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14
POINT DE VUE
1933-2019
HENRI, COMTE DE PARIS
14 juin 1933-21 janvier 2019
UN DESTIN D’HISTOIRE
ET D’AMOUR
© COLLECTION POINT DE VUE
L
e témoignage le plus inattendu est
celui de Marisa Berenson! La comédienne légendaire qui a joué dans
Mort à Venise, Cabaret, Barry Lyndon,
Amore… a publié une photo du Comte
de Paris sur son compte Instagram
avec ces mots: « Un homme d’une grande qualité
d’âme et de cœur… un homme de la lumière, un ami
très cher… mon cœur est avec lui et sa femme adorée,
la princesse Micaela… »
Henri, Comte de Paris, chef de la maison de France
s’est éteint chez lui, lundi matin 21 janvier, entre
10h15 et 10h30. Ne se sentant pas bien, il avait eu le
temps d’envoyer un SMS aux organisateurs de la messe
commémorant la mort du roi Louis XVI, afin de prévenir de son absence. Depuis vendredi, son épouse, la
princesse Micaela, dont la santé est fragile, était revenue
à leur domicile après un séjour à l’hôpital dicté par une
opération. Le Comte de Paris s’occupait d’elle avec une
gentillesse touchante. C’est d’ailleurs le mot qui vient
à l’esprit lorsqu’on évoque son souvenir. Comme tout
être humain, le prince avait ses qualités et ses défauts,
mais sa qualité principale, qui résumait tout, était cette
extraordinaire gentillesse. Très humain, très courtois,
très attentif, très bon cuisinier aussi, il avait la douceur
des êtres que la vie a beaucoup blessés.
Ses obsèques seront célébrées à Dreux, samedi prochain. Ce sera la partie officielle de son départ. En
attendant la cérémonie, Point de Vue a souhaité lui
rendre hommage en racontant cette vie à nulle autre
pareille, qui a débuté dans l’histoire et s’est achevée
dans l’amour. O Vincent Meylan
Le Comte de Paris dans les années 1970.
À l’époque, il a déjà rencontré Micaela Cousino
Quiñones de León qui sera le grand amour de sa vie.
POINT DE VUE
15
DUC DE VENDÔME
« Nos liens s’étaient apaisés »
La nouvelle a surpris le prince Jean à Dreux, au matin du 21 janvier. Une date symbolique qui marque
les esprits et qui place la disparition de son père, chef de la maison de France, sous le signe de l’unité
familiale. Propos recueillis par Pauline Sommelet Photos David Nivière
C’est un peu comme si la boucle était bouclée, sept
générations plus tard. Au-delà de la date, mon père
avait changé depuis le décès de mon frère François,
au début de l’année dernière. Il était à la fois plus
serein, mais aussi plus fatigué. Mon père a eu une
vie compliquée, parfois dure, et la mort de François
fut une épreuve supplémentaire dont il n’est pas
sorti indemne.
Comment votre mère, la duchesse
de Montpensier, qui fut sa première épouse,
a-t-elle vécu cette mort ?
Elle s’est montrée très digne. Quand on a aimé
quelqu’un, il y a toujours un vide qui se crée au moment
de sa mort, même si celle-ci survient naturellement, à
un âge où l’on s’attend à ce genre d’événements.
Vos frères et sœurs vous ont-ils
déjà rejoint à Dreux ?
M
Ma sœur Marie est en Autriche et viendra pour les
funérailles, le 2 février prochain. Mon frère Eudes va
certainement passer cette semaine. Et bien sûr tout
le monde est mobilisé pour préparer une cérémonie
belle et émouvante, qui soit digne de la maison de
France et de la personne qu’était mon père.
onseigneur, dans quel
état d’esprit vous trouvezvous, quelques jours après
avoir appris la mort
du Comte de Paris ?
C’est toujours un moment douloureux de perdre son père. On ne s’attendait pas
à un départ aussi soudain. Le matin du 21 janvier
dernier, il se préparait pour assister à la messe à la
mémoire de Louis XVI quand il s’est soudain senti
fatigué. Il s’est donc recouché et peu de temps après
son cœur s’est arrêté. Il est parti tranquille. Dans de
tels moments, c’est bien sûr un
grand soutien pour moi d’être
entouré par mon épouse et nos
enfants, mais aussi par toute la
famille. La peine est atténuée par
cette impression que les choses se
sont passées de manière paisible.
« Depuis
le décès
de mon frère
François, mon
père avait
changé… »
Comment avez-vous
appréhendé cette
coïncidence de date ?
C’est évidemment une date
étonnante, historiquement et symboliquement. Il se trouve que j’avais écrit récemment
un article sur mon site Internet où je revenais sur le
duc d’Orléans et la mort du roi, sans le dédouaner
mais en expliquant que cela appartenait à l’Histoire.
16
POINT DE VUE
Vos rapports avec le Comte de Paris
n’ont pas toujours été simples. S’étaient-ils
adoucis dans les derniers mois de sa vie ?
Oui, nos liens s’étaient apaisés. Nous échangions
volontiers sur l’actualité politique et sociale de la
France, sur laquelle nos analyses se rejoignaient.
Nous nous partagions les rôles au sein de la maison
de France. Sur le plan personnel, la mort de François
a en effet changé les choses.
Quels souvenirs garderez-vous
de votre père ?
Mon père était une personnalité attachante, dotée
d’une grande gentillesse, mais qui pouvait, tout
comme mon grand-père, se montrer très dur avec
ses proches et avec ses enfants. Je n’ai finalement pas
énormément de souvenirs d’enfance avec lui, car il est
parti en 1973. Mais je me souviens avec précision de
vacances en Autriche chez mes grands-parents maternels. Je devais avoir 7 ans, et il y avait dans les alpages,
au-dessus du chalet principal, un petit refuge de montagne dans lequel nous avions passé quelques jours
ensemble. Nous allions chercher de l’eau le matin,
nous nous promenions en contemplant la montagne.
Ce sont ces moments de vie, entre père et fils, que je
garderai dans ma mémoire. O
La semaine prochaine, le reportage complet
des funérailles du Comte de Paris à Dreux,
et l’arbre généalogique de sa descendance.
Dans le domaine historique de Dreux, le duc et la duchesse
de Vendôme veillent aux préparatifs des funérailles du Comte
de Paris, qui sont célébrées à la chapelle royale ce 2 février.
POINT DE VUE
17
Henri VI,
2e Comte
de Paris (19081999) et son
fils, le futur
Henri VII,
3e Comte
de Paris,
au début des
années 1940.
HENRI,
COMTE
DE PARIS
Une
enfance
en exil
Le jour de sa naissance,
le 14 juin 1933, Paris est
réveillé par le bourdon
de Notre-Dame. La famille
de France est alors exilée
en Belgique. Le prince
Henri va y passer ses
premières années dans
une ambiance royale
et protocolaire.
18
POINT DE VUE
et de ma chambre, je l’ai entendu lancer : “C’est un
garçon mon général, il faut tout de suite téléphoner à
Maurras.” » Maurras, c’est Charles Maurras, l’homme
fort de l’Action française, le mouvement politique qui
s’est approprié l’idée monarchique depuis déjà plus de
vingt ans. Toutes les nuits, il est présent à l’imprimerie de son journal, baptisé lui aussi L’Action française.
C’est lui qui délivre officiellement les nouvelles des
princes exilés.
Cette naissance est un événement historique. La
République française, née un demi-siècle plus tôt,
n’est pas encore sûre de ses arrières. Pendant les quinze
années qui ont suivi la chute du second Empire, la
France a hésité longuement entre Marianne et les lys.
Seule l’obstination du Comte de Chambord cramponné au drapeau blanc de ses aïeux a fait échouer
la restauration de la monarchie. Disparu en 1883,
ce prince s’est vu remplacer par son cousin, Philippe
d’Orléans, 1er Comte de Paris de la maison d’Orléans.
Trois ans plus tard, la république, un peu effrayée du
faste et de la popularité qui a entouré les noces de sa
© AFP, COLLECTION POINT DE VUE (3), KEYSTONE-FRANCE/GAMMA
T
ôt le matin, les habitants de l’île de
la Cité, à Paris, ont été réveillés par
le bourdon de Notre-Dame. Des étudiants royalistes se sont infiltrés dans
la cathédrale afin de saluer comme il
se doit la naissance du prince Henri
de France. À quelques centaines de kilomètres au
nord de Paris, au Manoir d’Anjou, dans la banlieue
de Bruxelles, un petit prince est né, loin de son pays.
La naissance s’est déroulée dans une vaste chambre
dont les murs sont tendus de toile de Jouy rose, au
deuxième étage de cette demeure un peu solennelle
dont le principal agrément est un parc de plusieurs
hectares.
« Mon premier fils Henri est né le 14 juin 1933, à
quatre heures du matin », racontera la comtesse de
Paris dans son premier volume de mémoires, Tout m’est
bonheur. « La naissance a causé une telle joie à mon
mari qu’il a réveillé toute la maison. Et en premier,
son ancien précepteur, le général de Gondrecourt, qui
logeait à notre étage. Henri est entré chez lui en trombe
Par Vincent Meylan
1933-2019
Le jour de sa naissance, le destin royal du prince Henri s’affirme déjà.
Il est photographié, âgé de quelques heures, avec sa sœur aînée
Isabelle et sa mère, la Comtesse de Paris. Ci-dessous, le duc de Guise,
la princesse Isabelle, la Comtesse de Paris, la duchesse de Guise et son
petit-fils Henri, le Comte de Paris, au Manoir d’Anjou, en 1933.
Le baptême du prince
Henri. Son grand-père,
le duc de Guise, lui verse
un peu de jurançon dans
la bouche. Face à eux,
le Comte de Paris et
la princesse Isabelle.
Ci-dessous, le prince
Henri à 2 ans.
fille aînée, Amélie, avec le roi du Portugal, a exilé ce
prince. En 1894, à la mort du 1er Comte de Paris, son
fils, Philippe, duc d’Orléans, est devenu prétendant.
Et en 1926, son cousin, Jean, duc de Guise (18741940), lui a succédé. Depuis cette date, ce prince et
son fils, Henri, 2e Comte de Paris (1908-1999), vivent
en exil en Belgique dans ce Manoir d’Anjou solennel
et un peu triste, où vient de naître un petit prince,
prénommé lui aussi Henri.
Quelques heures à peine après la naissance, a débuté
le rituel des photos. La jeune Comtesse de Paris, installée dans le lit qui a été tendu de la traditionnelle
« Parure d’accouchée », s’y prête de bonne grâce, son
enfant dans les bras. Habilement, le technicien ornera
son visage d’un léger halo de lumière ! Le symbole est
évident. La lignée royale est assurée. Le poids de ce
destin historique qui lui échoit dès sa naissance ne sera
pas anodin dans la vie du jeune prince.
POINT DE VUE
19
20
POINT DE VUE
© AFP, COLLECTION POINT DE VUE, REPORTERS ASSOCIES/GAMMA
Le prince
Henri, à l’âge
de 5 ans,
sur la terrasse
du château
d’Agimont,
la demeure
de vacances
de ses parents
dans les
Ardennes
belges.
La famille royale, ce sont tout d’abord les grandsparents du jeune Henri, le duc et la duchesse de Guise.
Lui est un « bon géant » de près de deux mètres, un
peu taciturne et distant. Avec ses petits-enfants, il
est d’une gentillesse lointaine mais touchante. L’exil
a brisé la vie de cet homme essentiellement français
et parisien. Il a accepté la charge royale, mais se tient
à l’écart des débats politiques qu’il abandonne à son
épouse et à son fils. Lorsque tout cela l’ennuie trop,
il s’enferme dans son bureau du premier étage, où
il étudie à l’infini la stratégie des batailles napoléoniennes. Parfois, on l’entend chantonner : « Paname…
Paname… Paname… »
Son épouse, Isabelle, et leur fils Henri, le père du bébé
qui vient de naître, sont différents. Tous deux sont très
complices. Ils adorent les longs débats politiques avec
les ténors de l’Action française qui viennent régulièrement rendre visite aux princes en Belgique : Charles
Maurras, Léon Daudet, Maurice Pujo… La duchesse
de Guise qui n’est pas touchée par la loi d’exil, non
plus que sa belle-fille, Isabelle, Comtesse de Paris,
séjourne régulièrement en France où elle est chargée
d’entretenir la flamme royaliste.
Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les naissances se
succèdent. Le petit Henri a déjà une sœur aînée, une
autre Isabelle, née un an avant lui. Peu à peu, vont
les rejoindre, Hélène en 1934, François en 1935 et
Anne en 1938. Les baptêmes sont un chef-d’œuvre de
protocole et de propagande. La cérémonie se déroule
dans le grand salon du Manoir d’Anjou sous les portraits d’ancêtres. L’évêque de Chartres, le diocèse dont
dépend la chapelle royale de Dreux, paroisse officielle
de la famille de France, officie. Les lys recouvrent l’autel improvisé. Le nouveau-né, garçon ou fille, est vêtu
d’une robe de drap broché d’or qui aurait appartenu
aux enfants de Louis XIV. Pour les garçons, le duc
de Guise a ressuscité une vieille coutume béarnaise
abandonnée depuis des siècles. Après le sacrement
religieux, il prend l’enfant dans ses bras et lui frotte
les lèvres avec une gousse d’ail avant de lui faire boire,
une goutte de jurançon, un vin blanc doux béarnais.
Le symbole qui remonte au baptême d’Henri IV,
est censé lui permettre de goûter dès son baptême,
l’amertume et la douceur de la vie qui l’attend.
C’est surtout avec Isabelle, son aînée d’un an,
qu’Henri partage cette enfance un peu cérémonieuse
dont le protocole n’est jamais tout à fait absent. Pour
toute la maisonnée, le jeune comte est Monseigneur,
comme son père. La troisième personne est la forme
normale du langage pour s’adresser aux princes. En
plus des domestiques, dont certains sont à la solde
des services secrets français, une escouade de gentilshommes et de dames d’honneur vit au manoir.
Leur rôle est de dresser une barrière entre les princes
et le commun des mortels. Tous les dimanches, les
délégations de monarchistes venus de France envahissent les salons du rez-de-chaussée. L’apparition
des petits princes est l’un des moments forts de ces
séances royales.
En dehors de cette ébauche de vie officielle, Henri et
ses frères et sœurs vivent au deuxième étage de la maison. Une escouade de jeunes filles de bonne famille
veille sur eux. L’une d’entre elles, mademoiselle de
Rotalier, laissera un cahier de souvenirs. Elle relève
une anecdote qui en dit long sur les confusions qui
peuvent naître dans l’esprit d’un petit prince de 4 ans :
« Titou [le surnom du petit Henri] m’a déclaré : “Papa
c’est le Bon Dieu.” » Malgré ses demandes insistantes,
la jeune fille n’obtient aucune explication sur les raisons de cette confusion. Un peu plus tard dans la
journée, lors de la leçon de catéchisme, elle voit Henri
pointer du doigt une image du Christ : « Voilà Papa,
il n’est pas très ressemblant. » Comment ? s’étonne la
jeune fille : « Ce n’est pas papa, c’est notre seigneur
Jésus-Christ. C’est le bon Dieu ! » « Oui, lui réplique
Henri, Papa, c’est Monseigneur. »
Au mois de mars 1936, une épidémie de pneumonie
frappe le Manoir d’Anjou. Henri, Isabelle et François
sont atteints. Le troisième s’en tire assez vite. L’état des
deux aînés devient vite plus problématique. « Le docteur Cordier venait trois fois par jour et nous aidait
avec un dévouement admirable à donner mille soins
compliqués au petit Henri, notamment des enveloppements de moutarde et des enveloppements pour
faire tomber la fièvre, raconte la Comtesse de Paris.
1933-2019
Le prince Henri au Portugal, au début des années 1950, avec ses frères : François, Jacques, Michel et Thibaut.
Étudiant, à Bordeaux. Il a 17 ans.
De temps en temps, mon petit garçon trouvait la force
de me parler et plusieurs fois, il m’a dit : “Maman, il
ne faut pas être triste, Titou ne va pas mourir.” Le
28 mars, Henri, placé sous une tente à oxygène était
à toute extrémité. Le docteur Cordier qui était belge
trouvait ses responsabilités vis-à-vis des princes français trop exigeantes. Il nous a demandé de faire venir
des médecins de France et c’est ainsi que très rapidement arrivèrent le docteur Cohen, puis, de l’université
de Strasbourg, les professeurs Le Reboulet et Röhmer.
Dans leurs bagages, ils apportaient un médicament qui
venait d’être découvert, le Rubiazol… » Cet ancêtre
de nos antibiotiques sauve la vie des enfants royaux.
La Comtesse de Paris conservera
jusqu’à ses derniers jours les souvenirs de ces terribles journées de
mars 1936.
Trois ans plus tard, débute la
Seconde Guerre mondiale. La
famille de France quitte la Belgique.
Son errance va durer dix ans. La
première étape est le Brésil, où vit la
familledelaComtessedeParis.C’est
là que naît une sixième enfant, en
1940: Diane. Henri qui a 7 ans,
découvrelesgrandsespacesetcegoûtdelanaturequinele
quittera jamais. C’est au Brésil qu’il reçoit le premier
choc de l’histoire, même s’il est trop jeune pour en
comprendre la portée. Le duc de Guise meurt dans sa
résidence de Larache au Maroc, le 25 août 1940. Son
fils, Henri, Comte de Paris, est le nouveau chef de la
maison de France. Le petit Henri devient son successeur direct. Et à ce titre l’accès du territoire français lui
est désormais interdit.
Après quelques mois d’un séjour heureux, toute la
famille regagne l’Europe. En pleine guerre, l’expédition est dangereuse. Mais la petite troupe, la Comtesse
de Paris, ses six enfants et les gouvernantes, parvient
à bon port. Le Comte de Paris attend sa tribu au
Portugal. De là, tout le monde prend la route de
Larache au Maroc où vit la duchesse de Guise. La
vaste maison est devenue un caravansérail royal. Deux
des filles de la duchesse de Guise, la princesse Murat et
la princesse Christophe de Grèce, y sont déjà installées
avec leurs enfants. Henri conservera toute sa vie une
tendresse pour le Maroc et sa grand-mère, la duchesse
de Guise. Moins d’un an plus tard, le Comte de Paris
transporte sa maisonnée dans une maison prêtée par le
roi du Maroc, près de Rabbat. C’est là que naissent les
jumeaux, Jacques et Michel, le 25 juin 1941.
Hélas, la politique s’en mêle. Une
tentative de coup d’État à Alger, liée
à l’assassinat de l’amiral Darlan, successeur désigné du maréchal Pétain,
dans laquelle est impliqué le Comte
de Paris, échoue le 24 décembre
1942. La santé du Comte de Paris
est terriblement compromise. Après
de longs mois de convalescence, la
famille royale choisit de s’installer
plus près de la frontière française,
à Pampelune et finalement au
Portugal. Les enfants sont désormais onze! Claude,
Chantal et Thibaut ont rejoint leurs frères et sœurs, respectivement en 1943, 1946 et 1948. Henri et Isabelle,
les deux aînés, règnent sur cette fratrie. Théoriquement,
Henri est exilé comme son père, mais le Comte de
Paris s’inquiète de le voir grandir si loin de ses racines
françaises. En 1948, le prince obtient du gouvernement français que son fils aîné puisse finir ses études à
Bordeaux. Le jeune Henri a 15 ans. Théoriquement, il
est toujours exilé, mais les autorités ferment les yeux sur
sa présence. Il découvre son pays, et une forme de liberté
étudiante qui le marquera beaucoup. O
Le prince
Henri grandit
au Manoir
d’Anjou,
la demeure
de l’exil.
POINT DE VUE
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22
POINT DE VUE
1933-2019
HENRI, COMTE DE PARIS
Le prince aux yeux tristes
A
Il fut le dauphin, celui sur qui reposaient tant d’espérances.
Journalistes, femmes du monde, princesses à marier couvaient
du regard ce jeune prince aux yeux un peu tristes. Retour
sur des années fastes. Au parfum parfois amer… Par Philippe Séguy
oût 1954. Un paquebot est amarré
dans le port de Marseille. À bord de
l’Agamemnon, ont pris place des représentants de la quasi-totalité des familles
royales d’Europe, princes et princesses,
jeunes et célibataires. À l’origine de ce
que la presse appellera la Croisière des rois, une femme,
Frederika, reine des Hellènes. Son objectif est limpide,
tisser des liens étroits entre ces jeunes gens, faire en
sorte que, peut-être, la mer, le soleil, les embruns, les
jeux et les escales permettent à certains d’envisager
un possible mariage. Cupidon doit veiller sur cette
croisière de plusieurs jours qui, après la visite des sites
de Rhodes, Santorin ou Mykonos, doit s’achever sur
les rivages enchanteurs de Naples. Un jeune homme
de 19 ans fixe le large de ses yeux très bleus, la couleur
Orléans. Il est le fils aîné du Comte de Paris, également
présent à bord, et de sa majestueuse épouse, Isabelle.
Henri se tient très droit, parle peu, observe, sourit, ne
refuse ni la partie de colin-maillard, ni de danser sur le
nouveau Bill Haley.
Depuis sa naissance, le 14 juin 1933, ce garçon
rêveur, profondément bon, est l’un des fers de
lance de la politique de son père, de ses ambitions à
remonter un jour sur le trône de ses ancêtres. Avant
tout, le former, à son exacte mesure. Le façonner.
Choisir soigneusement ses précepteurs, et, après une
Madeleine de Montbron qui lui aura appris à lire
avec douceur et patience, après une cohorte de professeurs privés triés sur le volet, le jeune prince devient
une partie intégrante d’un système admirablement rodé et voué à la promotion de l’image de la
famille, unie, fervente catholique, proche du peuple.
Durant son enfance, avant la Seconde Guerre mondiale, Henri enfant suivait sa mère et sa grand-mère
la duchesse de Guise dans d’interminables tournées
en France, afin de rencontrer les élites, chefs d’entreprise ou préfets gagnés à la cause royale. Demeuré
en Belgique où il était exilé, le Comte de Paris exilé
attendait leurs rapports détaillés. En 1948, il a
obtenu du président de la République Vincent Auriol
que son fils aîné puisse faire ses études sur le sol
national. Choix judicieux puisqu’il ne faut à aucun
prix donner aux Français l’image d’un héritier élevé
à l’étranger et ne sachant rien des réalités de sa patrie.
Seule condition, aussitôt acceptée, ne pas dépasser la
Loire. Le choix s’est porté sur la ville de Bordeaux
à laquelle le prince Henri restera profondément
attaché durant toute sa vie. Au lycée Montesquieu,
il a été bon élève et a obtenu ses baccalauréats, tous
deux avec mention.
En 1950, la loi d’exil ayant été abolie, la famille au
grand complet s’est installée à Louveciennes. Aussitôt,
les journalistes ont pris l’habitude de se rendre dans
la propriété du Cœur-Volant, achetée grâce à la vente
d’une forêt et restaurée après vingt mois de travaux.
Ils offrent à leurs lecteurs l’image d’une famille
soudée autour de son chef. Frères et sœurs nombreux
et complices, joyeux, cultivés, sensibles, pas fiers,
prennent la pose… Sont organisées, très souvent,
de fastueuses réceptions. Les dîners se succèdent,
deux fois par semaine, rassemblant au manoir du
Cœur-Volant tout ce que la France compte de plus
essentiel, politiciens, ministres en exercice, auteurs à
© REPORTERS ASSOCIES/GAMMA, PHOTO12/PRIVATE COLLECTION
Le jeune prince Henri
devant la façade du
manoir du Cœur-Volant,
à Louveciennes,
où la famille de France
s’installe dans
les années 1950.
Page de droite,
lors de la croisière
de l’Agamemnon avec
Victor-Emmanuel de
Savoie, Juan Carlos
d’Espagne, la reine
de Grèce, Siméon
de Bulgarie, Beatrix
des Pays-Bas et
Constantin de Grèce.
POINT DE VUE
23
En septembre
1956 sont
annoncées
ses fiançailles
avec MarieThérèse de
Wurtemberg.
24
POINT DE VUE
La cérémonie religieuse, abondamment détaillée par
les télévisions d’Europe, est l’occasion d’un déploiement de fastes inouïs. Tout le gotha a répondu
présent : Beatrix, princesse héritière des Pays-Bas, le
prince héritier Jean de Luxembourg, la reine Frederika
de Grèce, le roi Paul de Grèce, le roi Umberto d’Italie,
autre témoin, ainsi que des représentants des familles
royales ou princières de Grande-Bretagne, de Monaco,
de Suède… Et c’est Monseigneur Feltin, cardinal
archevêque de Paris, qui reçoit les consentements des
époux. Durant cinq heures, stoïque, le couple princier
recevra les félicitations émues des invités.
L’Histoire s’en mêle. La guerre d’Algérie éclate. Henri
se porte aussitôt volontaire et, avec son courage
habituel, demande à rejoindre ce qui est encore une
colonie française. Le 1er septembre, il accoste sur
les côtes algériennes. Le voici d’abord affecté dans
l’arme blindée avant de gagner l’École de cavalerie
de Saumur, où il obtient ses galons d’aspirant.
Chef de peloton au 4e régiment de chasseurs, dans
le département de Constantine, il prend part à
plusieurs combats. Le 8 mai 1959, il obtient pour
faits d’armes la croix de la Valeur militaire.
La comtesse de Clermont donne un premier enfant à
son mari : Marie Isabelle Marguerite Anne Geneviève
d’Orléans naît le 3 janvier 1959. Henri est ravi. Mais
il sent, intuitivement, que l’armée lui offre cette
liberté dont il est tant épris. À l’issue du conflit, il
demande à être affecté au secrétariat général de la
Défense nationale au côté du général de Gaulle, puis
obtient de rejoindre la Légion étrangère, « la plus belle
période de ma vie », confiait-il souvent. Ayant compris
que tout avancement serait impossible à un prince de
France, il démissionne après une dizaine d’années de
bons et loyaux services. Que faire désormais de ces
longues heures se confondant, minute après minute,
de cette existence qui lui pèse sans cesse davantage.
Son père a perdu tout espoir de monter sur le trône
de ses ancêtres. Plus rien ne va. Le Comte de Paris
s’enferme dans une solitude farouche.
En tout, cinq enfants sont nés. Mais, pour le dauphin
et son épouse, la venue au monde de François, le
7 février 1961, et celle de Blanche, le 10 septembre
1962, ont été de graves chocs. Tous deux sont
atteints d’un profond handicap mental, leur mère
ayant contracté la toxoplasmose. Cette tragédie va
séparer davantage encore le couple princier. Henri a
besoin de travailler. Le voici au Crédit Lyonnais ; il
y rencontre une certaine Arlette Laguiller. Relation
improbable ? Pas si sûr. Il est homme, assurément,
à combattre pour ses idées, au-delà des habituels
clivages. Humaniste et chrétien, proche des plus
humbles, des incompris, des invisibles, de ceux qui
ne prennent jamais la parole. Lui saura les entendre.
« C’est cette écoute qui est à mes yeux essentielle.
Vous, moi, ensemble, avec de l’amour, beaucoup
d’amour, nous pouvons changer le monde. » Henri
le sent. Il doit évoluer. Bouger. Agir. Devenir enfin
lui-même, s’affranchir de toute autorité dont il ne
reconnaît plus le sens. O
© COLLECTION POINT DE VUE (3), KEYSTONE-FRANCE/GAMMA-RAPHO, AFP
succès, actrices, députés de tous les partis. Dans son
bureau où est installée la télévision, le Comte de Paris
s’entraîne face aux caméras à répondre le plus aisément
possible au feu roulant des questions. Henri observe les
hésitations de ce père si peu fait pour parler en public.
Sur le fils, pleuvent les conseils du prince, les ordres, et
que l’on ne discute pas. Souvenirs pénibles que le futur
chef de la maison royale de France commentera non
sans amertume: « Tout cela participait de cette vie que
mon père avait décidée, où nous étions pour ainsi dire
le décor, les pions, parfois les pièces maîtresses… »
Henri est esthète, artiste dans le cœur et dans l’âme,
passionné de poésie, de littérature, d’architecture. Il
étudiera les sciences politiques, pas de rêveur dans la
famille. Le voici rue Saint-Guillaume, à Sciences-Po,
dans le 7e arrondissement de Paris. Auditeur libre, il
y côtoie un certain Jacques Chirac, qui lui prodigue
ses conseils en matière d’économie politique. Ce jeune
prince tant convoité, qui sort souvent dans le monde,
sent d’instinct qu’il ne manque ni de charisme ni de
séduction. Son statut d’héritier,
de si charmant dauphin, lui sert
de passeport et avec son humour
habituel, peu dupe, il s’amusait
à dire bien des années plus tard:
« J’aurais pu dévorer une demidouzaine de gousses d’ail, ces
demoiselles m’auraient toujours
autant regardé! »
Le 17 septembre 1956, sont officiellement annoncées ses fiançailles. La nouvelle fera grand bruit
en Europe, et le général de Gaulle,
lui-même, alors en pleine traversée
du désert, enverra au Comte de
Paris une lettre de félicitations. Il
est bon, en effet, que peu après la
terrible Seconde Guerre mondiale,
un rapprochement ait lieu entre la
France et l’Allemagne. Henri et sa
jeune épouse en sont les garants.
Le mariage sera à la hauteur de
cet engagement. Le Comte de Paris,
duc de France, a souvent évoqué
cette union à ses yeux arrangée
comme une erreur douloureuse.
« Nous étions si jeunes, expliquet-il avec pudeur et tristesse.
Tout nous séparait; nos caractères
étaient si différents. Je me
souviens d’une anecdote qui résume à elle seule
le malentendu : elle se déroule une quinzaine
d’années plus tard, je poursuivais déjà ma passion
pour le dessin, j’avais esquissé ainsi plusieurs nus
de femmes. Lorsque mon épouse s’en aperçut, elle
s’empressa de les détruire. Sans un mot. »
Titré comte de Clermont par son père, le prince fait
son devoir. Le mariage est célébré le 5 juillet 1957. Le
comte de Barcelone, père du futur souverain espagnol
Juan Carlos, et le roi Paul de Grèce sont les témoins.
1933-2019
La famille de France rassemblée au CœurVolant : Henri, Hélène, Michel, Isabelle,
Diane et Claude, la Comtesse de Paris et
Chantal, le Comte de Paris et Thibaut, Anne
et Jacques, François. Ci-contre, le comte et
la comtesse de Clermont lors de la naissance
du prince François en 1961. L’aîné de leurs
fils est mort l’année dernière.
Le mariage du prince Henri, comte de Clermont et
de la duchesse Marie-Thérèse de Wurtemberg, est
célébré à Dreux, le 5 juillet 1957. Ci-dessus, le comte
et la comtesse de Clermont au château d’Altshausen
avec trois de leurs enfants : Marie, Jean et Eudes.
POINT DE VUE
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POINT DE VUE
1933-2019
HENRI, COMTE DE PARIS
L’amour plus fort que tout
Contre vents et marées, malgré les orages et les incompréhensions, leur couple
symbolise plus de quarante années de passion, de complicité et de tendresse.
Micaela pleure aujourd’hui le prince qu’elle a tant aimé. Par Philippe Séguy
B
comme pour s’assurer qu’elle ne rêve pas… « Je l’ai
invitée à dîner dès le lendemain, précisait le Comte de
Paris. Finalement, nous sommes allés danser et nous
nous sommes réveillés ensemble, le matin suivant. »
Le coup de foudre entre un prince meurtri par les
aléas de l’existence et une femme de tête est immédiat.
Micaela Cousino, née le 30 avril 1938, également
sous le double signe des Gémeaux, vient d’entrer dans
la vie d’Henri de France. « Le prince est Gémeaux
ascendant Gémeaux, comme moi ; en somme, à nous
deux, nous sommes quatre ! » À cette époque, elle travaille dans l’édition, habite un studio minuscule rue
Saint-André-des-Arts, dans le VIe arrondissement de
Paris. Elle vient de divorcer, élève son fils Alexis. Une
femme indépendante, moderne, qui s’habille souvent
de cuir noir.
À la regarder bien des années plus tard, à la voir du
jardin pousser le volet de leur chambre de la mai-
Page de
gauche,
le Comte
et la Comtesse
de Paris,
à Palma de
Majorque dans
les années
1990. En
haut, Henri,
alors comte
de Clermont,
et Micaela, à
Paris dans les
années 1970.
Ci contre,
le Comte de
Paris, père
du comte de
Clermont et
son petit-fils,
Jean, duc
de Vendôme
en 1984.
POINT DE VUE
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© JEAN GUICHARD/CORBIS/SYGMA VIA GETTY IMAGES, RUE DES ARCHIVES/AGIP, LAURENT MAOUS/GAMMA
«
eaucoup de sensibilité, mais
je crains que la technique ne
soit pas encore tout à fait au
point. » Ce furent ses premiers mots. Henri de France
montrait quelques-unes de ses
aquarelles à une jolie femme aux yeux verts. « J’avais
déjà l’habitude de dire ce que je pense », m’avait-elle
confié une après-midi ensoleillée, dans sa petite maison d’Auteuil, et autour de nous pépiaient les oiseaux.
« À ma décharge, j’ignorais encore qui était cet
homme affable, élégant, très Ancien Régime dans ses
manières charmantes. Ce fut le grand ami du prince,
l’écrivain André Couteaux, qui nous présenta, il souhaitait qu’Henri illustre son dernier ouvrage, Don
Juan est mort. C’était le 21 janvier 1974, voilà qui ne
s’invente pas… » Il y a quarante-cinq ans.
Dans le petit restaurant où ils déjeunent, situé juste
derrière l’église Saint-Julien-le-Pauvre, Henri de
France, comte de Clermont, de son côté, n’est pas
insensible à cette femme qui ne le ménage pas, sincèrement attentive à son travail, précise dans ses mots
comme dans ses gestes. « Tiens, ai-je pensé, un nom
très ancien et connu. » La fille d’Antonia Quiñones
de Léon y Banuelos, marquise de San Carlos, grande
d’Espagne, appartient en effet à une famille qui puise
ses racines tant en Espagne qu’au Portugal. À tel point
qu’un mariage sera célébré avec un infant, fils du roi
Manuel Ier.
Mais c’est au Chili que les Cousino, la branche espagnole, s’établissent dès le XVIIIe siècle, en 1760,
devenant vite une des plus riches familles de ce Nouveau Monde. Le propre grand-père de la future
Comtesse de Paris dirige ses mines d’argent de
Chañacillio d’une main de fer. Luis Cousino, l’arrièregrand-père de la princesse, est également un homme
politique de premier plan au Chili. Ce philanthrope,
volontiers mécène, défraie la chronique mondaine pour
avoir convolé en justes noces avec Isidora Goyenechea,
née en 1836, présentée dans les colonnes du Figaro
ou du New York Times comme l’héritière de l’une des
plus grosses fortunes au monde. À Santiago, capitale
du Chili, le somptueux palais familial, fastueusement
décoré d’essences de bois rares, aujourd’hui transformé
en musée, couvre la superficie de 11 000 m2.
Il aura suffi d’un regard, de quelques mots échangés,
d’une chaise que l’on déplace au bon moment pour
lui permettre de s’asseoir, d’un briquet qui se tend.
Troublée, émue, désorientée, Micaela fait à plusieurs
reprises répéter le nom du prince par André Couteaux,
28
POINT DE VUE
© ALEXIS DUCLOS/GAMMA, DAVID ATLAN (2)
Le Comte
et la Comtesse
de Paris
et leur fils aîné,
Henri, le
21 janvier
1993, à
Versailles,
lors de la
messe du
bicentenaire
de la mort
de Louis XVI.
Ci dessous,
à Arcangues,
le jour de son
mariage avec
Micaela.
son d’Auteuil, le visage du prince Henri s’illuminait
encore. L’air était doux et tiède, propice aux confidences. « Je n’étais pas heureux. J’étais marié avec la
princesse Marie-Thérèse depuis dix-sept ans, je travaillais dans une grande banque, à Genève, j’avais
cinq enfants, je vivais dans une maison magnifique
près d’Annemasse, je voyageais sans cesse, mais je
n’étais pas heureux. Alors, je suis parti, à deux ou trois
reprises, et puis je suis revenu, à cause des enfants. Ma
femme et moi-même n’étions surtout pas préparés, de
par notre éducation, à communiquer sur des thèmes
aussi intimes que l’amour ou le désir, comme sur
nos états d’âme respectifs. Je m’étais marié à 24 ans,
sans rien savoir de la vie. Sans avoir eu le choix. À
Annemasse, je n’en pouvais plus ; nous nous écrivions,
Micaela et moi, de longues lettres. J’avais 41 ans et il
m’était impossible de continuer à vivre de la sorte. »
Il faudra encore un peu de temps. Et peut-être aussi
le bon alignement des astres. « Un
beau jour, s’amusait encore la princesse Micaela, on a sonné à ma
porte. Lorsque j’ai ouvert, j’ai vu
Henri, deux valises à ses pieds, tout
sourires, me disant simplement :
“C’est fait, je m’installe chez toi.”
Mon studio faisait 28 m2. Nous
nous sommes un peu serrés et
voilà tout. » L’amour. Comme une
évidence. Un an après, le couple
déménagera. Avec patience, Henri
explique à ses enfants qu’il les
aime, qu’il ne s’entend plus avec
leur mère et qu’ils ne sont en rien
responsables de leur séparation.
Les mots habituels employés alors
et qui ne convainquent personne.
La réaction du Comte de Paris
est immédiate. Henri est aussitôt
convoqué dans les bureaux de la
Fondation Condé, à Chantilly. « Il
était à cette époque lui-même séparé de ma mère, la
Comtesse de Paris, mais ne comprenait pas que j’ose
simplement prononcer le mot de divorce. Une maîtresse, pourquoi pas. En faire une femme légitime,
jamais. En clair, il m’ordonnait de reprendre ma vie
conjugale avec la princesse Marie-Thérèse. C’était mal
me connaître. »
Une douloureuse traversée du désert commence. La
France monarchiste ne tolère pas que le dauphin vive
en concubinage avec une divorcée. De leur côté, Henri
et Micaela commencent une vie de couple qui oscille
entre représentation et discrétion totale. Rumeurs,
ragots, vexations, insultes, manque cruel d’argent, les
difficultés s’enchaînent. « J’avais de mon côté occupé
divers postes dans une agence de presse, un groupe de
publicité à Madrid, poursuit Micaela. En France, au
cabinet de Raymond Barre, alors ministre du Budget,
je fus durant trois années chargée de communication.
Je connaissais la vie, le travail du quotidien. J’ai eu la
force d’affronter ce qui allait suivre. J’aimais suffisamment Henri pour trouver chaque jour le courage. »
Le prince se lance dans une nouvelle aventure. Avec
l’homme d’affaires Paul-Loup Sulitzer, il lance un parfum, Lys Bleu, fruité, chypré, à base de mousse, de
prune et de musc. Le flacon est dessiné par le comte
de Clermont et sa réalisation confiée aux artisans de
la maison Baccarat. Succès d’estime. Plus que commercial. Le prince s’aperçoit vite qu’il n’est pas fait
pour les affaires… « Un jour, un peu plus sombre
que les autres, j’ai vu Henri se retourner vers moi,
le visage blême : il a murmuré : “Nous n’avons plus
d’argent.” La valse des huissiers a débuté et lorsque les
premiers meubles ont commencé à partir, j’ai réalisé
que c’étaient les miens ! Nous payions simplement le
fait d’avoir osé vivre notre amour au grand jour. Tout
a été tenté afin de nous séparer. » Enfin, le divorce est
prononcé le 23 février 1977, par le tribunal de grande
instance de Paris.
1933-2019
Le 31 octobre 1984, en sortant de la mairie de
Bordeaux, où Jacques Chaban-Delmas, l’ami de toujours, vient de célébrer son union civile avec Micaela,
Henri de France apprend par les journalistes que son
père le Comte de Paris vient de le destituer de ses
droits dynastiques et l’a rétrogradé au titre de comte de
Mortain. C’est son fils, Jean, titré par son grand-père
duc de Vendôme, à qui échoient les droits, le devoir
et l’honneur d’être dauphin. « Micaela, rayonnante de
bonheur dans son tailleur vert amande, m’a dit : “Si
tu le souhaites, nous pouvons rentrer immédiatement
à Paris afin que tu parles à ton père.” J’ai refusé. Je
ne voulais à aucun prix ternir notre bonheur et nous
avons fêté durant trois jours notre mariage dans le
château d’amis au cœur du Périgord. » Il faudra de
longues, de très longues années avant que l’apaisement ne vienne. Que chacun pardonne, comprenne.
Lorsque le Comte de Paris décède, en 1999, celle qu’il
aura titrée finalement princesse de Joinville aura ces
mots : « Je viens de perdre mon meilleur ennemi. »
Le 26 septembre
2009, il épouse
religieusement
Micaela, à Arcangues.
Dix ans plus tard, à 76 ans, le nouveau comte de Paris
peut enfin épouser religieusement le 26 septembre
2009, en l’église Saint-Jean-Baptiste de l’Uhabia,
l’amour de sa vie. Ils auront dû attendre trente-quatre
années de procédure pour que le Saint-Siège déclare
nulle la première union d’Henri, et l’autorise à se
remarier religieusement. Des noces heureuses, célébrées à Arcangues devant trois cents invités, dont le
prince et la princesse Alexandre de Belgique, une poignée d’ambassadeurs et les fidèles de toujours, les amis,
le duc d’Uzès, le comte de la Panouse et la duchesse
de Ségorbe, la duchesse de Magenta, la comtesse de
Bourbon-Busset et le marquis d’Arcangues respectivement témoins du comte et de la comtesse de Paris.
Les rangs de la famille royale de France sont toutefois passablement clairsemés. Seuls assistent à son
mariage, un neveu du prince, le duc d’Anjou, et une
de ses belles-sœurs, la princesse Béatrice d’Orléans.
Là encore, le temps, sûr allié des cœurs blessés,
saura mettre son baume sur les plaies toujours vives.
Jusqu’à l’issue fatale ce 21 janvier 2019. Micaela
est seule désormais. Plus rien ne peut briser ce que
l’amour seul avait su accomplir. O
POINT DE VUE
29
30
POINT DE VUE
ANTOINE
Duc de Montpensier
1824-1890
ALEXANDRE Duc de Wurtemberg 1804-1881
oo
FERDINAND
Duc d’Orléans, prince royal
1810-1842
LOUIS-PHILIPPE Roi des Français 1773-1850
CHARLES X Roi de France 1757-1836
FERDINAND Duc de Berry 1778-1820
PHILIPPE « ÉGALITÉ » Duc d’Orléans 1747-1793
LOUIS Dauphin 1729-1765
LOUIS Duc d’Orléans 1703-1752
oo
LOUIS-PHILIPPE Duc d’Orléans 1725-1785
MARIE D’ORLÉANS 1813-1839
1677-1749
MADEMOISELLE DE BLOIS
HENRI IV Roi de France et de Navarre
CAPÉTIENS DIRECTS, éteints en 1328
VALOIS, éteints en 1589
FRANÇOIS
Prince de Joinville
1818-1900
et Régent 1674-1723
LOUIS
Duc de Nemours
1814-1896
PHILIPPE II Duc d’Orléans
PHILIPPE IER Duc d’Orléans 1640-1701
LOUIS XIII 1601-1643
1553-1610
ROBERT Comte de Clermont 1256-1317
PHILIPPE III LE HARDI 1245-1285
LOUIS IX « SAINT LOUIS » Roi de France 1215-1270
HUGUES Roi des Francs Vers 940-996
LOUIS XV 1710-1774
LOUIS Duc de Bourgogne 1682-1712
LOUIS Le Grand Dauphin 1661-1711
LOUIS XIV 1638-1715
e Comte de Paris, au temps des rois carolingiens, défend l’île-cité épiscopale des incursions
normandes… Et c’est pour lutter contre ces terribles Vikings, vers 883, qu’avec le soutien
de l’évêque Gozlin, Eudes, fils de Robert le Fort, marquis de Neustrie, est nommé à ce
poste de commandement. Il s’y distingue au point d’être élu « roi des Francs », en 888, contre
l’héritier légitime de Charles le Gros, empereur déchu. À sa mort, dix ans plus tard, son frère
cadet Robert Ier prend à son tour le titre de Comte de Paris, et devient le second « roi des
Francs » de la famille. Deuxième « usurpateur robertien », comme l’on nomme encore ces
ancêtres des Capétiens. Ces derniers s’annoncent, avec Hugues Capet justement, fils d’Hugues
le Grand, Comte de Paris, et petit-fils de Robert Ier. Ce nouveau « Comte de Paris et duc des
Francs », élu roi en 987, va installer, et pour plus de sept siècles, ses descendants sur le trône
de France. Dès lors, plus de « Comte de Paris » dans la famille de France jusqu’à ce que le
roi Louis-Philippe ne réveille ce titre magnifique, l’un des plus anciens de la dynastie, pour la
naissance de son petit-fils Philippe, en 1838. Prince royal et héritier du trône, disparu en 1894,
il était le grand-père maternel de Henri d’Orléans (1908-1999), lui aussi titré « Comte de Paris »
par son père, Jean, duc de Guise, le jour de sa majorité, le 5 juillet 1929. Le titre est, depuis,
devenu traditionnel pour le chef de la maison royale de France qui le prend à la mort de son
prédécesseur. Ce fut le cas pour le prince Henri, autrefois comte de Clermont, et qui choisit,
sans doute en mémoire d’Hugues le Grand, de le porter avec celui de « duc de France ». F. B.
L
Comté de Paris, un berceau capétien
HENRI Comte de Paris et chef de la
maison royale de France 1908-1999
PHILIPPE Duc et chef
de la maison royale de
Wurtemberg 1893-1975
ROSA D’AUTRICHETOSCANE
ANTOINETTE 2012LOUISE-MARGUERITE 2014JOSEPH 2016JACINTHE 2018-
JOHANN-WENZEL 1993-
MARGUERITE 1995-
GABRIEL KARL 1998-
PHILOMENA DE TORNOS 1977-
oo
de France 1965-
JEAN Chef de la maison royale
oo
1938-
MICAELA
COUSINO
ISABELLE D’ORLÉANSBRAGANCE 1911-2003
PEDRO D’ORLÉANSBRAGANCE 1875-1940
ISABELLE DE BRAGANCE
Princesse héritière du Brésil
et régente 1846-1921
oo
1842-1922
GASTON Comte d’Eu
PIERRE 2003-
THÉRÈSE 2001-
MARIE-LIESSE DE
ROHAN-CHABOT 1969-
oo
EUDES Duc d’Angoulême 1968-
maison royale de France 1933-2019
MARIA-IMMACULATA 1991-
BLANCHE
Mademoiselle de Valois
1962-
oo
HENRI Comte de Paris et chef de la
GASTON Dauphin 2009-
FRANÇOIS
Comte de Clermont
1961-2017
oo
LÉOPOLDINE 1990-
LIECHTENSTEIN 1949-
GUNDAKAR DE
oo
MARIE D’ORLÉANS 1959-
Duchesse de Montpensier 1934-
MARIE-THÉRÈSE DE WURTEMBERG
1906-1983
FRANÇOISE
D’ORLÉANS
1844-1925
royale de France 1874-1940
royale de Wurtemberg 1865-1939
1878-1961
oo
JEAN Duc de Guise et chef de la maison
de Chartres
1840-1910
de Paris, prince
royal 1838-1894
oo
ROBERT Duc
PHILIPPE Comte
Chef de la maison grand-ducale
de Toscane 1874-1948
oo
oo
ISABELLE D’ORLÉANS
d’Espagne 1848-1919
ISABELLE D’ORLÉANS
ET BOURBON Infante
ALBRECHT Duc et chef de la maison
Wurtemberg
1838-1917
PHILIPPE Duc de
PIERRE-FERDINAND D’AUTRICHE
FERDINAND IV D’AUTRICHE
Grand-duc de Toscane 1835-1908
oo
ALICE DE BOURBON-PARME 1849-1935
CHARLES III Duc de Parme 1823-1854
oo
LOUISE 1819-1864
1933-2019
POINT DE VUE
31
Jacques et Gabriella de Monaco
Entourés de leurs proches, les jumeaux
du prince Albert II et de la princesse
Charlène ont assisté à une représentation
du 43e Festival international du Cirque
de Monte-Carlo. Émerveillés par l’univers
de la piste aux étoiles. Par Claire Sejournet
FÉERIE
AU CIRQUE
© JEAN-CHARLES VINAJ/PRM/BESTIMAGE (PHOTO RETOUCHÉE), JEROCKI ARNOLD/POOL/ABACA (PHOTO RETOUCHÉE), OLIVIER HUITEL/POOL RESTREINT MONACO/CRYSTAL
Sous le chapiteau
de Fontvieille,
le prince Jacques
et la princesse
Gabriella, heureux et
complices. Pendant le
spectacle, Gabriella
est entourée par sa
tante, la princesse
Stéphanie, et sa
cousine, Pauline.
À leur arrivée,
le prince Albert II,
les jumeaux, la
princesse Stéphanie
et ses filles, Pauline
et Camille, ont été
accueillis par la
troupe des Clowns
en folie.
U
n dimanche sous le chapiteau pour
la famille princière ! Le 20 janvier, le
prince Albert de Monaco a emmené
ses enfants, Jacques et Gabriella, assister à une représentation du Festival
du Cirque de Monte-Carlo, accompagné de sa sœur, la princesse Stéphanie, présidente de la
manifestation, et de ses nièces, Pauline et Camille.
Le prince héréditaire arbore comme son père, dont
il serre fermement la main, l’écharpe aux couleurs
32
POINT DE VUE
de cette 43e édition. Gabriella, elle, ne lâche pas
la main de Pauline, sa cousine, qui, dans quelques
jours, présidera le jury de New Generation, une
compétition unique au monde destinée aux espoirs
des arts circassiens, organisée elle aussi sous le chapiteau de l’Espace Fontvieille.
Accueillis par la troupe des Clowns en folie, le
marquis des Baux et la comtesse de Carladès, qui
ont fêté leur quatrième anniversaire en décembre
dernier, se montrent intrigués par leur maquillage et leurs costumes colorés. Place ensuite
au spectacle, qu’ils découvrent depuis la loge
princière, Jacques sur les genoux de son papa,
Gabriella sur ceux de la princesse Stéphanie.
Acrobates, trapézistes, funambules, voltigeurs et
dompteurs se succèdent sous leurs yeux ébahis.
Subjugués, les jumeaux du prince Albert et de la
princesse Charlène se révèlent tout aussi enthousiastes lorsqu’il est temps de participer. Les voilà
presque en train de s’envoler au-dessus du public, le
petit prince porté par son père, la petite princesse
par sa cousine, Camille, pour se saisir des ballons
géants que des clowns facétieux ont lancés dans les
gradins. L’un d’eux s’approche, une rose rouge à la
main, de la jeune comtesse de Carladès, qui l’accepte
en souriant. À l’issue de la représentation, Jacques
et Gabriella quitteront le chapiteau conquis par la
magie des numéros… O
POINT DE VUE
33
Le duc de Cambridge
à Davos
Le fils du prince Charles, qui participait pour la première fois au forum économique,
s’y est affirmé en décideur de demain. Comme lui, plusieurs membres
de familles régnantes se sont rendus en Suisse pour rencontrer les grands acteurs
de la scène politique et économique mondiale. Par Greta Xavier
S
ur la scène de la salle des Congrès
de Davos, il s’exprime avec conviction, tour à tour plein de sagesse,
de gravité, d’assurance et d’humour.
« Les gens de ma génération commencent à occuper des postes de
leadership un peu partout dans le monde, déclaret-il. Le travail à accomplir pour sauver la planète se
fera sous notre autorité. » Ce 22 janvier, le petit-fils
d’Élisabeth II, dont c’est là la toute première participation au forum économique, vient adresser une
série de messages aux décideurs politiques et économiques du monde entier soulignant l’urgence de
sauver notre environnement. Pourtant peu familier
de ce genre d’exercice, le jeune héritier du trône a
accepté de jouer les interviewers d’un jour face à
David Attenborough, le célèbre écrivain, naturaliste
34
POINT DE VUE
En un peu
plus de
vingt-quatre
heures, le
prince William
a multiplié les
contacts et
les entretiens,
comme ici,
avec la reine
Maxima des
Pays-Bas
et la
chancelière
allemande
Angela Merkel.
et documentariste britannique – un proche de son
grand-père, le duc d’Édimbourg. Face à une salle
comble, le prince enchaîne les questions. Les deux
hommes se connaissent bien et ont de l’estime l’un
pour l’autre. « Lorsque j’étais enfant, j’aimais allumer la télévision pour regarder les programmes
réalisés par David et j’avais vraiment l’impression
d’être en Afrique, confie William, de découvrir
quelque chose de magique. » Le duc de Cambridge
est en Suisse pour un peu plus de vingt-quatre
heures. Après un entretien en tête à tête avec l’ancien
vice-président américain Al Gore et une rencontre
avec la chancelière allemande Angela Merkel et la
reine Maxima des Pays-Bas, il a choisi de témoigner
lors d’une conférence sur la santé psychologique
et mentale, l’un des thèmes fondateurs de son
action caritative. À ses côtés, la Première ministre néo-
zélandaise Jacinda Ardern. En quelques phrases, le
jeune homme évoque les conséquences de la Seconde
Guerre mondiale sur la génération de ses grandsparents, confrontée à « des événements si terribles »
qu’elle a préféré ne pas les raconter, et qui a ensuite,
malgré elle, transmis à ses propres enfants cette tendance à systématiquement taire les problèmes. « Ce
n’est pas normal, ajoute le duc de Cambridge. Au
contraire, il est important de les dépasser, important
de parler. » Comme lui, plusieurs membres de familles
régnantes ont fait le voyage à Davos. Présente au côté
de son époux, le roi Philippe, la reine Mathilde s’est
ainsi entretenue avec le prix Nobel de la paix Denis
Mukwege, un gynécologue congolais qui a dédié sa
vie aux femmes victimes d’agressions sexuelles. Venu
porter aux dirigeants du monde entier son message de
tolérance et d’humanité. O
Le prince
héréditaire Alois
de Liechtenstein
salue le roi et la
reine des Belges.
Ci-contre, la reine
Mathilde et le
Premier ministre
belge Charles
Michel.
POINT DE VUE
35
© STEFFEN KUGLER/BUNDESREGIERUNG VIA GETTY IMAGES/AFP, FABRICE COFFRINI/AFP (2), EPA/MAXPPP, BELGA/AFP
Le duc de Cambridge a accepté
d’interviewer le réalisateur et
naturaliste David Attenborough,
choisi par Netflix pour commenter
Notre planète, une grande série sur
le monde naturel diffusée à partir
d’avril prochain. Les deux hommes
ont alerté l’opinion sur l’urgence
de protéger l’environnement.
© XXXXXXXXXX
36
POINT DE VUE
Estelle de Suède
Plongée dans l’histoire
de sa famille…
À quelques semaines de son septième anniversaire, la petite
princesse a découvert les archives de la maison régnante
conservées à la bibliothèque Bernadotte, au palais de
Stockholm. Accompagnée de son grand-père, le roi Carl XVI
Gustaf, et de sa mère, la princesse héritière. Par Claire Sejournet
© SARA FRIBERG/ROYAL COURT OF SWEDEN (5)
I
ci, pas d’albums colorés ou de version illustrée du Merveilleux Voyage de Nils Holgersson
à travers la Suède, le célèbre roman pour
enfants de Selma Lagerlöf. La bibliothèque
dans laquelle s’est rendue la princesse Estelle,
accompagnée par sa mère, la princesse héritière Victoria, et son grand-père, le roi Carl XVI
Gustaf, renferme des trésors d’un tout autre genre.
Située dans l’aile nord-est du palais royal de
Stockholm, la bibliothèque Bernadotte abrite en effet
sous ses boiseries de chêne plus de 100 000 ouvrages
ayant appartenu aux rois et aux reines de Suède, mais
aussi des cartes géographiques et plus d’un demimillion de photographies prises par les membres
de la famille régnante au fil des siècles. Fascinée, la
petite princesse, qui fêtera son septième anniversaire le 23 février, a exploré les lieux avec sa gaieté
habituelle, écoutant avec attention les récits des
conservateurs, tournant avec mille précautions les
pages des livres anciens. Avec sa mère, elle a observé
un plan de la ville de Florence datant de 1818, et
parcouru des albums photos de Victoria de Bade,
son ancêtre, devenue reine consort de Suède en
1907. À la fin du XIXe siècle, l’arrière-grand-mère de
Carl XVI Gustaf s’était passionnée pour la photographie et avait rapporté de nombreuses images de
Au palais royal de Stockholm, la princesse Estelle a visité la
bibliothèque Bernadotte avec le roi de Suède, Carl XVI Gustaf,
et la princesse héritière Victoria. Le bibliothécaire du château,
Arvid Jakobsson, les a guidés dans les archives de la famille royale.
son voyage en Égypte, qui revêtent désormais un
précieux caractère historique.
Estelle a découvert ces archives sous l’œil attentionné
du roi, qui n’a pu résister au plaisir de lui montrer
un album datant de l’époque où il était lui-même
prince héritier. Toute la fierté du plus heureux des
grands-pères… O
POINT DE VUE
37
38
POINT DE VUE
Haute couture
Les collections printemps-été 2019 ont embrasé
la capitale enneigée d’un feu d’artifice multicolore
et chatoyant. Volumes et légèreté, satin duchesse,
organza, tulle ou taffetas ont sublimé une féminité
exacerbée. L’absence regrettée de Karl Lagerfeld,
la poésie de Maria Grazia Chiuri sous le chapiteau
d’un cirque rêvé au musée Rodin, l’extraordinaire
ovation au talent de Pierpaolo Piccioli ont marqué
les invités de la semaine de la mode parisienne.
Entrez dans une parenthèse enchantée.
Par Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Nathalie Lourau et Kitty Russell
UN
ÉBLOUISSEMENT
Chez Valentino, sous
les ors de l’Hôtel Salomon
de Rothschild décoré
de colonnades de fleurs
féeriques, chaque passage est
accueilli par des exclamations.
Une pure joie esthétique
saisit l’assemblée.
Pierpaolo Piccioli
a exprimé l’essence même
de la haute couture.
Le final, construit comme
un tableau autour de Naomi
Campbell, entraîne une
enthousiaste standing ovation.
POINT DE VUE
© ALFONSO CATALANO/SGP ITALIA
VIVES
ÉMOTIONS
39
Elie Saab
Chanel
INSTANTS DE
GRÂCE
La douceur d’une épaule,
la courbe étourdissante d’un
déhanché de sirène, l’ovale d’un
visage rehaussé de fleurs, les
couturiers déclarent leur amour
à la femme. Le travail des
petites mains, des maquilleurs
et des paruriers se révèlent
dans la magnificence des
détails. La brillance et les
sequins soulignent une
allure éprise de pureté.
Valentino
40
POINT DE VUE
Ralph & Russo
Alexis Mabille
© FILIPPO FIOR/IMAXTREE, NL, SERVICES DE PRESSE (3), VICTOR VIRGILE/GAMMA-RAPHO, FRANCK PERROGON
Stéphane Rolland
POINT DE VUE
41
© BERZANE NASSER/ABACA, VICTOR VIRGILE/GAMMA-RAPHO, GETTY IMAGES
VILLA CHANEL
Choc thermique et émotionnel. Au Grand Palais
sous la neige, les palmiers et cyprès d’un vaste jardin
méditerranéen inspirent à Karl Lagerfeld
les silhouettes de l’été 2019. Au final, la mariée en maillot
de bain cristallin paraît d’une beauté de statue, seule,
sans le couturier dont l’absence a fait trembler la planète mode.
42
POINT DE VUE
POINT DE VUE
43
Iris van Herpen
LA MAGIE
DU SPECTACLE
COROLLES
Dans une envolée
de tulle et de
pétales surréalistes,
la tendance se
veut légère. Une
abondance de
matières aériennes
qui donne la
sensation d’une
éclosion printanière.
44
POINT DE VUE
Giambattista Valli
L’univers du cirque fascine
Maria Grazia Chiuri.
Déambulant parmi les
acrobates d’une fabuleuse
chorégraphie, les
mannequins Christian
Dior jouent une délicate
partition inspirée à la fois
par le rideau de scène
du ballet Parade de Picasso
et les travaux que l’artiste
Cindy Sherman consacre aux
clowns. Arlequins, écuyères
et dompteuses incarnent
au mieux la sensibilité
sur le fil de la créatrice.
POINT DE VUE
45
© REUTERS, SWAN GALLET/WWD/REX/SIPA, SERVICE DE PRESSE (2), INES MANAI, FRANCOIS MORI/AP/SIPA
46
POINT DE VUE
Jeff et MacKenzie Bezos
Divorce à l’américaine
Fondateur et P-DG du géant Amazon, l’homme le plus riche du monde se sépare
de son épouse après vingt-cinq ans de mariage. Un divorce à haut risque
qui fait trembler la planète de la finance. Par Estelle Lenartowicz
Jeff Bezos
formait avec
MacKenzie un
des couples
stars de la
Silicon Valley.
Leur divorce
pourrait peser
sur l’avenir
d’Amazon,
dont la valeur
dépasse
aujourd’hui les
187 milliards
de dollars.
© PHOTOSHOT/MAXPPP, EPA/MAXPPP, BUCKNER/VARIETY/SHUTTER/SIPA
L
a nouvelle est tombée via Twitter.
Un bref message signé de leurs deux
noms, retweeté immédiatement par
des milliers d’internautes à travers
la Toile. Après vingt-cinq ans de vie
commune, le couple le plus puissant
de la Silicon Valley annonce avoir pris la décision
de mettre un terme à son union. « Nous sommes
extrêmement chanceux de nous être rencontrés et
chérissons chacune des vingt-cinq années passées
ensemble. Si c’était à refaire, nous le referions sans
hésiter », lisait-on, le 9 janvier dernier, sur la page
personnelle de Jeff Bezos. Le divorce du fondateur
et P-DG d’Amazon est pourtant bien plus qu’une
secousse matrimoniale à mettre sur le compte d’une
banale crise de la cinquantaine sur fond de liaison
extraconjugale. Quelques heures après l’annonce,
l’action du géant de la vente en ligne chutait en
bourse. Fébriles, les financiers du monde s’interrogeaient sur cette séparation aux répercussions
financières sans précédent. Une fois signés les
papiers du divorce, que vont devenir les milliards de
madame Bezos soudain propulsée au rang de femme
la plus riche du monde ?
Le couple a
quatre enfants,
dont une fille
adoptée en
Chine. Leurs
prénoms
restent
confidentiels.
« Soyez fiers
de vos choix,
pas de vos
talents »,
aiment à
dire les deux
parents à leur
progéniture.
Jeff et MacKenzie se rencontrent à New York au
début des années 1990. À l’époque, la jeune femme,
diplômée en littérature de la prestigieuse université
de Princeton, vient d’être embauchée comme assistante dans un fonds d’investissement de Wall Street.
Le projet de l’écrivaine en herbe ? Gagner de quoi
payer son loyer tout en s’attelant, le soir venu, à
l’écriture de son premier roman. Mais à peine estelle arrivée que des éclats de rire sonores, venus
d’un bureau voisin, attirent son attention. « Ce fut
l’amour à la première écoute », confie-t-elle en 2013.
Célibataire et sûr de lui, le brillant plaisantin ne
tarde pas à l’inviter à déjeuner. Six mois plus tard,
POINT DE VUE
47
ils sont mariés, et, dans l’année, quittent Manhattan
pour Seattle où l’ingénieur en informatique, plein
d’ambitions devant les opportunités offertes par
la naissance d’Internet, décide de fonder sa propre
librairie en ligne. Le succès arrive
vite. En une petite dizaine d’années, l’enseigne Amazon devient
un empire et révolutionne le secteur du numérique. À mesure que
grandissent ses parts de marché,
le couple cultive la discrétion,
distillant avec soin ses apparitions publiques. Au gala du MET
Museum, dont Amazon est l’un
des donateurs. À la cérémonie
des Golden Globes, depuis que
Jeff Bezos investit des milliards dans le secteur du
cinéma. Aux Oscars, où ils s’affichaient main dans
la main en février dernier. Préférant sa famille aux
strass et paillettes, MacKenzie Bezos tenait jusqu’à
La fortune
des Bezos
s’élèverait
à quelque
136 milliards
de dollars.
48
POINT DE VUE
peu à déposer ses enfants, puis son mari, à l’école et
au bureau chaque matin. Comme la plus traditionnelle des housewifes !
Avec plus de 16 % au capital de l’entreprise, la fortune des Bezos s’élèverait aujourd’hui à quelque
136 milliards de dollars. Mais en l’absence de réel
contrat de mariage, le devenir de ce pactole – et du
pouvoir stratégique qui en découle – est incertain.
Selon les juristes, les avoirs du couple pourraient être
répartis à 50-50, parts en bourses comprises. Forte
de ses 8 %, MacKenzie Bezos pourrait être tentée
de faire valoir ses droits au plus haut niveau de la
multinationale : siéger au conseil d’administration,
influer lors de prises de décisions stratégiques… À
la table des négociations du divorce, la parole de
madame sera d’autant plus forte que les récentes
infidélités de son mari, en train de virer au déballage, affaiblissent la défense. Aperçu tout sourires
aux bras d’une certaine Lauren Sanchez, épouse
de l’un des plus puissants agents d’Hollywood,
le P-DG, optant pour la carte du culot, serait en
passe d’officialiser sa nouvelle union. La semaine
dernière, les deux amants étaient attendus au Texas
pour le décollage du New Shepard, la fusée expérimentale développée par le multimilliardaire féru de
tourisme spatial. Avec, à l’horizon, une escapade en
amoureux sur la lune ? O
© ALBERTO E. RODRIGUEZ/GETTY IMAGES/AFP, TODD WILLIAMSON/GETTY IMAGES FOR AMAZON STUDIOS, POLARIS/STARFACE
Leur liaison aurait commencé l’automne dernier, mais
Jeff Bezos et Lauren Sanchez se connaissent depuis
plusieurs années. Ci-dessus, lors d’un gala en 2016, où la
présentatrice télé est au bras de son époux, l’agent Patrick
Whitesell. Passionné de transhumanisme, Jeff Bezos se rêve
immortel et souhaite conquérir le système solaire.
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La favorite
des Oscars
En une année seulement, elle aura rejoint le petit
cercle des actrices spécialisées dans l’incarnation
des figures historiques de la couronne anglaise.
Avant de la retrouver prochainement en Élisabeth II
pour la troisième saison de la série The Crown, elle
crève l’écran dans La Favorite de Yórgos Lánthimos,
qui vient de glaner 10 nominations aux Oscars,
dans le rôle de la reine Anne, dernière souveraine
de la lignée des Stuarts au règne chaotique.
Par Emmanuel Cirodde
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POINT DE VUE
e jamais se fier à sa faiblesse apparente.
Les yeux larmoyants, la silhouette
alourdie par d’épaisses étoffes, elle
trébuche en pleine session parlementaire devant une assemblée de whigs
et de tories médusés. Anne semble
implorer l’aide de sa fidèle conseillère lady Sarah
Churchill, appelle à son secours sa nouvelle femme de
chambre, Abigail Hill… Et pourtant, malgré le chagrin
de dix-sept grossesses ne lui ayant laissé aucun héritier et
ses terribles crises de goutte, la reine orchestre d’une
main de maître cette cour hostile, un monde d’hommes
au milieu desquels l’existence de ces trois femmes tient
de l’exercice de survie. Voici quelques-unes des facettes
de ce personnage mystérieux auxquels Olivia Colman
donne vie. L’actrice, qui fête ce 30 janvier son 45e anniversaire, livre une interprétation stupéfiante, transcendée
par la caméra insolente de Yórgos Lánthimos. Sa mise en
scène radicale virant à la farce tragi-comique n’étonnera
pas ceux qui connaissent ses films précédents, The
Lobster et Mise à mort du cerf sacré. Ses images de ce
début du XVIIIe siècle n’ont pas grand-chose à voir avec
les riches huiles que l’art pictural nous a laissées de
cette époque. Lui se fiche des bonnes manières,
jette les jeunes femmes dans la boue et met en scène de
sanglantes parties de ball-trap. Dans ce tumulte, Olivia
Colman arbitre un redoutable jeu d’influence entre ses
deux « favorites », lady Sarah et Abigail, respectivement
incarnées par Rachel Weisz et Emma Stone. « J’ai pris
beaucoup de plaisir, s’amuse Olivia Colman qui avait
déjà travaillé avec le cinéaste pour The Lobster. J’ai pu
être grincheuse et gifler des laquais ! Anne devait avoir
une force extraordinaire. Il y a tant de tristesse dans son
histoire, elle a dû se sentir très seule. Car on ne peut
jamais savoir qui est sincère ou non quand on occupe
une position telle que la sienne. Au fond, elle ne sent
pas vraiment reine, et c’est ce qui ressort de ses accès de
rage et sa façon de faire acte d’autorité. »
Malgré sa folie, le film repose sur des bases historiques
solides. Lors de son règne ayant duré douze ans, Anne
a en effet subi l’influence de Sarah Churchill, née
Jennings, redoutable femme politique et épouse du
premier duc de Malborough. Cette exploration de la
nature humaine en costumes et la trajectoire unique
de ces trois femmes de pouvoir entourées d’hommes
ont d’ores et déjà conquis l’Académie des Oscars.
La Favorite est nommé à dix reprises, les trois actrices
glanant chacune une citation. Olivia Colman a déjà
entamé cette saison des prix avec succès. Son incarnation de la reine Anne lui a déjà valu de remporter la
Coupe Volpi à Venise en août dernier et un Golden
Globe – son second après celui gagné en 2017 pour son
apparition dans la série The Night Manager. L’actrice
intègre à cette occasion le club des grandes interprètes royales auprès de Judi Dench ou Helen Mirren.
Découverte dans des séries, elle a marqué les esprits en
2012 avec Week-end royal dans lequel elle incarnait la
reine mère et donnait la réplique à Bill Murray jouant le
président Roosevelt. Et le meilleur reste à venir. En effet,
elle a entamé en juillet dernier le tournage des saisons
3 et 4 de la série The Crown dans laquelle elle prend la
relève de Claire Foy pour devenir la reine d’Angleterre.
Après les années 1950 et 1960, cette nouvelle saison
qui devrait être diffusée sur Netflix courant 2019 nous
transportera dans les années 1970 et 1980, au temps du
divorce de la princesse Margaret et lord Snowdon et de
la rencontre du prince de Galles et Diana… Un défi sur
mesure pour cette actrice au talent souverain. O
POINT DE VUE
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© 2018 FOX SEARCHLIGHT PICTURES, ARCHIVESDU7EART/FOCUSFEATURES/PHOTO12, SOPHIE MUTEVELIAN/NETFLIX
N
À gauche,
Olivia Colman
au cœur
de l’évocation
du règne de la
reine Anne dans
La Favorite,
le film sulfureux
de Yórgos
Lánthimos.
L’actrice, qui
avait déjà
incarné la reine
mère dans
Week-end royal
face à Bill
Murray
(ci-dessus), sera
bientôt
Élisabeth II dans
la troisième
saison de
The Crown
(ci-dessus
à droite).
REINES
DE CINÉMA
© FOCUS FEATURES, PHOTO12 (3), COLLECTION CHRISTOPHEL, THE KOBAL COLLECTION/AURIMAGES (2), ARCHIVESDU7EART/SEESAWFILMS/PHOTO12, JERRY WATSON/CAMERAPRESS/GAMMA, SOPHIE MUTEVELIAN/NETFLIX
Comme Olivia Colman,
elles ont incarné
à de multiples reprises
les souveraines de la
couronne britannique.
Petite sélection d’actrices
ayant récemment brillé au
service de Sa Majesté. E. C.
Dame Judi Dench
Elle nous avait confié en 2017 le plaisir qu’elle avait eu à retrouver
les robes noires de Victoria à l’occasion de la sortie de Confident Royal,
évoquant la rencontre de la reine avec le jeune Abdul Karim, sujet
venu d’Inde qu’elle rencontre lors des célébrations de son jubilé.
En 1997, elle avait déjà incarné cette même Victoria dans La Dame
de Windsor de John Madden, contant cette fois sa relation
passionnée avec John Brown, son intendant écossais. L’actrice a
également joué Elizabeth I dans la romance Shakespeare in Love,
du même John Madden, rôle pour lequel elle a remporté l’Oscar
de la meilleure actrice.
Cate Blanchett
C’est en jouant Galadriel,
elfe de sang royal dans la trilogie
Le Seigneur des anneaux de
Peter Jackson, inspirée des
œuvres de Tolkien, que l’actrice
australienne est devenue
mondialement célèbre. Elle a
surtout été la reine Elizabeth I
dans Elizabeth de Shekhar Kapur
en 1998 qui racontait l’accession
au trône de la fille de Henri VIII
et d’Anne Boylen. En 2007, elle
retrouvait le cinéaste et ce
personnage historique dans
Elizabeth : l’âge d’or, dont
l’intrigue nous transportait trente
ans plus tard… Coïncidence
amusante, dans Marie Stuart,
reine d’Écosse, qui sortira le
27 février prochain, Elizabeth I
sera une nouvelle fois incarnée
par une actrice australienne,
Margot Robbie !
52
POINT DE VUE
Dame Helen Mirren
Inoubliable en 2006 dans The Queen
de Stephen Frears, elle y interprétait
Élisabeth II régnant sur un Royaume-Uni en
crise suite à la disparition de lady Diana
face à un Tony Blair désemparé. Sa
prestation lui valut un Oscar et un Golden
Globe, sans oublier un second cette même
année pour Elizabeth I, série dans laquelle
elle donnait la réplique à Jeremy Irons.
En 1995, elle fut aussi la reine Charlotte
dans La Folie du roi George, de Nicolas
Hytner, narrant la folie supposée de
George III à la fin du XVIIIe siècle.
Helena Bonham Carter
Si elle a tenu son premier rôle royal au tout début de sa carrière dans Lady Jane
de Trevor Nunn, qui décrivait le règne éphémère de Jeanne Grey, surnommée « La reine
de neuf jours », l’actrice a surtout marqué les esprits avec son incarnation de la reine
mère dans le superbe Discours d’un roi de Tom Hooper sorti en 2011. Elle y donnait
la réplique à Colin Firth incarnant ce roi George VI accédant au trône après l’abdication
de son frère Édouard VIII. Nous la retrouverons prochainement dans la troisième saison
tant attendue de The Crown, dans laquelle elle jouera la princesse Margaret face à
Olivia Colman. Vivement !
POINT DE VUE
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54
POINT DE VUE
Hubert Le Gall et
Pamela Mullin revoient
les épreuves du
livre d’art Fabula sur
la maison de la mécène,
peuplée par les créatures
fantastiques du sculpteur.
Tout cela sous l’œil
d’Élisabeth II, en reine
d’Écosse et souveraine
de l’Ordre du Chardon,
par Julian Calder.
Normal, la dame
de Saint-Calais est
d’origine écossaise.
Au manoir de Saint-Calais
LE MONDE ENCHANTÉ
DE PAMELA MULLIN
Près de Louversey, en Normandie, cette esthète et mécène californienne est tombée
sous le charme d’un pavillon de chasse du XVIIe siècle. À l’issue d’une restauration dans
les règles de l’art, elle y a réuni une collection d’art dédiée pour l’essentiel au bestiaire
ludique du designer et sculpteur Hubert Le Gall. Par François Billaut Photos Pascaline Noack
POINT DE VUE
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Sept ans de travaux, et le manoir de briques rouges a retrouvé sa splendeur première. Un bougeoir-poire du sculpteur, en bronze
et laiton, et dans la bibliothèque, face à la cheminée de faïence, la table-fleurs aux longues tiges, emblématique de son travail.
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POINT DE VUE
P
assé le portail, monumental et classé,
une allée bordée de tilleuls conduit
au manoir de briques rouges et pierre
blanche. Bel exemple d’architecture
Louis XIII, Saint-Calais n’est pas tout
à fait un château, même s’il est ainsi
qualifié à l’inventaire des monuments historiques, mais
bien un ancien pavillon de chasse, charmant. « Il a
été construit en 1653 pour un lieutenant au bailliage
d’Évreux, je crois, avant de passer dans les mains de trois
ou quatre autres familles », explique Pamela Mullin.
Femme d’affaires californienne, écossaise de naissance,
Pamela a découvert la propriété dans les pages du Herald
Tribune, avant de la visiter « par simple curiosité » un jour
pluvieux de mars. Coup de foudre. « Je pensais donner
un coup de peinture. Les travaux ont duré sept ans. Le
bâtiment avait subi des transformations malheureuses au
fil du temps. Nous l’avons rendu à son état premier. Les
motifs, les boiseries, les vitres, même les joints de scellement des briques sont identiques à ceux d’origine. »
Les corps de métier se succèdent, « en priorité des artisans du village ». Sous les ragréages du sol apparaissent
des tomettes et les faux plafonds, déposés, révèlent les
corniches et les stucs d’origine. « Redonner vie et éclat
à tout cela a été une joie », confie Pamela. À l’heure de
créer le décor de sa maison, elle évite l’écueil d’une reconstitution historique trop fidèle, « le XVIIIe siècle d’une
Américaine! » Submergée de conseils, elle fait confiance
à son ami le sculpteur Hubert Le Gall* qui lui dit: « Sois
sincère. Fais ce que tu sais faire et ce sera réussi. »
Elle commande à l’artiste, dont elle apprécie le bestiaire
ludique, le trumeau destiné à la cheminée du salon. Hubert
Le Gall rêve la pièce « comme elle aurait pu exister quand
Pamela a découvert la maison ». Dans l’entrelacs des branchages d’une nature ayant repris ses droits, Odilon, le lapin
facétieux, se prend pour un candélabre. En découvrant son
nouveau miroir, vingt pièces de bronze fondues, assemblées et patinées à Clermont-Ferrand, Pamela se réjouit:
« J’aime l’approche artistique d’Hubert, sa philosophie de
vie qui nous entraîne vers la joie. Nous nous connaissons
depuis seize ou dix-sept ans, et nous partagions déjà une
vraie complicité. Ce projet nous a encore rapprochés. »
Dans la bibliothèque où le manteau d’une autre cheminée a conservé son revêtement de faïence blanc et bleu,
les stries d’un trophée de zèbre brisent sans l’altérer le
motif par trop cinétique. Épigramme de l’animal, le néon
IN SILENTIO invite à la lecture dans les fauteuils tendus
de tartan. Même à la paresse dans un moelleux sofa.
Une « table-fleurs » retient quelques beaux livres. Elle est
emblématique du travail d’Hubert Le Gall comme les
fruits,lesmarguerites,etleslapins,souris,autruches,chiens
et autres renards qui peuplent désormais Saint-Calais.
Pamela Mullin a réuni ici une trentaine d’œuvres de
l’artiste. « Il y a tant de détails charmants, de personnages, de scènes amusantes. Mais Pinocchio reste mon
préféré. » Elle retrouve toujours avec tendresse l’incorrigible menteur, équipé d’une scie égoïne pour mieux faire
disparaître la preuve nasale de ses délits. Sur une idée originale de Courtney, l’une des quatre enfants de Pamela
prématurément disparue il y a un peu plus de trois ans,
Sur le grand
trumeau de
bronze
créé par
Hubert
Le Gall pour
la cheminée
du salon,
le lapin Odilon
joue les
candélabres.
On le retrouve,
ou l’un de
ses cousins,
en pied de
guéridon.
Pinocchio,
le favori
de Pamela
Mullin dans
l’œuvre de
l’artiste, ici, en
bronze doré,
semble prêt à
succomber…
la marionnette est même devenue le fil rouge d’un livre
d’art**, splendide, publié chez Flammarion. À la demande
de son amie, Hubert Le Gall s’est investi dans sa réalisation.
« Ce n’est ni un ouvrage de décoration, ni un catalogue
raisonné de mon travail, s’empresse-t-il de préciser. C’est
l’histoire d’une femme, francophile et mécène, qui vient de
sauver un monument historique. Elle a le sens de l’humour
et pas mal d’autodérision. Mes animaux ne sont là que
pour parler de tendresse dans son environnement
bienveillant. Le manoir lui ressemble, c’est son portrait en maison. » Et sur ce point, Pamela Mullin
est d’accord: « Je vis à Los Angeles, aux États-Unis.
J’ai aussi un appartement à Paris, mais c’est à SaintCalais, maintenant, que se trouve mon cœur. » O
* Hubert Le Gall, galerie Avant-Scène, 4,
place de l’Odéon, 75006 Paris. avantscene.fr
** Fabula, photos de Pascaline Noack, textes
de Dany Sautot, Flammarion, 238 pages, 125€.
POINT DE VUE
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58
POINT DE VUE
Quelle
CULTURE
Les états d’art de
Marie-Sophie Ferdane
Marie-Sophie Ferdane a découvert le plaisir du jeu théâtral pendant
son année d’agrégation de lettres. Après un passage à la Comédie-Française
de 2007 à 2013, la voici tête d’affiche d’une excellente mini-série, Philharmonia.
Elle y interprète avec intensité Hélène Barizet, violoniste prodige
et chef d’orchestre prenant la direction de la Philharmonie de Paris
dans un climat hostile… Propos recueillis par Isabelle Pia
Le mois dernier, j’ai vu Sœurs de
Pascal Rambert. La pièce relate,
étiqueté sous ce terme toutes les femmes qui sortaient de la
norme et voulaient vivre pleinement. Ce livre passionnant m’a
renvoyée à La Sorcière de Michelet, qui étudiait ces femmes
vivant à la frontière de l’animisme que l’arrivée du christianisme a foudroyées.
En tournée, comme en ce moment pour La Dame aux
camélias, créée par Arthur Nauzyciel, j’aime visiter les musées
des villes que je traverse. À Béthune, un endroit génial propose
des installations ultra-contemporaines : Labanque. Clément
Cogitore y a fait résonner les Élégies de Duino de Rilke en inscrivant ses poèmes sur des images bleutées d’une foule filmant
avec des portables un concert hors champ, sur un fond sonore
d’infra-basse très vibrant… J’ai retrouvé en octobre cet artiste
au Lux de Valence, juxtaposant cette fois-ci, en une mise en
scène fantastique, Les Indes galantes de
Rameau avec le krump, cette danse afroaméricaine très violente inspirée de la
révolte des esclaves.
« À chaque
représentation
de La Dame
aux camélias,
j’ai une pensée
émue pour Marie
Duplessis. »
au moment de la mort de leur mère,
l’affrontement très violent entre deux
sœurs qui soldent leurs comptes comme
deux femmes sur un ring. Marina Hands
et Audrey Bonnet y sont déchaînées !
Saison sèche, qui vient de se donner à
Bobigny, est aussi un spectacle très puissant et dérangeant.
Sous la direction de la chorégraphe Phia Ménard, sept danseuses/performeuses reproduisent les codes vestimentaires
et comportements des hommes et organisent une sorte de
parade, de carnaval furieux…
En rapport avec mon travail dans La 7e vie de Patti
Smith, de Benoît Bradel, que nous reprenons en février au
Centquatre-Paris, je suis plongée en ce moment dans le dernier livre de Patti Smith, Dévotion. L’amour fou qu’éprouve
cette Américaine pour la littérature française est très touchant. Elle est venue de New York à Charleville-Mézières
pour se recueillir sur la tombe de Rimbaud, s’est rendue à
Cayenne chercher de la terre du bagne en souvenir de Jean
Genet… Parallèlement, je viens de commencer Sorcières.
Mona Chollet y explique comment, au cours des siècles, on a
En ce moment, j’écoute beaucoup
Superpoze, qui m’a initiée à l’électro.
Ce jeune homme de 26 ans vient de composer une partie de Jeannine, le dernier
album de Lomepal, phénomène du rap.
Et sa performance au Grand Palais sur les
instruments automates de Stephan Eicher
était merveilleuse. Dans un registre classique, j’ai pris mes places pour Barbara
Hannigan, cantatrice canadienne et chef
d’orchestre spécialisée dans la musique
contemporaine, qui était le 25 janvier à la Maison de la radio,
dans Rêve de Hongrie, et sera le 20 mai à la Philharmonie de
Paris pour un concert de Stravinsky…
À chaque représentation de La Dame aux camélias,
j’ai une pensée émue pour celle qui a inspiré le personnage de
Marguerite Gautier, Marie Duplessis, gamine née dans la boue
de l’Orne, montée à Paris dans une immense misère, devenue
la plus grande courtisane de son époque et morte à 22 ans dans
une solitude extrême… Cette petite prostituée normande a inspiré un roman fantastique, une pièce mythique, des peintures,
des ballets et l’un des plus beaux opéras, La Traviata ! À chaque
lever de rideau, alors que l’ouverture de Verdi me donne la chair
de poule, je me demande si elle l’entend aussi…
Philharmonia, (6 x 52 min) de Marine Gacem, le mercredi,
à 21 h, sur France 2.
POINT DE VUE
59
© CELINE NIESZAWER/OPALE/LEEMAGE
Comme mes trois sœurs, qui jouent respectivement du
piano, du violoncelle et de la flûte traversière, j’ai suivi une
formation de violon et chant au conservatoire de Grenoble.
Particulièrement motivée, l’une de nous a incité la fratrie à
travailler la musique de chambre. Avec elle, j’ai fait partie
d’un orchestre d’enfants puis d’adolescents. En tant que
comédienne, j’ai souvent l’occasion de pratiquer le chant
sur scène mais moins le violon. Quand j’ai entendu parler de
Philharmonia, j’ai donc voulu passer les auditions et j’ai été
retenue. C’était fantastique d’être au contact des musiciens
tous les jours.
Quand je suis à Paris, j’aime aller au cinéma à la
séance de 10 h car elle m’imprègne pour toute la journée.
Une affaire de famille, l’histoire au Japon d’une petite fille
battue recueillie par une famille pauvre
vivant de façon borderline, va me hanter
longtemps. Beaucoup d’images me resteront de ce film fort et perturbant, qui
nous interroge sur notre rôle de parents
et nous confronte à notre morale et à
notre idée de la normalité sociale…
Quelle
CULTURE
© RIAD SATTOUFF ALLARY EDITIONS 2018, FRANCK-JUERY, B. FAIZANG / BO TRAVAIL !, 2018 EONE GERMANY, FUTURIKON FILMS /IFILMFILM /FRANCE 3 CINÉMA, MOVIMENTO 7
1
2
4
1)
5
Sous le soleil sicilien
La Sicile, ses plages et ses fonds sous-marins, ses vestiges
antiques, sa gastronomie et sa douceur de vivre : à seulement
deux heures et demie en avion de Paris, c’est cette destination
très riche que nous invite à découvrir Tiga en trois jours bien
remplis. Point de départ de son périple : la belle Syracuse, avec
ses ruelles encaissées, son port, ses théâtres de marionnettes…
Suivront Taormine, son somptueux théâtre grec et ses délicieux
cannoli à la ricotta et aux agrumes confits, l’Etna, survolé en hélico,
Palerme, ville musée à ciel ouvert, le parc naturel des montagnes
Madonies et ses gorges de Tiberio… Bref, un véritable condensé
de beautés naturelles et architecturales. I. P. ---
Échappées belles : Week-end en Sicile, samedi 2 février,
à 20 h 50, sur France 5.
2)
Enfance de l’art
À 40 ans, il est le plus jeune auteur à recevoir pareil hommage
du Centre Pompidou. Riad Sattouf émerveille ses lecteurs avec
les aventures d’une collégienne dont il met la vie en dessins dans
Les Cahiers d’Esther ou avec la série autobiographique L’Arabe
du futur. Au cinéma, il a connu la consécration dès son premier
film, Les Beaux Gosses. Posant un regard sur notre monde d’une
précision et d’une sensibilité bouleversantes, il broie les clichés
un à un, n’élude jamais la violence des destins et sait mieux que
quiconque décrire le trouble de la jeunesse. Avec son style épuré,
Riad Sattouf vise droit au cœur. Et plus il plonge dans l’intimité
de sa propre vie, plus il confère à ses chroniques une dimension
universelle. Esquisses, planches originales, storyboards ou objets
60
POINT DE VUE
personnels exposés nous permettent de nous glisser dans son
imaginaire. Ne manquez pas le voyage. E. C. ---
Riad Sattouf, l’écriture dessinée, exposition jusqu’au 11 mars
à la bibliothèque du Centre Pompidou. bpi.fr
3)
On dirait le Sud
Le racisme, Tony Lip n’y avait jamais vraiment pensé. Bien loti
dans sa communauté italo-américaine, il hait les Noirs par principe. Lui qui passe son temps entre son foyer, son job de videur et
quelques concours du plus gros mangeur de hot-dogs, voit sa vie
basculer lorsqu’on lui propose de convoyer le Dr Don Shirley, un
pianiste afro-américain lors d’une tournée dans le Sud. Expédition
périlleuse dans l’Amérique ségrégationniste des années 1960.
On l’aura deviné, la magie du road-trip opère une nouvelle
fois et les deux hommes que tout oppose vont apprendre à se
connaître. Le film tiré d’une histoire vraie doit beaucoup à ses
interprètes. Mahershala Ali incarne avec une grande finesse
ce pianiste contraint de jouer un répertoire proche de Liberace
pour conquérir le public sudiste. Quant à Viggo Mortensen, il
se métamorphose une nouvelle fois. Avec sa truculence, ses kilos
en trop et son accent à couper au couteau, il rappelle le Robert De
Niro d’il y a vingt ans. E. C. --Green Book – Sur les routes du Sud, de Peter Farrelly.
4)
Grises mines
Au printemps 2018, nous louions le travail de Francesca Piqueras,
dont les photographies anoblissaient les ruines et épaves de
bateaux serties dans les glaces de l’extrême Est de la Russie. L’artiste
6
Quelle
CULTURE
3
7
revient avec de nouvelles images dans lesquelles l’homme et la
nature semblent avoir engagé une lutte sans merci. Ses paysages
accidentés – mers démontées, falaises abruptes – s’adossent à
des architectures de rouille. Quant aux montagnes, elles ne sont
que cicatrices, taillées en degrés sous un ciel d’apocalypse pour les
besoins d’une exploitation minière. Un travail spectaculaire dont
la virtuosité du graphisme tend souvent à l’abstraction. E. C. --Movimento, exposition de Francesca Piqueras jusqu’au
31 mars à la Galerie de l’Europe, 55, rue de Seine, Paris.
galerie-europe.com
5)
Force de frappe
On ne le présente plus en tant que batteur, complice de tous
les grands noms internationaux de la pop ou du jazz. Manu
Katché incarne, comme personne, le partage créatif et le plaisir
de surprendre. Avec ce dixième album, il ne trahit rien de sa formation classique, toujours dans la parfaite maîtrise des rythmes
« standards ». Mais ce qu’il préfère, c’est le groove. Et une fois
encore, il flirte volontiers avec les sons venus d’Afrique pour teinter ses compositions de mystère. Une touche d’électro offre à
l’ensemble une impressionnante modernité. F. del V. --The Scope, Manu Katché (1 CD), AntePrima.
6)
Bêtes à bon Dieu
Revoilà les irrésistibles insectes créés par Thomas Szabo et
Hélène Giraud ! Nous avions découvert cette coccinelle frondeuse et son amie la fourmi dans une série et un premier
long irrésistibles. Si l’effet de surprise est moins prononcé,
le charme et la magie opèrent toujours autant. D’autant plus
que la fine équipe quitte ses montagnes pour faire cap sur les
Caraïbes, ses paysages féeriques et ses insectes insolites. Cette
aventure presque muette s’offre un habillage sonore digne de
Tati. Et il suffit d’un regard entre deux insectes pour déclencher
une cataracte d’émotions. Avec leur humour inimitable, ces
bestioles se font même les hérauts de la cause environnementale. On a toujours besoin d’un plus petit que soit… E. C. ---
Minuscule 2 – Les Mandibules du bout du monde, de Thomas
Szabo et Hélène Giraud.
7)
Berlioz à la folie
Anniversaire oblige – on célèbre le 150e anniversaire de sa disparition –, Berlioz se fête sur tous les tons. À l’Opéra de Paris,
une nouvelle production d’anthologie des Troyens ressuscite un
opéra pharaonique, avec Philippe Jordan dans la fosse, Dmitri
Tcherniakov à la mise en scène et un somptueux plateau vocal
réunissant Stéphanie d’Oustrac, Véronique Gens, Stéphane
Degout et bien d’autres. Côté CD, Warner dégaine une intégrale
de 27 disques incontournables de son catalogue, telles cette
Symphonie fantastique de Jean Martinon ou L’Enfance du Christ
dirigée par John Eliot Gardiner, mais aussi des premières et des
raretés, notamment des extraits de l’œuvre inachevée La Nonne
sanglante créée l’été dernier au festival de la Côte-Saint-André.
L’occasion ou jamais de se plonger dans l’univers passionnant
d’un démiurge génial et attachant. P. S. --Les Troyens, opéra Bastille, jusqu’au 12 février. operadeparis.fr
Hector Berlioz, The Complete Works, 27 CD, Warner Classics.
POINT DE VUE
61
Quelles
PLUMES
Spécial histoire
La Venise de
Viviane Moore
est sauvage,
prête à croître,
à s’enrichir
et à devenir
l’une des
puissances
que le peintre
Vittore
Carpaccio
a illustrée
au XVe siècle.
Venise avant Venise
Dans Les Gardiens de la lagune, l’auteure française de romans
policiers historiques fait accoster son héros Hugues de Tarse, déjà
aperçu dans la saga de Tancrède le Normand, sur les rives des
îles de Venise en 1162. À son arrivée, le seigneur gréco-syrien est
chargé par le doge Vitale Michiel II, de trouver l’assassin de Jacopo
Vitturi, jeune noble au sombre passé. Par Jérôme Carron
A
ssise dans un café parisien en bordure de Seine, Vivianne Moore
possède un enthousiasme naturel. L’intensité de ses yeux bleus trahit
son goût pour l’Histoire et ses paroles
un réel plaisir de transmettre. À l’origine de plus d’une trentaine de romans,
cette amoureuse du Moyen Âge répond
à nos questions avec l’énergie d’une
passionnée.
Dans votre dernier roman, vous nous
faites découvrir une Venise totalement
différente de celle que nous connaissons…
Je me suis aperçue que j’avais la même
attirance pour les Normands de Sicile que
pour cette Venise du XIIe siècle qui est un
territoire romanesque vierge. Dans le
dernier tome de la série sur Tancrède le
Normand, son maître, Hugues de Tarse,
y partait avec son épouse. La difficulté
a été de reconstituer ce chapelet d’îles,
de se faire une photographie de cette
Venise de l’époque.
Comment avez-vous procédé ?
Je me suis plongée dans les archives de
mes énormes bibliothèques. J’ajoute
toujours une bibliographie à la fin de
mes ouvrages pour que le lecteur puisse
continuer le voyage. J’effectue un long
travail de recherches qui me permet de
dessiner des cartes pour les déplacements de mes personnages. Aujourd’hui
Venise est une ville. À l’époque, chaque
île est un village, des villages non reliés
entre eux, sauf par quelques planches.
62
POINT DE VUE
Cette topographie est importante
pour votre écriture ?
Dans tous mes livres, les lieux sont des
personnages à part entière. Là, on a
une ambiance un peu sauvage. Mais
il s’agit aussi d’une période de césure
pour Venise. À l’arrivée d’Hugues de
Tarse, les doges sont encore élus par le
peuple. Puis, ce système disparaît avec
l’assassinat du doge Vitale Michiel II et
Ziani, grand marchand diplomate, élu
par ses pairs, le remplace. À ce momentlà, Venise s’émancipe de la tutelle de
Byzance. Les Vénitiens seront même
plus puissants que les Byzantins.
D’où vous vient cette passion
du Moyen Âge ?
Depuis l’enfance. Mon père était architecte et ma mère maître-verrier. J’ai
dormi entourée de vitraux médiévaux
qu’elle restaurait. Les châteaux me
fascinaient autant que les romans de chevalerie. J’étais une grande asthmatique
et je passais mes nuits à me raconter des
histoires. J’ai fini par les noter, sans imaginer être publiée un jour.
Comment cela est-il arrivé ?
J’ai commencé par être photographe,
puis journaliste. L’écrit prenant petit à
petit le pas sur l’image. La rencontre,
improbable, d’un éditeur dans un train
m’a poussée à me consacrer à l’écriture.
J’ai fait le choix d’être publiée en poche.
Je voulais que mes livres soient accessibles et cela m’a permis de toucher un
large public et de bénéficier rapidement
d’un bouche à oreille favorable.
Pourquoi le choix du roman policer ?
Pour moi, le roman noir, c’est de la
tragédie. La tragédie n’existe plus
nulle part au niveau littéraire. Ce n’est
pas tant l’enquête qui est importante
que tous ces drames humains qui se
cognent. Mais je suis avant tout une
romancière. Je pars là où j’en ai envie.
Je suis curieuse, animée d’un désir de
découvertes et d’apprentissages.
Vous êtes très précise dans votre livre.
Vous nous expliquez que les
Vénitiennes utilisent du jus de coing
pour leurs cheveux ?
Oui, du jus de coing et de troène pour
obtenir le fameux blond vénitien. Elles
portent des chapeaux sans couverture et
à large bord. L’action du soleil associée
au mélange donne cette couleur unique.
Vous évoquez aussi l’absence de choix
pour les femmes de l’époque…
Ce qui m’a frappée, c’est le parallèle entre
le statut de la femme en France, réduit
à sa plus simple expression avec l’avènement de la bourgeoisie, et celui des
Vénitiennes qui subissent le même sort
avec l’expansion de l’empire marchand.
Cette république du commerce est dirigée par des hommes qui veulent préserver
leur lignée. Pour cela, ils décident du sort
des femmes en les plaçant dans des couvents quels que soient leurs statuts. Par
exemple, il est très difficile de trouver le
nom des épouses des doges. Et quand
je me suis intéressée à la Renaissance, j’ai
été effarée. Au Moyen Âge, les femmes
pouvaient exercer la médecine. Ensuite on
leur interdit l’accès à l’université et on finit
par les enfermer à la maison ou dans une
boutique. Certaines femmes sortiront du
lot, mais elles en paieront le prix.
Les Gardiens de la lagune, par Viviane
Moore. 10/18 Grands Détectives,
318 pages, 8,10 euros.
© BRIDGEMAN IMAGES, OPALE/LEEMAGE
Viviane Moore
Quelles
ENCHÈRES
Emmenez-moi
Si les toiles de Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (16971768), sont souvent des vues topographiques minutieuses, ses
capricci, exécutés sur papier en toute liberté, sont pleins
de charme. Ils représentent souvent des ruines connues, de
Padoue ou de Venise, que l’artiste replace dans un décor imaginaire et poétique. Le peintre vénitien a commencé ce genre de
peinture dès les années 1720, mais ne l’a développé dans ses
dessins que vers 1740. Les commandes se faisant plus rares, il a
sans doute essayé d’attirer un nouveau marché. Ce capriccio,
une composition (24,6 x 37,3 cm) fraîche et vivante typique de
la maturité de l’artiste, est estimé entre 87 000 et 130 000 €.
Ce Portrait de Muhammad Dervish Khan,
ambassadeur d’Inde en France au XVIIIe siècle,
est signé Élisabeth Vigée Le Brun (17551842), qui fut l’une des rares artistes de cette
époque à avoir connu un succès professionnel
notoire. La reine Marie-Antoinette, les femmes
de la cour furent ses modèles favoris, ainsi
qu’elle-même. Mais à la veille de la Révolution,
un an jour pour jour avant la prise de la Bastille,
trois ambassadeurs envoyés par Tipû, le puissant sultan de Mysore en Inde, arrivent à Paris.
Ils viennent chercher l’appui de Louis XVI pour
bouterlesAnglaishorsdeleurpays.Cettesomptueuse ambassade, menée par Dervish Khan,
n’a pas conscience que la stabilité du roi de
France se détériore. Quand Élisabeth Vigée Le
Brun les rencontre à l’Opéra, elle les trouve si
propres à la figuration qu’elle voudrait les peindre. Mais l’interprète lui fait savoir qu’il n’en est pas question sauf si le roi en
personne le demande ; ce qu’Élisabeth obtint du souverain. Il
faut imaginer les séances de pose ! Une fois terminé, le portrait
fut envoyé à l’ambassadeur qui le refusa et le rangea derrière son
lit. Il faut dire qu’il était musulman… Élisabeth soudoie alors le
serviteur de l’ambassadeur, qui faillit y laisser sa vie, et récupère
le tableau. Exposée au Salon de 1789, la toile (225,5 x 136 cm)
suscite curiosité, louanges et critiques. Mais les événements
devenant explosifs, Vigée Le Brun quitte Paris, puis la France,
laissant le tableau chez elle. Il réapparaîtra lors de la vente
des biens de son mari Jean-Baptiste Lebrun en 1814.
Entre-temps son modèle et ses collègues furent décapités
pour n’avoir point réussi leur ambassade. Estimation entre
3 500 000 et 5 250 000 €.
Christie’s, à New York, le 31 janvier.
Sotheby’s, à New York, le 30 janvier.
Cette Vanden Plas Princess 1100
Saloon, datant de 1966, acquise neuve
la même année par Charles Aznavour,
vient d’être retrouvée dans une remise
du château de Bourdonné appartenant à
la sœur du chanteur. Cette automobile,
« sortie de grange » (moteur tournant)
selon l’expression consacrée, est en état
de marche, avec plaques d’immatriculation d’origine et carte grise toujours au
nom de Charles Aznavourian. Mise en
vente sans prix de réserve, cette automobile brun-noir, à intérieur beige,
imaginée par le célèbre carrossier britannique d’origine belge Vanden Plas
pour la société Austin, est estimée
entre 15 000 et 25 000 €.
Bonhams, à Paris, le 7 février.
Le capriccio de Canaletto
Par Gilone
ADJUGÉ
12 827 000 €
pour le dessin de Lucas van Leyden
Jeune homme debout, qui était estimé
autour de 1,5 million de livres sterling
(env. 1,7 million d’euros). C’est le seul
maître ancien, après Raphaël, qui pour un
dessin a dépassé les 10 millions d’euros.
Christie’s, à Londres, le 4 décembre.
64 000 €
pour ce fauteuil dit Aux Nénuphars
de Majorelle (1859-1926). Ce rare
siège de bureau est en acajou
sculpté et mouluré, l’assise
en cuir d’origine, et les bronzes
dorés de nénuphars stylisés.
Besch, à Cannes, le 30 décembre.
POINT DE VUE
63
© BONHAMS, CHRISTIE’S (2), SOTHEBY’S, BESCH CANNES AUCTION
Maudit portrait
Quelle
HISTOIRE
Robert, Gérard ou George… depuis toujours, des écrivaines avancent
masquées et publient sous pseudonyme masculin. Aujourd’hui, souvent par
souci d’anonymat. Autrefois, pour être prises au sérieux, tout simplement.
En ce début d’année, partons à la redécouverte des grand(e)s auteur(e)s.
Gérard
d’Houville
© BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE (2)
POÈTE,
DE PÈRE
EN FILLE…
64
POINT DE VUE
Quelle
HISTOIRE
petits cailloux / Qu’ils ont ramassés sur la grève / Elle, ce sont
de jolis mots / Plus colorés que
des émaux / Qu’elle rassemble
comme en rêve. »
« Chez les Heredia, on vit toujours en vacances. Personne ne
travaille bien sûr, ni n’a jamais
travaillé », écrit Dominique Bona
qui détaille les origines nobles, et
un peu métissées, de ces descendants de conquistadors établis à Cuba. La révolte
des esclaves, en 1868, a réduit à néant la fortune de
José-Maria, mais les filles « riches de leur beauté »,
et de l’immense notoriété de leur père, fréquentent
l’élite parisienne. Du salon de la princesse Mathilde
– la cousine de Napoléon III surnommée « NotreDame des Arts » –, aux thés de madame Daudet
ou de Judith Gautier, la fille de Théophile, où elles
croisent Bojidar Karageorgevitch, le prince-écrivain,
frère du roi de Serbie. Marie, adolescente, « une peau
de magnolia et des yeux noirs qui scintillent » se distingue des beautés contemporaines. « Au royaume
des poitrines orgueilleuses, cette sylphide moqueuse
dont la silhouette préfigure les mannequins de Paul
Poiret, allume tous les désirs sur son passage », commente la biographe.
À 18 ans, Marie fonde la Canaquadémie, une
académie des Canaques parodiant la française, où
siègent Marcel Proust, Léon Blum, Henri de Régnier,
Pierre Louÿs, Philippe Berthelot, Paul Valéry… La
présidente, proclamée « Majesté canaque », signe
ses décrets Marie Ire. Dans la foule des prétendants
qui se pressent chez les Heredia, rue Balzac, deux
figures se distinguent, disciples de José-Maria.
Fille, femme, maîtresse d’auteurs consacrés,
Marie de Heredia veut être reconnue en son
nom propre. Pour écrire, elle choisit une nouvelle
identité, masculine. Son histoire est relatée dans
Les yeux noirs*, la biographie consacrée aux
filles de José-Maria de Heredia par Dominique
Bona, de l’Académie française. Par François Billaut
c
«
e n’est pas pour la gloire et
l’éclatant renom / Chantant les
jours pareils ou la diverse vie /
Que j’écrivis des vers tendres
ou tristes : non / J’ai vécu sans
désirs, et surtout sans envie / Et ne demande pas que
l’on sache mon nom / J’ai voulu qu’on m’ignore, au
lieu que l’on m’oublie. » Même si dans ce poème,
tiré du recueil Les Poésies, Marie de Heredia revendique son anonymat, elle a déjà été distinguée
sous son nom de plume, Gérard d’Houville, par le
grand prix de littérature de l’Académie française,
en 1918. Elle le sera à nouveau avec le prix Gustave
Le Métais-Larivière, en 1955, et le grand prix de
poésie, en 1958. Son père, le grand poète JoséMaria de Heredia, et son mari, Henri de Régnier,
non moins célèbre, sont académiciens. Le Paris littéraire et mondain n’ignore rien, en fait, de l’identité
de Marie. Au point que René Lelong, l’illustrateur
des journaux Femina et L’Illustration, représente
par boutade la ravissante jeune femme en tenue
d’académicienne : « Sur la jupe très étroite, larges
galons verts; au bas, motifs de palmes […] L’épée
remplacée par une jolie canne d’ébène à pommeau
d’orfèvrerie. » La première vraie tenue
féminine ne sera créée par Yves Saint
Laurent, pour Marguerite Yourcenar,
que quatre-vingts ans plus tard !
Marie voit le jour, le 20 décembre
1875, bercée de poésie. Son père écrit
en espagnol, sa langue maternelle : « El
dia que tú naciste / Nacieron todas
la flores / Y en la pila del bautismo /
Cantaron los ruiseñores » (Le jour où
tu es née, naissaient toutes les fleurs, et
dans le baptistère chantaient les rossignols). Et la fillette comme ses sœurs,
Hélène, née en 1871, et Louise, qui les
rejoindra en 1878, s’essaient au vers et
à la rime. Avec succès pour Marie, dès
l’âge de 7 ans, qui écrit Les Myosotis
salués par Jules Lemaître, critique
littéraire au Journal des Débats, qui
lui dédie ce poème : « Les autres
enfants pour joujoux / Ont les jolis
Mme Henri
de Régnier
à la ville,
Gérard
d’Houville
pour ses
lecteurs,
la belle Marie
de Heredia
pose avec son
fils adoré sur
les genoux,
surnommé
« Tigre »,
et avec ses
parents,
le poète
José-Maria
de Heredia
et Louise
Despaigne.
POINT DE VUE
65
Quelle
HISTOIRE
Henri de Régnier dispute à Pierre Louÿs l’affection le premier rendez-vous dans un meublé de la rue
de Marie. Elle aime le second. Lui aussi, mais il est Carnot : « Elle et moi, seul à seul, pour la première
indécis et volage. Lasse d’attendre, de se voir préfé- fois, nous n’avons pas pensé un instant à l’amour,
rer des conquêtes faciles, et poussée par sa mère que tant l’affection est plus forte que lui… C’est un des
la fortune du premier rassure, Marie devient Mme plus chers souvenirs de ma vie. » À Marie, il écrit :
Henri de Régnier, le 17 octobre
« Personne n’est plus heureux ce
1895, à Saint-Philippe-du-Roule.
soir, n’est plus divin que nous. »
Un fiasco, dès le voyage de noces,
Le Portrait de Madame Henri de
trois jours de pluie à l’hôtel des
Régnier, par Jean-Louis Forain,
Réservoirs de Versailles. Marie
conservé au musée Carnavalet,
écrit à ses sœurs : « J’ai froid, je
témoigne de la beauté de la jeune
m’embête, je voudrais bien rentrer
femme à cette époque. Visage
à Paris. »
minuscule sous une lourde
Elle n’est pas femme, cependant, à
chevelure, les traits délicats, l’ins’ennuyer trop longtemps. Le jour
telligence acérée du regard. Et les
Marie
de
Heredia
de son deuxième anniversaire de
photos nues réalisées par Pierre
mariage, elle devient la maîtresse
Louÿs à l’aide de son Kodak, ne
de Pierre Louÿs. Il lui a fallu vaincre les scrupules laisse rien ignorer de l’anatomie de l’amante poétesse.
du poète, et écarter sa maîtresse en titre, Zohra la Des clichés, découverts par hasard chez un libraire de
belle Algérienne. Par souci des convenances, et pour l’Odéon, qui ont conduit Dominique Bona à enquêne pas blesser Henri qui n’est peut-être pas dupe, ter sur ces femmes : Lucile Delormel, Zohra, Marie
les amants correspondent par petites annonces dans de Régnier et… sa petite sœur Louise! Car après d’autres
L’Écho de Paris. Louÿs raconte à son frère Georges aventures, en Andalousie, en Égypte, Louÿs finira par
« Je suis
une femme
nue sous les
robes les plus
chastes. »
66
POINT DE VUE
© MUSÉE CARNAVALET/ROGER-VIOLLET, ADOC-PHOTOS (3), BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE
Marie de Heredia par
Jean-Louis Forain, et deux des
hommes de sa vie, son mari
l’élégant Henri de Régnier, de
l’Académie française, à droite,
et son amant et beau-frère,
le poète Pierre Louÿs.
Quelle
HISTOIRE
épouser la cadette des Heredia. Marie se console des
trahisons et des escapades dans les bras de Jean de
Tinan, poète bien sûr. De ces tribulations amoureuses va naître son unique enfant, Pierre Marie de
Régnier, qu’elle surnomme « Tigre ». Probablement
le fils de Pierre Louÿs, son parrain.
Quand elle n’est pas occupée « à aimer », Marie est
à son écritoire. « J’ai fait plus de six cents vers dans
mon été », écrit-elle fièrement à son père. À la poésie
succède les romans, les pièces de théâtre et même les
livres pour la jeunesse Proprette et Cochonnet… « Elle
grave sur papier les silhouettes qu’elle a aimées », note
Dominique Bona. L’Inconstante paraît en 1903, deux
ans après la fin de son histoire avec Pierre Louÿs. Le
poète, devenu son beau-frère, lui reproche d’avoir
fait un roman « de la chair de leur vie ». Comme les
noms de son père et son mari sont trop connus dans
le monde des lettres, elle s’invente une
signature : Gérard d’Houville.
Auguste Girard d’Ouville,
seigneur de Trois-Rivières,
le grand-père maternel de José-Maria de
Heredia, était un filleul de Madame de
Pompadour.
Henri de Régnier aime
toujours Marie « et sa
chair parfumée », de
toute son âme. Il écrit,
dans La Cité des eaux :
« Je suis / Le prince sans
sceptre et le roi sans couronne / De votre solitude et
de votre beauté. » A-t-il eu des
maîtresses ? Probablement. Elle
lui sait gré, en tout cas, d’être pour
«Tigre » un père attentif. Quand le jeune
homme lui confie Colombine, manuscrit de son premier roman, Régnier écrit : « Il aura peut-être du talent
ce singulier garçon ! » Et il ajoute, à l’attention de sa
femme : « Le plus comique est que cela ressemble à du
Tinan ! » Le mari complaisant s’agace tout de même
parfois du manque de discernement de sa femme dans
le choix de ses amants. Il détestera Henry Bernstein,
le dramaturge, qui a surtout à ses yeux le défaut d’être
Juif. Et plus encore Gabriele D’Annunzio, dont le vrai
patronyme « Raspagnetta », signifierait quelque chose
comme « mauvais petit navet », et à qui il trouve « l’air
fourbe et cruel d’un Arlequin qui aurait tué Pierrot ».
Le drame dans la vie de Marie, c’est que ses hommes
meurent. José-Maria, en 1905. Pierre Louÿs, en
1925, « clochard libidineux » séparé de Louise, il a
sombré dans l’alcool et la cocaïne. Le très élégant
Henri de Régnier, au printemps 1936. Et la plus
grande des déchirures, la fin prématurée de son
« Tigre » qui succombe,
à l’automne 1943, des
suites d’une pneumonie
contractée au début de la
guerre dans les souterrains de
la défense antiaérienne. Elle confie,
désenchantée : « Je ne savais pas que
le bonheur n’est jamais intact, intangible et certain. Le bonheur, n’est-ce pas, c’est un fiancé de
neige. » Marie de Heredia survit vingt ans à son fils :
« Recluse rue Boissière, fantôme habillé de longues
djellabas, les cheveux défaits dont les tempes s’argentent à peine […] Elle ne pleure pas. Elle lit, elle
écrit, ou bien elle rêve… »
Vieille dame vive, à la silhouette inchangée, elle n’a
pas renoncé à ses jupes longues, à la mode 1900.
Frileuse… et impertinente : « Je suis une femme
nue sous les robes les plus chastes ». Des jupons qui
causent sa mort, à l’hiver 1963, en s’enflammant à
la grille d’un petit radiateur à gaz. Marie de Heredia
meurt quelques jours plus tard, le 6 février à l’hôpital
Foch de Suresnes. « J’ai rêvé tout mon rêve et le reste
m’est vain… » Probablement sans regrets. O
Marie,
une beauté
brune
photographiée
par son amant,
Pierre Louÿs.
En médaillon,
Marie
et sa cadette
Louise
de Heredia,
la maîtresse
et l’épouse
du poète.
*Les yeux noirs, par Dominique Bona,
aux Éditions JC Lattès, 390 pages. 20,50 €.
POINT DE VUE
67
© GETTY IMAGES, PROD PDV, SERVICES DE PRESSE
Quelle
BEAUTÉ
68
POINT DE VUE
Quelle
BEAUTÉ
BELLE
PAR TE MPS FROID
Alerte ! La peau tiraille. Avec l’arrivée du froid, l’épiderme est soumis
à des changements de température drastiques, mais l’inconfort
n’est pas une fatalité. De bonnes habitudes et des baumes miracles suffisent
pour garder un joli teint, même avec un bonnet. Par Elsa Wolinski
P
OURQUOI LA PEAU
EST SENSIBLE
AU FROID ?
Quand le thermomètre chute
sous les 8 °C, les glandes sébacées se mettent au repos et produisent
une plus faible quantité de sébum. La
peau est naturellement moins bien protégée. Par ailleurs, l’air sec du chauffage
détériore les lipides cutanés en faisant
baisser leur taux d’humidité, ce qui provoque déshydratation et inconfort. Enfin,
les agressions extérieures, comme le vent,
la neige, la pluie, voire la pollution, mettent évidemment à mal notre épiderme,
qui crie à l’aide !
QUE FAIRE ?
Remettre en cause sa routine de nettoyage. La meilleure des crèmes hydratantes ne peut pas faire de miracles sur
une peau déjà occupée à se défendre.
Les produits à éliminer illico ? L’eau
micellaire qui déplace seulement les
impuretés, ainsi que les gels moussants gorgés de savon qui sensibilisent
la surface de la peau. Il est préférable
d’utiliser un double nettoyage comme
celui proposé par la jeune marque française Oh My Cream avec l’Huile Démaquillante, riche en huile végétale de
sésame et d’amande douce. Seconde
étape : un lait nettoyant doux, l’Evercalm
de Ren SkinCare. Ses extraits de camomille et le beurre de karité fondent sur
la peau et effacent les dernières impuretés. Enfin, il est bon d’exfolier. C’est le
geste clé pour rendre sa routine efficace.
Le tout est de le faire de façon délicate.
Le Gentle Daily Exfoliant d’Alpha H est
une poudre aux enzymes de fruits pour
éliminer en douceur les cellules
mortes. Le Renaissance Mask Masque
Resurfaçant d’Oskia avec sa texture
enveloppante est idéal pour les peaux
fines, tout comme le Masque Gomme
Clarifiant Osmoclean d’Esthederm qui
révèle un teint éclatant.
POINT DE VUE
69
Quelle
BEAUTÉ
POUR LES LÈVRES
DES SOINS CIBLÉS
1
2
3
En cas de picotements, il faut
apaiser et hydrater intensément.
Le Soin Velours aux Fleurs de
Safran de Sisley (4) associe le
plaisir et l’efficacité pour retrouver
un vrai confort instantané. Eclat
d’Hiver Soin Haute Nutrition (2)
du Dr Pierre Ricaud a été testé
jusqu’au Canada dans des conditions de grand froid. Sa texture
ultragénéreuse est un cadeau aux
peaux frileuses. Pai Skincare, la
griffe anglaise certifiée bio, a aussi
fait des épidermes fragilisés son
cheval de bataille. Ainsi le Sérum
Anti-Rougeurs Instant Calm Aster
Maritime & Avoine Byzantine (6)
agit sur l’inflammation et renforce les
vaisseaux sanguins pour réduire les
rougeurs. Et pour les peaux mixtes,
mais qui tiraillent au moindre écart
de température, la Crème de jour
Hydratante Avocat & Jojoba (9) fait aussi
office de base de maquillage. Cependant,
pour celles qui souffrent vraiment du
froid, on choisit une crème hypernourrissante comme la Cold Cream
Intensive de Susanne
Kaufmann (10). Les peaux
plus sèches mais moins
déshydratées optent pour
la crème de jour Vanilla
Pod d’Antipodes (5), un
soin très onctueux et généreux. Sa base constituée
de beurre de karité forme
une enveloppe protectrice
sur l’épiderme et l’isole des
agressions. Et pour finir, en
cas de gros coup dur cutané,
on peut miser sur La Pommade
d’Hervé Herau (8). Un véritable pansement magique qui soigne tout, du
vieillissement aux imperfections, en passant par l’ultrasensibilité.
4
6
Le baume à lèvres SOS Help (3) imaginé
par Lavera, référence de la cosmétique
naturelle depuis plus de 30 ans, annonce
d’emblée la couleur. Voici donc un gel
aux extraits bio de feuilles d’échinacées
anti-inflammatoires et de feuilles de
mélisse apaisants à dégainer aussitôt
pour calmer les lèvres gercées.
POUR LES MAINS
À plus de 98 % d’origine naturelle, Rose
Hand Cream Lano (11), griffe australienne composée de lanoline, est un
baume nourrissant, frais et parfumé, restituant de la douceur sans trace de gras.
POUR LE PLAISIR
Des masques et des soins lavants tout
doux à s’appliquer tranquillement en
prenant son temps. Aqua Plus de
Mavala lance un Masque de Nuit MultiHydratant (7) comme un bain d’hydratation nocturne. Il optimise le temps
du sommeil grâce un complexe exclusif
de fleur de mauve suisse, de l’eau pure
des Alpes et de l’acide hyaluronique,
qui infusent toutes les couches de
l’épiderme, afin de se réveiller
toute fraîche au petit matin. Il
est temps de vous relaxer. Et
de plonger dans un monde
où tous vos sens sont profondément stimulés : Harmony
of Ayurveda (1) de Nocibé
est une gamme de soins gorgés d’huile d’amande et de
mangue indienne pour le
bain qui répand de délicates
notes fruitées, exotiques, tout
en hydratant la silhouette. O
7
5
© GETTY IMAGES, PROD PDV, SERVICES DE PRESSE
8
70
POINT DE VUE
Publi-communiqué
Soins des
oreilles
Model Image
Je dormais
avec un
casque audio !
Françoise a 72 ans et vit à Toulon.
Elle témoigne sur les comprimés tone.
9
11
J’avais les nerfs
à vifs
Je ne pourrais
plus m’en passer
Il y a 4 ans, mon audition a baissé et je me suis mise à entendre
comme une goutte d’eau qui
venait taper contre mon tympan, de jour comme de nuit. Je
ne savais plus quoi faire. Pour
oublier ce bruit, je dormais
avec un casque à musique. Le
manque de sommeil et le supplice de ce son me mettaient
les nerfs à vif et j’ai commencé à
prendre des calmants…
Je prends tone tous les jours.
Le bruit revient parfois, mais
dure moins longtemps et est
beaucoup plus supportable. Je
recommande vivement tone
aux personnes qui souffrent de
ces gênes auditives. Je ne saurais plus m’en passer.
- Françoise
Un jour, en lisant mon magazine,
j’ai découvert le témoignage
d’une personne dans la même
situation que moi ! En prenant
un comprimé naturel suédois à
base de plantes, ses bruits dans
les oreilles avaient beaucoup
diminué.
Une invention suédoise
6XU OD EDVH GHV GHUQLªUHV DYDQF«HV VFLHQWLƓTXHV OHV ODERUDWRLUHV
GH UHFKHUFKH Y«J«WDOH 1HZ 1RUGLF RQW LQYHQW« WRQH XQ FRPSULP«
DX[ LQJU«GLHQWV IRUWHPHQW FRQFHQWU«V VDUUDVLQ P\UWLOOHV JDODQJD
KRXEORQ 9LW % & 0DJQ«VLXP HW FRQWHQDQW HQ SDUWLFXOLHU GX
*LQNJR TXL FRQWULEXH DX PDLQWLHQ GōXQH ERQQH DXGLWLRQ
10
Disponible en pharmacie
et espace diététique
L’Arbre argenté, le logo New Nordic, est un gage
de qualité et d’authenticité reconnu par des
millions de personnes dans le monde.
Questions ? Les experts New Nordic vous
répondent au 01 84 21 31 89 (tarif local) ou sur
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Quelle
SOIRÉE
Partenaires de jeu dans
Au bout des doigts,
Lambert Wilson et Jules Benchetrit.
Eric Pfrunder, directeur de l’image Chanel,
et Bruno Pavlovsky, président des activités
mode de Chanel, et son épouse Nathalie.
Laëtitia Clément, l’héroïne
de Luna, d’Elsa Diringer,
et Gilles Lellouche.
LES CÉSAR
DE DEMAIN
Héroïne de L’Apparition de Xavier
Giannoli, Galatéa Bellugi, auprès
de sa marraine Emmanuelle Devos.
Sous l’immense nef du Petit Palais, l’Académie des César
et la maison Chanel, représentés par Alain Terzian et
Bruno Pavlovsky, ont célébré les futures gloires du cinéma.
Présélectionnés pour prétendre au César du meilleur
espoir, ces jeunes acteurs et
actrices étaient accompagnés
de leurs parrains et marraines,
parmi lesquels on retrouvait
Marion Cotillard, Emmanuelle
Devos, Gilles Lellouche, Guillaume Gallienne ou Jean
Dujardin. Si certains espoirs
connaissaient déjà l’univers magique du 7e art, d’autres,
parce qu’ils l’ont découvert cette année en tournant leur
premier film, passaient la soirée de leur vie ! Un instant
suspendu avant la grande cérémonie du 22 février, lors de
laquelle leurs noms résonneront peut-être sur la scène de
la salle Pleyel… E. C. Photos Luc Castel
Ophélie Bau – remarquée
dans Mektoub, my love :
canto uno, d’Abdellatif
Kechiche – et le cinéaste
François Ozon.
Anthony Bajon, le plus jeune lauréat
de l’Ours d’argent du meilleur
acteur, à Berlin, pour son rôle dans
La Prière. Ici, avec Guillaume Canet.
Acteur depuis déjà dix ans, Amir
El Kacem – ici, avec Guillaume
Gallienne – était cette année au
générique d’Abdel et la Comtesse.
72
POINT DE VUE
Éric Judor et Inas
Chanti, découverte
dans À genoux les gars,
d’Antoine Desrosières.
Christophe Leribault,
directeur du Petit Palais.
Marion Cotillard et
Lily-Rose Depp, qui, en
2018, a joué dans L’Homme
fidèle, de Louis Garrel.
Quelle
SOIRÉE
Élodie Bouchez, César du
meilleur espoir féminin en 1995
avec Les Roseaux sauvages,
d’André Téchiné.
Alain Terzian, président
de l’Académie des arts
et techniques du cinéma,
et Sandrine Kiberlain.
Gaspard Ulliel et Roman Kolinka, qui a tourné
à trois reprises pour Mia Hansen-Løve
et donc dans le film Maya, sorti en 2018.
Christophe Montenez, pensionnaire
de la Comédie-Française qui
a fait ses débuts au cinéma dans
Le Retour du héros, dont il partage
l’affiche avec son parrain Jean Dujardin.
Diane Rouxel,
flamboyante dans
Marche ou crève,
avec Kristin Scott
Thomas, qui sera
la présidente
de la 44e cérémonie
des César.
Pierre Niney,
César du meilleur
acteur en 2015 pour
son incarnation
d’Yves Saint Laurent.
Découvert dans 120 battements par minutes,
Félix Maritaud, ici avec sa marraine Béatrice
Dalle, a marqué les esprits en 2018 avec
Sauvage, de Camille Vidal-Naquet.
Il est l’attaché de presse incontournable
du cinéma français : Dominique Segall.
Ici, entouré de Bérénice Bejo
et Monica Bellucci.
Grégoire Ludig (deuxième à gauche), avec les cinéastes
Olivier Nakache, Cédric Klapisch et Michel Hazanavicius.
Léa Drucker,
bouleversante dans
Jusqu’à la garde, avec
sa filleule Clémence
Boisnard, découverte
dans La fête est finie.
POINT DE VUE
73
Quelle
SOIRÉE
Danielle Cillien Sabatier, directrice
de la librairie Galignani, et Françoise
Torchiana, traductrice.
La créatrice de joaillerie Karry
Berreby et le décorateur
Richard Makin-Poole.
Catherine Bonifassi, de l’antenne
parisienne de Rizzoli.
Jeannette Ho, vice-présidente de Raffles.
SI RAFFLES
M’ÉTAIT CONTÉ
La journaliste Natasha
Fraser-Cavassoni signe son
livre sur les hôtels Raffles.
L’actrice Marisa
Berenson.
Embarquement immédiat avec le nouveau livre de la journaliste Natasha Fraser-Cavassoni, dédié à l’histoire et
au style des hôtels Raffles. Point de départ de l’aventure,
le luxueux établissement de Singapour, ouvert en 1887.
Le lecteur est entraîné du Cambodge à Istanbul, de Varsovie
aux Seychelles, sans oublier, désormais, Dubai ou Paris.
C’est précisément dans les salons du Royal Monceau, le
palace parisien du groupe, que cet ouvrage de deux cents
pages, intitulé Soirées,
Sojourns & Stories by
Raffles, édité par Rizzoli,
riche de nombreux documents d’archives rares ou
inédits, a été présenté en
présence de l’auteure.
Aaron Kaupp, directeur
général du Royal Monceau.
Le designer et photographe Patrick
Hourcade et le galeriste Pierre Passebon.
74
POINT DE VUE
Frédéric Brun
Photos David Atlan
Cristina Malgara, consultante en
communication, et Amanda Bross,
présidente de Personae Consilium.
La galeriste
Raphaëlla Riboud.
Le créateur Bruno Frisoni.
Quelle
SOIRÉE
Le grand chancelier de la Légion d’honneur,
le général Benoît Puga et son épouse Isabelle,
au côté de Maryvonne Pinault.
Le ministre des Collectivités territoriales Sébastien
Lecornu, Stéphane Bern, S.A.R. la grande-duchesse
de Luxembourg, la première dame Brigitte Macron,
le chancelier de l’Institut, Xavier Darcos,
et le ministre de la Culture, Franck Riester.
Tous deux membres du jury,
l’architecte, académicien des
Beaux-Arts, Jean-Michel Wilmotte
et Adélaïde de ClermontTonnerre, directrice de la
rédaction de Point de Vue.
La journaliste Ève Ruggieri, l’écrivain
Patrick de Bourgues et son épouse,
la médium Yaguel Didier.
S.M. l’impératrice Farah, membre
de l’Institut, et Adrien Goetz,
de l’Académie des beaux-arts,
membre du jury.
L’académicien
JeanChristophe
Rufin.
PASSION PATRIMOINE
Philanthrope, la Fondation Stéphane Bern pour l’Histoire et le
Patrimoine l’est assurément ! Pour la troisième année consécutive, elle
a remis ses deux prix dans la salle des séances de ce « parlement du
savoir » qu’est l’Institut de France. À cette occasion, Xavier Darcos, son
chancelier, a salué chaleureusement « la passion et le dévouement »
de Stéphane Bern. Par admiration pour
son engagement, deux personnalités
de pays « chers à son cœur », S.A.R. la
grande-duchesse de Luxembourg et
la première dame Brigitte Macron,
sont venues remettre officiellement les
récompenses aux deux lauréats : l’un
à Loris Chavanette pour son livre
Quatre-vingt-quinze. La Terreur en procès, salué par l’historien Franck
Ferrand, l’autre à l’association Les chemins du Mont-Saint-Michel.
Brigitte Macron a évoqué poétiquement son amour, partagé avec son
époux, pour ce haut lieu normand, et pour la beauté de la marche qui
leur a permis de le découvrir au travers de la brume d’un petit matin.
Olivier Josse Photos Luc Castel
S.A.R. la princesse Béatrice de BourbonSiciles et le vicomte de Rohan, président
de la Sauvegarde de l’art français.
Le journaliste Stéphane Bern
et son père Louis.
Patrick de Carolis, membre
de l’Académie des beaux-arts, et
Jean Tulard, membre de l’Académie
des sciences morales et politiques.
Le journaliste et historien
Franck Ferrand et Loris Chavanette,
lauréat du prix Histoire.
POINT DE VUE
75
Votre
POINT DE VUE
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ROYALEMENT VÔTRE ÉDITIONS,
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SAS au capital de 2 300 100 €. Siège social : 100, avenue de Suffren,
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PRÉSIDENTE Adélaïde de Clermont-Tonnerre
SECRÉTAIRE GÉNÉRALE Sophie de Beaudéan (01 40 09 55 93)
PRINCIPAUX ACTIONNAIRES Artémis, Idi, Constellation.
RÉDACTION
1
2
1)
4
3
Icône des années 1960
En découvrant votre article consacré à Didier Claes, j’ai remarqué sur la photo en
pleine page une intrigante et très belle table basse. J’aurais aimé savoir quel designer en est à l’origine. (Mme. B., Neuilly)
Si cette œuvre a retenu votre
attention, cela n’est pas sans raison.
Il s’agit de l’emblématique table
TRG, pièce conçue à la fin des années
1960 par le designer et photographe
italo-français Willy Rizzo. Son plateau
circulaire accueille un bac faisant
office de bar. Willy Rizzo, d’abord
photo-reporter de renom, réalisa des
reportages pour Point de Vue lors de
ses débuts et aurait inspiré à Hergé
l’histoire des Bijoux de la Castafiore
où il apparaît, à peine masqué,
sous les traits de « Walter Rizzoto » !
3)
2)
Droit de réponse
Suite à l’article sur « L’héritage de Johnny
Hallyday le dessous des cartes » dans Point
de Vue numéro 3670, la société Avisa
Partners nous a fait parvenir ce texte concernant une réponse donnée par Lena Lutaud
lors de notre interview : « Au titre de l’exercice de son droit de réponse, la société Avisa
Partners indique que contrairement à ce qui
a été indiqué par une erreur dans un précédent article, elle n’a pas conclu de contrat
ou conseillé Madame Laeticia Hallyday. »
Quid ?
Pourrais-je connaître l’origine du titre des comtes Frémy ?(M. H., par courriel)
Ce titre qui vous intrigue a été conféré par le pape Léon XIII à Édouard Frémy, un
diplomate, historien et poète français du XIXe siècle. Michèle Frémy, ici en photo, et son
époux ont su poursuivre cette tradition de lettrés puisqu’ils sont à l’origine du Quid,
ce fabuleux ouvrage, indispensable à toute bibliothèque, grâce à qui l’on savait, pour
reprendre son slogan, « tout sur tout… tout de suite. » Le Quid a cessé d’être publié en 2007.
4)
Taillés à la Hache
Je suis ravi de lire dans le n°3678 le nom de l’ébéniste grenoblois Jean-François Hache.
Mais saviez-vous que sa famille était en fait toulousaine ? (M. de D., Grenoble)
Riesener, Oeben, Boulle… ces prestigieux noms d’ébénistes peuplent les catalogues de
ventes. On en oublierait presque celui de la famille Hache auquel vous nous donnez
l’occasion de rendre hommage. Originaire du Nord de la France, Noël Hache (16301675), fondateur de la lignée, s’établit à Toulouse où il réalise des meubles précieux
recouverts de marqueteries. Thomas, l’un de ses fils, s’installe à Grenoble où il
prolonge l’art de son père en atteignant des sommets de raffinement. Les descendants
de Thomas, dont son petit-fils Jean-François (1730-1796)cité dans notre article,
réalisèrent de fabuleux parquets polychromes dont ceux du château de Longpra.
76
POINT DE VUE
DIRECTRICE DE LA RÉDACTION Adélaïde de Clermont-Tonnerre (1458 )
DIRECTRICE DÉLÉGUÉE DE LA RÉDACTION Nathalie Lourau (1408)
RÉDACTEUR EN CHEF ROYAUTÉS ET JOAILLERIE Vincent Meylan (1273)
RÉDACTEUR EN CHEF MAGAZINE Raphaël Morata (1290)
RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Thomas Pignot (1302)
CHEF DE SERVICE ROYAUTÉS Isabelle Rivère (1470)
CHEF DE SERVICE PERSONNALITÉS Pauline Sommelet (1220)
GRANDS REPORTERS François Billaut (1239), Emmanuel Cirodde
(4092), Marie-Eudes Lauriot Prévost (1374) (Univers), Antoine
Michelland (1275)
REPORTERS Jérôme Carron (1152) (L’Élue), Fanny del Volta (4157),
Marie-Émilie Fourneaux (01 40 09 55 95), Estelle Lenartowicz (5598),
Claire Sejournet (1612).
DIGITAL Caroline Lazard (1422)
DIRECTEUR ARTISTIQUE Laurent Vassal (1781)
PREMIÈRE MAQUETTISTE Agnès de Queiroz (1430)
MAQUETTISTES Aurélie Lumia (01 40 09 55 91), Laurent Muller (1448)
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION Philippe Ragueneau (1127)
(chef de service), Raphaëlle Bonduelle (1re SR, 1755)
et Caroline Tiffou (1re SR, 4025).
RÉDACTEURS PHOTOS Servane Labbé (chef de service) (1401),
Bérénice Beaufils (01 40 09 55 90), Raphaële Petit (1412),
Didier Romoli (1432)
ASSISTANTE DE DIRECTION Mary Corvisier (1461)
ASSISTANTE ADMINISTRATIVE Coralie Berquer (1400)
Ont collaboré à ce numéro Charles Baboin-Jaubert, Pierre Castel,
Gilone, Olivier Josse, Isabelle Pia, Kitty Russell, Philippe Seguy, Sybille
Souane, Elsa Wolinski.
ILLUSTRATRICE Hélène Tran.
PHOTOGRAPHES David Atlan, Luc Castel, Dusko Despotovic,
David Nivière, Julio Piatti.
PUBLICITÉ
DIRECTRICE DE LA PUBLICITÉ Annabel Dabard (1784)
DIRECTRICE DE CLIENTÈLE Virginie Gautier (1783 )
ADMINISTRATION
RESPONSABLE ADMINISTRATIVE ET FINANCIÈRE
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COMPTABLE Corinne Cantoni (01 40 09 55 94)
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POINT DE VUE/IMAGES DU MONDE, 4, rue de Mouchy,
60438 Noailles Cedex.
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Autres pays, nous consulter.
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fera l’objet de poursuites judiciaires.
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du papier : couverture Italie, intérieur Allemagne Taux de fibres recyclées :
0%. Eutrophisation : PTot = 0,005 kg/ tonne de papier. Ce produit est issu
de forêts gérées durablement et de sources contrôlées. pefc-france.or
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Colonne
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moyen
difficile
8
5
6
9 1
8 9
5
7
3
3 9
4
6
8
2
6 4
9
3
2 8
6
Règle du jeu:
Une grille de sudoku se
compose de 9 carrés de 3 par
3 cases appelés régions. Le jeu
consiste à compléter la grille
en vous appuyant sur les chiffres qui vous sont déjà donnés
afin que chaque ligne, chaque
colonne et chaque région
contienne tous les
chiffres de 1 à 9 une seule
et unique fois. Certaines
grilles peuvent avoir
plusieurs solutions.
78
POINT DE VUE
6
3
3
2
8 1
2
5
2
D I
V
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S E T
C
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A R R E L
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E T E
Anagrammes
6 5 7
1 2 4
3 5
1 8
8
9 1
R
R
E A U
E N D
D E
T I
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N E T
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A
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R N E
2
5 9 8
4
7
9 6 1
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A
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N I
I N
E
F
S E
E R
L S
3
1
2
3 8
6
n
gio 2
Ré
4
Sur la ligne 3 (beige) les chiffres manquants sont 3, 5 et 8.
Le 8 se trouvant déjà dans la colonne 2 (violet) et la colonne
5 (rose), la seule place possible est donc en colonne 1
au début de la ligne 3. Restent donc le 5 et le 3. Le 5 se
trouvant déjà dans la colonne 2, la seule place possible est
donc en colonne 5. Le 3 reste logiquement à placer dans la
seule case libre, colonne 2. Reste à agir de même dans les
autres lignes, colonnes et régions pour compléter la grille.
Solutions du N° 3679
S
A C
E
I N
A
G R
I
P O
8 3 9
2
Exemple:
4
4
3
9
4 5
3
6
3 1 4
8
7
4 7
6
2
9
3
7 5
7
2
1
Ligne
7
5
1
8
3
2
4
6
9
9
8
2
4
6
7
3
5
1
3
4
6
1
5
9
2
7
8
8
7
5
3
9
1
6
2
4
2
9
4
6
7
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8
1
3
1
6
3
2
8
4
7
9
5
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2
8
9
4
6
1
3
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6
3
9
7
1
8
5
4
2
4
1
7
5
2
3
9
8
6
Sudoku difficile
3
4
6
9
8
1
2
7
5
8
1
2
7
5
4
6
9
3
5
9
7
2
6
3
4
1
8
1
2
4
5
3
6
7
8
9
9
8
3
4
7
2
1
5
6
6
7
5
8
1
9
3
2
4
2
5
8
6
4
7
9
3
1
4
3
9
1
2
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5
4
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DIRE
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À VIDE
FAIT D’UNE
PIÈCE
TRISTES
À VOIR
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CARTES
OU LETTRE
CONTACT
PERMANENT
CRI DES
INDIGNÉS
MAJEUR
EN
ITALIE
VIEUX
BOTTELEURS
INTENSIFIER
LA PÊCHE
NE VA PAS
DU TOUT
FAIT L’ÂNE
SA MÈRE
ESSAYER
D’ACHETER
TRÈS FAIBLE
POUR DES
HUILES
NI OUI
NI NON
PRIS
AU PIÈGE
BIEN
POURVU
AGENT
DE SAVEUR
BRAVE
SOLDAT
PLANCHER
SURÉLEVÉ
PROFESSION
DE FOI
PRÉSENTS
UTILISA
AU MIEUX
OFFRE
SA
GORGE
SA
PREMIÈRE
ÉPOUSE
DESSIN
À L’ENCRE
PEUPLE
TSIGANE
PÉRIODIQUE
MARQUE
LE
COUP
FILM COLT
VILLE
DU
GARD
CYCLE
PASSEPARTOUT
RACINE
ÉMÉTIQUE
MARCHÉ
ANGLAIS
CITÉ QU’IL
DÉFENDIT
EN DENTS
DE SCIE
ARTICLE
DE BAZAR
NORMALE
EN
ÉCOLE
AGENT
DE
PUBLICITÉ
PARLER DES
ANTILLES
HOMME
DU PASSÉ
EXPRESSION
THÉÂTRALE
PRIT
AU
HASARD
VILLE QUE
FONDA
SON FILS
PRÈS
DU BORD
FAIRE DU
PORTE À
PORTE
LIVRE POUR
FIDÈLES
LIGNE
EXPOSÉE
ÉBÈNE
VERTE
FAIRE
PÂLIR
SANS
PEINE
À LA
BELLE
ÉTOILE
RÉUNIONS
RELIGIEUSES
PASSER
PAR-DESSUS
DIFFUSA
ARBRE
RÉSINEUX
LARVE
AQUATIQUE
MANTEAUX
COURTS
MÉPRIS
MOQUEUR
PRÉPARE
UN ŒUF
MARCHÉ DE
L’OCCASION
POUDRE
DOUCE
MOT DE
REFRAIN
MIEUX QUE
PRÉVU
© COLLECTION DAGLI ORTI/AURIMAGES
LIQUIDE
DIGESTIF
MATÉRIEL
DE BOÎTE
FRAPPE
DU PIED
ÉMOUSSER
CRI DE
GUERRE
BABA AU
SÉSAME
PIÈGE À
OISEAUX
PROMENADE
EN VILLE
FIN
D’INFINITIF
HOMME
DE
FRONT
SON
FILS
ÉCONOMIES DE
MOTS
JOUE
À LA
ROUE
APPAREIL
DE
MESURE
80
POINT DE VUE
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DE CORAIL
UN PIED
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BEAU-PÈRE
COMPÉTITEURS
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PRÉSENTE
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EMPLOYÉS
D’ÉTUDE
NOTE
RELEVÉE
CHOUETTE
ALORS
ÉLÉMENT
DE PÂTÉ
A
PERDU
LA TÊTE
DÉGAGE UN
AIR FROID
FRUIT
D’UNE
RAFLE
PIÈCES
CHINOISES
PLAT
PROVENÇAL
PRIVER
DE SORTIE
SON PÈRE
VOYELLES
EN COURS
QUALIFIÉE
PLAT EN
PROVENCE
PRIS
EN
CHÂSSES
COURS DE
PHYSIQUE
NOM DU
PERSONNAGE
CITÉ DE
CARIOCAS
POILS
AUX YEUX
DÉCOMPTÉE
DONNE DE
L’ARDEUR
HOMME
À L’AFFÛT
SAIT
MANŒUVRER
PARLE
DU NEZ
EMPLOI DE
PLANCHES
GREFFER
UN ŒIL
PÈRE DE
LA VIGNE
FÊTE
DES
ROIS
HISTORIEN
RESTA
DERRIÈRE
PRATIQUE
L’USURE
CRÉER
DES
ESPACES
TITRE
ÉTHIOPIEN
LOUP
D’ANTAN
SA
SECONDE
ÉPOUSE
LA ROUTE
DU FER
ARRIVÉE
EN VIE
GARDÉ
SECRET
BIEN
EMBALLÉ
SACRÉES
PATRONNES
ÉCHAPPENT
AUX
MESURES
ENSEMBLE
D’ÉTOILES
PASSER
À L’ACTE
PRÉCISION
TARIFAIRE
TAPAGEUSES
TABLEAU
DESCRIPTIF
VIEILLE
FILLE
PREMIÈRE
PAGE
MESURE
D’ANGLE
PERROQUETS
POÈTE
QU’IL
INSPIRA
FORMER
UN GROUPE
ARME
DE CHOC
MOUTARDE
SAUVAGE
RUSSE
ÉMINENT
L’ÉTOFFE
D’UN
ÉVÊQUE
PERROQUETS
D’OCÉANIE
TATA
BIEN
EXPOSÉE
PORTELAME
VAGUE DE
CHALEUR
COURS
ANGLAIS
ÊTRE À
PLUSIEURS
SOURCE
DE LUMIÈRE
TEXTO
A UN
FOND
DE TAIN
EST
DU CÔTÉ
D’UN MUR
THÉÂTRE
JAPONAIS
HONTEUX
ET CONFUS
SOCIÉTÉ
CHOISIE
VILLE
QU’IL
FONDA
MODÈLE
DE
BEAUTÉ
PREND
DU
POIS
POINT DE VUE
81
L’élue
DE POINT DE VUE
Mes enfants
Armel Soyer
dans sa galerie
parisienne, au
19, rue Chapon,
dans le IIIe
arrondissement.
C’est ma plus grande fierté.
Mes amours, Ernest et Ange,
ont 11 et 9 ans.
Mes souliers
Des bottines Pierre Hardy, un créateur
que j’aime beaucoup. Je ne suis pas très
« mode ». Les vêtements ne doivent pas
travestir, mais révéler la personnalité.
Mon plâtre
Une tête d’Hermès du sculpteur grec
Praxitèle. Elle traverse toutes les
époques et tous les styles sans prendre
une ride. Elle incarne la pure beauté.
Mon livre de chevet
Carré blanc d’Yves Ravey aborde
la portée universelle de l’art
contemporain. Même si la dimension
intellectuelle de l’art me passionne, je
reste une tactile et une intuitive.
Ma sculpture
Tania De Bruycker travaille avec
une grande économie de moyens,
en se posant la question : quel art
pratiquerions-nous après l’apocalypse ?
Ma bague
Une création du joaillier Philippe
Guilhem. Elle est en bronze montée
d’un beau diamant. Ce mélange fait
bien ressortir les gemmes.
Mon miroir
Armel Soyer
82
Il est composé de 750 perles de biscuit
de porcelaine. Cette œuvre sensuelle
et tactile de l’artiste Olga Engel
est présentée au PAD Genève.
Mon luminaire
Cette lampe de quartz rose sera elle
aussi au PAD Genève. Une création
de Christopher Boots. Cet Australien
n’utilise que des matières naturelles.
Éditrice de mobilier d’artistes, Armel Soyer a ouvert
une galerie* à son nom dans le Marais il y a huit ans.
Spécialisée dans la découverte de créateurs, jeunes ou
méconnus, elle a lancé Mathias Kiss et Jimmy Delatour.
Partageant sa vie entre Paris et Megève, elle sera au
PAD** Genève du 31 janvier au 3 février.
Il s’agit de douze vrais skis qui, disposés
les uns à côté des autres, composent
un tableau. C’est une création de Xavier
Veilhan pour la marque Akonite.
Par Pierre Castel Photos David Atlan
* armelsoyer.com ** pad-fairs.com/geneve/fr
POINT DE VUE
Mes skis
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5€
Composition :
• 90% coton,
• 10% soie.
Style remarquable,
féminité assumée !
Le gilet court avec
manches ajourées
Motif en tricot ajouré très tendance.
Maille douce et agréable. Forme ajustée.
Glissière double sens et poches zippées.
Manches longues. Longueur env 60 cm.
Couleur : gris chiné.
Lavable en machine.
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