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Les Echos - 08.02.2019

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AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Internet Premier
bénéfice annuel
pour Twitter // P. 26
L’ESSENTIEL
FRAGILE AMÉLIORATION DU
COMMERCE EXTÉRIEUR
Le déficit commercial hors énergie de la France a reculé l’an passé
grâce à la faiblesse des importations. // P. 4 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI P. 11
LES FRANÇAIS ADHÈRENT AU
PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE
74 % des Français se disent favorables à l’impôt à la source, soit
6 points de plus qu’en décembre.
// P. 5 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE P. 11
PARIS TACLE SÈCHEMENT
LE GOUVERNEMENT ITALIEN
Lassée des critiques et des attaques des deux co-leaders du gouvernement italien, la France a
annoncé jeudi le rappel de son
ambassadeur à Rome. // P. 8
ENTREPRISES
& MARCHÉS
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 8, SAMEDI 9 FÉVRIER 2019 // LESECHOS.FR
Entreprises :
les champions
français de
la croissance
les plus dynamiques de France.
l Elles croissent de 44 % par an
en moyenne.
tabli en partenariat avec Statista, le classement des
500 champions de la croissance
met à l’honneur les entrepreneurs qui
ont su faire preuve d’audace et de créativité en exploitant de nouveaux gisements dans le commerce, l’industrie,
les services, dans toutes les régions.
Parmi les concepts les plus porteurs :
l’environnement et le bio, la robotique,
les services à la personne. Des réussites
personnelles aussi, comme celle de
Sadri Fegaier, plus jeune milliardaire
de France.
E
Sophie Boissard, la patronne de
Ko r i a n , l e a d e r f r a n ç a i s d e s
Ehpad, appelle à une transformation en profondeur du système de
soins français.
// LE GRAND ENTRETIEN P. 15
PERNOD RICARD PROMET
UNE HAUSSE DE SES MARGES
Le groupe de vins et spiritueux,
cible de l’activiste Elliott, affiche
son meilleur résultat semestriel
depuis 2011.
LES TRAINS DU FUTUR
À L’ESSAI DANS LES RÉGIONS
La première capsule d’Hyperloop
TT vient d’arriver à Toulouse. En
Bretagne, Taxirail veut sauver les
petites lignes. Les innovations essaiment dans les territoires. // P. 21
CARNET // P. 39
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
BANQUE Le groupe lance une
revue inédite de ses activités
de marché et revoit ses
perspectives de rentabilité.
Dans un entretien aux « Echos » le patron de Société
Générale, Frédéric Oudéa, explique pourquoi il veut
rationaliser les activités de marché de la banque,
historiquement au cœur de son ADN. Il pointe un
changement d’environnement structurel sur les
marchés confirmé par les tensions observées en fin
d’année dernière. Concrètement, la banque lance
une revue de ses activités les moins profitables et un
nouveau plan d’économies de 500 millions d’euros à
l’horizon 2020 dans ses métiers de banque de financement et d’investissement. Pour Société Générale,
il s’agit de se préparer à des temps plus difficiles. Les
inquiétudes sur la trajectoire de l’économie mondiale, qu’il s’agisse de l’évolution de la conjoncture
chinoise, des tensions commerciales ou des risques
accrus de fragmentation en zone euro (Brexit, Italie), pourraient accentuer un ralentissement de la
croissance en 2019 et surtout en 2020, anticipe Frédéric Oudéa. Dans ce contexte et en dépit des
rumeurs d’intérêt de la banque italienne UniCredit
pour Société Générale, il écarte tout projet de
fusion : « Je ne vois aucune fusion d’ampleur dans les
deux prochaines années », affirme-t-il. Les investisseurs devront aussi attendre pour voir la banque
redresser durablement son niveau de rentabilité :
compte tenu des perspectives, Frédéric Oudéa a
revu à la baisse ses objectifs en la matière pour 2020.
110eANNÉE
38 PAGES
Antilles-Réunion 4 €. Guyane-St Martin 5,20
€. Belgique 6,20 €. Espagne 4,30 €. GrandeBretagne 6,40 £. Grèce 4 €. Italie 4,30 €
Luxembourg 6,50 €. Maroc 30 DH. Suisse
1 0, 5 0 F S . Tu n i s i e 4 , 8 T N D. Z o n e C FA
3000 CFA.
En Chine,
le retour
du dirigisme
économique
// PAGE 33 ET « CRIBLE » PAGE 40
Brexit : discussions pour
la forme, blocage sur le fond
Les négociations entre le Royaume-Uni
et l’UE ont repris dans un climat tendu.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22883
l SÉLECTION CHOISIR LES BONNES UNITÉS DE COMPTE
l INNOVATION LA VALEUR AJOUTÉE DES FINTECH
l GESTION LA VÉRITÉ SUR LES FRAIS
l IMPÔTS DÉCRYPTAGE D’UN MILLEFEUILLE FISCAL
Société Générale revoit ses plans
face à la montée des risques
SUR
NICOLAS BARRÉ
l SÉCURITÉ LES FONDS EN EUROS RÉSISTENT
// « LES ECHOS WEEK-END »
François Walschaerts/AFP
Kevin van Campenhout/Artcurial
Rétromobile
La méga-vente
d’Artcurial // P. 25
SPÉCIAL
ASSURANCE-VIE
l Le palmarès des 500 sociétés
« NOUS ENTRONS DANS UNE
SOCIÉTÉ DU GRAND ÂGE »
// P. 19 ET « CRIBLE » P. 40
Notre supplément de 10 pages
L’analyse de
Frédéric Schaeffer
Alors que la croissance chinoise donne des signes d’essoufflement, c’est à
une reprise en main de l’économie
par le pouvoir central que l’on assiste
aujourd’hui à Pékin. Figures de proue
de ce tour de vis voulu par Xi Jinping,
les entreprises d’Etat ont été replacées au cœur de la politique économique du président chinois, écrit notre correspondant à Pékin, Frédéric
Schaeffer. Régulièrement décriées
pour leur surendettement, leurs surcapacités et leur manque d’efficacité,
une centaine de mastodontes industriels, directement gérés par l’administration centrale, ont pour mission
de conduire la montée en gamme industrielle du pays, reléguant au second plan un secteur privé désormais
placé sous la haute surveillance du
Parti communiste. // PAGE 11
Lazard Patrimoine
Nous ne vous
séduirons jamais
avec de fausses promesses
Nous vous devons la plus grande transparence sur les objectifs de Lazard Patrimoine.
Fonds multi-classes d’actifs internationales, il peut être adapté aux investisseurs qui
cherchent à valoriser leurs actifs dans le temps, dans un cadre de gestion attentif aux risques.
EUROPE Retrouvailles à Bruxelles pour Theresa May et JeanClaude Juncker. La Première ministre britannique avait pour mission, jeudi, de trouver une alternative au filet de sécurité qui doit
garantir l’absence de frontière dure entre les deux Irlandes. Mais ses
propositions restent floues et les Européens campent sur leurs positions : ils ne veulent pas renégocier un accord validé par la Première
ministre elle-même. // PAGE 6
SOLUTION DE DIVERSIFICATION À VOS FONDS EN EUROS. POUR EN SAVOIR PLUS, RAPPROCHEZ-VOUS DE VOTRE CONSEILLER. FCP
NON GARANTI EN CAPITAL, CARACTÉRISTIQUES ET RISQUES DETAILLÉS DANS LE PROSPECTUS : WWW.LAZARDFRERESGESTION.FR
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02 //
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
FRANCE
On est tous le
déconnecté de quelqu’un
Pour réduire cette déconnexion qui apparaît au
grand jour avec le débat national, l’exécutif s’attache
à se saisir des sujets de vie quotidienne.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
etons un œil sur les
sujets qui ont animé le
débat public ces
derniers jours. La fusion
Alstom-Siemens et les règles
de concurrence européenne,
les déficits publics, le Brexit,
les tensions France-Italie,
l’offensive Huawei, les tensions
à En marche… Y en a-t-il au
moins un seul qui s’invite ces
jours-ci dans les réunions du
grand débat national ? Pas sûr.
Le moment de libération de la
parole que vit le pays met en
lumière l’immense décalage
qui existe entre ce que disent
acteurs publics et médias et ce
qui préoccupe les Français.
« Dans les débats, le monde
n’est pas là, la Chine n’est pas
là, l’Europe n’est pas là »,
observe Edouard Philippe,
qui vient d’en animer quatre.
Injustice, impôts, pouvoir
d’achat, écologie et rejet des
politiques, voilà ce que l’on
peut entendre dans les salles
municipales. Les Français
parlent d’eux, de leurs
difficultés quotidiennes et
locales. Si tous, tant s’en faut,
ne se sont pas retrouvés dans
les « gilets jaunes », tous
saisissent le micro pour dire
comme eux ces mots simples :
voilà ma vie.
Ce décalage n’est pas neuf, pas
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
J
plus que ne l’est la coupure
France d’en bas - France d’en
haut. Dans la démocratie
représentative, on délègue à
d’autres les sujets du pays. Et
puis, n’est-on pas tous le
« déconnecté » de quelqu’un ?
Certes, mais dans ce moment
post-traumatique des « gilets
jaunes », l’exécutif ne peut
plus raisonner ainsi. S’il a les
sujets du pays en tête, il doit
d’abord s’attarder sur ceux des
Français. Le gouvernement a
bien tenté, dans son
questionnaire, d’inviter les
Français à se saisir de ceux du
pays justement. Quelles
économies peut faire l’Etat, de
quels services publics n’avonsnous plus besoin ? a-t-il
interrogé. Autant dire que ce
n’est pas sur ce terrain qu’il a
les réponses les plus fournies.
Si les Français ne viennent pas
au pays, alors les dirigeants
doivent venir aux Français.
D’autant qu’Emmanuel
Macron a senti un risque. La
réponse institutionnelle sur
laquelle il travaille
n’apparaîtra-t-elle pas
déphasée par rapport aux
attentes ? Le message a donc
changé. « Il y aura foison de
réponses », disent les
proches. Pour preuve, les
propositions que les
ministres sont invités à jeter
dans le débat – public, cette
fois – sur les sujets de vie
quotidienne. Il y a foire aux
idées, parfois
contradictoires, sur la
fiscalité ? Qu’importe ! Tout
sauf la déconnexion.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Féminisation des directions : le Sénat
valide le dispositif de l’Assemblée
Macron s’emploie à impliquer
les jeunes dans le grand débat
l Le chef de l’Etat a échangé avec 1.000 jeunes de Saône-et-Loire jeudi.
l Les questions ont essentiellement porté sur l’éducation et la formation.
POLITIQUE
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
— Envoyé spécial en Saône-et-Loire
« Ce qu’on va préparer à travers ce
débat, ce sera vous. La France dans
dix ans, dans vingt ans, c’est la vôtre.
C’est votre monde qu’on prépare. J’ai
besoin de vous entendre sur vos convictions, vos doutes, vos interpellations. Je veux votre part de vérité, vos
indignations, ce qui pour vous ne va
pas, ce que vous ne comprenez pas, ce
que vous voudriez qu’on change. »
Jeudi, à peine avait-il franchi le seuil
du gymnase d’Etang-sur-Arroux en
Saône-et-Loire, qu’Emmanuel
Macron est entré dans le vif du sujet
face aux 1.000 jeunes présents.
Accompagnés par cinq membres du gouvernement – Emmanuelle Wargon (Environnement),
Muriel Pénicaud (Travail), Sébastien Lecornu (Collectivités locales),
Gabriel Attal (Jeunesse) et Jean-Michel Blanquer (Education) –, le président a lancé en Saône-et-Loire la
mobilisation de la jeunesse pour ce
grand débat. Car les moins de
30 ans sont les grands absents jusque-là des réunions organisées un
peu partout en France, le maillon
faible, avec les banlieues, de cette
consultation géante lancée depuis
la mi-janvier pour répondre à la
crise des « gilets jaunes ».
Lycéens, apprentis,
étudiants...
A Etang-sur-Arroux, l’Elysée a fait
venir d’un peu partout en Bourgogne des lycéens, des apprentis, des
étudiants, ou encore des volontaires du service civique. « Les jeunes
ont besoin d’être intégrés au grand
débat », confirmait Sébastien
Lecornu en marge de cette réunion.
Le matin, avant sa rencontre avec
les élus de Saône-et-Loire, le chef de
Le chef de l’Etat s’est entretenu avec 1.000 jeunes dans le gymnase d’Etang-sur-Arroux, où avait été
tendu un immense drapeau tricolore. Photo Emmanuel Foudrot/Pool/AFP
l’Etat a fait un saut au lycée militaire
d’Autun. Il a ensuite déjeuné dans
l’Epide – établissement pour l’insertion dans l’emploi – d’Etang-sur-Arroux.
Sans surprise, les questions des
jeunes de Saône-et-Loire, préparées
très en amont pour la plupart
d’entre elles, ont principalement
porté sur l’éducation et la formation. De la réforme du bac à celle de
l’enseignement supérieur, de l’avenir de la filière nucléaire à la
réforme de l’apprentissage, sans
oublier le harcèlement scolaire. Le
président a mis à contribution JeanMichel Blanquer pour les réponses
techniques. Les questions concernaient aussi bien les réformes dans
leur ensemble que les cas particuliers de certains intervenants.
Un immense drapeau français
accroché au mur du gymnase, se
séparant de sa veste au bout d’une
petite heure, comme il le fait à chaque réunion du grand débat,
Emmanuel Macron a aussi tenu à
« C’est votre monde
qu’on prépare.
J’ai besoin de vous
entendre
sur vos convictions,
vos doutes, vos
interpellations. »
EMMANUEL MACRON
avoir des messages forts à destination de ces jeunes. Il leur a répété
refuser la « fatalité » dans les destins des uns et des autres, il a aussi
rappelé la nécessité de protéger les
élèves contre le harcèlement. Au
final, plus de trois heures de débat.
Reste à savoir si les jeunes s’impliqueront au-delà de cette rencontre
avec Emmanuel Macron.
Si le chef de l’Etat peut se satisfaire de la mise en route du grand
débat, avec 4.000 réunions programmées, qui lui permet de connaître une légère embellie dans les
sondages d’opinion, la sortie est
déjà dans tous les esprits. L’exécutif
entend laisser ce débat s’installer et
prospérer avant de mettre en
œuvre la suite. Chaque chose en son
temps. n
Le président enraye l’effritement de son socle électoral
La cote de confiance
d’Emmanuel Macron
remonte pour le deuxième
mois d’affilée en février, en
hausse de 2 points à 27 %.
LOI PACTE Le Sénat, à majorité de droite, a rétabli jeudi, via des
amendements PS et LREM, le dispositif du projet de loi Pacte,
supprimé en commission, visant à favoriser la nomination de
femmes à des postes de dirigeants de grandes entreprises. Le
texte prévoit que pour les postes de fonction exécutive, le processus de sélection garantisse jusqu’à son terme la présence
d’au moins une personne de chaque sexe parmi les candidats.
La commission spéciale du Sénat avait supprimé cette disposition, la jugeant « inapplicable ».
Les industriels sont plus enclins
à investir cette année
CONJONCTURE Les industriels français sont optimistes pour
cette année. Interrogés par l’Insee au mois de janvier, les chefs
d’entreprise de l’industrie manufacturière ont indiqué prévoir
d’augmenter nettement leurs investissements, qui s’élèveraient
de 10 % par rapport à 2018. La hausse est particulièrement forte
dans les biens d’équipement, le transport et surtout l’automobile. Sur la première moitié de l’année 2019, les chefs d’entreprise sont aussi plus nombreux à prévoir une hausse qu’une
baisse de leurs investissements.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Emmanuel Macron retrouve un peu
d’air. Pour le deuxième mois consécutif, la cote de confiance du chef de
l’Etat remonte en février dans le
baromètre Elabe pour « Les Echos »
et Radio Classique. Elle gagne
2 points, à 27 %. En deux mois, elle a
crû de 4 points, après quatre mois de
forte baisse (–13 points). « Ce n’est pas
encore une embellie, mais Emmanuel
Macron a tout de même réussi à inverser la tendance », note Bernard Sananès, le président d’Elabe.
« Un peu de leadership »
Mieux, le chef de l’Etat a surtout
« mis fin à l’effritement de son socle
électoral de premier tour », souligne
le sondeur, avec une hausse de
5 points, à 63 % chez ces Français.
Une première depuis mai 2018. « Il a
retrouvé un peu de leadership, explique Bernard Sananès, alors qu’un
grand doute était né dans cet électorat qui s’est demandé s’il y avait un
pilote dans l’avion. »
Emmanuel Macron connaît une
remontée significative – 6 points –, à
28 %, chez les classes moyennes.
« C’est sans doute là un effet des
10 milliards d’euros de mesures
consenties en décembre », souligne
le sondeur. Chez les retraités, la
catégorie qui vote le plus mais aussi
une de celles qui s’est sentie, depuis
mai 2017, la plus maltraitée, le chef
de l’Etat regagne 5 points, à 34 % de
confiance. « Il faut y voir l’effet des
annonces sur l’ordre, un peu de présidentialité retrouvée et aussi la
mesure CSG annoncée le 10 décembre », analyse Bernard Sananès.
Bric-à-brac fiscal
Petite alerte toutefois, sa cote de
confiance baisse à droite ainsi
qu’auprès des cadres, parmi lesquels
elle recule de 7 points, à 34 %. « Il y
a la peur de l’arrêt des réformes,
mais aussi du bric-à-brac fiscal »,
pointe-t-il. « Malgré sa remontée, la
confiance n’est pas renouée mais
Emmanuel Macron a gagné un peu
d’audibilité, de crédibilité. Cela permet
au débat d’avoir lieu, ce qui n’aurait
pas été possible il y a encore un mois et
demi. Après, il y a quand même, sur sa
capacité à réformer, l’ombre d’un
doute », conclut Bernard Sananès.
La cote de confiance du Premier
ministre Edouard Philippe, moins
exposé, est stable, à 26 %. « Tout se
joue, souligne le président d’Elabe,
entre Emmanuel Macron et l’opinion. » Quant à notre baromètre de
popularité des personnalités politiques, il enregistre ce mois-ci le
niveau moyen le plus bas depuis un
an, à 20 %. La défiance est généralisée : toutes les personnalités politiques voient leur popularité baisser,
à l’exception de Marine Le Pen
(25 %) et d’Anne Hidalgo (20 %),
dont la popularité est stable. « Personne ne profite de la crise, note Bernard Sananès, les Français ne trouvent pas, aujourd’hui, d’alternative
dans les personnalités politiques. »
a
L’intégralité des résultats
sur lesechos.fr
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04 // FRANCE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
Le commerce extérieur français
sort difficilement du marasme
l Le déficit commercial s’est creusé à 59,9 milliards d’euros en 2018 en raison de l’alourdissement de la facture énergétique.
l La faiblesse des importations a contribué à l’amélioration du solde hors énergie.
CONJONCTURE
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Pour ceux qui voient le mauvais
côté des choses, le déficit commercial de la France s’est légèrement creusé l’an passé, de 2 milliards d’euros pour atteindre
59,9 milliards, ont indiqué jeudi
les Douanes. Il s’agit du chiffre le
plus élevé depuis 2013. Ceux qui
préfèrent retenir l’aspect positif
remarqueront que, hors énergie,
le commerce extérieur des biens
s’est amélioré en 2018, le déficit
passant de 36,2 milliards à
32,5 milliards.
Le cours moyen du baril de
pétrole était de 60 euros l’an passé
contre 48 euros en 2017, ce qui a
mécaniquement beaucoup
alourdi la facture énergétique de
l’Hexagone. « Dans la série signaux
positifs, il y a aussi le nombre
d’entreprises exportatrices qui a
grimpé à 125.300, au plus haut
depuis 2003 », a fait valoir jeudi le
secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, Jean-Baptiste
Lemoyne. « Peut-être que la politique en faveur de la compétitivité des
entreprises depuis 2014 commence
à payer », remarque Alain Bentéjac, président du Comité national
des conseillers du commerce extérieur, qui reconnaît toutefois que
« l’amélioration reste encore très
fragile ».
Atonie de la consommation
des ménages
De fait, « la petite embellie du commerce extérieur hors énergie est largement due à une faible croissance
des importations l’an dernier, qui
s’explique notamment par l’atonie
de la consommation des ménages
français », souligne Stéphane Colliac, économiste chez l’assureurcrédit Euler Hermes. Les importations de produits industriels hors
pétrole raffiné ont progressé
de 2,5 % alors que les exportations
de ce même type de biens ont,
elles, grimpé de 4,2 % en 2018.
Certains secteurs ont participé
activement à la croissance des
exportations. C’est évidemment le
cas du secteur aéronautique avec
des livraisons record d’Airbus et
des ventes importantes de paquebots. Les ventes de véhicules automobiles ont aussi été particulière-
ment dynamiques l’an passé, en
hausse de 8 %.
Sur le plan géographique, c’est
ave c l e R o ya u m e - U n i q u e l a
France enregistre son excédent le
plus important, de l’ordre de
12 milliards d’euros et elle affiche
aussi désormais un excédent commercial vis-à-vis des Etats-Unis.
Dans les services, grâce aux recettes tirées du tourisme mais aussi
des ser vices aux entreprises,
l’Hexagone dégage un excédent de
28 milliards d’euros, ce qui permet
« La montée
des tensions
commerciales
n’a pas eu d’effet
direct sur la
croissance française
et chez nos
partenaires, mais
elle affecte
la confiance. »
JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Secrétaire d’Etat chargé
du Commerce extérieur
à la balance courante de la France
– qui comprend les biens, les services et les flux financiers – d’afficher un déficit ne représentant
que 0,7 % du PIB.
A quoi va ressembler l’année
2019 ? « La montée des tensions
commerciales n’a pas eu d’effet
direct sur la croissance française et
chez nos partenaires, mais elle
affecte la confiance », selon JeanBaptiste Lemoyne. Sans compter la perspective d’un Brexit sans
accord et le ralentissement économique de deux de nos principaux
partenaires commerciaux, l’Allemagne et l’Italie.
Mais Stéphane Colliac est, lui,
plutôt optimiste. « La baisse du
prix du pétrole intervenue à la fin de
l’année dernière devrait nous permettre de constater pleinement
l’amélioration de la compétitivité
en 2019. Le déficit commercial
devrait encore reculer, à 48 milliards d’euros, d’autant que l’accélération des importations devrait rester contenue, la consommation des
ménages ne rebondissant qu’à partir du deuxième trimestre », estime
l’économiste.
(
Lire l’éditorial
de Jean-Marc Vittori
Page 11
Les multinationales tricolores préfèrent investir à l’étranger
Les revenus tirés par
les grandes entreprises
françaises des investissements directs à l’étranger
ont atteint 69 milliards
d’euros l’an passé,
soit 3 % du PIB.
Les Allemands assemblent chez
eux pour ensuite exporter. Les Français, eux, conçoivent les produits
dans l’Hexagone mais les fabriquent à l’étranger. C’est, en résumé,
la conclusion d’une enquête du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) sur
l’internationalisation des deux principales économies de la zone euro.
Les auteurs sont partis d’un constat : depuis 2011, le coût du travail a
moins augmenté en France qu’en
Allemagne, notamment grâce à la
mise en place du crédit d’impôt pour
la compétitivité et l’emploi (Cice) et le
pacte de responsabilité. Pourtant,
l’Hexagone n’a pas regagné de parts
de marché à l’étranger. Entre 1999
et 2017, les exportations de l’Allemagne ont progressé plus vite que celles de la France, à hauteur de
306 milliards d’euros.
Effondrement du secteur
automobile
Comment expliquer ce phénomène ? Les économistes du Cepii
évacuent une possibilité après
l’avoir étudiée : « La spécialisation
de l’économie française n’est pas en
cause », selon Vincent Vicard, un
des auteurs. Le secteur aéronautique français est certes particulièrement dynamique, mais l’automobile s’est effondrée et explique
un tiers de la divergence des
exportations françaises avec celles
de l’Allemagne depuis 1999. Ce
n’est pas non plus un problème de
qualité des produits français,
selon l’étude.
La vérité est probablement
ailleurs. Elle réside dans le chemin
qu’a choisi l’Hexagone pour participer à la mondialisation. « La France
est un pays dans lequel les multinationales sont plus importantes que
dans d’autres pays de taille comparable », souligne Vincent Vicard. Les
multinationales françaises
employaient près de 6 millions de
salariés à l’étranger en 2014, contre
5 millions pour les multinationales
allemandes et 1,8 million pour les
6
MILLIONS
Le nombre de salariés
des multinationales françaises
à l’étranger en 2014, contre
5 millions pour les allemandes
et 1,8 million pour les italiennes.
italiennes. Sans compter que leur
chiffre d’affaires et leurs effectifs ont
bondi de 60 % depuis 2007. Or, « ces
multinationales ont, en fait, la capacité de développer des produits en
investissant dans le capital immatériel et dans la R&D en France pour
ensuite répliquer ces produits dans
leurs filiales étrangères », poursuit
Vincent Vicard.
R&D dans l’Hexagone
L’exemple de l’automobile est frappant. Alors qu’au début des années
2000 moins de 10 % de la production des constructeurs français réalisée dans des pays à bas revenus
était vendue dans l’Hexagone, cette
part est passée à près de 50 % en
2016 alors qu’elle était seulement
d’un quart en Allemagne.
« Les activités de conception et de
R&D de ces constructeurs sont cependant restées localisées en France
pour l’essentiel, illustrant la dissocia-
tion entre les activités liées à l’investissement immatériel et celles de production », souligne le Cepii.
« C’est une spécificité française
puisque les revenus des investissements directs à l’étranger ont atteint
69 milliards d’euros l’an passé, ce qui
représente 3 % du PIB, contre 2,5 %
en Allemagne », admet Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat
chargé du Commerce extérieur.
« Quand une entreprise décide de
construire une usine à l’étranger, il
s’agit d’un investissement à quinze ou
vingt ans. Donc ces usines ne vont pas
revenir sur le territoire français si les
conditions pour produire ne s’améliorent qu’à la marge », affirme Stéphane Colliac, économiste chez
Euler Hermes. Ainsi, les efforts
récents sur le coût du travail pourraient ne pas suffire. Mais, d’un autre
côté, grâce à ses multinationales,
l’Hexagone est inséré dans les chaînes de valeur mondiales. — G. C.
Les cliniques tentent d’éviter une baisse de leurs tarifs en mars
Les fédérations hospitalières réclament
une hausse de 1 %
de leurs tarifs en 2019.
Mais les discussions
avec le gouvernement
laissent augurer
d’une diminution.
Solveig Godeluck
@Solwii
C’est un dernier coup de pression
avant l’échéance de début mars, date
à laquelle les tarifs 2019 des hôpitaux
et cliniques seront communiqués
par le gouvernement. Le cabinet
Roland Berger, missionné par la
Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), vient de produire une
Reste la question de l’opportunité.
En effet, la volonté gouvernementale
de développer les soins de proximité
en ville pourrait justifier qu’à
l’inverse on limite le budget de l’hôpital. « Cette industrie ne peut se développer que si son activité s’accroît, or
les moyens supplémentaires ne viendront pas du nombre de patients »,
répliquent les consultants.
étude à usage interne pour montrer
qu’une augmentation des prix de 1 %
est non seulement possible mais
nécessaire. Une revendication que
portent les quatre fédérations hospitalières, public, privé, privé non
lucratif et Unicancer.
Développement des séjours
sans nuitée
Patrick Biecheler et Julien Gautier,
associés chez Roland Berger, espèrent que cet argumentaire permettra
de renverser la vapeur. Car il ressort
des discussions en cours que le gouvernement cherche au contraire à
faire des économies en baissant les
prix que les établissements peuvent
facturer à l’assurance-maladie.
« C’est tentant car on a vite fait d’économiser plusieurs millions d’euros,
expliquent-ils. Mais ce serait négliger
la surcharge des services hospitaliers,
l’inflation, et les demandes de moyens
supplémentaires exprimées lors des
débats citoyens. »
Boris Horvat/AFP
SANTÉ
Le gouvernement souhaite développer les soins de proximité
en ville et pourrait justifier une limitation du budget de l’hôpital.
Selon leurs calculs, il serait même
possible d’augmenter les prix de 1,2 %
tout en restant dans l’enveloppe de
progression annuelle des dépenses
hospitalières votée en novembre
(2 milliards de plus soit +2,4 %). L’activité progresse très peu en volume, et
ne pèsera donc pas sur les coûts.
Roland Berger parie sur une hausse
de 0,6 % en 2019, contre 0,3 % observé
au début de l’année. De plus, le développement des séjours sans nuitée
permet de réaliser 200 à 300 millions
d’euros d’économies par an.
Plusieurs professions
ont été revalorisées
pendant les quatre
années où les
hôpitaux ont
perdu 0,9 % par an
en moyenne
sur leurs tarifs.
Ils évoquent la chute des investissements dans un contexte de baisse
de 0,9 % par an en moyenne en
2014-2018 des tarifs en médecinechirurgie-obstétrique. « Il faut
investir tous les cinq à dix ans dans
l’appareillage médical. Aujourd’hui,
on assiste à une obsolescence du
matériel, mais aussi de la formation
des équipes », s’alarment-ils.
« Nous avons des tarifs parmi les
plus bas d’Europe. Allons plutôt chercher des économies là où on ne met pas
en péril le système de santé », plaident
les consultants. Dans leur étude, ils
montrent que plusieurs professions
ont été revalorisées pendant les quatre années où les hôpitaux ont perdu
0,9 % par an en moyenne sur leurs
tarifs. La croissance annuelle des
prix des véhicules sanitaires légers a
ainsi atteint 3,5 % par an (contre 0 %
pour les ambulances), celle des
sages-femmes et des médecins généralistes 2,1 %. Les tarifs des complémentaires santé ont crû de 1,8 %,
ceux des médecins spécialistes 1,7 %,
et les services d’aide et d’assistance à
domicile 1,5 %. n
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FRANCE // 05
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
Les Français convaincus par les premiers
pas du prélèvement de l’impôt à la source
FISCALITÉ
Selon un sondage Elabe
pour « Les Echos »,
Radio Classique
et l’Institut Montaigne,
74 % des Français
se disent favorables
à l’impôt à la source.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Pas de mauvaise surprise pour les
Français sur le prélèvement à la
source. Selon un sondage Elabe pour
« Les Echos », Radio Classique et l’Institut Montaigne, l’adhésion des Français a augmenté après la mise en
œuvre de la réforme. Près de 74 % des
personnes interrogées se disent favorables à l’impôt à la source, soit
6 points de plus que lors du dernier
sondage en décembre et même
9 points de plus qu’au mois d’octobre.
Ce sondage a été réalisé le 5 et le
6 février, soit après la première feuille
de paie des salariés prélevée à la
source.
« Le gouvernement
a réussi
à dépassionner
le débat. »
BERNARD SANANÈS
Président d’Elabe
Les Français sont plus nombreux à voir des avantages à la
réforme. L’étalement de l’impôt
sur douze mois gagne 6 points, la
simplification de la gestion des
revenus grimpe de 5 points, et
l’adaptation rapide aux variations
de revenus progresse de 8 points. A
l’inverse, ses inconvénients reculent dans l’opinion : moins 9 points
pour les risques de bugs techniques, moins 6 points pour la modification des habitudes. Seuls le
manque de confidentialité vis-àvis de l’employeur (+ 1 point) et la
complexité pour les entreprises
(+ 6 points) sont plus présents dans
les esprits.
Deux points d’alerte
« Le gouvernement a réussi à dépassionner le débat », observe Bernard
Sananès, président d’Elabe. Les
Français n’affichent pas non plus
une adhésion forte à ce nouveau
système de prélèvement. Au total,
33 % préfèrent le nouveau système,
22 % regrettent l’ancien et 44 % se
disent neutres.
En pleine polémique sur le pouvoir d’achat, le passage au prélèvement à la source aurait pu créer de
nouvelles étincelles. Face au risque
de ce chantier, Emmanuel Macron a
failli y mettre fin en septembre dernier. « Il n’y a pas eu de télescopage
avec les sujets de pouvoir d’achat soulevés par le mouvement des “gilets jaunes” », poursuit Bernard Sananès.
Le sondage signale deux points
d’alerte. Le premier concerne l’effet
psychologique sur la consomma-
Santé au travail :
les syndicats insistent
pour négocier
SOCIAL
Les cinq confédérations représentatives
ont publié un communiqué commun pour
obtenir une remise
à plat du système
actuel et peser
sur son contenu.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
C’est assez rare en ce moment pour
être souligné. Comme elles l’ont fait
sur l’égalité femmes-hommes avec
un certain succès, les cinq confédérations syndicales représentatives ont
décidé de parler d’une seule voix sur
la santé au travail. Elles ont publié
mercredi un communiqué commun
sur le sujet qui affirme leur détermination à la fois à obtenir une remise à
plat du système actuel et à peser sur
son contenu. Avec deux objectifs :
construire « une stratégie de prévention primaire des risques professionnels » et « assurer une traçabilité de
l’état de santé des travailleurs ».
Eviter un projet clefs
en main
Près de six mois après l’annonce par
le Premier ministre, Edouard Philippe, du lancement d’une réforme,
cette expression commune n’est pas
seulement une manifestation
d’impatience à voir le dossier ouvert.
Les syndicats ont aussi manifestement le souci de ne pas se voir imposer un projet clefs en main.
Ils prennent soin de prévenir
dans leur communiqué qu’ils ne se
contenteront pas « sur un sujet aussi
essentiel, de concertations menées au
pas de charge sur la base d’une
réforme construite de façon unilatérale par le ministère du Travail ».
Les confédérations veulent absolument pouvoir négocier le contenu
du dispositif et sont échaudées par
les précédents de l’assurance-chômage et surtout de la formation professionnelle. Unies, elles abordent
en position de force le dossier, après
la publication de plusieurs rapports
commandés par l’exécutif. Elles n’en
partagent pas forcément toutes les
propositions mais elles les ont globalement bien accueillies, que ce
soit le rapport Frimat sur le suivi de
l’exposition aux risques professionnels ou le rapport Lecocq qui prône
ni plus ni moins qu’une révolution
du système actuel.
C’est du côté
du patronat que les
choses s’annoncent
compliquées et
pourraient donner
lieu à quelques
turbulences internes
sur le sujet.
Du côté du gouvernement, on
prend le communiqué des confédérations plutôt positivement, même
si pour l’instant, on se refuse à préciser la méthode qui sera choisie, parlant de discussions qui pourraient
démarrer dans quelques semaines.
Il paraît en tout cas difficile sur
un sujet sur lequel les syndicats ont
beaucoup travaillé et sont demandeurs d’un big bang de leur claquer
la porte au nez. C’est plutôt du côté
du patronat que les choses s’annoncent compliquées et pourraient
donner lieu à quelques turbulences
internes sur le sujet.
La réforme devrait être gérée à la
fois par la ministre du Travail,
Muriel Pénicaud, et la secrétaire
d’Etat auprès de la ministre de la
Santé, Christelle Dubos. n
tion : 21 % des personnes interrogées ont le sentiment que le prélèvement à la source va réduire leur
pouvoir d’achat, une impression
particulièrement marquée chez les
jeunes, les artisans et les chômeurs.
L’autre concerne le taux d’erreur :
14 % des sondés disent avoir observé
une erreur sur leur prélèvement,
qu’il s’agisse d’un problème de taux,
d’acompte sur le crédit d’impôt ou
d’absence de prélèvement. « Quand il
y a eu des erreurs, cela n’a pas déclenché de crispation. Le “bug” n’a pas
hystérisé l’opinion », note Bernard
Sananès. Même sur des questions
aussi factuelles, la perception peut
varier en fonction de l’appartenance
politique : 19 % des électeurs de
Marine Le Pen constatent une
erreur, contre 9 % pour les partisans
d’Emmanuel Macron !
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 11
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06 //
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
MONDE
en
chiffres
HONGRIE : L’ACTIVITÉ
INDUSTRIELLE RALENTIT
ESPAGNE : PLONGEON
DE L’INDUSTRIE
La production industrielle
de la Hongrie a ralenti sa
progression à 3,6 % en 2018
après une hausse de 4,8 %
en 2017, selon l’estimation du
Bureau des statistiques
(KSH) jeudi. Sur un an,
la progression s’établit
à 5,4 %, après une hausse
de 4 % le mois précédent. La
production industrielle avait
augmenté de 0,9 % en 2016.
La production industrielle
en Espagne s’est contractée
en décembre affichant un
recul de 6,2 % en variation
annuelle. L’activité a baissé
à son rythme le plus rapide
depuis six ans, selon l’INE.
La production industrielle,
un indicateur volatil
de l’activité manufacturière
du pays, avait déjà reculé
de 3,2 % en novembre.
+0,9 %
LA PRÉVISION
DE CROISSANCE
DE L’ALLEMAGNE EN 2019
La croissance outre-Rhin
devrait être en 2019 de +0,9 %
et non plus de 1,7 %, selon les
derniers calculs de la Chambre
de commerce et d’industrie. Le
PIB pourrait même ralentir à
+0,7 % à cause du Brexit.
Brexit : discussions pour la
forme et blocage sur le fond
l Theresa May s’est rendue à Bruxelles, jeudi, pour rencontrer Jean-Claude Juncker.
l Les négociateurs vont reprendre contact, mais les divergences restent profondes.
ROYAUME-UNI
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
A Bruxelles, la Première ministre, Theresa May, s’est entretenue
avec le président de la Commission européenne,
Jean-Claude Juncker. Photo Aris Oikonamou/AFP
Le grand théâtre du Brexit continue. Jeudi, la Première ministre
britannique, Theresa May, a pu
envoyer dans son pays, une fois
de plus, le signal de sa détermination à arracher coûte que coûte
un compromis sur le divorce du
Royaume-Uni avec l’Union européenne. A Bruxelles, elle s’est
entretenue avec le président de la
Commission européenne, JeanClaude Juncker, en compagnie de
Michel Barnier, le négociateur en
chef de l’UE. Une discussion
« robuste et constructive », a
assuré la Commission.
Devant la presse, Jean-Claude
Juncker et Theresa May n’ont fait
qu’une furtive apparition, sans
dire un mot. « Est-ce l’enfer,
Madame la Première ministre ? »,
a lancé un journaliste. Une référence à la déclaration de Donald
Tusk, la veille. Le président du
Conseil européen (l’instance qui
rassemble les dirigeants des pays
de l’Union) avait dit s’interroger
pour savoir s’il existe « un endroit
spécial en enfer pour ceux qui ont
défendu le Brexit sans avoir le
début d’un plan pour le mettre en
œuvre correctement ». Une petite
phrase très calibrée comme le
Polonais en a le secret, qui a fait
fortement réagir outre-Manche.
Le plan, de fait, reste obscur.
A l o r s q u e T h e r e s a M ay, s u r
demande de son Parlement, a
pour mission de trouver une
alternative au filet de sécurité
(« backstop ») qui doit garantir
l’absence de frontière dure entre
les deux Irlande, les Européens
campent sur leurs positions : pas
question de renégocier quoi que
ce soit au terme d’une négociation de 17 mois qui avait débouché sur un accord validé par la
Première ministre elle-même.
« Le président Juncker a souligné
que les Vingt-Sept ne rouvriraient
pas l’Accord de retrait », a déclaré
la Commission européenne
après les discussions.
L’alternative de Corbyn
Cela n’empêche pas les Européens de vouloir faire la preuve de
leur bonne volonté. Après des
mois de silence, les équipes de
négociation vont reprendre langue afin de « voir s’il est possible de
trouver une voie qui obtiendra le
soutien le plus large au Parlement
britannique tout en respectant la
position de l’UE », a expliqué la
Commission. Quant à Michel Barnier, il devrait rencontrer, lundi,
son homologue britannique Stephen Barclay – le troisième à ce
poste depuis le début des tractations. Un Stephen Barclay qu’il n’a
« Le président
Juncker a souligné
que les Vingt-Sept
ne rouvriraient pas
l’Accord de retrait. »
LA COMMISSION
Frontière irlandaise : la technologie offre
des perspectives, mais peu de solutions
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Les « hard Brexiters » du Parti
conservateur martèlent depuis des
semaines le même discours. A les
croire, des solutions technologiques existeraient pour éviter le
retour d’une frontière physique
entre les deux Irlande, sans avoir
recours à l’encombrant « backstop ». Mais la réalité est plus complexe. Et si la technologie ouvre des
perspectives intéressantes pour
régler le problème de la frontière
irlandaise, elle n’offre à ce stade
aucune solution miracle.
Le retour, même discret, d’infrastructures physiques sur une frontière aussi sensible paraît impossible. Non seulement la contrebande
existe déjà sur ces 500 kilomètres de
frontière, traversés de quelque
300 points de passage (parfois de
simples sentiers), et où sont installées, à cheval entre le Nord et le Sud,
de nombreuses fermes. Mais elle est
en grande partie aux mains de groupes paramilitaires. Quant aux violences mises sous l’éteignoir il y a
seulement vingt ans par les accords
de paix du Vendredi saint, la moindre étincelle menace, à tout
moment, de les relancer.
« Ces accords n’interdisent pas
expressément d’avoir des infrastructures physiques sur la frontière irlandaise, mais la disparition de telles
installations est leur effet le plus visi-
ble », pointe Catherine Barnard, professeure au Trinity College de Cambridge. Autant dire que leur retour
ne manquerait pas d’être vécu
comme une provocation. Les matériels risquent d’être vandalisés. Et
s’il faut les faire surveiller, les gardes
risquent eux-mêmes de devenir des
cibles.
Installer des caméras pour
reconnaître les plaques des
camions ? « Il est dur d’imaginer, sur
la frontière irlandaise, qu’elles puissent survivre à un vendredi soir et à
un coup de spray de peinture noire »,
écrivait récemment le « Times ».
Faire voler des drones au-dessus de
la frontière ? « Ils risqueraient de rappeler les hélicoptères de l’armée britannique et de raviver la défiance »,
explique Catherine Barnard. Ici, on
ne plaisante pas : la pratique du
« kneecapping » (on tire dans les
genoux pour rendre la victime handicapée à vie) n’a pas totalement disparu chez les groupes paramilitaires. Et personne ne veut la voir
réactivée à aussi grande échelle que
dans les années 1990.
Un véritable défi
Or, « la technologie qui permettrait de
se passer totalement d’infrastructures
physiques n’est pas prête », souligne Catherine Barnard. « Aucune
solution technologique permettant
de régler le problème n’a encore été
inventée », a elle-même reconnu l’an
dernier Theresa May. Selon Sabine
Weyand, le bras droit du négociateur en chef de l’UE pour le Brexit
Michel Barnier, elle ne sera pas mûre
avant de 5 à 10 ans.
Il est d’autant plus difficile de trouver la martingale qu’aucune autre
frontière douanière dans le monde,
La Banque d’Angleterre
« dans le brouillard »
Mark Carney s’alarme des
effets d’un « hard Brexit »
sur l’économie et estime
que les incertitudes rendent
difficile l’élaboration
de sa politique monétaire.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Paul Faith/AFP
Le retour après
le Brexit, même discret,
d’infrastructures physiques
paraît impossible sur une
frontière aussi sensible.
Les Irlandais ne veulent pas de frontière entre le Nord et le Sud.
même avec l’appui de la technologie,
n’est totalement dépourvue d’infrastructures physiques. Ni la frontière
entre le Canada et les Etats-Unis,
considérée comme la plus fluide
(malgré 40 minutes d’attente en
moyenne), ni celle entre la Suisse et
la France, ni celle entre la Bulgarie
et la Turquie (5 heures d’attente), un
pays appartenant à une union douanière avec l’UE sur un modèle que
certains voudraient appliquer au
Royaume-Uni. Idem pour la frontière entre la Suède et la Norvège,
souvent citée en exemple, mais où
des portiques et des postes-frontières restent visibles.
Les Brexiters n’hésitent pas à citer,
comme solution miracle, les préconisations d’une étude réalisée pour
le Parlement européen par l’expert
suédois Lars Karlsson. Dans cette
« Smart Border 2.0 », des déclarations simplifiées d’import-export
seraient préremplies en ligne.
Les commerçants « dignes de
encore jamais rencontré ! « C’est
un peu un fantôme », lâche une
source européenne.
Dans ce contexte de quasi-blocage, le dirigeant de l’opposition
travailliste britannique, Jeremy
Corbyn, a rendu publique une lettre dans laquelle il se dit de nouveau prêt à faire pencher son
parti en faveur d’un accord sur le
Brexit à condition que celui-ci
change profondément la nature
de la relation future, en prévoyant une union douanière avec
l’Union européenne et des conditions proches du marché unique
européen, le tout en partageant
des institutions avec l’Union.
Une perspective à l’opposé de
la stratégie de Theresa May jusqu’à présent, mais en ligne avec le
souhait profond des Vingt-Sept.
Un coup politique pour Jeremy
Corbyn, surtout, qui obtient là
une certaine visibilité médiatique, sur un scénario qui reste
néanmoins peu probable – sa
concrétisation serait, à coup sûr,
explosive dans le camp des conservateurs. n
confiance » (« trusted traders »)
seraient préenregistrés dans une
base de données. Les chauffeurs
des camions eux aussi. Lorsque les
mobiles de ces derniers seraient
reconnus, un message d’autorisation
leur serait envoyé, qui leur permettrait de passer la frontière, une fois
leur plaque minéralogique reconnue par un système de caméras.
Mais, à supposer qu’il puisse
régler le problème de la contrebande, tout reste à faire pour créer
en Irlande un tel système. Un véritable défi informatique. D’abord parce
qu’il faudrait raccorder les bases de
données des autorités britanniques
avec celles de l’UE. Ensuite parce
qu’il faudrait qu’il permette de réaliser à l’avance et en ligne non seulement les formalités douanières,
mais aussi au regard de la TVA, des
règles du pays d’origine ou encore
des normes du marché unique européen. Un véritable casse-tête en
perspective. n
Dans le brouillard du Brexit, la
vieille dame de Threadneedle
Street, comme on surnomme la
Banque d’Angleterre, a du mal à
trouver son chemin. Lors de sa
conférence de presse de jeudi, son
gouverneur, Mark Carney, s’est
montré alarmiste. « Ce brouillard
génère de la volatilité à court terme
dans les données économiques et
plus fondamentalement, crée une
série de tensions » a-t-il averti.
Parmi celles-ci, et non des moindres, figurent les risques pour l’économie britannique si Londres et
Bruxelles se séparent sans accord.
« Bien que de nombreuses entreprises aient prévu des plans d’urgence,
l’économie dans son ensemble n’est
pas prête pour une sortie sans accord
ni période de transition », a déploré
Mark Carney. « A titre d’exemple, la
moitié des chefs d’entreprise interrogés dans la dernière enquête menée
par la Bank of England (BoE) ne se
sont pas préparés à une telle situation. » Conséquence, la BoE a revu à
la baisse ses prévisions de croissance pour 2019 à 1,2 %. Du
jamais-vu depuis la crise financière. Les mêmes inquiétudes sur la
forme du Brexit prévalent pour les
marchés financiers. « Les marchés
sont particulièrement sensibles aux
informations sur le Brexit, et les primes de risque sont particulièrement
élevées sur de nombreuses classes
d’actifs. » Cette prudence ne sera
pas suffisante pour protéger les
investisseurs. « Etant donné le très
large éventail des scénarios potentiels de sortie, et les différents chemins qui y conduisent, il serait
remarquable que les niveaux actuels
de la livre sterling et des prix des
autres actifs financiers britanniques
soient cohérents avec la solution qui
émergera », a reconnu le gouverneur.
Chute de la livre
Ces perspectives ont fait immédiatement chuter la devise britannique, qui a perdu 0,6 %, à 1,2854 dollar pour une livre. Les obligations
britanniques ont pour leur part
profité de leur statut de valeur
refuge, le taux des Gilts à 10 ans perdant 6 points de base, son plus bas
en deux mois. D’autant que la banque centrale a montré un visage
plutôt accommodant, reconnaissant qu’il était très difficile, en l’état,
de faire des prévisions.
« La façon dont ces tensions se
résoudront une fois que le brouillard
sera levé aura des conséquences pour le
chemin de politique monétaire que
nous emprunterons. Mais elles ne peuvent pas être prédites aujourd’hui », a
affirmé Mark Carney. Et particulièrement la poursuite du resserrement
entamé fin 2017. « Tout dépendra des
effets du Brexit sur l’offre, la demande
et le taux de change, a-t-il expliqué. La
réponse ne sera pas automatique et
pourra se traduire par des changements à la hausse comme à la baisse. »
D’ores et déjà, les marchés croient
moins à l’hypothèse d’une nouvelle
hausse des taux d’ici juin 2020. Seule
la moitié des traders envisagent
encore cette possibilité, contre 75 %
mercredi, veille de la réunion de politique monétaire de la BoE. n
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08 // MONDE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
Croissance européenne : Bruxelles acte un coup
de frein mais réfute tout retournement
ment, de 0,2 % – la prévision était
de… 1,2 % en novembre dernier. Et
les risques à la baisse demeurent.
Autant dire qu’une véritable récession n’est pas à exclure. Là aussi,
la question budgétaire est écartée
à ce stade. Mais on voit mal comment l’accord obtenu à l’arraché
entre Bruxelles et Rome à ce sujet
ne pâtirait pas de ce violent ralentissement : il était fondé sur une hypothèse de croissance de 1 %.
EUROPE
La Commission européenne a présenté,
jeudi, ses prévisions.
En trois mois, le ciel
s’est nettement
assombri.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
« Lucidité et vigilance ». Telle est
la formule qu’a employée Pierre
Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques,
en présentant jeudi les prévisions
de croissance de Bruxelles pour
l’Union européenne. Deux mots
qui visent à éviter que ne s’installe
une trop forte inquiétude, après
la brutale décélération annoncée
par la Commission européenne :
« Nous ne sommes pas du tout dans
une phase de stagnation et moins
encore de récession », a martelé le
Français de la Commission.
C’est tout de même un vrai coup
dur qu’a annoncé la Commission.
En novembre, celle-ci anticipait,
pour 2019, une croissance de 1,9 %
pour la zone euro, et de 2 % pour
l’Union européenne dans son
ensemble. Trois mois plus tard, il
faut désormais se contenter de 1,3 %
pour la première et de 1,5 % pour la
seconde. Et, bien que le commissaire insiste sur le fait que tous les
pays du bloc restent en expansion,
avec des « moteurs bien allumés »,
La locomotive
commerciale
de l’Europe qu’est
l’Allemagne n’en
ressort pas indemne…
... avec une expansion
du PIB attendue
désormais à 1,1 % cette
année, contre 1,8 %
lors des prévisions
précédentes.
notamment la consommation intérieure, le constat demeure : le vent
a nettement tourné, ces derniers
mois, pour la conjoncture européenne. Un retournement de tendance que les indicateurs de janvier
semblent confirmer.
Le ralentissement de la croissance
du commerce mondial et l’incertitude générée par le bras de fer entre
Washington et Pékin se font sentir.
La locomotive commerciale de
l’Europe qu’est l’Allemagne n’en ressort pas indemne, avec une expansion du PIB attendue désormais à
1,1 % cette année, contre 1,8 % lors
des prévisions précédentes. Berlin
souffre en outre du ralentissement
de sa production automobile, dû
Ralentissement moins
marqué pour la France
Le principal coupable est identifié :
il s’agit du contexte international.
aux nouvelles normes antipollution qui désorganisent le secteur de
manière temporaire.
Chose rare : dans un tel scénario,
la première économie de la zone
euro pourrait croître moins vite que
la deuxième. Bruxelles anticipe en
effet, pour la France, un ralentissement moins marqué, à 1,3 % au lieu
du 1,6 % précédemment anticipé.
Les « tensions sociales » ont pesé,
mais les mesures budgétaires déci-
dées en fin d’année devraient soutenir la consommation privée, pointe
Pierre Moscovici. Lequel se refuse,
à ce stade, à tout commentaire concernant l’impact de ces mesures sur
les finances publiques françaises.
Le pays qui inquiète le plus
Bruxelles demeure l’Italie. La
dégringolade est violente. Après
être entrée en récession technique
en fin d’année 2018, l’Italie devrait
voir son PIB progresser laborieuse-
Pour 2020, Bruxelles se veut plus
positive. La Commission table sur
des conditions de financement qui
restent favorables, une bonne tenue
de la consommation, grâce notamment à un niveau d’emploi élevé, et
elle note… que le nombre de jours
ouvrés sera plus élevé l’année
prochaine. Mais à l’évidence, les
incertitudes restent fortes, qu’elles
concernent l’environnement international ou, de façon plus immédiate, le mur de plus en plus inquiétant du Brexit. n
La France furieuse contre les ingérences de l’Italie
Sophie Amsili
et Catherine Chatignoux
Ulcéré par la dernière provocation
de Rome, qui affiche sans détour
son soutien aux « gilets jaunes »,
Paris a décidé de taper du poing sur
la table. La France a annoncé jeudi
le rappel de son ambassadeur en
Italie pour « des consultations » face
à « une situation grave » qui « n’a pas
de précédent depuis la fin de la
guerre », explique le ministère des
Affaires étrangères dans un communiqué. C’est la première fois
Ligne rouge
A trois mois et demi des élections
européennes, Paris met en cause les
visées électoralistes des dirigeants
populistes italiens : « Avoir des
désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre », fustige le Quai
d’Orsay dans son communiqué. En
diffusant sur les réseaux sociaux
son rendez-vous avec les « gilets
jaunes », Luigi Di Maio a clairement
franchi la ligne rouge. « Il y a en
Europe des choses admises pour un
dirigeant, comme se rendre chez un
pays voisin pour soutenir un allié
politique ou même faire podium
« L’Europe devrait
sanctionner la France
et tous ceux qui,
comme elle,
appauvrissent
l’Afrique et font partir
ces personnes. »
LUIGI DI MAIO Vice-président
du Conseil italien et président
du Mouvement 5 étoiles
commun comme Matteo Salvini l’a
fait avec Marine Le Pen l’automne
dernier. C’est le jeu politique. En
revanche, ce qui ne se fait pas, c’est
encourager des factieux à renverser le
pouvoir en place », explique Eric
« J’espère que les
Français vont bientôt
se libérer de ce très
mauvais président.
Ils ont une chance
de le faire le 26 mai. »
MATTEO SALVINI
Vice-président du Conseil italien
et président de la Ligue
Maurice, représentant de la Fondation Schuman à Bruxelles.
Les attaques de la coalition au
pouvoir en Italie risquent de durer,
même si Luigi Di Maio et Matteo
Salvini, le leader de l’extrême droite,
Ludovic Marin/AFP
Dénonçant une « situation grave », le Quai
d’Orsay a rappelé
son ambassadeur
en Italie dans un
geste sans précédent.
Ahmad Gharabli/AFP
Paris a réagi sèchement aux attaques
incessantes des dirigeants italiens contre
le président Macron.
Ils ont dit
qu’une telle arme diplomatique est
utilisée entre deux Etats membres
depuis la naissance de l’Union européenne. La photo souvenir montrant le vice-Premier ministre italien et chef de file du Mouvement
5 étoiles, Luigi Di Maio, aux côtés de
« gilets jaunes », dont l’un de leurs
porte-parole les plus contestés, à
l’occasion d’un « saut en France », a
été la rodomontade de trop. « Le
vent du changement a franchi les
Alpes », a commenté ironiquement
Luigi Di Maio sur Twitter.
Andreas Solaro/AFP
EUROPE
Les critiques des
dirigeants italiens
n’ont « aucun intérêt.
La seule chose qu’ils
attendent , c’est ça
[...] Bon courage
et bonne agitation. »
EMMANUEL MACRON
Au Caire le 27 janvier dernier
ont envoyé jeudi des signes d’apaisement, proposant de rencontrer le
président français, Emmanuel
Macron. « Les résultats économiques
du gouvernement italien sont désastreux et ses dirigeants ont tout intérêt
Dimanche de 10h à 11h
Le Grand rendez-vous
© CAPA/EUROPE 1
Présenté par Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot
à faire diversion et à multiplier les
attaques contre la France », bouc
émissaire commode de leurs mauvaises performances et de leurs divisions, explique Yves Bertoncini, président du Mouvement européen
France. D’autant qu’Emmanuel
Macron s’est érigé lui-même en
principal opposant à ces forces antisystème et anti-européennes.
Face à ces objectifs électoralistes
et court-termistes de l’Italie, le président français a-t-il intérêt à poursuivre dans la surenchère ? « Je ne le
pense pas », poursuit Yves Bertoncini, qui craint un engrenage dangereux s’il intervient directement
dans ce jeu. On détecte toutefois
dans la démarche française une
inquiétude vis-à-vis du risque de
déstabilisation politique à l’occasion des élections européennes, de
l’intérieur de l’Union comme de
l’extérieur – en provenance de la
Russie en particulier : « Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable », souligne le Quai, « tous ces
actes créent une situation grave qui
interroge sur les intentions du gouvernement italien vis-à-vis de sa relation avec la France ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 09
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
Afrique du Sud : Ramaphosa prêche pour
l’unité et la lutte contre la corruption
l A trois mois des élections générales, Cyril Ramaphosa a prononcé le discours sur l’état de la nation devant le Parlement.
l L’occasion d’un bilan, un an après son arrivée au pouvoir, et aussi de donner quelques pistes.
Claire Bargelès
— A Johannesbourg
C’était un discours très attendu,
un grand oral au double enjeu,
« l’occasion d’avoir une réflexion
sur le bilan de cette première année
au pouvoir, et de donner une direction pour le Congrès national africain (ANC) en vue des prochaines
élections », détaille l’analyste politique Daniel Silke.
Dans son discours à la
Nation, le président Cyril Ramaphosa a en effet profité de l’occasion pour revenir longuement
sur les avancées, au sortir d’une
« période d’incertitude et de perte
de confiance », après la démission
de son prédécesseur Jacob Zuma.
L’ambiance s’annonçait pourtant
tendue, alors que les scandales de
corruption continuent de coller à
la peau du Congrès national africain (ANC), Cyril Ramaphosa luimême ayant dû s’expliquer sur
u n e c o n tr i b u ti o n é l e c torale
reçue d’une société de sécurité
accusée de verser de nombreux
pots-de-vin aux dirigeants.
Des membres de l’opposition
menaçaient même de perturber
la session. Mais le président a su
désamorcer les critiques en appelant une nouvelle fois à l’unité, se
permettant même quelques mots
d’humour avec les députés de
l’opposition. Il a martelé par
ailleurs devant l’hémicycle sa
détermination à faire de cette
lutte contre la corruption son
combat principal : « Les révélations qui émergent des différentes
commissions d’enquête sont très
perturbantes […] Lorsqu’il doit y
avoir des poursuites judiciaires,
elles doivent avoir lieu, rapidement, et l’argent public doit être
recouvré de façon urgente ».
Croissance molle
Cyril Ramaphosa était aussi
attendu sur le volet économique.
Même si son arrivée à la tête du
pays a été bien accueillie par les
marchés, les premiers résultats
de ses réformes tardent à se faire
sentir. La croissance du pays est
molle. Elle est anticipée à 1,8 %
pour 2018, après une période de
récession. Quant au chômage, il
dépasse les 27 %. Mais le président espère encore renverser la
tendance et « remettre l’économie
« Nous sommes sur
le point de voir plus
d’emplois créés
dans l’économie. »
CYRIL RAMAPHOSA
Président de l’Afrique du Sud
sur le chemin de la guérison ».
Pour cela, le président mise sur
les investissements, notamment
étrangers, qui ont quadruplé
entre 2017 et 2018. Une confiance
qui sera, selon lui, renforcée par
des « progrès importants » dans la
législation, notamment dans le
domaine des mines. « Nous somm e s s u r l e p o i n t d e vo i r p l u s
d’emplois créés dans l’économie »,
a promis l’orateur.
Aucune réforme phare
évoquée
Le président sud-africain a aussi
mis l’accent sur la réforme des
entreprises publiques et a
détaillé le devenir du géant de
l’électricité Eskom, qui multiplie
les délestages et dont la dette
dépasse 26 milliards d’euros.
Alors que le chef de l’Etat avait
déjà renouvelé la direction de
l’entreprise, il propose désormais
un plan d’action pour en améliorer l’efficacité : la société sera
séparée en trois entités, pour la
production, la transmission et la
distribution électrique.
Autre réforme phare évoquée
lors de ce grand oral : la redistribution des terres. Le déséquilibre foncier dans le pays est flagrant, la
population blanche qui représente
8 % des 55 millions d’habitants détenant toujours les trois-quarts des
terres, près de vingt-cinq ans après
la fin de l’apartheid. Alors qu’un
comité parlementaire planche,
plus longtemps que prévu, sur
l’amendement de la Constitution
pour permettre l’expropriation
sans compensation, Cyril Ramaphosa promet qu’un rapport sera
publié par un panel d’experts d’ici
fin mars. Une réforme qui ne verra
sans doute pas le jour avant les élections, annoncées pour le 8 mai prochain. Le président mise donc sur
une nouvelle victoire de l'ANC, créditée de 61 % des intentions de vote
dans les derniers sondages, pour
appliquer ses mesures les plus
importantes. n
Manish Swarup/AP/Sipa
AFRIQUE
Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, lors de son arrivée en Inde le jour de la fête nationale, le 25 janvier 2019.
Jacob Zuma éclaboussé par des révélations
de corruption en cascade
La commission d’enquête
Zondo, chargée de faire la
lumière sur les affaires de
corruption et de « capture
de l’Etat » en Afrique du
Sud sous l’ère Zuma
(2009-2018), enchaîne
les témoignages accablants
pour l’ancien président.
C’est un feuilleton qui fascine l’Afrique du Sud. Depuis août, la commission d’enquête présidée par le juge
Raymond Zondo voit défiler des
ministres, des banquiers, des fonctionnaires, pour comprendre les
rouages de la corruption au sommet
de l’Etat. Les auditions s’étaient jusque-là concentrées sur la captation
de l’argent public par les frères
Gupta, hommes d’affaires d’origine
indienne. Mais une nouvelle affaire
a attiré l’attention lorsque le nom
de Jacob Zuma est apparu dans
la b ouche d’un étonnant
témoin. Angelo Agrizzi, l’ancien
numéro deux de la société de sécurité Bosasa, a détaillé pendant plusieurs jours, et presque avec délice,
comment son entreprise s’est acheté
les faveurs du pouvoir.
« Bouc émissaire »
Sans remords, l’homme a affirmé
avec aplomb que sa société a versé
mensuellement 20.000 euros à
l’ancien chef de l’Etat, par l’intermédiaire de la présidente de la fondation Zuma, Dudu Myeni. Des
paquets de rands qui transitaient
parfois dans un sac Louis Vuitton,
offert à la proche collaboratrice.
Comme aime à le détailler Agrizzi,
cet échange constituait un « gilet
pare-balles » pour Bosasa, qui pouvait continuer à accumuler les contrats publics, et être protégé de toute
enquête.
Suite à ces découvertes, la police a
arrêté cinq suspects liés à l’affaire,
La banque centrale indienne procède
à une baisse surprise de ses taux
ASIE DU SUD
La Reserve
Bank of India
a ramené son principal
taux directeur à 6,25 %
au lieu de 6,5 %.
Carole Dieterich
— A New Delhi
La nouvelle a surpris. La Reserve
Bank of India (RBI) a abaissé, jeudi,
son principal taux directeur de 25
points de base. Le taux « repo » ou
taux de refinancement est donc
passé de 6,50 % à 6,25 %. Le comité
monétaire a également décidé de
modifier l’orientation de sa politique monétaire. D’une politique de
« resserrement calibré », la banque
centrale passe désormais à une
politique dite « neutre ». « L’investissement reprend, mais est principalement soutenu par les dépenses
publiques en matière d’infrastructures », note le comité monétaire estimant qu’il était nécessaire de renforcer l’investissement privé et de
soutenir la consommation. Si les
économistes s’attendaient à ce que
la RBI adoucisse sa position à
« neutre », très peu pariaient sur
l’abaissement du principal taux
directeur dans l’immédiat.
Un nouvel assouplissement
Celui-ci n’avait pas été abaissé
depuis août 2017 et il avait même
été relevé à deux reprises l’année
passée en raison des inquiétudes
liées à l’inflation. Au mois de
décembre, l’inflation globale
indienne est néanmoins tombée à
2,19 %, son taux le plus bas en
dix-huit mois, alors que l’objectif de
moyen terme fixé par l’organisme
émetteur est de 4 %. « L’accent a été
mis sur la nécessité de soutenir la
croissance si les objectifs en matière
d’inflation sont atteints. Le comité
monétaire a noté que le ralentissement de l’économie se creusait »,
analyse B. Prasanna, en charge des
marchés globaux à l’ICICI Bank,
qui pressent que la forte baisse des
prévisions d’inflation pourrait permettre un nouvel assouplissement
de la politique monétaire en avril.
Pour la période allant de juillet à
septembre 2018, la croissance a
fait moins bien que prévu et s’est
élevée à 7,1 %, contre 8,2 % lors du
précédent trimestre.
A quelques semaines à peine
des élections générales, la décision de la RBI est une bonne nou-
velle pour le gouvernement de
Narendra Modi. La réunion de la
banque centrale était très attendue, car il s’agissait du premier
comité monétaire présidé par
Shaktikanta Das, le nouveau
directeur de la banque centrale. En décembre, son prédécesseur Urjit Patel avait brusquement démissionné avant d’être
remplacé par ce proche de Narendra Modi et d’Arun Jaitley, le
ministre des Finances.
Certains analystes craignaient
que cette nomination ne menace
l’indépendance de la banque centrale. « Le contexte macroéconomique en tant que tel appuie la position de la RBI et ne soulève aucune
question sur son indépendance »,
estime pour sa part Shashank
Mendiratta, économiste chez IBM
à New Delhi, cité par Reuters. n
L’ancien président
reste encore influent
au sein de l’ANC,
à tel point qu’il n’est
pas exclu et qu’il
figure sur les listes
du parti pour les
prochaines élections.
mercredi dernier. Mais Jacob Zuma
n’est pour l’heure pas directement
inquiété. Démis de ses fonctions en
2018, il refuse toujours d’être auditionné par la commission, martelant
qu’il « n’y a pas de capture de l’Etat en
Afrique du Sud » et se décrivant
comme un « bouc émissaire ». Et
malgré cette mauvaise publicité,
l’ancien président n’est pas encore
écarté du jeu politique. Pour mettre
toutes les chances de son côté, le
Congrès national africain (ANC) a
décidé de jouer la carte de l’unité :
Cyril Ramaphosa s’est affiché aux
côtés de son prédécesseur, au début
d e l ’a n n é e , e t s’e s t d i t « ra v i
qu’aujourd’hui nous travaillions avec
notre ancien président », même s’il
souffle depuis le chaud et le froid, et a
récemment estimé que la présidence
de Zuma se résume à « neuf années
perdues ».
L’ancien président reste encore
influent au sein de l’ANC, à tel point
qu’il n’est pas exclu et qu’il figure sur
les listes du parti pour les prochaines
élections. Mais c’est une autre affaire
qui pourrait finir par le rattraper sur
les bancs des tribunaux et mettre un
terme à sa carrière politique : il est
actuellement poursuivi, toujours
pour corruption, pour un contrat de
vente d’armes avec l’entreprise Thales dans un dossier vieux de vingt
ans.
— C. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // MONDE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
Iran : la révolution désenchantée
l Le premier régime théocratique
de l’ère moderne fête lundi les 40 ans
de la révolution de 1979, dont le bilan
économique et social est désastreux.
l Mais les mollahs semblent
tenir solidement le pays.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Crise de la quarantaine ? Téhéran
célèbre ce lundi une révolution qui
a changé le monde mais paraît
épuisée aujourd’hui. En 1979, l’ayatollah Khomeyni installait le premier régime islamique de l’ère
moderne, dont la doctrine était
résumée par la formule en persan
« Velâyat-e faqih », suprématie du
théocratique sur le politique. Dans
un pays de surcroît stratégique,
assis sur les troisièmes réserves
mondiales d’hydrocarbures, passant en quelques mois du statut
d’allié clef des Etats-Unis à celui
d’ennemi.
Les célébrations du régime, qui
vont culminer lundi avec défilés,
discours et marches militaires, ont
été ouvertes jeudi par l’annonce du
guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, de l’amnistie de sans doute
50.000 prisonniers. Mais les fastes
ne peuvent masquer une sensation
de désastre.
Même si les Européens essayent
de sauver l’accord JCPOA, l’Iran n’a
pour allié guère que la Russie. Son
aventurisme extérieur, efficace, en
Syrie, au Liban et au Yémen, fait
peur. Et la situation économique et
sociale est inquiétante pour les
81 millions d’Iraniens, dont les deux
tiers n’ont pas connu la révolution.
Grèves et manifestations sauvages,
avec depuis deux ans des slogans
inédits appelant à la fin du régime,
sont fréquentes.
Une profonde désaffection
Le régime des mollahs conserve
une nature éminemment répressive, illustrée par les documents
confidentiels divulgués par Reporters Sans Frontières, jeudi, selon
lesquels il a fait emprisonner ou
exécuter 860 journalistes
entre 1979 et 2009. Une répression
guère ralentie sous la présidence de
Hassan Rohani, réélu en 2017 et
présenté à l’Ouest comme modéré.
La révolution iranienne a marqué le
Paris, Berlin et Londres
ont installé une structure
de compensation de troc
pour éviter aux entreprises
d’être sanctionnées par
l’administration Trump.
« surgissement du facteur religieux
dans les relations internationales »,
une source d’inspiration pour de
nombreux musulmans, chiites
comme sunnites, estime Clément
Thermes, spécialiste du pays à
International Institute for Strategic
Studies. Cet islam politique était-il
au service d’ambitions impériales
iraniennes, ou à l’inverse le nationalisme perse était-il instrumentalisé
par un projet islamiste mondial ?
Les spécialistes se déchirent
sur la question, mais les divers
témoignages d’Iraniens indiquent
une profonde désaffection envers
l’idéologie du régime.
L’isolement international de l’Iran ne
résulte pas seulement de ses ambitions géopolitiques, de son soutien au
terrorisme, ou de ses diatribes anti-israéliennes. Le programme nucléaire
controversé du régime y est pour
beaucoup. Suite à l’accord JCPOA sur
un gel de ce programme, en
juillet 2015, les Européens s’efforcent
de continuer à commercer avec
l’Iran, malgré le rétablissement des
sanctions décidé par Donald Trump
en mai dernier. Paris, Berlin et Londres ont donc installé officiellement il
y a huit jours, après cinq mois de préparation, un Special Purpose Vehicle
(SPV), structure juridique censée éviter les foudres de Washington aux
entreprises commerçant avec l’Iran.
Il s’agit surtout d’éviter les transactions financières en dollars, instrument de paiement propriété du gouvernement américain, et donc
désormais tabou pour tout échange
avec l’Iran. Le mécanisme de ce SPV,
Frustration économique
Une désaffection illustrée par la
fuite des cerveaux, les jeunes qui se
disent « vaccinés » contre la religion, le recul millimètre par millimètre du voile obligatoire vers
l’arrière de la chevelure des jeunes
filles et l’avis très répandu selon
lequel l’idéal révolutionnaire a été
« dévoyé par la corruption et l’accaparement des ressources par les
fondations religieuses », fait valoir
Clément Thermes. « Les jeunes
demandent à leurs parents pourquoi
avez-vous fait la révolution au
juste ? » résume Armin Arefi,
auteur d’« Un printemps à
Téhéran ».
Les aspirations des jeunes à vivre
dans un pays « normal » et les frustrations économiques peuvent-elles faire tomber le régime dans
quelques années ? « Il dispose toujours de l’appui de ceux qu’on appelle
les déshérités et encadre et surveille
efficacement la population. En outre,
les contestataires ne disposent pas
vraiment d’alternative politique »,
tempère Denis Bauchard, spécialiste du pays à l’Institut français des
relations internationales. Instruits
par leur incapacité à avoir prévu la
chute du shah, les experts se montrent prudents. Un ancien analyste
d’un service de renseignement occidental souligne que lors de la dernière contestation d’ampleur, début
2018, « le régime a eu besoin d’utiliser
moins d’un cinquième de ses capacités de répression… ». n
Instex ne devrait
être opérationnel que
dans quelques mois.
Anwar Amro/AFP
MOYEN-ORIENT
L’Europe mise
sur Instex pour
commercer
avec Téhéran
Des supporters brandissent une photo du guide de la révolution, l’ayatollah Khomeiny.
Le pays a presque perdu quarante ans sur le plan économique
Le niveau de vie des
Iraniens a beaucoup moins
augmenté depuis la chute
du Shah que celui
du reste de l’humanité.
« On n’a quand même pas fait une
révolution pour s’occuper du prix des
pastèques ! », s’était exclamé l’ayatollah Khomeyni confronté à ses
premiers dossiers fastidieusement
économiques. Certes, la révolution
islamique avait des ambitions surtout en matière de mœurs et
d’influence régionale, mais il faut
bien manger… Et force est de constater qu’en matière de pastèques,
comme d’ailleurs de niveau de vie,
le bilan de la révolution islamique
n’est pas flamboyant.
Le pays est secoué régulièrement
par des grèves et des manifestations
(celles de décembre 2017 avaient
terrorisé le régime), contre le chômage, qui frappe un jeune sur trois,
la médiocrité des services publics,
la corruption ou les coupures d’eau.
Si les inégalités ont baissé en quarante ans, tout comme le taux de
pauvreté, 40 % des Iraniens conti-
nuent de vivre avec moins de 10 dollars par jour.
Un bilan médiocre
C’est surtout l’inflation qui est au
cœur des préoccupations. Depuis
1979, elle a été systématiquement à
deux chiffres sauf durant quatre
ans, en raison des sanctions internationales, des fluctuations des
subventions aux produits de première nécessité, ou de la captation
des réserves de la banque centrale
par l’exécutif pour financer des projets immobiliers… L’inflation
dépasse officieusement 100 %
aujourd’hui en raison du renchérissement des produits importés,
puisque le rial a perdu les trois
quarts de sa valeur en un an, suite
notamment aux sanctions de
l’administration Trump. Un bilan
médiocre aux multiples causes, aux
premiers rangs desquels les analystes classent généralement l’exil
d’une classe d’entrepreneurs, la
subordination de l’économique au
politique, lui-même subordonné au
religieux, et une gestion étatiste
désastreuse, entre népotisme, dou-
ble marché des changes, contrôle
des prix et nationalisations de nombreuses industries.
C’est surtout via des comparaisons internationales que le bilan
économique de la révolution islamique s’avère vertigineux. Si le
revenu moyen des Iraniens a doublé depuis 1979, il a été multiplié
par… six en dollars constants
dans le reste du monde, alors qu’il
avait triplé en trente ans sous le
Shah. Le think tank Atlantic
Council a comparé l’économie de
l’Iran avec trois pays de taille
comparable et qui étaient en voie
d’industrialisation à la veille de la
révolution islamiste, la Corée du
Sud, le Vietnam et la Turquie.
Résultat, ces divers pays se sont
dotés d’industries diversifiées
alors que la moitié du PIB iranien
reste fondée sur la rente des
hydrocarbures. Si l’économie iranienne demeure la deuxième du
Moyen-Orient, elle s’avère 2,4 fois
plus petite que celle de la Turquie, qui lui était inférieure de
26 % en 1978, et à peine 50 % audessus de celle du Vietnam, qui à
la chute du Shah était 5,5 fois plus
p etite. A l’ép o que, le revenu
moyen par habitant d’un Iranien
était supérieur de 50 % à celui
d’un Sud-Coréen. Aujourd’hui, il
lui est six fois inférieur. — Y. B.
dénommé Instex, basé à Paris et dont
la présidence institutionnelle tournante a échu au Royaume-Uni, avec
un directeur allemand, est simple : il
s’apparente à celui d’une chambre de
compensation dans le cadre d’un troc
entre importateurs et exportateurs
entre l’Iran et l’Europe. Les entreprises exportant vers l’Iran seront créditées sur Instex grâce aux créances des
importateurs iraniens, seul le solde
de ces flux faisant l’objet de crédits
bancaires.
« C’est un mécanisme visant à
honorer les engagements des parties
prenantes » à l’accord JCPOA de
juillet 2015, souligne-t-on de source
officielle française. « Il ne s’agit pas de
défier Washington, ou d’essayer de
contourner les sanctions de Trump,
mais de faire vivre un accord international que les Etats-Unis sont les seuls à
avoir dénoncé. »
Une « structure miroir »
Ce SPV est d’autant moins de nature à
irriter l’administration Trump qu’il se
cantonnerait, du moins dans un premier temps, à des exportations licites
pour Washington, dites « humanitaires » (aliments et médicaments) et à
des importations tout aussi autorisées : pistaches, tapis, safran. Le SPV
pourrait aussi financer des importations de pétrole mais uniquement
dans le cadre des « waivers », dérogations limitées accordées par
Washington. « Instex est totalement
symbolique et ne débouchera pas sur
grand-chose », juge Denis Bauchard,
spécialiste du Proche-Orient à l’Institut français des relations internationales. En théorie, sur le plan juridique, l’administration Trump aurait
du mal à poursuivre une entreprise
commerçant avec l’Iran via le SPV
puisque c’est ce dernier qui « prendrait la foudre ». En pratique, toutefois, on voit mal une firme occidentale de négoce de pétrole prendre le
risque de se voir exclue du marché
américain. Instex ne devrait, en outre
être opérationnel que dans quelques
mois, ne serait-ce que parce qu’il faut
l’installation d’une « structure
miroir » en Iran, explique-t-on à
Paris. Instex s’est aussi heurté mardi à
un nouvel obstacle : Téhéran a jugé
« inacceptable » une exigence européenne relative à la lutte contre le
blanchiment et le financement du
terrorisme. — Y. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 11
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
SOMMAIRE
idées&débats
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Focus
Pour que le numérique entre enfin
en politique
Relancer l’Europe par l’industrie
Mettre le Livret A et l’assurance-vie
au service des start-up
Ne rien céder sur la barbarie
faite aux femmes
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
La France retrouve
un équilibre extérieur
Hervé Pinel pour « Les Echos »
En Chine, la contre-attaque
des entreprises d’Etat
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
– Correspondant à Pékin
Sale temps pour les entreprises chinoises. A l’heure où la croissance du
géant asiatique s’essouffle, des centaines de sociétés cotées ont récemment revu à la baisse leurs prévisions pour l’exercice 2018. Le verdict
final tombera en mars, lorsqu’elles
publieront leurs résultats. Mais, au
vu des « profit warnings » recensés
par l’agence Bloomberg, aucun secteur n’est épargné, des producteurs
de viande au transport aérien, des
sociétés financières aux chimistes.
Dans cette morosité ambiante, certains groupes ne connaissent pourtant pas la crise : les entreprises
d’Etat chinoises. Régulièrement
décriées pour leur surendettement,
leurs surcapacités et leur manque
d’efficacité, elles ont enregistré des
résultats record l’an dernier. Pour la
centaine de mastodontes industriels directement gérés par l’administration centrale (Sasac), le bénéf i c e n e t a b o n d i d e 1 6 , 7 % (à
220 milliards d’euros) pour un chiffre d’affaires en hausse de 10,1 % (à
3.766 milliards d’euros). Une performance à faire pâlir d’envie les entreprises privées, dont le nombre de
défauts de paiement s’est envolé l’an
dernier.
Alors que les banques chinoises
ont toujours préféré financer les
entreprises publiques (qui bénéficient de la garantie implicite de
l’Etat), le secteur privé a subi de
plein fouet les conséquences de la
lutte contre le « shadow banking ».
Pour des milliers d’entrepreneurs,
cette campagne orchestrée par
Pékin pour réduire les risques
financiers s’est traduite par un accès
au crédit encore plus difficile, voire
impossible. Beaucoup n’ont eu
d’autres choix que de mettre la clef
sous la porte. Dans le même temps,
pas moins de 16 banques se sont précipitées en octobre auprès du constructeur automobile public FAW
pour lui ouvrir la somme astronomique de 1.000 milliards de yuans
(130 milliards d’euros) de lignes de
crédit, afin de mieux garantir sa soli-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Xi Jinping a placé les
entreprises publiques
au cœur de sa politique économique.
Dans le même temps,
les groupes privés
voient leur espace
vital se réduire et sont
les premiers à souffrir
du ralentissement
de la croissance.
Washington dénonce
ce soutien de l’Etat.
D
Les points à retenir
Le bénéfice net des grandes
•entreprises
chinoises gérées
par le pouvoir central a bondi
de 16,7 % l’an dernier.
Un temps pointé du doigt,
le secteur public bénéficie du
soutien financier des banques,
et de l’appui politique du Parti.
Les 160.000 entreprises
publiques jouent un rôle
essentiel pour préserver
la stabilité sociale.
Xi Jinping compte aussi
sur les groupes d’Etat
pour appuyer sa stratégie
industrielle.
•
•
•
dité malgré la chute brutale des ventes de voitures. Quelques semaines
plus tôt, en visite dans la province du
Dongbei, Xi Jinping dénonçait les
critiques à l’encontre des entreprises publiques, affirmant qu’elles
devraient au contraire « continuer
de devenir plus fortes, meilleures et
plus grandes ». Un discours bien loin
de celui tenu à son arrivée au pouvoir en 2013, lorsqu’il avait fait de la
réforme des entreprises d’Etat sa
priorité et promis un « rôle décisif »
aux forces de marché…
L’équilibre entre le contrôle du
Parti sur les entreprises et les forces
du marché a toujours été un sujet
sensible en Chine depuis la politique d’ouverture et de réformes lancée il y a quarante ans par Deng
Xiaoping. Mais, alors que l’extraordinaire croissance du pays s’est
accompagnée d’une montée continue du secteur privé, celui-ci a vu
son espace vital se réduire drastiquement avec l’arrivée au pouvoir
de Xi Jinping.
Depuis 2013, la part des crédits
bancaires aux entreprises privées
s’est effondrée (passant de 57 % à
11 % du total trois ans plus tard) ; la
part de l’investissement privé (qui
avait rapidement augmenté la
décennie précédente) s’est stabilisée
avant de reculer à partir de 2015 ; la
croissance de la production industrielle est devenue plus forte dans le
public que dans le privé, relève l’économiste américain Nicholas R.
Lardy, auteur d’un essai sur le sujet
(« The State Strikes Back : The End
of Economic Reform in China ? »,
Peterson Institute for International
Economics). Pour lui, cette contreattaque de l’Etat est un frein majeur
au potentiel de croissance de la
Chine. A l’heure où Washington
dénonce le soutien inéquitable
accordé aux groupes d’Etat chinois
(subventions, favoritisme dans les
appels d’offres…), ces derniers ont
été replacés au cœur de la politique
économique de Xi Jinping, tandis
qu’une remise au pas du secteur
privé s’est engagée sous la surveillance d’un Parti communiste
chinois (PCC) omniprésent. Cette
stratégie a, ces derniers mois, ravivé
le débat entre conservateurs et libéraux au sein de l’élite intellectuelle
chinoise et à l’intérieur même du
PCC. En septembre dernier, un
ancien banquier d’affaires s’est
rendu célèbre sur les réseaux
sociaux chinois après avoir posté
une tribune selon laquelle « le secteur privé a achevé sa mission historique d’assister le bond en avant des
entreprises d’Etat et devrait désormais être éliminé ». Certains ont également vu la main du Parti derrière l’annonce précipitée du départ
à la retraite de Jack Ma, le fondateur
d’Alibaba, à cinquante-cinq ans.
Face à l’inquiétude croissante du
secteur privé, Xi Jinping a fini par lui
promettre un soutien « inébranlable », lors d’une réception en grande
pompe d’une cinquantaine de chefs
d’entreprise le 1er novembre dernier.
Et la Chine s’est décidée, fin décembre, à entériner le principe de « neutralité concurrentielle » entre privé
et public, en pleine négociation avec
Washington pour régler leur différend commercial. Mais difficile de
croire que ces récentes déclarations
changent véritablement la donne. A
l’heure où l’économie ralentit, Xi
Jinping veut pouvoir compter sur
un soutien sans faille des groupes
d’Etat. Qu’elles dépendent du pouvoir central ou des autorités locales,
les quelque 160.000 entreprises
publiques jouent un rôle essentiel
pour préserver l’emploi et la stabilité sociale. C’est également sur les
mastodontes publics que s’appuie la
Chine pour monter en gamme et
s’ériger en puissance industrielle et
innovante. « La stratégie industrielle
définie dans “Made in China 2025”
repose en bonne partie sur des “champions” nationaux susceptibles de
s’imposer dans la compétition globale, et dont les liens directs avec le
gouvernement central permettent la
coordination », relève Jean-François
Dufour dans son prochain livre
(« China Corp. 2025. Dans les coulisses du capitalisme à la chinoise »,
éditions Maxima). Que ce soit sur
les « nouvelles routes de la soie » ou
ailleurs, les entreprises d’Etat sont
en première ligne dans la stratégie
de conquête de la Chine. n
Il est facile de désespérer du commerce
extérieur français. Le déficit s’est encore
creusé en 2018 pour atteindre 60 milliards
d’euros, soit 2,5 % du PIB. C’est la
quatorzième année de suite que les
importations ont dépassé les exportations.
Dans un monde où les investisseurs
internationaux peuvent cesser leurs prêts
Par Jean-Marc
à un pays du jour au lendemain, c’est une
Vittor
faiblesse majeure. Alors que l’Allemagne
affiche un excédent dépassant largement
Le comles 200 milliards. A y regarder de plus près,
merce
la situation française est moins dramatique
qu’il n’y paraît. Elle s’est moins dégradée l’an
des biens
dernier que celle de nombre de ses voisins.
et services
La dégradation du solde commercial
ne plombe
s’explique uniquement par le pétrole plus
cher, qui a creusé le déficit énergétique.
plus
Le déficit des produits industriels, qui reflète
l’économie
davantage la performance française qu’un
française.
prix déterminé sur les marchés mondiaux,
s’est légèrement contracté, avec des exports
dopés par les ventes d’Airbus. Mais il ne suffit pas de regarder
de plus près. Il faut aussi regarder plus large. Au XIXe siècle, les pays
échangeaient surtout des marchandises. Au XXIe siècle, ils
échangent et vont échanger de plus en plus de services. Autrement
dit, il faut évaluer les échanges à l’aune de la balance courante
et non plus commerciale. Le déficit ici n’est plus que de 17 milliards
d’euros, soit 0,7 % du PIB. Son financement est donc moins
périlleux. Autre point essentiel : le commerce des biens et services
ne plombe plus l’économie française, contrairement à ce qui fut le
cas de 2003 à 2016. En 2017, le boulet a disparu. Et en 2018, le
commerce extérieur a apporté 0,6 point de croissance à en croire
les premières estimations de l’Insee, soit 40 % de la progression
observée de 1,5 %. Dans les services, un poste joue un rôle
croissant : les voyages, qui recouvrent assez largement le tourisme.
L’an dernier, ils ont dégagé un excédent de 17 milliards, un chiffre
rehaussé après un changement de méthode de calcul. L’excédent
touristique de la France couvre le tiers de la facture énergétique du
pays quand le pétrole coûte cher, et pratiquement la moitié quand
il est bon marché. Et il y a encore un beau potentiel de croissance
en la matière, sans doute plus facile à exploiter que celui
d’une hypothétique réindustrialisation du pays.
En élargissant encore le champ à la balance des paiements,
émergent les revenus massifs rapportés par les investissements des
entreprises françaises à l’étranger (43 milliards en 2017). La France
trouve un nouvel équilibre dans ses échanges avec le reste du
monde. N’en déplaise à ceux qui ont la nostalgie d’une puissance
industrielle qui ne fut jamais très puissante.
(
Lire nos informations
Page 4
Apocalypse no
Par Etienne Lefebvre
Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, souvenez-vous,
ce devait être le grand bug de 2019. « Une usine à gaz, une réforme
qui va dans le mur », dixit Laurent Wauquiez. « Une espèce
d’inquisition », osait Jean-Luc Mélenchon. Le moyen de « faire
des contribuables le tiroir-caisse de l’Etat macroniste », pour Marine
Le Pen, selon qui le gouvernement se préparait « ni plus ni moins
à plastiquer l’édifice fiscal ». C’était à la fin de l’été dernier, autant dire
une éternité. A l’Assemblée nationale, pendant les débats
budgétaires de l’automne, le député Marc Le Fur (LR) ne lâchait pas
le morceau, accusant inlassablement l’exécutif de « faire la poche
aux Français » et saoulant ses collègues d’amendements
de suppression… Soyons honnêtes, Emmanuel Macron a lui-même
beaucoup contribué à ce concert de critiques et à cette inflation
de prévisions apocalyptiques, en mettant en doute les garanties
avancées par Bercy (qui a dû accepter plus d’avances de trésorerie).
Au point de sembler prêt à renoncer à la réforme, début septembre.
Il faut aussi rester prudent sur l’impact psychologique éventuel sur
les Français des changements intervenus sur leur feuille de paie, et
sur les difficultés techniques qui pourraient encore survenir. Mais
force est de constater que la grande pagaille n’a pas eu lieu. Que
les Français interrogés dans les enquêtes n’ont jamais démenti
leur soutien à cette réforme, approbation qui semble même s’être
accrue depuis qu’elle est entrée en vigueur. Et que l’Insee table
aujourd’hui davantage sur un rebond de la consommation, facilité
par les mesures en faveur du pouvoir d’achat et le repli de l’inflation,
plutôt que sur un coup d’arrêt. Une chose est sûre, le prélèvement
à la source, qui n’est pas une réforme fiscale mais simplement un
nouveau mode de collecte de l’impôt, ne méritait pas des échanges
politiques aussi passionnés. Et on aimerait entendre un peu plus,
aujourd’hui, ses grands pourfendeurs d’il y a six mois.
(
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12 // IDEES & DEBATS
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Le propriétaire de Micromania proche du « game over »
2. Frédéric Oudéa : « Je ne vois aucune fusion d’ampleur dans les deux prochaines années »
3. Pourquoi les jeunes diplômés fuient l’Italie
4. Donald Tusk promet « une place spéciale en enfer » pour les partisans du Brexit
5. Les coups de griffe de la Cour des comptes
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Pour que le numérique
entre enfin en politique
La grande misère
des fermiers américains
Comme l’écologie avant lui, le numérique
doit, pour peser dans les débats, devenir
un projet politique à part entière. C’est la
conviction d’Arno Pons, délégué général
du think tank Digital New Deal Foundation.
NOUVELLES PRATIQUES « Les “gilets
jaunes” resteront dans l’histoire comme le
premier mouvement social français majeur
issu des réseaux sociaux. Nos gouvernants
peinent à comprendre que le numérique est
au cœur de toutes les transformations
majeures qui traversent notre société. Face à
l’accélération du temps politique et à la soif de
participation, qui souvent les désarçonnent, il
est pourtant le meilleur moyen pour les aider
à moderniser les idées et les pratiques. »
ARÈNE POLITIQUE « Pour rentrer
dans le champ de l’action, le numérique
doit devenir, à l’instar de l’écologie avant lui,
un sujet politique à part entière, avec tout
ce que cela implique, y compris en acceptant
de se frotter au feu de l’élection. […]
C’est précisément parce que l’écologie
a su s’inviter dans le jeu démocratique en
se confrontant aux suffrages citoyens qu’elle
a pu infléchir la conduite du changement.
S’il est un enseignement à retenir
de l’histoire du mouvement écologique,
c’est bien celui-ci : rien n’est possible
sans entrer dans l’arène et y démontrer
la réalité de son poids politique ! »
DÉMOCRATIE ET ÉCONOMIE
« Le programme de cette nouvelle force
politique pourrait reposer sur deux piliers :
une approche nouvelle de la démocratie
et la promotion d’une économie innovante.
L’extraordinaire potentiel de croissance
que représentent le secteur des nouvelles
technologies, l’économie collaborative et,
plus largement, les possibilités offertes
par Internet justifient que l’on y consacre
un programme politique dédié. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
On est encore loin des « Raisins de la
•colère
» de John Steinbeck et de la
Grande Dépression. Mais le « Wall
Street Journal » s’alarme de la multiplication des faillites des exploitations agricoles du Midwest américain. Leur nombre a atteint un record depuis au moins
une dizaine d’années, selon le quotidien,
qui a examiné les demandes de protection, sous le chapitre 12 de la loi des faillites (concernant l’agriculture et la pêche),
des poursuites des créanciers dans le
Farm Belt, la « ceinture agricole » des
Etats-Unis.
La multiplication des faillites, souligne le journal, est « la conséquence d’une
baisse sur plusieurs années des prix du
maïs, du soja et des autres produits de la
terre, déclenchée par la surproduction
agricole mondiale. Un phénomène
aggravé par la concurrence croissante des
puissances agricoles comme la Russie et le
Brésil ». En outre, les différends commerciaux ouverts par Donald Trump
avec notamment la Chine et le Mexique,
deux des principaux débouchés de
l’agriculture américaine, ont gravement
perturbé les marchés agricoles et mis
une forte pression sur les revenus des
agriculteurs américains. Alors que ces
pays, en rétorsion, ont imposé des nouveaux droits de douane sur les importations américaines, les prix du porc et des
oléagineux se sont effondrés. Même
chose pour les éleveurs laitiers : le Mexique et la Chine ont lourdement sanctionné les fromages américains. Enfin
les gros de l’agroalimentaire, comme
Archer Daniels Midland, Bunge et Cargill, souffrent également. En attendant,
des fermiers, comme Kirk Duensing du
Nebraska, ne parviennent plus à payer
leurs notes et doivent se mettre sous la
protection de la loi sur les faillites. Décidément le noyau dur des électeurs de
Trump est en train de souffrir. — J. H.-R.
Avec le refus de la fusion Alstom-Siemens, l’Europe a raté l’occasion de voir émerger un nouveau « champion
européen » de l’industrie, comme en rêve Peter Altmaier, ministre allemand de l’Economie. Photo Hamilton/RÉA
Relancer l’Europe par l’industrie
Le refus de la fusion Alstom-Siemens le montre encore une fois. L’Europe
n’a plus de doctrine industrielle. Il faut d’urgence en retrouver une,
à la fois pour relancer l’Union et pour résister face à nos concurrents.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
LA REVUE
DU JOUR
LE PROPOS C’est bien souvent dans
les séminaires intellectuels, autour
d’un maître, que se forgent les idées
et les amitiés (voir plus si affinités).
Au sein de ces séminaires – une
innovation pédagogique allemande
au XIXe siècle exportée aux
Etats-Unis –, les penseurs
éprouvent, les participants
exposent, les auditeurs discutent.
Une revue de science politique,
« Raisons politiques », propose
une plongée dans quelques-uns
d’entre eux. Chez Pierre Bourdieu
et chez Habermas, mais aussi chez
des libéraux : Ludwig von Mises,
Raymond Aron. Le modèle
français, si modèle il y a, se cale plus
sur l’exercice de la leçon
d’agrégation que sur le principe
de la discussion. Faire l’étude
politique des séminaires, c’est,
en tout cas, se pencher dans le plus
grand détail sur des participations,
des élaborations de projets
(création de revue par exemple),
des filiations.
C’est, fondamentalement,
expertiser la façon dont
se produisent et se diffusent
les idées. En économie notamment,
e refus de la fusion Alstom-Siemens, l’attitude face à Huawei, la
taxation des Gafa, la voiture électrique, la cybersécurité… : il est plus que
temps de mettre en place une politique
industrielle européenne. La nécessité
est d’autant plus aiguë que la relance
par la macroéconomie (un budget
européen), imaginée par Emmanuel
Macron dans son discours de la Sorbonne, s’enlise dans des oppositions, à
commencer par les réticences allemandes. La voie de la microéconomie redevient centrale.
Qui s’en souvient ? Au début des
années 1980, c’est l’industrie qui avait été
le moteur de la relance de l’Europe. Une
« Table ronde » d’industriels comprenant les PDG de Philips, de Fiat, de Volvo
et de hauts fonctionnaires militants de la
cause européenne (il y en avait alors
beaucoup) se réunissait autour du commissaire belge Etienne Davignon avec
pour but de « stimuler la compétitivité
européenne ». Leur influence fut considérable. Non pas tant sur l’industrie ellemême, les programmes Esprit (informatique) et Eurêka (soutien à la recherchedéveloppement) furent mis sur pied en
1985, mais ils se sont rapidement perdus
dans les brumes bruxelloise.
En revanche, le besoin de plus
d’Europe a été saisi par François Mitterrand, Helmut Kohl puis Jacques
Delors. Il déboucha sur l’Acte unique (le
grand marché) puis sur la création de
l’euro. C’est la voie macroéconomique
qui fut empruntée et, conformément à
l’ambiance libérale, le cadre public étant
L
Revisiter les séminaires
intellectuels
Raisons politiques
N° 71, 2018, 30 euros.
et dans la mouvance libérale en
particulier.
LA CITATION Le séminaire Aron
« a contribué à la reconstruction
de la sociologie et à son
institutionnalisation en France,
tout en permettant simultanément
la constitution d’un groupe
d’intellectuels regroupés derrière
la bannière alors un peu vintage
du libéralisme » (Gwendal Chaton).
— Julien Damon
« favorablement » fixé (les règles de marché et la monnaie), l’industrie fut laissée
à elle-même, avec pour seule ligne de
force, la politique de la concurrence.
Il faut aujourd’hui revenir à l’origine, celle de la Table ronde, celle de la
conviction que l’Europe manque les
rendez-vous technologiques. Au début
des années 1980 c’était la révolution
informatique (dictée alors par IBM) et,
aujourd’hui, toutes les autres : les télécoms en 5G, les biotech, le « nouvel
espace », la voiture autonome… la liste
est longue. Hier, en face il y avait le
Japon et l’Amérique en compétition,
aujourd’hui il y a l’Amérique et la
Chine en guerre.
Le paradoxe est
que l’Allemagne devient
dirigiste « à la française »
alors que la France
n’a plus de doctrine
industrielle.
L’opportunité est germanique.
Autant les Allemands tournent le dos
à toute idée de budget commun,
autant ils font la grimace devant
l’éventualité d’une armée européenne,
autant leurs politiques comme leurs
chefs d’entreprise ont « saisi », comme
Kohl et Mitterrand il y a trente-cinq
ans, le risque de déclassement industriel. Peter Altmaier, le ministre de
l’Economie très proche de la chancelière, a tenu le 5 février un discours
appelant à « la création de champions
nationaux et européens » et à la nationalisation éventuelle de firmes attaquées par des prédateurs chinois.
Dans le même temps, les industriels se
sont mobilisés en investissant des milliards dans les cellules de batteries
automobiles. Le virage interventionniste allemand est total.
Pour la France, l’opportunité est historique. Emmanuel Macron doit changer
de cheval, constater que l’industrie française ne redécolle toujours pas, s’inquiéter de voir les champions du CAC 40
créés dans les années 1990 soumis à des
menaces inédites, cesser de rabioter sur
les projets (comme sur l’intelligence
artificielle annoncée avec tambours
mais sans canons) et créer enfin un
ministère de l’Industrie. Le paradoxe est
l’inversion des positions : l’Allemagne
devient dirigiste « à la française » alors
que la France sous la double emprise
budgétaire et consumériste n’a plus de
doctrine industrielle ni forte ni claire.
Définir une politique industrielle
européenne n’est pas simple. Le protectionnisme primaire de Donald Trump
montre le chemin à éviter. Il faut aussi
trouver des réponses aux refus des pays
sans champions (comme l’Irlande) qui
ouvrent leurs bras aux investisseurs
non européens ou, par exemple, aux
opérateurs téléphoniques qui choisissent le chinois Huawei parce qu’il est en
avance et qu’il « fait des prix ». Mais
nous ne sommes plus en 1980, les économistes de la régulation (l’Ecole de
Toulouse) savent comment gérer les
monopoles et trouver l’optimum entre
l’intérêt du consommateur et celui du
producteur.
L’essentiel du défi est monétaire. Rien
n’est à la hauteur. Ni les sommes nationales ni les sommes communautaires.
L’Europe ne dépense que 100 milliards
dans la R&D tous secteurs confondus
de 2014 à 2020, il en faudrait cinq ou dix
fois plus. Les débats sur le futur budget
2014-2020 sont l’occasion.
Les ruptures technologiques sont la
marque du siècle. Etats-Unis et Chine
entendent les saisir, à leur façon schumpétérienne ou étatiste. L’Europe ne peut
rester spectatrice.
Eric Le Boucher est éditorialiste
aux « Echos ».
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IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
opinions
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
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3. Renault s’interroge sur le financement du mariage de Carlos Ghosn
4. Grand débat : Macron à la rencontre de jeunes en Bourgogne
5. L’épidémie de grippe a déjà fait plus de 1.000 morts en France
LE POINT
DE VUE
de François-Joseph Fürry,
Alexandre Mironesco,
Olivier Saez
et Marc Simoncini
Mettre le Livret A
et l’assurance-vie
au service des start-up
La perte du bon sens
est-elle sans remède ?
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
a France a bien fait grandir son
écosystème de start-up. Le chiffre historique de 3,6 milliards
d’euros levés en 2018 est là pour l’attester. De plus, elle défend une spécificité
propre en favorisant la finance verte et
socialement responsable.
Parallèlement, la France dispose
d’une épargne abondante : assurancevie, Livret A et retraite, soit environ
2.400 milliards d’euros, avec un horizon temporel long. Celle-ci est malheureusement très mal allouée : trop peu
investie dans les entreprises, en particulier les ETI de croissance, elle est souvent déployée par souci de liquidité
dans des placements peu productifs de
maturité courte. Entreprises, épargnants et richesse nationale y perdent
tous de concert… Mobiliser cette épargne vers l’accompagnement des ETI à
long terme est donc plus que jamais un
enjeu de souveraineté.
Dans l’esprit de la loi Pacte, structurer
la croissance des futures licornes françaises est l’enjeu clef pour dynamiser la
croissance, créer des emplois et attirer
les talents. Comme martelé par le président de la République, il faut passer de
la « start-up nation » à la « scale-up
nation ». La carence en ETI est patente,
L
LE POINT
DE VUE
de Bruno Retailleau
omme le laissaient craindre les
signaux envoyés depuis plusieurs semaines, la Commission européenne vient d’opposer son
veto au projet de fusion entre le français
Alstom et l’allemand Siemens et, par là
même, de mettre un coup d’arrêt définitif à la constitution d’un « Airbus du
rail » capable de rivaliser avec les leaders mondiaux de la construction ferroviaire. Ce rejet vient une nouvelle fois
allonger la liste des projets avortés de
« champions industriels européens »,
sacrifiés sur l’autel de la concurrence
libre et non faussée. Et une nouvelle
fois, on ne peut qu’être stupéfait par la
myopie des décisions européennes.
Car, trop occupée à scruter les détails
de l’opération, la Commission en est
devenue aveugle à l’essentiel. Plus elle
passait au crible les conséquences
potentielles de ce rapprochement sur
les prix et la structuration du secteur
européen, moins elle se montrait capable d’en appréhender la trame de fond,
celle d’un marché international où
s’exerce une concurrence de plus en
plus acharnée. La Commission a ainsi
objecté que le groupe chinois CRRC,
leader mondial au chiffre d’affaires
deux fois supérieur à celui qu’aurait
dégagé l’entité franco-allemande, n’est
que marginalement présent en Europe.
Mais c’est oublier que ce conglomérat progresse rapidement sur d’autres
marchés, qu’il engrange par sa croissance des gains de compétitivité et qu’il
comble à grande vitesse son retard
technologique. C’est surtout ignorer
que cette dynamique l’amènera inévitablement à porter demain son regard et
ses ambitions sur une Europe qui s’est
commercialement désarmée en
ouvrant, de manière unilatérale et sans
exigence de réciprocité, la quasi-totalité
de ses marchés.
C
mais peu d’initiatives tangibles ont été
proposées pour financer leur développement vers et au-delà de la cotation en
Bourse. Or, le besoin de refinancement
en fonds propres de ces licornes est
estimé par BPI à 17 milliards d’euros
d’ici à fin 2021, ce qui est énorme. Sans
La France dispose
d’une épargne
abondante,
mais très mal allouée.
Or, la nouvelle économie
a besoin de fonds
propres à long terme.
solution nouvelle, ces licornes seront
vendues à des industriels ou à des fonds
des Etats-Unis ou d’Asie. Ce serait fort
dommage pour la France, qui serait
alors le royaume des start-up qui doivent soit rester modestes, soit aller chercher l’argent ailleurs, voire s’expatrier !
Une solution existe pourtant : elle
consisterait à financer ces besoins par
des fonds français et européens plus
puissants et performants, qui mobilise-
raient l’épargne de long terme afin de
donner aux sociétés de croissance les
moyens de leurs ambitions. L’émergence d’investisseurs-relais qualifiés,
capables de financer une nouvelle
vague d’investissements de ces sociétés,
tout en disposant eux-mêmes d’un horizon d’investissement de très long terme
sera vitale pour le développement de la
place parisienne, le succès et l’indépendance de notre économie française.
La France se trouve face à un paradoxe sans précédent : jamais la nouvelle économie n’a eu autant besoin de
fonds propres à long terme et jamais la
collecte nette d’épargne n’a été aussi florissante. Par conservatisme culturel, les
structures financières adaptées au
financement de cet écosystème sont en
retard sur l’économie réelle ; retrouvons le génie français et soyons innovants ! Libérons enfin l’épargne longue
vers les employeurs de demain !
François-Joseph Fürry, Alexandre
Mironesco et Olivier Saez sont
associés au sein de IENA Capital,
fonds en création, dédié aux ETI
de croissance cotées.
Marc Simoncini est entrepreneur
du digital (iFrance, Meetic, Sensee).
Alstom/Siemens
ou la myopie
de Bruxelles
Que pèseront alors Alstom, Siemens
et les autres entreprises européennes
que l’on aura empêchées de se renforcer, face à une telle force de frappe ? A
qui échoira à terme la position dominante qui effraie tant les services de
Mme Vestager ? Et qu’adviendra-t-il des
milliers d’emplois qui dépendent du
tissu industriel aujourd’hui implanté
sur le sol européen ?
Occupée par les détails
de l’opération,
la Commission
a négligé l’essentiel.
Américains
ou Chinois n’hésitent
pas à protéger leurs
intérêts stratégiques.
Si l’on n’y prend garde, le dogme de
l’Europe ouverte s’apparentera de plus
en plus à une Europe offerte. Quant aux
sacro-saintes règles de concurrence,
conçues dans le contexte économique
du XX e siècle, elles apparaissent
aujourd’hui aussi étriquées que dépassées. Pour affronter la réalité du monde
tel qu’il se recompose, l’Union européenne doit d’urgence revoir son logiciel de pensée.
A l’évidence, sa politique de la concurrence ne peut plus se résumer à la
seule politique des prix bas en faveur
des consommateurs, qui a condamné
tant d’industries continentales. Il est
temps qu’elle se mue également en outil
au service des producteurs et qu’elle
devienne le moteur d’une ambition
industrielle européenne renouvelée.
Méditons les exemples de nos concur-
rents américains ou chinois qui n’hésitent pas à protéger leurs intérêts stratégiques.
Cette décision marque également le
déficit d’influence de la France. Emmanuel Macron avait promis de la placer
au-devant de la scène européenne, ses
petites phrases et ses grandes envolées
nous ont relégués au second plan. Plus
d’intégration, moins de coopération :
tel est le projet d’Emmanuel Macron, en
tout point conforme à cette décision de
la Commission européenne. Son
Europe n’est pas la solution : elle est une
part du problème.
Aussi est-il temps de sortir l’Europe
de cette fuite en avant supranationale,
pour éviter qu’un jour l’Union européenne ne sorte de l’histoire. Pour cela,
nous devons permettre aux Européens
de lutter ensemble, à armes égales avec
leurs concurrents, dans la mondialisation. Mise en œuvre d’un « Buy European Act », application stricte du principe de réciprocité comme condition
préalable à toute nouvelle ouverture
commerciale, contrôle renforcé des
investissements étrangers, sanctions
dissuasives contre les pratiques de
dumping et de contrefaçon ou encore
réponse ferme à l’extraterritorialité des
lois américaines, les pistes à emprunter
sont nombreuses.
Une Europe protectrice, puissante et
audacieuse, celle des grandes ambitions et des grands projets, voilà le message que la Commission vient
d’échouer à envoyer à nos concitoyens à
la veille des élections européennes.
L’heure du réveil a largement sonné. Ne
pas l’entendre, c’est prendre le risque
que cette occasion manquée soit la dernière.
Bruno Retailleau est président
du groupe Les Républicains au Sénat.
Droit
a puissance de bien juger et de distinguer le vrai du faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la
raison, est naturellement égale dans tous les
hommes. » Ainsi parlait Descartes, en 1637,
à l’orée du « Discours de la méthode ».
Ce traité constitue un vrai tournant de la
pensée occidentale, parce qu’il décrète possible l’examen critique, par chacun, de toute
question. Contre les arguments d’autorité,
seules compte la lumière naturelle et la
manière de s’en servir. Bientôt, même les
vérités révélées ne feront plus exception. En
1772, le baron d’Holbach, notoirement
athée, publie un « conte oriental », intitulé
« Le Bon sens », qui attaque toutes les
croyances religieuses et les « idées surnaturelles ». De l’âge classique jusqu’au XXe siècle, les Français, réputés « cartésiens »,
étaient supposés avoir l’esprit clair, le jugement logique, la tête sur les épaules. A tort
ou à raison, ils passaient pour conjuguer
sens des réalités, goût de l’ordre, souci du
vrai. Nous voilà aujourd’hui très loin de
cette légende dorée.
Trop d’esprits saturés de « fake news »,
affolés de rumeurs, se montrent incapables,
désormais, de distinguer le vrai du faux.
Presque partout, la crédulité prend le dessus sur l’attitude critique. Une défiance
envers les faits s’est généralisée, alimentant
les délires sans fin du complotisme. L’objectivité se trouve minée par de prétendus
« faits alternatifs » et par l’indistinction
croissante du virtuel et du réel. Ces processus s’accélèrent à un tel point que la frontière entre désirs et réalité devient poreuse,
ou même n’est plus aperçue. L’important
n’est plus ce qui est, ce qui se mesure et se
constate, mais seulement ce que l’on croit,
craint et rêve.
Il semble d’autant plus difficile d’échapper à ces pièges que le pauvre vieux bon
sens n’a pas seulement été délaissé. Il a été
moqué, vilipendé, jugé débile et suspect,
depuis déjà pas mal de temps, et par des
auteurs très chics. Voltaire, dans son « Dictionnaire philosophique » (1764), n’y voit
qu’une « raison grossière », à mi-chemin de
la stupidité et de l’esprit. Nos contemporains furent bien plus acerbes, et envoyèrent le bon sens dans les orties. Roland Barthes dans ses « Mythologies » (1957) en
fit « le chien de garde des équations petitesbourgeoises », pendant que Jacques Lacan
se gaussait du « sens du réel ». Etre réaliste,
ce ne pouvait être que « demander l’impossible », comme ressassait un slogan de Mai
L
68. Dès lors, le bon sens était inévitablement
considéré comme « gros » – sans finesse,
sans invention. Bref, « beauf ».
Face aux ténèbres qui montent, il est
indispensable de le restaurer, d’en retrouver l’usage et la portée. C’est urgentissime.
Sinon, à terme, de proche en proche, tout
peut sombrer : la pensée comme le politique, les libertés et la paix, relative, où vit
encore l’humanité. Mais comment faire ?
Force est de constater que le diagnostic
n’indique pas le remède. Des correctifs existent, mais paraissent dérisoires. Que pèse
une vérification des faits dans le flot des
rumeurs et des soupçons ? Que peut une
pédagogie patiente dans l’emportement des
fables catastrophistes ? Pas rien, sans
doute. Mais si peu…
Presque partout,
la crédulité prend
le dessus sur l’attitude
critique.
A terme, tout peut
sombrer : la pensée
comme le politique,
les libertés et la paix.
Et pourtant, si l’on parvenait à le réparer,
à l’instiller de nouveau dans la vie de chacun, le bon sens nous éviterait nombre
d’errances individuelles et d’accidents collectifs. Car il ne désigne pas simplement la
rationalité pure, outil de la philosophie et
des sciences. En fait, il est à double face. Déjà
chez Descartes, « bon sens » est tantôt synonyme de « raison » – faculté présente en tout
homme, qu’il soit mathématicien, jardinier
ou boxeur –, tantôt de « sagesse universelle »,
faite de réalisme et de réflexion.
Parmi les Modernes, Bergson a été le dernier à souligner sa grandeur et à lui donner
toute sa portée. « Par bon sens, écrit-il,
j’entends la faculté de s’orienter dans la vie
pratique, de voir et de raisonner juste, non
seulement sur ses propres affaires, mais
encore et surtout sur celles du pays. » Il faut
repartir de cette définition. On en déduit
aisément que le bon sens est indispensable,
par exemple, à tous les participants du
grand débat national actuellement en
cours. Il en découle également qu’il est
nécessaire aux dirigeants, aux enfants des
écoles, à leurs maîtres, aux internautes… A
tout le monde, de fait. Ce qui est le plus utile
est donc aujourd’hui le plus en péril. Nous le
savons, sans voir malgré tout comment le
préserver ni le restaurer. Encore faut-il, au
moins, lancer l’alerte.
Roger-Pol Droit est philosophe
et écrivain.
L’ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Santé : vers un « double numérique »
IDÉE La médecine sera de plus en plus faite de collaborations entre le malade
lui-même, le médecin expert, et les ordinateurs. Une note de la Fondapol fait le
point sur les révolutions déjà à l’œuvre et celles à venir. Il en va de fantastiques
progrès des diagnostics et des soins, mais aussi dans l’accès aux thérapies.
Le numérique c’est la possibilité de disposer de son petit assistant médical
personnel avec son smartphone. C’est aussi la mobilisation, en quelques clics,
de tout le savoir sur un sujet. L’intelligence artificielle permettra d’apprendre
de tous les cas et de s’adapter à toutes les situations. Certains vont jusqu’à
imaginer que nous disposerions, tous, de notre « double numérique » –
une sorte de clone digital contenant l’ensemble des informations qui nous
concernent.
INTÉRÊT Les perspectives scientifiques sont fascinantes. Les perspectives
économiques tout autant : à l’horizon 2023 le marché de la santé numérique
représenterait plus de 200 milliards de dollars dans le monde (c’est-à-dire,
grosso modo, le montant des dépenses d’assurance-maladie en France
aujourd’hui). Tout cela rappelle la place capitale de la donnée. On disait,
autrefois, le travail c’est la santé. Il faut maintenant dire aussi « la donnée,
c’est la santé ». — Julien Damon
www.fondapol.org
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14 // IDEES & DEBATS
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
focus
BONNES FEUILLES
Par Benoît Georges
Le futurologue
et le politique
Les Etats feront-ils le poids face à l’IA ? Non, affirme
Laurent Alexandre. Pas si sûr, dit Jean-François Copé.
On pensait naïvement qu’Internet, la numérisation du monde et l’intelligence artificielle allaient faire progresser l’humanité.
On découvre qu’ils sont une menace pour
nos démocraties, en particulier pour une
Europe coincée entre l’Amérique des Gafa
et la Chine de Xi Jinping. Ce constat inquiétant est au cœur de l’essai cosigné par Laurent Alexandre, chirurgien et futurologue,
et Jean-François Copé, maire et ancien
ministre qui veut, malgré tout, croire que le
politique gardera le pouvoir. Le sujet aurait
mérité un livre à deux voix, il faut se contenter d’un ouvrage en deux temps : d’abord les
prophéties catastrophistes et les formules
acérées de l’un, ensuite les timides espoirs et
les pistes de solutions de l’autre. Extraits.
ESSAI
L’IA va-t-elle
aussi tuer
la démocratie ?
par Laurent
Alexandre et
Jean-François Copé,
éditions Jean-Claude
Lattès, 270 pages,
18 euros.
mutation : le mouvement est piloté par une poignée d’administrateurs Facebook. Les citoyens
occidentaux sont mal armés pour résister aux
sirènes des vendeurs de solution miracle. » (L. A.)
IA NATION. « Cessons de nous morfondre
L’ÉTAT, VOITURE-BALAI. « Les décisions
Dans plusieurs pays, des femmes risquent leur vie pour échapper au joug des islamistes radicaux. Ci-dessus,
l’Iranienne Vida Movahed qui a écopé, en décembre 2017, d’un mois de prison pour avoir publiquement retiré
son voile à un carrefour de Téhéran. Photo Sipa
Dans un livre poignant, Jeannette Bougrab s’en prend à ceux qui, en Occident,
soutiennent le port du voile comme instrument d’émancipation des femmes.
Ne rien céder sur la barbarie
faite aux femmes
LIVRES
ESSAI
Lettres
aux femmes
voilées et à
ceux qui les
soutiennent
Par Laurance N’Kaoua
lles s’appellent Loujain, Vida,
Mariam ou Katia. Et c’est en leur
nom que Jeannette Bougrab a
rédigé sa « Lettre aux femmes voilées et
à ceux qui les soutiennent », poursuivant sans relâche son combat contre
l’indifférence. Dans un récit militant,
souvent glaçant, l’ancienne ministre de
Nicolas Sarkozy dévoile, en remontant
le temps, les mécanismes huilés de
l’islam politique.
par Jeannette
Bougrab,
Ed. du Cerf,
200 pages,
18 euros.
E
Emprisonnées, voire torturées
Quel destin que celui de Loujain AlHathloul, détenue 73 jours dans les geôles du royaume dès 2014 pour avoir
tenté, avant l’heure, de conduire en Arabie saoudite ! En 2017, sa faute fut de
signer une pétition contre le régime des
tutelles masculines, et en 2018, de militer pour les droits des femmes. Maintes
fois arrêtée, la Saoudienne de vingtneuf ans était, rappelle Jeannette Bougrab, toujours détenue en décembre
dernier, aux côtés de neuf autres femmes activistes emprisonnées, et pour
certaines, torturées.
A 1.815 kilomètres de là, l’Iranienne
Vida Movahed a écopé d’un mois de prison. Son crime ? Perchée sur une installation électrique à un carrefour de
Téhéran, la jeune femme a ôté publiquement son voile blanc. C’était en
décembre 2017. Quelques semaines
plus tard, Mariam Shariatmadari, qui a
pris la relève, fut « frappée, blessée, ligotée et condamnée à deux ans d’internement pour avoir porté atteinte à l’ordre
social », dénonce avec ferveur l’auteure.
Régimes sombres
Au fil des mots, armée de faits, d’histoire et de dates, elle décrit des régimes
sombres, loin d’un islam des Lumières. Les chiffres sont cinglants : depuis
1983, une Iranienne sans hidjab dans
un espace public risque, outre la prison, 74 coups de fouets et une amende,
qui peut aller jusqu’à 90.000 euros,
quand les salaires moyens sont de
380 euros. A Téhéran, les parcs sont
interdits d’accès « aux femmes mal voilées et aux chiens ».
Pourtant, se réjouit Jeannette Bougrab, « la roue tourne ». Des voix s’élèvent dans la presse du Maghreb ou les
rues de Téhéran. Et se propagent, via les
réseaux sociaux. En Arabie saoudite, en
Indonésie, en Iran… de jeunes musulmanes revendiquent le droit d’enlever
leur voile, et le droit d’exister. A Alger, le
quotidien « El Watan » publie des
témoignages sur des dérives obscurantistes. En octobre, le Premier ministre
algérien, Ahmed Ouyahia, a d’ailleurs
banni le voile intégral des lieux de
travail.
Discrimination
Hélas, sur les rives de l’Occident, des
féministes et des idéologues défendent
le port du voile comme un progrès.
Comme si, souligne l’auteure, les plus
ardents défenseurs des libertés occidentales se trouvaient hors des frontières de l’Occident. En juillet 2018, le
Comité des droits de l’homme des
Nations unies a même jugé qu’en interdisant, en 2010, le voile intégral, Paris
était coupable de discrimination.
C’est en Finlande, où elle était conseillère culturelle à l’ambassade de
France, que Jeannette Bougrab a ressenti l’urgence d’écrire ces pages. Par
effroi. Un samedi matin, pendant le
cours de danse de sa fille, elle a longuement observé une mère finlandaise voilée. La musulmane convertie attendait
son enfant en faisant défiler sur son
portable des vidéos de Daech. Et, avant
de sortir dans les rues d’Helsinki, a fait
disparaître sous un voile les cheveux de
la fillette. Un geste que Jeannette Bougrab juge terrible, brutal et foncièrement injuste, car il condamne, déjà,
l’enfant à la servitude.
Recul démocratique
Or, martèle-t-elle, nulle part dans le
monde, le port du voile n’est source
d’émancipation pour les femmes. Souvent, écrit-elle, ce morceau de tissu
épais, opaque, est le signe d’un recul
démocratique… parfois jusqu’à l’horreur et la terreur. Une violence qui ne
date pas d’hier. Dans les montagnes de
Kabylie, Katia n’a pas eu la chance de
survivre, assassinée d’un tir à bout portant, en 1994, pour avoir refusé de se voiler sur fond de guerre civile. Elle avait
dix-sept ans.
De retour au Conseil d’Etat, Jeannette
Bougrab continue, plus que jamais, sa
lutte pour conjuguer la liberté au féminin. Courageuse, l’universitaire révèle
combien le voile est devenu un étendard brandi par les intégristes. Combien aussi, le hidjab peut déguiser
l’islam. Et vise à soumettre les femmes,
à les exclure, à les cacher, à les priver
d’autonomie. Dénoncer le voile, c’est
enfin pointer du doigt l’obsession maladive des intégristes pour le corps de la
femme. Et c’est, rappelle-t-elle, soutenir
des femmes qui vivent sous le joug de
mollahs.
Elles s’appellent Loujain, Vida,
Mariam ou Katia. Et Jeannette Bougrab
a écrit en leur nom. n
majeures qui vont déterminer le destin de
notre monde dans vingt ou cinquante ans se
prennent dans les bureaux de la Silicon Valley et non sous les lambris dorés de l’Elysée :
qui sera le maître de la donnée et des machines ? […] L’Etat sert aujourd’hui avant tout à
assurer l’ordre public et à redistribuer pour
compenser tant bien que mal le décrochage
d’une partie de la population. Il n’indique pas
de cap et ne décide pas l’avenir, mais s’efforce
de jouer la voiture-balai pour les perdants de
la mondialisation. » (Laurent Alexandre)
TROLLS ET DÉMOCRATIE. « La démocratie
Internet, avec ses réseaux sociaux, ne conduit pas
à la félicité universelle mais au règne de la démagogie orchestrée par les trolls. […] La crise des
“gilets jaunes” est le premier exemple de cette
sur le fait que nous aurions un train de retard.
C’est la mauvaise excuse pour ne rien faire […]
Parce que si l’IA contribue à instaurer un
nouvel ordre mondial, nous avons intérêt à
élaborer une stratégie commune clairement
identifiée, dans laquelle personne n’apparaîtra perdant, mais qui permettra de poser des
garanties […] C’est l’objet de ce livre : penser
“l’IA nation”. » (Jean-François Copé)
AGIR VITE. « Homo politicus doit agir vite,
d’accord. Mais pas pour rattraper l’IA ou faire
comme elle. Il doit agir vite pour obtenir des
résultats. […] Mais, en démocratie représentative, agir vite, c’est décider rapidement pendant
toute la durée du mandat pour lequel homo politicus a été élu. Donc, on arrête de refaire le match
dans la rue ; on arrête de contester avant même
que quoi que ce soit ait été décidé. » (J.-F. C.) n
Livres en bref
L’IA ne menace pas le travail, mais le salariat
les robots
•seDerrière
cachent parfois…
des humains. De la
fin du XVIIIe siècle au
début du XIX e , un
automate connu
sous le nom de « Turc
mécanique » a ainsi
dupé les grands de ce
monde : il pouvait
soi-disant jouer (très bien) aux échecs. Sauf
qu’il dissimulait un humain qui le manipulait. Aujourd’hui, Amazon Mechanical
Turk revendique la filiation en proposant
de prendre en charge toutes les menues
tâches pour lesquelles il est encore besoin
de l’intelligence humaine. Toutes plates-
formes confondues,
ce sont des millions
(5,8 millions pour les
En attendant
m i c r o t â c h e s) d e
les robots
tâcherons du clic qui
Antonio Casilli,
s’a c t i ve n t a i n s i à
Seuil, 2019,
modérer des conte400 pages,
nus, les classer, les
24 euros.
noter. Soit ils se font
passer pour des
robots, soit ils entraînent des algorithmes
d’apprentissage automatique. Leur rétribution moyenne est de deux dollars de l’heure,
avec l’espoir lointain et illusoire de rémunérations plus importantes et d’une liberté
vis-à-vis de l’employeur.
—Rémy Demichelis
L’éthique à l’heure de l’IA
La question des
•liens
entre technique
et éthique n’est pas
nouvelle en philosophie. Sans remonter
jusqu’au mythe de
Prométhée, et en se
limitant au seul
XX e siècle, on peut
citer Hannah Arendt
et sa réflexion sur le rôle démiurgique de
l’ingénieur – Homo faber – dans « L’Humaine
Condition », Hans Jonas et son analyse, dans
« Le Principe responsabilité », du décalage
entre notre action technologique de plus en
plus puissante et notre capacité bien moindre d’en prévoir les conséquences, ou encore,
le plaidoyer de l’intellectuel français Jean-
Pierre Dupuy « pour
un catastrophisme
é c l a i r é » . I l n ’e n
par Alexei
demeure pas moins
Grinbaum,
que cette question a
éditions Desclée
pris une acuité partide Brouwer,
culière depuis l’essor
212 pages,
de la robotique et de
19,90 euros.
l’IA. Le physicien et
philosophe Alexei
Grinbaum, chercheur au CEA de Saclay, s’en
empare à son tour. Il la traite à la lumière des
grands mythes qui ont structuré la pensée
humaine depuis l’aube des temps, et avec
cette érudition et cette originalité qui avaient
fait le succès d’estime de son précédent
ouvrage sur la mécanique quantique,
« Mécanique des étreintes ». —Yann Verdo
Les Robots
et le mal
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Les Echos Vendredi 8 et samedi 9 février 2019
Son profil
le grand entretien
Directrice générale de Korian depuis
trois ans, Sophie Boissard (48 ans) est
normalienne et énarque. Membre du
comité exécutif du groupe SNCF depuis
2008 jusqu’à sa nomination chez
le numéro un français et leader européen des maisons de retraite, elle avait
auparavant occupé différents postes à
responsabilité dans la sphère publique,
notamment au Conseil d'Etat, où elle
s'était spécialisée, déjà, dans les domaines de la santé publique. Une autre
bonne raison de voir Sophie Boissard à la
tête de Korian tient à sa culture francoallemande. Dans un groupe qui réalise
désormais près d'un quart de son chiffre
d'affaires outre-Rhin, cette Parisienne,
qui a grandi à Mulhouse et dont la mère
est d'origine allemande, a été présidente
du groupe de liaison Medef-BDI, les
patronats allemand et français.
« Notre
métier
n’est pas
une
activité
comme
les
autres »
Son actualité
Le groupe Korian a fêté jeudi à Paris ses
15 ans. Fondé en 2003 par Charles Ruggieri de la fusion de 4 sociétés (Finagest,
Serience, Réacti-Malt et Medidep), il se
présente aujourd’hui comme le « leader
européen des services de soins et d’accompagnement aux seniors », avec un
chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros
en 2018, en hausse de 6,4 % en un an,
dont un peu plus de 50 % hors de France,
en Allemagne, Belgique et Italie. L’Espagne s’y ajoutera en 2019 avec l’acquisition annoncée au début de l’année de la
société Seniors.
Irène de Rosen
SOPHIE BOISSARD
Directrice générale de Korian
Propos recueillis par
Antoine Boudet, Solveig Godeluck
et François Vidal
éforme de la dépendance, crise des
Ehpad, évolution du modèle de prise
en charge des personnes fragiles,
Sophie Boissard, la patronne du spécialiste
des soins et de l’accompagnement des
seniors, livre sa vision.
R
Korian est un gros employeur dans
le secteur médico-social, avec
19.000 salariés, dont de nombreux travailleurs modestes. Vous êtes-vous sentie
concernée par l’appel du chef de l’Etat
aux entreprises pour regonfler
le pouvoir d’achat des Français ?
Depuis trois ans, nous avons entrepris un
travail de fond avec nos organisations syndicales puis avec des groupes de salariés volontaires, dans nos maisons de retraite et nos cliniques, pour mieux définir le contenu de nos
métiers, qui se diversifient, et prendre en
compte leurs spécificités. Ainsi, 85 % de nos
salariés sont des femmes qui, pour 15 à 20 %,
élèvent seules leurs enfants. En 2017, nous
avons été le premier groupe de notre secteur
à signer un accord sur la qualité de vie au travail, prévoyant notamment la mise en place
de lignes d’écoute et d’accompagnement.
Nous avons aussi été les premiers à généraliser le 13e mois au bout de 3 ans d’ancienneté,
pour fidéliser notre personnel. Nous avons
en outre développé la validation des acquis
de l’expérience, avec 200 diplômés, et 400
prévus en 2019. Le secteur est en retard, mais
Korian, qui fête ses 15 ans cette année, montre la voie. Tous nos salariés qui le souhaitent
peuvent monter en qualification, de l’aidesoignante au médecin qui voudrait, par
exemple, se spécialiser en gériatrie.
Avez-vous aussi répondu à l’appel du
président de la République en donnant
une « prime Macron » à vos salariés ?
Nous avons versé une prime exceptionnelle
de 200 euros en janvier pour les salaires inférieurs à 2.000 euros par mois. Mais, le plus
important, c’est que nous allons recruter 700
à 800 aides-soignants supplémentaires en
CDI à temps complet en 2019. C’est le fruit
d’un accord salarial négocié en juillet, pour
stabiliser les organisations et prévenir
l’absentéisme. Nos métiers exigent de la
continuité, avec une présence 7 jours sur 7,
365 jours par an. Ils sont marqués par un fort
recours aux CDD de remplacement, qui
désorganisent le soin, et créent une surcharge de travail pour les permanents. D’où
le choix de doter progressivement chaque
structure de CDI d’appui.
Pourquoi les maisons de retraite
médicalisées (Ehpad) sont-elles en crise
depuis deux ans, avec des grèves,
des appels à l’aide, et un plan d’urgence
du gouvernement ?
Nous entrons dans une société du grand âge
et de la longévité. Il serait réducteur de tout
ramener aux Ehpad. L’enjeu d’un meilleur
accompagnement des personnes âgées, c’est
d’abord la transformation du système de
soins en France, donc une question de santé
publique. De plus en plus de personnes
vivent avec une maladie chronique, parce
que l’on sait soigner des maladies autrefois
mortelles. Les besoins en soins aigus diminuent, tandis que les besoins d’accompagnement de proximité augmentent. Le médecin
de famille ne peut pas tout gérer. On a donc
besoin de centres de santé pluridisciplinaires. C’est d’ailleurs la vision du plan Ma santé
2022 et nous nous en réjouissons. Nous nous
sommes déjà résolument engagés dans cette
voie. Cela étant dit, il y a bien une crise
aujourd’hui sur la prise en charge de la
grande dépendance, dans les établissements médico-sociaux, c’est-à-dire les
Ehpad.
Pourquoi ?
Parce que depuis dix ans, on a fermé beaucoup d’unités de soins longue durée, qui
étaient des services hospitaliers, en pensant
que les Ehpad pourraient assurer la même
prise en charge avec leur médecin et leur
équipe infirmière. Mais les dotations n’ont
pas suivi.
Vous participez aux groupes de travail
qui planchent sur la réforme de la
dépendance. Comment allons-nous faire
pour prendre en charge des personnes
âgées en perte d’autonomie toujours
plus nombreuses ?
Il faut absolument privilégier l’accompagnement à domicile et la prévention. Et le plus
tôt possible, dès 60-70 ans. Cela passe par
une offre de logements adaptés. Il faut aussi
encourager les solutions alternatives à
l’hôpital à chaque fois que c’est possible ; on
sait, par exemple, que le passage d’une personne âgée aux urgences a un impact sur
son autonomie. Il y a enfin des enjeux financiers. Pour rappel, une journée à l’Ehpad
coûte chez nous en moyenne 135 euros
(85 euros pour l’hébergement, 50 pour le
soin et la dépendance), contre 200 euros
dans une maison de convalescence (SSR) et
800 à 1.000 euros dans un service hospitalier, dépenses entièrement financées par la
Sécurité sociale dans ces deux derniers cas.
« L’enjeu d’un meilleur
accompagnement
des personnes âgées, c’est
d’abord la transformation
du système de soins
en France. »
Où trouver les financements ? Faut-il
créer une cinquième branche « dépendance » au sein de la Sécurité sociale ?
En France, le montant total des ressources
publiques pour la santé et la dépendance est
plus élevé qu’ailleurs. Ce qui pèche, c’est la
répartition des financements disponibles
entre les secteurs sanitaire et médico-social,
et les différences entre départements. Ceci
dit, je ne crois pas au big bang. Les Allemands ont mis vingt ans à construire leur
système de prise en charge de la dépendance
et en sont à leur quatrième loi en dix ans. Les
Néerlandais aussi ont pris leur temps. Inspirons-nous de ces exemples. Posons les principes, définissons une trajectoire financière
à 10 ans. Et assurons-nous, à l’échelle de chaque territoire, qu’il existe une offre adéquate
de soins primaires, d’accompagnement
infirmier, de maisons de retraite, d’hôpitaux
de proximité… A court terme, comme le gouvernement le fait déjà, il faudra sans doute
réallouer une partie des financements de
l’Assurance-maladie vers les structures
médico-sociales, par le biais de la CNSA qui
joue de fait le rôle d’un cinquième risque.
Quant à l’instauration d’un nouveau prélèvement obligatoire dépendance, je n’y suis per-
sonnellement pas favorable. On a la CSG. Et
en 2024, quand la dette sociale arrivera à
extinction, il y aura les 9 milliards d’euros de
la CRDS. Or, c’est justement à ce moment que
le papy-boom s’accentue.
L’Assurance-maladie devrait-elle
se substituer aux départements qui
prennent aujourd’hui en charge la partie
« dépendance » dans un hébergement
en Ehpad ?
Savoir qui doit payer est toujours un débat
compliqué. Ce qui est sûr, c’est que l’intensité
en soins dans les Ehpad a augmenté, et qu’il
faut donc revoir d’une manière ou d’une
autre les dotations pour financer les personnels nécessaires à l’aune des besoins réels. Si
la fusion des dotations soins et dépendance
permet de gagner en lisibilité, pourquoi
pas ? Le plus important, c’est d’assurer
l’équité et la solidarité dans les financements, et pour cela il faut un cadre national.
Les départements ont davantage un rôle à
jouer dans la définition de l’offre.
A propos d’offre précisément,
que change la digitalisation à la prise
en charge des personnes fragiles ?
A peu près tout. Elle permet de faire tomber
les murs entre les différents modes de prise
en charge. Pour le suivi des pathologies chroniques par exemple, qui concernent trois
millions et demi de personnes, le bénéfice
est réel. Nous menons dans une de nos cliniques près de Marseille un projet pilote sur le
suivi ambulatoire de patients atteints
d’insuffisance respiratoire chronique. Grâce
à un dossier médical digital partagé, mis au
point avec une start-up, l’équipe médicale
peut suivre à distance l’évolution de la pathologie, la prise des médicaments et même
l’activité physique. Le patient peut donc
vivre à domicile tout en étant suivi. Avec les
objets connectés, on peut rendre le cadre de
vie des personnes fragiles ou malades plus
intelligent et plus sûr. C’est un progrès
énorme pour le maintien à domicile alors
que 60 % des personnes âgées vivent seules
en France, comme les cliniques ou les
Ehpad. Le digital est enfin une source d’amélioration majeure pour la qualité de travail
des soignants. Dans nos établissements en
Italie, par exemple, il n’y a plus de papier.
Tout passe par une plate-forme digitale.
Mais l’ensemble du secteur est-il
en mesure de faire ce saut digital ?
Sans doute pas. Il y a encore beaucoup trop
d’établissements isolés, qui n’ont pas les
moyens de se moderniser. Il faut des acteurs
de taille critique en mesure d’organiser de
véritables réseaux de soins. Et pas seulement pour les Ehpad. Si l’on regarde le parcours d’une personne âgée en Europe du
Nord, on s’aperçoit qu’il compte plusieurs
étapes. Il commence souvent par un suivi à
domicile, se poursuit parfois dans une résidence adaptée en centre-ville, ou dans une
structure médicalisée. C’est ce modèle que je
veux promouvoir, en faisant en sorte que
toutes nos maisons offrent à terme plusieurs
types de prise en charge : accueil de jour,
résidence service et unité de vie médicalisé.
Vous venez d’investir dans le service
à domicile en rachetant Petits-fils…
Il était indispensable d’être présent dans ce
secteur. Le réseau Petits-fils compte déjà
50 agences et nous allons en ouvrir 150 supplémentaires. Nous renforçons aussi notre
présence en zone rurale grâce à notre offre
Ages et Vie de colocations pour seniors. Ce
sont 50 sites aujourd’hui, et 250 d’ici à 2023.
Plus largement, nous voulons développer,
partout où nous sommes présents et à partir
de nos différents établissements – plus de
800 à ce jour en Europe –, des réseaux
d’accueil et de soins par bassin de vie, et renforcer notre ouverture sur le tissu local. C’est
le meilleur moyen de favoriser une prise en
charge de proximité et de lutter contre l’isolement des personnes âgées. Tout cela passe
par des investissements, y compris au
niveau immobilier. L’investissement est
d’ailleurs un enjeu pour tous les acteurs du
secteur du grand âge. Rien qu’en France, on
estime que, pour remettre l’ensemble du
parc public et privé d’Ehpad aux meilleurs
standards, il faudrait investir 20 milliards
d’euros dans les établissements existants.
C’est un énorme effort qui nécessite de dégager un minimum de rentabilité. Face à cet
impératif, l’opposition entre public, privé
non lucratif et privé n’a plus lieu d’être.
La réputation des Ehpad est régulièrement mise en cause, lorsque des dérapages sont constatés dans certains établissements. Comment vous prémunissezvous contre le risque de réputation ?
Taper sur les Ehpad et les professionnels,
c’est une folie et c’est une injustice ! Dans nos
établissements, je vois des équipes formidables, des belles personnes, engagées et professionnelles, à qui je veux rendre hommage. La qualité des soins est bien sûr une
absolue priorité. Et pour cela, nous avons
une organisation robuste, qui repose sur
une direction médicale et qualité qui définit
les standards et les pratiques, et sur des équipes d’audit interne qui s’assurent de leur respect. Nous avons aussi des équipes d’appui
pouvant intervenir en cas de difficulté. Notre
métier n’est pas une activité comme les
autres : nous sommes des partenaires de
confiance qui accompagnent des personnes
âgées ou fragiles. Notre raison d’être, c’est le
soin et la qualité de vie de ceux qui font appel
à nous. n
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16 //
Vendredi 8, samedi 9 février 2019Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 390,8 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.420 milliards d’euros courants
// Plafond Sécurité sociale : 3.377 euros/mois à partir du 01-01-2019 // SMIC horaire : 10,03 euros
à partir du 01-01-2019 // Capitalisation boursière de Paris : 1.406,33 milliards d’euros (au 28-12-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,45 en novembre 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 3e trimestre 2018 // Dette publique : 2.322,3 milliards d’euros au 3e trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
AFFAIRE BENALLA LA CHEFFE
DE LA SÉCURITÉ DU PREMIER
MINISTRE A DÉMISSIONNÉ
RUSSIE MOSCOU RÉPRIME
LES TÉMOINS DE JÉHOVAH
Michelle Bachelet, la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU
a condamné, jeudi, la répression
visant les Témoins de Jéhovah en
Russie, dénonçant « un précédent
dangereux » et une « criminalisation
du droit à la liberté de religion ». Les
autorités russes ont condamné mercredi à six ans de prison un Témoin
de Jéhovah danois et annoncé jeudi
de nouvelles arrestations de membres de cette organisation interdite
en Russie depuis 2017.
La cheffe du groupe de sécurité du
Premier ministre (GSPM) a démissionné jeudi afin d’« écarter toute
polémique », tout en niant être liée à
une conversation controversée entre
Alexandre Benalla et Vincent Crase
dont un enregistrement a été révélé
par Mediapart, a annoncé Matignon.
Elle a demandé à être affectée sur une
autre mission au sein du ministère de
l’Intérieur.
AFFAIRES PERQUISITION CHEZ
LE BRAS DROIT DE MÉLENCHON
Le Premier ministre japonais Shinzo
Abe s’est montré conciliant jeudi
envers la Russie au cours d’un rassemblement organisé chaque année
au Japon pour demander le retour
de quatre îles septentrionales revendiquées par les deux pays. Le dirigeant nationaliste n’a cette fois pas
cherché à provoquer la colère de la
Russie ni appelé à la souveraineté
japonaise sur les Kouriles du Sud. Ce
différend territorial a empêché les
deux pays de digner un traité de paix
depuis 1945.
VENEZUELA L’ŒIL DU FMI
Six mois après l’effondrement, le 14 août, d’un tronçon du pont Morandi à Gênes, des techniciens s’affairent
autour d’une partie du parapet situé sur la partie occidentale de l’ouvrage et dont une partie doit être démolie à son tour.
Photo Marco Bertorello/AFP
ANTISPÉCISME QUATRE
MILITANTS DÉFERRÉS
Quatre activistes antispécistes présumés doivent être déferrés ce vendredi
à Lille dans le cadre d’une enquête sur
des dégradations de boucheries et de
restaurants. Au total, six personnes
ont été interpellées mercredi et jeudi,
soupçonnées d’être liées à une quinzaine d’actions menées notamment
dans la métropole lilloise au cours des
trois derniers mois, allant du simple
tag à l’incendie de restaurant.
HAUTES-ALPES UN JEUNE
MIGRANT RETROUVÉ MORT
Un migrant âgé d’une vingtaine
d’années a été retrouvé mort dans la
nuit de mercredi à jeudi dans les Hautes-Alpes au bord d’une route nationale reliant la frontière italienne à
Briançon. Découvert inconscient par
un chauffeur routier, il a ensuite été
transporté à l’hôpital, en vain. Une
enquête pour « homicide involontaire et mise en danger de la vie
d’autrui » a été ouverte.
Juan Barreto/AFP
INCENDIE À PARIS LA GARDE À
VUE DE LA SUSPECTE REPREND
La garde à vue de la femme soupçonnée d’avoir déclenché l’incendie d’un
immeuble parisien, qui avait été suspendue mardi afin de lui faire subir un
examen psychiatrique, doit reprendre.
Cette quadragénaire, qui a effectué
treize séjours dans un établissement
psychiatrique parisien entre 2009
et 2019, avait été interpellée ivre peu
après le départ de l’incendie. Elle a nié
avoir commis les faits au cours de la
première partie de sa garde à vue.
Le pont Morandi de Gênes prêt pour des travaux sur la structure
JAPON ABE CALME LE JEU AVEC
MOSCOU SUR LES KOURILES
Bertrand Guay/AFP
Le numéro deux de la liste La France
insoumise aux européennes, Manuel
Bompard, a été perquisitionné pendant cinq heures à son domicile de
Toulouse jeudi matin, dans le cadre de
l’enquête sur les comptes de la campagne présidentielle 2017 de Jean-Luc
Mélenchon dont il était directeur de
c a m p a g n e . L’a n c i e n c a n d i d a t a
dénoncé sur Twitter une « insupportable nouvelle perquisition ».
LA PHOTO DU JOUR
Le FMI surveille étroitement les
déclarations et le positionnement de
ses Etats membres, qui n’ont pas
encore établi de consensus sur la
représentation légitime du gouvernement vénézuélien, a indiqué jeudi
un porte-parole de l’institution.
Juan Guaido, l’opposant au président en titre Nicolás Maduro, a été
reconnu président par intérim par
une quarantaine de pays, dont les
Etats-Unis, les pays de l’Union européenne et le Brésil.
TUNISIE ACCORD DANS
LA FONCTION PUBLIQUE
Un accord a été conclu entre l’Etat
tunisien et le syndicat UGTT sur une
hausse des salaires dans la fonction
publique. L’accord, qui s’appliquera
aux 670.000 agents du public, fait
suite à des mois de tension et de dispute entre le gouvernement et la centrale syndicale. En janvier, une grève
a paralysé les transports publics.
SYRIE LES EXIGEANCES
DE HUMAN RIGHTS WATCH
Le transfert de centaines de djihadistes étrangers présumés du
groupe Etat islamique (EI) et leurs
familles doit se faire dans la transparence, a exhorté Human Rights
Watch (HRW), rappelant en particulier la responsabilité des Etats vis-àvis d’enfants entassés dans des
camps en Syrie.
ON EN PARLE À CARACAS
Mortalité infantile : le terrible retour en arrière
du Venezuela
Après avoir été un exemple en Amérique latine, le pays connaît une hausse
inquiétante du nombre de bébés décédés.
années. D’après des chercheurs
de l’Ined (Institut national d’études démographiques) et d’universités vénézuéliennes dont
les recherches viennent d’être
publiées par « The Lancet Global Health », le taux de mortalité a commencé à augmenter
dès 2009, « date à laquelle le budget alloué au système de santé a
considérablement diminué ».
La mortalité infantile était
ainsi en 2016 de 21,1 décès pour
1.000 naissances vivantes soit
un taux 1,4 fois plus élevé que
celui de 2008 (15 décès pour
1.000). Ce qui fait revenir le
Venezuela aux années 1990,
d’après Jenny Garcia de l’Ined
de Paris-I qui, avec un groupe
de chercheurs vénézuéliens,
s’est appuyée sur des données
Jacques Hubert-Rodier
@jhrodier
es morts passés sous
silence de la maternité
Santa Ana ». El Estimulo,
un site d’information créé il y a
cinq ans au Venezuela, s’inquiétait du nombre de bébés décédés dans cette maternité de
Caracas : 112 bébés de décembre 2017 à février 2018, soit 20 %
du total des naissances. Mais
aucune explication précise n’a
été fournie aux parents. Peutêtre de pneumonie nosocomiale ? s’interrogeait Estimulo.
Aujourd’hui, la santé subit de
plein fouet les conséquences de
la crise politique, sociale et
économique qui touche le
Venezuela depuis plusieurs
L
hospitalières et de différentes
enquêtes après la décision en
2013 du gouvernement d’arrêter de publier ces statistiques.
L’aide humanitaire
bloquée à la frontière
Cette inversion de tendance
inquiète. Dans les années 1950,
le Venezuela avait connu l’une
des plus importantes baisses de
la mortalité infantile en Amérique latine. Le taux était ainsi
passé de 108 décès pour
1.000 naissances vivantes en
1950 à 18,2 en 2000. « Cette baisse
significative, écrivent ainsi les
chercheurs, avait été le fruit de
l’augmentation du niveau de vie,
de l’amélioration des installations sanitaires, de campagnes de
vaccination massives, de distri-
bution d’antibiotiques et de l’éradication d’un certain nombre de
vecteurs de maladies. »
Or, le système de santé semble s’être totalement effondré.
L’OMS (Organisation mondiale
de la santé) a noté ainsi un
retour des maladies infectieuses et parasitaires. Sans oublier
un état nutritionnel qui s’est
détérioré. En 2017, un ménage
vénézuélien sur dix déclarait ne
pas avoir assez d’argent pour
acheter de la nourriture. Et la
situation n’a fait qu’empirer.
Jeudi, d’après les médias
locaux, les forces armées sous
la direction de Maduro continuaient à bloquer l’aide humanitaire internationale en provenance de Colombie. La crise
n’est pas terminée. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 8, samedi 9 février
2019
www.lesechos.fr
Le harnais créé
par Visioptronic,
la filiale de la
Fondation Visio,
change la vie
des maîtres
malvoyants. // P. 25
DEVISES EUR/GBP 0,8757 EUR/JPY 1,2461 EUR/CHF 1,1366 GBP/USD 1,2973 USD/JPY 1,0974 USD/CHF 1,0011 TAUX EONIA -0,363 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,308 OAT 10 ANS 0,5422 T-BONDS 10 ANS 2,7427
INDUSTRIE & SERVICES
ÉNERGIE
Shutterstock
DERNIÈRE HEURE
Les résultats de Total au plus haut
depuis cinq ans. // P. 18
Diesel : le torchon brûle
au sein du gouvernement
SPIRITUEUX
La France
complique
le projet de
gazoduc russe
Gabriel Grésillon
— Bureau de Bruxelles
et Vincent Collen
Pernod Ricard promet plus
de croissance et de rentabilité.
// P. 19 ET « CRIBLE » P. 40
PHARMACIE
Sanofi mise sur la médecine
de spécialité. // P. 20
TRANSPORT
Les possibilités de consolidation
autour d’Alstom paraissent
inexistantes. // P. 21
AÉRIEN
Qantas enfonce encore
un peu plus l’Airbus A380. // P. 22
AUTOMOBILE
Renault soupçonne Ghosn
d’abus de bien social. // P. 23
ENCHÈRES
A Rétromobile, Artcurial tente
une série d’envergure. // P. 25
HIGH-TECH & MÉDIAS
RÉSEAUX SOCIAUX
Twitter dégage le premier bénéfice
annuel de son histoire. // P. 26
Selon les constructeurs automobiles, les véhicules diesel les plus récents n’émettent pas plus de particules fines
et d’oxydes d’azote (NOx) que les moteurs à essence. Photo Belga/AFP
RÉSEAUX SOCIAUX
L’Allemagne contraint Facebook à
limiter sa collecte de données. // P. 27
Bercy souhaite rendre
les véhicules diesel récents
éligibles à la vignette
Crit’Air 1. Ce projet divise
le gouvernement.
START-UP
ÉTUDIANTS
Wizbii se lance dans le crédit
et la couverture santé. // P. 30
PME & RÉGIONS
TRANSPORTS
René Frampe/Alstom
Anne Feitz
@afeitz
Les trains du futur s’inventent
en régions. // P. 31
FINANCE & MARCHÉS
INTERVIEW
Frédéric Oudéa, directeur général
de Société Générale. // P. 33
ET « CRIBLE » P. 40
BANQUE
BB&T et SunTrust veulent créer
la 6e banque américaine. // P. 34
MARCHÉ OBLIGATAIRE
Le marché des obligations vertes
au ralenti. // P. 35
BOURSE
Le Nasdaq retrouve grâce
aux yeux des investisseurs. // P. 36
CARNET // P. 39
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
La polémique a éclaté au grand jour. Au lendemain de la révélation du projet de Bercy
de rendre éligibles à la vignette Crit’Air 1 les
véhicules diesel les plus récents, les ministres concernés se sont opposés publiquement jeudi sur le sujet. « Le ministère de
l’Ecologie est contre, ça n’aura pas lieu », a
affirmé Emmanuelle Wargon, secrétaire
d’Etat auprès du ministre de la Transition
écologique et solidaire, au micro de RTL.
« Il faut que ce soit une question scientifique, pas une décision industrielle. L’urgence,
c’est celle du changement climatique », a-telle insisté. Même discours sur Sud Radio,
de la ministre des Transports, Elisabeth
Borne : « La vignette Crit’Air est réservée aux
véhicules les moins polluants, le diesel émet
des particules, ça émet également des dioxydes d’azote qui sont très mauvais pour la
santé », a-t-elle répondu.
Soutien à une filière en danger
De son côté, animé par un souci de soutien à
une filière industrielle en danger, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le
Maire a plaidé pour la neutralité technologie. « La vignette Crit’Air 1 définit un certain
nombre de critères sur les rejets de polluants.
Les véhicules qui respectent rigoureusement
et strictement ces critères doivent pouvoir
bénéficier de cette vignette. Quelle que soit
leur motorisation ! » a-t-il insisté, en marge
du salon des Entrepreneurs.
Cette question de la neutralité technologique est au cœur de l’argumentation des
constructeurs, qui se battent contre le « diesel bashing ». Selon eux, les véhicules diesel
les plus récents, équipés de systèmes de
dépollution (comme les filtres à particule
ou les systèmes SCR) n’émettent pas plus de
particules fines et d’oxydes d’azote (NOx)
que les moteurs à essence. Le dieselgate,
ainsi que des mesures effectuées par des
associations environnementales, ont néanmoins montré que les émissions polluantes
affichées n’étaient pas toujours conformes à
la réalité, ou aux conditions réelles de conduite.
Mais depuis le 1er septembre, Bruxelles a
mis en place de nouvelles normes plus sévères, avec des mesures d’émissions en conditions réelles de conduite. L’Association des
constructeurs européens (ACEA), qui a
compilé en novembre dernier les données
de 270 véhicules diesel homologués selon
les normes les plus sévères (Euro 6d-Temp),
a montré que 87 % d’entre eux émettaient
moins de 60 mg de NOx par kilomètre exigés par la vignette Crit’Air 1.
Le débat est loin d’être clos. Selon nos
informations, les discussions vont se poursuivre. Bercy va devoir convaincre que cette
neutralité technologique est bien réelle – la
tâche sera d’autant plus compliquée que la
crédibilité des constructeurs a été entachée
par le dieselgate. Emmanuelle Wargon ellemême a reconnu que « le jour où on démontre
que ces véhicules apportent toutes les garanties en matière de lutte contre la pollution […],
la décision s’imposera scientifiquement ». n
Le journal « L’Humanité »
placé en redressement judiciaire
Marina Alcaraz (avec l’AFP)
@marina_alcaraz
Le journal « L’Humanité », plus que centenaire, connaît de nouveau une période tourmentée. Le quotidien a été placé en redressement judiciaire avec poursuite d’activité
par le tribunal de commerce de Bobigny.
En difficulté financière, le quotidien communiste avait été contraint, fin janvier, de se
déclarer en cessation de paiement. Dans le
cadre de cette procédure de redressement,
qui s’accompagne d’une période d’observation de six mois, le tribunal a désigné deux
administrateurs judiciaires. Une nouvelle
audience est prévue le 27 mars. « Cette décision et la période de transition qui s’ouvre
désormais doivent permettre, dans un pre-
mier temps, de consolider notre économie de
court terme tout en travaillant à un projet de
pérennisation de l’entreprise », écrit Patrick
Le Hyaric, le directeur du journal, sur son
site. « Celui-ci passe notamment par la poursuite de la campagne de dons et de souscription, par la promotion des contenus de nos
journaux et une augmentation des lecteurs et
abonnés à “L’Humanité” et “L’Humanité
Dimanche”. » Des lecteurs ont déjà apporté
700.000 euros en « souscription populaire ».
Fondé en 1904 par Jean Jaurès
Le titre fondé par Jean Jaurès en 1904, qui fut
durant plusieurs décennies « l’organe central du Parti communiste français » (comme
c’était inscrit sur sa manchette), a vu ses ventes décliner. Il affiche une diffusion France
payée de près de 33.000 exemplaires en 20172018, contre plus de 38.000 exemplaires en
2014. En 1996, il s’écoulait encore à plus de
58.000 exemplaires (selon les données de
l’ACPM). Toutefois, en 2018, le nombre
d’abonnés à « L’Humanité » et « L’Humanité
Dimanche » a progressé et les ventes en kiosque en novembre et décembre étaient « bonnes », assurait, il y a peu, Patrick Le Hyaric.
Le titre, qui emploie environ 200 salariés,
pouvait craindre la cessation de ses activités.
Fin janvier, Patrick Le Hyaric avait appelé
dans ses colonnes à « une mobilisation exceptionnelle » des lecteurs. Une soirée de soutien
aura lieu le 22 février. « L’Humanité », bénéficiaire en 2017, aurait accusé une perte de
plus de 1 million d’euros en 2018, selon « Le
Monde ». Il est par ailleurs endetté. n
Paris a opéré, jeudi, un subtil changement de ton vis-à-vis de Berlin au sujet
du projet de gazoduc Nord Stream 2,
porté par la compagnie russe Gazprom,
qui doit relier la Russie à l’Allemagne.
Alors que les Etats-membres de l’Union
européenne débattent depuis des mois
pour savoir s’ils approuvent le projet de
révision d’une directive sur le transport
de gaz, la France a annoncé son soutien
à ce projet de révision. En cessant d’être
dans le camp des pays qui hésitent,
Paris pourrait faire pencher la balance,
ce vendredi. Au grand dam de Berlin.
La révision de cette directive permettrait en effet de soumettre aux règles
relatives au transport de gaz l’ensemble
des gazoducs reliant des Etats-membres à un pays tiers. Autrement dit, un
g a z o d u c o f f s h o r e c o m m e No r d
Stream 2, qui passe au fond de la mer
Baltique et dont les travaux ont commencé, se verrait soudain soumis aux
règles de l’Union de l’énergie.
Ces règles obligent à la transparence
des prix, à garantir un accès des infrastructures à des tiers, et à la séparation
des activités entre fournisseurs de gaz
et gestionnaires d’infrastructures. De
quoi sérieusement desserrer l’emprise
de Gazprom sur le projet. Si la France
Quelque 600 km de
tuyaux ont déjà été posés
au fond de la Baltique,
soit la moitié
de la distance totale.
débloque le jeu, les négociations finales
entre le Parlement et les Etats-membres pourraient suivre dans la foulée.
Ce qui ferait de Nord Stream 2 un gazoduc soumis aux règles européennes,
augmentant la supervision de Bruxelles et la capacité des autres Etats-membres à s’insérer dans ce projet.
La prise de position de Paris, fruit
d’une confrontation entre Bercy et le
Quai d’Orsay, a des résonances diplomatiques. Elle n’est pas sans lien avec les
menaces de Washington au sujet de ce
gazoduc. Elle pourrait aussi permettre à
Paris de redorer son blason dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est très opposés à ce projet. « Il est difficile à ce stade
d’évaluer l’impact concret que la révision
de la directive aurait sur Nord Stream 2,
mais elle pourrait modifier profondément
l’économie du projet », estime Catherine
Locatelli, chargée de recherche au CNRS.
Une autre inconnue complique
l’équation : 5 groupes énergétiques européens, dont le français Engie, financent la
moitié du gazoduc, à hauteur de 950 millions d’euros chacun, dont 600 millions
ont déjà été déboursés. « Ces entreprises
pourraient ne pas récupérer leur mise si le
modèle économique de Nord Stream 2
était bouleversé », estime Thierry Bros, de
l’Oxford Institute for Energy Studies.
Gazprom a annoncé qu’il « observerait
de près » l’évolution de la situation, soulignant que la révision de la directive provoquerait une « incertitude pour les investisseurs ». La compagnie russe assure
qu’elle a « le soutien total » d’Engie et des
4 autres groupes qui financent le projet
(Uniper, Wintershall, OMV et Shell).
Quelque 600 km de tuyaux ont déjà été
posés au fond de la Baltique, soit la moitié
de la distance totale, et le démarrage des
opérations est prévu « à la fin de 2019 ». n
Fondation Visio
La Fondation Visio innove
pour les malvoyants
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Les résultats de Total
au plus haut depuis cinq ans
ÉNERGIE
à suivre
dpa Picture-Alliance/AFP
Le pétrolier français
affiche un bénéfice net
de 13,6 milliards de
dollars pour l’exercice
2018, en hausse
de près de 30 %.
Laurent Troger démissionne
de Bombardier Transport
FERROVIAIRE Le groupe canadien a annoncé jeudi dans un communiqué plusieurs changements dans sa direction, à commencer par la démission du Français Laurent Troger, qui dirigeait
depuis 2016 la filiale dédiée à au ferroviaire et qui souhaite « relever de nouveaux défis ». Il est remplacé par Danny Di Perna, arrivé
l’an dernier dans le groupe. « Je tiens à remercier Laurent pour tout
ce qu’il a fait pour Bombardier au cours des quinze dernières
années », a déclaré le président du groupe, Alain Bellemare.
Chambres d’agriculture : la FNSEA
accroît son leadership
AGRICULTURE La FNSEA, menée par sa présidente, Christiane
Lambert, a accru avec les Jeunes agriculteurs sa mainmise sur
les chambres d’agriculture avec 55,8 % des voix lors d’un scrutin marqué par une forte abstention dans un monde paysan
miné par la conjoncture et les critiques sociétales. La participation aux élections aux chambres d’agriculture a chuté de 10 % à
45 % dans un monde réputé plus civique que les autres catégories socio-professionnelles.
connu une mauvaise journée
boursière, suite à l’annonce de prévisions de croissance pour la saison 2018-2019 en deçà des attentes
du marché. Le groupe nautique
vendéen prévoit une croissance de
3 à 5 %, moins que les 6,5 % affichés
lors du précédent exercice. Le
groupe familial craint les effets de
la guerre commerciale sur ses ventes américaines et du Brexit sur ses
volume européens, et peine par
ailleurs sur le marché des yachts.
Plus d’informations
sur lesechos.fr
Forte baisse
du marché du
meuble en 2018
sionnels français de l’ameublement ont fait état jeudi d’un nouveau recul de leur marché, de 2,7 %
en 2018, à 9,5 milliards d’euros. La
cuisine et la literie se portent bien,
à l’inverse des meubles dits meublants, des canapés et fauteuils, de
la salle de bains et du jardin. Seuls
les magasins des cuisinistes progressent. La baisse des ventes est
due à la diminution des mises en
chantier (–7 %) l’an passé. Un meuble sur trois est acheté à l’occasion
d’un déménagement.
Vincent Collen
@VincentCollen
Ce n’est pas un record absolu, mais
c’est du jamais-vu depuis 2013. Le
bénéfice net ajusté de Total a atteint
13,6 milliards de dollars l’an dernier,
en hausse de 28 %. Le pétrolier français, qui a publié ses résultats jeudi,
a profité de la remontée des prix du
pétrole – les cours de l’or noir
étaient en moyenne de 71 dollars
l’an dernier, contre 54 dollars en
2017. Mais aussi d’une hausse des
volumes : sa production de pétrole
et de gaz a progressé de plus de 8 %.
Elle est portée par l’acquisition du
danois Maersk Oil et le démarrage
de projets en Australie, en Russie,
en Angola ou encore au Nigeria. Il
s’agit de la plus forte hausse parmi
les cinq supermajors (Exxon, Shell,
BP, Chevron et Total). La production de Total a atteint l’an dernier le
niveau record de 2,8 millions de
barils équivalent pétrole par jour.
La major française bénéficie
aussi du plan d’économies lancé en
2015 au lendemain de l’effondrement des cours du brut. Ces réductions de coûts ont atteint 4,2 milliards d’euros en 2018, et Total vise
4,7 milliards cette année. Les investissements restent stables :
15,6 milliards en 2018, entre 15 et
16 milliards cette année.
La rentabilité des capitaux propres, supérieure à 12 %, est « la
meilleure parmi les majors », s’est
félicité le PDG, Patrick Pouyanné,
lors d’une conférence de presse.
L’endettement a poursuivi sa
décrue, à 15,5 % des fonds propres.
La croissance devrait accélérer
Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, table cette année sur une production en hausse de « plus de 9 % ».
Photo Stefan Wermuth/Bloomberg
cette année : Total prévoit une production en hausse de « plus de 9 % »
grâce à la montée en puissance de
champs, comme Ichthys, en Australie (gaz naturel liquéfié), ou
Egina, au Nigeria (pétrole offshore),
et au démarrage de projets au Brésil, en Angola ou en mer du Nord. Le
pétrolier français passera le cap des
3 millions de barils par jour en 2019,
a confirmé Patrick Pouyanné.
Débat sur le partage
de la valeur ajoutée
« Ces résultats sont globalement en
ligne avec nos attentes et confirment
que Total continue sur sa trajectoire
de croissance », commente Biraj
Borkhataria, analyste chez RBC
Capital Markets. L’action cédait
0,8 % jeudi en milieu d’après-midi.
Patrick Pouyanné a tenu à s’inscrire dans « le débat » sur le partage
de la valeur ajoutée, en justifiant la
répartition des sommes générées
par le groupe ces dernières années.
Sur les quelque 50 milliards de
valeur ajoutée annuelle dégagée
par Total en moyenne entre 2010
et 2018 (c’est-à-dire la richesse créée
par l’entreprise), « environ la moitié » a été dédiée aux investissements, « 12 milliards » aux salaires,
« 10 milliards » aux Etats sous
forme de prélèvements et de royalties et « 8 milliards » aux actionnaires. « La priorité, ce ne sont pas les
actionnaires », a-t-il fait valoir. n
4,7
MILLIARDS D’EUROS
Les réductions de coûts visées
cette année, après 4,2 milliards
d’euros en 2018.
Découverte « importante »
en Afrique du Sud
Total a annoncé avoir réalisé une découverte « importante » d’hydrocarbures au large de l’Afrique du Sud, une
première pour ce pays. La découverte de gaz à condensats
(des hydrocarbures à l’état gazeux et liquide) s’est faite en
eaux profondes, à 175 kilomètres au large de la côte sud du
pays. « Avec cette découverte, Total a ouvert une nouvelle
province gazière et pétrolière de dimension internationale,
ce qui lui confère une position privilégiée pour tester plusieurs autres prospects sur le même bloc », a commenté
Kevin McLachlan, le directeur exploration du pétrolier
français. Le cabinet Wood Mackenzie estime que les réserves pourraient atteindre 1 milliard de barils équivalent
pétrole, de quoi « changer la donne pour l’Afrique du Sud »,
qui importe massivement ses hydrocarbures aujourd’hui.
Fiat Chrysler plus américain que jamais
CONSOMMATION Les profes-
ASSURANCE-VIE,
LES MEILLEURS
RENDEMENTS :
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Beneteau
NAUTISME L’action Beneteau a
2,6
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Shutterstock
Le titre
Beneteau
plonge de 21 %
La production de
pétrole et de gaz atteint
un niveau record.
En Amérique du Nord,
le constructeur a
gagné quinze fois plus
d’argent qu’en Europe,
où ses ventes baissent.
MILLIONS DE VOITURES
Les ventes de FCA
ont enregistré une progression
de 10 % l’an dernier
en Amérique du Nord.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Et Fiat dans tout ça ? Cinq ans après
l’arrivée officielle de Chrysler dans
le giron turinois, le constructeur
italo-américain désormais
emmené par Mike Manley, le successeur de feu Sergio Marchionne,
semble plus éloigné que jamais de
l’Italie et de l’Europe. L’an dernier,
Fi a t Chr ysler n’a généré que
406 petits millions d’euros de profit
opérationnel sur le Vieux Continent
(y compris Afrique et MoyenOrient) – où les ventes ont reculé de
50.000 unités, à 1,3 million de véhicules immatriculés. En Europe, Fiat
n’a écoulé que 682.000 modèles
(–9 % en un an) sur un marché
record depuis 2007, pas beaucoup
plus que Citroën, selon Jato. Seul
Ford et Daimler-Mercedes y ont
perdu plus de parts de marché que
FCA l’an dernier.
A l’inverse, la zone américaine
reste florissante, avec les marques
Jeep et RAM signant toutes deux
des records de vente. Résultat, la
Aux Etats-Unis, Fiat Chrysler profite de ses lucratifs SUV
et pick-up Jeep et RAM. Photo Timothy A. Clary/AFP
nouvelle Fabbrica Italiana Automobili Torino a affiché des volumes
en hausse de 10 %, à 2,6 millions
d’unités, et un profit opérationnel
de 6,2 milliards d’euros en Amérique du Nord.
Exit la dette
Grâce à ses lucratifs pick-up et SUV
nord-américains (8,6 % de marge
opérationnelle dans la division,
contre 7,9 % l’année précédente),
Fiat Chrysler a vendu 4,8 millions
d e vo i t u r e s l ’a n d e r n i e r
(+100.000 unités), affiche un chiffre
d’affaires en hausse de 4 %, à
115 milliards d’euros, et un revenu
opérationnel total de 7,3 milliards.
Surtout, la dette de la branche
industrielle du groupe n’est plus
qu’un souvenir, elle qui s’élevait
encore à presque 8 milliards en
2014.
En bout de ligne, la stratégie de
Sergio Marchionne – se concentrer
sur les marques et les régions les
plus rentables – continue son petit
bonhomme de chemin sans son
architecte. Piano, piano, donc, sur
les voitures grand public, les berlines et l’Europe, une région qui a,
d’ailleurs, vu les constructeurs
américains General Motors l’abandonner et Ford réduire sa voilure.
Pour relancer la machine en
Europe, l’état-major du groupe coté
à Milan et à New York entend modifier sa direction régionale, et insister sur les marques Jeep et Alfa
Romeo, bien plus profitables et
dynamiques que Fiat et Maserati.
Sans oublier de changer sa manière
de faire. « Notre problème en Europe
est qu’historiquement, nous n’avons
pas rationalisé nos usines par rapport à nos volumes de vente. Nous
avons un plan pour corriger cela et
baisser les coûts », a martelé Mike
Manley lors d’un entretien avec les
analystes.
Discussions tous azimuts
Le nouveau boss s’affirme, par
ailleurs, ouvert aux partenariats en
Europe – une « question d’échelle »
et de « diminution des coûts ».
« Nous discutons avec beaucoup de
gens, ce n’est pas nouveau. Le périmètre des négociations est variable. Ce
qui compte, c’est de trouver le
meilleur partenariat et un accord
“win-win” », a-t-il expliqué. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
Le groupe de vins et
spiritueux relève son
objectif de résultat
opérationnel annuel.
Et annonce un nouveau plan stratégique
assorti de 100 millions
d’euros d’économies.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
La présentation des résultats
semestriels 2018-2019 de Pernod
Ricard était très attendue après toutes les critiques de l’activiste Elliott
sur sa stratégie. Le fonds américain,
qui a pris 2,5 % du capital en
novembre, lui reproche une gouvernance trop fermée aux nouveaux talents et des marges insuffisantes. Heureuse coïncidence de
calendrier, le numéro deux mondial se prévaut d’avoir fait « le
meilleur semestre en sept ans ». Confortant ainsi Alexandre Ricard, le
PDG, dans le maintien d’une stratégie fondée sur « une croissance
durable ».
Le groupe fait état d’un résultat
opérationnel courant (ROC) en très
forte hausse pour le premier
semestre 2018-2019, grâce notamment aux scores du cognac Martell
et du whisky irlandais Jameson. Le
ROC a grimpé de 12,8 % à change
constant, à 1,65 milliard d’euros,
dépassant largement les 9,3 % prévus par les analystes. Les ventes affichent une croissance organique de
7,8 %, à 5,18 milliards d’euros, avec
un ralentissement au deuxième trimestre (+5,6 %, un chiffre inférieur
aux 6,5 % attendus).
Le groupe table désormais sur
une progression du ROC comprise
entre 6 % et 8 % à change constant
en 2018-2019, au lieu des 5 %-7 %
prévus auparavant, avec une marge
L’Oréal affiche sa
meilleure progression
depuis 2007
COSMÉTIQUES
Le numéro un
mondial de la
beauté a enregistré
une hausse de 7 % de
ses ventes en 2018.
Il est porté par ses
produits de luxe et
la clientèle chinoise.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
L’Oréal a fait briller ses résultats
en 2018. Le numéro un mondial
de la beauté a affiché une hausse
de 7 % de son chiffre d’affaires
en comparable (+8 % en publié)
à 26,9 milliards d’euros. Sa plus
forte croissance depuis 2007. Le
résultat net a, lui, progressé de
8,8 %, à 3,89 milliards. La marge
d’exploitation atteint un top
à 18,3 %. Ce record historique
est dans la lignée du troisième
trimestre où le groupe avait affiché sa grande forme, (+7,5 %).
Le quatrième trimestre a poursuivi sur cette lancée, avec une
hausse de 7,7 %. Un succès porté
par le marché mondial des cosmétiques, qui a connu « une
nette accélération en 2018 ».
Produits qui rassurent
C’est la division luxe qui rafle
tous les prix, avec un bond de
14,4 %. « Lancôme dépasse la
barre des 3 milliards d’euros de
chiffre d’affaires », a indiqué
Jean-Paul Agon, le PDG de
L’Oréal, avec parmi ses best-sellers, le soin Généfique et son
parfum La vie est belle. Le pôle
cosmétique active (la Roche
Posay, Vichy..), les soins vendus
en pharmacie, affiche lui aussi
une forte dynamique (+11,9 %)
et « réalise sa plus belle progression depuis plus de dix ans »,
souligne le PDG.
Méfiants vis-à-vis des cosmétiques, les consommateurs sont
en quête de produits qui rassurent. La division grand public, la
première du groupe, avec
12 milliards de ventes, résiste
tout de même bien (+2,5 %)
dans un marché toujours en
berne en Europe de l’Ouest. La
division professionnelle (coiffeurs) finit l’année à +2 %. Toutes améliorent ou stabilisent
leur rentabilité.
Coté géographique, L’Oréal
n’a enregistré aucun ralentissement en Asie. Au contraire, son
activité a accéléré dans la zone
en fin d’année, avec un bond de
24 % sur l’exercice. Ce qui en
fait désormais le premier marché du champion mondial. Un
basculement. « La zone AsiePacifique, portée par la Chine,
dépasse maintenant l’Amérique
du Nord avec un chiffre d’affaires de 7,4 milliards d’euros »,
précise Jean-Paul Agon, contre
7,2 milliards pour le marché
américain (+2,7 %). La
demande des consommateurs
chinois reste soutenue, notamment pour ses produits haut de
gamme. Le groupe français
occupe le premier rang des
ventes en ligne en Chine, avec
10 % de parts de marché. L’activité en travel retail dans ces
pays d’Asie a aussi constitué un
levier de croissance.
En revanche, la situation a
empiré en Europe de l’Ouest,
comparé à 2017. Le numéro un
mondial y a vu ses ventes légèrement reculer de 0,3 %. La
France, marqué par des blocages, et le Royaume-Uni, en
plein débat sur le Brexit, en particulier ont pesé. La dynamique
des produits de luxe et de
la marque Roche-Posay en
parapharmacie ont permis de
limiter la casse. Les ventes en
ligne de L’Oréal continuent leur
progression spectaculaire
(+ 40,6 %) et représentent
désormais 11 % du chiffre
d’affaires du groupe.
Le conseil d’administration
proposera à l’assemblée générale en avril la candidature de
Fabienne Dulac, PDG d’Orange
France, comme administrateur indépendant. n
« La zone AsiePacifique dépasse
maintenant
l’Amérique
du Nord avec un
chiffre d’affaires
de 7,4 milliards
d’euros. »
JEAN-PAUL AGON
PDG de L’Oréal
opérationnelle en progression de
50 points de base. Il prévoit une
croissance organique de 4 % à 7 %
par an d’ici à 2020-2021, contre 6 %
au cours du dernier exercice, et sur
une progression annuelle de sa
marge opérationnelle comprise
entre 50 et 60 points de base.
tion à côté du circuit destiné aux
plus fortunés amateurs de cognac
Martell. Ce nouveau réseau cible les
classes moyennes, avec notamment les whiskys Chivas et Jameson ainsi que la vodka Absolut. Pernod Ricard dit avoir « surinvesti sur
Chivas, qui est passé du déclin à la
croissance en trois ans en Chine ».
En Inde, où la croissance a atteint
+24 %, la performance est comparable. « Notre ambition est de doubler le marché des classes moyennes
d’ici à 2025 dans les marchés émergents », souligne Alexandre Ricard.
Les parts de marché en Chine et en
Inde sont de 45 %.
Ces résultats sont le fruit du
plan stratégique Transform &
Accelerate annoncé au board en
octobre 2018. « Avant l’arrivée
d’Elliott, que je n’ai pas attendu pour
améliorer les performances du
groupe », ajoute Alexandre Ricard.
Sur son plus gros marché, les EtatsUnis, Pernod Ricard fait état d’une
croissance des ventes de 4 %. Là
Performances record
en Chine et en Inde
Malgré ces progressions, le
numéro deux mondial des spiritueux a annoncé un nouveau plan
de 100 millions d’euros de réduction de coûts d’ici à 2021, succédant
à celui de 200 millions toujours en
cours et qui sera achevé en juin 2019
avec un an d’avance, et au premier
lancé en 2015 portant sur 150 millions.
Pernod Ricard a enregistré des
croissances exceptionnelles sur
deux des trois grands marchés
stratégiques. En Chine, les ventes
ont bondi de 28 % en valeur grâce à
un tout nouveau réseau de distribu-
Le PDG de Pernod Ricard, Alexandre Ricard, estime ne pas
avoir attendu l’arrivée de l’activiste Elliott pour améliorer
les résultats du groupe. Photo Pascal Sittler/RÉA
aussi, les investissements, non chiffrés, ont été « sensiblement accrus ».
Les moteurs de la croissance sont
aussi Jameson et Martell mais également les deux tequilas Avion et
Altos, ainsi que le whisky Glenlivet.
Un « incubateur de dix petites
marques » – dont Lillet, qui connaît
un succès énorme en Allemagne
(+38 %), le bourbon Smooth
Ambler et le gin Monkey 47 – a été
créé pour alimenter la croissance à
long terme.
(
Lire également « Crible »
Page 40
© Aaron Black
SPIRITUEUX
« L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération. »
Pernod Ricard promet plus
de croissance et de rentabilité
RÉSULTATS
ANNUELS
2018
CHIFFRE D’AFFAIRES 1, 2
RÉSULTAT NET
DES ACTIVITÉS 1
BNPA
DES ACTIVITÉS 1, 3
DIVIDENDE 4
34 463 M€
6 819 M€
5,47 €
3,07 €
+2,5% (-1,7%)
+4,2% (-1,8%)
+5,1% (-0,9%)
par action
Au quatrième trimestre, nous avons maintenu la dynamique du trimestre précédent. En 2018, nous avons
délivré une croissance de 5 % du BNPA des activités qui se situe dans la fourchette haute de nos perspectives.
En 2018, d’importants lancements ont été réalisés, notamment Dupixent®, Libtayo® et Cablivi®, alors que l’impact
des pertes d’exclusivité aux États-Unis a commencé à s’atténuer. D’autre part, les acquisitions de Bioverativ et Ablynx
ont établi les fondements d’une franchise Maladies hématologiques rares de premier plan et renforcé nos capacités
de recherche biologique. En ce début d’année 2019, nos efforts restent concentrés sur la réalisation de nos priorités
stratégiques et la transformation de Sanofi afin de répondre aux mutations de notre industrie.
Olivier Brandicourt
Directeur Général de Sanofi
LA CROISSANCE DES VENTES 2018 DES NOUVEAUX PRODUITS ET DES MARCHÉS ÉMERGENTS A PLUS QUE
COMPENSÉ LES PERTES D’EXCLUSIVITÉ AUX ÉTATS-UNIS 1
■ Sanofi Genzyme a enregistré une croissance de 30,8 %, correspondant à + 14,2 % à TCC/PC 2, à 7 226 M€ grâce à la bonne
performance de toutes les franchises.
■ Les ventes des Vaccins ont progressé de 2,4 % à 5 118 M€.
■ La Santé Grand Public a progressé de 3,0 % à 4 660 M€.
■ Les ventes de l’entité globale Diabète & Cardiovasculaire ont reculé de 13,8 % à 4 511 M€.
■ Le chiffre d’affaires des Marchés Émergents a augmenté de 7,5 %, soutenu par la forte performance de la Chine.
1 - Les croissances sont indiquées à taux de change constants (TCC). Les croissances entre parenthèses sont à données publiées. 2 - Le chiffre d’affaires est en hausse
de 0,6 % à TCC et périmètre constant (ajusté de l’acquisition de Bioverativ et de la cession de l’activité génériques en Europe). 3 - Bénéfice net par action. Pour la
définition des indicateurs financiers, veuillez consulter le communiqué de presse du 7 février 2019. 4 - Dividende soumis à l’approbation de l’assemblée générale le
30 avril 2019.
Retrouvez l’intégralité des résultats sur
www.sanofi.com
CALENDRIER FINANCIER
26 avril 2019
Résultats du 1er trimestre 2019
30 avril 2019
Assemblée générale
RELATIONS ACTIONNAIRES
relations-actionnaires@sanofi.com
APPLICATION MOBILE : SANOFI IR
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
L’Ile-de-France
récompense
la collecte
du plastique
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
Sanofi mise sur la médecine
de spécialité
PHARMACIE
Le géant pharmaceutique français
affiche des résultats
contrastés en 2018.
Les ventes sont
notamment tirées
par des nouveaux
traitements, dont
certains provenant
d’acquisitions.
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
Le système double le taux de collecte des bouteilles en
plastique dès la première année. Photo Thomas Louapre
ENVIRONNEMENT
Le Syctom et la
jeune pousse Yoyo
testent la collecte
des bouteilles
plastique contre
récompense.
Myriam Chauvot
mchauveau@lesechos
Collecter les bouteilles en plastique et gagner ainsi l’équivalent de 10 à 20 euros par mois en
avantages, comme des entrées
dans les stades de foot, des places de cinéma, des tickets de
déplacement, ou encore des
rabais dans des enseignes de
grande distribution : c’est la formule de la jeune pousse Yoyo.
Déjà testée depuis deux ans par
des quartiers de cinq métropoles régionales, telles Bordeaux
et Lyon, elle gagne la région
parisienne.
Le Syctom, syndicat gérant les
2,4 millions de tonnes d’ordures
ménagères de 6 millions de
Franciliens (ce qui en fait le plus
gros acteur public des déchets
en Europe), a officiellement
lancé jeudi Yoyo dans quatre
quartiers tests de Clichy-la-Garenne, Asnières et Levallois-Perret. Les habitants volontaires
peuvent s’inscrire sur la plateforme Internet de Yoyo pour
rejoindre la communauté locale
de « trieurs » et remplir de bouteilles en plastique des sacs qu’ils
remettent à leurs « coachs »,
autres volontaires locaux (gardiens d’immeuble, etc.). « Les
coachs expliquent aux trieurs les
consignes de tri, réceptionnent les
sacs pleins et, dès qu’ils en ont 30
ou 40, notre plate-forme Internet
déclenche l’enlèvement », précise
Eric Brac de la Perrière, ex-res-
ponsable d’Eco-Emballages et
fondateur de Yoyo.
Le tri étant fait à la source,
les sacs vont directement au
recyclage, sans passer en centre de tri. « Cette communauté
locale de trieurs et de coachs
crée du lien social. C’est un fact e u r c l e f d e ré u s s i t e , t o u t
autant que les récompenses,
poursuit le dirigeant. Dans les
villes testant notre système, le
taux de recyclage des bouteilles
plastique a doublé la première
année, pour passer de 10 à
20 %, et double à nouveau la
deuxième année, le nombre de
trieurs augmentant. »
Incitation à trier
La formule est destinée aux
zones urbaines denses, où faute
de consignes de tri claires et de
place pour des bacs de collecte
sélective, les habitants trient
peu ou pas. « Les ménages, sur
notre territoire, ne trient que
20 % de leurs déchets ménagers
contre 32 % en moyenne nationale et 14 % des plastiques (24 %
en moyenne nationale). Le reste
part dans la poubelle générale »,
déplore Jacques Gautier, maire
de Garches et président du Syctom, qui a investi 100.000 euros
pour ce contrat test de deux ans
par les trois communes franciliennes volontaires.
Quid du risque que les
déchets soient simplement
transférés du bac de collecte
sélective au sac Yoyo ? « Nous
l’avons estimé avec nos villes
partenaires : le transfert ne
dépasse jamais 10 % », assure le
fondateur de Yoyo. La jeune
pousse espère être présente
dans 20 agglomérations d’ici à
la fin de 2019 et lancera en avril
deux nouveaux types de collecte dont ceux des petits
emballages plastique de moins
de 10 cm de haut. n
COMMUNIQUÉ
Avis aux actionnaires de la société : SOCIETE FRANCAISE POUR LE COMMERCE
AVEC L’OUTRE-MER Ancienne Maison GRADIS fondée en 1685 (S.F.C.O.)
Vente de titres formant rompus non attribués individuellement (C. com., art. L. 228-6 ;
R. 228-11).
Les titulaires d’actions de la société SOCIETE FRANCAISE POUR LE COMMERCE
AVEC L’OUTRE-MER sise au 3, rue de Messine 75008 PARIS sont informés de ce
que le conseil d’administration de la société anonyme SOCIETE FRANCAISE POUR
LE COMMERCE AVEC L’OUTRE-MER agissant conformément aux dispositions de
l’article L. 228-6 et de l’article R. 228-11 du Code de commerce, a décidé de faire
procéder à la vente des 414 actions (nombre d’actions mis en vente) au nominal de
16 euros, revenant aux propriétaires d’actions de la société SOCIETE FRANCAISE
POUR LE COMMERCE AVEC L’OUTRE-MER qui n’ont pas pu être attribuées
individuellement et correspondant à des droits formant rompus à savoir 414 actions au
nominal de 16 euros et qui n’auront pas été réclamées à l’expiration d’un délai d’un an
à compter de la présente publication par les ayants droit.
Lesdits ayants droit sont en conséquence mis en demeure de faire valoir leurs droits
dans ce délai à l’issue duquel ils ne pourront plus prétendre qu’à la répartition en
numéraire du produit net de la vente des titres non réclamés.
Il est de plus précisé que :
• 1° à compter de cette vente, les titulaires de ces droits ne pourront plus prétendre
qu’à la répartition du produit net de la vente des titres de capital non attribués ;
• 2° le produit net de la vente des titres sera tenu à la disposition des ayants droit
pendant un délai de dix ans dans un compte bloqué ouvert au nom de la société à
la Banque Société Générale.
• 3° à l’expiration de ce délai de dix ans, ils seront versés à la Caisse des dépôts
et consignations et resteront à la disposition des ayants droit sous réserve de la
prescription trentenaire au profit de l’État.
Le Conseil d’administration
Sanofi a présenté mercredi un
exercice 2018 en demi-teinte. Certes, les principaux résultats affichés sont tous en recul, mais ils
s’avèrent positifs à taux de change
et périmètre constants. Ainsi, le
géant pharmaceutique français a
réalisé un chiffre d’affaires de
34,5 milliards d’euros l’an dernier,
en baisse de 1,7 % sur un an en données publiées, mais en progression
de 2,5 % à taux de change constant.
De la même manière, le résultat
net publié s’affiche en recul de
48,8 %, à 4,3 milliards d’euros,
m a i s c’e s t s a n s c o m p t e r s u r
l’importante plus-value réalisée en
2017, lors de la cession de sa santé
animale. Hors ce paramètre, le
résultat net s’affiche ainsi en
hausse de 14,5 %. Quand au résultat opérationnel, il progresse de
4,2 % à taux de change constant.
En 2018, le fabricant du Doliprane a soigné sa croissance à
coups d’acquisitions. Ses ventes,
plus dynamiques au second
semestre qu’au premier, ont
notamment été tirées par sa division de médicaments de spécialité.
Sanofi Genzyme, enregistrant une
Pour le directeur général de Sanofi, Olivier Brandicourt, il reste « un peu de marge »
pour des acquisitions très ciblées en 2019. Photo Eric Piermont/AFP
progression de 30,8 %, à 7,7 milliards d’euros en 2018, grâce à son
portefeuille de traitements en
immunologie et contre la sclérose
en plaque.
Sanofi Genzyme bénéficie également des nouveaux traitements
liés à l’acquisition d’Ablynx et de
Bioverativ, lui ayant permis de
créer une filiale dans les maladies
rares du sang. Celle -ci vient
d’ailleurs d’enregistrer un premier
succès, mercredi aux Etats-Unis,
avec l’approbation donnée par la
Food and Drug Administration au
Cablivi, un traitement contre un
trouble rare de la coagulation.
Les ventes de la division Sanofi
Pasteur, en charge des vaccins,
progressent quant à elles de 2,4 %
en 2018, à 5,1 milliards d’euros.
Tandis que Sanofi réalise un chiffre d’affaires de 4,6 milliards
(+3 %) en santé grand public. En
revanche, la division diabète et
cardiovasculaire recule de 13,8 %,
à 4,5 milliards d’euros. Le Lantus,
première marque d’insuline au
monde, enregistre ainsi une
baisse de ses ventes de 19 %, à
3,5 milliards.
Montée en puissance
du Dupixent
Le géant pharmaceutique entend
profiter de la montée en puissance
de son Dupixent, un traitement
contre l’eczéma, pour compenser la
baisse des ventes dans le diabète. Il
table aussi en 2019 sur de nouveaux
traitements et dote pour cela sa
R&D d’une enveloppe de 5,8 mil-
liards d’euros, sans détailler les spécialités qui en bénéficieront le plus
(immunologie, oncologie, hématologie…). Par ailleurs, le directeur
général de Sanofi, Olivier Brandicourt, estime avoir « un peu de
marge », pour d’autres acquisitions
d’envergure, tout en étant très
ciblées. Le groupe dispose pour cela
d’une « enveloppe globale de 7 milliards d’euros ».
« Nos efforts restent concentrés
sur la réalisation de nos priorités
stratégiques et la transformation
de Sanofi afin de répondre aux
mutations de notre industrie »,
précise-t-il toutefois. Le groupe
anticipant ainsi une croissance
entre « 3 et 5 % » de son bénéfice
net à taux de change constant
pour l’exercice 2019. n
Pour ArcelorMittal, la crise
n’est plus qu’un mauvais souvenir
SIDÉRURGIE
Le numéro un mondial
de l’acier a dégagé
un bénéfice de 5,1 milliards de dollars en 2018,
en hausse de 12,7 %.
Anne Feitz
@afeitz
Nouvelle année au beau fixe pour
ArcelorMittal. Et ce, malgré la
guerre commerciale et le ralentissement qui s’amorce en Chine. Le
géant mondial de l’acier a annoncé
jeudi un bénéfice net de 5,1 milliards de dollars (4,5 milliards
d’euros) en 2018, en hausse de 12,7 %
par rapport à 2017, pour un chiffre
d’affaires de 76 milliards de dollars
(+10,7 %). Loin des pertes abyssales
enregistrées il y a quelques années.
« Ce sont nos meilleurs résultats
depuis plusieurs années », a relevé
Aditya Mittal, directeur financier et
directeur général pour l’Europe du
groupe.
A vrai dire, le groupe a surtout
bénéficié l’an dernier des hausses
de prix de l’acier : ses livraisons ont
légèrement reculé (–1,6 %), pénalisées notamment par des interruptions de production au Mexique, en
Ukraine et au Kazakhstan. Mais les
efforts de productivité ont payé : son
résultat brut d’exploitation (Ebitda)
a atteint 10,3 milliards de dollars
(+22,1 %). Ramené à la tonne produite, il a augmenté de 99 à 122 dollars en un an.
« 2018 a aussi été l’année d’initiatives stratégiques pour le long terme »,
a insisté Aditya Mittal. ArcelorMit-
tal a finalisé le rachat du brésilien
Votorantim en avril et surtout, a
enfin mis la main sur l’italien Ilva, la
plus grande aciérie d’Europe. Le
groupe a aussi été sélectionné en
octobre pour la reprise de l’indien
Essar, une acquisition qui lui coûtera 5,7 milliards de dollars à rembourser aux créanciers, auxquels
s’ajoutera 1,1 milliard injecté dans
l’outil. « Nous espérons accroître les
livraisons à 8,5 millions de tonnes à
moyen terme », indique le groupe,
qui espère boucler l’acquisition d’ici
à la fin mars.
Mesures de sauvegarde
Malgré ces lourds investissements,
ArcelorMittal a maintenu son endettement net à 10,2 milliards de dollars
fin 2018 (10,1 milliards un an plus tôt).
Son objectif est de tomber à moins de
6 milliards, afin de conserver sa
notation financière en catégorie
« investissement » – qu’il vient tout
juste de regagner. Outre les acquisitions prévues, il prévoit aussi de
construire un laminoir à chaud au
Mexique et d’accroître ses capacités
à Vega au Brésil, dans la production
d’aciers à plus haute valeur ajoutée.
Le géant de l’acier estime que le
marché continuera à progresser
cette année, avec une croissance de
la demande de 0,5 à 1 % (2,8 % en
2018). « Les fondamentaux du marché restent positifs », a insisté Aditya
Mittal. Les surcapacités de produc-
Fos-sur-Mer : le groupe veut
régler le problème d’ici à fin avril
Alors que l’Etat a infligé une amende de 15.000 euros fin
décembre à ArcelorMittal pour pollution de l’air à propos du site de Fos-sur-Mer, le groupe a affirmé que ce
problème environnemental devrait être résolu d’ici à fin
avril. Aditya Mittal a expliqué que des investissements
supplémentaires étaient en cours et évoque des « incidents » qui ont provoqué des dépassements d’émissiosn
de benzène. Selon le dirigeant, ArcelorMittal a dépensé
100 millions d’euros en six ans pour améliorer le site.
tion en Chine ont été réduites de
260 millions de tonnes depuis 2015.
« Ce n’est pas assez, mais c’est un
grand pas dans la bonne direction »,
a-t-il commenté.
Quant aux mesures de sauvegardes adoptées depuis le début du
mois par la Commission européenne, il les a jugées positives tout
en soulignant leurs limites. Elles
consistent à figer les importations
d’acier en Europe par pays, sur la
base de la moyenne 2015-2017. Les
quotas peuvent toutefois augmenter
de 5 % par an. « Or la demande européenne n’augmente pas de 5 % par
an ! » a-t-il noté. Les mesures
devraient écarter le danger de voir
déferler sur l’Europe l’acier autrefois
acheté par les Etats-Unis et devenu
trop cher avec les droits de douane
imposés par Donald Trump. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
Les possibilités de consolidation
autour d’Alstom paraissent inexistantes
TRANSPORT
Après l’échec de la
fusion Alstom-Siemens,
Bruno Le Maire entend
réfléchir à des « possibilités de consolidation ».
Mais ni le canadien
Bombardier
ni le français Thales
n’y sont disposés.
Anne Bauer
@annebauerbrux
« Nous allons réfléchir aux possibilités
de consolidation », a lancé mercredi
le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, dépité par le feu rouge de
Bruxelles sur la fusion Alstom-Siemens. Une petite phrase qui a aussitôt ramené sur le devant de la scène
deux scénarios déjà vus. Celui d’un
éventuel rapprochement des activités ferroviaires Bombardier avec celles du français Alstom a fait gagner
7 % à l’action du groupe canadien
mercredi à la Bourse de Toronto. A
moins que ce ne soit la déclaration
du vice-président du groupe, Daniel
Desjardins, se disant « heureux » du
rejet par la Commission européenne
de la fusion de ses concurrents, estimant qu’une telle opération aurait
« gravement compromis la santé et la
compétitivité de l’ensemble du marché ferroviaire européen ». Autant
dire que Bombardier n’est pas candidat à remplacer Siemens.
L’autre scénario, celui d’une
fusion du pôle transport de Thales
avec Alstom, n’est pas nouveau non
plus. « Je pourrais démanteler Thales
par appartements et aller jouer au
golf, mais ce n’est pas ma conception
de mon métier de président », confiait
ainsi avec humour le président du
groupe, Patrice Caine, à quelques
journalistes en réponse à des questions sur d’éventuels Meccano® de
consolidation industrielle.
Thales indifférent
Thales, dont l’Etat et Dassault sont
actionnaires à parts égales (26 %
chacun), n’a mis aucun bâton dans
les roues de la fusion SiemensAlstom. Mais il n’a aucune envie de
jouer les « consolidateurs » d’un Alstom désormais seul. Depuis son arrivée à la tête de Thales en 2015, Patrice
Caine n’a cessé de nier l’intérêt d’un
tel rapprochement. Le pôle transport de Thales est modeste : 1,76 milliard d’euros de chiffre d’affaires en
2017. Sa cession à Alstom poserait
sans doute aussi des questions à
Bruxelles, sur la concentration des
marchés de la signalisation ferroviaire dans lesquels Thales revendique une place de leader mondial.
En charge de la rénovation du
métro londonien, de la modernisation des voies en Pologne, ou de la
sécurité des futures lignes 15, 16 et 17
du Grand Paris Express, Thales a
ramené sa branche transport dans
le vert au cours de ces dernières
années, même si son rendement
brut (4,1 % en 2017) est encore infé-
rieur aux autres métiers. Mais, selon
Patrice Caine, le fruit est désormais
mûr pour tenir ses promesses de
croissance.
« Nous ne vendons pas des trains
mais l’intelligence d’un groupe de
recherche et développement de
20 milliards d’euros capable de piloter
des systèmes complexes en toute sécurité », explique-t-on du côté du siège
de la Défense. « En novembre 2018,
nous avons démontré avec succès
qu’on pouvait faire rouler sans pilote
une rame du métro new-yorkais, afin
de prouver qu’on peut basculer des
métros automatiques aux métros
autonomes », expliquait le patron
de Thales il y a deux semaines, lors
d’une conférence sur l’intelligence
artificielle. Le groupe vient d’investir
plusieurs milliards pour renforcer
ses compétences en intelligence
artificielle, gestion de données,
cybersécurité… Ce qui ne lui donne
guère d’appétit pour un spécialiste
du matériel roulant. n
« Je pourrais
démanteler Thales
par appartements
et aller jouer au golf,
mais ce n’est pas ma
conception de mon
métier de président. »
PATRICE CAINE
PDG de Thales
Besoin d’un coup de peinture dans
votre salle de bains ? EDF est désormais une option. L’électricien a
annoncé mercredi le lancement
d’une nouvelle marque, baptisée
« IZI by EDF », dédiée aux services
de proximité chez les particuliers et
les petits professionnels : elle propose de réaliser les « petits travaux
du quotidien » (peinture, électricité,
plomberie…) ou les installations
d’équipements (pompes à chaleur,
cuisine, ballon d’eau chaude, télésurveillance…). Avec une promesse, « bien fait ou refait ».
EDF veut aussi
reconquérir
ses clients partis
à la concurrence.
« Nous nous adaptons à un marché
qui change rapidement », a justifié le
PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy.
Près de douze ans après l’ouverture
des marchés de l’électricité et du gaz
à la concurrence pour les particuliers, EDF fournit encore 80 % des
sites résidentiels, mais la perte de
parts de marché s’est accélérée. Et,
tous marchés confondus, c’est un
Capitaliser sur sa marque
Concrètement, ces nouveaux services reposent sur une plate-forme
numérique créée par Hellocasa,
une start-up toulousaine acquise en
septembre. Le client entre sa
demande en ligne, un devis lui est
proposé et il contractualise directement avec EDF, qui rémunérera de
son côté l’artisan pour les travaux
effectués. Cette nouvelle activité restera modeste en termes de chiffre
d’affaires (100 millions d’euros visés
à l’horizon 2022), mais doit permettre à l’électricien de capitaliser sur
sa marque et de maintenir un lien
fort avec le client final. D’autres
grands acteurs ont d’ailleurs lancé
des services similaires, comme
Engie avec MesDépanneurs.fr ou
AXA avec Mes Travaux.
EDF, qui ne s’est jamais positionné sur une stratégie à bas prix,
promet un « prix juste » pour ses
prestations. « On industrialise et on
automatise, ce qui permet d’avoir des
prix intéressants », a expliqué Julien
Desarnauts, l’un des fondateurs
d’Hellocasa. Derrière cette diversification, EDF veut aussi reconquérir
ses clients partis à la concurrence.
Jean-Bernard Lévy a d’ailleurs
adopté un ton offensif jeudi. « Tout
est organisé par les régulateurs pour
qu’on perde des parts de marché »,
a-t-il jugé. « L’idée de récupérer des
clients, c’est une obsession pour
nous », a-t-il ensuite répété, assurant
ramener déjà à EDF « de 300.000 à
350.000 clients » chaque année. n
Carambar & Co – RCS Nanterre 824 239 214
Véronique Le Billon
@VLeBillon
tiers des volumes qui est passé à la
concurrence. Et si EDF a déjà fait
quelques incursions vers les services, ceux-ci restaient jusqu’à présent
dans l’univers de l’énergie (panneaux solaires, électricité verte, pilotage du chauffage et de la maison…).
Réponse :
L’électricien vise
100 millions d’euros
de chiffre d’affaires
en 2022 et mise sur la
notoriété de sa marque
pour se diversifier
hors de l’énergie.
Photo Shutterstock
QUELLES MARQUES ONT
CHOISI DE
RELOCALISER 100%
DE LEUR PRODUCTION
EN FRANCE ?
EDF se lance dans
les travaux à domicile
SERVICES
Thales rénove la signalisation du métro londonien et promet une augmentation de capacité de 33 %.
Chez Carambar & Co nous nous sommes donnés pour mission de redynamiser de
belles marques de chocolat et de confiserie de notre patrimoine français. Nous
avons également fait le choix de relocaliser 100% de notre production en France :
un investissement majeur qui sera achevé début 2019. Carambar & Co-coricooo !
P O U R V O T R E S A N T É , É V I T E Z D E M A N G E R T R O P G R A S , T R O P S U C R É , T R O P S A L É . W W W. M A N G E R B O U G E R . F R
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // INDUSTRIE & SERVICES
Thomas Cook
envisage de
sortir de l’aérien
TOURISME
Le voyagiste britannique recherche
des ressources
financières pour
mettre en œuvre
un nouveau modèle
économique.
Christophe Palierse,
@cpalierse
avec AFP
Thomas Cook a amorcé un
virage sur l’aile. Le voyagiste britannique a annoncé jeudi avoir
lancé « une revue stratégique »
concernant son pôle aérien. Le
numéro deux européen du
voyage – après l’allemand TUI –
compte une centaine d’avions
pour deux marques et 4 entités
opérationnelles – Thomas Cook
Airlines UK, Condor Germany,
Thomas Cook Airlines Scandinavia, Thomas Cook Airlines
Balearics –, soit quelque 20 millions de passagers transportés
par an.
A l’occasion de son assemblée
générale annuelle et de la publication de ses résultats pour le
premier trimestre de son exercice 2018-2019, le directeur
général de Thomas Cook, Peter
Fankhauser, a précisé, dans un
communiqué, que sa direction
étudie « toutes les options ». Le
processus n’en est qu’à son « tout
début », a ajouté le dirigeant,
l’objectif étant « d’accroître la
valeur [de l’entreprise, NDLR] au
profit des actionnaires » et, pour
ce faire, « intensifier » la mise en
œuvre de sa nouvelle stratégie.
La nouvelle a été saluée par les
investisseurs à la Bourse de Londres, le titre Thomas Cook progressant de plus de 7 % en
milieu d’après-midi. Mais son
cours est en baisse de plus de
73 % sur un an…
L’annonce d’un possible
désengagement du transport
aérien intervient alors que le
groupe traverse une passe difficile. Il tente de se relancer sur la
base d’un nouveau modèle économique. Le voyagiste a
« besoin d’une plus grande flexibilité financière et de davantage
de ressources pour accélérer
l’exécution de sa stratégie », a
souligné son patron. Dupliquant, l’air de rien, celle de TUI,
Thomas Cook met le paquet
dans l’hôtellerie, tout en portant l’accent sur le numérique.
Il dispose d’ores et déjà de quelque 200 hôtels – soit plus de
38.000 chambres – sous 8 marques pour 47 destinations.
Modèle moins intégré
Au terme de son exercice 20172018, Thomas Cook a accusé
une p e rte avant im p ôt de
53 millions de livres, contre un
gain de 43 millions un an auparavant, pour un total de revenus
de 9,6 milliards, en hausse de
6,4 %. Une année jugée « décevante » par Peter Fankhauser,
d’autant que le résultat opérationnel du groupe a fondu de
plus de 23 %, à 250 millions de
Thomas Cook
met le paquet dans
l’hôtellerie.
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
Qantas enfonce encore
un peu plus l’Airbus A380
AÉRIEN
La compagnie australienne a officialisé
l’annulation du solde
de commande de 8
A380, passée en 2006.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Un clou de plus sur le cercueil
de l’A380 ? Alors que l’avenir du
très-gros-porteur paraît déjà très
compromis par la renégociation en
cours d’une commande d’Emirates,
la compagnie australienne Qantas
a annoncé, jeudi, l’annulation formelle du solde de sa commande
de 2006. Soit 8 A380, sur une commande initiale de 20, qui
disparaîtront du carnet de commandes d’Airbus.
Cette annonce était attendue. Il y
a deux ans déjà, la compagnie australienne avait fait savoir, sans la
moindre ambiguïté, qu’elle ne voulait plus de ces appareils et qu’elle
se contenterait des 12 exemplaires
déjà en service dans sa flotte. Ces
8 exemplaires figuraient néanmoins encore dans le carnet de
commandes d’Airbus, le temps de
trouver un accord avec Qantas.
Après cette annulation, l’avionneur européen n’a plus officiellement que 79 A380 dans son portefeuille de commandes. Mais une
grande partie de ces contrats risque
de subir le même sort que celui
de Qantas. Ce sera le cas des 3 A380
figurant au nom d’Air Accord,
société inconnue basée aux Bahamas, initialement destinés à la
défunte compagnie russe Transaero. Et ce sera probablement la
même chose pour 20 A380 commandés en 2017 par le loueur d’avions américain Amedeo, dont le
modèle d’A380 partagé entre plusieurs compagnies n’a pas trouvé
preneur. Une grande incertitude
plane également sur 20 des 53 A380
restant à livrer à Emirates, la compagnie de Dubaï cherchant à convertir
ces appareils en A350 et A330neo.
En soustrayant tous ces contrats
douteux, le véritable solde de com-
mandes d’A380 se situerait donc
plutôt aux alentours de 36 appareils
(33 pour Emirates et 3 pour All Nippon), soit l’équivalent d’un peu plus
de quatre ans de production, au
rythme actuel, déjà ralenti au maximum, de 6 à 8 avions par an (0,53 par
mois). Ce qui, compte tenu du délai
de 18 mois nécessaire pour commander ou nom des pièces à la
chaîne des sous-traitants, pourrait
conduire l’actuel directeur général
du groupe Airbus, Tom Enders, à
recommander au conseil d’administration l’arrêt du programme A380,
afin de laisser une situation clarifiée
à son successeur, Guillaume Faury.
pement à l’international, mais elles
restent confrontées à une pénurie
de créneaux horaires adaptés aux
liaisons internationales dans les
grands aéroports de Chine. Ce qui
plaiderait en faveur d’avions plus
gros, comme l’A380. La dernière
Le véritable solde
de commandes d’A380
se situerait plutôt
aux alentours
de 36 appareils.
Accord entre Emirates
et China Southern
Soit l’équivalent d’un
peu plus de quatre ans
de production.
Mais le pire n’est pas certain. Outre
l’issue incertaine de la négociation
avec Emirates, Airbus espère toujours décrocher une nouvelle commande chinoise d’A380, qui serait
assortie de l’installation d’un nouveau site industriel en Chine, consacré à leur aménagement intérieur.
Les grandes compagnies chinoises
voudraient accélérer leur dévelop-
illustration en date de cet intérêt est
l’annonce, il y a trois jours, d’un
accord commercial de partage de
code entre Emirates et China
Southern sur 18 routes entre la
Chine, le Moyen-Orient et l’Afrique.
China Southern est pour l’heure la
seule compagnie chinoise à exploiter des A380. n
Il dispose
de 200 hôtels sous
8 marques pour
47 destinations.
livres. Celui du pôle aérien, en
revanche, a bondi de 37 %, à
129 millions de livres, pour un
chiffre d’affaires de 3,5 milliards, en augmentation de 14 %.
Mais dans un contexte de vive
concurrence dans le secteur, du
fait de l’agressivité commerciale
des low cost, il n’est pas certain
que Thomas Cook puisse maintenir cette performance.
S on directeur général a
observé jeudi, lors d’une conférence de presse téléphonique,
que le groupe n’avait « pas
besoin de posséder une compagnie aérienne en totalité pour
être un voyagiste compétitif ».
Thomas Cook cherche à gagner
en flexibilité opérationnelle et
s’oriente vers un modèle moins
intégré. n
Qantas avait indiqué ne pas vouloir aller au-delà des 12 A380 déjà en service dans sa flotte. Photo Airbus
Air Sénégal tente sa chance
dans la cour des grands
« Les Champions
de la Croissance »
sur franceinfo
Vendredi 8 février
« le brief éco »
d’Emmanuel Cugny
à 6h51 et 10h23
et sur franceinfo.fr
En partenariat avec
AÉRIEN
La jeune compagnie
nationale sénégalaise
a inauguré sa première ligne long-courrier gros-porteur
entre Paris et Dakar.
Un an après avoir démarré son activité, Air Sénégal a finalement réussi
son pari : reprendre la place laissée
vacante par la faillite d’Air Sénégal
International sur la ligne Paris-Dakar, en mettant en ligne son premier gros-porteur long-courrier.
Depuis le 1er février, la jeune compagnie régionale africaine, qui n’opérait jusqu’alors que des ATR et des
A319 sur des liaisons interafricaines, propose un aller-retour quotidien entre Roissy-CDG et Dakar,
face à Air France. D’autres lignes
long-courriers au départ de la capitale sénégalaise pourraient suivre,
vers Londres, Beyrouth, New York,
Dubaï et São Paulo. Avec pour
ambition de faire du nouvel aéroport de Dakar l’une des portes
d’entrée du continent africain.
Seul regret : le premier des deux
Airbus A330-900neo commandés
par la compagnie en novembre 2017 pour lancer la ligne n’était
pas au rendez-vous. La livraison de
ce nouveau modèle, dont Air Sénégal est l’un des premiers clients, a
été reportée par Airbus à la semaine
prochaine. Le vol inaugural a donc
dû être effectué par un A340 plus
très jeune, loué à la compagnie portugaise Hifly.
Un pari risqué
Un premier aléa qui ne sera probablement pas le dernier. Car comme
le reconnaît son directeur général,
Philippe Bohn, le pari d’Air Sénégal
reste risqué, même avec le soutien
de l’Etat. « Relancer une compagnie
nationale sénégalaise après trois faillites successives n’allait pas de soi, souligne-t-il. C’est la volonté du chef de
l’Etat. » Outre l’investissement initial
de 60 millions d’euros, les deux
A330 représentent un engagement
financier de près de 300 millions de
dollars par appareil, au prix catalogue. Mais grâce à ses deux gros-porteurs, la compagnie espère doubler
son chiffre d’affaires d’ici à 2022 (qui
passerait de 150 millions sur douze à
quinze mois, à 300 millions d’euros)
et atteindre l’équilibre en 2022.
Air Sénégal sait pouvoir compter
sur un trafic très dynamique entre
la France et le Sénégal – la ligne
Paris-Dakar avec ses 388.000 passagers est l’une des plus rentables
d’Air France –, mais aussi sur la protection du traité aérien entre la
France et le Sénégal. Celui-ci prévoit
un strict partage des capacités.
L’arrivée d’Air Sénégal sur Paris-Dakar a, d’ailleurs, eu pour conséquence le retrait forcé de Corsair,
qui exploitait les droits de trafic en
l’absence de compagnie nationale. Air Sénégal espère enfin que la
découverte de gisements pétroliers
au large des côtes sénégalaises attirera les investisseurs internationaux, auxquels elle prévoit d’ouvrir
son capital.
Cependant, la jeune compagnie
devra également faire avec les handicaps habituels du transport aérien
en Afrique. A savoir des coûts plus
élevés qu’ailleurs sur les postes principaux que sont le carburant, les
assurances et les frais de personnels,
ainsi que la difficulté de recruter des
personnels très qualifiés. Sans
oublier le manque de capitaux et un
marché intra-africain qui hésite toujours entre protectionnisme et libéralisation anarchique. — B. T.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
Renault soupçonne à son tour
Carlos Ghosn d’abus de bien social
AUTOMOBILE
Le groupe a transmis
à la justice un
dossier sur le mariage
de son ex-PDG au
château de Versailles.
Carlos Ghosn pourrait
avoir bénéficié
de la contrepartie
d’un contrat de mécénat conclu entre
le constructeur et le
monument historique.
Anne Feitz
@afeitz
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
L’affaire Ghosn franchit un nouveau palier. Pour la première fois
depuis l’incarcération spectaculaire de Carlos Ghosn au Japon minovembre, et moins de deux semaines après la nomination de JeanDominique Senard à sa présidence,
Renault soupçonne publiquement
son ex-PDG d’abus de bien social.
Le groupe au losange a indiqué
jeudi dans un communiqué avoir
signalé à la justice des éléments sur
la location de salles du Grand Trianon du château de Versailles, à
l’occasion du mariage en grande
p o m p e d u d i r i g e a n t ave c s a
seconde épouse, Carole, le 8 octobre
2016. La justice française devrait
donc bientôt se plonger dans la cuisine interne du Losange. « Les éléments réunis jusqu’ici nécessitent
que des vérifications supplémentaires soient menées », écrit le constructeur.
De quoi s’agit-il ? Carlos Ghosn a
bénéficié pour son mariage de la
gratuité des salles concernées, alors
que leur location est généralement
facturée 50.000 euros. Or, cette
prestation a été enregistrée par le
château de Versailles comme l’élément d’un accord de mécénat signé
avec Renault en juin 2016. Un contrat de 2,3 millions d’euros conclu
pour la restauration du salon de la
Paix, qui donnait droit à Renault à
des contreparties à hauteur de 25 %
de cette somme, soit 575.000 euros,
ont expliqué jeudi les services du
château. Contreparties qui n’étaient
pas censées bénéficier à une personne privée.
L’enquête chez RNBV, la société
basée à Amsterdam contrôlée par
Renault et Nissan, devrait elle aussi
réser ver son lot de surprises.
Notamment sur les dépenses concernant des missions de conseil,
dont celles liées à Rachida Dati,
comme l’a expliqué Bloomberg.
Reste que les directions de Renault
et Nissan semblent avoir toutes les
peines du monde à lancer concrètement leur audit conjoint sur cette
entreprise qualifiée aussi de « boîte
noire ».
Déplacement du nouveau
patron au Japon
Enquête interne
« Il s’agit d’une convention de mécénat classique, Renault en a plusieurs
de ce type. Celui-ci était géré directement par le centre de coûts de la présidence », indique une source proche
du dossier. En 2013, Renault avait
déjà conclu un contrat avec le château de Versailles, mettant à disposition du monument des Kangoo et
des Twizy électriques. Carlos Ghosn
« a ré g l é t o u s l e s f ra i s d e s o n
mariage », a affirmé son avocat JeanYves Le Borgne. « Seule la salle de
Versailles a été mise à sa disposition
PSA acquiert
la jeune pousse
TravelCar
C’est la première fois depuis le début de l’« affaire Ghosn » que l’ancien patron de l’Alliance
(ici avec sa femme Carole) est mis en cause pour une infraction chez Renault. Photo Loic Venance/AFP
« Nous voulons
la transparence
complète et totale. »
BRUNO LE MAIRE,
Ministre de l’Economie.
sans facturation » et « Renault n’a
rien déboursé », indique-t-il, assurant que son client « ignorait que
l’utilisation de la salle serait imputée
au droit d’usage réservé à Renault ».
Révélés par « Le Figaro », ces éléments ont été découverts au cours de
l’enquête interne ouverte chez
Renault dès le 23 novembre et con-
fiée à l’ex-préfet de police Claude
Baland, sous l’autorité du directeur
de l’éthique Eric Le Grand. Cette
enquête interne touche à son terme
mais, selon nos informations, les
révélations ne sont peut-être pas terminées. « Il y a encore des vérifications
en cours sur certains flux financiers »,
souffle une source bien informée.
Quoi qu’il sorte de ces trois investigations, le gouvernement met la
pression pour que lumière soit
faite. « Nous voulons la transparence
complète et totale », a martelé jeudi
Bruno Le Maire, le ministre de
l’Economie. « C’est nous qui avons
demandé l’ouverture des enquêtes
chez Renault et RNBV. Tout ce qui
mérite d’être signalé à la justice devra
l’être », clame-t-on à Bercy.
De son côté, Jean-Dominique
Senard, le nouveau patron du
Losange, aura à cœur de ne rien
laisser passer chez Renault. « C’est
un homme qui observe et qui sait
trancher, quitte à se montrer brutal », dit-on dans son entourage. Le
président du constructeur français
aura en tout cas l’occasion, s’il le
souhaite, de se plonger dans le dossier d’accusation de Nissan lors de
son déplacement prévu au Japon,
d’ici à la fin du mois. n
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
PRÉFECTURE DE LA SEINE-SAINT-DENIS
AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE
sur les territoires des communes de La Courneuve, Dugny et Le Bourget
AUTOMOBILE
La société, spécialisée dans la location
de voitures et
le stationnement,
doit permettre au
constructeur d’étoffer son offre de
services de mobilité.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
PSA continue d’étoffer son
offre de services de mobilité. Le
constructeur d’automobiles a
annoncé, jeudi, l’acquisition de
TravelCar, une jeune pousse
dont il était déjà actionnaire à
hauteur de 22 % aux côtés de la
Maif, suite à une levée de fonds
de 15 millions d’euros effectuée
en 2017. Durant ces deux
années, le groupe a pu constater
l’agilité de la start-up, et sa capacité à faire évoluer son modèle
initial afin de poursuivre sa
croissance.
Fondé en 2012, TravelCar
était à l’origine spécialisé dans
la location de voitures entre
voyageurs dans les aéroports : il
proposait à ces derniers, plutôt
que de laisser leur voiture sur le
parking durant leurs congés, de
la laisser à la location aux touristes qui arrivent. Un marché
gagnant-gagnant typique de
l’économie collaborative : les
uns économisaient le stationnement et engrangeaient une
petite indemnisation, pendant
que les autres disposaient d’un
véhicule à prix réduit.
A partir de 2015, le modèle
a été dupliqué vers le stationnement en gare. Mais les vacanciers prêts à laisser leur véhi-
cule à un inconnu ne sont pas
légion. TravelCar a alors proposé une autre offre, limitée,
elle, au stationnement à tarif
réduit. La plate-forme négocie
avec les exploitants de parkings
intéressés et se rémunère avec
une commission.
Cela lui a permis d’élargir
sa clientèle et de générer un
revenu pérenne qui a nourri
son développement alors que
certains concurrents restés sur
le modèle d’origine, comme Tripndrive, ont mis la clef sous la
porte. « Sur les deux dernières
années, le stationnement représente globalement la moitié de
notre activité », explique Ahmed
Mhiri, fondateur de TravelCar.
Amplifier les synergies
Nouveau changement ces
derniers mois : les véhicules
à louer ne proviennent plus seulement de particuliers, mais
également de professionnels,
qu’il s’agisse de concessionnaires ou même de grandes chaînes de location de voitures.
« Cette évolution est récente, mais
elle représente déjà 90 % des locations », indique le dirigeant.
Le Groupe PSA est aux premières loges de ce développement. Il a déjà confié à TravelCar l’automne dernier, à la suite
d’un appel d’offres, son activité
de location sous les marques
Peugeot, Citroën, DS et Opel. En
prenant le contrôle de la jeune
pousse, le constructeur compte
bien amplifier les synergies
existantes, notamment dans le
cadre de son offre de services
Free2Move. Le développement
à l’international devrait également être accéléré, la France ne
représentant plus que 25 % du
chiffre d’affaires de la jeune
pousse. n
Par Arrêté préfectoral n° 2019-0330 du 4 février 2019, il
sera procédé du mercredi 27 février au vendredi 12 avril
2019 inclus, soit une durée de 45 jours consécutifs, sur les
territoires des communes de La Courneuve, de Dugny et du
Bourget, à une enquête publique unique régie par le code de
l’environnement regroupant :
• la consultation du public au titre de la création, par l’Etat
et sur l’initiative de la Société de Livraison des Ouvrages
Olympiques (SOLIDEO), de la zone d’aménagement
concerté (ZAC) du Cluster des Médias;
• l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique
(DUP) du projet d’aménagement de la ZAC du Cluster
des Médias, emportant mise en compatibilité du plan
local d’urbanisme (PLU) de la commune de Dugny et du
Schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF) ;
• l’enquête parcellaire en vue de déterminer, d’après l’état
et le plan parcellaires figurant au dossier d’enquête, la
liste des propriétaires et ayants droit des immeubles
concernés par le projet et de procéder, à l’amiable ou
par voie d’expropriation, aux acquisitions foncières
nécessaires à la réalisation du projet du Cluster des
Médias.
L’enquête se déroule à la préfecture de la Seine-Saint-Denis,
siège de l’enquête, ainsi que dans les mairies suivantes :
Préfecture
de la Seine-Saint-Denis
Direction de la coordination
des politiques publiques et
de l’appui territorial, bureau
de l’utilité publique et des
affaires foncières
Mairie de La Courneuve
Pôle administratif Mécano –
UT foncier droit des sols
Mairie de Dugny
Hôtel de ville Service
urbanisme
Mairie du Bourget
Service urbanisme
1, Esplanade Jean Moulin
93007 BOBIGNY Cedex
3 mail de l’Egalité/
58, avenue Gabriel Péri
93120 la Courneuve
1, rue de la Résistance
93440 Dugny
22-24, rue Anizan Cavillon
93350 Le Bourget
Cette enquête est conduite par une commission d’enquête
composée des membres suivants :
• M. Marcel LINET, ingénieur général des Ponts et
Chaussées retraité, Président ;
• Mme Brigitte BELLACICCO, attachée territoriale
retraitée ;
• Mme Mariama LESCURE, ergonome.
Pendant toute la durée de l’enquête, est mis à disposition
du public qui pourra en prendre connaissance en version
papier et en version numérique sur poste informatique dans
les lieux d’enquête précités, le dossier soumis à l’enquête
unique, comprenant l’ensemble des pièces requises par la
réglementation, dont notamment le dossier de création de la
ZAC du Cluster des Médias, le dossier de déclaration d’utilité
publique de l’aménagement de la ZAC, et les dossiers des
mises en compatibilité rendues nécessaires par le projet du
Cluster des Médias, du plan local d’urbanisme de Dugny
et du Schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF),
l’étude d’impact au titre de l’évaluation environnementale
commune du projet, l’avis de l’Autorité environnementale (Ae)
du Conseil général de l’environnement et du développement
durable du 16/01/2019 (Avis délibéré n° Ae 2018-100),
également consultable sur le site Internet du CGEDD
(http://www.cgedd.developpementdurable.gouv.fr/IMG/
pdf/190116_jop_2024_cluster_medias__93__delibere_
cle28d5b7.pdf), les avis des collectivités rendus au titre
de l’évaluation environnementale du projet, le mémoire en
réponse à l’avis de l’Ae et le dossier d’enquête parcellaire.
Le dossier d’enquête en version numérique est également
consultable sur internet pendant toute la durée de l’enquête
à l’adresse suivante :
https://www.registre-numerique.fr/cluster-des-medias.
Les observations et propositions du public peuvent être :
• consignées sur le registre d’enquête tenu à sa disposition
aux jours et heures habituels de l’ouverture au public des
lieux d’enquête précités.
• adressées par courrier au président de la commission
d’enquête à l’adresse du siège de l’enquête (Préfecture
de la Seine-Saint-Denis - Direction de la coordination des
politiques publiques et de l’appui territorial - Bureau de
l’utilité publique et des affaires foncières - 1, esplanade
Jean Moulin, 93007 Bobigny Cedex) ; les courriers
reçus seront annexés sans délai au registre du siège
de l’enquête et consultables sur place pendant toute la
durée de l’enquête.
• formulées sur le registre électronique accessible
à l’adresse
https://www.registre-numerique.fr/cluster-des-medias
• adressées par courrier électronique adressé à M. le
président de la commission d’enquête à l’adresse
suivante : cluster-des-medias@mail.registre-numerique.fr
Les observations et propositions transmises par voie
électronique (registre ou courriel) seront consultables par le
public sur le site internet mentionné ci-dessus. Une version
imprimée sera également mise à disposition du public au
siège de l’enquête, la préfecture de la Seine-Saint-Denis.
Un membre de la commission d’enquête se tiendra à la
disposition du public pour recevoir ses observations aux
lieux de permanence, dates et horaires suivants :
LIEUX DE PERMANENCE
Mairie de La Courneuve
Pôle administratif Mécano
3 mail de l’Egalité/
58, avenue Gabriel Péri
93120 La Courneuve
Mairie de Dugny
Hôtel de ville
Service urbanisme 1, rue de la Résistance
93440 Dugny
DATES ET HORAIRES
Le mercredi 27 février 2019
de 14h00 à 17h00
Le lundi 11 mars 2019
de 14h00 à 17h00
Le samedi 23 mars 2019
de 08h30 à 11h30
Le vendredi 12 avril 2019
de 14h00 à 17h00
Le vendredi 1er mars 2019
de 14h00 à 17h00
Le mardi 19 mars 2019
de 16h00 à 19h00
Le samedi 30 mars 2019
de 09h00 à 12h00
Le mercredi 10 avril 2019
de 14h00 à 17h00
LIEUX DE PERMANENCE
Mairie du Bourget
Service urbanisme
22-24, rue Anizan Cavillon
93350 Le Bourget
DATES ET HORAIRES
Le jeudi 28 février 2019
de 14h30 à 17h30
Le lundi 18 mars 2019
de 08h45 à 11h45
Le mardi 26 mars 2019
de 14h30 à 17h30
Le vendredi 12 avril 2019
de 14h00 à 17h00
À l’expiration du délai d’enquête, les registres et les
documents annexés sont transmis sans délai au président
de la commission d’enquête et clos par lui. Dès réception
des registres et des documents annexés, le président de
la commission d’enquête rencontre, dans la huitaine, le
responsable du projet et lui communique les observations
écrites et orales consignées dans un procès-verbal de
synthèse. Le responsable du projet dispose d’un délai de
quinze jours pour produire ses observations éventuelles.
Le rapport et les conclusions motivées de la commission
d’enquête seront tenus à la disposition du public pendant
un an à compter de la date de clôture de l’enquête dans
les établissements publics territoriaux Plaine Commune et
Paris Terres d’Envol, les mairies concernées et sur les sites
internet www.seine-saint-denis.gouv.fr (rubrique Politiques
publiques / Aménagement du territoire et constructions /
Enquêtes publiques) et https://www.registre-numerique.fr/
cluster-des-medias
Les décisions susceptibles d’intervenir au terme de l’enquête
publique sont :
• La création de la zone d’aménagement concertée du
Cluster des Médias, arrêtée par le préfet de la SeineSaint-Denis sur initiative de la SOLIDEO.
• La déclaration d’utilité publique du projet d’aménagement
de la ZAC Cluster des Médias emportant mise en
compatibilité du PLU de la commune de Dugny et du
SDRIF, prononcée par le préfet de la Seine-Saint-Denis,
au bénéfice de la SOLIDEO.
• La cessibilité des parcelles nécessaires à la réalisation
du projet du Cluster des Médias, également prononcée
par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Après déclaration
de cessibilité, l’expropriation et le transfert de propriété
ne peuvent être prononcés que par le juge judiciaire, sur
la base du dossier transmis par le préfet de la SeineSaint-Denis à la juridiction de l’expropriation près le TGI
de Bobigny.
Les informations relatives au projet du Cluster des Médias
peuvent être demandées auprès de : Société de livraison des
ouvrages olympiques (SOLIDEO) : Mme Aglaé BERNARD 96,
boulevard Haussmann, 75008 Paris. a.bernard@ouvragesolympiques.fr
Toute personne peut, sur sa demande et à ses frais, obtenir
communication du dossier d’enquête publique auprès du
préfet de la Seine-Saint-Denis (direction de la coordination
des politiques publiques et de l’appui territorial, bureau de
l’utilité publique et des affaires foncières, 1, esplanade Jean
Moulin, 93007 Bobigny Cedex).
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 77,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
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INDUSTRIE & SERVICES // 25
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
mécénat
A Rétromobile, Artcurial tente
une série d’enchères d’envergure
l Le rendez-vous des férus d’autos se tient du 6 au 10 février Porte de Versailles.
l Motos, casques de pilotes de Formule 1, objets et voitures de collection :
le numéro un du secteur voit grand.
La Fondation Visio
innove pour
les malvoyants
TECHNOLOGIE
De la recherche ophtalmologique aux pathologies
du chien guide en passant
par la canne blanche
électronique, la fondation
multiplie les actions touchant
le quotidien des malvoyants.
grammes sur les pathologies de
la rétine, les neuropathies optiques et les affections neuro-ophtalmologiques. Un programme
mobilisant 60.000 euros, soutenu par le Crédit Mutuel Anjou,
vient notamment d’être engagé
sur les neuropathies optiques
héréditaires chez l’enfant.
2
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
La star de la vente Artcurial cette année est une Alfa Romeo 8C 2900B Touring Berlinetta, produite en 1939
à seulement 5 exemplaires. Elle est estimée de 16 à 22 millions d’euros. Photo Kevin van Campenhout/Artcurial
ENCHÈRES
Martine Robert
@martiRD
Pour animer la deuxième partie de
Rétromobile, qui se tient du 6 au
10 février Porte de Versailles à Paris,
la maison de vente Artcurial frappe
fort avec quatre rendez-vous à partir de ce vendredi. La mise aux
enchères ce 8 février de 150 voitures
de collection, pour une estimation
basse de 65 millions d’euros, retient
toute l’attention des amateurs.
Mais la vente de 90 motos MV
Agusta, celle d’Automobilia (objets
divers liés à la voiture) et, plus insolite encore, celle d’une série de casques de pilotes de Formule 1 (dont
celui de S chumacher, estimé
100.000 euros) devraient aussi animer les travées du Salon.
La star de cette édition n’est pas
une Ferrari mais une Alfa Romeo
8C 2900B Touring Berlinetta. Produite en 1939, à seulement 5 exemplaires, couronnée du prestigieux
concours d’élégance de Pebble
Beach aux Etats-Unis, elle est estimée de 16 à 22 millions d’euros. Pour
le directeur général d’Artcurial
Motorcars, Matthieu Lamour, c’est
« le nectar de l’ingénierie mécanique
et esthétique de l’époque ». L’autre
vedette est une Bugatti Type 51
Grand Prix de 1931. Arrivée sixième
au Grand Prix de Monaco en 1932,
elle est évaluée de 4 à 4,5 millions
d’euros.
Huit heures consécutives
au marteau
Her vé Poulain, commissairepriseur et pilote à ses heures, tiendra le marteau pendant huit heures
consécutives à Rétromobile, captivant son auditoire d’environ
3.000 amateurs, inconditionnels de
son show. Il a organisé la première
vente de voitures de collection en
1974, et rapproché l’art et l’industrie
en créant dès 1975, avec BMW, ses
Art Cars peintes par des artistes du
monde entier : la première décorée
par Calder participa aux 24 heures
du Mans ; puis Franck Stella, Roy
Lichtenstein, Andy Warhol, David
Hockney, Jeff Koons, Cao Fei, John
Baldessari – entre autres – se sont
prêtés au jeu.
Artcurial Motorcars a soigné le
« storytelling » cette année, en invi-
tant les journalistes spécialisés à
découvrir en amont du Salon, à
Orly, dans un ancien hangar d’Air
France destiné aux Caravelle, une
dizaine de modèles exceptionnels
de 1926 à 1992, chargés d’histoire, et
appartenant à de vrais passionnés.
Passé maître dans la valorisation
des voitures de collection, Artcurial
a fait de Rétromobile un rendezvous incontournable au point que
l’américaine RM Sotheby’s et
l’anglaise Bonhams viennent organiser leurs ventes à Paris pendant le
Salon. « Les prix des voitures de collection ont commencé à grimper il y a
sept-huit ans, mais c’est un marché
assez sain qui exclut vite le spéculateur ou le frimeur, lesquels abandonnent à la première panne », souligne
Hervé Poulain. « Le vrai amateur
doit donner de sa personne, faire rouler sa voiture sinon celle-ci se dégrade,
donc transmettre sa passion à
son conjoint. Pour un investisseur,
il est plus commode d’acheter de
l’art ! » ironise-t-il.
« Générationnel »
Le marché des
voitures de
collection exclut
vite le spéculateur
ou le frimeur,
lesquels
abandonnent à la
première panne. »
HERVÉ POULAIN
Commissaire-priseur
C’est pourquoi, si le marché de la
voiture de collection suit les tendances du marché de l’art, il en amortit
les courbes spéculatives. « Le marché des véhicules de collection est
aussi générationnel », relève le commissaire-priseur. Ainsi les voitures
d’avant-guerre ont tendance à être
moins prisées que celles des années
1950-1960, parce que la clientèle
se renouvelle. Et comme la duplication d’un modèle fragilise la montée
de ses prix, il faut rendre chaque voiture unique par son histoire. « Pour
un bolide, plus son palmarès en
course est bon, plus sa cote sera élevée », conclut Hervé Poulain. n
Le Salon s’ouvre sur un marché des ventes
de voitures de collection plus sélectif
L’édition 2019 de Rétromobile sera l’occasion de ventes
aux enchères spectaculaires
sur ce marché de niche
en baisse l’an passé.
En 2018, le total des ventes de
voitures de collection a enregistré
une baisse de 20 %, à 90 millions
d’euros hors frais, contre 112 millions d’euros en 2017, a communiqué le Conseil des ventes volontaires (CVV). Plus encore que dans
l’art, le marché est concentré. Les
six opérateurs dominants sur cette
spécialité ont réalisé 97 % du montant cumulé des ventes, les trois
premiers trustant 80 % du marché,
Artcurial en tête (46 %), suivi par
RM Sotheby’s (22 %) et Bonhams
(14 %). Viennent ensuite Osenat
(9 %), Aguttes et Leclere.
A l’heure où l’édition 2019
du Salon Rétromobile se tient du
6 au 10 février porte de Versailles
à Paris, le CVV voit deux raisons
au recul observé l’an dernier : une
performance du trio de tête en
retrait de 14 millions d’euros, malgré une hausse de 7 % du nombre
de lots adjugés ; et une diminution
adjugée 3,32 millions d’euros par
RM Sotheby’s, la Mercedes Benz
300 SL Roadster de 1963, cédée
3,14 millions par Artcurial, qui a
aussi vendu une Bugatti Type 57 C
coupé Atalante de 1938 pour
2,9 millions. Cette présence de
voitures anciennes mais également de véhicules récents montre
que ce marché comprend une offre
diversifiée pour des profils d’acheteurs différents, estime le CVV.
Concentration sur le
moyen et haut de gamme
La Bugatti Chiron de 2017 a été adjugée 3,32 millions d’euros
par RM Sotheby’s l’an dernier. Photo Dirk de Jager/RM Sotheby’s
du nombre de véhicules vendus
tous opérateurs confondus, de
1.500 à 1.140. Une plus grande
sélectivité qui a permis de voir le
taux moyen d’invendus s’améliorer, à 31,3 %, contre 34 % en 2017. Ce
taux recouvre néanmoins de fortes
disparités, note le CVV, de 14 %
pour la vente Rétromobile 2018
d’Artcurial à 54 % pour d’autres.
Par ailleurs, le Conseil des ventes observe une baisse significative
des enchères millionnaires, tombées de 16 à 9 en un an. Ces véhicules, qui représentent moins de 1 %
des lots adjugés, pèsent 20 % du
total des ventes en 2018, contre
26 % en 2017. Les trois adjudications les plus élevées l’an dernier
sont la Bugatti Chiron de 2017,
Près d’une voiture sur deux vendues aux enchères l’est à un prix
supérieur à 25.000 euros (hors
frais), soit une concentration de la
demande sur le moyen et haut de
gamme. Les ventes de Bugatti et de
Ferrari ont particulièrement dopé
les enchères. En 2018, comme en
2017, le marché très sélectif reste
une niche pour collectionneurs
avertis, encore majoritairement
européens et nord-américains, des
passionnés qui surenchérissent audelà des estimations seulement sur
quelques modèles phares.
— M. R.
Voici un objet qui change la vie
du chien… et celle de son maître
malvoyant. Ce nouveau harnais
présente une poignée télescopique amovible et un guidon qui
pivote vers la cuisse du maître,
position plus confortable que les
harnais classiques. Déjà commercialisé en France et à l’international, il est l’une des innovations de Visioptronic, filiale de
la Fondation Visio, à Angers.
L’entreprise s’était déjà distinguée avec sa canne blanche électronique. Ce bijou technologique, élaboré par le chercheur
du CNRS René Farcy, met en
œuvre un boîtier émettant
des faisceaux infrarouges et
laser qui signalent les obstacles
en vibrant. Visioptronic en fabrique près de 120 exemplaires
par an.
Considérée comme l’une des
plus avancées de sa catégorie,
cette canne représente un coût
unitaire de 5.000 euros, mais la
fondation Visio la fournit gratuitement aux personnes mal-
LABRADORS
ET GOLDEN
RETRIEVERS
Quant au pôle vétérinaire, « il est
unique en France car les labradors et golden retrievers, guides de
grande qualité, souffrent de
pathologies spécifiques telles la
dermatite atopique ou la dysplasie des hanches, très pénalisante », souligne Pascale Humbert. Un nouveau programme
vient d’être lancé sur les malformations cardiaques du chien. La
Fondation travaille avec une
équipe restreinte de 4 permanents, et les membres bénévoles
des commissions.
3
AUDIODESCRIPTION
Le budget total annuel
de Visio, reconnu d’utilité publique, dépasse le million d’euros.
Cependant, selon Pascale Humbert, le passage de l’ISF à l’IFI a
eu pour effet de faire chuter les
dons des particuliers de 76 %.
Dès lors, le mécénat d’entreprise
représente près de la moitié des
ressources collectées par la Fondation. D’autres types de soutiens sont développés, du partenariat avec le spécialiste du jouet
d’éveil Wesco au mécénat de
Le nouveau harnais conçu par Visioptronic, filiale
de la Fondation Visio, facilite la vie des chiens guides
et de leur maître malvoyant. Photo Fondation Visio
voyantes. Depuis 2011, près de
400 d’entre elles en ont bénéficié. Dans le même esprit, Visioptronic a créé Dogsim, un simulateur de chiens guide d’aveugle,
conçu pour l’apprentissage du
déplacement avec l’animal.
1
MULTIPLES
ACTIVITÉS
Ces technologies font partie du
l a r g e s p e c t r e d ’a c t i v i t é s
déployées par cette fondation
créée en 2011 pour améliorer le
quotidien des 250.000 personnes souffrant en France de malvoyance profonde dont, parmi
elles, 70.000 aveugles. « Cette
population est à la hausse, avec les
effets du vieillissement, de l’alimentation et de la surabondance
d’écrans », souligne Pascale
Humbert, directrice Mécénat et
grands donateurs de la Fondation. Visio s’investit dans deux
autres pôles de recherche. Le
premier concerne l’ophtalmologie et l’ophtalmopédiatrie : il se
déploie en une vingtaine de pro-
compétences du bureau d’études angevin Actech Innovation
pour la conception des innovations électroniques. Protéiforme, l’action de Visio s’exerce
aussi dans le domaine de la promotion du « cinéma adapté ».
Pour la 31e édition du Festival
Premiers Plans d’Angers, un
jury composé de 5 personnes
malvoyantes ou aveugles a
décerné un prix dédié à l’audiodescription.
Le secteur de la santé ne
représente que 11 % des budgets
de mécénat en France – pour
17 % des entreprises engagées –
loin derrière le social, la culture
et le patrimoine et l’éducation.
La recherche scientifique, elle, a
enregistré une forte baisse des
dons au cours des dernières
années : elle ne représente plus
que 1 % des budgets, selon
l’Admical. « Ce sont là des projets
de long terme », observe Pascale
Humbert. « Or, les donateurs
veulent, eux aussi, voir un retour
sur investissement rapide. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
en
pixels
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
Publicis a perdu 14,84 %
à la Bourse de Paris jeudi, suite
à la publication de ses résultats
annuels. Le recul des revenus
du numéro trois mondial
de la publicité au quatrième
trimestre, alors qu’une hausse
était attendue, a fait l’effet
d’une douche froide pour
des investisseurs déjà fébriles.
Somfy, grand prix
de l’IoT Business Hub
DR
Forte chute
de Publicis
après ses résultats
Pour sa première édition,
le grand prix de l’IoT Business
Hub, organisé par BearingPoint
et qui met à l’honneur
les services connectés
les plus marquants de l’année,
a été remis à Somfy. Le groupe
français a été couronné
pour vingt ans d’innovation
dans la maison connectée,
dont il est un acteur clef.
72,6
MILLIONS D’EUROS
Le montant déboursé
par le fabricant de puces
électroniques franco-italien
STMicroelectronics
pour sécuriser son
approvisionnement en
carbure de silicium pour la
voiture connectée. Il prend
55 % du fabricant Norstel.
Twitter dégage le premier bénéfice
annuel de son histoire
l Le site de microblogging a dépassé
les 3 milliards de revenus l’an passé.
l Mais la Bourse s’inquiète déjà d’un
ralentissement au premier trimestre.
RÉSEAUX SOCIAUX
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
et Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Jack Dorsey peut sortir le champagne. Pour la première fois depuis sa
création en 2006, Twitter a gagné de
l’argent en 2018. Le bénéfice de la
société s’établit à 1,2 milliard de dollars. Même en retraitant des événements exceptionnels, Twitter affiche un profit de 360 millions. Autre
bonne nouvelle, son chiffre d’affaires a progressé de 25 % pour dépasser la barre des 3 milliards de dollars
l’an passé. Une première. Fin 2018, la
firme a même dégagé le plus gros
revenu trimestriel de son histoire,
à 909 millions.
Le groupe met fin à des années
de doute sur son modèle économique. Entre 2011 et 2017, les pertes
cumulées de la firme ont approché les 2,6 milliards de dollars.
L’année 2017 a été marquée d’une
véritable pierre noire. Pour la première fois, les revenus du groupe
ont battu de l’aile : –3 % sur l’année,
à 2,4 milliards. En cause, la baisse
de l’audience sur Twitter. Le groupe
peine alors aussi à faire face à
Google et Facebook, qui dominent
outrageusement le marché de la
publicité en ligne. Et Twitter doit
aussi affronter la montée en
puissance d’Amazon. La défiance
des annonceurs s’était alors traduite par un repli du chiffre d’affaires publicitaire qui pèse encore
aujourd’hui 86 % des revenus.
Mais le groupe a su relancer la
machine. Le site de microblogging
a d’ailleurs été l’unique plate-forme
« sociale » à s’apprécier en Bourse
aux Etats-Unis en 2018. L’an passé,
le groupe a notamment durci sa
politique concernant les faux
comptes, contenus haineux et/ou
violents, ou encore les « fake
news ». Une purge appréciée par les
annonceurs, qui préfèrent acheter
Cette botte secrète qui
dope les revenus du site
Très rentable, le « data
licensing » a généré plus
de 400 millions de dollars
de chiffre d’affaires en 2018.
des espaces publicitaires et programmer des campagnes dans
des environnements les plus
« sécurisés » possible. « Nos efforts
d’assainissement ont eu des résultats importants », s’est réjoui Jack
Dorsey. La publicité est ainsi revenue remplir les coffres, à hauteur de
2,6 milliards de dollars (+24 %) en
2018. Aux Etats-Unis, les commandes des annonceurs ont retrouvé
leurs niveaux de 2016, à 1,35 milliard, après un recul (–14 %) en 2017.
Le groupe tire aussi parti du « data
licensing » (lire ci contre).
Chute en Bourse
Seul point sombre : l’audience de
Twitter, qui montre des signes de
faiblesse depuis le printemps 2017.
Celle-ci ne s’est pas reprise ; le nombre d’utilisateurs mensuels a même
encore reculé de 10 millions l’an
passé. Mais la société communique
désormais un autre indicateur aux
marchés, plus pertinent, assuret-il : les utilisateurs actifs quotidiens
monétisables. Soit le nombre de
personnes à qui il peut montrer des
publicités chaque jour. Et celui-ci
affiche une hausse régulière. Twitter en dénombre 126 millions fin
2018, soit 10 % de plus sur un an.
En clair, presque tous les voyants
sont au vert. Une embellie qui se traduit par un cours de Bourse… dans le
rouge jeudi, puisque le titre recule de
plus de 10 % à la mi-séance à Wall
Street. La raison ? Twitter a annoncé
une fourchette de revenus, pour le
trimestre en cours, compris entre
715 millions et 775 millions de
dollars. Dans le pire des scénarios,
cela ne représenterait qu’une mince
augmentation de 7,5 % sur un an.
Alors que lors des trois derniers
mois de 2018, le chiffre d’affaires
de la firme californienne a accéléré
de 24 %, par rapport à la même
période en 2017. Pour l’ensemble de
l’année en cours, le groupe a aussi
annoncé une hausse des dépenses
plus importante qu’attendu par les
analystes. Wall Street se montre
parfois intraitable. n
L’audience de Twitter montre des signes de faiblesse
depuis le printemps 2017. Photo Justin Sullivan/Getty Images/AFP
Ce n’est pas l’activité la plus connue
de Twitter. Mais c’est une ligne de
revenus qui grimpe tous les ans et
qui est scrutée avec de plus en plus
d’attention par Wall Street. Son
nom ? Le « data licensing ».
Dans le détail, il s’agit d’un accès
programmatique aux API (interfaces de programmation d’applications) de Twitter. Plus précisément
aux données et tweets publiés sur sa
plate-forme, que la firme à l’oiseau
bleu vend aux professionnels, avec
des outils qui permettent d’analyser
et d’utiliser ces data. Ce qui comprend notamment un ser vice
d’archives des tweets qui peut aider
les grands groupes et/ou annonceurs à analyser comment leur marque est perçue sur Twitter sur plusieurs années. Ce service peut aussi
leur permettre de planifier et de
mesurer l’efficacité de leur campagne de publication sur le site.
En 2018, cette activité a généré
425 millions de dollars de revenus,
ce qui a représenté une hausse de
28 % sur un an. Lors des trois derniers mois de 2018, le « data licensing » a dégagé son chiffre d’affaires trimestriel le plus élevé de son
histoire, à 117 millions. Soit une
hausse de 35 % sur un an. Depuis
2013, les recettes annuelles de ce
segment ont été multipliées par 6 !
Aujourd’hui, il pèse près de 14 %
du chiffre d’affaires total de Twitter.
Trois types d’offres
Cette manne est d’autant plus providentielle que Twitter lutte péniblement avec des géants de la tech
dans la publicité en ligne (lire cicontre) qui demeure son activité
principale. Autre avantage : le
« data licensing » est très rentable
puisque Citibank estimait il y a
quelques semaines que cette division représentait déjà près de 30 %
de l’excédent brut d’exploitation
de la firme californienne.
Initialement, Twitter proposait
deux types d’offres pour son service
de « data licensing » : une dite
« standard » (gratuite) et une autre
intitulée « entreprise » (à partir de
2.499 dollars par mois). Fin 2017, la
société dirigée par Jack Dorsey a
lancé un service intermédiaire, avec
« Premium » (149 à 2.499 dollars
mensuels) afin d’élargir son champ
aux petites et moyennes entreprises
et doper encore ses revenus.
L’an passé, les marchés se sont
inquiétés que les multiples scandales (l’affaire Cambridge Analytica,
du piratage, etc.) ayant trait aux
données personnelles qui ont
frappé Facebook ne viennent casser
la dynamique de cette activité de
Twitter par ricochet. Mais avec le
« data licensing », la firme à l’oiseau
bleu ne commercialise que les data
tirées des tweets publics et pas
des « DM » (messages privés) qui
ne sont compris dans aucune des
trois offres proposées par le groupe.
Twitter est en réalité
un média social, dans le
sens où la plate-forme
est utilisée pour suivre
et diffuser de l’information en temps réel.
La firme à l’oiseau bleu capitalise
là sur ce qui fait sa spécificité au sein
de la galaxie des Facebook, Instagram, Snapchat… Classé dans la
catégorie fourre-tout des réseaux
sociaux, Twitter est en réalité un
média social dans le sens où la plateforme est utilisée pour suivre et
diffuser de l’information en temps
réel. D’ailleurs, tous les tweets sont
publics et aucunement limités
aux seuls « abonnés » ou « amis »,
comme sur les autres réseaux
sociaux privés. Un modèle qui explique pourquoi le « data licensing »
a poursuivi sa croissance en 2018
et devrait faire de même cette année
encore. Pour le plus grand bonheur
de Wall Street. — N. R.
La capitalisation de SoftBank bondit après un discours de son PDG
TÉLÉCOMS
Le cours de l’action
du géant japonais
s’est envolé de près
de 18 %, jeudi, à la
Bourse de Tokyo.
La veille, Masayoshi
Son avait dévoilé
un gigantesque
plan de rachat
de ses titres.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Mercredi soir, Masayoshi Son était
très remonté. Contre les marchés,
les analystes et les boursicoteurs.
Décidément, ils ne comprenaient
rien à sa vision pour SoftBank et
sous-valorisaient systématiquement son entreprise cotée sur la
place de Tokyo. Discourant pendant une heure après la présentation des résultats trimestriels, le
PDG s’est offusqué du faible cours
de son action, qui devrait évoluer,
selon lui, à un niveau au moins
deux fois supérieur. Dans la foulée,
il a dévoilé un massif plan de
rachat de ses titres.
Ce coup de sang a fonctionné.
A la clôture, jeudi, la valeur de
l’action SoftBank Group avait bondi
de 17,7 % et la capitalisation de la
société avait progressé de plus de
1.800 milliards de yens, soit près de
15 milliards d’euros, pour atteindre
10.960 milliards de yens. Le groupe
n’avait pas connu de hausse aussi
spectaculaire sur une journée
depuis novembre 2008.
Les traders ont d’abord salué le
programme de rachat, d’ici jan-
10.960
MILLIARDS DE YENS
La capitalisation de SoftBank
à la clôture, jeudi.
vier 2020, de l’équivalent de 10,3 %
des titres actuellement en circulation. Un plan à 600 milliards de
yens (4,8 milliards d’euros) qui
sera financé en puisant dans les
2.350 milliards que le groupe avait
levés, en décembre dernier, lors de
l’introduction en Bourse de ses
activités télécoms au Japon.
Un immense fonds
d’investissement
Mais les traders ont aussi été motivés par les bons résultats semestriels de l’entreprise, que Masayoshi
Son transforme progressivement
en un gigantesque fonds d’investissement dans la tech. SoftBank
Group avait dévoilé, mercredi, une
envolée de 52 % de son bénéfice
net sur les neuf premiers mois de
l’exercice fiscal qui s’achèvera fin
mars 2019, en grande partie grâce
aux gains réalisés par le fonds
d’investissement SoftBank Vision
Fund qu’il pilote – mais qui est aussi
financé par l’Arabie saoudite.
D i s p o s a n t d ’u n c a p i t a l d e
100 milliards de dollars, cette entité
détenait fin décembre des parts
dans 49 entreprises – dont Uber
Technologies, WeWork ou encore
ARM Hold ings – et continue
d’enchaîner les investissements
comme les cessions. Le Vision Fund
vient notamment de vendre la totalité de sa participation de 4,9 % dans
le fabricant américain de proces-
seurs Nvidia, en réalisant une plusvalue de 3,3 milliards de dollars.
Si Masayoshi Son sera ravi de
l’envolée des titres de SoftBank, il
estime que ce mouvement doit se
poursuivre. Dans sa présentation
de mercredi soir, le PDG a calculé
que la capitalisation de sa société
devrait normalement approcher
les 21.000 milliards de yens, soit
deux fois le montant atteint ce jeudi.
Pour arriver à ce chiffre faramineux,
il additionne les parts de SoftBank
dans le Vision Fund, celles dans Alibaba, SoftBank Corp – les activités
télécoms –, l’opérateur américain
Sprint, Arms Holdings ou encore
Yahoo! Japan. Un mode de calcul
qui fait sourire les analystes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 27
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
L’Allemagne contraint Facebook
à limiter sa collecte de données
Trump veut
pousser les feux
dans la 5G
RÉSEAUX SOCIAUX
TÉLÉCOMS
L’Autorité allemande de
la concurrence donne
douze mois au réseau
social pour modifier
ses pratiques.
Le président américain, qui y a fait
allusion dans son
discours sur l’état
de l’Union, prépare
une série de décrets.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
et Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
Brendan Smialowski/AFP
En France, comme en Irlande et ailleurs en Europe, des plaintes contre le réseau social
de Mark Zuckerberg ont été déposées auprès des CNIL nationales pour infraction au RGPD.
un conseil du réseau social, la décision ne serait pas duplicable ailleurs
en Europe.
« Position dominante »
Il s’agit effectivement de la première
fois qu’un abus de position dominante est constitué par une collecte
de données. D’ordinaire, les entreprises trop puissantes, qui se font
rattraper par une autorité de la concurrence, ont des pratiques illégales
sur la fixation des prix ou encore
l’exclusion de certains concurrents.
L’institution allemande justifie sa
décision par la « position dominante » dont bénéficie, selon elle,
Facebook outre-Rhin, avec une part
de marché de plus de 95 % avec
23 millions d’utilisateurs actifs par
jour (plus de 80 % si l’on prend en
compte ses 32 millions d’utilisateurs par mois). Un constat que
conteste Facebook.
« Les données sont
aujourd’hui
un facteur décisif
dans la compétition.
Elles sont même
précisément,
pour Facebook,
le facteur clef pour
la domination
de l’entreprise. »
ANDREAS MUNDT
Président de l’Office fédéral de
lutte contre les cartels
Reddit, dans le radar du géant
chinois Tencent
PLATE-FORME
Le forum de discussion
bouclerait une nouvelle
levée de fonds de 150 à
300 millions de dollars.
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Reddit a besoin d’argent frais pour
accélérer sa transformation. Selon
TechCrunch, le forum de discussion
lancé il y a treize ans est en train de
boucler une nouvelle levée de fonds
de 150 à 300 millions de dollars. Celle-ci ferait grimper sa valorisation
de 1,8 à 2,7 milliards de dollars. Ses
progrès au cours des deux dernières
années ont attiré l’attention de Tencent, le géant chinois derrière
l’application de messagerie WeChat,
qui mènerait le tour de table.
Lancé en 2005 à San Francisco
par deux jeunes étudiants, Alexis
Ohanian et Steve Huffman, le site
repose sur des fils de discussion
classés par thème où les internautes
participent et votent pour faire
monter ou descendre un commentaire. Loin des autres réseaux
sociaux mettant à jour leurs interfaces plusieurs fois par an, le site a à
peine évolué pendant sa première
décennie. « Le nouvel utilisateur
débarquait sur une sorte de Craigslist
[site de petites annonces américain,
NDLR] dystopique », avait reconnu
Steve Huffman en 2017. Autre problème : la modération très laxiste,
profitant aux contenus racistes et
sexistes… Une campagne de harcèlement avait même provoqué la
démission d’Ellen Pao, la PDG de
l’entreprise, en 2015. Steve Huffman,
qui a alors pris les rênes, a embauché une équipe de designers qui ont
créé une interface plus accessible et
aérée, lancée en avril.
330 millions d’utilisateurs
mensuels
L’audience du site aurait doublé en
trois ans pour atteindre 330 millions d’utilisateurs mensuels, selon
CNBC. Un chiffre proche de celui de
Twitter… mais la société réalise en
un an à peine un septième du chiffre
d’affaires du réseau social sur un
seul trimestre ! Les 100 millions de
dollars de revenus dégagés par
l’entreprise en 2018 représentent
cependant une nette amélioration
par rapport au dernier chiffre communiqué en… 2014 (8 millions de
dollars). Le polissage de la plateforme a permis de séduire plus
d’annonceurs, en quête d’alternative face au duopole Google-Facebook. A cause de l’anonymat, Reddit
n’offre pas le même niveau de
ciblage que les autres réseaux
sociaux, mais il rassemble des communautés de passionnés ( jeux
vidéo, séries, maquillage…) qui passent beaucoup de temps sur sa plate-forme : onze minutes et demie
par jour, contre neuf et demie pour
Facebook et huit et demie pour YouTube, selon l’organisme de mesure
des audiences Alexa.
Pour séduire les annonceurs, la
société a fait grossir son équipe
chargée des partenariats avec les
marques de 8 à 90 personnes sur les
quatre dernières années. Elle a également embauché plusieurs pointures du secteur, comme l’ancienne
directrice opérationnelle du groupe
Time en avril et l’ex-responsable de
la publicité de Twitter le mois dernier. S’étant longtemps limité aux
bannières et posts sponsorisés, Reddit a également introduit de la publicité vidéo en avril. Dernière pierre
de l’édifice ajoutée la semaine dernière : la possibilité, pour les annonceurs, de payer seulement en cas de
clic des internautes sur leurs publicités, une offre standard dans
l’industrie. Le site est cependant
encore loin de la rentabilité et n’envisage pas d’introduction en Bourse
dans un futur proche. « Pas avant
trente-cinq ans au moins », a même
lancé en rigolant le PDG lors d’une
conférence organisée par Bloomberg en octobre. n
Dans la guerre commerciale
et d’influence que se livrent
Pékin et Washington, la course
à la 5G est clairement devenue
un enjeu politique. Au point
que Donald Trump en a parlé
dans son discours sur l’état
de l’Union, mardi soir, évoquant
« des investissements dans les
industries du futur les plus pointues ». « Ce n’est pas une option,
c’est une nécessité », a-t-il expliqué, appelant le Congrès à
dégager des fonds pour son
ambitieux plan de construction d’infrastructures.
Une priorité industrielle
« Les données sont aujourd’hui un
facteur décisif dans la compétition.
Elles sont même précisément, pour
Facebook, le facteur clef pour la domination de l’entreprise. D’un côté, il y a
un service gratuit pour les utilisateurs. De l’autre, l’attractivité des
espaces publicitaires progresse avec
la quantité et la profondeur des données sur les utilisateurs », explique
Andreas Mundt, dont l’institution
enquête également sur Amazon.
En France, comme en Irlande et
ailleurs en Europe, des plaintes
contre Facebook ont été déposées
auprès des CNIL nationales pour
infraction au nouveau règlement
encadrant l’utilisation des données,
le RGPD. Après une première sanction de Google en France il y a quelques semaines, le réseau social est
clairement dans le collimateur de
ces autorités. L’antitrust allemand
ne fait que les devancer. n
Si ses propos sont restés
sibyllins, l’ambition est réelle.
Donald Trump, qui négocie
actuellement avec Pékin une
vaste remise à plat des échanges commerciaux entre les
deux pays, voit d’un très mauvais œil l’avance gagnée par la
Chine dans la 5G. De part et
d’autre du Pacifique, pouvoirs
publics, régulateurs et patrons
en sont convaincus : le leadership mondial pour la 5G sera
déterminant pour l’économie
et l’émergence des futurs géants
de la tech. Celle-ci en a fait une
priorité industrielle : des tests
sont en cours dans plusieurs
villes et une couverture nationale en 5G est programmée
d’ici à 2020. Le constructeur
Huawei, déjà leader mondial
des équipements 5G, prévoit en
outre de sortir son premier téléphone 5G à l’automne 2019.
La course à la 5G est
clairement devenue
un enjeu politique.
Cet automne, la MaisonBlanche a déjà demandé au
département du Commerce de
plancher sur le déploiement de
la 5G via une extension ou une
réallocation partielle des fréquences. Elle veut s’assurer que
le sp ectre puisse gére r la
demande grandissante et le trafic induit par la 5G, censé être
100 fois plus rapide que la 4G.
Un rapport doit être remis dans
les prochains mois. Les grands
opérateurs télécoms américains AT&T, Verizon, Sprint et
T-Mobile ont déjà manifesté
leur intérêt pour acquérir des
fréquences et commencer à
faire des tests de 5G.
Mais la bataille entre les
deux pays se joue aussi sur
d’autres fronts. L’administration américaine ferme la porte à
Huawei et ZTE, convaincue que
tout risque d’espionnage serait
aggravé avec la 5G, et fait pression sur ses alliés pour qu’ils
suivent la même voie. Tout
récemment, le département de
la Justice a en outre accusé
Huawei de fraude et d’espionnage aux Etats-Unis. n
AVIS FINANCIERS
CHIFFRE D’AFFAIRES 2018 :
427,4 M€
Chiffre d’affaires consolidé hors CPoR Devises (1er janvier – 31 décembre)
Le 31 décembre dernier, Tessi a finalisé la cession de CPoR Devises. Les chiffres
d’affaires 2017 et 2018 sont ainsi communiqués hors CPoR Devises.
En M€ - non audité
Cumul 12 mois
2018 (hors CPoR)
2017 (hors CPoR)
427,4
389,1
Sur l’ensemble de l’exercice 2018, le chiffre d’affaires Groupe (hors CPoR Devises)
ressort à 427,4 M€, en hausse de 38,3 M€. La croissance organique s’établit à
+4,7% soit +18,2 M€ (hors Owliance et Dhimyotis).
• Tessi documents services progresse de +11,1% à 403,3 M€ contre 363,0 M€ en
2017, soit une hausse de 40,3 M€. La division bénéficie notamment de la contribution
d’Owliance pour 18,7 M€ sur six mois et de Dhimyotis pour 2,0 M€ sur 12 mois (0,6 M€
en 2017 sur le 2e semestre). A périmètre comparable, la croissance est de +5,6%.
• Tessi customer marketing réalise un chiffre d’affaires de 24,1 M€ contre 26,1 M€
en 2017 en baisse de -7,5%.
Prochain communiqué : Résultats annuels 2018 le 10 avril 2019 après bourse
www.tessi.fr
Euronext Paris.
Compartiment B
ISIN : FR0004529147
Mnémonique : TES
Contacts :
Tessi : Tél. : 04 76 70 59 10 • communication@tessi.fr
Actus : Marie Claude Triquet • Tél. : 04 72 18 04 90 • mctriquet@actus.fr
www•ACTUS•fr
Après près de trois ans de procédure, l’Office fédéral de lutte
contre les cartels a considérablement limité, jeudi, la marge de
manœuvre de Facebook lorsque le
réseau social collecte les données
personnelles de ses utilisateurs
outre-Rhin. L’Autorité de la concurrence interdit au groupe américain
de combiner – sans le consentement
explicite de l’utilisateur – les données qu’il collecte via différentes
sources, à savoir sa propre plateforme, les applications qu’il détient
(WhatsApp et Instagram) et des éditeurs tiers. Un revers, sachant que
c’est grâce à ces précieuses informations, ensuite exploitées à des
fins publicitaires, que Facebook
engrange des milliards.
Dans sa ligne de mire, notamment : le bouton « like » intégré sur
des sites tiers et qui permet à Facebook d’y récupérer les données des
internautes – que ces derniers aient
ou non cliqué sur l’icône. « Nous procédons à une sorte de démêlage
interne des données à l’avenir chez
Facebook », explique Andreas
Mundt, le président de l’Autorité, qui
souligne que la mise en commun de
ces données collectées sur différents
supports permet au groupe d’établir
un « profil très précis de ses utilisateurs ». Facebook, qui doit présenter
d’ici quatre mois à l’autorité un
« concept » pour modifier ses conditions d’utilisation, a douze mois
pour modifier ses pratiques.
Le réseau social, de son côté, a
annoncé son intention de faire
appel et pointé le caractère inédit du
cheminement juridique emprunté
par l’Office des cartels. A en croire
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
A défaut d’action du Congrès,
qui dispose seul du levier budgétaire mais dont la Chambre
basse est contrôlée par les démocrates depuis novembre, la Maison-Blanche prépare ainsi une
série de décrets présidentiels.
L’idée pourrait être de rationaliser les fonds alloués à l’intelligence artificielle et d’encourager l’émergence de nouveaux
acteurs. L’objectif est de s’assurer « que l’écosystème d’innovation américain demeure le plus
jalousé au monde pour les prochaines générations », a expliqué
Michael Kratsios, conseiller de
Trump en matière de technologies, au « Wall Street Journal ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
ventes aux enchères publiques //
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59
VENTE aux enchères publiques sur Liquidation Judiciaire au TGI de LILLE (59),
13 Avenue du Peuple Belge, le MERCREDI 5 JUIN 2019 à 14H
Article 1 – Commune de SAINT ANDRE LEZ LILLE
Un ensemble immobilier à usage industriel 37 rue de Lille, 30 rue
Faidherbe, 40 et 55 rue de la Gare et 28 rue François Fénelon d’une
superficie cadastrale totale de 03ha 24a 05ca, ainsi qu’une partie
d’immeuble à usage industriel cadastré section AN n°26, pour 36ca.
Description et occupation : Description et occupation : Se rapporter au cahier
des conditions de vente, ainsi qu’aux dires qui pourront le compléter. Il s’agit
d’un site industriel dont l’activité a cessé situé aux portes du quartier “Vieux
Lille”. Les parcelles cadastrées section AN numéros 15, 24, 25, 26, 113 et 114
sont actuellement situé en zone UF du PLU. La parcelle section AK numéro 21 est située en zone
UBb 0.60. Toutefois, le PLU de la Métropole Européenne de Lille est en cours de modification.
Le bien est libre d’occupation.
Visites : le mercredi 10 avril 2019 à 14 heures (après-midi)
et le mercredi 24 avril 2019 à 14 heures (après-midi)
Mise à Prix : 16.000.000 €
(SEIZE MILLIONS D’EUROS)
COMINES
Article 2 – Commune de
,
Parc d’Activité Maurice Schumann, rue Antoine Laurent Lavoisier,
Zone d’aménagement de la Gaie Perche
Un ensemble industriel d’une superficie cadastrale
totale 05ha 01a 58ca
Description et occupation : Se rapporter au cahier des
conditions de vente, ainsi qu’aux dires qui pourront le
compléter. L’ensemble immobilier est constitué d’une
partie bureau et d’une partie usine communiquant entre elles par plusieurs accès. Il n’est pas
totalement achevé. La surface bâtie est de 9300,57m². Il est libre d’occupation.
Visites : le mercredi 10 avril 2019 à 9 heures (toute la matinée)
et le mercredi 24 avril 2019 à 9 heures (toute la matinée)
Mise à Prix : 2.000.000 €
93
93
VENTE aux enchères publiques le mardi 12 mars 2019 à 13H30
au TGI de BOBIGNY (93), 173 avenue Paul Vaillant-Couturier
UN APPARTEMENT à SAINT-OUEN (93)
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Comprenant : - au RdC : séjour avec cheminée et cuisine ouverte, WC,
chambre, pièce - à l’étage : palier, 2 chambres, SdB avec WC. - GARAGE
Mise à Prix : 90.000 € (outre les charges)
(Caution bancaire ou chèque de banque : 9.000 Euros)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser au Grefe du Juge
de l’Exécution du TGI de BOBIGNY où il a été déposé sous la Référence Grefe
18/08419, à Maître Nadia BOUSSAC-COURTEY, Avocat à VILLEMOMBLE
(93), 10 Grande Rue, Tél. : 01 48 12 13 14, à Maître Jean Dominique
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- Au Grefe du Juge de l’exécution du Tribunal de Grande Instance de LILLE
- Les enchères ne seront reçues que par le Ministère d’un Avocat inscrit au Barreau de Lille
28
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Modalités :
SELAS C.M. WEIL
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intéressés par la mise en œuvre d’un plan de redressement par voie
de continuation ou de cession sont priés de noter que les manifestations
d’intérêt doivent être déposées auprès de la SELAS C.M. WEIL
& N. GUYOMARD. (Veuillez préciser la référence 2988).
 Un dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort
émanant du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter
une éventuelle offre et après signature d’un engagement de confidentialité.
Date limite de dépôt des offres : 25/02/2019 à 16h, en 9 exemplaires
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Maître Rousselet – Administrateur judiciaire
38 avenue Hoche – 75008 Paris – joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 28 février 2019, à midi.
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
RECHERCHE DE REPRENEURS
SELARL PHARMACIE DE L’HÔTEL DE VILLE
Pharmacie
Redressement judiciaire du 25/01/2019
C.A. au 30 juin 2018 (exercice clos) : 972.967 € – Effectif total : 5
Siège social : 16 rue Paul Vaillant Couturier - 92500 RUEIL-MALMAISON
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au jeudi 21 février 2019 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerce)
en 6 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique
sera autorisé après régularisation d’un engagement de confidentialité, la signature du réglement,
et une présentation succinte du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 19/6745
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB – Administrateurs Judiciaires Associés – Me Benjamin TAMBOISE
Tour CB21 – 16 place de l’Iris – 92 040 Paris La Défense – www.fhbx.eu
Fax : 01.40.97.02.33 / E-mails : benjamin.tamboise@fhbx.eu et matthieu.puig@fhbx.eu
COMMUNIQUÉ
Nouveau «permis de louer» pour lutter contre les
logements indignes
Selon un décret du 21 décembre 2016, les communes ont
dorénavant la possibilité de soumettre les bailleurs à une
déclaration de mise en location de leur bien. Cette déclaration
doit se faire sous quinze jours après la signature d’un nouveau
bail. Les communes peuvent aller plus loin en imposant leur
autorisation préalable à toute mise en location.
L’objectif de ce dispositif de la loi Alur : éviter que des biens
indignes présentant un risque pour la santé et la sécurité de leurs
occupants ne soient loués. Les communes sont libres de choisir
les critères des biens loués contrôlés - zone géographique,
catégories de logements ou ensembles immobiliers.
Les bailleurs qui ne jouent pas le jeu s’exposent à des amendes
plutôt dissuasives : jusqu’à 5000 euros pour une mise en
location non déclarée, jusqu’à 15 000 euros pour une mise en
location allant à l’encontre d’un avis défavorable de la commune.
APPEL D’OFFRES TENDANT À L’ÉLABORATION
D’UN PLAN DE CESSION (L 642-2 du Code de Commerce)
Par décision en date du 29 novembre 2018 le Tribunal de Commerce de BOULOGNE SUR MER a
prononcé le Redressement Judiciaire de la SAS SRCE - 8 rue Abbé Boidin - 62480 LE PORTEL
et dont l’objet est: travaux de couverture, terrasse (étanchéité) et façade (bardage) à l’égard
d’une clientèle essentiellement constituée de marchés publics
CA au 31/08/2017 (12 mois) : 4 037 K €
EFFECTIF : 34
La « SELARL R&D – Éric ROUVROY & Gilbert DECLERCQ », Administrateurs Judiciaires,
invite les candidats intéressés par la reprise des éléments d’actifs à contacter le cabinet par mail
sur boulogne@rdaj.fr afin d’obtenir tous renseignements nécessaires à la formulation
leur proposition en conformité des articles L 642-1 et suivants du Code de Commerce.
LA DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES DE CESSION EST FIXÉE AU :
LUNDI 4 MARS 2019 À 12H00
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’ENTREPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
ALLIER (03)
Activité : Aménagement et entretien d’espaces verts, d’arrosage
et de terrains de sports, maçonnerie paysagère, fontainerie.
Nombre de salariés : 53. Actifs : Parc matériel adapté pour réaliser l’activité en propre.
Clientèle : Collectivités locales, Travaux Publics, Particuliers
Eléments comptables :
Exercice du 01/09/2017 au 31/08/2018 : CA : 4.487 K€ / Résultat : -654 K€
Exercice du 01/09/2016 au 31/08/2017 : CA : 4.563 K€ / Résultat : -302 K€
L’accès aux informations (data-room électronique) sera possible après demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justiiant de sa
capacité commerciale et inancière à intervenir sur cette afaire et après la régularisation d’un engagement de conidentialité.
Les candidats intéressés sont invités à déposer une ofre avant le vendredi 8 mars 2019 à 12 heures dernier délai en l’étude de :
Selarl AJUP, Maître Grégory WAUTOT, Administrateur Judiciaire
9 Place de Jaude – 63000 Clermont-Ferrand - Contact : c.bey@ajup.fr
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
RECHERCHE DE REPRENEURS
SARLU TOITURE BIGOURDANE
Charpente, couverture, zinguerie, ossature bois
Redressement judiciaire du 03/12/2018
Etablissement situé : Lieu-dit Cassoulet à Pouyastruc (65 350)
C.A. au 31/08/2017 : 1 413 725 € – Effectif total : 17 salariés
Date limite de dépôt des offres : Vendredi 8 mars 2019 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerce) en 6 exemplaires
(dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé après
régularisation d’un engagement de confidentialité et d’une présentation succincte du candidat à la reprise.
Référence à rappeler impérativement : 6668
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB – Maître Sylvain HUSTAIX – 3 rue Thomas Edison - 64000 PAU
Fax : 05 24 84 87 40 – Courriel : matthieu.mortini@fhbx.eu
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
fusions // acquisitions // cessions // partenariats
ENTREPRISES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
RECHERCHE DE REPRENEURS
ET/OU D’INVESTISSEURS
SOCIETE DE FABRICATION DE PLV SUR MESURE
dans le domaine des parfums, cosmétiques, soins de beauté esthétique,
cristallerie, parapharmacie, électroménager et bricolage
Effectif : 18 salariés – C.A. 2018 (projet) : 1,7 M € – Située dans l’Eure
La date limite de dépôt des offres de reprise des actifs est fixée au 15 mars 2019 à 14h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerce) en 6 exemplaires
(dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé au candidat sur
demande écrite contenant présentation succincte du candidat à la reprise, après justification de son identité,
de sa capacité économique et opérationnelle à intervenir dans un tel dossier et après régularisation d’un
engagement de confidentialité et la signature du règlement. Référence à rappeler : 6561
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB – administrateurs judiciaires associés – Maître Cécile DÜR
17 rue du Port – 27400 LOUVIERS – www.fhbx.eu
Fax : 02 32 61 45 35 / E-mail : ophelie.pinguet@fhbx.eu
RECHERCHE INVESTISSEURS/
REPRENEURS
Société éditrice de chaînes thématiques de premier plan (10 ans d’expérience) dotée
d’une expertise spécifique en matière d’information continue du continent Africain
à travers le monde. Seul media Africain rivalisant avec tous les grands médias
mondiaux, elle dispose d’une équipe professionnelle assurant la récolte d’information
sans intermédiaire et la création des contenus.
• Chifre d’afaires clos au 31/12/2018 : 3 096 251 M €,
• Salariés : 36
• Siège : Saint Cloud (92)
• Résultat de l’exercice 2017 : - 1 213 525 €
• Causes des diicultés : Défaillance actionnaire et baisse
commercialisation d’espaces publicitaires
La date limite de dépôt des ofres de reprise est fixée au Vendredi 22 mars 2019 à 10h
Contact: CID & Associés
Tél.: 09 72 62 38 29 – Email: tamadou@cidassocies.com
Merci de contacter: AJ PARTENAIRES
Maître Maurice PICARD, Administrateur Judiciaire
22 rue du Cordier – BP 107 – 01000 Bourg-en-Bresse
Tél.: 04.74.45.92.00 – Fax: 04.74.45.92.11
Email: marion.clair@ajpartenaires.fr
APPEL D’OFFRES EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(Art. L. 631-13 du Code de Commerce)
SAS FAYENCERIE DE DIGOIN – 28 RUE DE LA FAÏENCERIE, 71160 DIGOIN
Activité : Fabrication d’articles en céramique (principalement assiettes)
Chiffre d’affaires au 31.12.2016 (12 mois) : 5 185 K €
Chiffre d’affaires au 31.12.2017 (12 mois) : 5 244 K €
Chiffre d’affaires au 31.12.2018 (12 mois) : 4 767 K €
Effectif : 62 salariés
Un note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du candidat
repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir dans une telle affaire.
DATE LIMITE DE DEPOT DES OFFRES : LUNDI 11 MARS 2019 À 12H00
Merci de contacter :
AJ PARTENAIRES
(Maîtres Bruno SAPIN, Didier LAPIERRE
et Ludivine SAPIN)
M. Paul BOISSON
174 rue de Créqui – 69003 LYON
Tél. : 04 78 60 00 30 – Fax : 04 78 60 70 97
courriel : paul.boisson@ajpartenaires.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS
DANS LE CADRE D’UNE POURSUITE
D’ACTIVITÉ EN LIQUIDATION JUDICIAIRE
Nom de l’entreprise : CHEYNET & FILS
Adresse : SAINT-JUST-MALMONT (43)
(proximité SAINT-ETIENNE)
Activité de l’entreprise : Fabricant français
de rubans élastiques et rigides destinés
aux marchés de la lingerie, de la corsetterie,
du médical, du prêt-à-porter, du bain et du sport
C.A. HT estimé au 31.12 2018 : 9.600 K €
Effectif actuel : 185 salariés
Locaux : Bail commercial avec la Communauté
de Communes – Site de production de 22.000 m²
sur un terrain de 42.000 m²
Hélène Bourbouloux Nathalie Leboucher
Jean-François Blanc Sylvain Hustaix
Gaël Couturier
Benjamin Tamboise
Cécile Dür
RECHERCHE DE REPRENEURS
OU D’INVESTISSEURS
GOUDALLE MAÇONNERIE / Maçonnerie générale (62)
Activité : Entreprise spécialisée dans les travaux de maçonnerie générale,
gros œuvre de bâtiment et V.R.D. – Spécialité : Maçonnerie agricole
Effectif total : 7 salariés – Locaux : Bureaux et entrepôts (bail)
Moyens matériels en propre: Pelles 13t (x3), pelle 8t, camion porte engin, camionnettes…
La date limite de dépôt des offres de reprise a été fixée par le tribunal au jeudi 14 février 2019 à 18h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L. 642-2 du code de commerce) en 6 exemplaires
(dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire et 1 exemplaire au liquidateur judiciaire, Maître Pascal RUFFIN
(5 place d’Angleterre – 62200 Boulogne-sur-Mer). L’accès à une data room électronique sera autorisé après
régularisation d’un engagement de confidentialité, la signature du réglement, et une présentation succinte
du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 19 6752
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB – Administrateurs Judiciaires Associés – Me Benjamin TAMBOISE
Tour CB21 – 16 place de l’Iris – 92 040 Paris La Défense – www.fhbx.eu – Fax : 01.40.97.02.33
E-mails: benjamin.tamboise@fhbx.eu et valentin.laigneau@fhbx.eu
ROBERT LOUIS MEYNET
LUDIVINE SAPIN
Receiver
128, rue Pierre Corneille, 69003 Lyon
www.etude-meynet.com
Receiver
174 rue de Créqui, 69003 Lyon
www.ajpartenaires.fr
SAINT JEAN INDUSTRIES POITOU
Activity : expert in aluminium smelter with strongly cored parts (cylinder heads,
blocks, steering parts)
Customers : Renault, Weber, Honeywell, Valéo, Jtekt, Liebherr…
Plant surface area : 34.070 sqm in Ingrandes-sur-Vienne (86220), France
Headcount: 340 employees, 14 Managers, 73 technicians and supervisors, 253 workers
Turnover : 2016 : € 63 Million – 2017 : € 60 Million – 2018 : € 49 Million
Smelting capacity: 1,5 Million parts per year - Milling capacity: 1 Million parts per year
LARGE SERIES – Process : - Strongly cored low-pressure moulding (lateral and from
below), with metal mould
- Pressure die-casting
Certification : IATF 16949 & ISO 14001 - EN9100
1/ Meltdown
• 4 electric furnaces (5T)
• 1 gas oven
(1.5 T/h + 10 T holding)
2/ Moulding
• 14 low-pressure machines
(lateral)
• 3 low-pressure machines
(from above)
• 1 CPC machine
3/ Core Making
• 7 cold box type machines
• 7 Osborn hot box type
machines
• Sand recycling machine
5/ Milling & Assembly
• 20 milling centres RA
• 8 milling centres GROB
• 7 leak test machines
• 3 washing machines
4/ Finish
• 4 finishing sites
• Heat treatment T5/T6/T7
6/ Tests
• 2 ultrasonic test stations
• 3 X-ray scanning stations
• 3 3D measuring machines
• 1 physics and chemistry laboratory
• 1 electronics laboratory
• 2 spectrometers
The manufacturer RENAULT will remain attentive and might be a potential partner
within the framework of the transformation and the reindustrialization of the plant.
The purchase offers must be filed with the Receiver at the latest on 28 February 2019 at 12.00.
Ludivine SAPIN
Robert Louis MEYNET
Contact : Marine CHOSSONNERIE
Contact : Pierre BEURTON / Aurélie PLOTTON
Phone : 04 78 60 00 30
Phone : 04 78 14 57 67, Fax : 04 78 14 57 68
Fax : 04 78 60 70 97
pierre.beurton@etude-meynet.fr
marine.chossonnerie@ajpartenaires.fr
aurelie.plotton@etude-meynet.fr
Merci de contacter :
AJ PARTENAIRES
Maîtres Bruno SAPIN, Didier LAPIERRE
et Ludivine SAPIN
M. Paul BOISSON
174 rue de Créqui – 69003 LYON
Tél. : 04 78 60 00 30 – Fax : 04 78 60 70 97
courriel : paul.boisson@ajpartenaires.fr
RECHERCHE DE REPRENEURS
DANS LE CADRE
D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Activité de l’entreprise :
• Exploitation de stands de découpe de fruits
et légumes frais dans les hypermarchés
• Entreprise leader en France sur son segment
de marché
Implantation géographique :
Nationale (siège : Métropole de Lyon)
Chaque implantation fait l’objet d’un contrat
de concession avec l’hypermarché
C.A. HT du dernier Exercice :
8.2 M €
Effectif actuel :
167 salariés
Valeur nette comptable des immobilisations du
dernier exercice connu :
792 K €
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES :
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES :
LUNDI 25 FÉVRIER 2019 À 12H00
VENDREDI 8 MARS 2019 À 14H00
www.are.fr
Carbone Savoie et Skill&You récompensés pour l’exemplarité de leur parcours
Nicolas de Germay et Sébastien Gauthier
reçoivent le Prix Ulysse
Sonia Levy-Odier et Eric Petco,
reçoivent le Prix des Lecteurs des Échos
Maître Florence
TULIER POLGE
ENTREPRISE À CÉDER
(Articles L 631-22 et L 642-1 et suivants du Code de Commerce)
Activité : Serrurerie, menuiserie
aluminium, vitrerie
Implantation : (91)
Salariés à ce jour : 16
C.A 2017 : 4 397 366 €
Références à rappeler : 2616
Date limite de dépôt des offres :
15 mars 2019 à 16h00
Administrateur
Judiciaire
Rue René Cassin
91000 EVRY
Tél. : 01.60.87.36.36
Télécopie :
01.60.87.36.37
etude@tulier-aj.com
Contact :
Engareh ALIREZAI
un dossier de présentation peut être obtenu auprès de
Maître Florence TULIER POLGE sur demande écrite.
ROBERT LOUIS MEYNET
Administrateur Judicaire
128 rue Pierre Corneille
69003 Lyon
www.etude-meynet.com
LUDIVINE SAPIN
Administrateur Judiciaire
174 rue de Créqui
69003 Lyon
www.ajpartenaires.fr
SAINT JEAN INDUSTRIES POITOU
Activité : experte en fonderie d’aluminium avec pièces fortement noyautées
(culasses, blocs, pièces de châssis)
Clientèle : Renault, Weber, Honeywell, Valéo, Jtekt, Liebherr…
Surface couverte usine : 34.070 m2 sise à Ingrandes-sur-Vienne (86220)
Effectifs : 340 collaborateurs : 14 cadres, 73 ETAM, 253 ouvriers
CA HT : 2016 : 63 M € – 2017 : 60 M € – 2018 : 49 M €
Capacité de fonderie : 1,5 Million pièces/an
Capacité d’usinage : 1 Million pièces/an
GRANDE SÉRIE – Procédés : - Moulage Basse pression (latéral & par dessous) fortement
noyauté, avec moule métallique
- Moulage Contre pression (BPC)
Certification : IATF 16949 & ISO 14001 - EN9100
1/ Fusion
• 4 fours éléctriques (5T)
• 1 four à gaz
(1.5 T/h + 10 T holding)
2/ Moulage
• 14 machines Basse Pression
(latérale)
• 3 machines Basse Pression
(par dessous)
• 1 Machine CPC
3/ Noyautage
• 7 machines boîtes froides
• 7 machines Osborn boîtes
chaudes
• Machine de recyclage
du sable
4/ Finition
• 4 chantiers de finition
• Traitement thermique
T5/T6/T7
5/ Usinage & assemblage
• 20 centres d’usinage RA
• 8 centres d’usinage GROB
• 7 machines de test étanchéité
• 3 machines de lavage
6/ Contrôles
• 2 stations de test par ultrasons
• 3 stations de radioscopie rayon-x
• 3 machines de mesure 3D
• 1 laboratoire physique-chimie
• 1 laboratoire éléctronique
• 2 spectromètres
Le constructeur RENAULT reste attentif et pourrait être un partenaire dans le cadre de la
transformation et la réindustrialisation du site sis à INGRANDES-SUR-VIENNE.
La date limite de dépôt des offres est fixée au 28 février 2019 à 12h au plus tard.
Robert Louis MEYNET
Contacts : Pierre BEURTON / Aurélie PLOTTON
Tél. : 04 78 14 57 67 – Fax : 04 78 14 57 68
pierre.beurton@etude-meynet.fr
aurelie.plotton@etude-meynet.fr
Ludivine SAPIN
Contact : Marine CHOSSONNERIE
Tél. : 04 78 60 00 30
Fax : 04 78 60 70 97
marine.chossonnerie@ajpartenaires.fr
APPEL D’OFFRES DE CESSION
SOCIETE : EVRARD PERE ET FILS ETS
Rue de Saint Floris ZI – 62350 SAINT VENANT
Activité : Négoce en art de la table
C.A. au 31/12/2017 : 3 130 813 €
Nombre de salariés : 15
Société en Redressement Judiciaire, par jugement du Tribunal
de Commerce d’ARRAS en date du 1er décembre 2017.
Conformément aux dispositions du livre VI du Code de Commerce,
les tiers sont admis à soumettre à l’Administrateur Judiciaire,
des offres tendant au maintien de l’activité de l’entreprise concernée.
Les propositions devront être transmises pour le mardi 12 mars 2019 à 18h00
au plus tard, accompagnées des documents prévus par les articles 642-1 et suivants
du Code de Commerce, à Me Jean-Jacques BONDROIT, Administrateur Judiciaire
119 RUE JACQUEMARS GIELEE – 59041 LILLE CEDEX
Tél. : 03.28.36.17.36 – Fax : 03.28.36.17.37 – Email : contact@bondroit-aj.com
RECHERCHE INVESTISSEURS
La SCI historique de Monsieur Guy HOQUET « BURIMMO »
se transforme en
« LA FONCIERE GUY HOQUET »
En partenariat avec le réseau d’agences MON AGENT PRIVE.COM
animé par sa holding familiale INVEST 94 qui ouvre son capital
C’est l’occasion pour un cercle restreint d’INVESTISSEURS AVERTIS
de participer à cette nouvelle expansion
INVESTISSEMENT ET RENDEMENT MINIMUM GARANTIS
Contactez directement Monsieur Guy HOQUET au 06 62 92 92 61
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reprise-entreprise.lesechos.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 //
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
START
UP
START
Q
SAP veut permettre aux personnes
sous-représentées dans l’écosystème tech de rejoindre l’entrepreneuriat. Avec son programme « No Boundaries », l’éditeur de logiciel allemand va financer
et accompagner 200 start-up dirigées par des
femmes et des personnes issues de la diversité
dans les cinq prochaines années. SAP consacrera jusqu’à 40 % de son capital à investir du
fonds SAP.iO Fund qui a déjà soutenu une
quinzaine de jeunes pousses.
LE RDV
10
MILLIONS D’EUROS
Cooltra vient de boucler un tour
de table renforçant sa présence
à Paris. La start-up espagnole de
moto-partage s’y est installée il y a
moins d’un an et veut se positionner sur le marché de l’entreprise.
Wizbii se lance dans le crédit et la
couverture santé pour étudiants
SOCIAL
Inventeur d’une
plate-forme
de gestion
de patrimoine
solidaire, Stirrup
rejoint le nouvel
incubateur lillois.
Avec 12,5 millions
d’euros au total, elle
veut couvrir plus
largement le marché
des étudiants.
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Romain Gentil, Benjamin Ducousso et Emeric Wasson, les trois cofondateurs de Wizbii. Photo Wizbii
explique Benjamin Ducousso, PDG
et cofondateur de Wizbii. C’est le
coût de la vie qui est élevé en France,
mais les jeunes ont peur de s’engager
dans un crédit et ne trouvent pas forcément une offre adaptée à leurs
besoins. »
Une réserve d’argent
« Nous nous
sommes rendu
compte qu’un jeune
sur deux ne fait pas
les études de son
choix à cause de
leur coût. »
BENJAMIN DUCOUSSO
PDG et cofondateur de Wizbii
De ce postulat est né « Pass Carrière », l’offre 100 % numérique
de Wizbii qui propose de mettre à
disposition de ses utilisateurs une
réserve de liquidités sans obligation de dépenses et qui sera remboursée à partir du moment où le
souscripteur décrochera son premier emploi. « C’est un produit que
nous avons conçu avec notre communauté, assure le startuppeur. Et nous
avons fixé des règles pour que l’utilisation de cet argent serve à financer
des postes de dépenses précis, comme
l’acquisition d’un véhicule ou le paiement d’un loyer, par exemple. »
Pour développer cette offre,
Wi z b i i s’a p p u i e n o t a m m e n t
sur les 2,5 millions d’euros levés
auprès de Matmut Innovation,
qui viennent en complément des
10 millions d’euros réunis auprès
d’Oddo BHF en novembre dernier.
Cette nouvelle opération capitalistique a également pour objectif
d’aider au déploiement de l’autre
nouveau produit de la start-up,
la couverture santé.
Avec le logement, les frais médicaux sont l’un des postes les plus
importants pour les étudiants qui
ne peuvent pas, bien souvent, se
couvrir convenablement contre les
risques liés à leur santé. Ce nouveau
service ne devrait pas voir le jour
avant la rentrée 2019 mais constitue
l’une des nouvelles briques fondamentales de Wizbii pour couvrir
l’ensemble de la vie étudiante.
La start-up compte désormais
2,7 millions de membres sur sa
plate -forme et en enregistre
6.000 nouveaux chaque jour. Après
des incursions à l’étranger, en Espagne, Italie, au Royaume-Uni et en
Allemagne, elle se concentre davantage sur le marché français. Après
avoir mené l’acquisition de Filengo
en 2017 pour aider ses utilisateurs
à calculer le montant des aides
auxquelles ils ont le droit, la jeune
pousse ne s’interdit pas d’autres
opérations de croissance externe,
« mais elles doivent répondre à l’intérêt des jeunes, prévient Benjamin
Ducousso. Il y a bien d’autres outils
qui pourraient leur faciliter la vie
dans des secteurs comme la mobilité,
l’assurance et le logement, mais rien
n’est prévu pour le moment ».
A l’heure actuelle, Wizbii se
concentre sur son savoir-faire et
sur ses nouveaux services avec
l’appui d’une équipe composée
d’une centaine de personnes réparties entre Grenoble, Pau et Paris. n
Woorton apporte des liquidités sur le marché
des cryptoactifs
FINTECH
La jeune pousse
annonce le lancement
d’une API permettant
de faire des transactions importantes
en cryptomonnaies.
Déborah Loye
@Loydeborah
Traders chez Natixis, Zahreddine
Touag, Karim Sabba et Charlie
Meraud se passionnent pour les
cryptomonnaies et décident de quitter leurs postes pour lancer un fonds
d’asset management. « Mais, à ce
moment-là, la réglementation n’était
pas prête, explique Zahreddine
Touag. Nous avons alors lancé l’Association française pour la gestion des
cybermonnaies, à travers laquelle
nous avons discuté avec l’écosystème
Stirrup, la nouvelle
pépite solidaire
d’EuraTechnologies
IMMOBILIER
La start-up complète
un tour de table
effectué en novembre
dernier par une levée
auprès de Matmut
Innovation.
Le mantra de Wizbii est clair : aider
les étudiants à se focaliser sur leurs
études. Avec les deux nouveaux services que la start-up s’apprête à lancer en 2019, elle élargit sa palette
d’outils qui leur sont destinés, pour
l’instant principalement dédiés à la
recherche de stages et d’emplois. Il
s’agit d’abord d’une offre de crédit,
non pas pour couvrir les frais de
scolarité, mais les frais inhérents à
leur vie quotidienne, notamment
ceux liés au logement. « Nous nous
sommes rendu compte qu’un jeune
sur deux ne fait pas les études de son
choix à cause de leur coût alors qu’il
est inférieur à celui à l’étranger,
y
Pour la nouvelle édition de la Journée de la femme digitale (JFD),
l’événement va se dédoubler. Il
aura tout d’abord lieu à Paris le 17 avril prochain, puis à Dakar le 13 juin, dont la marraine
sera Anne Rigail, directrice générale d’Air
France. C’est aussi l’occasion pour ses organisateurs de lancer l’appel à candidatures du
prix Les Margaret, récompensant une startuppeuse basée en Europe ou en Afrique.
“crypto”, et c’est là que nous nous sommes rendu compte que toutes les personnes autour de nous avaient le
même problème : ils n’arrivaient pas
à acheter ou vendre des cryptoactifs
sur des volumes importants sans risquer de faire bouger le marché. »
Jusqu’à 100 ordres
par seconde
Pour les petits volumes, les vendeurs
et acheteurs de cryptomonnaies
passent en effet par des plates-formes d’échanges comme Kraken ou
Coinbase, mais la transition de gros
volumes déstabilise le cours de ces
plates-formes, qui disposent de peu
de liquidités. Les jeunes traders décident alors d’utiliser leurs compétences en ingénierie financière pour
créer une entreprise de trading à
destination des acteurs institutionnels, des banques privées, des family
offices ou des desks de trading.
Sa première version, lancée
début 2018 et avec laquelle Woorton
a conquis 70 clients, fonctionnait via
un chatbot. A l’occasion de la conférence M-1 by Melonport qui se
déroule en ce moment à Zoug, en
Suisse, Woorton annonce avoir
développé une API grâce à laquelle
ses clients pourront opérer jusqu’à
100 ordres par seconde. « Très peu
d’acteurs proposent ce service
aujourd’hui, assure Zahreddine
Touag. Pour nos clients, c’est l’assu-
A long terme,
Woorton se projette
en « Goldman Sachs
de la cryptomonnaie ».
rance de connaître le taux de change
avant l’opération, alors que les platesformes d’échanges avec lesquelles ils
travaillent actuellement le donnent
après, en fonction du marché ; et de
pouvoir trouver de la liquidité sans
devoir bloquer de fonds par avance. »
Pour assurer cette liquidité,
Woorton a développé une deuxième
activité, celle de tenue de marché.
En assurant un prix à l’achat et à
la vente indépendamment de l’état
du marché, les « teneurs de marché » facilitent les échanges, et se
rémunèrent. « Nous le faisons à notre
compte, mais désormais, nous allons
proposer un “Market Making as a
Service” », annonce Zahreddine
Touag. Un service qui devrait permettre aux entreprises s’étant financées grâce à une ICO de sortir leurs
« tokens » de l’inertie.
A long terme, Woorton se projette en « Goldman Sachs de la cryptomonnaie ». « Notre API est une des
briques qui pourrait permettre
l’adoption massive de ces monnaies
v irtuelles », i ndi q u e C harl i e
Meraud. D’ici là, Woorton devra
s’adapter aux évolutions d’usage,
mais aussi de réglementation, puisque, pour le moment, son activité
n’est pas régulée. n
Avec Stirrup, Delphine Barthe et
Isabelle Blaquart ont créé une
plate-forme qui permet aux
personnes sans abri d’avoir
accès temporairement – pendant trois à six mois – à un logement gratuit, prêté par des propriétaires de logements vacants,
qui peuvent ainsi valoriser leur
bien. Grâce à un accompagnement social, cette période tremplin permet à ces sans-abri une
réinsertion dans la vie économique et sociale. « Il peut s’agir de
femmes victimes de violences
conjugales, avec enfants, d’accidentés de la vie, de réfugiés ou de
salariés qui dorment dans leur
nuisances. » La solution de la
jeune pousse implique un travail en étroite collaboration
avec les associations, deux pour
l’instant sur la métropole lilloise. Celles-ci sont d’ailleurs
impliquées dans le contrat tripartite qui encadre ce dispositif
solidaire, contrat géré par Stirrup. Le logement étant assuré
par le locataire lui-même pour
une somme modique.
Valider le modèle
économique
Après avoir testé leur projet
« artisanalement » durant
un an et demi avec plusieurs
familles, dont certaines déjà
relogées aujourd’hui, les deux
associées vont maintenant
l’expérimenter en grandeur
réelle au sein de cet incubateur
afin d’en valider la viabilité
économique. Elles s’apprêtent d’ailleurs à loger leur première famille mi-février.
Stirrup se rémunère en prenant une commission auprès
des propriétaires, des bailleurs,
mais aussi des collectivités qui
font l’économie de cet hébergement d’urgence qui coûte en
Les anciennes usines abandonnées Le Blan et Lafont abritent le pôle EuraTechnologies. Photo Bruno Lévy/Challenges-RÉA
voiture », indique Delphine
Barthe. Les propriétaires peuvent, eux, défiscaliser ce don en
nature jusqu’à 66 %. « Un logement vacant coûte à son propriétaire l’équivalent de trois à
cinq mois de loyer par an », justifie la jeune femme.
Des bailleurs sociaux – avec
lesquels la start-up négocie
actuellement – pourraient également prêter des logements
vides dans des bâtiments en
rénovation ou amenés à être
détruits. « En général, quand
l’annonce est faite de la destruction, les barres se vident très vite
alors que les travaux ne doivent
intervenir que deux à trois ans
plus tard, et la vacance génère des
moyenne en France aujourd’hui
17.000 euros par an par SDF. La
plate-forme Web de Stirrup –
qui gère l’ensemble de cette offre
de gestion de patrimoine solidaire, du contrat au suivi du dossier en passant par la facturation des prestations, avec coffrefort et signature numériques –
va même d’ailleurs jusqu’à
mesurer l’économie que peuvent y faire les collectivités.
Le site est accessible aux
propriétaires et associations
d’entraide depuis un ordinateur ou un smartphone. Il y a en
France 3 millions de logements
vacants et 150.000 personnes
sans abri (50 % de plus qu’il y a
dix ans). n
L’incubateur verticalise son offre
Pour Raouti Chehih, directeur d’EuraTechnologies,
« multiplier les incubateurs ne multiplie pas forcément
les entreprises à succès ». D’où la création
de cet incubateur mutualisé sur plusieurs
thématiques. Inauguré cette semaine, il accueille
depuis fin janvier sa première promotion (8 start-up)
pour douze mois : trois pour atteindre le « produit
minimum viable » et neuf pour arriver à une solution
de commercialisation. Dix partenaires y contribuent
tant financièrement qu’en apport de compétences.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 31
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
PME
&REGIONS
en
direct
Isigny Sainte-Mère
a le mieux rémunéré
les éleveurs en 2018
Réouverture
du théatre de Denain
HAUTS-DE-FRANCE Réplique
NORMANDIE La coopérative
de l’opéra Garnier, le théâtre
municipal de Denain (Nord)
vient de rouvrir après une année
de rénovation. Inauguré en 1912,
ce théâtre à l’italienne compte
540 places. La restauration a
coûté 2,5 millions d’euros
financée en majorité par la
communauté d’agglomération
de la Porte du Hainaut.
normande Isigny Sainte-Mère a
été celle qui a le mieux rémunéré les éleveurs en 2018, selon
une étude réalisée par le magazine « L’Eleveur laitier ». Le prix
moyen annuel est de 398,05
euros les 1.000 litres de lait, soit
30 euros de plus que l’année
précédente. Viennent ensuite la
Laiterie Saint-Denis de l’Hôtel
(LSDH) dans le Loiret, les Fromageries Ermitage, une coopérative vosgienne, et les Fromageries Bel. Chez les quatre leaders
de l’industrie laitière (les groupes familiaux Lactalis et Savencia, et les coopératives Sodiaal et
Agrial-Eurial, dont le prix avait
augmenté de 40 euros/1.000
litres en 2017), la hausse est au
mieux de 4 euros/1.000 litres,
chez Lactalis, souligne l’observatoire.
Les trains du futur s’inventent en régions
l Ouverture à la concurrence, nécessité de réduire les coûts, réduction des consommations d’énergie.
l Les innovations se multiplient dans le ferroviaire.
Spacetrain, un train
sur coussin d’air
L’entreprise recherche
30 millions d’euros pour
financer un prototype et se
fixe 2025 pour l’élaboration
de son projet commercial.
dans deux à trois mois. Elle sera
présentée dans divers Salons, dont
celui du Bourget, pour convaincre
des investisseurs.
Prototype grandeur nature
Christine Berkovicius
— Correspondante à Orléans
Le train Coradia iLint d’Alstom.
La région Occitanie a l’intention
d’acquérir trois rames Regiolis
à hydrogène. Photo DR
TRANSPORTS
Laurence Albert
Avec Laurent Marcaillou
et Nicole Buyse
La première capsule d’Hyperloop
Transportation Technologies est
arrivée le 22 janvier à Toulouse. La
piste d’essai de ce train dans un tube
sous vide qui promet d’atteindre
1.000 km/h est en construction sur
l’ancienne base militaire de Francazal. Son concurrent TransPod, qui
développe un autre Hyperloop, installe un centre d’essai à Droux, près
de Limoges, tandis que des élus
rêvent de voir arriver ce nouveau
train à Lyon ou à Marseille. Aux
antipodes de ces promesses
d’hypervitesse, le mini-train de la
bretonne Taxirail ambitionne de
sauver les petites lignes. Tandis que,
près d’Orléans, Spacetrain espère
ressusciter la ligne aérienne qui surplombe la Beauce pour tester sa
navette autonome en carbone sur
coussins d’air… Un peu partout dans
les territoires s’esquissent des projets de trains futuristes. Montée en
puissance des technologies, ouverture des lignes à la concurrence,
nécessité d’augmenter la capacité,
la rentabilité et l’attractivité du train,
primat donné aux énergies propres… « Ce foisonnement est positif
car nous avons besoin d’innovation
dans les transports et le ferroviaire en
particulier », veut croire Eric Tregoat, directeur du pôle de compétitivité Itrans et de l’Institut de recherche technologique (IRT) Railenium
à Valenciennes.
a réalisé une première mondiale en
septembre 2018 avec la mise en service de deux rames Coradia iLint
sur une ligne régionale du Land de
Basse-Saxe en Allemagne, qui recevra 14 autres rames d’ici à 2021. En
visite en novembre à l’usine Alstom
de Tarbes (Hautes-Pyrénées) qui a
conçu la chaîne de traction, la présidente de la région Occitanie, Carole
Delga (PS), a annoncé son intention
d’acquérir trois rames Regiolis à
hydrogène. « La ligne MontréjeauBagnères de Luchon sera prioritaire
Les régions aux avant-postes
Fers de lance de la mobilité sur les
territoires, les Régions sont aux
aguets pour suivre les développements du train à hydrogène (Alstom) ou à batterie (Bombardier).
« A peine la moitié des voies ferrées
sont électrifiées. Beaucoup de
Régions considèrent qu’il faut une
alternative au pétrole et des groupes
de travail se constituent » note-t-on à
Régions de France. BourgogneFranche-Comté, Aquitaine, PACA
et Occitanie sont aux avant-postes.
L’Occitanie a été la première à se
positionner sur le train à hydrogène
d’Alstom. Le constructeur français
L’Occitanie
a été la première
à se positionner sur
le train à hydrogène
d’Alstom.
pour une phase de test et nous sommes en train d’identifier avec la SNCF
deux ou trois autres lignes dans la
région », a-t-elle précisé. Le conseil
régional a prévu un budget de
30 millions d’euros en 2019 et
demande un soutien de l’Etat, mais
la mise en service n’aura pas lieu
avant 2022. La SNCF n’a pas encore
commandé les trains car elle doit
d’abord étudier le cahier des charges avec Alstom et négocier les conventions d’exploitation avec les
régions.
Penser à l’infrastructure
« Quand on parle du train du futur, il
ne faut pas raisonner que matériel, il
faut aussi penser à l’infrastructure »,
rappelle aussi Eric Tregoat, dont
l’IRT travaille notamment sur le
train autonome. Certaines
régions s’interrogent sur l’opportunité de devenir maîtres d’ouvrage
des infrastructures. En outre, les
projets les plus « futuristes » requièrent des besoins encore plus particuliers : certes, le Spacetrain sera
testé sur une technologie monorail
déjà existante, mais l’Hyperloop nécessitera un tube étanche –
qui est encore à industrialiser. Le
transport autonome suppose également d’investir dans des systèmes
de signalisation plus performants. Enfin, la question de la viabilité économique se pose notamment pour des projets de train à
capacité réduite comme TaxiRail. n
Hyperloop TT conçoit son train électromagnétique
Dans la nuit du 22 janvier,
HTT a réceptionné
à Toulouse sa première
capsule, fabriquée
en Espagne par Airtificial.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Répondant à un appel à projets
d’Elon Musk, Hyperloop Transportation Technologies (HTT) est l’une
des trois start-up – avec Virgin
Hyperloop One et TransPod, qui
implante un centre d’essai près de
Limoges –, à concevoir un train
supersonique en lévitation dans un
tube à basse pression… La société
californienne née en 2013 a ouvert
son centre de recherche européen à
Toulouse à la fin 2017 pour y développer son véhicule à propulsion
électromagnétique. Ce n’est pas un
train mais plutôt un métro composé de capsules de 32 mètres de
long et de 2,70 mètres de diamètre
lancées chaque 40 secondes.
Ouvert fin 2017 sur l’ancien aéroport militaire de Francazal, le centre de R&D n’emploie encore que 10
salariés, au lieu des 25 prévus. Il fait
aussi travailler une dizaine de personnes d’autres entreprises rémunérées en stock-options.
Premiers essais : 2019
Dans la nuit du 22 janvier, HTT a
réceptionné sa première capsule à
Toulouse, baptisée « Quintero
One », fabriquée en Espagne par
Airtificial. La capsule est construite
dans un matériau composite intelligent double couche appelé « Vibranium ». HTT construira d’ici à la fin
de l’année un tube d’essai de 320
mètres de long et de 4 mètres de diamètre posé sur le sol. « Il faut d’abord
vérifier tous les aspects techniques et
nous ferons peut-être le premier essai
à la fin 2019 », indique Bibop Gresta,
président d’HTT. La société construira ensuite une piste de 1 kilomètre sur des pylônes en béton, après
dépollution.
Annoncée à 1.200 km/h, la vitesse
de la capsule pourrait être deux fois
moindre. « Tout le monde parle de la
vitesse, mais c’est plus l’efficacité globale et la consommation d’énergie
qui nous intéressent pour faire un
système de transport moins cher et
plus efficace », affirme Bibop
Gresta, qui estime le coût de construction de « 20 à 40 millions de dollars du kilomètre ».
L’entreprise installera des pan-
neaux photovoltaïques sur le tube
pour alimenter les capsules, censées
consommer moins d’énergie qu’un
TGV. HTT a implanté son centre à
Toulouse pour le potentiel technologique de l’industrie aéronautique,
mais il n’y construit pas une ligne. La
société a signé un accord pour
ouvrir un prototype de 5 kilomètres
à Abu Dhabi à l’occasion de l’exposition universelle, en octobre 2020.
Celui-ci n’ira pas jusqu’à Dubaï
comme elle l’avait annoncé et « on ne
sait pas encore si l’on aura la certification pour transporter des passagers »,
prévient le dirigeant. Car le délai
semble court au vu de la complexité
de la technologie… HTT a aussi lancé
une étude de faisabilité pour une
ligne commerciale de 10 kilomètres
entre l’aéroport et la ville de Tongren, en Chine. n
Depuis deux ans, la société Spacetrain travaille à la mise au point
d’une navette autonome en carbone, sur coussins d’air, circulant
sur un monorail en T inversé. A
l’origine, ce train devait être propulsé dans un tube, mais cette
hypothèse a été abandonnée en raison des problèmes d’échauffement.
La navette pourrait embarquer
environ 250 passagers avec une
vitesse d’environ 500 kilomètresheure sur des distances d’environ
200 kilomètres, ce qui en ferait un
moyen de transport pratique pour
l’interurbain. L’alimentation se
ferait à l’hydrogène, via des piles à
combustible, sans émission à la clef,
le tout pour un coût évalué à environ 8 millions d’euros du kilomètre,
bien loin des prix d’une ligne TGV…
ou d’un Hyperloop.
A ce jour, l’entreprise, filiale de la
société parisienne Jacques Vaucanson, spécialisée dans la robotique, a
investi 5 millions d’euros dans le
projet. Elle emploie 20 salariés et a
installé son laboratoire à Cercottes,
près d’Orléans (Loiret), où elle est
en train d’assembler une maquette
à l’échelle 1/2, qui devrait être prête
L’entreprise estime avoir besoin de
30 millions d’euros pour réaliser et
tester un prototype grandeur
nature. Pour les essais, elle espérait
minimiser les coûts en réutilisant le
monorail construit pour l’Aérotrain expérimental de l’ingénieur
Jean Bertin dans les années 1970,
qui court sur une vingtaine de kilomètres au nord d’Orléans. Un dos-
Ce projet pourrait
réutiliser la ligne
aérienne qui
surplombe la Beauce
depuis les années 1970.
sier a été déposé auprès de la préfecture, avec l’appui d’élus locaux.
Mais les autorisations administratives se font attendre. Or, l’entreprise
veut aller vite, et n’exclut plus
d’autres options. « Nous avons été
approchés par des pays asiatiques
qui se proposent d’investir dans le
projet. A ce stade, nous ne sommes
donc pas sûrs de rester sur Orléans »,
précise le patron, Emeuric Gleizes,
qui prévoit des tests dès 2020, en
vue d’aboutir à une proposition
commerciale viable en 2025. n
Le Taxirail pour sauver
les petites lignes
Le bureau d’études Exid
Concept & Développement
travaille à un projet
de mini-train qui pourrait
transporter 40 passagers
sur les lignes secondaires.
vaux d’adaptation. « C’est l’un des
avantages de notre système », continue Régis Coat. Il a calculé que le
dimensionnement et la charge limitée du Taxirail vont peu solliciter les
rails et devraient réduire les coûts
de maintenance.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Pas de subventions publiques
Pour mener à bien son projet de
mini-train « Taxirail », le bureau
d’étude breton Exid Concept &
Développement boucle une première levée de 1,5 million d’euros.
Objectif : créer un prototype pour
son projet qui sera propulsé de
façon hybride à l’électricité et au
GNV – gaz naturel véhicule. D’après
les études initiales, conduites par le
cabinet Exid Concept & Développement, le Taxirail est prévu pour
rouler entre 90 et 100 km/heure sur
des voies secondaires, peu exploitées voire abandonnées par la
SNCF. « Le train, qui sera long de
6 mètres et large de 3 mètres, disposera d’une capacité de transport de
40 voyageurs dont 15 en places assises », indique Régis Coat, le porteur
de ce projet qui n’a évidemment pas
encore été homologué.
D’un poids maximum de 8 tonnes, le Taxirail fonctionnera en
priorité sur les petites lignes ferroviaires moyennant très peu de tra-
Le prix moyen d’un Taxirail n’est pas
encore communiqué, le dirigeant se
dit complémentaire à l’offre des TER
et ses premiers calculs lui laissent
supposer une exploitation sans subventions publiques. Il souhaite que
le coût du billet facturé au voyageur
couvre les différents postes grâce
notamment à une consommation
réduite. Un TER brûle de l’ordre de
1,5 litre de gasoil par kilomètre parcouru. La dépense énergétique du
Taxirail est prévue pour être dix fois
moins importante ! Plusieurs conseils régionaux s’intéressent au projet porté par Régis Coat, qui n’a pas
décidé du lieu de la ligne où sera
testé son futur premier convoi ferroviaire. Si le calendrier est respecté, il
pourrait voir le jour en 2020 et utilisera les nouvelles technologies du
numérique. Le Taxirail fonctionnera sans chauffeur et à la demande.
Une plate-forme Web permettra au
voyageur de s’inscrire pour un
déplacement de gare à gare, notamment aux heures creuses. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // PME & REGIONS
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
370.000
lanternes chinoises de Gaillac s’est
achevée mercredi, enregistrant
près de 370.000 visiteurs en deux
mois, soit 120.000 de plus que lors
de la première édition. Ce festival,
« le plus important événement chinois de France », selon le maire de
cette ville du Tarn de 18.000 habitants, a eu des retombées positives
sur le tourisme et l’hôtellerie. Lors
de la première édition l’an passé, les
250.000 visiteurs avaient généré un
million d’euros de retombées.
NOUVELLE-AQUITAINE Le
Photo Mehdi Fedouach / AFP
VISITEURS AU FESTIVAL DES LANTERNES CHINOISES DE
GAILLAC
La deuxième édition du Festival des
innovateurs
L’usine de Sanofi
aux normes
géant pharmaceutique français
Sanofi a affirmé jeudi que son
usine de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), est « en parfaite conformité ». Accusé cet été de
fortement dépasser les normes
de rejets toxiques, le site avait
été arrêté pour des travaux de
maintenance puis à nouveau
critiqué en septembre.
Dolmen lève 9 millions
pour le marketing local
des commerces
Leclerc Brico) et de jardinage
(comme Gamm Vert), quincailleries industrielles et sites Web spécialisés. En conciliant mode et vêtements de travail, Rica Lewis
compte se différencier et trouver sa
place entre les marques de spécialité, qui fabriquent des produits
techniques et normés, et les articles
d’entrée de gamme sans prétention
d’un positionnement mode.
PACA
Avec sa nouvelle
gamme « workwear »,
le pionnier
du jean français cible
la clientèle des artisans
et bricoleurs.
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
Rayon homme
Retour aux origines pour Rica
Lewis. Dans le cadre de sa stratégie de diversification, la marque
de jeans se lance sur un nouveau
segment de marché, les vêtements
de travail.
Rica Lewis a été le premier en
France à fabriquer du denim, la
toile utilisée pour les jeans. « C’était
en 1928 à Marseille, l’entreprise
familiale fabriquait alors des vêtements pour l’armée et à usage professionnel », rappelle le directeur
général, David Viallaron. Le jean
est devenu depuis un article de
mode et l’entreprise est devenue le
cinquième plus gros vendeur (en
volume et en valeur) de jeans dans
l’Hexagone et numéro un dans les
réseaux de vente des grandes et
moyennes surfaces.
Dans un contexte de concur-
Sont ciblés les artisans, jardiniers et
bricoleurs à la recherche de vêtements confortables, résistants mais
aussi agréables à porter. L’objectif
est d’atteindre d’ici à deux ans un
chiffre d’affaires de 2 millions
d’euros sur cette gamme qui, pour
le moment, reste réservée au rayon
homme, clients majoritaires du
groupe (à 70 %).
La clientèle féminine, qui
commence à monter en puissance
chez Rica Lewis – elle est passée en
quelques années de 25 à 30 % des
volumes vendus –, pourra trouver
dans le réseau des magasins Truffaut et Gamm Vert la gamme de
jeans de la marque Ober. Rachetée
en 2016 par Rica Lewis à Lafuma, et
distribuée en GMS, elle propose des
produits en fibre Lycra pouvant
répondre aux attentes de confort de
celles qui jardinent. n
Rica Lewis a testé en 2018 une gamme « workwear » pour hommes
sur le marché italien. En 2019, le pionnier du denim à la française
affrontera le marché hexagonal. Photo DR
rence exacerbée dans le secteur textile mode avec des prix toujours
plus tirés vers le bas, le pionnier
français cherche à se démarquer. « Le denim est une toile résistante et confortable grâce à notre
stretch Fibreflex, adapté pour des
activités de bricolage et jardinage»,
ajoute le directeur général.
« L’entreprise a testé une première
gamme “workwear” pour hommes
en 2018 en Italie. En 2019, elle attaque
le marché français », précise David
Viallaron. Une vingtaine de références, spécialement conçues, vont
être proposées, pantalons, bermudas pour l’été, mais aussi polos,
T-shirts et gilets avec une distribution dans les grandes surfaces de
bricolage (comme Bricomarché et
Date de création : 2011
Président : David Godest
Montant : 9 millions d’euros
Effectif : 100 personnes
Secteur : marketing digital
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Dolmen fait le lien entre le
magasin physique, le client et la
digitalisation des données. Cette
société rennaise accompagne
les commerçants, quelle que
soit leur taille, dans la collecte
d’informations personnelles sur
leurs clients, ensuite numérisées et utilisées pour des campagnes de marketing ciblées. Déjà
fort d’une centaine de magasins
et enseignes abonnés à sa solution Web, Dolmen annonce ce
vendredi avoir bouclé une nouvelle levée de fonds de 9 millions
d’euros, après les 5 millions réunis il y a trois ans. Ce second tour
de table voit l’entrée au capital
Claire Garnier
— Correspondante à Rouen
Et de deux ! Le pôle maroquinerie
sellerie d’Hermès va construire une
deuxième unité de production dans
l’Eure, à Louviers, qui emploiera à
terme 250 salariés. La nouvelle
usine va venir conforter celle de Valde-Reuil, spécialisée dans la petite
maroquinerie et les sacs, qui
emploie 220 salariés que le groupe
L’usine Hermès de Louviers
produira des sacs et de la petite
maroquinerie. Photo DR
de Louviers seront formés par ceux
de l’unité de Val-de-Reuil, située à
une quinzaine de minutes. Le site de
Louviers bénéficiera en outre de la
proximité des ateliers historiques du
groupe situés à Pantin, du lycée des
Bretagne Télécom lève 20 millions d’euros
LA PME À SUIVRE
BRETAGNE
Effectif : 70 salariés
Chiffre d’affaires : 18 millions
Activité : télécoms
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Nicolas Boittin, dirigeant de Bretagne Télécom, vient de boucler une
levée de fonds de 20 millions
d’euros en dette et en capital auprès
de bpifrance et du CM-CIC Investissement, afin que l’entreprise bretonne puisse doubler de taille d’ici à
2020. « L’effectif de Bretagne Télé-
com est composé de 70 collaborateurs, nous misons sur 150 personnes
en 2020 », indique Réda Belouizdad, directeur du marketing
de Bretagne Télécom.
La société, qui répartit ses
métiers entre l’hébergement cloud
des données, les réseaux à très haut
débit et la téléphonie sur IP – Internet Protocol –, entend accélérer sa
croissance en misant sur le rachat
de sociétés régionales aux activités susceptibles d’étoffer son panel
de clientèle.
Un data center
de 2.000 mètres carrés
En 2017, elle a racheté Prophone,
qui intervient dans la vente de solutions informatiques et de télépho-
lisation et surtout rapide et sûr. »
La conception technique est
l’œuvre de deux ingénieurs des
Arts et Métiers : Frédéric Hallonet, ancien directeur innovation de la branche ferroviaire
d’Alstom, et Olivier Dreydemy,
gérant de la société TechnicAchat, qui va fabriquer la
machine.
Un site mis à disposition
La Communauté d’agglomération
Seine-Eure a joué le rôle de facilitateur. Elle a mis à la disposition d’Hermès Maroquinerie un atelier relais
de 1.200 mètres carrés sur une
ancienne friche industrielle, le Hub,
à Louviers, lui appartenant, afin de
permettre au groupe de luxe de
commencer à produire, recruter et
former sans tarder. « Il construira sa
manufacture juste à côté de ces ateliers provisoires », ajoute le président
de la communauté d’agglomération,
Bernard Leroy. L’élu croit savoir
qu’entre 60 et 70 salariés seront
recrutés et formés chaque année. n
nie. « Nos prochaines pistes d’acquisitions sont situées principalement
en Ile-de-France », dit encore Réda
Belouizdad. Bretagne Télécom, qui
a réalisé un chiffre d’affaires de
18 millions d’euros en 2018 – en
hausse de 20 % –, stocke et héberge
les données d’une partie de ses
3.000 clients dans son data center
de la périphérie rennaise, à Châteaubourg, où il a investi 2 millions
d’euros.
Développé sur une surface de
2.000 mètres carrés, il est loin d’être
au complet, d’où la stratégie de conquête de Bretagne Télécom.
L’entreprise entend démontrer
que sa taille de société moyenne ne
l’empêche pas de proposer des
solutions totalement sécurisées
d’externalisation et de gestion des
données. Outre son propre data
center, Bretagne Télécom est connecté à 8 autres équipements du
même type, où elle dispose de capacités supplémentaires de stockage.
L’objectif est d’assurer à ses clients
que leurs données sont en permanence en lieu sûr puisque les documents numériques sont tous dupliqués entre les différents sites.
Fondé en 2005 par Nicolas Boittin, Bretagne Télécom possède à ce
jour 5 agences, à Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse et Rennes. Les
fonds levés seront aussi utilisés
pour la création d’implantations
supplémentaires afin d’arriver à
une couverture quasi complète de
l’Hexagone. n
« Ces fonds vont servir à accélérer
notre croissance en France, mais
également en Espagne, Italie et au
Royaume-Uni auprès des succursalistes, magasins en réseau ou de
proximité », précise David
Godest, le président de Dolmen,
qui reste l’actionnaire majoritaire. Depuis sa création en 2011,
Dolmen a collecté des données auprès de 25 millions
de profils, « en totale conformité
avec le règlement général pour la
protection des données (RGPD) »,
s ’e m p r e s s e - t - i l d ’ a j o u ter. Ces informations ne sont pas
captées sur des sites Internet,
mais consenties par le consommateur, qui accepte de les délivrer dans la boutique ou le rayon
du supermarché qu’il fréquente.
Ces données qualifiées
sont ensuite utilisées par les
commerçants pour des campagnes de communication globale
ou très ciblées. Il peut s’agir d’un
chef de rayon qui avertit en quelques clics ses 2.000 clients d’une
promotion exceptionnelle ou
d’un caviste qui organise une
dégustation. Fort des fonds
levés, Dolmen espère atteindre
l’équilibre financier en 2020. n
Ouidrop invente
le vestiaire automatisé
métiers d’art Augustin Boismard de
Brionne, dans l’Eure, et du Haras
national du Pin, dans l’Orne. Le
groupe Hermès est installé depuis
quarante ans dans l’Eure avec Hermès Parfums (250 salariés).
Photo DR
Le sellier maroquinier
a mis en place
une organisation
en pôles permettant
la transmission
des savoir-faire
d’un site à un autre.
appelle « artisans ». L’usine de Louviers, qui doit être opérationnelle en
2021, fabriquera des sacs et des
objets de petite maroquinerie.
« Nous accompagnons la croissance de la demande de sacs et de
petite maroquinerie. Cette deuxième
maroquinerie sellerie dans l’Eure
répond à notre principe de fonctionnement en pôles qui permet de faciliter la transmission des savoir-faire.
Nous avons déjà 3 sites en FrancheComté, 5 en Auvergne-Rhône-Alpes,
3 en Nouvelle-Aquitaine et 4 à Paris et
en Normandie et enfin 1 dans les
Ardennes », explique Emmanuel
Pommier, directeur général du pôle
maroquinerie sellerie d’Hermès.
Dans le métier de la maroquinerie, la
transmission est un élément clef et
l’apprentissage est long et spécifique, chaque artisan fabriquant son
sac de A à Z.
Concrètement, les futurs artisans
25 millions de profils
LA LEVÉE DE FONDS
DOLMEN
Hermès conforte son pôle maroquinier de l’Eure
NORMANDIE
de Mediapost, filiale du groupe
La Poste, qui investit dans Dolmen pour élargir son offre digitale, et du nord-américain Salesforce Ventures, qui accueille
déjà sur sa plate-forme une partie des données de la société
dans le cadre de campagnes globales de communication.
Photo David Leforestier
Rica Lewis lance le jean à usage
professionnel
Bras robotisé breveté
L’IDÉE
OUIDROP
Date de création : 2017
Président : Thibault Soulier
Financement : 73.000 euros
Effectif : 5 personnes
Secteur : services
Frank Niedercorn
— @FNiedercorn
Ce week-end, les spectateurs du
Jumping de Bordeaux vont
pouvoir tester un tout nouveau
concept de vestiaire automatique. Le système a été mis au
point par la toute jeune société
Ouidrop, fondée en 2017 par
Thibault Soulier, récemment
diplômé de l’Inseec à Bordeaux : « Lors des soirées étudiantes, le vestiaire a toujours
constitué un problème avec des
gens victimes de vol ou perdant
leur ticket. » Son projet de fin
d’études a donc consisté à imaginer un vestiaire automatisé,
dont il a rédigé le cahier des
charges : « Je voulais que cela
soit à la fois compact, facile d’uti-
Comment ça marche ? Après
avoir demandé à déposer ses
affaires en pianotant sur un
petit écran tactile, l’utilisateur
voit s’ouvrir une petite porte
face à lui. Il dispose d’un compartiment individuel doté d’un
cintre et d’un espace de rangement p our loger une ser viette. Le brevet concerne
le bras robotisé, qui, dans la
coulisse, manipule les compartiments. La machine se compose de modules tous identiques, mesurant 2,5 mètres de
côté et 3,5 mètres de profondeur. « Nous pouvons empiler
ces modules jusqu’à cinq étages.
Ce qui rend notre solution moins
consommatrice d’espace qu’un
vestiaire qui mesure au minimum 100 mètres carrés »,
estime Thibault Soulier. La
start-up innovante a été
appuyée par l’incubateur Unitec et CEB Lab, qui dépend
de Congrès et Expositions de
Bordeaux. « Nous allons profiter du Jumping de Bordeaux
pour tester notre démonstrateur
et, si tout se passe bien, le commercialiser au printemps »,
explique Thibault Soulier. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 33
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
NOUVELLES TENSIONS SUR
LA DETTE ITALIENNE
FINANCE
&MARCHES
La confiance des marchés vis-àvis de Rome depuis l’accord
budgétaire obtenu avec Bruxelles a été entamée jeudi. L’Italie
est le pays pour laquelle la révision à la baisse des prévisions
de croissance de la Commission
européenne a été la plus violente. Les estimations pour 2019
sont passées de 1,2 à 0,2 %.
Le taux italien à 10 ans a bondi
de 10 points de base, à 2,95 %.
les
indices
INTERVIEW // FRÉDÉRIC OUDÉA Directeur général de Société Générale
« Tout pointe vers une montée des risques
et une croissance ralentie »
l Le directeur général de Société
Générale explique pourquoi il veut
réduire la voilure sur les marchés.
l Il revient sur la dégradation
de l’environnement économique
pour les banques européennes.
Sharon Wajsbrot,
Guillaume Maujean
et François Vidal
Vous annoncez un nouveau
plan d’économies de 500 millions d’euros et une revue
des activités de votre banque
de financement et d’investissement (BFI). Qu’est-ce qui
justifie ces décisions ?
Un changement d’environnement
complet depuis la mi-2018, confirmé par les tensions sur les marchés en fin d’année dernière. En fait,
depuis l’été, les inquiétudes sur la
trajectoire de l’économie mondiale
n’ont fait que se renforcer. Qu’il
s’agisse de l’évolution de l’économie
chinoise, des tensions commerciales ou des risques accrus de fragmentation en zone euro (Brexit, Italie), tout pointe vers une montée des
risques et un ralentissement de la
croissance en 2019 et surtout en
2020. Dans ces conditions, nous
anticipons un ralentissement durable sur certaines activités de marché et la persistance de taux bas. Il
fallait réagir et trancher pour nous
adapter à ce nouveau cycle.
Faut-il s’attendre à de fortes
turbulences dans les banques
durant les prochains mois ?
Je ne peux pas répondre pour mes
concurrents, mais ce que je constate, c’est que nous avons mieux traversé les derniers mois que nombre
d’entre eux. Nous sommes toujours
en croissance. Il ne s’agit donc pas
d’éviter des pertes, mais d’améliorer
la rentabilité de nos fonds propres.
Au moment où nous allons devoir
répondre à de nouvelles contraintes en capital, c’est indispensable.
financier que j’évoque, des incertitudes économiques et réglementaires, des problèmes politiques de
l’Europe et de l’importance des
transformations que nous avons à
mener, il n’y aura pas de grands
mouvements de consolidation à
court terme. Les managements des
banques vont être focalisés sur tous
ces sujets et vont continuer à travailler dur sur la transformation
des business models. Chez Société
Générale, nous avons l’avantage,
par rapport à d’autres, d’avoir mis
derrière nous les sujets de crise et de
litiges. Notre ambition est claire :
rendre notre modèle plus simple,
préserver notre diversification et
accélérer la digitalisation. Le reste
n’est que rumeurs de marchés.
C’est la deuxième fois que
vous êtes contraint d’ajuster
votre plan stratégique, au
risque de fâcher les marchés…
Les investisseurs sont attachés avant
tout à la rentabilité structurelle et
aux capitaux. Ils vont être rassurés
de ce point de vue-là. Ils verront en
outre qu’on prend des mesures fortes pour redresser le cours de
Bourse, qui ne reflète absolument
pas notre valeur intrinsèque.
Il n’y a donc pas de remise en
cause du modèle de la banque…
Non. Nous restons fidèles à notre
modèle diversifié. Nous allons
poursuivre au même rythme la
transformation de la banque de
détail en France, continuer à pousser les feux de notre pôle de croissance, la banque de détail à l’international, et donc réajuster les
contours de notre BFI. Notre
volonté dans ce domaine est de
réduire les capitaux qui y sont
alloués, et de nous concentrer sur
les activités qui dégagent la plus
forte rentabilité. Le coût pour exercer certaines activités devient de
plus en plus élevé. Il y a moins de
volumes et une pression sur les
prix. Il faut qu’on sorte de cet étau.
« Je ne vois aucune
fusion d’ampleur
dans les deux
prochaines années. »
Vous avez décidé de verser
votre dividende en partie
en actions. N’est-ce pas le signe
d’une difficulté à générer
des fonds propres ?
En 2019, on risquait d’avoir une
baisse de notre niveau de capital : la
revue des modèles internes de
mesures des risques (TRIM) menée
par la BCE peut faire baisser nos
fonds propres de 30 à 50 points de
base. Proposer un dividende en
actions nous permet de conserver
un bon niveau de fonds propres. Je
pense au contraire que cela est
important pour donner confiance
et nous assurer un meilleur coût de
financement sur les marchés.
Tout cela ne vous encouraget-il pas à rechercher
une fusion avec un autre
acteur bancaire ?
Je ne vois aucune fusion d’ampleur
dans les deux prochaines années.
Compte tenu de l’environnement
« Nous restons fidèles à notre modèle diversifié », affirme
Frédéric Oudéa. Photo Hamilton/RÉA
Précisément, quelles activités
souhaitez-vous réduire ?
On veut concentrer l’allocation de
nos fonds propres sur les zones de
force de Société Générale comme
les financements structurés, le
financement de projet, le « trade
finance ». Dans les dérivés actions et
dans les produits structurés, nous
voulons également conforter nos
positions et rester leader. Dans les
métiers de « fixed income » (taux,
devises, matières premières), nous
allons en revanche refocaliser nos
activités. Le trading pour compte
propre fait aussi partie des activités
que nous mettons sous revue. On se
lance aujourd’hui dans un processus de revue très approfondi de nos
activités de marché, qui va s’étaler
sur deux ou trois mois et à l’issue
duquel nous prendrons des mesures. Cela nous permettra de réduire
la consommation de capital de nos
activités de marché. De plus, nous
voulons donc générer 500 millions
d’économies supplémentaires dans
les activités de banque de grande
clientèle et solutions aux investisseurs métier d’ici à 2020.
Les difficultés des BFI
européennes ne signent-elles
pas la grande victoire
des banques américaines
sur ces marchés ?
Il est vrai que l’environnement bancaire dont bénéficient actuellement
les banques aux Etats-Unis pouvait
difficilement être meilleur qu’en
2018. En banque de détail, les taux y
sont bien plus favorables qu’en
Europe, où le poison des taux négatifs est très puissant. Ils ont une croissance supérieure à la nôtre. Enfin, ils
ont un marché consolidé, où les prix
sont moins agressifs sur toutes sortes d’opérations de marché. La réglementation leur est aussi favorable et
ils ont bénéficié d’une baisse d’impôt
massive qui a dopé leurs profits.
Le contraste est saisissant avec
l’Europe. En Europe, la construction
de l’union bancaire et de l’union des
marchés de capitaux met beaucoup
plus de temps que prévu à se réaliser.
Avec le Brexit, la fragmentation tend
à se renforcer. Et les exigences en
capital et contributions diverses sont
de plus en plus importantes. Chaque
début d’année, Société Générale
verse ainsi 12 % à 13 % de son résultat
net pour alimenter le fonds de soutien européen aux banques (FRU).
On nous demande de payer une taxe
d’habitation avant même que la maison commune européenne soit
construite, et alors que les architectes ont pris la poudre d’escampette !
(
Lire « Crible »
Page 40
Société Générale restructure ses activités de marché
La banque de la Défense
affiche un résultat net de
3,9 milliards d’euros en
2018, en hausse de 37,7 %.
Comme annoncé il y a quelques
semaines dans un avertissement
sur résultats, la fin d’année a été difficile pour Société Générale. Si les
métiers de banque de détail à
l’international (Russie, Afrique,
Roumanie…) et de services financiers (assurance, leasing…) restent
moteurs pour le groupe, ils ne suffisent pas à compenser la baisse des
revenus en banque de détail en
France (principalement du fait des
taux bas), et surtout la chute des
revenus sur les marchés.
Au quatrième trimestre, la banque affiche des revenus en baisse de
6,3 %, à 5,9 milliards d’euros, et un
résultat net part du groupe de
624 millions. Au global sur l’année
2018, Société Générale a fait progresser ses revenus de 5,2 %, à
25,2 milliards d’euros, et augmenté
son résultat net de 37,7 %, à 3,9 milliards. Une amélioration des résultats à relativiser, car en 2017 la banque avait accusé le coup de
plusieurs charges exceptionnelles
liées à la restructuration de son
réseau en France et à ses litiges.
Changement de paradigme
La chute des revenus de marché a
été moins brutale chez Société
Générale que chez BNP Paribas (les
revenus trimestriels de Global Markets chez BNP Paribas fléchissent
de 39,5 %, contre une baisse de
18,7 % dans les « activités de marché
et services aux investisseurs » de
Société Générale).
Mais comme son concurrent de la
rue d’Antin, la banque de la Défense
acte d’un changement de para-
digme et choisit de ralentir la
cadence, voire de renoncer à certaines de ses activités de marché, pourtant dans son ADN. Sur le plan de la
rentabilité, Société Générale, à l’instar encore de BNP Paribas, réduit ses
ambitions : la banque table désormais sur un ROTE (rentabilité des
fonds propres tangibles) de 9 à 10 %
en 2020, contre 11,5 % auparavant.
Elle pourrait aussi réviser ses objectifs de croissance des revenus, mais
se laisse encore quelques mois pour
avoir « plus de clarté ». Signe des
temps, Société Générale a désigné Jean-François Grégoire, l’actuel
directeur délégué des risques, pour
remplacer Frank Drouet à la direction de ses activités de marché, qui
est davantage considéré en interne
comme un « développeur ».
En BFI, Société Générale place
désormais « l’anticipation des exigences des régulateurs » au cœur de
ses priorités, pour allouer au mieux
ses fonds propres.
Des temps plus difficiles
L’actuel directeur de la banque privée et de sa gestion d’actifs, JeanFrançois Mazaud, s’est vu par
ailleurs confier la mission d’engager
le nouveau plan d’économies prévu
dans la BFI (500 millions d’euros
d’ici à 2020). Un plan dont la banque
ne précise pas encore l’impact sur
l’emploi. Cet arsenal doit permettre
à Frédéric Oudéa, à la tête de Société
Générale depuis plus de dix ans,
d’affronter des temps plus difficiles
demain, tout en conservant un
niveau de fonds propres jugé satisfaisant par les régulateurs comme
par les investisseurs. De fait, dans ce
contexte chahuté, les objectifs en
matière de dividende et de ratio de
fonds propres à horizon 2020 restent inchangés. — S. W.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
UniCredit en avance
sur son plan de
réductions de coûts
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
BB&T et SunTrust veulent créer
la sixième banque américaine
BANQUE
Aux Etats-Unis,
les deux établissements régionaux
signent la plus grande
opération de fusionacquisition dans
le secteur bancaire.
Et ce, depuis la crise
financière de 2009.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
et Nicolas Rauline
@nrauline
— A New York
La banque italienne
a dégagé en 2018
un bénéfice net
de 3,89 milliards,
en baisse de 29 %,
mais supérieur
aux attentes.
Etienne Goetz
@etiennegoetz
Une fin d’année qui éclaircit les
perspectives. La première banque italienne UniCredit a expliqué jeudi avoir bénéficié d’une
mesure fiscale engendrant un
effet « positif extraordinaire
é q u i va l e n t à 8 8 7 m i l l i o n s
d’euros », lui permettant de finir
le quatrième trimestre sur
un résultat net de 1,73 milliard
d’euros, contre à peine… 30 millions d’euros au troisième trimestre. « La performance du
groupe reste très forte », et ce
« malgré une situation macroéconomique difficile », s’est félicité le directeur général
MPS revient
dans le vert
La plus vieille banque
au monde Monte dei
Paschi di Siena (MPS) a
dégagé en 2018 un bénéfice net de 278,6 millions d’euros alors
qu’elle avait perdu
3,5 milliards en 2017.
Considéré comme le
maillon faible du système bancaire italien,
l’établissement avait
alors bénéficié d’un
sauvetage public sous
la forme d’une recapitalisation préventive. Le
ministère italien des
Finances contrôle
désormais près de 70 %
du capital. La banque
est engagée dans une
vaste restructuration
pour renouer durablement avec les bénéfices.
Jean-Pierre Mustier lors d’une
conférence téléphonique. Pour
mémoire, l’établissement avait
souffert au troisième trimestre d’une dépréciation de sa participation dans la banque stambouliote Yapi, frappée de plein
fouet par l’effondrement de la
livre turque. La banque avait
également dû passer des provisions pour un litige aux EtatsUnis lié à de possibles violations
des sanctions contre l’Iran.
Reste que l’image reste solide
sur l’ensemble de l’année 2018,
UniCredit ayant dégagé un
bénéfice net de 3,9 milliards
d’euros. Ce chiffre s’inscrit certes
en baisse de 29 % par rapport à
2017, mais demeure nettement
supérieur aux attentes du marché. Selon le consensus établi
par Factset, les analystes
tablaient sur 2,85 milliards. Le
groupe lui-même visait un bénéfice supérieur à 2,8 milliards.
Une réorganisation
qui porte ses fruits
La réorganisation d’UniCredit –
impulsée par Jean-Pierre Mustier à son arrivée mi-2016 –
porte visiblement ses fruits.
« Nous sommes très en avance
sur le calendrier alors que nous
entrons dans la dernière ligne
droite de notre marathon Transform 2019 », a expliqué JeanPierre Mustier. Pour remettre
l’établissement sur les rails, le
dirigeant a piloté une augmentation de capital de 13 milliards
d’euros, fait le grand ménage
dans les créances douteuses qui
criblent le bilan de la banque et
supprimé 14.000 postes.
Dans la foulée de la publication de ces résultats, le groupe a
confirmé ses objectifs pour
2019 : un produit net bancaire de
19,8 milliards d’euros, un bénéfice net de 4,7 milliards et un
ratio de fonds propres compris
entre 12 % et 12,5 %. En décembre prochain sera présenté le
plan stratégique pour les années
2020-2023. Jean-Pierre Mustier
a déjà amorcé une réorganisation de la direction avec le départ
du directeur général délégué
Gianni Franco Papa, qui ne sera
pas remplacé. n
en bref
Scandale Danske Bank : la banque a été
mise en examen en France
BANQUE La première banque danoise a annoncé jeudi avoir été
mise en examen par le Tribunal de grande instance de Paris
dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent. Le juge
d’instruction Renaud Van Ruymbeke s’intéresse à certaines
transactions réalisées via la filiale estonienne de l’établissement
entre 2007 et 2014 pour un montant total de 21,6 millions
d’euros. La banque dit avoir versé une caution de 10,8 millions
d’euros. Danske Bank est empêtré depuis plusieurs mois dans
un vaste scandale de blanchiment d’argent. Environ 200 milliards d’euros, dont une majorité est d’origine douteuse, ont
transité via la filiale estonienne. La banque est sous le coup
d’enquêtes des autorités danoises, estoniennes et américaines.
L’opération marque-t-elle le réveil
des opérations entre banques aux
Etats-Unis ? BB&T a annoncé jeudi
le rachat de SunTrust Banks, la plus
grosse fusion du secteur dans le
pays depuis la crise financière de
2009. Si elle est validée par les autorités de régulation, l’opération donnera naissance au sixième établissement américain en termes
d’actifs. Le nouvel ensemble présentera 442 milliards de dollars
d’actifs sous gestion et 324 milliards
de dépôts. Il rivalisera ainsi avec des
acteurs comme US Bancorp ou
Capital One.
Fusion « entre égaux »
Sa capitalisation boursière devrait
atteindre les 66 milliards, soit
davantage que BNP Paribas, par
exemple. L’opération est une fusion
« entre égaux », ont expliqué les
deux groupes, qui comptent dans
leur portefeuille 10 millions de
ménages. Au terme de la fusion, les
actionnaires de BB&T posséderont
environ 57 % de la nouvelle entité et
ceux de SunTrust environ 43 %.
Le nouvel ensemble sera basé à
Charlotte, en Caroline du Nord, et
adoptera un nouveau nom, qui n’a
pas encore été dévoilé. Il sera
d’abord dirigé par l’actuel PDG de
BB&T, Kelly King, qui passera
ensuite la main à son alter ego de
Marché en sommeil
Le marché des fusions-acquisitions
était en sommeil ces dernières
années. Le dernier rapprochement
en date entre banques régionales
remonte à mai dernier, mais il était
plus modeste : Fifth Third avait mis
la main sur MB Financial pour
5 milliards de dollars. Jusque-là, les
banques américaines craignaient
surtout les foudres des régulateurs.
Mais l’administration Trump a
montré qu’elle pouvait être pragmatique, et pousse à un assouplissement de la régulation du secteur.
Une grande majorité d’observateurs s’attendent donc que la fusion
de BB&T et SunTrust reçoive un
feu vert.
Derrière ce mégadeal, l’heure de
la concentration est peut-être
venue pour ce secteur encore très
fragmenté, car les banques régionales ont connu quelques difficultés
ces derniers temps. Leurs dimensions relativement modestes ne
leur permettent pas de rivaliser
avec les établissements nationaux
pour certains services, suscitant
l’inquiétude des marchés. L’indice
des banques régionales, le KBW,
perdant 20 % en décembre avant de
se reprendre.
Autre argument, la réforme fiscale de l’administration Trump a
bénéficié aux banques. Elles se
retrouvent à la tête d’une manne qui
pourrait favoriser la reprise des
opérations. « La fusion entre BB&T
et SunTrust va faire prendre conscience du potentiel de certaines opérations », explique dans une note
l’analyste de Jefferies, Ken Usdin.
Les titres des deux banques s’affichaient en nette hausse à la miséance aux Etats-Unis. n
BB&T offre un large panel de services allant de la banque
de détail, à l’assurance, la banque privée, la gestion d’actifs.
Le groupe est présent dans une quinzaine d’Etats américains.
Basée à Atlanta, SunTrust est notamment présente dans le sud-est
des Etats-Unis. En fin d’année dernière, la banque avait
216 milliards de dollars d’actifs et 163 milliards de dépôts.
La Flûte enchantée
Bernard Faucon, série Les chambres d’amour, 1984 © Bernard Faucon / Agence VU’ - ES : 1-1075037, 1-1075038, 2-1075039, 3-1075040
BANQUE
SunTrust, William Rogers, en
2021. Sur le plan industriel, les deux
établissements sont assez complémentaires : BB&T est présent dans
15 Etats et à Washington, tandis que
SunTrust est essentiellement concentré dans le sud-est du pays.
L’opération devrait être bouclée au
quatrième trimestre 2019, une fois
toutes les autorisations obtenues.
oiser
Peut- on appriv
Wolfgang Amadeus Mozart
la nuit ?
DIRECTION MUSICALE
HENRIK NÁNÁSI
MISE EN SCÈNE
ROBERT CARSEN
CHEF DES CHŒURS
JOSÉ LUIS BASSO
ORCHESTRE ET CHŒURS
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
Services financiers :
la France se prépare
à un « hard Brexit »
Le marché des obligations
vertes au ralenti
RÉGLEMENTATION
MARCHÉ
OBLIGATAIRE
L’ordonnance visant
à préparer une
sortie sans accord
de la Grande-Bretagne a été publiée au
« Journal officiel ».
Edouard Lederer
@EdouardLederer
A sept semaines du 30 mars,
date-butoir du Brexit, nul ne
peut dire si la Grande-Bretagne
et l’Union européenne parviendront à un accord. En attendant
d’y voir clair, la France déroule
son plan d’urgence – notamment destiné à la finance – et
qui doit limiter la casse en cas
de « no deal ».
Le gouvernement a ainsi
publié jeudi matin au « Journal
officiel » l’ordonnance, présentée la veille en Conseil des
ministres, visant à « assurer la
continuité du financement de
l’économie » si un tel scénario
devait se concrétiser et comprenant sept grandes mesures.
Voyant les discussions s’enliser,
la France avait adopté le 19 janvier dernier une loi habilitant le
gouvernement à agir de la
sorte. Ces mesures entreraient
ainsi en vigueur « à compter de
la date de retrait du RoyaumeUni de l’Union européenne sans
accord conclu conformément à
l’article 50 du traité sur l’Union
européenne », précise le texte.
Sur le fond, nombre de préoccupations sont remontées
depuis longtemps aux oreilles
des régulateurs, européens,
britanniques ou français, les
ordonnances n’apportant a
priori pas de surprise.
Sujet clef, une disposition
« garantit la continuité de l’accès
des entités françaises » aux
chambres de compensation
britanniques, un dispositif qui
s’ajoute au plan de secours
signé cette semaine par la Banque d’Angleterre et l’Autorité
européenne des marchés en
cas de « hard Brexit ». Point très
attendu, les adaptations « permettant le fonctionnement du
principal contrat-cadre en
matière de produits dérivés, le
contrat-cadre de l’association
internationale des “swaps et
dérivés” (ISDA), en droit français », sont confirmées dans le
dispositif, souligne le compte
rendu du Conseil des ministres.
Assureurs britanniques
en France
Autre confirmation, les assureurs britanniques agissant
actuellement dans l’Hexagone
sur la base du passeport européen devront bien exécuter les
contrats souscrits avant le
Brexit, malgré la perte de ce
sésame. Ces contrats ne pourront pas toutefois être renouvelés, ni recevoir de nouvelles
cotisations, précise le gouvernement, au risque d’être frappés de nullité. n
En outre, les obligations vertes
« classiques » doivent affronter une
nouvelle concurrence. Celle des
« social bonds », qui visent des programmes de développement, voir
des « sustainable bonds », des obligations « durables » qui mêlent
enjeux environnementaux et
sociaux. Ces dernières, particulièrement prisées par les investisseurs
ESG, ont vu leurs volumes progresser de 35 % en 2018, approchant les
30 milliards d’euros.
Les Etats continuent
d’alimenter le marché
des « green bonds ».
Mais les émissions ont
connu une croissance
réduite en 2018 et
pourraient même
reculer cette année.
Incitations des pouvoirs
publics
Guillaume Benoit
@gb_eco
Le « green bond » de l’Etat français
a réussi son retour sur les marchés.
Pour sa première émission de
l’année, jeudi, l’OAT verte a concédé
le plus bas rendement de son
histoire : 1,25 %. Cette obligation,
destinée à financer des programmes permettant de lutter contre le
réchauffement climatique, affiche
désormais un montant total de près
de 16,5 milliards d’euros, confortant
la première place de la France
parmi les Etats émetteurs. Un chiffre qui devrait encore progresser
puisque 8 milliards d’euros de
dépenses éligibles ont été identifiés
par Bercy en janvier.
De bon augure pour le marché
des « green bonds » en 2019 ? Ce
n’est pas si évident. Les émissions
donnent en effet de sérieux signes
de ralentissement. 2018 a de
nouveau été une année record en
termes de montants levés, 167 milliards de dollars selon les calculs de
FORMATION
LE DIRIGEANT DANS
UN MONDE DISRUPTIF
S&P Global Ratings, mais la croissance sur un an n’a représenté que
2 %, contrairement aux attentes.
Un moindre dynamisme
C’est peu pour un marché qui était
plutôt habitué à doubler de taille
d’une année sur l’autre. En cause
notamment, un moindre dynamisme du côté des économies
émergentes qui ont plutôt cherché
à réduire leur endettement que
d’émettre des obligations vertes.
Cette année pourrait confirmer
cet essoufflement. HSBC, par exemp l e , e s t i m e q u e l e s vo l u m e s
devraient évoluer entre 140 mil-
JP Morgan face au casse-tête
vénézuélien
DETTE
6 jours pour casser les codes et orchestrer
la transformation de votre organisation
Les sanctions imposées par Washington
pourraient conduire
JP Morgan à exclure
la dette du Venezuela
de ses indices.
Du vendredi 22 mars au vendredi 14 juin 2019
- Places limitées -
Isabelle Couet
@icouet
Informations et inscriptions :
 01 71 25 00 23
www.cycledirigeant.lesechos-formation.fr
liards et 180 milliards de dollars. Ces
prévisions s’inscrivent dans un
contexte de ralentissement global
du marché obligataire anticipé en
2019. Mais elles prennent aussi en
compte les spécificités du marché.
« L’offre de nouveaux “green
bonds” pourrait redécoller quand les
marchés émergents se stabiliseront et
quand les investissements verts
repartiront afin de répondre aux
enjeux du changement climatique,
note HSBC. Mais la stabilité des Etats
émergents pourrait mettre du temps
à revenir et la vitesse à laquelle les
investissements verts vont se développer est difficile à déterminer. »
Plusieurs facteurs pourraient tout
de même porter les émissions de
« green bonds » cette année.
Notamment des incitations plus
appuyées des pouvoirs publics, qui
souhaitent tenir les engagements
pris lors de l’Accord de Paris. Les
Etats sont de plus en plus nombreux à donner l’exemple. « Au
cours des deux dernières années, les
émissions d’obligations vertes souveraines ont crû de plus de 60 % pour
atteindre 10 % des volumes en 2018, et
n ou s p ré voy on s q u e les Etats
devraient rester des acteurs importants cette année », écrit S & P Global
Ratings.
Outre la France, de nouveaux
émetteurs ont fait leur apparition,
comme la Belgique, l’Indonésie et,
en octobre dernier, l’Irlande. Cette
année, d’autres pays devraient
venir grossir leurs rangs, notamment les Pays-Bas. Et l’Europe
devrait rester la première région
d’émission de « green bonds »
dans le monde. n
La « bombe » Venezuela va-t-elle
exploser dans les mains de Wall
Street ? La communauté financière
suit avec attention les événements
qui agitent le pays d’Amérique du
Sud, depuis que l’opposant, Juan
Guaido, s’est autoproclamé président le 23 janvier. Cette déclaration
et les manifestations qui l’ont
accompagnée ont immédiatement
fait réagir Washington, qui a durci
ses sanctions et ainsi paralysé les
transactions sur la dette obligataire
du régime bolivarien. L’objectif des
Etats-Unis est clair : accélérer le
départ de Nicolas Maduro. Mais
l’offensive peut aussi se retourner
contre des acteurs de marché et
notamment de grandes sociétés
américaines.
Une partie difficile est en train de
se jouer. La décision du Trésor
américain pourrait aboutir à une
exclusion des titres émis par la
République bolivarienne et sa compagnie pétrolière PDVSA des
grands indices de marché. JP Morgan, très influent dans l’univers
émergent, est confronté à un véritable dilemme, alors que la dette
publique vénézuélienne représente
encore 1,37 % de ses fameux indices
EMBI. Cette catégorie d’indices
constitue la boussole de nombreux
gestionnaires de portefeuilles et de
fonds indiciels cotés (ETF). « La
nouvelle vague de sanctions et exceptions émises le 28 janvier n’a pas
d’impact immédiat sur le statut du
La communauté financière suit avec attention les événements
qui agitent le pays d’Amérique latine et s’inquiète des réactions
de Washington. Photo Elyxandro Cegarra/Sipa
Venezuela dans les indices », affirme
JP Morgan. « Cependant, si la liquidité et le prix sont durablement affectés, une révision sera nécessaire avec,
à la clef, une potentielle exclusion de
titres. » La banque surveille plusieurs éléments : toutes nouvelles
déclarations du Trésor précisant les
notions d’« achats/ventes par des
personnes américaines » ; la liquidité du marché secondaire ou
encore le processus de détermination des prix.
Surpondération
« Pour l’instant, le marché est gelé. Les
principaux acteurs mettent en place
des mécanismes pour respecter les
sanctions. Le texte permet en effet aux
entités et personnes non américaines
de traiter la dette vénézuélienne mais
n’autorise les “US persons” qu’à
conserver ou vendre leurs titres »,
explique Jean-Jacques Durand,
chez Edmond de Rothschild AM.
Selon des sources, JP Morgan préférera sans doute abaisser le poids du
Venezuela à 0 % plutôt que l’exclure
des indices. « Cette solution permet-
trait à la plupart des fonds qui suivent
un indice et aux ETF de ne pas être
obligés de vendre des titres qui
seraient off-benchmark mais à seulement avoir une surpondération
pendant un moment », décrypte un
intervenant. « Cela permettrait également, si la situation dans le pays
évolue de manière positive et que les
sanctions sont levées, d’augmenter
immédiatement ce poids. »
Les gros investisseurs américains, tels que BlackRock ou Fidelity, essaient sans doute de faire
pencher la balance dans ce sens. Ils
ne sont pas les seuls. D’après
Bloomberg, une fraction de l’opposition vénézuélienne discute avec
JP Morgan. Elle veut éviter que les
gestionnaires d’actifs traditionnels
bradent leurs titres à des fonds
« vautours ». Le cauchemar de
l’Argentine, poursuivie par des
investisseurs pendant plus d’une
décennie, est dans tous les esprits.
Les partisans de Juan Guaido
rêvent de négocier une restructuration de la dette sans recours aux
tribunaux. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
Comment le Nasdaq a retrouvé grâce
aux yeux des investisseurs
l Depuis son point bas de décembre, l’indice représentatif de la high-tech a rebondi de presque 20 %.
l Les valeurs emblématiques comme Netflix, Amazon, Facebook et Apple ont regagné 630 milliards de capitalisation.
BOURSE
En Bourse, le marché a souvent tendance à brûler ce qu’il a aimé, mais
cet amour dispose d’une étonnante
capacité à renaître de ses cendres.
En témoigne l’évolution fracassante
des valeurs technologiques. En à
peine quelques semaines, le Nasdaq
est passé d’un « bear market » (marché baissier) à un « bull market »
(marché haussier).
Après avoir perdu 23,64 % depuis
son record historique le 29 août dernier, l’indice, à forte coloration technologique, a rebondi de 19 % depuis
le 24 décembre. Depuis cette date,
sur le Nasdaq 100, seulement quatre
valeurs affichent une baisse de leur
cours (Qualcomm, Take-Two, Activision et NetEase). Dans le même
temps, plus de la moitié de l’indice –
qui compte 103 des 2.625 valeurs du
Nasdaq – enregistre un gain de plus
de 20 %. Le rebond est encore plus
f r a p p a n t p o u r l ’ i n d i c e Ny s e
Fang+ qui intègre dix stars de la
cote : +24,2 % depuis le soir du
réveillon, soit un gain de capitalisation de 630 milliards de dollars. C’est
déjà la moitié de ce que l’indice avait
perdu depuis l’été. « Il y a eu, au quatrième trimestre, des prises de profit
saines après des performances extraordinaires les trimestres précédents.
Les investisseurs ont pris prétexte de
la guerre commerciale et du fait que
dans la chaîne de valeurs les sociétés
américaines de la tech n’étaient pas
immunisées contre le risque de
ralentissement chinois. Et, dans un
contexte de faiblesse de la liquidité, les
mouvements ont été d’une grande
ampleur », explique Geoffroy
Goenen chez Candriam. Depuis, la
réduction du risque de guerre commerciale ainsi que la volte-face de la
Fed début janvier (Jerome Powell a
ressorti de la naphtaline le terme de
« patience ») ont contribué à réveiller
l’appétit pour le risque. Les valeurs
technologiques en ont profité.
Ainsi, mi-janvier, Citigroup constatait qu’il avait un avis « achat » sur
les quatre Fang originaux (Facebook, Amazon, Netflix et Google)
pour la première fois en six ans. Un
peu plus tôt, JP Morgan expliquait
que Facebook était l’une de ses
« meilleures idées » pour 2019.
Un riche terrain de chasse
« L’excellente performance des Faang
[Facebook, Amazon, Apple, Netflix
et Google, NDLR] les a rendus populaires auprès d’un large éventail
d’investisseurs, en particulier dans un
environnement de marchés à faible
croissance et à faible rendement »,
rappelle Ritu Vohora chez M&G
Investments. Ces valeurs bénéfi-
cient toujours de « tendances séculaires à l’origine de leur succès, comme
l’essor de l’e-commerce, le passage
aux ventes et à la publicité en ligne, la
mobilité accrue des consommateurs,
le passage au “cloud computing” et
l’augmentation de la cybercriminalité », rappelle l’analyste, pour qui
« le secteur technologique reste un
riche terrain de chasse ».
D’autant plus que les valorisations du secteur ont fondu après
avoir atteint un niveau très élevé
courant 2008. Ainsi, le PER (le ratio
de capitalisation du Nasdaq) qui
atteignait 51 fois début 2018 avant de
retomber à 28,7 fois le 3 janvier
2019, en dessous de sa moyenne sur
10 ans. « Une exubérance irrationnelle avait conduit à des ratios cours/
bénéfices au plus haut depuis la bulle
Internet du début des années 2000 »,
rapp elle Miro Zivkovic chez
Nordea AM. « Les valorisations ont
toujours une importance primordiale à long terme et les actions fortement valorisées finissent toujours
p a r c o n n a î t re u n re t o u r à l a
moyenne. » Mais le rebond récent a
déjà ramené le PER du Nasdaq à
plus de 34 fois. « Les fondamentaux
restent en place, rassure Geoffroy
Goenen. Certains géants américains
ont déçu mais, bon an mal an, les
valeurs technologiques continuent de
délivrer une croissance des bénéfices
comme aucun autre secteur et parviennent à générer une énorme rentabilité. les bénéfices restent le nerf de
la guerre. » Et les déceptions continuent d’être lourdement sanctionnées, à l’image des éditeurs de jeux
vidéo Take-Two et Electronics Arts,
qui ont plongé en Bourse mercredi.
Tout est donc allé très vite sur les
marchés actions cette année – et pas
seulement pour le Nasdaq. Trop
vite ? Après un rally de près 20 %,
« les actions sont peu susceptibles de
monter beaucoup plus haut », juge
Michael Wilson, chez Morgan Stanley. Si le nouveau discours de la Fed
est favorable aux actifs risqués, les
résultats se détériorent un peu plus
vite qu’on ne le pensait ». Le consensus des analystes a ainsi déjà révisé
à la baisse de 60 points de base son
anticipation de marge d’exploitation pour le S&P 500 cette année.
« Il est temps pour les investisseurs
d ’ a g i r c o m m e l a Fe d e n é t a n t
patients. » — P. Fay
4
À NOTER
Jeudi en fin d’après-midi,
pour une poignée de milliards,
Apple avait repris son rang
de plus grosse capitalisation
mondiale devant Microsoft
et Amazon.
INTERVIEW // PIERRE FERRAGU Responsable de la recherche sur le secteur technologique chez News Street Research, à New York
« Je trouve le rebond des valeurs technologiques trop rapide et trop marqué »
Propos recueillis par
Pierrick Fay
@pierrickfay
Vous avez été l’un des premiers
à alerter sur l’excès de valorisation d’Apple. C’était en août
dernier, au moment où Apple
dépassait les 1.000 milliards
de dollars de capitalisation.
Depuis, l’action a souffert…
Les excès ont-ils été purgés ?
J’avais anticipé que 2019 serait une
année très difficile pour l’iPhone,
consécutive au succès de l’iPhone X
en 2018 et qu’il serait plus compliqué
de rééditer. Cela s’est vérifié lors de la
publication des chiffres du 1er trimestre (d’octobre à décembre 2018)
et cela s’est confirmé avec les prévisions pour le deuxième trimestre.
Aujourd’hui, ce ralentissement des
ventes d’iPhone est bien compris par
le marché et se reflète dans le cours
de l’action. Reste la question du
ralentissement potentiel de la
demande, notamment émanant de
Chine. Tout le monde est d’accord
pour dire qu’il y a un ralentissement
qui a entraîné la chute des valeurs
technologiques fin 2018. On assiste
ces dernières semaines à un rebond
car les investisseurs pensent que le
ralentissement ne sera pas trop fort,
que le second semestre sera
meilleur. Il n’y a pas eu de mauvaise
nouvelle supplémentaire sur la
façon dont 2019 va se dérouler. Mais,
la tendance pour 2019 reste incertaine et, au vu de la remontée des
cours, le risque de déception est
important, notamment si le redressement attendu au second semestre
n’a pas lieu.
Apple a perdu son image
d’innovateur, associée à Steve
Jobs… Est-ce préjudiciable
en Bourse ?
La question de savoir si Apple innove
compte tenu notamment des
discours des entreprises. Elles ont
une vision pessimiste à court terme
et affichent une confiance élevée
dans l’amélioration au second
semestre. C’est ce que le marché
achète. Mais pour moi, c’est surtout
le signe qu’il y a toujours beaucoup
d’incertitudes.
Pierre Ferragu remarque que les géants de la tech pourraient
pâtir d’une « pression populaire sur les gouvernements,
donc d’une tentation de réguler ces sociétés ». Photo DR
toujours ou pas est difficile à aborder.
En revanche, il y a un fait important :
les consommateurs ressentent
moins l’innovation et gardent leurs
téléphones plus longtemps. Cela a
un impact fort sur les volumes de
ventes d’iPhone. Ce n’est pas vraiment la même chose de changer son
smartphone tous les trois ans au lieu
de deux. Cette tendance à l’élongation du cycle de renouvellement va
peser longtemps sur le titre, même si
les ventes se sont stabilisées fin 2018.
Le cours reflète aujourd’hui les
espoirs d’amélioration au second
semestre. C’est en partie pour cette
raison que nous étions revenus à
neutre sur Apple. Mais le risque de
déception est toujours élevé.
JP Morgan Chase estime
qu’Apple devrait racheter
Netflix. Qu’en pensez-vous ?
Je doute qu’Apple se lance dans
l’aventure. Sur le papier, cela paraît
une bonne idée, mais pas dans la
pratique. D’abord parce que Netflix
vaut 153 milliards de dollars et capitalise 89 fois ses profits 2019 ! Ce
serait une acquisition énorme,
même pour Apple. Ensuite, les
synergies entre les deux seraient
très faibles, contrairement aux
apparences. La stratégie de Netflix
e s t d ’é t e n d r e s e s s e r v i c e s à
l’audience la plus large. Avec Apple,
les clients se trouveraient prisonniers de la marque à la pomme en
termes de prix, de technologies.
Cela empêcherait Netflix d’atteindre son potentiel maximum et cela
coûterait beaucoup plus que le
bénéfice qu’Apple pourrait en tirer.
Je doute donc que le management
d’Apple le fasse. En revanche, je
pense qu’il réfléchit à décliner une
offre similaire à celle de Netflix et
qu’il lancera ce type d’offre à l’avenir, à l’image d’Amazon avec Amazon Premium ou de ce qu’Apple a
déjà fait avec Apple Music.
On assiste à un rebond sur
certaines valeurs technologiques à Wall Street… Etes-vous
positif ou prudent pour 2019 ?
Un peu des deux. Je trouve le
rebond trop rapide et trop marqué,
« Ces valeurs
bénéficient toujours
de tendances
de fond très positives,
en termes
d’investissements,
de déploiement
d’infrastructures. »
Mais si nous ne partageons pas
l’excès d’optimisme du marché,
nous restons quand même positifs
à long terme. Ces valeurs bénéficient toujours de tendances de fond
très positives, en termes d’investis-
sements, de déploiement d’infrastructures. 2019 sera une année de
consolidation. Mais, après cette
phase de digestion, la croissance va
revenir, il faut juste garder en tête le
fait que l’on ne sait pas encore si cela
interviendra au second semestre
ou en 2020.
Reverra-t-on des capitalisations
de plus de 1.000 milliards ?
Oui, je le pense. La particularité de
ce secteur technologique est de
créer des acteurs globaux avec des
parts de marchés dominantes. Ce
sont des entreprises d’une taille
exceptionnelle et qui n’existaient
pas auparavant. Pour Apple, cela
risque toutefois de prendre
plusieurs années avant que la
valorisation ne remonte sur ces
sphères. Elle est sur un business qui
a atteint une situation de maturité
avec un potentiel de croissance
moins significatif. D’autres acteurs,
comme Amazon ou Google, avec
des potentiels de croissance supérieure, ont une probabilité plus
forte de retrouver ce seuil. Pour certains acteurs chinois, cela pourrait
prendre aussi un peu plus de
temps.
Ces géants font face
à un risque de régulation
de plus en plus grand…
Oui, surtout Amazon, Google et
Facebook. C’est un risque qui
demeure fort, car on se rend
compte que ces sociétés ont bénéficié du libre-échange pour développer des positions dominantes
dont elles peuvent facilement
abuser. En créant beaucoup de
valeurs, elles en ont aussi détruit
beaucoup et cela entraîne une
pression populaire sur les gouvernements, donc une tentation de
réguler ces sociétés, sans que l’on
sache si cela contribuera à limiter
considérablement leurs capacités
de croissance. Même si ce n’est pas
simple de réguler des entreprises
qui ont une empreinte aussi globale, ce risque va rester crédible et
important. n
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
31/12/2018
Dernière VL
Date VL
300,21
207,02
360,09
63,25
05/02/2019
06/02/2019
05/02/2019
05/02/2019
Performance
Depuis le
31/12/2018
Performance
1 an
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
www.federal-finance.fr
Federal Indiciel US (FR0000988057)
Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
286,18
197,31
329,87
60,32
4,90
4,92
9,16
4,86
13,60
6,08
-0,97
-4,59
47,36
31,83
43,74
2,43
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 37
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
euronext
SÉANCE DU 07 - 02 - 2019
CAC 40 : 4985,56 (-1,84 %) NEXT 20 : 10996 (-1,71 %)
CAC LARGE 60 : 5532,16 (-1,83 %)
CAC ALL-TRADABLE : 3886,9 (-1,83 %)
DATE DE PROROGATION : 25 FÉVRIER
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILORLUXOTTICA (EI) R
A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
15/01/19 3,5
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
04/12/18 2
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
39,1
999799
282.607.800
105,1
894817
429.423.434
101,12
1491323
776.469.994
21,25
8215593
1.021.903.623
81,42
652815
106.884.219
20,55
7949161
2.424.916.626
41,805
7174371
1.249.798.561
31,09
807515
372.377.939
98,36
553132
167.293.730
18
2360031
789.252.839
10,15
8200263
2.866.437.156
64,42
1690599
685.055.200
128,25
564424
261.541.129
13,89
6415003
2.435.285.011
111,05
1036335
433.379.900
530,8
52328
105.569.412
443,4
263429
126.279.322
287,05
771808
505.029.495
53,1
504478
267.471.813
215,8
585357
560.341.550
CLOT
+ HAUT
+ BAS
38,52
39,18
38,52
105,1
105,9
105,1
99,83
101,78
99,83
20,245
21,775
20,245
78
81,8
78
20,285
20,67
20,21
40,79
43,44
40,7
30,6
31,29
30,6
95,56
99,04
95,56
17,49
18,04
17,49
9,862
10,27
9,856
64,39
65,08
64,37
128,1
129,95
126,85
13,81
13,925
13,75
108,9
111,05
108,85
520,4
532,8
520,4
440,4
447,9
438,8
283,4
290,7
282,65
52,64
53,3
52,64
216,1
218,7
215,3
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 2,13
+ 4,11
- 13,42
- 0,71
- 1,27
+ 2,09
- 2,2
+19,47
+ 12,93
- 4,82
+ 7,89
- 26,94
- 4,76
+11,84
- 36,77
- 1,39
+ 5,93
- 21,51
- 2,57
+ 0,27
- 36,81
- 1,7
- 0,97
- 27,11
- 3,14
+13,36
- 7,04
- 3,24
+14,43
- 5,02
- 3,03
+ 1,17
- 32,36
- 0,63
+ 5,83
- 4,12
- 0,31
+25,59
+ 31,79
- 1,11
+ 6,07
+ 4,82
- 1,89
- 1,54
+ 0,09
- 1,74
+10,21
+ 20,44
- 0,97
+11,1
+ 21,95
- 1,63
+13,04
+ 15,67
- 1,09
+ 6,36
- 17,96
- 0,51
+ 9,45
+ 23,06
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 3,8
39,78
36
2,73
- 3,09
107,95
102,05
2,52
+ 18,9
3,4
102,72 29,40
77,5
1,5
+ 11,6
21,775
17,056
+ 9,12
83,3
67,5
2,18
+ 7,57
20,67
18,428 6,21
+ 3,33
43,44
38,135
7,4
- 2,36
31,4
29,02
5,56
+ 10,09
99,04
79,8
1,78
+ 17,3
18,175
14,485 2,63
+ 4,58
10,424
9,095 6,39
+ 4,68
65,08
60,2
2,95
+ 23,53
129,95
96,02
0,45
+ 10,26
1,21
14,135 11,45
12,17
2,68
- 1,4
112,85
108,85
1,41
+ 7,34
534
462,4
1,46
+ 7
454,6
380,7
0,8
+ 9,76
292,25
243,65
0,71
+ 6,77
53,66
47,91
2,39
+ 7,41
219,9
194,55
1,64
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
04/12/18 0,3
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
28/11/18 1,35
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
30/01/19 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/12/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
19/11/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
06/11/18 0,75
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
95,26
691323
179.847.632
13,5
6576908
2.660.056.599
151,2
604269
265.421.592
21,48
3709449
904.828.213
48,8
4713580
235.249.801
60,11
1877312
295.722.284
114,65
962356
435.767.951
31,825
2485422
546.585.004
75,45
3224335
1.247.395.472
63,7
1857303
579.138.192
27,8
12251608
807.917.739
93,82
265092
147.454.887
14,45
4662433
911.156.920
20,83
2102478
450.145.880
48,93
6484582
2.641.814.774
152,08
451093
138.286.626
26,79
2400409
240.253.100
18,35
3278720
565.593.341
77,28
1322479
598.227.170
22,62
3542532
1.306.234.196
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
91,94
95,36
91,94
13,43
13,56
13,39
149,45
151,9
148,75
20,92
21,63
20,92
46,84
49,08
46,84
57,87
60,33
57,87
113,15
115,35
113,15
31,38
32,29
31,375
74,83
77,4
74,6
62,74
64,22
62,74
24,705
27,9
24,705
94,04
95,2
93,72
13,845
14,535
13,845
19,625
20,88
19,625
48,045
48,93
48,04
152,06
153,46
151,64
25
26,8
25
18,82
18,97
18,315
76,84
78,02
76,84
22,39
22,78
22,37
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 4,03
+ 5,75
- 27,35
- 1
- 5,42
- 3,07
+ 1,22
+ 7,79
+ 19,9
- 2,97
+ 7,92
+ 12,87
- 14,84
- 7,98
- 15,97
- 4,24
+ 6,24
- 32,36
- 1,35
+ 9,38
+ 30,24
- 1,71
+ 7,69
- 29,26
- 1,59
+ 1,34
+ 12,17
- 2,18
+ 5,52
- 12,13
- 6,77
-13,06
- 44,19
- 0,23
+ 5,88
- 5,13
- 4,45
+21,98
- 24,51
- 6,55
+ 3,89
- 22,71
- 1,51
+ 1,58
+ 7,34
- 0,28
+10,73
- 7,24
- 1,46
- 58,95
+ 2,28
+ 5,91
- 3,76
- 0,88
+ 6,4
- 8,11
- 1,76
+ 3,47
- 1,1
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 6,04
96,54
83,74
3,86
- 5,12
14,34
13,255 2,23
+ 4,29
151,9
136
0,9
+ 12,2
22,42
17,87
2,53
- 6,47
55,76
46,84
4,27
+ 6,09
62,85
51,98
6,13
+ 7,35
117,1
101,1
1,41
+ 7,59
32,29
28,275
4,14
- 1,1
77,4
72,59
4,05
+ 5,06
64,24
57,58
3,51
- 11,2
30,385
24,705 8,91
+ 5,07
95,8
86,78
2,92
+ 10,89
0,23
14,565 60,92
10,635 0,38
+ 11,19
21,06
16,6
+ 4,04
49
44,775
1,33
+ 12,3
158,16
130,18
- 2
28,48
23,5
5
+ 4,82
18,97
17,5
4,46
+ 6,69
78,72
70,2
0,98
+ 5,22
23,11
20,8
2,01
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,77
3,766
20564
3,818
40.789.901
3,75
B 6,21
6,23
20461
6,29
FR0004040608
27/11/18 0,2 58.512.053
6,2
ABIVAX (ABVX) g
B 10,1
9,87
14009
10,1
FR0012333284
10.024.182
9,83
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,56
0,516
42695
0,56
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,516
ACTIA GROUP (ATI) g
C 3,18
3,075
24779
3,19
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
3,05
ADOCIA (ADOC) g
B 14,3
14,24
7040
14,4
FR0011184241
6.916.753
14,2
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 163,8
162,7
90684
165,6
FR0010340141
06/12/18 0,7 98.960.602
162,7
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 10,97
10,71
1733041
11,005
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
10,71
54,5
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 56,6
18633
57
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
54,3
AKWEL (AKW) g
B 16,56
16,04
8693
16,58
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
16
ALD (ALD)
A 12,05
11,5
254592
12,08
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
11,3
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 24,4
24,3
19680
24,45
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
24,25
ALSTOM (ALO) LR
A 37,95
37,39
657487
37,95
FR0010220475
20/07/18 0,35 223.425.599
37,34
ALTAREA (ALTA) g
A 186
182,6
2911
186
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.061.329
181
ALTEN (ATE) G
A 88,25
86,05
54737
88,5
FR0000071946
25/06/18 1 33.830.458
86,05
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 8,5
8,175
792937
8,55
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,125
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,2
3,15
13497
3,2
FR0012789667
47.804.841
3,13
AMUNDI (AMUN) G
A 51,7
51,08
EX-DS 15/03/17
146677
52,16
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
51,08
APRIL GROUP (APR)
B 21
21
28393
21,2
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
21
ARCHOS (JXR) g
C 0,312
0,304
174126
0,312
FR0000182479
57.851.743
0,303
ARKEMA (AKE) L
A 83,38
80
303220
83,38
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
80
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 14,98
14,8
9328
15
FR0000074783
6.651.515
14,8
ASSYSTEM (ASY) g
B 29,8
30
OPA 24/11/17
17411
30,15
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
29,6
ATARI (ATA)
C 0,343
0,337
378969
0,343
FR0010478248
255.105.360
0,335
AUBAY (AUB) g
C 31
29,9
6414
31,15
FR0000063737
08/11/18 0,27 13.193.296
29,9
AUREA (AURE)
C 5,9
5,94
3461
5,98
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
5,8
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,154
0,153
63507
0,157
FR0000066052
21/10/11 0,05 112.001.888
0,153
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 12,82
12,8
627
13,12
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
12,8
BÉNÉTEAU (BEN)
A 10,6
10,06
1093185
10,8
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
9,98
BIC (BB) G
A 89,8
88
85570
90,15
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.010.907
87,55
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,98
9,99
35430
10,1
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.500.119
9,84
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 63,5
63,6
50468
64,5
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
63,4
BOIRON (BOI) g
A 50
50,8
8246
51,1
FR0000061129
31/05/18 1,6 17.565.560
49,6
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,626
3,564
782712
3,634
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,564
BONDUELLE (BON) g
B 27,55
26,45
52081
27,9
FR0000063935
14/12/18 0,5 32.538.340
26,4
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 19,805
19,405
534646
19,87
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.216.000
19,405
BURELLE SA (BUR)
A 980
966
63
980
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
958
CARMILA (CARM)
C 17,34
17,46
15623
17,5
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
17,28
CASINO (CO) LR
A 43,4
42,65
363377
43,68
FR0000125585
03/12/18 1,56 109.729.416
42,65
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,58
2,63
179823
2,63
FR0010193052
30.514.178
2,47
CGG (CGG) G
C 1,571
1,519
2751546
1,571
FR0013181864
709.944.816
1,519
CHARGEURS (CRI) g
C 20,3
20,06
39214
20,4
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
19,94
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 377,5
371,4
EX D OP 08/06/17
18580
379
FR0000130403
04/12/18 2 180.507.516
370,3
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/290119
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
- 1,36
+ 0,59
- 56,21
+ 0,32
+ 1,3
- 5,32
+ 0,71
-17,75
+ 21,4
- 6,18
+ 3,82
- 39,29
- 3,61
- 7,38
- 58,5
- 1,25
-12,1
- 6,68
- 0,85
- 2,11
+ 0,68
- 2,99
+13,29
- 7,27
- 2,85
+18,87
+ 11,22
- 3,14
- 1,47
- 52,26
- 5,35
+ 6,38
- 14,37
- 0,21
+ 7,28
- 25,91
- 0,72
+ 9,68
+ 9,14
- 1,4
+ 8,56
- 6,26
- 2,27
+16,84
+ 11,75
- 3,71
+20,13
- 37,02
- 1,25
+ 8,62
- 9,22
- 1,47
+ 7,79
- 29,91
+ 8,59
4,128
3,378
+ 2,47
6,3
5,98
- 16,64
12,8
9,51
+ 4,03
0,584
0,49
- 9,02
3,61
3,05
- 13,91
17,08
13,12
- 1,69
171,3
159,1
+ 12,97
11,35
8,68
+ 23,3
57
42,1
- 0,37
17,6
15,3
+ 10,58
12,73
10,1
- 1,62
25,1
22,55
+ 6,01
38,19
33,4
+ 10,13
186
163,4
+ 18,36
88,6
70,25
+ 16,7
8,575
6,51
+ 14,55
3,39
2,75
+ 10,66
52,16
44,59
+ 5,26
+ 2,94 21,2
+ 37,7
19,95
- 1,46 - 16,85
-13,29
0,397
- 57,09
0,294
- 4,69 + 6,72
+ 2,35 85,54
- 20,99 72,88
- 1,33 + 3,06
+ 4,96 15,94
- 6,09 13,1
+ 2,39 + 10,91
+14,94 30,15
+ 3,99 25,75
- 2,18 - 1,03
- 3,16
0,386
- 35,81
0,32
- 3,7 + 6,22
+ 9,52 33,3
- 18,19 25,8
+ 1,37 + 8
+10,41
6,4
- 32,5
5,18
- 2,24 - 0,65
+ 1,32
0,188
- 48,48
0,146
+ 3,06
+ 3,9
13,98
- 41,82
11,8
- 21,16 - 12,37
-15,03 13,48
- 51,4
9,98
- 2,71 - 1,29
- 1,95 92,45
+ 2,39 84,2
+ 0,5 + 24,72
+21,24 10,3
- 16,75
7,8
+ 10,61
+10,23 65,2
- 10,8
53,1
+ 1,2 + 3,78
+ 2,83 54,3
- 25,84 47,5
- 1,87 + 1,83
- 0,94
3,714
- 20,91
3,412
- 4,34 - 6,87
-10,94 32
- 31,83 26,4
- 2,12 + 9,05
+ 9,94 20,03
- 12,43 16,99
- 1,63 + 21,36
+25,78 1025
- 27,09 730
+ 0,69 + 8,04
+ 9,81
17,8
- 24,58 15,76
- 1,86 + 17,36
+18,14 44,8
- 5,85 34,01
+ 0,57 + 14,35
+ 2,53
2,965
- 15,59
2,115
- 2,63 + 31,4
+21,62
1,705
- 42,68
1,081
- 1,18 + 19,4
+15,49 20,4
- 21,21
16,18
- 1,67 + 11,23
+10,4 381
+ 21,14 323,9
+ 6,25
+ 6,256000
- 18,49 5700
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,807
9740029
393.613.788
A 20,48
294767
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,95
54346
FR0010667147
24/05/18 0,34 153.899.261
COLAS (RE)
A 141,2
400
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 89,75
102577
FR0000064578
15/05/18 4,5 82.902.898
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 24,9
141
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1339
3579
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 128,25
564424
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 12,35
329556
FR0010417345
30.137.977
DERICHEBOURG (DBG) g
B 3,652
1738712
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 101,2
8073
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 5,7
6616
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 36,81
397934
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 15
EX-DS 7/03/17
1842726
FR0010242511
06/12/18 0,15 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 81,9
218217
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,4
29354
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12,01
371760
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 14,32
519404
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.927.545
EOS IMAGING (EOSI)
C 2,32
51207
FR0011191766
26.130.407
ERAMET (ERA) Gg
A 62,15
61986
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,675
22119
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 25,75
725
FR0004110310
6.017.892
EURAZEO (RF) G
A 65,2
91918
FR0000121121
30/04/18 1,25 76.518.341
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,3
1350
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 330
84176
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.649.834
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,6
319416
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 18,455
406311
FR0010221234
20/11/18 1,27 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 70,4
493
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 38,64
997090
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 91
7191
FR0000064784
22/05/18 2 24.922.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 13,7
9115
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 778
52
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 65
119974
FR0011476928
26.605.439
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 63,6
1087
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 328
56
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
B 1,13
N/P REGR.
2075
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,163
4763585
FR0000079634
01/10/01 0,1 166.658.543
GECINA (GFC) G
A 128
105590
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.265.492
GEMALTO (GTO) L
A 50,64
252271
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 18,97
198504
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 1,935
199532
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
0,954
95359
FR0011790542
79.347.621
GETLINK (GET) LR
A 12,9
568883
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 17,26
9101
FR0000066672
13/06/18 0,65 29.982.787
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,21
3,9
0,43
1,28
1,87
4,78
2,06
0,94
1,16
2,94
4,89
1,29
2,88
3,33
0,9
2,53
1,56
2,49
3,92
1
0,54
3,15
0,56
1,89
2,89
1,66
3,66
1,5
0,92
3,03
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,713
0,818
0,713
20,02
20,5
20,02
7,86
7,99
7,86
141,4
142,8
141,2
90,2
90,45
89,3
24,7
25,3
24,7
1320
1340
1320
128,1
129,95
126,85
12,04
12,35
11,66
3,73
3,778
3,586
98,5
101,2
98,1
5,78
5,88
5,7
36,37
37,06
36,37
14,945
15,05
14,87
81,16
82,18
81,16
3,38
3,44
3,365
12,02
12,37
12,01
13,85
14,32
13,76
2,18
2,32
2,18
61,5
62,45
60,05
7,595
7,77
7,595
25
25,75
25
64,2
65,4
64,05
3,27
3,3
3,15
329,4
339
329
7,585
7,63
7,47
18,405
18,54
18,305
68,4
70,6
68,4
36,27
38,81
36,26
91
91,6
89,3
13,66
13,74
13,6
776
780
772
65,5
67,25
64,8
64
64
63,6
322
328
322
1,13
1,13
1,13
0,168
0,171
0,155
128,6
129,2
127,2
50,62
50,7
50,62
18,5
19,2
18,2
1,96
2,02
1,9
0,921
0,954
0,92
12,915
12,92
12,825
17,26
17,7
17,26
- 7,29 + 15,11
+ 9,95
0,818
- 30,42
0,563
- 2,06 + 8,1
+ 6,94 20,5
- 2,63 17,92
- 1,5 - 0,88
- 3,56
8,37
- 10,99
7,73
+ 0,14 + 1
+ 3,36 146,4
- 23,4 133,6
+ 0,56 + 7,13
+ 7,44 90,45
+ 3,03 81,95
- 0,4 + 1,65
+ 2,49 25,3
- 13,03 23,5
- 1,49 + 9,09
+ 9,91 1359
- 0,53 1168
- 0,31 + 23,53
+25,59 129,95
+ 31,79 96,02
- 3,76 + 13,48
- 7,81 14,97
- 66,31
9,62
+ 2,93 - 6,7
- 8,58
4,376
- 50,92
3,586
- 2,67 + 19,39
+18,25 103
+ 24,53 76,5
+ 1,4 + 30,47
+15,6
5,88
- 6,17
4,63
- 1,62 + 13,27
+ 8,63 37,48
+ 44,04 31,44
- 0,43 + 8,3
+ 9,21
15,05
+ 43,56 13,55
- 0,93 + 11,24
+ 9,79 82,7
- 14,91
71,04
+ 0,9 + 27,07
+29,5
3,59
- 24,22
2,535
+ 0,33 - 7,96
-10,3
13,74
- 33,44 11,98
- 3,22 - 4,81
- 7,85 15,41
- 33,09 13,26
- 6,03 - 35,6
-27,57
3,46
- 58,95
2,18
- 1,13 + 1,91
+ 4,5
71,4
- 44,09 53,45
- 1,04 + 21,52
+13,36
7,9
- 55,69
6,02
- 2,72 - 9,91
- 7,41 28,75
- 40,05 24,3
- 1,53 + 3,88
+ 2,64 65,65
- 18,29 60,55
+ 0,93 + 18,05
+10,85
3,35
- 1,8
2,69
- 0,24 + 1,04
- 0,66 383,6
- 33,86 313,2
- 0,53 - 3,56
- 7,33
8,395
- 27,62
7,4
- 0,51 + 6,97
+ 2,97 18,94
+ 7,54 16,99
- 2,56 + 0,59
+ 3,64 79,2
- 40,52 65
- 6,5 + 9,68
+ 8,59 40,09
- 49,13 30,12
+ 13,47
+11,52 93,4
- 10,61 78,1
+ 24,18
+26,72 13,96
- 23,26 10,24
- 1,27 - 2,51
- 2,76 802
- 23,92 764
+ 0,61 + 14,71
+12,45 67,65
- 30,47 55
+ 0,63 + 5,26
+10,73 64,8
+ 2,56 57,8
- 1,83 + 10,27
+ 5,92 342
- 34,29 286
1,14
+ 0,44
1,13
+ 5 + 66,34
+49,33
0,19
- 22,58
0,101
+ 0,16 + 13,81
+11,92 131
- 15,28 110,3
- 0,04 - 0,08
- 0,2
50,76
+ 1,63 50,54
- 2,07 + 6,63
- 0,38 19,29
- 26,59 16,55
+ 1,03 - 41,14
-42,52
3,79
- 70,92
1,885
- 2,44 - 9,35
-24,51
1,288
- 45,57
0,9
+ 0,08 + 10,1
+10,34 13,295
+ 20,36
11,615
+ 0,23
+ 1,41
18,5
- 31,98 15,92
4,2
4,33
5,8
1,16
0,45
3,75
0,91
24,22
1
2,46
3,49
2,67
3,74
1,95
4,59
0,73
2
6,9
2,31
3,03
2,2
0,13
2,17
4,21
12,01
2,32
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 51,3
50,3
1985
51,5
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
50,1
GROUPE FLO (FLO) g
B 0,201
0,203
EX D S 13/06/17
67002
0,22
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,201
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 10,86
10,88
13936
10,94
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
10,8
GROUPE LDLC (LDL) g
C 6,21
6,2
NOM.
18182
6,26
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
6,14
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
20,1
20,1
REGR.
58
20,2
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
20
GTT (GTT) Gg
A 76
74,9
56966
76,65
26/09/18 1,33 37.028.800
FR0011726835
74,5
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 8,6
8,61
121397
8,78
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
8,6
HIGH CO (HCO) g
C 5,42
5,34
47314
5,46
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,2
HUBWOO (HBW) g
C 0,176
0,176
100
0,176
FR0004052561
136.345.527
0,176
ICADE (ICAD) G
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73,3
57265
74
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148
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CHF 11/05/18 2 606.909.080
41,77
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166
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46
LECTRA (LSS)
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22,44
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 35,2
35,2
5371
35,5
35
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
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2,51
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2,51
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2,07
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27,6
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29
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27,6
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1,44
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10,63
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4,382
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26,11
191975
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22/05/18 0,7 43.604.914
26,11
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A 42,96
42,82
112001
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42,6
NICOX (COX)
B 5,94
5,815
120830
5,94
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5,71
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,4
7,38
3726
7,4
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05/06/18 0,15 78.107.621
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OENEO (SBT) g
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10,34
18168
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10,08
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0,896
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124081
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3,2
11979
3,2
FR0004038263
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3,19
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57
55,9
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55,1
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B 17,3
16,78
6741
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FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
16,62
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1,64
16347
1,664
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1,64
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A 23,4
22,27
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23,4
FR0000124570
02/05/18 0,67 148.566.107
22,12
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 8,28
7,87
DIV 8 02/05/17
51301
8,36
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7,87
RALLYE (RAL)
A 10,6
10,7
74286
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FR0000060618
30/05/18 1 53.738.266
10,55
RAMSAY GDS (GDS)
A 19,6
19,9
207
19,9
FR0000044471
02/12/14 1,4 75.957.095
19,6
RECYLEX SA (RX)
C 5,685
5,55
65757
5,71
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.886.482
5,5
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A 109,1
108,8
97042
109,6
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.149.787
107,8
REXEL (RXL) G
A 10,235
9,93
676913
10,29
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
9,93
ROBERTET SA (CBE)
B
/050219
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/040119
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH) G
A 28,15
27,75
15526
28,4
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.512.776
27,7
RUBIS (RUI)
A 51,8
50
DIV 2 28/07/17
160375
51,8
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
50
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 100
99,5
DIV 6 10/05/16
76600
100,6
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
99,4
SAVENCIA (BH)
B 60
60,8
1556
60,8
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
59,6
SCOR (SCR) LR
A 37,62
37,51
587389
38,31
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
37,47
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 2,14 - 5,09
+ 1,21 55,8
- 31,28 48,8
8,75
- 3,57 + 3,85
+ 1,35
0,22
- 23,58
0,185
- 0,18 + 29,37
+17,12
11,48
- 34,85
8,26
+ 0,65 + 7,27
+ 6,16
8,9
- 64,53
5,66
+ 0,5 + 0,5
+ 1,52 21,2
- 42,07 18,55
- 1,77 + 11,54
+ 9,74 79
+ 33,63 63,7
1,78
+ 2,5 - 2,49
- 3,8
9,65
- 51,41
8,18
- 1,48 + 20,95
+20,81
5,6
+ 11,25
4,305
2,62
+ 30,37
+11,39
0,176
+ 10
0,138
- 0,41 + 10,23
+ 9,73 76,3
- 12,32 64,05
+ 0,68 + 28
+23,7 149
+ 15
112,2
- 3,5 - 22,54
-22,04 123,65
- 52,57 95
0,72
- 2,9 + 8,58
+ 5,66 47,62
- 44,52 40,6
4,55
- 3,85 - 3,73
- 3,42 53,14
- 47,19 44,41
- 4,13 - 14,19
-18,52
8,08
+ 26,21
6,36
- 0,76 + 1,44
+ 2,48
1,855
- 48,87
1,216
+ 0,22 + 36,89
+42,15 46,85
+ 43,97 32,05
1,45
- 1,23 - 0,22
- 0,31 121,4
+ 1,17 107,65
0,89
- 6,57 - 4,38
- 9,33 23,08
- 36,32 19,64
4,43
- 5,05 - 0,64
- 2,53 17,96
- 45,7
15,08
4,54
- 3,26 + 8,89
+ 4,54 28,64
- 20,82 23,84
2,1
- 1,48 + 11,38
+10,85 38,44
- 13,77 32,52
+ 0,69 + 13,5
+12,58 30,83
- 10,47 26,26
- 3,35 + 1,99
+ 0,7
34,28
+ 26,09 30,08
- 2,57 + 16,58
4
+13,88 43,05
- 10,65 35,21
- 2,08 + 2,68
+ 3,72 23,74
- 6,34 21,36
5,75
- 3,17 + 10,07
+12,5
3,34
- 40,58
2,61
- 0,9 + 8,76
+ 9,48 36,8
- 43,86 28,9
3,59
- 0,22 + 6,31
+ 2,43 48,7
- 14,1
43,2
- 2,17 + 11,66
+ 9,97 21,5
- 9,98 17,84
1,87
- 0,42 + 11,9
+ 4,91 38,3
- 0,14
31,3
3,83
+ 33,17
+20,53 28,3
- 27,97 20,2
1,76
- 2,1 + 27,27
+18,64 14,5
+113,67 10,66
- 3,07 - 5,41
- 5,82 14,27
- 38,75 12,76
7,15
- 2,73 + 36,33
+30,32 24,5
- 35,72 16,15
1,93
+ 0,14 + 9,83
+13,55 35,65
30
- 37,7
4,83
- 3,89 + 15,85
+15,59 27,7
- 23
20,8
2,39
- 2,71 - 4,56
+ 0,8
2,89
- 74,36
2,35
- 0,48 + 2,99
-12,29
2,59
- 37,84
1,984
- 0,91 + 9,36
+ 5,23 13,82
- 22,45
11,78
- 4,83 + 17,45
+11,97 29,85
- 31,09 22,8
2,72
- 4
- 10,45
-10,45
1,66
- 33,94
1,44
- 2,28 - 7,73
-10,5
13,82
- 23,94 10,5
- 3,18 + 6,39
+ 2,84
4,636
- 38,44
4,06
8,44
- 1,83 + 4,96
+ 4,3
20,5
+ 20,48 18,8
+ 16,84
+20,27
1,26
- 57,28
0,94
43,67
- 1,69 + 7,32
+ 9,34 26,97
- 45,22 23,13
2,68
- 0,33 + 8,68
+11,63 43,2
- 11,89 37,78
5,84
- 2,27 + 16,07
-14,55
7,145
- 36,76
4,96
- 0,54
- 0,27
7,7
- 17,08
7,26
2,03
+ 4,02 + 18,58
+12,76 10,96
- 2,82
8,58
+ 0,06 + 2,75
-12,76
1,045
- 48,45
0,871
- 1,53 - 1,93
- 1,91 94,1
- 8,38 83,56
1,26
+ 0,16 + 0,16
+ 0,16
3,49
- 59,65
3,185
- 1,76 + 9,39
+ 7,92 60,3
+ 24,08 50
- 3,23 + 4,88
+ 3,97 19,38
- 59,52 15,62
- 0,49 - 2,03
- 5,53
1,978
- 45,11
1,61
- 5,64 + 10,41
+ 7,9
25
- 43,62 19,1
- 4,95 - 11,47
-10,57
9,77
- 55,33
7,87
+ 0,94 + 18,76
+18,04 10,84
- 25,38
8,7
9,35
+ 1,02 - 7,01
22
+ 21,34 18,8
- 2,8 - 0,89
-11,27
7,47
- 54,32
5,47
- 0,09 + 9,95
+11,25 110,1
+ 5,53 94,15
1,52
- 2,98 + 6,77
+ 7,19 10,42
- 29,67
8,752
4,23
- 4,65
- 4,65 410
+ 22,39 400
- 1,77
- 7,65
- 10,05
- 3,94
+ 2,75
- 12,97
- 0,5
+15,9
+ 43,17
+ 3,4
+ 4,11
- 23,81
- 0,5
- 3,89
+ 8,1
44
44
- 10,05
30,85
27,7
+ 6,66
52,4
45,8
+ 13,91
104,5
83
+ 8,96
62,6
55,4
- 4,8
42,2
35,2
2,45
3
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEB (SK) G
A 136,5
48526
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
SEQUANA (SEQ)
C 0,182
4144644
FR0011352590
65.183.351
SES-IMAGOTAG (SESL) g
B 24,7
1652
FR0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
SHOWROOMPRIVÉ (SRP) g
B 2,75
55940
FR0013006558
34.623.503
SIPH (SIPH) g
B
FR0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
B 68,1
SOITEC (SOI) G
EX-DS 13/05/16 REGR.1P20
77028
FR0013227113
30.311.510
SOLOCAL GPE (LOCAL) g
B 0,441
REGR.
5726384
FR0012938884
583.630.365
SOMFY (SO)
A 71,2
1653
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
SOPRA STERIA GP (SOP)
A 91,1
44596
FR0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
SPIE (SPIE) G
A 13,22
305138
FR0012757854
26/09/18 0,17 150.000.000
SQLI (SQI)
19,5
5598
FR0011289040
21/07/17 0,88 4.426.597
ST DUPONT (DPT) g
C 0,135
50200
FR0000054199
16/09/14 0 524.279.556
B 84,2
STEF (STF) g
692
FR0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
STENTYS (STNT) g
C 0,421
73108
FR0010949404
26.824.657
SUEZ (SEV) LR
A 11,15
2046702
FR0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
SUPERSONIC IM. (SSI) g
C 1,14
43714
FR0010526814
23.209.127
SWORD GROUP (SWP) g
B 33,8
22152
FR0004180578
12/11/18 3,06 9.544.965
SYNERGIE (SDG) g
B 27,5
6565
FR0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
TARKETT (TKTT) G
A 19,1
66937
FR0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
A 0,95
TECHNICOLOR (TCH) G
576532
FR0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
A 153,6
TELEPERFORMANCE (RCF) G
139870
FR0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
TERREIS (TER)
B 39,9
1404
FR0010407049
13/11/18 0,44 25.327.454
TF1 (TFI) G
A 6,905
437325
FR0000054900
30/04/18 0,35 209.928.940
TFF GROUP (TFF)
B 38,995
1291
FR0013295789
06/11/18 0,35 21.680.000
THALES (HO) LR
A 102,1
346206
FR0000121329
04/12/18 0,5 213.104.081
THERMADOR GROUPE (THEP)
B 48,4
1935
FR0013333432
9.109.752
TIKEHAU CAPITAL (TKO)
A 20,3
EX D S 03/07/17
11599
FR0013230612
30/05/18 1 103.477.599
C 5,2
TOUAX (TOUP) g
2476
FR0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
TRANSGÈNE (TNG)
B 2,75
20494
FR0005175080
62.275.923
TRIGANO (TRI) g
B 81
54701
FR0005691656
11/01/19 2 19.336.269
UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 72,2
586464
FR0000054470
112.993.978
VALLOUREC (VK) G
A 1,585
6692203
FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
VALNEVA (VLA) g
B 3,23
50186
FR0004056851
92.106.952
VICAT (VCT) G
A 44,18
27412
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
A 55,5
VILMORIN & CIE (RIN) G
5057
FR0000052516
12/12/18 1,35 22.917.292
VIRBAC (VIRP) g
A 118,2
4017
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 24,2
5093
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 26,5
8033
FR0013357621
20.196.492
WENDEL (MF) G
A 106,7
38025
FR0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 52,05
177613
FR0011981968
182.554.317
X-FAB SILICON (XFAB)
A 4,77
146778
BE0974310428
130.781.669
A
XPO LOGISTICS (XPO) g
FR0000052870
CLOT
+ HAUT
+ BAS
134
138,1
133,9
0,153
0,188
0,142
24,6
24,75
24,6
2,7
2,805
2,68
66,15
68,7
65,95
0,401
0,447
0,401
71,4
72,2
71,1
86,1
91,25
86,1
12,69
13,27
12,69
19,08
19,52
19,04
0,139
0,139
0,135
83,6
84,4
83,3
0,41
0,425
0,41
11,13
11,205
11,035
1,09
1,14
1,074
33,55
33,9
33,3
26,4
27,5
26,35
18,65
19,15
18,39
0,94
0,951
0,929
150,2
155,1
150,2
40,6
40,6
39,8
6,555
6,915
6,555
39
39
38,6
99,66
102,8
99,66
46,2
48,7
46,2
20,5
20,9
20,3
5,1
5,28
5,1
2,74
2,79
2,72
77,3
81,2
76,45
72,92
74,24
72,1
1,524
1,608
1,524
3,2
3,235
3,185
43,7
44,4
43,7
55,6
55,9
55,1
119
119,6
118,2
23,7
24,3
23,7
26,7
26,8
26,2
105,2
107
105,2
50,85
52,9
50,85
4,48
4,77
4,455
12/07/18 0,8 9.836.241
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 1,9 + 18,79
+19,22 140,6
- 19,33 107
- 23,7 - 25,38
-28,02
0,26
- 78,23
0,142
- 0,2 + 35,31
+38,98 26,9
- 17,86 16,84
- 2
+ 12,03
+ 7,57
3,055
- 71,73
2,37
- 2,15 + 1,11
+ 1,11
84,3
- 3,53 81
- 3,08 + 30,73
+28,2
68,7
+ 10,71 48,6
- 9,23 - 20,28
-23,83
0,562
- 58,83
0,401
- 0,83 + 13,33
+11,04 72,5
- 19,96 61,7
- 5,33 + 6,76
+ 5,13 94,5
- 45,51 78,1
2,79
- 4,44 + 9,49
+10,64 14,23
- 35,42 10,99
3,15
- 2,15 + 15,78
+18,51 20,15
- 46,27 15,5
+ 10,76
+ 2,96
0,143
- 11,46
0,12
- 0,71 + 8,57
+ 9,57 90
- 14,87 75
2,93
- 2,38 - 5,53
- 8,58
0,586
- 78,77
0,41
- 0,58 - 3,47
- 2,79
11,845
- 2,41 10,815
5,84
- 4,39 - 19,85
-18,05
1,5
- 43,58
1,074
+ 15,69
+ 8,23 34,25
- 3,31 28,35
10,73
- 3,47 + 7,98
+ 7,1
29,5
- 44,83 22,6
3,03
- 3,12 + 6,45
+ 1,47 20,18
- 38,29 16,96
3,22
- 1,16 - 1,52
- 1,26
1,058
- 67,98
0,87
- 2,66 + 7,59
+ 6,98 157,3
+ 27,29 133,7
1,23
+ 1,5 + 12,78
+12,47 40,7
- 8,35 35,4
- 5,21 - 7,42
- 7,22
7,425
- 44,5
6,435
5,34
+ 1,04 + 11,44
+11,48 43,6
- 10,13 34
0,9
- 2,49 - 2,29
- 0,34 105,2
+ 13,9
94,32
0,5
- 4,74 + 3,82
+ 4,52 52
- 27,81 43
+ 1,49 + 4,33
+ 6,49 20,9
- 12,02 18,6
4,88
- 1,54 + 4,51
+ 4,08
5,56
- 56,22
4,69
- 0,73 + 0,37
- 7,59
3,01
- 14,38
2,695
- 4,51 - 4,15
+ 3,27 88,4
- 48,98 70,65
2,59
+ 1,05 + 3,46
+ 3,14 80,18
+ 8,32 65,8
- 4,03 - 6,24
-15,19
1,966
- 69,7
1,37
- 0,93 + 0,95
- 4,19
3,78
- 11,6
3,1
- 1,62 + 5,4
+ 2,73 44,74
- 32,3
40,84
3,43
- 0,18 + 8,25
+ 9,21 60
- 28,97 48,636
2,43
+ 0,17 + 4,57
- 2,62 126
+ 2,06 111,8
- 1,25
24,3
- 0,42 23,2
+ 1,33 + 15,33
+13,14 29,55
- 36,43 23,45
- 1,68 + 0,48
+ 1,06 109,7
- 25,34 101,4
2,52
- 2,59 + 20,5
+30,65 53,2
+ 17,44 38,44
- 5,09 + 5,16
+ 1,36
5,5
- 55,56
4,145
- 3,85
- 6,25 320
+ 17,19 284
80
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,64
252271
22/05/17 0,43 90.920.356
A 5,28
308763
31/05/18 0,13 5.635.968.159
18,5
1106511
23/04/18 0,68 360.037.272
50,62
- 0,04 - 0,08
50,7
- 0,2
50,76
50,62
+ 1,63 50,54
5,234 - 1,54 + 3,36
5,302 + 0,58
5,762
5,226 + 16,13
4,874
18,395 - 1,05 + 10,08
18,62
+ 4,22 18,77
18,19
+ 49,8
16,26
4,21
12,01
0,3
17,68
3,63
4,35
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
9,27
29616
USD 19/12/18 0,01 8.698.115.000
7,39
11656
GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 20.036.177.756
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 42,72
26232
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
SCHLUMBERGER (SLB)
A 39,4
3650
AN8068571086
USD 04/12/18 0,5 1.434.212.164
STALLERGENES GREER (STAGR) A 30,05
4474
GB00BZ21RF93
19.738.742
US3696041033
HSBC (HSB)
8,99
9,27
8,99
7,327
7,419
7,327
41,77
42,77
41,77
37,8
39,5
37,8
30,4
30,75
30,05
- 3,85
+20,35
- 28,42
- 1,05
+ 3,05
- 12,24
- 2,57
+13,88
- 10,65
- 4,79
+ 8,93
- 34,38
+ 1,17
+ 8,96
- 8,43
+ 35,6
9,55
6,46
+ 1,45
7,49
6,996
+ 16,58
43,05
35,21
+ 15,24
40,2
30,9
+ 7,42
30,9
27,15
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
EURONEXT HORS SRD
ACTIONS
FRANÇAISES
ISIN
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
FR0013341781 2CRSI
C 9,3
9,3
8,96
8,96 - 3,66
14851
C 5,42
5,59
5,39
5,45 + 1,49
50287
FR0000076887 A.S.T. GROUPEg
FR0013185857 ABEO
C 33,1
33,5
33,1
33,4 + 1,83
545
FR0000076861 ACTEOSg
C 1,56
1,68
1,52
1,68 + 7,35
11957
BE0974269012 AD CAPITAL
0,081
FR0000062978 ADL PARTNERg
C 14,5
14,55
14,5
14,55 + 0,35
477
FR0012821890 ADUX (EX:HI MEDIA) C 2,98 3,07
2,93
3,07 + 0,66
1963
FR0004152874 ADVENISg
C 1,475 1,5
1,475
1,5 + 1,7
1998
FR0013296746 ADVICENNE
C 11,056 11,4
11
11
+ 1,85
3081
FR0000053043 ADVINI
C 28
28
28
28 + 3,7
55
FR0000044612 AFONE PART.
C 11,5
11,5
11,5
11,5 - 0,86
90
0,363 - 0,77
FR0000062804 ALPHA MOS
C
B 15,3
15,3
15,2
15,2 - 0,52
316
FR0000053837 ALTAMIRg
FR0000039216 ALTAREIT
B436 436
436
436
1
FR0011051598 AMOEBAg
C 2,135 2,15
2,05
2,08 - 2,58
12676
FR0013258589 ANTALIS
B 0,911 0,911
0,812
0,878- 3,52
34588
FR0010481960 ARGANg
B 49,5 49,6
48,8
49,6 + 0,2
2140
FR0012185536 ARTEA
C 15,1
15,1
14,4
14,4 - 5,26
433
FR0000076952 ARTOIS
A
4980
FR0011992700 ATEME
C 10,88 10,96 10,4
10,46 - 3,68
18260
5,3
FR0000061780 AUGROS CP
C
FR0013183589 AURES TECH.
C 34,35 34,75 34,3
34,3 - 0,15
1225
1,66
1,68
1,53
1,585+ 0,64 158267
FR0011800218 AWOXg
FR0000064123 BACCARAT
B
200
MC0000031187 BAINS MONACO
B 48,1
50
48,1
48,4 - 0,21
908
FR0013258399 BALYO
C 3,7
3,72
3,63
3,66 - 1,61
54734
FR0000062788 BARBARA BUI
C
6,5
FR0000035370 BASTIDE
C 28
28
26,75
26,85 - 3,07
13401
FR0000062150 BLEECKER
C
105
FR0011592104 BLUE SOLUTIONSg
B 16,75 16,9
16,6
16,9 + 2,12
3713
FR0004548873 BOURBONGg
A 3,36 3,535 3,305
3,5 + 4,17 140187
FR0000074254 BOURSE DIRECT
C 1,14
1,15
1,14
1,15 + 0,88
11
C
7,5
- 4,4
FR0000078958 BUSINESS ET DEC.g
FR0010151589 CAFOM
C 6,1
6,1
6
6
- 1,64
101
FR0012969095 CAPELLI
40
41
39,2
39,2 - 4,39
1622
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C
45,6
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C 3,51
3,51
3,4
3,5
6038
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B 11,2
11,35
11,2
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3030
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C 3,47
3,47
3,43
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7642
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C
4,99
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B 25,7
28
24
24,8 - 2,36
19381
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B 35,6
35,6
33
33,4 - 6,18
1317
C 1,13
1,13
1,022
1,038 - 7,32 104052
FR0012633360 CELLNOVOg
B 0,52 0,524 0,487
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C
1,22
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C
7,7
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C 0,106 0,106 0,104
0,105 - 1,88 104584
FR0000060824 CLAYEUXg
C
0,181
FR0000053399 CNIMg
B 87,6 89
87,6
89
+ 1,6
1092
FR0013335742 COGELEC
C 6,981 6,981 6,95
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959
FR0004031763 COHERISg
C 1,59
1,59
1,575
1,585 - 0,31
1507
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C 119
119
119
119
+ 1,71
54
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C106,98 107
106,98 107
99
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C 126
126,1
126
126,1 + 0,08
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B 24,8 24,85 24,8
24,8 - 0,2
3826
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C 97,01 98,95 97
98,95 + 2,01
140
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C 73,01 73,04 73,01
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188
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86,56
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C 83,5 85
83,5
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+ 0,6
441
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B 22,25 22,35 22,25
22,25
3225
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C 126,4 126,44 126,4
126,44 + 0,21
44
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B 90,6 90,8
90,6
90,65 + 0,06
603
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C 197,02 197,02 197,02 197,02
1
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C 114,02 114,02 114
114
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C 107,02 108
107,02 108
+ 0,94
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4,8
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C
FR0007317813 CS-COM. ET SYST.g
C 4,53 4,56
4,53
4,56 + 0,66
301
FR0011026749 DALETg
C 12,1
12,1
12,1
12,1
1
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0,56
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1,476 1,484 1,45
1,458- 2,15
19940
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37
36,4
36,4 - 1,62
384
0,89
FR0000035784 DIGIGRAM
C
FR0012202497 DMS
C 1,195 1,215
1,175
1,18 + 0,43
13337
FR0000065260 DOCKS PÉTROLES A C470 470
470
470
2
B 14,2
14,2
13,7
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FR0010099515 ECAg
FR0000072373 EGIDEg
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1,3
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1,265 - 2,69 14086
FR0000031023 ELECT. STRASBOURG B 102
103
102
103 + 0,49
105
FR0012650166 ELECTRO POWERg
C 13,4
13,5
13,35
13,4 - 1,47
1105
FR0004030708 ENCRES DUBUITg
C 4,9
4,9
4,8
4,8 - 4
3631
FR0000120669 ESSOg
B 34
34,1
33,05
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387
FR0000061475 EURASIA FONC INV
C
0,181
FR0000075343 EUROMEDIS GROUPEg C 6,8
6,8
6,7
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506
FR0010490920 EUROPACORPg
C 1,08
1,105
1,075
1,075- 2,72
23813
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120
120
120
+ 2,56
4
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C850 850
850
850
2
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C
820
FR0000062341 F.I.E.B.M.
C
5,2
FR0000062507 F.I.E.B.M.
C
137
FR0000038184 F.I.P.P.
C 0,3
0,303 0,286
0,303+ 1,34 47000
FR0000063034 FAUVET-GIREL g
C
29
FR0011271600 FERMENTALGg
2,83 2,86
2,71
2,825- 0,18
11623
FR0000062101 FERMIÈRE CANNES
B
1510
FR0000061418 FIDUCIAL OFFICE
C 28,4 28,4
28,4
28,4
1
FR0000060535 FIDUCIAL RE
B 176
176
176
176
1
FR0000076986 FIN. MONCEY
A5450 5450 5450
5450
2
FR0000035123 FINATIS
B 40,6 40,6
40
40
- 0,99
50
FR0000074759 FLEURY MICHON
B 44
44
42,9
42,9 - 2,06
495
FR0000065930 FONCIÈRE 7 INV.
C 1,76
1,76
1,76
1,76 - 9,74
170
FR0000064362 FONCIÈRE ATLAND
C 114
114
114
114
1
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B 29,4 29,4
29,4
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796
FR0010341032 FONCIÈRE INEA
B 39,8 39,8
39,8
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47
FR0011277391 FONCIÈRE PARIS NORD C 0,032 0,032 0,031
0,032
40735
3,8
FR0000053944 FONCIÈRE VOLTA
C
FR0013030152 FRANÇAISE ENERGIE C 12,95 12,95
12,75
12,75 - 1,92
799
FR0010588079 FREY
B 27,8
27,8
27,8
27,8
18
30
FR0000031973 FSDV
C
FR0000030611 GALIMMO
C 23,4 23,4
23,4
23,4
1
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B 116
117
114,5
115
- 0,86
515
FR0000053035 GEA
C 90
90
90
90
- 0,22
827
C 3,54 3,88
3,54
3,8 + 7,35
28380
FR0010501692 GENERIXg
FR0011799907 GENOMIC VISIONg
0,283 0,287 0,271
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B 53,4 53,4
53
53
- 0,75
19
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C 47,4
47,4
46
46
- 3,36
74
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C 25,2
25,2
25,2
25,2
1
1,3
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C
C 17,04 17,12
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FR0004050300 GROUPE OPENg
FR0010214064 GROUPE PIZZORNO
C 16,2
16,4
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987
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C 2,38 2,39
2,31
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17301
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B 53,6 54,9
53
53
- 2,03
2069
FR0000066722 GUILLEMOT CORP.g
C 3,18
3,18
3,1
3,1 - 3,73
21319
FR0004035061 GUY DEGRENNE
C
0,226
FR0000038531 HF COMPANYg
C 6,2
6,42
6,2
6,4 + 3,23
5026
FR0012821916 HIPAY GROUP
C 8,9
8,9
8,9
8,9 + 0,45
1250
7,5
7
7,16 + 2,58
8486
FR0000065278 HOPSCOTCH GROUPEg C 7
FR0000051393 IDI
B 41
41,5
40,9
41,1 + 0,74
667
C 135
137,5
135
137,5 + 1,85
514
FR0000030827 IGE + XAOg
FR0000033243 IMMO. DASSAULT
B 61,8
61,8
60
60,8 + 1
417
FR0000036980 IMMO. HÔTELIÈRE
C
1,04
FR0000066219 IND. FIN. ENT.
C 55
55
55
55
500
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C 38,55 38,65 38
38,05 - 1,17
7369
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C 4,65 4,78
4,65
4,68 + 0,86
3137
FR0000060451 INSTALLUX SA
C
336
FR0000064958 INTEXA
C
2,3
FR0013233012 INVENTIVA
B 6,5
6,5
6,42
6,5 - 0,92
5012
C 7,08
7,1
7
7,1 + 0,28
884
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C 3,42
3,42
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1072
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4,85
1262
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C 6,02 6,08
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381
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C 5,32
5,42
5,22
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6469
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57
FR0000066607 LACROIX SA
C 23,2
23,3
23
23,3 + 0,43
425
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C
22
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B 28
28
26,6
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1413
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B 95,8 96
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310
C
2,04
FR0000075673 LE TANNEURg
FR0000121295 LEBON
C134
136,5
129
132
- 1,86
350
2,62
FR0004165801 LES HÔTELS DE PARIS C
FR0004023208 LES NX CONSTR.
B 38
38,7
38
38,6 + 1,31
395
FR0000033599 LEXIBOOKg
C 0,88 0,898 0,854
0,898- 1,32
14715
FR0000121352 LOCINDUS
B 26,5 26,6
26,5
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11886
FR0000030074 MALTERIES FR-B
C605 605
605
605
- 1,63
25
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B 63,4 63,8
63,2
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68
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A 3,47
3,475 3,23
3,275- 4,66 216309
FR0011742329 MCPHY ENERGYg
4,75
4,795 4,7
4,745 - 0,11
5632
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C 1,665 1,665
1,64
1,65 - 0,9
701
C 0,311 0,311
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40591
FR0000052623 MEDASYSg
FR0000064404 MÉDIA 6
C 11,7
11,7
11,55
11,55 - 0,86
251
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0004065605
FR0010298620
FR0000077570
FR0000064180
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FR0000065864
FR0000131732
FR0000063307
VALEUR
OUV
+HT
MEDINCELL
C 5,7
5,8
MEMSCAPg
C 1,965 1,965
MICROPOLEg
C 1,095 1,095
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 6,6
6,6
MRM
C 1,38
1,38
MUSÉE GRÉVIN
C 66
66
NANOBIOTIXg
B 10,99 11,06
NAVYA
B 1,58
1,6
NEOPOSTG
A 21,76 22,14
NEURONESg
B 20
20,4
NEXTSTAGE
C 87
88
OFFICIIS PROPERTIESg C 0,74 0,765
OL GROUPEg
C 2,86 2,87
ORAPIg
C 5,92
5,92
ORCHESTRA-PRE.
C 0,497 0,497
OREGE
2,13
2,13
PARAGON ID
C 23,1
23,1
PAREFg
C 76,5
76,5
PASSAT
C 3,76
3,76
PATRIMOINE & COM
B 16,2
16,2
PCAS g
B 13,9
13,9
POUJOULAT
C 34
34
POXELg
C 5,17
5,17
PRECIA g
C 185
186
PRISMAFLEXg
C 6,5
6,5
PRODWAYS GROUP
B 3,1
3,1
PROLOGUEg
C 0,435 0,446
PSB INDUST.
B 32,1
32,8
QUOTIUM TECH.
C 11,2
11,2
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C 1,854 1,876
ROBERTET SA
B564 568
ROCHE BOBOIS
B 16,1
16,5
S.A.M.S.E.
B 139
139
SABETON
C
SCBSMg
C 6,45 6,45
SÉCHÉ ENV.g
B 28,4 28,4
SELECTIRENTE
C 86
86
SERGEFERRARI GROUP C 5,1
5,2
SIGNAUX GIROD
C 13
13,3
SII
C 21,5
21,8
SMCP
A 16,032 16,148
SMTPCg
B 19,1
19,1
SOC. FR. CASINOS
C 2,04 2,04
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C 0,9
0,9
SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 24,8 24,8
SOGECLAIRg
C 24,2
25
SPIR COM.
C 2,66 2,79
TAYNINH
C
+BS
5,7
1,965
1,055
CLÔT
5,8 +
1,965+
1,055 -
ÉCART VOL
1,75
553
0,77
1
3,65
21704
645
6,54
6,54 - 0,61
1,38
1,38 - 1,43
66
66
+ 3,94
10,63
10,74 - 2,28
1,5
1,53 - 3,77
21,64
21,82 - 0,46
20
20
+ 0,76
87
88
+ 1,15
0,6
0,6 - 15,49
2,84
2,86
5,8
5,9
0,47
0,483- 4,17
1,96
1,96 - 7,98
22,75
22,75 - 1,52
76,5
76,5 + 3,38
3,52
3,6 - 6,49
16,2
16,2 - 0,61
13,9
13,9 - 0,71
34
34
5,06
5,1 - 0,2
185
186
+ 3,33
6,14
6,38 - 3,04
3,05
3,1 - 0,96
0,411
0,413- 4,07
32
32,2 + 0,63
11,2
11,2
1,848
1,854- 0,32
542
556
+ 1,83
16
16
- 0,62
139
139 + 0,73
56
11186
5
39207
37133
73376
13051
3
46839
23380
762
7685
954
181
22
18006
1
204
1
25011
5
965
17002
278833
1148
100
6525
967
236
13
21
6,45
27,5
86
5,1
13
20,6
15,31
18,5
2,04
6,45 + 1,58
27,5 - 3,51
86
5,1
13,3 + 2,31
20,6 - 5,94
15,54 - 3,36
18,56 - 3,33
2,04 + 9,68
1500
5103
645
1355
133
3683
124967
1551
300
16
0,9
0,9
2999
183
24,8
24,1
2,66
24,8 + 1,64
24,3 + 5,2
2,79 - 2,11
1809
3485
870
1,36
ISIN
FR0004529147
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TESSIg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
+HT +BS
B 160,5 160,5 160
C 81
81
81
C 29,6
29,6
29,6
C
C 1,49
1,49
1,37
B 41,3
41,4
41
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT ÉCART VOL
160,5
139
81
10
29,6 - 0,67
219
1,42 - 8,39
41,2 - 0,24
1740
1416
22,1
22,6
22
0,536 0,538 0,51
22
- 0,45
0,51 - 5,2
53,2
53,6
1,85
1,85
5,08 5,16
53,4 - 0,37
1,85
5,1
2738
5186
1,89
52,2
1,85
5,08
827
1
777
2,8
2,48
5,19 +
9,51 +
41,95 1,775+
5,1
9,25
41,9
1,72
1,77
0,53
1,53
0,57
411
8230
8048
428
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
APERAM
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A
C
A
C
A
28,66 28,72
18,82 18,91
3,62
3,62
3,48 3,49
53,45 53,6
27,61 - 3,12
18,58 - 1,59
3,6
3,45 + 0,88
52,8 - 1,12
4,02 - 13,81
66,2 + 3,12
5,234- 1,54
27,47
18,54
3,6
3,42
52,8
64
66,2
63,6
A 5,28 5,302 5,226
C
39,05 39,05 39,05
17859
198
207
66438
B 66,5 66,5
C665 665
B 110
110
113
114,5
C
33,9 33,9
65
665
110
113
40
59,13
19,91
C
A 129
A 10,6
C
43
129
10,6
127,5 - 1,92
10,6 + 0,95
127
10,6
659
1
0,02
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
MNDg
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,145
0,05
9,98
1,67
0,144
7,15
22,4
68,5
23
0,039
0,243
21,3
5,3
4,1
0,171
0,134
0,502
1,444
0,251
0,759
+HT
0,147
0,051
10,1
1,672
0,145
7,5
22,55
68,5
23
0,039
0,248
21,3
5,3
4,18
0,175
0,134
0,524
1,454
0,258
0,764
+BS
0,135
0,047
9,2
1,57
0,138
7,1
22,05
67,3
22,2
0,037
0,239
21
5,2
4,1
0,16
0,129
0,5
1,396
0,242
0,73
CLÔT ÉCART VOL
0,143- 0,35 358147
0,048- 1,03 16242529
9,2 - 8,91
9806
1,612 - 3,47
25373
0,144 - 1,1
100600
7,2 + 0,28
15197
22,35 - 0,22
2788
67,3 - 1,46
972
22,5 - 2,6
106
0,038- 3,34 654515
0,243+ 1,25 772865
21,15 - 0,7
11864
5,3
507
4,18 - 1,88
1224
0,169+ 0,6
1117128
0,131
60675
0,522+ 1,16
7602
1,418 - 1,66 39004
0,254- 0,39 1366402
0,73 - 0,82
10516
73
11,5
11,6
1,13
1,13
8,34 8,34
0,27 0,28
120,5 121,5
11,35 - 1,3
1,065- 5,75
8,26 - 0,72
0,279+ 2,2
121,5 + 0,83
11,35
1,02
8,26
0,27
119,5
457
18871
1812
67703
325
308763
39,05 + 0,03
CERTIFICAT/FONDS
39,42
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
85,4 + 0,47
85,4
8,98
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
85,4
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0011584549
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
745
5,1
5,19
9,35 9,51
43,05 43,2
1,72
1,775
85,4
0,41
2,58
A
B
C
C
B
C
C
C
C
C
B
C
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
66,5 + 0,76
665
- 3,62
110
114,5 - 0,44
INVESTIR 10
113.07
89.43
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
-2,92
1,36
1014
10
10
336
4,02
33,9
33,9 + 0,61
- 1,92
4
103
C
B 3,42
750
3,44
3,29
3,29 - 3,8
1799
56,5
C
15,2
13,75
68
13,85
68
13,75
67,5
13,85 + 0,36
67,5 - 1,46
828
46
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1356
LIVRE STERLING
0,8757
FRANC SUISSE
1,1368
COURONNE DANOISE
7,4634
COURONNE NORV.
9,7448
KUNA CROATE
7,4074
COURONNE SUEDOISE
10,4911
DOLLAR CANADIEN
1,5094
YEN JAPONAIS
124,61
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6007
ROUBLE RUSSE
75,042
ROUPIE INDIENNE
81,018
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,6801
COURONNE TCHEQUE
25,794
FORINT HONGROIS
319,005
ZLOTY POLONAIS
4,3078
LEV BULGARE
1,9559
DOLLAR HONG-KONG
8,9113
WON SUD COREEN
1277,84
PESO MEXICAIN
21,6937
REAL
4,2247
DOLLAR SINGAPOUR
1,5401
RAND SUD-AFRICAIN
15,5189
LIVRE TURQUE
5,976
RENMIBI YUAN
7,6584
RUPIAH
15866,9961
PESO PHILIPPIN
59,1818
RINGGIT MALAIS
4,623
BATH THALANDAIS
35,4875
-0,08
-0,36
-0,22
-0,01
0,41
-0,12
0,31
0,53
-0,30
0,15
0,35
-0,69
0,04
-0,01
0,13
0,33
0,03
-0,07
0,14
-0,16
0,50
-0,06
0,87
0,83
-0,10
0,29
-0,57
-0,46
0,02
-0,96
-2,81
0,90
-0,04
-1,65
-0,16
2,41
-2,99
-1,96
-1,87
-5,56
1,37
-1,63
0,33
-0,64
0,37
-0,29
-0,90
0,11
-3,84
-5,20
-1,45
-6,67
-1,58
-2,85
-3,90
-1,82
-2,47
-4,10
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
BCE
TAUX PRET MARGINAL
taux repO (refi)
taux depOt
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
taux de base
USA
TAUX JOUR LE JOUR
fOnds federaux
2 ans
10 ans
JAPON
BOJ TOKYO
taux JOur le JOur
taux repO (refi)
10 ans
07-02-2019
EUR
USD
1
1,1356
0,8757
1,1368
10,4911
7,4634
1,2461
1,5094
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
GBP
CHF
0,8806
1,142
0,8796
1
1,297
0,9989
0,771
1
0,7702
1,0011
1,2984
1
9,2388 11,9831
9,2289
6,5723
8,5247
6,5654
1,0973 142,325
109,62
1,3292
1,7242
1,3279
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
07-02-2019
1 EURO EN DEVISE
SEK
DKK
0,0953
0,1082
0,0835
0,1084
1
0,7113
11,8771
0,1439
0,134
0,1522
0,1173
0,1523
1,4058
1
0,167
20,2256
JPY (100)
CAD
0,8025
0,9113
0,7026
0,9122
0,0842
5,9896
1
1,2115
0,6625
0,7523
0,58
0,7531
6,9501
4,9442
0,8254
1
07-02-2019
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,30/-0,60-0,22/-0,52 -0,15/-0,45 -0,09/-0,39 0,00/-0,30
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
07-02-2019
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,18
PORTUGAL
-0,18
FRANCE
0,02
ESPAGNE
-0,02
ITALIE
-0,18
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,55
0,36
0,11
0,23
1,00
-0,31
0,64
0,24
0,41
1,65
-0,10
1,03
0,32
0,71
2,26
0,11
1,42
0,43
1,08
2,63
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
247,60 -0.12
171,14 0.06
237,95 0.02
289,58 -0.11
343,29 0.19
354,66 0.24
236,47 -0.03
VAR %
31/12 VAR %
245,87
171,32
236,50
287,33
337,19
346,89
235,28
0.83
1.41
0.59
0.80
1.62
1.99
0.54
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1356
1,1356
0,8756
0,8757
1,1368
1,1369
10,4910
10,4921
7,4625
7,4652
124,6210
124,6290
1,5093
1,5095
-0,0022
-0,0026
-0,0008
-0,0011
0,0002
-0,0001
0,0126
0,0127
0,0014
0,0035
-0,0775
-0,1225
0,0010
0,0006
-0,0084
-0,0089
-0,0006
-0,0031
0,0009
0,0007
0,0089
0,0087
0,0040
0,0058
-0,0902
-0,1377
-0,0050
-0,0054
-0,0173
-0,0178
-0,0055
-0,0060
0,0021
0,0018
0,0029
0,0025
0,0082
0,0088
-0,1204
-0,1767
-0,0138
-0,0144
-0,0355
-0,0361
-0,0117
-0,0122
0,0045
0,0041
-0,0111
-0,0175
0,0160
0,0129
-0,1093
-0,1799
-0,0326
-0,0333
07-02-2019
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
0.25 %
0.00 %
-0.40 %
0.45 %
0.75 %
2.33 %
2.50 %
2.56 %
2.74 %
-0.10 %
-0.20 %
-0.10 %
-0.02 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,51
-0,52
-0,52
-0,54
-0,51
-0,45
-0,06
0,58
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
DÉC. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,3662
-0,3614
-0,3608
-0,3608
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,37
-0,369
-0,367
-0,367
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
-0,318
-0,316
-0,312
-0,312
TME
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,86
0,81
0,74
0,68
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
02-01
03-01
04-01
07-01
08-01
09-01
10-01
11-01
14-01
15-01
16-01
17-01
18-01
21-01
22-01
23-01
24-01
25-01
28-01
29-01
30-01
31-01
01-02
04-02
05-02
06-02
07-02
0,73
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,67
0,67
0,67
0,67
0,67
0,65
0,65
0,65
0,65
0,65
0,61
0,61
0,61
0,61
0,61
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
1,06
1,01
0,94
0,88
-0,356
-0,356
-0,368
-0,365
-0,365
-0,365
-0,362
-0,365
-0,366
-0,366
-0,366
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,369
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,369
-0,369
-0,365
-0,365
-0,358
-0,363
-0,363
-0,362
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,364
-0,365
-0,368
-0,369
-0,369
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,369
-0,369
-0,367
-0,368
-0,309
-0,31
-0,309
-0,309
-0,31
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,306
-0,307
-0,307
-0,306
-0,308
-0,308
-0,308
-0,308
-0,307
-0,308
0,64
0,65
0,66
0,69
0,73
0,74
0,68
0,65
0,63
0,61
0,62
0,62
0,65
0,63
0,64
0,63
0,60
0,57
0,59
0,60
0,59
0,56
0,55
0,56
0,58
0,56
0,56
THOR.
PUB.
PRIV.
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,81
0,81
0,81
0,81
0,81
0,93
0,93
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
0,87
0,87
0,87
0,87
0,87
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,81
0,81
0,81
0,81
0,81
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
07/02
06/02
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
36830
37000
10 FLORINS
225
0,51
225
5 DOLLARS*
335
20,4
335
10 DOLLARS
641
15,19
657
20 DOLLARS
1274
14,43
1274
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1419
2,27
1384
LATINE
213
-0,85
216,9
NAPOLEON
222,9
3,76
221
1/2 NAPOLEON* 122,9
14,42
122,9
SOUVERAIN ELI I* 280
3,38
274
SOUVERAIN
284,5
5,04
269,1
1/2 SOUVERAIN* 145
7,07
145
SUISSE
224
4,27
221
TUNISIENNE*
212
-1,31
213
MARK*
266
0,41
284
KRUGERRAND
1210
5,14
1190
LINGOTIN 500GRS 19250
4,05
19250
LINGOTIN 250GRS 9610
3,89
9610
LINGOTIN 100GRS 3760
1,62
3840
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
535,12
533,19
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
552,5
London Daily Price:
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
38 955
38 841
FIX2
39 670
38 931
CATHODES : 5693 A COMPTER DU 07/02/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
648,85 DEPUIS LE 07/02
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 549,01 DEPUIS LE 07/02
BASE LAMINÉ LAITON 70/30 558,09 DEPUIS LE 07/02
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
603,47 DEPUIS LE 07/02
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
747,85 DEPUIS LE 07/02
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
714,85 DEPUIS LE 07/02
LONDON METAL EXCHANGE
07/02
06/02
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1495-1505
1520-1530
9360
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1886-1886,5
1912-1912,5
1292175
6209-6210
6229,5-6230,5
149550
CASH
3 MOIS
STOCKS
LONDON BULLION MARKET
07/02
06/02
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 569
1 566
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
1 312
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 398
1 378
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
805
819
SETTLEMENT
SETTLEMENT
06/02
15,67
15,78
15,84
15,94
16,09
07/02
MARS 19
15,68
MAI 19
15,78
JUIL. 19
15,88
SEPT. 19
15,96
DÉC. 19
16,1
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
07/02
794
799
799,3
804,5
810
06/02
1307,8
1310,5
1316,8
1323,2
1335
SETTLEMENT
06/02
823
807,4
807,7
813,4
819
20875-20900
20800-20825
1770
CASH
3 MOIS
VOL.
12925-12930
13010-13025
200754
20950-20975
20880-20900
1770
12865-12870
12940-12950
200754
2078-2080
2095-2097
69725
2090-2091
2112-2114
69800
ZINC (EN $ PAR TONNE)
2718-2719
2718-2719
111775
2769-2770
2759-2761
112725
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
FÉV. 19
MARS 19
AVR. 19
JUIN 19
07/02
2,83
2,83
2,84
2,84
06/02
2,82
2,82
2,83
2,85
VOL
365
54422
261
19
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
07/02
21070
06/02
21070
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
07/02
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
06/02
ÉLECTRICITÉ
6173,5-6174
6190-6191
149800
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
SETTLEMENT
07/02
MARS 19
1311,5
AVR. 19
1313,9
JUIN 19
1320,5
AOUT 19
1326,9
DÉC. 19
1338,9
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
CASH
3 MOIS
VOL.
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
1896-1896,5
1922,5-1923
1298150
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 823
23 005
FIX2
22 843
23 138
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 310
1495-1505
1520-1530
9380
07/02
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
7950
7950
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
3,75
3,75
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
20,5
20,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
6,95
6,95
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
27,25
27,25
GERMANIUM (PAR KG)
1350
1350
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14,5
14,5
SILICIUM (PAR TONNE)
1910
1910
VOL
07/02
BASE MAR 19 53,46
BASE JUN 19 50,98
POINTE MAR 19 57,79
POINTE MAY 19 55,39
CLÔTURE
06/02
40,69
46,28
CLÔTURE
VOL
364004
192492
VOL
06/02
53,46
50,98
57,79
55,39
416,5
391,5
411,5
386,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
64,95
73,08
455,5
423,5
65,75
72,99
450,5
418,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
SPOT
CLÔTURE
VOL
06/02
29,25
29,3
29,45
GAZ NATUREL
MARS 19
AVR. 19
MAI 19
CLÔTURE
07/02
2,58
2,59
2,62
06/02
2,68
2,67
2,68
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
07/02
52,6
53,08
53,63
55,4
54,28
06/02
54,35
54,8
55,28
55,7
56,08
385
46
44
6
VOL
07/02
12,76
12,76
12,96
13,33
14,07
06/02
12,9
12,89
13,08
13,45
14,16
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
07/02
FEV 2018 19,83
MARS 2019 19,8
AVR 2019 19,63
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
6844
12212
6773
3330
3034
06/02
2260
2282
2308
2328
2356
VOL
18825
31977
2201
1087
63
VOL
07/02
06/02
MARS 19 1549
1554
5856
MAI 19
1567
1571
5888
JUIL. 19
1584
1587
738
SEPT. 19
1599
1605
371
NOV. 19
1616
1621
299
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
14849
3327
1
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
07/02
104,5
107,5
112,65
116,55
06/02
105,3
108,35
113,5
117,25
VOL
27848
26393
2614
1337
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
07/02
439,5
434,4
427,6
06/02
439,3
434,4
428,5
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
07/02
06/02
112,45
115,7
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
07/02
06/02
MARS 19 10,49
10,59
MAI 19
10,76
10,83
JUIL. 19
10,86
11,04
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
406
89
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
148
84
2
SETTLEMENT SETTLEMENT
07/02
170
171,5
172,5
VOL
06/02
172
171,25
179
10
178
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
152.79
LE 31/01//19
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.264
LE 06/02//19
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.43175
LE 06/02//19
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.55925
LE 06/02//19
PORC FRANCE E - EUR :
1.181
LE 07/02//19
INDICES
07/02
VOL
187,57
REUTERS COM. 2377,2
2399,85
MOODYS COM. 5898,04
5841,49
OR INDUSTRIEL 37331
112.45
06/02
184,67
RJ CRB
BOIS
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
833
606
189
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
07/02
06/02
MARS 19 377,75
380
115493
MAI 19
385,5
388,25
86002
JUIL. 19
393,5
396
38398
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
VOL
CLÔTURE
132
21
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
06/02
73,71
76,25
74,31
07/02
2213
2246
2278
2301
2313
VOL
07/02
06/02
MARS 19 176,25
176,25
JUIN 19
179
179,25
AOUT 19 181,5
182
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
CAFÉ
06/02
20,03
20,05
19,86
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
JUIL. 10
SETTLEMENT SETTLEMENT
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 104.38
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
COTON
Mars 19
Juil. 19
Oct. 19
CLÔTURE
07/02
06/02
MARS 19 1696
1710
MAI 19
1670
1688
JUIL. 19
1667
1684
SEPT. 19
1665
1688
DÉC. 19
1673
1692
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
07/02
06/02
MARS 19 513,25
526
MAI 19
518
528,75
SEPT. 19
526,75
538,75
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
VOL
INDICE COTLOOK A : 82,65, LE 07/02//19
07/02
72,75
75,21
73,96
54130
42977
12521
4598
1444
SETTLEMENT SETTLEMENT
07/02
06/02
MARS 19 202,25
203,25
19469
MAI 19
203,25
204,5
15463
SEPT. 19
184,5
185,5
4188
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
07/02
06/02
MARS 19 286,25
286,75
MAI 19
287,5
289
JUIL. 19
286,25
288
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
06/02
19,56
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
CLÔTURE
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
07/02
06/02
FÉV. 19
574
582,25
16922
MARS 19 572,25
581
69345
AVR. 19
571,25
580,25
39164
MAI 19
570,75
580,25
13968
JUIL. 19
573
582,5
5713
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
07/02
29,25
29,3
29,45
VOL
7322
7470
1225
608
178
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 05/02/
Prix indicatif : 2245,12
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
CLÔTURE
CACAO
URANIUM
07/02
NORD DA 19,34
07/02
06/02
JOUR
61,2
62,69
AVR. 19
61,2
62,69
195059
MAI 19
61,23
62,74
88693
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
06/02
22,93
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
07/02
23,8
CLÔTURE
07/02
06/02
MARS 19 339,6
341,5
MAI 19
347,5
350,4
AOUT 19 355,6
358,4
OCT. 19
360,7
363,1
DÉC. 19
368,2
370,3
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
547
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
CÉRÉALES
13,12 cts/lb
LMEX
2975,8
37341
2975,8
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 39
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
342,23 06/02
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
557,19 01/02
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
555,98 07/02
248,38 06/02
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
377,62 07/02
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
517,05 30/01
LU0188501257 PICTET-HEALTH
271,95 06/02
488,55 06/02
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
14411,6 06/02
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
171,99 06/02
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
104,41 06/02
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
422,08 06/02
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
100,16 06/02
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
122,06 06/02
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
150,41 06/02
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
118,04 06/02
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
94,47 06/02
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
148,49 06/02
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
147,89 01/02
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
285,26 06/02
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
62,91 06/02
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
141,28 06/02
LU0256846139 PICTET-SECURITY
235,06 06/02
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
142,76 06/02
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
139,35 06/02
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
308,37 06/02
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1128,06 06/02
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
165,13 07/02
LU0104884860 PICTET-WATER
300,31 06/02
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
151,42 06/02
247,81 04/02
DÉSIGNATION
DES VALEURS
100,24 06/02
141,02 06/02
703,07 06/02
CODE ISIN
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
SYNCHRONY (LU)
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
83,78 06/02
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CODE ISIN
CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
sicav//fcp
99,13 06/02
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
Ludovic Ferrand
André Lavallée
niveau européen. Codirecteur du
département études et développement commercial en 2006, il
devient chief broking officer en
2010.
deviennent directeurs généraux
adjoints d’Aon France.
BRISTOL MYERS SQUIBB
ENTREPRISES
AON
Ludovic Ferrand, 58 ans, ancien
élève de l’IEP de Paris, titulaire
d’une licence de droit de l’université
de Paris-X, a travaillé chez Willis et
Gras Savoye. En 2000, il rejoint Aon,
aux côtés d’André Lavallée, pour
créer le département réassurance
facultative en France, avant d’en
prendre la responsabilité au niveau
européen. Codirecteur du département études et développement
commercial en 2006, il est nommé
chief broking officer en 2010.
André Lavallée, 59 ans, diplômé de
l’Ecole supérieure d’assurance, travaille chez Gras Savoye avant de
rejoindre Aon en 2000, aux côtés de
Ludovic Ferrand, afin de créer le
département réassurance facultative en France. Il prend ensuite la
responsabilité de cette activité au
Pascal Piedbois
accède au poste de directeur
médical de Bristol-Myers Squibb
France. Il sera membre
de la medical leadership team
et du comité exécutif
de Bristol-Myers Squibb France.
Pascal Piedbois, 59 ans, docteur en
médecine et docteur es science
(PhD en physique – chimie), est professeur en oncologie médicale et
radiothérapeute. Après avoir travaillé chez AstraZeneca de 2006 à
2012, il est nommé directeur général
et directeur scientifique du Centre
Paul Strauss à Strasbourg et administrateur de l’Institut régional du
cancer d’Alsace. De 2015 à2017, il est
general manager et directeur médical de Boehringer-Ingelheim Belgique puis directeur médical de Boehringer-Ingelheim France.
KEOLIS
Pascal Décary
rejoint Keolis en tant que
directeur des achats
et de la transformation
du groupe. A ce titre, il intègre
le comité de direction.
Pascal Décary, 59 ans, titulaire d’un
DESS de gestion de l’université de
Haute Normandie, entre chez Veolia en 1993. Il est DRH de la division
Veolia Environmental Services
(VES) entre 2000 et 2009, directeur
des opérations Asie et Europe de
l’Est de VES de 2010 à 2012 et directeur exécutif général de la division
VES et directeur opérationnel de
l’Allemagne en 2013. La même
année, il prend la direction des
achats du groupe Veolia.
NEOPOST
Martha Bejar
devient administratrice
indépendante au conseil
d’administration.
Martha Bejar, 57 ans, diplômée en
advanced management program
de Harvard Business School, est
titulaire d’une licence avec mention
en génie industriel de l’université
de Miami et d’un MBA de l’université Nova Southeastern. Elle a
occupé les fonctions de vice-présidente chargée du secteur des communications chez Microsoft Corp,
président-directeur général de
Wipro Infocrossing Cloud Computing Services et président-directeur
général et directrice de Flow
Mobile. Elle était président-directeur général d’Unium Inc. jusqu’en
mars dernier.
LA MUTUELLE GÉNÉRALE
Isabelle Leroy
rejoint le comité exécutif.
Isabelle Leroy, 52 ans, diplômée de
HEC, rejoint La Mutuelle Générale
en juin dernier comme directrice
marketing, services et vente directe.
Débutant à des postes marketing et
de développement chez GE Capital,
elle intègre, en 2004, le groupe
Audiens pour y occuper diverses
fonctions puis la direction du développement. Entre 2008 et 2016, elle
ABONNEZ-VOUS
MAINTENANT
AUX ECHOS
BIENVENUE DANS LA NOUVELLE ECHOSNOMIE
abonnement.lesechos.fr
développe de nouvelles activités à
l’étranger et lance un assureur
direct indépendant en ligne en Asie.
En 2017, elle était devenue directrice marketing et relation client de
Klésia.
ORGANISATION
PROFESSIONNELLE
UFIP
Serge Cavillier
est nommé directeur logistique
et distribution de l’Union
française des industries
pétrolières (Ufip).
Serge Cavillier, 58 ans, est ingénieur
de l’Ecole nationale supérieure du
pétrole et des moteurs. Fort de trente-trois années d’expérience au sein
d’Esso France, il est actuellement
directeur système et process pour
ExxonMobil distribution pour les
régions Europe, Afrique et MoyenOrient.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
ILS SONT NÉS
UN 8 FÉVRIER
Niels Arestrup,
comédien, réalisateur, 70 ans.
Yves Censi, ancien député
de l’Aveyron, 55 ans.
Laurent Cohen-Tanugi,
avocat, 62 ans.
Christian Eckert, ancien
secrétaire d’Etat chargé
du Budget, 63 ans.
Guillaume Gallienne,
comédien, auteur et metteur
en scène, 47 ans.
John Grisham,
écrivain, 64 ans.
Didier Houssin, président de
IFP Energies Nouvelles, 62 ans.
Guy-Manuel de HomemChristo, cofondateur de Daft
Punk, 45 ans.
Catherine Meurisse,
dessinatrice de BD, 39 ans.
Nick Nolte, acteur, 78 ans.
Sebastião Salgado,
photographe, 75 ans.
Martin Vial, commissaire aux
participations de l’Etat, 65 ans.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Vendredi 8, samedi 9 février 2019
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Illusions perdues
Société Générale est contraint d’adapter
son modèle à l’environnement.
LA SÉANCE DU 7 FÉVRIER 2019
La croissance
européenne
inquiète
les marchés
Bourse de Paris a enregis•tré,Lajeudi,
sa plus forte baisse
depuis le 6 décembre. L’indice
CAC 40 a terminé en repli de
1,84 %, à 4.985,56 points, dans
des volumes de transaction un
peu plus nourris, de l’ordre de
4,4 milliards d’euros échangés.
La Bourse de Paris affiche
encore un gain de 5,39 % depuis
le début de l’année.
La décision de la Commission européenne de revoir
nettement en baisse ses prévisions pour la croissance de la
zone euro a ramené le doute sur
les marchés. Désormais, la
Commission européenne table
sur une croissance de 1,3 % dans
les dix-neuf pays ayant adopté
la monnaie unique en 2019,
contre 1,9 % lors de ses prévisions d’automne publiées le
8 novembre dernier.
L’Allemagne inquiète notamment avec une prévision de
croissance ramenée à 1,1 % pour
2019. A Francfort, le DAX a
même fini en baisse de 2,67 %,
affecté notamment par la chute
de 15 % de Wirecard, suite à des
accusations de fraude contre la
fintech.
A Paris, c’est surtout Publicis qui a pesé sur la tendance
avec une chute de 14,84 %, après
la publication d’un chiffre
d’affaires nettement inférieur
aux attentes des analystes. Le
marché a aussi sanctionné les
résultats de Société Générale
qui a chuté de 6,77 %. Séance
également difficile pour les
actionnaires de Va l e o
(–7,24 %), de TechnipFMC
(–6,55 %) et d’Atos (–4,76 %). Le
secteur des équipements auto a
globalement souffert jeudi.
Faurecia a plongé de 6,50 %,
Plastic Omnium de 5,64 % et
Michelin de 4,03 %.
Il n’y a eu que deux valeurs en
hausse sur le CAC 40 : Veolia
Environnement (+2,28 %) et
Pernod Ricard (+1,22 %). Les
investisseurs ont bien accueilli
les résultats des deux groupes.
LES ENTREPRISES CITÉES
Activision 36
Air Accord 22
Airbus 22
Air France 22
Alfa Romeo 25
All Nippon 22
Amazon 26, 27, 36
Amedeo 22
Apple 36
ArcelorMittal 20
Artcurial 25
AT&T 27
BB&T 34
Bombardier 21
Bretagne Télécom 32
Bugatti 25
China Southern 22
Dolmen 32
EDF 21
Electronics Arts, 36
Emirates 22
Facebook 26, 27, 36
Fiat Chrysler 18
Gazprom 17
Google 27, 36
Google 26
Hermès 32
L1
NetEase 36
Netflix 36
Ouidrop 32
Pernod Ricard 19
PSA 23
Qantas 22
Qualcomm 36
Reddit 27
Renault 23
Rica Lewis 32
RM Sotheby’s 25
RNBV 23
Tête de cochon
Quand le leader prend la piste le premier, c’est parfois l’occasion pour les
poursuivants de se mettre en valeur. Sauf que dans la banque française, à la
fin, c’est souvent BNP Paribas qui brille. Société Générale en a encore fait
l’expérience après sa publication annuelle, assortie elle aussi d’une actualisation de son plan stratégique 2020 (-6,8 % pour son action). Les illusions
perdues d’une remontée des taux d’intérêt contribuent fortement à réduire
sa cible de rendement des fonds propres, abaissée de 1,5 à 2,5 points, là où
sa rivale se contente d’un demi- point en moins. Il faut aussi compter avec
les durcissements réglementaires, comme la revue des modèles internes
de mesure de risques menée par la BCE, dont l’acronyme TRIM est tout un
programme à lui tout seul. Le point fort des dérivés actions n’a pas trop démérité au dernier trimestre, mais le nouveau régime de liquidité sur les
marchés complique la donne. Avec des économies et une moindre consommation de capital, le recours à l’option du dividende en action ne doit
plus être nécessaire l’année prochaine, sans augmenter le « pay out » ni évidemment remettre en question la solvabilité. Le rendement du dividende
plus qu’enviable (8,8 %…) signale la décote de valorisation. La Bourse se demande si Frédéric Oudéa ne va pas être obligé de mener la restructuration
de trop dans les activités de marchés. Même si sa banque est célèbre pour
son jeu en défense.
Publicis fait les frais de la nouvelle cyclothymie
boursière.
L’astrologie chinoise nous enseigne que les naissances sous le signe
du Cochon de terre donnent des caractères communicatifs, populaires
auprès de leur entourage et dotés d’un sens aigu de la ponctualité. Voilà donc
qui devrait satisfaire une autre tête de lard, l’activiste Elliott, puisque
le berceau du nouveau plan stratégique triennal de Pernod Ricard se trouve
d’emblée placé sous les meilleurs auspices. Alexandre Ricard, la troisième
génération aux commandes de l’entreprise nonagénaire, n’a pas attendu que
de bonnes fées tombent du ciel. Après avoir dépassé, sur le dernier exercice,
les objectifs fixés il y a trois ans, le petit-fils de Paul dilue la légendaire
prudence familiale dans la double injonction « Transformer et accélérer ».
Son cocktail mélange une progression interne annuelle des ventes entre 4 et
7 % d’ici à 2020-2021 – le haut de la fourchette s’entendant « si toutes
les étoiles sont alignées » – et une amélioration des marges de 0,5 à 0,6 point de
pourcentage. Les 100 millions d’économies prévues, certes loin des 500 millions d’efforts réclamés par Elliott, portent tout de même à 450 millions le rabotage des coûts depuis 2015, sans diminuer le dosage des dépenses promotionnelles pourtant montrées du doigt par le fonds. La même main de fer
dans un gant de velours avait déjà opéré sur une gouvernance tout autant
critiquée, en choisissant une administratrice référente,
Patricia Barbizet, à la place d’un vice-président, Pierre Pringuet, qui garde
son siège au conseil. Le petit jaune est dans les couleurs chanceuses
de l’année en Chine. Si, bien sûr, les petits cochons ne le mangent pas…
AVIS FINANCIER
Tessi 27
EN VUE
Les Echos est une publication du
PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH)
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RÉDACTEURS EN CHEF
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Laura Berny (Enquêtes)
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et opérations spéciales)
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et transformation digitale)
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EDITORIALISTES
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Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
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LES ECHOS EXECUTIVES
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LES ECHOS WEEK-END
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SÉRIE LIMITÉE
RÉDACTRICE EN CHEF Frédérique Dedet
DIRECTRICE ARTISTIQUE
Clarice Fensterseifer
DIRECTEUR DE LA DIFFUSION ET DU MARKETING CLIENTS Etienne Porteaux
DIRECTEUR STRATÉGIE ET COMMUNICATION Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media Tél. : 01 87 39 78 00.
PRÉSIDENTE Corinne Mrejen
DIRECTEUR GÉNÉRAL Philippe Pignol
DIRECTRICE PUBLICITÉ FINANCIÈRE Céline Vandromme
DIRECTRICE PUBLICITÉ COMMERCIALE Emmanuelle Denis
DIRECTRICE PUBLICITÉ LIFESTYLE Anne-Valérie Oesterlé
SERVICE ABONNEMENTS LES ECHOS 4, rue de Mouchy 60438 Noailles Cedex
Tél. : 01 70 37 61 36. Fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 07 FÉVRIER 2019 : 90.184 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de membre ACPM OJD CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle, est
interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 10 pages « Les Echos Patrimoine »
Pernod Ricard distille savamment
ses réponses à l’activiste Elliott.
Corrections à corriger
Sanofi 20
Société Générale 33
SoftBank 26
Sprint 27
Stirrup 30
SunTrust 34
Take-Two 36
Tencent 27
Thales 21
Thomas Cook 22
T-Mobile 27
TravelCar 23
Twitter 26
Verizon 27
Visioptronic 25
Wizbii 30
Woorton 30
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & PRÉSIDENT DE LA SAS LES ECHOS Pierre Louette
Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
ÉDITRICE Capucine Marraud des Grottes
ÉDITRICE ADJOINTE Clémence Callies
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
« Tout ce qui est exagéré est insignifiant. » Bien sûr, la publication d’une
« blue chip » comme Publicis n’est jamais insignifiante. La chute infligée à
son action (–14,8 %) ressemble néanmoins à l’une de ces poussées de volatilité qui ont fini par perdre beaucoup de leur signification pour les gérants
« stock pickers » conscients que les marchés robotisés accentuent les tendances au jour le jour. Même le mastodonte Apple avait perdu près de 10 %
en une seule séance début janvier, avant de remonter la pente et de redevenir la première capitalisation mondiale, avec un cours supérieur de 10 %.
De ce côté-ci de l’Atlantique, le déficit d’investisseurs longs locaux ne semble rien arranger. Un groupe pourtant au cœur de la transformation numérique comme Atos a perdu un cinquième de sa valeur un jour d’octobre
dernier, après l’annonce d’une baisse d’un point de sa croissance organique
pour l’exercice écoulé, avant de refaire en quelques jours presque la moitié
du terrain perdu. Le patron de Publicis, Arthur Sadoun, a parfaitement tenu ses objectifs 2018, et fait même mieux pour la marge opérationnelle. Il a
confirmé son objectif de croissance organique pour 2020 (+4 %), mais
les pronostiqueurs doivent intégrer l’effet mécanique d’un quatrième trimestre 2018 décevant, l’aléa classique des budgets de grande consommation. Même s’il est toujours plus confortable de prendre de l’avance que l’inverse, la valorisation (moins de 10 fois le bénéfice attendu) ne justifie pas
une décote par rapport aux acteurs américains. Le groupe fondé par Marcel Bleustein-Blanchet montre qu’il a plutôt pris la mesure avant les autres
du défi immense que doivent relever les « mad men » d’aujourd’hui.
Eddy de Pretto
e nouvel enfant chéri de la
chanson française a trois références : Brel, Brassens et Barbara. On a vu pire. Avec au moins les
deux premiers, il a en commun
d’avoir commencé aux Trois Baudets.
Sur la scène mythique de Jacques
Canetti, Brel et Brassens ont fait leurs
débuts en 1952-1953. Ce soir de
février 2016, Eddy a eu un coup de
génie en rameutant ses copains pour
remplir la salle. Malin, il sait que lorsqu’un spectacle affiche complet, les
professionnels accourent alléchés
par l’odeur du succès potentiel. Le
stratagème fonctionne, et Eddy les
conquiert. Pour le jeune homme, né
en 1993 à Créteil, qui prenait des
cours de théâtre et de chant depuis
l’âge de douze ans, la consécration
fut quasi immédiate. Début 2017,
il remporte le prix des jeunes talents
du Printemps de B ourges. En
L
février 2018, il est nommé aux Victoires de la musique, mais perd contre
Gaël Faye. Cette année, à vingtcinq ans, il part ultra favori. Ses salles
sont pleines, ses disques, d’or. Le rappeur coiffé au bol a de la chance, les
critiques l’adorent : « L’énergie du
rap, le phrasé d’Aragon » (« Grazia ») ;
« Un uppercut » (« Le Parisien ») ;
« L’intrigant rappeur de la génération
Dolan » (« L’Obs ») ; « Le rap qui ne
fait pas mâle » (« Paris Match »). A
« Libé », où l’on aime bien se prendre
la tête, on parle du « style âpre et convulsif » qui « brise les codes de l’hétéronormativité ». Eddy est homo, ok, il en
parle dans ses chansons, évoque les
problèmes que cela a pu lui poser :
« Tu seras viril mon kid/Je ne veux voir
aucune once féminine. » Il ne veut pas
pour autant devenir une icône gay,
être réduit à ce qui n’est qu’un aspect
de sa personnalité. Et il a bien raison.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 8 ET SAMEDI 9 FÉVRIER 2019 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22883 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENTPATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
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Au cœur
du grand débat
L’ÉDITORIAL
de Marie-Christine
Sonkin
’assurance-vie trouvera-t-elle
sa place dans le grand débat
national ? Elle le mériterait,
avec un encours de 1.700 milliards
d’euros et les multiples enjeux qui lui
sont attachés. Premier point de
réflexion : la fiscalité. Alors que le
ras-le-bol fiscal risque de se traduire
par une pression supplémentaire sur
les classes moyennes supérieures,
certains guignent la manne que représente ce placement. Et particulièrement sur les avantages qui lui sont
attachés, aussi bien sur le plan de
l’imposition des gains que sur celui
de la transmission.
Deuxième sujet de réflexion, l’affectation de ces fonds. Les efforts pour
orienter les actifs non plus vers la
dette mais vers les unités de compte
en actions risquent d’être ruinés par
la médiocre performance du CAC 40
en 2018. Avec deux conséquences
directes : un risque accru pour
les assureurs, garants du capital
placé dans les fonds en euros,
et un trou d’air dans le financement
de l’économie réelle.
Troisième thème, celui de la
concurrence. Dans notre monde
digital où la transparence est la règle,
une association de consommateurs
vient de pointer les écarts de rendement – du simple au quadruple – entre
les compagnies disposant d’une clientèle captive et les autres. Les populations les plus modestes étant bien sûr
détentrices des contrats les moins
rémunérateurs. Dans un contexte
ou le moindre gain de pouvoir d’achat
est bienvenu, cette discrimination
peut-elle perdurer ?
Quatrième question, et non des moindres, celle d’un risque systémique. S’il
semble s’éloigner au gré des annonces
accommodantes de la BCE, contrainte
de tenir compte d’une croissance
molle de la zone euro, il reste tapi
dans un avenir plus ou moins lointain.
Il ne faudrait pas que des maladresses
politiques ou fiscales viennent déstabiliser les acteurs les plus fragiles d’un
système qui reste, comme beaucoup
d’autres, basé sur la confiance. n
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mes-placements Liberté est un contrat individuel d’assurance vie de type multisupports distribué par mes-placements.fr et assuré par Spirica (filiale à 100 % du Crédit Agricole Assurances), SA au capital social de 181 044 641
euros, entreprise régie par le code des assurances, RCS Paris n° 487 739 963, 50-56 rue de la Procession, 75015 Paris. Les caractéristiques principales de ce contrat et de ses différentes options sont exposées dans les
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mes-placements.fr est une marque de Finance Sélection, 152 avenue de Malakoff 75116 Paris, SAS au capital de 126 320 €, RCS de Paris B 424 354 223, enregistrée à l’Organisme pour le Registre des Intermédiaires
en Assurances (ORIAS) sous le n°07 001 799 (www.orias.fr) intervenant pour la distribution de produits financiers en tant que Conseiller en Investissement Financier (CIF) adhérent à la Chambre Nationale des Conseils
en Gestion de Patrimoine, association agréée par l’Autorité des Marchés Financiers. Les autorités de contrôle de mes-placements.fr sont l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) 4 Place de Budapest
CS 92459 - 75436 PARIS Cedex 09 et l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), 17 Place de la Bourse, 75002 Paris.
*Catégorie Courtier en produits financiers – Étude BVA Group – Viséo CI – mai à juillet 2018 – Plus d’infos sur escda.fr. **Du lundi au samedi de 9h à 19h et 18h le samedi.
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Les rendements passés ne préjugent pas
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 // PATRIMOINE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
OBLIGATAIRE // La baisse du taux moyen 2018 des fonds en euros pose une fois de plus la question de la pertinence
d’investir dans ce type de support dont l’avenir semble plus que jamais osciller entre érosion et consolidation.
Les fonds en euros font de la résistance
es données définitives ne
seront pas connues début
mars, mais il semble d’ores et
déjà acté que les fonds en euros ne
protègent plus de l’inflation. Le taux
moyen est attendu aux alentours de
1,6 à 1,7 % pour l’exercice 2018 (contre 1,8 % un an plutôt). Et il faut
encore « alléger » ce rendement des
prélèvements sociaux de 17,2 % et
des frais sur primes que ponctionnent la plupart des réseaux. Pourtant le succès de ces supports au
capital sécurisé à tout moment par
l’assureur ne se dément pas : ils ont
drainé l’an dernier une centaine de
milliards d’euros de collecte nouvelle et captent toujours les trois
quarts des sommes placées en assurance-vie.
Il est vrai qu’entre un Livret A figé
à 0,75 % et un marché boursier qui a
perdu 11 % l’an dernier, les voies de
l’optimisation rendement-risque
des placements financiers s’annoncent bien étroites. « L’année 2019
pourrait être encore plus compliquée
que 2018, ce qui nous invite à la plus
grande prudence dans l’allocation
d’actifs », indiquent Eric Dubos et
Roger Caniard, directeurs financiers de la MACSF.
Refroidis par la contre-performance 2018 des supports diversifiés
en unités de compte (UC) de leurs
contrats, les détenteurs d’assurance-vie (39 % des ménages, selon
l’Insee) ont donc, pour la plupart
d’entre eux, de fortes chances de
trouver dans les fonds en euros le
moins mauvais des compromis.
Ont-ils raison ? La réponse est, à
l’image même de ce placement,
composite.
L
Dilution programmée
Majoritairement placés en obligations d’Etat et d’entreprise (respectivement 30,4 % et 39,7 % des placements des assureurs à fin 2017), les
fonds en euros n’ont pas fini de
payer leur tribut à la chute historique des taux longs que connaît la
France depuis huit ans. La rentabilité de ces supports s’érode mécaniquement au fur et à mesure que les
actifs où ils sont placés se renouvellent sous le double effet de l’encaissement de la collecte nouvelle et des
sorties. « Les compagnies sont
contraintes de remplacer des obligations plus anciennes et rémunératri-
ces qui arrivent à échéance par
des émissions moins rentables »,
confirme Cyrille Chartier-Kastler,
expert indépendant, fondateur du
site d’informations Goodvalueformoney.eu (GVfM). Certes, plusieurs
signes (repentification des taux
directeurs américains, fin des politiques de quantitative easing
des banques centrales) indiquent
que ce cycle baissier touche à son
terme.
Mais la plupart des prévisionnistes parient pour des taux français et
européens encore au plancher en
2019, avec à la clef un rendement
moyen des fonds en euros durablement « plombé », susceptible
d’atterrir progressivement « aux
alentours de 1,30 %, à raison d’une
dynamique de baisse de l’ordre de
0,10 à 0,20 % par an », estime Cyrille
Chartier-Kastler.
Dispersion flagrante
Dans ce contexte général, tous les
contrats ne sont toutefois pas logés
à la même enseigne. Fin décembre,
une étude de l’association Consommation, logement et cadre de vie
(CLCV) pointait du doigt des écarts
de rendement pour les fonds en
euros, variant du « simple au quadruple » (de 0,75 à 3,5 % !) en 2017,
l’iniquité de traitement étant
notamment flagrante pour les
vieux produits fermés à la commercialisation.
Le constat vaut pour 2018 où
l’écart s’annonce une fois de plus
marqué entre, d’un côté, les contrats promus par quelques structures mutualistes, des associations
d’assurés ou vendus sur Internet,
dont les taux dépassent encore souvent les 2 %. Et de l’autre, l’offre standardisée de la bancassurance et des
grosses compagnies, bien en deçà
de ce seuil, même si certains ont fait
le choix de stabiliser, voire d’augmenter légèrement (la Caisse
d’Epargne, par exemple) leurs rendements.
Cette disparité tient à plusieurs
facteurs. La taille des contrats concernés est évidemment déterminante car on ne gère pas avec la
même agilité plusieurs milliards
d’euros ou quelques centaines.
Mais le volume n’explique pas tout.
Les choix d’investissement et le
degré de diversification des actifs
Il a dit
« Les compagnies
sont contraintes
de remplacer
des obligations
plus anciennes
et rémunératrices
qui arrivent
à échéance
par des émissions
moins rentables. »
CYRILLE
CHARTIER-KASTLER
Fondateur
de Goodvalueformoney.eu
Photo Marc Bertrand
/ « Challenges » - RÉA
entrent également en ligne de
compte. « La surperformance de 8 %
qu’affiche notre fonds par rapport à
la moyenne du marché sur la dernière décennie est le fruit de prises de
risques pertinentes et renouvelées
dans le financement d’entreprises
cotées et non cotées. Cela nous a
notamment permis de réaliser,
début 2018, d’importantes plus-values sur des investissements en
actions et des fonds d’infrastruct u re » , t é m o i g n e G u i l l a u m e
Rosenwald, directeur général épargne retraite de la MACSF (plus de
20 milliards d’euros d’encours
gérés).
Marge de manœuvre
Cette compagnie n’est évidemment
pas la seule à avoir réalisé des plusvalues début 2018 sur la partie
diversifiée de son portefeuille avant
que le CAC 40 ne dégringole (fin
2017, les actions représentaient
16,6 % de l’ensemble des placements des assureurs-vie).
Le différentiel des rendements
observé, année après année, d’un
acteur à l’autre, voire, pour un
Le risque de liquidité est-il toujours d’actualité ?
Il y a deux ans, l’article 49 de la loi Sapin II
du 10 décembre 2016, qui octroie au Haut
Conseil de stabilité financière (HCSF)
la possibilité de bloquer temporairement
les mouvements de retraits massifs, a fait
grand bruit. Cette mesure drastique serait
envisagée en cas de hausse brutale des taux
d’intérêt ayant pour impact immédiat de
dévaloriser les fonds en euros.
Si l’hypothèse n’est pas exclue, vu l’atonie
des taux directeurs de la BCE et les soubresauts boursiers, « ces risques de liquidité ne
sont pas d’actualité », affirme Daniel Collignon, directeur général de Spirica (Crédit
Agricole Assurances). Fin novembre 2018,
les assureurs, qui ont eu tendance à profiter de ce contexte anxiogène pour pousser
leurs clients à souscrire d’avantage d’UC,
ont même été appelés par Bernard Delas,
le vice-président de l’ACPR (l’Autorité de
contrôle prudentiel et de résolution, qui
supervise le secteur de l’assurance), à faire
preuve « de la plus extrême vigilance » dans
cette commercialisation qui, aussi « justifiée » soit-elle dans un contexte de taux bas,
n’est pas « anodine et s’analyse comme un
transfert de risque de l’assureur vers
l’assuré ».
même assureur, d’un canal de
distribution à l’autre, témoigne
donc également de la volonté que
les compagnies ont – ou non – de
faire profiter au maximum leurs
clients des fruits de la gestion des
actifs où sont investies les primes
d’assurance-vie.
« La performance de notre fonds
général est redistribuée au seul bénéfice de nos adhérents car nous
n’avons pas d’actionnaires à rémun é re r » , s o u l i g n e - t - o n c h e z
Garance, une mutuelle qui a servi
l’an dernier un taux de 3,10 %.
Comme le prouve le niveau de leurs
réserves, la grande majorité des
assureurs préfère en revanche
garder davantage de marge de
manœuvre.
Provisions
distribuables
Cela fait en effet cinq ans maintenant que les compagnies alimentent à haute dose leur provision
pour participation aux bénéfices.
Cette PPB, qui leur permet de mettre temporairement en réserve une
fraction des revenus dégagés par la
gestion de leurs fonds en euros,
représentait fin 2017 « 3,58 %
des encours, contre 1,43 % en 2012 »,
précise Cyrille Chartier-Kastler.
Et majoré des plus-values latentes
obligataires mises en réser ve
de capitalisation et de celles non
réalisées liées aux actions et actifs
immobiliers présents dans les
portefeuilles, ce taux grimpait,
toujours fin 2017, « à 9,28 % des
encours ».
Certes, sous l’effet de la chute des
marchés boursiers, les plus-values
latentes actions vont fondre
comme neige au soleil. Mais incontestablement, les assureurs, qui
sont tenus de redistribuer la PBB
aux assurés dans les huit années
qui suivent leur constitution, ont
encore des cartouches pour contrer
l’effet dilutif des obligations peu
rémunératrices achetées ces dernières années !
— Laurence Delain
a
Tous les rendements 2018
des fonds en euros
mis à jour en continu
sur lesechos.fr/patrimoine
Sous le capot des eurodynamiques
Cette nouvelle génération
de fonds en euros conjugue
sur un mode alternatif
rentabilité et sécurité.
Mais leur moteur
de performance a
ses limites.
Le double atout sécurité - liquidité
des fonds en euros classiques, dont
le capital garanti à tout moment par
l’assureur coûte cher en perfor-
mance depuis que les taux obligataires, où sont massivement investis les supports en euros, ont
dévissé. D’où l’idée, poussée depuis
quelques années par une poignée
d’assureurs (ACMN Vie, Suravenir,
Generali, Spirica-Crédit Agricole
Assurances…) de concevoir de nouvelles offres de fonds toujours
garantis et disponibles, mais dont
l’actif serait davantage exposé en
actifs immobiliers (fonds europierre investis en bureaux, murs de
magasins, centres commerciaux,
crèches, Ehpad, etc.) ou en actions
(fonds euroactifs).
Erosion des performances
On compte aujourd’hui une dizaine
de produits de ce type, dont certains
ont encore fait leurs preuves l’an
dernier. « La qualité des investissements réalisés depuis sa création en
2012 par le fonds Sécurité Pierre
Euro vendu par notre partenaire Primonial nous a permis de délivrer un
taux de 3,20 % tout en dotant notre
réserve de PPB pour la sixième année
consécutive », se félicite Bernard Le
Bras, président du directoire de
Suravenir (filiale de Crédit Mutuel
Arkéa), confiant pour les années à
venir, compte tenu « des baux en
portefeuille ».
L’efficacité de la formule des
fonds europierre dépend en effet de
la solidité des investissements sous-
jacents. Or, sous le double effet de
l’augmentation des encours à placer et de la raréfaction des belles
affaires immobilières, ils tendent à
se diluer.
Résultat, pour éviter que le turbo
de ces offres spécifiques ne s’enraye
trop vite, leurs promoteurs érigent
des barrières à l’entrée et imposent
souvent aux souscripteurs un
quota minimal d’investissement
en unités de compte en parallèle
(50 % parfois) qu’il convient de
prendre en compte avant souscription. Boursorama fait partie des
rares distributeurs à refuser cette
pratique pour son offre Euro Exclusif : 2,31 % en 2018 contre 2,10 % un
an plus tôt.
Volatilité des euroactifs
Quant aux fonds euroactifs, également soumis à conditions de souscriptions minimales d’unités de
compte et parfois assortis d’une
garantie en capital réduite, ils sont
tributaires de la volatilité des marchés actions et de techniques de gestion fort différenciées. Avec, à la clef,
d’importantes variations de performances d’une année sur l’autre : 0 %
par exemple en 2018 pour l’offre
Sécurité Target Euro de Primonial
(assuré par Oradéa Vie, filiale de
Société Générale Insurance) contre
4,05 % fin 2017.
— L. D.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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(1)
CE CONTRAT PEUT PRÉSENTER UN RISQUE DE PERTE EN CAPITAL
(1) Le contrat comporte des frais annuels de gestions précisés dans la Notice d’Information, valant Conditions Générales du contrat Boursorama Vie.
(2) Étude réalisée par Boursorama Banque sur la base des clients Boursorama Banque ayant ouvert un compte bancaire en 2017.
Boursorama Vie est un contrat groupe d’assurance vie à adhésion individuelle et facultative, libellé en euros et/ou en unités de compte assuré par Generali Vie.
Le document d’information clé du contrat contient les informations essentielles du contrat. Obtenez ce document auprès de Boursorama ou sur le site www.generali.fr
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // PATRIMOINE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
DIVERSIFICATION // Les épargnants, convaincus des vertus de la diversification au long cours de leurs multi-
supports, sont déstabilisés par les pertes enregistrées par leurs supports en UC en 2018. Une sélection s’impose.
Choisir les bonnes
unités de compte
nvestir au son du canon. » Le
vieil adage boursier est aussi
connu que peu prisé des épargnants, qui préfèrent jouer la partition de la diversification de leurs
actifs au son du violon. Après avoir
profité de performances confortables depuis 2011 sur les supports en
unités de compte (UC) de leurs
contrats, nombre d’entre eux sont
ainsi tentés de rabattre la voilure et
de se repositionner sur les fonds en
euros au vu des pertes enregistrées
par les UC l’an passé.
Pourtant, si l’on en croit Odile Ezerzer, directrice générale de Mutavie
(groupe Macif), « il ne faut pas surréagir aux fluctuations des marchés
et continuer de combiner plusieurs
supports d’investissement pour optimiser la performance à moyen-long
terme en fonction de son projet ».
Equilibrer au mieux la partie diversifiée de son contrat exige donc plus
que jamais de bien identifier les
choix d’UC régulièrement mis en
avant par les réseaux. Cinq d’entre
eux appellent notamment à la
réflexion.
I
1
LES FONDS
PATRIMONIAUX
Principe
Ces supports généralement indiqués pour des épargnants au profil
défensif de « père de famille », en
quête d’une valorisation modérée
mais pérenne de leur portefeuille
sur un horizon de 5-6 ans, recouvrent une multitude de stratégies
d’investissement. Elles s’appuient
sur une large palette d’actifs
(actions, obligations, monétaires,
matières premières, etc.) plus ou
moins performants selon les
conjonctures boursières, avec une
part d’exposition aux actions ajustable, souvent capée à 50 %.
Recommandation
Les pertes essuyées l’an passé par
les fonds patrimoniaux (Carmignac
Patrimoine, le plus emblématique
d’entre eux, a perdu –11 % en 2018 et
–1 % sur trois ans) incitent à une
sélectivité accrue : la qualité de
l’équipe de gestion est essentielle et
pour l’apprécier il faut regarder les
performances annualisées sur cinq
ans au minimum, les volatilités
associées ainsi que la perte maximale enregistrée sur la même
période.
On peut également parier sur de
nouvelles propositions prometteuses, comme celle de « Montségur
Evolution R, un fonds flexible diversifié lancé en 2018, géré par Frédéric
Plisson, l’un des anciens piliers de
La Financière de l’Echiquier qui, avec
les dirigeants de Montségur, a investi
son propre patrimoine dans le fonds,
ce qui est un facteur rassurant »,
note Antoine Delon, président de
LinXea.
LES FONDS
STRUCTURÉS
2
Principe
Les UC investies dans ces fonds dits
« garantis » ont pour objectif de restituer, à une échéance préfixée, la
mise de départ majorée d’une performance conditionnée par l’évolution d’un indice boursier. Par définition peu liquides (toute sortie avant
terme peut se solder par une perte
sèche), ces supports structurés
reposent sur des modes de gestion
complexes (combinaison d’instruments monétaires ou obligataires
Contrat d’assurance vie multisupport
Support en euros
AVIVA ACTIF GARANTI
2,21%(1)
nets en 2018
Taux net de frais de gestion du contrat, brut de prélèvements
sociaux et fiscaux. Les rendements passés ne préjugent pas
des rendements futurs.
0%
Frais d’entrée
0,60%
(2)
Frais d’arbitrage
(2)
Frais de gestion
annuels(2)
NOUVEAU CLIENT ?
300€ offerts
sous conditions(3)
Offre valable du 15/01/2019 au 18/03/2019 pour une 1ère adhésion
au contrat Evolution Vie, pour un versement initial de 8 000 €
minimum investi à 25% minimum sur des supports en unités de
compte, lesquels présentent un risque de perte en capital(4).
(1)
Taux de rendement pour l’année 2018 du support en euros Aviva Actif Garanti net des frais de gestion annuels
du contrat Evolution Vie qui s’élèvent à 0,60%, brut de prélèvements sociaux et fiscaux dus selon la législation en
vigueur et hors coût éventuel de la garantie optionnelle cliquet décès.
(2)
Pour en savoir plus sur les frais du contrat, consulter la notice et le document d’informations clés du contrat
accessibles sur www.assurancevie.com.
(3)
Offre valable, sous réserve d’acceptation par JDHM Vie, pour les nouveaux clients d’Assurancevie.com, pour
une première demande d’adhésion au contrat Evolution Vie faite par une personne majeure (ou mineure dûment
représentée), reçue par Assurancevie.com entre le 15 janvier 2019 et le 18 mars 2019 inclus, avec un versement
initial d’un montant minimum de 8 000 €, investi à hauteur de 25% minimum sur un ou plusieurs support(s) en
unités de compte éligible(s) au contrat à la date de réception de la demande d’adhésion - hors Aviva Monétaire ISR
A (FR0007437546). La prime sera versée sous forme de chèque, dans les 60 jours après la période de renonciation.
(4)
L’entreprise d’assurance ne s’engage que sur le nombre d’unités de compte mais pas sur leur valeur. La
valeur de ces unités de compte, qui reflète la valeur d’actifs sous-jacents, n’est pas garantie mais est sujette
à des fluctuations à la hausse ou à la baisse dépendant en particulier de l’évolution des marchés financiers.
Evolution Vie est un contrat d’assurance vie de groupe à adhésion facultative de type multisupport souscrit par
l’ADER (Association pour le Développement de l’Epargne pour la Retraite, régie par la loi du 1er juillet 1901, 24-26
rue de la Pépinière 75008 Paris) auprès d’Aviva Vie (Société Anonyme d’Assurance Vie et de Capitalisation au
capital de 1 205 528 532,67 €. Entreprise régie par le Code des assurances. Siège social : 70 avenue de l’Europe
92270 Bois-Colombes. 732 020 805 RCS Nanterre) et commercialisé par JDHM Vie.
Assurancevie.com est la marque dédiée à la distribution de produit d’assurance sur internet de JDHM Vie, société
de courtage en assurance de personnes. SAS au capital de 2 200 000 €, dont le siège social est situé 13 rue d’Uzès
– 75002 Paris. Elle est immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris sous le n°478 594 351, ainsi
qu’à l’ORIAS (www.orias.fr) sous le n°07 004 394. CIF n°E008169, membre de l’ANACOFI-CIF.
Document non contractuel à caractère publicitaire à jour au 21/01/2019.
et de produits dérivés pour garantir
les sommes investies) et coûteux en
frais peu visibles.
Des versions assouplies « autocall » s’engagent sur un capital protégé jusqu’à un certain seuil de
baisse de l’indice de référence du
fonds (–40 % par exemple) et prévoient, en contrepartie, des fenêtres
de sortie anticipée qui, si les marchés sont dans le vert lorsqu’elles
s’ouvrent, permettent de récupérer
son placement initial (moins les
frais) majoré d’un coupon.
Recommandation
Portés par la volatilité du marché
boursier, les montages autocall
proposent des coupons annuels
alléchants (de 6 % à 10 % parfois),
qui méritent évidemment l’attention sous réserve de bien identifier,
dans la notice d’information, le
mécanisme de la formule promue
et son rendement moyen annualisé
réel.
3
LES SUPPORTS
IMMOBILIERS
Principe
Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier), qui ont rapporté
4,4 % en 2017 « devraient encore afficher en 2018 un couple rendementrisque très confortable supérieur à
4 % », estime Antoine Delon. Investies en immobilier tertiaire
(bureaux, commerces, résidences
spécialisées, etc.), les UC placées en
parts de SCPI, de SCI (sociétés civiles immobilières) ou d’OPCI (organismes de placement collectif
immobilier qui peut contenir jusqu’à 40 % d’actifs mobiliers, dont
10 % de liquidités) constituent donc
toujours une bonne source de
diversification sous réserve d’être
sélectionnées avec soin par le distributeur qui les propose.
Recommandation
Peu liquides et chargés en frais, ces
supports exigent un horizon de placement de l’ordre de huit à dix ans
pour être amortis. Ils doivent être
dosés avec modération (pas plus de
10 % d’un patrimoine financier),
pour éviter qu’en cas de retournement de marché le contrat ne soit
plombé, et investis dans des sociétés aux portefeuilles fonciers bien
ventilés sur le plan tant sectoriel
que géographique.
4
LES GESTIONS
DE CONVICTION
Principe
Certains supports en UC sont investis dans des fonds concentrés sur un
secteur (énergies renouvelables,
santé, éducation, Silver économie…), une zone géographique ou
un type d’actifs (mid cap, obligations
à haut rendement…) spécifique dont
le potentiel de performance a été
identifié par des gérants, souvent
spécialistes du « stock-picking », qui
ont une analyse précise du périmètre qu’ils visent. Quelques contrats
proposent même des titres vifs
(actions du SBF 120 et de l’Euro
STOXX 50 accessibles dans plusieurs offres promues en ligne par
Altaprofits ou plus récemment par
Binck.fr) ou encore des UC centrées
sur les métaux précieux (Bati Or de
SMAvie)
Recommandation
Réputées plus porteuses que les gestions indicielles dans des contextes
volatils où, comme le résume Nicolas Cagi-Nicolau, directeur général
associé de la plate-forme Investisseur Privé, la « vérité d’un jour n’est
plus celle du lendemain », les gestions de conviction concernent des
investisseurs non seulement convaincus de la thématique ciblée,
mais prêts à encaisser des pertes sur
un placement qui en aucun cas ne
doit dépasser 10 % de leur exposition en UC et se conçoit sur une
durée de plus de cinq ans.
5
LE PRIVATE
EQUITY
Principe
Déjà favorisé par la loi Macron
d’août 2015 et bientôt renforcé par le
projet de loi Pacte en cours de discussion, l’investissement en valeurs
non cotées qui transite par l’achat de
parts de FCPR (fonds commun de
placement à risque) dans le cadre de
l’assurance-vie constitue une solution de diversification patrimoniale.
Son couple risque-rendement est
attractif pour qui souhaite investir
dans l’économie réelle et dispose
pour ce faire d’un horizon de placement d’au moins dix ans (taux de
rendement annuel potentiel de
l’ordre de 9 % sur cette durée).
Recommandation
Proposées dans les offres patrimoniales de plusieurs compagnies
(AXA, AG2R La Mondiale, BNP
Paribas Cardif, CNP Assurances,
Generali, Spirica,…), les UC investies en private equity visent prioritairement une clientèle avertie.
Dotée d’un patrimoine financier
solide, elle peut se permettre d’en
mobiliser une fraction (10 % au
maximum) dans une optique de
diversification complémentaire.
— Laurence Delain
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PATRIMOINE // 05
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
INNOVATION // Remis à l’honneur par le projet de loi Pacte, l’eurocroissance n’a pas encore trouvé son public.
Eurocroissance,
le renouveau de
l’assurance-vie ?
inq ans après leur lancement, les offres eurocroissance présentées par leurs
promoteurs (Afer, AXA, BNP Paribas Cardif, CNP Assurances, Generali, Predica-Crédit Agricole...)
comme une alternative gagnante
face aux fonds en euros classiques
peinent à s’imposer en tant que
telle. Apparue sur le marché en
2014, cette nouvelle génération de
supports repose pourtant sur un
principe astucieux. En offrant une
garantie du capital (de 100 à 80 %
selon les offres) non plus permanente mais à échéance (de huit ans
minimum à… quarante ans parfois !), les fonds eurocroissance permettent à l’assureur de dynamiser
la gestion des avoirs qui lui sont
confiés tout en les protégeant à
terme.
C
Frais de gestion élevés
Il s’appuie pour ce faire sur une
mécanique financière à double ressort : une « provision mathématique » exprimée en euros qui assure
la garantie à terme du capital et une
« provision de diversification » qui,
davantage chargée en valeurs boursières et immobilières, dynamise le
rendement.
Mais pour convaincre les assurés
de se détourner des fonds euros,
garantis à tout moment (donc liquides) et générer de la surperformance sur des durations moins
longues, ce moteur de performance
sophistiqué et coûteux (les frais de
gestion des supports eurocroissance sont supérieurs à 1 % dans
nombre de cas contre 0,6 % pour les
fonds en euros classiques), exigerait des taux obligataires plus élevés, lesquels profiteraient d’ailleurs
également aux fonds en euros !
Pour l’heure les rendements affichés par les fonds eurocroissance
sont donc à soupeser à soin. Non
seulement ils varient sensiblement
d’une année sur l’autre (–1,66 % en
2018 à l’Afer contre 2,82 % un an
plus tôt par exemple). Mais surtout,
ils ne peuvent être comparés à ceux
des fonds en euros classiques. Les
taux annoncés chaque année sur
les fonds en euros sont ceux que
touchent les assurés et ils correspondent à quelques nuances près
(marge prise par l’assureur, plus-values mises de côté) aux résultats du
portefeuille où ils sont investis. Ce
n’est pas le cas des performances
affichées par les fonds eurocroissance : elles recouvrent des gestions globalisées sur différentes
échéances (plusieurs décennies
parfois) qui confinent souvent à la
boîte noire.
Améliorer la lisibilité
Appuyés par le gouvernement, les
assureurs semblent néanmoins
plus déterminés que jamais à pousser le développement des fonds
eurocroissance, pourtant déjà
bonifiés par un décret paru en toute
Trois réflexes pour
limiter les risques des UC
Dans les contextes
de forte volatilité, le retour
à quelques fondamentaux
permet d’amortir la prise
de risque.
1
IDENTIFIER SON PROFIL
D’INVESTISSEUR
A défaut de pouvoir raisonner sur la
base d’un bon « market timing » qui
relève du Graal, « toute prise de décision doit s’appuyer sur la réunion
de trois facteurs indissociables : la
connaissance financière, l’appétence
pour la prise de risque et le projet
patrimonial qui sous-tend l’investissement, ce qui implique également une
bonne identification de son horizon de
placement », rappelle Nicolas CagiNicoleau, de la plate-forme Investisseur Privé. Et une fois que l’on a bâti
une allocation d’actifs en corrélation
avec le rapport rendement – risque le
mieux adapté au profil patrimonial
ainsi identifié, il faut s’y tenir.
« Une épargne dédiée à l’achat de sa
résidence principale dans trois ou
quatre ans ne peut être semblable à
celle conçue pour préparer sa retraite
dans trente ans même si celle-ci exige
de maîtriser le risque dans le temps,
donc de sécuriser progressivement
son portefeuille au fur et à mesure que
l’échéance de la retraite approche »,
remarque Albert d’Anthoüard,
directeur de la clientèle privée de la
fintech Nalo.
2
DÉLÉGUER
À BON ESCIENT
Plutôt que de gérer librement leur
contrat, les souscripteurs optent
dans la grande majorité des cas pour
une gestion déléguée « clés en
main », déclinée en profils de risque
plus ou moins offensif, pilotés par
des gestionnaires professionnels.
Proposées dans tous les réseaux de
vente de la banque et de l’assurance,
ces offres pâtissent souvent de performances amoindries par des frais
élevés et des sous-jacents médiocres.
On trouve un meilleur rapport
rendement-risque dans les contrats
Internet, qui moyennant des coûts
modérés, donnent accès à des gestions mandatées confiées à des partenaires de renom (Lazard Frères
Gestion, Edmond de Rothschild
AM, Carmignac, DNCA, etc..) ou
bâties avec des sélectionneurs de
fonds comme Morningstar ou
Lyxor pour la gestion de fonds indiciels cotés (ETF).
3
PENSER AUX OPTIONS
AUTOMATIQUES
Les outils de « pilotage automatique » sont destinés à amortir les
à-coups boursiers. Parmi les plus
connus on peut citer la sécurisation
des plus-values, un écrêtage régulier sur le fonds en euros des plusvalues générées par les UC à partir
d’un seuil de valorisation prédéfini.
Relevant d’une logique inverse, la
« dynamisation des gains » consiste
à arbitrer des revenus générés par
le fonds euros vers les UC .
Deux autres options peuvent être
proposées : le « stop loss » (désinvestissement des supports en UC à
partir d’un seuil de moins-value ) ou
le « stop win » (sécurisation à partir
d’un seuil de plus-values). Mais
dans le contexte actuel la mécanique la plus pertinente est celle de
l’investissement progressif.
Elle permet d’investir sur la base
d’une périodicité prédéfinie un
même montant de son fonds en
euros vers une ou plusieurs UC, ce
qui a pour principale vertu de lisser
le prix d’entrée sur les actions puisqu’on achète automatiquement
plus lorsque les cours sont bas et
moins lorsqu’ils remontent. « Les
moments de baisse sont autant
d’occasions à saisir », rappelle-t-on
chez SMAvie, une mutuelle qui avec
l’offre Contrario, systématise « le
principe d’achat sur repli ». — L. D.
discrétion en juillet 2016 (et reconduit depuis). Celui-ci autorise, sous
certaines conditions relativement
absconses pour qui n’a pas son
diplôme d’actuaire, le transfert partiel des plus-values latentes des
fonds en euros vers les fonds eurocroissance. Mais cela ne semblant
pas suffire, l’eurocroissance fait
l’objet d’un nouveau traitement de
faveur dans le cadre du projet de loi
Pacte actuellement discuté au
Sénat qui prévoit un certain nombre de simplifications techniques
pour « améliorer la lisibilité du produit pour l’assuré ». L’avenir dira si
celui-ci y trouvera finalement son
compte. — Laurence Delain
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // PATRIMOINE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
START-UP // Plusieurs jeunes pousses Internet tentent de percer en misant sur l’innovation technologique pour
proposer à un large public une offre d’assurance-vie conseillée et performante à moindre coût.
La valeur ajoutée des fintech
Pourquoi il n’est pas
(encore) possible de
transférer son contrat
ncore inconnu il y a quatre
ans, le terme « fintech », qui
est désormais accommodé à
toutes les sauces marketing, désigne pour l’essentiel des start-up qui
jouent la carte de l’innovation technologique afin de proposer des services financiers performants à
moindre coût dans une multitude
de domaines : gestion des comptes
courants, crédit, conseil patrimonial, allocation d’actifs, placements
immobiliers, retraite, transmission, etc.
Plusieurs d’entre elles (Advize,
Yomoni, WeSave – récemment
racheté par Amundi –, FundShop,
G r i s b e e , M i e u x p l a c e r. c o m ,
Nalo, etc.) ont, dans cette optique,
choisi de se concentrer sur le marché de l’assurance-vie. « Nous avons
l’ambition de devenir la banque privée de demain en alliant technologie
et expertise et nous proposons en ce
sens une offre d’assurance-vie “multiprojet” qui rassemble, dans un seul
contrat, plusieurs poches d’investissement dédiées à différents objectifs
évolutifs et optimisés sur le plan fiscal », explique Guillaume Piard,
président et fondateur de Nalo.
E
Transférer son épargne
d’un vieux contrat peu
performant et lourdement
chargé en frais contre
un produit moderne
qui rapporte davantage,
c’est pour l’instant
un vœu pieux.
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
•
DIAGNOSTIC
ET ADÉQUATION
En quoi la proposition commerciale des fintech se distingue-t-elle
de celle émise depuis longtemps
déjà par des banques en ligne
comme Boursorama, Fortuneo,
ING Direct, BforBank, ou encore
des courtiers historiquement centrés sur la vente de contrats d’assurance-vie Internet comme Altaprofits, Assurancevie.com, MesPlacements.fr, LinXea, etc. ? « Nous
allons un cran plus loin dans le diagnostic patrimonial, le profilage et le
suivi client, l’indépendance de l’offre
financière et le coût des gestions déléguées, lesquelles sont, pour nos mandats les plus dynamiques, deux fois
moins chères que celles des banques
en ligne », rép ond S ébastien
d’Ornano, président de Yomoni.
Réservées aux particuliers suffisamment à l’aise avec la gestion en
ligne de leurs placements financiers, les offres des fintech valent
en effet en priorité pour la finesse
des propositions d’allocation
d’actifs, conçues en adéquation
étroite avec l’appétence au risque
de l’épargnant et ses objectifs patrimoniaux.
Pour ce faire, ces start-up procèdent en plusieurs étapes. Tout
d’abord, elles visualisent la situation de leur client en centralisant
sur une seule interface l’ensemble
de ses avoirs financiers (dépôts,
livrets, assurance-vie, épargne
salariale, etc.) à l’aide d’agrégateurs
de comptes développés en interne
ou en partenariat avec des spécialistes du domaine comme Linxo, Bankin’, Fiduceo, etc.
•ETALGORITHMES
LOGICIELS
Elles estiment ensuite son degré
d’aversion au risque en utilisant des
techniques de profiling pointues.
« Nous procédons à l’aide de questionnaires de finance comportementale sophistiqués qui nous permettent, au-delà de ses déclarations,
d’identifier la capacité réelle de prise
de risques de notre clientèle, segmentée en plus de mille profils différenciés associés à une multitude de combinaisons financières », détaille
Guillaume-Olivier Doré, présidentfondateur de Mieuxplacer.com.
Les fintech s’appuient sur des
algorithmes et des logiciels complexes – les fameux robo-advisors –
pour rationaliser leurs propositions et les canaliser dans une
recommandation sur mesure sous
la forme d’une allocation d’actifs
personnalisée et évolutive susceptible d’être « encapsulée » dans un
contrat multisupport. Bourse
Direct vient, par exemple, de nouer
un partenariat avec Advize pour
proposer à ses clients un parcours
de profilage et d’adhésion à sa nouvelle offre d’assurance-vie 100 %
digitale.
• PROFILS ET ETF
Conçus le plus souvent en partenariat avec Suravenir (groupe Crédit
Mutuel Arkéa) ou Generali, les produits d’assurance-vie fintech s’articulent autour d’un fonds en euros
garanti mieux rémunéré que la
moyenne du marché et d’une
dizaine de profils d’investissement
plus ou moins risqués, placés pour
l’essentiel en fonds indiciels cotés,
les ETF (« exchange traded
funds »). Chaque fintech ajoute
ensuite sa touche personnelle à ce
socle commun. Certaines élaborent
et pilotent elles-mêmes les profils
via des mandats de gestion tandis
que d’autres délèguent l’élaboration et le suivi des allocations-types
à un sélecteur de fonds ou à une
société de gestion extérieure (Morningstar, Carmignac, etc.).
• FRAIS AU PLANCHER
Peu chargées en commissions (pas
de frais sur versements notamment), ces offres n’ont bien évidemment pas échappé l’an dernier aux
conséquences du plongeon boursier. Mais leur profil qualitatif, associé à leur rapport rendement-coût,
leur permet incontestablement,
toutes choses égales par ailleurs, de
creuser l’écart avec l’offre standard
multisupport. « Nos portefeuilles de
long terme ont affiché en 2018 une
perte contenue de –4,4 % contre –8 %
pour l’indice CAC 40 si l’on tient
compte des dividendes réinvestis »,
indique Guillaume Nalo.
— Laurence Delain
Zoom sur trois acteurs fintech
YOMONI
L’AMBITIEUX
Apparu sur le marché en 2015
•avec
l’ambition de « démocratiser
la gestion de fortune en France »,
Yomoni (100 millions d’euros de
collecte et plus de 10.000 clients),
continue de creuser son sillon
en faisant notamment de la question du coût des contrats en UC
l’un de ses chevaux de bataille
commerciale.
Statut : société
de gestion et courtier sous
le contrôle de l’AMF et de l’ACPR.
Assureur(s)
partenaire(s) : Suravenir.
Frais du contrat : 0 euro
sur prime (ticket d’entrée
de 1.000 euros) ; 0,6 % à 0,7 %
de gestion annuelle (+0,7 %
pour gestion mandatée).
Type de support UC :
ETF principalement.
Atout concurrentiel : Les
équipes de la fintech sélectionnent et arbitrent elles-mêmes
les ETF constitutifs des mandats
de gestion, un domaine où Yomoni
vient de sceller un nouveau partenariat avec le courtier en ligne
LinXea.
•
•
•
•
•
GRISBEE
LE « COACH »
NALO
LE PETIT DERNIER
•
Lancé dans la course fin
novembre 2017, Nalo insiste sur
sa capacité à proposer à chaque
client des allocations thématiques
affinées et adaptées à chacun
de ses projets d’épargne de plus
ou moins long terme.
Statut : Courtier et CIF (conseil
en investissement financier) sous
le contrôle de l’ACPR et de l’AMF.
Assureur(s) partenaire(s) :
Generali Vie.
Frais du contrat : 0 euro
sur prime (ticket d’entrée
de 1.000 euros) ; 0,85 %
(+ 0,55 % pour gestion mandatée).
Type de support UC : ETF.
Atout concurrentiel : « Le
concept de profil de risque n’existe pas chez nous. Chaque client
a des allocations qui lui sont propres, avec une infinité de possibilités, projet par projet et thématique par thématique. Nous sommes notamment les seuls à proposer une allocation ETF 100 % ISR
(investissement socialement
responsable) clefs en main »,
résume Albert d’Anthoüard,
directeur de la clientèle privée.
•
•
•
•
•
fintech a pris le relais
•enCette
2016 de Finansemble.fr l’un des
premiers sites de coaching financier
à avoir proposé aux épargnants dès
2013 des outils online d’optimisation
financière et fiscale. Elle comptait
un peu plus de 2.000 clients
à fin 2018.
Statut : Courtier et CIF (conseil
en investissement financier) sous
le contrôle de l’ACPR et de l’AMF.
Assureur(s) partenaire(s) :
Suravenir, Spirica, Oradea Vie,
Swiss Life.
Frais du contrat : 0 euro sur prime (ticket d’entrée de 1.000 euros) ;
0,6 % (+0,2 % pour gestion mandatée confiée à Carmignac).
Type de support UC :
ETF principalement.
Atout concurrentiel : Grisbee
privilégie une allocation globale et
« non pas uniquement tactique sur
l’assurance-vie. Nos recommandations et notre suivi tiennent systématiquement compte de la situation
personnelle patrimoniale et fiscale
du client », précise Maxime Camus,
associé-fondateur et directeur
général de la fintech.
•
•
•
•
•
Rien de mieux que la concurrence pour favoriser le consommateur ! Mais, en matière d’assurance -vie, les règles du jeu
l’empêchent de s’exercer librement. Certes, il est toujours possible de quitter son assureur et
d’ouvrir un autre contrat chez un
confrère plus attrayant. Mais,
dans ce cas, il faut payer les
impôts sur les plus-values accumulées sur le contrat.
Le Sénat a voté le 31 janvier dernier un amendement dans le
cadre de la loi Pacte éliminant cet
obstacle. II permet de transférer
les contrats de plus de huit ans
d’un produit d’assurance à un
autre, sans les conséquences fiscales d’une clôture de contrat. « Pour
diriger l’épargne des Français vers
l’économie réelle, il faut s’attaquer
au stock d’assurances-vie qui représente 1.700 milliards d’euros, contre
220 milliards d’euros pour l’épargne retraite. Or 80 % de l’assurancevie ne finance pas l’économie. Quelque 74 % des détenteurs
d’assurance-vie souhaiteraient les
transférer comme bon leur semble », a argumenté au cours des
débats Christine Lavarde, sénatrice des Hauts-de-Seine (LR),
auteur de l’amendement.
Risque systémique
Des arguments qui n’ont pas convaincu le gouvernement. Un
amendement similaire, déposé
par des députés LREM, avait déjà
été retiré en septembre dernier,
l’exécutif ayant affiché son hostilité à cette mesure. De la même
façon, Bruno Le Maire a réagi.
« L’épargnant pourrait immédiatement changer d’établissement s’il
trouvait mieux ailleurs ; ce zapping, qui pourrait être permanent,
ferait drastiquement baisser la
part d’actions qui sont, par excellence, des placements de long
terme », a déclaré le ministre de
l’Economie et des Finances.
Pour Philippe Parguey, directeur général de Nortia, « si les
épargnants ont tout à gagner à la
transférabilité, le danger est réel
pour les assureurs ». Cette faculté
pourrait être l’étincelle déclenchant des sorties massives de
capitaux, susceptible de menacer
l’équilibre financier des plus fragiles d’entre eux.
Une configuration qui pourrait
déclencher la mise en œuvre du
blocage des fonds prévu par l’article 49 de la loi dite « Sapin II ».
`
Il a dit
« La transférabilité
doit s’organiser. [...]
La liberté sans
contrôle aurait
pour effet de nuire
à la qualité des
investissements,
donc au rendement
pour l’épargnant. »
GÉRARD BEKERMAN
Président de l’Afer
Photo Pascal Sittler/RÉA
« Votre amendement fait aussi
peser un risque sur les assureurs,
en cas de remontée des taux. Il suffirait à un nouvel assureur de proposer un taux plus élevé pour capter les contrats », a souligné le
ministre. Il s’est cependant dit
« prêt à travailler sur la concurrence dans l’assurance-vie ».
Nécessaire liberté
De plus en plus de voix, dont celle
de fintech comme Nalo (qui
a lancé une p étition), mais
aussi, celle l’Afer (association
d’assurés qui compte près de
750.000 adhérents) s’élèvent
pour défendre la transférabilité
des contrats. « La liberté et la propriété, concepts constitutionnels
puisqu’ils figurent à l’article 2 de la
Déclaration de 1789, doivent toujours être défendus. C’est moins au
nom de la liberté, qui ne peut se
définir que dans le cadre de limites
qu’on lui apporte, qu’au nom du
droit de propriété, qui est la libre
disposition de son bien, que l’Afer
est favorable à la transférabilité »,
nous confie son présid ent,
Gérard Bekerman.
Il est néanmoins soucieux des
dangers d’une telle réforme. « La
transférabilité doit s’organiser.
Nous sommes conscients qu’elle
peut impliquer des risques sérieux
pour les assureurs, mais la nontransférabilité constitue un vrai
défi pour les épargnants qui doivent être libres. La liberté sans contrôle aurait pour effet de nuire à la
qualité des investissements, donc
au rendement pour l’épargnant »,
affirme-t-il.
Allant plus loin, il suggère que
cette question ne soit pas traitée
par un amendement. « Ouvrons
ce débat. Il est temps de s’adapter
au monde moderne. Un bon équilibre peut être trouvé entre les
risques de transférabilité pour
l’assureur et la nécessaire liberté
pour l’assuré », conclut Gérard
Bekerman. n
SUR
LE WEB
Marché de l’art Les Nahon, fondateurs de la galerie
•Beaubourg
qui ont promu, entre autres les Nouveaux Réalistes, proposent aux enchères une nouvelle partie de leurs
collections. L’ensemble, présenté à Paris les 19 et 20 mars
chez Sotheby’s, offre plusieurs œuvres singulières et intéressantes. Le lot vedette est une toile de Picabia « Mélibée »,
de 1931, de grand format. Aujourd’hui elle est estimée
2,5 millions d’euros, mais Pierre Nahon estime que sa valeur
est supérieure au moins du double. Retrouvez la chronique
de Judith Benhamou-Huet sur les echos.fr/patrimoine
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // PATRIMOINE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
GESTION // Les frais, prélevés à différents niveaux pour rémunérer toute la chaîne de distribution, ont un impact
significatif sur les rendements réels. Tout ce qu’il faut savoir pour réduire la note.
La vérité
sur les frais
n période de faible rendement du fonds euros et de
contre-performances des
unités de compte (UC), le poste
« frais » devient particulièrement
sensible. Aussi est-il important de
distinguer ces différents postes de
frais et de comprendre à quels
niveaux ils agissent.
E
APPARENTS :
LES FRAIS
SUR VERSEMENTS
1
Le simple fait de souscrire un
contrat d’assurance-vie n’est pas
gratuit : nombre d’acteurs traditionnels (assureurs, bancassureurs, institutions de prévoyance…) amputent
d’emblée l’épargne déposée, avant
même qu’elle ne commence à générer des intérêts : 2 % chez Multéo
(GMF Vie), mais jusqu’à 4,75 % avec
Swiss Life Liberté Plus (Swiss Life),
soit pour un versement de
10.000 euros une épargne réellement investie de 9.800 euros
à 9.525 euros par exemple…
Ces frais sur versements absorbent deux à trois années de rendement du fonds euros, ce qui est particulièrement pénalisant pour un
placement à moyen terme ou une
épargne en attente de réemploi
(entre deux transactions immobilières par exemple). Il est possible
de négocier pour les réduire (pour
u n v e r s e m e n t d ’a u m o i n s
75.000 euros sur le contrat Epargne
Retraite 2 de l’Asac Fapès par exemple) ou, mieux, pour les annuler.
C’est uniquement chez les banques
ou les courtiers en ligne (Fortuneo.fr, Boursorama-banque.com,
Assurancevie.com, Linxea.com,
Mes-placements.fr…) que l’on peut
trouver des contrats sans frais
sur versements. Autre ponction initiale possible, plus modeste, effectuée au titre des frais d’adhésion
à une association, si vous choisissez
u n c o n t r at d e c e t t e f a c t u r e :
20 euros à l’Afer, 30 euros à l’Agipi
par exemple. Dans tous les cas, la
réglementation limite le total de ces
deux types de frais à 5 % des primes
annuelles (art L. 132-22-1 du Code
des assurances).
2
RÉCURRENTS :
LES FRAIS DE GESTION
Les frais de gestion annuels des
contrats d’assurance-vie n’intéressent guère, et pour cause : les rendements des fonds euros sont communiqués nets de ces frais (mais
bruts des prélèvements sociaux).
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Cette façon de faire a le mérite de
faciliter les comparaisons, mais elle
ne laisse rien paraître de l’impact
réel de cette ponction, alors que celle-ci est loin d’être neutre.
Dans un contexte de taux obligataires moribonds, les gérants peinent à capter de la performance sur
le fonds euros. 0,35 % de frais de
gestion annuels (Compte Epargne
Libre Avenir de la MIF par exemple)
contre 1 % (Aviva Epargne Plurielle
d’Aviva Vie par exemple) se traduisent, année après année, par une
différence de rendement (2,50 %
pour la MIF contre 1,90 % pour
Aviva en 2017 et 2,48 % contre
1,80 % en 2018) et donc, in fine,
d’épargne accumulée.
Autres points sensibles : le
niveau des frais de gestion appliqués aux supports en unités de
compte (plus élevés de 0,20 % à
0,30 % en moyenne par rapport à
ceux des fonds euros). Et surtout la
façon de communiquer les performances des UC, qui se fait systématiquement non pas nette des frais de
gestion du contrat, mais brute, ce
qui change tout… Pour bien comprendre, prenons l’exemple du
fonds diversifié Carmignac Patrimoine, auquel on peut accéder
via nombre de contrats et qui a affiché une contre-performance de
– 11,29 % (brut) l’an passé.
Pour 10.000,00 euros investis
tout début 2018 sur ce fonds, il reste
un an plus tard 8.817,61 euros avec
le contrat RES Multisupp ort
(MACSF) par exemple, déduction
faite des 0,50 % de frais de gestion
annuels et des 0,10 % de frais de
garantie plancher obligatoire, mais
8.796,48 euros avec le contrat Altaprofits Vie (Altaprofits.com),
déduction faite des 0,84 % de frais
de gestion annuels sur les unités
de compte en gestion libre, mais
hors coût de la garantie plancher
optionnelle.
3
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*SOUS CONDITIONS
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Ce contrat présente un risque de perte en capital.
*Pour toute 1ère adhésion au contrat d’assurance vie Bourse Direct Horizon avant le 31 mars 2019 inclus, avec un versement initial investi à 20%
minimum sur un (ou des) support(s) d’investissement en unités de compte non garantis en capital. Voir conditions détaillées sur www.boursedirect.fr
L’investissement sur les supports en unités de compte supporte un risque de perte en capital puisque leur valeur est sujette à fluctuation à la hausse
comme à la baisse dépendant notamment de l’évolution des marchés financiers. L’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte et non sur leur
valeur qu’il ne garantit pas.
Bourse Direct Horizon est un contrat d’assurance vie de groupe à adhésion individuelle et facultative libellé en euros et/ou en unités de compte et/ou en
engagements donnant lieu à la constitution d’une provision de diversification assuré par Generali Vie. Risque de pertes en capital. Document d’information clé
disponible sur boursedirect.fr. Bourse Direct, Société Anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 13 988 845,75 €. RCS Paris B 408 790 608.
Siège social : 374, rue Saint-Honoré - 75001 Paris. Société agréée en qualité de prestataire de services d’investissement par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et
de Résolution («ACPR» - https://acpr.banque-france.fr), supervisée par l’Autorité des marchés financiers («AMF» - www.amf-france.org) et courtier d’assurance
immatriculé à l’ORIAS sous le n°08044344 (www.orias.fr). Garantie financière et assurance de responsabilité civile professionnelle conformes aux articles L.512-6
et L.512-7 du Code des assurances. Service réclamation : rubrique contact du site www.boursedirect.fr. Bourse Direct n’est liée par aucun contrat d’exclusivité avec
un assureur et n’a aucun lien capitalistique avec l’assureur.
IGNORÉS :
LES FRAIS INTERNES
Contrairement à ce que les documents commerciaux de chaque
contrat peuvent laisser croire, les
frais intrinsèques, frais de gestion
annuels en tête, ne sont pas les seuls
à grignoter le montant de l’épargne :
chaque unité de compte (UC) comporte des frais internes de gestion,
peu apparents car déjà déduits de sa
valeur liquidative. Ces frais sont en
moyenne de 2,10 % par an sur les
supports actions, par exemple,
selon le site Goodvalueformoney.eu, ce qui représente un manque à gagner évident, surtout lorsque les marchés sont mal orientés.
Ils seront plus élevés encore si des
frais additionnels de surperformance sont prévus.
Ces frais ou « rétrocommissions » servent à rémunérer le
travail du gérant, d’une part, et le
conseil que le courtier en ligne ou le
CGPI est censé apporter à son
client, d’autre part. Sachant que,
pour ces derniers, il est très facile
d’imaginer que certains fonds
soient plus « poussés » que d’autres,
car plus rémunérateurs… ! Au final,
et avant même que l’UC n’enregistre
une performance positive, la
diversification coûte déjà cher. En
tenant compte de frais de gestion du
contrat sur UC raisonnables (de
l’ordre de 0,60 % l’an) s’ajoutant à
ces frais moyens de 2,10 %, l’addi-
tion grimpe à 2,70 % minimum par
an. Pour contourner ces frais internes, de plus en plus de distributeurs
mettent en avant les ETF (« exchange-traded fund ») ou fonds cotés qui
reproduisent en continu l’évolution
d’un indice boursier. Pour quelle
raison ? Tout simplement parce
qu’ils comportent des frais de gestion interne en moyenne de 0,30 %
seulement, c’est-à-dire 5 fois moins
élevés que les frais appliqués aux
fonds de gestion active.
Attention toutefois aux surcoûts
spécifiques d’investissement (et
parfois aussi de désinvestissement !) mis en place par certains
assureurs : par exemple 0,10 % de la
valeur liquidative de chaque ETF
proposé au sein du contrat Mes-placements Liberté de Mes-placements.fr (Spirica, filiale du Crédit
Agricole Assurances).
Pour l’investissement en parts de
SCPI, même vigilance. Au-delà des
frais de gestion annuels de chaque
contrat, il existe une kyrielle de
ponctions : d’abord pour l’acquisition des parts (6 % à 10 % de leur
valeur en moyenne), ensuite pour
leur gestion annuelle (7 % à 15 % par
an sur les loyers perçus) et enfin
pour leur revente parfois. « Lorsque
l’on y ajoute les retenues sur les loyers
versés par la SCPI qui peuvent aller
jusqu’à 15 %, un épargnant ne va donc
récolter que 2,3 % nets de tous frais,
hors fiscalité, pour une SCPI dont le
taux de distribution est de 4,43 % par
exemple », résume Edouard Michot,
fondateur d’Assurancevie.com.
4
SOURNOIS : LES FRAIS
DE GESTION LIBRE
Gérer soi-même la répartition de
son épargne entre différents fonds
permet en théorie d’éviter les frais
de délégation. En pratique, si l’on n’y
prête pas garde, la gestion libre peut
toutefois se révéler coûteuse en
frais d’arbitrages, facturés de façon
forfaitaire ou proportionnelle :
0,10 % des sommes arbitrées, avec
un minimum de 5 euros et un maximum de 30 euros avec le contrat
Multi Vie (Mutavie) par exemple.
Pour une gestion active, mieux
vaut donc s’orienter vers des
contrats qui ne la pénalisent pas :
c’est le cas de l’ensemble des acteurs
œuvrant aujourd’hui sur Internet,
à l’unique condition que cette opération soit réalisée en ligne. Déléguer la gestion de son épargne à des
professionnels pour en obtenir des
performances potentiellement
plus élevées a aussi un coût :
+ 0,65 % pour Groupama Premium
(Groupama Gan Vie) par exemple.
SURPRENANTS :
LES FRAIS
SUR ARRÉRAGES
5
Lors de la souscription, rares sont les
épargnants qui se penchent sur les
modalités de sortie de l’épargne
alors qu’il peut être intéressant d’en
transformer une partie en rente viagère pour faire face, par exemple,
aux frais liés à la perte d’autonomie.
Lorsque cette option est prévue, des
frais dits « sur arrérages » peuvent
venir ponctionner le montant de la
rente versée : 3 % pour Symphonis
Vie (Suravenir) par exemple, soit
pour une rente de 1.000 euros par
mois (hors fiscalité et prélèvements
sociaux) un manque à percevoir de
360 euros par an !
— Roselyne Poznanski
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PATRIMOINE // 09
Les Echos Vendredi 8, samedi 9 février 2019
RÉFORME // Un an après son entrée en vigueur le 1er janvier 2018, la refonte partielle de la fiscalité de l’assurance-
vie avec l’instauration de la flat tax suscite toujours quelque confusion. Sans parler du prélèvement à la source.
Décryptage d’un
millefeuille fiscal
oin d’avoir eu sur l’assurance-vie l’effet de simplification escompté, la flat tax a
favorisé l’émergence d’une fiscalité
aux allures de millefeuille. Résumé
en 5 questions pratiques.
L
De quoi parle-t-on ?
La notion même de flat tax
de 30 % est quelque peu
trompeuse puisqu’elle recouvre
deux formes distinctes de ponctions, à savoir d’un côté un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de
12,8 % qui s’applique sur les revenus
financiers (produits de l’assurancevie, mais aussi intérêts et dividendes, plus-values mobilières) et de
l’autre des prélèvements sociaux de
17,2 %. Ils sont recouvrés directement par l’assureur, chaque année si
les intérêts proviennent d’un fonds
en euros et lors d’une opération de
rachat pour ceux issus des UC (ils
sont également dus en cas de décès).
1
Quel taux forfaitaire ?
Tout dépend de la date de
versements des primes
génératrices de revenus. Le nouveau
PFU de 12,8 % concerne, en effet,
exclusivement les produits des contrats d’assurance-vie et de capitalisation attachés aux primes versées à
compter du 27 septembre 2017.
Résultat, les intérêts générés par une
assurance-vie se rangent désormais
dans un tiroir fiscal à double fond.
Dans le premier sont regroupés
les revenus associés aux versements
effectués jusqu’au 26 septembre
inclus. Pour eux, rien ne change :
quel que soit le montant des contrats
d’assurance-vie que l’on détient, les
intérêts restent soumis au régime
précédent, à savoir l’application d’un
prélèvement forfaitaire libératoire
(PFL) optionnel dégressif de 35 %,
15 % ou 7,5 % selon que le contrat a
respectivement moins de 4 ans,
entre 4 et 8 ans ou plus de 8 ans (un
2
Le régime
successoral
Le régime successoral de
l’assurance-vie se distingue
par une double dérogation.
Tout d’abord, sur le plan
civil, conformément aux
articles L132-12 et 13 du Code
des assurances, le capital
stipulé payable en cas de
décès « à un bénéficiaire
déterminé, parent ou pas » ne
fait pas partie de la succession de l’assuré et n’est soumis « ni aux règles du rapport
à succession, ni à celles de
la réduction pour atteinte
à la réserve des héritiers
du contractant ». Ensuite,
sur le plan fiscal, le contrat
échappe aux droits de succession tant que le montant
transmis n’excède pas
152.500 euros et que les primes versées l’ont été par
un assuré de moins de 70 ans
(abattement majoré de 20 %
pour les contrats dits « viegénération » investis
en supports UC risqués).
Passé ce seuil, une taxe forfaitaire de 20 % s’applique
jusqu’à 700.000 euros, elle
grimpe à 31,25 % au-delà.
Pour les sommes versées
après 70 ans, l’abattement
est réduit à 30.500 euros et
le capital transmis est, hors
intérêts, soumis au barème
classique des droits (si le
contrat a été souscrit avant le
20 novembre 1991, les primes
enregistrées avant le 13 octobre 1998 sont exonérées).
régime d’exonération partielle ou
totale prévaut pour les produits des
contrats souscrits avant le 1er janvier
1983, ou entre cette date et le
31 décembre 1997).
Dans le second « compartiment » sont comptabilisés les produits générés par des primes enregistrées à compter du 27 septembre
2017. S’ils sont attachés à des
rachats qui interviennent dans les
8 premières années de souscription
du contrat, ces revenus sont taxés
au PFU de 12,8 %.
Quid des contrats
de plus de 8 ans ?
Tout dépend des sommes
en jeu. Passé 8 ans, le taux
applicable sur les produits des primes concernées reste aligné sur le
taux « historique » de 7,5 %, sous
réserve que l’encours total des contrats détenus par les souscripteurs
soit, net de rachats en capital antérieurs, inférieur à 150.000 euros au
31 décembre de l’année qui précède
le retrait. Si l’épargne détenue sous
forme d’assurance-vie et de capitalisation par un même titulaire
excède ce seuil de 150.000 euros, le
processus fiscal se complique : le
PFU de 12,8 % est appliqué, ce qui
exige un calcul au prorata des sommes respectivement concernées
par les taux de 7,5 % et 12,8 %.
3
Les abattements
sont-ils affectés ?
Dans tous les cas de figure,
l’abattement de 4.600 euros
(ou 9.200 euros pour un couple)
concédé sur les revenus générés par
une opération de rachat effectuée
sur un contrat de plus 8 ans est
maintenu. Simplement, « il s’applique dans l’ordre et jusqu’à épuisement, en priorité sur les produits
issus des primes versées avant le
27 septembre 2017, ensuite sur ceux
issus des primes versées après cette
date, taxés à 7,5 % puis à 12,8 % »,
détaille Olivier Rozenfeld, président
de la société de conseil Fidroit.
Autre nuance, les revenus sont
soumis au prélèvement forfaitaire
sur la base de leur montant brut, le
différentiel généré par l’abattement
étant restitué seulement dans un
second temps sous la forme d’un
crédit d’impôt. A noter également,
« les abattements ne jouent pas en ce
qui concerne les prélèvements
sociaux », précise Edouard Michot,
président d’Assurancevie.com.
4
va n t l e u r r a c h a t p o u r q u e l e
montant prélevé à cette occasion
sous forme de PFLN s’impute sur
l’impôt sur le revenu. « L’éventuel
trop-perçu sera alors restitué sous la
forme d’un crédit d’impôt, ce qui exige
de bien remplir l’imprimé 2042 pour
en bénéficier », explique Olivier
Rozenfeld.
Or, cette année, l’opération a toutes les chances de virer au casse-tête
avec la mise en œuvre du prélèvement à la source (PAS). « Les rachats
éventuellement effectués en 2018
sont considérés comme des revenus
exceptionnels, ils ne sont pas neutralisés par le mécanisme du CIMR, et
peuvent contribuer à une hausse de
votre taux de prélèvement à la
source », note Olivier Rozenfeld.
— Laurence Delain
Une association pour mieux
défendre vos intérêts
L’Assurance d’un Gaipare
dans votre Vie
2,50 %
net de frais de gestion et brut
de prélèvements sociaux attribué
sur le support en euros, Fonds GAIPARE,
pour l’année 2018, sous réserve
de la présence d’un capital constitué
sur le Fonds GAIPARE au 31/12/2018.
Les rendements passés
ne préjugent pas
des rendements
futurs.
Peut-on opter
pour l’imposition
au barème ?
Dans tous les cas, l’assuré
peut choisir l’imposition
classique sur le revenu (IR) si ce
régime lui est plus favorable. Mais
mieux vaut le savoir, le processus qui
s’enclenche alors est complexe.
Avant la réforme de la « flat tax »,
lorsqu’un assuré effectuait un rachat
– partiel ou total – sur son assurancevie, les intérêts correspondant à ce
retrait étaient soumis par principe à
l’IR, mais, sur option enclenchée au
moment du rachat, ils pouvaient
être taxés sur la base du PFL dégressif selon l’ancienneté du contrat.
Depuis le 1er janvier 2018, ce principe demeure, mais la logique est
inversée pour les produits qui
entrent dans le périmètre du nouveau PFU, lequel est systématiquement précédé d’un acompte non
libératoire. Les assurés ont toujours
le choix entre prélèvement forfaitaire et imposition au barème progressif. Cependant, comme le prélèvement forfaitaire est dorénavant
non libératoire (PFNL), les personnes qui privilégient le barème progressif devront attendre l’année sui-
5
Le Label d’Excellence a été décerné
pour l’année 2018 par les experts
des Dossiers de l’Epargne.
www.lesdossiers.com
Le Trophée d’Or a été décerné
pour l’année 2018 par le jury
du magazine « Le Revenu ».
www.lerevenu.com
Le prix de la performance a été
décerné pour l’année 2018 par
le magazine Investissement Conseils.
www.pyramidesgestionpatrimoine.
wordpress.com
Allianz Vie
Entreprise régie par le Code des assurances
Société anonyme au capital de 643.054.425 ₠
1 cours Michelet - CS 30051
92076 Paris La Défense Cedex
340 234 962 RCS Nanterre
www.allianz.fr
GAIPARE (Association souscriptrice de contrats d’assurance vie auprès d’Allianz Vie)
Groupement Associatif Interprofessionnel pour l’amélioration de la Retraite
et de l’Épargne. Association à but non lucratif, régie par la loi du 1er juillet 1901,
enregistrée sous le nº 13/11543
4, rue du Général Lanrézac - 75017 Paris.
N° SIREN : 348 557 729 - Code APE : 9499Z
www.gaipare.com
Document à caractère publicitaire.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // PATRIMOINE
Vendredi 8, samedi 9 février 2019 Les Echos
PRATIQUE // Pour composer au mieux sur le plan patrimonial avec la fiscalité à plusieurs vitesses
de l’assurance-vie, quelques repères de bon sens s’imposent. Démonstration à travers trois cas d’école.
Fiscalité : 3 exemples pour vous aider
à prendre les bonnes décisions
omprendre la théorie de la
fiscalité de l’assurance-vie
demande déjà un certain
degré de concentration. Passer à la
pratique est encore moins évident.
Démonstration.
J’ai moins de 150.000 euros
d’encours d’assurance-vie
mais je suis très proche
de ce plafond, dois-je poursuivre mes versements
ou choisir une autre
enveloppe fiscale ?
J’ai plus de 150.000 euros
épargnés sur un multisupport, faut-il que j’ouvre un
nouveau contrat pour mes
prochains versements ?
Tout dépend de vos besoins et objectifs. Aujourd’hui, la flat tax s’applique à tous les revenus des placements financiers. Certes les PEA et
PEA PME bénéficient d’un régime
dérogatoire (exonération au bout de
5 ans). Mais ils sont eux-mêmes plafonnés en termes de dépôt (respectivement à 150.000 euros et
75.000 euros par souscripteur) et
comme le rappelle Edouard
Michot, « ces deux enveloppes ont
vocation à arbitrer des actions européennes, ce qui ne convient pas à tous
les projets d’épargne ».
En revanche, si votre entreprise
propose de l’épargne salariale, vous
pouvez envisager d’alimenter un
plan d’épargne entreprise, qui
diversifié et défiscalisé au bout de
5 ans se révèle une alternative intéressante, même si, contrairement à
l’assurance-vie, le PEE n’offre aucun
avantage spécifique sur le plan successoral.
C
La flat tax n’étant applicable que sur
les gains issus des versements effectués à partir du 27 septembre 2017, il
faut d’abord bien identifier les versements réalisés avant cette date puisqu’ils ne sont pas concernés et restent soumis à l’ancienne fiscalité,
dégressive selon l’âge du contrat.
Une fois ce premier bilan effectué, « il apparaît judicieux, pour ceux
qui ont déjà atteint le seuil de
150.000 euros de versements en assurance-vie ou contrat de capitalisation, de souscrire un nouveau contrat
qui aura vocation à accueillir les primes enregistrées après le 26 septembre 2019. Cela permettra de ne pas
mélanger les régimes fiscaux applicables au sein d’un même contrat »,
conseille Edouard Michot, président d’Assurancevie.com. Ce nouveau contrat profitera, par ailleurs,
d’un régime plus favorable en cas de
retrait avant 8 ans (taxe limitée à
12,8 % contre 15 ou 35 % dans le
régime « pré 27 septembre 2017 »).
contrat (sans lien avec l’âge du souscripteur), mais celle du régime qui
prévaut lors de sa transmission.
Pour rappel, en vertu de l’article 757 B du CGI (Code des impôts),
« les sommes, rentes ou valeurs quelconques dues par un assureur […]
sont soumises aux droits de succession à concurrence de la fraction des
primes versées après l’âge de 70 ans
qui excède 30.500 euros, et ce dans les
conditions de droit commun en fonction du lien de parenté existant entre
le bénéficiaire à titre gratuit et
l’assuré ».
En clair, pour l’épargne issue de
primes versées après 70 ans, seul le
privilège d’un abattement spécifique de 30.500 euros est maintenu.
Mais comme le souligne Edouard
Michot, « il ne faut pas oublier
q u e c o n t ra i re m e n t à c e l u i d e
152.500 euros défalqué sur le montant des capitaux transmis au bénéficiaire, l’abattement de 30.500 euros
est, lui, déductible du seul cumul des
primes versées ».
En d’autres termes, pour les versements réalisés après 70 ans, les
intérêts et les plus-values sont
transmis en exonération de droits
de succession. Compte tenu de
l’allongement de l’espérance de vie,
« l’épargne a encore largement le
temps de fructifier et l’assurance-vie
n’est absolument pas à exclure après
70 ans ! » tranche Edouard Michot.
— Laurence Delain
J’ai plus de 70 ans, est-ce
que je verse ou non de
l’argent sur mon contrat ?
La problématique ici n’est plus celle
de l’imposition des revenus du
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L’électricité produite grâce
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programme «Ydeal»est distribuée
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et permet de couvrir près de 50%
des besoins énergétiques :
une première en France
en matière d’autoconsommation
collective à cette échelle.
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