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Les Echos - 04.02.2019

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les marchés boursiers
démarrent bien 2019
Entreprise
Raison d’être :
modes d’emploi
// PP. 35 à 37
L’ESSENTIEL
L’ÉLYSÉE EXPLORE LA PISTE
DU RÉFÉRENDUM
La question d’un référendum couplé au scrutin européen est sur la
table, sans être encore « tranchée », assure l’Elysée. L’opposition pilonne l’idée. // P. 4
LES SYNDICATS VEULENT UN
GESTE SUR LES RETRAITES
Les partenaires so ciaux ont
ouvert les négociations sur les
régimes complémentaires. Les
syndicats ne veulent pas rogner
sur les revalorisations. // P. 5
INDE : LA CAMPAGNE DES
LÉGISLATIVES EST LANCÉE
Le gouvernement Modi a adopté
un budget électoraliste favorable
aux agriculteurs, alors que le parti
du Premier ministre n’est pas sûr
de conserver la majorité. // P. 8
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 4 FÉVRIER 2019 // LESECHOS.FR
Fiscalité :
Macron dans
le piège du
grand débat
l Le gouvernement réticent face aux demandes
Grâce au boom du pétrole de
schiste, les Etats-Unis seront en
2020 exportateurs net de pétrole,
gaz et charbon pour la première
fois depuis 1953. // P. 18
L’EUROPE CHERCHE
SA VOIE FACE À HUAWEI
L’équip ementie r chinois est
accusé de présenter un risque de
sécurité pour les réseaux mobiles
5G. Mais au sein de l’UE, les positions divergent. // P. 22
COVÉA-SCOR : MALAISE DANS
LES BANQUES D’AFFAIRES
L’attaque en justice de Barclays et
de Rothschild par SCOR a provoqué la stupeur sur la place de Paris
qui craint une judiciarisation
croissante des opérations. // P. 28
CARNET // P. 34
Enquête Les
recettes record
des sociétés
d’autoroutes // P. 13
D
epuis qu’Edouard Philippe a indiqué que
la TVA zéro sur les produits de première
nécessité était « intellectuellement » et
« juridiquement possible », l’idée – qui revient en
boucle au sein du mouvement des « gilets jaunes » –
apparaît plus compliquée à mettre en œuvre qu’il
n’y paraît. Et Bercy craint une lourde facture budgétaire. Au regard du droit européen, il serait très difficile pour la France d’obtenir de nouvelles dérogations. Elle applique déjà, plus souvent que ses
voisins, des taux réduits de TVA. Sur le plan économique, il n’est pas certain qu’une TVA nulle atteigne
sa cible. Si le taux d’un paquet de couches baissait de
20 % à 5,5 %, l’acheteur n’y gagnerait que quelques
dizaines de centimes. Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, insiste de son côté sur la
nécessité de baisser l’impôt sur le revenu, qui « tape
très dur » sur les classes moyennes. Quant à la
relance de la taxe carbone en 2020, elle apparaît mal
engagée, la fiscalité verte étant pour l’heure une des
grandes absentes de la consultation nationale lancée par Emmanuel Macron. // PAGES 2, 3, 4,
COMMERCE La concurrence
va continuer de jouer à plein
entre les grands distributeurs.
// PAGES 16-17 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX PAGE 9
AUTOMOBILE Huit semaines avant la date prévue du Brexit, Nissan
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
jette de l’huile sur le feu dans le débat politique outre-Manche. Contrairement à l’engagement de Carlos Ghosn, l’ex-patron du groupe,
le futur X-TRAIL sera finalement produit au Japon et non pas à Sunderland. Un coup dur pour les partisans du « leave ». // PAGE 15
110e ANNÉE
38PAGES
Antilles Réunion 4 €. Guyane-St Martin
5,20 €. Belgique 3,40 €. Espagne 4,30 €.
Grande-Bretagne 3£70. Grèce 4 €. Italie
4,30 €. Luxembourg 3,70 €. Maroc 30 DH.
Suisse 5,70 FS. Tunisie 4,8 TND. Zone CFA
3000 CFA.
Le très
encombrant
M.Maduro
Le regard sur le monde
Dominique Moïsi
Nicolás Maduro a plus que fait la
preuve de son incompétence et de son
illégitimité : il doit partir, et des élections doivent avoir lieu au Venezuela.
Pour y parvenir, Washington doit éviter d’accentuer le côté guerre froide de
cette crise, en privilégiant la voie diplomatique, en concertation avec l’Europe et le Canada. Avec Trump aux manettes, ce n’est pas acquis. // PAGE 10
Certains prix vont augmenter,
d’autres baisseront. Photo Pascal Sittler/RÉA
Le constructeur nippon ne produira
pas son prochain SUV au Royaume-Uni.
NICOLAS BARRÉ
rates, le plus gros client du gros-porteur européen, négocie l’annulation
de sa dernière commande. Cette annonce jette à nouveau un voile sur
l’avenir de l’A380, dont la production tourne déjà au ralenti. Sans Emirates, Airbus n’aurait plus que 36 appareils dans son carnet de commandes – quatre ans de production. Désormais, seules les grandes compagnies aériennes chinoises peuvent sauver le programme. // PAGE 20
ET NOS INFORMATIONS PAGE 6
Brexit : Nissan rompt
la promesse faite à May
SUR
AÉRONAUTIQUE L’A380 pourrait bien voir son existence abrégée. Emi-
L’ANALYSE D’INGRID FEUERSTEIN PAGE 9
ET L’ÉDITORIAL DE DOMINIQUE SEUX PAGE 9
Alimentation : pourquoi
les prix ne vont pas flamber
Entrée en application le 1er février pour son volet
prix des produits de grandes marques les plus
bataillés, la loi alimentation va mécaniquement
entraîner une valse des étiquettes à la hausse sur les
emblématiques Coca, Nutella, Ricard… Mais la
baisse des marques de distributeurs et la concurrence toujours vive vont permettre de contenir
l’inflation. Tandis qu’apparaissent des comportements plus vertueux vis-à-vis des filières agricoles.
Eric Piermont/AFP
WASHINGTON GAGNE SON
INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22879
La Chine, dernier espoir
de l’Airbus A380
de TVA zéro sur les biens de première nécessité.
l Wauquiez veut une baisse d’impôt sur le revenu.
l La taxe carbone grande absente de la consultation.
ENTREPRISES
& MARCHÉS
Laurent Cerino/RÉA
Shutterstock
L’optimisme des investisseurs
porte les Bourses mondiales
depuis début janvier. // P. 28
L’usine de Sunderland en Angleterre. Photo Oli Scarff/AFP
Start-up :
ces jeunes
Français qui
réinvestissent
leurs millions
RÉGULATION ET SUPERVISION :
QUELLE STRATÉGIE POUR L’EUROPE FINANCIÈRE ?
Les Histoires De Demain
Jeudi 14 mars 2019
BUSINESS ANGELS Ils ont
moins de trente-cinq ans, les
poches pleines et l’envie d’investir « utile ». Pour la première
fois, et en exclusivité pour « Les
Echos », AngelSquare a réalisé
le Top 12 de ces jeunes business
angels français, qui ont collectivement réinvesti 10 millions
d’euros ces cinq dernières
années dans l’écosystème de la
French Tech qui les a vu grandir.
Entre la fondatrice de Leetchi,
celle de Nabla ou le patron du
Slip Français, les expériences
diffèrent. Mais ces nouveaux
investisseurs ont en commun
des codes et un esprit qui les distinguent de leurs aînés. Portrait
d’une génération en quête
d’impact. // PAGES 24-25
Menez avec TNP les transformations où
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
Macron ou le sacrifice
européen
Il y a plus urgent pour Macron-l’européen que
l’Europe aujourd’hui : il doit se sauver nationalement. Tant pis, donc, si l’initiative qu’il prendra
après le grand débat vient parasiter sa campagne.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
U
n calendrier peut donc
changer la nature d’une
élection. Parce qu’il
constitue le premier rendezvous électoral après la crise des
« gilets jaunes », le scrutin
européen du 26 mai n’est déjà
plus le même objet politique
qu’il y a trois mois. Ce ne sont
pas des « midterms », assurait
Emmanuel Macron en octobre,
tant pour défendre l’enjeu
européen que pour casser l’idée
d’un « référendum antiMacron », défendue par Marine
Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Cela peut être une élection
résurrectionnelle, table-t-il
aujourd’hui, celle qui lui
permettra, puisque les
sondages sont encourageants,
de lui redonner l’air suffisant
pour poursuivre son
quinquennat. Voire une élection
de re-légitimation si le projet
d’y arrimer un référendum
sur les institutions va jusqu’à
son terme. L’Europe pour
empêcher un référendum antiMacron en octobre ; un
référendum pro-Macron qui
risque d’effacer le sujet
européen trois mois plus tard.
Il y a pour Macron-l’européen
plus urgent que l’Europe
aujourd’hui : se sauver
nationalement. Quelle que soit
la sortie politique qu’il
trouvera à la crise, elle prendra
le pas sur les sujets européens.
C’est évident si les deux
événements sont concomitants.
Et si un référendum est organisé
plus tard, en septembre par
exemple, les deux campagnes se
chevaucheront aussi, au
détriment sans doute de la
première. Car pour donner le
sentiment de répondre aux
attentes sans casser les
fondements de sa politique, le
chef de l’Etat cherche à frapper
fort sur les institutions et la
« démocratie délibérative », à
faire dans l’inédit, voire le
« disruptif », puisque le
mot revient en force.
Le tout, dans un moment
d’interrogations, pour ne pas
dire de panne, du projet
européen. Macron n’a rien
perdu de ses ambitions
européennes, mais comment
les porter quand le discours de
la Sorbonne n’est resté qu’un
discours, quand le couple
franco-allemand ne ressemble
plus à un moteur, et quand le
chiffon populiste ne suffit plus
pour réveiller l’électeur ? Il
promet une initiative forte fin
février pour « une Europe qui
protège », dit sa ministre
Nathalie Loiseau (sur RTL).
En attendant, elle fustige « la
tentation d’une non-campagne »
chez les extrêmes. Mais est-on
sûr qu’ils sont les seuls ?
Européennes 2019, ou les
malheurs d’un scrutin qui
tombait au mauvais moment.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Européennes : le PS appelle la gauche
à « aller au bout de l’union »
POLITIQUE Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a appelé
samedi à un rapprochement avec le jeune mouvement Place
publique pour mener « des combats communs » à gauche en vue
des élections européennes du 26 mai. Dans un discours à Paris,
Olivier Faure a appelé toutes les formations de gauche, hors
La France insoumise, à s’unir. Dans un entretien au « Monde », il
a également précisé se préparer à « toutes les hypothèses », y compris celle de l’absence d’une liste purement socialiste le 26 mai.
Rachida Dati se dit « intéressée »
par la Mairie de Paris
MUNICIPALES L’ancienne ministre LR Rachida Dati, qui
devrait figurer en position éligible sur la liste de son parti aux
élections européennes, se dit également « intéressée » par une
candidature à la Mairie de Paris, pour laquelle elle pourrait quitter son mandat européen. « Il y a urgence à répondre aux préoccupations des Parisiens », a indiqué l’ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy dans un entretien au « Parisien »
samedi. Selon Rachida Dati, le président de LR Laurent Wauquiez lui « a assuré de figurer dans les huit premières places » de
la liste aux européennes.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
GRAND DÉBAT
Pourquoi le gouvernement
sur la TVA à taux zéro
l Le Premier ministre, Edouard Philippe, n’a pas exclu une TVA zéro sur certains biens
l Mais juridiquement, la voie est étroite. Et cette mesure pourrait manquer sa cible sur
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
C’est la proposition qui a eu le plus
de succès dans l’émission coanimée
par Cyril Hanouna et Marlène
Schiappa. Depuis, la TVA à taux
zéro a fait réagir plusieurs membres
de l’exécutif. A commencer par le
Premier ministre, Edouard Philippe, qui n’a pas rejeté cette idée.
Une TVA zéro sur les produits de
première nécessité « est intellectuellement possible, et c’est juridiquement possible » avec l’accord de
l’Union européenne, a-t-il expliqué
sur France Inter. Sur le papier, l’idée
peut paraître séduisante. Pourtant,
la voie est étroite au regard des contraintes du droit européen, et il n’est
pas certain que cette mesure atteigne sa cible. Explications.
IMPACT SUR
•LESQUEL
RECETTES FISCALES ?
Avec 147 milliards de recettes brutes,
la TVA constitue la première ressource de l’Etat. Les recettes se
décomposent ainsi : 120 milliards
correspondent à la TVA au taux
plein de 20 %, 15 milliards pour le
taux intermédiaire de 10 % (restauration, logement), 11 milliards pour
le taux réduit de 5,5 % (alimentation,
produits de première nécessité) et
525 millions d’euros pour le taux
super-réduit de 2,1 % (médicaments,
presse). Comparés au reste de
l’Europe, les taux de TVA français se
situent plutôt dans la fourchette
basse. Le taux moyen pondéré, de
15,4 %, figure parmi les cinq plus faibles de l’UE. Cela traduit une utilisation plus courante des taux réduits
de TVA. Le taux normal représente
65 % de l’assiette taxée, contre 75 %
en moyenne au sein de l’UE.
Ce qui peut plaider contre un
recours accru aux taux réduits,
c’est que les baisses des taux coûtent cher aux finances de l’Etat,
alors qu’elles sont souvent imperceptibles pour les consommateurs. Exemple avec les couchesculottes. Si le taux (20 %) baissait à
5,5 %, cela coûterait 270 millions
d’euros à l’Etat, alors que l’acheteur
gagnerait seulement quelques
diza ines de cent i mes s u r u n
paquet de couches.
QUELLE EFFICACITÉ
•POUR
LE POUVOIR D’ACHAT ?
Le consommateur y gagne, uniquement si le gain lié à la baisse de TVA
n’est pas absorbé par les producteurs. Le précédent de la TVA sur la
restauration offre un bon exemple
des risques associés à la manipulation des taux. En 2009, la France a
obtenu de l’UE de pouvoir abaisser
sa TVA à 5,5 % sur la restauration.
Le consommateur
y gagne, uniquement
si le gain lié à la baisse
de TVA n’est pas
absorbé par
les producteurs.
Le taux est ensuite remonté à 7 %
en 2012, puis à 10 % en 2014. Les évaluations, issues du Conseil des prélèvements obligatoires et de l’IPP
(Institut des politiques publiques),
ont montré que seule une partie de
la baisse (20 %) a bénéficié aux
consommateurs. En revanche,
lorsque le taux est remonté, la
hausse leur a été répercutée rapidement. En somme, les effets des
hausses et des baisses ne sont pas
t o u j o u r s s y m é t r i q u e s . Po u r
mémoire, cette dépense fiscale est
estimée à 2,9 milliards d’euros dans
le budget de l’Etat.
LA TVA RÉDUITE
•EST-ELLE
REDISTRIBUTIVE ?
Si la TVA zéro a autant de succès
auprès des « gilets jaunes », c’est
qu’elle est perçue comme un coup
de pouce sur les achats de première
nécessité, et donc pour les ménages
modestes qui dénoncent la part
croissante des dépenses contraintes
dans leur budget. Dans son rapport
de 2016, le Conseil des prélèvements
obligatoires montrait effectivement
que l’existence d’un taux à 5,5 %
avait un effet redistributif, mais que
cet effet était limité. On a plutôt tendance à penser que les ménages
modestes consomment proportionnellement plus de biens alimen-
La France applique déjà les taux réduits à foison
La France déroge plus
souvent que ses voisins
au taux normal de TVA.
Avec à la clef des situations
ubuesques.
Renaud Honoré
@r_honore
Après l’ISF, la TVA – avec la demande
de taux nul pour certains produits de
première nécessité – devient donc
la nouvelle vedette fiscale du mouvement des « gilets jaunes ». Comment
aurait-il pu en être autrement ? Les
« gilets jaunes » ne font en effet que
céder à ce qui ressemble à une passion nationale : après l’avoir inventé
en 1954, la France semble depuis
prendre un plaisir certain à multiplier les dérogations à l’application
normale de cette taxe, comme si elle
voulait être le pays des mille exemples de taux réduit de TVA après
avoir été celui des mille fromages.
Selon les chiffres de la Commission européenne, le taux normal ne
s’applique ainsi dans l’Hexagone que
dans 65 % des cas, quand la moyenne
est de 75 % en Europe et même de
81 % en Allemagne. Il n’est d’ailleurs
pas anodin de constater que ce sont
des gouvernements français qui ont
été à l’origine des dernières modifications législatives européennes ayant
65 %
Le pourcentage de cas où
le taux normal s’applique en
France. La moyenne est de 75 %
en Europe (81 % en Allemagne).
étendu le périmètre des taux réduits
à de nouveaux secteurs (services à
forte intensité de main-d’œuvre,
cafés-restaurants et e-books).
Cela donne au final un millefeuille fiscal. Quand le Danemark
n’applique que deux taux (le normal
et celui à zéro), la France en applique
quatre. Du moins en théorie. Car en
réalité, il en existe dix en tout, puisqu’aux quatre taux classiques (20 %,
10 %, 5,5 % et 2,1 %) il faut aussi ajouter les trois réservés à la Guadeloupe,
à la Martinique et à la Réunion, les
deux supplémentaires concédés à la
Corse, et l’exemption totale appliquée en Guyane et à Mayotte.
Quatre taux pour la culture
Ensuite, au sein même de chaque
secteur d’activité, les règles varient,
expression tout autant de l’inventivité du législateur que de la puissance de certains lobbys. La culture
en est un bon exemple, puisque les
quatre taux y sont appliqués. Ainsi
l’entrée des musées est taxée à 10 %,
quand le ticket de théâtre est à 5,5 %.
Sauf pour les spectacles justifiant
d’une mise en scène nouvelle où le
taux est à 2,1 %… pour les 140 premières représentations. Attention à ne
pas y glisser de scènes trop dévêtues,
car on repasse à 20 % pour les spectacles érotiques.
L’agroalimentaire suit la même
logique ubuesque. Un même sandwich se verra appliquer quatre taux
différents selon qu’il est vendu à un
particulier (10 %), dans le cadre d’une
formule avec une boisson alcoolisée
(20 %), à un autre organisme assujetti
à la TVA (5,5 %) ou à un élève dans un
lycée (exemption). Le chocolat ?
Taux normal sauf les bonbons
Hamilton/RÉA
FRANCE
La France applique en pratique dix taux : quatre classiques et six
réservés à la Corse et aux départements et territoires d’outre-Mer.
au chocolat, les fèves ou le beurre de
cacao qui sont à 5,5 %. Un bien jugé
luxueux comme le caviar est taxé au
taux normal, mais pas le foie gras ni le
homard. Il vaut mieux enfin tartiner
du pain avec du beurre qu’avec de la
margarine , c’est moins taxé…
Cette situation présente de nombreux inconvénients, ainsi que l’a
relevé le Conseil des prélèvements
obligatoires en 2015 : « Charge administrative non négligeable » pour les
entreprises qui doivent s’y retrouver
dans cette jungle des taux, mais
aussi « un coût annuel d’au moins
47 milliards d’euros » pour l’Etat, en
tenant compte de toutes les mesures
dérogatoires. Tout cela alors que les
taux réduits ont un impact redistributif faible, selon les économistes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 4 février 2019
CGT : nouvelle baisse du
nombre d’adhérents en 2017
freine
SOCIAL
Alors que la CGT
mobilise mardi, la
diminution du nombre d’adhérents que
révèlent « Les Echos »
montre que la stratégie protestataire n’a
pas enrayé la baisse.
de première nécessité.
le plan économique.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
2017 restera comme un mauvais
millésime pour la CGT : cette
année-là, elle s’est vue ravir la première place par la CFDT dans le secteur privé et la centrale de Laurent
Berger a poussé son avantage
l’année suivante, montant en haut
du podium public et privé confondus. Une autre mauvaise nouvelle s’y
est ajoutée : la poursuite de la baisse
de ses effectifs adhérents. Il faut dire
Dans le cadre juridique actuel, il
paraît peu probable que la France
puisse fixer une TVA à zéro,
même sur quelques biens de première nécessité. Les taux de TVA
sont encadrés par une directive
européenne adoptée au début des
années 1990. L’objectif à l’époque
était d’éviter que les Etats européens ne se livrent à une concurrence fiscale dommageable.
Depuis, les Etats membres ne peuvent appliquer un taux normal
inférieur à 15 % et le taux réduit ne
peut descendre en dessous de 5 %.
Les tractations pour
la TVA restauration
avaient pris près
de quinze ans.
Si la France possède encore un
taux super-réduit de 2,1 % (pour
les médicaments, notamment),
c’est qu’il existait avant cette directive. Il en est de même pour la
Grande-Bretagne (vêtements et
chaussures pour enfant, transports publics, etc.) et le Danemark
qui appliquent des taux zéro sur
certains biens.
Non seulement le taux réduit ne
peut être abaissé, mais la liste de
biens éligibles ne peut être élargie.
« Les Etats membres ne peuvent
C’est d’autant plus
un échec que 2017
comme 2016 ont vu
une multiplication
des journées
de mobilisation.
Les errements de la succession de
Bernard Thibault ont mis un coup
de frein en 2013 à la hausse des effectifs associée à l’ouverture de la centrale entamée par Louis Viannet et
amplifiée par l’homme du mouvement social de décembre 1995 ; un
mouvement marqué par le développement d’un nouveau corpus de
propositions et d’un dialogue avec la
CFDT notamment, dans le cadre du
« syndicalisme rassemblé » que Philippe Martinez a balayés. Entre 2006
et 2012, la CGT avait réussi à enrayer
une baisse engagée au milieu des
années 1970, gagnant sur la période
quelque 60.000 adhérents.
Le scandale du train de vie du
successeur de Bernard Thibault,
Thierry Lepaon, a bien sûr joué.
Mais l’arrivée de Philippe Martinez, début 2015, et le tournant protestataire qu’il a impulsé, n’ont pas
permis de redresser la barre, le
rythme de baisse s’étant amplifié
en 2016 et sans doute en 2017. Le
résultat est une diminution de
l’avance sur la CFDT, qui a fait la
vérité des chiffres l’an dernier,
reconnaissant 623.000 adhérents.
Pas sûr cependant que cette évolution soit au centre des débats, fin
mai, lors du 52e congrès. La perte
de la première place en termes
d’audience n’a jusqu’à présent suscité aucun électrochoc. n
années 1960, n’était pas un instrument de redistribution. « Depuis
l’origine, la TVA est conçue pour
frapper la consommation, quelle
que soit la qualité ou l’identité du
consommateur », explique Elisabeth Ashworth, associée chez
CMS Francis Lefebvre.
(
Lire l’éditorial
de Dominique Seux
Page 9
Les fortes contraintes
du droit européen
Depuis les années 1990,
les membres de l’UE
ne peuvent pas abaisser
leur taux de TVA
en dessous de 5 %.
comme 2016 ont été marquées par
une multiplication des journées de
mobilisation, d’abord contre la loi El
Khomri, puis contre la réforme du
Code du travail, et maintenant en
marge du mouvement des « gilets
jaunes », comme mardi.
pas étendre le taux super-réduit à
d’autres produits ou prestations du
fait d’une “clause de gel” », explique
Elisabeth Ashworth, associée
chez CMS Francis Lefebvre. Si la
France veut élargir le champ de
son taux super-réduit de 2,1 %, il
faudrait convaincre tous ses partenaires européens. C’est ce qu’elle
a fait pour la TVA restauration,
mais les tractations avaient pris
près de quinze ans !
Résister aux lobbys
Cela dit, le droit européen pourrait évoluer. La Commission
européenne a fait il y a un an une
proposition de directive offrant
aux Etats membres plus de latitude sur leurs taux de TVA. Mais
son adoption reste incertaine. La
France, dans tous les cas, ne
pousse pas particulièrement le
sujet. Car l’encadrement des taux
a aussi du bon. A chaque pression
d’un lobby pour baisser sa TVA, le
gouvernement peut opposer que
la directive européenne l’interdit.
En outre, cette évolution irait à
l’encontre du mouvement d’harmonisation fiscale poussé par la
France, sur l’imposition des sociétés notamment. Paris souhaiterait ainsi, à l’instar de la Commission européenne, que les
décisions sur la fiscalité soient prises à la majorité qualifiée et non
plus à l’unanimité, comme
aujourd’hui, ce qui bloque toutes
les initiatives (Gafa, etc.). Une libéralisation des règles sur la TVA
brouillerait complètement le
message. — In. F.
SA au capital de 140 000 000 € – 839 230 109 RCS Paris – Illustration : Antoine Magnien/3D et Jean-Marie Vives/matte-painting.
taires et dépensent moins pour
leurs loisirs. En fait, les écarts de
consommation sont peu marqués. Cela peut venir du fait que,
pour un bien donné, y compris
pour l’alimentaire, les ménages
aisés consomment un bien plus
cher. Résultat, si on abaisse la TVA
à zéro, les plus riches en profiteront presque autant que les plus
pauvres. D’ailleurs, la vocation de
la TVA, à sa création, dans les
que le chiffre est toujours connu avec
plus d’un an de retard et que la centrale n’en fait pas la publicité.
Les données diffusées en interne
par la confédération en janvier, dont
« Les Echos » ont eu copie, sont quasiment définitives et la tendance est
encore une fois mauvaise. La diminution du nombre d’adhérents
recensés le mois dernier sur 2017
par rapport à celui recensé en janvier 2017 sur 2016 est de 2,74 %. A ce
rythme, le chiffre définitif pour 2017
pourrait passer sous la barre des
650.000, franchie en 2007. Cela
représente la perte de quelque
14.000 adhérents par rapport
aux 664.350 de 2016, eux-mêmes en
retrait de 10.000 par rapport à 2015.
Selon le même document, cette tendance à la baisse semble s’être poursuivie en 2018, alors que les nouveaux adhérents recensés par la
confédération l’an dernier sont 30 %
de moins qu’en 2017, de date à date.
C’est d’autant plus un échec pour
la direction de la CGT que 2017
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 4 février 2019 Les Echos
Grand débat : le chef de l’Etat
explore la piste du référendum
Philippe
annonce une loi
sur la recherche
pour 2021
POLITIQUE
Macron reçoit cette
semaine les chefs des
groupes et partis
représentés au Parlement dans le cadre
du grand débat.
ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR
Pour le Premier
ministre, l’objectif
est de « redonner
à la recherche
de la visibilité,
de la liberté
et des moyens ».
Du papier destiné au matériel électoral préréservé au cas où, selon le
« Journal du dimanche ». Un président de la République qui, la semaine
dernière, devant quelques journalistes, assurait que rien n’est exclu et qui
entame, ce lundi, une série d’entretiens avec les chefs de groupes politiques et partis représentés au Parlement. Il n’en fallait pas plus pour que
l’hypothèse d’un référendum le jour
des élections européennes comme
une réponse politique à la crise
revienne au centre du débat. Certes,
l’Elysée assure que ces entretiens
sont « une discussion libre » sur le
« déroulement » du grand débat,
« leurs idées » mais pas l’occasion de
préparer un référendum… L’exécutif
ne veut pas donner l’impression que
le débat est confisqué. Et l’entourage
du chef de l’Etat se borne à répéter :
« Comme le président l’a dit lui-même
il y a trois jours, tout est sur la table,
rien n’est encore décidé. »
Ballon d’essai
Mais ces déclarations d’Emmanuel
Macron ne sont évidemment pas
passées inaperçues. Comme un ballon d’essai dont les retours aideront à
trancher. L’hypothèse est sur la table
depuis décembre. Mais tout est question de temps. Du bon moment. Des
remontées du débat. « Oui, l’idée
avance, même si elle reste ouverte : le
jour des européennes ou plus tard ?
Charles Platiau/AFP
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
« Rien n’est encore décidé », se borne à répéter l’entourage du président de la République.
Choix multiple ou non ? Questions
institutionnelles seulement ou aussi
sociales ? La méthode de consultation
est un premier marqueur de la gouvernance que le président veut inaugurer », dit Patrick Mignola, président
du groupe Modem à l’Assemblée.
« Les choses se font dans l’ordre.
Emmanuel Macron voit les représentants de la démocratie représentative.
Politiquement, c’est le moment de la
proposition. Beaucoup de partis
d’opposition ont du mal à avancer des
propositions de sortie de crise », souligne un proche du président. De quoi
essayer de les mettre en face de leurs
responsabilités, quand l’exécutif juge
LR et PS aussi « comptables » de la
crise actuelle, dixit ce proche. Il liste
les issues politiques possibles,
balayant la dissolution ou un Grenelle. Un remaniement ou un référendum ? « Un référendum quand le
grand débat montre la volonté considérable des Français de participer »,
estime-t-il.
L’hypothèse du 26 mai est aussi sur
la table. « Techniquement, c’est possible. Politiquement, le paysage est extraordinairement changeant et fragile »,
une issue politique au débat » et de
« redonner, en allant devant le peuple,
de l’air au gouvernement pour continuer de réformer ». Parmi les questions, la réduction du nombre de parlementaires ou encore la dose de
proportionnelle, déjà présentes dans
le projet de réforme institutionnelle.
L’hypothèse fait bondir les oppositions en même temps qu’elle les place
dans une position délicate. Difficile
de s’opposer, en ce moment, à une
consultation des Français. Le président de LR Laurent Wauquiez
espère coincer l’exécutif en demandant d’être associé aux questions,
comme La France insoumise, qui
pointe sinon « une entourloupe ». Au
RN, Marine Le Pen a crié sur BFMTV
à la « manœuvre ».
La réflexion devrait encore avoir
avancé, selon un proche du chef de
l’Etat, d’ici une dizaine de jours pour
donner des perspectives au débat.
« Emmanuel Macron s’y prépare car
cela apparaît pour beaucoup comme
une évidence qui permettrait de désenliser un certain nombre de questions,
avance le député LREM Sacha Houlié. Après, c’est un quitte ou double. » n
« L’idée avance,
même si elle reste
ouverte : le jour
des européennes
ou plus tard ? Choix
multiple ? Questions
institutionnelles
ou aussi sociales ? »
PATRICK MIGNOLA
Président du Modem
à l’Assemblée
lâche un poids lourd du gouvernement. La ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, souhaite
« parler d’Europe le 26 mai », a-t-elle
dit sur RTL. Les risques pour l’exécutif ? « Masquer la campagne européenne avec un référendum », redoute
un ministre. Ou faire baisser le score
d’En marche avec une participation
plus forte à ce scrutin, selon un haut
cadre du parti. Mais ce dernier y voit
aussi l’avantage de « donner très vite
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE 1 – CNEWS – « LES ÉCHOS »
Wauquiez met en garde Macron
contre un « risque de déconnexion »
Le président LR a entamé
un tour de France pour
lancer la campagne des
européennes. Il était l’invité
dimanche du « Grand
Rendez-vous » Europe1 –
« Les Echos » – CNews ».
Lancer la campagne des européennes et prendre le pouls des Français
sur le terrain : alors que les « gilets
jaunes » battaient le pavé pour la
douzième fois, le président du parti
Les Républicains, Laurent Wauquiez, a entamé ce week-end son tour
de France. En déplacement à Langres
(Haute-Marne) ce dimanche, il était
l’invité du « Grand Rendez-vous »
Europe1 – « Les Echos » – CNews.
L’occasion de plaider pour un véritable dialogue avec les Français « sur
leurs lieux de vie », par opposition
avec le grand débat organisé par l’exécutif. « Un débat, ce n’est pas une succession de discussions dans les salles
polyvalentes », a-t-il taclé, fustigeant
des « monologues » et une « mise en
scène » et pointant « un risque profond que la déconnexion s’installe ».
Interrogé sur l’éventuelle organisation d’un référendum le 26 mai,
en même temps que le scrutin des
européennes, le patron de LR a mis
en garde contre un « grand risque » :
celui de se focaliser sur des thèmes
Etienne Jeanneret/Capa Pictures
Laurence Albert
@L_Albert_
Pour Laurent Wauquiez, le « sujet de fond, c’est l’absence de
valorisation du travail, l’appauvrissement des classes moyennes ».
trop institutionnels (proportionnelle…). « Attention à ce que l’issue de
ce grand débat ne soit pas des sujets
qui sont très coupés des préoccupations et des priorités des Français, et
attention à ne pas donner le sentiment qu’au fond tout est déjà
décidé », a-t-il prévenu, « le sujet de
fond, c’est l’absence de valorisation
du travail, l’appauvrissement des
classes moyennes ».
Pour autant, Laurent Wauquiez a
estimé que « les interrogations
autour du référendum sont intéressantes », posant deux limites : « Ne
pas dénaturer les institutions de la
Ve République et veiller à ce que le
pays ne devienne pas ingérable. » A la
veille d’une rencontre des présidents de groupes parlementaires
avec le chef de l’Etat, il s’est dit favorable à la possibilité de corédiger
certaines questions.
Soutien à François-Xavier
Bellamy
L’occasion de réaffirmer ses priorités, la baisse des dépenses publiques
et de l’impôt, indispensables, selon
lui, pour améliorer le sort des classes
moyennes. En remettant notamment sur la table la question de
« l’impôt sur le revenu dont on ne parle
jamais » alors qu’il « tape très dur ».
« Il est urgent de corriger le cap de la
politique économique », a-t-il lancé.
Et le président de LR de marteler :
« Notre liste aux européennes est la
seule qui permettra de dire oui à
l’Europe tout en rappelant que ce qui a
été fait depuis deux ans doit changer. »
Moyen de marquer sa différence
avec Marine Le Pen et Nicolas
Dupont-Aignan. « Leur projet est un
projet de déconstruction de l’Europe et
de l’euro », a taclé Laurent Wauquiez, invitant à « regarder le chaos
qui règne au Royaume-Uni » depuis
la décision du Brexit. Pour « remettre
la France au cœur du jeu européen »
et « écrire une nouvelle page », le président de LR a égrené ses propositions : pas de nouvel élargissement,
réintroduction de la notion de préférence européenne dans les échanges, renforcement des outils limitant
l’immigration.
Reste à convaincre les Français. A
la peine dans les sondages, critiqué pour avoir notamment choisi
d’inviter Eric Zemmour, Laurent
Wauquiez va s’appuyer, pour mener
campagne, sur un trio composé de
l’élue francilienne Agnès Evren, de
l’eurodéputé sortant Arnaud Danjean et du philosophe François-Xavier Bellamy, tête de liste. Ce dernier
étant contesté, y compris dans son
camp. Laurent Wauquiez l’a assuré
dimanche de son soutien : « En politique, on ne réussit pas en s’excusant
de ses idées. » n
La loi de programmation sera rédigée
d’ici à fin 2019,
pour un débat au
Parlement dès 2020.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
C’est « du jamais-vu », vantait-on vendredi dans l’entourage de la ministre de l’Enseig nement su p éri eu r, de l a
Recherche et de l’Innovation,
Frédérique Vidal. A l’occasion
des quatre-vingts ans du CNRS
(Centre national de la recherche
scientifique), le Premier ministre a annoncé, devant
1.000 directeurs de laboratoire,
une loi de programmation pour
la recherche. Elle doit entrer en
vigueur en 2021. Edouard Philippe entend « redonner à la
recherche de la visibilité, de la
liberté et des moyens ». Des chercheurs, qui l’attendaient depuis
plusieurs années, veulent y voir
« une bonne nouvelle » et « la stabilité » nécessaire à leur travail.
« Un investissement
significatif »
Et puis une loi de programmation ouvre a priori la porte à
davantage de moyens… Dans
l’entourage de Frédérique Vidal,
on promet « un investissement
significatif », on assure que le
gouvernement « va passer des
paroles aux actes », tout en
admettant que « rien n’est arbitré ». L’ex-PDG du CNRS Alain
Fuchs envisage « du donnant
donnant, avec des réformes et des
simplifications permettant de
dégager des moyens, et une
meilleure coordination des
financements [pour] mieux travailler, sans pour autant mettre
sur la table des quantités d’argent
phénoménales ». Mais « personne ne s’attend à une loi de programmation avec des milliards
d’euros à la clef », ajoute-t-il.
Edouard Philippe n’a rien dit
des sommes qu’il engagerait. Et
le contexte actuel, dans lequel le
CNRS a décidé de diminuer le
nombre de places (50 en moins)
au concours de recrutement
annuel, incite les chercheurs à
la méfiance. Un collectif de
chercheurs, RogueESR, parle
déjà d’espoirs « douchés »,
Le Premier ministre
n’a rien dit
des sommes
qu’il engagerait.
Et le contexte
actuel incite
les chercheurs
à la méfiance.
« Ce qui manque à la France,
c’est surtout la recherche-développement financée par les
milieux socio-économiques et les
entreprises », complète Alain
Fuchs, son prédécesseur,
aujourd’hui à la tête de Paris
Sciences et Lettres (PSL). « La
question du crédit impôt recherche doit être posée, car elle n’a pas
permis d’augmenter la recherche-développement privée »,
renchérit Patrick Lemaire.
Au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche
et de l’Innovation, on entend
s’inspirer de l’Allemagne pour
son organisme de financement
public, la DFG. En France, seul
un dossier sur dix (14 %) reçoit
un financement de l’Agence
nationale de la recherche (ANR),
contre un sur trois en Allemagne et près d’un sur deux en
Suisse. Ce sujet devrait figurer
au menu de la concertation qui
doit s’ouvrir, dans le cadre des
trois groupes de travail annoncés par Edouard Philippe.
D’autres questions seront au
cœur des débats, comme la
conversion des résultats de la
recherche en innovation et
celle des salaires, jugés trop faibles pour attirer les chercheurs, français comme étrangers. Le premier emploi stable
arrive en moyenne à 34 ans
pour 1,3 à 1,6 SMIC, a déploré
Edouard Philippe. n
Nicolas Tavernier/RÉA
La question d’un
référendum couplé
aux européennes
est sur la table.
s’inquiétant d’un Premier
ministre qui affirme que « choisir, c’est renoncer ».
L’annonce de cette loi intervient après un rapport parlementaire publié cet été qui pointait « un décrochage de la France »,
rappelle Patrick Lemaire, président de la Société française de
biologie du développement. Il
manque, selon lui, de « 2 à 5 milliards d’euros par an pour être au
même niveau de pourcentage de
PIB que l’Allemagne ». En 2000,
les pays européens s’étaient fixé
un objectif de recherche global
de leur PIB de 3 %. La France est à
2,2 %, l’Allemagne à 2,9 %. « Il est
indispensable que la France sache
investir sur le long terme. Cela concerne la puissance publique et
aussi les acteurs privés », a indiqué vendredi Antoine Petit, PDG
du CNRS.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé
une loi de programmation pluriannuelle, vendredi, lors
des cérémonies des 80 ans du CNRS, à La Mutualité, à Paris.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 4 février 2019
Retraites complémentaires : vifs débats
en vue sur la revalorisation des pensions
RETRAITES
Les partenaires sociaux
gestionnaires de
l’Agirc-Arrco ont
ouvert les négociations
sur l’équilibre financier
des régimes complémentaires de retraite.
Solveig Godeluck
@Solwii
Depuis des années, les partenaires
sociaux font des efforts considérables pour redresser les comptes de
l’Agirc-Arrco, le régime de retraite
complémentaire des salariés du
privé dont ils ont la gestion. Et pourtant, invariablement, les besoins de
financement resurgissent. L’illustration en a été faite jeudi dernier,
lors de l’ouverture des négociations
visant à arrêter les règles de pilotage
stratégique du régime pour les quatre prochaines années. Les nouvelles projections financières montrent qu’il va encore falloir redresser
la barre. La règle du jeu est connue :
l’Agirc-Arrco s’oblige à conserver en
permanence l’équivalent de six mois
de prestations dans sa trésorerie. Or
ce seuil serait franchi dès 2024 dans
les deux scénarios les moins favorables, et en 2025 dans le meilleur des
cas. A ce rythme, les caisses seront
vides en 2028-2029. Un constat cruel
alors que les syndicats veulent, au
contraire, pouvoir enfin relâcher la
pression sur les économies. Pendant
six ans, les pensions complémentaires ont été gelées. Cette année, le
taux d’appel des cotisations a augmenté, ainsi que la part des cotisations payées par les salariés. Et les
travailleurs se voient appliquer
depuis janvier un malus s’ils partent
avant 63 ans (plus exactement l’âge
du taux plein plus un an).
Le déficit technique
fond aussi
Les partenaires sociaux n’entreront
dans le vif de la négociation qu’à partir de mars, quand les comptes 2018
seront arrêtés. Ils feront valoir le
redressement de l’Agirc-Arrco. Le
régime est parvenu à réduire rapidement son déficit technique, avec
deux ans d’avance. La dernière prévision, en date de septembre 2018, le
situait à 200 millions d’euros en
2020, contre 2,3 milliards anticipés
en 2015. Et cela, alors même que les
économies planifiées en 2015 n’ont
pas été entièrement au rendez-vous
Paris : la future police
municipale
d’Hidalgo reste floue
SÉCURITÉ
Face au tollé à gauche,
la maire de la capitale
se donne jusqu’à 2020
pour négocier
les compétences des
policiers municipaux.
La droite raille
ces tergiversations.
Matthieu Quiret
@MQuiret
Une « police Canada Dry » pour Les
Républicains (LR), « un pas dans la
bonne direction » pour les centristes
et les macronistes, des « cow-boys »
pour l’aile gauche de la majorité. La
police municipale annoncée il y a
dix jours par Anne Hidalgo pour
2020, et dont la création sera débattue ce lundi en Conseil de Paris, crée
des lignes de fracture inédites qui
imposent à la maire un pilotage
politique compliqué.
L’aile gauche de sa majorité,
furieuse d’avoir été mise devant le
fait accompli et hostile au projet,
dégaine plusieurs vœux pour limiter autant que possible les futurs
pouvoirs de cette police. Les communistes, les « hamonistes » de
Génération.s et les écologistes veulent rééquilibrer ce renforcement
de la politique de lutte contre les
incivilités en exigeant de l’exécutif
des mesures de prévention.
Renforcer la prévention
Dans une réunion de la majorité
jeudi dernier, l’exécutif municipal a
cherché à donner des gages aux élus
de gauche. Colombe Brossel,
adjointe à la sécurité, a assuré être
d’accord pour renforcer la prévention. Les socialistes ont aussi accepté
de soutenir un vœu commun exigeant de l’Etat un renforcement des
effectifs de ses policiers parisiens.
Le constat d’un retrait de la préfecture sur la sécurité du quotidien fait
consensus. « Nous avons perdu
l’équivalent d’un commissariat ces
dernières années », regrette Florence
Berthout, présidente du groupe LR.
« Depuis les mesures Sarkozy de 2008,
les effectifs ont baissé de 13 % », tacle
Nicolas Bonnet, président des communistes parisiens. « La seule sécurisation du nouveau tribunal de grande
instance occupe deux autres commissariats », renchérit Colombe Brossel.
Pas sûre d’obtenir une majorité,
la municipalité reste donc floue sur
les contours de sa réforme. Elle
s’engage simplement sur le renforcement de l’actuelle Direction de la
prévention et de la sécurité (DPSP)
par 200 agents en 2019, une
dépense qui ne braquera pas les
élus de gauche. Mais faudra-t-il une
dérogation au Code des collectivités
pour créer cette police ? Une loi ?
Un simple décret ? Le statut singulier de la collectivité empêche, selon
l’équipe municipale, de savoir quelles évolutions juridiques sont
nécessaires. Après le Conseil de
Paris, Anne Hidalgo prévoit d’écrire
au ministre de l’Intérieur pour lui
proposer un travail commun sur les
futures compétences de la police
municipale et le partage des responsabilités avec les policiers nationaux.
Le constat d’un retrait
de la préfecture sur la
sécurité du quotidien
fait consensus.
« Nous ne souhaitons pas récupérer davantage de pouvoirs de la préfecture de police, mais traiter les nuisances qui restent aujourd’hui dans
l’angle mort entre nous deux. Par
exemple, pour les nuisances sonores,
les Parisiens se plaignent que la police
n’intervient pas quand ils l’appellent », précise l’adjointe. Pour autant,
Colombe Brossel assume totalement d’avoir bousculé ses alliés avec
le terme de « police municipale ». « Il
faut clarifier les choses pour les Parisiens, personne ne connaît la DPSP ni
n’identifie ses agents. »
Pour Florence Berthout, cette
indécision est le signe de l’ambiguïté
de l’exécutif. « Créer une police, c’est
simple, il faut réformer le statut de
Paris pour donner le pouvoir de police
générale au maire. Sinon, les agents ne
pourront pas contrôler les identités
par exemple, ou accéder aux fichiers
des hooligans », jure-t-elle. La droite
assure, elle, que l’armement létal des
policiers est indispensable. n
du fait d’une inflation trop faible :
seulement 1,1 milliard en 2017 alors
qu’on en attendait 1,7 milliard, et
probablement 5,5 milliards en 2020
contre 6,1 milliards inscrits dans la
prévision initiale. Ce redressement a
déjà donné l’occasion aux syndicats
de réclamer les fruits du retour à
meilleure fortune. En janvier, le leader de la CFDT, Laurent Berger, a
même parlé de renégocier le malus
tout juste entré en vigueur. Mais
jeudi, lors du tour de chauffe des
négociateurs, le Medef a refusé net
de rouvrir le dossier.
Du côté de FO, on revendique une
bonification des pensions pour
compenser la perte de pouvoir
d’achat des six dernières années.
« L’impact des mesures de l’accord de
redressement d’octobre 2015 sera de
8,6 milliards d’euros en 2030, mais les
trois quarts de l’effort reposent sur les
salariés et les retraités », dénonce
Philippe Pihet, le représentant de la
centrale. Les pensions seraient alors
indexées sur la masse salariale,
comme prévu dans l’accord de 2015,
plus un pourcentage à négocier.
Quitte à augmenter les cotisations
p a t r o n a le s , « m ê m e d e fa ç o n
minime ». Mais l’inverse pourrait
aussi se passer. Les partenaires
sociaux sont contraints par les
accords qu’ils ont signés en 2015
et 2017 de trouver des moyens d’éloigner à nouveau l’échéance fatidique
de l’épuisement des réserves. Par
exemple, en appliquant un « coefficient de soutenabilité » diminuant
la valeur de service du point – et
pesant donc sur les pensions. Une
nouvelle forme de désindexation.
Pour repousser le problème dans
quinze ans, c’est-à-dire en 2034, il
faudrait a minima que chaque revalorisation des pensions, en novembre, soit indexée sur la progression
du salaire moyen estimé de l’année
en cours moins 1,072 point, ont calculé les services de l’Agirc-Arrco. Et
cela, jusqu’en 2033. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ÉTATS-UNIS : LE BLUES
DES CONSOMMATEURS
ZONE EURO : L’INFLATION
À +1,4 % EN JANVIER
Le sentiment des
consommateurs américains
s’est sensiblement détérioré
avec le « shutdown »
budgétaire, qui s’est terminé
le 25 janvier mais qui reste
le plus long de l’histoire des
Etats-Unis. Selon l’indice
de l’université du Michigan,
il est tombé fin janvier
à son niveau le plus bas
en deux ans, soit 91,2.
L’inflation a poursuivi son
ralentissement en janvier
dans la zone euro,
à 1,4 %, contre 1,6 % en
décembre, selon les données
provisoires diffusées
vendredi par Eurostat.
Le ralentissement de janvier
s’explique par la pause des
prix de l’énergie qui n’ont
progressé que de 2,6 %,
contre 5,4 % en décembre.
53,6
L’INDICE DU PMI SERVICES
EN JANVIER EN CHINE
La croissance du secteur des
services chinois est restée
solide en janvier. Il s’est
établi à 53,6 le mois dernier,
après 53,9 en décembre
selon Caixin/Markit,
à la faveur d’un bond
des nouvelles affaires.
Venezuela : les Européens rallient Guaidó
l Les pays européens soutiennent plus directement le leader de l’opposition.
l Un officier supérieur et un ambassadeur en poste ont délaissé Maduro pour Guaidó.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
L’ultimatum devait prendre fin
dimanche soir. Six pays européens,
l’Allemagne, l’Espagne, la France, les
Pays-Bas, le Portugal et le RoyaumeUni avaient donné à Nicolás Maduro,
le président en titre du Venezuela,
huit jours pour convoquer une nouvelle élection présidentielle. Faute de
quoi, ils reconnaîtraient son opposant Juan Guaidó comme président.
Refusant tout diktat d’un pays étranger, le président Nicolás Maduro a
balayé d’un revers de la main l’ultimatum européen.
Résultat, après les Etats-Unis, les
pays d’Amérique latine (à l’exception
du Mexique) et le Canada, Juan
Guaidó le chef de l’opposition vénézuélienne qui s’est autoproclamé
président par intérim le 23 janvier
s’apprête donc à faire tomber dans
son escarcelle les soutiens des principaux pays de l’UE. Jeudi, le Parlement européen a reconnu l’autorité
de Juan Guaidó et a appelé l’ensemble des pays de l’Union européenne à
faire de même. En l’absence d’un
geste de Maduro avant dimanche
soir, « nous considérerons Juan
Guaidó comme le président légitime
du Venezuela », avait déclaré Nathalie Loiseau, la ministre française des
Affaires européennes, dimanche
midi sur RTL. L’Autriche est sur la
même ligne. La chef de la diplomatie
européenne Federica Mogherini et
le président uruguayen Tabaré Vázquez ont annoncé dimanche la première réunion du groupe de contact
international constitué par l’UE
pour favoriser l’organisation d’une
nouvelle présidentielle le 7 février
prochain à Montevideo.
Une nouvelle manifestation
Nicolás Maduro, pour sa part, peut
toujours compter sur l’appui de la
Grèce, de la Turquie, de la Russie, de
Cuba, de la Corée du Nord et de la
Chine. Mais la balance est en train de
pencher en faveur de l’opposition qui
n’entend pas faire retomber la pression : « Nous allons continuer dans la
rue jusqu’à ce que nous soyons libres,
jusqu’à la fin de l’usurpation », a
déclaré, samedi, Juan Guaidó. Anticipant un mois de février « qui doit
être déterminant », il a appelé ses partisans à une nouvelle manifestation
le 12 février, jour de la jeunesse au
Venezuela.
Pour les vingt ans de la proclamation de la Révolution bolivarienne,
Hugo Chávez aurait sans doute préféré une autre démonstration de
force. Samedi, jour de l’anniversaire,
les rues de Caracas étaient effectivement noires de monde. Mais la foule
était bien loin de la célébration du
chavisme ! Les deux camps se sont à
nouveau opposés avec, comme à
chaque nouvel appel à manifester,
une tension de plus en plus forte.
Depuis le début des manifestations,
une quarantaine de morts sont à
déplorer tandis que 850 personnes
ont été arrêtées, selon l’ONU. Nicolás
« Nous
considérerons
Juan Guaidó comme
le président légitime
du Venezuela. »
NATHALIE LOISEAU
La ministre française des
Affaires européennes
Maduro, pour sa première réapparition en public samedi depuis six
mois, a lancé l’idée d’élections législatives anticipées, pour remplacer
un Parlement où l’opposition est
majoritaire. Le mandat actuel des
députés, élus fin 2015, court de janvier 2016 à janvier 2021. Et les prochaines législatives doivent normalement avoir lieu fin 2020.
Le front s’est fissuré
Mais le même jour un nouveau coup
lui a été porté : son régime qui tient
essentiellement grâce au soutien de
l’armée a subi la défection d’un officier supérieur de l’armée de l’air qui
a rejoint le camp de Juan Guaidó. Le
front s’est fissuré dans la diplomatie
avec un premier ambassadeur vénézuélien, celui d’Irak, qui a rallié Juan
Guaidó. A la différence de son rival,
sur la défensive, l’opposant va de
l’avant. Dans une interview au
« China Morning Post » de Hong
Kong, il s’est dit prêt à dialoguer avec
la Chine qui détient une créance estimée à 50 milliards de dollars sur le
Venezuela, résultats de prêts successifs accordés à Caracas au cours de la
dernière décennie. Juan Guaidó qui
se dit intéressé par l’aide de la Chine
au redressement du pays, a garanti
que, une fois au pouvoir, il honorera
les accords conclus entre Pékin et
son pays. n
Federico Parra/AFP
AMÉRIQUE DU SUD
A Caracas , le 2 février, les manifestations pro-Guaidó ont à nouveau rassemblé des foules nombreuses.
Les Vénézuéliens en exil espèrent pouvoir rentrer bientôt au pays
La diaspora vénézuélienne
était mobilisée partout à
travers le monde samedi.
Aude Villiers-Moriamé
@AudeVM
— Correspondante à Buenos Aires
María José berce doucement son
bébé qui, par miracle vu l’ampleur
de la manifestation qui se tient
aux alentours, semble sur le point
de s’endormir. Casquette aux couleurs du Venezuela – jaune, bleu et
rouge – vissée sur la tête, elle
affirme sans détours : « Mon président, c’est Juan Guaidó. On ressent
beaucoup d’espoir avec ce qui est en
train de se passer. Peut-être, enfin,
qu’on va en finir avec la dictature de
Maduro. » La jeune femme fait partie des quelques milliers de Vénézuéliens qui se sont rassemblés
devant la faculté de droit de Buenos
Aires, samedi, à l’appel des leaders
de l’opposition au régime de Nicolás Maduro. En deux ans, plus de
100.000 Vénézuéliens se sont installés en Argentine, fuyant la crise politique et économique qui secoue leur
pays. Ils ne constituent qu’une petite
partie de l’immense diaspora vénézuélienne – plus de 2,3 millions de
personnes auraient quitté le pays
depuis 2015 – qui s’est répartie à travers tout le continent. « Pour beau-
En Argentine,
des milliers
de personnes
se sont rassemblées
pour afficher leur
soutien au président
autoproclamé
Juan Guaidó.
coup d’entre nous, il n’y avait pas
d’autre option que de partir », explique Ricardo, la trentaine, qui vit
depuis huit mois à Buenos Aires,
« quand j’ai vu que de plus en plus de
personnes venaient chercher à manger dans les poubelles de la boucherie
où je travaillais et que je me suis rendu
compte que mon salaire ne me permettait plus de manger ni de vivre
dignement, j’ai décidé de prendre le
peu d’argent qu’il me restait et de m’en
aller ». Ricardo vend à présent des
journaux dans un petit kiosque du
centre de la capitale argentine.
« Maduro dehors ! »
Assis sur les marches de la faculté
de droit, les Vénézuéliens, pour la
plupart très jeunes, crient « Fuera
Maduro ! » (Maduro dehors !),
avant d’entonner en cœur l’hymne
de leur pays. Ce n’est pas la pre-
mière fois que la communauté
vénézuélienne se mobilise à Buenos Aires, mais pour Daniela, « il y
a un sentiment d’enthousiasme très
fort » ce samedi.
Arrivée l’an dernier en Argentine
avec ses deux filles adolescentes,
elle se sent ici « en sécurité et très
bien accueillie par les Argentins »,
mais espère à présent « pouvoir
rentrer bientôt au pays. » Rajustant
le petit drapeau vénézuélien qu’elle
a noué autour de son cou, elle soupire : « Retrouver la démocratie, tout
reconstruire… On sait que ce ne sera
pas facile, mais on va y arriver et on
va revenir. Le Venezuela, c’est chez
nous. » n
Nucléaire : Washington et Moscou se rapprochent d’une nouvelle guerre froide
BILATÉRALE
Les Etats-Unis, imités
par la Russie, ont décidé
de sortir du traité sur
les forces nucléaires
intermédiaires.
Cet accord avait été
signé il y a trente ans
pour mettre
un terme à la crise
des « euromissiles ».
Jacques Hubert-Rodier
@jhrodier
avec Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Œil pour œil, dent pour dent. Après
Donald Trump, Vladimir Poutine a
annoncé, samedi à Moscou, sa décision de se retirer du traité de
démantèlement des missiles
nucléaires de portée intermédiaire.
La Russie et les Etats-Unis s’accusent respectivement de ne plus respecter ce traité dit INF (Intermediate-Range Nuclear) qui, en éliminant
totalement les missiles à courte et
moyenne p ortée (de 500 à
5.500 kilomètres) lancés depuis le
sol, avait été au centre de l’architecture de sécurité en Europe, et qui
mettait un terme à ce qui fut la crise
des « euromissiles » entre les EtatsUnis et la défunte Union soviétique.
Pour justifier vendredi la décision de Washington de se retirer de
cet accord conclu par les présidents Ronald Reagan et Mikhaïl
Gorbatchev en 1987, deux ans avant
la chute du mur de Berlin, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait accusé la Russie d’avoir
violé le traité avec le déploiement de
missiles 9M729. Ce que les Russes
démentent en affirmant que la portée de ce type de missiles, des sortes
d’Iskander améliorés, ne dépassait
pas les 500 kilomètres (480 kilomètres selon le ministère russe de la
Défense).
Armes stratégiques
La réponse ne s’est en tout cas pas
fait attendre. « Nos partenaires américains ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation à l’accord et
nous la suspendons à notre tour », a
dit samedi le président Poutine.
Début décembre, Washington avait
donné à Moscou soixante jours, jusqu’au 2 février, pour démanteler ses
nouveaux missiles. « Une dernière
chance », selon de hauts responsables américains, qui n’a pas été du
goût des Russes. Mais tout en
annonçant leur décision de « sus-
« Nos partenaires
américains ont
annoncé qu’ils
suspendaient leur
participation
à l’accord et nous
la suspendons
à notre tour. »
VLADIMIR POUTINE
Président russe
pension », les deux puissances n’ont
pas totalement fermé la porte à de
futures discussions. Toutefois,
Donald Trump et Vladimir Poutine
n’ont pas révélé leurs intentions sur
ce qui doit succéder au traité INF, ni
sur leur volonté de renégocier le
traité New START, qui limite les
armes stratégiques et arrive à
échéance en 2021.
Course aux armements
D’après le « New York Times », les
Etats-Unis chercheraient en fait à
parvenir à la conclusion d’un nouveau traité sur les armes nucléaires
en l’élargissant, au-delà de la Russie, à d’autres puissances nucléaires : l’Iran et la Chine et trois pays en
dehors du TNP (traité de non-prolifération nucléaire), Corée du Nord,
Pakistan et Inde. Ce qui est une
gageure dépassant largement la difficulté d’un traité bilatéral.
Depuis Barack Obama et son
« pivot » vers l’Asie (bascule), les
Etats-Unis sont inquiets de la montée en puissance des forces nucléaires chinoises qui compteraient,
selon les Américains, déjà 30 missiles balistiques de portée intermédiaire. La semaine dernière, les services de renseignement américains
ont d’ailleurs mis en garde contre
les menaces que ferait peser une
alliance russo-chinoise.
Dans l’immédiat, comme pour la
Russie, la suspension de l’INF permet aux Etats-Unis de poursuivre le
développement de nouveaux
engins, notamment une arme
nucléaire de faible puissance et un
missile de croisière de longue portée, une première depuis 1991 pour
lce pays. En tout cas, le monde s’est
rapproché d’une nouvelle course
aux armements, comme du temps
de la guerre froide. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
7 minutes ont suffi...
Il n’aura fallu que 7 minutes à l’attaque NotPetya pour paralyser l’une des
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Lundi 4 février 2019 Les Echos
En Inde, la campagne pour les élections
générales débute de manière musclée
l D’ici à quelques semaines, des centaines de millions d’Indiens se rendront aux urnes
pour renouveler la chambre basse du Parlement.
l L’enjeu est de savoir si le parti du Premier ministre parviendra à conserver le pouvoir.
Carole Dieterich
— A New Delhi
La sphère politique tout entière est
dans les starting-blocks. A quelques
semaines des élections de printemps – dont la date exacte n’a pas
encore été communiquée –, il est
bien difficile de dire si le Bharatiya
Janata Party (BJP), le parti de
Narendra Modi, parviendra à
conserver le pouvoir et avec quelle
majorité, s’il y parvient.
En 2014, les nationalistes hindous avaient infligé un terrible
revers électoral à l’historique
parti du Congrès, s’offrant une
majorité absolue. « Pour le BJP, la
marche vers le pouvoir n’est plus
a s s u ré e c o m m e o n l e p e n sa i t
encore il y a un an et demi », prévient Jean-Luc Racine, chercheur
émérite au CNRS. En décembre 2018, le BJP, jusqu’alors considéré comme invincible, a effectivement perdu trois Etats-clefs du
nord de l’Inde au profit de son
rival, le parti du Congrès. Des
résultats aux allures d’avertissement et qui ont donné un nouveau souffle au parti de centre
gauche emmené par Rahul
Gandhi.
Le « Führer » et Mussolini
« En 2014, Narendra Modi avait
promis des jours meilleurs qui se
font toujours attendre malgré des
indicateurs macroéconomiques au
beau fixe », analyse Jean-Luc
Racine. Le FMI a beau estimer la
croissance du pays à 7,3 % en
2018, cela ne se traduit pas nécessairement par une amélioration
des conditions socio-économiques des Indiens. Et le parti du
Congrès compte bien enfoncer le
clou tout au long de la campagne,
là où le BJP tentera de défendre
son bilan bec et ongles. « Chiffres
à l’appui », assure-t-on dans les
rangs du parti nationaliste hindou. Et la bataille des données statistiques a déjà commencé.
Le dernier épisode en date
remonte à fin janvier lorsqu’un
rapport sur l’emploi, encore confidentiel, mais paru dans la presse, a
établi le taux de chômage à 6,1 %
sur la p ério de 2017-2018, un
niveau record (voir encadré). « Le
“Führer” nous a promis 20 millions
d’emplois par an. Cinq ans plus
tard, le rapport sur la création
Chômage :
le rapport
qui dérange
Le 31 janvier, le « Business
Standard » a révélé
le contenu d’un rapport
du National Sample Survey
Office, organisme chargé
des enquêtes statistiques.
Selon ce rapport, le taux
de chômage en Inde
s’élèverait à 6,1 % sur
la période 2017-2018, année
qui a suivi celle de la
démonétisation. Un record
en quarante-cinq ans. Le
chômage toucherait particulièrement les jeunes.
Quelques jours plus tôt,
deux membres de la Commission nationale des statistiques ont démissionné
après avoir accusé le gouvernement de vouloir
enterrer le rapport. Pour
ce dernier, le document
n’avait pas été finalisé, sa
version définitive devant
être publiée en mars.
d’emplois révèle un désastre national », a déclaré Rahul Gandhi sur
Tweeter. Le BJP lui a aussitôt
opposé les chiffres d’un autre
organisme et a comparé Rahul
Gandhi à Mussolini, une référence
à ses origines italiennes… « Sur le
front de l’emploi, c’est un échec dans
un pays où un million de personnes
arrivent chaque mois sur le marché
du travail », tranche néanmoins
un observateur averti de l’économie indienne.
Avec plus d’un Indien sur deux
qui dépend de l’agriculture, la
question de la crise agraire occupera elle aussi une place centrale
dans la campagne. En 2018, plusieurs grandes villes indiennes
ont été le théâtre de gigantesques
manifestations de paysans. Le BJP
leur avait promis de doubler leurs
revenus en 2014 mais les agriculteurs sont aujourd’hui endettés
jusqu’au cou.
Aussitôt arrivé au pouvoir
dans les Etats du Rajasthan
(nord-ouest), du Chhattisgarh et
du Madhya Pradesh (centre) en
décembre, le Congrès a annoncé
l’effacement de leurs dettes et
promet d’en faire autant s’il
arrive au pouvoir. « Ces élections
seront pour nous celles des agri-
Policier distribuant, lors de la fête religieuse hindouiste de Kumbh Mela, un calendrier à l’effigie
du Premier ministre Narendra Modi. Photo Sajay Kanojia/AFP
C’est dans un hémicycle agité que
Piyush Goyal, le ministre des
Finances par intérim, a mis au fin
à un suspens de plusieurs semaines. Le gouvernement propose
finalement une aide directe de
6.000 roupies par an, soit environ
73 euros, aux paysans qui possèdent moins de deux hectares de
terre.
Face au surendettement de ces
derniers, qui ont été plus de
300.000 à mettre fin à leurs jours
au cours des vingt dernières
années, il s’agissait probablement de la mesure la plus attendue. Elle sera rétroactive à partir
de décembre 2018 et les premiers
versements pourraient bien arriver sur le compte en banque des
agriculteurs avant les élections.
Le coût de cette mesure, qui
devrait concerner 120 millions de
paysans, est estimé à 8,5 milliards d’euros. Une mesure perçue comme une main tendue à
quelques semaines des élections,
m a i s q u e l ’o p p o s a n t R a h u l
Gandhi s’est empressé de qualifier d’insulte, estimant que cela
revenait à donner aux agriculteurs 17 roupies par jour, soit
20 centimes d’euros.
Mesure fiscale en faveur
des plus démunis
Autre mesure considérée comme
un geste en direction de l’électorat :
le remboursement total des impôts
pour les personnes gagnant jusqu’à
500.000 roupies par an, soit un peu
plus de 6.000 euros. Celles qui
gagnent jusqu’à 650.000 roupies
« Les électeurs ne sont pas satisfaits
des performances économiques
de ce gouvernement »
culteurs et des pauvres », assure
un membre du Congrès proche
des instances dirigeantes. Quelques jours à peine avant la présentation du budget, le président
du Congrès a fait une autre promesse en ce sens : la mise en
place d’un revenu minimum
garanti pour les pauvres.
TROIS QUESTIONS À
NEELANJAN SIRCAR
Professeur de sciences
politiques associé
à l’université Ashoka
de New Delhi
L’affaire des Rafale
Autre cheval de bataille de l’opposition : l’achat de 36 Rafale par
l’Inde à Dassault Aviation en 2016.
La Cour suprême indienne a pourtant refusé d’ouvrir une enquête
sur les conditions d’achat des avions de chasse, mais le sujet ne
cesse d’être remis sur la table par
l’opposition qui accuse le gouvernent de corruption. « Le Rafale,
c’est le visage de notre campagne
anti-corruption et contre le capitalisme de connivence », assure toujours la même source au sein du
parti. L’objecti f : égratigner
l’image du Premier ministre. Lui
ne cesse de railler Rahul Gandhi,
le « dynaste » qui représente la
quatrième génération des NehruGandhi en politique. Les programmes politiques ne sont pas
encore rédigés, mais les hostilités
sont bel et bien lancées. n
Le budget fait la part belle aux paysans
et aux classes moyennes
Piyush Goyal, ministre
des Finances par intérim,
a présenté vendredi
1er février le dernier budget
avant les élections
législatives.
MOYEN-ORIENT
Avec neuf mois
de retard, le pouvoir
exécutif s’apprête
à reprendre
les rênes d’une
économie sinistrée.
Justine Babin
— A Beyrouth
par an, soit un peu plus de
7.900 euros par an, pourront être
exemptées à condition d’investir
cet argent. Une mesure qui
pourrait concerner 30 millions de
personnes.
« Les concessions faites aux
agriculteurs et à la classe moyenne
vont bien évidemment avoir des
répercussions sur les élections », a
réagi Manmohan Singh, ancien
ministre des Finances et ancien
Premier ministre. La tradition
veut que, avant les élections, le
budget engage uniquement les
dépenses de fonctionnement
jusqu’à la prise de fonction du
nouveau gouvernement.
« C’est un budget adressé à l’électorat de base, les petits paysans et
les classes moyennes qui avaient le
sentiment d’être délaissées »,
admet lui aussi P. N. Vijay, un banquier anciennement associé au
Bharatiya Janata Party. — C. Di.
DR
INDE
Le nouveau
gouvernement
libanais face
au marasme
économique
1
En décembre, le parti
de Narendra Modi
a perdu trois Etats du nord
de l’Inde. Quelles leçons
peut-on en tirer pour
les élections générales ?
La colère dans la classe agricole est
la leçon la plus évidente à tirer des
récentes élections régionales. Lorsque le BJP a remporté les élections
dans le Gujarat en décembre 2017,
avec des résultats moins bons
qu’attendus, cette colère semblait
limitée. Mais les élections de 2018
montrent que la grogne s’est répandue. Au regard des attentes qu’ils en
avaient, les électeurs ne sont pas
particulièrement satisfaits des
performances économiques de ce
gouvernement. Cette insatisfaction
va-t-elle perdurer et se manifester
dans les urnes ? Cela va dépendre de
l’amélioration des conditions économiques des électeurs d’ici là, mais
aussi de la crédibilité des alternatives présentées par les partis régionaux et par le parti du Congrès.
2
Quels partis joueront
un rôle décisif dans
les élections générales ?
Le système partisan est en pleine
mutation. Il se pourrait qu’une
colère des électeurs contre le BJP ne
bénéficie pas au Congrès mais profite plutôt aux partis régionaux. Ce
scénario serait le pire cas de figure
pour le Congrès qui serait relégué au
statut d’acteur régional. Les partis
régionaux de poids sur lesquels il
faut garder un œil se trouvent dans
l’Uttar Pradesh, le Bengal occidental, le Telangana et l’Odisha. A eux
seuls, ils pourraient être capables de
remporter 130 à 150 sièges (sur 543).
D’aucuns semblent surpris par
l’incapacité du Congrès à former un
certain nombre d’alliances préélectorales avec ces partis. Mais si elles
ne permettent pas de prévenir une
dispersion des voix, elles ne servent
pas à grand-chose, l’alliance peut se
faire après. Le BJP semble aussi penser qu’il ne pourra pas former une
majorité et c’est pour cette raison
que le parti demande à renégocier
ses alliances. Une des questions qui
se pose aujourd’hui est de savoir si
cette élection sera de portée nationale ou locale.
3
Sur quelles réserves
de voix les partis
peuvent-ils compter ?
En 2014, le BJP a gagné 70 % de ses
sièges dans six Etats. Ces derniers
enregistraient jusque-là les plus faibles taux de participation mais,
entre 2009 et 2014, ces taux ont
connu une progression à deux chiffres. Le BJP de Narendra Modi a été
particulièrement bon pour convaincre les électeurs de se rendre aux
urnes. Des électeurs qui cherchaient
le changement et qui ont placé leur
confiance dans un homme ou un
parti. S’ils ne reviennent pas, le BJP a
peu de chances de gagner. Beaucoup
de débats tournent aussi autour de
ce que l’on appelle les « Other Backward Classes » (les castes défavorisées, NDLR). C’est un amalgame de
groupes, une large masse se situant
entre les Dalits (autrefois appelés
« intouchables ») et les hautes castes. On considère que le BJP enregistre généralement de meilleurs scores parmi eux en raison notamment
de la force de sa machine électorale.
On a aussi assisté au cours des
deniers mois à une tentative d’
« européaniser » les règles du jeu de
la politique indienne. Notamment
en se focalisant sur les préoccupations liées à la classe sociale. Mais ce
n’est pas parce que les électeurs ont
des doléances d’ordre économique
que la caste ne va pas être utilisée. On
peut mobiliser pour des idées de
classe tout en utilisant la force du
réseau de caste.
Propos recueillis par C. Di.
La nouvelle a été accueillie par
des feux d’artifice jeudi à Beyrouth. Après neuf mois de paralysie des institutions, menacé par
un effondrement économique, le
Liban est enfin parvenu à former
un gouvernement. Ce nouvel
exécutif confirme la percée du
parti chiite pro-iranien Hezbollah et de ses alliés, dont le Courant patriotique libre du président chrétien Michel Aoun. Leur
coalition était sortie vainqueur
des élections législatives de mai
en raflant une majorité des sièges
au Parlement, à la défaveur de
celle du Premier ministre sunnite Saad Hariri, soutenu par
l’Arabie saoudite et les puissances occidentales.
Reflétant ce nouveau rapport
de force, le Hezbollah, « groupe
terroriste » selon les Etats-Unis et
sous le coup de sanctions américaines, détient désormais avec
ses alliés une minorité de blocage
au Conseil des ministres. Elle lui
permettra potentiellement de
poser son veto sur certains dossiers. Né de longues tractations,
le gouvernement devra pourtant
trouver rapidement un terrain
d’entente sur les questions économiques, alors que le Liban a
un besoin urgent de réformes et
de financements.
Lors de la conférence dite
Cedre, tenue en avril 2018 à Paris,
la communauté internationale
lui a promis 11 milliards de dollars de prêts et de dons pour développer ses infrastructures. Cette
aide est cependant conditionnée
à la mise en place de réformes
administratives et budgétaires,
dont la réduction de la dette
publique, aujourd’hui à plus de
150 % du PIB. Or, aucune mesure
n’a pour l’instant été prise et le
pays s’enfonce dans le marasme.
Principalement tourné vers les
services et notamment le secteur
bancaire, alimenté par les revenus de la diaspora, le modèle rentier de l’après-guerre civile (19701990) est à bout de souffle. Depuis
le début du conflit syrien en 2011,
le taux de croissance annuel
moyen plafonne à 1,25 %, contre
environ 9 % auparavant. Le taux
de chômage avoisine les 20 %.
Crises régionales
La dégradation de la situation
s’est accélérée ces dernières
années avec les répercussions
des crises régionales et du bras de
fer entre l’Arabie saoudite et
l’Iran. L’arrivée massive de
1,5 million de réfugiés syriens
dans ce pays de 4 millions d’habitants a exercé une pression sur
les emplois et les infrastructures.
Par ailleurs, l’arrêt brutal des
voyages et des investissements
des ressortissants du Golfe dans
le pays – en représailles à la complaisance présumée du Liban à
l’égard du Hezbollah – ont achevé
de plomber la conjoncture.
Pour sortir de l’ornière, le pays
du Cèdre a réclamé les conseils
du cabinet McKinsey sur une
nouvelle stratégie économique
pour 2025. Publié en janvier, ce
rapport recommande le développement de plusieurs filières
exportatrices, notamment
industrielles. Pour le moment, le
gouvernement n’a pas communiqué d’agenda pour la mise en
œuvre de ces réformes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 4 février 2019
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Entreprises : pour un véritable droit
au rebond
des Echos
Le regard sur le monde Le très encombrant M. Maduro
Le Point de vue
La politique monétaire a besoin
d’un changement radical
Art et culture
Les ballets de Monte-Carlo, goût russe
Sciences
De nouvelles pistes pour expliquer l’autisme
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Le beurre et l’argent
Boll pour « Les Echos »
Comment restaurer une taxe
carbone en France
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Depuis l’ouverture du grand débat
national, les questions fiscales foisonnent aux quatre coins de la
France. Pas une réunion publique,
pas un cahier de doléances où ne
soient évoqués l’impôt sur la fortune
ou la taxe d’habitation. Ce bouillonnement peut s’avérer bénéfique
dans un pays fâché avec ses impôts.
Il y a pourtant une grande absente
dans ce débat – et c’est paradoxalement ce qui avait cristallisé la colère
des « gilets jaunes » : la taxe carbone.
Depuis le recul en catastrophe du
gouvernement, aucun ministre,
aucun député, n’ose vraiment se saisir du sujet. A la question de savoir si
la taxe carbone, suspendue en
décembre, sera réintroduite en
2020, la réponse reste souvent évasive. Pour l’heure, le sujet n’a pas
encore été débattu, du moins à
l’échelon national, bien qu’Emmanuel Macron l’ait soulevé dans sa lettre aux Français. « Comment finance-t-on la transition écologique : par
l’impôt, par les taxes, et qui doit être
concerné en priorité ? »
Cette question a pourtant toute sa
place dans le débat. Un abandon pur
et simple de la taxe carbone, au motif
qu’elle est devenue un épouvantail
politique, ne ferait que faire perdurer la dépendance de notre économie aux énergies fossiles. Malgré les
10 milliards de pouvoir d’achat injectés en urgence, la situation des foyers
en précarité énergétique n’est pas
réglée. Si ces ménages n’ont pas pu
faire face à 7 centimes de hausse de
taxes sur le litre de diesel, ils seront
tôt ou tard exposés à une hausse des
prix du pétrole.
La tournure des événements de
fin d’année traduit un besoin d’explication criant, face à une sorte de
schizophrénie française, où l’opinion place la lutte contre le réchauffement climatique parmi les priorités, mais rejette l’un des instruments
pour y parvenir. Pour bien comprendre, il faut revenir aux origines de la
taxe carbone. A l’image de la Suède,
pionnier dans ce domaine, la France
a voulu se doter d’un « signal-prix »
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
La montée
en puissance
de la fiscalité verte
aurait nécessité, à elle
seule, un grand débat.
C’est pourtant
la grande absente
de la consultation
nationale lancée par
Emmanuel Macron.
D
Les points à retenir
Depuis le recul en
•catastrophe
du gouvernement
sur la taxe carbone, l’exécutif
reste très évasif sur son
éventuel retour.
Contrairement à la Suède, où
la fiscalité verte a fait l’objet
d’une longue concertation, la
France a escamoté le débat,
avec une taxe augmentant
chaque année par paliers.
Tant que les prix du pétrole
baissaient, la contribution
climat énergie augmentait
en toute discrétion.
Le retour de boomerang,
avec la flambée des prix du
pétrole en 2018, a été brutal.
•
•
•
pour inciter les agents économiques
à se détourner des énergies fossiles
et à basculer vers d’autres sources
d’énergie moins émettrices en CO2.
C’était l’un des engagements pris
dans le cadre de l’Accord de Paris en
2015. En théorie, ce « signal-prix »
doit être couplé d’incitations pour
les entreprises à investir dans l’appareil productif et pour les ménages
dans leur logement ou la mobilité
« propre ». La première tentative, en
2009, a buté sur une censure du Conseil constitutionnel. A l’époque, les
Sages ont considéré que la taxe carbone créait une rupture d’égalité
devant l’impôt parce qu’elle comportait trop d’exemptions. Quatre ans
après cet échec, une nouvelle taxe
carbone est adoptée. Plutôt que de
créer un nouvel impôt, le gouvernement socialiste a introduit une composante carbone dans les taxes sur
les énergies fossiles (TICPE pour les
carburants, TICGN pour le gaz),
dont la vocation est d’augmenter par
paliers chaque année. Introduite à
7 euros la tonne en 2014, cette « contribution climat énergie » s’élève
aujourd’hui à 44 euros la tonne. Cela
représente, en l’espace de cinq ans,
15 centimes de taxes en plus sur le
litre de diesel et 13 centimes sur
l’essence. Soit plus de 8 milliards de
prélèvements supplémentaires.
Contrairement à la Suède, où la
fiscalité verte a fait l’objet de deux
ans de concertation, le débat en
France a été escamoté. Tant que les
prix du pétrole baissaient, la contribution climat énergie a été augmentée chaque année en toute discrétion, sans que les contribuables ne
s’en rendent compte. A l’élection
d’Emmanuel Macron, cette trajectoire a même été accentuée et doublée d’une convergence par le haut
entre le diesel et l’essence. Le retour
de boomerang, avec la flambée du
pétrole de 2018, a été brutal.
Peut-être cette trajectoire était
trop abrupte pour que les contribuables puissent ajuster leurs comportements, d’autant plus qu’il manque
encore une alternative accessible à
la voiture thermique. Mais la France
a surtout péché par l’absence de
débat sur l’affectation des recettes.
Lorsqu’elle a été créée, la taxe carbone devait financer le CICE (crédit
d’impôt compétitivité emploi). A
l’élection d’Emmanuel Macron, son
fléchage n’a pas été clairement
défini. Face à la montée de la contestation, le gouvernement s’est empêtré dans un argumentaire selon
lequel on augmentait les taxes sur la
pollution pour pouvoir baisser celles sur le travail. Sur les rondspoints, on a eu vite fait de dire que les
taxes sur les carburants finançaient
la baisse de l’impôt sur la fortune...
Les travaux des économistes
convergent sur un point : pour être
acceptée, une taxe carbone doit s’inscrire dans une baisse globale des prélèvements obligatoires. Sauf que la
politique fiscale d’Emmanuel
Macron a fait que les impôts ont
baissé pour certains, augmenté pour
d’autres, ce qui a nui à sa lisibilité.
Le troisième point d’achoppement est celui de la compensation
pour les ménages fragiles. Le gouvernement avait bien prévu des
« chèques énergie » et une « prime
de conversion » élargie à l’acquisition d’une voiture d’occasion
récente. Sans doute les moyens mis
sur la table doivent-ils être plus
importants, sans pour autant annuler le « signal-prix ». Sans doute peuvent-ils être mieux ciblés, toute la
difficulté étant que les plus vulnérables ne sont pas faciles à identifier. Le
revenu n’est pas le seul critère à prendre en compte. Cela dépend aussi de
la localisation, des horaires de travail (atypiques ou non), d’une utilisation contrainte ou non de l’automobile. Tout cela ne se détecte pas dans
un graphique par déciles de revenus
depuis un bureau parisien. C’est là
que les collectivités locales, mieux à
même d’identifier les besoins
locaux, ont leur rôle à jouer, comme
le montre la prime de mobilité instaurée dans les Hauts-de-France.
Notre expérience de la taxe carbone a montré que c’était une bascule de prélèvements obligatoires suffisamment massive pour
bouleverser certains équilibres.
Cette problématique, à elle seule,
suffirait à nourrir un grand débat
national. n
Les Français sont généreux. Mais ils
préfèrent quand leur générosité ne leur
coûte rien. A l’heure de l’entrée en vigueur de
la nouvelle loi héritée des Etats généraux de
l’alimentation, la France a ainsi trouvé une
nouvelle raison de se faire peur : les prix
risquent de flamber et notre pouvoir d’achat
sera
la victime collatérale d’une initiative
Par David
législative bourrée de bonnes intentions
Barroux
puisque son ambition est de mettre un terme
à la guerre des prix qui contribue à fragiliser
Les Français notre agriculture. La vérité est que la
préfèrent
concurrence est telle entre les distributeurs
et les géants de l’agroalimentaire, que même
quand leur
si les prix de quelques produits devaient
générosité
grimper de quelques centimes, l’inflation
ne leur
massive tant redoutée n’a quasiment aucune
chance de se matérialiser. Et au pire,
coûte rien.
si les prix devaient grimper sur une poignée
d’articles, ils baisseraient sans doute d’autant
sur d’autres. De ce fait, le fameux « panier moyen » ne devrait
guère bouger en 2019.
Le fait qu’une menace fantôme inquiète autant l’Hexagone
n’a cependant rien d’anodin et nous place une fois de plus face à nos
propres contradictions. Interrogés par les sondeurs, les Français
sont majoritairement pour une augmentation du revenu
des paysans. Ils sont tout aussi nombreux à estimer qu’il convient
de lutter activement contre le réchauffement climatique.
Et nombreux sont ceux qui se disent pour la création de champions
industriels européens susceptibles d’ouvrir des usines et de créer
des emplois sur le Vieux Continent.
Dans la pratique toutefois, les Français ont bien du mal à
assumer les conséquences de leurs opinions. Le mouvement des
« gilets jaunes », qui s’est cristallisé autour du rejet de la hausse du
prix du diesel jugée nécessaire pour lutter contre la pollution et le
réchauffement climatique, en est la preuve. La peur de voir le prix
du Nesquik ou du Ricard grimper pour que les Carrefour et autres
Leclerc puissent engranger sur ces produits de meilleures marges,
ce qui leur permettrait de moins mettre la pression sur les produits
issus de l’agriculture, en est une autre. Tout comme nous serons
sans doute nombreux cette semaine à critiquer la Commission
européenne qui risque de bloquer la fusion Siemens-Alstom, mais
nous serions encore plus nombreux à hurler si demain la SNCF
devait vendre plus cher ses billets pour rentabiliser des TGV plus
coûteux en raison d’un manque de concurrence.
En clair, nous voulons systématiquement le beurre et l’argent du
beurre. Ce qui n’est guère possible. Si nous voulons des paysans
moins pauvres, une planète moins polluée et des usines qui
embauchent plus, il faut que nous soyons prêts à en payer le prix.
(
Lire nos informations
Pages 16-17
Impôts, juste trop
Par Dominique Seux
On doit souhaiter « bon courage » à ceux qui seront chargés de trier
et hiérarchiser les vœux des Français sur les questions fiscales.
La lecture au hasard des idées déposées sur le site spécialisé
du grand débat (55.000 dimanche matin) révèle énormément
de diversité et pas mal de surprises. Un certain nombre
de contributions considèrent ainsi que l’impôt le plus juste est
l’impôt proportionnel (et non progressif) comme l’avait déjà
indiqué un sondage il y a quelques semaines. Nul doute que les
Français les plus aisés seraient ravis si c’était la vérité… Au-delà de
quelques perles – « Il faut remettre l’ISF parce que les plus riches sont
de toute façon déjà partis » –, on voit abonder beaucoup de fausses
bonnes idées. Très présente dans la bouche des « gilets jaunes »
et dans les réunions publiques, la piste d’une TVA zéro sur les
produits de première nécessité aujourd’hui taxés à 5,5 % appartient
à cette catégorie. Baisse des prix aléatoire, coût budgétaire certain :
les inconvénients dépassent les hypothétiques avantages.
La vérité est que les prochaines semaines vont voir s’opposer
deux approches sur les impôts. L’une ne jurera que par la justice
fiscale, la répartition des efforts entre les contribuables et la
dénonciation de l’évasion fiscale. Ce sera le discours dominant, qui
oublie que 10 % des ménages paient 70 % de l’impôt sur le revenu,
que l’avantage tiré des fameuses niches fiscales est désormais
presque toujours plafonné et que Bercy fait ce qu’il peut pour
rattraper les fraudeurs et les évadés fiscaux. Et heureusement.
L’autre approche essaiera timidement de rappeler que le problème
est plutôt le niveau général des prélèvements obligatoires, fiscaux
et sociaux. Un simple coup d’œil sur la différence entre
le « super-brut » (toutes cotisations sociales comprises) et le
« super-net » (après impôt, viré sur les comptes en banque)
figurant noir sur blanc sur les feuilles de paie reçues la semaine
dernière par des millions de salariés a suffi à les en convaincre.
Du bas en haut de l’échelle, c’est ce cri qu’il faut entendre.
(
Lire nos informations
Pages 2-3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // IDEES & DEBATS
Lundi 4 février 2019 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Toplexil, Décontractyl… 93 médicaments plus dangereux qu’utiles
2. L’iPad n’est pas encore mort
3. Prolifération nucléaire : Poutine répond à Trump et se retire à son tour du traité INF
4. Pierre Person, le « député crypto » de l’Assemblée nationale
5. Les Etats-Unis vont gagner leur indépendance énergétique
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Entreprises : pour un
véritable droit au rebond
Comment taxer
les riches ?
FRAGILITÉ « La colère qui s’est exprimée
aux quatre coins du pays […] a eu des
conséquences dommageables pour des pans
entiers de notre économie. Cette crise
rappelle une fois de plus le caractère fragile
de la santé économique des entreprises. »
AVANCÉES « Le projet de loi Pacte contient
des avancées contrastées pour les
entrepreneurs en quête d’un nouveau souffle.
Car s’il supprime la cotation 050 de la
Banque de France, qui visait la personnalité
du dirigeant après une sauvegarde ou une
liquidation, il ne va pas aussi loin pour
les entreprises qui restent stigmatisées. »
SUSPICION « Lorsqu’elle enclenche une
procédure de sauvegarde, la société entre dans
une période d’observation durant laquelle un
examen rigoureux de sa situation financière
est mené par un tribunal de commerce. Sa
solvabilité est alors en balance et il est justifié
d’en informer les acteurs économiques. En
revanche, dès lors que le juge entérine son
plan, valide la réorganisation de son passif
et considère au fond que l’entreprise peut
repartir d’un bon pied, comment comprendre
que l’on continue de faire régner sur elle une
forme de suspicion ? »
AMBITION « Le législateur doit donc faire
preuve d’une plus grande ambition, afin
d’instaurer dans notre pays un véritable droit
au rebond pour les entrepreneurs. […] Il est
donc primordial de supprimer les
inscriptions au greffe et à la Banque de
France, qui sont d’autant moins fondées que
le risque financier pesant sur l’entreprise peut
tout à fait être appréhendé à l’aune de son
seul bilan, voire de ses délais de paiement. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
taxer les riches ? » La ques•tion« Comment
n’est pas posée par des « gilets jau-
nes » mais par « The Economist ». En
1999, Donald Trump avait proposé une
taxe sur la fortune au-delà de 10 millions
de dollars. Maintenant président, il va
devoir s’opposer à un impôt sur la fortune comme le souhaitent nombre de
démocrates. Et l’hebdomadaire passe en
revue toutes les suggestions actuelles
comme celles d’un prélèvement annuel
de 2 % sur les patrimoines de plus de
50 millions de dollars et de 3 % au-dessus
de 1 milliard ou la création d’un taux
marginal d’imposition de 70 % pour les
plus hauts revenus, une sorte d’ISF à la
française. « D’une certaine façon, ces propositions seraient un soulagement », soit
pour financer des dépenses sociales
comme le souhaitent les démocrates,
soit pour réduire l’endettement en raison des fortes réductions fiscales décidées par Trump.
Mais presque toutes ces propositions
sont mal conçues aux yeux du « The Economist », qui les passe en revue une par
une. De même, l’ISF en France, rappellet-il, n’a pas apporté les recettes budgétaires escomptées. En revanche, il serait
plus intelligent d’augmenter les droits de
succession, ce qui contribuerait à la lutte
contre les inégalités, ou encore de s’attaquer aux rentes de situation avec des
augmentations des impôts fonciers pour
que l’Etat profite des énormes plus-values de certains propriétaires dans les
zones urbaines, ou encore d’augmenter
les impôts sur les entreprises qui réalisent des bénéfices anormalement élevés.
Cependant, « s’il y a une marge pour
augmenter les impôts sur les riches, ils ne
peuvent pas payer pour tout, notamment
parce qu’ils ne sont pas si nombreux ».
Comme dans tout projet d’augmentation, il est nécessaire de se souvenir qu’il
y a des limites. —J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Dix patrons déterminés
à réconcilier
consommation
et durabilité
LE PROPOS Dix exemples de chefs
d’entreprise qui réussissent à
concilier croissance et enjeux
sociétaux et environnementaux.
Dix entretiens avec des patrons de
grands groupes mondialisés,
Thierry de La Tour d’Artaise pour
SEB, Franck Riboud, président
d’honneur de Danone, ou Hervé
Navellou, directeur général de
L’Oréal France, qui partagent avec
le pionnier du végétal Olivier
Clanchin chez Triballat Noyal, ou
Ghislain Morillion et Sébastien
Kopp, les fondateurs des baskets
écolo Veja, la volonté de travailler
au bien commun. Les entretiens
proprement dits sont suivis d’un
petit guide des bonnes pratiques
qui contribuent à faire en sorte que
les consommateurs citoyens que
nous sommes devenus retrouvent
du sens à leurs achats.
L’INTÉRÊT Le tout est bienvenu à
l’heure où les entreprises sont
appelées par la nouvelle loi Pacte à
se choisir des « missions » au-delà
de la seule logique économique et
financière. Etre proactif plutôt que
réactif, cultiver la sincérité,
Respect ! Des patrons
inspirants pour un monde
meilleur
par Anne Génin et Clémence Blanc,
Flammarion, 230 pages, 15,90 euros.
l’honnêteté parce que « les actes
comptent plus que les paroles »,
investir de façon équilibrée dans le
savoir-faire et le faire-savoir.
LES AUTEURS Après plus de vingt
ans au service de grandes
marques, Anne Génin et Clémence
Blanc ont mis à profit leur
expérience du terrain pour lancer
leur agence de conseil stratégique
Beebuzz. Objectif : aider les
entreprises à se développer tout en
cherchant à avoir un impact positif
sur la société. — Valérie Leboucq
Juan Barreto / AFP
Il faut libérer les entreprises en difficulté
des entraves inutiles qui les empêchent
de redécoller, plaide Natanael Wright,
fondateur de Wall Street English.
Manifestation demandant le départ de Nicolás Maduro, le 30 janvier à Caracas.
Le très encombrant M. Maduro
Nicolás Maduro doit partir, et des élections doivent avoir lieu
au Venezuela. Mais pour y parvenir, Washington doit privilégier
la voie diplomatique, en concertation avec l’Europe et le Canada.
LE REGARD
SUR
LE MONDE
de Dominique
Moïsi
L
a Russie est très inquiète, l’Iran et
la Turquie aussi. Les Etats-Unis et
leurs alliés ne sont-ils pas en train
de violer le droit international en imposant des sanctions économiques toujours
plus sévères au Venezuela et en soutenant
un président autoproclamé ? » Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, ne cache pas son plaisir. La
Russie a beau jeu de dénoncer les « dérives » de Washington, elle qui – de la Crimée aux attaques chimiques intervenues sur le territoire britannique – était
plutôt sur le banc des accusés.
Une fois de plus, le droit international
est brandi – certains diraient détourné –
au sein d’une épreuve de volonté politique entre deux camps. Nicolás Maduro
n’a peut-être pas été réélu de la manière
la plus indiscutable. Il n’en est pas
moins « légalement » le président du
Venezuela. Son opposant, le président
de l’Assemblée nationale Juan Guaidó,
s’est autoproclamé président par intérim. Compte tenu de la situation dans
laquelle se trouve le Venezuela sa position n’est pas « légale », mais n’est-elle
pas « légitime » ? Cette distinction délicate est tout à la fois nécessaire et dangereuse. Il est si facile de tomber dans le
domaine des émotions sélectives. Pourquoi intervenir au Venezuela et pas au
Guatemala ou au Honduras ? Les peuples souffrent là aussi.
Comme dans un film qui serait présenté en accéléré, les images défilent
sous nos yeux évoquant chaque fois des
lieux et des temporalités différentes.
Sommes-nous à Panama à la fin des
années 1980, l’Amérique est-elle sur le
point d’intervenir militairement – via la
Colombie ou non – pour renverser
Nicolás Maduro, comme elle l’avait fait
de Manuel Noriega ? Sommes-nous en
train d’assister à une version « latino »
des événements qu’a traversés la Libye
au début des années 2010, et qui ont
mené le pays vers le chaos, à travers
la lutte entre deux incarnations de
l’autorité ?
Ce qui est certain, c’est que la crise en
cours au Venezuela a un incontestable
parfum de guerre froide. L’Amérique y
retrouve son instinct « universaliste » et
interventionniste et apparaît aux côtés
du Canada, héritier et défenseur du
« devoir de protéger ». Aux côtés aussi,
de la plupart des pays d’Amérique
latine, à commencer par le Brésil, sans
oublier la grande majorité des pays de
l’Union européenne. Moscou elle, dans
son soutie n au régime Maduro,
retrouve dans la région, une centralité
qu’elle n’avait plus eue, depuis l’époque
de son soutien indéfectible à Cuba.
Mais ces comparaisons sont trompeuses. L’Amérique de Trump n’est pas
celle de George H. Bush. L’usage de la
force n’est pas exclu, bien sûr. Washington l’a déjà utilisé contre la Syrie dès
2017. Mais au moment où l’Amérique
retire ses contingents du Moyen-Orient,
envoyer des troupes au Venezuela peut
apparaître comme une méthode du
« monde d’hier ». Il est d’autres méthodes moins coûteuses et tout aussi efficaces à terme pour provoquer un changement de régime.
La crise en cours
au Venezuela a un
incontestable parfum
de guerre froide.
Le pays combine
la malédiction du pétrole
et celle du continent
latino-américain.
De Téhéran à Caracas, l’arme des
sanctions semble avoir remplacé l’usage
de la force au sens classique du terme.
Mais Donald Trump est si imprévisible.
Dans sa tête, considérations de politique
intérieure et visions stratégiques se
confondent un peu trop. Appuyer le président autoproclamé Juan Guaidó,
n’est-ce pas aussi se « fidéliser » les suffrages des exilés latinos, particulièrement nombreux en Floride ? Défier
Poutine, n’est-ce pas répondre indirectement à toutes les accusations de relations « trop étroites » avec la Russie ?
Enfin, et surtout, le Venezuela n’est
pas Cuba ou Panama. C’est devenu une
aberration qui serait grotesque, si elle
n’était tragique. Il y a plus de généraux
(1.200) dans l’armée du Venezuela que
dans celle des Etats-Unis. Une inflation
de galons d’or censée fidéliser une
armée qui est l’ultime rempart du
régime. Un dixième de la population ou
presque a fui le pays et son mélange de
misère et d’insécurité absolue, de lutte
contre la faim et d’oppression. L’inflation y atteint le niveau qui fût celui de la
République de Weimar à la fin des
années 1920. Le Venezuela combine
pour son malheur la malédiction du
pétrole et celle du continent latinoaméricain. Plus de 90 % de la richesse
provient d’une seule ressource, toujours plus mal exploitée. Comment
penser l’après-pétrole quand la production est tombée en 2019 au niveau qui
était le sien dans les années 1940 ?
Sur un plan politique et social, on
retrouve un phénomène présent depuis
longtemps – certains diraient depuis
toujours – de « trahison des clercs » pour
reprendre la formule de Julien Benda.
Au Venezuela, il existait hier des élites
cultivées qui se comportaient, se comparaient et de fait se sentaient très largement comme des Européens. Le problème est que leur raffinement et leur
richesse ne s’accompagnaient pas d’un
sens moral équivalent (ou si rarement)
et qu’elles étaient aussi corrompues que
raffinées. Leur aveuglement porta Chavez au pouvoir.
Pendant près de quatorze années le
charisme du leader masqua – de moins
en moins bien avec le temps – la corruption, l’autoritarisme et l’incompétence
absolue du régime. Avec l’arrivée de
Maduro, le pouvoir était nu. La Révolution dite « bolivarienne », mélange de
nationalisme et de socialisme, ne pouvait plus faire illusion.
Dans le contexte explosif que connaît
le Venezuela, quels sont les objectifs
que doit poursuivre le monde de la
démocratie libérale ? Le premier est,
sans la moindre hésitation, de dépasser
le statu quo, sans verser dans la guerre
civile. Maduro doit partir, il a plus que
fait la preuve de son incompétence et de
son illégitimité. Le peuple doit revenir
aux urnes dans des élections, présidentielles et non législatives, qui bénéficieraient du contrôle d’observateurs issus
de la communauté internationale
(l’ONU) ou de l’environnement régional
latino-américain. Les Etats-Unis se doivent de concerter leur action diplomatique avec leurs partenaires et rivaux. Sur
ce plan le rôle du Canada et de l’Union
européenne est essentiel. Le départ de
Maduro ne doit pas être perçu comme
le retour des « gringos ».
Dominique Moïsi est conseiller
spécial de l’Institut Montaigne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 4 février 2019
art&culture
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
1. Pourquoi le prix de certains produits alimentaires a augmenté depuis vendredi
2. La carte des péages : comment les sociétés d’autoroutes réalisent des recettes record
3. Retraites complémentaires : vifs débats en vue sur la revalorisation des pensions
4. « Gilets jaunes » : Edouard Philippe promet une aide aux commerçants victimes de casseurs
5. Alexandre Viros, l’homme qui dépoussière la SNCF
LE POINT
DE VUE
de François-Xavier Oliveau
J
ean-Marc Daniel constatait il y a
quelques jours dans ces colonnes (« Les Echos » du 23 janvier) « l’échec patent » des politiques
monétaires, qui conduisent à l’explosion
de la dette et à la perte de crédibilité de la
monnaie. Il y évoquait un possible retour
à l’étalon-or. Si nous l’avions maintenu,
explique-t-il, la hausse de pouvoir
d’achat se serait matérialisée différemment, par des prix en baisse alors que les
salaires seraient restés stables.
Il rappelle ainsi une vérité constatée
de Hume à Schumpeter : le progrès fait
baisser les prix. Jean Fourastié a montré
que le prix du blé a été divisé par 400
depuis Louis XIV ; celui du miroir par
4.000. Au XIXe siècle, sous le régime de
l’étalon-or, les prix sont en baisse permanente hors période de guerre.
Cette déflation technologique s’accélère. Les baisses constatées par Fourastié
correspondaient à 2 % par an pour le blé,
3 % pour le miroir. Aujourd’hui, le panneau solaire perd 15 % par an, le stockage
informatique 30 %, le séquencement de
l’ADN plus de 50 %. La gratuité, stade
ultime de la baisse des prix, touche de
plus en plus de biens. La numérisation
de l’économie annonce une déflation
technologique massive.
Mais notre économie fonctionne très
mal avec des prix en forte baisse, qui
mettent sous pression l’emploi et les
salaires. Pour les stabiliser, nous devons
donc créer de l’argent en permanence :
l’inflation produite par cette création de
monnaie compense la déflation créée
par la technologie. C’est là qu’il faut
rechercher la cause de l’explosion de la
masse monétaire en zone euro : elle a
LE POINT
DE VUE
de Jean-David Zeitoun
et Philippe Ravaud
D
ans la ville de Chandler (Arizona), Waymo, filiale automobile de Google, va déployer un
service de transport par voiture autonome. Après avoir exploité l’espace
public – une centaine de véhicules
cumulant plusieurs millions de kilomètres – ainsi que des ressources humaines
de la municipalité, collectant une quantité considérable de données, Waymo va
proposer son offre selon un modèle classique de paiement à la course. Cette relation est-elle équilibrée, entre une entreprise qui maîtrise la technologie mais n’a
pas de données et la collectivité, qui est
schématiquement en situation inverse ?
Notre système de soins, comme d’autres
secteurs, va devoir répondre à cette
question.
Les systèmes de soins génèrent
d’énormes masses de données, financées en Europe par la solidarité nationale. Ces données sont certes imparfaites et sous-utilisées, mais ils les ont, et
sont pratiquement les seuls à les avoir.
Les entreprises compétentes en intelligence artificielle (IA) cherchent à accéder à ces données en promettant d’aider
ces systèmes de soins à atténuer leurs
trois faiblesses historiques : l’accès, la
qualité et l’inefficience. Cela a du sens
mais plusieurs initiatives sont nécessaires pour faire de l’IA en santé un marché
équitable. Trois d’entre elles nous paraissent prioritaires.
Premièrement, un investissement
public massif est nécessaire pour que les
hôpitaux, qui sont les nouveaux géants
de la donnée en santé, puissent développer leurs propres algorithmes. Plusieurs
exemples montrent que c’est possible.
Ainsi, une équipe française a récemment développé un algorithme d’ana-
La politique monétaire
a besoin d’un changement
radical
doublé depuis 2008, et croît encore
actuellement de plus 500 milliards par
an. Et c’est en pratique incompatible
avec l’étalon-or, dont la quantité est par
définition limitée.
Mais la dette n’est pas non plus la
bonne solution. Une dette est faite pour
être remboursée, pas pour augmenter la
masse monétaire de manière pérenne.
C’est une monnaie fondamentalement
temporaire, inadaptée à une déflation
technologique permanente. En l’utilisant à contre-emploi, nous accroissons
mécaniquement et inexorablement sa
quantité à l’infini. Nous fabriquons des
bulles d’actifs. Nous inventons des taux
d’intérêt réels négatifs, une hérésie et un
danger à terme pour le système bancaire. Et nous laissons un grand pouvoir
discrétionnaire à des organes non élus et
sans contrôle démocratique, les banques centrales.
Face à une déflation
technologique, la
solution logique est
d’émettre de l’argent
sans contrepartie.
Il est temps de changer radicalement
la création de la monnaie. Ni or ni dette
ne sont adaptés. Pour neutraliser une
déflation technologique perpétuelle, la
solution logique est d’émettre de l’argent
sans contrepartie. Puisqu’on souhaite
réguler les prix à la consommation, le
plus efficace est de le distribuer aux
consommateurs, uniformément.
C’est la troisième version de la « monnaie hélicoptère » décrite dans ces
colonnes par Jean-Pierre Petit (« Les
Echos » du 29 janvier). Concrètement, la
BCE distribuerait tous les mois à chaque
citoyen un « dividende monétaire » calculé afin de maintenir l’inflation à un
niveau cible validé par le Parlement. En
France, on peut l’estimer à environ 50 à
100 euros par personne et par mois. Si
invraisemblable qu’il paraisse, l’outil a
des fondements théoriques extrêmement solides, formalisés par Milton
Friedman et Ben Bernanke. Plusieurs
dirigeants de la BCE, dont Mario Draghi,
l’ont déjà envisagé publiquement.
Son analyse détaillée suggère des
avantages considérables. Le dividende
monétaire permettrait un meilleur
contrôle de l’inflation. Il donnerait la
possibilité de réduire la dette et de faire
remonter les taux d’intérêt réels en territoire positif tout en soutenant la
demande. Il serait plus aisé à contrôler
par le Parlement. Socialement, il permettrait enfin de réduire les inégalités
sans avoir recours à l’impôt.
En 2019, comme chaque année, le progrès technique continuera et nous ne
verrons ni le retour de l’inflation ni la
hausse des taux. Mais nous voterons aux
européennes et la BCE aura un nouveau
président. Quel meilleur moment pour
ouvrir enfin un débat sur la seule question qui vaille, la question à 500 milliards : comment mieux créer l’argent ?
Les systèmes de soins
génèrent d’énormes
masses de données,
financées en Europe par
la solidarité nationale.
Les partenariats publicprivé entre sociétés
technologiques et
hôpitaux nécessitent
un juste partage
de la valeur créée.
Deuxièmement, nos groupes hospitaliers publics doivent pouvoir développer
des modèles de revenus non conventionnels en complément de leur financement classique. En construisant des
algorithmes, il devrait leur être possible
de les vendre à d’autres acteurs de
l’industrie médicale, comme des centres
de soins privés ou des hôpitaux étrangers. Ce sera une transgression pour eux,
largement préférable à l’option alternative qui serait de payer pour utiliser des
algorithmes développés ailleurs et qu’ils
peineront à financer. Beaucoup de nos
hôpitaux publics sont en déficit, ce qui
met leur personnel soignant sous une
pression insupportable, mais ils produisent quotidiennement (et presque sans
Philippe Noisette
DANSE
Première commande de
la soirée, « Aimai-je un
P l u s d ’u n s i è c l e a p r è s
rêve ? » de Jeroen Verbrugl’aventure des Ballets rusParis, Théâtre
gen brode son motif autour
ses, l’aura de cette compades Champs-Elysées,
du Faune de Nijinsky. Pas de
gnie imaginée par Serge de
du 8 au 10 février
nymphe ici, encore moins
Diaghilev est telle que les
www.theatredeschampsely
de mythologie mais une
hommages pleuvent.
sees.fr
variation sur l’identité. Une
Comme en ce début
créature masquée ose une
d’année du côté de l’Opéra de Paris ou avec
danse de séduction emportant l’autre dans
les Ballets de Monte-Carlo. Ces derniers
un tourbillon de gestes. Le baiser finissant
offrent une soirée aux atmosphères variées
dans un rond de fumée restera la plus belle
ouverte par leur directeur artistique Jeanimage de la soirée. Laquelle se termine sur un
Christophe Maillot. Sa vision de « Daphnis
« Petrouchka », nouvelle réussite de Johan
& Chloé » est sensible jusqu’au bout des
Inger, sur la musique d’Igor Stravinsky.
doigts des danseurs frémissants. On
Infusé de noir et blanc comme de pastilles de
ondule, on s’apprivoise dans un savant jeu
couleur pop, le ballet prend des allures de
de double. La partition de Debussy, servie
musical, joue avec les références mode tout
par l’Orchestre philharmonique de Monteen faisant de Petrouchka et ses compagnons
Carlo sous la direction de Kazuki Yamada,
des mannequins de vitrine ! Les idées fusent
n’est pas toujours traduite dans sa belle
avec des courses-poursuites ou cette citation
complexité par la danse. Dommage.
en mouvement de Nijinsky lui-même.
La compagnie est une fois de plus à la fête,
Un baiser finissant
une vingtaine de danseurs comme pris
dans un rond de fumée
dans une frénésie gestuelle. Curt Allen WilAutre reprise, « Le Spectre de la rose » aura
mer aux décors ou Salvador Mateu Andujar
ravi le public monégasque le 8 décembre
aux costumes donnent à ce « Petrouchka »
dernier. Pourtant la chorégraphie de Marco
une allure fantaisiste à la délicate intensité.
Goecke abuse des effets. Danse saccadée,
Jean-Christophe Maillot aura réussi son
parterre de roses. Reste l’interprétation, au
pari : célébrer le génie de Nijinsky tout
sommet, avec en première ligne Daniele
comme l’inventivité des Ballets russes sans
Delvecchio et Anissa Bruley.
tomber dans la parodie. n
En compagnie
de Nijinsky
François-Xavier Oliveau
est essayiste, auteur de
« Microcapitalisme. Vers un nouveau
pacte social » (PUF).
Pour une exploitation
équitable des données
de santé
lyse d’imagerie permettant de caractériser les cancers et de prévoir leur
sensibilité à certaines chimiothérapies
(Pr. Eric Deutsch, Institut Gustave
Roussy). De tels algorithmes améliorent
la performance médicale et souvent économique des centres de soins.
Les Ballets de Monte-Carlo,
goût russe
en avoir conscience) des données dont la
valeur est majeure et dont la valorisation
devrait être à leur portée.
Troisièmement, il faut être réaliste : la
recherche publique ne pourra pas développer tous les algorithmes nécessaires,
car il en faudrait plusieurs par maladie et
il existe plusieurs milliers de maladies.
Le principe de partenariat public-privé
entre sociétés technologiques et hôpitaux nécessite d’anticiper le futur rapport économique qui liera ces deux parties. Accorder des ressources, des
données et de l’expertise métier aux
entreprises afin de développer des algorithmes pour lesquels elles demanderont en retour un droit d’utilisation n’est
pas raisonnable sans conditions. Un
juste partage de la valeur créée est indispensable. Cela pourrait passer par un
usage à prix réduit ou par des redevances sur la vente de ces algorithmes à
d’autres entités.
Tous les spécialistes connaissent cette
asymétrie de valeur entre la technologie
d’IA et les données, lesquelles sont à l’évidence l’actif le plus critique. Cette asymétrie change les règles du jeu pour les systèmes de soins dans leur rapport aux
acteurs privés. Nos décideurs le comprennent sans doute, mais s’ils n’en tiennent pas compte, nos moyens pour accéder à l’IA médicale seront limités alors
que nos exigences sont sans limites.
Jean-David Zeitoun est médecin,
cofondateur d’Inato,
Philippe Ravaud est professeur en
épidémiologie clinique à l’université
Paris Descartes, chef de service
du centre d’épidémiologie clinique
de l’Hôtel-Dieu (AP-HP)
et Chief Scientific Officer d’Inato.
« Aimai-je un rêve ? » de Jeroen Verbruggen brode son motif autour du Faune
de Nijinsky. Photo Alice Blangero
Une vie bien remplie
Christian Eudeline
passeport pour une vie remplie et pleine de surprises,
« Je vais avoir soixante-dix
même si le succès n’interde Salif Keita, 1 CD Believe.
ans cet été et je suis fatigué.
vient réellement en France
A voir sur arte.com
J’ai envie de me reposer, j’ai
que dans les années 1980. La
le concert de l’Institut
besoin de nature, je vais
sono mondiale qu’impose
du monde arabe.
prendre ma retraite chez
Radio Nova, mais égalemoi, au Mali… » Salif Keita clôt par ces mots
ment cette collaboration avec presque tous
un demi-siècle au service de la musique
les autres grands artistes africains intitulée
africaine, mandingue plus précisément. Un
« Tam-Tam pour l’Ethiopie » seront ses sésarythme né en Afrique de l’Ouest à la fin des
mes. « Nous avons tous répondu présent à
années 1960, joué sur des instruments tradiManu Dibango lorsqu’il nous a demandé de
tionnels conjugués à une certaine moderchanter pour récolter des fonds contre la
nité, celle d’une guitare électrique, par
famine en Ethiopie, c’est important de défenexemple.
dre des idées quand tu chantes. “Mandjou”,
Les rythmes sont hypnotiques, parfois
l’un de mes morceaux, part du même principe.
inspirés d’Amérique du Sud, calypso ou
C’est une chanson qui rendait hommage au
salsa, les chansons longues car, à la façon
président guinéen Sékou Touré, l’un des predes orateurs d’antan, il faut raconter une
miers à avoir rejeté l’intervention de la France
histoire. Son premier groupe s’appelle le
dans les affaires de son pays, nous ne pouvions
Rail Band de Bamako, la ville où il s’est réfurester éternellement des colonies. Le Mali est
gié après avoir annoncé à sa famille qu’il
un pays enclavé, nous sommes très solidaires
voulait devenir musicien. « Je n’avais pas
de nos voisins, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la
beaucoup d’options pour mon avenir, musiGuinée, le Sénégal… »
cien ou bandit étaient même les deux seules.
J’ai opté pour la première. J’avais grandi dans
Concert hommage
une famille noble, la musique était réservée
à Nelson Mandela
aux griots. D’un coup je devenais un moinsTenté par la politique il y a une dizaine
que-rien. Conjugué avec le fait que j’étais albid’années, candidat du Parti citoyen pour le
nos, lors des premiers concerts du Rail Band
renouveau, Salif Keita ne fut pas élu, l’un des
je me cachais le visage dans un foulard, pour
rares échecs de sa vie. Sa plus grande réusfaire illusion quelques minutes… Etre albinos
site, en revanche, fut ce concert hommage à
semblait diabolique, c’était vraiment difficile
Nelson Mandela organisé à Wembley, le
à vivre, mais cela m’a donné la force de mon11 juin 1988, qu’il eut l’honneur d’ouvrir et
ter sur scène. »
qui a accéléré la libération du leader sudIl est vrai que sa voix est magique, claire,
africain moins de deux ans plus tard.
presque fragile mais extrêmement puis« Avoir participé à cet événement reste ma
sante. Elle sera son principal atout, son seul
plus grande fierté. » n
MUSIQUE
Un autre Blanc
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 4 février 2019 Les Echos
sciences
Les revers des
paradis artificiels
LA
CHRONIQUE
de Pierre-Marie
Lledo
E
n France, la fabrication, la détention ou la
consommation de cannabis restent
interdites. Pourtant d’autres nations, comme
les Pays-Bas (véritable précurseur en la matière),
l’Uruguay ou le Canada, légalisent l’usage récréatif
de cannabis. Aux Etats-Unis, déjà 31 Etats ont validé
sa commercialisation à des fins médicales. Alors
pourquoi ces différences d’appréciation d’un pays à
l’autre ? Rappelons que le principal composé
psychoactif extrait de cette plante est le
tétrahydrocannabinol, ou THC. Une seule prise de
cet agent suffit pour altérer notre perception, nos
humeurs ou notre appétit. Mais les symptômes
peuvent être plus sévères, comme l’amnésie, des
troubles psychiatriques voire une dégradation du
quotient intellectuel. Si la consommation de THC est
si puissante sur notre mental, c’est qu’il existe des
récepteurs dans notre cerveau qui reconnaissent
l’équivalent endogène du THC. En somme, par le
truchement des stupéfiants, nous piratons des voies
naturelles dont les fonctions mentales restaient
inconnues. Une équipe de chercheurs bordelais
vient de révéler le rôle surprenant de ces récepteurs
dans notre capacité à produire des souvenirs dits
« associatifs », formés par inférence. Admettons que
vous dégustiez une glace sur le banc d’un jardin
public. Quelques jours plus tard, l’envie vous prend
de renouveler cette expérience en dégustant une
nouvelle glace mais, cette fois, face à la mer.
Malheureusement, cette seconde glace vous rend
malade la nuit suivante. Le lendemain, la simple vue
d’un banc dans un jardin public suffira à vous
effrayer car une fausse mémoire, associant votre état
nauséeux de la veille à la présence d’un banc, s’est
formée par l’activation des récepteurs au THC. Bref,
en découvrant la fonction des récepteurs cérébraux
au cannabis, ces chercheurs viennent d’identifier les
mécanismes qui concourent à notre puissant
imaginaire mais, aussi, à l’autre face de Janus
caractérisée par des pathologies psychiatriques
sévères, comme la schizophrénie ou les psychoses.
En somme, cette découverte rend encore un peu
plus opaque la mare des drogues dites « douces »
que certains nomment parfois les paradis artificiels,
quand d’autres les qualifient d’enfer.
Pierre-Marie Lledo chercheur en neurosciences
à l’Institut Pasteur et au CNRS.
o
L’ÉTUDE
Mieux pronostiquer
les cancers du sein
les plus graves
A
lors que ce lundi 4 février marque la
Journée mondiale contre le cancer, une
nouvelle étude ouvre une brèche dans la
bataille contre ce qui demeure la première cause de
décès par cancer chez les femmes de moins de
soixante-cinq ans : celui du sein. Et, plus
précisément, contre cette forme aggravée que sont
les cancers du sein dits « triple négatifs ».
Représentant 15 % des cancers du sein, ils se
caractérisent par l’absence, à la surface de la
tumeur, de trois protéines constituant les cibles des
thérapies ciblées et de l’hormonothérapie. Privées
de ces traitements innovants, les femmes atteintes
d’un cancer du sein triple négatif en sont réduites
aux chimiothérapies classiques, qui se révèlent
inefficaces chez la moitié d’entre elles. Déterminer,
pour chaque femme et dès le premier diagnostic,
comment son cancer du sein triple négatif est
susceptible d’évoluer est donc d’une importance
capitale. C’est ce que laisse espérer l’étude réalisée
par une équipe franco-australienne et publiée dans
le « Journal of Clinical Oncology ». Les chercheurs
ont découvert un certain biomarqueur (un type de
lymphocytes appelés sTILs) dont la teneur au sein
de la tumeur est corrélée au pronostic. Munis de ce
nouveau biomarqueur, les oncologues pourraient
proposer à leurs patientes, en fonction de leurs
risques, d’intégrer des études cliniques futures,
leur offrant ainsi le maximum de chances de
rémission. —Y. V.
IL VA Y AVOIR DU SPORT !
Plus de 140 laboratoires, un
millier de chercheurs… Le CNRS
crée une nouvelle structure
dédiée pour faire converger et
dialoguer toutes les disciplines
concernées par le sport.
https://bit.ly/2UAZGsm
SUR
LE WEB
30
millions
BIENVENUE VOISINE
En fouillant parmi les étoiles
de l’amas NGC 6752, le télescope
Hubble y a découvert une galaxie
naine, située à seulement
30 millions d’années-lumière
de la nôtre.
https://bit.ly/2BbGxpm
NEUROSCIENCES // Une étude française remet en cause la théorie dominante concernant les ano-
malies cérébrales à l’origine de l’autisme. Mais la recherche n’en continue pas moins d’avancer…
De nouvelles pistes pour expliquer l’autisme
Yann Verdo
@verdoyann
L
es progrès des neurosciences en général, et de l’imagerie cérébrale en particulier, permettront-ils un jour aux
chercheurs de percer le mystère de
l’autisme ? Bien malin qui pourra le dire. Le
fait est que, à mesure que la prévalence de ce
trouble neurodéveloppemental augmente
dans la plupart des pays développés (lire cidessous), les études se multiplient. Découvertes et hypothèses se succèdent à un rythme
accru, ouvrant tantôt de nouvelles pistes, en
fermant tantôt d’autres, remettant parfois en
cause le peu que l’on croyait savoir…
Il y a deux ans, une étude parue dans
« Nature » et conduite par l’Américaine Heather Hazlett, du département de psychiatrie
de l’université de Caroline du Nord, avait établi que les enfants dont le cerveau grossissait
plus vite que la moyenne au cours de leur
première année de vie avaient davantage de
risques d’être diagnostiqués comme autistes
à l’âge de deux ans. Le fait que les enfants
autistes aient souvent un cerveau plus volumineux que la moyenne avait déjà été décrit
par le passé. Mais la cause de cette croissance
cérébrale atypique, qui s’arrête brutalement
au bout de quelques années, demeurait jusqu’ici une énigme. Celle-ci vient peut-être de
trouver un début d’explication avec
une nouvelle étude parue le 7 janvier dernier dans « Nature Neuroscience ».
Leurs auteurs, dirigés par Simon Schafer
du Salk Institute (La Jolla, Californie), se sont
intéressés à la croissance des cellules nerveuses elles-mêmes. Pour ce faire, ils ont prélevé à des personnes autistes et non autistes
des cellules de peau, avant de les transformer
in vitro en cellules souches neurales – le
« moule » dont sortiront, ensuite, tous les
types de cellules nerveuses : neurones, cellules gliales (assurant la nutrition et l’entretien
des neurones), etc. Ils ont constaté que les
cellules nerveuses provenant de personnes
souffrant d’autisme se développaient plus
rapidement que celles des non-autistes,
devenaient plus grosses, se dotaient
d’excroissances plus élaborées.
Phénomène sous-jacent également mis
en lumière par les chercheurs américains
dans la même étude, les gènes responsables
de cette neurogenèse s’expriment plus vite et
plus tôt dans les cellules provenant de personnes autistes. La raison en serait liée à une
différence au niveau de la chromatine, cette
structure au sein de laquelle l’ADN se trouve
empaqueté et compacté. Cette chromatine
serait plus ouverte et plus facilement dépliable chez les autistes, accélérant d’autant le
processus génétique responsable de la neurogenèse.
Matière blanche
L’enquête progresse, donc… Mais il arrive
aussi que les nouvelles études remettent en
cause certaines théories laborieusement
construites. C’est le cas de celle réalisée par
une équipe de chercheurs français dans le
cadre d’une collaboration entre la Fondation
FondaMental, l’Inserm, l’institut NeuroSpin
du CEA et l’hôpital Henri-Mondor, et dont les
résultats remarqués ont été publiés en
novembre dernier dans la revue « Brain ».
Pour cette étude, les chercheurs ont pu
bénéficier des données exceptionnellement
complètes et détaillées de la cohorte InFoRAutism, elle-même fruit d’une collaboration
entre la Fondation FondaMental, l’Inserm et
l’Institut Roche. Un autre atout décisif a été la
récente mise au point, à NeuroSpin, d’un
atlas modélisant très précisément, chez les
non-autistes, les connexions dites à courte
distance, reliant les neurones de zones adjacentes du cerveau. Dans le cerveau, la couche de matière grise, constituée des neurones, surmonte une couche de matière
blanche, formée par les faisceaux d’axones
permettant aux neurones, proches ou distants, de communiquer entre eux. Les neuroscientifiques savent depuis quelque temps
déjà que ce trouble neurodéveloppemental
qu’est l’autisme est, essentiellement, un trouble de la connectivité.
Sur la foi de précédentes analyses d’imagerie, un modèle théorique s’était peu à peu
A l’Autism Behavorial Center, en Floride, un enfant de trois ans, atteint du syndrome d’Asperger,
joue dans une piscine à balles. Un moment de détente faisant partie de sa thérapie pour l’aider à surmonter
son trouble neurodéveloppemental. Photo Tampa Bay Times/Zuma/RÉA
Chiffres clefs
La France recense
•quelque
700.000
personnes autistes,
selon le secrétariat
d’Etat chargé
des Personnes
handicapées, dont
100.000 jeunes de
moins de 20 ans et
600.000 adultes.
On estime qu’en
France 80 % des
enfants autistes ne
sont pas scolarisés.
Selon l’organisation
britannique The
National Autistic
Society (NAS),
seulement 15 % des
personnes autistes
auraient un emploi
rémunéré à temps
plein.
Le quatrième plan
Autisme, couvrant la
période 2018-2022,
est doté d’un budget
de 397 millions
d’euros.
•
•
•
imposé pour expliquer la spécificité du fonctionnement mental des autistes, et notamment leur moindre « cognition sociale »,
terme sous lequel les spécialistes regroupent
des facultés telles que notre capacité à nouer
et entretenir des relations sociales harmonieuses mais aussi à reconnaître et
comprendre les sentiments et émotions de
l’autre, c’est-à-dire notre empathie. Les faibles scores généralement obtenus par les
autistes aux tests de cognition sociale
auraient pour base anatomique, disait ce
Les neuroscientifiques
savent depuis quelque
temps déjà que ce trouble
neurodéveloppemental
qu’est l’autisme est,
essentiellement, un trouble
de la connectivité.
modèle théorique, un déficit de connexions
longue distance, reliant deux à deux des
zones éloignées du cerveau, déficit associé à
un excès de connexions courte distance. En
particulier, expliquait-on, la difficulté des
autistes à appréhender une situation dans
son ensemble et leur tendance à se focaliser
sur des détails proviendrait d’une saturation
d’informations traitées par leur cerveau,
elle-même liée à cet excès de connexions
courte distance.
Oui, mais voilà. Ce modèle explicatif ne
résiste pas à une analyse plus poussée de la
connectivité cérébrale des autistes. Pour
l’étude parue dans « Brain », les chercheurs
ont utilisé une méthode d’imagerie plus adé-
quate que celles précédemment employées :
l’IRM de diffusion (IRMd), permettant de
visualiser le déplacement des molécules
d’eau le long de la gaine de myéline enveloppant les axones. « Il est alors possible, par un
procédé mathématique appelé “tractographie”, de reconstituer très finement les trajets
des faisceaux de matière blanche », explique
Marc-Antoine d’Albis, psychiatre à HenriMondor et principal auteur de l’étude.
Corrélation
Or, si le déficit de connexions longue distance paraît acquis – il a été confirmé par une
précédente étude de la même équipe –, il n’en
va pas de même de l’excès supposé de
connexions courte distance. En comparant
leurs tractogrammes à l’atlas établi par les
chercheurs de NeuroSpin, les auteurs de
l’étude ont au contraire constaté un… déficit
de connexions courte distance. Du moins
s’agissant de 13 des 63 faisceaux répertoriés
et modélisés dans l’atlas. « La force de notre
étude, c’est qu’elle montre une corrélation
entre, d’une part, ce déficit de connexions
courte distance et, de l’autre, le déficit de cognition sociale que l’on observe chez la plupart des
personnes avec autisme », commente MarcAntoine d’Albis. Reste que, comme il le dit
lui-même, ce résultat n’est, à l’heure actuelle,
nullement généralisable à tous les autistes,
l’étude de « Brain » n’ayant porté que sur des
adultes de sexe masculin et dits « autistes de
haut niveau » parce que maîtrisant le langage. D’autres investigations seront à
conduire, notamment sur les enfants, pour
savoir si cette anomalie de la connectivité à
courte distance est bien un trait spécifique de
l’autisme, et non un simple effet de l’âge ne se
rencontrant que chez les adultes. n
Une crue spectaculaire
Une étude publiée au printemps dernier par les Centres de prévention et de
contrôle des maladies (CDC) des Etats-Unis est encore venue mettre en lumière
la spectaculaire augmentation de la prévalence de l’autisme. Ou plutôt des
« troubles du spectre autistique » (TSA), expression forgée par les psychiatres
pour traduire le large éventail de formes d’autisme différentes. Selon ces dernières données, les TSA concerneraient désormais, outre-Atlantique, 1 enfant de
huit ans sur 59 (avec environ quatre fois plus de cas chez les garçons que chez les
filles). Cette proportion s’établissait à 1 sur 88 en 2008, 1 sur 110 en 2006, 1 sur 150
en 2000… Il est difficile de déterminer dans quelle mesure cette crue spectaculaire, qui s’observe dans bien d’autres pays développés, est imputable à un
meilleur diagnostic et dans quelle mesure il résulte de facteurs environnementaux. Pour certains spécialistes, la meilleure reconnaissance (et donc prise en
charge) de ce trouble neurodéveloppemental constitue un progrès, l’autisme
étant encore trop souvent, selon eux, sous-diagnostiqué. Pour d’autres, au
contraire, les TSA sont devenus une catégorie « fourre-tout » qui a perdu de
sa pertinence à force d’amalgamer des profils de plus en plus hétérogènes.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos Lundi 4 février 2019
enquête
Comment les sociétés d’autoroutes
réalisent des recettes record
PÉAGES // Sur 116 tronçons passés
à la loupe, l’augmentation du ticket
de péage est de près de 12 % depuis
2011. En 2017, les sociétés d’autoroutes
ont réalisé un chiffre d’affaires record,
à 10,1 milliards d’euros.
Jules Grandin
jugrandin@lesechos.fr
et Samir Touzani
stouzani@lesechos.fr
A
vec les ronds-points, les gares de
péage bloquées ou vandalisées
se sont imposées comme des
hauts lieux de la révolte des « gilets jaunes ». A l’image de la gare 34 sur l’autoroute A9, à Narbonne, incendiée durant
la nuit du 1er au 2 décembre. La hausse
des tarifs annoncée mi-novembre n’a pas
manqué d’ajouter de l’huile sur le feu. A
l’occasion de l’augmentation de 1,8 %
annoncée le 1er février, nous avons passé
au crible 116 trajets d’autoroute, soit les
deux tiers du réseau, sur la période 20112018. Résultat : s’arrêter à la barrière d’un
péage coûte en moyenne 11,9 % plus cher
qu’il y a sept ans. En comparaison, les
prix à la pompe, sujets il est vrai à de fortes variations, étaient plus élevés en 2011
qu’en 2018.
Et cette moyenne cache de fortes disparités. Si le prix du trajet n’a augmenté
que de 2,8 % entre Clermont-Ferrand et
Saint-Etienne, il a bondi de 34 % entre
Rouen et Tours ! En 2018, le prix du ticket a gonflé de 1,30 euro. Sur l’A28 toujours, le tarif du tronçon Rouen-Angers
est passé de 28,20 euros en 2011 à
37,70 euros en 2018 (+33,6 %). Le parcours entre Bordeaux et Pau a grimpé,
lui, de 4,70 euros. Au total, plus d’une
quinzaine de tronçons ont vu leur prix
bondir de plus de 15 % depuis 2011. Ces
disparités résultent notamment, selon
l’Association des sociétés françaises
d’autoroutes (Asfa), de la « somme de
tarifs appliqués par plusieurs sociétés » –
le tronçon Angers-Rouen emprunte
ainsi les réseaux de Cofiroute et d’Alis –
et de la répercussion de 70 % de l’inflation via des contrats avec l’Etat. Ce dernier reste en effet le « premier bénéficiaire » des péages : sur un ticket de
10 euros, 4,20 euros lui sont reversés.
Un pactole de 10 milliards
en 2017
Les recettes de péages représentent
97,5 % du chiffre d’affaires du secteur
autoroutier concédé, qui s’est établi à
10,1 milliards d’euros en 2017, selon
l’Autorité de régulation des activités
ferroviaires et routières (Arafer). Un
montant record, en hausse de 3,5 % sur
un an, lié à l’augmentation du trafic. La
réduction des coûts d’exploitation, avec
l’automatisation des péages et l’allongement des concessions, a aussi servi à
grossir leur marge, selon l’Arafer. Une
« rente autoroutière » épinglée par
l’Autorité de la concurrence en 2014, qui
avait dénoncé une « rentabilité exceptionnelle » des sociétés d’autoroutes.
Elle avait proposé une nouvelle formule
de calcul des tarifs avec notamment la
prise en compte de « l’évolution du trafic ». A cette proposition, le gouvernement a préféré une mesure spécifique
pour les automobilistes réguliers. n
// 13
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 4 février 2019Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
À L’ÉTRANGER
« GILETS JAUNES » PLUS DE
58.000 MANIFESTANTS SAMEDI
IRAK INDIGNATION APRÈS
L’ASSASSINAT D’UN ÉCRIVAIN
En pleine polémique sur les LBD, plusieurs dizaines de milliers de « gilets
jaunes » ont défilé samedi à travers la
France pour dénoncer les violences
policières, lors d’un acte XII de nouveau marqué par des heurts, principalement à Paris et Bordeaux. Selon le
ministère de l’Intérieur, 58.600 personnes ont défilé dans le pays, contre
69.000 la semaine dernière ; des chiffres officiels régulièrement contestés
par les « gilets jaunes ».
L’assassinat d’un écrivain en pleine
rue dans la ville sainte chiite de Kerbala, samedi soir, a suscité l’émoi
et l’indignation du milieu culturel
irakien. De multiples coups de feu
mortels ont été tirés sur le romancier
Alaa Machzoub devant son domicile.
A la fin de l’été dernier, quatre femmes
irakiennes en vue – notamment la
mannequin et influenceuse Tara
Fares – avaient été assassinées, dont
deux sous l’œil des caméras.
JUSTICE LE DÉPUTÉ LREM
MUSTAPHA LAABID POURSUIVI
TURQUIE LES KURDES DANS
LA RUE CONTRE LE RÉGIME
Mathieu Pattier/Sipa
EN FRANCE
Le parquet de Rennes a décidé de
poursuivre pénalement le député
LREM de la 1re circonscription d’Illeet-Vilaine, Mustapha Laabid (photo),
« pour des faits d’abus de confiance »
commis au préjudice d’une association qu’il présidait. Il est soupçonné
d’avoir « utilisé à des fins personnelles
des fonds de l’association ». Une
audience aura lieu le 5 mars.
LA PHOTO DU JOUR
Premier voyage d’un pape en péninsule Arabique
Des milliers de manifestants se sont
rassemblés dimanche à Istanbul à
l’appel du Parti démocratique des
peuples (HDP, pro-kurde) pour soutenir les grévistes de la faim protestant
contre les conditions d’incarcération
du leader du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan,
emprisonné à vie. Quelque 250 détenus ont engagé dans toute la Turquie
une grève de la faim en soutien à la
députée du HDP, Leyla Guven, qui ne
s’alimente plus.
UKRAINE UN PRIMAT
POUR LA NOUVELLE ÉGLISE
ORTHODOXE
Le pape François participe ce lundi à une rencontre interreligieuse internationale à Abu Dhabi et célébrera mardi une messe
géante, inédite pour la région. Environ 1 million de catholiques – des travailleurs asiatiques pour la plupart – vivent aux Emirats,
pays dont la population est composée à plus de 85 % d’expatriés et où ils peuvent pratiquer leur religion dans huit églises.
ACCIDENT UN MORT ET DEUX
BLESSÉS DANS UNE AVALANCHE
JUSTICE UN AVOCAT MIS
EN EXAMEN POUR FINANCEMENT
DU TERRORISME SUSPENDU
L’avocat parisien Bruno Vinay, mis en
examen pour financement du terrorisme, a été suspendu provisoirement
de l’exercice de ses fonctions par le
Conseil de l’Ordre sur demande des
juges d’instruction. Bruno Vinay, qui a
défendu des djihadistes français partis rejoindre le groupe Etat islamique,
est soupçonné d’avoir versé de l’argent
à un intermédiaire censé exfiltrer
d’Irak un djihadiste français.
Photo : Andrew Medichini/AP/Sipa
Shutterstock
Une avalanche « de grande ampleur »
a fait un mort et deux blessés légers
samedi en Savoie sur un secteur hors
piste de la station de Val-Cenis. La coulée a enseveli une dizaine de skieurs
qui évoluaient à 2.300 mètres d’altitude. Une opération de secours a été
menée sur les lieux de l’accident par
le peloton de gendarmerie de haute
montagne de Chamonix. La Savoie
était placée depuis jeudi en vigilance
« orange-avalanches ».
Le primat de la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne, indépendante de
la tutelle de Moscou, a été intronisé
dimanche lors d’une cérémonie à
Kiev, formalisant davantage la rupture des liens spirituels du pays avec
son voisin russe. L’intronisation du
métropolite Iepifani, quarante ans,
s’est tenue en présence du président
ukrainien, Petro Porochenko, qui brigue un second mandat.
BRÉSIL UN ALLIÉ DE BOLSONARO
À LA TÊTE DU SÉNAT
Davi Alcolumbre, quarante et un ans,
un jeune allié du nouveau président
du Brésil Jair Bolsonaro, a été élu à la
tête du Sénat à l’issue d’une session
chaotique. Cela fait suite à la reconduction de Rodrigo Maia à la Chambre des députés. Tous deux soutiennent le nouveau président d’extrême
droite entré en fonction le 1er janvier.
LYCÉENS BLESSÉ, LOUIS BOYARD
VA PORTER PLAINTE
COLOMBIE UN CHEF DES FARC
TUÉ PAR L’ARMÉE
Blessé au pied « par un tir de LBD ou
une grenade de désencerclement »,
samedi, alors qu’il manifestait, le président du syndicat lycéen UNL, Louis
Boyard, a annoncé dans une vidéo sur
Facebook qu’il allait porter plainte.
« Il y a un responsable, c’est Christophe
Castaner », a-t-il lancé en encourageant les lycéens à aller « bloquer les
lycées » mardi, un rendez-vous déjà
annoncé.
Dix dissidents de l’ex-guérilla des
FARC, dont Rodrigo Cadete, l’un
des chefs du principal groupe qui
a refusé l’accord de paix de 2016, ont
été abattus en Colombie lors d’une
o p é r a t i o n m i l i t a i r e . S i e nv i r o n
7.000 guérilleros des FARC ont
déposé les armes, près de 1.700 autres
sont restés en rébellion, financés
par l’argent du narco-trafic, selon
le renseignement militaire.
ON EN PARLE SOUS LES TROPIQUES
La mangrove continue de dépérir
Le recul de ces forêts littorales est d’abord imputable aux activités humaines, selon
une étude de l’Institut du développement durable et des relations internationales.
forêts de palétuviers, situées
sur les côtes basses des régions
tropicales, sera passée de
188.000 km2 à un peu plus de
152.000 km2, selon cette étude
qui se base, notamment, sur
les chiffres de l’Organisation
des Nations unies pour l’alimentation (FAO).
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
L
eur destruction est loin
d’émouvoir autant l’opinion que celle des grandes forêts tropicales. C’est un
tort. « Plus de 35 % des mangroves ont disparu au cours des
deux décennies passées, voire
plus de 70 % dans certaines
régions », selon un rapport que
l’Institut du développement
durable et des relations internationales (Iddri), basé à Paris,
vient de publier. Une dégradation dont ses experts accusent
« l’aquaculture et, singulièrement, les élevages de crevettes
d’être les principaux responsables ». Entre 1980 et 2010, la surface totale couverte par ces
L’Asie en première ligne
L’inversion de cette tendance
n’est pas pour demain, même si
une nette décélération semble
s’amorcer depuis quelques
années du fait des actions de
préser vation entreprises,
notamment en Amérique du
Nord (Floride). Chaque prochaine décennie pourrait en
effet se solder par la disparition
de 1.500 à 3.000 km 2 de ces
forêts « les pieds dans l’eau de
mer », selon l’Iddri. L’Asie, qui
totalise à elle seule 38 % de
la mangrove dans le monde,
est la plus affectée par cette
déprise. Ce couvert végétal y a
subi des diminutions à deux
chiffres à la fin du siècle passé
(–14 % entre 1980 et 1990, –13,1 %
entre 1990 et 2000), et cette
région accuse toujours les plus
fortes pertes (–1,3 % entre 2010
et 2014). Ici plus qu’ailleurs, ce
sont les activités humaines,
jugées responsables de 38 %
des pertes et dégradations de
mangrove à l’échelle du globe,
qui sont montrées du doigt. En
tête des « accusés » figurent les
élevages de crevettes et l’aquaculture. En Asie, ils auraient
entraîné la détérioration de
17.000 km2 de mangrove et la
disparition de ses habitats
naturels. C’est pratiquement la
totalité du couvert forestier
littoral affecté par ce type
d’exploitation dans le monde
(19.000 km 2 ). Ce recul de la
mangrove se solde par une
perte de biodiversité très dommageable pour les populations.
« Les mangroves sont un important contributeur aux économies nationales des petits Etats
insulaires », pointe l’Iddri.
Sans oublier que les mangroves sont des puits de carbone
d’une bien plus grande capacité
que les forêts terrestres. Elles
captent et stockent bien plus de
CO2 et constituent, à ce titre, de
précieuses alliées contre le
réchauffement climatique. n
3
3
4
7
4
8
4
4
7
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2
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MARDI
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MERCREDI
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 4 février 2019
www.lesechos.fr
Hors des Etats-Unis,
la ruée vers la nouvelle
génération de réseaux
mobile n’est pas franche.
// P.22
DEVISES EUR/GBP 0,8768 EUR/JPY 1,2567 EUR/CHF 1,1404 GBP/USD 1,3085 USD/JPY 1,0952 USD/CHF 0,9938 TAUX EONIA -0,369 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,308 OAT 10 ANS 0,523 T-BONDS 10 ANS 2,7066
INDUSTRIE & SERVICES
DISTRIBUTION
DERNIÈRE HEURE
Ce qui va changer dans la grande
consommation. // PP. 16-17
Nissan renonce à fabriquer
son futur SUV au Royaume-Uni
ET L’ÉDITORIAL DE DAVID
BARROUX P. 9
Bloomberg
ÉNERGIE
Laurence Boisseau
@boisseaul
Les Etats-Unis vont gagner leur
indépendance énergétique. // P. 18
STATIONNEMENT À PARIS
Les couacs persistent chez Streeteo.
// P. 19
AÉRONAUTIQUE
La Chine, dernier espoir
de l’Airbus A380. // P. 20
Oli Scarff/AFP
AMAZON
Malgré des profits record
le géant de l’e-commerce déçoit.
// P. 21 ET « CRIBLE » P. 38
HIGH-TECH & MÉDIAS
LOCAST
Le site de Sunderland, implanté depuis 1986, emploie 7.000 personnes et près de 80 % de la production maison est exporté.
Une application de télévision
gratuite et légale. // P. 23
A huit semaines du Brexit,
le constructeur japonais
revient sur une promesse
faite à Theresa May
en octobre 2016.
Shutterstock
START-UP
INVESTISSEMENT
La relève des business angels
marque ses différences.
// PP. 24-25
PME & RÉGIONS
ÉNERGIE
La chaleur fatale devient un business pour l’industrie. // P. 26
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
Les marchés démarrent bien 2019.
// P. 28
PROCÈS BARCLAYS
La cupidité des ex-dirigeants
pointée du doigt. // P. 29
Il renonce à produire son
futur modèle X-TRAIL dans
son usine de Sunderland.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
A huit semaines de l’entrée en vigueur d’un
Brexit dont on ne connaît toujours pas les
modalités, c’est un vrai coup dur pour le
Royaume-Uni. Nissan renonce à produire
son futur modèle X-TRAIL dans son usine
de Sunderland, dans le nord-est de l’Angleterre. Le SUV ne sera finalement pas assemblé dans la plus grosse usine automobile du
pays mais à Kyushu, au Japon, avant d’être
exporté vers le Vieux Continent. « Nous prenons cette décision pour des raisons opérationnelles, mais l’incertitude qui règne toujours sur les futures relations entre le
Royaume-Uni et l’Europe n’aide pas des
entreprises comme nous à planifier l’avenir », affirme Gianluca De Ficchy, le président de Nissan Europe, cité dans le communiqué diffusé dimanche. Le constructeur
japonais, qui cherche à réduire ses coûts,
revient donc sur une promesse faite à Theresa May en octobre 2016, quatre mois
après le référendum sur le Brexit. Dans un
accord resté secret, l’ex-patron de Nissan,
Carlos Ghosn, s’était engagé à fabriquer à
Sunderland le X-TRAIL. A l’époque, le gouvernement conservateur avait, lui aussi, fait
des promesses au constructeur japonais.
L’annonce avait été saluée comme un signe
de confiance majeur vis-à-vis de l’économie
britannique malgré le Brexit à venir.
Une région pro-Brexit
Depuis, tous les constructeurs ont freiné au
maximum leurs activités d’assemblage
outre-Manche. Les chiffres publiés il y a
quelques jours par la SMMT (Society
of Motor Manufacturers and Traders), montrent que les investissements du secteur ont
fondu, tombant l’an dernier à seulement
588,6 millions de livres, contre 1,1 milliard en
2017 et 1,6 milliard en 2016. Avant même
qu’elle ne soit confirmée, la décision de Nissan a été largement commentée par les avocats du maintien du Royaume-Uni dans
l’UE. « Nous ne pouvons nier le rôle inévitable
que joue le Brexit là-dedans », a estimé la
députée travailliste de Sunderland, Julie
Elliott. « Il est difficile de ne pas être en colère »,
renchérit de son côté la conservatrice Anna
Soubry, figure de proue des « Remainers » à
la Chambre des communes. « La façon chaotique dont le gouvernement mène les négociations a “un effet dévastateur sur l’investissement des entreprises” », a déploré le
« monsieur Brexit » du Labour, Keir Starmer. « Je crains que Toyota, Honda, BMW, et
les autres revoient également leurs activités à
la baisse au Royaume-Uni », a ajouté le chef
des libéraux démocrates, Vince Cable.
La décision de Nissan ne devrait causer
aucune suppression de poste dans l’immédiat, puisque le X-TRAIL n’était pas encore
fabriqué à Sunderland. Mais elle douche les
espoirs de développement économique
dans la région. Assemblant notamment les
Juke et les Qashqai, le site géant de Sunderland, implanté depuis 1986, emploie 7.000
personnes. La production maison est
exportée à hauteur de 80 %. Comme beaucoup d’autres régions industrielles du nord
de l’Angleterre, Sunderland a voté très
majoritairement pour sortir de l’UE au référendum de juin 2016. Le vote « Leave » y a
atteint 61,3 %. n
DEUTSCHE BANK
A nouveau dans le vert, la banque
allemande n’est pas sortie d’affaires.
// P. 30 ET « CRIBLE » P. 38
FONDS
Les fonds souverains du Golfe
abordent 2019 avec appréhension.
// P. 31
CARNET
Systèmes de stockage automatisés
// P. 34
LES ÉCHOS EXECUTIVES
STRATÉGIE
Raison d’être : modes d’emploi.
// PP. 35 À 37
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Le gendarme
boursier gagne
une bataille face
à un analyste
financier
0 810 18 19 20
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mecalux.fr
Le verdict était très attendu par la communauté financière. Il va faire évoluer le
droit boursier. Désormais, une note
d’analyse financière produite par un
broker peut être, dans certaines circonstances, qualifiée d’information privilégiée. Le Conseil d’Etat vient de statuer
dans ce sens. La plus haute juridiction
administrative a ainsi réformé une décision de la commission des sanctions de
l’AMF, qui datait de juin 2017, en aggravant une sanction prononcée à l’encontre d’un ancien analyste de Kepler Cheuvreux. Ce dernier devra donc payer
200.000 euros au Trésor public, contre
100.000 euros précédemment.
L’affaire avait fait du bruit en 2017,
quand s’était tenu le procès de cet analyste financier. Ce dernier était accusé
d’avoir exécuté, durant deux ans, entre
février 2012 et mars 2014, des transactions sur 28 valeurs suivies par ses collègues. Et ce, selon un mode opératoire
récurrent : quelques heures avant la
publication d’une note d’analyse comprenant un changement de recommandation ou une initiation de couverture,
l’analyste prenait des positions dans le
même sens que la note ; puis, juste
après la publication de cette note, il
débouclait ses positions.
Désormais, une note
d’analyse financière
produite par un broker
peut être, dans certaines
circonstances, qualifiée
d’information
privilégiée.
Le Collège de l’AMF (équivalent du
procureur) avait demandé une sanction élevée de 750.000 euros et une
interdiction d’exercice. Alors que la
communauté des analystes financiers
s’attendait à une peine exemplaire, la
commission des sanctions (le juge)
avait été clémente. Contre toute attente,
elle avait jugé que les recommandations d’analyste avaient « par nature un
caractère d’appréciation subjective », et
donc en aucun cas constitutive d’une
information privilégiée. C’était d’autant
plus vrai, selon elle, que la notoriété du
bureau ne semblait pas suffisante pour
avoir une influence sur le cours. Un
point de vue qui avait surpris la place
financière car, selon le classement établi par Thomson Reuters Extel, le
bureau de recherche Kepler Cheuvreux, est l’un des premiers services de
recherche européens.
Déçu par cette décision, le président
de l’AMF (à l’époque Gérard Rameix)
avait décidé de former un recours. Il en a
le droit depuis 2011 et l’affaire retentissante d’EADS, quand la commission des
sanctions a mis hors de cause toutes les
personnes poursuivies pour délit d’initié. Dans sa décision, le Conseil d’Etat a
précisé les travaux d’analyse qui pouvaient revêtir le caractère d’information
privilégiée. Notamment « s’ils sont destinés à une publication prochaine, attendue
par le marché et revêtent une recommandation, émise pour la première fois en
modifiant celles précédemment émises,
concernant des instruments financiers de
la part de ces institutions ». n
Shutterstock
5G : les équipementiers
ne touchent pas
encore le pactole
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
DISTRIBUTION
Ce qui va changer dans
l L’entrée en vigueur de la loi alimentation le 1er février bouleverse
les codes des supers et des hypermarchés.
l Les nouvelles règles favoriseront certains acteurs et en pénaliseront d’autres.
Shutterstock
à suivre
Viande frauduleuse polonaise :
certains lots déjà vendus en France
AGROALIMENTAIRE Les 800 kg de viande avariée arrivés en
France en provenance de Pologne ont été localisés, mais une partie n’a pas encore pu être retirée du marché. Ainsi, 150 kg ont déjà
été vendus en boucherie, et 145 autres kilos ont été mélangés à
d’autres viandes chez un grossiste. Celui-ci a détruit une tonne
du mélange, mais avait déjà vendu 1,4 tonne à quelques dizaines
de restaurants et de boucheries, principalement situés en Ile-deFrance. Selon Varsovie, il n’y a pas de risques sanitaires.
a Plus d’informations sur lesechos.fr
Les vacances d’hiver et de printemps
plébiscitées par les Français
TOURISME Le mouvement des « gilets jaunes » ne dissuade pas
les Français d’organiser et de réserver leurs vacances. Selon le
baromètre des Entreprises du voyage (ex-SNAV), organisation
représentant les professionnels du secteur, au cours du seul
mois de décembre, les réservations effectuées en agences de
voyages (physiques et en ligne) pour des vacances d’hiver ou de
printemps ont progressé de 18 % en nombre de clients et de 6 %
en volume d’affaires par rapport à décembre 2017.
Total : la justice rejette la demande
de suspension de forages en Guyane
ÉNERGIE La justice française a rejeté les demandes d’associa-
tions de protection de l’environnement visant à obtenir en
référé la suspension de forages de Total au large de la Guyane.
Le tribunal a estimé notamment que les conditions d’urgence
n’étaient pas remplies et qu’il n’existait pas de doutes suffisants
quant à la légalité de la décision du préfet d’autoriser les forages.
Cette décision en référé ne préjuge pas de l’avis que le tribunal
sera amené à rendre par la suite sur le fond du dossier.
Electrolux veut
coter son pôle
professionnel
Shutterstock
AUTOMOBILE Le constructeur
américain devrait licencier
4.000 personnes dans le monde
dans le cadre du plan social
annoncé en novembre dernier.
Environ 2.300 personnes devraient
partir volontairement, et 1.500 intérimaires devraient voir leurs
contrats s’achever. GM entend
réduire ses effectifs de 15 % en cessant la production sur sept sites,
dont quatre aux Etats-Unis et un au
Canada. Les personnels américains syndiqués concernés se verront offrir un reclassement interne.
Shutterstock
General Motors
va licencier
4.000 salariés
COMMERCE Le conseil d’administration de Skiset, qui se présente comme le « premier réseau
mondial de location de skis », a
décidé la création d’une
deuxième enseigne de location de
matériel de ski pour l’hiver 20192020. Destinée en premier lieu
aux adhérents Skiset ayant plusieurs magasins, cette enseigne
sera aussi ouverte aux magasins
de montagne, en France et à
l’international, précise le réseau
présidé par l’ancienne championne Annie Famose.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
et Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
ÉLECTROMENAGER Electrolux
va scinder son activité professionnelle et la lister à la Bourse de Stockholm, à côté de son pôle électroménager. Le suédois est le leader mondial des équipements de cuisines,
pour grands chefs ou cantines, et de
blanchisseries. Un pôle qui pèse
7 % de ses ventes. Cette scission
pourrait « créer une valeur substantielle pour les actionnaires ». En
2018, Electrolux a vu son bénéfice
net plonger de 34 % à 366 millions
d’euros pour un chiffre d’affaires de
12 milliards d’euros (+3 %).
Shutterstock
Skiset va lancer
une nouvelle
enseigne
La loi alimentation relève de 10 % le seuil de revente à perte des produits et limite les promotions. Photo Pascal Pavani/AFP
Ramdam dans les rayons. Les
principales dispositions de la loi
Egalim, aussi appelée loi alimentation, votée fin 2018, sont entrées
en vigueur le 1er février. Le relèvement de 10 % du seuil de revente à
perte oblige les distributeurs à
augmenter le prix des produits
agroalimentaires qui étaient vendus à prix coûtant ou presque, les
stars des grandes marques. Les
promotions sont limitées à 34 %
du prix et 25 % des volumes. Le but
est de générer de la marge pour les
enseignes afin de leur permettre
de mieux payer leurs fournisseurs, notamment les agriculteurs. Certaines étiquettes vont
flamber, d’autres baisseront. De
nouveaux types de promotions
seront inventés. Radiographie des
conséquences de ce traitement de
choc.
PRIX QUI MONTENT
•ETLES
CEUX QUI BAISSENT
La hausse des prix provient du
relèvement de 10 % du seuil de
revente à perte. La loi Egalim ne
concerne que les prix alimentaires. Les produits qui étaient
vendus à prix coûtant, c’est-à-dire
à 0 marge pour le distributeur,
augmentent de 10 %. Si la marge
était de 4 %, l’augmentation est de
6 points. Cela concerne les produits de marque les plus connues
des consommateurs, le Coca-Cola,
le Nutella, le camembert Président, le Ricard, etc. Selon Didier
Guillaume, le ministre de l’Agriculture, ce sont 500 références sur
13.000 dans les supermarchés et
800 sur 20.000 dans les hypermarchés, soit 4 % de l’offre. Dominique Schelcher, le président de
Système U, évoque 7 % de l’assortiment, soit 1.500 articles.
Les distributeurs sont passés
maîtres dans l’art de la péréquation
de la marge. Et alors que la concurrence fait rage entre les enseignes,
celles-ci baisseront le prix de leurs
marques propres pour compenser
la hausse des stars des grandes
marques. Leclerc a ainsi pris l’engagement sur 4.600 références, Intermarché sur 250. Le consommateur
allant vers des produits de
meilleure qualité ou réputés tels,
comme le bio ou la production des
PME, les enseignes chercheront
aussi à rendre ces produits moins
onéreux. Enfin, les promotions
seront déplacées sur les produits
qui n’entrent pas dans le champ de
la loi alimentation, comme la lessive et l’hygiène beauté.
• LES GAGNANTS
A ce stade, seules les entreprises
laitières ont le sourire. « Les Etats
généraux de l’alimentation ont été
faits sur mesure pour notre secteur », dit un industriel. Quelques
accords ont en effet déjà été signés
entre les entreprises transformatrices et les enseignes sur un
niveau de prix à payer aux producteurs. C’est le cas de Bel (La Vache
qui rit) et Savencia (Caprice des
Dieux) avec Intermarché. C’est
également le cas du leader Lactalis (Lactel) avec Leclerc, qui avait
début janvier pris un premier
engagement du même type avec
Danone.
Pourtant, les producteurs restent pour le moins circonspects.
La FNPL (Fédération nationale
des producteurs de lait) « prend
acte », mais réclame de la « transparence », notamment de Lactalis,
Danone et Leclerc qui n’ont pas
précisé de prix. « La conjoncture
mondiale est meilleure. Le prix
payé aux producteurs a augmenté
D
Que dit la loi
alimentation
La loi du 30 octobre 2018
•« pour
l’équilibre des relations
commerciales dans le secteur
agricole et alimentaire et une
alimentation saine, durable et
accessible à tous » a fait l’objet
d’une ordonnance « relative au
relèvement du seuil de revente
à perte et à l’encadrement
des promotions pour
les denrées et certains produits
alimentaires », examinée
en Conseil des ministres le
12 décembre 2018.
« Pour deux ans et à titre
expérimental », celle-ci prévoit
que « le seuil de revente à
perte des produits concernés
sera relevé de 10 % à compter
du 1er février 2019 ».
L’application de
l’encadrement des promotions
en valeur à hauteur de 34 % est
effective depuis le 1er janvier,
tandis que l’encadrement
des promotions en volume à
hauteur de 25 % se fera à partir
du 1er mars 2019 et couvrira
l’ensemble des contrats
en cours de négociation
depuis le 1er décembre 2018.
•
•
de ce fait. On ne sait pas vraiment
mesurer l’effet EGA dans l’amélioration déjà effective de la rémunération des producteurs. » Même
son de cloche à la Coordination
rurale, qui évoque « une avancée
minime par rapport aux prix pratiqués ces derniers mois » et « reste
dubitative sur la manière dont cela
va se répercuter sur le prix payé aux
éleveurs ».
LES SECTEURS
•DANS
LE FLOU
La loi vise « l’équilibre des relations
commerciales dans le secteur agricole ». L’objectif est de mieux
rémunérer les agriculteurs. Le
gouvernement a fait un calcul : les
distributeurs feront plus de marge
sur le Coca-Cola et le Nutella, et
reverseront ce surplus de rentabilité sur les produits agricoles
achetés en direct ou via les industriels. Il s’agit d’un pari. Rien
n’oblige à ce ruissellement. Les
interprofessions évaluent leurs
coûts de production mais il faudra
du temps pour voir s’ils sont bien
pris en compte.
Des questions cruciales se
posent aussi pour certains produits. C’est le cas des alcools
comme le Ricard, un produit
d’appel vendu au prix de revient et
qui attire le chaland. Malgré ses
tentatives répétées, « depuis six
mois », auprès de la Direction de la
consommation (DGCCRF), la
marque ne sait toujours pas sur
quelle base s’appliquera la hausse
de 10 % prévue par la loi. Portera-telle sur le prix taxes incluses ou
sur le prix hors taxes ? L’incidence
ne serait pas du tout le même car
les droits d’accise (taxes) représentent les trois quarts du prix de
l’alcool. Dans le premier cas, la
hausse serait de 1,90 euro. Dans le
deuxième, elle serait de 60 centimes d’euro.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 4 février 2019
la grande consommation
« On sent une vraie
volonté de sortir
de la course
aux prix bas »
INTERVIEW
LAURENCE-ANNE
PARENT
Associée au sein
du cabinet conseil
en stratégie Advancy
« Les Etats
généraux de
l’alimentation ont
été faits sur mesure
pour notre secteur. »
UN INDUSTRIEL
DU SECTEUR LAITIER
• LES PERDANTS
Michel-Edouard Leclerc le crie
sur tous les toits depuis des mois :
le grand perdant de la loi Egalim
serait le consommateur. La guerre
des prix lui a bénéficié ces dernières années. Richard Girardot, le
président de l’Association des
industries alimentaires (Ania),
affirme que la baisse des étiquettes a redonné 4,5 milliards d’euros
de pouvoir d’achat en quatre ans.
Le président des Centres Leclerc
estime que, cette année, c’est un
milliard qui sera repris dans les
porte-monnaie, avec des hausses
de 4 % à 6 % de certains produits
phares. Selon IRI, l’inflation des
produits de grande consommation a été de 0,2 % en 2018. L’entrée
en vigueur de la nouvelle réglementation pourrait porter ce chiffre à 1,3 %, dans une hypothèse a
maxima. L’Ania parle cependant
de seulement 6 euros de plus en
cumulé payés par les Français par
an.
Les industriels de la beauté et de
l’hygiène, et plus généralement les
fabricants de produits non alimentaires, devraient être les victi-
mes indirectes de la loi Egalim.
Leur production n’entrant pas
dans le périmètre du texte, les distributeurs devraient reporter
leurs mégapromotions (au-delà
du rabais de 34 % au maximum
désormais imposé) sur ces articles. Leclerc propose ainsi dans
une publicité « un acheté, un
offert » pour un flacon de lessive
liquide Ariel, soit « 6,99 euros au
lieu de 13,98 ».
INCERTITUDES
•DELES
LA LOI
Les avocats se réjouissent. La loi
Egalim leur donne du travail. Une
disposition concentre les incertitudes : la limitation des promotions à 34 % du prix et 25 % des
volumes. Les professionnels se
demandent s’il s’agit des volumes
de l’offre ou des volumes de la
demande. En d’autres termes, si je
fais une promotion sur un article,
puis-je la faire sur 25 % des articles présents dans mes rayons ou
sur 25 % des articles que j’aurai
réussi à vendre ? Des questions se
posent aussi sur les nouvelles
mécaniques promotionnelles que
les distributeurs − avec l’aide des
fournisseurs parfois − mettent en
place. Afin de compenser la
hausse des prix des grandes marques, Carrefour propose, par
exemple, jusqu’à 1,50 euro de
remise sur 200 pro duits qui
seront crédités sur la carte de fidélité du client. Cet avoir constitue
une forme de réduction. Sera-t-il
cumulable avec une promotion
faciale de 34 % ? Carrefour précise
que ces « primes fidélité » ne se
cumulent pas avec d’éventuels
avantages promotionnels et que
ce sont des remises différées et
non immédiates qui « respectent
la loi sur le seuil de revente à perte ».
Emmanuel Durand est avocat
chez De Pardieu Brocas Maffei,
spécialiste de la concurrence et de
la consommation. Selon lui, le
cagnottage (le cumul d’argent sur
une carte de fidélité) est légal dans
tous les cas si le bonus est lié au
montant total du panier de la
ménagère et pas attaché à un produit en particulier. En d’autres termes, si une enseigne vous offre
10 euros pour un ticket de
100 euros, il sera difficile à la
Répression des fraudes de savoir
si tout ou partie de ces 10 euros
doivent être affectés à une bouteille de Coca-Cola, par exemple,
qui bénéficierait déjà d’un rabais
de 34 %.
Il faut attendre les premiers
contentieux et les premiers jugements pour préciser la doctrine en
la matière. Emmanuel Durand
précise que la loi prévoit des sanctions pénales en cas de non-respect des règles sur les promotions,
mais que « le droit pénal ne permet
pas de sanctionner quelque chose
qui n’est pas précis ».
(
Lire l’éditorial de David
Barroux Page 9
Les groupements de commerçants indépendants en première ligne
Romain Lucas
Les PME redoutent également
le relèvement de 10 % du seuil de
revente à perte (SRP). « La hausse
du SRP va se traduire par une préférence des distributeurs pour les
rayons générateurs d’une masse de
marge plus importante et
donc pour les marques des multinationales », note la FEEF, le syndicat des PME alimentaires. Les
marques des PME ont pourtant
alimenté à 80 % la croissance des
ventes de la distribution depuis
cinq ans, selon Nielsen. Ses craintes sont toutefois contredites par
plusieurs experts qui estiment
que les magasins ne dégarniront
pas les rayons des produits que les
clients demandent le plus. Ces
produits porteurs, produits
locaux, de PME ou bio, pourraient
en revanche souffrir du fait que les
enseignes vont chercher à faire
baisser leurs prix et seront plus
dures lors des négociations
d’achat. Leclerc a déjà ainsi vendu
du lait bio moins cher que le lait
standard alors que les coûts de
production sont bien supérieurs.
Enfin, pour les grandes marques souffrant déjà d’une forme
de désaffectation de la part des
consommateurs, il existe un risque que la hausse de leurs prix
pèse sur leurs ventes.
Propos recueillis par
Marie-Josée Cougard
« E. Leclerc a pris
l’engagement
de respecter la loi.
On sera bon élève
et légaliste »
MICHEL-ÉDOUARD LECLERC
Président des Centres E. Leclerc
Photo Stéphane de Sakutin/AFP
« Acheter plus cher
les produits à forte
composante agricole.
C’est la consigne
donnée à
nos acheteurs. »
THIERRY COTILLARD
Président d’Intermarché
« La loi Alimentation
va dans le sens
du prix juste
et responsable
que nous prônons. »
DOMINIQUE SCHELCHER
Président de Système U
Photo Frédéric Maigrot/RÉA
Photo RGA/RÉA
La déconsommation attise
la concurrence entre enseignes
Les ventes de produits
de grande consommation
baissent en volume dans
les grandes surfaces.
Un phénomène durable
qui entretient la guerre
des prix.
« Nous ne voyons pas les volumes
repartir à la hausse dans les grandes
surfaces alimentaires », prédit
Emily Mayer, spécialiste des produits de grande consommation
(PGC) chez IRI. La société d’études a
constaté en 2018 une forme de
déconsommation. Les ventes des
produits du quotidien (produits alimentaires, lessive, articles d’hygiène-beauté, etc.) ont baissé de 0,8 %
en volume. Une tendance qui va
exacerber la concurrence entre les
enseignes.
« C’est la plus forte baisse depuis
2008, commente l’experte. La différence c’est que les –2 % enregistrés il y
a dix ans étaient subis par les consommateurs car générés par l’inflation des prix. L’an passé, l’inflation
n’a été que de 0,2 %, autant dire nulle.
On est dans une forme de déconsommation choisie. »
1,5 %
Les hypermarchés ne sont plus
les temples de la consommation.
Leurs volumes ont perdu 1,5 %,
tandis que les magasins de
proximité ont gagné plus de 1 %
et les commandes sur Internet
(le drive) 5,6 %.
Les Français se convertissent
peu à peu à la consommation responsable. Acheter moins est la
meilleure façon de moins gaspiller. Sur les préconisations des
différentes autorités sanitaires,
ils privilégient les aliments de
meilleure qualité, comme le bio
qui affiche des progressions à
deux chiffres. Ils achètent moins
mais mieux. L’évolution du marché des PGC en valeur montre une
hausse de 1,1 % en 2018. La baisse
des volumes ne tire pas les chiffres
d’affaires vers le bas. Les experts
appellent cela la « valorisation des
achats ».
La démographie n’est plus
un moteur
Mais la grande consommation
souffre d’autres maux. D’abord,
la démographie progresse
moins qu’auparavant. La population gagnait 1 % environ par an
ces dernières années. La croissance est tombée à 0,4 %. Les
ventes de produits alimentaires
ne sont plus portées mécaniquement par la multiplication des
bouches à nourrir. La démographie a un deuxième effet négatif :
le vieillissement de la population. Les personnes âgées ont du
pouvoir d’achat mais mangent
moins.
Deux autres phénomènes expliquent la baisse des ventes des produits du quotidien, note IRI. La restauration hors domicile redémarre
et les circuits alternatifs remportent un franc succès. Grand Frais a
vu ses ventes progresser de 12 % en
2018, et celles des déstockeurs,
comme Action, ont bondi de 33 %.
Les hypermarchés ne sont plus les
temples de la consommation. Leurs
volumes ont perdu 1,5 %. Les magasins de proximité ont gagné plus de
1 % et les commandes sur Internet
(le drive) 5,6 %.
Les professionnels attendent
avec angoisse la mesure de
l’impact de la loi alimentation qui
entre en vigueur. Le relèvement de
10 % du seuil de revente à perte va
augmenter les prix des produits de
Les Français
se convertissent
peu à peu à la
consommation
responsable.
Acheter moins
est la meilleure façon
de moins gaspiller.
grandes marques. Les promotions
seront limitées. Tout cela peut
accentuer la tendance à la déconsommation en volume. Et relancer
la concurrence entre les magasins.
Le constat est qu’aujourd’hui, pour
enregistrer des ventes en progression, les Carrefour, E. Leclerc,
Auchan ou autres doivent d’abord
prendre des clients à leurs concurrents. A ce petit jeu, le prix reste un
atout majeur.
Les résultats des groupes de distribution ne sont pas bons. Malgré
cela, ils vont poursuivre la guerre
des prix. Il faudrait un mouvement
de concentration pour sortir de
cette spirale. — P. B.
Les relations commerciales
entre distributeurs
et fournisseurs vont-elles
évoluer avec l’entrée en
vigueur de la loi Egalim ?
C’est difficile de le garantir à court
terme. Côté distribution, les
réflexions sont en cours et on sent
une vraie volonté de sortir de la
course aux prix toujours plus bas. Il
est clair que certaines enseignes
voudraient trouver un autre mode
de relation avec leurs fournisseurs,
même si toutes ne sont pas prêtes à
jouer le jeu. Elles pensent même à
former leurs négociateurs à autre
chose qu’aux discussions sur les
prix avec les entreprises.
De façon générale,
les entreprises vont
devoir faire preuve
d’imagination
et être une force
de proposition.
Cela suppose des changements
radicaux ?
C’est toute la manière de faire du
commerce à l’avenir qui est sur la
table. Nous avons beaucoup de
demandes sur les méthodes à mettre en place pour opérer différemment. L’objectif est d’entretenir le
flux de clientèle en passant par
d’autres voies que celles des promotions. Comment créer de la valeur ?
Comment proposer des gammes de
produits plus pertinentes ? Comment optimiser les promotions ?
Les distributeurs voudraient trouver de nouveaux moyens d’animer
les rayons pour attirer le consommateur autrement que par la seule
logique du prix plus bas que chez
les concurrents. Ce sont toutes ces
questions qui devraient nourrir un
nouveau dialogue. Mais cela ne va
pas se faire du jour au lendemain. Il
faudra du temps.
Quelle est la préoccupation des
entreprises dans ce contexte ?
Elles se posent beaucoup de questions sur les moyens de renouveler
les marques pour regagner de la
rentabilité. Le poids des promotions s’est notablement accru et il a
beaucoup rogné les marges des
marques. Les entreprises réfléchissent aussi à la manière de repenser
les accords. De façon générale, les
entreprises vont devoir faire preuve
d’imagination et être une force de
proposition. La distribution attend
de ses fournisseurs qu’ils aient des
idées pour éviter la baisse de fréquentation des linéaires et relancer
une dynamique. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 4 février 2019 Les Echos
Les Etats-Unis vont gagner
leur indépendance énergétique
Berlin
prépare
sa sortie
du charbon
l Le pays deviendra exportateur net d’énergie en 2020, pour la première fois depuis les années 1950.
l La révolution du schiste engendre un boom de la production de pétrole et de gaz.
ÉNERGIE
ÉNERGIE
Vincent Collen
@VincentCollen
La révolution du schiste démarrée il
y a une dizaine d’années n’en finit pas
de bouleverser la planète énergie.
Dès 2020, les Etats-Unis vont devenir
exportateurs nets de produits énergétiques, a annoncé il y a quelques
jours l’Energy Information Administration. Les exportations de
pétrole, de gaz et de charbon seront
supérieures aux importations, pour
la première fois depuis 1953.
Les Etats-Unis sont devenus
exportateurs nets de gaz en 2017.
Pour le pétrole et les liquides associés, ce sera le cas en 2020. La consommation intérieure d’or noir
recule, alors que la production ne
cesse de battre des records. En
décembre dernier, elle a atteint
11,8 millions de barils par jour, une
hausse de 2,2 millions en un an. Soit
plus de 20 % d’augmentation. Du
jamais-vu dans l’histoire du pays.
Si la croissance ne pourra pas toujours être aussi forte – un ralentissement est en vue cette année avec le
recul du prix du baril –, le boom n’est
pas près de s’arrêter. Washington
prévoit de nouveaux records jusqu’au milieu de la prochaine décennie. Ce n’est que vers 2050 que les
Etats-Unis redeviendraient importateurs nets de pétrole.
Certains experts sont encore plus
optimistes. Dès 2025, la production
américaine d’or noir dépasserait
celle de la Russie et de l’Arabie saoudite combinées, prévoit Artem
Abramov, analyste chez Rystad
Energy. « Tant que les prix moyens
restent au-dessus de 50 dollars le
baril, la tendance positive pour la production américaine persistera », dit-il.
Les réserves ne sont pas près de se
tarir selon lui. Même dans les bassins les plus matures du Texas et du
Dakota du Nord, « environ 70 % des
ressources économiquement exploitables sont encore à développer ».
Les exportations de gaz vont continuer à progresser jusqu’en 2030
avant de se stabiliser. Cette tendance
est d’autant plus remarquable que la
consommation de gaz aux EtatsUnis progresse. Mais la production
augmente beaucoup plus vite.
Investissements massifs
Le pays investit massivement dans
des gazoducs, pour exporter vers le
Mexique et le Canada, et dans des
usines de liquéfaction au Texas et en
Louisiane, pour acheminer du gaz
naturel liquéfié (GNL) par navire
vers l’Europe ou l’Asie. Trois projets
devraient être lancés avant l’été sur
le golfe du Mexique avec une capa-
cité combinée de 30 millions de tonnes par an, prévoit le cabinet Wood
Mackenzie, pour un investissement
total de 20 milliards de dollars.
Peut-on dire pour autant que les
Etats-Unis ne dépendent plus de
l’étranger ? Non, car les importations restent importantes. Les cinq
premiers fournisseurs de pétrole du
pays sont le Canada, l’Arabie saoudite, le Mexique, le Venezuela et
l’Irak. « Les raffineries américaines
sont configurées pour traiter du brut
lourd, qui n’est pas produit aux EtatsUnis », note Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre énergie de
l’Ifri. Un héritage du passé remis en
lumière avec l’embargo sur l’import
de pétrole vénézuélien.
Cette moindre dépendance extérieure présente des avantages de
taille. Elle réduit le déficit commerc i a l e t é l a rg i t l e s m a rg e s d e
manœuvre diplomatiques de
Washington vis-à-vis de pays-clefs
comme l’Arabie saoudite. « L’entrée
en vigueur de sanctions contre l’Iran
sera également facilitée, car les EtatsUnis pourront se substituer en partie
au brut iranien exporté vers l’Asie et
l’Europe », décrypte Marc-Antoine
Eyl-Mazzega. n
Les géants du pétrole misent de plus en plus sur le schiste américain
Cette présence accrue
des grandes compagnies
devrait réduire la volatilité
de la production américaine.
Pour la première fois depuis près de
deux ans, la production d’ExxonMobil est repartie à la hausse. La première compagnie pétrolière privée
du monde a écoulé en moyenne un
peu plus de 4 millions de barils par
jour au quatrième trimestre, a-t-elle
annoncé vendredi, un seuil qu’elle
n’avait pas franchi depuis 2017.
Cette croissance retrouvée, la
major américaine la doit presque
intégralement au pétrole de schiste
des Etats-Unis. Le numéro un mondial est arrivé tardivement sur ce
marché mais il a mis les bouchées
doubles depuis, achetant plus de
100.000 hectares de terrains dans
le Bassin permien au Texas, la
région la plus riche en schiste qui
produit plus, à elle seule, que le
Koweït. La production d’Exxon
dans ce bassin, qui partait de très
bas, a bondi de plus de 90 % en un
an. Et le groupe prévoit désormais
que le schiste américain représentera le cinquième de son activité
d’ici à 2025.
Le schiste prend une place de plus
en plus importante dans l’activité des
majors. Chevron, qui contrôle 9 % de
la production du Bassin permien, a
profité, lui aussi, du boom l’an dernier, accéléré par la forte hausse des
cours du pétrole jusqu’en octobre. La
deuxième compagnie des Etats-Unis
prévoit de quadrupler ses volumes
de pétrole de schiste américain d’ici à
2022. Et ConocoPhillips a annoncé
fin janvier que la majorité de ses
investissements seraient dévolus à
ce secteur cette année.
Les compagnies européennes se
renforcent également sur ce marché porteur. Le britannique BP a
repris les actifs américains de BHP
pour plus de 10 milliards de dollars
l’an dernier. Et Shell s’intéresserait à
Endeavor Energy, un opérateur
valorisé 10 milliards, lui aussi, selon
les analystes de Jefferies qui jugent
qu’une telle acquisition aurait « une
vraie logique stratégique ».
Solidité financière
« L’arrivée en force des majors est en
train de transformer l’économie du
schiste américain », explique
Alexandre Andlauer, analyste chez
Kpler. Les grandes compagnies
sont plus solides financièrement
que les acteurs spécialisés petits et
moyens qui dominaient le secteur
jusqu’à présent. Elles continuent à
investir même lorsque le prix du
baril s’effondre, comme ce fut le cas
à la fin 2018. « On peut donc s’attendre à une volatilité moins forte de la
production, d’autant que l’ensemble
des acteurs ont fortement réduit
leurs coûts. Les grandes compagnies
réagiront moins aux mouvements de
court terme », poursuit l’expert.
La chute des cours n’est pas sans
conséquence toutefois. La production de pétrole américaine devrait
augmenter de 1,5 million de barils
par jour cette année, nettement
moins que la progression de
2,2 millions enregistrée l’an dernier,
prévoit HSBC. n
Biodiesel : l’Union européenne trouve
un compromis avec les producteurs argentins
ÉNERGIE
Après des années de
querelle, Buenos Aires
et Bruxelles sont
parvenus à un accord.
Aude Villiers-Moriamé
— Correspondante à Buenos Aires
et V. L.
Ils auraient pu être relevés à 25 %. Au
soulagement des producteurs de
biocarburants argentins, les droits
de douane sur leurs exportations
vers l’Union européenne seront limités à 6,5 %. Voilà les termes d’un
accord conclu la semaine dernière et
devant encore être précisés par
Bruxelles et qui met, quoi qu’il en soit,
fin à des années de querelle commerciale avec Buenos Aires. « C’est un
accord raisonnable qui permet d’éviter
un nouveau conflit devant l’Organisation mondiale du commerce », estime
Luis Zubizarreta, président de la
Chambre des entreprises argentines
de biocarburants (Carbio).
Les producteurs européens ont,
eux aussi, salué cette annonce. « Il y a
un rétablissement des droits par
défaut et l’Union européenne reconnaît que les subventions à l’exportation de l’Argentine sont illégales », se
félicite Kristell Guizouarn, présidente de l’European Biodiesel Board.
Les importations de biodiesel
argentin ont bondi depuis 2017,
atteignant 1,3 million de tonnes sur
les neuf premiers mois de l’an dernier, selon FranceAgrimer. Cet
afflux soudain a lourdement pénalisé les producteurs français. En
avril, le leader tricolore, a dû
réduire sa production et placer ses
cinq usines en chômage technique.
Prix minimum de vente
L’accord entrera rapidement en
vigueur – dès ce mois-ci – et sera
valable cinq ans. Il prévoit que les
entreprises de biocarburants
argentines respectent un prix mini-
mum de vente et s’engagent sur un
volume maximum de 1,2 million de
tonnes par an à destination de
l’Union européenne. « Nous veillerons à ce que cet engagement soit bien
respecté et nous alerterons la Commission si ce n’est pas le cas », poursuit Kristell Guizouarn. Le litige
entre l’Argentine et l’Union euro-
péenne avait démarré en 2013, lorsque Bruxelles avait appliqué des
droits antidumping sur les exportations argentines de biocarburants,
soupçonnant la filière de bénéficier
d’importantes subventions. « Ce
n’est absolument pas le cas, explique
Andrés Alcaraz, porte-parole de la
Chambre argentine de l’industrie
d’huile végétale. La chaîne industrielle du soja [matière première du
biodiesel et produit phare de l’agriculture argentine, NDLR] bénéficie
d’avantages intrinsèques, comme
l’emplacement des entreprises de biodiesel au bord du fleuve, ce qui permet de réduire les coûts de transport. » Après un arbitrage de l’OMC
en 2016, l’Union européenne avait
été contrainte de supprimer ces
droits de douane, mais avait toutefois ouvert une enquête sur le biodiesel argentin.
Les producteurs argentins, pour
qui le marché européen représente
près de 1 milliard de dollars, espèrent que l’accord permettra au secteur du soja de connaître une
embellie, alors que l’Argentine traverse une grave crise économique.
Pour le président de la Carbio, la
mesure constitue un « signal positif », qui pourrait peut-être inciter
les Etats-Unis à revoir à la baisse
leurs droits de douane de 150 % sur
les biocarburants argentins. n
Angela Merkel
va faire adopter
une loi garantissant
40 milliards d’euros
d’aides aux régions
minières.
L’Allemagne entend
cesser la production
d’électricité à partir
de charbon en 2038.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Tourner la page du charbon en
2038 est désormais un objectif
national en Allemagne. Quelques jours après la publication
du rapport de la commission
chargée de fixer une date de sortie du charbon outre-Rhin,
Angela Merkel a confirmé, jeudi
soir, sa volonté de mettre en
œuvre les préconisations de ce
groupe de 28 experts représentatifs de toutes les parties concernées. « Nous allons le traiter
avec beaucoup d’attention », a-telle assuré en présence des
membres de cette commission.
Leur rapport doit être examiné dans les prochaines
semaines par les ministères
concernés, mais les présidents
des quatre régions minières de
Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Saxe, Saxe-Anhalt et Brandebourg, auxquelles il est préconisé de verser 40 milliards
d’euros dans les vingt prochaines années pour les aider à passer le cap. Les régions ont
appelé de leurs vœux l’application stricte des préconisations.
« Nous devons avancer rapidement. Les projets ne doivent pas
dormir dans des dossiers », a prévenu Dietmar Woidke, ministre-président social-démocrate
du Brandebourg, au sortir du
dîner qui a suivi la remise du
rapport à la chancelière.
Deux lois pour
organiser la transition
Afin de garantir les sommes,
quelle que soit la majorité à la
tête du pays, le gouvernement
fédéral et les régions se donnent
jusqu’à la fin avril pour établir
les grandes lignes d’une loi sur
le changement structurel.
L’objectif de ce texte est de fixer
les principales mesures prévues
en termes de créations d’infrastructures, de délocalisation de
services publics ou encore de
soutien aux entreprises pour
accompagner la mise en extinction d’une industrie qui emploie
près de 20.000 personnes et
fournit encore 38 % de l’électricité consommée en Allemagne.
Les régions ont aussi exigé
qu’une seconde loi soit prévue
pour préciser le calendrier de
ces mesures. « Le gouvernement
fédéral doit intégrer [la sortie du
charbon] dans sa planification
financière à moyen terme », a
ajouté Dietmar Woidke. Le président du Brandebourg a, par
ailleurs, pris la tête des pourparlers avec l’UE pour faciliter
le soutien financier dans les
régions touchées.
Le financement de cette révolution est en effet un sujet qui
promet d’être sensible, alors
même que son coût pourrait
aller bien au-delà des 40 milliards d’euros. Certains experts
évoquent ainsi le chiffre de
80 milliards. D’où viendra
l’argent ? Angela Merkel botte
en touche, soulignant que le
budget fédéral fait l’objet d’une
planification jusqu’en 2023.
« Nous parlons de 2038. Personne
ne sait ce que sera alors la planification » a-t-elle souligné. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 4 février 2019
Stationnement à Paris :
les couacs persistent
chez Streeteo
TRANSPORT
Des automobilistes
qui paient leur stationnement par smartphone reçoivent des
amendes alors même
qu’ils sont en règle.
La direction d’Indigo
reconnaît l’existence
du problème
mais estime
qu’il est mineur.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Les déboires de Streeteo se poursuivent. Il y a un an, la filiale du géant
des parkings Indigo avait connu des
débuts calamiteux, après avoir
gagné l’appel d’offres pour le contrôle du stationnement en voirie
dans 14 des 20 arrondissements de
Paris. Couacs techniques, contrôles
fictifs, forfaits post-stationnement
(FPS, le nouveau nom des amendes)
envoyés par erreur… Le rodage du
nouveau système s’est transformé
en chemin de croix pour la société,
qui avait dû admettre des « erreurs
inexcusables » et s’était attiré les foudres (et un dépôt de plainte) de la
Mairie de Paris.
Vérifications en cours
Depuis, tout n’est pas rentré dans
l’ordre, loin de là. Des témoignages
collectés par « Les Echos » révèlent
la persistance d’au moins un bug
technique : des automobilistes qui
paient leur stationnement par
smartphone – ce qui est possible
par le biais de 4 applis différentes,
dont celles de la Mairie de Paris –
retrouvent des FPS sur leur parebrise alors qu’ils sont en règle. Contactée, la direction d’Indigo reconnaît l’existence d’un problème
technique, mais en minimise la
portée. « Nous avons encore quelques difficultés », admet un responsable, qui assure qu’elles ne sont pas
de son ressort. Elles proviendraient,
selon lui, du serveur de la Mairie
chargé d’héberger et d’actualiser en
temps réel la liste des véhicules en
règle. La connexion n’étant « pas
optimale », la prise en compte des
paiements effectués par les applis
se ferait parfois avec retard. Si un
contrôleur de Streeteo passe à ce
moment-là, l’automobiliste se
retrouve avec une amende. Indigo
indique être « en discussion permanente » avec la Mairie de Paris afin
de trouver une solution, et assure
que ce souci n’occasionne que
« quelques dizaines » de FPS indus
par jour, sur un total de 50.000 contrôles quotidiens.
La société n’a toutefois pas aménagé sa procédure de réclamation :
les automobilistes qui souhaitent
contester le bien-fondé de leur FPS
doivent commencer par payer,
même s’ils peuvent produire la
preuve qu’ils étaient bien en règle.
« C’est un vrai parcours du combattant pour se faire rembourser, la Mairie de Paris ne fait pas assez pression
pour faciliter la procédure », déplore
le maire (LR) du 6e arrondissement,
Jean-Pierre Lecoq.
Streeteo, qui utilise dans certaines villes des voitures équipées de caméra pour automatiser les phases
de contrôle des plaques d’immatriculation, reconnaît « quelques dizaines » de FPS indus par jour.
Photo Sipa
Selon Indigo, fin 2018, le taux de
FPS contestés par les automobilistes est descendu à 2,9 %. La Mairie
assure que le système de paiement
par smartphone a certes connu des
débuts laborieux, mais est désormais « stabilisé » : « S’il y a des FPS
indus, ils seront bien sûr remboursés », précise-t-on. Mercredi dernier,
La famille Gupta
prête à reprendre
la Fonderie du Poitou
Frappé par le déclin
du diesel, le soustraitant demande
son placement
en redressement
judiciaire.
Le groupe britannique
familial GFG est
sur les rangs pour
une reprise.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
10.000 à 15.000 postes
de la filière française
du diesel sont menacés
à l’horizon 2030.
Pour l’heure, un candidat à la
reprise semble émerger, l’anglais
GFG, propriété de la famille Gupta,
versée dans l’aluminium et l’acier.
« La fonte n’est pas notre cœur de
métier et les perspectives sont compliquées, mais nous allons déposer une
offre au tribunal, avec une clause suspensive si l’on n’obtient pas la reprise
de la partie aluminium », explique
Philippe Baudon, le directeur général de GFG France qui a repris une
fonderie d’aluminium à Dunkerque
(site historique de Péchiney) et qui
affirme avoir déjà signé une lettre
d’intention. « Notre intérêt pour la
fonte est défensif », dit ce dernier. Ayant déjà déposé une offre
ferme pour la reprise de Saint-Jean
Industries auprès du tribunal de
Lyon, il juge que si la partie fonte
périclite, elle risque d’entraîner avec
elle la partie aluminium – celle qui
l’intéresse avant tout. GFG est donc
prêt à s’engager sur le lot. « Il faudra
que l’offre formulée soit acceptable,
notamment pour les clients du site »,
souligne-t-on à Bercy. n
RÉSULTAT NET
SOCIAL
RÉSULTATS 2018*
1 900 Collaborateurs
750 Administrateurs
103 MILLIONS €
76
27
>
639 000
PARTENAIRES (+1,2%)
dont 30 000 nouveaux
clients et 22 000 nouveaux
sociétaires en 2018.
>
N OT R E
CIRCUIT
LES
ASSURANCES
(+3,5%)
COURT
AU SERVICE
DU TERRITOIRE
15,8 MDS €
D’ENCOURS D’ÉPARGNE (+2,8%)
dont 10,5 MDS € réinvestis
sur le territoire (+4,6% sur un an).
Plus de 400 000 contrats
en portefeuille et plus
de 57 000 nouveaux contrats en 2018.
>
« On va entrer dans le dur. La chute
du diesel va toucher les constructeurs,
mais ce sont les sous-traitants qui
sont en première ligne », avertissait
encore un syndicaliste de PSA il y a
quelques jours. Il ne faut pas être
grand clerc pour comprendre que le
déclin du diesel aura des conséquences rapides sur le tissu industriel français.
L’une des premières ? La Fonderie du Poitou Fonte, un sous-traitant
historique de Renault qui emploie
environ 400 personnes dans la
Vienne, vient de demander son placement en redressement judiciaire
auprès du tribunal de Poitiers.
« C’est une étape permettant de faciliter la recherche d’un repreneur »,
commente-t-on à Bercy. Dans le dur
depuis quelques années, le fabricant de carter-cylindres en fonte de
Châtellerault a expliqué vendredi
faire face depuis six mois à une
baisse de plus de 40 % de ses commandes. Plus ou moins 70 % des
pièces usinées sur place sont destinées à l’assemblage de moteurs diesel, technologie dont la part de marché a été divisée par deux en six ans
dans l’Hexagone.
Selon l’Observatoire de la métallurgie, 10.000 à 15.000 postes sur les
37.500 que compte la filière française du diesel sont menacés à
l’horizon 2030. Six établissements
seraient en « crise avérée à traiter en
urgence », une trentaine d’autres
sous le coup d’une « menace grave et
imminente ». Soit, au total, 5.500
emplois en situation critique comme ceux de la Fonderie du Poitou. L’entreprise, qui travaille pour
Fiat et surtout Renault, avait lancé
un plan de sauvegarde de l’emploi
en octobre dernier, 103 postes de
nuit devant être supprimés. En 2017,
les comptes avaient pourtant
retrouvé l’équilibre après plusieurs
années de pertes, avec un chiffre
d’affaires de 91 millions d’euros.
Le propriétaire depuis 2014,
Jérôme Rubinstein, déplore que
l’Etat n’ait pas « mis en œuvre des
mesures à la hauteur des enjeux avec
seulement 18 millions d’aide ». Le
dirigeant estime, par ailleurs, que la
« meilleure solution industrielle »
serait un rattachement avec le site
voisin Saint-Jean Industrie (ex-Fonderies Alu, un peu plus de 300 salariés), en redressement judiciaire
depuis trois mois. Les deux entités
occupent les mêmes locaux. Jérôme
Rubinstein affirme qu’il soutiendra
« tout investisseur qui aura un projet
de reprise global des deux sites ». Les
pouvoirs publics et Renault privilégieraient cette formule.
et confesse « une vraie difficulté à
retenir nos talents. Le plus dur, c’est
de les faire rester au-delà de trois
mois. Après, ils restent fidèles ». Ces
difficultés sont d’autant plus pénalisantes que les agents doivent être
assermentés afin de pouvoir procéder à des contrôles, ce qui rallonge la
procédure de recrutement. n
PRODUIT NET
BANCAIRE SOCIAL
354,5 MILLIONS €
>
AUTOMOBILE
des élus municipaux de tous bords
ont auditionné Streeteo et Moovia,
l’autre opérateur parisien, pour
avoir des éclaircissements sur la
persistance des dysfonctionnements. Streeteo a un autre souci : la
proportion des démissions chez ses
agents reste trop élevée. Indigo
admet un taux de turn-over de 30 %,
12,8 MDS €
D’ENCOURS DE CRÉDITS (+8,3%)
2,7 MDS € de réalisations ayant
accompagné 68 000 projets.
* En cours d’examen limité par les commissaires aux comptes.
L’intégralité des résultats est disponible sur : www.ca-normandie-seine.fr en rubrique informations réglementées.
Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Normandie-Seine Cité de l’Agriculture - Chemin de la Bretèque - 76230 Bois Guillaume.
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 4 février 2019 Les Echos
La Chine, dernier espoir de l’Airbus A380
Si Emirates devait
convertir sa dernière
commande d’A380
en A350, Airbus serait
alors dépendant d’une
commande chinoise.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Les hasards du calendrier sont parfois cruels. Alors que le Boeing 747
célébrera dans quelques jours ses
50 ans d’exploitation, l’Airbus A380
pourrait ne pas fêter son 12e anniversaire. La remise en cause par
Emirates d’une commande de vingt
A380 (et de 16 options) pourrait en
effet sonner l’arrêt prématuré de la
production du très gros porteur
européen, dont la compagnie de
Dubaï est de loin le premier client
avec 109 appareils dans sa flotte sur
les 232 en service dans le monde.
Si cette commande, signée en
janvier 2018, était annulée, il ne resterait plus à Airbus que 33 A380 à
livrer à Emirates, plus trois autres
pour All Nippon. Toutes les autres
commandes encore en portefeuille
sont en effet des commandes dont
les clients ne veulent plus, mais qui
n’ont pas encore été rayées du carnet de commandes pour des raisons juridiques.
Ces 36 commandes restantes
représentent un peu plus de quatre
ans de travail au rythme actuel (de 6 à
8 avions à l’année). Sachant qu’Airbus
doit passer commande à ses fournisseurs au minimum dix-huit mois à
l’avance, l’avionneur n’a véritablement que deux ans de visibilité.
C’est loin d’être la première fois
que l’A380 est menacé d’une fin prématurée. En 2015 et en 2018, son
avenir était déjà suspendu à la
signature d’une nouvelle commande d’Emirates. Mais la menace
n’a jamais été aussi grande. Non
seulement Airbus a confirmé être
en renégociation avec Emirates (qui
doit réduire ses coûts et ralentir sa
croissance), mais l’objet de ces
négociations serait non pas de sauver la commande d’A380, mais plutôt de la transformer en commandes d’A350 et d’A330neo.
Airbus aurait fait
miroiter aux Chinois
l’implantation d’une
usine d’aménagements
intérieurs d’A380.
En vain pour
le moment.
Ce qui pourrait être au passage
dans l’intérêt économique à court
terme au moins d’Airbus. Livrer des
A350 et des A330neo serait en effet
beaucoup plus rentable que de vendre des A380 à perte. Malgré les
efforts d’Airbus pour réduire le coût
de production de l’A380, le point
d’équilibre avoisine les 15-20 appareils par an, et le ralentissement des
livraisons a fait repasser le programme dans le rouge. Dans l’esprit
d’Airbus, cette situation ne peut être
que temporaire, dans l’attente de
nouvelles commandes.
Whang Zhao/AFP
AÉRONAUTIQUE
Malgré les efforts d’Airbus pour réduire le coût de production de l’A380, le point d’équilibre avoisine les 15-20 appareils par an.
C e l l e s - c i p o u r r a i e n t ve n i r
d’outre-Manche. Jeudi, le grand
patron d’IAG, Willie Walsh, qui préside aux destinées de British
Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus et Level, a confirmé son intérêt
pour l’avion – British Airways en
exploite déjà 12, et doit bientôt remplacer des vieux Boeing 777. Mais le
dirigeant a remis le problème du
prix sur la table. « Nous avons dit à
Airbus que nous serions disposés à
en commander davantage, à condition qu’ils nous proposent un bon
prix, ce qu’ils n’ont pas été en mesure
de faire jusqu’à présent. Airbus doit
se monter plus agressif commercialement », a-t-il expliqué, lors d’une
conférence de presse à Londres.
Une soixantaine d’appareils
En somme, le seul salut durable de
l’A380 serait une grosse commande
chinoise. D’après Airbus, les compagnies chinoises pourraient avoir
l’usage d’une soixantaine d’A380,
même si leur développement est
actuellement réduit par la pénurie
de créneaux utiles disponibles dans
les grands aéroports chinois. La possibilité d’une commande chinoise
d’A380 avait même été évoquée, il y a
Les lignes régionales de HOP! passent
sous la marque Air France HOP
AÉRIEN
deux motoristes de l’appareil, GE et
Rolls-Royce ne semblent pas avoir
l’intention de voler au secours de
l’A380. C’est d’ailleurs faute de s’être
mis d’accord avec Rolls-Royce sur
les performances attendues de ses
moteurs qu’Emirates a commencé
à remettre en cause sa commande.
Trancher la question n’est cependant pas si évident. En lâchant
l’A380, Airbus se débarrasserait
ainsi d’un foyer de pertes mais laisserait aussi pour l’instant à Boeing
un monopole sur les très gros porteurs de plus de 400 places avec la
version de son futur 777X. n
Iberia cherche le moyen
de ne pas payer les pots
cassés du Brexit
AÉRIEN
Après Joon, HOP! fait
les frais du recentrage
sur la marque-phare
Air France, voulu
par le nouveau patron,
Benjamin Smith.
Aux mains du
groupe britannique
IAG, la compagnie
espagnole doit
établir un certificat
« d’espagnolité »
pour continuer
de voler en Europe.
Mais cela reste
une filiale à part.
Le tropisme de Benjamin Smith
pour la marque Air France se confirme. Après la décision d’intégrer
Joon à Air France, Air France-KLM
a dévoilé vendredi la nouvelle identité de son offre court-courrier opérée par la compagnie HOP!. Au lieu
de HOP! Air France, ces liaisons
court-courriers seront désormais
commercialisées sous la marque…
Air France HOP.
« Cette évolution est une étape supplémentaire pour asseoir la puissance de nos marques et accroître la
lisibilité et la cohérence globale de
l’offre du groupe Air France-KLM »,
explique le patron du groupe franco-néerlandais dans un communiqué. Elle s’inscrit dans le processus
de simplification du portefeuille de
marques d’Air France qu’il a
annoncé, afin de se recentrer sur les
deux marques phare du groupe, Air
France d’un côté et KLM de l’autre,
avec leurs deux déclinaisons régionales, Air France Hop et KLM
Cityhopper, auxquelles s’ajoute la
marque low cost européenne,
Transavia.
Ce changement de marque s’inscrit également dans la restructuration en cours de HOP!, confronté
depuis sa création, en 2016, à des
difficultés de fonctionnement et à
des pertes importantes. Ce plan de
restructuration, qui vise à renouer
avec la croissance et l’équilibre
financier, s’est déjà traduit par la
décision de basculer la totalité des
vols effectués par HOP! sous
numéro de vol Air France.
un an, par Emmanuel Macron, lors
d’un voyage officiel en Chine. Airbus
aurait, par ailleurs, fait miroiter aux
Chinois l’implantation d’une usine
d’aménagements intérieurs d’A380.
En vain pour le moment.
L’avionneur européen pourra-t-il
attendre davantage ? Faute de certitude, le conseil d’administration
d’Airbus et l’actuel patron du
groupe, Tom Enders, pourraient
être tentés de régler définitivement
le problème de l’A380, afin de laisser en avril, au nouveau patron
d’Airbus, Guillaume Faury, une
situation assainie. D’autant que les
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
Le changement de marque s’inscrit également dans la restructuration en cours de HOP!
Photo Joël Saget/AFP
Mais contrairement à Joon, ce
processus de simplification n’ira
pas – du moins à ce stade – jusqu’à
une intégration complète de HOP!
dans Air France. « Ce changement de
marque n’implique aucune modification dans le contrat de travail des
salariés de HOP! », précise le communiqué. Ils resteront dans une
entité séparée, avec des statuts
moins avantageux que leurs collègues de la maison mère.
Un statut différent de celui
des pilotes d’Air France
La raison de ce traitement discriminatoire tient notamment au fait que,
contrairement à ceux de Joon, les
pilotes de HOP! ont un statut différent de leurs collègues d’Air France.
Tout appareil de plus de 110 sièges
doit nécessairement être opéré par
des pilotes d’Air France. Intégrer
HOP! dans Air France poserait ainsi
le problème de l’intégration de ses
pilotes dans la liste de séniorité des
pilotes d’Air France, dont dépend
l’évolution de leur carrière. Le passage des quelque 3.000 salariés de
HOP! aux conditions d’Air France se
traduirait aussi par un surcoût,
alors que la compagnie s’est engagée dans un plan de réduction des
coûts de 15 à 20 % d’ici à 2020.
Pas de quoi apaiser pour autant la
frustration des salariés de HOP!,
déjà nombreux à avoir le sentiment
de faire les frais d’une fusion ratée et
d’une absence de véritable stratégie
court-courrier, face à la concurrence du TGV et des low cost. Alors
que le trafic interrégional a progressé de 17 % de 2013 à 2017, illustré
notamment par le succès de la low
cost espagnole Volotea sur les
lignes régionales françaises, la flotte
de HOP! est passée de 82 appareils
au moment de la fusion, à 54 appareils l’été dernier. La compagnie en
est à son troisième plan social
depuis 2016. Et malgré les efforts, les
pertes s’élèveraient encore à 83 millions d’euros en 2018.
Les salariés de HOP! pourront
néanmoins se satisfaire d’une chose.
Le nouveau patron d’Air FranceKLM a confirmé la nécessité stratégique pour Air France de conserver
un pôle régional. « Le réseau domestique, et notamment le réseau opéré
aujourd’hui sous la marque HOP! est
fondamental pour le business model
d’Air France », affirme-t-il.
Les deux-tiers de la clientèle des
lignes HOP! sont des voyageurs
d’affaires, qui sont également les
meilleurs clients d’Air France. Par
ailleurs, le déclin semble enfin
enrayé. Si le plan de restructuration
prévoit de rationaliser la flotte, en
faisant notamment disparaître tous
les avions à hélices ATR, HOP! est
remontée à 59 appareils cet hiver et
vise 64 appareils à l’horizon 2020.
— B. T.
Iberia va-t-il sortir de l’accord
Ciel ouvert et perdre l’accès à
l’espace européen ? A Madrid,
on tremble à l’idée de voir
l’ancienne compagnie aérienne
publique lourdement pénalisée. Alors que le compte à
rebours du Brexit est amorcé,
la compagnie cherche la
parade et le ministre des Transports, José Luis Abalos, confirme qu’elle « travaille intensément » avec sa maison mère,
IAG, pour préparer les ajustements de structure nécessaires
afin d’établir, dit-il, un « certificat “d’espagnolité” » qui lui permettrait de continuer de voler
comme compagnie européenne et lui éviterait de payer
les pots cassés d’un Brexit dur.
Le problème est qu’après la
fusion avec British Airways, la
compagnie espagnole est, de
fait, passée en 2011 dans le
giron du holding IAG (qui
englobe à la fois BA, Iberia, Aer
Lingus et Vueling), société à
capital essentiellement anglosaxon, même si la majorité des
droits de vote de chaque compagnie est détenue dans son
pays d’origine, ce qui a permis
de préserver la couleur nationale de chacune.
Cette structure complexe
permet de jouer sur tous les
tableaux, mais elle pourrait
bien coûter maintenant à Iberia la licence de vol en Europe
post-Brexit. Car pour qu’elle
puisse continuer à faire partie
du ciel européen, la norme
communautaire exige en effet
que plus de 50 % de sa propriété ou de sa structure de
contrôle reposent sur des Etats
membres de l’UE ou sur ses
entreprises nationales, ce qui
ne serait plus le cas d’IAG après
la sortie des Britanniques. « Si
les conditions ne sont pas remplies à la suite de la sortie du
Royaume-Uni de l’UE, la licence
ne sera plus valide », prévient
expressément la Commission.
Ce qui signifierait qu’Iberia
pourrait être contrainte d’arrêter de voler entre les villes espagnoles ou vers d’autres aéroports européens.
Sursis de sept mois
Bruxelles vient de donner un
sursis de sept mois à IAG pour
trouver une échappatoire et
revoir la structure du capital
d’Iberia. Pour l’instant, les
droits économiques de la compagnie sont donc aux mains
d’IAG, dont les principaux
actionnaires sont Qatar
Airways, les américains Capital Group et BlackRock, ainsi
que le britannique Standard
Life Aberdeen. Mais côté conseil d’administration, c’est différent. Les droits de vote se partagent entre IAG à 49,9 %, et
Garanair à 50,01 %, une société
aux mains du géant ibérique
de la grande distribution El
Corte Inglés… certificat
d’« espagnolité » s’il en est. A
défaut de convaincre pleinement Bruxelles, l’argument
pourrait permettre au moins
de gagner du temps en attendant qu’IAG pose son plan de
réorganisation du holding sur
la table. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 4 février 2019
Malgré des profits record,
Amazon déçoit sur ses prévisions
E-COMMERCE
Pub TV : Amazon,
Google et Facebook,
annonceurs clefs
Le géant de l’e-commerce et du cloud a vu
son bénéfice net tripler
sur un an, à 10,1 milliards
de dollars en 2018.
Mais les marchés sont
déçus de ses prévisions
pour 2019.
PUBLICITÉ
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Insatiables investisseurs ! Alors
qu’Amazon a fait encore mieux
que ce qu’en attendaient les analystes, lesquels pensaient bien voir
le géant de l’e-commerce et du
cloud battre des records fin 2018,
l’action du groupe basé à Seattle
baissait de près de 4 % en séance
vendredi à Wall Street, au lendemain de la publication des résultats annuels.
Sur l’ensemble de l’année, le chiffre d’affaires de la société s’est établi
à près de 233 milliards de dollars, en
hausse de 31 % par rapport à celui de
2017, et le bénéfice net a plus que triplé, à 10,1 milliards. Au quatrième
trimestre, période cruciale pour les
distributeurs, la performance a
même été au-delà des attentes, avec
un chiffre d’affaires en hausse de
20 %, à 72,4 milliards de dollars,
quand le consensus tablait sur
71,9 milliards de revenus. Le bénéfice net ressort, lui, à 3 milliards de
dollars, soit 6,04 dollars par action,
marketing
Les trois géants technologiques
sont parmi les premiers
annonceurs TV aux Etats-Unis.
La nécessité d’un marketing
de masse pour leurs nouveaux
produits, mais aussi celle
de restaurer leur image,
les y ont poussés.
Véronique Richebois
@VRichebois
Le président-fondateur du groupe, Jeff Bezos, a insisté sur les performances d’Alexa,
le système vocal d’Amazon. Photo Jim Watson/AFP
quand FactSet en attendait 5,69 dollars. Il s’agit du troisième bénéfice
record consécutif.
Alexa et le cloud à la fête
Amazon a profité à plein de la
période des fêtes, durant laquelle
tous les records de consommation
en ligne ont été battus aux EtatsUnis. Sur la fin de l’année, la croissance a été supérieure en Amérique
L’Inde est un marché
hautement stratégique
et elle est vue comme
l’un des futurs relais
de croissance.
du Nord (18 %) que dans le reste du
monde (15,5 %). Dans le communiqué annonçant les résultats, le président-fondateur du groupe, Jeff
Bezos, a insisté sur les performances d’Alexa, le système vocal d’Amazon. « Alexa a eu une période des
fêtes très chargée. Echo Dot a été le
produit le plus vendu parmi tous les
produits Amazon, au niveau mondial, et les consommateurs ont
acheté plusieurs millions d’appareils
de la gamme Echo en plus par rapport à l’an dernier », s’est réjoui le
patron de la société.
Autre motif de satisfaction : le
cloud, qui permet notamment de
gonfler les profits. Sur l’année,
Amazon Web Services a généré
25,6 milliards de dollars de chiffre
d’affaires, soit 47 % de croissance.
Avec une rentabilité qui s’améliore :
le taux de marge opérationnelle de
ces services atteint désormais près
de 30 %. Ce qui permet de compenser la ha usse d es co û t s dans
l’e-commerce, due notamment aux
livraisons gratuites.
Des prévisions décevantes
Si la croissance de l’activité e-commerce est restée forte en Amérique
du Nord en fin d’année, elle a été
néanmoins nettement moins dynamique que sur la même période de
l’année précédente (+42 %). Ce
ralentissement, ajouté à la prévision du directeur financier du
groupe d’une croissance des ventes
autour de 14 % au premier trimestre 2019, dans une fourchette de 12 à
20 %, ont douché l’enthousiasme
des marchés.
Sans compter que la société de
Jeff Bezos pourrait aussi souffrir,
comme d’autres entreprises américaines, de nouvelles lois en Inde qui
y interdisent de tirer les prix vers le
bas, à perte, pour gagner des parts
de marché. L’Inde est un marché
hautement stratégique et elle est
vue comme l’un des futurs relais de
croissance. L’action d’Amazon n’en
a pas moins gagné près de 15 % sur
un an, pour une capitalisation
boursière de quelque 840 milliards
de dollars.
(
Lire « Crible »
Page 38
« Echo Dot a été
le produit le plus
vendu parmi tous
les produits
Amazon, au niveau
mondial. »
JEFF BEZOS
PDG d’Amazon
Amazon persiste et signe.
Dimanche 3 février, pour la quatrième fois d’affilée, le géant du
e-commerce a répondu présent
au 53e Super Bowl, l’événement
sportif le plus regardé des EtatsUnis (103,4 millions de spectateurs en 2018). Mieux, dans une
manifestation où le moindre
spot de pub télévisé de 30 secondes est facturé 5,4 millions de
dollars, il s’est offert le luxe de
diffuser un film de 90 secondes
mettant en scène des célébrités
statutaires telles qu’Harrison
Ford, Forest Whitaker et les
astronautes Scott et Mark Kelly.
Une stratégie publicitaire
mûrement calculée. Chaque
année, à travers leurs spots, les
marques se positionnent au
ne plus apparaître simplement
comme des entités dématérialisées s’impose à elles. « Elles ont
besoin de créer un lien humain,
charnel avec le consommateur,
tout en communiquant sur leurs
valeurs », décrypte Eric Delannoy, « managing partner » de
l’agence WNP.
Et de fait, la présence très
remarquée d’Amazon et de Google au Super Bowl n’est que
l’arbre très médiatisé… dissimulant la forêt d’un blitz publicitaire plus vaste et agressif, portant le nom très traditionnel de
marketing de masse.
Un paradoxe savoureux
En 2018, les dépenses de pub en
télévision du géant de l’e-commerce ont ainsi grimpé de près
de 60 % aux Etats-Unis pour
atteindre 679,1 millions de dollars, selon Kantar Media. Au
programme ? Des spots promouvant des produits et des services. Un paradoxe savoureux
pour un acteur qui a bâti sa puissance de feu sur ses gigantesques revenus publicitaires en
ligne. Mieux, en 2018, rapporte
le « Wall Street Journal », Amazon a figuré comme l’un des
quinze plus gros annonceurs à
la télévision aux Etats-Unis,
Le spot TV d’Amazon pour le Super Bowl avec l’acteur
Forest Whitaker, une brosse à dents équipée
de l’assistant vocal Alexa à la main. Photo DR
Super Bowl comme de véritables médias, prenant des positions sur les grandes questions
politiques et sociétales, immédiatement décryptées sur les
réseaux sociaux, la télévision et
la presse. D’ailleurs, le géant de
l’e-commerce n’est pas le seul de
sa catégorie à s’aventurer au
Super Bowl. En 2017, Google lui
a emboîté le pas et a diffusé, à
l’occasion de cette édition 2019,
deux spots de une minute chacun. « Nous menons ici une stratégie de complémentarité entre
notre chaîne digitale YouTube et
le média télévision, qui passe par
un ciblage et des contenus différents. Même si nous communiquons à chaque fois sur les
mêmes grandes valeurs de la
marque : l’utilité, l’innovation et
notre présence quotidienne
auprès des consommateurs »,
explique-t-on au siège parisien
de Google, où l’on admet toutefois que commercialiser de nouveaux produits « physiques »
comme Google Pay, Google
Home ou les téléphones mobiles Google, a conduit la firme à
mener une stratégie publicitaire
« proche de celle des annonceurs
de grande consommation ».
« Stratégie Publicitaire ».
« Produits de grande consommation ». Les mots-clefs sont
lâchés. A mesure qu’Amazon et
Google s’aventurent en dehors
de leur métier d’origine, la
nécessité d’apparaître comme
des marques de proximité et de
dépassant Toyota et McDonald's… Mais Google n’est pas en
reste : ses dépenses publicitaires
TV ont augmenté de près de
45 % en 2018 pour atteindre
522,5 millions de dollars.
Toutefois, n’attribuer cette
flambée qu’à l’évolution du
business model des Gafa serait
réducteur. Les enjeux d’image y
tiennent, eux aussi, une place
prééminente. Facebook – qui
n’a rien à vendre – a dépensé
ainsi en télévision 272 millions
de dollars en 2018, contre
13,3 millions de dollars en 2013.
Faisant l’apologie de son appareil de chat vidéo, mais inondant aussi les ondes de ses excuses en réponse à ses dérapages à
répétition.
« Dans leur ensemble, les Gafa
souffrent d’une problématique
d’image institutionnelle auprès
du grand public américain.
Donald Trump a multiplié les critiques contre la Silicon Valley,
l’opposant à l’Amérique profonde. Il a fait, en particulier,
d’Amazon sa tête de turc, accusant Jeff Bezos de tuer l’Amérique
des petits commerçants… », analyse Jean-Christophe Alquier,
président d’Alquier Communication. A présent, à défaut d’utiliser Twitter, l’instrument de
communication de prédilection
de Trump, Amazon, Google et
Facebook répliquent par la télévision, ce média de masse qui
démontre là une efficacité
encore très percutante. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
DR
en
pixels
Le directeur de l’information
du groupe TF1-LCI, Thierry
Thuillier, a annoncé au « JDD »
le lancement cette semaine
de « Factuel », une rubrique
consacrée au « fact checking »
dans le 20 Heures du samedi,
en collaboration avec l’AFP.
Elle démontera les mécanismes
d’une fausse information.
Hervé Godechot
proposé pour le CSA
Shutterstock
LCI lance
une rubrique
de « fact checking »
Le journaliste de France
Télévisions Hervé Godechot a
été proposé par le président du
Sénat, Gérard Larcher, comme
membre du Conseil supérieur de
l’audiovisuel. Hervé Godechot,
51 ans, est depuis 2016 rédacteur
en chef du service économie et
social de France Télévisions et
chroniqueur-éditorialiste pour
France 3 et franceinfo.
10
MILLIARDS DE DOLLARS
Après avoir tergiversé,
le taïwanais Foxconn
a finalement réaffirmé
qu’il construirait une usine
d’écrans LCD aux EtatsUnis dans le Wisconsin,
ce qui représente
un investissement
de 10 milliards de dollars.
5G : les équipementiers ne touchent
pas encore le pactole
l La situation de Nokia et d’Ericsson s’est améliorée en 2018, après des années de disette.
l Mais, hors des Etats-Unis, la ruée vers la nouvelle génération de réseaux mobile n’est pas franche.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Nokia et Ericsson vont mieux. Leurs
résultats 2018 le prouvent. Après
des années de vaches maigres, les
deux grands équipementiers européens – auxquels seul le chinois
Huawei dispute la suprématie mondiale sur les ventes d’antennes de
téléphonie – se redressent.
Ericsson a encaissé l’an dernier
20 milliards d’euros de chiffre
d’affaires. Le groupe suédois a ainsi
pu afficher une légère progression
de ses revenus annuels (1 % hors
effets de change). Ce n’était pas
arrivé depuis 2013. Chez son concurrent finlandais Nokia, les revenus
reculent certes encore de 3 % en
2018, à 23 milliards d’euros. Mais, au
dernier trimestre, ils progressaient
de 3 %. Surtout, comme chez Ericsson, l’activité phare, c’est-à-dire la
vente d’équipements pour les
réseaux mobiles des opérateurs
télécoms, est en nette accélération.
Ericsson et Nokia
ont très sérieusement
réduit leurs pertes
après des plans
d’économies massives.
Certes, les profits ne sont toujours pas au rendez-vous pour les
deux géants nordiques. Mais ils ont
très sérieusement réduit leurs pertes après des plans d’économies
massives. Chez Ericsson, c’est près
d’un salarié sur cinq qui a quitté
l’entreprise ces quatre dernières
années – soit plus de 23.000 personnes. De son côté, Nokia n’a pas fini de
digérer le rachat d’Alcatel-Lucent
en 2015. Après avoir coupé 1,2 milliard d’euros dans ses coûts, le géant
d’Espoo vient d’annoncer une
nouvelle purge de 700 millions
d’euros d’ici à 2020. Celle-ci doit se
traduire en France par une nouvelle
vague de suppression de quelque
400 postes, à Nozay (Essonne) et
Lannion (Côtes-d’Armor).
La 5G arrive tout doucement
Entre économies massives et
reprise des ventes, les comptes se
redressent. Mais il est trop tôt
pour crier victoire. Le tournant
tant attendu de la 5G s’amorce
à peine. La nouvelle génération
de réseau mobile est censée être
la poule aux œufs d’or pour les
équipementiers. Mais elle n’a pas
commencé à pondre.
Les premiers contrats commerciaux 5G sont tout juste signés.
Ericsson en revendique dix. Nokia
assure en avoir « un dans chaque
marché précurseur », sans plus de
précisi ons. Même le chinois
Huawei, une longueur devant ses
concurrents europ éens avec
30 contrats commerciaux dans sa
besace, n’en est qu’aux prémices de
la moisson promise.
Et malheureusement, cette
attente pourrait se prolonger. Si
Ericsson n’a fourni aucune orientation pour 2019 aux analystes, le
patron de Nokia a fait montre d’une
extrême prudence. Rajeev Suri
estime que le marché progressera
peu en 2019, avec un premier trimestre particulièrement faible.
Pourquoi un tel pessimisme ?
D’une part, la normalisation du nouveau standard de téléphonie mobile
a pris du retard. Il faudra encore
quelques mois pour être absolument sûr que les antennes et les terminaux pourront se parler sans
accrocs. Et surtout, les opérateurs
ne se ruent pas encore sur les nouveaux équipements. En dehors des
Etats-Unis, où la course bat déjà son
plein, le reste du monde envisage
des déploiements très progressifs.
En France, la secrétaire d’Etat
Agnès Pannier-Runacher a
annoncé jeudi dernier que les fréquences 5G seraient allouées aux
opérateurs en 2020, et non cette
année comme attendu. En Allemagne, les principaux opérateurs ont
même porté plainte contre le mécanisme d’enchères prévu par le régulateur et qui prévoit des obligations
de couverture étendues.
L’Europe en plein flottement sur Huawei
Les pays du bloc prennent
des positions divergentes
sur la présence de l’équipementier dans leurs réseaux.
En France, l’amendement du
gouvernement pour renforcer les contrôles a reçu un
avis défavorable au Sénat.
Le cas Huawei inquiète
Enfin, la récente levée de boucliers
contre Huawei a encore obscurci
l’horizon. L’équipementier chinois
est accusé par plusieurs pays occidentaux de poser un risque pour
la sécurité de leurs réseaux. Les
patrons d’Ericsson et de Nokia ont
soigneusement esquivé le sujet lors
de la présentation de leurs résultats
annuels. « Ce que cela a créé, c’est de
l’incertitude chez nos clients. […]
L’incertitude n’est jamais bonne pour
les investissements », a simplement
regretté Börje Ekholm, le directeur
général d’Ericsson.
Grâce à la levée
de boucliers contre
Huawei, les Européens
pourraient récupérer
de juteux contrats.
Les Européens pourraient récupérer de juteux contrats. Les marchés l’ont bien compris. Depuis
l’arrestation de la directrice financière de Huawei au Canada début
décembre, les cours de Nokia et
d’Ericsson ont respectivement progressé de 13 % et 7 %. Mais si la crise
s’envenimait, les portes de la Chine
pourraient se fermer. Et la zone
représente environ 10 % des ventes
des équipementiers européens.
« Sur le plus long terme, nous continuons de penser que la 5G amènera
un cycle d’investissement vertueux »,
a assuré Rajeev Suri aux analystes.
Les opérateurs vont s’équiper en
antennes, puis moderniser leurs
réseaux, les grandes industries suivront… Bref, la 5G sortira définitivement les équipementiers de
l’ornière. Il faudra juste attendre
encore un peu. n
Shutterstock
TÉLÉCOMS
Sur la sécurité des réseaux télécoms
– comme sur tant d’autres sujets –
l’Europe peine à parler d’une seule
voix. Les équipementiers chinois
représentent-ils un risque ? Faut-il
prendre des mesures pour écarter Huawei et son compatriote ZTE ?
En France même, la question
paraît loin d’être tranchée. Sur une
ligne de crête, le gouvernement
veut renforcer les contrôles sur
les réseaux télécoms, sans viser
un équipementier en particulier.
Il a transmis au Sénat un amendement au projet de loi Pacte en ce
sens. Celui-ci doit être examiné en
séance publique mardi. Mais la
Commission spéciale chargée de
l’examiner a émis mercredi soir
dernier un avis défavorable.
Les élus ne contestent pas la
nécessité de légiférer. Ils réclament plus de temps. « Cet amendement est arrivé comme un missile.
Nous n’avons pas eu le temps
d’approfondir le sujet. A minima,
il aurait fallu auditionner l’Arcep
et les opérateurs », explique la sénatrice Elisabeth Lamure. Son collègue Patrick Chaize est aussi catégorique : « Il faut une étude d’impact
sur une telle décision. » Le gouvernement sera-t-il renvoyé à sa copie ?
Ce n’est pas encore sûr. Mais la position équilibrée des autorités ressemble plus que jamais à une position d’équilibriste.
Bercy peut se rassurer en regardant la cacophonie qui règne chez
nos voisins. Mercredi dernier, le
Premier ministre slovaque appelait
à ne pas se précipiter en l’absence
de preuves. Mais au Royaume-Uni
ou en Norvège, d’autres officiels
pressent au contraire pour une
mobilisation urgente.
Huawei est le premier fabricant d’antennes de téléphonie mobile
au monde – une activité présidée par Ryan Ding. Photo Fred Dufour/AFP
Dans la majorité des capitales
du Vieux Continent, l’indécision
domine. Berlin réfléchit encore à la
place que Huawei sera autorisé à
occuper Outre-Rhin. « Malheureusement, je ne peux pas donner le
moment exact où une décision sera
prise », s’est excusé un porte-parole
du ministère allemand de l’Intérieur, vendredi, lors d’un rendezvous avec la presse. Selon le quotidien économique « Handelsblatt »,
l’exécutif allemand voudrait une
transparence totale sur le code
source des équipements 5G, et les
deux principaux opérateurs du pays
– Deutsche Telekom et Telefónica –
travaillent en interne à un retrait du
matériel Huawei déjà installé.
Bruxelles pourrait entrer
dans la danse
La Pologne et la République tchèque assurent également être en
cours de réflexion. En Lituanie, où
l’opérateur Telia utilise les produits
Huawei et a officiellement lancé son
réseau 5G en décembre, un groupe
de députés a appelé les services de
sécurité à se pencher sur le sujet.
La confusion est telle que Bruxelles songe à donner de la voix. Mercredi, quatre hauts responsables de
l’Union européenne non identifiés
assuraient à l’agence Reuters que le
bloc réfléchissait à plusieurs pistes,
dont une modification des règles en
matière de cybersécurité adoptées
en 2016, pour barrer de facto la route
à la Chine. L’équation est complexe.
Les produits Huawei ont été largement adoptés par les opérateurs.
Même ZTE, quoique beaucoup
moins présent en Europe, fournit
tout de même certains acteurs
comme Wind-Tre en Italie. Bloquer
ces équipementiers chinois aurait
des conséquences politiques, mais
surtout économiques énormes.
A en croire de nombreux opérateurs, une telle mesure ferait prendre à l’Europe deux ans de retard
dans la 5G. Selon Reuters, la GSMA,
l’association qui regroupe les opérateurs au niveau mondial, vient de
proposer une réunion d’urgence
pour évoquer le sujet européen.
— S. Dum.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Lundi 4 février 2019
Locast, une application
de télévision
gratuite et légale
TÉLÉVISION
Locast, qui permet
de voir ABC, CBS, Fox
ou NBC gratuitement,
a déjà séduit près
de 100.000 utilisateurs
aux Etats-Unis.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Les Américains redécouvrent les
joies de la télévision gratuite.
C’est l’application Locast qui réalise ce petit miracle, dans un pays
où le petit écran est essentiellement devenu, au fil des années,
une affaire payante.
L’histoire pourrait rappeler
celle d’Aereo, une application qui
a terrifié le monde de l’audiovisuel
entre 2012 et 2014 en reprenant
le flux des principales chaînes de
télévision. Elle avait même été
financée par le magnat Barry Diller.
Avant que les diffuseurs ne portent
plainte et que la Cour suprême ne
décide de mettre un terme à l’aventure, jugeant qu’Aereo enfreignait
le droit d’auteur.
Autant dire que le nouveau venu,
Locast, marche sur des œufs. Mais,
dirigée par un ancien avocat, l’application est certaine d’agir dans la
légalité. La faille ? Elle est enregistrée en tant qu’organisation à but
non lucratif et, à ce titre, la loi améri-
caine permet de retransmettre le
signal des chaînes sans leur demander l’autorisation. « Nous avons très
bien travaillé notre dossier. Nous opérons sous une structure qui respecte
toutes les lois », a confié au « New
York Times » le bien nommé fondateur de Locast, David Goodfriend.
Comme Aereo avant lui, Locast
opère ville par ville, en installant
une antenne sur place, qui reprend
le flux des chaînes. La diffusion
doit en effet rester locale. L’application est ainsi disponible,
aujourd’hui, à New York, la ville où
elle est née il y a un an, Boston, Chicago, Dallas, Denver, Houston et
Philadelphie. Elle compte se lancer
prochainement à Washington et à
Baltimore, ce qui la rendrait accessible, au total, à 30 % des Américains. Elle compte pour le moment
87.000 utilisateurs. Parmi les chaînes qu’elle diffuse : les grands
networks ABC, CBS, Fox, NBC, ainsi
que plusieurs chaînes locales.
David Goodfriend affirme n’avoir
reçu « aucune menace » de la part
des diffuseurs. Certains soupçonnent même que son modèle recevrait un soutien déguisé de la part
85
DOLLARS
Le montant mensuel que paie
un Américain pour ses chaînes
de télévision, en moyenne.
Le géant du streaming
serait prêt à racheter
Gimlet, l’un des leaders
américains de l’industrie du podcast.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Spotify réfléchit à mettre la main sur
Gimlet, un réseau de podcasts à succès outre-Atlantique. Les discussions ont atteint un stade avancé,
selon Recode et le « Wall Street
Journal », et le géant suédois du
streaming serait prêt à débourser
200 millions de dollars. Le mouvement est loin d’être anodin : il s’agirait de la première acquisition de
Spotify dans les contenus.
Le service de streaming musical
veut étoffer son catalogue d’émissions audio à la carte. Aujourd’hui,
Spotify assure donner déjà accès à
7 millions d’épisodes – une offre
conséquente, quoique inférieure à
celle d’Apple qui domine le secteur.
L’été dernier, le suédois a lancé ses
premiers podcasts originaux. Il a
notamment signé un contrat de
plus de 1 million de dollars avec la
comédienne Amy Schumer pour le
programme « 3 Girls, 1 Keith ». Le
groupe s’est aussi arrogé la distribution exclusive d’un podcast du rappeur Joe Budden ou de « Chapo », la
première émission audio signée
Vice News qui s’intéresse au baron
de la drogue Joaquín Guzmán.
Une série avec Julia Roberts
L’acquisition de Gimlet viendrait
renforcer l’expertise de Spotify en la
matière. Créé en 2014 par des vétérans de la radio américaine, ce précurseur de l’industrie des podcasts
s’est fait un nom avec des programmes comme l’émission « Reply All »
sur les technologies ou encore le
thriller audio « Homecoming ». Ce
dernier est un tel carton qu’Amazon
en a acheté les droits pour le décliner en série télévisée, avec Julia
Roberts comme actrice principale.
Après avoir levé près de 30 millions
de dollars en quatre ans, Gimlet
était récemment valorisé 70 millions de dollars.
MÉDIAS
Locast opère ville
par ville,
en installant
une antenne
sur place, qui
reprend le flux
des chaînes.
L’ex-étoile montante
de la presse en ligne
va perdre 10 % de ses
2.500 journalistes
à travers le monde.
Photo Locast/
Shutterstock
des câblo-opérateurs, qui doivent payer
de gigantesques redevances aux
chaînes pour les diffuser – le cabinet
Kagan S&P Global Market Intelligence estime que ces paiements
vont dépasser les 10 milliards de
dollars cette année.
Appel aux dons
Si David Goodfriend se montre
confiant sur le plan légal, il l’est toutefois moins sur le plan financier. Pour lancer Locast, il a dû
contracter un emprunt qui lui a
coûté jusqu’ici 700.000 dollars. Pour
survivre, l’application, gratuite,
compte sur les dons de ses utilisateurs. Elle suggère ainsi de lui donner 5 dollars. Pour l’instant, cette
Spotify pourrait miser
200 millions sur les podcasts
MÉDIAS
Après BuzzFeed,
Vice Media taille
dans ses effectifs
Les podcasts de la jeune pousse
sont déjà largement disponibles sur
Spotify. Mais le groupe suédois pourrait, en rachetant l’entreprise, s’en
garantir l’exclusivité – un argument
pour retenir ses 200 millions d’utilisateurs et en séduire de nouveaux.
Dans l’équation économique de la
plate-forme de streaming, produire
et diffuser davantage de podcasts
est en outre très intéressant.
Aujourd’hui, Spotify offre essentiellement des titres de musique, pour
lesquels il doit payer les ayants droit.
A peine entrés dans ses caisses, les
trois quarts de ses revenus sont ainsi
engloutis par des tiers. En devenant
propriétaire de contenus, il s’offre la
possibilité d’améliorer sa rentabilité,
aujourd’hui bridée par les labels.
Le suédois dispose aussi d’atouts
dont Gimlet pourrait bénéficier. Ses
outils informatiques de recommandation sont très performants. Développés dans l’univers de la musique,
ils font encore globalement défaut
dans celui du podcast. De même,
l’expérience de Spotify dans la publicité audio est intéressante, alors que
l’industrie du podcast cherche
encore son modèle économique.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
stratégie ne lui a permis de récolter
que 10.000 dollars. Ce qui est loin de
couvrir les frais, d’autant que Goodfriend rêve de se lancer à l’assaut
de la côte Ouest.
L’homme, âgé de cinquante ans,
affirme n’avoir qu’un but : rendre de
nouveau la télévision gratuite,
comme elle l’était à l’origine.
Aujourd’hui, un Américain paie en
moyenne 85 dollars par mois pour
ses chaînes de télévision. Certaines
font payer leur accès jusqu’à une
douzaine de dollars. Et 90 millions
de foyers paient un abonnement
au câble, au satellite ou à des services de streaming comme Netflix. n
La série noire se poursuit pour
les pure players du numérique.
Quelques jours après l’annonce
de BuzzFeed News, qui va supprimer 15 % de ses effectifs, c’est
au tour de l’une des coqueluches
du secteur, Vice, d’annoncer un
vaste plan de licenciements. Le
groupe, lancé en 1994 sous la
forme d’un magazine musical
branché, va se séparer de
250 journalistes, soit 10 % de ses
effectifs dans le monde. La PDG,
Nancy Dubuc, a annoncé le plan
ce vendredi en interne. L’objectif
du média américain est de se
recentrer et d’améliorer sa rentabilité. Aucune des activités de
Vice ne sera épargnée, selon la
direction. Même si peu de
détails ont encore filtré sur les
pays et les divisions qui seront
les plus touchés. A terme, le
groupe souhaite retrouver son
aura passée en se concentrant
sur la production télévisuelle et
les contenus sponsorisés.
Star des nouveaux médias, le
pure player avait attiré des
investisseurs comme Disney,
21st Century Fox et le fonds TPG,
dont l’entrée au capital en 2017
avait porté sa valorisation à près
de 6 milliards de dollars. Mais il
a enchaîné les difficultés ces
dix-huit derniers mois.
Revenus décevants
La société a toujours laissé planer le doute sur la véritable taille
de son business. Mais elle peine
depuis deux ans à tenir ses
objectifs financiers. Annoncé à
un peu plus de 800 millions de
dollars pour 2017, le chiffre
d’affaires se serait finalement
établi entre 600 et 650 millions
de dollars, selon plusieurs
médias américains. Et il aurait
stagné en 2018.
Vice Media pâtit notamment
du lancement raté de Viceland,
sa chaîne diffusée depuis 2016
un peu partout dans le monde
(via le bouquet Canal+ en
France). Ciblant les Millennials,
elle peine pour l’instant à
séduire ces jeunes téléspectateurs que les annonceurs s’arrachent. Au printemps dernier,
son emblématique patron, le
canadien Shane Smith, s’était
résolu à céder les rênes opérationnelles à Nancy Dubuc, qui
dirigeait jusqu’alors le groupe
audiovisuel A+E Networks. Elle
a fait venir à ses côtés un ancien
dirigeant de JP Morgan et un
autre de Twitter pour redresser
la barre. Le défi s’annonce plus
compliqué que prévu. n
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100 000 visiteurs du monde entier
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Engouement financier
Daniel Ek, cofondateur et président de Spotify.
Photo Mitsuru Tamura/AP/Sipa
L’engouement pour ce nouveau format dépasse le cas de Gimlet. Alors
que les jeunes générations se détournent de la radio traditionnelle, le
marché publicitaire sur les podcasts
décolle aux Etats-Unis. Selon l’IAB, il
est passé de 314 à 400 millions de
dollars entre 2017 et 2018 et devrait
atteindre 660 millions en 2020.
Les investisseurs sont à l’affût. Les
levées de fonds de start-up spécialisées se succèdent : 33 millions de
dollars pour Acast en décembre,
40 millions pour Luminary Media
en mai… Après le rachat du réseau de
podcasts Stuff Media par la grande
chaîne de radio américaine iHeartMedia pour 55 millions de dollars à
l’automne, les vues de Spotify sur
Gimlet n’ont rien d’étonnant. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
START
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Z
y
LE RDV
L'APPLI
Dans les différents dispositifs mis en place
pour recueillir l’avis des citoyens, Fluicity
est l’une de celles qui se sont distinguées. Le
14 janvier dernier, Vanik Berbérian, président de l’Association des maires ruraux de France s’est rendu à l’Elysée
pour remettre la synthèse des doléances de leurs administrés à Emmanuel Macron. Ces doléances ont été collectées par Fluicity lors de l’opération #Mairieouverte.
1,85
MILLION D’EUROS
La jeune pousse Convelio, qui digitalise le
marché de la logistique des marchandises
haut de gamme, a bouclé un tour de table de
1,85 million d’euros auprès de Global Founders Capital pour s’étendre à l’international.
Le mercredi 27 février,
cinq entrepreneurs en
herbe issus de la diversité présenteront leurs projets sur
la scène du Jamel Comedy Club,
dans le cadre de la deuxième édition de La Scène. Un jury, composé
notamment de la directrice de la
French Tech Kat Borlongan, les
départagera.
INVESTISSEMENT
La relève des business
angels marque
ses différences
l « Les Echos » publient en exclusivité le Top 10 des investisseurs
de moins de 35 ans dans les start-up.
l Leurs techniques, leurs motivations, leurs prises de risques, tout les sépare
de leurs aînés, démontre le classement réalisé par AngelSquare.
Pour la plupart, vous ne les connaissez pas. Pourtant, avec un total qui
tutoie les 10 millions d’euros investis depuis cinq ans, ils forment la
nouvelle génération de business
angels qui frappe à la porte de ses
aînés. Certes, les montants ne sont
pas encore au même niveau que les
ténors du genre (Pierre-Edouard
Stérin, Fabrice Grinda et Xavier
Niel), mais leurs pratiques, leurs
motivations, leur connaissance du
tissu économique les distinguent et
leur permettent de s’installer en
haut du premier classement des
business angels de moins de 35 ans,
réalisé par AngelSquare pour « Les
Echos ». « Les personnes qui apparaissent ici sont de nouveaux acteurs,
avec de nouveaux profils, explique
Charles Degand, président et cofondateur d’AngelSquare. Ils n’étaient
pas du tout visibles il y a quatre ans et
les montants qu’ils investissent sont
désormais très significatifs. » Sur-
tout, cette cohorte d’investisseurs
marque sa différence par une
approche utile aux startuppeurs
qu’ils appuient. « Ils veulent s’impliquer dans la vie des entreprises qu’ils
soutiennent, et certains préfèrent
même reculer devant une bonne
opportunité s’ils ne peuvent rien y
apporter », assure Charles Degand.
Ils sont en phase avec leur écosys-
Cette génération
est caractérisée
par son esprit
de redistribution.
tème, partagent les mêmes codes, ne
font pas perdre de temps aux entrepreneurs qu’ils financent. « Ils sont
rapides dans leur prise de décision,
constate le dirigeant d’AngelSquare.
Ils s’appuient sur des métriques basiques et font confiance au chef d’entreprise qu’ils ont en face d’eux. »
Mais l’un des points les plus frappants de ce premier classement
pour génération est la présence de
femmes. Encore en minorité, elles
apparaissent là où leur présence est
nanoscopique parmi les business
angels plus aguerris. Céline Lazorthes et Tatiana Jama ont ouvert la
voie, mais l’on voit apparaître des
personnalités comme Delphine
Groll de Nabla qui commencent à
être actives malgré un parcours
encore jeune.
Pour expliquer la montée de cette
génération, la répétition des succès
est la piste la plus évidente. Mais il
faut aussi bien comprendre l’esprit
de redistribution qui la caractérise,
comme l’explique Charles Degand :
« Ils n’ont pas de problème à communiquer sur cette activité, non pas pour
exhiber leur portefeuille, mais pour
revendiquer la nécessité d’aider les
entrepreneurs débutants. » C’est l’une
des raisons pour lesquelles on les
retrouve davantage aux tours de
table de start-up B to C, par exemple,
que les investisseurs en capital-risque ont largement délaissés dans
leur vaste majorité. n
LE TOP 12
1ers. Thierry Debarnot
2.000.000 d’euros en cinq ans
Romain Girbal
2.000.000 d’euros en trois ans
Thibault Launay
2.000.000 d’euros en trois ans
4e. Valentine de Lasteyrie
1.000.000 d’euros en
quatre ans
5e. Céline Lazorthes
700.000 euros en trois ans
6e. Guillaume Lestrade
400.000 euros en un an
7e. Benjamin Dupays
310.000 euros en trois ans
8e. Arthur Leroy-Beaulieu
300.000 euros en deux ans
9e. Dylan Deschamps
300.000 euros en quatre ans
10e. Yann Leguillon
160.000 euros en moins d’un an
11e. Delphine Groll
40.000 euros en un an
12e. Guillaume Gibault
15.000 euros en deux ans
Source : AngelSquare
Thierry Debarnot : « Investir dans des start-up
est une vraie satisfaction personnelle »
Après avoir vendu
DigiSchool, l’entrepreneur
s’est lancé dans l’investissement en tant que business
angel. Il a aujourd’hui
injecté 2 millions d’euros
dans l’écosystème et
s’installe en tête du
classement d’AngelSquare.
bouts de ficelles » durant cinq ans.
« A ce moment-là, nous étions arrivés
à 1,5 million de chiffre d’affaires, et les
choses ont commencé à s’accélérer,
avec du financement », se souvient-il.
Sous sa direction, la start-up aura
levé 20 millions d’euros.
Après le rachat de ses parts par
la famille Mulliez, le fondateur de
DigiSchool choisit de quitter l’aventure pour passer à autre chose. C’est
à ce moment-là que son activité de
business angel démarre. « Comme
j’avais beaucoup côtoyé les fonds
d’investissement, je savais comment
ils fonctionnaient. Et par mon réseau,
j’étais souvent sollicité pour participer à des comités de sélection, je recevais les dossiers… Cela m’a permis de
repérer les sociétés dans lesquelles j’ai
investi », détaille-t-il.
Déborah Loye
@Loydeborah
« Je ne vais pas vous dire que j’investis
pour rendre ce que l’on m’a donné, ou
quelque chose du genre, j’investis pour
construire le patrimoine de mes
enfants, un patrimoine que je
n’ai moi-même pas eu au départ. »
En tête du classement des business
angels de moins de 35 ans compilé
par AngelSquare, Thierry Debarnot a un discours franc. Actuellement à la tête du Gaming Campus,
une école lyonnaise dédiée aux
métiers du Esport, l’entrepreneur ne
doit en effet son succès qu’à son travail. A dix-neuf ans, alors qu’il est
encore étudiant, il envisage de créer
une entreprise, comme son père,
électricien à son compte. « La seule
chose que j’avais sous la main, c’était
mes cours, donc j’ai commencé à les
mettre en ligne et à créer un business
Dans le secteur
du tourisme
Thierry Debarnot. Photo DR
autour du contenu éducatif »,
raconte-t-il. L’entrepreneur commence « avec 1.000 euros en poche »,
et construit DigiSchool « avec des
Au total, c’est aujourd’hui 2 millions d’euros que l’entrepreneur a
réinjecté dans l’écosystème. Parce
que l’investissement est chronophage, il a choisi d’investir « dans
peu d’entreprises, mais avec des gros
tickets ». Et toujours dans des jeunes
pousses « qui ont du sens pour
la société ». Dans son portefeuille,
on retrouve Groupcorner, une
start-up de réservation de voyage
pour les entreprises qui a bouclé un
tour de table de trois millions
d’euros mené par ISAI en septembre 2018. « J’ai investi à travers SIDE
Capital, un acteur qui source les
dossiers et “prémâche” le travail des
business angels, en s’occupant de
l’administratif », détaille Thierry
Debarnot. Pour sa dernière participation, il a également misé sur le
secteur du tourisme, en participant
au tour de table de Memorable
Place, une start-up qui fait de la
location d’appartements.
Po u r c e l u i q u i s e d i t « a n t i
Bourse » car « contre les produits
volatils », l’investissement dans des
start-up, aussi risqué qu’il soit,
représente une réelle « satisfaction
personnelle ». Mais c’est avant tout
dans son nouveau projet que
Thierry Debarnot met toutes ses
forces, opérationnelles et financières. Pour créer le Gaming Campus,
constitué à la fois d’une business
school et de formations courtes
professionnalisantes, il a investi un
terrain de 1.200 mètres carrés à
Lyon. Un pari qui devrait rapidement devenir profitable, en particuliers si le secteur du jeu vidéo, qui
pèse 118 milliards dans le monde,
tient ses promesses. n
Shutterstock
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Des jeunes
aux profils variés
Ils ont moins de trentecinq ans et sont la relève des
business angels français. Les
personnalités révélées par
AngelSquare pour « Les
Echos » affichent des
expériences et des motivations variées, mais toutes
expriment le besoin d’aider
la FrenchTech.
ROMAIN GIRBAL ET THIBAULT LAUNAY,
DUO DE TÊTE. Avec le soutien financier de Xavier Niel, les deux hommes ont créé Alliance Minière Responsable, une entreprise pour
développer des projets miniers en
Afrique en respectant les communautés locales et l’environnement.
Depuis trois ans, ils ont investi dans
une quinzaine de start-up avec
l’objectif de détecter et d’aider à
éclore de potentielles licornes. Le
réseau social Yesomo et Pigzbe, la
tirelire digitale pour les enfants, font
notamment partie de leur portefeuille.
CÉLINE LAZORTHES, LA PIONNIÈRE.
Après avoir revendu Leetchi,
l’entrepreneuse a pu miser sur une
vingtaine de jeunes pousses, dont
Pumpkin, également acquise par
Arkéa, ou The Galion Project, le
think tank des startuppeurs. Ses
motivations se résument dans un
mantra : « Redonner, prendre du
plaisir et faire des rencontres. »
GUILLAUME LESTRADE,
SERIAL INVESTISSEUR. Le cofondateur de Clan, une solution de gestion des avantages salariés pour les
entreprises, investit dans les
start-up depuis un an. Il est au capital de 16 jeunes pousses, dans lesquelles il a injecté un total de
400.000 euros. Guillaume Lestrade
a pour ambition de « simplifier les
différents marchés dans lesquels [il]
investi[t]». Unkle, qui se porte
garant de locataires qui ne remplissent pas les conditions de marché,
est son dernier investissement.
ARTHUR LEROY-BEAULIEU,
POUR LA FAMILLE. Le fondateur du
family office TFH, Arthur LeroyBeaulieu a investi un total de
300.000 euros dans 13 start-up en
deux ans. Il est récemment entré au
capital de Pampa, une jeune pousse
qui livre des bouquets de fleurs,
fraîches ou séchées, à vélo.
BENJAMIN DUPAYS, L’INTÉRÊT
SOCIAL. Fondateur de Centimeo et
président de la Pépite Factory,
l’entrepreneur de 28 ans a injecté
310.000 euros dans 8 start-up au
cours des trois dernières années. Le
jeune business angel mise sur
l’investissement d’impact et souhaite « contribuer au développement
de long terme d’activités qui servent
des intérêts sociaux ».
DYLAN DESCHAMPS, LE BENJAMIN.
Avec une première mise sur Voodoo, la fusée gaming de la French
Tech, le benjamin du classement a
déjà su démontrer son flair pour
détecter les potentiels champions.
Depuis, le fondateur d’App4Media
a réalisé 5 autres investissements,
notamment dans AdMix, une jeune
pousse qui crée des publicités non
intrusives dans des environnements de réalité augmentée ou virtuelle.
YANN LÉGUILLON, POUR LE KARMA.
Le cofondateur de la plate-forme
Superprof avoue investir dans de
jeunes start-up, notamment pour
travailler son « karma », investir
avec du sens et ajouter du risque à
sa stratégie patrimoniale, « en ayant
moins l’impression de jouer à pile ou
face qu’en Bourse ». Parmi les quatre
projets qu’il soutient, Eeko, une
application de recommandation de
podcasts.
GUILLAUME GIBAULT,
REDONNER ET APPRENDRE. Le président du Slip Français a investi
15.000 euros dans l’écosystème
français, en entrant au capital de
5 start-up en deux ans. Sa dernière
prise de participation s’est faite
dans la start-up Yuka, qui permet de
scanner des produits alimentaires
ou cosmétiques pour en connaître
la composition. — G. B. et D. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Lundi 4 février 2019 Les Echos
e
y
LE BUZZ
LE RDV
La legaltech Data Legal Drive
a remporté le Trophée d’Or des
Trophées du Droit, remis à
l’occasion du Legal Tech Show le 31 janvier,
à Paris. La start-up développe une plateforme digitale de pilotage de la conformité
RGPD à destination des entreprises et des
organisations.
10
MILLIONS D’EUROS
Le total des investissements
réalisés par les douze premiers
business angels du classement,
au cours des cinq dernières
années.
3,5
France Digitale vient d’annoncer la
date de son prochain grand rassemblement annuel France Digital
Day. Ce sera le mercredi 18 septembre prochain au musée des Arts forains à Paris,
comme lors deux éditions précédentes. L’association est devenue la première organisation
de start-up en Europe et vient d’élire Frédéric
Mazzella à sa co-présidence aux côtés de JeanDavid Chamboredon.
MILLIONS D’EUROS
TheraPanacea vient de boucler un tour de table auprès de
Therinvest, le fonds d’investissement familial d’Arnaud
Gobet. La jeune pousse issue des laboratoires de recherche de l’Inria s’appuie sur l’intelligence artificielle pour
améliorer la radiothérapie du cancer.
SendinBlue gagne
l’Allemagne avec un rachat
Delphine Groll : « J’investis
plus dans des entrepreneurs
que dans des boîtes »
MARKETING
La cofondatrice et
directrice opérationnelle de Nabla développe
une petite activité de
business angel. Elle a
notamment investi dans
un projet blockchain.
La start-up française,
spécialiste des campagnes de marketing
par e-mail pour
les PME, acquiert
Newsletter2Go, acteur
allemand du secteur.
Il y a quelques mois, les business
angels parisiens se sont précipités à la porte de Nabla, une entreprise travaillant à l’application
des technologies d’intelligence
artificielle, pour son premier
tour de 2 millions d’euros. Mais
en plus des parts qu’elle détient
au capital d’une des start-up les
plus en vogue de France, sa
directrice opérationnelle (COO)
et cofondatrice, Delphine
Groll, développe, depuis quelques mois, une petite activité de
business angel. Cette dernière a
injecté 40.000 euros dans l’écosystème, incarnant la preuve
que l’on peut trouver une place
d’investisseur sans être millionnaire. Une condition, cependant : avoir le bon réseau.
Par sa passion pour la blockchain, qu’elle considère comme
une technologie au potentiel de
disruption majeur, au même
titre que l’intelligence artificielle, la curiosité de Delphine
Groll l’a menée, il y a quelques
années, à acheter des crypto-
monnaies. « Elles dormaient
depuis quelque temps, alors, au
moment où j’ai appris que Julien
Romanetto, qui est un ami et en
qui j’ai vraiment confiance,
ouvrait la pré-ICO de son entreprise Arianee, j’ai tout converti
en bitcoins pour y participer »,
explique-t-elle. La start-up, qui
utilise la technologie blockchain pour authentifier des
produits de luxe, devrait lancer
son « initial coin offering »
publique, une levée de fonds en
cryptomonnaies, dans quelques mois.
Une question d’affinité
Delphine Groll a, par ailleurs,
investi dans une toute jeune
pousse B to C, dont elle tait
encore le nom, mais dont le
modèle « s’approche de ce
qu’[elle] a fait avec Gretel », le
projet que l’entrepreneuse avait
lancé au sein d’Au Féminin,
avant de rejoindre My Little
Paris. Pour elle, l’investissement est une question d’affinité.
« J’investis surtout dans les
entrepreneurs, confie-t-elle. Ce
sont des gens qui partagent la
vision et l’ambition que nous
avons pour Nabla. Et l’argent que
j’ai gagné en montant une
start-up, je ne me vois pas le mettre ailleurs. » — D. L.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Un peu plus d’un an après avoir levé
30 millions d’euros avec Partech, la
jeune pousse française SendinBlue,
spécialisée dans la gestion de campagnes de marketing par e-mails
personnalisés pour les PME, réalise
une première acquisition en Allemagne, pays stratégique tant le
« Mittelstand » y est important. La
société, fondée en 2012 par Armand
Thiberge, a annoncé jeudi avoir mis
la main sur la start-up berlinoise
Newsletter2Go pour plus de 10 millions d’euros, avec l’ambition de
poursuivre la consolidation d’un
marché européen très fragmenté.
Alternative aux solutions
américaines
« Nous voulons devenir pour les PME
l’alternative aux solutions américaines qui dominent le marché européen
mais n’ont pas d’offre spécifique.
Avec le règlement général sur la
protection des données, l’Europe a
démontré qu’elle était capable de prendre le leadership sur des sujets digitaux. Nous nous inscrivons dans cette
ambition et comptons bâtir le premier
géant européen du marketing respectueux de la vie privée des citoyens »,
précise Armand Thiberge.
Les deux sociétés, qui se disent
rentables, affichent un chiffre
d’affaires combiné de près de
2 0 m i l l i o n s d ’e u r o s p o u r
80.000 entreprises payant le service, ce qui correspond à une crois-
sance de 37 % sur un an pour SendinBlue et de plus de 130 % pour
Newletter2Go. Si le nouveau groupe
sert 160 pays depuis quatre bureaux
(Paris, Seattle, New Delhi et Berlin),
la France représente 25 % de l’activité devant l’Allemagne (15 %), les
Etats-Unis (10 %) et le Royaume-Uni
(7 %). « Nous visons les 100 millions
Le nouveau groupe
sert 160 pays depuis
quatre bureaux.
de chiffre d’affaires dans quatre ans »,
précise Armand Thiberge. A titre de
comparaison, l’américain Mailchimp,qui domine le marché, affiche plus de 500 millions d’euros de
chiffre d’affaires. Mais les deux jeunes pousses comptent se muscler en
mutualisant leur développement
technologique et leurs investissements en R&D, afin d’étoffer les services mis à la disposition des PME. n
Valentine de Lasteyrie :
« Une responsabilité morale forte »
C’est la première femme
du classement des
business angels de moins
de 35 ans réalisé avec
AngelSquare. Après
un début de carrière
en politique, elle s’est
tournée vers l’investissement avec impact.
Si ce n’était pour aider la cause des
femmes, il y aurait peu de chances que l’on voie Valentine de
Lasteyrie apparaître dans ce type
de classement. Discrète, elle
œuvre depuis quatre ans au sein
du family office de Financière
de Blacailloux pour investir
dans les start-up qui peuvent
avoir un rôle positif sur l’avenir
de la société, tout en développant un modèle rentable. « Nous
avons créé cette structure avec mon
père pour accompagner des entreprises à impact. Nous avons une
responsabilité morale forte,
et il faut pouvoir rendre ce monde
plus supportable pour les générations futures. »
Ce sentiment d’urgence, qui
s’appuie sur un « constat pessimiste du monde actuel », précise
la business angel, est né aux
Etats-Unis, au début des années
2010. Cette année-là, Valentine
de Lasteyrie quitte son poste
de conseiller en communication au sein d’un cabinet
ministériel. Elle sort de cette
aventure de deux ans « rincée »
et surtout déçue. Après la
Sorbonne, elle était entrée en
politique pour l’intérêt général.
Valentine de Lasteyrie.
Photo DR
A ce moment-là, pas si lointain,
le secteur privé n’apparaît
pas dans son champ de vision
comme une issue.
Le déclic à Harvard
Après l’épisode politique, elle traverse donc l’Atlantique direction Harvard. Elle y obtient un
master en affaires publiques,
mais surtout y fait la rencontre
de l’« impact venture ». Cette
manière de flécher ses investissements vers de jeunes entreprises
qui peuvent changer le monde la
convainc d’agir elle-même sur ce
terrain en France. Une fois la
structure familiale créée, elle réalise sa première opération avec
Telegrafik, une solution logicielle
qui permet, grâce à des capteurs
connectés, de favoriser le maintien à domicile.
Dirigée par une femme, cette
start-up est un marqueur fort
pour Valentine de Lasteyrie. Audelà de l’impact que ces pépites
peuvent avoir, elle veut peser sur
le débat de la mixité dans l’entrepreneuriat et sur le thème plus
général de la diversité. « La mixité
est un des succès fondamentaux,
explique-t-elle. De nombreuses
études le démontrent et je regarde
si les entreprises qui nous sollicitent témoignent de cette richesse
humaine. »
Membre de Sista, le collectif de
femmes pour imposer la mixité
dans l’économie numérique, elle
doit inlassablement rappeler les
faits : pour un dollar investi,
les start-up qui possèdent au
moins une femme parmi les
fondateurs génèrent 78 cents de
revenus, contre 31 cents pour
les équipes exclusivement masculines, selon le BCG. Le portefeuille de Financière de Blacailloux reflète cet objectif et
Valentine de Lasteyrie assure
qu’elle n’a pas de mal à trouver des
équipes mixtes parmi les candidats au financement. Investisseuse minoritaire, elle travaille en
symbiose avec l’écosystème de la
French Tech qui peine sur cette
question. Parmi ses partenaires,
Day One Capital, Elaia ou Citizen
Capital, dont la présidente, Laurence Méhaignerie, est l’une des
rares personnes qu’elle cite
comme inspiratrice. — G. B.
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26 //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
en
direct
Emplois menacés
chez Konécranes
MIDI-PYRÉNÉEs Le ministre de
EURE-ET-LOIR Selon les repré-
l’Economie, Bruno Le Maire, a
proposé de recevoir les collectivités
actionnaires de l’aéroport de Toulouse pour discuter des 10,01 % que
l’Etat détient au sein de son capital.
Bercy a évoqué un désengagement
en cours des actionnaires chinois
de Casil Europe, auxquels l’Etat a
vendu, en 2015, 49,99 % du capital
dans une opération controversée.
Remy Gabalda/AFP
PME
&REGIONS
Toulouse : Le Maire
veut voir les élus
sentants des salariés, une centaine d’emplois sont menacés
chez le fabricant d’engins de
levage et de grues finlandais
Konécranes à Vernouillet en
raison d’un redéploiement de la
production en Allemagne.
L’usine, qui fabrique des palans
électriques, avait été mise en
concurrence avec trois autres
usines du groupe pour la fabrication d’un nouvelle génération de
produits et n’a pas été retenue.
Les salariés espéraient obtenir le
transfert d’autres produits vers
leur usine mais mercredi, lors
d’un comité d’entreprise extraordinaire, la direction a indiqué
n’avoir aucune solution de remplacement. Selon un délégué du
personnel, une fermeture pourrait être envisagée courant 2020.
Des démarches ont été engagées
pour trouver un repreneur.
d’être exploitable partout dans des
conditions économiquement viables. Seulement 17 TWh sont à une
distance raisonnable d’un réseau de
chaleur, le débouché le plus sûr. La
rentabilité d’un projet sur site propre,
au profit d’un processus industriel,
elle, est acquise en deux ans.
« La prise de décision n’est pas aisée,
car il s’agit d’opérations souvent complexes. Les industriels y vont rarement
seuls », indique Marina Boucher. Des
sociétés comme Kyotherm, Dalkia
ou Cofely prennent position sur ce
marché dont l’approche nécessite de
solides compétences techniques et
juridiques. Et ce, d’autant plus que les
projets sont financièrement risqués.
Au point que nombre d’acteurs voudraient pouvoir s’appuyer sur un
fonds de garantie, comme il en existe
un pour la géothermie. Une fausse
bonne idée, juge-t-on à l’Ademe, vu
l’extrême diversité des projets. n
La chaleur fatale devient
un business pour l’industrie
l Attisé par les aides de l’Etat, un vent porteur souffle sur la récupération
de cette chaleur émise par l’industrie afin de chauffer des bâtiments.
l Les premiers projets d’envergure commencent à sortir, le plus souvent
à l’initiative de grands groupes.
ÉNERGIE
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Des incinérateurs de déchets ménagers aux séchoirs des tuileries ou
des briqueteries, en passant par les
data centers, les sites industriels
d’où elle s’échappe sont innombrables. L’Ademe chiffre à plus de 7.000
la quantité d’établissements de plus
de 10 salariés en France dont les activités libèrent une chaleur plus ou
moins forte (de +40 à +100 °C, selon
les secteurs d’activité). Des rejets
thermiques par lesquels il faut bien
en passer pour produire nombre de
biens et de services.
Toute cette chaleur, dite « fatale »,
a longtemps été ignorée avant qu’il
n’en soit enfin fait cas aujourd’hui.
« Sa récupération est comptabilisée
dans les objectifs à atteindre par les
énergies renouvelables », rappelle
Marina Boucher, ingénieure au service entreprises et dynamique
industrielle de l’Ademe. L’Agence de
l’environnement et de la maîtrise de
l’énergie, dans le scénario qu’elle a
récemment établi pour la programmation pluriannuelle de l’énergie
(PPE), dont le projet a été présenté la
semaine dernière, propose d’au
moins quintupler le volume de chaleur recyclée d’origine industrielle,
en la faisant passer de 0,5 térawattheure (TWh) par an fin 2016 à
3 TWh en 2028, selon le scénario le
plus optimiste (sinon 2,3 TWh).
Le gros du filon
dans le Nord et l’Est
C’est là que se trouve la plus forte
marge de progression de cette énergie. Celle émise par les incinérateurs d’ordures ménagères, elle, est
déjà largement valorisée avec une
« puissance installée » de 8,5 TWh
envoyés dans les réseaux de chaleur. Encore qu’elle pourrait croître
de moitié d’ici à 2028.
Tous ces chiffres paraissent bien
modestes au regard du gisement
Dans l’industrie,
le gisement estimé
est énorme : pas
moins de 109,5 TWh.
estimé. Dans l’industrie, il est
énorme. Pas moins de 109,5 TWh,
dont presque la moitié à une température de +100 °C, chauffent les
oiseaux. Sans surprise, les meilleurs
filons se concentrent dans les régions
où le secteur secondaire est le plus
développé : le Grand Est, les Hautsde-France et Auvergne-Rhône-Alpes, qui, à elles trois, concentrent plus
de 45 % du potentiel national. Les
projets émergent avec l’indispensa-
ble soutien de la puissance publique.
Surtout celui de l’Ademe, qui fait
jouer en leur faveur le fonds chaleur,
récemment revigoré (porté de 215 à
300 millions d’euros en 2019). A ce
jour, l’agence a soutenu la production
de 0,6 TWh et a en vitrine plusieurs
opérations. Kimberly Clark sur son
site de Villey-Saint-Etienne (Meurthe-et-Moselle) récupère la chaleur
des buées de séchage du papier. A
Saint-Chély-d’Apcher (Lozère), ArcelorMittal valorise la chaleur de ses
fours à la fois en interne et pour alimenter le réseau de chauffage
urbain. A Vire (Calvados), la Compagnie des Fromages & RichesMonts
met à profit son unité de production
de froid pour faire tourner une
pompe à chaleur qui chauffe son atelier de pasteurisation.
La chaleur fatale peut donner de
quoi faire aux industriels. Pourtant,
ceux qui franchissent le pas sont peu
nombreux, car son gisement est loin
Un vecteur de compétitivité pour l’usine PSA de Charleville-Mézières
Dalkia
Le constructeur automobile
vend à l’énergéticien Dalkia
la chaleur des fours
de son usine ardennaise.
L’ensemble de cette infrastructure représente un investissement
de 10 millions d’euros.
Trottoirs éventrés, chaussées boueuses, déviations… Le chantier aura fait
pester plus d’un citadin. « Nous avons
connu quelques mois de travaux un
peu compliqués », euphémise Boris
Ravignon, le maire de CharlevilleMézières. Mais, à un mois de son
inauguration, c’est presque de l’histoire ancienne. Le nouveau réseau
de chaleur du chef-lieu des Ardennes, qui a commencé à entrer en service, fera très vite la fierté des Carolomacériens, assurent ses trois
initiateurs : l’usine du constructeur
automobile PSA, Dalkia, filiale
d’EDF spécialisée dans les services
énergétiques, et la communuauté
d’agglomération Ardenne-Métropole. Dimensionnée pour alimenter
l’équivalent de 3.290 logements,
cette infrastructure tourne à 60 %
aux renouvelables et non plus 0 %,
comme sous la précédente délégation de service public , renouvelée et
reprise en 2017 par Dalkia pour
25 ans. La chaleur provient du site
PSA installé depuis les années 1970
dans la zone industrielle des Ayvelles. Une partie (800 kW) est fournie
par une chaufferie biom lancée en
octobre dernier. Une autre l’est au
cœur même de l’usine du groupe.
15 % moins cher
C’est dans cette unité que sont fondus
en très grande série divers éléments
en aluminium (culasse, vilebrequins, etc.) des blocs-moteurs qui
équipent les modèles du constructeur, ainsi que plusieurs éléments en
fonte utilisés dans les suspensions et
les systèmes de freinage. Sur les toits
de l’usine, d’énormes absorbeurs
métalliques récupèrent la chaleur
qui s’échappe de trois fours où sont
brûlés les sables de fonderie pour
leur recyclage, ainsi que celle des six
fours Striko où coule l’aluminium.
L’eau chaude issue de cette ressource
part dans les 4 kilomètres de tuyaux
qui séparent l’usine PSA du réseau de
chaleur . Elle est ensuite réexpédiée
vers d’autres secteurs d’habitat vertical de l’agglomération, déjà chauffés
collectivement. De nouveaux territoires et équipements sont en voie
d’être couverts, notamment La
Poste, le centre hospitalier, le caserne
des CRS. A terme, l’étendue du
réseau avoisinera les 9 kilomètres.
L’ensemble représente un investissement de 10 millions d’euros. Dalkia
est le seul des trois partenaires à
financer cette opération, aidé par
l’Ademe (à hauteur de 4,2 millions).
Un soutien précieux. Il contribue à ce
que cet énergéticien puisse « fournir
de la chaleur bas carbone à un prix
inférieur de 5 % à celui du gaz, conformément aux règles de l’Ademe », indique Sylvie Jéhanno, PDG du groupe
Dalkia. A quoi s’ajoute une TVA
ramenée à 5,5 % sur la facture de chaleur des abonnés. « Le prix du kW/h
réglé par le client final est ici 15 % en
dessous de ce qu’il était, abonnement
et consommation compris », signale
Sylvie Jéhanno.
Le partenaire de Dalkia ne semble
pas s’être montré trop gourmand
sur le prix de la chaleur fournie. « Avec ce projet, on améliore la
compétitivité du site », indique Stéphane Gelas, le directeur du site
PSA, à propos de la rémunération
versée par l’énergéticien. Une
hausse de celle-ci n’est pas à l’ordre
du jour, sauf dans dix ans quand Dal-
kia aura amorti son investissement.
L’avantage tiré par le constructeur
est aussi social et environnemental.
L’initiative soutenue par le premier
employeur privé du département
(1.650 salariés) est un élément rassurant sur la pérennité de son activité,
en plus des 27 millions d’euros investis l’an dernier. L’usine tourne à plein
régime et ses capacités vont être
renforcées. « Même une fonderie, qui
est une industrie lourde, a de l’avenir
sur le territoire national », considère
Stéphane Gelas. D’un point de vue
environnemental, le contrat permet
d’éviter le rejet de 7.000 tonnes de
CO2 par an (autant que 4.000 voitures). Cette coopération se comprend
d’autant mieux qu’un contrat de performance énergétique (CPE) lie déjà
les deux groupes.
La formule répond à la demande
de la ville. Elle a « le bon goût d’être la
plus innovante sur le plan écologique
et en plus d’être économique »,
résume Boris Ravignon qui n’exclut
pas de faire des émules. ArdenneMétropole rayonne sur un vaste territoire. Plusieurs localités présentent un profil socio-industriel
analogue à Charleville. — J. C.
Grande-Synthe : les hauts-fourneaux vont chauffer 3.000 logements
Un partenariat a été signé
entre Engie et Arcelor
permettant d’alimenter
le prolongement du réseau
de chaleur de Dunkerque.
Olivier Ducuing
— Correspondant à Lille
Il y a trente-six ans, un réseau de
chaleur alimenté par deux lignes
d’agglomération de minerai, là où le
minerai en poudre est chauffé pour
être transformé en boulets, avait été
créé à Dunkerque. ArcelorMittal
recommence, cette fois avec les gaz
de ses hauts-fourneaux. Des gaz
considérés jusqu’à présent comme
inexploitables, mais qui représentent maintenant une source d’énergie égale à celle du gaz naturel. Le
nouveau réseau de chaleur dont la
construction a été annoncée sera
construit et exploité pendant six ans
par Engie Cofely et la société d’économie mixte Energies Hauts-deFrance. L’investissement, soutenu
par le fonds chaleur et l’Ademe,
atteint 14,6 millions d’euros. Le
réseau, qui doit être livré en octobre 2020, nécessitera une boucle de
15,5 km permettant d’alimenter une
clinique, des bâtiments municipaux
et des habitations, soit l’équivalent
de 3.000 logements. 5.500 tonnes de
CO2 par an seront évitées. La communauté urbaine de Dunkerque
joue le rôle d’ensemblier. Le maire,
Patrice Vergriete, par ailleurs président de la communauté urbaine, a
l’ambition d’aller plus loin et de
développer des réseaux de chaleur
vers l’ouest de l’agglomération,
grâce à la présence d’usines énergivores comme Aluminium Dunkerque, première fonderie d’aluminium d’Europe (à Loon-Plage).
Réinjecter les gaz
ArcelorMittal compte aussi pousser
sa démarche. L’industriel a bâti il y a
quelques années une centrale électrique, DK6, qui valorise 4,7 milliards de mètres cubes de gaz sidérurgiques par an et produit 200 MW
d’électricité, soit l’équivalent de con-
sommation de 200.000 personnes.
Elle couvre intégralement les
besoins électriques du site. « Dans
une usine comme la nôtre, avec toute
l’énergie nécessaire à mettre le métal
en fusion, notre vocation est de récu-
14,6
MILLIONS D’EUROS
Le montant de l’investissement.
pérer cette énergie et d’en consommer
le moins possible. On progresse énormément, mais on a toujours un gisement », indique Eric Niedziela, viceprésident d’ArcelorMittal. L’usine
nordiste est le pilote mondial du
groupe pour un projet Igar, en lien
avec l’Ademe, destiné à récupérer
des gaz et en réinjecter sur une partie du haut-fourneau, pour réduire
la consommation d’énergie fossile.
L’investissement, de 12 à 18 millions
d’euros, devrait être opérationnel
dans les deux ans. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 27
Les Echos Lundi 4 février 2019
100
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
70.000 entrées annuelles. Les collectivités locales qui versaient,
selon France Bleu, une subvention
de 1 million d’euros et se retrouvent
face à un emprunt de 4 millions
d’euros, envisagent d’y arrêter les
activités moins rentables (ski).
Jean-Pierre Clatot/AFP
HECTARES
Le parc de loisirs Cap Découverte, à
Carmaux, a perdu son délégataire.
Cet équipement issu de la reconversion en 2003 d’une ancienne mine
de charbon de 220 mètres de profondeur, porté par l’ancien ministre
Paul Quilès, n’enregistrait que
innovateurs
Annecy : les bateaux
changent de main
Tourisme Participations, qui
exploite les bateaux du lac du
Bourget, a acquis la semaine
dernière la Compagnie des bateaux
du lac d’Annecy qui possède cinq
navires de croisière et transporte
près de 200.000 voyageurs par an.
Selon le « Dauphiné », le projet
d’achat d’un autre navire et
les 17 salariés ne sont pas menacés.
L’accélérateur Runlabs
veut être le nouveau centre
de gravité des biotech
Le plan stratégique
du spécialiste du BTP
prévoit sa diversification dans l’énergie et la
promotion de zones
d’activités innovantes.
Réhabiliation
et dépollution
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Des « fermes énergétiques »
mêlant éoliennes, centrales biomasse, plates-formes de méthanisation et jouxtant des exploitations
en permaculture… C’est le type
d’installations que souhaite réaliser, d’ici à 2026, le spécialiste du
BTP Lhotellier dans les territoires
ruraux des Hauts-de-France et de
Normandie, les deux terrains de
jeu historiques du groupe. « Les
débats actuels sur l’éolien vont nous
pousser à inventer la prochaine
génération de parcs, plus modernes
et technologiques. Ils participeront
au maintien d’activités dans nos
espaces ruraux », affirme le PDG,
Paul Lhotellier.
L’arrière-petit-fils du créateur de
l’entreprise, fondée en 1919, prévoit
de se diversifier dans le domaine de
Travaux publics réalisés par le spécialiste du BTP Lhotellier
sur le chantier des voies de bus d’Amiens. Photo DR
l’énergie, mais aussi de faire des
incursions sur le marché des routes
intelligentes et de l’aménagement
de zones d’activités innovantes.
« Nous travaillons sur des systèmes de recueil de l’information à partir de la route et non plus seulement
des véhicules. Le but est de mettre au
point des systèmes de guidage pour
des navettes autonomes, qui pourraient se substituer aux moyens de
transport historiques, trains, bus,
confrontés à des problèmes de rentabilité en zone rurale », détaille le dirigeant.
Pour soutenir ses ambitions,
Lhotellier investira quelque 20 millions d’euros cette année dans ses
A partir d’Amiens, l’entreprise va
réaliser des opérations de construction de logements, de locaux commerciaux ou industriels, mais aussi
de réhabilitation de friches industrielles. ValCity veut construire une
cinquantaine de logements et
mener deux ou trois opérations
d’aménagement par an. A Amiens,
Lhotellier gère la dépollution de
l’ex-usine Goodyear d’Amiens
Nord. « Notre souhait est de réaliser
des zones modernes, où seront proposés des services de covoiturage,
mais aussi de nettoyage du linge ou de
vente de produits locaux », ajoute
Paul Lhotellier.
Grâce à ses différents projets,
Lhotellier créera une centaine
d’emplois supplémentaires cette
année. Sa croissance sur ses
métiers traditionnels lui a permis
de maintenir un chiffre d’affaires
d’environ 195 millions d’euros, soit
autant qu’avant la vente de sa branche environnement au groupe
Paprec, en février dernier. n
Machines spéciales : Baron reprend
DIC Technology
HAUTS-DE-FRANCE
Le groupe familial
implanté à Calais met
la main sur un spécialiste des installations
de soudure robotisées
pour l’automobile.
Olivier Ducuing
— Correspondant à Lille
Le groupe Baron rajoute une
corde à son arc dans l’univers des
machines spéciales. L’entreprise
implantée à Calais (Nord)
reprend DIC Technology, spécialiste des îlots robotisés dans
l’industrie automobile, à Denain.
A l’occasion de l’opération, les
fonds Nord Création et Grand
Hainaut Expansion sortent de la
PME, qui réalise 7 millions
d’euros d’activité. Et sans doute
beaucoup plus demain, anticipe
Stéphanie Baron, codirigeante du
groupe familial fondé par son
père.
L’intégration à un groupe qui
pèse dans le monde des lignes de
production et des machines spéciales va permettre de répondre à
des marchés bien plus importants.
Avec cette acquisition, le groupe se
dote d’une douzième entité et
atteint un chiffre d’affaires consolidé de 45 millions d’euros (dont
3 5 % à l ’ i n t e r n a t i o n a l ) ave c
370 salariés, dont 80 affectés au
bureau d’études. Ce volume devrait
franchir la barre des 50 millions en
2019, au vu du carnet de commandes du groupe, qui renforce encore
un peu plus son modèle intégré
avec cette acquisition.
Pas de catalogue machines
Baron sait « partir d’une feuille
blanche » jusqu’à la livraison de
lignes de production complètes
qu’il fabrique lui-même. Il se
positionne sur des projets qui
peuvent aller jusqu’à 10 millions
d’euros et peuvent représenter
dix-huit mois de travail. « On fait
toujours du sur-mesure, on n’a pas
de catalogue machines », souligne
Stéphanie Baron.
Le groupe est en outre mobilisé
autour de l’industrie 4.0, pour
pouvoir proposer les nouvelles
technologies, y compris les objets
connectés. L’entreprise 100 %
familiale travaille pour tous les
secteurs industriels, avec une
dominante pour l’automobile,
l’aéronautique et la pharmacie.
Le groupe indique souhaiter compléter le maillage territorial, notamment dans le Sud. n
Alizé Group assemble puzzles et maquettes
LA PME À SUIVRE
GRAND EST
Effectif : 20 salariés
Chiffre d’affaires : 6 millions
Activité : édition, distribution
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Avant de commencer un puzzle, il
convient de faire place nette. Fondateur, en 2013, du site de vente en
ligne de puzzles Planet’ Puzzles
devenu Alizé Group, Eric Lathière-Lavergne en était d’autant plus
convaincu qu’il y avait pensé pour
sa société précédente, Avenue des
Jeux, sans pousser cette logique
assez loin. Il a donc constitué sa
nouvelle entreprise en rachetant
trois petits distributeurs français
du secteur, dont deux fort mal en
point. Un an plus tard, il a acquis
puzzle.de, qui l’a fait entrer de
plain-pied en Allemagne. Pour
desservir les deux principaux
marchés européens, français et
allemand, il a installé son entrepôt et son siège social sur la frontière à Woustviller, puis a déménagé en août dernier à Forbach
(Moselle).
« J’ai choisi ce petit marché de
niche en état de délabrement
avancé car je le connaissais bien. Je
savais pouvoir le développer en y
apportant des services et des nouveautés », explique Eric LathièreLavergne. Féru d’art, il a créé une
première marque, Grafika, spécialiste de la reproduction
d’œuvres dont les droits sont dans
le domaine public. En faisant réaliser les modèles par des artisans
slovaques, polonais ou turcs, il
parvient à rentabiliser de très
petits tirages.
6.000 modèles
Grafika compte aujourd’hui
6.000 modèles, dont des reproductions de Léonard de Vinci,
Monet ou Klimt, mais aussi les
incontournables chatons et paysages enneigés vendus au prix
moyen de 15 euros. Depuis l’an
dernier, une nouvelle marque,
Bluebird, propose des puzzles à
prix réduits pour toucher une
clientèle plus large.
Grafika et Bluebird représentent
35 % des 6 millions d’euros de chiffre d’affaires d’Alisé qui, pour le
reste, référence par ailleurs une
quarantaine de marques, dont une
dizaine en exclusivité. Son transfert de Woustviller, où il occupait
1.000 mètres carrés, à Forbach, où il
dispose de 3.500 mètres carrés, lui
a permis de faire bondir ses ventes
de 40 % avec des pointes à
6.000 expéditions par jour à la
veille de Noël.
Revendiquant le titre de premier site français de vente de
puzzles en ligne, Alizé Group, qui
emploie 20 salariés, vise à présent le marché de la maquette,
dont il propose déjà 5.000 modèles. La PME, qui a détenu de septembre 2017 à fin 2018 le record
du plus grand puzzle au monde
avec une mappemonde de
48.000 pièces, a été détrônée par
Nikon. Piqué au vif, Eric LathièreLavergne entend bien riposter. n
LE PROJET
RUNLABS
Date de création : 2019
Président : Steven Marcus
Investissement : 50 millions
Secteur : biotechnologie
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Est-il encore possible de stopper l’hémorragie des cerveaux
les plus entreprenants de la
recherche française en sciences
de la vie ? Steven Marcus y croit.
Ce spécialiste de l’immobilier
technologique va créer à Paris
un ensemble de 15.000 mètres
carrés destiné aux biotech et
medtech européennes. « La
qualité de la recherche académique fait naître des projets industriels de très grande qualité, mais
beaucoup quittent le Vieux Continent faute de moyens et d’outils
adaptés », explique-t-il.
Près de 800 scientifiques et
une trentaine d’entreprises y
seront accueillis. Le site, baptisé
« Runlabs », répondra à leurs
attente : suffisamment d’espace
pour leur permettre de grandir,
des laboratoires à atmosphère
contrôlée dans des classes
répondant à 90 % des besoins
des start-up, tous les équipements et instruments nécessaires à la R&D, mais aussi des
services premium. « C’est un
secteur scientifique très focus sur
l’expérimentation. Nous leur
apportons les compétences
nécessaires à la structuration de
leur business », poursuit-il.
« Location »
de techniciens
Parmi la quinzaine de services
proposés figurent l’offre classique d’expertise des accélérateurs, mais aussi des prestations sur mesure comme la
« location » de techniciens de
laboratoire, la gestion très
réglementée des déchets et une
centrale d’achat reliée aux principaux fournisseurs de matériel spécialisé.
Ce nouveau site, dont les travaux ont démarré, doit ouvrir
d’ici à la fin 2019 avec, à sa tête,
Vanessa Douet-Vannucci, directrice scientifique recrutée chez
OneLife à Marseille, et Romain
Lessard, directeur financier et
ex-responsable de l’innovation
au CIC. Runlabs ne compte pas
cantonner son action à Paris.
Son président imagine déployer
une centaine de sites en Europe
d’ici à cinq ans. n
Cryonic Medical peaufine
son dispositif adapté
à la santé et l’esthétique
Cryonic Medical
agences, ses matériels, ses outils
informatiques mais aussi dans le
foncier. Le groupe vient de créer
ValCity, une filiale dédiée à la promotion immobilière.
HAUTS-DE-FRANCE
DR
Le groupe de BTP Lhotellier entend
innover dans les territoires ruraux
LA TECHNOLOGIE
CRYONIC MEDICAL
Date de création : 2012
Directrice opérationnelle :
Anne-Sophie Bouhelier
Effectif : 6 personnes
Secteur : dispositif médical
Monique Clémens
— Correspondante à Besançon
Le nouvel appareil de Cryonic
Medical aura demandé deux
a n s d e d é ve l o p p e m e n t e t
195.000 euros d’investissement. Baptisé « CryoScreen », il
diffuse un froid à –78 °C grâce à
une cartouche de CO2 et embarque une caméra infrarouge
transmettant les images pour le
suivi diagnostique. « L’innovation réside dans la miniaturisation et dans la combinaison du
froid avec la caméra infrarouge », explique Anne-Sophie
Bouhelier, directrice opérationnelle et commerciale de la
société, basée à Besançon
(Doubs).
En 2012, avec deux coactionnaires belges, elle avait repris
les actifs de cette entreprise placée en liquidation judiciaire.
Cryonic Medical a été créé en
1993 par Christian Cluzeau,
kinésithérapeute ayant mis au
point ce concept de thérapie
non invasive. Aujourd’hui
reconnu, il consiste à appliquer
sur la peau un froid intense
pour choquer les récepteurs
cutanés et déclencher une réaction neurologique.
Anne-Sophie Bouhelier en
connaissait bien le potentiel
pour en avoir été la directrice
commerciale depuis 1998,
année où les Bleus, vainqueurs
de la Coupe du monde de foot,
ont utilisé le premier appareil
de la société, CryoOne, pour
leur récupération musculaire.
Pré-séries testées
en institut
Le caractère innovant de CryoScreen tient aussi à une nouvelle application : le marché de
l’esthétique « avec des résultats
prometteurs dans le raffermissement du visage et le traitement de
la cellulite », assure-t-elle.
Dans le secteur de la santé,
la cryothérapie de Cryonic
Medical est déjà utilisée pour
calmer les douleurs de certaines pathologies, pour la récupération des sportifs, comme
les footballeurs de Monaco, du
PSG ou de l’OM, qui en sont
équipés, mais aussi des chevaux de course. Des pré-séries
de CryoScreen sont en cours de
test chez les premiers clients,
notamment des instituts de
beauté. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
TENSIONS SUR
LES TAUX ITALIENS
L’entrée en récession, technique,
de l’Italie, a provoqué des tensions
sur les rendements obligataires
italiens. Le taux à 10 ans a bondi de
16 points de base à 2,75 % vendredi. La veille, il avait touché un
plus bas de six mois. Le taux grec a
rebondi de 5,5 points de base. Les
investisseurs s’inquiètent d’un
dérapage du déficit budgétaire,
alors que les prévisions de croissance seront difficiles à tenir.
les
indices
Les marchés boursiers démarrent bien 2019
BOURSE
Aux Etats-Unis,
Wall Street a réalisé
son meilleur mois
de janvier depuis 1987.
Paris est repassé
au-dessus des 5.000
points. Quatre facteurs
expliquent ce regain
de vitalité.
Pierrick Fay
@pierrickfay
Les premiers jours de 2019 laissaient craindre le pire sur les marchés après une fin d’année difficile.
Mais depuis le 3 janvier, les investisseurs ont renoué avec un minimum
d’optimisme, prolongeant ainsi
l’amélioration entrevue depuis
Noël. Conséquence, l’indice MSCI
World, qui avait plongé de 18,4 % en
quatre mois, s’est repris de 7,7 % en
janvier. A Wall Street, depuis le
réveillon, l’indice S&P 500 a repris
15 % de sa valeur, dont 7,87 % en janvier, son meilleur mois depuis octobre 2015. C’est même son meilleur
démarrage depuis 1987 ! Paris n’est
pas en reste avec un gain de 9,2 %
pour l’indice CAC 40 depuis le
27 décembre. L’indice est même
repassé au-dessus des 5.000 points
pour la première fois depuis le
4 décembre. Quatre facteurs plaident pour ce bon début d’année.
La Fed a entendu les marchés
Il y a d’abord incontestablement le
changement de ton de la Fed. Le
rebond du marché, le 4 janvier, coïn-
9,2 %
DE HAUSSE
Le CAC 40 a enregistré ce gain
depuis le 27 décembre. L’indice
est même repassé au-dessus
des 5.000 points en décembre.
cide avec un discours de Jerome
Powell, le patron de la Réserve fédérale, qui a ressorti du placard un mot
que l’on croyait oublié : patience.
Mot qu’il a de nouveau employé
mercredi. « Une Fed étonnamment
accommodante », selon Citi.
« Il y avait, fin 2018, une divergence
rare entre les marchés et la Fed sur
l’appréciation de sa politique monétaire », rappelle Eric Bourguignon
chez Swiss Life AM. « Powell a
depuis effectué un repli stratégique
car il ne voulait pas se retrouver en
porte-à-faux. Il a donc tenu un discours prudent. » Ce qui a rassuré les
investisseurs, qui craignaient
d’abord une erreur de politique
monétaire de la Fed et ensuite que la
chute continue des marchés ne
finisse par avoir un effet récessif sur
le moral des acteurs économiques.
Par ailleurs, la Fed semble prête à
être pragmatique concernant la
réduction de son bilan, qui a joué un
rôle important dans la réduction
des liquidités disponibles sur les
marchés. « Cette politique a eu des
effets indésirables pour la Fed,
comme l’écartement des spreads de
crédit », constate Benjamin Melman chez Edmond de Rothschild
AM. Or « les marchés obligataires
ont un rôle très important sur le
financement de l’économie américaine, ce qui a influencé la Fed ».
Pas de catastrophe
La patience de la Fed a donc ramené
le calme, mais « sa prudence ne signifie pas que la Fed ne remontera pas ses
taux », avertit Eric Bourguignon. Car
elle restera attentive à l’évolution de
la croissance américaine. Et les bons
chiffres de l’emploi aux Etats-Unis
de janvier, ainsi que le rebond de
l’ISM Manufacturier ont de quoi justifier leur confiance sur la solidité de
l’économie. « Les consommateurs
américains sont riches, ils ont du boulot et ils consomment. Ils ont une confiance inaltérable justifiée par le marché du travail », souligne Eric
Bourguignon, qui attend « fatalement un ralentissement de la croissance américaine », mais qui ne croit
pas à « un atterrissage en catastrophe ». Comme la majorité des économistes d’ailleurs. De fait, les investisseurs semblent avoir largement
surestimé le risque de récession.
Une situation qui rappelle 2016
et qui avait alors valu un bon mot au
prix Nobel Paul Samuelson : « Les
marchés boursiers ont prévu neuf des
cinq dernières récessions. » Ailleurs,
la situation économique s’est dégradée en Europe, pour des raisons conjoncturelles, mais pour la plupart
des économistes, le phénomène
devrait rester passager. La Chine
inquiète aussi, mais la politique
agressive mise en place par Pékin,
notamment budgétaire, devrait
aussi permettre au géant asiatique
d’éviter un atterrissage trop brutal
de son économie. De quoi, là aussi,
rassurer les investisseurs.
Par ailleurs, les tensions politiques ont diminué à court terme, en
particulier le conflit commercial
Chine-Etats-Unis. Les discussions
avancent alors que la trêve de
90 jours, décidée par Washington
début décembre, arrive à son terme.
« Trump tient à une Bourse en forme
pour sa réélection », pronostique
Jacques Chahine Finance, qui
estime que les deux pays sont « condamnés à trouver un compromis »,
mais cela ne signifie pas non plus
que le risque politique a totalement
disparu. Les raisons de se faire peur
resteront nombreuses en 2019.
Enfin, la période des résultats,
notamment aux Etats-Unis, a permis de ramener l’église au milieu du
village, en pointant les bons fondamentaux des sociétés cotées. « Le
sentiment des investisseurs sur les
résultats est très prudent et les anticipations avaient été réduites agressivement », rappelle Barclays. Conséquence, les résultats du quatrième
trimestre sont plutôt bien accueillis.
Au quatrième trimestre, 40 % du
S&P 500 et 16 % du STOXX Europe
ont présenté leurs résultats. Il ressort que les bénéfices par action ont
bondi de 15 % aux Etats-Unis, en
ligne avec les attentes, mais de seulement 1 % en Europe.
« Les résultats déjà annoncés confirment que l’environnement des
résultats se dégrade effectivement,
particulièrement en Europe, mais les
actions réagissent plutôt positivement étant donné les attentes qui
étaient assez basses », poursuit Barclays. Ainsi, 73 % des sociétés du
S&P 500 ont battu les prévisions
(un plus bas depuis fin 2016), contre
50 % en Europe. n
« Les
consommateurs
américains
sont riches,
ils ont du boulot
et ils consomment.
Ils ont une
confiance
inaltérable justifiée
par le marché
du travail. »
ÉRIC BOURGUIGNON
Swiss Life AM
Les banques d’affaires prises dans la tourmente Covéa-SCOR
JUSTICE
Le réassureur SCOR
attaque au civil
Barclays et Rothschild,
les banques conseil
de son premier
actionnaire Covéa.
Anne Drif
@ANNDRIF
« Une violence inouïe. » L’action
pénale engagée par le réassureur SCOR contre Covéa – son premier actionnaire qui projetait sa
prise de contrôle – a provoqué la stupeur sur la place de Paris. Mais l’attaque judiciaire orchestrée à Londres
et Paris contre Barclays et Rothschild, deux des banques de Covéa, l’a
sidérée. « C’est d’une agressivité assez
inédite », réagissent plusieurs financiers. De mémoire de banquier
d’affaires, jamais les tensions liées à
un projet d’OPA n’avaient conduit à
traîner en justice des références de la
place dans ces conditions. Les deux
établissements sont mis en cause au
civil pour « violation grave de la confidentialité et du secret des affaires de
SCOR ». Ces accusations interviennent en marge de l’action engagée
contre Covéa qui a, selon le réassureur, détourné de façon « illicite » des
informations sensibles divulguées
lors de conseils d’administration
portant sur la valeur de SCOR et son
projet d’approche de Partner Re. Et
ce, en vue de « tuer » cet objectif, et
déposer sa propre offre.
Credit Suisse
échappe aux accusations
La place parisienne a connu peu de
précédents, en tout cas pas de cette
nature, certains se soldant par des
résultats négociés : une action
d’Aéroports de Paris contre JP Morgan lors du rachat des aéroports
turc TAV en 2012 pour défaut de
conseil, et de LVMH contre Morgan
Stanley pour des analyses partiales
en 2003. En 2008, Eiffage avait aussi
mis en cause le rôle de la banque
d’investissement du Crédit Agricole
dans le cadre de la montée de l’espagnol Sacyr à son capital pour com-
plicité d’informations fausses. Dans
la bataille Covéa-SCOR, l’accusation
visant les banques a pris par ailleurs
une tournure inédite : elle a été rendue publique par communiqué,
puis, mardi soir, SCOR a publié la
citation directe visant Covéa (avant
de la retirer), détaillant jusqu’aux
noms et coordonnées personnelles
des banquiers concernés.
Ces procédures ont un goût
d’autant plus amer pour les deux
banques incriminées… que c’est
une banque partenaire, Credit
Suisse, qui a alimenté l’accusation
par « un grand nombre de documents », souligne la citation
directe. Conseil de la première
heure de Covéa, la banque suisse se
retrouve même être la seule des
trois banques d’affaires de l’assureur à ne pas être attaquée en justice par SCOR.
C’est une « décision de la présidence de SCOR, argue un proche du
réassureur. « Elle a considéré qu’elle
Le patron de Covéa promet
de répliquer en justice
Poursuivi mardi dernier au pénal par le réassureur SCOR
pour « abus de confiance », Thierry Derez, le PDG
de Covéa, promet de riposter en justice. « Cette procédure
rassemble une flopée d’insinuations, mais tout cela
est une mise en scène », a déclaré le patron de l’assureur
mutualiste dans un entretien au « Monde » daté
de dimanche-lundi. « Bien entendu », a-t-il répondu,
interrogé sur son intention de répliquer en justice. Il lui
est reproché d’avoir abusé de son poste d’administrateur
de SCOR « en son nom propre » pour détourner des informations confidentielles au profit de sa propre entreprise.
avait obtenu ce qu’elle voulait : la
transmission d’éléments de preuves
et le retrait de Credit Suisse du projet
de Covéa ».
Pression sur les banques
de financement
Ce n’est pas un hasard si le réassureur a d’abord mis sous « pression
maximale » Credit Suisse et Barclays (et non Rothschild), explique
cette source : il s’agissait des deux
banques qui finançaient l’offre à
plus de 8 milliards d’euros de Covéa
sur SCOR. « Si elles pliaient, cela
mettait de facto l’offensive de Covéa
dans une situation plus difficile »,
estime un autre proche du réassureur. Aussi Denis Kessler ne s’est-il
pas privé de juger « tout à son honneur » la décision de la banque helvétique de se retirer du jeu.
Pourquoi Credit Suisse s’est-il
désolidarisé du trio ? La citation
directe publiée par SCOR est assez
explicite. Un avocat du réassureur a
exigé de Credit Suisse et Barclays
qu’ils lui communiquent des éléments transmis par Covéa sur
SCOR. C’est après avoir diligenté
une enquête interne que la banque
helvétique s’est retirée du projet de
Covéa et a obéi à l’injonction de la
Haute Cour de Londres de lui communiquer ces documents.
Seul point d’interrogation : Credit Suisse s'est retiré de l’offre mais
a-t-il mis fin à son mandat avec
Covéa ? « A défaut, si elle a transmis
des informations confidentielles, la
banque peut, dans ce cas, très bien
être attaquée par son client », indique un banquier de la place.
SCOR a ainsi gagné une manche,
et exige à présent de Barclays et
Rothschild des dommages matériels « substantiels » pour les frais
engagés contre son premier actionnaire, indique un proche de SCOR.
Au-delà de ce cas particulier,
pour un banquier, « si vous me le
demandez en « on » je nierai. Mais
sur le fond, cela renforcera la compliance ». Le malaise est néanmoins palpable sur la place parisienne. « Les clients auront du mal à
mobiliser des banques sur des opérations hostiles, dit un autre, et les
fusions vont à coup sûr se judiciariser de plus en plus. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 4 février 2019
Procès Barclays : la cupidité des
ex-dirigeants pointée du doigt
BANQUE
Pour l’accusation,
les quatre dirigeants
au box des accusés
redoutaient qu’une
nationalisation de
la banque, en pleine
crise financière, ne les
prive de leur bonus.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Si les dirigeants de Barclays, au plus
fort de la crise de 2008, ont fait appel
au Qatar pour renflouer la banque à
hauteur de 11,8 milliards de livres,
c’est parce qu’ils redoutaient qu’un
sauvetage par l’Etat britannique ne
les prive de leur indépendance, bien
sûr, mais aussi… de leur bonus. Voilà
la thèse présentée lors des premiers
jours du procès Barclays – et réservés à l’accusation – qui s’est ouvert le
mois dernier à la Southwark Crown
Court de Londres. C’est la première
fois dans le monde qu’un jury populaire est appelé à juger l’état-major
d’une grande banque, au moment
de la crise financière.
Le début d’un procès fleuve
Dans ce procès fleuve qui pourrait
durer six mois, quatre cadres,
dont l’ancien directeur général
John Varley, sont sur le banc des
accusés. Jugés pour fraude, ils risquent jusqu’à dix ans de prison. On
leur reproche de ne pas avoir
informé correctement le marché et
les investisseurs sur les commissions de 322 millions de livres versées au Qatar en contrepartie des
deux levées de fonds réalisées en
juin et octobre 2008 auprès de
Qatar Holding LLC, un véhicule
d’investissement du fonds souverain qatari, et de Challenger Universal Ltd. Les dirigeants visés ont tous
nié les faits.
Quatre cadres, dont l’ancien directeur général John Varley,
sont sur le banc des accusés. Jugés pour fraude, ils risquent
jusqu’à dix ans de prison. Photo Oli Scarff/AFP
A l’époque, des accords sur de
prétendus « services de conseil »
ont été signés avec les Qataris
(notamment avec Hamad ben Jassem Al Thani, alors Premier ministre, qui a investi sur ses deniers personnels aux côtés de Qatar Holding
LLC) pour justifier le paiement de
telles commissions. « Une mascarade » visant en réalité à verser par
des « mécanismes malhonnêtes » les
commissions supplémentaires
qu’exigeaient les Qataris, estime le
Serious Fraud Office (SFO), l’équivalent au Royaume-Uni du parquet
national financier. Selon ce dernier,
le marché aurait dû être informé.
Même si les autres investisseurs risquaient d’exiger le même traitement que les Qataris, voire de se
détourner du titre.
Dans la salle d’audience du tribunal installée sur les bords de la
Tamise, juste au sud du fleuve,
l’accusation a égrené tout au long de
la semaine ses pièces à conviction
avec un but : pointer la cupidité des
dirigeants de la banque. Les jurés
ont patiemment écouté l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre deux des accusés, Roger
Jenkins, qui pilotait à l’époque la
banque d’investissement au MoyenOrient, et Richard Boath, alors en
charge des institutions financières.
Réveil en panique
John Varley est « mort de trouille
que le gouvernement débarque
demain matin », dit le premier au
second sur cette bande datant
d’octobre 2008, alors que l’Etat
annonce un plan de nationalisation
qui le conduira à prendre la majorité de Royal Bank of Scotland et
de Lloyds Banking Group.
Le tribunal a aussi découvert les
minutes d’un conseil d’administration qui, le même mois, font état
d’une « claire préférence » des administrateurs pour échapper à une
injection d’argent public qui réduirait la flexibilité de la banque, le versement de dividendes et les primes
des dirigeants. « Je me suis réveillé à
2 heures du matin en paniquant à
l’idée d’être bientôt nationalisé » car
le gouvernement « ne regardera pas
avec bienveillance une rémunération dépassant le million de dollars », lâche Roger Jenkins dans un
autre entretien téléphonique
avec Richard Boath, début octobre 2008. En 2007, selon l’accusation, Roger Jenkins avait gagné
39,5 millions de livres, John Varley
4,23 millions, Richard Boath
2,87 millions et le dernier accusé, le
responsable de la banque privée
Thomas Kalaris (qui a aidé au montage financier), 13 millions.
Il y a quelques jours, un e-mail
datant de novembre 2008 a par
ailleurs été montré au tribunal.
Roger Jenkins y réclame le versement d’une prime pour être intervenu à plusieurs reprises, en dépit
d ’u n e a t t a q u e c a r d i a q u e e n
août 2008, auprès des Qataris – la
banque recommandera plus tard
de lui payer 25 millions de livres.
« Je l’ai fait à quatre reprises pour
sauver nos culs et nos jobs, les gars »,
écrit-il dans ce courrier électronique. Dans quelques semaines, la
parole sera à la défense. n
Danske Bank pénalisé
par le scandale de
blanchiment d’argent
BANQUE
Le bénéfice net de
la première banque
danoise a reculé
de 28 % en 2018.
L’établissement a
perdu 11.000 clients.
Etienne Goetz
@etiennegoetz
Les démêlés judiciaires
de Danske Bank, liés à un vaste
scandale de blanchiment
d’argent, commencent à peser
sur ses comptes. La première
banque danoise a publié vendredi un bénéfice net certes confortable, mais en chute de 28 %
sur un an. Elle a ainsi dégagé
15 milliards de couronnes
(2 milliards d’euros) de résultat
net, pour un produit net bancaire de 44,4 milliards de couronnes (5,9 milliards d’euros).
Outre les conditions dégradées dans les marchés, le
groupe a notamment dû passer
des provisions pour faire face à
d’éventuelles futures amendes. Autre point de vigilance, la
banque a perdu 11.000 clients
sur l’année (soit 1 % du total des
clients), tout en limitant la
casse : dans le même temps les
encours de prêts ont augmenté
de 3 % par rapport à 2017, soulignant la résistance du modèle
d’affaires. Au total, la banque
propose un dividende de
8,5 couronnes (1,14 euro) par
action, moins élevé que le consensus de 8,64 couronnes établi
par Reuters. En Bourse, le titre
de la banque a toutefois ouvert
en hausse de 2,5 %.
Améliorer les contrôles
internes
Afin de regagner la confiance de
ses clients, Danske Bank
s’engage à dépenser 2 milliards
de couronnes (268 millions
d’euros) pour améliorer ses contrôles contre le crime financier.
« Nous allons raffermir nos
efforts en matière de conformité
et de lutte contre le blanchiment
d ’ a rg e n t p o u r d e ve n i r l e s
meilleurs parmi nos pairs », a
déclaré le directeur général intérimaire, Jesper Nielsen. L’établissement est emb ourbé
dans un vaste scandale de blanchiment d’argent. Quelque
200 milliards d’euros, dont une
majorité est d’origine douteuse,
ont transité via sa filiale estonienne entre 2007 et 2015. La
banque est sous le coup
d’enquêtes au Danemark, en
Estonie et aux Etats-Unis. Le
rôle de Deutsche Bank, qui a été
la banque correspondante aux
Etats-Unis, est scruté de près,
notamment par la banque centrale américaine. En octobre
dernier, l’affaire avait coûté son
poste à Thomas Borgen, alors
directeur général. Ce dernier a
été rémunéré 12,7 millions de
couronnes (1,7 million d’euros)
au titre de 2018, selon le rapport
annuel de la banque. n
Vendredi 8 février
CPR AM lance un fonds pour
lutter contre le réchauffement
GESTION D’ACTIFS
La filiale d’Amundi
propose, avec l’ONG
CDP, un produit qui
vise à inciter les
sociétés à réduire leur
impact climatique.
En 2018, plus de 400 investisseurs,
représentant 32.000 milliards de
dollars d’actifs sous gestion, ont
renouvelé leur soutien à l’Accord de
Paris pour lutter contre le réchauffement climatique. Face à une pression croissante, les projets de fonds
d’investissement répondant à ce
besoin se multiplient. Dernier en
date, CPR AM lance le fonds Climate Action, en association avec
l’ONG à but non lucratif CDP.
« L’objectif est double : obtenir une
performance financière, grâce à
notre approche disciplinée, tout en
ayant une performance climatique.
Nous nous appuyons sur le travail de
CDP en ne prenant que les entreprises cotées les plus vertueuses, celles
qui vont avoir un impact positif sur le
changement climatique, sans exclusion en termes de pays ou de secteurs », explique Alexandre Blein,
cogérant du fonds. CDP possède la
base la plus complète de données
environnementales autodéclarées
au monde, avec plus de 7.000 entreprises ayant répondu à ses questionnaires en 2018.
Incitation à changer
« C’est le premier fonds du genre
pour CDP », se félicite Laurent Babi-
kian, directeur de l’engagement
investisseur à CDP Europe. « C’est
une concrétisation de la manière
dont les investisseurs utilisent notre
système de notation des entreprises.
Cela va les inciter à améliorer leur
score, mais aussi à être plus transparentes. Mais c’est aussi une manière
de changer les habitudes d’investissement. ».
Climate Action se base sur le
MSCI ACWI (indice qui regroupe
les principaux marchés développés
et émergents) et est investi dans
tous les pays et dans tous les secteurs, dans une logique de non-exclusion (lire ci-dessous). « Cette
approche peut répondre à un besoin
des investisseurs, car ce fonds peut se
substituer à d’autres dans la poche
principale de l’allocation d’institutionnels à qui l’on demande d’améliorer leur empreinte carbone. Ce
fonds leur apporte une solution clefs
en main, tout en permettant de conserver une exposition globale aux
marchés actions », explique Arnaud
du Plessis, cogérant du fonds.
Tri sélectif
Sur les 2.800 titres présents dans
l’indice, seulement 700 sont éligibles au fonds (notés entre B– et A
par CDP). Mais les gérants se basent
aussi sur les critères ESG d’Amundi
(maison mère de CPR AM) et sur le
SBT (Science Base Target), une initiative menée par le CDP, le WWF et
le World Resources Institute. Climate Action est investi aujourd’hui
dans 70 entreprises internationales, dont Schneider Electric, Ball,
Sony, Danone ou United Technologies. Il a déjà collecté 40 millions
d’euros auprès d’institutionnels.
— P. Fay
Une politique de non-exclusion
Des valeurs pétrolières ou matières premières dans un
fonds climatique, cela peut surprendre. « Les groupes
pétroliers font partie des secteurs qui ont eu un impact très
négatif sur le réchauffement, mais beaucoup en ont pris
conscience et s’orientent vers de meilleures pratiques »,
justifie Arnaud du Plessis. « L’idée est d’investir dans les
sociétés qui s’engagent le plus à s’améliorer. »
Les valeurs énergétiques pèsent un peu moins de 5 % du
fonds et le secteur des materials à peine plus. « L’équation est complexe, reconnaît Alexandre Blein. Il va falloir
diminuer les émissions carbone de plus de 51 % d’ici à
2050, alors que, dans le même temps, nos besoins en énergie vont augmenter de 38 %. Le mix énergétique doit changer avec plus de renouvelables, mais on aura toujours
besoin du gaz et du pétrole. Il ne s’agit pas d’exclure, mais
d’inciter à atténuer les émissions carbone. »
SUPPLÉMENT
GRATUIT
ASSURANCE-VIE
QUELS SONT LES MEILLEURS
RENDEMENTS EN 2019 ?
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 4 février 2019 Les Echos
A nouveau dans le vert, Deutsche Bank
n’est pas sorti d’affaires
l Après trois pertes annuelles consécutives, la première banque allemande a enregistré en 2018 un petit bénéfice.
l Ses revenus continuent cependant de reculer et aucun segment n’est épargné.
BANQUE
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
« Nous avons tenu nos promesses ! »
Depuis dix mois à la tête de Deutsche Bank, Christian Sewing a présenté vendredi à Francfort les premiers bénéfices du groupe depuis
2014, à 267 millions d’euros. S’ils
constituent, selon le dirigeant, « un
pas vers plus de normalité », ils ne
sont pourtant pas encore un signe
de bonne santé pour l’ancien fleuron de la finance allemande, dont le
titre a atteint en décembre un plus
bas historique. Vendredi, son cours
a encore reculé de plus de 3 % dans
l’après-midi. Le dirigeant de quarante-huit ans, qui remplace le Britannique John Cryan remercié au
printemps, a certes rempli ses
objectifs de coûts, sur lesquels son
prédécesseur s’était cassé les dents :
le groupe a réduit ses charges de 5 %
(corrigées de facteurs exceptionnels) à 22,8 milliards d’euros, et
donc dépassé son objectif de 23 milliards d’euros. Le tout notamment
grâce à la suppression de près de
6.000 emplois qui porte actuellement les effectifs du groupe à 91.700
personnes.
Mais sur le front des revenus,
aucune amélioration n’est encore
en vue : son produit net bancaire
(PNB) a reculé l’année dernière de
Il a dit
Les résultats 2018
constituent
« un pas
vers plus
de normalité ».
CHRISTIAN SEWING
PDG de Deutsche Bank
Photo AFP
4 %, à 25,3 milliards d’euros. Aucun
de ses segments n’est épargné : la
banque d’investissement, ancienne
division vedette qui représente près
de la moitié de l’activité du groupe, a
vu son chiffre d’affaires baisser de
8 %. Et si le PNB de sa banque de
détail reste stable, celui de sa division de gestion d’actifs a cédé 14 %.
Dans le détail, le quatrième trimestre a été particulièrement
éprouvant en raison des turbulences sur les marchés qui ont également fait souffrir les activités de trading de ses concurrentes. Autre
explication à cette chute des revenus, Deutsche Bank explique que sa
stratégie consiste à abandonner
certains métiers pour se concentrer
sur les plus performants : une partie des opérations sur actions, ainsi
que des activités de trading d’obligations souveraines aux Etats-Unis
ont été réduites. Le bilan de la banque d’investissement a ainsi été
allégé de plus de 130 milliards
d’euros sur un an.
Confiante pour 2019
Deutsche Bank se montre cependant confiant pour la suite : après
un rendement de fonds propres d’à
peine 0,5 % en 2018, la banque table
sur au moins 4 % cette année. « Ce
bond peut sembler grand et pas faisable à première vue », explique Christian Sewing, qui veut cependant y
parvenir grâce à une « stricte discipline sur les coûts », « une croissance
contrôlée » et une « gestion plus efficace des liquidités ». Le groupe reste
aussi optimiste concernant les nouvelles affaires dans lesquelles il
pourrait être impliqué, comme les
« Panama Papers » ou le scandale
de blanchiment d’argent chez
Danske Bank : ces deux dossiers
n’ont pas conduit Deutsche Bank à
passer de nouvelles provisions
pour risques juridiques, ramenées
à 1,2 milliard d’euros (contre
7,6 milliards fin 2017).
Interrogé par les journalistes,
Christian Sewing n’a par ailleurs
pas souhaité « prendre part aux spéculations » entourant un éventuel
projet de mariage avec la deuxième
banque privée Commerzbank, qui
anime le marché depuis l’été.
(
Lire « Crible »
Page 38
A Francfort, le blues des employés
de la première banque allemande
Les pertes chroniques,
ajoutées aux problèmes
judiciaires et aux rumeurs
de fusion, pèsent
sur l’ambiance au sein
de la première banque
allemande.
Dans la grisaille d’un matin de
novembre, une série de voitures de
police déboulent devant les tours
jumelles de Deutsche Bank à Francfort. La perquisition, motivée par
des soupçons de blanchiment
d’argent en lien avec les « Panama
Papers », est un coup dur de plus
pour la réputation de l’ancien fleuron de la finance allemande. Elle a
un air de déjà-vu pour les salariés du
groupe.
Partie fièrement rivaliser avec les
banques anglo-saxonnes à Wall
Street à la fin des années 1980,
Deutsche Bank a, depuis, accumulé une série de déconvenues dont
elle pensait s’être peu à peu délestée
en versant des amendes. L’ère des
problèmes judiciaires ne semble
pas terminée : parallèlement aux
« Panama Papers », la banque est
rattrapée par l’enquête portant sur
un vaste scandale de blanchiment
d’argent lié à Danske Bank. En
interne, l’ambiance est lourde.
Aucun des salariés contactés n’a
accepté de répondre aux sollicitations des « Echos ». « Les salariés
veulent avoir la paix, mais la discussion sur l’état de la banque revient
sans cesse, explique Jan Duscheck,
qui siège pour le syndicat Verdi au
conseil de surveillance de Deutsche
Bank. Les employés sont très investis
et travaillent à stabiliser la relation
avec les clients. »
« On croyait la banque
immortelle »
Au-delà de la réputation ternie, ils
craignent généralement pour leurs
emplois, alors que la banque a déjà
annoncé au printemps la suppression de plus de 7.000 postes, ramenant ses effectifs mondiaux sous la
barre des 90.000, afin de réduire ses
coûts. Les bruits de fusion avec
Commerzbank, la deuxième banque privée allemande, qui courent
depuis l’été, complètent la sinistrose. « Une fusion avec Commerzbank est perçue négativement car les
employés craignent de nombreuses
suppressions d’emplois », explique
Jan Duscheck.
« L’ambiance n’est pas bonne,
mais les salariés se sont habitués à la
situation désastreuse de leur banque », souligne un connaisseur de la
place francfortoise. Le blues chez
Deutsche Bank n’est pas nouveau : la
crise date en réalité de l’automne
2016, au cours duquel la menace
d’une amende de la justice américaine de 14 milliards de dollars (finalement ramenée à 7,2 milliards)
dans l’affaire des crédits « subprime » avait fait douter de la solidité financière de la banque… et mis
pour la première fois son existence
en question. « A l’époque, on avait
parlé d’un état de mort imminente, se
rappelle un autre familier de la place
financière allemande. La banque,
qu’on croyait immortelle, vit depuis
dans l’insécurité. » Le taux des
départs à l’initiative des employés a
progressé lentement mais sûrement ces dernières années, à 7,8 %
en 2017 contre 6,3 % en 2013. Pour
retenir ses talents, notamment dans
la banque d’investissement, Deutsche Bank a versé environ 2,2 milliards d’euros de bonus au titre de
l’exercice 2017, en dépit de nouvelles
pertes. Pour 2018, l’enveloppe
devrait être cependant réduite de
plus de 10 %, selon la presse financière. « Les salaires fixes, eux, sont
généralement plus élevés que chez les
concurrents », précise un familier de
la branche, ce qui peut limiter les
départs. L’actuel dirigeant de la banque, Christian Sewing, est conscient
du problème : « Nous devons rétablir
le sentiment de fierté chez Deutsche
Bank », a-t-il déclaré la semaine dernière dans une interview lors du
sommet de Davos. — P. H.
Allemagne : vers un sauvetage public
de la banque régionale NordLB
BANQUE
« Les suppressions d’emplois seront inévitables », reconnaît
Stephan Weil, sans être plus précis faute de business plan
encore clairement défini. Photo Koppelmann Stefan/actio/Sipa
Le Land de Basse-Saxe,
actionnaire à 60 % de
l’établissement, a opté
pour le schéma de
sauvetage porté par la
Fédération allemande
des caisses d’épargne…
... au détriment de
celui des fonds Cerberus et Centerbridge.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Après des mois de discussions pour
rassembler près de 4 milliards
d’euros nécessaires au sauvetage de
la banque publique régionale NordLB, le gouvernement du Land de
Basse-Saxe, qui détient 60 % du
capital de l’établissement bancaire,
a tranché. Son ministre-président,
Stephan Weil, a annoncé vendredi
matin que la solution publique portée par la Fédération allemande des
caisses d’épargne (DGSV) avait été
privilégiée, au détriment de l’offre
des fonds américains Cerberus et
Centerbridge. « C’est la solution qui
protège le mieux les intérêts économiques de la région. A l’avenir, NordLB
sera sensiblement plus petite, beaucoup plus régionale mais aussi plus
robuste et au service des entreprises
du Mittelstand », a déclaré Stephan
Weil, le ministre-président socialdémocrate de Basse-Saxe. Selon lui,
compte tenu des exigences des
fonds privés, leur offre se serait révélée finalement plus chère pour les
régions et socialement plus lourde.
Une structure
de défaisance
« Les suppressions d’emplois seront
inévitables », reconnaît néanmoins
Stephan Weil, sans être plus précis
faute de business plan encore clairement défini. Mais si l’ampleur de la
réduction de NordLB n’est pas
encore arrêtée, le total de bilan
actuel de 155 milliards d’euros de la
banque devrait en effet être amputé
au moins du tiers, voire de la moitié.
Selon le montage imaginé par les
caisses d’épargne allemandes et le
Land de Basse-Saxe, ce dernier
mobiliserait 2,5 milliards d’euros,
dont 1,5 milliard en cash et 1 milliard
venant en garantie du portefeuille
de 7 milliards d’euros de crédits
maritimes en souffrance qui leste la
banque. Ce dernier pourrait être
« A l’avenir, NordLB
sera sensiblement
plus petite, beaucoup
plus régionale mais
aussi plus robuste
et au service
des entreprises
du Mittelstand. »
STEPHAN WEIL
Ministre-président
de Basse-Saxe
vendu ou isolé dans une structure
de défaisance. Le Land de Saxe-Anhalt, actionnaire à hauteur de près
de 6 %, devrait pendre une partie de
ces montants en charge. De leur
côté, les caisses d’épargne apporteraient 1,2 milliard d’euros. Le ministre des Finances de la Basse-Saxe,
Rheinhold Hilbers, a assuré que
l’engagement du Land se ferait sans
solliciter le contribuable.
Ce schéma pourrait néanmoins
fort ressembler à une aide d’Etat et
doit encore passer sous les fourches
caudines des superviseurs financiers et de l’Autorité européenne de
la concurrence. « Le gouvernement
de Basse-Saxe démontrera que
l’orientation économique du projet en
fait une solution conforme au droit
européen des aides d’État », soulignet-il dans un communiqué. Les partenaires espèrent obtenir gain de
cause dans les prochains mois afin
de s’attaquer au plus vite au redressement de l’établissement. Une
étape indispensable avant de lancer
une éventuelle consolidation entre
banques régionales. n
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FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 4 février 2019
Les fonds souverains du Golfe abordent
2019 avec appréhension
l Les fonds du Golfe sont confrontés à
la chute du pétrole et à la détérioration
des marchés financiers internationaux.
l Ils abordent 2019 avec appréhension.
Ils ont un œil sur le cours du pétrole
et l’autre sur la valeur de leur portefeuille d’actifs. La chute de près de
20 % des cours de l’or noir en 2018
incite à la prudence les fonds souverains du Golfe, alimentés par les
mannes pétrolière et gazière. Ils
géraient 2.800 milliards de dollars
de capitaux en juin dernier, soit 35 %
du total des fonds souverains selon
le Sovereign Wealth Fund Institute.
En 2019, ils auront moins de capitaux à investir de la part de leur Etat
et seront confrontés à des marchés
internationaux plus difficiles, après
une année éprouvante qui a vu leur
rendement chuter.
Abu Dhabi Investment Authority
(Adia), le plus grand fonds de la
région (700 milliards d’actifs), peut
investir jusqu’à deux tiers de ses
capitaux sur les actions, ce qui
l’expose à la chute de la Bourse. Deux
autres fonds d’Abou Dabi, Adic et
Mubadala, avaient fusionné en 2018
pour plus d’efficacité et d’économies
dans un environnement global
moins favorable. Les co-investisse-
Immobilier, luxe, énergie
Les fonds ont un horizon d’investissement très long, ce qui leur permet
d’investir à contre-courant et de saisir des opportunités dans des pays
qui inquiètent les autres investisseurs. Le fonds souverain du Koweït
continue ainsi d’investir au Royau-
me-Uni malgré le risque du Brexit, et
notamment dans l’immobilier et les
infrastructures. Il est présent dans
ce pays depuis les années 1950. Son
2.800
MILLIARDS DE DOLLARS
Le montant des capitaux
gérés par les états du Golfe
représente 35 % du total
des fonds souverains.
ancêtre, le Kuwait Investment
Board, s’était installé à Londres en
1953, et a investi dans l’immobilier
britannique dès le début des années
1970. Entre 2006 et 2015, les fonds du
Golfe ont effectué 124 acquisitions
significatives, dont 77 (62 %) en
Europe, 19 en Asie (15 %), 16 aux
Etats-Unis (13 %). Dans 27 % de leurs
acquisitions, ils ont pris la majorité
du capital et dans un tiers des cas
plus de 10 %, selon des travaux*
de Jeanne Amar, Jean-François Carpentier et Christelle Lecourt. Leurs
principaux secteurs d’investisse-
La Chine, principale bénéficiaire des investissements
Sur les neuf premiers mois de 2018, les fonds
souverains, tous pays confondus, ont effectué
176 acquisitions d’un montant total de
35,2 milliards de dollars, selon le Sovereign
Investment Lab de l’université Bocconi. En
2017, ils avaient effectué 303 opérations pour
52,6 milliards. Aux 2e et 3e trimestres de
l’année passée, la Chine a bénéficié de 39 %
de leurs investissements, suivie par l’Allemagne (13 %), les Etats-Unis (11 %), le RoyaumeUni (8 %) et la France (7 %). Amorcé fin 2017,
ment furent l’énergie (24 %), l’industrie et le luxe (15 % chacun), la
finance (11 %), l’immobilier (7 %) et
les transports (5,5 %).
Adia et les fonds qataris disposent
aujourd’hui des portefeuilles dans
l’immobilier les plus importants,
respectivement de 62 milliards et
35 milliards de dollars. Les fonds du
Golfe ont eu tendance à prendre le
contrôle de groupes de luxe et à
acquérir des participations minoritaires, sous la barre des 10 %, dans
l’énergie. Etant des producteurs de
pétrole et de gaz, les pays du Golfe
Offre spéciale d’abonnement
le retour des fonds vers l’Europe s’est confirmé après une période d’attentisme et de
prudence. Malgré la raréfaction des opportunités et des prix élevés, les fonds ont continué
d’investir dans les infrastructures, l’immobilier et l’hôtellerie, notamment de luxe. La
technologie a bénéficié de près de 6 milliards
d’investissements entre mars et septembre.
En montant et sur la même période, 37 % des
transactions ont été réalisées en partenariat
avec d’autres fonds ou investisseurs privés.
49
€
Le Public Investment Fund (PIF), et
ses 360 milliards de dollars,
a-t-il grandi trop vite en évoluant
d’un fonds rentier conservateur
vers un groupe de capital-risque de
la Silicon Valley ? Lancé en 1971,
pour gérer certaines participations
publiques, le fonds d’Arabie Saoudite a accéléré la cadence et élargi
son périmètre d’investissement
depuis l’arrivée au pouvoir du
prince héritier Mohammed ben
Salmane (MBS) en 2017.
Le fonds PIF « est un Etat dans
l’Etat »*, explique Karen Young, de
l’American Enterprise Institute. « Il
veut apporter la preuve qu’il peut
générer de forts rendements et à
court terme » et offrir ainsi des résultats rapides et tangibles à sa population et notamment la jeune génération. Le fonds est à l’image du prince
héritier : pressé et décomplexé.
Le fonds souverain saoudien est
devenu l’agent de la transformation
du pays dans le cadre du plan
« Vision 2.030 » de MBS. Un plan
ambitieux pour diversifier l’économie du pays et préparer l’après-pétrole. Le fonds doit contribuer à cet
effort et devenir aussi le partenaire
privilégié des investisseurs et groupes étrangers qui veulent investir
en Arabie Saoudite. Seulement,
depuis le meurtre de Jamal Khashoggi, le royaume traverse une
période troublée, accentuée par ses
problèmes économiques conjoncturels (baisse des recettes pétrolières, augmentation des dépenses
liées à la guerre au Yemen…).
Le fonds a levé 11 milliards de dollars en 2018 auprès de banques
pour financer ses projets, le signe
qu’il s’attend à recevoir moins
d’argent de la part de son Etat. Les
difficultés du pays rejaillissent sur
ce fonds qui a récemment dû faire
face à une série de défections et
démissions de la part d’expatriés
pourtant recrutés à prix d’or, selon
le « Wall Street Journal ». Or, pour
gérer ce fonds, véritable conglomérat présent dans de nombreux secteurs et pays, il ne dispose que de
400 collaborateurs.
Le fonds, outil géopolitique
A l’étranger, le fonds prend des
paris forts, des investissements
notamment dans la technologie
(Tesla, Lucid Motors, Uber, Magic
Leap, Virgin Galactic, Penske
Media…) quitte à se brûler les ailes.
Selon le Financial Times, le fonds
vient de couvrir son investissement
dans Tesla, une participation de
4,9 % dans la société créée par Elon
Musk et qui vaut autour de 3 milliards de dollars. Par le biais de produits dérivés, le fonds limite ses risques à la baisse mais aussi son
potentiel de gain.
Le fonds est aussi un outil géopolitique pour renforcer ses liens avec
certains pays. Il a déjà investi 2,5 milliards de dollars en Russie. En 2015, il
s’était engagé sur un montant de
10 milliards de dollars, des investissements réalisés en partenariat avec
le fonds russe, le Russian Direct
Investment Fund (RDIF).
A Davos, Kirill Dmitriev, le dirigeant du RDIF s’était félicité que
« dans un monde morcelé », les deux
pays soient parvenus en quelques
années à construire « une relation
stratégique et positive ».
— N. A.-K.
(*) « What’s yours is mine : Gulf SWF as
a barometer of state-society relations »
La banque « se donne toute latitude pour diminuer
les primes » dues à l’ex-patron Lloyd Blankfein
et à 2 autres dirigeants en fonction des résultats
de l’enquête sur le rôle de Goldman dans le scandale
du fonds souverain malaisien 1MDB.
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1MDB : Goldman Sachs gèle
les primes de hauts dirigeants
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Fonds « PIF » d’Arabie saoudite :
une mutation à marche forcée
La politique
d’investissement risquée
du pays témoigne de sa mue
vers un modèle de fonds
de capital-investissement.
(*) « GCC Sovereign Wealth Funds :
Why do they Take Control ? »
❏ CHEQUE À L’ORDRE DE SFPA
❏
N° g
d gggd g
d gggd g
d gggd g
d gggd
EXPIRE EN g
d gd g
d gd
Mois
Année
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Date et signature
obligatoires
AK73ALEC
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
ments entre plusieurs fonds sont
aussi un moyen de mutualiser les
coûts et de limiter les risques.
Les fonds souverains, de toute nationalité, avaient enregistré un rendement de près de 9 % en 2017 et
visaient une performance de 6,5 %
l’année passée, selon le sondage
d’Invesco. Cette année, les acteurs du
Golfe vont être plus sélectifs et procéder à des réaménagements de
leurs portefeuilles vers des zones de
croissance plus prometteuses. Adia
veut investir 50 milliards de dollars
en Inde dans les prochaines années,
et son homologue du Qatar cible le
potentiel du continent africain, en
venant de prendre une participation
de 200 millions dans le secteur des
télécommunications dans la filiale
africaine de Bharti Airtel, Airtel
Africa. La Qatar Investment Authority veut privilégier les Etats-Unis à
l’Europe dans les années à venir
pour diversifier ses placements.
!
FONDS
cherchent à diversifier leurs investissements dans des secteurs différents des leurs. Ils acquièrent des
participations importantes plutôt
en Europe. Plus le pétrole baisse,
plus la pression pour se diversifier
est forte.
« Les fonds du golfe Persique ont
des investissements diplomatiques en
investissant dans les pays qui siègent
au Conseil de sécurité de l’ONU, pour
gagner en influence, c’est la diplomatie du portefeuille », explique Ardavan Amir-Aslani, avocat à la cour et
associé du cabinet Cohen Amir-Aslani, qui a, comme client, un des
fonds d’Abou Dabi. Ils peuvent être
moins exigeants sur leur rendement
financier à court terme, si tant est
que leurs investissements font avancer les intérêts géopolitiques de leur
Etat à moyen terme. Les acteurs du
Golfe investissent aussi « pour assurer leur sécurité, dans des secteurs
comme l’armement-défense et la technologie (cybersécurité, etc.). On peut y
voir une conséquence de leur conflit
avec l’Iran », ajoute l’avocat. Les
fonds souverains du Golfe ont, en
revanche, très peu investi dans les
sociétés suivant les préceptes de la
loi islamique. Seuls trois acteurs,
Investment Corporation of Dubai,
Abu Dhabi Investment Council (qui
a fusionné avec un autre fonds d’Abu
Dhabi, Mubadala) et le fonds qatari
QIA ont pris des participations dans
la finance islamique et des banques
locales qui suivent la charia.
(1) Par rapport au prix de vente au numéro. (2) Sur ordinateur et tablette. Photos non contractuelles. Offre réservée aux nouveaux abonnés valable jusqu’au 31/12/19 pour
la France métropolitaine uniquement. Pour l’étranger nous consulter au + 33 (0)1 55 56 71 08 En souscrivant à cette offre d’abonnement, vous acceptez nos conditions
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32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 4 février 2019 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 01 - 02 - 2019
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CAC LARGE 60 : 5566,38 (0,55 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3911,82 (0,51 %)
DATE DE PROROGATION : 25 FÉVRIER
CAC 40
SRD Suite
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OST
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CLOT
+ HAUT
+ BAS
38,09
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106,75
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102,12
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31,09
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10
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64,37
63,46
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111,4
108,75
14,09
14,09
13,87
111,6
111,6
110,55
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527,8
523,2
446,2
446,2
438,6
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285,65
281,15
52,36
52,5
51,94
211,8
212,2
209,6
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,16
+ 2,64
- 16,62
+ 0,52
- 1,8
- 0,42
+ 0,9
+20,44
+ 10,91
+ 3,49
+15,21
- 27,74
+ 0,03
+11,56
- 37,21
+ 0,54
+ 7,94
- 22,96
- 0,2
+ 3,57
- 38,64
+ 0,36
- 0,99
- 30,14
- 1,14
+ 9,88
- 11,77
+ 0,52
+16,53
- 8,96
- 0,48
+ 5,1
- 34,88
+ 0,93
+ 4,19
- 7,57
+ 0,14
+ 5,79
+ 10,81
+ 0,75
+12,5
+ 1,81
+ 0,86
+ 1,04
- 0,67
+ 0,11
+ 8,29
+ 17,77
+ 1,99
+ 8,41
+ 17,54
+ 1,75
+10,24
+ 12,89
+ 1,16
+ 6,21
- 21,17
+ 0,81
+ 5,27
+ 16,82
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 2,64
39,31
36
2,76
- 1,8
107,95
102,05
2,49
+ 20,44
3,4
102,12
29,78
77,5
1,48
+ 15,21
20,935
17,056
+ 11,56
83,3
67,5
2,13
+ 7,94
20,61
18,428 6,19
+ 3,57
43,2
38,135
7,39
- 0,99
31,4
29,02
5,48
+ 9,88
98,36
79,8
1,78
+ 16,53
17,58
14,485 2,65
+ 5,1
10,424
9,095 6,36
+ 4,19
64,37
60,2
2,97
+ 5,79
112,15
96,02
0,53
+ 12,5
1,21
14,09
11,68
12,17
2,63
+ 1,04
112,85
108,95
1,37
+ 8,29
527,8
462,4
1,45
+ 8,41
446,2
380,7
0,78
+ 10,24
285,65
243,65
0,7
+ 6,21
52,76
47,91
2,41
+ 5,27
212,2
194,55
1,68
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
30/01/19 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
95,68
411975
179.847.632
13,645
6513820
2.660.056.599
145,75
276217
265.421.592
22,2
1929049
904.828.213
53,46
547725
235.249.801
62,29
1144129
295.722.284
115
647172
435.767.951
30,23
1314823
546.585.004
76,19
2324746
1.247.395.472
62,18
1729339
579.138.192
27,23
7083539
807.917.739
91,04
259217
147.454.887
13,91
2119468
911.156.920
19,86
1063703
450.145.880
47,775
6748382
2.641.814.774
157
455553
138.286.626
27,35
1323620
240.253.100
18,65
2096046
565.593.341
77
1016839
598.227.170
22,27
2273797
1.306.234.196
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
94,9
96,34
94,8
13,595
13,645
13,48
146,35
147,15
144,65
22,24
22,42
22,02
54,3
54,3
53,38
61,41
62,85
60,88
114,9
115,5
114,3
30,18
30,385
29,815
75,4
76,23
74,89
62,86
62,98
62,02
26,485
27,26
26,315
91,36
91,56
90,62
13,905
13,965
13,745
20,27
20,28
19,705
48,21
48,28
47,385
157,02
158,16
155,5
27,1
27,92
26,79
18,635
18,685
18,255
77,24
77,32
76,36
22,39
22,41
22,16
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,06
+ 9,46
- 25,8
+ 0,18
- 3,96
- 5,95
+ 0,93
+ 2,13
+ 13,8
+ 1,14
+19,28
+ 19,25
+ 1,88
+ 8,43
- 3,04
- 0,71
+12,58
- 30,51
+ 0,35
+ 9,01
+ 28,52
+ 0,2
+ 3,48
- 34,85
- 0,55
- 0,34
+ 7,16
+ 1,26
+ 5,26
- 15,49
- 2,41
- 4,8
- 43,22
+ 0,4
+ 2,08
- 9,99
+ 0,29
+11,37
- 27,14
- 0,1
+14,84
- 22,66
+ 0,48
+ 4,4
+ 2,44
- 0,09
+15,97
- 0,62
+ 6,23
- 56,49
+ 1,17
+ 3,79
- 8,38
+ 0,47
+ 7,25
- 10,29
+ 0,67
+ 5,22
- 4,4
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 9,46
96,54
83,74
3,74
- 3,96
14,34
13,255
2,21
+ 2,13
147,15
136
0,92
+ 19,28
22,42
17,87
2,38
+ 8,43
54,68
48,7
3,68
+ 12,58
62,85
51,98
5,78
+ 9,01
115,5
101,1
1,39
+ 3,48
31,2
28,275
4,31
- 0,34
76,23
72,59
4,02
+ 5,26
62,98
57,58
3,5
- 4,8
30,385
26,315
8,31
+ 2,08
95,8
86,78
3,01
+ 11,37
0,23
14,42
61,19
10,635 0,38
+ 14,84
21,04
16,6
+ 4,4
48,28
44,775
1,33
+ 15,97
158,16
130,18
+ 6,23
28,48
23,5
4,61
+ 3,79
18,685
17,5
4,51
+ 7,25
77,48
70,2
0,97
+ 5,22
22,5
20,8
2,01
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,712
3,75
9314
3,778
40.789.901
3,712
B 6,17
6,18
20246
6,19
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,1
ABIVAX (ABVX) g
B 10,12
10,16
4596
10,54
FR0012333284
10.024.182
10,12
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,568
0,55
3270
0,568
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,55
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,36
3,255
41920
3,36
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,18
ADOCIA (ADOC) g
B 13,54
13,56
2498
13,78
FR0011184241
6.916.753
13,54
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 166
165,9
91596
166,4
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
164
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 10,985
11,02
1691264
11,095
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
10,955
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 54,8
54,7
19490
55,3
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
54,2
AKWEL (AKW) g
B 15,76
16,24
15406
16,28
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
15,76
ALD (ALD)
A 12,7
12,59
78091
12,73
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
12,56
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 24,3
24,1
4750
24,35
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
24,05
ALSTOM (ALO) LR
A 35,53
35,4
661506
35,66
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.425.599
35,09
ALTAREA (ALTA) g
A 180
180,4
1686
182
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
180
ALTEN (ATE) G
A 83,95
85,35
68228
85,85
FR0000071946
25/06/18 1 33.830.458
83,9
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 8,275
8,32
619080
8,325
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,17
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,26
3,3
20957
3,3
FR0012789667
47.804.841
3,21
AMUNDI (AMUN) G
A 50,38
50,62
EX-DS 15/03/17
132338
50,72
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
49,97
APRIL GROUP (APR)
B 21,1
21,1
16765
21,1
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
21
ARCHOS (JXR) g
C 0,311
0,308
212650
0,315
FR0000182479
57.851.743
0,305
ARKEMA (AKE) L
A 83,62
82,22
272827
83,78
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
81,52
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 15,22
15,22
6686
15,58
FR0000074783
6.651.515
15,18
ASSYSTEM (ASY) g
B 28,4
28,5
OPA 24/11/17
1776
28,9
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
28,4
ATARI (ATA)
C 0,33
0,346
1823989
0,355
FR0010478248
255.105.360
0,327
AUBAY (AUB) g
C 31,3
30,7
6746
31,3
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.193.296
30,6
AUREA (AURE)
C 5,94
5,98
5004
6
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,92
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,162
0,153
157117
0,162
FR0000066052
21/10/11 0,05 112.001.888
0,152
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 13
13,74
8814
13,98
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
13
BÉNÉTEAU (BEN)
A 12,48
12,5
57609
12,58
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
12,34
BIC (BB) G
A 87,3
88,1
128518
88,2
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.010.907
87,05
BIGBEN INT. (BIG) g
C 10,24
9,9
23587
10,3
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
9,88
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 61,6
61
83222
62,5
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
60,8
BOIRON (BOI) g
A 48,4
48,4
2026
48,5
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
48,15
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,602
3,628
1022710
3,64
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,578
BONDUELLE (BON) g
B 31,55
31,9
7771
32
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.538.340
31,55
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 19,455
19,5
622218
19,55
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
19,405
BURELLE SA (BUR)
A 984
978
16
984
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
978
CARMILA (CARM)
C 17,46
17,32
22502
17,5
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
17,3
CASINO (CO) LR
A 44
43,77
1311007
44,8
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
42,55
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,72
2,68
89663
2,735
FR0010193052
30.514.178
2,545
CGG (CGG) G
C 1,615
1,629
3071976
1,639
FR0013181864
709.944.816
1,594
CHARGEURS (CRI) g
C 19,45
19,8
21281
19,8
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
19,25
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 369,1
375
EX D OP 08/06/17
22357
375,3
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
368,1
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/290119
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
- 1
+ 8,13
+ 8,13
4,128
- 57,39
3,378
+ 0,16 + 1,64
+ 1,64
6,27
- 7,21
5,98
- 0,2 - 14,19
-14,19
12,8
+ 15,19
9,51
+ 10,89
+10,89
0,584
- 33,25
0,49
- 3,56 - 3,7
- 3,7
3,61
- 58,43
3,18
- 0,59 - 18,02
-18,02 17,08
- 15,67 13,54
- 0,78 + 0,24
+ 0,24 171,3
- 0,96 159,1
+ 0,18 + 16,24
+16,24
11,35
- 11,27
8,68
+ 23,76
+23,76 55,3
+ 8,53 42,1
+ 3,18 + 0,87
+ 0,87
17,6
- 53,4
15,3
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+21,06 12,73
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+ 0,37 36,45
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+ 8,81 185
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+17,4
85,9
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+ 1,03 + 18,77
+18,77
8,575
- 38,25
6,51
+ 0,3 + 20
+20
3,39
- 9,59
2,75
+ 0,84 + 9,66
+ 9,66 50,72
- 33,71 44,59
+ 5,76
+ 5,76 21,2
+ 31,88 19,95
- 1,6 - 15,62
-15,62
0,397
- 58,69
0,294
- 0,84 + 9,69
+ 9,69 85,5
- 19,86 72,88
- 0,39 + 5,99
+ 5,99 15,94
- 8,97 13,1
+ 0,35 + 5,36
+ 5,36 29,8
- 5
25,75
+ 3,91 + 1,47
+ 1,47
0,386
- 36,37
0,32
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+ 9,06 33,3
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+ 8,73
+ 8,73
6,08
- 33,56
5,18
- 2,55 - 0,65
- 0,65
0,188
- 48,66
0,146
+ 5,69 + 10,63
+10,63 13,98
- 39,47
11,8
+ 0,81 + 8,89
+ 8,89 13,48
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+ 0,63 - 1,18
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+23,6
10,3
- 19,25
7,8
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+ 0,72 + 3,66
+ 3,66
3,714
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3,412
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- 1,03 + 7,18
+ 7,18
17,8
- 28,72 15,76
+ 1,77 + 20,45
+20,45 44,8
- 6,59 34,01
- 0,92 + 16,52
+16,52
2,965
- 20,88
2,115
- 0,79 + 40,92
+40,92
1,705
- 43,2
1,081
+ 2,33 + 17,86
+17,86 19,95
- 26,01 16,18
+ 1,57 + 12,31
+12,31 375,3
+ 20,97 323,9
+ 6,25
+ 6,256000
- 19,05 5700
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,755
3438601
393.613.788
A 19,86
278877
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 8,04
79407
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
COLAS (RE)
A 141,4
707
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 89,35
97332
FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25
241
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1315
5611
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 109,95
238063
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 11,48
215943
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,016
212464
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 102,8
4996
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 5,64
221
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 35,55
572706
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 14,485
EX-DS 7/03/17
1831759
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 82,04
271959
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,26
27831
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12,31
204262
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 14,15
376821
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.927.545
EOS IMAGING (EOSI)
C 2,52
11449
FR0011191766
26.130.407
ERAMET (ERA) Gg
A 60,75
52858
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,82
49986
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 25,9
3756
FR0004110310
6.017.892
EURAZEO (RF) G
A 64,75
65128
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,33
1106
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 355,8
53024
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,7
197153
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 18,6
765525
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 71,4
14
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 38,57
505151
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 91,5
5792
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 13,7
39111
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 784
177
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 61,75
53765
FR0011476928
26.605.439
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 61,4
311
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 326
6
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
B 1,13
N/P REGR.
2262
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,136
2365393
FR0000079634
01/10/01 0,1 166.658.543
GECINA (GFC) G
A 128,7
107331
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
GEMALTO (GTO) L
A 50,64
190573
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 18,1
76960
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 2,74
132879
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,028
46400
FR0011790542
79.347.621
GETLINK (GET) LR
A 12,75
1211182
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 17,5
7886
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,24
3,69
0,42
1,28
1,85
4,37
2,08
0,99
1,17
2,89
4,94
1,28
2,8
3,51
0,88
2,51
1,46
2
3,92
1,01
0,56
3,31
0,55
1,57
2,87
1,64
3,56
1,52
0,91
3,03
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,765
0,776
0,737
20,24
20,26
19,78
8,09
8,18
8,04
145,2
145,4
141,4
89,25
89,6
88,95
24,9
25
24,9
1329
1337
1305
109,7
111,4
108,75
11,64
11,76
11,32
4,048
4,112
4,014
101,4
102,8
100,2
5,62
5,64
5,62
36,37
36,37
35,55
14,475
14,485
14,305
82,06
82,12
81,32
3,24
3,305
3,21
12,4
12,45
12,26
14,03
14,29
13,95
2,515
2,56
2,51
61,3
61,45
59,9
7,54
7,9
7,53
26,4
26,4
25,3
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65,45
64,75
3,32
3,33
3,13
345
356,8
344
7,64
7,78
7,62
18,55
18,765
18,51
71,2
71,4
71,2
38,4
39,49
37,56
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92,5
90,4
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13,7
13,5
790
790
784
62,35
62,95
60,95
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62
61,4
326
326
326
1,13
1,13
1,13
0,143
0,15
0,135
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128,9
127,2
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50,66
50,62
17,9
18,27
17,85
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2,89
2,66
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1,038
0,999
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12,845
12,655
17,7
17,7
17,36
+ 1,33 + 23,59
+23,59
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+ 3,71 145,4
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+6
90,4
+ 1,08 81,95
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+ 1,84 + 9,71
+ 9,71
14,97
- 68,37
9,62
+ 1,61 + 1,25
+ 1,25
4,298
- 49,78
3,812
- 0,78 + 22,91
+22,91 102,8
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+26,86
5,78
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4,63
+ 2,62 + 13,27
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- 15,24 71,04
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+21,8
3,59
- 31,21
2,535
+ 0,81 - 5,05
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- 33,23 12,13
- 0,71 - 3,57
- 3,57 15,41
- 36,23 13,26
- 0,2 - 25,7
-25,7
3,46
- 51,54
2,51
+ 0,74 + 1,57
+ 1,57 71,4
- 46,56 53,45
- 1,12 + 20,64
+20,64
7,9
- 59,18
6,02
+ 1,73 - 4,86
- 4,86 28,75
- 37,51 25,3
+ 0,46 + 5,5
+ 5,5
65,65
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- 0,6 + 19,86
+19,86
3,35
- 1,19
2,69
- 1,88 + 5,83
+ 5,83 383,6
- 31,82 313,2
- 0,65 - 2,86
- 2,86
8,395
- 31,6
7,485
+ 0,27 + 7,82
+ 7,82 18,94
+ 2,8
16,99
+ 4,71
+ 4,71 79,2
- 39,15 65
+ 0,63 + 16,12
+16,12 40,09
- 47,24 30,12
- 1,53 + 12,72
+12,72 93,4
- 14,23 78,1
+ 0,3 + 23,45
+23,45 13,86
- 24,97 10,24
- 0,75
- 0,75 802
- 24,76 764
+ 1,38 + 9,19
+ 9,19 65,5
- 33,32 55
- 0,97 + 0,99
+ 0,99 63
+ 4,07 57,8
+ 11,64
+11,64 342
- 32,92 286
+ 3,25
+41,58
- 38,1
- 0,31
+13,1
- 18,39
- 0,04
- 0,04
+ 1,95
- 0,67
+ 3,17
- 35,43
+ 3,69
-15,62
- 59,16
- 0,89
- 1,67
- 45,23
+ 0,35
+ 9,34
+ 14,05
+ 1,14
+ 2,79
- 33,55
1,14
1,13
+ 41,58
0,19
0,101
+ 13,1
131
110,3
- 0,04
50,76
50,54
+ 3,17
19,18
16,55
- 15,62
3,79
2,45
- 1,67
1,288
0,98
+ 9,34
13,295
11,615
+ 2,79
18,5
15,92
4,15
4,2
5,65
1,15
0,53
3,46
0,89
24,91
1,04
2,44
3,39
2,64
3,75
1,92
4,52
0,7
1,99
6,85
2,22
2,87
2,21
0,13
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
GROUPE CRIT (CEN) g
B 51,9
3551
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
GROUPE FLO (FLO) g
B 0,201
EX D S 13/06/17
10270
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 11,18
13318
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
GROUPE LDLC (LDL) g
C7
NOM.
76122
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
20,6
REGR.
2396
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
GTT (GTT) Gg
A 74,05
101007
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 8,45
30331
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
HIGH CO (HCO) g
C 5,5
60502
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
HUBWOO (HBW) g
C
FR0004052561
ICADE (ICAD) G
136.345.527
A 73,5
82124
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
ID LOGISTIC (IDL) g
B 147
1822
FR0010929125
5.642.475
ILIAD (ILD) G
A 100,6
180578
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
IMERYS (NK) G
A 46,4
98839
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
INGENICO GROUP (ING) LR
A 47,73
264821
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
INNATE PHARMA (IPH) g
B 6,8
151012
FR0010331421
63.932.655
INSIDE SECURE (INSD)
C 1,4
125549
FR0010291245
44.119.162
INTERPARFUMS (ITP) g
A 43,7
24474
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
IPSEN (IPN) G
A 110,5
81364
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
IPSOS (IPS) G
A 20,3
44202
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 16,38
12969
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
JCDECAUX (DEC) G
A 27,2
381768
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.810.350
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 35,26
39442
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
KLEPIERRE (LI) LR
A 30,08
600208
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
KORIAN (KORI)
A 31,18
117665
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,72
22149
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
LAGARDÈRE (MMB) G
A 23,07
259019
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
LATECOERE (LAT) g
C 3,17
353944
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
LE BÉLIER (BELI) g
C 33,9
1379
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
LNA SANTÉ (LNA) g
B 47,55
8764
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
LECTRA (LSS)
B 20,35
17340
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 35,45
644
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.132.856
LISI (FII) g
A 27,85
11236
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,34
22481
FR0000038242
16.754.425
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 13,5
114746
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 23,3
230819
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 34,95
940
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 26,75
10021
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 2,46
114714
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.334.312
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,1
143459
FR0010609263
23.147.338
MERCIALYS (MERY) g
A 13,35
100533
FR0010241638
19/10/18 0,5 92.049.169
MERSEN (MRN) g
B 28,9
32652
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.636.663
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,51
26578
FR0004177046
23.261.500
NANOBIOTIX (NANO) g
B 10,87
57661
FR0011341205
19.633.373
NATIXIS (KN) LR
A 4,466
4257493
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
NEOEN (NEOEN)
A 20,35
19284
FR0011675362
84.957.498
NETGEM (NTG) g
C 1,105
21899
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
NEXANS (NEX) G
A 26,23
136535
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.604.914
NEXITY (NXI) G
A 40,7
72198
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
NICOX (COX)
B 6,115
169845
FR0013018124
22.869.669
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,36
2409
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
OENEO (SBT) g
B 10,92
17794
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
ONXEO (ONXEO) g
B 0,907
58713
FR0010095596
53.176.375
ORPÉA (ORP) G
A 86,7
199409
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
PARROT (PARRO) g
B 3,19
44716
FR0004038263
30.174.671
PHARMAGEST INT. (PHA)
54,3
7148
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 18,5
4120
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,68
29110
FR0011950641
21.606.363
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 24,15
146898
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 8,9
DIV 8 02/05/17
28397
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
RALLYE (RAL)
A 10,06
75497
FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
RAMSAY GDS (GDS)
A
4,21
12,02
2,34
CLOT
+ HAUT
+ BAS
52
52
51,7
0,208
0,208
0,201
11,08
11,42
11,06
6,33
7,01
6,1
20
20,6
19,9
72,6
75,2
71,9
8,41
8,63
8,36
5,38
5,5
5,2
73,55
73,8
73,05
147,4
149
146,2
98,24
101
96,36
46,26
47,02
45,82
47,07
48,05
46,7
6,615
6,8
6,585
1,346
1,4
1,33
44
44,15
43,25
110,1
111,55
109,85
20,38
20,44
20,16
16,38
16,68
16,24
27,3
28,64
27,1
36,62
38
35,26
30,02
30,21
29,93
30,36
31,2
30,34
41,39
41,57
40,72
23,37
23,51
23
3,27
3,315
3,13
33,9
33,9
33,55
47,3
47,75
47,1
20,95
21,3
20,25
35,45
35,45
35,35
27,85
28,3
27,55
14
14
13,3
13,91
13,96
13,49
24,06
24,14
23,02
34
34,95
33,7
26,55
26,8
26,4
2,55
2,61
2,46
2,055
2,105
2
13,36
13,47
13,3
28,3
28,9
28,15
1,508
1,51
1,5
10,85
10,87
10,65
4,47
4,497
4,409
20,25
20,35
20,05
1,125
1,195
1,07
26,35
26,95
26,23
40,26
40,8
40,2
6,205
6,39
6,11
7,4
7,42
7,36
10,6
10,92
10,6
0,902
0,915
0,902
84,44
86,9
84,08
3,19
3,215
3,19
55,7
56
54,3
18,2
18,5
18,02
1,686
1,69
1,666
23,74
24,44
23,5
8,61
8,9
8,61
10,33
10,42
10,05
02/12/14 1,4 75.957.095
C 6,25
6
167509
6,46
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
5,64
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 101,5
102,8
99390
102,9
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.149.787
101,3
REXEL (RXL) G
A 9,958
10,09
624161
10,1
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
9,916
ROBERTET SA (CBE)
B
/210119
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/040119
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 28,9
28,4
22053
29,05
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
28,35
RUBIS (RUI)
A 52,25
50,95
DIV 2 28/07/17
176062
52,35
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
50,75
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 96,95
96,35
DIV 6 10/05/16
72511
98,5
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
96,35
SAVENCIA (BH)
B 58
58
754
58,2
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
57,6
SCOR (SCR) LR
A 36,63
37,35
443663
37,35
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
36,48
FR0000044471
RECYLEX SA (RX)
2,15
VALEURS FRANÇAISES
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,78
- 1,89
- 31,67
+ 2,97
+ 6,67
- 23,81
+ 0,36
+31,75
- 38,44
- 11,47
+ 9,52
- 65,07
- 2,91
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 1,89
55,8
48,8
8,46
+ 6,67
0,212
0,185
+ 31,75
11,42
8,26
+ 9,52
8,9
5,66
21,2
- 44,29 18,55
- 1,56 + 8,12
+ 8,12
75,2
+ 30,22 63,7
- 1,41 - 4,76
- 4,76
9,65
- 55,27
8,18
- 2,18 + 21,86
+21,86
5,6
+ 4,87
4,305
+ 3,57 + 28,89
+28,89
0,175
+ 8,75
0,138
- 0,07 + 10,6
+10,6
76,3
- 15,41 64,05
+ 0,41 + 28,17
+28,17 149
+ 9,35 112,2
- 1,86 - 19,9
-19,9 123,65
- 53,13 96,36
+ 0,57 + 10,2
+10,2
47,4
- 47,1
40,6
- 1,13 - 4,99
- 4,99 53,14
- 49,55 44,41
- 1,56 - 11,03
-11,03
8,08
+ 14,55
6,53
- 3,86 + 4,7
+ 4,7
1,855
- 51,98
1,216
+ 0,69 + 30,37
+30,37 44,95
+ 29,24 32,05
+ 0,09 - 2,44
- 2,44 121,4
- 3,12 107,65
+ 0,49 - 0,78
- 0,78 23,08
- 36,51 20,08
- 0,61 + 5,54
+ 5,54 17,96
- 44,66 15,08
+ 5,49 + 11,34
+11,34 28,64
- 21,69 23,84
+ 3,92 + 9,64
+ 9,64 38
- 15,54 32,52
+ 0,2 + 11,35
+11,35 30,3
- 16,12 26,26
- 2,32 - 2,32
- 2,32 34,28
+ 15,61 30,08
+ 1,32 + 15,52
+15,52 41,98
- 16,33 35,21
+ 2,37 + 6,13
+ 6,13 23,74
- 7,56 21,36
+ 4,98 + 17,63
+17,63
3,315
- 40,65
2,61
+ 0,3 + 12,07
+12,07 36,8
- 44,61 28,9
- 0,53 + 8,61
+ 8,61 48,7
- 14
43,2
+ 2,95 + 15,24
+15,24 21,5
- 8,52 17,84
+ 12,54
+12,54 38,3
- 6,22 31,3
+ 0,54 + 35,85
+35,85 28,3
- 29,31 20,2
+ 2,94 + 27,27
+27,27 14,34
+108,35 10,66
+ 4,2 - 0,93
- 0,93 14,27
- 36,89 12,76
+ 6,74 + 43,99
+43,99 24,14
- 31,88 16,15
- 3,41 + 6,08
+ 6,08 35,65
- 42,57 30
- 0,19 + 18,53
+18,53 27,45
- 24,79 20,8
+ 4,29 - 3,04
- 3,04
2,89
- 79,3
2,35
- 5,08 + 2,24
+ 2,24
2,59
- 49,38
1,984
- 0,3 + 11,61
+11,61
13,82
- 25,36
11,78
- 1,05 + 20,43
+20,43 29,2
- 26,4
22,8
- 0,13 - 6,22
- 6,22
1,66
- 32,07
1,5
+ 2,07 - 6,79
- 6,79 13,82
- 28,38 10,5
- 0,05 + 8,52
+ 8,52
4,636
- 39,41
4,06
+ 0,25 + 6,92
+ 6,92 20,5
+ 22,73 18,8
+ 2,27 + 14,8
+14,8
1,26
- 59,09
0,94
+ 0,96 + 8,3
+ 8,3
26,97
- 46,41 23,13
- 1,32 + 2,18
+ 2,18
41,24
- 18,67 37,78
+ 1,47 + 23,85
+23,85
7,145
- 37,64
4,96
+ 0,54 - 0,27
- 0,27
7,7
- 17,59
7,26
- 2,75 + 21,56
+21,56 10,96
- 1,85
8,58
- 0,55 + 3,44
+ 3,44
1,045
- 48,6
0,871
- 2,61 - 5,36
- 5,36 94,1
- 15,22 84,08
- 0,16
- 0,16
3,49
- 61,05
3,185
+ 1,64 + 9
+9
60,3
+ 19,27 50
- 0,11 + 13,75
+13,75 19,38
- 58,87 15,62
- 0,82 + 0,72
+ 0,72
1,978
- 47,13
1,652
- 1,13 + 17,7
+17,7
25
- 43,01 19,1
- 1,6 - 3,15
- 3,15
9,77
- 52,54
8,17
+ 2,79 + 14,65
+14,65 10,42
- 30,53
8,7
+ 1
- 5,61
- 5,61 22
+ 18,82 18,8
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+ 7,14
7,47
- 55,56
5,47
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+ 3,89 105
- 4,1
94,15
+ 1,31 + 8,49
+ 8,49 10,42
- 30,72
8,752
- 6,98
- 6,98 410
+ 20,83 400
- 1,73
- 7,94
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+ 8,68
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+ 0,05
+10,3
+ 34,76
+ 3,94
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+ 1,72
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+ 3,55
44
44
- 7,94
30,85
28,35
+ 8,68
52,4
45,8
+ 10,3
104,5
83
+ 3,94
62,6
55,4
- 5,2
42,2
35,2
1,83
2,6
0,69
4,49
1,52
0,91
4,27
4,27
2,05
4
5,56
3,48
1,81
3,81
1,72
6,83
1,83
5
2,34
2,65
8,28
44,44
2,66
6,21
2,03
1,3
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 134
42837
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,205
90597
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 23,7
2631
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,79
81497
FR0013006558
34.623.503
SIPH (SIPH) g
B
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
B 67,1
SOITEC (SOI) G
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
91631
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,452
REGR.
4155596
FR0012938884
583.630.365
SOMFY (SO)
A 68
753
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 88,6
25252
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 13,21
227661
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
19,28
2237
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.426.597
ST DUPONT (DPT) g
C 0,136
37088
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
B 84,4
STEF (STF) g
535
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,436
39289
FR0010949404
26.824.657
SUEZ (SEV) LR
A 10,91
3969299
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,18
14515
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 32,2
21190
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 27,05
4029
FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 18,94
192342
FR0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
A 0,993
TECHNICOLOR (TCH) G
716686
FR0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
A 151,3
TELEPERFORMANCE (RCF) G
132180
FR0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
TERREIS (TER)
B 39,4
1032
FR0010407049
13/11/18 0,44 25.327.454
TF1 (TFI) G
A 7,14
147044
FR0000054900
30/04/18 0,35 209.928.940
TFF GROUP (TFF)
B 40
2234
FR0013295789
06/11/18 0,35 21.680.000
THALES (HO) LR
A 96,5
408595
FR0000121329
04/12/18 0,5 213.104.081
THERMADOR GROUPE (THEP)
B 50
3470
FR0013333432
9.109.752
TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 20
EX D S 03/07/17
9127
FR0013230612
30/05/18 1 103.477.599
C 5,3
TOUAX (TOUP) g
414
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
TRANSGÈNE (TNG)
B 2,83
26849
FR0005175080
62.275.923
TRIGANO (TRI) g
B 84,6
29935
FR0005691656
11/01/19 2 19.336.269
UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 77,88
310973
FR0000054470
112.993.978
VALLOUREC (VK) G
A 1,598
14951606
FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
VALNEVA (VLA) g
B 3,35
41626
FR0004056851
92.106.952
VICAT (VCT) G
A 44
26494
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
A 57
VILMORIN & CIE (RIN) G
5220
FR0000052516
12/12/18 1,35 22.917.292
VIRBAC (VIRP) g
A 123,8
7241
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,7
2458
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 26,45
7015
FR0013357621
20.196.492
WENDEL (MF) G
A 106,7
31696
FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 47
165159
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 5,24
30522
BE0974310428
130.781.669
A 298
XPO LOGISTICS (XPO) g
534
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
134,6
135,5
133
0,202
0,205
0,198
23,6
23,9
23,6
2,885
2,89
2,74
67,25
68
66,85
0,451
0,461
0,432
69,2
69,5
68
86,85
89,05
86,45
13,17
13,28
12,96
19,34
19,5
19,26
0,14
0,14
0,136
84,3
84,9
84,1
0,432
0,436
0,428
11,055
11,055
10,815
1,182
1,196
1,18
31,6
32,3
31,6
26,65
27,05
26,3
19,11
19,29
18,76
0,974
0,993
0,958
152,9
154,2
151,1
39,6
39,6
39,3
7,17
7,18
7,1
40
40,5
40
98,78
99,28
96,38
48,8
50
48,8
20,1
20,4
19,95
5,36
5,36
5,3
2,77
2,83
2,755
83
85,2
81,65
76,82
78,22
76,42
1,551
1,598
1,443
3,31
3,355
3,28
43,7
44,24
43,5
57,1
57,5
56,5
123
124,8
122
23,7
23,7
23,5
26,7
27,2
26,35
106,7
106,9
106
48,76
49,16
46,94
5,19
5,3
5,11
294
298
284
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 0,45 + 19,33
+19,33 140,6
- 20,82 107
+ 0,25 - 1,22
- 1,22
0,26
- 74,62
0,195
- 0,42 + 29,81
+29,81 26,9
- 21,2
16,84
+ 3,41 + 19,71
+19,71
3,055
- 71,13
2,37
- 2,15 + 1,11
+ 1,11
84,3
- 3,53 81
+ 0,15 + 32,91
+32,91 68,35
+ 1,97 48,6
+ 0,31 - 10,35
-10,35
0,562
- 55,87
0,432
+ 0,29 + 9,84
+ 9,84 70
- 23,96 61,7
- 1,64 + 7,69
+ 7,69 94,5
- 46,78 78,1
2,76
+ 0,08 + 13,63
+13,63 14,23
- 35
10,99
3,04
+ 0,31 + 17,35
+17,35 20,15
- 47,9
15,5
+ 1,45 + 11,55
+11,55
0,143
- 13,04
0,12
+ 9,48
+ 9,48 90
- 15,28 75
2,91
- 0,92 - 0,46
- 0,46
0,586
- 74,8
0,415
- 1,16 - 4,12
- 4,12
11,845
- 9,64 10,815
5,88
- 0,84 - 13,09
-13,09
1,5
- 40,84
1,18
- 0,94 + 8,97
+ 8,97 33,75
- 13,54 28,35
11,39
- 1,3 + 9
+9
29,5
- 45,61 22,6
3
+ 0,69 + 9,08
+ 9,08 20,18
- 39,06 16,96
3,14
- 0,41 + 2,04
+ 2,04
1,058
- 67,91
0,87
+ 1,73 + 9,53
+ 9,53 154,2
+ 26,57 133,7
1,21
+ 1,02 + 10
+10
39,6
- 13,91 35,4
+ 1,27 + 1,27
+ 1,27
7,425
- 41,13
6,435
4,88
- 0,74 + 14,3
+14,3
43,6
- 8,78 34
0,88
+ 2,19 - 3,16
- 3,16 105,2
+ 10,07 94,32
0,51
- 1,61 + 9,66
+ 9,66 52
- 24,05 43
+ 0,5 + 2,29
+ 2,29 20,7
- 15,55 18,6
4,98
+ 1,13 + 9,84
5,56
+ 9,84
- 53,79
4,69
- 2,29 + 1,47
+ 1,47
3,01
- 11,36
2,695
- 1,78 + 2,91
+ 2,91 88,4
- 46,9
70,65
2,41
- 0,88 + 9
+9
79,96
+ 11,66 65,8
- 1,21 - 4,58
- 4,58
1,966
- 71,66
1,443
- 1,78 + 4,42
+ 4,42
3,78
- 8,56
3,1
+ 5,4
+ 5,4
44,74
- 34,73 40,84
3,43
+ 0,71 + 11,17
+11,17 60
- 30,37 48,636
2,36
+ 8,08
+ 8,08 126
+ 0,82 111,8
+ 0,85
24,2
- 2,07 23,2
+ 1,52 + 15,33
+15,33 29,55
- 36,43 23,45
+ 0,19 + 1,91
+ 1,91 109,7
- 29,48 101,4
2,48
+ 4,14 + 15,55
+15,55 49,16
+ 8,6
38,44
- 0,19 + 21,83
+21,83
5,5
- 49,51
4,145
- 1,34 - 5,77
- 5,77 320
+ 12,21 284
0,27
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
9,68
4,16
2,39
2,94
50,64
- 0,04 - 0,04
50,66
- 0,04 50,76
50,62
+ 1,95 50,54
5,396 - 1,78 + 6,56
5,468 + 6,56
5,762
5,354 + 24,68
4,874
18,18
+ 2,02 + 8,8
18,505 + 8,8
18,505
17,935 + 40,98 16,26
4,21
12,02
0,3
18,22
3,52
4,4
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
9
37011
USD 19/12/18 0,01 8.698.115.000
7,304
26485
GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 20.036.177.756
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 40,72
22149
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
SCHLUMBERGER (SLB)
A 39
1435
AN8068571086
USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
STALLERGENES GREER (STAGR) A 30,45
2913
GB00BZ21RF93
19.738.742
US3696041033
HSBC (HSB)
1,61
A 50,64
190573
22/05/17 0,43 90.920.356
A 5,468
560507
31/05/18 0,13 5.635.968.159
18,11
1167093
23/04/18 0,68 360.037.272
9
9,02
8,69
7,291
7,335
7,239
41,39
41,57
40,72
38,7
39,2
38,3
30,5
30,55
30,1
- 0,77
+35,75
- 29,91
- 0,42
+ 0,96
- 14,73
+ 1,32
+15,52
- 16,33
- 0,51
+17,99
- 35,07
+ 0,66
+ 7,77
- 13,35
+ 35,75
9,38
6,46
+ 0,96
7,49
6,996
+ 15,52
41,98
35,21
+ 17,99
40,2
30,9
+ 7,77
30,7
27,15
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 4 février 2019
euronext//taux&changes//matières premières
EURONEXT HORS SRD
ACTIONS
FRANÇAISES
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
FR0013341781 2CRSI
C 9,72
9,88
9,72
9,76 + 0,41
12885
C 5,48 5,54
5,11
5,17 - 3,9
65072
FR0000076887 A.S.T. GROUPEg
FR0013185857 ABEO
C 30,9
31,4
30,9
30,9 + 0,33
334
FR0000076861 ACTEOSg
C 1,795 1,825
1,77
1,815+ 1,97
2287
BE0974269012 AD CAPITAL
0,094
FR0000062978 ADL PARTNERg
C 14,25 14,55
14,15
14,55 + 2,11
883
FR0012821890 ADUX (EX:HI MEDIA) C 3
3,02
2,92
3
5867
FR0004152874 ADVENISg
C 1,48
1,48
1,48
1,48 + 0,68
81
FR0013296746 ADVICENNE
C 10,702 10,78
10,702 10,78 + 0,73
102
FR0000053043 ADVINI
C 30
30
30
30 + 19,05
5
FR0000044612 AFONE PART.
C 11,7
11,8
11,7
11,8 + 2,61
32
FR0000062804 ALPHA MOS
C 0,358 0,358 0,358
0,358- 7,97
2900
B 15,2
15,5
15,1
15,5 + 2,11
3133
FR0000053837 ALTAMIRg
FR0000039216 ALTAREIT
B436 436
436
436
1
FR0011051598 AMOEBAg
C 2,15
2,16
2,12
2,12 - 0,47
7332
FR0013258589 ANTALIS
B 0,914 0,914 0,905
0,913- 0,11
958
FR0010481960 ARGANg
B 49,5 49,9
48,3
48,4 - 2,22
4381
FR0012185536 ARTEA
C 15
15
15
15
1
FR0000076952 ARTOIS
A4900 4900 4900
4900
- 2
2
FR0011992700 ATEME
C 13,2
13,2
11,62
12,02 - 10,96
89125
FR0000061780 AUGROS CP
C 7,5
7,5
7,5
7,5 - 1,32
348
FR0013183589 AURES TECH.
C 35,5
35,5
35,4
35,4 - 0,28
1868
1,465 1,535
1,435
1,53 + 4,8
42685
FR0011800218 AWOXg
FR0000064123 BACCARAT
B200 200
200
200
15
MC0000031187 BAINS MONACO
B 48,5 48,5
48,5
48,5 + 1,04
15
FR0013258399 BALYO
C 4
4,145
3,83
3,83 + 1,19 189089
FR0000062788 BARBARA BUI
C 6,3
6,9
6,3
6,9
59
FR0000035370 BASTIDE
C 29,2
29,2
28,7
28,7 - 1,71
2363
105
FR0000062150 BLEECKER
C
FR0011592104 BLUE SOLUTIONSg
B 16,5
16,5
16,45
16,45 - 0,3
125
FR0004548873 BOURBONGg
A 3,355 3,45
3,33
3,33 - 2,06
62561
FR0000074254 BOURSE DIRECT
C 1,15
1,15
1,13
1,15 - 0,86
1263
C 7,36
7,73
7,36
7,73 + 5,31
20
FR0000078958 BUSINESS ET DEC.g
FR0010151589 CAFOM
C 6,4
6,4
5,95
6,15 - 4,65
6557
FR0012969095 CAPELLI
36,3 36,4
35,5
35,5 - 4,05
1389
FR0000064156 CARP.DE PARTIC.
C
45,6
FR0000072894 CASTg
C 3,87
3,93
3,82
3,82 - 2,05
1701
FR0000064446 CATERING INTER.g
B 11,1
11,35
11,1
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3235
FR0010193979 CBO TERRITORIAg
C 3,4
3,44
3,4
3,41
7281
FR0000078339 CCA INTERN.
C
4,99
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FR0010309096 CEGEREALg
B 35,6 36,2
35,6
36,2 + 1,69
101
FR0012633360 CELLNOVOg
C 1,29
1,3
1,252
1,254 - 2,79 65078
B 0,53 0,575 0,528
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FR0012616852 CERENISg
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C
0,81
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C
7,7
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C 0,105 0,109 0,103
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FR0000060824 CLAYEUXg
C
0,234
FR0000053399 CNIMg
B 85
85,4
85
85,4 + 0,47
40
FR0013335742 COGELEC
C 6,951 6,96
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401
FR0004031763 COHERISg
C 1,59
1,59
1,54
1,55 - 2,52
8870
FR0000065393 COURTOIS
C 125
125
125
125
10
FR0000044323 CR ALPES PROV.
C108,52 109
107,2
107,2 - 1,22
829
FR0000185506 CR ATL. VENDÉE
C 127
127,78 126,06 127,28 + 0,22
488
FR0010483768 CR BRIE PICARD.
B 25,1
25,15
25
25,005+ 0,32
3357
FR0000045213 CR ILLE VILAINE
C100,02 100,02 100,02 100,02 - 0,68
43
FR0010461053 CR LANGUEDOC
C 73,7
73,7
70,56
70,66 - 4,13
890
FR0000045239 CR LOIRE HTE-LOIRE C 86
87,1
86
87,1 + 1,28
97
FR0000045551 CR MORBIHAN
C 83,2 83,25 83,2
83,25 + 0,18
1058
FR0000185514 CR NORD FRANCE
B 22,55 22,55 22,4
22,4
6205
FR0000044364 CR NORM. SEINE
C 129,4 129,4
129,1
129,1 - 0,23
332
FR0000045528 CR PARIS IDF
B 92
92,99 91,9
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506
FR0000045346 CR RHÔNE-ALPES
C204 204
204
204
51
FR0000045544 CR TOULOUSE
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115 + 0,19
400
FR0000045304 CR TOUR. POITOU
C 110,3 110,3 109
109
- 1,18
456
4,8
FR0000050395 CROSSWOOD
C
FR0007317813 CS-COM. ET SYST.g
C 4,8
4,8
4,6
4,6
3822
FR0011026749 DALETg
C 12,2
12,2
12,1
12,1 - 0,82
130
FR0000036774 DANE-ELEC MEMORYg C
0,56
FR0010879056 DEINOVE
1,64
1,67
1,628
1,632 - 1,09
16775
FR0013283108 DELTA PLUS GROUP B 37,6
37,8
37,6
37,8
787
0,89
FR0000035784 DIGIGRAM
C
FR0012202497 DMS
C 1,24
1,24
1,16
1,16 - 5,69
16248
FR0000065260 DOCKS PÉTROLES A C480 480
480
480
1
B 13,3
14,15
13,3
14 + 3,32
7074
FR0010099515 ECAg
FR0000072373 EGIDEg
C 1,41
1,41
1,375
1,4 - 1,06
5354
FR0000031023 ELECT. STRASBOURG B 103
103
101
102
421
FR0012650166 ELECTRO POWERg
C 13,6
13,8
13,3
13,8 + 1,47
8122
FR0004030708 ENCRES DUBUITg
C 5,08 5,08
4,86
5
- 1,58
2718
FR0000120669 ESSOg
B 34
34
33,6
33,7 - 0,88
431
FR0000061475 EURASIA FONC INV
C
0,181
FR0000075343 EUROMEDIS GROUPEg C 6,8
6,8
6,7
6,7 - 1,47
120
FR0010490920 EUROPACORPg
C 1,12
1,175
1,09
1,11 - 1,33
54942
FR0000064164 EXACOMPTA CLAIREF. C 115
115
114
114
- 5
54
850
FR0000037343 EXPL. PROD. CHIM.
C
FR0000039026 EXPL. PROD. CHIM.
C
820
FR0000062341 F.I.E.B.M.
C
5,2
FR0000062507 F.I.E.B.M.
C
105
FR0000038184 F.I.P.P.
C 0,286 0,31
0,286
0,309
28212
FR0000063034 FAUVET-GIREL g
C 29
29
29
29
- 9,94
2
FR0011271600 FERMENTALGg
2,76
2,785 2,7
2,71 - 1,81
6522
FR0000062101 FERMIÈRE CANNES
B
1500
FR0000061418 FIDUCIAL OFFICE
C 28,4 28,4
28,4
28,4
1
FR0000060535 FIDUCIAL RE
B 173
173
173
173
- 0,58
1
5450
FR0000076986 FIN. MONCEY
A
FR0000035123 FINATIS
B 39,8 39,8
39,8
39,8 + 0,51
202
FR0000074759 FLEURY MICHON
B 44,6 44,6
44
44,1 - 1,56
228
FR0000065930 FONCIÈRE 7 INV.
C
1,97
FR0000064362 FONCIÈRE ATLAND
C 113
113
113
113
1
FR0000038499 FONCIÈRE EURIS
B 29,4 29,4
29,4
29,4
1100
FR0010341032 FONCIÈRE INEA
B 40
40
38,9
39,2 - 2,24
163
FR0011277391 FONCIÈRE PARIS NORD C 0,033 0,033 0,031
0,033 - 0,61
17496
4
FR0000053944 FONCIÈRE VOLTA
C
FR0013030152 FRANÇAISE ENERGIE C 12,85 13,05 12,85
12,85 + 0,39
241
FR0010588079 FREY
B 27,8
27,8
27,6
27,6
86
30
FR0000031973 FSDV
C
FR0000030611 GALIMMO
C 23,4 23,4
23,4
23,4
1
FR0000034894 GAUMONT
B
116,5 + 0,85
FR0000053035 GEA
C 86,2 86,2
85
85
- 1,16
6
FR0010501692 GENERIXg
C 3,48 3,48
3,44
3,48
4256
FR0011799907 GENOMIC VISIONg
0,32 0,321
0,288
0,303 - 7,06 375357
FR0000061459 GÉRARD PERRIER
B 55
55
55
55
16
FR0000065971 GRAINES VOLTZ
C 49
49
49
49 + 18,93
794
FR0000124232 GROUPE IRD
C 25,2
25,2
25,2
25,2
1
1,3
FR0004010338 GROUPE JAJ
C
C 17,7
17,88
17,58
17,58 + 0,57
7345
FR0004050300 GROUPE OPENg
FR0010214064 GROUPE PIZZORNO
C 15,3
15,9
15,3
15,9 + 3,92
653
FR0004155000 GROUPE SFPIg
C 2,38 2,39
2,38
2,38
8542
FR0000032526 GUERBETg
B 55
56,3
54,8
56
- 0,89
2079
FR0000066722 GUILLEMOT CORP.g
C 3,48 3,6
3,25
3,47 - 12,59 160440
FR0004035061 GUY DEGRENNE
C
0,23
FR0000038531 HF COMPANYg
C 6,04 6,2
6,04
6,16 + 2,33
2742
FR0012821916 HIPAY GROUP
C 8,26 8,36
8,22
8,22 - 0,48
3097
6,92
6,92 - 0,86
1386
FR0000065278 HOPSCOTCH GROUPEg C 6,98 7
FR0000051393 IDI
B 40
40,3
40
40,1 + 0,25
213
C
135
FR0000030827 IGE + XAOg
FR0000033243 IMMO. DASSAULT
B 58
59,4
58
59,4 + 0,68
527
FR0000036980 IMMO. HÔTELIÈRE
C
1,04
FR0000066219 IND. FIN. ENT.
C
55
FR0000071797 INFOTELg
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38
- 2,81
16946
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C 4,79 4,87
4,79
4,87 + 1,67
416
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C334 334
334
334
+ 1,83
8
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C
2,3
FR0013233012 INVENTIVA
B 6,48 6,48
6,32
6,46 + 0,94
4803
C 7,2
7,24
7,1
7,24 + 0,28
360
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3,72
3,56
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FR0000073843 ITS GROUPg
FR0012872141 JACQUES BOGART
C 6,06 6,2
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210
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3339
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57
FR0000066607 LACROIX SA
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98
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C
22
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B 29
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114
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189
C
2,04
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FR0000121295 LEBON
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136,5
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93
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2,58
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3024
FR0004023208 LES NX CONSTR.
B 37,9
37,9
37,3
37,7 - 0,53
217
FR0000033599 LEXIBOOKg
C
0,854 + 0,9
FR0000121352 LOCINDUS
B 26,5 26,6
26,5
26,5
27940
FR0000030074 MALTERIES FR-B
C610
610
610
610 + 0,83
4
FR0000032302 MANUTAN INTER.g
B 62,6 62,6
61,2
61,2 - 1,29
29
FR0000051070 MAUREL & PROMG
A 3,44 3,44
3,34
3,41 - 1,02
85915
FR0011742329 MCPHY ENERGYg
4,82 4,9
4,78
4,83 + 0,1
8693
FR0000061244 MECELEC
C 1,67
1,745
1,67
1,73 + 3,59
4235
C 0,32 0,32
0,311
0,32
7558
FR0000052623 MEDASYSg
FR0000064404 MÉDIA 6
C 12,55 12,55
11,8
12,3 - 1,99
576
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0004065605
FR0010298620
FR0000077570
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
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FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
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FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
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FR0000060071
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FR0000039109
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FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
FR0000063307
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
MEDINCELL
C 5,7
5,7
5,6
5,7
598
MEMSCAPg
C 1,99
1,99
1,96
1,96 - 1,01
6776
MICROPOLEg
C 1,1
1,1
1,07
1,09 - 0,91
11955
MOUL. STRASBOURG C
645
MR BRICOLAGE SA
B 6,4
6,48
6,32
6,32 - 1,25
842
MRM
C 1,4
1,4
1,38
1,38 + 0,73
12027
MUSÉE GRÉVIN
C
66
B 10,87 10,87
10,65
10,85 + 2,07
57661
NANOBIOTIXg
NAVYA
B 1,75
1,78
1,75
1,76 + 0,57
17761
NEOPOSTG
A 21,8 22,14
21,5
22,08 + 0,73
112933
NEURONESg
B 19,7 20
19,7
19,85 + 0,76
445
NEXTSTAGE
C 88
89
87
87
- 1,14
79
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,74 0,74
0,74
0,74 - 0,67
1192
OL GROUPEg
C 2,77
2,8
2,77
2,8 + 1,45
1655
ORAPIg
C 6,32 6,32
6,02
6,04 - 4,13
968
ORCHESTRA-PRE.
C 0,528 0,528 0,512
0,512 - 3,03
1139
OREGE
2,31
2,4
2,31
2,33 + 1,3
2353
PARAGON ID
C 26,5
27,1
23,8
24
- 6,98
2640
PAREFg
C 77
77
77
77
26
PASSAT
C 3,54 4
3,54
4 + 13,31
7260
PATRIMOINE & COM
B 16,2
16,3
15,8
15,8 - 3,07
1095
PCAS g
B 13,76 13,76
13,76
13,76 + 1,93
264
POUJOULAT
C 34
34
34
34
10
POXELg
C 5,13
5,2
5,06
5,08 - 0,59
25541
PRECIA g
C 193
193
192
192 + 12,28
107
PRISMAFLEXg
C 6,3
6,7
6,3
6,68 + 5,7
1518
PRODWAYS GROUP
B 3,2
3,2
3,12
3,185 + 0,47
18691
PROLOGUEg
C 0,442 0,449 0,429
0,449+ 4,18 92629
PSB INDUST.
B 32,6
32,6
31,5
31,7 - 0,94
716
QUOTIUM TECH.
C
11,2
RIBERg
C 1,85
1,852
1,776
1,808- 2,38
30168
ROBERTET SA
B546 550
540
542
- 0,37
137
ROCHE BOBOIS
B 17,8
17,8
15,7
16
- 10,11
2123
S.A.M.S.E.
B140
142
140
141 + 2,17
331
SABETON
C
21,6
SCBSMg
C 6,35 6,4
6,35
6,4 + 0,79
601
SÉCHÉ ENV.g
B 28,6
28,9
28,6
28,7 + 1,06
1830
SELECTIRENTE
C 86
86
86
86
440
SERGEFERRARI GROUP C 5,72
5,72
5,32
5,54 - 3,15
2918
SIGNAUX GIROD
C 13,35 13,35
12,8
12,95 - 1,52
702
SII
C 21,5
21,8
21,1
21,3 + 0,47
744
SMCP
A 16,1
16,372 15,718
16,22 + 2
93550
SMTPCg
B 18,52 18,68
18,5
18,66
808
SOC. FR. CASINOS
C
1,55
SODIFRANCE
C
16
SODITECH ING.
C
0,94
SOFIBUS
C 183
183
183
183
+ 1,67
2
SOFT COMPUTINGg C
24,4
SOGECLAIRg
C 22,1
22,5
22,1
22,5 + 1,81
346
SPIR COM.
C 2,7
2,7
2,7
2,7 + 3,45
30
TAYNINH
C
1,36
ISIN
FR0004529147
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TESSIg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
B160
C 77,5
C 31,2
C
C
B 39,6
+HT
160,5
77,5
31,2
+BS
160
77,5
30
41,4
39,6
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT ÉCART VOL
160
2805
77,5 - 0,64
4
30
- 3,85
241
APERAM
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A
B 22,5
22,5
22,1
C 0,522 0,526 0,51
C
B 50,8
52
50,8
C 1,85
1,87
1,85
C 5,08 5,12
4,91
C 2,82
2,82
2,8
C
C 5
5
5
B 9,4
9,55
9,37
C 40
42,1
39,95
1,82
1,82
1,75
26,65 27,58
19,5
19,5
3,7
3,7
3,51
3,59
54,5 54,6
61,8
A 5,468
C
38,26
38,86
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
B 69,5
C
B
83,4
84,6 + 1,93
146
59,13
19,91
C
A 126,5
A 11,1
C
43
139
11,1
126,5
135 + 8,43
11,082
11,082+ 0,93
2483
70
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
5289
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
735
22,2
0,526+ 1,15
1154
8401
1,89
52
+ 0,78
1,87 + 1,63
5,1 + 1,19
2,8
1458
926
3104
3280
2,4
5
9,4
41,8 + 8,29
1,75 - 3,85
101
2490
23247
20178
26,42
18,95
3,6
3,49
53
26,76
19,13
3,6
3,59
53
62
61,4
5,468 5,354
+ 0,23
- 1,04
9406
- 2,7
320
+ 1,99
1891
- 1,58 125558
3,36 + 15,46
61,8 - 0,32
5,396- 1,78 560507
38,26
38,86
38,26 + 0,9
38,86 + 0,03
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
+HT
0,131 0,136
0,047 0,048
9,4
9,76
1,714 1,72
0,155 0,155
6,9
6,9
22,55 22,6
70
70
23,7
23,7
0,038 0,039
0,253 0,259
21,3
22,1
5,28 5,28
4,28 4,3
0,155 0,158
0,138 0,14
0,506 0,526
1,49
1,49
0,211 0,215
0,8
0,808
73
73
11,75 11,75
1,19
1,19
8,34 8,62
0,278 0,28
119
119,5
+BS
CLÔT ÉCART VOL
0,126
0,133 + 1,15 396170
0,046
0,048+ 3,7 3907906
9,32
9,68 + 2,98
2427
1,634
1,702- 0,7
16099
0,135
0,143 - 8,22 253314
6,6
6,6 - 4,35
8477
22,1
22,35 - 0,89
3450
69,1
69,1 - 1,29
706
23,5
23,5 - 1,26
128
0,037
0,037- 4,62 2306191
0,25
0,255+ 1,19 1078599
21,25
22,1 + 3,76
40401
5,14
5,26
4160
4,28
4,3 + 0,47
701
0,15
0,151+ 0,8
476912
0,137
0,137 - 0,73
67370
0,481
0,526+ 3,54 30253
1,42
1,46 - 2,54
66347
0,195
0,206+ 6,26 2138395
0,764
0,764- 5,56
42946
73
73
7
11,65
11,75
1178
1,15
1,185+ 0,42
4544
8,34
8,4 + 1,94
26465
0,259
0,269- 3,93 1230081
118
118
- 0,42
643
8,98
38,26
38,86
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
84,8
2,04
2,58
A
C
A
C
A
84
0,41
41,4 + 4,28
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
69,5
69,5
69,5
- 1,42
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
114.52
87.33
0,62
0,25
1
690
103
- 0,91
113
C
4,02
33,35
33,53
32,74
32,74 - 0,67
- 1,92
62
102
C
B 3,22
750
3,3
3,14
3,14 - 2,48
1691
54,5
C
15,2
13,8
64,5
13,8
67
13,65
64,5
13,65 - 0,37
67
+ 4,69
584
339
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1477
LIVRE STERLING
0,8768
FRANC SUISSE
1,1404
COURONNE DANOISE
7,4663
COURONNE NORV.
9,6767
KUNA CROATE
7,4103
COURONNE SUEDOISE
10,3733
DOLLAR CANADIEN
1,5024
YEN JAPONAIS
125,6705
DOLLAR AUSTRALIEN
1,5802
ROUBLE RUSSE
75,202
ROUPIE INDIENNE
81,978
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,661
COURONNE TCHEQUE
25,7145
FORINT HONGROIS
317,145
ZLOTY POLONAIS
4,2874
LEV BULGARE
1,9554
DOLLAR HONG-KONG
9,0065
WON SUD COREEN
1284,57
PESO MEXICAIN
21,9409
REAL
4,1955
DOLLAR SINGAPOUR
1,5491
RAND SUD-AFRICAIN
15,2812
LIVRE TURQUE
5,9908
RENMIBI YUAN
7,742
RUPIAH
15995,4541
PESO PHILIPPIN
60,1016
RINGGIT MALAIS
4,6977
BATH THALANDAIS
35,9054
0,27
0,48
0,19
0,01
0,25
-0,18
0,19
-0,02
0,88
0,41
0,45
0,92
0,36
-0,17
0,38
0,58
-0,05
0,28
0,88
0,26
0,60
0,55
0,66
1,19
0,93
0,03
0,77
0,17
0,44
0,09
-2,68
1,22
0,00
-2,34
-0,12
1,26
-3,44
-1,12
-3,13
-5,36
2,58
-2,75
0,02
-1,22
-0,11
-0,31
0,16
0,64
-2,74
-5,86
-0,88
-8,10
-1,33
-1,79
-3,12
-0,29
-0,90
-2,97
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
01-02-2019
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1477
0,8768
1,1404
10,3733
7,4663
1,2567
1,5024
GBP
0,8713
1,1405
1
1,3085
0,7642
1
0,9938
1,3003
9,0399 11,8286
6,5063
8,5134
1,0952 143,3069
1,3091
1,7129
CHF
0,8769
1,0062
0,7691
1
9,0971
6,5474
110,195
1,3173
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
01-02-2019
1 EURO EN DEVISE
SEK
DKK
0,0964
0,1106
0,0845
0,1099
1
0,7197
12,1153
0,1448
0,1339
0,1537
0,1175
0,1527
1,3895
1
0,1683
20,12
JPY (100)
CAD
0,7957
0,9131
0,6978
0,9075
0,0825
5,9407
1
1,1953
0,6656
0,7639
0,5838
0,7591
6,9056
4,9702
0,8366
1
01-02-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,24/-0,54 -0,15/-0,45 -0,12/-0,42-0,04/-0,34
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
01-02-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,20
PORTUGAL
-0,20
FRANCE
0,01
ESPAGNE
-0,03
ITALIE
-0,19
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,57
0,39
0,11
0,29
0,85
-0,33
0,63
0,23
0,41
1,41
-0,11
1,02
0,30
0,71
2,05
0,09
1,40
0,43
1,04
2,40
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
248,30
171,28
238,33
290,60
343,86
355,17
237,12
VAR %
-0.01
-0.48
-0.20
-0.49
-0.60
-0.71
-0.32
31/12 VAR %
245,87
171,32
236,50
287,33
337,19
346,89
235,28
0.99
2.29
0.98
1.62
2.59
3.12
1.10
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1475
1,1475
0,8769
0,8772
1,1404
1,1405
10,3727
10,3738
7,4656
7,4663
125,6710
125,6800
1,5021
1,5023
-0,0021
-0,0022
-0,0025
-0,0026
0,0022
0,0018
-0,0084
-0,0118
0,0018
0,0017
0,7119
0,6852
-0,0081
-0,0084
-0,0083
-0,0084
-0,0023
-0,0046
0,0030
0,0025
-0,0121
-0,0159
0,0050
0,0034
0,7021
0,6749
-0,0140
-0,0144
-0,0172
-0,0174
-0,0073
-0,0076
0,0042
0,0037
-0,0178
-0,0219
0,0085
0,0069
0,6612
0,6244
-0,0228
-0,0234
-0,0356
-0,0358
-0,0136
-0,0141
0,0067
0,0060
-0,0324
-0,0418
0,0153
0,0125
0,6788
0,6110
-0,0416
-0,0424
01-02-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux depOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux de base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.34 %
fOnds federaux
2.50 %
2 ans
2.53 %
10 ans
2.71 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux JOur le JOur
-0.30 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.00 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,54
-0,54
-0,54
-0,54
-0,53
-0,46
-0,06
0,60
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,3608
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,367
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
-0,312
TME
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
0,68
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
26-12
27-12
28-12
31-12
02-01
03-01
04-01
07-01
08-01
09-01
10-01
11-01
14-01
15-01
16-01
17-01
18-01
21-01
22-01
23-01
24-01
25-01
28-01
29-01
30-01
31-01
01-02
0,72
0,72
0,73
0,73
0,73
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,67
0,67
0,67
0,67
0,67
0,65
0,65
0,65
0,65
0,65
0,61
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
0,88
-0,369
-0,369
-0,369
-0,355
-0,356
-0,356
-0,368
-0,365
-0,365
-0,365
-0,362
-0,365
-0,366
-0,366
-0,366
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,369
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,369
-0,369
-0,365
-0,365
-0,364
-0,364
-0,363
-0,362
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,364
-0,365
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,309
-0,309
-0,309
-0,31
-0,309
-0,31
-0,309
-0,309
-0,31
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,306
-0,307
-0,307
-0,306
-0,308
-0,308
0,68
0,68
0,69
0,69
0,64
0,65
0,66
0,69
0,73
0,74
0,68
0,65
0,63
0,61
0,62
0,62
0,65
0,63
0,64
0,63
0,60
0,57
0,59
0,60
0,59
0,56
0,55
THOR.
PUB.
PRIV.
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,81
0,92
0,92
0,93
0,93
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,81
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
01/02
31/01
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
37380
37770
10 FLORINS
227
-0,66
227
5 DOLLARS*
335
17,95
335
10 DOLLARS
655
15,3
655
20 DOLLARS
1285
13,07
1280
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1404
-0,87
1402
LATINE
218,1
-0,54
222
NAPOLEON
220,5
0,55
223,8
1/2 NAPOLEON* 125,7
14,64
125,7
SOUVERAIN ELI I* 290
4,89
290
SOUVERAIN
285
3,08
280
1/2 SOUVERAIN* 145
4,89
145
SUISSE
220,9
0,73
221,9
TUNISIENNE*
217
-1,05
217
MARK*
282
4,28
282
KRUGERRAND
1225
4,28
1223
LINGOTIN 500GRS 19180
1,56
19160
LINGOTIN 250GRS 9590
1,56
9580
LINGOTIN 100GRS 3850
1,93
3755
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
538,59
539,75
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
38 082
38 279
FIX2
38 345
38 614
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
23 051
22 889
FIX2
23 125
22 973
LONDON BULLION MARKET
01/02
31/01
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 588
1 602
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 319
1 323
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 368
1 380
CATHODES : 5508 A COMPTER DU 01/02/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
629,93 DEPUIS LE 01/02
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 535,58 DEPUIS LE 01/02
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
544,16 DEPUIS LE 01/02
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
587,04 DEPUIS LE 01/02
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
727,01 DEPUIS LE 01/02
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
694,65 DEPUIS LE 01/02
LONDON METAL EXCHANGE
01/02
31/01
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1430-1440
1470-1490
9540
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1880-1880,5
1903-1904
1287425
CASH
3 MOIS
STOCKS
6146-6148
6166,5-6167,5
149200
CASH
3 MOIS
VOL.
20900-20950
20825-20850
1845
CASH
3 MOIS
VOL.
12375-12380
12400-12450
202032
CASH
3 MOIS
VOL.
SETTLEMENT
31/01
16,07
16,16
16,24
16,35
16,48
SETTLEMENT
01/02
MARS 19
1319,3
AVR. 19
1322,1
JUIN 19
1328,6
AOUT 19
1334,7
DÉC. 19
1347,1
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
01/02
822,6
824,9
826,7
832
836,7
31/01
1322,4
1325,7
1332,3
1338,1
1349,8
SETTLEMENT
31/01
812
820,7
824,1
828,6
835,4
20800-20805
20675-20700
1845
2089,5-2090
2100-2100,5
75450
12240-12245
12300-12325
202032
2065-2066
2081,5-2082
76750
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2719-2719,5
2707-2707,5
113425
2672-2673
2667,5-2668
113975
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
JUIN 19
01/02
2,78
2,77
2,78
2,79
31/01
2,79
2,79
2,78
2,8
VOL
404
58295
263
9
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
01/02
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
01/02
BASE MAR 19 53,09
BASE JUN 19 51
POINTE MAR 19 56,99
POINTE MAY 19 55,68
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
01/02
20850
31/01
20850
VOL
CLÔTURE
31/01
40,69
46,28
CLÔTURE
31/01
54,1
51,45
58,17
56,22
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
01/02
55,55
55,88
56,21
56,5
56,71
31/01
54,05
54,3
54,6
54,85
55,05
403,5
378,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
62,8
72,52
438,5
406,5
63,45
72,52
444,5
412,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
01/02
22,3
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
31/01
29,2
29,3
29,45
GAZ NATUREL
MARS 19
AVR. 19
MAI 19
01/02
2,74
2,7
2,71
CLÔTURE
VOL
31/01
2,83
2,77
2,78
CLÔTURE
31/01
20,9
VOL
VOL
482
20
15
6
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/02
FEV 2018 20,7
MARS 2019 20,49
AVR 2019 20,38
31/01
21,1
20,86
20,8
31/01
74,21
76,76
74,96
45693
33659
19129
13869
5741
CLÔTURE
CLÔTURE
01/02
31/01
MARS 19 1591
1570
MAI 19
1607
1587
JUIL. 19
1618
1598
SEPT. 19
1629
1612
DÉC. 19
1639
1621
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
9668
9535
6845
3486
3248
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
01/02
2168
2209
2255
2273
2301
31/01
2171
2212
2263
2283
2345
VOL
18340
20907
3714
3064
61
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/02
419,2
418,6
412,4
31/01
417,6
416,4
415
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/02
31/01
MARS 19 177
177,5
JUIN 19
180,5
180,5
AOUT 19 183
183,5
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
VOL
01/02
31/01
MARS 19 1547
1547
11313
MAI 19
1571
1567
6546
JUIL. 19
1589
1584
1863
SEPT. 19
1607
1601
497
NOV. 19
1626
1619
116
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
15836
4908
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
01/02
103,7
106,8
112,3
116,2
31/01
106,15
109,2
114,7
118,4
VOL
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
01/02
31/01
MARS 19 10,65
10,62
MAI 19
10,89
10,86
JUIL. 19
11,02
11
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
27776
17216
3292
1740
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
01/02
31/01
112,45
115,7
470
377
70
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
474
215
2
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/02
169,85
172
173,6
VOL
31/01
172
171,5
179
137
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
152.79
LE 31/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.2545
LE 31/01//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD :1.42525
LE 31/01//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.5635
LE 31/01//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
545
274
64
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
218
19
01/02
31/01
MARS 19 378,25
376
138188
MAI 19
387
384,5
50086
JUIL. 19
394,75
392,25
27479
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/02
31/01
MARS 19 524,25
516,5
MAI 19
528,25
521,75
SEPT. 19
539,5
535,75
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
31/01
12,71
12,79
12,99
13,34
14,07
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 103.58
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/02
12,6
12,65
12,83
13,19
13,93
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
01/02
31/01
MARS 19 204
204,5
16210
MAI 19
205,5
205,75
8590
SEPT. 19
186
186,5
1841
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
01/02
73,64
76,21
74,45
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
01/02
31/01
MARS 19 288,5
283
MAI 19
289,5
284,75
JUIL. 19
288,25
284,25
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 83,7, LE 01/02//19
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
9187
8552
1675
318
466
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 30/01/
Prix indicatif : 2151,23
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
01/02
29,2
29,3
29,45
CLÔTURE
CACAO
URANIUM
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
CLÔTURE
01/02
31/01
MARS 19 338,8
340,8
MAI 19
349,7
352,8
AOUT 19 355,7
358,6
OCT. 19
359,5
362,7
DÉC. 19
365,8
370
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
31/01
22,3
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
01/02
31/01
FÉV. 19
578,25
584,5
29289
MARS 19 576,75
582,25
76819
AVR. 19
576
581
47193
MAI 19
575,75
580,5
17674
JUIL. 19
578,5
582,5
7895
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
397,5
372,5
SPOT
CÉRÉALES
12,95 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
547
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
01/02
31/01
JOUR
62,75
61,89
AVR. 19
62,75
60,84
256005
MAI 19
62,79
60,93
88205
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
01/02
NORD DA 20,13
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
540
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
31/01
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
7950
7950
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
25,5
25,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,95
6,95
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
27,25
27,25
GERMANIUM (PAR KG)
1350
1350
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1910
1910
CLÔTURE
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
6076-6077
6095-6096
149100
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
01/02
MARS 19
15,93
MAI 19
16,03
JUIL. 19
16,12
SEPT. 19
16,21
DÉC. 19
16,34
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
1870,5-1871
1889-1890
1289775
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
825
821
SETTLEMENT
1465-1470
1490-1510
9660
01/02
VOL
112.45
01/02
31/01
187,5
186,54
REUTERS COM. 2390,82
2390,35
MOODYS COM. 5829,14
5847,88
OR INDUSTRIEL 37299
37198
LMEX
2931,7
2948
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 4 février 2019 Les Echos
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
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Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
339,74 31/01
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
557,54 31/01
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
558,71 01/02
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
241,98 31/01
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
517,05 30/01
LU0188501257 PICTET-HEALTH
270,53 31/01
485,62 31/01
172,31 31/01
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
416,27 31/01
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
99,23 31/01
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
121,24 31/01
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
148,24 31/01
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
118,48 31/01
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
92,83 31/01
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
145,58 31/01
146,56 31/01
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
148,06 31/01
134,88 31/01
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
282,34 31/01
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
61,96 31/01
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
140,54 31/01
LU0256846139 PICTET-SECURITY
229,28 31/01
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
142,68 31/01
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
139,26 31/01
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
302,24 31/01
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1103,96 31/01
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
166,59 01/02
LU0104884860 PICTET-WATER
294,24 31/01
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
697,34 31/01
DÉSIGNATION
DES VALEURS
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
14171,53 31/01
245,77 31/01
CODE ISIN
100,72 31/01
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
SYNCHRONY (LU)
376,01 01/02
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
81,28 31/01
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
sicav//fcp
98,3
31/01
102,56 31/01
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
ministère de l’Industrie, où il gère pendant
quelques années les restructurations dans la
défense. C’est l’époque Chirac, avec la réforme
du service militaire et des réorganisations
dans les groupes de défense et les casernes.
En 2001, celui qui est toujours détaché du
ministère de la Défense trouve son « épanouissement » à la toute nouvelle Commission de
régulation de l’électricité (elle ne régule pas
encore le gaz), recruté par Thierry Trouvé. « Il
pense vite et il a une bonne analyse, ce qui est fréquent dans cette population, mais il est aussi droit
et pragmatique », note le directeur général de
GRTgaz, le réseau de transport du gaz.
Par Véronique Le Billon
vlebillon@lesechos.fr
Dominique
Jamme,
régulateur
d’énergie
CRE
Souci de neutralité
Quand, au printemps 2017, le nouveau président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a nommé Dominique Jamme « conseiller spécial » chargé de créer un « comité de
prospective », certains acteurs du secteur
n’étaient pas sûrs que cela soit une promotion.
Ils avaient manifestement tort. Fin décembre,
l’ancien patron des réseaux de gaz et d’électricité de la CRE a été nommé directeur général
des services. Pour la première fois depuis la
création de la CRE au tournant du siècle, la
direction des services échappe, d’ailleurs, à un
membre du Conseil d’Etat. « Les cinq premiers
directeurs généraux étaient du Conseil d’Etat et
on est, c’est vrai, dans un environnement très juridique, mais ce n’est pas comme cela dans les
autres autorités de régulations », nuance-t-il.
Dominique Jamme, qui conserve de ses vingt
premières années à Toulouse une pointe
d’accent (alors que ses vraies racines sont aveyronnaises), a le profil typique des acteurs de
ENTREPRISES
ARVAL
Alain Van Groenendael
est le nouveau président
et CEO d’Arval.
Alain Van Groenendael, 57 ans,
est diplômé de l’Institut catholique des hautes études commerciales (Ichec) et de l’université de
Saint Louis de Bruxelles. Il a effectué une grande partie de sa carrière chez Citibank jusqu’à devenir CEO de la banque de détail en
Europe Occidentale et membre
du Citigroup management committee. Il fut également président
l’énergie : il est passé par Polytechnique, promotion 1983. Il y a d’ailleurs côtoyé quelques grands
patrons du secteur aujourd’hui. A commencer
par l’actuel PDG de Total, Patrick Pouyanné,
qu’il « battait au bridge », ou Jacques Veyrat, premier actionnaire du développeur solaire et
éolien Neoen.
Restructurations
En dépit d’un père ingénieur à EDF (côté distribution), l’énergie n’a toutefois pas été une
vo c a t i on i m m é d i at e p o u r D o m i ni q u e
Jamme. Son école d’application, l’Ensta, l’a
d’abord conduit chez Giat Industries (devenu
Nexter, puis KNDS), puis à la Direction générale de l’armement à Rennes, où il participe
au programme de communication militaire
Syracuse. « C’était un programme de coopération, on développait et on testait avec les industriels », raconte l’ingénieur principal de
l’armement. Il cherche encore sa voie au
du pôle crédits et services financiers du groupe PPR et PDG de
Finaref. En 2008, il a rejoint BNP
Paribas Personal Finance en tant
qu’administrateur et directeur
général délégué, chargé de l’international et du marketing. Devenu
président de la société et membre
des comités de direction générale
d’international financial services
et de retail banking du groupe
BNP Paribas en 2015, il a assuré,
entre 2017 et juin dernier, la présidence d’Opel Vauxhall Finance.
Parallèlement, il était vice-président de l’Association française
des sociétés financières (ASF) et
président d’Eurofinas.
Alors que le président de la CRE, Jean-François
Carenco, irrite parfois les concurrents d’EDF,
Dominique Jamme se veut moins clivant. Lui
qui « adore le management » voit sa légitimité
« dans la concertation » et son ambition d’être
« au service du consommateur » sonne comme
un souci de neutralité : « Avoir une énergie fiable,
compétitive et bon marché, avec un bon niveau de
services et un choix d’offres intéressantes et innovantes. » Pour cela, n’oublie-t-il pas de compléter,
« on a besoin d’opérateurs et de fournisseurs en
bonne santé ». « Dominique Jamme connaît très
bien les sujets et la maison mais il ne m’a jamais
impressionné par son amour de la concurrence »,
grince un fournisseur alternatif, alors que le collège des commissaires de la CRE doit délibérer,
ce 7 février, de la prochaine hausse du tarif réglementé d’EDF – le régulateur a proposé une augmentation de près de 6 %.
De quoi remplir l’agenda de ce père de trois
grands enfants et d’une petite dernière de
5 ans, qui, quant il le peut, joue au tennis et
dévore des livres de sciences et notamment de
physique quantique. « J’y trouve plaisir et
beauté », assure-t-il. n
ICADE
Bertrand Geloen
est nommé directeur maîtrise
d’ouvrage. Il est membre du
comité de coordination d’Icade.
Bertrand Geloen, 48 ans, ancien
élève de l’Ecole Centrale de Marseille, a travaillé pour Cedege Ingénierie, puis Oger International. En
2003, il a rejoint Vinci Immobilier
pour y être responsable de programmes, puis directeur au sein du département bureaux en 2006. Nommé
directeur de programmes au département commerces en 2008, il était
directeur opérationnel chargé de
grands projets mixtes depuis 2015.
GROUPAMA ASSET MANAGEMENT
Rebecca FischerBensoussan
devient directrice du
développement et membre
du comité de direction de
l’entreprise. Elle prend
ainsi la responsabilité des
équipes commerciales,
services clients et marketing.
Rebecca Fischer-Bensoussan,
34 ans, diplômée de l’Essec Business School, a débuté, en 2007, au
sein de l’équipe distribution commerciale chez Morgan Stanley
Investment Management. Entre
2010 et 2016, elle a œuvré chez
Goldman Sachs Asset Management au poste de responsable
commerciale pour la France et
Israël. Depuis 2017, elle travaillait
chez Generali Investments, où
elle avait la responsabilité des
équipes de vente, service clients
et marketing en France, au
Luxembourg et en Espagne.
AMUNDI
Pascal Duval
Julien Fontaine
sont respectivement nommés
responsable des solutions retail
et responsable des partenariats.
Ils sont également membres du
comité exécutif.
Pascal Duval, 56 ans, titulaire
d’une licence de droit de l’université de Paris-X, est diplômé de
l’IEP de Paris et de l’Insead.
Durant 22 ans, il a officié chez
Russell Investments pour lequel
il a ouvert le bureau de Paris et
développé les activités en Europe
continentale et au Moyen-Orient.
En 2011, il a été nommé CEO pour
la région EMEA et membre du
comité exécutif mondial de Russell Investments. En 2017, il a
fondé Duval Capital LLP. Il avait
également accédé à la présidence
du fonds d’investissement Aberdeen Standard Logistics European Income Trust plc.
Julien Fontaine, 46 ans, titulaire
d’une licence en droit, ancien élève
de l’ENA, diplômé de l’IEP de Paris
et de l’Essec, a débuté au ministère
des Affaires Etrangères. Après
avoir été directeur associé chargé
des ser vices financiers chez
McKinsey & Company, il a pris la
direction de la stratégie de Crédit
Agricole SA en 2011. Il avait été
nommé CEO Japon d’Amundi en
2014, puis, l’année dernière, responsable du marketing retail pour
l’ensemble du groupe Amundi.
ÉTABLISSEMENT
PUBLIC
MÉTÉO FRANCE
Alima Marie-Malikité
prend la direction de la
communication de MétéoFrance. Elle est membre
du comité de direction générale
de l’établissement.
Alima Marie-Malikité, 48 ans,
titulaire d’une maîtrise d’administration économique et sociale,
a assuré, dès 2001, les fonctions
de chef de cabinet, puis d’assistante parlementaire du députémaire Jean-Michel Fourgous. En
2007, elle a rejoint le cabinet de
Luc Chatel, alors secrétaire d’Etat
chargé de l’Industrie et de la
Consommation et porte-parole
du gouvernement, en tant que
conseillère parlementaire. En
2009, elle a pris la direction des
relations extérieures, puis des
relations extérieures et de la
communication du Centre des
monu ments nation aux. A la
création de l’Anses en 2010, elle
est devenue directrice de l’information, de la communication et
du dialogue avec la société, avant
d’être promue, en 2017, directrice
de cabinet du directeur général et
directrice de la communication
et des relations institutionnelles
de l’Anses.
ILS SONT NÉS
UN 4 FÉVRIER
Pierre Anjolras, président
d’Eurovia, 53 ans.
Gérard Bapt, président
du conseil de surveillance
du Fonds CMU, 73 ans.
Alice Cooper, chanteur, 71 ans.
Serge Dorny, directeur de
l’Opéra de Lyon, ex-intendant
de l’Opéra de Dresde, 57 ans.
Thierry Geffroy, président
de Samsic, 51 ans.
Oscar de la Hoya, boxeur,
44 ans.
Natalie Imbruglia, chanteuse,
44 ans.
William Leymergie,
journaliste, 72 ans.
Dan Quayle, 44e viceprésident des Etats-Unis,
72 ans.
François Seners, ancien
secrétaire général du Conseil
d’Etat, 61 ans.
Haruka Tomatsu,
chanteuse, 29 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LUNDI 4 FÉVRIER 2019
BUSINESS.LESECHOS.FR
EXECUTIVES
Raison d’être :
modes
d’emploi
STRATÉGIE
Les entreprises désireuses
d’engager et d’aligner clients,
salariés, actionnaires et autres
parties prenantes, peuvent
compter sur ce concept très
porteur. A condition toutefois
de le formuler avec clarté
et méthode.
Valérie Landrieu
Avec Vincent Bouquet
et Delphine Iweins
L
es entreprises qui accomplissent
leur raison d’être et leurs responsabilités envers leurs parties prenantes en récoltent les fruits à long
terme ; celles qui les ignorent trébuchent
et échouent. » Cette année, la traditionnelle lettre de vœux de Larry Fink, le
CEO de BlackRock, aux dirigeants des
entreprises dans lesquelles le fonds
investit pour le compte de ses clients,
aura été un long argumentaire en faveur
de la définition d’une raison d’être.
En France, au-delà du Medef qui s’est
doté, il y a quelques semaines, d’une
raison d’être sommaire – « Agir ensemble pour une croissance responsable » –,
le texte de la loi Pacte actuellement en
discussion au Parlement invite d’ores et
déjà tous les conseils d’administration à
réfléchir à la question. Une probable
modification du Code civil devrait permettre à toute société de l’inscrire dans
ses statuts. « Mise en lumière par le
rapport Notat-Senard, la raison d’être se
situe à mi-chemin entre l’intérêt social et
l’entreprise à mission, esquisse Kévin
Levillain, enseignant-chercheur aux
Mines ParisTech et membre du groupe
de recherche au Collège des Bernardins. Elle correspond à un ensemble de
finalités qu’une entreprise entend poursuivre au-delà de la maximisation du
profit, sans pour autant inscrire des
objectifs sociaux et environnementaux
dans ses statuts. » Gare à ne pas la
confondre avec une signature de marque ou un plan stratégique, au risque de
vider le concept de sa substance ! Mieux
vaut oublier la jolie phrase censée
embarquer tout le monde, mais décalée
de la réalité. En matière de raison d’être,
pas de recette toute faite, de la méthode
et plusieurs pistes de travail.
Se livrer à une introspection
Pour identifier une mission cohérente et
inédite, Anne-Lise Bance, directrice
générale adjointe du cabinet Prophil,
qui s’est spécialisé sur la convergence
des modèles philanthropiques et économiques, propose de « s’interroger sur la
contribution et l’utilité de l’entreprise à la
société ». Quel mandat fixez-vous à votre
entreprise ? La réponse est censée
entrer en résonance avec les valeurs
fortes de l’entreprise. Il faut donc les
avoir identifiées. Pour InVivo, déjà dans
les starting-blocks pour l’aventure (lire
page 37), la raison d’être est ce qui four-
En matière de raison d’être, pas de recette toute faite, de la méthode et plusieurs pistes de travail. Photo Shutterstock
nit une cohérence à l’objet social. Et,
selon le consultant Martin Richer, elle
définit « le sens profond des activités
d’une entreprise qui associe ses parties
prenantes vers des objectifs librement
consentis et exprime ses apports vis-à-vis
d’elles ». D’où l’impérieuse nécessité de
les associer au dispositif.
Consulter les parties prenantes
Là aussi, pas de méthode unique. Les
modalités dépendent de chaque entreprise, de sa structure actionnariale (lire
page 37) et de son secteur d’activité.
« Certaines prendront deux ans pour
interroger leurs parties prenantes,
d’autres le temps de resserrer le champ et
de faire un travail en groupe restreint,
par exemple avec les actionnaires familiaux, pour confronter ensuite les pistes
aux autres collaborateurs », indique
Anne-Lise Bance.
Chez Mobil Wood, PME de l’Yonne très
engagée dans cette démarche depuis
trois ans, l’un des associés a formulé
une première raison d’être, puis l’a
soumise aux « cercles », des instances
issues de l’holacratie, qui l’ont incré-
mentée. « Nous nous sommes souvent
rendu compte qu’il valait mieux partir
d’une proposition existante », partage
Eve Mignolet, collaboratrice à rôles
multiples au sein de la PME. L’entreprise socialement très innovante n’a pas
hésité à se faire accompagner pour faire
évoluer sa raison d’être. Des coachs ont
animé une réunion d’intelligence collective pour la version 2 ; la version 3 a
bénéficié des conclusions d’un travail
sur la stratégie de marque réalisé par
une agence.
Soigner la mise en œuvre
et vérifier l’adhésion
Mais pour qu’elle vive, la raison d’être
ne peut être imposée par la direction
générale. C’est un effort de co-construction, qui ne doit pas être réduit à un
outil de communication supplémentaire. Une récente étude BCG Entreprises & Médias révèle que 39 % des entreprises confient cette responsabilité au
dircom. Mais « le fait que le directeur de
la communication pilote le projet ne
signifie pas que le directeur des ressources humaines et celui du marketing en
L’ÉDITO de Muriel Jasor
Un bien partagé
D
ésireuses de faire jeu égal, les performances
sociale et financière se défient désormais. Sale
temps pour la pensée de Milton Friedman, la
seule responsabilité de l’entreprise ne serait plus de
faire du profit ! Jugée par beaucoup comme
l’épicentre de la transformation de la société,
l’entreprise est de plus en plus sollicitée pour
répondre à une hétérogénéité d’attentes, celles des
clients, des actionnaires, des salariés, du territoire,
des citoyens. Et, dans ce tableau, la raison d’être joue
un rôle crucial.
Transformer le monde, sauver la planète, apporter de
l’information de qualité à une échelle mondiale, offrir
à chacun sa façon d’avancer (lire page 36) ou encore
du bonheur partagé en sont quelques exemples. Pour
révéler leur profondeur et leur efficacité, ces
formulations – percutantes comme des slogans
publicitaires – doivent s’intégrer à la stratégie
d’entreprise pour ensuite la transcender, s’inscrire
dans les statuts, être portées par les dirigeants,
inspirer les salariés, structurer les discours, mobiliser
les esprits et résonner dans tout l’écosystème de
l’entreprise, voire au-delà. Franchement, il serait
dommage de se passer de ce « bien partagé ». Car c’est
la raison d’être qui trace une trajectoire à long terme.
C’est elle qui ancre le projet d’une entreprise dans la
sphère sociétale, donne du sens, fournit du pourquoi
et offre un cadre optimal à la décision. Autant dire
que ce repère est des plus utiles en environnement
volatil, incertain, complexe et ambigu ; Vuca, disent
les milieux d’affaires… Le plus difficile ? Réussir à la
définir avec clarté et simplicité. Quelques pistes dans
ce dossier pour se lancer. n
sont exclus », précise Karen Lellouche,
associée du BCG à Paris, et coauteur de
l’étude. Point important : un manque
d’appropriation de la mise en œuvre par
les collaborateurs constitue le premier
obstacle à sa mise en œuvre. Pour
l’heure, seuls 60 % des répondants à
l’étude BCG adhèrent à la formulation
qui a été édictée par leur entreprise. Le
libellé porte trop souvent sur des
besoins fondamentaux tels que la nourriture, l’éducation ou la mobilité. Et les
entreprises ne l’associent pas encore
suffisamment à des valeurs précises.
Réviser son business model…
Préalable à la stratégie, la raison d’être
pourrait aussi entraîner l’organisation à
réviser son business model. « Il faut se
réjouir que la question irrigue aujourd’hui
l’ensemble des conseils d’administration, estime Anne-Lise Bance. Mais, au
fond, elle ne peut concerner toutes les
entreprises parce qu’elle réclame des
investissements conséquents en termes
d’alignement du modèle économique et
des produits. » Rares sont les entreprises
à vouloir renoncer à une part de leur
chiffre d’affaires, si toxique soit-elle. Les
jardineries Botanic l’ont fait, abandonnant la vente de pesticides en 2008. « A
cette époque, ces produits représentaient
un chiffre d’affaires de 2 millions
d’euros », confie Luc Blanchet, le patron
du groupe familial. Deux ans après, le
Grenelle de l’environnement imposait la
démarche et l’enseigne se posait en
référente du jardinage écologique.
… et, pourquoi pas,
revoir la gouvernance
A l’instar de Nutriset et de la Camif, les
entreprises qui sont allées jusqu’à définir leur mission ont adapté leurs organes de gouvernance et en ont repensé
les mandats. Le spécialiste d’e-commerce, qui a inscrit sa raison d’être dans
ses statuts dès novembre 2017, a, lui,
créé une cellule dédiée à l’objet social
étendu composée de représentants de
collaborateurs et des parties prenantes
externes. n
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36EXECUTIVES //
Lundi 4 février 2019 Les Echos
La « raison d'être »
en défense d'OPA
En savoir plus :
echo.st/m322735
BUSINESS CASE
La mobilité, finalité
de Michelin
Formulée en 2013, la raison
d’être de Michelin décrit
la mobilité comme un fondement
du progrès humain.
Delphine Iweins
@DelphineIweins
O
ffrir à chacun sa façon d’avancer. » Cette phrase résonne
comme un slogan publicitaire.
Elle résume, en réalité, la raison d’être
de Michelin. Sa formulation et son
partage au sein du groupe international
ont duré un an. Décryptage en quatre
axes.
1 ADN et incarnation
Deux facteurs bien spécifiques ont
facilité le travail de rédaction et
d’appropriation de la raison d’être. Le
groupe Michelin, du temps de ses
fondateurs, disposait d’une culture
paternaliste qui faisait sa force. L’ADN
de la marque contient, depuis son
origine, une telle démarche. L’autre
facteur différenciant est la façon dont
le groupe est incarné par ses dirigeants. Jean-Dominique Senard (en
partance pour la présidence de
Renault) et Florent Menegaux, actuel
directeur général exécutif du groupe
et directeur des opérations, sont convaincus que les entreprises doivent
donner du sens à leurs actions. « La
définition de la raison d’être est un
INTERVIEW
choix stratégique qui engage l’entreprise au plus haut niveau et tous les
collaborateurs. Même si elle doit être
portée par la communication en interne
et en externe, elle ne peut pas être
réduite à un simple instrument de
communication », confirme Adeline
Challon-Kemoun, directrice marques,
développement durable, communication et affaires publiques du
groupe. La marge de manœuvre est
pourtant étroite. Dans les faits, c’est
bien ce département qui a la charge de
traduire la raison d’être vis-à-vis des
partenaires, des clients et des salariés.
Et l’une des difficultés est de démontrer qu’elle n’est pas l’ennemie du
profit et permet, au contraire, de se
différencier de concurrents.
objectifs
2 Des
liés à la raison d’être
Une série d’objectifs ont été pris
pour faire vivre la raison d’être. Sur
les six affichés dans la « scoreMap »
du groupe, trois concernent la raison d’être. Par exemple, d’ici à 2030,
la part de carburant due à l’utilisation des pneus doit atteindre 20 %,
ce qui représenterait une économie
de 30 millions de tonnes de CO 2 ou
gaz carbonique. Et d’ici à 2048 –
l’engagement a été pris en 2018 –, les
pneus devront être fabriqués avec
80 % de matériaux durables et 100 %
seront recyclés. Ils sont actuellement constitués à 28 % de tels matériaux. Il va donc falloir faire preuve
d’innovation.
et comité des parties
3 R&D
prenantes
La plupart des équipes recherche et
développement (R&D) travaillent à des
solutions durables. Les gammes de
pneus nouvellement créées font tout
pour réduire le gaspillage, la pollution, etc. Un programme LLP garantit
ainsi des pneus de bonne qualité tout
au long de leur existence. Même usés,
ils seraient tout aussi fiables que des
pneus neufs d’autres marques. « Cette
innovation majeure est inspirée par la
raison d’être », indique Adeline Challon-Kemoun. Le groupe a aussi opéré
des rachats stratégiques, dont Lehigh
Technologies, une société de chimie
spécialisée dans la fabrication de
micropoudrettes dérivées de pneumatiques recyclés. A terme, charge à la
marque de refléter ces engagements
dans tous ses produits et services. Le
comité de parties prenantes, créé en
2016, est là pour y veiller. Deux fois par
an, ses treize membres extérieurs au
groupe se réunissent avec l’ensemble
du comité exécutif pour soulever des
questions concrètes : la reforestation,
l’usage du caoutchouc durable, les
plantations, etc.
4 deDéveloppement
chaque salarié
Pour autant, l’alignement entre les actes
et les paroles est difficile au quotidien.
La raison d’être joue-t-elle sur le choix
de potentiels investisseurs ? Le groupe
français reconnaît ne pas avoir franchi
cette étape, même si des investisseurs à
Un salarié de Michelin dans l’usine de La Roche-sur-Yon. Photo Jean-Sébastien Evrard/AFP
long terme s’intéressent de près à ces
questions. En revanche, ses propres
investissements garantissent le respect
de cet engagement.
Au-delà du développement durable, la
formulation de la raison d’être englobe
aussi le parcours de chaque salarié du
groupe. « Chez Michelin, on recrute une
personne pour ce qu’elle est et non pour
une fonction », explique la directrice
marques, développement durable,
communication et affaires publiques
du groupe. Michelin a d’ailleurs été
désigné par le magazine « Forbes »
« meilleur employeur d’Amérique en
2018 ». L’entreprise n’était classée que
34e en 2017, c’est dire si elle a progressé
en un an. Elle est la première entreprise non américaine à se hisser dans
le Top 10. n
KEVIN LEVILLAIN ENSEIGNANT-CHERCHEUR AUX MINES PARISTECH,
MEMBRE DE L’ÉQUIPE DE RECHERCHE SUR L’ENTREPRISE AU COLLÈGE DES BERNARDINS
« Définir une raison d’être va peu à peu devenir essentiel »
Réponse aux exigences des
actionnaires, apaisement des
relations au sein du conseil
d’administration… L’inscription
d’une raison d’être dans les statuts
peut apporter bien davantage
qu’un vernis cosmétique, estime le
coauteur de l’ouvrage « La mission
de l’entreprise responsable »
publié aux Presses des Mines.
Propos recueillis par
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
Quel intérêt ont les entreprises
à définir une raison d’être ?
Ces dernières années, la focalisation sur
la rentabilité à court terme de nombreux
grands groupes a grignoté l’horizon
stratégique des dirigeants. L’exigence de
professionnalisation des codes de gouvernance, incarnée par les administrateurs indépendants, rivés sur des
tableaux de chiffres, a conduit à délaisser
les questions fondamentales liées à
l’innovation ou à l’invention de nouveaux
produits et services. Cette logique a, par
exemple, pu pousser les entreprises à
externaliser leur R&D ou à privilégier le
rachat d’actions, au détriment du réinvestissement, avec des conséquences néfastes que l’on découvre aujourd’hui.
Or, avec les multiples bouleversements
que connaît la société, certains actionnaires s’interrogent sur le positionnement
de telle ou telle entreprise par rapport aux
grands enjeux sociaux et environnementaux, et les poussent à s’interroger sur leur
nature. Une exigence nouvelle à laquelle
la raison d’être peut répondre.
Au-delà, elle peut permettre d’apaiser les
relations au sein du conseil d’administration en détournant les administrateurs
de la stricte question de la rentabilité –
qui conduit à créer des conflits, notamment avec les administrateurs salariés –
et en les invitant à penser au sens et à
l’avenir de l’entreprise, ce qui est autrement plus fédérateur.
Dans la même veine, avoir une raison
d’être dans ses statuts permet de se protéger de potentiels actionnaires activistes.
Si jamais ils exigent, par exemple, la fermeture d’un site ou d’un autre pour
accroître la rentabilité, le management
pourra arguer qu’une telle décision contreviendrait à la raison d’être de l’entreprise
de laquelle, simplement parce qu’ils sont
actionnaires, ils sont solidaires.
Comment expliquer alors que
ce chantier très stratégique soit
encore souvent chapeauté par la
direction de la communication ?
Cela est lié à une dépendance de sentier.
Par le passé, la définition de la « mission
d’entreprise » était souvent endossée par
la direction de la communication, car vue
comme un support du discours de l’entreprise. Au fur et à mesure, elle s’est donc
autour du dirigeant. Peu à peu, ce chantier, dont la réflexion pourra être alimentée par la direction de la communication, va glisser vers la direction
générale. Voyez l’exemple de la SNCF.
La réflexion ouverte sur l’adoption d’un
statut de société à mission implique
directement la direction générale et celle
de l’innovation.
Avec les changements prévus
par la loi Pacte, peut-on espérer
que la raison d’être essaime ?
Kevin Levillain : « La réflexion ouverte sur l’adoption d’un statut de société à mission
implique directement la direction générale et celle de l’innovation. » Photo DR
forgé les outils nécessaires et se trouve
aujourd’hui la plus naturelle pour piloter
le chantier de la raison d’être. Mais cette
phase n’est, je pense, que transitoire.
Plusieurs entreprises se sont saisies du
sujet dans des cercles de gouvernance
très confidentiels, avec un tout petit
groupe de personnes rassemblées
Avoir une raison
d’être dans ses statuts
permet de se protéger
de potentiels
actionnaires
activistes.
Outre les aficionados qui ont adopté le
statut d’entreprise à mission, beaucoup
de groupes du CAC 40 s’intéressent à la
raison d’être, même s’ils n’en sont pas
tous au même stade. Il existe encore une
dichotomie entre les entreprises qui ont
lancé des études sur le sujet, et celles qui
disent : « Il faudra encore que beaucoup
d’eau coule sous les ponts avant que je
puisse en parler avec mes actionnaires. »
Mais, grâce à son entrée dans le droit
français, je pense que cela va progressivement devenir essentiel, ne serait-ce
que pour ne pas risquer de subir une
différenciation négative si tout
le monde s’y met.
A l’avenir, la raison d’être structurera le
discours et toutes les décisions prises dans
une entreprise seront analysées à l’aune de
celle-ci. Avec l’adoption de la loi Pacte, une
vraie tendance de fond pourrait s’amorcer
puisque le droit dira : « Vous ne voulez pas
que la raison d’être reste cosmétique ?
Inscrivez-la dans vos statuts ! » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 37
Les Echos Lundi 4 février 2019
Loi Pacte : le compte
n'y est pas
Plus d’info :
echo.st/m322383
InVivo bientôt prêt
pour la société à mission
BUSINESS CASE
Le premier groupe coopératif
agricole français souhaite
aujourd’hui traduire dans ses
statuts une raison d’être garante
des choix stratégiques de long
terme, et qui porte l’ADN
de l’intérêt collectif.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
L
e 20 juin 2018, les membres du
conseil d’administration de
l’Union InVivo, premier groupe
coopératif agricole français, validaient une ambition : transformer en
sociétés à mission l’ensemble des
filiales du groupe. « La loi Pacte va
permettre de donner du relief à notre
démarche, explique Thierry Blandinières, directeur général. Nous voulons
inscrire cet ADN dans nos statuts. »
Avant de « passer d’un engagement
volontaire à un engagement statutaire », les juristes maison devront
attendre le texte définitif pour en
préciser les effets.
Quoi qu’il en soit, pour les dirigeants
d’InVivo, définir une raison d’être
s’inscrit aujourd’hui dans la logique
du modèle coopératif, mais aussi
dans la transformation lancée
il y a cinq ans. Méthode.
l
Faire sortir la RSE de la boîte
La démarche dans laquelle ils ont
engagé l’organisation s’apparente à
une fusée à trois étages – quasi prête
au lancement –, dont la base a été
construite dès 2014. « Nous étions
alors loin des discussions sur la loi
Pacte, explique Thierry Blandinières.
Mais nous pressentions que le temps
était venu de nous adresser à un consommateur citoyen, soucieux de son
alimentation, en phase avec les enjeux
environnementaux et sociétaux et qu’il
fallait que nous passions à la promotion d’une agriculture positive, en
France et à l’international. ». Une vaste
réflexion prospective débouchera sur
l’élaboration d’un plan stratégique à
l’horizon 2025, notamment basé sur la
RSE, l’innovation et le digital. L’objectif est de changer de modèle économique en valorisant les actions environnementales et sociétales, comme en
prophétie au futur article 1833 du
Code civil.
l
Définir une vision
Autre étage de la fusée, qui fait cette fois
écho à l’article 1835 promis : inscrire
dans les statuts « une raison d’être » qui
deviendrait une garante de choix stratégiques de long terme.
Pour l’identifier, InVivo engagera
une consultation par voie électronique auprès de près de 12.000 salariés, des actionnaires et autres financeurs, des fournisseurs et des clients,
sur la perception de l’entreprise.
Board et cadres dirigeants travailleront sur une synthèse au sein de
groupes de réflexion dont la mission
est de projeter l’entreprise à dix ans
en termes de RSE, d’innovation, de
digital et d’international. « A partir
de là, chacun aura contribué à écrire
la vision, la mission et le plan stratégique à long terme », raconte Thierry
Blandinières. Un Livre blanc résumera dès lors les ambitions d’InVivo
– il a été réactualisé en 2018. Il
devient surtout le cadre de référence
du développement du groupe et de
toutes ses composantes.
Expérimenter
à petite échelle
l
La filiale Bioline Group sert de base
d’expérimentation à la « conversion »,
avant que le dispositif ne soit élargi
aux autres entités métier et à la SAS
InVivo Group. Un comité RSE y formule une première raison d’être :
Le groupe coopératif entend notamment participer à la transformation de l’agriculture française et internationale
afin qu’elle soit plus qualitative et qu’elle produise en accord avec les enjeux environnementaux. Photo Jean-Sébastien Evrard/AFP
« Contribuer à construire une agriculture positive et innovante avec les coopératives et les producteurs afin de répondre aux besoins de tous les hommes
grâce à une alimentation saine. » Elle
est testée auprès des différents acteurs
de l’écosystème. Celle du groupe sera
de « participer à la transformation de
l’agriculture française et internationale,
pour qu’elle soit plus qualitative, pour
qu’elle produise en quantité en phase
avec les enjeux environnementaux, pour
s’adresser à des citoyens de plus en plus
nombreux ».
l
Changer de référentiel
Cinq ans après la décision de changer
de modèle économique, l’entreprise a
évolué. Le groupe, qui se pose en
acteur de « la prochaine révolution
agricole », a hybridé son capital et
réfléchit maintenant à des modes de
financement vert. « Nous sommes
devenus plus responsables mais aussi
plus agiles, indique le directeur général. L’éclosion de start-up internes,
l’aide à l’intra-entrepreneuriat ont fait
évoluer les relations entre salariés vers
un mode de coresponsabilité. » Le
top management aussi a opéré sa
petite révolution : « Lorsque nous
prenons une décision quelle qu’elle soit,
nous n’oublions jamais le critère du long
terme », affirme le dirigeant. Cerise sur
le gâteau, « la marque employeur s’est
transformée », confie-t-il. n
FINANCEMENT
Vers un nouveau levier
capitalistique de la raison d’être ?
Actuellement en discussion
au Sénat, le projet de loi Pacte,
dans sa version adoptée en
première lecture à l’Assemblée
nationale, prévoit la création
d’un mécanisme, un fonds
de pérennité économique,
qui sanctuariserait l’action
philanthropique d’une entreprise.
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
E
n matière de fondation d’actionnaires, comme dans d’autres, la
France a un temps de retard sur
ses voisins européens. Depuis quatre ou
cinq ans, le sujet revient régulièrement
sur la table avec, toujours, le même
constat : malgré la multiplicité des
dispositifs, la législation française est
relativement pauvre en la matière. « Les
fondations reconnues d’intérêt public
(FRUP), parce qu’elles ne peuvent détenir
des titres de société que dans des conditions extrêmement contraignantes, n’ont
rien à voir avec les fondations d’actionnaires européennes qui contrôlent le
capital de très grandes sociétés,
comme Novo Nordisk, Carlsberg ou
Mærsk », assure Pierre Mangas, avocat
associé chez EY Société d’Avocats.
Pour se rapprocher de ce modèle allemand ou nordique, l’idée d’utiliser
d’autres véhicules, comme les fonds de
dotation créés en 2008 par la loi de
modernisation de l’économie (LME), a
germé. Problème : « Ce mécanisme est
moins contrôlé et son fonctionnement a
moins de rigueur que celle d’une FRUP
pour remplir sa mission d’intérêt général, à en croire l’expert. Aujourd’hui, ils
sont surtout utilisés pour recevoir une
source de financement particulière, via
la perception des dividendes des sociétés
qu’ils contrôlent afin de financer des
actions relevant de l’intérêt général. »
Devant ce casse-tête, qui a davantage
trait à la philanthropie classique qu’à la
raison d’être, et compte tenu des difficultés techniques et politiques d’une
réforme de ce système – démontrées en
2017 dans un rapport de l’Inspection
général des finances –, le gouvernement a décidé de changer de pied.
Un bloc dur d’actionnariat
Au cours des discussions parlementaires sur le projet de loi Pacte, adopté en
première lecture à l’Assemblée nationale et en cours d’examen au Sénat,
Bercy a glissé un amendement qui
ouvre la voie à la création d’un « fonds
de pérennité économique ». « C’est un
mécanisme alternatif qui utilise un
prisme assez différent, analyse Pierre
Mangas, encore prudent sur l’adoption
définitive d’un tel dispositif. Il servirait,
à la fois, d’outil pour assurer la transmission d’une entreprise, mais pourrait
également permettre, grâce à un fonds de
dotation annexé au fonds de pérennité
économique détenteur de parts de la
société, de sanctuariser des moyens
financiers pour réaliser des actions à
visée sociale, sociétale ou environnementale. »
Transmission de valeurs
Concrètement, lors de la transmission
de son entreprise, un fondateur pourrait choisir de donner une partie de ses
parts à un fonds de pérennité économique. En alimentant le fonds de dotation
qui lui serait adossé, il financerait de
manière dédiée, et indiscutable, des
actions concrètes qui correspondraient
à la potentielle raison d’être de la
société qu’il détient. En plus du capital
économique, le fondateur transmettrait alors les valeurs humanistes et/ou
sociales et/ou environnementales qui
fondaient son entreprise.
D’autant qu’une fois apportés, comme
c’est le cas pour les fonds de dotation,
les titres ne peuvent plus être repris et
constituent un bloc dur d’actionnariat
qui, pour peu qu’il soit significatif,
influence la composition du conseil
Depuis quatre ou cinq ans, le sujet revient régulièrement sur la table. Photo Sipa
d’administration et des différents comités. « Lorsqu’un fonds de dotation ou
une FRUP détient une participation
importante dans une entreprise, le
management a toujours un fonctionnement différent, lié à cette particularité
capitalistique, avec une réflexion orientée sur le long terme », conclut Pierre
Mangas. n
4
À NOTER
Lors de l’examen du projet de loi Pacte,
le Sénat a transformé le « fonds de
pérennité économique » en « fonds
de pérennité », dédié à assurer la seule
transmission. Il a réservé la dimension
philanthropique à un autre article
consacré aux fondations d’actionnaires.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 4 février 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Grand jeu d’impatience
Deutsche Bank compte un peu trop sur
la clémence des marchés pour sa rentabilité.
LA SÉANCE DU 1ER FÉVRIER 2019
La Bourse de
Paris repasse
au-dessus des
5.000 points
La bonne dynamique que
•connaît
la Bourse de Paris
depuis le début de l’année ne
s’est pas grippée. Vendredi,
l’indice CAC 40 a gagné 0,53 %,
dans un volume d’échanges
mo déré de 3,37 mill iards
d ’e u r o s . E n h a u s s e d e
26,54 points, il a terminé la
séance à 5.019,26 points,
franchissant ainsi la barre des
5.000 points pour la première
fois depuis le 4 décembre dernier. Les investisseurs ont
accueilli avec enthousiasme les
nouvelles venues des Etats-Unis,
tant sur le plan des chiffres de
l’emploi que sur celui de la croissance du secteur manufacturier.
La semaine s’est terminée sur
une performance hebdomadaire positive, comme c’est systématiquement le cas depuis le
début de l’année, l’indice phare
de la Bourse de Paris progressant de 1,90 % sur 55 jours.
Du côté des valeurs, le secteur
du luxe a continué de surfer sur
la vague des bons résultats
annoncés par LVMH en milieu
de semaine dernière et d’une
possible relance de la croissance
chinoise. Kering (+1,99 %) a
ainsi pris la tête du CAC 40.
LVMH, qui a gagné 1,75 %, s’est
classé en troisième position,
juste derrière Publicis (+1,88 %).
Le géant de la publicité a cédé au
fonds Altamont Capital Partners son activité de visiteurs
médicaux PHS.
A l’inverse, le secteur bancaire a marqué le pas, pénalisé
par les inquiétudes sur les établissements italiens. Société
Générale a perdu 2,41 %, Crédit
Agricole SA a cédé 0,48 % et
BNP Paribas a lâché 0,20 %.
Airbus a progressé de 0,90 %
après l’annonce de l’ouverture
de discussions avec Emirates.
En dehors du CAC 40, Maisons
du Monde a bondi de 6,74 %
après le relèvement t de la
recommandation de Goldman
Sachs à « acheter » contre « neutre » auparavant.
LES ENTREPRISES CITÉES
ABC 23
Abu Dhabi Investment
Authority 31
Acast 23
Adic 31
Aereo 23
Airbus 20
Air France HOP 20
Alizé Group 27
Amazon 21
ArcelorMittal 26
Auchan 17
Barclays 29
Baron 27
Bharti Airtel 31
BP 18
BuzzFeed 23
Carrefour 17
CBS 23
Chevron 18
CPR AM 29
Cryonic Medical 27
Dalkia 26
Danske Bank 29
Deutsche Telekom 22
DIC Technology 27
E. Leclerc 17
Engie 26
Ericsson 22
ExxonMobil 18
Fox 23
Gimlet 23
Google 21
Huawei 22
Iberia 20
IHeartMedia 23
InVivo 37
Kepler Cheuvreux 15
Kuwait Investment
Board, 31
Lhotellier 27
Locast 23
Mieux vaut aller seul que mal accompagné. Le patron, Christian Sewing,
espérait sûrement en donner la démonstration éclatante à l’occasion
des résultats annuels de Deutsche Bank. L’humeur noire de Wall Street
au dernier trimestre en a décidé autrement. Le retour au bénéfice en 2018
n’a pas masqué une fin d’année un peu faible par rapport aux attentes
des pronostiqueurs, en particulier pour sa banque de financement
et d’investissement. L’impatience menace les actionnaires, même
si les ratios de solvabilité et de liquidité sont solides. Dans ce métier,
les rémunérations ont maigri moins vite que les recettes depuis 2016
(–2,2 % et – 22 % respectivement). La banque commerciale tire moins sur la
corde (–1,8 % et – 8,4 %). Bien sûr, la décrue des coûts totaux va se poursuivre en 2019 (–4,4 % prévus). Elle va contribuer à hisser le rendement des
fonds propres tangibles au-dessus de 4 %, après le famélique 0,5 % de l’année dernière. On reste toutefois bien au-dessous du coût du capital. Et il
faudra se contenter de dépasser 3 % si la météo des marchés financiers n’est
pas assez porteuse. Les régulateurs et les banquiers d’affaires n’ont donc
pas fini de réfléchir au moyen de lui faire servir une base de clientèle plus
large, au cas où. Selon les experts de l’agence de notation allemande
Scope Ratings, l’hypothèse Commerzbank tiendrait la corde.
Mais la rentabilité serait toujours un challenge.
Credit Agricole
Normandie Seine 19
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La phase d’hypercroissance
d’Amazon est passée.
Un divorce peut-il en cacher un autre ? Les vingt-cinq ans de mariage des
Bezos sont à peine plus anciens d’une saison qu’Amazon, et les deux arrivent en même temps à un tournant de leur histoire. La presse people se demande si une fois séparée de Jeff, MacKenzie, qui a droit à la moitié de la
fortune de son époux et donc à 8 % de la première capitalisation boursière
mondiale (799 milliards de dollars), va devenir la quadragénaire la plus riche de la planète. Les journaux financiers, eux, questionnent la valorisation
toujours généreuse du premier e-commerçant sur le globe, alors
qu’à 61 fois les bénéfices attendus, elle a déjà été divisée par quatre en quinze mois. Les comptes annuels 2018 y ajoutent un enterrement, celui d’une
incroyable hypercroissance qui a vu le chiffre d’affaires multiplié par douze
en une décennie. Les 30 % de croissance de l’an dernier (hors effets de changes), qui lui ont fait passer le seuil des 200 milliards de dollars de ventes,
suffiraient à remplir de joie plus d’un épicier. Mais tombée à 20 % au dernier trimestre, elle enregistre son plus faible rythme depuis trois ans. Et le
début de 2019 démarrera sur un moderato de 10 % à 18 % à en croire des objectifs traditionnellement prudents. La cadence ne doit pas faire oublier
qu’Amazon a créé en douze ans une branche de services informatiques
(cloud) presque aussi grosse qu’Atos et Capgemini réunis. Le groupe
grandit d’un dixième de la taille de Walmart chaque année. Qu’il aura
dépassé en chiffre d’affaires en 2025, selon les analystes, après être passé
cette année devant Apple. Il est des enterrements moins joyeux.
AVIS FINANCIERS
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Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
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Deux divorces et un enterrement
Electrolux distribue sa branche professionnelle à ses actionnaires, Stockholm apprécie.
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« Amour sans joie, adieu à toi », dit le vieux dicton français. En Suède, c’est
plus subtil puisque la fierté nordique de l’électroménager Electrolux se sépare d’une branche professionnelle qui faisait son bonheur – avec sa marge
opérationnelle presque deux fois et demie plus élevée et sa croissance régulière –, pour faire encore plus le sien et celui de ses actionnaires suédois. Il
n’y a pas si longtemps, le « chairman » du conseil d’administration, Staffan
Bohman, vantait l’intérêt du transfert d’innovation, des grands pros des
cuisines et blanchisseries vers le grand public avide de nouveautés. Mais les
synergies sont limitées et le numérique pousse à se concentrer encore plus
sur les expériences des clientèles. Le dauphin de Haier et Whirlpool a
d’ailleurs eu l’habilité de présenter une nouvelle organisation par géographie et la restructuration attendue de ses activités américaines pour donner tout son sens à cette scission, le tout sans renoncer à la cible de marge
(6 % des ventes) qui bénéficiera des économies à partir de 2020 (0,8 %).
L’action de l’inventeur de l’aspirateur grand public n’est pas spécialement
bon marché (14 fois le bénéfice prévisionnel contre 10 fois pour Whirlpool).
Sans ce sérieux ménage d’hiver et un trimestre moins mauvais que prévu,
le spin-off n’aurait donc pas si bien aspiré son cours (+10 %), malgré la cote
boursière du secteur professionnel (de l’ordre de 16 fois) et son parfum
rendu plus spéculatif par les occasions de « M & A ». Le patron Jonas
Samuelson aux manettes depuis trois ans subira les mêmes vents
contraires (matières premières, droits de douane et devises) mais
ses rivaux américains ou chinois ne sont pas mieux lotis.
Scission : bien aspiré
Luminary Media 23
Michelin 36
Mubadala, 31
NBC 23
Nokia 22
PSA 26
Puzzle.de 27
Runlabs 27
Shell 18
Spotify 23
Streeteo 19
Stuff Media 23
Système U 16
Telefónica 22
Vice Media 23
ZTE 22
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DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
crible
L
Juan Guaidó
undi c’est raviolis », c’est bien
connu depuis le film culte
d’Etienne Chatiliez mais
aujourd’hui nous ne sommes plus du
tout dans « La vie est un long fleuve tranquille ». Pas seulement parce qu’il n’y a
plus beaucoup de raviolis dans l’assiette
des Vénézuéliens affamés par le régime
préféré de Jean-Luc Mélenchon, mais
parce que sur les ronds-points comme à
l’autre bout du monde, « samedi c’est
manif ». Le 2 février, le président autoproclamé du Venezuela, Juan Guaidó,
appelait ses compatriotes à descendre
dans la rue afin de réclamer des « élections libres » au président en titre Nicolás
Maduro. Ce dernier est taxé d’usurpation après des élections l’an passé jugées
illégitimes. Il a surtout ruiné son pays. Ce
fossoyeur est soutenu par les grandes
démocraties que sont la Russie, la Chine,
la Corée du Nord, la Turquie, Cuba. Mais
Juan Guaidó, trente-cinq ans, a derrière
lui les Etats-Unis, l’Union européenne, il
ne veut pas plier. Comme tous les Vénézuéliens, il est acculé dans une misère
noire, l’exil de 5.000 personnes par
jour est en train de créer une crise des
réfugiés colossale. Guaidó est un survivant. Il a subi en 1999 la catastrophe
naturelle qui dans son Etat de Vargas
causa 10.000 morts et laissa sa famille
provisoirement sans abri. En 2007, l’étudiant ingénieur entre en politique en
manifestant contre Chavez. En 2009, il
participe à la fondation du parti Volonté
Populaire. En 2015, il est élu député, préside depuis le 5 janvier l’Assemblée
nationale où l’opposition est majoritaire.
Son milieu est très modeste, ses ambitions pour son pays sont immenses. Le
voilà, lui, grand brun, piètre tribun, qui
représente la dernière espérance du
Venezuela, le dernier remède d’un pays
privé de médicaments.
(
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