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Connaissance De La chasse N°514 – Février 2019-compressed

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N° 514
Février 2019
Dom/S : 8 €
Bel/Lux : 7.60 €
CH : 11.90 FS
PORT CONT. :
7.90 €
MAR : 79 MAD
N.CAL/S : 1070 cfp
I.Mau/S : 8.20 €
L 19848 - 514 - F: 6,90 € - RD
FEVRIER 2019
N°514
éditorial
© M. Breuer
Et autres bonheurs
L
orsque vous lirez ces lignes, la situation aura
peut-être évolué… Le 6 janvier dernier, deux sangliers
ont été tués à la chasse. De l’autre côté de la frontière,
chez nos amis belges. Trois jours plus tard, le
gouvernement wallon annonçait que les animaux se révélaient
être infectés par la Peste porcine africaine [lire page 16].
Ces deux animaux malades ont été chassés à moins de
1 kilomètre de la France. Aux portes de la Meuse et
des Ardennes.
Pas de panique : cette maladie, que les Anglais – pragmatiques
– nomment fièvre (African swine fever), est strictement
sans aucun risque pour l’Homme, ni pour les chiens
et autres espèces animales, à l’exception des seuls porcs.
Hélas, aucun traitement ni vaccin n’existe contre ce virus.
Tout comme la présence du camp militaire de Lagland aux
abords duquel auraient été trouvées d’identiques carcasses dès
le printemps 2018. Camp qui accueillit à cette même saison
des militaires en provenance des pays baltes – infectés –,
mais encore de Tchéquie – infectée.
Or, le virus de la Ppa persiste à merveille dans la boue, collée
aux roues et à la carrosserie des véhicules par exemple.
L’inconvénient de cette maladie est qu’elle est très virulente,
entraînant la mort quasi assurée des sangliers et des porcs.
Forcément, pour le chasseur c’est très gênant. Pour l’éleveur,
qui doit vivre de son métier, c’est catastrophique.
Dans nos sociétés émotives, la nouvelle de l’arrivée de la Ppa
peut avoir pour effet d’entraîner la baisse de la consommation
de porc. Dans notre monde globalisé, cette même nouvelle
a pour effet d’engendrer la chute des exportations de viande
porcine vers l’Asie, entre autres.
Que faire en cas de Ppa ? Ou en cas de simple crainte ?
Chasser. Tuer le plus possible de sangliers. Le président de
la Fnc, Willy Schraen, nous expliquait pour quelles raisons dès
le 27 septembre : « Je vous rappelle que 85 % des dégâts en
France se concentrent sur seulement 15 % de nos communes.
C’est donc là également que nous avons souvent de grosses
concentrations de sangliers, très propices au développement
de la maladie. C’est pour toutes ces raisons que je demande
aux chasseurs de France d’appliquer des prélèvements
soutenus, là où il est urgent de le faire. […] Dans certaines
chasses, nous devrons tirer sans distinction d’âge, de sexe
et de poids, et mettre un terme immédiatement à toutes
les sanctions financières ou autres en cas d’erreurs de tir.
Nous devons fortement prélever cette année et l’année
prochaine. Il y va cette fois-ci de l’avenir de toute la chasse
française ! Je sais que nous ne sommes pas responsables
de l’arrivée de cette maladie, mais ne facilitons pas sa
propagation par des populations de sangliers non maîtrisées. »
Contrairement à ce que disent les écolos anti-chasse belges,
la Ppa ne doit rien aux chasseurs, ni à d’éventuels lâchers de
gibier. D’ailleurs ceux-ci sont interdits en Belgique depuis 1994,
tandis que la chasse en enclos y est supprimée depuis 2000.
Il n’empêche, nos amis belges sont l’objet d’attaques
de tels individus dont les médias se font volontiers l’écho.
En réalité, ce sont très probablement des déchets alimentaires
à base de viande de porc contaminée abandonnés dans
la nature qui sont à l’origine de l’apparition de l’épizootie.
Rappelons que le virus de la Ppa est hyper résistant :
plus de 140 jours dans du jambon fumé, plusieurs années
dans de la viande congelée.
La présence de plusieurs sorties de l’autoroute E25/E411
à proximité du secteur d’Etalle, où furent découvertes les
premières carcasses de sangliers infectés le 13 septembre
dernier, laisse songeur.
Que faire ? Suite à la réunion organisée par la Fdc de la Meuse
à Montmédy le 9 janvier, les services de l’État ont annoncé
la pose d’une clôture de grillage de type ursus le long de
la frontière belge, en Meuse, dans les Ardennes et en Meurtheet-Moselle. Elle complète la clôture électrique posée par
les seuls chasseurs sur le même tronçon.
Chasser davantage de sangliers. Miser sur une chasse de qualité
et non de quantité. Miser sur les autres gibiers. Tel le petit gibier.
Relancer la gestion des territoires… plus que celle du maïs.
La Ppa ? L’occasion de repenser notre art.
Bonne lecture à toutes et à tous.
François-Xavier Allonneau
fx.allonneau@editions-lariviere.com
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
3
Au sommaire
44
Président du Conseil de surveillance:
Patrick Casasnovas
Présidente du Directoire:
Stéphanie Casasnovas
Directeur général:
Frédéric de Watrigant
Pour joindre votre correspondant, composez le 01 41 40
suivi du numéro de poste qui figure à la suite de son nom.
Éditeurdélégué - Directeur commercial:
Alexandre Figère (31 60)
alexandre.figere@editions-lariviere.com
Rédacteur en chef:
François-Xavier Allonneau (31 43),
fx.allonneau@editions-lariviere.com
Rédacteur en chef adjoint:
Laurent Bedu (31 44),
laurent.bedu@editions-lariviere.com
Secrétaire de rédaction:
Sébastien Foy (32 43),
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Rédacteur graphiste, chromie:
Hugues Chantepie (31 46),
hugues.chantepie@editions-lariviere.com
Ont aussi collaboré à ce numéro:
Philippe Aillery, Pierre Aillery, Christophe Aubin,
Bruno Berbessou, Michael Breuer, Olivier Buttin,
Laurent Geslin, Gérard Hagenet, Thibaut Macé,
Bertrand Muffat-Joly.
Photos de couverture : Gérald Soligny,
et Thibaut Macé, Bruno Berbessou et Pierre Aillery
Photogravure: Béatrice Ladurelle
Infographies: Laurent Hindryckx
Directeur commercial - Éditeurdélégué:
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Accueil publicité: tél.: 014140 3155
Chefs de publicité:
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Julien Tournoux (34 12),
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durablement.
Origine du papier : Belgique.
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Directeur de la publication
Patrick Casasnovas
La revue décline toute responsabilité
pour la perte de manuscrits,
photos et documents qui lui sont
confiés. Reproduction partielle ou
totale interdite, sauf autorisation.
Les opinions émises n’engagent
que leurs auteurs.
4
es off
Profitez d les
spécia
Grand gibier : émotions fortes
Vivez une battue d’exception dans l’Est
© T. Macé
Organisée par
la société de chasse
du Fond d’Hacnivaux,
la Battue des Dianes
réunit une centaine
de postés, dont plus
de la moitié sont de
jeunes chasseresses.
L’occasion rêvée
de dresser le portrait
des chasseresses
d’aujourd’hui.
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(réservé aux dépôts et diffuseurs de presse) :
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Catherine Veillard (40 90)
Chargée de promotion-abonnements:
Géraldine Savigny (40 91)
62
La grande voyageuse
qu’est la sarcelle d’hiver
stationne en masse
sur de très nombreuses
zones humides
françaises. Elle occupe
la deuxième place
du tableau national des
sauvaginiers. Zoom sur
un concentré de gibier.
© P. Aillery
Connaissance de la Chasse,
incorporant Chiens de Chasse,
est une publication des Éditions Larivière.
Société par actions simplifiée de 3200 000 euros
Dépôt légal: Janvier 2019, 1er trimestre 2019
Commission paritaire n° 0521 K 81464 - ISSN
0396-5678 - N° de TVA intracommunautaire:
FR 96572 071 884 - CCP 115915 A PARIS RCS Nanterre B 572 071 884 12, rue Mozart - 92587 CLICHY CEDEX
Tél.: 0141 40 32 32, Fax: 0141 40 32 50
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n°514, Février 2019
94
ACTUS & NOUVEAUTÉS
Chasse
sportive
de la
bécasse
Irlande
Cocagne.fr: une offre
unique de territoires
68
06
Actus et nouveautés
16
En un coup d’œil : loup, où es-tu ?
24
On en parle : cocagne.fr
28
Test terrain : Solognac spécial bécasse
32
Belles lectures
36
Shopping
40
ACTION DE CHASSE
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destination de rêve
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Photos choc
Est : la Battue des Dianes
44
Comment se porte la vènerie du chevreuil? 54
28
© M. Breuer
Cocagne.fr, une
nouvelle plateforme
internet, vient d’être
mise en ligne.
Son but ? Proposer
aux chasseurs
des séjours d’un jour
ou d’une saison
en France. Initiateur
du projet, Didier
Gavens nous dévoile
ce site.
La sarcelle, un bolide en forme
62
EN SUIVANT NOS CHIENS
Le courant passe !
68
ÉQUIPEZ-VOUS
Chiens courants :
30 ans de succès
Carabine : Browning X-Bolt Pro Carbon
76
Optique : Kahles Hélia RF 10x42
84
Trophées Connaissance de la Chasse
86
CHASSE À L’ÉTRANGER
Infos du monde
88
Anticosti, le paradis du cerf canadien
90
Un bécassier sur le sol irlandais
94
CUISINE & ART DE VIVRE
© Faccc
Effiloché de lièvre au chocolat
Cette année, la Faccc fête ses 30 ans. Hervé Cart, responsable projets de
l’association, fait le point sur l’évolution de la chasse aux chiens courants.
102
ANNONCES CLASSÉES
Armes, chiens, territoires, voyages…
104
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
5
Homme, sweet homme
Italie. Visiblement peu farouche, ce chamois se rapproche sans hésitation des habitations. Les motifs de
son intrusion parmi les hommes restent toutefois inconnus. Photo Michael Breuer.
Blanc comme neige
Alpes. Oiseau montagnard par excellence, le lagopède alpin est un intrépide que le plumage blanc
hivernal rend quasi invisible dans la neige. Photo Bertrand Muffat-Joly, Oncfs.
1, 2, 3, soleil !
Hippos et crocos ont besoin le matin d’accéder aux rives ensoleillées, générant parfois une cohabitation
pas toujours simple. Sang-froid indispensable. Photo Olivier Buttin.
photos choc
PLAGE (HORAIRE) RÉDUITE
Homme, sweet homme
1, 2, 3, soleil !
Une fois n’est pas coutume, le
photographe animalier germanique
Michael Breuer, fidèle parmi les fidèles
illustrateurs de Connaissance de la
Chasse, nous entraîne en dehors de ses
frontières pour rejoindre l’Italie, et plus
exactement le parc national del Gran
Paradisio (entre le Piémont et la vallée
d’Aoste) pour une nouvelle séquence
peu ordinaire dont il a le secret.
Le chasseur d’images nous confie qu’il
va tous les ans dans ce secteur au mois
de novembre pour immortaliser
les chamois en période de rut.
Reste que d’habitude le rendez-vous
avec les animaux se mérite et il faut se
rapprocher des sommets pour parvenir
à ses fins. C’est lors d’une pause sur le
chemin des cimes, aux abords d’un petit
village, que notre collaborateur a été
le témoin de cette intrusion tranquille
d’un mâle de chamois adulte parmi
les hommes.
Il nous explique : « J’avais repéré ce
bouc au loin, dans la pente. Il marchait
dans la direction des maisons mais
je pensais qu’il allait dévier et s’écarter à
un moment ou un autre. Il n’en fut rien.
Sans crainte, juste prudemment, il a
suivi sa route et est passé non loin de la
première maison avant de disparaître de
ma vue. Il est vrai qu’en cette saison le
village n’est pas très animé et beaucoup
d’habitations sont inoccupées, mais il
n’est pas désert pour autant. J’emprunte
régulièrement cet itinéraire et c’est
la première fois que j’observe un tel
comportement chez un chamois. »
Il nous est bien difficile de donner
la moindre explication quant à l’attitude
de ce chamois. Tout juste pouvons-nous
nous risquer à évoquer une perte
de méfiance en raison du rut ou d’une
quelconque imprégnation à l’homme.
Mais nous n’irons pas plus loin.
D’ordinaire dans les eaux,
y compris dans celles
camerounaises du Faro
sur les bords duquel
a été réalisé ce cliché,
crocodiles et
hippopotames s’ignorent.
Chacun évitant
soigneusement l’autre,
même si parfois un jeune
hippo est la proie d’un
grand saurien, ou un
reptile trop curieux la
victime de l’irascibilité
d’un cheval du fleuve.
Les voir donc ainsi
si proches, côte à côte,
n’est pas courant. Mais
il semble bien qu’en
l’occurrence nécessité
faisait loi. Cette photo
a été prise en effet à 9 h
sur la zone de chasse 16
de Faro-West-Lobéké,
sur une berge constituée
exclusivement de rochers
© B. Muffat-Joly, Oncfs
Blanc comme neige
12
d’autres organismes, mène un
programme de recherche sur le
lagopède alpin dans les PyrénéesOrientales et en Haute-Savoie. Le
suivi d’oiseaux équipés de colliers
émetteurs ou de Gps a permis
d’affiner des connaissances sur
la biologie de l’espèce (taux de
survie et causes de mortalité,
biologie de la reproduction…).
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Olivier Buttin
Michael Breuer, avec Philippe Aillery
PRESQUE INVISIBLE,
ET POURTANT SUIVI
Technicien Oncfs au sein
de l’équipe « Galliformes de
montagne », Unité petite faune
sédentaire, Bertrand Muffat-Joly,
photographe averti, s’intéresse
notamment de très près au
lagopède alpin. C’est à proximité
dans les Alpes du Nord, lors d’une
prospection visant à recenser les
effectifs et à identifier les habitats
utilisés par l’espèce en période
hivernale, qu’il a pu immortaliser
ce très académique instant.
En guise de commentaire,
Bertrand a choisi de nous parler
de la situation du petit tétraonidé
et des travaux de suivi réalisés :
« Depuis la fin des années 1990,
l’Oncfs, en partenariat avec
sur des centaines de
mètres à l’exception de
cet unique banc de sable.
Sauriens et cétancodontes
n’avaient donc que ce lieu
pour profiter de l’astre
solaire. L’un pour réguler
sa température corporelle
après avoir passé la nuit
dans les eaux froides de
la rivière, les autres pour
bénéficier des premiers
rayons solaires avant
qu’ils ne deviennent
trop violents pour leur
épiderme glabre et
sensible. La plage horaire
intéressante étant donc
pour les uns comme
pour les autres réduite,
cela a occasionné cette
cohabitation climatique
pacifique avant
un nouveau partage
des eaux !
© O. Buttin
© M. Breuer
ERREUR DE GPS ?
En parallèle, recommandations
et mesures ont été proposées et
réalisées pour tenter de concilier
aménagements, activités
touristiques, pastoralisme ovin
et conservation de l’espèce.
Au cours de ces dernières
décennies, le statut de l’oiseau,
au niveau national, est passé
de “Préoccupation mineure”
à “Quasi-menacé”. Pour les Alpes
du Nord, la baisse des effectifs
est surtout marquée dans
les massifs préalpins excentrés.
Le lagopède alpin est classé
“espèce chassable”, mais
les prélèvements cynégétiques
ne peuvent plus être considérés
comme un facteur impactant
des effectifs. À l’échelle des Alpes,
ils sont d’ailleurs très limités et
encadrés par des plans de chasse
ou des Pma. Le déclin des
populations périphériques traduit
peut-être déjà l’effet du
réchauffement climatique,
soit par la perte d’habitat due
à la montée de la forêt vers
l’étage alpin, soit par un effet
indirect sur le taux de survie
dû à la baisse de la durée de
l’enneigement, soit en influant
sur le succès de la reproduction. »
Bertrand Muffat-Joly, avec Ph. Aillery
actus & nouveautés
LA TUILE
La Ppa aux portes de la France
Dimanche 6 janvier, en Belgique, 2 sangliers chassés se sont révélés infectés… Cela à moins de 1 km
de la frontière française. Aux portes de la Meuse et des Ardennes. Après une phase relativement lente
depuis septembre dernier, en un mois le développement de l’épizootie s’accélère nettement.
zone de vigilance
ALLEMAGNE
BELGIQUE
zone d’observation
renforcée
zone noyau
2
3
ARDENNES
X
X
zone tampon
1
LUXEMBOURG
MEUSE
MEURTHE-ET-MOSELLE
Deux cas très sensibles
Lors d’une battue organisée
le dimanche 6 janvier dans les bois
situés entre Meix-devant-Virton
et Sommethonne, en Belgique,
4 sangliers sont levés. 2 animaux sont
tués par les chasseurs (point 1 sur
la carte). Analysés, comme l’impose
la réglementation belge, ils se
révéleront porteurs positifs du virus
de la Peste porcine africaine, lors
d’une première analyse effectuée
le lundi 7 et d’une contre-analyse
le lendemain.
L’information a fuité le mercredi
9 janvier matin dans L’Avenir sous
la signature de Dominique Zachary,
avant d’être officialisée trois heures
plus tard par les services du ministère
wallon de l’Agriculture.
Ces animaux ont été chassés dans
la zone d’observation renforcée (Zor).
C’est-à-dire hors de la zone définie
16
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
comme infectée. Ces sangliers
malades sont les premiers à être
observés au-delà de la zone tampon.
Progression accélérée
En fait, en un mois, nous assistons à
une nette et inattendue accélération
du développement de l’épizootie.
Le rythme moyen de progression
du virus, estimé par les scientifiques à
1,4 km en forêt, semble avoir doublé.
Les cas de cadavres infectés retrouvés
en forêt se sont multipliés de façon
assez spectaculaire hors de la zone
noyau, à l’ouest, dans la zone tampon
(point 2).
On relève également à l’opposé,
à l’est (au-delà du camp militaire
de Lagland), quelques carcasses
également infectées (point 3).
Les animaux malades paraissent
buter – pour le moment – contre
l’autoroute E25/E411.
Le virus fait
une poussée
vers l’ouest.
En direction
de la France.
Cela après
une période
de calme relatif.
L’efficacité de la clôture
Que penser de l’efficacité de
la clôture (un grillage de 1,20 m,
de type ursus) posée à la frontière
entre la zone tampon et la Zor,
entre fin octobre et fin novembre ?
En fait, cet obstacle s’avère être
un ensemble de tronçons de clôture.
De nombreux passages (routes,
lotissements, etc.) étant demeurés
ouverts. Cette clôture était donc non
hermétique, et devait être considérée
comme un outil de ralentissement
de l’épizootie. Ce que signifiait
d’ailleurs très tôt le ministère wallon
de l’Agriculture.
Néanmoins, tenant compte de
la progression de la maladie vers
l’ouest de la Zor, la pose de deux
poches de grillage a été annoncée
pour la mi-janvier dans le nouveau
secteur infecté. Le projet est-il encore
pertinent ?
pages réalisées par François-Xavier Allonneau, Laurent Bedu et Olivier Buttin
Le 4 janvier, selon le dernier
décompte officiel, il est compté 288
sangliers infectés sur 731 animaux
analysés. 232 sont localisés dans la
zone noyau, 56 dans la zone tampon.
Auxquels s’ajoutent désormais
les 2 sangliers de la Zor. Laquelle
va forcément changer de statut.
En outre, 287 sangliers ont été
détruits par la chasse et le piégeage
dans la Zor. Ces animaux se sont tous
révélés sains. Idem des 76 animaux
analysés provenant de la zone
de vigilance, au nord.
En un mois, ce sont plus de 100
sangliers qui se sont révélés infectés.
Alors que « seules » 184 carcasses
infectées avaient été recensées
en 4 mois, entre le 13 septembre
et le 6 décembre.
Et demain ?
« En fait, nous pouvons comparer la
zone infectée à un champ de mines.
Cela peut péter à tout moment.
Et on ne sait pas où », nous précise
un chasseur de la région. Et d’ajouter :
« Il est à redouter que la maladie se
propage dans les forêts plus à l’ouest,
car la Ppa y serait plus encore difficile
à gérer. » ■ F.-X. A.
EXPÉRIENCE BELGE
Ce que l’on apprend du virus
Il apparaît que :
◗ le développement du virus
de la Ppa dans la nature
est beaucoup plus complexe
que ce qu’envisageaient
les scientifiques ;
◗ le rythme et la façon
de se propager du virus
sont relativement incertains ;
Sardaigne,
40ans
avec la Ppa
à l’apport de déchets
alimentaires infectés dans
des élevages de porcs ou
dans la nature, que la Ppa
fut introduite dans le sud
de la Sardaigne, en 1978.
◗ Depuis, le virus persiste
dans la province de Nuoro.
Il y est qualifié
d’endémique par l’Anses.
◗ En fait, l’épizootie
connaît dans l’île un
développement très
irrégulier. Une alternance
de baisses et de pics
d’infection. Tels ceux du
début des années 1990
et de 2004-2005.
◗ Le nombre de foyers
sardes varie de zéro,
quelques unités à 250
par an. Mais encore,
entre 1993 et 2010, 105
communes sur 377 ont
été touchées par la Ppa.
◗ le virus est certes virulent
mais probablement pas
si contagieux qu’on l’imagine ;
◗ en revanche, le virus
est résistant, persistant ;
◗ certains s’interrogent sur
l’éventualité de sangliers
porteurs sains du virus ;
◗ des pieds de marcassins ont
été observés tardivement dans
la zone noyau, dans la région
du camp militaire de Lagland.
Ce qui signifie que les laies
n’avaient pas été contaminées
par le virus alors qu’elles
fréquentaient une zone qui,
pourtant, se serait révélée
infectée dès le printemps.
ÉPHÉMÉRIDE DE FÉVRIER 2019
UN PEU D’HISTOIRE
◗ C’est probablement suite
L’animal atteint par
la fièvre qu’occasionne
la Ppa recherche l’eau.
© M. Breuer
Combien de sujets infectés ?
Deux tiers des
municipalités y ont donc
échappé.
◗ L’Anses de préciser :
« Les sangliers jouent donc
certainement un rôle de
réservoir mais ne sont pas
seuls responsables de la
persistance de la maladie.
Au contraire, celle-ci
semble étroitement liée
au mode d’élevage
extensif et au faible niveau
de biosécurité appliqué
dans ces élevages ainsi
qu’aux mouvements de
porcs non contrôlés entre
élevages. »
◗ Les mêmes scientifiques
observent que lors du pic
de 2004-2005, les foyers
de Ppa concernaient
principalement des
élevages familiaux de porcs
dans une zone dépourvue
de sangliers infectés.
Dicton : en février, que dit-on ?
« Il vaut mieux voir un loup dans le troupeau,
Qu’un mois de février trop beau »
Dates
Vendredi
Samedi
Dimanche
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
1
2
3
4
5
6
7
8
9
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11
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21
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24
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26
27
28
Saints
Ella, Ignace
Véronique
Blaise
Véronique, André C. et Jeanne de V.
Agathe
Gaston, Vaast, Armand, Dorothée
Eugénie, Romuald
Jacqueline, Jean de M.
Apolline, Nicéphore
Arnaud, Scholastique
N.-D. Lourdes, Séverin
Félix, Eulalie
Béatrice, Polyeucte
Valentin
Claude, Faustin et Jovite
Julienne, Onésime
Alexis, Silvin
Bernadette, Siméon
Gabin, Suzanne
Eucher
Pépin de L.
Isabelle, La chaire de Saint-Pierre
Lazare, Pierre Damien, Jean
Modeste, Taraise
Roméo
Nestor, Porphyre
Honorine, Léandre
Romain
Lever
du soleil
08 h 21
08 h 20
08 h 19
08 h 17
08 h 16
08 h 14
08 h 13
08 h 11
08 h 10
08 h 08
08 h 06
08 h 05
08 h 03
08 h 01
08 h 00
07 h 58
07 h 56
07 h 54
07 h 53
07 h 51
07 h 49
07 h 47
07 h 45
07 h 43
07 h 41
07 h 39
07 h 37
07 h 36
Coucher
du soleil
17 h 48
17 h 49
17 h 51
17 h 53
17 h 54
17 h 56
17 h 58
17 h 59
18 h 01
18 h 03
18 h 04
18 h 06
18 h 08
18 h 09
18 h 11
18 h 12
18 h 14
18 h 16
18 h 17
18 h 19
18 h 21
18 h 22
18 h 24
18 h 25
18 h 27
18 h 29
18 h 30
18 h 32
Renseignements donnés en heure réelle (Paris). Rajouter une petite demi-heure pour Brest
et retirer une petite demi-heure pour Strasbourg. Grande marée: le jeudi 21 février 2019.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
17
actus & nouveautés
Canon et culasse de la Monobloc sont réalisés dans un seul et même bloc d’acier pour procurer davantage de rigidité et de précision.
LA CARABINE BIEN NOMMÉE
Révolution chez Steyr Mannlicher : la Monobloc
Depuis quelques mois, la rumeur
bruissait de l’arrivée d’une
nouvelle carabine chez Steyr. La
rumeur est désormais confirmée
par la firme qui qualifie même
sa nouveauté de révolution
et l’a dévoilée en Autriche
les 3 et 4 octobre derniers.
La commercialisation est prévue
pour le printemps prochain.
Il s’agit d’une carabine à verrou
d’un nouveau genre. Une arme
baptisée Monobloc, son canon
et son boîtier de culasse étant
réalisés dans un seul et même
bloc d’acier. Une prouesse
technique qui, selon le fabricant,
donnera plus de rigidité et donc
plus de précision à la carabine.
Cette arme tout acier est dotée
d’un chargeur amovible
d’une contenance de quatre
cartouches. Le verrouillage est
classique, c’est-à-dire à quatre
mouvements, et un armeur est
présent sur le col de crosse.
Les départs seront réglables.
La relime moderne n’est pas
sans rappeler celle de la Scout,
une autre innovation Steyr.
La crosse est intégralement
réalisée en polymère, dans
un choix de plusieurs coloris
agrémentés, sur les zones de
préhension et le busc, d’inserts
de cuir de couleur différente.
Il y aura ainsi des modèles vert
et noir, blanc et noir, vert et
beige, gris et marron, et marron
et beige. La Monobloc devrait
peser 3,7 kg, acier oblige, pour
une longueur totale de 108 cm
avec un canon de 56 cm.
Elle recevra de plus un bedding
en aluminium. Les calibres
annoncés sont les suivants :
.308 Win, .30-06 Springfield,
.270 Win, 7x64 et 8 x 57 IS.
Son prix définitif n’est pas
encore annoncé mais devrait
selon nos informations avoisiner
4 500 €. ■ L. B.
La crosse en polymère et les inserts de cuir, sur les zones de préhension et le busc, sont proposés en plusieurs coloris au choix.
Cinq variantes de la Monobloc s’offrent ainsi à vous.
18
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
DU LISSE ET DU RAYÉ
3 nouvelles balles chez Winchester
La Winchester Extreme Point
prend du poids en 2019. Cette
balle dévoilée il y a maintenant
trois ans possède une large
coiffe balistique qui provoque
une expansion rapide et brutale.
Spectaculaire, efficace même
sur de gros sangliers, cette balle
semblait peut-être un peu légère
aux yeux de certains chasseurs.
Voilà pourquoi une nouvelle
version, qui ne remplace pas
la précédente mais la complète,
voit le jour avec des balles de
masse supérieure. En calibre .30,
la balle pèse désormais
180 grains (11,7 g), l’expansion
n’en sera pas modifiée mais
la sortie de la balle devrait être
garantie et avec elle une
hémorragie et piste de sang.
L’Extreme Point se conjugue
aussi en mode sans plomb cette
année avec la Copper Impact.
Une Extreme Point réalisée
entièrement en alliage cuivreux,
mais qui conserve la large coiffe
balistique et le principe de
l’expansion violente de sa
grande sœur.
L’Extreme Point Copper Impact
vient combler le vide laissé
dans la gamme des munitions
Winchester par la Power Core,
une « sans plomb » abandonnée
peu après sa sortie. Lancée
l’année dernière aux Usa sous
le nom de Deer Season Copper
Impact, cette cartouche
a déjà reçu l’aval des chasseurs
de grand gibier d’Amérique
du Nord. Cinq calibres sont
proposés : .243 Win, .270 Win,
.308 Win, .300 Win Mag et
.30-06. En diamètre .30 la balle
pèse 9,7 g.
La dernière des trois nouvelles
balles Winchester s’appelle la
Rack Master et est destinée aux
armes lisses. Cette cartouche de
calibre 12, charge un slug Foster
de 28 g (32 g avec sa bourre)
à ailettes et pointe concave.
À l’impact la balle va expanser.
Dans un canon de 71 cm,
on obtient une vitesse de
450 m/s. ■ L. B.
APRÈS LES BXC ET BXR
Balle sans plomb Browning: la BXS débarque
La saison dernière, Browning
avait investi le marché des
munitions métalliques de grande
chasse avec les balles BXC et
BXR (balle à expansion contrôlée
pour la première, et balle
à expansion rapide pour la
seconde). Cette année, la firme
confirme ses ambitions avec une
nouvelle munition : la BXS, sans
doute pour balle à expansion
sans plomb. Cette nouvelle balle,
à coiffe en polycarbonate et
arrière fuyant, est en effet
réalisée dans un alliage de cuivre
sans aucune trace de plomb.
Une balle polyvalente et destinée
à toutes les chasses et tous
les territoires. Comme la plupart
des balles monométalliques, elle
comporte des cannelures (deux)
qui facilitent le sertissage et
limitent la montée en pression
dans le canon en empêchant la
balle toute entière de forcer les
rayures. Comme à l’accoutumée,
la première balle est proposée
en calibre .30, les .30-06 et
autres .308 Win ou .300 Win
Mag, avec un poids de 11,7 g
(180 grains). ■ L. B.
actus & nouveautés
BLOC TOMBANT MADE IN PERPIGNAN
Dorléac & Dorléac revisite Hagn
Un bloc tombant réalisé sur un boîtier Hagn en .243 Winchester
pour l’approche du chevreuil, du chamois et du renard.
À Perpignan, à l’Atelier de
Chasse de Joël et Jean-Philippe
Dorléac, on aime les carabines
à bloc tombant, les Heeren
mais aussi les Hagn, telle cette
carabine chambrée pour le .243
Winchester. Tout est parti d’un
boîtier nu, associé à un canon
Heym. La difficulté a été de
réaliser un montage à crochets,
car la serrure arrière ne doit
pas être trop haute. Les deux
armuriers ont opté pour un pied
arrière étroit fabriqué à Ferlach
qui a ensuite été incrusté dans
un fraisage réalisé sur le
tonnerre. Pour plus de finesse,
la hausse et le pied avant
ont été installés sur le même
support. Cette carabine est une
stutzen qui se démonte depuis
la plaque de couche. ■ L. B.
DANS LA DRÔME, ARMURERIE LARRIVIÈRE
NOUVELLES CARTOUCHES
Changement
de propriétaire
à Anneyron
Gamebore 100 % Migration
Gamebore a conçu ces cartouches
« Migration Unlimited » avec l’aide
de la société française Gabion
Unlimited, pour la chasse des oiseaux
migrateurs et notamment des
pigeons. Ces cartouches de calibre
12/70 mm sont dotées d’une charge
importante (34 g) et d’une grande
vitesse grâce à l’emploi d’une bourre
à jupe. Vendues 48,99 € les 100,
ces munitions à culot de 16 mm
reçoivent une charge de plombs
Diamant n° 4, 5 ou 6. Pack de
100 cartouches. ■ L. B.
RENDEZ-VOUS À PORTICCIO
Pour ses 50 ans, l’armurerie
Larrivière, à Anneyron dans
la Drôme, change de
propriétaire. C’est Gérard
Genthon – figure très
connue dans la profession
armurière pour avoir été
notamment et tour à tour
directeur commercial
chez Humbert-Beretta
puis directeur d’activités
cartouches et négoce chez
Tunet-NobelSport-Fob –
qui a repris l’armurerie dont
il fut le copropriétaire de
1992 à 2001 avec son frère
Charlie. Un double retour
aux sources pour cet
habitant de toujours
d’Anneyron puisque
20
l’armurerie fut également
autrefois le point de départ
de la cartoucherie Fob.
Gérard souhaite développer
l’armurerie autour des
200 m2 de la boutique avec
d’ici peu la vente d’armes
des catégories A1 et B,
et l’ouverture d’un rayon
pêche, principalement aux
carnassiers, une spécialité
des rivières drômoises.
L’atelier, géré depuis 2001
par Frédérique Despeysses,
diplômé de l’école de SaintEtienne, reste un élément
fort de l’armurerie. Enfin
un site internet de vente
en ligne verra le jour
rapidement. ■ L. B.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
En Corse, chez
Pascal Olmeta
Célèbre gardien de but des années
1980-1990 au sein des équipes de
Marseille et de Lyon entre autre,
Pascal Olmeta – à qui Connaissance
de la Chasse a consacré des articles –
est avant tout un amoureux de son île
natale : la Corse. Aussi, ce chasseur
passionné a-t-il décidé de créer
un luxueux domaine pour faire
(re)découvrir dans un cadre idyllique
l’île de Beauté.
Niché sur les hauteurs de Porticcio,
ce havre de paix et de tranquillité
qui ouvrira en avril 2019 est constitué
de 5 villas contemporaines équipées
de tout le luxe que l’on peut espérer
dans cette magnifique partie du sud
de l’île : piscines privatives, cuisines
d’été, climatisation… Le tout complété
par une villa réception avec salle de
séminaire et salle de sports dernier cri.
En outre, comme l’indique Pascal,
« un service à la carte sera également
proposé pour ceux qui en fonction
des saisons voudront chasser, pêcher,
louer un bateau… » La chasse,
Pascal vous en parlera ! ■ O. B.
Rens. : domaineolmeta.com
NOUVELLE COLLECTION
Terres & Eaux :
des cartouches pour tout chasser
Terres & Eaux est le distributeur,
parfois exclusif, de nombreuses
marques de cartouches
en France. Mais la chaîne
de grands magasins chasse
et pêche a souhaité développer
une nouvelle collection de
cartouches de calibre 12 et 20
à son nom et sous ses propres
couleurs. Le principe de ces
munitions est simple : elles
doivent permettre de tout
chasser et leur boîtage doit
être sans équivoque sur le sujet.
Voilà pourquoi, du 34 grs
en bourre dispersante au 53 grs
en bourre à jupe en passant
par des calibres 20 en bourre
dispersante ou par la Brenneke,
toutes les cartouches sont ici
représentées et avec elles
toutes les chasses et gibiers.
Vous trouverez forcément
la cartouche adaptée à votre
mode de chasse. À partir de
6,99 € la boîte. ■ L. B.
TOUT L’HABILLEMENT
Passion Campagne :
plus de marques
Située au cœur du
17e arrondissement parisien,
la boutique Passion Campagne
propose des équipements de
qualité destinés aux chasseurs
ainsi qu’à tous les amoureux
de la nature : vestes, gilets,
fuseaux, bottes ou encore
chaussures, pour ne citer
que ceux-ci.
Pour compléter son offre,
outre les marques prestigieuses
déjà présentes de longue date,
l’enseigne parisienne vient
récemment d’élargir sa gamme
à Barbour, Beretta, mais aussi
Ariat, spécialiste du vêtement
d’équitation. Passion Campagne
dispose également d’un site
marchand sur lequel vous
retrouverez l’ensemble des
produits disponibles en
magasin. ■ P. A.
Passion Campagne,
18 bis rue Brunel, 75017 Paris.
Tél. : 09 82 38 98 98.
Vente directe sur :
passion-campagne.com
actus & nouveautés
FAKE NEWS
En ce début
2019,
la fake news
(mauvaise
information
chère à
Donald
Trump) fait
une incursion dans le domaine
de l’arme de chasse puisqu’un
certain nombre d’armuriers,
de chasseurs et d’internautes
ont reçu une lettre, signée du
ministre de l’Intérieur et leur
demandant de procéder à la
saisie des armes de catégorie
B, C et D « au vu de la gravité
de la situation actuelle et en
prévision d’une aggravation
insurrectionnelle ».
Il s’agit d’un faux, et cette
fake news a été démentie
par le ministre de l’Intérieur
Christophe Castaner lui-même
sur Twitter le 7 janvier.
Strictement aucune saisie
d’arme n’a été demandée
par les autorités.
Cette fausse lettre relayée
sur Twitter, via notamment
le compte du porte-parole des
Gilets jaunes libres, Benjamin
Cauchy, puis supprimée mais
abondamment commentée
ensuite sur Facebook, atteste
une fois encore de l’effet pervers
des réseaux sociaux et de la
maigre valeur de leurs sources
d’information. Chasseurs et
détenteurs légaux d’armes à feu,
rassurez-vous, il s’agissait bien
d’une fake news. ■ L. B.
Le recours
au collier de
géolocalisation
est étendu
au nom de
la sécurité
routière.
NOUVEL ARRÊTÉ
Collier et sécurité routière
Un arrêté signé par le ministre
de la Transition écologique et
solidaire le 12 décembre dernier
(paru au Journal officiel le
28 décembre) détaille une
condition supplémentaire dans
laquelle peuvent être employés
les colliers de géolocalisation :
pour « assurer leur sécurité
[celle des chiens, ndlr] et
prévenir des collisions lors de
l’action de chasse à tir, sauf
prescriptions particulières
22
contraires dans le schéma
départemental de gestion
cynégétique. La récupération des
chiens se fait dans le respect des
règles de sécurité, en particulier
les dispositions de l’article 5
s’appliquent lorsqu’il est fait
usage d’un véhicule ».
Ainsi le recours au collier
de géolocalisation est étendu
au nom de la sécurité routière.
À chacun de ne pas abuser
du principe offert. ■ F.-X. A.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
© DR
Armes: intox sur le net
Les oies, bientôt
chassables
en février
en France ?
VITE, VITE !
Oies : donnez votre avis
jusqu’au 24 janvier
Dans le point sur la réforme de la
chasse qu’il a signé sur Facebook
le 6 décembre dernier, Willy
Schraen rappelle que rien n’est
encore gagné en matière de
chasse des oies en février.
Et que rien n’est perdu… En fait,
tout dépend de la Commission
européenne, laquelle doit
désormais écrire « qu’elle
souhaite une régulation des oies
sur l’ensemble de leur aire
de migration », et ainsi autoriser
leur tir par quotas, en France
notamment. Cette décision
européenne permettrait au
Conseil d’État de ne plus donner
raison aux attaques des écolos
contre la chasse des oies en
février. En attendant, le président
de la Fnc « maintient la pression
pour que l’engagement
présidentiel de chasser les oies
en février dans le cadre de
la gestion adaptative soit tenu
dès février 2019 ». À la politique
ranco-française succède un jeu
diplomatique entre la France et
la Commission européenne.
Sur le net jusqu’au 24 janvier
Par ailleurs, il ne vous reste que
quelques jours pour donner
votre avis sur la chasse des oies
en février, sur le site du ministère
de la Transition écologique
et solidaire. Cette consultation
a débuté le 3 janvier. En jeu,
un projet d’arrêté ministériel,
d’ailleurs présenté sur le site.
Il est intéressant de découvrir
les raisons qui poussent le
ministère à envisager désormais
un arrêté autorisant la chasse
des oies en février. « Le présent
arrêté vise à permettre pour l’oie
cendrée, espèce en très bon état
de conservation et causant des
dommages aux cultures ou aux
écosystèmes, d’être chassée par
dérogation jusqu’au 28 février.
Les deux autres oies (rieuse
et des moissons) peuvent être
chassées jusqu’au 10 février. […]
La population européenne
des oies cendrée est en forte
expansion, plus qu’aucune autre
espèce d’oiseau chassable,
en raison notamment des
modifications d’habitats et des
pratiques de chasse. L’effectif
global de cette population
a augmenté d’environ 30 000
individus au milieu des années
1960, est passé à un effectif
de 120 000-130 000 au milieu
des années 1980, pour atteindre
environ 1 200 000 en 2017.
Du fait de cette expansion, les
dégâts agricoles sont de plus en
plus importants, ce qui conduit
notamment les Pays-Bas à
détruire une partie importante
de la population. »
Or, la directive européenne
concernant la conservation
des oiseaux sauvages (du
30 novembre 2009) précise que
« les États membres prennent
toutes les mesures nécessaires
pour maintenir ou adapter la
population de toutes les espèces
d’oiseaux […] à un niveau
qui corresponde notamment
aux exigences écologiques,
scientifiques et culturelles,
compte tenu des exigences
économiques et
récréationnelles ».
Le ministère de conclure :
« Ces dernières exigences
signifient que la régulation
peut viser à la protection
d’intérêts économiques
(comme la prévention
de dégâts). » ■ F.-X. A.
Rendez-vous sur :
https://urlz.fr/8BOZ
actus & nouveautés
EN UN COUP D’ŒIL
Loup, où es-tu ?
Voici la nouvelle carte de répartition, par communes,
de la présence du loup en France. Présence régulière
comme occasionnelle. Une chose est sûre : le loup
poursuit sa colonisation. Très probablement, le cap
des 500 sujets sera dépassé à la sortie de cet hiver.
© DR
Présence par communes
du loup en France
6
5
4
2
3
Origine des données : Réseau Loup-Lynx, Oncfs
Traitements : Oncfs, novembre 2018
Période des données : 01/01/2016 - 31/12/2017
Mise en page et fléchage : Connaissance de la Chasse.
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1
actus & nouveautés
À voir sur la page Facebook de l’Oncfs, une vidéo de 30 secondes montrant 6 louveteaux en action, dans le Sud-Est.
Les derniers chiffres
La nouvelle aire de répartition du loup
vient d’être communiquée par le Réseau
Loup-Lynx de l’Oncfs. L’espèce se porte bien
car elle se développe malgré les tirs autorisés
par l’administration (12 % maximum
des effectifs connus, 51 tirs en 2018),
les collisions routières, le braconnage
(piégeage, empoisonnement, armes à feu).
La population actuelle est officiellement
estimée à 430 loups (fourchette de 387
à 477 animaux). L’espèce connaît un taux
de croissance annuel moyen de 15 %.
Les deux tendances à retenir sont :
- l’augmentation des zones de présence
permanente (Zpp). Elles sont passées
de 74 à 85 en moins d’un an (de sortie
d’hiver à sortie d’été) ;
- la multiplication des meutes. Elles sont
passées de 57 à 72.
Observation annexe : une meute de 13 loups
a été photographiée par les services de la Fdc
de la Drôme le 11 octobre dernier. Signe que
l’espèce se porte particulièrement bien en
certains endroits car d’ordinaire, les meutes
comptent jusqu’à 8-10 individus.
Enfin, à noter que des « excursions » de loup
sont effectuées dans des départements
(Aube, Yonne…) mais n’apparaissent pas
dans le comptage officiel car elles ne sont
pas considérées comme « permanentes ».
Tour de France lupin
1 - Sud-Est et littoral méditerranéen
Sur le terrain précisément, à partir du massif
alpin et de la Provence (développement
renforcé dans les Alpes-de-Haute-Provence),
où l’espèce est solidement implantée, celle-ci
poursuit sa colonisation d’une partie du
26
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
pourtour méditerranéen, jusque sur le littoral
(Gard et Costières, Bouches-du-Rhône, Var).
2 - Massif central et environs
Dans le sud du Massif central et ses environs
(Aveyron, Lozère, Gard, Hérault), les grandes
régions naturelles sont visitées ou occupées :
Grands Causses, mont Lozère, Margeride,
Aubrac, Larzac, Caroux. Idem de la Corrèze,
de la Creuse et de l’Allier. À l’exception
du Puy-de-Dôme et de la Loire, l’espèce
est présente sur toute la région. Le Cantal
ayant fait l’objet d’une détection récente.
3 - Pyrénées et environs
L’espèce fait souche dans les PyrénéesOrientales. Plus au nord, l’Aude (le Razès)
constitue l’autre base du loup dans le secteur.
L’animal déborde sur le Tarn voisin.
Remontant le massif pyrénéen, le loup
se signale récemment dans les PyrénéesAtlantiques (vallée d’Ossau). L’espèce
fréquente ainsi, plus ou moins, la totalité de
la chaîne. Et se rapproche du massif landais.
4 - Nivernais, Bourgogne et Jura
Au nord de la Loire, le loup a été détecté
dans la Nièvre (nord du Morvan), l’Yonne
(juin 2018), la Côte-d’Or et le Jura.
5 - Massif vosgien et Est
On compte deux noyaux dans les Vosges
(Favières au nord, Gérardmer au sud). À leur
tour, les plaines de l’Est sont parcourues :
Meuse, Marne, Ardennes et Aube (juin 2018).
6 - Picardie
Actuellement, la Somme constitue le point
le plus septentrional de l’aire de répartition
du loup en France.
Territoire : la plaine aussi
L’ensemble des massifs montagneux est
désormais visité ou occupé par l’espèce.
Les Pyrénées et le nord du Massif central
verront-ils leurs densités lupines progresser
telle la région alpine ? À ce jour, excepté dans
les Pyrénées-Orientales et le sud du Massif
central, l’espèce a du mal à s’implanter dans
les deux régions pré-citées.
Par ailleurs, si l’on tient compte de la
présence de l’espèce dans la Somme, région
peu forestière, on peut conclure que l’animal
– très opportuniste – n’a pas achevé
sa colonisation du territoire français.
Population : 500 loups annoncés
Le Réseau Loup-Lynx fait remarquer que « au
vu de l’évolution des données issues du suivi
hivernal (2017-2018) et du suivi estival 2018,
il est probable que l’estimation de l’effectif
en sortie d’hiver 2018-2019 dépasse les 500
loups ». L’État prévoyait que ce chiffre serait
atteint en 2023. Chiffre plus que symbolique,
il correspond à « un premier seuil de viabilité
de la population ». L’espèce est considérée
en voie d’installation, « sans pour autant avoir
atteint un état de conservation favorable ».
De nouvelles mesures de gestion seront
prises courant 2019. ■ F.-X. Allonneau
SOURCE
Nos brisées
◗ Réseau Loup-Lynx, Oncfs.
Élément diffusé le 20 novembre 2018.
◗ Remerciements à :
Murielle Guinot-Ghestem, chef de l’Unité
prédateurs-animaux déprédateurs de
l’Oncfs, Christophe Bayou, délégué régional
Oncfs de la Nouvelle-Aquitaine, et
Guillaume Body, ingénieur expert suivis
patrimoniaux, référent Sinp, de l’Oncfs.
on en parle
Territoires:
AVEC
COCAGNE.FR
des offres par milliers
Cocagne.fr, une nouvelle plateforme
internet, vient d’être mise en ligne.
Son but ? Proposer aux chasseurs
des séjours personnalisés, d’un jour
ou d’une saison. Initiateur du projet
et directeur de la Fédération
interdépartementale des chasseurs
d’Île-de-France (Ficif), Didier Gavens
nous dévoile ce site.
par Thibaut Macé (texte et photos)
28
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
E
n Île-de-France, le temps
moyen qui s’écoule entre
la prise du permis de
chasser et la première sortie de chasse est de deux ans. Pour
le directeur de la Fédération interdépartementale des chasseurs
d’Île-de-France (Ficif), Didier
Gavens, c’est la difficulté de trouver un territoire qui explique cette
longue attente.
Particulièrement sensible à cette
question depuis de nombreuses
années, notre interlocuteur s’est
toujours intéressé à la mobilité du
chasseur français. La première initiative du genre était d’ailleurs sor-
tie des cartons parisiens. C’était
dans les années 1990 et le projet,
toujours florissant, prit le nom
d’Actéon.
Une dizaine d’années plus tard, le
sujet revint à nouveau sous une
autre forme. Didier Gavens nous
confie qu’à l’époque, en CharenteMaritime, la régulation d’une population de chevreuils, friands des
vignes de Cognac, se heurtait à un
manque de réalisation de la part
des chasseurs locaux, peu intéressés par l’espèce : « J’ai passé une
annonce sur notre bulletin fédéral
francilien. En 15 jours, les 60 bracelets étaient vendus. »
« Ce réseau nous permettra de proposer l’offre la plus large. Notre objectif
est de cibler un éventail de 3 000 à 5 000 références. »
C’est à partir de 2007 que l’idée de
créer une plateforme internet proposant des offres de territoires de
chasse émerge. Didier Gavens réunit un groupe de vingt directeurs
de fédérations, tous sensibles au
sujet : « Je leur ai dit : “Vous faites
émerger l’offre dans vos départements et je vais l’agréger sur un site
unique”. »
2018 sera marquée, pour lui, par
le « bon alignement des planètes ».
La mobilité du chasseur devient
alors un sujet central, porté par le
permis national à 200 euros, et surtout, ce directeur parvient à s’entourer de professionnels de la
communication numérique.
En France,
les territoires,
communaux
comme privés,
s’ouvrent
de plus en plus
aux personnes
extérieures.
Les expériences
dépaysantes
sont désormais
accessibles
à une majorité
de chasseurs.
générale, mais pas seulement.
82%, c’est la proportion des
attentes des chasseurs pour le
petit gibier, selon une étude que
reprend Didier Gavens.
« Nous ciblons également des départements qui ont un fort potentiel
BIENTÔT AUX 4 COINS DE LA FRANCE
Combien ça coûte?
Pour chasser où?
De l’offre classique
à la plus marginale
Conscient que les chasseurs allaient
être de plus en plus amenés à bouger, motivés par la recherche d’expériences nouvelles, il mûrit son
projet. Qui deviendra cocagne.fr,
une toute nouvelle plateforme internet destinée aux chasseurs en
quête de territoires. Quels que
soient le gibier, le mode de chasse
et la localisation, cocagne.fr entend
agréger plusieurs milliers d’offres
sur un seul et même site. L’objectif est de viser l’exhaustivité.
On y trouve des chasses d’été individuelles du grand gibier comme
collectives en période d’ouverture
Didier Gavens,
directeur de la
Ficif et initiateur
de cocagne.fr.
Dénué d’encart publicitaire, le site
cocagne.fr trouvera son financement
par un accès payant.
Deux formules d’abonnement
sont ainsi proposées :
◗ à l’année, avec un engagement
de 12 mois (4 €/mois) ;
◗ au mois, sans engagement (7 €).
Le visiteur aura, pour le moment, accès
aux offres émanant d’une vingtaine
de fédérations de chasseurs :
Tarn-et-Garonne, Charente-Maritime,
Landes, Ariège, Aveyron, Tarn, Var, Drôme,
Ardèche, Somme, Seine-Maritime, Indre,
Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne,
Vosges, Meurthe-et-Moselle, Moselle,
Alpes-Maritimes, Sarthe, Savoie…
Rendez-vous sur : cocagne.fr
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
29
sur le petit gibier migrateur. »
Le gibier d’eau, le pigeon ramier,
les grives figurent parmi les espèces
les plus attractives d’après lui. « Il
sera possible de trouver des journées de chasse aux grives pour
10 euros. »
Mais d’autres attentes surprennent.
Par exemple, la chasse des corvidés séduit. Parallèlement aux tendances de fond, les demandes les
plus marginales seront donc également prises en compte, comme la
possibilité de suivre des chasses
au vol ou de trouver un territoire
en tant que rabatteur.
« En Île-de-France, que je connais
bien, les chasseurs pourront s’attendre à trouver, par exemple, des
offres pour des chasses au poste au
pigeon ramier, des actions de chasse
au grand gibier, essentiellement en
battue. Pour ce qui concerne les
chasses mixtes (petit et grand), il y
aura une formule en deux temps
avec une première journée payante.
Si les deux parties sont satisfaites,
elles pourront envisager de poursuivre par une action à l’année. »
À cela s’ajouteront toutes les
chasses en licence dirigée de l’Onf
qui seront publiées. Sur ce point,
l’offre francilienne est d’ailleurs
très étoffée.
30
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Certaines Acca,
qui doivent faire
face à une
baisse de leurs
effectifs lors
des battues aux
grands gibiers,
recherchent
des adhérents
à l’année.
Les offres sont accessibles en
quelques clics. Après avoir rempli
une série de critères, les visiteurs
découvriront une sélection d’annonces. Chacune d’elles sera classée par niveau d’autonomie du
chasseur et de difficulté physique.
Chaque offre est détaillée : description sommaire du territoire, superficie, condition et réglementation de chasse particulière. Toute
personne intéressée pourra obtenir
davantage de renseignements en
s’adressant au contact fourni
(président d’Acca ou de société de
chasse), ou même contacter le référent de la fédération.
Qu’il s’agisse d’une chasse à la journée, d’un court séjour ou d’une adhésion à l’année, les chasseurs auront le choix. « Nous avons des
départements, je pense notamment
à ceux de la région Midi-Pyrénées,
qui recherchent prioritairement
des chasseurs à l’année, faute d’effectif suffisant pour boucler les
enceintes de battue. »
Question tarif, là encore, c’est l’extrême diversité des formules qui
s’impose. Cela peut varier de l’invitation gratuite, pour combler
un manque d’effectif ou l’envie de
partager, jusqu’à des formules plus
onéreuses.
Mais en quoi ce nouveau site Cocagne.fr se démarque-t-il de la kyrielle de sites de bourses aux territoires fleurissant sur la toile ? « Je
n’ai rien inventé », répond Didier
Gavens. « L’idée n’est pas révolutionnaire mais c’est dans sa réalisation qu’elle se démarque. On ne
fait qu’améliorer un modèle. »
Des professionnels
reconnus
Cocagne.fr repose sur la collaboration de professionnels reconnus.
Selon le directeur, les sites existants
pèchent par leur manque de lisibilité, de simplicité et d’offres diversifiées. En créant une structure
mixte associant un partenaire privé
et la Ficif, Cocagne.fr s’appuie
sur la force du maillage des Fdc.
À ce jour, une vingtaine de fédérations sont partenaires (lire encadré p. 29). D’ici le mois de juin, Didier Gavens espère bien en fédérer
entre 30 et 40.
« La Fdc locale reste maître d’œuvre.
C’est elle qui nous renvoie les annonces. La fonction de Cocagne.fr
n’est que de mettre en ligne. »
Chaque Fdc partenaire nomme un
référent territorial. Il s’agit d’un technicien qui connaît les territoires et
on en parle
agit comme un tiers de confiance.
De son côté, la plateforme n’intervient pas sur le prix de l’offre et ne
prend aucune commission. Le site
cocagne.fr entend se rémunérer par
un accès payant sous une forme
d’abonnement permettant d’accéder aux données (lire encadré p. 29).
« On n’est absolument pas concurrent avec ce qui a déjà été créé, mais
ce réseau nous permettra de proposer l’offre la plus large. Notre objectif est de cibler un éventail de
3 000 à 5 000 références. »
Cocagne.fr se démarquera aussi
par le fonctionnement du site. « Parmi toutes les initiatives prises jusqu’alors, aucune n’a connu un véritable succès, faute d’y mettre les
moyens nécessaires. » Didier Gavens, lui, vante la qualité professionnelle du développement du site.
Cocagne.fr est conçu pour être
parcouru depuis tous les supports
(smartphone, tablette et ordinateur).
Et le site dispose de quelques
bonus : « On offre le coffre-fort.
Chaque abonné peut scanner tous
ses documents cynégétiques (permis, validation…) et les réunir dans
son smartphone en cas de besoin.
Il y a également une application
pour les photos de chasse via un répertoire dédié. »
Une sorte
d’Actéon 2.0
Actéon est né à Paris au début des
années 1990. Près de vingt-cinq ans
après, cocagne.fr en représente la
version 2.0. « Je ne fais que reprendre la suite logique d’Actéon,
mais en l’adaptant à l’évolution
du chasseur. »
Pour Didier Gavens, les jeunes ne
chassent pas comme leurs aînés au
même âge. « Avant, on prenait une
action dans son département d’origine. Les jeunes chasseurs souhaitent désormais être entre eux. Leur
approche est différente. Ils n’ont pas
la même culture du tableau, leur
ancrage est moins rural. Ils sont en
demande d’informations périphériques (équipement). Aujourd’hui,
le chasseur est plus opportuniste,
plus nomade. On est passé d’une
chasse familiale à une chasse de
consommation. » Cocagne.fr prend
en compte toutes ces évolutions.
Nous en reparlerons. ■ T. M.
@ CRT IDF-Tripelon-Jarry
TARN-ET-GARONNE
Les Acca du Tarn-et-Garonne sont parvenues à faire prélever
près de 100 brocards en tir d’été par des chasseurs extérieurs.
ZOOM SUR... LE BASSIN PARISIEN
Bien qu’étant la région
plus peuplée d’Europe, 65
à 70 % de la superficie de
l’Île-de-France est classée
chassable. Un constat que
compte mettre à profit
la région pour optimiser
l’attrait touristique qu’elle
représente déjà pour
49 millions de visiteurs
annuels.
« Bien que jusqu’alors
méconnu pour nous, le
tourisme cynégétique fait
partie de ce potentiel »,
explique Éric Jeunemaître,
président du Comité
régional du tourisme Paris
région. Selon lui, il y a une
demande de la part d’une
clientèle internationale,
surtout en provenance de
ZOOM SUR... LE SUD-OUEST
Tarn-et-Garonne :
Île-de-France :
chasse d’été du chevreuil
les touristes
internationaux…
et nous autres
l’Europe Centrale (Russie,
Ukraine, Pologne…).
À la Seine-et-Marne
(qui représente la moitié
de la superficie régionale)
viennent se greffer
les Yvelines, l’Essonne
et le Val-d’Oise, avec des
massifs forestiers réputés.
Pour autant,
le développement de la
plateforme cocagne.fr en
Île-de-France ne se destine
pas uniquement aux
touristes en provenance
de pays étrangers.
Selon Éric Jeunemaître,
les 50 000 chasseurs
franciliens dépensent
beaucoup pour la pratique
de leur passion (3 300 €
par saison contre 2 150
au plan national) et
peinent, pour certains,
à trouver des territoires.
Ces deux constats
ont permis que, dans
le cadre du fonds de
développement touristique
des régions, une
subvention (50 000 €),
cooptée par la présidente
Valérie Pécresse, soit
allouée à la plateforme
cocagne.fr. Malgré
l’étonnement que suscita
la démarche, cette
décision ne rencontra
qu’une faible opposition.
Une évolution qui induit
la reconnaissance du
tourisme cynégétique,
même dans des régions
fortement urbanisées.
Dans le Tarn-et-Garonne,
la Fdc n’a pas attendu
l’ouverture de la plateforme
internet Cocagne pour établir
un partenariat avec ce label.
« Nous avons fait un premier
test l’été dernier avec
cocagne.fr en proposant
des chasses aux chevreuils »,
précise Romain Da Costa,
technicien et administrateur
Cocagne pour cette fédération.
Dans ce département,
comme dans d’autres,
la chasse du petit cervidé
ne séduit guère les chasseurs
locaux, enclins à monnayer
ces attributions à des
chasseurs étrangers. Réunies
en assemblés, 29 Acca, parmi
les 195 que compte le Tarnet-Garonne, ont donc accepté
de céder quelques bracelets.
Au total, une centaine ont été
vendus durant l’été 2018.
La fédération s’est chargée
de mettre à disposition les
annonces de chaque territoire
partenaire.
Le prix moyen du bracelet est
de 150 euros. Chaque Acca
présente ses spécificités, liées
au territoire ou aux services
proposés. « Selon les
communes, les services
varient. Celui qui souhaite
chasser seul, en complète
autonomie, comme celui
qui préfère être guidé,
trouvera une proposition à
sa convenance. Pour l’heure,
les premiers retours se sont
révélés très positifs. »
Avec 7 000 attributions
de chevreuils dans
ce département, Romain
Da Costa estime que l’offre
pourrait encore augmenter
sur la plateforme Cocagne.
Un bémol, seuls les amateurs
de chasse au chevreuil
trouveront des annonces
à leur convenance dans
le Tarn-et-Garonne. Les
chasseurs du département
n’envisageant pas, pour
l’instant, d’ouvrir ce service
à d’autres espèces de gibier.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
31
test terrain
Solognac spécial
ts
Ces équipemen
nte
sont tous en ve
exclusive
ns
dans les magasi
Décathlon
AISANCE ABSOLUE
Veste imperméable
Renfort 900
À travers leurs connaissances scientifiques
sur le mouvement, le confort thermique et
la morphologie, les ingénieurs de chez Solognac ont pu développer cette veste en cartographiant les différentes zones et leurs
contraintes respectives. Particulièrement exposés à l’agressivité de la végétation, les
bras et avant-bras, tout comme le bas de la
veste, sont renforcés par un composant offrant une grande résistance. Nous avons ainsi traversé des buissons d’épines et poussé
les ajoncs sans la moindre blessure et sans
noter d’accroc majeur sur le textile. Toujours sur ce même principe de zonation,
la poitrine et le dos sont tissés en polyester
maille fine pour un confort maximal.
Mais c’est surtout l’aisance de mouvement
que procure ce vêtement que nous avons
32
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
appréciée. Aisance due
au stretch placé sous les bras,
et à l’élasticité du composant situé sur la partie dorsale, qui offre la
possibilité d’épauler ou de passer sous les
branches sans ressentir la moindre gêne.
Côté étanchéité, la membrane éprouvée pour
une colonne d’eau de 5000 mm a parfaitement rempli son rôle, aussi bien à travers
les fougères humides que sous une météo
parfois capricieuse. Toutes les poches extérieures sont par ailleurs dotées de zips
étanches.
Pour la respirabilité, les aérations mécaniques latérales ainsi que le zip frontal
double curseur permettent de réguler facilement la température du corps lors de l’effort. Enfin, cette veste technique est dotée
de nombreux plus parmi lesquels un mousqueton accroche-clés, des pattes extérieures
pour clipser la télécommande du collier
d’éducation, des poignets ergonomiques
ou encore un carnier facilement lavable
grâce à son zip intégral. Le plus ingénieux
restant, sans nul doute, la capuche réglable
à serrage arrière, qui permet de tourner la
tête sans aucune gêne.
Tailles : du S au 3XL
Prix : 160€
bécasse
CONFORT MAXIMAL
Le bécassier est un chasseur pointilleux quand il s’agit
de la qualité et de la praticité de son équipement. Pour cela,
Solognac a développé de nouveaux vêtements et chaussants
spécifiques à cette chasse exigeante. Nous venons
de les tester lors d’un déplacement en Écosse.
par Gérard Hagenet (texte et photos)
SOUPLE ET SLIM
Pantalon imperméable Renfort 900
Destiné à composer une panoplie complète
avec la veste du même nom, ce pantalon a
bénéficié d’un niveau de recherche tout
aussi approfondi. La cartographie des zones
les plus exposées aux ronces et aux épines
a conduit ses concepteurs à renforcer le
devant de la jambe d’une double couche
de ce même composant très résistant.
Tout comme la veste, les zones de tension
sont tissées dans un matériau souple qui
nous a permis d’escalader les échalas et
de passer sous les clôtures sans difficulté. Toutefois, de par la coupe slim de ce
pantalon, il faudra pour certains, selon
leur morphologie, opter pour une taille de
plus que d’ordinaire. Pour ce qui est de
l’étanchéité, la membrane s’est avérée efficace à travers une végétation dense
particulièrement humide. Tout comme les
aérations mécaniques latérales, très appréciables, sous une météo on ne peut plus
douce pour la saison.
Notons enfin la présence d’un zip et d’un
scratch bas de jambe pour faciliter le passage dans la botte ou l’ajustement sur la
chaussure. Dans le même esprit que les
guêtres, le bas dispose en outre d’un crochet permettant de fixer le pantalon à la
chaussure.
Tailles : du S au 3XL
Prix : 79 €
DE BONNE TENUE
Bottes Renfort 520
Il convient de garder les pieds sur terre
quand il s’agit de choisir ses bottes sous
peine de transformer les billebaudes en
cauchemar. Or, force est d’admettre que
ce modèle milieu de gamme Solognac
procure, pour qui a les pieds sensibles, un
confort exceptionnel, et ce même après
de longues heures de marche. Résultat du
système CS (Cushion System) qui confère à ce chaussant un maximum d’amorti.
Coté maintien du pied, une botte reste une
botte et n’égalera jamais une chaussure
de randonnée à tige haute. Toutefois, l’imposant renfort arrière dont est pourvu le
modèle 520 assure une tenue tout à fait
convenable de la cheville. Son assemblage
caoutchouc multicouche au niveau de la
tige et du coup de pied semble être gage
d’une résistance à la végétation. Mais seul
un test à plus long terme permettrait de
juger de cette solidité dans le temps.
D’un point de vue pratique, nous avons
apprécié le soufflet réglable et l’ergot arrière qui facilitent respectivement l’enfilage et le débotté.
Pointures : du 40 au 46
Prix : 59 €
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
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le courrier des lecteurs
SACRÉMENT RUSÉE
Chirurgienne malgré elle
178 KILOS ET TOUTES SES DENTS
Vous avez dit keiler ?
«
Je vous fais part du prélèvement que nous avons eu la chance
de réaliser courant octobre, dans une petite commune de
l’Yonne. Tout commence dès que notre ami Romain découple
ses teckels. Un sanglier est rapidement levé. Probablement habitué
au territoire, il évite un posté pour repartir dans le dos de la traque.
Romain, qui cherchait alors à rassembler ses chiens, se retourne
et aperçoit le sanglier arriver à son niveau. Il épaule et tire. Le suidé
s’effondre d’une balle parfaitement placée. Romain se rend compte
alors de la taille hors norme de l’animal, qui n’accusera pas moins
de 178 kg sur la balance. Nous sommes conscients que cette
rencontre est une chance, et je pense que le souvenir de cette
journée restera longtemps dans nos mémoires ! »
Thibaut Nys, Étivey (Yonne)
Prélever un sanglier d’un tel poids dans l’Hexagone n’est pas chose
commune. Certes, des spécimens lourds sont parfois prélevés
à proximité de zones agricoles riches en maïs, colza ou moutarde.
Pourtant, la plupart du temps, ils ne présentent ni un tel coffre,
ni de tels grès. En effet, ce sont le plus souvent de jeunes sujets
ayant profité rapidement d’une alimentation à haute valeur nutritive.
Or, quand on sait que plus de 95 % des suidés récoltés n’atteignent
pas la 3e année, force est d’admettre que rencontrer un « vrai gros »
sanglier tel celui-ci est chose exceptionnelle. Une chance qui fait
le bonheur de M. Nys et de ses camarades de chasse. ■ G. H.
«
C’est en Écosse, début novembre, que j’ai prélevé cette
bécasse qui présentait une sorte de pansement sous
l’abdomen. A-t-elle au préalable essuyé un coup de fusil un peu
bas, ou accroché un fil barbelé lors d’un vol nocturne ? Nul ne
le sait. Quoi qu’il en soit, cet oiseau s’est soigné, et ne semblait
aucunement affecté par sa blessure, tant son envol fut rapide. »
Jean-Christophe Taillefer, Mouchamps (Vendée)
Quelques cas similaires nous sont rapportés de temps à autre.
Ce type de bécasse, connue sous l’appellation de « chirurgienne »,
fait le plus souvent une sorte d’emplâtre à base de plumes et
d’argile, protégeant la plaie pour éviter toute infection bactérienne,
et tenter d’échapper ainsi à une mort certaine. Que ce soit par
ses ruses ou ses comportements, la reine des bois n’a décidément
pas fini de nous étonner. ■ G. H.
TOUTE LA MUSIQUE QUE J’AIME
L’appeau, c’est pas du pipeau!
«
Permis tout juste passé, je me passionne déjà pour la chasse
du gibier d’eau. Je souhaite m’équiper d’appeaux, mais
n’ai que peu d’expérience en la matière. À l’occasion, un article
présentant les différents modèles serait le bienvenu. »
© G. Hagenet
Frédéric Sachot, Pornic (Loire-Atlantique).
Exprimez-vous :
Par courrier : Connaissance de la Chasse,
courrier des lecteurs, espace Clichy, immeuble Agena,
12, rue Mozart, 92587 Clichy Cedex. Par fax : 01 41 40 32 53.
Par courriel : courrier.connaissance@editions-lariviere.com
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Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Deux grandes familles d’appeaux
peuvent être recensées : à simple
ou à double anche. Les premiers
nécessitent moins de souffle,
mais réclament nettement plus
d’expérience, et nous semblent par
conséquent réservés aux spécialistes.
Côté matière, trois types de produits
sont disponibles. L’acrylique,
matériau dense, donne un son clair
et fort, et se veut l’outil parfait pour
appeler de loin les canards en milieu
ouvert. Inconvénient, un prix qui
reste encore relativement élevé.
Autre matériau, le bois reconnu pour un son des plus réalistes, mais
moins puissant. Fragile, il nécessite un entretien soigné après chaque
sortie. Enfin, dernière alternative, le polycarbonate, d’une puissance
sonore à mi-chemin et pour un prix souvent raisonnable. Doté d’une
double anche, il représente probablement l’accessoire idéal pour
le débutant ne souhaitant pas trop investir. ■ G. H.
belles lectures
Boutons et couleurs des équipages
de vènerie
ouvrage collectif
tome I
Tous deux participent de l’identité de
l’équipage. Mais le bouton plus encore
que la tenue fait l’objet de collection, d’une
véritable quête. Voici un unique tableau
de chasse : la plus grande collection de
boutons de vènerie existante. Avec l’aide
de MM. Tollu, collectionneur, et Tremblot de
La Croix, historien de la vènerie, tous deux
auteurs d’une somme consacrée à l’histoire
des équipages de vènerie, et d’autres
fibulanomistes cynégétiques (c’est le terme),
Anne Gruet a rassemblé ces innombrables
données dont une partie est rassemblée
dans ce tome I (soit plus de 300 boutons
de France et de Belgique). Il traite des
boutons représentant cerfs, daims et chiens.
Non seulement, les boutons – grands
et petits – ont été photographiés, mais
les tenues – et gilets – sont dessinées,
reproduisant couleur, col, parements
et galons. Une présentation
succincte précise l’équipage
concerné. Ce travail
opiniâtre sera utile au collectionneur, mais
encore à l’amateur d’histoire de la vènerie.
Il nous fera remonter au prince de Condé,
en 1760, et nous fera voyager à travers
la France, les couleurs, les cerfs, les daims
et les chiens. Tout un patrimoine. F.-X. A.
230 pages, 75 €, Éditions Montbel,
8 rue de Courcelles, 75008 Paris,
01 45 63 04 04, livres@montbel.com,
et en vente sur : montbel.com
LE COIN DES BIBLIOPHILES
Le Grand
Tétras
L’homme qui a vu
l’ours
Les éditions Biotope
poursuivent
leur travail de
vulgarisation
scientifique,
en compagnie des chercheurs
de l’Oncfs notamment. Rappelons que le Prix
Connaissance de la Chasse 2017 avait été remis
à Elisabeth Bro, et notre confrère Dominique
Gest, pour La Perdrix grise.
Après Le Grand Tétras de Patrick Zabé, prix
Connaissance de la Chasse 2018, ouvrage d’un
chasseur naturaliste amoureux fou du grand coq,
c’est au tour de deux scientifiques (le premier
est docteur ès sciences, professeur agrégé de
sciences naturelles et ornithologue, le second est
biologiste au sein de l’unité Faune de montagne
de l’Oncfs) tout autant passionnés par le grand
galliforme de signer cette somme. Et de nous
offrir un point complet et précis sur les dernières
connaissances concernant l’espèce, les
découvertes scientifiques les plus récentes. Un
travail des plus rigoureux au service d’un oiseau
menacé par la sylviculture actuelle. F.-X. A.
Une petite rareté tirée
à 200 exemplaires,
la chasse à l’ours
en Finlande entre
les deux guerres.
Ce mois-ci, pas de thé
mais une bonne aquavit pour se
réchauffer. Ducatillon et Bachelard
partent dans le très grand nord
chasser le lynx, le loup et surtout l’ours.
Le karhu en finlandais.
Voyager à l’époque était une aventure
et à peu près aussi compliqué
qu’aujourd’hui avec une différence
de taille, ils ont le temps ! Que de
péripéties, traverser des lacs géants,
marcher dans des forêts vierges
accompagné de locaux intrépides.
Il en faut du courage pour affronter
ces ours au caractère bien trempé qui
ne se laissent pas déloger facilement.
Le garde observe avec crainte les deux
chasseurs se demandant s’ils seront à
la hauteur face aux ours. Pour le savoir,
lisez-le ! Ce livre se lit d’une traite
si vous y allez mollo sur l’aquavit.
Moi, je l’ai lu en plusieurs fois.
Ce livre est une édition privée non mise
dans le commerce.
Bonne lecture chez vous.
Hubert Lebaudy
352 pages, 35 €, Éditions Biotope, en librairie,
et en vente sur : leclub-biotope.com
André Ducatillon, Karhu, 1935,
Mouchon 1121
Bernard Leclercq et
Emmanuel Ménoni
36
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
À lire absolument
J’éduque
et je dresse
mon chien
texte Max Carli,
avec F.-X. Allonneau,
photos Serge Simon
Il est des livres qui connaissent un immédiat
succès de librairie. Et éventuellement s’imposent
comme des classiques. Tel est le cas de celui-ci
qui, après 3 rééditions, vient de se voir remettre
le Prix de la Société centrale canine. Cette
Bible cynophile est à la portée de tous et se veut
extrêmement pratique. Les auteurs ont ainsi
fait le choix de vulgariser un domaine parfois
complexe. Mais via cet ouvrage, ils ont rendu
la compréhension on ne peut plus simple. O. B.
224 pages, 19,90 €, en librairie, et en vente sur :
editions-sudouest.com/livres/jeduque-dresse-chien/
Très intéressant
À découvrir
Pourquoi pas?
idées cadeaux
Le meilleur du livre
et de la vidéo de chasse
À offrir ou à s’offrir, découvrez une sélection de livres et dvd. Il s’agit des lauréats du 11e Prix
Connaissance de la Chasse. Le 16 juin dernier, M. Olivier Thibault, directeur général de l’Oncfs
et président d’honneur de la cérémonie, a remis les prix aux auteurs de ces œuvres de référence.
par François-Xavier Allonneau
catégorie Cultura
Une Vie au service du Roi,
d’Yauville, commandant
de la vènerie de Louis XV
de Philippe Dulac,
avec Marie de Lestapis
catégorie Natura
Le Grand Tétras
de Patrick Zabé
Chasseur, naturaliste, photographe,
globe-trotteur, professionnel de la chasse,
et… vosgien. Patrick Zabé a découvert
l’oiseau mythique il y a 50 ans dans
ses chères forêts de l’Est. L’enfant ne
s’en est jamais remis, une chimère allait
accompagner sa vie. Depuis, Patrick
a chassé le coq de bruyère dans les
Pyrénées et en Scandinavie. Mais surtout
il a observé le grand tétraonidé, il l’a
photographié, et récolté une somme
fabuleuse de témoignages anciens,
de données, de chiffres, sur un oiseau
menacé en France. Non par la chasse mais
par la disparition de son milieu naturel,
la sylviculture moderne, les dérangements
humains. Ode à un oiseau symbole de
la véritable forêt sauvage, et cri d’alarme
d’un chasseur naturaliste.
Chez l’auteur, 512 pages,
75 €(édition standard), 95 €(édition de luxe)
+ 11,50 € de port,
Patrick Zabé, Le Val en Sol,
83470 Saint-Maximin La-Sainte-Baume,
06 74 06 25 34, pajazabe@free.fr
38
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Fébus, du Fouilloux, d’Yauville.
Voilà probablement les trois plus grands
traités de chasse, trois classiques. Si des
recherches sur Fébus et du Fouilloux
avaient été réalisées, d’Yauville souffrait
d’une quasi totale méconnaissance.
Il signa pourtant un remarquable traité de
vènerie du cerf, incluant des observations
passionnantes sur l’espèce. Avec l’aide de
l’historienne Odile Caffin-Carcy, Philippe
Dulac et Marie de Lestapis ont retracé
avec détails l’existence du Premier
Veneur, titre rarissime à la cour de France,
mais encore la vie des meutes royales
au XVIIIe siècle. Un formidable travail de
recherche qui redonne littéralement vie
à ce héros et à cette épopée cynégétiques.
Éditions de la Croix du Loup, 292 pages,
35 €+ 10 € de port,
Éditions de la Croix du Loup, 140 boulevard
Haussmann, 75008 Paris, 06 12 30 39 56,
editionsdelacroixduloup@gmail.com
catégorie Cynégética
Identification
du grand gibier
film de Dominique Avron
et de l’Anccg
S’appuyant sur de superbes images
de Dominique Avron, des « experts »
de l’Ancgg nous enseignent l’art de
reconnaître chevreuils, sangliers et cerfs.
L’art et des astuces pour identifier
les mâles des femelles, les jeunes,
des subadultes, des adultes et des vieux.
En fait, de très nombreux indices
existent afin de reconnaître même
en poil d’hiver, même décoiffés,
même en battue, des animaux furtivement
observés. Et en cas de doute, libre
à nous de nous abstenir. En action de
chasse, c’est la synthèse – très rapidement
effectuée – de plusieurs indices qui
nous permettra d’identifier l’animal.
Entraînons-nous grâce à cette vidéo,
un parfait « outil ».
Seasons-Ancgg, 52 mn,
20 € + 2,25 € de port, auprès de Hugues Prot,
Bagatelle 58, RN 10, 37250 Veigné,
hugues.prot@club-internet.fr
shopping
DOGTRA
ADUCK
À portée de main
Idéal pour la passée ou encore la battue, le porte-fusil Aduck
associe confort, élégance et sécurité. De fabrication 100 %
française, cet accessoire est totalement personnalisable
tant au niveau du cuir de la structure que du choix de
la bandoulière ou des coutures. Possibilité de marquage.
Petit, petit !
D’une portée de 400 m, et conçu pour un seul chien, ce collier
d’éducation compact est particulièrement adapté aux races de petite
et moyenne tailles. Possède 100 niveaux de stimulations, flash ou
continues. Récepteur étanche et émetteur résistant au ruissellement.
Livré avec mallette, chargeur double (émetteur, récepteur), lampe test.
Prix public constaté : 149 €
En vente : dans les magasins Terres & Eaux
Prix public constaté : 180 € (20 € pour marquage à chaud)
En vente sur : aduck.fr
LOUIS FOREST
Forest façon
fraise des bois
Les Pinots noirs, vinifiés en fûts,
apportent la puissance et la
vinosité au champagne Louis
Forest Premier Cru, tandis que
les Pinots meuniers enrichissent
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40
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
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partageons la chasse
La Battue
des Dianes
MEURTHE-ET-MOSELLE
LA RELÈVE PASSERA PAR ELLES
Organisée par la société de chasse du Fond d’Hacnivaux, la Battue
des Dianes réunit une centaine de postés, dont plus de la moitié
sont de jeunes chasseresses. L’occasion rêvée de dresser le portrait
des chasseresses d’aujourd’hui. La belle époque !
par Thibaut Macé (texte et photos)
44
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
45
partageons la chasse
Parmi les
99 numéros
de postes
attribués
ce jour,
56 ont été
remis à des
chasseresses.
Unanimes,
les
responsables
de chasse
estiment
les femmes
globalement
bien plus à
l’écoute des
consignes
de battue.
Idéalement,
les jeunes
chasseresses
souhaitent
évoluer parmi
les chasseurs
en petits
groupes.
Les jeunes
chasseresses
semblent plus
sensibles à la
récupération
du gibier
blessé et aux
honneurs
rendus aux
gibiers.
Contrairement
aux idées
reçues, les
battues de
grands gibiers
concentrent
aujourd’hui le
plus de
chasseresses
françaises.
partageons la chasse
C
eux qui sont postés dans
le Vau seront mis à
l’épreuve. Plongés dans
l’ombre et baignant dans
un courant d’air polaire, ils resteront immobiles trois heures durant.
Dans la forêt de Haye, la traque en
cours s’anime sous les premiers
froids pénétrants.
En compagnie d’Audrey, on se sent
de trop. Imperturbable face aux
agressions climatiques, la jeune
femme demeure figée, debout, à
côté de son siège pourtant déployé.
À chaque poignée de secondes, sa
tête hoche subitement par saccade
pour répondre aux interpellations
des bruits environnants. Le moindre
craquement de bois agité par les
vents suscite immanquablement
chez elle une réaction. Si elle empoigne sa carabine à main nue, sans
doute est-ce pour gagner en réactivité. Si elle a laissé son bonnet au
fond de son sac à dos, sans doute
est-ce pour mieux entendre. Et
quand un sanglier isolé plonge derrière elle à grandes foulées dans la
combe, la postée donne une leçon
de vivacité, qui manque parfois
cruellement aux lignes de fusils.
Face à la bête, aussi véloce que discrète sur le tapis de feuilles humides,
sa carabine se cale instantanément
au creux de l’épaule. Le coup part,
à l’instant prémédité, dans la seule
fenêtre dégagée qui s’offre à elle.
Plus l’apanage
des hommes
À l’écoute de son parcours, on cerne
mieux le personnage. Audrey avait
tous les choix. Elle a opté pour
la chasse, en conscience, en toute
liberté. Issue d’une famille étrangère à cette pratique, elle se laisse
séduire après une formation dispensée dans le cadre de ses études
d’ingénieur agronome : « J’ai rencontré là des chasseurs qui m’ont
intéressée. Alors, j’ai décidé de
passer mon permis pour pouvoir
assouvir ma passion de la nature de
manière plus active, moins contemplative ». Aujourd’hui, Audrey est
maman. C’est par alternance qu’elle
vit la chasse, car son mari chasse
également. Résultat, quand l’un assure la garde, l’autre part en battue,
et réciproquement.
Le profil d’Audrey rappelle une règle
encore bien peu admise : la passion
de la chasse, même la plus exaltée,
n’est plus l’apanage des hommes.
BLOC-NOTES
Leur passion pour la chasse du grand gibier ne freine nullement la féminité débordante de ces Dianes.
L’Association nationale des chasseurs
Selon une étude menée en 2008
par l’Association nationale de
la chasse au féminin (Ancf), la
chasse du grand gibier concentrait
déjà le plus grand nombre de
chasseresses interrogées parmi
un panel de 800 femmes (42 %),
devant le petit gibier (34 %). 51 %
d’entre elles utilisent un calibre 12.
Concernant les armes rayées, c’est
l’express qui est privilégié à 49 %.
Pour l’heure, aucun décompte de
chasseresses n’existe en France.
On l’estime entre 2 et 4 %.
Seul le nombre de candidats
et la réussite à l’examen du permis
de chasser sont sexés. Elles
représentent aujourd’hui 10 % des
candidats et leur taux de réussite
est éloquent. « Rares sont les
femmes qui n’obtiennent pas
leur permis. La Franche-Comté est
la plus pourvoyeuse. Sans doute
est-ce lié à une forte tradition de
chasse au chien courant, un mode
apprécié des femmes », confie
Jacques Bouchet, chef de division
du permis de chasser et
En fin de traque, Clémence aide à
l’éviscération d’un des nombreux
sangliers rassemblés en sous-bois.
Elle a grandi proche de la nature et
baigné dans la chasse familiale depuis l’enfance. Elle en est ressortie
passionnée et pratiquante assidue.
Son compagnon n’est pas chasseur.
Qu’importe, elle se chargera de le
convaincre. Ce qui nous amène à
intégrer un autre constat : si les
femmes se mettent à la chasse pour
suivre leur conjoint, l’inverse est
tout autant possible.
Anne, Juliette, Violaine, Carole,
Margaux … ont aussi des parcours
qui désarçonneraient plus d’un chasseur. Certaines sont directrice de
chasse, chef de ligne, elles pra tiquent jusqu’à trois fois par semaine
derrière leur meute de courants. Et
puis, il y a celles qui se demandent
comment assurer l’arrivée imminente d’un bébé tout en préservant
leur sortie de chasse. Un casse-tête
certain dans la vie d’une jeune chasseresse passionnée !
responsable du réseau sécurité
à la chasse à l’Oncfs.
Outre le bon accueil que leur
réservent les groupements de
chasseurs, les femmes peuvent
compter sur un maillage associatif
départemental sans cesse en
développement. Actuellement,
la tendance est au rassemblement
intragénérationnel, facilité par le
dynamisme des réseaux sociaux.
Rens. : Ancf, Martine Pion
(présidente), 06 08 98 68 69.
17.septembre.99@gmail.com
Parmi la soixantaine de femmes rassemblées aujourd’hui pour cette battue au grand gibier, l’âge, extraordinairement jeune pour notre milieu,
oscille entre 20 et 30 ans. Mais ne
nous trompons pas ! Elles ne sont
pas là pour se déguiser en chasseur.
Derrière leur caractère bien trempé, elles affichent tous les artifices
de la féminité. Les ongles vermillon
empoignent les calibres en tout
genre, 30.06, .300 Win ou 7x74 R.
L’express domine chez elles plus
que chez les hommes. Certaines
possèdent plusieurs armes, plusieurs
lunettes aussi. La dague vient se ficher dans les élégantes bottes en
cuir. Les broches de plumes ornent
les chapeaux. La veste camouflage
est soigneusement choisie, cintrée,
parmi les collections hommes.
Autre handicap pour ces grandes
consommatrices d’équipements de
chasse : le faible choix des produits
qui leur était réservé jusqu’il y a
peu. Précurseurs dans le genre, Solognac, September, Laksen, BaleConnaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
49
partageons la chasse
no, Alan Paine, Pinewood, Stagunt
ou Browning ont leur préférence :
« On veut juste qu’ils développent
les mêmes collections Homme,
mais coupées à nos mensurations,
c’est simple à comprendre », tonne
Jacqueline.
Autre revendication, ces chasseresses veulent être considérées à
l’égal de l’ensemble des participants
aux battues. Ni plus, ni moins. À
les entendre, la femme serait, in fine,
un non-sujet cynégétique. Mais doiton en déduire que nos jeunes
« Dianes », comme elles s’identifient, sont semblables en tout point
aux autres porteurs de fusil (ou carabine) ? Pas sûr. « Moins impulsives, plus appliquées et moins compétitives, elles n’ont généralement
pas le même rapport à l’arme et au
tir que les hommes », explique Laurent Goehlinger, le fondateur de la
société de chasse du Fond d’Hacnivaux. Soucieux de l’image de la
chasse dans une société réfractaire,
ce meneur charismatique multiplie
les initiatives d’ouverture. Amo-
Peu de femmes
excellent dans
l’éviscération
et la découpe
du grand gibier.
Mais ce constat
n’est-il pas
aussi valable
pour les
hommes ?
LOGISTIQUE AU FÉMININ
Anne Marder aux côtés de Laurent Goehlinger.
Laurent, les Dianes de
Saint Hubert... et Anne
Rassembler jusqu’à soixante
chasseresses ne s’improvise
pas ! Pour y parvenir, Laurent
Goehlinger a trouvé en Anne
Marder une aide précieuse.
Passionnée et pétillante,
elle gère les invitations des
« Dianes de Saint Hubert ».
« Nous les proposons à des
filles qui viennent de tous les
coins de France. Il y a celles
qui étaient déjà présentes
et puis celles que nous
rencontrons par relation
ou sur internet. » La formule,
étalée sur 4 jours de chasse,
permet de faire venir des
personnes d’assez loin.
50
Pour marquer l’événement,
Anne organise une tombola
en reprenant les numéros
de poste que chaque
participante a tiré au sort
le matin. Cette année,
l’Armurerie de la Villeneuve
(Oise) mettait en jeu
une carabine .308 Win et
l’enseigne September, une
paire de guêtres en cuir. Deux
bracelets d’approche brocard
étaient offerts par Laurent,
associés à deux journées
de chasse au petit gibier
en Sologne. « De mon côté,
j’offrais des broches (Passion
plumes) de ma confection. »
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
diataire de 11 lots de chasse
(3 500 ha), pour beaucoup situés à
proximité de l’agglomération nancéenne, il s’attache depuis 1991 à
cohabiter avec les autres utilisateurs
de la forêt. Depuis trois ans, il ouvre
son territoire aux chasseresses en
leur consacrant une chasse dédiée.
Une initiative jugée vertueuse pour
cet homme particulièrement sensible à la question sécuritaire. Inviter en nombre des personnes inconnues à chasser sur de tels
territoires n’est pas sans risque. Mais
lorsqu’il s’agit de femmes, le défi
est moindre : « Elles sont globalement bien plus à l’écoute des
consignes. » Qu’il s’agisse de la
stricte immobilité exigée au poste,
du respect des angles de tir ou des
consignes spécifiques sur le gibier,
l’homme, intransigeant sur la question, est plus serein vis-à-vis de ses
participantes.
Un comportement en parfaite harmonie avec la politique pratiquée
en ces lieux. « J’essaie de mettre
mes postés dans de bonnes conditions de tir. En retour, je leur demande de placer des balles sur le
premier tiers de l’animal. » Tout
contrevenant à la règle, auteur d’un
tir de panse ou d’estomac, devra
payer la perte de gain de la venaison (1 €/kg). Si les déconvenues
existent immanquablement, la société de chasse du Fond d’Hacnivaux peut s’enorgueillir de quelques
statistiques enviables. « En trente
ans, nous n’avons jamais dépassé
une moyenne de 3 balles pour un
animal prélevé. Actuellement, nous
sommes à 2,7. » Pour parvenir à un
tel résultat, tout en associant une
centaine de chasseurs postés, Laurent Goehlinger mise sur le tir à
courte distance sur des animaux peu
rapides : « Nous fermons de grandes
enceintes, chassées une fois par
mois. La traque accompagnée de
chiens peu courants est menée par
plusieurs équipes. L’objectif est plus
de désorienter que de pousser les
animaux. Les postés ont la possibilité de tirer à courte distance à l’intérieur de l’enceinte. En procédant
ainsi, une grande majorité des animaux est tirée au petit pas, à moins
de 15 mètres. » Dans ce contexte,
le profil de la chasseresse, moins
impulsive et plus appliquée, séduit.
L’ambiance, critère
essentiel !
Mais pour que ces chasses soient
un succès, la réussite des battues ne
suffit pas. L’ambiance s’impose également comme un critère essentiel,
celui qui marquera positivement
l’événement qui, soulignons-le, cumule quatre journées de chasse
consécutives ! « C’est fatigant, mais
j’ai des actionnaires qui viennent
de loin », chuchote Laurent, le soir,
au fourneau. Pour ce qui concerne
la chasse de Dianes, c’est à la carte.
La moitié vient au moins pour le
week-end.
Majoritaires parmi les postés, les
femmes, qui pour une fois ne se sentent pas isolées, profitent pleinement du riche cérémonial qui leur
est réservé. La présence d’un sonneur aussi infatigable que bonhomme fait beaucoup. Olivier s’impose à chaque phase de la chasse.
Il remplit les temps morts de la
traque par des fanfares improvisées
qui régalent les oreilles de ces
dames. Lors des honneurs et des remises de brisées, il seconde de la
partageons la chasse
La battue des Dianes, organisée par Laurent Goehlinger, est exemplaire dans son organisation.
trompe le maître de cérémonie. Le
soir venu, lors du repas traditionnel
de chasse, il improvise à merveille
les chansons les plus reprises par
les filles déchaînées au son du cor.
Déjanté !
Tout est fait pour mettre les chasseresses en confiance. Le refus de
tir sera ici toujours salué. De belles
enceintes leur sont réservées et les
consignes de tir, élargies. Chacune
a droit à un chevreuil. Seule la bête
de tête et la laie suitée sont à épargner parmi les sangliers.
Au final, certaines repartent en versant une larme de mélancolie.
La présence permanente de conducteurs, dont une femme, durant le séjour, doit être saluée. »
En réunissant un grand nombre de
femmes pour les intégrer à un
groupe de chasseurs, la chasse des
Dianes est un succès cynégétique.
Il est précieux pour les chasseresses
et pour la chasse dans son ensemble.
Beaucoup d’Acca ou de sociétés de
chasse feraient bien de s’en inspirer à l’heure où tous les signaux sont
au vert. L’arrivée du permis national à coût réduit facilitera la mobilité des détentrices de validation.
Les chasseurs, qui ont vécu le turnover générationnel, souhaitent désormais féminiser leurs rangs. Hormis quelques rares régions
cynégétiquement misogynes, dont
nous tairons le nom, ils veulent, dans
leur immense majorité, féminiser
leur communauté. L’émergence de
ces jeunes Dianes, hyperconnectées, sortant de leur isolement grâce
aux réseaux sociaux, crée une forte
émulation. Voilà donc une formidable occasion de côtoyer ces chasseurs d’un nouveau genre. ■ T. M.
LA FÊTE À PETIT PRIX
Une volonté
de féminiser
Et Clémence de conclure au nom
de bien des femmes : « L’implication des actionnaires et leur volonté de partager avec les Dianes sont
marquantes. Ils sont, de manière générale, très attentionnés avec nous,
les filles. Il faut que les réfractaires
à notre accueil nous sentent capables
d’avoir le même comportement
qu’eux à la chasse. Et que notre présence n’enlève rien au plaisir de
leurs retrouvailles. Ce genre d’événement y contribue grandement. À
titre personnel, j’ai pu, grâce à Martial, découvrir la recherche au sang.
52
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Lors des battues de grand gibier, les chasseresses semblent apprécier particulièrement les express.
Comment les actionnaires les accueillent-ils?
Lors de la première édition,
les chasseresses étaient logées en
chambre d’hôte. Depuis deux ans,
Laurent Goehlinger a réussi
à convaincre quelques-uns de
ses actionnaires résidents les plus
proches de les loger chez eux,
par petits groupes : « Cette
formule présente bien des
avantages. Elle est d’abord bien
plus conviviale pour les filles,
qui se retrouvent ensemble chez
un chasseur qui les reçoit le soir.
Elle est aussi plus économique.
Le séjour ne leur coûte que 50 €
par jour de chasse, hébergement
et restauration compris. Enfin, sur
un plan logistique, c’est bien plus
simple. Nous n’avons plus à faire
des navettes pour aller récupérer
les Dianes avant la chasse.
L’organisation de la battue étant
déjà très lourde en soi. »
Si l’idée d’organiser cet événement
annuel n’a pas séduit la totalité
des actionnaires (masculins)
au départ, peu à peu, il s’impose,
auprès des hommes, comme
l’événement festif de l’année
pour cette société de chasse.
discrète, forte et fragile
QUESTION D’UN LECTEUR
Vènerie du chevreuil :
comment se porte-t-elle?
« Vous nous avez renseignés sur l’historique de la vènerie du chevreuil, permettez-moi de
vous poser une seconde question : comment se porte la vènerie du chevreuil en 2019 ? »
par François-Xavier Allonneau (texte et photos) et Laurent Hindryckx (infographies)
Martial Dubiat, Poitiers (Vienne)
54
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Après un historique de la vènerie du chevreuil paru dans
le n° 511 de novembre 2018 de « Connaissance de la Chasse »
(p. 84), voici un complément d’information sur la situation
en 2019, et des questions pour demain.
1. Comment se porte
le chevreuil ?
Avant de répondre à votre
question, il convient de s’interroger sur l’importance des
populations de l’espèce.
En effet, outre l’histoire politique, les densités de chevreuils
– et leur évolution – ont conditionné le développement de la
vènerie hier. Et la conditionneront demain comme nous
allons le voir.
Retour cinquante saisons en
arrière. Si le principe du plan
de chasse est apparu dans la
loi du 30 juillet 1963, il faut attendre celle du 29 décembre
1978 pour que cet élément de
gestion soit rendu obligatoire
nationalement, pour le chevreuil, ainsi que pour le cerf,
le mouflon et le daim.
Dans la foulée, des campagnes
de lâchers de repeuplement
de chevreuils ont lieu, et seront
réalisées tardivement, notamment dans le Sud-Est.
Depuis les années 1960-1970,
le chevreuil ne cesse de voir
ses populations augmenter. Il
est le grand gibier qui se développe le plus rapidement.
La hausse du tableau de chasse
national – indicateur du dyna-
misme démographique de
l’espèce – s’accélère au milieu
des années 1980, et s’amplifie
nettement au cours de la décennie suivante (voir tableau
national p. 56). Après un décrochage en 2007-2008 et
2008-2009, le tableau national
reprend sa progression.
Excepté des cas de mortalité
anormale du chevreuil (Mac),
conjugaison de plusieurs facteurs dont probablement la sécheresse et des incohérences
de gestion du plan de chasse,
l’espèce est prospère.
Elle a parfaitement colonisé la
totalité du territoire métropolitain, y compris les vastes
plaines, la montagne et l’arc
méditerranéen.
Après un règne – connu –
de 41 années, il faut attendre
la saison 2014-2015 pour que
le chevreuil soit détrôné par
le sanglier, en termes de prélèvements. Il se tue alors
585 587 bêtes noires contre
551 055 petits cervidés.
En 2017-2018, il s’est tué
756 149 sangliers contre
585 925 chevreuils. Les dés
paraissent jetés.
Pour précision, il s’est tué
« seulement » 62 418 cerfs
la même saison.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
55
discrète, forte et fragile
De nos jours, le chevreuil est abondant en France. Au point que
nombre d’équipages souffrent d’un
excès de change, parfois en domaniale, très souvent en territoire
privé, tant en forêt qu’en débuché.
Or, pour que les chiens travaillent,
que la meute soit en curée, que
les jeunes chiens apprennent le
métier, ceux-ci ont tous besoin
de chasser au sein de densités
moyennes de gibier.
Toutefois, le change ne doit pas
non plus leur être étranger afin qu’ils
développent justement des qualités
de chiens dits de change.
Mais que peut faire le veneur face à
des densités parfois importantes à
très importantes de petits cervidés ?
Pas grand-chose à dire vrai. Car le
veneur ne peut véritablement influer
sur la gestion de l’espèce au niveau
national, régional ou même départemental. En fait, les accords ne
semblent pouvoir qu’être locaux,
massif par massif. Reste à trouver
des arguments, et les termes de
l’accord entre veneurs, chasseurs
à tir et forestiers.
Le veneur ne peut raisonnablement
pas demander des plans de chasse
à la hausse, ni même la suppression
du principe. D’autant plus qu’un
RÉALISATIONS EN FRANCE
Tableau national : 45 ans de hausse
(sources : réseau Ongulés sauvages, Oncfs-Fnc)
2. Une abondance
qui pose problème…
nombre conséquent de chasseurs
de grand gibier en battue sont obnubilés par le seul sanglier, et rechignent à tirer le frêle ongulé.
Dans un excellent article faisant le
point sur l’espèce (Vènerie, n° 207
de septembre 2017, Le Chevreuil,
prolifique et fragile à la fois), Guy
Bonnet expose les choses avec
netteté : « […] mais on ne peut
gérer partout l’espèce en fonction
d’un mode de chasse qui prélève
2/1 000e du tableau national… »
Mais encore, il serait délicat au ve-
Malgré
deux saisons
de légers
décrochages
au milieu des
années 2000,
le chevreuil
connaît une
hausse régulière
de ses
prélèvements.
3. La vènerie
du chevreuil en 2019
RÉALISATIONS EN FRANCE
(Source : réseau Ongulés sauvages, Oncfs-Fnc)
Tableaux départementaux: 3 leaders
56
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
neur d’évoquer éventuellement le
risque sylvicole, lequel malmène
déjà un autre bel animal de vènerie,
le cerf.
Le veneur de chevreuil actuel peutil continuer à prendre selon les règles
de l’art, forcer selon l’ancienne expression ? Ou doit-il, au contraire,
prendre toujours plus vite, afin d’éviter le change ? Au risque de faire
évoluer sa pratique. Et ses chiens.
Excepté
une demidouzaine de
départements
du Sud-Est,
les tableaux
de chasse 20172018 dépassent
tous 2 501
pièces. Avec
trois records
aux environs
de 15 000
animaux :
en Moselle,
en Dordogne et
dans les Landes.
Aujourd’hui, nous comptons 93
équipages découplant dans la seule
voie du chevreuil sur un total de
386 équipages recensés en France
(voir infographie p. 58). Deux-trois
équipages de chevreuil démontant
chaque année, autant se créant.
En 2011, on recensa un maximum
de 99 meutes de chevreuil. La saison 2018-2019 figure donc parmi
les années records.
Ce qui place cette vènerie en deuxième position derrière celle du
lièvre. Et devant respectivement
celles du lapin, du renard, du sanglier et du cerf.
Depuis l’interdiction de la vènerie
en Belgique survenue en 2000, la
France est l’unique nation à courir
cet animal. Deux équipages chassaient alors le petit cervidé outreQuiévrain, l’Équipage ChassartChassant et le Rallye Vielsalm, ce
dernier s’étant implanté en France
(forêt de Saint-Gobain, Aisne).
Pour leur part, nos voisins britanniques ne s’adonnent pas à cet art
cynégétique.
discrète, forte et fragile
Sur le podium, le chevreuil est l’unique grand gibier (avec 93 équipages), entre le lièvre (121) et le lapin (48).
4. Des atouts
et des questions
Tout d’abord, il paraît logique que
les anti-vènerie ne sont pas opposés
au seul courre du cerf, mais bel et
bien contre le principe même.
En effet, quels éléments distinguent
la vènerie du cerf de celle du chevreuil, ou du lièvre ? Rien. Si ce
n’est le totem culturel que représente le grand cervidé, et l’instant
« puissant » de l’hallali. D’ailleurs,
le logo des Ava (Abolissons la vè-
58
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Un équipage
c’est avant tout
un territoire.
Il le faut vif
mais pas trop.
Ni trop urbanisé,
ni trop routier.
Massif de
Chantilly (Oise).
nerie aujourd’hui), est illustré de la
silhouette d’un cerf mais aussi de
celles d’un sanglier, d’un renard et
d’un lièvre. Il ne manque toutefois
que le lapin et… le chevreuil.
Lâcher la vènerie du cerf en espérant sauver celle des cinq autres
animaux courables paraît illusoire.
La même capture, les mêmes
chiens unissent les vèneries, grande
et petite.
En revanche, l’on peut s’interroger
sur le passage de relais, là où cela
s’avère nécessaire et possible, entre
la vènerie du cerf et celle du chevreuil. Car cette dernière est définitivement plus discrète que la première. Moins de chiens, moins de
boutons, moins de suiveurs, moins
d’espace, moins d’engagements financiers. Mais encore, moins de
symboles. Et pas d’hallalis spectaculaires.
Pour cela, il conviendrait que les veneurs de cerf voire de sanglier évoluent. Or, la vènerie du chevreuil,
particulièrement technique et discrète, saura-t-elle les séduire ?
discrète, forte et fragile
La vènerie du chevreuil prend décidément peu, et rarement : 1 fois pour 4,5 sorties. Tout un art !
À moins qu’ils n’y soient condamnés,
pour plusieurs raisons concrètes :
- certains territoires sont de moins
en moins adaptés au courre d’espèces (cerf et sanglier) pouvant effectuer de grands parcours et des débuchers spectaculaires. En cause :
des problèmes de droit de suite, l’urbanisation galopante des lisières, la
rurbanisation des villages, une circulation routière et un engrillagement toujours plus soutenus, etc. ;
- les populations de cerf sont parfois trop faibles. L’animal étant
très malmené dans certains massifs
domaniaux ;
- les finances des équipages sont
parfois délicates. En cause, les prix
des locations des territoires, les
charges du personnel, l’entretien
quotidien de la meute (plus important au cerf et au sanglier), etc.
Nous pouvons encore nous interroger : allons-nous observer la création de meutes chassant deux types
d’animaux, comme cela se faisait
jadis ? À savoir précisément : chevreuil et cerf ; chevreuil et lièvre.
La vènerie du chevreuil continuerat-elle de séduire des chasseurs à tir
amateurs de chiens courants déterminés à monter des équipages ?
Beaucoup de questions décidément
pour une pratique probablement à
la croisée des chemins. ■ F.-X. A.
Vifs remerciements à François
Couëtoux du Tertre, ancien
délégué général de la Société
de vènerie, et chargé de mission
de la même association
Avec près de 390 équipages,
la vènerie connaît une époque faste,
malgré les menaces et des
conditions de chasse peu évidentes.
60
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
hivernale et radieuse
La sarcelle, un
bolide en forme
62
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
L’ESPÈCE EN 15 POINTS
Rapide, acrobatique, instable, déroutante, lunatique, la grande voyageuse qu’est la sarcelle
d’hiver stationne en masse sur de très nombreuses zones humides françaises. Elle occupe
la deuxième place du tableau national des sauvaginiers. Zoom sur un concentré de gibier.
par Philippe Aillery (texte) et Pierre Aillery (photos)
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
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hivernale et radieuse
1. Chants particuliers
Ambiances de fin d’automne. Alors
que la nuit prend le pas sur le jour,
posté en bord d’étang ou au beau
milieu d’une prairie blanchie par
quelques centimètres d’eau, tous
les sens en éveil, des chants caractéristiques vous reviennent en écho :
des « Gluck… Gluck… Gluck… »
flûtés et des « Queck-Queck…
Queck-Queck… » nasillards.
Aucun doute possible sur l’identité
des arrivants, ce sont des sarcelles
d’hiver (Anas crecca), mâles et femelles, qui s’annoncent.
2. Image d’Épinal
Les silhouettes de ces canards
miniatures fendent les airs à une
vitesse vertigineuse et se laissent
choir précipitamment à quelques
mètres seulement de vous. Les habitués de la passée auront anticipé
ce déboulé et, au bénéfice d’un halo
de lune ou des lueurs offertes par
le bourg le plus proche, ils auront
épaulé et lâché leur grenaille en direction des bolides.
Avec un peu de chance et beaucoup
de pratique, ils devineront si leurs
coups de feu ont porté et, le cas
échéant, entendront l’impact du ou
des oiseaux pantelants frappant la
nappe. Les néophytes de l’exercice
ne pourront, eux, le plus souvent,
64
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Instables
en grande eau,
les sarcelles
d’hiver ont
la bougeotte.
que se satisfaire du bruissement
des ailes des fantômes qui s’évaporent dans la pénombre sans avoir su
réagir dans les délais. Mais positivons, au moins un des palmipèdes
est tombé au champ d’honneur. Il est
bientôt ramassé par l’indispensable
retriever de service qui vous le dépose dans la main.
3. Maquillage et autres
appellations
Tête rousse, presque rouille, large
virgule verte (soulignée d’un mince
trait clair) qui englobe l’œil et s’étend
jusqu’à la nuque, jabot brun à ocre
finement grivelé de points noirs,
pas de doute, vous êtes en présence
d’un mâle en plumage nuptial.
A contrario, si l’oiseau affiche une
livrée sans apparat, vous êtes en présence d’une cane ou, selon la saison,
d’un juvénile ou d’un sujet en plumage d’éclipse. Tous ont en commun un miroir alaire vert métallique
encadré de bandes blanches. Cette
distinction écarte toute confusion
possible avec une sarcelle d’été dont
le miroir est vert-gris bordé de blanc.
Par ailleurs, notez que d’une région
à l’autre, la sarcelle d’hiver porte
des surnoms tirés du parler local.
Au registre des appellations les plus
couramment employées on retrouve :
biganon, morêt, truquette, lulu, sarceline ou encore arcanette.
4. À la pose
Pas un huttier n’ignore les dons
d’acrobate dont est capable de faire
preuve la sarcelle d’hiver quand elle
décide de se poser. Le plus souvent
elle se laisse choir avec légèreté.
Mais sa rapidité est telle qu’elle est
capable de surprendre les appelants
et ceux-ci n’ont pas toujours le temps
d’annoncer son arrivée. En bande,
elles atterrissent en paquet serré puis
s’éparpillent rapidement. Sociables,
ces mini-canards déambulent sans
heurt au milieu de l’attelage.
Néanmoins leur humeur est changeante et ils peuvent s’évaporer aussi vite qu’ils ont débarqué sans réelle raison apparente. Plus vifs et plus
instables que tous leurs autres congénères, les sarcelles d’hiver ont la bougeotte en grande eau, surtout si le
temps est venteux. En pareille condition, elles préfèrent se rapprocher de
leur objectif par petites voletées plutôt que de nager. Dernier détail, l’espèce défie les lois aériennes en étant
capable de se poser vent arrière.
5. Omniprésentes
dans l’Hexagone
La scène imaginaire de passée que
nous venons de décrire aurait pu se
passer dans n’importe quelle zone
humide de l’Hexagone, à n’importe quel moment de la saison de
chasse, tant l’oiseau est omniprésent, et en masse, entre les mois
d’août et d’avril.
A contrario, le nombre de couples
reproducteurs est faible en France,
entre 500 et 1000 qui font nid essentiellement dans la moitié nord,
selon les données de l’Oncfs. La Camargue, l’estuaire de la Loire, la réserve naturelle de Moëze, les étangs
d’Orx, les étangs d’Aquitaine, les
étangs de Brenne, la baie des Veys,
le lac de Grand-Lieu, la presqu’île
de Guérande, le cours du Rhin, la réserve naturelle de Saint-Denis-duPayré ou encore la baie du Mont
Saint-Michel forment ses grands sites
d’hivernage traditionnels, auxquels
s’ajoutent de multiples sites annexes.
Les spécialistes s’accordent sur le
fait qu’il est difficile de distinguer
précisément les zones de haltes
migratoires des zones d’hivernage
importantes.
6. D’où viennent-elles ?
L’aire de répartition de la sarcelle
d’hiver est immense. En période de
reproduction, l’espèce est présente
dans l’ensemble de l’Europe du
Nord et de l’Asie. À l’heure de
l’hivernage, elle stationne de l’Europe de l’Ouest au Japon et, au sud,
jusqu’au Kenya et en Inde. Il a été
par ailleurs démontré que les sarcelles d’hiver hivernant en France
peuvent nicher jusqu’au cœur de la
lointaine Sibérie. En fait, l’on distingue en théorie trois sous-populations de sarcelles d’hiver au sein
de l’Ouest Paléarctique (nord-ouest
de l’Europe, mer Noire/Méditerranée, sud-ouest de l’Asie/nord-est de
l’Afrique) au sein desquelles il existe
des taux d’échanges très élevés. Les
sujets présents dans le nord de la
France et sur la façade atlantique
sont issus des deux premières souspopulations citées. Ceux hivernant
en Camargue proviennent plus spécifiquement des effectifs de mer
Noire/Méditerranée.
données en France par la Lpo). Les
deux résultats s’avèrent similaires.
Mais il faut savoir qu’il existe chez
ces canards un turnover important
et que les oiseaux présents par
exemple à la fin octobre sur une zone
donnée ne passent pas systématiquement l’hiver sur ce site. Il a été
notamment prouvé que les sarcelles
d’hiver ne séjournent au maximum
que quelques dizaines de jours en
Camargue à certaines périodes de
l’hiver. Il est fort probable que ce
phénomène soit aussi vrai dans le
nord du pays et sur la façade atlantique. Ceci se vérifie d’autant plus
en cas de vague de froid. Comme
les autres canards de surface, la sarcelle d’hiver se déplace massivement vers le sud de son aire d’hivernage en cas de forte chute des
températures.
7. Combien sont-elles ?
Les estimations de sarcelles d’hiver
réalisées à l’échelle du Paléarctique
occidental par Wetlands International et le Réseau oiseaux d’eau et
zones humides (Roezh) indiquent
que 1 250 000 à 1 875 000 oiseaux
forment les effectifs de ce vaste secteur géographique. De son côté, le
nord-ouest de l’Europe compte environ 500 000 individus. Enfin, la
population dite de mer Noire/Méditerranée abrite de 750 000 à
1 375 000 sujets.
8. Et en France ?
En consultant les comptages réalisés tous les ans à la mi-janvier, il
ressort que parmi les 650 000 canards en hivernage en France en
2017, environ 110 000 individus
étaient des sarcelles d’hiver. Ces
chiffres proviennent d’un comparatif entre les données du Roezh et
de Wetlands International (coor-
9. Habitats variés
Vitesse,
nervosité
et acrobaties
aériennes
caractérisent
le vol de la
sarcelle d’hiver.
À poste fixe de jour comme de nuit,
au cours de banales chasses marchantes au marais, le long des rivières, lors de levées d’étangs ou
d’insignifiantes mares, dans des
cuvettes temporaires de plaine, sur
les grands lacs, il n’est pas un moment durant la saison de chasse ni
un lieu fréquenté par les sauvaginiers, où la présence de la sarcelle
d’hiver est à exclure. Cependant,
par rapport à d’autres espèces de canards de surface, elle fréquente
moins les zones interdidales (la partie du littoral située entre les limites
extrêmes des plus hautes et des plus
« La sarcelle d’hiver offre les coups de fusils
parmi les plus spectaculaires »
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
65
hivernale et radieuse
basses marées). En règle générale,
l’espèce affectionne en priorité les
eaux douces à saumâtres.
10. Que mange-t-elle ?
Le régime alimentaire de la sarcelle
d’hiver est scindé en deux parties
distinctes. Ainsi, elles sont principalement consommatrices de petits
invertébrés (larves de chironome
surtout, un genre de diptère) en période estivale. L’hiver venu, elle se
rassasie avec plusieurs types de
graines dont celles de chara, de
suaeda, de carex, d’eleocharis et
aussi, dans certains secteurs, de
graines de plantes cultivées tel que
le riz. Chaque individu ingurgite, en
moyenne, 25 grammes (poids sec)
de ressources au quotidien. Cette
nourriture est récoltée sous l’eau, à
très faible profondeur. Contrairement aux autres canards de surface,
la sarcelle d’hiver ne bascule pas
son corps sous la nappe pour s’alimenter. Elle immerge simplement
son bec en gardant les yeux ouverts
au-dessus de la surface liquide pour
parer au moindre danger.
11. Prélèvements
en hausse
Seconde sur le podium des canards
les plus prélevés en France après le
colvert, elle pourrait bien, en toute
objectivité, être en vérité la première
66
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Omniprésentes
sur les zones
humides
françaises
à l’heure de
la chasse, les
sarcelles d’hiver
occupent la
deuxième place
du tableau
national des
canards.
au regard du nombre impressionnant desdits « colverts » issus d’élevages et lâchés chaque année dans
notre pays. En termes d’estimations
de prélèvements, nous disposons,
grâce aux enquêtes sur les tableaux
de chasse à tir menées par l’Oncfs
et la Fnc auprès d’un échantillon de
chasseurs lors des campagnes 1998-
1999 et 2013-2014, de chiffres de
référence. Ainsi lors de la première
saison, un peu plus de 330 000 oiseaux avaient été récoltés alors qu’ils
étaient plus de 368000 lors de la seconde, soit une hausse de 11,25 %
des prélèvements. Lorsque l’on sait
que le nombre de chasseurs a chuté entre les deux recensements, il est
LE BON ŒIL
L’identification du mini-canard, en vol, comme à la pose, est très facile.
Reconnaissez-la en vol
La sarcelle d’hiver se
déplace en bandes
d’importance très diverses
pouvant aller de quelques
individus à plusieurs
dizaines. Il n’est pas rare,
non plus, d’observer
des sujets isolés.
Mais le plus frappant
dans ces déplacements
demeure la vitesse,
la nervosité et la
permanence des
facéties aériennes.
Les changements de cap
sont brutaux et fréquents.
À ces comportements
particuliers s’ajoute une
taille très inférieure à celle
de tous les autres canards.
L’ensemble de ces
observations réunies
assure une identification
infaillible de l’espèce
en l’absence des sarcelles
d’été en France, c’est-à-dire
en automne et en hiver.
un suivi des plus précis par géolocalisation. Grâce à cette technologie dernier cri (et malheureusement
aussi assez onéreuse), le recueil des
données sur de multiples espèces de
migrateurs, dont la sarcelle d’hiver,
commence à s’étoffer et permet de
construire quelques hypothèses sur
l’espace vital de l’espèce. L’Isnea
et ses divers partenaires, entre autres,
sont aujourd’hui très impliqués dans
ces suivis.
d’anticipation des trajectoires pour
décrocher l’un de ces bolides ailés
dont la vitesse moyenne de vol est
située entre 80 et 110 km/h. Moins
solide que ses congénères, elle peut
être tirée à la passée (donc en principe à courte distance) avec de la
grenaille d’acier de n° 6,5 à 4. En
journée, il faut éviter de descendre
sous le n° 5.
14. Fabuleux gibier
Si le 31 janvier sonne la fin de la saison de chasse aux canards, cela ne
signifie pas que les zones humides
sont vides. Bien au contraire, elles
regorgent d’oiseaux dont de très
nombreuses sarcelles d’hiver. Une
belle occasion pour tous les passionnés d’ornithologie se sortir jumelles, appareils photo ou caméras
et de foncer au marais pour s’enivrer
des joyeux ballets des colorées nymphettes. Vous ne regretterez pas le
déplacement. ■ P. A.
De tous les canards fréquentant la
France, la sarcelle d’hiver fait partie de ceux offrant les coups de fusils – en vol – les plus spectaculaires.
Capable d’un panel de figures aériennes impressionnant, elle monte
souvent en chandelle au coup de feu
manqué. C’est là une des rares occasions de la reprendre avec un peu
plus de facilité. Sinon, il faut un
swing généreux et une bonne faculté
facile d’imaginer une hausse des effectifs de sarcelles d’hiver.
15. Tous au marais
BONNES NOUVELLES
12. Mal connues
Il est avéré que le tableau de sarcelles d’hiver est supérieur de 3,4 à
3,7 fois au nombre d’oiseaux présents à l’heure des comptages de
janvier. De ce constat découle la
certitude d’un roulement d’oiseaux
important au cours des saisons de
chasse. Mais la dynamique des
populations reste très mal connue.
On sait notamment peu de choses
sur le succès de reproduction, le
taux de survie ou les facteurs qui limitent les populations de sarcelles
d’hiver tant pendant l’hivernage que
lors des périodes migratoires.
En pleine forme
Tous les ornithologues
patentés, chasseurs et
non chasseurs, s’accordent
à reconnaître que l’espèce
sarcelle d’hiver se porte bien.
En effet, bien que gibier
particulièrement prisé dans de
très nombreux pays, le canard
miniature connaît une
croissance continue de ses
effectifs, notamment en
Europe. Certes la courbe
n’est pas fulgurante, 2 à 4 %
par an, mais elle est constante.
C’est aussi pourquoi l’Uicn
classe l’espèce dans la
catégorie « LC », soit un statut
équivalent à : Préoccupation
mineure. Comme pour
beaucoup d’autres espèces,
l’ennemi principal de ce
palmipède n’est pas la chasse,
mais la perte d’habitat,
qu’on se le dise.
13. Quels suivis ?
Jusqu’à ces dix dernières années, les
moyens de suivi des oiseaux migrateurs se cantonnaient au baguage,
à la pose de plaques nasales et à la
lecture des ailes. Or, ces moyens traditionnels apportent, au comptegouttes, des informations considérées comme fragmentaires puisque
moins de 10 % des individus marqués font l’objet de remontées de
données. À ces méthodes toujours
d’actualité se sont ajoutées les poses
de balises Gps qui, miniaturisées et
fixées sur le dos de migrateurs, permettent, de façon quasi-constante,
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
67
joyeux récris
AVEC HERVÉ CART
© Faccc
Le courant
68
Cette année, la Fédération
des associations des
chasseurs aux chiens
courants fête ses 30 ans.
Hervé Cart, responsable
projets de la Faccc et
cheville ouvrière de
l’association, fait le point
sur l’évolution de la chasse
aux chiens courants.
Grosses surprises en vue.
Petit chasseur deviendra grand !
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
par Christophe Aubin (texte et photos)
© Faccc
Dans leur grande majorité, les chasseurs aux chiens
courants ont pour gibier de prédilection le sanglier.
© Faccc
passe!
Pouvez-vous
revenir sur l’historique de la
Fédération des associations
des chasseurs aux chiens
courants, et ses objectifs
initiaux ?
Hervé Cart : La Faccc fut créée
en 1989 pour défendre l’exercice
de la chasse aux chiens courants,
mise en péril dans certaines régions
où les chasseurs autochtones
ne toléraient pas cette pratique
qui selon eux décantonnait le gibier.
Le mouvement est donc né d’une
réaction de protection à l’égard
d’un mode de chasse séculaire et
éminemment français. En 30 ans,
la Faccc est devenue la plus grande
association cynégétique spécialisée
française. Elle compte aujourd’hui
75 délégations départementales
regroupant plus de 16 000 adhérents.
Quid de ces adhérents
aujourd’hui ?
Nos effectifs sont en évolution
70
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
SURPRISE AU BOUT DE LA VOIE
Chiens courants : dégâts en baisse
« Concernant l’impact de
la chasse aux chiens courants
sur les dégâts de sanglier,
je rappelle que la Faccc
a financé, avec la Fnc, une
étude scientifique sur le sujet
en 2014. Les résultats sont
probants : là où le sanglier
est majoritairement chassé
aux chiens courants, les
dégâts sur maïs et sur prairies
sont moins nombreux,
et les concentrations moins
importantes que dans les
secteurs où le chien courant
n’est pas utilisé ; j’entends
à données biogéographiques
comparables.
Une seconde étude, toujours
menée en partenariat avec
la Fnc, et dont les éléments
confortent totalement
ceux de la première, est
en cours de conclusion.
Elle fera l’objet d’une
publication dans une
revue scientifique
de portée
internationale
courant 2019. »
© Faccc
joyeux récris
La chasse
du lièvre
au bâton s’est
particulièrement
développée
ces dernières
années.
Bien gorgés,
rapides et
efficaces, ces
billy sont lancés
dans la voie
d’un sanglier.
constante, puisque nous comptons
au global une augmentation de plus
de 40 % d’adhérents au cours des
cinq dernières années. De plus en
plus de jeunes rejoignent nos rangs,
étant désormais quatre fois plus
nombreux qu’en 2013. De la même
façon, la gent féminine n’est pas
en reste, avec une hausse de 33 %.
Nous comptons à présent de
nombreuses femmes passionnées
conductrices de leur propre meute.
Constatez-vous une
évolution du monde de la
chasse aux chiens courants ?
Dans leur grande majorité, les
chasseurs aux chiens courants ont
pour gibier de prédilection le sanglier.
Pour autant, nous constatons
un développement général de
l’utilisation du chien courant sur
lièvre, chevreuil, renard ou encore
lapin. Deux évolutions sont
importantes à mes yeux. D’une,
les conducteurs de meute découplent
plus de chiens que par le passé,
recherchant par ce biais la plus belle
Hervé Cart
fait preuve
d’un optimisme
non feint.
expression possible du travail de leurs
auxiliaires. Par ailleurs, en 20 ans, leur
technicité et leur exigence se sont
considérablement accrues. L’impact
de nos très nombreux concours
annuels est peut-être là, car il permet
non seulement à nos adhérents de
concourir, mais aussi d’échanger leurs
points de vue, de rencontrer d’autres
conducteurs plus expérimentés,
bref de monter en compétence.
BLOC-NOTES
Et d’un point de vue
éthique ?
La plupart des chasseurs aux chiens
courants adhérant à la Faccc se
consacrent exclusivement à leurs
chiens, recherchant un acte éthique,
visant à réaliser la plus belle chasse
possible. Certains d’entre eux ne
prennent plus le fusil. On parle alors
de chasse au bâton. Concernant la
vénerie, on constate une progression
significative du nombre d’équipages
de vènerie à pied : lapin, lièvre et
renard. Elle est essentiellement due
à l’orientation prise par certains
chasseurs « au bâton » ayant souhaité
passer en vénerie. Les exemples sont
nombreux. Cette évolution témoigne
d’une volonté de ne chasser que pour
le plaisir des chiens et des belles
menées.
Parlez-nous de cette chasse
dite au bâton…
Il ne s’agit pas d’un mode de chasse
à proprement parler mais plutôt
d’une pratique. Un chasseur « au
bâton », sans arme mais servant
ses chiens, est soit en entraînement
(il faut alors qu’il en ait l’autorisation
par le détenteur du droit de chasse),
soit en acte de chasse. Dans ce
dernier cas de figure, il tombe sous
le coup de la réglementation
Votre contact
Faccc (secrétariat)
22 rue des Tilleuls,
39420 Arinthod
Tél. : 03 84 48 02 43
Courriel : faccc.secretariat@orange.fr
Site : faccc.fr
régissant l’acte de chasse. C’est
une pratique en forte expansion
témoignant du fait que de plus
en plus d’adhérents recherchent
un plaisir éthique et esthétique, porté
par la seule qualité du travail de leurs
chiens. Ils s’y consacrent totalement,
laissant le fusil de côté, inutile dans
la mesure où la poursuite de l’animal
compte beaucoup plus que sa
mise à mort.
Tendance de fond ou effet
de mode ?
De mon point de vue ce n’est ni
une mode, ni un style, simplement la
recherche de la plus pure expression
possible de la chasse aux chiens
courants. Cette pratique valorise le
travail de la meute dans la recherche
puis la poursuite d’un animal,
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
71
joyeux récris
ÉQUIPEMENTS EN TOUS GENRES
en essayant de ne pas en changer.
La chasse au bâton est le fait de
conducteurs plutôt jeunes, tout
au moins en bonne forme, puisqu’il
s’agit de suivre aussi bien que
possible les chiens durant toute
la chasse pour en apprécier les
difficultés et les meilleurs moments.
« Avec eux et pour eux » pourrait être
la devise des chasseurs au bâton.
Et, comme déjà évoqué, cette
pratique constitue souvent
l’antichambre de la vénerie à pied.
Quelles difficultés
rencontrez-vous ?
Les difficultés rencontrées par
les chasseurs aux chiens courants
sont essentiellement locales.
Elles sont dues à d’autres chasseurs,
adjudicataires ou responsables
de chasse, qui ne tolèrent pas
l’intrusion de chiens courants
sur leur territoire au motif, fallacieux,
du dérangement. Tout ceci se
déroule principalement sur fond
de chasse au sanglier. Nos adhérents
disposent d’un service exclusif
de protection juridique efficace.
La plupart des dossiers traités sont
le fait d’intolérances d’autres
chasseurs à l’égard du chien courant,
ou de limitations abusives au sein
des règlements de sociétés de
chasse limitant le nombre de chiens
découplés, ou interdisant purement
et simplement de découpler les
courants à partir d’une période
donnée.
72
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Découpler un
grand nombre
d’auxiliaires,
telle est
la tendance.
Talkie-walkie et collier
de géolocalisation: le point
« De façon générale,
nous valorisons leur
utilisation chaque fois
qu’elle permet d’accroître
la sécurité des chiens et
des usagers de la route,
mais aussi de respecter
la réglementation
concernant les zones
naturelles sensibles
ou protégées.
Bien évidemment,
nous condamnons toute
utilisation dévoyée visant
à faciliter l’acte de chasse
et favoriser le tir de
l’animal poursuivi. Il y a
alors tricherie et tolérer
cela c’est accepter
d’abandonner, sur l’autel
de l’efficacité, nos valeurs,
celles reprises dans
notre charte et qui font
ce que nous sommes : de
véritables ambassadeurs
d’une pratique millénaire
dont nous voulons
préserver l’éthique.
Concernant les dispositifs
de géolocalisation,
la Faccc – associée
à Harloup, à l’Adcggl et
au club Gaston Phoebus –
est intervenue auprès
de la Fnc pour obtenir
un assouplissement
de la réglementation.
L’institution nationale
a délivré un bon accueil
à notre proposition et
a défendu, en Cncfs
du 27 juillet 2018, notre
demande d’utilisation
des systèmes de
géolocalisation en action
de chasse pour mieux
garantir la sécurité des
usagers de la route et des
chiens. Nos propositions
ont été validées par le
Cncfs, et nous sommes
désormais en attente de
la publication de l’arrêté
correspondant. »
joyeux récris
Quelle image porte selon
vous le chasseur aux chiens
courants ?
Sur le terrain, le grand public
témoigne très souvent d’un intérêt
réel pour nos chiens, car ceux-ci
constituent un véritable trait d’union
avec les non-chasseurs. À l’issue
d’une discussion, ce qui ressort
le plus souvent c’est que notre amour
pour les chiens, nos relations avec
eux et notre capacité à en parler
de façon passionnée l’emportent
sur le fait de chasser et de porter
une arme.
Quelles ont été les
incidences de l’ordonnance
de 2015 visant à réglementer
le commerce des chiens ?
Rappelons que cette ordonnance
impose à toute personne désireuse
de vendre un ou deux chiots d’une
portée (souvent dans le seul objectif
de couvrir une partie des frais
d’élevage) de devoir disposer d’un
enregistrement administratif en tant
qu’éleveur professionnel, sauf si ses
chiens sont inscrits au Lof. Prise dans
le dos de la Faccc, cette ordonnance
n’a eu en pratique aucune incidence
pour nos adhérents n’ayant pas
de chiens inscrits au Lof. Cependant,
AU CŒUR DE LA FRANCE
à titre personnel, je n’ai pas apprécié
que certains de nos partenaires
officiels n’aient pas jugé bon de
nous associer aux travaux préalables.
Nous en gardons un souvenir amer
et avons appris à relativiser la notion
de partenariat…
Comment voyez-vous
l’avenir de la chasse
aux chiens courants ?
Sous réserve que les freins évoqués
plus haut s’estompent, la chasse
aux chiens courants est, à mon sens,
promise à un bel avenir.
L’augmentation exponentielle
des populations de grands gibiers
et la nécessité de réduire les
concentrations pour contrôler
les dégâts, la forte valeur ajoutée
du chien dans notre relation avec
le grand public, la recherche de plus
en plus marquée par la majorité
de nos adhérents pour une chasse
éthique et des comportements
adaptés, sont autant d’éléments
qui m’amènent à cette conclusion.
Rdv les 13 et
14 juillet 2019
Dans le cadre de la communication,
la Faccc organisera à Moulins (Allier)
les 13 et 14 juillet prochains
une manifestation tout à fait
exceptionnelle, « Chiens courants
au cœur des terroirs », à l’occasion
du 30e anniversaire de l’association.
74
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Depuis quelques
années,
l’effectif féminin
est en forte
hausse au sein
de la Faccc.
épuisé, là où il se trouve, sans aucune
autorisation particulière ni égard pour
quiconque. Cette façon de procéder
est détestable ! Elle met les chasseurs
dos à dos. Ceux qui pratiquent ainsi,
souvent bons connaisseurs et
passionnés, ne se rendent pas
compte à quel point ils nuisent
à la chasse aux chiens courants.
Quels sont les objectifs
futurs de la Faccc pour
la préservation de ce mode
de chasse ?
Nos actions à venir vont se situer sur
le terrain de la communication et sur
celui-ci du juridique. Concernant la
communication, nos efforts doivent
contribuer à mieux expliquer
à nos pairs, aux institutions et, dans
les départements concernés, aux
responsables de chasse « anti-chiens
courants », tout l’intérêt patrimonial,
culturel, opérationnel de la
préservation de ce mode de chasse
séculaire et symbolique de la
tradition cynégétique française.
Une autocritique ?
Autres combats ?
Oui. Une limite peut être posée par
une infime minorité de chasseurs
qui pratiquent leur passion de façon
extravagante. En effet, comment
défendre certains utilisateurs qui, en
chasse à tir au sanglier, recherchent la
prise de l’animal à tout prix et, à cette
fin, sont prêts à toutes les infractions :
menée en véhicules, traversée de
territoires parcourus sans aucun
respect, relais successifs de chiens
découplés pour achever un animal
Sur le plan juridique, nous allons
nous attacher à deux grandes lignes
d’action : continuer à défendre les
intérêts de nos adhérents chaque fois
qu’ils font l’objet de mesures
liberticides ou discriminatoires,
mais aussi travailler sur le long terme
à l’amélioration continue des
dispositions réglementaires
concernant la chasse aux chiens
courants. Le dossier géolocalisation
en est un premier exemple. ■ C. A.
nouvelle carabine
2,7 KG DE TECHNOLOGIE
En lui offrant une belle robe carbone, Browning fait entrer sa X-Bolt
dans l’univers délicat des ultra-légères. Une entrée qui a toutes les
chances d’être réussie si l’on en juge par deux chiffres, un poids de
2,7 kg et un prix de 2290 euros, soit le plus petit de cette catégorie.
Découvrez-la en exclusivité avant sa réelle introduction sur le marché.
par Laurent Bedu (texte) et Bruno Berbessou (photos)
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Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Browning
A
près les linéaires, les
techniques, les long
range ou tactiques pour
le tir à longue distance,
voici qu’émerge tout doucement une
nouvelle famille de carabines de
chasse, les ultra-légères. Des carabines à verrou, tout temps, conçues
pour être insensibles aux pires conditions climatiques, résistantes aux
chocs et aux mauvais traitements,
précises en toutes conditions et surtout pesant moins de 2,9 kg. C’est
en cela qu’elles se différencient des
carabines légères apparues ces trente
dernières années, lesquelles pesaient
entre 2,9 et 3,1 kg tandis que les
ultra-légères passent souvent sous
la barre des 2,8 kg et pour certaines
d’entre elles avoisinent même parfois
les 2,6 kg, voire 2,4 kg pour les modèles les plus allégés. Une catégorie
où l’on trouve la Sako Carbon light
(2,4 à 2,6 kg), la Barrett Rifle FieldCraft, (2,4 à 2,7 kg) et la Kimber 84
M Hunter Black (2,6 kg). C’est cette
short list, ce petit groupe que va
bientôt intégrer la Browning X-Bolt
Pro Carbon. Une carabine annoncée
à 2,750 kg et pour laquelle la firme
au cerf nourrit de grands espoirs. Il
faut bien dire que si les armes ultralégères gagnent sans cesse de nouveaux adeptes dans notre pays, c’est
parce qu’au sein de l’ensemble des
chasseurs européens, nous sommes
certainement les plus attentifs et les
plus exigeants quant au poids de
notre équipement. Il m’est arrivé à
plusieurs reprises de voir un armurier
français peser une arme qu’il voulait
vendre à un client, histoire d’enfoncer le clou avec un argument imparable. Une pratique impensable dans
un autre pays. La France est le pays
où les chasseurs sont le plus à la recherche d’armes ultra-légères. Il est
donc évident que cette nouvelle carabine Browning a une belle carte à
jouer dans notre pays.
Pour y percer, la X-Bolt Pro Carbon
dispose de trois éléments très
concrets. Son nom tout d’abord.
Browning est mondialement connu,
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
© L. Bedu
X-Bolt Pro Carbon
77
nouvelle carabine
mais la firme américano-belge jouit
dans notre pays d’une véritable cote
d’amour et de fans. La Belgique est
un pays voisin et ami à la culture assez proche de la nôtre et le B25 ou
encore la Bar ont beaucoup fait pour
renforcer, année après année, cette
relation. Ensuite, la firme au cerf
mise sur le carbone, un matériau léger mais également technique et désormais considéré comme luxueux.
Il est en quelque sorte le haut de
gamme du matériau composite, celui
inspirant le plus de commentaires
positifs et donnant à l’arme tous
temps qu’il recouvre une sorte de
titre de noblesse. Pour enfoncer le
clou, Browning a réalisé une crosse
avec un aspect tissé qui au premier
coup d’œil nous indique à quel matériau on a affaire. Sur le plan marketing c’est imparable, ce carbonelà se voit. Enfin, dernier argument et
certainement pas le moindre, le prix.
Cette carabine à crosse carbone, proposée dans des calibres performants,
modernes et même pointus ou en
vogue ne coûte que 2290 euros. À
titre indicatif, une Sauer 404 XTC
carbone coûte 6500 euros, une Sako
Carbon light 3400 euros et une Barrett Rifle à crosse carbone mais sans
effet tissé, 2500 euros. Browning se
veut donc le champion du carbone
économique à défaut d’être réellement bon marché, ce qui est impossible au vu du coût de cette matière.
L’aspect tissé
de la crosse
ne laisse pas
planer le doute,
elle est réalisée
en carbone.
fures en tout genre, aux variations
climatiques et qui de plus permet
d’obtenir des nuances de métal jusqu’alors inconnues ou presque. Sur
notre arme, cette finition n’est guère
surprenante puisqu’elle est grise,
même si c’est un gris foncé presque
anthracite.
Cœur de mousse
et 2 couches dures
La cible est
parfaite, la
première balle
au-dessus des
autres a été
tirée canon
non flambé,
les autres
sont groupées.
Mais revenons à l’élément phare de
cette arme, celui qui lui donne son
nom et son poids réduit, le carbone.
Le cœur de la crosse de cette carabine est réalisé dans une mousse
compacte, très dense et très légère,
recouverte de deux couches de carbone. Deux couches croisées afin
d’avoir le maximum de rigidité. Au
niveau de la portée de recul du canon, sous la jonction du canon et du
boîtier, la crosse a été renforcée. Un
bloc réalisé en fibres de carbone
compressées, aussi léger que résistant, a été inséré là. Il est maintenu
en place par les deux couches de carbone qui recouvrent la crosse et par
un bedding en résine. L’ensemble
est inamovible et ultra-résistant.
C’est dans un usinage réalisé dans
cette pièce que vient s’ajuster parfaitement la portée de recul du canon, une pièce d’acier rectangulaire
solide. Ainsi maintenus, le canon et
le boîtier sont parfaitement immobilisés et ne bougent pas au moment
du tir. Ce sont cette portée de recul,
cette pièce de carbone compressé et
le bedding qui vont donner à l’ensemble boîtier et canon une extrême
rigidité synonyme de précision.
C’est souvent là que se gagnent ou
se perdent les quelques millimètres
qui font la différence entre une carabine extrêmement précise et une
carabine standard voire peu précise.
Grâce au bedding, le reste du canon
est flottant, à aucun moment il ne
touche le devant. Là encore la rigidité des deux couches carbone est
importante car, que la carabine soit
en appui sur un rocher, sur un bipied,
sur une canne de pirsch ou qu’elle
soit longuement portée à l’épaule
Mais ce n’est pas tout, à ce matériau
en vogue, la firme d’Herstal en
ajoute un autre qui fut la star de l’année 2018, la finition cerakote. Un
traitement à base de céramique et
de composite apposé sous forme liquide et au pistolet à peinture sur les
parties métalliques de l’arme. Une
finition qui va rendre les pièces ainsi
protégées beaucoup moins sensibles
à l’oxydation, aux rayures et grif-
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Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
© L. Bedu
Carbone et cerakote
à moins de 2300 €
1- Gros plan sur la sécurité
et sur l’indicateur d’armement, la
languette rouge visible sous la noix.
2- Lorsque la sûreté est engagée,
le poussoir du levier d’armement
devient saillant et accessible.
3- La culasse comporte des
cannelures hélicoïdales pour faciliter
sa manœuvre quelles que soient
les conditions.
1
2
3
avec une bretelle, elle ne se déformera pas et à aucun moment le devant ne viendra d’une façon ou d’une
autre au contact du canon, vous assurant ainsi de conserver une précision maximale.
Pas (encore)
de version gaucher ?
La crosse ne comporte pas de quadrillage à proprement parler. Il s’agit
d’un surmoulage irrégulier à gros
grains qui facilite la prise en main.
On le trouve sur la poignée pistolet
mais aussi sous le devant. À noter, la
poignée pistolet possède une relime
asymétrique. Le côté
droit est renflé pour
mieux épouser la paume
de la main. Pour le moment nous ne savons pas
si une version « gaucher » à
poignée inversée – à défaut
d’avoir la mécanique à gauche –
verra le jour.
La plaque de couche qui termine cette
crosse carbone est une Inflex. Une
plaque de couche mise au point par
Browning pour ses armes d’épaule
et qui absorbe au mieux le recul et
empêche le canon de se relever exagérément. Ainsi non seulement l’arme
reste en ligne mais avec elle la visée
La tête de
culasse en
cuvette à trois
tenons et
éjecteur piston
comporte une
griffe
d’extraction
assez longue.
également et les tirs peuvent s’enchaîner, un plus, surtout avec une
arme légère qui par définition bouge
davantage qu’une arme lourde.
Le canon de notre carabine est flûté.
Des cannelures qui sont désormais
choisies pour leur esthétique même
si sur les canons épais, elles permettent à poids moindre de conserver
la même rigidité et d’assurer un refroidissement plus rapide du tube.
Le canon est aussi fileté au pas courant de M14x1. Cela vous permettra
le moment venu d’installer un silencieux très facilement ou un frein de
bouche si vous voulez surtout réduire
le recul de cette arme légère. Enfin,
comme nous l’avons déjà dit, le canon est cerakoté et possède une couleur grise, la même que pour le boîtier, le pontet, la culasse ou encore
les anneaux de grenadière.
Le dessous du chargeur est lui aussi
de la même couleur gris foncé, c’est
une bonne chose. Sur la version camouflée et cérakote de la X-Bolt, le
modèle Atac Urban, il était resté
noir, ce qui était assez dérangeant sur le plan esthétique.
Le chargeur est à l’image
de l’arme, léger mais solide. Il est surtout rotatif, facile à garnir de ses quatre
cartouches, très simple à
mettre en place et à déposer au moyen d’un poussoir logé sur sa face avant.
Un clic net et sonore vous
avertit de son bon arrimage à
la crosse, c’est pratique et utile car
il arrive – si vous ne l’engagez pas
par l’arrière et que la fixation n’est
pas parfaite – qu’il soit impossible
de chambrer une nouvelle cartouche.
La culasse ne fera que l’effleurer.
Les pointes des cartouches seront
protégées des chocs grâce à un épaulement interne du chargeur qui les
maintient fermement en place. Les
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
79
nouvelle carabine
pointes ne seront pas abîmées, c’est
encore un plus pour la précision globale de l’arme.
Derrière le chargeur, le pontet est
gris anthracite bien qu’il soit réalisé
en alliage. Il est assez large et,
comme la détente est logée contre
la paroi arrière, la place laissée au
doigt est maximale. Les chasseurs
qui utilisent des gants en plein hiver
ne seront pas handicapés. La détente
est gris clair. Il s’agit du bloc détente
Super Feather Trigger, une détente
directe remarquable, nette, légère
Le chargeur
amovible rotatif
peut accueillir
quatre
cartouches.
Compact et
léger, il est très
résistant
mais attention
de bien
le verrouiller.
La plaque de
couche Inflex
absorbe une
bonne partie
du recul
et limite
le relèvement
du canon.
80
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
mais pas trop, sans course et d’une
incroyable franchise. Pour faire
court, elle compte parmi les deux
ou trois meilleures du marché. Le
stecher n’est plus une nécessité avec
ce bloc détente. Browning en est
si fier que lorsqu’elle a été lancée
et installée sur toutes les X-Bolt,
cette dernière est devenue X-Bolt
SF. Ainsi, pour savoir si la X-Bolt
qui vous intéresse est dotée de ce
bloc détente, il suffit de vérifier
qu’elle porte l’acronyme SF.
Le boîtier de culasse est sans doute
la partie la plus classique, en dépit
de sa couleur gris foncé. On retrouve
la relime octogonale classique de la
mécanique des X-Bolt. La noix reprend les mêmes formes. Elle coiffe
une languette rouge lorsque la carabine est en position armé, languette
qui va jouer le rôle d’indicateur d’armement. Derrière la noix sur le col
de crosse, on trouve la sûreté de cette
Pro Carbon. Une sûreté à deux positions : poussée vers le haut, elle libère culasse et bloc détente, le tir et
la manœuvre de la carabine sont possibles. Reculée, au contraire, la culasse est bloquée tout comme la détente. Néanmoins, un dispositif
judicieux permet de bénéficier d’une
sorte de troisième position qui libère
la culasse mobile en sûreté sans pour
autant débloquer la queue de détente.
C’est un poussoir carré, situé sur le
sommet du levier d’armement, qui
joue ce rôle. En l’enfonçant avec le
pouce, on peut manœuvrer la culasse
mobile. L’emplacement du poussoir
est judicieux et il est très facile de
maintenir le poussoir enfoncé tout
1- L’arrêtoir de culasse, classique,
est logé côté gauche du boîtier.
À noter, les quatre puits de fixation
des embases optiques fournies.
2- La sûreté ressemble beaucoup à
celle d’un fusil de chasse ou à celle
des anciennes Ruger MK 77.
3- En position feu, le poussoir du
levier d’armement ne déborde plus,
c’est simple et pratique.
1
teur assez large et longue et un éjecteur piston faisant saillie sous tension
de ressort. À noter, la griffe d’extracteur ne fragilise pas de tenons, elle
est située entre celui de droite et celui
du bas.
Un levier
customisable
2
en agissant sur la culasse. Vous pourrez ainsi retirer une cartouche chambrée, en fin de traque par exemple,
en toute « sécurité ».
Ce poussoir affleure le levier en
temps normal mais dès que la sécurité est enclenchée, il déborde légèrement, comme pour mieux se rappeler à notre bon souvenir, c’est très
pratique.
Culasse :
du nouveau
Ce boîtier est caractérisé par une
large fenêtre d’éjection. Une façon
de s’assurer d’un réarmement rapide
mais aussi de gagner quelques précieux grammes en retirant un peu
plus de métal qu’il ne le faudrait.
Parfois une large fenêtre d’éjection
permet de charger des cartouches
par le haut sans retirer le magasin
amovible. Ce n’est pas possible ici.
Le chargeur rotatif et son mode de
chargement interdisent cette opération, il vous faudra le déposer.
La fenêtre d’éjection permet de découvrir une autre caractéristique de
cette carabine, sa culasse mobile cylindrique et hélicoïdale. D’ordinaire
les culasses de X-Bolt possèdent une
face plane, la partie visible lorsque
l’arme est verrouillée, tandis que le
reste est cylindrique. Ici la culasse
est entièrement cylindrique et surtout
usinée de façon hélicoïdale. Ces cannelures, comme celle du canon, ont
deux buts : alléger la pièce sans lui
faire perdre de rigidité ou de résistance, et garantir une fermeture
fluide et facile de la culasse même
si des brindilles, de la boue ou des
déchets de végétaux venaient s’y
glisser. Pour le reste, la culasse est
typique des X-Bolt, elle se verrouille
par trois tenons en tête et par une rotation de 60° seulement. La cuvette
de tir comporte une griffe d’extrac-
3
Cette carabine
fabriquée chez
Miroku au Japon
pour Browning
est proposée en
cinq calibres
dont le
6,5 Creedmoor.
La culasse se manœuvre via un court
(50 mm) levier d’armement. Ce levier
se termine par une boule en alliage
vissée qu’il sera possible de remplacer par une boule plus large ou plus
agrippante si vous le désirez.
Pour le moment, la X-Bolt Pro Carbon n’est disponible qu’en 5 calibres, uniquement des standards. Il
s’agit des .308 Win, .30-06, du .270
Win, du 6,5 Creedmoor et du .243
Win. Mais il est probable que très
vite l’offre de cartouches sera plus
importante avec notamment des munitions magnum. Il est clair toutefois
que le poids ne sera plus le même,
longueur de canon magnum oblige.
Déjà deux longueurs de canon sont
proposées sur cette arme, 52 cm pour
les deux munitions de calibre .30 et
56 cm pour les trois autres. De mon
point de vue, le .30-06 aurait besoin
d’un peu plus que 51 cm tout comme
le 6,5 Creedmoor serait sans doute
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
81
nouvelle carabine
plus performant avec 60 cm et non
56 cm de canon. Néanmoins, pour
cet essai j’ai choisi le 6,5 Creedmoor,
un calibre remarquable pour l’approche et l’affût, intrinsèquement
très précis. Le canon de la carabine
est donc assez long, 56 cm, et lourd
puisque l’alésage est forcément
moins important que pour un .308
Win ou un .30-06. Sur la balance il
y a fort à parier que cette arme soit
un peu plus lourde qu’annoncée pour
ces mêmes raisons. Et effectivement,
avec sa lunette, son montage et cinq
balles, quatre dans le chargeur, une
dans le canon, notre carabine pèse
3,7 kg. Si vous trouvez que c’est
beaucoup, sachez que la lunette est
une imposante Kite Optic 25-15x56
de 690 g et que les colliers et embases pèsent 90 g de plus. Une fois
la lunette déposée, à la fin de notre
essai nous vérifierons que la carabine
seule ne pèse plus que 2,9 kg. C’est
bien la plus lourde des cinq versions ;
1
FICHE TECHNIQUE
Marque : Browning.
Type d’arme : carabine à verrou
ultra-légère.
Nom : X-Bolt Pro Carbon.
Crosse : en carbone à busc droit
et poignée pistolet.
Magasin : chargeur amovible rotatif
d’une contenance de 4 cartouches.
Boîtier : en acier recouvert d’une
finition cerakote grise.
Culasse : hélicoïdale à trois tenons
en tête, avec griffe d’extracteur
et éjecteur piston recouverte
d’une finition cerakote grise.
Calibre : 6,5 Creedmoor,
existe aussi en .308 Winchester,
.30-06, .270 Win, .243 Win.
Canon : cerakoté, flûté et fileté
(M14x1), 53 cm en .30-06 et .308,
et 56 cm pour les autres.
Sécurité : à deux positions.
Organes de visée : sans ; la carabine
est livrée avec un jeu de colliers fixes
de 30 mm, cerakoté.
Prix : 2290 €.
Poids : 2,7 kg.
82
Les plus
• Le prix pour une arme carbone
• Le choix de calibres
• La mécanique X-Bolt éprouvée
• Le traitement cerakote
• La culasse hélicoïdale
et le canon flûté fileté
Les moins
À NOTRE AVIS
• Canon un peu court en .30-06
et 6,5 Creedmoor
• Poids plus important en 6,5
• Pas de calibre magnum
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
2
3
1- La poignée
de cette crosse
est renflée
et nervurée,
sans insert
quel qu’il soit.
une .308 Win par exemple à canon
de 51 cm ne pèsera que 2,7 kg.
2- La bague
qui protège
le pas de vis du
filetage est très
bien réalisée
et presque
invisible une
fois serrée.
C’est au stand de tir de Gonesse que
nous vérifierons les performances de
cette nouvelle carabine. Pour ce test
nous disposons de cartouches Winchester Dear Season, la version américaine des Extreme Point, de 125 gn
(8 g). Le chargeur est rempli et une
cartouche est chambrée. Exceptionnellement, je n’ai pas fait de tir de
flambage pour éliminer les restes
d’huile. Les balles 2 à 5 seront les
seules à être faites avec un canon
« sec ». Et cela se voit sur la cible.
Ma première balle attrape la mouche,
ce qui est bien en théorie mais ce
n’est pas le but d’un test de groupement, tandis que les quatre autres
viennent toutes se loger un centimètre sous la première. J’aurais dû
flamber le canon pour avoir mes cinq
balles dans le même trou. La carabine
n’est pas en faute et au contraire il
faut reconnaître que la précision est
remarquable, ce qui n’est jamais fa-
3- Le pas
du filetage est
un M14x1,
une norme
standard,
ainsi trouver
silencieux ou
frein de bouche
ne sera pas
compliqué.
Une précision
remarquable
cile avec une arme légère. Le levier
d’armement, malgré ses dimensions
réduites, est facile à manipuler et autorise un réarmement rapide. Le 6,5
Creedmoor est un petit calibre, mais
pour autant la carabine ne recule pas.
Malgré l’absence de frein de bouche
ou de silencieux, le tir est très confortable, il faut dire que les 700 g de
l’optique lui donnent pas mal de stabilité. Néanmoins, avec une optique
plus légère il est quasi sûr que le
confort serait tout aussi bon.
Je poursuis mes tirs à bras francs sur
des pigeons d’argile disposés à 50 m.
Les tirs s’enchaînent agréablement,
le canon ne chauffe pas beaucoup
et la précision est toujours là. La
détente Super Feather Trigger est
vraiment remarquable, je n’y reviendrai pas. Au-delà du fonctionnement
sans heurt de cette arme, ce qui en
ressort c’est l’impression de solidité,
de résistance et en même temps de
légèreté. Browning a vraisemblablement réussi son pari et comme
elle est à ma connaissance la moins
chère des carbones, il y a de grandes
chances que sa route emprunte celle
du succès. ■ L. B.
nouvelle optique
Kahles Hélia RF 10x42
Avec les Hélia RF,
Kahles se lance à son
tour dans la fabrication
de jumelles télémètres
avec un credo : être
le moins cher des
Européens. Mission
accomplie avec des 8x42
et 10x42, pratiques,
fonctionnelles, intuitives
et vendues 1500 euros !
par Laurent Bedu (texte)
L
es jumelles télémètres sont
apparues au début des années 1990 avec les modèles Geovid de Leica.
Des jumelles lourdes et encombrantes mais qui eurent le mérite
d’être les premières et de défricher
ce marché inexistant. Depuis, Leica a revu sa copie avec une nouvelle
génération de Geovid au format et
au poids réduits mais embarquant
encore plus d’électronique avec un
véritable logiciel balistique qu’il est
possible de coupler avec son calibre
et ses munitions. Swarovski possède
aussi de telles optiques avec les El
84
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
DEUX JUMELLES TÉLÉMÈTRES À 1500 EUROS
Range, des jumelles télémètres dotées d’un calculateur balistique et
de toutes sortes de logiciels qui peuvent là encore être couplés avec
votre arme. Zeiss s’est aussi engagé sur ce secteur avec ses Victory
RF, et plus tard Meopta avec les
MeoRange. Quatre marques européennes et bien sûr de nombreuses
marques américaines sont peu à peu
venues s’installer sur cette niche.
C’est au tour de Kahles de tenter de se faire une place sur ce
secteur. La firme dévoile deux
jumelles, des 8x42 et des 10x42
baptisées RF car dotées d’un Range
Finder (en français un « trouveur de
distances » ou télémètre), qui sont
les moins chères de la catégorie au
sein des marques européennes.
Des jumelles télémètres européennes mais, précisons-le tout de
suite, sous-traitées en Chine. Ce sont
les 10x42 que nous avons choisi de
tester plutôt que les 8x42, pour une
question de grossissement.
La première bonne surprise vient du
format de ces jumelles. Elles ne sont
ni plus larges ni plus hautes ou
grosses que les jumelles sans télémètre, les Hélia « classiques » que
la marque commercialisait jusquelà. Ces jumelles sont même plutôt
petites et fines et elles ne pèsent
Courroie
en cuir patiné,
cache oculaire
et objectifs
en loden,
les accessoires
de ces jumelles
sont de qualité.
« que » 880 g. La prise en main s’en
trouve facilitée. Certes le dessous
de chaque corps optique comporte
une protubérance mais cette dernière
n’est pas exagérée et vient naturellement se nicher au creux du pouce
lors des longues observations. Ces
jumelles se veulent aussi pratiques
puisque le pont ne comporte que
deux boutons, le premier pour allumer le laser et pour la prise de distance, le second pour le niveau
d’illumination et le choix du mode
de mesure. La molette de réglage de
la mise au point vient compléter
cette panoplie. C’est volontairement
minimaliste et c’est très bien ainsi.
FICHE TECHNIQUE
Marque : Kahles.
Type : jumelles télémètres à calculateur
balistique.
Modèle : Hélia RF 10x42.
Grossissement : 10x.
Objectif : 42 mm.
Champ de vision à 1000 m : 107 m.
Dimensions : 14,8x13,1x7,1 cm.
Poids : 880 g.
Pupille de sortie : 4,2 mm.
Dioptrie : ± 4.
Plage de mesures du télémètre :
de 10 à 1500 m.
Données : mètres ou yards, ponctuelle
ou en continu, avec angle ou en
mesure « horizontale » corrigée.
Pile : CR2 Lithium 3V.
Prix : 1 499 €.
Autre modèle : 8x42, mêmes poids
et prix, pupille de sortie de 5,3 mm
et champ à 1000 m de 125 m.
Les plus
• Le prix
• La fonction EAC
• Les protections et courroies
en loden et cuir à l’ancienne
• La simplicité d’utilisation
• Le faible encombrement
Les moins
À NOTRE AVIS
• Une seule couleur, le marron
• Le caoutchouc de gainage
un peu lâche
• La pile, placée trop près du pouce
Les jumelles sont revêtues d’une
gangue de caoutchouc marron, une
couleur originale. Dans la nature
c’est très discret, par contre en boutique ou dans vos mains, le rendu
n’est pas très qualitatif, du noir ou
du vert, même en option, aurait été
bienvenu. Le pont est noir, tout
comme la molette de réglage de
mise au point ou les œilletons, c’est
assez réussi. Ces derniers sont escamotables et vous offrent trois positions : de collé à l’optique jusqu’à
9 mm plus haut. Ainsi selon votre
morphologie, que vous soyez porteur de lunettes ou non, ces jumelles
s’adapteront à vous et non l’inverse.
Mise au point rapide
ou trop rapide ?
Ces optiques se comportent comme
des jumelles classiques avec une
bague de réglage de la mise au point
très rapide, trois quarts de tour suffisent. C’est pratique en termes de
rapidité mais cela pose deux problèmes : tout d’abord il est plus difficile d’être précis lors du réglage
et ensuite, pour arriver à cela Kahles
a réduit la plage d’observation puis-
qu’il est impossible d’avoir une
image nette à moins de 10 m.
Les mesures de distances se font
simplement. Vous pressez le bouton le plus proche de vous et le laser s’allume ; à la seconde impulsion, la distance s’affiche. Vous
pouvez choisir de mesurer une distance donnée avec une pression
brève ou de passer tout un secteur
au scan en pressant en continu le
bouton et en balayant du regard tout
ce qui vous entoure. Les distances
défileront sous vos yeux.
Vous pouvez décider de n’afficher
que la distance, mais il est aussi possible d’obtenir l’angle, en cas d’observation vers le haut ou le bas ou,
toujours dans le même cas, la distance compensée ou recalculée à
l’horizontale. Prenons un exemple :
si vous visez, vers le haut ou le bas,
un animal placé à 300 m avec une
très forte pente et que votre lunette
est réglée sur 300 m, vous raterez
l’animal en tirant trop haut. Il aurait fallu viser de la même manière
que pour un tir à 250 m ou moins.
Dans ce cas, les Kahles RF vous auraient annoncé 300 m et au-dessus
250 ou moins. C’est le petit plus de
ces jumelles télémètres. Pour passer en revue les trois modes, il vous
suffit de presser pendant trois secondes le bouton « mode » et ensuite de choisir le programme désiré avec le premier bouton. Vous avez
le choix entre yards ou mètres et
entre distance simple, distance et
angle ou distance et distance corrigée, une fonction appelée EAC (Enhanced Angle Compensation). Le
bouton mode, pressé de manière
brève, vous permet d’augmenter
l’illumination. Chaque pression fait
défiler un des cinq paliers.
Et c’est tout ce qu’il faut savoir sur
l’aspect technique du télémètre, tant
l’emploi de ces jumelles est simple.
Pour le reste, la qualité optique est
bonne avec une image nette légèrement froide. La seule critique
concerne une légère déformation
en coussinet des lignes verticales
en périphérie d’image, autrement
dit elles semblent s’arrondir vers le
centre. Une critique qui ne remet
pas en cause la bonne qualité de ces
optiques, surtout à ce niveau de prix.
Ces jumelles coûtent en effet
400 euros de moins que les Leica
Geovid R, qui disposent du même
dispositif de compensation d’angle,
baptisé ici EHR, 670 euros de moins
que les MeoRange de Meopta qui,
Deux boutons
de commande
et des fonctions
minimalistes
rendent
la découverte
de ces optiques
très simple.
L’encombrement
est des plus
réduits,
identique à celui
des jumelles
Hélia
Classiques.
elles, sont dotées d’un calculateur
balistique mais aussi d’une boussole et d’un thermomètre intégré,
ou sont encore 50 % moins chères
que les Swarovski EL Range, les
Zeiss Victory RF ou les Leica Geovid B.
Car il est évident que Kahles a réalisé des compromis pour que ces
nouvelles jumelles télémètres qui
se veulent pratiques et économiques
soient bon marché, avec en plus un
encombrement réduit et un usage
très agréable. Tout est-il parfait
pour autant ? Non. Il manque à ces
jumelles ce qui fait le charme des
lunettes de tir de la firme, une qualité optique digne des meilleures manufactures mais surtout une finition
irréprochable. Ici, c’est ce dernier
critère qui est le moins conforme à
l’image de marque de la firme viennoise. Outre sa couleur marron qui
ne plaira pas à tous et fait un peu
moins haut de gamme que du noir
ou du vert sombre, le caoutchouc
qui protège les optiques est le parent pauvre de ces jumelles. Il gomme et flotte un peu, comme si l’ajustage aux coques d’aluminium n’était
pas parfait. Dommage car pour le
reste, les critères poids, prix, luminosité et simplicité d’utilisation en
font un outil pratique et bien conçu
et surtout, les courroies en cuir patiné et les protections oculaires en
loden apportent beaucoup d’élégance à ces optiques. À quand les
mêmes en noir avec un caoutchouc
juste un peu mieux ajusté ? ■ L. B.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
85
trophées connaissance de la chasse 2018
C’est devenu un rituel,
chaque année au mois
de juin vos votes
permettent d’élire
les meilleurs produits
de l’année dans
six catégories distinctes
(arme lisse, arme rayée,
optique, munition lisse,
munition rayée et
équipement-accessoires).
par Laurent Bedu
Les 6 produits
de l’année sont...
VOUS AVEZ ÉLU LES MEILLEURES
ARMES, OPTIQUES ET MUNITIONS
DE LA SAISON 2017-2018
Meilleure carabine
Meilleur fusil
Chapuis Armes Rols
Verney-Carron Véloce
Dévoilée à Nuremberg
lors de l’Iwa 2017, la Chapuis
Rols est sans aucun doute
« la » grande nouveauté rayée
de l’année. Une nouvelle
carabine linéaire que
nous avons pu tester
en exclusivité à quelques
jours des premières battues.
Meilleure optique
Meilleure munition lisse
Aimpoint S-1
Tunet Golden Speed
Si vous êtes mécontent de
votre swing, il est peut-être
temps de passer, comme pour
le grand gibier, au point rouge…
Aimpoint a conçu pour vous
le Micro S-1, le petit frère du H-1,
soit 100 g de technologie
mais pour tirer faisans, canards
et bécasses les deux yeux
ouverts avec un maximum
de visibilité.
Meilleure munition rayée
Hornady Full Boar
Eh oui, « totalement sanglier »,
c’est la traduction littérale du nom
de la cartouche de Hornady.
La gamme Full Boar est dédiée
à la chasse du sanglier et de sa
version américaine, le razorback
ou hog. Nous l’avons testée
deux jours durant dans un coin
de Sologne où chaque fougère
semble abriter une bête noire. Nos résultats ? Spectaculaires !
86
Jamais en panne de
munitions, tel pourrait être
l’adage du Véloce ! Ce fusil
à répétition embarque six
cartouches et vous propose
de les expédier à un rythme
effréné. Verney-Carron
frappe fort et plutôt six fois
qu’une !
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Les cartouches à grenaille de plomb
Tunet reçoivent du renfort avec l’arrivée
de la cartouche Golden Speed, une
12/70 mm chargée de 32 g de plombs
dorés et propulsés à grande vitesse
(405 m/s et 660 bars). Cette Golden
Speed est proposée en plombs n° 5, 6,
et 7 ½, son culot est de 16 mm et
elle possède un étui rouge à sertissage
étoile six plis et une bourre à jupe.
Meilleur équipement et accessoire
Botte Aigle Parcours
Excellence
Cette botte marie le cuir et le caoutchouc et
dispose d’un doublage intégral qui garantit confort,
résistance, respirabilité et régulation de la
transpiration. La semelle antifatigue tridensité
apporte de surcroît amorti, stabilité et
résistance à l’abrasion. Enfin, le modèle
se décline en trois tailles de mollets
(M/XL/XXL), voilà qui est bien pensé.
infos du monde
MENACES À L’EST
Burkina Faso : quelle est la situation réelle?
sur eux au Sahel est devenue
trop importante. L’évolution de
la situation est suivie de très près
par les forces de l’opération
antiterroriste française Barkhane
en place dans la sous-région, et
des frappes chirurgicales ont été
organisées en octobre 2018 pour
appuyer les forces nationales.
Malgré cela, les jihadistes
poursuivent sournoisement,
çà-et-là, leur implantation à l’est
et tentent de rallier à leur cause
les populations alors que l’État
recule, via la fuite des
enseignants notamment.
Près de 100 écoles seraient
fermées à ce jour.
© P. Allery
Depuis la fin du printemps 2018,
l’est du Burkina Faso est victime
de multiples attaques terroristes
– non revendiquées – qui visent
militaires, fonctionnaires,
notables mais aussi camps
de chasse. Ces attentats laissent
à penser à l’apparition d’un
nouveau foyer jihadiste dans la
province de Komondjari (frontière
du Niger) et dans la réserve
forestière de Pama (province
de la Kompienga) après celui né,
fin 2016, dans le nord du pays.
Selon toute vraisemblance,
les assaillants cherchent d’autres
espaces pour s’implanter car
la pression militaire qui pèse
En proie à d’inquiétants troubles, l’est du Burkina Faso n’ouvrira pas
à la chasse en 2019.
L’est du Burkina Faso reste
un secteur de grandes étendues
vierges où évolue une large
part des espèces les plus
remarquables que compte
la faune sauvage du pays et où
sont implantés l’essentiel des
camps de chasse et des réserves
naturelles. Or, ces mises
« sous cloche » ont impliqué,
il y a maintenant un peu plus
de deux décennies, l’expulsion
des villageois des périmètres
définis pour la préservation de
l’environnement (interdiction de
l’orpaillage, de la coupe de bois,
de la chasse et de la pêche
dans certains cours d’eau).
Ces mesures d’expropriation
et de suppression d’activités
traditionnelles ont engendré
de multiples conflits entre les
communautés villageoises et les
autorités gouvernementales. Les
protestataires vouent donc depuis
toutes ces années une rancœur
certaine contre l’État burkinabé.
C’est au sein de ce terreau
que les jihadistes récemment
débarqués recrutent en surfant
sur le sentiment d’injustice
et d’inégalité plutôt que de
rassembler sur une base
idéologique ou religieuse.
Ils promettent ainsi le retour
dans les terres et villages perdus,
la chasse en toute liberté,
la réouverture des mines d’or
ou encore la libre circulation des
grands troupeaux. Ces propos
sont forcément très bien
accueillis et suscitent l’allégeance.
Il en découle, entre autres, les
attaques et destructions par le
feu de plusieurs camps de grande
chasse. Mais au rythme où vont
les choses, et si rien n’est fait
à brève échéance pour stopper
ce massacre annoncé, un
nouveau pan de la biodiversité
va s’effondrer alors que l’est
du Burkina Faso fait partie des
vitrines de l’Ouest africain en
matière de gestion de la grande
faune grâce, notamment, au
travail considérable accompli par
les concessionnaires de chasse.
Dans ce contexte tendu,
le gouvernement burkinabé a
décidé, fin décembre, de ne pas
ouvrir la chasse dans les zones
de l’est du pays. Seuls quelques
camps situés hors zone à grand
risque pourront accueillir
leurs clients.
Il est à noter que le Bénin, autre
pays de grande chasse, frontalier
du Burkina Faso par le nord,
n’est pas impacté par les
évènements voisins. L’armée
béninoise est cependant sur
le qui-vive, prête à intervenir,
tout comme les nombreuses
patrouilles armées d’African Park
qui officient au sein du parc
national de la Pendjari. ■ P. A.
ROYAUME DU MAROC
PAYS À L’HONNEUR DU GAME FAIR 2019
Perdrix gambra, gibier n°1 du Maroc
88
naturellement dans le Rif, le PréRiff (Ouzzane, Chaouen) ainsi
que dans les premiers contreforts
du Moyen-Atlas, du Haut-Atlas
et dans l’Anti-Atlas. Forêts claires
et maquis restent aujourd’hui
les secteurs abritant les plus
importantes populations. Tout
« perdrier » qui se respecte doit
un jour se mesurer à ces perdrix
aux faux airs de bartavelles.
Décrocher l’un de ces bolides
lancé à pleine vitesse depuis un
sommet et fondant vers un autre,
ou plongeant littéralement
dans les ravins demeure
une expérience inoubliable.
De multiples opérateurs
proposent ces types de chasse,
parmi ceux présents au village
du Royaume du Maroc lors
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
GAME FAIR 2019
© P. Aillery
Incontestablement, la perdrix
gambra est le gibier le plus
populaire du Royaume du Maroc.
Cette tendance se vérifie tout
aussi bien auprès des chasseurs
locaux que des touristes
cynégètes. Force est de
reconnaître que l’oiseau a plus
d’un atout pour séduire. Véloce et
chatoyant, ce phasianidé offre une
chasse véritablement sportive, le
plus souvent dans des décors de
rêve, derrière des chiens d’arrêt
ou en compagnie de rabatteurs.
Présent dans tout le pays en
densités très variables, il est
plutôt rare dans les plaines à
agriculture intensive (Gharb, Saïs,
Doukkala, Tadla, Souss) comme
dans les provinces sahariennes
et beaucoup plus abondant
du prochain Game Fair, citons
par exemple Hajal Atlas-Chasses
Touristiques, Sochatour, River
Camp, Atlas Hunting, Club de
Chasse Argana, Atlas Destination
Chasse, Rita Chasse, Widiane
Chasse ou encore le Domaine
des Gibiers du Maroc. ■ P. A.
pages réalisées par Philippe Aillery et Olivier Buttin
LA CHASSE À L’ÉTRANGER S’ORGANISE
Le 12 octobre dernier s’est tenue
dans les locaux de la Maison
de la chasse et de la nature
l’assemblée générale annuelle
de l’Association des chasseurs
professionnels. Après le rapport
moral qui fit état d’un nombre
stable de membres (127) et la
présentation du rapport financier
qui démontra la bonne trésorerie
de l’association, Alain Préaut,
secrétaire général, rappela
les différents évènements et
manifestations auxquels l’Acp
participa en 2018 et qui seront
reconduits en 2019, à savoir le
Salon de la chasse à Mantes-laJolie (Yvelines) et le Game Fair
à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher).
Puis furent abordés l’importation
© O. Buttin
Acp, zoom sur les nouveaux responsables
Autour du président Dahlan et de Bob Durieux (à sa droite), une partie
des membres de l’Acp, dont le regretté Michel Vaillier.
et le transport des trophées, les
derniers règlements au sein de
l’UE, les règles Cites sans oublier
la problématique des assurances
tant pour les guides de chasse
que pour leurs clients.
Enfin, l’assemblée procéda
à l’élection du conseil
d’administration. Pour l’essentiel,
ce dernier fut reconduit, à savoir :
Patrick Dahlan (administrateur,
président sortant), Françoise
Lidbetter (administrateur,
trésorière sortant), Alain Preaut
(administrateur, secrétaire
sortant), Christian de Tudert
(administrateur sortant, membre
d’honneur), Franck Maes
(administrateur sortant), Pierre
Guerrini (administrateur sortant),
Yves Mallaret (administrateur
sortant), Jean Beguerie
(administrateur sortant),
Benjamin Bassono
(administrateur sortant),
et Christian Pothier. ■ O. B.
IN MEMORIAM
AVEC PATRICK DAHLAN, SOCIÉTÉ FARO-EAST
Cameroun, vieux buffles et grands élands Hommage à
Patrick et un
très bon buffle
représentatif de
sa zone tiré la
saison dernière.
Guide de chasse, par ailleurs
président de l’Acp, Patrick
Dahlan intervient depuis 14 ans
au Cameroun où, via sa société
Faro-East, il a amodié en savane
la zone 5. Une zone où sont
présentes, à l’exception des
damalisques, toutes les espèces
de savane avec parmi elles,
bien évidemment, les deux
animaux « totémiques » de
ce coin de l’Afrique pour les
chasseurs : le buffle et l’éland
de Derby. Lors de la dernière
saison, Patrick et les guides
qui interviennent pour lui
sur place ont eu l’opportunité
et la chance de faire tirer
non seulement de grands vieux
buffles mais aussi de très bons
élands avec des animaux
aux trophées plus que
représentatifs.
Patrick l’explique en particulier
Une gestion et une préservation
qui donnent d’excellents
résultats. Patrick estime même
que sa population de buffles a
doublé en l’espace de dix ans.
Des mesures qui bénéficient
également aux élands dont
les trophées sont de plus en
plus beaux. « Voici maintenant
trois saisons que nous tirons
des élands avoisinant
à quelques millimètres les
50 inches. Cette année, parmi
les 8 que nous avons fait
prélever, nous avons même
dépassé cette taille avec un
52 ! » Preuve – est-il encore
besoin de l’indiquer – que
comme partout ailleurs,
en Afrique, chasse, gestion
et protection paient. ■ O. B.
par la quiétude dont
bénéficient les animaux grâce
à la lutte anti-braconnage
et la protection qu’il a mise
en place depuis le départ
« quasiment à l’année »
mais aussi par la gestion
drastique des populations.
« Voilà peu de temps que
nous tirons 10 buffles par an,
indique-t-il. À mon arrivée, nous
avions sensiblement baissé les
prélèvements à hauteur de 4
à 5 animaux au regard du fait
qu’il fallait parfois approcher
plusieurs troupeaux pour voir
un mâle digne de ce nom. Ce
n’est plus le cas aujourd’hui !
Qui plus est, chez moi, il était
et est toujours hors de question
de tirer deux buffles par
chasseur et ce même si
Rêve de tout chasseur : un éland
malheureusement le premier,
de Derby dépassant les 50 inches,
soit 127 cm.
blessé, n’a pas été retrouvé. »
Daniel Maller
« Mon ami
Dany, l’ami
de tous quand
on avait eu le
bonheur de le
connaître, vient
de nous quitter
à la suite
d’une brutale
maladie.
Dany était né
à Toulouse le 12 novembre 1951
mais avait passé toute son enfance et
adolescence en Afrique, au Cameroun et
au Zaïre. Passionné par la nature, il avait
choisi la profession de guide de chasse
dans laquelle il excellait – guidant et
organisant des safaris de 1977 à 1990.
Tireur et pêcheur accompli, cuisinier
remarquable, conteur et imitateur unique
en histoires africaines, il personnifiait
la bonté, la gentillesse et dominant
tout cela il incarnait la joie de vivre.
Son grand départ si rapide nous laisse
tous qui l’avons connu, en état
d’ahurissement et de peine. Je pense
particulièrement à sa maman, à son
épouse Véronique, à sa fille Julie.
Je ne peux pour traduire ce que nous
ressentons, Dany, mon vieux camarade
de brousse, que citer ce que disait Paul
Valéry : “Le vrai tombeau des morts est
le cœur des vivants”. Alors Dany, sois-en
certain, tu seras toujours, toujours dans
nos esprits et dans nos cœurs. » ■
Christian de Tudert, ancien président de l’Acp
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
89
la vie des compagnies
Anticosti,
le paradis du cerf
GUILLAUME BEGIN
Territoire unique implanté au cœur
du golfe du fleuve Saint-Laurent,
au Québec, l’île d’Anticosti
est incontestablement un paradis
pour la chasse du cerf de Virginie.
Guillaume Begin, de la compagnie
Safari Anticosti, nous dévoile charmes
et atouts cynégétiques de cette terre
pas comme les autres.
par Philippe Aillery (texte et photos)
90
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Quel est
votre rôle au sein de
Safari Anticosti ?
Guillaume Begin : J’occupe le poste
de représentant des ventes au sein
de la compagnie Safari Anticosti. Mes
rôles sont multiples tant en termes de
marketing que de communication. Je
suis à la fois proche de l’organisation
et des chasseurs et pêcheurs.
Où se situent les territoires
exploités par votre
compagnie ?
La compagnie Safari Anticosti possède
pas moins de 2000 kilomètres carrés
de territoires riches et variés dans l’est
de l’île. Ceci représente 25 % de la
surface totale d’Anticosti. Cette entité
est scindée en trois territoires distincts
que sont Rivière Saumon, Rivière Bell
et Rivière Chaloupe. Sur ces zones,
plusieurs camps sont implantés.
Ils offrent différentes qualités
de prestation selon le choix
des chasseurs. Cela va du chalet
permettant une totale autonomie
en termes de restauration jusqu’à la
pension complète très haut de gamme
de niveau 5 étoiles. À noter que notre
piste principale d’atterrissage est
étudiée pour recevoir les jets privés.
Tous nos visiteurs bénéficient au
minimum des services d’un guide.
Présentez-nous les biotopes
dans lesquels vous faites
chasser…
Nos biotopes sont variés. Tout
d’abord, de la grande forêt boréale
formée d’épinettes noires et de pins.
On y trouve aussi de plus rares
peuplements de bouleaux. De vastes
tourbières, des canyons et des lacs
complètent les paysages intérieurs.
À ceci s’ajoute une façade maritime
où la chasse sur les plages est aussi
très bonne à certaines périodes.
D’imposantes falaises de calcaire
achèvent les paysages d’Anticosti.
Une faune variée occupe ces
biotopes. Parmi celle-ci, le cerf de
Virginie, autrement appelé au Québec
« chevreuil ». C’est principalement
pour lui que les chasseurs nous
rendent visite. Sur l’île, la chasse de ce
cervidé est magnifiée. Elle est réputée
à travers toute l’Amérique du Nord
et même à travers le monde. Pour
preuve, nous accueillons chaque
année des amateurs de nombreuses
nationalités différentes.
Île battue
par les vents,
dans le golfe du
Saint-Laurent,
Anticosti
est un paradis
qui se mérite.
Un certain Henri Menier n’est
pas étranger à la présence
de l’espèce sur Anticosti…
Effectivement, c’est Henri Menier,
richissime chocolatier français, qui,
devenu propriétaire de l’île en 1895
pour la transformer en club de chasse
privé, a fait procéder à l’introduction,
entre 1896 et 1897, de multiples
espèces du continent parmi lesquelles
220 cerfs de Virginie. Si plusieurs des
variétés affranchies ne se sont pas, ou
mal, acclimatées, le « chevreuil » a lui
su s’adapter aux biotopes et au climat
particulier et a prospéré de manière
exponentielle. Ses abroutissements
intempestifs des plantes baccifères
locales (plantes à baies) ont même
fini par avoir raison de l’ours noir dont
la présence à Anticosti était millénaire.
En quoi la chasse du cerf de
Virginie à Anticosti diffèret-elle de celle pratiquée
sur le continent ?
Il faut savoir que, sur le continent, la
chasse du cerf de Virginie se déroule,
dans la très large majorité des cas, à
l’affût, depuis des miradors, des sièges
hauts ou des caches au sol, sur des
sites appâtés avec des pommes ou
des carottes, entre autres. La chasse
à l’approche, que nous appelons au
Québec « chasse fine », a quasiment
disparu. Or, à Anticosti nous mettons
un point d’honneur à perpétuer cette
pratique traditionnelle ancestrale.
Ainsi, nous proposons à nos visiteurs
de se mesurer au chevreuil en allant
à sa rencontre, seul, sur un circuit
balisé, ou hors des sentiers battus en
compagnie d’un guide expérimenté.
Ces sorties durent des journées
entières et vous êtes assuré de
ne rencontrer rien d’autre que les
représentants de la faune sauvage.
C’est de la vraie et belle chasse.
Guillaume
Begin,
un concentré
de gentillesse
et de professionnalisme.
Qu’en est-il aujourd’hui de
l’état de conservation du cerf
de Virginie à Anticosti ?
L’espèce se porte très bien et l’effectif
actuel est estimé à 120 000 têtes. Il a
néanmoins été plus important et des
chiffres font état de 160 000 animaux
il y a une dizaine d’années. En fait, ces
fluctuations sont connues et liées à la
rudesse des conditions climatiques
hivernales. Certains hivers avec un fort
enneigement privent les « chevreuils »
d’une partie de leurs ressources
alimentaires et engendrent de lourdes
pertes. Mais les hivers moins pénibles
permettent de compenser.
Tant de cerfs doit rendre
la chasse très facile…
Détrompez-vous ! La chasse fine est
un exercice très difficile qui réclame
beaucoup d’attention et de savoirfaire. Même si les densités de cerfs
sont élevées, les animaux ne se
laissent pas surprendre et font preuve
d’une grande méfiance. Ceci donne
un intérêt supplémentaire à l’exercice.
Certains chanceux parviennent parfois
à atteindre leur quota dès la première
journée du séjour, mais ce n’est pas
une majorité, et il faut souvent la
totalité de la villégiature pour réussir.
Existe-il une différence entre
les cerfs de Virginie du
continent et ceux de l’île ?
D’un aspect général, le cerf
d’Anticosti et celui du continent
BLOC-NOTES
Votre contact
Safari Anticosti
Guillaume Begin
11505, 1re Avenue, Bureau 500,
Saint-Georges, Québec, Canada,
G5Y 7X3
Tél. bureau : 00 1 800 262 9496
Tél. cellulaire : 00 1 514 942 0117
Courriel : safari@anticosti.com
Site : safarianticosti.com
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
91
la vie des compagnies
se ressemblent énormément.
Mais celui de l’île s’est adapté
à son environnement particulier
et sa taille s’est quelque peu réduite.
Il pèse moins lourd que ses cousins
continentaux. Sa tête a aussi
quelque peu évolué. Il est
aujourd’hui morphologiquement
stabilisé. Ses quelques différences
ont incité le Safari club international
(Sci) à le considérer comme
sous-espèce et il est donc, depuis
plusieurs années, enregistré
comme tel.
Les longues
séances de
jumelage sont
indispensables
à la réussite
de la chasse.
SINGULARITÉ AU QUÉBEC
Unique : 2 cerfs par chasseur
92
Si aucun chasseur ne reste
insensible au tir d’un grand
panache (grand trophée),
certains choisissent délibérément
les femelles et les jeunes pour la
qualité de leur viande. Il faut savoir
que tous nos visiteurs repartent sur
le continent avec leurs animaux
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Chez Safari Anticosti, la saison
de chasse se limite à sept semaines
par an. Nous officions ainsi durant
les deux premières semaines de
septembre, alors que les cerfs sont
encore sous velours. La campagne
est ensuite interrompue entre la
mi-septembre et la fin octobre. Puis,
nous reprenons la chasse du début
novembre au début décembre.
En septembre, les journées sont
longues et la température oscille
entre 12 et 25 °C. Il est, à cette
période, possible de combiner chasse
des cerfs et pêche du saumon
à la mouche. Le début novembre
coïncide lui avec le pré-rut et le regain
d’activité chez les cerfs. Le froid
(entre 5 et -10 °C) s’installe, les jours
diminuent beaucoup, la neige fait
progressivement son apparition et
des épisodes venteux surviennent.
Mais la chasse atteint son paroxysme.
Pas de chasse des cerfs
en octobre, pourquoi ?
Au détour d’une piste enneigée, une biche traverse calmement.
« Depuis toujours, le permis de
chasser sur l’île permet la récolte
de deux “chevreuils” sans
distinction de sexe, ni de classe
d’âge. Ainsi cerfs coiffés, biches
et faons peuvent être tirés. Cette
permission de double prélèvement
fait aussi la réputation d’Anticosti.
Qu’en est-il de la saison
de chasse ?
dépouillés et coupés en quartiers.
La venaison est très appréciée. Elle
se cuisine sous de très nombreuses
formes et, à la demande, des
bouchers spécialisés réceptionnent
la marchandise à l’arrivée à Québec
ou à Montréal pour transformer les
cervidés selon l’envie de chacun. »
C’est exact. Il s’agit là d’un choix
délibéré de la compagnie. À ceci
deux raisons principales. D’abord, la
suspension de la chasse en octobre
permet de relâcher la pression sur les
cervidés et de diminuer leur méfiance
à l’égard de l’homme. Ensuite, il est
de notoriété qu’octobre reste un mois
très creux, tant à Anticosti que sur
le continent, car les cerfs bougent
très peu durant cette période car il est
en mode nourrissage et repos avant
DEMANDEZ LE PROGRAMME
En période de rut, les guides entrechoquent des bois de cerfs
pour simuler un combat et susciter la curiosité des animaux.
Séjour type
chez Safari Anticosti
le rut de la mi-novembre. De leur
côté, les biches sont occupées
à protéger et à nourrir leurs faons.
On parle de « migration
des cerfs » à Anticosti.
Quel est ce phénomène ?
Effectivement, les années de fort
enneigement, il s’observe à Anticosti,
vers la fin novembre ou le début
décembre, une grande transhumance
des cerfs du nord vers le sud.
Les animaux « migrent » par petits
groupes, en suivant des voies
immuables, à la recherche de secteurs
où la nourriture est plus accessible.
Il faut savoir que la hauteur de neige
est toujours moins importante dans
le sud que le nord et que le lichen,
nourriture essentielle des chevreuils
en hiver, est donc plus accessible.
Cependant, depuis quelques années,
on observe un certain tassement de
l’effet migratoire en raison d’épisodes
hivernaux moins rigoureux. À titre
d’exemple, le phénomène a été
marqué en 2018 mais il était passé
inaperçu en 2017.
Quelques mots sur les guides
de chez Safari Anticosti…
La réputation des guides de Safari
Anticosti n’est depuis longtemps plus
à faire. Certains d’entre eux travaillent
pour la compagnie depuis plusieurs
décennies. Ils sont tous de grands
professionnels très dévoués qui
connaissent par cœur nos territoires
et les mœurs des animaux. Leur seul
« Nos visiteurs arrivent
par avion (que nous affrétons
spécialement) sur nos pistes
privées depuis Montréal
ou Québec. Dès leur
débarquement, ils sont pris
en charge et n’ont plus qu’à se
laisser conduire par leur guide
jusqu’à leur hébergement.
Selon les programmes, nous
proposons des séjours 4 ou
5 jours de chasse. Les journées
débutent au lever du jour
et s’achèvent à son coucher.
Chacun part avec un lunch
qu’il consommera sur le terrain
pour ne pas perdre de temps.
En hiver, la lumière disparaît
très tôt et l’arrêt des activités
intervient dès 15 h 30.
Chaque guide gère de 2 à
4 chasseurs qu’il accompagne
à tour de rôle. Il se charge
également d’apprêter tout
le gibier récolté. Des sentiers
parfaitement balisés, de
longueurs diverses, permettent
de toute façon de chasser
en toute autonomie. Quelques
miradors sont mis à disposition
par endroits pour les personnes
à mobilité réduite. »
but est de montrer le maximum de
cerfs de Virginie à leurs chasseurs.
Ils sont maîtres dans l’art de l’appel
à l’appeau et du rattling (imitation des
combats de cerfs en entrechoquant
des bois). Chasser avec eux, et/ou
suivre leurs conseils, assure de passer
de beaux moments de chasse.
Le mot de la fin…
Chez Safari Anticosti, vous êtes assuré
de vivre une expérience de chasse
comme nulle autre. Notre but est de
partager et vous faire apprécier une
expérience que vous ne trouverez pas
ailleurs. Je le répète, la destination est,
par tous ses aspects (accès, mode de
chasse, densités de gibier, qualité
d’organisation, hébergements, savoirfaire de l’ensemble du personnel),
unique au monde. Ceci est perceptible
dès l’arrivée. Tous nos visiteurs nous
quittent avec l’idée de revenir au plus
vite. Mais il vous appartient de venir
juger par vous-même la véracité de
mes propos. ■ P. A.
époustouflante beauté
Un bécassier
sur le sol irlandais
94
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
ENVOÛTANTES MAC GILLYCUDDY’S REEKS
La beauté et les couleurs des Highlands écossais, des montagnes au relief
néo-zélandais. Les Mac Gillycuddy’s Reeks, toit de l’Irlande, constituent
une destination de rêve pour le bécassier comme pour l’amateur de voyage
de chasse. Incontournable.
par Thibaut Macé (texte et photos)
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
95
époustouflante beauté
Les Mac
Gullycuddy’s
Reeks
permettent le
tir d’oiseaux
en espace
ouvert.
Encore faut-il
être assez
réactif pour
servir le
chien dans un
milieu plutôt
marécageux !
Une quinzaine
de levées
de bécasses,
voilà ce que
pouvait
espérer
cette saison,
en moyenne,
chaque
chasseur
pour chaque
jour de
chasse.
96
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Les ghillies
ont su
s’adapter
aux mœurs
françaises et
ont troqué
leurs
springers
contre
d’excellents
setters
anglais pour
l’arrêt de
la bécasse.
De l’avis
de leur
propriétaire,
le pointer
n’est pas la
race la plus
performante
en ces
contrées
où le sol
détrempé
domine les
espaces.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
97
époustouflante beauté
L’Irlande
n’impose
aucun Pma
sur ses gibiers.
Le prélèvement
moyen journalier
de 3 bécasses
ne sera
cependant
réservé qu’aux
chasseurs les
plus efficaces.
Depuis 39 ans,
John Mangan
reçoit très
majoritairement
des bécassiers
français sur
ses territoires
du Kerry.
L
aissez-vous conter l’histoire d’un ancien coureur
cycliste qui s’est bâti un
empire cynégétique. Ce
véritable Eden du bécassier est probablement l’un des plus beaux qui
soient en Europe.
Dans les années 1970, John Mangan, originaire de Killorglin (comté de Kerry), campé à l’extrême sudouest de l’Irlande, décide de franchir
l’Atlantique pour poser ses valises
chez ses cousins bretons. Là, le
98
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
jeune Irlandais entend briller sur les
podiums pour espérer gagner sa vie
dans ce qui est, à l’époque, la
Mecque du cyclisme. Fort de 159
victoires, John achève sa carrière
sportive quelques années plus tard.
« À l’époque, un ami chasseur me
demanda s’il y avait des bécasses
dans notre pays. Je lui répondis que
oui et l’y invita. Il me confia alors
que les terres qu’il avait vues autour de chez moi valaient de l’or. »
Un commentaire qui ne tombe pas
dans l’oreille d’un sourd. En 1979,
il propose ses premiers séjours de
chasse à la bécasse, qui aboutissent
en 1986 à la création de sa société
J.M.M. Killorglin. Progressivement, l’entrepreneur s’entoure de
ghillies pour l’aider dans le guidage
des chasseurs et loue chaque année
plus de terres auprès des forêts
d’État comme des agriculteurs,
nombreux en Irlande. Aujourd’hui,
John Mangan dispose de plusieurs
dizaines de milliers d’hectares qu’il
a lui-même sélectionnés comme
étant propices à la chasse de la
« woodcock ». Certains ghillies
avancent même le chiffre de
100 000 ! Peu importe, l’empire de
John est bien assez grand pour accueillir plusieurs groupes de chas-
seurs bécassiers en même temps,
entre les mois de novembre et de
janvier. Pourtant ce n’est pas sur la
taille de son empire que John Mangan a bâti sa réputation, mais sur
la qualité organisationnelle des séjours et la grande valeur des biotopes proposés.
Le « Finistère »
irlandais
Destination finale d’hivernage pour
bien des bécasses empruntant l’axe
migratoire nordique, l’Irlande a toujours été richement pourvue en Scolopax rusticola. Situé à l’extrême
sud-ouest du pays, le Comté de Kerry est l’un, si ce n’est le plus réputé pour la chasse de l’oiseau. Bénéficiant d’un climat plus doux que
celui de la côte Est du pays, c’est
bien dans le Kerry que les bécasses
les plus exigeantes se rassemblent.
Un phénomène d’autant plus vérifié lorsque le froid envahit la partie nord du pays. Dans le Kerry,
John Mangan a ciblé prioritairement la zone de montagnes, la plus
réputée que compte le pays. Si les
Mac Gillycuddy’s Reeks, en irlandais « Na Cruacha Dubha », littéralement « les sommets noirs », ne
culminent pas au-delà de 1038
mètres (Carrauntuohil), il n’en demeure pas moins que les pentes de
ces montagnes érodées par les glaciers sont bel et bien raides. Là, parmi la trentaine de cirques qui s’étirent sur près de vingt kilomètres
dans la péninsule d’Iveragh, le décor se pare d’une beauté telle que
les randonneurs y accourent de
toute l’Europe. Des noms comme
Black Water ou Black Valley nous
rappellent la noirceur d’un ciel souvent chagrin et d’une eau bouillonnante, couleur Guinness, qui gicle
bruyamment d’entre les roches
noires sédimentaires. Dans ce relief cabossé, les bécasses s’abritent
des vents forts venus de la mer.
Elles trouvent dans ces vallées bien
des terres en friche et des landes
sur lesquelles paissent moutons,
mais surtout ovins et équidés.
Moins de landes
et plus de forêts
De l’avis des ghillies, la politique
agricole européenne façonne indirectement ces highlands. Depuis
vingt ans, les parcelles de résineux
remplacent progressivement les
prairies. Un phénomène qui permet
L’humidité
ambiante habille
entièrement
certains chênes
de mousse
et de lichen.
Une ambiance
féerique.
de démultiplier les remises pour l’oiseau des bois et qui expliquerait en
partie une augmentation de la présence de bécasses. Mais de l’avis
des chasseurs qui viennent fidèlement chez John depuis des années,
l’une des spécificités de la zone est
de constituer une remise à bécasses
à elle seule : « Ici, vous pouvez lever une bécasse pratiquement n’importe où. » Certains biotopes sont
cependant particulièrement privilégiés, comme les têtes d’arbustes ou
d’amas végétal profitant de la
moindre cavité rocheuse ou faille
abritée des vents. Ces sites sont notamment recherchés en priorité sur
les secteurs les plus montagneux,
où seuls quelques troupeaux d’ovins
profitent des pousses printanières
de « fanon », cette herbe grasse qui
forme à cette saison des mottes jaunâtres, hautes parfois d’un mètre,
sur lesquelles hommes et chiens
buttent lors de leur progression. Sur
les autres biotopes, toujours très variés, le chasseur, guidé à la « baguette » par son ghillie, suivra fidèlement le tracé des haies peuplées
de rhododendrons gigantesques ou
le lit des cours d’eau innombrables
que compte ce pays. Là, il découvrira l’un des trésors des sommets
noirs, ces rivières à l’empierrement
hors d’âge, maculées du vert fluorescent de la mousse. Passé le premier rideau d’ajonc, c’est un univers enchanteur qui s’ouvre, comme
une autre dimension. Sous la ramure
des chênes tortueux aux branches
pleureuses recouvertes de lichen,
les moindres ruisseaux présentent
un double lit, profond parfois de
plusieurs mètres. Dans ces couloirs
mystérieux, parmi les fougères
transparentes, se cachent les scolopax, abritées des vents et remisées
au sec.
Du broussailleur
au chien d’arrêt
Un tel cadre a donné naissance à
une culture cynégétique locale bien
spécifique. Originellement, c’est le
springer qui est employé pour traquer la bécasse irlandaise, une pratique qui séduit malgré tout peu de
locaux. Avec le temps, les ghillies
ont donc développé parallèlement
le travail des chiens d’arrêt, setters
anglais pour la plupart d’entre eux,
pour répondre à la demande de
chasseurs étrangers, majoritairement français et belges. Les chasseurs dépourvus de chiens pourront
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
99
époustouflante beauté
ture. Si vous savez vous accommoder de ces quelques petits désagréments, plus ou moins contournables,
les portes d’un paradis s’ouvriront
alors à vous. L’Irlande du Kerry
montagneux regorge de beautés.
À chaque pas, c’est l’envoûtement
d’un charme végétal, tout droit
sorti d’un conte de fées, qui opère.
À chaque pas, on s’attend à lever
un oiseau, à voir le chien arrêter.
Il est rare d’observer un tel dépaysement aussi proche de chez nous,
rare également de côtoyer un peuple
et ses traditions aussi chaleureux
et authentiques.
« Quand vous aurez goûté au plaisir de la chasse devant soi dans le
Kerry, nous sommes convaincus que
vous n’aurez qu’une envie : revenir », prétend John Mangan dans sa
brochure. Assurément ! Les Mac
Gillycuddys’s Reeks constituent
l’un des plus beaux cadres de chasse
sportive en Europe. ■ T. M.
donc profiter pleinement de la qualité de travail des broussailleurs,
comme des chiens d’arrêt des ghillies. Quelles que soient leurs
connaissances de l’oiseau ou du
mode de chasse, ils seront épaulés
pour vivre au mieux ce séjour. Les
autres, confirmés, souhaitant partager cette expérience avec leur précieux auxiliaire ou éduquer leur
jeune chien, trouveront là de merveilleux terrains d’entraînement.
Le plus délicat étant de savoir gérer le temps de chasse de leur chien
pour ne pas l’épuiser.
Plus que l’oiseau,
la destination
Ni l’Irlande, ni John Mangan, ne
vous promettront des « brouettes »
de bécasses. Le pays n’en a pas le
potentiel et notre homme encore
moins l’envie. En revanche, selon
les secteurs, le sol gorgé d’eau et
chargé de tourbe (qui recouvre près
de 20 % de la superficie du pays)
vous promettra, lui, quelques pièges.
Les zones humides omniprésentes
sont parfois agrémentées de trous
d’eau recouverts d’une fine couche
boueuse, véritables pièges pour celui qui espère conserver ses sousvêtements au sec durant la journée.
Le franchissement de ruisseaux peuplés de cailloux joueurs par leur instabilité ou glissants, polis par les
eaux torrentielles, vous imposera
100
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
Arrêt en bordure
d’un ruisseau,
une scène
fréquente pour
un bécassier
dans le Kerry.
Les rives des
innombrables
cours d’eau
demeurent un
lieu de remise
privilégié des
bécasses.
les plus grandes précautions. Les
clôtures et autres fils barbelés se
succèdent outrageusement par endroits. Les ajoncs saisiront l’épiderme de vos doigts à la moindre
insouciance, les ronces s’occuperont de vos mollets. Enfin, la pluie
persistante, oblique, portée par les
vents, imprégnera tôt ou tard les vêtements du chasseur investi. Les
Mac Gillycuddy’s Reeks ne constituent pas une balade, mais une aven-
BLOC-NOTES
Votre contact
J.M.M. Killorglin Ltd.
John Mangan
Ardlahas, Killorglin, Co. Kerry,
Ireland
Tél. : +353 (0)66 976 1393 et
+353 (0)66 976 2211
Mob. : +353 (0)87 241 8018
Courriel : info@jmmhunting.com
Site : www.jmmhunting.com
NOTRE AVIS
De vous à nous
◗ Séjour effectué du 12 au
17 décembre 2018 sur les
territoires de Killorglin,
Black Valley et Kenmare,
Comté de Kerry, Irlande.
Zone de chasse
Vous serez saisi par la beauté de ces territoires
situés sur la péninsule d’Iveragh. C’est l’une
des régions les plus réputées du pays par les
touristes. Tourbières, prairies humides, rivières
et cascades, landes peuplées de mottes de
carex, lacs glaciaires et relief montagneux sont
les terrains de jeu du chasseur qui devra avoir
un pied sûr. Les ghillies sauront cependant
s’adapter aux capacités physiques de leurs
chasseurs.
Gibier & chasse
Cette saison, la moyenne des levées de
bécasses grimpe à une quinzaine par jour.
Les journées dépassant 25 levées ne sont
pas exceptionnelles. Le chasseur pourra aussi
s’adonner à la quête de la bécassine, très
abondante en Irlande. Les canards (colvert,
sarcelles d’hiver, siffleurs…) peuvent faire
l’objet d’une chasse à la passée. Sur ces
mêmes territoires, le faisan commun,
parfaitement sauvage, peut être également
prélevé (seul le tir du coq est autorisé).
Les amateurs de grands gibiers pourront
goûter à l’approche du cerf sika aux heures
crépusculaires. Pour aucun de ces gibiers,
l’Irlande n’attribue de quota journalier
spécifique.
La dernière option semble être celle qui donne
le plus de satisfaction aux chasseurs qui
viennent en groupe.
Tourisme
Les accompagnants non-chasseurs, ou autres
curieux, trouveront aisément de quoi occuper
leurs journées. La plupart des villes et villages
de cette péninsule abritent des monuments
historiques, des magasins aux superbes
façades, aux produits prisés par les touristes
(manufacture de laine et de lin notamment).
Que ce soit en rivière (saumon, truite) ou
en mer (bar et poisson plat), les amateurs
de pêche pourront également s’adonner
à cette pratique.
Guides & pisteurs
La chasse avec les ghillies promettra à celui
qui maîtrise quelques mots d’anglais de vrais
moments d’échange et de convivialité.
Les hommes et leurs chiens, qui connaissent
parfaitement les territoires et les remises
bécassières, sauront vous impressionner
par leur maîtrise et leur savoir-vivre.
Séjour-type
En Irlande, la période de chasse à la bécasse
court de début novembre jusqu’à fin janvier.
La journée de chasse début à 9 h. Un déjeuner,
en compagnie du ghillie, marque la pause de
13 h avant une reprise de la chasse jusqu’au
coucher du soleil (16 h 45 en décembre).
Le chasseur souhaitant venir accompagné de
ses chiens devra prendre le ferry (Cherbourg –
Rosslare). Prévoir jusqu’à deux jours de voyage
selon votre lieu de résidence en France.
Cette durée de trajet incite nombre d’entre eux
à rester un minimum de 6 jours sur place.
Les chasseurs voyageant sans auxiliaire
profiteront d’un vol (Paris – Cork) d’une heure
et demie. La location d’une voiture sur place
les rendra en une heure et demie sur leur
lieu de villégiature. Une telle formule autorise
trois jours de chasse pleins.
Véhicules & logistique
Vous évoluerez avec votre véhicule (en propre
ou en location). La totalité des pistes est
accessible en véhicule urbain. Selon le secteur
retenu chaque jour, la durée de trajet peut
varier de quelques minutes à 45 minutes.
Hébergement & prestations hôtelières
Les chasseurs trouveront, dans le très
touristique Kerry, toutes les formules
d’hébergement et de restauration. Hôtels,
chambres d’hôte ou gîtes existent en nombre.
Bon à savoir
Chasser dans les Mac Gillycuddy’s Reeks
impose d’être soigneusement équipé si l’on
souhaite éviter bien des désagréments lors de
son séjour. Le port de bottes est obligatoire,
compte tenu des nombreux franchissements
de cours d’eau qu’il faut opérer. Optez pour
une paire offrant la meilleure tenue au pied
possible. Nombreux sont les kilomètres
parcourus en dévers, qui imposent un bon
chaussant et cramponnage. L’abondance
des précipitations impose des vêtements
qui offrent le meilleur compromis entre
imperméabilité, solidité et aération. Éviter
le port de vêtements amples (veste ou
cuissardes lâches), qui n’aident pas au
franchissement régulier de clôtures. Un couvrechef imperméable et voyant pourra optimiser
votre sécurité en cas de chasse en duo.
Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
101
à notre table
Effiloché de lièvre
AU CHOCOLAT, TAGLIATELLE FRAÎCHE À LA FARINE DE CHÂTAIGNES
Il existe plusieurs déclinaisons du célèbre lièvre à la Royale ! Notre grand chef Didier Clément
nous en propose une qui ne vous laissera certainement pas indifférent : l’effiloché. Une texture
plaisante en bouche, sublimée par l’onctuosité et la douceur d’une sauce chocolat, voici l’alliance
parfaite pour nos délicates papilles.
par Bruno Berbessou (texte et photos)
Ingrédients (4 pers.) :
✓ 1 lièvre (3 kg)
✓ 200 g de foie gras
✓ 50g tranches poitrine fumée
✓ 2 carottes
✓ 1 gros oignon
✓ 6 échalotes
✓ 1 tête d’ail
✓ 100 g de céleri boule
✓ 2 bouteilles de vin rouge
✓ 50 cl de jus de viande
✓ 80 g de chocolat noir
✓ 100 g de beurre
✓ 15 cl d’huile olive
✓ thym, laurier, girofle, genièvre
✓ sel, poivre
Temps de préparation: 1 h Temps de cuisson: 4 h Niveau: difficile
Touraine
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Mail : xf@xavierfrissant.com
Prix domaine :
15 euros ttc
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé,
à consommer avec modération.
Préparation
Cuisson
La sauce
Finition
Épluchez les carottes
et coupez-les en
gros morceaux puis
épluchez l’oignon,
les échalotes et le céleri
boule. Coupez l’oignon
en deux puis le céleri
boule également.
Coupez votre lièvre
en morceaux.
Dans une cocotte, faites colorer
toute la garniture avec un peu
d’huile d’olive, ajoutez les
morceaux de lièvre puis des
clous de girofle et des baies de
genièvre, le thym et le laurier,
salez et poivrez puis ajoutez
la poitrine fumée. Versez le vin
rouge et laissez cuire à feu
doux, à couvert pendant 4 h.
Après cuisson, retirez les morceaux de lièvre,
désossez-les et effilochez la viande. Dans
une cocotte, remettez les morceaux de lièvre
avec la sauce de cuisson débarrassée de
toute sa garniture, puis ajoutez le jus de
viande, laissez quelques minutes sur le feu,
filtrez la sauce puis ajoutez le chocolat
(voir Tour de main) et terminez en liant
la sauce avec le beurre ramolli, goûtez
et rectifiez l’assaisonnement.
Dans une assiette creuse,
dressez les chairs
effilochées du lièvre,
saucez généreusement
et déposez au centre
une escalope de foie gras
préalablement poêlée.
Accompagnez avec des
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de châtaignes.
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Suggestion
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Connaissance de la Chasse - N°514 - Février 2019
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chasseurs ont déjà réservé
leur retour en 2019 !
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tient au courant des résultats !
Au plaisir de se revoir
au salon de RAMBOUILLET
au mois d’avril 2019 et à la
chasse en Sibérie pendant
la saison prochaine !
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hippotrague,
Buffle, Coba, Bubale
major, Cob de Buffon,
Cob de Fassa, Guib
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Phacochère, Ourebi,
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le restant étant en forêt de
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