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La Croix - 02.02.2019 - 03.02.2019

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samedietdimanche
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Chrétiens des Emirats arabes unis
Croire. Le pape François se rend à Abu Dhabi du 3 au 5 février.
« La Croix » est allée à la rencontre des catholiques vivant dans ce pays P. 14-15
Dis-moi
ce que tu manges...
Depuis les années 1960, les habitudes culinaires
ont bien changé, oscillant paradoxalement
entre le bio et le tout-prêt
P. 2 à 6
Rencontre
Suzanne
Tartière,
médecin
au Samu P. 8-9
Exposition
Bordalo II,
l’art de sublimer
les déchets
de plastique P. 22
samedi 2, dimanche 3 février
2019 — Quotidien n° 41321—
2,00 €
136e annéeISSN/0242-6056.
Imprimé en France
Belgique : 2,10 € ;
Canada : 6 $ ;
Espagne : 2,50 € ;
Italie : 2,80 € ;
Luxembourg : 2,10 € ;
Maroc : 29 MAD ;
Suisse : 3,80 CHF ;
DOM : 2,70 €
Pierre Javelle
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Événement
2
Les Français et la cuisine,
je t’aime, moi non plus
Photo : Pierre Javelle
« Quand
je cuisine
pour deux,
je m’applique
plus »
Arthur Mille, 22 ans
étudiant en psychologie
Les habitudes
culinaires
deviennent plurielles.
Les Français
plébiscitent de
plus en plus le fait
maison, les produits
naturels et bio issus
de l’agriculture
locale. En même
temps, ils restent
friands de produits
alimentaires
industrialisés.
C
’était il y a quarante
ans, cela semble être il
y a un siècle ! Dans les
années 1970, lorsque
le Salon de l’alimentation se tenait Porte de Versailles,
à Paris, les exposants assénaient
qu’en l’an 2000, tout le monde se
nourrirait de gélules industrielles
et de steaks tirés du pétrole. Déjà,
sur leurs stands, omelettes en
tube voisinaient avec gelées et les
granulés industriels… Quatre décennies plus tard, cette prédiction
a fait long feu. En témoigne ce récent titre de l’hebdomadaire Télérama : « Le retour du mijoté ». À la
maison, comme dans les restaurants gastronomiques, les plats
réconfortants, traditionnels, ont
de nouveau la cote.
« Depuis une dizaine d’années,
on assiste à un regain d’intérêt
pour la cuisine maison et les produits naturels », constate Éric
Birlouez, ingénieur agronome et
sociologue de l’agriculture et de
l’alimentation. Manifestement, à
l’heure actuelle, la cuisine maison
permet à chacun d’airmer sa singularité et de se valoriser. « Quand
je cuisine, j’ai plaisir à entendre
que mon plat est réussi et à dire
“C’est moi qui l’ai fait” », conie
Sandrine Duquesne, conseillère
pour un fabricant d’accessoires
culinaires et… passionnée de cuisine.
Dans notre pays où l’art du
bien-manger imprègne fortement
la culture, cuisiner est une manière de montrer qui l’on est, ce
que l’on aime, ce dont on est capable. À l’ère des réseaux sociaux,
bien des cuisiniers en herbe n’hésitent d’ailleurs plus à exhiber, sur
Instagram, des photos de leurs
préparations.
La cuisine n’est plus seulement
une nécessité pour se nourrir, elle
peut être aussi synonyme de plaisir. D’après l’enquête « Comporte-
ments et attitudes alimentaires en
France », réalisée en 2018 par le
Centre de recherche pour l’étude
et l’observation des conditions de
vie (Crédoc), 68 % des Français
étaient, en efet, d’accord avec
l’airmation « J’aime cuisiner au
quotidien », contre seulement
53 % en 2007. Par ailleurs, la cuisine dite festive séduit de plus en
plus : 79 % des sondés approuvaient alors l’airmation « J’aime
cuisiner quand j’invite chez moi »,
contre 70 % en 2003. Pour Gabriel
Tavoularis, directeur d’étude et de
recherche au Crédoc, cet engouement s’expliquerait entre autres
par le besoin nouveau de mieux
contrôler ce que l’on mange.
En cuisinant lui-même, le
consommateur dose et jauge, en
fonction de ses goûts personnels,
ce qui n’est pas possible avec les
plats tout préparés qui contiennent additifs, colorants et conservateurs réputés nocifs pour P P P
« Quand ma copine est absente
le midi, je cuisine des plats très
rapides, comme des sandwichs
au beurre de cacahuètes, pour
avoir du temps libre après.
Quand je cuisine pour deux,
je m’applique un peu plus. Par
exemple, je prépare de la soupe
pour le soir avec les légumes du
jardin de mon beau-père et de
mon oncle maraîcher. C’est assez rare que nous cuisinions des
produits déjà transformés parce
qu’ils contiennent énormément
d’additifs, de colorants ou de
conservateurs. Ils engendrent
également beaucoup d’emballages inutiles. Au inal, faire soimême ne prend pas beaucoup
plus de temps et c’est meilleur
pour la santé et l’environnement. Nous essayons aussi de
fabriquer notre propre liquide
vaisselle et notre lessive. Quand
j’habitais seul, pendant ma première année d’études de santé
(Paces), je ne cuisinais pas du
tout. Mais cuisiner à deux, après
les cours, est devenu un plaisir.
Chacun s’inspire des habitudes
de l’autre, on mélange et on
essaie d’améliorer le tout. »
Recueilli par Louise Claereboudt
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Événement
3
Photo : Pierre Javelle
« On invente
notre modèle »
Ewa, 42 ans
Cadre et mère de deux enfants
« Je suis gourmande et j’aime
cuisiner, mais avec mes illes de
4 et 6 ans, ce n’est pas toujours
simple. J’aime les saveurs un
peu particulières, le gingembre,
les herbes fraîches, les échalotes, ce qui ne leur convient
pas toujours. Je prépare donc
des choses simples pour elles
– riz, jambon, œuf, petits légumes, etc. – et plus élaborées
pour mon mari et moi. Comme
je rentre tard, c’est souvent lui
qui cuisine, des praires à l’avocat, des pâtes aux oursins, des
artichauts, etc. Je ne les force
pas ; sans doute parce que j’ai
de mauvais souvenirs de ma
mère me forçant à manger des
rognons ou de la poule au pot !
Notre génération s’est plutôt
détournée de cette cuisine traditionnelle. Je cuisine aussi
plus légèrement que ma grandmère normande, dont j’adorais
les petits plats – du poisson à la
crème, des pommes de terre au
beurre –, ce qui paraît un peu
gras aujourd’hui. En fait, on invente notre modèle, une cuisine
plus light, vapeur, avec des produits et des recettes exotiques,
plus faciles à trouver qu’à
l’époque de mes parents. »
Recueilli par Marine Lamoureux
Illustrateur et photographe,
Pierre Javelle construit depuis
plusieurs années un univers
ludique autour du rapport
d’échelle entre des petits
personnages et des objets
grandeur nature.
P P P la santé. En se remettant
aux fourneaux, le consommateur
essaie de conjurer l’inquiétude
suscitée par les crises alimentaires successives : pain au LSD,
vache folle, poulet cancérogène,
etc. Selon un sondage réalisé en
2016 par Harris interactive, 44 %
des Français auraient modiié
totalement leurs habitudes de
consommation à la suite de ces
scandales. Et ne seraient pas revenus, depuis, à leurs pratiques
antérieures.
« Quand j’étais étudiante en
médecine, j’ai eu connaissance
Exit les préparations
des géants de
l’agroalimentaire :
cuisiner soi-même
permet de retrouver
la vraie saveur
des aliments,
leur texture,
leur provenance.
des dangers pour la santé, de l’aspartame notamment. En m’y intéressant, en creusant un peu, je me
suis rendu compte que pesticides
et additifs sont partout », raconte
Amandine Farcy. Depuis, cette
sage-femme a banni les produits
industriels, notamment les plats
tout préparés.
Exit donc les préparations des
géants de l’agroalimentaire : cuisiner soi-même permet de retrouver la vraie saveur des aliments,
leur texture, leur provenance.
Un vrai plaisir, qui incite aussi
à mieux maîtriser les circuits de
distribution : depuis quelques
années, on assiste à un retour des
épiceries de quartier, des ventes
de fruits et légumes en vrac, à la
montée en puissance des Associations pour le maintien d’une
agriculture paysanne (Amap),
des drive fermiers et autres lieux
de vente directe par des agriculteurs. « Je trouve aberrant de faire
parcourir des milliers de kilomètres à des produits. Désormais,
je cherche davantage à acheter des
produits locaux », reprend Sandrine Duquesne. Comme elle,
70 % des Français disent consom-
mer davantage de produits locaux
ou vendus en circuit court, selon
un sondage Ipsos, réalisé en 2016.
Cependant, les Français n’ont pas
peur des contradictions. En dépit de leur envie de mieux manger relétée par les sondages, tous
ne sont pas disposés à mettre la
main à la pâte.
La cuisine-loisir se développe.
D’où le succès des nombreuses
émissions culinaires. Pourtant,
simultanément, le temps quotidien consacré à cuisiner a diminué de dix-huit minutes par jour
Suite page 4. P P P
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Événement
4
Photo : Pierre Javelle
« Pour moi,
la cuisine,
c’est la liberté »
Olivier, 49 ans
Plasticien et père de famille
« La cuisine tient une grande
place dans ma vie, c’est un espace de liberté, de créativité.
Dans ce domaine, comme
dans mon métier, j’aime chercher, inventer, et d’ailleurs, je
m’appuie rarement sur des recettes, je préfère innover. Avec
quelques déconvenues parfois !
L’autre jour, il y avait vraiment
trop d’ail dans la soupe… Mes
sources d’inspiration sont très
nombreuses. Comme j’ai grandi
à Clermont-Ferrand, je reste
attaché à une cuisine du terroir
forcément conviviale : on ne
prépare pas un chou farci pour
deux personnes ! Les pieds de
cochon gratinés au cantal, la
potée… j’aime beaucoup cette
cuisine. Mais je vais aussi me
décarcasser pour retrouver les
ingrédients d’une soupe thaï
dégustée au coin de la rue, du
lait de coco, du gingembre, des
poivrons… Ma compagne et
moi aimons beaucoup les plats
asiatiques – les enfants moins,
malheureusement. Mais il paraît que je n’aimais rien quand
j’étais petit ! »
Recueilli par Marine Lamoureux
P P P Suite de la page 3.
entre 1986 et 2010. De 1 heure 11,
il est passé à cinquante-trois minutes. « Globalement, le temps
consacré à toutes les tâches jugées
peu agréables, et notamment à la
cuisine quotidienne, diminue »,
relativise Thibaut de Saint Pol,
sociologue à l’École normale supérieure Paris-Saclay.
« Même si on aime revenir aux
fourneaux de temps en temps, il
y a toujours une forte demande
pour les produits de consommation rapide », renchérit Éric Birlouez. Conserves en boîte ou plats
sous vide peuplent toujours placards et réfrigérateurs. Ces produits sont bien adaptés à la vie
moderne et urbaine : le soir, en
rentrant du travail, la cuisine est
parfois une corvée, surtout si le
temps manque. « J’achète du toutprêt quand je sais que je n’aurai
pas le temps de cuisiner. Ou alors
parce que, étant seule, cela ne me
donnera aucun plaisir », explique
Nathalie Fiers, enseignante et
mère de deux enfants.
Aujourd’hui, la vie des ménages, particulièrement celle
des femmes, ne tourne plus autour de la préparation des repas.
Le temps libre est consacré à
des sorties au cinéma ou des balades en couple ou en famille, par
exemple. Et, dans une majorité
de foyers, les deux parents travaillant à l’extérieur, personne n’a
le temps de trop s’attarder devant
les fourneaux.
« Dès les années 1980, le microondes a fait son apparition, ainsi
que les surgelés, libérant du temps
pour faire autre chose », constate
d’ailleurs Jean-Pierre Corbeau,
professeur émérite en sociologie
de l’alimentation à l’université
François-Rabelais de Tours. Pour
autant, remarque-t-il, « les Français ne se sont pas mis à se nourrir uniquement de produits tout
« Même si on
aime revenir
aux fourneaux
de temps en temps,
il y a toujours
une forte demande
pour les produits
de consommation
rapide. »
faits ». Ainsi, ceux qui cuisinent
des repas complets le font rarement sans intégrer au moins un
produit transformé, quel qu’il soit.
Alors pour manger sainement
tout en optimisant son temps,
nombre de consommateurs
cherchent des alternatives. Depuis quelque temps, un nouveau
concept fait lorès dans les revues
et dans les livres de cuisine, le
batch cooking. Présenté comme
une révolution, il ne fait, en réalité, que remettre au goût du jour
une pratique courante de nos
grands-mères : cuisiner ses repas
en avance, en général le weekend, pour gagner du temps en
semaine. N’empêche, le batch
cooking séduit de plus en plus : il
est pratiqué par près d’un Français sur deux, selon un sondage
publié en janvier 2019 par l’entreprise Quitoque, spécialisée
dans la livraison à domicile de
paniers-repas. « Comme j’efectue
des gardes à la maternité le soir,
j’ai parfois du temps pour cuisiner dans la journée : je prépare
alors de gros plats mijotés que je
stocke dans des boîtes au réfrigérateur ou au congélateur. J’anticipe en faisant mes courses. Alors
que nous sommes deux seulement
à la maison, je n’hésite pas à acheter un kilo de pommes de terre par
exemple », explique Amandine
Farcy. Selon les études du Crédoc,
ce recours aux « boîtes » n’est pas
récent. Il est cependant davantage
pratiqué par les employés, essentiellement les femmes, plus attentives au contenu de leur assiette.
« Cela rassure, on sait vraiment
ce que l’on consomme, ce qui n’est
pas le cas à la cantine de son entreprise », note Gabriel Tavoularis.
Finalement, le consommateur
oscille entre les achats correspondant à ses aspirations profondes et d’autres, répondant
à ses contraintes. À l’heure de
se mettre en cuisine, il est donc
ambivalent. Ainsi, alors que les
Français disent vouloir manger
naturel, local et bio, ils se font
de plus en plus livrer (+ 20 % en
2018, selon l’Institut NPD Group)
des repas tout faits, à la maison
comme au bureau. Paradoxe,
quand tu nous tiens…
Louise Claereboudt
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Événement
5
Veau, vache, cochon, plats préparés...
des changements dans l’assiette
Les repas restent
des moments de partage
importants pour les Français,
même si ceux-ci passent
moins de temps à cuisiner.
Mais, depuis les années 1960,
le contenu de leurs assiettes
a bien changé.
Photo : Pierre Javelle
D
e ins gourmets, les Français ? En tout cas, ils consacrent de plus en plus de
temps à manger. Selon l’Insee, en
2010, ils passaient 2 heures 22 min
par jour à se nourrir, alors qu’ils y
consacraient seulement 2 heures 9
min en 1986. Pourtant, dans le
même temps, les ménages ont
réduit la part de leur budget qu’ils
consacrent aux produits alimentaires (20 % en 2014 contre 35 %
en 1960). Ce qui correspond, en
moyenne, à 3 600 € par an et par
habitant.
En même temps que diminuait
le budget de l’alimentation, le
contenu des assiettes a changé
lui aussi. Les Français n’achètent
plus forcément les mêmes produits que dans les années 1960.
La viande, par exemple, a beaucoup moins de succès, même si
elle restait encore, en 2014, la
principale dépense. Toutefois,
si elle mobilisait 26 % du budget
alimentaire en 1967, elle n’en exigeait plus que 20 % en 2014. En
cause, « des volumes et des prix
moins dynamiques que ceux des
autres produits », d’après l’Insee.
En cause aussi, la succession de
scandales alimentaires. Loin de
bannir totalement la viande, les
Français ont plutôt modiié leurs
habitudes : ainsi, pendant la crise
repères
Des livres de cuisine
très tendance
Désormais, des recettes en
tous genres sont aisément
(et gratuitement) accessibles
sur Internet, grâce à des sites,
comme Marmiton (marmiton.
org) ou Cuisine de A à Z (cuisineaz.com). Cela n’a pas coupé
les ailes aux livres de cuisine,
Pendant la crise
de la vache folle,
ils se sont tournés
vers la volaille.
de la vache folle, ils se sont tournés vers la volaille.
Le budget dédié à l’achat du
pain, de céréales et de fruits et légumes a également diminué. Toutefois, les consommateurs font
bien au contraire. Ils relètent
les grands tendances actuelles
évidemment.
Les livres de chef. Parmi les
derniers parus, Christophe Hay,
Un cuisinier à leur de Loire
(Flammarion) ou encore
Best of Yannick Alléno,
aux éd. Ducasse.
La cuisine végétale, végane ou
végétalienne, selon les auteurs.
Cette tendance prospère.
davantage appel à des produits
industriels tout préparés, des viennoiseries et des boissons non alcoolisées. Selon l’Insee, depuis 1960,
« la consommation de plats préparés
augmente de 4,4 % par an en volume par habitant (contre + 1,2 %
pour l’ensemble de la consommation
alimentaire à domicile) ».
Dans les années 1970-1980, ces
produits issus de l’industrie agroalimentaire étaient perçus comme
des produits de luxe : ils étaient
principalement achetés par les
familles à revenus élevés. « AuPar exemple, La Cuisine
végétalienne, de Magali
Rommé, (Saxe). Une présentation rigolote, des recettes
simples accessibles pour
les débutants.
La valorisation des circuits
locaux. En témoigne L’assiette
est dans le pré, de Frédéric
Denhez (Delachaux et Niestlé).
Des conseils pour « mieux
manger en faisant mieux vivre
les paysans ».
jourd’hui, ce sont les familles plus
modestes qui privilégient les produits industriels, alors que les plus
aisées consomment davantage de
produits frais », constate Faustine
Régnier, chercheuse au laboratoire de recherche sur la consommation de l’Institut national de la
recherche agronomique (Inra).
Pour cette spécialiste, le prix
élevé de ces produits bruts, de
surcroît périssables, est parfois dissuasif. A contrario, si les
classes populaires adoptent volontiers les produits industriels,
c’est que cela leur donne le sentiment de participer à la société
de consommation. « De même,
poursuit Faustine Régnier, acheter des marques est, pour bien des
personnes aux revenus modestes,
une manière d’acquérir une identité sociale. »
Toujours d’après l’Insee, l’évolution du prix des produits et du
pouvoir d’achat des Français a
contribué à modiier le contenu
des caddies. D’une manière générale, lorsque les prix augmentent – les prix des produits alimentaires sont en hausse en 2018
pour la troisième année consécutive –, l’acheteur délaissera plutôt
les denrées coûteuses, telles que
la viande, au proit de produits
bon marché comme des pâtes.
Lorsque son pouvoir d’achat augmente, il achètera davantage de
produits plus « luxueux » comme
de la viande, les jus de fruits ou
encore certains alcools. Toutefois,
certains aliments échappent encore à cet efet « pouvoir d’achat »,
parce qu’ils sont indispensables,
comme la pomme de terre.
« Je cuisine
d’abord
pour le plaisir »
Timo, 79 ans
Retraité
« La cuisine domestique,
pour moi, relève d’une forme de
philosophie allant de l’achat des
produits à leur préparation. Je
ne consomme jamais de plats industriels. Mon plaisir, c’est d’aller au marché où je trouve des
aliments frais dont je connais
la provenance. J’ai une préférence pour le poisson de mer et
je ne mange que rarement de
la viande. Concernant leur préparation, je suis revenu à des
pratiques traditionnelles, laissant tomber les grillades et les
salades. J’adore faire des plats
mijotés – de la daube, du pâté de
poisson –, nécessitant une préparation assez longue. Ce temps
passé fait partie de la poésie de
la cuisine. Par ailleurs, j’utilise
le moins possible de matières
grasses et le maximum d’épices.
Pour des raisons de santé bien
sûr même si la première motivation pour me mettre derrière les
fourneaux est le plaisir de préparer des choses délicieuses à
manger pour les autres. »
Recueilli Frédérique Schneider
Louise Claereboudt
Et toujours, les cuisines du
monde. Par exemple, très jolie et bien illustrée, La Cuisine
portugaise, chez Hachette.
Ou, toujours chez le même éditeur, La Cuisine thaïlandaise.
Et aussi, Les épices, aux
éd. Larousse, avec des recettes
à la portée de tous.
Les apéros. Ils ont du succès,
car ils permettent de recevoir
sans trop se mettre en cuisine.
Les éditions Larousse ont
publié plusieurs livres thématiques, tels Apéro spécial été
ou Incroyable plancha.
Enin, le batch cooking.
Un mot anglais qui désigne
désormais cette pratique bien
connue de nos mères et grandsmères, puisqu’elle consiste
ni plus ni moins à cuisiner à
l’avance pour toute la semaine.
Voir à ce sujet Mes premiers
pas en batch cooking
(Marabout).
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Événement
6
Pierre Javelle
« La cuisine
n’a jamais cessé
d’évoluer »
Photo : Gil Le Fauconnier
entretien
Patrick Rambourg
Historien de l’alimentation
Quand sont apparues
les premières pratiques
culinaires ?
Patrick Ramb ourg : P r a t i -
quement en même temps que
l’homme. La domestication du
feu que l’on date aujourd’hui à
400 000 ans avant J.-C. a permis
à l’homme de cuire sa nourriture. De ce fait, il a pu développer
son cerveau mais aussi son corps
puisque la cuisson a tué les microorganismes dangereux éventuellement présents dans la viande.
À l’époque préhistorique, on a
vu apparaître les premiers plats,
des sortes de pot-au-feu ou des
bouillons. Les plus anciennes recettes de cuisine parvenues jusqu’à
nous sont mésopotamiennes, environ 1 700 ans avant J.-C.
Comment la cuisine
française a-t-elle acquis
ses lettres de noblesse ?
P. R. : Dès la constitution de
pays et de régions sont apparues
les premières distinctions culinaires. Il y a rapidement eu une
évolution du goût : au Moyen Âge
on mangeait épicé, au XVIe siècle,
on aimait le sucré, au XVIIe siècle
on était en quête du vrai goût des
aliments. Mais la cuisine dont on
parle était surtout celle des élites.
S’il existait déjà des livres de cuisine, à partir de 1746, avec La Cuisinière bourgeoise de Menon, des
ouvrages s’adressent désormais
aux cuisinières des familles.
Dès le XVII e siècle, la cuisine
française s’est fait connaître en
tant que cuisine professionnelle.
Les chefs cuisiniers ont codiié et
exporté les savoir-faire français à
travers le monde. Grâce aux restaurants, aux palaces, aux ambassades, la cuisine française devient
gastronomique. Inventés au milieu des années 1760, les restaurants ont énormément de succès
au XIXe siècle : ils ont permis de
sortir la haute cuisine des maisons
princières et d’en faire proiter un
public plus large. Ils ont démocratisé la cuisine. À partir de la même
période, la reconnaissance des cuisines régionales renforce l’identité
de la cuisine française dans son ensemble. Elle n’est plus seulement
une cuisine parisienne et élitiste.
Y a-t-il eu une évolution
des manières de cuisiner ?
P. R. : Pendant des siècles, les
gens utilisaient les mêmes ustensiles, des mortiers par exemple.
Même si les manières de cuisiner se sont modernisées avec le
temps, la grande révolution date
du XXe siècle, avec l’arrivée de
l’électroménager qui a fait évoluer
la cuisine à domicile mais aussi les
pratiques des restaurants. On a su
créer du froid artiiciel. Les établissements de restauration se sont
« À l’époque
préhistorique,
on a vu apparaître
les premiers
plats, des sortes
de pot-au-feu
ou des bouillons. »
alors dotés de chambres froides
pour conserver les aliments. Les
fourneaux dans les familles modestes permettaient, quant à eux,
de cuire, de faire le café et de chauffer la pièce. Il ne faut pas oublier
que l’énergie était très coûteuse il
y a encore un siècle. Des ustensiles
très anciens sont encore présents
dans les cuisines d’aujourd’hui :
l’écumoire, la broche, les casseroles, ou encore la cuillère en bois,
parce qu’ils répondent toujours à
des besoins. La modernisation des
cuisines domestiques est apparue
précisément au moment où les
femmes souhaitaient passer moins
de temps en cuisine pour le consacrer à autre chose.
Les industries
agroalimentaires
ont-elles modifié
les attitudes des Français ?
P. R. : Aujourd’hui, l’offre ali-
mentaire est tellement conséquente que nous cuisinons
beaucoup moins qu’avant. Les
industries agroalimentaires ont
fait en sorte de devenir indispensables. Dans un pays, pourtant dit
de gastronomie, elles sont tout
de même parvenues à devenir un
leuron et proposent des produits
perçus comme étant de qualité
dans de nombreux pays étrangers.
Les grands chefs n’hésitent pas
non plus à élaborer des recettes
avec elles, comme Joël Robuchon,
par exemple, avec le hachis parmentier de canard. Les marchés,
quant à eux, en ville comme à la
campagne, fonctionnent toujours
mais ils voisinent désormais bien
souvent avec des supermarchés.
Très versatile, le consommateur
prépare aujourd’hui ses repas en
utilisant à la fois des produits tout
préparés et des produits frais. Ce
qui a vraiment changé, c’est qu’il
se pose davantage de questions
sur son alimentation et du coup
change de comportement. Les
grandes surfaces l’ont bien compris et n’ont pas attendu pour ouvrir des rayons bio ou proposer des
produits estampillés « locaux ».
Louise Claereboudt
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Sport
7
Les Bleues d’ovalie,
une ambition renouvelée
n’ont pas forcément consenti à la
formule. Ainsi la demie de mêlée
Pauline Bourdon a-t-elle dû choisir et abandonner son métier. « Elle
réléchit à un nouveau projet professionnel, précise Annick Hayraud,
car c’est bien dans ce cadre qu’ont
été conçus ces contrats. Les illes
n’ont pas souhaité s’inscrire dans
un professionnalisme à 100 %,
par souci d’équilibre et aussi pour
préparer l’après-rugby. »
tournoi des
6 nations
Après des résultats brillants
en 2018, le XV de France
féminin entame le Tournoi
des six nations, ce samedi
2 février, face au pays
de Galles. Un bel élan pour
la Fédération française
de rugby qui œuvre pour
développer la pratique.
« Nous continuons
à préparer chaque
match comme
une inale de Coupe
du monde. »
E
lles sont attendues.
Mais elles en sont
averties et ne s’en plaignent pas. Les Bleues
du rugby attaquent le
Tournoi des six nations ce samedi
face au pays de Galles, à Montpellier, avec une nouvelle réputation à défendre : celle de grandes
championnes d’ovalie, acquise en
2018 avec un Grand Chelem remporté pour la cinquième fois, et
surtout une victoire historique
à Grenoble en octobre contre
les Néo-Zélandaises reines de
la discipline (30-27).
Évidence : ces dames redorent
le blason d’un rugby tricolore
tremblotant du côté des messieurs. Un statut qu’il s’agit de
conforter, mission à laquelle s’applique une fédération française
qui s’est enin décidée à pousser fort la pratique. « Nous avons
certes pris du temps pour sortir un
projet, mais c’est parce que nous
voulions proposer quelque chose
de cohérent, pas une réformette »,
commente Céline Bourillot, la
vice-présidente fédérale chargée
du secteur féminin.
La fusée lancée l’été dernier
compte, de fait, plusieurs étages.
D’abord le championnat de
France, passé de 8 à 16 équipes
réparties en deux poules. Objectif : favoriser l’émergence d’un
nombre plus important de clubs,
mailler ainsi le territoire, ofrir aux
meilleures la possibilité de jouer
dans des équipes plus proches de
leur domicile. « Nous voulons éviter notamment que les internatio-
Les Bleues, victorieuses contre la Nouvelle-Zélande, le 17 novembre. à gauche, détenant le ballon,
la capitaine de l’équipe, Gaëlle Hermet. Jean-Pierre Clatot/AFP
nales se concentrent dans quelques
clubs au-dessus du lot au risque de
décrédibiliser le championnat »,
souligne Annick Hayraud, la manager du XV de France. La formule, pour l’heure, soufre encore
de quelques écarts de niveau avec
parfois des scores leuves entre les
« grosses » formations (Toulouse,
Montpellier) et quelques équipes
en diiculté (Rouen, Caen,
Tarbes). « Nous misons sur une
montée en puissance, et globalement, les dirigeants de clubs réunis
en décembre dernier sont plutôt satisfaits », assure Céline Bourillot.
Autre nouveauté : l’ouverture
en septembre 2018 d’académies
mixtes pour les jeunes. Elles sont
22 pour l’instant sur le territoire,
occupant 350 garçons et une centaine de illes. « Nous souhaitons
mieux alimenter les pôles de performance, explique la vice-présidente fédérale. Là encore en
touchant tous les territoires. Dans
ma région par exemple, en Bour-
gogne-Franche-Comté, n’existent
que quatre clubs. Les académies
peuvent permettre à des illes
sans club de jouer. »
Le dernier changement
concerne les internationales :
24 joueuses du XV de France
proitent désormais d’un contrat
fédéral. C’est un statut de semiprofessionnelle, soulageant les
joueuses qui jusque-là devaient
jongler entre leurs obligations
professionnelles et leur pratique.
« Une belle reconnaissance et un
mi-temps qui nous permet de
mieux nous préparer, mieux récupérer », applaudit Gaëlle Hermet,
la capitaine des Bleues. Étudiante
à Toulouse, la jeune joueuse
apprécie le confort nouveau.
Pour d’autres, c’est encore plus
déterminant pour éviter les congés
sans solde pris pour eniler le
maillot. Mais tous les employeurs
Le rugby à VII, l’autre enjeu
Sur ce Tournoi, le XV de France sera privé de certaines cadres
de l’équipe, dont notamment l’arrière Jessy Trémoulière,
26 ans, sacrée l’an dernier meilleure joueuse mondiale. La faute
au rugby à VII qui les mobilise ce week-end sur un tournoi du
circuit mondial à Sydney. « C’est un choix calculé, explique Annick Hayraud, manager du XV de France. La priorité est donnée
au VII cette année car une qualiication aux Jeux olympiques
de Tokyo est en jeu. On gère cette situation particulière. C’est
l’occasion pour de nouvelles recrues de montrer ce qu’elles
sont capables de faire. »
Le rugby féminin pousse ainsi
son avantage, bien conscient,
comme toutes les disciplines, du
rôle de locomotive de ses Bleues.
Toutefois, l’encadrement se refuse cette année à mettre trop
de pression sur leurs épaules.
D’autant qu’il faut tenir compte
d’autres impératifs, notamment
ceux de l’équipe de rugby à VII.
Le groupe France entame ce
Tournoi avec de nombreuses
nouvelles têtes. « Cela apporte
de l’envie et de la fraîcheur, jure
Gaëlle Hermet. L’intégration des
nouvelles se déroule très bien, et
de toute façon, nous continuons
à préparer chaque match comme
une inale de Coupe du monde. »
Un bon Tournoi serait du
meilleur efet, conirmant la belle
dynamique du sport collectif féminin tricolore, avec des handballeuses championnes du monde
et d’Europe, et des footballeuses
remontées avant leur Mondial
à domicile. La grande famille
avance-t-elle de concert ? « Je suis
en contact avec les responsables
des ligues féminines de basket et
de handball, mais nous ne nous
sommes pas encore mis autour
d’une table pour évoquer un travail
en commun, reconnaît Céline
Bourillot. Cela reste à faire. »
Jean-Luc Ferré
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Rencontre
8
Suzanne Tartière,
médecin de l’ombre
Médecin au Samu de Paris,
Suzanne Tartière s’est engagée
corps et âme dans son métier.
Dans les situations d’urgence,
elle est un maillon essentiel
de la chaîne des secours.
«
S
uzanne,
un appel pour toi. » Une petite
phrase, parmi d’autres, entendue
au Samu (1) de Paris, où convergent
24 heures sur 24 tous les appels téléphoniques du centre 15 de la capitale. Au bout du il, ce soir-là, aucune
« urgence vitale » mais une situation complexe. Une femme âgée de
90 ans demande que l’on vienne lui
faire « une piqûre pour mourir ».
En quelques secondes, le docteur
Suzanne Tartière comprend que
sa patiente « meurt » de solitude.
Devant cette urgence médicale,
sociale et psychologique à la fois, il
lui faut trouver rapidement une solution. Par chance, elle entend dans
le combiné le jappement d’un chien.
Aussitôt, le médecin tente le coup :
« Madame, nous allons venir chez
vous, mais vous devez savoir que, ”selon la procédure”, nous allons d’abord
devoir piquer votre caniche. » « Ha
non, pas lui ! », proteste-t-elle, sans
déceler la moindre ruse. Toujours
est-il que sa demande initiale se met
à vaciller. « Le médecin du Samu »
a marqué un point. Soulagée, elle
oriente ensuite la dame vers le centre
local d’information et de coordination gérontologique (Clic) de son
arrondissement. « L’urgence
PPP
à 66 ans, Suzanne Tartière a consacré plus de la moitié de sa vie au Samu de Paris. Céline Clanet pour La Croix
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Rencontre
P P P médico-sociale est plus complexe
à prendre en charge que l’urgence
médicale. Mais, dans la misère, même
avec les grands exclus, il y a toujours
un espoir. Et je ne lâche jamais », afirme Suzanne Tartière. Pour dédramatiser une crise d’angoisse ou une
soufrance morale, il faut parfois
faire preuve d’imagination. Une qualité reconnue à cette femme médecin
réputée pour sa pugnacité, son enthousiasme et son sens de l’humour.
Autour du cou, en sautoir, une petite
peluche Totoro contient les cartes
magnétiques lui permettant d’ouvrir
les portes sécurisées du Samu de Paris, situé au sein de l’hôpital NeckerEnfants malades.
À 66 ans, Suzanne Tartière a déjà
consacré plus de la moitié de sa vie
au Samu de Paris, alternant régulation des appels et interventions d’urgence sur le terrain. Visage doux,
regard bienveillant, elle est très attentive à son interlocuteur. Mais prête,
si la porte s’ouvre, à tout lâcher pour
conseiller un collègue. « Les médecins
d’urgence ont la culture de l’instantanéité. Ils ne laissent rien traîner et répondent en temps réel », justiie-t-elle.
Marchant à vive allure dans les
couloirs du Samu de Paris, smartphone customisé à la main, Suzanne
Tartière rejoint le troisième étage où
se trouve le centre névralgique du
Samu. Vêtue d’une tenue blanche,
elle « mène le combat », entourée
d’une équipe, durant cinq à vingtquatre heures d’ailée. Sur la ligne de
front, elle est le médecin dit « régulateur », soit « le troisième maillon de la
chaîne des secours, après l’appelant et
celui qui décroche ».
En salle de régulation, l’ennemi numéro 1, c’est le temps qui passe. Dans
l’urgence, il faut réagir au quart de
tour, faire partir un « camion » (ambulance), tout en questionnant le patient ou l’un de ses proches. « Est-ce
qu’il parle ? », « est-ce qu’il respire ? »,
« je peux lui parler ? » « J’essaye d’apporter le plus rapidement possible une
réponse à une demande d’aide médicale, considérée comme une urgence
par la personne qui a appelé le 15 »,
explique-t-elle.
En moins d’une minute, le médecin peut évaluer la gravité de la situation et décider des moyens à mettre
en œuvre. « Quand c’est très grave,
la décision est évidente, il n’y a pas
besoin d’expertise médicale, on envoie une équipe de réanimation d’urgence, éventuellement accompagnée
des sapeurs-pompiers. On peut aussi
demander à l’entourage de prodiguer
les gestes d’urgence en attendant les
secours. À l’inverse, moins cela semble
préoccupant, plus on a besoin d’une
appréciation ine, qui demande un
interrogatoire approfondi », précise
Suzanne Tartière.
Celle qui se déinit
parfois comme
un médecin « aveugle »
reconnaît à l’oreille
une voix d’infarctus,
la respiration
d’un œdème du
poumon, les silements
d’un asthme sévère
ou une crise d’angoisse.
Celle qui se déinit parfois comme
un médecin « aveugle » reconnaît à
l’oreille une voix d’infarctus, la respiration d’un œdème du poumon, les
silements d’un asthme sévère ou
une crise d’angoisse. « Je ne vois pas
les patients mais je les devine, je les
imagine, assure-t-elle. Je les consulte à
distance, comme un télé-médecin. » À
l’image d’un généraliste, le médecin
régulateur a accès à tous les experts,
pédiatre, ophtalmo, psychiatre…
susceptibles de l’aider à établir son
propre diagnostic. « Suzanne écoute
coups de cœur
Les « Kindertotenlieder »
Ces Chants sur la mort des enfants
de Gustav Mahler, chantés
par Kathleen Ferrier. La voix
grave de cette contralto anglaise
m’émeut particulièrement.
Après les avoir écoutés,
je me console avec Mozart
ou l’Alléluia de Haendel.
Les arts traditionnels
du Maroc
Quelle que soit la matière
utilisée, bois, cèdre, stuc, céramique, zellige, cuir, étofe… on
retrouve une constance de motifs
colorés, géométriques, toujours
renouvelés avec génie. J’adore
me plonger dans « le Paccard »,
un somptueux livre d’art intitulé
Le Maroc et l’Artisanat traditionnel islamique dans
l’architecture d’André Paccard.
ses patients avec l’eicacité de l’urgentiste et la sensibilité du vieux médecin.
Elle est à la croisée des chemins entre
le social et le médical », écrit à son sujet Xavier Emmanuelli, qu’elle a rejoint au Samu social de Paris en 1997.
Devenir médecin généraliste,
c’était le rêve d’enfance de Suzanne
Tartière. Née en 1952 à Rabat, au Maroc, d’un père entrepreneur en travaux publics, fraîchement débarqué
de métropole, et d’une mère venue au
monde sur cette ancienne terre coloniale, la illette est marquée par son
médecin de famille, le docteur Guilmoto. « C’était tout un rituel lorsqu’il
venait à la maison, se souvient-elle.
Nous lui préparions une petite cuillère
en argent sur un plateau pour nous
examiner la gorge. Cet homme savait
rassurer. On se sentait en coniance
avec lui. Ses conseils étaient pour nous
paroles d’Évangile. »
À 17 ans, la jeune ille quitte sa terre
natale pour suivre ses études de médecine à Bordeaux. Après deux stages
au Samu d’Agen, la jeune Suzanne
se spécialise en anesthésie-réanimation. « Un milieu de cow-boy où il était
diicile pour une femme de s’imposer,
mentionne-t-elle. Il fallait en faire
François Cheng
Je lui suis reconnaissante
d’avoir accepté de me remettre
les insignes d’oicier de la Légion
d’honneur. Je suis touchée
par le prénom de baptême
qu’il s’est choisi, en hommage
à saint François d’Assise.
Je suis fascinée par ses talents
de calligraphe, un art qui,
dit-il, « engage tous les niveaux
de l’être ».
Kybele/Stock.adobe.com
9
plus que les hommes, mais j’étais passionnée, alors… ». Alors son métier est
devenu sa vie. Sans regret. « Je n’avais
jamais envisagé de fonder une famille,
devance-t-elle, j’ai trouvé mon équilibre dans ce métier très particulier.
Si j’avais voulu me marier et avoir des
enfants, je n’aurais pas choisi cette
voie. » Un jour, au volant de sa voiture
électrique, elle est arrêtée par un policier qui lui demande ses papiers. Il
s’étonne : « Pas de nom de jeune ille ? »
« Mais enin, monsieur, je suis mariée
avec mon métier ! », rétorque-t-elle.
L’inattendu est la règle. Ne pas savoir à l’avance de quoi sera faite sa
journée, quel bonheur ! Joignable
et disponible à toute heure au cas
où surviendrait une crise majeure
comme une catastrophe ou un attentat, elle est capable de partir au
milieu d’un dîner pour aller donner
un coup de main à l’équipe de garde
du Samu. Ses amis le savent, qui lui
pardonnent aussi lorsqu’elle s’endort
parfois sur le canapé du salon. « Ils
m’acceptent telle que je suis », reconnaît-elle avec gratitude.
Dans les années 1970, s’engager
dans la médecine d’urgence était
risqué. « Le métier pouvait être très
déstabilisant lorsqu’on enchaînait
des gardes quinze jours d’ailée. On
se donnait corps et âme. Les plus fragiles d’entre nous l’ont parfois payé
très cher », conie le médecin. Elle qui
assure « ne pas connaître l’ennui » se
ressource dans l’art et la beauté du
monde. Cette idèle abonnée du quotidien La Croix se tient au courant de
l’actualité culturelle, fréquente les
expositions d’art contemporain. Et
prolonge le plaisir de la visite dans la
lecture et la contemplation de beaux
livres sur ses artistes préférés, comme
le sculpteur Ousmane Sow, le peintre
Zao Wou-ki, la photographe Dorothea Lange, et aussi sa sœur, la plasticienne Brigitte Tartière. « Les artistes
créent et moi, je répare », résume-telle, consciente des limites de sa vocation. De ses échecs aussi. Comme
ce jeune homme en ligne qu’elle n’a
pas pu empêcher de se suicider avant
l’arrivée des secours…
Rattrapée par l’âge de la retraite, le
docteur Tartière s’y prépare en douceur. « On a du mal à raccrocher, il
faut y aller par paliers », glisse-t-elle.
Terminées les gardes de nuit devenues trop épuisantes. « Médecin un
jour, médecin toujours », Suzanne
Tartière continuera de transmettre
son expérience, et se consacrera à
ses proches. « Je vais enin avoir une
vie sociale », se réjouit-elle à l’idée de
recevoir chez elle, de cuisiner… Une
existence « normale » qui aura pour
elle une saveur inédite.
France Lebreton
(1) Service d’aide médicale urgente.
bio
express
31 mai 1952.
Naissance
à Rabat (Maroc)
1969. Études
de médecine
à Bordeaux.
1977-1979. Stages
au Samu d’Agen.
1979-1985. Samu
94, Hôpital
Henri-Mondor
de Créteil.
1982. Devient
médecin anesthésiste réanimateur.
1984. Sa thèse
de médecine
sur les gestes
d’urgence est publiée (Masson).
1985. Crée un
programme de
formation aux
gestes d’urgence
pour le grand
public.
Depuis 1985.
Médecin au
Samu de Paris.
De 1997 à 2012.
Directrice médicale du Samu
social de Paris et
responsable du
développement
médico-social au
Samu de Paris.
Depuis 2012.
Directrice médicale du Samu
social international.
2015. Publie
En cas d’urgence,
faites le 15 (Albin
Michel).
2016. Oicier
de la Légion
d’honneur.
2019. Coauteur
du Petit livre
des gestes qui
sauvent (Bayard
Jeunesse).
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
10
&
Portfolio
Chers lecteurs et amis,
RS
10 JOU
S
/ 9 NUIT
De Venise à Athènes, cette
croisière est une invitation à
la découverte d’une région
géographique exceptionnelle,
carrefour de grandes civilisations
qui y laissèrent profondément leur
empreinte constituant aujourd’hui un
joyau du patrimoine mondial. Cet itinéraire
vous permettra d’égrener des escales
mythiques : Venise, la Sérénissime, perle
de l’Adriatique, la Croatie, pays magnifique
au croisement de la Méditerranée et
des Balkans, les Bouches de Kotor, site
naturel spectaculaire du Monténégro
et l’Albanie, encore méconnue dont le
peuple attachant redouble de créativité
pour oublier son isolement. La fin de votre
croisière vous réserve une expérience
unique, privilège rare réservé à des navires
à taille humaine : le passage du canal de
Corinthe qui vous ouvre majestueusement
les portes d’Athènes, point final de cet
itinéraire où cultures et peuples façonnent
depuis l’Antiquité une histoire commune
sur les rives de la Méditerranée. Cette
découverte se fera également au rythme
d’un fil rouge musical exclusif avec
l’ensemble Canticum Novum, qui vous
accompagnera avec des œuvres de
musique ancienne issues notamment
du répertoire du bassin méditerranéen
comme en écho à la découverte des
sites et paysages de ce périple.
u 24
Du 15 a
e 2019
octobr
CROISIÈRE DE
L’ADRIATIQUE
MER EGÉE
À LA
O RG ANI SAT I O N
ITALIE - CROATIE - MONTÉNÉGRO - ALBANIE - GRÈCE
À LA RENCONTRE DES PEUPLES ET DES CULTURES
UN PROGRAMME MUSICAL EXCLUSIF
PATRICK BARBIER - Spécialiste des rapports entre la
musique et la société, professeur à l’Université catholique
de l’Ouest (Angers), il préside le Centro Studi Farinelli
à Bologne et donne des conférences en France et à
l’étranger. Ses conférences : Les arts, la musique et la
société dans la Venise de Vivaldi I Farinelli et le phénomène
des castrats à l’époque baroque I De la Rome baroque jusqu’à
Haendel ou Haydn : l’oratorio, un « drame sacré ».
| Les escales mythiques de Venise, Split, Dubrovnik,
Athènes
| Une navigation exceptionnelle dans les célèbres
Bouches de Kotor
| Le site antique de Delphes et le passage du canal
de Corinthe
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| Cinq pays en une seule croisière : l’Italie, la Croatie,
le Monténégro, l’Albanie, la Grèce
| Un programme musical exclusif et un concert
à terre à Venise
L’ensemble Canticum Novum présent à bord interprétera
des répertoires de musique ancienne issue notamment du bassin
méditerranéen, riche de l’union du monde chrétien et d’un orient
marqué par une double hérédité juive et mauresque.
Un concert à terre à Venise enrichira cette odyssée musicale.
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JEAN-YVES BORIAUD - Professeur émérite à
l’université de Nantes (langue et littérature latines).
Il a reçu en 2014 le prix Jules Janin de l’Académie
française pour sa traduction des Femmes illustres
de Boccace et en 2015 le prix Provins Moyen Âge
pour son ouvrage sur Machiavel. Ses conférences : Split, le palais
de Dioclétien I L’Albanie dans l’histoire contemporaine I Delphes,
l’histoire d’un oracle.
Guillaume Goubert, directeur de LA CROIX
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Portfolio
11
Leurs crimes, notre réponse
La chronique de Geneviève Jurgensen
T
rahis par le président des États-Unis
d’Amérique qui, seul
contre l’avis de son
propre ministre et
de ses propres conseillers militaires, a décidé de les abandonner, nos alliés kurdes nous
rendent nos ressortissants
détenus en Syrie. Ils n’ont
plus la capacité de les garder.
Ces prisonniers sont nombreux,
et contrairement à ceux dont
c’est le métier dans l’armée, la
police, le renseignement, les palais de justice, nous ne sommes
pas obligés de savoir trop précisément ce qu’ils ont fait.
Nous savons qu’ils ramènent
avec eux, en eux, le poids de
l’atrocité commise et non pas
subie, un poids qu’ils se sont
imposé à eux-mêmes. J’hésite
à écrire « librement ».
« De leur propre chef » convient
sans doute mieux. Ils reviennent comme reviendront leurs
femmes et les veuves de leurs
semblables, ainsi que leurs enfants et les orphelins de leurs
semblables, dont bien des
« lionceaux du califat », appellation trop mignonne, trop
Livre de la jungle pour suggérer
la cruauté à laquelle ils ont été
dressés, qui nous est étrangère
plus encore que contraire, au
point de nous conduire à nier
la réalité.
Nous allons accueillir
ces djihadistes français avec
les moyens dont nous disposons, ceux que dicte un État
de droit. Ça sera pour nous le
moment de donner tout leur
sens à ces mots, en particulier en nous intéressant de près
au processus qui mènera à la
condamnation de chaque prévenu. Ces terroristes relèveront
des tribunaux de droit commun.
Ils sont jeunes et, même lourdement condamnés, ils le seront
encore quand ils sortiront
de prison.
Notre réponse judiciaire et
sociale à leurs méfaits et à leur
personne devra nous rendre
iers. Les silences qu’ils nous
opposeront, les propos insupportables qu’ils tiendront, les
provocations de leurs avocats,
cette semaine
dans les suppléments
Lundi Économie
&entreprises
Les certiicats
d’économie d’énergie
Cet outil de inancement de
la rénovation énergétique est
l’objet de nombreuses dérives.
Mardi Sciences&éthique
« Et si c’était une
maladie de Lyme ? »
Des médecins diagnostiquent
la maladie de Lyme, « souvent
à tort », selon des infectiologues.
Mercredi Parents&enfants
Accompagner un
adolescent malade
La journaliste Valérie de Larauze
raconte le combat de sa ille
Laurène, décédée des suites
d’une leucémie.
Jeudi Livres&idées
L’Irlande, théâtre
romanesque et politique
L’écrivaine irlandaise Michele
Forbes consacre son deuxième
roman aux itinérants du spectacle
en Irlande au début du XXe siècle.
Vendredi Initiatives&
solidarité
Les Pièces jaunes
fêtent leurs 30 ans
Bilan de la 30e opération Pièces
jaunes, qui se termine le 16 février.
Samedi-dimanche
Religions&spiritualité
Comment entendre
les paroles prophétiques
Dans le lot d’informations
de notre époque, comment
percevoir et écouter cette parole ?
Nous allons
accueillir
ces djihadistes
français avec
les moyens dont
nous disposons,
ceux que dicte
un État de droit.
les leurs aussi sans doute, à tout
cela, il sera répondu dans notre
langage à nous, pétri de respect
de l’autre. Il y sera répondu avec
nos aspirations à nous, pas toujours celles de chacun de nous
mais les nôtres en tant que nation, qui cherche le meilleur
équilibre possible entre les
droits d’un accusé, le devoir de
le punir au nom de ses victimes
et la nécessité de se protéger
de lui.
Rappelons-nous deux des
quatre droits naturels et imprescriptibles de l’homme, proclamés dès 1789 : la liberté, évi-
demment, mais aussi la sûreté.
Ceux qui prendront en charge
ces terroristes devront trouver le
point de jonction le plus stable
possible entre ces deux notions
en apparence irréconciliables.
On dit d’un jugement qu’il doit
être compris de tous, l’accusé, la
victime et le peuple. Autant dire
que ce ne sera pas commode.
Je n’oublierai jamais l’arrivée – le retour ! – de Klaus Barbie à Lyon, il y a trente-six ans
quasiment jour pour jour. Je me
revois debout devant le poste
de télévision, découvrant cette
nouvelle qui faisait le premier
titre du journal, présenté par
Daniel Bilalian. J’entends cette
expression jaillir de ma bouche
malgré moi : « Bienvenue chez
vous, M. Barbie. »
Je ne peux pas dire que
le retour des djihadistes,
français pour la plupart,
résidents pour les autres,
me cause une satisfaction comparable, au contraire. J’aurais
préféré ne jamais les revoir et
leur prochaine présence sur
notre sol me glace. Mais après
bientôt trois mois d’émeutes
dans tout notre pays, de violence, d’impasse, de tâtonnements, de revendications absurdes mais aussi de soufrance
exprimée, je ressens ce retour
éprouvant comme un déi qui va
nous contraindre à montrer de
quoi nous sommes capables et
combien nos institutions, que
les émeutiers et leurs soutiens
ont tant aimé mépriser ces
dernières semaines, valent
la peine qu’on les défende.
Je suis sûre que ceux dont
ce sera la mission sauront le
démontrer. Je suis sûre que
malgré les risques courus,
notre solution est meilleure que
Guantanamo, ouvert en 2002,
où vieillissent désormais une
quarantaine de prisonniers dont
certains ne seront jamais jugés,
encadrés par 1 800 militaires au
sort peu enviable. Merci à tous
ceux qui, dans les administrations concernées, en notre nom,
face à une tâche si diicile,
acceptent de relever le déi et
sauront faire vivre une autre
incarnation du monde libre.
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Une méditation inédite du
PAPE FRANÇOIS
llection
Dans la même co
Disponible
en librairie
14,90€
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Rubrique
12
Chaque trimestre, 136 pages
sur l’actualité et la pensée de l’Église
DOSSIER
Face aux abus,
le peuple de Dieu en chemin
Adresse des victimes d’abus sexuels lors de leur rencontre
avec les évêques réunis en Assemblée plénière à Lourdes
FOCUS
Lineamenta pour le synode 2019 sur l’Amazonie :
« Nouveaux chemins pour l’Église
et pour une écologie intégrale »
ÉGLISE DANS LE MONDE
Message de la conférence internationale
« La xénophobie, le racisme et le nationalisme
populiste dans le contexte de la migration mondiale »
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Comprendre.
La parole
de Dieu dans
la liturgie P. 16-17
Transmettre.
Pourquoi dit-on
que Jésus
est lumière ? P. 17
Contempler.
« Le Portement
de croix »,
de Jérôme Bosch P. 18
Religion&spiritualité
à Abu Dhabi, deux femmes originaires des Philippines prient
à la cathédrale Sainte-Thérèse. Celia Peterson/Panos-REA
le billet
Anne-Marie Gérard
La joie
en partage
E
Chrétiens des émirats
P. 14-15
n lisant le message du pape
François sur la gratuité pour la
Journée mondiale des malades,
qui sera célébrée solennellement ce
lundi 11 février à Calcutta, m’est revenue à la mémoire cette histoire racontée par Mère Teresa. Une famille
hindoue qui avait huit enfants n’avait
pas mangé depuis longtemps. Mère
Teresa, l’apprenant, s’en alla aussitôt
là-bas. Elle avait pris du riz. La faim
chavirait le regard des enfants. Elle
donna du riz à leur maman qui, aussitôt, le partagea en deux parts. Puis, la
mère des enfants partit. À son retour,
Mère Teresa lui demanda où elle était
allée : « Chez les voisins, répondit la
maman, ils ont faim aussi. » Ses voisins étaient musulmans.
En donnant sur son indigence, la
mère de famille avait pris soin d’eux.
Elle avait dit quelque chose de la gratuité et de leur commune humanité.
Le lendemain, Mère Teresa revint.
Elle avait apporté plus de riz. En partageant sa vie avec les pauvres, Mère
Teresa avait ofert de la joie en partage. Une joie semblable au sourire
qui éclaire le visage d’un enfant.
« Sainte Mère Teresa, écrit le pape
dans son message, nous aide à comprendre que le seul critère d’action
doit être l’amour gratuit envers tous,
sans distinction de langue, de culture,
d’ethnie ou de religion. » Mère Teresa
avait compris que cet amour gratuit
était la source de la vraie joie. Aussi,
elle invitait les chrétiens à rayonner de la présence de Jésus par cette
joie. Une joie qui se partage comme
on partage le pain. Une joie qui se vit
dans la rencontre des pauvres, des
petits, des malades, des exclus de
notre société. Une joie que l’on croise
au détour d’une maraude, lors d’une
visite à l’hôpital, lors d’une fête dans
une maison de retraite, lors d’un pèlerinage à Lourdes. La joie de partager du temps, d’être présent à l’autre,
d’être ensemble, d’être humains tout
simplement.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
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Religion&spiritualité
Croire. Alors que le pape François se rend
à Abu Dhabi du 3 au 5 février, « La Croix » est allée
à la rencontre des catholiques qui vivent dans ce pays.
Chrétiens des Emirats,
une liberté à l’ombre de l’islam
Abu Dhabi et Dubaï
(Émirats arabes unis)
De notre envoyé spécial
Eux sont serveurs dans les restaurants, réceptionnistes ou femmes
de ménage dans les hôtels, caissiers dans les supermarchés,
domestiques dans les villas des
plus fortunés…
D
’abord, oublier toutes
nos représentations
occidentales. Pas de
vieilles pierres, pas de
clocher, pas de parvis
ouvert sur l’extérieur… dans une
église aux Émirats arabes unis.
Mais des complexes de bâtiments
modernes, clos de hauts murs,
derrière lesquels bouillonne la vie
des communautés catholiques.
Ce vendredi après-midi, par
exemple, c’est jour de fête à
l’église Sainte-Marie de Dubaï.
Les Philippins, l’une des plus importantes communautés chrétiennes des Émirats arabes unis,
célèbrent la fête de Santo Nino,
l’Enfant-Jésus, une solennité héritée des colons espagnols. Sur le
parvis baigné de soleil, la foule applaudit les danseurs en costumes
traditionnels, les chœurs d’enfants et les musiciens qui se succèdent dans un joyeux vacarme.
Quelques minutes auparavant, ils
assistaient à la messe célébrée en
langue tagalog. L’église de près de
3 000 places était pleine, de même
que la grande salle qui la jouxte,
prévue pour accueillir le tropplein de idèles. Et il y avait encore
plusieurs centaines de personnes
à l’extérieur, suivant la célébration
sur des écrans géants. En tout, ce
sont plus de 5 000 personnes qui
viennent d’assister à l’oice. Et
ce n’était que l’une des multiples
messes prévues ce jour-là.
Ici, la messe dominicale est célébrée dès le jeudi soir, et jusqu’au
dimanche. Une nécessité pour
s’adapter au rythme de la so-
Cette liberté, unique
dans la région,
s’accompagne
d’un impératif strict
de discrétion.
Messe de Noël à la cathédrale Saint-Joseph, à Abu Dhabi, le 24 décembre 2018. Ali Haider/EPA/MaxPPP
ciété musulmane, où le week-end
s’étend du vendredi – jour de la
grande prière en islam – au samedi. Dans cet intervalle, on dit
une trentaine de messes. De manière générale, les chifres de la
paroisse ont de quoi paraître vertigineux : 400 laïcs missionnés rien
que pour distribuer la communion ; 80 000 communiants par
week-end, et jusqu’à 300 000 lors
des grandes fêtes. Sainte-Marie
est l’unique église catholique de
la ville, et le nombre de idèles
évalué à un demi-million.
Ce jour-là, l’efervescence qui
règne dans l’enceinte paroissiale
impressionne. À la sortie de la
messe, on se presse pour prendre
des selies (« autophotos ») devant une eigie en carton du pape
François, annonçant sa venue
prochaine dans le pays. De l’autre
côté du parvis, on fait la queue
devant une guérite où tee-shirts
et casquettes oicielles de la
visite papale se vendent comme
des petits pains. Pourtant, « ce que
vous voyez ici, c’est une Église des
pauvres », décrit le père Tanios
Geagea, prêtre libanais qui oicie
dans la paroisse depuis neuf ans.
« La plupart de ces gens gagnent
moins de 800 dollars (700 �) par
mois. » À de nombreuses reprises,
les ONG de défense des droits de
l’homme tel Human Rights Watch
ont dénoncé des abus dont sont
victimes les travailleurs migrants,
particulièrement les ouvriers du
bâtiment et les employés de maison. La totalité des chrétiens des
Émirats, qu’on estime à 10 ou 12 %
de la population, sont étrangers,
comme d’ailleurs l’immense majorité des habitants du pays, où
n’existe aucun droit du sol. À
Abu Dhabi, il est admis que la part
des nationaux parmi les habitants avoisine les 15 %, et à Dubaï,
à peine 5 %. Philippins, Indiens,
Pakistanais forment les plus gros
contingents de chrétiens, loin
devant les expatriés occidentaux.
Dans tous les Émirats, les catholiques disposent à ce jour de huit
églises. Même s’il s’en construit
de nouvelles assez régulièrement.
La plus récente, à Mussafah, non
loin d’Abu Dhabi, a été inaugurée
en 2015. « Bien sûr, obtenir un permis de construire prend du temps,
mais pas davantage qu’en France
pour construire une mosquée »,
souligne, malicieux, le père Michael O’Sullivan, coordinateur de
la visite du pape. Dans un pays où
se côtoient plus de 200 nationalités, le petit nombre de paroisses
provoque, inévitablement, des
échanges réguliers entre les différentes communautés. « Ce que
nous vivons ici est assez unique,
observe le père Tanios. On parle
souvent de l’universalité de l’Église
comme d’un concept théorique.
Ici, nous la vivons vraiment. »
Cette promiscuité entre les catholiques existe aussi entre chrétiens et musulmans. À Dubaï
comme à Abu Dhabi, l’église est
construite tout à côté d’une mosquée – dans la capitale, elle se
nomme d’ailleurs la mosquée P P P
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Religion&spiritualité
15
« Que le pape vienne ici, c’est un rêve. Et particulièrement celui-ci,
qui m’a toujours touché par son caractère, son humilité, son accessibilité. »
Ziad Salloum, catholique, conseiller juridique à Abu Dhabi
P P P « Marie mère de Jésus ».
Et régulièrement, pendant les ofices, on peut entendre l’appel du
muezzin répondre aux cantiques
des idèles. Le vendredi, jour de
la grande prière, on peut même
écouter simultanément l’homélie
du prêtre et le prêche de l’imam.
À bien des égards, les Émirats
arabes unis sont une exception
dans les pays du golfe Persique.
Tradition et religion musulmanes
se mêlent de manière inextricable
à une ouverture à la mondialisation économique, dans ce tout
jeune pays où, en moins de cinquante ans, grâce au pétrole,
le désert a laissé place à des
jungles d’immeubles ultramodernes : s’établissent là hôtels de
luxe et multinationales, entourés
de parcs verdoyants et de spacieuses autoroutes.
Mais la tolérance religieuse que
le pays brandit en étendard n’est
pas la moindre de ses spéciicités.
Ici, il existe même un « ministère
de la tolérance ». Bien que l’islam
sunnite soit la religion d’État, le
gouvernement multiplie les signes
d’ouverture. Outre les catholiques,
les autres confessions chrétiennes
et religions ont aussi leurs propres
lieux de culte. Protestants, coptes,
mormons… même une synagogue
a récemment vu le jour à Dubaï.
Les hindous ont, depuis plusieurs
années, obtenu le droit d’incinérer
leurs morts sur le territoire émirien, une pratique rigoureusement
interdite en islam.
Mais cette liberté, unique dans
la région, s’accompagne d’un
impératif strict de discrétion, à
l’image de ces églises sans clocher
et sans croix sur leurs murs extérieurs. Le prosélytisme est interdit, de même que les activités
associatives. Pour les catholiques,
cela signiie donc ni évangélisation, ni œuvres caritatives.
Mais si ces limites peuvent sembler importantes de l’extérieur, les
chrétiens qui vivent là semblent
s’en accommoder. « Nous avons la
liberté de croire et de nous rassembler, c’est déjà énorme », glisse une
expatriée. « Comme croyants monothéistes, nous sommes très respectés ici », ajoute une autre. Surtout, beaucoup considèrent cette
situation comme une condition
sine qua non pour préserver le
calme qui règne aux Émirats.
« La plus grande richesse de ce
pays, ce n’est pas le pétrole, airme
le père Tanios. C’est la paix. »
Gauthier Vaillant
La venue du pape, une joie teintée de frustration
Si les catholiques des Émirats
sont heureux d’accueillir
le pape, ils ne seront pas
au cœur du programme,
d’abord tourné vers
le dialogue interreligieux.
Abu Dhabi et Dubaï
(Émirats arabes unis)
De notre envoyé spécial
«
T
ous les inscrits de notre
communauté, soit une
centaine de personnes
et leurs familles, auront des places
pour la messe célébrée par le
pape ! » L’annonce, faite samedi
26 janvier matin à l’issue de
la messe hebdomadaire de la
communauté francophone d’Abu
Dhabi, est accueillie par une salve
d’applaudissements. Elle était
inespérée : il n’y aura pas de place
pour tout le monde à la messe que
célébrera le pape François mardi
5 février, dans un stade de la
capitale émirienne.
Ce sera la seule apparition
publique du pape lors de sa visite
aux Émirats arabes unis. Un peu
plus de 135 000 places doivent
être distribuées, notamment aux
Émiriens, invités et représentants
d’autres religions. Pour les catholiques, un système de quotas est
mis en place, selon les villes et les
Devant la cathédrale Saint-Joseph, à Abu Dhabi. Celia Peterson/Panos-REA
nationalités, avec tirage au sort
pour désigner les heureux participants. Les autres pourront suivre
la messe papale dans leurs paroisses, où elle sera retransmise
en vidéo.
Car l’objet de la visite du pape
n’est pas d’abord de rencontrer les
chrétiens, mais bien d’encourager
le dialogue interreligieux. Si personne n’ignore cet enjeu, une certaine déception reste de mise pour
ceux qui auraient voulu voir François de plus près. « La messe est un
peu orpheline dans le programme
de cette visite, regrette un prêtre
de Dubaï. Pastoralement, c’est
frustrant. Pour nous, le pape n’est
pas un chef d’État, c’est un père.
Nous avons pour lui une afection
iliale très forte. Alors, le voir
passer à quelques kilomètres
sans venir jusqu’à nous… »
Pas de quoi, toutefois, efacer la
joie sincère des idèles. Il suit de
mentionner l’événement devant
Maria, serveuse dans un restaurant
d’Abu Dhabi, pour qu’un grand
sourire illumine son visage. « Je
suis si heureuse, c’est une bénédic-
tion ! », lance-t-elle discrètement.
D’autres, tout en se réjouissant,
se demandent si le pape va en proiter pour « négocier » un soutien
supplémentaire du gouvernement
aux catholiques, en incitant par
exemple à la construction de nouvelles églises. Lors des nombreuses
messes, la venue du pape est évoquée dans toutes les homélies,
comme un motif de réjouissance et
de ierté, et un signe fort de reconnaissance envoyé par l’État émirien à la communauté catholique.
« Je me rappellerai toujours
le moment où j’ai appris sa venue », témoigne Ziad Salloum, un
conseiller juridique français d’origine libanaise qui exerce à Abu
Dhabi. Ce catholique, soutien actif
de l’Église locale, a été fait, en
2017, chevalier de l’ordre pontiical honoriique de Saint-Sylvestre.
Il fait partie de ceux qui sont déjà
assurés d’assister à la messe. « Que
le pape vienne ici, c’est un rêve. Et
particulièrement celui-ci, qui m’a
toujours touché par son caractère,
son humilité, son accessibilité. » Né
aux Émirats, l’avocat trentenaire,
qui témoigne d’un attachement
tout particulier au pays, mesure
la portée de l’événement : « Si une
chose conirme que ce pays est profondément tolérant, c’est bien ça. »
Gauthier Vaillant
repères
Un voyage sous le signe
du dialogue interreligieux
Invité par le cheikh Mohammed
Bin Zayed Al Nahyane, prince
héritier d’Abu Dhabi, le pape
François se rendra dans la
capitale des Émirats arabes unis
(EAU) du dimanche 3 au mardi
5 février. C’est la première fois
qu’un pape se rend dans la
péninsule Arabique. Ce voyage,
consacré au dialogue interreligieux, a pour thème « Fais de
moi un instrument de ta paix ».
Lundi 4 février, le pape rencontrera le Conseil musulman des
anciens, institué en juillet 2014
pour promouvoir la paix dans
les communautés musulmanes. La rencontre aura lieu
à la grande mosquée cheikh
Zayed, neuvième plus grande
mosquée au monde. Le pape
prendra ensuite part à la rencontre « Fraternité humaine »,
un sommet interreligieux qui
doit réunir 600 représentants
religieux du monde entier.
Il s’y entretiendra notamment avec le cheikh Ahmed
Al Tayyeb, grand imam de
la mosquée Al-Azhar du Caire,
qu’il a déjà rencontré lors de
son voyage en Égypte
en avril 2017.
Mardi 5 février, le pape doit
efectuer une visite privée
de la cathédrale Saint-Joseph
d’Abu Dhabi. Il se rendra
ensuite à la Cité des sports
Zayed pour y célébrer une
messe. Plus de 135 000 personnes y sont attendues, en
provenance des sept émirats
des EAU, ainsi que des pays
voisins. La messe sera
retransmise sur KTO à 7 h 30,
heure française.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Religion&spiritualité
16
Comprendre. Dans la liturgie catholique,
la proclamation de la parole de Dieu est centrale.
La parole de Dieu
par les apôtres » et « transmise
dans la Tradition vivante de
l’Église » (3).
« Les Écritures, c’est l’œuvre
des scribes, des écrivains, ajoute
de son côté le père Gibert. Elles
sous-entendent l’idée d’une transmission, d’un passage. Mais on
transmet d’abord oralement,
l’écriture est toujours seconde. »
t Dieu parle-t-il ?
L
a Bible, dès le premier
chapitre de la Genèse,
donne à entendre
Dieu parler : « Dieu dit :
”Que la lumière soit.”
Et la lumière fut. » Toute l’expérience des prophètes dans
l’Ancien Testament consiste
à rapporter la parole de Dieu :
« Ainsi parle le Seigneur… »,
« le Seigneur dit… »
« Dieu parle, et c’est même ce
qui le caractérise !, airme le père
Antoine Vidalin, directeur au séminaire de Paris (1). Sa parole est
créatrice, c’est-à-dire qu’elle donne
consistance aux choses. » « La parole de Dieu, c’est d’abord ce qu’entend le prophète, ce dont il va être
le porteur, explique le jésuite
Pierre Gibert, exégète (2). C’est
avec le prophétisme que va se
constituer la foi d’Israël. » S’agit-il
pour autant d’une parole analogue
au langage humain ? L’exhortation apostolique Verbum Domini,
publiée par Benoît XVI après le
Synode des évêques sur la parole
de Dieu, évoque « une symphonie
de la parole, une parole unique qui
s’exprime de diférentes manières :
“comme un chant à plusieurs
voix” » (n. 7). Dès l’Ancien Testament, on trouve la certitude que
Dieu ne parle pas seulement par
sa parole, mais aussi par son
intervention et ses actes.
L’incarnation donne à comprendre une autre dimension de
la parole de Dieu : le Verbe, logos,
fait chair est « le fondement de
notre vie » (Verbum Domini, n. 5),
tel que nous le communique le
prologue de l’Évangile de Jean
(Jn 1, 1-18) : « La parole divine se
révèle donc au cours de l’histoire
du salut et elle parvient à sa plénitude dans le mystère de l’incar-
t Quelle place
dans la liturgie
pour la parole
de Dieu ?
« La liturgie est un acte créé par la parole », souligne le père Gilbert. Ici, un diacre à la cathédrale
Saint-Denis, le 14 octobre dernier. Guillaume Poli/Ciric
nation, de la mort et de la résurrection du Fils de Dieu », souligne
encore Benoît XVI (3). En outre,
Dieu « parle » aussi par sa création elle-même : « Le liber naturae,
fait aussi essentiellement partie de
cette symphonie à plusieurs voix
dans laquelle le Verbe unique
s’exprime », ajoute Benoît XVI.
t Y a-t-il une
diférence entre
parole de Dieu
et Écriture sainte ?
« Lorsqu’on lit dans l’Église
la sainte Écriture, c’est Dieu luimême qui parle à son peuple,
et c’est le Christ, présent dans sa
parole, qui annonce l’Évangile »,
dit la Présentation générale du
Missel romain, faisant référence
à la constitution Sacrosanctum concilium du concile Vatican II. « La parole de Seigneur,
c’est l’Évangile qui vous a été annoncé », déclare dans sa première
lettre l’apôtre Pierre (1, 25).
« La Parole divine, attestée et
divinement inspirée, c’est l’Écriture sainte, l’Ancien et le Nouveau
Testament », écrit de son côté
Benoît XVI.
Contrairement à une idée reçue, le christianisme n’est pas
une religion du livre, mais une
religion de la parole, et de la
parole faite chair, en la personne
de Jésus. Certes, les Écritures
saintes contiennent la parole
de Dieu. « La parole de Dieu est
consignée dans l’Écriture », précise le père Jean-Philippe Fabre,
prêtre du diocèse de Paris et
enseignant au Collège des Bernardins (4). « Mais pour qu’elle
devienne parole de Dieu, elle doit
être proclamée et écoutée. » « Il ne
s’agit pas que d’un message, mais
aussi d’une rencontre, d’une présence, d’un dialogue, reprend le
père Vidalin. Si l’on n’avait que
les Écritures, ça serait une parole morte. La parole de Dieu,
c’est l’Écriture et la tradition,
conjointes. » Elle est « prêchée
À la messe, on ne lit pas la
parole de Dieu, mais on la proclame, et on l’écoute. « Comme
Jésus l’a fait dans la synagogue à
Nazareth », souligne le père Vidalin. Luc (4, 16) rapporte ainsi
la lecture d’Isaïe par Jésus qui
« referma le livre, le rendit au
servant et s’assit. Tous, dans la
synagogue, avaient les yeux ixés
sur lui. Alors il se mit à leur dire :
“Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez
d’entendre.” »
« La liturgie est un acte, créé
par la parole, ajoute le père Gibert. Ce n’est pas de l’ordre de la
dévotion. » À la messe, la parole
de Dieu ne se limite pas à la liturgie de la Parole proprement
dite : lors de la consécration,
lorsque le prêtre prononce les
paroles mêmes de Jésus, la présence réelle de celui-ci devient
efective par l’action des paroles
prononcées. Cependant, pour le
père Fabre (4), la liturgie n’est
pas le seul lieu où l’Écriture devient parole de Dieu en étant
proclamée. « La médiation personnelle, dans la lectio divina
par exemple, ou la catéchèse,
sont aussi des lieux où
la parole devient active. » P P P
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Religion&spiritualité
17
Transmettre. Lumière et salut sont intimement liés.
Et la lumière divine est omniprésente dans la Bible.
PPP
t La parole
de Dieu peut-elle
être interprétée ?
« Les auteurs bibliques
ne rapportent pas des faits bruts,
mais des faits déjà interprétés »,
souligne le père Fabre. La constitution dogmatique conciliaire
sur la révélation divine invite
ainsi notamment à « considérer
les ”genres littéraires” » pour que
« l’interprète cherche le sens que
l’hagiographe, en des circonstances déterminées, dans
les conditions de son temps et de
sa culture, employant les genres
littéraires alors en usage, entendait exprimer » (Dei Verbum,
n. 12). Les Actes des Apôtres
(8, 30) nous montrent la nécessité d’une interprétation, lorsque
Philippe interroge un homme
qui lit Isaïe : « Alors il lui demanda : ”Comprends-tu ce que
tu lis ?” L’autre lui répondit : “Et
comment le pourrais-je s’il n’y a
personne pour me guider ?” »
L’Ancien Testament, déjà, le
montrait : « Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu,
puis les lévites traduisaient,
donnaient le sens, et l’on pouvait
comprendre » (Ne 8, 8).
L’interprétation est rendue
nécessaire par le fait même que
la parole de Dieu est retranscrite
dans l’Écriture par des mots humains : « Cette parole, portée par
l’Écriture, doit en efet reprendre
vie chez celui qui lit le texte biblique, pour que ce ne soit jamais
un simple “texte du passé”,
mais bien une parole actuelle
et vivante » (5).
Clémence Houdaille
(1) Auteur de La Parole de la vie,
Parole et silence, 2006.
(2) Auteur de Comment la Bible fut écrite.
Introduction à l’Ancien et au
Nouveau Testament, Bayard, 2011.
(3) Exhortation apostolique
Verbum Domini, n. 7, 2010.
(4) Auteur de Découvrir
le Nouveau Testament en deux heures,
Mame, 2017.
(5) Christophe de Dreuille,
dans Cahier Évangile n° 163.
la question posée par Léonie (5 ans)
Pourquoi dit-on que Jésus est lumière ?
A
u retour du caté, Gaspard
raconte à sa mère ce qu’il
vient d’apprendre : « Tu
sais, Chandeleur ça veut dire fête
des chandelles. C’est pour rappeler que Jésus est lumière du
monde. » Léonie, sa petite sœur,
demande aussitôt ce que cela
veut dire.
La maman explique que la
fête de la Chandeleur est d’origine païenne. Dans l’Antiquité,
on fêtait la sortie de l’hiver à
la mi-février, lors de la fête des
Lupercales, parce que les jours
rallongent. À cette occasion,
les Romains déilaient dans
les rues avec des lambeaux
pour célébrer le retour à la lumière. L’Église a transformé ce
rite païen en fête religieuse. Au
Moyen Âge, les chrétiens organisaient des processions pendant lesquelles ils portaient des
chandelles (ou bougies) bénies,
symbole de la lumière du Christ.
D’où le nom de Chandeleur, fête
des chandelles.
Sentant Léonie un peu perdue,
sa maman revient à l’essentiel :
la lumière divine qui éclaire le
monde. Pour montrer à un enfant que la lumière est souvent
associée aux manifestations de
Dieu dans la Bible, on peut relire
quelques récits emblématiques
comme Moïse et le buisson ardent, ou l’étoile qui guide les
bergers jusqu’à la crèche où
Jésus vient de naître, ou encore
dans la Bible
était venu par lui à l’existence,
mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et
les siens ne l’ont pas reçu. Mais
à tous ceux qui l’ont reçu, il a
donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient
en son nom. Selon l’évangéliste, « le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme
en venant dans le monde ».
La lumière brille
dans les ténèbres D’après l’évangile de JésusChrist selon saint Jean 1, 1-12
Au commencement était le
Verbe, et le Verbe était auprès
de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que
tout est venu à l’existence, et
rien de ce qui s’est fait ne s’est
fait sans lui. En lui était la vie,
et la vie était la lumière des
hommes ; la lumière brille dans
les ténèbres, et les ténèbres
ne l’ont pas arrêtée. Il y eut
un homme envoyé par Dieu ;
son nom était Jean. Il est venu
comme témoin, pour rendre
témoignage à la Lumière, ain
que tous croient par lui. (…)
Le Verbe était la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme en
venant dans le monde. Il était
dans le monde, et le monde
Pour aller plus loin
la conversion de saint Paul, alors
qu’il n’est encore que Saül, persécuteur de chrétiens terrassé
sur la route de Damas par une
lumière céleste qui l’aveugle.…
Dans ces récits, la lumière
éblouissante de Dieu transforme
la vie de ceux qui la croise. Elle
chasse les ténèbres. Ce n’est pas
un hasard si le diable est appelé
« prince des ténèbres », si Jésus
est arrêté à la nuit tombée, si
alors qu’il agonise, l’obscurité
se fait sur toute la terre…
Pour rendre ce symbole de la
lumière plus accessible aux très
jeunes, on peut leur demander si
la petite lampe allumée ne rend
pas l’obscurité moins efrayante
quand on a peur de s’endormir
dans le noir. De même le Christ
nous rassure lorsque la vie est
obscurcie par soucis ou peines.
Jésus est pour les chrétiens
la lumière qui brille dans la nuit,
parce que sa mort et sa résurrection attestent que la vie est plus
forte que la mort. Et si, lors
de la Présentation au temple,
Syméon « poussé par l’Esprit »
prend l’Enfant dans ses bras
pour rendre grâce, c’est qu’il
reconnaît en lui la « Lumière
pour éclairer les nations ».
Lumière et salut sont liés :
l’homme « juste et pieux »
annonce que désormais tous
les hommes seront guidés
par la lumière du Christ.
évelyne Montigny
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
18
Religion&spiritualité
Prier.
Contempler. Ce tableau, dont la paternité a dernièrement
fait polémique, est une invitation à chercher dans l’ombre
de nos moelles spirituelles ce qui nous fait plus humains,
et le rend humblement visible.
Le Portement de croix, Jérôme
Bosch, huile sur bois, vers 1515.
Philippe Clément/Belga/AFP
et une bonté qu’ils voulaient oublier. Il y a quelque chose de furieux dans l’iniquité : celui qui fait
le choix d’axer son existence sur
l’amour de soi jusqu’à la haine de
ses frères doit s’arracher avec fureur à ce qui en lui continue de désirer la justesse. Dans les traits de
ceux qui entourent le Christ, il y a
quelque chose de forcé, d’excessif.
Les traits de Bosch sont sévères,
exagérés, caricaturaux, mais ils
expriment le plus justement du
monde la violence des folies internes qui arrachent les êtres à
leur vocation fondamentale qui
est d’aimer. Les grimaces hideuses
ne sont rien face aux torsions de
l’âme qui conduisent ces hommes
à mépriser la douce vérité de Celui
qu’ils conduisent au gibet.
Le pas de l’Amour
Le Portement de croix
A
u tout début
du XVIe siècle, un
artiste au seuil de
la mort tient en ses
pinceaux l’immense
héritage d’un monde inissant
et les espérances prometteuses
d’un humanisme encore germinal. Cet homme, Jérôme Bosch,
nous livre dans la vocifération
picturale de ce presque mètre
carré de bois peint une puissante
expression de l’Amour bafoué
et pourtant vainqueur. Au cœur
des bouches et des regards, les
inesses et les épaisseurs
humaines s’entrecroisent dans
une promiscuité troublante.
Visages sur fond de nuit
La forme presque carrée du panneau favorise sans doute l’impression d’aplatissement et de nivellement des personnages. Hormis
quelques mains éloquentes, seuls
les bustes apparaissent, et du haut
en bas de l’œuvre, le fond sombre
est émaillé de cabochons de visages et de trognes. Il est frappant
de réaliser qu’aucun de ces visages
n’est vraiment beau. Il n’est peutêtre pas ici question de l’éternelle
diférence des canons esthétiques,
mais d’une manière de dire que
la beauté vient d’ailleurs ; que les
visages du Christ et de Véronique
ne sont beaux que par le rayonnement de leur intériorité.
« À ces mots, tous devinrent
furieux » (Lc 4, 28)
À bien des reprises, Jésus suscita la fureur chez ses contemporains ; plus exactement, il la révéla
en leur manifestant une justice
Le visage de Jésus est paisible.
Aussi impensable que ce soit,
il porte sa croix au milieu d’un
tohu-bohu de cris, de mépris et
d’haleines bestiales, sans céder
à la tentation de quitter la paix
de ses profondeurs. La soufrance,
perceptible, n’empêche pas le
silence de vérité de tracer sa route
au milieu des rugissements de
la foule : « Lui, passant au milieu
d’eux allait son chemin » (Lc 4, 30).
Jérôme Bosch a donné un visage à
l’Amour dont parle saint Paul dans
la Première Lettre aux Corinthiens :
« Il ne se réjouit pas de ce qui est
injuste, mais il trouve sa joie dans
ce qui est vrai ; il supporte tout,
il fait coniance en tout, il espère
tout, il endure tout. » (1 Co 13, 6-7).
Les paupières fermées du verbe
fait chair rejaillissent sur celles de
Véronique qui tout en tournant le
dos à Jésus emporte en elle-même
une face qui s’est imprimée de
bien des manières. À ces regards
clos et pourtant perçants s’oppose
la voracité obscène des yeux exorbités qui les cernent de leur folie.
Que faisons-nous du pouvoir de
nos regards ?
Arnaud Montoux
les saints
du week-end
Samedi
Sainte Jeanne de Lestonnac
(† 1640)
Après la mort de son époux,
elle fonde la Compagnie de
Marie-Notre-Dame pour
l’éducation des illes. Nièce
de Montaigne, celui-ci dira
d’elle : « Très pieuse, d’humeur
joyeuse, intelligente et belle,
la nature en avait fait un chefd’œuvre, alliant une si belle
âme à un si beau corps. »
Dimanche
Saint Anschaire († 865)
Il quitta la Picardie et son
abbaye bénédictine de Corbie,
pour fonder une abbaye à Saxe
et un monastère au nord de
Stockholm, ain d’évangéliser
« les hommes du Nord ».
Il est également vénéré
dans les Églises d’Orient.
Demain Sainte Jeanne de France
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Religion&spiritualité
Vivre.
à ne pas manquer ce week-end
Paris
Un colloque est organisé
samedi 2 février de 9 heures
à 18 heures au Collège des
Bernardins, en partenariat avec
le Theologicum de l’Institut
catholique de Paris, sur « les
manuscrits bibliques des pre-
Théâtre. L’amour,
le corps et Dieu
miers siècles, témoins de la
construction et de la transmission du nouveau testament ».
Rens. : collegedesbernardins.fr
Lons-le-Saunier (Jura)
Les élèves de sixième-cinquième du diocèse de SaintClaude (Jura) sont invités à
un rassemblement le 2 février,
pour un « samedi de Saint-Dé »,
à l’église Saint-Désiré. Temps
de louange, grand jeu et messe
sont au programme pour les
200 adolescents attendus.
Quimper (Finistère)
Samedi 2 février, de 9 heures à
Spiritualité.
La montagne
autrement
à lire
Comme chaque année, le sanctuaire de Notre-Dame-du-Laus
organise durant les vacances d’hiver des sessions « ski/spi » (1) ouvertes à tous – familles, amis – et
animées par l’équipe pastorale du
sanctuaire (prêtres et religieuses).
Au programme : prière, enseignements, veillées, et chaque jour,
des sorties ski dans plusieurs
stations des Hautes-Alpes.
Pour les hommes de 18 à 25 ans,
les chanoines de l’abbaye de Lagrasse (Aude) organisent aussi
une semaine de ski du 27 février
au 3 mars, « Fondés sur le roc »
(2). Au programme, ski alpin et
ski de randonnée, formation…
Départ de Perpignan.
Le spectacle développe avec tendresse la vie à deux. Cybèle Desarnauts
Mise en scène par Florence
Savignat, la pièce de Sophie
Galitzine magnifie par
le mouvement des corps
le couple et son engagement
quotidien.
Le Fruit de nos entrailles
Théâtre de l’Essaïon, Paris (6e)
Après Je danserai pour toi,
Sophie Galitzine est habitée par
le désir de dire ce qu’est l’engagement matrimonial autant que
l’engagement spirituel. C’est
donc par la danse qu’elle-même
et Fitzgerald Berthon invitent à
« aimer le tout petit banal » et à
être « radical dans la douceur », en
explorant tous les rythmes de la
danse et tous les soules du corps.
Le spectacle Le Fruit de nos
entrailles (1) raconte l’histoire de
Louison et Max, de leur mariage,
de leur vie quotidienne et de leur
engagement constamment renouvelé, sans jamais tomber dans
la sensiblerie mais au contraire
magniié par le mouvement des
corps. Il expose la tendresse au-
19
tant que la peur et la colère qui
habitent ceux qui s’engagent
pour la vie, et pour le ciel, devant
l’autre et devant Dieu.
Le public est plongé dès les
premières minutes dans une
ambiance monastique, attentif
à l’équilibre des corps, baignés
dans une lumière tantôt tamisée
tantôt rougeoyante et rythmés
par les notes d’un Stabat Mater
dolorosa ou celles d’une guitare et
d’un piano. Le décor minimaliste
se compose d’une unique chaise
et d’une tasse de café, objets
du simple quotidien.
Entre les monologues des deux
personnages s’enchâssent des
mouvements légers, expressifs
et suggestifs de danse contemporaine. Ce même mouvement, qui
suit le crescendo de la vie à deux,
s’incarne parfois dans le regard
et l’alliance des corps. En sortant
de la pièce, on garde en tête cette
phrase qui résonne, si pertinente
aujourd’hui : « Tout va si vite alors
que le ciel, lui, ne court pas. »
Violaine Epitalon
(1) Jusqu’au 31 mars.
(1) Rens. : sanctuairenotredamedulaus.com
(2) Rens. : fondes.surleroc@lagrasse.org
14 heures, Habitat et humanisme
Finistère organise le « Potage
des chefs » : 21 chefs prépareront
gratuitement un potage, qui sera
vendu 5 € le demi-litre. Les bénéices seront reversés à l’association Habitat et humanisme.
Rens. : lepotagedeschefs.bzh
« Déclarations
d’amour »
aux chrétiens
d’Orient
Chrétiens d’Orient, mon amour
Sous la direction de Marie
Thibaut de Maisières et Simon
Najm, photographies de
J. de Tessières et O. Papegnies
Mardaga, 271 p., 34,90 €
« Ce livre n’est pas un dictionnaire, c’est une déclaration
d’amour classée par ordre alphabétique. » C’est plus précisément 102 déinitions, illustrées
de clichés photographiques et de
témoignages, aussi bigarrés et
éclectiques que le sont les chrétiens d’Orient eux-mêmes et le
paysage dans lequel ils évoluent.
L’ouvrage se présente comme
une « mosaïque ». Plusieurs auteurs se sont regroupés pour y
faire le récit de leurs diverses
expériences sur place. « On ne
sort pas indemne d’une vie, d’une
enfance, d’un passé, d’un voyage
ou même d’une rencontre avec la
chrétienté orientale », écrit l’un
d’eux. L’ouvrage atteint pleinement son objectif : faire vivre
aux yeux de tous la réalité d’une
population à l’héritage riche, au
cœur d’une réalité violente.
Violaine Epitalon
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Religion&spiritualité
20
Lundi 4 février
Temps ordinaire.
(Hébreux 11, 32-40 ;
Ps 30, 20, 21, 22ab,
23, 24 ; Marc 5, 1-20.)
Ste Jeanne de France,
fondatrice de
l’Annonciade
à Bourges, † 1505 ;
Bérénice, Vanessa,
Véronique.
Mardi 5
Ste Agathe,
martyre, † 251 à Catane
(Sicile). (Hébreux 12,
1-4 ; Ps 21, 26b-27, 28,
30, 31-32 ; Marc 5, 21-43.)
Avit.
Mercredi 6
St Paul Miki,
prêtre, et ses compagnons, martyrs, † 1597
à Nagasaki. (Hébreux 12,
4-7, 11-15 ; Ps 102, 1-2,
13-14, 17-18a ; Marc 6,
1-6.) St Gaston, évêque
d’Arras, † VIe siècle ;
Amand, Antolien,
Doris, Dorothée, Vaast.
Jeudi 7
Temps ordinaire.
(Hébreux 12, 18-19,
21-24 ; Ps 47, 2-3ab, 3cd-
4, 9, 10-11ab ; Marc 6,
7-13.) Bse Rosalie Rendu,
ille de la Charité,
† 1856 ; Audren,
Eugénie, Nivard,
Trésain, Warren.
Vendredi 8
Temps ordinaire.
(Hébreux 13, 1-8 ; Ps 26, 1,
3, 5, 9abcd ; Marc 6, 1429.) St Jérôme Émilien,
fondateur, † 1537 à
Somasca (près de
Bergame) ; Ste Joséphine
Bakhita, esclave soudanaise puis religieuse,
† 1947 à Schio (Italie) ;
Jackie, Jacqueline, Nicet.
Samedi 9
Temps ordinaire.
(Hébreux 13, 15-17, 20-21 ;
Ps 22, 1-2ab, 2cd-3, 4, 5,
6 ; Marc 6, 30-34.)
St Miguel Febres
Cordero, Équatorien,
frère des Écoles chrétiennes, † 1910 ; Ansbert,
Apolline, Chamassy,
Maron, Théliau.
Dimanche 10
Cinquième dimanche
du temps ordinaire.
(Isaïe 6, 1-2a, 3-8 ; Ps 137,
1-2a, 2bc-3, 4-5, 7c-8 ;
1 Corinthiens 15, 1-11 ;
Luc 5, 1-11.)
Ste Scholastique,
sœur de St Benoît,
moniale, † vers 543
au Mont-Cassin ;
Arnaud, Austreberte,
Prothade, Trojan.
(Semaine I
pour l’oice.)
l’évangile
du dimanche
Jésus allait son chemin
4e dimanche
du temps ordinaire
(Luc 4, 21-30)
L
isant l’évangile de ce
dimanche à la hâte, on
est tenté de penser que
Jésus récolte ce qu’il a
semé. Les habitants de
Nazareth peuvent-ils ne pas être
« remplis de fureur » à l’écoute
du rappel provocateur des deux
récits de la veuve de Sarepta et
du lépreux Naaman ? À deux
reprises, leurs Pères dans la foi,
Élie et Élisée, sont sortis de la
« normalité religieuse » en secourant des païens. Fallait-il raviver
ces faits ? N’était-il pas préférable
d’oublier que Dieu ne fait
acception d’aucun homme ?
Ce réveil mémoriel, dans la
bouche du ils de Joseph, leur
semble totalement importun.
Ils attendaient de leur « compatriote » davantage de considération. Qu’au moins il les honore
de prodiges et de signes à l’identique de ceux accomplis par
lui à Capharnaüm. Ce serait la
moindre des choses envers
la cité dans laquelle il a grandi.
Nazareth en tirerait notoriété.
Pour qui se prend-il à prétendre
que le récit d’Isaïe, dont il vient
de faire lecture à la synagogue,
s’accomplit aujourd’hui ? Le
moins que l’on puisse dire est
que la tentative oratoire de Jésus sur la parabole « Médecin,
guéris-toi toi-même ! » n’apaise
aucunement les idèles de la synagogue. Leur fureur s’exacerbe.
On oublie parfois la virulence de
cet épisode marquant le début
du ministère du Fils de l’homme.
Celui qui sera livré pour la multitude au Golgotha aurait pu être
tué par les siens. Jeté comme un
malfaiteur depuis l’escarpement
de Nazareth. Sans que, peut-être,
l’histoire religieuse ne garde
mémoire de lui.
La question que suscite l’évangile de Luc n’est pas seulement
l’impossibilité du prophète à
être bienvenu en sa patrie. Après
tout, là n’est pas le fait unique
de Jésus. Bien d’autres « prophètes » ont essayé vainement
de convertir les leurs. Ce qui
spéciie le Christ est son identité
même ! Venu du Père pour sauver tous les hommes, il incarne
la liberté plénière de ne dépendre de personne. Il n’est pas
venu de Dieu pour être redevable
d’un privilège envers son bourg
La parole de Dieu
viviie qui veut
bien se livrer
à elle humblement.
d’enfance. C’est l’humanité,
en son universalité, qui est
aimée et appelée à sa suite. Sa
citation de la veuve de Sarepta
et de Naaman n’est pas anodine.
Elle est sa joie et son dessein.
Il est Fils de Dieu pour toutes
les nations.
L’évangile nous dit fondamentalement qui est Jésus ! Libre
de toute entrave, venu pour que
tous aient la vie en abondance.
La fureur des Nazaréens nous interpelle sur toute tentation de ramener à nous la puissance de son
témoignage. N’étant pas compatriotes de Jésus, nous pourrions
nous croire indemnes de tout
risque récupérateur de sa personne et de son message.
Redoutable erreur ! Le disciple
doit sans cesse se convertir
à plus grand que lui.
Le subjectivisme ambiant et
l’actuelle inculture religieuse ne
facilitent pas la tâche. Cependant, la soif spirituelle exprimée
par tant de frères humains, et leur
aspiration à davantage de simplicité, sont des signes particulièrement appelants. Pour goûter
l’aujourd’hui de l’évangile, il faut
plus que jamais écouter ce que
l’Esprit veut dire aux Églises de
ce temps. Pour tendre vers cette
réception authentique du désir
de Dieu, il n’y a pas à tergiverser.
La parole de Dieu transforme et
éclaire en profondeur qui veut
bien l’écouter au-dedans. La parole de Dieu viviie qui veut bien
se livrer à elle humblement. Nous
manquons sans doute de simplicité et de sérénité quant à la fécondité de la présence agissante
de Jésus en nos cœurs. Thérèse
d’Avila nous presse d’ouvrir notre
intérieur au don du Christ : « Pensez-vous que le Seigneur se taise
quand nous ne l’entendons pas ? Il
parle fort bien au cœur quand, de
tout cœur, nous le lui demandons.
Ne nous écartons jamais d’un
si bon ami ! »
P. Bernard Podvin
En ce temps-là, dans la
synagogue de Nazareth,
après la lecture du livre d’Isaïe,
Jésus déclara : « Aujourd’hui
s’accomplit ce passage de
l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient
témoignage et s’étonnaient
des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le ils
de Joseph ? » Mais il leur dit :
« Sûrement vous allez me citer
le dicton : ”Médecin, guéris-toi
toi-même”, et me dire : “Nous
avons appris tout ce qui s’est
passé à Capharnaüm : fais
donc de même ici dans ton lieu
d’origine !” » Puis il ajouta :
« Amen, je vous le dis : aucun
prophète ne trouve un accueil
favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du
prophète Élie, lorsque pendant
trois ans et demi le ciel retint la
pluie, et qu’une grande famine
se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves
en Israël ; pourtant Élie ne fut
envoyé vers aucune d’entre
elles, mais bien dans la ville de
Sarepta, au pays de Sidon, chez
une veuve étrangère. Au temps
du prophète Élisée, il y avait
beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été puriié,
mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent
Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est
construite, pour le précipiter
en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Autres textes : Jérémie 1, 4-5, 17-19 ;
Ps 70, 1-2, 3, 5-6ab, 15ab, 17 ;
1 Corinthiens 12, 31 – 13, 13.
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21
La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Musique.
Balade.
Télévision.
Le chant solaire de Rêves bleus
« Engrenages »,
Leyla McCalla P. 23 à Samarcande P. 26-27 nouvelle saison P. 28
Culture&loisirs
Half Baby Chimp, de Bordalo II. Amand Berteigne
passion(s)
Jean-Claude Raspiengeas
Le cœur
d’Éric Holder
M
L’art de recycler
P. 22
ardi 22 janvier, l’écrivain Éric
Holder, 58 ans, a été terrassé
par une crise cardiaque chez
lui. Ce Lillois avait naguère quitté
sa Seine-et-Marne d’adoption pour
s’installer dans le Médoc, avec son
inséparable, sa consolante, l’éditrice
Delphine Montalant. Avec elle, il
jouait le bouquiniste sur les marchés.
Entre deux travaux saisonniers.
Dans Bella Ciao, poignante déclaration d’amour à « la femme de sa vie »,
Éric Holder, auteur d’une trentaine de
livres, qui tirait le diable par la queue,
avait évoqué sa condition de travailleur
agricole précaire, ses périodes de naufrage dans l’alcool, ses tourments et
ses abîmes, en termes déchirants et
feutrés. Mademoiselle Chambon, récit
bouleversant dans un milieu modeste
d’une passion secrète et d’un amour
impossible, révélait un auteur familier des failles et des fêlures. Dans un
monde attachant, au calme trompeur,
cet aquarelliste au regard très doux
dessinait la vibration des heures, la
rumeur mélodique des vagues, le ballet céleste des nuages, les lèvres d’une
femme, la lumière d’un visage aimé.
On sortait de ses livres en état de
bonheur, bercé par l’ininie délicatesse du style, envoûté par l’univers
poétique de ce contemplatif, si sensible, fasciné, disait-il, par « la beauté
fracassante de la nature, chaque jour
renouvelée. Certains matins, quand
les peupliers frissonnent, quand les
clochers du Médoc émergent de la
brume, c’est à tomber à genoux de
gratitude. Je n’ai plus qu’à trouver
les mots pour traduire cette grâce, et
transmettre ce sentiment de plénitude. » Mais les ombres demeuraient.
« Quand je regarde autour de moi, j’ai
la sensation que mes eforts sont vains.
Ni puissant, ni fort, ni armé, je ne
peux me prévaloir de rien. »
Delphine Montalant est morte en
novembre dernier. Éric Holder n’a pas
survécu à la disparition de « l’amour
de sa vie ». Le cœur a lâché.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Culture
22
Il transforme les déchets
de plastique en œuvres d’art
Nos poubelles sont
une mine d’or pour Bordalo II,
jeune artiste portugais.
Les déchets récoltés
deviennent de superbes
animaux en plastique colorés.
Son exposition-manifeste,
à Paris (1), dénonce la folie
destructrice de la société
de consommation.
Bordalo II – Accord de Paris
10-12, avenue de France, Paris (13e)
I
l n’a guère envie d’être pris
en photo, Artur Bordalo !
Ce jour de in janvier, alors
qu’il init juste d’installer
une trentaine de ses créations dans les 700 m2 du rez-dechaussée et du sous-sol d’un immeuble à peine terminé, à Paris
(13e), cet artiste portugais fait
des mimiques, puis cache son
visage dans la capuche de son
sweat gris. Il veut d’abord que l’on
s’intéresse à son travail, exposé
à Paris jusqu’au 2 mars. Ce sont
d’étranges animaux – essentiellement des espèces menacées – aux
couleurs pétantes, créés avec des
plastiques de récupération disposés sur des supports en bois
également récupérés.
à Lisbonne, l’atelier d’Artur
Bordalo est rempli de cageots cassés, de tuyaux usés, de poubelles
en plastique, de vieux pneus,
de pare-chocs, de composants
électroniques en tous genres…
« Au début, je les ramassais dans
les poubelles et sur les trottoirs.
Maintenant, des gens m’en
apportent », conie-t-il.
Pourquoi les découper à la scie
sauteuse pour leur donner l’allure d’ours, de loups, de ratons
laveurs, de lions, d’éléphants,
etc., puis les assembler sur le
sol, les coller, puis les colorer à
la bombe aérosol ou au pinceau
avec de la peinture acrylique à
l’eau ? Ou, parfois aussi, les ixer
à un mur pour en faire des basreliefs animaliers ? « Les animaux
sont les personnages auxquels le
public s’identiie le plus facile-
Half lion, dans l’exposition Accord de Paris. Amand Bertreigne
ment quand je veux montrer les
ravages de notre société sur la nature », explique Artur Bordalo qui
signe Bordalo II, en hommage à
son grand-père. C’est ce dernier,
l’aquarelliste Artur Real Bordalo,
décédé l’an dernier à 91 ans, qui
l’a initié, enfant, à la peinture.
Bordalo II, lui, a découvert la
sculpture pendant ses études
aux Beaux-Arts de Lisbonne. Très
vite, il s’est intéressé à l’art urbain, et notamment au graf. Puis
il a découvert que les poubelles
seraient, pour lui, une mine d’or.
Si les œuvres exposées à Paris,
en intérieur, ont été fabriquées
ailleurs, Bordalo II a néanmoins
réalisé in situ deux créations
sur des murs alentour, dont un
bas-relief en forme de chouette
ixé au mur de la gare Masséna
désafectée, sur l’ancienne ligne
de train dite « petite ceinture ».
Pour lui, c’est une manière poétique de sensibiliser les gens à
consommer moins, à réduire
leur production de déchets. « Il
n’est pas trop tard pour changer
nos habitudes », dit-il. Ce jeune
plasticien (il est né en 1987) aux
cheveux ébourifés se déinit
comme un « activiste écologiste ».
Il veut dénoncer
la folie destructrice
de notre société,
le réchauffement
climatique…
Half owl, ancienne gare Masséna, à Paris (13e). Miguel Portelinha
Avec son travail, il veut dénoncer la folie destructrice de notre
société, le réchaufement climatique, l’extinction massive
des espèces, la déforestation,
la production de déchets industriels en masse, notre mode
de consommation qui génère
une pollution dont meurent les
océans et les animaux.
Son exposition actuelle est
titrée « Accord de Paris », en référence à cette tentative pour
maîtriser le réchaufement climatique. Paradoxe, elle est montrée dans un local appelé à héberger un supermarché, un de ces
temples de la consommation
qu’il dénonce.
Après avoir conquis Lisbonne,
sa ville natale, Artur Bordalo est
devenu une des signatures de
l’art urbain international, avec
une centaine de créatures bariolées installées dans une vingtaine de pays. Il avait réalisé deux
créations à Paris, en 2017, mais
l’exposition actuelle, à l’initiative
de la galerie Mathgoth (2), est sa
première vraie exposition personnelle en France. C’est aussi
pour lui l’occasion de lancer un
manifeste dénonçant les ravages
de la société de consommation
sur la nature et une tentative de
sensibiliser la jeune génération à
la nécessité de sauver la planète.
Activiste, décidément.
Paula Boyer
(1) Jusqu’au 2 mars.
(2) www.mathgoth.com
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Culture
23
sélection
Leyla McCalla chante avec force
le son du bayou. La NouvelleOrléans nourrit son inspiration.
Greg Miles
Leyla McCalla,
créole engagée
Avec The Capitalist Blues,
la chanteuse américaine
d’origine haïtienne pose
les rythmes lamboyants
de La Nouvelle-Orléans sur
des paroles graves, exaltant en
musique la valeur de l’humain
dans un monde brutal.
L
eyla McCalla est une musicienne du réel. Si son troisième album The Capitalist
Blues, festif et triomphal, se démarque des précédents, plus intimistes, c’est parce qu’il relète ce
qu’elle est devenue. « Je me sentais naturelle et honnête en composant ce disque », conie-t-elle.
À 33 ans, l’auteure-compositriceinterprète a lâché le violoncelle
virtuose qui l’a rendue célèbre
pour « ouvrir davantage sa musique, et en enrichir le son ».
Née à New York de parents
d’origine haïtienne, Leyla McCalla
s’est posée avec mari et enfants à
La Nouvelle-Orléans, et la grande
ville du sud des États-Unis nourrit son inspiration. « J’explore de
nouvelles textures et j’ai incorporé
des cuivres, des instruments électroniques, des percussions. » Avec
le vétéran local du rhythm’n’blues
Jimmy Horn, et une quinzaine de
musiciens du cru réunis dans la
formation « King James and the
Special Men », elle rend à merveille le son du bayou, vibrant
de sensualité et d’énergie.
Tous cuivres dehors, avec un
son électrisant, des rythmes allant de la chaloupée des calypsos
à ceux de la grande parade de carnaval, des chœurs jubilant et des
cordes authentiquement blues,
Leyla McCalla fait lamboyer des
mélodies vibrantes sur lesquelles
elle pose sa voix profonde.
Sa musique joyeuse et pleine
d’énergie, elle la tire aussi de la plénitude d’une vie personnelle épanouie, comme en témoignent les
deux bébés qui l’ont accompagnée
à Paris et dorment paisiblement
dans une poussette double, tout
près d’elle. Ses jumeaux, un garçon
et une ille, ont 8 mois ce jour-là, et
elle ne se sentait pas prête « si tôt »
de les laisser à leur père, le guitariste canadien Daniel Tremblay.
« Nous avons une illette de 4 ans
et maintenant les jumeaux. Déjà
une grande famille ! C’est une fête
permanente », sourit-elle.
Le bonheur n’empêche pas
l’engagement, au contraire, il le
stimule. L’exigence de justice sociale de Leyla McCalla la pousse à
exorciser en chansons l’envers du
rêve américain, de Money is King
à ce Capitalist Blues qui donne
son nom au disque. « Notre pays
a été fondé sur cette idée qu’en travaillant assez dur, on pourra s’offrir ce que l’on veut. Cela génère
surtout exploitation et dysfonctionnements. Quelle est la valeur de
l’argent ? Quelle est la valeur de la
vie humaine. Et surtout, quel équilibre maintenir entre les deux ? »,
s’interroge la chanteuse.
Leyla McCalla s’est toujours sentie « tiraillée entre des
mondes ». Enfant, à New York,
elle était considérée comme noire
« mais avec mes origines haïtiennes, je n’avais pas les références
des Noirs américains ». La Louisiane lui a permis de (re)trouver
son identité. « ”Vous avez l’air
d’une créole”, me disait-on, et ça
m’a permis de savoir qui je suis.
Oui, je suis une créole ! », lance
ièrement la jeune femme.
Elle chante plusieurs morceaux
en créole haïtien, en un acte de
résistance. « Notre richesse aux
États-Unis s’est bâtie sur le dos
de mes ancêtres », rappelle Leyla
McCalla, incluant, avec ces deux
possessifs, ses deux pays, l’originel et l’actuel. Pas question
pour elle de ressasser une histoire cruelle. Mais elle se régale de
mettre sa voix ample et authentique sur une langue « puissante
et belle », exaltant un métissage
revendiqué comme une force.
Nathalie Lacube
Disque : The Capitalist Blues,
un CD Jazz Village/Pias, 15,99 €
Concerts : le 19 mars à Portes-lès-Valence,
le 21 mars à Courbevoie, le 27 mars
à La Cigale, à Paris.
Trois siècles
d’estampe
japonaise
L’Estampe japonaise
de Nelly Delay
Hazan, 29,95 €
V
ous aimez l’art de
l’Ukiyo-e, ces images du
monde lottant qui leurirent à partir d’Edo entre le XVIIe
et le XIXe siècle ? Vous devriez
goûter ce livre rainé dans lequel
Florence Delay, historienne
de l’art, spécialiste du Japon ancien, retrace avec moult détails
l’histoire de l’estampe dans
ce pays, depuis les primitifs
jusqu’à l’ouverture
à l’Occident
en 1867.
Plus de
500 reproductions
y font
miroiter
la riche
variété
de ce
genre où l’on trouve aussi bien
des portraits de geishas ou
d’acteurs, des scènes érotiques,
que des paysages changeant
au rythme des saisons et de
délicates natures mortes. Prisées
par la classe marchande et signées par d’immenses artistes,
elles témoignent, sous le règne
des Shoguns Tokugawa selon
l’auteure, d’une « fantastique
implosion de liberté ».
Sabine Gignoux
Les informés
de franceinfo
Pierre Neveux
chaque dimanche de 20h à 21h
avec la rédaction de
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Culture
24
sortir
Quel
chantier !
Icare au sommet de l’Empire State Building, par Lewis Hine, 1931. The New York Public Library
Une exposition touffue mais
intéressante se penche sur les
représentations du chantier
de construction, théâtre
des évolutions techniques,
sociales et politiques,
qui stimule l’imaginaire.
L’art du chantier
Cité de l’architecture
et du patrimoine
L
e port du casque n’est pas
obligatoire, mais l’exposition de la Cité de l’architecture ne ménage pas les crânes
de ses visiteurs. Dense comme
du béton, « L’art du chantier »
est un panorama toufu des représentations de cette étape souvent ingrate de la construction.
Découpé en trois parties abordant les aspects techniques, puis
sociopolitiques et enin esthétiques du chantier, le parcours
exige de l’attention mais ofre
à l’amateur d’architecture des
éclairages étonnants. Comme
ces dessins très vivants que John
Soane, architecte de la Banque
d’Angleterre, faisait faire à la in
du XVIIIe siècle à ses élèves stagiaires pour leur apprendre à
construire mais aussi à observer
« les efets d’ombre et de lumière ».
Au siècle suivant, la révolution
industrielle donne à voir, dans le
journal L’Illustration, les travaux
dantesques réalisés de nuit dans
la rue de Rivoli, à Paris. Une documentation qui inspire Émile Zola
lorsqu’il décrit l’exaspération et
l’efroi des riverains face à l’édiication du « Bonheur des dames ».
Avec les débuts de la mécanisation disparaissent des métiers au
nom aujourd’hui exotique : toiseur
et badigeonneur, batteur de plâtre
et broyeur de couleurs… La perception des progrès techniques
est ambivalente : de rutilants modèles réduits de bétonnière Paulin
Richier côtoient une aiche inquiétante de l’Organisme de prévention du bâtiment montrant un
robot broyant un travailleur.
Au cœur des conlits sociaux,
les ouvriers, tels que dépeints par
Théophile Alexandre Steinlen à
la in du XIXe siècle, sont perchés
au sommet d’échafaudages, dominant la ville dont ils prennent
symboliquement possession.
Gloriiée au début du
XXe siècle, la igure des acrobates
bâtisseurs de gratte-ciel new-yorkais, sur les clichés vertigineux
de Lewis Hine, cherche à redonner coniance aux Américains,
lors de la « grande dépression ».
L’ouvrier des temps modernes
est viril ou musclé, tandis que
l’ouvrière est libre et volontaire.
Musique
Au fil des voix,
de la Bretagne à tout l’univers
Festival des musiques
du monde, Au il des voix
investit cinq salles parisiennes en un voyage
sans frontières. Géant
de la musique celtique,
Alan Stivell ouvre le bal
le 4 février en présentant
Human-Kelt. Puis se succèdent talents émergents
ou reconnus en un savant
mélange. Le 7 février, la
Cumbia Chicharra rugit
avec Hijo de Tigre, le sud
de l’Italie (Rachele
Andrioli, Rocco Nigro) et
le Brésil (Joao Cavalcanti,
Marcelo Caldi) s’exprimant le 8, quand la chan- Cumbia chicharra. Seven Hole
teuse Elina Duni se produit le 13. La soirée la plus mémorable pourrait bien être celle
du 11 février, qui verra Dafné Kritharas interpréter des chants grecs
et judéo-espagnols de sa voix splendide, suivie par les chanteursbohèmes du Dan Gharibian Trio.
Nathalie Lacube
Gloriiée au début
du XXe siècle, la
igure des acrobates
bâtisseurs de gratteciel new-yorkais,
sur les clichés
vertigineux de Lewis
Hine, cherche à
redonner coniance
aux Américains.
Rens. : auildesvoix.com
Aujourd’hui, chez certains
constructeurs comme Patrick
Bouchain, longuement interrogé
dans une vidéo qui clôt le
parcours, le chantier est mis
au service d’une construction
collaborative qui met en relation architectes et habitants,
artistes et ouvriers. Un lieu où se
construit un bâtiment et où se
tisse un lien social.
Jeanne Ferney
Stéphane Dreyfus
Jusqu’au 11 mars. Cité de l’architecture
et du patrimoine. 1, place du Trocadéro,
Paris 16e. Rens. : 01.58.51.52.00
et www.citechaillot.fr
Ateliers enfants à partir de 4 ans,
les mercredis, jeudis et samedis à 14 h 30.
Théâtre
L’homme qui ne rit plus
Denis Lavant dans la peau d’un clown philosophe, en proie à une
crise existentielle ? Le rôle va comme un gant au comédien, formé
dès l’adolescence à l’acrobatie et au mime. Sur la scène du Théâtre
de l’Œuvre, transformée en loge d’artiste, l’acteur prête sa voix
caverneuse et la plasticité de son visage à Auguste, personnage
hugolien né sous la plume de Henry Miller. Un « clown de renommée
mondiale » mais un être malheureux, clochard céleste aspirant aux
émotions véritables, loin des « rires sans gaieté » que provoque son
numéro. Le Sourire au pied de l’échelle est son touchant lamento,
chant du cygne d’un homme qui voulait devenir lui-même.
Le Sourire au pied de l’échelle, d’après Henry Miller, Théâtre de l’Œuvre,
Paris 9e. Jusqu’au 17 février. Du mercredi au samedi à 19 heures,
les dimanches à 17 h 30. Rens. : 01.44.53.88.88 ; theatredeloeuvre.com
RDV
MÉDIAS
Radio
SAMEDI À 18H15 I DIMANCHE À 7H03 ET 22H45
Retrouvez Robert Migliorini de LA CROIX
sur RCF dans l’émission
« Un air qui me rappelle »
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Art de vivre
goûter
25
jardiner
Saint-Jacques
au chou-leur
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de lecteurs
Comment
entretenir
au mieux
un anthurium ?
Je viens d’en
acheter un,
superbe, avec
des feuilles
luisantes,
et de grandes
spathes
rose et vert.
Christine Malbet,
à Paris
Le chef Riccardo Berto revisite
à sa manière les grands classiques
de la tradition française.
Et propose ces noix de SaintJacques au chou-leur avec caviar
de hareng et chocolat blanc.
Pour 4 personnes : 12 noix
de Saint-Jacques, 1 chou-leur,
10 cl d’huile d’olive de Nyons, 1 citron,
1 l de lait, 50 g d’œufs de hareng.
Pour les pickles : 40 cl d’eau, 20 cl
de vinaigre de cidre, 100 g de sucre.
Pour l’émulsion chocolat-martini : 50 g de beurre, 50 g d’échalotes
ciselées, 30 g de fenouil ciselé, 10 g
d’ail, 20 cl de martini extra-dry, 100 g
de chocolat blanc de chez M. Morin,
10 cl de lait, 10 cl de crème.
Couper le chou-leur en 2.
Réserver la moitié.
Râper l’extrémité de 1/4 et blanchir
ces brisures dans de l’eau bouillante
salée. À la reprise d’ébullition,
égoutter et refroidir.
Prélever les sommités de l’autre
quart et les plonger dans le mélange
pour pickles porter à ébullition.
Ôter du feu à la reprise de l’ébullition,
laisser refroidir.
Pour la purée, couper l’autre
moitié du chou-leur en morceaux,
cuire dans le lait 20 mn, mixer avec
5 cl d’huile olive. Saler, poivrer.
Pour l’émulsion : faire suer dans
l’huile d’olive, échalote, fenouil et ail.
Déglacer avec le Martini, réduire
de moitié. Ajouter lait, crème et
chocolat blanc. Chaufer doucement
jusqu’à ce que le chocolat soit fondu.
Saler, poivrer.
Poêler les noix de Saint-Jacques
des deux côtés.
Dressage : Poser trois points
de purée sur l’assiette ; à côté, placer
trois petits tas de couscous de
chou-leur assaisonné d’huile d’olive,
jus de citron, sel et poivre. Poser les
Saint-Jacques sur la purée. Terminer
avec les pickles, une petite cuillerée
de caviar de hareng et l’émulsion
de chocolat-martini.
Note personnelle : accompagnez
d’un verre de vin blanc de grignanles-adhémar, « Les Demoiselles
Rozel ».
Noémie Vialard
D’après Riccardo Berto, Le Moulin de Valaurie
26230 Valaurie. Tél. : 04.75.97.21.90 ;
www.lemoulindevalaurie.com
questions
Le chou-leur, surtout en hiver !
Si l’on peut récolter le chou-leur
toute l’année, c’est en hiver
que ce légume est le plus apprécié.
M
ême s’il est l’un
des emblèmes de
la Bretagne – il aime
particulièrement
le climat océanique –
vous pouvez l’adopter dans votre
jardin quelle que soit votre région.
Il a un ennemi : la piéride du chou !
Beaucoup de légumes aident à lutter contre ce prédateur. Leur association est quasi indispensable pour
obtenir une belle récolte. Ce légume
se cultive pour ses leurs – bouquets
pas encore ouverts – et non pour ses
feuilles. Si ces boutons sont traditionnellement de couleur blanche,
on trouve des variétés vert anis,
abricot ou violet.
Dès février, donc maintenant,
semez sous abri et couche chaude
(châssis ou serre froide) les variétés
d’été. D’avril à juin, efectuez en pépinière les semis des variétés d’automne et d’hiver. En août et septembre, c’est au tour des choux-leurs
à récolter au printemps d’être semés
en pépinière.
En sol bien ameubli, placez les
graines à 1 ou 2 cm de profondeur,
tous les 5 cm. Recouvrez de terreau
in, et arrosez à la pomme. Attendez
que les plantules aient quatre feuilles
pour les repiquer en pleine terre ou
sous abri. Lorsqu’elles ont sept ou
huit feuilles, installez-les à leur place
déinitive, tous les 80 cm, en sol fertile et frais, en faisant un apport de
compost. Paillez.
Lorsque les pommes apparaissent,
cassez les feuilles du pourtour et repliez-les sur ces têtes, ain qu’elles
conservent une jolie couleur. Récoltez
lorsque les pommes sont bien compactes, en les coupant au ras du sol,
tout en conservant quelques feuilles.
La piéride du chou, qui se délecte des feuilles, n’aime pas du tout
l’odeur des céleris. Alors… l’association chou-leur et céleris est indispensable. Plantez les choux-leurs
près des légumineuses (fèves, pois,
haricots) : ils pousseront mieux.
Ils aiment aussi les pommes de terre,
les oignons, et toutes les salades.
Les aromatiques éloignent les
parasites qui risquent de les attaquer, avec en vedettes, la sauge,
le romarin, la mélisse… Par contre,
évitez l’union avec les fraisiers et
les autres choux.
Le chou-leur est une plante exigeante qui ne doit pas être replantée
au même endroit avant quatre ans.
Noémie Vialard
Placez-le
en pleine
lumière en
hiver, mais
protégez-le
du soleil direct
en été. Arrosez,
à l’eau non
calcaire, juste
avant que
la terre ne
sèche, mais
attention,
ne laissez jamais d’eau dans
la soucoupe,
car ses racines
n’aiment pas
l’eau stagnante !
Apportez-lui
de l’engrais
pour plantes
leuries d’avril
à septembre.
Vaporisez
le feuillage,
surtout en
hiver, chaque
semaine, toujours en évitant
de mouiller
les spathes.
Chaque printemps, ou
tous les deux
ans lorsque
la plante commence à avoir
une belle taille,
rempotez-la
dans un mélange composé
à parts égales
de terreau pour
plantes d’appartement, de terre
de bruyère
et de sable.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Balade
26
Ci-contre et à droite, la nécropole Chakh-i-Zinda, à Samarcande.
Julia – stock.adobe.com
Dudarev Mikhail – stock.adobe.com
Samarcande, la grande
Avec ses coupoles
turquoise, ses mosquées,
ses medersas,
ses mausolées, cette ville
d’Asie centrale convoque
l’imaginaire des « Mille
et Une Nuits ». On y croise
le souvenir d’Omar
Khayyam, poète,
mathématicien et
astronome. Et d’Ulugh
Beg, le prince astronome.
Samarcande (Ouzbékistan)
De notre envoyée spéciale
C
’est un bel d’aprèsmidi d’automne. Nous
sommes à Samarcande,
dans la nécropole Chakhi-Zinda. Édiiée à partir du XIe siècle sur un site réputé
avoir abrité le tombeau de Koussam
Ibn Abbas, cousin du prophète Mohammed venu prêcher l’islam au
VIIIe siècle dans les vastes steppes de
l’Asie centrale, cette nécropole, magniiquement restaurée, fait se succéder, de part et d’autre d’un étroit
pavement en briques, des mausolées dans une débauche de faïences
bleu foncé, bleu turquoise, bleu cobalt, vert et jaune aussi. À l’intérieur,
d’autres murs de couleurs vives, des
coupoles rainées et des muqarnas
(nids d’abeilles) précieux.
Dans la foule éparse, un homme s’arrête de temps à autre pour examiner le
détail d’un portail. Avec son long caftan bleu et son dopi (calot), il a l’allure
d’un Ouzbek, et pourtant, un je-nesais-quoi le trahit. Peut-être son insistance à scruter les briques émaillées,
les majoliques, les inscriptions calligraphiques en arabe et en persan, les
dessins loraux et géométriques…
L’homme est français, en efet.
C’est le peintre orientaliste Tristan
Rà (1) qui, après en avoir longtemps
rêvé, est venu admirer les coupoles
turquoise à nervures de Samar-
KAZAKHSTAN
OUZBÉKISTAN
Tachkent
Boukhara
TURKMÉNISTAN
IRAN
200 km
TADJIK.
Samarcande
AFGHANISTAN
cande… « J’ai besoin d’avoir un déclic,
il me faut marcher dans la rue, parler
aux gens, avoir le goût de la couleur
dans la bouche, le bruit de la rue », ditil. Tristan Rà a entrepris de visiter, les
uns après les autres, tous les pays se
trouvant sur la route de la soie – pour
faire le plein de sensations colorées et
de visages qui, de retour à son atelier,
lui inspirent de nombreuses toiles.
Il a d’ailleurs déjà en tête de revenir
l’automne prochain à Samarcande.
Ce n’est pas tant l’histoire de cette
nécropole, devenue un important
centre de pèlerinage, que son esthétique qui bouleverse Tristan Rà. Elle
a d’ailleurs poussé au voyage, avant
lui, tant de croyants, d’artistes, de rêveurs… « Sa découverte a été un grand
choc. J’y suis retourné à trois reprises »,
conie-t-il, avant d’insister sur « le génie qui s’y est développé dans la céramique, pendant un bon siècle ». « J’étais
très ému. Ce lieu est bien plus intime,
bien plus touchant que la place du
Réghistan », dit-il encore.
PPP
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Balade
P P P Aujourd’hui deuxième ville
d’Ouzbékistan (500 000 habitants),
Samarcande est une cité verdoyante,
estudiantine et administrative, traversée par de grands boulevards tracés au
XIXe siècle qui font oublier les rues défoncées des périphéries. Elle n’en reste
pas moins une des villes mythiques
de l’Asie centrale, dont le nom est volontiers associé au grand poète perse,
mathématicien et astronome Omar
Khayyam qui y a vécu un temps.
Samarcande a été
un carrefour pour les
caravanes de la route
de la soie venant de
Chine, d’Inde, d’Iran.
Comme ses voisines Boukhara et
Khiva, Samarcande a été un carrefour
pour les caravanes de la route de la
soie venant de Chine, d’Inde, d’Iran.
Elle était le centre de la Sogdiane.
Située à l’origine un peu plus en
hauteur, elle se nommait Afrosiab. Au
cours de ses 25 siècles d’histoire, elle
a été plusieurs fois détruite. Elle a survécu aux multiples invasions, celles
d’Alexandre le Grand, des Arabes,
des Mongols… Timour le Grand (ou
le boiteux), que nous appelons, en
France, Tamerlan, en a fait la capitale
de son empire, qu’il voulait capitale
du monde. Il l’a embellie en contraignant à y venir les meilleurs artisans
des pays conquis. Aujourd’hui, la mosquée Bibi-Khanoum, relevée de ses
ruines par une belle restauration, y
entretient le souvenir – très romancé –
de l’épouse préférée de l’orgueilleux
conquérant qui, à cheval, mit à feu et
à sang tout l’Orient. Quant au somptueux mausolée Gour Emir, il abrite,
depuis le XVe siècle, son tombeau et
celui de ses descendants mâles.
Ce mausolée se trouve près de la
spectaculaire place du Réghistan, la
plus belle d’Asie centrale, que Tristan
Rà juge « imposante » plus qu’émouvante. Place commerciale, lieu des
exécutions, elle était jadis le cœur
battant de Samarcande. Elle l’est redevenue, de jour comme de nuit, et ofre,
l’été, de magniiques son et lumière,
depuis que les trois somptueuses medersas (écoles coraniques) qui la bordent ont fait l’objet d’une intense – et
nécessaire – restauration. Il est vrai
que l’Ouzbékistan, intégré à l’empire
tsariste russe à la in du XIXe siècle,
ensuite République soviétique, est
indépendant depuis 1991. Ce pays a
alors été géré d’une main de fer par
un ancien dirigeant communiste devenu nationaliste, Islam Karimov.
À sa mort, en 2016, son premier ministre Chavkat Mirzioïev est devenu
président. Depuis, l’Ouzbékistan qui
compte la moitié des habitants de
l’Asie centrale et soufre de la culture
intensive du coton – à force de pomper les leuves Syr-Daria et Amou-Daria pour l’irrigation, l’eau n’arrive plus
à la mer d’Aral qui se meurt – semble
s’ouvrir et se libéraliser un peu. Et miser davantage sur le tourisme. Depuis
octobre dernier, plus besoin de visas.
Autre signe des temps, à Samarcande
notamment, les marchands d’artisanat sont installés dans les cellules
réservées aux étudiants dans les
anciennes medersas.
Trois d’entre elles bordent la place
du Réghistan. Deux de ces joyaux architecturaux de l’Asie centrale – Chir
Dor et Tillya – datent du XVIIe siècle.
La troisième medersa, la plus an-
cienne, du XVe siècle. C’est celle
d’Ulugh Beg, le petit-ils de Tamerlan
qui a gouverné Samarcande quarante
ans durant, avant d’être assassiné,
peut-être (plusieurs thèses ont cours)
sur les ordres de son ils aîné Abdulatif, musulman fanatisé… « Ce prince
accordait une grande importance aux
sciences exactes qui étaient enseignées
dans sa medersa, au côté des sciences
coraniques. Il y donnait des cours d’astronomie », s’enlamme Alame, guide
à Samarcande.
L’astrophysicien et écrivain français Jean-Pierre Luminet fait partager
cet enthousiasme dans le récit, romancé, qu’il a consacré à Ulugh Beg. Il
y dresse le portrait d’un amoureux des
sciences et du ciel qui avait réuni les
27
meilleurs astronomes de son époque,
calculé la position de mille étoiles et
rédigé un ouvrage majeur, Les Tables
sultaniennes. Ulugh Beg avait fait
construire le plus grand observatoire
astronomique de l’époque. Inauguré
en 1429, il abritait des instruments
de mesure très perfectionnés, dont
un immense sextant. Abandonné à la
mort d’Ulugh Beg, partiellement détruit au XVIe siècle, il a été redécouvert
en 1908 sur une colline dans le nord de
Samarcande puis restauré. Il ne faut
pas manquer de le voir. Son histoire
est aussi émouvante que les coupoles
bleues qui inspirent Tristan Rà.
Paula Boyer
(1) tristanra.blogspot.com/p/ar.html
Un artisanat rainé
Broderie suzani. karenfoleyphoto-stock.adobe.com
Papier de fibres de mûrier,
poteries, miniatures peintes,
tissus brodés… L’artisanat local
est très varié.
S
amarcande était un carrefour sur
la route de la soie qui reliait la
Chine à l’Europe. Il en a résulté
un brassage des cultures et des populations : ouzbèke, tadjike, turque, mongole, perse, chinoise, puis slave… Cette
diversité se retrouve sur les visages,
dans la cuisine, comme dans l’artisanat, très coloré, varié et rainé.
Samarcande, c’est d’abord, la ville
d’un papier légendaire. Selon les historiens, sa fabrication aurait com-
mencé au VIIIe siècle après une ofensive lancée par les troupes chinoises,
défaites par les forces du général
Abou Mouslim, du califat abbasside.
Des maîtres de la fabrication du papier se trouvaient parmi les Chinois
capturés. Pour sauver leur vie, ils auraient conié leurs secrets… À la différence du papier chinois, celui de
Samarcande avait une surface lisse et
brillante. Il absorbait moins d’encre, et
l’on pouvait écrire sur le recto comme
sur le verso. Il était aussi beaucoup
plus résistant que le papyrus. D’où son
succès. Aujourd’hui encore, des artisans en fabriquent de manière traditionnelle. On peut s’en procurer pour
une somme modique (3 € la feuille).
Ce papier, lissé à la pierre d’agate, est
fabriqué à partir d’écorces de mûriers,
bouillies. Quant aux feuilles de ces
arbres, elles servent, depuis la nuit des
temps, à nourrir les vers à soie. La soie
reste d’ailleurs une spécialité locale.
Mieux vaut donc prévoir un budget
pour l’achat d’artisanat car, sur place,
les sollicitations comme les tentations
seront nombreuses. Sur les marchés,
on trouve des épices et des abricots
secs en toutes saisons. À l’automne,
ils débordent de grenades. Ce sont ces
mêmes grenades que l’on retrouve sur
bien des céramiques (à dominante
verte ou bleue, selon les villes) et des
broderies. Ces dernières, appelées suzanis, sont généralement brodées au
point de chaînette avec des ils de soie
sur des tissus en coton. « Jadis, dès
7 ans, les illes apprenaient à broder leur
trousseau », raconte Alame, guide à Samarcande. Les suzanis plus anciens datent de la in du XVIIIe siècle, mais leur
origine est plus ancienne : dans ses mémoires écrites au début du XVe siècle,
Ruy Gonzales de Clavijo, ambassadeur
de Castille à la cour de Tamerlan, décrit
en efet des broderies qui semblent être
les précurseurs des suzanis actuels.
Outre la grenade, les motifs les plus
populaires sont les disques solaire et
lunaire, les leurs (tulipes, œillets et
iris), les feuilles et les vignes et, parfois, les poissons et les oiseaux. Le botha, motif d’origine indienne en forme
de goutte d’eau, est fréquent aussi.
Parfois, des suzanis sont réalisés en
deux, trois ou quatre morceaux, cousus ensemble, pour fabriquer nappes
ou dessus-de-lit. Les belles pièces se
vendent plusieurs milliers d’euros. En
revanche, un coussin est à la portée de
toutes les bourses.
Paula Boyer
en
pratique
Y aller.
Pouchkine
Tours, spécialiste de la Russie
et de l’Asie, avec
la complicité de
qui ce reportage
a été réalisé,
propose plusieurs circuits
en Ouzbékistan.
Dont un voyage
de huit jours,
en mars, au moment de la fête
du Navrouz.
à partir de
1 645 €, vol
compris. Pour
ceux qui voudraient seulement découvrir
Samarcande,
ce voyagiste
organise aussi
des séjours sur
mesure. Un devis est envoyé
à la demande.
Le printemps
et l’automne
sont les deux
meilleures
périodes
pour voyager.
Site : www.
pouchkinetours.com
à lire.
Ulugh Beg,
l’astronome
de Samarcande,
par Jean-Pierre
Luminet,
Livre de Poche,
348 p., 7,40 €.
Samarcande,
par Amin
Maalouf,
Livre de Poche,
320 p., 7,70 €.
Guide
Ouzbékistan,
par C. MacLeod
et B. Mayhew.
Olizane,
352 p., 23 €.
Renouveau
de l’islam en
Asie centrale
et dans
le Caucase,
par Bayram
Balci, CNRS
Éditions,
320 p., 25 €.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Télé-radio
28
ce week-end
Rouages neufs pour « Engrenages »
Samedi
On a la solution
À 10 h 15 sur France 3
Le magazine « des meilleures
initiatives en France » propose
ce samedi une spéciale « Talents
des cités ». Chaque année,
ce concours récompense les
meilleurs créateurs d’entreprise
ou d’association de quartiers.
Louise Ekland s’intéresse
aux projets des six lauréats.
Dimanche
Les chemins de la foi
Sur France 2
8 h 30. Sagesses bouddhistes.
8 h 45. Islam. 9 h 15. à l’origine.
9 h 30. Chrétiens orientaux.
10 heures Présence protestante.
Documentaire Kairos : Sous un
même toit. 10 h 30. Jour du Seigneur. Quatre millions de mallogés, expliquez-nous ? Comment
expliquer cette situation de diiculté d’accès à un logement décent ? Quelles solutions peuvent
enrayer ce phénomène croissant ? Pour y répondre, David
Milliat reçoit Christophe Robert,
délégué général de la Fondation
Abbé-Pierre, et Armelle Guillembet, responsable du département
« De la rue au logement » pour le
Secours catholique. 11 heures
Messe depuis l’église SaintPierre-et-Saint-Paul à Thy-leChâteau (Belgique). Prédicateur :
Frère Didier Croonenberghs,
dominicain.
L’Expérience
À 23 heures sur France Culture
Ce nouveau programme,
coordonné par Aurélie Charon,
renouvelle « le documentaire
d’auteur et d’écriture sonore », en
l’afranchissant des formats (une
heure d’antenne et des podcasts
sur franceculture.fr) et des genres
radiophoniques (magazine,
reportage, iction…). La première
collection, Lesbos, produite par
Amélie Perrot et réalisée par
Gaël Gillon, nous plonge dans une
expérience collective, narrée par
des réfugiés de cette île grecque,
qui ont participé à des ateliers de
création radiophonique. à travers
les sons de mer, de cigales, les
chants ou l’ambiance des camps,
se tisse un récit puissant sur
l’attente et l’espoir.
sur la-croix.com
Un article détaillé
La série policière de Canal+
revient en force avec
une nouvelle saison riche
en rebondissements
et en thèmes nouveaux.
C
e n’est pas la dernière,
même si elle a tout l’air
d’un bouquet inal. La
septième saison d’Engrenages est
sans doute l’une des meilleures
depuis la création en 2005 de
cette série qui décortique les
rapports compliqués entre
police et justice.
Que nous réserve cette saison
si bien icelée ? La précédente se
terminait sur une note sombre,
laissant les personnages au
36e dessous. L’avocate Joséphine
Karlsson (la lamboyante Audrey
Fleurot), condamnée après s’être
vengée de son violeur, ne sait pas
si elle tiendra le coup en prison.
Après une opération chirurgicale
délicate, le juge Roban (Philippe
Duclos, impérial) reprend le chemin du palais mais est guetté
par la limite d’âge.
La capitaine Laure Berthaud
(Caroline Proust, toute en
nuances), mère dépressive incapable d’élever son nouveau-né,
tente péniblement de remonter
la pente. Le meurtre de l’ancien
La série se penche notamment sur la délinquance en col blanc.
Caroline Dubois/Son et Lumière/Canal+
chef du groupe, le commissaire
Herville, lui redonne toutefois du
cœur à l’ouvrage. Mais l’afaire
est, on s’en doute, beaucoup
plus complexe que prévu.
Jusqu’ici rien de neuf dans
l’équilibre des personnages.
Mais l’équipe de scénaristes, emmenée par Marine Francou, s’est
surpassée pour tisser une intrigue riche, inspirée d’afaires récentes. « Quand nous avons lancé
l’écriture, nous étions en plein
procès de la fraude à la taxe car-
bone, raconte la directrice d’écriture. L’argent était au cœur de
cette afaire, mais aussi de celles
qu’on a baptisées “Fièvre jaune
et virus”. Nous nous sommes directement inspirés de leur modus
operandi : le blanchiment par des
inanciers véreux de cash issu du
traic de drogue. » Une façon de
se pencher sur la délinquance
en col blanc, qui n’avait jusqu’ici
pas été abordée par Engrenages,
poursuit l’auteure, « mais aussi
d’opposer les réseaux organisant
la fraude iscale, et leurs moyens
toujours plus sophistiqués, aux
institutions judiciaires et
policières, qui en manquent
singulièrement… »
Le déroulement de ces enquêtes ofrait aussi un il narratif
tout trouvé, ménageant régulièrement son lot de rebondissements, sans que cela soit gratuit.
« Les policiers ont observé la circulation de l’argent dans Paris
pour remonter la ilière. C’est eicace en termes de dramaturgie et
cela permet de traverser plusieurs
couches de la société », analyse
celle qui avait auparavant œuvré
sur les six premières saisons
d’Un village français.
Toujours âpre, la série ne déroge pas à sa noirceur habituelle,
malgré quelques trouées de lumière en in de parcours. Un dénouement qui n’est pas l’ultime
d’Engrenages, puisque Marie
Francou et ses auteurs écrivent
déjà le scénario de la huitième
saison, dont le tournage est
prévu au printemps prochain
pour une difusion dès 2020.
Stéphane Dreyfus
Engrenages, tous les lundis,
à partir du 4 février à 21 heures
sur Canal+. Disponible en intégralité
sur MyCanal.
ma préférence
Sur les routes musicales
La Folle Journée de Nantes
prend cette année
des allures voyageuses.
Sur Arte, le concert
de clôture de la 25e édition
en témoignera brillamment.
E
ntre la Folle Journée de
Nantes et la chaîne Arte, les
liens se renforcent chaque
année un peu plus. Un compagnonnage qui culmine avec l’ultime concert du dimanche, point
d’orgue de cinq jours de loraison
musicale orchestrée par René
Martin depuis un quart de siècle.
2019 n’échappe pas à la règle
et le mélomane qui n’a pas pris
la route vers l’ouest de la France
est toutefois invité à vivre l’effervescence et la stimulante
« folie » d’un festival populaire
dont le succès ne se dément pas.
En 2018, les multiples concerts
(musique de chambre, vocale,
sacrée ou profane, symphonique…) au programme avaient
l’exil, souvent douloureux, pour
thème commun. Un an plus tard,
l’heure est encore au départ vers
un ailleurs, connu ou non, mais
avec une tonalité plus joyeuse et
libre : voici donc des « carnets de
voyage » tenus par des musiciens
avides de nouveaux horizons.
Après l’itinérance forcée, le désir
d’aventure…
« Exotisme » en musique, emprunts aux traditions nationales,
recherche de sonorités et d’harmonies diférentes, découvertes d’instruments inédits : bien des compositeurs, depuis l’époque baroque
jusqu’aux années 2000, s’abreuvent
aux diverses sources de leur art,
ne négligeant pas les formes populaires qui se partagent dans les cabarets et les places de village autant
que dans les salles de concert. Sous
la caméra d’Arte, la poétique pianiste Alice Sara Ott, le Sirba Octet
– aussi à l’aise dans l’écriture classique que dans le klezmer – ou encore la charmeuse soprano Raquel
Camarinha se relaieront dans une
enivrante « invitation au voyage »…
Une telle fenêtre entrouverte
sur la Folle Journée a bien entendu
pour objectif d’enchanter un
dimanche après-midi au cœur de
l’hiver. Mais, plus encore, il s’agit
d’inciter le téléspectateur à envisager dès aujourd’hui une « virée »
nantaise l’année prochaine.
Traditionnellement, René Martin
annonce le thème choisi pour l’édition suivante en même temps que
les résultats de la fréquentation
de celle qui vient à peine de fermer
ses portes…
à suivre très vite !
Emmanuelle Giuliani
Dimanche, à 17 h 30 sur Arte,
dans le cadre de l’émission « Maestro ».
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Télé-radio
La maison-monde
de Philippe Simay
Philippe Simay (à gauche) découvre un ingénieux système de canaux
qui distribuent l’eau, vital pour la cité de Lo Manthang (Népal). Cinétévé
Le philosophe globe-trotteur
poursuit sa rélexion sur
l’habitat humain dans
une deuxième saison
documentaire. Il y airme
ses convictions écologistes
et humanistes.
D
ans l’archipel isolé de Chiloé,
dans le sud du Chili, l’entraide
est depuis toujours une question de survie. Pilier d’une culture
menacée de disparition, la tradition de la « minga » invite tous les
membres de la communauté à unir
leurs forces pour participer aux travaux agricoles ou… déménager une
habitation ! Sur cette île couverte de
forêts primaires, les habitants sont
en efet si attachés à leurs maisons
de couleurs en bois, expression de
leur personnalité, qu’ils préfèrent
les déplacer, à l’aide d’un attelage
de bœufs, que les abandonner.
Cette escale chilienne, la première
de la saison, résume à merveille l’objectif de Philippe Simay : donner à
voir des habitats étonnants, souvent d’une grande beauté, qui témoignent d’un rapport singulier au
territoire, à la nature, au lien social.
« Chaque destination doit à la fois
faire rêver et être une source de questionnements », explique ce maître de
conférences en philosophie à l’École
nationale supérieure d’architecture
de Paris-Belleville.
Engagé dans une approche sociale de l’écologie, il tient, dans cette
nouvelle salve de reportages, à faire
passer un message : habiter, c’est
avant tout apprendre à partager l’espace. « Confrontés au déi climatique
et migratoire, nous devons réléchir
d’urgence à la place que nous occupons dans la biosphère et à sortir de
notre anthropocentrisme », airmet-il, avant de saluer la diversité des
cultures de l’habitat, souvent riches
d’enseignements.
Ici, l’agriculture urbaine, fruit
d’une politique publique et d’initiatives privées, a métamorphosé
La Havane en potager à ciel ouvert,
où il fait bon vivre (difusé le 5 février). Là, la restauration d’une cité
himalayenne – des murs d’enceinte
fortiiés aux peintures du temple –
sert de ciment à une communauté
coupée du monde (le 7 février). Plus
loin encore, aux conins du cercle polaire, des chercheurs installés dans
une ancienne mine transformée en
village scientiique mesurent l’impact environnemental du moindre
de leurs gestes (le 14 février). Philippe Simay voit dans cette reconversion de l’espace une belle allégorie :
celle d’un monde que l’homme a exploité sans scrupule et qu’il s’attache
aujourd’hui à préserver.
Cécile Jaurès
Habiter le monde (dix épisodes), du lundi 4
au vendredi 15 février à 17 h 35 sur Arte,
qui redifuse la saison 1 à partir du 18 février.
En prolongement de la série, Philippe Simay
publie en avril un livre, coédité par
Actes Sud et Arte.
29
cette semaine
Samedi
2 février
À noter
TF1
21.00 Vendredi,
tout est permis
avec Arthur,
divertissement.
France 2
21.00 Taratata 100%
live au Zénith.
23.40 On n’est pas
couché, talk-show.
France 3
21.00 Cassandre,
série. Deux épisodes.
France 5
20.55 Echappées
belles. Destination
Afrique du Sud !
22.30 La vie
extraordinaire
de Fernand Legros,
roi des faussaires,
document.
Arte
20.50 Du pain et
des jeux, document.
22.25 Monuments
éternels, document.
M6
21.00 NCIS : Los
Angeles, série. 0
Six épisodes.
Dimanche
3 février
À noter
TF1
21.00 Radin!,
comédie.
22.55 Les experts,
série. 0
France 2
21.00 Gone Girl,
thriller. 2
23.30 The Game,
thriller. 0
France 3
21.00 Inspecteur
Barnaby, série.
Deux épisodes.
France 5
20.55 Le boum de la
grenade, document.
22.45 1940, les secrets
de l’armistice,
document.
Arte
20.50 Le grand
McLintock, western.
22.55 Bette Davis, la
reine d’Hollywood,
document.
M6
21.00 Zone interdite,
magazine.
23.10 Enquête
exclusive, magazine.
Lundi
4 février
À noter
TF1
21.00 Sam, série.
23.10 New York Unité
Spéciale, série. 0
France 2
21.00 Les petits
meurtres d’Agatha
Christie, série. 0
22.40 Stupéiant!,
magazine.
Spécial cirque.
France 3
21.00 American
Gangster, ilm
policier. 2
0.15 Fos, les fumées
du silence,
document.
France 5
20.50 Les uns et
les autres, drame.
Hommage à
Michel Legrand.
0.00 C dans l’air.
Arte
20.55 Le merdier,
ilm de guerre.
22.45 Docteur
Folamour, comédie.
M6
21.00 L’amour
est dans le pré,
télé-réalité.
23.25 L’amour est
dans le pré : que
sont-ils devenus?
Mardi
5 février
À noter
TF1
21.00 S.W.A.T.,
série. 0
23.35 Blindspot,
série. 0
France 2
21.00 Cash
investigation.
Pêche industrielle :
gros poissons en
eaux troubles.
23.15 Nourrir
les hommes,
document. 0
France 3
21.00 Meurtres
dans les Landes,
téléilm policier.
23.20 Réseau
d’enquêtes,
magazine.
France 5
20.55 Inceste, que
justice soit faite,
document. 0
22.00 Débat.
Arte
20.50 Sucre,
le doux mensonge,
document.
22.20 Le piège des
Kim, document.
M6
21.00 Recherche
appartement ou
maison, télé-réalité.
Mercredi
6 février
À noter
TF1
21.00 Esprits
criminels, série. 2
23.35 Gotham,
série. 0
France 2
21.00 Philharmonia,
série.
22.50 Faites entrer
l’accusé,
magazine. 0
France 3
20.55 Football.
Rennes (L1) / Lille
(L1). Coupe de
France. 8e de inale.
En direct.
23.00 Le plein
de buts. En direct.
France 5
20.50 La grande
librairie, magazine.
22.30 C dans l’air.
Arte
20.55 Trois
couleurs : Bleu,
drame.
22.30 TC Boyle,
document.
M6
21.00 Top chef,
télé-réalité.
Jeudi
7 février
À noter
TF1
21.00 Proilage,
série. 0 Quatre
épisodes.
France 2
21.00 Envoyé
spécial, magazine.
22.55 Complément
d’enquête.
Riches : impôts,
gloire et jalousie.
France 3
21.00 The Ryan
Initiative, ilm
d’espionnage. 0
23.35 La face cachée
de l’art américain,
document.
France 5
20.55 Le cosmos
dans tous ses états,
document.
«Jupiter».
«Etoiles extrêmes».
Arte
20.55 Secret
médical, série.
22.50 Fukushima
mon amour, drame.
M6
21.00 La rage au
ventre, drame. 0
23.25 Hors contrôle,
comédie. 0
Vendredi
8 février
À noter
TF1
21.00 Diversion,
divertissement.
France 2
21.00 Les victoires
de la musique.
En direct de la Seine
musicale.
0.35 Taratata 100%
live au Zénith.
France 3
21.00 Commissaire
Magellan, série.
Deux épisodes.
France 5
20.55 La maison
France 5, magazine.
22.20 Silence, ça
pousse!, magazine.
Arte
20.55 Tuer un
homme, téléilm
dramatique.
22.25 Hawaï
et sa vague pop,
document.
M6
21.00 NCIS, série. 0
Six épisodes.
L
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Couret. Rédacteurs en chef : François Ernenwein,
Isabelle de Gaulmyn, Dominique Greiner,
Jean-Christophe Ploquin. Rédacteur en chef
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permanent à Rome : Nicolas Senèze.
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Bayard Presse Benelux : Éditeur responsable :
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1130 Bruxelles. Téléphone : (0800) 90.028.
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732 0043201-87. États-Unis : La Croix (USPS
n° 020305) is published daily in Paris by Bayard Presse
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postage paid at Champlain NY and additional mailing
oices. Address changes should be sent to : IMS of NY,
box 1518, Champlain NY 12919-1518. Printed in France.
Origine du papier : France. Taux de ibres
recyclées : 50,5 %. Origine des ibres :
papier issu de forêts gérées durablement.
Impact sur l’eau : Ptot 0,010 kg/T
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paritaire (CPPAP) : 11019 C 85695.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Détente
30
programmes
Samedi
TF 1
France 2
France 3
Arte
France 5
M6
10.35 Nos chers voisins ;
12.00 Les douze coups
de midi ; 13.00 Journal ;
13.30 Grands reportages :
« L’aventure en famille :
épisode 1 » ; 14.45 Reportages découverte :
« Je suis timide mais je
me soigne » ; 16.00 Reportages faits divers :
« Afaire Rédoine Faïd.
- Afaire Magali Delavaud » ; ; 17.50 50mn Inside : « L’actu » ; « Le mag » ;
20.00 Journal ; 20.50
Quotidien express.
10.50 Motus ; 11.25 Les
Z’amours ; 12.00 Tout
le monde veut prendre
sa place ; 13.00 Journal ;
13.20 13h15, le samedi.. ;
14.05 Tout compte fait :
« Banques : peut-on leur
faire coniance? » ; 15.15
Rugby. Tournoi des VI
Nations. 1re journée.
Ecosse / Italie. En direct ;
17.15 XV/15 ; 17.45 Rugby.
Tournoi des VI Nations.
Irlande / Angleterre. En
direct ; 20.00 Journal ;
20.45 Un si grand soleil.
10.50 On a la solution :
« Spécial Talents des cités
2018 » ; 11.30 Dans votre
région ; 12.00 12/13 ; 12.55
Les nouveaux nomades ;
13.20 Un livre, un jour ;
13.30 Les grands du rire ;
15.10 Les carnets de Julie : « Le Périgord pourpre,
en Dordogne » ; « La cuisine des Vosges » ; 17.10
Trouvez l’intrus ; 17.50
Questions pour un super
champion ; 19.00 19/20 ;
20.00 Vu ; 20.15 Zorro ;
20.40 Tout le sport.
10.40 Quand les animaux s’envolent ; 12.55
La Villa Médicis, pour
l’amour des arts ; 13.50
Les Romains en Germanie : « Guerre et paix » ;
« L’âge d’or » ; « Le centre
de l’Empire » ; 16.25 Invitation au voyage ; 17.05
360°-GEO ; 17.50 Bangladesh ; 18.35 Arte reportage ; 19.30 Le dessous
des cartes : « Liban : un
pays sous inluences? » ;
19.45 Arte journal ; 20.05
28 minutes samedi.
11.10 La maison France
5 ; 12.45 L’aventurier du
goût en Afrique ; 13.15
Sultanat d’Oman ; 14.15
Dangers dans le ciel : « Catastrophe dans le Queens,
vol American Airlines
587 » ; 15.05 Vu sur Terre :
« Islande » ; 16.05 Vivre
loin du monde : « Australie » ; 16.55 Les routes de
l’impossible : « Bhoutan,
le bonheur à tout prix » ;
17.50 C dans l’air ; 19.00
C l’hebdo ; 20.20 Gros
plan sur la nature.
10.50 Modern Family ;
« Amours d’été » ; « Alex
quitte le nid » ; « La vengeance est un placard qui
se mange froid » ; 12.45
Le 12.45 ; 13.20 Scènes de
ménages ; 14.40 Chasseurs d’appart’ : Jeu
présenté par Stéphane
Plaza. La inale de la semaine opposent les deux
meilleurs agents immobiliers. Le vainqueur peut
gagnr jusqu’à 3000 euros; 19.45 Le 19.45 ; 20.25
Scènes de ménages.
21.00 Vendredi, tout
est permis avec Arthur.
Divertissement présenté
par Arthur. Invités : Philippe Lacheau, Tarek
Boudali, Elodie Fontan, Julien Arruti, Jarry,
Iris Mittenaere, Florent
Peyre, Jeani Janssens,
Arnaud Tsamere, Camille
Lellouche, Gus, Antonio, Luc Langevin, Viktor
Vincent ; 23.15 Vendredi,
tout est permis avec Arthur. « La suite ». Divertissement présenté par
Arthur ; 1.15 Programmes
de la nuit.
21.00 Taratata 100% live
au Zénith. Présenté par
Nagui. Invités : Zazie, Patrick Bruel, Garou, Marc
Lavoine, Pascal Obispo,
Kimberose, Nolwenn
Leroy, Louis Bertignac,
K.Maro, Kad Merad. Une
soirée au proit du Téléthon. Un show de plus
de deux heures réunit les
cinq derniers parrains de
l’association, Zazie, Patrick Bruel, Garou, Marc
Lavoine et Pascal Obispo ;
23.40 On n’est pas couché. Talk-show présenté
par Laurent Ruquier .
21.00 Cassandre. Série
française: « Fausse note ».
Avec Gwendoline Hamon, Alexandre Varga.
Cassandre enquête sur
la mort d’un homme
dont le cadavre a été retrouvé dans la neige. Un
drame conjugal est envisagé mais Cassandre a
des doutes; « L’école est
inie »; 0.10 Soir 3; 0.40
Don Giovanni. Opéra de
Mozart. Mise en scène de
Stéphane Braunschweig,
interprété par Le Cercle
de l’Harmonie, direction
de Jérémie Rhorer.
20.50 Du pain et des
jeux. « Les courses de
chars à Rome » . Documentaire de Jens Monath.
Panorama d’un divertissement populaire de la
Rome antique, à travers
la biographie d’un ancien
esclave devenu conducteur de chars reconnu
pour ses prouesses; 22.25
Monuments éternels.
« Les secrets du Colisée » .
Documentaire de Pascal
Cuissot et Gary Glassman ; 23.50 Philosophie :
« Peut-on se passer
du passé? ».
20.55 Echappées belles.
« Week-end en Sicile ».
Magazine présenté par
Tiga. A moins de cinq
heures d’avion de Paris, la
Sicile se laisse découvrir
le temps d’un week-end.
Tiga s’ofre une petite
excursion sur cette terre
de iertés, de traditions
et de légendes; 22.30 La
vie extraordinaire de
Fernand Legros, roi des
faussaires. Documentaire de Laurent Bergers;
23.25 L’œil et la main:
« Des sourds s’invitent à
la Grande Librairie ».
21.00 NCIS : Los Angeles. Série américaine :
« Représailles ». 0 Avec
Chris O’Donnell, Daniela
Ruah. Les agents du NCIS
enquêtent sur le meurtre
d’une femme détenue
dans une prison fédérale.
De son côté, Callen est
convoqué par le Bureau
des afaires internes ;
« Marché noir ». 0 ; « Le
retour d’Anna ». 0 ; « Les
souvenirs du passé ».
0 ; « Reznikov, N. ». 0 ;
« Un train peut en cacher
un autre ». 0 ; 2.20 Programmes de la nuit.
Et aussi...
Canal+ CRYPTÉ : 21.05
Hurricane. 0 Film catastrophe américain (2018),
de Rob Cohen, avec
Toby Kebbell (1 h 30).
France 4 20.50 Rugby.
France / Pays de Galles.
Tournoi des VI Nations
féminin. 1re journée.
En direct.
LCP 21.00 L’hôpital
à leur de peau.
Documentaire.
C8 21.00 Inavouable.
Pièce d’Eric Assous.
Mise en scène : JeanLuc Moreau Avec Michel
Leeb, Véronique Jannot
TMC 21.00 Columbo. Série américaine : « Exercice
fatal ». Avec Peter Falk.
KTO
20.00 Sœur Violaine ;
20.40 Lumière intérieure. Invitée : Cyrielle
Clair ; 21.35 Quèsaco? : ;
21.45 La Création, de
Haydn. Par le Chœur
de chambre de Vienne
et la Haydn Philharmonie, direction de Nicolas
Altstaedt ; 23.40 La vie
des diocèses : « Nanterre ».
Dimanche
TF 1
France 2
France 3
Arte
France 5
M6
10.05 Automoto ; 11.00
Téléfoot. En direct ; 12.00
Les douze coups de midi ;
13.00 Journal ; 13.30
Grands reportages : « Ma
première fois : l’hôpital ».
Gros plan sur des sagesfemmes, des médecins,
des inirmiers ou des malades. ; 14.45 Reportages
découverte : « Une année
en Aubrac » ; 16.05 Baby
boom : « A contretemps » ;
17.10 Sept à huit Life ;
18.15 Sept à huit ; 20.00
Journal.
8.35 Les chemins de la
foi ; 10.30 Le jour du Seigneur : Messe à de Thyle-Château (Belgique) ;
12.05 Tout le monde veut
prendre sa place ; 13.00
Journal ; 13.25 13h15, le
dimanche.. ; 14.20 Vivement dimanche ; 15.35
Vivement dimanche prochain ; 16.45 Stade 2 collection ; 17.00 Stade 2. En
direct ; 18.10 Les enfants
de la télé ; 20.00 Journal
20h00 ; 20.30 20h30 le
dimanche.
10.50 Parlement hebdo ;
11.30 Dimanche en politique en régions ; 12.10
Dimanche en politique ;
12.55 Les nouveaux nomades ; 13.35 Echappées
belles : « Berry, une histoire de cœur » ; 15.15
Dimanche en France :
« A Trouville-sur-Mer » ;
17.10 8 chances de tout
gagner ; 17.50 Le grand
Slam ; 19.00 19/20 ; 20.00
Vu : « Vu de la semaine » ;
20.15 Zorro ; 20.40
Tout le sport.
12.00 Metropolis ; 12.45
L’huile d’argan, cosmétique et diététique ; 13.25
L’Espagne sauvage ; 14.55
Jack London, une aventure américaine ; 16.35
La magie des grands musées : « Le musée des Ofices, Florence » ; 17.30 La
Folle Journée 2019 : « Carnets de voyage ». Concert ;
19.15 Les petits secrets
des grands tableaux ;
19.45 Arte journal ; 20.05
Vox pop ; 20.35 Karambolage.
9.30 Le faussaire de Vermeer ; 10.25 Echappées
belles : « Lyon, la gourmandise en héritage » ;
12.05 L’aventurier du
goût en Afrique : « Le
mont Elgon » ; 12.35 C
l’hebdo ; 13.35 Les sentinelles du bassin ; 14.50
Le marcheur de l’Himalaya : « Vers Katmandou » ;
15.40 Dynasties : « L’aventure » ; 16.35 Thé mania ;
17.35 Les pâtes à tartiner étalent leurs secrets ;
18.35 C politique.
10.20 Turbo : « Turbo
imagine la voiture dans
30 ans! » ; 12.30 Sport
6 ; 12.45 Le 12.45 ; 13.20
Scènes de ménages ;
13.30 Recherche appartement ou maison ; 15.20
Maison à vendre ; 17.20 66
minutes : Magazine présenté par Xavier de Moulins ; 18.45 66 minutes :
grand format ; 19.45
Le 19.45 ; 20.05 Sport 6 ;
20.25 E=M6. Magazine
scientiique présenté
par Mac Lesggy.
21.00 Radin! Comédie
française (2016), de Fred
Cavayé, avec Dany Boon
(1 h 55). Un incorrigible
avare voit sa vie basculer
lorsqu’il tombe amoureux d’une femme et
découvre qu’il a une ille.
Il décide de leur mentir
pour cacher son défaut ;
22.55 Les experts. Série américaine : « Temps
mort ». 0 Avec Laurence
Fishburne ; 23.55 Football américain. Super
Bowl LIII. New England
Patriots / Los Angeles
Rams. En direct.
21.00 Gone Girl. 2
Thriller américain (2014),
de David Fincher, avec
Ben Aleck (2 h 30). Une
femme disparaît le jour
de son 5e anniversaire
de mariage. Suspecté
par la police, le mari
mène son enquête et
découvre la part d’ombre
de son épouse ; 23.30 The
Game. 0 Thriller américain (1997), de David
Fincher, avec Michael
Douglas (2 h 10) ; 1.50 Histoires courtes : « Angers /
Clermont : la rentrée
des festivals ».
21.00 Inspecteur
Barnaby. Série britannique: « Faites entrer les
clowns ». Avec Neil Dudgeon, Nick Hendrix. Un
clown maléique terrorise
les habitants de Swynton
Magna. L’installation d’un
cirque ambulant dans les
parages ne plaît pas à tout
le monde; « Les meurtres
de Copenhague ». Enquête sur le meurtre du
patron d’une biscuiterie;
0.05 Soir 3; 0.30 Inspecteur Barnaby: « «Jusqu’à
ce que le meurtre nous
sépare ».
20.50 Le grand McLintock. Western américain
(1963), d’Andrew V McLaglen, avec John Wayne,
Maureen O’Hara (2 h 05).
Un riche propriétaire de
ranch, craint et respecté
dans toute la région,
refuse d’accorder à son
épouse le divorce et la
garde de leur ille ; 22.55
Bette Davis, la reine
d’Hollywood. Documentaire de Sabine Carbon ;
23.45 La maestra : « Alondra de la Parra » ; 0.40
Le radeau de la Méduse.
Oratorio de Henze.
20.55 Le boum de la
grenade. Documentaire
de Sandrine Mary. Une
enquête sur la grenade,
ses vertus et sa production, pour tout savoir sur
ce fruit star, prisé des nutritionnistes, des consommateurs et des chefs étoilés; 21.45 Noix de coco:
le fruit du paradis?; 22.45
1940, les secrets de l’armistice. « Les enregistrements cachés». Documentaire d’Emmanuel Amara;
23.35 Destins d’orphelins;
0.45 Nazcas, les lignes
qui parlaient au ciel.
21.00 Zone interdite.
« Vivre et travailler sur
une île au soleil : des
Français réalisent leur
rêve! (épisode 1) ». Magazine présenté par Ophélie
Meunier. Réussir sous les
tropiques est souvent une
aventure épique. Certains
ont décidé de relever le
déi, en famille ou entre
copains ; 23.10 Enquête
exclusive. « Malaisie : un
paradis menacé par l’islam radical ». Magazine ;
« Sri Lanka : le côté obscur
d’un paradis » ; 1.55 Programmes de la nuit.
Et aussi...
Canal+ CRYPTÉ : 21.00
Football. Lyon / Paris-SG.
Ligue 1 Conforama.
23e journée. En direct.
France 4 21.00 Le papillon. Comédie dramatique française (2002),
de Philippe Muyl, avec
Michel Serrault (1 h 20).
LCP 21.00 Rembob’Ina.
Magazine présenté
par Patrick Cohen.
C8 21.00 Un secret. 0
Drame français (2007),
de Claude Miller, avec
Mathieu Amalric, Cécile
de France (2 h 00).
W9 21.00 Parker. 2
Thriller américain (2013),
de Taylor Hackford, avec
Jason Statham (2 h 10).
KTO
12.00 Angélus. En direct de Rome... ; 20.00 Le
pape François aux Emirats Arabes Unis ; 20.40
La foi prise au mot. « Les
Livres des chroniques »;
21.45 Dans les pas des
moines. Documentaire ;
22.40 Hors-série : « La vie,
sous conditions? » ;
23.45 Vies de famille.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
Détente
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langage
sudoku
Par Jean Pruvost
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Difficile
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tion n’excède pas une vingtaine
de minutes. » Et on lira dans
le Petit Larousse que la pellicule d’un court métrage correspond à un « ilm de moins de
1 600 mètres ». En 1823 naissait
le mot métrage dans le sillage du
mètre, mesure linéaire adoptée
en 1791. Puis, en 1907 le métrage
s’appliquait à longueur d’un
ilm, bientôt long, moyen
ou court, chacun trouvant
progressivement sa place. Ainsi,
on cite le propos d’un internaute
soulignant qu’à la manière de
l’amidon sur le col de chemise,
le court métrage ne ramollit en
rien le cinéma.
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A
u pied du puy de Dôme,
à Clermont-Ferrand, a
lieu à partir du 2 février le
célèbre Festival international du
court métrage. Deux questions
s’imposent. La première semble
logique : combien de mètres représente le « métrage court » du
cinéma ? La seconde échappe au
sens propre des mots : combien
de temps dure un court métrage ?
À cette dernière question qui
transforme l’unité de longueur
en unité de temps, l’Académie
répond dans son excellente neuvième édition, gratuite sur Internet : « On range parmi les courts
métrages les ilms dont la projec-
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1
Combien de mètres
pour un court métrage ?
mots croisés
la grille de Pierre Olivier
Problème 1022
Horizontalement. 1. Comme un
article en tête de gondole. Avoir les
jetons. – 2. Mis en pièces. On y voit
un château des princes de Guise.
Aussi, mais ancien. Sans valeur. –
3. Donne sa voix. Cabaret en soussol. Son divan n’est pas de tout
repos ! Bugles. – 4. C’est bien
nécessaire. Saliver comme un limier.
Prénom féminin. – 5. Enfant de
Sedan. Pas complets. Aluminium. –
6. Braise au pays du froid. Sœurs du
père. Petit pain rond. Comme un
ancien passage pour piétons. –
7. Moyen de communication sur la
route. Métal mou. Pas éternel. –
8. Alux de foule. Roche volcanique.
Il transporte assez souvent dans un
couloir. Laisse une trace sur cette
terre. – 9. Bon grès… Entrée pour
sortie. Celle de certains gadgets n’est
pas évidente. Un adorateur. –
10. Lucarne devenue fenêtre sur le
vaste monde. Appeler la biche.
Bouleversé. Condiment. –
11. Nettoyées à la ilature. Les élèves
y prennent une récréation.
Réparties. – 12. Rendit défectueux.
Bien orientée. Lettre de Platon. –
13. Monnaie roumaine. Préconisent
l’orthodoxie. Fin de mode. Il est
rendu chèvre… – 14. Américain en
sous-marin. Reproduite
numériquement. Met en jeu. –
15. Salis. Marquée dans sa peau.
Regardée avec mépris.
Verticalement. – A. C’est parce qu’il
est riche qu’il dirige. Tentation de
joueur. – B. Vieux disque. Qui ne
reste pas en place. – C. Envoyer dans
un autre monde. Boîte de
conserve… On y reçoit des
étudiants. – D. Oiseau chanteur. Il
chante de conserve. Le pouce le
montre. – E. Met sur la voie. Pas un
quand on est capot. – F. Est souvent
iché en terre sur le parcours. Son
univers, c’est l’Univers ! Grands
pieux. – G. Cité sur la Tille. Sans
gravité. Grand arbre tropical. – H. Un
veau en fait un sous-sol. Famille
anglaise. Carré rond. – I. Près d’un
dixième. Indépendants tifs. – J. Une
multitude. Aura trop chaud. Sur le
calendrier. – K. Spécialiste de la
marmotte. Noble. Écrivain italien. L. Bottela. Fait tourner en bourrique.
Ville de Suisse. – M. Qui ne se
présente pas bien lisse. Négation. –
N. Type de musique. Fait scène près
de Lyon. Préixe. Lac irlandais. –
O. Itou. Bien bouchée. – P. Pas
blanchie. Pour désigner. – Q. Dans le
vent. Pronom personnel. Tendit le
ressort. – R. Pronom relatif. Un bon
amendement ne peut pas lui faire de
mal. Réalisa. Lettre grecque. –
S. Laitue de mer. Se secouent
souvent au-dessus des plats. – T. Elle
fait monter. Fait un
agrandissement. – U. Ne laisse pas
fade. Point amène. A
B
C
D
E
F
G
H
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K
L
M
N
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P
Q
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S
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U
A
B
C
D
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G
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Solutions du problème 1021
Horizontalement. – 1. Paperasse. Carcassonne. – 2. Ani. Antinucléaire. – 3. Sanction. Spi. Icelle. – 4. S.S. Respire. Échelons. –
5. Caresse. Anhélant. Is. – 6. Crac. Ego. Arrondies. – 7. Repriser. Pâté. Ikat. Ob. – 8. Antan. Mita. Aïeule. – 9. Soi. Opérée. Oise.
Nat. – 10. Śiva. Admonestées. Tt. – 11. Aréolaire. Niaiserie. – 12. Suit. Évité. Sil. Thor. – 13. Eh. Tael. Épars. Nana. Na. – 14. Élan.
Enneigés. Tics. – 15. Épater. Bus. Seul. Lette.
Verticalement. – A. Passe-crassane. – B. Anas. Renoir. Hep. – C. Pin. Captives. La. – D. Cracra. Aoûtat. – E. Rater. Ino. Liane. –
F. Anisées. Plate. – G. Stops. Ede. Lé. – H. Siniser. Rare. N.B. – I. En. Reg. Redevenu. – J. Usé. Op. E.M. Ipés. – K. C.C.P. A.M. Optai. –
L. Aliénation. Ergs. – M. Ré. Chrétien. Sée. – N. Cacher. Assis. Su. – O. Aï. Éloi. Étain. – P. Sri-Lanka. Eilat. – Q. Secondaires. Nil. –
R. Entité. Sétacé. – S. Nuls. Un. Rh. St. – T. Isolation. – U. Épées. Betterave.
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La Croix - samedi 2, dimanche 3 février 2019
32
L’humeur des jours
Tempête sous les crânes
La chronique de Bruno Frappat
V
igilance orange dans
les départements du
nord de la France et
dans les hémisphères
cérébraux… La tempête Gabriel est passée par là et
repassera peut-être par ici. Quand
la neige tombe toute une nuit
sur nos « territoires », comme on
dit aujourd’hui pour parler des
provinces, elle laisse, au matin,
une couette épaisse et paciiante.
Tout glisse et se tait sur les villes
et dans les champs. Le calme
s’est installé durablement pour
le repos des méchancetés et des
polémiques. Quel animal, quel
humain viendrait troubler de ses
énervements ce silence méditatif ? Rien ne vaut de ternir cette
magniique lumière blanche qui
annonce l’aube avant l’aube. Qui
a cloué le bec même aux oiseaux
qui n’osent plus pépier ?
La nature aime avoir le dernier
mot et mettre tout le monde d’accord quand elle s’énerve un peu
après l’homme et ses mauvaises
histoires d’hommerie, comme
disait saint François de Sales, le
patron des journalistes (« Là où il
y a de l’homme il y a de l’hommerie »…). Elle ne déteste pas montrer qu’elle est la plus forte, la
plus puissante, capable de nous
faire taire. Soit qu’elle provoque
des drames qui nous tétanisent
en tuant, soit qu’elle reprenne ses
aises sur la surface du globe en
signiiant par là : je vous rappelle
que la patronne, c’est moi.
Parlerie
La France est en ce moment un
terrain de choix pour attester la
puissance de ses silences face à la
formidable « parlerie » dont nous
autres humains faisons preuve à
toute occasion. Le soulagement
qu’impose une matinée enneigée
livrée à la fonte des neiges et au
glissement délicat des pneus sur
le verglas mouillé est un des rares
plaisirs de l’hiver, une rare consolation permise par un faible soleil
caressant avec beaucoup de modestie et de timidité les balcons
blancs et l’asphalte engorgé.
Le président de la République,
tout emberliicoté dans la « crise
Neige sur le boulevard Victor-Hugo, à Lille (Nord), le 30 janvier. Florent Moreau/La Voix du Nord/MaxPPP
des gilets jaunes », a trouvé,
comme moyen de s’en sortir, et
de nous en sortir, de demander
à chacun de s’exprimer sur toute
chose (ou presque, car il a donné
un ordre du jour en 35 points…).
Il a appelé cet exercice collectif le « grand débat national ».
Mais il préexistait à son initiative, ce grand débat. Il était de
toutes les familles, de tous les
bistros, de toutes les télés, des
réseaux sociaux, du courrier
des lecteurs des journaux (nous
sommes payés pour le savoir…).
Ils n’étaient pas toujours sympathiques, ces pré-débats. On
s’échangeait des amabilités douteuses et des férocités. Certaines
familles retentissaient du vacarme des polémiques internes
(« fasciste », « irresponsable »).
Des jeunes gens, qui n’avaient
évidemment pas connu les tragédies du XXe siècle sinon par
des livres, annonçaient que vous
ne compreniez rien à la détresse
humaine, que vous étiez assis sur
votre confort comme un satrape
oriental vautré sur les coussins
de son harem, à quoi vous répliquiez, tout aussi méchamment,
qu’ils ne comprenaient rien
aux dangers de la violence dans
l’histoire, qu’ils ne voyaient pas
derrière les gentils gilets jaunes
s’activer des marionnettistes
de l’extrême avec leurs calculs
odieux et leurs idéologies mortifères et qu’ils ignoraient les
germes de totalitarisme que représentaient certains blocages
de routes et d’obligations de
brandir le gilet jaune, comme
jadis l’étoile.
Le niveau de ces débats n’était
pas toujours très digne ni très argumenté. Chacun accusait l’autre
de ne pas comprendre ce qui était
en jeu. Il y avait dans l’air du pays
et des salles à manger une ièvre
agressive qui faisait sortir de ses
gonds le plus aimant des pères
et le plus gentil des ils. On avait
hâte que s’achève cette guerre
civile des mots et que les odieux
« riches » puissent à nouveau sortir dans leur quartier sans avoir
honte de leur réussite, résultat
de leur long labeur. Aussi, quand
vint l’heure de la neige, on félicita
le ciel pour son opportune intervention dans ces trop vifs débats.
Disputes
Est-ce une si bonne idée que
de demander aux Français de
débattre entre eux ? En sontils capables et désireux ? Il faudrait pour cela qu’ils admettent
un certain nombre de règles de
bonne conduite. La première de
ces règles est qu’il faut s’incliner
devant les réalités et non pas les
fuir comme un chaufard s’enfuit
après avoir renversé des enfants
sur un passage clouté.
Il n’est pas sûr que cette règle
soit partout admise. Prenons un
des sujets qui font le plus causer nos compatriotes, aux ronds-
points, ce qui est normal, mais
aussi dans les salons, ce qui l’est
moins. Ce sont les limitations de
vitesse. Qui n’a pas son avis très
tranché « n’est pas de ce pays »,
comme on chante dans les stades.
Entre 80 et 90 il faut choisir.
Tout le monde le fait mais en
fonction de quoi ? Ce sont les préjugés qui font la diférence, les a
priori, les rélexes et les instincts
caractériels. Attendre que la mesure soit… mesurable est un efort
trop grand demandé à certains de
nos compatriotes. Ils ont décidé
une fois pour toutes que cette
limitation était ineicace, voire
dangereuse, inadaptée à l’état des
routes. Et quand surviennent les
premiers chifres attestant, pour
n’importe quel individu de bonne
foi, que la limitation, en six mois,
a sauvé des dizaines de vies humaines, vous trouverez toujours
des personnages et des associations bagnolomaniaques pour
airmer que les chifres donnés par le premier ministre sont
« truqués ». Ce sont toujours les
mêmes lobbys qui répandent sur
ces sujets les mêmes arguments.
Depuis des décennies. De tous
temps, nous avons entendu les
cris d’orfraie poussés par des maniaques à propos de « libertés »
menacées successivement par la
ceinture de sécurité, par la limitation à 90 km/h, par l’installation
des radars (une revue de presse
ancienne ne manquerait pas de
sel à ce sujet).
Les péremptoires du pied au
plancher n’ont aucun mot pour
remercier le pouvoir d’avoir
permis à quelques dizaines de
Français, en 2018, de continuer
à vivre. Ils n’ont que le terme de
manipulation à la bouche. Ils
n’admettront jamais s’être trompés, eux, continuellement depuis
des dizaines d’années par leurs
vociférations contre tout ce qui
allait améliorer la sécurité sur
les routes de France. Au point
qu’il y a aujourd’hui des milliers
de morts de moins que lorsque
Jacques Chirac – loué soit-il pour
cela – décida de s’attaquer enin à
ce tabou français.
Les faits sont têtus mais quand
ils dérangent, s’asseoir dessus
est un confort.
Br. F.
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