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Les Echos - 02.02.2019 - 03.02.2019

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
La ruée vers l’or des
banques centrales
AUJOURD’HUI
AVEC LES ECHOS
Elles n’avaient pas acheté
autant depuis un demi-siècle.
// P. 27
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 1ER, SAMEDI 2 FÉVRIER 2019 // LESECHOS.FR
Les Echos
Week-End
Ikea,
acte 2
L’ESSENTIEL
EUROPÉENNES : LE RN FAIT
LA COURSE EN TÊTE
Dans notre sondage OpinionWayTilder, le parti de Marine Le Pen
recueille 22 % des intentions de
vote, juste devant En marche, qui
obtient 20 %. // P. 2
M6 VA METTRE LA MAIN
SUR GULLI
La chaîne jeunesse du groupe
Lagardère va être finalement
cédée à M6, qui a remporté la mise
face à Xilam. Des observateurs du
secteur évoquent un prix autour
de 200 millions d’euros. // P. 15
Ghosn : « J’ai
une armée
contre moi »
l Interview exclusive : « J’avais le projet
de créer un holding contrôlant Renault,
Nissan et Mitsubishi. »
l Reportage dans l’enfer de la prison
de Kosuge où est détenu l’ex-PDG de Renault.
l Analyse : pourquoi la thèse du complot
assombrit l’avenir de l’Alliance.
// PAGES 16-17, L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX PAGE 9
ET « CRIBLE » PAGE 38
UNE CLÔTURE CONTRE LA
PESTE PORCINE AFRICAINE
COVÉA-SCOR : RETOUR SUR
UN THRILLER ÉCONOMIQUE
Le projet d’acquisition du réassureur SCOR par Covéa a tourné au
thriller économique. Retour sur
ce feuilleton qui tient en haleine
le Tout-Paris de la finance depuis
cinq mois. // P. 28
Nicolo Lanfranchi/Laif-RÉA
CARNET // P. 34
Le Grand Entretien
avec Jean-Pierre
Mustier, le « Francese »
d’UniCredit // P. 13
Immobilier : la hausse
des prix marque une pause
Croissance : la zone euro
fléchit, l’Italie entre à
nouveau en récession
LOGEMENT Le marché de l’ancien est
toujours soutenu par des taux très bas
CONJONCTURE La croissance de
Après avoir signé une année
2018 en hausse, le marché
immobilier montre des signes
d’essoufflement. En moyenne,
les prix stagnent. Mais derrière
un indice (IPI MeilleursAgents - « Les Echos ») globalement plat se dissimule une fracture entre les grandes villes et le
reste du territoire. A Paris, le
mètre carré atteint 9.445 euros
au 1er février. La palme de la
hausse revient à Lyon qui progresse de plus de 1 % sur le seul
mois de janvier. Mais Nice,
Strasbourg ou Montpellier
commencent l’année en baisse
comme nombre de petites
agglomérations. Quant aux
zones rurales, elles font toujours du surplace. Un retournement de tendance n’est pourtant pas à l’ordre du jour car la
demande est toujours présente,
portée par des taux d’intérêt
très bas.
// P A G E 2 0 E T D O S S I E R
PATRIMOINE PAGES 35 À 37
Shutterstock
Un grillage est construit sur 45 km
en Meuse et dans les Ardennes
afin d’empêcher les sangliers
malades de traverser et d’éviter
ainsi la contamination des élevages. // P. 25
la zone euro a ralenti à 0,2 % au dernier trimestre 2018. La panne de
moteur de l’industrie automobile
allemande, la remontée des taux
italiens et la faiblesse de la consommation française se sont conjuguées pour freiner l’activité, sans
oublier un phénomène extérieur
d’importance, le ralentissement de
l’économie chinoise. Loin des promesses de relance de la coalition au
pouvoir, l’Italie a, de son côté,
accusé un recul de 0,2 % de son PIB,
et est entrée officiellement en
récession. A l’autre bout de
l’échelle, l’Espagne a tenu le coup et
affiche pour 2018 une croissance de
2,5 %, en léger repli seulement par
rapport à sa performance de 2017
(3 %). L’Allemagne, à mi-chemin,
devrait avoir achevé l’année passée
sur une performance décevante
(1,5 %). La bonne nouvelle est que
les nombreux facteurs qui sont à
l’origine du ralentissement de l’activité à la fin 2018 devraient s’estomper cette année, à commencer par
la faiblesse de la consommation en
France. La zone euro devrait maintenir une croissance assez solide à
1,5 % cette année. // PAGE 6
ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 9
Lazard Patrimoine
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Le groupe de Mark Zuckerberg clôt un nouvel exercice
record en 2018. Photo Loïc Venance/AFP
A 15 ans, Facebook navigue
entre scandales et succès
Les polémiques glissent sur le groupe
fondé par Mark Zuckerberg.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22878
110eANNÉE
38 PAGES
Antilles-Réunion 4 €. Guyane-St Martin 5,20
€. Belgique 6,20 €. Espagne 4,30 €. GrandeBretagne 6,40 £. Grèce 4 €. Italie 4,30 €
Luxembourg 6,50 €. Maroc 30 DH. Suisse
1 0, 5 0 F S . Tu n i s i e 4 , 8 T N D. Z o n e C FA
3000 CFA.
INTERNET Les affaires se multiplient et les mises à l’index au sujet
des fake news affectent son image, mais, quinze ans presque jour
pour jour après sa naissance sur le campus d’Harvard, le géant américain ne s’est jamais aussi bien porté économiquement. Cela dit,
une réglementation plus dure et la concurrence chinoise approchent à grands pas. // PAGES 22-23 ET « CRIBLE » PAGE 38
Nos gérants
n’ont pas d’intuitions
Ils ont des convictions
Les décisions d’investissement prises par les gérants de Lazard
Patrimoine se fondent sur les analyses rigoureuses et approfondies
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
FRANCE
POLITIQUE
Ce que Macron retient
déjà de la crise
Le chef de l’Etat livre ses premières analyses
sur l’ampleur et la profondeur de la crise qui secoue
le pays. Il faut changer de méthode, esquisse-t-il.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
es Français parlent,
Macron phosphore.
Après le temps de
« sidération » – dixit un ministre
– qu’a été la crise des « gilets
jaunes », l’exécutif commence à
s’épancher sur ce qu’il en a tiré.
« Crise profonde », « inédite »,
« malaise démocratique » : pas
question de minimiser ce
qu’ont mis en lumière les
dernières semaines. La France
est touchée du même mal que
celui qui a atteint, entre autres,
les Etats-Unis, le Royaume-Uni
ou les démocraties
« illibérales ».
« C’est une insatisfaction
économique, morale, et
démocratique que l’on observe
partout dans les démocraties
occidentales », a confié le chef
de l’Etat lors de son voyage en
Egypte : « La crise est même plus
dure en France parce qu’on n’a
pas résolu le chômage de
masse. » Ses ministres
embrayent. « Il y a une remise
en cause très profonde du
capitalisme », constate Bruno
Le Maire. Dix ans après la crise
de 2008, les Français ont le
sentiment que rien n’a changé.
« Les Français sont totalement
perdus sur leurs territoires », dit
un ministre social ; « Il y a sans
doute un tiers du pays qui est en
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
sécession », s’alarme un autre.
Le mal est grave, profond,
occidental. Diagnostic partagé.
Et les réponses ? Elles le sont
moins. Une partie des
ministres et de la majorité
jugent inévitable un « tournant
social » à l’issue du grand débat.
Mais ce n’est pas ce qu’esquisse
Emmanuel Macron. La crise
est grave, elle ne se résoudra
pas par « quelques mesures
techniques ». La crise est grave,
il l’avait diagnostiqué dès sa
campagne présidentielle :
il faut donc poursuivre la
politique définie à ce momentlà, et chercher à la traduire plus
rapidement dans la vie des
gens. « La vérité, c’est qu’on a le
sentiment de travailler depuis
dix-huit mois dans le sens de ce
qu’expriment les Français dans
les débats. La difficulté, c’est de
montrer qu’on les entend sans
rien trahir de ce qu’on a voulu
faire », dit un de ses proches.
Plus qu’à des mesures
économiques et sociales,
plus qu’à un changement de
Premier ministre ou à une
dissolution, Emmanuel
Macron réfléchit à une
nouvelle méthode, a-t-il confié
jeudi (« Paris-Match »,
« Le Figaro »). Plus proche du
terrain (c’est le retour en grâce
du département et de la
commune), plus efficace
(il veut faire « pression »
sur les ministres et
les administrations), et plus
participative. L’ambition ?
Une « démocratie délibérative ».
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Benalla s’est vanté d’avoir le soutien
de Macron après son licenciement
POLITIQUE Alexandre Benalla s’est vanté d’avoir reçu le soutien
d’Emmanuel Macron et a maintenu des « liens importants »
avec la présidence de la République après son licenciement, a
indiqué jeudi Mediapart. Le site d’informations accompagne
ses dires d’enregistrements sonores où l’on entend une voix
attribuée à Alexandre Benalla affirmer, le 26 juillet 2018, quelques jours après son licenciement : « Truc de dingue, le patron
hier soir m’envoie un message, il me dit : tu vas les bouffer. T’es plus
fort qu’eux, c’est pour ça que je t’avais auprès de moi. »
Revenu de base : la proposition
de loi des socialistes rejetée
Européennes : le RN fait la
course en tête devant En marche
l Le Rassemblement national et La République En marche sont donnés
loin devant les autres partis, selon un sondage OpinionWay-Tilder.
l Les formations de Marine Le Pen et du chef de l’Etat otiennent
respectivement 22 % et 20 % des intentions de vote au scrutin de fin mai.
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
pousser la participation », estime le
sondeur.
Au coude-à-coude, avec l’avantage
au Rassemblement national (RN). A
quatre mois des élections européennes, c’est le parti de Marine Le Pen
qui fait la course en tête, avec 22 %
des intentions de vote dans la première vague de l’EuroTrack OpinionWay-Tilder pour « Les Echos »
et Radio Classique. Avec un faible
avantage sur La République En marche (LR EM ) puisque le pa rti
d’Emmanuel Macron obtient, lui,
20 % des intentions de vote. Un sondage réalisé sans liste « gilets jaunes », « une hypothèse assez fragile »,
selon Bruno Jeanbart, directeur
général adjoint d’OpinionWay.
La participation est estimée à
43 %. A peine plus qu’en 2014 à la
même époque (42,4 %). Ce sont
comme d’habitude les plus âgés, les
plus diplômés et les catégories aisées
qui prévoient le plus de voter. « Les
européennes restent une élection
compliquée. Ceci dit, premier scrutin
intermédiaire du quinquennat, elles
arriveront aussi juste après la sortie
du grand débat national, cela peut
Dispersion des votes
Le match semble en tout cas s’installer entre le RN et LREM puisque les
autres formations politiques arrivent loin derrière. La troisième place
du podium revient à LR, avec seulement 12 % des intentions de vote.
Puis arrivent, à égalité, La France
insoumise, très loin du score de
Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, avec seulement 8 % des intentions de vote, et Europe Ecologie Les
Verts (EELV), qui pour l’instant ne
décolle pas, même si la formation
écologiste dépasse le PS, crédité de
6 %. Comme en 2014, année où le FN
était arrivé en tête, le parti de Marine
Le Pen, « en dépit de son handicap
sociologique, souligne Bruno Jeanbart – ce sont les jeunes, les classes
populaires qui se déplacent le
moins –, bénéficie d’une mobilisation
très forte de son électorat ». Mieux,
quand les électeurs de premier tour
de Marine Le Pen se déplacent, ils
votent pour le RN. C’est la seule formation politique qui bénéficie d’une
telle fidélité. La dispersion des votes,
c ’e s t e n e f f e t l e r i s q u e q u e
court LREM et plus encore LR. Les
électeurs de premier tour d’Emmanuel Macron sont en effet tentés – un
peu – par la liste EELV, voire la liste
PS et d’abord par l’abstention (48 %).
Les électeurs de premier tour de
François Fillon, eux, se tournent –
dans l’ordre – vers la liste LREM-Modem, celles du RN, de l’UDI et de
Nicolas Dupont-Aignan. « On voit
bien l’intérêt pour LREM de vouloir
installer un match avec le RN, pour
continuer d’attirer des électeurs venus
de LR. Quant à LR, l’enjeu, c’est celui
« En dépit de son
handicap
sociologique, [le RN]
bénéficie d’une
mobilisation très
forte de son
électorat. »
BRUNO JEANBART
Directeur général adjoint
d’OpinionWay
La double campagne de Wauquiez
Le président des Républicains entame ce vendredi
deux semaines de déplacements sur le terrain.
L’occasion de mettre
en scène le trio de tête
de la droite pour
les européennes.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
SOCIAL L’Assemblée a rejeté jeudi par 64 voix contre 49, avant
tout débat sur les amendements, une proposition de loi PS
visant à expérimenter un revenu de base dans plusieurs départements, gouvernement et majorité renvoyant au revenu universel d’activité promis par Emmanuel Macron. « C’est grand
débat dehors, petit débat ici ! », a raillé le rapporteur du texte, le
socialiste Hervé Saulignac. Un autre texte PS visant à lutter contre les déserts médicaux a, lui, été adopté, mais dans une version
vidée de ses mesures contraignantes pour les médecins.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
de la recentralisation. S’ils y arrivent,
il y a un potentiel », avance Bruno
Jeanbart. A l’inverse du FN, LFI,
aussi handicapée sociologiquement
pour cette élection, n’arrive pas à
mobiliser son électorat. « Contrairement au RN, LFI n’arrive pas à surfer
sur le mécontentement et les “gilets
jaunes ”. Les images de Jean-Luc
Mélenchon cet automne ont laissé des
traces », poursuit-il. Quand certaines
formations politiques, le RN en tête,
veulent faire de ce scrutin un référendum contre Emmanuel Macron,
43 % des Français interrogés disent
vouloir exprimer leur opposition à
l’action du chef de l’Etat et de son
gouvernement, et seulement 14 %
veulent s’en emparer pour exprimer
leur soutien. « C’est l’un des écueils
pour LREM, estime Bruno Jeanbart.
Les Français peuvent s’en saisir pour
en faire une élection-sanction. Le RN
va essayer de nationaliser au maximum cette élection. » A quatre mois
du scrutin, les équilibres peuvent
encore beaucoup bouger. Et d’ici là,
« la capacité du pouvoir à montrer
qu’il fait quelque chose du grand
débat, prévient le sondeur, peut être
décisive pour les européennes ». n
Une pierre, deux coups. Laurent
Wauquiez entame ce vendredi,
dans le Territoire de Belfort, une
double campagne. Le président de
LR, qui veut être plus présent et plus
audible, donne le coup d’envoi de ce
qu’il appelle un « tour de France »
pour « un vrai dialogue avec les Français ». Son grand débat national à
l u i , a l o r s q u’ i l q u a l i f i e c e l u i
d’Emmanuel Macron de « décor de
théâtre ». La tournée se poursuivra
samedi en Côte-d’Or, dimanche en
Haute-Marne et lundi dans le Pasde-Calais. Elle doit s’achever le
10 février et déboucher sur des propositions concrètes, le patron de la
droite voulant montrer qu’il est,
contrairement aux extrêmes, une
alternative crédible.
Mais Laurent Wauquiez ne fait
pas ce premier déplacement seul. Il
amène avec lui le trio de tête que
vient de désigner le parti pour les
Laurent Wauquiez veut montrer qu’il est, contrairement
aux extrêmes, une alternative crédible. Photo Hamilton/RÉA
élections européennes (FrançoisXavier Bellamy, Agnès Evren et
Arnaud Danjean), mettant en scène,
« sur le terrain, en prise avec le pays »,
leur entrée en campagne. Une campagne difficile, tant la droite peine
depuis le début du quinquennat à se
frayer un chemin entre La République En marche et le Rassemblement national.
La droite à 12 %
Dans le premier sondage EuroTrack OpinionWay-Tilder pour
« Les Echos » et Radio Classique,
effectué avant la désignation du trio,
LR est crédité de 12 % des intentions
de vote au scrutin de mai. A la troisième place, avec 5 points d’avance
sur Nicolas Dupont-Aignan (7 %)
mais loin derrière le RN (22 %) et
LREM (20 %). Le président des
Républicains, qui joue gros, est
convaincu d’avoir une carte à jouer.
Si son parti ne séduit que 28 % des
électeurs de François Fillon à la présidentielle, 30 % d’entre eux se réfugient dans l’abstention. Le choix de
François-Xavier Bellamy lui a permis de faire parler de lui et l’annonce
du trio a créé, se réjouit-on en
interne, « une vraie surprise ».
Mais les débuts du très conservateur adjoint au maire de Versailles,
qui vient tout juste de prendre sa
carte des Républicains, sont loin de
rassurer les troupes. « C’est faiblard
sur le fond. Sur les trois premiers, il y
en a au moins un qui est bon pour
parler d’Europe ! », tacle un parlementaire de renom, dans une allusion à Arnaud Danjean, qui siège au
Parlement européen depuis
2009. Le président LR du Sénat,
Gérard Larcher, qui a voté pour la
solution de « rééquilibrage » du trio,
a rappelé mercredi que FrançoisXavier Bellamy ne cochait « pas toutes les cases pour être tête de liste ».
L’invitation, mercredi soir, de
l’essayiste controversé Eric Zemmour au siège du parti a, elle aussi,
irrité. « Zemmour invité à inspirer
Les Républicains ? Franchement… »,
a grincé Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, sur
Twitter. Laurent Wauquiez, lui,
répète à l’envi sa conviction que la
droite ne s’imposera pas par un
« filet d’eau tiède ». « Le choix qu’on a
fait aux européennes, a-t-il plaidé,
c’est le choix d’affirmer ce que nous
sommes, et de dire clairement : Vous
ne nous dictez pas les choix qu’on a à
faire. » Réponse des électeurs dans
moins de quatre mois. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
La fiscalité
s’impose
comme
un thème
phare
Le fort repli de l’inflation va améliorer
le pouvoir d’achat
CONJONCTURE
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Les prix n’ont augmenté que de 1,2 %
en janvier sur an.
Les prix augmentent toujours en
France sur un an, mais de moins en
moins vite. Le coup de frein est
même impressionnant sur les
quatre derniers mois. Alors que, sur
un an, la hausse des prix atteignait
2,2 % en octobre dernier, celle-ci
n’est plus que de 1,2 % en janvier, a
indiqué ce jeudi l’Insee. La quasi-to-
talité de ce ralentissement
s’explique par la chute du prix du
pétrole. Entre début octobre et mijanvier, le cours du baril est passé de
86 dollars à 60 dollars environ,
retrouvant plus ou moins son
Les Français font de la
fiscalité le premier enjeu
de la campagne, selon
un sondage OpinionWayTilder. Une conséquence
directe du mouvement
des « gilets jaunes ».
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
C’est une conséquence directe
du mouvement des « gilets jaunes » : la fiscalité apparaît dans
le sondage EuroTrack OpinionWay-Tilder pour « Les
Echos » et Radio Classique
comme le premier enjeu des
élections européennes du mois
de mai prochain. Cette
thématique est citée par 43 %
des personnes interrogées,
devant la lutte contre le terrorisme (40 %), l’environnement
(38 %) et la protection sociale
(37 %). « C’est atypique d’avoir la
fiscalité à un niveau aussi élevé.
En général, elle arrive en sixième
ou septième position, derrière
l ’ e m p l o i o u l a p ro t e c t i o n
sociale », constate Bruno Jeanbart, directeur général adjoint
d’OpinionWay. Avant de s’étendre à une multitude de revendications, le mouvement des
« gilets jaunes » est parti de la
grogne contre la hausse des
taxes sur les carburants.
Les rentrées fiscales
pourraient être
moindres qu’espéré.
Les économies que
l’exécutif veut réaliser
cette année pourraient
donc s’avérer
moins importantes
que prévu.
Pour Patrick Artus, le chef économiste de Natixis, « la forte baisse du
prix du pétrole va conduire en 2019 à
une inflation très faible dans la zone
euro et à un fort soutien de la
demande au moment où un ralentissement cyclique s’annonçait : la
baisse du prix du pétrole devrait donc
sauver la croissance de la zone euro
en 2019 ».
Enjeux nationaux
et européens se mêlent
Autre enseignement du sondage, mais plus classique
celui-là dans le cadre des élections européennes : les problématiques dites nationales prennent le dessus sur les questions
européennes. Comme cela
avait été le cas pour ses prédécesseurs à l’Elysée, ces élections
ne seront pas loin de ressembler pour Emmanuel Macron à
un référendum pour ou contre
sa personne, comme l’espère
notamment Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France
insoumise.
Les enjeux nationaux sont
ainsi cités quatre fois plus que
les enjeux européens (17 %, contre 4 %), même s’il ne faut pas
oublier que, dans de nombreux
domaines comme la fiscalité, la
lutte contre le terrorisme ou
encore l’environnement (soit
les trois premiers thèmes cités
par les Français), les problématiques se mêlent. Ainsi, la question de la taxation des Gafa est
identifiée comme une problématique européenne, tous les
pays du Vieux Continent étant
concernés au même titre que la
France.
De meilleures marges
pour les entreprises
La deuxième conséquence de la
baisse du prix du pétrole sera de
permettre aux entreprises, notamment industrielles mais aussi celles
de services de transports et de logistique, d’améliorer leurs marges.
Enfin, le budget pour l’année en
cours, conçu par Bercy en septembre dernier, se basait sur un cours
moyen du pétrole de 72 dollars en
2019 et en déduisait une inflation de
1,4 %. L’année étant à peine commencée, il est certes encore trop tôt
pour trancher, mais il est possible
que l’inflation soit inférieure aux
prévisions du gouvernement.
D’autant que le ralentissement de
l’économie mondiale semble
engagé. Dans ce cas, les rentrées fiscales pourraient être moindres
qu’espéré et les économies que
l’exécutif veut réaliser cette année –
notamment en augmentant certaines prestations sociales comme les
retraites de seulement 0,3 % en
2019 – pourraient s’avérer moins
importantes que prévu. n
Euro et Brexit
en fin de classement
De son côté, à la troisième place,
l’environnement se retrouve
très haut dans le classement des
enjeux de cette élection. Il
devient de plus en plus prégnant dans les préoccupations
des Français.
La politique européenne visà-vis des migrants est identifiée
comme la première problématique européenne par les personnes interrogées. L’avenir de
l’euro ou la gestion du Brexit
n’apparaissent qu’en queue de
classement.
a
Tous les résultats du sondage EuroTrack et le décryptage vidéo de Bruno Jeanbart (OpinionWay)
sur lesechos.fr
niveau de l’automne 2017. Et l’augmentation de la taxe carbone, prévue initialement au début de cette
année, a été annulée par le gouvernement sous la pression des « gilets
jaunes ».
Le premier effet de cette baisse de
régime est d’améliorer le pouvoir
d’achat des ménages. En faisant
l’hypothèse d’un baril de pétrole à
60 dollars sur la première moitié de
l’année, l’Insee prévoit que, à la fin
juin prochain, sur un an, la hausse
des prix ralentira à 1 %.
Étant donné le rythme d’augmentation des salaires, les mesures
de politique économique du gouvernement et les créations
d’emplois attendues, « le pouvoir
d’achat est dynamique », estimait le
directeur général de l’Insee, JeanLuc Tavernier, la semaine dernière
devant la commission des Finances
de l’Assemblée. « A la mi-année
2019, l’acquis de croissance du pouvoir d’achat, c’est-à-dire ce que serait
la hausse du pouvoir d’achat s’il ne
croissait pas au troisième et quatrième trimestre 2019, serait de 2 % »,
indiquait alors le patron de l’Insee.
Les députés cadrent le droit de manifester
POLITIQUE
Le projet de loi anticasseurs permet aux
préfets de prononcer
des interdictions
de manifester.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
La disposition a fait tanguer dans les
rangs de la majorité, mais elle est
passée. Elle autorise les préfets à
prononcer des interdictions de
manifester. Adoptée dans la nuit de
mercredi à jeudi par les députés,
l’extension de cette prérogative jusqu’alors dévolue au seul juge judiciaire, dans le cadre d’une condamnation, se donne à lire comme une
réponse de fermeté. Une de celles
notamment attendues par les policiers pour empêcher la répétition
des scènes de dégradations et de violences qui, ces deux derniers mois,
ont émaillé les manifestations des
« gilets jaunes ». Toute personne
représentant « une menace d’une
particulière gravité pour l’ordre
public » pourra se voir interdire de
manifester par les représentants de
l’Etat dans les territoires, indique ce
texte, dans son article 2. Une peine
de prison de six mois et une amende
de 7.500 euros lui seront infligées en
cas de non-respect de cette décision.
La liste des « conditions à remplir » fixée par ce projet de loi anticasseurs est courte : avoir commis
des « atteintes graves à l’intégrité phy-
sique des personnes ainsi que des
dommages importants aux biens »
ou « un acte violent » lors de manifestations précédentes.
Un texte parfois plus dur
Des critères dont l’application
n’empêcherait qu’« une cinquantaine ou une centaine d’individus bien
connus » de manifester a plaidé
Christophe Castaner, le ministre de
l’Intérieur, face aux réserves exprimées par les élus de la majorité. Une
explication qui ne l’a pas totalement
convaincue. Une quinzaine de députés LREM, fait assez inédit, se sont
opposés à cette mesure, s’interrogeant sur une possible atteinte à la
liberté de manifester, à l’instar des
syndicats hostiles au projet de loi. Le
dispositif finalement validé se révèle,
sur certains points, plus dur que
celui inscrit dans la proposition de
loi sénatoriale de droite, dont ce
texte s’inspire très directement.
L’interdiction de manifester vaudra
en effet sur tout le territoire et pourra
s’appliquer pendant un mois. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
Les scénarios
pour harmoniser les
pensions de réversion
RETRAITES
Le Conseil d’orientation des retraites fait
le point sur les pensions indirectes que
touchent 4,4 millions
de veufs et veuves.
sur les « droits conjugaux », en
esquissant cinq pistes de modernisation des réversions. Car la création à venir d’un régime universel de
retraite ne laisse plus le choix : il va
bien falloir a minima toiletter le dispositif pour que les règles soient
moins disparates, voire en changer
complètement la philosophie.
Moins de mariages
Solveig Godeluck
@Solwii
Ni supprimer ni réduire les pensions de réversion, mais les harmoniser. C’est la promesse formulée
par Emmanuel Macron, en juin dernier, alors que la polémique enflait
sur les droits de retraite des conjoints survivants, la plupart du
temps des femmes.
Pourtant, faire évoluer les réversions permettrait de suivre le mouvement de la société, où les femmes
dépendent moins de leur mari
qu’autrefois, et de réduire la charge
financière pesant sur les assurés
sociaux non mariés, qui paient pour
les mariés, comme l’ont répété ces
dernières années la Cour des comptes, l’OCDE ou le Conseil d’orientation des retraites (COR). Ce dernier a
d’ailleurs remis le couvert jeudi, à
l’occasion d’une réunion de travail
Aujourd’hui, les pensions de réversion jouent un rôle très important,
puisque 4,4 millions de retraités, le
quart d’entre eux, en touchent une.
Et ce nombre va augmenter jusqu’en 2030, du fait du vieillissement
de la population.
La dépense s’élevait à 33,8 milliards d’euros en 2017, soit 11,1 % du
total des pensions de retraite et 1,5 %
du PIB. Mais ces ratios vont baisser.
Les écarts d’espérance de vie entre
hommes et femmes diminuent, raccourcissant la durée du veuvage. Il
en va de même pour les salaires, car
les épouses sont mieux payées. Or
les pensions de réversion sont souvent sous condition de ressources.
Dans certains régimes, il n’y a pas
de réversion hors mariage, et le survivant perd sa mise en cas de remariage. Cela dans un contexte où l’on
se marie moins, et où l’on multiplie
les unions. Dans les années 1960,
seules 3 % des personnes vivant en
couple n’étaient pas mariées, contre
27 % en 2016. Chez les cohabitants
de 30 ans, ce pourcentage grimpe
même à 59 %. Le haut-commissaire
à la Réforme des retraites, JeanPaul Delevoye, a évoqué plusieurs
fois la possibilité de généraliser les
droits de réversion pour des concubins non mariés.
Le COR propose trois scénarios
qui modernisent le dispositif actuel.
Le premier harmonise juste les
conditions d’accès et les taux de
réversion. Cela n’est pas aisé pour
autant : à enveloppe budgétaire
fixe, un alignement vers le haut supposerait de diminuer les droits de
l’ensemble des retraités et de mettre
plus lourdement à contribution les
non-mariés. Pour éviter cet écueil,
l’harmonisation devrait faire des
gagnants et des perdants.
Le deuxième scénario consiste à
n’ouvrir des droits qu’au titre de la
période de vie commune. Le troisième à financer les réversions non
plus par les cotisations des actifs,
mais par l’impôt, en invoquant la
solidarité nationale.
Deux autres scénarios dynamitent la philosophie même de la
réversion, et semblent donc très
éloignés des promesses d’Emmanuel Macron. L’un consiste à parta-
Unédic : le
Medef revient
dans la
négociation
SOCIAL
Son président va
réunir ses instances,
malgré l’opposition
du patronat à tout
bonus-malus sur
les contrats courts.
Alain Ruello
@AlainRuello
ger à 50/50 les droits à pension
acquis au sein d’un couple pendant
leur vie commune, en considérant
que les non-mariés n’ont pas à payer
pour les retraites des mariés.
L’autre à supprimer la réversion,
soupçonnée d’entretenir la division
des tâches et donc la dépendance
La bouderie n’aura pas duré.
Quelques jours à peine après
avoir suspendu sa participation,
le Medef a annoncé qu’il allait
reprendre les négociations sur
l’assurance-chômage. « Je vais
proposer à nos instances – et je ne
doute pas qu’elles acceptent – de
revenir dans la négociation,
même si elle est difficile, et pour
laquelle on pense que la méthode
initiée par le gouvernement n’est
pas la bonne », a déclaré jeudi
son président, Geoffroy Roux de
Bézieux, au « Parisien ».
La CPME, suivie du Medef et
de l’U2P, n’a pas apprécié les propos d’Emmanuel Macron, jeudi
dernier lors d’un débat avec des
citoyens dans la Drôme, durant
lequel le chef de l’Etat a réaffirmé qu’un bonus-malus sur les
cotisations employeur serait
mis en place pour freiner le
recours abusif aux contrats
courts. Pour le patronat, qui ne
veut pas en entendre parler, cela
revient à fixer la conclusion de la
négociation avant sa fin, même
s’il s’agit d’une promesse de campagne du chef de l’Etat.
des femmes au sein du couple, et
la remplacer par une « assurance
veuvage » publique permettant
de maintenir le niveau de vie des
personnes très âgées, quand leur
conjoint meurt alors qu’elles ne
sont plus en capacité de se porter
sur le marché du travail. n
Les maisons de services au public victimes de leur succès
La Cour des comptes
juge à bout de souffle
le modèle des
1.300 maisons
de services au public.
Matthieu Quiret
@MQuiret
« Pensez-vous qu’il s’agit d’une bonne
ou d’une mauvaise chose ? » A la
onzième question du thème du
grand débat sur les services publics,
le gouvernement interroge les Français sur la pertinence des maisons de
services au public (MSAP). Dans un
rapport qu’elle s’apprête à publier, la
Cour des comptes a déjà préparé sa
réponse : bonne mais pas durable.
Car ces palliatifs aux fermetures de
services publics développés par le
gouvernement Valls en 2014 sont en
pleine crise de croissance. Ces
locaux regroupant parfois La Poste,
parfois Pôle emploi, des associations, la caisse d’allocations familiales (CAF), se sont multipliés jusqu’à
atteindre 1.300 points de contacts,
dont 500 portés par La Poste. Les
Français ne devraient pas les remettre en question, vu leur succès et tant
le recul des services publics ruraux
est décrié par les « gilets jaunes ».
Dans une étude que vient de réaliser
la Banque de territoires, qui anime le
réseau des MSAP, le taux de satisfaction des utilisateurs est de 80 %. « Le
profil type des utilisateurs est une
femme isolée à la campagne entre 35
et 45 ans. Ils y trouvent un lien social
qui a disparu chez les opérateurs »,
explique Nicolas Turcat, spécialiste
à la Banque des territoires.
Maîtrise des coûts
Mais la Cour des comptes dénonce
l’effet de ciseaux qui est en train de
plomber le réseau. Initialement formaté pour atteindre 1.000 maisons,
le financement de son budget de
fonctionnement de 60 millions
d’euros repose à 50 % sur les collectivités ou les associations qui les
portent ou les hébergent, à 25 % par
un fonds de l’Etat qui est resté stable
depuis 2014 malgré la croissance du
nombre de MSAP. Le quart restant
provient d’un fonds abondé par six
opérateurs (CAF, CNAM, MSA, etc.)
largement sous-doté, notamment à
cause du retrait de la SNCF et de
GRDF. De plus l’accord entre l’Etat
et les opérateurs est tombé fin
2018. Le sous-financement des
MSAP pour 2019 a été pointé fin
2018 par l’avis sur le projet de lois de
Finances de la députée Modem Florence Lasserre David.
L’Etat va donc devoir rapidement
retrouver de nouveaux finance-
Patrick Allard/RÉA
SOCIAL
Les MSAP permettent aux habitants de communes isolées d'effectuer des démarches administratives.
ments. La Banque des territoires
estime que c’est aux opérateurs de
compenser leur retrait des territoires. Lors d’une audition parlementaire mi-janvier, les responsables
des opérateurs ont, eux, exigé une
montée en qualité des MSAP et une
maîtrise des coûts. « Celui d’une
visite d’un allocataire dans une CAF
est actuellement de 10 euros, et de
40 euros s’il se rend dans une
MSAP », a prévenu Cécile Chaudier
à la CNAF.
L’Assemblée des communautés
de France estime, elle aussi, nécessaire de revoir la labellisation par
les préfets. Souvent sous pression
des élus locaux, les représentants
de l’Etat ont du mal à refuser les projets de MSAP. Tous les rapports
pointent par ailleurs la limite de la
polyvalence des agents lorsqu’ils
fournissent le service de plusieurs
opérateurs.
Le ministère de la Cohésion des
territoires de Jacqueline Gourault a
donc décidé de geler plusieurs mois
toute création nouvelle de MSAP
malgré les demandes hebdomadaires. D’ici à quelques semaines, elle
publiera une charte qui engagera les
opérateurs et les MSAP à communiquer les prestations précises proposées (carte grise, cours Internet…),
les heures d’ouverture, etc. Le ministère compte également davantage
solliciter le financement des opérateurs d’autres ministères (transports, énergie par exemple). n
Dimanche à 10h en direct de Langres
Le Grand rendez-vous
Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot reçoivent
© Chamussy/SIPA
Propositions
alternatives
Laurent Wauquiez
Président des Républicains
A-t-il obtenu les éclaircissements souhaités du gouvernement ? Edouard Philippe a
appelé mercredi les partenaires
sociaux à reprendre les pourparlers, sans évoquer une seule
fois le bonus-malus. Et pour
cause : Matignon s’y oppose
mais ne peut pas désavouer la
parole présidentielle. « Nous
allons faire des propositions alternatives », défend Geoffroy Roux
d e B é z i e u x . A l t e r n a t i ve s
aux propositions alternatives
déjà sur la table et dont syndicats
et gouvernement estiment
qu’elles ne sont pas à la hauteur ?
C’est une hypothèse probable,
l’enjeu désormais étant pour les
deux camps d’éviter de porter la
responsabilité d’un échec.
A défaut d’éviter le bonus-malus, le patronat pourra ainsi faire
porter la pression de l’autre volet
de la négociation – baisser les
allocations chômage de 1 à
1,3 milliard par an – sur les syndicats. La CFDT (et la CGC et la
CFTC avec) pourrait se laisser
convaincre mais pas sur ce
montant. Et à condition que le
Medef muscle ses pistes alternatives, quitte à ce que son président se fâche avec certaines
branches adhérentes, celles qui
sont accusées de recourir le plus
aux CDD. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
La Fondation Abbé Pierre veut mettre
le logement au cœur du grand débat
l L’édition 2019 du rapport annuel
de la Fondation Abbé Pierre sur le mallogement dresse un constat pessimiste.
l Elle propose d’insérer la politique
du logement dans une logique
plus globale de transformation sociale.
LOGEMENT
Catherine Sabbah
@csabbah
Les taudis valent mieux que la rue,
mais ils s’effondrent… La catastrophe de Marseille et ses huit morts
montrent que le seul fait d’y habiter
peut être dangereux, et douloureux
quand il fait froid ou que la place
manque. La Fondation Abbé Pierre
le répète chaque année et à nouveau
dans l’édition 2019 de son rapport
sur le mal-logement qui paraît ce
vendredi.
Après la loi Elan (Evolution du
logement, de l’aménagement et du
numérique), et les annonces qui se
succèdent sur les copropriétés
dégradées ou la rénovation des
cœurs de villes moyennes, il paraît
difficile d’accuser le gouvernement
de ne rien faire. Le ministre du Logement, Julien Denormandie, ne
ménage pas sa peine et parcourt la
France de long en large pour
détailler ses annonces et les milliards qui seront débloqués. Rien n’y
fait : le ressenti de la crise ne change
pas. La part des dépenses consacrée
au logement (loyer + charges) ne fait
qu’augmenter, dit le rapport : elle est
passée de 9,3 % dans les années 1960
à 22,6 % en moyenne aujourd’hui.
Elle est surtout inégalement répartie : les plus pauvres y consacrent
plus de 35 % de leurs ressources, les
plus aisés moins de 10 %.
La France manque
de logements abordables
Pourtant, les logements sont mieux
chauffés, mieux isolés… disent les
enquêtes. Et si l’on en croit l’économiste et ancien président de l’agence
d’urbanisme de la région Ile-deFrance Gérard Lacoste, la courbe de
production de logements suit assez
fidèlement celle de la croissance de
la population, et depuis des années.
Le constat partagé par ses pairs
vient balayer l’antienne du manque
de 1 million de logements qui a longtemps servi de curseur aux minis-
tres. La France ne manque donc pas
de toits, mais de logements abordables, et bâtis là où les gens travaillent
et veulent habiter.
La fondation salue la politique du
« logement d’abord », en place
depuis 2017, dont la logique consiste
à fournir un gîte stable comme préalable au retour à une vie ordinaire, et
non une récompense pour ceux qui
auraient fait la preuve d’une réinsertion réussie, en passant d’une structure d’urgence à une autre. Le système a fait ses preuves dans d’autres
pays. Mais il exige plus de logements
sociaux : « Or, en France, le plan
ambitieux de lutte contre la pauvreté
est contredit par la politique économique et fiscale », peut-on lire dans le
rapport. Notamment par les coupes
imposées aux HLM en 2018 dont les
effets commencent à se faire sentir :
les chiffres de la construction de
logements neufs baissent depuis un
an. « En année pleine, les différentes
mesures représenteraient près de
4 milliards d’euros d’aides personnalisées au logement (APL) économisées
par l’Etat, dont 2,5 milliards supportés directement par les ménages »,
affirme la fondation.
Persuadés qu’il est possible de
mener une autre politique, ses responsables proposent plusieurs
solutions qui remettraient la politique du logement au rang d’une politique sociale et de lutte contre les
inégalités : une taxe de type Tobin,
sur les ventes de logements de luxe ;
une hausse de la taxation moyenne
des droits de succession de 6 à
6,5 % ; une réforme des valeurs
locatives cadastrales ; et le lancement d’un grand plan de rénovation
des passoires thermiques et d’éradication de l’habitat insalubre.
Bien que le sujet ne figure pas en
tête des revendications des « gilets
jaunes », les dépenses énergétiques
pour se chauffer représentent le double des dépenses en carburant. La
question de l’énergie est d’ailleurs la
seule allusion au logement sur le
site du grand débat national. La fondation propose d’y ajouter une
réflexion sociale et territoriale. n
Paris défend sa politique sociale
Pas un mois sans une
inauguration. Plus de
100.000 logements locatifs
sociaux ont été financés
depuis 2001, avance
la maire de Paris.
Une politique efficace
mais coûteuse.
C’était en 2001. En toute illégalité, le
maire de Paris, Bertrand Delanoë,
avait imposé aux promoteurs
immobiliers de réserver une part de
logements sociaux dans les opérations résidentielles neuves. Quelques années plus tard, la pratique
était banalisée, officialisée et intégrée au plan local d’urbanisme de la
capitale. Le seul moyen pour des
ménages modestes d’y habiter. A
Paris, entre les loyers du secteur
social, environ 7 euros par mètre
carré par mois, et ceux du privé,
l’écart est au moins du triple.
Depuis 2014, Anne Hidalgo inaugure régulièrement des résidences
locatives sociales. Au 45-47, avenue
du Maréchal-Fayolle, dans un
16e arrondissement traditionnellement peu accueillant pour ce type
de voisinage, elle a célébré jeudi le
record de 100.000 logements financés depuis l’arrivée de la gauche à la
mairie. « Financés ne veut pas dire
construits, mais ils le seront, les opérations prennent du temps, plus de
dix ans parfois, mais nous sommes
pugnaces », précise Serge Contat, le
directeur général de la RIVP, l’un
des grands bailleurs de la ville.
Le pourcentage de logements
sociaux est ainsi passé de 13,1 % en
2001 à 20,5 % en 2017 sans que les
Parisiens ne le remarquent : les
immeubles sociaux ressemblent
aux autres et se fondent dans le paysage. « Nous ne sommes pas au bout
de nos efforts pour parvenir à 25 % en
2025, comme l’impose la loi SRU, précise Ian Brossat, l’adjoint de la maire
500
MILLIONS D’EUROS
Le budget pour la création des
logements sociaux qui couvrent
toute la gamme, y compris
des chambres en foyer et pour
étudiants.
chargé du logement, de l’habitat
durable et de l’hébergement. De
plus, nous avons aussi pour ambition
de recréer de la mixité sociale dans les
arrondissements déficitaires. »
Dans le 16e , le parc social, qui
n’atteint que 7 %, a été multiplié par
4. Avec 11,8 %, le 12e a connu la progression la plus forte ; le 7 e , en
revanche, peut mieux faire avec
seulement 1,3 % de plus qu’en 2001.
Son score devrait s’améliorer avec
la transformation d’une partie de
l’ancien ministère des Armées, boulevard Saint-Germain, où 250 logements sociaux seront créés.
Un soutien financier inégalé
Cette politique a un prix : « Parce
que le terrain est cher, [dans les secteurs d’aménagement, il est pourtant public, NDLR], parce que la ville
et nous sommes exigeants sur la qualité environnementale et architecturale, le prix de revient d’un logement
neuf est d’environ 4.600 euros par
mètre carré », détaille Stéphane
Dauphin, le directeur général de
Paris Habitat, l’autre grand bailleur
parisien. Un investissement rendu
possible par une subvention de la
ville qui se traduit, par exemple, par
une aide de 17.000 euros pour rénove r u n l o g e m e n t , d e 7 . 0 0 0 à
10.000 euros pour en construire un
neuf et un soutien supplémentaire
en cas de surcharge foncière.
Au total, la ville consacre environ
500 millions d’euros pour soutenir
la création de ces logements qui
couvrent toute la gamme, y compris des chambres en foyer et pour
étudiants. Ce montant est critiqué
par l’opposition. Elle souligne qu’un
tiers des « nouveaux » logements
correspondent en réalité à la transformation d’immeubles déjà existants : la ville a commencé par
transférer son parc privé à ses
bailleurs et rachète également des
immeubles entiers, parfois au prix
fort, jusqu’à plus de 7.000 euros par
mètre carré. Un prix banal à Paris,
mais impossible à amortir pour des
sociétés d’HLM seules.
Malgré le fort soutien politique,
le rythme sera difficile à tenir. Les
terrains sont de plus en plus rares.
Paradoxalement, le rachat et la
transformation de bâtiments de
bureaux, d’activité… risquent de
coûter encore plus cher. — C. S.
Comment Blanquer va rapprocher écoles et collèges
ÉDUCATION
Un amendement a été
voté à l’Assemblée pour
créer « les établissements publics des
savoirs fondamentaux ».
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Jean-Michel Blanquer voit dans la création des nouveaux
établissements « un progrès éducatif ». Photo AFP
Le projet de loi pour « une école de la
confiance » a été adopté jeudi en fin
de matinée par la commission des
Affaires culturelles de l’Assemblée.
Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, avait promis qu’on
verrait « surgir » du débat parlementaire des « apports très intéressants ».
Au rayon des surprises figure l’adoption d’un amendement qui crée « les
établissements publics des savoirs
fondamentaux ». Ils permettront de
regrouper des écoles avec un collège
au sein d’un même établissement
public local d’enseignement, à l’initiative des collectivités territoriales.
C’est ce que, dans le jargon de
l’Education nationale, on appelle
l’« école du socle », à savoir un
regroupement des classes où
s’apprennent les savoirs fondamentaux, de la petite section de maternelle à la classe de troisième. « Cela
fait longtemps que le système éducatif
tourne autour de ces enjeux et que la
loi peut être l’occasion d’avancer très
fortement, s’est félicité Jean-Michel
Blanquer. On a un sujet de progrès
pour le système éducatif. »
Le député LR Patrick Hetzel a rappelé le rapport rédigé en 2010 par
Frédéric Reiss (LR). Il préconisait
déjà à l’époque de « jeter des ponts
entre le premier et le second degré ».
Ce type d’établissements, qui réduit
la rupture entre l’école et le collège,
sert la réussite des élèves, assurait
Frédéric Reiss, en citant les exemples de l’Allemagne et de la Finlande.
Les futurs « établissements
publics des savoirs fondamentaux »
tels qu’ils sont envisagés concerneraient les classes d’un collège et
d’une ou de plusieurs écoles situées
« dans le même bassin de vie », précise l’amendement. Ils ne doivent
être mis en place « que là où les communautés éducatives l’estiment
utile », a précisé la députée LREM
Cécile Rilhac, coauteure d’un rapport publié l’été dernier sur le sujet.
« Ces structures permettront, selon
elle, de faciliter le parcours et le suivi
individuel des élèves [et] surtout à de
très petites écoles d’atteindre une
taille critique rendant possibles certains projets pédagogiques et collaborations entre enseignants de cycles
différents », a-t-elle ajouté. La moitié
des 45.000 écoles de France comptent moins de quatre classes.
Un chef d’établissement
pour l’école et le collège
Cet établissement serait dirigé par
un chef d’établissement (celui du
collège), secondé par un directeur
adjoint qui exercerait, « sous son
autorité, les compétences attribuées
au directeur d’école ». Cécile Rilhac
justifie ce dispositif en estimant que
les tâches qui incombent aux directeurs d’école, sans aide administrative et avec très peu de décharges
dans les petites écoles, « pourraient
ainsi être réparties entre le directeur
adjoint et l’équipe administrative du
collège ».
La répartition des charges entre
les communes (qui gèrent les écoles) et les départements (qui gèrent
les collèges) pour les questions de
réparation, construction, extension
et autres feraient l’objet d’une convention. La spécificité du premier
degré et du second degré serait
« conservée à travers le maintien »
des conseils existants.
Les nouveaux établissements
seront aussi « une source de mutualisation de moyens », a glissé le
député LR Patrick Hetzel, mercredi,
à l’Assemblée. Un sujet sur lequel le
ministère de l’Education nationale
refuse, pour l’heure, d’en dire plus.
« La quasi-totalité des tâches du
directeur resteront dans les écoles,
diluées sur les deux ou trois maîtres
qui ne seront plus ni payés ni déchargés pour ces tâches. Belle économie,
joli coup », ironisait une enseignante sur Twitter. n
Les nouveaux
établissements
seront « une source
de mutualisation
de moyens. »
PATRICK HETZEL
Député LR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
AFRIQUE DU SUD : CHUTE
DES IMPORTATIONS
POLOGNE : LE PIB
A CRÛ DE 5,1 % EN 2018
L’Afrique du Sud a enregistré
un excédent commercial
record en décembre
(1,3 milliard de dollars)
en raison d’une chute
de 26 % des importations en
novembre, la plus importante
depuis juillet 2017.
Les machines-outils ont subi
le repli le plus brutal (– 31 %).
Les exportations, de leur côté,
se sont contractées de 13 %.
Le PIB de la Pologne a
augmenté de 5,1 % en 2018,
à prix constants par rapport
à 2017 où la croissance avait
été de +4,8 %, selon une
première estimation du GUS.
L’économie polonaise a été
tirée en 2018 principalement
par une forte consommation
intérieure, ainsi que
par les secteurs du bâtiment
et des transports.
+22 %
L’AUGMENTATION
DU TOURISME ÉTRANGER
EN TURQUIE
Près de 40 millions
de touristes étrangers ont
visité la Turquie en 2018. Une
hausse de 21,84 % par rapport à 2017, confirmant une
reprise après une période
noire pour le secteur, selon
le ministère du Tourisme.
L’Italie entre à nouveau en récession
l La péninsule enregistre une baisse de 0,2 % de son PIB au quatrième trimestre 2018.
l Deux trimestres consécutifs de repli qui font resurgir le spectre de la crise économique.
EUROPE
Olivier Tosseri
@oliviertosseri
— Correspondant à Rome
« L’Italie est à la vieille d’un nouveau
boom économique », prédisait Luigi
Di Maio au début de l’année. Elle est
entrée officiellement en récession.
D’après les chiffres de l’Istat publiés
ce jeudi, son PIB a reculé de 0,2 % au
quatrième trimestre après une contraction de 0,1 % le trimestre précédent. Deux replis de suite qui représentent un coup d’arrêt à une
hausse du PIB pendant quatorze trimestres consécutifs. La précédente
récession remonte à 2013. L’Italie
n’a toujours pas retrouvé son
niveau d’avant la crise de 2008.
Le président du Conseil Giuseppe Conte avait anticipé cette
« nouvelle contraction » imputée au
contexte international caractérisé
« Il faut insister sur
les grands chantiers
qui bénéficient déjà
de financements
comme celui de la
liaison ferroviaire à
grande vitesse
Lyon-Turin. »
VINCENZO BOCCIA
Président de la Confindustria
par les ralentissements chinois
et allemand. Ils expliquent en partie
celui des exportations italiennes
accompagné, précise l’Istat,
d’une « détérioration marquée de la
performance du secteur industriel
et une contribution négative de l’agriculture. »
Modifier son budget
Pour Luigi Di Maio, la responsabilité incombe surtout « au précédent
gouvernement de Paolo Gentiloni qui
nous a menti en nous disant que nous
étions sortis de la crise. Nous sommes
en train d’inverser la tendance. » Le
vice-président du Conseil se fait
l’écho de Giuseppe Conte qui
annonce une reprise au second
semestre 2019.
Le patronat leur reproche ces
effets d’annonce et un budget sans
effets concrets pour soutenir l’économie. Pour Confindustria, l’introduction d’un revenu de citoyenneté
et les départs anticipés à la retraite
facilités sont autant de ressources
soustraites aux investissements qui
manquent cruellement. « Il faut
insister sur les grands chantiers qui
bénéficient déjà de financements
comme celui de la liaison ferroviaire
à grande vitesse Lyon-Turin, a commenté son président Vincenzo Boccia. Il faut réagir immédiatement
sinon les prochains résultats seront
pires. »
C’est ce que confirment déjà la
Banque d’Italie et le FMI qui ont
abaissé leurs prévisions de croissance cette année à 0,6 % (avant
l’annonce de récession de ce jeudi),
soit moins de la moitié du rythme
prévu pour la zone euro. Certains
économistes estiment qu’elle ne
dépassera pas 0,3 %, voire 0,1 % sur
la base des chiffres du quatrième
trimestre 2018.
Des résultats bien loin de la prévision de 1,5 % de croissance sur
laquelle se basait le gouvernement
de Giuseppe pour élaborer son premier budget. Bien qu’il l’ait revue à
+1 %, sous la pression de Bruxelles,
les mauvaises performances de
l’économie transalpine rendront
très difficile le respect des engage-
ments budgétaires (déficit à 2,04 %
de PIB et stabilisation puis baisse du
ratio dette publique/PIB) âprement
négociés avec la Commission européenne. L’Italie devrait alors se
résoudre à modifier son budget. La
récession pourrait s’avérer un argument plus convaincant auprès des
populistes que les admonestations
bruxelloises.
(
« Les causes du ralentissement de
la zone euro devraient s’estomper »
3 QUESTIONS À
LOUIS HARREAU
Stratégiste BCE
au Crédit Agricole CIB
Lire l’éditorial
d’Eienne Lefebvre
Page 9
La croissance espagnole reste soutenue
Tenir au ralenti sans caler
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
L’économie espagnole tient le coup
malgré le ralentissement de son
entourage européen. Le PIB du pays a
progressé de 2,5 % en 2018, selon les
données provisoires publiées jeudi
par l’institut national de statistiques.
C’est mieux que les performances de
ses voisins, même si c’est inférieur
aux 3 % de l’exercice antérieur et que
Madrid se prépare à un coup de frein.
« Il est normal que la croissance soit
progressivement plus modérée », relativise la ministre de l’Economie,
Nadia Calviño, qui refuse de tirer le
signal d’alarme, même si elle tablait
sur une croissance de 2,6 % en 2018.
« Les chiffres du dernier trimestre
(avec 0,7 % de croissance) ont
été meilleurs que prévu », souligne-telle, en anticipant une progression de
2,2 % cette année. « Nous avons commencé 2019 d’un bon pied et nous
avons un schéma de croissance
robuste. »
Un net refroidissement
Le dynamisme de l’économie au
quatrième trimestre a été tiré, sur-
Les exportations espagnoles sont reparties avec une hausse de 2 %
au dernier trimestre 2018. Photo Josep Lago/AFP
tout, par la hausse (1,2 %)
des dépenses des administrations
publiques, alors que les entreprises
ont en revanche freiné leurs investissements, en matière d’équipement et de machinerie, surtout, de
1,5 %. Mais l’une des bonnes surprises du quatrième trimestre a été la
reprise des exportations qui sont
reparties avec une hausse de 2 %,
dans un contexte international
compliqué. Si positifs soient-ils, ces
chiffres attestent malgré tout un
net refroidissement de l’économie
espagnole, qui avait surfé allègrement sur une croissance au-dessus
de 3 % depuis 2015. Cette dynamique lui avait permis de sortir rapidement de la crise et de remonter la
pente avec la réactivation de la con-
« Le pays a bénéficié ces dernières
années des vents favorables de la politique monétaire, de la baisse des prix
du pétrole et de la manne du tourisme, qui revenait vers l’Espagne
identifiée comme une destination
sûre face à l’instabilité de la Méditerranée orientale, mais la question est
de savoir s’il est armé pour faire
maintenant face à un changement de
cycle », avertit Raymond Torres,
directeur de conjoncture de l’institut Funcas, qui pronostique une
décélération douce du PIB espagnol, à 1,8 % en 2020 et 1,7 % en 2021.
« Le moteur a fonctionné ces dernières années à plein régime, on va voir
maintenant s’il réussit à tenir au
ralenti sans caler », ajoute Florentino Felgueroso de l’institut d’économie appliquée Fedea.
Pour faire face au ralentissement
de la conjoncture, les experts réclament des réformes du travail et de la
fiscalité afin d’améliorer la productivité, mais elles n’ont que peu de chances de prospérer dans l’immédiat,
alors que le gouvernement de Pedro
Sánchez continue de naviguer à vue,
à la recherche d’alliés pour défendre
au Parlement son budget 2019, toujours en souffrance. n
DR
sommation et la création de
400.000 à 500.000 emplois par an
en moyenne, pendant que le chômage refluait depuis les taux
record de près de 27 % en 2013 à
14,45 % actuellement.
Le PIB du pays a progressé
de 0,7 % au dernier trimestre, largement au-dessus de
la moyenne de la zone euro,
même si la croissance
devrait continuer progressivement de ralentir.
a panne technique dans
l’industrie automobile
allemande, le ralentissement de la consommation en
France et la hausse des taux en Italie, qui expliquent le fléchissement
de la croissance à la fin 2018,
devraient disparaître cette année.
L
Quelles sont les causes
du ralentissement
de la zone euro ?
Les signaux négatifs se sont multipliés ces derniers mois. En France,
il y a eu le ralentissement de la
consommation dû au phénomène
des « gilets jaunes », en Allemagne,
les effets persistants du « Diesel
gate » qui ont débouché sur une
faible croissance d’environ 0,1 %
au dernier trimestre, et en Italie, le
resserrement des conditions de
financement des banques. Il y a
aussi des facteurs extérieurs à la
zone euro, en particulier les tensions commerciales et, beaucoup
plus pesant, le ralentissement de la
croissance chinoise au dernier trimestre 2018 qui a pesé sur les exportations allemandes.
1
Le fléchissement
de la croissance
va-t-il perdurer au cours
des prochains mois ?
Les causes du ralentissement dans
la zone euro devraient, en principe,
s’estomper ou disparaître comme la
panne du secteur automobile allemand, la faible consommation en
France et la remontée des taux en
Italie. Les investissements devraient
repartir tout comme la consommation des ménages. La croissance sera
faible l’an prochain en Italie, autour
de 0,5 %, mais elle sera positive. Ce
qui paraît clair, c’est que la dérive
budgétaire du gouvernement italien, au lieu de relancer l’économie,
n’a fait que la ralentir. S’agissant des
facteurs externes qui ont pesé sur
l’activité dans la zone euro, on
s’attend à ce que le ralentissement
chinois ne dure pas. Mais beaucoup
dépendra de l’évolution de la guerre
commerciale entre les Etats-Unis et
la Chine avec l’incertitude sur une
éventuelle action de l’administration Trump contre des produits
européens. La zone euro dans son
ensemble garderait un rythme de
croissance assez solide, de 1,5 %.
2
Faudrait-il que
l’Allemagne relance
son économie et redevienne
la locomotive de la zone euro ?
C’est une question éternelle mais
elle prend une acuité particulière
avec le coup de frein observé ces
derniers mois. La zone euro aurait
tout à gagner d’une relance budgétaire en Allemagne d’autant qu’elle
arrive en fin de cycle conjoncturel.
Au-delà de l’aspect conjoncturel, il
y a un sous-investissement avéré,
tant public que privé, dans ce pays.
Et qui dit sous-investissement dit
moindre croissance à l’avenir. Cela
fait longtemps, en tout cas, que
l’Allemagne n’a pas connu une
croissance aussi faible. Elle devrait
plafonner à 1,3 % cette année selon
nos prévisions, contre 1,6 % pour la
France.
Propos recueillis par C. C
3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
Nathalie Loiseau, missionnaire
d’Emmanuel Macron à Varsovie
Parlement
européen :
les lobbys
un peu mieux
surveillés
l Lors d’une visite de deux jours à Varsovie, la ministre des Affaires européennes a tenté de
relancer le dialogue avec le gouvernement polonais et de l’attirer dans le camp des pro-européens.
l Une mission difficile à quelques mois des élections au Parlement européen.
EUROPE
EUROPE
Catherine Chatignoux
@chatignoux
— Envoyée spéciale à Varsovie
Sur l’un des écrans de la salle de contrôle de Frontex, au 11e étage d’une
tour du quartier moderne de Varsovie, une opération est en cours. Un
bateau de pêche voguant sur la mer
Adriatique a été repéré par l’avion de
surveillance qui le survole. Suspecté
de transporter de la drogue ou des
produits de contrebande, son signalement va être communiqué par les
équipes de l’agence européenne aux
autorités italiennes compétentes
qui décideront si elles arraisonnent,
ou pas, l’embarcation. Ce récent dispositif de surveillance aérienne en
temps réel a été présenté mardi à la
ministre des Affaires européennes,
Nathalie Loiseau, lors de sa visite de
48 heures en Pologne. Il vient ajouter
une nouvelle offre aux services déjà
nombreux de Frontex.
L’agence dont le rôle est d’assister
les Etats dans la protection de leurs
frontières extérieures a tout pour
plaire aux autorités polonaises. Elle
scrute les passages de migrants illégaux aux frontières, s’attaque aux
trafics en tout genre et aide les gouvernements à renvoyer les déboutés
de l’asile dans leur pays d’origine. Le
gouvernement de Mateusz
Morawiecki a p ourtant émis
des réserves sur le projet de renforcement du rôle et des moyens de
Frontex. Il bute sur le nombre
– 10.000 agents opérationnels, contre 1.500 actuellement – d’ici à 2020
et sur les pouvoirs d’exécution qui
leur seraient octroyés. La Pologne
s’oppose par principe à tout ce qui
pourrait altérer le plein exercice de
sa souveraineté.
Maintenir le dialogue
C’était toute la difficulté de la mission de la ministre des Affaires européennes à Varsovie, où elle se rendait pour la deuxième fois depuis
l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel
Macron : maintenir le dialogue avec
un pays aux idées radicalement dif-
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
Le ministre polonais des Affaires européennes, Konrad Szymański, son homologue française, la ministre des Affaires européennes,
Nathalie Loiseau et Ewa Ośniecka-Tamecka, la vice-rectrice du Collège d’Europe de Natolin. Photo Janek Skarzynski/AFP
férentes sur l’avenir de l’Europe. Et
montrer que, derrière leur apparente communion sur les questions
européennes, les pays de l’Est ne forment pas un bloc homogène. « La
Pologne n’est pas la Hongrie, et ici
l’opinion publique est très européenne. Le gouvernement a intérêt à
lui donner des gages », explique la
ministre. Sur l’épineuse question du
droit d’asile, Nathalie Loiseau
espère désolidariser Varsovie de son
inflexible voisin hongrois. Si la porte
est définitivement fermée à l’accueil
de réfugiés via des quotas obligatoires, l’idée d’offrir une autre forme de
solidarité ferait son chemin.
La contribution de la Pologne
pourrait se traduire par la mise à
disposition de Frontex d’une partie
de ses propres gardes-frontières
qui constituent le plus gros
bataillon d’Europe (25.000 contre
15.000 en Allemagne). La ministre a
relevé aussi une ouverture de son
« La Pologne n’est
pas la Hongrie et ici
l’opinion publique
est très européenne.
Le gouvernement a
intérêt à lui donner
des gages. »
NATHALIE LOISEAU
La ministre française des
Affaires européennes
homologue Konrad Szymanski sur
la possibilité de nouvelles ressources propres pour le futur budget
pluriannuel européen, signe selon
elle d’une « acceptation de l’intégration européenne ».
Pas facile d’arracher des compromis à un pays que l’on n’hésite pas,
par ailleurs, à stigmatiser. Nathalie
Loiseau a douché les espoirs de son
homologue Konrad Szymanski qui
espérait que, après avoir reculé sur la
réforme de la Cour suprême, les
Européens abandonneraient leurs
poursuites sur les atteintes polonaises à l’Etat de droit. Il n’en est rien et la
ministre a été très claire lors d’un
débat avec Konrad Szymanski au Collège d’Europe de Natolin : « La démocratie, l’Etat de droit sont le socle sur
lequel on a bâti notre maison commune. Ce n’est pas négociable. La capacité d’avoir une coopération entre les
polices et les justices repose sur la confiance qu’on peut avoir dans les systè-
mes judiciaires de ses voisins. » Le
Polonais lui a répondu en revendiquant « la liberté d’interpréter les
valeurs européennes » et sa volonté de
« ne pas céder notre patrimoine à des
mains politiques », sous-entendu celles de la Commission européenne.
Pour lui, « on ne peut pas construire
l’Europe contre ses Etats ».
Poussée par la pénurie de
main-d’œuvre, la Pologne
fait venir de plus en plus
de migrants de pays
musulmans, à l’opposé de
son discours anti-immigration et anti-islam.
De la main-d’œuvre étrangère est de plus en plus employée en Pologne. Photo P.Malecki/The New York Times
intégrés ici et personne ne s’en
plaint », entend-on à Varsovie. Cette
filière risque toutefois de s’assécher
car, plus à l’ouest, l’Allemagne est
elle aussi à court de main-d’œuvre
et cherche désormais à attirer ces
travailleurs de l’Est. Elle a de bonnes
chances d’y parvenir, compte tenu
des salaires et des très bonnes conditions de travail qu’elle offre.
Le sort des réfugiés
C’est ainsi que, depuis 2016, d’autres
populations de migrants sont
venues s’ajouter aux Ukrainiens en
Pologne. Tandis que le gouverne-
ment conservateur de Mateusz
Morawiecki continue à tenir un discours nationaliste et anti-migrants
et s’oppose à ses partenaires européens sur le sort des réfugiés, il
déploie une politique d’immigration économique de plus en plus
active vis-à-vis de pays très peu
A quelques mois des élections
européennes, le contraire aurait
été embarrassant. Les députés
européens ont approuvé, jeudi,
un texte qui doit améliorer la
transparence de leurs pratiques.
Sa principale innovation : il rend
obligatoire, pour les principaux
protagonistes d’un dossier, de
rendre publics les rendez-vous
qu’ils auront avec les lobbyistes.
L’issue du vote n’avait rien de
garanti car les conservateurs du
PPE, emmenés par la droite allemande, avaient exigé que le vote
se fasse à bulletins secrets. Une
démarche qui avait été très
décriée car elle démontrait le
degré de réticence de nombreux
députés en matière de transparence. Finalement, ce vote secret
n’a pas empêché une écrasante
majorité d’approuver le texte :
496 députés l’ont voté, contre 114
qui l’ont rejeté (et 33 abstentions). Explication d’un bon
connaisseur des arcanes du Parlement : « Beaucoup, chez ceux
qui espéraient un rejet du texte,
ont sous-estimé le fait que de nombreux députés ne reviendront pas
dans le prochain Parlement et se
sont donc fait un plaisir d’approuver cette obligation supplémentaire pour leurs successeurs. »
Partenaire coriace
La ministre des Affaires européennes a annoncé la venue prochaine
d’Emmanuel Macron apparemment décidé à ne pas lâcher ce partenaire coriace et à le convaincre de
coopérer plus étroitement, s’il veut
cesser d’être un Etat membre de
seconde catégorie. A moins que
l’intention du président de la République ne soit d’organiser, en pleine
campagne électorale pour les européennes, une bataille « in vivo » entre
les progressistes qu’il dit représenter
et le nationalisme qu’il combat. n
Le grand écart de la politique migratoire polonaise
Depuis quelques années, la Pologne
manque de bras. L’économie est
l’une des plus florissantes de
l’Union européenne et les usines
tournent à plein régime. Tous les
métiers ou presque sont recherchés : de l’ouvrier au maçon, du serveur au camionneur. Le marché du
travail est d’autant plus tendu que la
population vieillit, que le chômage
est au plus bas (3,3 % en 2018 selon
Eurostat), et que le petit million de
Polonais parti pour le RoyaumeUni ne reviendra pas, même en cas
de Brexit.
Jusque-là, le gouvernement
polonais a puisé dans l’immense
réserve des migrants ukrainiens.
Un million d’entre eux travaillent
actuellement en Pologne, selon la
banque centrale polonaise NBP, et
on estime qu’une proportion équivalente y est employée au noir.
L e s U k r a i n ie n s o n t u n a t o u t
majeur : ils ont des cultures proches des Polonais et sont de confession chrétienne. « Ils sont très bien
Les eurodéputés
ont approuvé très
nettement, jeudi,
un texte sur
les rapports
avec les lobbys.
catholiques… Depuis 2015, date à
l a q u e l l e Va r s o v i e s ’é t a i t v u
octroyer un quota de 6.182 demandeurs d’asile – syriens et irakiens
pour la plupart – qu’elle a toujours
e t s ys t é m a t i q u e m e n t r e f u s é
d’accueillir, la Pologne a accordé
des titres de séjour à 7.200 Turcs,
3 . 0 0 0 Pa k i s t a n a i s , à p l u s d e
2.000 Bangladais et à autant
d’Egyptiens et d’Irakiens. Sans
compter les Indonésiens et les Ouzbeks, en nombre moindre. Rien
qu’en 2017, le pays a fait venir plus de
Pakistanais que de Philippins. Au
total, « le gouvernement a fait entrer
dans le pays sans trop de publicité
bien plus de migrants musulmans
que les quelques milliers de réfugiés
syriens que ses partenaires européens lui demandaient d’accueillir en
2015 », note un diplomate.
Les autorités polonaises, qui
redoutaient un « effet d’aspiration » des migrants lorsqu’il
s’agissait d’appliquer la solidarité
européenne, ne semblent plus
redouter les conséquences de
l’influence de l’islam sur la
« Pologne pure » qu’elles prétendent protéger. Cette schizophrénie politique interroge en tout cas
sur la sincérité de la ligne anti-migrants du gouvernement.
— C. C.
Tous les députés
devront signer une
nouvelle charte.
Ils s’engagent à
refuser toute forme
de harcèlement.
Le texte voté jeudi prévoit également, dans la foulée du mouvement #MeToo, la création
d’une charte que tous les députés devront signer, par laquelle
ils s’engagent à refuser toute
forme de harcèlement. Une disposition purement déclarative,
tandis qu’une autre mesure non
contraignante est actée : celle
par laquelle les députés qui le
souhaitent pourront rendre
public l’usage qu’ils feront de
l’enveloppe de 4.416 euros qu’ils
reçoivent, chaque mois, au titre
des « frais généraux ». L’idée de
rendre obligatoire une telle
publication n’a même pas été
soumise au vote. L’espoir des
partisans de la transparence
étant qu’une dynamique vertueuse s’enclenche et que la
pression médiatique finisse par
obliger les plus récalcitrants à s’y
plier.
Leçons de transparence
Au final, le texte approuvé jeudi
reste très modéré. Car les obligations relatives aux lobbys ne
s’appliquent qu’à quelques
députés clefs dans un processus
législatif, et rien n’empêchera
ces derniers de rencontrer qui ils
voudront hors de l’enceinte du
Parlement. De quoi relativiser
les grandes leçons de transparence que ne manquent pas de
donner certains députés européens à la Commission européenne dans ce domaine. Une
Commission dont les règles en
matière de transparence sont,
en réalité, plus strictes. n
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08 // MONDE
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
Pékin et Washington ont
30 jours pour sortir du conflit
l Donald Trump et Xi Jinping pourraient se rencontrer fin février.
l Le président américain fait de ce rendez-vous une condition pour un accord.
COMMERCE
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
et Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Un mois. C’est le temps qu’il reste à
Pékin et Washington pour trouver
un terrain d’entente en matière
commerciale, faute de quoi une
nouvelle salve de surtaxes douanières entrera en vigueur au matin du
2 mars. Mais alors qu’un énième
cycle de discussions a démarré
mercredi à la Maison-Blanche
entre une délégation chinoise
menée par le vice-Premier ministre
Liu He et l’administration Trump,
personne ne semblait croire jeudi à
l’annonce d’un compromis.
Et les maigres espoirs qui subsistaient ont été enterrés par un tweet
matinal de Donald Trump jeudi.
« Aucun accord final ne sera conclu
sans que mon ami Xi Jinping et moi
ne nous soyons pas vus dans un futur
proche pour nous entendre sur les
points les plus difficiles encore en suspens », a-t-il averti, alors qu’il devait
rencontrer le vice-Premier ministre dans l’après-midi.
Selon la presse américaine, Pékin
aurait proposé une rencontre entre
Tr u m p e t s o n h o m o l o g u e X i
Jinping en marge du sommet prévu
avec le leader nord-coréen Kim
Jong-un fin février, dans la station
balnéaire chinoise de Hainan. Un
rendez-vous qui, s’il est confirmé,
risque de susciter une attente
Le représentant au Commerce américain, Robert Lighthizer
(à droite), a rencontré le vice-premier ministre chinois, Liu He,
jeudi à la Maison-Blanche. Photo Andrew Harnik/AP/Sipa
démesurée chez les investisseurs,
qui voient les tensions commerciales entre les deux premières économies du monde comme un facteur
de déstabilisation majeur. Faute
d’accord avant la fin février, les surtaxes portant déjà sur 200 milliards
de dollars d’importations chinoises
passeront de 10 à 25 % dans la nuit
du 1er au 2 mars.
Aucune avancée
Les discussions entre les deux pays
achoppent sur les mêmes difficultés depuis des mois. Les Etats-Unis
veulent pousser Pékin à repenser
son modèle de développement centré sur des entreprises contrôlées
par l’Etat et à réduire les subventions. Ils veulent aussi mettre un
terme aux transferts de technologie
imposés aux entreprises américaines présentes en Chine, et au « vol »
de propriété intellectuelle, accusations contre lesquelles Pékin se
défend vigoureusement.
Mais Washington n’a presque
rien obtenu depuis que les discus-
Les investisseurs
voient les tensions
entre les deux
premières économies
mondiales comme
un facteur de
déstabilisation majeur.
sions ont démarré il y a environ un
an. Xi Jinping a, au contraire, remis
les entreprises d’Etat au cœur de
l’économie et il est difficile de le voir
faire des concessions sur ce point.
« La Chine entend se réformer mais à
son propre rythme et pas sous la
pression extérieure », indique Wang
Yiwei, professeur de relations internationales à l’université Renmin.
De son côté, la Chine aurait proposé d’acheter davantage de marchandises américaines, notamment dans l’agroalimentaire et
l’énergie, pour réduire le déficit
commercial entre les deux pays, et
suggéré qu’elle était prête à faciliter
l’entrée des investisseurs internationaux sur ses marchés.
Mais elle ne paraît guère disposée à revoir son modèle dirigiste.
« La Chine et les Etats-Unis ont
encore de fortes divergences sur tous
ces sujets-là et il y a peut-être eu trop
d’optimisme ces dernières semaines
sur l’issue des négociations », estime
Shi Yinhong, directeur du Centre
d’études américaines de l’université
Renmin à Pékin et conseiller du
gouvernement.
Si Trump met en scène sa propre
fermeté, il est en réalité lui aussi
sous pression. Le « shutdown » a
aggravé la fébrilité des marchés,
qui craignent un ralentissement de
l’économie américaine. Et alors
que démarre la campagne pour les
primaires en vue des élections l’an
prochain, Trump a besoin d’afficher une victoire politique en
matière commerciale.
La mise en accusation de l’équipementier de télécoms chinois Huawei lundi, par le département de la Justice, qui l’accuse
d’avoir volé des technologies et violé
les sanctions contre l’Iran, a
d’ailleurs été dénoncée par Pékin
comme une « manipulation politique ». n
Sous la pression de Washington, Pékin lâche
du lest sur les investissements étrangers en Chine
Une nouvelle loi
pourrait être adoptée
par le Parlement
dès le mois de mars.
Le vice-Premier ministre chinois,
Liu He, n’est pas venu les mains
vides à Washington. Alors que les
négociations commerciales entre
les Etats-Unis et la Chine ont repris
mercredi dans la capitale américaine, en présence d’un des plus
proches conseillers économiques
de Xi Jinping, Pékin envisage
d’assouplir les règles relatives aux
investissements étrangers dans le
cadre d’une nouvelle loi qui pourrait
être adoptée par le Parlement dès le
mois de mars, indique Xinhua.
Selon l’agence de presse d’Etat,
les investisseurs étrangers seraient
traités sur un quasi-pied d’égalité
avec leurs rivaux chinois et les
pouvoirs locaux ne pourraient
restreindre l’accès des firmes étrangères aux marchés domestiques
que « dans des circonstances particulières » et au motif de « l’intérêt
général ». De la même manière, les
gouvernements locaux ne seraient
alors plus en mesure de confisquer
des biens étrangers sans passer par
des procédures judiciaires. La liste
négative — énumérant les secteurs
dans lesquels les entreprises étrangères n’ont pas le droit d’investir —
serait réduite, tandis que la protection de la propriété intellectuelle
serait renforcée.
Urgent d’adopter une loi
Alors que le processus législatif
prend plus d’un an entre l’examen
d’un projet de loi et son adoption, la
décision d’accélérer le processus a
été prise après la convocation, par le
Comité permanent de l’Assemblée
populaire nationale (APN), d’une
session spéciale de deux jours cette
semaine pour procéder à un second
examen du texte. Il est « urgent »
d’adopter une telle loi, car la législation actuelle « peut difficilement rattraper les exigences changeantes liées
à la mise en place d’un nouveau système d’économie ouverte », a déclaré
le ministre de la Justice, Fu Zhenghua. Une fois adoptée, la nouvelle
loi remplacera trois lois existantes
régissant les coentreprises et les
entreprises à capitaux entièrement
étrangers.
L’accélération du calendrier concernant ce texte intervient alors que
Pékin cherche à donner des gages à
Washington afin de désamorcer la
guerre commerciale. Face à l’enjeu
de ces négociations, aucun expert
ne s’attend à l’élaboration d’un
accord complet à l’issue de ces deux
jours de discussions. Si Pékin semble disposé à augmenter massive-
ment ses importations américaines, il traîne les pieds face aux
demandes de l’administration
Trump concernant les réformes
« structurelles » de son économie.
Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a implicitement écarté l’idée d’un accord à ce
stade, en soulignant qu’il escomptait des « progrès significatifs ». Il a
rappelé qu’à l’issue de ces nouveaux
pourparlers, les deux parties disposeraient encore de 30 jours avant la
fin de la trêve décrétée le 1er décembre entre Donald Trump et son
homologue chinois Xi Jinping. Un
accord exhaustif semble d’autant
moins probable que ces pourparlers s’ouvrent alors que Pékin est
vent debout contre les chefs d’inculpation dévoilés par la justice américaine à l’encontre de Huawei, accusé
de fraude et d’espionnage.
F. Sch.
Foxconn défie Trump et renonce au made in USA
Le géant taïwanais
de la sous-traitance
réduit drastiquement
ses ambitions américaines.
Le projet avait été officialisé lors
d’une cérémonie à la Maison-Blanche en juillet 2017. Donald Trump
y voyait la preuve de sa capacité
à relancer la production sur le sol
américain et la concrétisation de sa
promesse de campagne « America
First ». A son côté, Terry Gou, le
patron du géant taïwanais de la
sous-traitance Foxconn, annonçait
la création dans le Wisconsin d’une
gigantesque usine de dalles LCD
à très haute définition. A la clef, la
promesse d’un investissement pluriannuel de 10 milliards de dollars et
la création de « dizaines de milliers
d’emplois ». La Maison-Blanche
saluait ce qui était, selon elle, le plus
grand investissement jamais réalisé
par une société étrangère dans l’histoire des Etats-Unis. Mais le soustraitant de la plupart des produits
d’Apple a décidé de réduire drastiquement ses ambitions américaines. « Au Wisconsin, nous ne construisons pas d’usine », a déclaré
Louis Woo, le bras droit de Terry
Gou, à l’agence Reuters. Foxconn
estime que la production d’écrans
LCD aux Etats-Unis n’a pas de sens,
les coûts de main-d’œuvre étant
élevés par rapport à l’Asie.
« Nous ne pouvons pas rivaliser »,
a poursuivi Louis Woo, pour qui
il serait plus rentable de produire
les écrans en Chine et au Japon,
de les expédier au Mexique pour
l’assemblage puis d’importer le
produit fini aux Etats-Unis. Une
stratégie à l’opposé de celle défendue par Donald Trump dans sa
guerre commerciale avec la Chine.
Foxconn envisage de créer dans
le Wisconsin un « pôle technologique » constitué d’installations de
recherche, d’opérations de conditionnement et d’assemblage.
« L’environnement du marché
mondial qui existait lorsque le projet
a été annoncé a changé, a justifié
Foxconn. Cela nécessite l’ajustement
des plans pour tous les projets, y compris le Wisconsin. » Cette annonce a
déclenché de vives réactions aux
Etats-Unis. « Cette nouvelle est dévas-
tatrice pour les contribuables du
Wisconsin », a déploré le démocrate
Gordon Hintz. Très critiqué dans
certains milieux, le projet Foxconn
avait été défendu par l’ancien gouverneur républicain du Wisconsin,
Scott Walke.
Si Foxconn a réitéré son intention
de créer les 13.000 emplois promis
dans le Wisconsin, la société a
reconnu que les recrutements
avaient ralenti. Quelque 5.200 personnes devaient être embauchées
d’ici à fin 2020. Le chiffre tournerait
aujourd’hui plutôt autour de 1.000.
Les trois quarts des emplois éventuels de Foxconn se situeraient dans
la R&D et la conception plutôt que
dans des emplois manufacturés.
F. Sch.
Europe et Japon
créent le plus
grand marché
du monde
LIBRE-ÉCHANGE
L’accord entre
l’Union européenne
et le Japon entre en
vigueur ce vendredi.
Il donne naissance
à un marché
de 635 millions
de consommateurs
pesant 30 %
du PIB mondial.
Richard Hiault
@RHIAULT
C’est l’accord qui a fait le moins
de bruit en Europe par rapport
à celui conclu avec le Canada
(Ceta) ou celui, avorté, avec
les Etats-Unis (TTIP), mais
c’est l’un des plus importants.
Il donne naissance à la plus
vaste zone de libre-échange au
monde. Dès ce vendredi, entre
en vigueur l’accord négocié
entre l’Union européenne et le
Japon. Signé en juillet dernier
à Tokyo, par le président de
la Commission européenne,
Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre japonais, Shinzo
Abe, le texte a été avalisé dans
la foulée par les chefs d’Etat
européens. Le Parlement européen, en décembre dernier, l’a
ratifié avec une majorité écrasante de 474 voix « pour » et
152 « contre ». Pour la petite
histoire, même du côté de
l’extrême droite française, certains comme Florian Philippot,
Aymeric Chauprade et Mireille
d’Ornano du groupe Europe de
la liberté et de la démocratie
directe (ELDD) ont donné leur
feu vert.
C’est un vaste marché de
quelque 635 millions de personnes totalisant environ 30 %
du PIB mondial qui voit le jour.
C’est un accord commercial
pur puisque Européens et
Japonais n’y ont pas inclus
de chapitre spécifique sur la
protection de leurs investissements respectifs.
Baisse des droits
de douane
Le texte consacre un abaissement généralisé des droits de
douane pour les produits agricoles, industriels et la fourniture de services sur une période
plus ou moins étendue en fonction des produits. Par exemple,
les taxes sur les vins et mousseux sont désormais de zéro
contre 15 % auparavant. Même
constat pour la viande de porc
transformée taxée à 8,5 %
avant. Les professionnels de la
viande bovine voient leurs
droits de douane passer de
38,5 % à 9 % d’ici à quinze ans.
Les fromagers européens
obtiennent aussi une annulation des droits à horizon de
quinze ans, contre une taxe de
29,8 % auparavant. Au total,
lorsque l’accord sera pleinement opérationnel, pas moins
de 1 milliard d’euros de droits
de douane auront été abolis. Et
les progrès ne s’arrêtent pas à
ces seuls tarifs.
Au total, 205 indications
géographiques protégées
européennes ont été reconnues
par le Japon. Les Européens
s’ouvrent les marchés publics
de l’Archipel, notamment sur
les services ferroviaires longtemps fermés, les hôpitaux
et la distribution d’électricité.
Quarante-huit villes japonaises
de près de 300.000 habitants
ouvriront leurs marchés
publics. Les Européens, confiants, anticipent une hausse
de 25 % de leurs exportations
vers le Japon et un triplement de
leurs ventes de produits alimentaires. De son côté, le Japon
s’ouvre les portes du marché
européen pour ses produits
électroniques et pour son
industrie automobile. Cet
accord est surtout bénéfique
pour les exportations de pièces
détachées, les constructeurs
japonais étant déjà bien implantés sur le continent et en Grande-Bretagne. Avec cet accord, le
Japon va pouvoir lutter à armes
égales avec ses concurrents sudcoréens. La signature de
l’accord entre l’Union européenne et la Corée du Sud, entré
en vigueur en juillet 2011, a favorisé l’accord nippo-européen.
Stratégiquement parlant, le
rapprochement du Japon de
l’Europe est une pierre dans le
jardin des Etats-Unis qui n’ont
toujours pas réussi à conclure
leur propre accord avec le
Japon et qui se sont retirés du
partenariat transpacifique. En
arrimant l’Archipel nippon au
Vieux Continent, les Européens
ont gagné une manche. n
205
INDICATIONS
GÉOGRAPHIQUES
protégées européennes ont
été reconnues par le Japon.
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// 09
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
SOMMAIRE
idées&débats
Le meilleur du Cercle Ode au déclin démographique
des Echos
La Chronique
Et si l’on parlait de l’autre France,
vive et positive ?
Le Point de vue
Trois mesures pour libérer le talent
des fonctionnaires
Focus
Pourquoi l’intelligence artificielle
n’est pas intelligente
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Une question de justice
Pinel pour « Les Echos »
La très paradoxale percée
des europhobes
Gabriel Grésillon
@GGresillon
—Correspondant à Bruxelles
L’Union européenne est décidément un objet bien déroutant :
impossible de la détester sans faire
la démonstration de sa raison
d’être.
Au mois de mai prochain, sauf
grande surprise, la sanction des
urnes promet d’être dure pour l’UE.
D’un peu partout en Europe monte
la voix de cet ensemble disparate,
rapidement rassemblé sous le
terme fourre-tout du « populisme », et coalisé autour du rejet
des élites. Sans se fier aux sondages
comme à des oracles, la plupart des
analystes convergent vers cette quasi-certitude : les partis traditionnels
vont souffrir. La droite du PPE (Parti
populaire européen) voit son socle
électoral se réduire dans nombre de
pays, tandis que la gauche de tradition social-démocrate semble assister à une érosion plus inquiétante
encore.
Face à ces piliers historiques du
Parlement européen, ce sont majoritairement des partis virulents
contre l’Union qui promettent
d’effectuer une percée. Au point que
beaucoup, à Bruxelles, redoutent
de voir la machine européenne se
bloquer : et si la capacité de nuisance de ces partis devenait suffisante pour rendre inopérant le Parlement européen ? Et si la
nomination, à Bruxelles, de commissaires par des gouvernements
ouvertement hostiles aux « technocrates » ouvrait la voie à une guerre
de tranchées au cœur même du
réacteur européen ? « Que deviendra l’intérêt général de l’Union quand
il sera débattu entre des commissaires qui ne s’entendent même pas sur
la nécessité d’une Europe forte ? »
s’interroge une pointure des institutions.
Au Parlement, c’est un piège diabolique qui pourrait être mis en
place, à long terme, si la puissance
des partis europhobes se confirmait. Car ce scénario obligerait les
europhiles à travailler ensemble
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
A mesure que
les partis populistes
s’imposent dans
le paysage européen,
leur discours
ouvertement hostile
à l’Union donne
à cette dernière
une reconnaissance
politique inégalée.
Les enjeux européens
ont rarement été
aussi présents
chez les électeurs
qui voteront en mai
prochain.
D
Les points à retenir
La plupart des analystes
•annoncent
une déroute
pour les partis traditionnels
lors des prochaines élections
européennes.
Critiquée comme jamais par
les « populistes » de tous les
bords, l’Union européenne
et les enjeux européens auront
rarement été aussi évidents
dans l’esprit des électeurs.
Les conditions réelles
du Brexit pourraient faire
pencher la balance.
•
•
pour trouver des compromis. Ce
qui alimenterait un peu plus l’argument de leurs adversaires consistant à renvoyer dos à dos les partis
de gouvernement traditionnels
pour se poser en seule alternative
possible.
Il y aurait pourtant un formidable paradoxe si un tel scénario se
déroulait en 2019. Car au moment
même où les partis populistes
vouent l’Union européenne aux
gémonies, celle-ci prend forme en
tant qu’incontestable objet politique et électoral. Il n’est pas abusif
d’affirmer que les enjeux européens
auront rarement été aussi évidents
dans l’esprit des électeurs qu’au
mois de mai prochain.
Le dernier exemple éloquent de
cette évolution impensable il y a
quelques années est l’intervention
très peu diplomatique de Luigi
Di Maio, l’un des vice-Premiers
ministres italiens, venu apporter
son soutien aux « gilets jaunes »
français. Si la prise de position est
inédite puisqu’elle consiste à attaquer frontalement un gouvernement avec lequel le même Luigi
Di Maio doit composer, au quotidien, dans les instances européennes, elle présente une certaine
logique : des parallélismes existent entre le Mouvement 5 étoiles
dont il est issu et celui des « gilets
jaunes » (rejet des élites et
demande de politiques plus redistributives).
De l’autre côté du spectre politique – mais la coalition italienne
prouve qu’une porosité est possible
entre ces deux mondes –, c’est Matteo Salvini, l’autre vice-Premier
ministre italien, qui vocifère contre
Emmanuel Macron et soutient, lui
aussi, les « gilets jaunes ». Le même
Matteo Salvini vient de se rendre en
Pologne pour tisser des liens avec
un régime de droite très conservateur et en pleine bataille contre
Bruxelles sur l’Etat de droit. Il
n’avait pas fait mystère de sa volonté
de rapprochement avec Viktor
Orban, en Hongrie, lui aussi partisan d’un nationalisme décomplexé
et limitant très fortement les con-
tre-pouvoirs dans son pays. Quant à
Marine Le Pen, elle ne cache pas sa
sympathie pour le très populaire
ministre de l’Intérieur italien, qui a
fait du rejet de l’immigration le
cœur de son argumentaire politique. Et qui, de fait, ne manquera pas
de se targuer de la baisse des flux de
migrants de 80 % dans son pays
l’année dernière.
Ce rapprochement des droites
dures, dont la forme reste à définir,
n’aurait pas eu lieu si la question
migratoire ne s’était pas imposée,
ces dernières années, comme un
sujet central et fondamentalement
européen. Certes, il ne faut pas s’y
tromper : cette unité pourrait s’avérer superficielle. Car le refus radical
des migrants implique des positions très différentes pour un nationaliste italien, qui souhaite que
d’autres pays accueillent les populations arrivées sur son sol, et ses
homologues français ou hongrois…
qui voudraient surtout que Rome se
charge seule de les expulser. Il
n’empêche : la question migratoire
est désormais, de facto, un enjeu
européen. Sauf à détruire Schengen
et à tuer le marché unique, il va falloir la résoudre collectivement.
Un autre sujet capital de dimension européenne promet de peser
très fortement sur le scrutin de
mai : le Brexit. Que le Royaume-Uni
sorte de l’Union au printemps sans
accord avec l’UE, et le probable
chaos qui s’ensuivra agira comme
une forte incitation, auprès des
électeurs, à se mobiliser pour soutenir l’Union. Qu’à l’inverse, un Brexit
d’apparence anodine se produise, à
la faveur d’une période de transition maintenant le statu quo, et c’est
l’illusion d’une sortie indolore qui
pourrait démobiliser les citoyens
européens.
Pour une fois, l’élection de mai
prochain pourrait bien ne pas être
un simple reflet de la somme des
débats politiques intérieurs. Dans
une grande ironie de l’Histoire, elle
consacrerait alors le caractère
incontournable de l’Union au
moment même où ses opposants
croient la voir enfin agoniser. n
L’affaire Alstom qui a conduit un salarié de
l’ex-champion tricolore de l’énergie derrière
des barreaux aux Etats-Unis a fait prendre
conscience aux cadres français qu’il fallait
se méfier de la justice américaine. L’affaire
Ghosn qui a débouché sur l’arrestation et
l’incarcération, depuis la mi-novembre, de
l’ex-patron
de Renault et de Nissan rappelle
Par David
aujourd’hui à tous les PDG qu’il faut aussi
Barroux
se méfier de la justice nippone.
Certes, Carlos Ghosn est peut-être
Sans renier
moins innocent qu’il le clame et ceux qui
son système remarquent qu’il n’y a pas de raison que la
justice soit ferme avec les voleurs de poules
judiciaire,
et qu’elle soit tendre avec les puissants
l’Archipel
coupables d’abus de biens sociaux ne
pourrait,
manquent pas d’arguments. Les Japonais,
sur ce dossier, qui soulignent qu’ils ne voient pas pourquoi
ils devraient accorder un traitement de
faire preuve
faveur à Carlos Ghosn sous prétexte qu’il est
d’un peu
étranger ou PDG, peuvent aussi faire valoir
que leur système judiciaire est peut-être dur
plus de
transparence. mais qu’il est le même pour tous et qu’il a
le mérite d’être efficace puisque l’Archipel
est l’un des pays les plus sûrs du monde.
Même si on ne peut suggérer aux Japonais d’ouvrir dans leurs
prisons un quartier VIP comme en a connu la Santé, cette affaire au
retentissement international devrait leur faire prendre conscience
qu’à bien des égards leur système juridique et carcéral n’est pas
digne d’une démocratie moderne. Que les accusés, quels que soient
leurs torts, aient aussi peu de droits et que les conditions de
détention de cols blancs soupçonnés d’avoir fraudé le fisc soient si
rudes nuit à l’image du pays. S’il voulait couper l’herbe sous le pied
de ses détracteurs, le Japon, qui semble si sûr de la culpabilité de
Carlos Ghosn devrait laisser cet accusé se défendre dignement.
Tant que certains pourront croire que la justice nippone a été plus
ou moins volontairement instrumentalisée par une direction de
Nissan qui cherchait à se débarrasser de Carlos Ghosn et que le
PDG franco-libanais est victime de pressions psychologiques ayant
pour but de le faire craquer alors que le dossier est juridiquement
faible, le Japon apparaîtra comme un pays arbitraire. Cette affaire
n’est pas une affaire nippo-japonaise mais bien un événement de
portée internationale qui mérite plus de transparence.
Les Français, qui ne manquent pas une occasion de se plaindre
de leur justice, devraient en tous les cas reconnaître que notre
système est plus protecteur pour les droits de la défense. Certes nos
prisons sont délabrées, nos tribunaux engorgés et nos juges parfois
trop partisans. Mais comparé à une Chine qui condamne sans
procès, des Etats-Unis où seuls les plus riches peuvent se payer une
libération sous caution et de grands avocats, et un système japonais
aux allures de tribunaux militaires, la justice française semble à la
fois plus équitable et plus digne.
(
Lire nos informations
Pages 16-17
L’Italie à contresens
Par Etienne Lefebvre
Une entrée en récession confirmée et un acquis de croissance négatif
de 0,2 % pour l’année 2019 : le verdict est tombé, jeudi, et il est sévère
pour l’économie italienne. Celle-ci est pénalisée par son exposition à
l’export, et donc au ralentissement en cours en zone euro et au niveau
mondial. Toujours prompts à rechercher des boucs émissaires,
les leaders de la coalition gouvernementale ont d’ailleurs renvoyé
la responsabilité de ce piètre résultat à la guerre commerciale
sino-américaine et au coup de frein allemand, avant de réclamer
à l’Union européenne une flexibilité accrue en matière budgétaire.
La péninsule est cependant avant tout victime de ses propres
insuffisances. Et de celles de ses gouvernants. L’arrivée du M5S et de
la Ligue au pouvoir, marquée par des déclarations à l’emporte-pièce
et de grandes incertitudes pour les acteurs économiques, a entraîné
une détérioration continue du climat des affaires. Le bras de fer
budgétaire avec Bruxelles, largement mis en scène pour des visées
électoralistes, a contribué à cette perte de confiance. Au-delà des mots,
la stratégie économique inquiète les chefs d’entreprise. Les mesures
de relance votées récemment par le Parlement vont-elles vraiment
soutenir l’activité ? Rien n’est moins sûr pour trois raisons. D’abord,
parce qu’en dégradant les comptes publics, elles s’accompagnent
de taux d’intérêt élevés, ce qui pèse sur le budget de l’Etat, les banques
et les entreprises. Ensuite, parce que les promesses électorales ont été
rognées (revenu de citoyenneté, plan d’investissement) ou n’auront
pas d’effet bénéfique pour la consommation (départs anticipés à
la retraite). Enfin et surtout, parce qu’elles ne s’attaquent pas aux
faiblesses de l’économie italienne : manque de productivité et de
compétitivité, administration inefficace, appareil de formation peu
performant, etc. Le gouvernement populiste ne va pas pour autant
changer de stratégie d’ici aux élections européennes.
Mais tôt ou tard, il devra rendre des comptes.
(
Lire nos informations
Page 6
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10 // IDEES & DEBATS
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Carlos Ghosn : « Je suis seul face à une armée qui me jette des horreurs au
visage »
2. Brexit : le quitte ou double britannique place les Européens face à un
dilemme existentiel
3. Au parloir de la prison de Kosuge avec Carlos Ghosn
4. Tesla rentable pour le deuxième trimestre d’affilée
5. La famille Boeing va encore s’agrandir en 2019
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Ode au déclin
démographique
Trump
et « House of Pain »
Pour l’économiste Adair Turner,
la diminution du nombre d’habitants
est une bonne chose pour la planète
et pour l’humanité.
des taux de fécondité plus bas : celui du Chili
est largement inférieur à celui de l’Argentine
(2,27), et les Etats indiens les plus riches,
comme le Maharashtra et le Karnataka, ont
aujourd’hui des taux de fécondité voisins de
1,8. Dans les Etats plus pauvres de l’Uttar
Pradesh et du Bihar, des taux supérieurs
à 3 sont encore observés. […] Dans toutes les
économies prospères, où les femmes sont
instruites et libres de choisir, la multiplicité
des comportements individuels se traduit en
moyenne par un taux de fécondité inférieur
au seuil de remplacement. »
BIEN-ÊTRE « Des taux de fécondité à
1,8 enfant par femme seraient supportables et
amélioreraient la condition de l’humanité.
On peut rendre les systèmes d’allocations
abordables en relevant l’âge moyen du départ
à la retraite […]. Une réduction légère de la
main-d’œuvre contribuerait à contrebalancer
l’impact destructeur de l’automatisation
sur les salaires et sur l’accroissement des
inégalités. […] Au niveau mondial, moins
nombreuse sera la population, moins dure
sera la compétition pour l’usage des terres
[agricoles]. »
PERSPECTIVES « Ce déclin mondial ne
surviendra pas, toutefois, avant un siècle.
En réalité, le premier défi démographique qui
menace le bien-être de l’humanité est les taux
de fécondité élevés et la croissance
démographique rapide qu’on observe encore
au Pakistan, dans la plupart des pays du
Moyen-Orient et en Afrique, où la population
totale, selon les Nations unies, pourrait
passer de 1,3 milliard aujourd’hui
à 4,5 milliards en 2100. »
a
A lire l’intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
la folie des dernières semai•nes« Après
– le « shutdown » et les « smackdowns » (les émissions télévisées de
catch, NDLR), les incitations à la
haine et les accusations –, il serait
facile d’oublier que le nouveau Congrès
a beaucoup de pain sur la planche :
voter des lois, confirmer des nominations et, pour la Chambre des représentants démocrate, contrôler le pouvoir exécutif. Un énorme contrôle »,
écrit le « New York Times ». Car, pour
le quotidien, pendant deux ans, les
« républicains effrayés » ont laissé
faire le président Trump. Or, presque
jamais dans l’histoire américaine, la
Maison-Blanche a fait la démonstration de la nécessité d’un contre-pouvoir pour surveiller sa corruption,
son incompétence, son mépris de la
Constitution et ses attaques contre la
démocratie. Mais « justement parce
qu’il y a tant de sujets », les démocrates doivent agir « avec prudence » en
évitant d’apparaître comme des idéologues. Car, si certains adoreraient
« torturer » quotidiennement le président avec les nombreuses enquêtes
dont il fait l’objet, « les démocrates à la
Chambre ne peuvent pas s’aliéner les
électeurs indépendants ou hésitants
qui seront nécessaires lors des élections de 2020 pour s’en débarrasser ».
Une blague circule à Washington :
« Il faudrait construire une tour de
contrôle pour surveiller toutes les assignations à comparaître, volant du
Capitole à la Maison-Blanche. » Ce qui
serait contre-productif. Et le journal
propose plutôt de se concentrer sur
quelques grandes affaires. En
d’autres termes, il s’agit de ne pas
transformer la série « House of
Cards » en « House of Pain » (maison
de la Torture).— J. H.-R.
Envisager
le voyage autrement
LE PROPOS. Voyager ne se
L’INTÉRÊT. Toujours
accompagnées de beaux
portraits noir et blanc – une des
marques de fabrique de la revue
–, les interviews sont très
nourries et couvrent des
approches très variées. Un
regret, toutefois : la présence
d’une seule femme interrogée –Sofia Stril-Rever, sanskritiste,
indianiste et tibétologue, proche
de Matthieu Ricard – sur huit
interviewés. Dommage, pour un
sujet où les femmes spécialistes
ne manquent pourtant pas…
Cette France dynamique est caricaturée comme étant « celle des start-up », celle d’Emmanuel Macron,
à laquelle il accorderait trop de faveurs. Ci-dessus, Station F, à Paris, le plus grand campus de start-up au monde.
Et si l’on parlait de l’autre
France, vive et positive ?
Les « gilets jaunes » ne sont pas le miroir de la France. La surexposition médiatique dont ils sont l’objet ne doit pas faire oublier l’effervescence entrepreneuriale
à l’œuvre dans notre pays, qui promet de dynamiser notre capitalisme.
LA
CHRONIQUE
d’ Eric
Le Boucher
l ne faudrait pas croire et laisser
croire avec la crise des « gilets jaunes » et avec la mauvaise tournure
anti-ISF que prend le grand débat que la
France est un pays de gens éternellement égalitaristes, immobilistes et
aigris. Il ne faudrait pas, après ces semaines agitées, que la politique en revienne
à la conclusion chiraquienne que les
Français sont des râleurs frustrés et qu’il
convient de ne rien changer sinon accéder à leurs demandes et les assister plus
encore. Il est temps de rectifier cette
triste perspective.
« Le Français, une fois payées ses négligences, se redresse à l’improviste », notait
le général de Gaulle. Nous sommes dans
ce moment improviste. Il ne faut pas le
manquer. Il est une France vive et positive. Il s’est créé 691.000 entreprises l’an
passé, 100.000 de plus qu’en 2017. La
moitié des jeunes de 18 à 24 ans veulent
créer leur boîte. Le capital-investissement croît de 37 % l’an depuis 2012, la
France est n°2 en Europe derrière la
Grande-Bretagne qu’elle rattrape. La
France a de l’argent, elle a des savants,
des ingénieurs, des managers et elle a
une jeunesse aventureuse.
Rares ont été les époques dans l’histoire du pays, où une classe entrepreneuriale a émergé pour le transformer.
On songe au Second Empire, à la fin du
XIX° siècle, lors de l’avènement de
l’industrie. En cette deuxième décennie du XXIe siècle, avec Internet et les
biotechnologies, nous y sommes. Naît
un capitalisme français neuf, qui a la
caractéristique heureuse d’essayer
d’être écologiquement responsable et
socialement inclusif.
Cette France dynamique est caricaturée comme « celle des start-up », celle
I
LA REVUE
DU JOUR
résume pas, loin de là, au temps
des vacances – pour beaucoup –
ni aux voyages d’affaires – pour
certains. La revue « 8 regards
sur » permet, dans son troisième
opus, d’envisager le voyage
également sous d’autres facettes.
Quelques-unes sont assez
classiques, comme la littérature
de voyage, l’aspect durable du
tourisme ou les voyages vus par
le prisme de l’anthropologie.
D’autres sont plus inhabituelles.
A l’image des perspectives du
tourisme spatial ou la sociologie
de la migration.
Romain Gaillard/RÉA
FÉCONDITÉ « Les économies prospères ont
« 8 regards sur le voyage »
Troisième opus de la collection
Au fait, édité par les éditions
Cent Mille Milliards.
LA CITATION. « J’ai 107 pays au
compteur, mais ça ne fait pas du
grand voyageur que je suis quelqu’un
de supérieur. C’est ma façon de vivre,
un véritable mode de vie. C’est aussi
ma manière de rester éternellement
jeune, de ne pas devenir un vieux con
(sic). Car malgré tout, voyager est
quand même à mes yeux la meilleure
voie à emprunter pour devenir un
homme, la plus belle route à suivre
pour s’accomplir et donner un sens à
sa vie. » Pierre Josse, ex-rédacteur
en chef des Guides du Routard.
— Marianne Bliman
d’Emmanuel Macron, à laquelle il
accorde trop de faveurs. Elle serait très
marginale. En réalité, la majorité du
pays souffrirait, comme l’a montré le
soutien de l’opinion publique aux
« gilets jaunes ». En réalité ? Voire. C’est
probablement la proportion inverse qui
est vraie. L’Insee dénombre 392 grands
groupes qui emploient 3,9 millions de
personnes. Ce capitalisme du CAC 40,
pour résumer, est de première qualité
depuis les années 1990. Les champions
français ont des positions excellentes
sur leurs métiers, leurs salariés sont
bien payés. L’Insee ajoute 5.800 entreprises de taille intermédiaire qui
emploient 3,3 millions de personnes,
souvent dans l’industrie, et 135.000 PME
qui comptent 3,7 millions de personnes.
Nous parlons de ces deux catégories, le
nouveau capitalisme français naît là.
En France, il s’est créé
691.000 entreprises
l’an passé, soit 100.000
de plus qu’en 2017.
La France a de l’argent,
des savants, des
ingénieurs, des groupes
florissants et de
nombreux jeunes qui
veulent créer leur boîte.
Il a deux caractéristiques particulières. La France, comme l’explique
Olivier Millet d’Eurazeo, n’a pas de
fonds de pension à cause de la
retraite par répartition, elle ne peut
pas compter sur la Bourse trop algorithmique et erratique pour jouer
son rôle de financement, et l’ISF a fait
fuir les familles. Mais la France a des
fonds d’investissement les plus
importants d’Europe. Sous l’impulsion catalysante de la Banque publique d’investissement (BPI), ils sont
divers, très affûtés, en concurrence
ent re eu x. L’essent i el est q u’ i l s
accompagnent pendant plusieurs
années les créateurs d’entreprise. Pas
seulement avec de l’argent, mais avec
des conseils permanents pour la digitalisation, pour l’exportation, pour
les ressources humaines, pour l’environnement. Cette « bonne » finance
pousse l’entrepreneur non pas à couper dans les coûts, mais à doubler son
chiffre d’affaires, meilleure manière
pour valoriser leur apport.
Pour que ce capital-risque ait un
effet macroéconomique, il fallait surmonter deux obstacles. Le premier
était le montant des mises. Dès que
l’entreprise a besoin de 100 millions
d’euros pour financer son internationalisation, elle devait se tourner vers
les fonds américains. Ce handicap est
en train de disparaître. Les fonds ont
levé 17 milliards d’euros en 2017,
beaucoup commencent à être de
taille pour empêcher la fuite de nos
pépites. Le deuxième obstacle est la
timidité des ambitions. Créer son
entreprise est un calvaire, fiscal,
social. Beaucoup de ceux qui se lancent revendent dès qu’ils se sont enrichis assez pour posséder leur domicile et une maison de vacances.
Nicolas Dufourcq, le directeur général de la BPI, ne s’est pas arrêté sur ces
« Samsuffit ». La BPI est « une psycho-banque », explique-t-il. Il fait
repérer les pépites, leur offre des
cours dans une « école des performances », les emmène à l’export, les
émule, les expose dans les Salons
californiens.
Nicolas Dufourcq, qui joue dans le
bouillonnement de ce nouveau capitalisme français un rôle central, à
l’image de ce qu’un Paul Delouvrier
avait fait pour moderniser l’administration après-guerre, conclut :
« Comme une entreprise, un pays ça
se réveille.» Voyez, c’est en train. Cessez d’être aveuglés par les marginaux
« gilets jaunes ».
Eric Le Boucher est éditorialiste
aux « Echos ».
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
opinions
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4. TF1 vend son activité de téléachat
5. Tri des déchets : les fast-foods dans le viseur du gouvernement
LE POINT
DE VUE
de Nicolas Bouzou
et Julia de Funès
Trois mesures
pour libérer le talent
des fonctionnaires
« Gilets jaunes » :
sommes-nous en 1848 ?
L’ŒIL
DU PHILOSOPHE
e gouvernement a raison de vouloir réformer la fonction publique, mais sa méthode n’est pas la
bonne pour deux raisons : parce qu’il
confond les moyens et les objectifs ;
parce qu’il ne modifie pas en profondeur
le management des fonctionnaires.
Pour être efficace, cette réforme doit
avant tout avoir un sens : rendre l’Etat
plus efficace afin qu’il serve mieux l’intérêt général. Cette idée est simple mais
rarement énoncée. Les propositions du
gouvernement (appel aux contractuels,
rémunération au mérite, plan de
départs volontaires) sont défendables
techniquement mais, si elles ne s’incarnent pas dans une ambition finale clairement définie, elles auront du mal à
recevoir le soutien des Français et seront
rejetées par les fonctionnaires.
Il existe un vrai malaise managérial
dans la fonction publique que le gouvernement ferait bien de traiter à la
racine dans l’intérêt de tout le pays.
Malheureusement, il existe peu de données incontestables sur le niveau de
démotivation des 5,5 millions de fonctionnaires, sur les maladies professionnelles ou la façon dont ils perçoivent
leur management. Plusieurs études,
notamment de la Cour des comptes,
sous-entendent néanmoins que
l’absentéisme est plus fort dans la fonction publique (territoriale en particulier) que dans les entreprises.
Attention toutefois à ne pas jeter
l’opprobre trop vite sur les fonctionnaires. Selon une étude récente de l’Institut
Sapiens, le manque d’efficacité des
fonctionnaires est moins dû à leur
paresse supposée qu’à l’impossibilité
L
LE POINT
DE VUE
de Jacques Ehrmann,
François Feijoo
et Christian Pim
ure année 2018 pour le commerce « physique » : soldes
décevants, météo défavorable,
déconsommation dans l’habillement,
déflation et guerre de prix dans l’alimentaire, concurrence accrue de l’e-commerce et, pour finir, blocages par les
« gilets jaunes » des ronds-points
d’accès aux sites commerciaux et aux
entrepôts logistiques en pleine haute
saison commerciale… Rarement une
année aura vu autant d’éléments défavorables affecter le secteur du commerce.
Dans un tel contexte, pourquoi le
législateur choisit-il ce moment très
malvenu pour accroître la fiscalité sur le
commerce, au travers notamment de la
taxe sur les parkings exploités commercialement en Ile-de-France, sorte de
double peine dans la mesure où ces stationnements servent exclusivement des
magasins déjà assujettis à une taxe de
même nature, qui, de plus, augmente ?
Pourquoi encore, alors qu’une taxe
Gafa franco-française sur les services
numériques se dessine, exonérer le
grand prédateur Amazon (spécialiste du
dumping et de la vente à perte, pourtant
interdite, en toute impunité) et certains
autres pure players sur leurs activités
retail alors qu’ils délocalisent leurs profits en Irlande, au Luxembourg ou
ailleurs ? Dans le même temps, les commerçants physiques demeurent assujet-
D
qu’ils ont d’agir de manière autonome
et responsable. Ils appliquent plus qu’ils
n’agissent. Cette rigidité organisationnelle sclérose.
Pour contribuer à résoudre ces problèmes dans le cadre d’une réforme qui
fasse sens, nous proposons trois mesures. En premier lieu, nous proposons de
changer radicalement les modes de
nomination aux postes de direction. Un
bon enseignant ne fait pas nécessairement un bon chef d’établissement. Mais
un chef d’établissement n’ayant pas
enseigné n’aura pas de crédit vis-à-vis
Il faut changer
les modes de nomination
aux postes de direction.
Il faut augmenter
les primes collectives
plutôt qu’individuelles.
de ses équipes. C’est pourquoi une combinaison de compétences managériales et techniques doit être systématiquement requise. Les comp étences
techniques sont nécessaires mais insuffisantes pour mener des projets et motiver des équipes. Le courage d’agir et le
leadership sont nécessaires mais insuffisants sans la connaissance technique
des métiers encadrés. Le recrutement
des directeurs et managers dans la
fonction publique (en particulier dans
les écoles, les hôpitaux et les prisons)
doit être revu dans ce sens.
En deuxième lieu, nous souhaite-
rions que le télétravail puisse être généralisé là où c’est possible. Il existe en
principe dans la fonction publique
mais, là encore, les données sont si difficiles à obtenir qu’on se demande ce que
cela cache. La réalité, c’est que les conditions exigées des employeurs pour
autoriser le télétravail deviennent telles
que l’on risque de tuer ce qui est un progrès pour les salariés. Or la rétention au
bureau des salariés souhaitant télétravailler n’est jamais gage d’efficacité.
Aucune responsabilité n’est pensable
sans liberté. Que la fonction publique
montre l’exemple en responsabilisant
et en flexibilisant au maximum le
recours au télétravail pour ses agents.
La loi doit le permettre.
Enfin, bien que la mode soit aux primes individuelles, nous suggérons que
la fonction publique augmente la part
des primes collectives au lieu de multiplier les objectifs individuels, les indicateurs, les tableaux de bord et les reportings insupportables qui en découlent.
Rémunérer plus un fonctionnaire
parce qu’il mettrait davantage de contraventions ou ferait plus de piqûres
l’épuise et ne sert pas l’intérêt général.
Un commissariat doit assurer la sécurité. Un hôpital doit soigner. C’est aux
managers et aux directeurs de la fonction publique de proposer des projets
collectifs et d’instaurer pour les
employés un retour à bonne fortune.
Nos fonctionnaires ont besoin de sens
et d’autonomie. Faisons une réforme
qui leur permette d’avoir les trois.
Nicolas Bouzou est économiste.
Julia de Funès est philosophe.
Pour une fiscalité
équitable entre toutes
les formes de commerce
tis à un florilège de 88 taxes différentes
sur le commerce, qui plus est en inflation permanente. La seule Tascom (taxe
sur les surfaces commerciales) ayant par
exemple augmenté de 600 % en dix ans !
Paradis fiscal pour les pure players et
purgatoire pour les lieux physiques de
vente, la France ne peut pas continuer
ainsi. Les 47 milliards d’impôts que le
Trésor public prélève sur le commerce
physique sont à risque, mais, plus grave
encore, ce sont les 3,5 millions
Les commerçants
physiques sont assujettis
à 88 taxes différentes.
A chiffre d’affaires égal,
l’e-commerce emploie
4 fois moins de personnel.
d’emplois du commerce français qui
peuvent être remis en question à terme.
Rappelons au passage que l’e-commerce emploie 4 fois moins de personnes que le commerce physique par euro
de chiffre d’affaires. En matière de fiscalité écologique, la profusion d’emballages, de suremballages, de camionnettes
de livraison, de stationnement en double file que génère l’e-commerce, tous
hautement toxiques pour l’environnement, justifierait largement que les
prescripteurs de ces 365 millions de
colis livrés chaque année paient leur
écot à la vie de la cité.
Un rapport sur la fiscalité locale du
commerce a été établi en 2018 par l’Inspection générale des finances à la
demande du gouvernement. Alors que
s’annonce un projet de loi des finances
locales dont le commerce physique
pourrait une fois de plus faire les frais, il
doit être publié et servir de base à une
indispensable concertation. Le législateur aura ensuite tous les moyens et
l’obligation morale, économique et
citoyenne de rétablir une fiscalité juste
et équitable entre toutes les formes de
commerce pour qu’un euro de chiffre
d’affaires paie la même contribution à
la collectivité, qu’il passe par Internet ou
par un achat direct en magasin. Alors
seulement, l’Etat aura joué son rôle de
régulateur.
Jacques Ehrmann est vice-président
exécutif du CNCC (Conseil national
des centres commerciaux).
François Feijoo est président
de Procos (Fédération pour
l’urbanisme et le développement
du commerce spécialisé).
Christian Pimont est président
de l’Alliance du commerce.
Par Roger-Pol
Droit
qui rendent un son familier à l’oreille de nos
contemporains : « L’État devait s’emparer
de la banque et des assurances. Les héritages
seraient abolis. On établirait un fonds social
pour les travailleurs. » Et, pour les élections ? « Il nous faut des citoyens purs, des
hommes entièrement neufs ! »
Hugo et les « gilets jaunes »
n dit que l’histoire ne se répète pas.
Ou bien, au contraire, qu’elle
tourne en rond. Hegel suggère
pour sa part que certains grands événements et personnages existent en double.
« La première fois comme tragédie, la seconde
fois, comme farce », ajoute Marx, au début
du 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1851). Il
est difficile de voir clair sur ces différents
points, parce qu’il existe, dans le flot des événements, bégaiements et répétitions autant
que singularités absolues. Aucune loi générale ne se dégage de manière incontestable.
Pourtant, dès qu’on musarde dans les
archives, force est de constater d’étranges
similitudes, des proximités troublantes,
parfois des coïncidences hilarantes entre
hier et aujourd’hui. Pour s’en convaincre,
une brève promenade parmi quelques récits
des journées révolutionnaires des 22-24
février 1848 donne l’impression d’entendre
« gilets jaunes » et « foulards rouges » de
2019. Ces débats enflammés ressemblent
aux nôtres à s’y méprendre. Mêmes conflits,
mêmes discours parfois délirants.
Flaubert, dans « L’Education sentimentale », donne écho, avec un humour caustique, aux prises de parole enfiévrées des
émeutiers. Louis-Philippe a abdiqué depuis
quelques heures seulement, mais l’impatience s’échauffe dans les clubs. « Est-ce que le
gouvernement n’aurait pas dû déjà abolir, par
un décret, la prostitution et la misère ? » En
quelques jours, il est envisagé de tout mettre
à bas et de tout refaire. Ici, un acteur éméché
propose « la réforme du théâtre ; et, d’abord,
plus de directions, plus de privilèges ! – Oui !
d’aucune sorte ! » Si l’on supprime grades et
hiérarchies, on doit en finir avec les examens. « Plus de baccalauréat ! – À bas les grades universitaires ! – Conservons-les, rétorque
un autre, mais qu’ils soient conférés par le suffrage universel, par le Peuple, seul vrai juge ! »
O
Haine envers les riches
La surenchère démagogique n’est donc
vraiment pas une nouveauté. La caricature
de la société non plus, d’ailleurs. Au fil des
discussions, Frédéric, le héros de Flaubert,
est confronté à la haine envers les riches. Un
orateur improvisé les décrit « se gorgeant de
crimes sous leurs plafonds dorés, tandis que
les pauvres, se tordant de faim dans leurs
galetas, cultivaient toutes les vertus. » Parmi
les mesures à prendre de toute urgence, les
insurgés de 1848 préconisent des mesures
Victor Hugo, dans quelques pages de ses
« Choses vues », donne une autre vision de
la même effervescence. « Beaucoup crièrent : À bas les riches ! – Non ! Non ! dirent les
autres » – altercation qui se retrouve, plus
que jamais, dans notre quotidien. Plus étonnant, on constate que des expressions du
jour étaient déjà en usage, à l’identique :
« Ceux qui sont en haut veulent rester en
haut, dit un insurgé. Est-ce que ceux qui sont
en bas ne vont pas monter à la fin ? » Et l’on
croit lire un portrait de bien des « gilets jaunes » quand Hugo décrit l’émergence
d’« une nouvelle et étrange classe d’hommes,
classe exaltée et fanatique, irritée quelquefois
à tort, quelquefois justement indignée ».
Atteindre la société
Tocqueville, lui aussi, rend compte de ce foisonnement de projets où « chacun proposait
son plan (…) L'un prétendait réduire l'inégalité
Force est de constater
d’étranges similitudes
entre hier et aujourd’hui.
La France est un théâtre
où se sont jouées de
mémorables tragi-comédies.
des fortunes, l'autre l'inégalité des lumières, le
troisième entreprenait de niveler la plus
ancienne des inégalités, celle de l'homme et de
la femme. (…) Ces théories étaient fort diverses
entre elles, souvent contraires, quelquefois
ennemies. » Ce qu’elles ont en commun,
malgré tout, Tocqueville le voit bien : non
pas réfléchir sur le gouvernement, mais
bien « atteindre la société elle-même ».
N’allons pas croire que nous sommes
simplement revenus au milieu du XIXe siècle. Mieux vaut s’apercevoir que le tohubohu de la parole politique est un fil rouge
de l’histoire moderne de la France. Par
intermittence, ce pays plonge dans un tourbillon de débats utopiques et de contestations, d’inventions et de délires, de divagations ineptes et d’innovations géniales. La
France est un théâtre où se sont jouées de
mémorables tragi-comédies – notamment
en 1789, 1830, 1848, 1871, 1936, 1947, 1968…
Reste à savoir quels sont les causes, et surtout les conséquences, de ces représentations. Mais c’est une autre histoire. n
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Renforcer l’implication des entreprises contre les addictions
Julien Damon
Idée. Les conséquences sanitaires et sociales des addictions et conduites
à risque en matière de tabac et d’alcool coûteraient, dans une fourchette large,
240 milliards d’euros. L’addition est encore plus salée si on ajoute les effets
collatéraux des stupéfiants. Afin d’intensifier l’engagement des entreprises
dans la prévention et la meilleure prise en charge de ces fléaux,
France Stratégie analyse et propose. La vie professionnelle peut pâtir
de l’importation de maux privés. Elle peut aussi susciter des comportements
problématiques, qu’il s’agisse de convivialité exagérée ou d’expédients jugés
nécessaires pour tenir face aux contraintes du « boulot ». L’entreprise, de fait,
a légitimité et intérêt à davantage agir.
Intérêt. C’est la plate-forme RSE (plate-forme nationale d’actions globales
pour la responsabilité sociétale des entreprises), installée au sein de France
Stratégie, qui est à la manœuvre. Son avis fait utilement le point sur un sujet
préoccupant, en recensant les outils à disposition et à consolider.
Il en va d’un meilleur respect des règlements contenus dans le droit du travail,
de formation des médecins du travail comme des futurs managers.
Bref, un problème à prendre encore plus à bras-le-corps.
www.strategie.gouv.fr
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12 // IDEES & DEBATS
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
focus
BONNES FEUILLES
Par Daniel Fortin
Le peuple contre les
élites, une vieille histoire
Un voyage aux sources du populisme, cette « idée
peu substantielle », mais omniprésente à travers
les siècles et les continents.
Le phénomène, hélas, se répand à une telle
vitesse que le temps est venu de l’analyser
finement pour mieux le comprendre. Qu’est-ce que le populisme ? A cette question simple, aux réponses souvent rapides et
peu précises, les auteurs de ce livre répondent
avec une clarté impressionnante. Le fruit des
nombreux travaux qu’ils ont consacrés au
sujet, à la fois aux Etats-Unis, en Europe et en
Amérique latine. Le populisme ? C’est
d’abord une croyance. Celle qui veut qu’une
société soit divisée en deux, les élites, d’un
côté, nécessairement « corrompues », et le
peuple, de l’autre, forcément pur et vertueux.
Un – petit – livre lumineux. Extraits
La machine est encore loin d’être aussi intelligente que l’humain. Photo Wild Bunch Distribution
Deux essais viennent critiquer la confusion entre intelligence artificielle
et intelligence humaine. Le professeur Jean-Louis Dessalles et le créateur
de Siri, Luc Julia, se livrent à une attaque en règle de la machine.
Pourquoi l’intelligence
artificielle n’est pas intelligente
LIVRES
Par Rémy Demichelis
’intelligence artificielle (IA)
n’existe pas, ou, au mieux, elle est
beaucoup trop artificielle. Rien à
voir avec celle de l’humain. Luc Julia, à
l’origine de l’assistant vocal Siri d’Apple
et aujourd’hui vice-président innovation
chez Samsung, ainsi que Jean-Louis
Dessalles, enseignant-chercheur à Télécom ParisTech, s’accordent sur ce point
dans leurs ouvrages, parus fin janvier.
Loin des gourous de la Silicon Valley
qui annoncent la venue prochaine de la
singularité, d’une IA capable de dépasser
les humains, voire dotée d’une autonomie morale, ils condamnent ces prophéties et cherchent à démontrer ce qui nous
différencie de la machine. Mais ils admettent volontiers l’incommensurabilité de
leur tâche : à vouloir dire ce qui nous distingue, il faut définir ce que nous sommes.
Face aux lacunes inhérentes à leur
entreprise, aucun n’interdit d’ailleurs
qu’il soit un jour possible de créer une
intelligence similaire à la nôtre, voire
meilleure. « Je ne peux pas exclure qu’elle
existera un jour, je pense qu’elle nécessitera un changement d’approche [...] fondé
sans doute sur un mélange de sciences bien
différentes telles que la biologie, la chimie
ou encore la physique quantique », écrit
Luc Julia. « La question de la singularité
technologique ressemble à celle de la
surpopulation sur Mars : on ne peut
exclure que le problème se pose un jour,
mais ce n’est pas demain », ajoute JeanLouis Dessalles. En attendant, les deux
auteurs font ce qu’il leur reste à faire :
énumérer les critères de comparaison.
S elon Luc Julia, l’intelligence
est « réservée au vivant ». C’est un postulat, donc non prouvé. Pour l’humain,
viennent ensuite la capacité à contextualiser, la curiosité, l’innovation, l’aptitude
à lier différentes disciplines. « C’est en
comparant l’IA à l’intelligence humaine
qu’on s’aperçoit à quel point l’IA se concentre sur un domaine d’activité et néglige le
vécu, la sensibilité, l’assimilation d’expériences, en un mot, la multidisciplina-
L
ESSAIS
L'Intelligence
artificielle
n'existe pas
Luc Julia,
First éditions,
290 pages,
17,95 euros.
rité. » Elle peut être supérieure à
l’humain, comme c’est le cas aux échecs
ou au jeu de go, mais seulement pour des
tâches bien définies.
Le robot raisonnera en fonction de ce
qu’il connaît, des données sur lesquelles
il s’est entraîné, comme avec l’apprentissage automatique qui permet à un logiciel d’induire des règles en dégageant de
grands traits dans une multitude : « Il
emmagasine, il recrache. » Ce qui lui manque finalement, c’est la compréhension,
mais Luc Julia ne fait qu’effleurer le sujet.
Plus détaillée, la première moitié de son
livre raconte son parcours de chercheur
et d’entrepreneur dans la Silicon Valley,
qui l’a mené du laboratoire SRI (Stanford
Research International) aux bureaux de
HP, Apple et Samsung, dont il dirige
désormais la recherche en intelligence
artificielle en Californie et à Paris.
Comprendre et percevoir
Le thème de la compréhension est en
revanche plus développé dans l’ouvrage
de Jean-louis Dessalles.
En 2016, Microsoft lance sur le réseau
social Twitter un robot conversationnel
sous les traits d’une jeune femme nommée « Tay ». « Sa force réside dans sa
capacité d’analyser et de produire des messages dans le style de ceux des jeunes adultes présents sur le réseau à cette période,
explique Jean-Louis Dessalles. Comme
pour la plupart des agents conversationnels, l’intelligence de Tay se nourrit des
paroles précédemment échangées. » Sauf
que des individus qui avaient parfaitement compris le principe en ont profité
pour la tourner en dérision, jusqu’à ce
que Tay en vienne à parler « d’Adolf Hitler, l’inventeur de l’athéisme ». Microsoft
a fini par débrancher Tay et effacer ses
Des
intelligences
très
artificielles
Jean-Louis
Dessalles,
Odile Jacob,
198 pages,
22,90 euros.
messages. Aurait-elle tenu de tels propos
s i e l l e a v a i t c o m p r i s c e q u’e l l e
publiait ? « Comprendre, c’est bon pour
les humains », écrit Jean-Louis Dessalles.
Il n’en reste pas moins que la machine est
très performante pour inférer et manipuler des symboles, des mots : « Une IA
n’aurait pas besoin de comprendre pour
être intelligente. »
L’enjeu sous-jacent est celui de la conscience. Comprendre, c’est une expérience qui a une qualité sensible à
laquelle l’humain prête attention, dont il
a conscience. Ça n’empêche pas de dire
des bêtises, ça peut permettre de s’en
rendre compte.
« La question qui se pose est donc de
savoir si tous nos raisonnements perceptifs peuvent […] être simulés par des fonctions précalculées. » Peut-on quand
même programmer une IA qui ferait
parfaitement illusion ? On peut se contenter d’une simulation de la conscience,
comme l’aurait fait le mathématicien
Alan Turing. Il avait imaginé un test qui
porte aujourd’hui son nom : si rien ne
permet de distinguer la machine d’un
humain dans une conversation à l’aveugle, alors rien ne permet de dire qu’elle ne
« pense » pas. Dans ce cas, on se satisfait
d’une liste de critères à remplir par elle.
Seulement, les critères où la machine
n’égale pas l’humain sont encore très
nombreux, insiste Jean-Louis Dessalles.
Mais, surtout, aussi perfectionné soit le
robot, il finira toujours par dire des bêtises et à être démasqué « tout simplement
parce qu’il ne comprend pas le problème
dont il est question ». Pourquoi ? Parce
que nos expériences conscientes sont
liées à la causalité de nos actions, à ce que
nous pouvons répondre par exemple, les
symboles ne suffisent pas. n
UNE DÉFINITION DU POPULISME « Bien
que les spécialistes restent en désaccord sur
les caractéristiques du populisme, tous conviennent d’une manière générale que chaque forme de populisme inclut une sorte
d’appel “au peuple” et une condamnation de
“l’élite”. On peut donc raisonnablement
affirmer que le populisme repose toujours
sur une critique de l’“establishment” et sur
l’adulation des gens du peuple. Plus concrètement, le populisme est, selon notre définition, une idéologie peu substantielle qui
considère que la société se divise en deux
camps homogènes et antagonistes, « le peuple pur » et « l’élite corrompue », et qui
affirme que la politique devrait être l’expression de la volonté générale du peuple ».
DU POPULISME EN AMÉRIQUE « L’Amérique du Nord – et plus particulièrement, les
Etats-Unis – s’inscrit dans une longue tradi-
ESSAI
Brève
introduction
au populisme
par Cas Mudde
et Cristobal Rovira
Kaltwasser.
Editions de l’Aube/
Fondation Jean
Jaurès, 175 pages,
16,90 euros.
tion de mobilisation populiste remontant à
la fin du XIX° siècle. Bien que, dans cette partie du continent, un certain nombre de leaders populistes aient accédé au pouvoir étatique, presque toutes les forces populistes
importantes se sont caractérisées par des
mouvements, dont le leadership ou l’organisation centrale étaient relativement faibles. De la révolte agraire de la fin du
XIXe siècle aux mouvements Occupy Wall
Street et du Tea Party du début du XXIe siècle, le populisme en Amérique du Nord,
caractérisé par une mobilisation régionale
et une organisation médiocre, s’est souvent
manifesté de façon spontanée. »
LE POPULISME, UNE BÊTE QUI SOMMEILLE
« Une grande partie des populations du
monde entier est en accord avec certains
aspects importants de l’ensemble des idées
populistes… Les idées populistes sont souvent latentes, c’est-à-dire qu’elles restent en
sommeil ou cachées jusqu’à ce que les circonstances se prêtent à leur développement ou à leur manifestation. » n
Livres en bref
IA au pluriel
« IA » pour…
•« intelligence
animale » ? A l’heure où
l’intelligence artificielle, portée par ses
progrès récents et
son extension dans
nos vies, commence
à faire de plus en plus
débat parmi les intellectuels et l’opinion publique (lire ci-contre), le célèbre paléoanthropologue Pascal
Picq a choisi de s’y inviter à sa façon, en resituant l’émergence actuelle de l’IA dans le
temps très long de l’évolution darwinienne
et, surtout, de sa foisonnante diversité. Non,
il n’y a pas une mais des intelligences animales, comme il n’y aura pas, demain, une
L’Intelligence
artificielle et
les chimpanzés
du futur
mais des intelligences artificielles. Et
l’homme, cet animal
qui a inventé la
par Pascal Picq,
machine, serait bien
éditions Odile
inspiré de s’intéresJacob, 310 pages,
ser davantage à ces
22,90 euros.
intelligences animales si longtemps ignorées, celles des
grands singes notamment, s’il veut se préparer « intelligemment » au monde à venir,
avertit l’auteur. Un essai extrêmement
dense et riche sur ce qu’il appelle « la troisième coévolution », celle qui permettra – ou
non – à l’humanité de continuer à frayer son
chemin à travers « l’espace numérique
darwinien ». —Yann Verdo
Lutter contre les fabriques de complots
fake
•n eComplotisme,
ws, rumeurs,
croyances antiscientifiques… Portée par
Internet et les
réseaux sociaux, la
crédulité des foules
semble gagner sans
cesse du terrain. Face
à ce mouvement dangereux pour nos cerveaux et notre démocratie, ce petit ouvrage collectif, dirigé par
un chercheur en sciences cognitives et un
enseignant-chercheur en psychologie
sociale, s’avère absolument salutaire. Pour
défendre l’esprit critique, les auteurs com-
Des têtes bien
faites. Défense
de l’esprit
critique
mencent par décortiquer les mécanismes
sociaux, cognitifs et
technologiques qui
sous la direction de alimentent les fabriNicolas Gauvrit et
ques du complot,
Sylvain Delouvée,
av a n t d ’a n a l y s e r
PUF, 288 pages,
quelques modèles de
19,50 euros.
fausses croyances
(soucoupes volantes,
climatoscepticisme, prophéties apocalyptiques…). La dernière partie met en lumière
les bonnes pratiques d’enseignants, de
journalistes, d’ONG ou de vidéastes qui ont
développé des outils « d’autodéfense intellectuelle ». — B. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Vendredi 1er et samedi 2 février 2019
Son parcours
le grand entretien
Jean-Pierre Mustier est né en 1961. Il est
diplômé de l’école Polytechnique, dans la
même promotion que trois autres patrons de banques actuels, Jean-Laurent
Bonnafé (BNP Paribas), Frédéric Oudéa
(Société Générale) et Tidjane Thiam
(Credit Suisse), ainsi que de l’Ecole des
Mines. Il a fait l’essentiel de sa carrière à
la Société Générale au sein de la prestigieuse banque d’investissement avant
d’en prendre la responsabilité en 2003. Il
a quitté Société Générale fin 2009, dixhuit mois après l’affaire Kerviel. Devenu
patron de la division banque d’investissement d’UniCredit en 2011, il en a pris la
direction générale, après un passage de
18 mois chez Tikehau entre fin 2014 et
juillet 2016.
« Les
banquiers
doivent
donner
l’exemple,
et cela part
du sommet »
Son actualité
Jean-Pierre Mustier a mené tambour
battant le plan de restructuration du
fleuron de la finance italienne, alors en
difficultés. Un plan qui est passé par
une levée de fonds de 13 milliards
d’euros, des réductions d’agences et
d’effectifs, des cessions d’actifs importantes (dont le gestionnaire Pioneer,
vendu à Amundi) et une diminution des
créances douteuses. Les bons résultats
de la banque ont été éclipsés l’an passé
par les difficultés en Turquie et les
provisions pour litiges aux Etats-Unis.
Le marché attend un nouveau plan
stratégique à la fin de l’année 2019.
Nicolo Lanfranchi/LAIF-RÉA
JEAN-PIERRE MUSTIER
Directeur général d’UniCredit
Propos recueillis par
Guillaume Maujean
et François Vidal
— A Milan
Vous êtes à la tête de la première banque
italienne. N’est-ce pas compliqué ces
temps-ci, surtout quand on est Français ?
Absolument pas. Mon métier est de faire de
la banque, pas de la politique. J’explique à
nos clients qu’ils peuvent compter sur nous
quel que soit le contexte macroéconomique,
et nous prenons aussi notre part à l’assainissement du secteur bancaire italien pour éviter tout dérapage systémique. C’est ce que
nous venons de faire pour Banca Carige à
hauteur de 60 millions d’euros, à travers le
Fondo Interbancario di Tutela dei Depositi
(FITD).
UniCredit souffre-t-il du ralentissement
économique dans le pays ?
Contrairement à l’impression qui peut être
renvoyée, nous bénéficions d’un environnement extrêmement positif en Italie. La qualité des entreprises et des PME ici est tout à
fait remarquable. Elles n’ont rien à envier à
leurs homologues de Bavière ou de France,
avec des entrepreneurs qui savent prendre
des risques et sont innovants. J’étais récemment au fond de la Vénétie auprès d’un leader mondial des produits pharmaceutiques
qui réalise 150 millions d’euros de résultat
opérationnel, et il y en a comme cela dans
tous les domaines, je ne parle pas que du luxe
ou de la mozzarella ! Quant aux ménages, ils
sont très riches. La richesse moyenne des
Italiens est supérieure à celle des Allemands.
Mais n’y a-t-il pas deux Italie, entre le
Nord et le Sud ?
Il y a bien sûr des gens qui souffrent et qui ont
des soucis, mais l’Italie est un pays assez
homogène socialement. Il n’y a pas eu
d’attentats en Italie, il n’y a pas de « gilets jaunes ». Et globalement, je ne vois pas de rupture géographique. Il n’y a pas autant de
grandes métropoles qu’en France, mais
beaucoup de villes de taille moyenne qui
sont dynamiques. Quand vous allez de Florence à Rome, il n’y a quasiment pas de campagne !
L’Italie a quand même porté au pouvoir
deux partis populistes et anti-européens…
Le pays a subi des chocs importants, c’est
certain. Les politiques restrictives ont pesé
sur la population. Mais encore une fois, les
fondamentaux de l’Italie sont très bons. Les
sources de tension entre l’Union européenne et l’Italie ne vont pas disparaître du
jour au lendemain. Mais je pense que nous
avons passé le plus difficile. Le scénario du
pire, celui d’une sortie de la zone euro, n’a
jamais vraiment été d’actualité. Le gouvernement actuel a clairement affirmé que le
pays faisait partie de l’Europe et de la zone
euro. Les tensions sur la dette italienne n’ont
pas complètement disparu, mais 15 % seulement du financement de la banque est soumis au spread italien. De manière plus générale, je pense que l’Union européenne va
aller de mieux en mieux.
Mais la question du Brexit reste
pendante et la poussée populiste semble
loin d’être terminée…
Il n’y aura sans doute pas plus d’Europe dans
les prochaines années. La résurgence du
nationalisme un peu partout sur le continent y fera obstacle. Mais je suis convaincu
que nous n’allons pas vers moins d’Europe
pour autant. Et cela, nous le devons aux Britanniques. Il faut les en remercier. Car, avec
le Brexit, ils viennent de démontrer à quel
point il était difficile de sortir de l’Union
européenne. A cet égard, je tiens à saluer le
travail remarquable des négociateurs européens qui auront su maintenir l’unité des 27
tout au long des discussions.
« Le scénario du pire, celui
d’une sortie de l’Italie
de la zone euro, n’a jamais
vraiment été d’actualité. »
Le 29 mars, un Brexit sans accord est
envisageable. Quelles conséquences cela
pourrait-il avoir ?
II faut rester prudent, car l’histoire n’est pas
terminée. Mais qu’il y ait un accord ou pas,
c’est désormais un problème beaucoup plus
important pour le Royaume-Uni que pour
l’Europe. Même les moins europhiles des
commentateurs britanniques en sont
aujourd’hui convaincus. De manière plus
générale, le Brexit est aussi une leçon pour
nos démocraties. Elle montre les limites de
la démocratie directe, qui peut conduire à
des décisions aberrantes favorisées par des
majorités de circonstance constituées par
des groupes aux intérêts divergents.
Pour une banque comme UniCredit
présente dans 14 pays européens, les
ratés de la construction européenne
constituent-ils un handicap ?
Ce n’est pas un problème pour nous. Nous
nous sommes déjà une banque paneuropéenne capable d’accompagner ses clients
sur tout le continent. Ce qui est particulièrement important pour les PME. Les entreprises européennes ont besoin d’être davantage
épaulées dans leur développement. Et jusqu’ici l’Union européenne ne leur a pas
apporté de réponse satisfaisante. L’Union
des marchés de capitaux a échoué car elle
s’est trop concentrée sur le financement obligataire. Les PME n’ont pas besoin de plus de
capacités d’emprunt, elles disposent déjà du
financement bancaire. Ce qui leur manque,
ce sont des fonds propres. En 2017, l’Europe
continentale a apporté dix fois moins de
capitaux à ses start-ups et PME que les EtatsUnis… L’essentiel de cet écart est lié au fait
que les investisseurs institutionnels européens n’investissent pas en fonds propres.
L’Union européenne doit réfléchir à une
Union des marchés de capitaux 2.0 qui
s’attaquerait à cette question. Chez UniCredit, nous envisageons de lancer une activité
de prise de participation « patiente » et
minoritaire.
Diriez-vous que le secteur bancaire
européen est sorti de la crise ?
Il reste quelques cas ponctuels à régler. L’Italie notamment est en train de solder le passé.
On en parle beaucoup, mais il ne faut pas
oublier que le sauvetage des banques allemandes aura coûté beaucoup plus cher que
celui des banques italiennes.
Les taux d’intérêt ne sont manifestement
pas près de remonter en Europe. Cela
va-t-il handicaper les banques européennes ?
Tant que la croissance était forte, les taux
négatifs n’étaient pas gênants pour les banques car ils favorisaient une baisse du coût
du risque de crédit. Mais maintenant que la
croissance ralentit, les termes de l’équation
changent. Et le maintien de taux négatifs par
la BCE s’apparente bien à une taxe sur les
banques, dommageable sur la durée.
Dans la compétition entre banques
américaines et européennes, les premières n’ont-elles pas gagné la partie ?
Les banques européennes sont aujourd’hui
compétitives sur leurs marchés domestiques, mais elles ont collectivement perdu la
bataille globale. C’est tout particulièrement
vrai dans les activités de marché et de financement des grands groupes. Les banques
américaines le doivent pour l’essentiel à l’oligopole qu’elles ont constitué aux Etats-Unis
avec des marges deux à trois fois plus élevées
qu’en Europe sur les commissions d’opérations de marchés des capitaux par exemple.
Si l’on ajoute à cela la réforme fiscale de
Donald Trump et la remontée des taux
d’intérêt qui leur est favorable, il n’y a pas
photo.
La solution passe-t-elle par
la consolidation ?
La taille est évidemment essentielle pour
accompagner les entreprises notamment.
Mais les fusions transfrontalières en Europe
sont des opérations très complexes et le resteront à court comme à moyen terme. En
attendant que l’Europe adopte un cadre plus
favorable pour ce type d’opérations, nous
devons nous organiser pour atteindre tout
de même la taille critique sur certains de nos
métiers. Pour UniCredit, ce n’est pas un
enjeu dans la banque de réseau, mais c’est
indispensable par contre sur le reste de nos
métiers pour réduire nos coûts de production. C’est pour cette raison que nous avons
réalisé des fusions synthétiques dans la gestion d’actifs avec Amundi et dans le courtage
actions avec Kepler. L’un et l’autre sont
désormais des leaders européens dans leur
activité.
Le marché bruisse de rumeurs sur un
mariage avec Société Générale, votre
ancienne banque. Est-ce envisageable ?
Toute opération d’ampleur n’est pas envisageable dans un horizon de moyen terme.
Notre plan stratégique Transform 2019 est
basé sur des hypothèses de croissance organique. Nous lancerons un nouveau plan à la
fin de l’année 2019.
Les banques traditionnelles
sont-elles bien armées face à la
concurrence des fintech et des Gafa ?
Aujourd’hui, nos différents réseaux génèrent 52 kilomètres de papier par an. Nous
comptons réduire considérablement ces
volumes en simplifiant nos process. Et la
bonne nouvelle, c’est que nous pouvons
copier ce qui se fait de mieux ailleurs. Les fintech ont souvent de bonnes idées, mais plus
rarement du capital et des clients. Elles sont
donc une source d’inspiration pour nous
plutôt que de véritables concurrents. En ce
qui concerne les Gafa, je ne vois pas pourquoi des groupes qui sont valorisés 50 à 100
fois leurs fonds propres souhaiteraient se
lancer dans des business valorisés moins
d’une fois les fonds propres qui y sont engagés. La technologie change les banques c’est
vrai, mais en les rendant plus efficaces.
Washington envisage de réduire la
pression réglementaire sur les banques
américaines. Faudrait-il faire de même
en Europe ?
Non. Ce serait le meilleur moyen de créer des
risques dans le futur. Il faut maintenir le
cadre réglementaire actuel. Mais il faut bien
mesurer l’impact cumulé de toutes les
mesures présentes et futures sur le capital
des banques pour éviter des empilements
contre-productifs pour ne pas creuser un
peu plus le fossé concurrentiel entre
l’Europe et les Etats-Unis.
« Les fusions
transfrontalières en Europe
sont des opérations très
complexes et le resteront
à court comme
à moyen terme. »
Plusieurs accidents de marché ont eu
lieu fin 2018 dans des banques
françaises. Les banquiers prennent-ils de
nouveau trop de risques ?
Dans ces activités, il faut s’en tenir à des opérations commerciales simples. Les modèles
de BFI compliqués dans lesquels on ne travaille pas exclusivement pour les clients sont
coûteux sur la durée et ne sont plus acceptables socialement en raison des salaires qu’ils
impliquent. Les banquiers doivent donner
l’exemple, et cela part du sommet. C’est
important pour les équipes et les clients. J’ai
revendu le Jet du groupe et la berline allemande de la direction générale. Quand je
voyage en Europe, j’emprunte des lignes
régulières et en Italie je circule en Fiat 500.
Cela ne m’empêche pas de travailler pendant
mes déplacements en toute confidentialité
grâce à un écran protecteur placé sur ma
tablette.
C’est symbolique, mais cela change-t-il
vraiment les choses ?
J’en suis convaincu. Mais c’est toute une culture qu’il faut faire évoluer. C’est pour cela
que j’ai décidé de supprimer la charte des six
valeurs de la banque que personne ne connaît pour la remplacer par une devise simple : Ethique et respect. Agissez de manière
juste. Nous allons aussi développer notre
activité de prêts sociaux et la financer en vendant une partie de la collection d’art de la
banque. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
PRESSE LES JOURNALISTES
FRANÇAIS ARRÊTÉS AU
VENEZUELA ONT ÉTÉ RELÂCHÉS
AFGHANISTAN LA PAIX
EST EN BONNE VOIE, SELON
L’ÉMISSAIRE AMÉRICAIN
Deux journalistes français de l’émission « Quotidien » sur TMC ont été
relâchés jeudi par les autorités vénézuéliennes après avoir été retenus
pendant deux jours. Pierre Caillé et
Baptiste des Monstiers, « soulagés et
un peu fatigués », « vont bien et vont
quitter le Venezuela dans quelques
heures », a précisé l’ambassadeur de
France Romain Nadal. Ils filmaient
mardi le palais présidentiel de Caracas quand ils ont été interpellés.
Les négociations sur la paix en Afghanistan sont « sur la bonne voie », a
affirmé l’émissaire américain Zalmay
Khalilzad, soulignant cependant qu’il
restait « encore du travail à faire ».
« Les chemins vers la paix ne sont souvent pas une ligne droite » et « la situation en Afghanistan est complexe »
mais « nous sommes sur la bonne voie,
ensemble », a-t-il écrit.
CINÉMA ELSA ZYLBERSTEIN
SERA SIMONE VEIL
POUR LE GRAND ÉCRAN
Berlin, Paris et Londres ont mis en
place, jeudi, Instex, un mécanisme de
paiement européen destiné à permettre la poursuite des transactions
commerciales entre l’Union européenne et l’Iran, malgré le rétablissement des sanctions américaines,
a-t-on appris de sources diplomatiques. Il s’agit d’une sorte de système
de troc visant à éviter les transactions
en dollars pour échapper aux sanctions américaines. Instex ne porterait toutefois tout d’abord que sur les
ventes d’aliments et médicaments.
LIBAN GOUVERNEMENT
IMMINENT
VINCENT LAMBERT LA JUSTICE
VALIDE LA PROCÉDURE D’ARRÊT
DES SOINS
Le tribunal administratif de Châlonsen-Champagne (Marne) a confirmé
jeudi « l’obstination déraisonnable »
faite à Vincent Lambert, dans un état
végétatif depuis dix ans, ouvrant la
voie à la procédure d’arrêt des soins
voulue par le CHU de Reims. Les
parents du patient avaient déposé
une requête en urgence pour tenter
de suspendre la décision du CHU.
A un peu moins de huit mois de l’ouverture de la Coupe du monde de rugby, le 20 septembre à Tokyo, le XV de France
entame ce vendredi soir, au Stade de France, sa campagne du Tournoi des Six-Nations face au pays de Galles. S’appuyant
sur une ossature de joueurs issus des clubs de Clermont et de Toulouse, le sélectionneur Jacques Brunel a titularisé les
non-capés Romain Ntamack, au centre, et Paul Willemse, en deuxième ligne, et écarté Mathieu Bastareaud.
Daniel Leal-Olivas/AFP
VIOL DEUX POLICIERS
CONDAMNÉS À 7 ANS DE PRISON
La cour d’Assises de Paris a condamné
jeudi deux policiers à sept ans de prison pour le viol d’une touriste canadienne dans les anciens locaux de la
police judiciaire à Paris, le mythique
36 Quai des Orfèvres, en avril 2014. Ils
soutiennent n’avoir eu que des rapports consentants avec cette femme
aujourd’hui âgée de 39 ans, rencontrée dans un pub et à qui ils avaient
proposé de visiter le « 36 ».
Le XV de France au pied du mur à huit mois de la Coupe du monde de rugby
IRAN PARIS, BERLIN ET LONDRES
ONT INSTALLÉ INSTEX
Valery Hache/AFP
La comédienne Elsa Zylberstein
interprétera l’ancienne ministre et
figure de la vie politique française
Simone Veil dans un film dirigé par
Olivier Dahan, le réalisateur de « La
Môme » sur Edith Piaf. Aucune indication n’a pour le moment été donnée
sur le tournage ou une éventuelle
date de sortie.
LA PHOTO DU JOUR
Le Premier ministre libanais désigné,
Saad Hariri, est arrivé jeudi soir au
palais présidentiel, à Baabda, où il doit
présenter au président de la République, Michel Aoun, la composition de
son futur gouvernement, attendu
depuis plus de huit mois. Les contacts
se sont accélérés jeudi pour la formation du gouvernement, la position du
ministre qui représentera les députés
sunnites soutenus par le Hezbollah
étant au cœur des discussions.
CEDH LA RUSSIE CONDAMNÉE
La Cour européenne des droits de
l’homme (CEDH) a condamné jeudi
la Russie à verser 10 millions d’euros
à environ 1.500 ressortissants géorgiens, victimes d’une « expulsion collective » planifiée en 2006, deux ans
avant le conflit armé qui avait opposé
les deux pays. Expulsion en représailles à celle de quatre espions russes. Reste à savoir si Moscou payera.
« MUR DES CONS » L’ANCIENNE
PRÉSIDENTE DU SYNDICAT DE
LA MAGISTRATURE CONDAMNÉE
MACÉDOINE UNE SESSION
DU PARLEMENT EN ALBANAIS
L’ancienne présidente du Syndicat de
la magistrature, Françoise Martres, a
été condamnée jeudi pour injure
publique dans l’affaire du « mur des
cons », uniquement au préjudice
d’un père de victime, Philippe Schmitt, mais relaxée s’agissant des
hommes politiques qui la poursuivaient. Ce trombinoscope affiché
dans les locaux du syndicat avait suscité une vive polémique en avril 2013.
Le président du Parlement macédonien Talat Xhaferi a ouvert et présidé
jeudi une session en albanais, une première. La coalition au pouvoir menée
par les sociaux-démocrates avec le
soutien des partis albanais, a fait voter
une loi accordant une place accrue à
l’albanais, parlé par 20 % de la population. Cette loi, selon le président Gjorge
Ivanov, met en danger « l’intégrité » de
ce pays majoritairement slave.
Photo : Christophe Ena/AP/Sipa
ON EN PARLE À MOSCOU
Vol, meurtre et politique : dure est la chute en Russie
Arrestation d’un sénateur russe et de son père : la classe politique russe en émoi.
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
cription, la république de Karatchaïévo-Tcherkessie. La presse
moscovite vient même de révéler que, dans sa propriété de
cette montagneuse région du
Caucase russe, Raouf Arachoukov avait par le passé reçu
le chef du comité d’enquête, un
homme clef dans le système
politico-judiciaire orchestré par
le président Vladimir Poutine.
C’est pourtant Alexandre Bastrykine qui, après avoir informé
le président, a ordonné la spectaculaire arrestation du sénateur.
Raouf Arachoukov, trentedeux ans, qui n’a jamais marqué
le débat politique sur les problèmes de fond, est soupçonné
d’être impliqué dans les assassinats par balle en 2010 de deux
hommes, alors figures politiques en Karatchaïévo-Tcherkes-
es ors du Sénat à Lefortovo, la prison de Moscou de triste réputation : la subite chute de Raouf
Arachoukov a fait réfléchir
plus d’un homme politique en
Russie. Pour des raisons encore
mystérieuses, les forces spéciales ont reçu l’ordre d’arrêter
mercredi le jeune sénateur, en
pleine session de la Chambre
haute du Parlement.
Membre de Russie unie, le
parti du président Poutine, il
comptait d’autant plus sur
l’habituelle impunité du système judiciaire assurée à l’élite
politique que sa carrière était
faite jusque-là de fidélités et
d’amitiés avec les puissants, à
Moscou comme dans sa circons-
D
sie. Une région où, comme
ailleurs dans le Caucase, les
règlements de comptes ont la
réputation d’être souvent violents. Sénateur depuis trois ans,
Raouf Arachoukov, qui a essayé
de s’enfuir de l’hémicycle pendant la lecture des actes d’accusation au Sénat et le vote par ses
pairs de sa levée d’immunité
parlementaire, est soupçonné
dans diverses autres affaires.
Pas de libération
sous caution
Lors de son interrogatoire, il a
ensuite clamé son innocence et
a demandé une libération sous
caution, prêt à débourser l’équivalent de quelque 130.000 euros.
Le juge a rejeté la requête,
redoutant une tentative d’évasion et ordonnant une incarcé-
ration pour deux mois. Dans
l’appartement de Raouf Arachoukov, auraient été retrouvés
un faux passeport et des documents pour une fuite vers les
Emirats arabes.
Ce dossier aux multiples
ramifications pour activités
liées au crime organisé est
d’autant plus complexe que le
père du sénateur est également
impliqué. Accusé d’avoir volé
pour l’équivalent de 400 millions d’euros de gaz à Gazprom,
Raoul Arachoukov a, lui aussi,
été arrêté mercredi, quelques
heures après son fils. Cette
arrestation a été pareillement
spectaculaire : à Saint-Pétersbourg, au siège même du géant
gazier national, il a été interpellé
dans son bureau. Des séquences
bien orchestrées au sommet… n
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Vendredi 1er, samedi 2 février
2019
www.lesechos.fr
L’écosystème
tricolore crée
de nombreuses
start-up
prometteuses
dans la vidéo
// P. 24
DR
Les applis vidéo, futures stars
de l’écosystème tricolore.
DEVISES EUR/GBP 0,8721 EUR/JPY 1,2468 EUR/CHF 1,1382 GBP/USD 1,3134 USD/JPY 1,0885 USD/CHF 0,9939 TAUX EONIA -0,369 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,308 OAT 10 ANS 0,5635 T-BONDS 10 ANS 2,7835
INDUSTRIE & SERVICES
INTERVIEW
DERNIÈRE HEURE
Carlos Ghosn, ex-PDG
de Renault-Nissan.
Le CDG Express pourrait rater
les Jeux Olympiques de 2024
// PP. 16-17, L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 8
ET « CRIBLE » P. 38
Loïc Venance/AFP
ÉNERGIE
Sous pression, GE veut réduire
sa dette colossale. // P. 18
DISTRIBUTION
Auchan France remet à plat
son organisation. // P. 19
IMMOBILIER
Les prix calent en janvier. // P. 20
ÉQUIPEMENT CULTUREL
Les grands chantiers 2019
de l’Institut français. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
RÉSEAUX SOCIAUX
Facebook a 15 ans :
des polémiques mais un succès
qui ne se dément pas.
// P. 22-23 ET « CRIBLE » P. 38
PME & RÉGIONS
AGRICULTURE
Le projet a dû faire face à la fronde des associations d’usagers du RER B, qui se disent inquiètes des répercussions
du chantier sur les trains du quotidien. Photo Gilles Rolle/RÉA
Contre la peste porcine africaine,
le barrage de la dernière chance.
// P. 25
OCCITANIE
Un projet de truffière fait polémique
dans l’Hérault. // P. 26
FINANCE & MARCHÉS
MATIÈRES PREMIÈRES
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
et Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
NewsCast
Les banques centrales n’ont pas
acheté autant d’or depuis 50 ans.
// P. 27
ASSURANCES
Covéa-SCOR : un projet
d'acquisition qui tourne au thriller
économique. // P. 28
ASSURANCES
Les assureurs vont pouvoir scruter
les réseaux sociaux. // P. 30
Le lobbying des opposants
et le trop-plein de chantiers
ferroviaires prévus d’ici
aux JO au nord de Paris
fragilisent le projet.
Le CDG Express verra-t-il enfin le bout du
tunnel ? Le projet de liaison ferroviaire
directe entre l’aéroport de Roissy Charlesde-Gaulle et la capitale doit affronter un
énième contretemps, suffisamment sérieux
pour que l’hypothèse d’un report de la mise
en service après les JO de 2024 soit envisagé.
L’ultime étape avant le premier coup de
pelle devait être la signature par la ministre
des Transports du contrat de concession,
courant décembre. Mais le projet a dû faire
face à la fronde des associations d’usagers
du RER B, relayée par certains élus locaux, à
commencer par la présidente de la région
Ile-de-France, Valérie Pécresse. Tous se
disent inquiets des répercussions du chantier sur les trains du quotidien, pendant la
phase de construction ou après. Face à cela,
le gouvernement a confié au préfet d’Ile-deFrance, Michel Cadot, une « mission de
concertation ». Le préfet pourrait remettre
son rapport dès ce vendredi.
Ce nouveau délai de réflexion inquiète
les promoteurs du projet, au premier rang
desquels les dirigeants de Groupe ADP, exAéroports de Paris. Si le contrat n’est pas
signé en février, le calendrier prévu, qui
mise sur une entrée en service pour les Jeux
Olympiques de 2024, ne pourra être tenu,
affirment-ils.
Les associations veulent protéger
le RER B
Au-delà de la date, c’est le CDG Express luimême qui est dans le collimateur des associations. « Nous préconisons l’abandon du
projet, confirme Arnaud Bertrand, président
de l’association Plus de trains. Il paraît impossible de concilier sur la même ligne le bon fonctionnement du CDG Express et celui du RER B,
qui est déjà bien malade. De même qu’il est
impossible de garantir que des travaux prévus
la nuit ne vont pas se prolonger jusqu’au matin
et perturber le trafic. »
Autant de craintes auxquelles les partisans du projet s’efforcent de répondre. « En
phase d’exploitation, le CDG n’impactera pas
le RER B, et, en phase travaux, toutes les mesures seront prises pour limiter les impacts »,
indique une source proche du dossier. Le
groupe ADP assure de son côté que le projet
contribuera à l’amélioration des infrastructures du RER B, grâce à une enveloppe
dédiée de 530 millions de travaux. « Sans le
CDG Express, ces 530 millions ne seraient pas
là », ajoute le groupe.
Il n’empêche : sur l’axe ferroviaire Nord, ce
n’est pas le seul chantier à mener. La masse
de travaux à réaliser théoriquement d’ici à
2024 est considérable, au point que, malgré
les efforts de coordination engagés, le constat que tout ne pourra être fait dans les temps
semble désormais partagé.
Dans ce contexte, l’hypothèse qui consisterait à reporter de dix-huit mois à deux ans
la mise en service du CDG Express, pour
détendre le calendrier, prend du poids. Elle
serait bien accueillie par la plupart des élus
locaux concernés, qui ne veulent pas prendre le risque de voir les futures échéances
électorales polluées par des retards à répétition sur le RER B.
Selon une source au fait du dossier, un scénario se dessine : remise des conclusions du
préfet, et dans les jours qui suivent, signature
du contrat de concession avec une clause
ouvrant la porte à un report de la mise en service au-delà de 2024. Une décision formelle
sur ce point interviendrait en avril.
Plus d’informations sur lesechos.fr
TAUX
La dette émergente signe l’une
de ses meilleures performances.
// P. 31
CARNET
// P. 34
SUPPLÉMENT
PATRIMOINE // PP. 35-37
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Ferrari fonce vers la barre
des 10.000 bolides vendus
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
A l’époque de Jean Todt, au début des
années 2000, on jurait chez Ferrari que
jamais on ne vendrait plus de 4.000 bolides
rouges par an. Pas possible d’assurer la qualité au-delà, disait-on. Dix ans plus tard, le
seuil fatidique était monté à 7.000 unités. Audessus, ce serait du suicide, clamait-on en
Emilie-Romagne. Le Cheval cabré flirte
aujourd’hui avec la barre symbolique des
10.000 ventes – 9.251 l’an dernier pour être
précis. Et l’impossible devrait sans doute être
franchi cette année. « Ce ne serait pas la fin du
monde », affirmait déjà Sergio Marchionne
avant sa mort. Voilà de quoi faire méditer
Louis Camilleri, l’homme qui a remplacé cet
été feu Sergio Marchionne à la direction du
groupe. L’ancien patron de Philip Morris, qui
martèle à l’envi « préférer la marge au
volume ». Ferrari affiche pour l’exercice
écoulé un chiffre d’affaires de 3,4 milliards
d’euros (+0,1 %) et une marge opérationnelle
ajustée hallucinante de 32,6 % – ce qui a permis de dégager un profit net de 787 millions
d’euros. Des performances de (grand) luxe, à
des années-lumière des canons de l’industrie automobile.
S’il fallait trouver un bémol, ce serait
d’abord les ventes en Chine, le premier marché automobile du monde, qui ne dépassent
pas les 700 unités. Les ventes de moteurs à
Maserati sont ensuite en recul de 24 % (ce qui
explique la stagnation des recettes totales),
puisque la relance de la marque italienne
opérée par Fiat Chrysler semble faire long
feu pour l’instant.
Mi-septembre, John Elkann, l’héritier de
la famille Agnelli, et Louis Camilleri avaient
présenté leur plan de course de Ferrari pour
les cinq prochaines années. Le duo vise environ 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en
2022 et un taux de marge opérationnelle
ajustée de 38 %. Pour ce faire, Ferrari entend
lancer une salve de nouveaux modèles
– cinq, rien que pour 2019 –, et augmenter
encore ses marges.
4
À NOTER
Ferrari ne lancera pas de véhicule
100 % électrique avant 2022.
M6 va mettre la
main sur Gulli
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Le dossier Gulli est dans la dernière
ligne droite. M6 est entrée en négociations exclusives avec le groupe Lagardère pour lui racheter son pôle télévision dont le principal actif est la chaîne
jeunesse.Alors que M6 et le studio d’animation Xilam (derrière « Oggy et les
Cafards », etc.) s’affrontaient pour mettre la main sur Gulli, comme l’avaient
révélé « Les Echos », le groupe de télévision a finalement été choisi.
Au-delà de Gulli, le pôle télévision de
Lagardère comprend les chaînes
Canal J, Tiji, MCM etc. Une vente qui
intervient alors que le groupe dirigé par
Arnaud Lagardère se déleste progressivement de beaucoup de ses actifs
médias. La chaîne Mezzo fait l’objet
d’un processus de vente séparé.
Le prix de la transaction n’a pas été
communiqué, mais plusieurs observateurs du secteur évoquent un prix
autour de 200 millions d’euros. Début
2018, Lagardère Active estimait que
l’Ebit (résultat opérationnel) du pôle
télévision avec ses 17 chaînes représentait 20 % du chiffre d’affaires, d’une centaine de millions d’euros. Gulli est l’une
des quatre chaînes de la TNT (hors historiques) rentables, selon un bilan du
Conseil supérieur de l’audiovisuel.
Le prix de la transaction
n’a pas été communiqué,
mais plusieurs observateurs du secteur évoquent un prix autour
de 200 millions d’euros.
Pour M6, c’est une grosse opération,
marquant sa volonté de s’étendre dans
d’autres niches. Le groupe n’a jamais
caché son intérêt pour la pépite Gulli. Et
il a les moyens de financer son ambition : il a fait plusieurs cessions ces derniers mois, dont MonAlbumPhoto et
surtout les Girondins de Bordeaux pour
100 millions d’euros. « Ces deux cessions
nous ont permis de restaurer quasiment
la capacité d’investissement de M6, après
le rachat de RTL », se félicitait Jérôme
L e f é b u r e , d i r e c t e u r f i n a n c i e r,
au moment de la publication des résultats trimestriels, en novembre.
La Six pourrait faire profiter Gulli et
les autres chaînes de Lagardère de sa
force de frappe, et développer l’activité
numérique. En termes de publicité, des
synergies sont aussi possibles.
M6, qui a déjà 6Ter, une chaîne familiale, appartient, par ailleurs, à RTL
Group (Bertelsmann) qui détient 50 %
de la chaîne jeunesse Super RTL en
Allemagne (aux côtés du groupe
Disney) « ce qui pourrait permettre des
achats groupés ou des coproductions »,
souligne un bon connaisseur du dossier. Gulli (16,4 % d’audience sur les
4-14 ans en 2018) bénéficie d’une belle
marque et d’un segment porteur, qui
permet d’avoir un public captif et
fidèle. L’arrêt de la publicité jeunesse sur le service public et la suppression annoncée de France 4 sur le petit
écran sont autant d’atouts pour Gulli.
Alors que les fréquences TNT sont
rares, plusieurs acteurs avaient regardé
le dossier, tels TF1 ou encore Altice (propriétaire de BFMTV ou encore RMC)
mais n’étaient pas allés plus loin.
Gulli a aussi mis en place une politique de diversification, dans des parcs,
des objets (tablettes, etc.) et s’est développé à l’international. Contactés, M6
et Xilam n’ont pas répondu à nos
questions. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
AFFAIRE CARLOS GHOSN
INTERVIEW // CARLOS GHOSN Ancien PDG de Renault-Nissan
« Je suis seul et j’ai une armée contre
l Pour la première fois, Carlos Ghosn a répondu, jeudi, depuis sa prison de Kosuge,
aux questions de deux journalistes non japonais.
l Notre correspondant au Japon et une journaliste de l’AFP ont pu l’interroger, en
en présence de deux gardiens, pendant quinze minutes lors d’un parloir exceptionnel.
Emmanuel Dunand/AFP
à suivre
Tesla promet d’être rentable en 2019
AUTOMOBILE Tesla espère produire de 360.000 à 400.000 voitures cette année, soit 47 % à 63 % de plus qu’en 2018. Un objectif
prudent, inférieur aux attentes des analystes. Elon Musk, qui a
annoncé 139 millions de dollars de profit au quatrième trimestre de 2018, a promis qu’il serait profitable sur chacun des trimestres de cette année. Une performance alors que les questions sur sa capacité à rester rentable, continuent d’être posées.
La firme a annoncé le départ à la retraite de son directeur financier, Deepak Ahuja, onze ans après avoir intégré l’entreprise.
Feu vert des actionnaires à la
recapitalisation de Marie Brizard
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Après dix semaines
en détention, comment
allez-vous ?
Je suis concentré. Je veux me battre pour restaurer ma réputation
et me défendre contre de fausses
accusations. On me refuse la libération sous caution. Ça n’arriverait
dans aucune autre démocratie du
monde. Face à moi, il y a une
armée. Chez Nissan, il y a plusieurs
centaines de personnes dédiées à
l’affaire. Au bureau du procureur,
ils sont 70 à travailler sur le cas.
Moi, je suis en prison depuis
soixante-dix jours sans avoir accès
à un téléphone ou à un ordinateur.
Comment pourrais-je me défendre ? Il ne faut pas sous-estimer
les conditions dans lesquelles
je me trouve !
SPIRITUEUX Les actionnaires du groupe français de spiritueux
Marie Brizard ont voté à 89,35 % en assemblée générale, en
faveur d’une augmentation de capital de 37,7 millions d’euros,
réservée à l’actionnaire de référence Cofepp à un prix unitaire
de 4 euros. La direction du groupe avait trouvé un accord avec
les actionnaires minoritaires, lesquels ont voté pour ce plan, en
contrepartie d’un meilleur traitement des petits porteurs. La
Cofepp, qui détenait 29,47 % du capital, s’est engagée à renforcer le capital du groupe et à lui prêter, en attendant, 25 millions.
Gros contrat
pour Naval
Group
Shutterstock
TRANSPORT Les tarifs des péages autoroutiers augmentent ce
vendredi de 1,86 % en moyenne,
une hausse due en partie au rattrapage du gel décidé en 2015 par
Ségolène Royal (+0,2 %), ainsi
qu’au plan d’investissement
autoroutier voulu par François
Hollande (+0,3 %). Les concessionnaires ont toutefois consenti des baisses ciblées sur les
trajets domicile-travail, avec la
mise en place d’abonnements
donnant droit à 30 % de réduction à partir de 10 aller-retours
par mois.
« Quand je dors
la nuit, la lampe
est toujours allumée. »
« Je n’ai même pas
de montre. Pas de
notion du temps. »
Chez Nissan, les gens qui sont au
cœur des accusations sont aussi
ceux qui font l’enquête. Ce sont des
personnes qui étaient très profondément impliquées dans les affaires légales de Nissan. C’est tout de
même très surprenant. Alors que
moi, on me nie toute opportunité
de bien me défendre. Je parle
d’équité.
Vous parlez de qui, exactement,
chez Nissan ?
Il y a beaucoup de gens dont le rôle
est très étrange et discutable.
J’aime le Japon. J’aime Nissan. Je
n’ai rien contre le groupe. J’ai passé
tant d’années à le faire renaître, à le
rebâtir et à en faire une entreprise
puissante.
Vous affirmez que vous êtes
tombé dans un piège.
Mais pour quelles raisons ?
Est-ce un complot, un piège ? Il n’y
a aucun doute là-dessus. C’est une
affaire de trahison. Et il y a plusieurs raisons pour cela. Il y avait
beaucoup d’opposition et d’anxiété
sur le projet d’intégrer les trois
entreprises ensemble [Renault,
Nissan et Mitsubishi, NDLR].
Vous aviez parlé de ce projet
d’intégration à Hiroto Saikawa
en septembre dernier ?
Oui, il y a eu une rencontre sur le
sujet en septembre, mais les discussions ont commencé plus tôt.
Dès la fin de 2017 et le début de
2018. J’avais dit à Hiroto Saikawa
que si je décidais de faire un autre
mandat à la tête de l’Alliance, nous
allions devoir travailler beaucoup
plus sur l’intégration. Nous en
avons beaucoup parlé au début
de l’année dernière, puis les discussions ont ralenti entre juillet et
septembre, avant de reprendre.
L’objectif était clair, mais il y avait
des résistances dès le départ.
Mais quell es sont les autres
options pour garantir la stabilité
de l’Alliance ?
Quel était exactement
votre scénario ?
Il s’agissait de créer un holding qui
aurait contrôlé les trois entités et
possédé la totalité des actions des
groupes. Et cela en respectant
l’autonomie de chacun. Mais ce
système devait être basé sur les
performances solides de chaque
entreprise.
Et cela posait problème ?
La performance de Nissan a baissé
durant les deux dernières années.
Si vous regardez les résultats et les
forces de Nissan, Mitsubishi et
Renault, vous voyez bien qu’il y a
un problème. Je ne m’attendais pas
à ce qui s’est passé, mais tout cela a
conduit à la trahison, au complot.
Mais aviez-vous prévu
de limoger Hiroto Saikawa ?
Ce n’est pas comme ça que se
posait la question, en termes de qui
ou de quand. Mais quand la performance d’une entreprise baisse,
aucun PDG n’est immunisé contre
un limogeage. Personne ne peut
y échapper. C’est la règle dans
toute entreprise. Il n’y a aucune
exception.
La libération sous caution vous
a été refusée à deux reprises.
Qu’êtes-vous prêt à faire maintenant pour l’obtenir ?
J’ai fait tout ce que je pouvais
pour montrer que je n’allais pas
m’enfuir et pour les rassurer sur le
fait que je ne détruirais aucune
preuve. Elles sont déjà toutes entre
les mains de Nissan.
On vous soupçonne d’avoir
minoré certains revenus ?
O n m’accu se de ne p as avoi r
déclaré des revenus que je n’ai
jamais reçus ! J’ai déclaré le moindre yen que j’ai reçu.
Et sur les swaps de devises
ou le rôle d’Al-Juffali ?
Nissan n’a aucunement été floué
Dans le parloir
de la prison de Kosuge
DÉFENSE L’Organisation européenne de coopération en
matière d’armement (OCCAR) a
notifié à Naval Group et aux
Chantiers de l’Atlantique un contrat de 1,7 milliard d’euros pour
quatre pétroliers ravitailleurs au
profit de la Marine nationale. Le
contrat, réalisé pour le compte de
la DGA, prévoit que les deux premiers navires seront livrés d’ici à
2025. Il entre dans le cadre de la
loi de programmation militaire
(LPM) 2019-2025.
GRAND DÉBAT
NATIONAL,
CE QUE VOUS
PROPOSEZ
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
Depuis la mi-janvier, l’exPDG de Renault a le droit
de rencontrer des proches
ou des journalistes pour des
entretiens dans le centre de
détention de Kosuge, à
Tokyo. Une expérience
brève, mais exceptionnelle.
DR
Autoroutes :
péages
en hausse
et réductions
ciblées
Qu’est-ce qui est le plus dur ?
Quand je dors la nuit, la lampe est
toujours allumée. Je n’ai même pas
de montre. Pas de notion du temps.
J’ai seulement 30 minutes par jour
pour sortir sur le toit. L’air frais me
manque tant ! Oui je suis fort, mais
je suis fatigué de tout ça. Le pire,
c’est que je ne peux pas parler à ma
famille. Depuis le 19 novembre, je
n’ai pas pu appeler ma femme
Carole et mes enfants. Ma fille
aînée vient de fêter son anniversaire le 29 janvier et je n’ai pas pu le
lui souhaiter. C’est la première fois
que je rate cette occasion. C’est très
dur. Pourquoi est-ce que l’on me
punit avant d’être déclaré coupable ? J’ai clairement un énorme
désavantage.
Avez-vous le sentiment d’être
traité plus durement que des
dirigeants japonais impliqués
dans d’autres affaires ?
Je ne peux parler des autres affaires qui se passent au Japon. Ce que
je sais, c’est que, depuis mon arrestation le 19 novembre, je me
retrouve dans des conditions très
sévères, face à une armée de gens
qui ne cessent de me jeter des horreurs à la tête. Il n’y a pas que les
allégations du procureur, mais
aussi celles de Nissan. Ils sortent
énormément de faits de leur contexte. C’est une distorsion de la réalité pour détruire ma réputation.
Devant le guichet, il faut remplir un
petit papier blanc. Nom du détenu :
Carlos Ghosn. La date : le 31 janvier
2019. Puis préciser sa relation avec le
prisonnier. On écrira simplement
« connaissance », avant de préciser
nos coordonnées personnelles.
Ensuite, on attend. Une vingtaine de
personnes patientent, jeudi aprèsmidi, dans la salle d’attente au rezde-chaussée du centre de détention
de Kosuge, au nord de Tokyo. Assis
sur des banquettes d’un skaï orangé,
des avocats et des familles, avec des
bébés, guettent leur tour de parloir
face à une télévision. Sur l’écran, on
cuisine des crêpes Suzette.
Certains en profitent pour « cantiner » pour leurs proches. Il est rigoureusement interdit d’amener des
produits de l’extérieur. Tout doit être
acheté sur place, au comptoir d’une
petite épicerie rudimentaire. On y
vend des chips, des feuilles de nori
(algues séchées), des conserves de
thon ou de crabe et des pêches au
sirop. Il y a des magazines en japonais, même quelques revues coquines. Dans des poches plastiques, des
oreillers et des couvertures rudimentaires à 6.000 yens (48 euros).
C’est là que les avocats de Carlos
Ghosn et les diplomates qui lui rendent visite font, chaque semaine, des
courses pour lui. Un peu de pain de
mie et du chocolat pour casser la
routine des trois repas japonais
complets servis à 8 heures, 11 h 50 et
16 h 20.
Après avoir payé, il faut remplir
d’autres petites fiches pour faire passer ces produits aux prisonniers,
ainsi que du linge propre, certaines
familles préférant le laver chez elles.
Les listes d’objets sont vérifiées à
d’autres guichets. On peut y ajouter
de l’argent liquide et jusqu’à trois
livres par jour.
Couché à 21 heures
En dehors de ses auditions devant le
procureur et de ses rencontres avec
ses conseils, Carlos Ghosn lit énormément. Des ouvrages envoyés par
des proches, mais aussi des inconnus. Réveillé à 7 heures comme tous
les détenus, il doit s’occuper jusqu’à
l’heure obligatoire du coucher à
21 heures. Des nuits gâchées par un
néon maintenu allumé en permanence au plafond.
Enfin, on nous appelle :
« Numéro 117 ! » Je suis avec une collègue de l’AFP. On s’avance vers un
sas sur la gauche sans jamais croiser
le moindre homme en arme dans
cette prison, où se retrouvent pourtant des yakusas, des petits malfrats
en attente de procès, mais aussi plusieurs condamnés à mort, espérant
un recours positif devant la Cour
suprême. Avant de monter dans les
étages, vers les parloirs, on dépose
Dans la prison de Kosuge, à Tokyo, sont aussi détenus des yakusas, des
mais aussi des condamnés à mort, espérant un recours positif devant la
ses affaires dans un casier. Pas de
téléphone, pas d’enregistreur, pas de
sac. Juste un carnet de notes et des
stylos. Un dernier passage sous un
portique de sécurité devant un garde
souriant. On s’enfonce ensuite dans
un long couloir vers l’ascenseur. Des
murs gris, du lino gris. Une
ambiance d’hôpital. Sans les odeurs.
Juste quelques caméras de surveillance au plafond.
Au dixième étage, un autre guichet, où un gardien nous indique le
parloir numéro 2. Nous ouvrons la
porte. Une pièce de 6 m2 divisée en
son milieu par une épaisse vitre tombant du plafond jusqu’à un plan en
acier gris surmontant un muret.
Aucun contact possible. Juste les
trous de l’hygiaphone. Carlos Ghosn
entre à son tour, quelques notes à la
main. Encadré par deux gardiens.
L’un s’assoit sur un tabouret un peu
élevé à sa gauche. Il va devoir noter
toute notre conversation. Elle se fera
en anglais. L’autre se place derrière
l’ancien président de Nissan et PDG
de Renault pour contrôler le temps.
Quinze minutes de face-à-face. Pas
une seconde de plus.
Bien rasé, il a un peu maigri mais
semble en bonne forme physique.
« Depuis son audience publique de
début janvier, il s’est un peu remplumé », nous avait soufflé une
source, quelques jours plus tôt. Une
veste polaire noire, un jogging sombre et des claquettes d’un vert bouteille translucide aux pieds. Les
lacets, ceintures ou autre cravates
sont interdits aux prisonniers. Trop
dangereux. Risque de suicide, dit le
règlement. Les mis en examen ne
sont pas obligés de porter l’uniforme
et peuvent rester en « civil ».
« Il faut que vous reveniez ! »
A peine assis, il se lance. Il a tant à
dire après soixante-dix jours de
silence médiatique. La veille, il avait
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
Renault-Nissan :
une théorie du complot
qui complique la donne
moi »
ANALYSE
Anne Feitz
anglais,
ouffler sur les braises.
C’est indirectement ce
qu’est en train de faire
Carlos Ghosn, en criant à la trahison. Ayant choisi la thèse du complot comme ligne de défense,
l’ex-triple-PDG s’en prend directement à Nissan et à ses dirigeants, au moment même où il
s’agit pour Renault de renouer
les liens avec le partenaire japonais. C’est la mission explicite
de Jean-Dominique Senard, le
nouveau président du Losange.
Eviter la guerre ouverte et l’explosion en vol de l’Alliance est vital
pour chacune des deux entreprises : défaire les liens opérationnels parfois étroits dans certains
domaines, revenir au « chacun
chez soi », serait si coûteux
q u e c e r t a i n s a n a l ys t e s o n t
qualifié ce scénario de « presque
suicidaire ».
S
par ces contrats de swaps ou concernant les paiements faits à AlJuffali. Tout le monde sait qu’il
nous a beaucoup aidés dans la
région et en Arabie saoudite à
l’époque. Oser dire aujourd’hui
qu’il n’a rien fait, c’est hallucinant.
D’ailleurs, les paiements qui lui ont
été faits ont été signés par quatre
cadres de Nissan.
Pourquoi avez-vous
démissionné de Renault
si vous êtes innocent ?
On ne pouvait pas maintenir
Renault dans une situation où la
gouvernance était temporaire.
Quand j’ai appris que ma caution
était de nouveau refusée, j’ai décidé
de démissionner. Mais j’aurais
ardemment souhaité avoir l’occa-
En chiens de faïence
« Est-ce un complot,
un piège ? Il n’y a
aucun doute là-dessus.
C’est une affaire
de trahison. »
(
Junko Kimura Matsumoto/Bloomberg
sion de m’expliquer devant le conseil d’administration de Renault.
Je suis si fier d’avoir conduit cette
entreprise de 2005 à 2018 et de
l’avoir aidée à se transformer en un
groupe si fort, en termes de profitabilité, de croissance, de qualité des
produits et de technologies. C’est
ça que je veux dire. Les résultats
financiers de 2018 vont d’ailleurs
être excellents.
Lire l’éditorial de
David Barroux page 9
et « Crible » page 38
Carlos Ghosn : « Quand j’ai appris que ma caution était de nouveau refusée, j’ai décidé de démissionner.
Mais j’aurais souhaité avoir l’occasion de m’expliquer devant le conseil d’administration de Renault. »
D
Ce qu’on
lui reproche
Kentaro Aoyama/AP/Sipa
Détenu au Japon
•depuis
deux mois et demi,
petits malfrats en attente de procès,
Cour suprême.
déjà pu brièvement s’entretenir avec
des journalistes du « Nikkei ». Il voudrait presque mener l’interview et il
n’a perdu ni de sa prestance, ni de
son aura. On l’interrompt beaucoup
pour revenir à nos questions sur les
accusations précises formulées par
Nissan. Le temps est compté. Il a
beaucoup à dire sur ce qu’il décrit
comme un « complot ». Mais nous
n’aurons pas de réponse à notre
interrogation sur les généreux paiements versés à sa sœur pendant des
années. A aucun moment, il ne
s’agace, ni se démonte, malgré ses
confidences sur sa souffrance de ne
pas voir sa famille.
Quinze minutes et déjà vingt
pages de notes. Le gardien à la montre se lève soudain. L’ancien grand
patron suit le mouvement, habitué à
cette routine. Et il va franchir la porte
mais se retourne. « Il faut que vous
reveniez ! », lance-t-il. Promis. On a
tant d’autres questions. — Y. R.
Carlos Ghosn a été inculpé
pour fausse déclaration et
abus de confiance
aggravé. Il n’aurait pas
déclaré aux autorités
boursières
près de 80 millions de dollars
de revenus qu’il devait
toucher de Nissan une fois
parti du groupe.
Il aurait aussi bénéficié
d’un montage financier
frauduleux en 2008, Nissan
lui ayant servi de caution
indirecte pour maintenir une
position à découvert sur un
swap de taux (un instrument
financier qui lui permettait de
réduire les risques de change
sur son salaire versé en yens).
Outre ces inculpations,
de nombreuses
révélations – qui n’ont pas
donné lieu aujourd’hui à des
poursuites judiciaires – ont
parsemé la presse. Nissan
aurait payé la sœur de Carlos
Ghosn au Brésil. Le dirigeant
aurait bénéficié indûment
de logements à Rio, Paris,
Amsterdam ou Beyrouth, se
serait fait payer son adhésion
au yacht-club de Rio, aurait
utilisé la structure RenaultNissan BV pour faire des
donations au Liban.
En 2018, Carlos Ghosn
aurait enfin bénéficié
d’un troisième salaire
de près de 8 millions d’euros
chez Nissan Mitsubishi BV.
•
•
•
Mais l’émotion s’oppose souvent
à la raison. Beaucoup de dirigeants actuels de Renault ne peuvent pas croire à la culpabilité de
leur patron. Présomption d’innocence et loyauté obligent, « ils ont
du mal à faire leur deuil », notait il
y a quelques jours une source
gouvernementale. Au-delà
même de la direction, les accusations publiques de l’ex-PDG de
Renault risquent de conforter le
corps social dans son sentiment
« anti-Nissan » même si les preuves formelles d’un complot manquent pour l’instant. « Le lien est
abîmé, les Renault et les Nissan se
regardent en chiens de faïence »,
racontent les opérationnels, loin
des discours officiels. Rien
depuis deux mois n’a réellement
changé sur ce plan.
Carlos Ghosn n’accuse certes
pas l’ensemble de l’entreprise de
trahison. « J’aime le Japon. J’aime
Nissan. Je n’ai rien contre le
groupe », insiste-t-il, rappelant les
années passées « à en faire une
entreprise puissante ». Il laisse
toutefois planer le doute sur les
responsables du complot, donne
à entendre qu’ils sont toujours en
poste, sans nommer, mais sans
innocenter non plus son directeur général, Hiroto Saikawa.
« C’est compliqué de travailler avec
ceux qui ont trahi », confirme un
proche de la direction du
Losange. « Mais Renault a jusqu’à
présent préféré ne pas monter au
créneau, précisément pour ne pas
jeter de l’huile sur le feu. »
Intégrité et légitimité
Côté Nissan, l’atmosphère n’est
guère plus sereine. Hiroto Saikawa, dans nos colonnes mais
aussi en interne, ne cesse de plaider sa bonne foi. Comment, dans
ces conditions, la direction de
Nissan peut-elle ne pas se sentir
blessée de constater qu’à Boulogne-Billancourt on ne la croit
pas ? Pourquoi les dirigeants de
Renault ont-ils refusé de prendre
directement connaissance du
dossier d’accusation constitué
par Nissan, se contentant
d’envoyer des avocats ? Vu de la
fenêtre Nissan, c’est incompréhensible. Au fil des semaines, la
défiance a fini par s’installer aussi
à Yokohama.
En nommant Jean-Dominique
Senard, le conseil d’administration de Renault sous l’impulsion
de l’Etat (qui détient 15 % du
Losange) a précisément voulu
dépassionner les relations entre
les partenaires, afin de renouer
les liens. Le président de Michelin est connu pour son intégrité,
une qualité qui le rend légitime
aux yeux de tous. Reste que la
tâche est immense. Il faudra sans
doute plus que des discours pour
rétablir une confiance durable. n
Le récit d’une descente aux enfers
En l’espace de deux mois,
l’ancien patron de Renault
et de Nissan a peu à peu
tout perdu. Seuls ses
proches le soutiennent
sans réserve.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Le ciel lui est tombé sur la tête un
jour de novembre. Alors qu’il venait
d’atterrir à Tokyo pour retrouver sa
fille et son petit ami, dans un bon
restaurant de la capitale japonaise. La police japonaise est montée à bord de son jet pour l’interroger trois heures durant et lui
signifier son placement immédiat
en garde à vue. Quelque 73 jours
plus tard, Carlos Ghosn est toujours
embastillé dans une prison
tokyoïte, et les perspectives d’éclaircies doivent lui paraître plus éloignées que jamais.
Après une garde à vue interminable, les juges l’ont inculpé en décembre de fausses déclarations aux
autorités boursières et d’abus de
confiance aggravé en janvier. Ils ont
également refusé ses deux demandes de libération sous caution, malgré ses espoirs et l’appui logistique
des autorités françaises (notamment pour lui trouver un point de
chute loin de tout protagoniste de
l’affaire).
En clair et sauf surprise, Carlos
Ghosn devrait rester à l’ombre dans
des conditions bien plus strictes
que celles prévalant au quartier VIP
de la Santé jusqu’à la fin de son procès, dans quelques mois – vraiment
au mieux. « Je suis fort mais je suis
fatigué de tout ça », confiait-il aux
« Echos » depuis le parloir, il y a
quelques heures.
Logique, dans ces conditions,
d’avoir une petite mine. Depuis son
arrestation, le dirigeant vit une descente aux enfers, lui qui était depuis
des années au pinacle de l’industrie
automobile. Nissan l’a détrôné non
sans violence de son rôle de président deux jours plus tard, le
21 novembre. Mitsubishi a fait de
même dans la foulée. Et si Renault
l’a longtemps protégé – présomption d’innocence et nécessité de
trouver un remplaçant obligent –,
Carlos Ghosn a finalement accepté
de démissionner la semaine dernière et de passer le témoin à JeanDominique Senard. Pour que
Renault puisse enclencher un nouveau cycle et pour pouvoir se consacrer à sa défense. Le triple patron,
qui fréquentait les grands de ce
monde, n’est même plus simple
patron.
Deuil en cours chez Renault
Pis, au-delà des accusations judiciaires, Carlos Ghosn subit un tir de
barrage permanent avec les nombreuses révélations fuitant dans la
presse. Liste non exhaustive : sa
sœur aurait été rémunérée par Nissan, il aurait touché un énorme
salaire secret chez Nissan-Mitsubishi BV, il jouit de somptueux logements à Rio, Beyrouth ou Paris, la
structure hollandaise de l’Alliance
RNBV aurait fait des donations à
des universités libanaises et financé
des missions de conseil pour
Renault (ce qui est tout sauf son
objet)…
Dans la tempête, le navire Ghosn
ne reçoit pas beaucoup de récon-
fort. Effarés par ces pratiques, des
anciens de Renault ne mâchent pas
leurs mots en privé. En France, pas
un homme politique n’ose le soutenir en public – il faut dire qu’il n’a
jamais ménagé les tenants du pouvoir. Idem chez le patronat tricolore, qu’il s’était mis définitivement
à dos en passant outre à l’avis de ses
actionnaires sur son salaire, en
2016. Seul Loïk Le Floch-Prigent,
l’ancien patron d’Elf Aquitaine, lui
aussi passé par la case prison, a pris
la plume en sa faveur.
Au siège de Renault, la direction,
qui lui assure son soutien, semble
encore choquée par les événements. « Le management est encore
un peu dans le déni », confiait il y a
quelques jours une source gouvernementale. Depuis le départ, sa
garde rapprochée crie au complot
(comme lui), mais prêche plutôt
« La vie n’a pas
permis que je fasse
la rencontre
de Carlos Ghosn,
j’ai simplement
regardé ce qu’il
a réalisé et j’ai mal
à mon pays
de le voir
si mal traité. »
LOÏK LE FLOCH-PRIGENT
Ancien patron d’Elf Aquitaine
dans le désert. « A notre connaissance, aucun élément n’accrédite
réellement cette thèse », souligne
une source proche de Bercy. Quoi
qu’il en soit, l’arrivée de Jean-Dominique Senard au volant devrait permettre de faire la part des choses et
de bien saisir ce qui a pu se passer
chez Nissan, Renault et RNBV.
« Acharnement »
A vrai dire, seuls ses proches le soutiennent sans réserve. Son fils,
Anthony, l’a défendu dans le « Le
Journal du dimanche », ses filles
sur Instagram. Dans ce « cauchemar », sa femme, Carole, inquiète
pour la santé de son mari, qui a
perdu 10 kilos, a demandé de l’aide à
l’Elysée et de Human Rights Watch.
Dans « Paris Match », elle s’insurge
contre un « acharnement » du
Jap on. L’ancien dirigeant de
Renault et Nissan refuse cependant
de la voir au parloir, de peur que le
procureur ne s’en serve pour faire
pression et lui arracher des aveux.
Car, bien que touché, Carlos
Ghosn nie farouchement toute
malversation. Pas question de baisser pavillon. Depuis sa prison, il se
dit « concentré » et désireux de se
« battre pour restaurer » sa réputation – son dernier combat après
avoir tout perdu. Son sort sera tranché au tribunal, et les augures ne
sont pas bons. Dans l’Archipel, un
accusé est quasi systématiquement
condamné. Quoi qu’il advienne, la
brillante carrière de Carlos Ghosn
est irrémédiablement entachée par
ce scandale. « Quand on rate sa sortie, c’est aussi triste que de ne pas
réussir sa mission », disait-il il y a
seize ans, dans sa biographie. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
Sous pression, GE veut
réduire sa dette colossale
l L’ex-fleuron industriel américain a rassuré les marchés hier,
avec des revenus supérieurs aux attentes en fin d’année.
l Mais il n’a donné aucune prévision pour 2019.
ÉNERGIE
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
« Notre stratégie est claire : réduire la
dette dans notre bilan et renforcer
nos métiers, à commencer par l’énergie », a promis Larry Culp, le patron
de General Electric, nommé à
l’automne pour redresser l’exfleuron américain, dont il est le premier dirigeant à avoir été recruté à
l’extérieur.
GE, qui présentait jeudi ses
résultats annuels, a enchaîné les
difficultés depuis deux ans et peine
à convaincre les marchés de sa
capacité à renouer avec la croissance. Frappé par le ralentissement de la demande mondiale en
énergie et toujours pénalisé par
l’héritage de la crise des « subprimes » dans sa division finance, le
groupe a changé deux fois de
patron en dix-huit mois, réduit à
deux reprises son dividende, supprimé des milliers de postes. Il a
aussi annoncé des cessions d’actifs
(participation dans Baker Hughes,
division transport, scission de la
partie santé) et une vaste réorganisation de ses métiers.
Un plan que Larry Culp, qui n’a
pas encore détaillé sa feuille de
route, a de fait repris à son
compte, en mettant jeudi l’accent
sur la nécessité d’assainir le bilan
de l’entreprise en réduisant une
dette qui s’élève à 121 milliards de
dollars, dont la moitié au titre de
GE Capital, l’ex-division des services financiers. L’entreprise
espère rapidement améliorer sa
note de crédit, qui a été dégradée
de deux niveaux par les agences
l’an dernier.
Une hausse du titre
Jeudi, le groupe a surpris les marchés avec des revenus trimestriels
supérieurs aux attentes (33 milliards, +5 %), qui ont propulsé le titre
de près de 10 % à l’ouverture, mais
des profits décevants (761 millions,
contre une perte de 10 milliards un
an plus tôt). La division énergie, qui
fabrique des turbines utilisées dans
les centrales, a continué de peser
lourdement sur les performances de
l’entreprise, avec des revenus en
baisse de 25 % et des pertes de
872 millions. Les autres divisions ont
affiché des revenus en hausse,
notamment la partie aéronautique
(+21 %), qui fabrique des moteurs
d’avions et contribue désormais
davantage aux revenus que l’énergie.
General Electric a par ailleurs
annoncé qu’il allait verser 1,5 milliard de dollars pour mettre un
terme à une enquête du département de la Justice portant sur l’héritage de la crise des « subprimes », un
montant que GE avait provisionné.
« Des signaux »
« Tout ça va clairement dans le bon
sens, a estimé Nicholas Heymann,
analyste chez William Blair & Co
cité par Bloomberg. Il y a des signaux
Un modèle plus intégré dans les énergies vertes
L’équipementier américain
regroupe autour de l’éolien
et de l’hydraulique ses
activités dans les réseaux
et le stockage. Son taux
de marge a souffert l’an
dernier.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Les énergies vertes prennent du
poids chez GE. A la veille des résultats annuels, le groupe américain a
annoncé une réorganisation de GE
Renewable Energy, la division
dédiée à l’éolien et à l’hydraulique.
L’activité de GE dans les réseaux
(Grid) rejoint ainsi la fabrication
des éoliennes (le groupe revendique une place de numéro deux ou
trois mondial). Tout comme les
composants nécessaires aux grandes fermes solaires (une partie de
l’ex-Converteam) et les batteries
(GE Reservoir), qui permettront de
proposer des systèmes hybrides
associant production et stockage
d’électricité.
Des projets clefs en main
« La capacité à garantir au client qu’il
sera intégré au réseau devient un
avantage concurrentiel », estime
Jérôme Pécresse, ancien dirigeant
d’Alstom promu à la direction de
cette branche lors du rachat des
activités énergie de l’équipementier
français, en 2015. « On va progressivement évoluer d’un producteur
d’équipements à un producteur
capable de proposer de l’électricité
pas chère pendant 24 heures », explique-t-il. Dans les projets d’éolien en
mer, par exemple, « on pourra tout
faire sauf les câbles et les fondations ». La nouvelle entité représentera 16 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 40.000 employés,
contre 23.000 aujourd’hui, indique
le dirigeant.
GE fait ainsi le pari que ses
clients voudront des projets plus
intégrés, voire clefs en main, du
développement à la négociation de
contrats avec des acheteurs d’électricité verte, en passant par la
fourniture des équipements.
Aujourd’hui, ce sont les développeurs de projets éoliens et solaires qui assurent cette fonction
d’ensemblier. « Mais on achète les
éq u i p em en ts d e m an i ère très
décomposée », fait remarquer un
acteur du secteur.
L’année 2018 est restée difficile
pour GE dans les énergies renouvelables, avec un chiffre d’affaires
ventes aux enchères publiques //
VENTE aux enchères publiques le jeudi 7 mars 2019 à 14H00
au Tribunal de PARIS, Parvis du Tribunal de PARIS, à PARIS 17ème
75
93
UN APPARTEMENT à PARIS 18ème
93
93
29 rue Ordener
de 28,28 m². Bâtiment A, au 3ème étage, escalier unique, porte droite, comprenant :
hall d’entrée, 2 pièces chacune avec un grand placard, cuisine, salle d’eau avec w.-c.
Avec une CAVE - Occupé
Mise à Prix : 47.000 €
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé sous la Référence Grefe
18/00065, à Maître Denis LANCEREAU, Avocat associé du Cabinet TOCQUEVILLE, demeurant
22 rue de Tocqueville, 75017 PARIS, Tél. : 01 56 33 26 26 (uniquement de 14 H à 16 H)
VISITE sur place le Jeudi 21 février 2019 de 12 H 00 à 13 H 30
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 5 mars 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
APPARTEMENT de 54,46 M² à NOISY LE GRAND (93)
424 Closerie Mont d’Est (Bât. A)
Au niveau 2 : entrée avec coin cuisine, pièce principale, SdB/WC, 2 chambres
Mise à Prix : 36.000 € - Loué et occupé (Consignation : 3.600 €)
S’adresser : - A Maître Myriam CALESTROUPAT avocat, SCPA
CALESTROUPAT-THOMAS et Associés, 8 ter bd. Henri Barbusse
(93) MONTREUIL, Tél.01.48.58.17.06, mail : cabinet@fgtavocats.
com site : www.fgtavocats.com, dépositaire d’une copie du cahier des
conditions de vente - Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de
BOBIGNY où le cahier des conditions de vente est déposé. - Sur les
lieux où une visite sera organisée le mercredi 27 février 2019 à 14h30
VENTE aux enchères publiques au Palais de justice de BOBIGNY, 173, av.
Paul Vaillant Couturier le MARDI 5 MARS 2019 à 13h30 - EN UN LOT
à SAINT DENIS (93) - 90 rue Gabriel Péri
UN LOGEMENT de 15,45 m² dans le bât. sur rue dit “Bât. I”, au 6
publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
93 VENTE aux enchères
le mardi 5 mars 2019 à 13h30 - EN UN LOT
93
APPARTEMENT de 56,10 M² à PIERREFITTE SUR SEINE (93)
13/15 rue Nungesser et Coli (Bât B)
Au2ème étageàgauchecomprenant:entrée,cuisineéquipée,salon, BALCON,
2 chambres, SdB, WC - CAVE n°18 au ss-sol
- SECHOIR individuel n° 18 au ss-sol - PARKING n°18 dans le bâtiment
Mise à Prix : 28.000 € - Loué
(Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Alain CIEOL, avocat, 27-29 rue de Carency (93)
BOBIGNY, Tél. 01.48.30.11.11, dépositaire d’une copie du cahier des CCV
- Au grefe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé
- Sur les lieux pour visiter, le : lundi 25 février 2019 à 9h
Mise à Prix : 10.000 €
Consignation pour enchérir : chèque de banque à l’ordre de Mr le Bâtonnier Séquestre
représentant 10 % du montant de la mise à prix avec un minimum de 3 000 €.
Outre les clauses et conditions énoncées au cahier des Conditions de vente.
Rens. : Au cabinet de Me Ingrid FOY, Avocat au Barreau de la Seine Saint Denis, 13 Mail Centre
Ville – 93110 ROSNY SOUS BOIS - T. 01.49.35.70.13, dépositaire d’une copie du cahier des
conditions de vente. Me Emmanuel CONSTANT, Avocat au Barreau de PARIS, 25 rue SaintSébastien - PARIS 11ème - T. 01.55.28.65.56 - www.cbavocats.eu. Au grefe du JEX du TGI de
BOBIGNY, où le cahier des conditions de vente est déposé et peut être consulté. www.ferrari.fr
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121885)
93
93
VENTE aux enchères publiques au Palais de justice de BOBIGNY, 173, av.
Paul Vaillant Couturier le MARDI 5 MARS 2019 à 13h30 - EN UN LOT
1 Passage Moret (Bât. A)
à BONDY (93) - 10 rue Henri Douillot
UN PAVILLON D’HABITATION de 138,54 m² compr. : Au RdJ : entrée avec
- Au 4ème étage, porte gauche dans le couloir gauche en sortant de l’ascenseur,
n° A41, comprenant : entrée, salon-séjour avec BALCON, cuisine, couloir,
chambre,75
SdB, WC - au 1er ss, un EMPLACEMENT DE PARKING n° 28a
plcrd à usage de cave à vin, une pièce, garage, chauferie. Au RdC : pièce à vivre, salle à m.,
Sdb, 2 chbres avec plcrd, couloir de dégagt avec plcrd, WC, cuisine. Combles aménagés :
salon, salle75
d’eau-wc, 2 chbres avec plcrd. JARDIN. Le bien est libre de toute occupation.
ème
étage, à
drte sur cour, 1ère à drte (lot 44) compr. : Une pièce à vivre avec coin kitchenette, salle
d’eau avec WC. Occupé. Droit d’usage du WC de drte, situé à l’étage, en commun avec
les lots nos75
45, 46, 47 et 48.
93
93 VENTE aux enchères publiques sur Liquidation Judicaire, au palais de justice
93 de BOBIGNY (93) le mardi 12 février 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
APPARTEMENT de 44,33 M² à BUSSY SAINT GEORGES (77)
de 9,5 milliards de dollars, en
croissance de 4 % sur un an, mais
un taux de marge de 3 %, divisé par
deux, très inférieur aux anciens
standards du groupe. Les commandes et le chiffre d’affaires ont
nettement progressé au quatrième
trimestre, mais la consolidation
dans les comptes des coentreprises que l’américain a dû racheter à
Alstom a notamment pesé. Alors
que ses grands concurrents Vestas
ou Siemens Gamesa réduisent
leurs coûts, GE a seulement indiqué un allégement de ses frais de
structure dans l’éolien terrestre
aux Etats-Unis. n
EN
EN PARTENARIAT
PARTENARIAT AVEC
AVEC
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121886)
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montrant que les choses s’accélèrent,
non seulement pour améliorer la
liquidité de GE, mais aussi pour
réduire la dette et tous les facteurs
d’incertitude. » Pour autant, General
Electric ne s’est pas aventuré à donner des prévisions pour 2019. Une
prudence remarquée par les marchés. Le titre GE a perdu la moitié de
sa valeur au cours des douze derniers mois et a été retiré de l’indice
industriel Dow Jones l’an dernier. n
93
Mise à Prix : 100.000 € - Loué et Occupé
(Consignation : 10.000 €)
Avec faculté de baisse du ¼, de ½ puis de ¾ faute d’enchères
93
Mise à Prix : 80.000 €
Consignation pour enchérir : chèque de banque à l’ordre de Mr le Bâtonnier Séquestre
représentant 10 % du montant de la mise à prix avec un minimum de 3 000 €.
Outre les clauses et conditions énoncées au cahier des Conditions de vente.
Rens. : Au cabinet de Me Ingrid FOY, Avocat au Barreau de la Seine Saint Denis, 13 Mail Centre
Ville – 93110 ROSNY SOUS BOIS - T. 01.49.35.70.13, dépositaire d’une copie du cahier des
conditions de vente. Me Emmanuel CONSTANT, Avocat au Barreau de PARIS, 25 rue SaintSébastien - PARIS 11ème - T. 01.55.28.65.56 - www.cbavocats.eu. Au grefe du JEX du TGI de
BOBIGNY, où le cahier des conditions de vente est déposé et peut être consulté. www.ferrari.fr
VISITE LE LUNDI 25 FÉVRIER 2019 DE 9H30 À 10H15
S’adresser : - A Maître Nathalie GARLIN, avocat, SCPA ROULETTE GARLIN
BOUST MAHI, 9 rue Roger Salengro (93) DRANCY, Tél. 01.48.30.31.31,
dépositaire d’une copie du cahier des conditions de vente - Maître Marie
DANGUY, Mandataire Judiciaire, 2 bis rue de Lorraine (93) BOBIGNY - Au
grefe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le cahier des conditions de
vente est déposé - Sur les pour visiter, le : jeudi 31 janvier 2019 de 14h à 14h30
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121870)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121888)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121876)
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 12 mars 2019 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
PROCHAINES VENTES (extrait)
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VENTE aux enchères publiques le mardi 19 mars 2019 à 13H30
au TGI de BOBIGNY, 173 avenue Paul Vaillant-Couturier
UN APPARTEMENT à AUBERVILLIERS (93)
93
93
APPARTEMENT de 66 M² à CLICHY SOUS BOIS (93)
148 rue Léopold Réchossière
2 Allée Roland Garros (Bât. 7, Esc. B)
de 38,79 m². Au 5ème étage, porte face, comprenant : couloir de distribution,
salon, chambre, salle d’eau avec w.-c., cuisine. Avec une CAVE – Loué
Au RdC, à gauche : entrée, WC, cuisine, SdB, 3 chambres, séjour - CAVE
Mise à Prix : 15.745 € - Occupé (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A la SCP DOMINIQUE-DROUX & BAQUET avocats, 14 allée
Michelet (93) LES PAVILLONS SOUS BOIS, Tél. 01.48.47.43.47, dépositaire
d’une copie du CCV - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le
CCV est déposé - Sur les lieux pour visiter, le lundi 4 mars 2019 de 9h30 à 10h
Mise à Prix : 40.000 €
(Caution bancaire ou chèque de banque : 4.000 Euros)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI
de BOBIGNY, où il a été déposé sous la Référence Grefe 18/09432, à Maître Florence LOUIS, Avocat
à PANTIN (93500) 3 rue Charles Auray, Tél. : 01 40 11 74 20, à Maître Eric AUDINEAU, membre de
l’AARPI AUDINEAU-GUITTON, Avocat à PARIS (75008), 10 rue de la Pépinière - www.audineau.fr
VISITE sur place le Mercredi 13 mars 2019 de 9 H 30 à 10 H 00
93
Si vous souhaitez paraître dans cette rubrique :
agence@immolegal.fr - Tél : 01.42.96.96.72
VISITE LE LUNDI 25 FÉVRIER 2019 DE 11H00 À 11H45
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 121887)
LES MEILLEURES OPPORTUNITÉS AUX ENCHÈRES
Retrouvez le calendrier des prochaines ventes aux enchères et
consultez gratuitement les résultats ainsi que notre newsletter
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T. G. I. de BOBIGNY (93)
l Audience du 05/02/2019 à 13H30
APPARTEMENT à STAINS (93240) - MISE À PRIX : 117 700 €
Maître MARMI
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MAISON à GOURNAY SUR MARNE (93460) - MISE À PRIX : 97 000 €
Maître CIEOL
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APPARTEMENT à NEUILLY SUR MARNE (93330) - MISE À PRIX : 75 000 €
Maître BOSQUE ET ASSOCIES
Ref VLimmo 121126
PROPRIETE à PIERREFITTE SUR SEINE (93380) - MISE À PRIX : 60 000 €
Maître BOSQUE ET ASSOCIES
Ref VLimmo 121179
APPARTEMENT à PIERREFITTE SUR SEINE (93380) - MISE À PRIX : 50 000 €
Maître SEVIN
Ref VLimmo 121357
MAISONS à DRANCY (93700) - MISE À PRIX : 27 000 €
Maître FOY
Ref VLimmo 121131
APPARTEMENT à SEVRAN (93270) - MISE À PRIX : 26 000 €
Maître FOY
Ref VLimmo 121199
APPARTEMENT à LA COURNEUVE (93120) - MISE À PRIX : 12 000 €
Maître DOMINIQUE-DROUX & BAQUET
Ref VLimmo 121106
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
Auchan France remet à plat
son organisation
Le plan de bataille
du nouveau patron
d’Unilever
DISTRIBUTION
BIENS DE
CONSOMMATION
L’enseigne nordiste
réunit ses hypers,
supers et magasins
de proximité dans
l’Hexagone, au sein
de 116 « zones de vie ».
Le géant anglonéerlandais mise
sur les produits
durables et de niche
pour relancer
sa croissance.
Chacune aura un
projet commercial
et un compte
d’exploitation.
Avec cette nouvelle organisation, Auchan espère prendre une longueur d’avance
sur ses concurrents. Photo Franck Crusiaux/RÉA
Auchan.fr. « Chaque zone de vie aura
un projet commercial et un compte
d’exploitation. » « Aujourd’hui,
poursuit Olivier Louis, le consommateur n’est plus le client d’un seul
magasin, il navigue entre plusieurs
points de contact : site Internet, drives
[points de retrait des commandes,
NDLR], hypermarché pour les grosses courses, petit supermarché pour
les achats du quotidien. » L’objectif
est que la marque Auchan offre les
mêmes services partout et organise
la complémentarité entre les for-
« Le consommateur
n’est plus le client
d’un seul magasin,
il navigue entre
plusieurs points
de contacts. »
OLIVIER LOUIS
Directeur de la communication
d’Auchan Retail France
mats et les canaux. L’expérience a
été menée et connaît, dit-on, un
début de succès, dans les filiales de
Pologne et du Portugal.
Cartes de fidélité
unifiées
Les cartes de fidélité ont été unifiées. Les données clients sont
mises en commun. Des réflexions
ont été entamées avec les représentants du personnel sur les rémunérations. Pourquoi, par exemple, ne
pas attribuer tout ou partie du chiffre d’affaires généré par une commande Internet au point de vente
– et à son personnel – dans lequel
elle est livrée ? « Cette organisation,
rappelle Olivier Louis, découle de la
décision stratégique qui a été prise de
faire converger nos enseignes vers
une marque unique. » Les 280
supermarchés Simply Market sont
devenus des Auchan Super et les
petits A2Pas des My Auchan.
Les 116 zones de vie sont réunies
au sein de 8 « territoires ». Cette
strate remplace les 5 directions
régionales des hypermarchés et les
3 directions réseaux des supermarchés. Au sein des zones, les structures sont légères. Pas de bureaux
AccorHotels réinvente
son enseigne Ibis
HÔTELLERIE
Le groupe tourne
le dos à la standardisation avec sa marque
phare pour l’hôtellerie
économique.
Il déploie trois
concepts de décoration
tout en mettant
l’accent sur la restauration et la musique.
Christophe Palierse
@cpalierse
Flexibilité, design, « lifestyle »,
expériences… L’air de rien, c’est une
petite révolution qu’a annoncée
jeudi AccorHotels en dévoilant les
modalités de la rénovation de sa
marque Ibis, enseigne phare dans
l’hôtellerie économique, avec
1.174 hôtels à la fin 2018, dont 389 en
France, locomotive aussi du champion français de l’hôtellerie (29 %
des revenus du groupe au 1er semestre 2018), et numéro six mondial de
son secteur, en matière de développement.
Pour ses quarante-cinq ans, le
Revirement stratégique
Avec ce revirement stratégique,
le groupe entend remonter la
pente, après un exercice 2018
qui s’est soldé par une baisse
de 5,1 % du chiffre d’affaires, à
51 milliards d’euros. En France,
les ventes ont diminué dans
toutes les catégories à l’exception des glaces. Le bénéfice net
du groupe a toutefois doublé
en 2018, à 9,8 milliards d’euros,
du fait notamment de la cession
du pôle margarines.
Le nouveau DG a confirmé
les objectifs de son prédécesseur, en visant une marge opérationnelle de 20 % d’ici à 2020,
contre 18,4 % l’année dernière.
Des chiffres fixés après l’OPA
avortée de Kraft Heinz sur le
groupe, début 2017. « Unilever
va devoir être très sélectif sur
l’achat de ses matières premières
et des ingrédients de ses produits
pour parvenir à ce résultat »,
souligne Joost van Beek.
De fait, la prudence reste
de mise sur l’exercice en cours.
Le chiffre d’affaires ne devrait
augmenter que d’environ 3 %
en 2019. Une prévision qui a
déçu les marchés. Côté gouvernance, la simplification de la
structure à deux têtes du
groupe reste à l’agenda. En
octobre, Unilever avait dû
renoncer à fermer son siège
londonien sous la pression des
actionnaires britanniques. n
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Carrefour en rêve. Auchan le fait.
« J’ai constaté avec surprise que dans
une ville, le directeur de notre hypermarché ne connaissait pas son
homologue du supermarché Market
local ni ceux des petits City », racontait Alexandre Bompard peu après
son arrivée à la présidence du leader français de la distribution. Par
tradition, les distributeurs sont en
effet organisés en silos. Chaque format de magasin (grand, moyen,
petit) a sa direction nationale, ses
directions régionales, sa chaîne
logistique, son assortiment, etc.
Auchan casse ce moule.
« Les réunions commenceront en
mars », explique Olivier Louis, le
directeur de la communication
d’Auchan Retail France, qui décrit
l’organisation qui se met en place.
L’enseigne a découpé la France en
116 « zones de vie ». Chacune correspond « à une zone géographique au
sein de laquelle s’organise le quotidien des habitants autour des infrastructures de logement, de travail, de
commerce, d’éducation, de santé ».
En résumé : une bourgade et ses
alentours, une petite ville, le quartier d’une agglomération. Certaines
zones de vie comptent un hypermarché (plus la dimension Internet) comme à Cherbourg, d’autres
14 sites.
Au sein de ces véritables cellules
de consommation, une coopération
se créera entre tous les points de
vente du groupe nordiste qui y sont
implantés, sans oublier les points de
retrait du site d’e -commerce
de produits standards devrait
rester la norme », poursuit l’analyste en mentionnant l’acquisition récente de la division
indienne de GlaxoSmithKline
dans le secteur des boissons.
groupe offre à Ibis une nouvelle jeunesse en totale rupture avec son historique de chaîne standardisée.
Compte tenu des nouvelles tendances de consommation et aspirations de la clientèle, d’une concurrence très active par ailleurs, il a,
sans conteste, cassé ses codes.
Ibis a désormais droit à trois concepts de décoration et d’ambiance,
Agora, Plaza, Square, respectivement conçus par trois cabinets
d’architectes, un autrichien (Inno-
Dans l’Ibis Perpignan,
rouvert début janvier,
le chiffre d’affaires
réalisé avec
les boissons
et la restauration
a crû de 38 %.
cad), un brésilien (FGMF) et un
thaïlandais (Soda), les trois ayant
été retenus à l’issue d’un appel à
candidatures organisé en 2017 en
Europe, en Amérique du Sud et
Asie. Les propriétaires, franchisés
ou nouveaux investisseurs, peuvent
piocher librement dans cette
« boîte à outils ». La déclinaison du
concept Plaza est en cours dans un
Ibis situé au Portugal, alors que le
concept Agora est mis en œuvre à
Paris dans un hôtel du quartier de
Bercy après une première réalisation à Barcelone.
Hôtel à vivre
Au-delà de la décoration, il est aussi
question d’expérience. Ibis entend
passer du statut d’hôtel fonctionnel
où dormir à celui d’établissement à
vivre. Avec son enseigne économique, AccorHotels confirme sa
volonté de revitaliser son offre barrestaurant, et donc ses revenus
additionnels. Dans l’Ibis de la capitale catalane, rouvert début janvier,
le chiffre d’affaires réalisé avec les
boissons et la restauration a crû de
38 %.
En outre, l’accent est mis sur la
musique. Dans le cadre de partenariats avec Sony et Spotify, Ibis va
désormais promouvoir de jeunes
artistes. L’opérateur évoque « plus
de 80 talents émergents » et prévoit
une quarantaine de concerts organisés dans le réseau Ibis cette
année. Fan de rock, l’ancien PDG
d’AccorHotels Denis Hennequin,
qui avait « réveillé » la marque Ibis
en 2011, pointant déjà la limite de la
standardisation et l’absence de restauration, appréciera. n
dédiés, pas de hiérarchie, c’est le
règne de la coconstruction.
Avec cette nouvelle organisation,
Auchan espère prendre une longueur d’avance sur ses concurrents.
Le groupe en aura besoin pour
rebondir. Les difficultés en Russie
et en Italie et le déclin, en France,
des grands hypermarchés, pèseront encore cette année sur les
résultats. Il a bouleversé sa gouvernance en octobre dernier, la famille
Mulliez reprenant la main. Edgard
Bonte (le gendre de Patrick Mulliez,
qui est le frère de Gérard Mulliez, le
fondateur d’Auchan) a remplacé
Régis Degelcke à la présidence
d’Auchan Retail. n
« Notre modèle centenaire consistait à proposer des produits de
masse à des masses de consommateurs. Il a vécu. » Lâchée par
le nouveau directeur d’Unilever,
en marge du sommet de Davos,
la phrase résume à elle seule le
virage stratégique du propriétaire de Ben & Jerry’s, du thé
Lipton et des soupes Knorr.
Celui-là entend désormais se
démarquer de ses concurrents,
en privilégiant les produits
durables ou bien de niche.
Unilever a mené 11 acquisitions répondant à ces critères
en 2018. D’ores et déjà, le groupe
propose sous la marque Monsavon des gels douche et des
déodorants aux ingrédients
biologiques mais aussi 700 produits alimentaires avec un label
végétarien.
« Cette stratégie oblige Unilever à proposer des innovations
produits pour augmenter ses
volumes sur des marchés occidentaux matures », explique
Joost van Beek, analyste à la
banque InsigerGilissen. « Sur
les marchés en développement
comme la Chine et l’Inde, l’offre
AVIS FINANCIER
ACTIVITÉ ET RÉSULTATS
ANNUELS 2018
UN PNB RECORD ET UN RÉSULTAT DYNAMISÉ
PAR UNE ACTIVITÉ EXCEPTIONNELLE
CONQUÊTE
CONFIANCE
SOLIDITÉ
> 100 000
> 100 milliards
> 6 milliards
nouveaux clients en 2018
d’encours gérés
de capitaux propres,
socle des investissements
+ 10 points
+16,2%
275
sur un an dans les
indicateurs de satisfaction
client (1) en progression
régulière
encours de crédit sur un an
agences déployées
sur le territoire francilien
encours de collecte (2)
18 000
1
7,4 Mds €
jours de formation en 2018
pour les collaborateurs
ère
banque
+ 5,5%
à réseau régionale
la moins chère
en Île-de-France (3)
de production de crédits
habitat
+ 37 000
contrats d’assurance
IARD en stock (+5,2%)
sociétaires
> 500 000
30
expérimentations
lancées avec des start-up
franciliennes en open
innovation
Le Crédit Agricole d’Ile-de-France, qui ambitionne de devenir la banque préférée
des Franciliens pour accélérer son développement, poursuit sa trajectoire
en s’appuyant sur son modèle 100% humain et 100% digital
Le Conseil d’Administration proposera à l’Assemblée Générale le versement d’un dividende de 3,70€ par CCI,
représentant un rendement de 4,2% par rapport au dernier cours de l’année.
RÉSULTATS FINANCIERS 2018 (4)
Produit
Net Bancaire
Résultat Net,
Part du Groupe
Ratio de solvabilité (5)
estimé au 31/12/2018
1 020 M€
280 M€
19,6 %
+5,0% vs. 2017
+9,5% vs. 2017
(1) Indicateur de Recommandation Clientèle agence
(2) Encours de collecte bilan et hors bilan, y compris les encours des comptes titres des clients
(3) Trophées de la Banque 2019, prix de la 1ère banque à réseau la moins chère en Île-de-France pour le profil «Client Classique»
Classement 2018 de 60 millions de consommateurs, prix de la 1ère banque régionale la moins chère en Île-de-France
(4) Comptes consolidés en normes internationales IFRS. Pour plus d’informations, consulter le communiqué détaillé sur le site ca-paris.com
(5) Ratio fonds propres totaux pour une exigence phasée de 9,875%
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
Logement : les prix calent en janvier
l Pas de démarrage en flèche pour les prix des logements dans l’ancien en 2019. En janvier, l’indice des prix immobiliers stagne.
l Les grandes villes sont toujours à la hausse, mais la moyenne générale est freinée par l’apathie du reste du territoire.
IMMOBILIER
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
A force de placer les projecteurs sur
Paris et les plus grandes villes de
France, on en oublierait l’atonie de
nombreuses régions. Certes,
l’indice des prix immobiliers (IPI)
des logements dans l’ancien pour
les dix plus grandes villes de l’Hexagone grimpe encore de 0,3 % en
janvier 2019. « Mais si on affine
l’observation, on constate que les
prix baissent dans 53 départements
sur 94 », précise Thomas Lefebvre,
directeur scientifique de MeilleursAgents. En moyenne, les prix de
l’ancien restent figés à 2.527 euros
du mètre carré, soit 3.349 euros
pour les appartements et
1.895 euros pour les maisons.
Et ce ne sont pas les mouvements
des « gilets jaunes » qui vont dynamiser la tendance en province.
Selon MeilleursAgents, « les blocages ont entraîné un report conséquent de projets d’après nos agences
partenaires (visites rendues difficiles
ou impossibles, signatures reportées…) ». Le site immobilier estime
que les volumes de transactions
vont, à coup sûr, pâtir de cette situation. Le phénomène ne laisse pas
pourtant présager un retournement du marché immobilier.
Le facteur de soutien essentiel,
des taux toujours très bas, demeure.
En outre, plus ponctuellement, les
taux et volumes de crédits sont soutenus par le volontarisme commercial des banques qui démarrent
l’année avec des objectifs élevés.
Toutefois, malgré ces taux attractifs,
les prévisions de MeilleursAgents
pour 2019 sont prudentes : « Nous
Le facteur de soutien
essentiel, des taux
toujours très bas,
demeure.
anticipons une diminution contenue
du volume de transactions (de – 5 à –
10 % par rapport à 2018) et une faible
progression des prix à Paris et dans
les grandes villes en lien avec une
demande limitée par la situation économique et sociale », déclare Thomas Lefebvre. Dans les plus grandes
villes de France, la progression
attendue pour 2019 est de 2 à 4 %.
Si les prix parisiens sont toujours
en hausse (encore +0,3 % en jan-
vier 2019, soit 5,2 % sur un an glissant), la ville perd paradoxalement
des habitants. Il faut aujourd’hui
débourser en moyenne 9.445 euros
(mais nettement plus dans certains
quartiers) pour acquérir un seul
des précieux mètres carrés de la
capitale.
Le premier réflexe des acquéreurs, rebutés par ces tarifs, est de se
rabattre sur la petite, voire la grande
couronne. Ces marchés de report
bénéficient donc indirectement des
hausses parisiennes. Les Hauts-deSeine, par exemple, augmentent
encore de 0,3 % en janvier (+2,2 %
sur un an). De la Seine-Saint-Denis à
l’Essonne en passant par les Yvelines ou le Val-de-Marne, tous ces
départements affichent une progression de 0,2 % sur le mois. Les
seules exceptions sont le Val-d’Oise,
en recul de 0,2 % en janvier (mais en
hausse de 2 % sur un an), et la Seineet-Marne, qui reste stable (mais
augmente de 1,5 % sur un an).
L’attrait des métropoles
de province
Reste que de plus en plus d’habitants n’arbitrent plus en faveur de
banlieues où la qualité de vie laisse à
désirer. Nombre d’anciens Franciliens optent pour la province… Mais
pas n’importe laquelle. Ils choisissent les grandes villes les plus dynamiques et ces transhumances ne
sont pas sans effets sur les prix. Première destination repérée, Bordeaux, où les prix se sont calmés
après avoir enregistré des records
de hausse (17 % en 2017). Ils ont
baissé de 1,2 % sur un an glissant (au
1er février 2019), tout en repartant à
la hausse, avec une progression de
0,5 % en janvier 2019. Mais les villes
en pointe sont, aujourd’hui, Lyon
(+1,1 % et + 8,9 % sur un an) et Nantes
(+1 % et + 6 % sur un an). En revanche, Nice (–0,6 %), Strasbourg
(–0,5 %) et Montpellier (–0,4 %)
commencent l’année en baisse. n
L’immobilier de luxe, un marché peu sensible à la crise
Le marché tricolore
de l’immobilier haut
de gamme bénéficie
du retour marqué des
non-résidents, étrangers,
mais aussi français.
Anne-Sophie Vion
@AnnesophieVION
Aux yeux des aficionados d’immobilier de prestige, le pouvoir de séduction de la France, Paris en tête, reste
intact. Les chiffres de la dizaine de
réseaux présents dans le haut de
gamme tricolore montrent que ce
segment du luxe ne connaît pas la
crise. « En 2018, le marché de l’immobilier de luxe français a joué pleinement son rôle de valeur refuge pour des
acquéreurs nationaux comme internationaux », s’est réjoui Laurent
Demeure, président de Coldwell Banker France & Monaco, lors de son
bilan annuel.
Les mouvements sociaux des
« gilets jaunes » n’ont eu, pour
l’heure, qu’un impact limité. « Les
manifestations des “gilets jaunes”,
pourtant fortement médiatisées à
l’international, observe Daniel Féau,
n’ont, semble-t-il, pas trop impressionné nos acquéreurs étrangers. » Le
réseau cite une vente dans le
16e arrondissement conclue en plein
week-end des « gilets jaunes », au
prix de 25 millions d’euros.
Plus sévère, le réseau Barnes, qui
compare l’attrait des grandes
métropoles entre elles dans le
monde, relève que « Paris a trébuché avec la crise des “gilets jaunes”.
Les images qui ont tourné en boucle
sur les chaînes d’information internationales en décembre 2018 ont
terni la cote d’amour que la capitale
française avait retrouvée auprès de
la clientèle très fortunée. »
L’effet Brexit
En dépit des tensions sociales, le
marché du luxe français se porte
toujours bien. « Paris reste une ville
très attractive pour les investisseurs,
rapporte une étude du CBRE. L’offre
de biens de qualité fait face à une
demande toujours plus importante. »
Dans la capitale, l’immobilier de
prestige, à l’achat comme à la location, profite du grand retour des non-
Arrêt n. 693/2019, publié le 10/01/2019
Rôle général de l’affaire n. 23732/2012
Répertoire n. 623/2019 du 10/01/2019
RÉPUBLIQUE ITALIENNE
TRIBUNAL ORDINAIRE DE ROME
AU NOM DU PEUPLE ITALIEN
XVII Section civile
Section spécialisée en matière d’entreprise
Réunit en Chambre de Conseil dans les personnes des Juges:
Claudia Pedrelli Président,
Fausto Basile Juge rapporteur,
Vittorio Carlomagno Juge,
a publié l’arrêt suivant
résidents, en particulier, sous l’effet
du Brexit, des Français et des Européens de Londres. « Le Brexit a eu un
effet significatif sur le marché parisien
et sur la proche couronne Ouest, confirme Daniel Féau. Les acquisitions de
Français en provenance de Londres,
liées au rapatriement de leurs
bureaux à Paris ont représenté une
part croissance de nos ventes. »
Les biens vendus à plus de 1,5 million d’euros – le gros du marché résidentiel haut de gamme – sont pour
l’essentiel, d’après le CBRE, localisés
dans les arrondissements du centre
et de l’Ouest parisien. Parmi eux, le
16e revient à la mode. « Délaissé ces
dernières années, souligne Thibault
de Saint-Vincent, président de Barnes, il attire à nouveau les familles, car
L’horloger suisse
a enregistré une baisse
de la demande
de montres en Asie
en fin d’année.
PAR
RETI TELEVISIVE ITALIANE S.P.A., basée à Rome, Largo del Nazareno n. 8, en la personne de son représentant légal, p.t.,
et défendue, bon avocat en marge de la convocation, par les Avocats Stefano Previti, Alessandro La Rosa et Rossana Mininno,
et domiciliée électivement au Studio Previti à Rome, Via Cicerone n. 60;
DEMANDERESSE
CONTRE
VIMEO LLC, basée à New York, 555 West 18th Street, 10011, en la personne de son représentant légal, p.t., représenté et défendue, bon
AJY=AN ;[ 0AQ9; <; 2A =Y[JY=AN6Y[ <L #B>@B$@>$C ALN8;[N6¿S VAQ 2; [YNA6Q; <; 2DFNAN <; I;H %YQ3C IYQ0A[ WYY<0A[C VAQ 2;O 5JY=ANO
ZQA[=;O=Y 1;[Y,,AC 5[N8Y[- .;QYNNYC .AY2Y MA,,AQ6[6C ML=A (Y::Y2;NN6 ;N W6A[2L=A KAOO60;6C ;N <Y06=626S; S2;=N6J;0;[N AL )NL<6Y M;9A2;
NCTM à Rome, Via delle Quattro Fontante, n. 161;
En vogue également, les 10e et 11e,
pour lesquels plusieurs réseaux du
luxe font état d’une demande croissante. « Nouvel arrondissement
branché, le 9e, de l’autre côté de la place
de la République, relève Sotheby’s
International Realty France Monaco, a vu arriver un flux d’acheteurs, surtout des jeunes Français,
attirés par des prix plus abordables
que dans le 4e, par des espaces atypiques comme des lofts industriels et
par des surfaces plus grandes. »
De même, Barnes observe que le
10e, notamment le quartier Hauteville-Paradis, bénéficie d’un nouvel
attrait. « Bastille, République, Daumesnil, à la fois proche du Marais et
du bois de Vincennes, sont appréciés
des familles de cadres avec enfants. » n
Swatch pénalisé
par la Chine et la France
HORLOGERIE
dans l’affaire civile de première instance au numéro d’inscription au répertoire général 23732 du 2012, promue
le rapport qualité-prix y est devenu
très intéressant. De plus, l’arrondissement comprend la plus forte concentration de grands appartements familiaux de plus de 200 mètres carrés. »
Mais, ce qui séduit de plus en plus
les acheteurs, c’est le cœur historique de la capitale et des quartiers
vivants. « Le paradoxe, s’amuse Laurent Demeure, c’est que plus Paris
devient une mégalopole mondiale,
plus nos clients recherchent une vie de
village. » A côté de zones déjà parmi
les plus chères de Paris (le 1er, le quartier du Marais, à cheval sur le 3e et le
4e, et le très beau 9e), « les principales
opportunités, estime Emile Garcin,
« se trouvent dans des lieux “tendance”, notamment South Pigalle ou
le haut Marais. »
Il a aussi souffert d’un
effet « gilets jaunes »
dans l’Hexagone.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
que la demande dans la zone Asie a
néanmoins conservé « des taux de
croissance très élevés ». Mais si le
bénéfice net annuel est bien en
hausse de 14,8 %, il atteint 867 millions de francs, alors que les analystes anticipaient 952 millions.
Malgré l’impact des tensions
entre la Chine et les Etats-Unis, le
groupe suisse entend se montrer
rassurant. « La position de leadership de Swatch Group en Chine
offrira de grandes opportunités en
2019, même si l’instabilité commerciale persistante reste dérangeante », indique-t-il.
aiguilles, etc.). « Les sites ont travaillé aux limites de leurs capacités, voire au-delà, ce qui a entraîné
d’importants retards de livraison,
a va n t t o u t p o u r l e s p ro d u i t s
Omega et Longines », indique ce
dernier. Des freins qui devraient
être levés au premier semestre.
Pour ce nouvel exercice, le
géant mondial parie sur « une
croissance saine », alors que janvier a
bien débuté. L’e-commerce est un
nouveau canal de vente, qui se développe surtout pour les montres
d’entrée et de moyenne gamme. n
Des difficultés
de production
Les chiffres clefs
DÉFENDERESSE
OBJET: droit d’auteur sur les programmes télévisés diffusés sur Internet.
PAR CES MOTIFS
M; (Q6?L[A2 <; *Y0;C O;=N6Y[ &'RR =6J62; G O;=N6Y[ OVS=6A26OS; ;[ 0AN6UQ; <D;[NQ;VQ6O;C VQY[Y[XA[N <S¿[6N6J;0;[NC 69[YQA[N YL A?OYQ?A[N
toute autre question ou exception, dispose ainsi:
1) constate la responsabilité de la société défenderesse, Vimeo LLC, pour la violation des droits connexes visés aux articles 78-ter e 79 Loi
sur le droit d’auteur de propriété de Reti Televisive Italiane S.p.A., en ce qui concerne le défaut de prompt retrait des vidéos extraites des
programmes télévisées de RTI mentionnés dans la plainte extrajudiciaire et dans les rapports techniques joints à l’acte d’assignation et
à la première enquête préliminaire de la demanderesse;
2) condamne la défenderesse Vimeo LLC à retirer immédiatement de leur portail web «vimeo.com» les nouveaux contenus audiovisuels
Q;2AN6:O AL/ VQY9QA00;O 0;[N6Y[[SO AL [B >E ;N 6[86?; 2A VL?26=AN6Y[ L2NSQ6;LQ; <;O J6<SYO A6[O6 6<;[N6¿S;O\
3) condamne Vimeo LLC à une indemnité à titre de dommage pécuniaire en faveur de Reti Televisive Italiane S.p.A. de la somme de
8.500.000,00 euros, réévaluation et intérêts compris, ainsi que les intérêts légaux pour retard de paiement de la publication de cet arrêt
au solde;
"E ¿/; 2A OY00; <; >B@@@C@@ ;LQYO VYLQ =8ATL; J6Y2AN6Y[ YL 6[Y?O;QJA[=; OL==;OO6J;0;[N =Y[ONANS;O ;N <; !@@C@@ ;LQYO VYLQ =8ATL; 4YLQ
<; Q;NAQ< <A[O 2D;/S=LN6Y[ <L VQSO;[N AQQPN 7 =Y0VN;Q <; OA [YN6¿=AN6Y[ ;[ :YQ0; ;/S=LN6J;\
5) ordonne que le dispositif du présent arrêt soit publié par et aux frais de la défenderesse, dans les éditions papier et en ligne de
«La Repubblica», «Il Corriere della Sera» ainsi que sur la page d’accueil du portail «vimeo.com»;
6) condamne la défenderesse à refondre les frais de justice en faveur du plaignant, versées en 1.466,00 euros pour les débours et 23.000,00
euros pour les honoraires professionnels, en plus du remboursement forfaitaire des frais généraux, de la TVA et CPA.
Ainsi décidé à Rome, en chambre du conseil du 5 décembre 2018.
M. Le juge
Le Président
Dr. Fausto Basile
Dr. Claudia Pedrelli
En dépit de bonnes performances
sur l’ensemble de son exercice 2018,
Swatch a été affecté en fin d’année
par le coup de mou de la Chine. Le
numéro un mondial de l’horlogerie,
dont le chiffre d’affaires annuel a
progressé de 5,7 %, à 8,4 milliards
de francs suisses (7,4 milliards
d’euros), a indiqué jeudi que ses
ventes en Asie avaient enregistré
« un léger ralentissement, avant tout
dans le commerce de gros » sur les
trois derniers mois de 2018. Un
essoufflement qui s’est traduit par
un recul des exportations de montres suisses vers l’empire du Milieu
de 10 % en décembre. Sur l’ensemble de l’exercice, Swatch souligne
Au-delà de l’Asie, le propriétaire
de Tissot et Omega a aussi souffert en Europe, particulièrement
en France, où les ventes ont été
« très faibles » en fin d’année, du
fait du mouvement des « gilets
jaunes ». En revanche, elles ont
progressé en Grande-Bretagne,
malgré les inquiétudes liées au
Brexit. Aux Etats-Unis, le groupe
est aussi en croissance.
Le groupe a aussi rencontré des
difficultés de production qui ont
pénalisé son activité, notamment dans le domaine de
l’habillage (b oîtes, cadrans,
7,4
MILLIARDS D’EUROS
Le chiffre d’affaires
de Swatch (8,4 milliards
de francs suisse),
en progression de 5,7 %.
–10 %
LA BAISSE DES VENTES
en décembre en Chine.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
mécénat
Les grands chantiers 2019
de l’Institut français
Francophonie, export
de la scène française,
grands événements
culturels sont les axes
majeurs de 2019.
La Saison Africa 2020
se prépare, ainsi que
le rapprochement avec
l’Alliance française.
Martine Robert
@martiRD
La Villa Kujoyama au Japon, l’un des lieux de résidence
pour les artistes français. Photo Simpei Hanawa
En mars 2018, le président de la
République exposait son plan
pour la francophonie. Nombre de
mesures vont être mises en œuvre
par l’Institut français, dont les
missions sont justement la promotion de la culture et de la langue
françaises à l’étranger, tout en
favorisant les échanges avec
d’autres pays.
AVIS FINANCIERS
RESULTATS ANNUELS 2018
Le groupe Christian Dior réalise en 2018 des ventes de 46,8 milliards d’euros,
enprogressionde7%*.Lacroissanceorganiquedesventess’établità11%.Elle
ressortà12%enexcluantl’impactdel’arrêtfin2017desconcessionsdel’aéroport
de Hong Kong. Tous les groupes d’activités enregistrent d’excellentes
performances.
La croissance organique des ventes au quatrième trimestre s’établit à 10 %**
(en excluant l’impact de l’arrêt des concessions aéroportuaires de Hong Kong).
Le trimestre poursuit les tendances observées depuis le début de l’année.
Le résultat opérationnel courant s’établit à 10,0 milliards d’euros en 2018, en
hausse de 20 %. La marge opérationnelle courante ressort au niveau de 21,4 %
desventes,enaugmentationde2,2points.Lerésultatnet,partduGroupes’élève
à 2,6 milliards d’euros, en hausse de 14 %.
L’année 2018 a été marquée par :
− une nouvelle hausse des ventes et du résultat opérationnel courant, qui
atteignent des niveaux records,
− une croissance soutenue en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et au Japon,
− une excellente performance des Vins et Spiritueux et des vendanges
exceptionnelles,
− le succès des modèles iconiques et des nouveautés chez Louis Vuitton dont
la rentabilité se maintient à un niveau exceptionnel,
− une très belle année pour Christian Dior Couture,
− le renouveau créatif au sein de plusieurs maisons,
− une forte progression des marques phares de Parfums et Cosmétiques,
− une excellente année pour Bvlgari et un bon développement de Hublot et TAG
Heuer,
− la croissance de Sephora qui renforce ses positions dans tous ses marchés et
dans le digital,
− l’accord avec le groupe Belmond,
− un cash flow disponible de 5,4 milliards d’euros, en hausse de 19 %,
− un gearing qui s’établit à 1,1 % à fin décembre 2018.
* Ce taux de croissance diffère de celui rapporté par LVMH car, au 1er semestre 2017, Christian Dior
Couture n’était pas encore intégré dans le périmètre de consolidation de LVMH
**Croissanceorganiquede9%enincluantl’impactdel’arrêtdesconcessionsaéroportuairesdeHongKong
Les chiffres-clés consolidés sont les suivants :
(en millions d’euros)
Ventes
Résultat opérationnel courant
Résultat net, part du Groupe
Cash-flow disponible
Dette financière nette
Capitaux propres totaux
2018
2017 (a)
Variation
46 826
10 001
2 574
5 382
418(b)
36 372
43 666
8 351
2 259
4 531
1 976
32 701
+7 %
+20 %
+14 %
+19 %
-79 %
+11 %
(a) Retraité des effets de l’application d’IFRS 9 Instruments financiers
(b) Hors acquisition de titres Belmond fin 2018 pour 274 M¤
Pargroupe d’activités,l’évolution desventesetdurésultatopérationnel courant
du groupe Christian Dior est la suivante :
Ventes
2018
2017
(en millions d’euros)
Vins et Spiritueux
5 143
Mode et Maroquinerie
18 455
Parfums et Cosmétiques
6 092
Montres et Joaillerie
4 123
Distribution sélective
13 646
Autres activités et éliminations (633)
Total
46 826
5 084
16 519*
5 560
3 805
13 311
(613)*
43 666
Variation Croissance
à taux organique(a)
courants
+1 %
+12 %*
+10 %
+8 %
+3 %
+7 %
+5 %
+15 %
+14 %
+12 %
+6 %(b)
+11 %
(a) A taux de change et périmètre comparables. L’effet de change est de -4%
(b) +12 % en excluant l’arrêt fin 2017 de la concession de l’aéroport de Hong Kong
Résultat opérationnel courant
(en millions d’euros)
Vins et Spiritueux
Mode et Maroquinerie
Parfums et Cosmétiques
Montres et Joaillerie
Distribution sélective
Autres activités et éliminations
Total
2018
2017
Variation
1 629
5 943
676
703
1 382
(332)
10 001
1 558
5 022*
600
512
1 075
(416)
8 351
+5 %
+18 %*
+13 %
+37 %
+29 %
+20 %
* Certaines données rapportées par Christian Dior diffèrent de celles rapportées par LVMH car, au
1er semestre 2017, Christian Dior Couture n’était pas encore intégré dans le périmètre de consolidation
de LVMH
Vins et Spiritueux : bonne dynamique en Chine et progression
sensible en Europe et aux Etats-Unis, en dépit des contraintes
d’approvisionnement
L’activité Vins et Spiritueux réalise une croissance organique de 5 % de ses
ventes. Le résultat opérationnel courant s’établit en hausse de 5 %. Le groupe
d’activités réaffirme sa position de leader en poursuivant sa stratégie de valeur
et un développement géographique équilibré. Dans l’activité champagne, les
cuvées de prestige connaissent une performance remarquable tandis qu’une
politique ferme de hausse de prix se poursuit. L’année est marquée par ailleurs
par des vendanges exceptionnelles tant en termes de quantité que de qualité.
LecognacHennessyenregistreunebonneprogressionsurlemarchéaméricain
dans un contexte d’approvisionnement tendu ; le marché chinois connait une
fortedynamique.LeswhiskiesGlenmorangieetArdbegenregistrentdesavancées
rapides. Nos vins d’exception obtiennent les ratings les meilleurs.
Mode et Maroquinerie : performance exceptionnelle de Louis
Vuitton pour tous ses métiers et renforcement des autres marques
Le groupe d’activités Mode et Maroquinerie réalise une croissance organique
de 15 % de ses ventes en 2018. Le résultat opérationnel courant est en hausse
de 18 % *. Louis Vuitton réalise une performance exceptionnelle à laquelle
contribuent tous les métiers et toutes les régions. Sa force créative se retrouve
notamment dans ses lignes iconiques en maroquinerie sans cesse revisitées,
et dans le prêt-à-porter et les souliers, imaginés par les créateurs de la Maison,
NicolasGhesquièrepourlescollectionsfémininesetVirgilAbloh,arrivéen2018,
pourlescollectionsmasculines.L’expansionqualitativedesboutiquessepoursuit
de manière très sélective. Il faut noter que Louis Vuitton est la seule maison au
monde à ne jamais faire de soldes, et à ne jamais vendre dans les « outlets ».
Pour sa première année complète au sein de LVMH, Christian Dior accomplit
une excellente année grâce à la créativité de Maria Grazia Chiuri pour les
collections Femme et à l’arrivée de Kim Jones, nouveau Directeur Artistique de
DiorHomme.FendietLoroPianacontinuentd’affirmerleursavoir-faireàtravers
toutes leurs collections. Celine aborde une nouvelle étape ambitieuse de son
développementavecl’arrivéedeHediSlimaneentantqueDirecteurdelaCréation
Artistique et de l’Image de la maison. Son premier défilé en octobre a obtenu un
succès planétaire. Givenchy, Loewe et Kenzo poursuivent leurs avancées. Les
autresmaisons,Berlutiavecl’arrivéedeKrisVanAssche,etRimowa,poursuivent
un développement dynamique.
* Le taux de croissance rapporté pour ce groupe d’activités diffère de celui rapporté par LVMH car, au
1er semestre 2017, Christian Dior Couture n’était pas encore intégré dans le périmètre de consolidation
de LVMH
Parfums et Cosmétiques : succès des innovations et avancées
rapides en Asie
L’activité ParfumsetCosmétiques réalise une croissance organique de 14 % de
ses ventes, entraînée par la performance de ses marques phares. Le résultat
opérationnel courant est en hausse de 13 %. Parfums Christian Dior connaît
une croissance remarquable et augmente ses parts de marché dans toutes les
régions du monde. Le lancement de son nouveau parfum Joy et le succès
mondial exceptionnel de Sauvage et des autres parfums iconiques J’adore et
Miss Dior sont à l’origine de la forte croissance de la Maison. Le maquillage et le
soin sont également en progression rapide. Guerlain réalise un beau parcours,
porté notamment par le succès d’Abeille Royale en soin et de Rouge G en
maquillage. Benefit conforte sa première place sur le segment du sourcil et
Parfums Givenchy accélère sa performance, grâce notamment au maquillage
etàsonnouveauparfum L’interdit.FreshetFentyBeautybyRihannapoursuivent
leurs développements exceptionnels.
Montres et Joaillerie : excellente année pour Bvlgari et bon
développement des marques horlogères
L'activité Montres et Joaillerie enregistre une croissance organique de 12 %
des ventes. Le résultat opérationnel courant est en hausse de 37 %. Bvlgari
accomplit une très belle performance et gagne des parts de marché. Ses lignes
joaillières et horlogères iconiques Serpenti, Diva’s Dream, B.Zero1, Lvcea et
Octo sont en forte progression. Parmi les nouveautés de l’année, la montre Octo
Finissimo etlacollectionjoaillière Fiorever,conçueautourd’undiamantcentral,
rencontrent un accueil formidable. La croissance de Chaumet est portée par le
succès des collections Liens et Joséphine, notamment en Asie. L’exposition sur
sonhistoireaumuséeMitsubishiIchigokanàTokyoaobtenuunimmensesuccès.
Dans le secteur horloger, TAG Heuer continue de développer ses lignes phares
et introduit une variante de la montre connectée. En progression soutenue,
Hublot a bénéficié d’une forte croissance en 2018 et une grande visibilité à
l’occasion de la Coupe du Monde de football en tant que Chronométreur officiel.
Distribution sélective : croissance soutenue de Sephora et rebond
de la rentabilité de DFS
L’activité Distribution sélective réalise une croissance organique de 6 % de ses
ventes. Elle ressort à 12 % en excluant l’arrêt des concessions aéroportuaires à
Hong Kong. Le résultat opérationnel courant est en hausse de 29 %. Sephora
réalise une nouvelle année de croissance et gagne des parts de marché. Les
ventes en ligne sont en progression rapide, en particulier en Amérique du Nord
etenAsie.L’extensionetlarénovationdesonréseaudedistributionsepoursuivent
en 2018 avec une centaine denouvelles boutiques ouvertes dans le monde, dont
le nouveau magasin de Nanjing Road à Shanghai et les premiers magasins à
l’enseigne Sephora en Russie. Le Bon Marché accentue le développement de
son programme de fidélité et inaugure au dernier trimestre un nouvel espace
Enfant.Laplateformedigitale24Sèvreslancéeilyaunansedéveloppeactivement.
DFSprogressefortementnotammentgrâceauxperformancesparticulièrement
bonnes à Hong Kong et Macao. Les Gallerias les plus récemment ouvertes au
Cambodge et en Italie connaissent également un développement rapide.
L’expiration fin 2017 des concessions déficitaires de l’aéroport de Hong Kong
contribue au rebond de la rentabilité.
Confiance prudente pour 2019
Dans un contexte géopolitique et monétaire incertain, le groupe Christian Dior
dispose des meilleurs atouts pour poursuivre en 2019 sa dynamique de
croissancepourl’ensembledesesmétiers.LeGroupemaintiendraunestratégie
centrée sur le développement de ses marques porté par une politique soutenue
d’innovation et d’investissement ainsi que par une exigence permanente de
qualité des produits et de leur distribution.
Fort de la grande réactivité de ses équipes, de leur esprit entrepreneurial et de
la bonne répartition entre ses différents métiers et les zones géographiques où
ilopère,legroupeChristianDiorabordel’année2019avecuneconfianceprudente
et se fixe à nouveau comme objectif de renforcer son avance sur le marché
mondial du luxe.
Dividende en hausse de 20 %
Lors de l'Assemblée Générale du 18 avril 2019, il sera proposé, au titre de
l’exerciceclosle31décembre2018,undividendede6eurosparaction,enhausse
de 20 %. Un acompte sur dividende de 2 euros par action a été distribué le
6 décembre 2018. Le solde de 4 euros sera mis en paiement le 29 avril 2019.
LeConseild’administrations’estréunile29janvier2019pourarrêterlescomptes
del’exercice2018.Lesprocéduresd'auditontétéeffectuéesetlerapportd'audit
est en cours d'émission.
Pour ce faire, après avoir vu son
budget décroître de 25 % entre 2011
et 2017, puis stagner en 2018, l’Institut français voit celui-ci progresser
de 2 millions cette année : il atteint
41,3 millions d’euros, dont 32,1 millions de financement public
(ministères de la Culture et des
Affaires étrangères) et 8,6 millions
de mécènes privés, auxquels
s’ajoute 0,6 million de la Commission européenne.
Formation des enseignants
« Des moyens complémentaires vont
être affectés à la formation des enseignants dans le monde, à l’évolution
des méthodes d’apprentissage,
notamment numériques, mais aussi
aux initiatives pour moderniser
l’image de la langue », précise la
directrice générale déléguée, Anne
Tallineau.
De la création de laboratoires de
langue en Tunisie, associant intelligence artificielle et réalité virtuelle,
au lancement d’un label d’excellence linguistique dans l’hôtellerie
au Maroc, en passant par un concours international d’éloquence, les
initiatives sont multiples. Le français est la cinquième langue la plus
parlée et la troisième langue d’affaires. Pas moins de 900.000 professeurs l’enseignent à 125 millions
d’apprenants.
Le développement à l’international de la scène hexagonale passe,
lui, notamment par les résidences
artistiques dans le monde et des
expositions numériques. « Le spectacle vivant, les arts visuels, l’architecture ou le design sont désormais
mondialisés. Ils répondent à l’émergence d’une classe moyenne dans des
pays comme la Chine, et aux attentes
de professionnels de la culture soucieux d’échange et de réciprocité »,
poursuit Anne Tallineau.
Cartier tisse son
réseau des femmes
entrepreneuses
PRIX
Elles ont été 1.800 (+20 %)
à postuler à l’édition 2019
des Cartier Women’s
Initiative Awards récompensant celles qui lancent
des start-up innovantes.
Valérie Leboucq
@vleboucq
Elle est marocaine, diplômée de
Centrale et de l’Essec Business
School, et EzyGain, sa start-up,
a été créée en France. Zineb
Agoumi fait partie des trois
finalistes qui défendront au
printemps les couleurs de
l’Europe aux Cartier Women’s
Initiative Awards. Le nom des
gagnantes, une par grande
région du globe, sera dévoilé le
2 m a i à S a n Fr a n c i s c o o ù
l’Insead, partenaire depuis l’origine de Cartier, s’apprête à inaugurer un nouveau campus près
de la Silicon Valley.
Depuis treize ans, ces prix
encouragent des projets portés
par des entrepreneuses qui
démarrent. Sans limite d’âge.
Une des premières lauréates
d’Amérique du sud avait 77 ans
quand elle avait p ostulé ;
leurs projets, dispensé par des
c o n s u l t a n t s M c K i n s e y,
d’anciens élèves ou en cours de
formation de l’Insead. Toutes
− plus seulement les lauréates −
se voient aussi offrir l’inscription
au programme Isep de la grande
école de Fontainebleau, un
module de six jours de formation intensive conçu pour les
managers.
Barrière de la langue
Le PDG de Cartier, Cyrille Vigneron, ne compte pas s’arrêter là.
« A terme, on passera probablement à un découpage en dix
régions », disait-il en marge de la
remise des prix 2018 à Singapour. L’objectif sera atteint par la
mise en place, en plus des
Awards principaux, de prix
décernés par des jurys locaux.
Une façon de pallier le problème
de la barrière linguistique.
« L’anglais est la langue universelle du business mais cela peut
poser un problème, en Afrique
francophone notamment. Certains dossiers sont éliminés très
vite à cause de cela », ajoutait-il. La création de ces prix
satellites permettrait de recevoir
des candidatures multilangues,
mandarin, arabe, français, espagnol, japonais…
Opportunités d’expertise
Géographiquement, l’Afrique
demeure une priorité. Il s’agit de
prendre appui sur les acteurs
locaux, tels les jeunes festivals et
centres d’art, en les accompagnant
par de l’ingénierie culturelle. « Nous
allons valoriser la Cinémathèque
Afrique riche de 1.600 films, dont
nous sommes dépositaires, et prendre en compte ces nouveaux artistes
pour notre Saison Africa 2020 », précise la directrice déléguée.
Après avoir porté depuis quatre
ans un programme d’éducation à
l’image (Cined) qui réunit dix pays,
l’Institut français a acquis la
reconnaissance de la Commission
européenne. « Cela nous a permis
de remporter un nouveau programme aux côtés du Goethe-Institut pour développer des festivals de
cinéma européens », se félicite
Anne Tallineau.
L’Institut français espère saisir
d’autres opportunités d’expertise,
en s’appuyant sur le double réseau
de ses 98 instituts français et
137 antennes du ministère des
Affaires étrangères, d’une part, et
les 800 Alliances françaises dans
134 pays, d’autre part. Le rapprochement avec ces dernières est
d’ailleurs engagé. Les équipes parisiennes seront à terme regroupées
boulevard Raspail, à Paris, dans le
bâtiment de la Fondation Alliance
française.
Enfin, l’institution est passée
maître dans l’art d’organiser des
« saisons culturelles croisées »,
comme France-Roumanie cette
année, dans lesquelles les collectivités territoriales sont de plus en
plus impliquées, via une vingtaine
de conventions signées. n
2
MILLIONS D’EUROS
La progression du budget
de l’Institut français cette
année, à 41,3 millions.
DR
ÉQUIPEMENT
CULTUREL
Zineb Agoumi, une des trois finalistes qui défendent les
couleurs de l’Europe aux Cartier Women’s Initiative Awards.
l’Award Cartier lui a permis de
faire breveter son appareil
d’aide auditive. Comme 30 % des
projets présentés, celui de Zineb
Agoumi répond à une préoccupation de santé. EzyGain est un
tapis roulant de rééducation
intelligent, breveté en Europe et
aux Etats-Unis. Elle en a eu l’idée
en constatant que rien n’existait
pour aider sa grand-mère à
remarcher. Après avoir testé
avec succès son tapis dans les
cabinets de kinésithérapeutes,
les services de rééducation et les
établissements pour personnes
dépendantes, la jeune femme
travaille aujourd’hui à une version adaptée au domicile des
patients.
La Chine, continent
à part entière
Jamais la concurrence n’a été
aussi vive que pour l’édition 2019
de ces prix : 1.800 candidates ont
postulé, 20 % de plus par rapport à 2018. Nouveauté : la Chine
se détache de la grande zone
Asie-Pacifique, portant à sept au
total le nombre des lauréates.
Depuis deux ans, les gagnantes des Cartier Awards reçoivent
100.000 dollars chacune et les
autres finalistes (14 au total)
repartent avec un lot de consolation de 30.000 dollars. Toutes
ont droit à du coaching adapté à
Tout autant que la solidité des
business plans, la qualité de
l’expression orale constitue un
facteur crucial de réussite pour
les postulantes. « C’est la clef du
processus de “fundraising”,
auprès des banques et des grands
organismes philanthropiques »,
constate le patron de Cartier. A
J-7 avant la désignation des huit
gagnantes, les finalistes ont
droit à une semaine de préparation pour être au meilleur
niveau lors des dernières auditions. D’où l’intérêt aussi du partenariat noué entre les Cartier’s
Awards et Ted, la plate-forme
vidéo de partage de connaissances et d’expériences. « Nous donnons la possibilité aux lauréates
et finalistes d’accéder à un réseau
de femmes influentes et visibles et
qui, souvent, se sont heurtées aux
mêmes difficultés qu’elles. »
Autre réseau que Cyrille
Vigneron a décidé d’activer : celui
des propres salariés de Cartier à
travers le monde, dont une majorité de femmes. « Nous avons été
volontairement discrets mais le
chemin parcouru nous incite à
plus communiquer en interne
autour des Awards de manière à
organiser des partages d’expériences impliquant nos managers, les
services marketing et d’une façon
générale les représentantes de la
génération Y », dit-il. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Explicite
en
pixels
L’aventure d’Explicite aura duré
moins d’un an. Le site d’actualités
fondé par des anciens de la
chaîne iTélé (rebaptisée CNews)
va déposer le bilan dans les
prochains jours. Le média n’a
pas réussi à boucler « dans les
temps » une deuxième levée
de fonds de 3,5 millions d’euros.
Il compte 1.250 abonnés.
Intel a enfin choisi
son PDG
Intel
Explicite, le média
des anciens d’iTélé,
va fermer
Bob Swan va finalement diriger
l’entreprise américaine de puces
électroniques. Et pourtant, il ne
voulait pas du poste. Alors
que le conseil d’administration
du fabricant de processeurs
cherchait un nouveau patron
pour la société, Bob Swan avait
assuré l’intérim en précisant
qu’il souhaitait retrouver vite
son poste de directeur financier.
5,2 %
DE CROISSANCE
ORGANIQUE
En 2018, le chiffre d’affaires
ajusté de JCDecaux,
numéro un mondial de
la communication extérieure, a progressé de 3,6 %
à 3,618 milliards d’euros.
La croissance organique
atteint 5,2 %.
RÉSEAUX SOCIAUX
Pour ses 15 ans, Facebook navigue entre
l Les polémiques glissent sur le groupe de Mark Zuckerberg,
qui clôt un nouvel exercice record en 2018.
l Le bénéfice opérationnel progresse de 23 %,
pour atteindre 25 milliards de dollars.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
et Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Les chiens aboient, la caravane
Facebook passe. Quinze ans presque jour pour jour après sa naissance sur le campus d’Harvard, le
géant américain ne s’est jamais
aussi bien porté, d’un point de vue
strictement économique. Les
résultats 2018 dévoilés mercredi
soir en témoignent. « Au sujet de
l’impact de la couverture par la
presse de Facebook, je laisserai sans
doute les chiffres parler d’eux-mêmes », a évacué David Wehner, le
directeur financier du groupe, lors
d’une discussion avec les analystes.
De fait, et malgré les scandales à
répétition, les adeptes du réseau
social – et les annonceurs – n’ont
jamais été aussi nombreux. « Il y a
maintenant 2,7 milliards de personnes qui utilisent Facebook, Instagram, WhatsApp ou Messenger chaque mois, et plus de 2 milliards qui
utilisent au moins un de nos services
chaque jour », s’est félicité Mark
Zuckerberg devant les analystes.
Les investisseurs s’inquiétaient
ces derniers mois de voir le public
se détourner du réseau social. Aux
deuxième et troisième trimestres,
le nombre d’utilisateurs actifs men-
suels avait stagné en Amérique du
Nord et même légèrement reculé –
une première – en Europe. La tendance avait de quoi donner des
sueurs froides. Ces deux zones géographiques regroupent un quart
des utilisateurs, mais génèrent trois
quarts des revenus.
Appeau à annonceurs
Ces derniers mois, Facebook a rassuré, avec une progression de ses
audiences partout dans le monde.
Et ces milliards de paires d’yeux
sont un appeau irrésistible pour les
annonceurs. Eux non plus n’ont pas
déserté Facebook, au contraire.
Sept millions d’entreprises diffusent aujourd’hui de la publicité sur
les différents services du groupe.
« Contrairement à un groupe
comme Apple uniquement centré
sur le consommateur final, Facebook est très tourné vers le BtoB et
propose des outils de marketing
digital pertinents aux annonceurs
et entreprises, explique Jérôme
Colin, chargé du conseil en stratégie chez fifty-five. Ils renouvellent
sans cesse les formats proposés aux
professionnels. Les utilisateurs ne
s’en rendent pas compte parce
qu’ils sont presque tous les jours
dessus, mais votre fil Facebook n’a
déjà rien à voir avec celui d’il y a
trois ou quatre ans. »
Les revenus de Facebook – à
98 % issus de la publicité – progressent ainsi de 37 % pour avoisiner les
56 milliards en 2018. Cette dynamique a plus que comblé les dépenses
importantes engagées par le
groupe pour chasser les contenus
problématiques. En deux ans, les
effectifs de Facebook ont doublé
pour atteindre 35.600 personnes.
Malgré cela, le bénéfice opérationnel progresse de 23 %, à 25 milliards de dollars.
Pour l’avenir, Facebook a prévenu que la progression du chiffre
d’affaires serait moins rapide. Une
des raisons avancées est la popularité croissance des Stories – un format mêlant sons images et écrits
éphémère copié sur Snapchat il y
a deux ans, et autour desquels
l’espace publicitaire est aujourd’hui
moins cher que la publicité au sein
du fil d’actualité.
Mark Zuckerberg a toutefois
insisté sur le potentiel des autres
projets du groupe : interconnecter
ses différentes messageries, développer la vente directe et les paiements sur Instagram, lancer le casque de réalité virtuelle Oculus
Quest… De quoi finir de rassurer
Wall Street.
(
Lire « Crible »
Page 38
Ces 5 dangers qui menacent le réseau social
Malgré les bons résultats
financiers, les défis
restent nombreux
pour la multinationale.
N. R. et S. D
Facebook a fait preuve de résilience
en 2018. Cela ne doit pas faire
oublier l’année apocalyptique qu’a
vécue le groupe sur le plan médiatique. Menaces et défis restent nombreux pour le réseau social.
1
UNE GOUVERNANCE
CONTESTÉE
A l’instar d’autres sociétés iconiques
de la « Valley », Mark Zuckerberg est
le seul maître à bord avec près de
60 % des droits de vote. Et il n’entend
pas lâcher le gouvernail. « Ce n’est pas
prévu », a-t-il déclaré en novembre.
De nombreux cadres et hauts
dirigeants ne se sont pas privés, eux,
de prendre la poudre d’escampette :
Elliot Schrage (responsable communication), Alex Stamos (sécurité), Dan Rose (partenariat avec
éditeurs de presse et distributeurs).
L’ensemble des fondateurs des
sociétés les plus importantes rachetées par Facebook (WhatsApp, Instagram, Oculus) a aussi mis les voiles pour désaccords avec « Zuckie ».
Ce dernier peut encore s’appuyer
sur Sheryl Sandberg, sa
numéro deux. Mais elle a paru aussi
dépassée et à contretemps sur les
nombreux « bad buzz » subis par
Facebook en 2018 que son jeune
patron. « Facebook est en train de se
comporter comme s’il était un flocon
de neige spécial [expression sarcastique américaine, NDLR]. Mais c’est
une entreprise et les entreprises ont
besoin d’avoir une séparation entre le
président et le directeur général », a
tancé, il y a quelques semaines, le
responsable d’un fonds d’investissement qui a des parts chez Facebook.
2
DES MARCHÉS FINANCIERS ÉCHAUDÉS
Le rebond boursier ne va en rien
effacer la perte colossale de Facebook à Wall Street depuis l’été. Le
groupe a perdu 118 milliards de dollars de capitalisation boursière sur
la seule séance du 26 juillet. Du
jamais-vu. Le réseau social a
ensuite vu celle-ci fondre encore de
155 milliards jusqu’à Noël, soit une
perte globale de plus de 43 %.
Pour l’heure, toutes les difficultés
du groupe n’ont pas cassé la dynamique de croissance. Un paradigme apprécié par Wall Street et
qui donne un peu d’air à Mark Zuckerberg. Une majorité d’analystes
recommande ainsi le titre à
« l’achat » jeudi. Mais gare : les marchés scrutent le groupe à la loupe. Si
celui-ci vient à montrer des signes
de faiblesses financières, Wall
Street ne lui passera rien.
3
L’ASYMPTOTE
DES AUDIENCES
Facebook a encore une fois fait
mentir les Cassandre en 2018. Le
nombre des utilisateurs du réseau
social a continué de croître. Certes
le rythme s’est ralenti. Mais, en
valeur absolue, ce sont encore
190 millions de personnes qui se
sont ajoutées à son audience mondiale sur les douze derniers mois.
Cependant, la croissance récente
s’est essentiellement faite hors
d’Europe et d’Amérique, là où les
utilisateurs rapportent beaucoup
moins. Le revenu moyen de Facebook pour un utilisateur d’Amérique du Nord est de 112 dollars pour
l’année 2018. Il descend à 37 dollars pour un Européen. Et dégringole sous les 10 dollars partout
ailleurs. Et même en prenant
en compte ces territoires moins
rémunérateurs, les arbres ne
poussent pas jusqu’au ciel ; il sera
difficile de séduire un public beaucoup plus large.
4
DES RÉGULATEURS
EN EMBUSCADE
Facebook est, avec Google, l’entreprise qui a le plus à perdre à davantage de régulation. Limiter sa capacité à scruter les faits et gestes des
internautes, c’est aussi limiter sa
capacité à vendre des publicités
taillées sur mesure. L’affaire Cambridge Analytica ayant eu lieu
avant l’entrée en vigueur du RGPD
(le nouveau règlement européen
sur la protection des données),
Facebook n’a écopé que d’une
amende de 500.000 livres au
Royaume-Uni. Mais Google vient
d’être condamné à payer 50 millions d’euros par la CNIL française –
la première amende d’importance
dans le cadre du RGPD. Et Facebook fait actuellement l’objet
d’enquêtes en Europe. Le groupe de
Menlo Park ne risque pas que des
sanctions pécuniaires, mais aussi
une remise en cause de ses pratiques – ce qui pourrait s’avérer bien
plus dommageable.
La pression monte aussi outreAtlantique. La FTC a ouvert une
enquête sur le respect d’un accord
de 2011 passé avec le géant californien, précisément sur la gestion
des données personnelles. Et les
partisans d’une régulation se font
plus nombreux, scandale après
scandale.
5
UNE IMAGE DÉGRADÉE
Les révélations sur les pratiques contestables de Facebook se
sont succédé à un rythme infernal
en 2018. Depuis la retentissante
affaire Cambridge Analytica en
mars, chaque mois apporte son lot
de nouvelles casseroles : partage
des données avec de multiples
entreprises, faille de sécurité sans
précédent, ingérences électorales…
Mercredi encore, le groupe n’y a
pas échappé. Une enquête de TechCrunch expliquait que le groupe
avait payé des utilisateurs d’iPhone,
dont certains adolescents, 20 dollars par mois pour accéder à leurs
données les plus sensibles. Dans
la foulée, Apple a retiré à Facebook certains privilèges de développeur – privant de facto les salariés du groupe des applications
testées en interne. n
WeChat, l’anti-Facebook
Tencent est l’autre poids
lourd mondial du
« social ». Mais le modèle
de son application phare,
WeChat, diffère sur bien
des points du réseau
social américain.
L’instant a été fugace mais fait
figure de symbole. Durant quelques heures mercredi, la capitalisation boursière du chinois Tencent a dépassé celle de Facebook.
Une énième démonstration de la
puissance de cet autre géant
mondial du « social ».
Son arme fatale ? WeChat.
Lancée en 2011, cette plate-forme
a franchi le cap du milliard d’utilisateurs il y a près d’un an. Une
croissance vertigineuse et plus
rapide encore que celle du réseau
social de Mark Zuckerberg. Souvent présenté comme le « Facebook chinois », ou le « WhatsApp
chinois », son modèle diffère
pourtant sur bien des points de
son confrère américain.
« C’est presque un “Gafa” à lui
seul. WeChat est une forme de
super-application sociétale, et pas
seulement sociale comme Facebook et son écosystème (Instagram, WhatsApp, Messenger) »,
fait valoir Guillaume Gombert,
analyste en stratégie d’innovation
chez Fabernovel qui estime que
WeChat représente plus de la
moitié de la valeur de Tencent.
« C’est une application qui permet d’échanger avec ses amis,
Lancée en 2011, l’application chinoise
d’utilisateurs il y a près d’un an. Photo
mais aussi de se commander un
VTC, se faire livrer un plat, d’acheter ses billets d’avion et ils perçoivent une commission sur chaque
transaction. »
WeChat génère peu de
revenus via la publicité
La publicité ne représente ainsi
qu’une portion congrue du chiffre d’affaires de WeChat. Mais
aussi plus globalement de Tencent, qui est le leader mondial des
jeux vidéo, grâce aux succès de
ses titres sur mobile. Une
machine à cash alimentée par
WeChat, véritable porte d’entrée
vers les jeux de Tencent et qui
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
Selon une communication faite
au gendarme de la Bourse
américaine (SEC) consultée jeudi
par l’AFP, Elliott a accru sa
participation dans Telecom Italia,
passant de 8,8 % à 9,4 % de son
capital (contre 24 % pour Vivendi).
Il a profité de la baisse du cours
de l’opérateur à Milan et déboursé
quelque 38 millions d’euros entre
le 27 décembre et le 30 janvier.
Nintendo
AFP
Elliott se renforce
dans Telecom Italia
Nintendo révise
son objectif pour
sa console Switch
–1,7 %
Dans une volte-face
inattendue, le groupe japonais
de jeu vidéo s’est résolu à
l’évidence que constataient
les analystes. Son objectif de
vendre, en un an, 20 millions
d’unités de l’appréciée console
Switch était ambitieux.
Il prévoit désormais
d’en vendre 17 millions.
POUR LE MARCHÉ
DU LIVRE
Les ventes de livres ont baissé
en 2018 pour la deuxième
année de suite, enregistrant,
avec un recul de 1,7 %, la plus
forte baisse depuis dix ans,
selon « Livres Hebdo ».
L’année a été plombée par
un mauvais second semestre.
L’irrésistible
domination de la
publicité digitale
scandales et succès
INTERVIEW // GILLES BABINET
Digital champion de France auprès
de la Commission européenne
Xavier Popy/RÉA
« Le système de paiement
de Telegram inquiète
Zuckerberg »
Pour Gilles Babinet, l’enjeu
majeur à venir est l’intégration
de systèmes de paiement
dans Facebook.
Propos recueillis par
Nicolas Madelaine
our Gilles Babinet, défenseur
et fin connaisseur de l’écosystème numérique, les
prochaines années vont, pour
Facebook, être marquées par le
renforcement de la réglementation et
la concurrence des géants chinois.
P
du géant chinois Tencent
En 2012, Tencent avait lancé
WeChat en Inde, principal pays
de Facebook, en termes
d’audience, et où WhatsApp est
aussi prisé. Un échec. « Ce concept
de super-application et d’écosystème très dense est lourd et donc
dur à exporter. Cela repose sur des
stratégies d’alliance avec d’autres
entreprises qu’il faut renouer avec
elles dans les nouveaux pays. Ou
avec d’autres acteurs locaux »,
explique Guillaume Gombert.
a franchi le cap du milliard
Shutterstock
draine des millions d’utilisateurs.
Tout l’inverse de Facebook dont
la quasi-intégralité des revenus
provient de la publicité.
Un échec en Inde
Autre grande différence : la
galaxie d’applications du groupe
de Menlo Park est très internationale, au niveau du parc d’utilisateurs, quand WeChat s’est concentré sur son marché domestique
avec un taux de pénétration de
92 %, selon Fabernovel. Actuellement, la priorité du groupe semble d’ailleurs être de s’atteler à
maximiser encore son omniprésence en Chine.
La plate-forme s’est
concentrée sur son
marché domestique,
avec un taux de
pénétration de 92 %.
« C’est aussi une application
pensée pour les utilisateurs chinois
qui fonctionne très bien dans un
contexte de consommation et culturel bien précis. WeChat, en tant
que super-application, est aussi
présent à Hong Kong, Singapour,
en Birmanie, aux Philippines et en
Malaise, mais ce sont des pays proches culturellement de la Chine, ou
ayant une diaspora chinoise
importante. »
Pour l’heure, pas de confrontation directe donc entre Tencent et
Facebook. Mais rien ne dit que
cela durera : il est toujours compliqué pour deux géants de ne
jamais se croiser.— N. R.
Qu’est-ce qui menace la
croissance de Facebook pour
les quinze prochaines années ?
La capacité de Facebook à cibler et
à valoriser chaque point de contact
entre annonceurs et consommateurs est incomparable. Mais deux
menaces se rapprochent de l’entreprise. D’abord, le durcissement
de la réglementation. Les dirigeants
de Facebook sont très ouverts à la
discussion avec les autorités, c’est
étonnant, ils ne répondent jamais
frontalement aux attaques. Mais
leurs équipes de lobbying se défendent redoutablement car, forts de
leur histoire – la façon dont ils ont
bouleversé les forces économiques
en place à leur avantage –, ils se
sentent beaucoup plus vulnérables
qu’on ne l’imagine de l’extérieur.
Cela dit, on ne se rend pas compte
ici à quel point eux et les autres
grands acteurs du digital sont honnis aux Etats-Unis. Washington les
déteste en les accusant de biaiser le
débat politique, et les masses populaires leur en veulent de détruire de
la valeur dans les secteurs traditionnels. La Chine, de son côté, les maintient en dehors de son territoire, et
en Europe, nombreux sont ceux
qui expriment une immense
inquiétude, notamment à l’approche des élections.
La situation n’est plus acceptée en
matière de « fake news », d’addiction, de concurrence… Sur ce point,
un des gros problèmes est que le
cadre théorique pour définir leur
position dominante n’est pas écrit.
La difficulté va donc être de les réformer sur une base qui ne soit pas
émotionnelle. La deuxième menace
planant sur Facebook est la concurrence des entreprises chinoises.
Les Baidu, Tencent, Renren
semblent pourtant loin des
marchés que dominent
Facebook et ses autres réseaux
et messageries…
Lorsque vous discutez avec des entrepreneurs de la Silicon Valley, vous
vous rendez compte qu’ils anticipent
encore quelques belles années de
croissance, mais ne se font aucune
illusion sur la concurrence débarquant de Chine. La diaspora chinoise
utilise déjà beaucoup les réseaux
sociaux de son pays et elle n’est plus la
seule en Occident. Regardez le succès
de TikTok en France et aux EtatsUnis auprès des jeunes. Pour ce qu’il
appelle son « prochain milliard d’utilisateurs » dans les pays émergents,
Facebook sera en concurrence avec
les réseaux et messageries chinois. La
Chine est en train de fabriquer des
ingénieurs d’une qualité exceptionnelle. Ils sont les champions incontestés de l’intelligence artificielle.
« Dans les pays
émergents, Facebook
sera en concurrence
avec les réseaux et
messageries chinois. »
Du coup, les interfaces de leurs
plates-formes proposent des expériences utilisateurs qui n’ont rien à
envier à celles des Américains, et ce
d’autant plus que la société chinoise
est beaucoup moins sensible aux
questions de respect de la vie privée
qu’en Occident. Ce phénomène ne se
constate pas seulement dans les
métiers de Facebook. Le dernier
smartphone Huawei Mate 20 Pro
ringardise l’iPhone d’Apple sur de
nombreux points.
Quelle est la nouvelle
fonctionnalité clef que devra
intégrer Facebook ?
Pour les dirigeants, la prochaine
grosse bataille est l’intégration de
systèmes de paiement efficaces
dans Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Ils voient par
exemple arriver le système décentralisé de cryptomonnaie intégré à
la messagerie russe Telegram avec
beaucoup d’inquiétude.
Le grand public n’est certes pas
prêt à passer demain au bitcoin,
mais Pavel Durov et ses ingénieurs
de niveau médaille Fields, pas moins,
sont en train de travailler à une proposition de valeur radicalement
nouvelle, d’autant qu’ils seraient
capables d’éviter les travers de la
blockchain en maîtrisant l’architecture de leur système. Facebook en est
loin, son système restant centralisé.
WeChat, la messagerie de Tencent,
abrite, elle, déjà un système de paiement ayant plus d’usagers qu’Alipay.
Le paiement est clef, car il incite
à rester sur un réseau social et
permet une remontée de données
très précieuses. n
PUBLICITÉ
L’écart s’est encore
creusé entre
le poids du digital
en publicité
et la télévision.
Véronique Richebois
@VRichebois
« 2018 aura été une année de bascule majeure pour notre industrie, avec une croissance digitale
sans précédent depuis 2009 et un
écart désormais très conséquent
vis-à-vis des autres médias », a
lâché, jeudi matin, Pascal Crifo,
vice-président de l’Union des
entreprises de conseil et d’achat
média (Udecam), lors de la présentation de la 21e édition de
l’Observatoire de l’e-pub, publiée
par le Syndicat des régies Internet (SRI) et réalisé par PwC en
partenariat avec l’Udecam.
De fait, les chiffres sont sans
appel. Sur l’ensemble de l’année
2018, les investissements publicitaires digitaux en France, en
hausse de 17 %, ont permis au
marché d’atteindre un chiffre
d’affaires net de 4,876 milliards
d’euros. La part de marché du
digital dans les médias s’établit
désormais à 39,2 %, répartis
entre le search (45 % du total, soit
2,275 milliards d’euros) et le display et autres leviers (bannières,
vidéo…), qui préempte 40 % (soit
1,974 milliard d’euros) et où
l’achat programmatique représente les deux tiers de l’ensemble.
Décroissance
de la part du search
Même si cette quasi-égalité ne
saurait dissimuler l’écart qui se
réduit entre le search, en hausse
de 11 %, porté par le mobile et
l’émergence du « search vocal »…
et le display, qui s’envole littéralement, avec une croissance de
30 %, grâce aux réseaux sociaux
et, de façon plus globale, des
vidéos sur mobile. Le « display
social » traduit une hausse de
63 %, soit 22 % du marché global
et un chiffre d’affaires net de
1,088 milliard d’euros… Alors que
l e « d i s p l ay h o r s r é s e a u x
sociaux » ne marque qu’une
croissance de 5 %, soit 18 % du
marché global, assorti d’un chiffre d’affaires de 886 millions
d’euros. Mais l’adjectif « petite »
croissance est à nuancer. Le « dis-
play hors social » est aussi le lieu
incluant les leviers les plus dynamiques du secteur comme la
vidéo (qui pèse 44 % de son total,
en croissance de 13 %). Surtout, le
« display hors social » recouvre les formats émergents clefs,
tels que le native advertising (8 %
de l’ensemble, en progression de
27 %) et l’audio, encore balbutiant (11 millions d’euros) mais en
forte hausse de 30 %.
Cet essor du marché digital
est assorti de la chute continue
des médias traditionnels.
« L’écart entre le digital et la télévision [26,7 % du total vs 27,2 %
en 2017, NDLR], accompagné
d’un transfert accéléré des budgets publicitaires, ne s’est jamais
autant creusé », commente Pascal Crifo de l’Udecam. Les parts
respectives de la presse (15,9 %),
de la radio (5,6 %) et de l’affichage (9,4 %) se réduisent également, avec une contribution du
numérique aux médias traditionnels limitée à 6 %.
Les parts respectives
de la presse,
de la radio
et de l’affichage
se réduisent.
Enfin, les Gafa se sont invités,
de manière explicite, dans le
débat. Pascal Crifo a ainsi martelé : « Plus que jamais, notre
marché réclame des mesures unifiées, des données comparables et
des tiers de confiance indépendants qui objectivent l’ensemble
de la chaîne de valeur. »
Mais c’est Jean-Luc Chetrit,
directeur général de l’Union des
annonceurs, qui s’est chargé de
mettre les points sur les « i » :
« Cette accélération du marché
digital est aussi un challenge pour
les acteurs issus du monde des
médias. Car comment comparer
l’efficacité d’un message diffusé
sur un réseau social avec celle
d’un message émis par les
médias ? Il faut trouver les instruments de mesure fiables. Et puisque des représentants de Google
et Facebook sont présents dans
cette salle, je tiens à préciser qu’il
ne peut pas y avoir deux poids,
deux mesures dans la mesure de
la transparence pour permettre à
ce marché de continuer à se développer dans la confiance. Tout le
monde doit s’y mettre. » n
Google épinglé par l’Autorité
de la concurrence
L’Autorité de la concurrence a enjoint Google de clarifier sous un mois ses règles vis-à-vis des annuaires
téléphoniques. Amadeus, qui propose le 118 001, avait
saisi l’antitrust, estimant que Google usait de sa position dominante pour discriminer cet annuaire sur
Google Ads, le service d’achat de mots dans le moteur
de recherche. L’AC statuera sur le fond dans plusieurs
mois. L’affaire est indépendante de l’enquête sectorielle
sur la publicité en ligne rendue publique en mars 2018.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
START
UP
LE RDV
LE PRODUIT
-
Le cadre connecté
Familink, développé
par la start-up AsWeShare, a été utilisé durant six mois
par 100 résidents de la maison de
retraite la Carsat Normandie. Plus
de 60 % des retraités et familles ont
indiqué que ce dernier avait permis de « renforcer les liens intergénérationnels ».
y
LE BUZZ
La fédération professionnelle
Syntec-Ingénierie appelle les
étudiants à innover pour lutter
contre le changement climatique. Les étudiants d’écoles d’ingénieurs, d’universités et
de CFA du supérieur ont 5 mois pour présenter leurs idées en vue du prix de l’ingénierie du futur, dont les lauréats seront
dévoilés le 24 octobre 2019, à l’occasion de
Meet’ingé, forum national de recrutement
dans les domaines de l’industrie et de la
construction.
e
Nouveau venu dans la famille des
p o d c a s t s d e s E c h o s , P h i l ’u p
explore les questions que se pose
l’entrepreneur pour diriger sa société. Le premier épisode de 45 minutes donne la parole à
Charline Goutal (Ma P’tite Culotte), Sally Bennacer (Art and Blind), Benjamin Gaignault
(Ornikar) et Axel Dreyfus (Finamatic placée
en liquidation judiciaire après l’enregistrement), ainsi qu’à la philosophe Marianne
Mercier. Ecoutez ce podcast sur entrepreneurs.lesechos.fr
Les applis vidéo, futures
stars de la French Tech ?
l L’écosystème tricolore crée de nombreuses start-up prometteuses dans la vidéo.
l Yubo, le réseau social vidéo français, vient de dépasser les 20 millions
d’inscrits dans le monde et celle des 500.000 actifs chaque jour.
RÉSEAUX SOCIAUX
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Les millions de followers n’y font
rien. La génération Z, malgré son
hyperconnexion et sa présence en
masse sur les réseaux sociaux, est
probablement celle qui se sent la
plus seule. C’est pour résoudre ce
problème que Sacha Lazimi, Jérémie Aouate et Marc-Antoine
Durand ont créé Yubo (anciennement Yellow), une application vidéo
en live qui recrée les conditions propices à la rencontre. Sans faire de
bruit, la jeune pousse installée
dans le 11e arrondissement parisien vient de franchir la barre
symbolique des 20 millions d’inscrits et celle des 500.000 actifs
chaque jour. Une réelle prouesse
tant ce monde des applis destinées
au grand public et utilisant la vidéo
est archi-dominée par les anglosaxons, comme Twitch.
Malgré leur jeune âge (les trois
cofondateurs ont moins de 30 ans),
la start-up n’est pas leur premier
projet dans le secteur. Après deux
tentatives, ils accouchent de l’idée
de Yubo, raconte Sacha Lazimi :
« Nous avons monté Yubo lorsque
nous avons compris que les réseaux
sociaux existants étaient faits pour se
connecter aux personnes que l’on
connaît déjà et qu’ils se sont positionnés petit à petit davantage comme des
médias, en créant des influenceurs
difficiles à atteindre pour les utilisateurs. Notre mission, elle, est de permettre de se créer de vrais amis. »
Reproduire les codes
de la vie physique
Pour concrétiser cet objectif, la
jeune pousse traduit sur Internet les
conditions dans lesquelles les personnes se rencontrent dans la vie
physique. Que ce soit dans un bar,
sur un campus ou ailleurs, ils se
retrouvent autour de sujets de discussion, échangent, et éventuellement se revoient. C’est exactement
ce que permet Yubo grâce à des
groupes qui se retrouvent sur l’appli
via des vidéos diffusées en direct.
Ces « live » durent environ deux
heures et rassemblent une petite
dizaine de personnes en moyenne.
Chacune d’entre elles peut rejoindre
un groupe qui affiche une thématique de discussion, mais doit être
acceptée afin de participer.
La question de la sécurité, du harcèlement et de la provocation est
centrale dans le travail de Yubo. La
start-up a mis en place des gardefous pour éviter aux comportements déviants de s’exprimer via sa
plate-forme. « Nous sommes très
interventionnistes sur le sujet, assure
Sacha Lazimi. Si l’on détecte des discussions ou des gestes inappropriés,
nous notifions de suite le participant
et le bloquons si nécessaire. »
Conçue en anglais,
l’appli de Yubo est
devenue planétaire.
40 % de ses utilisateurs
habitent aux
Etats-Unis, 25%
au Royaume-Uni.
Pour tisser ce filet de sécurité qui
garantie la réputation de l’appli,
Yubo s’appuie sur des modérateurs
dispatchés dans le monde entier,
mais aussi sur des algorithmes qui
scannent le contenu en permanence. La réalité fait que seulement 1 % des profils bloqués le
sont pour des questions graves.
Le reste est davantage le fait d’une
mauvaise compréhension des guides d’utilisation et se règle sans
problème.
Conçue en anglais dès son origine,
l’appli est devenue un outil planétaire. Seuls 5 % de ses utilisateurs
sont en France, tandis que 40 %
habitent aux Etats-Unis, 25 % au
Royaume-Uni, 20 % en Scandinavie et 10 % en Australie. « Cela
s’explique aussi par le fait que nous
n’avons jamais mené de campagne
d’acquisition marketing, et que la
maturité du marché est plus forte
dans les pays anglo-saxons », détaille
Sacha Lazimi.
Aujourd’hui, Yubo n’emploie
qu’une douzaine de personnes et veut
encore franchir un cap, notamment
sur son modèle économique. Pour le
moment, son utilisation est gratuite, mais la start-up va tester une
version payante et le placement de
publicités. Après avoir réuni 10 millions d’euros auprès de business
angels depuis sa création, elle se pose
la question de son financement afin
d’augmenter ses chances d’avoir un
impact encore plus vaste sur cette
génération en manque d’interactions
sociales dans la vraie vie. n
Keakr, la fabrique à clips du hip-hop
Avec son appli qui aide les
artistes à créer des contenus originaux, la start-up
parisienne fédère toute une
communauté de fans.
Les cendres de la révolution numérique qui a renversé l’économie de
la musique retombent enfin : le
streaming s’est imposé comme l’un
des nouveaux usages de masse ;
YouTube génère des milliards de
vues avec ses vidéos d’artistes ; et les
utilisateurs chinois de TikTok
s’exposent par millions sur les
mobiles. C’est dans ce mouvement
de renouvellement des modes de
consommation que s’inscrit Keakr,
l’appli créée par Hicham Kochman,
connu également pour son œuvre
hip-hop sous le pseudo « Axiom ».
Keakr, c’est le poumon digital de
la communauté hip-hop où se
croisent des artistes et des fans
pour créer, écouter, partager et
échanger autour de leur passion.
L’application, sortie il y a dix-huit
mois, a bien cerné son terrain de
jeu et compte désormais
40.000 artistes actifs (amateurs,
semi-pros et professionnels) qui
s’appuient sur ses outils pour
créer une bibliothèque de 10.000
instrumentales originales. En
exploitant ces sons, les rappeurs/
chanteurs mettent ensuite en
ligne des morceaux et des clips
vidéo. Le taux de rétention des
artistes culmine à 70 %, ce qui
constitue un élément fondamental pour attirer et engager les
400.000 utilisateurs de l’appli.
Avec près de 4 millions d’euros
« Faire de
l’audiovisuel sur
mobile, c’est
le calvaire, résume
Hicham Kochman.
Si vous y ajoutez
l’enregistrement et
l’exigence sonore,
ça ne simplifie
rien. »
HICHAM KOCHMAN
Créateur de Keakr
L’appli, lancée il y a dix-huit mois, compte 40.000 artistes actifs.
Photo Keakr
levés depuis la création de la
start-up en 2015, notamment
auprès de Pierre Gatignol, Luc Besson ou le fonds Daphni, Keakr a pu
se concentrer sur le produit, complexe à concevoir et à stabiliser.
« Faire de l’audiovisuel sur mobile,
c’est le calvaire, résume Hicham
Kochman. Si vous y ajoutez l’enregistrement et l’exigence sonore, ça ne
simplifie rien. » Mais après avoir
passé des mois à debugger l’appli, le
moteur tourne à plein régime. Il est
temps désormais d’écrire la suite de
l’histoire, comme la croissance à
l’international, et la génération de
revenus. « Nous savons où aller les
chercher, assure l’entrepreneur.
Mais l’idée est d’aller en générer là où
l’on ne nous attend pas car la compétition est mondiale. »
Un terrain de jeu mondial
Effectivement, dans l’économie de
la musique, seuls les entreprises
très financées arrivent à percer et à
subsister parmi les nouveaux
acteurs. Mis à part Spotify et TikTok, peu d’exemples arrivent à faire
surface. Pour y arriver, il faut des
moyens colossaux, et la France a
déjà prouvé ses limites dans le
domaine, avec Deezer par exemple.
Face aux chinois qui ont l’avantage
du nombre pour imposer leurs
applis dans les usages, Keakr peut
compter sur la force créatrice en
France. La start-up s’appuie aussi
sur une équipe de 25 personnes
bien charpentée sur les sujets Tech
et devrait rapidement clôturer une
levée lui permettant de concrétiser
ses ambitions. — G. B.
4
À NOTER
Les créateurs de sons les plus
en vue comme Double X (Kaaris) ou Thérapy (Booba) éditent
un nouvel instrumental tous
les vendredis à 18 h 00.
Chaque « live » sur Yubo dure environ deux heures et rassemble
une petite dizaine de personnes en moyenne. Photo Yubo
Mojo, l’édition vidéo
sur mobile
La jeune start-up développe une application
permettant de créer
du contenu vidéo facilement. Elle est utilisée
par les influenceurs.
Déborah Loye
@Loydeborah
Format de référence sur les
réseaux sociaux et outil essentiel
de la communication digitale, les
« stories » sont devenues incontournables. Et avec elles, l’édition
de vidéo sur mobile. C’est en tout
cas le pari de Mojo, une start-up
développant une application qui
permet de créer du contenu vidéo
sur son téléphone. « Il devient de
plus en plus naturel, même dans
un contexte professionnel, d’éditer
du contenu sur un téléphone portable, puisque de toute façon il va
falloir l’y basculer », affirme Jean
Patry, cofondateur de la start-up.
Lancée en novembre dernier,
l’application compte
déjà 10.000 utilisateurs actifs
par jour, selon les chiffres de la
start-up. Développ é sur un
modèle freemium, Mojo est destiné aussi bien au grand public
qu’à des professionnels tels que
les médias ou les influenceurs.
« Nous nous positionnons sur une
qualité de niveau professionnel, et
la version payante permet de créer
un univers visuel réutilisable pour
toutes les créations », indique
Jean Patry. Un contenu soigné
visant à se distinguer de l’aspect
plus artisanal des vidéos éditées
sur Instagram. Mojo permet en
outre de mettre en scène des animations, avec du texte par exemple. « Notre objectif est d’offrir un
outil très simple pouvant être utilisé même par des personnes qui
ne font pas du tout de montage
vidéo », explique le cofondateur
de l’entreprise.
Une approche professionnelle des outils mobiles
Tous deux ex-employés de GoPro,
Jean Patry et son associé Francescu Santoni ont choisi de développer leur application pour iOS,
un univers qui leur était familier
et sur lequel les consommateurs
« dépensent 30 fois plus d’argent en
moyenne que sur Android », indique le premier. La version payante
de Mojo coûte 10 euros par mois,
un prix relativement élevé pour
une application. « Et pourtant, la
croissance de nos abonnés est très
importante, ce qui prouve que les
gens commencent à avoir une
approche professionnelle des outils
mobiles », estime-t-il.
Mojo est aujourd’hui disponible
en plus de 20 langues et est notamment utilisé en Indonésie, aux
Etats-Unis et en Russie, grâce à des
mises en avant sur l’Apple Store.
La jeune pousse, qui a récolté
500.000 dollars lors d’un premier
tour de table en amorçage, n’a
pour le moment pas prévu de lever
à nouveau des fonds. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
en
direct
Graphèmes se
rebaptise « Register »
NOUVELLE-AQUITAINE Le
trente-trois ans d’existence,
l’agence de design Graphèmes se
rebaptise « Register ». A cheval
entre Lille, où elle est née, et Paris,
l’agence a choisi ce nouveau nom
en référence au « Registered » qui
protège les marques déposées sur
les marchés internationaux.
« Notre nouvelle identité est un
hommage assumé aux marques
HAUTS-DE-FRANCE Après
constructeur de maisons individuelles Villas et demeures de
France à Poitiers a été mis en
liquidation. Selon le quotidien
« La Nouvelle République », il
présentait un passif de 2,7 millions d’euros et une centaine de
clients dont les maisons ne sont
pas terminées sont en difficulté.
Villas et demeures de France
PME
&REGIONS
Villas et demeures
de France
en liquidation
cultes des années 1950-1960,
grande époque de la réclame, où le
souci de l’originalité et de la différenciation identitaire était une
préoccupation bien plus présente
qu’aujourd’hui », explique-t-on
chez Register, qui a conçu des
emballages iconiques pour des
produits de grande consommation. Mais c’est aussi le signal
de nouvelles façons de travailler
qui se mettent en place avec, par
exemple, une journée sans Internet pour penser « autrement ».
Contre la peste porcine africaine,
le barrage de la dernière chance
l Le ministère de l’Agriculture érige une clôture à la frontière belge pour contrer la peste porcine africaine.
l La France table sur un abattage massif de sangliers pour rester indemne.
AGRICULTURE
4
Les mesures biosanitaires – désinfection, gestion stricte des entrées et
sorties – doivent éviter la contamination des porcs d’élevage. Les autorités sanitaires justifient le « dépeuplement » de la zone blanche par le
souci d’éviter le déferlement de la
maladie sur les sangliers de la
France entière et les conséquences
sur les élevages.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Les autorités wallonnes ont constaté
en septembre dernier un premier
cas de sanglier contaminé par la
peste porcine africaine. Depuis, près
de 400 carcasses viropositives ont
été retrouvées dans un périmètre
infecté qui jouxte la frontière française. Tour d’horizon en 5 questions.
LA CLÔTURE
SUFFIRA-T-ELLE
À CONFINER LA PESTE ?
5
QUELLE EST
LA SITUATION
À LA FRONTIÈRE BELGE ?
1
Le ministère français de l’Agriculture a lancé le 24 janvier l’installation d’un grillage de 1,50 mètre de
hauteur et enfoui à 50 centimètres
de profondeur sur une longueur
de 45 kilomètres en Meuse et
dans les Ardennes. Les routes vicinales seront équipées de passages
canadiens, des barres de fer placées
sur le sol pour empêcher les animaux de passer. En septembre dernier, les fédérations de chasse françaises avaient posé une clôture
électrifiée d’une centaine de kilomètres en Meuse et en Meurthe-et-Moselle, mais elle ne résiste pas aux
charges des animaux ou aux chutes
de branches.
La construction de la nouvelle clôture a été attribuée en urgence au
groupe sarthois Saniez, pour un
montant de 2,6 millions d’euros. Au
30 janvier, les 40 ouvriers ont monté
9,6 kilomètres de clôture et le chantier progresse au rythme théorique
de 5 km/jour. L’agence de sécurité
sanitaire Anses a tracé ses contours
à 6 kilomètres de la frontière belge,
également pourvue d’une clôture,
pour contenir la maladie durant au
moins un mois.
« La clôture délimite une zone blanche d’environ 140 kilomètres carrés
dans laquelle nous procéderons à un
dépeuplement intensif pour éviter
l’arrivée de la peste porcine africaine
sur notre territoire, qui en est pour le
moment exempt », explique Loïc
Gouello, inspecteur général de santé
publique vétérinaire et directeur de
la cellule de crise du ministère de
l’Agriculture.
2
COMMENT ÉRADIQUER
LES SANGLIERS ?
Le ministère compte exterminer les
500 à 800 sangliers de la zone blanche, laies gestantes et marcassins
compris. L’Etat mobilise les grands
moyens : seront autorisés les battues, le tir à l’affût, le tir de nuit à la
lumière des phares, l’usage de fusils
à visée nocturne et le piégeage. Tout
début février, 40 militaires arriveront en renfort pour fournir la logistique, intensifier la traque et poser
les corrals où les sangliers seront
appâtés, puis abattus. Deux cents
agents de l’ONCFS et de l’ONF seront
mobilisés pour rechercher les cadavres qui seront détruits, la venaison
étant interdite depuis le 24 janvier.
Les chasseurs percevront une prime
de 100 euros par sanglier abattu,
géolocalisé, emballé dans une
trousse mortuaire et déposé sur une
COMMENT PROTÉGER
LES ÉLEVAGES ?
plate-forme de collecte. « Ces mesures vont dans le bon sens, mais elles
arrivent un peu tard », estime Michel
Thomas, président de la Fédération
des chasseurs de la Meuse, qui
compte 8.000 adhérents. Les associations de défense de la faune sauvage jugent pour leur part calamiteuses les pratiques d’agrainage qui
augmentent la valeur des adjudications de chasse, mais favorisent la
prolifération des sangliers. Elles
s’inquiètent du traumatisme de
l’ensemble de la faune sauvage dans
la zone blanche.
LES SANGLIERS
SAUVAGES
PEUVENT-ILS CONTAMINER
LES COCHONS D’ÉLEVAGE ?
3
Non transmissible à l’homme, la
peste porcine africaine se propage
principalement par des contacts de
groin à groin, d’où une progression
assez lente d’environ 5 kilomètres
par mois. C’est une maladie hémorragique hautement contagieuse,
qui se caractérise par une forte fièvre pour les animaux, une perte
d’appétit, des hémorragies au
niveau de la peau. Il n’existe aucun
traitement ni vaccin.
La maladie se serait propagée
dans l’est de l’Europe à la faveur des
contacts entre sangliers et porcs de
basse-cour. En France, les porcs
d’élevage sont en principe à l’abri du
contact avec leurs congénères sauvages, puisqu’ils sont parqués dans
des bâtiments d’élevage ou enfermés à l’air libre par une double clôture. Mais l’homme peut provoquer
sans le vouloir la transmission de la
maladie à la faveur de transport
d’aliments ou de déchets, ou encore,
par la présence de sang infecté sur
les pneus des voitures ou sur les rails
des trains.
Pas sûr. Les chasseurs eux-mêmes
admettent que la chasse intensive
risque de faire migrer des sangliers
d’ordinaire plutôt sédentaires et
d’étendre le périmètre de la maladie. Le ministère de l’Agriculture
prévoit déjà la construction d’un
deuxième grillage de 50 kilomètres
en Meurthe-et-Moselle. Le périmètre infecté en Belgique s’étend sur
63.000 hectares et la frontière entre
la Belgique et les départements de la
Meuse, Ardennes et Meurthe-etMoselle s’étend sur 620 kilomètres.
Limitrophes, l’Allemagne et le
Luxembourg sont pour l’heure
exempts de peste porcine africaine,
mais les sangliers y prolifèrent
également. n
Branle-bas de combat à l’Ouest
Les préfectures, les chasseurs, les producteurs, les
abattoirs, les transporteurs,
les vétérinaires… sont tous
sur le pied de guerre pour
éviter la contamination qui
risquerait de mettre à mal
une partie importante de
l’économie régionale.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
La Bretagne concentre 48 % de la
production française porcine. On a
d’ailleurs l’habitude d’entendre dans
c e t t e r é g i o n q u’ i l y a p l u s d e
cochons que… d’habitants ! C’est dire
le poids économique de cette filière.
Elle est sur le pied de guerre depuis
plusieurs mois pour se préparer au
risque d’épidémie de peste porcine
africaine. Directrice adjointe de la
Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de
Bretagne (DRAAF), Virginie Alavoine explique que les différents
acteurs chasseurs, vétérinaires, éleveurs, transporteurs et abattoirs
sont sur le pont. Ils viennent d’être
réunis une nouvelle fois par la préfecture de Bretagne dans le cadre du
Conseil régional d’orientation de la
politique sanitaire animale et végétale (Cropsav). « On a demandé aux
chasseurs bretons de procéder à l’élimination des sangliers sauvages sans
aucune restriction de nombre. Ce sont
eux qui propagent la maladie. Au
cours des dernières semaines, les fédérations départementales ont augmenté de 20 % les abattages », indique Virginie Alavoine.
La deuxième étape de la politique
de prévention se trouve dans les élevages. Des formations démarrent
auprès de tous les éleveurs pour
qu’ils prennent des mesures drastiques de biosécurité de leurs porcheries. Objectif : toucher l’ensemble
des producteurs en une journée,
leur apprendre précisément à détecter les premiers symptômes chez les
animaux. Ceux qui ne s’alimentent
plus, qui ont de la fièvre ou vomissent doivent mettre en alerte les éleveurs. Ils sont tenus de prévenir
immédiatement les services vétérinaires pour la mise en place d’un
plan d’urgence.
36 formateurs répartis
en France
A la Fédération nationale des groupements de défense sanitaire, la
vétérinaire Isabelle Tourette indique
que « 36 formateurs se répartissent désormais sur tout le territoire,
il faut qu’ils sensibilisent tous les
10.000 éleveurs d’ici au 1 e r janvier 2020 ». Le premier point important est d’installer des sas sanitaires
à l’entrée des bâtiments. « Ne devront
rentrer dans les porcheries que les
personnes habilitées. Elles sont obligées de s’équiper d’une tenue adéquate
et parfois même de prendre une douche avant de sortir », insiste Félix
Mahé, responsable de l’Association
sanitaire régionale de Bretagne, également prête à mettre à la disposition des préfectures de la région une
centaine de ses collaborateurs en
cas d’épidémie et d’inter vention d’urgence. « Ils se chargeront
de procéder à la totale désinfection du
ou des élevages contaminés », précise
Félix Mahé.
Tous les éleveurs ne sont évidemment pas préparés de façon identique même s’ils sont depuis longtemps avertis par les pouvoirs
publics des risques concernant les
différentes maladies contagieuses. Il n’existe aucun vaccin ni traitement pour soigner la peste porcine
africaine, qui ne présente pas de risque pour l’homme. Le virus se transmet aux animaux par le sang, mais
aussi les déjections. Des objets peuvent aussi être contaminés, des restes d’aliments, des camions de transport d’animaux, des vêtements…
Le virus peut survivre plusieurs
mois dans les viandes de porc fraîches ainsi que dans les produits
transformés et cuits.
Matériel désinfecté
A la Ferme Hougerville basée à Colleville, en Seine-Maritime,
les 200 porcs élevés en plein air sont
potentiellement plus vulnérables. Sa responsable se dit sensibilisée et très vigilante. Elle a entouré
son exploitation d’une clôture de
2 mètres de haut complétée par une
protection électrique. De plus,
« nous changeons de combinaison à
chaque lot et notre matériel est régulièrement désinfecté, notamment
notre remorque bétaillère puisque
nous conduisons nos animaux à
l’abattoir. »
Président d’Inaporc, Interprofession nationale porcine, et éleveur de
cochons dans le département du
Finistère, Guillaume Roué est
d’autant plus vigilant que, si
Face au risque d’épidémie, les éleveurs porcins vont recevoir
une formation pour mettre en œuvre des mesures drastiques
de biosécurité dans leurs porcheries. Photo Shutterstock
la France était infectée, elle risquerait de perdre une partie très importante de ses contrats à l’étranger. Selon une règle signée par
180 pays, l’OIE, l’Organisation mondiale de la santé animale, n’interdit
pas les ventes à l’étranger en cas
d’épidémie, surtout si un périmètre
de sécurité est mis en place dans la
zone touchée. Mais des « pays
comme la Chine ou la Corée du Sud
vont généralement plus loin et ferment totalement leurs frontières »,
précise Guillaume Roué.
Il met en exergue les difficultés qu’ont eues des pays comme
l’Espagne et le Portugal, frappés par
la maladie dans les années 1960. « Le
Portugal, indique Guillaume Roué, a
mis plus d’une dizaine d’années
pour s’en débarrasser. Le pays a dû
pratiquer des abattages massifs. »
4
À NOTER
La Chine a freiné l’épidémie
de peste porcine africaine avec
l’abattage de 916.000 cochons,
selon un bilan établi mi-janvier.
Elle avait signalé son premier
cas en août dans le Nord-Est.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // PME & REGIONS
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
16.347
NOUVELLE-AQUITAINE
grâce à son mécène Mutuelle
d’Yvry la Fraternelle, 16.000 euros
pour les travaux des baies et des
portes. S’y ajoutent 16.347 euros
collectés par le site missionbern.fr
auprès de 109 donateurs, toujours
pour des travaux urgents.
Shutterstock
EUROS SUPPLÉMENTAIRES POUR LA ROTONDE DE MONTABON
Retenue parmi les 18 sites de la Mission Bern, la rotonde ferroviaire de
Montabon (Sarthe), où doit se rendre l’animateur ce vendredi, a
obtenu 480.000 euros des jeux Mission Patrimoine. En parallèle, la
Fondation du patrimoine apporte,
innovateurs
Landes : un Casino
ouvre à Mimizan
Philippe Ginestet, le dirigeant
de Tati, Gifi, etc., inaugure
samedi le nouveau casino
dont la mairie de Mimizan lui
a confié la gestion. Il comprend
notamment 60 machines à sous.
L’établissement, dont le chantier
lancé début 2016 a connu bien
des déboires, a une trentaine
d’employés, selon « Sud-Ouest ».
Aix-Marseille French
Tech s’associe au MuCEM,
qui accueille des start-up
50 kilos de truffes par hectare et
par an, c’est déjà remarquable. La
société s’aligne sur des records de
production, réalisés ponctuellement », ajoute l’opposant.
OCCITANIE
Truffle Farms
projette la création
d’une truffière
sur 371 hectares au
nord de Montpellier.
LE PARTENARIAT
AIX-MARSEILLE
FRENCH TECH
La question de l’eau
Le projet suscite une
vive opposition locale
et relance le débat
sur le foncier agricole.
Hubert Vialatte
— Correspondant à Montpellier
Après les élevages géants, les truffières géantes ! La société écossaise
Truffle Farms, dirigée par Martin
Waddell, porte un projet de 371 hectares dans le domaine des Jasses,
une zone de garrigue située à Ferrières-les-Verreries, au nord de Montpellier. Une première autorisation,
pour l’exploitation de 33 hectares, a
été délivrée par la Direction départementale des territoires et de la
mer, indique l’association France
Nature Environnement.
Truffle Farms souhaite réintroduire la truffe noire du Périgord en
France, alors qu’elle est actuellement majoritairement produite en
Espagne. La société vise 268 kg par
DR
Un projet de truffière fait polémique
dans l’Hérault
Truffle Farms souhaite réintroduire la truffe noire du Périgord
en France, alors que, actuellement, elle est surtout produite
en Espagne. Photo Jean-Paul Guilloteau/RÉA
hectare et par an d’ici à 12 ans, à raison de 500 arbres par hectare.
Truffle Farms promet, sur sa brochure, un retour sur investissement
de 500 euros par kilo de truffes.
Le projet suscite une vive opposition, à la fois de la part de France
Nature Environnement et d’un
collectif de citoyens et d’agriculteurs, dont la pétition a recueilli
7.000 signatures. Les opposants
demandent un arrêt des travaux
de clôture, « du fait de la présence
d’espèces protégées sur le site,
comme le lézard ocellé », explique
Simon Popy, président de France
Nature Environnement à Montpellier. D’après lui, les rendements promis par Truffle Farms
s o n t i r r é a l i s t e s . « A r r i ve r à
Sollicité à plusieurs reprises,
Martin Waddell n’a pas souhaité
répondre. Le problème de la ressource en eau est également pointé
par les opposants, qui ont calculé
que la plantation de 33 hectares
d’arbres reviendrait à doubler la
consommation actuelle d’eau agricole dans le secteur Ganges - Pic
Saint-Loup. Des forages plus profonds pourraient être envisagés par
Truffle Farms, mais ils seront
soumis à autorisation. L’Inra juge
possible la culture de truffes dans le
secteur, mais sur une centaine
d’hectares seulement, à savoir la
partie plane du domaine. L’enjeu
plus global des terres agricoles et du
rachat par une société étrangère
s’invite aussi dans le débat. Un projet alternatif, intégrant habitat
groupé, circuits courts, polyculture
et polyélevage, avait été proposé en
2017, mais n’a pu aboutir, du fait
d’un prix de foncier trop élevé et de
la difficulté de diviser le domaine.
L’acheteur a pu faire baisser le prix,
car il pouvait récupérer la totalité
du domaine. n
Date de création : 2014
Vice-président :
Mathieu Rozières
Entreprises : 8.000
Chiffre d’affaires total :
10 milliards d’euros
Secteur : numérique
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
En plus d’exposer les arts populaires, voilà que le MuCEM va
servir d’écrin aux start-up numériques de la Provence. Le Musée
national des civilisations de
l’Europe et de la Méditerranée
vient de signer un partenariat
avec Aix-Marseille French Tech
(AMFT) pour servir de « living
lab » aux jeunes pousses du digital. C’est l’entreprise de production audiovisuelle Black Euphoria qui a inauguré cet accord
inédit en expérimentant, la
semaine dernière, à l’occasion de
la soirée de lancement de l’expo-
Cavac étoffe son pôle de PME alimentaires
La coopérative
vendéenne vient de
reprendre Atlantique
Alimentaire, spécialiste des produits
traiteur surgelés.
Objectif : sécuriser
les débouchés pour ses
agriculteurs et gagner
en valeur ajoutée.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
La coopérative agricole Cavac,
regroupant 5.000 agriculteurs
sociétaires et 1.370 salariés, conti-
nue à muscler son pôle de PME.
Cette fois, c’est la société Atlantique
Alimentaire, spécialisée dans les
produits traiteur surgelés, que le
groupe vendéen vient de reprendre.
Atlantique Alimentaire, qui appartenait à CookUp Solutions, fabrique
des tartes salées et des quiches, des
crêpes fourrées et des pizzas. Réalisant 30 millions d’euros de chiffre
d’affaires avec plus de 160 salariés, il
fournit la grande distribution sous
marques de distributeur, la restauration hors foyer ainsi que les
distributeurs sp écialisés en
produits surgelés et l’export.
Déjà, l’an dernier, Cavac avait
étoffé sa filière boulangerie-pâtisserie en reprenant la biscuiterie
Les P’tits Amoureux, dans les DeuxSèvres, et la crêperie Catel Roc, près
de Nantes, gagnant près de 50 sala-
riés. Ces entreprises rejoignent un
ensemble industriel constitué
d’Olvac, spécialiste des conserves à
base de haricots bancs, et de Bioporc, dans la charcuterie. Sans
oublier Biofournil, pionnier du pain
bio, dans lequel 4 millions d’euros
ont récemment été investis.
Matières premières
d’origine locale
« Ces entreprises sont situées dans un
périmètre d’une heure de route
autour de La Roche-sur-Yon et utilisent des matières premières issues
des agriculteurs sociétaires de la
coopérative », explique le groupe.
Atlantique Alimentaire se fournissait de fait de matières premières
locales, dont la farine en provenance d’une minoterie approvisionnée par Cavac.
Ces acquisitions de proximité
constituent des leviers de croissance et un supplément de valeur
ajoutée. Elles p ermettent de
sécuriser des débouchés des agriculteurs adhérents et de répondre
« aux attentes des consommateurs
qui plébiscitent des matières premières d’origine locale ». Cette
stratégie s’avère payante. L’an dernier, le résultat des filiales du
groupe égalait celui de la coopérative. L’ensemble affiche un chiffre
d’affaires de 952 millions d’euros
sur l’exercice 2018, en hausse de
6,5 %, et dégage un résultat net
consolidé de 7 millions d’euros,
contre 5,6 millions d’euros un an
plus tôt. Une progression qui s’est
accompagnée d’un effort dans le
bio, qui p èse 10 % du chiffre
d’affaires. n
Les remorques Legras vont accélérer
LA PME À SUIVRE
HAUTS-DE-FRANCE
Effectif : 250 salariés
Chiffre d’affaires : 75 millions
Activité : carrosserie
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Constructeur de remorques routières à fond mouvant pour le transport
de marchandises en vrac, Legras
vient d’investir 12 millions d’euros
pour accroître sa capacité de production dans le cadre de son programme Agil (Améliorer la gestion
industrielle de Legras). L’objectif de
cette entreprise ? Doubler sa pro-
duction en construisant de 20 à 22
unités par semaine, contre 10 à 12 jusqu’à présent. « Ce niveau dépasse nos
espérances », s’enthousiasme JeanRémy Legras, PDG et petit-fils du
fondateur de cette entreprise installée à Epernay (Marne) depuis 1919.
Pour parvenir à ce résultat, le constructeur a entièrement revu ses processus industriels en appliquant les
recettes du « lean manufacturing ».
Autrement dit, la production est
désormais organisée en unités autonomes qui assurent l’ensemble des
étapes de fabrication. Surtout, en
généralisant l’usage du numérique,
il est parvenu à éliminer les échanges papier – et les risques d’erreurs
potentiels – tout en facilitant la gestion du catalogue. Les options possi-
bles, un millier, sont proposées via
un outil numérique capable de
transmettre directement les ordres
en production. Les ateliers ont été
dotés de machines high-tech et des
robots, de soudage notamment, vont
y faire leur apparition.
Les déchets en ligne de mire
Avec sa nouvelle organisation,
Legras entend répondre à l’explosion de la demande p our des
remorques de forte capacité, dans le
secteur de l’environnement notamment. La société familiale a en effet
mis au point, il y a une trentaine
d’années, le système dit « à fond
mouvant », permettant de transporter jusqu’à 100 mètres cubes, le
double des engins basculants tradi-
tionnels. Le déchargement se fait,
au-dessus d’une installation de
réception, par gravité après ouverture du fond de la benne. « Nos systèmes sont plus sécurisés. Ils sont particulièrement adaptés au transport des
déchets. Le renforcement actuel des
législations, en France comme partout en Europe, dans ce domaine
génère des flux. Et donc davantage de
croissance pour nous », explique le
dirigeant.
Legras table sur une croissance
de 10 % par an dans les années à
v e n i r. L’e n t r e p r i s e r é a l i s e
aujourd’hui 75 millions d’euros de
chiffre d’affaires, dont 40 % à
l’export, en Europe, mais aussi en
Afrique. Elle emploie 250 salariés
sur trois usines. n
Une visibilité décalée
Ce partenariat prévoit aussi de
fournir aux start-up un pack
d’accès business au musée pour
y accueillir leurs clients, prospects ou investisseurs. Le
MuCEM s’est également engagé
avec plusieurs autres lieux de
prestige avec le « think tank »
#Content for Future. Cette fois,
l’objectif est d’organiser des
cycles de conférences confrontant les champions du numérique et les artistes en marge des
grandes expositions, par exemple un spécialiste de la robotique
et un chorégraphe. « Nous voulons transformer les bâtiments
publics en médias et assurer ainsi
une visibilité nouvelle et décalée
entre innovation et culture »,
résume Mathieu Rozières. Une
scène de premier plan : le
MuCEM a accueilli l’an passé
près de 1,3 million de visiteurs. n
NG Biotech lève 3 millions
d’euros pour ses tests
d’antibiorésistance
DR
PAYS DE LA LOIRE
sition « On danse ? », construite
autour de huit heures de vidéo,
un dispositif scénique qui scannait en live le public pour le
transformer en nuages de points
3D projetés sur un écran géant.
« Effet waouh ! », ont témoigné
les invités. « Nous allons multiplier ces initiatives avec les équipes
de production du musée, en sourçant parmi les entreprises numériques celles susceptibles de faire
se télescoper l’art et la technologie », explique Mathieu Rozières,
vice-président d’AMFT chargé
des industries créatives et culturelles, qui est aussi fondateur de
Black Euphoria.
LA LEVÉE DE FONDS
NG BIOTECH
Date de création : 2012
PDG : Milovan Stankov Pugès
Montant : 3 millions d’euros
Effectif : 20 personnes
Secteur : médical
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Après avoir levé 1 million
d’euros en 2014, NG Biotech,
spécialisé dans le développement de tests de diagnostic
rapide, vient de boucler son
second tour de table à 3 millions.
Il est souscrit par le fonds rennais Kreizig, son partenaire historique rejoint par Arbevel Life
Sciences Crossover, nouveau
fonds de la Financière Arbevel.
Avec le renforcement de ses
fonds propres, l’entreprise va
financer la mise sur le marché
de ses tests dans le domaine de
l’antibiorésistance. « Notre
gamme, composée de 5 produits,
a été développée en partenariat
avec le CEA et l’AP-HP », précise
Milovan Stankov Pugès, le PDG
de NG Biotech. Elle permet de
détecter, à partir d’un simple
échantillon de sang, en une
quinzaine de minutes, l’éventuelle résistance d’un patient
aux antibiotiques. « Surtout,
notre produit phare nommé
“NG-Test Carba 5” peut faciliter
l’ajustement du traitement pour
contrer les bactéries résistantes »,
ajoute-t-il. Ce qui évite l’utilisation d’antibiotiques inefficaces,
donc très coûteux pour l’hôpital
ou le centre de soins où le
malade est pris en charge.
Une évaluation
sur 2.000 patients
Avant la commercialisation de
ces tests vendus de 15 à 20 euros,
des évaluations internationales
ont été effectuées auprès de
2.000 patients. Les fonds levés
serviront aussi à accélérer le
déploiement international de
NG Biotech, qui a prévu de
recruter des commerciaux pour
mieux couvrir les 45 pays où
l’entreprise commence à expédier ses solutions. Son marché
est très vaste puisque, selon le
PDG de l’entreprise bretonne
installée dans un espace industriel de 2.000 m2 situé à Guipry,
en Ille-et-Vilaine, « l’antibiorésistance cause 700.000 morts par an
dans le monde ». A côté de ses
solutions dédiées à la résistance
aux antibiotiques, NG Biotech
continue de déployer ses tests
rapides dédiés à la grossesse et
au paludisme. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
FINANCE
&MARCHES
LE DOLLAR BAISSE
SOUS 6,7 RENMINBIS
Le billet vert est passé sous le
niveau de 6,7 renminbis à 6,6939.
Il s’établissait en fin de journée à
6,7004 renminbis en baisse de
0,25 %. Il a été affaibli par les déclarations du gouverneur de la
Réserve fédérale après le statu quo
monétaire, qui a laissé entendre
aux marchés que la banque centrale allait faire une pause prolongée avant d’envisager de nouvelles
hausses des taux.
les
indices
Les banques centrales n’ont pas acheté
autant d’or depuis 50 ans
l Plus de 650 tonnes d’or sont venues
remplir les coffres des institutions
monétaires en 2018.
l Beaucoup cherchent à « dé-dollariser » leurs réserves de change.
MATIÈRES
PREMIÈRES
Muryel Jacque
@MuryelJacque
C’est une ruée feutrée, sans pelle ni
pioche. Les banques centrales ont
acheté l’an dernier plus d’or que
jamais depuis 1967. Les grandes institutions monétaires de la planète
ont accumulé 651,5 tonnes supplémentaires, selon le Conseil mondial
de l’or (CMO). Un bond de 74 % en
un an : une demande « exceptionnelle et étonnamment forte », dit-on
chez Commerzbank. Leur soif d’or
n’avait donc pas été aussi forte
depuis la fin du système de Bretton
Woods, qui permettait jusqu’en
1971 la convertibilité du dollar en or.
La Russie a acquis
l’an passé 274,3 tonnes
d’or – un volume
record.
Elle approche
le niveau des réserves
qu’on prêtait
à l’URSS en 1990.
Ensemble, les banques centrales
abritent désormais dans leurs coffres-forts près de 34.000 tonnes
d ’o r. C e l a é q u i vau t à près de
1.400 milliards de dollars au prix
moyen de l’once d’or en 2018 sur le
marché. Elles sont acheteuses nettes depuis neuf ans, après avoir
passé plus de vingt ans à vendre de
l’or. La crise financière mondiale a
radicalement changé la tendance.
« Dix ans ont passé depuis, mais
les temps ne semblent pas moins
incertains », constate le CMO, l’une
des principales organisations
représentant les grands producteurs d’or. « La montée de l’incertitude géopolitique et économique tout
au long de l’année a amené de plus en
plus les banques centrales à diversifier leurs réserves et à recentrer leur
attention sur un objectif majeur qui
est d’investir dans des actifs sûrs et
liquides. »
Le retour remarqué
de la Chine
Les banques centrales sont 76 % à
juger que le rôle de l’or en tant que
valeur refuge est « très pertinent »,
d’après les résultats d’un sondage
réalisé récemment par le Conseil
mondial de l’or. Et elles sont 59 % à
évoquer son efficacité comme outil
de diversification d’un portefeuille.
Ces dernières années, on
retrouve toutefois un peu toujours
les mêmes sur la liste des acheteurs.
La Turquie, le Kazakhstan et, surtout, la Russie qui « dé-dollarise »
ses réserves de change, observe le
CMO. Moscou a acquis l’an passé
274,3 tonnes d’or – un volume
record, « financé par la vente quasitotale de son portefeuille de bons du
Trésor américain », note le Conseil.
La Russie approche le niveau des
réserves qu’on prêtait à l’URSS en
1990 (jusqu’à 2.000 tonnes). Si Moscou maintenait ce rythme, le pays
posséderait alors, d’ici à la fin de
l’année, presque autant d’or que la
France, qui abrite les quatrièmes
plus grosses réserves de la planète.
Absente depuis deux ans, la
Chine a fait un retour remarqué en
décembre en mettant la main sur
près de dix tonnes. Le pays asiatique est le sixième plus gros détenteur d’or de la planète derrière la
Russie. Deux pays européens ont
aussi débarqué sur le marché pour
la première fois depuis des années,
la Hongrie et la Pologne. Signe d’un
élargissement de la base des banques centrales acheteuses.
L’appétit des institutions monétaires pour l’or – qui ne devrait pas
faiblir en 2019 – a dopé la demande
mondiale qui a augmenté de 4 %
sur un an. Au total, bijoutiers, investisseurs, banques centrales et
industriels ont consommé
4.345,1 tonnes. Un volume au plus
haut depuis cinq ans. n
Le Venezuela au cœur des spéculations
Ensemble, les banques
centrales du monde
abritent dans leurs
coffres-forts près
de 34.000 tonnes d’or
(ici, la Banque centrale
d’Angleterre).
L’or est une source de
revenus importante pour le
pays en crise. Une partie se
trouve dans les coffres de la
Banque d’Angleterre, le
reste est difficile à évaluer.
Photo NewsCast
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
31/12/2018
Dernière VL
Date VL
289,36
204,89
351,20
62,25
29/01/2019
30/01/2019
29/01/2019
22/01/2019
Performance
Depuis le
31/12/2018
Performance
1 an
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
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Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
286,18
197,31
329,87
60,32
1,11
3,84
6,47
3,20
1,11
-4,01
-3,41
-8,70
33,62
24,24
35,48
-0,21
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
« Mon conseil aux banquiers, courtiers, traders, facilitateurs, et autres
entreprises : ne négociez pas de l’or,
du pétrole ou d’autres matières premières vénézuéliennes. » C’est par
un tweet à la Trump que le conseiller à la Sécurité nationale de la
Maison-Blanche, John Bolton, a
dispensé ce quasi-avertissement
mercredi soir. Les Etats-Unis ont
imposé en début de semaine des
nouvelles sanctions dures au
Venezuela pour accentuer la pression sur le président, Nicolás
Maduro, qu’ils veulent voir partir.
Il s’agit de matières premières
« volées au peuple vénézuélien »,
écrit John Bolton. Les opposants au
régime actuel s’inquiètent de voir
les réserves d’or quitter le pays, en
Russie notamment. Caracas doit
des milliards de dollars à Moscou, à
Pékin, comme à ses détenteurs
d ’o b l i g a t i o n s . L’a n d e r n i e r,
9 0 0 m i l l i o n s d e d o l l a r s d ’o r
auraient été envoyés par bateau en
Turquie, selon Reuters. En 2017,
Caracas en aurait déjà exporté
pour plus de 1 milliard aux Emirats
arabes unis.
Des swaps or
La spéculation sur les réserves d’or
du Venezuela – estimées à 161 tonnes, contre 376 en 2011 – n’est pas
nouvelle. Depuis des mois, les lingots conservés pour le pays dans les
coffres de la Banque d’Angleterre,
évalués à 1,2 milliard de dollars,
accaparent l’attention. Craignant
les sanctions américaines, Nicolás
Maduro cherche à les rapatrier
depuis l’an dernier. La semaine dernière, la BoE a refusé la demande
officielle de retrait faite par le président socialiste, a rapporté Bloomberg. Les Etats-Unis auraient
exercé toute leur influence pour
que le régime soit coupé de ses
actifs à l’étranger. L’opposant Juan
Guaidó, qui s’est autoproclamé président du Venezuela, a écrit à Theresa May et au gouverneur de la
BoE, Mark Carney, pour les prier de
ne pas envoyer l’argent tiré d’une
éventuelle vente de cet or à « un
régime illégitime et kleptocrate », cite
le « Financial Times ».
D’après Reuters, le volume d’or
vénézuélien gardé dans les soussols londoniens aurait plus que
doublé en décembre, à 31 tonnes.
Caracas aurait en effet remboursé
des fonds empruntés en 2015
auprès de Deutsche Bank via un
swap or, une opération financière
où l’or sert de garantie à un prêt.
Pour améliorer ses réserves de
change, le pays aurait eu régulièrement recours à ce genre d’arrangements au cours des années passées,
avec plusieurs banques, notamment des banques de Wall Street
comme Citigroup. — M. Jq.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
Covéa-SCOR : un projet d’acquisition
qui tourne au thriller économique
l Le réassureur SCOR poursuit en justice son premier actionnaire Covéa et son PDG, pour « abus de confiance ».
l Retour sur le thriller économique qui tient en haleine le Tout-Paris de la finance depuis cinq mois.
Dates clefs
725 juillet 2018
Conseil d’administration de SCOR,
durant lequel le projet Parfum est évoqué
7 24 août
Covéa envoie sa proposition d’achat
au président de SCOR
7 4 septembre
Covéa rend public son projet
et le refus de SCOR
7 5 septembre
Denis Kessler défend l’indépendance
de SCOR devant les investisseurs
7 13 novembre
Thierry Derez démissionne du conseil
d’administration de SCOR
7 20 décembre
Un tribunal de Londres impose
à Credit Suisse, banque-conseil de Covéa,
de transmettre des documents confidentiels
à SCOR
7 21 janvier 2019
Soirée de vœux de Covéa à l’Ecole
des beaux-arts à Paris
7 29 janvier
Covéa écarte l’option stratégique
d’un rapprochement avec SCOR
7 29 janvier
SCOR attaque Covéa et son PDG en justice,
ainsi que ses banques (sauf Credit Suisse)
Denis Kessler, PDG de SCOR. Photo Pascal Sittler/RÉA
ASSURANCES
Thibaut Madelin
@ThibautMadelin
et Laurent Thévenin
laurentthevenin
Lorsqu’il reçoit en grande pompe à
l’Ecole nationale des beaux-arts de
Paris, le 21 janvier dernier à l’occasion des vœux, Thierry Derez surprend ses invités. Le PDG de Covéa,
réputé pour son humour caustique, s’épanche sur le Brexit ou
Donald Trump, mais parle à peine
de son group e d’assurances.
Comme à son habitude, il glisse une
petite imitation – de Johnny Hallyday cette fois. Mais pas un mot sur
ce qui agite le Tout-Paris de la
finance depuis cinq mois : ses velléités d’acquisition de SCOR.
Une semaine après, double coup
de théâtre. Mardi 29 janvier, en
pleine séance boursière, Covéa, qui
rassemble les marques MMA,
MAAF et GMF, annonce que le rapprochement avec SCOR « ne fait
plus partie de ses options stratégiques ». A peine une heure plus tard,
réplique du réassureur qui
annonce poursuivre en justice
Thierry Derez pour « abus de confiance », et Covéa pour « recel d’abus
de confiance » ! Le lendemain, le
groupe mutualiste, premier actionnaire de SCOR, avec 8,17 % du capital, réunit son conseil. Celui-ci
« rejette fermement l’ensemble des
accusations infondées proférées par
SCOR et réaffirme son soutien una-
nime à Thierry Derez ». Il annonce
qu’il « fera valoir tous ses droits pour
la défense de ses intérêts » et déplace
le débat sur un autre terrain : ces
manœuvres, « d’une agressivité inédite », « portent une atteinte grave à
l’image de la place de Paris ».
Dans sa citation directe déposée
devant le tribunal correctionnel de
Paris, mise en ligne puis vite retirée
de son site Internet, SCOR accuse
Thierry Derez d’avoir abusé de son
rôle d’administrateur du groupe de
réassurance « en son nom propre »
pour se servir d’informations et
d’un document « strictement confidentiels » afin d’accélérer son propre projet d’acquisition de SCOR.
Thierry Derez risque théoriquement une peine de trois ans
d’emprisonnement et une amende
de 375.000 euros. Un rebondissement judiciaire inédit dans une
lutte de pouvoir qui avait déjà tous
les ingrédients du thriller économique. Comment a-t-on pu en arriver
là ? Comment deux hommes, qui se
présentaient naguère comme des
amis, ont-ils pu basculer dans une
telle guerre ?
« Projet Abbaye »
vs « Projet Parfum »
Géant de l’assurance auto et habitation en France mais nain hors de ses
frontières, Covéa cherche un
moyen de croître tout en couvrant
toute la chaîne des métiers d’assurance. SCOR est à ses yeux la proie
idéale : le groupe réalise l’essentiel
de ses affaires à l’international et
pratique un autre métier, la réassu-
Thierry Derez, PDG de Covéa. Photo Bruno Arbesu/RÉA
rance, c’est-à-dire l’assurance des
assureurs.
Son projet d’acquisition, intitulé
« Abbaye » et rendu public le 4 septembre après que la cible l’eut
rejeté, vise la création d’un groupe
de plus de 30 milliards d’euros de
primes. Thierry Derez voulait initialement lancer son offensive en
2019. Covéa est en effet tenu par une
clause dite de « standstill » le contraignant à ne pas dépasser le seuil
des 10 % dans le capital du réassureur jusqu’en avril de cette année.
Comment a-t-on pu en
arriver là ? Comment
deux hommes, qui se
présentaient naguère
comme des amis, ontils pu basculer dans
une telle guerre ?
Mais, le 25 juillet, il découvre lors
d’une réunion du comité stratégique du conseil d’administration de
SCOR, l’existence du « Projet Parfum ». Sous ce nom de code se
cache le projet d’un éventuel rapprochement avec le réassureur PartnerRe, propriété d’Exor, le holding
familial des Agnelli.
Thierr y Derez décide alors
d’avancer ses plans. « Le calendrier
pourrait s’accélérer car ils ont
entendu que SCOR pourrait regarder
une fusion avec une autre compagnie
de réassurance », écrit dans un mail
à ses équipes le 31 juillet un banquier de Credit Suisse, banque conseil de Covéa. Le 24 août, Covéa
envoie à SCOR une proposition
d’achat pour 43 euros par action.
Son but ? Court-circuiter la discussion prévue au conseil le 30 août sur
le « Projet Parfum ».
Denis Kessler est fou de rage. De
son point de vue, son ancien ami l’a
trahi. A soixante-six ans, l’ex-viceprésident du Medef, qui a longtemps été vu comme le parrain de
l’assurance en France, est mis au
défi. Il voit son indépendance
menacée, la valeur de son groupe
sous-estimée, et la fin de sa carrière
se profiler après seize ans à la tête
du cinquième réassureur mondial.
Deux ovnis dans le monde
de l’assurance
Les deux hommes sont chacun à la
tête d’un empire dans un secteur où
on ne les attendait pas. Denis Kessler, docteur en sciences économiques et en philosophie, a débuté
comme professeur d’université. Proche de Dominique Strauss-Kahn, il
est entré dans le secteur en 1990
comme président de Fédération
française des sociétés d’assurances
(FFSA). Appelé à la rescousse de la
SCOR en 2002, il redresse la société,
alors au bord de la faillite, et la transforme en champion mondial.
De son côté, Thierry Derez entre
à la GMF en 1995 après avoir œuvré
comme avocat sur le rapprochement avec Azur. Le spécialiste en
droit pénal des affaires – ça ne
s’invente pas – va très vite présider
la mutuelle des fonctionnaires, puis
accompagner la création de Covéa
avec son fondateur, Jean-Claude
Seys. A soixante et un ans, il préside
un groupe de 16 milliards d’euros de
chiffre d’affaires.
Si les deux hommes incarnent
tous deux leur maison avec un pouvoir très affirmé, c’est dans un style
très différent. Denis Kessler, physique massif et caractère soupe au
lait, ne recule pas devant la provocation et les joutes verbales. Libéral
revendiqué, il assume pleinement
son salaire élevé, qui a souvent fait
l’objet de critique. Thierry Derez,
physique rectiligne d’ancien champion de natation, n’aime rien tant
que la discrétion (notamment sur
son salaire).
Piqué au vif, Denis Kessler organise une contre-attaque digne d’un
film de Hollywood. « Si vous voulez
faire de la réassurance, apprenez ce
que c’est. Si vous ne savez pas ce que
c’est, passez votre chemin », tonnet-il le 5 septembre. Avec une pointe
de condescendance, il souligne le
contraste entre le mutualiste hexagonal et son groupe global. Il en faut
plus pour déstabiliser Thierry
Derez. L’amateur de philosophie
antique, qui travaillait depuis avril
sur son projet avec Credit Suisse, est
désormais aussi accompagné par
les banques d’affaires Rothschild et
Barclays. Dans le monde feutré de la
finance, et dans les arcanes de l’Etat,
chacun est médusé par cette
bataille spectaculaire.
Très vite, SCOR reproche à
Thierry Derez un conflit d’intérêts
entre sa fonction d’administrateur
du réassureur et celle de patron de
Covéa. Sous la pression, celui-ci
finit par démissionner du conseil le
13 novembre. Puis c’est le silence
radio. Mais le Landerneau de l’assurance part du principe que Covéa a
mis sa stratégie en sourdine et
attend la fin du « standstill », en
avril, pour lancer une nouvelle
offre. C’est sans compter l’obstination de Denis Kessler, qui obtient le
20 décembre par un tribunal de
Londres que Credit Suisse lui
remette des informations que
Covéa lui aurait transmises sur
SCOR. Avec ces éléments, le réassureur demande la comparution de
Thierry Derez le 24 juin prochain
au tribunal de grande instance de
Paris. Il poursuit aussi Barclays et
Rothschild au civil, mais pas Credit
Suisse, qui a abandonné son rôle
auprès de son rival.
Si Thierry Derez est clairement
fragilisé, Denis Kessler doit, lui,
répondre à l’attente de ses actionnaires. Suite à l’abandon de Covéa,
le cours en Bourse de SCOR est
redescendu brutalement au niveau
précédant le début des hostilités,
sous les 37 euros. Le hedge fund
CIAM, qui détient 0,94 % du capital,
vient ainsi d’envoyer une nouvelle
missive à Denis Kessler pour lui
demander, « si possible avec autant
de zèle que celui qui a guidé votre
communication contentieuse, des
mesures concrètes en matière de
création de valeur ». Le thriller n’en
est peut-être qu’à ses premiers épisodes. n
Une affaire qui soulève l’épineuse question de l’information confidentielle
Un administrateur lié
à un actionnaire reçoit
au moment des conseils
des informations
confidentielles. Mais
peut-il les lui communiquer
sans risque ?
Laurence Boisseau
@boisseaul
La bataille SCOR-Covéa a attiré
l’attention sur certaines pratiques
de gouvernance. Le réassureur a
saisi la justice contre Thierry
Derez, le patron du groupe mutualiste. Il l’accuse d’avoir divulgué à
Covéa des informations confidentielles qui avaient été communiquées à tous les administrateurs
lors d’un conseil de SCOR. Mais le
membre d’un conseil qui est lié à
un actionnaire est confronté à une
problématique particulière. A-t-il
le droit de communiquer ces informations à cet actionnaire ou est-il
tenu par son devoir de discrétion ?
« Cette question se pose très souvent.
L’administrateur se retrouve entre
le marteau et l’enclume. Il ne sait pas
très bien comment il peut faire son
travail. Il se retrouve à devoir faire le
tri entre les informations sensibles
et confidentielles, et celles qui ne le
sont pas. Un arbitrage très complexe, qui fait peser sur lui une
lourde responsabilité qu’il ne devrait
pas avoir », explique Hubert
Segain, associé chez Herbert Smith
Freehills.
Quand l’administrateur est luimême dirigeant de cet actionnaire,
cela peut devenir encore plus compliqué. Là, il peut frôler la schizophrénie. « Dans ce cas, l’administrateur
peut entendre mais il est censé ne rien
dire, ne rien répercuter. La plupart
Quand l’administrateur
est lui-même dirigeant
de cet actionnaire,
cela peut devenir
encore plus compliqué.
Là, il peut frôler
la schizophrénie.
du temps, cela fonctionne très bien »,
explique un avocat. A condition que
les intérêts de la société, de tous les
actionnaires et de cet actionnaire
en particulier convergent. « Or, il y a
toujours un risque qu’à un moment,
ce ne soit plus le cas », poursuit le
même avocat. Ce qui ajoute de la
confusion, c’est que, la plupart du
temps, l’administrateur siège en
son nom propre, alors qu’il est lié à
une personne morale. Or, dans les
faits, il représente cet actionnaire.
Exemple : chez Pernod Ricard, Ian
Gallienne et Gilles Samyn, fidèles
lieutenants du défunt Albert Frère,
ne sont pas élus comme représentant de Groupe Bruxelles Lambert. Au conseil de Suez, Gérard
Mestrallet et Isabelle Kocher qui
ont (ou ont eu) des fonctions exécutives chez Engie, qui détient 32 % du
capital, siègent en leur nom propre.
Idem chez L’Oréal, avec les membres du conseil liés à Nestlé.
Encadrer
la communication
Certains actionnaires ont choisi
d’avoir un administrateur qui soit,
de façon clairement affichée, leur
représentant permanent au conseil. Ainsi, chez Bouygues, deux
membres de la famille siègent au
nom des holdings familiaux. C’est
aussi le cas chez PSA. Cette solution
donne-t-elle le droit de faire remonter les informations ? Les avis sont
partagés. Pour éviter tout problème, des procédures d’encadre-
ment claires pour toute communication entre un actionnaire et son
administrateur pourraient être
mises en place. « Cela pourrait prendre la forme d’un accord de confidentialité à conclure entre l’administrateur, son actionnaire et la société
concernée. Il définirait la nature des
informations pouvant être communiquées, et expliquerait ce qui justifie
une telle communication et comment elles peuvent être transmises »,
explique Hubert Segain.
Dans cette veine, la Belgique a
consacré la théorie de l’« acceptation tacite ». En clair, l’administrateur peut communiquer des informations à son actionnaire si ce
dernier s’engage à ne pas les diffuser ou à en faire usage. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
fusions // acquisitions // cessions // partenariats
ENTREPRISES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
Entreprise exploitant une activité de bar à vin
et de cave à vin à Paris, dans le 4ème arrondissement
En redressement judiciaire
1 salarié
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 (12 mois) : 212 K €
Résultat d’exploitation au 31/12/2017 (12 mois) : -49 K €
Pour accéder au dossier de présentation,
les candidats acquéreurs intéressés sont invités à contacter par écrit :
Maître Rousselet – Administrateur judiciaire
38 avenue Hoche – 75008 Paris – joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 1er mars 2019 à 12h00.
Entreprise exerçant une activité de développement de logiciels
spécialisés dans les solutions de gestion de ressources marketing
(optimisation des supports et contenus en matière de marketing
et de communication) et commercialisés en licence « SaaS »
En redressement judiciaire
5 salariés
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 (12 mois) : 724 K €
Résultat d’exploitation au 31/12/2017 (12 mois) : -66 K €
Pour accéder au dossier de présentation,
les candidats acquéreurs intéressés sont invités à contacter par écrit :
Maître Rousselet – Administrateur judiciaire
38 avenue Hoche – 75008 Paris – joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 14 février 2019, à minuit
RECHERCHE DE PARTENRAIRES / CANDIDATS
À LA REPRISE
Me Charles GORINS
48 rue La Fayette
75009 PARIS
CONTACT:
Tél.: 01.48.24.34.35
Fax: 01.48.24.34.78
paris@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Activité : Fabrication d’articles de joaillerie
et bijouterie haut de gamme
C.A. au 30/06/2017 : 768.183 €
C.A. au 30/06/2018 : 652.529 €
Localisation : Paris 1er (Showroom)
Établissement secondaire : NÎMES – 30 000 (Boutique + atelier)
Effectif : 6 (PARIS : 2 salariés / NÎMES : 4 salariés)
Date limite de dépôt des offres : 18 février 2019 à 17h00
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr
sera accessible après acceptation d’un engagement de confidentialité.
Réf. dossier à rappeler : 16978
F.MICHEL-A.MIROITE-C.GORINS-N.DESHAYES-C.BIDAN-Y.BOURGOIN-S.PREVILLE-L.MIROITE-N.GRICOURT-C.MASCHI
Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Nantes-Nevers-Orléans-Paris-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’ENTREPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
RECHERCHE DE CANDIDATS
À LA REPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
CA au 31/12/2017 : 1.417.590 €
Me Christophe BIDAN Effectif : 14
27 cours Raphaël Binet Activité : Commerce de gros de pièces détachées pour matériel agricole
«Le Chephren»
Localisation : Ille et Vilaine (35)
35009 RENNES
Clientèle : Professionnels du monde agricole et acteurs de l’industrie
Actifs
à céder : fonds de commerce, matériel d’exploitation, stocks
CONTACT:
Catherine
Date Redressement Judiciaire : 9 janvier 2019
de BOURNONVILLE Date limite de dépôt des offres : 5 mars 2019 à 16h00
Tél.: 02.99.31.02.88
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr
Fax: 02.99.65.18.05
sera accessible après acceptation d’un engagement de confidentialité.
rennes@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Réf. à rappeler : 21722
9, Place de Jaude – 63000 Clermont-Ferrand - Contact : c.bey@ajup.fr
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’UN RESEAU DE MAGASINS
de prêt à porter et accessoires de mode, à destination de toute la famille,
composé de 61 baux commerciaux constituant un réseau national
CA HT au 30/06/2018 : 14 350 000 €
Effectif au 31/12/2018 des employés de magasins : 204
Les candidats manifestant leur intérêt par écrit et sous engagement de
confidentialité, pourront disposer d’un dossier de présentation de la société
accessible sur data room électronique après en avoir fait la demande à l’adresse
électronique suivante : societe.mtg@gmail.com
Les offres pourront être individualisées par magasin et devront être libellées
conformément aux termes du cahier des charges et devront être déposées au
siège social du groupe en 8 exemplaires avant le :
Lundi 18 février 2019 à 12 heures :
Société MTG HOLDING - 228 rue Etienne Marcel 93170 BAGNOLET
Me François Mercier
3 bd du Maréchal Foch
49055 Angers Cedex 2
www.aj-2m.com
Contact
Corinne Bonraisin
Tél. +33 (0)2 41 36 75 90
Fax. +33 (0)2 41 36 75 99
angers@aj-2m.com
Les offres tendant au mainien de tout ou parie de l’acivité de l’entreprise
devront être soumises, au plus tard le 18/02/2019 à 17h.
Une data room virtuelle est mise en place. L’accès à cete data room peut
être obtenu sur demande écrite moivée jusifiant d’une capacité financière,
industrielle ou commerciale adaptée, et après signature d’un engagement
de confidenialité à l’adresse suivante : angers@aj-2m.com
APPEL D’OFFRES
RECHERCHE DE REPRENEURS
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Région: Haut-Rhin (Soultz)
 C.A. (au 30/09/2018) : 15,7 M€ (sur 12 mois)
 Activité : Fabrication de céréales pour le petit déjeuner
 Effectif : Environ 90 salariés
10 rue Montéra 75012 PARIS
1 mars 2019 à 16 h
à ASCAGNE AJ
Administrateur Judiciaire
25 bis rue Jasmin 75016 PARIS
contact par mail : aurelien.morel@ascagne-aj.fr
RECHERCHE REPRENEURS
RESTAURATION RAPIDE,
VENTE A EMPORTER, LIVRAISON
SCP d’Administrateurs
Judiciaires P.BRIGNIER
Maître Patrice BRIGNIER
Dossier n°5207
18 Rue de Lorraine
93002 BOBIGNY CEDEX
01.48.95.39.39
repreneur@brignieraj.com
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
RECHERCHE DE REPRENEURS
OU D’INVESTISSEURS
Activité de clinique chirurgicale réalisée en ambulatoire ou hospitalisation complète
Capacité de 54 lits en chirurgie, 3 postes en ambulatoire, 1 poste en chimiothérapie
Redressement judiciaire du 20 novembre 2018
Etablissement situé : 7 et 9 rue Xavier Darget - 64300 ORTHEZ
C.A. au 31/12/2017 : 3 322 692 € – Salariés (à l’ouverture de la procédure) : 66
Date limite de dépôt des offres : Lundi 11 mars 2019 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerce) en 6 exemplaires
(dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé après
régularisation d’un engagement de confidentialité et d’une présentation succincte du candidat à la reprise.
Référence à rappeler impérativement : 6615
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB – Maître Sylvain HUSTAIX, 3 rue Thomas Edison - 64000 PAU
Fax : 05 24 84 87 40 – Courriel : lea.demeaux@fhbx.eu
APPEL D’OFFRES
RECHERCHE DE REPRENEURS
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Région: Grand Est
 C.A. (au 31/12/2018) : 3 900 000 € (estimation sur 12 mois)
 Activité : Restauration collective
 Effectif : 60 salariés
Forme juridique : SARL au capital de 8.000 €
Efectif : 7
Chifre d’afaires 2017 : 259.387 €
2 fonds de commerce à ROSNY SOUS BOIS et
VILLEMOMBLE
Redressement Judiciaire : 2 Octobre 2018
Date Limite de Dépôt des Ofres :
15 février 2019 à 16 heures
RECHERCHE INVESTISSEURS OU REPRENEURS
SAS BETAEPSILON
182 route de Beaugé, 72700 ROUILLON
Activité: engineering, développement et commercialisation de solutions
de mobilité, plus spécialement de bases roulantes modulables électriques,
pour les constructeurs automobiles (véhicules de spécialité homologués
route). Négoce de pièces détachées (Alpine, Renault Clio 1 et 2 V6).
Effectif : 10 salariés
CA HT 2018 : 1.100 K € – CA HT 2017 : 1.634 K € – CA HT 2016 : 1.496 K €
Dépôt des offres ou projets au plus tard le :
7 mars 2019 à 12 heures
et dossier de présentation auprès de la SELARL TRAJECTOIRE,
Charles BEAUSSART, Administrateur Judiciaire – 8 place Gardin – 14000 CAEN
Tél: 02.33.80.39.00 – Mail: alencon@aj-trajectoire.fr
Tout candidat doit se manifester par écrit auprès de :
AJ PARTENAIRES – Me Maurice PICARD,
Administrateur Judiciaire
22, rue du Cordier – CS 30107
01000 Bourg-en-Bresse
Tél. : 04.74.45.92.00
Email : jean-baptiste.audras@ajpartenaires.fr
 En application de l’article L.642-1 du Code de Commerce, les candidats
intéressés par la mise en œuvre d’un plan de redressement par voie
de continuation ou de cession sont priés de noter que les manifestations
d’intérêt doivent être déposées auprès de la SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD. (Veuillez préciser la référence 3015).
 Un dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre et après signature d’un engagement de confidentialité.
Date limite de dépôt des offres : 26/02/2019 à 16h, en 9 exemplaires
AJUP – Me Eric ETIENNE MARTIN,
Administrateur Judiciaire
107, rue Servient – 69003 LYON
Tél. : 04.78.29.20.04
Email : m.chapon@ajup.fr
APPEL D’OFFRES EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE REPRENEURS
• SAS FLORIOT CONSTRUCTION (01000 BOURG EN BRESSE)
• SAS SOCIETE DE LOCATION DE MATERIEL PLUS
(01000 BOURG EN BRESSE) – SLM +
SAS FLORIOT CONSTRUCTION :
conception et construction d’ouvrages de toutes
natures et toutes tailles / gros œuvre seul ou en
entreprise générale / travaux neufs et réhabilitation /
programmes privés et publics
SAS SLM + :
structure portant les actifs mobiliers nécessaires à
l’activité du Groupe TGL et sous-loués aux diférentes
entités du Groupe
FLORIOT
CONSTRUCTION
SLM +
94 003 K€
4 929 K€
(12 MOIS) - projet
74 775 K€
6 808 K€
EFFECTIF
190
19
C.A. au 30.09.2017
(12 MOIS)
C.A. au 30.09.2018
Modalités :
SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD
Administrateurs Judiciaires Associés
28 rue de Lattre de Tassigny
67300 SCHILTIGHEIM
Tél. : 03.88.83.03.16
Fax : 03.88.81.67.47
Mail : weil-guyomard@ajilink.fr
 En application de l’article L. 642-1 du Code de Commerce, les candidats
intéressés par la mise en œuvre d’un plan de redressement par voie
de continuation ou de cession sont priés de noter que les manifestations
d’intérêt doivent être déposées auprès de la SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD. (Veuillez préciser la référence 3011).
 Un dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre et après signature d’un engagement de confidentialité.
Date limite de dépôt des offres : 15/02/2019 à 16h, en 8 exemplaires
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
RECHERCHE DE REPRENEURS
2MI-MODELES ET MOULES POUR L’INDUSTRIE
Activité: Conception et production d’outillages de contrôle dimensionnel et d’assemblage,
ainsi que de prototypes à destination des industries automobile et aéronautique
CA au 31.12.17 (exercice clos) : 7697 K € – CA au 31.12.18 (projet) : 5500 K € environ
Effectif total: 45 salariés dont une quinzaine rattachée à la gestion de projet/bureau d’études
et une trentaine rattachée aux ateliers – Site d’exploitation: Lavault-Sainte-Anne (03)
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au vendredi 1er mars 2019 à 17h00.
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerce) en
6 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera
autorisé après régularisation d’un engagement de confidentialité, la signature du règlement, et une
présentation succinte du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 6739
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB, Me Gaël COUTURIER – Administrateurs Judiciaires Associés
Tour CB21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense – www.fhbx.eu
Fax : 01 40 97 02 33 / E-mails : marie.fur@fhbx.eu et victor.paul@fhbx.eu
RECHERCHE REPRENEURS
RESTAURANT SPECIALITE JAPONAISE
Activité : solution de création de sites internet ORSON
Agence Web
Chiffres d’affaires H.T. Janvier - Octobre 2018 (10 mois) : 254 K€
2 salariés
Les offres d’investissement ou de reprise, établies conformément
aux dispositions des articles L642-2 et suivants du Code de
Commerce devront
être déposées au plus tard le
er
Modalités :
SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD
Administrateurs Judiciaires Associés
28 rue de Lattre de Tassigny
67300 SCHILTIGHEIM
Tél. : 03.88.83.03.16
Fax : 03.88.81.67.47
Mail : weil-guyomard@ajilink.fr
Date limite de dépôt des offres : le 20 février 2019 à 16 heures en l’étude de :
Maître Eric ETIENNE-MARTIN, Administrateur Judiciaire
12 rue Louis Braille – 42000 Saint-Etienne – E-mail : saintetienne16@ajup.fr
Recherche investisseur et / ou repreneur
suite redressement judiciaire
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE DE REPRENEURS POUR UNE SOCIÉTÉ
DE TRANSFORMATION DE BOIS
• Activité : transformaion du bois avec la fabricaion
de contreplaqués (acivité principale), caisses pliantes,
caisses mariimes et garde meubles.
• Efectif : 17 salariés.
• Chifre d’afaires HT 2017 : 1,4 M€.
L’accès aux informations (data-room électronique et/ou dossier de présentation) sera possible après
demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et
financière à intervenir sur cette affaire et après la régularisation d’un engagement de confidentialité.
MICHEL-MIROITE-GORINS-DESHAYES-BIDAN-BOURGOIN-PREVILLE-MIROITE-GRICOURT-MASCHI-COUSTANS
L’accès aux informations (data-room électronique) sera possible après demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justiiant de sa
capacité commerciale et inancière à intervenir sur cette afaire et après la régularisation d’un engagement de conidentialité.
Les candidats intéressés sont invités à déposer une ofre avant le vendredi 1er mars 2019 à 12 heures dernier délai en l’étude de :
Selarl AJUP, Maître Grégory WAUTOT, Administrateur Judiciaire
(Articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
Raison sociale: SARL CALIMEN CONSTRUCTION
Siège social: ZA Les Meunières 2 – 38260 LA CÔTE-SAINT-ANDRE
Activité: MAÇONNERIE
Nombre de salariés: 16 salariés
Actifs: nombreux matériels en propre, location et crédit-bail
Clientèle: communes (marchés publics 30%) et promoteurs (marchés privés 70%)
Éléments comptables :
Exercice au 30.11.2017 (20 mois) : CA: 3.753 K € / Résultat : 26 K €
Exercice au 31.03.2016 (12 mois) : CA: 1.964 K € / Résultat : 52 K €
Blois-Bobigny-Cayenne-Colmar-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille-Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans-Paris-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
Activité :
Commerce de boulangerie industrielle, livraison de pain, pâtisserie à la restauration collective et
commerciale, exploitation de 5 magasins, outre une iliale exploitant un magasin sur l’agglomération
de Clermont-Ferrand.
Nombre de salariés : 74 salariés
Eléments comptables :
+ 2 salariés (iliale).
Chifre d’afaires au 31/12/18 : 4.556.287 € + 205.722 € (iliale)
Actifs : Immobilier détenu dans
Chifre d’afaires au 31/12/17 : 3.707.458 € + 236.501 (iliale)
le cadre de baux commerciaux.
Clientèle : particuliers, restauration Chifre d’afaires au 31/12/16 : 3.112.776 € + 225.295 € (iliale)
collective
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’ENTREPRISE
DANS LE CADRE D’UNE PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES :
VENDREDI 22 FÉVRIER 2019 À 12H
Une note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du
candidat repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir
dans une telle affaire.
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Administrateurs Judiciaires Associés
Implantation : Val d’Oise
CA net au 31/12/17 : 667.055 €
Personnel : 10
Restaurant, traiteur, vente à emporter, livraison à
domicile, situé au coeur d’une esplanade commerçante
très fréquentée.
COMMENTAIRES : Spécialité sushi
CONTACT:
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au :
S. LELEU
8, Impasse Jean-Claude
Chabanne
95300 PONTOISE
e-mail: s.leleu@reajir.fr
VENDREDI 8 MARS 2019 – 12H
Tout dossier de présentation sera remis sur la base
d’une lettre de confort émanant du candidat, justifiant de sa qualité
et de sa capacité à présenter une éventuelle offre.
RECHERCHE DE REPRENEURS OU D’INVESTISSEURS
Entreprise en redressement judiciaire
La date limite de dépôt des ofres est ixée au : Mercredi 20 février 2019 à
12 heures (midi) en l’Etude de Me Vincent GILLIBERT
SCM THEVENOT PARTNERS, Administrateurs Judiciaires, 24, rue Lulli, 13001 MARSEILLE
Tél. 04.91.13.09.50/ Fax 04.91.33.51.15 Email : bsilve@thevenotpartners.eu
Activité principale : Supermarché sous enseigne
Activités complémentaires : Station-service / Exploitation de panneaux photovoltaïques
Efectif salarial total : 30 salariés Siège social : REMOLLON (05190)
Chifres d’afaires 2017 : 9.700.476 euros
Dont 5.132 k€ - magasin Dont 4.241 k€ - station-service Dont 125 k€ - photovoltaïque
Les tiers sont invités à remettre leur ofre de reprise (conforme à l’article L642-2 du Code de Commerce)
en 8 exemplaires à l’administrateur judiciaire. Un dossier de présentation de l’entreprise sera remis sur
demande écrite motivée après remise d’un engagement de conidentialité et d’une présentation succincte
du candidat à la reprise
SCP GILLIBERT & ASSOCIES, en partenariat avec la SCP THEVENOT PARTNERS au sein de la
SCM THEVENOT PARTNERS
RECHERCHE PRISE DE PARTICIPATION
OU PLAN DE CESSION DES ACTIFS,
Sophie GAUTIER
ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE
111 bd de Lattre de Tassigny
CS 14235
35042 RENNES CEDEX
Tél.: 02 99 14 40 14
Fax: 02 99 14 40 15
Mail: etude@aj-gautier.com
Internet: www.aj-gautier.com
conformément aux dispositions de l’article
L.642-1 du Code de Commerce
Activité: Armement de pêche
Localisation: Bretagne
CA 31.12.2017: 13.592 K € (12 mois)
CA 30.09.2018: 6.771 K € (9 mois)
Efectif: 97 salariés
Date limite de dépôt des ofres : 22/02/2019 à 15h00
Une data room électronique hébergée sur notre site
www.aj-gautier.com sera accessible après signature
d’un engagement de confidentialité et présentation
du candidat repreneur.
Les candidats sont invités à contacter par écrit :
SELARL Julien ALLART
20 rue Arnaud Detroyat – 64100 BAYONNE
Courriel : etude@allart-aj.fr
RECHERCHE DE PARTENAIRES ET/OU REPRENEURS
Dans le cadre de procédures de redressement judiciaire ouvertes le 25/01/2019.
GROUPE EUROPLASMA
Dossier 1035 - Société SA EUROPLASMA :
Holding cotée (EURONEXT GROWTH)
Activité : Développement, Ingénierie et fourniture de solutions industrielles
basées sur des procédés plasma propriétaires pour le traitement et la valorisation
de déchets dangereux (déchets solides, gaz toxiques, déchets radioactifs, etc).
Référencesen France, Chine, Japon, Bulgarie. Société sise à PESSAC (33) et
MORCENX (40).
CA 31/12/2017 : 1,9 M€
Salariés : 22
Dossier 1039 - Société INERTAM :
Activité : Inertage et valorisation de déchets amiantés, par vitrification plasma.
Usine en fonctionnement à MORCENX (40).
CA 31/12/2017 : 7,7 M€
Salariés : 55
Dossier 1036 - Société CHO POWER :
Activité : Développement, ingénierie, et construction de centrales de production
d’énergie renouvelable (électricité, gaz) par gazéification de déchets.
Société sise à PESSAC (33)
CA 31/12/2017 : 2 ,7 M€
Salariés : 21
Dossier 1037 - Société CHO MORCENX :
Activité : Centrale de production d’électricité par gazéification de déchets et de
biomasse (conception et construction par CHO Power ; exploitation par CHOPEX)
CA 31/12/2017 : 1 M€
Salariés : 0
Dossier 1038 - Société CHOPEX :
Activité : Exploitation et maintenance d’usines de production d’électricité
à partir de déchets et biomasse. Société sise à MORCENX (40).
CA 31/12/2017 : 2,3 M€
Salariés : 32
Dossier 1040 - Société CHO TIPER :
Activité : Maitrise d’ouvrage d’une unité de production d’énergie renouvelable.
Projet bénéficiant d’un permis de construire et d’une autorisation d’exploiter
une unité « CHO » (production d’électricité par gazéification de déchets)
sur la commune de THOUARS (79).
CA 31/12/2017 : 0 €
Salariés : 0
LA DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES DE REPRISE EST FIXÉE AU
20 MARS 2019 À 14H00, en mon étude.
Dossier disponible à l’Etude sur demande écrite motivée, sous références du dossier,
après signature d’un engagement de confidentialité et justification de la capacité technique,
commerciale et financière du candidat à intervenir dans cette affaire.
Les offres devront être conformes aux articles L.642-2 et suivants du Code du Commerce.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
Les assureurs vont pouvoir
scruter les réseaux sociaux
ASSURANCES
BANQUE
L’Etat de New York
souhaite mettre
en place des règles
pour encadrer des
pratiques qui seraient
déjà répandues.
La plus grande des
39 caisses du Crédit
Agricole voit son
résultat net part du
groupe progresser
de près de 10 %.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Elle bénéficie d’une
forte dynamique
dans l’immobilier.
Il faudra bientôt, et plus que jamais,
réfléchir à deux fois avant de
publier une photo sur les réseaux
sociaux. Eviter de se photographier
en train de fumer, par exemple, et
privilégier les selfies en tenue de
sport. A New York, les assureurs
sont en effet sur le point d’obtenir
le droit d’utiliser les réseaux
sociaux pour évaluer les risques
de leurs clients, selon le « Wall
Street Journal ». Les services de
l’Etat ont publié une note préliminaire dans laquelle sont édictées de
nouvelles règles qui pourraient
entrer en application dans les prochains mois.
C’est la première fois que des
autorités reconnaissent ouvertement ce droit, même si celui-ci était,
en théorie, strictement encadré. Les
assureurs devront en effet démontrer que ces informations ne sont
pas utilisées dans le but de discriminer certains clients. Une nuance qui
promet quelques batailles judiciaires, la notion étant un peu floue…
Selon les principes établis, il
s’agirait surtout d’éviter que les
algorithmes n’aient un biais racial
ou ne discriminent les minorités.
Un effet domino ?
Les services financiers de l’Etat de
New York ont voulu agir rapidement, avant que ces pratiques ne
se soient généralisées. « Comme il
s’agit d’un domaine qui évolue en
permanence, notamment dans la
souscription d’assurance, il était
important pour notre département
d’établir dès maintenant des principes généraux », a expliqué l’une des
responsables de l’autorité, Maria
Vullo, au quotidien.
Une vingtaine de compagnies
d’assurances américaines scruteraient déjà les réseaux sociaux,
aux côtés de moyens plus traditionnels (comme l’historique de
APPEL D’OFFRES
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Une vingtaine de compagnies d’assurance américaines surveilleraient déjà les réseaux sociaux
pour déterminer les risques de leurs clients. Photo Shutterstock
crédit, les titres de propriété, les
jugements au civil…) pour déterminer les risques de leurs clients,
ac c élérer les pro cédures ou
repérer les fraudes. Certaines
pratiques iraient assez loin : en
plus d’observer les publications
sur les réseaux sociaux, certains
seraient capables de voir si une
personne utilise une application
de fitness ou de livraison de repas
sains ou si elle est géolocalisée à
la salle de sport ou au bar…
Les nouvelles règles ne concerneront que les assureurs basés
dans l’Etat de New York. Mais la
profession observe la situation avec
intérêt : plusieurs grandes compagnies sont originaires de l’Etat et
New York possède les régulateurs
Le projet d’Amazon avance
Les ambitions d’Amazon, JP Morgan et Berkshire
Hathaway en matière d’assurance inquiètent certaines
compagnies. UnitedHealth a porté plainte contre l’un
de ses anciens cadres embauché par les trois partenaires
pour travailler sur le projet. Ce qui violerait une clause
de non-concurrence. Les auditions sur cette affaire
ont permis d’en savoir un peu plus sur ce que veut faire
Jeff Bezos. Il s’agirait d’offres réservées uniquement
aux salariés des trois sociétés, qui travailleraient avec
des assureurs établis. Les partenaires passeraient
actuellement au crible les données du marché pour
déterminer les meilleures offres. Mais, si aucune n’est
jugée satisfaisante, le nouveau-venu pourrait lancer
ses propres solutions. Interrogé sur la possibilité de
les proposer à l’ensemble du marché, le cadre en question
a répondu : « Ce n’est pas un objectif à court terme. »
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR
 Région : 13 - 04
Activité : TRANSPORTS ROUTIERS EN PACA
 Chiffre d’affaires : 1 306 360 € au 31/12/2017
 Effectif : 10 salariés chauffeurs
Modalités :
 Cession organisée en application des articles L. 642-1
et suivants du Code de Commerce.
 L’accès aux informations sera réalisé par dataroom
Frédéric AVAZERI
électronique après remise de l’engagement de
Administrateur Judiciaire Associé
confidentialité et des pièces mentionnées, téléchargeables
SCP DOUHAIRE-AVAZERIsur le site : www.ajilink.fr.
BONETTO
23/29 rue Haxo
13001 MARSEILLE
Crédit Agricole
pousse les feux
en Ile-de-France
Date limite de dépôt des offres :
Lundi 11 février 2019 à 12h00
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE DE LIQUIDATION JUDICIAIRE
AVEC POURSUITE D’ACTIVITÉ
(Article L. 642-2 du code de commerce)
Activité 1 : Auto-école
Activité 2 : Formation professionnelle de moniteurs d’auto-école
Localisation : Clichy
C.A.: Auto-école: 2016: 495 K€; 2018: 251 K€ / Formation professionnelle: 2018: 127 K€
Effectif : Auto-école: 4 salariés / Formation professionnelle: 1 salarié
Date limite de dépôt des offres : 26/02/2019 à 12h00
TOUT CANDIDAT DOIT SE MANIFESTER AUPRÈS DE :
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Francisque GAY – 3 avenue de Madrid – 92200 NEUILLY/SEINE
Courriels : francisque.gay@aj-rs.com / francoise.bro@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de confidentialité et une présentation succinte du candidat à la reprise.
les plus à la pointe sur le sujet.
D’autres pourraient donc suivre.
L’association nationale des régulateurs du secteur, qui regroupe les
autorités des 50 Etats, a ainsi monté
un groupe de travail sur le Big Data.
Une enquête
sur les pratiques
Avant d’édicter ces règles, les autorités new-yorkaises ont mené
pendant dix-huit mois une enquête
sur les pratiques de 160 compagnies
proposant des assurances-vie.
Seule une d’entre elles aurait
reconnu utiliser les réseaux
sociaux. La plupart affirment que
d’autres informations publiques,
comme les registres de faillite, les
décisions de justice ou le cursus
universitaire, sont bien plus utiles.
Mais l’enquête a montré que des
sociétés spécialisées proposent aux
assureurs l’accès à des données
incluant par exemple « l’aspect des
personnes sur les photos » ou « le
type d’appareil électronique » utilisé
par le client. « Potentiellement, tout
cela peut refléter des pratiques illégales basées sur l’appartenance à une
race », écrivent les régulateurs. n
APPEL D’OFFRES
DE REPRISE D’ENTREPRISE
CARTE D’IDENTITÉ DE LA SOCIÉTÉ :
▪ LA SOCIÉTÉ: SAS XAFILA, sise Avenue de BORDEAUX, 82 400 VALENCE D’AGEN
(481 990 612 RCS AGEN) ;
▪ L’ENSEIGNE: BRICOMARCHE ;
▪ LA PROCÉDURE EN COURS: redressement judiciaire ;
▪ L’ACTIVITÉ: exploitation d’un fonds de commerce de distribution à dominante d’articles de
bricolage et d’équipement de la maison ;
▪ LE C.A. HT AU 31 DÉCEMBRE 2017: 802 698 € (attente clôture 2018) ;
▪ L’équipe est constituée de 3 salariés ;
▪ LE BAIL COMMERCIAL: un ensemble commercial d’une SHON de 2 056 m², d’une surface
de vente de 1 690 m² dont 1 382 m² couverts et chauffés, des voies de circulation et une aire de
stationnement en commun avec la société GERFRA, exploitant l’INTERMARCHE sis 89 avenue de
BORDEAUX sur la commune de VALENCE D’AGEN (82400) ;
▪ LES OBSERVATIONS ESSENTIELLES: zone commerciale en fort développement/à fort potentiel.
Excellente commercialité d’une zone, tirée par l’enseigne INTERMARCHE et par un MC DONALD’S.
Perspectives de discussions avec le bailleur.
DATE-LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES DE REPRISE:
MARDI 5 MARS 2019 À 18H00
Modalités de dépôt des offres entre les mains de l’administrateur judiciaire :
- Par courrier RAR
- Ou par dépôt contre récépissé à l’étude (sur RDV)
- Ou encore par fax (horodatage du fax de l’Administrateur judiciaire faisant foi)
CONTACTS POUR RETRAIT DU DOSSIER DE REPRISE ET DÉPÔT DES OFFRES :
SELARL PHILIPPE THIOLLET, 9 rue Antoine DARQUIER, 31 000 TOULOUSE
TÉL. : 05.34.31.78.92 ou 05.34.31.78.90 / FAX : 05.61.52.33.81
MAIL : pauline.nowak@aj-thiollet.com et philippe.thiollet@aj-thiollet.com
De bon augure pour le groupe
Crédit Agricole. La plus
grande des 39 caisses régionales constituant la Banque
verte – Crédit Agricole Ile-deFrance (CAIDF) – a publié
jeudi soir un résultat net part
du groupe de 280,4 millions
d’euros à fin 2018, en hausse
d e 9 , 5 % d ’u n e a n n é e s u r
l’autre, pour un produit net
bancaire légèrement supérieur à 1 milliard d’euros
(+5 % sur un an).
« Les résultats sont étonnamment exceptionnels et liés à
notre dynamique commerciale : nous affichons
104.000 nouvelles entrées en
relation en 2018 », souligne
Olivier Gavalda, directeur
général de CAIDF depuis 2016.
En période de taux faibles,
« comme la marge par emprunteur est plus faible, il nous faut
donc augmenter notre base de
clientèle. Donner envie à plus de
Franciliens de devenir client est
donc l’objectif le plus important
pour notre banque régionale »,
insiste le dirigeant. L’établissement compte pour l’heure
1,5 million de clients et
3.700 salariés.
280,4
MILLIONS D’EUROS
Le résultat net part
du groupe du Crédit
Agricole d’Ile-de-France
en 2018 (en hausse
de 9,5 %).
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Le résultat a également
bénéficié d’un coût du risque
au plancher et d’une bonne
maîtrise des charges. Celles-ci
augmentent certes de 2,5 %
sur un an (à 577 millions
d’euros), mais moins rapidement que le produit net
bancaire. Un an plus tôt, les
charges avaient au contraire
progressé plus rapidement
que l’activité. Ce coup d’accélérateur n’a pas été neutre
pour l’effectif, avec une hausse
du nombre de conseillers en
agence. « Pour gagner en réactivité, nous avons fait le pari de
la flexibilité et de l’adaptabilité
des équipes, par exemple en
ajustant les horaires de travail,
et ainsi accroître la satisfaction
client », souligne le dirigeant.
Un marché âprement
disputé
En un an seulement, les
encours de prêts à l’habitat ont
progressé de 18,5 %, à 25,6 mill i a r d s d ’e u r o s . M i e u x , l a
banque mutualiste a vu progresser sa part de marché dans
le domaine – qu’elle estime à
9,70 % –, avec une croissance
de ses encours environ deux
fois plus rapide que celle du
marché francilien dans son
ensemble. Contrairement aux
autres caisses situées dans des
régions rurales, où elles écrasent parfois la concurrence,
celle d’Ile-de-France opère
dans un marché particulièrement disputé, souligne Olivier
Gavalda. En 2020, la banque
entend notamment gagner 1 %
de parts de marché et « passer
à l’offensive » sur les professionnels et les jeunes.
Pour informer leurs sociétaires, d’autres caisses régionales
ont publié leurs résultats
annuels ces derniers jours.
Crédit Agricole du Languedoc
affiche un résultat net de
1 6 6 , 8 m i l l i o n s d ’e u r o s
(+2,44 %), Crédit Agricole
Atlantique Vendée affiche un
résultat net consolidé de
123 millions d’euros (+13,6 %).
Enfin, Crédit Agricole Loire
Haute-Loire a affiché un résultat net consolidé part du groupe
de 99,6 millions d’euros (–4,2 %
sur un an). n
RECHERCHE DE REPRENEURS
SOKOOL
Fabricant abris de piscine, abris de terrasse, abris de spa
25 ans d’expérience
C.A. 2018 : 10,4 M € – Carnet de commandes : 3,5 M €
Parc installé : 15.000 abris
Effectif : 42 salariés dont 12 commerciaux
Siège et usine de production : ZAE Pech Mercier,
24250 CENAC ET SAINT JULIEN
24 showrooms dont 22 en France, un en Suisse
et un en partenariat en Belgique.
Clientèle : 90 % de particuliers et 10 % de professionnels (revendeurs)
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au :
28 février 2019 à 18h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du code de
commerce) en 6 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès
à une data room électronique sera autorisé après régularisation d’un engagement de
confidentialité, signature du réglement, et remise d’une présentation succinte du
candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 19/6740
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB – Administrateurs Judiciaires Associés
Maître Hélène BOURBOULOUX
26 boulevard Jules Ferry – 19100 Brive-La-Gaillarde – www.fhbx.eu
Fax : 05.55.17.87.98 / E-mail : karine.couteau@fhbx.eu
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FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
La dette émergente signe
l’une de ses meilleures performances
l Venezuela en tête, la dette émergente connaît
un incroyable retour en grâce en janvier.
l La faible valorisation et des banques centrales moins
restrictives expliquent ce rebond.
TAUX
Isabelle Couet
@icouet
Jerome Powell n’a pas gâché la fête.
Au contraire. Mercredi soir, le président de la Fed a adopté un ton plus
accommodant que prévu. La banque centrale américaine, dont la
politique a des répercussions
majeures sur les marchés émergents, n’affirme plus que des hausses de taux seront nécessaires. Elle
prône la « patience ». Ces propos ont
permis aux obligations des pays
émergents de poursuivre leur envolée. En janvier, l’indice EMBI Global
Diversified de JP Morgan signe ainsi
sa meilleure performance mensuelle depuis juin 2016, avec un gain
de 3,3 %. En raison des espoirs de
chute du régime Maduro, le
Venezuela figure parmi les grands
gagnants de ce début d’année...
après avoir été le grand perdant de
2018.
« Le mouvement de hausse est très
impressionnant. Il l’est autant que la
correction observée en décembre,
lorsque les investisseurs croyaient au
scénario de récession, constate Denis
Girault, chez UBP. Au dernier trimestre 2018, il n’y a eu quasiment
aucune émission dans l’univers émergent faute d’appétit. Tout le monde
attendait. Depuis le début de l’année,
les opérations repartent. » De fait,
même un pays en difficulté comme
l’Equateur a tenté sa chance. Quito,
qui promet « d’intensifier ses discussions avec le FMI », a levé 1 milliard
de dollars à 10 ans, au taux élevé de
10,75 %. Beaucoup mieux cotée
auprès des investisseurs, l’Arabie
saoudite a effectué sa première
émission obligataire internationale
depuis l’affaire Khashoggi. Le
royaume a reçu pas moins de
27 milliards de dollars de souscription. Il bénéficie d’une note « A » et
offre 200 points de base de rémunération supplémentaire par rapport
aux emprunts d’Etat américains.
« Avec un “spread” moyen [écart
de taux avec les titres américains,
NDLR] proche de 400 points de base,
il est difficile de perdre de l’argent sur
la classe d’actifs émergente. Cela
représente un rendement d’environ
7 %. Il faudrait qu’il y ait une récession pour être perdant », analyse
Pierre-Yves Bareau, chez JPMorgan AM. Le gérant estime que les
conditions sont relativement favorables à la dette émergente cette
année, même si la croissance va
ralentir. « Comme l’a montré la Fed,
les banques centrales sont prudentes
et mènent la normalisation de leur
politique à un rythme graduel. C’est
une situation idéale pour investir sur
les marchés émergents. Les mouvements ne sont pas brutaux. »
Turquie, le Mexique et le Brésil en
2018, les investisseurs vont surveiller l’Ukraine, l’Inde, l’Indonésie,
l’Afrique du Sud et l’Argentine.
L’année 2019 va aussi être marquée par l’arrivée d’un groupe de
pays dans les indices. A compter de
jeudi et jusqu’au 30 septembre,
JP Morgan va inclure l’Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes
unis, Bahrein et le Koweït dans son
« benchmark ». L’entrée de ces
émetteurs du Golfe représenterait
environ 150 milliards de dollars de
dette supplémentaire. Ce mouvement va ouvrir des opportunités
aux nombreux investisseurs qui
suivent les indices. n
CHAQUE MATIN
MANU DANS LE 6/9 SUR NRJ
RASSEMBLE PLUS DE 25-49 ANS QUE RTL
SUR L’ENSEMBLE DE LA JOURNÉE*
Le Golfe dans les indices
obligataires
Autre facteur favorable : « Les
besoins d’émissions obligataires sont
modérés cette année, à part en
Chine », souligne Pierre-Yves
Bareau. Selon les données de
JP Morgan, les Etats de la zone
émergente doivent emprunter seulement 13 milliards de dollars de
nouvelle dette, contre 79 milliards
l’an passé en net et 108 milliards en
2017 ! Du côté des entreprises, les
montants d’argent frais à emprunter vont s’élever à 22 milliards
contre 29 milliards en 2018
(145 milliards en 2017). Enfin,
l’agenda électoral concerne des
pays moins emblématiques dans
l’univers émergent : après la
Le Liban face au spectre
d’un défaut
Beyrouth vient de nommer un nouveau gouvernement après huit
mois de blocage. Une bonne nouvelle, qui n’empêchera pas le pays
de rester sous l’étroite surveillance
de la communauté financière
internationale. Le 21 janvier, Moody’s n’a pas hésité à dégrader sa
note à Caa1 – c’est-à-dire dans le bas
de la catégorie « dette pourrie » –,
en raison du risque de défaut. Le
Liban souffre d’une crise de liquidité conjuguée à un problème de
soutenabilité de sa dette. Les
besoins de financement bruts
dépassent 30 % du PIB et le ratio
d’endettement atteignait 141 % fin
2018. Il pourrait grimper à 180 % du
PIB d’ici à 2023 selon le FMI. Soit le
plus élevé au monde, derrière le
Japon.
« Pour financer le déficit et faire
face aux échéances obligataires
internationales cette année, sans
toucher aux réserves de change, il
faudrait 6 à 7 milliards de dollars de
nouveaux dépôts bancaires, contre
4 à 5 milliards en 2018 », soulignent
les analystes de Moody’s. Le climat
d’incertitude érode justement les
dépôts et freine les entrées de capitaux depuis des mois. Alors que
son CDS – qui mesure le prix pour
s’assurer contre un défaut – flambait à près de 800 points de base la
semaine dernière, Beyrouth a
reçu le soutien de pays du Golfe,
dont l’Arabie saoudite. « Nous
avons un intérêt à ce que la stabilité
soit préservée au Liban et nous le
soutiendrons par tous les moyens »,
a affirmé le ministre des Finances
du royaume wahhabite lors du
forum de Davos.
RTL
L’appel de Franklin
Templeton
En avril dernier, lors de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les
entreprises (CEDRE), qui s’est tenue
à Paris, nombre de pays et d’institutions, dont la Banque européenne
d’investissement (BEI), ont signé
des promesses d’aide substantielle.
Mais des observateurs jugent que
les conditions à remplir pour en
bénéficier sont sans doute trop
difficiles à atteindre dans les conditions actuelles. L’hypothèse d’une
restructuration de la dette circule
donc dans les marchés. Le ministre
des Finances du gouvernement
intérimaire, qui restera en poste, en
aurait lui-même parlé. Des démentis officiels ont suivi. La société de
gestion spécialiste de la dette
émergente, Franklin Templeton
– connue pour avoir participé à la
restructuration de l’Ukraine –, juge
que cette solution est pertinente à
plus ou moins long terme.
Mercredi, la banque centrale a
rassuré sur la situation financière
du pays. Le taux à 10 ans libanais
s’est détendu mais évolue toujours
autour de 10 %. — I. Co.
MANU
6H-9H30
LA MATINALE
DeBonneville-Orlandini
Le pays, qui vient enfin
de se doter d’un nouveau
gouvernement, est dans
le collimateur des marchés.
Ils envisagent la possibilité
d’un défaut.
NRJ
1 616 000
TOUTE LA JOURNÉE
RTL
1 431 000
AUDITEURS QUOTIDIENS
25-49 ANS
AUDITEURS QUOTIDIENS
25-49 ANS
*Source : Médiamétrie 126 000 Radio, Nov-Déc 2018, AC, L-V, 25-49 ans, 6h-9h30
pour Manu dans le 6/9 sur NRJ et 5h-24h pour RTL.
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32 // FINANCE & MARCHES
euronext
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
SÉANCE DU 31 - 01 - 2019
CAC 40 : 4992,72 (0,36 %) NEXT 20 : 10929,42 (-0,63 %)
CAC LARGE 60 : 5536,12 (0,27 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3891,99 (0,22 %)
DATE DE PROROGATION : 25 FÉVRIER
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
15/01/19 3,5
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
38,5
887494
290.969.205
106,5
1057928
429.423.434
100
2125869
776.469.994
20,1
5392240
1.021.903.623
81,84
838341
106.884.219
20,34
8987505
2.424.916.626
42,305
6691369
1.249.798.561
31
1607072
372.377.939
97,88
699206
167.293.730
17,23
2410224
789.252.839
10,182
7803564
2.866.437.156
63,52
1721917
685.055.200
110,6
379080
261.541.129
13,92
6473275
2.435.285.011
110,35
949012
433.379.900
519
82587
105.569.412
436,6
252345
126.279.322
280
1018807
505.028.789
52,3
668248
267.471.813
209,1
665967
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
38,03
38,54
38,03
105,95
106,75
104,6
100,22
100,46
99,12
20,195
20,575
19,924
79,72
81,86
78,7
20,245
20,56
20,09
40,965
42,74
40,82
30,92
31,4
30,52
96,48
97,94
95,6
17,285
17,45
17,15
9,959
10,272
9,88
63,5
63,93
62,96
109,55
110,75
107,75
13,985
14,03
13,885
110,65
110,8
109,9
524,4
524,4
514,2
437,5
437,5
431,4
279,75
280
275,05
51,76
52,76
51,5
210,1
210,1
206,3
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,22
+ 2,48
- 17,06
- 0,09
- 2,31
- 2,4
+ 1,23
+19,37
+ 8,35
- 0,47
+11,33
- 30,9
- 1,12
+11,53
- 37,23
- 0,42
+ 7,35
- 23,59
- 3,2
+ 3,77
- 38,49
- 0,19
- 1,34
- 30,94
- 0,76
+11,15
- 9,79
+ 0,12
+15,93
- 10,32
- 2
+ 5,61
- 34,37
+ 0,55
+ 3,24
- 8,58
- 0,36
+ 5,64
+ 17,95
+ 0,65
+11,66
+ 0,04
+ 0,32
+ 0,18
- 3,28
+ 1,16
+ 8,17
+ 17,79
+ 1,2
+ 6,29
+ 15,41
+ 0,77
+ 8,35
+ 10,75
- 0,88
+ 4,99
- 22,77
+ 0,91
+ 4,42
+ 14,75
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 2,48
39,31
36
2,76
- 2,31
107,95
102,05
2,5
+ 19,37
3,4
100,46 29,52
77,5
1,5
+ 11,33
20,575
17,056
+ 11,53
83,3
67,5
2,13
+ 7,35
20,61
18,428 6,22
+ 3,77
43,2
38,135
7,37
- 1,34
31,4
29,02
5,5
+ 11,15
98,36
79,8
1,76
+ 15,93
17,58
14,485 2,66
+ 5,61
10,424
9,095 6,33
+ 3,24
63,93
60,2
2,99
+ 5,64
112,15
96,02
0,53
+ 11,66
1,21
14,07
11,60
12,17
2,65
+ 0,18
112,85
108,95
1,38
+ 8,17
524,4
462,4
1,45
+ 6,29
439,3
380,7
0,8
+ 8,35
280
243,65
0,72
+ 4,99
52,76
47,91
2,43
+ 4,42
210,1
194,55
1,69
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
30/01/19 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
95,98
531244
179.847.632
13,525
9919337
2.660.056.599
145
484458
265.421.592
21,88
2476121
904.828.213
53,66
883321
235.249.801
61,45
1371247
295.722.284
114,8
843899
435.767.951
30,58
2561593
546.585.004
75,03
3321624
1.247.395.472
62,18
2029706
579.138.192
28,21
7223153
807.917.739
91,44
386424
147.454.887
14,155
4410044
911.156.920
20,36
1024028
450.145.880
47,68
8028583
2.641.814.774
155
654845
138.286.626
27,07
1645871
240.253.100
18,115
2150814
565.593.341
77,18
1191791
598.227.170
22,26
3965503
1.306.234.196
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
94,84
96,54
93,86
13,57
13,77
13,435
145
145,1
143,45
21,99
22,23
21,59
53,3
53,88
53
61,85
62,53
61,14
114,5
115,05
113,8
30,12
31,17
29,91
75,82
75,82
74,81
62,08
62,68
61,68
27,14
28,48
26,93
91
91,94
90,64
13,865
14,16
13,735
20,29
20,78
20,06
47,98
48,1
47,495
157,16
157,48
151,6
27,27
27,79
26,78
18,42
18,44
18,075
76,88
77,48
76,58
22,24
22,5
22,02
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,88
+ 9,39
- 26,37
+ 0,44
- 4,13
- 6,7
+ 1,47
+ 1,19
+ 13,02
+ 0,6
+17,94
+ 21,56
- 0,37
+ 6,43
- 4,27
+ 1,13
+13,38
- 30,17
+ 0,35
+ 8,63
+ 25,91
- 1,33
+ 3,27
- 35,66
+ 1,55
+ 0,21
+ 6,61
+ 0,39
+ 3,95
- 17,75
- 3,73
- 2,44
- 42,08
- 0,33
+ 1,68
- 11,95
- 0,14
+11,05
- 27,9
+ 0,8
+14,96
- 21,96
+ 2,04
+ 3,9
+ 2,88
- 0,52
+16,07
+ 1,72
+ 6,9
- 57,06
+ 1,46
+ 2,59
- 9,22
- 0,13
+ 6,75
- 11,63
+ 4,51
- 5,88
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 9,39
96,54
83,74
3,74
- 4,13
14,34
13,255
2,21
+ 1,19
145,1
136
0,93
+ 17,94
22,23
17,87
2,41
+ 6,43
54,68
48,7
3,75
+ 13,38
62,53
51,98
5,74
+ 8,63
115,05
101,1
1,4
+ 3,27
31,2
28,275 4,32
+ 0,21
75,82
72,59
4
+ 3,95
62,68
57,58
3,54
- 2,44
30,385
26,88
8,11
+ 1,68
95,8
86,78
3,02
+ 11,05
0,23
14,42
61,01
10,635 0,38
+ 14,96
21,04
16,6
+ 3,9
48,1
44,775
1,33
+ 16,07
157,98
130,18
+ 6,9
28,48
23,5
4,58
+ 2,59
18,44
17,5
4,56
+ 6,75
77,48
70,2
0,98
+ 4,51
22,5
20,8
2,02
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,85
3,788
19696
3,85
40.789.901
3,7
B 6,07
6,17
26791
6,18
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,07
ABIVAX (ABVX) g
B 10,22
10,18
7501
10,48
FR0012333284
10.024.182
10,16
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,57
0,55
6641
0,57
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,536
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,37
3,375
7383
3,43
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,37
ADOCIA (ADOC) g
B 13,8
13,64
7641
13,94
FR0011184241
6.916.753
13,54
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 164,7
167,2
113501
168
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
163,4
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 11,26
11
2905684
11,26
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
10,935
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 54,3
54,7
21615
54,9
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
53,9
AKWEL (AKW) g
B 15,98
15,74
24854
16
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
15,62
ALD (ALD)
A 12,5
12,69
189057
12,7
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
12,5
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 24,7
24,3
13354
25,1
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
24,3
ALSTOM (ALO) LR
A 36
35,18
748895
36,02
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.425.599
35,02
ALTAREA (ALTA) g
A 185
180,8
3325
185
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
180,8
ALTEN (ATE) G
A 85,55
83,65
106329
85,75
FR0000071946
25/06/18 1 33.830.458
82,3
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 8,37
8,235
678610
8,42
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,16
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,31
3,29
5247
3,34
FR0012789667
47.804.841
3,29
AMUNDI (AMUN) G
A 50,5
50,2
EX-DS 15/03/17
232762
50,62
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
49,66
APRIL GROUP (APR)
B 21,1
21,1
284222
21,1
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
21
ARCHOS (JXR) g
C 0,315
0,313
340267
0,324
FR0000182479
57.851.743
0,311
ARKEMA (AKE) L
A 84,44
82,92
317929
85,5
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
82,4
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 15,54
15,28
22441
15,76
FR0000074783
6.651.515
15,12
ASSYSTEM (ASY) g
B 27,5
28,4
OPA 24/11/17
1527
28,4
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,5
ATARI (ATA)
C 0,334
0,333
707344
0,336
FR0010478248
255.105.360
0,325
AUBAY (AUB) g
C 31,85
31,15
4185
32,35
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.136.796
31,05
AUREA (AURE)
C 5,98
5,98
8814
6
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,88
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,16
0,157
194282
0,164
FR0000066052
21/10/11 0,05 112.001.888
0,157
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 13,04
13
2738
13,22
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
13
BÉNÉTEAU (BEN)
A 12,68
12,4
106832
12,68
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
12,16
BIC (BB) G
A 86,3
87,55
200857
87,55
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.010.907
86
BIGBEN INT. (BIG) g
C 10,04
10,2
71130
10,24
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
9,95
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 61,5
61,7
146324
62,8
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
60,9
BOIRON (BOI) g
A 47,9
48,3
17912
48,5
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
47,7
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,54
3,602
1508185
3,616
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,54
BONDUELLE (BON) g
B 31,25
31,45
11528
31,9
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.538.340
31,25
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 19,515
19,4
741405
19,67
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
19,28
BURELLE SA (BUR)
A 980
978
19
986
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
978
CARMILA (CARM)
C 17,8
17,5
48551
17,8
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
17,36
CASINO (CO) LR
A 41,2
43,01
1236125
43,01
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
40,98
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,74
2,705
100162
2,8
FR0010193052
30.514.178
2,68
CGG (CGG) G
C 1,675
1,642
6116457
1,705
FR0013181864
709.944.816
1,615
CHARGEURS (CRI) g
C 19,95
19,35
22813
19,95
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
19,28
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 372,8
369,2
EX D OP 08/06/17
25652
372,8
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
366,3
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/290119
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
- 0,32 + 9,23
+ 9,23
4,128
- 57,13
3,378
+ 1,15 + 1,48
+ 1,48
6,27
- 7,36
5,98
- 1,93 - 14,02
-14,02 12,8
+ 14,38
9,51
- 3,51 + 10,89
+10,89
0,584
- 32,93
0,49
+ 0,15 - 0,15
- 0,15
3,61
- 56,28
3,24
- 1,16 - 17,53
-17,53 17,08
- 14,86 13,54
+ 1,83 + 1,03
+ 1,03 171,3
- 0,06 159,1
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+16,03 11,35
- 12,07
8,68
+ 0,92 + 23,76
+23,76 54,9
+ 8,1
42,1
- 1,5 - 2,24
- 2,24 17,6
- 55,6
15,3
+ 0,96 + 22,02
+22,02 12,7
- 10,7
10,1
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- 1,9 - 0,26
- 0,26 36,45
- 0,48 33,4
- 1,09 + 9,05
+ 9,05 185
- 12,02 163,4
- 1,59 + 15,06
+15,06 85,9
+ 2,51 70,25
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+17,56
8,575
- 38,97
6,51
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+19,64
3,39
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+ 8,75 50,62
- 33,95 44,59
+ 5,76
+ 5,76 21,2
+ 30,25 19,95
+ 0,16 - 14,25
-14,25
0,397
- 58,02
0,294
- 1,36 + 10,62
+10,62 85,5
- 19,42 72,88
- 1,67 + 6,41
+ 6,41
15,94
- 10,85 13,1
+ 1,98 + 4,99
+ 4,99 29,8
- 5,65 25,75
+ 1,06 - 2,35
- 2,35
0,386
- 39,55
0,32
- 1,42 + 10,66
+10,66 33,3
- 18,88 25,8
+ 3,1 + 8,73
+ 8,73
6,08
- 28,47
5,18
- 1,57 + 1,95
+ 1,95
0,188
- 46,42
0,146
- 0,31 + 4,67
+ 4,67 13,52
- 40,91
11,8
- 1,27 + 8,01
+ 8,01
13,48
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+ 2
+ 27,34
+27,34 10,24
- 16,26
7,8
+ 0,82 + 7,3
+ 7,3
64,3
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+ 0,63 - 1,33
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+ 2,91
3,714
- 23,03
3,412
+ 0,8 + 10,74
+10,74 32
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+ 9,02 19,67
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+22,86 990
- 29,89 730
- 1,13 + 8,29
+ 8,29 17,8
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15,76
+ 4,39 + 18,35
+18,35 43,01
- 8,66 34,01
+ 1,12 + 17,61
+17,61
2,965
- 20,81
2,115
- 1,08 + 42,04
+42,04
1,705
- 42,95
1,081
- 2,03 + 15,18
+15,18
19,95
- 27,42 16,18
- 0,22 + 10,57
+10,57 373,1
+ 18,49 323,9
+ 6,25
+ 6,256000
- 19,05 5700
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,775
3805573
393.613.788
A 20,04
485299
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 8,16
105747
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
COLAS (RE)
A 141,2
523
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 90
159058
FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 24,8
1532
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1350
7169
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 110,6
379080
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 11,55
347144
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,12
455145
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 99,8
11999
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 5,64
102
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 35,51
730148
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 14,485
EX-DS 7/03/17
2209862
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 82,5
389767
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,44
76816
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12,3
237348
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 14,15
888602
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.927.545
EOS IMAGING (EOSI)
C 2,53
10121
FR0011191766
26.130.407
ERAMET (ERA) Gg
A 59,9
112245
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,67
48527
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 26
2217
FR0004110310
6.017.892
EURAZEO (RF) G
A 65,05
81125
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,2
5200
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 353
48940
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,75
212252
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 18,775
701997
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 71,4
176
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 38,53
627878
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 91,1
10030
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 13,52
54753
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 782
234
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 61,85
29632
FR0011476928
26.605.439
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 62,2
798
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 326
1
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
B 1,13
N/P REGR.
11733
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,159
6834327
FR0000079634
01/10/01 0,1 166.658.543
GECINA (GFC) G
A 130,6
138904
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
GEMALTO (GTO) L
A 50,62
130982
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 18,23
91823
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 2,89
116514
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,02
110460
FR0011790542
79.347.621
GETLINK (GET) LR
A 12,82
1307591
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 17,6
8826
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13/06/18 0,65 29.982.787
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,24
3,56
0,42
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1,91
4,33
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1
1,2
2,91
4,98
1,28
2,77
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0,87
2,51
1,54
2,02
3,94
0,98
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3,31
0,56
1,59
2,89
1,64
3,63
1,55
0,92
3,03
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,755
0,775
0,735
19,84
20,24
19,83
8,02
8,28
8,01
141,4
142,8
141
89,3
90,4
88,7
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25,3
24,8
1301
1357
1297
109,55
110,75
107,75
11,43
11,85
11,1
3,984
4,136
3,962
102,2
102,6
98,9
5,64
5,64
5,6
35,44
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35,28
14,43
14,495
14,245
81,92
82,7
81,6
3,26
3,44
3,23
12,3
12,39
12,24
14,13
14,78
13,98
2,52
2,575
2,52
60,85
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59,3
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7,57
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26
25,75
64,9
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3,35
3,18
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357
347,8
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7,825
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18,5
18,825
18,42
71,2
71,8
71,2
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39,05
37,44
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93,4
91
13,54
13,86
13,5
790
790
780
61,5
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60,7
62
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62
326
326
326
1,13
1,13
1,13
0,139
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131
127,9
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50,6
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18,24
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1,02
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12,85
12,65
17,5
17,74
17,42
- 1,63
+21,97
- 34,4
- 0,7
+ 7,13
- 3,88
- 1,96
+ 1,13
- 11,28
+ 0,28
+1
- 23,4
- 1,16
+ 6,06
+ 0,96
+ 21,97
0,799
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+ 7,13
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+ 1,13
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+ 1
142,8
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+ 6,06
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+ 2,06
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- 13,89 23,5
- 2,98 + 7,52
+ 7,52 1357
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+ 5,64 112,15
+ 17,95 96,02
+ 0,53 + 7,73
+ 7,73 14,97
- 69,73
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- 3,16 - 0,35
- 0,35
4,298
- 50,69
3,812
+ 3,34 + 23,88
+23,88 102,6
+ 28,23 76,5
- 0,35 + 27,31
+27,31
5,78
- 9,03
4,63
+ 0,54 + 10,37
+10,37 37,05
+ 36,26 31,44
+ 0,1 + 4,57
+ 4,57 14,525
+ 30,29 13,55
- 0,49 + 12,28
+12,28 82,7
- 16,12
71,04
- 4,12 + 22,56
+22,56
3,59
- 31,66
2,535
- 5,82
- 5,82 13,74
- 33,73 12,13
+ 2,24 - 2,89
- 2,89 15,41
- 37,2
13,26
- 0,4 - 25,55
-25,55
3,46
- 52,45
2,515
+ 3,14 + 0,83
+ 0,83 71,4
- 46,43 53,45
+ 1,4 + 22
+22
7,85
- 59,12
6,02
- 0,19 - 6,49
- 6,49 28,75
- 39,65 25,7
- 0,23 + 5,02
+ 5,02 65,65
- 19,59 60,55
+ 4,38 + 20,58
+20,58
3,35
- 1,47
2,69
+ 0,46 + 7,85
+ 7,85 383,6
- 33,03 313,2
- 0,77 - 2,23
- 2,23
8,395
- 31,4
7,485
- 1,2 + 7,53
+ 7,53 18,94
+ 4,4
16,99
+ 4,71
+ 4,71 79,2
- 39,92 65
+ 0,05 + 15,39
+15,39 40,09
- 47,28 30,12
+ 1,1 + 14,46
+14,46 93,4
- 12,07 78,1
+ 4,48 + 23,09
+23,09 13,86
- 26,73 10,24
+ 1,02 - 0,75
- 0,75 802
- 25,82 764
- 0,49 + 7,71
+ 7,71 65,5
- 34,43 55
- 0,32 + 1,97
+ 1,97 63
+ 7,64 57,8
+ 11,64
+11,64 342
- 32,92 286
- 14,24
+37,13
- 40,56
- 1,69
+13,45
- 18,45
+ 0,08
+ 1,79
+ 0,22
+ 3,86
- 34,9
- 5,9
-18,62
- 58,31
- 1,56
- 0,79
- 43,62
- 0,16
+ 8,95
+ 13,1
- 1,02
+ 1,63
- 33,94
4,23
4,24
5,8
1,18
0,53
3,51
0,88
24,82
1,04
2,44
3,42
2,62
3,78
1,93
4,49
0,68
1,97
6,87
2,22
2,88
2,18
0,13
2,15
1,14
1,13
+ 37,13
0,19
0,101
+ 13,45
131
110,3
50,76
50,54
+ 3,86
19,18
16,55
- 18,62
3,79
2,45
- 0,79
1,288
0,98
+ 8,95
13,295
11,615
+ 1,63
18,5
15,92
4,21
12,02
2,35
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
GROUPE CRIT (CEN) g
B 53
8028
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
GROUPE FLO (FLO) g
B 0,201
EX D S 13/06/17
21267
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 10,74
6678
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
GROUPE LDLC (LDL) g
C 7,1
NOM.
5938
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
20,3
REGR.
4049
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
GTT (GTT) Gg
A 73,5
78941
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 8,5
32516
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
HIGH CO (HCO) g
C 5,58
9195
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
HUBWOO (HBW) g
C
FR0004052561
ICADE (ICAD) G
CLOT
+ HAUT
+ BAS
51,6
53
51
0,202
0,204
0,201
11,04
11,04
10,72
7,15
7,21
7,07
20,6
20,6
20
73,75
74,8
73,35
8,53
8,72
8,46
5,5
5,58
5,44
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 0,39 - 2,64
- 2,64 55,8
- 32,9
48,8
8,53
- 1,46 + 3,59
+ 3,59
0,212
- 25,74
0,185
+ 1,1 + 31,27
+31,27
11,04
- 38,32
8,26
+ 1,13 + 23,7
+23,7
8,9
- 60,93
5,66
- 0,48 + 3
+3
21,2
- 41,64 18,55
+ 0,89 + 9,83
+ 9,83 74,8
1,8
+ 32,29 63,7
+ 0,12 - 3,4
- 3,4
9,65
- 55,62
8,18
+ 24,58
+24,58
5,6
+ 9,78
4,305
2,55
+ 3,57 + 28,89
+28,89
0,175
+ 8,75
0,138
- 2,39 + 10,68
+10,68 76,3
- 15,69 64,05
+ 3,82 + 27,65
+27,65 147,8
+ 8,1
112,2
+ 1,01 - 18,39
-18,39 123,65
- 51,97 97,28
0,68
- 1,03 + 9,58
+ 9,58 47,4
- 46,7
40,6
4,51
- 2,64 - 3,9
- 3,9
53,14
- 48,08 44,41
- 0,37 - 9,62
- 9,62
8,08
+ 15,36
6,53
- 2,1 + 8,9
+ 8,9
1,855
- 49,54
1,216
- 0,57 + 29,48
+29,48 44,95
+ 27,85 32,05
1,53
- 2,53
- 2,53 121,4
- 2,61 107,65
0,91
- 3,24 - 1,27
- 1,27 23,08
- 34,07 20,08
4,29
- 1,55 + 6,19
+ 6,19
17,96
- 44,88 15,08
4,25
- 0,84 + 5,55
+ 5,55 27,2
- 25,76 23,84
2,16
+ 3,34 + 5,51
+ 5,51 37
- 16,18 32,52
- 1,06 + 11,13
+11,13 30,3
- 18,56 26,26
+ 0,71
34,28
+ 19,81 30,08
+ 0,47 + 14,01
4
+14,01 41,98
- 17,26 35,21
- 0,78 + 3,68
+ 3,68 23,74
- 9,12
21,36
5,69
+ 5,42 + 12,05
+12,05
3,25
- 43,67
2,61
+ 0,9 + 11,74
+11,74 36,8
- 45,75 28,9
3,49
+ 0,85 + 9,18
+ 9,18 48,7
- 13,7
43,2
- 1,21 + 11,94
+11,94 21,5
- 10,55 17,84
1,87
+ 0,14 + 12,54
+12,54 38,3
- 6,22 31,3
3,81
+ 7,16 + 35,12
+35,12
27,7
- 28,61 20,2
1,73
+ 0,74 + 23,64
+23,64 14,34
+107,27 10,66
- 1,69 - 4,91
- 4,91 14,27
- 39,1
12,76
7,12
- 0,79 + 34,89
+34,89 23,34
- 34,86 16,15
1,95
+ 1
+ 9,83
+ 9,83 35,65
- 39,52 30
4,83
+ 9,47 + 18,75
+18,75 27,45
- 22,67 20,8
2,33
+ 1,45 - 7,03
- 7,03
2,89
- 80,12
2,35
- 1,59 + 7,71
+ 7,71
2,59
- 54,75
1,984
- 3,04 + 11,95
+11,95 13,82
- 26,86 11,78
+ 2,51 + 21,7
+21,7
29,2
- 27,23 22,8
2,62
- 6,09
- 6,09
1,66
- 32,74
1,5
- 2,21 - 8,68
- 8,68 13,82
- 28,37 10,5
- 1,59 + 8,57
+ 8,57
4,636
- 39,02
4,06
8,27
- 0,74 + 6,65
+ 6,65 20,5
+ 22,42 18,8
- 0,45 + 12,24
+12,24
1,26
- 60,14
0,94
45,46
- 0,15 + 7,27
+ 7,27 26,97
- 46,65 23,13
2,68
+ 0,05 + 3,55
+ 3,55 41,24
- 15,88 37,78
6,13
+ 1,07 + 22,06
+22,06
7,145
- 38,36
4,96
- 0,81
- 0,81
7,7
- 18,76
7,26
2,04
+ 2,06 + 25
+25
10,96
+ 3,22
8,58
+ 0,39 + 4,01
+ 4,01
1,045
- 49,41
0,871
+ 0,39 - 2,82
- 2,82 94,1
- 13,82 84,82
1,27
- 1,24 - 0,16
- 0,16
3,49
- 60,76
3,185
- 3,18 + 7,24
+ 7,24 60,3
+ 16,84 50
- 3,29 + 13,88
+13,88 19,38
- 56,93 15,62
- 1,16 + 1,55
+ 1,55
1,978
- 47,3
1,652
- 0,46 + 19,04
+19,04 25
- 42,02 19,1
- 2,13 - 1,57
- 1,57
9,77
- 52,34
8,17
+ 2,19 + 11,54
+11,54 10,05
- 32,09
8,7
9,95
+ 1
- 5,61
- 5,61 22
+ 18,82 18,8
- 1,27 + 18,39
+18,39
7,47
- 51,11
5,47
- 0,49 + 2,58
+ 2,58 105
- 4,25 94,15
1,63
- 2,78 + 7,1
+ 7,1
10,42
- 31,4
8,752
4,22
- 6,98
- 6,98 410
+ 20,83 400
136.345.527
A 75,25
73,6
179056
75,35
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
73,35
ID LOGISTIC (IDL) g
B 144
146,8
4514
147,8
FR0010929125
5.642.475
144
ILIAD (ILD) G
A 99,1
100,1
282549
102,65
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
98,92
IMERYS (NK) G
A 46,88
46
147854
47,4
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
45,5
INGENICO GROUP (ING) LR
A 48,98
47,61
397122
49,2
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
47,36
INNATE PHARMA (IPH) g
B 6,755
6,72
118445
6,85
FR0010331421
63.932.655
6,65
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,414
1,4
138131
1,432
FR0010291245
44.119.162
1,374
INTERPARFUMS (ITP) g
A 44
43,7
68809
44,15
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
43,5
IPSEN (IPN) G
A 110,5
110
117679
112,2
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
109,6
IPSOS (IPS) G
A 21
20,28
40456
21
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
20,22
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 16,88
16,48
32449
17,26
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
16,26
JCDECAUX (DEC) G
A 26,2
25,88
263443
26,76
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.810.350
25,72
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 33,96
35,24
61820
35,82
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
33,18
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,9
29,96
1248995
30,3
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,84
KORIAN (KORI)
A 31
31,08
168738
31,08
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
30,4
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,67
40,85
32574
41,49
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,29
LAGARDÈRE (MMB) G
A 23
22,83
506443
23,27
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
22,71
LATECOERE (LAT) g
C 3,06
3,115
515310
3,25
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,06
LE BÉLIER (BELI) g
C 33,8
33,8
1112
33,9
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
33,25
LNA SANTÉ (LNA) g
B 47,3
47,55
12312
47,6
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
47,1
LECTRA (LSS)
B 20,65
20,35
38285
20,65
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
20,25
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 35,45
35,45
604
35,45
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.132.856
35,35
LISI (FII) g
A 25,95
27,7
26815
27,7
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
25,9
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,6
13,6
50284
13,6
FR0000038242
16.754.425
12,7
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 13,58
13,35
160440
13,64
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
13,31
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 22,96
22,54
83779
23,34
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
22,06
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 34,9
35,2
10320
35,25
34,9
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 26,4
26,6
56499
27,45
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
25,9
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 2,565
2,445
261649
2,69
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.334.312
2,35
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,2
2,165
63362
2,24
FR0010609263
23.147.338
2,125
MERCIALYS (MERY) g
A 13,77
13,4
164421
13,82
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
13,38
MERSEN (MRN) g
B 28,2
28,6
97311
29,2
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
28,2
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,51
1,51
21489
1,55
FR0004177046
23.261.500
1,5
NANOBIOTIX (NANO) g
B 10,89
10,63
97963
10,98
FR0011341205
19.633.373
10,5
NATIXIS (KN) LR
A 4,564
4,472
7320977
4,636
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
4,424
NEOEN (NEOEN)
A 20,45
20,2
12908
20,45
FR0011675362
84.957.498
20,2
NETGEM (NTG) g
C 1,11
1,1
2191
1,13
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,1
NEXANS (NEX) G
A 26,37
26,1
144963
26,97
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
25,89
NEXITY (NXI) G
A 40,74
40,8
112887
41,24
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
40,56
NICOX (COX)
B 6,045
6,115
111168
6,215
FR0013018124
22.869.669
5,95
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,36
7,36
29497
7,4
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
7,32
OENEO (SBT) g
B 10,7
10,9
29415
10,94
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
10,7
ONXEO (ONXEO) g
B 0,912
0,907
56377
0,916
FR0010095596
53.376.375
0,903
ORPÉA (ORP) G
A 87
86,7
146037
87,7
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
86,2
PARROT (PARRO) g
B 3,215
3,19
81356
3,24
FR0004038263
30.174.671
3,185
PHARMAGEST INT. (PHA)
56,6
54,8
4202
56,9
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
54
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 18,84
18,22
5077
18,98
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
18,2
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,722
1,7
26671
1,724
FR0011950641
21.606.363
1,684
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 24,2
24,01
114192
24,57
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
23,51
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 9,1
8,75
DIV 8 02/05/17
22105
9,1
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
8,75
RALLYE (RAL)
A 9,835
10,05
60240
10,05
FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
9,835
RAMSAY GDS (GDS)
A 20
20,2
177
20,2
FR0000044471
02/12/14 1,4 75.957.095
19,4
RECYLEX SA (RX)
C 6,73
6,63
47875
6,99
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
6,63
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 102
101,5
120696
103,4
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
101,2
REXEL (RXL) G
A 10,25
9,96
1324084
10,42
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
9,952
ROBERTET SA (CBE)
B
/210119
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/040119
C.D.V. NOM.
44
FR0000045619
44
ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 29,4
28,9
- 1,37 - 6,32
28722
29,7
- 6,32 30,85
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
28,9
- 13,21 28,9
RUBIS (RUI)
A 52
52,05 + 0,29 + 11,03
DIV 2 28/07/17
217602
52,05
+11,03 52,4
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
51,35
- 12,37 45,8
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 98,7
96,3
- 1,43 + 10,25
DIV 6 10/05/16
74574
99,9
+10,25 104,5
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
95,5
+ 37,97 83
SAVENCIA (BH)
B 58,4
58
- 0,69 + 3,94
2372
58,8
+ 3,94 62,6
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
57,6
- 29,1
55,4
SCOR (SCR) LR
A 36,69
36,72
- 6,8
680998
37,08
- 6,8
42,2
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
36,63
+ 1,86 35,2
2,35
2,88
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 136
86242
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,2
95170
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 23,7
2802
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,875
53023
FR0013006558
34.623.503
SIPH (SIPH) g
B
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
B 67,35
SOITEC (SOI) G
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
83333
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,478
REGR.
8141273
FR0012938884
583.630.365
SOMFY (SO)
A 67,5
3218
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 90,5
33347
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 13,28
376792
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
20,1
21120
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.426.597
ST DUPONT (DPT) g
C 0,14
291961
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
B 86,5
STEF (STF) g
1278
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,453
59060
FR0010949404
26.824.657
SUEZ (SEV) LR
A 11,17
2601816
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,2
11513
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 32,7
4243
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 28,7
11422
FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 19,18
90472
FR0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
A1
TECHNICOLOR (TCH) G
963919
FR0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
A 148,3
TELEPERFORMANCE (RCF) G
211774
FR0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
TERREIS (TER)
B 38,8
956
FR0010407049
13/11/18 0,44 25.327.454
TF1 (TFI) G
A 7,15
219757
FR0000054900
30/04/18 0,35 209.912.140
TFF GROUP (TFF)
B 39,5
203
FR0013295789
06/11/18 0,35 21.680.000
THALES (HO) LR
A 98,02
378457
FR0000121329
04/12/18 0,5 213.104.081
THERMADOR GROUPE (THEP)
B 49,4
3302
FR0013333432
9.109.752
TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 19,4
EX D S 03/07/17
20572
FR0013230612
30/05/18 1 103.477.599
C 5,38
TOUAX (TOUP) g
3920
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
TRANSGÈNE (TNG)
B 2,83
14204
FR0005175080
62.275.923
TRIGANO (TRI) g
B 83,5
42744
FR0005691656
11/01/19 2 19.336.269
UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 78,38
412840
FR0000054470
112.993.978
VALLOUREC (VK) G
A 1,687
22383611
FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
VALNEVA (VLA) g
B 3,41
136148
FR0004056851
92.106.952
VICAT (VCT) G
A 44
51511
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
A 57,2
VILMORIN & CIE (RIN) G
7964
FR0000052516
12/12/18 1,35 22.917.292
VIRBAC (VIRP) g
A 122,8
6891
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,9
1721
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 25,15
44040
FR0013357621
20.196.492
WENDEL (MF) G
A 107,4
54367
FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 45,5
200663
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 5,29
38607
BE0974310428
130.781.669
A 294
XPO LOGISTICS (XPO) g
15
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
134
136,7
132,6
0,202
0,202
0,198
23,7
23,8
23,6
2,79
2,885
2,735
67,15
67,8
66,5
0,45
0,486
0,441
69
69,1
67,5
88,3
92
87,1
13,16
13,46
13,09
19,28
20,1
19,06
0,138
0,143
0,138
84,3
86,9
84,2
0,436
0,456
0,436
11,185
11,27
11,115
1,192
1,202
1,192
31,9
32,7
31,85
27
28,7
26,4
18,98
19,58
18,95
0,978
1,021
0,968
150,3
152,6
148,3
39,2
39,2
38,8
7,08
7,225
7,01
40,3
40,3
39,5
96,66
98,34
96,3
49,6
50,4
48,4
20
20
19,4
5,3
5,4
5,28
2,835
2,85
2,8
84,5
86,6
83,25
77,5
79,32
76,88
1,57
1,702
1,552
3,37
3,455
3,34
43,7
44,72
43,12
56,7
57,3
56,1
123
124
121,2
23,5
23,9
23,5
26,3
26,5
25
106,5
108,4
106,1
46,82
47,42
45,4
5,2
5,36
5,15
298
304
294
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 1,54 + 18,79
+18,79 140,6
- 19,47 107
+ 1,67 - 1,47
- 1,47
0,26
- 75,46
0,195
+ 0,42 + 30,36
+30,36 26,9
- 20,87 16,84
- 0,89 + 15,77
+15,77
3,055
- 72,61
2,37
- 2,15 + 1,11
+ 1,11
84,3
- 3,53 81
- 0,07 + 32,71
+32,71 68,35
+ 1,74 48,6
- 5,86 - 10,63
-10,63
0,562
- 54,91
0,441
+ 1,92 + 9,52
+ 9,52 70
- 23,16
61,7
- 2,54 + 9,49
+ 9,49 94,5
- 45,99 78,1
2,72
+ 0,15 + 13,55
+13,55 14,23
- 34,27 10,99
3,04
- 3,12 + 16,99
+16,99 20,15
- 47,3
15,5
+ 0,36 + 9,96
+ 9,96
0,143
- 16,36
0,12
- 2,43 + 9,48
+ 9,48 90
- 14,85 75
2,91
- 0,68 + 0,46
+ 0,46
0,586
- 74,89
0,415
+ 0,31 - 2,99
- 2,99 11,845
- 6,87
11,04
5,81
- 0,67 - 12,35
-12,35
1,5
- 38,49
1,192
- 0,93 + 10
+10
33,75
- 14,36 28,35
11,29
+ 0,19 + 10,43
+10,43 29,5
- 43,75 22,6
2,96
- 1,25 + 8,33
+ 8,33 20,18
- 39,75 16,96
3,16
- 2,83 + 2,46
+ 2,46
1,058
- 67,52
0,87
+ 1,49 + 7,66
+ 7,66 152,6
+ 23,1
133,7
1,23
+ 0,77 + 8,89
+ 8,89 39,5
- 13,27 35,4
- 0,77
7,425
- 41,39
6,435
4,94
+ 2,03 + 15,16
+15,16 43,6
- 6,94 34
0,87
- 1,15 - 5,24
- 5,24 105,2
+ 6,97 94,32
0,52
+ 1,22 + 11,46
+11,46 52
- 22,8
43
+ 3,36 + 1,78
+ 1,78 20,7
- 15,25 18,6
5
- 1,12 + 8,61
+ 8,61
5,56
- 53,51
4,69
+ 0,18 + 3,85
+ 3,85
3,01
- 10,99
2,695
+ 1,56 + 4,77
+ 4,77 88,4
- 45,9
70,65
2,37
- 0,77 + 9,96
+ 9,96 79,96
+ 12,42 65,8
- 8,05 - 3,41
- 3,41
1,966
- 71,55
1,552
+ 0,9 + 6,31
+ 6,31
3,78
- 6,91
3,1
- 0,68 + 5,4
+ 5,4
44,74
- 34,14 40,84
3,43
- 0,87 + 10,39
+10,39 60
- 29,21 48,636
2,38
- 0,16 + 8,08
+ 8,08 126
- 0,49 111,8
- 1,67 - 0,84
- 0,84 24,2
- 1,67 23,2
+ 5,2 + 13,61
+13,61 29,55
- 37,38 23,45
- 0,84 + 1,72
+ 1,72 109,7
- 29,05 101,4
2,49
+ 3,13 + 10,95
+10,95 48,4
+ 2,77 38,44
+ 0,58 + 22,07
+22,07
5,5
- 47,47
4,145
- 4,49
- 4,49 320
+ 12,88 290
0,27
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,62
130982
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A 5,32
1668916
31/05/18 0,13 5.635.968.159
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50,66 + 0,08
50,66
50,76
50,6
+ 1,79 50,54
5,494 - 2,76 + 8,49
5,604 + 8,49
5,762
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4,874
17,82
- 1,08 + 6,64
18,17
+ 6,64 18,35
17,76
+ 41,77 16,26
4,21
12,02
0,3
18,55
3,46
4,49
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
7,99
9,07 + 13,38 + 36,8
109209
9,38
+36,8
9,38
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7,96
- 30,23
6,46
7,38
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9485
7,407 + 1,38
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GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 20.035.547.017
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32574
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CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
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SCHLUMBERGER (SLB)
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AN8068571086
USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
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STALLERGENES GREER (STAGR) A 30,1
30,3
+ 0,83 + 7,07
5426
30,7
+ 7,07 30,7
GB00BZ21RF93
19.738.742
30,1
- 12,55 27,15
US3696041033
HSBC (HSB)
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
euronext//taux&changes//matières premières
EURONEXT HORS SRD
ACTIONS
FRANÇAISES
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
FR0013341781 2CRSI
C 9,54 9,9
9,48
9,72 + 1,89
15180
C 5,35
5,53
5,18
5,38 + 1,51
38461
FR0000076887 A.S.T. GROUPEg
FR0013185857 ABEO
C 31,2
31,2
30,8
30,8 - 0,65
580
FR0000076861 ACTEOSg
C 1,825 1,825
1,78
1,78 - 3,52
1319
BE0974269012 AD CAPITAL
0,094
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C 14,25 14,25
14,25
14,25
1
FR0012821890 ADUX (EX:HI MEDIA) C 2,93
3,11
2,93
3
+ 1,35
3830
FR0004152874 ADVENISg
C 1,46
1,47
1,43
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63
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C 10,702 10,75
10,702 10,702
341
FR0000053043 ADVINI
C 27
27
25,2
25,2 - 6,67
517
FR0000044612 AFONE PART.
C 11,6
11,6
11,5
11,5
206
FR0000062804 ALPHA MOS
C 0,39 0,39
0,375
0,389- 3,47
1559
B 15,3
15,4
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1225
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FR0000039216 ALTAREIT
B436 436
436
436
- 0,46
1
FR0011051598 AMOEBAg
C 2,15
2,165
2,125
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29357
FR0013258589 ANTALIS
B 0,915 0,919 0,902
0,914- 0,11
10125
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B 49
49,5
48,7
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1550
FR0012185536 ARTEA
C 15
15
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15
- 0,66
1
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A
5000
FR0011992700 ATEME
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13,76
13,2
13,5 + 0,45
25937
FR0000061780 AUGROS CP
C 7,6
7,6
7,6
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229
FR0013183589 AURES TECH.
C 36,05 36,05 35,4
35,5 - 1,39
4340
1,47
1,495 1,45
1,46 - 0,34
19528
FR0011800218 AWOXg
FR0000064123 BACCARAT
B
200
MC0000031187 BAINS MONACO
B 47,9 48
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48
755
FR0013258399 BALYO
C 3,82
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3,72
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74979
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C
6,9
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C 29,6
29,9
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6154
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C
105
FR0011592104 BLUE SOLUTIONSg
B 16,5
16,5
16,5
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555
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A 3,45 3,49
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C 1,16
1,16
1,14
1,16
996
C 7,34
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52
FR0000078958 BUSINESS ET DEC.g
FR0010151589 CAFOM
C 6,5
6,5
6,45
6,45
216
FR0012969095 CAPELLI
34,7
37
34,7
37
+ 3,93
5420
FR0000064156 CARP.DE PARTIC.
C
45,6
FR0000072894 CASTg
C 3,91
3,98
3,9
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78
FR0000064446 CATERING INTER.g
B 10,65 10,95 10,65
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6390
FR0010193979 CBO TERRITORIAg
C 3,44 3,44
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5465
FR0000078339 CCA INTERN.
C
4,99
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B 24,7
25,1
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5584
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B 35,8 35,8
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10
FR0012633360 CELLNOVOg
C 1,34
1,34
1,29
1,29 - 3,73
71849
B 0,562 0,562 0,53
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FR0012616852 CERENISg
FR0000037475 CFI
C
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C
7,7
FR0000054322 CIBOX INTER.g
C 0,131 0,132
0,12
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FR0000060824 CLAYEUXg
C
0,234
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B 85
85
85
85
14
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C 7
7
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6,93 - 0,01
707
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C 1,53
1,635
1,53
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13739
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C 125
125
125
125 + 0,81
6
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C108,52 108,52 108,52 108,52
13
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C 127
127,1
127
127
64
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C100,7 100,72 100,7
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C 73,03 73,7
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86
86
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266
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C 83,1
83,1
83
83,1
99
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B 22,5
22,55 22,3
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2518
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C 129,42 129,42 129,4
129,4
983
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B 92,6 92,99 92,6
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1384
FR0000045346 CR RHÔNE-ALPES
C206,25 206,25 204
204
- 1,02
668
FR0000045544 CR TOULOUSE
C 115,02 116
114,64 114,78 - 0,62
1810
FR0000045304 CR TOUR. POITOU
C109,02 110,3 109
110,3 + 1,19
203
4,8
FR0000050395 CROSSWOOD
C
FR0007317813 CS-COM. ET SYST.g
C 4,4
4,63
4,4
4,6 + 4,55
2714
FR0011026749 DALETg
C 12,3
12,3
12,1
12,2 + 0,83
1000
FR0000036774 DANE-ELEC MEMORYg C
0,56
FR0010879056 DEINOVE
1,69
1,72
1,64
1,65 + 0,61
74294
FR0013283108 DELTA PLUS GROUP B 37,8 38
37,8
37,8
167
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C 0,89 0,89
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1,23
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480
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B 13,65 13,65
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13,55 - 0,73
83
FR0010099515 ECAg
FR0000072373 EGIDEg
C 1,41
1,42
1,4
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3393
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102
102
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809
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C 13,35 13,6
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2626
FR0004030708 ENCRES DUBUITg
C 5,04 5,08
5,04
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158
FR0000120669 ESSOg
B 33,2 34
32,85
34
+ 3,66
1439
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C
0,181
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6,7
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116
FR0010490920 EUROPACORPg
C 1,115 1,225
1,115
1,125+ 2,27
152113
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120
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C 821
850
821
850
- 1,16
10
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C
820
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C
5,2
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C
105
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C 0,297 0,309 0,297
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11000
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C
32,2
FR0011271600 FERMENTALGg
2,8
2,8
2,76
2,76 - 1,08
3502
FR0000062101 FERMIÈRE CANNES
B1470 1500
1470
1500
+ 2,74
18
FR0000061418 FIDUCIAL OFFICE
C 28,4 28,4
28,4
28,4
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FR0000060535 FIDUCIAL RE
B 174
174
174
174
+ 0,58
30
5450
FR0000076986 FIN. MONCEY
A
FR0000035123 FINATIS
B 39,6
39,6
39,6
39,6
12
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B 44,7 44,8
44,3
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314
FR0000065930 FONCIÈRE 7 INV.
C 1,97
1,97
1,97
1,97
250
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C 112
113
112
113 + 0,89
21
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B 29,4 29,4
29,4
29,4
2357
FR0010341032 FONCIÈRE INEA
B 40
40,2
39,4
40,1 + 0,25
418
FR0011277391 FONCIÈRE PARIS NORD C 0,032 0,033 0,032
0,033+ 2,5
26508
FR0000053944 FONCIÈRE VOLTA
C 4
4
4
4
+ 0,5
421
FR0013030152 FRANÇAISE ENERGIE C 12,85 13,1
12,8
12,8 - 0,78
1884
FR0010588079 FREY
B 27,8
27,8
27,6
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94
FR0000031973 FSDV
C 30
30
30
30
- 17,13
10
FR0000030611 GALIMMO
C 24
24
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25
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B 117,5 119
116,5
119 + 0,85
254
FR0000053035 GEA
C 85,6
87
85,6
86
+ 0,47
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FR0011799907 GENOMIC VISIONg
0,343 0,349 0,326
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FR0000061459 GÉRARD PERRIER
B 55,2
55,2
54,4
55
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C 40
41,2
40
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559
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C 25,2
25,2
25,2
25,2
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C
C 17,16 17,72
17,16
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FR0010214064 GROUPE PIZZORNO
C 15,5
15,5
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96
FR0004155000 GROUPE SFPIg
C 2,36 2,38
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2,38 + 0,85
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C 4
4,04
3,97
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3066
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C
0,23
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C 8,28 8,32
8,22
8,26 - 2,13
2238
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1489
FR0000065278 HOPSCOTCH GROUPEg C 7,2
FR0000051393 IDI
B 40,5 40,5
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40
142
C
135
FR0000030827 IGE + XAOg
FR0000033243 IMMO. DASSAULT
B 58,6 59
57,6
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1538
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C
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C
55
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C 39,1
39,5
38,95
39,1
1436
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C 4,79 4,79
4,76
4,79
1650
FR0000060451 INSTALLUX SA
C328
328
328
328
+ 1,24
25
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C
2,3
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B 6,6
6,6
6,4
6,4 - 2,44
5454
C 7,26
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312
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C 3,76
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251
FR0004026151 ITESOFTg
C 4,79 4,8
4,79
4,8
401
FR0000073843 ITS GROUPg
FR0012872141 JACQUES BOGART
C 6,18
6,18
6,02
6,02 - 2,59
264
FR0004029411 KEYRUSg
C 5,24 5,26
5,08
5,24 + 1,95
5471
FR0000039638 LA FONCIÈREVERTE C
57
FR0000066607 LACROIX SA
C 22,3
22,3
21,9
21,9 - 1,79
716
FR0000035263 LAFUMA
C
22
FR0004027068 LANSON-BCC
B 29
29
28,6
29
68
FR0006864484 LAURENT-PERRIER
B 93,8 94,2
93
94,2 + 0,21
87
C 2,04 2,04
2,04
2,04 + 11,48
500
FR0000075673 LE TANNEURg
FR0000121295 LEBON
C 137,5 139
137,5
139
+ 1,09
27
FR0004165801 LES HÔTELS DE PARIS C 2,62
2,62
2,62
2,62 - 9,03
3220
FR0004023208 LES NX CONSTR.
B 38,7
38,7
36,8
37,9 - 2,57
692
FR0000033599 LEXIBOOKg
C 0,9
0,9
0,9
0,9 + 0,9
19
FR0000121352 LOCINDUS
B 26,5 26,6
26,5
26,5
67709
FR0000030074 MALTERIES FR-B
C605 605
605
605
- 2,42
40
FR0000032302 MANUTAN INTER.g
B 63
63
62
62
- 1,27
30
FR0000051070 MAUREL & PROMG
A 3,465 3,535 3,425
3,445- 1,15
98984
FR0011742329 MCPHY ENERGYg
4,95 4,95
4,805
4,825 - 2,13
8747
FR0000061244 MECELEC
C 1,67
1,67
1,67
1,67 + 0,6
14
C 0,32 0,328 0,292
0,32 + 2,89 106891
FR0000052623 MEDASYSg
FR0000064404 MÉDIA 6
C 12,35 12,55
12,35
12,55 + 1,62
191
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0004065605
FR0010298620
FR0000077570
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0000060329
FR0010211615
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
FR0000063307
VALEUR
OUV
+HT
MEDINCELL
C 5,75
5,75
MEMSCAPg
C 2,05 2,05
MICROPOLEg
C 1,09
1,1
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 6,84 6,84
MRM
C 1,4
1,4
MUSÉE GRÉVIN
C
B 10,89 10,98
NANOBIOTIXg
NAVYA
B 1,84
1,84
NEOPOSTG
A 21,9 22,28
NEURONESg
B 19,85 19,95
NEXTSTAGE
C 88
88
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,68 0,745
OL GROUPEg
C 2,79
2,79
ORAPIg
C 6,6
6,6
ORCHESTRA-PRE.
C 0,514 0,528
OREGE
2,37
2,37
PARAGON ID
C 25,75 26,2
PAREFg
C 77
77
PASSAT
C 3,53
3,58
PATRIMOINE & COM
B 15,9
16,3
PCAS g
B 13,5
13,5
POUJOULAT
C 34
34
POXELg
C 5,2
5,28
PRECIA g
C170
171
PRISMAFLEXg
C 6,36 6,36
PRODWAYS GROUP
B 3,23
3,23
PROLOGUEg
C 0,462 0,467
PSB INDUST.
B 32,4 32,5
QUOTIUM TECH.
C
RIBERg
C 1,86
1,86
ROBERTET SA
B556
556
ROCHE BOBOIS
B 17,1
17,8
S.A.M.S.E.
B140
140
SABETON
C
SCBSMg
C 6,55 6,6
SÉCHÉ ENV.g
B 29,7
29,7
SELECTIRENTE
C 86
86
SERGEFERRARI GROUP C 5,92
5,92
SIGNAUX GIROD
C 13,3
13,35
SII
C 21
21,4
SMCP
A 16,19 16,19
SMTPCg
B 18,68 18,72
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C 16
16
SODITECH ING.
C 0,94 0,94
SOFIBUS
C180
180
SOFT COMPUTINGg C 24,4 24,4
SOGECLAIRg
C 22
22,3
SPIR COM.
C 2,61
2,61
TAYNINH
C
+BS
5,5
1,98
1,085
CLÔT ÉCART
5,7 - 1,72
1,98 - 1,49
1,1 + 1,38
VOL
1872
3007
5921
645
6,4 - 4,48
1,37 - 0,73
6,4
1,37
1777
11250
66
10,5
1,75
21,78
19,25
88
0,68
2,76
6,3
0,512
2,27
25,55
77
3,52
15,9
13,5
34
5,08
169
6,1
3,11
0,431
32
10,63 - 2,21
1,75 - 0,57
21,92 - 0,27
19,7 - 0,51
88
0,745+ 9,56
2,76 - 1,08
6,3 + 3,28
0,528+ 2,72
2,3 - 2,95
25,8 + 4,67
77
- 1,28
3,53 + 0,28
16,3 + 2,52
13,5 - 3,57
34
5,11 - 1,73
171
+ 0,59
6,32 - 0,94
3,17 - 1,09
0,431- 4,33
32
- 1,24
97963
31657
122776
3778
12
1201
8718
2715
5105
928
1416
12
1287
534
637
10
49339
17
1455
58101
153174
1394
11,2
1,8
540
15,6
138
1,852 - 0,11
544 + 0,37
17,8 + 12,66
138
- 1,43
36674
102
3090
34
21,6
6,35
28,4
86
5,54
13,15
20,9
15,678
18,5
6,35 - 2,31
28,4 - 4,38
86
5,72 - 3,38
13,15 + 1,15
21,2 + 0,47
15,902- 0,61
18,66 + 1,3
4150
4383
285
9162
453
1005
116991
1618
1,55
16
0,94
180
24,4
22
2,61
16
+ 5,26
0,94
180
24,4
22,1 + 0,46
2,61
58
85
1
200
676
200
1,36
ISIN
FR0004529147
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TESSIg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
B 160,5
C 80
C 31,2
C
C
B 39,9
+HT
160,5
80
31,2
+BS
160
78
31,2
40,1
39,2
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT ÉCART VOL
160
289
78
- 4,88
90
31,2
1
APERAM
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
- 0,25
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
735
22,5
22,5
22,2
0,528 0,528 0,52
22,2 - 0,89
0,52 - 1,52
51,6
1,88
5,1
2,8
50,2
1,84
4,95
2,8
51,6 + 1,18
1,84 - 2,13
5,04 - 1,18
2,8
5
9,1
37,4
1,82
5
- 0,38
9,4 + 0,54
38,6 + 2,25
1,82 - 2,41
4052
51
1,89
51,8
1,88
5,1
2,8
2240
228
3001
400
2,4
5,001 5,001
9,35 9,58
37,6 39
1,86
1,86
A
C
A
C
A
26,88 27,02
19,25 19,44
3,62
3,7
3,51
3,59
53,85 54,8
4,78 4,78
61,6
61,8
A 5,32
5,604
C
37,92 37,92
38,85 38,85
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
83
81,6
+ 1,97
167
59,13
19,91
C
A 125
A
C
43
125,5
124,5
124
240
+ 8,65
10
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
5412
1201
7100
5438
13983
26,3
19,02
3,6
3,51
53,3
4,78
61,4
5,27
26,62 - 0,08
19,33 + 1,47
9792
3,7 + 2,78
319
3,52 + 0,29
236
53,85
85796
4,78 + 15,46
2
61,8
5,494- 2,76 1668916
37,92
38,85
37,92 + 1,42
38,85 + 0,91
B 69
C
B
70,5
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,134
0,047
9,58
1,65
0,156
7,12
23,15
69,7
25
0,041
0,265
20,85
5,28
4,28
0,148
0,145
0,493
1,52
0,19
0,8
+HT
0,161
0,047
9,58
1,726
0,156
7,4
23,15
70,5
25,1
0,041
0,268
21,3
5,28
4,28
0,159
0,15
0,518
1,52
0,202
0,84
+BS
0,126
0,045
9,4
1,64
0,15
6,52
22,5
69
23,5
0,038
0,251
20,8
5,26
4,28
0,148
0,138
0,456
1,45
0,19
0,772
11,75
1,18
8,2
0,286
119,5
11,8
11,75
1,18
1,18
8,26
8,2
0,299 0,27
121
118,5
CLÔT ÉCART VOL
0,131+ 13,91 3456208
0,046+ 0,44 4036793
9,4 - 1,67
1185
1,714+ 2,39
49411
0,156 - 0,51
99552
6,9 - 0,72
36719
22,55 - 2,38
4851
70
2603
23,8 - 4,8
2017
0,039- 2,5 2947727
0,252- 4,74 1277307
21,3 + 2,9
15064
5,26 - 1,87
96
4,28 - 0,47
1
0,149 - 1,06 760827
0,138 - 3,5
192365
0,508+ 4,31
32219
1,498- 3,85 173062
0,193+ 3,31 676507
0,809+ 2,41
59513
73
11,75 1,18 8,24 +
0,28 118,5 -
0,42
754
0,84
4800
0,49
541
6,36 1630722
0,84
484
8,98
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
83,2
2,04
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
82
0,41
39,7
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
69
70,5 + 2,17
INVESTIR 10
113.82
87.11
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
-0,61
0,38
201
690
103
- 0,91
112
C
4,02
32,72 33,35
103
103
C
B 3,2
3,22
32,72
102
32,96 + 4,3
102
- 1,92
648
399
750
3,2
3,22 + 0,63
- 13,79
301
55
C
15,2
14,05 14,05
64
65
13,7
63,5
13,7 - 0,73
64
485
606
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1454
LIVRE STERLING
0,8721
FRANC SUISSE
1,1382
COURONNE DANOISE
7,466
COURONNE NORV.
9,6645
KUNA CROATE
7,4229
COURONNE SUEDOISE
10,3623
DOLLAR CANADIEN
1,505
YEN JAPONAIS
124,68
DOLLAR AUSTRALIEN
1,5728
ROUBLE RUSSE
74,8965
ROUPIE INDIENNE
81,265
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6545
COURONNE TCHEQUE
25,754
FORINT HONGROIS
315,895
ZLOTY POLONAIS
4,2627
LEV BULGARE
1,9559
DOLLAR HONG-KONG
8,9866
WON SUD COREEN
1274,485
PESO MEXICAIN
21,8229
REAL
4,1808
DOLLAR SINGAPOUR
1,5411
RAND SUD-AFRICAIN
15,2195
LIVRE TURQUE
5,9399
RENMIBI YUAN
7,6741
RUPIAH
16001,182
PESO PHILIPPIN
59,6964
RINGGIT MALAIS
4,6877
BATH THALANDAIS
35,7613
-0,25
-0,35
-0,27
0,01
-0,07
-0,03
-0,19
-0,34
-0,41
-0,77
-0,33
-0,39
-0,73
-0,07
0,07
-0,53
-0,01
-0,22
-0,09
-0,60
-1,20
-0,34
-0,69
-1,21
-0,55
-0,70
-0,31
-0,62
-0,34
-0,11
-3,21
1,03
-0,01
-2,46
0,05
1,16
-3,27
-1,90
-3,58
-5,75
1,68
-3,13
0,17
-1,61
-0,68
-0,29
-0,06
-0,15
-3,26
-6,18
-1,39
-8,47
-2,17
-2,65
-3,08
-0,97
-1,11
-3,36
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
31-01-2019
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1454
0,8721
1,1382
10,3623
7,466
1,2468
1,505
GBP
CHF
0,8731
1,1467
0,8785
1
1,3134
1,0062
0,7614
1
0,7661
0,9939
1,3054
1
9,0491
11,8852
9,1047
6,5188
8,5621
6,559
1,0885 142,9688 109,515
1,3141
1,7256
1,3219
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
31-01-2019
1 EURO EN DEVISE
SEK
DKK
0,0965
0,1105
0,0841
0,1098
1
0,7205
12,0291
0,1452
0,1339
0,1534
0,1168
0,1525
1,3879
1
0,167
20,1542
JPY (100)
CAD
0,8021
0,9187
0,6995
0,9131
0,0831
5,9888
1
1,2071
0,6645
0,761
0,5795
0,7565
6,8875
4,9618
0,8284
1
31-01-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,24/-0,54 -0,15/-0,45 -0,13/-0,43-0,04/-0,34
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
31-01-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,21
PORTUGAL
-0,21
FRANCE
0,01
ESPAGNE
-0,03
ITALIE
-0,18
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,57
0,38
0,09
0,27
0,80
-0,31
0,63
0,24
0,41
1,40
-0,08
1,03
0,31
0,70
2,03
0,13
1,40
0,43
1,06
2,37
EUROMTS
INDICE
VAR %
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
248,32
171,38
238,81
291,98
345,93
357,70
237,87
0.32
0.43
0.15
0.30
0.59
0.70
0.20
31/12 VAR %
245,87
171,32
236,50
287,33
337,19
346,89
235,28
0.67
1.75
0.82
1.20
1.99
2.40
0.90
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1453
1,1453
0,8719
0,8722
1,1382
1,1383
10,3634
10,3645
7,4647
7,4672
124,6600
124,7000
1,5045
1,5055
-0,0059
-0,0061
-0,0038
-0,0039
-0,0008
-0,0013
0,0029
-0,0011
0,0009
0,0026
-0,2706
-0,2746
-0,0069
-0,0064
-0,0122
-0,0124
-0,0036
-0,0059
-0,0001
-0,0005
-0,0006
-0,0055
0,0037
0,0051
-0,2878
-0,2948
-0,0128
-0,0124
-0,0212
-0,0214
-0,0087
-0,0089
0,0012
0,0006
-0,0064
-0,0107
0,0078
0,0080
-0,3145
-0,3315
-0,0215
-0,0213
-0,0396
-0,0399
-0,0150
-0,0153
0,0035
0,0028
-0,0230
-0,0291
0,0144
0,0127
-0,3103
-0,3523
-0,0401
-0,0401
31-01-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.36 %
fOnds federaux
2.50 %
2 ans
2.62 %
10 ans
2.78 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.50 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.00 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,54
-0,54
-0,54
-0,55
-0,54
-0,46
-0,06
0,61
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
TME
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
24-12
26-12
27-12
28-12
31-12
02-01
03-01
04-01
07-01
08-01
09-01
10-01
11-01
14-01
15-01
16-01
17-01
18-01
21-01
22-01
23-01
24-01
25-01
28-01
29-01
30-01
31-01
0,72
0,72
0,72
0,73
0,73
0,73
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,67
0,67
0,67
0,67
0,67
0,65
0,65
0,65
0,65
0,65
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
-0,374
-0,369
-0,369
-0,369
-0,355
-0,356
-0,356
-0,368
-0,365
-0,365
-0,365
-0,362
-0,365
-0,366
-0,366
-0,366
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,369
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,369
-0,366
-0,365
-0,365
-0,364
-0,364
-0,363
-0,362
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,364
-0,365
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,31
-0,309
-0,309
-0,309
-0,31
-0,309
-0,31
-0,309
-0,309
-0,31
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,306
-0,307
-0,307
-0,306
-0,308
0,68
0,68
0,68
0,69
0,69
0,64
0,65
0,66
0,69
0,73
0,74
0,68
0,65
0,63
0,61
0,62
0,62
0,65
0,63
0,64
0,63
0,60
0,57
0,59
0,60
0,59
0,56
THOR.
PUB.
PRIV.
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,92
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
31/01
30/01
COURS PRIME PREC.
LINGOT
37380
0
36830
10 FLORINS
227
0,38
227
5 DOLLARS*
335
19,18
330
10 DOLLARS
655
16,51
650
20 DOLLARS
1280
13,8
1280
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1402
0,02
1400
LATINE
222
2,29
220
NAPOLEON
223,8
3,12
224,9
1/2 NAPOLEON* 125,7
15,84
125,7
SOUVERAIN ELI I* 290
5,99
288
SOUVERAIN
280
2,33
285
1/2 SOUVERAIN* 145
5,99
145
SUISSE
221,9
2,24
221,9
TUNISIENNE*
217
-0,01
215
MARK*
282
5,37
278
KRUGERRAND
1223
5,19
1210
LINGOTIN 500GRS 19160
2,51
18500
LINGOTIN 250GRS 9580
2,51
9300
LINGOTIN 100GRS 3755
0,45
3790
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
539,75
537,05
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
38 279
37 804
FIX2
38 614
37 838
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 889
22 953
FIX2
22 973
22 860
LONDON BULLION MARKET
31/01
30/01
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 614
1 588
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 323
1 311
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 380
1 344
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
821
812
SETTLEMENT
31/01
MARS 19
16,07
MAI 19
16,17
JUIL. 19
16,26
SEPT. 19
16,35
DÉC. 19
16,47
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
30/01
16,08
16,18
16,25
16,21
16,48
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
31/01
817,9
820,7
823,6
829,8
835,4
30/01
1322,1
1325
1331,2
1336,7
1349,8
SETTLEMENT
30/01
812
817,6
819,2
823,8
828,2
633,41 DEPUIS LE 31/01
BASE CUIVRE
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 537,28 DEPUIS LE 31/01
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
546,02 DEPUIS LE 31/01
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
589,71 DEPUIS LE 31/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
730,71 DEPUIS LE 31/01
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
698,28 DEPUIS LE 31/01
LONDON METAL EXCHANGE
31/01
30/01
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1465-1470
1490-1510
9660
1465-1470
1470-1480
9660
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1870,5-1871
1889-1890
1289775
1852-1853
1875-1875,5
1296125
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
6076-6077
6095-6096
149100
CASH
3 MOIS
VOL.
20800-20805
20675-20700
1845
6006-6007
6027-6029
147600
20840-20850
20705-20710
1870
12240-12245
12300-12325
202032
11880-11885
11960-11970
203058
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
2065-2066
2081,5-2082
76750
2075-2075,5
2086-2088
78125
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2672-2673
2667,5-2668
113975
2679-2680
2677-2678
114650
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
JUIN 19
31/01
2,78
2,78
2,79
2,8
30/01
2,78
2,77
2,78
2,73
VOL
244
57378
182
20
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
31/01
20850
30/01
20750
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
7950
7950
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
25,5
25,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,95
6,95
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
27,25
27,25
GERMANIUM (PAR KG)
1350
1350
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1910
1910
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
31/01
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
30/01
ÉLECTRICITÉ
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT
31/01
MARS 19
1322,5
AVR. 19
1325,8
JUIN 19
1332,1
AOUT 19
1338
DÉC. 19
1350,2
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
CATHODES : 5541 A COMPTER DU 31/01/
31/01
VOL
31/01
BASE MAR 19 55,07
BASE JUN 19 52,23
POINTE MAR 19 59,06
POINTE MAY 19 57,02
CLÔTURE
30/01
40,69
46,28
CLÔTURE
VOL
364004
192492
VOL
30/01
55,07
52,23
59,06
57,02
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
547
London Daily Price:
403,5
378,5
399,5
374,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
63,45
72,52
444,5
412,5
60,25
69,83
443,5
411,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
CLÔTURE
31/01
55,45
55,78
55,8
55,9
56,03
30/01
54,48
54,73
55
55,25
55,4
VOL
30/01
29,25
29,35
29,45
CLÔTURE
31/01
2,82
2,78
2,78
30/01
2,87
2,81
2,82
VOL
VOL
309
29
24
VOL
31/01
12,76
12,83
13,02
13,36
14,11
30/01
12,53
12,65
12,86
13,24
13,98
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
31/01
FEV 2018 21,1
MARS 2019 20,86
AVR 2019 20,8
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
31/01
30/01
MARS 19 1573
1581
MAI 19
1590
1596
JUIL. 19
1601
1608
SEPT. 19
1613
1619
DÉC. 19
1621
1626
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
8316
7996
5540
3435
3290
30/01
2174
2209
2252
2269
2345
VOL
14286
12599
2292
1213
5
VOL
31/01
30/01
MARS 19 1547
1527
6362
MAI 19
1568
1549
4074
JUIL. 19
1587
1565
800
SEPT. 19
1601
1582
209
NOV. 19
1619
1601
93
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
11005
1672
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
31/01
105,8
108,9
114,45
118,3
30/01
102,05
105,2
110,8
114,75
VOL
23236
10046
1436
800
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
31/01
416,5
420
420,1
30/01
416,5
420
420,1
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
31/01
30/01
112,45
115,7
385
346
38
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
31/01
30/01
MARS 19 377,5
381,25
MAI 19
386
389,5
JUIL. 19
394
397,5
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
75337
15639
18534
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
31/01
30/01
MARS 19 10,63
10,63
MAI 19
10,87
10,84
JUIL. 19
10,99
11,01
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
142
61
8
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
219
80
8
SETTLEMENT SETTLEMENT
31/01
165,75
172
173,2
VOL
30/01
172
172
179
76
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
152.1
LE 30/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.2615
LE 30/01//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.42375
LE 30/01//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.5745
LE 30/01//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
31/01
RJ CRB
BOIS
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
VOL
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
123
1
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
VOL
31/01
30/01
MARS 19 178
178,5
JUIN 19
181,25
181,75
AOUT 19 183,5
184,25
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
30/01
74,44
77,03
74,96
31/01
2169
2212
2255
2274
2298
SETTLEMENT SETTLEMENT
CAFÉ
30/01
21,33
21,28
21,25
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
VOL
31/01
30/01
MARS 19 516,25
516,75
MAI 19
521,13
522,5
SEPT. 19
620
536,75
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 100.9
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
COTON
31/01
74,37
77,01
75,07
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
31/01
30/01
MARS 19 204,5
205,75
16144
MAI 19
205,75
206,75
10922
SEPT. 19
186,25
187,75
4911
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
INDICE COTLOOK A : 83,55, LE 31/01//19
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
44240
27523
12006
7142
4672
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
31/01
30/01
MARS 19 283,25
283,25
MAI 19
285
284,5
JUIL. 19
284,25
285
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
30/01
20,94
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
CLÔTURE
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
MARS 19
AVR. 19
MAI 19
VOL
4263
4765
933
409
315
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 29/01/
Prix indicatif : 2154,16
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
GAZ NATUREL
CLÔTURE
31/01
30/01
FÉV. 19
584,25
578,75
38014
MARS 19 582,25
578
81111
AVR. 19
580,75
577,5
53150
MAI 19
579,75
577,25
23893
JUIL. 19
582,5
579,75
6226
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
31/01
29,25
29,35
29,45
CLÔTURE
CACAO
SETTLEMENT SETTLEMENT
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
CLÔTURE
31/01
30/01
MARS 19 341,8
339,1
MAI 19
353,1
349,8
AOUT 19 359,5
355,6
OCT. 19
363,3
360
DÉC. 19
369,8
366,4
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
31/01
NORD DA 20,9
31/01
30/01
JOUR
62,17
61,65
AVR. 19
62,16
61,54
205822
MAI 19
62,23
61,63
57337
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
CLÔTURE
30/01
22,43
URANIUM
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
CLÔTURE
31/01
22,3
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
547,5
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
SPOT
CÉRÉALES
12,78 cts/lb
VOL
112.45
188,4
30/01
187,02
REUTERS COM. 2390,35
2375,32
MOODYS COM. 5847,88
5833,18
OR INDUSTRIEL 37198
37198
2931,7
2896
LMEX
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
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Mirabaud Asset Management
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www.mirabaud.com
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34, avenue de Messine 75008 Paris
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LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
242,96 30/01
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
680,37 30/01
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
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HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
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MONT. DATE
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VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
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CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
sicav//fcp
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
335,71 30/01
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
550,12 30/01
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
554,69 30/01
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
242,2
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
371,93 31/01
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
99,49 30/01
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
517,05 30/01
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
170,43 30/01
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
LU0188501257 PICTET-HEALTH
265,94 30/01
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
417,07 30/01
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
98,32 30/01
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
483,03 30/01
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
120,68 30/01
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
148,07 30/01
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
118,56 30/01
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92,61 30/01
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SYNCHRONY (LU)
30/01
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14149,64 30/01
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133,14 30/01
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DERNIER
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EN EUROS**
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DATE
61,46 30/01
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LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
163,61 31/01
LU0104884860 PICTET-WATER
292,89 30/01
98,42 30/01
102,48 30/01
144,85 30/01
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
par Florian Dèbes
avec Laurance N’Kaoua
Jérôme Domine
Pierre
Nanterme,
le patron
d’Accenture
est mort
Il y a encore quelques mois, le regard vif et le
sourire facile, il encourageait ses interlocuteurs à lire l’une de ses bibles du moment,
« L’Avantage de l’attaquant », du gourou du
management Ram Charan. Mais c’est en se
défendant contre un cancer que Pierre Nanterme, premier Européen patron du géant
Accenture, est décédé ce jeudi 31 janvier. Il
n’avait pas 60 ans.
Sa santé l’avait contraint à quitter son poste
de numéro un le 11 janvier dernier. Mais son
compte LinkedIn, où il écrivait régulièrement,
indiquait qu’il officiait en tant que conseiller
du directeur général par intérim, l’Américain
David Rowland.
Féru de stratégie d’entreprise, admirateur
de Churchill et de Napoléon, Pierre Nanterme
est aujourd’hui salué par son entreprise pour
avoir considérablement transformé le plus
grand cabinet de conseil et de technologies au
monde, embarquant avec lui 469.000 collaborateurs répartis dans 120 pays.
De ce paquebot, le Français était devenu
directeur général en 2011 et PDG en 2013. Sous
la gouverne de ce patron, qui a su anticiper que
ses clients associeraient simultanément stratégie et équipements technologiques, Accen-
ENTREPRISES
C&A
Damien Defforey
prend, ce vendredi,
la tête de C&A France.
Damien Defforey, 47 ans, est titulaire d’un master en gestion des
entreprises agroalimentaires de
l’Essec Igia, ainsi que d’un MBA de
l’IMD Business School de Lausanne. En 1997, il a débuté chez
Carrefour où il a notamment
assuré la direction des achats texti-
ture aura vu son revenu annuel augmenter de
55 % (de 25,5 milliards de dollars à 39,6 milliards de dollars). Quant à sa capitalisation
boursière, elle a triplé, pour atteindre 100 milliards de dollars.
Un sacré destin pour ce fils d’un cadre commercial et d’une commerçante dans le textile,
cadet de trois enfants, qui, jeune, se voyait plutôt devenir expert-comptable.
Un Lyonnais « monté » à Paris
Après des études à l’Essec, le jeune homme discret entre en 1983 à Lyon chez Arthur Andersen, dont la branche consulting deviendra
Accenture. A l’époque, rapporte le magazine
« Challenges », son premier patron lui inculque
les rudiments du métier : « Si tu ne vends rien, il
va t’arriver quelque chose de terrible : rien. »
Cela ne fut jamais le cas. Spécialiste de la
banque et de l’assurance, ce fan d’Ayrton
Senna a gravi les échelons à la vitesse de
l’éclair : il devient partner en 1993, président
d’Accenture France et Benelux en 2005, et
prend, quelques mois plus tard, des responsabilités globales dans cette entreprise tellement
mondialisée qu’elle refuse de se déterminer un
quartier général.
les de 2007 à 2010. Cofondateur de
Carel Fashion Polska Sp z.o.o, il a
pris, en parallèle, la direction générale d’un grossiste français dans le
secteur de l’art de la table. En 2014,
il a intégré Primark, dont il était
dernièrement le PDG pour l’Italie.
UPS
Philippe Gilbert
devient président de la division
supply chain solutions, membre
du comité de direction d’UPS.
Philippe Gilbert, 54 ans, diplômé
« Pierre n’était pas favori pour devenir
PDG, mais son esprit de synthèse à la française et un plan en trois parties ont convaincu
le conseil d’administration, qui avait jusqu’ici
toujours confié les rênes à des Américains »,
se souvient un proche collaborateur.
Tout en pilotant le groupe depuis Paris via
une impressionnante salle de visioconférence,
voire en projetant son hologramme à l’autre
bout du monde, ce dirigeant ultra-connecté
lance Accenture dans une campagne d’acquisitions ciblées, afin que ses consultants
apprennent à connaître les technologies d’avenir. Sur les cinq dernières années, le cabinet a
réalisé plus de 100 acquisitions.
Mais Pierre Nanterme s’impliquait aussi en
dehors de ses murs, au Syntec ou au Medef,
qui, jeudi, ont fait part de leur « très grande tristesse » après sa disparition.
Très attaché à ses racines lyonnaises, ce
grand voyageur conservait un plan de la capitale des Gaules sur les murs de son bureau
parisien. Le week-end, il se passionnait pour le
blues de Buddy Guy et les bandes dessinées.
« Je suis le chercheur d’or dans “Lucky Luke”, je
creuse et je cherche les pépites ! » avait-il déclaré
en souriant lors d’un entretien aux « Echos »
en septembre dernier.
La maladie, diagnostiquée en 2016, aura
finalement eu raison de ce manager humble,
parfois aperçu buvant son café et lisant un
journal au milieu de salariés. A Paris, les collaborateurs se disaient fiers de celui qui, pour
les convaincre, n’hésitait pas à puiser dans
son vécu. Il leur prodiguait par exemple des
conseils de management tirés de son année
de service militaire auprès des chasseurs
alpins.
L’un des derniers faits d’armes de ce père
d’une grande fille ? Avoir fixé à Accenture
l’ambition d’accueillir autant de femmes que
d’hommes en 2025. Ce n’est pas rien quand,
en toute discrétion, il dirigeait l’une des plus
grandes entreprises du monde par le nombre de salariés. n
en finance de l’Institut supérieur
de gestion (ISG) à Paris, a d’abord
travaillé chez Saga SA, Circle
International et Eagle Global
Logistics (EGL). A partir de 2005,
il a assumé la fonction de viceprésident exécutif de Geodis Wilson. Depuis 2013, il officiait chez
DB Schenker. Il était président-directeur général pour l’Europe
occidentale de cette entreprise
j u s q u’e n 2 0 1 5 , a v a n t d ’ê t r e
nommé président-directeur
général régional des Amériques
(à Miami).
ICADE
Bertrand Geloen
est nommé directeur maîtrise
d’ouvrage. Il sera membre
du comité exécutif, chargé
de la foncière tertiaire
et membre du comité
de coordination d’Icade.
Bertrand Geloen, 48 ans, ancien
élève de l’Ecole Centrale de Marseille, a d’abord travaillé pour
Cedege Ingénierie, puis Oger International. En 2003, il a rejoint Vinci
Immobilier pour y être responsa-
ble de programmes, puis directeur
au sein du département bureaux
en 2006. Nommé directeur de programmes au département commerces en 2008, il était directeur
opérationnel en charge de grands
projets mixtes depuis 2015.
DISPARITION
Georges Sarre
Jacques Demarthon/AFP
DISPARITION
VACANCESELECT
Nicolas Chandou
devient directeur financier
groupe, membre du directoire.
Nicolas Chandou, 41 ans, titulaire
d’un DESS en finance d’entreprise
et ingénierie financière de l’université Paris-Dauphine a assumé
différentes fonctions dans les
métiers de la finance, du conseil
en financement et des opérations
de fusion-acquisition chez Hawkpoint Partners, Bank of America
et Lehman Brothers, en France,
en Angleterre et aux Etats-Unis.
Préalablement, il fut group CFO
de Foncia.
ILS SONT NÉS
UN 1ER FEVRIER
Ibrahim Aboubacar,
député de Mayotte, 54 ans.
Vladimir Aksionov,
cosmonaute, 84 ans.
Marilou Berry,
comédienne, 36 ans.
Yannick Bolloré,
PDG d’Havas, 39 ans.
Barbara Bui, styliste, 63 ans.
Jean-Pierre Cointreau,
président du groupe
Renaud-Cointreau, 67 ans.
Pascal Faure,
directeur général de l’INPI,
56 ans.
Olivier Gélis,
directeur général
de Robert Half France, 56 ans.
Stéphanie Marie Élisabeth
Grimaldi,
princesse de Monaco, 54 ans.
Gilbert Gruss,
directeur général du cirque
Arlette Gruss, 58 ans.
Hervé de la Martinière,
éditeur, 72 ans.
Jean-Marie Périer,
cinéaste, 79 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
Il était une figure de la gauche française. Et c’est à Georges Sarre, ancien secrétaire
d'Etat socialiste aux Transports, que l’on doit, dès 1989,
le permis à points. L’élu, qui
a participé à la création du
Parti socialiste en 1971 sous
l’égide de François Mitterrand, s’est éteint jeudi. Il
avait 83 ans. Ce fils d’un
fonctionnaire, né dans la
Creuse, fait ses premiers pas
professionnels aux PTT,
ancêtre de La Poste. Très
vite, il milite au syndicat
Force ouvrière et à la SFIO,
ancêtre du PS. « Il partie des
rares hommes dont on peut
dire qu'ils ont permis, par
leur action personnelle […]
l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 », a tweeté JeanPierre Chevènement, fidèle
compagnon de route. Elu
député de Paris dès 1981,
Georges Sarre est resté
secrétaire d'Etat aux Transports routiers et fluviaux de
1988 à 1993, dans les gouvernements de Michel Rocard,
d’Edith Cresson et de Pierre
Bérégovoy. Il fait alors de la
sécurité routière son cheval
de bataille, jusqu’à faire
voter le permis à points
entré en vigueur en 1992.
Mais en désaccord avec le PS
dont il dénonce la dérive
libérale, il lance avec JeanPierre Chevènement le
Mouvement des Citoyens,
qu’il préside dès 2001. Ce
père de deux garçons sera
aussi 13 ans maire du
11e arrondissement de Paris,
puis adjoint au maire de la
capitale jusqu’en 2010.
— L .N’K (avec AFP)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 1ER ET SAMEDI 2 FÉVRIER 2019
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
INVESTISSEMENT // La nouvelle réduction d’impôts « Denormandie » vise à encourager les propriétaires bailleurs
à rénover des logements anciens dans le centre des villes moyennes. Rentable ? Trop risqué ? Où investir ?
Immobilier : faut-il investir
dans le dispositif Denormandie ?
Hélène Dupuy
@helenedupuycp
n France, il y aurait près de
3 millions de logements
vacants. 15 % d’entre eux
seraient menacés de vétusté, voire
dangereux », selon les chiffres du
ministère du Logement. Encourager les propriétaires à les rénover,
les louer à bas prix et les remettre
ainsi sur le marché, moyennant un
avantage fiscal… Voilà en quoi consiste le nouveau dispositif « Denormandie », du nom du ministre du
Logement qui porte la loi. Il est
entré en vigueur le 1er janvier pour
une durée de deux ans.
E
Réduction d’impôts
Pour bénéficier de ce nouvel avantage fiscal, un certain nombre de
conditions doivent être respectées.
Concrètement, l’investisseur ayant
acheté un logement ancien devra
réaliser un montant de travaux de
rénovation représentant 25 % du
total de l’opération (dans la limite de
300.000 euros et de 2 opérations par
an). Les bailleurs pourront déduire
de leurs impôts sur le revenu 12 %,
18 % ou 21 % de leur investissement
(prix d’achat + frais de notaire + travaux), selon qu’ils loueront leur
bien pendant 6, 9 ou 12 ans.
Ainsi, pour un immeuble ou
appartement dont le prix de revient
est de 300.000 euros, la réduction
d’impôt pourra atteindre
63.000 euros répartis sur 12 ans.
Ensuite, pour être éligible, il faut que
le logement se situe dans le centreville d’une des 222 communes qui
ont signé des conventions dites
« Action Cœur de Ville », ainsi que
dans les communes signataires
d’une opération de revitalisation du
territoire, introduit par la loi Elan. Il
s’agit en grande majorité de villes
moyennes en zone détendue, allant
de préfectures (Limoges, Troyes,
Chartres, Périgueux, Alençon, Niort,
Quimper) à des communes de
moins de 20.000 habitants (Brignoles, Issoire, Issoudun, Pontivy,
Pamiers).
Tout comme le dispositif Pinel, le
« Denormandie » imposera au propriétaire bailleur de respecter des
plafonds de loyers (qui sont pour
l’instant les mêmes que ceux du
Pinel). Et les locataires ne devront
pas dépasser un certain montant de
ressources. Autre condition : le logement devra être la résidence principale du locataire, qui pourra être un
ascendant ou descendant de l’investisseur. Deux décrets doivent paraître prochainement qui définiront le
secteur précis des cœurs de ville à
une rue près et la liste des travaux
pris en compte dans le cadre de la
rénovation. Et notamment, si les travaux seront ou non conditionnés à
un objectif final de rénovation énergétique.
Dans quelles villes
investir ?
Parmi les 222 villes éligibles, celles
où il est intéressant d’investir doivent proposer une rentabilité locative acceptable. Mais il faut également que la demande locative
existe et que l’agglomération présente un bon potentiel de valorisation dans le temps. Ces deux derniers critères ne doivent en aucun
cas être sous-estimés, au risque
pour le bailleur de ne pas réussir à
louer son bien (et donc ne pas percevoir de loyer mais aussi ne pas
bénéficier de l’avantage fiscal).
L’autre danger serait que le parc
immobilier de la ville se dévalue au
fil des ans, faisant perdre à l’investisseur tout espoir de réaliser une plusvalue à la revente. « Prudence ! Seule
une trentaine de villes sur les 222 sont
réellement de bons placements »,
alerte Thibault du Réau, avocat associé chez Rivière Avocats Associés,
spécialisé dans l’immobilier avec
effet de levier fiscal. Pour déterminer
les villes les plus intéressantes, nous
les avons classées avec le site d’évaluation immobilière Meilleurs
Agents en attribuant à chacune
d’entre elles un score pour les critères essentiels : le rendement locatif
brut, le risque de vacance locative et
le potentiel de valorisation de la ville.
En couplant ces trois indicateurs,
20 communes sortent du lot : Limoges, Corbeil-Essonnes, Sarrebourg,
Melun, Bastia, Besançon, Vesoul,
M a r m a n d e , C o g n a c , To u l ,
Angoulême, Chalon-sur-Saône,
Mulhouse, Belfort, Evreux, Sarreguemines, Saint-Michel-sur-Orge,
Ajaccio, Boulogne-sur-Mer, Arpa-
jon. Attention, nous avons choisi de
calculer la rentabilité locative brute
des villes en fonction du loyer constaté dans la ville (loyer médian
MeilleursAgents) et non du plafond
de loyer « Denormandie », bien
supérieur dans la très grande majorité des communes. Les rentabilités
obtenues sont donc beaucoup plus
faibles, mais réalistes. Ce qui est fondamental, puisqu’un bailleur qui
fixerait un loyer bien au-dessus des
standards de la ville aurait de faibles
chances de trouver un locataire.
Les précautions à prendre
Autre critère à regarder de près : la
politique de la ville et la volonté du
maire d’aller chercher des subventions d’aide à la rénovation auprès
d’organismes comme l’Agence
L'APPARTEMENT DE LA SEMAINE
nationale de l’habitat (Anah). « La
ville de Mulhouse par exemple [dans
le Top 20 ,NDLR], mais aussi Brivela-Gaillarde ou Tulle sont très actives
à cet égard et peuvent donc faire bénéficier aux particuliers qui rénovent
de subventions, de services d’aide
pour trouver un locataire, etc. »,
explique Thibault du Réau.
Mais il faut encore garder une certaine prudence face à ce Top 20.
Dans un certain nombre des villes,
les prix ont dégringolé depuis 10 ans.
C’est le cas à Corbeil-Essonnes
(–23,1 %), Mulhouse (–22,1 %), Limoges (–12,3 %), Besançon (–12,2 %),
Saint-Michel-Sur-Orge (–11,8 %),
Melun (–10,9 %). Autre risque à relever : « Dans quantité de ces villes où
l’immobilier est accessible, presque
tout le monde est propriétaire. Ceux
qui sont locataires ne sont donc pas
toujours les plus fiables financièrement », prévient Guillaume Fonteneau, conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Et au-delà de la
ville, il faut faire très attention au
choix de l’immeuble – pas trop
dégradé – et du quartier. En tout cas,
certaines villes sont à éviter absolument. Il s’agit de celles qui présentent une vacance locative importante ou un potentiel de valorisation
nul ou négatif. Attention, car ce sont
souvent ces mêmes villes qui présentent une rentabilité élevée, puisque les prix sont très bas.
a
Plus d’information sur
lesechos.fr/patrimoine
CRÉDIT IMMOBILIER
SUR
LE WEB
LOCATION
•Dans
la majorité des
grandes villes françaises, les loyers s’enchérissent à mesure qu’on
se rapproche du centre-ville. Mais certaines suivent la tendance inverse… Lesquelles et pourquoi ?
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Seuls les revenus
courants bénéficient
du crédit d’impôt. Lors
de leur déclaration
de revenus, les
contribuables devront
donc montrer patte
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La période bénie du crédit
immobilier bon marché
n’est pas finie. Alors que leur
remontée est attendue pour
2019, les taux restent globalement stables à la mi-jan-
vier. Une stabilité que
la Banque centrale européenne entretient en laissant ses taux directeurs
inchangés. Si le spectre
d’une hausse s’éloigne
à court terme, « les prévisions de croissance à la baisse
dans la zone euro » entraî-
neraient, selon Jérôme
Robin, président de Vousfinancer.com, « une poursuite sur un horizon plus
long de la politique accommodante de la BCE ».
Ce qui permettra
de continuer à emprunter
à très bon compte.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // PATRIMOINE
PLACEMENT
–9,09 %
FONDS FRANCE PETITES
& MOYENNES CAP.
Le baromètre
des fonds
capitalisations françaises. Elles
perdent 9,09 % sur les trois derniers mois malgré un rebond de
3,88% depuis le 1er janvier.
Si le CAC 40 a déçu les investisseurs en 2018, que dire des fonds
dédiés aux petites et moyennes
+10,02 %
FONDS ACTIONS CHINE
Après une année 2018 difficile,
les fonds actions dédiés à la Chine reprennent du poil de la bête. Sur les trois derniers mois,
les valeurs chinoises ont progressé de 7,57 %. Mais pas encore de quoi rattraper leur chute
de 13,53 % en un an .
Morningstar au 30/1/2019
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019 Les Echos
Destiné à favoriser l’investissement en actions européennes, le plan d’épargne en actions ou PEA offre un cadre
fiscal avantageux. Mais plusieurs changements sont intervenus depuis la création de sa version initiale en 1992.
Comment optimiser votre PEA
Sortie
en rente viagère
ffrir un cadre fiscal privilégié pour un investissement
en actions, l’idée était simple. Elle se traduit aujourd’hui par
un imbroglio de prélèvements fiscaux et sociaux qui nuisent à la lisibilité des contrats. En outre, le PEA
se décline désormais en deux versions, avec le PEA PME destiné aux
actions de PME et d’entreprises de
taille intermédiaire et bientôt trois
avec le futur PEA jeunes.
O
1
QUI PEUT OUVRIR
UN PLAN ?
Son ouverture est réservée aux particuliers fiscalement domiciliés en
France. Mais, en cas d’expatriation,
il est désormais possible de conserver son plan et de continuer à profiter des avantages fiscaux qui y sont
associés. Une exception, toutefois :
en cas de transfert du domicile fiscal vers un « Etat non coopératif »,
le plan est automatiquement clos et
le gain réalisé depuis son ouverture
est imposable si le plan est ouvert
depuis moins de cinq ans et supporte les prélèvements sociaux,
quelle que soit l’ancienneté du plan.
Au sein d’un même foyer fiscal,
chaque conjoint ou partenaire de
pacs peut ouvrir un PEA et un PEA
PME à son nom. Rien ne vous interdit d’ouvrir un PEA PME si vous
n’avez pas de PEA et inversement. Et
rien ne vous oblige à ouvrir les deux
plans dans la même banque, surtout si vous trouvez que les frais prélevés par votre établissement actuel
sont trop élevés.
2
En cas de sortie en rente
viagère, 8 ans ou plus
après l’ouverture du plan,
les arrérages de la rente
sont exonérés d’impôt sur
le revenu mais supportent
les prélèvements sociaux
(17,2 %), sur une fraction
seulement de leur montant : 40 % pour une sortie
en rente entre
60 et 69 ans, 30 %
à partir de 70 ans.
À QUI EST DESTINÉ
LE PEA JEUNES ?
En l’état actuel des textes, l’ouverture d’un PEA ou PEA PME au nom
d’un enfant mineur ou d’un enfant
majeur rattaché au foyer fiscal de
ses parents n’est pas autorisée.
« Mais les choses devraient changer
prochainement avec la loi Pacte et la
création du PEA jeunes. Ce PEA sera
réservé aux jeunes de 18 à 25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs
parents. Le plafond des versements
autorisés sur le PEA jeunes qui
devrait être fixé à 25.000 euros
s’imputera sur celui des parents, qui
devront donc limiter leurs propres
versements », prévient Florent
qui pèsent sur le PEA pour le rendre
plus attractif. Les retraits entre 5 et
8 ans n’entraîneraient plus la clôture
du plan, mais empêcheraient seulement de nouveaux versements. Et les
retraits après 8 ans n’empêcheraient
plus d’alimenter le PEA par la suite »,
explique Florent Ruault.
Ruault, avocat chez CMS Francis
Lefebvre Avocats.
Ainsi que l’avaient précisé les
auteurs de l’amendement introduisant le PEA jeunes, il ne s’agit pas de
créer une nouvelle niche fiscale
pour les parents, mais uniquement
de permettre aux jeunes de se familiariser avec la gestion d’un portefeuille d’actions.
3
QUID DES PLAFONDS
DE VERSEMENT ?
Ces plans ne peuvent être alimentés
que par des versements en numéraire. Vous ne pouvez pas y transférer des titres que vous détenez déjà
sur un compte titres. Les versements sont actuellement plafonnés
à 150.000 euros pour un PEA classique et à 75.000 euros pour un PEA
PME.
Pour relancer le PEA PME, qui n’a
pas rencontré le succès escompté,
le projet de loi Pacte prévoit de porter le plafond des versements sur le
PEA PME à 225.000 euros, mais
sous déduction des versements
effectués sur un PEA. En définitive,
le total des versements autorisés
sur ces plans resterait donc pla-
fonné à 225.000 euros pour un célibataire et à 450.000 euros pour un
couple soumis à une imposition
commune, y compris en cas
d’ouverture d’un ou de plusieurs
PEA jeunes.
4
QUEL EST LE RÉGIME
FISCAL ?
Le régime fiscal est le même pour
les trois plans. A condition de
n’effectuer aucun retrait avant
5 ans, les dividendes ainsi que les
plus-values procurées par les placements effectués dans le cadre du
plan sont exonérés d’impôt sur le
revenu et échappent, pour ceux qui
y sont assujettis, à la contribution
exceptionnelle sur les hauts revenus.
En contrepartie de cette exonération, il n’est pas possible d’imputer
les moins-values subies au titre
d’une année dans le cadre d’un PEA
sur des plus-values réalisées au
cours de la même année hors PEA.
Ce n’est que lors de la clôture du
plan que les pertes peuvent être
imputées sur des plus-values réalisées hors plan au cours de la même
année ou des dix années suivantes,
à condition que tous les titres détenus dans le PEA aient été vendus.
Par exception à ce principe, les
dividendes procurés par des placements en parts ou actions de sociétés non cotées – à l’exception des
titres négociés sur un marché non
réglementé mais organisé, comme
Euronext Growth – ne bénéficient
de l’exonération d’impôt sur le
revenu qu’à hauteur de 10 % du
montant de ces placements (les
plus-values ne sont pas soumises à
ce plafonnement). La fraction supérieure est imposable et soumise au
prélèvement forfaitaire unique,
sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
5
QU’EST-CE QUI
CHANGE EN 2019 ?
Tout retrait avant le 5e anniversaire
du plan entraîne la remise en cause
de ces avantages. La totalité des
gains réalisés depuis l’ouverture du
plan, calculés par différence entre
la valeur liquidative du plan à date
du retrait et le montant total des
versements, est alors imposable.
Mais alors que ces gains étaient
jusqu’à présent taxés à un taux for-
faitaire particulièrement dissuasif
de 39,7 % et 36,2 % compte tenu des
prélèvements sociaux, la loi de
finances pour 2019 vient de changer
la donne. « Les gains constatés lors
d’un retrait intervenant avant le
5 e anniversaire du plan entrent
désormais dans le champ du PFU,
sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Ces nouvelles règles s’appliquent aux retraits
effectués à compter du 1er janvier
2019 », précise Mathieu Le Tacon,
avocat associé chez Delsol Avocats.
Que le retrait intervienne avant 2
ans ou entre 2 et 5 ans, l’imposition
est donc de 30 %, comme sur un
compte titres ordinaire ou sur un
contrat d’assurance-vie de moins
de 8 ans.
Après 5 ans, un retrait ou la clôture du plan n’entraîne plus de taxation au titre de l’impôt sur le revenu.
S’il n’a pas d’incidence sur le régime
fiscal du plan, un retrait entre 5 et
8 ans entraîne aujourd’hui la clôture automatique du PEA, tandis
qu’un retrait après huit ans empêche tout nouveau versement. « Le
projet de loi Pacte prévoit d’assouplir
ces règles et desserrer les contraintes
Titres, fonds, ETF, obligations : tout ce qui est éligible
De l’esprit de la loi à la
réalité de la gestion, il y a
une marge dont peuvent
bénéficier les épargnants
avertis.
Les versements effectués sur le
compte espèces du PEA ou du PEAPME sont destinés à la souscription
ou à l’acquisition d’actions « européennes », étant précisé qu’un PEAPME ne peut accueillir que des
titres de PME et d’entreprises de
taille intermédiaire (ETI) qui
emploient moins de 5.000 salariés
et réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou ont un
total bilan inférieur à 2 milliards.
Aucun délai n’est imposé au titulaire du plan pour investir et il n’est
pas obligatoire d’investir immédiatement la totalité des sommes figurant au crédit du compte espèces.
Mais ces sommes « en attente » ne
sont pas rémunérées. Bon à savoir,
la durée du PEA qui conditionne
son régime fiscal s’apprécie à la date
du premier versement. Seules des
actions et des parts de SARL émises
par des sociétés ayant leur siège
social en France ou dans un autre
pays de l’Union européenne, en
Islande, en Norvège ou au Lichtenstein, peuvent en principe figurer
sur un PEA et sur un PEA-PME.
Diversification
via la gestion collective
En pratique, le champ des possibles
est un peu plus large puisqu’il est
également possible de souscrire des
actions de sicav et parts de fonds
communs de placement (FCPR,
FCPI…) sous réserve qu’elles détiennent 75 % de titres éligibles au PEA.
Les 25 % restants peuvent être investis, au choix du gestionnaire, sur des
titres autres que des actions (obligations, titres monétaires…), dans des
pays « hors Europe » et pour les
fonds éligibles au PEA-PME, en
actions de « grandes » entreprises…
« Reste que le PEA est surtout intéressant pour ceux qui souhaitent
gérer en direct un portefeuille de
titres de sociétés cotées plutôt que
pour investir via des fonds. Il permet
d’éviter la fiscalité liée aux arbitrages.
Nous le conseillons également aux
jeunes qui créent leur entreprise »,
explique Benjamin Spivac, ingénieur patrimonial chez Amplegest.
A condition de ne pas détenir une
participation supérieure à 25 % des
droits dans les bénéfices sociaux, il est
en effet possible d’inscrire sur un
PEA ou un PEA-PME des titres de
l’entreprise dans laquelle on travaille, y compris en tant que mandataire social. « Lorsqu’ils revendront
leurs titres, les plus-values réalisées
au sein du PEA seront exonérées
d’impôt sur le revenu », ajoute-t-il.
Le tour de magie des ETF
Grâce à l’ingéniosité de leurs concepteurs, il est également possible
de loger dans un PEA des ETF
(fonds indiciels cotés, aussi appelés
« trackers »), même lorsqu’ils répliquent la performance d’un indice
boursier mondial ou d’un panel de
valeurs mobilières autres que des
actions, comme le nouveau tracker
lancé par Lyxor (Lyxor PEA Obligations d’Etat Euro UCITS ETF), qui
réplique la performance d’un
indice obligataire européen.
Ces ETF dits « synthétiques »
sont bel et bien investis à hauteur
du quota minimum de 75 % en
titres éligibles au PEA, mais utilisent des instruments financiers à
terme (swaps, notamment) pour
atteindre la performance de l’indice
répliqué. « L’éligibilité de ce genre de
produit peut sembler surprenante…
mais n’en est pas moins tout à fait
officielle », confie un fiscaliste.
Le périmètre des titres éligibles
aux PEA-PME comprend également des obligations convertibles
ou échangeables en actions cotées
et devrait être prochainement
étendu par la loi Pacte aux titres participatifs et obligations à taux fixe.
Dans tous les cas, il revient au
titulaire du plan de justifier de l’éligibilité des titres et des fonds inscrits sur son PEA-PME auprès de sa
banque. En pratique, il lui suffit de
fournir le document établi par le
fonds, visé par l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Que faire si les titres ne
sont pas ou plus éligibles
L’inscription sur le plan de titres
non éligibles ou le maintien de titres
ne répondant plus aux conditions
d’éligibilité entraîne en principe la
clôture du plan et lorsque le plan a
moins de 5 ans, l’imposition immédiate des gains réalisés depuis
l’ouverture du plan. En cas de manquement délibéré, le titulaire du
plan s’expose à une majoration de
40 %. Toutefois, lorsque les titres
deviennent inéligibles pour des raisons indépendantes de la volonté
du titulaire du plan (échange de
titres, transfert du siège social de la
société émettrice, etc.), le plan n’est
pas fermé si, dans les deux mois, les
titres sont cédés dans le cadre du
PEA ou retirés du PEA et que le titulaire effectue un versement compensatoire, étant précisé qu’il peut
se dispenser de tout versement si
son plan a plus de 8 ans. — N. C.-K.
COMMENT SONT
CALCULÉS LES
PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX ?
6
En revanche, même après 5 ans, les
prélèvements sociaux restent dus
sur la totalité des gains réalisés
depuis l’ouverture du plan, y compris lorsque la clôture est consécutive au décès du titulaire du plan ou
lorsqu’il opte pour une sortie en
rente viagère. En cas de retrait partiel, cette ponction ne vise que la
fraction du gain net comprise dans
le retrait.
Pour les PEA, de plus de 5 ans au
1er janvier 2018, les prélèvements
sociaux sont calculés selon la règle
des « taux historiques » pour la
fraction du gain acquise jusqu’au
31 décembre 2017 puis au taux de
17,2 % depuis cette date. Pour les
PEA de moins de 5 ans au 1er janvier
2018, la règle des « taux historiques » s’applique pour les gains
constatés au cours des cinq premières années (voir tableaux).
Attention, pour les PEA ouverts
depuis le 1er janvier 2018, la totalité
du gain est soumise au taux en
vigueur lors du retrait.
— Nathalie Cheysson-Kaplan
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PATRIMOINE // 37
Les Echos Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
MARCHÉ
DE L'ART
De Baecque
en bref
LA HAUTE COUTURE
À L’HONNEUR À LYON
Pourquoi
il faut aller
à Art Genève
Don Emmert/ AFP
Une robe en taffetas
Christian Dior, un sac
Kelly 32 (Hermès) et un
manteau en panthère
(Fougerouse) comptent
parmi les lots phares de
la vente organisée par
De Baecque le 5 février.
Si la foire d’art contemporain
monte en gamme, elle propose
en grande majorité des œuvres
à moins de 100.000 euros.
Judith Benhamou-Huet
e visiteur sera sans doute
sensible à l’ambiance particulière qui règne à Genève.
Habituellement, les foires d’art
contemporain sont des lieux de
négoce et surtout de compétition
intensive. L’exception à cette règle
quasi universelle, c’est la foire Art
Genève, qui existe depuis sept ans.
Dans un climat de complicité
générale entre adeptes locaux de la
création actuelle, elle présente, tout
près de l’aéroport, à Palexpo, jusqu’au 3 février, 90 galeries d’art contemporain, auxquelles s’associent
sous la bannière du PAD (Pavillon
des arts et du design) 28 galeries
principalement de design. Le
contexte des banquiers locaux
puissants et souvent collectionneurs à titre privé ou professionnel
est un facilitateur. Ainsi, contrairement à toute attente, à Art Genève,
c’est le compétiteur officiel Christie’s – par tradition, les maisons de
vente et les foires sont ouvertement
ennemies – qui sponsorise le programme des discussions au sein de
la manifestation.
L
Hessie, de 8.000
à 40.000 euros
Quant au musée d’art contemporain de Genève, le Mamco, il fait
exclusivement ses emplettes, une
fois par an, au sein d’Art Genève. Il
est aidé pour cela par un budget
alloué par la banque privée Mirabaud, auquel s’ajoute une cagnotte
rassemblée par les amis du musée.
Il s’élève à environ 100.000 francs
suisses. Sur les stands, le directeur
du Mamco, Lionel Bovier, sélectionne plusieurs œuvres en lien
avec sa programmation, qu’il exposera pendant toute la durée de la
« Une partie
des collectionneurs
de la région
du lac Léman nous
disent clairement
garder une partie
de leur budget
d’acquisition pour
Art Genève. »
THOMAS HUG
Directeur de l’événement
foire, sur son propre espace au sein
d’Art Genève.
Cette année il a sélectionné, entre
autres, un travail poétique sur tissu
– inscrit sur l’étoffe à l’aide d’une
machine à écrire – par l’artiste franco-cubaine longtemps oubliée Hessie (1936-2017), acheté pour 13.000
euros auprès de la galerie parisienne Arnaud Lefebvre. « La collection contient déjà des poésies
visuelles de l’artiste minimal américain Carl Andre, dont les tarifs sont
beaucoup plus élevés. Féminiser le
corpus de la collection semble nécessaire aujourd’hui », explique Lionel
Bovier.
Hessie, de son vrai nom Carmen
Lydia Djuric, qui a travaillé avec les
signes, l’écriture et la broderie sur
tissu, a été l’objet d’expositions au
musée Les Abattoirs, à Toulouse en
2017, et à la fondation d’art contemporain d’Hermès, La Verrière, à
Bruxelles en 2016. A Art Genève, ses
œuvres sont à vendre entre 8.000 et
40.000 euros.
Signe de la montée en
puissance de la foire,
la galerie en vue
parisienne de Kamel
Mennour participe
aussi pour la première
fois à la manifestation.
« Il existe en effet à Genève un état
d’esprit solidaire et fidèle, observe
Thomas Hug, le directeur de l’événement. Une partie des collectionneurs de la région du lac Léman nous
disent clairement garder une partie
de leur budget d’acquisition pour Art
Genève. De plus, désormais, des événements comme l’exposition “Elevation 1049”, organisée par la fondation Luma de Maja Hoffmann à
Gstaad, ou le Verbier Art Summit,
conférences sur l’art dans la cité
alpine, se tiennent en même temps
que la foire, qui devient un rendezvous fédérateur. Depuis l’année dernière, on assiste aussi, enfin, à la
visite des collectionneurs de Zurich et
des environs. »
C’est certainement la raison qui
amène cette année la puissante
galerie multinationale Hauser &
Wirth à participer pour la première
fois à Art Genève. Deux galeries à
Zurich, une nouvelle à Saint-Moritz, un chalet showroom à Gstaad :
elle ne ménage pas ses efforts
envers son pays d’origine. A la foire,
elle présente des œuvres toutes
UN RUBENS VENDU
8,2 MILLIONS D’EUROS
La famille royale des
Pays-Bas a vendu via
Sotheby’s un dessin du
maître flamand 8,2 millions de dollars à New
York mercredi, bien
au-delà de l’estimation
(entre 2,5 et 3,5 millions
de dollars).
Une photo brûlée,
signée Douglas Gordon
et représentant Jackie
Kennedy dans un style
warholien, est proposée
à 150.000 dollars.
Vendredi 8 février
Archives Kamel Mennour
imaginées par des artistes femmes
à partir de 50.000 francs suisses,
jusqu’à une sculpture en tissu, protégée par un globe de verre, de feu
l’artiste franco-américaine célèbre,
Louise Bourgeois, à vendre 2,8 millions de dollars.
Hauser & Wirth
mise sur les femmes
Signe de la montée en puissance de
la foire, la galerie en vue parisienne
de Kamel Mennour participe aussi
pour la première fois à la manifestation. « C’est l’effet “gilets jaunes”,
explique spontanément Kamel
Mennour. Les collectionneurs ne
viennent plus à la galerie le samedi.
Nous devons nous réinventer. » Il
présente un large panel de ses artistes nouveaux arrivants à la galerie,
comme le talentueux Français Neil
Beloufa (né en 1985), qui a déjà fait
l’objet d’une exposition au MoMA
de New York (un tableau abstrait
très coloré, assemblage de différents matériaux, est à vendre
50.000 euros). Ou encore, l’Ecossais
à la déjà longue carrière internationale Douglas Gordon (né en 1966),
dont une photo brûlée représentant
Jackie Kennedy dans un style
warholien, posée sur un miroir qui
reflète le spectateur au travers des
espaces consumés, est proposée à
150.000 dollars.
Dans l’échiquier des manifestations commerciales d’art contemporain, Art Genève trouve sa place à
cette période de l’année, dans cette
partie de l’Europe, avec des œuvres
vendues, de manière générale, à
moins de 100.000 euros, selon son
directeur Thomas Hug.
Chaque segment du marché de
l’art contemporain, avec ses critères
géographiques et financiers, a
désormais une réponse qui prend la
forme d’une foire.
Jusqu’au 3 février. www.artgeneve.ch.
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RENDEMENTS EN 2019 ?
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crible
Vendredi 1er, samedi 2 février 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Breaking Good
Facebook rappelle à Wall Street
sa situation de monopole.
LA SÉANCE DU 31 JANVIER 2019
La Bourse de
Paris au seuil
des 5.000
points
La Bourse de Paris s’est
•s’arrêtée
jeudi au seuil des
5.000 points, qu’elle n’a pas
franchi en clôture depuis près
de deux mois. Le CAC 40 a
progressé de 0,36 % à
4.992,72 points, dans un
volume d’échanges étoffé de
4,2 milliards d’euros. La cote
parisienne a testé les
5.000 points avant de ralentir la
cadence. Depuis le début de
l’année, l’indice a repris 5,54 %.
Le marché français a engrangé
d’importants gains ces dernières semaines, les investisseurs
digérant le discours de la
Réserve fédérale et plusieurs
statistiques.
Les valeurs financières ont
pesé sur la tendance, en baisse
dans le sillage des banques italiennes. Société Générale a
perdu 3,72 %, BNP Paribas a
reculé de 3,20 % et Crédit Agricole SA s’est replié de 2 %. A
l’inverse, Total a gagné 2,04 %,
porté par la remontée des prix
du pétrole. Valéo a progressé
de 1,72 %, Sanofi de 1,55 % et
Pernod Ricard de 1,47 %.
En dehors du CAC 40, Vallourec a chuté de 8,05 %. Selon
Bloomberg, des créanciers
cherchent à se défaire de leurs
créances, craignant que le
groupe ait des difficultés à faire
face à ses engagements de remboursement de sa dette.
Manitou a bondi de 9,47 %,
porté par un chiffre d’affaires en
hausse de 18 % à 1,9 milliard
d’euros et une nouvelle progression de 10 % prévue cette année.
Marie Brizard a progressé
de 1,45 %. Les actionnaires du
groupe ont voté massivement,
en assemblée générale, en
faveur du plan de sauvetage
présenté par l’actionnaire de
référence Cofepp. Latécoère a
gagné 5,41 %. Le groupe s’est dit
prêt mercredi à engager des
« évolutions stratégiques » après
une année 2018 qui a vu son
activité progresser à la faveur
de son plan de redressement.
LES ENTREPRISES CITÉES
AccorHotels 19
Aix-Marseille
French Tech 26
Amazon 30
Atlantique
Alimentaire 26
Auchan Retail
France 19
Berkshire
Hathaway 30
Biofournil 26
Bioporc 26
Cartier 21
Cavac 26
Covéa 28
Crédit Agricole 30
Crédit Agricole
Atlantique Vendée 30
Crédit Agricole du
Languedoc 30
Crédit Agricole Ile-deFrance 30
Crédit Agricole Loire
Haute-Loire 30
EzyGain 21
Facebook 22-23
Financière Arbevel 26
GE 18
JP Morgan 30
Keakr 24
Kreizig 26
Legras 26
« Ayez des ennemis ! Vos amis se lasseront de parler de vous, vos ennemis jamais ! ». Le trait d’esprit du dramaturge Pierre Veber aurait pu servir de
préambule aux comptes annuels du compagnon le plus encombrant sur la
planète, Facebook. Une croissance plus rapide des revenus et des profits
qu’anticipée au dernier trimestre, un bond de 39 % du bénéfice net annuel
pour un chiffre d’affaires en progression de 37 % : voilà une année de crise
qu’envieraient beaucoup de patrons à Mark Zuckerberg ! « Je l’ignore » fut
la réponse de l’ancien étudiant d’Harvard aux questions un peu trop précises des sénateurs américains sur les rouages du réseau social, mais il faut
reconnaître que ceux-ci sont parfaitement huilés. Certes, l’afflux de nouveaux utilisateurs se ralentit, mais c’est encore l’équivalent du Nigeria, le
pays le plus peuplé d’Afrique, qu’il a ajouté à sa cartographie l’an dernier.
Bien sûr, l’embauche d’humains pour surveiller les contenus participe à
l’envolée des coûts qui auront plus que doublé en deux ans à la fin de cette
année, tout comme d’ailleurs les investissements. Mais même à 46 % au
dernier trimestre la marge opérationnelle exprime une situation de monopole que nie son créateur, mais dont s’est subitement souvenu Wall Street.
Les investisseurs qui avaient défalqué l’équivalent de Walmart de sa capitalisation boursière entre juillet et décembre, ont depuis rajouté plus qu’un
Nike après le rebond de plus de 16 % du titre en deux séances. Il va falloir
continuer à choisir soigneusement ses ennemis.
Les desseins d’hier peuvent-ils inspirer les schémas de demain ? Ce n’est
guère une surprise d’apprendre – enfin ! – de la bouche de Carlos Ghosn
que son projet pour l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi visait à une fusion complète des trois entités au sein d’un holding. Le scénario RenaultNissan, maintes fois évoqué par les journaux et étudié longuement depuis
quatre ans par les courtiers, avait du reste l’assentiment des investisseurs.
Ces derniers ont en effet toujours fait la courte échelle au titre Renault,
comme en mars dernier, où il avait frôlé la barre des 100 euros (soit 60 % de
plus que son étiage actuel), pour parvenir à cette illusion d’un mariage « entre égaux » qui ne pouvait qu’agacer l’amour-propre de Nissan et le portefeuille de ses actionnaires. Cette ambition ne faisait-elle pas fi de l’apport de
Nissan (70 % du cash-flow libre du nouvel ensemble, et les deux tiers du bénéfice net de Renault en moyenne depuis 2012) ? La liberté de l’ancien double PDG est aujourd’hui beaucoup moins d’actualité que la « japonité » du
deuxième constructeur automobile de l’Archipel, de même qu’un rapprochement 50-50 semble moins probable qu’une égalisation éventuelle de
leurs participations croisées. Les actionnaires de Renault n’y perdraient
peut-être pas au change. Dans l’hypothèse où le groupe, leur rendant la totalité du cash issu de la vente de 28,4 % du capital de Nissan, déclencherait
une revalorisation de son multiple vers sa moyenne de six ans, l’analyste de
Citigroup calcule un retour total de plus de 120 %. La voie vers une nouvelle
fraternité franco-japonaise ?
AVIS FINANCIERS
Christian Dior 21
Crédit Agricole IDF 19
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Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
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Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
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Les actionnaires de Renault gagneraient
à l’égalisation des parts avec Nissan.
Euronext aura du mal à jouer ses cartes
à Oslo qui préfère le Nasdaq.
EN VUE
Les Echos est une publication du
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L’anti-raid viking
NG Biotech 26
Nissan 16
Ojo 24
Olvac 26
Renault 16
SCOR 28
Swatch 20
Tencent 22
Truffle Farms 26
Unilever 19
UnitedHealth 30
Yubo 24
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ÉDITRICE ADJOINTE Clémence Callies
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
« C’est un long trajet entre Paris et Oslo. » La patronne de la Bourse d’Oslo,
Bente Landsnes, agite l’argument de la proximité avec les entreprises cotées pour expliquer la rebuffade administrée à l’offre d’Euronext, là où celle
du Nasdaq obtient le soutien unanime du conseil d’administration. La Normandie appréciera, qui se souvient de ses racines nordiques. Pour le marché norvégien des capitaux, la meilleure solution n’est donc pas la fédération paneuropéenne (Amsterdam, Bruxelles, Paris, Lisbonne) mais le giron
américain. Plutôt mal coté dans les portefeuilles – 17 fois le bénéfice prévisionnel contre 25 fois pour le London Stock Exchange ou Intercontinental
Exchange qui a repris le NYSE –, le Nasdaq ne sert même pas une prime
bien plus généreuse (4,8 % de surenchère). Et il ne semblait même pas intéressé au début. A dire vrai, la Ville Lumière est à 1.700 kilomètres de la capitale norvégienne, la même distance de la capitale portugaise. C’est 3,5 fois
moins loin que d’Oslo à New-York mais 3,3 fois plus loin que d’Oslo à Stockholm, le vrai repère probablement. La capitale suédoise est le siège
d’OMX, le pionnier des cotations électroniques en Europe, sortie des griffes
du Qatar en 2007 grâce au rachat américain. Cette plate-forme réunit sept
places de l’Islande aux Pays Baltes, et la distance de 4.000 kilomètres entre
Reykjavik et Vilnius semble évidemment ne gêner personne. Euronext ne
peut même pas avoir la tentation de casser sa tirelire, malgré l’assurance de
détenir la moitié du capital, au risque de rendre son offre inamicale. Tout le
monde a compris que c’est le régulateur norvégien qui tranchera. C’est toujours difficile de l’emporter dans un raid avec des Vikings.
Tom Brady
ualifier des sportifs ou des
hommes politiques de chèvres
n’est pas précisément un compliment. Côté politiques, on attendra
les européennes pour donner des
noms. N’est-ce pas à la fin de la foire
qu’on compte les chèvres ? En anglais,
ce bêlant animal se dit « goat ». Alors
pourquoi affubler de ce surnom Tom
Brady, le meilleur « quarterback » de
tous les temps, envoyer des millions de
tweets à son propos ornés de l’emoji
représentant une chèvre qui lui est
affecté ? En réalité, dans son cas,
« goat » veut aussi dire GOAT : « Greatest Of All Time » (le meilleur de tous
les temps). Il est passé le temps où l’on
se moquait de son « torse de poulet » et
de ses jambes en « cure-dents ». A
41 ans, l’âge de la retraite, et 102 kilos,
Tom est toujours la star des New
England Patriots depuis son intégra-
Q
tion en 2000. Ce dimanche 3 février,
Tom s’apprête à jouer son 9e Super
Bowl. Il en a déjà gagné 5 et ses adversaires des Los Angeles Rams savent
qu’il est capable de tout, y compris,
comme il l’a fait en 2017, mené 28 à 3 par
Atlanta, de réussir une remontée aussi
hallucinante que le physique de
madame Brady, l’ex-top model Gisele
Bündchen épousée en 2009. Il est très
strict sur son régime, très peu de tomates, jamais d’alcool, de sucre ou de café,
chaque jour des litres d’eau. Donald
Trump adore Brady, il aurait même
voulu que le footballeur fût son gendre.
Tom était depuis longtemps un ami du
président rencontré sur le green, mais
il n’a pas aimé ses propos racistes sur
les joueurs et n’a pas répondu à l’invitation de l’équipe à la Maison-Blanche.
Donald était furieux. Il a failli, paraît-il,
devenir chèvre !
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